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HMUm DE L'ASSOCIATION 



PODR L'ENCOURAGEMENT 



DES ETUDES GRECQUES 



EN FRANCE 



Les réunions du Comité ont lieu à TÉcole des 
Beaux- Arts, à quatre heures, le premier jeudi de 
chaque mois; tous les membres de la Société ont le 
droit d'y assister, et ont voix consultative. Elles sont 
interrompues pendant les mois d'août, de septembre 
et d'octobre. 

L'Assemblée générale annuelle a lieu le premier 
jeudi qui suit la fête de Pâques. 

La bibliothèque de l'Association est ouverte tous 
les jeudis de 9 heures à 10 heures du matin, et pendant 
le cours des séances du Comité. 



Les demandes de renseignements et les commu- 
nications relatives aux travaux de l'Association doivent 
être adressées franc de port, à l'École des Beaux-Arts , 
14, rue Bonaparte, ou chez ragent-bibliothécaire,M.Ch.- 
Ém. Ruelle, 6 , rue de Bellechasse. 



Les membres de l'Association qui ne résident pas 
à Paris sont priés de vouloir bien envoyer le mon- 
tant de leur cotisation, en un mandat de poste, au 
trésorier, M. Aug. Carrière, 2, rue de Lille. 

A Paris, les cotisations sont touchées à domicile. 



Paris — Typographie Georges Chamerot, rue des Saint^Père», 19. 



ANNUAIRE 

DE L'ASSOCIATION 

POUR L'ENCOURAGEMENT 

DES ETUDES GRECQUES 

EN FRANGE 

(Reconnue établissement d'utilité publique par décret du 7 Juillet 1869 ) 



9« Année, 1875 



PARIS 

MAISONNEUVEiET C", LIBRAIRES-ÉDITEURS 

15, QUAI VOLTAIRE, 15 

1875 



-Rn 1971 ï 




II 

Quott ' 



ASSOCIATION 

POUR l'encouragement 

DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANGE 

(Reconnue établissement d'utilité publique par décret 
du 7 juillet 1869.) 



STATUTS. 

§ 1. OijjET DE- l'Association. 

Art. 1". L'Association encourage la propagation de 
meilleures méthodes et la publication des livres les plus 
utiles pour le progrès des études grecques. Elle décerne, 
à cet effet, des récompenses. 

2. Elle encourage partons les moyens en son pouvoir le 
zèle des maîtres et des élèves. 

3. Elle propose, s'il y a lieu, des sujets de prix. 

4. Elle entretient des rapports avec les hellénistes étran- 
gers. 

5. Elle public un annuaire ou un bulletin, contenant 
l'exposé de ses actes et de ses travaux, ainsi que l'indica- 
tion des faits et des documents les plus importants qui 
concernent les études grecques. 

§ 11. Nomination des membres et cotisations. 

6. Le nombre des membres de l'Association est illimité. 
Les Français et les étrangers peuvent également en faire 
partie. 



— VI — 

7. L'admission est prononcée par le Comité, sur la pré- 
sentation d'un membre de l'Association. 

8. Les cinquante membres qui par leur zèle et leur 
influence ont particulièrement contribué à l'établissement 
de l'Association ont le titre de membres fondateurs, 

9. Le taux de la cotisation annuelle est fixé au minimum 
de dix francs. 

10. La cotisation annuelle peut être remplacée par le 
payement, une fois fait, d'une somme décuple. La personne 
qui a fait ce versement reçoit le titre de membre donateur. 

§ IIL Direction de l'Association. 

H. L'Association est dirigée par un Bureau et un Co- 
mité, dont le Bureau fait partie de droit. 

12. Le Bureau est composé de ; 

Un Président, 

Deux Vice-Présidents^ 

et de au moins : 

Un Secrétaire-Archiviste , 
Un Trésorier. 

