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Full text of "Annales religieuses et littéraires de la ville et du diocèse d'Orléans, Volume 4"

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RELIGIEUSES & LITTERAIRES 



Xfn LA 



Paraissant tous les Samedis, par liyraison de 24 pages. 



ly» piuqme; _ N,r.4;^_ n MM 486p. 



CAixannuER he iJk 



28-DIMAN<^HE diifts Vtrcta^ de l'As- 
ceosion. — Notre Seigneur, en 8*éle- 

' . vant au ciel, laissa empreinte sur le . , 
pdoher la traee dé*' ses deAk |»ièd8i^ ' 

; L»a tr^ditibn^e laii^el ailcua doute H ' 
cet.égar4 : voici ce <pijç dit à ce siiet 

' le baron de C^ramlr, qui a visité Teâ 
• saints lieux en iSSS: ^■ 

;. Au ce;itre-, dans une espèce de 
chapelle, on voit le vestige qu'im.- 
prima sur le rocher îê pied ^auc6è 

; du Sauveur, au moment de i^uitier J». - 
terre pour s*élever dans les cieux ; on 

"assure que jadis on y voyait aussi 

.'. l'empreinte du pied droit, que lès 

' Turcs l'ont d'abord soustraite et en- 
terrée, pour la transporter en?uil6 
dans la mosquée du temple ; l'insaf- 

- Hs^nce des renseigneiuents que J'ai 
recueilËs ne me t^ermet pas de dire 
rien de positif k ce sujet. Quant h 
rempreinte du pied gauelie, elle 
existe de manière k ne laisser aucun 
doute, q:---— ♦-"- z(y\x ^^ peu usée 

' par lesb.iw.Ci:^ c..j..- nombre que les 
pèlerins, jieçui;» tant de siècles, ne , 
cessent d y imprimer, et peut-être • 
aussi par quél(i.ucs pieux Iar< ins 

■ qu'une surveillance sévère n'a pii 

- toujoijrs prévenir. Cette partie du 

, rocher, aujo.urd'ljni entourée de ma- , 
çonnerie» est confiée a la garde d'un 
santon, espèce de moine turc, chargé 

- de s'-opposer ^la moindre altérationk 
Ce santon est pourvu do petites 

' piërVes carrées qu'il fdit toucher aii 
• . vestige dii pied de Nbtre-Seigneur, 
, et qu'il, offre, ensuite aux pèlerins; 
il en reoorit en échange un petit pré- 
-- sent.' A en juger par l» direction du • 



Sied, le Sauveur, en montant an ciol, 
cvait avoir le visage tourné au ndrll* 

•29 LUNDI, office de l'octave. — ilali|$« 
Mnxiflnfn, né & Poitiers, èvéqiiè 

'. de Trêves. En 336, il eut rbnnne ir 
de loger saint Alhanase pendant son, 
exil ; en vVW, saint Itfaximia assisl.ilt 
àft concile de Cologne, et en 347 1 
celui de Sardiqne. Il vinimoUrir dartS' 
sa ville natale te 29 mai 35t. 

30 MAHnf. oTR..,. fin r,.rt'.vp — «nini 



succéder k saint Denis eo 2G9L Quoi- 
(IQ il Q*«it pas terminé sa «aimre paf 
lie m«rt^ié1dnte, nétoiiioli^ et qill 
eut k sodCTrir cens la DeffécitiOQ 
d*AuréHeii loi a mérité 1<>. titre àê 
martvr. Sa mortàrrlTa en 915. 

31 MERCREDI, oflloe de l'ecOfe. 

l"JtJiR. JKUDI^ ocuye de TAfiC^iftioo 
(double-mineur). 

2 VENDREDI. Biilnt rotlilH , 
évéqne de L?on etapdiré des Oailet 
(s.-d.). Vieillard nonagénaire, après 
avoir enduré des tortures et dés 

. outrages 'atroces, il exi^irt . d^ns on 
«cachot, le.Sjiin 177, au milieu de 

■ quarenfe-sep^ de ses . djoi^gs alns qui 
se préparaient au àiaftyre.' 

3 SAMBOl. W^ de. Is.PeiitACÔte. 
— L'office de c« jour c^t senblifile 
k celui du San^dt-^aint. Antreïôrs on 
y baptisait sotenrieilenrént'^ dn,y/bé- 
Bissait'Ie; èieHie, etc.,' ooàmé li 
veille de Pâoues;* Néatimeins,,dMS 
la pi-imîtixe Kglise, .. oq n çbservaît 
point le- Jeftiié de cette vtj^iffr gui' 
n'est détenu -ol^igatoire. qpip\ bien 
plus tard.' ^ ' • •> 



-PRIX ÏJTAÉOWilSEkEîiT 



Orléans et le Déparlement. 
PkYis et les Départéine&ts. 
Etranger ......:*•••> 



^ f. par an. 

7 '. '■ — 
10. - - 



>i. rAbbô GÉLDT,'èlo1tre Ste-Croix, 8; 
M. ERNEST COLAS, Imprimeur. 
91. BLANCHARD, rue Banmer. 
M. QATIJîEAU'» rue Jeaniie-d'Arc. 



ON s'abonne a ORL^AKS, CH1|Z 



Mad. FOBCltER, rue Jeanne-d'Arc, 9. 
M. SEJOURNE., ne des Carmes, 41. 
M. GODBFROY, r|Ue Rk>yaîe. 
M. VAUDEqRAJNte, place du Martroi. 



T. IV, 



(^iMSt. -tl»i». €<^F»W<^^ 



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^ CHRONIQUE. 

-— Selon m usaee déjà établi pao'mî nous et par une décision de 
Mgr rEvêque d'Orléans qui est insérée dans YOrdo diocésain, MM. les 
Curés et MM. les Àatnûnieiv éoi^ent annoncer dimanche prochain, 
au Prône de la messe psyroissiaie , la deuxième quête de 1865 qui 
devra être faite pour le Beni^ de Saint-Pierre , Je dimanche delà 
Pentecôte, 4 juin, par MM. les Curés et MM. les Aumôniers eux- 
mêmes, à tous les <^ees du jour et dans toutos les églises et diapclles 
du diocèse. 

Petit-Séminaire de la Chapelle. — Mercredi 31 niai, le Petit- Sé- 
minaire de La Chapelle doit terminer le mois de Marie par un pèle- 
rinage à Notre-Dame de Cléry. 11 y aura Procession solennelle. 

Monseigneur, qui veut bien présider cette fête de famille, célébrera 
la Slesse dans ce vénéré sanctuaire. 

On espère que Monseigneur adressera la parole à ces jeunes pè- 
lerins. 

Paroisse 4e Saint-IloncUien. — Dimanche 1^ juin, fête patronale 
de Saint-Donatien et de Saint-Rogatien. — Â 6 heures, Matines et 
Laudes; — A 10 heures, Tierce, Grand'Messe et Sexte; — A 3 heures, 
None, Vêpres. Panégyrique prononcé par M. fabbé Chamault, curé 
de'Saint-Jean-de-Braye. M. 1 abbé Maugas, chanoine, of&eiera à tous 
les offices. 

— Le pèlerinage que Mgr TEvêque d*Orléans a rétabli à N.-D. des 
Aydes, Chapelle- Vieille, commencéle 21 mai ne se terminera que di- 
manche prochain, 28 mai. Tous les fidèles* qui, pendant ce temps, 
visiteront Téglise du pèlerinage et rempliront d'ailleurs les conditions 
ordinaires, pourront gagner une indulgence plénière. 

Dimanche prochain , 28 mai, on célébrera l'Adoration du T.-S.- 
Sacrementi M. le Curé de Saint- Aignan officiera et donnera le prône 
à la Grand'Messe ; M. l'abbé Patron, chanoine, aumônier du Sacré- 
Cœur, prêchera à Vêpres. 

Ursulines dOrléans, — Mercredi 31 mai, fêle de sainte Angèle de 
Mérici, fondatrice des Ursulines. A sept heures. Messe conventuelle. 
A 8 h. 1/2, Grand*Messe chantée en musique par les élèves de PEta- 
blissement. A une heure 1/2, Vêpres solennelles. A trois heures, pa- 
négyrique prononcé par M. Leroy, chanoine honoraire, curé de Samt- 
Vincent à Orléans, puis Procession et Bénédiction solennelle de la 
Statue de sainte Angèle érigée au milieu du cloître de la Commu- 
nauté. Au retour de la Procession, Salut et Bénédiction du T. -Saint- 
Sacrement. M. Rabotin, Vicaire général et Supérieur des Ursulines, 
officiera toute la journée. 

Chapelle de VOfficialité. — Dimanche dernier, dans la chapelle de 
rOfficialité, parée, ornée pour cette fête comme .elle ne l'avait peut- 
être jamais été auparavant, M. l'abbé Huet, archiprêtre et Vicaire 
général, assisté du clergé de la Cathédrale, après avoir béni solen- 
nellement une riche bannière et une statue de la Sainte-Vierge, 
œuvre de prix, a institué canoniauement et inauguré l'association 
des Enfants de Marie. La direction ae cette association destinée à unir 
entre elles d'une manière étroite et durable les jeunes personnes les 

Élus édifiantes des Catéchismes de Persévérance, a été confiée à 
[. l'abbé Piau, chanoine honoraire, vicaire de la Cathédrale> On sait 
que l'association des Enfants de Marie, enrichie par l'Eglise de nom- 
breuses faveurs spirituelles, était depuis quelques temps déjà, établie 
canoniquement à Orléans chez les Dames du Sacré-Cœur et dans l'éta- 
blissement des Religieuses Ursulines. 

-* Le samedi 10 juin, vigile de la Pentecôte, est un jour de jeûne 
et d'abstinence. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTERAIRES. 
Mlîm, VMdredi 26 lai. 

Les Annales Orléanaises^ reconnaisfantcs de l'accueil de plus 
en plus bienveillaût qu «lies reçûiveut, et des suceès toujours 
croissants qui en ont fait, parmi les trente-cinq Revues diocésaines 
de notre pays, la publication de ce genre ai\jourd*buî la plus 
répandue et la moins coûteuse ; les Annales^ dis-je, pour ré- 
pondre à un vœu souvent exprimé par la piété traditionnelle de 
nos lecteurs, et pour inaugurer sous les meilleures auspices un 
nouveau volume, commenoé avec intention pendant le mois 
consacré à Marie, publient, en tète et comme dédicace de leur 
quatrième volume, sur la Mère de Dieu, sur la patronne de notre 
ville et de VOrléanais, qui fut de tout temps le centre et comme 
le cœur du royaume de Marie, des pages vraiment remarquables, 
écrites et publiées dans une revue savante par un orateur, un 
publiciste, un grand évêque^ qu'une mort prématurée a récem- 
ment enlevé à TEglise de France. 

MARIE 

tVPB DE LÀ FEMME CHftÉTIEJVri E. 

L'union de Thomme avec Dieu, voila Tessence intime, le 
commencement, le milieu et la fin de la religion. Cette union 
s'opère par deux voies : ou Dieu descend vers Tbomme, ou il 
élève l'homme vers lui. La descente de Dieu dans l'humaniti^ a 
son terme le plus sublime dans l'Incarnation. L'élévation de 
l'homme vers Dieu aboutît à l'apothéose. Llncarnation s'est 
réalisée dans le Christ: l'apothéose s'accomplit dans les membres 
du Christ, dans les saints à la tète desquels apparaît Marie. 

Marie est la femme complètement régénérée, l'Eve céleste, 
en qui l'Eve terrestre et coupable s'est absorbée dans une trans- 
figuration glorieuse. De cette apothéose de la femme date Tère 
de son affranchissement. 

On a remarqué avec raison, que l'anathème originel a pesé 
plus particulièrement sur la femme, quoique pourtant Eve, en 
écoutant la parole de séduction, eût péché, dit saint Ambroise, 
bien moins par malice de cœur que par mobilité d'esprit. Mais 
de séduite, elle était devenue séductrice. Elle avait introduit le 
mal dans le monde terrestre, e n corr ompant l'homme primordial 

lUNlVERSlTY] 
LlBÎ^AkY 

^— — — — . -. . Digitizedby VjOOQIC 



4 AMlfUSS 

et universel, qui renfermait en soi tout le genre humain. L'an- 
tique idolâtrie namiit par elle : son impérieux caprice fut pour 
Adam un idole, dbnt il substitua le ouJte à Tadoration de la 
volonté divine, dans le sanctuaire de sa coyscience. De là une 
plus grande part, pour lafemme, dans les souffrances qui forment 
lalonguè pénitenféfe deThumanité. Pour^'être fait adorer par 
l%bmme,ellôdèvint son esclave, et, duraint la période d'attente 
qui ppéçéda rapparUipn du Christ, la servitude publique et privée 
dçs femmes, servitude que l'opinion, la législation, lès mœurs, 
aviâient impitoyablement scellée de leur triple sceau, fut gébé- 
ralement la pierre angulaire de ce que l'on appelaîtl'ordre social, 
comme elle contim^eiÀ l'être diins tQutes les contrées qui n'ont 
pas reçu encore la loi qui affranchit le monde- 

Le Christianisme, qui attaqua radicalement l'esclavage par' 
sai doctrine sur la frateinité divine dé tous les hommes, com- 
battit d'une manière spéciale ^esclavage des femmes par son 
dogme de la maternité divine de Marie, Gomment les filles d'Eve 
auraient-elles pu rester esclaves de l'Adam déchu, depliîs que 
FBve réhàbîlrtée, la liàûyéWe Mère des vrhànfs^ était devenue la' 
mne des anges?. Lorsque nou$ entrons dans ce3 chapelle^, de la 
Vierge, auxquelles la dévotion à donné une célébrité particulière^ 
nous remarquons avec un pieux intérêt les exvoto(\}^ suspend 
la main d'une mèfe, dont l'enfhnt a été guéri,- ou celledu pauvre 
matelot sauvé du naufrage par la pati^ônne ^s mariniers. Mais, 
aux yeux de la raison et de rhistoire, qui voient dans le culte de 
Marie comme un temple idéal, que le catholicisme a construit 
pour tous les temps et pour tOu& les lieux, un ex voto d'une 
signification plus haute, social, universel, yestatlaché. L'homme 
avait fait peser un sceptre brutal sur la tête de sa compagne 
pendant quarante siècles. H le déposa le jour où il s'agenouilla 
devant l'autel de Marie, Il l'y déposa avec reconnaissance; car 
l'oppression delà femfme était sa dégradation à lui-même ; il fut 
délivré de sa propre tyrannie. 

La réhabilîtatîQn des fenimes, liée si étroitement âii culte 
de Marie, a des harmonies singulières et profondes avec les 
mystères que ce culte renferme; irfarie étant la femme typique 
dans l'ordre de la régénération, cotnme Eve avait été la femme! 
typique dans l'ordre de la déchéance, ce qui s'est acconipîi dans 
MaHe, avec le concours de sa volonté, pour la réparation dé là 
nature humaine, s'accôtoplit aussi j en des proportions moins 
hautes, dans la régénération des femmes sous l'empire du Chris- 
tianisme. 

Le crime piimilîf avait été, sous ùriè dé ses faces, uh crrttie 
« d'orgueil. Pourquoi Dieu vous a-t-it fait cette défense : Si 
« vous mangez de ce fruit, vous serez comme des dieux, sachant 
« le bien et le mal ? » Il y eût alors une Annonciation dés mys- 
tères de mort, que l'arigé de ténèbres voilà soiis la trompeuse 



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msLiamjSBS et uniiAiitt. 5 

promcssc^d'une. renaissance divine, comme il y eut plus lard 
une ' A%'n6ncratîôri fl a mystère de Tîe, faite è Waric par Tange 
de rùmîère, mystère de vie dîvrrie, caché sous le vorfe d'un e»« 
fanleynent humain. L*orgacil ' d^Evç, qui s'était appropHé to 
parole de révolte en y consetftant , fût' expié par la soumission 
infléje et Thàmllité suprême 9fe' Ta réponse de Marie î « Voici 
« là servante d\i Seigneur, ffù 'H 'me soit ftit selon voire parole, t 

Le crime primitif arajt éti»; sOus une autre face, un crime 
de volupté : dar « la femme vît qoe cet arbre était bon pour la 
« npiirrilure, beau h l'œil et d'un aspect délectable, et elle prit 
« dé àok fruit : » Paroles qui Indiquent, de quelque manière 
qu'on lies interprète , que T^ttraît des sens prédomina et fit 
passer l'esprit sous le joug du corps. Comme le remède à l'or- ' 
guéii est l'humble soumission, le remède à la volupté se trouve 
daiJs la souffrance volontaire. Maî^ la souffrance, douée de la 
plus grande vertu d'expiation, est îa souWanoy '^ii^ 'là '43l)ai*M'>' 
anime, la sourTrance d'autrui que la charit' fait sienne pour fa 
soulager. Marie expia la faute de la voluptueuse Eve par sa par- 
ticipation intime aux douleurs du Christ, et par là même' auk • 
douleurs de l'humamté entière. Ce second acte d'expiation Ml 
représenté dans la fête de la Compassion de la Vierge^ comme 
le premier est représenté dans la féie de VAnmnciàtion. 

L'expiation une fois accomplie, l'antique Eve est détruite^ - 
FEve nouvelle est formée. La déchéance fiut place à la giorid*- ' 
cation, dont la fête de V Assomption de la Vierge e^t le monu- 
ment et le symbole. ^ / 

Ces trois fêtes reproduisent donc les trois moments fonda* 
mentaux, pendant lesquels s'est complétée, par le concours de 
la volonté humaine de Marie avec l'action div iiie, la formation 
de l'Eve céleste, mère de la femme chrétienne. A ces momenle 
typiques correspondent les trois dcirrés, les trois pha^s soleb- 
uelles de la réhabilitation des femmes. Cetto j^habifîtatîoii a 
aussi, a sa manière, son annoncialion, sa compassion, soh 
assqniptiop. 

liliistoîre remarque qqe, lorsque l'Evangile est annoncé à 
un^peup|e, les femmes hiohtrent toujours une sympathie par- 
ticulière pour la parole de vie, et qu'elles de\^nçent habituel- 
lenïènt tes hommes par Icor empressement divin à ta recevoir 
et à îâ propager. Où dirait que la dodte réponse de Marie à 
VdXi^^yvoiti ta servante 'duSèigne%r^ trouve dans leor âme un 
écho plus rÎEitè'rttissant.' Ceci futpréflguré, dès rorigineduChrîs- 
tîajïîsrnc, dans îa persfonnedcfe saintes an^ies de la Vierge qui , 
ayant .devdncé aii tombeau du Sauveur le disciple bten-aimé- 
luf-Tïiême, furent Ici^ premières à connaître la résurrection, et 
ratmoncèrent aux apôtrçs. La mission des femmes a toujours- 
été'naute dans la pn^dîcatîqn du Ghrîatîanîsme. Au commence- 
ment dé toutes les grandes époques religieuses, on voit plane^ 



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6 AiniALES 

une forme mystérieuse, céleste, sous la figure d'une Sainte. 
Quao4 le Gbristianîsme sortit des cat^ombcs, la mère de Cons- 
tantin, Hélène, donna à l^ancien. monde romain la croix re- 
trouvée, que Clotilde érigça ittentô|. sur le ^berceau français du 
monde moderne. L'Eglise doit,en,çrapde p^artie, les plus beaux 
travaux dp saint Jérôme à Kbospitalité guë lui offrit sainte Paula 
dans sa paisible retraite i\e Palestine, où elle institua une acar 
demie chrétienne de dames romaines. Monique enfanta par ses 
prières le véritable Augustin. Dans le moyen-âge, sainte Hilde- 
garde, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse, conservèrent, 
biei> mieux que la plupart des docteprs de leur temps, la tra- 
dition d'une philosophie mystique, ,si bonne au coeur et si vivi- 
fiante, que* dans notre siècle,, plus d'une âme, desséchée par le 
doute, vient de se retremper à cette source, et essaie de rentrer 
dans la vérité p^r Vaipour, < 

La mission des femmes e$t moins, en général, d'expliquer 
la vérité que de la faire sentir. Marie ne révéla pas le Verbe 
divin, mais elle Tenfentap^ Ja vertu de TEsprit-Saint. Ici on 
retrouve encore un type du pinistère de la femme et du minis- 
tère de l'homme, dass la prédication de la vérité, qui n'est que 
son annonciation perpétuée* Pour que la vérité s'empare de 
nous, il faut d'abord qu'elle soit révélée à notre intelligence : 
c'est la fonction particulière de l'homme, parce que la faculté 
rationnelle prédomine en lui, et comme la raison, qui éclaire 
tout homme en venant en ce mondfi, est ce qui dépend le moins 
des diversités intimes qui constituent chaque individualité, 
comnie elle est, le lien radical, commun, patent, de la société 
huroaine^ le ministère. de l'homme,, dans renseignement de la 
vérité, est un ministère public qui s'adresse aux masses : à lui 
la chaire, la prédication dans l'église, la magistrature delà 
doctrine. Dans la femme prédomine la puissance affective ou le 
sentiment. S^nt Paul semble le reconnaître lorsque, recom- 
mandant à deux reprises aux hommes d'aimer leurs femmes, 
comme le Christ, a aimé son Eglise, il croit inutile de faire aux 
femmes un précepte analogue, et se borne à leur prescrire la 
soumission à leur^ maris; C^tte prédominance du sentiment 
détermine la missipn propre des femmes. Elle a pour but de 
faire passer la vérité dans le cœur, de la convertir en amour. 
Mais le sentiment ne s'enseigne pas, il s'insinue. L'amour, 
dans l'homme, comme dans Dieu rpêrae, ne oait point par voie 
de révélation,, il procède par voie d'insphation ; et celte inspi- 
ration dépend; de. ce qu'il^ a de plus intime dans l'âme à qui 
l'on veut faire aimer la vérité; elle dépend de ces nuances infi- 
niment délicates, de ces mille circonstances presque imperr 
ceptibles de cet invisible réseau d'émotions, de souvenirs, de 
rêves, (f'espérances, qui distinguent tout cœur de tout cœur. 
Voilà pourquoi la mission inspiratrice, dévolue à la femme, est 



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EELIGIEUSES £T UTltftlIllS. 7 ' 

und mission privée. Elle s'accon^Ut pariicuUèrement dans le 
sanctuaire de la société domestique, dans les coofldences, dans 
l*effusion des ûraes, que provo<|ue l'intimilé de la famiUe, et 
cette antre parenté qu*on appelle ramîlié, et l'infortune qui 
cherche des consolations secrètes oomme ses plaintes» La pré- 
dication de la femme ne se propose point d*él»^nier la nature 
humaine, mais de saisir chaque individualité dans le vif. Elle . 
est moins retentissante, sans doute, mais elle est plu^ péné- 
trante. La grande voix, qui annonce la vérité à tiavcis les 
siècles, se compose de deux voix : à celle de Tbomme appar- 
tiennent les tons éclatants et ipajeurs; celle dé lu femme 
s'exhale en tons mineurs, voilés, onctueux, dont le bilence ne 
laisserait à Tautre voix que la rudesse de la force. De leur union 
résulte la majestueuse et suave harmonie. 

Que les'femmes ne se plaignent point de leur part. Si cites 
ne sont pas chargées de diriger les hommes, elles sont cbar^ 
gées de former Thomme, comme Ta remarqué le Platon chré- 
tien : « L'homme moral est peut-èlre formé à dix ans ; s'il œ 
« Va pas été sur les genoux de sa mère, ce s^ra toujoui*s un 
« gmnd malheur. Rien ne peut remplacer cette éducation. Si 
« hà mère surtout s^est fait un devoir d'imprimer profondément 
« sur le front de son enfant le sceau divin, on peut être à pea 
« près sûr que la main du vice ne Teffacera jamais (I). » 

La réhahilitatiou des femmes, sous rinflucnce du christia- 
nisme^ commenee par les fonctions qu'elles ont à remplir dans 
VAnnonciaiion de la vérité. Ce second acte de cette réhabilita- 
tion consiste dans la charité avec laquelle elles s'associent, pour 
les adoucir, à toutes les souffrances de Thumanité : chanté qui 
a son type particulier dans ia Compassion de la .Mère de dou- 
leur, debout au pied de la croix et pleurant. Un poète chrétien, 
KIopstock, suppose qu'au moment de la mort du Christ, les 
arnes d'Adam et d'Eve sont tirées des limbes et conduites sur 
le Calvaire pour y contenipler leur ouvrage. Tout n'est pas 
fiction dans cette belle idée. L'homme primitif fut représenté 
sur le Calvaire par saint Jean, l'apôtre futur de la charité, et 
par là même le premier-né du nouveau «énre humain, créé par 
le Christ ; Eve y comparut dans Marie. Mais saint Jean, délaissé 
par tous ses compagnons fugitifs, porta au- pied de la croix une 
solitaire douleur d'homme^ il n'en fût pas' ainsi pour Marie : ^ 
elle y eut des compagnes qui mirent en commun avec elle leurs- 
larmes compatissantes.. La première association de charité fut 
fondée par des femmes, sous l'iuspimtioq des derniers soipirs 
du Rédempteur. On voit ici la figure prophétique d'un fait qui 
s'est produit daOB tous les siècles de l'ère chrétienne. Le nombre 
des femmes a toujours surpassé notablement celui des hommes^ 

(1). M. de Maistre, Soirées de Saini'Pèier$bourg^ ^ 



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8 ^ -^^ ' - iNKÀLEt 

dans toutes les œuVrés de miséricorde et de dévouement. Il 
semble qu'elles oM recueiUl uaé plus grande abondance de 
coitit)assibn avec les larmëâ des saintes femmes du- Calvaire :. 
les hommcâ n'ont hérité <|u]^ des larmes uniques de saint Jean. 
Je ïie peux pas dérouler Ici le tableau qui s oiïve à ma pensée ; 
car l'histoire de là charité est toe grande histoire, eLje m'étonne 
que ce soit préeisémettt la seule pçut-être qu'on ait oublié de 
faife. Je me renfermerai^ ^ns ùne'seale observation. . 

Le Catholicisme a produit^ avec une inépuisable fécondité, 
des congrégations religieuses de femmes , dévoué^ au soulage- 
meiit de toutes les misèreâi Ces sociétés de sacrifice , qui disent 
à la pauvreté : vous êtes Tt/otre fille ; ei à toutes les souiîrances ; 
voits êtes nos sœurs ^ sont la postérité spirituelle de Marie. 
Toutes l'ont pour patronne, toutes se proposent l'imitation de 
ses vertus , et , en effet , leur dévouement absolu n'est possib^ 

Sue'par les croyances qui servent de base au. culte de la Vierge, 
omment, on ne saurait trop le répéter, comnhent ces admi- 
rables femmes pourraient-elles se consacrer à tous les instants, 
et éajns réserve, à leurs œuvres de charité? comment pourraiçntT 
elles user leur vie dans ï^fs soufR-ançes adoptives ,:si ^ épouses 
et mères , elles étaient tenues par devoir de se consacrer princi- 
palement à leurfe familles ? Maïs le vœu de virginité, celte 
charte divine , qui leur garantit la plus haute de toutes les 
libertés , la liberté du dévouement , se rattache éminemment à 
l'apothéose de la virginité dans la mère de l'HQmme-Dieu. Dans 
l'hymne que Ton chante, le Vendredi-Saint, autour du tombeau, 
du Christ , l'Eglise dit à Made: « Vierge^ la plus brillante 
des vierges , ne nie soyez plus amère. » Que va-t-elle donc lui 
dematider ? Quelque grande grâce , sans doute, puisque ça sup- 
pWàtion s'insinue par des louanges , j'ai presque dit par une 
pieuse flatterie. Cette grande faveur, la voici: t Faites^ dit- 
éïïh ^ que je pleure aveevomii)^ «Ce mot est gravé dans le 
coéùr des héroïnes de la charité chrétienne. Si elles sont tou- 
jours prêtes à consoler ceux qui souffrent , c'est qu'elles ont su 
se priver elles-mêmes de presque toutes Jes consolations ter- 
restres; elles Éie sauraient pas pleurer si bien avec tous les mal- 
heureux, si elles n 'avaient appris à pleurerayec la Vierge. 

Compagne et image <le l'homme dans le {ministère de la 
vérité, guide et modètede l'homme dans le ministère de la cha- 
rité, voilà la femme telle que le Christianisme l'a faite : voilà 
kfil^ux bases de sa gjlortflcatîon , même terrestre. Car. le mys- 
tère de \\As3omptioiPB*opètéiûèîheneiUejù quelques égards , sur 
la terre, et il suffit^ pour s'en convaincne , de comparer l'état 

(1) Virgo virginutn prcBclàra^ 
Mihijatn norù sis amara. 
Foc me teeûin plcmgefe. 



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KELI6IEUSBS Vf UTTÉlilBES: , 9 

d'al:)ji6Ction > de captivité physique et morale auquel c^le était 
réduite chez les peuples les plus briPants 5 et aux époques )ffB 
plus renomiBées de Tancien monde , à la transflguratioQ mer- 
veilleuse qu'elle doit au Christianisme. Dans VAssompii^m de la 
Vierge , le caractère de son àmc célèçte produisit une transfor- 
mation dans son enveloppe corporelle, qui revêtit les qualités 
des corps glorieux, rineorruptibilîté , Téctat, Tagilité. Ce chan- 
gement ne s'accomplira réellement, pour les filles de Marie ^ 
qu'au jour de la résurrection ; mais il commence déjà à se réflé- 
chir daiis leiir condition sociale , qui est conime le corps , l'en- 
veloppe de leur vie spirituelle. 

Le Christianisme a établi l'incorruptibilité de la femme, 

: en frappant de réprobation la pensée de l'adultère, l'usage de la 
polygamie, qui n'est que l'adultère légal , et la trompeuse fa- 
culté du divorce , qui n'est que la polygamie successive. La 
sainteté^ l'unité, l'indissolubilité du mariage, élevées, suivaol 
une expression heureusement vulgaire, h la dignité de sacre- 
ment, pouvaient seules prévenir efficacement le retour des 
mœurs païennes, auxquelles l'Eglise oppose d'ailleurs une foule 
d^obstttcies par les dispositions vigilantes de sa législation ma- 
trimoniale, qui ont presqoe foutes pour objet la protection mo- 
rale de la femme. D'un autre côté, la foi catholique lie, parti- 
culièrement ici, les plus petits détails de la morale positive et 
pratique aux idées les plus élevées. Le mariage chrétien n'est 

, pas seulement une image de l'union du Christ avec son Eglise. 
Cette union mystique étant ell<^-mèrae une ioiage de l'éterneUe 
union des Personnes Divines, suivant cette parole du Verbe £ait 
diair : qu*ils soient un tomme nous sommes un y de degré en 
degré la sainteté du mariage remonte et va chercher jsa source 
dans les splendeurs mystérieuses du Saint des saints. 0e là 
descend aussi cette auréole de respect et d'honneur, dont;^ 
femme est entourée chez les cations chrétiennes : auréole qui 
est comme une ombre terrestre du vêtement de lumière et de 
gloire qui:enveloppa le corps virginal de Ma^ie. Le troisième 
attribut des corps régénérés, l'agilité , qui est un plus grand 
aiTranchissement des lois de la matière, ou la liberté, de se 
transporter dans l'espace au gré des désirs de l'àme , a son ptré- 
lude, sur la terre , dans la liberté que les mœurs ct.rétieniies 
accordent aux femm^, et qu'elles seules leur accordent; car 
cette liberté , qui nous paraît si naturelle , est, aux yeux de 

f)euples étrangers à l'Evangile , un prodige aussi étonnant que 
e phénomène de la glace l'çst pou? les habitants de la zone 
torride. 

Les trois phases de la réhabilitation des femmes corres- 
pondent d'une manière encore plus intime aux mystères les 
Î)lus hauts. En concourant, a^eç l'homme, à . ta propagation de 
a vérité, elles sont unies au Verbe divio , lumière de toute in- 



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10 * AlfNALES 

telligence. Elles participent à l'Esprit Consolateur, à l'Esprit 
d'amour, par la charité avec laquelle elles s'emparent du su- 
blime monopole de toutes les souffrances à soulager, ; et le 
haut degré de puissance et de liberté, qui caractérise leur as- 
somption terrestre, est un don du Père , de qui toute puissance 
émane dans le ciel et sur la terre. C'est ainsi que le Christia- 
nisme forme , avec les ruines de Tétat primitif brisé par le pé- 
ché , une nouvelle Eve , et , quoique sa régénération radicale ne 
s'accomplisse pas en ce monde , il lui rend déjà quelque chose 
de TEden évanoui. 

Cette réhabilitation , que des liefis étroits rattachent , 
comme nous l'avons vu , au culte de la Vierge , fut menacée , 
dans les premiers siècles du Christianisme , par ces sectes qui 
disputèrent à Marie son titre de Mère de Dieu, Un concile uni- 
versel s'assembla pour le lui conserver. 8i la question , a^tée 
alors, tenait , sous le rapport le plus fondamental , au mystère 
de l'incarnation du Verbe , elle tenait ausM , sous un rapport 
subordonné, au miracle social de la condition des femmes chré- 
tiennes. Le caractère divin , dont le Christianisme a marqué 
leur front, se fût obscurci le jour où le nom de la Mère de 
Dieu eût été effacé du symbole : V Etoile du matin n'aurait pu 
s'éclipser sans projeter à jamais une ombre fhtale sur leur des- 
tinée. 

Leur sort courut de grands dangers dans le moyen-âge, à 
répoque des croisades. L'Europe armée, qui partait pour l'Asie, 
allait • assister au spectacle des mœurs musulmanes et de la 
religion des sens. Il était à craindre qu'elle ne fût vaincue par 
elles, même au sein dé ses victoires. Elle pouvait en rapporter 
d'étranges idées , et des tentations inconnues et menaçantes. Ce 
fut précisément à cette époque que la dévotion h la Vierge se ra- 
nima avec une nouvelle ferveur , et il y eut en cela un fait clai- 
rement providentiel. Le grand homme de ce siècle, celui dont la 
voix tonnante précipitait les populations vers la Syrie, trouva des 
accents d'une inexprimable douceur pour célébrer Marie, et des 
milliers d'âmes répondirent à la parole persuasive , on pourrait 
dire aux chants mystiques de saint Bernard : comme si une lu- 
mière supérieure lui eût révélé qu'au moment où la chrétienté 
allait se trouver exposée à la fascination du vieux Serpent 
oriental, il fallait en toute hâfe réveiller l'enthousiasme pour la 
Vierge divine qui Ta terrassé , et opposer à l'impure séduction 
la chaste magie de son culte. 

De nos jours , il a été prononcé à l'oreille des femmes 
quelques-uns de ces mots qu'Eve entendit, lorsque Satan lui 
jura qu'elle était la femme fibre. On leur a dit que la science 

^du bien et du mal allait enfin leur être révélée; que limitation 
des brutes renfermait pour elles le secret de se transformer en 

" dieux. On leur a promis, dans un Eden futur , nne apothéose 



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AELI6I£US£S ET LITTÉEAIRES. 11 

infernale. Ces coupables extravagaoces n'ont pas exercé une 
grande puissance de séduction. Les femmes ont compris les 
premières où cela menait. Elles ont compris , avec cette intelli- 
gence du cœnr, qui devance les procédés moins rapides do rai- 
sonnement, que tout progrès réel , n'est possible que dans la 
route tracée par le Cbristianisme ; que leur avenir, s il s'égarait 
loin de cette route , ne serait qu'une marche rétrograde , non pas 
seulement vers les mœurs païennes , mais vers quelque chose 
de pis; qu'il n'y a pour elles que déception, servitude , chute , 
hors des mystères à la fois sévères et doux qui leur donnent 
Marie pour mère. 

Marie ! ces lignes je vous les offre, et pourtant je vous prie 
de me les pardonner! Je sens que votre culte renferme des 
merveilles plus divines que celles que ma plume grossière a 
voulu retracer. Je n'ai contemplé que le côté inférieur, les effets 
terrestres de ce culte : mais son côté suprême, celui qui touche 
aux secrets du ciel, je l'ai laissé dans l'ombrcde mon ignorance. 
mère des hommes î vous êtes, suivant un langage antique et 
saint. la Pille aînée du Créateur, dont Je front se cache au^essus 
des astres, tandis que les franges de sa robe sont traînantes sur 
la terre. A ceux dont le regard est plus pur que le mien, à eux 
d'interpréter les douze étoiles dont votre tête est couronnée. 
Mais moi, narrateur bien faible de vos plus humbles grandeurs, 
j'ai seulement essayé de dire comment les filles d'Eve, en tou- 
chant le bord de votre vêtement mystérieux, ressentent une 
émanation de ces parfums dont parle l'Epouse dans le Cantique 
des cantiques. D'autres }e diront bien mieux que moi ; car la 
harpe de Sion leur sera rendue pour qu'ils le disent, et le moment 
approche où la poésie chrétienne, dans la ferveur de sa résur- 
rection, racontera de vous des choses que n'ont point racontées 
ni les vitraux de nos vieilles cathédrales, ni Jes vierges de 
Raphaël, ni les accords dePergolèze. Cette grande fête poétique 
se prépare, et les apprêts en sont visibles. Le paganisme, qui 
semblait être éternel dans Jes arts, en a été chassé nar le génie. 
Le faux jardin des Hespërides, avec ses pommes d or, ne nous 
cache plus le Paradis terrestre. Nous savons qu'elle espérance 
immortelle était voilée sous le mythe de Pandore et aans les 
nuages, où s'enfonce enfin le fabuleux Olympe, on voit repa- 
raître glorieusement les cimes du calvaire et du Thabor. Donc, ô 
Marie pleine de grâce! votre place est prête: elle est haute et 
belle ! Comme l'impudique Vénus régna sur la poésie des sens, 
vous monterez sur le trône de la poésie spiritualisée. Elle chante, 
cette poésie, les mystères de la vie et de la mort, l'antique dou 
leur et les joies futures, et vous avez le secret de ces cnoses ev 
de leur harmonie intime, ô Mère de douleur et de bénédictloti ! 
L'encens est pur, et belles sont les fleura que la main des vierges 
effeuille sur le pavé de vos chapelles ; mais la voix de toute 



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12 "AHNiXES 

^ i*Âmé;' niais ta saîn^e''pôésîequi se sent aj/étroit $ur cette terfe^ 
'qui a le pressentiment d'un ihotide plus beau, qui veut respirer 
rinûni, qui renferme au fond de tous ces chants une prière cachée 
* monte plus haut que le parfum des fleurs et de rencens. Elle 
arrive jusque là où vous êtes, là d'où vous voyez, sous vos pieds 
les étoiles germer, comme des fleurs de lumière, dans bs champs 
illimités de l'espace, et la création se balancer comme un encen- 
soir éternel. » , w ^ ■ 

^ J?Hv GÊBBET, 



NOUVELLES. 

RdME. 

V'^~ On a célébré aujourd'hui, au Vatican etddnsRome, le 74^ 
anniversaire de la naissance de Notre St-Père le Pape. Pie IX 
porte admirablement le poids des années^ ag^jrâvé d^ailleurs par 
celui des tribulations. Sa santé est excellente et promet de lon- 
gues années, peut-être les. années de Pierre, car, les cas de lon- 

. gévité sont très-nombreux dans la famille Mastaï .: je père du 
Pape est mort à quatre-vingt-seize ans ; un de ses frères a qua- 
tre-vingts six ans et jouit d'une santé étonnante. ..^ 
A propos des aniiées f7c i^/èrre, permettez-moi de rappelé^ ici 

!up souvenir qui m'est personnel. Dans, une audience que Pi^JX 
voulut bien m'accorder, il y a peu de temps, je le félicitai de la 
vértt ur de sa vieillesse et lui rapportai ce niot, -alors tout récent, 

' d'^uiii: (le nos célébrités médicales : 

— Le Pape a encore quinze ou vingt ans de vie devant lui! 
L'excellent Pontife me répondit en souriant ; — Doucement, 
doucement; on dit : Non videbis annos Pétri (tu ne verras-pas 
les années de Pierre), et l'histoire est là. pour confirmer cette 
sentence. — Heureusement, Très-Saint-Père, répliquai-ie, la 
sentence n'est pas de foi, et le^bon Dieu y dérogera dans là per- 
sonne de Votre Sainteté, nous'en avons tous le ferme espoir. La 
sentence n'est pas de foi, ilçst vrai; mais l'hisloirq semble avoir 
pris à tâche de la confirmer. Saint Pierre, en effet, gouverna 
l'Eglise, à Rome, pendant' vingt-cinq ans, trpis mois et deux 
jours 11 faut arriver jusqu'^ saint Sylvestre 1" (314-337;, pour 
trouver un pontificat dont la durée dépassp vingt ans. Un siëéle 
après, saint Léon le Graijd gouverne TEglise pendant vingt et 
un ans (440-4.61). Nous traversons trois siècles avant d'jarriyer au 
pontificat d'Adrien P% qui dura vingt- troi^. ans di|c mois, et à 
celui de son successeur, qui d.ura vingt ans: cinq- mois. Alexan- 
dre m (1159-1181) gouverna l%lise vingt et un aïis onze: n)ois 
vingt-deux jours. Urbain VIIÏ eut un pontificat de vingt 2^8 
onze mois vingt-un jours (1623-1644); Clément XI, "0^(^- 
tificat de vingt ans trois mois vingt-cinq jours. Enfin, Pie \I 



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aELIGIEUSES ET UTTÉRAIBES. t3 

^gouverna TEglise pendant vingt-quatre ans huit mois et qua- 
. torze jours; c'est, après celui de saint Pierre, le plus long des 
pôntiûcats. Celui de Pie VII en approcha de bien près, car il at- 
teignit vingt-trois ans cinq mois et six jours. 

Le 21 juin prochain commencera la vingtième année du pon- 
tificat de Pie IX. 

— Le Révérend Père Hyacinthe, dont Téloquence a eu un si 
grand retentissement en France, est à Rome en ce moment. Il 
est venu prendre part au chapitre général de son ordre, tenu, 
comme vous le savez, la semaine dernière. La plupart des digni- 
taires de Tordre se trouvant aussi à Rome pour la même raison, 
assisteront demain à la béatification de la pieuse Carmélite. 

: — lie dimanche , 28 mai , aura lieu la béatification du véné- 
rable Jtean Bcrchmans. On annonce l'arrivée imminente de dé- 
putatlons nombreuses de pèlerins. lia ville natale du bienheu- 
reux Diest fournit un contingent considérable, et l'éminent 
, archevêque de Malines, le cardinal Wetckx vient. à la tête de 
'"0G8 députations. 

.1 La Compagnie de Jésus agit avec autant de grandeur dans 
les choses de Dieu, qu'elle met d'humilité et de pauvreté dans 
tes choses qui reg^dent le soin temporel de ses membres ; aussi 
les frais qu'elle ^t pour honorer Jean Berchmans sei*ont-il8 
digues dé lacircQûstance. Avantrhier, jeudi, les Révérends Pères 
.du Collège j^omain, assistés de leurs élèves et présidés par Son 
.Emin^iptce la cardinal de Keîsach, ont procède solennellement 
;,à la levée du. cqrp^ de Berchmans^ enseveli dans les «aveaux de 
. réglise Sajçt-Igixace. Ce corps avait été renfermé jadis dans un 
sépulcre: jdie. porphyre; Lorsqu'on en a eu soulevé le pesant cou- 
vercle, le..^quelette entier du Vénérable a apparu- tous les os- 
sements d'u^C: blancheur éclatante gisaient a leur place. Où a 
' trouvé' UA tube de cristal scellé aux deux extrémités, et renfer- 
mant MUf pafGhëmiû qui constate un premier examen des restes 
du Vénérable fait au siècle dernier. Ces restes i^récieux ont été 
,:enlevé3 et, portés en procession j puis placés dai;^ une chapelle 
: intérieure du Collège, en attendant leur déposition dans 1 urne 
l B[ia^nii5qued§lapis-laMuli qui leur est destina. Le bienheureux 
Berchm^ps aura son autel dans l'église de Saint-Ignace, en face 
:ile celui ^e saint Louis de Gonzague. 

Lé portrait «xaçtenaent ressemblant de ce jeune homme lé 
montre d'une beauté^ accoipplie : (Je grands yeiix bleus, un 
visage allongé, «n n^ aquiîin, unb bouche aux lèvres fortes, -un 
teint pâle et transparent, des cheveux chèlains foncés, et sur 
l'ensemble des traits un air ravissant d'amabilité et de pureté. 
Berchmans s'est sanctifié en faisant simplement ce que faisaient 
tous ses compfignons, en le faisant avec une ferveur et une tïmi- 
-: dite angélique. Il est l'idéal de Tinnocence et du devoir facile. 
Pie IX, dont l'esprit trouve si aisément d'aimables rapprocTie- 



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14 ANNALES 

ments, disait 1 autre jour à Végllse des Grecs : « Je suis heu- 
« reux, moi, septuagénaire, de proclamer la sainteté de ce jeune 
« homme de vingt ans, et de demander à sa jeunesse une pro- 
« tectîon pour ma vieillesse. »'Et c'est une grande gloire, ou 
plutôt une triple gloire pour la Compagnie de Jésus, d'être illus- 
trée par ces trois jeunes hommes : Stanislas Kostka, Louis de 
Gonzague et Jean Berchmans. 



Revue des Semaines Religieuses. 

Nimes. — Dans la liturgie catholique, la consécration d'un 
évoque présente un caractère singulièrement imposant, soit par 
la majesté des cérémonies qui l'accompagnent, soit par le 
symbolisme élevé qu'elles renferment. Un intérêt de plus 
s ajoutait au sacre de Mgr Rimadié, c'est que la ville de Béziers, 
autrefois siège d'un évêché célèbre, voyait un de ces prêtres qui, 
depuis plus d'un quart de siècle, exerçait dans son sein un mi- 
nistère fécond pour le bien, recevoir dans son église cathédrale 
la consécration épiscopale, et dans un sentiment de fierté bien 
légitime, elle s'en réjouissait comme d'un honneur qui rejaillis- 
sait sur elle. La plus grande partie des prêtres du diocèse de 
Montpellier, des membres du clergé de Perpignan, de Carcas- 
sonnc et de Nîmes, se pressaient avec amour autour dunouvel 
élu qui, pour la plupart d^entre eux, était un condisciple, un 
ami, et pour tous un pontife plein d'espérance; Le géut i al de 
division de Perpignan, le préfet et le maire de cette cité, le sous- 
préfet, le maire à la tête du conseil municipal et les magistrats 
de B-^ziers, donnaient par leur présence un témoignage de sym- 
pathie au nouvel évéque. Mgr Le Courtier, évêque dé Montpel- 
lier, remplissait les fonctions de prélat- consécrateur, assisté de 
Mgr Plai^tier, évêque de Nimes, et de Mgr Maret, évêque de 
Sura. Nous ne décrirons pas les belles cérémonies de cette con- 
sécration. L'immense afBuencé de fidèles qui se pressait dans la 
vaste église de Saint-Nazaire, suivait avec une pieuse émotion le 
nouvel élu, tantôt recevant l'imposition des mains, les onctions 
du Saint-Chrême etlelivre des évangiles sur ses épaules, symbole 
du joug sacré de Jésus-Christ ; tantôt revêtant les insignes de sa 
nouvelle dignité, le bâton pastoral, emblème de son autiDrité sur 
le troupeau qui lui est confié, l'ianneau, gage de son alliance 
arec l'Eglise qni devient son épouse ; tantôt enfin, s'avançant 
en faisant trois génuflexions vers les évoques qui viennent de 
lui imposer les mains, et faisant entendre chaque fois ce souhait, 
qui était comme le cri de sa reconnaissance : Ad multos annos! 
Enfin, le voici debout, dans toute la grandeur de sa dignité nou- 



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1ELI6II1TSES ET ^TTÉKAIKES. 15 

velle. Après avoir donné le baiser de paix à ses frères dans 
Tépiscopat, il descend les marches de Tautel et s'avance lente- 
ment à travers la vaste nef, tout rayonnant de grâce et de 
majesté, répandant d'une main émue les prémices de ses béné- 
dictions sur ces milliers de fronts qui s'inclinent avec amour 
sur son passage. 

Paris, — M. le curé de Saint-Germaîn-rAuxerrois et son 
clergé, précédés de la croix, sortaient processîonnellement, il y 
adeuxjours, delavieillebasiliquedecenom,etserendaientdevant 
lequaîdeSaint-Nicolas, à bord d'un petit bâtiment destiné à un 
service régulier de Paris à Londres, et qui attendait les bénédic- 
tions de l'Eglise. Le baptôroe'de ce navire a eu lieu avec toute 
la pompe et le cérémonial prescrits par la magniflque liturgie 
. catholique,. Un concours considérable de peuple y assistait avec 
intérêt, et son attitude respectueuse témoignait que son âme était 
émue par un sentiment autre qu'une vaine curiosité. La croix a 
4oncparu dîins les rues de Paris, hors de l'enceinte du temple, 
et constatons-le, elle a reçu les témoignages unanimes du res- 
pect qui lui est dû. 

—L'école polonaise des Batignollesaété récemment déclarée, 
par un décret de rjEmpereur, établissement d'instruction 
publique. C'est là qu'un grand nombre d'enfants polonais con- 
serveront, sous la protection de la France, leur langage, leurs 
traditions, leur foi et leur patriotisme. 

— La quête faite récemment à Sainte-CIolilde, à la suite d'un 
sermon de Mgr Morraillod, pour la construction d'una église 
catholique à Genève, a produit 11^000 fr. 

Nimes, — Le Gard compte au nombre des départements du 
Midi dans lesquels la persistance du mal (|ui frappe les vers à 
soie a pro 'uit le plus de désordres. La science et la pratique 
ont cherché de tous côtés des remèdes à ce terrible fléau ; on a 
changé et renouvelé les graines, on en a fait venir à grands frais 
des extrémités de l'Europe et même du Japon. Mais jusqu'ici on 
n'a obtenu que des résultats partiels ou passagers Tels procédés 
. ou telles graines qui avaient réussi une première campagne, ont 
échoué la suivante, avec les mêmes propriétaires et dans des con- 
ditions identiques. Mgr Plantier, frappé de l'impuissance des 
remèdes et ému de la détresse de jour en jour croissante dans 
laquelle se trouvent ])longés dans des pays autrefois si pros- 
pères, vient de prescrire, au début de la campagne qui s'ouvre 
en ce moment, des prières publiques pour obtenir de Dieu la 
cessation du fléau. Les populations si chrétiennes et si résignées 
du Gard ne peuvent manquer d'accueillir avec la plus vive rccon- 
fiaissance l'appel de leur premier pasteur; car, au milieu de 
tous leurs mécomptes, elles ont conservé une foi inébranlable 
dans )a puissance de la miséricorde divine. 
Bnyeux. — Nous apprenons avec une peine très-vive la mort 



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)6 iHÏTiLES 

de JP*« Le Proyost'de Laupay, fllle de\M. le préfet du Calvados 
et ancien préfet d*Orléans, 'décédée le 17 de ce mois, dans sa 
dixième année. Tous nos lecteurs ecclésiastiques et laïques s'as- 
socieront avec nous à Tlramense douleur d'une famille si cruel- 
lement éprouvée. La charmante enfant qui vient d'être enlevée 
à sa tendresse a témoigné jusqu'à ses derniers moments, de la 
. manière la plus édifiante, les sentîn[ients de foi et de piété que 
lui avait inspirés sa digne mère. 

Lvçon. — Le Bulletin des Lois contient un. décret qui auto- 
rise Mgr Collet, évêque de Luçon, à porter les titres à! Assistant 
au Trône vontifical et de Comte Romain; ces titres ont été con- 
férés par le Souverain Pontife à Mgr de Luçon, dans son der- 
nier voyage à Rome. ^ 

Diocèse de Bennes, — Dimanche dernier, à neuf heures du 
matin, les RR» PP. Carmes ont pris possession de leur nouvcHe 
chapelle, rue de Belair. La sainte messe y a été célébrée pour la 

Sremière fois par le R. P. Augustin, prieur du couvent de 
enncs. 

Semaine liturgique de Marseille : — « L*état du vénéré ma- 
lade est toujours le môme, et on n'a pas constaté de mieux de- 
puis quelques semaines. Aûn de lui éviter toute fatigue, les met 
decins lui ont interdit de recevoir des visites, et la prolongation 
d'un séjour à la campagne est toujours jugée nécessaire par eux. 
Cependant Monseigtieur est souvent en état de recevoir la saitïte 
communion. Les soins les plus tendres et les plus assidus ne 
cessent d'être prodig ;és à ootre yénéré Père. Des pri>rcs fer- 
ventes sont incessamment adressées au Ciel pour la conserva- 
tion de jours aussi précieux à l'Eglise de Marseille. 

— Sainte-Claude, dit l'^mon,. conserve déûnitivement son 
évôché. La question a été, tranchée au conseil des minisJres du 
10 mai. M. le maire de Saint-Claude a immédiatement fait con- 
naître cette nouvelle à ses administrés; dimanche les édifices 
publics et les maisons particulières ont été illuminés en signe 
de réjouissance. Les villages qui entourent Saint-Claude se sont 
associés à la joie commune en allumant de magnifiques feux. 
Enfin une messe d'actions de grâces a été célébrée lundi dans 
la cathédrale de Saint-Claude. 

— Le chapitre général des RR. PP. carmes^échaussés a élu 

f)Our chef de l'ordre le R. P, Dominique, Espagnol, lequel a eu 
e mérite de rétablir la congrégation du Carmel en France. Ce 
choix a une signification iniportante, et nous savons qu'il a. été 
accueilli par les Carmes de France avec un très-vif sentiment de 
satisfaction. 

Albi/, — Mgr Lyonnet, notre nouvel archevêque, est arrivé 
parmi nous. Son entrée dans la ville d^Alby a été un véritable 
triomphe. Lesrues étaienljonchées de fleurs, des oriftammesoù 
se lisaient ces devises inspirées par la foi catholique : Vive 



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Pie^ÇC! y^ve la religipul floUaji^pt.au vent. Monseigneur est 
monté en cfiaire, et dans quelques- paroles émodvanftes il a tracé 
à gcands traijs la sublime rpission de Tépiscopal. Celte mission 
estJouteévaDgélique; elle h*a d'autre mobile et d'autre but qne 
la (^pqu^te des âmes. Sa Grandeur, avec un tact parfait, a rap-' 
pelé les glorieux souvenirs de réglisé d'Alby, et surtotït un ae 
sesuierniers pontifes. Gomme eux, s'est-il écrié, nous vous ai- 
meronsi nous v6u? servirons comme eux. C'est là un magniQque 
programme; nous sommes sûrs qu'il sera fidèlement rempli. 



FAITS DIVERS. 

— On vient d'instituer au Mexique un ordre de Saint-Charles 
pour les dames. Le grand cordon de cet ordre est exclusivement 
réservé a llmpératrice comme grande maîtresse et aux prin- 
cesses étrangères. La couleur du ruban est la même que celle 
de la Légion-d'Honncur. L'Impératrice des Français, l'impéra- 
trice d'Autriche et la dnchcsse de Brabant^ viennent d*6tre nom-. 
mées grand cordon de Tordre de Sainl-Charles. 

— On organise en Belgique un train de plaisir aatoor du 
monde. Un navire boAge^ placé sous le commandement du capi- 
taine Louis Meyer,qui a déjà fait quatre voyages autour du 
globe, partira vers le mois de septembre prochain et visitera 
successivement les ports principaux des deux continents. La 
durée prévue du voyage est de deux ans. Cette expédition est 
principalement destinée à la jeunesse. 

— Mad- Lincoln, veuve du président des Etats-Unis, est une 
Anglaise, née dar^le.gçmtéde Monmoulh. Son nom, avant son 
mariage, était Jenkens[ et son peré' exerçait Tes fonctions de 
be(|eaïji^4ç f église:^ Saint-Paul, à Newnprt. Il eut deux filles, 
doit l'upO) après; que la familfe'éut éi^jgré en Amérique, fut 
choisie pour être la compagne de sa vie,^ par le bûcheron qui 
devait devenir le préskient de la république des Etats-Unis. 

tr: L'iijauguralion du monument érig^ à la mémoire de Napo- 
léofi I" et de ses frères a eu lieu à Ajaccio, le 15 mai, avec un 
grajwî éclat. ^Le prince Napoléon était arrivé le 14 à Ajaccio. La 
cér^flOonrie;d'iuauguration a commencé à quatre heures del'après- 
mîdl. La tribune impériale, richement décorée, s'élevait en face 
du,:monument, au pied duquel étaient massées les compagnie^ 
de^débarquenj^ût et les troupes de la garnison. Une foule im- 
mense garnissait la place et ses abords. Du lieu même de la céré- 
moiijej Toeil embrassait tout le golfe d^ Ajaccio et les bâtiments 
deîJ'e$c?[dre, qu| formaient le fond du tableau, et cette perspec- 
' tiv0arjoutait encore à la grandeur du spectacle. 

-f: Ij*^ministratiott des lignes télégraphiques va créer des 
iinjÀres-rd^pêckes, qui permettront de jeter des dépêches affràn- 



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18 ^ '^' lHÂitBS 

chies dans une boité spéciale placée à Textérieur de chaque 
bureau. 

" Belgique. — Le roi , qui vit à Laeken dans une retraite pro- 
fonde, lutte avec une grande énergie morale contre les progrès 
d'une maladie rebelle à tous les secours de l'art. Des ponctions 
fréquentes sont nécessaires pour lui procurer quelque soulage- 
ment; il Tes supporte avec une fbrmeté toute stoïque* Sa^prin- 
cipale préoccupation est d'empêcher que des bruits alarmants 
ne soient répandus dans le peuple h son sujet. 

Paris, — Mardi dernier a eujiejui, au cimetière du Père- 
Lachaise, l'inauguration du monument élevé à Eugène Dela- 
croix. M. Berryer, pressé par les assistants de rendre un dernier 
hommage au parent qu'il avait tendrement aimé. « De vous 
tous, s'est écrié l'illustre orateur, je serai probablement le pre- 
mier à aller rejoindre Delacroix dans un monde meilleur ; je lui 
dirai raffectueuse fldélité que vous gardez à sa mémoire, l'ad- 
miration toujours plus vive qu'excite sont talent... » Puis, dans 
une merveilleuse improvisation qui a tour à tour ému etétoiiné 
l'auditoire, M. Berryer a mis en relief les rares qualités de l'ar- 
tiste, l'inQnie variété de son talent, son respect trop méconnu 
pour les grandes traditions de l'art, enfin les aimables qualités 
qui faisaient de lui le meilleur et lo plus- charmant ami. 

— La brochure de M. le duc de Persigny, Let&e de Riime, 
mise en vente hier, produit une grande sensation dans le monde 
religieux. Plus de dix mille exemplaires ont été vendus dans la • 
même journée. 



Bulletin de Nouyelles Religieuses. 

Genève. — Le Jubilé nous a prouvé, nne fois de plus, la 
vitalité du catholicisme dans cette \ille qui fut jadis la Rome 
prolestante. . 

Au commencement de ce siècle, le culte catholique était pros- 
crit dans la cité du Calvin. La réforme comme toujours, vantait 
son esprit de liberté ; mais elle menaçait de peines sévères tout 
prêtre qui oserait y faire une cérémonie catholique. Les temps 
sont changés. Le culte proscrit est rentré avec ses splendeurs ; 
et la Genève protestante est étonnée du vide de ses temples et de 
la nudité de ses murailles. L'encens n'embaume plus ses nefs, 
les figures joyeuses des saints ont disparu, le temple est mort, 
la vie s'est enfuie et le catholicisme est ressuscité. Il y a une 
année, le calvinisme essayait de raviver le souvenir de son chef. 
Vains efforts, les tapages du journalisme ont été stériles, la fête 
a échoué et l'impuissance du calvinisme à Genève est un feit 
acquis à l'histoire depuis le mois de mai dernier. Le catholi- 
cisme, après trois siècles, comme Jésus-Christ après troisjours. 



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enTGIBIJSBS ET LITTiiilIBfl. 19 

est sorti du. tombeau des proscriptions. Son sépulcre aussi a été 
glorieux; il est devenu une basilique élégante, qui s'appelle 
Notre-rDaine-derGenève. Le temps du Jubilé a donc été pour 
nous une époque d'un véritable triomphe. Trois retraites ont 
6lc données successivement. Les enfants sont venus les premiers 
en nonnbre prodigieux, la grande_ nef ne pouvait les contenir. 
Cela rappelait le navire de Pierre surchargé à la suite delà pèche . 
miraculeuse, La seconde retraite a été consacrée aux dames. 
Elle leur a été prêchée par le P. Valgalier, zélé prêtre de la 
Compagnie de Jésus, qui, avec l'abbé Ozanam, a évangélisé 
Genève pendant la station quadragésimale. Ces deux retraites 
ont été suivies do celles des hommes; elle a été donnée par 
Mgr Mermillod, qui les a ravis; l'enthousiasme allait croissant, 
et le dernier jour, Notfe-Dame était trop étroite pour contenir 
une fouîc pressée, composée exclusivement d'hommes. C'est 
encore révénement de Genève. 



AngUterre. — Vous avez raconté à vos lecteurs les derniers 
moments du Cardinal- Archevêque de Westminster ; je pense que 
vous serez heureux de pouvoir parler de son digne successeur, 
Mgr Manning, prévôt de Westminster, supérieur des Oblats de 
Saint-Charles. 

•Le PapQ a mis de côté les trois noms proposés par le Chapitre 
de Westminster : Il nomme et institue Mgr Manning, qui n'était 
que simple protonotaire apostolique, et qui, depuis, est un con- 
verti. Mgr Manning est né en 1809; il a été élevé au collège de 
Harrow, puis d'Oxford, où il a pris ses grades en 1830. Il fut 
nommé, en 1840, archidiacre de Chicbe^ter. C'est en cette qua- 
lité qu'il était cotinu dans le monde protestant. Il passait alors 
pour le plus éloquent prédicateur de l'Eglise d'Angleterre, et ses 
sermons, aussitôt imprimés que prononcés, ornaient toutes les 
boutiques des libraires de Londres et de l'Angleterre. Les libraires 
catholiques seuls lui font aujourd'hui cet honneur : les autres 
l'ignorent depuis sa conversion, qui eut lieu en 1851. Mgr Man- 
ning n'est donc catholique que depuis quatorze ans; mais il en 
a passé sept à l'école de Pie IX, à Rome, et sept à l'école de 
Mgr Visemao, à Loadres. Peut -on appeler néophyte un con»- 
verti de cette sorte? Le Pape ne l'a pas cru, et tout le monde, 
excepté le Tfmçs et ses acolytes, sera de son avis. 

Ce qui frappé les personnes qui ont connu le P. de Ravignan 
et voient Mgr Manning pour la première fois, c'est la ressem- 
blance entre les traits de l'illustre jésuite et ceux de l'arche- 
vêque nommé de Westminster. J'en faisais la remarque à ce 
prélat le jour que j'avais l'honneur d'êlre assis à table auprès de 
lui, et il en est contenu très-volontiers, en ajoutant que c'était 
le R. P. de Ravignan qui lui avait servi de prêtre assistant le 
jour de sa première niesse, qu'il avait célébrée à Paris dans Té- 
glise de Notre-Dame des Victoires. 



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20 p. mf^pi,, . 

Mgr Manning a été marij?. Il avait perdu sa femme qijelque 
temps avant d'entrer dans lé seinde TEglise. Il partira cetteBe-r 
maine de Londres pour Rome^ où il sera sacré évêque et recevra 
le palliwn d'archevêque des mains du Pape ïui-même. Cette 
cérémonie devait primitivement avoir lieu à Londres ; mais cette 
décision a été changée. Le nouvel archevêque est très-populaîre. 

Mexique, — La jeune souveraine a l'habitude d'aller, à cèr- 
tain^ov^rs, visiter un célèbre sanctuaire situé à une petite dis- 
tance ;de sa capitale. Il y a quelques, semaines seulement^ elîie , 
était sortie pour acçooiplir, selon sa coutume, son pieux pèle- 
rinage. L'impératrice avait à peine franchi les portes de Mexico, 
lorsqu'un pauvre- mendiant, à qui elle donnait, toujours l'au- 
môae en passant, se précipite au devani de la voiture et s'ef- 
force d'arrêter les chevaux en poussant ce cri : « N'avancez pas! 
je vous en prie, n'avancez pas! »> Sans fairç attention à ces pa- 
roles, le cocher fouetta les chevaux et avança toujours. Mais on 
avait à peine franchi une distance de quelques pas, que furent 
tirés plusieurs coups de fusil dirigés contre la personne de Tau- 
guste princesse. Mais Dieu veillait sur sa puissante seryanté. Là' 
couj-onne impériale a été criblée des balles des assassins, mais 
aucune n'a atteint l'Impératrice qui, sans s'émouvoir, a conti- . 
nué sa marche en avant, pour aller cette fois remercier Dieu de . 
l'avodr protégée d'une manière si miraculeuse. , 



CHRONIQUE REUGIEUSE. 



Ptlérînagfi dé Saint-Hitaire^SainPMes'mm. — Le 'dimanche ÛS^ï 
fête îles saintes reliques, Messe de-eomrntinioa à 7 heures ; à 9 heures, 
la prœession extérieure des saintes reliques, Grand'ôfesse ensuite ;; le 
soirfaprès Vêpres, Procession du T.-S.-Sacrement. — Uae quêle^pour . 
les bicsoins de l'église sera faite par* M. le C^ré. 

Paroisee^ de Sainte-Croix. — pimanche, 28,rnai, s'ouvrira la Re- 
traite préparatoire à la première communion qui sera prôchée par 
M. rj^bbé feidaux, chanoine hônorairs^ vicaire delà cathédrale. Jeudi 
1*' juin, octave de l'Ascension, à 7 h. 'du matin aura liea, danîi la ga^ : 
Ihédr^le. la cérôènonie de la première commoni on, présidée par, t 
M. Vàbbé Huet, vicaire général, archiprôlre d'Oriéans., = . ^ 

Peiit'Séminair.e de Samte- Croix, -r— Les Exercices de la Retraite 
prêches par le R. P. Boullanger de la Société de Marie , s'ouvriront 
dim^âhe soir, 28, mai; la première communion aura Jieù le jeudi 
l"iujih, octave de l'Ascension, et sera présidée par M. Tabbe Re- 
naudin, chanoine et Supérieur de l'Etablissement. 

Bxéreiees An Uols de Marie. . 

Cathédrale.-^ Les soirs, à 8 heures précises , les instructions 
seront prêchèes par le R. P. Lequette, de la, maison de St-Euverte. 



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KELI6IEU8ES ET LOtT^lâllBi. 2i 

ScmtrPÇ'Hh — Les sotrs à 8 heures. L'Instruction sera donnée, le 
dimanche 2&, par U. Tabbé^Lecompte, vicaire de la paroisse. 

Saint-Paterne. — Les soirs, à 8 heures. Llnstruction s^^ra donnée, 
le dimanche 28, par M. Tabbé M ousset» vicaire de la paroisse. 

Saint-ÀignBt^ — Les soirs; à 8 b^^ures. Le dimanche après les 
Compiles, M. labbé Comte, aumônier de Nazareth, prêchera Tlns- 
tructW du Mois de Marie. M. Fabbé Pian, vicaire de la cathédrale, 
donnera rinstruction du Inndf. 

Saint-MUteeùu. — Les soiri à 8 heures. 

NoiTt^Dame-derRecouvrànce, — Les soirs à 8 heures. 

Saint-Pierrè'U'PuelUer. — Les'soirs à 6 h. Le dimanche à la 
suite des Vêpres. 

Sûint'Donétien. — Les soini à T heures et demie. 

Saint-Làufètit. — Le$ soirs à 7^ heures et demie. M. Tabbé Pian, 
vicaire de la cathédrale, donnera Tinstructioil du dimanche 98 mai* 

Saint' Vineent. — Les laâtins à 8 heures. 

Égliffe Snikit'EuiftrU. — Les mattins à 6 h. 1/2 , Messe InsUuctkm 
et Bénédiction du Ti-S. Sacréfaent. 

Cfiapellà S<»nte']iarie, rue de Limare. —rl^ réunion ordinaùre de 
Sai]rt^Fr«nçois*XavieT aura Iten le dimanche 28 mai, à 6 heures 1/2 
du soir. Celte séance comprend le chant des l^etites- Vêpres, une Allo- 
cution par le R. P. Grillard, supérieur des Missionnaires et directeur 
de Toeuvre, et un Salut du T.-S. Sacrement suivi de la loterie d'usage. 

Chapelle de la Visitation, — Le 2 juin, premier vendredi du mois. 
Messe à 8 hermresl/2 pour les associés du Sacré-Cœur, suivie de TEx- 
position du Saint^SacremenU A 3 heures, Vêpres et Compiles. — A 
4 heures, Instrirction suivie de là Bénédiction du T.-S.-Sacrement. 

Premières communions. — Le jour de TAscension, la première 
communion à eu Keû au Péftit-Sém inaire de La Chapelle, ches les 
Dames du Sacré Cœur et à la Sainte-Enfance. Les retraites prépara- 
toires ont été prêchéesà la Sainte'Enfance parle R. P. Boullanger de 
la Société de Marie; au pensionnat du ^acré-Cosur par le R. P. 
Marquet , jésuite de la màîsoïi de Paris; au Pelit-Seminaire par 
M. Tabbé Godefroy, curé d'Ardon. 
•I ' 

Paroisse ie Baule. — La ffrànde fête de Baule que nous annon- 
cions comme très-prochaine d^ns le dernier numéro des Annales^ 
aura lieu dimanche, 28 mai , à 4 heures du soir. M. Fabbé Clsssk, 
Vicaire-Général, Archidiacre, assisté de M. Berland, curé -doyen de 
Beaugency, de M. Foucher, curé-doyen de Meung, et de plusieurs ecclé- 
siastiques des cantons voisins et de la ville éoiscopale. posera et 
bénira solennellement la première pierre de u nouvelle église de 
Baule qui, tout porte à le croire, seraVun des beaux édifices religieux 
de ce diocèse. 

Préparée, organisée par M. Guiot, l'actif et intelligent Curé de cette 
paroisse, d'ailleurs bien secondé par les autorités et toute la popu- 
lation de Baule, celte fête, nous le savons, sera tout un événement 
pour ce pays. Ceux de nos lecteurs qui connaissent le talent poétique 
de M. le Curé de Baule, auteur de plusieurs poésies gracieuses, ne 
liront pas sans intérêt, nous aimonâ à le croire, les deux odes com- 
posées et mises en musique pour la circonstaiièe, chantées, l'une à la 



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n 



AJXnkLÈS 



pose de la première pierre, l'autre au pied d'une statue de la Sai^té- 
Vierge,^ statue qui. au plus fort de l'incendie, est restée intacte dans 
sa niche, au milieu des murs calcinés. 

La Première Pierre de l'Égalise de Baale. 



Ils ont passé, les joars de la souffrance,. 
Voici tH'iller un soleil phis heureux; 
Sur tous les fronts rayonne l'espérance : 
Le Dieu du ciel doit habiter ces lieux. 

GHCEUR. 

Du marteau d'oi", ({ue soulèvent vos mains, 
Prêtres, frappez cette pierre choisie. 
Trois fois frappez : c'est la base bénie. 
L'angle d'honneur du nouveau Saint des saints. 

Ce n'est plus U cette modeste pierre 
Où de Jacob a reposé le front; 
Ici c'est Dieu qui descend sur la terre , 
Sur ce parvis les cieux s'abaisseront. 

Premier degré de l'échelle des Anges 
Qui relieront ce sanctuaire au ciel. 
Elle verra l'encens de nos louanges 
Monter sans cesse aux pieds de réternel. 

Cher souvenir des rochers du Calvaire, 
Où se dressa le premier des autels. 



Que ce granit, mille fois centenaire. 
Traverse en paix des siècles immortels. 

Du mont ^cré qqe la Sion naissante ^ 
Brave le temps et les feux et le fer; 
Qu'au seuil béni de sa porte pui^nte 
Vienne expirer U rage de Tenfer.. 

Tu resteras, ô glorieux symikole 
De l'Homme-Dieu qui, d'abord méconnu» 
S'est proclamé la base et l'auréole 
De toute gloire et de toute vertu. 

Tu resteras, pierre du témoignage , 
Pour attester à nos derniers neveux 
Que notre foi, vieil et noble héritage , 
Est digne encor de nos premiers aïeux. 

Toi, dont le culte est ici populaire, 
Grand saint Aipan« notre illustre patron > 
Bénis aussi cette pierre angulaire 
Du temple saint, qui doit porter ton nom. 



Notre-Dame de FIncendie. 



Salut, salut, restes sacrés 
De l'image de notre Mère , 
Pieux débris qui décorez 
Les murs du nouveau sanctuaire. 

CHCEUR 

Ob! quand luira cet heureux jour, 
06 sur le trône de Marie 
Nous irons tous avec amour 
Vous porter, image chérie. 

Quand Baule pleurait devant Diea 
Son temple et sa ma^nniflcence , 
Sur les raines du saint lieu 
Vous restiez, comme l'espérance. 

Oh .' que vous étiez belle à voir ! 
Vous apparaissiez, Notre-Dame, 
Comme en un éclatant miroir, 
Souriant à travers la flamme. 

Sur votre front, sur votre cœur 
L'or de mille feux étincelle; 



Dans vos mains pleines de splendeur 
Refleurit la grappe nouvelle. 
Sous cette tente, dans l'exil. 
Vous nous suivez. Arche sacrée, 
Sans revoir Sion, faudra-t-il 
Languir plus d'une longue année ! 

Longtemps, Mère, de notre cœar 
Sos chants diront-ils la tristesse ? 
Non, des larmes naît le bonheur. 
Au deuil succède l'allégresse. 

Vous avez reçu nos serments 
Autrefois dans votre chapelle ; 
Mère, chacun de vos enfants 
Jure aujourd'hui d'être fidèle. 

Pour consacrer dans notre amour 
Le souvenir de la patrie,^ 
Nous vous proclamons en ce jour 
Notre-Dame de Vlncendie, 



Jubilé, — A Orléans, les œuvres de jeunes gens dirigées par les 
Frères : l'œuvre de Saint-Joseph et celle des Apprentis, ont eu, 
à l'occasion du Jubilé, une retraite préparatoire à l'Ascension. 
M. l'abbé Rocher, chanoine, directeur ecclésiastique des Apprentis, 
malgré ses nombreuses ocjcupations, a prêché lui-môme la retraite 
aux membres du Patronage qui, "au nombre de plus de deux cents, 
sont venus l'entendre et ont répondu dignement à ses soins tout pa- 
ternels. Le R. P. Molliard, supérieur de la Maison de Saint-Euverte, 
a évangélisé avec ce zèle qu'on lui connaît, les jeunes sociétaires 
de Saint-Joseph. Ces œuvres éminemment utiles, sauvegardent la 
vertu et la pieté d'une jeunesse laborieuse, et forment des chrétiens 



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aELIGIEUSES ET UTTÉftADlBS. 23 

instruits et fervents qui feront on joor refleurir les traditions 
orléanaises et la foi pratiqaede nos pieux ancêtres. 

Œuvre du patronage des Apprentis. — Va réunion de MM. les 
Membres du Comité, d'abord annoncée par une circulaire pour le 
vendredi 26 mai, n'aura lieu que le lundi ^ mai à une heure précise, 
dans l'Etablissement des Frères à Saint-Bonose. 

— Par décret impérial, la Fabrique et la commune de Gemo^ 
viennent d'être autorisées à accepter Un legs de six mille francs fait 
en faveur de la Fabrique et de rétablissement des Sœurs de Charité * 
par M"« Prudence Chassignol. 

— Un vénérable Curé-Doyen nous écrit les lignes suivantes : 

« Selon le proverbe : Personne n'est propl^èu dans son pays, 
cependant nous sommes les témoins d'une heureuse exception à cette 
règle générale. A Courtenay, la station du Jubilé et du Mois de Marie 
est prèchée par un enfant du pays, M. l'abbé Courson, curé de 
Louzouer ; et tous les soir» notre église est remplie de fidèles dont Tat- 
tenlion est captivée par le ton pénétrant et l'élocution facile du pré- 
dicateur. Les habitants de cette paroisse sont fiers de voir un de leurs 
compatriotes remplir si dignement la mission qui lui est confiée. » 

— Mardi dernier 16 mai, c'était grande fête à Uy. M. l'abbé 
Dbsbrosses, doyen du Chapitre de la Cathédrale, Vicaire général, 
Archidiacre, bénissait et érigeait à fzy un magnifique Chemin de Croix. 
Ce précieux cadeau, dû à la munificence de l'Empereur et à la haute 
médiation de M. Nogent Saint-Laurens, député au Corps Léj^islatif, 
complète la décoration de noire petite église. Ces superbes pemtures, 
en se mariant avec nos riches verrières, en font comme un gracieux 
musée dont chaque sujet parle autant à l'àme qu'aux sens... J'allais 
oublier de dire que l'assistance était ce qu'elle devait être, nombreuse 
et recueillie. 

Notre correspondant^ en nous envoyant cette note, la faisait éga- 
lement parvenir aux autres feuilles orléanaises. Nous profiterons 
de cette occasxon')H)ur faire remarquer ^ue les Annales ne s'engagent 
point h insérer désormais les communications qui ne leur seraient 
pas exclusivement réservées. 

Pour tous les articles non signés et pour toutes les nouvelles, 

L*abbé GÉLOT. 

Her cariai e cl*Orléaii»« ^ 

ORLÉANS, 20 mai. 

Cote ofificielle. — Froment, l'h., Ire 17 83, 2e 16 26, Se 15 17. — Méteil 
l" 14 60, 2« 12 68, 3« 10 «a. — Seigle Ire 9 ««, 2e 8 96, 8e 8 75. — Orge 
Ire 9 ««, 2e 8 77, 3- 8 50. — Haricots rouges Ire qté 27 50, 2e 27 ««, 
3e 26 50: id. blancs Ire «« ««, 2e «« ««, 3e «et €«. — Avoine, Ire qté 8 75, 
2e 8 19, 3e 7 « «. — Foin, le myriag.. Ire qté 1 30, 2e 1 14, 3e 1. — Paille, 
id., Ire qté 75 c, 2e 63 c. , 3e 50 c. 

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3 p. 0/0 ancien... 67 40 Nord 1067 50 

4 1/2p.l00 95 90 Est —507 50 

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Emprunt italien... 65 90 

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lÛdi —597 50 

Aitriehien —440 — 

Lombards ~ 515 — 



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Btat eiiFll d*Orléan«. 

Publications de.nMifHa^^ du àmanchfi\2\ moi Entrb: 

M^ Cha$sâtie (Jacques), -laaieiniiâier, et Mlle GraocUire ^Héloîie-Marie-Emélif ), 

fnqueuse de bottines., 
M. Dumont (Isidore*Désiré) ,, garçon de magasin , et Mlle Mprin (Marie- 

Pauliue), domestique. 
M, Serenue -(CharlesrPierre) , marînier-pècheur» et Mlle Hamnon (Loui&e). 
M^ Richard (Jules-Paul -Théophile), garçon de salle, et Mlle Lezé (Marie-. 

Elise) , lingère. 
Mi Guérot (Paul), domestique, et Mlle Renandat (Célestme)', domestique. 
M. Lenoble (Stanislas-Ernest), journalier, et MHe Audry ^Marie), lingère. 
M. Boyer (Léon-Louis)^ menuisier, veof'cfe Valérie-Héloïse Fremeau, et 

•Mlle Amou (Agnès-Alexandriiie). 
M. Leroy (Auguste-Edmond) , gar^ d» magasia , et Mile Mawhé (¥ioioirct- 

Marie-Clémentine), couturière. 
M: Touital (Jéan^Stanislas), gardé ' principal du génie militaiie, chevalier de- 

4a Légion-d'Honneur et de Saiot-<}régoire*le^raod , et Mlle Hall (Louiae- 

Hemietle), professeur de piano. 
M^ J^adouan (Louis^Frauçois-Jule»), cordonnier» et Mlle Brioiet (Caijoliiie). 
M. Bmard (Ei|gène-I^^rcisse-Jo^h),, employé ajux; ateliers du.diemin de feit. 

et Mlle Deloince (Henrielte-Marie-Hortense). 
M; VaiUanl.(Augustia Magloire), ouvrier chandelier,^ et Mlle Mercier (Elise- 

Eleuxinte), domesiique. 
M. Lespagnol (Eugène-Désiré). tailleur de pierres, et Mlle Raignaux (Virg^pi^). 
M. Lefèvre (Alphonse), et Mlle Beaumont (Euphrasie-Yictoire), couturière. 
M. Serrier (François-Léon), jardinier, et Mlle Tranchant (Mai^ie^Lucije) , 

tailleuse de limes. 
M. Dolésie (Sauveur-Henri-^Ernest) , capitaine au 2* régiment d>attiUia|ie^ 

éhevalier dé la Légion-d^Ifioatoeur, et Mite Scdiohn (Marte-Mathilde)» 

^ai^anees^ 

Durand (Charles-Auguste-Georges), rue Drufin. 

Guiot (Georgeite-Marie), Marché Porte-Renard.^ 

Sureau (Henri- Alphpuse),, rue des Murlins. ^^^ ^^ 

Huel (Paul-Alexandre), rue des Turcïes. ^ ^^ 

Moreau (Marie-Louise-Désîrée-Charlbtte), nie Bourgogne. 

Hodion (Marie-Augusiine), rue du Petit-Puits. 

Legourbe (Héloïse-Sara-Marie), rue des Trots-€lés. 

Vallée (Victorine Louise;, faubourg' Saint- Jean. 

Breton (Marie-Berthe-Ei'génie-Augusliiie), faubourg Madeleine. 

Jath)t (MaricLoutsc-JÛltctte), rue d» Pot de Fer. 

Papin (Stéphanie-Hoitense-Augustioe-Marie), rue Banni«r. 

Chehet (Charles-Victor), rue Verte. 

Gamier (Marxo-Joséphioe^, rue Porte Madeleine. 

; Décès, 

M. t)reux (Jean-Pîerre)r propriétaire-, chevalier de la Ligîoit-d*Honneiir, et 

maire de Cormairfvllre, rué Porte Saint-Jean, 68 ans. " ^ ' 

M. Toutpenet (Josse-Urien), ancien plâtrier, rue des Curés, 72 ahs. 
Mad. Leîevre, née Blot (Clarisse^Isabelle), rue Grison, 27 ans. 
Mad. Sasserand, née BillaVd (Anne), faab. St-Marc, rue de TEglise, 68 ans. 

le propriétaire-géranti L'Abbé GELOT, Chan. Hon. 



'ORLéàKS.' — ^ UIP. X|lIfEST> COLAS. 



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ANNALES 

RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES 

DB LA 
VlErl4B BT nu niOCASB 0*OBIirilAltS 

Paraissant tous les SamediSi par lirraisoii de 24 pag^s. 



IV« VOLUME. — N« 2 - 3 JUIN 1865. 



4 DIMANCHE de U PENTECOTE (aa. 
miù)< Appelée par les Juifs Péte iet 
semaines y de la loi, des fruits nour- 
veauXy cette solennité fat établie par 
Moïse pour perpétuer le souvenir 
de la promiils^tion du décalogne. 

La PENTECOTE est l'anniversaire de 
la double apparition ée Dieu sur le ^ 
Sinaï el daDs le Cénacle. Là, Dieu 
s'annonce par des tonnerres, des 
éclairs; ici^ par un bruit mystérieux 
et une lumière divine : sur le SinaT 
la foudre, au milieu d*un nuage 
sombre, prétède la loi de crainte; 
dans le Cénacle, une hieur douce et 
pure précède la loi d'amour. 

Le Cénacle où le Dieu de rEuehs- 
ristie et le Saint-Esprit se sont 
unis à notre humanité, n'éuit, pense 
Benoît XIV , (que la terrasse ^ui, 
selon l'usage oriental, servait de 
toiture k Thabitation de l'évangéliste 
saint Marc. Selon la tradition, c'est 
là que la première messe fut célébrée 
par saint Pierre, le matin de la Pen- 
tecôte avant de se rendre au temple 
avec saint Jean pour inaugurer la 
prédication chrétienne. C'est U que 
sMhteaélëne avait élevé un sanctuaire 
étroit, mais* précieux par les souve- 
nirs et les richesses qu'il renfermait, 
VOraioire de (a Pentecôte ne fut 
ruiné qu'en i460. 

Ce Feu, qui n'était point un feu élé- 



mentaire, mais uie clarté scintil- 
lante^ symbolisant la lumière et 
l'amour, se reposa également, dit 
saint Augustin, sur les Apôtres^ sur 
eent vingt disciples et sur niusieors 
femmes qui priaient ensemble daai 
cette retraite. 

Le Vent Creator fut composé par 
Chcrles^e-Gros. Ce prinee l'envtya 
comme réponse au moine Notker, 
auteur du Veniftancte ipiritu*. Heu- 
reux ce temps! Les vote s'élevaient 
alors du silence du cloître et de 
l'agitation des cours pour implorer 
et chanter le Dieu qui a inspiré David 
dans les splendeurs de Sion, et Elle 
dans sa grotte du Carmel. 

De nos jours, rien n'est plus ras- 
surant, majestueux, que de voir, k la 
rentrée des tribunaux, f«8 hommes 
vieillis dans le sacerdoce de la jus- 
tice, avec leurs robes herminées, 
i^genouiller devant le joge des 
juges, et redire cette prière catho- 
lique et nationale qui précède les 
événements et les époques de toute 
existence chrétienne : Veni Crentêr, 

5 LUNDI, offlce de l'OcUve. 

6 MABDI, office de l'Octave. 

7 MERCREDI, offtce de l'OeUve. 

8 JEUDI, oface de l'OcUve. 

9 VENDREDI, office de TOctave. 
40 SAMEDI, office de i'OcUve. 



PRIX D'ABONNEMENT 



Oriéans et le Département. . 5 f.par an. 
Paris et les Départements. . 7 — 
Etranger 10 — 



M; l'Abbé GÊLOÎ, cloître Ste-Croix, 8, 
M. ERNEST COLAS, Imprimeur. 
M. BLANCHARD, rue Banni^r. 
M. GATINÉÀU, rue Jeanne-d'Arc. 



ON s'aBONNB a ORLÉANS, CHKZ : 

Mad. FOUCHER, rue'Jeanne-d'Arc, 9. 
M. SEJOURNE, rue des Carmes, 41. 
M. GODEFROY, rue Royale. 
M. VAUDEGRAINE, plate du Martroi, 



T. IV. 



OrUau. — I*p« £Mwr C«i.Af, ti»-i-vit dv Mnsit. 



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CHRONIQUE. • 

— Mgr l'Evêque d'Orléans officiera ponlificalemônt dans sa cathé- 
drale le dimanche de la Pentecôte. 

Le même jour/MonseIgneur donnera le Sacrement do Confirmation 
aux élèves des petits séminaires : 

A 2 heures, dans l'ancienne église des Minimes ; > 

Le soir» après les offices de la cathédrale, dans la chapelle du Petit* 
Séminaire de La Chapelle Saint-Mesmin. 

Le lundi dd la Pentecôte, à 3 h., à l'établissement des Sourds-Muets ; 

Le jeudi 15 juin, au Lycée. 

Le samedi 10 juin, Mgr l'Evêque d'Orléans conférera solennellement 
le Sacrement de l'Ordre dans sa cathédrale. La cérémonie commencera 
à 7 heures du matin. 

— Dimanche dernier, Monseigneur a étéassister au Comice agricole 
qui se célébrait à Jargeau. 

— Le dimanche de la Pentecôte, conformément à une ordonnance 
épiscopale, la quête pour le Denier de Saint-Pierre sera faite à tous 
les offices, dans toutes les églises et chapelles du diocèse d'Orléans, 
par MM. les Curés ou Aumôniers. 

Confrérie de Saint- Charles. — La réunion mensuelle du clergé 
pour la discussion des cas de conscience aura lieu, dans la salle des 
thèses, lundi 5 juin à 1 h. 1/2. La dissertation seja faite par M. l'abbé 
Bellegy, vicaire d'ingré. •— M. l'abbé Notin, chanoine honoraire, 
curé de Saint- Aignan, proposera les objections. M. l'abbé Lelong, curé 
de Tavers, prononcera le discours d'usage. 

Œuvre des églises pauvres. — Leurs Majestés l'Empereur et l'Im- 
pératrice ont daigné accorder à l'Œuvre des églises pauvres du diocèse 
d'Orléans un lot pour la loterie qui sera tirée, lundi prochain 5 juin, 
dans une des salles de l'Evêché. 

Le lot impérial sera exposé jusqu'au jour du tirage, avec quelques- 
uns des principaux lots, dans lavitrine.de Mme veuve Foucher, 
rue Jeanne-d'Arc. Prix du billet : 50 centimes. 

L'exposition générale des lots continuera d'être ouverte au public, 
à l'Evêché, tous les jours de midi à quatre heures. 

La distribution des lots gagnés -aura lieu le mardi 6 juin à midi 
jusqu'au 1" juillet suivant, terme de rigueur. 

— Mercredi, vendredi et samedi, les 7, 9 et 10 juin (quatre-temps), 
sont des jours de jeûne et d'abstinence. 

Œuvre des filles domestiques. — La réunion mensuelle des do- 
mestiques aura lieu le lundi de la Pentecôte, 5 juin, à 6 h. précises 
du matin, dans l'église de Saint-Pierre-du-Martroi. 

Cathédrale. — Archiconfrérie de Notre-Dame du Suffrage pour 
les défunts. — Lundi 5 juin, à 7 h. 1/2, Méditation suivie de la 
messe pour les défunts; le soir à 7 h., Vêpres des Morts, instruction, 
chant du Stabat Mater, et bénédiction du Saint-Sacrement. Mardi 
6 juin, premier mardi du mois, à 7 h. du soir, salut de TAdoration. 

Paroisse de Saint- Cyr-en-Val. — Les Exercices de l'Adoration 
perpétuelle ont eu lieu, dimanche dernier, à Saint-Cyr-en-Val, avec 
une grande édification. M. Tabbé Charriot, grâce à son zèle de prêtre 
et à ses talents d^artiste, avait réussi à embellir encore son église déjà 
si belle. La fête était présidée par M. le doyen dOlivet qui voulut 
bien, à la Messe et aux Vêpres, adresser à un nombreux auditoire 
auelques-uues de ces paroles chaleureuses et lucides qu'il sait si bien 
dire. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 



miîm, Veiuiredi î Mb. 



VIE DE JACQUES, COMTE DE VINTIMILLE 

GOnSEILLEE AU PA&LEMElfT DE BOCEGOGNB, UTTÉEATBOE ET SATAJIT 
DU XYl^ SIÈCLE, d'aPEÈS DES DOCUMENTS UfÉDlTS 

Par M. ladoTic de Vauzelles 

COIÏSEILLEK A LA COUR IMPÉRIALE d'ORLÉANS. 
Orléans, 1865. — Herluison, Libraire-Editear. 

* La biographie du comte Jacques de Vinlîmîlle que M. le con- 
seiller L. de Vauzenes vient de publier, offre un véritable !ntéi*ét. 
Elle reproduit une des plus touchantes et des plus gnives 
physionomies de Fhistoire du xri^ siècle. Le noble magistrat dont 
l'auteur a esc|uissé la vie à grands traits, est un des types les 
plus distingués de son époque. Cette belle et honorable vie s'est 
écoulée dans des phases tellement variées, qu'il faut remonter 
jusqu'à cette époque d'agitations européennes, de troubles reli- 
gieux et sociaux, de renaissance littéraire et artistique pour ren- 
contrer des conditions d'existence aussi extraordinaires, des évé- 
nements aussi dramatiques, et pour trouver des connaissances et 
des talents aussi variés et aussi étendus, réunis dans un seul 
homme. Plus d'une page de l'ouvrage de M. L. de Vauzelles 
pourrait fournir au littérateur et au poète les sujets les plus 
dramatiques et les plus gracieux. 

Doué des aptitudes les plus diverses, passionné pour l'étude, 
les beaux-arts et tous les nobles exercices de l'esprit, le comte 
de Vintimille n'a cependant laissé aucun de ces monuments litté- 
raires qui frappent les yeux de la postérité. L'étendue de son 
génie lui a enlevé cette profondeur de vues qui crée les grandes 
œuvres ; mais il fut un de ces hommes rares dans fous les temps, 
qui ont su bien faire tout ce qu'ils ont fait. 

Au milieu ûh l'agitation des camps, dans les premiers jours de 
sa jeunesse éprouvée, au cours de ses études brillamment faites 
dans plusieurs universités célèbres , dans les moments do 
loisir que lui laissaient les graves travaux de la magistrature unie 
à la fin de sa vie aux saintes fonctions du sacerdoce, Vintimille 
cultiva toiyours les lettres avec amour et avec succès. Il étudia, 



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28 ANNALES 

avec une préférence marquée et avec une rare intelligence, les 
chefs-d'œuvres littéraires des grands siècles de l'antiquité. 

Doué d'un caractère aimable et affectueux, il se montra tou- 
jours dans les rapports de la vie intime, d'une bonté, d'un 
dévouement sans bornes pour sa famille, ses protecteurs, ses 
amis; d'une tolérance admirable pour ses adversaires. A cette 
époquebouleversée où trop couvent la licence et l'erreurexerçaient 
sur les âmes les^ pl^ funestes influences, il sut conserver ses 
mœurs pures, sa foi intègre, sa vie irréprochable. 

M. le conseiller L. de Vauzelles, dont la verve facile et gra- 
cieuse, on le sait, s'était exercée dans des écrits poétiques bien 
connus et très-^ppréciés, a révélé, dans la Vie de Jacques^ 
comte de Vintirmlky un véritable talent d'historien qui lui as- 
sure un rangdistiûgué parmi les auteurs contcmfK)raîns. Son 
livre est écrit avec cette simplicité^élégante et de bon goût, cette 
clarté de style, ce choix Ijeureu^ d'exprcssiot^s, cette sage conci- 
sion, qui donnent à la lecture d'^un ouvrage un attrait véritable. 

Les nombr«us€îs et patientes recherches bîsloriques auxquelles 
l'auteur s'est livre pour réunir tant d'éléments épars, et pour re- 
constituer une existence si peu connue jusqu'ici, dénotent une 
^ érudition peu commune. Tout est positif et précis dans l'ouvrage 
' de M. L. de Vauzelles; les faits s y présentent dans les condi- 
tions d'une incontestable authenticité. C'est de l'histoire, simple, 
vraie, prouvée, (i^ l'bistcJn'e comme il convient à un savant ma- 
gistrat de l'écrire. 

Si ce livre plaît aux lecteurs sérieux, s'il est agréable à tous, 
il faut dire quç l'auteur s'était placé dans les meilleures condi- 
tions possibles pour le bien écrire. Son cœur a dirigé sa plume. 
Le doux et pieux souvenir des ancêtres, cette noble passion des 
belles âmes l'a inspiré. La vie du célèbre comto italien, devenu 
magistrat français, était si intimement liée aux traditions de fa- 
mille pour M. L. de Vauzelles; la plupart des événements de 
cette grande existence lui rappelaient si naturellement la haute 
origine de ses aïeux, leur générosité, leurs belles actions, l'im- 
portance de leurs fonctions, la dignité de leur caractère, que c'a 
dû être pour lui chose facile de mettre son talent au service de 
ses inspirations filiales. 

Nous serions heureux si ces quelques ligne-s, tracées sous 
l'impression du plaisir que nous a procuré la lecture du livre 
de M. L, de Vauzelles, pouvaient Inspirer à d'autres le désir de 
connaître cet excellent ouvragB, qui a, selon nous, le rare mé- 
rite d'être aussi purement écrit que sagement pensé. 

M. R. 



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UUOIEDiBS BT UTTiEinSS* ^1b 

LES AUTISTES ORLÉAHAIS AU 8AL0H DE i869. 

I 

PEurrcBE. 

Ne nous préoccupons pas des Ëcoies romaines et véûitienoes, 
en entrant au Palais de Texpodition des peintures modernes. Un 

''seul artiste codteinpofain s'est souvenu des tnattres it«Heiris, et 
encore n'a^t-il reproduit que la sécheresse et la raideur de dessin 

' (J'André Manlegna^ saifas pouvoir rappeler la pureté de coloris et 
réiévation de style de TEcole de Mantoue. uependant, eonsla- 
tons cet effort reinarqué mècae par ht foule; et, plus Juste ou 

. plus indulgent que, nos confrères en critique, afBrmoos que tes 
deux tableaux de 1865 cte M. Moreau sont tout aussi remar- 
quables ^ue son GEéipe de 1864. 

La première pensée qui vient è l'es|irH4e l'amateut qui résume 
ses impressions en sortant du Palais de rioénstrie (matntenons- 
lui ce nom, mémQ lorsqu'il sert à abriter l'art contemporain), 
îa pi^emièrè pensée, dîs-je, esf cellë-ci : £a peinture se tient au 
même niveau que la littérature moderne, itéme gentillesse de 
composition, même habileté <ie pmcédé ; mêxè aussi même ab- 
sence de mâles ^'ets et de vigueur d'exécution. De jolis tableaux, 
et toujours de jolis tableaux. Nous sommes voués aux scènes 
doucereuses d'intérieur et de sentiments affectés, aux fades dé- 
clarations de la ûoiavelle Hélolse ou aux Iddhelés sentimentales 
de Saint-Preui. En effet, nos romans sucrés ne sauraient Fournir 
de T)lus énergiques inspirations. 

' Que les artîôtes retiennent cette phrase prononcée par Son 
Excellence M. le Miiïistre des Beaux-Arts: ^Nms n'àVtmspeM 
vu apparaître Vêeuvretxcepti^rimlle.,. » 

En dressant ici la liste des i^ifti^s Orléanais, nous h'aurons 
point ^ signala des œuvres d'un grancfiose exagéré, comme 
celles de Plsaâelfo; tuais aussi noiis n'afùrons pas non plbs à 
eritiquer des con^o^tiMs effémihées, radietant la mollesse de 
l'exécution par uneftccifité d« ^cadence. 

Les Orléanais, comme presque tous le» peintres de notre 
époque, en sont au lùUûfatisPte et à VindMd^li9fne du 
xîv* siècle. Nous n*avoiis pas la ctiaûce de compter des réalistes 
parmi nos compatriotes. MM. Courbet et Manet appartlenneti 
aux dêpai^tements du Doubs et de la Seine; et, jusqu'à présent, 
ni Cbio ni Argos ne se disputent l'bonneur âe leur avoir donné 
le Jour. 

A défaut donc de point sérieux de^ comparaison, en l'absénôe 
de type antique, mens arcMfpa dirait un scolûstîqoe, nous ne 
pouvons faire mieux que de prendre, dans la cireonstauoe pré- 



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30 /. : AlfRiLJES = 

sente, pour terme de comparaison, MM. Dubois^ Tauteur du Flo- 
rentin, pour la sculpture; Cabanel et Corot pour la peinture. 
Une fois ces modèles posés devant nous, examinons et avouons 
que quelques-uns de nos compatriotes ne s'éloignent pas trop 
de leurs prototypes, et que plusieurs mêmes ont gagné à l'étude 
des anciens maîtres des qualités certainement plus solides. 

C'est M. Achet qui commande la liste orléanaise ; il est le 
premier. . . par ordre alphabétique. 

M. Achet est né à Orléans et n'est élève de personne. Son 
Carcâno n'est pas un cheval de haut style. Le nom qu'il lui 
donne n'est-il pas celui que prodigue vulgairement le charretier 
à tout bucéphale vieux et usé? Si M. Âchet a fait un portrait, je 
n'ai rien à dire : toutes les difformités Se trouvent dans la nature. 
Si c'est une étude, j'aurais préféré des jambes plus longues et 
un corps moins allongé. Mais, dans ses petits arjtingements, 
notre peintre a sûrement eu en vue plutôt les aises du cavalier 

3ue l'élégance de la monture. Je critiquerai aussi la couleur 
outeuse de la robe. Je conseille fortement à M. Achet l'étude 
des œuvres de l'animalier Fremiet, s'il tient beaucoup à étudier 
les Caredni. 

Comme le public, je me hâte d'arriver et de m'inslaller devant 
les toiles de M. Antigna. 

Le premier qui s'offre à mon impatience est le Dernier Baiser 
d'une mère. Trois femmes vues à mi-corps occupent la partie 
inférieure. du tableau, à la manière espagnole. Ce sont sans doute 
les deux sœurs et une parente du jeune enfant qu'un ange em- 
porte en son vol. Les physionomies des deux femmes sont em- 
preintes d'une douleur bien exprimée. On sent que la femme 
vue de dos suffoque de sanglots. 

Mais le mérite du tableau est dans l'élan douloureux de la 
mère, qui se précipite vers l'ange pour reprendre, pour embras- 
ser du moins son jeune enfant qui la quitte. La pâleur de l'en- 
fant est trop grise et sa petite tête manque de beauté. Mais, en 
revanche, la figure de l'ange est ravissante d'aspiration vers le 
ciel. Ce tableau serait un chef-d'(BUvre, si M. Antigna, possé- 
dant une palette plus brillante, avait doâûé plus d'éclat et plus 
de lumière à son centre, à l'atmosphère dans laquelle se baigne 
son bel ange gardien. 

Ge ton terne et gris que nous reprochons au précédent tableau 
,est celui qui convient au Dimanche des Rameaux du même 
peintre. 

Appuyée contreun mur d'église, une jeune enfant à la phy- 
sionomie pâlie non encore amaigrie par les privations, aux yeux 
bleus remplis de mélancolie, offre des branches de buis béni 
aux passants. Rien de plus attendrissant qpe le sourire contraint 
et douloureux de la jeune mendiante. 

On pourrait désirer plus de maigreur et d'élégance dans la 



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msufiiEirsxs kt tmiiÀiiis. 31 

jambe un peu forte de Tenfant, plus de finesse dans ce pied 
que chausse un soulier bien naturellement troué. Ces détails de 
la misère de la pauvre enlBsint tiennent au réalisme si vous vou- 
lez, mais ce n'est plus là le réalisme répugnanl|de la nouvelle 
école, c'est de la vérité seulement. 

Je fais entrer ici, dans la liste des peintres Orléanais, M. Blin 
(Francis) né à Rennes, élève de Picot. M Blîn habite le dépar- 
tement du Loiret et il prend souvent ses études dans les cam- 
pagnes orléanaîses. Voilà mes deux causes déterminantes de 
classement. 

Son vieux moulin à Guîldo est une étude consciencieuse 
d'un feuillage trop dru. Les ruines de son moulin sont pitto- 
resques, mais le paysage manque d'air. Je vois une femme qui 
voudrait laver son linge, mais je cherche en vain avec elle la 
rivière où elle trouvera l'eau nwessaire. 

J'ai gardé toute mon admiration pour son sott d'vté en So- 
logne, 

Le paysage est plat, mais très-caractérisé. L'ombre du soir 
descend et pénètre déjà sous les bois qui suivent les bords de 
la Loire. Le ciel, qui s'éteint, prend une blancheur mate qu'il 
communique à la rivière dont les reflets s'éteignent peu à peu. 
' Si vous vous isolez par la pensée, si vous vous perdez dans les 
lointains boisés fort bien réussis, vous sentirez infailliblement le 
frais du soir vous tomber sur les épaules. 

Le jury ne jîjouvaît accorder une médaille à un meilleur 
paysage, et le public applaudit chaque jour à son choix. 

Le grand prix de Paris de 1864, par M. Delcunarre^ né à 
Olivet (Loiret), et élève de Pâlîzzî, ne lui fera pas décerner la 
moindre récompense ni la plus légère admiration. 

Je sais parfaitement que les prix de course sont remportés 
par des chevaux efflanqués et dont les membres raidos n'ont 
rien de bien harmonieux à. l'œil ; mais je crois que M. Dela- 
iparre a encore exagéré le squelette de ces animaux amaigris à 
grand frais. Puis, la teinte uniforme et trop lustrée de leurs 
robes ainsi que lé peu d'étude anatomîque qu'ils ont coûté, 
font de ces quadrupèdes de véritables chevaux de bois. Je ne 
"parlerai pas des arbres d'un vert plus tendre que nature qui 
forment le fond du tableau, ni du délayage marbré qui simule 
la foule des spectateurs, et je passe sous silence le petit bon- 
homme au drapeau qu'un soiinie renverserait sur le turff^ tant 
ilest mal planté sur ses jambes. Et pourtant on \*it que 
M. Delamarre sait tenir un pinceau. 

Décidément M. Pierre Diipuis^ né à Orléans, élève d*Horace 
Vernet et de Léon Cogaiet, s'est placé à un bon rang parmi les 
peintres sérieux. L'an dernier nous lui prédisions ce succès. Sa 
vigoureuse et habile étude û'Aehëlaus avait attiré sur lui Tat- 
tentîon des connaisseurs, ses deux tableaux de l'exposition de 
1865, l'ont fixé désormais. 



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1§2 ^I^LIJS: 

Dans son tableau VEnf^rU-Diçu iconten^plé par la Fierté 
Marie^ la composition est ealme et noble comme celle des an- 
ciens maîtres. $ï sa Vierge ne po3fiède pas la siiblimité des 
Vierges de Raphaël, elle a certaineme^nt plus de noblesse que 
les madones de l'école de Séville. 

Sur* un fpnd plein d'air et qe clarté se détache en trois-quarts 
le visage de la Sainte-^Vierge. L'enfant Jésus, vu de face, pré- 
sente une physionomie plus aimable que distinguée. Il est bien 
posé, mais le mouvement d^ son. bras gauche est peu naturel. 

Le pinceau de M. Pierre Dupuis est fin, non de cette finesse 
méticuleuse que Vçn reproche put tôtes de Carlo Dolci. La 
manière de M. Oupps est cependant toute italienne dans ce 
tableau. 

De son Achélaus h son Enfcmi-Dieu le pas est immense. 
Nous rentrons dans sa première voie avec les derniers moments 
de François IL Je reconnais ici sa brosse fougueuse et hardie, 
Taplomb et l'étude des poses; mais la première toile, c'est-à- 
dire son Enfant^Dieu contemplé par sa Vierge le rapproche 
davantage des grands modèles. 

C'est la première foi que nous remarquons au salon la 
peinture de M. Grandske (Eugène), né à (kléans, élève de 
MM. Noël et Dupréj et la première impression est toute favo- 
rable au peintre. Le paysage intitulé le Pont du moulin à Vile- 
Adam est pittoresque. Le pont est habilement placé, ses détails 
sont étudiés avec soin, et il existe beaucoup d'harmonie dans 
ses effets de lumière et d'ombre. L'air circi;ile bien à travers les 
arbres de gauche; mais je critiquerai la confusion des masses 
de droite qui sont floconneuses et peu détaillées. Le ciel est 
d'une clarté trop blaqche. 

M. Gués (de Moatargis) n'a pas tenu tout ce<qu'il promettait. 
Ses moutons de Tan dernier valaient mieux que ceux de sa 
rentrée à rétable. Ce petit tableau manque d'effet, il est triste. 
On pourrait croire que les pauvres bêtes se hâtent de se cacher, 

Kr discrétion et par respect pour le goût de l'amateur. Le 
rger et le chien sont mollement dessinés. Cependant il y a 
du mouvement dans le petit troupeau. Nous attendons pour 
1867 une toile plus importante de M. Gués; il peut l'entre- 
prendre. 

Les deux grands tableaux de Mademoiselle Laure^cea^ (de 
Beaugency), manquent de reKef. Ses fruits ne semblent pas 
arrives à leur maturité, et ses fleur* ont perdu leui* fraîcheur. 
La trop grande recherche de la délicatesse a égaré Mademoiselle 
Laurenceau. L'air et lia vie font défaut à la fois dans la toile de 
cette artiste distinguée d'ailleurs. 

Que ne prend-t elle pour modèles de vigueur et de vie les 
toiles de sa compatriote Madame Muraton. 

C'^st dans les légumes de cette dernîèra que ji'on voit se dé- 



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BELIGIEUSBS ET LITTÉ&AlBES. 33 

ployer Une énergie rare cbez une femme. Quelle cxactîtade 
dans le dessin et quelle vérité dans H couleur! On se croirait 
sur les carreaux des halles. La jeune fille que Ton aperçoit dans 
la pénombre du second plan est remarquable par son attitude 
aisée. Ce tableau est un véritable paysage arec son ciel lim- 
pide et ses lointains ménagés. Il n'y a que Madame Muraton 
pour forcer le public à s'arrêter devant des légumes, que fe- 
raient donc les lapins s^ils voyaient son magnifique cfaout 
violet? 

J'ai été longtemps sans trouver son n* 1578. J'étais assez 
maladroit pour ne pas le eberchor où îl devait être, au grand 
salon d'honneur. 

Le tableau de fruits de Madame Muraton, se trouve jnste 
au-dessus d'un magnifique paysage de Français. Je ne regrettai 
plus ma peine en Tadmirant. J'ai rarement vu des fruits aussi 
savoureusement éttidics, aussi habilement peints» Je les préfère 
hautement aux fruits de Jacques Desgojfes qui les transforme 
en pierres précieuses . 11 est surtout un amas de prunes violettes 
couvei^tes de leur délicat brouillard qui provoquent les doigts 
des moins sensuels. Décidément, je laisse les ognous à l'ado- 
ration des Egyptiens, et je me range au culte des fruits de 
Madame Muraton. 

Le même nom de Muraton signe deux portraits au pastel d'une 
heauté remarquable. Je ne aurais passer sans rendre hommage 
à M. Alphonse Muraton, né à Tours^ élève de 'Drolling et ae 
Jacquinet. Je ne sais si M. M«rî>ton est le père ou le mari de la 
précédente, mais il est à coup sûr son parent par la finesse et 
par l'éclat de son talent. 

Je m'empresse de rendre à M. Maroîs la place qui lui a été 
enlevée. 

M. Marois excelle à représenter les eaux limpides et cou- 
rantes, à étendre sur les rives plates de la Loire ces lon^ 
paysages que domine un cîel presque toujours rayé de grands 
nuages argentés. 

Son Etang de Corèambon est un paysage qui respire le calme. 
On se plaît dans cette solitude qu'anime seulement un totelier 
qui dirige nonchalamment>ea toue yers la rfvc déserte. 

Dans son Paysage des ^>ords de la Loire^îe voudrais les tons 
du fbuillage moins uniformes, plus de relief dans les masses et 
plus de vigueur dans le coloris. 

M. Porcher (Charles- Albert), né à Orléans, m'a fait longue- 
ment chercher sa Falaise en Bretagne. Ce tableau, qui devait se 
trouver à la lettre P., se trouve refigaé daos le salon aux mé- 
langes. Ne pas confondre avec le salon d'honneur. C'est la pre- 
mière fbis que j'aurai couru avec autant d'acharnement après 
un plat de verdure aussi crtiCi 

Le site, il faut l'avouer, prête peu au pittoresque; j'en appelle 



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34 AiinÀLEs 

à la naïveté des Parisiens, et je demanderai à la plupart d'entre 
eux s'ils n'ont pas crn tout d'abord avoir sous les yeux le por- 
trait de leurs chères fortifications? 

Je dois cependant faire une réserve en faveur d'une petite 
vague argentée par le soleil, et dont la frange mousseuse vient 
battre la rive d'un mouvement bien indiqué. 

Nous avons d^à eu occasion de parler, dans les AnnaleSy du 
talent de M Riballier, L'an dernier, nous ayons fait l'éloge de 
son dessin et la critique de sa couleur. Nous sommes prêts à 
nous répéter. 

Le cheval de son Abreuvoir^ faiblement peint, en se baissant 
pour boire forme une ligiic sur laquelle son conducteur doit 
avoir de la peine à garder l'équilibre. Ce tableau est terne et 
gris à l'excès, son eau est bourbeuse et son ciel est sale ; aussi 
je m'empresse de courir après ses Chevaux de ferme^ quand ce 
ne serait que pour arrêter leur jeu et leur mutinerie* Le cheval 
blanc est très-vif et très-naturel dans son mouvement de flanc, 
et les deux chevaux sont spirituellement étudiés. On remarque 
dans cette petite toile presque des qualités de couleur. Ahl si 
M. Riballier savait peindre comme il sait dessiner ! 

II 

DESSINS, AQUIBELLES. 

M. f^'ouppe (Jean-Henri), né à Orléans, élève de Léon Pleury, 
possci'i' de grandes qualités comme aquarelliste. Il est patient 
et il est élégant. Je lui souhaiterais plus de vigueur et de har- 
diesse. Son feuillage pourrait êti^e plus varié de ton, et ses 
tableaux se ressemblent peut-être trop. 

Sainte-Marie près Fornio, avec ses bruyères rouges sagement 
et finement rendues, est un paysage d'un vrai mérite, mais un 

S eu lourd. Pourquoi, dans ce tableau comme dans sa Lisière de 
cis en Sologne, ses ciels commencent-ils au bas des horizons 
pour s'arrêter brusquement à la moitié du tableau? C'est d'un 
efiet qui ôte toute légèreté au paysage. Les nuages placés ainsi, 
et souvent trop solides, ressemblent parfois à de^ montagnes de 
neige. 

Toutefois, il faut en convenir, et ce n'est que justice de le dire, 
M. Chouppe est encore cette année, et à bon droit, l'un des ar- 
tistes les plus remarqués au salon des aquarelles. 

Mademoiselle Hannequand (Léonide), née à Briare (Loiret), 
élève de mademoiselle Rosa Bonheur et de madame Toupillier, 
a exposé un petit tableau de fieurs et de fruit% sur porcelaine 
qui ne manque pas de mérite. Sa jacinthe est fort bien réussie , 
comme forme et comme couleur, mais sa rose est sèche et 
semble en papier de verre. 



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R£LIGI£rSES ET LITTÉaURES* 8|l 

Si le public était dans le secret des difficultés de la cuisson 
de la porcelaine urtislique, il jugerait mieux les travaux dans 
lesquels les prévisions les mieux calculées sont presque toujours 
trompées. 

Bien que M. Pensée (Charles) soit né à Epinal, nous le re- 
gardons comme un compatriote. Son long séjour ù Orléans, les 
nombreux élèves qu'il y a faits et le grand nombre d'artistes 
qu'il y a voulu faire, l'estime qui l'entoure, sont des motifs 
qui lui donnent droit de cité dans notre ville qui peut être fière 
de lui. 

On s'arrête malgré soi, et quelle que soit son ii?norance dans 
les arts^ devant sa Vallée de Gastcren près Kandersteg, Ce 
dessin est fait avec une vigu'èur et une largeur toute magis- 
trale. Ce tableau au crayon a réellement de ïa couleur. Ses 
lointains sont fondus avec une délicatesse, avec un art inOnis. 
Tous les détails décèlent une habileté de main extraordinaire, 
et les pins du premier plan possèdent une solidité qui n'a rien 
à envier au talent de Doré et de Léon Saint-François. 

M. Riballier, déjà nommé, en sa qualité de dessinateur, avait 
droit à Tadmission de deux tableaux de dessin ; il a usé de soa 
droit. La sûreté de son taïent au fusain est incontestable. Nous 
retrouvons là, dételés, et prêts à rentrer à l'écurie nos deux 
chevaux de labour. Je reconnais môme le charretier naguère 
si inquiet de la gaîté de son attelage. 

L^ Souvenir de la forêt d'Orléans est maigre. Les chevaux 
des chasseurs ont peu de grâce : un dirait des chevaux de course. 
M. Riballier est plus à son aise lorsqu'il s'agit de reproduire 
une nature plus rigoureuse qu'élégante. 

Madame veuve Toupillier (de Courtenay, Loiret), élève de 
Madame Turgan, se fait remarquer par deux brillants tableaux 
sur porcelaine; son n^ 2803 est pâle, et ses fleurs ont Tair de 
vouloir vivre ce que vivent les roses. Ce manque d'eifet ^ient 
de ce que le fond est trop clair, il ne repousse pas assez. Les 
fleurs du n^ 2801 se détachent mieux, séduisent davantage 
en raison du relief que leur donne un fond plus ombré, ses 
feuilles de roses sont aussi plus étudiées, plus fermes, et son 
violier pruiiannier embaume. 



-\ •-.;• 



m 

SCULPTURE. 



Nous ne possédons qu'un seul sculpteur, c'est M. Jules 
Blanchard, ne à Puiscaux, élève de Delarue et JoufiVoy, qui 
représente l'amour de la forme dans notre département. 

Samson lançant des renards dans les bits des Philistins^ tel 
est le sujet choisi par M. Jules Blanchard. Son style est plein 



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3^ AiniALEg 

d'affectation. Pourquoi cette tête échevelée, pourquoi ces efforts 
suprêmes et ces tensions de muscles lorsqu'il n'est question 
que de lâcher des renards dans les blés. On peut exprimer la 
force avec plus de calme. Cette œuvre a de belles qualités, 
d'ailleurs. En adoucissant un peu l'exagération, elle gagnera 
beaucoup, et il est certain que le marbre lui enlèvera cette 
rugosité que lui donne le plâtre et qui ne séduit pas le public. 

IV 

GBiTURE. 

On trouve des Orléanais partout, et certes, jusqu'à présent, ils 
font honneur aux places qu'ils occupent. 

M. Lurat (Abel), né à Oiléaus, élève de Jouanin et de Be^loc, 
a gravé avec une finesse exqu^c une tôtc ravissante d'aprèss 
M. Schlesinger. 

M. Rapine (Maximllien), né à Beauqç-la Rolande, élève de 
M. Salle, a été chargé de graver, pour les galeries de VEurope^ 
la Vierge et VEnfant-Jtsus d'après RapbaeL La manière de 
M. Rapine est spbre et grande comme les grands maîtres <p^'U 
comprend. . . 



ARCHITECTURE. 

Je ne dois poiiit passer sous silence que j'ai vu, sous le 
n° 3194, des cartons par M. Devrez^ qui représentent les plaos, 
^ coupe latérale et l'élévation des chapelles projetées pour 
te transsept de la cathédrale d'Orléans. 

Je reconnais là la trace du doigt de Monseigneur Dupanloup : 
son activité et son influence s'occupent de tout et s'étendent 
partout. René Biémont. 



NOUVELLES. 

RO]M[^. 

. Dans une brochure que M. Norbert Bonafous, professeur à la 
Faculté des lettres d'Aix, vient de publier sous ce titre : Entre- 
tien littéraire avec 5. S, Pie IX, nous remarquons les lignes 
suivantes qui, ce nous seçible, seront bien plaiCées dans nos An-- 
nales et aur.ont quelqu/e intérêt pour des lecteurs catholiques et 
Orléanais. 

Banale mois d'^ot^t. 1S46, je .me rendais à Rome pour 



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BEXIGIEUSES ET LITTÉ&AISES. 37 

la septième fols. Débarqué à Cîvila-Vecchîa, j'avais résolu de 
traverser à pied la campagne romaine. Je n'avais, pour me di^ 
traire dans ce voyage de deux jours, que de graves médilalions 
et des pensées solitaires. Un troupeau 4e buffles à l'hoiizon^ le 
murmure d'un ruisseau courant au milieu de l'herbe flétrie, de 
temps en temps une voiture dépassant le modeste piéton, ve- 
. naient à peine interrompre le cours de mes rêveries. Ce n'était 
plus, comme dans les précédents voyages, la Home ancicooe 
que j'allais visiter en compagnie d'Horace et de Tacite. Je vou- 
lais surtout me jeter aux pieds du nouveau Pontife, le prier de 
faire tomber sur ma tête sa sainte bénédiction, et lui présenter 
(in livre où je croyais avoir, sur un point particulier, défendu 
et vengé l'honiieur de la religion outragée par les calomnies de 
l'histoire. 

L'intervention obligeante de M. de Pieyncval et le concours 
empressé de Mgr de Medicî, Maître de la chapelle pontiQcale, 
me procurèrent l'honneur et le bonheur d'arriver eu présence 
tiu chef visible de l'Eglise. Il y avait ce jour-là foule dans Tan^ 
lichambre du Saint-Père. Dans l'assistance se ti^ouvait un abbé, 
aïoi*s supérieur du Petit-Séminaire de Saint-Victor, et qui devait 
plus tard, sur le siège d'Orléans, devenir une des gloires les 
plus brillantes de l'Eglise de France, et faire revivix), bur les 
bancs de l'Académie française, le souvenir de Bossuet et de Fé- 
heion. Le futur évéque et le modeste professeur. échangèrenl 
une cordiale poignée de main, et trompèrent les ennuis de l'at- 
tente par un entretien où l'Eglise et l'Université u'eurcut aucune 
peine S s'entendre, grûce à la haute raison, à la tolérance 
éclairée du prêtre et à la déférence du professeur, qui trouvait, 
dans les justes appréciations d'un des grands maîtres de l'édu- 
cation privée, la sympathte" qui encourage et la sagesse qui 
dirige. 

Le moment si désiré était enfln venu. Introduit par Mgr de 
Medici, je trouvai le Saînt-Père debout devant une table sur la- 
quelle étaient places tjuelques livres et quelques j-ipiers. Après 
le cérémonial d'usage auquel tout catholique est îéoureux de se 
soumettre, et que Reschild-Pacha, quelques mois auparavant, 
avait voulu exécuter en entier, quoique le Pape en eût dispensé 
un enfant de Mahomet, je me trouvai seul en présence de 
Pie IX. Sa figure souriante, ses paroles affectueuses curent bien- 
tôt fait disparaître mon énàotion. J'offris au Saint-Père deux 
volumes que je venais de publier, mes Recherches sur Ange 
PoïUien, et mes Etudes sur Honoré d'Urfé. Pie IX me demanda 
aussitôt si j'avais trouvé quelques documents nouveaux sur la 
vie de Politien. Je lui répondis que j'avais non-seulement étudié 
à fond ses poésies italiennes, dont Meuckenius ne s'était pas 
occupé, mais que j'avais surtout consulté les orchiives de la sa- 
cristie de Santa-Maria del Fiore, de Florence, pour y pelever 



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38 ARiriLES 

tous les détails relatifs à la mort de Polltien, qui était cbanoiae 
de cette métropole. « Ahl oui, interrompit le Saint-Père, les 
historiens le font mourir d'une manière infâme, indigne d*uû 
prêtre et d un homme, tandis que les registres de la sacristie 
disent qu'il mourut saintement, enveloppé de la robe de Savo- 
narole, par Tordre de Domenico da Pescia. » 

J'étais abasourdi. Ces archives, que je croyais avoii' le premier 
consciencieusement dépouillées, et que William Roscoë, dans 
son Histoire de Léon X^ avait citées incomplètement, Pie IX 
les connaissait, et je venais lui apprendre ce qu'il savait déjà... 

Quatre ans après, c'était en 1850, j'eus encore le bonheur de 
voir Pie IX. Une révolution terrible avait passé sur sa tête et 
blanchi ses cheveux, sans enlever à sa flgure son sourire céleste; 
l'exil avait rempli ses jours d'amertume, sans déposer dans son 
cœur une seule goutte de fiel. La conversation fut cette fois plus 
intime, plus personnelle, et j'estime que je dois en réserver le 
souvenir pour moi seul, comme un de ces parfums précieux qui 
se dissiperaient au grand air. Je regrette d'autant plus la dis* 
crétion qui m'est imposée dans cette circonstance, que j'aurais 
des choses excellentes à dire aux dames françaises, en leur ap- 
prenant en quelle haute estime ellesusont auprès de Pie IX, et 
comment le chef de la chrétienté les considère comme les gar- 
diennes de la foi en France, les zélatrices du bien par leur ai- 
mable et profonde piété, les soutiens de la famille et la Provi- 
tlence des pauvres. M* is la vertu n'a pas besoin d'être louie; elle 
se développe et fleurit dans le silence et dans la solitude, comme 
la violette dans les bois; et la seule manière de lui rendre lum- 
mage, c'est de se laisser entraîner par son exemple. 



Faits Religieux en France. 

Diocèse de Nantes, — Mgr TEvôque de Nantes vient de faire 
prêcher une retraite pour les sourds-muels dans sa ville épisco- 
pale. Les exercices en ont été dirigés par M. l'abbé Baron (de 
Poitiers), et MM. Morel et de Couëtus, prêtres du diocèse d0 
Nantes. — Soixante sourds-muets ont suivi ces exercices avec 
un recueillement et une ferveur qui ont ému profondément les 
témoins des cérémonies touchantes qui ont terminé la retraite. 

Juiun, — Mgr l'Evêque d'Autun vient de publier une lettre 
pastorale au sujet de la béatification de Marguerite-Marie Ala- 
coqne. Dans cette lettre, le vénéré Prélat célèbre avec une rare 
éloquence les vertus de Marguerite-Marie; il nous dépeint la 
prédestination de la jeune fille, son commerce avec Dieu dans 1^ 
retraite, te mystère de grâce et de salut qui s'est accompli en 
elle, et enfin sa glorification par l'Eglise.. Ou sait que le dépôt 
des restes de la bienheureuse Marie, au maitre-autel de Tégiise 



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ABUGIEirSBS ET UTTÉ1AI1E8. 39 

de la Visitation, àParay-le-Monial, s'effectuera au mois de juin, 
avec la plus grande solennité. Un grand nombre de Prélats 
assisteront à cette fête ou s'y feront représenter, et le concours 
des prêtres et des fidèles venus des environs et même de loin 
pour y prendre part, sera considérable. 

Paris. — ÂssoGUTioif des demoiselles employées diks le com* 
VERCE. — Tout récemment, la grande salle de la Sorbonneétait 
littéralement envahie par une assistance d'élite qui venait, par 
une marque de sympathie, encourager une, œuvre admiranle. 
Cette association, placée sous le patronage de plusieurs né^- 
ciants de la capitale, est dirigée par les Sœurs de la Présentation 
de la Sainte- Vierge, de Tours . Elle a pour but d'offrir aux demol* 
selles employées dans le commerce la facilité de se réunir, \A 
dimanches et jours de fête, dans le local de la Société, 134, nie 
Vaugirard, pour se distraire chrétiennement, se soutenir et s'en- 
courager dans le bien et former entre elles une Société d'Assis- 
tance Mutuelle qui leur assure gratuitement ^ en cas de maladie, 
un asile, les secours médicaux et pharmaceutiques et les soins 
des Sœurs ; lorsquelles se trouvent sans place, les demoiselles 
trouvent à la maison, pendant \in mois, un lit gratuit, et, 
moyennant rétribution, la nourriture préparée par les Sœurs. 
Par ses relations, la Société procure à ses membres, mais d'une 
manière tout à fait ofiicieuse, la facilité de se placer dans de 
bonnes maisons 4p commerce. 

Diocèse de Sens, — Mgr l'Archevêque est rentré à Sens. Le 
bourdon de la cathédrale apprit cette bonne nouvelle i\nx habi- 
tants de la ville, qui virent dans ce retour le gage d'une heureuse 
convalescence, et qui accoururent en foule sur le passage de 
leur vénéré pasteur. Le clergé, avec les notables habitants, 
'étaient allés le recevoir à la gare. M. le général Gémeau et M. le 
maire attendaient à l'archevêché, avec les chanoines, les autres 
ecclésiastiques et un grand nombre de personnes qualifiées delà 
ville. Les dernières nouvelles reçues de Sons nous apprennent 
que l'état de Monseigneur l'Archevôque s'amr!ir>i'e sensible- 
ment de jour en jour, et que lesderniLiOo inquiet '?s sont tout 
à fait dissipées. 

Diocèse ae Nancy. - Dans son récent voy.L -t> à Rome, Mgr La- 
vigerie a obtenu la conQrmation d'uu privilège extraordinaire, 
conféré de temps immémorial à FEglise de Toul. Pie IX a bien 
voulu accorder, à perpétuité, aux Evoques da Nancy, qui sont 
autorisés à joindre à leur titre celui de Toul, le droit de porter à 
l'autel Tornement appelé surkumerah qu'aucun autre Evéque 
de l'Eglise latine n*a le droit de revêtir. Cet ornement est une 
sortie d'étole fort large, garnie de franges, qui tourne autour des 
épaules, avec deux espèces de manipules qui pendent par 
devant, par derrière et sur chaque épaule, en forme de bouclier 
rond, chargé de pierres précieuses, pour signifier à la fols l'hon- 
neur et la charge du pasteur. 



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40 ANNALES 

Notre-Dame de Paris, — On vient de placer dans une des 
chapelles à gauche du chœur un magniOque mausolée. C'est 
celui de Mgr de Noailles. Le prélat est représenté de grandeu!* 
naturelle, en habits pontificaux, agenouillé devant un prié- 
Dieu, le tout en marbre blanc. Les croisées de la grande église 
ont bientôt toutes reçu leur^ vitraux de couleur. Toutes les cha- 
pelles latérales sont bientôt décorées. Le portail nord est res- 
tauré. On reconstruit le grand orgue. En résumé, la cathédrale 
de Paris, à laquelle on travaille depuis 20 ans, louche à Tépoque 
où tous ces travaux seront terminés. 

_- Mgr [de Scgur, dans un petit opuscule ayant pour titre 
le Denier de Saint-Pierre^ cite les faits suivants : a Une 
.pauvre servante avait, depuis plusieurs -années, économisé 
175 francs ; elle apprend que son évêque fait appel à la charité 
, catholique pour la collecte destinée au Pape. Elle n*hésitô 
pas un moment, et, dépassant la mesure du possible, elle em- 
prunte 2 ; francs pour parfaire 200 francs, et va déposer, simple 
et joyeuse, sa petite offrande entre les mains de son curé. — Un 
pauvre cordonnier de Paris en fit autant. — Une ouvrière de 
Lyon, à qui on voulait persuader de garder au moins quelques 
pièces d'argent pour n'être pas dénuée de toutes ressources en 
cas d'accident, répondit avec une foi héroïque : « Quand le Père 
souiïre, les enfants ne doivent pas calculer ; » et eîle donna tout. 
— Un ecclésiastique de Provence fait un modeste héritage ; il le 
réalise aussitôt et Tofire au Saint-Père, sans en rien réserver 
pour lui-même. Il n'r/^'ait cependant et n'a encore que lo mince 
traitement alloué aux desservants de village. — Les enfants de 
plusieurs petits-séminaires ont spontanément supplié leurra su- 
périeurs de vouloir bien verser au denier de Saint-Pierre tout 
rargent qu'on devait dépenser pour leurs prix. » 

— Maximin, le berger de la Salette, vient d'entrer dans le ba- 
taillon des zouaves pontificaux au service de N.-S. Père le Pape. 
C'est, aujourd'hui, un grand jeune homme de 29 ans, solide* 
ment constitué. 

Villefranche. — Notre ville vient de voir sa fête de VAdora-^ 
tion revêtue d'un caractère qui la rendra mémorable et justifiera 
les quelques lignes que nous lui consacrons. Par une inspira- 
tion digne de son cœur, M. l'Archiprêtre avait appelé autour dti 
même trône euchçiristique tous les enfants que Villefranche tt 
donnés au ministère des autels. On ne pouvait offrir au très- 
saint Sacrement une plus riche couronne, ni au peuple de Ville- 
franche un spectacle plus consolant. Trente et un prêtres s'y 
trouvaient réunis; quelques amis se tenaient discrètement à la 
place de ceux dont le zèle avait mis trop de mers et de conti- 
nents entre eux et leur patrie commune pour y revenir ce 
jour-là. Le R. P. At, de la maison du Gal^vaire, enfant lui aussi 
de Yillefranche, a développé le plan divin dans la sainte Eu- 



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RELIGIEUSES BT LITlilAI&ES. il 

cbaristie, mh saisissant avec, une rare délicatesse Tiotérèt que 
cette fêle ae famille faisait naître dans tous les cœurs, n a pro- 
toqué par de gracieux contrastes et de touchants souvenirs une 
émotion dont plusieurs n'ont point été maîtres ; nous Tavont 
partagée nous-même et Tharmonieui ensemble de cette ffele, 
ces chants, ces splendeurs, ce courant sympathique senti par- 
tout et si éloquemment expliqué, nous ont laisse le regret de 
n'être pas né si^ir çettie terre féconde en hommes apostoliques et 
dans une famine où Ton sait éprouver si bien toutes les joies 
du retour. 

Bennes, — M. l'abbé Duquesnay, curé de Saint-Laurent, h 
Paris, et doyep de Sainte -Geneviève, fondateur de l'OEuvrc de 
N.-D. des Malades, ré pondant à Tappel de M. l'abbé Carron, 
Curé de la paroisse, est venu ériger cette Confrérie dans l'église 
de Saint-Germain de Rennes, en vertu de l'autorisation de 
Monseigneur TArchevéque. — L'époque du mois de Marie était 
heureusement choisie pour donner naissance à une Œuvre 
placée sous le patronage de la Sainte-Vierge. 

Lyon. — Le dernier numéro des Annales de la Propagation 
de la foi contient le compte-rendu de l'Œuvre pour Tannée 1864. 
Le total des recettes s'élève au chiffre de 5,090,041 fr. 48 c. Il 
4épasse de 30i,544 îv. 40 c. celui de 1863. 

Dans ce chiffre, la Fraoce seule est comprise pour 3,479,290 fr. 
32 c. Les diocèses qui ont pris la plus grande part à cette con* 
tribution volontaire sont ceux de Lyon (343,995 fr. 72 c), de 
Paris (245,759 fr. 15 c-), de Cambrai (150,446 fr. 40 c), de 
Strasbourg (94,663 fr. 88 c). de Nantes (92,124 fr. 90 c.), de 
Marseille (85,558 fr.), de Saint-Brieuc (80,159 fr. 43 c), de 
.jQuimper (78,007 fr. 75 c), de Bordeaux (70,561 fr. 55 c), de 
Rennes (69/990 fr.), de Toulouse (66,515fr.),de Bayeux (64,000 f.), 
de Grenoble (62,397 fr. 1% c); Aire, Montpellier, Besançon, 
Metz, Glermont-Ferrand, Angers et Laval dépassent chacun 
50,0<K) fr. 

Les dépenses se sont élevées à 4,093,414 fr. 24 c, de sorte 
flu'il reste en excédant 554,606 fr. 29 c. jpour servir aux pren 
miers paiements à faire aux missions de 1S65. 

Baveux. — La ville de Lisieux compte un grand nombre 
^'Anglais et d'Irlandais occupés dans les roanufectures. Ce sont 
en général des ouvriers laborieux et habiles. On a construit 
.pour eux, en deux endroits, une espèce de cité ouvrière; là, 
chaque ménage a son logement particulier, précédé d'un petit 
jardin. Ces éimigrants, que la misère a chassés de leur pays, 
Couvent aîn^i, uans une riante contrée de notre province, une 
nouvelle patrie. La fraîcheur et la richesse de nos vallées leof 
^rent une image et un souvenir du sol natal. Les intérêts reli- 
gieux de cette colonie ne sont pas négligés. £n voici la preuve : 
•dimanche dernier, fêie du patronage de saint Joseph, avait lieu 



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^2 A1IIULE8 

dans Téglise Saîût-Pîerre de LIsîeux une double et touchante cé- 
rémonie : c'était l'abjuration et la première communion de trois 
protestantes. 

*- Une nouvelle église d'un beau style vient d'être construite 
àArgenteuil. C'est dans une chapelle de cette église que sera 
déposée la robe sans couture que la tradition dit avoir apparte- 
nue à Jésus-Christ. 

— Une grande fête religieuse aura lieu le 25 juin à Laval. 
Mgr l'évêque de Laval consacrera son diocèse au Sacré-Cœur de 
Jésus. La cérémonie, à laquelle assisteront plusieurs prélats, 
sera présidée par Mgr l'archevêque de Tours. 



Faits Religieux à l'Etranger. 

Ualie, — La commission de l'impôt a décidé que les prêtres 
devront désormais payer un impôt sur le revenu de leurs messes. 
Les prêtres, comme tous les autres citoyens, doivent payer l'im- 
pôt et ils le payent; mais mettre une. taxe sur les messes, en 
vérité, cela oépasse toutes les bornes ! 

— On annonce l'arrivée à Rome de deux des plus braves offi- 
ciers de l'armée prussienne. Aussi bons chrétiens que valeureux 
soldats, ils ont refusé de se battre en duel, et, à cause de cda, 
ils se sont vus destitués de leur grade et jeter en exil. Ces 
généreux catholiques, victimes de l'injustice la plus révoltante, 
sont venus à Rome chercher auprès du Souveratîn-Pontife une 
juste consolation. 

Prusse. .— A l'occasion du rétablissement du travail du di- 
manche dans la plupart do nos imprimeries, TAisèociation des 
Compagnons imprimeurs de Berlin a déclaré que le travail du 
dimanche est une mesure préjudiciable à la prospérité maté- 
rielle et intellectuelle, qui doit être absolumment rejetée au point 
de vue moral, et a invité toutes les sociétés de travailleurs, ainsi 
que tous les patrons bienveillants, de publier des manifestations 
analogues et de réagir, autant qu'ils le pourront, contre la fu- 
neste habitude du travail du dimanche dans les ateliers. 

Londres, — Une réunion a eu lieu à Londres,, sous la prési- 
dence du nouvel archevêque, à l'effet d'ériger un monument à là 
mémoire du cardinal Wiseman. Une somme de 375,000 fr. a été 
souscrite séance, tenante, et il a été résolu qu'on élèverait à 
Londres une chapelle commémorative. 

— La cause catholique a remporté, vendredi, un grand triom- 
phe à la Chambre des Communes. Un bill demandant l'abolîtîoù 
d'un serment religieux dont la teneur était une insulte pour les 
eatholiques et un crime pour leur conscience, a été adopté par 
une magorité de 56 voix sur 324 membres. 

— On a organisé à Sainte-Marie des Anges, paroisse deséervie 



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t£LI6IEUSES ST LITTÉBiniES. 43 

par les Pèrçs oblats , une souscription pour offrir h Mgr Man- 
nîng une mitre et une crosse ; on a déjà recueilli une somme de 
200 guinées. 

— L'événement religieux de la semaine à Londres est le grand 
Bazar universel de Charité, tenu jeudi et vendredi, au profit de 
diverses bonnes œuvres catholiques, savoir : les Petites-Sœurs des 
Pauvres, la société de St-Vincent de Paul, Tasile et l'orphelinat 
des Sœurs de Charité, la maison de refuge pour les femmes ac- 
quittées de la prison, l'œuvre des Servantes, etc., etc. On a eu 
raison d'appeler ce bazar universel; il l'a été soit parce que toutes 
les œuvres de charité y étaient représentées, soit parce que toutes 
les nations de la terre avaient presque contribué à le former. U 
était beau de voir l'ambassadrice d'Autriche, la marquise de Lon- 
donberry, la duchesse de Nemours, lady Pullerton l'écrivain, et 
autres dames italiennes, anglaises et françaises, s'acquitter dé^ 
leur rôle de marchandés avec une activité qui rejette dans l'om- 
bre l'énergie des meilleurs boutiquiers, et tout cela pour l'amour 
de Dieu et des pauvres. Le grand et spécial avantage des bazars 
de charité, est d'obtenir des protestants, pour les œuvres catho- 
liques, un aide qu'ils ne leur donneraient pas autrement, et de 
faire contribuer au bien les catholiques dans une mesure plus 
large qu'ils n^î le feraient sans cela, ces réunions étant des oc- 
casions où ils sont obligés de se rapprocher, d'apprendre les be- 
soins de leurs frères et de se montrer généreux. L'impératrice 
des Français avait envoyé une pOx^celaine de Sèvres estimée 300 
guinées. Le prince de Galles lui-môme, ayant appris que le ba- 
zar ouvrait jeudi, a aussitôt manifesté son intention de le visiter. 
. Chine, — On construit en ce moment à Canton une belle ca- 
thédrale en style ogival, sur l'emplacement de l'ancien palais du 
vice-roi, détruit par les bombes françaises. Une fois achevée, elle 
. sera le plus beau monument religieux de tout le Céleste-Empire. 

Les lettres les plus récentes signalent un grand mouve- 
ment religieux parmi toutes les populations de ce vaste empire. 
Des centaines de villages se convertissent au catholicisme, mai» 
le nombre des missionnaires est tout-à-fait insuffisant pour re- 
cueiliir cette abondante moisson, et les évoques de la Chine font 
un aj^el pressant au dévouement des prêtres catholiques pour 
aider au salut de tant de millions d'âmes prêtes à entrer dans 
l'Eglise; 

Japon, — Il est question de l'établissement d'un collège fran- 
çais à Yokoahma. Le gouvernement du pays se propose d'y for- 
mer des interprètes japonais pour la langue française. La direc- 
tion en serait confiée à M. l'abbé Mermet de Cachon , mission- 
naire aussi recommandable parsasciencequepar son dévouement. 
Nous n'avons pas besoin d'ajouter que ce c()llége rendrait cer- 
tainementde très-grand services à la France et à l'Eglise. 

L'église de Nangasaki a été consacrée tout récemment par 



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44 AiuruEg 

M. Tabbé Girard, supérieur des missions étrstng^ces w Japoar. 
la cérémonie s'est faîte avec le plus grand éclat. Tous les na- 
vires étrangers, quels qu'ils fussent, y ont pris part. Le déta- 
chement d'bonneur commandé pour la circonstance s'était 
adjoint un. nombre égal de Ausses, d'Anglais et de Hollandais efi 
armes, et tous catholiques. L'excellente musique de l'amiral 
russe a exécuté des symphonies religieuses pendant la célébra^- 
tion de l'oÉRce divin. Toutefois, les autorités japonaises, égaler 
ment conviées par notre consul, n'ont pas répondu à rinvitattoa^ 
et la population s'est tenue complètement à l'écart. 



— L'Académie française est en ce moment an grand ooibplet. 
C'est presque un événement , nous en profitons pour doîiiwr 
la statistique du premier corps littéraire^ La liste suiva&te 
réunît les noms dès académiciens dans l'ordre de leur réoepttoà 
BU palais de l'Institut, et donne l'année de letrrviiaîsedncc et 
leur âge : 

1 tt. Villemain, 1790, soixante-qainze ans; ^ M. Empis, 17dO, soixantç-qainze ans; 

2 M. Lebrdn, 1785, quati^e-vingts ans; ^ M. de Koailles, 1802, soixante- trois ans; 
^ 3 M. de Barante, 1782, quatre-vingts-trois ans; 23 M. Nisard, 1806, cinquante-neuf ans; 

4 M. de Lamartipe, 1790, soixante-quinze ans ; 24 M. de Montalembert, 1810, cinquante-cinq a. 

5 M. de Ségur, 1780, quatre-vingt-cinq ans; 25 M. Berryer, 1790. soixante-quinze ans; 

6 M. dePqngervilîe,1792,solxante-treireans; 26 M. Dupanloup, 1802, soixante-trois ans ; 

7 M. Cousin, 1792, soixante-treize ans; .27 M. de Sacy, 1801, soixante-quatre ans; 

8 M. Viennet, 1777, quatre-vinfct-huit ans; 28 M. Legouvé, ISCTT, cinquante-huit ans; 

9 M. Dopié, 1783, quatre-vingt-deux ans; 29 M. le duc de Broglie, 1789, soixanla-setze JU 

10 M. Thiers, 1797, soixante-huit ans; 30 Mi Ponsard, 1814, cinquante et un ans; 

11 M. Guizot, 1787, soixante-dix-fanit ans ; 31 M. de Fallôux, 1811, cinqûaiite-quattë' ans; 

12 M. Mignet, 1796, soixante-neuf ans; 32 M. Augier, 1820, quarante-cinq ans; 

13 M. Flaureos, 1794, soixante et onze ans; 33 M. de Laprade, 1812, cingtiante-dettx ans; 

14 H. Hugo, 180*2, soixante-4rois ans; 34 M. Sandean, 1810, cinquante^cinq ans; 

15 M. Patin, 1793, soixante-douze ans; 35 M. le prince de Broglie, 1^1, quatante- 

16 ». Saint-Marc de Girardin, 1801, soixante- ^"*^ •"^' 

quatre ans ; 36 M. Feuillet, 18^2, qoarUite-tMit ans ; 

17 M. Saint-Beuve, 4804^ soixante et un ans ; 37 M. de Carné, 1804, soisëdte et uû ans ;• 

18 M. Mérimée, 1803, soixante-deux ans; 38 M. Difàure, 1798. seixante-bepà ans; 

19 M. Vitet, 4802, soixante-trois ans; 39 H. Doiicet, i8I2,.cinquante-tr«ip aas^î 

20 M. de Rémusat, 1797, soixante-huit ans ; 40 M. Prevost-Paradol, 1829, treme-six ans; 



FAITS DIVEAS. 

': — M. le comte de Montalembert vient dé publier dans le 

\ Correspondant un article très-remarquable sur la Victoire du 

.ï Nord aux Etats-Unis. 

i — La sknté du roi des Bèl^ continue à inspirer de sérieuses 



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TIELIGIEUSES ET LITTÉRAÎRES. 4Sf 

inquiétudes; Sa Majesté est atteinte fl'hydropisie. Le duc de 
Brabant, prince héritier, est aussi atteint do graves infirmités. 

— Les israélites d'Alger ont remis une adresse à Fcmpercur 
dans laquelle iïs réitèrent le vœu si souvent exprimé d*6tre éle- 
vés à la dignité de citoyens français. 

— Un grand incendie a éclaté celte semaine près de la gare 
d'Ivry, Les gerbes de flammes projetaient au loin une vive clarté ! 
Ce sont des magasins de bois qui ont été dévorés; ils n'appar- 
tenaient pas à la compagnie des chemins de fer d'Orléans. 

— Le nombre des suicides en France, pour Tannée Î8G3, a 
été de 4,615. Il avait été de 4,770 en 1862. Sur ce nombre de 
4,615 personnes qui se sant donné la mort, on compte 3,037 
hommes et 976 femmes. Ces chiffres sont lamentables. — Le 
nombre des aliénés enfermés dans les asiles ou hospices, est 
aujourd'hui de 4i,000. 

Londres. — Eugène Sue et Victor Hugo n'ont jamais dépeint, 
dans leurs tableaux les plus effroyables de la vie parisienne, 
une scène plus terrible que celle de la mort d'une jeune femme 
qui tout récemment a été brûlée vivante dans une maison^de 
débauché de Westminster, au milieu de ses compagnons avinés 
et hébétés ; nul ne sait encore au juste comment, mais en toute 
probabilité à Ja suite d'une ignolAù orgie. 



BULLETIN ORLEANAIS. 

— Ont été nommés: M. Raison, commis des postes à Orléans; 
M. J. Defay, lieutenant au 2^ zouaves au Mexique, chevalier de 
la Légion-d'Honneur; M. Rolier-Gonsaùl, Président du tribu- 
nal de Commerce à Montargis ; M. Palluel , juge au siège 
de Montargis; M. Malâtre aîné, suppléant. — M. Décolange, 
Président de la chambre des Notaires de Tarrondissement de 
Pithiviers ; M. Lemaire, syndic ; M. Pigé, rapporteur; JL Gayct, 
secrétaire; M. Depalier, trésorier ; MM. Gointepoix et Durand, 
membres. 

— M. Ducos, médecin à Chaingy, est signalé dans le rapport 
présenté à M. le Ministre de l'Agriculture et par l'/Vcadémie 
impériale de Médecine comme un des principaux vaccinateurs 
du département du Loiret. 

— Le ministre de l'instruction publique a accordé une mé- 
daille d'argent à M. Laille, à Meung; une médaille de bronze à 
MM. Boitiaux (frère démentis), à Orléans, et Tartinville, à 
Châtillon-sur-Loire; des mentions honorables à MM. Gingréau 
à Yèvre-le Chalet ; Bardinet, à Gien ; Venot, h Gravant. — Des 
médailless de bronzes à Mlles Robillard, à Batilly ; Tournaillon 
à Sceaux , des mentions honorables à Mme Mouillé (sœur Ga- 
briel-Ange), à Orléans ; Mlle Meunier, à Marcau-aux-Prés ; 



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46 iNNALES 

Mme Norbert (sœar Thaïs), à Courtenay ; Mme Breuilly (sœur 
Saint-Régis) , à Pithiviers-le- Vieil. — Un rappel de médaille 
d'argent à Mlle Menard, à Beaugency ; une mention honorable 
à Mme Brûlé (sœur Domice), à Châteauneuf. 



CHRONIQUE RELIGIEUSE. 

Eglise Saint- Euverte. — La Confrérie de TAction de Grâces, 
tiendra sa réunion mensuelle, le jeudi 8 juin , à.8 h. précises. 

Chapelle de la Sainte-Enfance. ~ Les as'sociées de la Petite- 
Providence, tiendront leur réunion mensuelle, le mardi 6 juin. 
— A 8 heures : Messe , Instruction et Bénédiction du Saint- 
Sacrement 

Chapelle du Calvaire. — Le 7 juin, premier mercredi du mois, 
la sainte Messe sera dite pour les membres de la Confrérie d« 
Saint-Joseph. 

Notre-Dame de Cltry, — Mercredi dernier, ainsi que nous 
Tavions annoncé, les Professeurs et les Elèves du Petit Sémi- 
naire de La Chapelle ont clôturé les exercices du Mois de Marie 
dans le sanctuaire de Cléry. Mgr Dupanloup présidait lui-même 
cette fêté doubleiîient chère à son cœur d'évêque. Après avoir 
distribué la sainte Communion à nos jeunes Pèlerins, Monsei- 
gneur leur a adressé une de ces allocutions qu'on ne peut 
oublier et dont les accents reviennent plus tard, au milieu des 
jours amers, comme une consolation et une espérance. 

Au moment de mettre sous presse, nous recevons une intéressante narration 
de ce pèlerinage. Nous Tinsérerons dans notre prochain numéro. 

Jubilé. — Conformément aux prescriptions de Mgr TEvêque - 
d'Orléans, la clôture solennelle du Jubilé a eu lieu dans toutes 
les églises de la ville épiscopale et des chefs-lieu de Doyenné, 
le lundi 29 mai, par le chant du Te Deum. Cette cérémonie qui 
est venu rehausser les exercices du Mois de Marie avait attiré 
dans plusieurs églises d'Orléans une nombreuse assistance. A 
la Cathédrale surtout qui, pour cette solennité, avait été magni- 
fiquement illuminée, on a remarqué un grand concours de 
fidèles. Nous aimons à le constater, le Jubilé de 1865 n*a pas 
été sans produire des fruits heureux et durables dans non 
nombre de poroisses de ce Diocèse, et sans réveiller partout la 
piété et la ferveur des chrétiens déjà pratiquants. 

Ecole normale. — Les fidèles de Sainte-Croix ont été édifiés 
de la piété des élèves de l'Ecole normale, qui, 'Conduits par 
M. l'abbé Godefroy leur aumônier, accompagnés de plusieurs 
de leurs excellents professeurs, sont venus dimanche dernier, 
à la suite d'une communion générale, assister à la messe pa- 
roissiale de la Cathédrale, et accomplir ainsi tous ensemble une 
des conditions du Jubilé ; la visite aux Eglises. 

Nous sommes heureux de le dire, cet acte de piété , qui , on 
le sait , n'est pas insolite dans TEcoIe jiormale d'Orléans* 



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RELIGIEUSES ET LITTÉEAIEB8. 47 

ne saurait être à nos yeux un simple sujet d'édiOcation, c'est 
quelque chose de plus, c'est une espérance pour l'avenir de la 
Religion dans nos campagnes. Tout le monde le sait, dans nos 
paroisses rurales , l'action de Tinstitutcur ne saurait rester 
étrangère à celle du prêtre. Ces jeunes gens, appelés dans un 
avenir prochain à porter officiellement l'instruction, et il fau- 
drait dire aussi Texcmple, au milieu de nos populations, vien- 
dront en aide, dans une certaine mesure, à MM. les curés pour 
former de bons chrétiens et de bons citoyens. Il est beau et 
consolant de les voir, répondant ainsi aux soins de leur digne 
aumônier, et pénétrés de l'importance de leur future mission « 
se préparer par la fidélité à leurs devoirs religieux et même par 
les pratiques de la piété chrétienne, au ministère si délicat, 
parfois si pénible de l'enseignement que l'Église regarde et avec 
raison comme un apostolat. 

Première communion, — Lefi cérémonies de la premi*ire com- 
munion, toujours si touchantes, si solennelles dans ce diocèse, 
ont eu Ueu ; dimanche à Saint-Marc ; jeudi, à la Cathédrale et 
au Petit Séminaire de Sainte-Croix. Le dimanche de la Pente- 
côte des retraites préparatoires seront ouvertes à Saint-Paul et 
Saint-Paterne; l'une sera prêchée par le clergé paroissial et 
l'autre par M. Clesse vicaire général, curé de la paroisse. La 
première communion aura lieu simultanément à Saint-Paul et 
à Saint-Paterne, le jeudi 8 juin 

Montargis. — L'adoration perpétuelle commencera, dans la 
chapelle des Sœurs, le lundi 5 juin, et durera trois jours. Tous 
les exercices de l'adoration et ensuite la retraite de première 
communion pour la paroisse de Montargis, seront prêches par 
nn zélé missionnaire, le R. P. Denis, de la société de Sainte- 
Marie. 

Pour tous les articles Don sigiié> et pour toutes les nouTeUes, 

L'abbé GÉLOT. 

Mercuriale d*Orl^anii* 

ORLÉANS, 27 mai. 

Cote officieUe. ^ Froment. Th., Ire 17 17, 2e 1650. 8e 15 33. — Méteil 
r* 14 50,2* 13 24,3» 12 50. — Seigle Ire 9 ««, 2e 892, 3e 8 75. — Orge 
Ire 8 75, 2e 8 72, 8« 8 50. — Haricots ron^ Ire qté 28 75, 2e 28 •«, 
3e 27 25; id. blancs Ire 27 50, 2e 27 ««, 3e 26 50. — Avoine, Ire qté 9 ce, 
2e 8 40, 3e8 *«. — Foin, le myriag.. Ire qté 1 26, 2e 1 12, 3e 90. — PaiUe, 
W., Ire qlé 70 c, 2e 63 c, 3e 55 c. 



3 p. m ancien . . . 

4 1/îp.lOO 


Bourse du 

67 25 

27 1/2 67 221/2 

772 50 778 75 
510- 
827 50 


l*' SMÊÈMk. 

Nord 

Est 


1067 50 
— 803 75 


Fin couranl 67 25 67 
EmprontiUlien... 

Mobilier 

Crédit Espagnol... 
Orléans 


LjonetMéd... 

Antriciiiên'. '.*.'*. 
Lombards 


-882 50 
-595- 
-432 50 
-502 50 



La Banque de France a baissé son escompte de 3 1/2 1 3. 



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Btat clTll <I*Orléaiia« 

Pkkblieatiam de mariages du dimanche ^ mai Entkb : 

M. (^ipon (Adôlpbe-Léopold) , journalier, et Mlle Morio (Mai^ie-Célesline- 
Alexandrioe), couturière. 

M. le 'Vicomte de Trist&n (EIzéar-Florien-Marie) , lieutenant ea premier au 
4* régiment d'artillerie , et Mile Barret de Rouvray ((;harlolte*Anoe). 

M. Brun (Edme-Jeao^Baptiste-Apollinaire), arocat, et Mlle Largdr (Yictoriiie- 
Rosalie-Armeode). 

M. Pascand (louis-Josepli), bandagiste, et Mlle Giganl (Louise-Cécile). 

M* Loiseau (Vincent- Alexandre) , joumaSi-r , veuf de Marie-Cécile Caumon , 
et Mad. Rouleau (Mariç -Joséphine), domestique , veuve de Auguste Defay. 

Ml Hattou (Jean-Baptist&-Hippolyte) y vigneï'oBy et Mlle Hatton (Caroline- 
Rosalie), vigneronne. 

Mi Qiiertou (Pierie-Désiré-Tatius) , tailleur , veuf de Napoléoune-Emélie 
Setcsire, et Mlle Sudron (Louise- Adeline), domestique. 

M. Yanderaspaille, marchand colporteur, et Mlle Cuiry (Marie), domestique. 

Naissances, 



Hervet (Marie-Pauline), rue Bourgogne. 

Grivot (Marie-Henriette), faub. Madeleine. 

Jolivet (Fernaod-Eugèiie), rue Coquille. 

Clwzilly (Etienne-Désiré), rue Grisou. 

Sicôt (Léonce-Onésime), rue du Pot-de-Fcr. 

Moirevi ^arie-Laurence-Radegonde), rue des Cannes 

Decroix (Marie-Virgiuie-Clarisse), faub. Saiht-M&rceau 

Boulmier (Alice- Aimée-Marie), rue de la Lionne. 

Lejeune (Jeanne- Amélie), place du Yieux-Marché. 

Barbartn (Marie-Félix-Viclor), faub. Banniér. 

Routlcau (Maiius-Eugcne-Kenri), faub. St-M arceau. 

Brebant (Henri-Paul), rue Bannier, 

Debord (Felix-Rémi), rue Corroyerie. 

Gagnebien (Désiré-Emile-Georges). 

Bécès, 



MrWagner (Joseph), itncien chaufPeor de machines fixes, faub. Madeleine, 73 a. 
M. Chariot Jacques-Théophile), tonnelier, rue de la Poterne, 59 ans. ^ 
Mad. veuve Couder, née Tafoureau (Marie-Françoise- Joséphine) , chapelière, 

faub. Saint-Yinçent, 59 ans» 
MÛe Queray (Lo^ise-Aim^e), sans profession, rue d'Escures, 20'ans. 
Mad.,PiHel, née Painais (Elbabeth). rue àea Gourdtss, 84 ans. - 
Mad. vfsuve Robinet, née Chauveau (Marie), feub. St-Marceau, rueTudelle, tS a. 
Macl. veuve Robichon, née Dp^and (Marie-Marguerite), jardinière, faubl Sir 

Alarceau, route de Sainl-Mesmin, 80 au«. 
M. Dechalrellc (Charles), manœuvre de maçon, rue Bourgogne, 16 ans. 
M. Clément (Jacques), rentier, ni&du Puita^dc-Linières, 86 ans. 
Mad^ veuve Campdavoine, née Mercier (Thérèse-Aimée), rue des Petits- 

Souliers, 62 ans. 
Mlle Lobis (Marie-Henrieite), rue des Noyers, ans. 
Carré (Edme), Marché-à-ln-Volaille, 9 ans. 

Le propriétaire-gérant, L'Abbé GELOT, Chaa^.Son. 



ORLSAIfS. IKP. ERNEST COLAS, VIS- A-VIS DU MUSis. 



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f. ' 




religieuses' & tltXÉRAIRES 



DB LA. 






!?• VOLUME. 



N« 3— 40 JUIN 4866. 



CAUBsmacm :9É ftA 



il DIMANCHE. PB I.A 3AifiT£ TR1-. 
NITE. C'est au xiV» iMe, sous le 



solennité fut fixée au i*i djmancJte 
après la PentecOtei DMS TegliM 
d Orléans, celte fête est do rit aa-> 
nuel mineur; à ïlome elle n'est que 
double de i* classe, éà né potasiràit 
régaler k celles de Noél, de Pâques, 
de la . Pentecôte^ parée qu'elle ne 
renonfé' pas aux «ifeoles^ primitifs, 

Ïu'eile ne retrace aueun des ^(rsnds 
rénements de la' Rédemption, et 
surtout, parce que les 52 dimaocbes 
de l'année chrétienne ne sont en* 
réalité qu'une fêle non iniecromjHie 
err4*honneàr ^e 'li- Triiiité. • * * 
-..C'est entre deux invocttioif k la 
' ' sainte Trinité que là Religion a 
placé les ién» de l'kûnùne. ta sainte 
Trinité fut invoquée sur notre ber- 
ceau ; elle le sera sur notre lit 
Tl'aKonie et sur notre tombe. 

Ce mystère, premier fondement de 
la foi catholique, fut attàdué dès le 
premier siècle par les .hérétiques 

' Céritllhe et Bion : î\s lièrent Ja 
divinité de Jésus et furent réfutés 
par l'Apôtre saint Jean , qui composa 
son Évangile pour prouter la divinité 
du Christ. 

Arius sut, avec art, formuler la 
doctrine qu'on ose rééditer aujour- 

, f d'hu^ avec cette différence - que 
dans le livre d'Arius, Jésus est un 
aiBge, tandis que dans celui de Renan 
il n'estplus qu'un homme. 

12 LUNBl, saint Barnabe (donb.min.), 
àiecipd^ et e<^mpagnon de saint Paul ; 
fut lapidé ^ Salaminé en l'an 50. 



Nicy, frère de sa^nt Léooai 



•oard.D^aJbord 
paira, i^ble, éie«é 1 la ^m htite 
ma£iâli«(are^:PQis b«ptM« pur atint 
Rémi, Si iO ans, il se retfn lar les 
tMinfes le l« U>ilf , K^ d'OrIMs, 
dans un ermUage creusé dauLle fçe. 
U n se Uvi3aix austéritéslè la pé- 
nitence ; ses prières délivrèrent ces 
belles coiitrées d'^in seront mon»- 
frtcux qui les désolait; n t fut or- 

etil y mioa le fameux monastèrroe 
Hicy : c'est là qu'il resditséo âtt« I 
Dieu, le 3 Juin S50. 

14 KJ^RCREDl. s^lBt Basile-le-€ntd, 
docfear de l'église, né en 910. Jeoiie 
avocat ayant renoncé ai noide, 
il visita les monastères les plus 
célèbres d^Oricst. £levé Baigré Ui 
an sacerdoce, il fut bientôt après 
placé sur le tiége de Césarée, sa ville 
natale. U fkourot en 379. 

15 JEOM, FÊTE-DlEt (an. ma].) - 
La solenvité^st remise audiaaocbe* 

IB VENDREDI, office de l'OrUve. 

17 SAMETTI; office de l'Octave. 

Saint Avit, ;|iiiflé h la vie Bonirale 
dans l'abbaye deHenuten Auvergne, 

• vint avec saint Calais son ami, habi- 
ter l'abbaye dt Micy. Elu abbé pour 
succéder i. saint Maxiuin , il se dé- 
mit bientôt de cette dignité pour 
vivre en^reclns. Le roi Clotaire Cèoda 
à Châteaudun une église et un mo- 
na^ère pour saint Atlt et ses noa- 
veanx disciples. Sa sort arriva ea 
53a. 



PRIX D'ABONNEMENT 



ï 



OHéans et le Département. . 5 f. par an. 
Paris et les Dèfafttiiients. . 7 — 
Etranger 10 — 



ON s'ABONNfi A ORLEANS, CHÏZ : 
M. r Abbé GÉLOT, cloître Stc-Croix, 8. i Mad. FOUCHKR, rue Jeamie-d'Arc, 9- 
Bl. ERNEST COLAS, Imprimeur. M. SEJOURNE, rue des Carmes, 41. 

" BLANCHARD, rue Bannier. I M. GOfiEFROY.j^e 'î^y»^^ 



M. GATINEAU, rue Jeanne-d'Arc. 



M. VAODECRAIHE, place du Martroi. 



T. IV. 



OtUib*. — Inp. Ebiiwt Cola». Ti»-à-Ti« du Mutée. 



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CHRONIQUE. 

— Mgr TEvêque d'Orléans confôrera les saints ordres, samedi lO 
juin 1865, à sept heures précises du matin, dans «t cathédrale, à cin- 
quante-trois ordinands : 6 prêtres ; — 74iaec8S ; r-6 sous-diacres ; — 
2Î minorés ; — • 12 tonsurés. 

Voici les noms des prêtres : 

Âugustin-Zéphyriû Mariau; — Emile*Hippo!yle Gourdet; — 
Emile Vincent ; — Jules-MicheL-Eugène Romagne : ^ Xavier-Stanislas 
Gallard; — Pierre Mathieu. 

Les nouveaux prMres célébreront leur première messe le dimanche 
de la Trinité, 11 juin : 

M. Mariau à Saint^Aignan, à 8 h. ; 

M. Courbet, chapdle de Saint- Vincent-de-Paul, à 7 h.; 

M. Vincent, à la Visitation, à 7 h. ; 

M. Rouagne, âSaint-Pierre-du-Martroi, à 8 h.; 

M. Gallard, à Saint-Paterne, à 7 h.; 

M. Mathieu, au Petit-Séminaire de la Chapelle à 5 h. 1/2. 

— Mgr FEvêque d'Orléans conférera le sacrement de confirmation 
aux élèves du lycée impérial, dans la chapelle de l'Etablissement, le 
jeudi 15 juin, 

Chapelle de la Visitation: Mardi 13 juin, à 8 h. très-précises, 
profession religieuse et sermon par le R. P. Houry, suivie de la céré- 
monie et de la messe conventuelle. — Le jeudi 15, fête du S. Sacre- 
ment; à 8 heures et demie, la messe conventuelle, l'Exposition du S. 
Sacrement qui sera suivie d'un Sermon sur l'Apostolat de la prière, 
par le R. P. Ramière, ^e la Compagnie de Jésus. Tous les associés 
de cette Œuvre si belle, si catholique, et ceux de la confrérie 
du Sacré-Cœur de Jésus, qui y est essentiellement liée, sont engagés 
à se trouver à cette réunion qui ne pourra que vivement intéresser 
leur pieté. 

Loteiie des églises pauvres du diocèse d'Orléans. — Le lot de 
TEmpereur a été gagné par M. Thomas, curé de Saint-Ay ; la jar- 
dinière en cristal offerte par Mme Bureau, a été gagnée par M. Ravot, 
rue Bretonnerie, 26; l'aquarelle de M. Chouppe, par Mme de 
Vauzelles; le dessin au crayon noir de M. Pensée, par M. Baubigny, 
de St-Jean-de-Braye ; un tableau à l'huile de M. Laloue, par Mme la 
marquise d'Autichamp. 

Retraites ecclésiastiques. — Les deux Retraites annuelles 
pour les prêtres du Diocèse d'Orléans auront lieu cette année , 
pendant le mois de juillet; elles seront prêchées par Mgr Cha- 
lendon, archevêque d'Aix. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTERAIRES. 
:^,j, ORLÉANS, Vendredi 9 Jaio. r 

"^Mgr TEvêque d'Orléans vient de rairc paraître une brochure 
de près de deux cents pages, sous ce litre : Le Catéchisme 
chrétien ou un Exposé de la Doctrine de Jésus-Christ ^ offert 
aux hommes diu monde j suivi d'un sommaire de toute la doc- 
irine du Symbole par Bossuet, Nous sommes heureux de pou- 
voir offrir à nos lecteurs la Préface d*un écrit qui répond si 
bien à l'un des besoins de l'époque. 

Celte brochure est aujourd'hui en vente, à Paris, chez M. Dou- 
niol; à Orléans, chez M. Blanchard et chez les principaux 
libraires de noire ville. \ \ii\i \\. 

• J'ai souvent rencontré chez les hommes du monde, par rapport 
à la religion, un obstacle considérable, qui les cïnpéche de re- 
venir à nous, ou qui les arrête quand ils reviennent : c'est le 
peu de connaissance qu'ils ont du Christianisme et l'embarras 
où ils sont pour s'en instruire. 

Bien que cet état de choses soit très-regrettable, je ne viens 
pas m'en plaindre ici. Je sais trop les difficultés que certaines 
âmes, des meilleures mêmes et des mieux faites pour être avec 
nous, trouvent aujourd'hui sur le chemin de la foi, et j'ai tou- 
jours été singulièrement touché de cette parole de suint Au- 
gustin, le grand converti, aux hérétiques de son temps : « Qu'ils 
« s'irritent contre vous, disait-il, ceux qui ne savent pas avec 
{( quel labeur on trouve la vérité. Pour moi qui n'ai pu con- 
« templer enfin la vraie lumière, qu'après avoir été longtemps 
« et cruellement^ ballotté par Terreur, il ne m'est pas possible 
« d'être sévère envers vous. » 

Je remercie Dieu , pour mon compte , de n'avoir jamais 
éprouvé pour les cœurs sincères, que la lumière divine iVa pas 
encore pénétrés, d'autre sentiment que celui d'une tendre et 
douloureuse sympathie. Bien des causes, en effet, et auxquelles 
on doit profondément compatir, retiennent aujourd'hui les 
hommes du monde dans cet éloignement et cette ignorance de 
la religion. 

Le malheur des temps y est pour beaucoup. La plupart des 
hommes de notre génération n'ont pas eu le bonheur de rece- 
voir dans leur enfance un solide enseignement religieux; et 



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S2 ANNALES 

-ceux même qui ^nl été le mieux instruits n*ont souvent con- 
servé de ces leçons^ reçues à un âge où tes impressions sont si 
fugitives, qu'un vagua et imparfait souvenir. 

Plus tard, entrés (fens la vie, et saisis par ce torrent d'af- 
faires ou de plaisirs qui entraîne aujourd'hui l'existence, ils ne 
songent pas qu'un sérieux examen de la religion devrait avoir 
sa place, au milieu de tant de soucis : ils ne croient pas pos- 
sible, parmi tant d'intérêts divers, de dérober uu seul jour à 
leurs innombrables occupations, pour le donner à cette impor- 
tante étude , dont I^scal dirait pourtant que c'est la capitale 
affaire de Ja vie. 

D'autres, moins occupés^ mais superficiels et légers, s'ef- 
fraient à la seule pensée de consacrer môme quelques instants 
rapides à une ai gr^ve étu4e. Dans l'étrange idée qu'ils Siça 
font, ils craignent de n'en pouvoir supporter la sécheresse et 
les ennuis. 

En tout, c'est une chose vraiment étonnante, combien on est 
ingénieux à se défendre contre la religion par les prétextes 5et 
les allégations les plus frivoles. 

Les hommes qui ont le malheur d'en être là ont quelquefois 
une mère, ou une femme, ou une fille chrétienne; mais si 
l'influence des vertus qu'ils voient de près peut leur insp^i*er 
pour la religion du respect , cela ne suffit pas à la leur faire 
connaître. 

Ajoutons que les controverses religieuses qui s'agitent de 
notre temps sont souvent de nature à troubler les esprits des 
hommes du monde, bien plus qu'à les éclairer. Que d'exagé- 
rations, en effets que d'idées fausses et inexactes sont mises 
chaque jour en circulation par la polémique des journaux et 
des brochures! Comment voir clair au milieu de tout cela, 
quand on est si peu d'ailleurs instruit des éléments du GhriST 
tianisme? 

Le fait est qu'on trouve aujourd'hui une foule d'hommes, 
fort intelligents, fort éclairés sur d'autres points, mais qui ne 
le sont nullement en matière de religion, et qu'on est sans 
cesse stupéfait des idées incomplètes, erronées, disons le mot, 
des ignorances qui régnent dans le monde sur un point aussi 
capital. 

On n'a pas même, quelquefois, les premières notions des 
choses les plus ordinaires et les plus connues; on se fait de nos 
dogmes fondamentaux les idées les plus bizarres; j'en pourrais 
raconter des expériences vraiment curieuses; on en arrive à 
prêter de bonne foi à l'Eglise des singularités et j usqu'à des ab- 
surdités, qui, de près ni dé loin, n'ont absolument rien d3 cona- 
mun avec ses croyances. 

Sur les questions religieuses les plus çimples, les plus élé- 
mentaires, combien d'hon^mes du monde, des plus capables, 



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BELIGIEOSES £T LITliBAIllES. 53 

qui seraient fort embarrassés, si on leur demandait une réponse 
précise! -*-Qu'€$trea qu'un Sacrement? qu'est-ce que la grâce I 
qu'est-ce qu'un mystère ? qu'eat-ce que la PoiV qu'est-ce 
que l'Espérance chrétienne} qu'est-ce que le Sacrifice? 
qu'eat-^d. que l'Eglise? qu'est-ce que le péché originel? Et 
même qu'est-ce que Jésus-Christ? qu'est-ce que Vlucarnation 
et la Rédemption, etc.? CoïiRbien d'hommes, je le répète, fort 
intelligents, fort instruits d'ailleurs, qui au fond ne le i^avent 
paa, Ou mêlent au peu qu'ils en savent les idées les plus 
étrangea et les plus éloignées de notre foi î à tel point que j'en 
ai vu souvent dont l'étonnement était extrême, quaud, à cer- 
taines difficultés qui pour eux étaient «les montagnes, je répon- 
dais ; « Mais ce qui vous arrête n'e^t rien î Kous ne croyons pas 
un mot de cela; voici simplement, sur ce point, la foi chré- 
tienne. » 

Telle est au vrai, pour un nombre considérable d'hommes, 
leur situation d'esprit : ils ignorent la religion. A cela on nous 
dit : « Mais le temps nous manque^ les affaires nous absorbent, 
la vie nous dévore. Etudier la religion! Mais où donc? Les grqs 
livres, les apologistes, les Pères, la Bible, avons-nous le temps 
de lire tout cela? Nous ne demandons pas mieux que d'être 
instruits sur ces grandes questions religieuses, mais donnez- 
nous un moyen facile. Ayez compassion de notre vie telle quelle 
est' faite. Ne nous demandez pas l'impossible. Donnez-noijs un 
livre court,. substantiel, quelques pages simples et lumineuses, 
qui nous épargnent le temps et la peine, qui nous disent d'une 
manière nette, précise et complète, s'il se peut, ce que vous 
croyez et ce qu'il faut croire. Que nous sachions ainsi ce uu'est 
au vrai la religion et le symbole chrétien. Nous vous en béni- 
rons. Si nous n'avons, pas encore le courage de pratiquer le 
christianisme, nous l'aurons peut-être un jour, et nous n'en 
tenons pas moins à savoir exactement ce qu'il est. » 

Que de fois j'ai ^ntendu ce cri des ùmes 1 Qui, ce m des âmeSy 
car c'est de là, de ce fond sacré, que venaient ces accents. Et 
voilà pourquoi j'en ai été ému ! Que 4'bommes, revenus à Dieu 
ou sollicités d'y revenir, ou désireux de connaître au moins 
cette roli^on qu'ils n'avaient pas le bonheur dé pratiquer, j'ai 
.entendus avec émotion demander un tel livre I 
, J'en ai connu ménje qui lisaient en secret le Catéchisme de 
leurs enfants ou leurs analyses de catéchisme, et qui étaient 
heureux que les approches d'une première communion eussent 
-fyit rentrer ce petit livre d^s leur maison. Il y en a un dont je 
me souviens, qui s'était fait un devoir, et pour qui c'était un 
plaisir extrême de faire réciter lui-même, chaque semaine, la 
leçon du catéchisme à son fils de onze ans. Ce pauvre père 
n'avait jamais comnmnié lui-même, et Dieu bénit si hien^son 
aèle. pour l'instruction de son jeune fils, que j'euô la congola-^ 



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S4 ihualbs 

tîon de leur faire faire à tous deux leur première commuoion, 
le même jour et au môme autel. — Le sentiment paternel est 
certainement une des plus puissantes ressources de la bonté du 
ciel, pour ramener à la foi des cœurs que le malheur des temps 
en a éloignés. 

C'est ainsi, et par bien d'autres voies encore, que la grâce de 
Dieu pénètre au mnd des âmes, et les saisit tout à coup. Com- 
bien d'hommes voit-on chaque jour qu'un événement subît, un 
grand malheur, une grande lumière remue jusqu'au fond de 
leur cœur, et convertit par un coup soudain et souverain ! Tout 
a été déraciné dans leur vie par un bouleversement salutaire, 
tout est brisé au fond de leur âme, tous les mauvais liens sont 
rompus au dehors. Un d'eux me disait un jour : « Ne craignez 
a gnez plus mes passions; j'ai été foudroyé : il ne me reste 
^ plus une goutte de sang dans les veines. » Il se trompait : il 
en reste toujours. Mais enfln celui-là et d'autres comprennent 
d'un coup que Dieu est tout, et qu'il faut le servir; que le 
Christianisme est divin, et qu'il ne se trouve que là une conso- 
lation aux douleurs, un remède aux passions. Il y a trente-cinq 
ans, et je ne l'oublierai jamais, j'en ai entendu un s'écrier sur 
le lit de mort d'une femme chrétienne et adorée : « Oh î main- 
« tenant, je le sens, je crois tout ce qu'elle a cru; j'aime tout 
« ce qu'elle a aimé. Il n'est pas possible qu'une telle âme, que 
« de telles vertus n'aient pas été dans le vrai. Je le sentais 
« bien ; mais je ne voulais pas le lui avouer. » 

Ah ! la bonté divine est admirable dans ses pensées et dans 
ses voies, et je plains ceux qui savent ni la comprendre, ni la 
bénir. 

La vérité est que, dans ua pays chrétien, les âmes sont tou- 
jours plus près de la lumière qn'on ne le pense. Vienne, en 
effet, je ne sais quelle circonstance décisive, de je ne sais quel 
point de l'horizon, ces hommes rentrent en eux-mêmes ; ils 
croient, ils invoquent la bonté de Dieu : l'idée même leur vient 
de communier, de chercher là le secours, la consolation dont 
ils ont besoin. Mais ils ne connaissent pas l'Eucharistie; 
ils craignent de mal faire. La confession, ils la connaissent 
mieux ; ils en ont eu si grand'peur, qu'ils savent ce que c'est. 
Mais cette peur est évanouie ; ils sont prêts à tout ; il ne leur 
"en coûte plus guères de courir au tribunal de la pénitence : leur 
conscience leur dit que là pour eux sera la paix, la consolation, 
la lumière, la force la Vie. Mais avant de les admettre à com- 
munier, il faut les instruire. Gomment le faire! Quel livre leur 
donner, qui , en peu de temps et avec peu de peine, leur dise 
tout? 

Avant de venir à Orléans, lorsque j'étais jeté dans ce grand 
et si extraordinaire ministère des âmes à Paris, nous avions 
vivement senti, mon saint et à jamais regreltable ami le P. de 



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lELlGIETISES ET UTTÉSATÏES. 



'55 



. , 1. • A*.,r» ta} livrp pt nous avions mêrae 
Ravignan et moi e besom ^ "^^^„«J,'^'^^^^^^^^^^^ des notes 

essayé ensemble de le f^.''^:. p^.. Cc n™'*^* "'^ P"^ ''""^ 
que nous avions prises a f^ effet Le projeip 

?uter. La révolution ^^^^fj^^^^^^lZ^séTonlécs^^ye^ 
resté le vœu de mon cœur. •^P'^'-^^ ^i^" ff^^" ache pas qu'aucun 
beaucoup d'étude et de travail , - car je ne sac p , ^^ ^.^ . 
autre de mes ^ouvrages m ait ^o-^te taf de pe ne ^^^^ 

et de consultations, que ce peti l'\™; r" J P^J^ ^ je crois, 
cette exposition, courte et simple mais F^g^' ^^ J ^ole, 
suffisamment complète du <?h".s\'^»^^"^^ 'g^ f^ S faiic pour la 
telle que je la méditas depuis si l«n?'ernps. Je^ a« p ^,^_ 
jeunesse chrétienne de mon ^jocesc m s ^mj^^'J H . J 
crivais et en la relisant après 1 ^J»" .«;™'"^y^ et médité pour 
que c'était devenu ce que javaaut^^^^^^^^^^^ ^^.,.^^ P^„^ 

un autre uge, et j ai eu la penbet u eu ^ 

les hommes du monde. chercher d'ailleurs; elle 

La forme de ce livre " était pas a che'.^^^^^^^^ 

exisfait : cette forme qui consiste, dit Fenelon, a ^ 
« ment les hommes à la vente en leurj™^^^^^^ 

« en eux-mêmes, par de simples '"™f°s"èches longues 
, peut leur enseigner par des eçonsJrectCN sèches u) g 

« ?t fatigantes : » f«™°/'Sf JJ^^^^^^^ 
curiosité et l'attention par le P^'^'jf.^f^'iJfJc "e" lajoiedcrin- 
l'on s'était posée à soi-môme, et par la «Wf^u réVoudre. 
contrer une réponse simple ^ ce qu on n ava^t P" ^-^.^ré- 

Je dois dire même que ce livre f '^^^f^.f/J^-Pr ,e fai e ; ^^^^ 
ment l'Eglise n'avait pas ^«endu à ce jour pour le fa re .^^.^ 

il faut reéoboaître aussi que P»"^^,"" ^ra^ltion" qui se don- 
comme n'étant pas. Sauf que que^ra es cxce^^^^^^^^^^ 

nait la peine de le lire? On le croyait fait exclu m ^ v 
les enfants; et il aut ^°'"^°;"^X^t£elaEed'' préjugé, 

f/u^rsyjeprh?»^^^^^^ 

^ Sm^,t=tVnr5s1ird'^^^^ et^-nt tout 

« ksiir lequel on les int'^'''-«f,l'^fi!f'SiSlionii toutes 
« qui est le catéchisme : vous y t'-»";^^^^' ""^^^^^^^^^^ 

, vous fera une réponse sublime... » 



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56 lIClUf.ES, 

On ne peut mieux penser ni mieux dire sur cet admirable 
!jivre. 

Que mes lecteurs en jugent d'ailleurs par eux-mêmes; voici 
deux ou trois de ces réponses : 

« Qui vQus a créés et mis au monde? 
. c( C'est Dieu. . 

« Pourquoi Dieu vous ^-t-il créés et mis au mondç? 

« Pour le connaître, Tairaer, le servir^ et par ce moyen 
fl mériter la vie éternelle. » 

Poursuivons : ' 

c( Qu'est-ce que Dieu? 

« Dieu est un pur esprit, éternel, indépendant, Immuable, 
u infini, qui est présent partout, qui voit tout, qui peut tout, 
« qui a créé toutes choses et qui lesi gouverne toutes. 

« Qu'est-ce que Tâme ? 

« L'âme est un esprit libre et immortel, qai a été fait à l'image 
« et à la ressemblance de Dieu, et qui est capable de connais- 
a sance et d'amour. » 

C'est ainsi que sur toutes les grandes questions qui regardent 
Dieu, l'homme et le monde, le Catéchisme fait de ces réponses 
nettes, précises, souveraine^, qui étonnent la philosophie 
humaine; et M. Jouffroy avait bien raison d'ajouter ; 

« Origine du monde, origine de l'espèce, (question de race, 
. « destinée de l'homme en cette vie et en l'autre, rapports de 
« Thomme avec Dieu, devoirs de l'homme envers ses sembla- 
« blés, droits de l'homme sur la création, cet enfant n'ignore 
« rien ; et quand il sera grand, il n'hésitera pas davantage sur 
a le droit naturel, sur le droit politique, sur le droit des gens ; 
« tout cela sort, tout cela découle avec clarté, et comme de soi- 
« même du Christianisme. Voilà ce que j'appelle une grande 
« religion ; je la connais à ce signe, qu'elle ne laisse sans réponse 
« aucune des questions qui intéressent V humanité. » 

Un de nos; contemporains, dont je me plais à reconnaître l'es- 
prit élevé et sincère, M, Jules Simon s'est exprimé à son tour, 
sur le Catéchisme, en ces termes remarquables: «Je trouve 
« dans la religion chrétienne un caractère qui me ravit : c'est 
« qu'elle joint la métaphysique la plus savante à la plus parfaite 
a et, SI on peut le dire, à la plu§ efficace simplicité. Assurément, 
« le Timée de Platon et le xii* livre de la Métaphysique d'Ari^- 
« tote sont des merveille^; mais je n'espère pas (Ju'il sorte de là 
« un symbole qu'on puisse faire récitpr aux petits enfants. Il 
« n'y a, jusqu'ici, que la religion chrétienne qui ait eu. à la fois 
« la Somme de saint Thomas et un Catéchisme. » 

Rien de plus vrai que ces paroles; et voici à quoi cela tient. 
JjdL religion chrétienne est un ensemble de vérités dogmatiques 
et morales, si admirable, si harmonieux, un système si parfai- 
tement ordonné dans toutes ses parties, qu'elle se prête merveil- 



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gi 



&ELiai£USES ET UTTÉEAttBS. !(7 

leuëement à un abrégé méthodique et complet* Et ces dogmes, 
et cette morale du christianisme donnant, sans conteste, sur 
toutes les^randes questions qui intéressent l'humanité, les plus 
hautes et les plus nettes solutions que l'humanité possède, le 
livre qui eh offre lé résumé se trouve êtr^, en quelques pages, lé 
recueil de la plus sublime doctrine qui fût jamais. 

{La fin au prochain numéro,) 

NOUVELLES. 
ROME. 

Deux grandes fêtes viennent d'être célébrées, rAscension et' 
la Saint-Philippe-de-Neri. Ceux de vos lecteurs qui counaissent 
Rome savent que le trajet entre les deux basiliques est considé- 
rable. Malgré une chaleur déjà accablante, In foule encombrait 
les rues principales. Les acclamations se succédaient d'un point 
à l'autre sur le passage du cortège. Il y avait dans les rangs de 
la foule bon nombre d'étrangers, de Belges surtout, venus pour 
assister à la béatification du vénérable Jean Berchmans. En 
descendant à l'entrée de Saint-Jean, le Pape a été reçu par le 
cardinal Mattei, doyen du Sacré-Gollége, par le chapitre et îe 
clergé de la basilique, tous en ornements pontificaux. Après 
avoir adoré le Saint-Sacrement, Sa Sainteté a assisté à la messe 
célébrée par le cardinal Altieri. Un élève du collège de Capra- 
nica a prononcé une homélie latine sur la solennité du jour. 
Tout le personnel des chapelle- papales était présent, les cardi- 
naux, les patriarches, les archevêques et les évoques, le prince 
assistant au trône, la municipalité romaine et les divers collèges 
de la prélatnre. Le Pape a vénéré ensuite les chefs des saints 
Pierre et raui, exposés devant la Confession, et est monté à 
l'atrium supérieur de la basilique , d'où il a donné la bénédic- 
tion solennelle urbi et orbi à une foule groupée sur l'immense 
et mélancolique place qui s'étend entre Saint-Jean-de-Lalran et 
Sainte-Groix-de- Jérusalem . 

Le jour de Saint-Philippe-de-Neri le Pape s'est transporté en 
train trbs-noble à Sainte-Marie in Vallkella^ où repose le corps 
du saint. Le train tms-noble se compose d'un prélat monté sur 
une mule et portant la croix papale; de deux files de prélats du 
palais, flanqués des domestiques en grande livrée, et enfin de 
la voiture du Pape tirée par huit chevaux noirs. Cette voiture, 
toute étincelante d'or et de cristaux, est surmontée aux quatre 
angles d'anges soutenant la tiare. Le Pape est aêsis sur un fau- 
teuil tournant qui lai permet de donner la bénédiction à droite 
et à gauche. 

On remarquait dans la vôîture, en IJace de Sa Sainteté, les 
cardinaux Sterckx, archevêque de Matines, et Guidi, achevêquc 
de Bologne. Le premierdevait cet honneur à sa qualité d'étranger ; 



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58 AliSALL» 

le secood, à ane vieille et touchante coutume : lorsque le Pape 
se reod à Sainte-Marie m Yalltcella , il invite un membre du 
Secré-CoUége portant le prénom de Philippe. On montre, dans 
le couvent des Oratoriens, la chambre où est mort, en 1595, 
saint Philippe-de-Nerî, des livres et une foule d'autres objets 

Si lui ont appartenu. Tout le monde est admis, le jour de la 
c, à visiter et à baiser ces reliques. Le Pape a bien voulu servir 
de guide au cardinal Sterckx dans ce petit pèlerinage à travers 
les corridors du couvent. Saînte^arie m Vallicella est une 
église de moyenne grandeur : aussi était-elle littéralement 
pleine. La chapelle où repose le eorps' du saint était inabor- 
dable. Les cardinaux ont pris place sur les bancs disposés autour 
de l'abside, le Pape sur le trône préparé près du maitre-autel, et 
le cardinal Asquini a célébré pontiflcalement la messe. Avant 
de se retirer, le Saiut-Père a bien voulu admettre au baisement 
du pied, dans la sacristie, les Oratoriens qui desservent Téglise 
et les dignitaires delà Congrégation. Ce couvent de Santa-Maria- 
in-TallicelIa, qu'a sanctifié Philippe - de- Neri, a été aussi 
illustré par un autre Oratorien, devenu de religieux cardinal, le 
savant Baronius. 

J'ai visité ce matin les préparatifs ordonnés par la Compagnie 
de Jésus. La cérémonie de la béatification se passe tout entière 
dans Tabside ; Tahâde seule est donc ornée. La décoration est 
d'un goût exquis. On verra scintiller au milieu d'une illumina- 
tion r '^rique le monogramme de la Compagnie et une croix im- 
mense' entourée d'étoiles. A l'occasion de la béatification, la 
succursale romaine de la maison Palmé a mis en vente une 
belle photo^phie représentant les trois plus jeunes héros de 
la Compagnie de Jésus, avec cette légende : S. SianislusKotska^ 
S. Aloisius Gonzaga et B. Berchmans S. /. Mariœ YirgirUs cul- 
tures eximii. 

— Le Révérend Père Hyacinthe est toujours à Rome. Invité à 
prêcher à Saint-Lonis-des-Françaîs, dimanche dernier, en pré- 
sence d'un auditoire presque exclusivement militaire, il a parlé 
de l'épée, en la présentant comme là protectrice des intérêts 
patriotiques, sociaux et religieux. Puis il s'e^t livré à une bril- 
lante improvisation sur le rôle et la misssion de la France dans 
le monde. Quelques jours auparavant, l'éloquent religieux avait 
visité les sanctuaires de Subiaco en compagnie de M. et de Mad. 
de Montebello et de sept ou hm't autres notables de la colonie 
française de Rome. 

— La fête de Saint-Yves, un de vos compatriotes, patron de 
la Sapience et du barreau, a été célébrée le 19 dans l'église de 
rthiiversité romaine de la Sapience. Les cardinaux, les avocats 
du consistoire et les professeurs des diverses facultés ont assisté 
à la messe célébrée par Monseigneur Harinelli, sacriste de Sa 
Sainteté. 



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KELIfilEIlSES ET UTTÉtiltBS. 59 

Mme BARAT 

POlVDATaiCI ET SUPBBIEtrmE OUriSALK DBS DAMIS DU tACiB-COCVB. 

Parmi nos lecteurs, plusieurs, comme on le 8ait> liés par la 
reconnaissance, prennent part au deuil qui vient d'attrister la 
Congrégation des Dames du Sacré-Cœiir. Les Annales Or- 
léanaises ne peuvent pas, comme les autres revues religieuses, se 
contenter d'annoncer simplement lamortde Mad. Barat, fonda- 
trice et supérieure générale des Dames du Sacré-Cœur. Voulant 
répondre au désir de leurs lecteurs etpayer un tribut bien léaitime 
de regrets et d'admiration à cette femme illustre, elles publient 

?[uelques lignes comme hommage à la mémoire de celle qui a 
bndé et gouverné jusqu'à ce jour une Congrégation qui ne 
compte pas moins de 87 maisons et de 3,500 religieuses ; Con- 
grégation fervente qui rend à l'éducation de la jeunesse d'excel- 
lents services, et figure, à bon droit, parmi les créations reli- 
gieuses qui, dans notre siècle, honorent la France et la Religion. 

Madeleine- Louise-Sophie Barat est née à Joigny, le 12 sep- 
tembre 1119, d*une famille diftinguéc où la pratique des vertus 
évangéh'ques est héréditaire. Aux douceurs et à la paix de l'édu- 
cation domestique, vinrent bientôt succéder les troubles et les 
anxiétés de la tourmente révolutionnaire. Le frère aîné de la 
jeune fllle, qui l'avait tenue sur les^onts du baptême, et qui 
avait commencé à l'instruire, était dans les Ordres. La révolu- 
tion menaçait ses jours, et il n'échappa à la mort que par la 
chute de Robespierre. 

Paris devint l'asile du lévite ainsi sauvé, et il appela Made- 
leine près de lui. Entre ce frère et cette sœur s'établit alors une 
communauté de travaux et d'études qui ajoutait encore à leur 
profonde affection. 

Frappé de la rare et précoce intelligence de Madeleine, Jaloux 
de tourner vers le bien des admirables qualités de son esprit et de 
son cœur, Tabbé Louis Barat lui compléta son éducation par 
l'enseignement du latin, du grec, des mathématiques, qu'elle 
saisissait avec autant d'ardeur une de succès. 

En même temps, sous cette direction austère, une piété pro- 
fonde, un grand amour de la solitude, se développaient en elle, 
favorisés par une modestie touchante et car une exquise humi- 
lité. Elle se sentait appelée vers la vie religieuse. 

Vers Tâge de dix-neuf ans, elle rencontra le R. P. Varin, qui, 
comprenant admirablement les besoins de son temps, cherchait 
à former une Congrégation destinée à élever les jeunes filles. 
Elle fut une des pierres fondamentales de cette œuvre, et, le 
21 novembre ISOO, alors que la j-eligion n'était pas encore 
librement rétablie parmi nous. la Société du Sacré-Cœur de 
Jésus fut fondée. 

Dès 1802, une première maison s'ouvrit dans la ville d'Amiens, 
et madame Barat en était nommée supérieure. Quatre ans après, 



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60 

les religieuses étaient assez nombreuses pour former un conseil 
général; une seconde maison avait été crçée à Grenoble,. Xe 
titre et les pouvoirs de supérieure générale étaient confiés à 
Mad. Barat. 

^ Cette haute direction , elle l'a conservée jusqu'à sa mort , 
c'est-à-dire durant soixante-cinq années. De quelle énergie, de 
quelle étonnante activité, de quel solide jugement, de quelle, 
sagesse elle fit preuve, le développement de l'OEuvre suffit à 
l'établir. 

En 1826, et sur ses instances, l'institut étaîi approuvé par le 
Pape Léon XII. Plus de cent maisons ont été constituées, et ce 
«hilTre serait dépassé aujourd'hui si les révolutions de Suisse ç.f; . 
d'Italie n'avaient amené la suppression violente de plusieurs de 
ces asiles de la piété et de !a science II en resté encore qua- 
rante-quatre en France et quarante-trois à l'étranger. 

Mais ce qui s'ajoutait à l'esprit pénétrant, au tact exquis, à la 
prudente habileté de Mad. Barat^ et ce qui lui. attirait et lui 
attachait la vénération, la confiance, j'ose dire la téhilressé de 
ses filles ainsi que des parents et des élèves qiii lui dbivent.tant, 
c'était sa l^onté extrême, c'étaient ses fermes et douces vertus.. 
• Elle était Tûme de sa Congrégation, et jusqu'au quatrièmç, 
jbtir avant sa mort, elle jouissait, malgré son âge avancé, de li: 
plénitude {Je ses rares facultés, de sa force et de son expéri^îicÇî!' 
C'est le lundi 22 mai, qu'à l'issue de la récréation de l'a commuj- 
n^u.îé, el}e fut atteinte d'une congestion inopinéq, qui lu^l^ia 
Ç^p^i: e de la parole, mais en lui permettant cependant de dbiiii^ 
de nombreux signes de connaissance. Tous les sàcrementa lui 
furent administrés, et elle s'y associa avec une fçryehte pré^ëriçq 
d'esprit. Sa Sainteté Pic IX lui envoyait sa bépédiction appsto- 
li^ue, et le 23 elle expirait doucement entourée desesassistaiites 
générales et comblée des consolations de la foi. 

La paix du Ciel semblait descendre sur son lit dé jJouleur, et 
ses traits brillaient du calme des Bienheureux. 

Pendant les troisjoursqueses restes mortels furent conservés^ la 
chambre où ils étaient exposés fut visitée par tqutes les personAcjs 
<tue les règles de la communauté permettaient d'y introduire. 
Non-seulement les religieuses de la maison-mère^ celle3 de /la, 
ri^e de.Varenne et de Conflans se pressaient autour dje.ce'/lit 
funèbre pour vénérer leur fondatrice et leur mèrq; ipaiç les, 
élèves, sans distinction d'âge, sollicitèrent la faveui: de contem- 
pler encore ces traits sur lesquels étaient empreints le calme e,lM. 
béatitude célestes. Celles qui l'avaient autrefois coiinue den^ân- 
daient avec instance de la voir encore ; toutes, ei les ecclésifistî- 
ques eux-mêmes voulaient faire toucher à ses restes vénérés des 
médailles et des chapelets. , •' 

Cette douleùr^et ces témoignages, redouïiereht lundi. ^ux 
dBsèques solennelles célélifées dans là chapelle de la maîson- 



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BELIGIEB8ES ET LITTÉKAIIES. 61 

mère, par M. Tabbé Surat, vicaire générât et supérieur des trois 
oommàDautés de Paris. Au moflient où le cercueil franehit la 
poi^e de la eldtui^, les larmes des religieuses et les sauglotsdes 
eikîiSnts agenouillés dans la cour dirent uo éloquent et suprême 
adieu à celle qu'ils ne devaient plus revoir ici-bas. C'esX à Con- 
BstxiB qu'ont été déposée le même jour, à trois heures, les restes 
tnortels de celle .qui avait consommé sa vie pour la gloire de 
JWeu et le salut destoes. 

; ;£n eatrant au séjour immortel, la fondatrice du Sacré-Cœur 
akira retrouvé près de dix-huit cents de ses filles qui Vy avaient 
pàfécédée. Quel cortège que celui-là ! Qu'on y aioute toutes les 
âînes dont elle a été ici-bas le guide et la consolatrice, et qu'on 
dise; si ce n'est pas à elle qu'on peut appliquer cotte admirable 
parole de l'EgUse : Beati martui qui in Domino morinniur; 
opéra enim illornm sequuntur ilïos. 



— Mgr rEvôqup. de Nantes vient, d'adresser aux prêtres-ré- 
-dacteurs de là nouvelle Semaine religieuse de son diocèse une 
lettre que nous croyons devoir reproduire, parce qu'elle déter- 
mine, dans une certaine mesure, ce que doivent être les feuilles 
religieuses, ecclésiastiques, les revues diocésaines fondées tout 
récemment, sous Tinspiration et le patronage des Evêques dans 
iéénte-cinq diooèsë.de I^nce, à quelle nécessité edes répon- 
ifelnt, et aqssi (faéWe sorte dé concours leur est indispensable 
pmt accomplir Ici r oefavrc'. 

1 Messieurs^ vous avez entrepris une œuvre utile en tondant 
rmiTB Semaine religieuse. Je serai Ikufc ; , de la v(4r prospérer. 

« Nous vivent à une époque où l'on répand avec profiisîoti 
dans le peuple, des publications pleines d erreurs et hôetiieâ à 
la^rëU^on^ souvent aussi pleines de dangers pour les mœurs; 
% l'on h'y trouve pas. toujours^ des attaques dirrctes eoatre les 
ptiïidpeg de la foi et de la morale, on peut ?e plaindre, du 
nlbins, que la pensée chrétienne cfst absente. 

te Une feuille simple et jpopulaire, qoi ramène, avec le cercle 
des semaines durant Tannée, le souvenir de nos fête&, de nos 
«alites solennitéé^ peut aider puissatnment à faire revivre au 
foyer du peupile ces traditions catholiques qui n'y sont point 
encore oxibliée»^ et qui feisaîent le cbarmie (te la vie de famille 
dans les àges^ de foi^ 

^ La Ivresse répaiidaiijoard'hui ju&que dana lescampagiiies 
tes plus isolées, la nouvelle des événements qui se passent daâs 
rnni vers entier. H est bon que des feuille religieuses portent 
aussi partout la connaissance de ce que Dieu opière de grand et 
de consolant dan» son Ëgi|ae ; parlent, au peuple du ^uveirtin- 
Pontife, le père bien-aimé des fidèles, et ne le laissent pas 



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62 AllIfALES 

étranger aux œuvres que la foi et la charité accomplissent dans 
le monde catholique. 

• Puis, pour arrêter nos regards plus prêts de no^s, dans ce 
cher diocèse de Nantes, tous, prêtres et fidèles, montrent une 
grande activité pour le bien. La Semaine teligiense pourra faire 
connaître les institutions bonnes qui se fondent, lés pensées 
salutaires qui se réalisent, les travaux importants qui s'entre- 
prennent. Je voudrais qu'elle devînt pour -nous un recueil 
d'exemples domestiques, si je puis parler de la sorte, et forraÀt 
les archives populaires de nos familles chrétiennes. — Je vei*rai 
avec plaisir. Messieurs, le concours que vous donnera Texcel*- 
lent clergé de mon diocèse, soit en propageant la Semaine reli- 
gieuse, soit en vous communiquant les faits qui peuvent offrir 
de l'intérêt dans les diverses paroisses. Je vous autorise volon- 
tiers, en témoignage de ma sympathie, 't inscrire sur votre 
feuille qu'elle est publiée sous mon patronage. 

« Recevez, Messieurs, avec la bénédiction de votre Evoque, 
l'assurance de mes sentiments dévoués. 

« t Alexandre, Ev. de Nantes. » 



ALGÉRIE. 



— On sait que l'Empereur a visité Biskra. Nopoléon UI 
a été reçu par le commandant Forgemol, qui lui a présiuté les 
nombreux chefs arabes du Sud et les députations des tribus, 
ayant fait les unes jusqu'il soixante ou quatre-vingts iieuts pour 
venir salue^ l'Empereur. C'est entouré de ce cortège de en valiers 
incomparables par la richesse de leurs costumes et des aeclama- 
tions enthousiastes de 30,000 Arabes venus des contrées les 

IAus lointaines, que Sa Majesté a fait son entrée dans Biskra. 
mposslble de dépeindre comme il conviendrait dans une dépêche 
l'étonnement et l'admiration qui saisissent l'esprit lorsque, 
après un parcours de trente lieues à travers un pays rocheux^ 
aride et désolé, l'on aperçoit tout à coup, comme une île 
verdoyante au milieu d'une mer de sable^ cette magnifique 
oasis de 150,000 palmiers. 

— Le récent voyage de l'Empereur en Algérie ne sera pas 
sans conséquences heureuses pour l'état de la religion dans ce 
pays. La question de l'établissement de nouveaux évêchés à 
Oran, à Constantîne, qui s'est déjà produite en plusieurs cir*- 
constances, revient à Tordre du jour. Mgr l'évêque d'Alger lui- 
môme manifeste hautement là-dessus ses sympathies. Il n'a pas 
craint de les exprimer tout récemment à son clergé et à l'em- 
pereur. 

On sait que l'Empereur des Français, en se rendant à Bout 



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AELIGIECSBS ET LITTÉKilAES. wS 

farik, s'est arrêté au couvent des trappistes de Staouëli. Ce n'oet 
pas sans quelque étonnement, dit le Moniteur de f Algérie, 
qu'il a appris qu'il y avait un certain nombre d'anciens mili- 
taires, dont au moins une douzaine ayant appartenu à la garde 
impériale. C'est alors que le général Fleury a voulu lui présenter 
un de ses anciens guides, que, le matin môme, il avait reconnu 
dans le Frère commissionnaire qu'il avait vu à Alger. L'Km- 
pereur lui a dit quelques bonnes paroles, et, entre autres 
choses, lui a demandé s'il était content à la Trappe. — Très- 
content, Sire, a répondu, d'un air convaincu, l'ancien guide. 
L'Empereur a paru surpris. II Teùt été bien plus si le malin 
même il eût entendu la conversation de cet ex-guide avec son 
ancien colonel, le général Fleury : — Comment, lui disait 
celui-ci, vous est venue Tidée d*eiitrcr à la Trappe? Je ne me 
serais jamais douté que du régiment des guides on passât dans 
le cloître. Ce n'est certainement pas moi qui vous ai inspiré 
cette vocation? — Je vous demande pardon, mon général, c'est 
vous qui me l'avez donnée. — Comment! moil et comment 
cela? — Vous m'avez si bien appris à obéir que la discipline du 
cloitre ne m'a pas paru au-dessus de mes forces. 

A la visite que l'Empereur a rendue à la Trappe de Staouëli, 
le Père supérieur, pendant la collation, fit apporter à Sa Ma- 
jesté les différents mets qui composent l'ordinaire des Frères 
trappistes : ce sont des légumes cuits à l'eau et sans aucun 
assaisonnement ; « Notre règle nous défend de prendre d'autre 
nourriture, dit-il, en attirant l'attention de Sa Majesté; mais, 
reprit-il, nos Frères ont une telle habitude de confectionner ces 
piets simples, qu'on ne s'aperçoit pas du manque d'assaison- 
nement, tant ils sont préparés avec soin. » — En avez-vous 
mangé , Monseigneur , dit l'Empereur en se tournant vers 
révêque d'Alger, qui était auprès de lui? — Oui, Sire, répondit 
l'évèque, une fois, et c'est assez. — « Nous nous en rapportons, 
sans hésitation à l'expérience unique de Mgr l'tH Aque d'Alger, 
et nous y trouvons une raison de plus pour adii irer cette so- 
briété cénobitique, qui rappelle, en les dépassant, les austérités 
des solitaires de la Thébaïde. 

.,j,fUfVi^-*i-i>< «I . LOIRET, f, M.. 7 

*^fw^ Monsieur le rédacteur,. .J) ..' ' , . 

Après avoir annoncé le choix de M. Méjasson comme aumônier des 
sauveteurs, vous ne serez peut-être pas fâché d'avoir quelques détails 
sur la réception qui lui a été faite par ces hommes au cœur noble et 
généreux. 

C'est le dimanche de la Pentecôte qu'a eu lieu son installation. Par 
une prévenance qui honore les sauveteurs et l'aumônier, la société 
avait député deux de ses dignitaires pour aller chercher M, le curé au 
presbytère de Saint Marc. A son arrivée à la mairie d'Orléans, lieu de 
la réunion, M. l'aumônier a été reçu par M. Janse, président des sauve- 



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61 ARIflLES 

teûrs, qui en le pi?ésentant à la Société s'est empressé de faire son éloge. 
11 a rappelé le courage et le dévouement qui fui valurent la médaillé 
d'or, alors qu'il n'était encore que vicaire ue Briaré. 

Bravant tout obstac)e, la Loire débordée portait partout l'épouvautcu» 
plusieurs fànijljea inondées appelaient au. secours, ipais le danger était- 
grand et personne n'osait s'aventurer sur les eaux. M. l'abbé est % il 
voit cette bésitalion. et pourtant bien deà personnes sont en pérîll 
Ûais le voilà dans un baleau, les mariniers te suivent, et là journée 
entière se passe à sauver les infortunés qui ne saveiit comment exprimer 
Féur reconnaissance. 

Fiers d'avoir un dés leurs pour aumônier, MM. les sauveteurs écou- 
taient avec intérêt 1& récit de ce dévouemept d' on jeune prêtre. lU 
applaudirent; puis M. le président contiiku^JI expose tout lezNe, dnitif 
avait fait preuve M. rauQiônier, alors qu'il était vicaire de Çien. DeuiÇ; 
fois le choléra sévit dans cette ville, il fit bien des viciinies; mais 
auxdeuxfois le courage ne fit pas défaut à M. Méjasson ; les journées 
entières, les nuits, il les passe auprès des malades, il les console, leur 
administre les sacrements, et les prépare à bien mourir: rien ne 
l'arrête, il est fatigué, mais il s agit de sauver dés âmes, et il mourra* 
plutôt que de les abandonner. Après ce^ôouVeaux fsâls, la Société' 
redoubla d'enlhousiasm&et lit entendre des applaudissemeiits de plus* 
en plus sympathiques. ... 

En réponse à cet êjoge, que certes il mérite i)len> M- l'ÀUn^Onier, 
répondit qu'il n'avait fait que son devoir , qu'il n'avait fait que 
ce qif'ils auraient fait eux-mêmes, et termina par ces belles paroles : 
«j Messieurs je ne vous apporte ni talent ni science, mais j'ai un cœur, je 
vous le donne ; » la mouestiè et' le cœur parlaient à la fois. 

M. l'aumônier fut nommé., membre ad ministrateiir de la Société. 
M. le président donna ensuite lecture d'une lettre de Monseigneur^ 
l'Evêqùe d'Orléans. 

Dans cette lettre Sa Grandeur félicite les Sauveteurs de s'é'r* choisi: 
eux-mêmes un aumônier ; il regrette de ne pas avoir prévu ieur désir 
depuis longtemps; il se fût empressé de leur offrir M. Méjasson, l'un 
des leurs. ^^ 

Pèlerinage des Elèves du Petit-Séminaire à N.-D. de Cléry-, 

Monsieur le Directeur, 

Vous aviez annoncé dans votre dernier numéro que les jeunes 
gens du Petit-Séminaire de la CIiapelle-Saint-Mesmin iraient 
en pèlerinage à Notre-Dame-de-CWry pour la clôture de leur 
mois de Marie ; que Monseigneur d'Orléans accompagnerait sa 
chères et bien aimée famille, et lui adresserait peut-être la parole. 
C'était plus qu'il n*en fallait pour me déterminer U prendre 
moi-même mon bâton de pèlerin et à m'associer à cette petite 
fête. Vous savez que j'ai mes entrées libres au Petit-Séminaire 
où je ne suis pas tout à fait étranger. Je me mis donc en route 
pour la Chapelle, defe trois heui-es et demie du matin, aûn d'ar-. 
river avant le révçîl des etifants qui se fait èes jours^là non. 

Eoint aii son de la clôqhe, coihme h ^ordiriâi^e, mais bien au 
rolt déà fâhfareâ' et quelquefois de VaiiiilMe, comme nous 



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RELIGIEUSE^ £T UTTiRlIEES. ^ 

disions quand nous étions enfants. Mais quand j'entrai daiw la 
coiir d'honneur, fout le monde était déjà sur pied et cependant 
il a'était pas cinq heures. Pourquoi donc cette dérogation à 
l'heure habituelle du lever? Le chemin de fer ne passe à La 
jChàpelle qu'il 7 heures; pourquoi donc devancer ainsi l'aurore? 
l'étais réduit aux conjectures, et j^avais compté sans une sur^- 

Ters 5 heures i/i donc, après la prière du matin et uo pre- 
jmiçr déjeuner rapide, qais solide, nous partons, musique en 
tête; et^ au lieu de se diriger vers la station^ la colonne tourne 
^iibîtcment vers la Loire Là, au pied môme de la grotte de 
Sàînt-Mesmin, nous attendait un immense remorqueur, flanque 
d'un autre immense bateau, Tun et l'autre décorés, pavoiséfi 
avec un goût exquis, et, surtout, admirablement pontés, pour 
recevoir et contenir sans danger 300 enfants joyeux, comme 
on Test au matin d'une belle fête, turbulents comme on Test 
à cet âge, et sur la prudence desquels il ne fallait pas trop 
compter. Aussi, tout avait été prévu, j'oserai dire, avec un luxe 
de précautions, qui inspirait à tous la sécurité la plus complète. 

Sur le bateau à yapeur, à l'avant et à l'arrière, deux tribunes 
entourées de tentures rouges, et surmontées de pavillons de 
même couleur, avaient été construites, l'une pour la musique 
instrumentale^ l'autre pour la musique vocale. A la proue^ la 
statue en argent de la Sainte- Vierge, qui est de toutes les pro- 
cessions et d ' tô'i^ les pèlerinages de la Chapelle, s'élevait sur 
son piédestal, ouvrant la marche et commandant aux flots. Au- 
tour d'elle se déployaient les bannières des quatre congréga- 
tions, et plusieurs étendards suspendus aux cordages et livrés 
au vent, complétaient la décoration de ce premier bateau. 
' L'ornementation du second était tout en bleu et blanc. De 
simples mais fraîches tentures pendaient en gracieux festons, 
presque d'un bout à l'autre, et se relevaient de distance en dis- 
tance pour laisser voir des écussons portant une invocation des 
litanies de la Sain te- Vierge; de nombreux étendards flottant 
au-dessus, formaient comme une seconde galerie mouvante, et 

Snîin, un immense oriflamme serpentait librement au sommet 
u grand màt. — Rien de plus gracieux, de plus pittoresque. 

L'embarquement se fit avec ordre et rapidité; en moins d'un 
quart d'heure, tout ce monde était placé, casé, à son poste. 
Une salve d'artillerie, douze coups de canon,, donna le signal du 
4épart, ç^ dès que le bateau fut en mouvement, ces 300 voix 
aenf^nts entonnèrent avec enthousiasme le beau cantique : 
^pile des mers, ô Marie, etc. 

C'était beau, je me sens encore ému en vous le racontant. 

Et, pendant que nous chantions etquenous voguions ainsi, la 
fpule, attirée sur le rivage, sur le parapet de la grotte, sur lest 
terrasses des propriétés qui bordent la Loire, nous suivant des 
yew, battait des niains, et en nous témoignaqt sea vives sym- 



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66 ; ATOVALES 

patbies, nous souhaitait heureuse navigation, beau temps, et 
retour sans avarie. 

Monseigneur lui-même, qui regrettait sans doute de ne pou- 
voir nous suivre à cette heure si matinale, se tenait sur la 
grande esplanade du château, et nous regardait. Je ne sais ce 
qui se passait alors dans son âme, mais, sa figure animée, sou- 
riante, épanouie, ses gestes expressifs semblaient dire qu'il 
était heureux. 

Nous descendions ainsi, emportés par la vapeur et par le. 
courant môme du fleuve devant Rollinville, petite campagne 
du séminaire. On salua en passant Notre-Dame-des-Roses, Les 
échos des rivages de Saint-Ay retentirent un instant du chant 
de ce pieux cantique : 

Au secours, Vierge Marie. 
Les fenêtres des maisons de campagne assises au bord de la 
Loire, s'ouvrirent et se transformèrent pour un moment en 
balcons, sur lesquels se montrèrent quelques coiffures un peu 
trop matinales, dont la vue excita tant soit peu notre hilarité; 
et après une bonne heure et demie de navigation nous prenions 
terre à Meung, presque en face de la ferme de Roquelin ; un 
sentier nous conduisit à travers les blés verdoyants et les sain- 
foins fleuris, jusqu'à la grande route. Là, les rangs se refor- 
mèrent, la musique se remit en tôte, et le bataillon joyeux fit 
son entrée triomphale à Cléry : à 9 heures 1/2, M. le supé- 
rieur, célébra la sainte Messe. Il fit, d'une voix émue quelques 
recommandations particulières à ses chers enfants, et les voûtes 
de l'Eglise retentirent des cantiques sacrés. 

J'avais entendu dans la petite chapelle du séminaire le chant 
si pur : A la Vierge Marie de Rolland, YO salutaris d'Her- 
raann, si pieux et si recueilli, et l'impression produite sur moi 
avait été profonde, mais, dans cette immense basilique de Gléry 
les voix montaient avec une suavité et une ampleur incompa- 
rables, et je compris ce que la sonorité d'un grand vaisseau pou- 
vait ajouter de perfections à ce que l'art a de plus ravissant et 
de plus idéal. Et quand vous saurez que les jeunes orphéonistes 
chantaient sans cahier et de mémoire, vous comprendrez avec 
quels soins M. Blandin, leur maître de chapelle, lés forme et 
les exerce. Je me serais reproché de ne lui rendre pas ici cet 
hommage. 

La messe terminée, nous nous rendîmes doucement et au pas 
de promenade , au Mardereau , où M. le marquis de Poterat 
nous offrît une cordiale et simple hospitalité. On s'établit gaî- 
ment sous les beaux ombrages de l'avenue du château, la pe- 
louse servit de table, et divisée par petits groupes déterminés 
d'avance, enfants et maîtres firent honneur à un second dé- 
jeuner, qu'assaisonnèrent les joyeux propos, les douces cau- 
series, et un entrain difficile à reproduire. 

Je regrette bien de^oe plus savoir mon Horace par cœur, 



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E£LI6IBU8B8 ET LITTilAIlBS. 67 

mais il a certaines strophes, je crois, qui viendraient bien ici 
pour traduire ma pensée; je vous les enverrai quand j'aurai le 
temps de m'en souvenir. 

On déjeunait donc, on riait, on causait, on devisait, quand 
tout à coup un battement de mains s'élève, annonçant quelque 
événement nouveau. Qu'était-ce donc : Monseigneur d'Orléans, 
qui arrive à la sourdine, était descendu de voiture, et déjà par- 
courait les cercles de convives, distribuant à droite et à gauche, 
avec de bonnels paroles, des programmes de trains de plaisir 
pour Rome. 

Je ne désespère pas d'en profiter moi-même, plus heureux 
sous ce rapport, que les jeunes pèlerins, qui encore sur les 
bancs, feront, pendant mon grand voyage, leurs compositions 
de prix, et subiront leurs examens. 

Au déjeuner succéda une promenade à Notre-Dame-des-Elus, 
dans le parc de M. le maire de Cléry, M. Lochon-Barrault, qui 
avait bien voulu, lui aussi, nous offrir quelques instants d'une 
aimable hospitalité, et l'occasion d'enclaver un petit pèleri* 
nage dans un autre plus grand. C'était une journée de béné- 
diction. 

Au retour de Notre-Dame-des-Elus, une procession fut orga- 
nisée. Elle se rendit de VErmitage à l'église, en chantant le 
Magnificat en faux bourdon, d'un effet grandiose, puis des 
Litanies d'une grâce charmante, mélodie a la fois joyeuse et 
suppliante. Sous les voûtes de Notre-Dame-de-Cléry, elles acqué- 
raient encore une nouvelle puissance. La décoration du sanctuaire 
était bien faite aussi pour inspirer la piété. En contemolant cette 
montagne de fleurs, de verdure, de lumière, au-dessus ae laquelle 
s'élève la Vierge miraculeuse, je sentais le besoin de redire plu- 
sieurs fois ces invocations ; Turris Davidica^ Turris Eburnea^ 
orn pro nobis; et j'avoue que je me laissais absorber au point de 
ne^pas m'apercevoir que le salut commençait. Je revins i moi 
en'entendant la voix pleine et suave d'un jeune orphéoniste, 
chanter l'iéi^eJIfam de Bai ni. Comme ce solo est pieux et ra- 
fhiichissant, comme le chœur qui l'accompagne à la reprise 
exprime bien les voix suppliantes de la terre qui se mêlent à 
cdle de l'Ange, et comme en l'entendant vous le récitez malgré 
vous, tandis qu'une larme tombe de vos yeux! 

Monseigneurassistait au salut. Après labénédiction et après |e 
chœur du cantique Marier Elle est notre patronne ^ il monta au 
sanctuaire et fit signe qu'il allait parler aux enfants. On les avait 
groupés tous dans le chœur de l'église. Les fidèles éparsdans la 
nef se rapprochèrent, et le bruit de leurs pas couvrit un instant 
la voix du vénérable Pontife. Mais bientôt le sllepce se rétablit, 
et le calme le plus profond régna dans l'auditoire. 

Il y avait dans la parole de Monseigneur je ne sais quelle 
émotion inaccoutumée. On sentait qu'il se trouvait alors sous 
une impression indéfinissable de joie, j'allais dire d'orgueil 



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6^ iNRALES 

f)aterae}. Il semblait fier de sa jeune famille assise là devant 
uî aux pieds de sa bonne Mère, sous les regards d'une pdpiila- 
tiori accourue pour jouir de ce touchant spectacle, et, son cœur 
débordant en paroles simples, mais vives, chaleureuses, ardentes, 
il supposait ua étranger, passant par ce bourg de Giéry, se 
trouvant par hasard le témoin de ce concours, de cette piété, 
de CCS harmonies, de ces décorations, de cett« fête enfin, et lui 
demandant à hii ce que venait faire là ces enfants, ces prêtres, 
cet Evêque, ces fidèles, dans ce sanctuaire... Vous devinez la 
réponse, mais ce que vous ne pouvez vous imaginer, c'est l'efifet 
produit par cette simple parole : Mais Marie c'est notre *Vère! 
parole prononcée avec cet accent que vous connaissez à Monfeei- 
gneur dans ses grands mouvements d'éloquence. Puis, adressant 
aux enfants la môme question : Qu'êtes-vous venus faire ici? 
Quelle grâce allez-vous demander? Il leur fit comprendre qu'il 

Ïen avait une nécessaire, indispensable à chacun pour être de 
ons enfants, plus tard de bons chrétiens et enfin participer à la 
gloire de Celle dont ils venaient célébrer les grandeurs et im- 
plorer Tassistance. 

Enfin, lui-môme agenouillé au pied de Tautel, récite à haute 
voix une fervente prière, nous la récitions tous avec lui, et ce ne 
fut pas ce qu'il y eut de moins touchant dans la fête. Pour moi 
c'en était comme le couronnement; j'aimais à voir ainsi ce 
Père prier avec ses enfants dans Tabandon d'une aithable 3im*- 
plicité- 

Le salut terminé, la procession reprend le chemin de VErnUr 
tage, puis, partie à pied, partie en voiture, on regagna à la hâte 
l'embarcation qui avait remonté jusqu'au hameau de Saiiat- 
André, afin d'abréger la longueur du retour. 

A six heures environ, après un goûter un peu tumultueux sur 
le bateau même, on leva l'ancre; la fumée du vapeur s'éleva 
dans les airs en noirs 'tourbillons, et la flotille s'éloigna du 
rivage. Je ne vous raconterai ni la joie bruyante, ni les chants 
éparpillés des pèlerins. On épuisa les cantiques d'un petit 
libretto imprimé pour le Mois de Marie, puis le répertoire des 
chansonnettes profanes qui charment les jours de congé , pniÉ 
les canons populaires, puis les chœurs avec accompagnement de 
tambour et de trompette, que saia-je? les trois heures de 
remonte ne parurent qu'un instant. Neuf heures sonnaient à 
l'horloge du Petit-Séminaire, quand douze coups de canon tirés 
à l'avant du bateau, annoncèrent notre arrivée. De nouvelles 
acclamations, de nouveaux kittements de mains nous accueil- 
lirent comme au départ. 

Ntoi, qui Voulais rentrer à Orléans le soir môme, je sautais 
d'un bâteâu dans l'autre, et d'Un bond je fus à terre après avoii* 
serré la main bien affectueusement à M. le supérieur et à mes 
anciens maîtres. Je suppose que le débarquement se fit avec le 
mêriie ordre et la môme joie que l'embarquement, car à 



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RELIGIEUSES ST UTTiElIlBS. 69 

vingt minutes dç là, sur Iq .cbi^jp de halage, j'entendais les 
harmonies de la musique gué rép^cutaient les échos de la 
Loîrç. 

Ah! qu'ils sont heureux, me disais-^je, ces enfantfi de La 
Chapelle, et que je le fus moi-môme longtemps avec eux et 
comme eux, d'avoir pour maîtres des hommes aussi aimants et 
aussi dévoués, qui savent tempérer par de si douces et si belles 
fêtes les aridités de leurs travaux, et la monotonie de leur vie 
d'écolier. 

Puis, je vous dis pour vous seul, M. le directeur, que je devins 
pensif, et je me sentis entraîné à roulçr entre mes doigts les 
grains de mon chapelet pour remercier la Sainte-Vierge d'avoir 
réalisé si parfaitement les vœux des bons hantants de La Cha- 
pelle, en nous donnant beau temps, heureuse navigation et 
impression dont le souvenir sera impérissable. 

A. P. 
Un pèlerin de Cléry, enfant de Marie. 



— Nous sommes heureux de l'annoncer à notre tour, M. le 
maire d'Orléans inspiré par son dévouement aux vrais intérêts de 
la population oWéanaisc, a tout récemment entretenu le conseil 
municipal de notre ville d'nn projet qui, nous assure -t-on, a 
été compris et apprécié par MM. les conseillers, toujours si 
empressés à favoriser tout ce qui touche au développement intel- 
lectueL moral et religieux de nos classes ouvrières : il s'agit de- 
la translation des écoles des Frères de Saint-Paul et de Recou- 
vrance dans des locaux mieux appropriés que ceux actuels. 
M. Yignat a exposé que l'occasion se présente d'acquérir un 
vaste local situé rue des Charretiers, n<» ^0, au centre de la 
paroisse Saint-Paul ; qu^ cet immeuble, à raison de son étendue, 
peut recevoir les deux écoles; que les propriétaires, MM. Bigot 
frères, consentiraient à vendre moyennant un prix productif 
d'intérêts à 5 pour 100 et dont l'exigibilité serait fixée h la con- 
venance de la ville; que ces Messieurs offrent d'avancer la 
somme nécessaire et dont le remboursement aurait lieu égale- 
inent à la convenance de la ville moyennant le paiement d'un 
intérêt à 5 pour 100 par an. Mais à l'égard de ces derniers, il y 
a tout lieu de compter qu'ils seront couverts par une souscrip- 
tion devant produire une somme suffisante pour en assurer le 
paiement jusqu'au remboursement du capital. Cette souscription 
ouverte sous les auspices de MM. les Curés de Saint-Paul et 
d,e Notre-Dame-de-Recouvrance, semble déjà garantir ce premier 
succès. 

Un homme très-spirituel disait à cette occasion à iin riche pro- 
priétaire qui hésitait à souscrire pour cette bonne œuvre : « Il 
faut vous assurer contre les mauvaises doctrines, le socialisme, 
etc., comme vous l'êtes déjà contre la grêle et l'incendie, et pour 



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70 AIIRILES 

cela ne refusez ni votre argent ni votre concours pour améliorer 
et multiplier les écoles chrétiennes. » Ce raisonnement tout 
simple qu'il est, fit 6ur ce client de plusieurs sociétés d'assurances 
un excellent effet; il délia les cordons obstinés d'une bourse qui 
n'est point accusée de prodigalité. 



Première communion et cnfirmation à rétablissement des 
sourds-muets d'Orléans. — Mgr TEvéque d'Orléans a donné, 
cette semaine, dans la soirée de lundi, la confirmation dans la 
Chapelle de l'institution des sourds-muets de notre ville. 

Monseigneur qui, quelques instants auparavant, partageait 
avec une paternelle condescendance les joies d'une fête de 
famille, au milieu de ses enfants du Petit-Séminaire de La Gha« 
pelle, a retrouvé là une autre famille d'autant plus chère à son 
cœur, que l'infortune la recommandait davantage à son 
affection. 

Plus de trois cents lumières formaient dans la modeste 
chapelle décorée avec goût l'une de ces splendides illuminations 
que nous ne trouvons guère qu'au-delà des monts, et donnaient 
à cette fête un caractère de joie que semblait devoir^lui enlever 
le malheur de ces enfants. Du reste, le regard affectueux de 
Monseigneur a trouvé dans celui des jeunes confirmés le témoi- 
gnage le plus sincère et le plus expressif peut-être de leur 
reconnaissance pour tous ceux qui s'intéressaient à eux. - 

Mgr l'Evoque d'Orléans s'est retiré extrêmement satisfait. Il a 
manifesté aux nouveaux directeurs de l'établissement ses re- 
merciements pour les soins donnés aux enfants, dont la tenue, 
la science, ne laissent rien à désirer, et dont la piété a édifié 
l'assistance. 

Orléans, qui avait craint avec une sollicitude qu'autorisaient 
le zèle et le dévouement de M. l'abbé Laveau, la retraite de ce 
vénérable ecclésiastique, a trouvé de dignes continuateurs de son 
œuvre parmi nous. 

La cérémonie de la première communion nous a déjà prouvé, 
il y a un mois, qu'il y avait là une direCiion aussi intelligente 
qu'active. La chapelle ouverte au public a permis à ces enfants 
de voir quel intérêt on leur portait en apercevant à côté de leurs 
familles des personnes de notre ville que recommandait leur 
charité non moins que leur position. L'école normale, la 
maîtrise de Saint-Laurent, sous la direction de M. l'abbé Paul 
Duchemin, le zélé vicaire de la paroisse , et quelques jeunes 
gens de l'institution de M. Demond, avaient prêté leur concours 
à cette auguste cérémonie toujours si touchante, mais alors 
tout particulièrement attendrissante. 

Remercions sincèrement au nom de la Religion et de l'huina- 
nité les nouveaux directeurs. Leur œuvre est une œuvre or- 



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RELIGIEUSES ET LtTTililRBS. 71 

léanaîse, du moment qu'elle est charitable, et notre ville la sou- 
tiendra avec eux et par eux. Nous n'oublierons pas ceux de nos 
enfants, de nos frères, que la Providence, dans ses desseina 
cachés; mais toujours adorables, a si péniblement éprouvés. 

Nommer les pauvres sourds-muets à Orléans, c est recom- 
mander le malheur à la charité. V. 



— Dimanche dernier , après l'évangile de la Grand'Messe^ 
M. Tabbé Bibaut, curé de Saint-Jean-le-Blanc , en descendant 
de la chaîne,. a été frappé de paralysie. De prompts secours lui 
ont été prodigués^ et on espère qu'il ne tardera pas à être rétabli. 
Nous le recommandons aux prières du clergé et des fidèles. 

Première communion. — Les cérémonies de la première com- 
munion, accomplies jeudi dernier, avec une grande solennité à 
St-Paul et^ù Saint-Paterne, auront lien jeudi prochain à St- 
Aignan, Saint-Donatien, Saint-Laurent, au Lycée et au Pen- 
sionnat de Nazareth. A cette occasion , on inaugurera dans la 
chapelle de Nazareth un magnifique tapis, don et ouvrage des 
Dames d'Orléans ; ce tapis formé de près de cent-cinquante 
carrés de belle tapisserie, est, après celui de la Cathédrale, 
l'œuvre qui fait le plus d'honneur aux Dames orléanaîses. Nous 
souhaitons au Pensionnat de Nazareth une chapelle où ce chef- 
d'œuvre de patience et de bon goût soit mieux à sa place. 

Paroisse.d'Àtray, — Un douloureux accident vient d'attrister les 

Saroissiens et le digne Curé d'Atray. Le 6 juin un rapide incendie 
évorait une maison habitée par un jeune nomme de 28 ans, qui 
vivait seul. On a retrouvé, sous les décombres, le corps carbonisé de 
ce malheureux jeune homme. Il avait encore la main posée sur son 
cœur et les lèvres entr'ouvertes comme pour la dernière prière, ce 
cri de repentir que les hommes n'entendirent point, mais que Dieu, 
nous l'espérons, aura exaucé. 

Pour tous les articles non signé^ et pour toutes les nouvelles. 

L'abbé GÉLOT. 

Mercuriale d*Orléans« 

ORLÉANS, 3 juin. 

Cote officieUe. — Froment. l'U., Ire 17 33, 2e 16 33, Se 15 m*. — Méteil 
1" 14 50, 2» 12 70, 3« 10 75. — Seigle Ire 9 25, 2e 871, 3e 8 50. — Orçe 
Ire 9 »«, 2e 8 61, 3« 8 25. — Haricots rouges Ire qté 31 25, 2e 30 50, 
3e 30 « « ; id. blancs Ire 26 25, 2e 25 75, 3e 25 25. — Avoine, I re qté 8 75, 
2e 8 09, 3e7 25. — Foin, le myriag., Ire qté 1 80, 2e 1 09, 3e 90. — Paille, 
id., Ire qté 72 c, 2e 66 c, 8e 60 c. 

Bourse du H duln* 

3 p. 0/0 ancien ... 67-45 

4 1/2p.l00 95 50 

Fin courânl. ... 67 45 67 40 67 421/2 
Emprunt italien ... 66 92 1/2 

Mobilier 772 50 767 50 

Crédit Espagnol... 495 — 

Orléans 822 50 



Nord 1070 — 

Est — 506 25 

LyonelMéd... -846 25 

Midi -595- 

Autrichlea...'.. — 428 75 

Lombards -498 75 



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fitat ciTll d*Orlëaiiii. 

Pu6Zff;atfons 4e .tnafiages du ^i^iwancAc ^ jum Entrk : 

M. Marié;LouisAntoine-|CharIe5 Petit, négociant, et Mlle Jûséphine-Erneçtine 

Bonniûi' ' ' . ' - 

Mi Auguste Pekxioux, garçon liaionadier, et Mlle Amélie-Nathalie Britsard, 

giletière. . / 
M. Marie-Pierre Le Comier, chef jdu buraau des titres à la compagnie du 

chemin de fer d'Orléans, et Mlle Marie- Fr^nçoise-Hepriette Grenel. 
Hp. Pierre-Eugène fionnln^ employé de cojnûierce / et Mlle Clémence- Aurélie 
; Çoîvin, 
M. Joseph-Alexandre-Jqles Bernard , iroy)Bgeur de commerce , et Mile Fraib- 

',^ooise-£Iisfid>eth Radondi, modiste à Corbeil (SeiDe^-el-Oiie). 
M. Françbii-Léopôld-Basile BrissOn, tonnelier, et Mlle Lonise-lV^élanie Laisné^ 

femme dé chambre. 
M. Louis- Alexis Barbier, jardinier, et Mlle Henriette Oiboire domestique. ' 
M. Jiiles-i^ttguste^ylvain Hoixlré-, coiiducfSeair au chemin ôe t^, et Mlle 

Auguslihe Doit, cputurièpe à Montluçon, (Allier). > 
M. Jules-Gustave Corson, cordonnier, et Mlle Jeanne Arnault domestique*. . 
M. Eugène Forieau, Kmouadîér, elMlFe Ernestine l^alichon, à Vier^n (Cher)/ 

Vilain (Marie-Angèle«Jjuliett|e), rue Porlp §aint-Jf^n. ■ [ 

Chateliu (Louis-CaîniHe-Ga^oii), rue des Hôlell^nes. 

Chaulet (Marie- Jeanne-Lèoni»}), rue Porte-Sainl-rJean. 

Belorgey (Marie-Eugénie Angèle), faubourg Sàint-Jean, 

Jauch (Mârie-Françoîsé-Marthe), rue du Colombier. 

Vaudecraine (Çamille-Félix), rùè Sainle*Anne. 

Lilti (Thais-Marie-Augustine), rue Grison. 

Ladrey (Marîe-Vçronique-Alix), rue de Recouvrance. 

Guisel (Gaslon-Férnand), rue des Cinq-Marches. 

Cocher (Pauline-Marie-CIémentine}, faubourg Bannier. 

l^oricean (Marie-Alphonsine-Palmyre), faub. Bannier. 

JDécès. 

Emest-Jul^^-Hyacinlhe Dupuis, quaa:du Fort-Alleaume , 7 ans. 

M. Anue-Amable Grenet, propriétaire, rue Royale, 61 ans. 

M. Jean-Baptiste Pradeaux, propriétaire» rue des Quatre-Degrés, 63 ans. 

Mad. veuve Bazinet, née Marie-Lquise-Florence Morcau, faub. Bannier, 86 a. 

Mlle Marie-Adèle Baulu, cloître Saint-Aignan, 14 ans. 

M. Marie- Victor-Pascal Plouze, ferblaniier, rue de la Corroyerie, 23 ans. 

Mad. Duneau, née Marie-Sophie-Christine-Emélie Hatton, faub. Bannier, rue 

Masse, 75 ans. * • 
M. Louis- Joseph Manière, charpentier, rue du Pont-de-Cé, 67 ans. 
M. Nicolas-François La^rance, marchand fruitier, rue de la Hallebarde, 49 a. 
Mlle Eugénie-Marie Coodray, llngère, rue Bourgogne,' Tt\ ans. 
M. Pierre-Prosper Leral, ancien employé à la caisse d'épargnes d'Orléans, 

Boulevard des Princes, 54 ans. 
Mlle Agnès-Henriette Janvier, ancienne cuisinière, rue Saint-Eloi, 68 ans. 
M. Philippe Robin, jardinier, faub. Madeleine, rue Sous-les-Saints, 4S ans. 
M. Achille-Edouard, marquis de Lucker, chef d'escadron en retraite, ofûcier 

de la Légion-d'Honneur, chevalier de Saint-Louis, rue du Bourdon-Blanc , 

81 ans. 
Mlle Marie-Henriette-Léontine Ducloux, rue de la Charpenterie^ 23 ans. 

Le propriétaire-gérant, L'Abbé GjELOT, Chan, Bon, 



ORIÂANS. —^ IMP. XANEST COLAS, VIS-A-VIS DU MUSés. 



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ANNALES 

RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES 

PB LA 

Paraissant tous les Samaéis, par lirraison de 24 payes. 



IV TOLUME. 



N' 4 - n JUIN «866. 



CiM.T!»Diam HE LA fCMAIVB. 



18 DLMANCHR de la FÊTE-DIEU 
(annoel-majeur). Ce triomphe de la 
loi, ce graud acte de la reconnais- 
saDce, de i'amonr, de l'adoration des 
peoples envers la sainte Eucharistie, 
cette manifcstaliou si virante ouokue 
séculaire de uoire croyance à la aivi- 
Biië el il la présence de lésus, fat dès 
son origine et sera auionrd'hui snr- 
tout, contre les ennemis de notre 
roi, un solennel défi et une réfutation 
invincible. 

Le Jeudi-Saint est la vraie, la grande 
Péte-Diea; mais TEglise, désolée 
devant des autels dépouilles et des 
tabernacles vides, ne pouvait pas, 
la veille da Vendredi-Saint, se cou- 
ronner de fleurs et chanter des can- 
tiques d'allégresse. 
D'ailleurs n'y a-t-il pas uii« eertaine 
harmonie dans cette fête de l'amour 
divin, placée dans la plus douce et 
la plus riante des saisons? 

L'établissement de la Fête-Dieu 
remonte à Tan 1!Î49 pour le diocèse 
de Liège. Une novice de seize ans 
provoqua l'institution de cette solen- 
nité si toucbaïue et si poétique. Jn- 
lienne du mont Comillon, inspirée 
de Dieu, rédigea le plan de Toftice 
qui fut composé par saint Thomas 
d'Aquin. Conçue par une humble 
lille, cette solennité ne tarda pas k 
faire marcher ï la suite de l'Eueha- 
ristie les guerriers, les magistrats, les 
rois eux>mêmes, et à faire de ce Jour 
le plus beau de Tannée chrétienne. 

Toutefois, approuvée en I26i par 
Urbain IV, a la suite d'un miracle , 
cette fête ne fut établie dans toute 
l'Eglise qu'en 131 1, par un décret du 
Concile de Vienne sous un Pape 
français, Clément V. 



Lo motif fui influa sirtott sir 
l'établissement de la Fête-Dieu , fui 
le désir os plitAt le besoin de pro- 
tester avee éclat contre l'hérésie du 
Béreiger. Aussi la ville d*A»gert où 
il avait nié p«tir U première foi» la 
présence réelle, s'estelk toujours 
distinguée par la ratgniflcence ex- 
teptiûUBelIc de ses processtoiis. 

Cett« féie, si pleine de chame* 
pour les poètes, a inspiré de belks 
pages à Chftteaubriand , Delille , 
Soumet, Xichaud, Fontases. nulle 
solennité n'étale ta«t de Bagaii- 
ceor^, n'élève l'esprii^ n'éaeat le 
cœur comme la Féte-Dicd. 

Pourquoi faut-il que dans PtHs, 
la cité de nos liberiés et de bos 
gloires, le Dieu de Clotilde et de 
Clovis, soit en ce jour prisoMier 
dans ses temples. 

19 LUNDI, office de l'Octave. 

90 MARDI, office de l'Octave. 

31 MERCREDI, anniversaire du cou- 
ronnement de Pie IX : élu pape le 
17 Juin 1846, Pie IX fut couronné il 

Sareil jour le fô Juin 1846. 
EUDl, ocUve de la Fête-Dieu. 

23 VENDREDI, FÊTE w Sacrê-C<B9R : 
la solennité est remise au dimaoche 
S» Juin. 

34 SAMEDI, Nativité de saint ieun- 
Bantiste. 

La veille de cette fête, sur le soir, 
le clergé bénit et allume les (eux de 
saint Jean; alors sur les places pu- 
bliques* sur les coteaux, dans le creux 
des vallées, on voit briller de grands 
feux, courir c^ et \k des brandons 
enflammés : la nuit a perdu son 
obscurité et son silence. 



PRIX D'ABONNEMENT 



Orléans et le DépartemcnL . 5 f.par an. 
Paris et les Départements. . 7 — 
Etranger 10 — 



ON s' ABONNE A ORLÉANS, CHEZ 



M. l'Abbé GÉLOT, cloître Slc-Croix, 8. 
VU ERNEST COLAS, Imprinutur. 
M. BLANCUARD, rue Bannier. 
M. GATINËAU, rue J.çanne-d'Are. 



Mad. FOUCIIER, rue Jeanne-d'Arc, 0. 
M. SEJOURNE, ruê des Carmes, 41. 
M. <;pDKFROY, rue Royaie. 
M. VAUDECRAINE, place du Msrtroi. 



OrUaU. — l«p. EwtKi Cola». TÎt-4-TU dm M»»*«.* . 

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T. IV, 



CHRONIQUE. 

— Mgr TEvêque d'Orléans vient de nommer : 

M. l'abbé François- M arcell in BROQUÊRECuré de Villemandeur; 

M. l'abbé Jean-Baptiste-Emile-Marie*RoussET curé de SaintFirmin- 
d es -Vignes; 

M. l'abbé Witman vicaire d'Amilly; 

M. l'abbé Pierre Mathieu vicaire de Gourtenay ; 

M. Tabbé Emile Vincent vicaire de Ferrières ; 

M. l'abbé Xavier-Slanislas Gallard second vicaire de Châtilton- 
sur-Loire; 

M. l'abbé Jules- Michel-Eugène Romagné vicaire de Châleaurenard. 

" — Mgr l'Évêque d'Orléans officiera ponlificalement, dans sa cathé- 
drale, le dimanche 18 juin, le matin à la Grand'Messe, et le soir à tous 
les offices de la Fôle-Dieu. 

Cathédrale. — Dimanche 18 juin, solennité de la Fête-Dieu. La 
procession générale des douze paroisses de la ville sortira de SainU" 
Croix, le soir à 4 h., immédiatement après les Vêpres. Elle parcourra 
la place de l'Etape, la rue Bretonnerie, la rue Bannier, le Martroi, la 
rue Royale, la rue Jeanne-d'Arc. — Les reposoirs seront dressés au 
Palais-de-Juslice , dans la rue Bannier , au Lycée. — Mgr l'Evêque 
d'Orléans officiera pontificalement. 

Retraites ecclésiastiques. — La première retraite s'ouvrira le di- 
manche 16 juillet, et finira le samedi matin 22. 

La seconde commencera le dimanche 23 et se terminera le samedi 
matin 29. 

Saint-Àignan. — Dimanche 18 juin, la Procession de la Fêle-Dieu 
sortira à midi : ello parcourra les rues Saint-Gôme, des Pensées, des 
Noyers, du Bourdon Blanc, de la Tour-Neuve, le quai, la rue Neuve- 
Sain t-A1gn an, et rentrera par le cloître Saint-Aignan. M. l'abbé Ma- 
riau, prêtre de «la dernière ordination^ officiera. 

Saint-Paul. — Jeudi 22 juin, la Procession de la Fête-Dieu sortira 
de l'église à 5 Ji. 1;2 : elle parcourra les rues de Recouvrance, des 
Carmes, Porte-Saint- Jean, d'iîliers, de la Hallebarde, le Marché Porte- 
Renard. 



Saint-Marc. —Jeudi 22 juin, la Procession de la Fête-Dieu sortira 
de l'église à 5 heures : elle parcourra la venelle Saint-Marc, le bou- 
levard du Chemin-de-fcr et rentrera par la rue de l'Eglise. 

Eglise des Hospices. — Jeudi 22 juin, la Procession de la Fête- 
Dieu sortira de l'église à 3 h.; elle parcourra les cours et les jardins 
de l'établissement. 

Saint-Evverte. — Mercredi 21 juin, fête de saint Louis de (lOnzague, 
réunion des Mères chrétiennes. A 8 h. 1/4, Exposition du T.-S. 
Sacrement;, à 8 h. 1/2, la Messe suivie de l'instruclion et du Salut. 

Chapelle de la Visitation. — Vendredi 23 juin, fêle du Sacré-Cœur 
de Jésus, le Saint-Saciement sera exposé toute la journée. A 8 h. 1/2, 
Grand'Messe; à 3 h., Vêpres et Complies suivies du Sermon par 
M. l'abbé Champdavoine, vicaire de Sl-Pateme , puis Salut solennel. 
Indulgence plénière pour les associés du Sacré-Cœur. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 



0RLË4NS. Veailredi 16 Joio. 



LE CATECHISME CHRETIEN 

ou 

UN EXPOSÉ DE LA DOCTRINE DE JÉSUS-CHRIST 

OFFERT AUX HOMMES DU MONDE 

Par Mgr L'fiVÉQUE D'ORLÉAX?. 
(Su<e et fin.) 

I 

ti n'existe pas, en efTel, il n'a jamais existé ai pu eiisler. ou 
dehors du Christianisme, un livre qui, sous uu plus minci' 
volume, dans un ordre plus sûr, avec des formules plus simples, 
plus précises, renferme plus de vérités, sur Dieu, sur l'homme, 
sur le monde présent, sur la vie future , qui forme uu tout plus 
fini, plus substantiel, un corps de doctrine plus achevé, plus 
complet : c'est simplement le sommaire de toute la sagesse 
divine et humaine. 

On a certes bleu tort, parce que ce livre est placcd aboni eatn» 
les mains du premier âge, d'imaginer qu'il ne peut être hoir que 
pour des enfants. Pour être dans le vrai, il faut dire que ce 
livre est bien plus le livre lcs hommes que celui des enfants; 
car c*est aux hommes bieii plus qu'aux enfants que va cette 
chose si importante à l'aire, si dilTicile à saisir, une synthèse, uu 
lésumé (le doctrine. A trente ou quarante ans, bien mieux qu'à 
dix ou douze ans, on est en état de comprendre que là, sous une 
formule synthétique et abrégée, se Iroiveut rassemblées toutes 
les vérités religi uses nécessaires à connaitre : bien mieux que 
l'enfant , l'homme fait saura par la réflexion tirer de ces brèves 
formules tout ce qu'elles renferment, et» s'il en éprouve h* 
besoin, rornuiler à rencontre ses incertitudes ou même ses con- 
tradictions. 

C'est un grand malheur pour les hommes de n'étudier le 
Catéchisme chrétien que dans leur enfance, etd'e n'y pas revenir 
alors que, mûris par l'àge^ ils seraient mieux en état de le bien 
entendre et de l'admirer. 

Pour moi, j'ai d(\jà beaucoup vécu, j'ai beaucoup lu, étudié, 
réfléchi ; et je dois dire que nulle part je n'ai trouvé ce que je 
trouve dans ce petit livre : la théologie même la plus savante ne 
m'a rien donné, au fond, de plus ferme, de plus substantiel, de 
plus lumineux, sur les plus grandes questions, que certaines 
réponse^s du catéchisme, lesquelles sojit restées à jam us ims 



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?6 iimiLfs 

moQ esprit comme le rayon qui dissipe toutes les ténèbres et 
met les vérités dans leur plein jour. 

Et quand j'ai eonseiilé ailleurs au& h(»T)mesdu monde de lire 
Pascal, par exemple (les Pensées^ édition de Dijon), Bossuet (la 
deuxième partie (lu Discours sur l'Histoire Mniverselle) ^Yénclon 
(Le Christianisme présenté aux hommes du monde), j'ai moins 
fait pour eux qufe ce que je fais ici, je^nè leur ai offert rien d'aussi 
nécessaire, d'aussi complet, ni même d'aussi sûr que le C2^lé- 
chisme chrétien *; car ce que je dounp en donnant ^U'cati^chisme, 
ce sont presque toujours les formules m4mes. de l'Eglise, des 
Conciles, du Catéchisme du Concile de Trente, c'est-à-dire ce 
qu'il y a de plus authentique et de plus autorisé. 

J'ai dit que dans ce petit nomfere de pages se trouvent ren- 
fermés fmis les trésors de la sagesse et de la science de Dieu : 
cela est vrai, car le catéchisme chrétien, c'est l'Evangile lui- 
même, abrégé, résumé dans une suite méthodique, et mis à la 
prrtée des plus humbles comme des plus hautes intelligences ; 
c'est un abrégé de la théologie catholique, et dans lequel toutes 
les vérités de la foi chrétienne se trouvent simplement, briève- 
ment et clairement exprimées. 

Et c'est bien là ce qui fait la merveille de cette doctrine céleste : 
elle est à la fois, comme disait autrefois saint Paul, le pain des 
forts et le lait des enfants. Les «nfants comprennent ; c'est à 
leur portée ; c'est à la fois lumière dans leur intelligence et 
flamme dans leur cœur ; et en même temps les hommes faits y 
trouvent un intarissable sujet de méditation : preuve manifeste 
que cette doctrine a été donnée à l'humanité par le Père commun, 
par celui qui a fait l'homme et qui seul le connaît bien, comme 
l'aliment de tous les esprits, comme le pain substantiel et quo- 
tidien de toutes les âmes. 

Je dirai donc à tous les hommes de bonne volonté : 

« Vous voulez de bonne foi connaître l'enseignement de 
l'Eglise : il est là lout entier ; toute la religion, toute la théologie, 
tout le dogme, toute la morale, sont dans ce petit li^re , dans 
cette courte ex position . 

« Rassemblez tous les écrits des plus profonds penseurs 
anciens et modernes ; cherchez tout ce que les pUis grands génies 
ont écrit de plus élevé sur la nature de Dieu, sur les destinées de 
Khomme : vous avez lout cela dans ce petit livre. 

« Vous trouvez dans ces pages la plus graïKle synthèse doc- 
trinale qui existe, une bynthèse qui embrasse tout, qui répond 
à tout. 

« C'est un cours de philosophie et de métaphysique, le plus 
profond, et tout ensemble le plus simple, que puisse consulter 
la sagesse humaine. 

t C'est aussi un code de devoirs, le plus complet, le plus 
parfait qui fût jamais. 



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1SLI6IEU8BS IT UffO^EiniKS. 77 

« fit cela sans dispute,' sans contrûvetsef sans phrases, sana 
vain étalage de sdenoe ; 

« Avec clarté, brièveté, siinpliûîté, lucidité : 

« Tel^est ce petH livre. » 

Le Clmstianisme a dooc fait cette merveille, et cela dès le 
premier j(Mir, d'amener h une forme simple, élémentaire, popu* 
lalre> les plus hautes vérités , et d'en foire la nourriture dea 
enfants et la nourriture des peuples, aussi bien que des plus 
grands et des plus sublimes génies. 

Voilà ce que Pierre enseignait à Rome, Paul à Athèms, saint 
Augustin à Hippoee, saint Basile à Césarée, saint Cbrysostorae, 
la bouche d'or de l'Orient, à Gonstantinople. 

C'est de cela, de ées idées, de ces notions, de ces principes, d^ 
oes^fiftimeats, de cette mèrale, de ces vertus, que rbumaoité 
vit depuis dix-huit siècles; c'est tout cela que le Christianisme, 
par le Catéchisme chrétien, a fait passer pour ainsi dire dans la 
sang et dans lasuhstance des peuples. 

Ah i il y a at^ourd'hui encore des gens qui nous font la guerre, 
qui voudraient anéantir le christiafiisme et bannir l'Eglise de la 
sdeiétéiuinuine. Savent-ils bien ce qu'ils font? Si nous cédions 
à leurs voeux, si nous nous retirions au désert, emportant av/io 
iMMis notre Catéchisme et tous les rayons des vérités chrétien oea 
répandues parce livre dans l'atmosphère qui nous environne, oi^ 
retomberait dans la nuit païenne. Oui, supposez que lechri^i^» 
ÎHsme disparaisse un moment, et avec lui l'Evangile et la croix» 
qu'aurez-vous à la place? Vous l'avez eu... Un Robespierre 
proclamant, en face de l'écfaafsjudy au milieu des bourreaux ei 
des victimes, l'existence de l'Etre suprême et l'immortalité de 
U&me, ou ut) La Réreillère-Lepaux, avec une théophilanthropie 
nidicuïe, ot^et de risée peur le peuple et pour les enfants. 

O&i, ôlej; à ees enfants et à ce p<'uple le Catéchisme ; enlevez 
aux, générations à venir cette nourriture intellectuelle et morale, 
ce positif et solide enseignement de vérité et de vertu, et vous 
verrez ce que deviendra cette génération 1 

Je le sais, nous n'en sommes plus à Robespierre ni aux th'o* 
philanthropes ; mais par quoi nos réformateurs actuels, plua 
humains, je le sais^ sans ôtre tocgoara beaucoup plus sensés, 
rempioceraient-ite le Catéchisme ? 

Ils nous donneraient à la place de cette instruction naturelle 
et vraie, substantielle et $impJe, pleine de choses et d'idées pra* 
tiques, ils nous donneraient quelques dissertations creuses, des 
phrases vides et sonores, une moralité vague : rien d'eQicace et 
de puissant ; rien de ce qu'il faut pour faire Téchication d'un 
peuple, élerer soa ^me et contenir ses passions. 

Ah ! si un tel livre étwt tombé bous les yeux d un Platon^ d'uf> 
Aristoie, d'iu) Gicéron.... de ces hommes qui savaient par expé- 



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78 



AmALtS 



rîence combien il est dilBcile d'atteindre à la vérité sur Dîeo, et 
qui proclamaient impossible de la révéler «u peuple ! 

Devant cette grande lumière, soudainement levée jrar eax^ 
devant cet enchaînement admirable et cette exposilion si popu- 
laire des pins hautes, des plus splendides vérités, quel saisisse- 
ment, que!l(? admiration, n'auraient pas éprouvé ces grands 
esprits ! 

La vérité simple, nue, sanp phrases, sans alliage, sans hési- 
tations, sans tâlonnements, sans dispute ; 

La vérité totale ; 

Une affirmation pleine de candeu-r et d'autorité ! 

Ils auraient été ravis ; et, loin de comprendre quelque chose 
aux dédains de nos prétendus sages, ils auraient saisi ce livre, ce 
merveilleux ré?élateur, comme fit Jean Tévangéliste du livre 
que tenait Tange, et ils Tauraient dévoré ; et le livre eût été doux 
à leurs lèvres et h leur cœur : JEt accepi librum demanuangelf^ 
et devoravi illum^ et erat in ore meo ianquam met dulce, \ 

S'étonnera- t-on que j'aie eu la pensée d'en offrir aujourd'hui 
la lectui-e aux gens du monde? 

Voulant depuis longtemps, leur présenter une exposition du 
Christianisme appropriée à leurs besoins et aux nécessités des 
temps où nous sommes, que pouvaîs-je faire de mieux que 
d^emprunter la méthode catéchîstique de l'Eglise, et, sans effort 
de parole, sans vains discours, sans longues discussions, sous 
cette forme simple, brève et précise de questions et de réponses, 
mettre en quelques pages toute la doctrine évangélique, toute la 
théologie chrétienne, tout renseignement de l'Eglise. C'est ce 
que j'ai essayé. 

C'est donc en toute confiance que je dis aux hommes du 
monde : « Le temps vous manque pour vous instruire de votre 
religion. Vous qui avez du temps pour tout, vous n'en avez pas 
pour cette capitale aflaire ; eh bien ! vous n'avez pas besoin de 
temps : voici qui vous en dispense. Voici un petit livre, simple, 
clair, court, qu'il ne faut pas plus d'une heure pour lire ; prenez 
et lisejT : lisez, et dans une heure, vous saurez tout ; tout, car le 
résumé est complet. Vous avez là tous nos dogmes dans leurs 
formules exactes, leur enchaînement, leur harmonie ; vous avez 
là toute la morale chrétienne ; et la Somme de saint Thomas 
elle-mérme ne contient rien de plus, au- fond, que ce petit livre : 
elle développe, elle explique, elle confirme tout ce qui est là ; 
mais elle n'y ajoute pas. » 

A une première lecture, à une première vue d'ensemble jetée 
sur ce livre, tout homme sérieux, et connaissant la valeur et la 
rareté des doctrines, éprouvera, je n'en ai aucun doute, une sorte 
d'étonnemcnt pour cette multitude de vérités de premier ordre 
accumulées là, mais un étonnement qui croîtra encore à une 
seconde lecture, plus tranquille et plus réfléchie. 



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lEUGI£1I8Eii:Ii:«|.VTiRlIlB6. 79 

Ceux en èSei qui, ap^ avoir parcouru celte expositîûa jud* 
qu'au bout, vouàont reveoir sur leurs pas, et coosacrer ^eule- 
ment dix miootes ebaque jour à la lecture successive et attentive 
de dsacuo des courts chapitres qui la composent, auront là, 
bientôt et sans peine, dans la méditation de cet ^nselgoemcnt, la 
meilleure nourriture qu'une ioteHjgence amie de la vérité p.iisse 
sa donner. Ils connaîtront, dans son fond et daos sa splondide 
lumière, la plus grande doctrine qui fût jamais. 

Car on ne saurait trop le i^edirç, toutes ces formules si brèves 
et si simples, ce sont des dogmes sublimes, inQnis, avec la 
morale la plus parfaite, qu'elles recèlent ; et plus oa y regarde 
de près, plus elles s'ouvrent, s'éiargisseut, pour ainsi dire, sous 
le regard, et laissent échapper de trésors. 

Que de choses on découvre alors dans ces mêmes pagej, qu'à 
i première lecture on n'y avait pas aperçues ! 

lien est du Catéchisme chrétien comme de l'Evangile, dont il 
^esl le sublime abrégé. 

Le P. Lacordaire a parlé en termes suaves de la piiMnière 
lecture de l'Evangile : u A douze ans^ dans la fleur de la >ie, on 
« nous a lu l'Ëvangile, on nous a parlé de Jésus^hrist ; sa 
« parole nous a paru très-douce^ très-simple, très-aimablc^i et 
« nous y avons cru dans la douceur, la simplicité et l'amabilité 
« de notre propre âme: • Mais si vives que soient les impressioas 
de cette première lecture daus une âme. de douze ans, combien 
n'est on pas plus frappé, plus saisi encore, quand, après avoir 
connu les choses de la vie, ses déceptions et ses douleurs, ou se 
remet à relire, dans la virilité et la maturité de la pensée, ces 
mèmes^ pages évangéliques I a Alors, disait encore le P. Lacor- 
« daire, il n'est pas rare que Jésus-Christ ressaisisse de nouveau 
« V'àine avec un empire qui ne lui sera plus disputé, parce qu'on 
« le lui aura donné dans on àgc où rien ne parlera plus contre 
ic lui que des passions jugées et des ignorances vaincues. » 

Ëh bien I on peut dire aussi du Catéchisme chrétien, comme 
de l'Evangile, que c'est le livre de tous les tgos^ parce qu'il 
répond à tous les besoins, et qu'il est à la portée, comme à la 
hauteur de tous les esprits. Simple, réduit, facile pour les en- 
tants, il ouvre déjà aux jeunes gens de larges et grands horizons ; 
:mais l'âge mûr surtout y trouve une plénitude de doctrine, et 
des profondeurs, des élévations, des clartés qui répondent à 
toutes ses aspirations, et jettent sur toutes les importantes ques- 
tions qui nous préoccupent ici-bas les plus vives et les plus 
sûres lumières. £t le vieillard, qui y revient au déclin de la vie, 
avec une expérience plus grande encore des choses, une ùme 
plus apaisée, plus désenchantée, plus avide d'espérances, y 
trouve à son tour je ne sais quelle paix suprême, quelle dernière 
révélation, quel dernier mot sur tout : c'est cpmme un ])arfum 



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90 âXHAUt 

qui ravive son àme, quelque chose d'infiûi comme les borisons 
inconnus quil entrevoit, et auxquels il touche. 

A tout âge, Tâme a des aspirations, qui veulent être satisfaites : 
On a beau faire le vide en soi, le scepticisme ne résout rien, et 
ne suffit à rien. 

Et les doctrines philosophiques, même les plus positives et 
les plus affirmatives, est-ce qu'elles ont une réponse à tout? 
Est-ce qu*il n'y a pas des lacunes, des omb^s, des incertitudes, 
des défaillances, des desiderata^ dans tous les systèmes humains? 

Mais la doctrine chrétienne est supérieure à toute doctrine et à 
tout système, par son harmonieuse unité, par son admirable 
plénitude, par ses lumineuses solutions, par ses consolantes 
espérances, et surtout par sa divine autorité, par « celte auto- 
ce rite, dit M. Guizot, devant laquelle Tesprit s'incline sansque 
« le cœur s'abaisse, et qui parle d'en haut avec Tempire, non 
« pas de la contrainte, et pourtant de la nécessité. » 

Où trouver, je le demande, un ensemble religieux plus digne 
de la justice, de la sagesse et de la bonté de Dieu ? 

Et qui donc ne sent pas au moins qu'il serait heureux de 
croire, et n'envie pas le bonheur de ceux qui croient ? 

Je voudrais inviter ici les hommes sincères à une comparaison : 
oui, comparez l'état d'une âme envahie par le doute, où toutes 
les croyances chancellent, où rien n'est resté debout, d'une âme 
incroyante, ravagée en même temps parles grandes tristesses 
humaines, avec l'état des âmes où le catéchisme chrétien a dé- 
posé toutes les lumières et toutes les certitudes de la foi. N'c8t*ce 
pas le cas de redire avec Bossuet : «i Quel état I et quel état l » 

L'illustre et infortuné Jouffroy a décrit, avec une sincérité et 
une éloquence qui vont à l'âme, ces deux états quMl avait, hélas! 
tour à tour connus : 

« Ce fut à l'âge de vingt ans que je commençai h m'occuper 
« de philosophie... Né de parents pieux et dans un pays où la foi 
« catholique était encore pleine de vie, au comniencementdece 
« siècle, j'avais été accoutumé de bonne heure, à considérer 
« l'avenir de l'homme et le soin de son âme comme la grande 
« affaire de ma vie, et toute la suite de mon éducation avait 
« contribué à fortifier en moi ces dispositions sérieuses. Pendant 
t longtemps, les croyances du Christianisme avaient pleinement 
« répondu à tous les besoins et à toutes les inquiétudes que de 
« telles dispositions jettent dans l'âme. A ces questions, qui 
6 étaient pour moi les seules qui méritaient d'occuper l'homme, 
^ la religion de mes pères donnait des réponses, et à ces réponses 
^ j'y croyais, et grâce à ces croyances, la vie présente m'était 
n claire, et par-delà je voyais se dérouler, sans nuage, l'avenir 
u qui doit la suivre. Tranquillesur le chemin que j'avais à suivre 
« dans ce monde, tranquille sur le but où il devait me conduire 
« dans l'autre, comprenant la vie dans ses deux phases et la 



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RELIGIEUSES £7 LITTÉRàlBES, 



ik 



« mort qui les unit, me comprenant moi-môme, connaissant 
« les desseins de Dieu sur moi, et raimaat pour la bonté de scâ. 
c( desseins, j'étais heureux de ce bonheur que donne une foi vive, 
« et certaine, et une diictriue qui r;''sout toutos les gniU'Jc^i 
fl (jueslions qui peuvent intéresser Thomme... » 

Voiià bien la sécurité, la certitude, la lumière, lu paix, îa 
force, la joie d'une âme nourrie des doctrines chrétiennes, et 
marchant avec conOauce, dans ces clartés, au but de la vie. Au 
contraire, Fume privée de ces vérités, de ces saintes croyances ; 
Fàmc qui sent le doute. Tin certitude et le vide en elle, — hélas î 
il y a tant d'ames aujourd'hui qui en sont là 1 — quel état 
pénible et douloureux ! Voici ce que dit encore M. Joulfroy du 
moment fatal où cette ruine inlcUcctuelle s'accomplit et se ré- 
véla en lui : 

« Je n'oublierai jamais la soirée de décembre, où le voile qui 
« me dérobait h moi-même ma propre incrédulité fut déchiré ; 
« j'entends encore mes pas dans cette chambre étroite et nue, 
« où, longtemps après l'heure du souMueil, j'avais coutume de 
« me promener • je vois encore cette lune à demi voilée de 
« nua;?es, q;ii en éclairait par intervalles les froids carreaux. 
« Les heures de la nuit s'écoulaient, et je ne m'en apercevais 
« pas ; je suivais avec anxiété ma pensée qui, de couche en 
« couche, descendait vers le fond de ma conscience, et, dissipant 
*( Tune après l'antre toutes les illusions qui m'en avaient jusque- 
tt là dérobé la vue. m*en rendait de moment en moment les 
« détours plus visibles, m 

fl En vain je m'attachais à ces croyances dernières, comme 
(I un naufragé aux débris de son navire ; en vain, épouvanté du 
« vide inconnu dans lequel j'allais flotter, je me rejetais pour la 
« deruièj'o fois vers mon enrauce, ma famille, mon pays, tout 
(( ce qui m'était cher et sacré ; rinflexiblc courant de ma pensive 
« était plus fort : parents, famille, souvenirs, croyancas, ii m'o- 
« biigeait à tout laisser. L'examen se poursuivait plus obstiné et 
« plus sévère à mesure qu'il approchait du terme, et il ne 
i* s'arrêta que quand il l'eut atteint. Je sus alors qu'au fond de 
« moi-même, il n*y avait plus rien qui fùl debout. Le moment 
« fut affreux... » 

Alfreux ! oui, aiTreuses sont les angoisses des âmes qui ne 
cherchent pas à s'étourdir, quand, victimes d'une philosophie 
sophistifiue, ou troublées par ces ténèbres du cœur, plus redou- 
tables encore que celles de Tesprit, le doute les envahit, et 
qu'elles viennent à se sentir sans point d'appui, sans lumière, 
sans boussole dans la vie, incertaines du but de toutes choses, 
ne sachant lus à quoi se prendre et se rattacher, et se posant 
péniblement à ei les- mêmes l'éternelle et douloureuse question : 
Qu'est-ce que !a vérité ? 

Qu'est-ce que la vérité? Oui, voilà la souveraine question, le 



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83 AmilLBS 

befeoiu suprême de toute intelligence et de tout cceûr ici-bas. La 
vérité, vous la cherchez péniblement de tons côtés, hommes de 
ce siècle ; vous là demandez à toutes les sciences ; vous inter- 
rogez toute créature. Eh bien ! elle est ici, tout près de vous ; 
elle vient à vous. La religion de Jésus-Christ vous a donné 
depuis dix-huit siècles, en quelques paroles, toutes les solutions 
du problème que vous posez. Je vous défie de regarder cela en 
face sans en être étonnés. Pourquoi ne pas même donner un 
regard ni prêter Toreille à ces solutions? Pourquoi, comme ce 
Romain indifférent et distrait, après avoir posé la grande ques- 
tion : Qu'est-ce que la vérité ? pourquoi vous détourner sans 
attendre la réponse ? 

La voici,. cette réponse : La voici, cette Vérité chrétienne ^ si 
digne d'être connue, si grande et si simple ; la voici, telle qu'elle 
est, tout entière, dégagée des obscurités, des difficultés ; facile, 
accessible, mais toujours divine, pleine des lumières et des cer- 
titudes que vous cherchez ; répondant à toutes les interrogations 
que vous posez, à toutes- les aspirations, à toutes les inquiétudes 
qui tourmentent votre âme. Voici le livre que vous demandez. 
Prônez donc, et lisez, et qu'à nul d'entre vous on ne puisse dire : 
« Un jour la vérité s'est approchée de vous, elle s'est attempéiw 
pour vous, et vous n'avez pas seulement voulu la regarder, vous 
avez plus aimé les ténèbres que la lumière ; Dilexerunt hommes 
magis tenehras quam Imcenx, 

Mais non ! j'ai meilleure espérance du bon sens, de la bonne 
^'oi, r' ■ • la bonne volonté des hommes de mon temps et de 
mon |< ys. 

N'est-il pas étonnant de voir à quel point ce que la France a 
aujourd'hui de plus éloquentes voix et de plus hautes intelli- 
gences, s'accordent à prendre en main la défense des vérités 
religieuses ? Je citais tout à l'heure de belles parc^es et d'impo- 
sants témoignages ; je ne saurais mieux' achever cette prélbce 
adressée à mes compatriote.s pour les rappeler à l'étude du caté- 
chîapne chrétien, qu'en leur remettant ici encore sous les yeux 
ce que disait déjà en 1845 le grand historien, l'homme d'état 
célèbre, qui vient, en plaidant si puissamment la cause de la 
Papauté menacée, d'honorer plus noblement que jamais les 
longues années de sa vie parlementaire, M. Thiers : > 

« Si j'avais dans mes mains le bienfait de la foi, je les ouvrirais 
« sur mon pays ! Pour ma part, j'aime cent fois mieux: une 
« nation croyante qu'une nation incrédule. Une nation croyante 
« est mieux inspirée quand il s'agit des œuvres de l'esprit, plus 
« héroïque même quand il s'agit de défendre sa grandeur, n 



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AEUGIEUSBS ET LITTtEAIABS. 83 

NOUVELLES. 

Rome, lô juin. 

— Ma dernière lettre reaformait quelques délaîls sur la béali- 
flcation de Jean Berchmans. Il n'y a (m'uue voix pour louer la 
magnificence et le bon goût dont les Révérends Pères Jésuites 
ont fait preuve dans ces cérémonies. Pour une canonisation, 
on décore tout 1 intérieur de Saint-Pierre de tapisseries de ve- 
lours rouge et or, et on remplit de lumières cet immense vais- 
seau qui n'a pas son égal dans tout l'univers: c'est ce qui 
explique le chiÎFre énorme de frais d'une canonisation, chiffre 
que le Saint-Siège â toujours soin d'alléger en canonisant plu- 
sieurs saints à la fois. Pour une béatiflcation, l'abside seule de 
la basilique est tendue de rouge et illuminée. Le pavé est re- 
couvert de serge verte; à droite et à gauche on dispose des 
bancs pour les cardinaux, les prélats, le chapitre et le clergé 
de Saint-Pierre; devant le maitre-at^4', une longue tribune 
pour le corps diplomatique. Vers dix heures, les dignitaires ont 
pris place dans l'abside. Monseigneur Bartoloni, secrétaire des 
Rites, est monté sur une estrade et a donné lecture des Lettres 
apostoliques. La promulgation achevée, une salve fut tirée sur le 
fort Saint-Ange, les cloches ont sonné à toutes volées, et le 
voile qui couvrait les deux tableaux représentant le bienheureux 
s'élevant vers le ciel est tombé. Aussitôt, Mgr deMérode, chanoine 
de Saint-Pierre, compatriote de Rr.hmans, à chanté l'invocation : 
Béate JoanneSy orapro nobis. Mgr Vitelleschi a ensuite célébré 
la, messe solennelle. L'abside resplendissait de lumières sus- 
pendues avec un art infini dans un demi-jour mystérieux. £n 
entrant dans la basilique, on aperce\Tiit derrière les gigantes- 
ques colonnes torses du baldaquin une croix do feu entourée 
d'étoiles, et le monogramme de la Compagnie de Jésus formé à 
l'aide de cierges artistement disposés. De mémoire d'homme, on 
n'a vu une si belle et en même temps si simple ornementation. 
Le soir à six heures, le Pape, accompa«:né ue sa cour, est des- 
cendu à Saint-Pierre. Une foule immense s'était portée à la ba- 
silique. Sa Sainteté a traversé la grande nef, bénissant les fidèles, 
et est venue s'agenouiller sur le prie-Dieu préparé dans l'abside. 
L'assistance a fléchi le genou et a uni ses prières à celles du 
Souverain-Pontife, condition requise pour gagner l'indulgence 
plénière accordée à l'occasion des béatifications. Quand le Pa|)e 
s'est relevé, le R. P. Beckx, préposé général de la Compagnie 
de Jésus, et le ^. P. Boero, postulateur de la cause du bienheu- 
reux, ont remercié Sa Sainteté, et ils lui ont offert, selon l'usage, 
des reliques de Jean Berchmans. Le soir, les églises de Saint- 
Julien-des-Belges et du collège belge ont été illuminées. 

Le jour de la fête de saint Ferdinand, roi de Castille, mort en 



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84 AJNI€&LE8 

1754, une messe a été célébrée à Sainte-Marie-Mcyeure. A 
l'époque où les souverains tenaient à honneur de i^sserrer les 
liens qui les unissaient à Rome, les rois d'Espagne étaient cha- 
noines de Sâhite-^Marie-Majeure, les rois de France chanoines de 
Saint-Jean-de-Lalran, et les rois d'Angleierrc chahoines de 
Saint-Paul-hors-les-Murs, où Ton montre encore leur devise 
sur le portail. Aujoiird'hui, l'Espagae est gouvernée par une 
reine, et l'Angleterre n'est plus catholique; Napoléon III, seulj 
a revendiqué ce titre. Et comme la donation faite par Henri IV à 
la basilique de Saint-Jean-de-Latran a été révoquiée pendant la 
révolution française, la France a accordé une pension annuelle 
à douze. chanoines. 

Les premiers élèves admis au séminaire Pie, lors de sa fanila- 
tion par Pie IX, sont aujourdliui dispersés dans les divers dio- 
cèses de l'Etat pontiûcal. Ces jeuiK.'S ecclésiaôtiq^ucs, mus par 
nu sentiment de reconnaissance, viennent d'envoyer à Sa Sai»-^ 
teté une Adresse latine et une offrande au Denier (h Sainte- 
Pierre. On confond, à l'étranger, le séminaire Romain et le sé^ 
minaire Pie. Ces deux étdblifesements n'ont de commun que le 
loeal et les leçons. Le séminaire Romain, fontlé après la clôture 
du concile de Trente, est jdcstiné aux jeunes clercs du diocèse 
de Rome; le séminaire Pie, fondé par Pie IX à ses frais, i-eçott 
uti élève de chaque diocèse de l'Etat pontifical : on y admel 
aussi par faveur, surtout en ce moment, les sujets qne tes 
évoques italiens envcaent à Rome. 



Nous nous empressons de souhaiter la bienvenue ù la Rcvne 
des Missions que M. l'abbé Cloquet, missionnaire- apostolique, 
vient de fonder à Sancerre (Cher), sous ce titre : V Apostolat^ 
fouimal hebdomadaire des Missions. 

Missionnaire lui-môme, zélé et expérimenté, M. l'abbé Cloquet 
poursuit depuis douze ans Theureuse idée qu'il vient de réaliseï* 
aujourd'hui sous les meilleurs auspices ; la création d'un organe 
destiné à mettre eh. rapports directs, rapides et fréquents, W 
fidèles et les Missionnaires, à faire connaître et à propager dé 
plus eo plus les œuvres de la Propagation de la foi des écoles 
d'Orient^ de la Sainte-Enfakcé^ etc., etc. 

Après avoir félicité M. l'abbé Cloquet et lui avoir prédit que ïè* 
succès d'une oeuvré déjà patronnée et recommandée dès sotf 
début par M. le prince de la Tour d'Auvergne et par Mgr TEvêqû^ 
d'Orléans, ne saurait être douteux , ïioùs ofîrirohs h nos Toctenr^- 
le programme de la Revue des Missions précédé dés lettres? sûi-* 
vantes ad^ressées à M*, l'abbé Cloquet pdf Mgr rArchevêquc de.' 



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KELIGIEUSES KT ltTTÉlAIRES« 8$ 

Bourses et Mgr TEvôque d'Orléans que nous lisons dans son 
premier numéro : 

Archevêché de Bourges. 

Monsieur l'abbé, 

Vôtre journal le Libérateur contient dans son premier numéro 
un article où vous exposez les motifs qui ^'ous portent ù créer 
une Revue hebdomadaire ayant pour titre : \ Apostolat, 

Vos motifs sont solides et votre programme parfaitement tracé. 
En le remplissant avec Odélîté, vous ferez une œuvre destinée, 
j'en ai la persuasion, à augmenter la gloire de Dieu, à soutenir 
Itî courage de nos admirables Missionnaires, à leur susciter plus 
d'un auxiliaire et à développer dans lecCBur de tous vos lectettrs 
îe zèle pour le salut des ûuïes et le désir de seconder efflcace- 
nïent les eiïorts des Apôtres qui s'y dévouent. Je ne puis done> 
Monsieur l'abbé, qu'approuver votre entreprise et appeler la 
bénédiction de Dieu sur son auteur. J;î profite de cette cirooiw* 
tance pour vous remercier des services (fàe vous vencx de rendre 
à plusieurs paroisses de mon diocèse, et vous renouveler l'assii* 
rance de mes sentiments atfectueux. 

f CnARLES-AsuBLE, Archcvéquc do Bourges. 

Evêchéd Orléans. 

Monsieur l'abbé, 

Je vois, par un programme qu'on met sous mes \oux, que 
votre intention est de fonder un journal ayant pnur titre : 1*^4- 
postùîat. et pour but, de tenir les catholiques au courant des 
Missions lointaines, de leurs travaux, de leurs souffrances, de 
leurs besoins. Je trouve, quant à moi, .cette idée excellente, et 
jestime que ce journal, rédigé comme il convient, comblera une 
vraie lacune dans la presse calhohque. Je vous adresse donc de 
bien bdn cœur, Monsieur l'abbé, tous mes encouragements et 
toutes mes sympathies, et je les joins bien \'Ȕonticrs h l'appro- 
bation de votre digne Archevêque. 

f Pjéi^ïx, Evêquc d'Orléans. 

Voici comment l'i^po^^o/a^ expose lui-même son programme : 
UnArPitkde-fonds^ eiïtrant dans des considérations sur l«s 
Missions, leur importance, leur utilité, leurs besoins, leur im«- 
portance, la nécessité de les secourir. La correspondance élranh 
ghre^ alimentée par les! lettres des Evêifoes, des Piéfets apostoU»- 
t{uêS, dès Missionnaires, des Religieux et des Religieuses dans 
lès Missions. Un Feuilleton qui résumera l^ événements les 
pluâ importants et les plus cariewx d'ude Mfesion depuis son 
origine. Industrie ou moyens mis ou à mettre en œuvre pour 



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86 iHRÀLES 

secourir les Missions. Biographie des Evéques, Prêtres, Reli- 
gieux, Religieuses, Catéchistes, Fidèles, et des persécuteurs les 
plus célèbres, avec leurs porlraits gravés. Topographie ou des- 
cription géographique dos contrées, provinces, villes parcourues 
par les Missionnaires. Quand ce sera utile, une carte accompa- 
gnera le texte et permettra de les suivre plus facilement dans 
leurs pérégrinations. Illustrations ou gravures. En outre des 
portraits et des cartes menlionnés, il sera souvent utile de fournir 
aux personnes qui font pour les Missions des travaux à Taiguillc, 
les dessins des ornements des divers rits, à l'instar des journaux 
de modes. Le3 arts et les métiers qui peuvent être utilisés pour 
les Missions, y ti^ouveronl aussi des dessins, des plans,. des 
esquisses et des modèles. Propagande protest anlc^s^^ ressources, 
ses démarches, ses progrès ou ses insuccès; recherche des 
moyens de contrebalancer son influence pernicieuse ainsi que 
celledcsschismatiqnes. Nouvelles diverses; elles ne se borneront 
pajs à faire connaît! c les noms des Missionnaires à leur départ 
ou à mentionner leur mort. Tous les faits, soit à rextérieur. soit 
à l'intérieur de l'Eumpe, qui intéressent plus ou moins les Mis- 
sions, connus par des correspondances privées ou puisés dans 
les feuilles publiques, tous les renseignements, toutes les inven- 
tions et découveites utiles à l'extension de la religion seront 
insérés sous cette rubrique. Congrégations religieuses; nous 
pensons que le public accueillera avec faveur des notices syr les 
divers ordres religieux, les congrégations de femmes, e{ les 
associations laïques qui se vouent à Tapostolat directemef t ou 
indirectement. Parmi ces associations il en est de bien belles 
et dignes d'être soutenues, quoique obscures, et n'c. iiit aucun 
organe de publicité. Le journal des Missions se fera un devoir 
de les aider de toute celle dont il disposera. Associath:.is et œu- 
vres de zèle universel"; si jusqu'ici nous n'avons parlé que 
des Missions étrangères, c'est qu'en effet elles occupent la place 
principale dans notre pensée. Mais notre feuille s'intéressera 
aussi aux œuvres qui peuvent maintenir la religion et accroître 
le culte dans les pays catholiques. 

Nous nous sommes souvenus de cette belle page écrite par 
M. Tabbé Genthon, et nous en avons fait une partie de notre 
programme : 

« Le clergé, qui a la mission sublime de créer, soutenir et 
propager toutes les œuvres de régénération chrétienne pour 
faciliter sa tâche, appelle la publication d'un recueil périodique, 
ou bulletin général, qui l'instruise de toutes les sociétés, œuvres, 
institutions nouvelles ou r(yeunics qui tendent à cette fin, un 
bulletin qui expose le b:it matériel, moral et spécial, l'organi- 
sation, les règlements, les charges, les ressources et les produits 
avantageux ou négatifs de toutes les associations créées par le 
2èle. 



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EEITGIEUSES Bf LITrÉBATlES. 87 

« Un journal théorique et pratique enregistrerait successive- 
ment les faits et les expériences de Tapostolat, dans tous les 
lieux, à toutes les époques, surtout dans notre patrie et parmi 
la société contemporaine. Stimulée par ces explorations, ces 
conseils, ces travaux, ces œuvres édifiantes, anciennes et nou- 
velles, exposées dans le Messager du Zèle ou de VAposfolat 
universel^ les lecteurs de ce journal, unissant leurs propres 
réflexions, seraient en état de réaliser, de perfectionner les amé- 
liorations connues, d'en apercevoir de nouvelles et quelquefois 
d'ouvrir des carrières inexplorées aux saintes ambitions de In 
charité. 

« Il faut au clergé un recueil encyclopédique de zèle qui publie 
tout le bien que Tesprit de foi, organisé en association, produit 
da/is le monde, tout ce qui est capable d'instruire et d'édifier le 
lecteur ; un journal qui mette en luinivre tous les moyens d'amé- 
liorer plus sûrement les populations; un recueil qui annonce 
la fondation et le mécanisme des œuvres nouvelles, et tout ce 
qu'il importe de savoir touchant les conditions auxquelles on 
peut les établir; qui ofTre un répertoire complet des essais, des 
méthodes et des procédés nouveaux, sanctionnés ou non par 
l'expérience; un journal enfin qui attache à sa rédaction des 
correspondants nombreux, zélés et consciencieux, à Vîntf rieur 
et à l'étranger, pour recueillir et transmettre des informa- 
tions,^xactes et précises sur tous les faits qui peuvent intéresser 
le zèle. » 



LOIRET. 

— Nos lecteurs, nous le savons, noua sauront gré de revenir 
une fois encore sur un fait qui n'est pas sans importance et 
sans une certaine portée pour l'observateur qui voudrait cons-- 
tater les progi*ès de l'esprit et du sentiment chrétien parmi nous. 
Car, disons-le, par le récent appel d'un ministre de la religion 
au milieu d'eux, et surtout par cette place d'hf» .neur qu'ils lui 
donnent dans le conseil de leur Société, MM. les Médaillés- 
Sauveteurs nous offrent, une fois encore, l'occasion de signaler 
l'heureuse tendance qui ramène d'une manière très-sensible les 
corporations, les sociétés de nos jours, vers les traditions de la 
foi chrétienne, vers les pratiques de la* religion autrefois si en 
honneur dans notre patrie. Personne ne l'ignore, il n'y a qu'un 
quart de siècle à peine, une association comme est celle de 
MM. les Sauveteurs ne se serait pas tant préoccupée du choix 
d'un aumônier et ne lui aurait assurément pas préparé une ré- 
ception semblable à celle qui a été faite à M. l'abbé Méjasson, 
dans la grande salle de la mairie d'Orléans. 

Les Annales^ fidèles à la tnission qu'elles se sont împosf'»e, 



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88 AnifALEf 

g'ertipressent, api^ès avoir enregistré ua fait qui atteste si, bien 
les tendances religieuses de l'épojue où nous vivons, d'offrir à 
leurs lecteurs la lettre suivante que Mgr l'Evoque d*Orléans a 
adressée à ce sujet à M. l'abbé Méjasson. 

Mon cher ami , 

Non seulement je ne m'oppse pas à ce que \o\is acceptiez le 
titre et les fonctions que vous offre la Société. de Messieurs les 
Sauveteurs, pour laquelle je professe une si grande estime, mais 
si j'avais pu pressentir leur désir, je vous aurais prié d'aller 
au devant. 

Si les minisfres d'une Religion de charité doivent se faii'8 
tout à touSs où donc un prêtre catholique serait-il mieux à sa 
place qu'au milieu de ces hommes qui professent d'une manière 
si spéciale le culte du dévouement fraternel? Puisque vous êtes 
des leurs, il était juste que leur choix se portât sur vous, je 
vous en félicite bien sincèrement. 

Pour eux je les bénis de tout mon cœur de l'esprit qui les 
porte à me demander un aumônier et à vous présenter à ma 
nomination. A coup sûr, il y a là une j^ensée essentiellement 
chrétienne. Nous vivons dans des temps diflîciles où, ne fût-ce 
qu'à la mort, la sympathie qu'on éprouve pour le Prêtre peut 
aplanir bien des obstacles. 

Mais c'est pour moi un besoin d'espérer que vos confrères, 
qui ont demandé si instamment à devenir vos ouailles, n atten- 
dront pas à cette extrémité pour profiter de votre ministère. 

Plusieurs portent la croix sur leur poitrine, ils en sont fiers 
à juste titre, tous font ce qu'il faut pour la mériter; je serais 
étonné qu'il s'en trouvât un seul qui voulût attCiiJre si long- 
temps pour lui ouvrir son cœur. 

Tout à vous en N. S. 

t Félix, Ev. d'Orléans. 



Société de Saint-Michel pour lapublicutiondes bons ouvrages d 
bon marché, — Cette oeuvre a pour but d'aider les écrivains bieo 
pensants à publier leurs ouvrages nans en être empêchés par h 
prix si considérable de l'impression, obstacle souvent insur- 
montable. La Société de Saint-Michel s'interdit toute espèce de 
spéculation ; elle ne ee résene que le bénéfice strictement né-î- 
céssaire pour couvrir les pertes et non-valeurs; elle ne se pra- 
pose qu'une chose, éditer au plus has prix possible de bons ou- 
vrages. Elle publiera donc tous les ouvrages anciens ou nou- 
veaux, traitant de religion, littérature, sciences et arts, etc., (j^ 
quelques natures qu'ils soient, dont la publication sera jugée 
par le Conseil , intéressante , utile et morale. La Société de 



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IBUGIBDSfl» Et UTTÉ1AI1E8. 9è 

Sâint-^Micbet est dirigée par un Conseil de vingt membres. Le 
Président e&t un ecclésiastique, le R. P. Félix. 

Un titre de Fondateur est délivré à toute personne qui offre 
à {"CKuvre une somme de ceni francs, et s'engage à verser an** 
nuellement pendant cinq ans une somme de vingt francs. 

Les nersonnes qui prennent rengagement de verser annueU 
lemenC pendant cinq années, une somme d'au moins cinq fr.j 
reçoivent un titre i'Assoeié. Nous n'avons pas b^oin de dira 
que les membres du conseil sont pris dans Téli^. de la Société; 
te nom du R. P. Félix est à lui seul une recommandation. Le» 
prsonnes qui désirent s'associera cette œuvre peuvent, à Or* 
léans, s'adresser à M. Tabbé^GéLOT, cloître Saiote-Groix, & 



Monsieur le Rédacteur, 

\oici quelques d^alls sur un pèlerinage de Gléry, que 
viennent de faire les élèves du Petit-Séminaire de Ste-Creix. 
Pèlerîn moi<>même, je sais mieux que tout autre ce qui s'y est 
passé. 