Il est renouvelé annuellement de la manière suivante : 

I® Le Président sortant ne peut faire partie du Bureau 
qu'au bout d'un an; 

a» Le premier Vice-Président devient Président de droit ; 

3» Les autres membres sont rééligibles; 

4° Les élections sont faites par l'Assemblée générale, à 
la pluralité des suffrages. 

13. Le Comité, non compris le Bureau, est composé de 
vingt et un membres. Il est renouvelé annuellement par 
tiers. Les élections sont faites par l'Assemblée générale. 
Les sept membres sortants ne sont rééligibles qu'après 
un an. 

44. Tout membre, soit du Bureau, soit du Comité, qui 



— VII — 

n'aura pas assisté de l'année aux séances sera réputé dé- 
missionnaire. 

15. Le Comité se réunit régulièrement au moins une fois 
par mois. Il peut être convoqué extraordinairement par le 
Président. 

Le Secrétaire rédige les procès-verbaux des séances; ils 
sont régulièrement transcrits sur un registre. 

Tous les membres de l'Association sont admis aux 
séances ordinaires du Comité, et ils y ont voix consulta- 
tive. 

Les séances seront suspendues pendant trois mois, du 
1" août au 1" novembre. 

16. Une Commission administrative et des Commissions 
de correspondance et de publication sont nommées par 
le Comité. Tout membre de l'Association peut en faire 
partie. 

17. Le Comité fait dresser annuellement le budget des 
recettes et des dépenses de l'Association. Aucune dépense 
non inscrite au budget ne peut être autorisée par le 
Comité que sur la proposition ou bien après 1 avis de la 
Commission administrative. 

18. Le compte détaillé des recettes et dépenses de l'an- 
née écoulée est également dressé, présenté par le Comité 
à l'approbation de l'Assemblée générale, et publié. 

§ IV. Assemblée générale. 

19. L'Association tient, au moins une fois chaque année, 
une Assemblée générale. Les convocations ont lieu à domi- 
cile. L'Assemblée entend le rapport qui lui est présenté 
par le Secrétaire sur les travaux de l'Association, et le 
rapport de la Commission administrative sur les recettes 
et les dépenses de l'année. 

Elle procède au remplacement des membres sortants 
du Comité et du Bureau. 
Tous les membres de l'Association résidant en France 



— VIH — 

sont admis à voler, soit en personne, soit par correspon- 
dance. 

§V. 

20. Les présents statuts ne pourront être modifiés que 
par un vote du Comité, rendu à la majorité des deux tiers 
des membres présents, dans une séance convoquée expres- 
sément pour cet objet, huit jours à l'avance. Ces modifi- 
cations , après l'approbation de l'Assemblée générale, 
seront soumises au conseil d'État. 



IX — 



MEWBRES FONDATEURS 

(1867.) 



MM. 

Adert, ancien professeur de littérature grecque à l'Académie de 
Genève, rédacteur en chef du Journal de Genève. 

Alexandre, membre de Tlnstilut. 

Bertrand (Alexandre), directeur du Musée de Saint-Germain. 

Beulé, secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux- Arts. 

Bréal (Michel), professeur au Collège de France. 

Brunet de Presle, membre de l'Instiiut. 

BuRNOUF (Emile), directeur de l'École française d'Athènes. 

Campaux, professeur à la Faculté des lettres de Strasbourg. 

Ghassan G, maître de conférences à l'École normale supérieure. 

Dabemrerg^ de la bibliothèque Mazarine. 

David (baron Jérôme), vice-président du Corps législatif. 

Dehèque, membre de l'Institut. 

Delyannis (Théodore-P.), ministre plénipotentiaire de S. M. Hel- 
lénique. 

Deville (Gustave), ancien membre de l'École française d'Athènes. 

DiDOT (Ambroise-Firmin), libraire-éditeur. 

DuBNER, helléniste. 

DuRUY (Victor), ministre de l'instruction publique. 

Egger, membre de l'Institut. 

EicHTHAL (Gustave d'), membre de la Société asiatique. 