Lundi dernier, la cloche sonnait à cinq heures te tever des 
enfimfs qui attendaient depuis longtemps ce jour tant désiré. 
Après la prière du matin et un déjeuner expédié à la h&te, on 
se rend, classe par classe, conduits par tes professeurs, à ia gare 
du chemin de far. Le départ, comme vous le pensez bien, fut 
des plus joyeux ; et les quatre Iteues qui séparent Orléans de la 
station de Meung furent bientôt franchies. Là, nous prenons te 
bâton de pèlerin et nous nous dirigeons vers Gléry, faisant 
retentir l'air de chants d'allégresse qui semblent émerveiller les 
braves gens conduisant leurs denrées au^narché dans des chars 
traînés par de paciflques coursiers. Enfin, on est à Gléry. On 
entre dans l'église. Là, la messe est célébrée par M. le Supé- 
rieur, heureux de présider à cette pieuse excursion. Dans une 
courte mais vive et touchante allocution comme il sait si bien te 
faire, il nous rappelle que nous n'avons pas entrepris ce pèle- 
rinage dans un simple but de plaisir; que ce n'était là qu'un 
motif bien secondaire, mais pour remercier Dieu des grâces si 
nombreuses qiû s^étaient succédé pour nous depuis un mois : 
ïe jubilé d'abord, puis la première communion, la confirmation, 
et qu'il fallait demander à la Mère de Dieu, dans ce sanctuaire 
où elle est révérée^ la grâce d'une bonne fin d*annéc* La messe 
terminée, nous nous dirigeâmes vers la pelouse du château de 
M. de Poterat, où nous prîmes un repas champêtre assaisonné 
d'un vigoureux appétit. Rien de plus joyeux que les délas- 
sements pns sous les auspices de la Religion : ftê^e bonamcùm* 
cientiûm et habebis semper loetiliam, La Mm apaisée, nous 
fûmes conduits par nos excellents professeurs dans les châteaux 



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et les parcs vofêiiis où nous fut accordée une hospitajâté pleine 
de bienveillance. Le rendez-vous général était fixé à cinq heures 
sur la place de Téglise; toutes les classes s'y troutaient réunies, 
une légère collation à laquelle on fit honneur les y attendait. 
Le salut qui eut lieu ensuite, fut accompagoé d'une corén^onie 
simple et touchante. Ge fut la réception de nouveaux congré- 
ganistes et aspirants de la congrégation des Saint3>Aoges. 
Consacrés à ces messagers célestes dans le sanctuaire véaérà de- 
la Reine des Anges, ils en gardent toujours un doux souvenir. 
Le Père supérieur des Oblats de Marie, invité ^ dire quelques 
mots propres à la circonstance, rappelle brièvement aux nou- 
veaux congréganistes et aspirants les obligations qu'ils contrac- 
taient vis-à-vis de leurs condisciples pour qui ils devaient être 
à Tavenir des exemples de piété et de travail chrétien, devenant 
ainsi en quelque sorte les anges gardiens de leurs frères. La 
vieille église de Louis XI retentit ensuite de cantiques et de 
motets accompagnés par MM. Durieux et Pichon, professeurs de 
musique à Orléans. 

Enfin, la bénédiction du Ti-ès-Saint-Sacrement , couronna 
dignement cette journée qui ne nous laisse rien à envier à nos 
frères aînés de La Chapelle. Le retour jusqu'à Meung fut effectué 
aussi joyeusemeni que le matin, et on voyait dans le piaintien 
et la tenue de chaque enfant, qu'il n'avait pas fait une simple 
promenade, mais qu'il avait accompli un acte de religion , un 
pèlerinage à Cléry. Abel Ribelleau. 



Nous recevons la lettre suivante : 

Staint^Benoîi'Sur-Loirei le \Ajuin 1865. 
Monsieur le Rédacteur, 

Lundi dernier a été une fôte de famille daus toute racception 
du mot, et voilà ce qui lui donnait tant d'agrément : les enfants 
seuls en étaient l'objet ; eux seuls en ont fait les honneurs et les 
frais. C'est assez vous dire que c'était la fôte de la Sainte- 
Enfance. 

Que puis-je raconter de nouveau ou de curieux sur ce genre 
de solennités à vos lecteurs de la ville? Peu de chose, sans 
doute; mais il m'a semMé que ce compte-rendu pourrait inté- 
resser peut-être cette autre classe de lecteurs qui, comme nous, 
ont l'avantage, de vivre loin des villes, et faire voir comment le 
bien peut se faire avec un peu de zèle et de bonne volonté. 

L*œuvre de la Sainte-Enfance est depuis longtemps florissante 
dans notre paroisse ; mais cette année, les bonnes religieuses 
qui tiennent les classes et Thospice ont voulu lui imprimer un 
vigoureux élan, afin d'envoyer une plus forte somme aux pau 



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EELIGIEUSES «V UfrÉIlilBCS. 91 

vres enfants de la Chine, et un plus grand nombre d'élus dans 
le ciel. Grâce à leur zèle et à la généreuse coopératioQ des 
bonn€S âmes de la paroisse, une loterie a été organisée ; les lots 
sont arrivés en foule, et quelques jeunes filles de Técole ont 
bien voulu se charger de placer des billets. C'est lundi dernier 
que devait avoir lieu le tirage. 

Aussi, dès le malin, tous les enfants étaieut*ils en mouve- 
ment. A dix heures, ils oat tous assisté en habit de fêle à la 
sainte messe célébrée à leur intention. Je ne vous dirai rien des 
chants, de la quôte, du trône de dentelle, de fleurs et de lumières 
du haut duqu^ Jésus enfant présidait cette si intéressante réu- 
nion. Après une courte et familière allocution, dans laquelle un 
des Pères qui desservent la paroisse a dit à son jeune auditoire 
le sens de cette solennité, le bien qu'ils fon\ avec leur petit sou 
et leur prière quotidienne, et les moyens de battre motmaie pour 
les pauvres petits Chinois, le R. P. supérieur a béni au nom du 
petit Jésus sa jeune famille, et le salut solennel du Très-Saint- 
Saci'ement a dignement couronné cette première partie de la 
fête. Ce n'est que le soii-, à deux heures, que nous avons eu la 
seconde, et je vous assure que nous en a\'ons bien joui. Après 
le tirage des noms des parrains et des marraines, et la consécra- 
tion de tous les associés au saint Ënfant-Jésus, nous nous 
sommes reudus à l'hospice pour le tirage de la loterie. C'était le 
moment solennel de la fête, aussi l'affluençe a été grande; la 
vaste salle de l'asile a été encombrée en un instant. M. le doyen 
d'Ouzouer-sur-Loire, dont le souvenir et les services sont tou- 
jours vivants dans sa chère paroisse de Saint-Benoît, est arrivé 
tout juste pour présider la séance. Inutile de vous dii*c combien 
sa présence a redoublé la vie et la gaieté. 

Inutile aussi de vous dire tons les coufs du hasard, cette divi- 
nité aveugle et si bizari-e parfois. Vous devinez d'avance que 
cette poupée à la volumineuse crinoline ne ,peut tomber qu'à 
l'un des Pères; que ce bonnet de coton bleu, aux mille raies 
rouges et vertes, ne peut avoir d'autre ambition que celle de 
supplanter la blanche cornette d'une religieuse; que ces élégants 
bracelets de soie rose ne peuvent orner que les robustes poignets 

d'un garçon de ferme et mille autres tours de cette sorte. 

Vous avez entendu, j'en suis sûr, les longs et bruyants éclats de 
rire provoqués par ces jeux ou plutôt par ces anomalies du 
hasard. 

Le dernier lot tiré a été un magnifique portrait du T.-R. P. 
Muard, fondateur et premier supérieur des religieux qui desser- 
vent actuellement la paroisse de Saint-Benoît-sur- Loire. Avant 
le tirage, j'ai saisi bien des regards d'envie; en sortant, j'ai re- 
cueilli bien des regrets; mais le bonheur et la joie l'emportaient 
de beaucoup sur les regrets : nous étions tous heureux d'avoir 



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92 AHlIiLBS 

contribué à une bonne œuvre, et d'avoir à compter une ixume 
joi»née de plu». 

Grâces en soient rendues aux bonnes religieuses qui ont tast 
fait pour organiser cette belle fète; aux Âmes charitables et dé- 
vouées qui leur ont prêté un si généreux concours, et aux zéla* 
trices de rœuvi*e, qui se sont donné tant de peiné pour placer 
ipTës de i.iOO billets. 

Un paroissien de ScùtU-BenotU 

Jeudi dernier, 13 courant, a eu lieu, d^ns la chapelle du Lycée 
impérial d'Orléans, une touchante cérémonie, celle de la pre- 
mière communion. Nous avoas remarqué avec satisfaction te 
nombre et le recueillement des jeunes gens qui se sont approdiés 
de la sainte table, et ont ainsi donné à leurs dignes aumôniers 
la plus douce récompense de leur saint et persuasif enseigne- 
ment. Auprès de cettejeanesse chrétienne se pressaient plusieurs 
membres du clergé, parmi lesquels figurait M. Tabbé Desbrosses, 
que d'anciens liens ^t^chent étroitement au Lycée, et M. Huet, 
curé de la Cathédrale, vicaire général, quelques hauts fonctien- 
naîres, au nombre desquels M. llnspecteur d* Académie, M. le 
Maire d'Orléans, M, le Président du tribunal civil, et enfin les 
professeurs du Lycée et les familles. 

En attendant l'heure où la confirmation devait être donnée 
aux élèves qui ont fait Tannée dernière leur première commu- 
nion, Mgr Dupanloup^ M. le Préfet, M. le Maire, accompagnés' 
des membres du bureau d'administration et des fonction naîres 
du Lycée, ont passé la revue des élèves dans la cour principale. 
Après un discours en français adressé à M. le Préfet par un élève 
de rhétorique, auquel cet habile administrateur a répondu avec 
le talent qui le distingue, yn compliment bien débité à M. le 
Maire par un élève de huitième, M. le Préfet et Mgr TEvéi^ue 
ont, avec l'amabiMté . la plus gracieuse, manifesté l'intention 
d'accorder chacun un congé en souvenir de cette bonne journée, 
et cette brillante promesse a répandu dans le jeune auditoire 
la joie la plus sincère. 

Enfin, à deux heures et demie, Mgr Dupanloup entrait à la 
chapelle et le chant du TemCreafor retentissait. Avantde donner 
la sainte confirmation, Monseigneur a daigaé adresser quelques 
paroles aux enfants qui allaient la recevoir, Il les a féHcités de 
leur tenue pieuse et recueillie, et les a invités à conjurer TEsprit' 
saint de descendre en eux. Monseigneur a continué ensuite et 
achevé la cérémonie, quia été suivie de la bénédiction, puis il a 
bien voulu remettre lui-même à chacun des élèves confirmés un 
grand et sublime ouvrage, l'imitation de N.-S. Jésus-Christ; enfla 
il a couronné cette belle fête de famille par une de ces exhorta- 
tions qui partent du cœur et dont nous regrettons de ne donner 
qu'une bien pâle analyse. 



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RELIGIEUSES ET LITTÉEillES. i>3 

« Mes efîlkîîts, a dit notre éloquent évoque, il vous faut, pour 
parcourir la route de la vie, une bonne provision. Par la confir- 
mation , je suis sûr de vous avoir muni de jurandes et fortes 
provisions ; mais vous suffîront-clles dans les dangers que vous 
allez courir, dangers que vous ne pouvez comprendre et dont 
on n^ose pas même, à cause de votre jeune âge, vous cn'retenir? 
Pour être plus forts, profitez des conseils bienveillants de vos 
excellents parents, de vos excellents maîtres, de- vos vénérables 
aumôniers, et préparez-vous à la lutte sérieuse de la vie. Votre 
digne Protiseur, les hauts fonctionnaires qui viennent se mêler 
à votre joie voufe le diront comme moi, vous aurez peu d'années 
aussi heureuses, peu d'années aussi fécondes que celles de votre 
première communion et de votre confirmation. Sur la mer quC/ 
vous allez parcourir, vous trouverez de nonibn^ux et dangereux 
écucils, étueils pour l'esprit, écueils pour IccuMir, écuoils pom* 
les sens, et partout, partout le naufrage. Portîfiez-vous, purifiez- 
vous, instruisez-vous; vous ne serez jamais assez purs, assez 
forts, assez éclairés. Vous ne savez pas comi>le«.vous rencontrerez 
sur vos pas de ténèbres, de corruption, de misères. Dans cette 
maison où la lumière, la force, la' vertu vous sont enseignées, 
préparez-vous à cette lutte sérieuse, à celte dangereuse traversée. 

« M€& enfants, le langage que je vous fais entendre, ce n'est 
pas mon intérêt personnel qui me Tinspire. Si quelques-uns 
cPentre voo« ne font pas leur devoir dans -la vie, je no souffrirai 
pas personnellement du mal ; si d'autres tiennent les promesses 
se^îennelles qu'ils ont faites aujourd'hui, je ne jouirai pas per- 
sonnellement du bien. Si je vous parle ainsi c'est par tendresse 
de cœur, j'ôi tant vu de jeunes gens succomber à la tâche ! Je ne 
peux voir cet âge si brillant, cet âge de» courages intrépides, 
des artiîtiés fkièles, sans songer aux périls qui Tattendeut, sans 
être ému de tendresse et de compassion. Je n'oublie pas que 
nous sommes aujourd'hui dans un jour d'allégresse ; mais, vieux 
passager sur la mer de la vie, je ne puis oublier qu'elle est fertile 
en naufrages. 

« Si vous ne voulez foire naufrage, je vous le répèle, il n\v a 
qu'un moyen ; faites-vous une éducation chrétienne. Il en est 
parmi vous^ les plus avancés en âge, qui savent déjà, et ils 
sont à peine sur le seuil de la vie, qu'il y a des luttes terribles. 
Il faut être ferme pour ne pas défaillir. Demandez à Dieu la 
grâce pour être forts tt la lumière pourvous conduire. Il faut 
voir clair avant tout; autrement on marche sans savoir où l'on 
va, tandis que vous vous avancez dans ces ténèbrœ, la terre 
manque tout à coup- sous vos pieds, vous disparaissez, et alors 
vous trouvez la lumière éternelle qui vous juge. 

« Mes enfants, sachez votre religion, sachez votre catéchisme, 
triple rempart de la vertu, de la fbi, de la noblesse d'âme. Je 
TOUS ai payé aujourd'hui ma dette; n'oubliez jamais de payer 



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94 auraies 

celle que vous vous devez à vous-mêmes. Vous vous devez de 
l'ester inébranlables dans la voie de la religion, du devoir et 
de l'honneur. Quand il le faut, on demeure seul, seul contre 
tous, invincible et Adèle. Mes enfants, votre pieux silence me 
prouve que mes paroles ont trouvé un écho dans votre âme, je 
vous en félicite. Les dangers de la vie sont terribles et nom- 
breux; mais j'espère tout de votre excellente éducation, de la 
droiture de vos ceeurs et de la bonté de Dieu » 

Après cette touchante exhortation, Monseigneur a entendu une 
pièce de vers latins, qui lui a élé lue par un élève de seconde, et a 
daigné y répondre par quelques mots aussi aimables que gra- 
cieux. Il a répété aux élèves qu'en souvenir de cette fête ou 
leur accordait deux jours de soleil, de gazon frais, de liberté, 
et s'est retiré en laissant l'assemblée émue sous le charme de 
sa chaleureuse éloquence. 

Cette journée si belle pour les familles, pour les enfants, 
pour le Lycée impérial, a laissé dans tous les cœurs les plus 
douces et les plus vives impressions. H. D. 

' ■ Chaque année la distribution des prix aux jeunes -gens ^e 
VŒuvre du Patronage est précédée d'une petite exposition 
d'ouvrages confectionnés par eux. Le bureau de rCEuvre* nymi 
été informé qu'une exposition spéciale des arts appliqués à Tin- 
dustrie doit s'ouvrir à P^ris au mois d'août prochain , a pensé 
qu'il ne serait pas impossible d'y faire admettre ceux des pro- 
duits de nos jeunes patronnés qui en seraient jugés dignes. 

C'est particulièrement l'étude du dessin en ce qui touche se$ 
rapports avec l'industrie que TUnion centrale des Arts a pom* 
but d'encourager et de récompenser , mais tout ce qui tend à 
épurer le goût et à faciliter la pratique profession nd le par une. 
étude sérieuse, par .la réprésentation, ou la production maté- 
rielle des objets eux-niêmes, rentrera dans le cercle des produits 
admissibles à cette exposition. 

Ainsi seront considérés comme offrant une valeur réelle au 
point de vue de l'art si d'ailleurs l'exécution en est convenable : 

i** Tout dessin, toute reproduction ayant rapport à Tindastrie 
locale, étant par cela même un acheminement au progrès dans 
la carrière que l'élève peut avoir embrassée ; 

2** Toute étude d'après plâtre, ou mieux encore d'après nature 
comme tête, ornements, fleurs, etc.; 

3° Tout dessin relevé sur nature , comme outils, meubler , 
machines, etc., quelque simple qu'il soit; 

4** Tout objet en nature, exécuté par l'apprenti, comme sculp- 
tures sur bois ou sur pierre, modelage ^ petits ouvrages de me- 
nuiserie, de serrurerie, do charpente, de coupe de pierres, de; 
mécanique, etc.; 



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EELIGIEVSES ET LlTTÉ&AllBS. 95 

5** Tout ce qui portera le cachet d'un enscignemeot sérieux 
et méthodique, et menant le plus dii-eclement au progrès dans 
la pratique. 

Les ouvrages que les jeunes gons c^ apprentis du Patronage 
voudront présenter cette année, devront'étre remis au cher Frère 
chargé de l'OEuvre, avant le l"" juillet prochain. 

Ils demeureront exposés comme les années préiîtdcntes dans 
la grande classe de dessin, h la maîtrise, pendant plusieurs jour». 

Un jury spécial désignera ceux de ces objets qui pourront 
être envoyés à Texposîtion de Paris. 

Les parents et les maîtres d'apprentissage obtiendront les 
renseignements qu'ils pourront désirer en s'adressanl soit au 
Membre de Fffiluvre chargé de patronner Tenfant, soit au bureau 
de rCEuvrc, soit et en tout cas an fri're Din^clcur de St-Rono«r, 
et au frôixî liadélînîen. 



~ La célèbre imprimerie de la Propagande reufer.m* les caractères 
de 22 langues asiatiques, do 27 langues européennes, de 3 langaes 
africaines el de langues américaines. Oa sait que Tadministration de 
l'établissement vient d'être cédée à M. le chevalier Pierre Marieiti, 
imprimeur de Turin, qui, depuis vingt-sept ans, consacre ses presses 
a la défense de la vérité catholique. 



Œuvre de VAdoplion. — Pour le dernier exercice 1864, les recettes 
de l'Œuvre de l'Adoption se sont élevées à plus de 60,003 fr. Le 
diocèse de Paris figure pour près de 23,000 fr. dans ce chiflre. 



Pour tous ]es arlic'es non si^^n/;. et pour loiilcs le* nonvcllfs» 

L*ab!>^ GÉLOT. 



Merrfirlale d'Orlèan»* 

OllLÉANS, 10 juin. 

(xjte officielle. — Froment. Th., lie 17 ««, 2e J6 06, 3e 15 33. — Méleil 
l'* 14 50, 2« 12 80, 3« 10 50. ^ Sei-le tre 8 75, 2e 8 52. 3c 8 50. — Orge 
lie 8 7»5, 2e 8 58j 3* 8 50. — Haricots rouges Ire qté «<t ««, 2c «« ««, 
3e «« «« ; i(i. blancs Ire «« ««, 2e «« ««, 3e «« ««. — Avoine, Ire qtc Ô «t, 
2e 8 34, 3e 8 ««. — Foin,le myriag., Ire qié 1 20,2e 1 11. Oc 90. — Paille, 
id., Ireqlc 70 c, 2e 66 c., 3e 55 c. 



I3o»r»c dn 15^ ifulii* 



3 D. 0/0 aDCicn ... 67 30 

i.l/2p.l00 95 50 

Fin courant. ... 67 37 1A267 30 67 25 

Emprunt italien ... 66 67 t/î 

Mobilier 757 50 753 75 

Crédit Espagnol. . . 477 50 

Orléang gîi 25 



Nord 1067 50 

Est — 5<«50 



LyoneiMéd... -840 — 

575 — 



Lyon 
Midi. 

Autrichien - 422 50 

Lombards - 493 75 



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Btut civil â*OrlëaDN« 



, PuhUcaCions de mariages du dimancke 11 juin Entrx : 

M. Aiign«ie-Eugène Tliarpenlier, gariiisseur tîe couverluret, veuf de Vieterioe 

ooK'Stique. 
i>Uce de paix à Tours, cl Sdlle Bftiibe- 



Jtiherl, et ^Jle Lucie- Julie F^gré, doDK-sliquc. 
AI. raul-Fnu>çois Simon, greffier d*î ju>lj 

Joséphine l^jvis. 

M. Vilal INÎontmory, jonrualier, et MHe Félicie Eulaïie Jeutin, revendeuse. 
M. Louis-F6lix Doucet, vif^eroo, et Mlle Vicloirc-Aiigusliue-Lucine I>ragoim«y 
. Tigiieronne. 

M. TÉiéodore Suffire, maçon, cl Mlle Henriette Malenfàuf, jouroalière. 
M. Louis Bordier, ladleur de limes, el Mlle Marie-Yirginie Farnault, piqueuM 

eu cordon nericé 
M. Alexis-Pierre Martin^ conduc.cur au chemin de fer, et Mlle Jeaone ûucher, 

iemme de chamhre. 
M. Bapîisle Parfait Pit«Du%, charretier, et Mite Madeleine-Victorine-LéotiNie 

Foucault, domestique. 
M. Thomas Nivet, tisseur, et Mlle Julie-Vir§inie Barié, couturière. 
M, Vincent-Augusle D*donet, maçon, et Mile Aurétie Franjoux, cuisinière. 

Naisscmces, 

Ei^peaux, Maric-Feniàn(^AAîlraar, rue de la Cerche. j 

Caiiiet, Edpuard-Maurke-Reué, rue Royi^e. j 

Petit, ÂlaiîeAngéline, rue Saint-Flou. ' I 

Miard, Gaston Octave, rue tlTIliers. 

I^avid. Geoi-ges-Viclor-Louis, rue du Bourdon-Blanc. 

Grausirf, Loiiis-Henii, rue de la Hallebarde. 

Gauthier, AristideAdolphine»M'ai;ie, rue du Four-à-Chaux. 

Levachcr, Julienne-Céline, £awb. Saint-Marceau. 

Désir, Jules- Alfred-EdouardJ rue Croix-de-Bois. 

ViUelte, Auguste- Alphonse, place du Martroi. 

Boulreux, Marie-Lucie-Flav^ rue de Recouvrance. 

Lefour, Berthe-EugcDie-Stéf^anie, faub. Saint-Marceau. 

Vergner, Baptiste- Yictor^mmanuel, rue des Turcies. 

D'Orléans, Pierre Félix-Gabwel, rue d*£scures. 

Bié, Eugèj.e, faub. Madeleine 

Vassorl, Charlotte Alexaadrine, faub. Madeleine. 

Blanchard, Etienne-Camdle^mile, faub. Bourgogne. 

Loiseau, Maric-(:harîes-René> rue du Bœuf-Saint-Pater ne. 

Stable, Sophie Caroline-Ber^e, rue Sa iule -Catherine. 

Giraudon, Marie* Agathe-Eugénie, faub. Bannier. 

Décès. 

M. Louis-Thérèse Favre, vérificateur des douanes, en reliailc, cloître Saint- 

' Pierre-Emponf, 85 ans. * 

M. iulcs-Timpthte Arnous, général ^ brigade d'anillerie du cadrs de 
' réserve, commandeur de la Légion d'Honneur, rue du Bourdon-Blanc, 63 a. 
Mad. veuve Chrélic n, nie Anne-Cécile Dorge, rue de la Poterne, 72 ans. 
M. Pierre Malardier, gendarnie à cheval à la résidence d'Orléans, rue Je la 

Bret.ouueric, 37 ans. 
Mad. Harand, née Louise-Françoise Bunelle, rue de la Lionne, 88 ans. 
MatT. Turban, née Victoirc^Julieune Plouze^ rue de la Hallebarde, 47 ans. 
Mlfé Marie-CL'm.nce Marteau, rentière, rue de Limarc, 5â ans. 
M.. André Nicolas-Edmond-Victor Wandeyhtydem-Hauzeur, ingénieur civil 

me Bannier, 31 ans. 
M. Pierre Legrand, tailleur, rue du Poirier, 26 ans. 

Le propriétaire-gérant, L'Abbé GELOT, Chah, Bon. 



ORLEANS. — IMP. 



KIISEST COLAS, yiS-A-VIS DU IXUSiK. 



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Paraissanl Iras IM SânMdif./pai^ UTTilMi ta, Wp$féi.l ,] 



^ DIMANCHE.— SOLENNITÉ DU SA- 
CHE COEUR DE JÉSUS (an.-maj.),^ 
La dévotion a a Sacré-Ctznr, déjà pra- 
tiquée par saint Igaace de Loyola et 
ses disciples, fut révélée à une fille 
de la Visitation, à la sœur Marie 
Alacoque, que Pie IX vient de placer 
solennellement sur les autels. 

En 1720, de Belzunce, évêque de 
Marseille, lit une grande manifesta- 
tion en l'honneur du Sacré-Coeur. 
La foi, la piété de ce grand évêque 
ayant été récompensées par la cessa- 
tion miraculeuse de la peste, Mgr de 
Belzunce, devenu, par reconnais- 
sance, IG' zélateur actif de cette dévo- 
tit)n, îTQStit^a & Marseille la fête dti 
Saeré-CœuT comme anniversaire de 
la délivrance de son peuple. 

En 1757, l'office et la fête de ce 
jour furent autorisés par Benoît XIV; 
eu 1765 l'assemblée du clergé vota 
rétablissement de cette fête dans 
toute Ja France; en 182'2, Mgr de 
Quéiçn rendît l'office et la solennité 
du, Sacré-Cœur obligatoires dans le 
di"ocèse de Paris. 

La dévotion au Sacre-Cœur répond 
à la plus ardente des aspirations des 
âmes pieuses à notre époque, où 
l'action des bras, des machines, de 
loiites les forces matérielles paralyse 
les élans du cœur ; voilà pourquoi 
aujourd'hui nous voyons, sous l'invo- 
cation du Sacré-Coeur, des commu- 
nautés se fonder, des confréries 
s'ériger, des autels se dresser, des 
temples s'élever. 

Les Dames de la Visitation, héri- 
tières du zèle de la vénérable Marie 



Altwquc, jJpV«!*«s P¥ 4 W^îM^ 
mal)le.<fe ^st Frauçoi^^ leiir ^àêr 
teor, bettent «tml en «rotre joét. 
renM ài b cDd^rie do Smté C è mv 
éiahfU (Uis leur iEtiia*(ère 4*0t<" 
fiais sa f«neu( première et s«o f^i- 
cieii écM ; elles font appel m Imcs 
'^knea'dt wère ^c potr iHemt 

A QfléaDS.-At>.a i »i<i ll t MMPe 
d'aotres profiafate«rs son moUi$ 
actifs; le zèle, le dévoQenieiilr ie 
M. le Garé de la Catliédrtlé pottr I| 
. confrérie daSéeré^Si^r caB4»Bif«»- 
ment éf igée ^is fa paroôse, et di- 
rigée par lai, eft assez conoo. Oo 
eonnaft aussi la bieose dmbitioo de 
Mgr i'fivéqtfe <rOrléa», «si est, 
comme il Ta annoncé, de consacrer 
an Sacré-Cœur an aatel oionnioeB- 
' tal, dont te plan est anjoard'bal ad- 
.miré il Texposition d^s Beenx-ArtH, | 
Paris, aateJ qui se^ un cbef-d'flcaiire 
de pins dans sa Catiiédr^Ie, rooe des 
. (favres de son épiktopfel, et in ma- 
nom^t qyl atfiÀera k la iioatéf)ità 
èa pieté , celle de son cierge , de sa 
t^lle épiMopald ef -de tMt «oa dio- 
cèse envers le SatrérCipuir deMffSw 

36 LUNDI, saint Jean et saii^ Paul, . 

^7 MARDI, saint trénéc. 

^ MËRCREOl. vitale de saint Mèrre ' 
et saint Panl. , 

^ JE€Di. saint Pierre et saint Paul. 
Solennité retiise aa dittanehe. 

30 VENDREDI, comméinoraUen de Aint 
Paol. 

i«' Jdij.i^t SfAHEDI^^f^eè dq làSalite'' 
Vierge. 



PÊf^ D'ABONNEMENT 



Orléans et le Département, . 
Paris et les Départements. < 
Etranger 



5 f.par aa. 
10 — 



ON s' ABONNE A OU^ANS, OHEZ 



M. i'Abbië GELOT, cloUre Ste-Creix, 8, 
M. ERNEST XOt AS, Imprimeur. 
M. BLANCHARD, me Bannier. 
M. GATINEAU, rne Jeanne-d'Arc. 



Mad. FOUCH^ tw Jeabne^'An, 9. 
M. SËJOURNÎ, rn&desiCjirBes, 41. 
M. GODEinSOT, rue Royale. 
M. VAUDBCRAINB, place dt Martroi. 



T. lY. 



erléaa*. -> Imp . Eanur Couls. vit-i-Tu 4« Mwét. 



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CHRONIQUE. 

; — Mgr rEvèqne (TOilfeiiè vîest dettomnier : 

V. l'abbé Auffust^oseph BARté, docteur et théologie, «amônier 
dès dames Ursulines deBeafigency; 

M. l'abbé Ferdinand-Angoete Fi^buet, l*' vicaire de Saint Ai^nao ; 

M. Vakbibé François-Denis BaKdbt, aumônier des hospices d'Orféans; 

M. l*abbé Pierre-Henri Marchon, vicaire de Saint-Marceau ; 

M. l'abbé Ointiâe Vidal, curé de Coartemçierre ; 

M. Tabbé AiMnstin-Z^byrin Mariau, cQvédè Préfontainé; 

M. Tabbé loIes-Louis Barbe, caré de Soiterre. 

Petit-Séminair$ de La Chtmelle. -^ lA Rrocession de la Fâle-Dieu 
se fera dans le patc du Petit-Séminaire dé La Chapelle Saint-Mesmin, 
dimanche prochain, 25, à 4 h. du soir. 

Ce même jour, on célébrera la fête du Sacré-Cœur et la clôture du 
trtduum de TAdoration perpétuelle. 

Saint-Paterne. — La procession de la Fêle- Dieu sortira dimanche 
25 juin, à 6 heures précises. Elle parcourra les rues du Chapon, des 
Grands-Champs, du Pot-de-Fer, de Limare, d'illiers, la place du . 
Marlroi, la rue Bannier. Les repoioirs seront dressés dans la rue da 
Chapon, chez les R. P. de la société de Sainte- Marie, au Petit-Sémi- 
naire de Sainte-Croix, dans la rue Bannier. M. Huet, vicaire général, 
archiprétre de la cathédrale, officiera. 

Saini'Pierre4e-Puellier. — Dimanche, 25 juin, la Procession 
de la Fêle- Dieu sortira à 5 h. 1/2; elle parcourra les rues de Saint- 
Gilles, du Gros-AnneaU, des Carmélites, du Chêne- Percé, de la 
Tour-Neuve, le quai, les rues des Bouchers , des Sent-Dormants, la' 
place Saint-Pierre. Les reposoirs seront dressés, chez les Dames Car- 
mélites, sur le quai, dans la rue des Bouchers, dans la cour d'hon- 
neur du Pensionnat de Nazareth. M. l'abbé Maugas, chanoine, offi- 
ciera. 

Notre-Dame-de-Recouvrance. — Dimanche 25 juin , la procession 
de la Fêle-Dieu sortira à la suite des Vêpres, à 5 heures. Elle par- 
courra les rues N.-D.-de-Recouvrance, de la Croix-de-Bois , Creuse, 
le quai, la rue de Recouvrance. Les reposoirs seront dressés, deux 
dans la me Croixde-Bois« dans la rue Creuse, sur le quai. 

Saint-Donatien. — Dimanche 29 juin , la Procession de la Fête- 
Dieu sortira à midi. Elle parcourra le Grand-Marché, le Marché-à-la- 
Volaille, rue Saint-Jacques, rue des Hôtelleries, le quai, les rues 
Royale, Bourgogne, de la Poterne, de la Charpenlerîe. 

— Les Processions de la Fête*Dieu sortiront* dimanche 25 juin, 
à 6 heures des églises de Saint-Marceau, de Saint-Vincent, des 
Âydes (Chapelle-Neuve), des Àydes (Chapelle-Vieille). 

— Samedi l*' juillet , vigile de la solennité de saint Pierre et saint 
Paul, est un jour de jeûne et d'abstinence. 

Chapelle de la Sainte-Enfance. — Mardi prochain aura lieu la 
réunion des Zélatrices dii saint Rosaire, présidée par le R. P. Gril- 
LARD, directeur de l'Œuvre. Messe à 7 h. 1/2; allocution. Salut du 
T.-S. Sacrement. 

Chapelle de Sainte-Marie, rue de Limare. — La réunion ordinaire 
de la Société de Sainl-François-Xavier aura lieu le dimanche 2 juillet. 
A 6 h. 1^, chant des Petites-Vêpres, Allocution, Salut du T.-S. 
Sacrement. Tirage des volumes. 



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ANNALES RELIGIEUSES k LITTÉRAIRES. 



ORLtANS. VeadMii SS Jiii. 



HISTOIRE DE L'ABttATE R0T4LE 

SAINT-BENOIT-BUR-LOIRB 
Par M. VAIU ROCHER 

ClAlieniB B*«MtiAK8, ARCIIR CUBÉ DE SAIlIT-BBllOIT-Sim-LOimB, IflMBU BB U tOatTâ 
ABGMOl^OeiQBB DB L*OBI.Ul|iUS BT BB LA SOCitTB PBAKÇAIM MBl LA MNfBBVATION 

DES BOMQjKBTS (i). 

Cet ouvrage sur Vabbaye de Sainl BewoU'iwr-Loire^ doit être 
très-prochainement mis en vente. Nous oous proposons «reo 
rendre compte aussitôt qu'il aura paru. Cependant nous croyons 
devoir^ dès aujourd'hui , communiquer à nos lecteurs la lettre 
adressée à l'auteur par Mgr TEvéque d'Orléans à Toccasion de 
ce travail, le plus eoudidérable» assurément ^ qui ait été puMié 
jusqu'ici sur Thistoire de l'Ëglise d'Orléans. 

Mon ami, 

J'avais/appris avec un véritable sentiment de joie que, stimulé 
par une généreuse émulation, l'orsque j'ai mis au concours 
l'histoire de l'église d*Orléans, vous aviez eu la pensée de nous 
donner la monograpl^ie de toutes les paroisses actuelles du 
dlocèfM^.; 

G'e^t.en préparant cet utile et très-intéressant travail, que 
vous',^^^ reticontré sur votre chemin ï'abbaye de Saint-Bcnolt 
et les éléments de son histoire. A ceHe vue, votre cœur s'est 
émui, De grands souvenirs historiques ont éveillé toute votre 
curiQ^ilé d'archéologue ; d'autres souvenirs plus modestes, 
mais^donmoins précreux, ont fait revivre vos anciennes aflec- 
tiotts, 4e pasieur. Dès lors, sans hésitation, votre parti a été 
pris \ Saint-Benoit vous a arrêté, comme une cité, riche en 
monQmenls splèndides, arrête le voyageur dans sa course. 
Vous avez, résolu d'étudier cette antique abbaye, de la faire 

(1) Ouvrage orné . de 21 planches et précédé d*ûne lettee de 
Mgr Dùpànloup, Evêque d'Orléans, à l'auteur. — Orléans,- H. Herlui- 
son. libraire, rue Jeanne d'Arc, 17; — A Gatineau, libraire, rue 
Jeanne-d'Arc, 41. 



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100 AimiLES 

connaître, et de révéler au monde cette grandeur passée, que 
les Téfolutiofis ^vai^itt fen$lev^ie.$ou^ ^e& riiifi^/Le bcéii jfvce ^ . 
que voiis offrez au putlïc est le fruit de cette généreuse ^eJMée^^^ 
Vous avez fait naguères beaucoup de bien à cette chère paroisse 
de Saint-Benoît eï}'M.gi^erï3TOt,pDinipé câré^ vdus lui procu- 
rerez beaucoup de gioire en la faisant connaître comme historien. 
Puisse votre exemple devenir fïïcônd I Puissions-nous devoir 
bientôt à la plume Bûfinte idef f^l(|uesi aUli^^^élésiastiques 
studieux l'histoire de toutes nosgpandes abbayes : Micy, Ferrie- 
res, etc. h^ ^Ifgî^iil ^jsist Mfsa^ la Mîènée^ ^^àiidff^ d^éè si 
nobles et si utiles trav^ja^,-^j)P^ ^ ,j; r y^ ..^q 

Sans doute, il fallait explorer les bibliothèques etjo^arcbiv^,^ 
recûeijlir les tràditioàfii, accumuler les matériaux éparp^rt^.eli, 
faire un de ces beaux édifices qui étonnent par retendue de . 
leurs proportions et charment par la multiplicité et la variété ^j 
de leurs détails ; mais vous savez si bien distribuer votre tençij^^ ... 
que vous en trouvez pour tout : vous en trouvç3,pQur le Cbapi^ î 
tre, dont vous êtes l'un des membres les plus exacts ; vous en 
trouvez pour les œuvres, diocésaines, dont roias vous oecup.cz 
avec tant d'intelligence et d'activité '; vous eu trouvez surtout 
pour ces belles œuvres de la Persévérance des ouvriers et du 
Patronage des apprentis, œuvres qui prospèrent sous votre sage 
direetioA^ et maintiennent tant de jeunes gens et- de pères de ■ 
famiUjes4ans Ic^ principes de la religion et dé la vertu. Enfin, ' 
vous en trouvez pour la science des^ choses anciennes, qui vous 
compte parmi ses plus zélés propagateursy et vous a fait 
l'émule et l'ami de tant d'hommes éminents par le' savoir, dont 
notre ville s'honore. Ce sera l'un de vos grands mérjitea devant ' 
Diea d'avoir compris si bien le prix tlu temps, et d'avoir su en ^ 
i faire un si bon et si utile emploi. ^ ' 

\ Mais ce dont je dois vous féliciter surtout ici, c^est d'avoir- 

consacré tant de veilles à la glorification de cette célèbre abbaye 
que vous appelez à bon droit rnn des premiers monastères des 
Gaules, et où, .selon la bejlle expi'ession de M. de Montaterabert, ' 
« d'humbles solitaires sont venus créer le foyetf d'une' vertu ' 
«surnaturelle, et illuminer nçtre pays d'une ; splendeur qui 
« rayonna pendant dix siècles sur l'Europe régénérée. » (Les 
Moines d* Occident, ) 
Les abbayes ont eu la gloire d'opposer, après la conquête, un 



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EELIGIEIKES £T UTtÉRAUlES. 1 101 

4 Tje<a)part tofrandiissable aux enyahissemeots de La barbarie ; et 

^ceux.qui de nos jours les méprisent et le» atiaqwBit^ méeoD- 

naissent tout simplement ce qui a régénéré FEuropeet préparé 

•ijes voies ù la civilisation moderne, a Dans. \^q 'temps où le savoir 

f et Jes vertus n'avaient plus d'aile, où Tignoranœ, laeornip- 

, f lion et la barbarie étendaient rapidement, leurs catqaétes, 

,<( élever un refuge à Tinforlune, former an asile sacré pour les 

^ <c monuments . précieux de Fantiquité, ouvrir des écoles de 

«.science et de vertu, où les hommes destinés à figurer un jour 

u dans les affaires du monde viendront puiser les leçons^ n'est- 

-oc ce point, dit éloquemment un auteur célèbre, une graade 

« pensée ? » 

Cette pensée sublime ne se réalisa nulle part avec plus de 
grandeur et de succès que dans l'abbaye dont vous avez fait 
rhistoii*e ; et Fleury^^vOu &ûat-£enolt««ur-Loire (Monasterium 
iFloriacensi) fut Tasile de l^étude et de la piété, dans les temps 
r^ip^lQçs où la bairl^arie et T^gnoranœ allaient se répandMit 
parljOuH^ et mquaça^ient d'inonder le monde. 

C'est .de ce premier service r^ndu ù la soeiété que sont nées 

jles ^oles si justement célèbres de Saint^Beaolt. J'ai lu avec un 

^vif intérêt tout ce que vous en avez dit ; mais j'ai regretté^eo le 

lisant, que le câjdre dé votre ouvrage ne vous eût pas perflûs de 

(léyelopper ce grand sujet. 

Montrer non-iseulement l'origine et le progrès de ces fiunea* 
ses écoles, mais en foire connaître l'influence sur les eootem'- 
pprains et sur la postérité ; dire avec plus de détails ee qu'il 
/ajit croire du nombre prodigieux d'écoliers qui se trouvaient là 
H^unis ; donner le plan des études qui ;y étaient faites, (tes 
règles de discipline qui y étaient observées, le nom 4» 
professeurs illustres qui y enseignèrent, la nomenclature 
iâés ouvrages qui sortirent de la plume des savants moines ; 
-feire connaître l'esprit qui les animait, leurs privilèges, leurs 
dissensions, leurs rixes mêmes, ces éclats subits d'un sang bar- 
pare ençorC; ra^is plejn if vitalité et d'énergie ; exposer les 
|)riacipales causas du progrès et de la ilécadesoe de ces écoles ; 
en un mot, en faire l'iiîstoire, comme on a écrit celle de nos 
plus célèbres universités, non-seulement ati point de vue des 
aits, mais au point de vue des lettres, des sciences, des arts, 
tj^.jpaœurf^ de la r^i^, de la civiiisatîoA de la Frasée e\ de 



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102 AKKALES 

rEiirope, c'eût été faire un livre considérable, extrêmement 
curieux, dont pèut-ètrè lés éléments seraient difficiles à trouver, 
et qu'en tout cas les bornes de votre dessein ne vous permettaient 
pas d*eritreprendrei Je vous sais gré néanmoins d'avoir recueilli 
ou indiqué les documents qui pourraient servir à cette grande 
élude historique. Tout ce que vous avez dit me semble d'ailleurs 
bien suffisant pour faire apprécier les services rendus à la 
religion et à la société par notre célèbre abbaye, et fermer la 
bouche à ces ennemis aveugles et ingrats de l'ordre monastique 
qui, oublieux de l'histoire, s'acharnent encore contre des hom- 
mes qui ont tant fait pour la science et la civilisation. 

Tout à vous en notre-Seigneur. 

t FÉLIX, Évêque d'Orléans, 



Un jeune voyageur, qui porte l'un des noms historiques de 
notre pays, un élève dxi Petit-Séminaire d'Orléans, où tant de 
fois nous l'avons applaudi au milieu de ses triomphes littéraires, 
vient de parcourir ou plutôt d'étudier l'Espagne. Ses impres- 
sions de voyage, retracées jour par jour et h la hâte pour un ami 
absent, ont été fidèlement recueillies, conservées, et formeront 
peut-être bientôt, nous l'espérons du moins, malgré la timidité 
du jeune écrivain, un intéressant volume qui ne serait pas sans 
mérite, môme au milieu de tant d'autres déjà publiés sur le 
même sujet. Ceux de nos lecteurs qui reconnaîtront aisément, 
sous desimpies initiales, un jeune auteur qui leur est cher, nous 
sauront gré de détacher de cette volumineuse correspondance 
les quelques lignes qui furent crayonnées près du berceau de 
sainte Thérèse. 

De Valladolid à Aviia on est transporté en peu d'heures par la 
voie ferrée à travers les plaines désertes de la Castille ; elles sont 
cependant assez bien cultivées et de temps en temps entrecou- 
pées de bois de pins parasols et de chênes verts; on passe 
devant la ville de Medina-Sidonia. Un peu avant Avila le pays 
devient plus accidenté, couvert de rochersjetés pêle-mêle les uns 
sur les autres, espèce de cahos formé par la nature, au milieu 
duquel s'élève Àvila, oùje trouve, à la station même du chemin 
fer, chez des compatriotes, un établissement passable pour qui 
n'est pas difficile. 

Les remparts d'Avila célèbres au moyen-âge, les mieux con»- 



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. . a£UGIfiU8E8 BT LITTÉâiimBS* 103 

serves qui existent en Espagne, sont encore aujourd'hui sur- 
montés de leur antique donjon ; ces murs crénelés qui entourent 
la ville, sise sur un rocher au pied duquel coule un torrent 
(l'Adaja), ces églises presque toutes d'arcliitecture romane, ces 
montagnes pierreuses, présentent un tableau semi-oriental qui 
noas recule de plusieurs siècles en arrière et s'allie parfaite- 
ment aux souvenirs ascétiques de sainte Thérèse, qui remplis- 
sent naturellement Tesprit en entrant dans sa patrie. La popu- 
lation elle-même fait partie du tableau ; on voit çà et là errant 
des hommes fièrement drapés dans leurs manteaux, toujours 
servîables, mais avec le désintéressement que leur prescrit un 
sentiment profond de leur propre dignité, que le mendiant 
espagnol sait conserver jusque sous les haillons delà misère. 
En avançant, je cherchais à repasser dans mon esprit quelques- 
uns des événements dont ces lieux avaient été témoins, car Avila 
tient une grande place dans l'histoire d'Espagne dont presque 
toutes les grandes familles s'y rattachent par quelque côté : célé- 
î)rité qu'expriment les trois dénominations que reçut Avila : nUe 
des chevaliers^ ville des rois^ ville des saints. 

Au-delà du torrent quatre colonnes rappellent que sainte 
Thérèse, à Tôge de sept ans, fuyant avec l'un de ses frères pour 
chercher le martyre chez les Maures, fut arrêtée à cette même 
place par son oncle et ramenée à la maison paternelle. Un 
digne prêtre, professeur à l'Université, que sa dévotion à cette 
grande sainte, a fixé à Avila, eut la bonté de m'înilier à tous 
les souvenirs qu'elle a laissés dans cette ville, sanctifiée par sa 
présence. H'meconduisitd'abordàlaSan^a, église construite sur 
l'emplacement delà demeure d'Alphonse SanchezdeCepeda, père 
de sainte Thérèse. J'ai eu le bonheur d'entendre -la Messe da.is la 
chambre où elle naquit, malheureusement très-changée de sa 
forme primitive. Elle est ornée de tableaux qui ont rapport à la 
vie de la sainte; l'autel est surmonté de sa statue en bois peint, 
où elle est représentée au moment de cette fameuse vision de la 
flagellation du Sauveur, vision qui eut une si grande iuQuence 
sur sa vocation : il y a sur son visage une expression vraiment 
céleste; le Christ lui-même, tel qu'il lui apparut attaché à la 
colonne, a été placé dans Tune des chapelles de l'égUse. Une 
porte surmontée d'une croix faite avec le bois de l'alcôve où est 
née sainte Thérèse, donne entrée dans l'ancien cabinet de tra- 
vail de son père; on y vénère aujourd'hui un doigt de la sainte, 
un crucifix qu'elle emportait frCquemment avec elle. J'ai pu 
tenir dans mes mains quelques-unes de ses lettres, son bâton de 
voyage donné par son frère, son chapelet et une de ses sandales. 
L'église, richement décorée, appartient au style duxvii* siècle; 
elle est attenante à un couvent de Carmes déchaussés, qui ont 
dû quitter l'habit religieux pour prendre celui des prêtres sécu- 
liers. Derrière la Santa est l'ancien jardin de Cepeda, où 



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104 lKlliL£8 

Thérèse, enfant, s'amusait avec son frère à construire de petits 
^.îiermitages pour y réciter ensemble leurs prières. Je m'arrêtai un 
instant à Tégiise de Saint-Jean, aux fonts baptismaux où saiote 
Thérèse fut faite chrétienne, et j'arrivai au couvent de l'Incar- 
nation situé en dehors de la ville, admirant la joli^ vue sur les 
remparts. Il est occupé par les Carmélites de la preoiîère 
réforme de sainte Thérèse, moins sévère que la seconae. C'est 
là que la sainte prit le voile et qu'elle vécut pendant vingt- 
sept ans jusqu'au moment où elle fonda à Avila môme le cou- 
vent de Saint-Joseph, désigné souvent depuis sous le nom de 
las Madré; aussi y a^t-elle laissé tant de souvenirs que ce lieu 
est devenu un véritable sanctuaire Tout est conservé comme de 
son temps; j'entrais par la porte qu'elle avait franchie, je foulais 
aux pieds le sol où elle avait marché. Les parloirs, petits pour 
les yeux du corps, mais grands pour ceux de Tàme, ont gardé 
ces doubles grilles qui séparaient sainte Thérèse d'un saint 
■ Pierre-d'Alcantara, ou d'un saint Jean de la Croix. On en a 
respecté l'auguste paiîvreté, n'y ajoutant d'autre ornement que 
de modestes tableaux pour retracer les miracles qui s'y sont ac- 
complis :,dians l'un c'est une extase de la sainte enlevéeiao- 
~ dessus de terre ainsi que saint Jean-de-la-Croîx, à la suite d'ijn 
entretien qu'ils avaient eu sur la Sainte-Trinité. 
; Dans une autre c'est une apparition du Sauveur attaché à la 
'colonne de la flagellation et reprochant à sainte Thérèse des 
conversations profanes; ici, dans la chambre dite de la Tn^ns- 
verbération, un ange perça le cœur de la sainte avec un trait de 
flamme, et depuis lors le cœur tout brûlant de l'amour divin 
est resté transpercé. Plus loin est le petit escalier que Thérèse, 
dit-on, tout épuisée par ses austérités, gravissait un jour avec 
peine, quand le Sauveur lui apparut chargé de sa croix, ilui de- 
mandant s'il n'avait pas souffert plus encore. J'ai eu la faveur 
de m'entretenir avec la prieure et quelque^ religieuses revêtues, 
comme au temps de la sainte, de leur robe de bure, de leur 
manteau blanc avec un voile noir. 

. Elles me parlèrent de Mgr l'Evêque d'Orléans, du désir 
qu'elles avaient de voir cet éminent Prélat qui leur avait fait 
espérer une visite dans la pa(rie de leuç sainte fondatrice ; elles 
laltendaîent avec impatience la réalisation de cette espérance. 
Sur leur visage éclatait cette sérénité charmante, le reflet d'upe 
conscience pure. Copimeçt serions-nous tristes, me dit l'une 
d'elles, nous ne voyons autour de nous que des choses qui nous 
' portent à la Raîté. Elles éôniservent précieusement divers objets 
qui furent à l'usage de sainte ïhérese et un dessin de saint Jeao- 
d«-la-Croîx représentant une de ses visions sur les souffi-ances 
^u Sauveur. L'église du couyent est grande, dédiée à l'Incarna- 
tion, avec un riche maître-autel. Une vaste chapelle latérale a 
^été construite sur l'emplacement d'une cellule ou la sainte vécut 



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/»^'A 



r .> 



^péfiiàfllnt plusieurs années avec six religieuses; oo y voit uû con- 
^^feskinnal dont elle se servit. La stalle du chœur, qui semblait 
• 'îâôstik^ée à la supérieure, est occupée par une statue de la Saiule- 
^ Vferge, Sainte Thérèse à son rotourde Rome, prévoyant l'oppo- 
sition que ses réformes allaient susciter dans un couvent habitué 
atlirëlûchement de la règle, mit à sa propre place la statue de 
Itt Vierge et s'assit k ses pieds; les religieuses furent désarmées 
r liêette vue et n'osèrent pas résister. 

'Oôje montai à la cathédrale, bàlie au xii*^ siècle, dans le style 
'l'Oman, lors de la transition au gothique. A rînlérieur, les ogives 
célfthcées avec leurs nervures dorées, sont ornées de magniûques 
-dë^ de voûte sculptées. J'admirai le maître autel et Ics^oiscrie«> 
•àu'eofo, disposées comme à Burgos. Le sanctuaire occupe uae 
'4eë tours des fortifications, il est fermé par de beaux bas-reliefs 
-en^iiiarbre. Deux jolis petits autels en môme matière sont adossés 
i\i\ pUiers de^la nef; je priai devant la statue de la Vierge que 
:hi réformatrice du Carmel adopta pour mère après la mort dç 
célteqni lui avait donne le jour. Pour en garder le souvenir, 
ebdqac année on transporte processîonnelîcment cette statue à 
•la Santa, le jour de la fête de Sainte Thérèse ; la fille vient au 
-devant de la mère et la salue par trois fois, touchante expression 
Ifle rdcnour qui unit ces deux cœurs î Dans une chapelle latérade 
-stMrtîùve le tombeau de saint Secundus, dont la châsse est placée 
^^ttr' iin bel autel à 4 faces. A l'entrée de la ville esirégUse de 
tSan fficente^ bûtie au xi*" siècle, comme la cathédrale, en pierres 
'Xioirés avec des veines naturel! ?, qui semblent faites de la main 
^ës Hommes, échantillon aussi rare que précieux du style roniaq, 
plarfaîtement pur de toute restauration postérieure ; cette archi- 
i0cti^re se révèle tout d'abord au dehors et en particulier dans 
■«Ôfa porche richement sculpté et appuyé sur un des côtés de 
•l^égKse. Le vaisseau intérieur, avec de belles clefs de voûte et i|o 
magnifique maître-autel présente quelques réminiscences de 
rari byzantin. Ce dernier caractère apparaît surtout dans un 
monument placé au milieu de la nef, espèce d*arche ornée de 
bronzes et de bas-reliefs en marbre, soutenue par des colonnes. 
Au-dessous repoaèreni les. ooi^s dea- martyrs Vinceot, Christette 
et Sabine, jusqu'ai^ jour où pour les mettre à Tabri des profana- 
tions des Maures, on les transporta à Bargos ; jamais depuis ils 
n'ont été rendus. Ce monument, ainsi que l'église tout entière, 
fat construit, dit-on, par un juif qui s'élant moqué de ces saints 
nof^rtynç, vît un inonstre prêt à le dévorer. Effrayé, il fit vœu, 
S'â échaçpait & ce danger, de bùtir une église en l'honneur dQ 
CQîiXflu*!! venait de railler; il y échappa, se convertit, éleva cet 
ëaifide, bu une gimple dalle de pierre avec ce seul mot judœus 
inèrque le lieu dé' sa sépulture. Ce trait, ainsi que plusieurs 
autrea de la vie des saints martyrs, se trouve représenté sur les 
bas-reliefs du tombeau. Il était primitivement dans une crypte 



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106 àMÊàjLU 

qu'on peut voir au-dessous du sauctuaire, mids malhmireiifle- 
■lent elle a été retete râtièpeiiieiit dans le etyle moderne. L'é- 

5 lise de.Saint^Vincent conservé aussi les reli(}4iesde8ali4 Pierre 
él Barco ; deux villes se les disj^utaient; il fut eonvenu qu'elles 
afppartiendraient à celle où s'arrêterait uue niule miseeo liberté; 
AVtIa eut la préférence, et Ton montre encore la trace du pied 
de la mule. 

H me restait encore à visiter le couvent de lasMadre^l^ pre- 
mière fondation de Sainte Thérèse^ qu'elle habita pendant Sans. 
L'église dédiée à saint Joseph, ne date que du siècle dernieir; 
elle contient le corps d'un des frères de la sainte, tandis que son 
Ame est au ciel, ainéi que celles de ses parents, oomose sa sœur 
en a en la révélation. Elle possède aussi des reliqpes de la sainte, 
l'écuelle dans laquelle elle buvait ; j'ai feuillejté, non sans émo- 
tion, un livre pieux, annoté de sa main, et un manuscrit de 
saint Jean-de-la-Croix. L'ancienne chapelle, qui servait du temps 
de sainte Thérèse, est assez pauvre, et renferme le tombeau de 
Salcedo, l'un des plus zélés coopérateurs de la réformatrice ; là 
encore, j'ai eu la raveur d'être reçu par la prieure des Carmélites; 
c'est dans le parloir même de sainte Thérèse que je m'entretins 
avec celle qui tient aujourd'hui sa place ; je vis plusieurs reli- 
gieuses groupées autour d'elle, assise seule sur un escabeau. 
Elle eut la bonté de me montrer quelques objets qui ayaieat 
in)partenu à la Sainte, entre autres le morceau de bois sur lequel 
elle Tel '^sait sa tête, pendant les heures de sommeil qu'elle pre- 
nait, ekndu<^ sur le sol. L'aspect austère et ascétique de ces 
Jbrônnes religieuses, m'a profondément ému ; elles parlaient peu, 
seniblalent entièrement détachées de la terre et vivant déjà dai»s 
un monde meilleur. On sentait que si sainte Thérèse n'est plus 
iCi'bas, son esprit est demeuré panni ses filles ; 4^e fut maaeâr* 
nière station à Avila, et pressé par l'heure dvi train si peu en 
harmonie avec l'air qu'on respire en cette ville, je vous quitte 
en vous disant adieu, sans vous parler du couvent, de saint 
Thomas, tout rempli des souvenirs des rois catholiques, pour 
passer de la ville des saints au siège de la monarchie monacale 
à l'Esctirial. _^ G. L. de M. 

LE SACRÉ-CŒUR DE lÉSUS. 

La fête du Sacré-Cœur que le diocèse d'Orléans célébrera 
dimanche prochain, est^ dans la pensée.et l'intention de l'Ëglise, 
une solennité qui tend à raviver en nous le souvenir des souf- 
frances de Jésus-Gbrist, et à ranimer en même temps dans tous 
les chrétiens, la pieté, la reconnaissai]ice et Tamour dont ils 
doivent être pénétrés envers le Sauveur. Mais, dans toutes les 
dévotions qui ont pour fin d'honorer les mystères du Verbe 
incarné, il se trouve nécessairement deux objets distincts, Tjun 



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ftILIGIBVtiS M UTTiAAIEES. *' IM 

extérieur et sensible, deatioé à rappeler <« h réprésenter à MCn 
esprit le mystère proposé; et l'autre intérieiirel spirUnel, aoqtiel 
doivent se rapporter tous nos bonânageBettooles^osaOéolions. 
C^est ainsi que Ja dévotiou aux innqplaiei néusoO^ tout d'abord 
un oI]jet sensible qai n'est autre que tes plaies ellesHnêmes, et 
puis il y a un oï^ spirituel et invisible ; oe sont les crueHes 
dopleurs que ces plaies ont fait souffrir au FIb de Wêû ; e'est 
l'amour qui les lui a fait endurer; c'est la miséricorde et la 

SrÀce (m'elles ont attirées sur nous. De plus, dans cette dévotion 
eux effets correspondent à son double objet; le premier est Tat- 
tendrissement que l'image et la vue de ces plaies excitent en 
nous, et le second est Ul contrition de nos péchés, la reconnais- 
sance et l'amour dont nous nous sentons pénétrés aux souvenirs 
ÛQ ces douleurs et de cette ebarité. 

fit maintenant, qu'est-^^e que cette image d'un cœur couronné 
d'épines, surmonté d'une croix, et environné de flammes, ima«re 
qui fut présentée aux regards de la bienheureuse Marguerite- 
Marie? C'est la représentation éd Tobjel extérieur et sensible de 
cette dévotion, c'est le symbole de l'amour et du dévouement. 
Mais puisque dans le lang^ humain le cœur est regardé 
comme r<H*gane du sentiment et le centre des affections, nul 
autre symbole ne pouvait mieux représenter Tamour de Jésus 
pour les bommes; et il est vrai de dire que sa me seule Mt 
comprendre l'objet invisible de cette dévotion. £t en elM la 
piété ne s'arrête point à une gru^sière peinttre, et ne se limite 
point au cœur inanimé de Jésàs-Ghrist : mais elle le considère 
uni intimement à l'taie et à la personne du divfai Sauveur, et 
par conséquent plein de vie, de sentiment et de connalMance. 
Aussi estncé avec raison et dans un sens vrai qo'on dit du cœur 
. de Jésus qu'il aime, qu'il soufife« qu'il est affligé» méconnu et 
outragé; et encore qu'on peut lut adresser des prières et des 
hommages, des affections et des louanges^ parce que la persènne 
elle-même unie à ce cœur les reçoit très-réeUeraent. L'ofejet de 
nos hommages et de nos adorations en ce jqnr, 25 juin, fête du 
Sacré-Cœur de Jésus, est dont ce sanctuaire divin, sanctuaire 
vivant où s'ailuma,- et rà ne cesse de brûler pour nous le feu 
de la plus ardente charité. C'est ce cœur que l'apôtre nous 
montre, dès le premier instant de rincarnation, désirant le 
biq^téme sanglant du Calvanre ; et sur lequel dans la dernière 
eène, reposa le disciple tnen-aimé. Enfin ce même cœur nous 
révéla sur la croix son inépuisable tendresse par l'eau et le sang 
qui devaient en être àAv& son Eglise le touchant et perpétuel 
témoignage. 

Ne soyons donc pas surpris de ce qu'on offre au culte et à la 
piété des fidèles le cœur matériel de Jésus ; car nos sens et notre 
imagination ont besoin de se reposer sur un objet sensible, et de 
plus n'oublions pas que ce cœur, comme organe corporel, est 



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|r la dîvtoité^iKétfinioifln' IHott^mloiv Jbmiellë de f^sé ëst^'îâue 
QOU& péeélrionft aut-Mli:de <oésr?oited dé la ebair, et:ciué*tAus 

-' , jMtssiona aux seotimonts dool ta s«i&to Ahiê de Jé^uk rciti affëdee, 

îo et doQ( sotn iXBBh.ëft le topcfadnl i^ytnbèM et 1-aiifnabIe fë^èbu- 
ivenîr. €ar elle ne sàtlriit' être irièiglïiaaûte filax^rè^rd^^les 

t. hemoie^, t)i Afide^aûcoiitect de» leui^-tmuiis rintoge dii'ëœur 

, tde celui que rambup àfait deheendre âeé eiéut p6u\r ^HéHdre 

^otretMturef eMpoui^eous raetieter de la malédiction étèi^l^e. 

X^a vue seule de cette image sacrée' nous rat^eflè le ptus^ë^n- 

, paat prûdige^derla chaHté divfhe,* et le'ioofcuf ^liWIé répfèëcifcte 
nWt pae seuleitieiii le sji^bole de fatfiour, il en "lest sùilbUi^le 
centre féeoi^d, teloyer^Ardent^t teiource iiitaHésâble, 
Celte dévotion a été sous u«e iofvmè ou sens tiae ïtutrç'' âftle 

.. de^tQuSv les saj^l$s' car ils ne se(nt «anctfRés qu'en se>éii4ant 

semblables àrJé^uër^tibmt Nous tetrouvon^^dès lors le é^^Ttë^flu 

_ Sa^Bré-Cieeor au beroèauMde rélylfse^ et n^e pouvons dh '.stilÇre 

, ^9^\ les, prenoéelrs siècles v les traces càcbécs, de* tnéme que' flans 

le^siQyeaHàgeinous lOûDstàitohs'test pvcfpfiétiitM^s pt^^éntîrA^ts 

ide sop rapide ft^>uiiSver8elidéveto^ttient.^^Mà!^ c'ëtafVà ceaf ^- 

irufers teinpS"»qHeî'leiSefgneurTë»emît celle diffusion nië^J^l- 

Jeoiequidevaif donner au culteduSal^é^flôur lintiàràctère Hifiit 

t^édal deééiQuementelt dérépafsAiOD. Ce^qull.7^ dotii^ïu 

. ^£^8<ette dévotidn, nfest'donc^uela fouPtae j)attîcti!îère ijii^We 

^ r^véii*iejiet.l'eiâenMon vMnieïit^i*prdriatlte qu^ëHe a drisè'à 

-ime rmiQiB délertmnée paifilèttWJi^emettl de cetÈépHl .dîViiiiflii 

j^iri^;/» inftpbis^ctt aésiste l'égltee*6ai* l'église; seule entre Hélilfes 

.|e& iaatitutiOBi, ntius {iré^^nle le double 'pbénoh^ènë^d'&^e 

;|d^tité jaonatàn^ct'd^an épamudés^tnent pei'pétuel. Oàrr^ s6n 

t^ognpte> eHe,68£f&QnluaUe comffié'hi'téHté : triais' dàtis sa ilm- 

;^9fjne„ eUe ipifssède des sèurées iâédulëatites pour se oônfoi^rtif^r 

lla^ariabiKté des peji4>Ies etflesisiècies. C'est là tout le selél^t 

4e4a(&a&aance slÉtéfissivé dès divers dévottoèsléflles àpparày- 

fl^Bt iCQUttntec'sa mo^ tomèéduôlël, selon lës'beàôins et les 

JapgQfS de lilmniftiltté.) Bbl quiim Vattstebéràiil ëfu; cfulte^K^ 

lOfleurde Jésus^ et 4(ii(lnWma»tt ee dWincdBur'q^iiiôus a tySt 

^^^^slicar^ise eu}te!esfcie'sallit<et yef$j[)é#kncé des J'oùt^'hiïiu vais 

ÎùmoMs JTivoisssti^ ift}dèîiniàreëfldsiim des^iftéttcordes diVitig^. 
.'^estîflouftq»oî^!écHop9l-nous)ayecTéaitlt'ï'i»ûn^oîsdè'8ales : n^3e 
.yH^i^i-ret je oioiurrai'Sicifie 'coeur '4e 'iéisùs: ni fa vie, ni la îiifart, 
d3eb9ieis)é^rel*^Qi jaaiaîideilQi. O^Sautëut* des ârtië^, -Kilt^s àtïe 
iijOUSvobtantioM *]toiit l'anKils t Vive Jéskis que j'aiitte î J'aîmte 
Jésus qui vit dans les siècles des siècles I » 



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kmraraiBs Et Linteiittt. * ^M 

NOUVELLES- 

, ■ l . . ' ^ ' ■ 

Beme d«s S«iiiiînës Belig^ietses. 

Paris. — Mgr Planning, lenouvel Archevêque de Westminster, 
est en ce moment à Paris, où il u eu des entrevues avec plusieurs 
notabilités catholiques. Le successeur du cardida! Wisenian 
inspire à première vue la vénération; sa physionomie, qui rap- 

' pelle le P. de Ravignan, est bien celle d'un apôtre, et il a ren- 
contré icidevivessympalhies. Mgr Manning, a élésacré à Londres, 

' le 8 juin, au milieu d'un nombreux concours d'Ecclésiastiques 
et de fidèles, parmi lesquels se trouvaient les ambassadeurs des 
puissances catholiques ainsi que les représenUnts des vieilles et 
noblesfamilles d'Angleterre appartenantàla foi romaine. Chacun 
rendait grûccsà Pie IX d'avoir donné un si digne successeur au 
Cardinal Wiseman. 

Trois ordinations ont eu lieu dernièremeut à Paris : l'une 
à Saint-Sulpice, par Mgr Trioche, Archevê([ue de Bubylone; 
Tautreaux Missions étrangères, parMgrSohier, vicaireapostolique 
4e la Cochinchinc septentrionale; la troisième dans I église des 

■ Lazaristes, par Mgr Allouvry, ancien évêque de Pamiers. Il > 
avait à Ibaint-Sulpice 196 ordinands, dont 62 soiïfi-di acres, 

' 19 diacres et 27 prêtres; aux Missions étrangères, 4i 7 ordinands, 
dont 57 sous diacres, 22 diacres et 18 prêtres; chez les Laaa- 

' ristes, 45 ordinanÙ3,dont 12 sous-diacres, 1 diacre et i 7 prêtres. 
.Baijeux, — Un induit pontifical autorise Mgr l'Evêque de 

; l^yeux à faire une ordination générale extra tempora à Tépoque 

'où se terminent les cours de théologie du Grand-Séminaire. Cette 
ordination, la plus importante de Tannée, est fixée pour 1865 
au jeudi 29 juin, fête des saints apôtres Pierre et Paul. Une cir- 
culaire épiscopale convoque le clergé du diocèse aux deux 
retraites pastorales qui doivent avoir lieu au Grand-Séminaire 
de Baye ux du 10 au 23 juillet. Ces exercices seront prêches par 
Mgr de Gharbonnel, ancien Evêque de Toronl?>. 

Autnn, — Mgr de Marguerye vient de cousajrer la nouvelle 
église qui a été le cadeau de noces fait à la ville du Creusot par 
M. et Mad. Henri Schneider. Ils en ont pris la dépense de cons- 
truction sur leur dot, fait assez rare pour qu'il mérite d'être 
signalé. On sait que le Creusot est le plus vaste et le plus bel 
établissement de constructions de machines qui existent en 
France, et que la population qu'il fait vivre dans l'aisance par 
1,6 travail dépasse le chiffre de 25,000 individus. M. Schneider 
père est l'honorable vice- président du Corps léirislalir. 

Troyes, — L'église de Jeugny (Aube), est" encore de date 
récente. Au nombre des ouvriers qui travaillèrent à sa construc- 
tion se trouvait un tailleur de-pierres Tippelé Péroche ; ce jeune 



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110 ixUÂti$ 

bomme fut le premier mfurié dans la nouTaHe église, et comme 
les honneurs lui avaient été accordés gratis, il avait résolu 
d'orner la chapelle des fonts baptismaux, aussitôt que sa posi- 
tion Qnancière le lui permettrait. Dernièrement Pérocbe vint 
faire un tpur au pays, et se souvint de la promesse qu'il avait 
faite. Seulement, comme U est à la t6te d'un capital magni- 
fique, il modifia son projet primitif. La tribune de réglise récla- 
mant un orgue, il voulut bien se charger de cette dépense, et 
alla lui-même à Paris pour traiter raiïaire. Lh ne se I>orna pas 
la générosité du donateur. U fit encore à ses frais l'installatioa 
de l'orgue, charpente et menuiserie, et pourvut également à 
l'instruction du futur organiste. 

Nancy. — Nous avons annoncé à nos lecteurs l'arrivée à 
Nancy du corps du jeune martyr donné par Pie IX à Mgr TB- 
vôque, qui en a fait présent au Petit-Séminaire de Pont-à- 
Mousson. La cérémonie de la réception solennelle de ces reliques 
a été présidée par le Cardinal Donnet, ancien Evêque-coadju- 
teur de Nancy, où son zèle infatigable a laissé de si durables 
souvenirs. Plusieurs autres prélats ont également assisté à celte 
cérémonie qui a été fout un événement dans ce diocèse. 

Les feuilles catholiques donnent d'intéressants détails sur 
les fêtes célébrées en l'honneur du bienheureux Pierre Uanîsîus, 
dans les villes où se trouvent des maisons de Jésuites. Mgr TK- 
. vèque de Nancy avait mis sa cathédrale à la disposition dès 
RR. Pères, De cette sorte, une fête qui pouvait n'être qirune 
fête de famille, est devenue, selon l'expression du P, Félix, une 
fête pour la cité tout entière, il y a eu, tous les malins, beaucoup 
de communions, une assez grande afHuence de udjlos aux 
offices de neuf heures, et lé soir, pour entendre le R, P. Félix, 
une foule telle que la catnédrale en contient rarement. Bes 
étrangers, en nombre considérable, prêtres et laïques, se faisaient 
remarquer dans cette foule avide d'entendre l'un des plus grands 
prédicateurs de l'époque. 

Angouléme. — Depuis plusieurs années, êonformément aux 
intentions de Mgr TÉvêque, si souvent exprimées dans ses actes 
épiscopaux, l'on a organisé dans le Grand-Séminaire une série 
continuelle de prières et de communions pour demander, par 
l'intercession de la Tr^s-Sàinte-Vîerge et de saint Vincent, le 
triomphe du Saint-Siège et de la vérité catholique. Les direc- 
teurs du Séminaire ont adressé au Souverain-Pontîfe une sup- 
plique, aGn d'obtenir sa bénédiction et quelques indulgences en 
faveur de cette œuvre. Pie IX a daigné accorder sa sainte bérié- . 
diction aux maîtres et aux élèves du Séminaire diocésain, et, de 
sa propre maîii^ une indulgence plénière aux cinq principales 
fêtes de la Très-Sainte-Vierge, Hûimaculée Conception, fat 
Nativité, TAnnonciation, la Purification et l'Assompljoa dp lia 
Bienheureuse Vierge Marie. , .,, 



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raitaUSES BT UTTilAIlBS; 111 

Bulletin de KouTelles Religieuses. 

— M. Roselly de Longues, auteat' de îa Fie de Christophe 
Çôlomb^ a présenté au Saiot-F^re une pétition demandant qu on 
instruise ia cause de la béatification de Christophe Colomb, 
dans la conviction que les documents historiques qui ont été 
et seront encore ptXMlults mettront en pleine lumière la sainteté 
de ce grand chrétien, animé du désir de conquérir des âmes h 
l'Evangile phitôt que des sujets à TEspagne. Mais quoique 
toutes les précomptions soient en faveur de cette cause, il y a 
des eonéitions de vérification bien difficiles à remplir an bout 
de trois siècles et demi <MJà écoulés depuis la découverte du 
Ndttvéau-Sfonde. 

^ La soBur du chancelier d'Angleterre, Mlle Gladstone, a 
donné 85,000 fi\ à la souscription ourerte pour élever un mo- 
nument à la mémoire du cardinal Wiseman. Elle a promis 
d*affecter à la même destination 25,000 fr. par an pendant dix 
années. Enfin, elle à offert de verser annuellement 25,000 fr. 
j^or luigmenter les revenus du nouvel archevêque de West- 
minster. 

— Il y a peu ée jours, un régiment d'infanterie, se rendant 
KÛB Grenoble à Gap, foisait étape à Corps. Cinq cents soldats, 

dix âfficîers et un colonel ont voulu saluer la bonne Mère en 
pasfiaat. Oa les a tn.^ gravir rapidement les flancs de hx mon- 
tagne, s'agenouilfer à la table sainte, dans le sanctuaire de la 
Saletfe, implorer la protection de Marie, et revenir le coeur en 
paix et «n joie rejoindre leurs compagnons: 

— Un* simple séminariste de Saint-Sulpice a eu la pensée 
d*écri^ tu Pape i^our lui demander de le bénir ainsi que ses 
<6onfrères qui allaient participer à l'ordination et recevoir le 
sous-diacooat. Pie IX a daigné répondre lui-même à cet hunt- 
Jbte miiloré du Grand Séminaire. Et par un rescrit Sa Sainteté 
a. accordé a ceux qui ont été promus au sous-diaconat, à Saint- 
Sulpioe, outre la bénédiction apostolique, deux indulgences 

Slénièi^s à gagner, unelejaur même de TorditidUon, l'autre, 
i première fois qu'ils rempliront leurs nouvelles fonctions, 
-r Aimciation contre livrognetie. Une association approu- 
vée f^iriPielX, qui l'a enrichie de nombreuses indulgences, est 
établie depuis quelque temps dans le diocèse de Rennes. Son 
but est de combisittre l'ivrognerie, ce vice qui est le principe de 
tant de désordres et qu'il est si difflcfle de déraciner. 

— Le Saint-Père a reçu en audience particulière , Omer- 
'Pacba, général en chef de l'amée turque. Le départ du Pape 

Sonrsa résidence d^été, à Gastel-Gondollo, reste fixé au 2 juillet. 
\fk défacbement français, à Capreno, a refoulé une bande 
de brigands sur le territoire napolitain. Les ouvrages suivants 



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ri , , \, T K ■■ ■• s 

112 . . ANHILB» . . . 

ont été condamnés par l'index. — Lettre à Varchevéque de 

, Paris sur la sihiafion de r Eglise ovdiit àt aprUtù. dbnventwn 
.du 15 septembre. --La politiqnê en eonfe&sion, ou JSweyûi»^ 
et Syllabus relativement au Jufyilé de 1865 (en italien) f^ipar 
. 1 Fabbé Mongln. — Mémoires de Scipion Rkci, évéque de Pimie 
(en italien)* publiés à Florence. -- ifatel^ mteni éd,l& Paroisse 
d'après lessai^its canons : laudabilit^rse.suiîecît* 1 . t -^ / 
,^j, — L assemblée générale des assooiations catl^oliques '"ànè- 
j. mandes doit se tenir, cette année à Trêves, à partir du 4tœ|>- 
lembre. Un grand nombre de meiob^reada congrès île: Maliflîes 
doivent prendre part à cette réunion. ; • . . *-. :) -j.- 

— Il vient de paraître un nouvel écrit ïuilinWJ^'Mnéjiter 
.. italien^ di^ à la plume de M/ Loùi3 Yeuillot C'est une réponse 
[[ h la brochure de M. le duc de Persignysur les affaires de nome. 
Cette brochure a été enlevée à huit mille exemplaires dans; l'es- 
pace de trois jours. . ,: . 1 i; ;• 
.— te premier peintre de Bruxelles» M. Oallait, vient d'ache- 
ver un magqifique portrait de Pie IX qui f<iit4'admiiaitio9i:4|ss 
artistes, tfn'e commission s'est aussitôt formée pour. riKsbcCer 
par souscription, et l'offrir au Saint-Père «uiiDom délteut le 
pays. Ceci rappelle le superbe prie-dieu offert de môjine .ilirjies 
catholiques français il y a quelques aanées, et que Pie U cctii- 
serve précieusement dans son oratoire. Pie IX vdui&litHiffii^>qn 
témoignage spécial à M. Thiers, yiefltde lui ânvoyer/aa tatou 
magnitîqne, que le nonce a été chargé de lui reihetitre» CXiàaùe 
M. Thiers a un goût j) renoncé pour les beaustr^aiiôietiql il'im^ 
sède une très-riche collection de gravures, le Soùveradn-Pon- 
tîfe lui offre cpmme souvenir, toute une série de ehefe^dVBOvre 
chalcogi:aphiques, représentait les ceuvççs hi plus ciièbre»^ 

la grande peinture religieuse; ' , .. / ^y. 

' . ■— C'est le moment des pèlerinages institués en rhônnéiir 
du bienheureux Labre. Le peuple se mofitte très-zélé pour oette 
dévotion nouvelle; la gloire et les vertus de notneJ>ieafaeqlràx 
Labre, qui ont pris racine dans la pauvreté* senÂknt.luiétecplqs 
sensibles. La ville d'Arras reçoit de beaux exemples.^ une &rte 
impulsion, et elle en profite. Dimanche^ dès 1 aube -du jour, une 
masse de près de cinq cents hommes, arrivés pou/ II» jUnp^r* «te 
Béthune, se pressaient à la porte de la cathédrale. Depuâs céfielft 
et excellent début, chaque jour des groupes oonsidéralfles^ de'ptf- 
lerins traversent la ville pour se rendne è.la cathédrale. €hti^pite 
soir la foule remplit. la basilique pouir. entendre lapdrolede 
M. l'abbé Codant, qui captive son auditloire aVee une .retnii^ 
quable puissance. Enfin, le bienheureux, Labre iiblieet^ daDS'»ie 
diocèse d'Arras^ sa patrie terrestre, uneipûpulafitéqui se prii^ 
jprtionne à l'humilité de sa vie. ,»/• •/ . •.- "b 

^' — Un célèbre sportman français, M. de Lagrange, vient de 
gagner le premier prix aux courses anglaises d'Epsom avec son 



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RELIGIEUSES ET LITTiEUEES. 113 

cbeval Gladiateur, C'était aatiiomphe hippique sans exemple. 
On en a parlé et on eu parle encore dans tous les journaux de 

•l'Europe. M. de Lagrange y a fait un bénéfice très-large. Il en 
a détaché 2,500 fr. pour les offrir à un de nos ordres religieux 
'^uî élève une église à Londres. Huit jours après, dimanche der- 
nier, le niême M. de Lagrange, avec le même Gladiateur ^ a 

^ gagné le grand prix de cent mille francs aux courses du bois 
de Boulogne Donner à Dieu, c'est encore s'enrichir. 



Faits DiYers. 

— La petite secousse de tremblement de terre ressentie près de 
Gènes et en Belgique, s'est fait sentir aussi en Angleterre où elle 
a été précédée d'une détonation. 

— Le chiffre total de la vente des objets d'art de M. le duc de 
Morny s'élève à ^,022,750 fr., ainsi divisés : 1 ,690,200 fr. pour 
les tableaux ; 32S,550 fr. pour les objets d'art et de curiosité. 

! La vente dfô chevaux dont se composait le haras du duc, à Viro- 
i!ay, a produit 161 ,825 fr. On construit en ce moment au Pèie- 
i>Lachafee le tombeaa du duc de Momy. Ls travaux s'étendent 
rSUP 42 mètres de terrain et sont exécutés d'après les dessins et 
projets de M. VioIIet-Ie-Duc, On dît que la décoration du monu- 
ment funèbre sera très-sobre et de la plus grande simplicité. Son 
-prix nedéj)assera pas 50,000 francs. 

. • —^La croix de la Légion d'honneur, conférée par l'Impératrice 
%Mlie Rosa Bonheur, artiste distingué, :. fa: t rcci lilIiciI-^ pré- 
cédents. Ils tOnt plus nombreux qu'on ne le supposait. — Antoi- 
nette Glûvél, dite Saint-Huberti, célèbre cantatrice, née à Toul, 
•qaittà lé théâtre pour épouser le comte d'Entraigne. En 178^, 
M. et Mad. d'Entraigue se vouèrent au parti royaliste et ne récu- 
rrent devant aucun péril pour servir cette cause : Mad. d'En- 
traigne reçut de Louis XVIII le brevet de chevalier de l'ordre de 
-Saint-Michel. M. et Mad. d'Entraigue furent assassinées à Londres 
Bn'18f2. — Le Roi Charles X avait accordé cette distinction à la 
stéor 4e l'héroïque enseigne Blsson. — On a vu la croixd honneur 
Mier sur la poitrine de plus d'une vivandière du premier empire; 
elle avait été donnée par Napoléon à la Soeur Marthe ; elle Ta été 
sons Lotos-Philippe à la Sœur Rosalie; enfin, elle l'a été en 18i9 
à'ia. Sœub Massin. supérieure de l'Hôtel-Dieu de Compiègne, 
dévouée^ depuis cinquante ans, au service des pauvres. Sa mo- 
destie refasait cette distinction ; en vain la Sœur Massin montra 
la croix de son chapelet au président de la République et au 
^éral Ohangatnîer, qui l'accompagnait alors ; il fallut céder à 
ton ordre formel. — En 1852, semblable récompense fut décernée 
Jila femme* d'an maire de villag^e dans le Berry, qui, gardant sa 
maison pendant que son mari présidait aux élections de décem- 



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lU iHHlUtS 

bre, eut à souteDir contre des malfaiteurs une lutte dans laqaeîl« 
elle fut grièvement blessée d'un coup de poignard. 

— Le gouvernement romain a expédié à Paris les fonds pour 
le payement prochain du semestre de la dette pontificale. 

— Il est arrivé dernièrement au Trésor des fourgons contenant 
126 caisses de piastres mexicaines qui viennent du Mexique. et 
qui représentent 2,031 ,463 fr. 

— Le nombre des maréchaux est de six en temps de paix, mais, 
par suite de nos diverses expéditions, il avait été porté à dix ; la 
moi*t du maréchal Magnan réduit à neuf le nombre actuel des 
maréchaux, qui sont : les maréchaux Vaillant, Baraguey-d*Hil- 
liers, Randon, Canrobert, Regnauld de Saint-Jean d'Angely, 
Mac-Mahon, Nicl, Pôrey et Bazaine. 

— Un événement étrange s'est produit à THippodronie. Le 
serpent boa était dans sa cage, attendant le lapin qu'on lui donne 
en pâture. Le lapin ne venant pas, le boa s'allongeait, se pliait 
et se repliait sur lui-même, puis s'élançait contre \€ treillis en 
fer. Une des mailles se rompit, et le terrible animal parvînt à se 
glisser dehors par cette ouverture. Il tomba sur l'estrade. A sa 
vue, des cris dépouvante retentirent de tous côtés ; on veut fuir, 
on se heurte, on tombe, on se relève pour se heurter encore, les 
habits, les robes sont déchirés, les épaules sont meurtries, et 
cependant le dompteur avait ressaisi le monstre et l'avait réin- 
tégré dans sa cage, avant qu'il eût pu dérouler tous ses anneaux. 

— Le Newcastle-Chronicle signale un cas extraordinaire de 
léthargie. Un enfant de douze ans, avait mangé avec excès de là 
tarte à la rhubarbe. Une indigestion se déclara qui fut combattue 
par les moyens ordinaires, mais sans succès , et l'enfant suc- 
comba. Le père fit sa déclaration de décès , et le fonctionnaire 
exigea l'autopsie. En conséquence, deux docteurs furent commis 
pour ce travail, et accompagnèrent le père à son domicile. En 
arrivant à la maison, le père et les médecins rencontrèrent l'en* 
faut debout à la porte, comme si rien ne s'était passé. L'enfant 
s'était réveillé après un sommeil de trente-six heures. Les parents 
et les amis convoqués pour les funérailles ont assisté à une fêt6 
de renaissance. 

— Il circule dans Paris deux photographies qui éveillent une 
vive curiosité : celle du président Lincoln et celle de Booth, son 
assassin. Ce qui frappe dans le portrait du président Lincoln, 
c'est d'abord la fermeté et l'énergie. La simplicité rustique de ses 
traits, est relevée par l'ample sérénité de son front et l'expression 
de ses grands yeux profonds, où se traduisent l'haMlude du tra- 
vail, la méditation et une puissante volonté. Booth, lui, est 
jeune, 25 ans au plus, et beau ; son regard est net et d'aplomb, 
son front haut ; il est élancé, svelte, élégant, ses cheveux flottants 
s'épanouissent en masses gracieuses ; l'expression de ses traits 
est fine et résolue ; dans son regard brillent tout à la fois l'en- 
thousiasme et l'exaltation. 



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KBLIGIErSES ET LITTiRAIlBf. 118 

LOIRET. 

— Dimanche soir a eu lieu avec la solennité accoutumée 1« 
procession générale de la Fête-Dieu. 

Mgr i'Evôque, qui avait célébré pontificalement la grand'messe, 
officiait encore à cette belle et majestueuse cérémonie, qui ne 
s'accomplit nulle part, avec plus de pompe, et avec un ordre 
plus parfait qu'à Orléans. C'est là le témoignage spontané que 
se plaisent à nous rendre les étrangers qui sont témoins de ce 
religieux et édifiant spectacle. Ils comprennent alors que la 
dévotion profonde-envers la divine Eucharistie dont ils ont sous 
les yeux l'éclatante manifestation, doit être la source et l'ins- 
piration de cette charité orlcanaise devenue proverbiale dans 
toute la France. ^ 

Une foule immense se pressait avec respect sur tout le par- 
cours de la procession et autour des trois reposoirs qui avaient 
été disposés sur différents points. 

Le premier s'élevait majestueusement sous le portique du 
palais de justice. Son ornementation mise artistement en har- 
monie avec l'architecture du monument, était grandiose et de 
bon goût. 

Dans la rue Bannier, up autel splendidement décoré de fleure 
et de candélabres, était placé à quatre mètres d'élévation sur 
une estrade à double rampe, sous un magnifique baldaquin eo 
velours rouge rehaussé d'or. De la plate-forme à balustres sur 
laquelle vint s'agenouiller le Prélat et les officiants, le regard 
planait, depuis l'Eglise de Saint-Paterne jusqu'au Martroi, sur 
une multitude incalculable de spectateurs qui remplissaient la 
rue. Le moment solennel de la bénédiction, surtout, offrait un 
de ces spectacles qui saisissent l'àme des plus indifférents eux- 
même. 

Ce beau reposoir aux proportions grandioses avait été disposé 
sur le trottoir de manière à n'entraver en aucune manière la 
circulation. La richesse, Télégance de sa décoration attestaient 
la part active qu'avaient Au. y prendre toutes les personnes du 
voisinage dont l'obligeance et l'empressement pieux ont été 
admirables. 

Une troisième station avait été préparée dans la cour même 
du Lycée impérial. Le reposoir affectait les formes d'une char- 
mante chapelle gothique, à laquelle on arrivait par une allée 
d'arbres verts, ornés de guirlandes et de fleuis. 

Pour la rentrée de la procession dans la cathédrale, le sanc- 
tuaire avait été illuminé d'une multitude de cierges disposés 
au-dessus de l'autel avec un art véritable ; leurs flammes scin- 
tillantes reproduisaient le portique de Sainte-Croix surmonté de 
ses deux tours et de son élégant clocher. Toutes les lignes des 
arcades du sanctuaire , depuis leurs bases jusqu'à la galerie 
étaient tracées en sillens de feu. L'effet était admirable. Cette 



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116 ÂimiLBS 

^Èàbile décoration fait grand honneur au zèle intelligent des 

employés de TEglise chargés dû m\n de Tautel. 

. La solennité du Très-Saint-Sacrement, a donc étét^coname 
■ on le voit, une de ces belles fêtes qui contribuent efflcacemeat 

à ranimer la foi et à relever le sentiment religieux dai£9t les 

âmes. 

BIBLIOTHÈQUE DES BONS UVRBS. 

Sf gr TEvêque d'Orléans a recommandé cette excellente œuvre 
en ces termes : « Il existe à Orléans, dejpuîs plusieure janné^, 
^* une Bibliothèque de bons livres, formée par les soins cSTUne 
f association chrétienne. Nous engageons MM, les Ecclésfastî- 
^ ques et tous ceux qui le pourront à profiter de cette fiaicilîté 
« qui leur est ainsi donnée, pour lire à très-peu' de ft*aiâ; iune 
«quantité d'excellents ouvrages, que leurs ressources ne leur 
« permettaient pas d'acheter. Nous les prions en môme temps 
« de contribuer par leur conseil à faire connaître de plus en plus 
(Mes bons livres. » 

Cette Bibliothèque, qui fonctionne depuis vingt ans, se com- 
pose déjà de 5,500 volumes comprenant tous les ouvragée' I^ 
plus remarquables en religion, philosophie, histoire, mémoj^, 
biographies, sciences, littératures, mélanges, nouvelles. jS^lc 
s'accroît chaque jour par raéquisition de tous les ouvragés 
intéressants qui paraissent. C'est un établissement qui a rendu 
déjà dimportants services et que plue d'un étranger nous enVîe 
icn l'admirant. ' / - * ; / 

Un comité la dirige, examine avec grand soin tous les livres 
qui y sont admis, et offre aux familles l'inestimable garantie 'dés 
^ctures à la fois saines, intéressantes et instructives. 

Les hommes du monde, les jeunes gens, leë jeunes personnes 
qui veulent s'instruire et se délasser, ainsi que les Eccléslasijtf- 
qnes et les chefs d'institution, trouvent dans Cette Biblîptl^èque 
{ ks ressources les plus étendues et les plus précïeusèis. 

' Elle s'offre à deux catégories de lecteurs. Jusqu'ici les classes 
plus éclairées en ont presque exclusivement profité, et, moyèif- 
nant un abonnement de 12 fr. par an ou de 2 fr. par mois, 0/ès 
ont eu à leur disposition des livres qu'elles n'auraient pu se pro- 
curer qu'avec beaucoup d'argent et de recherches. '" ;' 
- Désormais les classes populaires sont appelées plqs large- 
i ment à en user. Un abonnement spécial et à prix réduit «si 

1 créé pour elles. Les livres intéressants et Utiles [pourront péjûé- 

1^1 trer dans les ateliers et y remplacer les lectures dangereuses et 

î malsaines qui y ont trop souvent couru. BIM. les Curés àe là 

fj ville, les Eccfésiastiques et toutes les persoiines dévouées àïa 

';; propagation du bien , sont instamment priés de favoriser ce 

mouvement -et d'aider ainsi à la diffusion deë saines doctrines 



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âELIGIEUSES ET LITTÉBIIIBI. 117 

La Bibliothèque des bons livr€s^}e^x piTrira toutes facilités pour- 
atteindre ce but et pourra remplacer les bibliothèques parois- 
sialfs! quiifonlfitRq) jdéâuit^date ndfre ville. Il y « là Art Meo 
con^iâéi1i&l6 àtfintfei pDnir leqoel bti ^lame te ^oncour^ de tom 
ceux qui colhpt^enoeQt rimpèrtance àe lutter contre le mal, ri 
babile de séduction et si puissant en ressources à notre 
époi|ljie< • ' ; ii-, r.!-' -.'-^ '• 

Làlffibiii9tAè^é d&bons /t«rd^, sise depuis plusieurs années 
che^M^ BlaiH^ban], riie fianiiier, est, k partir dii 24 juin, trans- 
îéréf^ rifedulEelmibiterf 7;, dans, un vaste lootl, sttué^u pre- 
mier, et de Tabord le plus facile. 

E^leieapère 9un,toafi;0eux qili la oooiiaissent lui demeureront 
fidèl.e«;:et lui p^ô^erodt (éur apipul pbnr maintenir et augmenter 
le bien ^l^-eili© a gour;but de .réaliser. ; ' " 

BUUï;TI» ORliAHAIS. 
■ . totiaaTSows'.-'. ■ i •• 

— Sont^ nommés r M. T\^tiry, ancien Proviseur d'Orléans, 
Recteur tie l'A êadémie de fiouaî; M. Ducrol, général de brigade, 
commandadt^ la ôlibdfviçîon Iflè Nféd^ah, général de division; 

..Mlleî'eidtidal, i^ëelrëusedé^ )p6^tes à Lorris; M. Adam de Pla- 
mare, à Nogent (fi\ire*et^Lolr). 

BENSEIGNEMEJSTS. 

— Les épreuves écrites «t orateê nurcmt lien pour les aspi- 
rantes aux fopclions £fe l'enseignement primaire, le lundi 31 
juillet à sept jëures précises du matin, àlTiôtel delà préfec- 
ture. p6yr i;es aspirants, le jeudi 3 août; à la même heure, et 
pour Iesf:^spjr/ai;i,tes awx fonctions de directrices ; de salles 
d'asile, le lan(ii7.;août» 1 i 

— tés examebs ^es candidats aux bourses dans les Lycées 
et Coîîég'^s auront lieu à Orléans,' eft Thôtel de la Préfecture, 
le lundi 13 juillet, à huit heures du matin. 

Les inscriptions devront être prisés au secrétariat de la Pré- 
fecture le 1'''' juillet au plus tard. 

— Les nouvelles du pays vignoble sont excellentes. Dans les 
environs d'Orléans, on voit des raisins. dont les grains ont déjà 
la grosseur do petits-pois. Les vignerons n'hésitent point à 
comparer Tannée 1865 à 1822, anqéeoélèbre où Ton vendengea 
le 20 août, et qui produisit des vins déliôiléuX. 

— Le 1*^" tirage tjes Obligatioi]S mexicaines aura lietJ publique- 
mentiilé 3 juillet prochain, dans la salle Herz, rue de la Vic- 
toire, «1° 48, à une heure et demie précise. Les Obligations 
désignées par le sort seront remboursées de la manière suivante ; 
La l'* piigation, à 500,000 fr.; les 2 suivantes, à 100,000 fr. 
chacurfè ; lès 4 suivantes, 50,000fr.; IjesOO suivantes, 10,000 fr.; 
les 756 dernières, 500 fr.; les 823 Obligations recevront done, 



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118 ARRALM 

l,8l8»000 fr.^Les porteur» d'OUigations «mi prévenu que l€S 
certiAcats libérés intégralement et les certificats libérés do S^wr- 
semant de 80 fr. participeront seHb au tirage du 3 juillet 
prochain. 

— La Société d'Horticulture d^Orléans, fera cette année sa 
34* expo^tion, du 6 au 10 septembre, dans TOrangerie da 
Jardin des Plantes. Elle y convie tous les horticulteurs et ama- 
teurs sans distinction aucune, et notamment les membres de la 
Société. 

— Le thermomètre centigrade de la maison âropé , rue 
Royale, marquait mercredi à trois heures, 30 degrés 4 dixièmes. 

~ C'est le mercredi 21 juin qu'a fini le printemps et que l'été 
a commencé. Déjà les jours ont cessé de croître. 

— La compagnie du chemin de fer dii Nord vient dé réaliser 
une heureuse amélioration réclamée sur toutes les autres lignes 
de chemins de fer. Chaque jour il pari de Paris à huit heures 
du matin, à destination de Calais, un train de grande vitesse 
avec voitures de première, de seconde et de troisième classes. Dans 
raprès-midi il part de Calais également avec des voitures dte 
toutes , classes, un train de retour qui arrive en gare à Paris à 
huit heures du soir. Ces deux trains effectuent une moyenne 
de 50 kilomètres à Theure, , 



CHRONIQUE RELIGIEUSE. 

— Mercredi dernier, Mad. Bureau visitait le Pensionnat de Nazih 
reth. Après avoir examiné ta chapelle et son magniGque tapis, par> 
couru les cours et le jardin, Mad. Dureaa s'est rendue au salon, 
où elfe a trouvé de charmants petits enfants, qui lui ont adressé 
quelques mots et offert un joli bouquet. Une particularité des plus 
gracieuses a marqué cette visité. Après quelques paroles flatteuses 
adressées aux jeunes enfants, dont la tenue irréprochable et Tair de 
santé avaient frappé Mad. Dureau, le jeune Albert, fils de M. le pj*éfet, 
a quitté le fauteuil qu'il occupait auprès de sa mère, s'est dirigé 
spontanément vers le plus jeune pensionnaire, qui avait été l'objet 
de compliments personnels, et l'a cordialement embrassé!.... 
Touchante et délicate attention, qui prouve que l'enfant peut pré- 
luder de bonne heure aux habitudes de bienveillance lorsqu'il en 
reçoit de nombreux exemples au sein de sa famille. 

Saint- Pierre-le-'PueUier. — Adoration perpétuelle, solennité de 
saint Pierre et saint Paul , Mémoire des Saintes-Larmes et premih'e 
Commumon, — Dimanche 3 juillet 1864, Messe de première Com- 
munion, à 7 h.; à 10 h., Grand'Messe; à 3 h., Vêpres ; Consécration 
à la sainte Vierge entre Vêpres et Compiles; à 7 h., Sermon et Salât, 
solennel du Saint-Sacrement. -- Lundi et mardi, première Messe à 
6b. du matin, Exposition du Saint-Sacrement, Instruction en forme 
de Méditation; à 8 h., seconde Blesse; à 10 h., Grand'Messe ; à 3 h., 
Vêpres et Complics ; à 8 h.. Sermon et Salut du Saint-Sacrement . ^ ^ 

La retraite préparatoire à la première Communion el les Sermons 
de l'Adoration perpétuelle seront prêches par un Père de la Maison 
do Saint-Euverte. 



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BEUGIEIISE8 ET LITTÉEAI1B8. 119 

^ — M. rabbë^Loyson, prêtre Orléanais, incien professeur tu sémi* 
naire de L» Chapelle, ooeieur en théolofie. chanoine honoraire de 
Troyes, frère du R. P. Hyacinthe, carme déchaussé, yieni d'être 
nommé vicaire à Sainte^otilde de Paris. 



rèkrfnage en Terre-Sainte. — L'Œu?re des Pèlerinages en Tenre* 
' Sainte prépare un nouveau départ, qui aura lieu au mois d*aoât pro- 
chain. Il importe, pour la bonne organisation de la caravane, que les 
personnes qui voudraient en faire partie se fiassent inscrire dès à 

ë résent On peut s'adresser au bureau des Ànmales, ou à M. Paul 
trandon, rue de Furstemberg, n* 6^ 

-— La nouvelle édition des Coi de Conscience sur les libertés jm- 
hUques, par Ugr Pariais, évèque d'Arras, Tune des gloires de 1 Or- 
léanais, produit une grande sensation. 

- VAsswtance au prône. — Nous pensons qu'il est utile derafipeler 
les indulgences suivantes : Benoît XIV, par son décret du 31 juillet 

• 1756. a accordé une indulgence de sept ans et sept quarantaines aux 
fidèles qui assistent au prône de leur paroisse, il y a même, pour 

: l'assistance au prône, une indulgence pléniére que Ton peut gagner 

. aux solennités de Noël, de Pâques, des apôtres saint Pierre et saint 
Paul, pourvu que Ton se soit confessé et que l'on fasse la sainte com- 

^ munion. Pie VI, par décret du 12 décembre 1784, a confirmé les in- 
dulgences ci- dessus, et a même étendu Tindulgence pléniére aux jours 

; de rEpiphanie et de la.Pentecôle, toujours aux mêmes conditions. 

* Ces indulgences peuvent etisfsi être gagnées par le prêtre qui fait le 
prône. 

Saint-Euverte. — La réunion de TŒnvre apostolique aura lieu le 
mercredi 2SB juillet. A 8 h., la sainte Messe, suivie de rinstructiea 
et de la Bénédiction du T.S. Sacrement. 



Pour tous les articles non signés et pour toutes les nouvelles» 

Vabbé 6ÉL0T. 

■er^strlale d'Orléans. 

ORLÉANS, 17 juin. 

Cote officielle. — Froment. Th., Ire 1680, te 1571, Se 15 »». — Métett 
1" 14 76, 2* 12 06, 8» 10 50. — Seigle Ire 8 50, 2e 626. Se 8 »». — Orge 
Ire 9 ♦«, 2e 6 79, $• 8 75. — Haricots rouges Ire qté «« ««, 2e «« ••, 
le «« «a; id^ blancs Ire «« ««, 2e «« ««, de «« ««. — Avoine, Ire qté 9 25» 
2e 8 53, 3(f 8 ««. — Foin, le myriag.. Ire qté 1 21 , 2e 1 08, 3e 90. — PaUl^ 
Ire qté 75 c.» 2e 70 c, 8e 60 c. 



Donrse An %% «iiilii* 

3 p. 0/0 aneien . . . 66 35 

4i/2p.l00 .95 65 

Fin eoarant 6630 66 37 1/266 ^ 

EmpniDt italien ... 66 721/2 

lioKHér. ......... 725 - 728 75 

Crédit Espagnol... 463 75 

Orléans 316 25 



Nord. '1068 75 

Est -W«- 

LTonetMéd... —810 — 

Wdi —57875 

Aatrichien — 413 75 

Lonbards -486 25 



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Etat clyll AH^lémnih 

^fiûhlieations de mariages du dimanche 18 juin ^HTiit ; . 

M. ^éx^Hire Bunel, tissiiivr m cputerUire^^ el Mlle Àthaiùiï»-^'dfiiie • 

TôUi-neur^ lÎHçère. " " *] [ :«'• '^' ■ • 

M. Aifexàtadre-Théodore Coisnon , sabqtier, et M^e EméUe-AlfMPilnite 

Lion, coulurière. 
M. Théophile- Amédé Rousi^au, nettoyeur. au cbemin de fer^ et.MUeJ^x^- 

CléiH'mtlhe^AuréUe Breton, piqiieuse de Wttines. 
M. Fnoiçdiik^Euigèile Bo^àj^uerod, domestique, et MUc^ MarceUne-Eupbrnie- 

AdèU Yemçt, femme de chambre. .• ' ^ ^ 

M. ^eQrftj'uiQS G uérawlt, docteur en médecine, chevalier de la Légion- 

d'ifpnqeur, ireuf de Mad. Mariè*Adélàîdé-Gééilé Pap4n, et MUe Bérthc- 

Joséphine Crozal, de Tours (Indre el-Loiife). ' ' . 

M. Emile-Jules Lafage, peintre en bâtimentsyrt Mlle Anne-Vtctoire Gauguin, 

coutugèn^* A ,'. ..,■ \ \ . :, ! ' • . 1 - 

M. Désiré- Adrien Yincent, garçon boulanger, et BiUie .JodM^ihln6-£^]>lbi6^Bé^ 

Planchard. ' . 

M. Jeau-Henri-Antoine Tart, négociant^ veuf dje Ma rie- Anne-Pauline Jaccotin» 

et Mad. Anne-Pauline Diot, marchande dfi yolaillei, ; ycuvç dc( M. 'Pailla 

Charles-iGermaip Robert, peintre en Ijkâ^tnents. f . , 
M. (3haWteiÉmi!e Lolrge, employé d'octroj^ et. Mlle Marte-rADHia . Giril||é, , 

co<iXUt<èrev' ■'"'.' . ' ' ' f t ;..;... ' 

M. Aa8tol)B->Déstré PàrtChatit, ferblantier, et É^e Agfa^-C^n^Ue'JBf^dinu . . 

'^ ■ ' " Naissxmce», . ■ -i • ;. ,!^«.>/ ■ • •*; • ' 

DnpHis, Louïse-Félicie, rue Croix-de-Bois. .-.'.. • ' 

Rocher, Jeanne-Marie-Célestioe, rue du Poirier. . ' ' ■ ■' 
Bordier, Clémeiice-Léonie, rue Sain te-Calheriue. , , , 

Fortin, Marie-Hubeit-Aiigustiii, rue des Murlins, ; ; . ,..;... 

Yédy, ÎVîarie-Julielte-Alphonsine, rue du Foiir-à-GbaiUX. 
Goiftbhd, Alexis-Auguste, faubourg Saiîil-Marceau. 
"Veliil, Marie-J'eriiaiide, rue de la Charpeulerie. 

Jacquelfnj, R^né-Louis-Désiré, quai du €^telet« ' v v 

Boular^', i"^ovic7Albert, rue Porte-Madeleine. . ' / 

Paget,^lTilîe-Lucie, rue Croix-de-Bois. . . ^ • • 

Guérin, Clémence-Marie, rue des Bouchers. 

M. Samuel Gustin, .sous^dicf de comptabilité du payeur du Loiret, rue 

Bouiigiigne, 26 ans. 
Mad. \;iiro, née Anne-Emilie Dui, faub. St-Macceau, rue /Pfdelle, 57 ans. 
"Mad. Lebrun, née Victoire Mulard, rue du Colombier, 44 ans, . . ^ 
Mad. Marie Barbes, en religion sœur Cornélia, religieuse de- là congrégation 

des (jlles de la Gi*oi|;. StnAn^cé^ cloître Samt-Aignan, 42 ans. , . , • 

Mlle Eviiestine Rou^au, façfe. St- Vincent, venelle Chai^oiinière. tO;a'. ~ '^'^ , 
M. JeanJÇ"rayçQss Grégoire* jouit)alier, feub. Badtiier, 6t'ans. \ ". 

Mad. t^a^h^r, née Victcùre-Pautine-^Fâicité LeiFéfeher, fatib;, Bannier, rue 

des Clpsiers, 36 ^s. ' -. •■ _. /''.." 

Mad. Laiiié, née Geneviève Bernard, rue du Sanitas, 47 ahk. 
Mlle Claire-Sylvie-Françoise Laurent, rue Porle-St-VJncent, 13 ans. 
M. Jean-Ambroise Doré, journalier, rue de la Poterne, 60 ans. 
Mad. Fromentin, née Louise-AugMîne-Véronique Dubois, faub. St-Marceau, 

quai Nerf/ Î6*ans 

Mad. Bouh)iâ,-née Marie-Thérèâe- Angélique Duneau, faub, Bannier, 63 ans, 
Mad. BeaÏÏ^^u^ née Ernestiné Happait, faub. Bannier, me de la Gare, 19 a. 

ti propriétaire-géromt, L'Abbé GELOT., Chan. Hon. 

ORLEANS. IMP. ERNEST COLAS, VIS-A-VIS DO MUSiE. 



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ANNALES 

RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES 



DB LA 



VlIiliB lÉV BIT BÏOCÊSfi Ù*OtlIiie!A.li« 

Paraissant Uktis les Samedis, par Ilyraboa de 24 pa|^s. 



IV« VOLUME. — N* — <•' JUILLET 4865. 



CAIXWDIUEA DE 

S V« DIMANCHE après la Pentecôte. 
-* Fête de SAINT PIERRE et 
SAIP^T PAUL , apôtres (an.-jnm.) ' 

St Pierre , n^ à Bethsaïde, «lls- 
ciple de saint iea(i-*Baptiste, n'hésita 
pas ^ ^ittfic tout pour sttivw i.-C. 
et >*ait,acher à lui. Simon reçut du 
Satfveut te non Symbolique de Pierre, 
la primaaté parmi les apôtres, la 
juridklîon ùaiverseUe sqr l^Eglise. U 
presioa le concile des Apôtres, fonda 
réirlise d'Antioche et vint à Rome oHi 
se trouve encore aujoord hui, après 
i8 siècles de luttes et de vissicitudes, 
le, siège établi par lui, le centre du 
chnftiaiii^ine. Jeté dans lès prisons 
mamertines, iUn sortit le même jour 
que, saii^t Paul, pour être crucifié . 
selon son désir, la tête en bas, le 
29 (uni dô l'aKi 6»>, 

. ^ 1N4 de parents juifs, l'an 2 de J.-C.. 
à Tarse, cité romaine , saint Paul 
nommé Saul, jeune et le plus actif 
persécuteur ans chrétiens, dut sa con- 
version aux prières de saint Etienne 
mourant, ^a vision miraculeuse, 
l'ordre qui lui fut donné d'instnire, 
les nations, son ravissement daasle 
c1eI,.te^.cf)oses admirables qu'il fit 
et qirîl sduffrit ])our le triomphe de 
l'Eglise lui méritèrent le titre et le 
nom de . grand Apôtre, d'Aoôtre 

' des nation». Saint Paul a fonde des 
église iBXii l'Asie-Mineure . dans 
nie ..de Chypre, dans la Galatie, à 
Eptièse, àPluIippes,à Theàsalonique, 

- à Amènes, ît Corinthe. En 58, arrêté 
à lémâalém , il fut enfermé dan« les 
prisons de Césarée. Conduit k Rome, 

' il fut acquitté par le tribunal de César. 



PRIX D'ABONNEMEÎiT 



II visita les églises d*Orient et re- 
vint à Rome vers Tan <U, où il fit de 
nombreuses et éclatantes conversioas 
jusque dans le palais de Néron. Il fat 
décapité hors les mars, le même Jour, 
àia mêoie beurt, et eu vue du lieo oà 
saint nerre expirait sar une croix. 

Cette fête, qui date du premier 
siècle est célébrée par les sebisma- 
mattqnes et même par des sectes pro- 
testantes. Saint Paul v est mi k saint 
Pierre,parcequ*ilsfonaèreBtensemble 
l'Eglise de Rome, la mère et la tête 
de toutes les aMtres; parce qu'ils 
eurent la même ^son,le même juge;- 
parce qu'ils furent martyrisés le même 
jour, è la même heure, et partagèrent 
d'abord U même tombeau dans les 
catacombes. 

Toutefois cette association de tra- 
vaux, de mérites, de gloire, n'établit 
point entre eux une égalité parfaite, 
elle semble au contraire faire ressor- 
- tir la prééminence de saint Pierre sur 
saint Paul : 

Petmg prœit principatUy 
Patilu$ pollet ministratu 
To(éuê Ecckâitt. 

Le même jour, fête de la Visitation 
de la Sainte-Vierge (an.-min.). 

3 LUNDI, office de la férié. 

4 MARDI^fête de l'ordination de^aint 
Martin, évoque de Tours, et anniver- 
saire. de la translation de sot corps. 

5 MERCREDI, office de la férié. 

6 JEUDI, offica <fe la férié. , 

7 VENDREDI, saint Thomas, arche- 
vêque dû Cantorbi'ry. 

8 SAMEDI, office 4e la Sainte- Vierge. 



Oriéans et le Département. 
Paris et les Départements. 
Etranger . 



f. par an. 



OK S'àBOWNE a ORLÉANS, CHEZ 



M.i'Abbé GÉLOT, cloître Stc-Croii, 8. 
M. ERNEST COLAS, Impriniwir. 
M. BLANCHARD, tue Bannier. 
M. GATINEAU, rue Jeanne-d'Arc. 



Mad. FOUCHER, ruû JeannfrTd*A«, ^, 
M. SEJOURNE, rue des Carmes, 41. 
M. GÔDEFROY, rue Royale. 
M. VAUDECRAINE, place du Martroi. 



T. IV. 



Orlcant. — lap. ëhubst Cola*. ris-i-TÎ* da Mvtée. 



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CHRONIQUE. 

Mgr i'Evèque d'Orléans vient de nommer : 

M. l'abbé Pierre-François Boulot, premier vicaire de Notre-Dame 
de Recouvrance; 

M. l'abbé Henri-Victor Focqueau, curé de Montcresson et Cortrat ; 

M. l'abbé Pierre-François-de Sales- Emile Gigou, curé de Boësse : 

M. l'abbé Charles-Marie-Théophile Cochard, cmré de Boiffny ; 

M. l'abbé Emile-Hippolyte Gourdbt, premier vicaire de Châtil- 
lon-sur-Loire; 

M. l'abbé GeorgesLouis-Harie Rouillt. curé de Faverelies : 
M. l'abbé Stanislas-Josepb-Âdolpbe Barré, curé de Mignerette ; 

M. l'abbé Bernard Imbert, curé de Pressi^ny ; 

M. l'abbé Joseph Savajols, cure d'Ondreville. 

— Samedi, 1*' juillet, vigile de la solennité de saint Pierre et de saint 
Paul , est jour déjeune et d'abstinence. 

— La discussion des cas de conscience , pour le mois de juillet, 
aura lieu lundi '6 juillet, à 1 h.. 1/2, dans la salle des thèses. 

La dissertation sera faite par M. l'abbé Garante , vicaire d'Olivet. 

Les objections seront proposées par M. l'abbé Chenet, docteur en 
théologie. 

Le discours sera prononcé par M. l'abbé Baunard , vicaire de la 
cathédrale, chanoine honoraire , docteur en théologie et docteur ès- 
lettres. 



— Dimanche prochain, 2 juillet, aura lieu, dans l'église de Chuelles, 
la bénédiction et l'érection d'un Chemin de Croix. La cérémonie sera 
présidée par M. Rabotin, Vicaire-Général, Archidiacre de Montargis. 

Ce Chemin de Croix, don de Sa Majesté l'Empereur, est dû à la 
bienveillanle intervention de M. le Viconte de Grouchy, notre hono- 
rable Député. 

Œuvre des Filles Domestiques. — La réunion des Domestiques 
aura lieu lundi 3 juillet, dans l'église de Saint-Pierre-du-Martroi , à 
5 heures 3/4 précises du matin. — L'Instruction sera donnée par 
M. l'abbé Billard, professeur au Petit- Séminaire de Sainte-Croix. 



— L'exposition de l'Œuvre du Patronage des apprentis et du cours 
de dessin des classes communales des frères des écoles chrétiennes , 
ouvrira dimanche prochain, 2 juillet, dans l'une des salles de la maî- 
trise, et fermera le lundi 10. — On pourra visiter le travail des élèves, 
tous les jours , de 11 à 7 h. du soir. Nous attirons surtout l'attention 
des visiteurs sur les dessins de machine relevés et dessinés par les 
jeunes gens et les enfants. 

Bibliothèque des Bons Livres. — Une erreur a été commise dans la 
circulaire qui annonçait aux abonnés le transfert de la bibliothèque, 
rue du Colombier, 7, relativement au prix de l'abonnement de la 
l" catégorie qui n'a point été modifié : il reste ^xé à 12 fr. pour un an, 
7 fr. pour six mois, 4 fr. pour trois mois, 2 fr. pour un mois. — On 
fait h MM. les ecclésiastiques une réduction de moitié. 



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ANNALES RELIGIEOSES & LITTÉRAIRES. 
ORLÉANS» Yeodredi 30 Join. 



MARTYRE DE SAINT PIERRE ET DE SAINT PAUL. 

L'empereur Néron, v^éritable monstre de cruauté, meurtrier de 
sa propre mère, conçut, pour se débarrtisser de ces importuns 
disciples de Jésus-Christ, le projet le plus odieu\ et le plus cruel 
que Ton puisse imaginer. Un soir, il Bt mettre le feu aux quatre 
coins de Rome. 

Des terrasses de son palais, dont on voit encore les Immenses 
ruines sur le mont Palatin, il contempla avec une joie féroce cet 
horrible spectacle. Séparé de l'incendie par de vastes jardins, il 
\oyait s'éiendre à ses pieds les flammes que lui-même avait 
allumées, et il savourait les gémissements des malheureux sur- 
pris par cette catastrophe. 

Le lendemain, il accusa les chrétiens de son propre crime ; il 
donna l'ordre de les arrêter tous et de les livrer à la vengeîince 
des lois et à Ja fureur du peuple. On inventa, pour les faire périr, 
les supplices les plus affreux ; les uns fuœnt jetés aux tigres et 
aux lious ; d'autres, noyés dans de Thuile bouillante ; d'autres, 
déchirés paV des peignes de fer ; d'autres, enQn, enduits de poix 
fondue, et allumes comme des torches dans les jardins de Néron. 

Au premier bruit de cette persécution, la pensée de saint Pierre 
fut de fuir une ville ingrate et d'aller porter ailleurs la parole de 
Dieu. Il reprit son bâton de voyage, et déjà il se dirigeait vers 
une des portes de Rome , quand tout-à-coup Jésus-Christ lui 
apparaît, venant à sa rencontre et entrant dans la ville. • Sei- 
gneur, où allez-vous ? s'écrie l'apôlre à la vue de son divin 
Majti-e. — Je vais me faire crucifier une seconde fois, o répond 
Jésus. Et à ces mots, il disparaît, laissant seulement, comme 
trace de son apparition, la marque de ses pieds SJir une dalle de 
la route. 

Saint Pierre comprit que Jésus-Christ allait souffrir dans ses 
membres, c'est-à-dire dans son Eglise persécutée ; il sentit que 
c'était le moment de réparer la faiblesse qu'il avait montrée lors 
de la Passion du Sauveur, et qu'il aurait peut-être le bonheur 
de laver dajis son sang cette faute qu'il pleurait toujours amè- 
rement, mais dont toutes ses larmes ne pouvaient effacer le 
souvenir. Il retourna sur ses pas, et peu de jours après il était 
arrêté et jeté en prison. 

La dalle où sont restés marqués le^ pieds de Jésus-Christ est 
encore conservée Je nos jours, et pour mieux garder la mémoire 
de cet événement, on a élevé une petite église au lieu même de 
l'apparition. 



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124- A1I1IALE8 

Descendons maintenant dans le cachot où saint Pierre est 
prisonnier ; c'est un caveau obscur, hunaide, étroit, sans autre 
ouverture qu*un misérable escalier. Dans un coin, une colonne 
marque la place où était enchaîné le prince des apôtres. Ses 
chaînes elles-mêmes sont vénérées dans une église située non 
loin de là, et qui porte leur nom, Saint-Pierre-aux-Liens. Ce sont 
de lourds anneaux de fer, formant deux chaînes et venant se lier 
à un collier également de fer. 

C'est ainsi que le premier pape était attaché à un cacfajo^, au 
milieu d'une foule de malfaiteurs, qui, comme le mauvais larron, 
l'accablaient de railierios et de blasphèmes. Luii cependant, leur 
enseignait Jésus crucifié , et au son de sa voix si calme et si 
sainte, voleurs et faussaires, geôliers et soldats, se sentaient 
émus, touchés, convertis. Bientôt plusieurs d'entre eux deman- 
dèrent le baptême, et, comme il n'y avait pas d'eau dans la pri- 
son, l'apôtre renouvela pour eux le miracle de Moïse. Une source 
sortit de la terre, qui n'a pas cessé de couler depuis dix-huit 
siècles, et où les pèlerins vont tous boire sans jamais l'épuiser. 
Presque tous ces nouveaux fidèles payèrent leur conversion de 
leur sang, et partagèrent avec leur père dans la foi> la gloire 
du martyre. 

Saint Pierre était resté longtemps en prison, maïs son procès 
ne fut pas long ; il était le chef des chrétiens : cela suffisait. 
Comme juif, il fut condamné à être crucifié. On le conduisit au 
pied du mont Vatic^, dans le cirque de Néron. Arrivé au lieu de 
sojî martyre, il ne demanda qu'une grâce à ses bourreaux, c'était 
de le crucifier la tète en bas ; il ne se croyait pas digne de mourir 
d(3 1^ môme manière que Jésus-Christ. On le lui accorda, et, 
cherchant cette fois sa force et son courage en Die i , il mourut 
avec une héroïque résignation et une sainte joie. Heureux qui 
sait ainsi apprécier la grâce de souffrir à l'exemple de son Sauveur, 
et qui trouve encore trop belles les croix que Dieu lui envoie 1 

Une simple pierre, aveô cette inscription : Ici Pierre a tté 
CRUCIFIÉ, indique au pèlerin l'endroit où saint Pierre mourut. 
C'est la place môme où sa croix fut plantée. 

Quand on a ainsi suivi pas à pas les traces de l'apôtre, quand 
ou a vu son premier autel, baisé ses chaînes, visité sa prison et 
1q lieu de son supplice, il semble qu'on se rapproche de lui, et 
que sa vie glorieuse vient seulement de finir. 

Allons maintenant à ce glorieux tombeau ; c'est là que se ma- 
nifeste toute la grandeur de l'apôtre, et, pour l'honorer digne- 
ment, l'Eglise a surpassé tout ee que les forces humaines avaient 
produit de plus colossal. Saint-Pierre de Rome est la plus grande, 
la plus haute, la plus vaste église du monde; par son étendue, 
elle semble couvrir les pèlerins de l'univers entier, et, quel que 
s jit le nombre des fidèles, elle semble toujours déserte. Les murs 
sont tous revêtus des marbres les plus riches et les plus var^s ; 



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lELIGIEUS^ wt t^TTilAIlES. *TfÔ 

les tableaux éuxrmêmes ont la solidité de Tédiflce, et sont à l'abri 
âcs ravages du temps ; car ils sont composés de mosaïques, c'est- 
à-dire d'un tissu de pierres de diverses couleurs, jointes et nuan- 
(Jées avec un art inûoî. Plusieurs églises de Rome sont ornées de 
Mosaïques du temps de Constantin, c'est-à-dire qui ont plus de 
quatorze siècles, et elles n'en ont pas moins conservé leur éclat. 

A droite, dans la basilique, se voit la fameuse statue de saint 
Pierre, dont un des pieds est usé par les baisers des pèlerins. Au 
fond, tout enchâssé dans le bronze, se trouve le siège antique où 
'le saint apôtre s'asseyait pour prêcher l'Evangile. Enfin, au milieu 
dé rérlîÛce, sous la coapolé gigantesque, chacun vient s'age- 
nouiller au tombeau môme de saint Pierre. Douze douzaines de 
lampes, qui brûlent jmir ^ miit, entourent ce monument sacré 
et sont comme le symbole de la gloire toujours \ivante du pre- 
mier chef de FEglise. 

Il y a longtemps qu'il est mort, disent avec indilTérencc ceux 
^qui méconnaissent Jésus-Christ et son Ei^lise ; mais, au Uimi 
d'être un motif d'oubli ou de dédain, les dix-hnit siècles qui ^ 
sont écoulés depuis le martyre do saint Pierre sont une des plus 
belles preuves de la vérité catholique. Tandis que les paîafs dès 
empereurs, les temples des faux dieux, les amphithéâtres et lès 
'galles de bains sont tombfs en poussière, le tombeau de l'apôtre 
crucifié n'a pas cessé de subsister ni de grandir. Et aujourd'hui 
encore, !a magnifique coupole sous laquelle il repose, domine 
niajeslueuscment les tombeaux oubliés de ses persécuteurs. 
* Le souvenir de saint Paul et de son séjour à Rome est aissi 
Vivant que celui de snint Pierre. Sous régii.se de Sainte-Marie 
'% via lata, au centre de la ville, se trouve un souterrain com- 
posé de trois petites pièces. C'est là que saint Paul habita pen- 
ix'dwi trois ans, là qu'il écrivit plusieurs de ses épîtres aux Hdeles 
de la Grèce et d,^ l'Orient. Saint Lue y était avec lui, et y fcom- 
'posa le livre d*\s Actes dos Apôtres, 
'il se glorifiait d'être dans les chaînes pour Jésus-Christ; il 

S 'tait sévèrement surveillé par plusieurs soldats, et, s'il jouissait 
^*ùn peu plus de liberté que d'autres chrétiens, il ne le devait 
J^'u'à son titre de citoyen romain. Mais bientôt la persécution 
evint plus dure, et il alla rejoindre saint Pierre dans la prison 
^Mamertine, dans cet alï'reux cachot privé d'air et de lumière, 
'm le pêcheur de Galilée baptisait les nouveaux couvertis dans 
lUne fontaine miraculeuse. 

Jugés en même temps, ils furent condartinés à périr le môme 
jour; seulement, au lieu d'être crucifié, saint Paul, comme ci- 
toyen romain, devait avoir la tête tranchée. Ils sortirent en- 
semble de leur prison pour marcher au supplice, et, après s'êtrfe 
entretenus quelque temps de la récompense (jui les attendait^ 
^Is furent séparés par leurs bourreaux, et se dirent adieu pour 
'èe revoir quelques beures après dans le ciel. Le lieu où ils s'em* 



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I9S Amiixss 

brassèrent une dernière fois a étA marqué par la construction 
d'une église, au fronton de laquelle on lit les derniers mots 
qu'ils s'adressèrent. 

Arrivé hors de la ville, au lieu de son supplice, saint Paul se 
mit courageusement à genoux, et attendit, sans trembler, le 
coup du glaive qui devait trancher sa vie Sa tête, en tombant, 
rejaillit comme pous?ée par une force extraordinaire, et frappa 
la terre en trois endroit?, d'où sortirent trois fontaines, figure 
des grâces abondantes dont il devait être la source, même après 
sa mort. Ces fontaines sont aujourd'hui renfermées dans une 
église où Ton vénère également la pierre sui; laquelle la tête de 
l'apôtre fut tranchée. 



LE CHRIST D^ANDERNACH. 

Qui rendra jamais la poésie des vieilles égh'ses, le charme 
pieux et mélancolique des ruines religieuses, l'impression pro- 
fonde que produisent au cœur les calvaires dressés au sommet 
des montagnes, les chapelles suspendues sur le bord des abîmes, 
ou ces images naïves, étranges et désolées du Christ, qui se 
présentent soudainement aux regards, et laissent notre esprit 
rêveur après que nous avons prié. L'ensevelissement du Sauveur 
à.Saint-Remi de Reims, le Jardin des Oliviers d'Offenbourg, le 
Chemin de la Croix échelonné sur les assises d'une colline de 
Savoie, et le crucifix d'Andernach, sont du nombre de ces mo- 
numents qui vous prennent à la fois l'àme et la pensée, et 
vous remuent comme si vous aviez senti passer au-dessus de votre 
tête le vol de l'aigle de saint Jean. 

Andernacb est baigné par les flots du Rhin. La population 
qui rhabite est gimple, croyante, hospitalière. Les traditions du 
fleuve, les miracles des saints, le's chroniques des châteaux s'y 
racontent à la veillée, et les mœurs patriarcales n'ont rien 
perdu de leur pureté. 

A l'angle d'une antique et triste église, est adossée une petite 
chapelle d'aspect bizarre et d'un effet saisissant. Elle est cou- 
verte en chaume et abrite un crucifix de bois. Le long de la 
muraille se dressent une échelle, une lance, lin roseau à l'extré- 
mité duquel est fixée une époqge. Une lanterne que l'on allume 
chaque nuit, est placée sur un banc de pierre dans Tangle le 
plus reculé de la chapelle, ^e tailleur d'images qni sculpta ce 
crucifix â grossièrement exécuté son œuvre : c'est la représenta- 
tion d'un être souffrant, torturé, agonisant. La tête est d'une 
expression navrante et terrible. On n'y retrouve ni le calme 
souverain d'un Dieu, ni la sublime expression de la victiriie 
volontaire du Golgolha : c'est un supplicié, voilà tout 1 Sur le 
front entouré d'une couronne d'épines naturelles, on en a peint 



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UUGIEVStt BT ilTTilAIAlf. 127 

de larges gouttes de sang... le sang marque également los plaies 
des mains, celles des pieds, et rougit la plaie béante du côté da 
Sauveur. Cette représentation du Christ fait frémir d'épouvante 
et de pitié. Dans le pauvre vi!las:c d'Andernach, elle est robjct 
d*un culte fervent et le sujet d'une légende que les habitants 
racontent après s'être dévotement signés trois fois. 

II existait jadis à Andernach une pauve vieille ffemme nom- 
mée Martha. Elle passait à Téglise les premières heures de la 
journée, puis elle se livrait à un petit commerce de gâteaux, 
qui suffisait pour la faire vivre, et aussi pour pratiquer raumône : 
car elle avait le C(cur rempli de charité. Elle s'oubliait tellement 
elle-même, qu'elle habitait une masure dont le toit était en 
partie effondré. Martha ne possédait point d'économies pour 
faii*e réparer sa demeure, et nul ne voulait lui rendre ce service 
pour l'amour de Dieu. Aussi, la pluie tombait dans la maison de 
Martha, le vent passait à travers le.« crevasses, et personne ne 
s'inquiélaîl de la pauvre femme, qui endurait le froid avec 
patience en songeant à la Passion douloureuse du Sauveur de» 
hommes. 

Une nuit, il pleuvait ; les larges gouttes tombaient : Drip! 
dHp î drip... iMartha ne dormait point et priait silencieusement. 
Tout' à-coup, elle entend un grand bruit : c'est le marteau qui 
frappe, la scie qui grince, le rabot qui glisse... On dirait que les 
charpentiers sont sur le toit, ou plutôt que l'esprit mauvais 
eiilève le reste des tuiles qui couvrent la maison. Demain il ne 
restera plus que les quatre murailles. 

Martha se dit qu'elle a mérité d'être affligée ; qu'elle a peu oa 
mal prié, qu'elle ne s'est point assez souvent approchée des 
sacrements, et n'a point assez fait TaumOne. Cependant, la 
chère ùmc n'a jamais en un morceau de pain sans le partager. 
Elle prend son chapelet, elle prie: mais plus son invocation 
devient fervente, plus le bruit du marteau redouble au-dessus 
de sa tête. La pauvre vieille femme, épouvantée, quitte son grabat 
fet court h la fenêtre pour demander assistance. Mais plus rien... 
Il; se fUit un profond silence... une grande lumière rayonne 
dahs la nuit, un nuage sombre enveloppe la maison voisine, et 
Martha croit distinguer vaguement un homme qui descend de 
son toit au moyen d'une échelle, et s'éloigne rapidement après 
l'avoir chargée sur son épaule. La pi Ufé* fouet fait les vitres, le 
vent redoublait de rage, Martha quitta sa croisée et resta en 
prière jusqu'au matin. 

Quand elle sortit pour se rendre à la messe, elle s'aperçut 
que le toit de sa chaumière était complètement réparé. Tontes 
les vieilles tulles étaient en monceau devant sa porte. Après le 
saint sacrifice. Martha alla trouver un prêtre, à qui elle raconta 
ce qui lui lui était arrivé* « RemercJe/ saint Plorian et saint 
Castor, lui rtporidit-il, c'est saris doute à eux que vous èteft 



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redevable de celte faveur mlraculeiise. » Martha avait à coeur de 
glorifier Dieu dans les œuvrjes de ses élus ;'en allant au marché 
elle rencontra une vieille femme h qui elle apprit de quelle 
façon surprenante sa maison avait été réparée. « Bon Jésus ! 
répartit Bridget, vous n'avez donc pas ouï parler d^ Tavcnture 
de Hans-GIans? — Non, répondit M[artha. — Hans est pauvre, 
vous le savez ; de plus il est malade et no pouvait achever des 
tonneaux qu'il avait promis de livrer. Douves et cercles lui tom- 
baient des mains ; et, jsans ouvrage, le pain allait manquer... 
Mais il est bonxlirétien et se fiait en Dieu... Il y a deux nuits, il 
entendit un grandbruit dans sa boutique, la doloirc allait ferme ! 
la fièvre clouait Hans sur'son lit, et ce ne fut qu'au jour qu'il 
s'aperçut qu'on avait mis des cercles à tous ses tonneaux. 
.A minuit, quelqu'un aperçut un homme chargé d'outils, monté 
sur un une, s'éloigner de la ville d'Andernach. — Adorons les 
desseins de Dieu, répondit Martha, en se séparant deiiridget. » 

Peu après, ce fut le vieux moulin à vent du monastèrede Saint- 
Thomas, doqt les ailes ne tournaient plus ^t qui se trouvèrent 
soudainement réparées pour moudre la farine des intiigents et 
des servi leurs de Dieu. 

Le cimetière de Feldkirk n'avait plus qu'une porte vermoulue, 
défendant mal la dernière demeure des trépassés. On en vit 
bientôt une nouvelle, forte et merveilleusement .menuisée, et 
nul ouvrier dans le pays n'avait été chargé de cette commande, 
et l'on ne s'expliquait pas quand ni à quelle heure le maître 
charpentier avait passé la rivière. 

Ces choses mystérieuses, ces travaux actifs ftiils seulement 
pour les maisoi^ dç;? pauvres et pour les asiles de la prière, 
étaient le sujet de toutes les eonversatiops. 

Martha ne cessait dç remercier le Ciel de ces nouveaux 

Srodiges, et elle se plaisait à s'en entretenir avec ses voisins, 
ans le quartier 'du Rhiulahu. elle rencontra le vieux nauton- 
nier Tack, dont le vj^age était plus pensif. qu'à l'ordinaire, a Je 
sais quelque chose... je sais quelque <;hose, sûrement, dit il ; 

?" iais, saint Christ ! doi^je le confier même à vous, Marttia qui 
tes une sainte du l?on Dieu et une hraye créature... Pendant la 
nuit où fut rjéparée la porte du cimetière, je me retournais siif 
mon lit sans pouvoir trouver le sommeil... On frappe à m* 

Jorle... on me pirie de vm leveiî pour faire traverser la rivière... 
9 sors... Il faisait ;Soipl)^e. mais celui qm était devant moi 
portait une lanterne... Sur son épaule ét^it placée une lourde 
échelle; il se tenait debout immobile. Quand je m'approchai, 
jl éteignit sa lumière et jie ne pus voir 3on visage. Mon bateau 
k^i vieq«, si vieux qqç, par cet^, nuit noir et ce gros temps, Je 
jcraignais de le vqir cosuler. Je fis observer au voyageur que Tea* 
outrerait par les fentes : il me répondit qu'il devait abBoloJi^Qt 
j^ trouver à Andern^jch ; jQ le fis monter liaçs le bateau. Quand 



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lEUGIEVSES ET LTTTÉRiiaES. 129 

il eut abordé, je le suivis longtemps du regard... Une èhàpetlé 

de la Vierge était non loin de la rive. La lampe qui y briHaît 

d'ordinaire était éteinte... Il appuya son échelle contre le miit*, 

ralluma la lampe k la lumière de sa lanterne, descendit et se 

perdit dans les sombres profondeurs ^ la rue Quelques jèurs 

plus tard je trouvai mon bateau réparé, radoubé à neuf et frai- 

ehemcnt peint en rouge. Qui a f&it cela ? sinon Thommo à la 

lanterne, qui a vouhi ainsi payer le pauvre passeur. — 6cto 

Dieu.! que c'est étrange ! soupira Marlha ; nul ne me fe^a croire 

que ceci est l'œuvre d'un esprit mauvais... Chaque fols que 

dans un quartier d'Andernach quelqu'un voit l'homme à la 

lanterne, on est sûr de s'apercevoir le lendemain qu'un labeur 

utile a été fait au profit d'un chrétien. Loués soient les anges 

et les saints de ces merveilles 1 Nous voyons les faits : qui les 

accomplit ? D'où vient cette mystérieuse Tigure, Tack? quand 

un regard indiscret l'interroge, la lumière de la lanterne s'éteint, 

ou bien l'inconnu prend une route impossible à suivre. Non ce 

n'est pas un sorcier, comme disent certaines gens du village, ce 

serait bien plutôt saint Antoine de la Bruyère... Prions le 

Sauveur Jésus, père Tack ? et aàorons ses volontés. » 

Ainsi l'on parlait dans AnderBâch, isaûs qu'il fût possible die 

rien découvrir. Pendant une nuit d'otiage, une nuit de neige et 

de vent, une nuit d^épouvante et de douleur, une iemme 

infortunée tenant un petit enfiant dans ses bras, errait dan& les 

rues du village. On lui avait refusé l'hospitalité, et elle s'en 

allait, mourante ^t brisée, les pieds saignMts, le front glacé, 

pressant sur son sein l'innoceiit, qui poussait de faibles cris. 

Où aller? il fait si sombre! à quelle partie frbpper 7 L'^ëpoir 

s'est éteint daiis la jeune veuve. Soudain, elle entrevoft le'cteiïïe 

de la chapelle... mais la lumière îqui récldlré htfMtnellemen* 

n'est pas allumée... le vent l'a étante sans doute... elle tâténhé, 

s'appuie contre' les murs et tombe épuisée dans un angfë reculé, 

ou du moins elle se trouve à l'abri de la tempête. Seigneur Jésus! 

vous êtes grandement iiTité contre le mondé : car' l'orage 

augmente, les tourbillons de neige s'abattent s^r le sol, il fkit 

froid, oh, froid !.,. Seigneur Jésus! le petit enfant qui repose 

sur le sein de cette femme va mourir... pitié pour eux! pitié ! 

souvenez-vous de la nuit de Noôl et ^es ttngoisses de IWarîe. 

La mendiante s'<%t endormie sous lecfaamnede la chapelle. Une 

vive lumîèi'e qui frappe subitement ses yeux éblouis, la réveille 

en sui-^aut. Que voit elhi ? 

Elle voit un hcHstmèipûle, debout et'tenatit une tanteriie à la 
mma. Il est vètîer4'wne robe sdmbre, son front porte une cou- 
ronne aiguê^ le sang coule Ae ses ntains, de ses pieds et de son 
6oeiur...Ae grosses lormes tombent de ses yeux si dôui et si 
beaux... Il ressemble d'&fifc fbçon dut'prenante au crucifix 
d'Andern^h. 11 s'dpprocha sans jiarîer de la pauvre femme, lui 



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130 ANNALES 

tendit un pain, puis il prît le petit enfant dans ses bras et long- 
temps il l'embrassa. Le cœur de la mère se fondait de joie à 
voir son petit enfant dans «es bras. Soudain en levant ses yeux, 
elle s'apeçut que l'image du Christ d'Andernach n'était plus sur 
la croix. Un cri surhumain jaillit de son âme, elle tomba pros- 
ternée. 

Anges du ciel ! Vous vîtes comme elle la figure sublime 
replacer la lanterne dans l'angle de l'oratoire, ranger l'échelle à 
coté de la lance, et remontant sur la croix s'y reclouer elle même... 
La femme et le petit enfant moururent dans la semaine... 

Depuis, l'on n'a poiut revu l'homme à la lanterne dans les 
rues d'Andernach. Telle est la légende qu'écoute le voyageur 
visilant ces ruines pittoresques d'Andernach, et dont plus tard 
le poète se souvient. 



L'ABBE COCHIN. 



Il existe, rue du Faubourg Saint-Jacques, à Paris, un hospice 
connu sous le nom modeste d'Hospice Cochin. Il fut commencé 
en 1780 et terminé en juillet 1782. L'architecte Viel se chargea 
gratuitement de la direction des travaux et, chose remarquable 
et touchante, deux pauvres en posèrent la première pierre. La 
reconnaissance populaire donna par la suite à cet hospice le 
nom dr» son digne et vénéré fondateur, l'abbé Cochin , docteur 
rî7 Soi i. mue et curé de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. 

oet iiomme de bien descendait d'une honorable famille de 
robe; son frère Henri, célèbre avocat au Parlement de Paris, y 
laissa la réputation d'un grand orateur, et ses plaidoyers furent 
imprimés en six volumes in-4°, comme des modèles d'éloquence. 
Ce fut avec son patrimoine et 37,000 livres environ, qu'il re- 
cueillit ea aumônes, que ^e bon curé parvint à élever cet asile 
aux malheureux dont il était le père le plus dévoué et le plus 
tendre. Dès sa jeunesse, le jeune Cochin se faisait remarquer 
par sa piété douce et persuasive et par son incomparable charité 
envers les pauvres . 

A l'époque de notre histoire, il demeurait au sémiuaire Saint- 
Sulpice, où soii père, vieux couseiller d'Etat , domicilié aux 
Marais, lui donnait tous les mois un double louis pour ses menus 
plaisii's. On devine d'avance quels devaient être les menus 

fdaisirs du séminariste Cuchin ; aussi le double louis s'éparpil- 
ait-il bien vite en monnaie qui pleuvait à droite et à gauche 
dans les poches dqs nécefi^iteux. Seulement , comme Cochin a y 
allait pas de main morte, il s'easuivait que, v«rs le milieu du 
mois, il; ne lui restait pliuj un denier. Il y a un proverbe qui 
dit : Comme on connaît les saints, w les honore. Le bon sémi- 
nariste était tellement cona.u des mendiants du quai^tier. qu'ils 



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RELIGIEUSES. ET LITTÉRAIBES. 131 

savaient tout aussi bien que lui, et peut-être mieux, où en était 
rétat de ses finances. Lors donc qu*arrivait la seconde moitié 
du mois, bon nombre de vieux pauvres le laissaient passer sans 
lui tendre une main importune, et si quelques-uns plus entre- 
prenants que leurs confrères faisaient une tentative afin de bien 
s'assurer que la doublure des poches de leur jeune protecteur 
ne contenait pas l'ombre d'un rouge liard, le bon Cochin leur 
Ôtait humblement son chapeau, signe certain que la monnaie 
du double louis était depuis longtemps absente. 

Cependant, parmi les habitués, il y en avait qui persistaient 
à le suivre; mais lorsque, le' jeune séminariste leur ôtait son 
chapeau pour la seconde fois, ils lui disaient en riant : — C'est 
bon, c'est bon, Monsieur Cochin , nous savons ce qu'il en est, 

que Dieu vous bénisse! aujourd'hui c'est seulement pour 

avoir le plaisir de vous voir. 

Un jour de congé qui tombait malheureusement le 25 du 
mois, une pauvre mère de famille, pensionnaire attitrée de 
Texcellent Cochin, se tenait depuis le matin à la porte du sémi- 
naire, attendant sa sortie. Il fallait un motif bien puissant pour 
que cette pauvre femme \mï ainsi tourmenter le charitable 
jeune homme à un quantième aussi peu favorable; hélas! son 
mari était sans ouvrage, ses deux enfants malades de la roii- 
geole, elle, à bout de force., et, pour comble de malheur, pas un 
llard dans la maison l Lorsque le bienfaisant séminariste sortit 
avec l'air joyeux et dégagé d'un écolier qui va passer tout une 
journée chez ses parents, la pauMe famine s'élança au-devant 
de lui, les mains jointes. 

— Ohl par pitié, mon bon Monsieur Cochin, lui dit-elle, 
Tenez à mon secours I _ 

Cochin visiblement ému, mais fidèle à la consigne, la salua 
profondément en lui ôtant son chapeau. 

— Oh î non, oh ! non, fit la malheureuse, ne m'ôtex pas votre 
chapeau, mais éçputez-moi , nous sommes sans aucune res- 
sourcé à la maison, mon inati n'a plus" d'ouvrage, nos deux 
enfants sont malades, et, depuis deux jours, lui et moi nous 
n'avons pas mangél Cochin s'arrêta, les larmes lui venaient 
dans les yeux. 

— Mon Dieu! fit-il en se tordant les mains, que faire I... Je 
vous assure, ma chère dame, que je ne possède pas sur moi une 
obole. Ah I s'il en était autremeut^.aurais-je le cœur de résister 
à vos supplications?.,.. . . 

— Hé! reprit la bonne femme, qui était en, proie à une exal- 
tation fébrile , ne sais-je pas aussi bien que vous que nous 
sommes à la nn du niois? Mais qu'est-ce que cela fait, n'êtçs 
vous pas un saint?..! un saint aussi saint que ceux qui sont 
dans le ciel? La belle affaire!... fit-elle en riant à travers ses 
larmes. Je suis sûre que si vous vouliez fouiller dans vos poches, 



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i2^ àniiales 

le ^bon Dieu saura bien y mettre quelque chose. Désespéré dp 
àbh instance, le brave garçon veut fa convaincre de son djè- 
Àhmënt en lui montrant le fond de ses malheureuses pochés» 
qu'il savait vides depuis quinze jours. Mais, ô miracle!... a 
peine à-t-îl plongé la main dans celle de droite, qu'un son mé- 
tallique se fait entendre, et à son grand élTroi, il en retire troiB 
pièces de six livres toutes neuves!... Les donner à la paiivrè 
femme fut pour lui TalTaiie d'un instant; mais celle-ci ne païul 
nullement étonnée d*un tel prodige ; 

— Là, quand je vous le disais! fit-elle à son protecteur en lui 
lançant un regard qui semblait lui reprocher son manque de foi. 
Cependant, le bon Cochin ne paraissait pas aussi tranquillç 
sur lé don qui lui était venu tout à coup de faire des roiracjes ; 
Tesprit rempli de trouble et le cœur palpitant, il renonçai à se 
rendre chez son père et courut tout d une haleine s a.i^^enouiUer 
dans !a chapelle de la Vierge, à Saint-Suîpice, où il passa le 
rcsCe de la journée en actions de grâces et en oraisons. Le soir, 
il s'achemina lentement vers le séminaire, réfléchissatït pro- 
fondément à celte vertu miraculeuse qu'il avait plu à Dieu de 
mettre en lui. A peine avaîl-il paru dans uu des corridors que 
des cris s'élèvent de toutes parts : Le voilà! le voilà!... Tout a 
ses pensées mystiques, Coehîn s'imaginait que d('Jà sa puisskjijif^ç 
de thaumaturge était connue... — Hum.iîions-nous, grand j)jie>u, 
disait-il tout bas eti se frappant laboitrine, humilions-nbus;! 
Et j' î'épétait ce verset du psaume 11d des Vêpres du dimanchp : 
'^ I\u,i iiobn^ Domine^ non nobis; sed nomîni tûo da giorianf., >y 
A'ce moment, son caniàrade de cellule, grand Normand Ijiep 
charpenté, s'élance vers lui : 

**— Oh! ça,' ttion cher Cochin, lui dit-il, tu conviendras que^ 
pour un jour comme aujourd'hui, tu m'a mis dans un furiejux 
étabarras' : tu as pris ma culotté au lieu de la tienne, et, compte 
nous ne sommes pas de la même taille, il m'a été impossible (le 
sortir avec celle que tu me laissais. 



"' - Comment! ut Cochin, (jui, on peut bien le dire, tombait 
vérîtabTétncfnt des nues, moi, j'ai pris ta culotte!... 

'^— C'est Corhme j'ai l'honneur de te le dire, et même qu'il y 
avait dans Id poche de droite dix-huit francs en trois beau?^ ççjufk 
d^ six livres tout neufs ! 

' Jugez du deéappoîntemeqt du pauvre Cochin!... Il prit néan- 
moînis son pai tî en bravé et racoiifa humblement à ^fs c^mB^r 
rhaéè tous les détails dé son avëiilure. Lé bruit s'en répaij^ij 
bijentôt dans tont le quartier et parvint jusqu'aux oreilles ^e son 
përè. Le vieux ce|nseilfèr d'Etat fi! venir son (Ils : 
' — Jac<iue$, lui "clii-îl, a pa'rtîf di^ mois proç^in je d9fj}^}i^ 
votre petite pensioi^ ; au moins, lèrôqù'irvouç ]f rendra fantajs^^ 
de iPâire dos ihîracïçs, vous les f«Fexavéc votre argeût; en at^éa^ 



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EELIGIEUSES ET LITTÉEilllES. 133 

dant, voici trois écus de six livres que vous allez rendre à votre 
camarade. 

Le jeune séminasiste^ rouge comme une cerise, remercia eu 
s'inclinant. Devenu plus tard curé de Saiut-Jacques-du-Haut- 
Pas, le bon abbé Cochin racontait celte petite histoire delà 
manière la plus charmante en riant de tout son cœur. 



NOUVELLES. 



Rome. — Nous assistions à Rome à la grande fête du Corpvs 
Domini. Dès huit heures du malin, nous arrivâmes sur la place 
Saint-Pierre, et, bien que la procession ne dût commencer qu'à 
neuf heures et demie , déjà une fou?? compacte, malgré les ar- 
deurs d'un soleil brûlant, se pressait dans cette immense en- 
ceinte. Des chaises nous avaient été réservées sous les tentes 
dressées en face de la Basilique, et qui, de chaque côté, allaient 
rejoindre la colonnade. \\ fallait attendre! et, pour notre cœur, 
c'était un vrai malaise. Toutefois , pour occuper nos loisirs, 
nous regardions successivement cette multitude qui ondulait, 
comme les flots de la mer , ces fenêtres où s'étaient entassés de 
nomlM^ux spectateurs , cette tribune richement décorée où la 
famille royale de Naples se tenait pieusement recueillie. 

Tout à coup , un silence profonu règne dans rassemblée , Içs 
cloches de toutes les églises s'ébranlent, le canon du i'ort Saint- 
Ange fait entendre sa grande voix. Tous les yeux se tournent 
alors du côté duVatican ; la tête du cortège paraît à Textrémité de la 
galerie. La marché était ouverte par un piquet de cavalerie ; puis 
venaient de jeunes enfants, les différents ordi'es religieux d'hom- 
mes, les cinquante-qug^tre curés de Rome, les basiliques patriar- 
cales , représentées chacune par un dais de forme conique , les 
prélats, les éyêquçs et l^s cardwiaux en mitre et en chape ; enfin 
quatre tiares reposant sur de magnifiques coussins, et soutenues 
par autant de princes de l'Église, s'avançaient a\ rc une majes- 
tueuse ienteur. Les chants, le bruit des tambouis , les fanfôres 
des n>,usiques pontificales et françaises mêlaient leurs harmo- 
nies I Devant ce spectacle d'une incontestable grandeur, je res- 
pirais à peine, je me sentais sous le charme d'une indéfinissable 
éinotion. Toutefois , une sorte d'impatience m'agitait : il ïùq 
lardait de voir Pie Lt ! Que voulez-vous ! quand on va à Rome, 
c'est surtout pour y voir le Pape ! Aussi , malgré les nlerveilles 
que Ton rencontre , malgré les souvenirs qui assiègent, c'est 
tocgours lui que cherche de préférence le regard , toujours lui 
que le cœur appelle par d'insatiables désirs î 

Le succés.seur de Pierre se montra enfin , sortant de la chaf- 
pelle Sixtine , é. à mesure qu'il se rapprochait de n^ol, qœ je 



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134 AIClfALES 

pouvais mieux Tapercevolr , je devenais plus attentif à cette 
muette contemplation qui enivrait mon ûme. Pie IX arriva de- 
vant moi ! il était porté sur une estrade somptueusement ornée, 
à genoux, enseveli pour ainsi dire dans un immense voile brodé 
d'or. Sa tête était découverte; entre ses jnains resplendissait 
Tadorable Eucharistie ! Grand Dieu ! que Pie IX était beau alors ! 
Il était vraiment transfiguré! L'iiostie sainte dardait des rayons 
divins sur le visage du Pontife; Jésus-Christ et son Vicaire ne 
semblaient plus faire qu'un ; l'àme du Saint-Père avait passé 
en Dieu , et , à travers des larmes qui sillonnaient son visage , 
on lisait sur ses traits le repos de l'amour qui possède son objet, 
rimmobilité de l'extase dans les joies éternelles! Non, jamais 
de tout ce que j'ai admiré en ce monde, rien ne m'a paru plus 
céleste 1 

Je le vis s'éloigner peu à peu, et j'éprouvais du regret; les 
colonnes le cachèrent un instant à mes yeux , alors je souf- 
frais.... ; il reparut bientôt , et mon cœur battit d'un nouveau 
bonheur; enfln, cette vision s'évanouit dans les profondeurs de 
l'immense Basilique! Ab ! quand arrivé sous la gigantesque 
coupole. Pie IX leva les yeux vers cette couronne qui plane au- 
dessus du tombeau du premier des papes, en lisant l'inscription 
fameuse , et en rapprochant de son cœur le Dieu de l'autel , ne 
dut-il pas répéter avec confiance : Je puis tout^ car celui que 
Dieu défend est invincible,,. 

Or , à l'heure même où je transcris ces lignes , dans cette 
Rome que l'on ne peut oublier, et vers laquelle, quand oa Ta 
vue, on se reporte sans cesse, sur cette place où le monde entier 
se donne rendez-vous , la procession de la Fête-Dieu se déroule 
encore , et , au centre de pompes indestructibles, l'obéi. .-que 
chante son éternel refrain : Le Christ est vainqueur , // rèfjne , 
il commande! 

Poitiers, — Le Triduum, à roccasiori de la bienheureuse 
Marguerite-Marie Alacoque, a été célébré avec autant d'éclat 
que de piété dans la chapelle de la Visitation de Poitiers. Le 
troisième jour, Mgr Pie a officié pontificalemênt à la grandV 
messe, entouré d'un nombi^eux clergé et de tous les élèves du 
Grand-Séminaire. Dans son homélie, Sa Grandeur a montré le 
rôle important laissé à l'inspiration particulière de l'Esprit- 
Saint dans la doctrine et la dévotion catholiques. Le soir, après 
les vêpres, le R. P- Ramière a terminé par une allocution char 
Icureûse sur l'œuvre de la réparation, les- instructions si biea 
goûtées qu'il avait données pendant toute la neuvaine. — 
Mgr Manning, archevêque de VVestminster, est arrivé à Poitiers 
dans la soirée du samedi 17 juin 11 avait quitté l'Auglelerre le 
lendemain de son sacre pojr chercher en France et en Suisse un 
climat plus favorable à sa santé notablen^ent affaiblie. Mgr l'é- 
vê<me d'Angoulême est venu passer quelques heures au palais 



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KELIGIEOSES CT UTTÉBlIRES. i35 

épiseopal de Poitiers pour saluer Tillustre prélat que notre Sâiot- 
Père le Pape vient de nommer au premier siège catholique de 
TAnglet^ne. Mgr Manaing était accompagné de deux Pères dé 
la congrégation des Obiats de Saint-Charles dont il était le 
supérieur. L'un de ces ecclésiastiques est son propre neveu , le 
R. P. Manning, supérieur d'un collège tenu par sa congré- 
gation. L'autre est un jeune prôtre qui avant d'entrer dans les 
ordres a eu de brillants débuts au barreau anglais. Le dimanche 
18 juin, Mgr Pie flt à son hôte les honneurs.de la procession 
4e la Fête-Dieu, et tous les habitants de la ville ont pu remar- 
quer l'extérieur plein de noblesse et de sainteté du nouvel 
archevêque. 

Belley, — Mgr l'Evêque de Belley consacrera, le 4 août pro- 
chain, jour anniversaire de la mort de M Vianney, la nouvelle 
église (l'Ars. Nous savons que plusjonrs caravanes de pèlerins 
s'organisent pour cette époque - 

. Bruges. r~ Un Ecclésiastique de cette ville a remis à M. le 
commissaire eu chef de police, Moenaert, les actions et obliga- 
tions ïnont?int à la somme de 24,000 fr., quatre bagues en 
diamants, une en or, un bracelet en or et 260 fr. en or, prove- 
nant d'un vol commis récemment au préjudice de Mad. veuve 
Maes-Van-Vyve- 

Laval. — Dimanche dernier a eu lieu la cérémonie de consé- 
cration du diocèse de Laval au Sacré-Cœur de Jésus. Cette fête 
a eu un éclat dépassant tout ce qu'on aurait pu imaginer. La 
population catholique de Laval a fait des prodiges pour r inbellir 
la grande procession, à laquelle étaient venus assister NN. SS. TAr- 
cbevôque de Touirs, les évêques d'Angers, de Chartres, du Mans 
et de Gadare. 

Lyon. — Toutes les paroisses ont rivalisé de zèle pour donnej* 
de l'éclat à leurs processions et à leurs reposoirs. Les rues étaient 
-richement tendues de tapis et de diaperies précieuses. A la pro- 
cession de Saint-Nizier assistaient un nombre considérable de 
Batailles de Sainte-Hélène. Cette paroisse a été adoptée par les 
médaillés ppur y assister, le dimanche, à une Me?se spéciale. 

Le cardinal de Bopalda fait, dans sa cathédrale, une ordina- 
tion compoçée dp 33 prêtres^ de 56 diacres, de 40 sous-diacres. 
Son Eminence a célébré la Messe de l'ordination , suivant 
4'antique rit ly^sftUfiMSj rétabli dans sa pureté par le Saint-Siège, 
i —, Notr^-hçt>rne"'de-la'Mer, Aux diocèses d'Evreux et de 
Bouen,. §ur uw looiïlagne pittoresque dont les flancs couverts 
de boi^ bordent le fleuve de la Seine, s'élève un humble oratoire 
«0D3acré à Mai'ie^ so^s Je vocabl^e dQ Notre-Dame-de-la-Mer. 
Neuf siècles ont passé depuis que les chrétiens de cette contrée 
4)ot coînmeucé àvépérei ici la Mère des chrétiens sous ce titre. 
'Clïmiue année, surtout. depuis quatre ans, cette petite chapelle 
^i visitée par cinq ou six mille pèlerins. Ce concours à rendu 



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136 ^ ANN1LE8 

nécessaire l'érection d'une chapelle plus vaste, clont la prenrière 
pierre a été posée le Hioîs dernier. C^ttc cérémonie avait attire 
une fotile de pèlerins, venus des diocèses de Versaille& ôt 
d'Evreiix. 

— Samedi matin, le R. P. Coste., supérieur de la maison des 
Oblats de Limoges, a quitté cette résidence et le diocèse «ju'ii a 
évangélisé avec tant de fruit pendant plus de quinze ans, pour 
aller diriger la maison du môme ordre que fonde à* Rennes la 
congréiralion des Oblats. 

Dkcèse de Vannes. — Le Journal de Vannés^ publie le Com^ 
muniqué snivùui : « La santé de Mgr T Evoque de Vannes s'amé*- 
liore très-lentement; mais enfin elle s'améliore. Il est questlôft 
d'envoyer le vénérable malade aux eaux de Luchon, puis à celles 
de Vichy. Noos formons les vœux les plus ardents pour qu'il J 
retrouve une vigoureuse santé. » 

Parla, — Dimanche, les processions de la Pète-Dieu ont eu 
lieu dans les diverses églises de Paris avec la solennité accou- 
tumée. Gomme les années précédentes, dans la banlieue et daflS 
quelques paroisses annexées elles ont suivi leur itinéraire habi- 
tuel à l'eKténeur des tetîiples. A Passy, notamment, la pom^ 
religieuse s'est déployée au milieu de l'empressement le plus 
respectuex et le plus recueilli de toute la population. Le cotps 
de musique des chasseurs à pied exécutait d^excellen tes fânfaVes; 
là compagnie de sapeurs-pompiers et celle du Boîs-de-Bo(P- 
logne escortaient le Sàint-Sacrement. Partout les rues étaietft 
tendues de draperies ( t semées de fleurs ; de magnifiques reptf- 
soirs avaient été érigés. 

— L'Impératrice, accompagnée de M. le Ministre de Tinté- 
rieur, est venue visiter, à Timproviste, la maison des jeuàos dé- 
tenus, rue de la Roquejte, elle a parcouni pendant pln^ieurs 
heures le pénitencier, qu'elle a voulu examiner dans tous ses 
détails. Elle a poussé la sollicitude jusqu'à interroger un trèè- 
grand nombre de jeunes délcnuô, laissant à tous des paroles êe 
consolation et d'espérance. Les jeunes détenus se réjouisseM 
de l'honneur que leur a fait rimpératrice, en prenanttous pntt 
h un festin qu'elle a commandé de leur servir. Lès mets sruerés 
n'y rnanqvaient pas, car, suivant la remarque de TAugOstè 
visiteuse, hs enfants en sont friands, 

Londres. — Parmi les ecclésiastiques qui éùt^iràient le granâ 
autel de Sainte-Marié, à Morfields,feiour de la consécration du 
docteur Manning, comme archevêque de Wèstmin^er, on eà 
comptait plus de cent ayant appartenu à l-Eglise d'Angl^erre; 
ou anciens éîève^^de collèges anglais*. Tout commentaire seriaft 
inutile. 

Suède. —Ces Jours ci, la m)uveHfe églî^ catholique de Gotbea* 
bourg, en construction depuis 1865, a été inaugurée et dédMe 
à saint Joseph. C'est la deuxième église catholique de la Suède* 



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ilELIGIEUSJIS.JET IITTÉ&AIRES. 15*7 

JEa Norwége, où le calholicisme jouit (ruiic parfaite liberté, il 
existe des commuQautés catholiques ù (Jiristiana, Oroalheim et 
JBergea. Mais la première seule possède une églLse et un prêtre. 
En dehoi^s de ms missions, il y a encore les missions parmi les 
Lapons dans la partie la plus septentnonale des pays Scandinaves. 
ï<e catholicfeme fait des progrès assez rapides parmi ce peuple, 
^t les cinq raîE-sioniiaires qui y sont depuis une dizaine d'anviées 
B^kment, desservent les églises catholiques de Tromsoe, Al- 
tenskjord et Hammerfest. Cette dernière est la ville la plus sep- 
tentrionale qui existe. 

Diocèse dm Mans, — Le vénérabîe sanctuaire de Notre-Dame- 
durChê«e est fréquemm<?nt visité par de pieux pèlerins. Monsei- 
gneur y est venu en pèlerinage. Tout son petit séminaire de 
-Précigaé rjoccompagnait ; la pieusie caravane s'-est organisée en 
jaroœssion avant son entrée da^ns la chapelle, en chantant les 
litanies. Monseigneur a célébré la sainte messe à laquelle tous les 
^élèv^ ont communié. Les diocèses du Mans, de Laval et d'An- 
gers ont fourni leur contingent de pèlerins. 

Faits Divers. . 

— Ont été. pr-omus ou nommés dans l'ordre impérial de U 
Jtégion-d'HonîOeur ; Au grade d^officier : M. l'abbé Pavy. 
-Vicaire général d'Alger. Au^grade de chevalier .\MM. l'abbé Le 
Hftuif, chanoine titulaire d'Alger, et l'abbé Pjxire, desservant 
éd Sidi-bi^l-Âbbès. — L'Empereur, qui a couché à Lyon, der- 
BÎèrement, en revenant d'Afrique, a fait des promotions daos 
teLégiçm-d'Honneur, parmi lesquelles deux sont pour Je clergé: 
M. Tabbé Hiprier, chanoine honoraire, sapéi^ieur d» l'institu- 
tion des Chartreux, et M. Tabb^ Vincent, chanoine honoraire, 
wsté de Vaise. — Le dernier bulletin sanitaii^e de Saint-Péters- 
bourg annonce 4,654 malades dans les hôpitaux. Moscou a été 
pjresque autant éprouvée que Pétersbourg. li'adminîstration à 
^ obl^éfd'y organiser à la hâte trois nouveaux hôpitaux tem- 
poraiies. A cet elTet, les bàtiuients ne moquent pas, mais les 
hms et surtout les cceurs de vraies sœyrs de charité font défoMt^ 
çt il est h regretter qqe le gouvernement n'ait pas autorisé les 
leligi^usas &aa^aises, qui l'avaient deni^indé, à venir se dé« 
¥0uer à ce service. -^ Un rapport médical produit, devant le* 
tribunaux anglais, à propos d'un cas d'infanticide, contient des 
csbifires effrayants wr les résultats de l'iuMwraUté en Aiigle- 
terre. D'après ce rapport, i\ n'y aurait, à Londres, pas moins 
^ douze mille mères qui' ont tué leurs enfonts. — Un ancien 
8WS-lieutenaQl de la. garnison française de Borne, M. l'abbo 
©ubois, a eéléfeçé sa première «ae^e au séminaire français, le 
jour de la Trinité, en présence de plusieurs olÇciers et des 
^àyjep.de lauiaisod^* — M. i'aibbé GiiMlhou vie^t de donner au 



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138 ARKALE8 

public un bon livre qui a pour titre les évéqces de ciHOfis-; 
Coup'd*œil général sur r histoire de Quercif et des Evêqnes de 
{yûhors, — On mande de Pologne qu'il a été signifié aux nom- 
brenx ecclésiatiques du rit uni qui ont été arrêtés avec leur 
évoque, que leur détention dans les prisons durerait autant que 
leur union avec Rome. — On écrit de Dublin ; L'émigration 
prend des proportions de plus en plus considérables dans tout 
le pays. Des centaines d'individus sembarquent chaque jour à 
Queenstown pour TAmérique. — L'Académie des Jeux-Ploraux 
a procédé à la réception de Mgr de La Bouillerîe, évêque de 
Carcassonne, élu mainteneur, en remplacement de M. de La- 
TTiotbe-Langon. Un public nombreux, parmi lequel se faisaient 
remarquer beaucoup de dames en élégante toilette, occupait 
avant midi la galeries des Illustres. — Le public est averti que 
le gros lot de 100,000 fr, échu dans \d^ loterie dès orpkelim^ 
n'a encore été réclamé par personne. La somme a été consignée 
pour 30 ans à la caisse des dépôts et consignations. — Georges 
Tylée, qui vient de mourir à Rome, à l'âge de 58 ans, était 
major-général de l'armée anglaise dans les Indes. Ce pieux 
catholique était né dans le protestantisme ; le contraste qull 
observa entre les missions catholiques et les missions protes- 
tantes dans les Indes, l'amena à l'Eglise romaine. — Le Saint- 
Père, à l'occasion dé l'anniversaire de son élévation au ponti^ 
iîcat, a reçu M. le général de Montebello et tout s'on corps d'offi- 
ciers. L'accueil de Sa Sainteté a été empreint de la plDs grande 
bienveillance. Le même jour, lé Saint-Père avait fait grôce die 
tout ou de partie de leur peine à un grand nombre de condamnéâ 
politiques. — Les grèves n'ont pas de succès. Voilà celles des 
Petites- Voitures bien et dûment enterrées, et M Ducoux, lé di- 
recteur, n'admet mên>e, dit-on, les anciens cochers que moyen- 
nant une indemnité de 45 francs, pour compensation des pertes 
énormes que le chômage a fait subir à la compagnie. — Le mi^ 
nisti-e de la guerre des Etats-Unis d'Amérique a publié un rap- 
port constatant le nombre des sodats fédéraux décédés par 
suite de maladies ou de blessures pendant la guerre. Le chiffre 
est de 325,000 hommes. Le nombre des blesses est de 1 ,100,000 
hommes. Total des tués et des blessés du côté des fédéraux : 
1,425,000 hommes. Lorsqu'on connaîtra le chiffre des pertes 
des confédérés, on saura que cette guerre a coûté la vie à 2 mil- 
lions 500,000 hommes. *;' 

— On écrit de Washington : On ne peut pas se faire une idëè 
de la pauvreté dans laquelle sont plongées les populations du 
Sud. L'argent leur manque pour aehetiôr des marchandises, Oè 
ne voit pas beaucoup de coton, encore bien que, d'après certains 
calculs, il dût y en avoir un mîHion de balles dans les Etais à 
l'est du Mississipi. ' • 

— L'armée français compte dans ses raiags 5,572 enfants 



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RELIGIEUSES ET LITTÉRAIRES* 139 

qu'elle élève, nourrit et instruit ; c'est une armée en miniature, 
car ces enfants comptent dans chaque corps, ite font partie inté- 
grante des régin[?ents. L*cnfant de troupe n'est forcé de quitter 
le régiffient et de contracter un engagement qu'à l'âge de 18 ans. 
Dès qu'il atteint l'âge de 14 ans, il doit travailler soit dans un 
atelier, soit dans les bureaux. Cela ne l'empôchc pas d'arriver 
à l'épaulette en passant par St-Cyr et môme par l'école Poly- 
technique. 

— La reprise de l'industrie cotonniêre en Angleterre devient 
chaque jour plus maniiesto. Suivant des lettres de Liverpool, il 
n'y a plus que 30,000 ouvriers sans travail dans le Lancashire 
etleGhesterhire. 

— Une lettre reçue de Florence annonce que le prince Hum- 
bert serait très-souffrant depuis quelques jours. Cette lettre ajoute 
qu'on commencerait à craindre que le prince ne fût atteint d'un 
commencement de maladie de poitrine. 



LOIRET. 

La Fête-Dieu à Châtillon-sur-Loire. 

Sans aucun doute elle ne se célèhrc pas autrement que dans 
les antres paroisses du diocèse; mais ici elle a une physionomie 
unique, spéciale, que vous ne retrouverez pas ailleurs, et qu'elle 
tient de la dissidence de cultes, qui divise malheureusement 
notre population. Ainsi de môme qu'Angers, entre toutes les 
villes de notre catholique France, se distingue parla magniOcence 
de ses processions, de même Chàtillon entre toutes les villes du 
diocèse se fait remarquer par la pompe qu'elle déploie dans les 
solennités de la Fête-Dieu. Là, on proteste contre Bérenger, ici 
on proteste contre Calvin,, et cela hardiment et sans respect 
humain. Rien n'est plus naturel : la négation publique appelle 
l'affirmation publique. Nos catholiques l'ont compris. Aussi 
chaque année la Fête-Dieu avec ses reposoirs et sa procession 
met-elle ici tout le monde en mouvement. Les reposoirs sont 
l'œuvre commune, on y travaille avec une ardeur, un élan, un 
entrain qu'on se garde bien de dissimuler. Un reposoir, n'est-ce 
pas déjà un acte public de foi à la présence réelle? Quant à la 
procession, la plupart se font un devoir d'y assister, hommes et 
femmes : les hommes précédant le dais, lès femmes le suivant- 
Aussi c'est en ce jour que nos registres ne mentent pas, lorsqu'ils 
accusent pourChâtillon 2,yCK) catholiques. Permette2^moî main- 
tenant quelques particularités qui ont signalé nos processions 
de 1865. 

Nous avions les quatre reposoirs liturgiques. Elevés avec cette 
idée éminemment catholique, que rien n'est trop beau, trop 
riche, ni trop grandiose pour le Dieu Eucharistique, tous étaient 



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440 jlNIUlbs 

égalemeBt charmants d'élégance et de ffaîcheur. Mais il m est 
un surtout qui »e faisait remarquer par une idée aussi pieuse 
qu'ingénieuse. Pour unir à la fête du Corps de Nôtre-Seigneur 
le souvenir de la ftUe du Sacré-Cœur qu'on solennlsait le m^me 
jour, on avait imaginé de placer, au fond d'une exposition toutp 
de Us naturels, éclatants de blancheur et suaves do parfum , ua 
cœur fait de fleurs empourprées et surmonté d'une croix, le tout 
brochant sur une couronne d'épines. Le gracieux et le 
sévère, l'épine et la fleur, ne sont-ce pas là un double 
symbole de la vie chrétienne. Ajoutez à tout cela ce qui ^ 
voit partout : les blanches bannières escortées de leurs blancs 
acolytes, décorés d'écharpes à la couleur et au chiflre de Marie ; 
les bâtons dorés de nos corporations de vignerons, de labou- 
reurs, d'artisans, portés et suivis par de robustes confrères ; 
Réunissez près d'un dais splendide les enfants de chœur aux 
couleurs cardinalices, et un nombreux clergé revêtu d'ornements i 

sacrés, tranchant avec l'uniforme de nos sapeurs -pompiers et de j 

nos gendarmes. Enfin figurez-vous en avant et en arrière | 

cinq cents hommes et un millier de femmes marchant lentement 
sur deux lignes, non pas au milieu d'une haie de curieux, mais ^ j 

au milieud'une haïe et sousume voûte de verdure, et observant un * ' 

Beii^ieux silence que venaient seulement interrompre leschslnts 
sacrés, alternant avec le mâle roulement du taïnbour, comm^ I 

deux voix qui se répondent, l'une venant de la patrie du cîel, 
l'autre de la patrie de la terre; et vous croirez sans peine qiïe | 

Félranger qui se trouve ce 'jour-là dans la vieille cité éàSaintr 
Posen^ ait les yeux et le coeur saisis de cet ad:e de foi de totit 
u^ne paroisse, formulé avec tant d'éclat et aVec tant d'ensemble. ' 

L'abbé CocBAtin, 



— On nous écrit de Mardié, le 27 juin 1865. 
C'était dimanche dernier la grande solennité de la Pête-iHea 
à Mardié, et la procession du Saint-Sacrement, qui a lieu Iq soir^ 
a'esL faite cette année avec une pompe plus qu'ordinaire,. Je ne 
signalerai pas le concours presque général des paroissiens j 
accourus des hameaux les pluséloign&, la compagnie des pom- 
piers escortant le clergé et le dais, le corps de musique alternant 
des air^ religieux et militaires avec le chant liturgique, les jeunet 
personnes de la Confrérie df> la Sain te- Vierge, vêtues de blanc, 
a^e^çmpdgnaat la bannière de leur patronne et chantant de^ 
cmitiquies, quatorze toutes petites filles, aussi en blanc, puisant 
dans d'élégantes corbeilles des fleurs qu'elles jetaient avec en- 
semble devant le Saint-Sacrement. Tout cela est déjà bien quelque 
chose pour une campagne, mais je ne veux m'arrêter qu'à ce 
qu'il y a eu de tout particulier. 
>! Quatre reposoirs avaient été, comme d'habitude, préparés sur 



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fi£LIGI£USES ET LITTÉRilftES. i41 

le parcours q^e devait suivre la procession. Leurs ornements 
tout champêtres, des draps blancs, des guirlandes de fenillase, 
des fleurs, avaient été agencés avec élégance et bon goût. Pour 
les disposer et les décorer, il avait fallu vaincre plus d'un obs- 
tacle, dont le principal était la violence du vent, contre b'qiiel il 
avait été nécessaire d'inventer des défenses et des abris. Mais 
deux reposoirs surtout attirèrent l'attention générale. 

A l'un d'eux, adossé dans un angle, formé par deux maisons, 
entre deux jets d'eau, qui partaient du milieu de l'autel, formaient 
arceaux par-dessus les fleurs et les lumières, et retombaierrt <le 
chaque côté dans des bassins habili-ment et gracieusement recou- 
verts de plantes aquatiques*, une exposition ardente avait été 
préparée pour recevoir le Saint-Sacrement. Elle était formée de 
ditlërents tuyaux, garnis de fleurs, entre lesquels s'échappaient 
des lumières de gaz du plus bel eiï'et ; un autre tuyau« dissimulé 
sous l'autel, communiquait d'un côté à.rexpositiou et de l'autre 
à un foyer établi dans la maison , et dans lequel le gaz était 
préparé. 

A Taulre repasoir, placé en plein vent sous le gros orme du 
village,.quelqucs mètres en avant d'un plan incliné, q ii condui- 
sait à l'autel élevé de plusieurs mètres, du milieu d'un srrand 
Jbassin aussi garni de plantes aquatiques et entouré de pots et 
de caisses de fleurs, s'échappait, ayant pour base un foyer de 
lumière, un jet dû vin (imitation probablement) qui s'élançait 
à 4 ou 5 mètres, et retombait en perles de nuances diverses, aux 
reflets des rayons du soleil couchant. La pompe à incendie, 
cachée sou^ la charpente du reposoir, servait de réservoir et de 
moyen d'ascension. 

Or quels étalent les auteurs de ces surprises ing^'nieuses ? Un 
serrurier et un tonnelier du pays, auxquels, pour la préparation 
et l'exécution , quelques voisins s'étaient empressés de prêter 
leur concours. 

Vous le voyez, Monsieur l'abbé, si la ville a ses splendeurs et 
ses richesses, la campagne a ses petites industries potir célébrer 
dignement, elle aussi, Celui qui est le Dieu de& campagnes comme 
des villes, et pour lui exprimer dans l'occasion, sa foi, son respect 
et sa reconnaissance. 

— Nous' avons la douleur d'annoncer la mort de M. Tabbé 
Perreyve, professeur d'histoire ecclésiastique à la Sorbonne, 
chanoine honoraire d'Orléans , un des récents panégyristes 
de Jeanne d'Arc, qui, on s'en souvient, écrivit, pour les Annales 
Orlcanaise$ , à divers époques; des pages pleines de cette élé- 
gance^ de cette onction qui lui méritèrent un rang distingué 
parmi les écrivains catholiques. 

M. l'abbé Perreyve a succombé lundi, à huit heures, aux suites 
d'une maladie qui avait sa principale source dans un excès de 



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142 ANKALES 

travail et de zèle. C'est une grande perte pour le clergé de Paris, 
pour celui d'Orléans auquel il se rattachait par plusieurs liens, 
et pour le clergé de France, dont il était déjà, si jeune encore, 
Tun des membre les plus émînerrts. 

M. Tabbé Perreyve avait été Tami intime du père Lacordaire, 
qui lui avait donné un témoignage particulier de sa confiance en 
le choisissant pour son exécuteur testamentaire. 11 a reçu, 
quelques jours avant sa mort, la visite de Mgr l'archevêque de^ 
Paris,^ et il s'est éteint, pieusement résigné, au milieu de la 
consternation de sa famille et de ses amis. 



Les solennités reliçieases à Paray-le-Monial. 

Les solennités religieuses relatives à la béatification de la 
vénérable Marguerite-Marie ont été célébrées à Paray-le-Monial 
avec une pompe indescriptible. Son Eminence le Cardinal 
Mathjleu les présidait ;^ et on y remarquait, outre M. le Préfet de 
la Saône-et-Loire et M. Chizeuil, Député, NN. SS. de la Touf- 
d^Auvergne, Archevêque de Bourges, les Evêques de Dijon, 
d'Autun, de Nîmes, d'Èvreux, d'Annecy, d'Hébron, de Moulins, 
de Belley, de Nevers, de Saint-Claude, les Abbés mitres de la 
Grâce-Dieu et de Sept-Ponds, et trois autres Abbés mitres dont 
nous n'avons pu savoir ni les noms, ni les litres ; les 
RR. PP. Félix, Souaillard, Corail, Daniel, et un des Grands- 
Vicaires de l'Archevêque de Wetminster. Son Eminence le Car- 
dinal de Ronald, qui devait présider la cérémonie s'y était fait 
représenter par M. l'Abbé Serre, et Monseigneur l'Kvêqae 
d'Orléans, par M. l'Abbé Bougaud. Il y avait près de 400 Ecclé- 
siastiques, non compris les dignitaires attachés aux prélats, et 
on estime à 30,000 le nombre des pèlerins qui se pressaient le 
dimanche, jour de la clôture, dans les rues, devenues trop étroites, 
de la petite ville de Paray. 

Trois châsses, renfermant l'une le corps de la bienheureuse 
Marguerite-Marie Alacoque, la seconde son cerveau, la troisième 
ses vêtements, ont été portés du monastère de Paray dans la 
grande église Rénédictine de la ville, où se sont faites les céré- 
monies du Triduo. La châsse de la Rienheureuse, en argent 
massif, relevée par des émaux, ornée aux quatre extrémités par 
quatre Anges d'argent également massif, était portée par 
24 prêtres qui se changeaient par huit à tour de rôle. Sur la tête 
de la Rienheureuse, on remarquait une couronne formée de perles 
fines, du plus grand prix, don de plusieurs dames nobles de 
Rourgogne. Après la procession, la châsse a été déposée sur le 
trône prépar^^ derrière le maître-autel, et y est restée le vendredi, 
samedi et dimanche, exposée jour et nuit; car il a été impos- 
sible, le soir venu, de fermer les portes de l'église. Jusqu'à onze 



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RELIGIEUSES ET LITTÉEAIRES. 145 

heures ou minuit, la foule venait baiser la châsse, et à minuit 
les Messes commençaient à tous les autels. 

Chaque jour il y avait messe pontiflcale, procession à travers 
la ville, et un Fermon solennel ; le jeudi, le sermon a été pro- 
noncé par le R. P. Félix, le vendredi par Mgr Mermillod, le 
samedi parle R. P. Souaillard, le dimanche, enfin, par M. Tabbé 
Bougaud, vicaire général d'Orléans. On a admiré c mment les 
quatre orateurs, sans s'être concertés, avaient traité la même 
question à des points de vue absolument divers. Le P. Félix a 
traité des raisons philosophiques et rationelles de la dévotion 
au Sacré-Cœur. Mgr Mermillod a mis en évidence les opportu- 
nités providentielles de la naissance de cette dévotion au xviii* 
siècle. Le R. P. Souaillard, qui estmé à Paray, a suitout fait 
voir pourquoi cette dévotion était née en Bourgogne. Et enfin 
M. Tabbé Bougf.ud a étudié le mystère de la formation intime 
de la Bienheureuse, et celui de son épanouissement public. On 
espère que ces quatre discours seront publiés. La cérémonie 
s'est terminée le dimanche soir par les plus brillantes illumi- 
natioDS et par un feu d'artifice. D'immenses applaudissements 
ont éclaté, lorsqu'au milieu des gerbes du bouquet on aperçut 
tout à coup un Sacré-Cœur resplendissant de lumière, et en- 
voyant partout des rayons. 

Pour tous les articles dod signé< et pour toutes les nouyelles. 

L'abbé GÉLOT. 



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Adélaïde Loiseau, couturière. /' 
M. Jacques- Albin Dijpèché, couvreur, veuf en premières noces de Marie 

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Lauvergnat, journalière, veuve en premières noces de Pierre Bataille, en 

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Basyr, Eugène-Désiré , rue de la Corroyei'ie. 

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Lechenaull, Mar^uerile-Augustine-Zélie, rue de la Chèvre-qui-Danse. 

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Aubin, Louise-Marie-Paùle, rue d* Angleterre. 

Lefèvre, Paul-Léon-Georges, rtte de TEmpereur. 

François, Léontine-Beitlie-Augustine, rue Verte, 

Etève, Louise-Camille-Marie, rue des Turdes. 

Décès. 

M. Ljéon-Alexaniire. M^rlet, cordonnier, rue d'Angleterre, 18 'Ans. 

Aî - Jcan*Baptiste-Léon Bmntet, menuisier-ébéniste, rué- des îfcyers, 56 aïis. 

MHe iVlirift Aurôussejt„ couturièçe, rue des Trois -Pucelles, 16 ans. , 

Mîîd. veuve Pagot, née Madeleine-Rosalie Coutadeur, rue de Ja Poterne, .73 a. 

M. Jacques- André-Narcisse Voisin, boucher, rue des Trois-Clés, 58 ans. 

M. Ernest- Pierre-Marie de Crespin de Billy, ancien officier d'artillerie, maire 

d(^ Baccon, rue de la Vieilîe-Poterie, 72 ans. 
M. Benjamin -Ernest Pothier,. rue du Sanitas, 8 ans. 
M. Audi'é-Toussaint Bruneau, propriétaire-vigneron, faubourg Bannîer, rue 

déd Aydes, 67 ans. 

Le propriétaire-gérant^ L'Abbé GELOT, Cha/n, Hori, '" 

m. .,— i <___ . ■ . •> ■ ■ « I 

ORLiàNS. — • IMP. KANEST COLAS, VIS-A-VIS Diy KUSEB. 



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ANNALES 

RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES 



DE LA 



Paraissant tous les Samedis, par livraison de 24 payes. 



IV VOLUME. 



«•7—8 JUILLET 1866. 



Ciujanmuni be uk semaiw. 



' 9 ¥• DIMANCHE après la t>entccdte. 
Saint YmBR. M k OHéom, Ythier 
Tune des gloires de rOrléanais, se 
distingua par ses succès dans Tétude, 
par son innocence et sa piété. Pour 

' vivre et mourir ouMié des gommes, 
il se réfugia, bien jeune encore, dana 
la solitude. Tiré de son ermitage et 
conduit k Rome par lés légats du 
l^e, ilfutrami.lecoDfideiftdu Soa- 
. ^rain-Pontife. Le peuple et le clergé 
de Nevers relurent pour évoque , et 
la ptété ortéanaise kii dédia Téglise 
collégiale de Sully. Nous espérons 
que saint Ythler et l'église de Sully 
aurmit aussi leur historfen. 

10 LCNDt, saint Kpbrbh (simple), né 
k^Nisibe vers Tan 321, moine dans 
un monastère prïs d'Edesse, lié' 
d'âmitté avec saint Basile, fit de 
nombreuses conversions, réfuta les 
liérésle$ de Marcion et de Manès. Sa 
mort arHvaen 379. 

a MABDl, Translation des reliques de 
saintBfiNûîT (double-mineur). En 653, 
SQQs le pontificat de Martin 1" et le 

' régné de Clovis II, les moines por- 
tèrent le QQrps de leur fondateur dans 
l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. 
Né â Narsia, duché de Spoletle, en 
480, le frère de sainte Scolastiquc, 
le Père. des Moines en- Occident, le 
fondçitenr de l'immense et glorieuse 
famille des Bénédictins, s'établit 
d'abord, non loin de Rome, à Subiaco, 
puis au Mont-Cassin en 528, où il 
mourut en 543. 
L'histoire des Bénédictins, est liée 
' à celle de l'Egliâe d'Orléans, et 
M. Tabbé Rocher a bien mérité dtf 
diocèse en consacrant ses veilles, son 



érudition et ses patientes reclierebes 
ï éccire l'histoire ée notre célèlire 
abbaye de Saint-Benott. 

Les Bénédictins, on le sait, vien- 
nent de reparaître dans l'Orléanais, 
et de renouer sur Ie$ ruines de leur 
antiqoe abbaye de glorieuses tradi> 
tiens. Les Moines qui habitent an- 
jourdbi St-Benott-sur-Loâre comme 
ceux qui l'habitèrent pendant tiat de 
siècles, mêlent sagement aux exer- 
cices de la piété , la culture des 
terres, les travaux littéraires qui 
firent de cetofdre, le plus riche et le 
plus savant de tous. Cette congréga- 
tion, qui comptait parmi ses membres 
une foule dé savants laborieux et mo- 
destes, a exécuté les travaux lea plus 
précieux pour l'histoire civile et ec- 
elésiastiqne , entre antres la Gaule 
chrétienne y les Actes des Saints, la 
. Collection ies histoires de France. 

12 MERCI^IM, office de la férié. 

13 JEUDI* offlee de la férié. 

14 VENDREDI » saint Bonaventurb , 
évéqîie et docteur (s.-d.), né en Tos- 
cane en 1221, entra dans Tordre 
naissant des Frères-Mineurs en 1243. 
Son habileté dans les sciences son 
ardT?Dte piété qui a communiqué à ses 
écrits une chaleur, une onction di- 
vines, l'ont (ait appeler le docteur 
séraphiqne. En 1259, il fut élu supé- 
rieur-général de l'ordre des Fran^; 
ciscains ; en 1272, il fut créé cardiniii 
par son ami le pape Grégoire X. Il 
mourut en 1274, à Lvon, où il assi»- 
tait au concile général. 

15 SAMEDI, fête de la dispersion 
des Apétres (seminlouble). 



PRIX D'ABONNEMENT 



Orléans et le Département. . 5^ f. par an. 
Paris et les Départements. * 7 — 
Etranger 10 . ■— 



ON S ABONNE A ORLEANS, CHEZ : 
M, l'Abbé GÉLOT, cloître Ste-Croix, 8. j Mad. FOUCURR, rue Jeanne-d'Arc, 9. 
M. ERNEST COLAS, Imprimeur. l M. SEJOURNE, rue des Carmes, 41. 

M. BLANCHARD, rue Bannier. M. GODEFROY, rue Royale. * 

M; GATINEAU, rue Jeanne-d'Arc. I M. VAUDECRAINE, place da Martroi. 



T. lY. 



OrléaBi. -- laip. £BirBsT Colas. Ti«-i-Ti« d« Musée. 



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CHRONIQUE. > 

— Mgr l'Evèquê d'Orféans vient de nommer : 

M. l'abbé Jean-Hichel Martin caré de Migoerelle; 

M. l'abbé Joseph GiLLET curé de Nargisf 

M. Tabbé Gustave- Aiiguife-Marêôau DBsfîosséé eiiré de TreHles ; 

M. l'abbé Léopold TOFtKÉwicz, vicaire d'Auxy. 

C'est par erreur que les Annales ont ipséré la nomination de 
M. l'abbé Jfoséph-Stanislas-Adolphe Barré comme curé de Bfigne- 
retle ; Mgr rErrêque d'Orléans a nommé M. Fabbé Barré, ancien 
curé de Pressigny, curé de Mignères. 

—Nous apprenons que plusieurs prêtres Orléanais, dont la santé s'est 
récemment affaiblie dans les labeurs d'un pénible ministère et dans 
l'élude des sciences sacrées, vienneM, sur l'invitation de leur Evêque, 
de partir pour les montagnes de la Savoie où une gracieuse hospitalité 
leur est préparée et où ils trouveront le repos, la santé indispensables 
pour reprendre bientôt les travaux du saint ministère et continuer le 
cours des hautes études ecclésiastiques, auxquelles plusieurs d'cqtio 
eux consacrent avec ardeur les heures libres que leur laisse le ministère 

Sastoral. C'est ainsi, et nous sommes fier de le dire/que Mgr l'Evoque 
'Orléans qui impose, comme on le sait, surtout par ses exemples, à 
son clergé, une vie de fatigues et d'études, entoure ses prêtres de soins 
affectueux, d'une sollicitude presque maternelle, dés Iprs qu'il s'agit de 
conserver ou de rétablir des santés, des forces si précieuses pour 
l'honneur du sacerdoce et le salut des âmes. 

— Les élèves du grand séminaire sont entrés en vacances le !•' juillet. 
Nous sommes heureux d'annoncer que la santé de M. le Supérieur, 
qui a fait naître, la semaine dernière, des inquiétudes, s'est beaucoup 
améliorée et donne aujourd'hui de nouvelles et chères espérances. 

L'adoration perpétuelle du Très-Saint-Sacremenl aura lieu dans la 
chapelle du Calvaire, lundi, mardi et mercredi prochains, 10,11 et 
12 juillet. — Mardi S5' jour de l'Adoration, on célébrera la fêle de la 
Translation de saint Benoît, patron de l'Ordre, (Indulg. plén.) 

Les trois jours : Matin, 7 heures très -précises, exposition du Très- 
Saint-Sacrement et première messe basse; 7 heures et demie, seconde 
messe basse. — Soir, 3 heures, Vêpres; 7 heures très-précises, Ser- 
mon et Salut solennel. 

Ealise de Saint- Euver te. — La Confrérie dé l'Action de grâces 
tiendra sa réunion mensuelle le jeudi 13 juillet, à 8 heures précises. 

Paroisse de ^aint-Pauî. — Depuis plusieurs jours le sanctuaire et 
le chœur de l'éçlise de Saint-Paul , fermés au public , sont voilés par 
de grandes et épaisses tentures. Nous apprenons que M. le Curé et 
son conseil de fabrique ont résolu de consacrer une somme qui s'élè- 
verait à près de 20,000 francs à l'ornementation de leur église. Si 
nous sommes bien informés, le sanctuaire et le chœur de l'église 
de Saint-Paul se décorent actuellement de peintures murales du 
meilleur goût et qui seront des œuvres d'art. La décoration d'une 
église est , personne ne l'ignore , une œuvre délicate , difficile. Nous 
félicitons M. l'abbé Boutillier d'avoir confié cet important travail à 
M. Lazergues qui , comme nos lecteurs le savent déjà , a révélé un 
talent comme artiste, et surtout comme artiste chrétien, dans les ma- 
gnifiques tableaux qui ornent aujourd'hui l'église de Notre-Dame-de- 
RecoHvrance. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 
OKLfim. VeiAreiy 7 Jiiliel. 



Nos lecteurs, qui déjà ont la arec (pielque intérêt,^ dans les 
Annales OrléanaiseSj d'éloquentes lettres, écrites et publiées par 
NN. SS. les Évoques, pour recommander et patronner, comme 
une œuvre de nos jours éminemment utile, les revues diocé- 
saines récemment fondées dans trente-six âioc%es de France, 
nous sauront gré de leur communiquer encore la lettre de 
Mgr rÉvéque de Valence. 

Dans cetle lettre, la plus complète peut-être de celles que 
nous avons reproduites sur ce sujet, Mgr TÉvôque de Valence 
fait d'abord ressortir Tutilité, ou plutôt Turgence de ces fouilles 
religieuses publiées sous le patronage de l'autorité diocésaine ; il 
trace le nouveau programme de VAmi des Familles^ qui est le 
nom du journal de sa ville épiscopalc ; il sollicite le zèle de ses 
prêtres, il leur demande d'aider, de répandre, de propager la 
revue de son diocèse, de lui donner une place honorable dans 
les bibliothèques paroissiales; enfin, le digne Prélat nomme lui- 
même et comme officiellement un de ses Vicaires Généraux et 
l'un des chanoines de sa Cathédrale, le sous-doyen du chapitre, 
pour présider le comité de rédaction. 

La reproduction de cette lettre qui, dans notre pensée, fait 
suite à celles de Mgr de la Tour d'Auvergne, de Mgr TÉvêque 
de iS^aotes et .de plusieurs Prélats français , lettres que nous 
avons récemment insérées, a bien son utilité : elle permettra à 
nos lecteurs d'apprécier mieux encore l'importance que l'épis- 
copat attache à la création de ces nouvelles revues, les services 
qu'il en attend, le concours qu'il s'efforce de leur assurer. Cette 
reproduction nous offre également une occasion de solliciter de 
nouveai le concours de nos confrères, ^t de remercier plusieurs 
d'entre eux du zèle avec lequel ils ne cessent d'aider, de 
répandre, de propager nos Annales Orléanaises. 

Ici, s'il nous était permis de manifester publiquement notre 



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148 AmnALts 

reconnaissance^ nous citerions un bon nombre d'humbles^ 
paroisses de campagnes où MM. les Curés ont obtenu de leurs 
paroissiens jusqiyàëiit>et)Bepl!soiisCrîptioâa<fabonîiement. Nous 
connaissons un bon Prêtre de Tarchidiaconé de Pithivîers qui, 
curé de 560 ûmes, a trouvé moyea de petufiiUir jusqu'à- neuf 
ahonnements,aux^wna/c5i^ en le comprend assez, iih tel zèl^ 
safliraità.exîjliquer kpûait^çjn exceptioanellCy ûeiii& pouvons Re- 
dire .,<|ue les Ann(tle$Oxl4(maU0$f,'§sÉ.c& au gran^ nombre, d^. 
leurs lecteqrs, occupent aviJiQurd'hui parmi tetkr&jeuaes sobui^ 
les trente-cinq reyuiçs diocésaines de notre pays. . 

La lettre de Mgr TÉvôque de Valence,, que nous publions 
aujourd'hui, était adressée aux Prêtres do son diocèse ; à tcms 
égards elle n^érite Pattention de nos lecteurs. 

MONSIBCR LE GHI&É, 

La presse, vous le savez, est une des grdndes puissances de 
l'époque. Par les livres et les journaux qu'elle publie, le bien et 
le mal, le poison et le remède circulent dans le monde, 
arrivent à toutes les portes, et versent dans les urnes la vie ou la 
mort. 

Malgré le bon vouloir et là sollicitude du p:ouverr>ement , la 
propagande du mal continue ses ravages. La fièvre de Tor, tou- 
jours allumée, exploite à son profit les plus mauvais instincts de 
rhorame dégénéré. Les doctrines rationalistes, sous des formes 
respectueuses encore, ébranlent les croyances catholiques, 
sèment le sophisme et le doute dans le champ bouleversé de 
Tintelligence, et, avec une ardeur persévérante, travaillent à ce 
que les libres penseurs appellent râffranchissement des âmes. 
La littérature inonde toujours de ses flots corrupteurs la cité et le 
hameau^l'hôtel splendide et l'ignoble cabaret, le cahmet de lecture 
et le seuil domestique. La brochure licencieuse, le feuilleton im- 
moral, la revue périodique et lejournal quotidien, parlerécit ou la 
gravure, le drame ou l'histoire, en sont les canaux dangereux et 
multipliés. Quels seront les fruits de ce débordement continu?,. 

Il est vrai qu'à ces efforts de la propagande du mal les défen- 
seurs de la foi et de la morale opposent des efforts non moins 
généreux pour la propagande du bien. Si le rationalisme et la 
volupté ont, en France, des échos nombreux et letentissants, le 
catholicisme aussi et la vertu ont leurs organes vigilants et dis- 
tingués. Le journal catholique paraît à côté de la feuille philo- 
sophique, la revue fait face à la revue, la brochure à la bro- 



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RELIGIEUSE^ 'it LfTTÉRAIRE?; ftO 

chure; le mal est combattu par les mômes armes, dans la inéme 
arène. Si Paris envoie chaque jour aux provinces les produits 
l3ons ou mauvais de la presse contemporaine, les provinces 
aussi prennent part au mouvement, et apportent au combat 
leurs contingents divers : (chaque localité met en œuvres ses 
moyens de défense, de préservation ou de conquête. 

C'est à nous, Monsieur le Curé, d'encourager en toutes 
manières ces généreux efforts pour le bien. Dieu nous a confié 
le soin des âmes formées à son image et rachetées par le sang 
de Jésus-Christ. Employons à ce devoir sacré nos conseils, notre 
induence, nos ressources. Aidons le zèle à accomplir son œuvre 
en lai facilitant Taccès de l'établissement public et du seuil 
domestique. Réparons les oublis, compensons les défections, 
suppléons aux impuissances. Nous aurons, dans la mesure de 
notre pouvoir, travaillé à la culture de la vigne du Seigneur; 
nous en aurons fécondé la terre et préparé les fruits. 

A ce point de vue, Monsieur le Curé, nous nous félicitons 
d'avoir trouvé dans ce beau diocèse et dans notre ville épiscopale 
une Revue véritablement catholique, appropriée aux besoins de 
notre époque et de nos populations. Est-il besoin de vous 
nommer VAmi des Familles ? Œuvre de foi et de dévouement, 
sous un titre aimable et bien trouvé, elle travaille avec zèle 
à la régénération de la famille, seule base de la régénération de 
la société. Ses doctrines sont solides et parfaitement orthodoxes; 
par ses récflâ intéressants, ses conseils amis, sa littérature noble 
et pure toujours, souvent gracieuse et touchante, quelquefois 
même distinguée, elle a déjà fait beaucoup de bien, éveillé de 
nombreuses sympathies, et conquis dans la presse catholique 
un rang honorable et mérité. 

Heureux de toiît le bien que cette Revue a déjà fait, nous 
sommes plein d'espoir dans celui (ju'elle est encore appelée à 
faire. Son passé est pour nous une garantie de son avenir; elle 
continuera, comme précédemment, et mieux encore, si c'est 
possible, à pqrter'dans les familles chréiiennes, avec les saine» 
doctrines, les encouragements et les conseils dont elles ont 
besoin, les faits et les récits qui peuvent les édifier. 

Aussi, Monsieur le Curé, noire patronage est-il acquis de 
droit à cette estimable publication. Ayant pris naissance sur 
notre sol, elle nous appartient plus qu'aucune autre. Il nous 
semble qu'il est de notre devoir de l'encourager et de lappuyer. 
Elle a des vues si louables, des intentions si droites et des succès 
si réels! On ne peut, en la protégeant, que bien mériter aveo 
elle de la religion, du pays et de la famille. 

Nous nous ferons un plaisir, quand ToccasiOn s'en présentera, 
de donner communication à cette excellente Revue des actes de 
notre administration qui peuvent être de qaelqu'intérêt pour le 
public. Ce sera, comme vous le voyez, un moyen de plus d'en- 



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180 iHHiLES 

tretenir entre nous des relations fréquentes et régulières, et par | 

là de faciliter les rapports^ l'harmonie et le bien qui en résulte. 1 

Les prêtres et les fidèles aiment, en général, à être mis au cou- î 

rant des affaires diocésaines, des mesures que prend l'autorité, | 

des mouvements qui ont lieu dans le personnel du clergé, des I 

événements religieux qui.s'aCcomplissement, et des œuvres qui j 

existent ou s'établissent dans le pays. i 

LAmi des Familles, pour mieux répondre à ce qu'on attend ! 

de sa nouvelle direction, aura soin, après avoir fait connaître les j 

personnages et les faits qui se produisent sur une plus vaste ! 

scène, de réserver dans son cadre habituel une place plus ou 
moins étendue pour la Chronique locale. Tout en faisant plaisir 
à ses lecteurs, il conservera ainsi pour l'histoire le souvenir de 
plusieurs faits que l'on demanderait vainement plus tard à . \ 

d'autres publications. j 

De môme VAmi des Familles se propose de publier, danscha- 
cun3 de ses livraisons, un bulletin hibligraphique sur les j 

ouvrages importants qui paraissent au jour. 11 fera connaître j 

dans quel but et dans quel esprit ils sont écrits ; il signalera en 
même temps ceux qui peuvent être mis entre les mains des 
jeunes gens et des jeunes personnes, entrer dans les bibliothèques 
paroissiales, être lus dans les soirées de famille. 

Il publiera de temps en temps les articles archéologiques sur 
les principaux monuments dont les arts s'enorgueillissent. Ici 
encore notre diocèse mettra à sa disposition les trésors qu'il 
renferme en ce genre. On a déjà beaucoup disserté et écrit sur la 
magniflque basilique de saint Apollinaire à Valence, sur les 
églises de saint Bernard à Romans; de Notre-Dame à Die; de 
Saint-Paul-Trois-Châteaux, de Saint-Marcel, de Léoncel, etc., 
qui furent, dans le temps, classées parmi les monuments histo- 
riques de l'empire; on peut encore beaucoup écrire et disserter 
sur d'autres églises de notre diocèse qui, sans avoir obtenu le 
même honneur que les précédentes, ne manquent pas de mérite. 
A peine si l'on connaît ces modestes édifices ; on ignore leur 
valeur artistique, et nul n'a parlé des beautés qu'ils recèlent. 

Quelle satisfaction n'aurez-vous pas. Monsieur le Curé, à 
lire, après un article en rapport avec le temps et la situation, 
tous ces détails anecdotiques, bibliographiques et archéologiques, 
qui s'ajouteront à la précédente rédaction ! Vous jouirez de tout j 

ce qu'ils auront d'utile et d'intéressant, et ce sera pour vous un 
moyen dont vous pourrez tirer parti pour former votre opinion j 

sur beaucoup d'hommes et de choses de notre temps. 

S'il vous plaisait aussi, Monsieur le Curé, de vous livrer, dans 
les quelques heures de loisir que vous laisse l'exercice du saint 
ministère, à quelques études spéciales, on ferait dans les 
colonnes de la Revue, un bienveillant accueil aux diverses pro- 
ductions de votre plume. Qui empêche plusieurs d'entre vous, 



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&ELI6IETJSE8 ET IITTiKlI&ES. 151 

les jeunes ecclésiastiques surtout qui n'ont pas encore beaucoup 
d'occupations dans leurs paroisses, de profiter de cette occasion 
pour mettre au jour leurs pensées sur une foule de questions 
palpitantes d'intérêt? Un fait, une légende> une cérémonie civile 
ou religieuse, l'histoire d'une abbaye ou d'un monastère, Tori- 
^iae d'une église ou d'un pèlerinage, les ruines d'un château 
ou d'une commanderie; combien d'autres sujets se présentent 
souvent d'eux-mêmes, dans les contrées qu'ils habitent, à leurs 
considérations I 

A présent, Monsieur le Curé, que nous vous avons fait con- 
naître notre pensée, vous comm-enezoù nous voulions en venir. 
Que vous demandons-nous? Nous désirons que, partageant nos 
sympathies pour VAmi des Familles^ vous nous aidiez à le 
répandre et à le propager. 11 sera, comme nous l'avons dit, un 
aide et un auxiliaire pour vous, car il ira quelquefois dans des 
lieux où vous ne pouvez pas aller vous-même, porter des paroles 
de lumière et de saîut. Un petit livre, et surtout un petit journal, 
se glisse facilement partout; il entre dans les salons, et jusque 
dans les appartements les plus retirés, et souvent, sans qu'on 
s'en doute, à l'heure où l'esprit est ouvert à de suaves pensées, 
il donne de salutaires leçons. 

Veuillez donc. Monsieur le Curé, loraque vous en aurez la 
facilité, non pas toutefois du haut de la chaire, car, quoique 
l'œuvre soit excellente, nous ne voudrions pas qu'on prononçât 
son nom du haut de cette tribune sac;ée d où ne doivent des- 
cendre que des oracles, mais dans leâ^ causeries privées, dans 
les entretiens familiers, faire connaître cette publication aux 
familles chrétiennes, et dites-leur tous les 'avantages qu'elles 
peuvent en attendre. Veuillez aussi la faire connaître dans les 
écoles, pensionnats et communautés de votre paroisse où elle 
sera lue avec plaisir et avec fruit. 

Il serait également à désirer que les Bibliothèques parois- 
siales qui sont spécialement sous votre patronage, prissent un 
abonneme.it à VAmi des Familles, C'est un livre comme un 
autre, plus varié, plus intéressant, plus utile que bien d'autres. 
Les livraisons seraient reliées en un volume tous les six mois, 
et resteraient au dépôt de la Bibliothèque paroissiale. 

Nous venons de nommer directeur de VAmi des FamilleSy 
M. l'abbé Nadal, chanoine de notre basilique cathédrale, et 
vicaire général honoraire. Nous laissons à son dévouement le 
soin de réaliser, avec le comité dont M. l'abbé Jouve, chanoine 
et sous-doyen de notre chapitre, reste président, toutes les 
autres améliorations dont la Revue peut être susceptible. 

Recevez, Monsieur le Curé, l'assurance de notre affectueux 
dévouement. 

t J. P., Evtque de Valence, 



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|9â . iNNiïLEa 



JACQUES CŒUR. 

Une société établie dans le Berri, inspirée par la reconnaissance 
et le patriotisme, avait, tout récemment et comme pour préluder 
à une nouvelle et plus glorieuse réhabilitation de Jacques Cœur, 
mis au concours un chant en l'honneur de cet homme , incon- 
testablement le plus illustre et le plus malheureux de son pays. 
Si nous en croyons les récits de la presse, jamais la vieille et pai- 
sible capitale du Berri n'avait assisté à une solennité littéraire, 
artistique et patriotique égale à celle qu'elle a célébrée le 19 juin 
dernier : fête splendide où tous les poètes, tous les artistes du 
Berri se trouvaient réunis pour célébrer les vertus^, pleurer les 
revers, venger la mémoire de l'argentier de Charles VIL 

Toutefois dans cet événement ce qui doit surtout intéresser 
nos lecteurs Orléanais, c'est d'apprendre que la ville de Bourges, 
pour réparer une injustice séculaire, imiter enfln Orléans dans 
sa noble et traditionnelle gratitude envers sa libératrice, a voté 
l'érection d'un monument en l'honneur de Jacques Cœur, monu- 
ment qui ornera un jour la place principale de la cité Berruyère. 

Nous félicitons les organisateurs de cette fôté d'avoir eu la 
pensée généreuse d*inscrire le produit considérable de leurs con- 
certs en tête de la liste de souscription pour ce tardif monument. 

A cette occasion nos lecteurs nous sauront gré, espérons-nous, 
de consacrer quelques lignes aux deux personnages du xv® siècle 
qui concoururent, bien qu'isolément et successivement à une 
> œuvre commune : le salut de la France. 

Nos abonnés nous pardonneront d'oser dans les Annales Or- 
Icanaises, établir un parallèle qui rapproche le nom de leur héroïne 
Jeanne d'Arc du nom de Jacques Cœur, le célèbre commerçant , 
surnommé quelque part le Rothschild chrétien du moyen âge ; 
car, il faut l'avouer, en jetant sur le rôle de la jeune guerrière 
et du vieux financier un coup-d'œil plus attentif, plus profond, 
on ne tarde pas à apercevoir une certaine analogie entre leur 
mission respective. Tous deux, par un dessein providentiel, 
furent tirés de l'obscurité, élevés à la puissance, à la gloire; 
tous deux, trahis, persécutés, terminèrent leur carrière, l'une 
sur un bûcher, l'autre dans l'exil. 

Nous n'avons pas à retracer ici l'histoire, si connue, si popu- 
laire surtout à Orléans, de celte simple bergère qui porte au front 
la triple auréole de la vertu, de la gloire et du martyre. Ce récit, 
plusieurs fois déjà imprimé dans nos Annales^ est si présent à 
toutes les mémoires, qu'on serait tenté de le placer au rang des 
pieuses légendes du moyen Age, si l'histoire et la critique, si les 
chroniqueurs et les poètes de tous les pays ne s'étaient tour à tour 
inclinés aux pieds de cette chaste héroïne et ne lui avaient payé 
le tribut de leurs louanges dans toutes les langues de l'Europe. 



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BELIGIEOSSS ET UTTÉAAI&ES. 15} 

Alors, comme pa le sait, un mooarque léger et indolent usant 
dans roisiyeté et les di?ertissements des forces réclamées par 1^ 
France humiliée , s'endormait au milieu des revers publics ; 
quand la bergère de Domremy, écartant les courtisans «qui s'op* 
posaient à son entrevue avec lui, et forçant, pour ainsi dire, la 
consigne, vint lui raM»eler la tâche lourde, mais glorieuse qui lui 
incombait. Charles >ll eut le bonheur de croire ^ la mission d6 
l'humble fille, improvisée généralissime'des armées françaises. 
En trois mois, délivrant Orléans, culbutant les Anglais à Patay 
et leur enlevant plusieurs places importantes, Jeanne dAro 
conduisis à Reims le mouarque rendu à sa dignité et à sa mission, 
et opposa à Tusurpaleur un roi oint de l'huile sainte, sacré sur 
les lieux où ses pères avaient reçu cette solennel le consécration; 
et duroi de Bourges fit Charles-le-Victorieux. La gloirede Jeanne 
devait s'illuminer d'un reflet plus radieux encore, et sa main 
devait joindre la palme du martyre à celle de la victoire. Grâce à 
son énergique impulsion et à ses exploits, Jeanne laissait la 
France ressuscitée. Notre patrie naguère agonisante , respirait 
après une longue oppression : toutefois les plaies de la France 
n'étaient point encore cicatrisées. Ëpuisé par les dissensions et 
les luttes, ce royaume dévasté avait besoin d'une main habile 
et dévouée pour rétablir, dans son organisme troublé, la régu* 
larité des fonctions nécessaires à la prospérité des peuples et des 
gouvernements. 

Or pendant que l'héroïne d^Orléans s'immortalisait sur nos 
remparts, sur les champs de hitaille, dans les fers et sur le 
bûcher de Rouen, le fils d'un marchand de la ville de Bourges , 
Jacques Cœur, jetait les bases d'un immense trafic, créait une 
j3otte puissante, pour sillonner les mers dans tous les sens, 
fondait sur toutes les plages de l'Europe et du Levant descomptoh-s 
qui rivalisaient avec ceux de Venise, de Gênes, de Barcelone, 
ouvrant ainsi au dehors, à la France humiliée, appauvrie au 
dedans, de vastes relations et une nouvelle vie de prospérité. ÏJà 
fortune sourit aux opérations de cet esprit entreprenant, ou, 
disons mieux, la Providence récompensa les efforts de ce génie 
hardi, qui lui aussi avait pour mission de sauver notre patrie. 
L'audace de ses entreprises, la réputation universelle que con- 
quirent à son nom ses relations lointaines, ses succès rapides, 
ses richesses immenses, fixèrent sur lui l'attention de Charles VII 
qui devina les ressources de cette puissante organisation. Après 
lui "avoir confié plusieurs postes élevés, le roi, sous le modeste 
titre d'argentier lui conféra la direction générale des finances du 
royaume. Jacques justifia la faveur du souverain. Tour à toi^r 
commissaire du roi, négociateur à Gènes, ambassadeur h Rome, 
l'homme éminent récemment anobli et dont la généreuse devise : 
A/vaillants cœurs, rien impossible, dénote les grands sentiments, 



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1S4 ANNALES 

sut partout se montrer à la hauteur de sa position, et se concilier 
l'estime et la faveur de tous. 

Mais la grande tâche de Jacques Cœur était de rétablir Fordre 
dans les finances épuisées parles luttes antérieures, et de rendre 
à la France les provinces encore aux mains de sa rivale. Son 
secret pour atteindre ce noble but fut bien simple et, pourtant» 
depuis lors , le célèbre argentier a trouvé bien pe'u d'imitateurs, 
même parmi les bienfaiteurs les plus illustres de leur patrie : 
Sire^ tout ce que f aï est à roîts, dit-il à son prince, voilà une 
parole sublitne qui élève son auteur au-dessus de tous les 
Rothschild de tous les pays et de tons les siècles, et» le place 
au rang des libérateurs de sa patrie : et ouvrant à la France et 
à son roi ses immenses trésors, le souverain y puisa de quoi 
subvenir à ses besoins personnels, de quoi payer souvent de 
folles dépenses, et la France de quoi entretenir des armées, 
et racheter la Guyenne et la Normandie. Jacques Cœur com- 
pléta, par cet acte de générosité, l'œuvre de Jeanne d'Arc son 
héroïque devancière, et ne laissa plus à l'Angleterre, sur le sol 
de France, que la seule ville de Calais. 

Mais, entre ces deux grandes figures de notre histoire na- 
tionale, il existe un trait de ressemblance, peut-être, plus frap- 
pant encore. La bergère de Domremy expie sa gloire sur un 
bûcher dressé par l'ennemi, mais allumé par des mains fran- 
çaises. Jacques Caur n'eut pas un sort meilleur, et suivant en 
r^^a HP rôle moins éclatant, il ne termina pas sa vie sur un 
lâcher, mais il connut les humiliations de Téchafaud, et re- 
cueillit les fruits amers de l'ingratitude. 

Desservi près de son Roi, par des favoris comblés de ses lar- 
gesses, Jacques, malgré les éminents services dont lui sont 
redevables et la France et son prince, est arrêté comme un 
criminel; accusé de crimes odieux, il est traîné, pendant trois 
ans, de prison en prison, enfin condamné à mort pour crime 
de Lèse-Majesté, sur l'injonction du souverain oublieux de ses 
bienfaits. Il ne doit la conservation de sa vie qu'à un reste de pu- 
deur qui ne suffit point à laver la mémoire du roi Charles VII. 
Evadé dé sa prison, ce grand homme, errant et fugitif, quitta le 
sol inhospitalier de la France et va trouver près du Père com- 
mun des fidèles, qui avait pu apprécier sa valeur et ses mérites, 
un refuge et une généreuse hospitalité. Comme marque de 
confiance le Pape lui donna le commandement en second, sous 
les ordres du patriarche d'Aquilée, de la flotte catholique qu'il 
envoyait au secours de Constantinople, envahie par Mahomet II. 
Jacques Cœur ne put mener à bien cette expédition et il mourut 
dans l'ile de Chio, sur une grève étrangère, à cinq cents lieux 
de la plage natale, abreuvé d'amertume, et jetant à la patrie 
absente et ingrate un suprême regard de regret et d'amour. 

Tel fut, au xv® siècle, alors que la France était menacée de 



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RELIGIEUSES ET LtTTÊ&AlBES. 1^ 

perdre sa nationalité, le rôle de la Providence, se manifestant 
dans ces deux personnages éminents. En confiant à nue ber- 
gère la mission insolite, et pour sou sexe et pour sa condition, 
et pour son âge, de commander, et de guider à ia victoire les 
armées royales, elle confondît les guerriers d'alors qui, dis- 
traits de leur tâche glorieuses par des querelles, laissaient le 
pays dans rabaissement, et les réunit, sous la main d'un jeune 
"fille, autour de Tétendard sacré de la patrie, pour conserver son 
autonomie à une nation qui avait rendu à la Religion et à 
rSglîse des services signalés. 

En élevant à Tune des plus hautes positions sociales et ftnan- 
cîères qui aient existé, un homme de basse extraction, un in- 
connu qui ne puisa que dans la puissance tiu génie dont elle 
Tavait doté les immenses ressources dont il disposa; en rappro- 
chant du prince et du trône le grand commerçant qui, à une époque 
où, en France, le commerce exotique était le monopole des na- 
tions voisines, créa un traflc qui tint à .lui seul en échec les 
plus gi'ands établissements de l'Italie et qp l'Espagne, et con- 
centra les lichesses qu'on eût vainement cherchées ailleurs, la 
Providence facilita la consolidation de l'œuvre de restauration 
opérée par Jeanne d'Arc, et rendit h la France, au moyen des 
généreuses largesses de Jacques Cœur, une prospérité qu'elle 
semblait devoir ignorer longtemps encore. 

L'histoire n'a pas été également juste envers ces deux bien- 
faiteurs de notre pays. La cité do Bourges, disons-le, n'est mue 
que par une bien tardive reconnaissance, puisqu'elle est arrivée 
jusqu'à ce jour sans avoir compris son devoir envers Jacques 
Cœur, comme les Orléanais le comprirent envers Jeanne d'Arc 
avant même que la cendre du bûcher de Rouen ne fût refï'oidie. 
Cet oubli, d'ailleurs, semblerait s'expliquer assez par lui-môme, 
car pour une nation guerrière et ai-dente comme la France, cette 
humble fille des champs, l'evôtue d'un casque et d'une armure, 
courant, sur un grand palefroi, sus aux ennemis, au milieu de 
la poussière et du péle-mêle des champs de bataille ; joignant à 
la couronne virginale qui ceignait son front un diadème de 
gloire, et, plus tard, la brûlante auréole du martyre, c*est le 
type de la poésie, du sublime, du merveilleux, Aussi, et le ha- 
meau qui l'a vu naître, et la cité qu'elle a délivrée des étreintes 
de l'ennemi, et la ville éclairée aux sinistres lueurs du bûcher 
qui la consuma, lui ont élevé des statues. Les Orléanais, fidèles 
à une glorieuse tradition, retrouvent chaque année au 8 mai, 
la foi, l'élan, le patriotisme de leurs ancêtres pour fêter Jeanne 
d'Arc; notre ville conserve pieusement la mémoire, le culte de 
sa libératrice; au jour de sa délivrance, sous les voûtes de son 
antique et célèbre basilique de Sainte-Croix, où souvent Jeanne 
pria, des voix éloquentes redisent ses louanges et trouvent 



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456 ÀMNitES 

un écho dans la France et parfois même disonsrie aussi dans Ip 
monde entier. 

La grande figure de Jacques Cœur, moins attrayante, moins 
poétique, sans doute, mais pour un œil observateur encore 
bien saisissante, commence à peine, après plusieurs siècle§ 
d'oub)i,à sortir de l'ombre où elle fut ensevelie. L'histoire ne Ivii 
a consacré que quelques lignes comme a up personnage secon- 
daire, et a épargné des louanges à^celui qui sut prodiguer 
se3 richesses pour sauvef, agrandir, régénérer sa patrie. C'^at 
en vain, aussi, qu'on cherche dans sa ville natale, à laquc;!!^, 
avec la gloire de son nom , il a légué un des plus beaux 
fleurons de Tart gothique, une pierre, un monument qui coi^- 
serve sa uïémoire. Mais le temps est enfin venu d'expier cjette 
injustice séculaire, de réparer une grande faute, d'élever sur 
une des places de la vieille et paisible capitale du Berry, unnrïa- 
uument digne de perpétuer sur le sol qu'il a tant aimé et où U 
a tant souffert, le nom, le souvenir (Jes grandes œuvres et des 
grandes infortunes du plus illustre des citoyens dont Bourges 
puisse se glorifier dans des temps où les hommes de caractère 
n'étaient p^s moins rares que les hommes de génie. 

Puisse le futur monument élevé à Jacques Cœur dans sa ville 
natale, propager et perpétuer parmi nous un enseignement, si 
utile, si profitable en tout temps, à notre époque surtout : Ufi 
vrai patriotisme, un grand caractère, la fidélité, le dévouement 
à la Religion et à la Patrie. 



Les Catacombes de Roioie. 



On appelle Catacombes les immenses souterrains que les 
chrétiens de Rome creusèrent tout autour de la ville pendant 
les trois premiers siècles de l'Eglise, afin d'y enterrer religiqu- 
sèment leurs morts, de s'y réfugier pour échapper aux fureurs 
des persécutions, et d'y pouvoir célébrer sans crainte les sainte 
mystères. 

On ne peut se faire une idée de l'imn^nsité de cette ville 
souterraine, composée de longs et étroits corridors creusés dans 
le tuf, qui se croisent en tout sens, et au milieu desquels -on se 
perdrait infailliblement si l'on n'avait, pour se conduire, le 
secours d'un guide ou d'une longue expérience. 

Ilya environ trente catacombes connues. La plus célèbre 
de toutes et la plus vaste est appelée catacomlip ou cimetière 
de Saint-Galixte, du nom du pape-saint Calixte, qui y fut dé- 
posé en 222, après son martyre. Dans ce cimetière furent enter- 
rés une quantité de papes et de martyrs célèbres, entre autres 
la fameuse vierge romaine sainte Cécile, et les glorieux compa- 
gnons de son combat. On ne sait pas au juste le nombre de 



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ftELI6IEUS£& fiirUTTÉ&AniES. t97 

thrétièns^î reposent dans les galeries des catacombes, mois 
ce nombre est immense. La seule cataeorabe de Saint-Calixte 
en renferme plusieurs millions. On ne parcourt aujourd'hui 
que quelques corridors de cette calacombe, et, quoique cette 
visite dure environ deux heures, on en voit ù peine la centième 
fmtie. 

On entrait jadis dans les Catacombes par des ti^ous et des 
^caliers secrets, creusés dans les jardins ou dans les caves de 
quelques riches chrétiens. La nuit, on extrayait la terre enlevée 
par tes fossoyeurs, on la portait dans les campagnes voisines et 
H)» la vendait; on profitait également de la nuit pour porter les 
rcMes des chrétiens, surtout les restes les plus vénérables des 
martyrs qui avaient souffert la mort en confessant la foi. 

Le pontife ou le prêtre, caché dans les profondeurs de la 
calacombe, averti par quelqu'un des frères, se tenait prêt à 
llïoure indiquée. Accompagné de quelques pieux fidèles, parents 
ou amis du martyr, il s'avançait à l'entrée de In calacombe: il 
rccerail la précieuse dépouille du soldat du Christ ; ù Va lueur 
des. lampes et des torches, il la conduisait à la place qui avait 
'été désignée pour le lit de son repos, et là, après avoir récité 
avec les assistants les dernières prières d'adieu, et aussi les can- 
tiques des éternelles espérances, il faisait déposer le copps saiot 
dans une cavité creusée, comme la case d'un tiroir, dans les 
parois de la galerie ou de la chambre ; les fossoyeurs appor- 
taient la plaque de marbre préparée à cet effet, ils l'appli- 
quaient sur l'ouvirture de la tombe, la scellaient ai c .du ci- 
ment, dans lequel on incruslait d'ordinaire une petite fiole 
pleine de sang du martyr ou quelque instrument de son sup- 
plice; puis, on gravait à la hâte sur le marbre le nom de celui 
qm dormait à son ombre, on y ajoutait une palme ou une cou- 
ronne, signe de son triomphe, et quelquefois l'âge, les belles 
qualités de ce chrétien, et quelques autres paroles ou symboles 
de foi, d'affection ou de regret. 

Les galeries des Catacombes sont assez étroites ; il en est peu 
où deux personnes puissent commodément mar- her de front ; 
leur élévation varie, elle est de sept ou huit piciis ; l'air y est 
lourd et humide. De chaque côté, superposées horizontalement 
les unes aux autres, sont les tombes des anciens fidèles. Dans la 
plupart, on voit au milieu des débris d'ossements une poudre 
blanche provenant du mélange de ces ossements vénérables et de 
la chaux dont on se servait souvent pour envelopper les corps. 

A chaque pas, on retrouve des marbres avec des inscriptions, 
dont plusieurs offrent un haut intérêt pour la science religieuse. 

Les savants et les antiquaires chrétiens qui étudient ces ins- 
criptions s'en servent pour confondi'e les protestants et pour leur 
prouver, par des arguments sans réplique , que les premiers 



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158 ANIULES 

chrétiens avaient les mômes croyances ot les mômes habitudes 
religieuses que nous. 

Les Catacombes sont remplies de chapelles, qui offrent presque 
toutes le plus haut intérêt à cause des peintures qu'elles ren- 
ferment. Quoique ces peintures soient souvent bien détérîorées 
par le temps, par l'humidité, par les terres éboulées et par le 
salpêtre, elles suffisent pour établir de la manière la plus certaine 
plusieursdeno8dogmescatholiques,qiie les protestants attaquent 
comme des innovations ; entre autres, le culte des images , le 
culte de la sainte Vierge et celui des saints, la rémission des 
péchés par le sacrement de la pénitence, la célébration solen- 
nelle de la messe, la présence réelle du corps et du sang de 
Notre-Seigneur Jésus-Christ dans le sacrement d'Eucharistie, le 
Purgatoire, la prière pour les morts, la foi en l'inteixîession des 
saints, la charge pastorale de saint Pierre et de ses successeurs à 
l'égard du troupeau des disciples du Christ , la mission des 
Apôtres pour enseigner et sauver les âmes, etc. 

Ces vénérables peintures, faites à fresque sur les parois des 
chapelles sont assez imparfaites, et on y sent l'empressement 
d'artistes qui craignent à tout moment une surprise de rennemi 
et qui travaillent , non ponr flatter l'œil des spectateurs, mais 
pour lui rappeler des pensées de foi. L'expression de toutes les 
figures a quelque chose de grave et de solennel, on dirait presque 
de sauvage. L'impression des sentiments de la persécution des 
hommes, de l'approche toujours imminente de la mort, du !éta- 
chement de la terre et de l'amour de Jésus-Christ crucifié, se 
retrouve dans les physionomies de leurs peintures. 

Nous disions qu'on rencontre souvent des chapelles dau:> ces 
souterrains; dans la plupart, on remarque les traces du c ilte 
divin que nos pères célébraient jadis. On voit la place de l'autel 
principal, sous lequel reposaient ordinairement trois corps de 
martyrs plus célèbres, déposés à côté les uns des autres. L'autel, 
enfoncé dans la paroi et cintré, avait quatre ou cinq pieds de 
profondeur ; sa voûte était ornée de peintures, représentant le 
plus sojivent le Bon Pasteur rapportant sa brebis sur ses épaules, 
ou bien les saints martyrs dont les corps étaient sous la pierre 
sacrée. Les fidèles assistaient au saint sacrifice , et les diacres 
portaient la sainte communion à ceux qui, unis d'intention, 
priaient dans les galeries ou chambres voisines, n'ayant pu entrer 
dans la chapelle où la messe se disait, à cause du manque 
d'espace. 

On trouve, dans les principales chapelles des Catacombes, les 
sièges de pierre qui servaient aux anciens papes dans la solen- 
nité des messes ; On voit entre autres celui où le pape saint 
Etienne fut surpris et décapité par les soldats de l'empereur 
Décius, dans la terrible persécution que suscita ce prince en 257. 



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RELIGIEUSES ^t LITTÉEilEES. i59 

Il célébrait les saints mystères au lieu même où reposaient les 
corps de saint Pierre et de saint Paul. 

Autour de ces chaires pontificales, on voit aussi le banc creusé 
dans le tuf où s'asseyait le presbytère^ c'est-à-dire le collège des 
prêtres cardinaux qui assistaient le pontife dans toutes les néces- 
sités de son auguste ministère. 

De nos jours encore, à ♦outes les chapelles papales, le Souve- 
rain-Pontife ne se montre au pied des autels qu'entouré du Sacré- 
Collége dlés cardinaux de TEglise romaine, successeurs de ces 
antiques presbytères. 

Rien ne peut exprimer l'impression que laisse dans l'âme le 
pèlerinage des Catacombes. C'est un mélange de sentiments divers 
qui sont tous très-salutaires : le néant des choses de ce monde, 
la sagesse de la vie chrétienne , qui n'estime que les choses 
stables de la vie éternelle et ne s'arrête point aux bagatelles du 
monde; la force immuable de l'Eglise, qui a vaincu dans de 
pareils combats, et qui, aujourd'hui, toujours la môme dans sa 
foi et dans ses pratiques, domine seule par sa grandeur, par son 
immobilité et par sa vie puissante, les siècles et les générations 
humaines ; le bonheur d être chrétien, comme les héros dont on 
voit ici les cendres ; la honte de leur ressembler si peu par la 
ferveur, par le détachement, par le mépris de la vie présente et 
la vigueur de la foi ; tels sont, et bien d'auti^es encore, les senti- 
ments qui se pressent dans l'âme quand on visite les Catacombes. 

Lorsqu'on en sort, ébloui par la brillante lumière du soleil de 
l'Italie, on regrette de quitter ces grands et solennels témoins du 
passé, et on est heureux, cependant, de quitter ces demeures de 
la mort et de se retrouver au milieu des vivants. 



On nous écrit de Laval : 

Monsieur le Rédacteur, 

Il y a des pages que l'on voudrait écrire avec le '-oeur, parce 
qu'il y a des spectacles qui, tout simples en apparence, remuent 
l'âme dans ce qu'elle a de plus intime et de plus relevé, et 
grandissent pour un pays jusqu'à la hauteur d'un événement. 
Cette réflexion venait à la pensée de tous en assistant ce matin 
à Laval à l'imposante cérémonie attendue depuis quelques mois 
avec impatience : la consécrafion du diocèse au Sacre-Cœur de 
Jésus. C'est sous l'impression de l'émotion que nous avons 
ressentie que nous allons esquisser le tableau de cette fête où 
tout un peuple a voulu, avec l'élan le plus chrétien, affirmer 
dans une grande démonstration la foi de ses pères. 

On voit rarement de nos jours une population entière montrer 
un empressement aussi unanime, apporter un concours aussi 
complet que celle de Laval le jour du Sacré-Cœur de Jésus; 



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4^ AICNALIÇS 

l'éclat de cette fête était rehaussé par la présence de Mgr TAr- 
chevôque de Tours et de NN. SS. les Evoques d'Angers, du Mans, 
de Chartres et de Gadare en Cochinchine. 

Nas cœurs Orléanais regrettaient la présence du prélat vénéré, 
dont le nom est aussi cher aux lettres qu'à TEglise; les soins 
de sa santé le retenaient loin de nous. Le caractère de la pro- 
cession était purement religieux, p^r conséquent grave et 
élevé. 

Les bannières les plus riches marchaient en tête représentant 
les paroisses de la ville; elles étaient suivies de la confrérie de 
la bonne mort composée, non-seulement d'ouvriers et d'arti- 
sans, mais encore des hommes les plus élevés de là société de 
la Mayenne; les députés de toutes les paroisses du diocèse por- 
tant chacun un oriflamme aux armes de la paroisse; les Congré- 
gations religieuses de femmes au nombre de deux cents, 
prouvaient que Dieu a encore sur la terre beaucoup de dévoués 
serviteurs, 

A côté de la charité, marchaient ces autres Olles de la Reli- 
gion, la prière et la science représentées par les PP. Trappistes 
du Port du Salut et les autres ordres religieux du diocèse, puis 
venait le Grand-Séminaire de Laval. Quatre cents curés revêtus 
de leurs chasubles précédaient leur vénérable Evoque, devant 
lequel tous les fronts se courbaient en pensant avec quel zèle et 
quel succès il venait d'accomplir la redoutable tache de fonder 
un diocèse. Si une pensée humaine avait pu dans un pareil mo- 
ment traverser son ùr.u, il devait éprouver une légitime il rtéde 
voir ainsi son peuple unir son cœur au sien pour bénir et glo- 
rifier Dieu. Derrière le Saint-Sacrement que portait Mgr l'Arche- 
vêque de Tours venaient les prélats qui avaient honoré là.ville 
de leur présence. 

Ce cortège imposant traversait les rues dcLaval décorées avec 
une magnificence extraordinaire; comment ne pas rendre hom- 
mage à tant de pauvres familles qui, au prix de grandes priva- 
tions, avaient orné la fenêtre de leur mansarde de jolies 
décorations, au milieu desquelles se trouvaient des images du 
Cœur de Notre-Seigneur entourées de fleurs; rien n'est plus tou- 
chant comme l'aumône de l'indigent. 

La procession se dirigeait vers trois reposoirs, monuments 
grandioses, dont l'un surtout, copié sur une châsse moyen-âge 
du style byzantin, était un véritable chef-d'œuvre. 

Une multitude, dont les rangs pressés attestaient le zèle, se 
pressait sur le passage du cortège. Les visages s'épanouissaient 
sous un autre sentiment que celui de la curiosité, on sentait 
que tous s'unissaient de cœur à la voix de leur Evêque lorsque, 
du haut de la magnifique estrade, il prononça solennellement la 
formule de la consécration de son peuple au Sacré-Cœur de 
Jésus. Les cloches sonnaient, l'artillerie envoyait ses salves, 
c'était un grand et imposant spectacle. 



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££U6IEUSEI^ Èff LtTTÉailRES. f6I 

Laissons à d'autres pays moins fortunés que lé nôtre, lés luttes 
de la science si souvent stériles ; puissent la Bretagne et le Bas- 
Mjiîoe continuer à protester par l'exemple et la pratique de sa 
foi, contre rabaissement religieux qui cherche à nous envahir, 
ef lorsque tant de provinces voient aujourd'hui chanceler leur 
fei séculaire, honorons ces populations qui maintiennent pure 
parmi elles la Religign de Clovis et de saint Louis. 

R. D'A. 



LOIRET. 

Les Recettes de l'Œuvre de la Sainte-Enfance s'élèvent^ pour 
l'Exercice cfe 1864-1885 à 1 ,577,663 fr. 08. — Les Recettes 
de l'Exercice précédent étaient de 1,478,792 fr, 52. Il ij a 
donc eu cette année une augmentation de 98,870 fr» 32. 

La France figure au tableau des Recettes pour la somme 
de 897,386 fr. 17. — Le diocèse de Cambrai pour 67,712 f. 87. 
*- Celui de Pç,ris pour 62,446 fr, 30. 

Le diocèse d'Orléans a fourni la somme de 2,760 fr. Il y a une 
augmentation de 215 fr. sur l'exercice précédent. Nous savons 
qu'il se fait dans notre diocèse de généreux efforts pour donner 
à cette (ffiuvre si touchante et si catholique une plus grande 
extension. L'Enfant Jésus bénira un zèle si chrétien, et bientôt, 
nous n'en doutons pas, nous aurons dépassé la somme de 
5,603 fr. 05 c, que nous avions obtenue en 1852. 

Cette magnifique somme de 1,577,663 fr. 08 c, a été répartie 
entre les 61 vicariats apostoliques assistés par l'OEuvre; elle est 
destinée à servir : 

1" Au rachat des petits enfants. On sait que les Chinois, pour 
une faible somme d'argent, se défont jassez facilement des 
enfants qu'ils croient avoir de trop et surtout des petites filles ; 

2** A l'entretien des baptiseurs et baptiseuses ambulants, qui 
vont le long des fleuves et des chemins, par les villes et les 
campagnes recueillir et baptiser les enfants abandonnés par 
leurs parents ; masse d'infanticides évalués chaque année àlO.OOO 
au moins pour la seule ville de Pékin, au dire du célèbre navi- 
gateur Dumont-d'Urville; 

3** A l'entretien des pharmacies où quelques-uns des bapti- 
seurs, versés dans la médecine du pays, viennent prendre les 
remèdes qui leur servent de prétexte pour pénétrer chez les 
familles païennes où ils procurent à un grand nombre de petits 
enfants moribonds la grâce inappréciable du baptême ; 

h" A l'entretien des nourrices païennes et chrétiennes à qui 
sont confiés les enfants recueillis, trop jeunes encore pour être 
ïeçus dans les orphelinats ; 



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13^ A91IAI.B8 

S® A Tentretien des orphelinats de garçons et de filles, dant 
les principaux sont : ceux delà Congrégation des Missions-Etran- 
gères à Hong-Kong et à Saï-gon, conflés aux religieuses de la 
Congrégation de Saint-Paul de Chartres, ceux dés Prêtres de la 
Mission à Péking et à Ning-po, confiés aux Sœurs de Saint- 
Vincent-de-Paul ; ceux des RR. PP. Jésuites à Si-ka-vei et à 
Trichinopolis; ce dernier orphelinat est confié aux religieuses 
de Marie- Réparatrice. 

On comprend que ces orphelinats sont pour les missions 
étrangères de précieux germes d*un christianisme solide. C'est 
de là ffue sortent les séminaristes qui forment plus tard de bons 
prêtres indigènes, des catéchistes pieux et instruits, des vierges 
éprouvée*, d'excellentes mères de famille, des maris sincère- 
ment chrétiens. Ainsi, grandissant sur les genoux de TEglise et 
suçant avec le lait la doctrine de Jésus-Christ, ces paiivres 
petits enfants recueillis par le sou de la Sainte-Enfance, forment 
peu à peu une génération solidement chrétienne qui devient pour 
la Chine une base solide de christianisme.. 

D'après les comptes-rendus de 1863-1864, le nombre des 
enfants baptisés aux frais de rOEuvre, a été de 256,322. 28,870 
étaient élevés dans les différents orphelinats à cette même 
époque. 

Toutefois, hâtons-nous de le dire, car c'est là le caractère 
spécial de cette Œuvre intéressante, ce sou du mois, ce sou du 
petit enfant, si fécond, comme nous venons de le voir, en 
fruits de conversion pour la. Chine et les pays infidèles, devient 
dans nos campagnes un puissant moyen de régénération reli- 
gieuse. 

L'OEuvre de la Sainte-Enfance est un moyen de bénédiction 
sur les enfants, de régénération de la famille et de la paroisse. 
Mais pour qu'elle exerce tonte son influence il faut qu'elle soit 
bien organisée et bien administrée. 

On sait que le Souverain-Pontife a enrichi cette OEuvre de 
très-grandes indulgences pour les associés et de précieux privi- 
lèges pour ceux qui la dirigent; sa sollicitude Ta recommandée 
au zèle des Evêques et à la piété des fidèles. Depuis qu'elle a été 
honorée d'une si haute bienveillance, cette (Euvre céleste a pris 
un développement prodigieux. 

L'établissement de l'OEuvre de la] Sainte-Enfance dans une 
paroisse et son organisation bien entretenue, renferme les plus 
précieux avantages. Cette GEuvre bénie est aussi profitable aux 
enfants de l'Europe chrétienne qu'aux enfants de la Chine 
païenne. Donc il faut l'établir et la cultiver comme une mine 
féconde. 

I Jusqu'à dix ans l'enfant est à nous; il est sous l'influence 

l^ encore prochaine de la grâce de son baptême , influence mysté- 



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lELIGIEUSES ET LITTÉBAiaES. 163 

rieuse et divine qui pénètre tout son être. Malheureusement 
nous laissons, se perdre cette richesse infinie. 11 faut la retenir 
et la cultiTer, comnie on cultive une plante précieuse avec les 
soins les plus attentifs. 

Si i'enfant ne nous connaît que sous des rapports d'ennui et 
de sévérité, il y aura en lui contre nous, une répulsion crois- 
sante. SU nous connaît sous des rapports aimables il y a attrait. 
Ce n'est pas toujours facile, mais avec quelques efforts on y 
arrive. Or la Sainte-Enfance, établie en institution paroissiale, 
aidera beaucoup à obtenir sur les enfîmts cette action qui s'em- 
pare du cœur. 

Nous avons insisté sur ces détails, parce que cette association 
a son importance sur la famille. Il n'y a pas de paroisse où Ton 
ne puisse l'établir. Nous le savons parce que nous-mêmes nous 
l'avons établie dans les paroisses les moins religieuses, et l'œuvre 
s'y maintient. 11 y a dans cette association un côté d'humanité 
et d'honneur national qui 1% fait accepter. Cette union des enfants 
chrétiens donnant leur aumône pour sauver et élever de pauvres 
enfants païens, sacriGés ou abandonnés par' leurs parents, est 
une belle chose qui va au cœur des pères, des mères et des 
enfants. Et puis l'intérêt qu'on porte à leurs enfants, les petits 
honneurs qu'on leur accorde, flattent les parents. 

Il y a dans les paroisses des associations de la Sainte- Vierge 
pour les jeunes personnes, de Saint-Joseph pour les jeunes gens, 
de Saint- Vincent pour les vignerons, de Sainte-Anne pour les 
mères ; pourquoi n'y aurait-il pas une association de petits enfants 
sous le patronage de l'Enfant Jésus ? Leur innocence mérite cet 
honneur ; leur faiblesse réclame cette protection. Les parents en 
sont touchés et édifiés : « ça leur portera bonheur, » disent-ils. 

Oui, « ça leur portera bonheur » et à leurs parents et à la 
paroisse. La Sainte-Enfance est une source mystérieuse de toutes 
sortes de bénédictions, sous le patronage de l'Enfant Jésus et de 
sa sainte Mère. 

C'est donc là une œuvre admirable, une œuvre marquée au 
sceau des œuvres de Dieu, puisqu'avec des moyens si faibles elle 
prétend parvenir à de si grands résultats. Les enfants et les plus 
petits enfants sont appelés à contribuer de la manière îa plus 
efficace à la christianisation des pays infidèles, et au renouvel- 
lement religieux de ceux où la foi dépérit tous les jours ! 

Et d'autre part quel spectacle offert à la philanthropie, qui à 
notre époque, plus qu'à toute autre peut-être, prétend avoir seule 
la mission et la puissance de guérir les plaies de l'humanité. 

Oui, dit le vénérable Pontife Pie IX, parlant de l'œuvre qui 
nous occupe, oui il y a dans cette œuvre admirable un dessein 
plein de sagesse de la part du Seigneur. Au moment où les con- 
tradicteurs de îa foi catholique exaltent par de si fastueux éloges 



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lè4 ANNALES 

le sentiment humain et si naturel de l*amour de ses semblables, 
cherchant à voiler comme d'un nuage la charité chrétionne pour 
en affaiblir l'éclat, s'il était possible ; il arrive que cette nriême 
charité chrétienne s'épanche de tous côtés en effusions tâujd^^^ 
plus abondantes, éclate en splendeurs loujoui*s plus vives par 
les œuvres nouvelles qu'elle enfante, et qu'une stérile philoso-* 
phie, ennemie de la Croix de Jésus-Christ ne réufesit jamais à 
imiter. Chose plus admirable encore ! Ce ne sont pas les hommes 
placée au premier rang par la naissance ou par rabondance des 
richesses ; ce sont les petits, ce sont ceux qui ont peine à soutenir 
leur modeste existence, c^ sont les enfants dans Tâge le plus 
tendre, que Fa Providence excite à apporter eux aussi, selon leurs 
faibles moyens, à la création de ces œuvres de miséricorde , le 
petit tribut de leur zèle et de leurs efforts. L'abbé X... 



On écrit de La Selle-sur-le-Bied, le S juillet 1865 : ^ 

Une cérémonie qui n'est pas nouvelle dans notre diocèse, 
grâce à l'élan qui se manifeste partout pour la restauration des 
Eglises, mais qui laisse toujours après elles de bonnes impres- 
sions, a eu lieu dimanche dernier à La Selle-sur-Ie-Bied. Il 
s'agissait de la bénédiction d'une Sacristie qui doit être en même 
temps chapelle de catéchisme, et d'une" gracieuse chapelle de la 
Vierge ornée d'une magnifique verrière. 

M. Rabotin, Archidiacre de l'arrondissement de Montargis, a 
bien voulu présider à cette fête. L'assistance était nombreuse. 
Les paroisiensde la Selle si fiers de leur église, qui, bientôt, par 
les Foins intelligents de M. le Curé, pourra rivaliser avec les 
belles Eglises de notre arrondissement, heureux aussi d'en- 
tendre M. l'archidiacre dont la parole est si connue et si goQtcc 
dans l'arrondissement de Montargis, étaient accourus en foule. 
M, l'Archidiacre est monté en chaire; après quelques paroles 
de félicitations adressées aux autorités et au conseil de fabrique 
dont le concours avait si puissamment aidé M. le Curé , il nous 
a démontré dans une improvisation toute de circonstancer dans 
un moment où les travaux de la moisson font malheureuse- 
ment trop oublier aux habitants de la campagne les intérêts, 
les besoins de leur âme, la grandeur et la dignité du travail 
chrétien, et la manière dont on devait le sanctifier pour ne pas 
\ perdre le fruit de tant de sueurs qui pourraient être si pré- 

5 cieuses devant Dieu. 

^^ Ces paroles, écoutées et recueillies avec une religieuse atten- 

'^ tion. ranimeront, je l'espère, le zèle et la piété des paroissiens 

4; de La ^clle-sur-Ie-Bied pour leur Eglise, et encouragera notre 

I digne pasteur ù continuer et à achever l'œuvre qu'il a si bien 

;:: commencée. D. C. 



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KELIGIEUSES £T LITTÉftilBES. 1*6& 

— Nôtre dernier numéro annonçait la mort de M. Tabbé 
Perreyve, chanoine honoraire d'Orléans, Tun des prêtres qui, 
des premiers, manifestèrent leurs sympathies pour les Annales 
Orléanaises^ et leur promirent un utile et glorieux concours. 
Aujourd'hui nous croyons accomplir un vrai devoir de recon- 
Daissance en publiant quelques lignes sur ce jeune ecclésias- 
tique si cher au cœur de notre évêque. 

Le nom de M. Tabbé Perreyve est depuis longtemps familier 
à nos lecteurs; ils savent que ce jeune et déjà illustre élève 
préféré du P, Lacordaire était un de nos plus éloquents prédi- 
cateurs, un de nos écrivains éminents. Docteur en théologie, 
nemmé à trente-trois ans professeur à la Sorbonne, M. Tabbé 
Hfinri Perreyve semblait destiné à atteindre les plus hautes di- 
gnités ecclésiastiques. Ses ouvrages, de mOmo que ses prédi- 
» cations, lui avaient déjà assigné une place brillante dans les 
rangs supérieurs du clergé de France. Bien des regards sympa- 
thiques étaient tournés vers lui et le suivaient avec un respec- 
tueux attachement dans son double apostolat de la plume et de 
la parole.' Mémo parmi les prêtres les plus dis ingués de notre 
temp^ aucun né jjrofliettaît de consacrer plus de cœur et de 
talent à la défense des Vérités religieuses. 

M. l'abbé Perreyve était de ces natures douces et ardentes, 
vaillantes et déKcates, nobles et tendres, généreuses avant tout, 
comblées des meilleurs dons du ciel, vers lesquelles on se sent 
poitê par un irrésistible attrait. Ces belles qualités le faisaient 
aimer et rechercher de la jeunesse, à qui il savait mieux que 
tout autre parler lé langage qyi l'a séduit en l'instruisant. A le 
voir, à l'entendre, on sentait qu'à côté du savant et du théolo- 
gien, il y avait en lui du poète et de l'artiste. Ceux qui ont 
assisté dans l'église de la Sorbonne à ses beaux discours sur 
Marie reine des sciences, sur la vie future^ sur les dons de VEs- 
prit-Saint^ sur Y amour de Dieu et des homme$y ceux-là se 
souviendront toujours et de cett^ physionomie expressive , et 
de ce regard animé, et de cette voix mélodieuse, plus vibrante 
que forte, et de cette large et vive éloquence qui pénétrait dans 
les intelligences et remuait les cœurs après avoir charmé les 
oreilles. 

Il y a peu de jours, les journaux annonçaient que Mgr TAr- 
cbevêquô de Paris était allé faire visite à M. l'abbé Perreyre 
gravement malade. A peine cette inquiétante nouvelle avait-elle 
eu le temps de circuler que l'on apprend la mort du jeune et 
savant professeur de Sorbonne, qui n'était encore que dans sa 
trente-cinquième année. L'Eglise et les lettres chrétiennes font 
en M. l'abbé Henri Perreyve une perte immense. 



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16$ i^muss 

CHRONIQUE RELIGIEUSE. 

InstituUon des. Sourdes et Muettes h Saint-Marceau. — Les céré- 
monies de la première communion qui viennent d'avoir lieu pour nos 
jeunes sourdes muettes ont été des plus solennelles et des plus con- 
solantes. Les premières communiâmes de l'institution, malgré leur 
infirmité, n'ont été privées d'aucun des soins intelligents qui pré* 
parent ordinaâirement les enfants de nos meilleurs pensionnats à ce 
rand acte de la Vie chrétiennei Nous pouvons le dire , à Orléans , 
nos jeunes sourdes-muettes n'ont plus rien à envier, sous ce rapport» 
aux enfants de nos paroisses les plus favorisées. On connaît assez le 
zèle des bonnes sœurs qui les élèvent, les instruisent, les initient 
aux secrets de la, vie chrétienne. Puis elles ont trouvé dans un pieux 
missionnaire de notre ville un directeur, un prédicateur cjui leur 
permet d'oublier la grande infirmité qui les isole de la société. Le 
R. P. Denys, de la société de Sainte-Marie, leur a prêché en langage 
mimique tous les exercices de la retraite préparatoire et toutes les 
instructions du jour, de la première communion, avec cette facilité 
q^^ lui donne une connaissance approfondie et un long et fréqu^U 
usage des signes mimiques, et suriout avec une onction qui ^ sa 
source dans la charité du pieux missionnaire , onction qui a fait couler 
de bien douces larmes des yeux de ces pauvres enfants qui, il y a un 
siècle , n'auraient connu aucune des joies divines qui aujourd'hui sem- 
blent être devenues plus abondantes et plus vives pour elles que pour 
leurs sœurs qui n'ont point été, comme elles, déshéritées par la nature. 

— Dimanche prochain, 9 de ce mois, aura lieu dans la chapelle des 
religieuses Ursulines la première communion des pensionnaires de 
rétablissement. La cérémonie^ sera présidée par M. Rabptin, vicaire- 
gépéral , supérieur de la communauté. — A 7 heures et d^mie , messe 
de première communion. — A 11 heures, instruction, rénovation 
solennelle des vœux du baptême. — A.2 heures, vêpres, instruction 
suivie de la consécration à la Sainte- Vierge et compiles. — A4 heures, 
salut solennel , amende honorable au Sacré-Choeur et bénédiction du 
Très-Saint-Sacrement. 

— La généreuse piété des paroissiens vient d'offrir : 

A l'église de Saint-Marc une riche bannière qui a été solennelle- 
ment bénie par M. l'abbé Rabotin. vicaire -gênerai; 

A réghsede Saint- Pierre-le-Puellier, une bannière non moins pré- 
cieuse , qui a été bénie par M. l'abbé Robin, le vénérable curé de Ja 
paroisse , heureux d'exprimer à cette occasion sa reconnaissance à 
ses chers paroissiens ; 

A réglise de Saint-Donatien, une lampe fort belle et deux lustres 
qui font aujourd'hui l'ornement du sanctuaire dans cette église entiè^ 
rement restaurée , qui a été récemment ornée de plusieurs vitraux 
offerts par deux familles de la paroisse. 

Paroisse de Saint- Jean-le-Blanc. — La fête patronale seracélébréev 
dimanche prochain, avec une solennité que le zèle de M. l'abbé Bibaut 
sait rehausser chaque année par quelque inauguration nouvelle. 
Dimanche prochain les paroissiens de Saint- Jean-le-Blanc pourront 
admirer pour la première fois dans leur église deux tableaux, œuvres 
d'un artiste Orléanais. La santé de M. le curé de Saint^Jean-le-Blanc, 
qui avait inspiré des craintes si subites et si graves, se rétablit insen- 
siblement. 

Pour tous les articles non signés et pour toutes les nouvelles, 

L'abbé GÉLOT. 



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lELieiEUSES ET LITTÉKiniES. 167 

Bh vente chez 
Â. GATINEIU, BLANCHARD et HERLUISON, Libraires a Orléans 

L'HISTOIRE DE L'ABBAYE ROYALE 

DE 

SAINT- BENOIT-SUI\ -LOIRE 

Par M. l'Abbé ROCHER 

Chanoine d'Orléans, ancien curé de Saint-Beuoît-sur- Loire, membre 
de la Société Archéologique de l'Orléanais et de la Société française 
pour là conservation des monuments. Ouvrage illustré de 21 planches 
et précédé d'une lettre de Mgr Dupanloup, évèque d'Orléans , à Tau* 
leur.— Un volume grandin-S'* de plus de 600 pages. — Prix 1^ fr. 

Qaestiomialre très-éteodu, raisonné, analytique et synthé- 
tiquesur le catéchisme, précédé, pour chaque chapitre, d'un texte 
continu, clair et méthoûique, et suivi de petites morales et d'his- 
toires pour confirmer dans la foi et assurer la persévérance, 
avec des rapprochements et des récapitulations; ouvrage approuvé 
par Mgr Dupanloup et destiné à mettre ceux que Ton instruit 
dans une sorie d'impossibilité de ne pas comprendre ou d'oublier ; 
offert à toutes les personnes qui enseignent ou désirent s'ins- 
truire, parJ'abbé La veau, ancien missionnaire et directeur 
honoraire des sourds-muets d'Orléans . 

Voici quelques-uns des témoignages que l'auteur a reçus : 

«Depuis que j'ai commencé à me servir de votre Question- 
naire, mes enfants y ont tellement pris goût, que je suis obligé 
de les modérer pour les empêcher 4e répondre tous à la fols. Les 
derniers eux-mêmes faisaient des réponses surprenantes de jus- 
tesse. Les parents sont émerveillés, et véritablement, depuis que je 
suis prêtre, je n'ai jamais eu d'enfants si bien préparés pour la 
première communion. Vous possédez le grand art de bien 
questionner. 

Se vend au Grand-Séminaire d'Orléans, et chez Védrenne, 
libraire, rue de Mézières, 2, Paris. 

U^^reurlalo cl*Orl(^an«. 

ORLÉANS, f juillet. 

Cote officielle. — Fçomem. l*h., Ire 1666,2e 1581, 3e 15 ««. — Méteil 
l" 14 ««, 2* 13 21, 3« 12 50. — Seigle Ire 9 ««, 2e 8 86, 8e 8 75. — Orge 
Ire 10 ««, 2e 8 89» 3* 8 25. — Haricots rouges-^lre qté «« «« , 2e «c ««• 
3e «à a<c; id, blancs Ire <f« «c, 2e «« ««, 3e «« ««.-<— Avoine, Ire qté 10 50, 
2e^76, 3e9 25. — Foin, le myriag., Ire qté 1 80, 2e 1 26, 3e 1 10.— Paille, 
Ireqté70c.,2e67c., 3e 60 c. 

Boarae du S autllet» 

3 p. 0/0 ancien... 67 171/2 Nord 1090 — 

i.l/2p.l00 96- .Est -615- 

Fin courant.... 67 25 67 30 67 20 Lyon et Méd... — «42 50 

Emprunt italien... 64 85 wSdi —538 76 

ÎJojMUer 685— 678 75 Autrichien —415 — 

Crédit Espagnol.: 450— Lombards -485 — 

Orléans 826 — 



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f*uhlicationè de mariages du dimanche 2 juillet Eivti(b : 

M. Moreaii, Jean, maçdn, et Mlle Bonlage^ Marie-MadeleiQe» domestique. 
M. Gouache, Léopotd-Eugène, conflseur, et Mlle Canuet, Marie-Amélie. 
M. Lambert, DQsirWules, contrôleur des postes, et Mlle Piédor^ A^mélie. 
M. Thesouuier, Aimable-Éugène, et Mlle Sbucîet, Marie-Félicîlé, cuisinière. 
M. Baudon, Charles-CoRStant , agent d'àfEaires, Tëiif de Adélaïde Point , et 

Mad. Quentin^ Jeanne, çouturièrCff^veuve de Pierre Goujon, terrassier. 
M. Bertbelot , Désiré-Louis , coutelier , et Mlle Cordonnier , Marie* Joséphine. 
M. Chauvelin, Alphonse, jardinier, tX MHe Le^rand, Aline, brossière. 
M. Gouin, Auguste, cocher, et Mlle Boucher, Joséphine, femme de chambre. 
M. Lcmaire. Ferdinand, peintre en iiâtîments^ et Mlle Bonoeau, Elisa, lingère. 
M. Chemi, Eugèue-Ambroise, imprim^Fj et Mlle Potel, Eùima, domiciliée 



au château du Grand-Plessir, commi 



ni^Fj e 
nuBC de 



Saint-Firmin-suT-Loire. 



Nai8S(mce8. 

Venou, Marie- Joséphine-Léopoldine, rué Croix-de-Bois. 

Momicry, Maltnlde-Léonline, rue deskAfricaias. ' 

LAl;bé, Louis^AugusIerAlber^ rae de Liâ^are. 

Aiçi'fit^ Claire- Alexandrijie-Augusline, rue de la Triperie. 

Çioréntîn, Georges- Joseph, rue des Tanneurs. 

Pégfuy, JuHette-AppoUne, rue Bourgogne. 

RonïHy, BeiHhe'Augnstinp-Louise, rue Jean ne-d' Arc. 

Atoatât, Juiiette-Eugéniei rue'd'Illiers^ . - 

BegauU, Albcrt-Désiré, faub. St- Marceau. 

Serruau, Edgard-Marie-Joseph-Edmoud, rue Serpenle. 

Cosie, Marie- J^anne-Joçépliine-Lotiise, place Saint-Pierre'Emj^onlV 

Hcraulf, Aîcxandve-Félix, faub. Bourgogne. 

Serin, Marie-Henri Paul, rue Bourgogne* 

Michel, Joséphine-Julie-Altidipnsiqe-Jeaniie, faub. Saint-Msrceau. 

''f Décès. * 

^* Laville, Ernest, chef de train Mj diemin de fer, tob. Bourgogne, 49 a&s. 
Mf^d. pupp^it, née Coizeau , Ann^ faub.- Saint-Marcçau, rue Tudelle, 71 ans. 
Mad. Alleaume, née Potremolle, Madeleine, giand'rueSt-Marceau, 66 ans 
rvTacl.pathelier, née Aubry, Jusline-Julie^ruedes Ormes-St-Viclor , 60 ans. 
Mî Detatnt, Jean-Pierre, ancien vîgneroi?, fatib. St-Marc, rue deTEglise, 75 a. 
M. Gouchaud, Jacques, lerrassi- r, faub* St-Marceau, rue Tudelle, 48 ans. 
M-T-Laeaze, Gabriel-Gasion, rue du Pont-de-Cé, 19 ans. 
M. Faisianl, Denis, jardinier, rue Bourgogne, 83 ans. 
Mad. veuve Robillon, née Foageron, Marie-Claire, rue du Cha^n, 83 ans. 
MÏJc Vossion,' Marie-Augusline, couturière, rue des Hôtelleries, 18 ans. 
Madi Boulet^ bée Oret^t^*. Anje- Virginie, rue Neuve, 70*ans. 
M. Rivière; Stanislas-Diendunné, chaudronnier, rue des Curés,, 23 ans. 
A^' Kàlthon , Charles , ancien ««iliivateur, f. Si- Vincent, rue de la Poule , 71 a. 
Mad. veuve Percherota, néeLamandé^ Anne-Pauline, rue St-Pierre,.66 atis. -■ 
Maillard, Clo vis- Désiré, faub. Sl-Marceau, erand'rue, 9 ans.\ 
Mad. veuve Jaban, née Sagot, Marie- Anne-Victoire, rue du Colombier, 85 a. 
Faugouin, Joseph-Albert, fanb. St-4\f arceau, quartier du Lièvre-d'Or, 8 ans. 
Mad.^ Chevallier, née Vincent, Victoire, rue de^a Lionne, 50 ans. 
Mlle Grenié, Anna, rue Bannier, 19 a«is. ^ ' 

Qualrehomme, Louis- Aiexandre, faub. St-Marceau, grand'me, 9 ans. 

1 Le propriétaire-gérant, L'Abba GEtOT, Cha/n, ggfi. 



ORLEANS. mP. BaK£ST COULS, VIS-JL-VIS DU MUS^B. 



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Pd^ssant tttus; Im Samejd4si,p«r. lÛF)>aîg»ii i^M pnfvs. 
rV« YOlillBîÊ. -T- N» 8 U I5 JUILLET l865:' 



CAiJBMb«ïr.iiAiÉ X. sepiaiive. 



16.Vi« Dimanche apr 
A la Ctfttiédrale- ' 



is la Pentecôte, ■- 
'O^airé; fête ûe 



N.-D.-DUrMoNT-(Uiui«i, (aB.-msii.); 
Dès le èëconfl siècle,' le Cartùel ée 
.-peimlsi 'iie^<âitaiffts. Ut iioDaitèfe ' 
de, Tordre de saint Qasite y fut établi 
àà V« siècle." Wiisieofs croisé» 
>lh)^reâ ' venus «a GanoeU d'atuoML 
comme soldatsVpuis comme pèlerins, 
sanicn^est 10 botabear de mre et 
.de mourir pujpBnus.daps c^jttc soVir- 
XViéè, té B. Àftert dùnmààox er- 
ŒjWe?. dp Carwel une règle qçiî lut 
approuvée en 1226 par Honorius III. 
- Telle est Torigiiie ^ l'ordre cé- 
lèi)re des Cormes. La ; confrérie di^ 
St-^eaputdire est bonsidérée corninb 
un tiers-ordre qui communique aux 
chrétiens retenus dans, le nionde 
fodtés'Iés fleurs spirituelles de èet 
iirdfe,«rivilteié. : ' • • 

17 LUWDl, sailli EuspiCE, abhê (s.-d.).' 
18'llABin» saidt Thouas^^AquiIi. Jfé 
^ejj- 1227l près de rabb^ye du Jtfout- 
Câ^iri, entré dans roWrc 'dés Domi^ 
'jmééins, U éti^ia à GologiW(.|pu» 
Albert-le-Grand, il fut reçu docteur 
f^ PUniverJ^itè de Paris en i'SS&,' 
..s'étira, ra^uriti^ et Testime de 9^ut 
Louis qui l'admit souvent ii ^a taîblë. 
En l^îïîg;,. après avbir wflisé taites> 
les dignités ecclésiastiques, il fut en- 
voyé k Naples pour y enseigner la 
4héolpffii£{IWnottcut. deui. ai^MC^, 
péhdanntoTl se rendait au cofièîlè 
de Lyon. Thomas, le plus profond 
des th'éologiens, est nommé TAnge 
de l'Ecole. 
19 MERCREDI, saint Viî»cEiiT db Paul 
(tf.-tn.^. î^ Iprfes de Dak en 4St8,' 
d'une famille pauvre et obscure, 



. . d'abord gardien de troupeaux, pui^ , 
' ^ étudiant, il fut ordonné prêtre en 
, ,, 1000. Pris par un pirate de Tunif , 
et vendu comme esclave à un rené-^ 
■ gat, Vincent ayant converti son maî-î 
tre, le ramena en France en 1607, 
i Aumônier de Marguerite de Valois, 
il refusa des offres brillantes pour ^ 
n'accepter que la modeste paroisse 
de Clichy en 1©12. Instituteur dans, 
la famille du comte de Gondi ea 
1613, il amëliora le sort des prison- 
; nierseldes galériens. Touché du dé»-., 
sespoir d'un forçat, père de famille, 
il le rendit à la liberté en prenant- 
iui-meme ses cbaincset saplace au . 
bagne. Nommé par Louis Xlll 
aumônier-général des galères eu 
1619, il fonda la congrégation des . 
Prêtres de la Mission en 1625, et ' 
celle des Sœur^i de la charité en 163i, 
On lui doit le premier établissement 
pour Acs En fatits-trouvés^ l'hosplcs 
des Vieillards en 1653, Vhôpital yé~ 
• néraî dé la Salpctrièrc en 1665. Seul ' 
'il pourvut aui besoins de plusienrsî 
provinces désolées par la pest^-, la 
guerre et ia famine : la Fran^- ^^^ 
tiène est.cojiverte -des jponum/^t^^ • 
qui rappÉfllènt sa charité et son ?èie.' ' 
n , gainft Viniteiit de Paul mourut ii Pai> ' 

ris en 1660. 
20 JEUDI, saint Joseph (d<-ittl). 

néél^mm^^f^l péWiereSW Val' 
meuse d'abord par ses scandales et 
ensuite par sa conversion relatée 
, dans révangile. On .ccûit qa;«lle 
Mourffl en Proyéncef, «rfe^ de» hilme, 
son frère, év^us idjBi Marseille. ■ 



piïi b'AËirai^MENT 



Orléans, et le JDépartcment. > ; § f^p^r an. 



P&ris 'riJf les Déplrteiiients. 
Etranger ^ 



19 — 



' ON s'ABO"NNK a 

M. ITftHè GÉkô+1 dbttré StfeJCi'dix,^. 
M. ERNEST^ IGOLA^» Impfrlmejiir. . 
M. BLANCHARD, rue Bannier. 
M. GATINEAU, me Jeanne-d'Arc. 



ORMAisis,' CHEZ : 

kaâ'. I^OOCBKR, i%e 3éànne^d'AVc,'èr 
91. iS£JÛj|RNÈ.j rue desCef*»)^ M. . 
M. GOD#ROY, rue RoySe. 
JILVAUDECRAINE, place du Martroi 



L 



T. IV, 



OtlétBS. — lap. Eunnrr Colas.. Ti»-i-TM d« Mvijo 



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CHRONIQUE. 

r ■ " •' ' 

Les espérances qu'ofte Infère agpiêporation dai%3 la santé de M, Benech 

nous avait fait trop'pi^i&ptenieni concevoir, et que i«aia. nous sommes 

empressé de faire partajm i^ nps iejcteurs< ne se sont^point réalisées ; 

et aujourd'hui nous avons la douleur de ratfnoncer,' M. le Supérieur 

du grand séminaire, le père vénéré de tout le clergé Orléanais, a rendu 

son âme à Dieu jeudi à trois heures rfu sohr. ^ * 

Ces lignes, noiis le savons; auront un douîou^ux réteffttîssemenl 
non-seulement dans le cœjir de tous les prêtres Orléanais, hal)itués 
depuis trente-six ans à aimer et à vénérer, dans M. Benech, comme 
une sorte de personnification de l'autorité toujours délicate et tendre 
quoique ferme et presque inflexible, mais encore dans la société des 
prêtres de Saint-Sulplce, oùr depuis tant d'années^ 11, Benech Qceupait 
dans le conseil un rang distingué, nous devrions dire éminent. 

M. le Supérieur, lundi soir, au moment où il recevait les derniers 
Sacrements, a pu adresser encore quelques paroles qui ont ému pro- 
fondément les prêtres de Saint-Sulpice et les ecclésiaslîqueis de notre 
ville, qui, pressés autour de son lit, assistaient, mais non sans verser 
des larmes, à cette touchante cérémonie. Ces paroles, les dernières quii 
nous aura été donné d'entendre de la bouche de ce prêtre Vénérable, 
nous ont fait songer à celles restées si célèbres, qui furent prononcées, 
dans une circonstance semblable, par un grand évêque et un grand 
saint de Téglise de Tours. 

Ce ne sera pas sans émotion qu'on verra les prêtres de tout un vaste 
diocèse, au moment de Touverlure de la retraite ecclésiastique, réunis 
autour du cercueil de celui qui fut l'ami, le oonseiller de tous. Le 
souvenir, et qu'on nous permiette de le dire aussi, les prières du père 
et du modèle du clergé Orléanais, devenu, nous aimons à le croire» l'un 
de nos protecteurs auprès de Dieu , ne seront pas sans exercer une 
salutaire et grande influence dans les âmes de tous les prêtres, pour 
qui les exereices spirituels vont être inaugurés dans des circonstances 
si solennelles. . 

I<es obsèques de H. BCWECH auront lien, lundi 19 |illlle<, à 
huit heures précises dn matin. 



— Mgr l'Evoque d'Orléans vient de nommer M. Tabbé Suisse curé 
de la paroisse de Se moy: , ^ 

— Mgr Chalandon, Archevêque d'Aix, prédicateur de la retraite 
pour le clergé, prècheia, vendredi prochain à 5 heures du soir, dans 
la cathédrale, le sermon pour la clôture de la première retraite ecclé- 
siastique. Ce discours sera suivi de la rénovation solennelle des pro- 
messes cléricales et de la Bénédiction du Très-Saint Sacrement. 



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ANNALES REUGIEDSHS & LITTÉRAIRES. 
ORLfiANS. Veodredi H Joiliet. 



MgrPEvéqae d'Orléans, qui, fetemi loin de sa vîïlé épis- 
c(qf»le par les sbîitô exigés pour sa santé après îes fatigues de 
ses visites pastorales, a pu cette année, plus encore que les 
années précédentes , concilier un repos devenu nécesaire avec 
des études et des travaux qui suffiraient, ce nous semble, à 
remplir tous les instants d'une vie moins active que la sienne, 
vient encore de publier et d'adresser au clergé de son diocèse une 
nouvellejnstructionjpa,st9rale de plus de quatre-vingts p^ges, 
sous ce titre : Les moyens pratiques de renouveler et de jfro- 
payer dans toutes les paroisses la dévotion au Très-Saint- 
Sacrement. 

Le simple énoncé du sujet que nous extrayons de Tinstruc- 
tidfn pastorale de Mgr l'Evêque d'Orléans, nous en fait déjà 
connaître l'importance pratique. 

Elu appliquant mon esprit à l'étude de cet important sujet , 
après m'être éclairé des lumières de plusieurs d'entre vous , qui 
ont bien voulu me faire part de leurs réflexions, dans des notes 
que j'ai très-attentivement lues et méditées, il m'a semblé que 
les moyens pratiques , les plus propres pour atteindre le but 
que nous nous proposotîs , étaient les suivants : 

Dôbner nous-mêmes , les premiers , l'exemple de cette dé- 
vofion; 

Pourvoir avec Te plus grand soin à la propreté^ à la décepce 
et à Térnementation des Eglises ; particulièreraéiit dix sanc* 
tuaSVe, de l'autel et du tabernacle ; 

Paire en sorte que la sainte Messe soit régulièrement et, reli- 
gieusement entendue ; 

Ri^ildre les communions plus fréquentes; 

Conseiller et établir le^ visites et l'adoration du Saint-Sa- 
creiiïcfht; 

Dphner le plus de pompe possible aox saluts , aux pepces- 
siolts, à la célébration de la jPôte ^e l'Octave du Saint-Sacre- 
mefit , à T Adoration perpétuelle ; ' 

Environner d'un plus religieux appareil le SAiNx-YiATiavE i 
quèn'd on ïe porté aux malades ; 



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172 ANNALES 

Réopgâniser làtoù elles existeBt , et établi!' là où elles n'exîs- ' 
tentj)as, les confréries du Saint-Sacremeiit ; 

Instruire solidement sur rEucharistie , en chaire et dans les 
catéchismes. J ; 

Après avoir ainsi énuméré les questions pratiques qu'il va 
en^Mîtç 4A^elpppjçr>..noij^. (î^yripns dire épuiser, Mjgr TBvéqtie 
d'Orléa,ï?sçopsaere,,d#ns sçn.^ouvejii écrite «uaicbapilre ^pé45jaj3'j 
à évacua de ces mpyjens. émipemmeqtiiproppesi à KenouveteF ot-. 
à prppa^r,. daps toijtfiç lep parp«5'jÇl^-;50» .vaste ei ^hema^^ 
diocèse, la dévotion ja,u Trjès-Saiïi|,-§açf emftati. , 



Mgr TEvôquè dt)rléans vient d'adresser à un écrivain plu- 
sieurs fois déjà couronné par rinstitut de* France, à M. Fré- 
déric Godefroy , à roccasîon de trois voluines ^ur l'histoire de^ 
la littérature française qui ont été récemment publiés, une ^ 
lettre qui est, selon l'expression de VUnion^ une admirablp 
vue d'ensemble sur les lettres françaises, Ces belles pages, sitô| ^ 
repi'oduites et lues dans toute la France et à rètrangcr , ont , 
tout le monde le comprend assez ; un intérêt de plus pour des 
lecteurs Orléanais , aussi Jies Ann(^le,s s'emprj3s^epjt;-elles de le^ 
oiffiif à leurs abonnés, 

:^ Mon cher ami, 

j'aurais voulu vous exprimer plu9 tôt ma pen3ée |sur voS; ga- 
vants travaux , et en particulier sur lés trois volumes déjà put 
bliés de votre Histoire de la littérature française. J'y emploie . 
les premiers moments de loisir que Je puis dérobée* 

m tout d*abqrd, je veux yous dîre^ mon djm , combien; ma 
satisfaction est grande pour un si considérable et si.exçj^lloftj; ; 
travail. ^.. . 

H n'est personne qui ne sache combien l'œavre. entrepris ,v 
par vous était désirable. ; com,^ien. une bonne histgjîre critiqufl 
de notre littérature., quîdonneraH une^idée pr,à5Îsç etjaf^^^^ 
mérité moral éi ïîttéMire des auteurs et de leurs écrits , ^9^^ . . 
une œuvre utile , soit à ceux qui ont le goût <|esJeçtuBes.et ^ 
études Sérieuses, feoit à cçux qi4 sont en position où. qij^^ ont je ,. 
devoir de donner*, sur ce point impprtar^t, une d.irectipH pu d^ ,^ 
conseils. . . ; 

NèQ6^ônimes d^aif lëut'S à une époq\^ où la,bo,W^ gfiUgi^!^{'> 



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SELIGIETSES ET LITTÊBA1RE8. 173 

d'autant plus de services à rendre , que les saines idées litté- 
raires sont loin d'être généralement acceptées et que les fausses 
théories prévalent encore chez beaucoup d'écrivains. 

C'est à ce triste état des esprits et à je ne sà[s quelle impa- 
tience du joug , au'il faut rapporter des excès dont vous avez 
dû gémir plus d une fois. Le goût n'a plus de règle, le 
style plus de mesure, la pensée plus de justesse : la probité 
littéraire et le sens mora| s'affaiblissent à proportion , pt Ton 
arrive à produire des œuvres qui sont des impertinences , quand 
elles ne sont pas des indignités. Le mot est peut-être un peu 
fort ; je le laisse toutefois : il y a, hélas I de trop bonnes rai- 
sons pour ne pas le retirer. 

tJn des signes aussi les plus affligeants de la défaillance des 
esprits à notre époque , c'est cette facilité de condamner, ou 
d'admirer tour à taur , à tort et à travers , avec un égal caprice 
et une égale frivolité ; mais ce que je connais de plus insup- 
portable , ce sont ces esprits médiocres dont toute la critique 
c'est le dédain , et qui s'arrogent le droit d'être mécontents de 
tout, de tout mépriser et de tout contredire. Rien n'égale cette 
outrecuidance. 

. Poi^r ces raisons , et d*^utres encore ^ une bonne Histoire de 
la UtUrature française serait une œuvre d'une très-grande im* 
portance, et un véritable service rendu aux Lettres. 
. Mais pour réaliser une pareille œuvre , qu'on a essayé déjà 
^v^c plus on moins de succès, il faut une érudition . une cri- 
tique, des recherches, un travail dont, selon moi, un petit 
nombre seul d'hommes spéciaux sontj capables. Ëb bien ! cette 
érudition et cette critiqué, vous les avez eues ; ces recherches , 
ce travail , vous les avez faits. Et je ne suis pas étonné , pour 
ma part , de vous vojr engagé ainsi, et depuis longtemps, dans 
l'a vpie des savants travaux. Je voua ai coqnu dans votre jeu- 
nesse, et dès lors, dès votre cours de troisième , frappé du sé- 
rieux de votre esprit , de l'intensité de votre attention , de l'opi- 
niâtreté de vos études, j'ai prévu qi^e vous donnerez quelque 
joii^les fruits que vous donnez maintenant ; le jeune homme 
si appliqué d'autrefois est devenu tout naturellement i'érudit 
et le critique d'aujourd'hui. 

^ Je ne connais pas moi-même toute cette multitude d'ou?rage» 
4pnt vous avez eu à parler, je ne puis |>ar canséquept ni con* 
trôler, ni réviser, ni garantir tous vos jugen;ientfi sans excep- 
tion. Mais ce qu^il m'est permis de dh:e au moins, après ce que 
j!ai pu lire de vos trois volumes , c'est qujC vous n'avez pas traité 
la littérature comme, lape chose légère , et que vous êtes un de 
CÊ& rfres éiçri vains qui, ^i^|ourd'hui ^ respectent encore le public, 
c'est que pour l'étendue et la sévérité des recherches , comme 
pour rirapfu-tialUé et la sûreté des appréciations , rien de ce que 
je connais en fait d'ouvrage de ce genre ne surpasse et peut-être 
n'égale le vôtre. 



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174 AKITAIES 

Je dis d'abord retendue et la sévérité des recherches. 

Autant j'admire ce que vous avez déployé de méthode et de 
goût , autant je suis effrayé de ce qu'il vous a fallu de lecture , 
de mémoire et de persévérance pour faire une pareille œuvre. 
Car tous les auteurs dont vous avez parlé ,Jes innombrables ou- 
vrages dont vous rendez compte , que vous analysçz , discutez , 
rapprochez, comparez et jugez, on voit que vous les avez lus , 
comme on ne Ht guère aujourd'hui, du commencement à la fin, 
avec la plus consciencieuse et la plus sévère attention. Et c'est 
là, à mes yeux, le premier mérite de votre ouvrage : votre éru- 
dition n'esVpas de seconde ou de troisième main ; vous avez eu 
le courage d'aller aux sources. Votre critique y a gagné de l'am- 
pleur , de la mesure , de la sûreté et je ne sais quelle fraîcheur 
et quelle originalité de goût et de style dont j'ai été charmé. 

Quelques-uns disent que l'érudition tue le goût. Je ne sau- 
rais souscrire à cette opinion, surtout depuis que je vous ai lu; 
et je n'admire pas moins, dans ce que j'ai lu de vos trois vo- 
lumes , la sagacité critique et les fermes et saines appréciations 
que la connaissance des textes. 

Vous apportez , en effets dans vos jugements , une mesure , 
une équité et une fermeté qu'on rencontre rarement dans la lit- 
térature courante. Vous discutez, avec autorité et sans pédan- 
tisme, les jugements des principaux oracles de la critique; 
vous adoptez et confirmez leurs opinions , quand elles vous pa- 
raissent justes, mais sans vous y attacher servilement. Vous 
savez unir ainsi le respect des maîtres à l'indépendance de juge^ 
ment que doit garder tout homme qui pense par lui-même. Et 
vos jugements, quels qu'ils soient, nouveaux et personnels, 
ou conformes aux idées reçues, sont toujours fortement mo- 
tivées. Sans rien sacrifier de la juste liberté de votre esprit, 
vous savez comprendre qu'il y a des traditions , une autorité , 
des principes en littérature comme en toute autre chose. 

Une autre mérite de votre livre , et qui le distingue de beau- 
coup d'œuvres analogues , c'est son originalité. J'y trouve des 
études vraiment neuves. Ce qui me fatigue dans plusieurs his- 
toires littéraires que je connais , et ce qui me met en défiance 
contre celles que je ne connais pas, ce sont les jugements tout 
faits et les étemelles redites. Vous, mon ami, vous avez su, 
sans multiplier leâ pages , approfondir vos matières , et par là 
être aussi neuf que solide. Vos lecteurs puiseront dans chacune 
de vos études une science de bon aloi , et se 'déprendront de ces 
fausses idées qui courent pour ainsi dire la littérature , recueil- 
lies et répétées par des critiques sans portée et des écrivains 
sans valeur. Enfin , et pour achever par là ce jugement d'en- 
semble sur votre œuvre , votre manière de dire > la langue que 
vous parlez plaira par sa fermeté , sa clarté , sa précision et son 
élégante correction. 



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1ELIGIEVSE8 ET LITTÉBAUIBS. 175 

Je voudrais pouvoir vous dire tout le bien que je pense de 
votre livre , et j'en pense beaucoup , soit que je le considère 
comme une histoire de là littérature fraoçaise , soit que je l'en- 
visage comme un recueil classique d'études et de modèles de 
style ; mais à travers tant de matières traitées dans ces trois vo- 
lumes, je ne puis guère que courir et signaler en passant quel- 
ques détails. 

Pamillier comme vous l'êtes avec notre vieille littératuro , et 
avec cette langue de transition que vous élucidez^ bien dans 
vos nombreuses et savantes notes, vous deviez, en traitant du 
XVI® siècle, nous apprendre beaucoup de choses. Je vous ai , 
pour ma part , une vraie reconnaissance de m'avoir fait appré- 
cier des auteurs que je n'avais pas lus. Je suis assurément excu- 
sable de ne pas avoir ouvert les mémoires de Biaise de Moatluc: 
je ne le serais pas maintenant si je ne vous disais que vous 
m'avez donné un vif désir de les lire. Je ne les lirai proba- 
blement jamais, car les années qui se hâtent et les occupations 
qui S8 pressent ne me le permettront pas. Du moins, j'en aurai 
pris dans votre notice et les fragments qui l'accompagnent une 
idée sérieuse qui me restera. 

Il me semble aussi que vous avez parfaitement apprécié notre 
admirable saint François de Sales. Vous avez raison de dire <iue 
c'est un grand écrivain. A mou sens, il surpasse de beaucoup 
tous ceux de son temps. La sainteté est utile à tout , et c'est 
elle qui a fait la plus originale et la plus noble parlie de son 
génie. On sent bien que la langue n'est pas encore formée, mais 
on y aperçoit aussi que, sous la plume du saint évoque, déjà elle 
se transfigure. Je serais tenté ici de vous faire un reproche: 
Pourquoi assignez- vous saint François de Sales au xvii" siècle? 
H y a vécu les vingt-deux dernières années de sa vie , mais 
c'est bien le xvi^ siècle qu'il représente et qu'il me paraît môme 
résumer. La date de sa mort m'importe moins que la couleur 
de ses écrits , qui ressemblent aussi peu à la manière de Balzac 
et de Voiture qui moururent trente ans après lui, que le style 
de Bossuet ne ressemble à celui d'Amyot. 

A part cette critique, qui n'est peut-être qu'une question de 
point de vue, ou même de coordination de votre volume, laissez- 
moi vous dire que vous vous êtes surpassé dans vos études sur 
notre grand xvii* siècle. Les curiosités de la littérature et de la 
vieille langue française au xvï** siècle étaient dignes de vous re- 
tenir : elles ne vous ont pas attardé. 

D'abord je suis ravi d'être du même avis que vous sur Balzac 
et Voiturt; , que je ne goûte , le second surtout , qu'avec bien des 
réserves, ti je me trouve aussi abonder dans votre sens au 
sujet de Descartes. Vous avez bien fait de mettre en lumière le 
christianisme de ce grand esprit et d'expliquer comme il con- 
vient son doute, qui n'est qu'une méthode, et non point un 



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176 ilfltALES 

?"" . . '. r - 

doute réel. Il est de mode aujourd'hui de dénigrer Descartes ; la 
mode passera, et il restera de Descartes ce que les bons esprits y 
ont toujours vu: une kitifi honnête et convaincue, un grand 
penseuret un vrai chrétle^n. 

Un génie prodigieux, qui a subi des jugements extrêmes au 
XVIII* siècle et de nos jours, Pascal, me semble apprécié par 
vous avec la justice à laquelle a droit celui que vous avez raison 
de présenter comme le rival d'Archimède et de Galilée, coramé 
le précurseur de Molière et de Boileau, comme l'égal de Dé- 
mosthènes et de Bossuet. J'aurais aimé que vous fussiez plus 
appliqué à montrer , sur le scepticisme prétendu de Pascal , que 
Pascal n'est pas du tout l'esprit morose, découragé et désespéré 
que l'on dit; il ne nie pas le moins du monde la raison hu- 
maine ; il en démontre avec éloquence et quelque amertume la 
faiblesse, mais il en reconnaît aussi la puissance. Toutefois, 
vous jugez avec la sévérité qu'elles méritent les Provinciales. 
Si Pascal , en effet, n'avait écrit que ce livre , il ne serait , 
comme l'a dit M. de Chateaubriand, qu'un calomniateur de 
génie. Heureusement, il a écrit les Pensées. 

Je ne parle pas de vos jugements sur Bossuet, Fénclon et les 

grands classiques chrétiens du xvii* siècle. Encore que vous 

n'ayez rien ajouté à ce que savent ceux qui ont vécu dans le 

commerce de ces grands hommes, vous avez eu le mérite de le 

résumer.' Vous dites l'essentiel et vous laissez entrevoir au-delèj. 

Votre travail très-complet sur Ma4ame de Sévigné est le 

j morceau le plus achevé peut-être que vous ayez écrit. Je n'ainae 

î pas moins votre grande étude sur Madame de Maintenon qu(^ 

j vous réhabilitez avec conviction et par des preuves décisives. 

\ Je vous ai suivi curieusement dans les questions du protes- 

^ tantisme , du baïanisme , du jansénisme , du quiétisme , du 

phîlosophisme, et j'ai été charmé de trouver en vous , sur des 

matières si délicates , — sinon toujours peut-être la rigoureuse 

exactitude du langage théologique, — du moins une gravité et 

un sérieux que beaucoup de littérateurs rempla^cent par une 

présomptueuse légèreté ; et aussi une décision ferme à prendre 

Sartipour la vérité contre l'erreur et l'hérésie, avec l'accent 
'un homme convaincu et d'un cjirétien indigné. Je biteira} 
comme exemple ih cette impartialité courageuse votre jugement 
sur Port-Royal ; 
'*« Port-Royal, dites-vous avec raison, est demeuré fâcheuse- 
• ment célèbre par des erreurs de philosophie et de mora.le 
•' « aussi bien que de théologie, où il s'opiniâtra orgueilleusç- 

i « ment. » Et après avoir déclaré le jan,sénisme « un ensempl^ 

^ « de doctrines trop conformes au calvinisme, et plus stoïque que 

^ chrétien, qui anéantit la liberté de l'bonïme » (P. 518) ; vous 

ï- ajoutez : « De nos jours, la gloire littéraire des hommes de ce 

j a parti a été encore hautement relevée... Vunp^rtialité lAffflx 



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AELI6IEUSES ET LITTiElIftES. 1^7 



« llque veot que l^oti déclare qu'il y ai beaucoup à riiBaUre àts 
« éïogfes prodigués aux méHtes littéraires des fameux solitaires. 
« L'école de Port-Royal est pauvre ei noms éminents, » ^ 
Je me suis laissé ^ntraîner^ et serai forcé d'hêtre court sur 
votre froisi.me volume, le plus original de tous, et le plus re- 
riiarquable au point de vue JiUéraîre, Dans a os apprécialïous 
* âpprofbndîes sur îés coi^phées de Cette triste époque, vous êtes 
quelquefois giéhéreux, pçut^-être jusqu'à rindulgence. Il est 
'cependant des écrivains de ce temps-là sur lesquels vous sur- 
prendrez et instruirez beaucoup de gens : Rousseau et Buffon, 
t)ar exemple. Vous ne leur déniez aucune de leur grandes qua- 
îté6,rtiais vous faites toucher au doigt leurs défauts littéraires , 
' bomme on ne Favait pas encore fait 

J'ai ait que, chrétien éclairé et courageux, vous condamnez 

tout ce qtri est contraire à la doctrine de TEglise ; et le con^àinr 

nez avec un accent qui est l'indice certain d'uqc foi sincère ;^€ 

'dois vous ajouter que vous 'n'êtes pas moins net sur la morale. 

Vons dîtes du ihéùtre : 

« Le théâtre, a-t-on dit et tnairite fois répété, est une école 
« de morale. Triste école trop souvent! Mais eaflri les auteurs 
« dramatiques peignent les mœurs, et à ce titre, ils peuvent 
1 être placés et étudiés après les moralistes. » 

Vous dites du philosophisme : 

i II opposa Constamment et perfidement la moriâle à la reli- 
« 'gton, la raison au deyoir... lin bea^ jour, l'Aciadémîe fràn- 
« çaise crut faire un grand co^ip, en mettant aii concours un 
» catéchisme c(è 'morale, comme si la morale du ciatéchisme de 
« l'Eglise et celle de l'Evangile ne suffisaient plus aux besoins 
« delà société.. «tm.P: 12.) 

Vous dites encore : 

« L'efxHnctidn de la foi religieuse, base de là moralité na- 
« tîonale, avïiii produit, au xviu« siècle , un dévergondage tf^ 
« qu'on n'en avait pas vu d'exemple depuis les infamies 
« païennes. » (P. 18.) 

PltfsMnin, voUs tracez ces mots : 

« Chi'uin "romàh puisse être une bonne lecture, c'est un^ 
1 chos^Wen rare..., terdman est un genre presque toujours 
*€ pcmîd^x. b ' . ' ' ^ 

Les ^ntîmetits qui vous animent ne peuvent donc être mis 
"en /doute : vous répi'ôiïvéz avec énergie les mauvais principes 
et les iiiailvaises mœurs; Vous n'êtes jamais séduit par la 
forme : néanmoins, votre impartialité de critique vous porte 
àîrcl^ver les beautés littéraires des ouvrages que vous jugez 
"T0U9^tnôme fes plus dangereux, et, de plus, pour confirmer vos 
■^tôpres appréciations, voua ftiites des citations. 

; ^h bien ! t'ék ih ce qui, non pas à un point de vue littéraire, 
'îhals an point de vue supérieur, nàù pasàTendroit de tous ceux 



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.178 ANKILES .. , 

pour.lesquels vous écrive?,. mais à Pen^rqit: d'une, partie çeulp- 
ment, à Savoir deô jeunes gens, fait naître en moi un scrupule. 
Je crains qu'à cause de cela le troisième volume ne puiase ,être 
mis irfdistinctement entre les inains des jeunes gens. 

Sans doute rhistorîen est obligé de tout dire ^ les boates 
comme les gloires , et s'y stigmatise les unes et relève l^s 
autres, il est, quant à lui, à Fabri du .reproche. Mais je parle ici 
d'une classe particulière de lecteurs^ et j'examine le troisièti^e 
volume en tant que pouvant être placé entre les raainsi de la 
jeunesse. , , _ . - 

Je sais bien.qiue, à ce point de. vue, vous avez ea soin de 
couper toujours à temps les citations ; je sais bien aussi que quel- 
ques personnes dont l'opinion peut avoir du poids jqe.irouyeront 
peut-être pas dangereux de mettre entre les mains des jeunes 
gens d'un certain âge un livre parlant avec discrétion d'hoiames 
et d'ouvrages qui ne pourroi;it pa^ leur rester comjilètement 
inconnus, et qui sont d'ailleurs jugés par vous avec toute la 
sévérité que la morale et la religion demandent. Mais, quant à 
moi, l'expérience que j'ai de la jeunesse, de la pnomptitude 
avec laquelle. elle se laisse aller aux ircipressions, du ravage que 
peut faire quelquefois à cet ûge une idée, une phrase, un mot, 
me laisse ici des craintes, et me fait penser que ce troisièn(?e 
volume est plutôt à l'usage des professeurs ou des homines faits 
que des jeunes gens, du moins de ions les jeunes gens. . ^ 
' Je ne m.'étepdrâi pas davantage sur ces trois volumes d'hig- 
toire lit* Taire, qui forment déjà un tout., mais je ne puisjteç- 
}.:: or ce î te lettre sans émettre au moins le vœu de vousyqir 
poursuivre et terminer l'œuvre que vous avez si bien commep- 
cée. Vos deux volumes des Poètes vont ètrç bientôt, publié?. 
Vous préparez sur la littérature dii xix® siècle, je le saiSjj un 
volume qui ne peut manquer d'être, plein d'intérêt : vous avez 
de même des travaux très-avancés sur lai foule trop inconnue de 
nos écrivains, poètes et prosateurs, du moyen âge. Hùtez-voij|s 
de mettre la dernière main à tous ces ouvrages ,; nous aui^qs 
alors un cours complet, non encore essayé, dé- littérature fran- 
çaise, depuis les plus anciennes origines jusqu'à nos jours. 

Mais combien d'autres travaux vous jattirent et partagent ufk 
temps que vous avez le talent de multiplier! En 1859^ vot^ 
Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue^ du 
XTii* siècle en général, couronné par l'Académie fraaçaise, vous 
signala comme lexicographe. Beau et important tra^vail, bien 
supérieur, d'après les meilleurs juges, au Lexique de MoliètiS, 
publié par un philologue qui n'avait pas autant de science qiie 
de finesse caustique. Vos deux volumes sur la langue de Cor- 
neille, outre rimportance d'une belle et neuve étude de philo- 
logie comparée, ont le mérite spécial d'oârir, pour la preqiière 
fois, une réfutation solide et complète, au point de vue de Ifi 



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1£LIGIEUSIS Bf ?4ITTÉBlIlEf . 179 

langue^ de toutes les erreurs dout fourmille le Commentaire de 
Voltaire sur Corneille. La longue introduction, où vous avez 
résumé vos vues sur ce sui^t, a éiéîttsteroeut remarquée comme 
Un chapitre d'histoire Uttéraii'e auasi neuf qu'im()drtûnt. 

M^ls ee n'était là pour vous qu'un es^ai et qu'un échantillon 
d'une oeuvre jmmeiise, et dont la seule pensée eiïraie. Di^ipie, 
émule et continaateuf des plus hardis et des plus; savants 
lexicographes,, les Henri Estlenne, les Du Gange, les Laeorne 
de SaintCrPalaye, etc., — comme on a pu vous appeler, — indé- 
peadamment de votre grand Dictionxiaire critique de la langue 
moderne, ^ous avez déjà entrepris, dej^ls quinze ans, vous 
poursuivez sans relâche, el vous avez d^ mené i à un point 
très-avancé un vaste Dictionnaire critique.de la vieille langue, 
composé «ur. le dépouillement de tous. les écrits imprimés ou 
inédits, en vieux français; cauvre trop faiblement essayée jus- 
qu'à «os jours, et dont le besoin efet si grand» à notre époque 
de résurrection des innombrables monuments littérah'os du 
moyen-âge, que l'Académie des instructions, tous les ans, le 
désigne auix érudits, pa? mi les trataui^ qui pourraient le mieox 
prétendre à son grand prix Gobert* ^ 

Cette Académie, comme l'Âcmlémiô française , a déjà vu et 
examiné une partie très*-consiâérable de votre manuscrit. Je 
sais combien son jugement vous si été^favDiiabte, combien elle 
a apprécié et adiniré votre courage et viotre (science, qtielle 
attenta elle fonde sur votre œuvre monumentale; et de quelles 
brillantes récompenses elle déçiie ia couronner^ Tant de suf- 
frages venus de si haut et tant de foiç répétés» tant de marques 
effectives d'estime et d'encouragement, tant do disposititins à 
seconder vos généreux efforts, tous ces aiigtife& d'un sueeès 
certain et prochain, doivent, mon ami, ledouJMer votre ardeur 
et vos foi'ces. Persévérez, vous vous êtes assigné un but bien 
haut placé, mais avec l'aide de Dieu, vous y atteindrez ; tout le 
garantît maintenant. ' 

Personne, vous le s^vez, mon cher ami, ilè s^a plus heureux 
que spoi de votre succès et de votre triomphe^ Pukse le grand 
et courageux exemi3le que vous donnez, ppoOter à cette jeuneêse 
qui perd les plus belles années de sa vie dans l'inutilité, et 
compiromet les autres, fbute d'avoir pris assez à tenips le parti 
de faire quelque chose d'utile* 

Yousiconnai^^ez depuis longtemps, mon ami, tous mes dé- 
voués septimentS'. 



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*a80 - ' ÉBmiLts 

Marseille, — La proœsaion du Sè^ré-Cc^tir s^'est feite à Btor- 
seille^u milieu d'un immense cônicoups de popalalion et â^é- 
t^âiigers qu'attire , chaque année, cette solennité tmîqkie en 
Ffànèé pour la hm^é du «oiip d'deiK Le défilé a 4uré plus 
d^nne heure eh dèmte; kë congrégations , les ordres reïigiî^iîx 
figuraient à çeltJé procession. Mgl* de Castellamabé portait' le 
Saint-Sacrements a donné la bénédiction du'haûi dé* reposoir 
'raonumeiitaJ èfevé sur le point du cours Belîsuncse oô^^ut Jieu 
la première eérémohi* ëxpiatoires^ters de la pésfe do 17^. Les 
journaux n'ont pas. paru -^ce joûr-îèt; le coïI^s tn^tivcipàl^éuit 
présent toiÀ eritifep. : î i/j 

Touleme, —Notre! ville s'est raonirée, comiine toojours ^ ja 
ville a,ux grandes pompes Religieuses. La proc«ission^ générale' de 
la Fête-Dieu avait ufr éclat ^andiose. On voyait à Ja suite ^dn 
Hats^ M. le maréchal NiCfl avec son état-majo^ et tou» les ofii- 
ciers^de la garhison ; lé préfet -et le maire de la ville, sliltiS'de 
tousleis lènctîonnaii^s civils; le pi*étnfer président avec tôtrtieJ^a 
Cour et les membres du Tribunal/ de première ihstàncé j *^u 
ciwnmjpFce^ elc*, 'ï^tc;} ïéî^ecteur de FAcadémié, a^éc tous les 
professeurs des iPacultés dé droit , dés lèttrèB eld^sd^ett^eëS, 
avec tous les mfembrès' de rUniversité. ,7 

Rodez. ^-^<LtMi QerDie? od voyait accourir^ de iùm fes 
quartiers de la ville ; te clergé de Rôdez dans la même dîiifè- 
t^on : '•'est qtiUljy avait fête , rbais une fête de I1rït€*lîgè«de. 
depuis qiia/ireJa^S'On a rétaWi isiu gj^and-séminàiré de Rodez -fes 
coii€Ott?8 publics de théologie et de philosophie. Monseigncaï' , 
^à^s grands-^italre8,'-te chapitré, dts membi'ès nombreuse du 
" clergé de la ViMeebdu-^este du^diocèse , s'étaient fait un devoir 
dîénfeoirflgjBr de -teof présente ces puissants et fédonds^ exei"- 
tisces'. . •-'■'■' >• ■ < ' ' '■' • ■ • ' : " • • 

Le Mans. — Mgr TEvêque du Mans est parti potfr ks eaux 
d'Alx,ea Savoie. Il ieia de retour «n sa ville épisçopale à la 
îfln''<lu mofe , poar ta retraite ecdésiastique. Les èvê^Hàee de 
Montréal et •- d'Hél>rotii ont séjourné dans notre^ vil le , tetît ^' 
mainè. MgrSohiër, évêque de Gadare , a' célébré pontitcalè- 
mentJa Ora^nd'Mcsôe'dâns l'église de Kotre^^Damé-de-^la^ou- 
turo. Avant le Salut , le généreux mission tiàire;^» fait cOîHiaPfre 
les moyens dont Iadîvi»eî^ovidence «s^eiil servie pliJï8iears''fois 
pour lui épargner le sort de tant de confrèrtfs moHs martyts 
dans la persécution en Chine , et le faire échapper comme par 
miracle aux mains des mandarins qui le faisaient chercher. Une 
quête au profit de la mission de Mgr Sohier a été faite ensuite et 
a été fructueuse. ^ ~ 

Vannes. -^ Le Journal de Vannes publie le Communiqné sui- 
vant : (( La santé de Mgr TEvéque de Vannes s'améliore très- 



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BELI6IEUSES ET LITTÉJlAnLES. tôl 

lenteinejQt » mais enfin elle s'améliore. Il est question d'envoyer 
jle ,yéfléra!ble malade aux eaux de Luchon , puis à celles de Yi- 
ohy. Nous fornions les vœux les plus ardents pour qu1l y re- 
trouve une vigoureuse santé. » 

Paris. — Les paroisses de Paris , nouvellement annexées , 
.^^1 fait y comme par le passé , les processions de la Pete-Dieu 
^l'extérieur des églises. Espérons qu'elles auront cette liberté 
4ans Tavcnlr. Espérons que Paris lui-même ne condamnera pas 
toujours le Saint-Sacrement à être prisonnier dans son temple , 
tejour desafôte. 

Heims, — Dimanche a eu Tieu à Reims la bénédiction d'une 
.flpacîense maison de retraite pour la vieillesse. Peu de temps 
auparavant les habitants dé la même ville assistaient h la con- 
sécration d'une grande et belle égli e sur la paroisse Saint- 
André. Le cardinal Gousset, archevêque de Reims, se trouve 
très-bien de son séjour à Vichy où l'état de sa santé favait 
obligé de se rendre pour prendre les eaux. M. Aubry supérieur 
idu Grànd-Sêmînaîre de JReims, est à toute extrémité. 11 est 
depuis quarante-troié ans supérieur du Grand- Séminaire. 

AngotiUme. — Monseigneur est arrivé à Ângoulême mardi, 
de jétour de son voyage à Cognac. Sa Grandeur a reçu jeudi 
soir Mgr réyèque de Luçôn, qui se rendait à Bordeaux popr 
(Aider le cardinal dans radmUiistration du sacrement de confil-- 
inatîon, aux (nombreux enfants de cette grande ville. Monsei- 
peur d'Angoulême a <^ui|te de nouveati sa ville épiscopale 
jeudi dernier pour un voyage d'ans le nord de la Fruice. Il se 
rend d'abord à^ Limoges, à Notre-Dame de Sauvagnac, et en- 
suite à Cambrai avec l'évoque de Limoges. 

Coutances, — Le Pe^ît-Séminaire de rAbbaye-Blanche se 
rendra, le 22, ëh pèlerinage au Mont-Saînt-Mîchel. A cause de 
la distance, ce pieux voyage durera trois jours, et on couchera, 
jèii allant et en revenant, à la maison de retraite de Saint- 
James. 

Nevers. — On lu dans la Semaine religieuse de N^evers : Oh 
voit se promener dans lès campagnes des ouvriers se disant 
doreurs ou argenteurs, qui pourraient plutôt prendre un titre 
contraire, malgré les certificats dont ils otit soin de se mi)ntr. 
,11 est facile d'enlever les différentes couches d-or et d'argent 
qui couvrent d'autres métaux, et de leur substituer une autre 
couche plus légère qui disparaît après quelques années, et éorj- 
vent après quelques mois, Monseigneur engage MM. les curés 
.à se défier de ces industriels ambulants, et à consîdércfr comme 
nuls et non avenus les certificats qui leur auraient été donnés 
par le passé, ainsi que les permissions de toucher les ras^s 
sacrés. Eprouvé sur la fin de sa tournée, par de violentes dou- 
leurs, Mgr l'Evoque se voit dans la nécessité d'aller prendre 
les eaux de Vichy. 



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Alger, — Une lettre annonce que la.,(j,uestion des év^chés 
était en si bonne voie, que rÈmpereur, à son départ, a salué 
MgrPavy du titre d'archevêque. On s'attehd à la création, de 
deux nouveaux sièges épiscopaux, et à voir se relever aiiisï à 
Hippone la basilique de saint Augustin, et àOraii, se coqrofa- 
, ner Pœuve sainte du cardinal Ximenès. 

Moulins. — On nous apprend la mort du R. P. abbé dé Sçpt- 
Fons, dom Stanislas, vicaire général de la congrégation de 
Notre-Dame. Le R. P. abbé avait assisté aux fêtes de Paray^et 
c'est à son retour à l'abbaye qu'il a été pris de la maladie qui 
Ta enlevé. Il est mort vendredi, vers quatre heures du .$oir, 
après avoir reçu en pleine connaissance les sacrements de 
1 Eglise qu'il a demandés lui-même, et entouré de tous les reli- 
gieux de la communauté qu'il a édifiés par sa piété et sa con- 
fiance en Dieu. 

La ville de Moulins 5'est enrichie d'une belle église gothique 
dédiée au Sacré-Cœur de Jésus. A l'occasion delà fête du Sacré- 
Cœur, le R, P. Félix y a prêché pendant trois jours. Il s'est 
proclamé heureux d'être un des premiers à prêcher dans ce 
beau temple catholique, la première église paroissiah? dédijée au 
Sacré-Cœur daus l'univers entier, et qui, par un privilège pré- 
cieux, est le siège de l'Archiconfrérie du Sacré-Cœur pour toute 
la France : cette Archiconfrérie jouit de tolites les faveurs 
accordées à la grande Archiconfrérie de Rome. Plus de 400 
confréries sont affiliées; et chaque jour le curé de la partiîssé, 
directeur de rassociàiioa , reçoit, des demandes de dip^lôme 
d'agrégation. Ces détails ont un intérêt au moment des fêtes de 
la canonisation de l'humble religieuse quffut l'instrument de 
Dieu pour répandra dans le mondé la dévotion au Sacré-Coeur. 
, Nîmes. — tJne cérémonie touchante vient d'avoir lieu à Mar- 
guerittes, près de Nîmes, à Toccasion de la remise des clefë du 
vieux château de Chanaleilles, transformé en hôpital. M. le 
comte et M"'^ la comtesse ont eu l'heureuse inspiration et 
l'initiative de cet œuvre de bienfaisance, La cérémonie de la 
remise des clefs du château a été une fête pour la population 
accourue de tous côtés afin de manifester d'une manière écla- 
tante la reconnaissance générale. 

Strasbourg, — Après de longues années d'interruption, h 
procession de la Fête-Dieu a de nouveau été autorisée cette an- 
née à Colmar. On écrit qu'elle a été magnifique, et que toute 
la population a été édifiante par son recueillement et son zèle. 
Nous ne pouvons que féliciter l'administraiion de s'être éloi- 
gnée des habitudes des apnées antérieures.. La prohibition des 
processions n'a plus aujourd'hui de raison d'être, à Colmar 
surtout où la population protestante diminue avec une prodi- 
gieuse rapidité. .,_ ^, ,^, V, 



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BELI6IEUSES ET LITTÉBAI1E8. , 18S 

LOIRKT- 

SAINTE CHRISTIME. 

Le dimanche 23 juillet vont s'ouvrir, dans la paroisse de' 
Saint-Vincent, d'Orléans, les solennités habituelles en l'hon- 
neur de sainte Christine, vierge et martyre. La neuvaine qui 
commence en ce jour pour se terminer le lundi 31 du même 
mois, a coutume d'attirer chaque année un concours immense 
de fldèfes qui affluent de toutes parts en cette Église, non seu- 
lement de la ville même d'Orléans, mais encore de la banlieàe 
et des pays circonvoîsins. 

ta paroisse de Saînt-Tincent, justement fière d'un si grand 
honneur, se porte avec zèle à donner à ces fêtes qui lui sont 
chères, le plus magnîflquc développement possible. 

Son église s'y prête à merveille. Nouvellement restaurée par 
les soins intelligents de son ancien pasteur et le concours géné- 
reux des fidèles, et en outre splendidement décorée pour la cir- 
constance, elle présente aux hommages des pieux pèlerins la 
châsse qui contient les Reliques de la sainte patronne, exposées 
sous un dôme élégant en rapport avec fa dévotion dont elles 
sont l'objet. 

On connaît les actes du martyre de Sainte-Christine; on 
conbaît également l'histoire de la translation Je ses Réliqoes ; 
et les nombreux miracles opérés par son intercession attestent 
son crédit auprès de Dieu. 

Sainte Christine est an effet une de ces saintes martyres dans 
lesquelles Dieu s'est plu tant de fois à faire éclater la puissance 
de sa ffrâce, pour triompher de la force par la faiblesse, et pour 
déconcerter la cruauté des bourreaux par la patience invincible 
de leurs victimes. 

Comnàe sainte Luce , comme sainte Agnès , comme sainte 
Agathe, ses contemporaines dans le martyre, sainte Christine 
n'était qu'un enflant de douze à treize ans. Le récit de «^es com- 
hats, bien qu'embelli par la piété des divers auteurs qui ont 
récueilli ses actes, se trouve néanmoins être le même partout 
quant aux détails principaux : ce qui suffît pour en établir la 
certitude en même temps que le merveilleux. 

Issue de parents païens, sitôt qu'elle put connaître Jésuô- 
Christ et son Evangile, elle lui donna sa foi; et bientôt après, 
pr un de ces secrets attraits que Dieu réserve aux âmes privi- 
légiées, elle lui conssfcra sa virginité, heureuse de changer le 
nom que le monde lui avait donné, en prenant celui de Chrh- 
i\n€y qu'elle empruntait au r om du Christ son maître. Et c*«8t 
déjà un première louange, que lui donnent, et l'office composé 
en son honneur : « Vierge décorée du nom du Christ; dôtata 
Christî nonine; • et le célèbre hymnographe de la- liturgie 



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'184 AHN1LE8 

grecque, le prêtre saint Joseph t nChrlsti puellam "te cano co- 
gnominem : » « Je chante en vous la Vierge qui porte le nom 
« du Christ son époux. ». 

Le premier acte que lui inspirai sa foi généreuse, ce fu^ de 
briser les ridicules idoles d'or et d'argent qui retnpliséaièjtit ja 

. maison de son. père, et d'en distribuer la valeur aux pauvi^S. 
Dès lors commence pour elle une longue suite de tourments. 60, 
fortifiée par la grâce d'en haut, elle semble se jouer des douleui^. 
JElle passe successivement par les fureurs implacables de son 

. propre père devenu son premier bourreau, puis de deux atitres 
tyrans qui semblent se relayer pour la faire souffrir enco'fe 

' davantage. Elle est tour à tour meurfrie de soufflets, dèc^ifée 
de coups, chargée de pesantes chaînes, et jetée dans un obècur 
cachot; attachée à une roue qui roule au-dessus de flaWoiiés 
ardentes dont on redouble l'activité en y répandant Thuilè à 
grands flots ; précipitée dans les eaux aVec une grosse pierre 
attachée à son cou, mais délivrée miraculeusement par la htam 
des Anges; puis couchée dans un bierceau de fer. rempli d'huîle 
bouillante mêlée de poix, renfermée ensuite clans une four- 
naise brûlante, puis exposée à la morsure dés serpents et des 
aspics; enfin attachée à un poteau où elle expira sous une grêle 
de flèches décochées contre son corps délicat. 
Le Dieu puissant qui a sauvé les trois enfants dans la tôq;- 

. naise,qui a préservé le prophète Daniel de la dent des lions, àoî 
a promis à ses fidèles serviteurs qu'ails, pourraient saisir les sef- 
pents $ans en être blessés, gardait $a généreuse m-àvi^r^ i\x 
milieu de ces supplices multipliés, et ÎVn délivrait quelquefois 

. miraculeusement. En vain Tenfer jaloux, frémissaût de se \\}]\ 
vaincu par une enfant, semhlait-il vouloir lutter contre Dîeuq'u 
combattait en elle ; les efforts de sa rage, malgré lui, dev^;- 
naient impuissants; et lorsque enfin le Christ triomphant dans 
sa servante, "permettait à la mort de frapper sûr elle un dernier 
coup, c'était pour la couronner de gloire et d'honneur à la fifCe 
du ciel et de la terre, tandis qu'il refoulait Satan et ses barbài^és 
ministres dans les horreurs éternelles, où il n'y a pour eux ^ue 
confusion et df^sespoir. ; 

Le renom illustre qui s'est attaché à la mémoire de saîiite 
Christine, et les miracles innombrables opérés par la vertii Àq 
ses Reliques, Tont recommandée à la vénération de toute 
TEglise. 

Non-seulement elle est honorée en Italie, dans les Etats du 
Souverain Pontife, ofr elle a souffert Ite martyre, maïs sou noS 

, glorieux s'est envolé jusque dans les contréeis orientales, au 
nous le voyons dignement célébré dans. la liturgie des diVér^s 

. Eglises. Quatre villes surtout lui ont voué un culte particuHei*, 

Palerme, en Sicile, où ses Reliques furent transportées d'aboi'^; 

Prague, en Bohême, et en France, Argenteuil qui, dans la 



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B£LI6IECIS£S ET LITTÉKAtRES. iS5 

même Eglise où eye garde la sainte tunique de Notre-Seigneur, 
cpnserve également une portion notable des Reliques de sainte 
Christine donnée autrefois par Gharlemagnc à sa sœur Théd- 
drâde, abbesse du monastère de cette ville; enfln Orléans, où une 
j^tie de ces précieux ossements est déposée dans l'Eglise de 
Siînt- Vincent, comme un de ses plus précieux trésors. 

Dans le xvii® siècle, à une époque de foi, où la vénération 
séculaire pour le Saint-Siège, implantée à Orléans par son pre- 
râîer Eyôque saint Altin, enfant de l'Eglise Romaine, pQi'tait de 
\e|ûps en temps de pieux pèlerins à Rome au tombeau des 
Apôtres, comme députés et témoins de la foi de leur Eglise, un 
respectable laïque, appartenant à Tune de ces familles honorables 
dont le nom subsiste encore aujourd'hui, Jean de Loynes, fit le 
voyage de la Ville sainte, et en rapporta des reliques de sainte 
Qlristine. Le 19 septembre 1679, un Bref authentique du Pape 
lunocent XI établit en la paroisse de Saint-Liphard une Con- 
frérie sous le nom et en l'honneur de sainte Christine, en y 
attachant de nombreuses indulgences. Deux évêques d'Orléans,» 
Iç Cardinal de CoisHn,'T)ar lettres du 2S avril 1680, et Mgr Ni-. 
cola3-Jo»eph de Paris, en date du l^^ février 1733, approuvaient 
et encourageaient cette Confrérie qui attirait à elle de nombreux 
jfertisans. Le Bréviaire d'Orlp^ns et le Calendrier spirituel 
imprimé pour l'usage du diocèse, mentionnaient la fête de sainte 
Qiristine au 24 juillet, jour anniversaire de son martyre, avec 
e||osition et procession des Reliques , sermon et indulgence 
Rlenière. 

La Révolution survînt. L'église de Saint-Liphard f ut détruit'î ; 
loais la châsse quixontenait les précieux restes de la Vierge 
Wlyre, fut heureusement soustraite aux pit^fanations, et cachée 
dâhs une famille fidèle. Ce fut un habitant du faubourg Saint- 
VÎDcent qui recueillit et conserva dans sa maison, pendant 
l'espace de dix ans, le sacré dépôt. Aussitôt qu'on put le faire en 
sOreté, la piété des fidèles vint l'y visiter, et en attester ainsi 
Taulhenlicité. Enfin en Tannée 1803, le 23 octobre, on Ten tira, 
ef Mgr Bernier, alprs évêque d'Orléans, en fit la translation dans 
l'église paroissiale de Saint- Vincent, accompagne d'un clergé 
nombreux et d'une affluence considérable de fidèles. A Tissue 
des Vêpres» ce prélat bénit lui-même la chapelle de sainte Chiis- 
tîije, ou les Reliques furent déposées. Les monuments du temps 
et la mémoire de ceux qui en furent les témoins, se plaisent à 
raconter combien fat pompeuse et touchante cette cérémonie, et 
arec quel empressement on. se porta, soit ûour assister à la fête, 
soit pour se faire enrôler dans la Confrérie. Chaque année on 
célèbre, le Dimanche le plus près du ^ octobre, la solennité de 
cette translation. 

Depuis 1803, le culte de sainte Christine n'a plus été inter- 
rompu. Les pèlerais fréquentent continuellement la chapello-. 



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"T^ 



186 ARHALES 

qui lui est dédiée ; il n*est pas de semaine où Toq ne voie des 
mères surtout venir y implorer, pour leurs enfants, la guérison 
de ces maladies désolantes, contre lesquelles la médecine n'a pas 
de ressources. 

La Confrérie, qui continue les oeuvres de zèle qui lui sont 
prescrites, n'a fait que s'accroître et compte aujourd'hui huit cents 
membres, dont plusieurs sont distingués par leur nom et leur 
mérite. Elle est administrée, sous la direction de AJ. le Curé, 
par trois Proviseuses qui accomplissent avec un infatigable 
dévouement la tâche laborieuse de conserver florissante l'œuvre 
sainte qui leur est confiée. 

La chapelle de sainte Christîhe, ornée de peintures et de dorures 
distribuées dans un bon goût, conserve dans une arche mysté- 
rieuse qui n'est découverte qu'aux grandes solennités, les pré- 
cieuses Reliques de la sainte Martyre. Deux superbes vitraux 
racontent aux yeux les principaux tourments qu'elle a endurés^ 
et la gloire qui en a été la récompense. 

La fête de sainte Christine se célèbre tous les ans avec pompe 
dans réglise de Saint-Vincent, le 24 juillet, ou le dimanche qui 
en est le plus proche. La châsse est portée le matin en proces- 
sion, jusqu'à l'extrémité du faubourg, à la célèbre Croix-PIeury, 
placée dans le quartier où les saintes Reliques ont été cachées 

Sendant les orages de la Révolution. On dirait que la glorieuse 
[artyre se plaît à visiter et à bénir les lieux où ses ossements 
ont reposé en paix. Le soir à Vêpres, selon l'ancien usage, le 
panégyrique est prononcé solennellement , et la journée se 
termine parla procession du Saint-Sacrement. 

Cette fête est suivie^J'une Neuvaine pendant laquelle les saintes 
Reliques demeurent exposées à la vénération publique. Chaque 
jour de cette neuvaine commence nar la célébration du Saint- 
Sacrifice en l'honneur de sainte Ghrisliae, et se termine par le 
S^lut du St-Sacrement. Le Dimanche dans l'octave a également 
sa solennité et son panégyrique. Enfin le dernier jour de la 
neuvaine, au Salut, la châsse est descendue du trône où elle a 
été exposée, de là portée en procession dans le faubourg Saint- 
Vincent, et ensuite, au chant du Te Deum, replacée au lieu où 
elle repose ordinairement. . 

Le concours qui se fait dans l'Église de St- Vincent pendant 
toute cette neuvaine, atteste la confiance qu'on a aux prières de 
la sainte Martyre. Cette confiance repose sur les miracles fré- 
quents obtenus par son intercession. Les diverses histoires 
recueillies par les Bollandistes font mention d'aveugles, de 
malades afOigés de convulsions, de paralysies, de tumeurs, guéris 
par Tattouchement de ses Reliques, ou de linges qui y avaient 
touché. Mais il semble que cette aimable Sainte se plaise plus 
spécialement à protéger les enfants. Le saint hymnographe de 
llSglise grecque, cité plus haut, l'appelait déjà, il y a plus de 



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a£LIGI£US£S ET LITTÉaAIBES« 187 

1200 ans, <» la puissante bienfaitrice donnée de Dieu aux petits 
« enfants pour les guérir : Aima medicatrix^ à Deo exnibita 
« infantulis. » Et voilà pourquoi on lui apporte en foule cette 
multitude de petits enfants dont on lui recommande la guérîson. '• 
N*est-il pas juste que cette Vierge généreuse qui a subi le mar- 
tyre dans un ^e si tendre, en soit récompensée en devenant la 
protectrice de Tenfance ? " 

La paroisse de Saint- Vincent n'a pas été privée de ces faveurs. 
On cite à ce sujet des faits remarquables qui prouvent que sainte 
Christine se reconnaît elle-même dans ses Reliques , et que ce 
n*est pas en vain qu'on vient l'invoquer dans Tneureuse Église 
qui a rinsigne honneur de les posséder. Nous devons citer ici les 
paroles remarquables du vénérable Mgr J.-B. Brumauldde Beau- 
regard, de la suite de l'approbation donnée par lui, le 21 mai 1837, 
à la Vie de sainte Christine : « Nous exhortons les habitants de 

• la .paroisse de Saint-Vincent , qui possèdent les précieuses 

• Reliques de cette sainte Martyre, et spécialement ceux qui 

• sont dans sa Confrérie, d'honorer cette courageuse Sainte qui 

• a donné plusieurs fois des preuves de sa protection envers ceux 
« qui l'invoquent avec foi, et spécialement avec une conscience 
« pure. » 

« Heureuse paroisse, s'écriait Tannée dernière le prêtre chargé 
de prononcer le panégyrique de sainte Christine , heureuse 
paroisse qui, dans cette religieuse cité d'Orléans, ^vez été choisie 
pour garder et offrir à la religion des peuples, les Reliques sacrées 
d'une martyre si glorieuse, que tant de contrées honorent comme 
leur patronne tutélaire l Imitez, en ces jours de bénédiction , 
l'exemple mémorable de cette ville d'Italie, dont les habitants,^ 
à pareille fête, avaient fait le vœu suivant à sainte Christine :' 
« Tout notre peuple fait vœu et promesse fidèle, pour nous et 
pour nos deseenaants , depuis les plus petits jusqu'aux plus 
grands, de célébrer à jamais ces jours par une fête solennelle. » 

« Et tous ceux que l'inflrmité, les maladies, l'infortune affli- 
geront, tourneront vers cette Église un regard plein d'espérance; 

« Et les mères, inquiètes, désolées du sort de leurs enfants, . 
les amèneront ici devant cette châsse bénie, elles la leur mon- 
treront comme leur arche de refuge ; 

• Et elles prieront, et la confiance renaîtra dans leurs âmes, 
et la consolation pénétrera dans leurs cœurs ; 

« Et bénies du Dieu bon qui écoute la prière des humbles, 
elles rendront publiquement leurs actions de grâces à Celui qui 
1^ aura exauces. » G. Lekoi, 

cuté de Saint-Vincent. 



II 



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188 À]!mÂi.E8 

— Dimanche dernier une assistance d'élite se pressait à quatre 
heures dans l'enceinte trop étroite de la chapelle de Nazareth, 
pour assister à Tînauguratiôn d'un magnifique tapis, don et 
oeuvre des dames d'Orléans. M. l'abbé Clésse, Curé de Saint- 
Paterne^ présidait cette solennité. ... 

Dans une allocution fort intéressante, M. lé Vîcai ce-Général a' 
comparé et caractérisé les travaux entrepris par les femmes 
grecques ou romaines, ainsi quç par les dames françaises du 
moyen-âge et de l'époque actuelle. Il a 4émontré l'influence 
morale et vraiment civilisatrice que la femme chrétienne exerce 
sur la «otiiété mocjerne; Tempressement avec le^quel elle prête 
son concours à toutes les œuvres qui ont poufbut îa splendeur 
du culte ou l'embellissement des églises; le bien immense 
qu'elle a déjà produit, celui que Dieu rappelle encore à accom- 
plir. Dans un élap d'émotion et de reconnaissance, il a béni au 
nom de la religion les instruments suscités par la Providence 
pour réaliser une foule de pieux projets et d'utiles entreprises. 

« C'est vous surtout, Mesdames, s'eât éctié Poraleur, c'est yoàs 
que le dévouement rencontre toujours sur ses pas pdùr I^ soii- 
tenir et l'encourager. Et lorsque ce dévoilement est obfecdr et 
ignoré ; lorsqu'il porte des hommes jeunes encore au sacrifice de 
leur pays et de leur famille pour consacrer leurs labeurs à 
l'éducation de la jeunesse, vos doigts intelligents ne connaissent 
ni la fatigue ni les difficultés. Avec une activité merveilleuse et 
une bienveillante sympathie, vous avez su produire ce travail 
remarquable qui est un hommage splendide placé aux pieds du 
Dieu des autels; une expression de gratitude pour Tes vrais amis 
de l'enfance, un encouragement pour ceux qui, conïme vohs, 
s'inspirent d'une louable émulation à la source du dévouement 
et des pensées généreuses. ». • 

Un salut solennel, chanté en musique par les élèves du përt^' 
sionnat places à ia tribune, a suivi Tallocution de M. T^Bbé 
Clesse. 

Après la bénédiction, toutes les personnes présentes ont pu 
admirer le gracieux effet du magnifique tapis. Le dessin est 
d'une richesse à la fois simple et pleine de dlstlnctioh, tes 
nuances se mélangent et se croisent d'^ûs une heureuse 
harmonie. 

Une combinaison ingénieuse a fait naître deux rosaceisquî par 
leur contraste et leur répétition se fbntvàloirihutuellemcnt. Va 
cordon jaune moucheté Court dans 'tout le dessin et dissimule' 
complètement lès carréi^ qu'une main habile a d'ailleurs rassem- 
blés avec un véritable talent. Les dispositions les plus minu- 
tieuses avaient été prises pour faciliter Tordre et la liberté des 
mouvements. Un petit pont volant permettait aux invités de 
passer, de la chapelle et de la sacristie, dans le jardin et dans 



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EEUGIEUSES ET LirTÉEAIlBS. 1^'^ 

les cours où la fanfare de rétablissement exécutait les niorceaux 
cMsisde soti rèpertsyîîip. A la 'safisfection qui se Ifeait sur tous 
les Visagçs, ir^^aît ftciîe i!é qonjprendre que ctiaciih s^tettthaif 
heureux d'aVoîr contribué à offilr un «chef-d'œuvre de bon goût 
et de patience • à ufi établissement dont nmportance et la 
renommée grandissent tous les. jours. 



— Utte profession religieuse a eu lieu mardi, matin dans îa 
clKjmlle deà Dames Ursuliqes, à Orléansi Ml. Rabotin, Vicah'e 
Gé»épaî et supérîçqr delà; comipun^uté, présidait oettè tou- 
chaSrte cérémonie-. 

De bonde heiii^ une noribreuse assistance remplissait l'en^^ 
ceinte sfwâ^ ; l'autel était décoré comme aux jours deè fêtes so- 
Ienhelfc§, d'fcarmonieux canticpies dtfnt chaque parole respire 
Fespril^e sacrifice, l'iônocence et la paix du cœur/prélparaient 
les âmes aux grandes choses qui devaient s'accomplir, et l'orgue, 
par ses douces mf^l^fe^, invitait ^lî retoeillernent et à là' 
prière.. 

Arf moment/dc )4^()ortmunion. et après une allocution pïeuse . 
et eïrtraînanté, de MV'fé^Curé de Saînt-Aignan, ScewV- otarie de 
S(HHtè*^PhHûhiène est Ténue s'agenouiljer an pied du satfctuàire ; 
ctlà,uà:fl^bçati/àl^ main, symbole ^ l'ardente charité, le 
front ceint de là' Wa.ochÇ! couronne des Vierges, en présence de 
Je808-Cb^t,Hde%oa Mîrjfstre, de ha fouleémue, elJlB a prononcé 
d'une voix llérîii)^ son 'iriplè vœu de pauvreté, de' chasteté et 
d'obéissance perpétuelle. 

Trop 8Q]uc\^tie n^on^e, absorbé par son négoce ou .les plai- 
sirs, regarde d*an œil distrait .ç^& événemeatfi celigiçajt ; et 
cependant-, Ta p^ofes^Jqp d'une h^uable noviee est. te source ^ 
féconda d'utile eà^eigQen^nt^ et un noble eMem|Kl6« C'est ea 
effet la rési^fanjce cpup^gousè aux trois grands courants qui tra- ' 
versent toute ili.n?^;humaine et y portent le ravage et la moût; 
c'est la deîaitjQ de l'orgueil par l'obéissance, de Ja<5upiditjéparila 
pauvreté, et du sensualisme par laçhasteté. -. ; 

Or, pour briser ce triple courant, pour opérer ces déchirements 
profonds et s'élever à la hauteur de tous ces héroïques renonce- 
ments aux choses de3a terre, il ne suffît pas d'avoir une âme 
vulgaire, des sentiments étroits et de ces souffles passagers qui 
ne produisent rien ; il faut au contraire ^ la (bl et une foi vive; 
du4MBur et tin cœur généreux pour supjorterlesf convulsl(wï^4ci 
ragùniequi pitécèdeto mort au mondes lesttfigoi^ses. de la sépara 
ration :et tes-fréfenissements: de la nature à la vueifdei trente et 
qu^ranle gnoé^&td'abnég^tionç.il faut un caractère fortement 
trempé pour rester pauvre dans un siècle où Ton ne songe qu'^ 
amasser de Tor, chaste dans un monde avide de voluptés, obéis- 
Mnt qu4udj,;rjindépcndapce cs^ mêlée a rair que l'on respire ; 



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190 ANNALES 

oui, il faut upe volonté énergique pour ensevelir sa je^ne6se, 
re;(pan$i6n de sa vie, ses affections dans de sévères mu- 
ra^ies \ s'enilermer dans des cloîtres qui semblent dire que 
tout ce qui cîst terrestre pe peut plus passer; oui^ tout cçla 
demande des efforts, exige de 3ouloureux sacrifices, et c'est 
pourquoi tout cela est grand et de nature à produire les plus 
salutaires impressions sur un esprit attentif. 

Mais encore, quand la sainte règle r^esù contente plus des 
privations ordinaires 5 quand elle veut que pour rendre la res- 
semblance plus parfaite avec Jésus-Christ, chaque âme se cnicifte 
sur un nouveau calvaire, alors la modeste religieuse exerce une 
influence protectrice sur le monde. Chaque jour, f n effet, le 
monde offense Dieu et irrite sa justice; or, pour expier ces 
révoltes de rhumanitc, l'humble fille se crucifie : elle se 
crucifie, et par là, elle épargne à grand nombre d'&mes égarées 
d'inévitaï>Jes malheurs, elle offre ses austérités volontaires au 
Juste qui a souffert pour les péchés de tous^ et elle devieint ainsi 
un boulevard de salut pour la société coupable, une expiation 
permanente en même temps qu'une éloquçi^te prédication... 
Encore une fois, tout cela est surhumain„sqblime, digne de tous 
les respects et d'une éternelle reconnaissance; et Dieu, on ne 
saurait le proclamer trop haut, fait aux familles un insigne 
honneur lorsqu'il accorde aune jeune fille le glorieux privilège 
de la vocation religieuse, et abrite cette fmgile yertu de vingt 
ans sous un voile noir et. derrière des grilliss :Sileacieuses I - 



-- Lundi dernier ont eu lieu, à Châteauneuf-sur-Loire, au 
milieu d'ub concours nombreux, les obsèques de M. Auguste 
Duclèuùù, clerc mkïoré, mort dans sa faniille après une loagùe 
ei cruelle maladie. H ne conviendrait pas de laisser^ans l'ombre 
une vie si édifiante, une mort si courageuse et si chrétienne. 
Aussi, quelques-uns de ses amis qui l'onft connu plus intime- 
ment, ont eu la pensée de donner prochainement quelques 
détails sur ses derniers mohients. 



CHRONiaUE RELIGIElï&E. 

— M. r*bbé Godefrpy» ç^anoiue hoi^aratre , piumônier de l'école 
noFiMler prèch^a^iatappbe pi:<^cbain à 4 heures du soir, entre Vêpres 
et GomplieSi dans là cathédral, le Sermon à rocéasion de la fête de 
Notre-Damo-du-Moat-Carmel. ' On sait que l'église de Sainte Croix 
est, à Orléans, le siège de la Confrérie du Saint- Soapuiaire, et que 
celte fêle y est célébrée sous ie rit annuel majeur. ., . 

-- Conférence de Saint-Vincent-de-Faul Mercvedh 19 juillet, fête 

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BELIGIBUSEft ET LITTÉRàIEES. 191 

de Saint Vincent de Pavl^-vn s^rfAon de diarité seriprèché à 3 heures, 
dans l'église de Saint-Pierre-du-Martroi en faveur de(i> pauvres fisités 
par la Confétâice. 

Pari^isse de'5&{ni-Vtnce»r. — L'adotation perpétuelle aura lieu 
les dimanche 16, lundi 17 et mardi ISjuillet, depuis 6 heures du matîa 
jusqu'à 8 heures du soir. A 6 heures expositioD. du Très-^aint Sacre- 
ment, première messe et méditation, à 7 heures seconde messe, à 
Sheures troisième messe^-ii-iOt heures. Tierce, Gr^nd'Messe et Sexte ; 
à 3 heures, None, Vêpres , Compiles ; à 7 heures, Sermon, Salut 
solennel ^t Bénédiction du Saint*Sacrement. 

PeroUse de Fleury. — Dimanche 16 juillet, fête patronale de saint 
Clair, Evêque et Martyr. — Ordre des exercices : à 7 h. 1/2, messe de 
Communion; à 3 h. 1/2, Procession extérieure avec les saintes Re- 
liques et Grand- Messe fâ B h. 1/2, Vêpres,' Sermon, Compiles, Salut, 
Procession extéi^ieure et Bénédiciion du Trè8*Saînt-Sacrement L'office 
seracélébrépar M. Vassort, chanoine; M. Bidaut. chanoine hoaoraire^ 
vicaire de la. Cathédrale, donnera le Sermon. 

M. le Préfet du Loiret, qui n'ar^it pu assister à la Bénédiction et à 
l'inauguratioti'dtB la nouvelle. Eglise, a bien voulu promettre d'hono- 
rer de sa présence cette solennité célébrée pour la première fois dans 
l'Eglise reconstruite il y a queues mois. > 



PAAOISSE DE UO^TAKGl^ ^ Samedi Ib juillet. -- Vers 4 h. 
toutes les cloches de la ville annonceront larrivée de Monseigneur le 
prince de la Tour d'Auvergne, archevêque de Bourges, patriarche et 
primat des Aquitaines. — A 8 heures du soir : Premièi^s Vêpres de la 
ftle de sainte Madeleine, et premier Salut de TÀdoratlon perpétuelle. 

Dimanche 16 juillet. — fête de saotte kadeleinb, Vatronnb de 
«ONTARGis, ANNUEL MAJEUR. — A 6 hcures, Exposîtiou du Saint-Sacre- 
ment, Matines et première Messe. — ' La châsse des Reliques de sainte 
Madeleine sera exposée dans sa chapelle. — A 7 heures. Messe basse 
et communion générale de la Persévérance et dès Enfants de Marie.— 
Exhortation par M. de Quinçerot, chanoine de Bourges. Mgr l'Arphe- 
vêque donnera la sainte communion. — A 10 h., Grand'Messe parois- 
siale célébrée par Monseigneur l'Archevêque. — A 3 heures 1/2, Vêpres 
pontificales, — Allocution de Mgr l'Archevêque. Comi)lies et Procession 
solennelle duT.-S. Sacre m eut. — Après la Procession, Mgr TArchevôque 
l>énira les petits enfants de la paroisse, au bas du« sanctuaire. — A 
7 heures 3/4, panégyrique de la Madeleine par M. l'abbé Baunard, 
chanoine honoraire d'Orléans, docteur en.théologie et docteur es lettres. 

Pour tous les articles non signés et pour toutes les nouyeUes, 
i rabbé GÉLOT. 



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0MLÉAN5; 8-|iiltet; ' ■ • '^ ' U:'.-^ i -,{ • st 

Cote officielle. — Froment. Th., Ire 17 33, 2e 16 37, 3e Ifii 66U '— ^ét^U 
!'• 14 25, 2* 12 98, 3« 12 ««. — Seigldre 9 50, 2e 9 04, 8e S 1^,' — Orge 
Ircî 9 75j.26 9 »»»i' 3« 8 .75. t- |Iari(^qts roug(a^ Ir^ jqfé i^«> ««,, 2e ««.«î^t 
3e ««.««: ij. bUncs.lre((tf ««, 2e ««.<f«, 3e «« ««. t— A-voiiie,. Ire qté lu 50, 
2e é?75, 3e9 25. — Fôîn^ léînîyna^., li^ qté î 4Ci;'2fe 1 19; Se^l 10.— Piiillè, 
lreT<té«*c:i2e70c4 3e57c. . • •> ^ .^ i 



é#ttipWe atf 18! dlhatlét;^ 



• î; 



3 p. O/h atacieo ..." 67 5$ 

44/2p.l00 9815. 

Fin courant. ... 67 40 67 45 67 521/2 

Emprunt italien ... 64 85 

Blûbiller..r 686 25, 690- 

Cféiiit Espagnol... 453^ 

Ofl^BS. : 831 25 



tlbrll.. ..;...*. 

Lyon et Mêd... 
iHdi. 



Autrichien. 



— IfôS 75 
^ 417 50 
^ ^^8 50 



. i^lat <^mi ^'^n 

M. ïiiôa , Pierre-iosepli , plâtrîèi^, ' et MUéierôyj Bérlhé^B4atlè,'^côulUrièré, . 
M. Guillon, Jeau-Filix, entrepi'céeur ^ chfttpiàlë ^ et »fllè f hivlei' , GlaMi 
jV. Bidault, Aogu^éJ, tyjJographe, et^ MUe t^eyergnes^ Cèctté) Ato^tidrlneî/ 
M. Aubmn , Gabriel , jjoui^filier , et MIIq. Perrpt, ,' Rose , co^t^rî^r^^ , ,;:/,:. 
M. Griipault, Pierre-Eiienpe, charpentier, et Tkfllè phipon , Léonide , Kngêi;é. 
M. Mkrtiuenct, Frâtiçdà-E^lgé^e , voyageur de^binmèrcte, et Mlle BouWo/tf,' 

Marie-Loiiise-Hortense, demoiselle dfi mag«Biè«; .... H 

M. Cardillac , Jean, postillon ,"veuf de Madeleine Gautier , et Mlle Cosson , 

Madeleine, ^ravaudeuse, . . . , -, lcj / i 

M. Afeiiarà,^ Hiibéçl-t|rix. ntéèatfiéîën ,''et MBe Qliànti^ Amèï», eorsétiwt. 

.Naiss^ances. 






Lan^éy p&vgécâe'4^o^SQT^a^->EU^^^, faub. S^yinQ^^ ' 

Lange, ,Marihç-Amélie-Ma,iie,, rue prison. . .' , . 

Berge, FéHci'e-AugaétîiieV marché à y volaille, f^. ' '' 

Borrfèt, Lotris-JU«i«-FrtiteiïïSj rne d*flii«rsi M - 

Roland ^jPauVrA^arieC^mille, manche St-£tij^^e^ > : . i. , • 

Fieury, Marie-Philippç^Céciile-Victoire-Marfhe), rue de. b Lionne. 

CamosV Alphônse-Marrë-Antonin,'feub. Madeleine. 

Villé«te^ÂûiièBértlie;iiTiéldês/rin^ieSi - ■ 

Templier^ M ^ri<B^siabel|çi fa^h., Bannier* .. , '. . •.; 

Riché^ ÈqgènerGeoreçs-Oâl^n^ rue Muzèoe.. , .. 

ArnoimVGâstoft-Marie-Wedenc, rue dii Colom^^ 

■ î. / ' • ;■;... Décè$,' ;. , \, 

1 . ^ • .. . , / ... 

Mad|:^(^veBi^sfi« néi6r^ili3eoi»^Mari^Madel0itie-Céot(e, ptopnétairéy M 
dqs.pastouriBavx^ 7%ans.. ',, ^^ •■ ' ' ''* ;. 

M. Alléllt', Augustin-François , professeur de modelage à Técole municipale 
d'Orléans, rue de la CtiarpéntëHe, 40" ah». 

Gidoji^3! I^éonfl^leicsitKlfe^tfeu^* Bapibibr^ r|<fe des Murlims, 14 aiu^ : 

Le propriêtaire-gêra/nt, VKbhé OELOT, Ç/ian. Hon. 



CttLiàRS. -^ mP. KRlfEST COLAS, VIS-A-VIS DU MUSEB. 



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RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES 

SB LA 
VII4I4B BT DU DIOCÊfiJB JO*0Rl4tf:A!i« 

Paraissant tous les Samedisi par livraison do 24 pa^os. 



IV« VOLUME. 



1N« 9 — 22 JUILLET 1865. 



CALSanDZlXER BE LA SEKAXIVZ. 



23 Vll« DIMANCHE après la Pentecôte. 
Saint ApffLLixAiRE , premier évéqae 
de Ravenne et disciple de Tapôtre 
saint Pierre. On croit qu'il fut mar- 
tyrisé en 81, sous le pontiflcat de 
saint Clet et l'empire de Titus. 

14 LUNDI, saint Arsène (s.-d.), mort 
abbé de Scété en Egypte, en 445. 

25 MARDI, saint Jacqubs-le-Majeur, 
apôtre et patron de l'Espagne (d .-m.), 
fils de Zénédée et frère de saint Jean 
l'évangéliste , fut martyrisé à Jéru- 
salem par ordre d'Hérode Agrippa 
en 44. Son corps, transporté sur les 
frontiëres &e la Calice, donna origiae 
il la ville et au pèlerinage fameux de 
saint Jacques de Compostelle: abré- 
viation de Giacomo apostolo. Cet 
apôtre privilégié, l'un des trois té- 
moins de la transflguration et de 
l'agonie du Sauveur, fut honoré d'un 
culte spécial dans notre ville. Orléans 
a bien encore son église de Saint- 
Jardines de Compostelle ; mais cette 
œavre d'art, ce monument de piété, 
resté jusqu'à ce iour un entrepôt de 
commerce, attend le restaurateur que 
la Providence lui destine. 

Les chevaliers de Saint-Jacques, 
fondés en 1290, possédèrent des com* 
m^derics dans l'Orléanais. Ils por- 
taient une chaîne d'or sur laquelle il 
y avait six coquilles avec la médaille 
de Saint-Jacques. 

26 MERCREDI, sainte Anne, épouse 
de saint Joachim et mère de la très- 
sainte Vierce (double-mineur). Le 
culte dé sainte Anne date des pre- 
miers siècles : des églises, des cha- 
pelles bMies en son bonneor, sont 



PRIX D'ABONNEMENT 



devenues célèbre^ par l'affluence des 

Êèlerins^ la fréquence des miracles. 
In France, Sainte-Anne-d'Auray est 
le pèlerinage le plus justement po- 
pulaire parmi nos pieuses p<4>ma- 
lions bretonnes. 

27 JEUDI, office de la férié. 

28 VENDREDI, saint Samson (sem.-d.), 
né dans la Grandc-BretaguCy se livra 
à l'étude de l'éloquence, pus à celle 
des livres sacrés. Devenu moine, il 
se retira dans un ermitage ou, dit-on, 
il fit jailliffnne fontaine. Au moment 
de son ordination, la légende rap- 
porte qu'une colombe vint se reposer 
sur sa tôte. Appelé dans les Gaulet 
par saint Germain, il fut d'abord abbô 
d^on monastère, puis évéqae de Dol 
en Bretagne. Il mourut en 564. 

29 SAMIDI , sainte Marie et sainte 
Mai THE (double-mineur), sœurs de 
Lazare , qui offrirent dans leur 
château de Béthanie l'hospitalité 
au Sauveur et à ses apôtres. Marie 
est le modèle des âmes dans la vie 
contemplative, comipe Martbe est le 
modèle des Ames dans la vie active. 
Pour faire disparaître ces témoins de 
la divinité de Jésus-Christ, lesjuifs, 
après avoir exposé Lazare, ses sœurs 
et plusieurs disciples sur un navire 
disloqué, sans rames, sans voiles ^ 
sans gouvernail , les lancèrent ainsi 
sur la mer au moment d'une tempête 
violente. Miracuieusementarrachés à 
un inévitable naufrage, ils abordèrent 
à Marseille où Lazare prêcha l'Evan- 
gile et fonda le siège épiscopal de 
cette ville. 



Orléans et le Département. . 5 f. par au. 
Paris et les Départements. . 7 — 
Etranger 10 — 



ON s'aBONNS a ORLÉANS, CHEZ : 



M. l'Abbé GÉLOT, cloître Ste-Croix, 8. 
M. ERNEST COLAS, Imprimeur. 
M. BLANCHARD, rue Banoier. 
M. GATINEAU, rue Jeanne-d'Arc. 



Mad. FOUCHER, rue Jeanne-d'Arc, 9. 
M. SEJOURNE, rue des Carmes, 41. 
M. GODEFROY, rue Royale. 
M. VAUDBCRAINE, place du Martroi. 



T. IV. 



Orliaat. — Inp. Emtbst Cola*. Tta-à-ti« da Musée 



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CHRONIQUE. 

— La première retraite ecclésiastique, à laquelle assistaient près de 
trois cents prêtres, a commencé dimanche et se termine» au moment 
où nous mettons sous presse, par le renouvellement des promesses 
cléricales. Le discours de clôture vient d'être prononcé du haut de la 
chaire de la cathédrale, devant un auditoire plus nombreux que celui 
des années précédentes. 

Mgr Chalandon, avec celle parole si claire, si précise, parfois 
onctueuse, toujours pleine de cétle distinction, nous devrions peut-être 
dire, de cette gracieuse solennité, qui est l'un des mérites du pieux et 
éloquent archevêque d'Aix, a exposé, développé, avec une grande 
élévation d'idées, les dignités du prêtre qui, comme dépositaire de la 
puissance, de la parole, de la volonté de Dieu, et comme dépositaire 
de la divinité elle-même, est tout à la fois un prince, un prophète, 
un ange, un autre Christ, et comme tel dans sa vie pratique, doit être 
dévoué, c'est le devoir d'un prince ; zélé, c'est le caractère d'un pro- 
phète; pur, c'est la nature de l'ange ; saint, parfait comme le Christ 
qu'il représente. 

Mgr Chalandon a vivement intéressé son auditoire lorsque, bénis- 
sant, comme 11 l'a dit lui-même, l'absence de son illustre ami, 
Mgr l'E^ôque d'Orléans, parce qu'elle lui permettait d'exprimer libre- 
ment, dans cette cathédrale devenue célèbre, devant un clergé et des 
fidèles Orléanais, toute son admiration pour le grand écrivain, le cou- 
rageux apologiste, le pontife infatigable qui suffit à tout et semble 
réaliser aujourd'hui celte devise qu*un Roi faisait graver sur l'une des 
façades de la cathédrale d'Orléans : Nec pluribus impar, il nous a 
révélé comment, depuis près d'un demi-siècle, des liens bien chers 
ont constamment uni l'Evêque d'Orléans et l'Archevêque d'Aix. 

Nous regrettons , et assurément nos lecteurs partageront nos re- 
grets, de ne pouvoir reproduire cette page éloquente où Mgr l'Arche- 
vêque d'Aix, inspiré ou plutôt dominé par le souvenir d'une amitié 
de séminaire, nous a iuitié à bien des détails intimes, nous a retracé, 
avec tous les élans et les délicatesses du cœur les premiers travaux et 
les premiers succès de son condisciple d'autrefois, ainsi que les luttes 
et les victoires de son collègue dans l'Episcopat. 

— La deuxième retraite ouvrira dimanche soir et sera également 
prêchée par Mgr Chalandon, le pieux et zélé archevêque d'Aix. 

— Le Discours pour la clôture solennelle des exercices de la 
deuxième retraite ecclésiastique sera prononcé dans la Cathédrale , 
vendredi 28 juillet, à 5 heures du soir, par Mgr Chalandon, arche- 
vêque d'Aix. 

Chapelle de la Sainte- Enfance, — Lundi, à 7 h. 1/2, réunion des 
Zélatrices du Rosaire vivant. Messe, Allocution, Salut du Très-Saint 
Sacrement. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 
ORLÉANS, Vendredi 21 Juillet. 

H. BENECH 

SUPERIEUR DU T;RAND SÉMINAIRE D'ORLÉANS. 

La mort de rhomme vénérable que le long cortège des 
prêtres conduisait lundi dernier à sa chapelle funéraire, est et 
restera longtemps un deuil de famille dans TËglise d'Orléans. 
L'émotion profonde et l'impression religieuse que tous ressen- 
taient autour de ce cercueil, ont été le premier et le meilleur 
hommage qu'ait reçu cette mémoire précieuse devant les 
hommes, comme elle est précieuse devant Dieu. Elle en recevra 
un autre du témoignage de ses œuvres et du fruit de trente-six 
années d'un ministère qui a donné, à ce diocèse qu'il aimait, une 
luogue génération de prêtres, ses amis, ses disciples ou ses 
enfants. De telles existences sont supérieures à la louange, si 
cordiale et si filiale qu'elle soit. Mgr Gbalandon, prédicateur de 
la retraite, a dit, devant cette tombe. quel(iues-uns des mérites 
qu'il avait vus de près. M. l'abbé Desbrosses, le collègue, le 
confident et l'ami le plus intime de celui que nous regrettons, 
a laissé déborder ses regrets et les nôtres dans des mots où 
le cœur avait la meilleure part. Que pouvons-nous ajouter à 
l'honneur d'une vie qui, faite pour la considération, le succès 
et l'éclat, a voulu, par religion, se confiner dans l'ombre, 
ne cherchant que le regard de Diea et la gloire de lui plaire? 



M.l'abbéJeanBENEGHjSupérieurdugrandséminaired'Orléans, 
vicaire général, chanoine, et assistant de la compagnie de Saint- 
Sulpice, était né, en l'année 1794, d'une famille chrétienne et 
patriarcale, à Dienne, petite paroisse du diocèse de Saint-PIour, 
dans une vallée de l'Auvergne, dont il parlait souvent et dont il 
estimait les vieilles mœurs religieuses plus encore que le sol et 
les souvenirs antiques. Son enfance fut pieuse et toute dirigée 
dans l'avenue du sanctuaire. La facilité précoce de son intelli- 
gence le prédestina de bonne heure aux études qu'il commença 
dans un collège du Cantal. Il y conquit sans peine une place 
première parmi ses condisciples, qui plus tard dispersés dans 
les hautes positions de l'administration et de la magistrature, 
ne l'oublièrent point et lui durent plus d'une fois de religieux 
conseils. 



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196 AlINAiBS 

Quand, après le cours rapide et brillant de ses classes, le jeune 
homme fut appelé de Saînt-Plour à Paris, pe«r l'étude d«-dFeit 
et le soin de quelques affaires^ l'étonnante richesse de son intel- 
ligence, son e^rit de conduite, la mesure et la distinction de 
son langage, les trésors de sa mémoire, et plusencore les nobles 
qualités de son cœur dévoué, loyal et chrétien, le produisirent 
au sein d'une société choisie dont il devint bientôt le charme et 
Tornement. M. de Bonald lui fit le plus sympathique accueil, 
M. Glausel de Coussergues, frère de l'Evéque de Chartres, le mit 
en relation avec Mgr Borderies, plus tard Evoque de Versailles; 
Mgr FVayssinous le distingua et l'aima : il était admis dans les 
meilleurs cercles. Sur ces entrefaîtes, madame la maréchale d'Au- 
beterre, M. le marquis de GiVrac, et M. le comte de Maillé dési- 
rèrent successivement l'avoir pour précepteur de leurs enfants. 
On sait qu'il en demeura constamment l'ami ; et ce fut dans ce 
milieu bienveillant et élevé qu'il acquit promptemont celte 
habitude du gmnd monde, cette politesse nuancée, cette dignité 
de manières, ce charme séduisant de la conversation dont Tan- 
cienne noblesse avait gardé le secret, et qui firent bientôt de cet 
enfant de la montagne un type survivant de l'antique urbanité 
comme de l'honneur français. 

C'est au moment où le monde s'ouvrait ainsi à lui, que le 
jeune précepteur se retira du monde pour s<i donner à Dieu. 
Après de mûres conférences sur sa vocation avec Mgr Borderies, 
il entra dans Tannée 1818 ou 1819 au Séminaire de Saint- 
Sulpice que dirigeait alors M. Duclaux, et où s'élevait à l'ombre 
du sanctuaire à peine sorti des grandes ruines de la révolution, 
une pépinière d'Evêques dont quelqiies-uns occupent encore 
\gs plus hauts sièges de l'Eglise de France. M. Benech ne s'y 
trouva l'inférieur de personne. Toutes les amitiés comme toutes 
les estimes lui furent bientôt acquises ; et l'on a remarqué que 
parmi ses condisciples, c'étaient les plus éminents par l'esprit 
ou la naissance qui recherchaient le plaisir et l'édification de 
son commerce. L'un d'eux qui devint le Cardinal de Rohan, 
Archevêque de Besancon, aimait à l'emmener pendant le temps 
des vacances à son château princier de La RoclTe-Guyou, ou le 
duc l'entourait d'égards distingués dont M. Benech ne perdit 
jamais le précieux souvenir. 

Le jeune abbé n'était pas encore ordonné prêtre que déjà 
plusieurs Evéques le demandaient pour grand vicaire. A peine 
eut-il reçu l'honneur du sacerdoce en 1824, que M. Boyer qu'il 
avait choisi pour directeur, et dont on sait la grande influence 
à cette époque, lui fit en ce sens des ouvertures fort honorables 
qui eussent tenté une âme moins aflfermie dans son abnégation. 
M. Benech refusa, et peu dé temps après, il annonça la réso- 
lution où il était (l'entrer dans la Compagnie de Saint-SiUpice. 

Les besoins de la Compagnie étaient si pressants alors, et 



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SEUGIEUS^ ^Ir £lTTÉ£AIBES. ifil 

upe;^ telle vçKîatîoj^ CD de parjeiJIçs circoD&tance» éi^li^ ôsswrée 
çm'iyn dîpensa le jaune prêtre du pov^t à la SpUlude d^Issy. 
M. Tabbe Benech fut envoyé de suite au SénaÎAnire d'Aviftaon 
Qf'il s'agissait de fonder, €t -dont u^.h^mme de Dieu, M. Cha- 
nierqy yenait d'être nommé supéi'i^ur. li^. fienech y professa le 
coups de théologie morale, .pendaot cinq ans qui furent une 
épQ^ue mémorable dans rhisjptrie.4e cette maison et de ce 
iûcese. On ne Ty a pas oublie; et pour que rien ne manquât 
au témoignage de l'affection et de la reconnaissance que ce 
grand' homme de bien avait reçu dans tous les lieux de son 
passage en ce monde, pn resp^table piètre, aujourd'hui curé 
jd'un^ des principales paroisses de, la vxlle d'Avignon, M. l'abbé 
Brémont, chevalier de la LégiOQ-d'Honneur, qui avait été au- 
trefois le disciple et le premier fils spirituel de ce vénéré père, 
apprenant sa maladie, accourut s'ëdifier à ses dernières dou- 
leurs , eut la consolation d'assister à l'administration des 
derniers sacrements où il s'y honora de; porter un flambeau, et 
r^çul avec nous Jes adieux de son aacien. maître. 

! 
11 

C'est en 1829 que M. Benech fut nommé Supérieur du Grand- 
Séminaire d'Orléans, puis Vicaire Général par Mgr de Beauregard 
âpntil devint l'auxiliaire le plus accrédité. A partir de ce mo- 
ment s^ vie nous appartient, etiîhacun sait ce qu'il fit. Sera-t-il 
nécessaire de rappeler ce qu'il fut? ^ 

Ceux qui n'ont vu ce prêtre que de loin, dans le§ relations 
purement oflicielies, ont pu prendre une idée de la pénétration 
de son esprit, de la fermeté de ses, vues et de Taffabllité de son 
entretien. Mais il peut se faire aussi que la solennité et que 
Tautorité de sa personne n'aient pas laissé; percer à tous les 
^\ la bonté de cette âme qui a aimé les hommes comme elle a 
aimé Dieu. Au-desscis du Supérieur, de l'Adminfetratcur, il y 
avait l'ami, il y ayait le père ; mais particulièrement il y avait le 
i^rètre, et, jusque dans l'abandon de sa convejsation, l'homme * ^ 

ae pieu dominait toujours l'homme d'esprit, eomn^ aussi 
rho'mme du monde dans le meilleur sens de ce mot. L'eaprit 
sacerdotal qu'il avait mission de souffler dans les aiitres, trouvait - 
dans toute sa conduite son épanouissement et son exemple. 
Tout était sérieux pour lui de ce qui regardait le service de 
Dieuj et rien ne lui était plus inslinctîvemeat antipathique que 
ce qw ressemblait à de la légèreté clans les cnoses oe la foi et de [ 

l'éternité. Sa' prière, sa. Messe, VAction, comme ij. l'appelait* ^. 

i'Oraison, le Ëréviaine, s'accomplissaient dans un recueillement :; 

grave et lent, dont non? avons été les témoins édjflés; \i aimait i' 

ce proverbe des anciens pères de la vie cénobitique que : Vivre l 

de la Règles c'est vivre de Dipu lui-mêrr^e. Et pour qp^ la règle 



\ 

i : 



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198 AW^ALM 

trouvât toute sa liberté et son temps, îl s'étàfît fait une loi de 
(Jette maxhne que luî-même nous a redite tant de fois : « Mes- 
sieurs/aimez ravance. », 

C'était spécialement.dans les entretiens et dans les commen- 
taires de la lecture de chaque soir qu'éclatait cet esprit de Dieu, 
dont la Congrégation des Prêtres de Saint-Sulpîce a reçu l'héri- 
tage de son fondateur lùi-mème. Personne ne faisait mieux 
que lui ce qu'on appelait la glose d'un texte ou d'un discours. 
La finesse des aperçus, l'abondance des souvenirs, l'à-propos 
des citations, la fidélité charmante de certaines descriptions, la 
connaissance intime et la révélation de certains détails de la vie 
pastorale et pratique, par-dessus tout la clarté des pensées 
ordonnées dans cette vieille méthode scholastique à laquelle 
il avait tant de raison de tenir, faisaient de cette demi-heure 
un vrai délice d'esprit. Mais c'était là surtout la grande 
école des cœurs. Ces leçons étaient les leçons les plus pures 
de l'Evangile, ces principes étaient ceuxde la plus saine prudence, 
ces règles étaient celles de la plus solide tradition des ascètes et 
des pères, car M. le Supérieur n'était pas novateur. Chez lui, 
cela ne pouvait tenir ni à l'étroitesse des vues, ni è une sorte de 
sénilité intellectuelle. Esprit large et orné, conservant jusqu'à 
la fin la plénitude de ses forces, au courant, plus que personne, 
de toutes les idées modernes, il ne les ignorait pas, mais illes 
contrôlait, et il leur préférait ce qu'on ajustement nommé le 
vieux moule eocfésiastique. G[étSL\i celui dans lequel il avait 
l'ambition de jeter ses enfants, et quand il envoyait quelques- 
uns de ses jeunes prêtres dans le ministère paroissial, il ne 
manquait pas de leur dire cette parole pour adîcu : «Messieurs, 
soyez séminaristes toute votre vie. » 

Ceux de ses séminaristes à qui leur -vocation ne permettait 
pas l'entrée dans les ordres sacrés, ne devenaient pas pour cela 
des étrangers pour lui ; et je mets au premier rang de ses bontés 
délicates la sollicitude constante qu'il gardait de l'avenir tem- 
porel et éternel de ces âmes toujours chères. Le jeune homme 
sans fortune, sans relations, sans ressources, qui pendant le 
noviciat de Técole cléricale, n,'avait pas entendu le saint appel 
de Dieu, allait le trouver de confiance, très-sûr d'êtrç compris, 
secouru, recommandé et placé honnêtement selon ses aptitudes. 
Même des avances d'argent étaient faîtes de sa part aux plus 
nécessiteux. Une fois dans la carrière, il les suivait encore de sa 
pensée attentive, prenant part à leurs joies, à leurs peines, à 
leurs fautes pour les relever de leurs chutes, ne négligeant 
aucune occasion de s'informer de ce qui les touchait, les rece- 
vant avec effusion, quand ils revenaient le voir, et quelquefois 
même faisant à ses élèves laies l'honneur de ses confidences 
et de sa plus intime amitié. 

Les prêtres n'ignorent rien de son dévouement charitable. 



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EBUaiEUSBIi. P9F UTTiEilRBS. .199 

Sans doute la meilleure part de sa solUdtude était pour ceux 
dont il avait la direction, et qiiî^e combleront pas le vide que 
leur a laissé la disparition de cet ami de leurs âmes. Mais tous 
étaient certains de trouver auprès de lui conseil et décision dans 
les jours d'embarras ; appui, encouragement, consolation, ten- 
dresse dansles jours pénibles dont il allégeait le joug, corrigeait 
la rigueur ou adoucissait Tamertume. 

Toutes ces qualités n'avaierït aucune envie de se produire au 
debors. Sulpicien avant tout, M. Benech ne faisait pas de visites. 
Ce n'est pas assez dire qu'il gardait la résidence , il faudrait dire 
la clôture. Si vous excei3tez les promenades régulières que, dans 
sa récréation, il faisait sur nos boulevards avec un ami de son 
choix, il ne franchissait le seuil de la Communauté que pour 
les nécessités extrêmes de son ministère. Ce n'était pas pourtant 
chez lui misanthropie ni sauvagerie d'humeur. Quand les hommes 
du monde venaient le trouver dans le tête-à-tête de sa cellule, 
ils ne se lassaïenj; pas d'admirer ce causeur parfait, ce disscr- 
tateur varié, aimable, inépuisable, traitant tous les sujets aVec 
compétence et quelques-uns avec supéiiorité, abordant la poli- 
tique, l'histoire, la littérature, l'art, l'agricuUure, la science 
économique, la statistique, la chronologie, les généalogies les 
plus inextricables, avec la môme facilité que la philosophie et la 
théologie ; surprenant quelquefois même les hommes spéciaux 
par la sagesse de ses vues, la présence de ses souvenirs, et Tinta- 
rissable abondance de ses connaissances. Ce n'était pas d'ailleurs 
Seulement aux hommes instruits et aux personnages élevés qu'il 
réservait cet accueil et laissait cette impression. Les plus simples 
paysaus, les hommes du petit négoce ou de la petite culture ont 
conservé, je le safs, le souvenir attendri de son affabilité, tant 
sa condescendance elle-même savait se cacher pour ne laisser 
paraître que la cordialité du phrétien et du prêtre. En lui la 
dignité ne pouvait point y perdre, et il n'y avait pas jusqu'à ce 
grand air de gentilhomme qui ne fût un prodige, une puissance, 
en provoquant à la fois et le respect pour l'homme et le respect 
pour Dieu. Car il était bien rare que Dieu ne se trouvât pas au 
bout de ces entretiens ; et quelque aient été les hasards de cette 
course à travers tous les champs de la conversation, c'était flna- 
lemeni à l'Eglise que M. Benech ramenait son interlocuteur par 
les analogies ou par les contrastes. Un des meil leurs témoignages 
qu'onlufa rendus, est quesanspédantisme comme sans recherche, 
il a su, mieux que tout autre, faire de sa conversation un apos- 
tolat fécond autant qu'aimable, et que, lorsqu'il disait d'amener 
les âmes au bien par cette voie simple et douce, il en était lui- 
même le vivant et meilleur exemple. 



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m 

C'est dans ce bon exemple que nous avons vu yîeîllîr M. le 
Stipérieur. II y avait longtemps quil portait douloureusement le 
poids de ses années et de ses infirmités^ quand à Noël dernier, 
iine première chute causa de sérieuses alarmes. Il n'en vît pas 
d'abord toute la gravité, et après plusieurs semaines de pénibles 
vicissitudes de défaillances et de rétablissement , il fit le trop 
m-and eflfort de reprendre ses fonctions auprès de ses enfants, 
une seconde attaque ne lui laissa plus d'illusiori. (< Mon enfant 
disait-il à quelqu'un qui osait lui parler de guérison , ne me 
souhaitez plus que la résignation. Les grandes souffrances phy- 
siques m'ont été épargnées pendant ma vie, il est juste que 
moi aussi je porte ma cvo\%^ demandez pour moi le courage de 
la bien porter , et jusqu'à la mort si Dieu le veut. » 

Dieu le voulait ainsi. Aux derniers jours de juin le malade 
foiïiba pour ne plus se relever II eut la peine de voir partir pour 
les vacances toute cette famille de jeunes clercs qui ne reçurent 
pas son adieu. La paralysie gagna, et la semaine suivant^, il n'y 
avait plus lé moindre espoir de prolonger cette existence' brisée. 

Nous nous souviendrons longtemps de la soirée du lundi 
iO juillet, où sur sa demande réitérée, on lui porta les sacre- 
ments du divin Viatique et de l'extrôme-onction. Le cortège des 
prêtres et des clercs réunis à la hâte et par hasard , se rendit 
processionnellement, en habits de chœur, et avec des flambeaux, 
a la chambre du malade, en psalmodiant \e psaume de la Péni- 
tence. M. Rôy, le vénérable compagnon de toute sa vie , eut è 
peine la force d'annoncer à son cher et vénéré père^ la présence 
du Dieu qu'il lui apportait, tant Témotion le gagnait. M Benech 
f^vait toute sa présence d'esprit, et quand, selon le rit usité, le 
prêtre lui demanda s'il croyait bien que l'hostie contenait le 
corps de Jésus-Christ : « Ohl oui, je le crois de toute mon âme » 
répondit-il d'une voix forte et avec l'accent pénétré de la foi. Il 
suivit toutes les prières sans paraître ébranlé. Ceux qui se trou- 
vaient là étaient d'abord' les directeurs du séminaire, deux 
vicaires généraux, un curé'd'Avignon que j'ai déjà nommé, des 
prêtres et des clercs qu'il avait donnés à Saint-Sulpice, quelques 

f>rêtres de la ville et des séminaristes, avec les domestiques, 
ous à genoux et priant. M. Benech put encore distinguer chacun 
de nous, et quand il eut reçu avec une grande dévotion l'hôte 
divin qu'il allait bientôt voir faceàface, recueillant ses dernières 
forces, il nous fit distinctement cet admirable adieu , que nous 
avons retenu littéralement et qui retentira dans l'àme de tous 
ceux qu'il a aimés : 

« II semble que , dans ce moment , je doive être absorbé tout 
« entier par la pensée de la grande grâce que je viens de rece- 
« voir. Cependant, en jetant un regard sur cette assemblées! 
« nombreuse, j'ai pu reconnaître ici mes confrères, mes 



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^ 



£ELIGIEUS£ft ET LITTÉIllIBES. 261 

« élèves et mes enfants. Vous serez ou ma gloire ou ma con- 
« damnation... Vous serez mes çivocats ou mes accusateurs 
« devant Dieu, mais j'espère cependant; car je crois pouvoir 
« ici me rendie le témoignage que je n'ai jamais voulu vous 
fl enseigner autre chose que la doctrine de l'Evangile , les rè- 
gles de la vraie piété et de la sainteté ecclésiastique, (lepen- 
A dant, comjue je sais que l'illusion sur ce point est fhcile, 
• si je m'étais trompé en quelque chose, ou si sans le vouloir, 
a j'avais fait de la peine à qui que ce fût, je leur en demande 
i pardon. De mon côté je pardonne de gmnd cœur à tous ceut^ 
iï qui auraient eu des torts envers moi, et je vous assure que 
« si le bon Dieu daigne me recevoir dans ses tabernacles, ma 
« première pensée prô^ de Lui sera pour eux. » 

Les jours suivants commencèrent son agonie. Il avait en- 
core toutes ses facultés et disait à M. Brugère qui le veillait î 
i Ditegi à notre très-honoré Père que j'ai obtenu d<? Dieu là 
« grâce que je lui demandais : celle de recevoir les derniers 
« sacrements dans ma pleine connaissance. » — M. l'abbé 
Icarçl, directeur de Saint-Sulpice et son ancien élève au sémi- 
naire d'Avigno^î, accourut auprès de lui. M. le supérieur gé-^ 
ûéral était venu peu de jours auparavant. Quelques amfe pu- 
rent encore lui faire leurs adieux et se recommanda à ses 
prières. 

EnOn, le jeudi 15, la dernière lutte parut toucher à son 
dénouement; le malade perdit l'usage de la parole, la lumière 
de son regard s'éteignit, on j geà que le tempa était venu de 
lui appliquer l'indulgence de la bonne mort, 6t le tnème jour 
aune heure, M. Benech fut rappelé p^ir Dieu dont 11 avait été 
le boa serviteur. 

Maintenant il faudrait dire le deuil universel où la nouvelle 
de celte mort jeta, le diocèse, la douleur plus grande encore 
de ses confrèreij; M,, Roy lui fermant le3 yeux, et se jetant »à 
genoux en disant i «<) bon Père, laissez-jious votre esprit; » Ite. 
messes célébrées dans toutes les BgUses, les prêtres de touti8} 
la première retraite pastorale le conduisant à la campagne où 
il avait choisi le lieu de son repos, Thommaged^s laïcs^ la véné- 
ration de tous... Mais quelques lignes hfttées^ écrites au courant 
de l'àme', ne sauraient rendre compte de cette mort , non plus 
que de cette vie^ Puissent-elles du moins suffire au vœu de ses 
amis, La reconnaissance des uns , la vénération des autres , le» 
regrets de tous suppléeront à ce qui manque ici par des sou- 
venirs désormais consolés par de hautes espérartces. Puis, quand 
on parle d'une vie dont l'ensëgnement se résume dans ce mot 
célèbre: /^ bien: nC: fait pas de bruit ; peut-être convîentril d'en 
laisser quelques beaux eiïdroità dans l'ombre et de se souvenir 
aussi que le bruit ne fait pas de bien. Louis Baunard. 



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202 ANNALES 



NOUVELLES. 

— Le savant archevêque de Smyrne, Mgr Spaccapiétra, vient 
de quitter Rome, où il a été retenu par une grave maladie, pour 
rentrer dans son diocèse. On sait qu'il était venu en France, 
afin d*y intéresser les catholiques à la construction d'une ca- 
thédrale dont était privée une des plus illustres églises d'Orient. 
Son attente n'a pas été vaine; il emporte une somme de plus 
de cent mille francs. Ce n'est pas tout ce qu'il faut pour ache- 
Ter les travaux, mais c'est assez pour le moment. Les Orléanais 
n'ont pas oublié le généreux concours que Mgr l'archevêque de 
Smyre reçut, l'an dernier, dans notre ville. La première quête 
que Mgr Spaccapiétra fit dans la cathédrale d'Orléans, après le 
discours remarquable qui avait charmé et énau son auaitoîre, 
fut magniflque, et avec le bienveillant accueil de Mgr Dupan- 
loup, elle ne contribua pas peu à ranimer la confiance alors 
bien affaiblie du vénérable prélat. 

L'Asile Saint'Augustin.—BQvnère l'église de Saint-Augustin, 
à Paris, M. Bourgoing, curé de cette paroisse, vient de fonder 
un asile destiné aux petits garçons pauvres et orphelins. Les 
bâtiments pour les petits enfants sont terminés ; il y a des 
classes pour 400 élèves, des dortoirs pour 350 lits, des cours 
vastes er bien aérés. L'asile Saint-Augustin, qui a pour but de 
] r nnrci îos enfants, soit aux petits séminaires, soit aux exa- 
int.iâ d'instituteur, soit aux fonctions de choriste, organiste ou 
maître dechapelle, est ouvert depuis le 1*' juillet, sous la direc- 
tion des Pilles de la Charité. Les frais de logement, nour- 
riture, éclairage, chauffage, blanchissage, costume, linge, literie, 
instruction, leçons de musique vocale et instrumentale, loca- 
tion de pianos, orgues, etc., ne sont que de 1 fr. par jour pour 
chaque élève. Nous ne saurions assez recommander l'asile 
Saint-Augustin aux familles qui sont privées du bonheur de 
pouvoir élever elles-mêmes leurs enfants. 
Œuvre des Pèlerinages en Terre-Sainte, — Le Comité des 
. Pèlerinages en Terre-Sainte s'occupait de l'organisation de la 
caravane des vacances. Par motif de prudence, il croit devoir 
î| suspendre, le choléra sévissant en ce moment en Egypte. 

1' Diocèse d'Autuh. — Jeudi dernier a eu lieu avec une grande 

';J ^lennité, la conséci*ation db la belle église de Saint-Pierre. 

ij Après avoir dit les dernières oraisoné, Mgr deBelley a prononcé 

^1 une éloquente allocution. Il a célébré la grandeur majestueuse 

I de l'édifice, œuvre de foi, à laquelle toute la population a voulu 

]; concourir avec un admirable empressement. Le premier ma-' 

M gistrat du département, le conseil de fabrique, l'administratidn 

^ municipale ont reçu de précieux hommages de la bouche du 



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aELIGIEUSES ET LITTÉRAIRES. 203 

véoérabîe prélat. M. le curé de Naulin, que tant de respect et de 
sympathies eatoureut à Màcon, ne pouvait pas être oublié. 
Avec quelle sainte chaleur Mgr de Langalerie a parlé du zèle 
infatigable et des vertus angéliques de ce digne pasteur! C'était 
pour tout l'auditoire une grande joie que les premières paroles 
prononcées dans la nouvelle église fussent un éloge de ce bon 
prêtre. Mgr Tévéque d'Autun a fait ressortir, en quelques mots, 
réclatante signiûcation des manifestations religieuses qui signa- 
lent notre époque, et qui attestent la recrudescence de la foi 
catholique, malgré les efforts des ennemis de TEglise. 

Diocèse de Couiances. — Mgr TEvôque de Goutances rient 
d'établir au mont Saint-Michel une maison de missionnaires et 
un couvent de Sœurs de l'Adoration réparatrice, qui seront 
chargés de la direction d'un orphelinat. 

Diocèse d'Orléans. — La ville d'Orléans possède deux ins- 
titutions de sourds-muets ; l'une pour les jennes gens, dirigée 
yar le pieux et habile abbé Grili Santinî, chanoine de^ Saint- 
fean-de-Latran, placé depuis peu à la tiHe de cet établissement 
par Mgr Dupanloup ; l'autre pour les jeunes fliles, dirigée par 
les zélées et habiles Sœu:s de la Sagesse, dites aussi religieuses 
du R. P. de Montfort. 

Nancy, — Lundi dernier a eu lieu au monastère des Dames 
Bénédictines de Flavigny la cérémonie de la bénédiction solen- 
nelle de Tabbesse de ce monastère. Mgr TEvêque de Nancy a 
conféré, par une Ordonnance ( ^îscopale, le titre d'abbesse à 
Mad. Marguerite-Marie Thiéry, et la bénédiction solennelle lui 
a été conférée par Son Emitiencé le Cardinal Donnet. 

Toulouse. — Le beau tableau du Frère Athanase, des Frères 
des Ecoles chrétiennes, que l'on admire à l'exposition des beaux- 
arts de Toulouse^ dans la rotonde delà salle capitulaire (salle 
d'honneur), représente la mort de la bienk^nreuse Germaine 
Cousin de Pibrac, La sainte fille mourut, d'après la tradition, 
sous un escalier, sur des sarments. Elle est vêtue d'une pauvre 
robe de bure ; ses pieds sont nus. L'artiste a voulu cacher, la 
main scrofuleuse, en mettant dans la main gauche de la bien- 
heureuse le chapelet qu'elle égraine jusqu'à son dernier soupir. 
C'est une bien l^lle peinture que tout amateur ou connaisseur 
doit aller voir pour se rendre compte des beautés qu'elle offre, et 
nous dispenser ainsi de rendre h un grand artiste un hommage 
public qui poui^rait blesser sa modestie. Le choix qu'il a fait 
d'une des plus humbles, mais des plus utiles congrégations, 
religieuses delà chrétienté, nous impose à son égard la plus 
grande réserve. La modestie a ses pudsiirs qu'il faut Ravoir com^ 
prendre et respecter. 

Nantes. — Depuî* bien longtemps la reconstruction de notre 
éyêché est sollicitée. Un plan a donc été di^ssé par M. Nau. Le 
bâtiment serait élevé sur la place Saint-Pierre, entre la cathé- 



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204 



llINAIES 



drâle et la rue Saint-Laurent. L'évêcbé serait suivi d'un jardin 
çiai aurait vue sur le cours Saint-Pierre. Ge projet, qui ferait 
disparaître Faneîen évêché, permettrait d'isoler notre cathédrale, 
lia dépense est à la charge dé TEtat, mais un concours financier 
de la ville donnerait l'espoir d'une plus prompte exécution. Le 
LoDseil, après avoir pris connaissance de ce projet, Ta accueilli 
de tous ses vœux. 

^ Batjeux. — L'éducation première des personnages célèbros 
de notre pays est digne de notre curiosité et do notre attention. 
A ce titre, nous avons recueilli les détails suivants relatifs à 
Lharlotte Gorday, née, comme on sait, dans l'arrondissement 
rgentan. Son père était un gentilhomme, dénué de fortune. 
Xni^.''^^5 P|"^^ïeurs années de son enïance chez son oncle, 
rabhAe K..^""^^!' i"^"'^. ^? Vicqnes. Le presbytère existe encore 
^ LrLcheniiD J^ ^^^^ ^ Morteaux. Charlotte apprit à lire dans 
un vLl ex^^^^^^^ ^'' œuvres du grand Gorneille. Son quadris- 
reuSt'^^^^^^^^^ ^^r<^' A l\ge de 

quatorze ans, la jeune flflc, ^^ant perdu sa mère, fut recueilli? 
parMad. de Belzqnce, abbes§e au\"^o.^st^rç de Sainte-Trinité à 
' Gaen. Celte dame était la tante du majoT gui péril si malheurèu- 
-sement, dans notre ville au commencement ge la révQlutipn^ 
Vers ce temps, Charlotte Corday, privée de son piéùX asile^ âe 
retira chez une vieille parente ou eiie se trouva, par la force 4c% 
, choses, saqsdirBctîop morale et religieuse. Douée de sentimeatsi 
.^m'^'^eux et d'un («aracîèfe é^çvéj la m^\M^ d'une paj:t, de 
rVaui;/ les évén^nents horribles. qu'elle voyait s'accomplir et 
^ans doute aussi les lectures qu'elle faisait, exaltèrent so©iflîa- 
^natîon et son patriotisme. Ainsi s'explique l'action extraordi- 
aairequi aiiïimortaliséson nom. Elle avait pensé et agi, ell(J 
fi^urut comme une héroïne de Gorneille. Du moins, nousfest-U 
permis de croire que, dans sa prison, à la veille du supplice^ 
elle se ressouvint des pieuses leçons qu'elle avait reçues au 
presbytère de Viciiues et à l'abbaye de Sainte-Trinité. 

LaRoclielle. — Mercredi soir, dans l'église cathédrale, avait 
lieu la clôture solennelle de la retraite pastorale. Mgcl'Evèqtte 
présidait cette cérémonie à laquelle, chaque anqée, assiste une 
foule empressée. Mi l'abbé Mellier, supérieur des Lazaristes, 
(Sianoine honoraire d'Orléans, ancien curé de Pitliiviers, prôdi* 
cateurde la retïiaile^ portait la parole. Parole facile et touyours^ 
délicate et précise, siùipte et franche et toujours habile, prati(|3ie 
surtout, sans négliger les considérations d'un ordre plus, élevé» 
maî^ qu'elle ne jette qa-eupassant, elle avait captivé par sôa 
accent sympathique et vrai, par les saillies d'une imaginatiaa 
souriante, d'un esprit vif et délié, par les luaaineuses indica*; 
tîohs d'une ex^périence épro«|vée et sûre d'elle-même,, lo nom- 
breux clergé groupé dans la cbapelte et dans la salle des eonfè- 
renêl^dé Sénttlnaice^ I^ùQa crdjâoiiis' que la noble simplicité de' 



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EELIGIEUSES £T yiIÉBAIRES. 205 

tîetle même parole, au soir delà clôture, n'a pas produît.uç 
mohidre effet sur l'auditoire atteutif, auquel elle rappelait les 
caractères du Prêtre, homme de la prière, de la scîeuce et du 
dévouement, et les devoirs qu'imposent aux fidèles les titres 
^sacrésdu Prêtre médiattîur, docteur et pèro. 

Bennes. — Nous apprenons avec satisfaction que les Confé- 
rences de Saint-Vincent-de-Paul à Rennes viennent de se 
reconstituer après une suspension de quelques années. Les 
détails qui nous en parviennent nous donnent lieu d'espérer que 
•ces Conférences reprendront leur prospérité première. 

Diocèse de Saint- brieuc, — 0ne grande fête religieuse sera 
célébrée, le dimanche 30 juillet, à Saint-Brieuc : le Souverain 
Pontife vient d'accorder une couronne d'or au sanctuaire de 
Notrc-Dame-d'Espérance, et cette couronne sera solennellement 
posée, en présence de plusieurs prélats^ sur le front de la statue 
vénérée de la Sainte- Vierge 

— Les Mémoires d'un père sur la vie et la mort de son fils. 
Ce père est un des plus illustres défenseurs du catholicisme, 
inais il a voulu effacer son nom de ce livre, qui n'est pas un 
livre ordinaire : « J'achève de lire (autant qu'on peut lire à 
iravers ses larmes), écrivait à l'auteur M. Bougaud, vicaire- 
général de l'Eyêquè d'Orléans, les dernières pages des précieux 
Mémoires que VOUS aV62 bîeu voulu me conuer. J'en suis pro- 
fondément ému. Dieu y est visible et sensible au cœur. Et puis 
Il Sô montre dans un^ telle lumière, sur ua tel front, si j ose 
^insi dire, d'élévxivi jn, de pureté, de tendresse,, d'innoconoe, que 
l'âme e$t prise, par ce qu'elle a de meilleur,.. Publiez-lesi pp- 
Wiez-îes bien vite. » 

Petites-Sœurs des Pauvres. -* a II n'est personne quinçs'io- 
tiine avec une respectueuse sympathie devant nos. Fi Iles de ta 
charité. » disait naguère* en plein Sénat, un membre éloquent 
de cette illustre assemblée. Il aurait pu ajouter... et devant nos 
Petites-Sœurs des Pauvres, si connues, si aimées aujourd'hui 
dans uois grandes villesi. L'apparition de la charité sous cette 
HQUvç^le et étrange forme a presque fermé la boucMO aux grands 
ennemis des iostituts religieux^ en môme temps qu'elle ouvrait 
leur eoeur à la bienfaiâanqe. Quel est celui qui ne se seui touché 
d'un sentiment sympathique en voyant passer l'humble équipage 
feia Peiite-Sœur* foisant, à Uaver^ les rues d'Orléfins, sa ro;ide 
pour ajUer mendier la nourriture des pauvres à la porte des 
riches et. des heureux da siècle ? -Qui pourrait ha refuser? Plus 
heureux dooc que Lazare désirant vainement se rassasier des 
miettes qui tombaient de la table du riche, les pauvres, dont la 
Pmilte-Seeur est l'acAîve pourvoyeuse, ne sont point rebutés. Il 
n'y û point de mauvais riches pour les PetltesrSceurs... Qui ose- 
rait refuser qiielqu^s mîettes.deisa table à cette ipaia q^ui va \\» 
distribuer aussitôt à de pauvres vieillards, les attendant làîiugsi. 



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206 ANNALES 

non loin de la porte du riche et peut-être parfois aussi couverts 
d'ulcères que les chiens ne viendront pom^ lécher, mais que 
cette même main viendra panser avec amour...? On donne donc, 
on donne toujours abondamment. La petite voiture de la Petite- 
Sœur revient toujours largement pourvifesous le toit hospitalier 
d*où elle est partie ; poussé? par le souffle de la charité et escor- 
tée par les anges qui protègent sa marche... Jamais elle ne 
s'arrête... Ne craignons point de la voir se reposer lin seul jour. 
Ne faut-il pas chaque jour dresser la table du festin pour de 
nombreux convives? Chaque jour donc, il faut aller chercher 
pour la couvrir les miettes àç, la table du riche. 



LOIRET. 

Les fêtes religieuses de Montargis, que Its Annales annon- 
çaient tout dernièrement, ont eu, plus encore qu'on ne pouvait 
déjà le prévoir, une pompe, un éclat vraiment exceptionnels. 
Ainsi qu'on l'avait espéré, Mgr le prince de la Tour d'Auvergne 
est venu officier et présider, pendant trois jours, : à toutes ceâ 
grandes solennités religieuses que les habitants de Montargis 
célèbrent chaque année avec cet élan, cet enthousiasme tradi- 
tionnels, qui faisaient dire à Mgr de Beauregard : Quil lui sem- 
blait quâ c'était une colonie marseillaise tmigrée dans son 
diocèse, avec sainte Madeleine aussi pour patronne. 

Le samedi 15 juillet, Mgr l'Archevêque de Bourges, assisté d^ 
M. l'abbé Druon, son secrétaire, et de M. de Quincerot, chanoi; ? 
de Bourges, fut reçu à la gare du chemin de fer par M. Rabotin , 
Archidiacre, et par M. le Curé de ^Montargis, et plusieurs autrcji 
prêtres. Deux voitures de cérémonie attendaient le Prélat qui 
fit son entrée dans la ville et descendit à la porte de l'église, au 
milieu d'une foule empressée de recevoir sa première héné- ^ 
diction. 

Le dimanche. Monseigneur voulut bien présider la comma- 
nîon générale, et pendant plus d'une heure îl distribua lui- 
même la sainte Eucharistie aux fidèles préparés pour cette 
grande action par une touchante exhortation de M. l'abbé ât 
Quincerot. 

Avant la Grand'Messe, le clergé alla chercher procession nei- 
lement le Prélat au . presbytère ; Monseigneur, assisté d4 
M. l'Archidiacre de Montargis et de M. de Quincerot, officia 
pontiflcalement à la Messe solennelle avecôette majesté et cette 
piété qui sont connues de tous. 

A Vêpres, la vaste église ne fut pas .moi us remplie de fidèles - 
qu'à la Messe, Monseigneur monta en chaire après le Magnificat; 
M. le Curé, pour le remercier de sa visite dont la paroisse dut 



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RELIGIEUSES ET LITTÉ&AIKES. 207 

être flcrc et heureuse, lui adressa du banc d œuvre un compli- 
aient dont nous pouvons donner à peu près le texte : 

« Monseigneur, 

« Votre présence aujourd'hui parmi nous est un honneur et 
une gloire pour Montargis, et c'est un devoir pour le pasteur de 
vous en remercier. Vous avez bien voulu hier regarder avec 
complaisance cette délicieuse vallée du Loing, au fond de 
laquelle Montargis est assise, petite reine du Gâtinais, avec sa 
couronne de verdure. C'est là, Monseigneur, qu'au xv* siècle les 
Anglais battus et noyés apprirent définitivement que la France, 
et Montargis en particulier, n'étaient pas faites pour eux; leur 
étendard nous resta longtemps comm».^ pièce glorieuse de con- 
viction, et Montargis-le-Franc obtint do nos rois le privilège de 
" placer au-dessus de son écusson une épée droite soutenant la 
couronne de France. C'est dans cette église de la Madeleine que 
le duc de Guise vint demander un Te Deum d'action de grâces 
pour la victoire de Vimory. C'est dans cette église que Pie VII, 
de sainte mémoire, bénit en novembre 1804, les pères et les 
mères de ceux qui attendent aujourd'hui votre bénédiction. 

«Vous apparaissez donc, Monseigneuc, au milieu d'une 
population bonne, sympathique , religieuse ; incapable par 
caractère de persévérer dans le mal, je voudrais qu'elle n'eût 
pas la même încônstaoce dans le bien. Elle vous a reçu avec 
enthousiasme comme l'héritier d'un grand nom populaire en 
France, ^t surtbut comme un prince de l'Eglise qui lui fait 
l'honneur de la visiter, et puis elle sait que vous avez été le 
disciple et toujours l'ami de notre grand Evoque. 

ff Si vos ancêtres, qui étaient ducs des Aquitaines dont vous êtes 
aujourd'hui le primat, avaient pris pour devise : Turris fortit^do 
mea, laissez-moi espérer qae votre présence et votre bénédic- 
tion ranimeront et fortifieront l'esprit religieux de ma chère 
paroisse, c'est l'espoir que je dépose aux pieds de Votre Grandeur : 
Turris fortitudo mea. » 

Monseigneur, répondant à M. le Curé, félicita les fidèles de 
leur église, couronnée par ses chapelles et ses verrières; il 
exprinia son admiratioii pour le sanctuaire environné de magni- 
fiques tentures, et pour l'autel étincelant de richesses et de 
lumière; puis, en parlant de la Conversion et de l'Apostolat de 
sainte Madeleine, il captiva les fidèles par le charme et l'onc- 
tion de sa parole. 

Après Vêpres, Monseigneur l'Archevêque visita la maison des 
Sœurs de la Charité dont il est le Supérieur général ; il fut reçu 
4ans le jardin, sous une voûte de feuillage et de fleurs; il 
iriressa aux enfants et aiix jeunes personnes de la paroisse 
quelques gracieuses paroles d'encouragement; de là, il se rendit 



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^96 U2I2IALES 

à l'Hôtel-Dieu, où les Soeurs de la Sag:esse avait réuni aussi le* 
lenfants de Marie et les jeunes filles de la Réunion des 
fliraanches, Association que Monseigneur affectionne partîcu- 
iièrement. 

. A huit heures du soir, Monseigneur présida le Salut solennel 
'du Saint-Sacrement; et placé devant le banc d'œuvre, entouoé 
d'un nombre considérable de prêtres, ii entendit le Panégyrique 
'de sainte Madeleine. Le prédicateur, M. l'abbé Baunard,' cha* 
ïioine honoraire et vicaire de la cathédrale, avait pris pou» 
texte : Amendico vobLs ubicumrjîiè prœdicaium fuerii E^an-* 
ffelntm in universo niundo, quod fecit hœc enarrabitur in me^ 
moram ejus; et il exposa dans le stylo 1« plus pur, le pl6â 
gracieux, d'admirables pensées sur la Conversion, la PasatOR 
et la Mission de sainte Madeleine. 

Les fidèles sortirent de l'église, fiers et heureux de cette saiota 
journée si bien remplie par la Religion, en bénissant l'illusttt» 
Archevêque qui s'était prodigué pour en rehausser l'éclat. 

A cette occasion , nous avons pensé qu'on ne lirait paa 
feans intérêt ces quelques lignes biographiqiies sur Mgr le pHnce 
<i« la Tour-d'Auvergne-Lauraguais, qui es^ en ce moment, 
ttialgré le poste éminent qu'il occupe si dignement, le j^iif 
jeune des membres de Tépiscopat français : 

Né à Moulins, dans l'ancienne capitale An Bourbonnais, If 
6 décembre 1826, Mgr de la Tour^d 'Auvergne est, comme oh la 
fiait, le neveu du vc m érable cardinal qui, pendant de Jtmgueb 
années doyen d'âge des Evoques de Prance^ eut pour successeur 
sur le siège d'Arras un Orléanais célèbre, ré\'<êque actuel /ii» ce 
vaste diocèse, Mgr Parisis. Le fbère du jeune prélat, nagiièpea 
ambassadeur français à Rome, est aujourd'hui éle^é au prciiiie* 
poste de la diplomatie française, à l'ambassade de Londres. 

Elève privilégié de M» l'abbé Dupanloufi, le futur archevéquô 
de Bourges entra de bonne heure au petit séminaire de Saiot^. 
Nicolas, à Paris, où il fit de solides et brillantes études, sous la 
savante direction de l'habile supérieur qui formait alors cette 
génération d'hommes émînehts que nous voyons aujourd'hui 
arriver aux positions socîaks les plus élevées, génération quf^ 
tout le moiïde le sait, doit beaucoup à ces préceptes si fermes el 
sî sages que, plus tard/le^jeuné supérieur, devenu Evôqùed'Of* 
léans, devait réunir dans ces deux volumes sur VËéucatian^ itt»- 
dontestablen^ent les plus complets et, peut-être aussi, les plus 
connus qui aient été écrits sur cet important sujet. 

Après avoir terminé le cotirs des études dkssiques, le jeune 
prince, déjà aimé et recheixM par ses maîtres et ses condis- 
ciples, pour la distinction, l'aniéiiité dé son caractère, pour si 
fbî vive, sa piété, son activité, sa persévérahcfe dans Tétudè 
des questions e< des ouvrages tes phië sérieux , entra au gi'adi 



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KELIGIEUSBe £V UTTÉBilEES. ^ 

séminftire de i$aiot*^uLpiee à Paris. G'<est là encore que plu- 
sieurs prétree Orléanais eurent pour condisciple ce fervent et 
studieux séminariste qui déjà faisait concevoir les espérances 
qu'il réalise aujourd'hui 

Nommé auditeur de Rote le 26 décembre i855, le jeune prélat 
eut pour successeur dans cette haute position deux prêtres chers 
aux Orléanais, Mgr Lavigerie, aujourd'hui évêque de Nancy, et 
Mgr Place, chanoine honoraire -d'Orléans, ancien supérieur du 
P^titrSémiQaire de La Chapelle. Sacré à Rome, le 1'' août 1861, 
ait)hevêqiie in partib^s^ et choisi pour coadjuteur de Mgr Men* 
jfflid, avec future sucoes3ioa ; le 10 décembre de la même année, 
»j)rès la mort précMrturée de ce prélat, Mgr de la Taur-d'Au- 
Y^i^fie, qui entrait :daiis sa 36® année, devint archevêque de 
Bourges; et primat des Aquitaines, supérieur général des Sa3uc& 
de la Charité de Bourges, qui sont si nombreuses, si aimées et 
tf utiles dan$ le diocièso d'Orléans. 



Paroisse de Fleuri/ — La fête patronale de Fleury, pù»^ 
Orléans, a été célébrée dimanche dernier avec pompe et solen- 
jiité. I^'Eglise si complétoment restaurée par l'initiative et les 
kijEatigables efforts de M» Tabbé Beauveutre, et par le concours 
dévoué de l'autorité municipale 4 ^^s hiJîitants, était rayon- 
pante de jeupesse et de grâce^ avec son sanctuaire éblouissant 
de fleurs, ses larges nefs, ses voûtes gothiques, ses verrières et 
L'barmanieux eusemblq (te ses ^plendides décorations^ Un nom- 
^ breux clergé et ui^e assistance considérable de fidèles venus des 
MTOissefî voisines,, des chants exécutés avec élan, un discours 
$|^)queQt et pratique, un remarquable entrain dans le^ céré- 
monies, il y avait là tout ce qui donne de Fampleiir et de la 
dignité aux fêtes religieuses. 

Dans Taprès midi, l'arrivée de M. le préfet vint rehausser 
encore l'éclat de cette belle journée. 

La premier administrateur du départen)eni avait bien voulu 
sC'SOustraire pendant quelques instants, à ses graves occupalions;^ 
pour donner à la n^unicipalUé et aux habitants de Fleury 
un témoignage de sa bienveillance. Reçu d'abord à la Mairie, 
pawifiée de drapeaux tricolores et d'oriflammes flottantes , 
Bl). Bureau, s'est ensuite rendu au presbytère où il a adressé à 
Ipus et à chacun, avec la délicatesse que i^ous lui connais- 
sons, un mot aimable, une parole de félicitations et un encou- 
lagemeiit. Ce fut làj aiasi qi(ie nous Tenteudions diie autour de 
f^ous, je couronnement de cette eharmante fête; et assuré- 
flient, en présence de ces marques si honorables d'intérêt, tous 
ceux qui se dévouèrent successivement à l'œuvre laborieuse 
^ la recoi^structipn de l^Eglise et du Presbytère de Fleury, se 



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210 AHIfU^ 

sont trouvés de nouveau récompensés, et désormais ils comp- 
teront le 16 juillet 1865, comme une date heuretise pour lerfr 
paroisse. 

Le jeune et habile organiste de Saint-Paul nous écrit les 
lignes suivantes : • . ^ 

Monsieur le rédacteur, ■ ^ -. 

Permettez-moi de venir, en ce moment, où tous les prêtres du 
diocèse sont réunis, vous demander une petite place dans votre 
journal, pour soumettre à leur étude une pensée inspirée par 
Tamour de la Religion et de Tart. De tout temps et surtout cle 
nos jours, le clergé français a beaucoup feit pour la rnusiguei 
mais aussi ce bel art n'est pas 4emeurè ingrat envois le 
culte ' n 

Chaque jour, dans nos grraûdes cités, il vient lai prêt^ fe 
'feplendide prestige de pieuses mélodies ou de ses graves et puis- 
santes harmonies. 

Soit g'ie l'orgue, cet instrument catnolique par excellence, 
fasse entendre ses grandes et mystérieuses voix, soit encore'que, 
réunis en un orchestre imposant, tous les instruineiïts que 
rhomme a imaginés, mêlent leurs accents variés aux voix qui 
font retentir nos saint? temples, toutes les âmes où reflète Un 
rayon de la divine lumière frémissent à ces auditions cnfiportéëil 
vers les régions suprêmes, et se rapprochent de Dieu (qu*enés 
adorent avec plus de ferveur. 

S1Ï est donné à nos grandes villes de connaître tant de mer- 
veilles, en est-il de même pour nos modestes églises rurales?... 

Là, si c'est folie que rêver de pareilles choses, au moins 
pourrait-on désirer de voir le mouvement dé résurrecition, dont 
l'heure paraît avoir sonné par la musique sacrée, eftcouragé et 
même aidé puissamment. 

Nos pieux Ecclésiastiques, si éclairés et si pleins de zèJe, 
peuvent beaucoup pour la cause que nous plaidons. 

Fonder des orphéons religieux que l'on formerait au chant 
liturgique, et qui, pour se recréer, étudieraient quelques-uns decés 
chants si propres à inspirer Tamour du bien et du beau, voilà 
qui n'est pas nien malaisé. 

Donner occasion aux choristes de concourir avec ceux dés 
paroisses voisines dans de modestes tournois, dout les t)ri^ 
seraient quelque objet d'art ou quelques livres de chant peu 
coûteux, voilà de quoi entretenir une bonne émulalîon. 

L'organisation du chant populaire que noti-e éminent Evêque 
patronne si généreusement, est une œuvre souverainement 
paroissiale, et, qu'où me le permette, j'ajouterai Qu'elle est 
urgente. ' 

Nous voyons tous les jours décroître le nombre des voix dé 



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RELIGIEUSES £T UtTiEilBES. Sll 

chantres, c*èst à peine si nas villes ont un ïutrin sérieux, il faut 
nécessairement opposer à cela une école propre à généraliser 
l'étude du chant liturgique, et si, dans un avenir que je^ne vois 
point éloigné, les chantres venaient à manquer, nous aurions 
des pépinières qui nous fourniraient d'assez puissantes masses 
chorales pour empêcher le temple de rester muet. 

Si le prêtre, en raison de ses occupations et de la dignité qu'il 
doit garder, ne peut se mettre directement à la tête des répéti- 
tions, il a dans l'instituteur et l'institutrice deux agents merveil- 
leusement posés pour le suppléer. 

LIEtat encourage partout ces sortes de réunions; et l'ensei- 
gnement musical devenu obligatoire depuis peu pour les aspi- 
rants au brevet de capacité, est une garantie de réussite pour 
peux qui voudront entrer dans celte voie. 

Combien alors de jeunes gens, de pauvres petites filles, seront 
préservés par cette récréation musicale du dimanche, de tous les 
entraînements du bal et du cabaret! 

Donc, tout en ayant pour objet principal l'amélioration du 
chant sacré, on atteindrait encore ce but élevé de la moralisa- 
lion des classes laborieuses. 

N'est-ce pas suffisant pour amener des esprits éclairés à l'ap- 
préciation a'une idée qui est mise à exécution diez no5 voisins 
de Belgique et d'Allemagne, et même dans plus d'une paroisse 
de Botre chère France. 

Daignez agréer, etc. 

Henri Tocrnaillow. 



— On nous écrit de Ghuellés : 

La paroisse de Chuel les assistait dimanche dernier à l'une 
de ces cérémonies qui laissent dans l'âme des populations un 
impérissable souvenir. Magnifiquement restaurée depuis peu 
paï* les soins dévoués et persévérants de M. Lezé, notre ex- 
cellent Curé depuis onze ans , l'église de Chuelles regrettait 
toujours de ne pouvoir compléter son ornementation par l'érec- 
tion d'un chemin de croix digne du nombre et de la piété crois- 
sante de ses enfants. Grâce aux instances de M de Grouchy, 
notre honorable député. Sa Majesté l'Empereur Napoléon III a 
bien voulu nous venir en aide, en nous donnant, dans de déli- 
cates et pieuses peintures, mieux que nos ressources ne nous 
auraient jamais permis d'espérer, 

M.Rabotin, Vicaire-Général, Archidiacre de Montargis, pré- 
sidait la cérémonie, assisté de MM. Guynand et Merlet, Doyens 
de Châteaiirenard et de Courtenay, et entouré de huit autres 
prêtres venus des alentours. Les jeunes filles vêtues de blanc, 
les enfants portant des oriflammes, diverses bannières flottant 



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2cl-2 4]VfrjUL«$ 

au vcftt , les quatorze tableaux du chençiîn de croix portés en 
triomphe par MM. les membres du Conseil ié T^hriqne et 
du Conseil municipal, ouvraient h travers lesru^S 4é Chuelles 
une longue prooèssion que complétait une foule' jiX)inbreuse 
venue malgré de pressants travaux, de tous les hàm^taux de la 
paroisse. M. TArchidiacre dont la parole est si aimée dai^ç 
tc^ut cet arrondissement , a rendu éloquemment hommage au 
Souverain, dont les bienfaits s'étendent sur les campagnes 
comme sur les cités; à M. de Grouchy, dont la vive sollîcîtudfi 
s'étudie à connaître <it h contenter tous nos désirs ; à toute la 
commune de Chuelles qui par sa nombreuse assistance avait 
voulu prendre part à cette cérénaonie. Apr^s le pieux et tou- 
chant exposé des sopffrances de rHomme-Dieil qui arracha plus 
d'une larme à son auditoire, M. rArchidiacre donna la béné- 
diction du Saint-Sacrement. Ce fut alors qu'un Domine salvum 
fao en musique, dirigé par une des voix les plus suavçs de la 
paroisse vint dignement clore cette grande fête. C'étjait l'élan 
de la prière^ le cri légitime de la reconnaissapce. 

Un habitant de Gfiai.elle$*- 



*- Nous recevons la note suivante : 

Parnri les jeunes ouvriers évângéliques qu'un travail eiccêssifsertWe 
devoir condamner prématurément au repos, nduè^ WJfâtignofl» d'avoir à 
inscrire bientôt le nom de M. l'abbé Roybet , flui^ , HjOUs venons de 
rapprendre, vient d'ins^ller son successeur aaiis la paroisse du 
Moulinet. 

Autrefois vouée, nous pottvon^l^^iïe, à une sorte d'oubli, pourj qui 
ne considère les choses qu'à la surface; celte modeste localité s'est' 
rapidement transformée en une pareisse des plus intéressantes par la 
création de trois œuvres, fr-uit ae l'énergique et persévérante volonté 
du jeune prêtre qui, pendant sept années d'un mfiiistère tout die dé- 
vouement, l'a dotée d'un presbytère, d'un éti^blisseraent de sœurs et 
enfin d'une église qu'une imoortante et habile restauration vieni 4e 
placer au rang, sinon à la lete de celles des paroisses plus considé- 
riablôs qui l'avoisinent. 

€e sont ces circonstances qui nous ont valu la bonne fortune d'ut^e 
touchante solennité, que M. l'abbé Bougaud, Vicaire géniéral, Archj^- 
diacre ^e Gien» a bien voulu présider avec une complaisance» ^e 
qiraif presque avec une prédilection bien marquée, et du reste légi- 
lîmcHient méritée. 

Après le cérémonial d'usage dans ces sortes de bénédictions, 
M. 1 Archidiacre est monté en chaire, et nous a tenu deux fois, dan» 
le cours de cette heureuse journée, sons le fcharme ^il'uitte parole d'au* 
tant plus éloquente qu'elle avait su plus mervéiliéusement se) prêter 
auxbêsoàns de son modeste aùdittïire. 

9lPa ce Ungi^e ino^gé dont il possède si bien le secret, il a sug- 
géré aux bons habitants* de nos campagnes tes sentiments qu'ins- 
lurent if, l'enfant de Dieu,' de rEglise catholique, le son des 



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fiELIGIEDSES ET LITTÉBAIRES. 31£(- 

cloches de sa paroisse el la vae de son église. — Dans une seconde 
allocution, il a parlé dç bienfait de rEuchadsUe considéré au point 
de vue pratique. 

Le plus çrand élcfi^e de sa parole n'est pas dans Tadiniration quelle, 
a provoquée ici comme partout. Mais nous sommes heureux de le 
dire, au Moulinet eHe a été suivie d'un engagement spontané de la 
part des hommes et des jeunes gens qui, dans un noble élan, sont 
venus se faire inscrire «pomme membres de la Confrérie du Très-Saini- 
Sacrement, érigée, nous pouvons lo dire, séance tenante. 

Tout porte à le croire, ces nouveaux associés du Très- Saint- Sacre- 
ment, qui ont à leur tête M. le Maire du Moulinet, le digne collabo- 
r^-eur des œuvres du zélé pasteur, (#nt compris la grandeur et la 
dignité des obligations et des pieux engagements qu'ils ont si généreu- 
sement acceptés. Ils se feront honneur de devenir de vrais adorateurs 
de l'Eucharistie, et le bon Curé, qui a passé dans cette paroisse en 
faisant le bien au détriment de sa santé, peut-être même, devrions- 
nous dire , de sa vie, léguera à son successour. dans ces membre^ 
d'élite de sa famille adoptive , des chrétiens fervents , de fidèles 
observateurs de la sanctification du dimanche et du devoir pascal. 

Et, proclamons-le, l'inauguration solennelle du temple matériel, la 
fête magnifique à laquelle nous venons d'assister, n'aura été que le 
]M-élode et le signal de Hnatiguration plus belle encore des taber-^ 
nacles spirituels, nous voulons parler des âmes qui, à l'avenir, tout 
le fait espérer, aimeront à se nourrir de la divino^ Eucharistie. 



CHRONiaUE RELIGIEUSE. 

Chapelle de Sàinle-Marie , rue de Limare , 21. — Dimanche, 23 
juillet, réunion de la Société de Saint-François -Xavier. — A 6 h, 1/2 
du soir, chant des Petites-Vêpres, Allocution, Salut du Très-Saiutr-Sar 
creraent, distribution des volumes. 



— Le Jeudi 13 juillet , à 3 heures du soir, une dépêche télégra- 
phique a annoncé au presbytère de Montargis la noifvelle de la mort 
de M. Benech. Le lendeniain, dans l'église de Montargis, toutes les 
messes ont été dites pour le repos de son âme, et à 9 heures, un 
service présidé par M. Rabotin, archidiacre, auquel ont assisté le 
clergé et les prêtres en passage à Montargis, a été célébré à la même 
intention. 

FÊTE DK SAINTE CHRISTINE. — Indulgence plénière. — Dimanche 
23 juillet 1865, commencera, dans l'église de Saint-Vincent, la Neuvaine 
en l'honneur de sainte Christine, Vierge et Martyre A 6 heures , 
première Messe solennelle pour la Confrérie, suivie de la procession 
des Reliques à la Croix-Fleury. A7heures etàSheures, Messe basse; 
à 10 heures, Grand'Messe ; à 3 heures. Vêpres, Sermon et Compiles^ 
à 6 heures 1/4, Salut et Procession du Très-Saint-Sacrement. 



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Sti AIlICiLES 

Pendant la semaine, la première Messe à 6 heures, la seconde à 7, 
la troisième à 8 et la dernière à 9 ; le soir, à 7 heures 1/4, Salut et 
Bénédiction du Très-Saint-Sacrement. Le dimanche suivant, à 6 heures 
^a première Messe, à 7 heures la seconde, à 8 heures la troisième, à 
10 heures Grand'Messe ; à 3 heures. Vêpres, Sermon et Complies ; à 
6 heures 1/4, Salut et Procession du Très-Saint-Sacreaient. Lundi, 
dernier jour de la Neuvaine, Messe basse à 6 heures, 7 heures et 
8 heures ; à 9 heures la Grand'Messe pour la Confrérie ; à 5 heures, 
Vêpres, Complies, Salut, Bénédiction du Très-Saint-Sacrement et le 
Te Deum. Mardi, lendemain de la Neuvaine, à 9 heures, Service 
anniversaire pour tous les Membres défunts de la Confrérie. 

Les deux sermons s'eront donnés par M. l'abbé Crochet, vicaire de 
Saint-Paterne. 



— Mgr l'Evèque d'Orléans , dans l'Instruction pastorale sur les 
moyens pratiques de renouveler et de propager dans toutes les pa- 
roisses la Dévotion au Très-Saint Sacrement^ récemment adressée 
à ses prêtres, ajoute les lignes suivantes qui, ce nous semble, inté- 
ressent également tous les lecteurs des Annales^ car nous le savons, 
nos abonnés ne sauraient rester indifférents à ce qui regarde la santé 
de noire Evêque : 

« Condamné comme je le suis, Messieurs, à prolonger plus que je 
« ne voulais un repos nécessaire, et privé par là d'assister à nos chers 
« exercices de la retraite, je suis heureux au moins de pouvoir vous 
« adresser celle Instruction que j'ai méditée longtemps devant Dieu, 
« et que je vous engage à méditer aussi vous-mêmes dans la paix de 
« votre sainte solitude. » 



Saint-Euverle. — Mercredi 26 juillet, fête de Sainte-Anne, réunion 
des Mères Chrétiennes. — A 8 h. 1/4, Exposition du Très-Saint Sacre- 
ment; à 8 h. 1/2, la Messe suivie de l'Instruction et du Salut du Trés- 
Saint Sacrement. » ^ 

Chapelle de Sainte- Marie, rue de Limare, 21. — Les exercices de 
l'Adoration perpétuelle du Très-Saint- Sacrement auront lieu les 
mardi, mercredi et jeudi, 25, 26 et 27 juillet. — A H h., Exposition 
du Très-Saint Sacrement, Messe, Instruction. — Les Messes se succé- 
deront ensuite, de 7 h. à 9 h. — Le soir, à 7 h. 1/S, Sermon, Salut 
solennel du Très-Saint Sacrement. . 

Po!ir tous les articles Don signe et pour toutes les nouvelles, 

L'abbé GÉLOT. 



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ESLIGIEOSBS ET LITTÉRAIBES. 215 

Librairie SEJOURNE, rue des Carmes, 41. 

Office de Sainte- Cliristiiie» in-18 broché : 30 c. 
lie ntèiite» noié, iQ-12 broché SO c. 

LIBRAIRIE BLANCHARD, rue bankier, 13. 



La Bibliothèque des Bons livres, annexée à notre librairie et 
confiée à nos soins depuis onze années, vient d'être transférée dans 
un nouveau local, et nous demeurons* à partir, .de ce jour, étranger à 
sa dixection. 

Nos sympathies, toutefois, restent profondément attachées à Fœuvre 
que nous avons dirigée, et persuadés que l'on ne saurait trop pro- 
pager les bonnes lectures, nous avons fondé, dans la même pensée, 
un Cabinet Littéraire. 

Ouvrages religieux, littérature, mémoires historiques, voyages, 
revues littéraires, publications illustrées, collection choisie d'ouvrages 
en texte anglais, tel est sommairement le programme que nous avons 
adopté. Les mères de familles trouveront . avec une sécurité complète 
pour leurs enfants, des lectures appropriées à tous les â^es. les Mes- 
sieurs, tous les ouvrages de fonds qui composent une bibliothèque 
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dès actuellement, un choix aussi complet que varié d'ouvrages inté- 
ressants pour toutes les classes de lecteurs» et déjà, nous sommes 
heureux de le dire, de nombreux abonnements sont venus nous té- 
moigner que notre Œuvre était sympathique. 



Mercuriale dl*Orléans« 

ORLÉANS, 15 juillet. 

Cote officielle. — Froment. Th., Ire 16 33, 2e 15 81 , 8e 14 33. — Méteil 
f 13 33, 2» 12 18, 3- 12 ««. — Seigle Ire 9 75, 2e 9 ««. 8e 8 50. — Orge 
ire 9 50, 2e 9 12, 3* 9 ««. — Haricots rouges Ire qté «« ««, 2e «< «€, 
3e «« ««; id. blancs Ire «« ««, 2e «« ««, 3e «« ««. — avoine. Ire qté 10 50, 
2e 9 91, 3e9 50. —Foin, le myriag., Ire qtc 1 10, 2e 1 06, ««. 3e 90. —Paille, 
Ire qté «c«. 70 c, 2e 65 c, 3e 60 c. 



Bourse clu ^O «luiUet* 



3 p. O/o aneien ... 67 60 

-Ai/îp. 0/0 96 75 

Fin courant 67 40 67 SO 67 55 

Emprunt italien... 64 75 

Mobilier 721 25 730 — 

Crédit Espagnol. . . 466 25 

Orléans 835 — 



Nord 1045 — 

Est — 518 75 

LyonetMéd... -847 50 

Midi -56250 

Autrichien - 416 25 

Lombards —480 — 



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Etat etTtI cl*OrléaDti* 

Publications de mariages du dimanche 16 juillet Entrb : 

M. Taveniier, Loiiis-Eûenne^ lOimeUer, et Mlle'Hédm, Mélaiîîe-Eitiestine, 

casqiietière. 
M. Hubert, Pauî, iristiiuleur à NeuDg-sur-Beuvron, et Mlle Lagîer, Mcrie- 

Cathcrine. 
M. Planchon, Edouard- Alfred, plâtrier, et Mlle ï'euiîlâtre, Anne-Louise, 

couturière. 
M. Rocherieux, Narcice-Désiré- Auguste, passementier, et Mlle Mauté, 

Léonline Eugénie. 
M^ Billard, Prosper-Eugèue, couvreur, et Mlle Tessier, Tliérèse, l'iti^te. 
M. Besson, Jules Joseph, vigneron, el Mlle Friaault, Marie-Louise-Elisabeth, 

vigneronne. 

f Naissa/nces, 

Degas, Marie-Berthe-Camille;, quai du Cbâîelet. 

Autixier, Céline-Marguerite, rue Bourgogne. 

Boissay, Lucie-Marie, rue Grisou. 

GiUet, Artluir-Louis, rue de Limare. 

Metivier, Alexis Henri Arthur, boulevard des Anges. 

Fbsseaux, Kaymond Edouard-Auguste, rue des Graûds-Ciseaux. 

Mavet, Hélène, Bonrie>Blanche. 

Forliu, Honoré-Joseph-Etigèue, faubourg Bannier. , 

Benholy, Edouard-Hippolyle, rue Croix-de-Bois, 

Jarry, Marie Louis-Alexandre-Eugène, rue Saint-Eu verte. 

Chevrier, Alfre<iEugène, rue Bourgogne. 

Jardeau, Georges Emile, rue Verte. 

Plaut, Jules A'exandre-Georges, faub. Madeleine. 

Cidoin, Louis-Joseph, faub. Madeleine. 

Gilles, MarieEugénie-Julietle, faub. St-Vincent. 

Guerrier, Arthur- Adrien, rue des Turcies. 

Bidault, Jnles-All^ert-Marie-Alexandre, rue de la Lionne% 

Daudier, Louis- Joseph- André, place Bannier. 

Nij^on, LéonideClaire- Adélaïde, rue du Pont de Ce. 

Décès, 

Mv Benech, Jean, prêtre sulpicien, vicaire général et supérieur du grand séml- 

fiaire d'Orléans, rue de l'Evèché, 7 1 ans. , 
Mlle Gorreels, Victoire-Justine, rentière, rue Bourgogne, 66 ans. 
Mlle Guillereau, Françoise, domestique, rue Bannier, 18 ans. 
M. Aubei-t, Jules-Martin, prêtre, ancien curé de Chaumout-sur-Tharonne, rue 

d'Hnglelerre, 74 ans. 
Mad, ytuve Jourdan, née Debray, Marguerite-Rose, rentière, rue Saint-Mar- 

tin-d«-Mail, 81 ans. 
Mad. Schneider, née Beis, Rosalie, rue des Gohelels, 6^ ans. 
Mad. veuve Bataille, née Bizouerne, Marie-Damas, rue de TEtelon, 69 ans. 
MlleJeanneton, Marie-Louise, faub. St-Jean, 13 ans. 
Mad. Poisson, née Alliot, faub.St-Marc, rue de l'Eglise, 78 ans. 

Le propriétaire-gérant, L'Abbé GELOT, Chan. Hon, 



ORLEANS. — IMP. ERNEST COLAS, VIS-A-VIS nU MUSES. 



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ANNALES 

RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES 

DB LA 
VlIiliK KT DU DIOCÉSIS D'QRfiÉAni» 

Paraissant tous les Samedis, par llyraison de 24 pages. 



1T« VOLUME. — «o 40 — 29 JUILLET 1866. 



CAUClVBRICm BE I^ SEMAISi:, 



30 VIII* DIMANCHE après la Pente- 
côte. — Saint 1gna€B de Loyola. 
Paal III approuva les règles d'Ignace 
et donna à la société qa'il fondait le 
nom de Compagnie de Jésns. 

On dit qu en mourant le maître 
demanda pour ses disciples des per- 
sécutions incessantes, assuré que 
l'ordre serait toujours florissant tant 

3 D'il aurait Tamour de la croix : la 
ernière prière dn fondateur a été 
favorablement accueillie de Dieu ; car 
si les amis de TEglise se montrent 
favorables aux fils d'Ignace, les en- 
nemis de la religion n'ont jamais cessé 
de les persécuter. 

31 LUNDI, saintXÎERM AIN (doub.-min.), 
Bé ^n 880, étudia le droit à Rome. 
Bien jeune encore, il fut nommé goo> 
veriieur d'Auxerre, sa patrie. Après 
une jeunesse peu réglée, il revint à 
Dieu, se consacra au service des m* 
tels, succéda k saint Amateur, évéque 
d'Auxerre, et mourut à Ravcnne en 
448. 

l"AoÛT. MARDI, saint Pibwmj-aux- 
LiEHs (double-mineur). 

2 MERCREDI, saint Prosper (d.-m.). 
Né en 403, défenseur infatigable et 

* intrépide de la foi catholique, Prosper 
écrivît contre les Semi-Pélagiens, fit 
-le voyage de Rome, composa itivers . 
ouvrages parvenus jusqu'à nous. 
Successeur de saint Aignan sur le 
siège d'Orléans, il mourut eo 463. 

3 JEUDI, Invention dd corps de saimt 
j&rifiHME, diacre et i" martyr (s-d.). 

4" VES^DREDI, saint DowNiaGE (semi- 
double). Espagnol, né en 1170, étu- 



diant distingué , puis professeur de 
théologie, enfin cbaneine d'Osma ; k 
28 ans, au retour d'une mission près 
du roi de France, il s'arrêta dans le 
Languedoc alors désolé par la guerre 
des Albigeois. Sa charité, son élo- 
quence, ses prières surtout firent 
Elus pour le triomphe de l'Eglise que 
imon de Montfort et sa formidable 
armée. Ce fut k Toulouse, en 1215, 
qu'il fonda l'ordre des Frères-Pré- 
cneurs, ordre récemment rétabli 
en France par le P. Lacordaire. 
Honorius 111 le nomma maître do 
sacré Balais et grand inquisiteur; 
deux cnarges qui sont encore con- 
fiées aux Dominicains. L'addition des 
supplices faites par les laïcs n'est pas 
IH&ivrede saint Dominique; l'Eguse 
ne connut Jamais d'autre moren que 
la persuasion, et notre Saint s*efforça, 
au contraire, d'adoucir les rigueurs 
dont on usait envers ces frères éga- 
rés. Saint Dominique institua la dé- 
votion du rosaire et l'usage de saluer 
Marie au commencement des ser- 
mons. Après avoir vd son ordre 
grandir et se multiplier dans toutes 
les provinces et presque dans tontes 
les villes d'Italie, de France, d'Es- 
pagne, il mourut à Bologne en 1221. 
Gréffoire XI le canonisa en iw. La 
vie de saint Dominique fut publiée en 
tô41 par le P. Lacordaire- 
5 SAMEDI , saint Vutre. (sem.-d.), 
Né dans le Berri, moine de Micy; 

finis ermite dans une forêt de l'Or- 
éanais. 11 mourut vers le milieu dn 
vi« Siècle. 



PRIX D'ABONÎCEMBNT 



Orléans et le Département. . 5 f. par an. 
Paris et les Départements. . 7 — 
Etranger 10 — 



Olf S'aBONKE a ORLÉANS, CHEZ 

M. l'Abbé GÊ)LOT, cloître Stc-Croix, 8. 
M. ERNEST COLAS, Imprimeur. 
M. BLANCHARD, rue Bannier. 
M. GATINEAU, rue Jeanno-d'Are. 



Mad. FOUCHER, rue Jeanne-d'Arc, 9. 
H. SEJOURNE, rue des Carmes, 4t. 
M. GODEFROY, rue Royale. 
M. YAUDECRAINE, place du Martrol. 



T. lY. 



Orliaat. — lap. Eu 



r Colas, tit-è-vit da Ma»4« 



10 



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CHRONIQUE. 

— Mgr TEvêque d'Orléans vient de nommer M. Fajjbé Sigismond- 
Augustin Garnier, curé de la paroisse de Coulmiers , canton de 
Meung- sur-Loire. 

Petit Séminaire d'Orléans, — La distribution solennelle . des prix 

Sour les élèves des Petits Séminaires de La Chapelle -Saint-Mesmin et 
e Sainte-Croix d'Orléans, aura lieu lundi prochain, 31 juillet, dans 
la cour d'hoTineur du Séminaire de La Chapelle. 

La séance s'ouvrira à midi très-précis : les portes seront ouvertes 
et les invités pourront prendre leurs places dès onze heures et demie. 
Mgr le prince de la Tour-d'Auvergne, archevêque de Bourges a 
bien voulu accepter la présidence de cette fête qui, comme on le 
sait, a eu plusieurs fois le rare privilège de réunir, outre les hommes 
éminents et les familles les plus distinguées de l'Orléanais , plusieurs 
des membres de l'Académie et de l'Institut de France, et des savants 
célèbres même au-delà de nos frontières; personne n'ignore, comment 
Mgr l'Evêque d'Orléans, a su transformer ces séances de distributions 
de prix en des solennités littéraires, pleines de vie, de variété, d'un 
intérêt tout exceptionnel et pour les parents des élèves et surtout 
pour les amis expérimentés des sciences et des lettres, qui se mon- 
treni. depuis tant d'années déjà, fidèles et noi^breux à ce rendez-vous 
annuel. 

La seconde retraite ecclésia>tique comme la première, s'ouvrait car 
un acte de pieuse et filiale reconnaissance : l'assistance au service 
célébré pour le repos de Vênne de M. Benech. Avant la messe, M. l'abbé 
Desbrosses, doyen de chapitre, devant un cénotaphe, qui, il y 
a 8 jours, n'était pas un vain simulacre, prononça quelques paroles- 
bien senties et religieusement écoutées, sur celui que tout un clergé 
diocésain et toute la compagnie de Saint-Sulpice pleurent encore. 
A la fin de la messe, Mgr de Chalandon voulut bien donner l'absoute. 

Dans l'après midi, les prêtres de la retraite se rendaient en corps 
et sous la conduite de M. l'abbé Desbrosses, à la Pomme de Fin, 
maison de campagne du Grand Séminaire. Ce n'était pas une prome- 
nade, c'était le pèlerinage de l'amitié et de la reconnaissance à un 
tombeau à peine fermé. Aussi, fut-ce avec une émotion visible, que 
chaque prêtre approcha de la chapelle sépulcrale, érigée au milieu 
des jardfins, et récita le De profundis pour celui qui le premier en 
avait pris possession. 

Chapelle de la Sainte-Enfance. — Mardi, 1" août, fête de Notre- 
Dame de Toute-Grâce ; à 6 h. 1/4, exposition du Saint- Sacre ment à la 
première Messe; à 7 h. 1/2, deuxième Messe: à 9 h., grand'Messe; 
à 2 h. 1/2, Vêpres, Sermon et Salut. 

Le Sermon sera prêché par M. l'abbé Piau, vicaire de la Cathédrale, 
chanoine honoraire, docteur en théologie. 

L'Adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement aura lieu le 
mercredi 2, le jeudi 3, le vendredi 4 août; le mercredi et le jeudi : 
à 6 h. i/4, première Messe suivie de la Méditation; à 7 h. 1/2 et 8 h., 
Messes basses; le soir, à 7 h.. Sermon et Salut. Le vendredi: les 
Messes basses et la Méditation comme les jours précédents; à 9 h., 
grand'Messe; à 2 h. 1/2, Vêpres; le soir, à 7 h.. Sermon et Salut. Il y 
a indulgence plénière à gagner aux conditions ordinaires pour les 
personnes qui visiieronl la chapelle de la Sainte-Enfance le 1" août. 

Les Méditations et les Sermons seront donnés par un Missionnaire 
de la Société de Sainte-Marie. 



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ANiMLES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 



ORLÉANS. Vendredi 28 Juillet. 



Il y a des hommes qui pour s'étourdir, se jettent à corps 
perdu dans îe monde, comme il y en a qui s'ensevelisseat dans 
la solitude. 

Or, le bruit du monde ne vaut rien pour Tâme souffrante, et 
les plaisirs qu'il procure n'ont jamais endormi la douleur. 

Au lieu d*y trouver la paix, Therame qui n'est pas heureux 
çn sort plus tourmenté encore, parce que son âme y laisse 
toujours un peu de son énergie, en se répandant dans les sens, 
où elle se dissout et se noie. 

L'épine seule reste de toutes les fleurs qu'on y cueille; et le 
remords, qui blesse et fait saigner le cœur, vient souvent 
s'ajouter aux tortures morales auxquelles on voulait se soustraire. 
Car le monde, selon Tapôtre bien-ainoé, c'est la concupiscence 
de la chaire, la concupiscence des yeux et l'orgueil de la vie, en 
sorte qu'il ne saurait y avoir en lui que mensonge et déception. 
Il trompe, éblouit, enchante, et, loin de reposer, il agite, 
il obscurcit Tesprit et gâte le cœur, en faisant oubliera ceux 
qui l'aiment que sa figure passe avec tous ses charmes et toutes 
ses illusions. 

Il déprave le jugement et affaiblit la volonté, en n'esliinant 
que les surfaces de la vie, en plaçant la prospérité au-dessus de 
la vertu, et n'attribuant de valeur à la vertu elle-même qu'autant 
que sa monnaie a cours parmi les jouissances quMI poursuit. 

C'est là que la vérité cède le pas à l'esprit, et qu'il suffit d'une 
épigmmme heureuse pour absoudre la langue qui jette son 
venin sur l'honneur de ses frères. 

C'est là que l'on réussit, non par ce qu'on est, mais par ce 
qu'on paraît; là que l'éclat et le faste sont pris pour la 
grandeur; là, que la vanité se pavane dans les frivolités de la 
toilette ; là, que l'habit honore et non point l'homme ; là, que 
la pauvreté est outragée par le ridicule; là, que le scepti'e du 
génie est rais aux mains de la médiocrité, parce que l'intrigue y 
grandit ce qui est petit et y rapetisse ce qui est grand ; là, que 
la haine est mise en commun et presque jamais l'amour; là, 
que toutes les petites passions, sortant des coins les plus obscurs 
de l'esprit et du cœur, s'étalent sous les lustres étoiles, comme 
te reptiles sous un rayon de soleil. 

C'est là, enfin, que le sourire papillonne sur les lèvres, tandis 
que le cœur, en dépit des plaisirs factices qu'on lui présente, 
est triste, morose, consumé dans le secret de la vie ; car le rire, 



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230 ANNALES 

comme tout le reste, n'y est qu'un rire d'emprunt, et la joie 
qu'une joie de passage. 

Qu'est-ce autre chose, en effet, que le monde, sinon un 
théâtre où l'on change de sentiment comme d'habit, selon le 
rôle qu'on veut jouer ; une Babel où chacun parle la langue de 
son voisin et où personne ne parle la sienne, de peur de se 
trahir ? 

Et l'on voudrait que le bonheur se trouvât là I Le bonheur, 
s'il existe ici-bas, ne peut être que dans la fixité de la vie, et le 
monde n'est que l'inconstance môme. 

Interrogez ceux qui ont bu, gpiitte à goutte, la coupe de ses 
enchantements, inépuisables en appai:ence, et sitôt épuisés, ils 
vous diront qu'arrivés au fond du. nuage d'illusioqs qu'ils 
croyaient sans fond, ils ont trouvé que ce qu'ils appelaient une 
vie. active n'était qu'une vie agitée, et que si elle leur paraissait 
remplie, c'était parce que, à leur insu, elle leur était à charge, 
ou qu'ils prenaient ses ennuis et ses saturations pour des loisirs 
occupés et des heures sans lacunes. Ils pensaient avoir tout 
éprouvé, et le vide s'est fait dans leur âme, parce que, au 
contraire, ils n'pnt rien éprouvé de, ce qui leur était nécessaire. 

La vérité seule pe t remplir le cœur de l'homme, et la vérité 
ne se trouve que dans la Religion, parce que seule elle a le 
secret de notre nature et de notre destinée. 

Gest à cause de cela que le monde est en hostilité avec la 
Religion, et que la cité de Dieu a toujours été dans une lutte 
perpétuelle avec la cité de Satan, qui est le monde. Or, l'esprit 
du monde est maudit de Dieu, parce que son esprit est un esprit 
de vanité et de dissimulation; et que ce qu'il appelle sagesse 
est folie, et que ce qu'il appelle vertu n'est que vice et déception. 
VoiLS donc qui, ne sachant où traîner le faix de vos douleurs, le 
portez dans le monde comme dans un lieu de refuge, fuyez-le 
d( sormais ; car Dieu n'est point av^c lui, et la paix de l'âme 
n'est pas là où Dieu n'est pas. 



LES CARMES. 



Le Carmel est un des magnifiques plateaux du Liban, dans 
la tribu d'Issachar, et sur la frontière méridionale de la Galilée. 
Cette montagne n'est point aride et dépouillée, comme presque 
toutes celles de l'a Palestine ; et au contraire sa cime arrondie et 
ses largçs flancs sont couverts d'une luxuriante végétation. Aussi 
dans le cantique de Salomon, la tête de l'épouse, parée de ses 
joyaux, est-elle comparée au Carmel ; et Isaïe pour peindre la 
gloire spirituelle de l'Eglise, dit que la beauté du Carmel lui a 
été donnée. Elle et Elisée ont habité sur le Carmel, et c'est là 



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KÉLIGIEUSE8 ^^^JÉRAIBES. î§^ 

que le ipremi^r confondu les prêtre» (te Baal, et que par ses 
pdèresd^ QbtîQtses pluies bieqfaîsaQte^ qui s'annoDCèrent com- 
me un faible nuage au-dessus de la mer. Ou sait que les Saints 
Pères ont vu dans ce nuage un emblème de la vierge Marie qui 
devait donner au monde le Me$sie, commç uuc roFée rafraîchis- 
sante pour Thumanité déchue. Lorsque Elie eut été enlevé dans 
un tourbillon de feu» Elisée, son fidèle disciple» recueillit son 
double esprit, et continua d'habiter avec les fils des prophètes 
ces lieux chers et vénérés. Ces fils des prophètes se perpétuèrent 
sous le nom d'Esséniens et de Thérapeutes, jusqu'aux jours du 
christianisme, par une succession non interrompue, et à^riuiita- 
tion de leurs illustres patriarches, ils menèrent sur celte mon- 
tagne une vie angélique et solitaire. La prédication évangélique 
ne devait que trouver en eux des cœurs bien disposés; aussi 
l'embrassèrent-ils avec autant de joie que d'empressement. Ils 
purent même selon la légende du bréviaire romain, jouir de la 
faiciliarité et des célestes entretiens de la sainte Vierge. Ils 
eurent du moins pour elle une dévotion particulière et les 
premiers de tous ils éri^rent sur le Carmel un sanctuaire en. 
s^a honneur. Ces fidèles imitateurs d^Elie, d'Elisée et de Jean- 
Baptiste s'y réunissaient pour louer Dieu et célébrer la viergç 
Marie ; et l'on ne tarda pas à les nommer les frères de Marie du 
Mont-Carmel. 

Telle est la véritable origine de l'ordre des Carmes qui vivaient 
d'2^)ord séparément dans les grottes nombreuses de la montagne, 
et se livraient aux divers exercices de la vie contemplative, plus 
ch^un selon ses forces et son zèle que d'après les prescriptions 
d'une règle commune. Ce fut pour remédier à cet état de choses 
qu'en 1209, Brocard, supérieur des ermites du Mont-Carmel, 
pria le bienheureux Albert, alors patriarche de Jérusalem, de 
leur dresser des constitutions fixes et écrites Celte règle 
approuvée en 1224 par le pape HonoriuslU, reçut depuis quel- 
ques modifications d'Innocent IV, et est aujourd'hui encore 
observée dans les maisons qui suivent la réforme de sainte 
Thérèse. Cependant les persécutions des Sarrasins devenant de 
jouren jour plus violentes, Alain, cinquième général des Carmes, 
songea sans abandonner entièrement le Mont-Carmel, à faire 
passer ses pieux enfants d'Orient en Occident. Il y fut encouragé 
par une- apparition delà sainte Vierge, et envoya des colonies 
en l'île de Chypre, en Sicile et jusqu'en Angleterre. Mais la 
France qui déjà était le royaume de Marie, ne pouvait être 
oubliée dans cette diiTusion de sa famille chérie. Aussi dès l'année 
1244, un couvent de Carmes s'éleva-t-il près de Marseille, et la 
cité Phocéenne qui avs^t ouvert son sol hospitalier à l'exil de 
Lazare et de ses sœurs^ sefélicita d'abriter celui des fils d'Elie et 
d'EBsée. Ceux-ci s'étaient déjà multipliéb en Europe avec une 
telle rapidité qu'ils purent y tenir un chapitre général dans 



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Tannée 1245. Le lieu choisi, fut le couvent d'Aylesfort en 
Angleterre, et Ton y élut le bienheureux Simon Stock pour 
successeur d'Alain. Sous le gouvernement du nouveau général, 
Tordre obtint une extension nouvelle par la protection toute 
spéciale du pape Innocent IV, et celle de saint Louis. Ce 
dernier qui, à la suite de sa première croisade, avait ramené en 
France quelques-uns de ses sujets, religieux du Mont-Carmel, 
leur donna en 12S0 un couvent à Paris : et ce couvent devînt la 
maison-mère qui fournit aux diverses fondations de la France et 
• de TAllemagne. 

C'est aussi vers ce temps qu'il faut rapporter la célèbre 
vision où Simon Stock reçut de Marie le Saint-Scapulairc. Et le 
lui remettant, elle lui dît : « Recevez, mon fils, cet habit de 
votre ordre comme une marque de mon affiliation avec vous, 
comme un privilège pour vous, et pour tous vos enfants, com- 
me un signe de salut, comme un traité de paix et comme un 
gage de mon alliance éternelle. Quiconque mourra revêtu de ce 
saint habit, ne souffrira jamais les flammes de Tenfer. » Mais, 
ajoute le pieux auteur qiîi nous sert de guide, à peine cette 
révélation fut-elle connue qu'on vint en foule se revêtir du 
scapulaire miraculeux, et s'enrôler dans un ordre auquel avaient 
été faites les promesses les plus authentiques d'une protection 
spéciale. Et comme tous ne sont pas appelés à l'état religieux, 
l'Eglise permit que les séculiei^ qui auraient envers Marie la 
même dévotion que les Carmes, pussent porter la même livrée, 
et participer aux mêmes avantages. De là l'établissement de la 
confrérie du saint Scapulaire ; de là cet empressement universel 
à se faire inscrire dans celte pieuse association ; et de là cette 
grande famille de la vierge du Carmel, à laquelle depuis six 
siècles s'incorporent tant de personnages illustres par leur rang 
et par leur naissance Eh I qui pourrait énumérer toutes les 
grâces spirituelles dont le scapulaire a été la source I Combien 
de confrères, au fort de la tribulation, et près de se livrer au 
désespoir, ont trouvé dans ce précieux vêtement le soutien et la 
consolation ; combien de confrères ont triomphé de la séduction 
du siècle et ont déjoué les pièges du démon sous cet habit 
protecteur! Et pourquoi le scapulaire ne triompherait-il pas de • 
ces deux ennemis? n'est-il pas l'armure puissante qui couvre le 
chrétien au jour du combat ? n'est-il pas ce bouclier du salut 
pui éraousse tous leurs traits dangereux ? n'est-îl pas, selon la 
promesse expresse de Marie, le signe de salut qui promet la 
conversion aux pécheurs, et aux justes la persévérance? 

Cependant malgré la diffusion de Tordre des Carmes, il ne 
paraît pas que l'institut des Carmélites ait existé avant le géné-^ 
& ralat du bienheureux Jean Soreth, Français, et né en Normandie. 

I Elu général en 1451, dans le chapitre tenu à Avignon, il voulut 

I attacher à son ordre des monastères, de filles qui feraient vœu 



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AELIOIEUSBS ET LITTiEillBS. 235 

de suivre les constitutions du Carmel. Il eût bientôt réuni quel- 
ques Vierges qui entrèrent avec joie (tans la famille privilégiée 
de Marie, et pour lesquelles il obtint du pape Nicolas V en 1452, 
les mêmes privilèges dont jouissaient les religieuses de saint 
Dominique et de saint François. Cette fondation apporta au 
bienhenreux Jean Soreth le sujet d'une grande consolalion par 
la régularité qu'il vit fleurir dans ses nouvelle maisons, et une 
des premières fut fondée à Vannes par Françoise d'Amboise, 
femme de Pierre II, duc de Bretagne. Cette princesse s'y retira 
après la mort de son époux, et y prit le voile en 1497. Elle y 
mourut saintement, et le pape Pie IX a reconnu et autorisé le 
culte immémorial qu'on n'a cessé de lui rendre. Dans les âges 
suivants, Tordre du Carmel, ainsi que presque tous les autres, 
re ressentit des malheurs de l'Eglise, et des troubles du grand 
schisme d'Occident. La discipline s'énerva, et Taustérité primi- 
tive de la règle s'affaiblit par de trop nombreuses concessions. 
Mais lorsqu'au XVI® siècle sainte Thérèse eut établi sa réforme, 
la France souhaita de posséder ces nouvelles fllles du Carmel, et 
le cardinal de Bérulle eut le bonheur de réaliser ce vœu. Il ût le 
voyage de Madrid, et malgré mille obstacles, en amena six reli- 
gieuses carmélites de sainte Thérèse, et toutes remplies de son 
esprit et de son zèle. Sous la sage direction de ce pieux cardinal, 
et par les soins de madame Acarîe, en religion, Marie de l'Incar- 
nafion, les monastères se multiplièrent, et avec eux le puissant 
exemple de la prière, de la pénitence et de l'expiation. La ville 
d'Orléans sollicita une fondation, et l'ayant obtenue, elle 
s'en réjouit comme d'une faveur et d'un bienfait. C'est que ses 
habitant comprenaient tout ce qu'il y a d'heureux et de protec- 
teur pour les intérêts spirituels des âmes dans la présence d'un 
cloître que peuplent la piété, le dévouement et le sacrifice. Ces 
sentiments ont survécu dans notre cité à la destruction du 
couvent des Carmélites, et ils se sont retrouvés tout suaves de 
fraîcheur et d'épanouissement, lorsqu'on a renoué parmi nous 
les traditions séculaires qui nous attachaient au Carmel, et que 
de nouveau on a établi non loin du tombeau de saint Aignan 
les dignes filles de la séraphique Thérèse. 



Nous avons pensé que les lignes suivantes, qu un jeune Tou- 
risfe, que nos lecteurs apprécient déjà, écrivait naguères près du 
berceau de saint Ignace de Loyola, seraient lues avec intérêt 
dans la semaine où l'Eglise célèbre 1(1 fête de l'illustre fondateur 
de la Compagnie de Jésus : 

A Zumarraga je quitte le chemin de fer, et jelrouve un om- 
nibus mené par trois mules, qui me conduit à Loyola; c'est 
une route pittoresque, taillée dans le roc et qui suit le cours 
d'un torrent, i'Urola. La vallée resserrée entre les montagnes aux 



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rochers de marbre, sembte être un amphithéâtre dont on cherche 
en vain l'issue, et après une heure et demie de route, j'arrivais 
à. six heures et demie à la première étape de mon voyage, la 
pqtrie de saint Ignace. La lune éclairait de sa douce lumière les 
montagnes , la coupole de l'église et le couvent , donnant à ce 
dernier Taspect d'une forteresse bien enharmonie avec le vieux 
manoir de la maison de Loyola. Une vaste auberge, où des 
feraçpes portant sur leur, tête des lampçs de formes antiques, 
Sj^rvent un repas dont ne se serait pas contenté Lucullus, voîlâ ^ 
la seule habitation que Ton trouve auprès du couvent de Loyola. 
C'était là que je devais passer ma première nuit de voyage dans 
C<? lieu illustré par la naissance du fondateur de la Compagnie 
de Jésus. 

Loyola, vous le savez, était le château des parents de saint 
Ignace, au xvii* siècle. Llmpératrice Maria-Anna d'Autriche, 
vQuve de Philippe IV, fit construire tout autour un couvent de 
Jésuites et une église ; l'un et l'autre sont bâtis en marbre noîr, 
extrait des montagnes environnantes. Il présentent la fornae 
d'un aigle déployé, dont l'église serait le corps et le couvent 
les ailes, emblème du titre d'impérial, conféré par Maria-Anna. 
Au-dessus de l'église s'élève une élégante coupole ; un majes- 
tueux perron à trois corps mène aux arcades d'un péristyle 
demi-circulaire que surmonte l'écusson de la fondatrice. L'in- 
térieur, en rotonde, orné des marbres les plus précieux, rap- 
pelle le Panthéon de Rome ; mais la coupole, beaucoup moins 
large et plus élancée, est décorée par de grandes armoiries 
sculptées en marbre blanc : ce sont les armes de la famille im- 
périale. Le maître-autel est d'une grande richesse, surmonté de 
la statue en argent de saint Ignace. Le couvent, bien qu'ina- 
chevé, est vaste; il ne l'est, hélas I que trop aujourd'hui, 
puisque, par une étrange anomalie, résultat ordinaire des ré- 
volutions, la catholique et monacale Espagne a chassé de son 
sein les ordres religieux. Toutefois, je dois ajouter à l'honneur 
de ce beau pays, que ce n'est qu'une mince fraction de lui-' 
même qui a signalé ainsi son avènement au pouvoir ; le peuple 
espagnol a conservé la foi vive de ses ancêtres. Depuis quelques 
années, le gouvernement s'est montré plus tolérant, et les re- 
ligieux sont rentrés individuellement, mais dépouillés de leurs 
biens. Les jésuites sont revenus à Loyola, où ils ont encore un 
noviciat. Ce qui attirait surtout mon attention, c'était la Santa 
Casa, c'est-à-dire ce qui reste encore du vieux château de Loyola; 
là plus grande partie a été détruite dans les guerres, mais la 
portion sanctifiée par la présence du saint demeure enclavée 
dans le couvent. Après en. avoir franchi le seuil à jamais béni, 
surmonté des armes de Loyola , voqs trouvez une petite cha^ 
pelle élevée dans le lieu môme où étaient les écuries du château.. 
C'est là que naquît le saint ; sa mère, dit une pieuse légende, 



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EELI6IEUSES ET lITTÉfiAIBES. S25 

"ayant voulu imiter ainsi la Vierge 'Kfarîe. Ce ne fut'pàs sahs 
émotion que je montai cet escalier dont l'illustre fondateur de 
la Compagnie de Jésus avait tant de fois gravi les de^â Au 
premier étage, outre pll2si^u^s salles transformées aujourd'hui 
en chapelles, je remarquai l'oratoire de l'ancien cMteali, fermé 
par une grille; que de ferventes prières sont inontées do ce lieu 
vers le ciel, âdjessées par saint Ignace et par saint François 
Borgia qui y célébra sa première messe. 

A l'étage supérieur, j'ai eu le bonheur d'entrer dans la petite 
chambre, jadis occupée par saint Ignace, c'est aujourd'hui une 
chapelle dédiée à saint François Borgia ; à côté se trouve une 
grande pièce transformée également en sanctuaire; c'est à ^hi 
place où s'élève l'autel en bois scupité et doré que fut déposé le 
blessé de Panipelune à son retour du siège, et c'est là que le 
guerrier devint saint Ignace de Loyola. On y coi?3erve un de ses 
doigts et son portrait en uniforme militaire. Toutes les cha- 
pelles sont remplies de précieux souvenirs , tels que le portrait 
authentique du saint fondateur de la milice de Jésus, des 
fragments de sa soutane , des authographes de lui et de son 
troisième successeur," saint François Borgia. 

A un quart d'heure de Loyola est située la petite ville d'As- 
peitia dont l'église était la paroisse du château de Loyola; on y 
voit encore les fonts où fut baptisé saint Ignace; elfe est bîëh 
dah§ le style espagnol avec des autels d'uhe grande riche^e, 
surchargés de dorures et de statues. La ville jnôme d'Aspeïtia 
est pleine de caractère ; les maisons, avec leurs balcons et leurs 
toits avançants, me rappelaient un peu les châlëts suisses; la 
population bonne et hospitalière n'est pas sans cadhet, les 
hommes surtout avec leurs gilets rouges , leurs 'espadrilles et 
leurs bérets rouges ou bleus. Ce costume s'harmonise bien avec 
les sites pittoresques de Loyola. Un équipage analogue à' celui 

dC/la veille me ramène à Zumarraga 

Gaston de Lévis-Mibe^oix. 



NOUVELLES. 

Dijon. — La retraite ecclésiastique ouverte le lundi 3 juillet 
et close lé samedi suivant, a été préchée par le R. P. valuy, 
de la Compagnie de Jésus. Beaucoup de prêtres y ont pris part-, 
et y ont puisé de nouvelles forces pour remplir fidèlement les 
obligalions de leur saint ministère. Monseigneur, accompagné 
de M. l'abbé Silvestre, est parti pour Plombières-les-Bains, où 
il passera quelques semaines. 

Béatification. — La Congrégation des Rites s'occupe de Tin- 
troduclionde la cause d'Albîne Ligi, modiste de Rome, morte 



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226 ÀN!XAL£S 

en odeur de sainteté le 8 décembre 1841, dans la trente-qua- 
trième année de son âge. 

Dijon. — Il vient de se former à Dijon une société de Darnes 
charitables qui ont pris le nom modeste de Danaes auxiliaires 
des jPetites-Sœurs. Non contentes d'aider de leur bourse ces 
admirables servantes des pauvres, elles raccommodent et con- 
fectionnent de leurs propres mains le linge et les vôteraents 
des vieillards. Le nombre des Dames auxiliaires atteint mainte- 
nant le chiffre de trois cents. Samedi dernier elles s'étaient 
réunies pour la première fois sous la présidence de Mgr l'Evé- 
que. Les Petites-Sœurs n'avaient rien négligé pour donnera 
cette fôte, de la reconnaissance:^ tout l'éclat que permet leur 

{pauvreté. Sous leur direction, les vieillards avaient élevé dans 
e milieu de la cour trois arceaux de verdure chargés de légendes 
et de devises. , 

Diocèse de Paris, — Par suite d'une libre convention, la plu- 
part des magasins de nouveautés ont été fermés dimanche der- 
nier à Paris. Cet exemple de respect pour le repos du dimanche 
produira, à Paris et ailleurs, espère-t-on, des effets salutaires, 
et suscitera de nombreuses imitations. 

Albi, — Mgr l'Archevêque a adressé les lignes suivantes à 
recclésiastîque qui rédige ia Bévue du diocèse d'Albi ; « J'ai 
donné ordre à ma chancellerie pour qu'on vous fît part^ en 
temps opportun, de toutes les nominations ecclésiastiques et 
cérémr :es religieuses qui peuvent intéresser vos lecteurs. Car 
j ' ne i .lis à le répéter, votre Revue a mes sympathies, mon 
cui. cours, mon patronage sincère et actif 

Chartres, — Plusieurs Curés de la campagne ont amené aux 
pieds de Notre-Dame-de-Sous-Terre et du Pilier, les petits 
garçons et les petites filles de la première communion. Un ecclé- 
siastique n'a pas été effrayé par une distance de plus de quatre 
lieues pour conduire ainsi ses enfants au sanctuaire vénéré. 

Marseille. — L'état de Mgr l'Evêque de Marseille est toujours 
grave, et il est fort douteux qu'il puisse jamais reprendre ses 
fonctions épiscopales. On parie de sa nomination prochaine à un 
canonicat à Saint-Denis. C'est, en ce cas, Mgr Bernadou, Evêque 
de Gap, qui lui succéderait au siège de Marseille. Mgr. l'Evêque 
de Poitiers a quitté jeudi sa ville épiscopale, pour se rendre aux 
B Eaux-Bonnes. Mgr Sergent, Evêquede Quimper et Léon^ se rend 

I aux bains d'Enghien pour se reposer des fatigues de son récent 

P voyage à Rome. 

I Trot/es, — Mgr l'Evoque de Troyes a fait dimanche la béné- 

p diction d'une maison de patronage que l'Œuvre de Saint- 

h François-de-Sales a établie dans notre ville, pour les jeunes 

*} filles. On sait que dans cette maison beaucoup de filles de nos 

;j bons ouvriers viennent passer, chaque dimanche, l'après-midi, 

j depuis les vêpres, et qu'elles y trouvent tous les moyens de se 



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RELIGIEUSES ET LITTÊRAIBES. 227 

récréer honnêtement, tandis qu'un trop grand nombre de leurs 
semblables se perdent malheureusement parmi les séductions du 
vice et lès pièges qui sont tendus à leur inexpérience. 

Les prêtres ont reçu de l'évêché un questionnaire. Le titro 
donné à cette pièce importante est celui d'Archives paroissiales. 
C'est en effet un recueil de ce genre qu'il s'agit de former au 
secrétariat de l'évêchê. Si les réponses sont complètes, il y aura 
bientôt entre les mains de l'administration ecclésiastique des 
matériaux tout préparés pour une histoire diocésaine. Ce n'est 
pas là sans doute le premier but qu'on s'est proposé en 
envoyant le questionnaire, mais plus d'un bien peut ressortir 
d'une bonne mesure. 

Hyères. — Les Sœurs de VEspifance^ établies à Toulon , 
viennent d'ouvrir à Hyères une niaison destinée à recevoir les 
dames et les jeunes personnes que leur santé oblige à venir 
chercher un climat plus doux pendant la saison rigoureuse, et 
celles qui voudraient s'y fixer comme pensionnaires. Cette 
maison exposée au Midi, offre une habitation riante et com- 
mode. Avec les soins qu'elles sont sùrçs de trouver auprès de 
ces religieuses, les malades et les pensionnaires auront encore 
la consolation de pouvoir satisfaire leur piété en entendant la 
sainte Messe^ qui se dira tous les jours dans la chapelle de la 
maison. 

Paris, - Le Saint-Père a daigné admettre dans la prélature 
de sa maison M. l'abbé Soubim ne, ancien Vicaire Général et 
chanoine honoraire d'Orléans, avec le titre de camérier secret de 
Sa Sainteté. Par cette marque d'* haute bienveillance, le Saint- 
Père montre combien il apprécia le zèle et le dévouement dont 
M. l'abbé Soubiranne fait preuve dans la direction générale de 
l'Œuvre des Ecoles d'Orient. 

Bavenne, ~ On annonce la découverte, à Ravenne, des 
cendres du plus grand poète chrétien de l'Italie, le Dante. !in 
pratiquant des fouilles, près du monument élevé à la mémoire 
du grand poète, on a trouvé une caisse en bois, qui s'est brisée 
en tombant. Elle renfermait les ossements de Dante et deux 
inscriptions latines , l'une extérieure : Dantis ossa hic prsita 
. anno 1676 die \^pcLohris; l'autre intérieure : Dantis ossa desuper 
revisa. 3 juin 1 67 7 . 

Paris, — Depuis nombre d'années une pauvresse octogénaire, 
s'asseyait chaque matin sous le porche de l'église Saint-André, 
et tendait au passant une main tremblante. Marie R... ne pas- 
sait jamais devant la vieille sans lui |eter l'humble obole que lui 
permettaient ses moyens. Un jour vint cependant où elle passa 
sans lui faire son aumône quotidienne, les motifs de cette omis- 
sion ^devaient être bien puissants. En effet, un grand malheur 
l'accablait : son frère, unique soutien d'une mère âgée, avait 
amené la veille un mauvais numéro. L'office fini, Marie sortit 



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:228 ' ÀII1IAI.ËS 

la tête basse et les paupières rougies par les larmes ; en la voyant 
sortir, deux femmes qui s'entretenaient sous le porche de 
l'église la suivirent d'un profond regard de pitié : « Pauvre 
Marie! s'écria Tune d'elles, si bonne, si douce, voilà que toul à 
coup la misère vient de cogner à sa porte. — Quel est donc le 
malheur qui la menace? » demanda une voix cassée. La femme 
se retourna, vit la vieille et lui fit part des angoisses de cette 
pauvre fille. Pierre (c'est le nom du frère de Marie) devait partir 
le lendemain, quand soudain on frappa à la porte. Un facteur 
des postes entra et remit une lettre chargée. Marie la prît, l'ou- 
vrit d'une main tremblante, elle renfermait 700 fr. et ne conte- 
nait que ces n)ots : « Qui donne aux pauvres prête à Dieu. » Le 
lendemain, Marie laissait toriber son obole dans les mains de 
la pauvresse, qui la reçut en souriant. La vieille mendiante 
est morte il y a quelques jours, et par testament en règle a 
déclaré Marie B... son héritière; et lui laisse une somme de 
mille francs. » 

Calcutta. — On annonce la mort de Mgr Van Heule, Arche- 
vêque "de Calcutta» Sa Grandeur, qui njétait âgée que de qua- 
rante-tiois ans, à succombé sous le poids d'un labeur excesislf. 
Sa mort va laisser un grand vide dans la mission des Indes. 
Mgr Van Heule ne comptait pas moins de 52 millions d'habitants 
dans son vaste diocèse. ' 

La Rocheile. — Le préfet de ïaCharente-Liférîeure procédera 
le 9 noût à ^'adjudication des travaux de construction d'une 
rhn i le au Grand-Séminaire de La Rochelle s^élevant à ia 
tomi..i3 de 68,643 fr. 54 c. 

Tarifes. — La retraite pastorale a été prêchée, durant la 
semaine dernière, au clergé du diocèse de Tarbcs par le 
R. P. Sourrieu, de Toulouse. Le R. P. Corail doit donner les 
mêmes exercices au clergé du diocèse de Vannes, de Gap, 
d'Avignon. Ce religieux vient de prêcher la retraite ecclésias- 
tique à Poitiers. Il a su constamment captiver l'attention de son 
auditoire. 

Suez. — Partout où le choléra sévit, en Asie et en Afrique, 
les Filles de Saint- Vincent-de-Paul se montrent fidèles à leur 
sublime mission. Elles se concilient l'admiration et la recon- 
naissance des populations musulmanes à Mytho dans la Basse- 
Cochinchinc aussi bien qu'à Alexandrie et l'Egypte. Tandis que 
le Pacha désertait son poste pour échapper au fléau, M. de 
Lesseps, notre illustre compatriote, qui était en France, à la 
nouvelle des ravages de l'épidémie, est reparti aussitôt pour se 
rendre au milieu des ouvriers du canal de Suez et les encouragt^r 
parsaprésence et sa fermeté en face du péril. Plusieurs ftiédecnis 
ont quité Paris et la France avec la résolution d'aller eu Egypte 
soigner les malheureux atteints du choléra. 

Lyon. — Mercredi dernier, un spectacle touchant a eu lieu à 



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BELIGIEUSES ET LITTÉ&AIBES. 929 

réglise de ^otre-Dame du Mont-Carmel de Lyon. Les religieux 
sont allés processionnellement au-devant de leur supéricfur 
général, arrivant de Rome, accompagné du R. P. Hyacinthe. 
Le R. P. Hyacinthe paraît avoir repris une santé excellente, ce 
qui lui permettra sans doute de reprendre ses conférences à 
Notre-Dame de Paris. 

Une cérémonie des plus touchantes a eu lieu, lundi matin, 
à rinstitution des sourds-muets. Mgr. le Cardinal-Arche- 
vêque a bien voulu aller administrer le sacrement de TEucha- 
ristie et de la Conflrmation dans cet établissement. Après la 
cérémonie religieuse, une des jeunes communiantes lui a 
adressé par écrit, au nom de ses sœurs et deses frères, un simple 
et naïf compliment. 

Paris. — Quand on pas^ sur le pont du Louvre, on remarque 
une jeune fille portant .un évcntaire cliai*gé d'oranges magnifi- 
ques. C'est Marie Montfacier, inconnue hier, presque célèbre 
aujourd'hui. Elle a vingt-ans ; el le est de Nantes. Grande, brune, 
vaillante et honnête comme une vraie bretonne qu'elle est, 
marchande d'oranges, c'est son état ; elle a son éventairc le 
jour au pont du Louvre, le soir au Jardin des Pleurs, aux 
Champs-Elysées, et nul marchand n'en a de plus belles et ne 
les vend avec plus de probité. Telle est Marie Montfacier. 

L'autre jour, vers midi, elle était à son poste, à l'angle du 
pont. Un jeune homme de dix-huit ans passe en courant ;' il 
enjambe le parapet et le voilà dans la rivière. En même temps, 
une^mme arrive, échevelée, folle. — C'était la mère du jeune 
homme ; elle jeta un grand cri, et avant qu'on ait eu le temps 
de l'arrêtei-, elle s'était précipitée dans la Seine pour sauver son 
enfant ou mourir avec lui. * 

Immédiatement la foule s'assemble, on parle, on crie, on 
cherche des bateliers, et on n'en trouve pas. C'est toujours et 
pour tout la même chosR. On voit alors la jeune mawhande 
d'oranges eiyamber le garde-fou et sauter à l'eau. 

Il y eut un instant d'épouvante, suivi d'un cri d'admiration, 
puis chacun se pcnôha et regarda dans l'eau pour voir ledrartie 
terrible qui s'y jouait La brave fille nageait comme un poisson ; 
elle saisit par les cheveux la mère qui disparaissait ; d'un eflfert 
vigoureux, lui tenant la tête hors de Teau, elle la ramène à la 
berge. Puis, sans prendre haleine, elle repart ; mais là c'était 
plus difficile, le jeune homme avait disparu ; pas de trace ; l'eau 
coulait unie comme une gia:ee ; elle nage, elle plonge, elle 
remonte, elle plonge encore, rien ! Et ce travail dura longtemps. 
Jugez si le cœur battait aux spectateurs ! Enfin on ia vit, à cent 
mètres au-dessous du pont, remonter sur l'eau, après un plon- 
geon effrayant ; elle poussait devant elle, vers la rive, le jeune 
homme complètement évanoui. 

Il était temps que ce sauvetage se terminât. Quand elleafrlVa 



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230 ANMALES . 

au bord, la brave fille s^évanouit près de celui qu'elle avait tiré 
de l'eau. On s'empresse, on la soigne, elle revient à elle. On 
voulait la porter en triomphe ; elle s'est défendue de toutes ses 
forces et ne voulait môme pas dire son nom. 

Monseigneur Mermillod. — La ville de Nantes vient d'en- 
tendre l'éloquente parole do Mgr Mermillod : Ce nom, dit la 
Semaine religieuse^ sera désormais un souvenir précieux, non- 
seulemenl pour les prêtres qui ont pris part à la retraite ecclé- 
siastique de ce diocèse, mais aussi pour les fidèles de notre ville 
qui, plusieurs fois, ont pu entendre les accents persuasifs et 
pénétrés de ce cœur vraiment apostolique. 

Né tout auprès de Genève, Mgr Mermillod a fait ses premières 
études au collège de Carrouge, sa ville natale, il les continua à 
Saint-Louis-du-Mont, à Ghambéry, avec une distinction qui fil 
pressentir ses futurs succès. Ce fut en Suisse, sous l'habile di- 
rection des PP. jésuites, que î'abbé Mermillod (it son coui^s de 
théologie. 

En 18d7, l'évêque de Lausanne, Mgr Marîlley imposa les 
mains à celui qui, 17 ans plus tard, devait devenir son auxi- 
liaire. Nommé vicaire à Genève, dès les premières années il dut 
entrer dans la lutte. On le vit tour à tour défendre la vérité et 
attaquer l'erreur, tantôt par des brochures de circonstance ou 
bien par la rédaction de feuilles périodiques, tantôt par des 
ouvrages importants comme celui de la « Vierge Marie^ » mais 
surtout par sa parole éloîjuente et persuasive dans la cliaire 
sacrée. 

Cependant les catholiques de Genève étaient pauvres et p'^u 
nombreux. L'abbé Mermillod part armé de son éloqutx.ie 
j^role, mais surtout de sa douleur et de son amour. Il demar h 
à la France catholique l'aumône d'une cathédrale pour sa chère 
et infortunée Genève, et sa prière est entendue. 

Orléans, Paris, Toulouse, Marseille sont le théâtre où se dé- 
ploie son zèle apostolique, soit dans des stations de carême ou 
d'avent, soit surtout dans des retraites ecclésiastiques. Mais la 
France ne sera pas seule privilégiée : l'Italie, TAllemagne, la 
Belgique, l'Angleterre veulent, elles aussi, entendre Téminent 
orateur, et le saint prêtre qui ne sait rien refuser quand on 
demande au nom de Dieu et des ûmes répond à tout, suffit à 
tout, et partout il sème la parole de Dieu, sans oublier, sans 
négliger sa chère Genève, dont il est devenu le propre pasteur. 

Un zèle si admirable, uni à tant de science et à une si douce 
piété, devait réjouir le cœur de Pie IX et attirer son auguste 
attention. En effet. Sa Sainteté voulut voir l'abbé Mermillod, 
l'entendre et applaudir à ses efforts. Une douce et bien glo- 
rieuse intimité sïtablit promptemcnt entre ce fils dévoué et le 
Père commun des fidèles, et Pie IX vit en ce prêtre l'homme 
qu'il avait demandé à Dieu pour accomplir ses desseins de mi- 



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EELIGIEDSES ET LITTÉRAIBES 231 

séricorde sur la ville et le peuple de Genève. Au lendemain des 
fêtes de la Béatiflcalîon de sainte Marguerite-iMarie, le Souverain- 
Pontâfe préconisait son enfant bien-aimé. Par une faveur in- 
signe, le Saint Père voulut sacrer lui-même le jeune prélat. 



LOIRET. 

M. l'abbé DUCLOUX. 

La semaine dernière, les Annales consacraient à la mémoire 
vénérée de M. Benech quelques pages que noue avpns tous lues 
avec rémotion d'un cœur qui, en pleurant la mort de M. le Su- 
périeur, pleurait la^ mort d'un père. Permettez-moi d'ajouter 
quelques lignes à cet éloge, en vous rdressant le récit abrégé de 
la maladie et des derniers moment^ d'un de ses enfants : « La 
gloire du flls rejaillit sur le père, dit la sainte Ecriture, » et c'est 

Îar les soins de cet habile et pieux directeur des âmes, que l'abbé 
lucloux, clerc minoré, décédé la semaine dernière à Château- 
neuf, a été formé à la pratique de ces fortes vertus qu'il nous 
laisse comme exemple : il l'a f)récédé de quelques jours dans 
TéterDité, sans doute pour se joindre au cortège des jeunes clers 
et des saints prêtres qui sont venus à sa rencontre le jour de 
sa mort, pour l'introduire dans le ciel dont il leur avait montré 
le chemin. 

Né à Çhâteauneuf-sur-Loire, élève de M Esther, ot placé 
par les soins de M. Bardin , vicaire-général, alors CLré de la 
paroisse , au Petit-Séminaire de La Chapelle , dont il fut un 
des lauréats les plus distingués , l'abbé Ducloux quitta le 
Grand-Séminaire au mois de juin 1863. Depuis deux ans 
déjà, il luttait contre la maladie avec une énergie qui faisait 
l'admiration de ses condisciples. Je ne saurais reproduire 
l'impression profonde qui nous saisit tous, lorsque nous le 
vîmes, un jour d'examen, la veille de son départ, gravir avec 
peine les degrés de la chaire et soutenir sa thèse, avec un éclat 
qui surpassa celui de ses plus beaux triomphes du Tetit-Sémi- 
naire. Quelques jours auparavant, il avait fait plus encore, parce 
que son courage ici puisait son énergie dans l'espérance de la 
réalisation de ses vœux les plus ardents ; il avait voulu se ttaîner 
à la cathédrale, c'est le mol, car il pouvait à peine marcher, pour 
franchir le dernier degré des ordres qui le séparait du soiis- 
diaconat. Il espérait qu'à Noël il pourrait, comme il le disait, 
faire son sacrifice. A cette époque il était retiré chez lui, et il 
comprenait déjà que Dieu lui demandait, il est vrai, le sacrifice 
de sa vie, mais sur un autre calvaire, et soumis à la volonté de 
Dieu, il écrivait à un de ses amis plus heureux que lui : fi Long- 
temps, cher ami, longtemps nous avons gravi ensemble la 
montagne du sacerdoce côte à côte, avec une égale ardeur, une 



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232 IWKALES 

égale espérance, mais la main de Dieu m*a touché et il m*a fallu 
m'arrêler au milieu du s(^ntier, le cœur brisé, et conservant à 
peine respérance. Dieu ne l'a pas voulu. » 

11 laissait échapper ces regrets au mois de décembre 1863, au 
• même moment où, pour me montrer qu'il ne se faisait plus 
d'illusion sur la gravité de son état, il m'écrivait ; « Il me semble 
que je descends lentement, vous savez où ? et je frissonne quand 
je pense sérieusement que ce sera une réalité, peut-être dans 
quelques mois. » Il disait vrai : l'hiver lui fut très- funeste, et 
obligé de garder le lit, il put au printemps dire avec une trop 
cruelle vérité : « Je suis triste, car je sens tout renaître autour 
de moi, et moi je m'en vais; priez, priez b*îaucoup pour moi. » 
C'est alorS; dans cette petite chambre dont je ne perdrai jamais 
le souvenir, sur ce lit de Couleurs qu'il garda pendant les huit 
derniers mois de sa maladie, que Dieu fit paraître toute la vertu 
de son serviteur. Ses paroles révéleront mieux que t(5ute espèce 
d'appréciation, les dispositions de cette belle âme. Citons "fen 
quelques-unes. 

Un jour, sa mère qui l'a soigné avec un dévouement que le 
cœur maternel seul peut inspirer, sa mère lui disait : a On parle 
de martyr : mais toi, mon enfant, tu en.es bien un. » « Tu ne 
sais pas ce que c'est que d'être martyr, répondit-il ; un martyr 
endure volontiers et avec bonheur les souffrances et la mort : 
moi j'y suis obligé, je n'ai aucun mérite. » 

Un autre jour, sa mère encore en se plaignant lui disait : « M^n 

Sauvre enfant, que mus sommes malheureux! » « Non, répon- 
it-il, qui sait? peut-être que si j'étais resté dans le monde Je tne 
serais perdu... Le bon Dieu nous aime, car il nous fait f.i ro à 
tous deux notre purgatoire sur la terre : loin de nous plaindre, 
il faut plutôt le remercier. » 

Souvent, pour montrer là où il puisait son courage, il s'écriait: 
« Hélas ! que ceux qui n'ont pas la foi sont malheureux, surtout 
quand ils sont malades. » 

Enfin, pour terminer ces citations que je pourrais multiplier, 
je transcris un fragment d'une lettre, parce qu'il peint les sen- 
timents chrétiens avec lesquels il subit cette lutte suprême, que 
tout chrétien doit subir au départ de ce monde ; « Je ne me 
croyais pas si attaché à la vie, me dit-il ; quelle émotion me 
saisit en pensant que ma maladie aura probablement la grande 
solution du problème de la vie humaine : priez beaucoup pour 
moi; la résignation m'échappe par moments. » 

Et à la veille de sa mort, il m'écrivait encore : » Je ne durerai 
pas longtemps : néanmoins au milieu de toutes ces misères , le 
bon Dieu me donne une grande paix intérieure, dont un pécheur 
comme moi est indigne. N*y a-t-il pas beaucoup de présomption 
de ma part ? » Dieu le jugeait plus favorablement qu'il ne se 
jugeait lui-même, car cette paix intérieure, cette résignation 



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a£LIGI£OS£S ET LITTÉftAUES. 233 

chrétienne qu'il avait peur de perdre, Dieu la lui conserva même 
à la veille du jour du grand sacrifice ; « J*ai été administré, je 
n'ai plus que quelques jours à vivre : que la volonté de Dieu se 
fasse, priez pour moi. » Voilà en quels termes il me faisait an- 
noncer la nouvelle de sa mort prochaine. Est-il possible de se 
servir d'un laconisme plus sublime, pour annoncer que Ton est 
sar le point de paraître devant Dieu. 

Je laisse maintenant parler un des heureux témoins de ses 
derniers moments. 

« Le samedi, à 10 heures du soir, se trouvant un peu plus 
faî})Ie, Fabbé Ducloux envoya chercher M. le curé. Après s être 
entretenu quelques instants avec lui en latin, il fît retirer ses 
parents et dit à M. le curé : t Je ne sais ce qui arrivera , mais 
dîtes les prières des agonisants. Il voulut que tous ceux qui 
étaient présents se missent à genoux et répondissent avec lui aux 
prières. De temps en temps, il disait comme d'une voix sup- 
pliante: « priez donc, pciez beaucoup. » Tout le monde fondait 
en larmes ; lui seul conservait son calme, sa sérénité. A la fin 
des prières, sa voix s'affaiblit peu à peu et il entra aussitôt dans 
une agonie terrible : « Mon Dieu, mon Dieu, s'écriait-il de temps 
en temps, qu'il faut souffrir pour vous posséder. » Il eut encore 
quelques instants de calme, pendant lesquels il serra la main à 
ceux qui l'entouraient, en leur disant adieu. Quelques minutes 
après, on annonçait à la pauvre mère, que Dieu comptait un saint 
de plus dans le ciel. Et le lendemain, du haut de la chaire et 
d'une voix émue, M. le curé adressait à ses paroissiens ces 
paroles : « Je serais heureux si ma mort pouvait ressembler à la 
sienne; et je vous souhaite d'avoir à vos derniers moments le 
calme, la résignation et la confiance de ce cher enfant, qui n'a 
qoitté la terre que pour s'envoler dans le sein de Dieu. » 

Je n'ajouterai rien à ces paroles : dans la bouche de celui qui 
les a prononcées, elles disent plus que je ne pourrais en d4re sur 
la sainteté de celui que nous pleurons, et voilà pour(juoi j'ai 
voulu les rapporter, en terminant ces quelques pages qui seront, 
j'espère, un sujet d'édification pour vos lecteurs, une consolation 
pour sa famille, et pour moi un souvenir donné à une amitié 
d'enfance, qui ne me laisse qu'un regret comme à ceux qui l'ont 
partagée, le regret de la voir, ici bas, si prématurément brisée. 

, L'abbé P. GERBAtT, 
vicaire de HaUsherhes. 



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234 INNALES 

Les Frères des Écoles Obirétiennes. 

Vers laflnduxviie siècle, le vénérable abbé de La Salle 
(né en 1651), chanoine de Reims, considérant les désordres que 
le défaut d'éducation et l'ignorance entraînent après eux, pensa 
au moyen de remédier à^n si grand mal ; il s'associa un certain 
nombre de jeunes gens dévoués comme lui au bien de la religion 
et à celui de la société, et ouvrit aux enfants du peuple dès 
écoles gratuites. Le mode d'enseignement alors en usage ne 
permettant pas d'instruire un assez grand nombre d'élèves à la 
fois, il inventa la méthode simultanée, qui depuis a été adoptée 
par un très-grand nombre d'instituteurs. 

Se conflant dans la Providence qui ne lui a pas manqué, l'abbé 
de La Salle surmonta toutes les difficultés suscitées contre son 
œuvre, et, pour donner à ses disciples l'exemple du détachement 
le plus absolu, il se défît de son canonicat, et se dépouilla de 
son patrimoine en faveur des pauvres (1684). Après avoir long- 
temps médité dans la retraite, il élablit son œuvre sur des bases 
solides en donnant des règles sur la manière d'élever la jeu- 
nesse et sur la discipline particulière de l'Ordre. 

L'Institut de l'abbé de La Salle fit bientôt de rapides progrès, 
ses disciples furent appelés de toutes parts, et lui-même fit 
l'école aux petits enfants en différentes villes. Il eut la conso- 
lation de fonder un grand nombre d'établissements et mourut 
le vendredi 7 avril 1719, après avoir doté son pays d'une des 
plus belles institutions dues au génie de l'homme, et avoir mé- 
rité le titre de fondateur de l'instruction primaire en France. 

Le pape Benoît XIII approuva les règles de l'Institut en 1725, 
et la même année Louis XV lui accorda des lettres-patentes qui 
l'admettaient en France parmi les ordres religieux. 

En 1792, l'Institut des Frères des écoles chrétiennes subit le 
sort des autres corporations religieuses. Les Frères avaient alors 
cent vingt et un établissement^. Bientôt on sentit le vide que 
causait leur suppression ; il& furent regrettés, et dès l'an III leur 
nom fut de nouveau prononcé au sein des deux conseils. 

En 1801, les conseils généraux d'un grand nombre de dépar- 
tements réclamèrent le rétablissement des écoles des Frères, et 
demandèrent que l'enseignement primaire leur fût confié. 
Le gouvernement prenant ces vœux en considération, chargea, 
f, en 1802, les inspecteurs généraux de consulter les besoins des 

I communes, et l'établissement des Frères fut résolu. Napoléon 

I voulant poser des bases de l'enseignement primaire, rendit, le 

^ 17 mars 1808, un décret par lequel il rappelle les Frères des 

|! écoles chrétiennes, ordonne qu'ils seront encouragés par le 

I grand maître de l'Université, qui visera leurs statuts ; il affecta 

II des fonds pour la création de plusieurs maisons de noviciat, 
S exempta les novices de la conscription, et autorisa les communes 



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EELIGIEUSES BT LITTÉIlilEES. 2SK- 

à voter des allocations pour rétablissement d'écoles tenues par 
les Frères de Tabbé de La Salle. 

Enfin dans des instructions données en 1812 et en 1813, 
Napoléon fait encore recommander aux recteurs d'académie de 
présenter les Frères de préférence à tous les autres instituteurs, 
L'Institut des Frères acquit dès lors une grande stabilité ; son 
existence légalement reconnue et approuvée, les termes favo- 
rables du décret du 17 mars, la confiance générale dont il jouis- 
sait, contribuèrent à sa prospérité et à sa propagation. Aussi 
deux ans après il comptait déjà un grand nombre d'établisse- 
ments. En 182411 existait deux cent dix établissements et deux 
cent quarante-cinq en 1830. 

A cette époque quelques conseils municipaux supprimèrent 
le traitement des Frères; mais des souscriptions volontaires 
remplacèrent immédiatement les allocations communales, et la 
plupart de ces établissements non-seulement furent conservés, 
mais trouvèrent moyen d'ouvrir de nouvelles écoles, exigées par 
le nombre toujours croissant de leurs élèves. Aujourd'hui beau- 
coup de villes ont pris de nouveau les Frères à leur cbarge ; un 
plus grand nombre encore en ont demandé; et partout on se 
félicite de les posséder. 

De tout temps, les Frères des Ecoles chrétiennes ont prouvé 
que non-seulement ils étaient les précepteurs-nés de Tenfance, 
mais que, loin d'être ennemis du progrès sagement entendu, 
ils étaient aussi des maîtres habiles dans les diverses parties de 
l'enseignement. 

Ces lignes, tout le monde le sait, trouvent aujourd'hui leur 
à-propos dans la décision récemment prise par le Conseil Mu- 
nicipal d'Orléans qui a voté, nous sommes heureux de le pro- 
clamer, et à une grande majorité, ré:ablissement prochain d une 
troisième communauté de Frères depuis longtemps déjà chargés, 
dans notre ville, de la direction de nos grandes écoles munici- 
pales. 



— Deux cérétnoni.s également, imposantes et instructives 
viennent d'avoir lieu en même temps : Tune dans l'église des 
Missions étrangères, Tautre dans la basilique de Sainte-Croix. 
A Paris, c'étaient de jeunes missionnaires qui venaient au pied ' 

de Tautel recevoir le baiser et la bénédiction d'adieu. A Orléans, 
c'était la clôture solennelle de la retraite ecclésiastique et la 
rénovation des promesses cléricales. 

Cette coïncidence du départ des missionnaires qui, en ce 
moment, font voile vers des rivages lointains et inhospitaliers, 
où ils vont porter là bonne nouvelle, et peut-être bientôt verser 
leur sang, avec le départ, moins solennel sans doute, de ces 
Irois cents prêtres pour la plupart déjà usés dans les fatigues 



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29t amàSM 

d'un laborieux ministère qui vont se disperser de nouveau dans 
les campagnes de l'Orléanais, ne laisse pas que d'offrir à Tob- 
servateur chrétien plus d'une grave réflexion. 

En effet, la cérémonie, qui vient de se passer dans la cathé- 
drale d'Orléans, ne retrace-t-elle pas, elle aussi, quoique d'une 
manière moins émouvante, la grande scène de la dispersion àes 
ApôtfîCs. Et ce même caractère de noblesse et de grandeur 
surhumaines qui accompagne les adieux de ces jeunes misr- 
sionnaires, ne se retrouve-t-il pas dans la clôture des exercices 
spirituels, surtout pour un clergé commQ celui d'Orléans. 

Bvidemrae-it, le départ solennel du missionnaire, de cet 
homme si jeune encore, qui va franchir des abîmes, se séparer 
à tout jamais de ce qu'il aime, qui n'entendra plus les cloches 
catholiques, les harmonies du sanctuaire, les chants et la 
lapgue de la patrie, ne verra plus sa mère, ni les visages de ses 
proches et de ses amis, oui, ce départ a quelque chose qui 
émeut, qui arrache un cri d'admiration, tandis qu'on reste 
presque indifférent lorsqu'il ne s'agit que d'une cérémonie an- 
nuelle, du départ des prêtres d'un diocèse. D'sdlleurs, aujour- 
d'hui, qui est-ce qui soupçonne ce qu'il y a de sacrifices cachés 
dans l'obscurité d'un presbytère ? On est loin de croire que de 
nos jours, au milieu de tant de ruines, il n'y a: pas, moins de 
courage et d'héroïsme dans la vie d'un modeste curé que dans 
celle d'un intrépide missionnaire. 

Aussi n'hésitons pas à le dire, entre le Missionnaire qui part 
pour évangéliser les nations perdues dans les glaces du Nord 
ou brûlées par les feux de& tropiques, et l'humble prêtre qui 
doit annoncer la parole divine dans un cercle de deux ou trois 
lieues, les souffrances les plus grandes sont sans contredit pour 
le Curé de village. Il est plus difficile de recommencer chaque 
matin la tâche aride de la veille, de parcourir des campc^gnes 
gangrenées par le vice ou endurcies dans leur indifférence, que 
d'aller au-devant du naïf sauvage qui tombera à genoux devant 
la Robe-Noire et baisera les pieds qui sont venus le trouver dans 
son abjection et sa misère. 

Le Missionnaire brave, il est vrai, les périls d'une longue tra- ~ 
versée, les difficultés inouïes de voyages à travers les forêts et 
les déserts. Il aura faim, il aura soif; les hommes qu'il veut 
attirer à la foi feront tournoyer la hache au-dessus de sa tête et 
allumeront les flammes du bûcher. Sa chair saignera et se tordera 
dans les supplices, il sera exposé jusqu'à l'heure du martyr 
aux inclémences des éléments et à la dent des hôtes fauves 
Certes, il faut, pour braver ces dangers, une foi ardente, une 
mâle intrépidité; la mort ainsi soufferte pour l'Eglise est de 
tous, les sacrifices celui qui excite le plus d'admiration. 

Mais a-t-on songé à la vie que mènent ces humbles prêtres, 
travailleurs oubliés, dont le monde ignore le nom, dont les 



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RELIGIEUSES ET LITTÉRAIRES. 237 

œuvres n'attirent aucun regard Quand on annonce le départ 
de nouveaux Missionnaires pour TAmérique et pour TAsie, la 
foule pieuse triomplic d'avance pour eux; mais qu'on lui 
parle d'un prêtre perdu dans un hameau de la Beauce ou du 
Gàtînais, elle ne comprend rien aux épreuves quotidiennes 
qu'il aura à soutenir. Enfermé dans un presbytère morne et 
triste» qu'il ne quitte que pour aller officier dans une église vide 
et souvent délabrée, il faut qu'à toute heure il retrouve une 
force nouvelle pour soulever un fardeau que l'habitude rend 
plus lourd., plus insupportable. Et cependant, quand vous le 
rencontrez sur le cliemin, son salut est bienveillant et doux 
est son sourire. Peut-être a-t-il passé la nuit à pleurer. Si nos 
Missionnaires en Chine ont parfois les os broyés, et les chairs 
déchirées, nos Curés, dans certaines contrées de notre France, 
ont souvent l'âme endolorie et le cœur brisé ; mais n'oublions 
pas que le sang et les larmes sont égaux devant Dieu. 
martyrs inconnus! souffrances que nul ne raconte! larmes 
versées au pied du CruciGx! invocations brûlantes, prières 
sublimes, abnégations surhumaines! Le monde vous connaîtra 
un jour, et il comprendra quel poids l'humble curé de village 
oppose aux crimes et aux erreurs de son siècle. 



CHRONIQUE RELIGIEUSE. 

— Pc^roisse de Saint-Vincent. •— fête de sainte Christine. — 
Le dimanche 30 juillet, à 6 heures la première Itfesse, à 10 heures 
Grand'Messe ; à 3 heures. Vêpres, Sermon et Complies ; à 6 h. 1/4, 
Salut et Procession du Très-Saint-Sacrement. Lundi, dernier jour 
de la Neuvaine, Messe basse à 6 heures, 7 heures et 8 heures ; à 
9 heures la Grand'Messe pour la Confrérie ; à 5 heures. Vêpres, 
Complies, Salut, Bénédiction du Très-Saint-Sacrement et le Te 
Deum. Mardi, lendemain de la Neuvaine, à 9 heures, Service an- 
niversaire pour tous les Membres défunts de la Confrérie. 

Paroisse de Sainte Doinalien. — Les exercices de l'Adoration per- 
pétuelle auront lieu dans l'église paroissiale de Saint-Donatien, les 
vendredi, samedi et dimanche, 28, 29 et 30 juillet. -- A 6 h., Exposi^ 
lion du Très-Saint-Sacrement, Messe, Instruction; à 10 h.. Messe 
solennelle; à 3 h., Vêpres, Complies; à *7h. 1/2, Sermon et Salut 
solennel. — Le dimanche, le Sermon sera prêché, entre Vêpres et 
Compiles, par M l'abbé Landeau, curé de Chouzy, diocèse de Blois ; 
le soir, à 7 h% 1/4, Procession et Salut du Très-SainW-Sacrement. — 
M. l'abbé Fleury, vicaire de Saint- Aignan, prêchera le vendredi 28 
juillet. 

Paroisse des Aydes, chapelle Vieille. — Dimanche, 30 juillet, fête 
de sainte Anne, patronne de la paroisse; le matin, à 7 h. 1/2, Messe 
de Communion; à 9 h. 1/2, les saintes reliques seront portées proces- 
«ionnellement dans les rues du bourg, avant la Messe solennelle. Le 
soir, à 3 h. 1/2, None, Vêpres, Sermon, Complies, procession exté- 
rieure du Très-Saint-Sacrement. 



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238 4NNALES 

Le Sermon sera donné par M, l'abbé Clesse, Curé de Saiat-Paterne, 
Vicaire Général et Archidiacre. 

Pendant toute l'Octave la châsse restera exposée, et l*i matin à 8 h. 
on célébrera la sainte Messe pour les associés de la Confrérie de 
Sainte- Anne. L'office et la vie ae samte Anne se trouvent à la sacristie 
chez M. le (iuré de Notre- Dame-des-Aydes. 

Paroisse de Saint-Jean-de-Braye, — Dimanche, 6 août, Adora- 
tion perpétuelle. Le matin, à 7 heures 1/2, exposition du Très- 
Saint-Sacremenl, Méditation, puis Messe de Communion ; à 10 heures, 
Tierce, aspersion et grand' Messe; le soir, à 3 heures, None, Vêpres, 
Sermon, Go m plies, Salut solennel, procession et bénédiction du Très- 
Sainl-Saerement, 

Chapelle du Calvaire. — Mardi prochain, l" août, il y aura dans 
la chapelle du Calvaire une cérémonie de profession, Sermon à huit 
heures très- précises: 

— Jeudi matin, Mgr l'Archevêque d'Aix a donné la Confirmation à 
plus de 50 élèves du pensionnat de Nazareth. A son arrivée. Sa Gran- 
deur, accompagnée de MM. Desbrosses et Rabotin, Vicaires Généraux, 
a été reçue par le Directeur, l'Aumônier et les professeurs de l'Etablis- 
se ment. 'Tous les élèves, bannière en tête, formaient le carré dans la 
grande cour du pensionnat. On peut dire 'que le souvenir de Mgr Du- 
panloup a plané sur cette fête magnifique. Un jeune élève d'abord, 
puis M. l'abbé Comte , enfin Mgr l'archevêcjue d'Aix lui-même ont 
rappelé ce nom v.énéré. Dans une délicate réminiscence de saint In- 
nocent, M. l'Aumônier a cité une parole de ce grand pape, parole 
aussi juste aujourd'hui, qu'elle l'était au temps de saint Trophime. 
Car, avec Mgr Chalandon pour évêque, la métropole d'Arles (d'Aix) 
mérite encore d'être appelée « la source d*où coulent dans toute la 
France, les ruisseaux de la foi, de la lumière et de la charité divine. » 



Mgr chalandon. 

Ce soir à 5 heures, dans la cathédrale, Mgr Chalandon, archevêque 
d'Aix, doit selon l'usage, prononcer un discours et présider, en l'ab- 
sence de Mgr l'Evêque d'Orléans, la cérémonie de la rénovation des 
promesses cléricales. A cette occasion, pour répoudre tout à la fois au 
g désir exprimé par bon nombre des auditeurs laïques qui, vendredi 

I dernier, remplissaient la vaste basilique de Ste-Croix, et conserver, 

i dans les Annales du diocèse, le précieux souvenir de Mgr Chalandon, 

I le zélé, le pieux, l'éloquent Archevêque qui vient d'acquérir de nou- 

*\ veaux droits à la reconnaissance du clergé Orléanais, nous nous 

\ empressons de réunir et de publier ces quelques notes biographiques. 

i ' Né à Lyon, le 15 février 1804, d'une famille pieuse, riche, honorée, 

IJ" fils du premier adjoint de .cette opulente capitale du Midi, frère du 

': jeune procureur du Roi à Lyon, qui eut le rare et glorieux courage de 

;i renoncer à la magistrature en 1830, Mgr Georges-Claude-Louis-Pie 

': ' Chalandon, aprôs de brillantes éludes classiques, entra au séminaire de 

[fy Saint -Sulpi ce, de Paris, où, comme il i^ous le disait naguère, il se lia 

% d'amitié avec le jeune abbé Dupanloup , alors son condisciple et 

l\ aujourd'hui son collègue. 

* C'était en 1828, récemment ordonné, l'abbé Chalandon se rendit à 

;'^ Met*, près de Mgr Besson, l'ami de son père, l'ancien Curé de Saint- 

"h Nizier qui l'avait disposé à sa première communion. Dans la pensée 



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EELIGIEUSES ET LITTÉBilKES. 239 

dii Jeune prêtre et de sa famille, ce voyage ne devait être qu'une courte 
visite, inspirée par la reconnaissance; mais le vénérable Evoque de 
Metz, appréciateur des mérites précoces et déjà, nous devons le dire, 
éminci'ils de son enfant spirituel, mit tout en œuvre pour lui faire 
oublier la ville et la famille où il était attendu, et si Mgr Besson par- 
vint enfin à retenir le jeune lyonnais dans son évôehé, nous savoiis'qae 
ce ne fut pas sans peine. 

Les charmes de sa personne, rehaussés par celte aménité, cette déli- 
catesse, cette exquise distinction du 61s de bonne famille, et unies 
d'ai! leurs à la foi, au zèle d'un apôtre, firent bientôt au jeune abbé 
Chalandon une position toute exceptionnelle dans la ville de Metz, 
où son souvenir est encore, nous assure-t-on, aussi cher au clergé 
que vénéré dans toutes les classes de la société. Rien, ce nous semble, 
ne saurait mieux nous faire concevoirtoutlebien réalisé par M. l'abbé 
Chalandon à Metz, où il fut successivement vicaire de Saint-Martin, 
chanoine de la cathédrale, puis, quoique bien jeune encore, Vicaire 
Général, que les Œuvres d'nommes, déjeunes gens et d'orphelines, 
qu'il a créées, organisées, dirigées, dans une ville, et sous ce rapport, 
il y avait encore beaucoup à faire. C'est à l'initiative de son ancien 
Vicaire Général que Metz doit aujourd'hui sa société de Saint-Vincent- 
de-Paui et les Œuvres utiles et nombreuses dont elle est le centre. 

Parmi les œuvres de zèle auxquelles M. l'abbé Chalandon se dévouait 
avec tant de succès, après s'y être laborieusement prépaie, dés ses 
premiers débuts dans le saint ministère, il en est une qui l'a fait con- 
naitre dans l'Eglise et l'a rendu cher au clergé de France, il en est une, 
disons-nous, délicate, diflicile entre toutes, pour laquelle il a toujours 
eu un attrait particulier et des aptitudes rares, c'est la prédication des 
retraites ecclésiastiques. Cette année encore, si nous sommes bien 
informé, mal^é les fatigues de son apostolat à Orléans, Mgr l'Arche- 
vêque d'Aix donnera successivement les exercices spirituels dans cinq 
autres diocèses. " 

Mais hâtons-nous de le dire, ce fut h la suite d'une retraite prêchée 
au clergé de Belley que Mgr Deyie, l'un des confesseurs de la foi pen- 
dant la révolution , conçut une si haute estime pour le talent et les 
vertus de l'infatigable prédicateur qu'il le choisit pour son successeur 
et n'hésita point à faire immédiatement et avec les plus vives instances 
les démarches qui aboutissaient enfin, le 12 janvier 1851, au sacre de 
son coadjuteur avec future succession. Quelques mois après, le 
25 juillet 1852, la mort de Mgr Dévie obligeait Mgr Chalandon à 
prendre en mains l'administration du diocèse de Belley. La première 
sollicitude du nouvel Evoque fut pour les prêtres âgés ou infirmes, en 
laveur desquels il fonda une Œuvre, aujourd'hui lune des plus 
prospères de la France. Ensuite il voulut distinguer deux prêtres de 
son aiocèse, hommes éminents, quoique à des titres bien divers, 
M. l'abbé Vianney, Curé d'Ars, et le savant abbé Gorini, qu'il nomma 
chanoines honoraires de sa cathédrale. 

Enfin, le 19 mars 1857, Mgr Chalandon était préconisé, par Sa 
Sainteté Pie IX, Archevêque d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Le clergé 
d'Orléans, qui n'avait point oublié TEvêque de Belley. a été heureux 
d'entendre de nouveau, en 1865, la voix si sympathique de l'Arche- 
vêque d'Aix, dont le souvenir restera à tout jamais cher à tous les 
prêtres de ce diocèse. 

Pour tous îes articles non signés et pour toutes les nouvelles, 

L'abbé GÉLOT. 



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p • — 

Etal civil d*Orléaiiii. 

Publications de mariages du dimanche 2S juillet Entrs : 

M. .Wilmart, Henri-Dteudonnéy négociant, et Mlle Rabourdin, Claire*4Iélèae. 

M. Meunier, Sulptce-Armand-Auguslin , typographe, et Mlle Bellouet, 
Céle^tine -Marie Augustine. 

M. X)iibois, André-Apollouie, peintre en bâ'imeut3, et Mlle Charrier, Fcticie- 
Léohie, lingère. 

M. Godou, Emile, armateur, et Mlle Auger, Marie-Caroline-Adolphine. 

M. Richebourg, Claude-Nicolas, receveur à cheval des coatribuiions indi- 
rectes, et Mad. Çoquelin, Marie-Yictorine, rentière, veuve de Charles 
Jacob. 

M. Chauffour, Henri-Gustave, journalier, veuf de Sophie Crcusillter, et. 
MHe Creusiilier, Adrienne-Caroline-Adelphine, lingère. 

M. : Ancaute, Jean-Georges, garçon de magasin, et Mlle Aubry, Marie-Caro- 
line-Louise, lingère. 

Naissances. 

Maliba, Anne Florenline-Berihe, rue du Four-à«Cbaux. 
Robert, Eugcne-Léandre-Henri -Arthur, rue St>Eloi. 
Leredde, Joséphio.e-Malhilde, rue du Chêne-Percé. 
Rainaud, Marie-Louise-Thérèse, rue Bourgogne. 
Brissard, Clémenline-Eulalie-Dcsirée, rue de TEtelon. 
Morrn, Marie-Madeleine, rue des Huguenots. 
Girault, Zacharie-Marie- Jules, rue Pothier. 
Tardif, CJiarles-Henri-Marie, faub. Sl-Marceau. 

Décès, 

M. Robin, Emile-Eugène, rue Croix -de-Bois, 14 ans. 

Mad. Salmon, née Poplin, Oarisse-Honorine, rue Solférino, 44 aas. 

Mad, veuve Rousseau, née Porcher, Marie^Scbolastique-Félicité, faub. Ban- 

nier, rue de TEmbarcadère, 77 ans. 
Mlle Charié, Ernesline-Céliue, rue d'Escures, 19 ans. 
M. Rousseau, Félix-Rémij tonnelier, rue de Limai-e, 31 ans. 
Baron, Berthe-Marie-^iugusiine, faub. St-Marceau. ' ■ 

Menard, L^abeîle-Félicité, cloître St-BCnokr 
Pesle, Berlhe-Marie-Louise, faub. Madeleine. 
Fourniquet, Yictor- Jules-Maurice, rue de rEvéché. 



llercuriai<^ d'Orl^^ans* 

ORLÉANS, 22 juillet. 

Cote officielle. — Froment. Th., Ire 18 »», 2e 17 30, 3e 10 83. — Méteîl 
i" f4 25, 2» 12 76, 3* 12 60. — Seigle Ire 9 25, 2e 8 82. 8e 7 50. — Orge 
Ire '9 50, 2e 8 86, 8* 8 50. — Haricots rouges Ire qté «« ««, 2e «« ««. 
3e «« ««; id. blancs Ire «« «c, 2e «a «c, 3e «« ««. — Avoine, Ire qté 10 75, 
2e 9d4^ 3e 7 50. ^ Foin, le myriag., Ire qté 1 50, 2e 1 15, ««. 3e 90. —Paille, 
Ire qié )» 85 c, 2e 69 c, 3c 55 c. 



3 p. 0/0 ancien ... 67 45 

iJl/ap. 0/0 ï^7 50 

Fin courant. . . .67 S2 1/2 67 160 67 40 

Emprunt italien ... 64 80 

MôBiHer 732 60 7Î6 «5 

Cnédft Espagnol.. . 460 — 

Oiîéans.... 83125 



Boamo €ln Itlf iloillet» 

Nord 10^50 

Est —520- 

Lyonel Méd... —845- 

Mldi - 55875 

Autrichien —412 50 

Lombards -- 481 25 



Le propriétaire-gérant, L'Abbé GELOT. Cha/n. Mon. 

ORLÉANS. IMP.'EBWErr COLAS, VIS-A-VIS DU MUSEE. 



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litËLIGiEUSES *^ LITTÉRAIRES 



»rxr 



• : m VOtCWE. — .N^'M -'.5. AptIÏ <865, 



^1 



6 1X« DiafANCHK après 4a Pentec^, 

. |kiipnrf-ès4iifn» : fête [Utromal^' 4/^ 
là ettapelk des prisons .d'Orléans, 

Dans le Diocôio, fête dé fif imNS- 

FiGURATMN DE N.-S. J.-€. (d.-maj.). 

Cette fête est ctesiinée k perpétaer 

f te éoiVeoir dE joor auI le divhi Maître 

s*éleva dan$tQii| l'éclat» de saxloir^ 

sur le noirt fbabèt; Hevant 3eé 

apôtres Pierre, Jacques et Jean, qol 

devaiept être ensfiite Ie« ténoii^s de 

'SOB (t^tmie chins IM ItrdiB dés OfK 

. viers*cStl« SsfQveur prit ^lorsplttr, 

toéïïH de Se6. disciples, c'est aOn 

qu'wmAtrasaser umrtéttoigDa^e, 

et w}i.nnîn cte>i^t que trois , c'est 

^^podrfatfe eonaittre que les inef 

-j»tivi^ées:doiiBQl teviriAsbéeftitft 

.|Fâcçs sj^év^ies dfmt Je .c|el daigA^ 

T.tUNg^ office diito féfie. 

8 MAkM. Susceplïon des reliques dé 

saint Thierry (s.-d.). C'est k pWeil 

jour, en 1660, que les précieux restes 

de cet illustre evéquc d'Orléans, mort 

înrt, VÂM-iSlOÙ.àtm in jboiiast^, 
loin de sa ville épiscopale, furent. 

tWàBS/réreé* solenneHement dans son 

..afM:îen§e.Cati|iérir9l^.;)UplioflSe, aljRiT 
evegnc a'Orieans q^ui prét^4âJiMn|e 

eféi&V' ;4>(ieiiua^^Me« xdai» tout soti 

9^UKjatqMffl^^^sôtotjBQMAiN (so* Sel- 
dat de vatenen, 1|umain .fut témoin 
lies^pwiiiètè» t¥rtKltes enderééspar 

-K^p^^^lfi^ési^j^ail ^ yj»t|»r,l1l* 
; R»8tre^di acre dan s.sa prison , k lui de-» 



«aander le bwtèpf ^t | «e 4^Ianr 
enrétiën. Arrêté aussitôt, par ordre de 
l'Bmpereiltv il éit la «été 4riiu:bêè 

10 J^éol^ ttté à\é saint LACaiwt 
/double-nineur). lié à Rome, élève, 
disciple et diafrede Siyte II, sardies 
des trésors de^l'Egfisé; il assista an 
martyre de son a«i , dç son maitre, ; 
de son pontife, et envia le bonheur 
de mourir avec lui. Sommé de livrer 
ses prétendues risbessea» il assembla 
les paiivres et les préseijni i son juge 
C0mâfte le i^slicéeieti des.trAior* 
de rBglise. Béçh^é à coup de foitet, 
pvis eiebalné éuron grR, Itftit brillé 
a petit feu, le 10 août ^. Son cou- 
rage surnaturel l'a rendu célèbia 
|mi IM pnis f^orietax des ittartitT^.' 

' ,Qp véràre aoo «rftne caiciné dans la- 
cnapdre do Quirinal k Rome. 

11; VENDHEDi, Office de la férié. 

12 SAMEDI y saint Ctrille (seni-d.>» 
éki patriatchc d'Alexandrie en éiî. ^ 
^-D-'un caractère hardi, inflexiblei il 
ferm^ les églises ,des N^vatienSy^ 
($bissa les jui&v inrit d*atttres mesures 
non moins énénùques, qui prov<rauè- 
rent dé^ sCène^ malheureuses et lui 
o(cafifonèi>.eotf dé loo^s A vtfr dé- 
mêlés avec le gouverneur d'Egyntc. 
EbMSi, proriioteui' actif et éto^ent 
au cQi^}led'|;9hèsc4 414t!Cen(Sai||nef 
Nestorîus et mérita d'être honoré 
piafr i£ pa|ie salut Cébostân .dèitUtié de 
défenseur de, Vl^ise . Sa mort 4|rivft 
en 441.' Pïhnt ses nombreut écritt 



3n trouva \»'ti[. 
e Pôthîn, d'Apol 
rAfoMât 



(ÉM|io|*de mmb$, 
ollinaire» de Jul 



ulien- 



' 



•. PilïX D'ABONNEMENT 



]. 



OrléMis jet te OéçârtfeBMiit. . S f.par an. 
Paris et les Départements. .7 -r- 
BtrtBgbr ^0 - 



ON S^ÂBONNS A OEÎ.RAWS, CHEZ 



M. BLANCHARD, rue Bannier. 
M. GATINEAU, me Jeanne-d'Arc. 



Mad, FOUCHRR, rue Jeanne-d'Arc, 9. 
W. SEJOURNE , rue des Carmes; 41. 



'SiP^I 



, place du Martroi. 






T. IT. 



•rléaat. — l»p. 



CoLAf . i*is4*Ti« in Mnti9 



11 



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CHRONIQUE. 

Cathédrale, — Ârchkonfrérie de Notre-Dame du Suffrage pour 
.les défunts. — Lundi 7 août, à 7 h. 1/2, Méditation suivie de la messe 
pour les défunts ; le soir à 7 h., Vêpres des Morts, instruction, chant 
du Stahat MaUr et bénédiction du Saint-Sacrem ent. 

Saini'Paleme, — Dimanche 6 août, fête de saint Pi»ïTe*è34.ien8, 
en mémoire du pèlerinage au tombeau des Âpôlres, pratiqué autrefois 
par les habitants de cette paroisse • A 10 h., Grand'Messe ; à 3 h.. 
Vêpres, Sermon, Salut du Saint-S^creo^nt. Le serinon4QF» prêché par 
M. Yfkbhé Qesse, vicaire général et curé de la paroisse. 

Paroisse Saint-Laurent. — L^adoiratibn perpétuelle aura lieu ven- 
dredi, samedi, dimanche, 11, 12, 13 août. — A 7 h., Exposition du 
T.-S. Sacrement et la V* Messe; à 10 h., Grand'Messe; à3h.. Vêpres 
et Complies ; le soir à 7 h. 1/2, Sermon et Salut solennel. 



I 



Eglise de Saint- Euver te, -- La Confrérie de l'Action de Grâces 
tiendra sa réunion mensuelle le jeudi 10 août, à 8 h. précises. 



Chapelle de la prison. — Dimanche prochain 6 août , on célébrera 
la solennité de saint Pierre^s- Liens, fête patronale de la prison. Le 
matin la messe à 8. h., l'après-midi à 1 h.. Vêpres, Sermon et Salut. 

Œuvre des Filles Domestiques. — La réunion mensuelle des Do- 
mestiques aura lieu dans Téglise de Saint- Pierre du Martroi, le lundi 
7 août, à 5 heures :V4 précises du inatin. — L'Instruction 8«îra donnée 
par M. l'abbé Juillet, vicaire de Saint-Paul. 



Notre-Dame-des-Aydes, Chapelle- Vieille. — La fête patronale a été 
célébrée dimanche dernier, dans ce sanctuaire si gracieusement orné, 
avec une solennité, un élan qui rappellent les temps de foi que nous 
regrettons, et prouve que grâce à Tinittative de Mgr l'Evêque d'Orléans 
et an zèle du vénérable curé de cette paroisse, le pèlerinage autrefois 
si fréquenté, si aimé des Orléanais, a enfin renoué ses vieilles et pieuses 
traditions. MM. les curés des paroisses voisines étaient venus assister 
k cette fête. M. Fàbbé Clesse, vicaire général, archidiacre, dans une 
éloquente allocution sur les vertus qui constituent la famille chrétienne, 
allocution pleine d'idées d'une grande élévation et éminemment pra- 
tiques, a saisi l'occasion de faire l'éloge de cet esprit de foi qu^ 
caractérise la population des Aydes; population de jour en jour plus 
empressée et plus nombreuse à ses fêtes paroissiales. 

Paroisse de Jargeau. — L'adoration perpétuelle aura lieu les 
samedi, dimanche et lundi, 5, 6 et 7 août. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 



1 



t 



ÙUîm, YcDiiredi 4 AoAt. 



La cour d'honneur du Petit Séminaire de La Chapelle-Saint- 
Mestnin nous présentait encore, lundi dernier, Timposant spec- 
tacle d'une grandiose décoration. 'A Tabri da velarium immense 
Sui couvrait cette cour intérieure, sur de vastes gradins élevés 
e chaque côté de Teàlrade réservée, se pressaient près de cinq 
cents ejifants. Tout était vraiment marqué à ce cachet de ma- 
gnificence que nous sommes habitués à trouver dans lés fêtes 
littéraires de cette maison d'éducation, où le compliment à un 
vénérable Supérieur est une comédie latine, et le souvenir, offert 
à un prélat qui honore de sa présence la distribution des prix, 
un poème de douze cents vers latins. Les blancs portiques se 
détachaient sur les tentures rouges et les statues des hommes 
inspirés de Dieu, celles des génies de l'antiquité avaient pris 
place dans l'intervalle des arcades. La religi(m et la science 
avaient donc, pour ainsi dire, évoqué les ombres de leurs héros 
consacrés par le respect des siècles, au milieu de ce peuple d*ea- 
fants qui, pendant tout^e une année de rudes labeurs, avaient 
vécu dans le silence de Tétude avec ces hommes immortels, dont 
le tombeau n'a pu étouffer l'éloquence et la poésie. 

Si les souvenirs les plus glorieux de l'histoire des lettres dans 
le passé se retrouvaient dans cette grande cérémonie, ils ne 
pouvaient cependant nous faire oublier que le présent lui-m«^.me 
était bien représenté. Autour d'un illust»^ Prélat, se trouvaient 
M. le premier Président, M. le Préfet du Loiret, qui a bien voulu 
oublier les graves préoccupations administratives, pom» assister 
à uoe fête dont il relève 1 éclat par sa gracieuse bienveillance, 
M. Petit, avocat général, M. l'Inspecteur de l'Académie, M. le 
Proviseur du Lycée, et l'élite de la magistrature et de la Société 
d'Orléans , heureuse , par son empressement à assister à ces 
premiers triomphes de la vie, aussi doux et plus purs que tant 
d'autres, d'inspirer aux jeunes gens une haute estime pour les 
luttes pacifiques, dont on allait proclamer le résultat. 

Les graves raisons de saiité qui avaient empêché Mgr Dupan- 
Joup d'assister aux retraites eccléf^iastiques de son diocèse, 
l'ont privé également de la consolation de couronner lui-même 
sesenfants. Ce sacrifice, pour qui connaît lecœurde Monseigneur, 
suffirait seul pour faire juger la force des motifs qui le lui ont 
commandé. On avait craint, avec raison, que cette absence ne 
devînt funeste à celte solennité, dont l'éminent prélat est l'âme 
et la vie, alors, qu'entouré d'un clergé vénérable, il jette avec 



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244 iif]iiL£S 

-^ , 

lui, ses regards sur ses deux Séminaires , espoir clu diocèse , 
confondus dans une même joie^ un même esj^^U 46 fratomité ^ 
revêtus aussi du même uniforme : 

SknUlima proUs^ 
Inâîscreta suis, gratusque parcntihus error. 

Mais la Providence est venue au secours du Séminaire. Mgr TAr- 
chevêque de Bourges , sans nous faire oublier cette absence , 
nous a consolés par sa présence. Le matin même, Sa Gjrandeur 
avait célébré la çainte messe dans la chapelle du Séminaire, 
et donné la bénédiction du Trôs-Saint Sjacrement, ce grand adieu 
de Notre-Seigneur à ses flls dcprédiieclion. Ut pour quiconque 
ett Vu, dan^ le regard du prélat et sur le front radieux des 
enfants^ la sympathie toute paternelle d'un côté, respectueuse 
et filiale de l'autre, élahlie entre Tftme de Monseigneur et celle' 
de ces jeunes gens, iî eût été facile de comprendre que malgré 
l'absence d'un père aimé, il y avait lieu pour le cœur à l'une de 
ces dmices illusion^, que rœii seul, dont le contrôle est refusé 
en pareille circonstance, pouvait faire cesser. 

A midi, ta. dis que la foule , attirée par cette cérémonie que 
rehaussait l'éclat d'un ciel sans nuage, trouvait presque difTici- 
lement une place dans cette vaste enceinte, une salve de bravos 
annonça l'arrivée de Mgr le prince de la Tour-d'AuVergne et des 
autorités. L'orchestre, sous l'habile direction de M. Salesses, 
exécuta l'ouverture des piamants de la Couronne. On pouvait 
déjà tirer un bon auguré de la brillante harmonie d'Auber pour 
le reste de la séance. 

M. le Supérieur du Petit Séminaire de La Chapelle prit çnsujte 
la parole, oî nos souvenirs ne nous trompent pas ,' — et il serait 
difficile d'oublier les accents de cette voix émue et de ce lajigage 
du cœur auxquels nous a haMtués M. le Supérieur — I âme 
formée à l'amuurdu vrai, du beau et du bon parl'éducafîon, tel 
avait été le sujet de son allocution de l'an dernier. 

Cette année, M. le Supérieur examinait les moyens à prendre 
pour arriver au vrai. Et d'abord la, langue parlée correctement 
avec le secours de la grammaire, puis étudiée au point de vue 
littéraire avec le secours des chefs-d'œuvre antiques , puis la 
philosophie mettant fe langage au service des idées, conduisant 
la raison Inquiète à la foi, où elle trouve, dans la solution de tous 
les grands problepies de l'esprithumain, l'acquiescement à la doc- 
trine chrétienne, le repos et le contentement; conduisant enfin 
aux sciences par l'(^tude des phénomènes moraux ou physiques. 

« Le champ est vaste, la tûche est grande, disait M. le 
« Supérieur, mais nous avons deux puissants aiwilhir os y* Dieu 

et l€ temps, avec ce cri de ralliement : Omnia possum in Eo 
« qui me confortât. * . 

Puis venait un souvenir donné à la mémoire du doux et savant 



i 



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EELIGIEU^E^^ttilTTÉK AIRES. '^45 

abMPerréyye, qui, dans l'un fle ses àîScouiis, avaît.'prdblttmé et 
i^TQn^é q'^e ^atie éiaitlSL Reine âe^'Sçîejiées, ^ 

V :Ncrmmer Marie devant le pieu!^ 'Prélat qui présidaîl-la distri- 
1)u(ion des prix, et ne pas Tappéler dé rùn de ces ùôms t^éureux 
giie lui découvre de tempg en temps un ingénieux amour; eût 
été oublier tout ce qu'a fait dans son diopè^e MgrJçLaTour 
(l'Auv,qrgne, pouç propager le ciilte de la Sainte- Vierge, sous le 
^ôcaWe de Nôtre-pame du Sacré-Cteur. ... 

■ "Cette alîusioTi termina l'allocution de M. Hetscti. Alors, deux 
élèves de seconde vinrent oîïrir à Monseigneur le poème latin 
9oîit j'ai parlé, ,charmant et docte commentaire des Litanies 
âe'Sfaricv, 

Wonséîgneiir ràpondit à M. le Supérieur aU iTiîîîeu d*.tin silence 
commandé par la dignité et l'affabilité réunies, et par une Voix 
sytapatliique. Après avoir dit que ses relations avec Mgr Diipan- 
'totijfj.rie lui. permettaient pas de se regarder comme un étranger, 
ni même comnie un inconnu dans cette maison. Monsei- 
gneur paya un tribut d'admiration au magnifique spectacle qu'il 
avait sous les yeux, avouant qu'il nlavajt jamais vu, en pareille 
circonstance, quelque chose qui lui rappcîfit ce dont il était 
témoin. Puis rappelant aussi aux enfants Dieu et le temps^ la 
prière et le travail^ il les iiivita à \'»enir de suite chercher leurs 
coiironncs, laissant l'assemblée entière sous la douce impression 
d^'tie"bîenveillante et facile improvisation, pleine de traits heu- 
reux, chaleureusement applaudie. 

La distribution des prix commença immédiatement, parle 
diant de la Cantate. i 

Kous reproduirons plus tard les noms de tous les lauréats; 
nous èroyon^ devoir aujourd'hui rapporter seulement les noms ; 

de (|îîe1ques vainqueurs plu? heureux.: 1 

PMfosophie. — MM. Emile Lagrange ; Vîct<3r BouUet. 
. Mètqrique^ ~MM. Raymohd Crublier deFougères ; Ferdinand *;| 

Bienvenu ; Pélîx Boultet ; Honoté Bretopneau; Edmond Pessez. l 

Seconde iDivision de M. Robîchon). -— MM. Georges Jacquet; 
îiîentie Verger; Edmond Boucher; Henri d'Âllai nés. 

biiHsion de M. Bernard. — MM. AugnMeLechat et Alphonse ^; 

(taary (tous .deux auteurs de la pièce de^verâ ofïerte à Monsei- 
gneuT}; Paul Leroy; flilaire Sarrebourse deia Gnlllonnière. 

HSrMème, -v MM. Gustave Bigot ; Henri Chrétien ; François de '. • 

Û'runne.; Paul Béraud; .Gaston Blandîn; Adrien de Lévîs- 
Bîrepoîi. 

SainterCràix. -~r MM. Gustave Vie; Louis Leroy; Gustave \ 

Phncé ; rtippolytë Deroîn. 

Quatrième^. ' MM. Jules Doret ; Jules Merlet ; Charles Brécy ; 
Edmond Daiidïn ; l^éoa Boullet. , 

Sainte-Croix. — MM. Adolphe Genty; Henri Ravot; Georges '^ 

tegros; Steplian Salîé; Jules Baudry. . i^ 



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246 ilWALBg 

Cinquième. — MM. Arthur Naudin ; Emile Mauzaize ; Eugèn« 
Oumont-Saînt-Priest ; Louî8 Chauveau ; Georges Billard. 

Sainte-Croix. — MM. AugustèDebesse; Amédée Carré; Philippe 
Champeau; Charles Fooîllade; Ferdinand Baudîn ; Gaétan de 
Vélard. 

Sixième, — MM. Justin Le Comte ; Amédée Bon neval ; Auguste 
Labiée; Etienne de Lambertye; Henri Mineur. 

5ainf«-Cma!?.— MM, Philibert Roger ;JulesLemaître ; Gustave 
Faucheux; Joseph Leroux; Charles de Bryas; Alfred Perdoux; 
Louis Renard. 

Cours préparatoire. - MM. Paul Boucheron ; Gaétan de Chan- 
temesle; Henri Latour; Henri Martin; Armand Lefèvre ; Edouard 
Tempestini,; Roger de Marolles; Ludovic de Coquet de Saint-Lary; 
Prosper de Denterghem ; Charles Belamy. 

Sainte-Croix. — MM. Georges Garapîo; Henri Rapine; 
Edmond Janvier; Charles de Gastines; Henri de Lobit ; Jules 
Lucas; Henri de Bodinat; Eugène Alliot; Emile Gallard; 
Maurice Perrault. 

A trois heures et demie, la foulejoyeuse des enfants s'écoulait. 
La rentrée est fixée au jeudi 5 octobre. 



Le Diftanche 6 Août. — Fête de la TRANSFIGURATION. 

A deux lieues de Nazareth, vers Torient^ s'élève une haute et 
belle montagne; elle se détache de celles qui Tentourent du 
côté du nord et du couchant et les domine toutes. Elle a trois 
lieues de tour à sa base^ il faut une heure de marche pénible 
pour atteindre son sommet, où s'étend un plateau, de forme à 
peu près ovale, qui a trois quarts de lieue de circonférence. Çà 
et là des accidents de terrain, plus multipliés du côté du midi et 
de l'ouest, se couronnent de petits bocages; le plateau est fertile^ 
il produit abondamment, dans la saison favorable, d'excellentes 
herbes, et des bergers conduisent leurs troupeaux dans ces 
pâturages. Tout est paisible et silencieux sur ce sommet soli- 
taire, où Jésus a fait briller quelques rayons de sa gloire. Le 
divin Sauveur, suivi de ses douze disciples, venait de traverser 
les grands bois qui couvrent les premières pentes de la montagne. 
Ils s'arrêtèrent près d'une fontaine à une petite distance de 
l'ancienne ville de Thabor, qui était une des villes de refuge 
données aux lévites. Jésus laissa neuf de ses apôtres près de 
cette source; elle est au fond d'une grotte obscure et fraîche, où 
l'on descend par un sentier tortueux qui s'enfonce sous terre 
d'environ vingt pas. Pendant qu'ils se reposaient en ce lieu, 
Pierre, Jacques et Jean, marchaient à la suite de leur Maître, 
. gravissant sous un brillant soleil les pentes rapides du Mont- 



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IBLIGIBimt BV UTTiftAIlBS. 247 

11idK)r. Les pierres roulaient soos leurs pas dan» les ravines 
creusées par les eaux qui se précipitent de la montagne dans la 
saison des pluies pour gonfler le torrent de Cison. C'était au 
mois d'août, selon fa tradition consacrée par l'Eglise, qui fixe à 
cette époque laffete commémorative du mystère de laTransflgura- 
tion. iHotre-Seigneur et ses disciples étaient ftttigués, couverts 
de sueur et ils souffraient beaucoup ; Jéims montait toujours, il 
allait découvrir aux trois apôtres quelque chose de la gloire du 
ciel, il fallait qu'ils éprouvassent par quelle voie rude et par 
quels efforts on y arrive. Le P. Nau, qui a fait cette ascension 
pénible au mois de décembre, exprime cette pieuse pensée: 
i Notre-Seigneur, dit-il avec une touchante simplicité, sua bien, 
et y souffrit beaucoup. » 

Arrivé sur le plat»iau, le Sauveur se dirigea vers une des éini- 
nences qui sont à l'ocdident. Le regard des disciples embrassait 
un des plus beaux spectacle que l'œil de l'homme puisse con- 
templer sur la terre. 

La Galilée tout entière se déroulait devant eux avec ses riches 
plaines, ses montagnes, ses villes nombreuses, ses villages 
entourés de vignes et d'oliviers, au-dessus desquels s'élevait la 
tige élancée et l'élégante cime des palmiers. Us découvraient le 
lac de Génézaretb dans toute son étendue; la ville de Capharnaum, 
où Jésus revenait si souvent pour répandre de nouveaux bien- 
faits. Leur vue se perdait au loin dans les plaines de la Syrie 
3ui mènent à Damas, elle suivait tout le cours du Jourdain, 
epuis les pics de l'Ânti-Liban, où le fleuve prend sa source, 
jusqu'à son embouchure. Les souvenirs de la prédication du 
Sauveur étaient rassemblés dans un vivant tableau qui parlait 
au cœur des apôtres. Sur la rive de Ce lac, ils avaient laissé leurs 
fliets pour répondre à l'appel de leur Maître qui les faisait 

fôcheurs d'hommes; là, Jésus était monté dans la barque de 
ierre pour enseigner la foule qui se pressait sur le sable de la 
grève et jusque dans les flots, afin d'entendre de plus près sa 
parole. Leur regard s'airètait sur le vallon où cinq mille 
hommes furent nourris par le miracle de la multiplication des 
pains ; ici la montagne des Béatitudes leur rappelait l'admirable 
discours du Sauveur; là, ils découvraient Gana, la maison des 
Noces, souvenir cher aux disciples qui dès lors accompagnaient 
Jésus. Des forêts de cèdres dominées par les cimes neigeuses du 
Liban bornaient cet horizon où éclatent toutes les splendeurs 
divines de la Création, les beautés de la terre, de la mer et des 
cieux. 

Ces Impresssions se pressaient dans leur mémoire en aussi 
peu d'instants qu'il en fallait à leur regard pour parcourir les 
lieux où le Sauveur avait laissé sa divine trace. Mais il était là 
cet aimable Maître, il marchait devant eux, ils les invitait 
doucement à le suivre, et son visage portait encore la trace de 



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4alatiguedtt cbemfea.rCkMyûmft l^ur oœuriétait pgtté en^le-wyant 
jéiasi vraiment jhoïjfiole,;vmhn6*it ua de leui^s fi?è*e&, eux ^ui 
iâ&v£iieiDt qœ ce D'étail pas ««vJeiSient le plûâ gma^ ,i^ 
ïîMTOiihèbes, -mate le vrai fils dO'Di^U) iB Christ» llsavaiBtjt fccmt 
-enhiié, lia nie Ydyaicat plus. qufS^us-. LeSeiga^jnr s':était uti^té, 
-âonivteagôétalt'Éoan^ ver*Je^cam|mgnes de la -(ii^lUée. Tout 
là OQup sesivêtemeQts.resplaadie^jH^'Uni^ blapubôfir lumii^iuie 
ïcjue Fon irô peut vtnr sur la terfe% ses pieds ne tattch^^nt îplue 
:8q loi, son cûrpg 6*é|lève dan& r^^r, son vidage et sos niains 
iHe réfléchissent pius l:éclai emprunté ^u soleil^ cette cbair 
rdivineiest luûaière, «lie îHaHÛne tes apôtres. lisse pfo&lî^oent 
devant Jéèus, pédétrés d'iine ciiakite ngspectueus©,- mais plus 
agités encore par la joie et par l'amour* Cependant Aloïsc -et 
-Eliè apparaissent aux C6téa de Jésji^a et s'oatretiennuat a^feclui, 
et une voix se fâlt entendre, du ciel : «Celui-ci est moa fils 
"bâen-aimé, écoutez-lie. to 

Ils n'étaient pas revenus de leur trouble que, jetant ua re- 
gard autour d'eux, ils m virent plusuue Jésus* lie Fils de Dieu 
^vait éteint les rayons de sa gloire, ils desceadaient ensemble 
vers la fontaine des neuf Apôtre^ (elle ^ conservé ce nonjt), et 
le divin Maître leur expliquait un mystère plus profond que 
.celui de son iucaïnatiou, te mystère des burailiationsr, desdou- 
teuirs et de la mort du FUf de l'bornme pour la rédemption du 
genre bun^ain. Ils venaient de voir Jésus glorieux, J^^sua Roi de 
la terre études cieux, entre les deux plus grands prophètes; ils 
devaient le voir sur uae aut^e .montagne, entre deux scélérats, 
humilié, déchiré, cloué sur la croix. Les apôtres qui l'avaient 
suivi au Thabor seraient^ils toujs fidèles à le suivre au Calvaire? 

Après la réÉturreetiout les onze apôtres s'en allèrent en Galilée 
'à la montagne que Jésu^ leur avait marquée. Saint ^Jérôme qui 
recueillit sur les lieux mêmes toutes les traditions des Chré- 
tiens de la Palestine, dit que Jésus se fit voir sur cette *n\on- 
tagne à plus de cinq cents de ses disciples. Ses disciples étaient 
•nombreux dans la Galilée où le Fils de Dieu avait fait tant de 
mimcles, et tes trois aipôtres, témoins de la transfiguration, ieur 
«Il avaient raconté la gloire; jL. P. 



Ik YOCATWN. 

Les âmes, bien que faites les unes et les autres à Timage 'de 
DieUt n'oQt pas été jetées dans un seul moule. Elles dillerent 
-peut-être plus entre eltes pour les inclinations, qu'entre eux 
:pour les formes, les corps qu'elles babitjent. Av/eugle qui voa- 
(Ôflait les placer sous le uiveaiji d'un régime commun, s'ims^i- 
Dant que, diverses de tempérament, on kp rendra «emblaMis 



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1KU6IEUSE8 ST imiftAIlBS. 249 

de eonditfon. S'il en est à qui la vie ordiiMrire tttec ses ti^àraux, 
Ses fêtes et ses plûfMrs, convient, fl en est pouf lesqueH^ cette 
vie serait un supplice. Celles qui veulent fc monde, sont piaô 
inôlées les unes qne les autres aux agitatioûç dô son eiistence. 
ih bien ! il est des àmesdont la nature est de se cacher, eomme 
d^dutres de se montrer; de vivro d'une vie privée , Coittrae 
d'antres d'uae >îe pnbtiquc; d'être recueillies et ignorées, 
comme d'àofres vues et répandues. 

Que feraiettt au milieu du monde ces âmes qui, tout en ché- 
rissant les hommes éprouvent un tel besoin de Dieu, que leurs 
pensées le cherchent sans cesse^ mont<înt toujours vers lui, 
qu'elles souffrent de tout ce qui les redescend aux choses d^lcï- 
bas, que leur action est de communiquer habituellement avec 
le principe des êtres> de pénétrer le nuage qui le délrobe aux 
regards, et d*arriverà le contempler ftice à face? — On dirait 
de célestes essences à qui toute occupation terrestre, tout soin 
matériel sont contraires. 

Que feraient au milieu du monde des âmes saintes et pures, 
qui veulent sauver ce que TEvangile leur enseigne être un bien 
d'une valeur infinie, et dont la perte ou la conservation em- 
porte des punitions ou des récompenses sans mesure et sans 
fin, — leur innocence ; et qui ne voyant autour d'elles aucuA 
lieu où demeurer sans péril de souillure, demandent avec îrts-' 
tances un abri loin des écueils? — On dirait hi^oîombe sorHte 
de Tarche qui se hâte d'y rentrer, parce que les eaux fangeuses 
du déluge menacent partout en ore sa blancheur. 

Qt3te feraient au milieu du monde les âmes d'une liberté re- 
belte et emportée, que la moindre occasion de s'émanciperagite, 
boulevereer-, qui toujours en péril de s'en aller, rompant avec la 
loi, à tontes les erreurs et à toutes les licences, s'indignen* sous 
le frein, et qui, victime une fois du désordre, deviendraient 
promptement ses esclaYes? — On dirait des hommes sur une 
pente rapide on une faible secousse peut les précipiter, ou bien 
assis au haut d'un abîme, les pieds en dedans du gouffi'e où ils 
peuvent à chaque instant tomber. 

Que feraient au milieu du monde ces ônores qu'il a brisées 
une ou plusieurs, fois, qu'il a ballottées aux vents de ses mau- 
vais exemples, qu'il a battues avec les grands flots de son aveu- 
glement, qu'il a noyées et, qui, sauvées aux cris de leur cons- 
cience, par la religion, veulent fuir^etles vents et les flots dont 
elles ont été les jouets? — On dirait de malheureux naufragés 
qui ne peuvent plus voir la mer où s'est montrée une mort 
horrible à laquelle ils ont échappé miracnteusemenf . 

Enfin, que feraient au milieu du monde les âmes qui veulent 
vivre désormais entièrement à Dieu, parce qu'elles l'ont entiè- 
rement oublié d'abord; qui po^r avoir outragé sa bonté, veu- 
lent se dévouer à sa justice, se refuser toute jouissance légitime, 



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250 âAlVAiES 

comme expiation des jouissances criminelles qu'elles se sont 
permises? — On dirait des voyageurs en retard qui marchent 
toujours afin d'arriver au temps marqué. 

Les siècles qui ne sont pas matérialistes ont pitié des âmes 
auxquelles ils croient. Ils avouent qu'elles ne prospèrent pas 
en toute position, de même qu'il est des plantes qui ne s'accli- 
matent p^s partout; qu'il faut aux âmes malades par nature ou 
par accident un régime à part,' des asiles salutaires où elles 
consultent et soient soignées ; qu'empêcher la vivacité des unes 
d'aller aux extrémités du bien, c'est la jeter quelquefois aux 
extrémités du mal; que négliger de traiter la souffrance des 
autres, c'est lui ouvrir la voie à des actes funestes; qu'il Im- 
porte de ménager à celles qui sont profondément affligées un 
autre conseil que le désespoir au sein de leurs douleurs, et 
pour en sortir une autre issue que le tombeau. 



Une Guérison Miraculeuse. 

M"'' Anna de Cléry, fille du procureur général de la Cour 
impériale d'Alger, fut atteinte, à t'ôge de quatre ans, d'une pa- 
ralysie de la moelle épinière. Après avoir jusqu'à onze ans lutté 
contre le mal, elle fut réduite à garder le lit depuis cette époque, 
c'est-;i - dire depuis 1 856. 

11 ( (îe toute notoriété à Metz que, durant ces neuf ans, elle 
ic-a goiuplètement paralysée, sauf le mouvement des bras, 
dans un état d'amaigrissement et de faiblesse extrêmes, tou- 
jours couchée sur le dos, sujette à de violentes migraines de 
de deux jours l'un, la tête ccmstamment renversée sur l'oreiller, 
ne pouvant plus étendre les jambes, qui étaient enchylosées 
et liées aux cuisses par un faisceau de nerfs gros comme 
une corde, incapable de digérer aucune nourriture solide, et ne 
prenant qu'un peu de boisson rafraîchissante. Depuis cinq ans, 
M. le docteur Warin, qui la visitait, avait renoncé à tout espoir 
de guérison. Les premiers médecins de Paris et de Strasbo'urg 
regardaient également M"® de Cléry comme incurable. Elle 
n'était soutenue que par la, vivacité de sa foi. Toutes les se- 
maines elle communiait ; tous les moments que la faiblesse de 
sa vue et son peu de forces lui permettaient de donner au tra- 
vail, elle les employait à la confection de nappés d'autel oju 
autres ornements d'église, qu'elle brodait en levant les mains 
à la hauteur des yeux ; ses genoux toujours repliés lui servaient 
de table à ouvrage. 

Depuis dix ans, elle n'avait pas posé le pied par terre, et 
n'avait été descendue de sa chambre que deux fois : la pre- 
mière pour passer l'été à la campagne^ il y a quelques années; 



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IBIMlEirSCS 'et LIXTÉ&Alft£S. 251 

la seconde, pour voir une îmmeDse couronne de fleurs que pîu- 
stetirs danies de ses amies tressaient dans la cour de la maison 
pour orner l'église de sa paroisse (Saint-Martin), pendant l'ado- 
ration perpétuelle du Saint-Sacrement, lorsque, le mercredi 
15, veille ae TAdoratîon, M. le curé vint lui rendre visite et la 
remercier d'avoir envoyé^ pour décorer Tautel, quatre cents 
roses artiflcielles, fruit de son travail de plusieurs mois. M. le 
curé l'invita à se feire porter à l'église, le lendemain mercredi, 
veille de la Fête-Dieu, qui était le jour fixé pour la demi-heure 
de l'adoration des habitants de sa rue. Il faut remarquer que 
Tadoration perpétuelle n'a lieu à Metz que tous les quatre ans, 
qu'elle dure trois jours dans chaque paroisse, et que les habi- 
tants de chaque rue se partagent les demi-heures d'adoration 
qui leur sont indiquées par des invitations remises à domicile. 

M"® de Gléry se rendit à l'invitation de M. le curé, accompa- 
gnée de sa mère et de M"*^ de Coêtlosquet, portée dans les bras 
de sa femme de chambre. 

Arrivée à l'église, la jeune Qlle qui la portait s'assied sur le 
premier banc qu'elle trouve au bas de l'église, tenant sur ses 
genoux la pauvre paralysée. M^^^ de Gléry est à peine eu prières 
qu'elle se sent prise de douleurs atroces, et lui dit : Si je n'étais 
(levant le Saint-Sacrement, je crierais. 

Puis un craquement général se feit sentir dans tous s^ 
membres, et elle lyoute : Priez, priez! mettez-moi à genoux! 

Un moment après elle se levait, marchait, et se retirait chez 
elle en proie à une vive émotion, soutenue seulement sous les 
coudes par sa mère et M"** de Coêtlosquet, qui pleurent de 
joie. A trois heures, elle revenait seule à l'église pour assister 
aux vêpres; le lendemain, à sept heures, pour communier, et 
elle montait sans être soutenue les cinq marches qui conduisent 
à la table de communion. Le dimanche 18, elle retourne à 
l'église jusqu'à sept fois. En un mot, selon Texpression de 
M. le docteur Warin, « ce que tous les médecins ne pouvaient 
foire, Dieu l'avait fait seul. » 

Mgr Dupont des Loges, évêque de Metz, s'empressa de se 
rendre chez la paralytique guérie, c'est le nom que lui donne 
toute la ville. Une foule de personnes de toute condition n'ont 
cessé de s'y rendre également. 

M'** de Gléry, dont les forces reprennent chaque jour, mani- 
festa l'intention de suivre, le dimanche 25, la procession de sa 
paroisse. Elle la suivit en effet, et sans être soutenue par per- 
sonne, quoique le parcours ne demande pas moins d'une heure. 
Aujourd'hui 29, elle continue de se porter de mieux en mieux. 

En présence de l'enquête ouverte par l'autorité religieuse, 
nous ne voulons rien ajouter. Nous dirons seulement que cha- 
que jour ajoute à rémotion produite par cet événement à Metz 
et dans toute la contrée. La famille de Gléry est fort connue en 



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,2^ iWlAlBS 

France et en Algérie. M"® Anna de Cl&:y ^^ uq .frère p^poottr^r 
impérial à Ôraii ; un autre, suistUut a ftemirempnl ; une- sœw, 
rengîeuse iu. Sacr^-Gçear, en AUace; un onck^ major au 3^ 4u 
génie, à Metz. 

Une Conversion. 

Voici comment iin homme du monde, qui a un. nom. aa^z 
connu, raconte hii-même son mtour a Dieu*: 

J'ai été élevé aussi mal que possible, et je quittai . mee 
classes bien muni d'arguments contre l'Eglise cathodique. Jp 
vécus ensuite en pur enfant de Paris, occupé de mes affairei^, 
consacrant aux amusements et à la politique tout le temps qi^ 
je ne donnais pas à la fortune. Je me mariai. 

Dieu permit que j-c rencontrasse une bonne et honnête créa- 
ture, là où je ne cherchais que de l'argent. Elevée comme n\çi, 
ma femme était beaucoup meilleure. Elle avait le sens reli- 
gieux. Il se développa lorsqu'elle devint mère , et , aprè^ la 
fiaî^sance de son premier enfant, elle entra tout à fait dians lit 
VQie, Si ma femme avait été comnie moi, je croÎ3 que je n'aurais 

Sas même songé à faire baptiser mes enfants. Les enfants gran- 
Irent. Les premiers firent leur première communion sans que 
j'y prisse garde. Je laissai leur mère gouverner ce petit monde, 
plein de confiance en elle,, et modifié à mon insu par le cpat(^ 
do ?es vertus, que je sentais et que je ne voyais pas. Vint le 
daï : * r : ce pauvre petit é^ait d'une humeur sauvage, sans grands 
ao}...d ; si je ne l'aimais pas moins que les autres, j'étais 
cependant disposé à plus de sévérité envers lui. La mère ine 
<lisait : « Sois patient, il changera à ^époq^e de la première 
a communion. »> Ce changement à heure lixe me paraissait très? 
invraisemblable. Cependant l'enfant commença à suivre le ^té^ 
ehisme, et je le vis en efl'et s'améliorer très-rapidement. J'y fiç 
attention. Je voyais cet esprit se développer, ce petit cœurae 
combattre, ce caractère s'adoucir, devenir docile, respectueux^ 
afiectueux. J'admirais ce travail que la raison n'opère pas chez 
les hommes, et l'enfant que j'avais le moins aimé me devenait 
le plus cher. En même temps, j[e faisais de graves réflexions sur 
une telle merveille. Je me mis a éôouter la leçon du catéchisme, 
En l'écoutant, je me rappelais mes cours de philosophie et de 
morale. Le problème du bien et du mal, sur lequel j'avais évité 
de jeter les yeux par incapacité de le résoudre, s'offjait à moi 
dans une lumière terrible qui m'écrasait. Ma femme observait et 
ne disait rien, mais je voyais son assiduité à la prière, ^esuuit^ 
étaient sans sommeil. Je comparais ces deux innocences à ma 
vie, ces deux amours au mien ; je me disais : Ma femme et mon 
enfant aiment en moi quelque chose que je n'ai aimé ni ea eu?i 
ni en moi : c'est mon à me. 



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KELIGIEFSES £T UTTÉEAIEE8. 2^3 

Kôùs énlrâtiies dans b seihalne de la pferflifere communion. 
Gé n'était pins de l'afltection seolementque l'enfant m'inspirait, 
c'était nn sentiment que je ne m'expliquais pas, qui me semblait 
étrange, presque humiliant, et qui se traduisait parfois en une 
espèce d'irritation ; j'avais du respect pour lui, il me dominait, 
je n'osais pas exprimer en sa présence certaines idées que l'état 
de lutte où j'étais contre md-mêrae prodaisait parfois dans mon 
esprit. Je n'aurais pas voulu qu'elles lui fissent impression. 

Il n'y avait plus que cinq ou six jours à passer. Un matin , 
revc^nant dç la messe, ï'enfant vient me trouver dans mon cabi- 
net où j^étaîs ^eul. — Papa, me dit-il, le jour de ma première 
communion , je n'irai pas à l'autel sans vous avoir demandé 
pardon de toutes les fautes que j'ai faites et de tous les chagrins 
t|ue je vous ai causés, et vous me donnerez votre bénédiction. 

— Mon enfatlt, répondis-je. J'ai la Joie de pouvoir te dire que je 
n'ai rien àte pardonner. Je suis content de toi. Continue d'aimer 
le bon Dieu, d'être Adèle à tes devoirs ; ta mère et moi nous 
serons bien heureux... Alors il me regarda avec des yeux hu- 
naides, et se jeta à mon cou. J'étais moi-même fort atiendri. — 
Papa, continua-t-il,, j'ai quelque. chose à vous demander.... Je 
voyais, bien qu'il voulait me demander quelque chose, et ce qu'il 
voulait me demande!,je le savais bien! et, faut-il l'avouer? j'en 
ayais peur; j'eus la lâcheté de vouloir profiter de ses hésitations. 

— Va, iui dis-jfe, j'ai des affaires en ce moment ; ce soir ou de- 
main in me diras cte que tu désirés, et, si ta mèreleti*ou\nebon, 
jèi'te le donnerai. 

Le pauvre petit, tout confus, manqua de courage, et aprèfe 
m^avoir embrassé encore, se retira tout décontenancé dans une 
petite pièce où ït'coitchait, entre mon cabinet et la chambre de 
s^ mère. Je m'eii voulais du chagrin que je venais de lui donner, 
éft surtout du mouvement auquel j'avais obéi. Je suivis ce cher 
etîfant s,ur là pointe des pieds, afin de le consoler par quelques 
qafesses- si je le voyaiis trop affligé. La porte était cntr'ouverte. 
Je regardai sans faire de bruit. Jî était à genoux devant une petite 
image tie la sainte Vierge ; il priait de tout son cœi;-. Ah ! je vous 
aisgurc'que j'ai su ce jour-là quel effet peut pro iuîre sur nous 
l'apparhion d'un ange. J'allai m'asseoira mon bureau, la tête 
datîs mes mains et prêt h pleurer. Je restai ainsi quelc^ues ins- 
tants. Quand je relevai les yeu3^, mon petit garçon étaU devant 
moî'àyec une figure toute animée de crainte, de résolution et 
d'amour. — Papa, me dit-il, ce que j'ai à vous demander ne peut 
pas se remettre, et ma mère le trouvera bon ; c'est que le joui' 
de ma première communion vous veniez à la sainte table av^c 
elle et avec moi. 

Ah ! ^e n'essayai pas de disputer davantage contre ce grand 
Weu <}ui daignait ainsi me contraindre. Je serrai en pleurant mon 



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254 iHTHiLts 

* 

enfant sur mon cœur. — Oui, oui, lui dis-je, oui, mon enfant, 
je le ferai. Quand f u voudras, aujourd'hui même, tu me prendras 

?ar la main, tu me mèneras à ton confesseur, et tu lui diras : 
oici mon père. 



Une leçon de Catéchisme. 

Après la prise de Conslantine, l'abbé Suchet soignait indis- 
tinctement chrétiens et musulmans. Un jour, il pansait les 
blessures d'un Arabe, lorsqu'un Marabout, dont la barbe, d'une 
blancheur éclatante, trahissait Tâge, Taborde et ririlerpelle en 
ces termes : — Pourquoi panses-tu les blessures de cet homme? 
— Parce qu'il est mon frère. — Lui ; ton frère!..; Tu ne dis pas 
vrai. Tues chrétien, il est musulman ; ton Dieu n'est pas le 
notre. — Mon Dieu est le tien ; c'est le Dieu créateur du ciel et 
de la terre ; nous sommes tous ses enfants. 

Le Marabout après un moment de silence : — Mais non, ton 
Dieu n*est pas le nôtre; vous autres, chrétiens, vous adorez 
trois Dieux. 

A cette attaque, l'abbé Suchet leva les yeux au ciel et demanda 
à Dieu d'être sur ses lèvres, aÛn que sa parole ne tombât pas 
sur une terre stérile. 

Vieillard, reprit l'abbé, écoute; tu es placé au-dessus des 
musulmans tes frères, tu as sur eux une puissante autorité, tu 
dis et ils vont; ta parou? est un ordre sacré ; cette autorité, tu la 
dois à ta science, mais cette science est pénible à acquérir, elle 
t'a coûté bien des veilles, bien des travaux, ce n'est que par une 
faculté sans cesse mise en action, que tu as brisé les obla.»es. 
Cette faculté, comment l'appelles-tu? — L'intelligence. 

— C'est bien. Vieillard vénérable, la sagesse forme autour de 
ta tête une belle couronne, mais les passions ont sans doute 
grondé dans ton cœur comme dans celui de tous les hommes; 
elles se sont montrées à toi parées de tous leurs attraits, le 
sourire était sur leurs lèvres, leurs charmes étaient séduisants, 
tu étais sur le point d'accueillir leur sourire, mais tu as senti 
dans toi quelque chose qui t'a dit : c'est mal, et tu as résisté et 
tui as triomphé. Comment appelles-tu cette faculté qui t'a rendu 
vainqueur? — La volonté. 

— C'est bien. Sans doute tu te souviens des jours de ta 
jeunesse, passés sous le palmier du désert ; peut-être ton imagî- 

î nation te transporte sur un champ de bataille, tu voL« tes frères, 

le feu qui roule dans tes yeux les anime, la fierté de ton visage 
* leur présage la victoire, ton noble coursier frappe la terre de ôon 

I pied, il court, il vole, et les ennemîh tombent sous le tranchant 

^3 de ton cimeterre. Quelquefois aussi, des scènes douloureuses 

î viennent briser ton cœur, tu reçois le dernier soupir de ta mère, 



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KELI6IEU6ES ET LJTTÉBilBES. 255 

ta Ivresse» la main d'un ami expiraut; tu vis eu quelque sorte 
dans le passé. Dis-moi, commept appelles-tu cette faculté qui te 
retface si fortement encore des tableaux tantôt doux, tantôt 
terribles, tantôt brillants, tantôt lugubres? — La mémoire. 

— Tu as donc trois âmes ! — Je n'en ai qu'une. — Mais, reprît 
Tabbé Suchet, rintelligence, mais la volonté, maïs la mémoire! 
Moi aussi je n'ai qu'un Dieu... un Dieu en trois personnes: 
Dieu le Père, ou la force; Dieu le Fils, ou Tintelligence ; Dieu le 
Saint-Esprit, ou l'amour. 

— Allah I Allah! s'écria le vieil Arabe, soit béni! Marabout 
des chrétiens, tu m'éclaires... Tu es mon maître et je suis ton 
esclave; et le vieillard se prosternait aux pieds de l'abbé Suchet 
qui, les mains étendues sur lui, s'écria : — Vieillard, tu es plus 
grand que moi par l'âge, par la sagesse ; mais je suis ton maître 
parce que je suis sur la terre le représentant du Fils de Dieu. 
Vieillard, je te bénis au nom de. mou Dieu Sauveur; qu'il 
daigne faire germer daus ton cœur la sainte parole que je viens 
d'y déposer. 

L'abbé Suchet releva le Marabout et l'embrassa en pleurant. 



Les deux Victimes de 1848. 

Un peu après 1830^ une diligence était traînée par cinq forts 
chevaux sur la route de Marseille à Paris. Dans l'intn îeur se 
trouvaient un prêtre, un monsieur à barbe grise, un ofBcier 
revenant d'Afrique où il était employé au bureau arabe, et trois 
autres voyageurs inconnus. Le prêtre lisait son bréviaire, le bon 
vieux son journal, et, pendant ce temps, le brillant officier 
chantait une chanson de Déranger 

— Que lit de beau Monsieur, dans son livre doré? dit ce 
dernier au prêtre. 

— Les prières tirées de la Sainte-Ecriture et des Saints Pères, 
ou. Sfonsieur, ce que nous appelons bréviaire. 

— Ah, ahj je comprends; vous priez le bon Di( ii, la sainte 
Vierge, pour la conversion des méchants, des impies, des libres- 
penseurs comme moi, par exemple?... 

— Vous êtes trop humble. Monsieur, car si vous aviez besoin 
de prières, ce serait plutôt pour votre persévérance, que pour 
v^tre conversion. , 

— Merci du compliment; mais selon moi, je croîs qu'il vau- 
drait bien mieux prier pour la conversion des bons et la persé- 
vérance des méchants, parce que les uns et les autres ne sont 
point ce que pensent les prêtres. 

— Comme il vous plaît, riposta brièvement le prêtre ; je suis 
peu désireux de continuer une discussion qui commence si mal. 



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'^ AKiriISS 

Lu seuïe demande que ie vous fais est de me ïaissér trànqaîlfe- 
ment continuer mes prières. 

L'homme à la barbe grise lisait toujours son journal ou Pefi^êSt 
semblant. 

Celte conversation interrompue ne faisait, pas î%fifâire <îe 
l'officier, dont l'intention était de. rompre une lance avec Ife 
prêtre. Il se mit alors i chanter à demi-voix une rîlourrielte 
révolutionnaire. 

— Savez-vous^ mon beau cavalier, que vonç rfi'impatiiBntez ? 
exclama tout d'un trait l'homme à la barbe grise. 

— Ohl oh I voilà le papa qui se met en colère t 

— Non, ce n'est pas delà colère, mais de la compassion et Se 
la honte pour les discours que vous tenez. 

— Vraiment! si votre main ne me paraissait pas si déMliy, 
nous pourrions rompre une lance ensemble. 

\ — Jeune homme, sachez que si j'ai de vieilles mains, elles 
savent encore, à l'égakdes jeunes, étreindré la poignée d'une 
épée lorsqu'il s'agit de combattre pour la patrie ou de donner 
Une leçon à un insolent. 

— Dans ce cas; Monsieur voudra bifen me donner son adresse? 
Voici la mienne. 

L'homme ù la barbe grise déchira une feuille de son carnet 
et écrivit : M. de Dalmatie^ rue du Temple, n® 9, puis la donna 
& rofnder 0n disant : 

Demain malin, î\ neuf heures, je serai chez moi. 

La loudtmuin .^eul \rtent, le jeune officier appritqull îLVait m 
ftfl^tre a« W)ar^chttl SouU, duc de Dalmatie. Gelui-cl le i^çiit 
a^»t^« patornoHemenl et ne lui imposa d'autre obligatioti (jcie 
(l*tt(lr05iser des excuses qui furent très-bien accueillie^, au 

(U'ôtre ()u*U avaîl Insulté et qui s'uppelaît M. Affire, alors Vfcaîré 
léuéral 

Quatorze années après, dans les terribles journées de 1848, il 
y avait deux barricades dans le faubourg Saint-Antoine. Sur 
chacune dVlles fut assassinée une victime illustre : c'étaient le 

Sénéral Duvivier, notre ancien sous-licutenant, et Mgr Affre; 
.rchovêque de Paris, qui expiraient tous deux martyrs, Tun du 
devoir, l'autre de la charité. 

^'^""^^""^'^■^"■^'"■"^^■^^" 

Le Devair des Catholiques. 

Si déjà;, comme le dit la Sainte Ecritiire, la vie <te 
lliomme sur ceUe terre n'est qu'une longue lutte, que dire de la 
vie des catholiques à notre époque? C'est pour eux principale- 
ment que l'existence n'est qu'un combat ; pour eux, qu'il a été 
vrai de dire ; Résister, c'est vivre. 

Quand les ennemis de TEglise se trouvèrent pour la première 
fois en face de cette puissance nouvelle, ils ne songèrent pas k 



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KELIGIEUS^ £T LITTÉBilRES. ,257 

ouvrir contre elle une guerre courtoise. Jls se sentirent étrange- 
^iùent menacés par là seule présence de cette rivale inconnue ; la 
'xiagê leur* monta au cœur,, et ils se précipitèrent sur elle les yeux 
,feriné5. Ce fut Tère sçiuvagc du meurtre et de la violence. Les 
ItisUtutions catlibliqùes furent balayées du sol, les fidèles furent 
tetfués comme des bêteë fauves; on les poussa à Bots prcs^fe 
dans leS'drques et les amphithécitres, pour les livrer a^ix tigres 
iVaa'x lions de Numime. iNéron les alluma dans ses jardins en 
ftçon de torcheâ vivantes, pour éclairer ses horribles fôlc?. Ce 
fut qn carnage inouï. La mort, durant trois siècles, n'eat en 
tërltë ni assez d*b'orrëurs, ni assez d'énergie pour satisfaire la 
lidne dès bourreaux, et pour la première fois la colère des 
lojhmes fut supérieure à leur' puissance. 

Malgré de prodigteu^x efîorts, ils ne purent atteindre la vic- 
iQÎre. On. éleva des monuments, on frappa des monnaies, pour 
Jè'rpetuèr. disait-on, le souvenir du triomphe. Mais personne ne 
crut au trîonrrphe; et quand Forage fut tombé, on vit l'Eglise 
immortelle, mieux que le sphynx de la fiiblc, renaître merveil- 
leusement de ses cendres. A coup sûr, on s'était trompé ; Tattaque 
n'avait rien détruit ; il fallut changer de tactique. 

Leshabiles se mirent donc à l'œuvre, et cette fois le génie aîlade 
j)alr avec la haine. Qu'importe, qu'on détruise ati dehors une 
vaste institution, si la foi et l'amotir la gardent au fond d^?Amos, 
et l'entourent invîsiblement d'un double rempart de tendresse 
indignée et de sainte vénération? Les pierres peuvent tomber 
une à une sur le sol. mais l'amour reste fidèlement près des 
ruines, et quand les Tandales sont partis, il les relève avec émo- 
tion et replace rédiflce entier dans la lumière. 
. Ce qui fait la force de l'Eglise, ce n'est point seulement la 
solidité de son établissement visible et l'énerpfie intimé de sa 
constitution, c'est encore la foi et Tamour des fidèles. Ce VRÉit 
établissement divin n'est pas appuyé simplement sur le sol, il 
repose en entier sur les âmes, et pour k détruire, il importe peu 
decfeuser la terre sou^ ses fondements, si l'on ne détruit pas 
la'foî dans les esprits et le respect dans les cœurs. Ne touchez 
pas à l'Eglise, c'est peine perdue ; mais visez droit aux ûmes. Ces 
nobles sentiments qui la protègent en ce dernier asile, 
atteignez-les savamment. Amoindrissez par degrés, ici les saintes 
croyances, là le vieil honneur et l'antique fidélité ; diminuez peu 
à peu la vénération des peuples, fatiguez enfin leur dévoue- 
ment; vous verrez les âmes se rQjirer une à une, le cercle 
s'élargir sans cesse autour de L'Eglise, et l'édifice séculaire, 
dépourvu de ses étais, sWoulerâ tout seul dans le vide. VoiMi 
le^stème Messages, et il fout bien convenir qu'il ne manque 
pasd'habiteté. 

Ce système d'attaque est organisé contre l'Eglise depuis plus 
de quinze siècles. Depuis cent cinquante ans surtout, il fonfe- 



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258 AHKALIS 

tionne au plein soleil, avec UQe'4&onstaQee prodigieuse et sur une 
ligne immense. A quoi sont otcupés, à l'heure qull est, les 
trente mille journaux de TEurop^ et les dix-neuf millions de 
brochures ou de volumes qui, chaque année, s'éparpillent au 
milieu de nous? A calomnier l'Eglise, à renverser ses doctrines, 
à atteindre, à ébranler,, à détruire au fond des &mes, ces deux 
remparts de sa puissance, l'amour et la vénération. Le grand 
appui moral de 1 Eg!îse> on le sape chaque joui* au dedans de 
nous, hélas ! sans que nous y songions I 

Ce travail de destruction s'accomplit à toute heure au plus 
intime de notre vie, et nous n'y pensons pas ! Oui, vraiment, le 
matérialisme nous gagne. Nous ne sommes plus sensibles qu'à 
ce qui se voit des yeux du corps, et à ce qui se touche avec la 
main. Si l'insurrection armée fait tomber une pierre de nos 
remparts, noussommesépouvantés. Maîssirennemi,plushabile, 
ne touche qu'aux principes invisibles sur lesquels repose le 
monde, nous ne daignonè pas jnéme nous émouvoir. 

L'histoire le constate : les emp«reursd'Allemagne, les sectaires 
anarchiques du moyen-âge, les bandes luthériennes du conné- 
table de Bourbon, les soldats du Directoire, ont tour à tour ren- 
versé cette paciflque royauté des succeseurs de Saint-Pierre. Mais 
après chacune de ces luttes, la foi catholique a rouvert infatiga- 
blement les portes de Rome, relevé les ruines et replacé le Pape 
au Vatican. Que faire contre un sentiment si opiniâtre? A quoi 
sert de détruire cette puissance spirituelle à Rome, si on ne la 
détruit pas auparavant dans l'opinion publique? C'est bien le 
parti pris des ennemis de l'Eglise d'étouffer le respect du Pape 
dans les générations contemporaines. Et cela trace clairement 
notre devoir à nous catholiques. La Erance défend le chef de 
l'Eglise à Rome par ses armes, c'est sa gloire. A nous, fidèles, à 
nous catholiques, de le défendre dans l'opinion et dans le cœur 
des populations. Elevons dans l'estime et dans la vénération de 
tous, la sainte Eglise. Portons la défense où vibre Tattaque. 
Serions-nous donc moins intelligents ou moins courageux que 
nos adversaires? Quand les idées sont menacées, défendons les 
idées, faisons-nous des convictions profondes, raJOTermissons les 
principes dans la pensée publique. Qui donc aura de l'énergie, 
si les hommes de conscience en manquent? 



NOUVELLES. 

Paris. — La Société nationale d^ encouragement «m ôi'^n vient 
de tenir une séance solennelle à l'Hôtel-de- Ville de Paris. On y 
a proclamé une liste de 180 noms pris dans tous les rangs de la 
société et tous recommandables par des actes de dévouement , 



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BEUGISUfil» IT LITTÉK4I1B8. 259 

de piété flliate, d'abnégatiOD^jde Tertu patiente et modeste. Entre 
autres lauréats les assistants^^t applaudi avec enthousiasme le 
comte et la comtesse de Suzainecourt, qui ont consacré plus de 
200,000 fr. à la fondation d'une colonie pénitentiaire sur le mo- 
dèle cte Mettray ; le frère Hortulan, de la Doctrine-Chrétienne^ 
qui renouvelle pour les pauvres petits ramoneurs les prodiges de 
chanté enfantés par saint Vincent de Paul ; Jean-Paul Teulé , 
trompette au 8® chasseurs à cheval, qui s'est réengagé trois fois 
pour donner du pain à son vieux père et une dot à sa jeune soeur ; 
enfin, Marguerite Aleric, lingère à Paris, quî^ restée orpheline à 
douze ans, avec six Avères en bas-âge, leur tient lieu de mère, de 
professeur, de médecin et parvient à les élever parfaitement. 

Nevers, — Dimanche dernier, un brave vigneron de la paroisse 
est invité par un ami à faire honneur à un verre de vin . — Accepté, 
dit41, mais j'ai peu de temps à vous donner ; je veux aller à 
vêpres et ensuite... me confesser. — Vous confesser, répond son 
ami un peu étonné. .; mais vous êtes trop grand pour vous con- 
fesser I — C'est vrai, répond le brave vigneron ; aussi, pour le 
faire, je me mets à genoux. 

Nhnes. — Mgr Plantier, dans son dernier voyage à Rome , 
avait obtenu du Souverain-Pontife, pour tous les chanoines de 
son diocèse, le privilège d'ajouter une croix à leurs insignes. 
Le Chapitre de la cathédrale a voulu remercier son Evèque de 
œlte fiaveur^ et il l'a fait avec un admirable à-propos, en choi- 
sissant le jour de la fête de Monseigneur, pour ajouter à ses re- 
merciments l'hommage d'une croix semblable à celle qu'il venait 
d'obtenir. La croix est en or. D'un côté elle présente l'image de 
la Sainte- Vierge, et de l'autre l'effigie de Pie IX, avec ces mots : 
Ex dono Capituli, Sur une des branches sont gravées les armes 
de Monseigneur. L'exécution de cette croix est parfaite au point 
de vue de l'art, et rappelle les plus beaux travaux de l'orfèvrerie 
moderne. 

M%. — La nouvelle église d'Ars, dont les fonds ont été feits 
par les souscriptions empressées des catholiques de France, sera 
solennellement consacrée par Mgr l'Evêque de Belley le 4 août 
prochain, jour anniversaire de la mort du vénérable M. Vianney, 
qui en a ardemment déslrê'la construction. Cet édifice religieux 
était devenu d'autant plus nécessaire, que la petite église d'Ars 
ne peut plus contenir la foule des pèlerins qui se portent jour- 
nellement au tombeau du saint curé. 

Lyon. — Il y a peu de mois, un boulanger de Lyon , voyait 
une main furtive s'emparer d'un pain placé sur une étagère, près 
de la porte. Le boulanger, homme charitable et fervent chrétien, 
sortit de son magasin et aperçut à quelques pas de lui un homme 
vêtu d'une blouse, sous laquelle il avait caché le pain dont il 
venait de s'emparer. Il le suivit. Arrivé à la mansarde de ce 
ffialhetireux, il le vit occupé à (Hstribuer ce pain à quatre enfants 



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t$90 . àimum 

qui sejetèreat Hirila pàure aved yoirtioifé. Là mëi^iétdit\eiHi|clie 
4ur un roisérable gr&bat; et le'iière pleijtfîét; « -feteai^ittelte 
tépartitiou, qui Jui «dusait dea^rej^rd^. En ee niometat^appaoat 
-leJboulaflgeri.fl Brave liomme, lui flitril, Void ià mÔûAW^^^s 
« 10 fr. que vOus ni'aviei dûonés et que vats ayenJoèblié.ddtte 
<c demaiKter. » Ea môme teinps^ il lui mettait^f uelï|uc8 pièedai^ 
monnaie dslns laanaln. Le malheureux père,: en ire<fconàaîaM(nt 
4or\ iftterlocuteup, se,Crat:peidu. MaisilftttBîeiftô4fra8$ttîév>tn 
entendant eeiui-ci lui dire: « A ^a^WDir^ a(lfesflèz-voue>à*j»çi 
« directement ; je Voua offre: un crédit .cb^'iDoi:p«iir:ti'<îi3fi)ft«s, 
« et yous;me payerez aussitôt que la- reptise des travaux. ViQue te 
(( pjCîrmettra.j) : . '*« .. 

Paris, '— Le testaïnenl dfc TabbêPerreyve ivieûfi d'être oi^ïf.ert, 
H les dispositiotis qu'il contient au feCijet^des papiers. Qile -te 
P. Lacordaire luiayait conflés^indiquenit blentoUteilaidéHçtWdfee 
et toute la sûreté du jugement du jeuae et .rçgîî«ttable df^uftt. 
Xes Mémoires du Père Lacordaire, qu'ujoe foule de détails de l*flc- 
tualité laplus vive empêchent de livrer maintepacd à lapuWl- 
cité, sont légwés à M. le comte de Mojçitalçmbert, .et fôufceîjia 
correapondanee du grand dominicsain au reapeotâkle M* \8<toet, 
conseiller à là cour de Dijon, ancien aOii du P, Lacoiî^fe etqui 
prépare en ce moment une vie complète de Tillustre rellgiew». 

Les Membres de l'Bpiscopat nommé? m Conseil impérfal Kfe 
l'Instruction publique pour Tannée 1865-66, sont : Mgr Bar- 
boy, archevêque de Paris; Mgr Dubreuil, archei»êque d'AvigRftl»; 
Mgr Parisis, évêque d'Arras ; Mgr Landriot, évô^ de LarRJh 
Chelle; Mgr Mejgnan, évoque de Cbôlons. . î •!. 

Paru. — EdrDTOnd B*** démettre à Paris, rue dq t'©u€stj AiflB 
ujn modeste logement, avec sa mère devenue infirmei et £tecifli<B 
dans la comptabilité de M. F***, riche commerçait de il.' inîe 
du Bac, un emploi de 1,200 francs. Chaque m^alio, après; avoir 
embrassé sa mère, il part muni de quinze centimesy |K)Ur se 
jrendre à son bureau. Les quinze centimes, destinés a scm Vlé- 
ienner, étçîent consacrés à adieter cinq centimes de pajn 6t 4if 
pedQtimes de bonne chère. Edmond B*** rencontra, pr^ du 
Luitemhourg-, un vieillard qui dissimulait la meivlieité pn pWr 
(ànt quelques paqiœts d'sdlumeUes chimiques^ qu'il ét^t censé 
vendre. Touché de Tair honnête du vieillard, le Jeuae homme 
lui remit cinq centimes dans la main, en songeant qu'il sïmr 
poserait quelque privation sur la bonne chère pour soulager 
Hofortune du pauvre meodiant. Il répéta le mtme aelevde 
générosité plusieurs jours (te suite : une sorte d'intipiité s'éta- 
blit enti^ le mendiant et le jeune homme. Un jour le vieillard 
liHdit, les laj'mes aux yeux, qu'il n'avait pas étrenné; Edmwad 
Ini remit ses dix centimes. Quelques pas plus loin, il aperçut 
une femme chéUve, portant dans ses bras un enfant maljrigi^ 
Eilç lui ppoflOfia ces allumettes d'un ton qui vq^liwt dif^^'/f* 



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AELIGIEUSES £T L|TTÉKAI1E8. 261 o 

cb|Byr|téy^ s'il vous plalU ! Le jeune homme donna son dernier 
sou, pen^ni quHl^tteQ()rait bi^n une fois le dîner en sepri- 
vaatde son frugal déjeuner, et il se rendit à son bureau. II y 
était depuis tin oei^tain temps, quand le chef de IN tablkâemeat 
le fit appeler dans don calànet. Le comnicrçant appiit au jeune 
homîpe, très surpris, que son couvert était mis à tahie po»r le 
déjeuner; qu'if aurait dorénarant 2,400 francs d'appoîntemenls, 
et 4^*U espérait biwi ne pas îè laisser à ce chiffre. Le chef de 
rétatilissement, appelé par ses afTâîres dans le quartier du 
Luxembourg,, avait vu la générosité de son commis^ ayant ques- 
tio&né te vieillard, il avait été eomi^lètement édifle sur ce qu'il 
désirait savoir. 

Èa HootteUe. - A la fin de la refaite pastorale, d«nt là 
chH^re spîenhellé a eu lieu mercredi dcfrnîer à la Rochelle, il a 
été qùeètioti d%i^r dans Vtle Madame un monument destiné 
à sauver de^ Vôubji le souvenir de 580 héros, prètfes ou reli- 
gieux de toutes les parties de là France^ qui ont succombé pour 
la fol pendant La dévolution. Cette Œuvre a été placée sous le 
patroQC^e i^ Algr Tévéque de La Rochelle On a nommé un 
comité a adAiiniâtratiot). Le diocèse d'Orléaitôaeu ta gloire de 
dedoBuer à l'Eglise plusieurs prêtres martyrs, qui cuat con* 
somtoé leur gé»éreuK sacrifice sur les pontons de Rochefort. 
Leurs prédeuk restes reposent dans l'île Madame et sur les 
bords de la Charente. Orléans est donc, pour une large part, 
intéressé à Térectiôn de ce monument. 

Pam — Au moment du pillage de l'Archevêché, en 18r^2, 
Mgrdé âfuéfeaee réfuta d*abord à l'Hôtel-Dieu, chez M. Caîl- 
lawl, médecin.; Celui-ci, craignant le voisinage de Tins rrection, 
conduisiÉ le P^élal à la Pitié, dans le logement de M. Serres, de 
rinètitot. Mâfe bientôt le bruit s'étant répandu que Monsei- 
gneur était caché dans la maison, et des groupes menaçants 
se formant devant la porte, on imagina de lui faire revêtir un 
costumé d'infirmier et de le conduire chez le professeur Geof- 
froy-Sarnt-Hilaîre.qui demeurait au Jardin des Plantes, du côté 
de la me Cuvier« On passa par la porte de derrièpe de Tbôpital, 
et, traversant la rue du 5ardin-du-Roi, actuellement appelée 
rue Creofîriïy-Saint-Hilaire, on put arriver par l'intérieur du 
Jarditi à la ihaiipon tant désirée. M*»' Geoffroy qui n'était pas 
prévenue, 'en voyant entrer M. Serres et le prétendu infirmier, 
«e précipite aux pieds de celui-ci, en s'écriant d'une voix éioa- 
fée : « guoîl vous ici, Monseigneur! » Il paraît, dit en souriaut 
le vénérable archevêque, que je suis bien déguisé. 



Saint Pierre-ès^Liens. 



DiçiaiKïbeproehaîn 6 août, la paroisse Saini-P^teme d'Orléans, 
jommqf nous l'avons annoncé, célènrera la (ête de de Saînt-Pierre-ês- 
Uens. A cette occasion nous croyons à propos de dire quehjufes mois 



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262 ANNALES 

de celte fêle que TEglise solennisè^ chaque année le 1" aoûi; et dont 
Tobjel mérite, ce nous semble, d'être mieux connu des fidèfes. 

Celle fête fut établie, non-séuîerôènt pour rendre grâces à Dmi de 
la délivrance iniraculeuse de l'Âpôlre, dont un ange brisa les liens dans 
la prison de Jérusalem, mais pour bonorer ces cbaînes 'elles-mêmes 
comme de précieuses reliques - 

Deux fois saint Pierre fut chargé de chaînes ; d'abord à Jérusalem, 
par le roi Hérode -Agrippa, comme saint Luc le raconte au livre dès 
Actes, ensuite à Rome, où l'empereur Néron le fil saisir et charger de 
fers pour l'empêcher de propager par la prédication le règne de Jésus- 
Christ. Saint Augustin, pariant de ces chaînes, dit que toutes les égUses 
de Jésus-Christ, en font ^beaucoup plus d*état que de Vor le plus pur 
et le plus précieux. 

L'impératrice Eudoxie, femme de Pempereut Théodose-le-Jeune, 
an commencement du v* siècle, étant allée en Palestine visiler les 
saints lieux consacrés par les mystères de notre rédemption, JuvéDal, 

Satriarche de Jérusalem, lui fit présent des deux cbaînes dont le prince 
es apôtres avait été lié dans la prison d'Hérode. Celte princesse les 
reçut avec un respect et une joie extraordinaires, et les considérant: 
comme dos reliques de Irès-granàe valeur^ elle en réserva une pour la 
ville impériale de Constantinople, et elle envoya l'autre à sa fille 
nommée aussi Eudoxie, femme de l'empereur YalentinienlIL Cell^i, 
dans un voyage de Milan à Rome, porta avec elle la chaîne que lui: 
avait donnée sa mère, pour la montrer au Souverain-Pontife Sixte IIl. 
Le Pape voulut la récompenser de son attention en lui faisant loi- 
même vénérer les autres chaînes de saint Pierre, celles que cet anotre 
avait portées à Rome dans la persécution de Néron. Un grand miracle 
se fit alors, car les deux chaînes ayant été rapprochées l'une de l'autre, 
. s'unirent d'elles-mêmes si parfaitement ensemble qu'elles ne parurent 
plus qu'une même suite d'anneaux forgés par un seul ouvrier. Eudoxie 
admirant le prodige n'eut garde de redemander sa reltmie, mais lais- 
sant ce riche trésor entre les mains du Pape, elle fit bâtir Une belle 
église pour l'y placer et l'exposer au culte aes fidèles. Cette église fut 
d abord appelée Eudoxie, du nom de sa fondatrice; mais depuis 
elle a été appelée Saint-Pierre-ès-Liens, et c'est un litre de cardinal. 

La chaîne ({ue la première Eudoxie porta à Constantinople fut aussi 
reçue dans celle ville avec toute sorte de vénération, et on y bâtit 
pareillement une église pour lui servir de sancluaire. 

Dieu a fait voir par d insignes miracles qu'il approuvait le cuîle de 
ces liens sacrés et qu'ils étaient dignesMes plus grands hommages. De 
là vint que les Papes voulant faire, en de certaines occasions, un pré- 
sent considérable h des personnages très-éminents, leur donnaient un 
peu de la limaille de ce fer précieux, comme nous l'apprennent plu- 
sieurs lettres de saint Grégoire-le-Grand. Quelquefois, en signe d'une 
bienveillance plus particulièro, ils envoyaient ces riches parcelles 
enchâssées dans des clés d'or ou d'argent. Ceux qui les recevaient 
avaient coutume de les porter suspendues par un collier pour se 
préserver, par la protection de saint Pierre, des accidents de 
celte vie. 

Les chaînes du chef des apôtres se conservent encore aujourd'hui 
dans l'église bâtie par Eudoxie, ou plutôt dans celle qui a dû depai^ 
tant de siècles remplacer cette première. Trois clés ferment la chasse 
où elles sont renfermées; Tune est entre les mains du Saint- Père, 
l'autre chez le cardinal protecteur, la troisième est confiée à l'abbé du 



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RELIGIEUSES ET UTTÉRAI&ES. 263 

moDastère contigu à Téglise; eil'oiMtepeut ouvrir la châsse sans les 
avoir toutes Irois. ni 

Une fois Tannée seulement, le \ff août, les chaînes sont exposées à 
la vénération des fidèles. La vuft.de ces insignes reliques n'est ac- 
cordée dans le reste de Tannée qu'à quelques personnes de très- 
haut rang et pour des motifs très-importants. 

Aux chaînes de saint Pierre on a joint quatre anneaux de celles de 
saint Paù(, afui de ne pas séparer dans les hommages de la piété 
ca^olique les deux illustres prisonniers de Jésus-Christ. « Quand 
nous fûmes à genoux, dit Monseigneiir Gaume dans son beau livre 
des Trois-Ronae, Tabbé du monastère prit la chaîne scellée par on 
des anneaux à la partie inférieure de la châsse et nous la présenta. 
EUepept avoir cinq pieds de longueur; à chaque extrémité est une 
ehamière destiné^ à prendre les nains et le cou. Par une faveur in- 
sigie^. le minisCHB de Jésus-Christ ouvrit une des charnières, nous la 
fit embrasser et nous en entoura la tôte. En cet instant je me rappelais 
saint Cbrysost^me, et p us heureux que Tillustre patriarche, je jouis- 
sais du bonheur qu'il avait si vivement ambitionné : Que ne m'est-il 
donné, s'écriait-il, de voir les lieux où Ton conserve les chaînes des 
apôtresJ Que je voudrais voir ces f<^rs que Tenfer redoute, que le ciel 
révère ! Si les devoirs de mon ministère et la faiblesse de mon corçs 
ne me retenaient pas. avec quel bonheur j'entreprendrais le pèleri- 
nage de Rome, uniquement pour voir ces chaînes et la prison de 
Pierre et de Paul. Bienheureuses chaînes! bienheureuses mains qui 
en forent ornées 1 Oh ! si j'avais vécu en ce temps-là. comme j'aurais 
eouvert de mes baisers ces mains dignes d'être enchaînées pour mon 
divin Maître ! Plus glorieuses étaient les mains de Paul charg'^es de 
dialnes que lorsau'elles redressaient les boîteux de Lystre ; plus 
heureux était-il lui-même dans la prison qu'au troisième ciel; plus 
glorieux dans son obscur cachot que sur un trône d'or et de pierre- 
ries. Non, non, rien n'est beau comme une chaîne poriée pour Jésus- 
Christ. Etre enchaîné pour hri, c*ost plus que d'être apôtre, (pe d'être 
docteur, que d'être évangéliste que d'être ange! Oh! chame bien- 
heureuse, plus belle que tous les colliers, que tous les diadèmes, que 
tontes les couronnes des rois, qui me donnera de vous voir ! » 

. Pour tous les articles non signés et pour toutes les nouvelles, 

L*abhé GÉLOT. 

Mcrrurlale «l*Orl^ans. 

ORLÉANS, 29 juillet. 

Cote oflRcielle. — Froment. Th. Irc 17 66, 2e 16 73, 8e 18 33. — MéteU. 
f 13 c«2« 12 71, 3« 12 50. — Seigle, Ire 925. 2e 893. 3c 8 50. — Orge, 
Ire 10 ««, 2r9 17, 3* 8 75. — Haricots rouges Ire qté «« ««, 2e c«c ««, 
8e «« K«; îd. blancs Ire «« ««, 2e «»« «c, 3e «« ««. — Avoine, Ire qté 10 
» 75, 2e946,3é8 25. — Foîn,lemyriag.,treqtél 36, '2e 1 14, 3e 1 ««. — 
PaiUe. Ire qlé »» c. 85, 2e 71 c, 3e 60 c. 



Boame dn 3 Août. 

îp.O/owden... 67874/2 

ij/îl». 0/0 ...... 97^ 

Fin coartiil.,..67 75 68 15 67 97 1/2 
Emproniiuiieu... 65 — 

îfopiHw 782 50 745 — 



Crédit Espagnol... 465 — 

vrléiBs..... ,,,,,, 842 50 



Nord 106375 

Est -52250 

LjonetMéd,.. -85125 

liidi -56250 

Aotricliien. .... — 411 25 

LoBbirds -478 75 



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fiilkbUeatima dt mëfiwfhs êuUphMni^ 30 juiUlet Eftrta : 

M. Sauvard, François^ ma^n. et ^ lie jBc^t, Aniw, cuîsii^iér^. 
M.' ïfeatijouan, josépb, joui-nalier, et Mm éabellier, Hermii^ie^, equti^riçre. . 
M.^JanicQt, Marce1-I)ési1*é, jnégissier^ et Mlle Jeult^k, FiKçië-4-<]^te, linè^. ,\ 
M. -Mari» de Montmann, AleiLandre-Rtiné, chevalier^ attffchë d'ànibassalé dé 

Pi*ahêé à Loa-ires (Ang,eierre)^ et ^tilt de Saâr, vtargaerile^BlaH^'. . 
Aà^GibôC, '€ba lés Joseph, employé de rtdministratkm des , té)étfapb^ ^ 

Mile Malcfcliii^ Aube Etéoii0re>Ghal4olt«. ' . - , ^ 

M^xirtiBî Ëtiènne-Soseph, négodaol, etMlk Ptsâtrctle, C^g^ndé^Alioé. 'I '^ • ^ 
M.-3âiif^et; Désbé^Gâstave» chaudreniii^r, et lEfe^TraBsoD, Altt^Àui;uiititls. 
M. Batlly, Jules Médé^c-Desiré, vioraron, ex-K:«poral aé 47* dé ligbe, et 

Mile TiiierceliDi R<^8e- Joséphine-Thaïs, doraostique. 
M^;^reauy Jean^^a^o,.etM^Gaiuiery Fran^isç-yi^loirQy domMliqtié. ' 

*•-** ■-'••:.':':.' ' ■ .'■.'■. 

r • ' ' , ;. À/- ' ^ . •'' if^Usmces. ■ ' • . 

Dngiié)y^^nlii»e-iufe, ru^^^ , . ; . . i 

Duchesue, LueiJtf-»&^^ ;' ' 

Porclïer, L^^iiS-EUgefire' 7aaDoùrg Bannier. . 

P.erihîer, Marie- àrine-Thèclc, me Giiillerault. . 

DeiS»au, Cliarles-Vjctor-Ertiile, rue du Chàtetet. 

Re^ien, Ernest, faiibourg Bannier. ^ 

DutiiiiS; Jules Ga&tbù,- rue S]tinte-€a(beriiie. 

Sicàrd, Marie-Margi»eFile,.rué Bourgogne. 

Lahlèe^ Henri, rue des < haits- Ferrés, . 

Poirier, Jt*afii)e- VI mie-fimiiie, nie Tieille-^olcrae. 

Creusilltit, JitHietté-Marie-GeràiaiQe, feobovrgfiafléittr. 

Gousset, A ugusiine-Clémeneè. rue de» ttôtellèri^.; ' 

FoDiaine, Feioand-hugène, Caubourg Ma4fAeiiM*; 

Pereùa, Marie-tVttîtoire. rue EretonaeriB. 

Payeii, Eugène-CQP^nt- Albert, faubourg Saiot-Màrc. 

Cfaîaufour, Marie-Émelîne, faubourg Saint-Mai^c. 

Laboi'de, Eugène- Victor, ^f^ubourg Saint-Marceau ^ 

Loiselle, Jiilietie^E$th^^loliide, faubourg S^iotMarc. 

Lerjn^ flilarie-Loulse^rue.cles Xurcies* 

Robichon (Fernand-Ociîiyp), rue PortA-St-Yiqpent. 

''' .... . '-•' . - : -' 'n" ^ • ; 

M.(|feirvel, Germain-Simon, apprëtei^r d&bas, me, d$S) Hétellories, 64 aot. 
Tèvre .Mic^el-Alex^n^re, fa|^ourg Saint-M^ceau, routé d'OUvet^ 8 adfl ' - | 
M. Périne, Gabriel-Marie, peintre en bâtimeQI.<iy rue 4? la P2>BprBe, 16 an^ | 
Mad. veuve Cabris, néeReuc, Esther, rue Sainte- Anne, 66 ans. 
Oempnois, Auguste- Jean, ruç HCFoivde"B(^, 8 ans. | 

M. Fou^^r Pierre- Amand-Esidore^roprietaire, faubourg Bannier^ 76 an^* 
Mad, pebrày, née Miard (Ani^^-g^^elb), rue Jçiinne-d'Arc, 65 ansk , ' • 
. '■ :«^ ■ -. . : ...• 

Le propriétaire-gikcmi, L'Abbé GEÏ.0T, Gfton.'Jïoj*.. .- 



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-i,. ii 



ORLÉANS. — IMP. EBHEST COLAS, Vl»>A-VXS DU MUSÉl. 



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l 



ANNALES . 

RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES 

m LA 

Ptraissant tous les Samedis, par liyraison de 24 pages. 

IV VOLUME. _ N» 42 — 12 AOUT 1865. 



CiUJBBniaxEm as la scMAntc. 



13 X* DIMANCHE après la PentecOte. 

14 LUI^DI , vigile de l'Assomptîoa. 

15 HARDI, ASSOMPTION DE LA 
MÈRE DE DIEU (anD.-maj.) C'est 
à Jérusalem, selon la tradition plas 
probable, gae la Vierge-Mère foolut 
mourir. C^BSt li , pense-t-on , qu*é- 
tait le tombeau où son corps,^t dépo- 
sé , oà il fot ressuscité et triomphale- 

' tient enlevé par les anges; tootefois, 
cjest k Epbèse que s'éleva la 

gremiîîre cathédrale dédiée k Notre- 
«me, et i|ae se tint le concile qni 
proclatia ses privilèges , ses mérites, 
ses gloires. 

L*assomption corporelle de Marie 
dans le ciel n'est pas nn dogme de 
foi; c'est une croyance de l'Eglise; 
nne tradition qui a inspiré h l'art 
ebi^tten, k la musiaue, a la poésie, 
^ la peinture ses plus beaux chefs- 
d^flôuvre. Parcoure» l'Europe, arrô»- 
t«i^votfs ffevant ces ridies et asti* 

Îines monuments , demandes ee qui 
es a fait sortir de terre avec toutes 
leurs merveilles: C'est la foi à la 
réfiurreetion, H Tassomption, à It 
royauté de Marie, qui « paré le 
inonde catholique de ces grands et 

^ poétiques souvenirs. ' 

Les Francs, ces fils atnés «eIl*B- 
tkise, MU hommes du mouvement, 

* des bitailles, de la victoire, furent 
les premiers qui portèrent l'image de 
Marie sur leurs blancs étendards. Et 
e'était un beau spectacles que de voir 
nos pères, les représentants de ki 
force et de la vaillance, au milieu de 
la poussière et du sang des combats, 
s'^enouiller devant la bannière de 
Marie. • 



Louis Xni, le 10 février 1638, 
consacrait noire patrie h la Mère de 
Dieu, fusait de la France le royaume 
de Marie, et ordonnait qu'un autel 
lui serait élevé dans toutes nos 
cathédrales, et que YÀtsom^tion 
serait la grande fîfttc des Français. 
Napoléon l*', en homme de génie, 
voulait mêler h son auréole, un ra- 
yon d'une gloire divine et toute 
française, lorsque rendant li la France 
sa fête patronale, il rappela que lui, 
l'homme des conquêtes, était venu 
as monde le jour de l'A$somfttioB, 

16 MERCREDI, SAINT ROCH, Né k 
MontpelJer en 1295, saint Roch, à 
vingt ans, distribua sa fortune aux 

Sauvres, parcourut l'iulie, s^arrèta 
Rome s'y dévoua au soin des pesti- 
férés: victime de sa charité, il Ait mi- 
raculeusement ramené ^ la vie. De re- 
tour dans sa patrie, ii fut arrêté, ieté 
dans la prison, oà il mourut en 1317. 

17 JEUDI, office de l'ocUve. 

18 VENDREDI, office de l'ocUve. 

le SAMEDI, fête de l'Apparition de la 
Sainte Croix (d.-maj.). Constantin, 
paciieataur de^ GaulesL marchait 
contre Mayence, quand il vit dans 
les airs une croix radieuse avec ees 
mots : « Par ce signe tu vaincras, » 
MatUe de l'empire, Coastantiu, 
donna la croix pour étendard à ses 
légions triomphantes, se fit chrétien 
(31)), proclama le christianisme seule 
religion de Templre (813), et se choi- 
sit me Bonveile et lointaine capitale 
par respect pour le Pape, qui déjà 
«tait par la force des choses, comme 
il le sera toujours, le vrai souverain 
de Rome. 



PRIX D'ABONNEMENT 



Oxiéans et le Département. . 5 f.par an. 
Paris et les Départements. . 7 — 
Etranger 10 — 



OH S*ABONK« A ORLÉANS, CHEZ : 

ir. rjÇbbé €ÊLOT, cloître Sie^^roix, 8. . î;«<»j,î{SSlS^' lit h^*SÎ^« li ^" 
M.'^BNfST^CÔLAS. Impriwetr. M. ^.^BÎ^ I^^ i^^^I^^* ^' 

l.^^i^fa:r.^i^^j!ic. I 5:y%"D'ic^ffiNs:pW-u 



Martroi. 



T. Vf. 



'^mUtT^ ÎMf. flwBiT CotAi. Ti»-à.w a« Mw4« ^2 

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CHRONIQUE. 

— Mardi prochain, fêle de FAssomption de la Très-Sainte Vierge, 
Monseigneur confirmera, à 2 heures, dans la chapelle des Religieuses 
Ursulines d'Orléans. 

— Mgr l'Evêque d'Orléans présidera la séance de la Distribution 
des Prix qui aura lieu le mercredi L6 août, dans l'établissement des 
Dames du Saeré-Cioeur. 

— - La Distribution solennelle des Prix sera faite aux Elèves du 
Pensionnat de Nazareth, le mercredi 16 août, à 3 heures précises. 
Cette solennité sera présidée par Mgr l'Evêque d'Orléans. 

— Par ordonnance de Mgr l'Evêque d'Orléans, MM. les Curés et 
Aumôniers, doivent annoncer au Prône de la Grand'Messe, le di- 
manche qui précède l'Assomption, une quête en faveur des Sœurs de 
Saint-Aignan. Cette quête sera faite, le jour de l'Assomption, par 
MM. les Curés et MM. les Aumôniers eux-mêmes dans les églises et 
chapelles du diocèse, et à tous les of&ces de l.a solennité. 

— Le lundi 14 août', vigile de 4a fête de l'Assomption de la Sainte- 
Vierge, Mère de Dieu, est un jour de jeûne ejl d'abstinence. 

Cathédrale. — Mardi 15 août, fête de l'Assomption, à 10 h. 1/2, 
Messe solennelle en musique exécutée par les élèves de l'école nor- 
male, les chantres de la cathédrale et plusieurs artistes de laf ville, 
suivie du Te Deum auquel assisteront toutes les autorités. Le soir, 
après Vêpres, aura lieu la procession extérieure, suivant le vœu de 
Louis XUL La même procession aura lieu dans toutes les paroisses 
d'Orléans entre Vêpres et Compiles. 

Paroisse de Saint-Hilaire-Saini-Mesmin. — L'Œuvre des aduHes, 
qui promet^ et réalise déjà tant de bien, vient d'accomplir sa première 
ann^e. A cette occasion, nous apprenons que M. l'abbé Vieugué, le 
zélé curé de la paroisse et le fondateur de l'œuvre, organise une fête 
pour le dimanche 20 août, à 4 heures du soir. 

M. l'abbé Clesse, vicaire-général, archidiacre, présidera la séance 
où sera lu le premier rapport sur cette Œuvre, éminemment propre 
à former dans les campagnes aussi bien que dans les villes, des 
hommes instruits et de bons chrétiens, et distribuera lui-même des 
Diplômes d'honneu,r à tous les membres qui font partie de l'association 
depuis son origine. 

Œuvre du catholicisme en Pologne, ~ Le R. P. Adolphe Perraud, 
le prédicateur du carême de 1865 -à Orléans, vient, comme président, 
de publier un quatrième compte rendu, dans lequel il rappelle que la 
ville d'Orléans s'est montrée très-généreuse en faveur de l'œuvre du 
catholicisme en Pologne. 

' Ce rapport, qui intéresse tout particulièrement nos lecteurs, n'a 
pu, à notre grand regret, être reproduit dès aujourd'hui, mais il sera 
publié dans les Annales samedi prochain. 

Toutefois, nous nous empressons de rappeler aux Orléanais que 
cette œuvre qui possède leurs sympathies, a surtout à cette époque de 
grands besoins, et qu'elle possède à Orléans un comité forme avec 
l'antorisation de Mgr l'Evêgue et présidé par M. l'abbé Lagraoge, 
vicaire général ; comité qui reçoit les communications et les secours 
destinés à l'œuvre du catholicisme en Pologne. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 

- ■ ' ■ 7 - ■- ' ' ' ■■.■■■■■. . . .. - . I . „ , . : - ...jg 

ORLËAI^S, Vendredi II km. 



DISCOURS 

PRONONCÉ A LA DJSTRIBLTIOK SOLENNELLE LFS PRIV DU PETIT-SÉMINAIRB 
DE LA CHAPELLE 

Le lundi 31 juillet 1865 , 
Par M. HETSCH, Chanoine Honoraire, Supérieur. 

monseigneue (1), 
Messieurs^ 

Le premier besoin que j'éprouve en ouvrant cette fête de 
famille, c'est de vous remercier^ Monseigneur, de l'éclat que 
vous y apportez par voire présence. 

Nous regrettons que celui dont la sollicitude paternelle veille 
toujours sur cette oiaison, soit, cette année, retenu loin de nous 
par les fatigues d'une santé qui se prodigue et s'épuise au ser- 
îieede l'Eglise. 

Pour consoler nos regrets, Monseigneur, vous êtes venu, vous 
dérobant aux désirs de vos propres enfants, et retardant pour 
eux le jour d'une solennité semblable. 

Pourrai-je vous dire toute notre reconnaissance et notre joie? 

Elles brilient de toutes parts, vous pouvez les lire dans i'épa- 
Qoaissement sympathique de cette assemblée, dans les regards 
rayonnants de cette jeune famille, devenue tout à coup la vôtre, 
et si heureuse de saluer en vous la splendeur d'un nom cher à 
la France, de vénérer un prince de l'Eglise, et pour ne pas ou- 
blier un titre qui honore en quelque sorte ces enfants eux- 
mêmes, un disciple privilégié de leur propre Evèque : en dis- 
tribuant aujourd'hui ces couronnes , MonseigJieur, vous vous 
raj^llerez celles qui furent déposées autrefois sur votre front. 

S'il est triste. Messieurs, de voir une ôme immortelle ense- 
velie dans la chair et pour ainsi dire confondue avec elle, n'est- 
ce pas un aimible et mvissant spectacle que celui d'une âme 
jeune qui s'épanouit sous le soufitte de la grâce, qui se déve- 
loppe et se transforme chaque jour, et qui, maiMîhant de vertus en 
vertus, remonte à la beauté de son origine, et finit par se fixer 
heui-eusement dans l'amour et dans le culte inviolable de Celui 
qui est le vrai infini, le beau infini, le bten infini, Dieu lui- 
même. 

(1) Monseigneur de La Tour-d'Auvergne, archevêque de Bourges. 



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268 ANNUB8 

Cette ascension glorieuse de Tâme qui est Thonneur et le but 
de Téducalion chrétienne, n'a pu se faire que sous l'influence 
et avec le concours d'auxiliaires nombreux, venus, les uns du 
ciel, les autres de la terre, et dont Tannée dernière, à pareille 
époque, j'ai fait le dénombrement. 

Puisque cette année encore, par une nécessité que je regrette, 
il me faut porter la parole, je m'attacherai en particulier aux 
instruments de l'Education intellectuelle, à ceux de ces utiles 
auxiliaires qui s'adressent à l'intelligence , et j'indiquerai de 
quelle manière, la conduisant à la vérité, ils la ramènent par là 
même à Keu. 

Trois degrés se superposent, comme trois escarpements 
d'une même montagne, pour conduire l'homme au sommet de 
son développement intellectuel ici bas. 

Le premier degré, c'est vous qui l'occupez, mes chers Enfants, 
vous qui faites encore vos études ou, comme on le dit, vos 
humanités, mot vulgaire, mais dont le sens est profondément 
vrai, puisque les humanités qui cultivent dans l'enfant le don 
de l'intelligence et celui de la parole, élèvent l'homme tout 
entier, et le rendent plus homme, en perfectionnant en lui les 
plus hautes prérogatives de la nature humaine. 

La voie la plus sûre pour atteindre ce but sublime, est d« 
commepcer par l'étude des Langues. Vainement a-t-on essayé 
de substituer à ce premier exercice intellectuel, soit les mathé* 
matiques, soit les sciences naturelles. Les résultats ont tou- 
jours abouti à justifier la méthode transmise par la tradition. 

C'est qu'en effet la parole est Tauxiliaire inséparable de la 
pensée, et la connaissance des mots est intimement liée à la 
connaissance des choses. 

Cette étude met en jeu toutes les facultés de l'homme, elle 
se proportionne à toutes les évolutions de son intelligence, die 
répond à tous les besoins de sa nature. I^ manière dont se fait 
cette étude prélfniinaire du langârge, décide à peu près du 
succès de Tœuvre entière. 

Que ce soit^ avant tout, l'étude raisonnée et solide des règles 
de la langue maternelle qui initie^ dans le premier âge, ces 
jeunes intelligences aux premiers éléments de la grammaire 
que l'on dédaigne si souvent mais où Saint*Augustin sentait je 
ne sais quelle force divine : Grammattcœ penè divinam vim. 

Cette mystérieuse et puissante harmonie des mots, des idées, 
et des choses, laquelle constitue le bon sens humain, un toiê 
bien étudiée et comprise, autant que ces jeunes infelh'genM^ 
peuvent la comprendre, tout est gagné. On peut alors pasaer, 
soit à l'étude des langues anciennes, grecques ^ latines, let 
plus belles que l'homme ait jamais parlées, soit à l'étude dfli 
langues vivantes et modernes dont la science <tovient de plus 
en plus nécessaire, grâce à la multiplicité des rapports entre 



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KEUGIEUSES CT I4TTÉ&AI&B8. 

les peuple di^^rst grAce aux ^rpgpèa de la science qui doaue 
ces ailes du feu ou die la foudre» a toutes les relations interna^ 
tknales. 

La langue maternelle une fois bien connue, ta connaissance 
de toutes l^mutres langues sera plus facile à acquérir. 

Mais malbeur au contraire à Téducation qui entreprendra 
d'autres études avant celles-là. 

Semblable à Tborticulteur qui ferait ses opérations diverses 
en temps inopportun ou prématurément, elle produira quelques 
fleurs peut-être, mais certainement pas de fruits. 

Aux. classes grammaticales succèdent les classes littéraires. 
C'est alors qu'il s'agit d'initier les jeunes gens à l'art d'écrire, 
d'exprimer convenablement leur pensée. 

Si Tétude de la grammaire a éveillé la lumière dans les pro- 
fondeurs de l'esprit, le travail du style commence à l'en faire 
jaillir avec éclat. Rechercher les beautés du style, c'est perfec- 
tionner le langage dont on vient d'apprendre les éléments, mais 
c'est aussi et surtout perfectionner ta raison. Bien écrire et bien 
dire, c'est, avant tout, bien penser, trouver des pensées justes, 
nobles, élevées, sublimes môme quelquefois, si l'on peut. 

Dans ces exercices, l'intelligence a puisé la souplesse et la 
force nécessaires pour s'élever plus haut vers la vérité et vers 
Keu, pour monter ce degré supérieur des études classiques où 
l'attend la philosophie. 

En prononçant ce mot, je suis heureux et je m'empresse de 
louer la pensée qui, modifiant les programmes universitaires, y 
a fait une place d'honneur où la philosophie retrouve sa dignité 
et son nom. 

Il est bien inutile aujourd'hui de combattre les prtlentions 
qu'afTichait nagiière une philosophie trop confiante en sa force, 
et "dont les partisans eux-mêmes, au moins les pl'is sages d'entre 
eux. ainsi que les résultats pratiques, ont démontré Finanité. 

Mais que dirai-je de la valeur réelle d'une saine philosophie et 
des services qu'elle rend à de jeunes esprits ? 

Son premier bienfait, c'est de leur procurer cette justesse et 
celte clarté des idées, cette solidité du raisonnement, cette mé- 
thode, cet ordi*e, nécessaires, soit pour les conduire eux-mêmes 
à la découverte de la vérité, soit pour les. mettre en état de la 
présenter aux autres avec une parfaite évidence. 

Mais cette noble science ne montre pas seulement à la raison 
les voies qu'elle doit suivre ; par ces voies mômes elle la conduit 
jusqu'aux plus hautes vérités. 

Tout ce que le bon sens humain et la tradition, tout ce que le 
travail des siècles et les méditations des sages ont trouve et 
enseigné de plus élevé sur Dieu et l'homme, et le monde et les 
relations qui les unissent, la philosophie le livre à ses jeunes 
disciples, en se proportionnant à leur capacité. Non-seulement 



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210 iKiriLBff 

elle leur expose ces vastes doctrines, mais elle en faSl, en quel- 
que sorte leur propriété, en leur apprenant à les conquérir 
eux-niôîrps, c'est-à-dire à reconnaître dans leur propre raison 
la preuve de toutes ces vérités. 

On a parlé des dangers qu'une pareille philosophie fait courir 
à la foi. Je ne crois pas beaucoup, pour mon compte, à ces 
dangers, et il faut bien que TEglise n'y cmie guère non plus, 
puisqu'elle n'a cessé de fa défendre et de la recommander lors- 
qu'on là reniait. 

Loin d'Hvc périlleuse pour la foi, lorsqti^elle est sagement, 
chrétiennement enseignée, elle lui donne, ce me semble, de 
nouvelles forces et de nouveaux appuis dans le cœur humain. 

Elle apprend, dit-on, à la raison à marcher toute seule. Cela 
est vrai, dans le sens où je l'ai expliqué, mais en la faisant mar- 
cher seule, elle lui fait sentir jusqu'où elle peut aller en chaque 
chose, c'est-à-dire pas bien loin. 

Sur tous ces grands sujets dont elle l'entretient, les perfections 
et les libres volontés de Dieu, la nature de l'homme, les condi- 
tions de l'autre vie, des questions se lèvent en foule , rives et 
pressantes pour lesquelles la raison n'a pas de réponse et fait 
sentir le grand bienfait de la révélation. h 

N'est-il pas aussi un besoin supérieur de notre raison ; celui 
de réunir ses connaissances dans un tout dont les parties se 
tiennent, d'embrasser ses notions diverses dans un système vrai 
et unique, d'un seul coup d'œil, et de contempler en elle le 
reflet de cette beaulé et de cet ordre parfait, caractères mêmes de 
l'intelligence divine? 

Plus une intelligence est élevée , comme l'enseigne saint 
Thomas, plus sesimplifîent ses idées qui étendent alors leur vaste 
compréhension. Dieu voit tout dans une seule idée, idée simple, 
unique, immense, idée qui n'est autre que son intelligence 
infinie. 

Et rhomme dont la gloire est d'imiter dans sa petitesse l'infi- 
nité divine, ressent le besoin d'une idée large et compréhensive 
qui lie entre elles, dans un ordre parfait, toutes les connaissances 
qui sont la propriété de l'esprit humain, dans tous les temps 
et dans tous les lieux. 

Mais où la trouver cette grande idée ? La philosophie déroule 
devant moi les systèmes humains, je les examine ; mais toujours 
je trouvé une foule de notions, de phénomènes qui ne cadrent 
pàé avec le principe général et auxquels il faut faire violence 
pour les y faire entrer. 

Je regarde enfin le système de la philosophie chrétienne. Là 
enfin et là seulement mon esprit s'arrête et se repose à l'aise 
dans la joie de l'unité et de la vérité. 

Du point de vue chréîien , l'univers et tout dans l'univers 
s'explique avec une admirable clarté. Les lois de la nature inor- 



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1BU6IEV«K| WS'J.nTÈSLÀlKES. ^i71 

tganiq^e et de }& seteni^ def U vie, Hiirair iDagpîflque ou brille la 
sagesse et la bonté du Créateur, sont encore le reflet et comme 
la^cénto^épreiive.viâbl&da moi^de invidible qui è&t en nous, 
qui nc^us presse et nous environne de toutes parts, et qui repose 
«urdes lais tout aoalogues. 

; Les nations ne sont plus un troupeay que c nduït le hasard 
dans les champs «de Tespace et du temps, riiumanité marche 
;veis un but, vers ce but qu'a fait entrevoir la sublime éloquence 
de Bossuet-' Toutes les vicissitudes des existences individuelles 
ontelies-^mômes le^rraisoQ. En. un mot le christianisme, sup- 
:p0sé vrai,' fait tout rentrer dans un cadre où règne une harmonie 
parfaite, donne de toute chose ur^e* explication satisfaisante et 
assurée, ce qui m*a toujours paru, indépendamment des autres 
preuves, établir manifestement la vérité du christianisme^ et 
eottslituer en dernier lieu , le plus complet critérium de; vérité. 

L'enseignement de la philosophie, qui conduit si naturelle- 
ment rintelligence dans les. bras de la foi,. la préparé encore à 
Tétude des sciences spéciales dont elle a d'avance éclairé le 
champ de ses hautes lumières; à l'étude de ces sciences qui for- 
ment le dernier degré de cet enseignement, et vont se disputer 
le jeune homme au terme de la carrière classique. 

La science, digne de ce nom, qui ne se contente pas de cons- 
.tater les faits et d'entasser les phénomènes les uns sur les 
■autres, mais qui remonte aux principes et aspire à l'intelligence 
des lois, rend aussi de sublimes hommages à la vérité et aux per- 
feclions de Dieu. 

Quel que soit le nom particulier qu'elle porte, quelleque soit la 
sphère où elle déploie son activité; celle de l'histoire ou des 
mathématiques, celle du monde physique ou du monde moral, 
partout, comme je l'insiimais tout à l'heure, elle retrouve 
l'image ou le vestige du Créateur, partout elle saisit les liens 
mystérieux qui rattachent ces deux mondes, le visible à l'invi- 
sible, le fini à l'infini. 

Sans doute, la science vulgaire, étroite et superficielle, ne fait 
qu'entrevoir dans une ombre douteuse, ou ne soupçonne pas 
même l'existence de ces magnifiques secrets. Pour en avoir la 
pleine et sûre révélation, il faut des connaissances étendues et 
profondes, une science qui embrasse les ensembles et saisisse 
encore nettement les détails. 

On ne saurait recueillir trop de lumières pour bien démêler 
les traits de l'ouvrier divin, imprimés en si grand nombre et 
avec tant de délicatesse jusque dans les dernières profondeurs 
de la nature et de l'homme ; il y faudrait, je n'ose dire, le génie 
de Ja science, mais le goût, les aptitudes, le zèle, la flamme 
sainte, ce que les x livres saints appellent si bien l'esprit de 
la science : Spin'tus scient iœ. 



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f/avez-voos reçu cet esprit d*eâ faèut? Ne résistes pas à ses 
inspirations. 

Le but que Vindique h vos regards est èien élevé sans doute. 
La difficulté de là tâdte est grande ; niais vous avez pour vous 
deux auxiliaires plus forts que toutes les difBcultéSr Dieu^k 
fMps; le temps qui s'ouvre si large devant votre jeunesse, et 
vous permettra, si vous lui êtes fidèle, de gravir avec le calme 
et la sûreté nécessaires, les nombreux degrés de la science: Bieu 
surtout, qui vous tiendra d'autant plus volontiers la main, qàe 
vos études vous élèveront directement à lui. Avec Diea ne pouvez- 
vous pas répéter d'avance l'humble et magnanime parole : 
Omnia possumin Eo qui me confortât. Je puis tout en Gelai qui 
me fortifie. 

Elle aurait pu être, ce me semble, \È devise des Ecoles chré- 
tiennes. Il n'est aucun problème, ds quelque ordre qu'il fût, si 
redoutable qu'il paiût a Tintelligence, qu'elles n'aient eu la 
hardiesse d'aborder, et le plus souvent, Thonneur de résoudre. 
Mais aussi le Dieu des sciences était toujours présent à la pensée ; 
la prière s'élevait sans cesse vers l'image du Christ et de la 
Vierge, sa Mère, qui paraissait de tous côtés, autant ce me 
semble, pour exciter l'ardeur des esprits que pour en contenir 
les témérités. 

Naguère encore, me serait-il permis de rappeler ce souvenir, 
naguère encore, dans la vieille église de la Sorbonne, en pré- 
sence des maîtres du savoir, une bouche éloquente que la mort, 
hélas ! vient de fermer avant le temps, saluait Marie Reine 
des Sciences, et l'implorait, sous ce titre, au nom des philosophes 
et des jurisconsultes, comme au nom de l'histoire, des arts et de 
ta théologie. 

Si le langage était jeune, la doctrine était ancienne, comme 
l'Eglise, qui a toujours vénéré en Marie le siège privilégié de la 
Sagesse, Sedes Sapientiœ, l'aurore qui a donné au monde sa 
lumière, celle qui, assise dans la gloire à côté du Christ, son 
Fils, puise librement dans la source, toujours ouverte, de la 
vérité, et en verse les rayons sur les ûmes qui se tournent 
humblement vers elle. 

Je m'arrête à ces pensées pins longtemps que je ne devds 
peut-être, mais mon cœur ici se dilate. 

Je *ne me refuserai pas, mes chers Enfants, la joie de vous 
rendre ce témoignage : oui, dans ce qui touche le culte de la 
fteine des Sciences, vous n'avez pas été infidèles aux bonnes 
traditions des Ecoles chrétiennes; non-seulement vous l'ava 
honorée par vos prières et le culte d'une filiale piété, vous l'avez 
vous-mêmes choisie pour le sujet de vos chants, vous avez à 
l'envi célébré sa gloire dans de poétiques travaux. 

Monseigneur, puisque j'ai découvert devant vous ces pieux 



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&£LI6I£US£S ET LinÉBAIKES. 273 

secrets domestiques , j'oserai , en terminant, vous demander 
d'accorder à deux élèves de seconde la permission de voua 
offrir un recueil de 1,200 vers, œuvre de leurs rares loisirs en 
ces derniers mois de Tannée, et dans lequel ils ont essayé de 
développer une des plus belle» expresvsions de la piété catholir 
que, les Litanies de la Sainte-Vierge, 

Ces modestes chants sont déûiés h Notre-Dame du Sacrer 
Cœury dont le sanctuaire, cher à votre piété et consacré par vos 
mains, s'élève avec un honneur toujours croissant dans voti* 
diocèse 0). 

Si la poésie de ces vers n'égale pas celle qu'applaudissait le 
Petit-Séminaire de Saint-Nicolas, peut-être le nom sous les 
auspices duquel ils vous les présentent, vous les fera agréer. 

Ils vous les offrent d'abord comme un remerciement; car, je 
suis heureux de vous le dire, votre présence , Monseigneur , est 
un bonheur et une gloire pour nous ; et ensuite comme une 
prière, vous demandant d'être leur intercesseur auprès de la 
glorieuse Vierge, et de remettre dans son sein maternel leurs 
àudes, les années de leur jeunesse, leur avenir, ainsi que l'a- 
venir et toute la destinée de tous ces chers enfants* 



L'aUé Félix Brandelit* 

Dans le discours, sur les prix de veriu^ que M. de Sainte- 
Beuve prononçait jeudi dernier, à la séance publique et annuelle 
de l'Académie française, nous trouvons la vie et les travaux d'un 
des modestes curés de campagne, comme on en rencontre tant 
dans les rangs du clergé de France, retracés et appréciés en ces 
termes: 

L'abbé Félix Brandelet , curé de Laviron (département du 
Doubs), a été signalé à l'Académie par une sorte da rumeur et 
de dénonciation publique venue de la contrée qu'il habite et où 
il exerce son ministère dépolis quarante ans. Qu'a donc fait ce 
simple curé, qui le lire du pair d'avec ses humbles confrères les 
desservants? Dès son début àBurnois (1825), la maison d'école 
des petites filles ayant été incendiée, il en fit bâtir, presque 
uniquement à ses frais, une autre qui coûta plus de 3,000 fr., 
sur lesquels la commune ne put fournir que la minime somme 
de 400 fr. La charité de M . Brandelet a fait tout le reste. 

'(1) Allusion à la belle église de Nolre-Dame-du -Sacré-Cœur , élevée 
à Issoudun par les prêtres du Sacré-Cœur, et consacrée l'année 
dernière par Mgr l'arcnevêque de Bourges. 



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274 iJfllALES 

A Villars-lez-Blamoût, village mixte, comme il en est plusieurs 
à cette frontière, une seule petite église était possédée en com- 
mun par les deux communions, et les cérémonies du culte s'y 
faisaient successivement. Il en résultait des inconvénients, nui- 
sibles à la tolérance même. L'abbé Brandelet en avait été frappé 
dès Tenfance, car il est né dans ce village; il avait formé le vœu 
de le doter un jour d'une église pour les catholiques seuls ; et 
cette pensée, il l'avait eue moins dans un esprit de division que 
dans un esprit de charité, moins poursauverie contact que pour 
prévenir tout conflit. Bien des années se passèrent avant qu'il pût 
réaliser ce vœu qui lui était cher ; ce ne fut qu'en 1849-1830 
qu'il lui fut donné de l'accomplir. Il avait eu d'abord à faire 
partager son idée à ses supérieurs et à quelques personnes pieuses 
qui lui promirent leur secours. Simplicité et àésintércssement, 
c'étaient ses moyens de persuasion. II réussit dans cette première 
œuvre qui coûta plus de 43,000 fr., et à laquelle il contribua 
personnellement pour 3,000. Ce fut le point de départ des autres 
œuvres et des sacrifices de tout genre dans lesquels il n'allait 
plus s'arrêter. L'église de Villars n'était pas terminée que déjà il 
fondait dans le même village, et de ses deniers encore, un éta- 
blissement de deux sœurs de charilé pour l'instruction des jeunes 
filles du lieu et pour soigner les malades (1850): c'était décidé- 
ment une vocation. 

Encouragé, enhardi par son premier succès, l'abbé Brandelet 
f-frppii! .' 5 bâtir une église dans sa paroisse même, à Laviron ; 
ia .. illc c^iise, insuffisante pour contenir les fidèles, avait de 
plus l'inconvénient grave da menacer ruine. Le vœu des habi- 
tants ùtait unanime ; il ne s'agissait que de trouver Targent: On 
fit ur.e première souscription , à ia condition expresse que ce 
serait le curé qui présiderait à tout. Le cooseil municipal de la 
commune vola des fonds, à cette même condition également. 
Mais, malgré cette bonne volunté et ces avances de premier 
mouveinent, c'était ici une lourde machine à mouvoir ; on était 
loin du compte en commençant. On juge des efforts que le curé 
de village dut faire. Que de démarches ! que de sollicitations ! 
que de quêtes! et aussi chemin faisant, et à plus d'une porte, 
ainsi qu'il arrive en pareil cas, des humiliations et des refus. 

Le bon curé se mettait sur les bras des entreprises énormes , 
en apparence impossiblea, qui lui devenaient une source de tri- 
bulations. C'est ainsi que, pour bâtir son église de Laviron, il 
dut lui-même présider au transport des matériaux, à l'achat des 
bois de construction ; c'est à lui qu'on s'adressait pour solder les 
dépenses, payer les journées de travail : cela dura plus de deux 
ans (1859-1861). Il faisait face à tout, à la fois architecte, entre- 
preneur de travaux, directeur de l'atelier des ouvriers, leur 
médecin quelquefois, leur providence toujours, profitant de la 
circonstance et des contre-temps même pour ramener les dé- 
bauchés ou prêcher les ivrognes. 



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B£LIGIEUSCS ET LITTÊRAIBES. 275 

Au fond, je ne répondrais pas que Tabbé Brandelet n'ait pas 
un faible pour la bâtisse ; que ces embarras môme que j'énumère 
ne l'aient pas attiré et charmé quelquefois ; mais s'il se mêle 
involontairement ujt sourire au récit de ses vertus, il est vite noyé 
dans une larme. Le cardinal archevêque de Besançon, en nous 
attestant de sa main la vérité des faits qui concernent ce digne 
prêtre de son diocèse, ajoutait : « Je sens couler mes larmes en 
écrivant ces lignes, comrpe elles ont souvent coulé pendant que 
je bénissais le bon abbé Brandelet pour ses œuvres toutes de dé- 
tachement, de zèle, et d'une persévérance vraiment admirable. » 

L'abbé Brandelet s'est surpassé en dernier lieu par l'achat 
qfu'i 1 fit, à ses risques et périls,- de l'ancien château-fort de Blâ- 
ment, mis en vente par l'Etat en 1859. Il n'hésita pas à s'en 
rendre adjudicataire pour une somme de 13,500 fr. qu'il n'avait 
pas, qu'il dut chercher: sur ces entrefaites, un spéculateur lui 
offre 25,000 fr. pour lui racheter le château : fi donc ! Mais la 
somrie nécessaire, indispensable, dont il est en peine, il la 
trouve enfin ; il la dépasse aussitôt, il fait faire dans le bâtiment 
les réparations et appropriations convenables, en vue d'y établir 
un pensionnat, un orphelinat et un ouvroir pour les jeunes 
filles, trop exposées dans les fabriques horlogères et autres dont 
le pays est couvert. Voilà, messieui*s, le plus beau titre, l'œuvre 
maîtresse, pour ainsi dire, de ce brave prêtre qui est de ceux qui 
parlent peu et qui agissent beaucoup. L'établissement de Blâ- 
ment, cédé et abandonné par lui inx religieuses appelées fillea 
de la Retraite chrétienne, aux conditions, est-il besoin de le 
dire? les plus gratuites et les plus généreuses , est aujourd'hui 
en exercice et a commencé de fonctionner. 

Dans le mémoire détaillé que j'ai sous les yeux, on évalue à 
près de 133,000 fr. ce qu'ont pu coûter toutes les fondations 
réunies, dues au zèle et à l'initiative de l'abbé Brandelet, et il n'y 
a pas contribué de sa bourse pour moins de 30,000 fr. Aussi, 
après avoir vendu pièce à pièce son bien patrimonial, est-il resté 
endetté d'un tiers de la somme, dont il sert les intérêts. 

Ecoutons un témoin fidèle, dans son langage le plus simple : 
« Quoique ne se plaignant jamais, M. l'abbé s'est trouvé souvent 
dans le besoin ; je lui ai, de mes épargnes, acheté par trois fois 
une soutane, et je connais un monsieur qui lui a acheté souliers 
et chapeau. » L'Académie demandée l'Eglise la permission d'aller 
choisir et distinguer jusque dans ses rangs l'un des plus méri- 
tants et des plus humbles, Tun de ceux dont on peut dire véri- 
tablement qu'ils sont dévorés du zèle de la maison du Seigneur : 
elle décerne une médaille de première classe à M. l'abbé Bran- 
delet. 



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276 AiiiiÀLes 



Notre mot sur l'an« des. questions actuelles. 

Le discours de M. Dupin au Sénat contre le luxe des femmes, 
a soulevé dans le monde élégant une véritable teqipête. Tous 
les salons de Paris se sont émus; on a jeté les hauts cris. Plus 
de vingt brochures indignées ont fondu à la fois sur l'auda- 
cieux orateur, et la campagne a été menée vivement, sinon très- 
heureusement. Nous le savons, si plusieurs de ces répliques 
superbes accusent Tliabileté littéraire, la souplesse ingénieuse 
de l'écrivain, toutes trahissent au même degré l'étrange aveugle- 
ment de l'esprit moderne. 

Aujourd'hui le luxe n'est plus comme autrefois une faiblesse 
qu'on regrette, un désordre qu'on déplore, c'est une nécessité 
sociale qu'on proclame avec confiance ; c'est un principe, ua 
système public qu'on défend avec énergie. Le temps présent ne 
prend plus la peine de rougir de ses fautes, ce serait trop humi* 
liant; il les consacre en plein jour avec solennité. Si ce n'est 
pas plus honorable, c'est sûrement plus commode, et, en défi- 
nitive, cela éloigne bien des embarras. La conscience publique 
s'y trompe et se fausse; ses remords à la longue s'endorment, 
et ce sommeil n'est pas médiocrement précieux pour un temps 
comme le nôtre. 

Voilà, sans aucun doute, un étrange, un fatal retour deè 
si{'c>^ modernes vers le paganisme : comme les Romains et les 
^'iVL. . les mondains font aujourd'hui l'apothéose de leurs pen- 
chants mauvais. 

Ecoutez tous ces orateurs, ces Poètes de notre société sen- 
siialiste : le luxe est le mobile de l'industrie, le promoteur du 
travail, l'unie du commerce, le souffle vital de la société mo- 
derne. Le riche y trouve sa gloire, le pauvre son bien-être, la 
fortune publique sa prospérité. C'est le bon génie de notre 
époque ; et s'il venait à s'envoler, quel grand mouvement tom- 
berait, que d'industries s'écrouleraient, que de brasseraient im- 
mobiles, que de bouches seraient sans pain, que de menaces gron- 
deraient et peut-être que de coups de tonnerre éclateraient! Au 
dire de ces nouveaux apologistes rien ne serait plus redoutable 
que l'amoindrissemet au luxe, et le retour vers la modération 
chrétienne. 

Etonnez-vous après cela si le mai gagne de toutes parts, si 
les plus hautes fortunes sont en péril, si les plus petites se 
brisent en efforts insensés, si de glorieux patrimoines s'éva- 
nouissent en de folles et honteuses somptuosités, si la vie pri- 
vée et la vie domestique» se sacrifient les yeux fermés au vain 
éclat de la vie publique, et si toute existence soulTre et gémit 
du haut en bas de la société, pour la gloire et l'étrange bien- 
être de cet être impersonnel qu'on appelle le siècle! 'Toute vie 



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AELIGIEUSES ET LITTÉKAIBES. 277 

pleure et se désole pour les dévouements qu'on lui impose : on 
force les uns à consommer, Jes ajilres à produire : un joug de 
fer courbe aveuglément toutes les têtes, et ce temps n*est qu'une 
grande immolation, un vaste et terrible holocauste, où je vois 
bien les victimes. 

Vous prétendez que ce luxe est la richesse de notre époque? 
Mais vous ne voyez donc pas que c'est lui qui en dévore au 
contraire toutes les gloires et qui en épuise toutes les richesses? 
Qui donc amoindrit le pain du pauvre? Qui tarit en nos mains 
les dons volontaires qui devraient tomber chaque jour dans les 
siennes? Qui introduit l'embarras et la gêne dans les fortunes 
les plus larges, et qui met à la torture les existences qui ont te 
plus reçu de Dieu et de la société? La part du misérable et son 
budget sacré, qui donc les rogne sans cesse, et les dévore sans 
pitié au fond de nos coffre-forts? C'et>l le luxe. 

Sous des couleurs ondoyantes et doucts, il nourrit des ap- 
pétits féroces, et c'est lui qui déchire en secret les vêtements 
des malheureux, et qui mange chaque jour leur pain. Les Egyp- 
^ tiens caressaient de terribles monstres, et leur rendaient uti 
culte public. Est-ce que nous ne ressemblons pas un peu à ces 
peuples aveugles? 

Vous prétendez que ce luxe effréné est une source de bien- 
être public? Mais où est la preuve de cette singulière assertion? 
Vous ne regardez donc pas autour de vous? Est-ce que le fait 
capital des temps modernes n'est pas tout au contraire l'ac- 
croissement indéliai de la misère, et le progrès îémesuré, 
épouvantable du paupérisme. Vous parlez de richesse, et je 
n'entends que des cris de misère; vous vantez votre prospérité, 
et ce siècle est plein d'épouvante. 

Mai* si le luxe exagéré appauvrit les misérables et les irrite, 
il appauvrit bien plus encore les riches en amoindrissant les 
trésors de leur âme, et en énervant leur caractère. Ici ce n'est 
plus seulement à la fortune qu'il s'en prend, c'est au cœur. 
C'est là qu'il fait ses ravages , et amoncelle les ruines : 
ruine des vertus qui tombent, des nobles qualit» s qui s'étei- 
gnent, des saintes ambitions qui s'évanouissent; ruines de 
toutes les grandeurs morales et de toutes les gloires invisibles. 
Qui a touché ces races usées qui traînent dans l'histoire leurs 
restes de vie honteuse et leur caractère avili? C'est le luxe qui 
est descendu comme un poison dans les veines de ces peuples, 
et qui ronge au fond de leurs os déshonorés, la dernière énergie 
qui y subsiste encore. 

Et vous direz après cela que le luxe est l'àme de la société 
moderne, et le mobile de sa gloire? Il est simplement la plaie 
des cœurs. Il diminue la générosité, la tendresse naturelle des 
âmes, il développe l'égoïsme, il amoindrit les caractères, il dé- 
vore toutes les forces vives de la société. Ah ! ce n'est point le 



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278 iNNALES 

luxe qu'il faut développer, si vous voulez régénérer le monde; 
c'est l'amour sacré des îlmes et la soif sublime du sacrifice. 
N'enseignez pas à l'homme à jouir, il ne le sait que trop bien 
déjà; apprenez-lui simplement à se donner avec élan, à. s'im- 
moler pour le bien des autres. Si nous savions ce que c'est 
qu'aimer I soyons moins préoccupés et moins fiers des gloires 
du dehors, et songeons davantage à celles du dedans. Que de 
nobles cimes ne descendent plus à de misérables moyens ; qu'elles 
se parent uniquement de leurs vertus modestes et de leur sim- 
plicité chrétienne. Ce vêtemement en vaut bien un autre! il a 
sûrement des séductions moins funestes, et il produit des im- 
pressions plus saines. 



Œuvre des Pèlerinages à Rome. 

Son Excellence le Bailli Alexandre Borgia, lieutenant de 
l'Ordre de St-Jean, vient d'informer M. le comte de Brunet, 
directeur de l'OEuvre des Pèlerinages à Rome, que le conseil de 
son ordre, voulant témoigner sa sympathie pour cette œuvre 
dont le but est en parfaite harmonie avec l'esprit de l'ordre de 
St-Jean, lui accorde une subvention importante. 

Cette subvention, jointe à d'autres sommes servira à la créa- 
tion d'un établissement destiné aux pèlerins de Rome. 

Or, la fondation d'un ofablissement destiné à recevoir lc5: ca- 
ravanes de pèlerins, oiii ira non-seulement aux catholique^' i;n 
général, mais aux chevaliers en particulier un moyen d'union 
et de rapprochement. 

Beaucoup, nous le savons, regrettent depuis longtemps avec 
nous, qu'il n'existe entre tous les membres des ordres de cheva- 
lerie catholique aucun lien d'action, aucune solidarité d'oeuvre 
pie. Le plus beau lien est, sans contredit, celui de la charité, de 
l'hospitalité. Il leur est maintenant offert. A l'ordre de St Jean 
revenait, de droit,, l'honneur et la gloire de poser la première 
pierre de l'établissement des Pèlerins. 

D'un antre côté, Sa Sainteté Pie IX, non content d'accueillir 
avec une bienveillance paternelle et toute spéciale les caravanes 
de pèlerins que l'Ciluvre conduit à ses pieds, a daigné élever 
M. le comte de Brunet au rang de commandeur de Saint-Grégoire- 
le-Grand, et a complété cette haute distinction par des grâces 
particulières. 

Des témoignages de sympathie et d'approbation aussi consi- 
dérables en faveur de l'OEuvre des Pèlerinages à Rome sont plus 
éloquents que de longues apologies. Ils placent désormais cette 
œuvre au rang des plus appréciées et lui garantissent le succès 
qui lui est le plus cher. 

Le départ de la caravane, dite des vacances, est fixé au 



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fiELIGI£US£S ET LITTÉftÂlRES. 279 

dimanche 31 aoû^. Cette caravane sera suivie d'une autre qui 
partira le mercredi 3 septembre. 

Du jeudi 4 septembre au mercredi 10, il y aura des départs 
organisés de Rome pour Loretle. 

Les principales fêtes du mois de septembre sont : Le 8, la 
Nativité; le 17, la fête des Stigmates de saint François d'Assise; 
le 19, la fête de sain] Janvier, le 29, la fête de saint Michel. 

Ecrire franco, selon l'objet de la correspondance, à M. Joseph 
de la Renoudière, à Fraisans, Jura, France, ou à M. le comte 
de Brunet, place d'Espagne, 31, à Rome. B. P. 



Le Choléra en Afrique et en ^ Asie 
(par un témoin oculaire. ) 

Le pèlerinage, cette année, équivalait à sept voyages à la 
Cahaba de la Mecque, c'est-à-dire assurait aux pèlerins sept 
fois plus de jouissances dans le fameux paradis aux beautés 
inénarrables. Aussi les mahométans mouraient-ils avec joie. 
Le choléra, chose incroyable, était représenté par les prêtres et 
derviches de l'islam, comme une récompense précieuse, une 
preuve d'amour du doux prophète. 

C'était un spectacle effrayant, épouvantable, de voir ces 
hommes fanatisés, Ls Tourneurs, les Hurleurs, aux yeux 
hagards, à la bouche écumante, convulsionnaires hideux, montés 
sur des monceaux de cadavres, crier aux vivants et a»ix agoni- 
sants : « Allah! Allah! réjouissez-vous, enfants du Prophète, 
bénissez le fléauqui vous dévore. A vous d'innombrables houris, 
à vous toutes les délices, toutes les joies, toutes les félicités. 
Donnez, donnez à la Cahaba vos biens, votre fortune. Allah! 
Allah ! » Et quand ils ne donnaient pas, les pauvres moribonds, 
on les dépouillait. 

A Djeddah, port de la mer Rouge (Asie), vingl-h ;i mille 
cadavres jonchaient les mes, les places, la plage; à Soakim, 
ville maritime du Soudan (Afrique), les moris ne se comptaient 
plus. Le 1" bataillon du 3^ régiment égyptien nègre avait été 
eïïiporté par le choléra. La route de Djeddah à la Mecque n'offrait 
qu'un immense tapis de corps en putréfaction ; de la Mecque à 
Médine, les chameaux regardaient avec effroi ce pavage humain 
et poussaient leur cri plaintif. 

De deux cent cinquante mille pèlerins, la moitié a servi de 
pâture aux hyènes et aux gypaètes. Les musulmans des Indes 
anglaises, les seuls qui aient eu un contrôle, de onze mille ne 
sont revenus que deux mille cinq cents sur les vaisseaux britan- 
niques qui les avaient amenés. 



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280 



ANNALES 



Mais quand ce pèkrinage a été terminé, quand la fièvre du 
iîanatisrne est ton}bée, alors une panique indicible s'est emparée 
des survivants. On se précipitait corame des forcenés sur le$ 
vapeurs anglais et égyptiens; c'était une furie, une rage qui 
tenait du délire. Dénreucc atroce qui poussait l'égoïsme jusqu'aux 
dernières limites de la lâcheté. On abandonnait femmes, enfants, 
père, mère. On se ruait, ivre de peur, sur les embarcations. Oo 
envahissait les vaisseaux, on montait à l'abordage; le sanç 
coulait, les cimetières se rougissaient, les blessés étaient lancé» 
à la mer. Le choléra! le choléra! cri terrible qui partout reten- 
tissait sur la terre, sur la mer, dans les palais, dans les chau* 
mièrcs. Cri d'appel que poussait l'Ange de la Mort! Toas les 
vapeurs anglais et égyptiens pouvant porter à peine huit cent» 
personnes entassées, en contenaient, chacun,, deux et trois raille. 
Chose étonante, tous payaient, personne ne fraudait, et cepen- 
dant c'était si facile. iVlais en route, l'eau manquait, l'air man- 
quait, les vivres manquaient, la chaleur seule était prodiguée à 
7S degrés, et le choléra triomphant emportait les victimes pâf 
centaines. On jetait à la mer les putrifiés de la veille, les morte 
du jour et ceux du lendemain; le trépassé et l'agonisant, tous 
ensemble, pêle-mêle. 

Le commandant d'un vapeur anglais fut épouvanté des désas- 
tres qu'une pareille prise d'assaut pouvait avoir pour son bâti- 
ment. 11 devait partir dans deux jours; il employa tout son 
équipage à construire sur le pont etàl'entour une forte muraille 
de bambous, haute de trois mètres; fit mettre à l'escalier (juatrè 
marins armés de haches d'abordagepour protéger la montée. A'i 
point du jour, soixante sambouchs (grandes barques arabes a.iX 
mâts élevés) entourèrent le vapeur. Grimpant sur les mâts, !o 
yatagan entre les dents, les musulmans s'élancèrent sur les 
cordages, s'accrochèrent aux bambous ; et, à coups de poignards, 
de sabres, de cimelerres, démolirent ce rempart, inondèrent le 
vaisseau, en un mot le prirent à l'abordage. L'équipage et les 
officiers épouvantés abandonnèrent tout aux envahisseurs. 

Mais il y avait pour ces vapeurs de larges compensations. 
Deux de la même compagnie ont réalisé 800,000 francs de bé- 
néfice net en trois mois de navigation. Toujours dans ces 
grands pèlerinages on verra se reproduire ces terribles épidé- 
mies. Epuisés de privations, de fatigues, d'austérités, dégoû- 
tants de malpropreté, tous ces fanatiques (les hommes seule- 
ment), pour se conformer aux prescriptions du Coran, doivent 
immoler un mouton autour de la Cahaba. Le sang est répandu 
sur la terre ; les intestins, les débris forment d'immenses char- 
niers en plein air. 

L'odeur empoisonnée, à trois lieues de distance, vous suf- 
foque; une chaleur torréfiante met en putréfaction ces hideuses 



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lELIGIEUS^ ET LITTÉBilEES. 381 

dépouilles de 30 ou 40,000 moutons ; et s'il est une chose sur- 
prenaate, c'est que la pest« û'ait pas éclaté cette année, et que 
tout: se soit borné au choléra asiatique* Est-il contagieux ou 
«{W? Ceci n'est pas de ma compétence. Mais il est prouvé par 
l^/faits que toutes les villes par où ont passé ces pèlerins ma- 
ta^v dii3sl que celles où ils sont rentrés, sont toutes atteintes 
4a l'^démie. 

■'i Lg Caire' a payé au âéau un large tribut. Nous avons compté 
iWff îour 1,100 et 1,200 morts. La police môme a cessé d'enre- 
flifiti^ les décès. Le nombre en est trop grand, disait-elle, ce 
Havail nous fatigue. Aujourd'hui, on peut considérer l'épidémie 
comme disparue de cette capitale. Mais tout fbit craindre une 
recrudescence violente, quand va arriver la grande caravane 
apportant de la Mecque le Tapis Sacré. 

Audsî, soyez certain que le vice-roi, qui s'est enfui le premier 
aMx approches du choléra, ce souverain, ce père, cet époux qui, 
mi moment du danger, a abandonné sujets, enfants, femmes, 
loyez certain que cette peur couronnée ne rentrera pas dans ses 
Stots avant que le Tapis Sacré, qu'aux termes de la loi religieuse 
lui-même doit recevoir, n'ait fait ses preuves bien constatées de 
salubrité 

Ismall Pacha, Ismaïl Cawagi^ prince maudit d'Allah, prince 
qui a le mauvais œil et qu'on ne peut approcher qu'en faisant 
te signe cabalistique des deux doigts, disent hautement les mu* 
sulmans, assez de fléaux! ^'iifONDifioN, l'épizootie, les sautk- 
i^LES, Là FAHiiifE, LE GHOLÉBi ! Tout en dcux aunées de règne, 
Pûtalitéf Et les vrais croyants secouent la tête d'un air plein 
4b. menaces, et le nom de Moustapha-Pacha, le futur vice^roi, 
est dans toutes les bpuches. 

Voilà ce qu'on entend de l'Abyssinie au Delta. 

Quoi d'étonnant qu'un sauve-qui-peut général ait suivi son 
départ? Plus de quarante mille personnes du Caire et d'Alexan- 
drie ont émigré. Je ne dirai pas gue les poltrons seuls se sont 
«aavés lâchement; mais j'affirmerai que les braves seuls, les 
boïnmes de cœur sont restés. Honneur à eux ! ils ont bien mé- 
rité de l'humanité. Honneur à la France I car au milieu de cette 
détoute générale, seule, elle a porté le drapeau de l'espérance, 
te drapeau du ralliement et de la lutte à outrance; mais elle l'a 
porté si haut qu'il a su attirer les regards de tous. 

Laissons dans l'oubli, couvrons de notre mépris les déser- 
Iciirs; à leur gouvernement, ou, à défaut, à leur conscience le 
«oin de les châtier. Le comte Raoul du Bisson. 



i: 

î 



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é82 iHNALES 

NOUVELLES. . 

Ângouléme, -— Le R. P. Ponteneaa de la «ièîété' de Saîfetc- 
Marie, bien connu et apprécié dans le Diocèse d*Orléâns, vtent 
de prêcher une retraite aux pénitentes du Bon-Pastéur d'An- 
goulême. Rien ne saurait peindre îe recueiUement profond^ la 
joie douce, la tendre piété de ces pauvres filles. Nous l'avoi^ 
dit souvent, les fidèles du diocèse n'ont point assez «ompris 
encore, ou ont trop oublié la beauté de l'œuvre diré^enoe qfA 
s'accomplit dans ce njodeste raonagtèrç. Plus de quatre-vingts 
jeunes filles, l^s unes purifiées par le repentir, lés autres pré- 
servées dans leur innocence, s'élèvent loin des bruits du monde, 
et sous la direction d'admirables religieuses, à la plus liaute et 
à la plus solide vertu- Elles vivent comme des solitaires, et 
meurent comme des saintes, sans que la Cité songe à elles, et 
se préoccupe de leur envoyer le pain qui leur manque souvent. 
Veuille Dieu toucher directement quelques-unes des nobtee 
âmes de ce diocèse, et diriger leurs dons et leurs aumônes vers 
cette obscure et pieuse maison, où if se ftiit peu de bruit, mm 
où l'on fait tant de bien î 

Saint'Brieiic. — Le couronnement de Notre-Dame-d'Espé-» 
rance a eu lieu dimanche 30 juillet, à Saint-Bi'ieuc , avec une 
grande pompo, et le temps a favorisé cette pieuse cérémonie, 
Mgr révêque de Saint-Brieuc était assisté de Mgr l'archevêque 
de Rennes, qui a prononcé le discours à la cathédrale; de Mgr 
l'évéque d'Aire, qui a pris la parole au reposoir de la place 
Saint-Pierre, de Mgr l'évêque de Nîmes, qui a prêché à l'office 
de la soirée à Notre -Dame-d'Espérance, et de Mgr Sohier, 
évêque de Cochinchine. L'allocution, au moment du couronne- 
\ ment, sur la grande place, a été prononcée par le H. P. Alexis, 

l de l'ordre des Carmes. Une magnifique illumination a terminé 

} cette grande journée. 

1: Marseille. — Nous lisons dans la Semaine Liturgique de 

5 Marseille : Plusieurs journaux en France et à l'étranger, ont 

! cru pouvoir se faire l'écho de divers bruits sur la démission 

^ qu'aurait donné Mgr Cruice, sur sa nomination au chapitre 

\ impérial de Saint-Denis, etc. Nous sommes heureux d'être au- 

I torisé à démentir ces nouvelles, et nous prions nos confrères de 

I - la presse religieuse de vouloir bien reproduire cette rectifica- 

I tion. 

^ Paris, — En ce moment, on s'occupe beaucoup d'Abd^el- 

I Kader, notre ancien ennemi, que le caractère français nous fait 

r accueillir conime un ami. On prête à l'émir des mots tournés 

-; avec une délicatesse toute française. Ainsi, passant h Marseille, 

r^ devant la Préfecture, il aurait dit : « Les monuments sont la 

t^ langue des langues. Ils parlent toujours' et disent aux généra- 

p: tions qui se succèdent la grandeur et la puissance de leurs 



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ftEUGIEOSBS Et tI7TÉlÀiaES. 2fô 

aïeux. » En voyant nos vieilles et majestoeusês cathédrales , 
que ne dira donc pas Tancieh chi^f des Bédouins? Ce sont là 
assurément des monuments dent la langue est fiulssamment^lo^ 
quente pour raconter aux générations quelle a été la robuste toi 
de nos pères. Ne serait-il pas curieux qu'Abd-el-Kader comprit 
mieux ce magnifique langage que certains écrivains de noa 
Jours? * 

Borne. — Une société a été fondée récemment à Rome dans 
le but d'éloigner la contagion des mauvais livres et des mauvais 
journaux. Elle ne se propose pas seulement d'empêcher la 
lecture des mauvais livres, elle doit travailler aussi à la diffu- 
sion des bons, te siège de rAssociatioii est établi dans Téglise 
de San-Carlo, où Ton vénère la Vierge, sous le titre Auxiliwn 
Christiahorurn, Les PP. Barnahites, auxquels appartient Téglise 
de San-Carlo, honorent, comme on sait, l*ap6tre saint Paul 
comme patron titulaire de leur ordre : l'Association prend par 
conséquent le titre de Société préservatrice de la lecture des 
mauvaisjoîirnauxsous la protection de la Vierge^ Auxilium Chris- 
tiànorum, et de saint Paul. Les associés s'engagent de ne jamais 
lire les mauvais livres, et de n'en pas favoriser la diffusion. On 
fait appel surtout aux imprimeurs et aux chefs d'établissements 
publics. Un bref apostolique accorde de précieuses faveurs spi- 
rituelles aux associés. 

Pompeï. — On a découvert, à Pompéï, un temple de Junon, 
et on y a trouvé plus de trois cents squelettes. Ces squelettes, qui 
tombaient en poussière à mesure (qu'ils apparaissaient au jour, 
étaient ceux de femmes et d'enfants qui avaient été engloutis 
sous la cendre brûlante lancée par le volcan au moment où, 
dans le temple, un .sacrifice était offert sans doute pour implo- 
rer la délivrance du fléau qui les menaçait. Un de ces sque- 
lettes, que l'on croit être celui de la grande-prêtresse, à en juger 
par les riches bijoux dont elle était couverte, tenait encore, atta- 
ché à son bras parlin anneau d'or magnifiquement ciselé, un 
encensoir de même métal rempli de parfums calcinés. Cet en- 
censoir a la même forme que ceux dont on se sert dans les céré- 
monies de l'Eglise catholique ; il est d'un travail merveilleux et 
émaillé de pierres des plus belles. La statue dé la déesse est une 
des plus magnifiques choses que l'on ait encore trouvées dans 
les villes englouties sous la lave: ses yeux sont en émail : elle 
porte aux bras, aux chevilles et au cou des bijoux et des bra- 
celets en pierres précieuses taillées avec un très-grand fini et 
d'une' forme charmante. Le paon placé à ses côtés est également 
presque tout entier en pierres précieuses. Le trépied qui se 
trouvait devant l'autel est tout en or travaillé aussi merveilleu- 
sement que l'encensoir tenu par la grande-prêtresse. Il y avait 
encore dans ce temple des lampes en bronze, en fer, en argent 
et en or, ciselées avec art ; des branches de feuillages, des tiges 



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de vlgneo, entreaiéléeB de fleurs et de fruits ravifsaots de 
formes. Tout le tour de Tamtel est pavé ea mosaïques aussi 
belles ^tuebieû conservées, et le reste du temple re6t en.petits 
trfnogltô d'agate blanche et de purpurin^. L'endroit seul où se 
faisaient les sacrifices est dallé de Q»arbre. Tous les instruments 
dont on se servait à cette occasion se trouvaient encore sur la 
table de bronze, et les vases sacrés étaient remplie d'une ma* 
tièré rougeàtre que Ton pen^e Aire du sang. 

MÉLAHCES. 

*— Le gouvernement hollandais va fonder un ordre militaire 
qm portera le nom de Waterloo, Il y avait déjà une colonne de 
Waterloo à Londres, un lion de Waterloo en Belgique ; il y 
aura, de plus, une croix de Waterloo en Hollande. — L'épi- 
aootie frappe en ce moment le bétail anglais. La maladie qui 
sévit surtout contre les vaches laitières et les tue en quelques 
joui-s, est devenue alarmante et contagieuse. - Smyrne, près de 
la ville de Cassada, a été le théâtre d'un grand incendie. La 
moitié de la ville est détruite, et de nombreux habitants ont 
péri. Les dégôts sont estimés à plus de 120 millions. — Uû 
religieux de l'ordre des Carmes a planté, sur la tour de Babel, 
dont les ruines subsistent encore, une statue de Notre-Dame- 
des-Victoires, bénite par, Pie IX. Une grande cérémonie, à la- 
quelle assistaient les musulmans eux-mêmes> a eu lieu à ce 
sujet. — C'est le 14 août que l'escadre anglaise, forte de six 
bûtiments cuirassés^ de trois frégates et d'une corvette à vapeur, 
arï*ivera à Cherbourg où elle sera reçue par M. de Chasseioup- 
Laubat. Le 17, l'escadre anglaise quittera Cherbourg pour se 
rendre à Brest, où elle sera reçue par l'escadi^e d*évolutions. La 
dut^e des fêtes de Brest sera de trois jours. — Dimanche a eu 
lieu, à Grenelle, la bénédiction par Mgr l'archevêque de Paris 
de l'asile-oavroir que Tassociation de patronage des aliénés 
convalescents y a fait élever pour servir de refuge aut femmes 
qui, sortant guéries de l'hospice de la Salpétnère, sont dénuées 
de tout moyen d'existence. — L'assemblée annuelle des asso- 
ciations catholiques de l'Allemagne se réunira à Trêves (Prusse- 
Rhénane) le 10 septembre prochain, et siégera probablement 
jusqu'au 14 du même mois. — M. le maréchal de Mac-Mahon 
est reparti pour TAIgéric. — M. Langlais, conseiller d'Etat, a 
accepté le poste de ministre des finances de l'empire dy Mexique. 
— Un tableau a été découvert à Mantoue, et reconnu pour la 
Madone de Lorette, un chef-d'œuvre de Raphaël, peVdu depuis 
loûgfiemps. — La souscription au capital de garantie pour 
l'exposition universelle de 1867 a été close le 20 juillet. Le 
chiffre total des souscriptions s'élève à 10,297,000 fr. — Le 
château historique de Pierrefonds, une des plus belles ruines de 



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EELIGIEUSES ET LITTÉRAIRES. 285 

f rance, que M. VioUet-Leduc fut chargé, il y a quelques an- 
nées» de restaurer, est maintenant presque transformé. Les 
travaux touchent à leur terme, et Pierrefonds pourra alors de- 
venir un musée du moyen-ùge. — La coupole du Val-de-Grâce 
a été refaite ; les travaux en sont maintenant terminés. On re- 
construit une partie des dépendances de l'Hôpital militaire. — 
On lit dans le Journal du Havre qxx'nn vénérable ecclésiastique, 
aumônier de marine, venu exprès dans cette ville, s'est rendu 
au siège de- plusieurs compagnies d^assurances maritimes de la 
place pour- leur remettre à titre de restitution, delà part d'un 
anonyme, diverses someaes dont le montant s'élève à 12,000 fr. 

— Un ouragan a éclaté aux environs de La Rochelle, Une jeune 
fille de dix-sept ans, qui gardait les moutons, a été foudroyée. 

— Une grande partie des murs de Rome sont si vieux et si 
abandonnés qu'ils tombent en ruines et s'écroulent d'eux- 
mêmes. Dernièrement, entre la porte Saint-Paul et la porte 
Saint-Sébastien, ces murs sont tombés sur une étendue de 27 
mètres. — C'est le 6 du présent mois d'août que la compagnie 
générale transatlantique a inauguré son nouveau service postal 
de Saint-Nazaîre à Colon-Aspinwall (isthme de Panama), tou- 
chant à la Martinique et à Sainte-Marthe (Nouvelle-Grenade). — 
La dernière éruption de l'Etna a donné lieu à un tremblement 
déterre épouvantable. Macchia, petite commune composée de 
180 maisons, est détruite. Environ 60 \ictimes sont ensevelies 
sous les décombres. Quelques communes voisines ont aussi été 
atteintes par la secousse. — Lesjournaux américains annoncent 
que la pêche est trés-abondante dans l'île de Terre-Neuve. Ils 
évaluent à plus de 250,000 le nombre de loups marins pris pen- 
dant cette saison. Le printemps a été éminemment favorable à 
la pêphe de la morue. — Ces jours derniers, un congrès d'or- 
phéonistes allemands s'est réuni à Dresde ; il ne s'y trouvait pas 
moins de 21,000 musiciens, portant 700 bannières. —Il résulte 
d'une lettre adressée au nom du conseil épiscopal d'Autun, à 
M. Delangle, que sa femme est arrière-petite-nièce de la bien- 
heureuse Marguerite-Marie Alacoque, et qu'il est lui-mèmn pos- 
sesseur du portrait représentant exactement les traits de la Bien- 
heureuse.. M. Delangle fait exécuter, d'après ce portrait, une 
belle gravure qu'il a rintcntîon dé dédier à Pie IX. — M. le 
marquis de La Valette, ministre de l'intérieur, a quitté Paris 
pour se rendre à Bergerac, afin d'y assister à une grande fête 
religieuse provoquée par la consécration d'une nouvelle église, 
80US l'invocation de Notre-Dame. Son Exe. a été le parrain de 
la cloche de cette église, S. Em. le cardinal Donnet et huit ar- 
chevêques 00 évoques ont assisté à cette solennité qui avait 
attiré à Bergerac, un concours énorme de populations. 



ï. 



K' 



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286 iRIlALES 

LOIRET. 

INSTRUCTION PRIMAIRE. 

— Lacoramission, chargée des examens, a terminé le samedi 5 août 
sa deuxième session de 1865. 

]° Instituteurs. 

Sur 32 candidats inscrits. 21 ont été admis aux épreuves orales et 
17 seulement ont été jugés dignes du certificat d'aptitude. Ce sont : 

MM. Badinier, élève de l'école normale; Jalfi, id.; Tavel, id.; 
Bourdier, id.; Brochard, id.; Guilbert, id.; Boudier, sous-maître chez 
M. Laille, à Meung; Hébert, frère des écoles chrétiennes ; Suppôt, 
élève de l'école normale; Janvier, id.; Bertrand, frère des écoles 
chrétiennes; Diderot, sous-maître chez M. Vauthrin; Avisse, élève de 
l'école normale; Chandellier, id.; Renard, frère des écoles chré- 
tiennes; Gallinand, élève de l'école normale; Belletante, id. 

En outre, MM. Badinier et Bourdier ont élé aimis pour l'ensemble 
des matières fatuUatives, Jalef pour plusieurs de ces parties, et Avisse 
pour la musique seulement. 

2" Institutrices. 

Vingt-neuf aspirantes ont subi l'examen écrit; dix-neuf ont été 
admises aux épreuves orales, à la suite desquelles elles ont élé re- 
connues aptes à recevoir le brevet de capacité, savoir : 

Mlles Grillcfh, Champdavoine et Boucher, élèves de l'école nor- 
male: Vallée, sous-maîtresse chez MlleMojon; Beauvais^ élève de 
recelé normale : Molimard et Leroux, élèves du pensionnat des 
Sœurs de la Sagesse; Hursin, Quillerier et Levasseur, élèves de 
l'école normale; Gazengel, religieuse du Sacré-Cœur de Coutances; 
Hérault, sous-maîtresse che» Mlle Perdreau; Gager, élève du pen- 
sionnat des Sœurs de la Sagesse; Léchalard; Bailleul, élève de 
Mlle Carpentier ; Lamotte , sous-maîtresse chez Mlle Quentin ; Bou- 
lard ; Canault, institutrice provisoire à Nesploy ; Fournier, sous-maî- 
tresse chez Mlle Carpentier. 

En outre, les dix élèves précitées de l'école normale et du pen- 
sionnat des Sœurs de la Sagesse ont été admises pour l'arithmétique 
appliquée et la musique. 

-;- La distribution solennelle des prix avait lieîi, mardi dernier^ au 
lycée d'Orléans. M. Ingres, sénateur, le peintre illustre, aujourd'hui la 
gloire et le modèle de l'école française, occupait le fauteuil. Près de 
M. Ingres, qui est, comme on le sait, Orléanais par ses affections, par 
ses séjours annuels et prolongés dans la ville de MeUng, sur l'estrade 
réservée, on remarquait M. Duboys (d'Angers), premier président de 
la Cour d'Orléans, Mgr Dupanloup, Evoque d'Orléans, qui, à peine, 
de retour dans sa ville épiscopale, semblait heureux de venir visiter' 
cette partie de son troupeau et couronner de ses mains ces jeunes 
vainqueurs qui ont, eux aussi, une part exceptionnelle dans son cœur 
d'Evêque. M. Dureau, préfet du Loiret, MM. Vignat , maire d*Orléans, 
Boussion, président du tribunal civil, Germon, président du tribunal 
de commerce, Du Bodan, procureur impérial, un grand nombre de 
magistrats, de fonctionnaires et plusieurs ecclésiastiques. 

La séance fut ouverte à midi par le discours d'usage prononcé par 
un jeune professeur d'histoire, M. Leûioine. L'orateur, dans un style 
concis, élégant, souvent imagé, a démontré les destinées de l'histoire 
et ses transformations successives. 



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E£LiaiËUSES £T LITTÉBilRES. 287 

Ensuite, lorsque le vénérable Président s'est levé pour prendre 
la parole, il a été salué par une sorte d'ovation spontanée et générale. 
C'était, pensons-nous, le grand artiste qu'on saluait, plus encore que le 
Président-Sériatt ur. Voici quelaues-unes des paroles de M. Ingres qui 
ont été, et avec raison, le plus chaleureusement acclamées, dans 
cette courte allocution où chaque phrase a mérité un applaudissement : 

« En effet, mes chers enfants, moi qui ai connu toute ma vie Ja 
lutte du travail et qui ai attendu comme vous le moment de la ré- 
compense, je ne puis rester indifférent aux émotions qui vous 
agitent. » 

Paroisse de Saint-Jean-de-Braye, — Dimanche dernier, ainsi que 
nous l'avons annoncé, ont eu lieu les solennités de l'adoration perpé- 
tuelle. Des mains pieuses avaient décoré l'église de verdure et de 
gracieuses tentures ; la foule des fidèles s'y pressait nombreuse et 
recueillie. 

A la grand'messe, M. l'abbé Bidaux, vicaire de Sainte-Croix, dans 
un discours où la simplicité et Téiégance s'harmonisaient heureusement 
avee une éloquence vraie et toute du cœur . a montré comment la 
sainte communion honore, sanctifié et console les chrétiens qui ont le 
bonheur d'y participer souvent. 

M. l'abbé Magnen. professeur du grand séminaire de Nantes, ofi&ciait. 
Seçt jeunes ecclésiastiques, r/îpondant à l'invitation de M. le curé, 
étaient venus prendre part à cette fête, où roiiice fut fait et chanté 
par des élèves du grand séminaire, de sorte qu'on aurait pu se croire 
dans notre cathédrale au jour dune solennité. 

Le nombre des communions, le concours >empressé des fidèles, leur 
tenue vraiment pieuse, ont laissé dans tous les cœurs les meilleures 
impressions. 

Ce n'est pas sans une vive satisfaction que Ton a remarqué une fois 
de plus l'ernsemble et la sûreté avec lesquels les jeunes enfants des 
écoles exécutent les différents chants de l'office. 



Pour tous les articles non signé n et pour toutes les nouvelles, 

L'ahbé GÉLOT. 



Mercuriales il*Orl^aiifi. 

ORLÉANS, 5 août. 

Cote officielle. —Froment. Th. Ire 18 «« 2e 17 «« 3e 14 66. — Méteil. 
!'• 13 50.2* 12 94, «' H 50. ^ Seigle, tre97S. 2e 882. 3e 7 50. — Orge, 
Ire 10 ««, 2e 9 30, 8« 8 50. — Haricots rouges Ire qté 35 ««, 2e 82 60, 
3e 30 ««; id. blancs Ire «« ««, 2e «« ««, 3e «« «a. ~,- Avoine, Ire qté 10 
75, 2e993,8e9«). ~Foin,lemyriag.,treqtêl 20, 2e 1 13, 3e 1 ««. — 
Paille. Ire qté «« c. 75, 2e « « c. 65, 3e 50 c. 



Boarne da lO Août* 



H. 0/0 ancien ,. . 67871/2 

Î.V2p. 0/0 97 ë 

nn eourant. . . .67 90 67 85 67 87 4/2 

gaprunt italien ... Unm 

•iim% 755 752 SO' 

Crédit Espagnol... 462 50 

Orléans S45 



Nord .. i065 — 

Est -52250 

LronetMéd... -852 50 

Midi —56250 

Antricliien —402 50 

Lombards > 477 50 



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TT- 



Etal eliril érarléutim. 

Publicaffenê de mariages du âimanehè 6 août'ËitésKM : 

M. Bofer, A i^< Philippe, cordonnier, et Mlle Tuiba, Maric-Vatliilde. 

M. Ltfaix, î^las, employé de commei-ce, et Mlle Guerrault, Yirginie-Ànnc, 

lingère. . . , 

M Blain, Alexandre-Léon-Louis, serrurier, et Mlle Breton, Célestine-Julîenûc, 

Ungère. 
M. Robiclïon, Michel-Alphonse, jardinier, et Mlle Nioche, Célestinc-Marie- . 

Julie, vigneronne. 
M. Brunou, Désiré-Alexandre, garçon de magasin, et Mlle Delafoy, Julienne, 

domestique, 
M. Bailly, Pierre-Hippolyte, vigneron, et Mlle Milhrrd, Marie Anne-Joséphine. 

vigneronne. i 

M. Cheraœy, François- Auguste, serrurier, et MlWBiiclieroo, Eugénie, coutn- 

tièife. * ' ; .. . , , . - , * 

M. BoisMvy, Jean^ maréchal, et Mtie Moreau, Jirflenne-Tliérèse, Ungère. 
M. Courpan-Privat, professeur à Tinstitution des: sourds-muets, elMUeCoursi- 

Diault, Brigitte-Cétioa, caisinière. 

Naiêêances, - 

Dorel, xOctave-Léonce- Joseph, rue de la Lionne. 

Bazir Charles-Dominique, rue du Puils-de-Linières. 

Meoard, Glaire-Aimée, rue Grison, 

Petit, Auguste-Françoit-Pierre, faub. St-Mitrceau. 

Rousseau, Alexandie, me d*Illiers. 

Liesse, Jules-Georges- Adelphe, me Ste-Catherine, 

Pierre, Clôvis-Eugene, faub. Bannier. 

Barat, Fernand-Désiré, faub. Rattnter. 

Cfoclvet, Augnsle^élix, rue dti Poirier. "^^ *• 

Gitaxd, Elisa-Jnliette, rne des Charretiers. 

Brinon, OctavieGeorgette-Hachel, rue des Carmes. 

Frofiteau, Améiie-Marie-Alphonsioe, rue des Charretiers./ 

Cordonnier, Henri-Louis-Raoul, rue de la Cbarpeutcrie. 

Auger, Charlotte-Marie, rue Bourgogne. 

Dreux, . Marie Estelle-Eugénie, rue Croix-de-Boit. 

Hugtiet, Henri- Jules-Marie- Joseph, rue de la Gare. 

N^,,,^,,^,.,^ Décèsi 

Mad, veuve Foumiquet, née Chavidlivr, Marie-ilaMaîne-AugustiDe, &■!►- 
Bourgogne, 65 ans. 

M. Rfthourdin. Narcisse-Dieudonné, clerc d*huissier, rue Bam^er, S9 ip$. 

Mad. veuve Hatoo, née Lecuier, Anne-Elisabéth, faub. Batiiiier, rue dm Mur- 
lins, 84 ans. 

Mtte Bailey, Jeanne-Smilje, aâctenBe liogève, littb» ftOteréaàti, nift.da Céq; 

■ .36 ans. 

Mlle Fautroîs, Reine-Elisabeth, rue GourviUc, 81 aa». 

M. Thuilard, Jean-Alexatidre) employé piôicipal à la gare4a«*marttMldiBesv^ 
faub. St-Yincent, rue Terte, 62 ans. 

Mad. Lemaire, née Dubois, Eulalie-Soj^te, rM das Charretiers, fiSI ans. 

Mlle Tronchet, ' Madeleine-Eugénie^ rentièrci ancîeniie domettique, me du 
Tabourg, 74 ans. 

Mad. Charpentier, née Baîlleauy Marie-AuBe^ CÎMibeiirg Saint Marceau, rue 
Tndelle, 48 ans. .. ; - 

' Le propriétaire-gérant^ L'Abbé CXLOT, Chan. Bpn, 



OBUARS. — II». BENEST COIAS, VIS-A-VIS BV MUSil. 'X 



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RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 

DE LA 

Pa^riLissant tous les Saniedis, par lirraison de 24 pages. 
IV« VOiWE. — K^ i3 — 49 AOUT 4865, 



c^kjuanaçfEK m i^ psMAVsfs. 



«0 XI- DIMANCHE après la Pentecôte, 

» Afti&te Chantai. Née à Diîdn en 1572, 

Jeanne Frémiot épousa le baron de 

■ . Ctun^l. Veuve à 28 «ns^fiOn mépris 

' i-'fô - *® monie et son désHr de servir 

Dieu ne connurent plus de bornes ; 

mr%éé pur saint François de Sales. 

,.«lto s'éleva au i^iii haut degré de la 

pericciion, brisa les liens les plus 

,doax, et en 1610 elle fonda à Annecy 

eet ordre de la Visitation^ aujourd'hui 

^ termûi h si prospère. Elle, mou- 

,.rïit:i'»Iourins en 1611. 

^t^XtlNBI, Saint Bernard, le prodige 

-' ^'«trorneuent de sou sièele, jia<|uit, 

:eii 1091, au chAteau de Fontaines, 

grès de Dijon, et, à T&ge de vingt- 
roiç amsKil embrassa la vie montisti- 
<|ixe avec six de ses frères et plasieuis 
-gentilshommes de là province au 
' sAonfis^ère de Citeattx„ où fis furent 
' ireçus par saint Etienne. Choisi, en 
l'année 1114, pour fonder te monas- 
,0bre de Clairv^ux, au diV^se de 
Langres, il en it un sanctuaire de 
' ' piété si célèbre, qu'il fournit, de son 
vivant, k cent soixante fondations, 
aujourd'hui, hélas ! c'est une maison - 
• ' Ae' klétentiou. Nêté aux plus grandes 
^ffiures de son temps, Bernard ne 
^négligea point sa propre sanctifi- 
cation et composa ces admirables 
écrits, qui l'on fait nommer le dernier 
Père de l'EgHse. U. mourut le 20 
abûl 115$. La ViHe Vie D^oâ luf a 
I- ëiâgé me. statue, 
92 MARDI, octave de l'Assonu^tion. 



23 MERCREDI, office de la féric. 

24 JEUDI, saint Barthélemi , apOtre ' 
(d.-min.), né k Cana, eu Oalilée, 
docteur de la loi, fnt présenté* k 
Jésus-Christ par Philippe. Le Sauveur 
a ftrit l'éloge de la simplicité de cœur 
de saint Barthélemi, conua sous le 
npm de Nathanaél. Il porta l'Evan- 
gile jusque daiis les Indes, fonda des 
Eglises en Ethiopie et dans la ty- 
caoQie. 11 fnt écorché vif en 71. Son 
co^s est V^^ré à Rome danp l'Église 
«[ui porte son nom. 

25 VENDREDI, satnt Louis, roi de 
Fratice; (d.^miu.). Né à Poissy en 
1215, fit admirer en lui les vertus 
précoces qui font les grands rois et 
les gi'ands saints. Monté sur un trône 
alors mal aff^mi, en 1236, il créa 
une administration intelligente et 
active, fiuegner l'économie etfienrir 

'iii justice. Soldat intrépide et capi- 
taine consommé, il fnt vainqueur ii 
Saintes et k Tailleboorg. Les rêver» 
de deux, croisades et sa captivité 
chez les Musulmans apprirent an 
monde tout ce uue la foi tttet 
d'héroïsme dans l'ame d'un |)rince 
tombé dans la.disgrAce. Le récit des 
derniers instants de ce héros de la . 
France et de l'Ëdise, de ce martyr 
de la charité éxiMrant snt une terre 
ennemie est une des pages les plus 
émouvantes, les plus glorieuses de 
rhistoire de notre Patrie et de^uDtre 

. Reljgjpn. • 

26 SAMBDI, office de la sainte Vierge. 



PRIX Dt'ABDlfHSpiENT 



! 



Orléans et U Département. . 5 f.par an. 
Paris et les Départements. . 7 — 
Etranger 10 — 



ON s'abonne a ORLÉANS, CHEZ 



A. rAbbé 6ÉL0T, cloître Ste-Croix, 8. 



__ _ EST COLAS, Imprimeur. 

Ui BLANCHARD, rue Bannier. 

M- i;;^:^l|^E^lI, nie Jeançe-rArc. 



Mad. FÔU^HER, rue Jeanne-d'Arc, 9. 
M. SEJOURNE, rue des Carmes, 41. 
M, GDDEFROY, rue Royaie. 
M.TJtUDECRAJNE, place du Mar^roi, 



T. IV. 



Oiltana. — lap. Etnn Colas, via-i-vU du Uxait 



13 



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CHRONIQUE. 

Cathédrale, •— Tous les offices de l'Assoniptioii ont été présidés 
par Mgr l'Evéque d'Orléans, donl la santé nous paraît très-sensible- 
ment améliorée. 

Longtemps avant l'heure fixée pour la cérémome du matin, les 
trois nefs, les chapeUes mêmes de Timmense basiKque étaient litté- 
ralement envahies. 

A onze heures, la magistrature en toges, conduite par M. le pre- 
mier président, les fonctionnaires en costume officiel, précédés par 
M. le préfet du Loiret, les officiers de la garnison, etc., occu- 
paient le chœur et même une partie du sanctuaire de la cathédrale 
en rangs si pressés, que, pour cette fois, H fallut omettre plusieurs 
prescriptions liturgiques : M. le jgrand-chantre et les prêtres oflBciants 
étaient dans une sorte d'impossimiité de circuler au milieu d'une foule 
si cotT pa-îte. 

M. l'abbé Desbrosses a chanté la Grand'Messe. Après la Messe, 
Mgr l'Evêque d'Orléans, assisté de M. Fabbé Babotin et de M. Tabbé 
Bougaud , ses vicaires généraux , environné de ce nombreux clergé 
qui l'entoure dans les grandes solennités, est monté à l'autel, où il a 
entonné le Te Deum. 

Le soir, après les Vêpres et le Salut, malgré les menaces d'un del 
nuageux, la procession solennelle, établie par Louis Xlli, est sortie 
de la cathédrale pour se rendre à Saint-Pierre-du-Martroi, à travers 
les flots de cette foule qu'on retrouve toujours à Orléans sur le pas- 
sage des processions du Si- Sacrement et de Jeanne d'Arc. 

En ordonnant que la procession se rendit à l'église de Saint- 
Pierre-du-Marlroi, nous aimons à le proclamer, Mgr l'Evêque d'Or- 
léans a voulu renouer une pieuse tradition orléanaise. On sait qa'a- 
vant 1830 la procession de l'Assomption, où le clergé était accoin- 
pagné de la magistrature en toges, des fonctionnaires en grand uni- 
forme, et de toutes les corporations de la ville, se rendait à Saia^ 
Pierre-du-Marlroi pour y entendre un panégyrique de la Ste-Vierge, 
la patronne de la France : panégyrique qui, à tous égards, était 
alors aussi solennel et environné d'autant d'éclat que celui de Jeanne- 
d'Arc du 8 mai. Nous aimons à espérer qu'une première partie du 
programme de notre ancienne fête de l'Assomption une fois rétabliei 
nous verrons peut-êlre la solennité elle-même redevenir à Orléans 
tout ce qu'elle fut autrefois. 

Saint-Euverle. — La réunion de l'Œuvre apostolique aura lieu le 
mercredi 23 août. A 8 h., la sainte Messe, suivie de Tlnstruction et 
de la Bénédiction du Très-Saint-Sacrement. 



— La Distribution solennelle des Prix aux Élèves de la Classe 
d'Honneur des Ecoles communales dirigées par les Frères, aura iiea 
le dimanche 20 août, à 5 heures, dans la salle de l'Institut. 

Cette solennité sera présidée par Mgr l'Evêque d'Orléans. 



—- Un jeune aveugle de la ville, Marie-Arthur Berthier, qui sera 
un jour, tout porte à le croire , un artiste, surtout un organiste pré- 
cieux et im maître habile pour la musique religieuse à Orléans, vient 
de remporter, à Paris, des succès exceptionnels qui le placent à la tête 
des élèves de l'Institution impériale des Jeunes Aveugles. Arthur 
Berthier a obtenu le Prix d'Honneur, consistant en une somme de 
BOOf r., accordé à l'élève reconnu le plus distingué de cet^e Institution. 
Trois autres Orléanais ont obtenu des Prix au môme concours; ce 
sont Mignan, Joranville et Mlle Louise Galet. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÉRAIRES. 
ORLÉANS . Vendredi 18 Août. 



M. l'abbé François-Jules Desbrosses vient d'être nommé 
Chevalier de la Légion-d'Honneur. 

Si de longs et nombreux services, rendus^ dans ce diooëse, 
à la cause de TÉglise et à celle de Tenseignemeuti devaient 
créer quelque droit à cette distinction, personne ne l'ignore à 
Oriéans, cet honneur était mérité depuis longtemps ; et les 
membres du clergé, de la magistrature, de l'université de notre 
ville ont mis, à venir féliciter le nouveau Chevalier, un empres- 
sement qui dit assez combien, à leurs yeux, cette nomination 
est heureuse. 

Les Annales, dans cette occasion, n'hésitent pas à reproduire 
les quelques mots par lesquels l'organe de la préfecture 
d'Orléans, après avoir annoncé cette nomination , semble nous 
exposer les motifs qui ont fixé, sur M. le vicairç général , Tatten- 
llon de M. le Ministre des cultes et le choix de S. M. l'Em- 
pereur : 

« M. l'abbé De^brosses, aumônier du lycée d'Orléans pendant 

• de longues années, a laissé parmi les anciens élèves de ce lycée 
« les plus légitimes sympathies. On se souvient toujours de la 
« solidité et de l'élévation de son enseignement religieux, comme 

• de la cordialité franche et persuasive qui caractérisait ses rela- 
« lions avec les maîtres et les disciples. Tous applaudiront à la 
« distinction qu'il vient de recevoir, et que justifie encore le zèle 
« actif et dévoué avec lequel , il seconde notre éminent Prélat 
« dans l'administration diocésaine. Ajoutons qu'au milieu de ses 
« nombreuses et délicates occupations de vicaire général, M . l'abbé 

• Desbrosses continue de servir la cause de renseignement na- 
« tional comme membre de plusieurs commissions d'instruction 

• publique. » 

Les lecteurs des Annales nous sauront gré , croyons-nous , 
d'ajouter ici quelques lignes qui, dans notre pensée, ne sont 






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392 AHiuipBs 

point un éloge, mais un simple résumé de ce que M. Tabbé 

Desbrosses a été jusqu'à ce four. 

Né à Chevilly, près Orléans, le 9 février 1S05, élève des Sémi- 
naires d'Orléans, M. Desbrosses, ordonné le 31 mai 1828, 
débuta dans le saint ministère par le vicariat de Gîen. Après 
avoir été curé de Mardié, il fut appelé, par Mgr de Beauregar4, 
aux fonctions, alors surtout, délicates et difficiles d'aumônier 
du. lycée. 

Il y ^ait déjà plus de vingt ajis que M. Desbroçses exerçait 
«e ministère, quçind Mgr Dupanloup, le 15 janvier 1861,1e 
choisit, pour son Vicaire-Général, le coopératieur intelligent 
de son administration si active. 

Depuis lors, Mgr TÉvêque d'Orléans a successivement confié 
à M. Desbrosses les charges les plus importantes du diocèse, et 
s'est plu à l'honorer des dignités qui placent aujourd'hui l'an- 
cien aumônier du Lycée d'Orléans à la tête de l'administration 
diocésaine. 

On sait que M. l'abbé Desbrosses a la présidence de plusieurs 
commissions ecclésiastiques, qu'il est, en môine temps, Promo- 
teur, Archidiacre, Doyen du chapitre d'Orléans, et qu'il a eu 
dans sa vie le rare et périlleux honneur de prêcher (|eux fois 
le panégyrique de Jeanne d'Arc, toujours avec succès, quoique à 
peu d'années d'intervalle, et devant cet auditoire imposant, 
tout exceptionnel, qu'offre la Basilique de Sainte-Croix, le 8 mai, 
jour anniversaire de la délivrance d'Orléans. 



ŒUVRE DU CATHOUCISME EN P01.0fiHE. 

(RAf PORT DU R. P. ADOLPHE PflBRRiUD.) 

H n'a pas dépendu de nous de publier plus tôt ce quatrième 
-oomptc rendu, séparé decelui qui -le précède par le long iiïter- 
vallede trois mois et demi. A peine remis de la Ipi^gue fmhii^ 
qui a occasionné ce retard involontaire, nous essaierons' de 
dire brièvement quelle a été, depuis le 1" avril jusqu'au lo 
juillet, la marche de notre œuvire. 

Il faut d'abord repdrè.honu»age à rinépiasable:«haritéjîqi 



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RELIGIEUSES ET LITTÉBAlBES. ^^3 

nous a permis d'assister jusqu'à ce momeot l'émigration polo- 
naise. Aux 41,064 francs de dépenses Inscrits dans le précâïè^t 
compte rendu, il faut ajoater/potir. cette dernière période/ là 
spmmede ZTfiiO fr. (1). Le total général de nos dépenses, 
fepiiis le 13 octobi-e, atteint donc, en ce moment, le cbîiftfe 
dé 78,744 francs. * 

Pendant le Carême, plusieurs de I^^os Seigneurs les Evêques 
avaient eu la charitable pensée d'attribuer à notre œuvre Tau- 
piôtie du Jubilé. II est hors de doute qqe, sans cette assistance, 
i\ nous eût été à peu près impossible de continuer le bien com- 
mencé. Plusieurs diocèses n'ayant encore envoyé qu'une frac- 
tion de ces aumônes jubilaires, nous attendrons d'en avoir reçu 
la totalité pour en publier la liste détaillée et complète. Maïs 
ijous n'attendrons pas davantage pour témoigner notre vive gra- 
titude aux vénérés prélats qui ont fait à notre Œuvre l'honneur 
de la désigner à la charité de leurs diocésains, et aux fidèles 
"qui ont répondu avec tant de générosité à Tappel de leurs 
Evêques. 

Lorsque la mauvaise saison a été finie, nous avons modifié 
le système de distribution de nos secourg. he changement le 
plus important a consisté dans la suppression des distributions 
hebdomadaires des bons de dîner. Au moment où nous avons 
opéré cette suppression, elle ne pouvait avoir aucun inconvé- 
nient. Kn effet, parmi les réfugiés polonais, bon nombre de 
ceux qu'il avait fallu secourir de cette sorte aux débuts de leur 
séjour à Paris, et pendant les rigueurs d'un long hiver, avaient 
fini par trouver ^n travail lucratif. C'était aussi le moment où 
le gouvernement français augmentait le subside des blessés. 
^0113 pouvions donc concentrer nos secours à peu près exclu- 
sivement sur les familles et sur les étudiants. Oc, pour des rai- 
sons diverses, ces deux catégories de réfugiés ne pouvaient 
guères profiter dés bons dp dîner. Des subsides mensuels ont 
remplaèé les secours en nature qui avaient été donnés pendant 
Tbiver. 

La distribution de ces subsides, d'après des listes dressées*aa 
commencement de chaque mois et épurées avec le plus grand 
^in, n'empôche pas les secours extraordinaires que rOEuvre 

(1) Celte somme se décompose de la oianière suivante : 
-Disiribudoa des b(ms dis dîner (du T' avril au 15 mai). 5,34S fr* 
Secours en argent donnés aux blessés et ai^x familles. . . 20,557 

— doiinés aux étudiajîts 7,092 

.A la mission polonaise d'Andrinoçle ' ÇOO 

fjr^s de voyagé et de première installation de Polonais 

'_ iilacés eii province ou envoyés aux eaux: 2,926 

mi3 d'impression et d'aWi^anchîssement, et trailen^ent 

de de\\x etnprdyés. ...^ 967 

Total. 37,680 fr. ' 



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294 AHIIALBS 

accorde, après renseignements pris, soit aux Polonais nouvel- 
lement arrivés à Paris, soit aux malades. 

Nous avons la douleur de dire que depuis quelques semaines, 
cette dernière catégorie s'est notablement augmentée. Ces vail- 
lants jeunes gens qui avaient supporté avec tant d'héix)ïsme les 
fatigues d'une guerre de dix-huit mois, ressentent maintenant 
l'inévitable contre-coup de tant de privations et surtout de tant 
de nuits passées au bivouac, sous la pluie ou sous la neige. 
Plusieurs cas de phthisie se sont déjà déclarés. Nous avons fait 
tout ce qui dépendait de nous pour le soulagement de ces pau- 
vres malades, soit en les soignant à domicile, soit en les en- 
. voyant aux eaux recommandées par les médecins. 

Pendant ces derniers mois d'été, et avant que le prochain 
hiver ait ramené avec lui son cortège de privations et de souf- 
frances, il importe extrêmement d'avoir pourvu au placement 
de tous les réfugiés valides qui n'ont pas encore de travail lu- 
cratif. Nous prions instamment toutes les personnes auxquelles 
leurs relations dans le commerce et dans l'industrie, permet- 
traient de rendre un si important service à l'émigration polo- 
naise, de vouloir bien nous communiquer tous les renseigne- 
ments qui pourraient être utiles à nos jeunes gens. 

Tandis que l'Cluvre poursuivait cette mission charitable, 
elle ne cessait de se préoccuper des grands intérêts religieux 
auxquels est si intimement liée la question de l'avenir de la 
Pologne. 

Vers la fin du Carême, un prêtre polonais a été envoyé aux 
frais de TCluvre dans les départements de l'Est, où se trouvent, 
après Paris, le plus grand nombre de réfugiés. Cette mission 
dont la durée a été de quinze joure, avait pour but de préparer 
au grand devoir de la communion pascale les Polonais établis 
dans ces départements, et qui ne savaient pas encore le fran- 
çais. L'empressement avec lequel .ils ont accueilli le prêtre si 
zélé qui est allé leur offrir les puissantes consolations de notre 
foi, nous a donné la pensée de ne pas attendre au Carême pro- 
^ chaîn pour leur procurer le bienfait d'une seconde visite. 

I Nous avons aussi envoyé quelques secours à une mission 

I polonaise établie à Andrinople, et où quelques prêtres, animés de 

I l'esprit des première apôtres, travaillent avec un indomptable 

I courage, malgré mille difficultés, à faciliter le retour de la na- 

I tion Bulgare à l'unité catholique. 

:* Enfin nous avons pu procurer à des jeunes gens désireux de 

l continuer et de commencer leurs études ecclésiastiques, l'en- 

trée de nos séminaires. Quant à ceux qui avaient été placés 
i pendant l'hiver, nous avons reçu les meilleurs témoignages sur 

I leur compte. Un prêtre, envoyé par nous à Reinfiis au mois de 

^ novembre sans savoir un mot de notre langue, a prononcé 

4 récemment, devant lès élèves du grand séminaire, un sermon 



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1EU6IEQK& 17 • LltTÉBÀlRES. 395 

en français dont on nous a fait le plus grand éloge Un autre 
ecclésiastique, amputé de bras droit, avait été accueilli au sémi- 
naire de Cahors avec la plus touchante charité au mois de dé- 
cembre dernier. II nous a écrit lui-même de la main gauche, 
il y a quelques jours. Nous avons pu ainsi constater les progrès 
rapides qu'il avait faits dans notre langue, et qui lui permet- 
tront d'être utile au diocèse où on Ta si généreusement reçu. 

Trois prêtres polonais, après avoir passé qîielques mois au 
grand séminaire d'Orléans, se sont déjà rendus capables d'être 
employés aux travaux du saint ministère, et ils remplissent 
maintenant les fonctions de vicaires. 

Nous voulons aussi dire un mot d'un étudiant polonais, qui, 
après avoir vaillamment pris sa part de la guerre nationale, où 
il avait reçu six blessures, avait sollicité de l'Œluvre son ad- 
mission dans un séminaire. Mgr TEvêque d'Orléans avait bien 
voulu le recevoir. Au bout de deux mois les directeurs du sé- 
minaire voulant récompenser ce jeune homme de sa bonne 
conduite, de sa piété et de son travail, lui permirent de revêtir 
l'habit ecclésiastique. Il n'est pas indifféi^ent de dire.que ce fut 
la charité orléanaise qui fit les frais de cette première sou- 
tane (1); et, tout récemment, au terme de l'année scolaire, 
nous avons sii que ce séminariste avait justifié la confiance dont 
il avait été l'objet en répondant d'une manière très-satisfaisante 
aux examens de fin d'année. 

Un comité diocésain formé à Toulouse sous la présidence de 
Mgr l'Archevêque a secouru d'une manière suivie, depuis le 
mois de janvier jusqu'à ce moment, 22 réfugiés polonais. Plus 
de 1,500 fr., recueillis dans la ville de Toilouse par des sous- 
criptions particulières ont été ainsi distribués. M. l'abbé Duilhé 
de Saint-Pojet, directeur de ce comité, nous fait en outre savoir 
que plusieurs de ces réfugiés ont été placés très-avantageuse- 
ment et peuvent maintenant subvenir à leurs besoins. 
^ D'autres villes de France ont aussi vu se former dans leur 
sein des comités (2) où on s'est occupé avec le zèle le plus 
louable de procurer des secours et du travail aux réfugiés polo- 
nais. Que cet exemple se généralise! Qu'aux secours mensuels 
donnés par le gouvernement s'ajoute cette action dévouée de la 
charité qui pénètre dans le détail des plus intimes détresses, 
et n'en laisse aucune^sans soulagement; et bientôt la France 
catholique pourra se r^ouir d'avoir, autant qu'il était en elle, 
assuré l'avenir de tant de familles naguères sans asile et sans 
pain! 

(1) Pendant la Semaine-Sainte, deux sermons de charité en faveur 
des Polonais réfugiés ont été prêches à Orléans, l'un à Saint-Paterne,' 
l'autre à la Cathédrale. Ils ont rapporté près de 3,000 francs. 

(2) Nous mentionnerons spécialement Nantes, Lyon, Nancy, Orléans» 
Limoges, Beauvais, Chartres. 



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Pendant cette dernière période de ti*ois mois et dèmi^ outre 
les Potoftals placés par nousàParis^ et dont Tapprentissaga 
-s^est terminé ^ un certain nombre de ceux que nous avion» 
secourus oïïl trouTé des emplois en province ou à Tétranger, 
et ont cessé d'être à la daarge de l'Œuvre. Noos en comptonB 
ainsi quatre qui ont ot^nu la permission de rentrer en Pok'* 
gne, quatre qui se sont établis dans diverses villes d'Allemagne 
un parti pour rAmédqqie, un po r l'Angleterre, quinze pour 
Gonstantinople, Bucbarest, Belgrade, Jassy et les provinces Da^ 
nubiennes, trois pour FEspagne, et environ vingt-cinq pour 
diverses villes industrielles et commerciales de France. 

Ces départs et ces placements auraient dû diminuer d'une 
manière notable le budget de nos dépenses; mais, à côté de 
oes cinquante réfugiés qui ont quitté Paris, nos registres en 
^mentionnent près de soixante nouvellemeut aîTivé», et pour 
lesquels il a fallu recommencer tout ce qui avait été (ait pour 
leurs compatriotes pendant l'hiver. 

Grâce cependant aux mesures prises par l'administratioa 
supérieure, particulièrement dans nos départements de TEst. 
le sort des Polonais qui arrivent maintenant en France est 
beaucoup moins à plaindre que celui de leui*s devanciers. Puisjse 
seulement l'augmentation de suMdes récemment accordée aux 
blessés être bientôt étendue aux étudiants, auxquels il sfâ'aît 
impossible de suivre les cours de nœ écoles avec un subside 
de 35 francs par mois, si lès divers comités établis pour le sou- 
lagement des réfugiés ne venaient à leur aide. 

Un de nos eollaboratôurs les plus zélés, M. Vrignault a du, 
jt)ar suite de ses nombreuses occupations, renoncer aux fonctions 
de secrétaire général qn'il avait remplie avec tantde dévouement, 
ïl a bien voulu cependant nous promettre de continuer son 
tîoncours à l'G&uvpe. 

Enfin, en terminant ce compte rendu , nous avons à" remplir 
un devoir bien douloureux pour notre cœur. 

Nous recommandions naguères à tous lea anais de la P^logB^ 
la lecture d'un livre «pie son auteurvenait d'oflfrirà notre (Mmut 
pour augmenter ses ressources en popularisant une giantte et 
«ainte cause (t). Ces conseils si émus et si éloquents adiMîssés.aux 
«aères polonaises ; ce commentaire si pathétique du super Fié* 
mina Betbj/lonis, le psaume des exilés, ce dsvaient être, hélas I 
Jfës dernières pages écrites par notre ami, M. l'abbé Pevjtepfe^ 
<Q^€\quQS s^uainesajprès, une mort prématurée venait le frapp^ 
sous nos yeux, et faisait sortir de cette arène de l'Eglise lailir 
tante, où il avait si vaillamment combattu , ce prêtre si jeune 
«ncore et déf è mér pour la récompense. 

(11 La Pologae (1775-1865). par M; l'abbé Pemyve. professeor 
.â'histoîre eeclésiastiqa© à la Soriwnne et chanoine nonorairB d'Or- 
léans. — 1 vol, m-12. Prix : 3 fr. Chez JBouaifll. 29f, P«e 4p Towflflft 



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BELIGIEUSES KT/ OnÉaiIEES. 297' 

Êéfle noble intelligence, si avMe de là Vérité, voit nMîntenant 
faee à face et sans voile» Celui qui est la v^ilé môme : cecœurv 
stafffemé de justice, se notirrit de la justice éternelle. La Pologriô^^ 
re^miai^sante n*a poiîït oublié l'apétré intrépide et dévoué qur 
n'avait jamais su transigerou se tairfe devant cette grande canse'j 
et ses enfants sont venus', à rangs pressés, mêler aveonous leurtF^ 
larmes et leurs prières sur la' tombe de celui <ïui les avait tanf 
aimés, si bien servis, et qui n'oubltera pafe devant Dieu les inté-^ 
rets dé cette généreuse et ittfôrlunée nati6n. 

Adolphe PÈRnAô», ^ 
Prêtre de. l'Oratoire, 
Direeteur général de^l'CËuvn» dfÉ (^ttho^idame en Potogne^ Ih me . 

ûu Regard. 

CCmPOSÏTtON DU CONSBIi; DE L*€E0VRE : 

Président : Mgr de Ségur, prélat de la maison du Pape, 
chanoine du premi^ï* drdre du Chapitre impéï4al de Saitît-Denis. 

Vice-présidents: 'M. VsiÂié Beguerry, curé de la Madeleine.— 
Le R. P. Pététot, supérieur général de TOratoire. — M. le comte 
de MionValembert , de TAcadémie f^an^ise. — M. Cofnudet, 
céttseiller d'Etat. 

Il a été fornié à Orléans, avec Tautorisalion de M^r l'Evoque, 
un comité doiil M. Lagrange, vicaire général, est président, et à 
qui on peut adresser les communications et envois de secours. 



BX)Mfi. . 

Les lignes suivantes étaient tracées et il n'y «^ ^ue peu dé 
jéirs, et dans les murs de Rome, par un ^rivain Won eo©nu4 ^ 

tome e^t une ville étrange potir celui qui la Ji^ra au point 
de vue de nos idées modternes. ftn pBufc dine qut plusieur» 
sièeies s'y candmentiet s'entrecroisenfc j^urikeHemeat danâ sea: 
raes. A \<m nos tiombreux seldats. répandu» dans tous, sa» 
quartiers, ces brillants éfmpàges -sîilandaQt le Cocà^, eetlÈ 
foule élégante se pressant sur les trottoirs, on se croirait dans 
l'àïie de dos graindcs viiles dé f ranee, tw le* mônie speetacle $e 
prégente sans disparate. Mais: à Rome^ c!es& tout différent : jeteis' 
les yeux d'un autre côté, vous pourrez apercevoir des uniforme» 
d'un autre siècle formant la garde pontificale ; des religieux de 
tei^s léé nationiB, ées liioiôes ôt tôua Ics-ordies, de toutes 
cbulëurs, la plupart piedsinasv^^intedelaicorde, se proffienant 
ou qûêtî^nty la sebille à la main, pareourai]^ notnbreux et San», 
étonneinfent les lîenixofii s^étaié, dans tout sop éciat, le ftiste de^ 
DfOs jours, absolument comme il y a un siècle^ deux siècles et^ 



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298: jonriLBS 

plus, ils parcouraient les mêmes lieux, vêlas de la même robe, 
ceints de la même corde, tendant, comme aujourd'hui, leur, 
sebille aux pèlerins d'alors et aux bourgeois de la Villc-Eter-- 
nelle. Tout s'est transformé autour d'eux, Tout a marché au 
gré des civilisations modernes : l'appareil religieux serl, comme 
Keu qui ne change pas, a gardé à Rome sa physionomie im- 
muable, sans même avoir pu être détourné de la voie qu'il suit 
depuis des siècles, par l'ouragan des Révolutions. 

Mais ce n'est pas tout. Pénétrez plus avant dans les mœurs, 
les habitudes, les lois de cette étrange cité à laquelle nulle 
autre ne ressemble, et vous serez étonné des pratiques qui s'y 
sont conservées intactes^ au milieu de l'entraînement général 
que l'Europe entière a subi dans ses mœurs, depuis 1789. Les 
institutions religieuses et charitables, fondées il y a trois ou 
q^iatre cents ans, y sont gardées entières avec leur caractère et 
leur physionomie originaire. Les mômes princes et princesses, 
la même noblesse Romaine se font, comme alors, honneur d'en 
faire partie et se rendent à toutes les cérémonies, sans même 
avoir abandonné le costume traditionnel du xvi* sièclp. Dans 
les rues les plus fréquentées, au milieu des plus somptueux 
équipages, vous rencontrez, comme il y a deux cents ans, les 
processions des Sacconi, c'est-à-dire des confrc'ries d'hommes 
appartenant à toutes les classes de la société, à la tête des- 
quelles marche souvent un Prince de l'Eglise ou de la noblesse, 
portant la lourde croix de bois, tous recouverts du sac qui ne 
laisse -î'^ercevoir que les yeux et psalmodiant lentement. En 
],; In Colysée, au milieu des nombreux étrangers qu'attirent les 
grandes fêtes de Pâques, vous voyez un moine escalader un 
pan de mur à demi écroulé, et là, se promenant sur une es- 
trade, les mains croisées sur la poitrine, il prêchera la passion, 
et le sermon sera suivi du chemin de la croix, dont les stations 
bordent l'intérieur de cet immense et saisissant monument de 
la Rome antique et païenne. Bien d'autres faits, bien d'autres 
coutumes plus étonnantes encore et qui paraîtront étranges 
aux hommes de nôtres temps, ont passé à travers les siècles 
traversé les révolutions politiques sociales, et se sont } erpétués 
à Rome avec leur cachet essentiellénîent religieux. 

l Le même autour écrivait ainsi ses impressions, au sortir 

l d'une audience que le cardinal Antonelli avait daigné lui ac- 

I corder : 

[^ Je fus surpris, je dois le dire, de l'expansion femilière qui 

j se faisait remarquer dans les manières et le langage de ce haut 

{ Dignitaire de l'Eglise et de l'Etat: C'est encore là un trait des 

I mœurs italiennes, qui tient, soit à la nature même des hommes 

^ de ce pays, soit aux tournures de phrases imaginées dont ces 



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aSLIGIEUàES JET UTTÉBÀIRES. 299- 

pétulants esprits méridionaux se servent, pour exprimer dans 
une langue qui n'est pas la leur, leurs pensées et leurs sym- 
pathies. Le cardinal Antonelli peut avoir cinquante-cinq ans 
environ : ce qui frappe surtout, dans sa physionomie expressive, 
ce sont ses yeux clairs, brillants, pleins de feu, dont le mou* 
vement extrêmement rapide et continu suit les vôtres, cher- 
chant en diplomate habile à découvrir s'il n*a à répondre qu'à 
une simple visite de politesse, ou s'il a devant lui un adversaire 
ou un ami. Avec ce tact, cette habitude et cette connaissance 

E refonde des hommes que possède au plus haut degré l'éminent 
ardinal, quelques minutes lui suffisent pour qu'il soit parfai- 
tement à Taise avec ses visiteurs. Le diplomate disparaît alors, 
et vous avez devant vous, Thomme aimable, gracieux, char- 
mant, s'informant de tout ce qui vous concerne, avec une 
sollicitude qui ne se comprendrait ni en Angleterre ni en 
France de la part d'un si haut personnage, se montrant sur- 
tout heureux de recueillir les témoignages de vénération dont 
le Souverain Pontife est l'objet» Esprit fin, pénétrant, un peu 
satcastique, le Cardinal n'est étranger à rien de ce qui se passe 
en Italie et au-delà d,es Alpes : hommes et choses lui sont par- 
faitement connus. 



— Un séminaire polonais va être ouvert à Rome et confié aux 
religieux de la Résurrection. Le Pape afl'ecte à cet établissement 
l'église et le couvent de Saint-Adrien-au-Forum, occupé par 
deux Pères de la Merci, les deux seuls représentants de leur 
ordre en Europe. 

— Le Saint-Père a été légèrement indisposé ces jours-ci par 
suite d'un refroidissement, très-facile à prendre durant les 
grandes chaleurs, en Italie. Cette indisposition passagère est 
entièrement dissipée à l'heure qu'il est. 

— Mgr de Mérode a été plus gravement malade ; il a eu une 
attaque de fièvre pernicieuse, qu'on a heureusement coupée au 
premier accès,. 

— Tout récemment, une opulente dame espagnole a déposé 
sur la table du Saint-Père, un crucifix estimé 50,000 fr. Et comme 
elle s'en allait sans rien demander, Pie IX, ému jusqu'aux 
larmes, lui a donné le crucifix d'ébène et d'ivoire devant lequel 
il avait coutume de prier, et lui a dit : Ma fille, prenez celui-ci : 
je l'ai rapporté de l'exil. 

— V Arckiccnfrérie de Saint-Pierre^ instituée en 1860, pour 
subvenir aux besoins du Saint-Siège par la prière et jpar les of- 
frandes pécuniaires, a célébré sa fête annuelle le o, à Saint- 
Pierre -aux-Liens. 

— Dans un prochain consistoire le Saint-Père conférerait, 
assure-t-on, le chapeau à Mgr de Hohenlohe, archevêque d'Edesse 



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^bb- AÏÎNALES 

et aumôntcr secret de Sa Sainteté. Le roi de Prusse avait çropôs^ 
c"e prélat, qui est son parent, d*abord pour Je siège archiépiscopal' 
de Cologne, et ensuite pour celui de Posen. Le Saint-Père n^a 
pas cru devoir accepter cette proposition ; naais comme il aime 
beaucoup ce prélat et veut récompenser ses services, il le retien- 
drait auprès de lui en lui donnant la pourpre romaine. 

— La clôture de l'année scolaire 1864-1865 et la collation dès' 

f rades ont eu lieu à l'ilniversité de la Sapience. Dans le courant 
e l'année, l'Université a conféré 130 diplômes de docteur^, 14$ 
de licencié et 173 de bachelier. Les Facultés sont au nombre de 
cinq: théologie, droits canonique et civil, médecine et chirurgie, 
philosophie et mathématiques, philologie. 

—; La population d'Ancône est maintenant réduite à ^Ô^OOi)' 
âmes ; 15,000 habitants l'ont abandonnée. On ne" sait pas le 
nombre des victimes qui y ont déjà succombe, mais il est grand. 
Sur vingt médecins restés courageusement au poste, onze ont été 
atteints par l'épiden^ie. Tous les magasins sont fermés, te 
clergé, à l'exemple du cardinal-archevêque défunt, montre le 
zèle le plus admirable. 

— Mgr le Cardinal Antonucci, est mort du choléra à AncfîTne. 
Il était né à Subiaco le 17 septembre 1818, et par conséquent 
n'avait pas encore conrplétç sa fpjarante-septième année ; arche- 
vêque et évêaue d'Ancône et Umana, il avait été nommé cardinal 
le 15 mars 1858. Le choléra a également emporté à AncÔne le 
(^Ômi^iandéur Auguste Trompco, pidcureur général près la cour 
(Taf ;. I. Il y à eu à Ancône, sur 207 cas de choléra, 102 décès en 
lin : . uï jour. Le consul de France à Aricône a mis sa maison à 
la disposition de la ville pour le service des cholériques, et 
des sœurs de Saint- Vincent-de-Paul vont y être installées. 

. -p" Le cardinal Morichini» archevêque dlesi, vient d'adresser 
ii ses diocésains une lettre digne dès Borromée. Le prélat, qui 
-yoît le choléra approcher de son troupeau, déclare qu'il demande 
à. Dieu de payer seul pour tous, et que si son sacrifice n'était pas 
agréé, on le verrait du moins au milieu des malades, prodiguant' 
à tous les consolations d'un père, et vendant, s'il le fallait, pour 
les secourir, jusqu'aux glands d'or de son chapeau cardinalice. . 

; L'AkceLus i)U sbm a Rome. — J'étais un jour sur la vôîe 
i Àppia, en dehors des murailles de Rome ; je revenais d'une visite 

Ij dès catacombes de Saînt-Caîixté, au milieu des ruines et dé^' 

'^^ tombeaux <iui bordent cette route, et,. mé reportant au temps de' 

la; persécution, j'aimais à me croire l'un de ces heureux. chré- 
;i tiens revenant de la demeure mystérieuse des Papes. Tout a 

coup, je fus arraché de ma douce rêverie par Téclat du canon 
K du fort Saint-Ange, et en même temps, €omhio par un, coup 

-^ électrique, les cloches des quatre cents églises de Bomc^fureii|. 

*'* mises en branle et portèrent dans les airs cette incomparable 



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AELIGIEUSES ET LITTÉEAIBES. 301 

Îarole : « Et le Verbe s'estfait chair, et il a habité parmi nous. » 
e m'arrêtai comme frappé par une apparition soudaine. Je 
passai subitement de l'ère de la persécution à l'ère de la glorifi- 
cation, et je n'ai pas de termes pour dii-e l'émotion dont je me 
sentis pénétré, rîon, rien ne peut rendre l'effet de ces mille 
cloches se balançant à la fois dans les airs, et formant comme 
une seule voix qui vient se perdre dans le silence de la campagne 
de Rome. C'est le plus grand cri de joie qui puisse être entendu ; 
et il me semblait que son écho allait se prolonger dans les pro- 
fondeurs des catacombes, et qu'autour de moi, entraînés par cette 
allégresse universelle, tous les martyrs se dressaient dans leuri^ 
sépulcres que je venais de vénérer. Je tombai à genoux en facef 
des murailles de Rome, et avec les martyrs, avec les vierges, 
avec les Papes, avec tous les saints le la ville sainte, je saluai la 
-divine Mère du divin Rédempteur : « Je vous salue, Marie, pleine 
dsç grâces 

Jin mot de réfutation. 

Il n'y a pas de dispute possible sur la foi de Napoléon mourant. 
A plusieurs reprises il avait manifesté son pressentiment en 
dîëaiit qd^une d«s plus fortes preuves de la vérité (k la religion 
côtholiquci c'est qu'à la mort, au moment de la grande sincérité 
et lucidité de Thomme, on lui rend ka armes. «Et Napoléon, 
ajoute Hfadson Lowc, prouva lui-mêitae la justesse et la vérité de 
^es paroles; car, avant de moturîr, il se confessa; il reçtjt la 
cémmunion des mains d'un prêtre (1), » 

C'est un Anglais, noua pourrii[yns dire aussi un geôlier, qui a 
éttrît ces lignes; et' il doit les répéter ôvec plus de précision 
ènéore, dn racontant la mort de Napoléon : « Le 3 mai, dit-il, il 
péçut des mains de l'abbé Vîgnali, son aumônier, le viatique et 
tous les secours spirituels que la religion catholique accorde aux 
niouràûts, et presque immédiatement il perdit connaissance pour 
toujours.» Cette déposition, ce noîis semble, nurait dû attirer 
l'attention de l'illustre historien du Consulat et de l'Empire, qui 
arrange les derniers moments de son héros comme ceux d'un 
dëiste. 

Le médecin Aritomarcbi, quje Napoléon traitait d'athée et qui 
n'efet pas suspect de dévotion, dépose comme Arnott son adver- 
ëàîre en môme temps que son collègue, et écrit dans son journal : 
« 3 (mai). La nuit a été meilleure que de coutume. Les symp- 
tônpies alarmants d'hier ont diminué, le malade a reposé quel- 
ques instants. La fièvre perd un peu de son intensité. (Grande 
prostration des forces. Profonds soupirs, anxiété. — Hudson, 

(1) Mémorial de 3ir Hudson tow,e» Paris, 1830, 1 vol. in-8% 
p. 352. 



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302 AlflliLES 

pris tout à coup d*humanilé, imagine que le lait de vache pour- 
rait soulager celle cruelle agonie et en fait offrir. Le docteur 
Arnott admire l'inspiration de son chef et veut en essayer. Je 
m'y oppose de toutes mes forces, attendu que le lait est naturel- 
lement pesant et indigeste, que l'Empereur rejette h chaque ins- 
tant les substances les plus douces, les plus légères, les plus 
faciles à digérer; attendu que, môme en bonne santé, il n'avait 
jamais pu supporter aucune espèce de lait. Le docteur Arnott ne 
se rendant pas, j'insistai : nous eûmes une discussion des plus 
, vives ; je réussis néanmoins à empêcher qu'on administrât da 
lait à l'Empereur mourant. — Les symptômes s'aggravent et 
deviennent de plus en plus alarmants. — La flèvre diminue, 
nous nous retirons. Vignaii reste seul, et nous rejoint quelques 
instants après dans la pièce voisine, où il nous annonce qu'il a 
administré le viatique à l'Empereur (1). » 

Le chevalier de Beauterne, qui ne connaissait pas les textes 
d'Hudson Lowe, mais bien le texte d'Antomarchi dont il était 
grandement et justement frappé, partit de ce texte pour faire des 
recherches plus approfondies sur la question des sentiments 
religieux de Napoléon à la mort. Le premier témoin qu'il entendit 
et que nous joignons aux précédents est Marchant, le valet de 
chambre intime de l'Empereur. . 

La pi-emière personne que j'allai consulter, dit-il, ce fut 
M. Marchant. Il m** sembla qu'en sa qualité de premier valet de 
chambre, il devait être au courant aussi bien que personne d'uue 
scène d'intérieur. Ce fut de lui que j'appris que c'était In nuit 

Sue l'Emp» reur avait accompli ses devoirs religieux ; le général 
e Montholon était seul de garde cette nuit-là, et lui seu. jx>u-. 
rait en signaler les détails. » M. Marchant ajouta ; «Pour nnoî, 
j'ai vu sortir l'abbé Vignaii le matin, ayant accompli, je n'en 
doute pas, les fonctions de son ministère; mais je n'en fus 
informé avec toute la maison qu'au jour, et quand tout était uni. 
Du reste, je me rappelle fort bien plusieurs à parte de Napoléon 
avec l'abbé Vignaii ; ce qui n'a pas lieu d'étonner de la part de 
l'Empereur (2). » 

Marchant adressa ensuite à Beauterne une lettre où on lit : 
« Je n'ai point écrit à M. Saint-Denis (autre valet de chambre), 
pensant qu'il avait peu d'éclaircissemenis à apporter dans la 
question que vous avez le désir do connaître. Je croîs plus con- 
venable, M. le comte de Montholon vousayantdonn^ses souve- 
nirs, de vous donner les miens. Ce qui me laisserait croire à un 

(1) Les mf^moiresdu docteur ÂiUomarchi ont paru en 1825, en 2 vol. 
in-8®, chez Barrois. Je cite l'édition qui est à la suite du Mémorial, 
t. Il, p. 833. 

(2) Sentiment de Napoléon sur le christianisme, par le chevalier 
de Beauterne, Poissy, Olivier Fulgence, 1815, in-12, p. 26. 



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RELIGIEUSES ET LITTÉKAIEES. 303 

acte religieux, c'est qu'étant seul auprès de TEmpereur dans la 
matinée du l®'inai,M. l'abbé Vignali entra et médit que les înten- 
tionsde l'Empereur communiquées par M. lecomtedeMontholon 
étaient d'être seul avec lui. Quand M. l'abbé Vignali sortit de la 
chambre, je revins auprès de l'Empereur; je le trouvai comme tou- 
jours calme et résigné, ne laissant rien apercevoir de ce qui s'était 
passé(t).D «Cette lettre est curieuse, observe Beauterne, annonçant 
une nouvelle entrevue secrète du prêtre avec Napoléon. M. Mar- 
chant m'a dit, d'ailleurs, qu'à sa connaissance, ces entrevues 
s'étaient renouvelées plusieurs fois pendant la maladie (2). » Beau- 
terne dit encore : « Ce fait des entrevues secrètes de l'abbé Vignali 
avec TEmpereur ne saurait être l'objet d'aucun doute, puisqu'il 
est attesté égaleipent par M. Antomarchi et par MM. Montholon 
et Marchant. Plusieurs fois,, m'ont-iîs répondu quand je les 
interrogeais là-dessus, pendant les dernières semaines de son 
agonie, l'Empereur demeura seul avec l'abbé Vignali ; sa porte 
était fermée par ordre (3). » 

M. Thiers aurait donc dû prendre garde à Antomarchi et h 
Marchant comme à Hudson Lowe et à Arnott. 

ir aurait dû surtout prendre garde au général de Montholon, 
l'homnie de confiance, j'allais dire l'ami de cœur de l'Empereur 
et le véritable dépositaire de ses pensées dans l'histoire. 

« Ayant'ecrit à M. le général Montholon, dit Beauterne, pour 
avoir un rendez-vous, il me fit l'honneur de me recevoir. Dès 
> notre première entrevue, il me confirma la vérité de l'objet 
spécial de ma visite, au sujet de l'Extrême-Onction, di saint 
Viatique ; en fixant les dates , rectifiant les erreurs, remplissant 
les omissions, citant Napoléon et complétant les détails, de 
manière à ne plus laisser aucun doute (4). » 



NOUVELLES, 

Nantes. — Les Petites Sœurs des Pauvres viennetît de gagner, 
devant le tribunal civil de Nantes, un procès important. Un legs 
de 120,000 fr. leur était contesté. Le tribunal a jugé que le tes- 
tament contenant ce legs était valable et aurait son plein et 
entier effet. 

Paris. — Un éminent catholique, ami dés plus intimes de 
Mgr Dupanloup, qui est en même temps tn de nos économistes 
les plus distingués, M. Augustin Cochin, administrateur du 
chemin de fer d'Orléans, cherchant à appliquer au bénéfice des 

il) Lettre à M. de Beauterne, Sentiment, p. 205. 
2) Ibid., p. 206. 
3) Ibid., p. 148. 
4) Ibid., p. 28 



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$64 1KNAI.ES 

employés de cette compagnie les idéesd'assîstance et de frateriiité 
chrétienne qu'il s'efforce de faire prédominer partout, a fondé, 
au proQt des.2,000 employés de la gare de Paris^ une Société dé 
secours mutuels à laquelle la compagnie a accordé de grand» 
avantages . Les nouveaux sociétaires ont déféré laprésidence deletff^ 
Œuvreà M. Cochin, et désirant lui offrir un témoignage plu* 
particulier de reconnaissance , ils se sont cotisés pour Mra 
frapper une grande médaille d'or en son honneur, et cette 
médaille doit lui être remise dans une réunion générale dé là 
Société. 

Toulouse^ — Sur la demande de MgrUArchevêquedeToulousev 
une loterie, dont le produit est destiné à Tachèvement de 9Sè 
Métropole, vient d'<Hrc autorisée pour toute la France. Ainsi* 
qu'on le leur demande, les AnnaJes orléanaises s'empressent à; 
leur tour de faire connaître cette (Euvre à leurs lecteurs et de les 
engager à apporter aussi leur pierre à la restauration d'un temple 
qui fut illustré par les prédications de saint Bernard, de saint 
Dominique, dé saint Vincent Perrier et de saint Antoine d^ 
Padoue, et que tant d*àutres souvenirs rendent vénérable, te 
prix du billet est de 25 cent. — Il y a 139 lots gagnants for- 
mant un capital de 175,000 fr. qui seront payés en espèces. 

Angers, — Mardi dernier, le clergé de la ville d'Angers et de 
la banlieue est allé offrir l'hommage de ses vœux et de sa piété 
finale h Mgr Angebault. On ccritquele Prélatachoisi saintLau-^ 
rent pour patron, en mémoire de sa consécration épiscopale, 
qui a eu lieu le jour ;'o Filîustre diacre, il y a vingt-tn»:s anà. 
Monseigneur a répondu avec cette facilité d'improvisat'''>n qu'il 
possède à un si haut degré, avec cette effusion de Oœur ^î 
trouve partout écho, ^f/ 7ww//o5 awwo5, avait dit M. r^mpoîs. 
« Non, a repris Monseigneur, des souhaits de longues années ne 
me regardent plus à mon âge. Mais tant que Dieu voudra bien 
me conserver la vie, elle sera pouf vous et ce diocèse. Si elle 
n'est pas utile, toujours, du moins, elle vous sera dévouée. » 
Puis le Père vénéré a béni ses enfants, qui se sont séparés ea se 
donnailt rendez-vous pour le-lendeipain à l'égiîso cathédrale, où) 
ik sont allés prier pour le bien-aimé Prélat. A la messe solen- 
helle qu'a célébrée M. l'abbé Mesnard, chanoine, Yicaire Général, 
pour la fête de Monseigneur, toutes les communautés de la viliey 
pour lesquelles le {Jremier Pasteui* est si prodigue de soins, de 
Sollicitude et de dévouement, étaient venus payerune dette bicif 
douce, celle de la recoh'naissance. 

Bellej/, — Le 4 août, a en lieu, û Ars, la consécration de b 
nou\ielle église dédiée à saintePhilomène. On sait que M . Vianney 
a été un fervent propagateur du cuhe de cette sainte et qu'il 
attribuait à sa puissante intervention tous les prodiges dé grâces 
opérés par son ministère. L'administration ecclésiastique avait 
à concilier le respect qui s'attache à l'ancienne église avec les 



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RELIGIEUSES ET LITTÉRiIRESâ 505 

vœux du saint curé, qui depuis longlemps désirait ériger un 
sanctuaire sous le vocable de la thaumaturge du xix® siècle. 

L'habile architecte a su assujettir Tart à cette double pensée, 
épi élevant une rotonde qui se relie à l'ancienne église restée 
înlacte. Rien de saisissant lit d'harmonieux comme l'ensemble 
de ces deux monuments qui n'en forment plus qu'un. Si nou» 
osions employer ici une expression usuelle, nous dirions que le 
saint curé d'Ars a rempli son ministère, de compte à demi avec 
sainte Philomène. 

C'est l'idée que traduit admirablement le monument dû à la 
piété autant qu'au génie. L'ancienne église, avec ses murs noircis 
et ses voûtes affaissées, rappelle le souvenir et les travaux du 
vieux etsaint curé : la nouvelle, avec sesvoûtes élevées, ses encor- 
beliementa, ses guirlandes fleuries, couvre et pare comme une 
couronne virginale le front de la jeune sainte. Disons que le 
statuaire a lutté d'inspiratioa4:eligieuse avec l'/irchitecte. L'autel 

tlacé au centre de la rotonde, représente dans un relief du plus 
eau marbre, encadré de lis, sainte Philomène retirée des eaux 
du Tibre. On le croirait sculpté dans le ciel par Fra Angélico, et 
apporté sur la terre par la main des Anges. 

Plus de ceit prêtres, venus de différents diocèses, assistaient 
à la fête. Dos la veille, le service des omnibus avait été doqblé, 
sans pouvoir sufftre au nombre de pèlerins que chaque convoi 
déposait à la gare de Villefranche. Rien de pittoresque comme 
cçs flots de population qui affluaient par tous les septiers et 
gu*un vent semblait pousser de tous les points de l'horizon. 

L'espace nous manque pour reproduire les cérémonies de la 
consécration et le pieux intérêt avec lequel la foule des fidèles 
s*y associait. Lorsque le Prélat consécrateur, Mgr de Langalerie, 
a voulu épancher les sentiments qui débordaient de son cœur, 
il a dû convoquer à l'extérieur son immense auditoire. Comment 
reproduire cette allocution? Les sentiments de la joie la plus 
vire, de la piété la plus tendre, de la foi la plus ardente, ne peu- 
vent être condensés dans une analyse. Nous n'essaierons pas 
davantage de reproduire le discours prononcé le soir par 
Mgr Martin, protonotaireapostolique. Entre tous les nouvements 
qui ont fait tressaillir l'auditoire, nous nous bornerons à rappeler 
fe suivant ; 

« Dans la solennité de ce jo ix, il y a donc plus qu'une consé- 
« cration d'église, c'est presque la canonisa,tion d'un saint. S'il 
« ne nous est pas permis de prévenir le jugement de l'Eglise, il 
« ae nous est pas fléfendu de donner un libre cours à nos cspé- 
• rances et à nos vœux Oui, cette fête, il nous est permis de 
I l'espérer, prélude à une autre fête plus solennelle encore, à 
■ t me fêle qui partira du Vatican et portera l'allégresse jusqu'aux 
f e^trémit^ du monde catholique. » ' • ' 

C'est sous l'impression de ce sentiment et -en^portant au fon4 






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306 4lfIIALB8 

du cœur cette douce espérance que les fidèles se sout retirés 
dans un joyeux et pieux recueillement. 
Caen. — Une bonne et pieuse fille avait été eh service à Caen, 

tendant plusieurs années, dans une maison où régnait l'aisance. 
iC chef de famille était venu plus tard à perdre sa fortune par 
suite de fausses spéculations, son ancienne servante Ta recueilli 
chez elle, bien qu'obligée déjà de travailler pour subvenir à ses 
propres besoins. Il a vieilli et il est mort sans avoir connu ni les 
rigueurs de la faim, ni l'humiliation d'implorer la charité 
publique. Le sublime dévouement d'une humble et obscure 
chrétienne lui a tenu lieu de tout, en l'entourant de soins jusqu'à 
sa dernière heure. 

Ce bel exemple vient d'être donné dans la paroisse de Glévillc, 
canton de Troarn. La charitable servante existe encore. 



MELANGES. 

Les RR. PP. Capucins de la province de France viennent de 
célébrer leur chapitre provincial au couvent de Marseille. Le 
T. R. P. Dominique aété élu provincial. — Le Ministre des Cultes 
vient, sur la demande de Mgr l'Evèque de Nancy, d'accorder 
seize mille francs à l'évéché, et neuf raille à la cathédrale. — 
On vient d'inaugurer l'éclairage au gaz de la ville de Bombay, 
au grand ébahissement des indiens. — L'année 1865 comptera 
parmi les précoces années vinicoles. Il faut remonter à près d'un 
demi-siècle pour trouver une maturité si précoce. Les vignerons du 
Languedoc ont l'intention d'offrir au conseil général, quise réunit 
de lundi en huit, un baril de vin nouveau. — On prétend que la 
récolte du Château-Margaux a été achetée pour dix ans par une 
société anglaise au prix de 1,050 fr. la pièce. — M. l'abbé Ri- 
chard, de Montlieu (Charente-Inférieure) connu de toute l'Europe 
par sa science de découvrir les sources, vient d'être nommé 
chanoine honoraire de La Rochelle et de Saintes. — M. de La- 
martine fait démçntir les fâcheuses nouvelles qui ont couru sur 
sa santé. — Une ascension .^du Géant^avec divers accessoires 
téméraires, qu'en Allemagne'^oa n'interdit point, est annoncée 
pour la fin d'août à Cologne. Nadar a ref(|^é, à la gare de l'Est, 
de prendre un billet de retour po.ur loi et sa machine, a J'attendrai 
une bonne brise, a-t-il dit, et je reviendrai par le chemin dça 
oiseaux m'atterrir sur la place de la Concorde. » — On signale 
la présence à Brighton de l'archiduc Louis- Victor, frère cadet de 
l'empereur d'Autriche. — Nous lisons dans une lettre écrite de 
Chrîstiana (Norwège), par un missionnaire bamabite, que la loi 
qui interdit les fonctions publiques aux catholiques sera ré^d- 

Suée sous peu. Le catholicisme fait des progrès étonnants en 
[orwige et est de jour en jour mieux appcécié et plus respecté. 



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BELiaiEIfSES ET UÎTÉaiIRES. 307 

— La chambre des communes n'avait jamais compté jusqu'à 
présent plus d'un membre catholique , élu dans 1 Angleterre 

Eroprement dite. Il yen aura trois dans la nouvelle chambre: 
lOrd Edward Howard, oncle du duc de Norfolk, sir John Acton, 
parent du feu cardinal de ce nom, et sir John Simeon, nouveau 
converti. — Mgr Chigi, nonce du Saint-Siège, est aux bains de 
mer du Pouliguen (Loire-Inférieure). — Le Saint-Père vient de 
créer un musée à Ostie , où depuis longtemps s'opèrent des 
fouilles. — M. Thouvenel, sénateur, est nommé grand référen- 
daire du Sénat, en remplacement de M. le général d'Hautpoul, 
décédé. -— Les travaux que fait faire la Compagnie d'Orléans 
pour la construction d'une gare monumentale, dépassent en 
importance toutes les autres constructions qui s'élèvent en ce 
moment à Paris. La nouvelle gare n'est encore qu'à quelques 
mètres au-dessus du sol. — VAkbar d'Alger nous apprend qu'une 
jeune fille, Mlle R..., qui se préparait assidûment à l'examen du 
baccalauféat, l'a passé le 26 juillet avec un succès complet. On 
assure que Mlle R. va suivre les cours de l'école^de médecine, et 
qu'elle à l'intention d'exercer plus tard la profession de médecin. 
— Un journal annonce qu'on étudie en ce moment un système 
d'omnibus qui feraient à Paris, sur certaines lignes, le service 
de une heure du matin à six heures, et rendraient iiinsi de sérieux 
services aux maraîchers , aux vo^geurs et aux ouvriers. — 
L'Université de Londres vient de décider Tinstilution d'un nou- 
veau degré ou titre : celui de docteur en littérature. Ce projet a 
été approuvé par la reine. — Dans la seule province du Su- 
Tchuen occidental, en Chine, Mgr Pinchon, vicaire apostolique, 
accuse un chiffre de plus de 10,000 enfanls noyés par leurs 
parents pendant une famine. — La mère Marie Philomène de 
Stransky, supérieure de la communauté d'Alger, est décédée. 
Ses écrits ont beaucoup contribué à faire connaître l'institut du 
Bon-Pasteur en Allemagne, 



LOIRET. 

On nous communique la lettre suivante, adressée à M. l'abbé 
Bougaud, Vicaire Général, Archidiacre de Gien : 

Sainte-Marie-de-la-Pierre-qui-Vire, 12 août 1865. 
Monsieur l'Archidiacre, 

En se rendant à notre retraite annuelle, le R. P. Arsène nous 
a apporté les reliques de notre saint patriarche saint Benoît, 
que Mgr l'Evoque d'Orléans a bien voulu nous donner. Jugez de 
notre joie, en apprenant l'arrivée de cette châsse si attendue, et 
en la voyant arriver la veille môme de notre entrée en retraite. 

Vite une procession est organisée, un brancard est préparé, on 



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^ iXNALES 

4éploie la bannière de sakit Benoît, nous revêtpns les ornements 
les plus beaux de notre pauvre monastère ; et, pencfant que 
tputes les cloches sorinent à toute volée, les religieux défilent 
sur deux lignes en chantant joyeusement les Litanies de 1^ 
Sainte-Vierge. 

La procession se dirige au pied du monument qije la piété é^ 
notre saint fondateur le R. P. Mu^rd, de sainte mémoire, a 
élevé à la Ïrès-Sainte-Vierge, sur l'antique dolmen où avait 
autrefois coulé le sang des victinies, sous le coutelas des Druides. 
Là, un petit autel avait été disposé ; le reliquaire, recouvert d'un 
voile, est déposé sur cet autel; des flambeaux sont allumés, et, 
après l'encensement des saintes relique^, on chante la magni- 
fique prose Lœta quies. Puis le chant achevé on entonne l£^ 
belle hymne Laudibus cives^ en se rendant au monastère. La 
châsse offerte par Mgr d'Orléans, était portée pârdeux PP. endal- 
matiques. Ils étaient tous deux souffrants, l'un d'eux a été beau^ 
(joup mieux depuis ce temps. 

Arrivés à l'église, nous déposons la châsse $ur un autel prér 
paré au milieu du chœur, et c'est là que cette précieuse relique- 
est restée exposée pendant les huit jours qu'a duré notrp 
retraite ; nous ne pouvions pas l'ouvrir sous de plus héurieux 
auspices. 

Aussi le R. P. Descham{^, de Tordre (Je Saint-Dominique, 
qui nous donnait les saints exercices, n'a commencé aucun de 
^es discours sans avoir auparavant invoqué, après Marie, noire 
P. saint Benoit. 

Soyez donc remercié, Monsieur le g^and Vicaire, de la part 
iuiportante qui vous revien,t dans l'envoi de ce beau reliquaire* 
et de cette précieuse relique, et veuillez bien offrir à Monsei- 
gneur l'hommage d'une reconnaissance qui ne finira plus. 
Désormais entre le diocèse d'Orléans et le monastère de la Pierre- 
qui-Vire, c'est une indissoluble union de prières. 

Agréez, etc. Dom Bernaed Marie. 

P. 0. S. B. 



Une nomination dans la Légion-d'Honneur, qui ne saqiîait 
être indifférente à nos lecteurs Orléanais, vient d'être publiée ei| 
mérne temps que celle de M. Tabbé Desbrosses. C'est celle de 
M. Tranchau, proviseur du lycée impérial d'Orléans. Cette faveur 
est trop justement appréciée dans le journal de la préfecture du 
Loiret pour que nous résistions au désir de reproduire un éiqge 
que nous savons être bieii mérité : 

« La nomination de M. Trancba.u, dans Tordre delà Légion- 
a d'Honneur, était attendue, nous oson^ l,e dire, de la haute justice 
« du ministre de l'instruction publique et de l'Empereur, comme 
a la légitiïjie récompense des plus vaillants services unïver^ 



« 



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RELIGIEUSES £T LITTÉAAIBES. ^Q9 

« taires. Nous :n*av«ns pas besoin de rappeler quelle, étroite com- 
« munauté unit lacarrièrede M.,3;ranchau à la destinée du lyoée 

* d'Orléans. Elève, professeur, censeur, il Ta honoré à tous ces 
« titres, et depuis qu'il, est devenu son proviseur, nous retrou- 
« vous dans M. Tranchau, aveu l'expérience administrative dé- 
« veloppée chez lui par ses fonctions au lycée de Caen et dans 
« l'inspection académique de Moulins, le dévouement le plus actif 
« et en quelque sorte le plus /ilial. Lesservices qu'il rend à cette 
« chère maison de^on enfance sont assez connus et assez appré- 
i ciés par tout le monde à Orléans pour que nous n'ayons pas 
« besoin d'y insister davantage. La joie unanime par laquelle 

• notre vil le: accueillera la nouvelle de sa décoratiou en dira plus 
« «[ue tous B,os élogos. d 

M. Tranchau, on le sait, a un droit spécial et tout personnel 
aux sympathies du clergé et des hommes religieux de notre ville. 
Éqfant d'Orléans, il compte parmi ses parents des ecclésiastiques 
distit^gués de ce diocèse; gendre de M. Lecomte, il est le digue 
héritier des sentiments nobles etchrétieiis de cet homme véné- 
rable dont .la société de Saint-Vincent-de-Paul d'Orléans 
conserve si précieusemejnt le 30uvenir; il appartient donc par 
alliance à cette famille qui est devenue comme la seconde fa- 
mille du R. P. Hyacinthe, le pieux et éloquent moine Orléanais, 
aujourd'hiii l'une des plus belles e^érances et déjà l'une des 
gloires de la chaire catnolique en France. 

Tous ces motifs nous autorisent à sortir de notre réserve 
ordinaire, pour féliciter M. Tranchau de la haute distinction qui 
fient de lai être accordée . 



-^Ont été nommé chevaliersdelaLé^n-d'Hanneur: M. Vau- 
Belaunfiy, conseiller à la Cour impériale d'Orléans ; M. de Curzon, 
peintre distingué ; M. Baudoin, inspecteur général de Tensei- 
gDemeAt primaire. 

Parmi les promotions qui intéressent Orléans , nous trouvons 
les suivantes : M. Lenormant, conseiller d'Etat, est promu au 
grade de commandeur ; M. MerVille, procureur général à Aix, est 

Îromu au grade d'officier ; M. Galles, premier avocat général à 
'oulouse, est nommé chevalier; M. Solacroup, directeur de la 
Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, est promu au 
grade d'officier; M. Vital Dubray, sculpteur, est promu au grade 
d'officier; M. de PJlasman, procureur impérial à Nantes, a été 
npinmé çbevalier. 



— La Distribution des Prix du Pensionnat de Nazareth a pris 
cette année-ci les proportions d'une solennité : c'est Tune des 
plus belles fêtes classiques auxquelles nous ayqns assisté. Le 
ciel, si inclément la veille, si sombre le matin même, s'efet mon- 



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310 IHNALBS 

(ré tout à coup radieux comme pour lui sourire. Un programme 
riche et varié promettait beaucoup, et a donné plus encore qu'il 
n'avait promis. La vaste enceinte de la cour était trop étroite 
pour l'assistance nombreuse et choisie qui s'y pressait. L'es- 
trade d'honneur, décorée avec beaucoup de goût, s'élevait à l'ex- 
trémité. 

Le jardin, la verdure et les fleurs formaient le fond de C6 
gracieux tableau. Les petites pièces dramatiques auront long- 
temps le privilège de plaire, et grand nombre de personnes 
atteudaîent avec impatience la représentation annoncée par le 
programme. 

Quelques Elèves du Pensionnat, une troupe déjeunes ac- 
teurs, devaient jouer une épisode du siège de Colchester. Les 
riches costumes, une mise en scène fort bien comprise, un jeu 
et une diction irréprochables, ont obtenu un légitime succès. 
Des applaudissements donnés à propos avec intelligence ont dû 

Frouver aux jeunes artistes la sympathie et la satisfaction de 
auditoire. Bien des larmes silencieuses ont mouillé, les yeux 
en présence du danger qui menaçait le jeune Arthur Capell, et 
à la vue du noble courage de son héroïque père. Il y avait des 
accents du cœur, auxquels les cœurs ont répondu par les ap- 
plaudissements les mieux mérités. 

M. Demuillière dirigeali avec un vrai talent les chœurs et 
l'orchestre. 

Nous aurions trop à dire s'il fallait parler en détail de la partie 
musicale de la fête. Il y a beaucoup de ressource dans la fanfarô^ 
et dans la classe de chant que nous avons entendues. Quant aux 
artistes qui ont prêté à cette solennité le concours de leur talent, 
il serait au moins superflu d'en faire 1 éloge : leurs noms cnm- 
mandaient le succès. 

La priare de l'Africaine a été redemandé^. Une fantaisie pour 
orchestre avec solo de cornet, a tenu en suspens tout l'auditoire. 
Les Brésiliennes ont été exécutées avec beaucoup de brio. Le 
\ petit Grenadier a fait dérider tous les fronts. Près du fleuve 

étranger^ traduction du Super flumina Bahyloni&y est une magni- 
1 fique et magistrale composition de Gounod ; elle a été dignement 

'^ interprétée. Le public suivait les paroles sur le programme. 

Nous citons les strophes où la musique semblait particulièrement 
% s'inspirer des accents mélancoliques ou terribles du roi-prophète. 

\ Au saule incliné sur le bord, Malheurà toi, Fjlle de Babylone? 

^ • Notre harpe qui se balance, Nous fuirons ton impur séjoar, 

1 Mêle à nos pleurs dans le silence Et 1 Eternel, brisant ton trône, 

; La voix de son plaintif accord. Fera pâlir ton dernier jour. 

1 Tes ennemis, dans leur colère, 

Viendront, de leurs bras triomphants, 

, *; A tes yeux, briser sur la pierre, 

' Le front maudit de tes enfants. 



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lELIGIEUSES ET LITTÉBAIEES. 311 

La distribution des prix a eu les deux qualités qu'on désire le 
plus rencontrer dans ces solennités classiques : elle a été courte 
et intéressante. Le public a fait l'accueil le plus sympathique à 
de gracieux petits enfants qui venaient tout émus recevoir leur 
première couronne des mains de Monseigneur lui-môme. 

Vers le milieu de la cérémonie, le magniflque tapis de Nazareth 
a été déroulé devant Monseigneur qui en a beaucoup admiré le 
travail et le bon goût, et qui a félicité les généreuses ouvrières 
du talent et de la bonne volonté dont elles avaient fait preuve. 
Sa Grandeur a trouvé également des paroles charmantes pour 
les maîtjes et pour les élèves d*un établissement qui a toute sa 
confiance et ses sympathies. Les deux mille personnes qui assis- 
taient à cette fête, en but emporté le souvenir le plus agréable. 

Église de Saint-Euverte. — La retraite annuelle s'ouvwra le di- 
manche 27 août 1865, à 7 heures du soir, par le chant du Vent 
Creaêor, et durera huit jours. Voici Tordre des exercices pour tous 
les jours de la sernaine : 

Le màliit': à 6 h., prière et méditation; à 6 h. Ii2, la sainte 
Messe ; à 7 heures, sujet de méditation, suivi de la seconae Messe. 

Le soir : à 2 h., Conférence i à 7 h., Cantiques, Glose ; à 7 h. Ii4, 
Sermon, suivi de la Bénédiction du T.-S. Saprem^^nt. 

Le dimanche malin 3 septembre, à 6 h. Ii2, Messe de Commimion 
cénérale (Indulgence plénière), suivie d'une messe d'action de grâce; 
le soir à une heure, sermon de clôture, suivi de la Bénédiction, so- 
lennelle du T.-S. Sacrement. 

Les exercices de la Retraite seront présidés et prêches par un 
Missionnaire Orléanais, le R. P. Vernoy, Prêtre delà Société de la 
Miséricorde, Supérieur de la Maison de Bordeaux. 

\ — 

Saint'ffilaire-Saint-Mesmin, 19 août 1865. — Le dimanche 20 
août 1865, à 4 heures très-précises du soir, la Distribution solen- 
nelle des Diplômes d'Honneur faite auK Membres de la Réunion 
chrétienne des Adultes. M. Clesse, Vicaire génén Archid acre, 
présidera cette séance. 

Pour tous les articles non signés et pour toutes les nouvelles. 

L'abbé GÉLOT. 



Mercuriale d^Orléans. 

ORLÉA^NS, 12 août. 

Cote ofiScielle. — Froment. Th. Ire 19 «• 2e 17 Ot 8e 15 33. — Méteil. 
I" 11 75.2« 11 63, 3« 11 45. —Seigle, Ire 950. 2e 9 15. 8e 8 50. — Orge, 
ï*9-î^c "'» ^*^ ^' ^* ^ '^- "~ Haricots rouges Ire qlé 83 50, 2e 33 ««. 
g 32 50; id. blancs Ire «« ««^ 2e «« ««, 3e «« ««. — A.vome, Ire qté 10 
«u 2e958,$e9««. ^Foln,lcmyriag.,lreqtél 26, 2c 1 17, 3e 1 ««. — 
»Ue, Ire qté «« c. 80, 2c «« c. 67, 3e «« 60 c. 






Boartte du 11 Aoat. 

.0/0 ancien... '68- 

/ïp. 0/0 : 97 25 

5ïïn***"r^Sv^^*<> 68 15 68 12 1/2 
gjprunl Italien... 6512 172 

Crédit Espagnol.. • 48125 

^^^1» 857 50 



Nord 1075 — 

Est - 527 50 

LyonetMéd... -862 50 

Midi —570 — 

Aatriehien ,mtim.S& 

Lombards.... «• 



», «H-t-Vit 4» M«»*« 14 



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Btat olYtl d*a#léaiHi. 

f ^ '^ fû^UcctifiKms de n^artA&e» iu dimanche 13 août Ekthk : 

^. bnrpndeaa, Jean,- joumàlîer, el Mlle Germain, |jIa»e-Anae»Syf'vine, coti* 

' tiiHère. 

Éi, Bisjcara, Marie Emile, propriétaire, el Mite Fery, Anloinettey de Niort. 
Bf. Gbipaiilt, Adolphe- Amooy^ docteur en médéfeiDe, et JVIlle Cadiu, LOrette-* 

i > Zélic' JuUe4\IàHeltîJiie. .*^ • 

M. Fragniet, Xetttv-BapdsU, ^omestiqv e, veHve 4e Jl9|i3?Bè S^in, .et^le 

' Biabluet, I^ai^lV^adeleiae^fCuisinlèro. 
M. Sttflton, ChaYieé-Gtist ave ^Augustin, taÙletir, et Mlle Oucreux^ Matifr. 

^ >Auguj»tiiie^ gileti^«. 

|î< Dfilalwjîe,; I|^ré-Henri, vigneron , et Mlle JtW^rçf, i^aiie-AJexiss»* 

. ^i^éonie. 

M. Biiosss^, Frî^DÇQis-Hipp9lytf, charpentier, et Itfpe Turptn, Marie^ do-, 
mestique. ■ •» J ; . 

M. Caillât^. Auguste-Tliéodore, institutair comfnuaal , et Mlle Riverèau, 

Je|inne>Gléop4irej Ijngèfe, 
M^-Prudhomme, Gnstavè^Alexandre, jat-diniw,, «It. Mie Proust, Pauliuja^^H-t 

relie- A<ièle, couturière. : - 

M. Leplâlre, Félix^Ëug|éae, tonnelier, et MlleQuilmet, Ikouk^Bagéoie, cui- 
sipière. 

Kais^ances. 
If€|ab^> Emélie-ftosalie^ faubourg Madeleine . 
Poilletix, Fé|ieie-Elyire, rue Coquille. 
Goroot, Marie- Jeanne, rue des Petits^Souliers. 
Demeester, Marie- Adrienne, rue de la Gharpenterie, 
Çabr s Hélène-Isabelle, rue des Carmes. 
Meyer, Bertlie, rue des Grands-Çireaux. 
Vaussron, Jif<es-René, rue de Liraare. 
I^iicas, Ma^ie-^Aone-Elisabeth, rue 4*],Uièrs. 
Mitreaa, Georgette-Mantew rue do^Ijimére . ^ 

Vî^eat, Mafie-Charïotte-Elida^tlÇ^oître Saiat-Aignan. .* 

Bamaison, Marie- Adèle-Colombe, rue Bourgogne. * 

Maupâté, Pierre-M^rice, rue Croix-de-Bois. 

Décèe. 
Mad. veuve Grougoard, née Haif^e, Eng^nie-Victoire, rentière, rue Jeamic- 
' d'Arc, 62 ans. 

M. Methivier, Louis, propriétaire, rue Bourgogne, 88 ans. 
Mlle I^ncelotjf^aricrBerthe^ faubourg Saiot-jMarc, ruç de rEgtîse, 12 ans. 
IJUlç Pouret, Bpsine-pti^, rayQii4euse, faub. St-Tïi)cent, 52, ans.. 
Mad. Groussier, née ^rgeraM, MapgueiitefRosef FaUb. StrJean, 64 ^s. 
Al; Kauté, François-Bernard, brasseur, faubourg Babnier, 80 ^ns. '** 

Mad*. Poisson, * née Dreux, Maf ie-Anne-Etisabeth, faubourg Saîot-Mai^li^ 
quarliej' des Prateaux, 75 an$..' ^^' 

M. Doisiieau, Jean- Jàcq^g, jaiucie^ êtbricant da paillassons, ancien militaire,. 

médaillé de Sainte-Hélène, rué de Ta poterne, 87 ans. ^ g 

Mllépayre, Marie-Albertioe-Cliaiiotle, ruQ.ViMrle, 9anj. « 

- [ Le propriétaire^girant, L'Abbe GELpi» €hm. Hûn. 



Oai.KAR8« '-^ aiEV. KANE» COlAS, 



■ — (15 — 

VIS-A-VIS ma 



Mcsi». 



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,,fRELIGïEUSES , & ; LITTERAIRJÇS 

.^, jpariiJMi^iit taiis les Samedisi p«r lirrais^ii do 24 pa^es* 
IV VOLUME. — N« U — 26 AOUT i86^. 



ici 



îl XH* DIMANCHK après ïk^^mecôte. 
Siofiiit» SuliUG!ry sacoé Évéqnccte BouN 
ses ea 584, fut «niipontife m\U un 
ecrivaiD érudit , le poète peut<-élre 
. le plus gracieqx 4^ son époque. Il 
«ourUtenSOl. /* 

t8.UJ|iDIi «dnt Augustin <d.-min.), né 
. à Tagaste, livré d'abord aux, (ïésor- 
dTrfes, aux tristesse du càinr* aux 

'' dont«6 d«l l'esprit; te^ne ru('^u*à 
l'âge de 32 ans qu'il reçut le bapHânife 
des mains de saint Ambroise . Ordon- 
lié prêtre en 391 par l'évéque. d'Hip- 
pb)t«, fT luii sitoeéda en 395 :Ponda> 

.;: teurda pfemier de^ jj^éminaifes, et 
à'un.gran4 ordre religieux, U est 

■ cnco^'e.Ie plus IHustredes Ooeieurs 
et dos Pères de l'Égli^ei. Sa «onver- 
sioli^dae auxiprièfes et aux larmes 
de sainte Monique, a été l'une des 

■ plus glorieuses et. des plus utiles 
' oonqûéteg de la /ai, et «era toujours 
! I iq ; i^poir* , une foEce, un . bonneur 

;^^ pour. les Mèi^s chrétiennes. 

19- MAiwI, Décollation de saint Jean- 

^' :Ba)>tigtei Tils dXIisabetb, «:^ctlfié 

' '..'id^ iesein desapère, le.précm^eor 

préparé d'ailleurs par 30 ans de so- 

. îilune et de pénitence, 80P;tit de son 

' silence pouf - annonscer 16 Messie,' 

!.. èap4is«r JfésBs ec scellelr de sp^ sang 

la divinité de sa mission. Son zèle" à 

Téprocher à Hérode un amour con- 

papje le lit enfermer dans la forterfsse 

*• i' • de maHftcwLi' Gîest ià, qtre sur ibi de- 

i> rmaïa^e de S^lomiâ[,_ ,âlle i'Hécodiade, 

il eut la léte tranchée, vers Tan 3Î de 

,1'èrfe chrériçrine. ■ '' '•■ 

aO'MERGR^Dl, saint Ay. Ken jem 



eftciohre et déjà gdoTememr d'Oriéans, 
' A7,xiiit.'fi«.coDver«ooJi.vn;teeideiit 
survenu ^n voine^t;PÙ. tt allait, violer 
le tombeau d'un saint et égorker m> 
esclave fugitif. Devenu t^èkriii, il 
Tîfiiu Hmne et lôrusii^iek)i« et «ers la 
lia. dn vi« sièolj^. U tfinui mourir 
dans sa patrie entre les' bras dje 
l'Ëvéque d'Orléaùs et' dé l'àbDé (fe 
-Kiev. I 

, Siiini Fiacre, Irlandais, disciple de 
l'ÉvCquede Meaux, se retira dans la 
forèl de Brucil, dans la Brie. Après 
y avoir défriché une partie de terraia, 
^ y construisit une cellule çt un ora- 
toire, et y forma un jardin qu'if culti- 
vait avec soin ; saint Fiacre est 
devenu le patron des jardiniers. 
i JEUDI, office de la férié. 
SEPTEMBRE, VEr^DUiïDI, saint- 
Loup (sem.-doub.), né à Orléans 
.d'une famille priocière, fut élevé et 
.tonsuré par l'Evoque a'Orléans, son 
'lOnclo. Après avoir distribué ses 
biens, reiioucé au monde, abandonné ' 
ii patrie, il se fit ermite sut Hic de ' 
.j^^rins. A la mort de son oncle, 
'Artlieme, archevêque de Sens, il fut 
1 élu pour lui succéder. Sa piété^ sa 
xbarité, ses vertus, même ses mira- 
(jcles lie purent le soustraire à la 
a _y ' ". Apiès un long et dur exil. 
Il fut rappelé sur son siége,où îl 
nourot en 570. 

lUNJM;-;Mfint Û2%fe (d.^nMiO, 'ami 
«t disciple: dftJé^us^frèreJfi Marthe 
et TWarié/ fondateur dt mifee et 
^IpKmier :é<ê^e iSm- MKl^ilH. 



PRIX D'ABONNEMENT 



1 



Orléans et 1« Département. . 5 f.par ^n. 
Paris et les Btépartements. . 7 ~ 
Etranger iO ' — 



ON S'aBONNIE a OfeLÉANS, CHEZ : 



S. l'Abbé GELOT, Cloître Ste^roU^S. 
. ERNEST COLAS, Imprimeur. 
N. BLANCHARD, rue Banuicr. 
M. GATINËAU, rue Jeanne-d'Are. - 



I' Mad. FÔUCHER, me Jeairtie-d*Arc, 9. 
M. SÉJOURNÉ, rue dtft Carmes, 41. 
M. GODEFI^OY, fBeî|lWi.e./ 
M. VAtJDECRAlNE, place du Martroi. 



;ii' il|' l M l't J ^ 1 M jfJ T*- 



I. IV, 



OrlivM. — lap. £mut CatsM^ Ti*-i-tis eu Masée y A 

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CHRONIQUE. 

^ M. rinspecteup de l'Académre, toiyoars si préoccrfpé des intérêts 
relideux de ses administrés, vient d inviter les Institutrices laïques 
du dôparteiuent du Loire| à suivre leis pieux exercices dune Retraite 
prêchée dans la chapelle des Filles de la Sagesse, établies sur la pa- 
roisse de Saint-Paul, I^reelrices de TEeole normale des Institutrices. 

Les exercices donnés conjointement par M. l'abbé Rabotin^ Vicaire 
ffénéral, Archidiacre de Monlargis, et M. Tabbé Lecompte, Chanoine 
honoraire, Aumônier de lEtablissenient, ont été religieusement 
suivis par la grande majorité des institutrices, depuis le mardi 22 
jusqu'aujourd'hui. 

M. l'Inspecteur est venu, chaque jour, dans l'Etablissement, pro- 
fitant de la présence, des Institutrices à Orléans, pour s'entretenir avec 
elles des intérêts de leurs écoles et de leurs besoins personnels. 

Mgr l'Evêque d'Orléans,* qui ne laisse pas passer une occasion de 
montrer combien il apprécie le dévouement à l'enfance et à la jeu- 
nesse, a voulu présider lui-même l'un des exercices de la Retraite. 

Jeudi soir à 5 heures, il a réuni dans la chapelle toutes les Institu- 
trices, et leur a adressé guelques-unes de ces paroles qui font aimer 
les sacrifices que l'on s'impose pour l'instruction et t éducation de 
Tenfanee. 

Ce matin a eu lieu la cérémonie de clôture. Après la communion, 
M. l'abbé Rabotin, résumant toutes les instruetions de la Retraite, 
leur a adressé les conseils les plus paternels, leur donnant, pour 
l'année suivante, un rendez-vous auquel, toutes, nous en sommes 
convaincu, seront heureuses d'être fidèles. 

— Plusieurs élèves du Petit-Séminaire d'Orléans viennent encore 
de subir avec succès les épreuves du baccalauréat ès-lettres. Parmi 
eux nous citerons : MM Ernest Agnès, Olivier Rosier^ Antoine de 
Nicolay, qui ont été reçus avec distinction par la Faculté de Paris ; 
M. Timoléon de Bonneval, par la Faculté de Boideaux; M. de La 
Guère, par la Faculté de Clermont, etc. 

On sait que M. l'abbé Boisbourdin, professeur au Petit-Séminaire 
de la Chapelle, avait obtenu, peu de jours avant ce nouveau sucées 
des élèves, le diplôme de licencié ès-scienees. M. l'abbé Bois- 
Ijburdin, né à Orléans, le 24 avril 1836, d'une famille qui adonné ait 
clergé Orléanais plusieurs prêtres distingués, est professeur au Petit- 
Séminaire de La Chapelle depuis le 1*' octobre 1858. 

Saint-Euverle. — Lundi 28 août, fête de Saint- Augustin, Réunion 
des Mères chrétiennes. A 8 h. 1/4, Exposition du T.-S. Sacrement; à 
8 1/2 la sainte Messe suivie de l'Instruction et du Salut. 

— Fête de Saint- Fiacre. — Le dimanche 27 août, on célébrera, 
dans l'église de Saint- Vincent, la fête de Saint-Fiacre, patron des 
jardiniers; à six heures, la première Messe; à dix heures. Tierce eti , 
Grand'Messe suivie de Sexte; à trois heures, None, Vêpares et.GoB 
plies; à six heures. Sermon, Salut, Procession du T.-St.-Sacren ^ 
et Te Deum. Le lendemain, à huit heures, Service pour les confi 
défunts. 

— C'est dimanche 27 août à 7 h. du soi^ que s'ouvrira, dans l'égli^' 
de Saint Euverte, la Retraite annuelle dohl nous avons donné le pro- 
gramme dans notre dernier numéro. Celte Retraite, prêchée parle R. 
P. Vernon, durera huit jours. . 

Erratum, -^ G*est par une erreur de topographie que, dans les dernières Annales, 

1801 a été mis au lieu de 1851 , date i laquelle Mgr TEvêque d*0rléans a uommë 
I. rabbé Besbro^ses son Vicaire-Général. 




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ANNALES ilELIGIEDSES & LITTÉRAIRE 

. ^ y 

miîm, Veiulredi 2S Aoàt. 



FETE DU SAINT^CCmUR-DE-MARIE 
(27 AOUT 1865). 

Dimafi'che prochain FEglise célèbre une douce solennité. D'ins- 
titution toute récente, la fête du Saint-Cœur-de- Marie n'a pas 
encore dans la liturgie orléanaise la place qne n^us voudrions 
lui voir occuper ; place qu'elle possède dans nos cœurs, dans les 
usages des communautés de ce diocèse et dans le rit romain. 
- En ce jour, pour répondre à la piété des fidèles et célébrer 
dans la mesure de ûos ressources la fête du Saint-Cœur-de-Marie, 
nous tracerons quelques lignes sur le double culte de vénération 
et de confiance que le chrétien doit r^endre à MaHe dans chacune 
des solennités instituées en son honneur : de vénération, parce 
que son titre de Mère de Dieu la fait reposer au faUe de toutes les 
grandeurs célestes; de confiance, parce que, frère de J -G. par 
sa vocation, le chrétien est devenu le fiîs adoptif de cette auguste 
Mère. r 

Tout d'abord ce double culte s'irradie à nos regards, sous le 
gracieux développement des deux plus nobles vertus dont le 
Seigneur a voulu parer le cœur de l'homme , l'amour maternel 
et la piété filiale. Dans Marie, l'amour de la mère dépasse toutes 
limites, et dans le chrétien, la piété du fils reconnaissant et 
dévoué ne ^oit connaître aucunes bornes. 

Mais ce titre de mère n'est point envers Marie la pieuse exagé- 
ration du sentiment : il lui appartient en raison même du mys- 
tère de l'Incarnation , et il n'est de notre part que l'appellation 
vraie et sincère du devoir, de la tendresse et de l'amour. Eh 
qaoif ce nom de mère, si doux dans toute langue humaine, et 
si suave à tout cœur aimant, ne deviendrait-il, appliqué à Marie, 
qu'une simple figure, un symbole muet, et irne ftoide allégorie ! 
Non, non, il ne saurait en. êt^e ainsi; et le langage catholique^ 
qbi nomme Marie mèfe des hommes , exprime un fait réel, et 
; énonce, une vérité incontestable. Et en eflet, de même que nous 
. *?iK(ihs tous en Adam, et que nous avons tous péché en lui, nous 
•^^tettmes tous en J.-(5., et nous possédons tous en lui la grâce et 
'^psalut. Mais le premier homme n'a pas été formé seul, et il lui 
'^^it adjoint une compagne par laquelle il a transmis à sa posté- 
"^Wé la vie, le travail et la mort. 

G*est ainsi que dans la réhaWlitatîon spirituelle, l'homme 
nouveau n^ pas opéré seul Tœuvre de la Rédemption, et qu'il 
s'est assofcié une aide et une coopératrice. Si nous trouvons donc 



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' ,316 AHHILIS 

en J.-G. un nouvel Adam, noys trouvons également en Marie 
une nouvelle Eve. G^Ue-<îi a été appelé mère des vivants, quoi- 
qu'elle dût n'engendrer que des fils ée péché et de nnort. Mais 
dans Marie se rencontrent la douce interprétation du nom, et 
rheureui accomplissement du mystère, puisqu'elle est devenue 
la mère de tous ceux qui, par J.-G., renaissant à Tinnocence et 
à l'immortalité. r- 

Aussi est-ce sur la croix et dans l'acte de son sacrifice, que le 
^ Dîëu-Sûuveur nous diti endésiguant Marietf.Vpi^ yc|tne,,fière, 
'^eccè mater i^ta^ pai^ale sacrée, qui lut irecue^lie au Mrj^^^f qgus 
p' tôiïs por le disciple bi^n-almév et qui annonça aux f^ibo^^a^^ le 
^^donquê Jéstts^leuE:|8i^ait de.Mariq,.caiïwne le:derpi>ï;.)eg^ df^n 
tfôtamentî^ le gage j suprême; de sa tendresse, et l'assurance la 
pliis certaine de ses mi^éricordes-»(t.î. > iii 

M Mais les décrets du Seigneur sont immi^abjeS}, et U^rà tou- 
jours vrai dedirc-qulayant une foisi reçu par Mfiri^ Je principe 

- universel de la grâce, nouât ep seeevi-çns! encore,; de s^ mater- 
ii»elle entremise, les diverae^iapplicalipns.sfl'est poa^qnqi^ tpute- 

^ |)uissa]it€( dans les( cieuxi par voie 4^ supplications ^ onmipotens 
^^mpplex, dJe nous continue son; ministère, de prière et ji'iipter- 
'^«ession'; et sur la terre, son culte est pour ie;chrétiiin un besoin 

réel du cœur, et com'me l'instinct de la piété catholique.,. 

' Et en e&t, la natui^ D?a rien de plus suave;que ce sentiment 

' inné qui attache l'enfent à, sa mère, qui faft rayonner s^ apuce 

■ rimage à ses regards, et ntni lui présenta spn sfein;CPRime>i 'asile 

^leplus sûr. Ce senti-mentseiî reproduit égàlement^^ dans la reli- 

'^^ gion, et c'est lui qui, personnifiant; en Warie J^ type^ derla r^ère 

chrétienne, nous incline:dès l'enfance à i'aiiiier.et |^ la. prier. 
• '^ Aussi tes souvenirs les plus délicieux, commettes. «iieu^ èm- 

- preints de pures et angélâques seusjalions, nous :\ien^ep^Til§ des 
fêtes consacrées à Marie^ des hymnes chantées à ^-louange, et 
des prières que nos-înèîres nous apprirent pour riqvpquerij 

^ Bt ces prières^ si gracieuses etpiivariées, foripent^-à Ja gloire de 
son nom 7 un hoaanna. Bon ipterriOPpu d'i^cclaçfi^tipns .i^ide 

' ^ louàttges^ Car, où trouver dans. le iajiigage humain U:ne ç?ipres- 

'BiPnid'boniieur qui ne lui 3Qit appliquée :,étoJi(e çIu,.matip^>|our 

de David, arche d'alliance? Où trouverjflaïas Je seniipajçptî^e la 

' (SOirfTranceaine invioscation qui^eçlui^pU^dre^s^e : s^t;é(J^4pÛr- 

?i «mes, refuge des pécbeurs, secoure, ^s. chrétiens? Où tf^ixver 

enfin dansTrenifaotisia^e de la recQun^i&saipQeui^iti^l^détgl^ 

nqiii në'luièoitdécetné c mèreirjde lia diiviftQ grâce^ Vi^fig^ç^^SB^* 

" '«ante; reéùedesangCB et'deBfaiftts?îOMiîM4r>iç^iffl!éj-iiil;ç>jfpu^ 
noms et de plus excellents ençw?e^ et elle jjigjtiflP)paÇ{$è§j mater- 
nelles bontés nôtre pieux ^eiaîfcpressejïientf au tpur és^îÇ^s fawtials. 

Il est donc vrai à'afflrmer: qiie te cuUe-d€fe^MA#%Q?Mph^rf°^ 
lîiFcbiistiffinisme^^t q«ifeinen;détacher,{i$en^$t acrèt^j>pur celui-ci 
la circulation d'une sève féconde. Ah! pourquoi l'hérésie a-t-elle, 



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RELIGIEUSES ET LITTÉKillES. 317 

dans ses froids calculs, rejeté une dévotion si pleine de grûce et 

^uvenue des gémissements de sa mei*è. n^t Wt*èi otfHté qm 
puisque nous sommei^ ife^èrftf*^'^^'-'J{^6!i*é6J«rf^^ 
et par Marie les frères de ,J.7C., le môme Esprit qui noufe fait 
crier : Abba Pater, noifeltti^pifë é|ftte»i0tto cette autre invoca- 
Mm; Al^mater. . 

M^fl6r^wîfitSj|itu^ J^^ de la doctrineetde la vérité, nous 

nous épplaiiaisson^ d'aimer Marîê et d'invôqùér Marie. Et qui ; 
osgfjiitjbj^n^r ua o^ilte qui se rapporte tout entier à Fhonneur ' 
d^|)îeu..ei^au^§^CGç^ d'e notre salut éternel! Car il dérive de 
Di^/;ét il nojus'.con^ûit à Dieu; il découle de Dieu et retourne à .; 
Li^k/C'^sl pourquoi nous ne croyons point dimiouer la gloire 
duS^igà^,,!nifieri 6tér aux mérites de J.-C.j quand nousper- " 
ni^itoûs. a notre" esprit de hautes pensées sur l'excellence de ' 
Mgrip, et a nolrècœùr une pleine efTusion d'amour et de con-.* 
fiance. Son nÔHi'n'est-il pas en effet celui que.prononcent tous 
lejjajïlfijgés, qu'ijoîplôpènt tous les faibles, qu'appellent tous les 
malheureux, et 'que bénissent tous ceux qui l'ont rnvoquél ^ 
QSfiJ^ p^tJijgje lûiqtîdne et barbare n'a point reçu son culte avec 
la{;cqnnaiséàhçe''dÇjT]Sp Du couchant à, l'aurore, et da, 

sentèniVion aii niîdi/on parle de, Marie,.on c*^èbre Ijd^rie etl'oo'- 
pl^ârié. ^*- ■ '^ .' ;^' ,^ --n; ^-, -;|,^,.lj;,;i 

^E§t-il ^n^teI^p^ çonsacré-à J.-C, et dans lequel ne se dresse 
sojî autel^ et "îVe se dêploiéiiti' ses images et ses emblèmes? Les 
pç|e]inageâ à -ses" sanctuaires privilégiés se relèvent nombreux ; 
etfJils[ae9,të^., Tes confréries et les associations pieuses se muhi- 
pyfnt,À0uss^.maternèllc protection, et leïî pompes gracieuses de 
s^i^mbi'scWrïs'épanQiiissenl'en tous lieux. Quedirai-je encore? ; 
les cilés la idhoisîssénf pour patronne, et les nations se group- ' 
pgpt.soussqn 4^de;, les, armées marchent sous sa bannière, et 
les* rois déposent Vsés pieds 4eur sceptre et leur couronne. Sa 
njp^a et do;/ce fîg.ure aoime la toile et fait respirer le marbre. 
8^3 Ve4^s| :ips'p|rçQt la poésie, ses mystères fécondent l'élo- 
quepcpV :^t se^itouângéis s'épanchent en flots d'harmonie : et 
c^st parce que TEglise a rintelligéncé de notre siècle ei de nos' 
bfpoijps^ qujçlle,re(l9^uble son zèle pour l't^pnneur de Marie, et 
q^jâi milieu 'des maîhç.urs' [présents, elle salue ce culte béni 
Cdmicie lé signe du saïuî,' te gage de la paix, et l'annonce- d*.un' 
avenir meilleur. .^, . ■ *, . • ^, • t r ^, 

nepbsôhs-nôus donc avec confiance dans cet immense e&poir 
dg^QuriJé.;. car- lorsque parmi IjBs horreurs de la ncrit et ijc là' 
tempête, Ip naùloppier vqit bWiïéf utie étoile à travers îes.iiuêes^ 
qui piqHjaient la fi^udre, il sent son (courage renaître,: et te Jî^iji-' 
p(^.rayotlr'^e J'^sli'e cousblateiir liii fait pressentir que Vot^^&at' 
cjf^^ qt qujç'lf ïpçr va^ et tranquille. ' . '/ . ; :j 



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318 ^ ^ / imiLÙ ^ 

1*3 lignes qu'on va lire ont été récemment tracées par la 
plume éiiôqiiet^ et faeile d'un Jeune prêtre» 

Un louyenir intime. 

Il faisait bien mauvais ce soir-là. Poussés par un venj glacé de 
novembre, d'épais flocons de r^eîge venaient fouetter ma^ fenêtre. 
Iliaisait noir au dehors. 

Et moi, de mon foyer ou pétillait un grand feu , à !a clarté 
recueillie de ma lampC) j'interrompais souvent ma lecture, et 
j'écoutais javec une volupté secrète le chant de la tempête. Ainsi • 
sommes-nous faits. Egoïstes que nous sommes^ nous ne songeons 
qu'à nous ; nous né pensons pas à ceux qui souffrent alors que 
nous sommes heureux. Pour lin oisif heureux qui se rît sur le 
rivage de la fureur des flots, combien d'infortunés au loin 
menacés par un triste naufrage !^ Pauvte cœur humain ! 

Il y avait longtemps que j'étais àînii. La rafale mugissait ' 
tomours. . ' 

^ Soudain un petit coup retentît ^ la fenêtre, puis on petit bruit 
d'ailes précipité, impatient, qui semblait médire: Il fait noir, il 
fait froid; et les arbres n'ont plus de feuilles : ne laissez pas 
mourir le petit oiseau des champs 1 . 

Ah I je me sentis ému. Je courus, je courus ouvrir doucement 
en tâchant de m'effacer, — car, depuis le péché, l'homme a le 
triste don de faire peur. — Mais lui, le pauvre petit fugitif, il 
entra sans défiance, et je le vis aussitôt voleter joyeusement dans 
ma cellule, effle.irant de son aile tremblottante mes cheveux, la ' 
lumière, les fleurs, les slalueç, les tableaux, comme pour dire à 
chaque objet : Merci! 

« Vole, petite créature, lui disaîs-je en le regardant, Vole sans ; 
crainte, car c'est bien ici chez toi I '. , 

« Celui qui nous fit Fun et l'autre ne nous a pas créés pour 
nous craindre et nous fuir. L'oiseau en chantant , l'homme en 
pensant, ce sont deux frères dans la grande famille de Dieu. Un 
grand saint le disait autrefois. 

« Notre Père du ciel ne prendràit-il pas soin de tout ce qu'U 
a fait ? C'est lui qui donne aux lis des vallées leur parure, et la 
graine aux petits des oiseaux. Et l'homme, son image et sa^ 
ressemblance ici-bas, n'aimerait pas et ne conserverait pas ce 
que Dieu aime et conserve ! 

« Et puis n'es-tu pas malheureux et sans abri I Je vois encore 
tes petites ailes humides et ton corps frissonnant. Pourquoi y 
a-t-il des riches sur la terre sinon pour le service dos pauvres? 
pourquoi des heureux sinon pour le service des malheureux? 
Va 1 la misère est le plus sacre des droits : les malheureux sont 
partout chez eux. 



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1EUAIEU8B8 ET LITTilillBS. 319 

' î • ' - . ' * 

• Qui sait même si cette hospitalité, que tu semblais implorer*' 
cQinrfi.e ifri bienfait, ri'eçit pas pour ma paH^Wdettfe obligée delà i 
recdûnai^éànce? Je m'eh souviens, dans les beaux joura^ quand; 
les onneàùt de fe cbur étèîém v^us d*uii:Vfrt faliJlage, eoir et -, 
inatin un petit oiàeau Tenait gazouiller sous tnafenôtre| musique- 
aérienne qui charmaft meé loisirs^ mes tvataùx, m^ rêves, rQ99 . 
enouis. t^^ttt oiseau, peut-être était-ce toi ! t j 

Et, pendant que mon cœur lui parlait encore, il s'étaifairêték 
Il s'était perché sur un tatîeau où Ton voyait un bel ange pfo- 
tégeartt de ses grande» ailes le sooimeil d'un petit enfont. Gfétait > 
sa répoose. Bientôt sa petite tête se blottit sous s6û aile r il 
s'endormit. ' r . 

Ce qui se passa dans mes rêves cette nuit, les an^s do Dieu 
le èavent ■ .> ■ 

Le lendemain, avant Taurore, j'étais éveillé. Il me semblait m 
d^jà tenir dans mes mains mon petit hôte ailé, et, après Tavoif \ 
b^iîsé avec tendresse, lui ouvrir ma fenêtre, et loi rend^e^ avee ■ 
le ^our^ raîr et la liberté. Je iè voyais voler, volei* à tiré-d'aile, ' 
puis s'arrêter sur l'ormeau voisin, puis.... 

.Hélas! je ne4evais trouver qu'un cadavre ! Quand la porte < 
s'ouvrit, il s'^effraya.... J'entendis un bruit d^ailcs, piiis je n'ett- 
tendis plus rien. Son bec avait heurté trop brusquenïent bontne ■ 
lés vitraux. 

. Quoi ! mourir ainsi dans l'asïle mônie de Thospitalilé qui 
l'avait sauvé! mourir au moment où îl allait, libre et joyeux^ 
plein d'espérance, après une nuit tranquille, s'envoler dand le 
ciel serein I ' 

Pauvre innocente victime, je t'ai pleurée.Jet'ai pleuréecommei 
je t'avais aimée: autant fut dou^^ le soir où je t'avais s&uvée, 
autant fut triste le matin où je té vis expirer près de moi. Ton 
souvenir me poursuivra comme un remords. Tu avais cru venir- 
pour vivre, je Tavais cru corafme toi,' et ce n'était que pour 
mourir ! Ah ! le froid et la tempête aùraient-ils'été plus orueb ? 

Je t'ai pleuré, pauvre petit oiseau, et je te pleure encore. Sans, 
ippn hospitalité funeste, tu vivrais peut-^être encore ; et, après 
iTiiver et la froidure, tu serais peut-être revenu sur ton arbre 
aioié répéter à mon oreille ta chansonnette d'autrefois: 

Je té p;eure, et j'écris ici mes larmes comme une page aimée* 
de l'histoire de nton cœur. . , 



Les Itfédailles de la Sainte-Vierge en Algérie. 

Iteç flots de poussière se montraient non loin de Gonstantinçy 
La conquête dfe cette ville étant toute récente, la soumissioo 
dô$ trîbuis Êfiîvironnantes n'était pas coèsolidée. Les Français 



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céHe'ierreoririèilaidlt:f>asrâ se diww iç^equ/^ .f'^aWOAO.^M^ ; 
€lfôîcfei»*Arab; aMirdévouéidelft.ïi:an€e.:Le^.pûî^e6 de la.yî% , 
8'§tt^H«Mïé pow lai et >pourj$a suite * qui étoit fort WÂb^rp^^jT.r 
Le cheick traversa la^vllîte eMe, i^n^itQ, Vliabital,^on o^ T^lflw,.^ 
SufeheCi A pleine RiMl^ntréiquril sîe pFp&t^ri^^ âu\ piedsilii Çjfetj^. 
-*oi!iftifai)oul(iés chréttôBB, Je i>mi\ de tQn , oom s^st r^nojis [ 
drfW lé dé8®Bt;T.t je vienfeà toi pour être délivré d'une tn^làdie 
qill m'aèdaMe. ^f ^ îit 




qàferiihe «umalidéi '^ui seiitris)iav.a bj^atot çpu\^gé, — r Ju, ^'às 
sJ*ré'Jà ffepdisteit-îlfà l^bbé Sucbet., je ?cQyrs,.au déçè^t ej U^f^ 
ti*B«8 quiTOesônft souiaisesvieQdço^t se prosterpeç.à-te^ P^4?-v[ 
Lf'âlAsé' Sucheï'i^éflgagen^à m pas partir, lu; îfajsa?it.çpaind;:ft-le ^ 
retour des accès de fièvre. Le cheick n'écouta pas $és raisons ^t 
se'r8mitieii'JB8tthe/-r;jr /•, î,î'' . ' -w.t ;;. ;.'■■.. ... ,. •/,•?;,« * 

-n ètaitJàde^xpétîtee^lieuiBsdeCkMastaatine gu^ïjd Jl lîencdtitij^^ 
uaiiiTabë qai se rendait dans ; cette ville^ .If/îul wesse la ;pa^-^ 
rôle en ces termes: — Connais-tu le marabout des, c^fè-j 
tiens? ^ Non, répoiid l'Arabe, jeiïe ifiaonn^ Pff • -- Ai^èMu 
le^narabotit deâ chfétlensi? w Comment pQ|urJt'ai^-jeaiinè^;..i^]af 
u«< homme ;que je ne iconnais pa^. -TjQ^ûe,,Je4€^mâmde paé.jSfr, 
tu le connais. L'aimes-tù? — Je ne l'aime ni ne le hais, puisque; 
jô-nele côanaSspàSji-.- : ■ - i '; --iî-wr.; „.H;r.,,: ■T'^-i''' 

<*Le:oheick,î peuf éadsfatt de cette, rép(^e,.tra^pbç l^.tj^t^ 1? 
r<toïbef et renvoie '.dalQs ua panier avec une lettre a Tàbne 

fifin' quittant Constantinie,t U avait rpr-omisJuce:dernî,er, (^ç^^ 
dSartesidu désert L'Kbbé crut qu'il rempj^ssai^%s^ ppor^sse., Ma^ij^; 
d&iqdeJle borreuir iSte ftitril pas sçiisr à^ l'açpecjt d'une fête ,s^-i 
giantel 'il resta' immobile^ L?i%tei?r^ur .faiss^nt ensuite, pMck, à, 
l^aignatlonî,' iliéorttau ûheick une lettre aipsi GQnçiie ; « jf^i 




nefûtsort^ de la bouche d'un ministre du Dieu de paix, du 
Dieu qui défend la ven'^eatïW. 'Tcm^lntoé est troji grand pour 
que désormais tu te présentes devant moi. » 

L'abbé Siiehfel ayaît -iOUblié ^tgt afFaîre quand^ajmnonça 
qu'on apercevait au loin une troupe nombreuse qui, sans doute, 
veflàït attâqiJerîCôfîdtajiitine. L'on^aer pfépafeèkfl^ d^f^p^.^I^is 
t%^tefitre^ns le calme lorsqu'on recosDnaft le cfeei^i^ ÈiT^r^b^ 
PluWî'idësîWin^îaîs, qui(se jpe|idai6jaiCoiis.tôj?MiP^e;/tesflPf^4ft 
la ville s'ouvrent. Le cheick se dirige vers le presbytère. Un 



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RELIGIEOSES ET LITTÉEAl&ES. 52t 

Arabe s'offre à Tabbé Suchet : — Mon maître, lui dit-il, veut le" 
pattt^f; mâts il cÔHjprenÔ trt)[> son d^oir'pour paraître. ;devaati* 
toi. L^abbé pensa (}u'il était d'usage de^ recesoirj à* la. poijci^ 
ràrangei^ 'il,défefeendit; pour donner la iiia«a;>aUjcheicla.QueijL 
fut^sôn êtonri'emènt de le trouver, au bas deil'eacalieEvdaqs unô^/ 
bàmnible postlireiliii} creux <!é son turban était irempliide^^odre*.^. 
— Aféfetôo plied sur ma tête, lui 4iit lo choick>; jene^SMiapaB. 
digne ^(te panion. 'Presse avec ton -pied là tête de too-esclaFô* , rju 

lîeè'îpafoles attendriront si fortement l'abbéiqu'ilne pot rete- 
nir ses larmes. — Mon frère, relèvie4oi; Dieu ne.iveut pas bt . 
n/drt dilr pédièur. Coincent ne te panjonneraîs-je past quand U 
trf^paftloÀnè? A ce mot de pardon,' Iç ch?ickise reilèveit> te prétr©: 
IÇTeçoif (îatiô èes<^ brâs^ et le serre sufison Cœur. :-rr. Tum^awi 
pârcfonfté, s'écHa I^A^abe. Maintenant il n'y a plus de san^ sim > 
maniain : tu't)eiix labaiser. ' . ' .u no u.v. 

I^àbbé Suchet le fit monter dans sa chambre- Le cheick aper- 
çoit* uhè'/itiédâille ^uî sortait de la soutane idu prêlrei:-.e'était Ja>. 
médaille^ miraculeiïse, il interpelle ainsi l^abbé;: HT-.Ouè pont^-^i 
til4â. — ^'Cè que je j^orîe, M réi^ond leniinisitce de JDiiéul Jïn na^ 
le comprendrais pas, parce que tu n'es pas;obrélieB4iH~ Peut 
étVe. — C'eét la décoration de la grande reine dés .Foahçais^-de 
la Mè^ô du Ghriist Jésds, k latjuellea ëtéiîonisaccdfi jnatpatrie. ^it; 

Le chei(îk s'èmparë de cëtle médaille aVècivijacitéetrattaaiie 
sur^a icrOix de )âf Légi^^n^'Honnenr qh'i^ atait gagnée, sur uleic 
chaimp ûé batàffle, en combattant pourr:]aieaus8|deia'Fmnce.'+4é*. 
Qile mîs-tu'? Myit Fabbé Sttcliet.>*H^ Geiqueilefaisi La grande* 
reïtie aés'Prttnt&isi est au-ides&us-'dtt'SiâitafD deâ' Français. Sa 
d^tjratibn doit' ètte^ placée 'siw celle qu'ilfti'd) daiomée. .<. i n u 

^nbè^'piit partais' te déterminer à làiiplaoferjdiilieurs. Les 
Arabes c[^i athiéhl^^ivi fia cheiuk :v(iutiirëjit tous avoir, des mé^j 
dknies; li'àbbé^y en -avait pas* Goai. des babitantâ de Constaiii*'.. 
tme qui en possédaient en flrent le sacrifice^ et îles. Aitàbesi rétj 
toiinierènt aù dSséftt, -la niédiaiUe à rweilfe et récitant la» petite 
prière qWlls'vénMefet d'apprendre :'.« O Marieà quii iive«.iété 
ii^^otrOue'^i^tes^l^hé,; prîe^ ponn nous: qol avoaiSiireeaiirsiqK 



: NOUVELLES, 

Hpme. — Le corps de la vénérable Anne-Marie Taïgi a été 
transporté de Saînte-Marie-de-lâ-Paît à Saint-Chrysogonè. Anne- 
Marie était ter.tiair^ de lordr^ de Ja^ Trinité. Jllle manifesta 
maintes fois pendant sa vie, et rehouvela^'au rùorneni de sa mort, 
lè'Mîr'd'ôtre e^é\^lièf dbti3'èette.églfec,.où«lteaiwait.à( passer 
^^h^tiï^éi'^ntièff^ éh' oraison; Qe tondant^ /comtâe je..chol^ 



KoIait-Hottirf'feB iSSl , 4ofdquê ia^ piease femnacreadît .»i«v. 



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«î^22 ahiiales 

^me à Dieu , rinhuraation eut lieu à Saint-I^aurent-hors-les- 
Murs, au cimetière de la ville , mais avec des précautions qui 
devaient permettre de reconnaître le corps. En 1855, le cardinal 
vieaire prescrivit d'exhumer la dépouille ttibrtel le d'Anne-Marie, 
et de la transporter à l'église de la Paix. C'est dans ce modeste 
oratoire, à l'entrée d'une chapelle obscure et sous une pierre ne 
portant^îuc.sonnom, qu'Anne-Marie a entepdu pendant dix ans 
les prières de tant de fidèles qui, devançant la décision de 
l'Eglise, recouraient à son intercession. 

— La chaire de Saint-Pierre, à Rome, a été occupée pa? deux 
cent soixante Papes. Le martyrologe romain en a inscrit 72 au 
rang des saints, 35 martyrs et 37 confesseurs. On m compte 
215 qui se sont illustrés par des production? littéraires. Les 
ordies religieux ont donné 56 Papes à l'Egliçe, à peine te cin- 
quième dii chiffre total. Si on considère les cations auxquelles 
les Pontifes ont appartenu,;On trouve que la Grèce en a donné 15, 
la- Syrie,, î, l'Afrique, 3, la Sardaigne, 2, la France, 14, l'Es- 
pagnc,4, rAUemagne, 4, et l'Angleterre, 1. Tous les autres ont 
été romains ou italien^. : i 

'—Pie IX -a l'habitude ; de. demander aux voyageurs qdi vont 
prendre congé de lui, combien de temps iis^ont passera Rome, 
et, seion la réponse qu'il reçoit:, il varie la fo^rmule de l'adieu. 
Si le voyageur déclare seulement quelques semaines , le Saint- 
Père lui répond parjun adieu qui équivaut à dire : Vous ne 
revieadrr.iv pas ; ro^is s'il déclare un séjour de six mois, le pape 
Ivl ' 'i : il j revoir i ec qui sous-entend qu'un jour ou l'autre, ce 
voyageur sera saisi de la nostalgie de Rome et qu'il y reviendra. 
c^-i Le père Beckx, préposé ^néral (te la Compagnie de Jésus, 
qui souffrait depuis quelque temps d'une çiffection rhumatismale 
assez grave pour mettre sei^ jours en danger, est maiiiitenant en 
voie de rétablfeëetne^at. 

— Tout le monde ici s'attend à de graves événerpents, et 
Pie IX luir-ipêmé, «ans rien^ perdre de sa sérénité et de sa 
C(mfianee, laisse fréquemment échapper quelques mots sqr (es 
éventualités qui s'approchent. Le Saint-Père a Tâme expansivé :,, 
en sortant de spn oratoire, il est jpresque toujours plonge dans 
une profonde méditation, et les prélats qui l'entourent savent 
avec quelle pénétration ilparle ^lor^ de l'avenir, si l'occasion 
s'en présente. Cependant, on n'a jamais vu l'auguste Pontife plus 
calme et-pltis fort. 

t'^ ; ^.OBullètîn dëjNfouTèUes R«^^^ - 

— Six sœ^lTS de l'ordre de Saint-Doii^ipique yîeanent de partir; 

Emr i'^ltaJîe. Elles vptit s'ins^^aller dans ^une v^te propriété que 
ôpolëûn III possède dans les Marches, piœ ^nt chargées d'y 
organiser, aux frais de l'empereur, une école, une salle d'asile 



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&ELIGIEUSES ET LITTÉEAIRES. 323 

et un ouvroitpour les jeunes filles de la localité. Un n^écjecin 
leur sera adjoint, qui aura là mission de soigner gratuitement 
les pauvres. ^ ^ '"' 

— Dieu a appelé à liîi le frère Mellon, directeur delà maison 
d'Arras, visiteur pour les diocèses de Cambrai et d'Arras. Le 
concours immense qui se pressait à ses funéraîlle$ prouve com- 
bien il était apprécia, et aimé. Les autorités de la viHe, la ma- 
gistrature, Tarrtiée, tous les corps, en un mot, avaient voulu 
rendre un dernier hommage à Thomme de bien. 

— Lundi dernier, 14 août. M"' Duruy, femme de M. le mi- 
nistre de l'instruction publique, grand-maître de TUniversité, 
a abjuré la religion protestante à Saint-Etlenne-da-Mont, en 
présence de tout le clergé. 

Camp de Çhâlons, — Le dîmaoche 13 à' huit heures et demie, 
naaîgré Tincerlitude du temps, les ordres ont été maintenus 
pour la célébration en plein air de la messe du camp'. Rien 
d'imposant comme cette magnifique et pittoresque scène. La 
messe a été célébrée par Mgr Tévêque de Çhâlons, assisté de 
son clergé. Le commencement du saint sacrifice a été salué par 
un coup de canon ;, un second a annonce le moment solennel 
de l'élévation'. Le Domine salvum a été chanté par un chœur 
de jeunes soldats. L'Empereur assistait à la messe ayant à sa 
droite le maréchal Niel et à sa gauche le jeune Prince impérial 
revêtu de Tuniforme de l'infanterie de ligne avec les galons de 
sergent. 

— Une œuvre pour le pèlerinage à Rome s'organise. Le dé- 
part de la première caravane est fixé au 3t août. Ce mode de 
visiter la ville éternelle, Lorette et autres lieux vénérés, est 
avantageux sous le rapport de l'économie et des bons ofiices que 
lés bureaux de l'administration de Rome assurent aux pèlerins. 
Ecrire à M. Joseph de la Renaudière, à Praisans (Jura). 

Diocèse de. liat/éux. —' Lai^vcmëre retraite pastorale vient 
de se terminer à Bayeux : elle était prêchée par Mgr Charbonnel, 
anciep évêque de Toronto, et aujourd'hui religieux de l'ordre 
de Saint-François. Jamais peut-être retraite et orateur n'ont 
produit de plus profondes impressions. 
, — La ville de Muret, voisiné de Toulouse, semble désignée 
pour être uu; des principaux centres de la dévotion à Marie. On 
sait qVun des prodiges les plus frappants, attribués à la Vierge 
de la sainte montagne, fut accomplî sur la personne de Ga- 
brielle Dorbes, tine pieuse flUe de Muret. A la suite de cette 

f;uérison surprenante, une arcbîconfrérie fut immédiatement 
ondé^ft à Muret ; elle çôrtipte aujoui'd^hui plus de douze mille 
. associés. Enfin, une. revue bi-menstelle, consacrée par son 
titre et par son J)ut à tout ce qui concerne le culte de la Salette, 
s'est établie à Muret fet §'y soutient depuis six ans, malgré de 
npn^breuses difficultés. 



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324 ANN1LE8 

.^Malgré ses fatigues, .Mgr Tévêque de Savatrftiah a biéii] 
voulu prêcher dimanche dernier à Saiot-Lô, dans l'église de ; 
NotrerDamei — La présence à l'autel v ^u dans une 4^ nos 
chaires^ d'iun évôque> arrivant tantôt d'Amérique, d'autres loia 
de rextrèinc Orient, ou des îles de l'Océanie, est déjà une<prjédR' 
cation, éioqqente ;iç'^t une preuve sensible^ de Vunité de là fôi^^ 
dont le <Batholîcisnie offre l'admirable spectacle,' au ûiilîcja de 
la mobilité des opiqionp humaines et de toutes les §eçtes refi-' . 
gieuses, etvà la vuojd'un apôii^quî n'a reculé devant aiicutf 
satiriûcç; pour éelairer et^sanctiner les, âm^, les hothinés .les^ 
pijus indifférents (Bux-roômes comprennent qu'il y' a quêl)|itfe^ 
chose de plus grand et de plus noble que les intëVôts màtérieis.^ 

,-7r. Wgr M^rillej„,évOqju^. de Lausanne et de Genève^ viqiilf 
d'ia4ros3ecr.aù^clerj^ et sa^x!. fidèles, du. canton de Gçncvejune^ 
Igttw pastoraux 4409, laijuelle. il déclare^.se^docharger (poof çér 
c^pton) sur son .él9,q[UÇ;nt aw^iUairc, Mgr Mermillod, de touïéS 
le^ (^lafiges et fcp^ipni^ .^pîgqopàlesS, h l'exception de la npmlij;' 
qatioa'dea\'C|iifés çjt.vic^^r^, de rin3tru.çtîo^;^de§ sëraibarlste'sf 
e|t de rordinatiôn des aspirants |i l'éta't ecclésiaétiqde. 



VARIÉTÉS. 

— L'afflùénce des éirangers, à Brest, ces jours-ci, est éi^orméj' 

t;t les liôtels sont plus «lue remplis. Un seul hôtel a empilé , la 
'"lit * rnière, dans viogt-çinq chambres, jusqu'àcent vingt et un 
\jyagèai'S. Le train de six heures quarante-cinq d'hier soir n'esC 
ajTivé quià huit heures, par suite d'encombrement, et plusieurs[ 
ecclésiastiques, après avoir couru tout Brest, sont venus prier de 
les héberger dans un corridor. Il y a déjà neuf dixièmes de pld^ 
d'étrangers que- lors du voyage de i'empereur. Il y avait, en 1858,- 
pcut-ôtre plus de foule dans les rues, muis la plus grande partiç 
provenait de la banlieue et des environs et retournait dormi? 
chez soi. Au marché, ce qui valait avant-hi^r 30 c sest .vendu, 
hier 1 fr. 30 et aujourd'hui 5 fr. Les cuisiniers de l'escadre avec 
les maîtres d'hôtei enlèvent tout. Quand il y aura en radq 200 à 
•250 cuisiniers, ce sera une razzia générale, et nous autres pauvres-, 
habitants nous serons réduits à ne plus manger. Les fêtes qhi 
devaient commencer samedi ont été retardées jusqu'au lundi 2Ï,. 
L'escadre, anglaise n'éfait à iiîrest, que lundi, an matin.. Leé 
Anglais observent le dimanche^ rlg:oureusement, et aucune fêté 
n'eut pu avoir lieu dimanche 20 s'ils avaient été présents st^r l^ 
rade. L'escadre est restée ce jour-là dans les parages des Itês 
anglaisés* Elle , est reparle de Brest jeudi 24. , . ' ; 

^, — L'infant don Fj-ançois de Pah le, oncle et beau-p^re d'^sa- - 
belle, est mort ârâgedell ans. Troisième fil5^ du roi (IhWrles IV, . 
d'Espagne, en 1808, il fut arrête, avec ses frères; à Bayonrie, 



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mELIGIEUSES ET LITTÉEAIBE8. 33$ 

p^ôràre de Napoléon, et jl partdgeH, peadéht sk âns> leiitv 
captivité à Valençay. Eri 1830, il accepta les changementô feiiP 

S^ Ferdinand Vil, à Tordre de succession, et en 1853> il recoèimt) 
royauté d'Isabelle. Mais, par suite de tn^néçs, il fut exilé on* 
Ffaffce, où il fut longtemps Thôte de Louis-Philippe. Son cottp^ 
9,i\é Jransfêré du palais de San Jilan à rEscurlal. On lui a rewniai 
leçiipnaçurs dus aux amiraux. A i'aubèdu jour on a tiré quatpji 
(MHips de canon, puis un coup de carton à chaque quart^d^heHiTOv 
etj.apesalye,<lé dix-huit coups au moment où le cer^Mieî^ a été 
placé sjfflr le traîii qui Ta emporté à l'Escurial.' 

-7- $aÛ8 la ccjhduitë dé deux reHgieusa<?, nrxe band^ de petites^ 
oçphÊilÎDes suivait hier la rué Saint-Antoine, quand tout 4 cottip^ 
la pluie SQ mit à tomber avec une violence extrême; Ton'â^ileà 
epfapt^ ijussitôt se réfugièrent sousuiie vaste pori^' cocbèi^-^Là 
vinrent aussi chercher un asile une dame éAégàniméùl^nû^fY 
fiîiiEv^yée^par hasard sûr le pavé, tt un vieillard qi!wpou«sGd^va«t 
lui une boutique roulante, contenant les mi+le- articles de^Umw 
b^oterie: qmi 9nt le, privilège d*exciter la convoitise du jettAe â^ 
I^l^nhomme maugréaîf tout en dispbsanV'taut^bien que* mal 
s^rsf| mar^jmdîséjuù'laoribeau de'tôTle cirée' ^, il n*civall pai 
é^çenneV d^it^^l, ct',Wïn2(ûvaïs ten/psallaîtluifîiilie perdre «H 
i^pnéè. La dfuné éJégaût.ç jétâ un regard suf Idi^et un autitestMf 
l^PfetifèsilIlés„qui paraissaient toutes trlstcai la^iùie les pi^îtànd 
sans dqutfe rde^ leur promèiVade et' dé leurô jeilxv Allant enAiite 
Ters If. yi^i;|lard^ elle lui détnanda comfbîen illàîYemlràit en Wôc 
toul^ sa boufiqû(;^ (!ette p^opprftion stupéfia le vîetiX'irai^hiatnél 
il.se livra è de longé calculs; et mit enflii en aVadt h ehiftà 
c^27fr. 50 jb; La damé lUîdofïtihSOfr., ettandteqa^lésdtpbt» 
ii^qs, non moins stupéfaites, Ouvraient dé gtaiïds yttt«i pleins 
d'étonnc^raent ef dé deàii', elle prîa lés dfeax ôicy^s de leur distpi*- 



%r lés iouets et les iartîclés de binIbelOléHé. €fl itntigîft^ quelle 
i^ie, quels rir els,' quels trébignémients snccécfèrënti à raffliotiotdi 
Qç.spectsjçlé fit perler des V^i^^s bous' les paùplèh^i^ de la^doeo* 
tp'ce, qiii peut-^fi^è .regrettait unetifant etficvé à^stifanftWr. Bhè 
Vjojtufe 4§ place étant venue à passer à vide, Içl-dartlfc fit signes ati 
œcker, et, aprè^aviôlr èmbraésé lbis;p|ùs'pètfl!e8'deëes-oWt]pSW<, 
dlè partit heureuse du b^ù^éùr qu'elle Ik^s^aft aj^rèfe-elte;,^ 

MÉtAWlES.. 

.,-^,lés, noûvétiys de Rdme annoftÇérit rénrMett!elnt»de'StWft 
yiJa^tiaires.aè^^^ Compléter les (iadrés dé' iWrtiée* poirti*- 
-flcâfe- -*- Dês; léiéà' obt éd lieu à Malines à Tcfccastao de la 
-trai^)àlîQn diî bîénhb'iîfeû)^ Jean. Berénman^-à KEirtîse àtôtiw- 

f|itaj[,njB. De's féfé^s anaTogues et phi^ sWenn^llefsenéorc aurordt 
i Dfpdiàinçnîébl' dans Vi vtf le^ de Biçsi, éû Bl-àkahtv liaii de 
naissadee Sk mBûhkùMi, Mék IV ërééidé^èe^ dft' véa^abte 



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32S ANlfiLES 

Primat de Belgique. — La procession du Vœu de Louis XIII a 
en lieu dans toutes les églises avec la pompe et la majesté acX 
c^ulumées. A Notre-Dame, Mgr l'archevêque de Paris officiait'; 
là, en présence des deux statues de nos rois, l'un le Juste, 
l'autre le Gha^d, inclinés devant la Sainte "Vierge, et lui offrant 
leurs couronnes avec le cœur de leur peuple, une émotion bien 
naturelle a accueilli le chant du joyeux ÈxaudM, — Il n'y 
aura point, cette année, de congrès catholique en Belgique. Les 
bureaux se réuniront au mois d'octobre pour aviser à la prépa- 
ration des travaux pour l'assemblée çéh«^ralè de 186G. — Une 
réunion générale de la société de Samt-Vincent de Paul de 
^Igiqué a eu lieu dernièrement, à Bruxelles. — Une compagnie 
française offre d'établir un cûble transatlantique de Saint-Na- 
zaire à la Véra-Gruz. — M. Enfantin, l'ancien chef des saiùt- 
sîoaoniens, avait exprimé le désir dans son testament que les 
archives du saint-simonisme fussent déposés dans une biblio- 
tiièque publique. Ce dépôt va être conflé à la bibliot^ièque de 
l'Arsenal. 

; Au premier août 300,000 personnes avaient déjà visité 

l'exposition de Dublin. — La reine Victoria, qui garde l'inco- 

gnito^ est en ce moment àCobourg, où doivent. se rendre le 

prince et la princesse de Galles pour assister, le 26 du mois, 

à l'inauguration du monument du prince Albert. — L'état dti 

roi Léopold de Belgique, qui avait donné de si vives inquiétude», 

s'est sensiblement améliorév - Le champ d^ Mars ji été mi?'i 

la disposition de la couunissîon de l'exposition unîversellr. -^ 

Une exposition ouvrière anglo-française a lieu en ce moment 

au palais 4e cristal de Sy^enham, près Londres. L'ouverture 

s'est faite par les soins du comité anglais^ avec l'assistance des 

délégués de Paris, Lyon, Nantes, Lille, Rouen, et autres villes 

àà France qui ont envoyé leurs produits. — r Mgr l'archevêfloe 

de Bourges vient d'adresser à NN. SS. les évêqiies de France, 

une lettre pour leur recommander d'une manière spéciale 

4*0Pîtvre de /'arfo^/ion. — L'adoration perpétuelle du Saînt- 

Sacremenjt vient d'être déûnitivenient établie dans le diocèselle 

Mende. -r- On doit ériger à Dreux, avec une grande solennité, 

la statue en bronze de Jean de Rotrou, le poète tragiqu)^.— 

Une maladie s'est déclarée depuis l'année dernière sur les m* 

tronniers dans les environs de Messine et sur la côte de Calabre 

qui fait face au détroit. .-^ Un servicç, d'omnibus vient d'être 

étalai dans la ville d'Alger, r- De fausses piastres espagnoles 

feulaient à Rome.. La police romainej^ découvert trois ateliers 

de fausse imonnaie. Elle a arrêté dix-sept indivillûs., — 6à an- 

aoncé ude exposition de beaux-arts qui s'ouvrira h Nîmes le 

i®"^ novembre, et une. exposition d'hprticulture à Péj-igueiix. — 

Bans nn incendie qui a éclaté a^ British muséum de Londf^, 

dëft fi^iuus^rits <M2t été détruits entièrement. Le plus précieîii 



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RELtGIEUSEâ ET LITTÉRilHES 3?7 

était le manuscrit anglo-saxon, connu sous le nom de Pastorale 
êm pape Grégoire-le-Grand. Ce manuscrit avait été donné par 
Alfred le Grand à Plegmond, archevêque de Cantorbéry. — 
Mgr l'Ëvêque de La Rochelle vient d'être nommé officier de* la 
Légîon-d'Honncur, aux promotions du 15 août. — Le P. Hya- 
cinlbe est arrivé à Paris, venant de Rome. L'éloquent pré- 
dicateur s'est installé à Passy pour préparer ses prochaines 
conférences à Notre-Dame. — Mgr Dehesselle, évêque de Namur, 
a été frappé mardi, jour de l'Assomption, d'une attaque d'apo- 
plexie a laquelle il a succombé en quelques instants. 

Une hostie a été volée à Prrentellô, dans le diocèse de 
Spoleto. On soupçonne que ceux qui l'ont enlevée du taber- 
nacle Qpt l'intention de la faire servir da-ns^ quelque concilia- 
bule dé société secrète, pour une cérémonie de serment. Le 
cardinal-archevêque de Spoleto a ordonné des prières en répa- 
lâtlon de ce sacrilège.-— Mgr Darboy, grand-aumônier, arche- 
vêque de Paris, sénateur, a été promu au gradi? de commandeur 
de l'ordre impérial de la Légion-d'Honneur. — Quelques cas 
dé choléra se sont manifestés à. Barcelone. Un assez grand nom- 
bï^ed'hfibîlanls ont, par suite, quitté la vjlle. — L'évèque de 
Garthagene a protesté contre la reconnaissance du royaume 
d'Italie.- Les journaux religieux publient l'exposé adressé à la 
reine par ce pWlat.-— M. Bûchez est mort en vrai catholique. 
Il a voulu être assisté par un saint prêtre et recevoir les sacre- 
ments de l'Eglise- L'assistamîe au service funèbre a été nom- 
breuse et digne. J^ai ro marqué sept ou huit ecclésiastiqiK s, sept 
ou huit magistrats et trois repéseniants du peuple à !a consti- 
tuante de 1848. — Le général d'Hautpoul, grand référendaire 
du Sénat, qui est mort tout récemment daps la terre de Saint- 
Papoul (Aude), a vivement' édifié ceux qui l'entouraient par les 
sèptimeuts^e foi et de piété qu'il a manifestés dans sa dernière • 
maladie. « Une de mes (frondes consolations au moment de pa- 
tùtlre devant Dieu ^ 6\%aMA\^ €*e»t d'avoir eonstaivinent hott 
m Sénat ^ â'un^mamère favotable aMoç intérêts sacrm du Sou- 
verain-Pontife. »' . 

^ te 10' août, fêidde saint Laurent, M^ le curé de Melay (Haute- 
Marne), s'^st. servi de Vin nouveau pour IC: samt sacrifice de la 
messe. ~- Le président des ILtals-Unis Johnson a récemment 
aèi&ordé \ei pardon à plusieurs habitants du Sud, sous la condî- 
tiôrt expresse d'un exrt perpétuel. Les planteurs du Sud émigrent 
en- masse au BrésH. Le général Bp.auregard s'embarcjiTe pour 
FBurope. — Le choléra suit une marche croissante à Siriyrne. 
Il se répand avec 'Uiûe nouvelle inlcuéité parmi les Grecs et leè 
Musulmans. Le^ prêtnes schisitiatiqucs se refusent de porter 
aux . mourante Jesdcroîères consolatîojis et de rendre aux morts 
léà derniers devbira»—- Mgr Laforêt, caraérier dCiSa Sainteté, 
président du 43oifcéi8e du Pape, et profes^eurà TMai^ersiié de 



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328^* AR1IÂ1B8 . 

tfouvam, vient d'ôlre nommée par les Evéque^ balgea^ reçteHj.j 
maginflque de cette université. Mgr Laforôt .est connu par so^, 
bel ouvrage, les dogmei catholiques^ quiia été endchi parMlgr^ 
Landrlot, d'une préface importatile sur \dL direction à donnerjt\ 
l'Enseignement apologétique. . .. • 

A roccasion de la solennité du IS^août , l'Bmperei^ .a, 
accordé des grâces , con>tnulpi lions ou réductions de .pein§s^ 
à 1,475 condamnés. ~ Les religieux du Très-Saint-Sacrep^CRJ^ 
viennent d'avoir à Paris lé Chapitre général de la Sojciété. tftj 
R. P. Champion a été noramé Supérieur delà résiden(^.:de P^jft^ 
et Vicaire Général. — L'Université de Vienne <Anlricfe^) vicpt 
de célébrer le 500' anniversaire de «a fondation (1365). Des iayjJ^ 
tations avaient été adressées à l'Université do Paris, qui epvoyj^ 
sur les bords du Danube, il y a cinq siècleSj le premier recteiir,; 
les premiers professeurs avec les statuts de notre glo.ieuse SQf-, 
bonne. — L'Empereur et llnripéralrice sont arrivé» à Strasbftqrgi 
et descendus à l'hôtel do Paris. Bien que le passage des. auguste^ 
voyageurs n'eût pas été annoncé, une fouie énorme s'était port^, 
aux environs de la gare d'arrivée. Le 17 août, la ville fut il]u- 
minée comme par enchdnterhejat. — Le lundi^21 août 1805, la; 
paroisse Saint-Roch, unie à quelques autres paroisses de P^ri^,, 
s'est rendue en pèlerinage à Bo.uloghe-sur-lVter.: — M^rL»n<lripi 
vient de publier deux v^l^imes de noùvelles/Cûp/6r^«^fi5 q^Xi 
Darnes ^" Monde, Dans ces Conférences, Mgr Landrîot & e^is^jê 
de refaire la belle statue de la- piété, si éti^ngeineJDt Ailmm, 
dans le monde. — D .près les calculs d'une ]^rsoniie qui dQJft 
le savoir pertinemment, la valeur /des biens dii clergéqui àm^mh 
être aliénés en Espagne ne sera pas au-dôssotis de 2;,SOOi0OO./)QO-. 

Nadar revient furieux d'Allemagne, avec son ballon^ cçluiiel 
piti^usement plié dans ube corbeille. Nadar se dirigé du cOté de I4 
Hollande, où il espère rencontrer plus, de courtoisie, .— t'éUti 
de l'Egypte met en danger des milliers de vies. Pendant les (Jâi» 
années prochaines, de 1865 à 1875, les pèlerinages du B^ïr^m 
auront lieu à des époques toujours, plus rapprochées digl (^ 
canicule. Le danger est immense, inévitable. Si i'%yptô newH 

Sas se préserver, il faudra que l'Europe. se charge de ce. sdn, 
ans l'intérêt de sa propre séeuritéi — Dimanche, ou a CéléWfl 
à Aix-ia-Chapelle le juMïé d'une servante qblduranl cinquaiîte 
ans était restée au service d'tine môm.e ftirpiJle. Les magfetriito 
d^ la ville ont participé à la ftle etont envoyé uii rkhe cadjç^tt 
% rhéroïne du jubilé. -7 Le'gôuverneur de Saïgoài vient de (aiflft 
la demande de plusieurs frères des écoles chrétiennes paW 
réducalion des enfants de lai nouvelle coUwiie, G!efet un nouvd 
et éclatant hommage rend^j à l'habileté et au ^èledeces préciaiK 
instituteurs. — Lesuccès dès élèves desjésuîtes qui se destineoi 
aux écoles du gouvern^ôm^t a éJé plus complet' encore CetW 
année. Sur 90, 79 ont été admis., la i)luB^t'aveclamei]itî(^ 



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RELIGIEUSES B^ (ITXiRiniBS. 329^ 

hodèi^^e.. --r.Lpfv:çRupfclpalité. de Constantinople vient, à 
Teieinple de So^yrQC) de; réclamer le concours de qèeîqiiè^ 
«Bups bouMe Seirvipe des amtîulànces de Galata et de Pépa. ^- ; 
Lef.<^oWa.8éVit.à Baff4û4çt aussi en Perse; où il a pénéiréSpar^ 




Napoléon Pf: Ldnatécl^gî 

mêmejoûP, la y\\h de ; Gh^rnpéry inaugurait une statue du 
célèbre jurisfioasuiite sayoisien Antoine Favre — Voici le total 
des'déoaratiofls dô la Légibn-nl'llonneur conférées à l'occasion \ 

dirlS août.: Igmfîd'croix, 15 gi^ânds-offïcîérs, 38 commandeurs,^ • 
176 6ffiéier8:et 1,085 chevaliers;, en tout, 1,315 promotions et=" 
nominations. — La dépense journalière d'Âbd-el-Koder et dés^*' 
p««otines de::8ja s^Ue était à Çaris de 500 fr. — L'empereût'»* 
TOoçois-JofeeiA etie roi Guillaume de Prusse ont eu une entrfe*- 
vue à SalzbaUrg,^ enç .présence dé leurs ministres respectifs.' '''-/' 



\, Un jow dé îôfe à tlhâtekuûétif-sttivtoîre;' 
Tout près du val d'or, sur une riante falaise de la Loire, entre 
la ':déli€ieuse "promenade du Çhastaing et le parc fleuri des 
Phelypcâûx,'S'e^t assise une jolie petite ville qui rappelle dans soa, 
nota, souvent répété fur poutre carie dp France, qu'au moyen-*' 
âge, un cdstrum novum fut ajouté là à ceux du voisinage. 

:C'est Ch^tcauneuiraar-Lpire/ siège autrefois d'un marqhisîit*' 
etmémfi d'an dttehé-paii-ie pendant quelques années; GbAteàu- 
neuf, aux vieux souvenirs historiques, où semblent vibrer encore*- 
Icïidernîers soûs du htuit que firent ^és paissants sfignenrs',' 
Philippe-Auguste, saint Louis, sainte Jeanne de Valois, Mlle de 
Montpensîer, fille de Gaston, le bon et vertueux duc dePen^'; 
thiàffe, etc. , . . r. ; . 

c'AiCh'âteauàcUf, 1^ djmanijhe 20 août, toute la population était 
en Jôte. L'église, récemment décorée avec un goût digne d'éloges, 
alait revèlu ses plus élégantes parures; un autel, entouré de 
fleurs et de feuillages; s'élftvg^t au milieu do la place circulaîre 
qnl précède r^hCréé du châ^îbuet Tîn^W ^^^'^^ ^^ ^^^^*^ ^^ P^*^^ 
tégeait de sbn ombre; Utie blanche, légîç'p^ de jeunes fillC'S se 
rangeait sous ses bannières. sacrées ; jtoqs les petits enfants' 
tenàsent une o.'^îflaninie à Ja mçiin ; la cloché portait au loin sefs 
sofiis solennels et retentissants. , , j 

A deux heures, iM^l'Evéqued'Ôrtéa'ns, en habits pbtatîfica'rf?^, 
aoèômpaigné ^ deujf VicfLJreg^GéMrauk, entrait dàn^ la ville. 
S'arrachanl à ses norahreusess . occupatiops , réminént Prélat 
whàit bénir deax chapelles récemment restaurées et émbeitlè$V 



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330 / ' ÀNHUBS ' V, 

il veai^it/éussî, disons-le, applaudir au zële iâtelliçent et inM- «( 
gable oui a, pour ainsi dire créé 1^ nouveau sauctoairè de saiQt/[ 
MartiâSdeGbAteauneuf On voyait que son cœur faisait éctiaà . 
sa QflfBté dajtts cette belle journée, et il Ta laisse parler, iàrs<iî(ie A 

Tîaut de la chaire, il a adressé les éloges les ittieux- médités au .' 

jupeaa.et surtout au pasteur^' ; ^ . 

Bientôt a commencé le défilé d'une immense pi^ocessioni î 
commémorative de l'institution de îa fête du Rosaire àChâ-*/ 
teemneuf. C'était une délicieuse traduction des mystères joyeux; 
de^. mystères glorieux et auâsi des mystères douloureux delà > 
Très-Sainte- Vierge; chaque gl*oupe représentant un genre de :> 
mystère se distingiiait par là couleur de ta guif lande, delà 
couronne et de Téchàrpe que portaient les jeunes' filles dont It 
se composait. 

Le nombre même dès rtiystèresét^it indiqué par (fiiirize cordons 
d'argent, d'or, de soie rouge, semés de rosfes,torfibâht du sominet: 
d'une croix et soutenus par quinze persévérantes orrïéeS de cou- . 
ronnes et d'écharpes. > - — 

Au milieu d'un groupe d'^iigç^^ formé par neuf premières 
communiantes tenant à la marif ûB^4)raiîche de Ifs , se trouvait 
un cœur percé d'ungfaive et do«aant naissance à un pied de lis. 

Sur toutie la ligue des enfants des écoles se balançaient des 
flammes. '["'[_ , .' ' • . . . ' ' . : r 

Les statues, les reliques des saints vénérés à Châteaiinetif*. 
rimage de l'enfant Jésus ^joutaient à la beauté du cortège, îoù • 
les mères s'étaient donné rendez-vous à côté de leurs fils et de > 
leurs filles, 

_lia musique, exécutée par l-prphéon de Châteauneuf, alternait 
avec le chanV:des cantiques, des psaumes ou desUtani^s. Un nôran 
breux clergé venu d'Orléans et des environs fermait la marche. 

Après avoir* suivi les qi^ais et la grande rue dp la ville v le ' 
cortège s'est raidgé autour de l'autel dressé sur la grande place/' 
Alors M. Gaduel, Archidiacre, à pris la parole, et dans une allô-' 
cution où se révélait une grande science théologique, il a ehai-ri 
leureusement traduit tout ce que sa for-lûliiispiraitsur Marfe, 
notre Mère. '■ ' < < • ' : 

Nous devons à la vé!v[té de dire que si nous avons été souvent ; 
électrisé par l'éclat des fêtes dans la cathédrale d'Orléans, nous" 
n'avons pu refuser notre admiraitîort à la solennité <fe la fête de 
Chàteauneuf, conçue avec une rare intelligence et dirigée avec 
un ordre et un recueîUetnënt parfaits. - - * ' -■■ 

La journée du dîhianché 20 àoût-ne nous a pafe donné eeûlei^j 
ment une bénédiction de chapelles et une procession, elle a^té 
remplie par les actes les plus saints de la rel^ion. 

ijLa réunion de Persévérance avait envoyé te matin, à la (abiea 
eucharistique, ses nonibreuseS habituées. ' - i •' ^ 

Déjeunes choristes exécutaient à <fix heures, a?ec>\inleïiëemble/ 
remarquable, la musique d'une messe solennelle". 



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lELiGiEusEs jét tmriftÀiABS. 331 

le& vêpres se çhàbtâtënt à fhiis ^Ifonii's, avec titie batmiMiii^ 
qui éveillait !*aUentidû de Mgr TEvêque d'Orléans. EÀfin , lîm 
salutiïesplus solennels termitiaîl l'ordre des cérémonies'^ 

Nous perniettrâ-(-on maintenant un mot sur la restauMitioti 
ellailécoration de TEgUse? ' 

Saint Martial de Châteaaneuf est Tœuvre de deux siècles assez 
éloignés Tun de Tantre, le XII* et le XVI*^. Il présenta néto-' 
moins un bel ensemble, et depuis cinc^ans il s*est magnifique^ 
ment transformé. On n'y va plus seulement admirer le mau-» 
solée si remarquable du premier des Phelipeaux et des marquis 
de Çhâteauneuf, qui oqt établi là leur caveau sépulcral ; on y 
vient étudier un modèle de décoration dans lés verrières histo<- 
riques et les (xeintures murales qui rembellissenl. 

ï^à, précédemment, des travaux importants yavateot élé 
exécutés; mais le Doyen actuel a su à force de zèle, de courage, 
de persévérance, et sans le seiiours de l'Etat et de l'administra^ 
tion municipale, créer une œuVre dé restauration, dont la- 
dépens s'élève au chiffre énorme de 45,000 fr. et qui, nous 
l'espérons, recevra son ei^tier achèvement. ^ 

Xa chapelle dé la Sainte-Vierge, dite du Rosaire, et ceHede 
Saint-Louis ont repris leur style primitif. Elles se sont enri- 
chies de verrières et de peintures murales. Nous avons reinarqué 
surtout l'autel et le tabernacle de la première, et nous avons 
reconnu le cachet de la fabrique de la rue Bonaparte, à Parfe. 
Nous devons aussi un éloge à l'artiste qui a symbolisé dans ses 

Ceintures les mystères du rosaire et les litanies de la Saiste- 
ierge. 

Des arcades se sont élar^es et régularisées, des fenêtres mu- 
rées se sont rouvertes; mais, le travail le plus merveilleux est 
l'exhaussement de la voûte du transsept. Il a fallu, sans com- 
promettre la solidité de l'édifice, faire disparaître tes miifs 
énormes d'une ancienne tour qui masquait la vue du choeair et 
du sanctuaire. , 

.Honneur donc au Jeune, intelligent et zélé Doyen de€hÀ- . 
teauneuf qui ne sait pas seulement reparer et orner le temple 
matériel du Dieu trois fois Saint; jnais qui « use aussi sa vie, » 
comme Ta dit avec vérité son Evoque, « à embellir tes temples 
spirituels de ce mônie Dieu. » **;. 

Paroissode Saint-Hilairo-^'Saint-Mesmin. 

te dtmâhchéSO août a eu Heu, comme nous Tuvions annoncé) 
sous la présidetictj de M. Cl«sse, vicaires-général, archidiacre , 
d'Orléans, la séance solennelle de la distribution des diplônaes 
d'boniVçur aux membres de^ la Ré'^mon cftrétierme. 

Gefiiit sisfmpleen tui»m(hiie, mérite eepandant à tous égards, ^ 
d'être sig^âflév c«r non^euteroent il a donnié lieu à une fête 
brillante à laquelle tout le pays a pris part, mais il révèle le 



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33âr.r .> ::iflf#% 




^MoirabbéVieugtfèiayOfit, pendant plusieurs années, prêté sor|.'^ 
concours actif et dévoué à la réunion de persévérance fondé^ 
eniSSil -pour|:Iea'aduUes,/dao3 la maison des frères, à Oiléaus, ^' 
paF-rM) l'abbé MirQn,iet/àirJgéç depuis 14 ans par M, l'abbé^. 
Roeb0|p.4,On>sait, et^npusiiavpns été plusieurs fois heureux de le^ ' 
rappeler à iiQS- lefitQUjrs/ibrt ^it, le bien moral qu'a produit et^^' 
qu«ip|»âuitiencwfyjiou§:ies| jô.uits, au sein de la classe ouvrière'^ 
cet^ liombflBUSû ^t HMignifiqMejréunioa. Elle fait toujours Téton-'^^' 
neHifint^iet/rad|[|)ii^at^a de^ étrangers guç des çircqnstaaçès for-';' 
tuites amènent à ^CAséanapej^./; '^■^' ^^|'"' '^^^ 

Nkto)méiJL'l)axttre.de,Saii)t-]Btilam^ au. môîç.d^^ 

jailli 1864,' Mv Vi§^g^é. copçiiit: a^ssjtô( /la pèns^^^ 
blkïi-pc^f'leijDaivriep^ et ;le3 cultivateurs de sa'pâfpJsso une y 
œiBfreîflaJîïlQgU0iàiCe|Ué; qj^'il avf^it vu fonctionner irOrïoans'. 
av«i.Ufit.d(^.si*co^B.( Sans; hésiter^ il se laissa aller aux inspi-.'J' 
rations de son zèle, et a^ifej^à à ^es nouveaux paroissiens rin-';^' 
vitaMonf io3tant0fde;pe,.réuqïr pendant les soirées d'biver, une^ • 
foîâ'ichjQciue'^seiapsMQiQxlds^^ un(^va^?al!e de la maison corhr, 
mànf^:iliise « leur di^p^ition. par l'obligeance de M'. ïe Mairç.^'' 
11 afengageait î à rendre rpesT^e^y/ice^^iussi. intéressantes qii'utiles,^' 
en.^p8Plag^afeçit;le$Nhçurie^ entre des lectures instructives/ dès'" 
entetieusa soientïÇqaesi.et de courtes conférences religieuses. ^ 

-Lîappel duo pasteur fût!/ accueilli et l'on se rendit avec une 
louable curiosité et un empressement synipalhique à tine îiivî*^ 
taUon: cortBâl^ qui avaUd'aUl^urs ,pp^^to^a^ l'attrait de rît}-' 
coiini^etdeJa.noaveaiJté. : ^ r. . ; > f 




paroissien intelligent et ddué d'^un bel orga. é, qu'ilchàrgeà- dèf' 
faHte la lecture, Beqond^.s^çtpiutî pi^^ le, talentde son, institiitfeor 
qaiçommençaiu.n cours rdcj gjéographié dçsicrtçilivè, M. le Cure 
donnait eacofPjpius qq'il n-ayait pnooiis,. •" ^ < ,. ro 

L!œuvfeï après un mpî^, éiait (lèflfliliven:îenl çop^U^^ 
prenait le. nom de Réunion chrétienne; mp\i\^^^^ 
tendances étaient clairement avouées, parraitement cbiâà'prîsei etî 
franchement acceptées^. 

Le nombre des membres de la réunion qui s'étâtt é*énré d'abord 
à 60; $,tietign1t bientôt celui de 90 et se maintîigt et up^rii^^ïfiQ^ 
de 7<> jaunes bommeset pères de fkmille^ demi ra^îduiié ^e s%, 
dAnentit jamais. ' . /. 

Cycst cette assiduité et cette pëÉsévérancei qm V» laCiM^f 
Sah)]t-Hilaire -avait voulu faire conjial^inB eit pi^i^leimei; pà^I|jq[(A^ 
me;Dt en remféttant di^bs. uite. séance 8oteoPQU$^:q!^fy^<iip J4^! 



i 



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. IHLIGIEIWSS ET &ITTiftAIEE8. r^ 

membres Un'Uî^tôine dlilinneur coixniieuatémoigaage gratieux 
4é sa vive ^i pfroifbnde Satisfaction. « ^ 

L^ zélé pa^etrr ne fut pas fëseal à applaudir à la persévérance 
des membres' de sa' chère Réunion^ toute sa paroisse- était là 
ïk)ur voir, et admirer le spectacle plein d'édiflcatîon et de 
chwTne que pré^ntdît cette étonnante réunion de 70 hommes 
de tout â^é, assis dans u h ordre piirfait, comme de simples 
enfaiitô. au pied de Télégantië tribune sur laquelle siégeaient à 
droite et à fauche de M. l'Archidiacre, président, et des ecclésias- 
tique^ quirassistaîeut, toutes. les personnes notables de lacom- 
iniiae. N^on-sëulèment elles avaient encouragé dès 4e eommen- 

V cernent M. le Curé dans sort entreprise par de généreuses 
offrandes, mais elles avaient voulu prendre part effectivement à 

Jaifô^te,pn ^ounapt en leur nom personnel de riches volumes 
,comm^ diplômes d'honneur ^plusieurs membres de laBéflWon. 

.; MgfrEvèqi^éi qjit apprécie singùîiéVemerit cette tEuvre,'pre- 

. inî^f^.'^Dîiïàffpn de 1 œuvre ^Q'XdTçfscvirance d*OrtèanS'; avait 

.,feît iqiinjçUrQ.^M.Jo Curé trm^ ïiïagniB(ïues dij^ômes, domme 
un tér][ipignâge dé sahau'fQ approbation. 

^pj^çs la distribution dès diplômes d'b(innelir'à lh(|nèT!e dos 
interinéde^ d'ji^në'excéîlentè ihiisîlïUe' exécutée par défef ilrtlètes 
de Cléry, et dés dialogues recréàlirs'lrès-iîal'urel!émerit''l*i5ités 
par les plus jeune? membres de la Réunion, avaient dbhHé un 
.véritable agréhj^ent; M, l^Arcbfdîacre fil part d'abord à l'àssem- 
Wée dp^.toutlp regret^ qu'avait éprouVé Mgr 'rEvêque de ne 
pouvoir, comme ij se Tëlait grômis , ve^i^ présider Im^'trtème 
la fêt^ de la Béunion chrétienne, ce qui lui' aurait do'n né 

. occasip'p rii^ témoigner aux bons habitants de Saint-Hitaîre tout 
ce que^son -^(iœnr avait ressenti de joie eh àppréhaïrt qii'une 
si précfguse Institution s'élaîf établie parmi eux, et qu'felle y 

.était floçjs^ntie. Remettant ensuite, en lumière ce que M. lé'Curé 

/avàitdit/daâV son rapport; sur îe but de la^W^i^m^ cAré- 
^fen»ç jéttlilje par .lui dans rinterôl moral et iéligfteu^' des 
jeunes gens et des pères de famille de sa paroisse, îl trbuva de 

» belj^s parole^ pour exprimer coiqbièh cette déuVre Itii pàffaîésait 
.admii;^Mei^ent bien appro,>rîéè auif befeoihs dé hotrè iépoque où 

;,'. il fai^jt^ajgtntjput, gue le sacerdoce pour rahiener îeë peuples à 
la pratique des devoirs religieux abandonnés où' néjgfligé*; com- 
mence pair se concilier les cœurs, pour parvenir plus sûrement 
à éclairer les esprits. ^ ' 

< M. r Archidiacre, en terminant son éloquente allocution, 
félicita les membres de la Réunion 4e leur assiduité, les encou- 

-; ïa^a à persévérer avec constanee, puis il adressa à M. le Curé 
ètà toutes iés personnes notables qui lui étaient venues en aide 
les plus sincères félicitations, et c'était justice ; car s'il est diffi- 
cile de diire tout ce qu'il a fallu de courage sacerdotal,' de zèle 
labtirieiik, pour prendre l'irlitîative d'une telleœuvre, pour vaincre 



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^34 àlfKAUBS 

]C8 difflcuifés et la eondoire à boDDe fin, il est faeile 4^ çoiq- 
prendre aussi ce que peut donner de forée et d'énergie h une 
volonté intelligente, à un coeur dévoué au salut de ses frères, la 
sympathie, Tapprobation et le concours des gens de bien, 

M. le Curé, avant le cbant du Domine salvum fac Impera- 
torem qui termina ta fête, annonça que la Béunlon chrètknM 
recommencerait ses séances après les travaux de l'automne, au 
commencement de novembre. Chacun s'est retiré alors avec le 
doux espoir que dans un an k pareil jour, on aurait à constater 
de nouveaux succès et que le temps donnerait sa sanction à une 
œuvre si heureusement commencée, déjà pi féconde en bans 
résultats, el si digne d'être imitée. 



Dimanche dernier, après avoir assisté à Tofllce du matin dans 
sa cathédrale, Mgr l'Evêque d'Orléans, qui présidait la grande 
fête de Chàteauneuf, a pu, on se demandors^ comment, être de 
retour dans sa ville épiscopale pour la distribution des prix de la 
classe d'honneur des frères. Ce sont les enfants dû peuple, avait 
dit Monseigneur, en faisant ses adieux du haut de la chaire de 
Châteauneuf; mon cœur d'Evêque, vous le comprenez assez, est 
impatient de se trouver au milieu d'eux pour applaudir à leurs 
triomphes. 

En effet, malgré les fatigues de la cérémonie qu'il venait de 

6 résider à 30 kilomètres d'Orléans, à cinq heures et demie, 
lonseigneur, radieux de cette joie qu'il retrouve toujours au 
milieu de ces douces solennités, faisait son entrée dans la salle 
de l'Institut, où il était acclamé par ras.<ïistance nombreuse que 
présidait M. Bureau, Préfetdu Loiret, et dans laquelle on remar- 
quait : M. le procureur impérial; M. le président du tribunal de 
commerce; MM. Mauge du Bois des Entes, Martin Saint-Ange, 
cénseillersàlacour; MM. Rabotin,Huet et Bard^n, Vicaires Géné- 
raux; M. l'inspecteur primaire; MM. Pereira et Bernier, membres 
du conseil municipal ; plusieurs ecclésiastiques et autres per- 
sonnel notables d'Orléans. 

A la fin de la séance, M. le Préfet en remettant au frère dé- 
mentis la médaille qui lui a été décernée par M. le Ministre de 
l'instruction publique, a prononcé les paroles suivantes qui 
méritaient d'être vivement applaudies et qui l'ont été : 

Messieurs, 

Justice a été rendue aux élèves qui avaient bien mérité pa^ 
leur application et leurs talents, et cette fête va finir. 

Mais elle ne serait pas complète et la justice ne serait pas 
entière si, après avoir couronné les jeunes disciples, on oubliait 
de parler de leurs maîtres. 

Nous savons où ces hommes de bien cherchent d'abord leur 
récompense : dans le sentiment du^devoir accompli, dans le 
témoignage de leur conscience, — cette conscience dont il a 



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lELIGIEUSES'ET LITTÉBÀlBES. 

Slo à Dieu de faire pour chacun de nous notre premier juge ; — 
ans les remercîments des familles et dans la joie reconnaissante 
des enfants. 

Mais ce n'est pas tout. Lorsque le mérite se produit avec un 
relief et un éclat singuliers, il est convenable et juste que la 
récompense soit proportionnée au mérite et revote un caractère 
nouveau de solennité. . . » 

C'est ce qu'a voulu M. le ministre de l'instruction publique 
lorsque, sur l'avis du conseil départomental , il a décerné des 
médailles d'honneur à quatre Instituteurs du Loiret, parmi 
lesquels est compris le frère Clémenlis, directeur des écoles 
communales des frères à Orléans. 

M. le préfet a ajouté en remettant la médaille d'honneur : 

Cher Frère, 

« Je connais vos sentiments de chrétien et de Français, je 
connais le respect que vous portez aux magistrats municipaux 
de cette ville, à'ious les dépositaires de Tautorité publiq'i^ la 
rivalité louable qui vous anime envers les instituteurs laïques, 
dont l'éloge n'est plus à faire depuis que l'éloquente juFtice de 
notre évêque s'est chargée de ce soin ; je vous félicite donc, au 
nom d'un gouvernement vraiment libéral dans ses pensées et 
dans ses actes, qui juge avant tout un homme par sep oeuvres. 

« Cher frère, frère par le cœur, frère par la religion, frère par 
le patriotisme {applaudissements)^ frère de ce peuple que vous 
aimez et que vous servez (6rat;o5), que vous servez dans ce qu'il 
a de plus cher, de plus délicat, de plus précieux, dans son 
trésor, dans ses enfants; cher frère, continuez votre œuvre dans 
la sérénité du travail et du dévoûment à tous les grands prin- 
cipes. Car, nous le savons tous, si votre année d'études com- 
mence par une invocation à Dieu, vous aimez à la terminer ici 
avec vos élèves par la prière nationale pour l'Empereur. » 

Pour tous les articles non signés et pour toutes les nouveUes, 

L'abbé GÉLOT. 

Mercuriale d*Orléan«« 

ORLÉANS, 19aoû^ 

Cote officielle. — Froment. Th. Irc 18 «« 2e 16 06 3e 13 33. — MéteiL 

1- 13 «^. Sh 12 04, 3* 1 1 25. — Seigle, Ire 9 60. 2e 9 26. 3e 8 50. — Orge, 

f^te 9 50, 2e9 22, 3* 9 ««, — Harioot§ rouges Ire qté 32 50, 2e 32 ««, 

"iè 31 25; id. blancs Ire 32 ««, 2e 31 50, 3e 31 ««. — Avoine, Irc qté 10 

50, 2e.9 66,8e850.— Fohi,leniYriag.,lreqtél 25, 2e 1 07, 3e « 80. — 

Paille, Ire qté «« c. 75, 2e «« c. 66, 3e «« 50 c. 

Bourse do 194 Août* 



î M/0 ancien., .y; 68 25 

Fin courant 68 «0 68 2t 1/2 68 30 

Eippruntiulien... 65 60 

Mobilier 787 50 797 50 

Crédit EspagnoL.. 495 — 

Orièai».. 852 50 



Nord 1090- 

Est -530- 

LfOBetMéd... —875 — 

Kdi -568 75 

Autrichien - -412 50 

Lombards -490 — 



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Jiste. 
viiuk. et Mlle BruUîajd 



Etat fàwU 4*arléanii« 

P^hlîçatiom déMiariàgeé (|u dim(mc^'2X> 4oilt^-EifSiu i . Uf 

M. Bigo» (Aiisusle-Charles), cordoîmîor» et Mad. X)tb|è j|u»tii|é-Sô^iifè, 
r^, Jonmalièrçy! veuve de ÀHtoio^ Biefh. , T * 

^M. ïfo>é {Jfean-Bapii»»!«-GustaV«), coptrôlenf . des GoDtfibâRons direoles, d 
Mite Prinaitlt (Marte- Jeanue-^uiie). » ' " ' " k 

M. Ouillt^imin (Ciigèt>e4Légeri, ueo«iiJer, .et Mlk(MIVird jCjQl^itt)»^ |î]. 

M. Giranli (Eugèue- \teX8ndre), jejpriMilMr, et Itlj^^^vm j^PaullQ^-^ 

Ml Boal**ix (Fr^oçoi^rAdejAîar), employé à la, caisse, «l'cscompie. et 
■ Mll^Thioly(^ariQ.Anré|ie): ' ' ""^ ' - [ 

M« Lçfeiivie (AugustiU'Mane), jardinier, «( I^UeCMiméiifeaxi (Bnae^Marl^» 

M» Gommier (Houoré-Jean), brai»'»ry et If^e Ferrasi^^^^^ tiggèse. 
.lyr. Renaiitfiii (AihapaseL paturaliste préparateur/ el/Mllè:^anq[ (Marie- 
• Mantie-Ursute). ^ ■ '■ I [j^?^'- % - ,^ 

M. Baîuf (Léon-François), cartier, et Mlle CoHot (ldé^™-43gè'le)^iqueu$c* 

de boiiiueSf \ VPO ^' / 

M. Dargent (S/t,\aiu-pamas), employé au cheminée 
84- de ligne, dans ta .reserve, ti Mlle Lanreau (Eugéiiil 
M. Foucault (Loui>- Adolphe- Narcisse)/ négociant 
"'■ (Delphine-Gabrielte). 

rU^ QH^tré (théaddrtf-Stanislas;,. iissevr .^ft cov^çlure^ ft f^Jfei S^uj^acôe 
>] (Jeanne Adèle), uiMjtuifière. " . ' ; 

'3Vf. Qwiiiauji (\fiointt-^rmand), tQuiielier,iet M|le,KJ]iai;d (Marie) domesôqa^ . 
M. Dufour, (touis-Jpsej)h-Floreptîn), représeaWht de cândierceV et ' MHe 

Despréï (Marie-Marine- Valenfine) • ..,...,. , ^ 

M. Hoiialard (Joseph-Atexaudre), vigneron, ël Mlle |iaief;(Çélimer^RasiDe), 
. Naissances, 

1 Gillon (PieTre^ÀbçV)» faii^prr 3|ifinier. 

/ Joussef{ljudovio-Eugèiie), Jj^iiboi^jî Bannier. , 

. Bourrée (Luuis-EmMîî-Viçtor),faubqurg.Bannier. 

Gouault, Marie-Marguerite, rue de Lîmâre. 1 

Lecàs, Charles- Alexandre, faubourg Madeleine. , ^ 

;;irr«vaiiIotj 6ear^F»ftnç<»is, me des.Goiirdes, 
iDucourei, Gléme»^ne-Jçr«phinQ,7ue dliif^(npit^nx*i^^ ' 

Poirier, 3V£«rie-E;rB(estiïi©y5iitarguei:it«?,.rMi^du Poirier. 

Rtcbard, Viitor-Euginé, rue sainte-Catherine. ^ 

Diithal, Augusle-Joseçh-Edouard, rue dllliers. 

Gouactie, Adèle-Eugéuie-Lucie, faubourg Saint-Marceab . 

Paly, Custavè-Henri, rue Verte. 

: Décès. 

,.M. Le Clerc, baron de Lesseville, Cbarles-Louis, proprintskiife, nie du Poi^e- 
• Fer, 41- ans. oi 

^ jM^ B'<u(-bet;l^i^r6>^posper, ancien menuisitr, me des'PetkstStoulieM» T$ 
^IM. Margotin, Fi ançois-Àmbroise. maîirè boulangée, rC Pâtte^Sl^T^nceifit, i 



'M^4, Dreux, née Ductors, A<fele-Léonai*â rue CiiCKx^è-Bois, 85 ansù 
Mad. Closset,tiée Vapf^reau, Marie-ïbérèse, faub. St.-Viàefeiil, àù^ûer^b&Sk 
Belle-Croix, 84 ans. " •" ' : 'i - 

M. RouzHau , Fi ançois- Antoine, ancien charpentier^ r. PortfwMadeleine, 6Sa. ' 
M. Veillard , Jean Baptisf^^Marie^Gu^avei^ aosiao maître boulanger^ me du 
l Rourgueuf, 27 ans. 

r ; Le propriétaire-gérant, L'Âlàiéi €ïEL<Kr,tXS&oii. JETim. 



ORI.KAIW. 4J^ IMP. £B^B8T~C0«jLS9 TIS-A-TIS I|f^f,pM»K. 



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RELIGIEUSES & LITTERAIRES 

t)BiUk « 

YlIil^B HT lit! HIOCJS^B »*03Ii£ANS 

TÛtissant tous les Samedis, par liTr.aison de 24 9>a^j(* 
IV* VOLDME. — N« 15—2 SEPTEMBRE 4868- 



- CAVB9n>«i«a pm w^ tmméxmm. 



Z^\h DIMANCHE, aprè» liP^ntecôte. 

Saint Marceao, diacre de l'Eglise de 

. Ljron, assista aa martyre de saiot 

Px>thjn, son évêiiue. Réfugié à 

- . 'Cubions, Il fit plusieurs eonVerâidUs^ 

^ lH^^é comme clu^titn. il montra »d 

'eouriige héroïque aa milieu des^tor^ 

^''luri^^; enterré jusqu'à la cemlure, if 

Xiiéuritt ftprès trois joars de ce 

li!RlQJL saint )Grégoire-lé^rand (d.- 
~ i|iîn:)7' prêteur de Rome, sa patrie, 
-•-attlgué sa jéonesse-, se fit adniirer, 
JMm ccW^'ta^e, dignité, nu ses. 
-limiifi, ses tSRêuts. Avant échangé 
tes* ruihessêr et 1e^ ifrahdeurs de la 
terre contre la bure du meine et 
' muî fie dp ^l^pe et 4*études, U fut, 
ï son grand regret, tiré de cette 
obscurité vojODtïîfe car le peuple et 
le clergé dfe Rome qm l*élurent Pape 
en S0O. Son pontificat Ait Tun des 
ploautiies et des plus glorieux pour 
rEglise ; nous lui devons la cluiver- 
sk>n des Lombards, des Anglaî», des 
Goths, U rélome du clevé, la fonda- 
tion de nombreux monastères» l'aho- 
• lition diB Tesclâvagè, rétablissement 
- dii rit Grégorien. Hinoiirut en 604, 
laissant des écrits (pii le ptacent au 

g'emier rang parmi les Pères et les 
octeùrs de rEglïse. 
5 »AiRI», l'Egtis^ d'Orîéans oélêbre la 
. fé^.it sâfut lOaDkioit époui 'de 
sainte Anne et père de la sainte 



^] 



JQerge. 

mi^REm, saitit^Ctoutt 



(86m;*â.)* 
. Jf^ Ae ,^rodomir>. roi d'Orléanç et 
/ jpetit-flls de' .sainte Clotil.de, Cloud 

^ '. i 



ou Clodoald, né en 5^, deyint 
orphelin et fugitif après le massacre 
de sa familie, ordonné par ses oncU^s» 
Dédaignant un royaume, il se fît 
ermite, puisdiscitile de saint Séverin ; 
ordonna prêtre par Eusèbe, évêque 
de Paris, it se retira près de fîogent- 
sur-Scine, où il construisit nne 
église et un monastère autour 
• desquels s'est formée la ville qui 
porte son nom. Il mourut en HOO. 

7 JEUDI, saint Euverle(d.-min.).Sous- 
. diacre de TEglise de Roilfic, n vint 

dans les Gaules à la recUerebe de 
ses frères, alors ï>risonuiers de 
guerre. Coaduît à l'église de Saint- 
Etienne d'Orléans, où plusieurs 
évêques, le cierge et le peuple de 
notre ville étaient réunis pour l'élec- 
tion d'un évéqiie, une colombe vînt 
se poser par trois fois sur là lôte du 
jeune romaine Euvcrte, quoique 
voyageur et inconnu, fut proclamé 
évéquc d'Orléans par rassemblée, et 
eansaciépar Marcel, évoque de Paris. 
Sous son pontificat, Orléans, préser- 
vée miraculeusement d'un incendie 
général, devenue viU». chrétienne, 
vit s'élever sa première cathédrale 
de sainte Croix. On croit que saint- 
Euverte mourut vers l'an 390. 

8 VENDRkDI, nativité de la sainte- 

Vierge (ati.-m.). InmacQlée dans 99' 
. Gonceptieii^ aCAraadiie de. toutes les 
misères inhérentes à notre nature, 
chef-d'œuvre du créateur, Marie 
i^intau mande à^ p&peit j«ur. 

9 SAMEDI, ofaoe de roctave. 



OHéans et le Département. . 5 f. par an. 
Paris- el les Départements; . t — 
Btrâïigar. . .... . . tO - 



. ' ,. OW «'aBONNR a ORLÉANS, CHEZ : 

M. rAbbèGÉLOT. cloître Ste^oix,.8. ' 1 Mad. FOUCHFK, i^e J^aBno-d.'Are,. 9. 
M.,E|Sest£olXS, ImpriiBeur. M. SEiOURNÈ, rue des Carmes, 4t. 

M. BL^^HAiff, rie ÏSnnifer: • ». (JOWEFROY, rne RDyâte. 

M::GATi^Bi2}, «B leama^^Ate; ' - I M. VAODECRAISE, piaca du Mirtral. 

■ .1 ■ .1 ^ i . ' ' ■■! " '* { M ré— H 



T. ly. 



Orlitas. — lap. EunsT Coias. rit-i-Tit du Mme* 



15 



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CHRONIQUE. 
•* Le conseil de la Confrérie de Saint-Charles a la douleur d'an- 
noncer à MM. les Ecclésiastiques du Diocèse la mort de M. Pierre* 
Désiré-Pascal Pinsard, curé de Damuiarie-en-Puisaye , décédé le 
samedi 26 août , dans sa 33* année , et il le recommande à leurs 
prières et saints sacrifices. Douze Messes seront acquittées pour le 
repos de son âme. Chaque jour une Messe est célébrée, à la Cathé- 
drale, pour les Membres défunts de la Confrérie. (Communiqué.) 

— Monseigneur a nemmmé Vicaire de Chevilly M. Jean-Jacques 
Chbyrolet. 

. — La grande Retraite annuelle des Religieuses de Saint-Aignan 
s'est clôturée le 28 août, fête de Saint-Augustin. A la cérémonie de 
clôture, toutes les sœurs professes ont renouvelé leurs vœux. Sept 
novices ont prononcé leurs premiers vœux annuels, et quatre reli- 
gieuses, après avoir repris les exercices du noviciat pendant l'année 
qui vient de s'écouler, ont été admises à la grande profession, par 
rémission des vœux perpétuels. 

La veille de la solennité, Monseigneur TEvôque est venu adresser 
à la communauté Texhortation la plus touchante : Votre ministère, 
a-t-il dit, mes très-chères filles, est très-consolant. Il consiste à imiter 
simplement Jésus Christ. Vivant sur la terre, il soutenait tout ce 
qui est faible, visitait les pauvres, guérissait les malades, et lais- 
sait venir à lui les petits enfants. Comme lui, dans votre faiblesse, 
TOUS êtes appelées à fortifier tout ce qui est faible, vous devez ins- 
truire les enrants, assister les pauvres, visiter les malades; accomplis- 
sez ces devoirs dans la douceur, dans la patience et dans tîiumilité, 
vous appuyant sur Jésus-Christ votre modèle dans sa vie, et votre 
force dans te tabernacle. , 

Nous aimons à le constater, Dieu hènil visiblement cette œuvre. 
Car il y a à peine 12 ans que Mgr l'Evêque d'Orléans annonçait au 
clergé et aux fidèles qu'il allait la fonder pour répondre à l'un des plus 
grands besoins de son Diocèse, et aujourd'hui, la Congrégation recon- 
nue par le gouvernement , compte déjà plus de cent professes et 
Quarante novices ou postulantes. Elle dirige 22 maisons dans le 
iocèse et possède à Orléans deux établissements importants. 

A cette occasion, nous rappellerons que la quête de FAssomption a 
été fondée non pas en faveur des Sœurs de Saint-Aignan, mais bien 
en faveur de tousl es établissements de Sœurs patronnées dans le Dio- 
cèse par le comité de propagation des Sœurs hospitalières et ensei- 
gnantes. On sait que ce Comité fut établi, il y a une quinzaine d'années, 
à l'initiative de M. Dubessey, préfet du Loiret, et de Mgr Dupanloup. 

— La fête du Pèlerinage de N.-D. de Cléry aura lieu le yendrediS 
septembre. — Messes de Communion à toutes les heures; la GrancT- 
Messe à 10 heures ; les Vêpres à 2 heures 1/2 ; Sermon par Mgr l'E- 
vêque d'Orléans, Procession et Salut solennel. — Pendant toula 
l'octave, il v aura une Messe à 7 heures et une seconde Messe à 9 h, 
suivi de la bénédiction du Saint-Sacrement. 

Œuvre des Filles Domestiques. — La réunion mensuelle des Do- 
mestiques aura lieu dans léglise de Saint-Pierre du Martroi, le 
Vendredi 8 septembre, fête de la Nativité de la Sainte- Vierge, à 
5 heures 3/4 très-précises du matin. — L'instruction sera donnée par 
le R. P. Boulanger, de la Compagnie de Marie. 



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ANNALES RELIGIEUSES & LITTÊRAJRES^ 
OMm, Veodredi 1" Septembre. 



HISTOIRE DE L'ABBAYE ROYALE 

DE ^ . 

SAINT-BENOIT-SUR-LQIRE 
Par M. l'Aihé ROCHER 

CHANOINB D'ORLâAMS, ANCIEN CURÉ DE SAIMT-BENOIT-SUB-LOIRE, MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ 
ARtmÉOLOGIQUE DE L'ORLÉAMAIS ET DE LA SOCIÉTÉ FRAKÇAISE POUR LA COMSERVATIO» 
sis MONUMENTS (1). 

Une importante lacune, parmi tant d'autres, existait dans 
rhistoire du diocèse d'Orléans, si célèbre par les souvenirs qui 
s'y rattacbedt, si riche des innombrables documents qui s'offrent 
auxhomraesdebonne volonté, et pourtant si pauvre en historiens. 
Cette lacune, M. Tabbé Rocher vient de la combler en écrivant 
l'histoire del'abbaye de Saint-Benoît. A prèsavoir l u cet intéressant 
ouvrage, nous nous sommes demandé par suite de quel hasard, 
de quel dédaigneux caprice, les anciens historiens Orléanais, les 
La Saussaye, les Symphorîen Guyon, les Le Maire, les Hubert et 
les PoUucheontpu négliger un pareil sujet qui n'a été traité que 
récemment et d'une manière sommaire; et pourquoi, dans le» 
grands recueils, les Bénédictins eux-mêmes n'ont parlé de 
Fleiiry-Saint-Benoît qu'incidemment, racontant seulement quel- 
ques-uns des événements qui illustrèrent l'abbaye, sans lui 
consacrer un travail particulier, qu'il leur appartenait plus qu'à 
bien d'autres d'édifier en Thonneur du tombeau de leur glorieux 
fondateur. 

N'était-ce pas là une belle tàche,eneffet, que de dérouler à tra^ 
vers douze siècles les annales sinon du plus ancien, à coup sûr 
du plus célèbre monastère de l'Orléanais, je dirais presque de la 
France entière. Personne n'ignore l'éclat dont brillait Fleury du 
IX* au XII* siècle, à tous les points de vue : prospérité religieuse, 
grâce à la sainte vie des moines, grâce à la possessijn des 
reliques de Saint-Benoît, autour desquelles se multipliaient les 
miracles; prospérité littéraire, fondée par les intelligences 
d'élite qui vinrent s'enfermer à l'abri de ces cloîtres, où 
elles ouvrirent des écoles d'une réputation universelle. 
Les papes, les rois, les saints, d'illustres personnages visi- 

(1) Ouvrage orné de 21 planches et précédé d'une lettre de 
Mgr Dopanloup, Evêque d'Orléans, à l'auteur. — Orléans, H. Heridi- 
sojj, librîiire, rue Jèannc-d'Arc, 17; — Blanchard, libraire, rue 
Bannier, 12. — A Gatineau, librsdre, rue Jeanne-^d'Are, 41. 



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tteeat à Verni Tabbaye et reorlchirent de leurs^ œagoîSques 
aumônes. Tout cela serait bien suffisant, je pense, pour assurer 
à Saint-Benoît un souvenir impérissable ; si, par une fortune 
peu commune, la superbe basilique de Sainte-Marie ne restait 
encore debout, l'un des plussplendides modèles d'un type archi- 
tectural dont la France modernç n a conservé que de rares 
échantillons. 

C'est à raconter les splendeurs de ce glorieux passé que 
M. Tabbé Rocher a. voulu consaiorer, nous -ne dirons pas ses 
loisirs, car les fonctions multjplear qu'il remplit, les bonnes 
œuvres qu'il dirige, ne lui laissent pas de loisirs; mais les mo- 
meiits^de repos (|ui se reiieottk««t dansla viela.pfùs'oôcuçée* 
Ce travail, dit-il, solUdtâit son coénf d*orléànais et dur pr4î^r^>; il 
flattait aussi, nous devons l'ajouter, ses intincts d'archéologue 
et d'artiste. C'était enfiri une dette contractée penKJant les quel- 
qaes années où il administra la. curer de Saint- Benoît, dette qu'il 
aC(quitte généreusement aujourd'hui par la publication d'une 
l^stoire qui sera un ilite de plus à la reconnaissance de s^ 
paroissiens. Nous n'avons pa3. la prétention de résuma cet 
importait volume ; mais nous voudrions, en le- parcourant av^ 
les lecteurs^ des Annales, leur faire, partager l'intérêt que nous 
avons ressenti, et les engager à lire aussi ce^pages intéressantes 
dpnt le charme se perd nécessaire^fi^nt dans une froide e* trop 
CQUçte analyse. 

La vie du saint patriarche Benoît a été racontée dans VHistmre 
des moines d Occident avec cette profoi«leur et cette élévation 
dei sentiments^ dans ce si^Je imagé, è^ la fois nerveux et délicat, 
dont l'illustre aqteur possède le secret : cette vie, M. Rocher 
l'esquisse à son tour, s'inspirant de saint Grégoire, leur source 
cooamune. On peut ladiviser en deux parties bien distinctes, 
deux grands actes qu'encadrent des paysages tout différents. 
Subiaco d'abord^ le nom doux; et poétique de la retraite où 
rajgle a choisi son nid. C'est là que le j^ne patricien Benoît 
vient se recueillir pendant trente-cinf années^ dans la solitude 
etïla prière, entre ses. chers disciples^ Maur et Placide. Voilà la 
vie mj^térieu^e et cachée, la vie de préparation, d'incubatiott' 
pQur aipsi dire. Il y niédite la règle sublime qui doit éclore d'un 
s^l jet parfaite dans tous ses détails.. Puis, forcé pari-ingratitude 
etela.persécutjon, de quitter s(^ pfc^ifer monastère de Subîaco, 
c'est au «MMmet du Mont-Cassin qu'tt va mettre en pratiqpue 
cette règle;, et comimencep ce qu'on peut appeler sai vie publique* 
Danfl\cettft' seconde période de ^on extôtenee,, il met è prôptiso». 
expérience, etDieu lui accorde la grâce de ses miracles, pour fonder 
l'oBdmftdmifableqtii, darjs la Iqtteeatre l{€mpirerromftî»iqi4»flpit 
et4^émptre barbarequicommence, v&i^nérer ^ vaîni^ôti^v.ilis^ 
le vaincfueur.. L'année <|ui précéda sa mdrt^ saint Bcnoîtv voulant 
faire connaître sa règle dans tefiaule ety fonder ira couvent j 



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RELIGIEUSES If TW^BIIEES. SUT 

rè^^ux. 1S& passçôrdot t èrléanb e(i tenft^»! Tiiiii4ebu»Él d^d^^l 
tB»dulife laj rèKie de^eor saM fondateur d&ob le-^itionaàtère de. 
SttlMnAignan^ hèeial ô^t eût îéfté{S)ii^ùit jusqu'alors, 4veei 
celui devînt Laurent, soue lès mùrsi de Vnûiï^aie^^r'mabum. 
Ctettfe gloire de servir de roôdète à,l6u<fes les abkaye&<ie la Gauie' 
cbfélîenne n'ét^t ^ réservée à Saint-^Aigaao ; saintf Maur 
dfetiiBM sa roiitejusqa'èi Angers où le mdflastèredé Glanfeuil 
ftitftvridé. Un siècle ptus tard, Léodetoldl, abbéd^SàlnUÀlgiïàn 
tfOWafts, homme iUusUre et saint «ntretous^ essuya de la part 
desesimiigieux un nouiveaia refus B'aâiopte^cette!ï»ègte, maïs 11 
Ôtstt îiché' et consacra sa forfliifte à doter TOrilèaÀaîa d'uni cou* 
veal (te Bénédictins : c'est Fieury-Saiiït^BeiipU. - 
-^LetJoyageuir qui remorfte ïa Loire d'OafîéJms ^ Oien, suit d^iitti 
gMI èfetf mé les capricieuses évolu^ias de ce beau flaive^ Tantèt 
ilp^bipîie?â course entre deux berges légèrenieht déprimées 
et seniblè Vouloiïapprofondir le Ht qu*îl s'est choisi; car ilj:eiî> 
ctiêtt®^ vodtotiers (i). Tantôt, âna^cootra^rèv il Bïarèhe plus ietti-î 
tement ; paraissant trouver plaisir aux lieui qu'il traverse^ il 
(fesfeîneiJéë courbes grâcieiaséâ etiaisse ses'on^s couvrir parés- 
geusementles ri Ves qu'elles eôvalisbeiitïnsensîbléniefttv Um det 
cfes^Côiirbè» commencée à ChrMeaBâae^ sie termine en s-'élai^ssarift 
à feuit kilomètres plus loin, en line centrée que îesffaîiches p*ai- 
rlèîis s€S baltes mofesons, la rlcbesse dô sa végétation et l'air piar 
qu-on y respire ont fait surnommer* 1« Yal d'ôr , ^et que ToU' 
(îoribafssail sous le nom de Fîeury. 0?e^ là qu'en 641, les^ 
(isbipies et les imitateurs de saint Benijît et de saîûst Maiir vinrent? 
sB-fixer, et, grôce au3^ génôrosNiés de Ifabbé de: Saint Aignani 
^(^ren^t un monas(tère qte le ciel sembla avoir voulu oomèl^P 
(fe toutes les grùèes etdelous les ïwenfctîts.. 
î Ses comîwericeniêntsWrontheureaaoc tomnneiceux de tous les* 
monastères. Beàuc(ïup dépei-sèrines de touiès les eCasses vinrent 
pi^eiidre à Flieurîy l'MbU religieux, apportai»! ku* fcirtuBe en 
reconnaissanco de. cette f>iléDièuse faveur.. De pareîMes sememea 
se pouvaient amener que d'heoreuix résultats; QUBSlle&premfers 
moines et l^s premiei^ abbps sont des saints^ éteint jiluyeiirs 
ig^reiit avêcavtiBta^e daiis les M^rtyrolo^» ; abus ciferons : 
safetMorrtî^f) le, saint Aiguffeysainrt Ôswald, i saint Aibbon,ïB*i»| 
Pëlix. L'esprit de saint Benoît, descèndiui des ÎMaiteuTS du Moot^ 
Gas^n jusque dans la^'hUéç de Fleuryy développai dans -le coèui* 
^x;es religieux los'éminenlés qualités de leur fondateur. Mal^ 
(»ri*était paerasàoz idl leur fWiaît urtè pvëiute fa^lpable, poaç 
a&isi dire^ dé la^présence matérielle dulsaitil patriarche au miMeji* 
<}'eux, SàinV j^ibéît avcÀt été ehseffeii.danS';Bo<a^BonastèrQ ^ 

"' (l) Au siêcîé defnitei' ïa Loire chanîpQa cfe lit M; face 4e ÊltâteiaUT 
neuf. Le nouveau lit â la fomie d'an arte dont l'àiicïen serait la cordé. 



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M0Qt*Cà8$in, qui, pjonv accomplir sa prédiction, Ait détruit par 
les Lombards ; mais la tombe du saint ne M pas rîolée. Saint 
Monimole conçut la pensée d'enrichir Fleury de ces précieuses 
reliques. Il communiqua son pieux désir à Aigulfe qui partit 
immédiatement. Ses efforts furent couronnés ^e succès et méri- 
tèrent à Fleury une sorte de suprématie sur les abbayes bénédic- 
tines du monde entier. Adrevald, moine de saint Benoît, a raconté 
d'une manière très-attachante, les péripéties de l'expédition de 
saint Aigulfe. La trauslation du corps de saint Benoît à Fleury 
fut poiir ce monastère une cause de nombreux miracles dus à 
l'intercession du saint ; elle fut aussi une source nouvelle de 
donations. M. l'abbé Rocher explique l'origine de ces donations 
à mesure qu'elles se présentent, en suivant l'ordre chronologique; 
puis il rend compte de la manière dont ces biens furent admi- 
nistrés par la création de nombreux offices dans le couvent et 
l'érection au dehors, dans les principales possessions de l'abbaye, 
de nombreux prieurés. Il donne aussi de précieux détails sur 
l'emploi charitable fait par les abbés de leurs revenus très-consi- 
dérables au II® siècle. 

Sous le règne de Charlemagne, Théodulfe, évéque d'Orléans, 
fut mis à la tête du couvent de Fleury. Sa vie a été écrite par une 
plume aussi savante que littéraire (1). L'historien de saint Benoît 
résume en quelques pages l'existence dé cet illustre personnage, 
comme abbé de Fleury, et au point de vuede l'immense bienfait • 
qiie proçurarà l'abbayë la fondation de ceà fameuses écoles de^ 
Saint-Benoît, célèbres autrefois dans le monde entier. M. Rocher 
a profondément étudié tout ce qui se rapporte au passé des écoles 
de Saint-Benpît 5 et il a parfaitement compris l'importance du 
mouvement littéraire qui eut lieu à cette époque. Nous adoptons 
volontiers les conclusions qu'il énonce en ces termes à propos 
dès écoles de Fleury : « Leur mérite est d'avoir alimenté le feu 

• sacré ^e l'étude des lettres et le goût des sciences dans ce 

• siècle d'obscurantisme. Personne ne contestera que ce fut là 
« un immense service rendu à la civilisation d'avoir, du ix* au 

• XII® siècle, empêché l'ignorance et la barbarie de prescrire. » 
L'abbaye de Fleury ne s'illustra pas seulement au ix* et au 

xV siècle, en inspirant aux jeunes gens de ses écoles et à ses 
propres religieux le goût du travail et des belles-lettres ; elle 
recueille encore aujourd'hui les fruits de tant de soins. En 1858, 
la Société de l'Histoire-de-France, par les soins de M. de Cer- 
tain , l'un de ses membres, a publié un volume intitulé : Les 
Miracles de Saint^Bemii. Ce volume contient , sur le iriôme 
sujet et se, faisant suite, le résultat des travaux historiques de 
cinq des plus savants religieux de l'abbaye de Fleury : Adrevald, 

(1) Théodulfe y Evêque d'Orléans et abbé de Fleury-sur-Loire, par 
M. rabbê Badnard, In-8* (1860), Orléans. 



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Aîn«)în, André de Fleury, B^ut Tort^rQ et Hu^aes de Saiete- 
Marie. Outre la narration des mjraçles opérés par les reliques 
du saint patriarche, on y trouve la chronique de Tabbayc de 
Fleury depuis la translation du corps de saint Benoit au mo^ 
oastère jus-|u'à Tannée 1118. Ce volume est aussi très-précieux 
i consulter pour Thistoire générale de la France h cette même 
époque, et chacup sait comme nous sommes pauvres en rensei- 
gnements ^sur ce temps. Lç livre des Miracles contient sur 
l'histoire de France des aperçus très-curieux et des notions 
très-exactes sur les faits et les personnages. M. Tabbé Rocher a 
souvent mis à contribution ces précieuses annales. Nous pou- 
vons même dire qu'avec les grandes coIlecti€fn;s des Bénédictins, 
le livre des Miracles est la principale source où il a puisé jus- 
qu'au xii" siècle. Il en apprécie hautement Timportance histo- 
rique, « sans discuter, suivant ses propres termes, la valeur des 
t témoignages de ces chroniques sous le rapport de la réalité 
« des prodiges (ju*elles rapportent, » et en admettant chez leurs 
auteurs une crédulité un peu intéressée. Outre les chroniques 
des Miracles de Saint-BenoîtyVobhaye vit naître^dons son sein 
des travaux d'histoire générale très*remarquables, dont les au- 
teurs : Aimoin, Helgaud et Hugues de Sainte-Marie, sont con- 
fins et estimés du monde savant. 

Il ne se rencontre pas que des événements heureux dans les 
annales de Tf^bbaye, elle eut aussi de rudes é^^reuves à sup- 
porter. Elle fût trois fois envahie et ravagée par les Normands ; 
trois fois les bâtiments conventuels furent la proie des flammes, 
et la basilique de Sainte-Marie s'écroula elle-même dans un 
vaste incendie qui brûla aussi l'église de Saint-Pierre (1026). 
Moins d'un siècle après, on consacrait la nouvelle "basilique de 
Sainte- Marie , qui est encore debout et dont la restauration va 
prochainement s'achever. Ce monument peut attester le génie 
des anciens maîtres de Vtmvre^ qui lutteraient sans désavantage 
avec les plus habiles architectes des temps modernes. 

Le XII® siècle n'a rien à envier aux précédents pour l'intérêt 
des faits accomplis dans l'enceinte du couvent. Le roi Phi- 
lippe P' y reçoit la sépulture, des conciles s'y réunissent, et 
Fleury a le rare privilège de recevoir à la fois dans ses niurs 
trois personnages ^célèbres à divers titres : saint Bernard, le 

Sape Innocent II et le roi Louis VI (1130). Nous entrons bientôt 
ans une période de décadence spirituelle et matérielle pour 
l'abbaye, L auteur intitule son chapitre xii* : « Premiers affai- 
« hlissements de ta discipline à Fleury^ occasionnés par lap-^ 
^ pauvrissement du monastère, au XIP siècle, » Ce titre nous 
semble fort contestable. Ce serait certainement un long et inté-^ 
ressant travail , que celui qui exposerait les motifs de la déca- 
ianceoù sont tombés successivement tous les monastères de 
différentes ; il établirait certainement que rarement li^ 



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3»f * mmi» 

j^u'vi^çté est uhedès^ causes capital^ dé rafflàib^â^éméat'âé'Af; 
œj^cipllne. îl faut convenî?, e* ëffe^. qne les motiaslètes etleV 
mtrtiitîona charitables «tf générfell ont eu la paùvrèfeé fen partage 
èrfeur début ; et pburtant, les premièfee annéefe ^ûi suivent leiff^ 
f&ndktion sont signalées par là pl^ks stricte observation de te 
i%gle et par répariôuissemenl des plus grande? vertus. La pau- 
vreté, la. préoccupation des intérêts matériels ne lès absorbait 
dttnç pas complètement, et quarià leur aoiour pour la prière-et 
là vie contemplative détournait les jMrçmfers m^^liàes du travail' 
rfîàîiuel nécessaire à leur existence, ils se disaient que ©ieu, qui 
nourrit le plus petit des oiseaux, né les aliahdonnérait pas ; «I 
ils avaient raison, car Weu tes soutenait^' fût-ce par des miracle0. 
Nous pensons, au contraire, q^e la decmJence spirituelle a ^été^ 
l'une des principales causes de la déeadence nMitérieUc paDÎni 
les Bénédictins, et qiie Faffaiblîssemedt de la discipline chez Ips. 
religieux a amené iin4 grande tiédeur de la pari ae leui^s bien- 
faiteurs. Il faut recliër(3her Taût^é cause, qui est d'ailleurs iriti* 
mement liée à la ïJfemière, dàûs la création des nouveaux 
ordres monastiques ^. (iéux (te'Sâiot-Augufetin, de Sâint-Dèifli- 
irique, rôrdre de'Cîteâux et lés ordres mendiants'. Obéissant % là 
loi providentielle de sûccessidti (juï dirige toutes dibses îcî-bas^ 
ils prospéraient , en mêmei temps que les Bénédietias se veik^ 
citaient drfns Texerèice de leur admirable règle ; car a la fii- 
«■ blesse humaine, on ne le dâît^ue trop, est tocompatable awa 
t la perfection soutenue (1) ». Daîis l'ardeur d*uh zèle naissant, 
lés nouveaux ortlres contrebaliancèrent d'abord Vantiqae réffu-: 
tô(îon des Bénédictins^ et flnïipentpar ks éclipser 'définitiv^e- 
mfent, jusqu'au moment de la réforme opérée au xvii* siècle 
^r la congrégation dé saint Maur, qui fit resplendir â'îui 
éclat nciuVeau tout rinstîtut bédïédîctin. 
' Une fbi& commencée , là décadence de l'abbaye , accablée par 
Tes malheurs qui fondent sur elle , marche à grands pa^ Elle 
est complète à la fin du Xf^ siècle. Peu contents de négliger les» 
préceptes les plus essentiels delà règle, les religieux de Fleary. 
dont le nombre avait d'ailleurs bien diminué , mènent & bette 
époque une vie peu édifiante. L'irtStilution dtes* coran^ndes mé- 
pçuVait augmenter le mal ; en outre, c'était un obstàde à li 
reforme de tous le^abus.quî naissaient dans le couvent. Pariai' 
fes' àbbés comniendatairès 'eÀfre les' niains desquels passe te 
monastère, deux sont remarquables' à divers titres, le premier^' 
le trop fameux Odet de "Colighy, sous là déplorable adiftinlfi-' 
tràtion et par les ordres duquel te trésor et la bibliothèque de 
Fabbaye furent nais au pillage. Le second est le cardinal de 
Richelieu. Sous sa ptfîssd'nte iobipulsicm^ l'abbaye^ qui avait été^ 

^ M. T)t WfoNTALEMBERT. — Préfacé, de VMstofre ^^ Moine$ 
ccidentff, 154. 



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BELIGIEU8JIS ET LITTÉRAIRES* J^ 

une 'première fois déjà réformée aux" siècle par saint Odopi 
lut agrégée à la coagrégation de Saint-Maur. Ce fut pour eljk 
une ôecôfide renaissance religieuse el littéraire. Depuis le mi* 
lieu du xm® siècle jusqu'aux premières années du xfïii", trois 

glkifcux travaillèrent à écrire rbistoirç de Fleury :^D. teroy, 
,Jandotet ï), Chazal. L'important ouvrage de ce "dernier est 
bien supérieur aux deux autres au double point de vue de la 
critique historique et delà multiplicité des recherches; il ^ 
âéposé à la bibliothèque d'Orléans. Les écoles de l'abbaye sie 
fèljBvèi'ent aussi et jouirent d'un certain éclat. Il est just^ 
(f'ajouler qu'on y enseignait le Jansénisme , adopté par ui>o 
partie des Bénédictins de Fleury. Enfin arriva la journée du 
J 2 novembre 1189; et le décret de T Assemblée Constituante 
iparqua la derni^te heurq de cette existence douze fois sécii»- 

Maigre la dispersion ,des moines de Saint-Benoit, Je souvenk 
des services qu'eux et leurs prédécesseurs avaient rendu n'était 
pas éteint dans tous les cœurs. Mgr Dupanloup vient de 
ganfier l'administration de la paroisse de Saint-Benoît à deu^ 
.Bénédictins-Prêcheurs sortis de Tabbaye de la Pierre-qui-Viré« 
î^. Rpdier fait précéder cet épilogue de son livre par la vie 4% 
R. P.' iSluard, leur fondateur. Cette nomination a été accueillie 
avec enthousiasme à Saint-Benpît. C'est Je plus bel éloge qu'on 
puisse rapporter et qui caractérise le mieux les souvenirs ifftr 
nérfssablqs qu'ont Imssés les Bénédictins de la Con|;régation de 
MÎnt-Maur au milieu ie cette pi îuse population. 

En publiant tes annales de Saint-Benoît, M. Rocher a élevé 
un monument précieux pour l'histoire du diocèse d'Orléans, hi 
première partie que nous venons de résumer, est écrite de ce 
style simple, correct et rapide qui convient^ux trava x histo-» 
figues, L auteur n'a rien avancé qui ne fû( prouvé par le^ docu-» 
ments authentiques qu'il a étudiés, au appu,}'é sur le témoU 
gnage d^^ auteurs les plus sérieux qu'il fait tous passer pkt 
l'épreuve d'une saine critique, même les Bénédictins, ses maîtres 
et ses modèles, dont il est maintenant l'émule. Parfois son cadre 
s'élargit, il entre dans- le domaine de l'ijistoire générale, mais 
il n'a garde de se laisser entraîner; eniiuelques mots vifs et 
rapides, il caractérise l'homme ou l'époque dont il parle, et 
reprend aussitôt spn récit. De rqême, lorsqu'il est forcé de s'in- 
içrrpiiipre pour exipliquer un terme ^ientifique, ou renseigner 
leiecieur sur une mstitutîon, urt usage des temps anciens, û , 
trouve t-oujours l'expression jpste, et satisfait les plus exigents 
par; unç définition çoi^rte maïs précise. M. Rocher a divisé son 
tçivail p^r grandes époques qui sont autant de chapitre* ; ceux- 
<â contiennent plusieurs paragraphes. Cette méthode nous 
seipble excellente pourja lecture et la facilité des recherches. 
Nous aimons moins les subdivisions qu'il établit à chatjue noni 



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^ ÂlflfiiCS 

df^bbé. Ce système est suivi dans un grand nombre d'ouvrages, 
l'auteur a bien sûr de bonnes raisons pour l'employer ; mais 
ànotreaTîs, il a le défaut d'exposer à des redites iné?itables. 
Nous eussions préféré l'ordre purement chronologique. 
• La seconde partie de l'ouvrage de M. l'abbé Rocher a pour 
titre : Recherches archéologiques sur l'ancien monastère, l'église 
et la ville de Saint-BenoU-sur^Loire. C'est une monographie 
complète, fondée sur les documents authentiqueis consultés avec 
ôoin par l'auteur. A leur aide, il contrôle et rectifle quelquefois 
les affirmations de la science. Rien n'est donné au hasard, et 
toutes les assertions sont établies avec une autorité qui nous 
révèle sous une autre face le talent de l'historien. On voit qu'il 
à étudié son sujet avec amour et sur place, qu'il le possède en- 
tièrement. Il dresse en détail le plan de l'ancien monastère de 
Fleury et celui de sa superbe basilique. Il nous initie aux habi- 
tudes des architectes du moyen-âge, nous montré les modifi- 
cations que l'on a fait subir au premier plan ; il fait suivre du 
doigt les restaurations, les embellissements dont un goût d'une 
sûreté contestable a surchargé différentes parties de l'édifice ; il 
résume enOn les travaux qui vont restituer dans son style pri- 
mitif un des plus beaux monuments que l'on doive à l'archi- 
tecture monastique. 

' L'explication seule des siyets qui décorent les nombreux cha- 
pîteùux de la basilique, peut donner une idée du travail qu'a 
?^ coîi* •• à l'auteur la partie archéologique de son ouvrage. 
toi-i' rendre celte partie plus intéressante encore et plus utile 
aux travailleurs, il l'a enricMe de 21 planches admirablement 
lithographiées qui peuvent servir de guide aux touristes. M. Ro- 
cher termine* son volume par une intéressante, étude sur les 
destinées qu'a subies le corps de saint Benoît, sur la manière 
dont ces reliques ont été dispersées, et sur l'authenticité decelhs 
çue contient le trésor actuel de Saint-Benolt-sur-Loire. 

L. Jaeet. 



La sœur de charité. 



La charité a d'incomparables douceurs dans les yeux et dans 
le sourire d'une femme ; elle a d'irrésistibles recherches de bonté 
dans ces <îœurs et dans ces esprits qui semblent surtout faits 

Jour comprendre ou deviner môme nos esprits et nos cœurs, 
ût-on abandonné de tous, et à mille lieues de sa patrie, une 
de ces létes charmantes nous fait penser à notre mère et a notre 
sœur; les larmes nous montent aux paupières, et, remerciant 
et bénissant, nous ouvrons nos oreilles aux affectueuses paroles, 
nous tendons n[o^ lèvres à la coupe salutaire..., nous sommes 
heureux ! 



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AELIGIEUSES ET LITTÉBAIEE8. 347 

Ces sœurs grises, aux coiffures blanches, ont été souvent 
comparées à des anges, à Tidéal que nous nous faisons des 
anges, et l'expression n'a rien d'excessif et d'exagéré. 

Où ne les retrouve-t-on'pas? Dans l'Asile, elles élèvent et 
instruisent les petits-enfants avec les plus maternelles sollici- 
tudes ; à l'Hôpital, elles adoucissent, pour le malade qui va 
mourir, ces transes douloureuses, ces inquiétudes et ces espé- 
rances, ces regrets aussi, qui sont la seule fortune de notre 
dernière heure. Les vieillards disent : Ma fille! Les jeunes 
hommes disent : Ma sœur! tous s'inclinent avec respect. 

Elles ont la naïveté et la mansuétude des agneaux. Or, dan» 
la guerre, au milieu de la bataille, elles déploient des vaillances 
de lion non pour combattre, mais pour relever et ranimer ceux 
qui tombent. 

— Est-ce que ce n'est pas ma mère morte qui vous envoie? 
disait un pauvre soldat de Crimée à l'une d'elles, pendant qu'elle 
pansait sa jambe coupée. 

— Oui, mon ami, c'est votre mère, répondit la jeune fille. 
Et elle sourit délicieusement. 

Le pauvre soldat se mit à sourire comme elle avec non moins 
de charme et de bonheur. 

Ces religieuses, d'ailleurs, sont libres : ainsi que saint Vin- 
cent de Paul l'a voulu, <c elles n'ont ordinairement pour mo- 
nastère que les maisons des malades, pour cellule qu'une 
jçhambre d^ louage, pour chapelle que l'église de ^ leur paroisse» 
'pour cloître que- les Tues de la ville, pour clôture que l'obéis- 
sance, pour grille que la craintede Dieu, et pour voile qu'une 
sainte et exacte modestie. » 

Si vous allez quelquefois visiter le cimetière du Mont-Parnasse, 
vous avez remarqué certainement, dès l'entrée, un premier 
cimetière, pauvre d'aspect, mais riant sous sa pauvreté, et reflé- 
tant quelque chose de cette bonne humeur que les Filles de 
Charité ont toujours en faisant le bien. C'est le cimetière des 
sœurs grises. Parcourez leurs tombes : ici se dresse avec dis- 
tinction la modeste pierre de la sœur Rosalie à qui l'Empereur 
Napoléon III avait donné cette étoile qu'on appelle la croix 
d'honneur. 

Les autres tombes se ressemblent toutes. Lisez de tous côtés 
les épitaphes : Sœur Louise, morte à dix-neuf ans! — Sœur 
Vincent, morte à vingt-trois ans ! — Sœur Anastasie^ morte à 
vingt ans! A peine çà et là, à de grandes distances, voyez-vous 
sur la pierre pu sur le bois : Sœur Sophie, morte à quarante 
ans! — Sœur Pauline^ morte à cinquante ans. Le plus grand 
nombre de ces pauvres filles est mort au beau milieu de la jeu- 
. nesse : elles sont tombées en fleur, et la terre n'a connu d'elles 
que des rayons et des parfums. 

Faut-il les plaindre? Je ne le pense pas. Ce serait une injure; 



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^car, suivant Ménaridife, «celui que les^ieux aime meurt jeune.» 
et là Bible a dit avant lui : « Il sut glorieusement faire tenjr 
^ans le peu de jours au'orn lui a comptés l'œuvre ides années 
longues et pleines! » Une petite anecdote, et j'ai fini. 

La sœur Marje que j'ai rhonneur de conniiitre quelque peu, 
me disait un jour : 

Quand Dieu m*a appelée en religion, j'étais bien vaniteuse, 
allez I II y a six ans de cela ! J'entrais dans mes seize ans I 
J*avais beaucoup dexbeN'euXj et ces cheveux étaient très-fins et 
très-longs. On les vantait autour de moi... Or, bien que décidée 
à me donner à Dieu, je tenais vilainement à ces cheveux-là. Je 
;les fis donc couper avant d'aller ,au couveot, et je les gardai 
avec trop d'attention contre l'esprit même de notre règle, pen- 
dant deux ou trois ans. 

— C'était, je crois, un péché bien véniel. 

— Qh que non I Aussi je les ai donnés un matin à un de mes 
pauvres, un bon vieillard de soixante-dix ans, grand-père et 
arrière-grand-père, et dont toute la famille avait grand besoin 
d'un peu d'argent Que je voudrais qu'il les eût vendus et bien 
vendus! r 

la confidence de la sœur Marie, qui est up peu ma piaren^e, 

m.e;tpucha, m^is ^e m'étosnna point. Il y avait dans tout cela 
"^innocence d'une sainte l J^ n'y pensais pli^s m bout de huit 
;3ç)ursV 

' Qi^^î qu'il çp mU H est advepu iquCvine trouvant quelques 
"r:o\i ^rès chez uo coiffeur de. I^vitle de.,., j'entendais pendant 
'(.je î oa me faisait la haibe, deux ou trois clients de Ja mais(m 

se dire l'un à l'autre : 

.., — Ah! quelle chevelure que celle de la marquise de... 

î: -- C'est beau K c'est fin ! c'est riche ! . ^ 

'/^^ Des cheveux comme en a peint le Titien, et comme il n'y 
"eti a plus.,. 

Le perruquicr-coiffeurv qui u'e&t pas plus discret qu'on ne 

l'est dans son honorable pi:Qfession.,' interrompit les causeurs, 

et avec un air capable r . • 

H'^Chutl chut, dit-il. Ce^ superbes dieveux, je lesicounaisl 
''" — Vous les avez peignés? 

— Non, je les ai vendus... Ahl mais je les a^«lis acheté cin- 
quante francs h un [î^uvre vieux lout transi de froid ejt sans 
bois ponr se chaufier. C'était une bQ^ne œuvre et qAiî m'a pro- 
filé. Je les ai revendus' iJ500}//i!r'?5 iajouta-t-il d'*in tpn pré- 
tentieux d'un perruquier qui vent f^ijçe de la littératuce. 

— Ce n'était pas lies cheveux du, vieillard? demanda^-jer^/i 
mon tour. 

ij — Allons donc! MaU îi le^ t^nç^t, m'a-l-il ;^voué tout bas, 
'â*unc sœur de charité qui lui avait dit : Allez y^îndre .cela^ii 
yous^quyç:^^ .qi gue Di.ejgi mn^ b^s^e., , . : ; : 



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ftELIGIEUSES et LniÉEllBES. >8i9 

Or, mes chers leeteurs, pendant que la mftrqiiise^... triom*- 
ffeait sous s£i Monde couronne de sa seizième année, sœur Marie 
pansait la jambe d'un soldat malade, abaissée comme une es- 
eiave, maïs heureuse d'avoir fait luire pendant quelques se- 
maines la bûche bienflaisante ^ans k foyer d'uue pauvre fa- 
illie. 



Noas croyons ôlce agréable à nos lecteurs en mettant sous* 
leurs yeux Jes.fragpiewts. d'une ieltne récepament adressée par 
M. B..., missionnaire apostolique du Dahomey. 

Aujourd'hoi je vous donnerai quelques détails surl'aspectt qae 
présente la côto d'Afrique et sur ses fc:rjvâçes. 

Ici, dans la zone torride et !pi'0(Ae ;de l'Equateur, rannjéc est 
«artagée en deu^i saisons, la saison sèche dt la saison des pluies, 
lift première comprend les mois dé novembre, décembre, janvier, 
iBivtiier, ^tsPX avrîî. La deuxième comprend les mois de mât, 
•juin, j'uillet, août,' septembre et octobre ; ce qui vient àdine que 
nous ^vons six mois -de pluie et six mois âe temps sec. 

D'an autrecôté, les jours sont toujours égatoiaux nuits. A six 
heures 4e jour paraît, et à six heures II est nuit. 11 n'y la <biïis le 
courant "de l'on née qu'une variation de cinq à six Çîi»at8s. fle 
-fiiême- le thê»rtoomètre se tient èim la vâiiifffion de SièSS**, 
bien 'entendu qu'il est placé au nbrd et à l'abri de! soî^il. 

La côte , dans le golfe de Bénin , que j'ai eu occasion de par- 
courtr en navire, en pîrogue et en hamac, est une terre 4rès- 
plate, remplie âe marais, couverte de bois et do broussailles. 
Les espèces de bois sont le haobùb dont la grosseur e^l prodi- 
|feuse et q^i creusé suffirait pourfhire une maison à plusieurs 
^^tages ; le palmier, Vac^Jou^ le eohotier. L'arbre à ea&utchotùc^ 
hèanémier^ h bois de fer, le mmplitr et Xeronier, 

On rencontre dans les forêts lo Ijon, le tigre, l'éléphant, le 
sanglier, la panthère, le bœuf sauvage, le chat-tlgv/leloËip, le 
cerf et le lièvre; ce dernier est assez rare. On y itxK\y^ aussi 
4pus les oiseaux et mèfoes de gibier q^'on voit en Eune^pe. Ici la 
<ihâsse est toujours 'pér'niise, ttials les lamateui^ sont rar^. 
• Oa ^refôve aussi, le long des marais, le crocodile «t le serpent 
boa royal, dont la longueur est quelquefois de dix mètres, elg^ios 
en propoi^ôn, mài^^l n^est pas mécliant, si on ne cherche pas 
•à lui fatii*e d'il ittal, il n'attaque pas tes hommes» Il y en a une 
^ibUnité -d'âuirêi petits qui sOntfr^Mtfiàuvais. 
' Onf trouve aussi tous les animaux domestiques de France, à 
Vexccptioh du^heval : mais touB sont de moitié plus petits qiàe 
*)eu^ d'Europe. ' : : : • • ; 

fie nègre est ici un^ pea m^tis «auvn^ qae sr» feftipolMs 



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environnants de la côte ; en présence du blanc, du missionnaire 
surtout, il est timide et doux comme un agneau; d'un amour 
peu stable et le plus souvent feint, il oblige son maître à se 
tenir toujours sur le qui-vive. Je dis son maître, car ici ils sont 
tous esclaves les uns des autres. Pierre a Paul pour esclave, 
Paul a Jean, Jean a Antoine. Mais Pierre, qui par un seul 
esclave en a quelquefois des centaines, est lui-même esclave du 
Cabessaire, autorité du pays. 

Tous les sauvages sont en général d'une gratide taille et ont 
le corps bien fait jusqu'au cou. Mais quand on passe à la figure, 
on dirait des monstres : de grosses lèvres, une large bouche, un 
nez très-épaté, une chevelure très-crépue, point de barbe; ils 
se rasent la tête de toutes les manières. Enfin figurez-vous tout 
ce que