GiDEL, professeur de rhétorique au lycée Bonaparte. 

GîR A RD (Jules), maître de conférences à l'École normale supérieure. 

GouMY, rédacteur en chef de la Revue de V Instruction publique, 

GuiGNiAUT, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions. 

Havet, professeur au Collège de France. 

Hbuzey (Léon), ancien membre de l'École française d'Athènes, 
professeur à l'École des Beaux-Arts. 



— X — 

HiGNARD, professeur à la Faculté des lettres de Lyon. 

HiLLEBBAND, professeur à la Faculté des lettres de Douai. 

Jourdain (Charles), membre de l'Institut. 

Legouvé, de l'Académie française. 

LÉvÊQUE (Charles), membre de l'Institut. 

LoNGPÉRiER (Adrien de), membre de l'Institut. 

Maury (Alfred), membre de l'Institut. 

MÊLAS (Constantin), de la maison Mêlas frères (Marseille). 

Miller (Emm.), membre de l'Institut. 

Naudet, membre de l'Institut. 

Patin, de l'Académie française, doyen de la Faculté des lettres 
de Paris. 

Perrot (Georges), maître de conférences à l'École normale supé- 
rieure. 

Ravaisson, membre de l'Institut. 

Renan, membre de l'Institut. 

Renier (Léon), membre de l'Institut. 

Saint-Marc Girardin, de l'Académie française. 

Thénon (l'abbé), directeur de l'École des Carmes. 

Thurot, maître de conférences à l'École normale supérieure. 

Valettas (J.-N.), professeur (Londres). 

ViLLEMAiN, secrétaire perpétuel de l'Académie française. 

Vincent (A.-J.-H.), membre de l'Institut. 

Waddington (W.-Henry), membre de l'Institut. 

Weil (Henri), professeur à la Faculté des lettres de Besançon. 

Wescher (Carie), ancien membre de l'École française d'Athènes. 

Witte (baron J. de), membre de l'Institut. 



MEMBRES FONDATEURS POUR LES MONUMENTS GRECS. 

(1875.) 



MM. 
Barthélémy Saint-Hilaire. 
EiCHTHAL (Gustave d'). 
Heuzey (Léon). 
Lecomte (Ch.) 



— XI — 

Parmentier (colonel). 

Qdeux de Saint-Hilaire (marquis de). 

RODOCANAKI (p.). 

Syllogue d'Athènes pour la propagation des études grecques 
Université d'Athènes. 
Wyndham (Georges). 
WïNDHAM (Charles.) 
ZoGRAPHOS (Chrislakis Bitos) (1). 



ANCIENS PRÉSIDENTS DE L'ASSOCIATION. 



1867. MM. 


Patin , membre de l'Institut 


1868. 


Eggeh, id. 


1869. 


Beulé, id. 


1870. 


Brunet de Presle, id. 


1871. 


blGGBR, id. 


1872. 


Thurot, id. 


1873. 


Miller. id. 


1874. 


Heuzey. id. 



MEMBRES DU BUREAU POUR 1875-1876. 



Président honoraire : M. Patin. 
Président : M. Georges Pereot. 
lor Vice -président : M. E. Eggeh. 
2« Vice-président : M. A. Chassang. 
Secrétaire-archiviste : M. A. Pierron. 
Secrétaire-adjoint {pour l'étranger): M. de Queux de 

Saint-Hilaire. 
Trésorier : M. Aug. Carrière. 
Trésorier -adjoint : M. Emile Legrand. 

(1) M. ZograpliDS, déjà fondateur du prix qui porlc sou nom, a souscrit à 
l'œuvre des Monuments Grecs pour une somme de cinq mille francs. 



— xir 



MEMBRES DU COMITÉ POUR 1875-1876. 



Nommés en 1873 : 

MM. Chassang, nommé vice- président en 1875^ rem- 
placé par M. Beau. 
Deltour. 

DiDOT. 
FOUCART. 

Guillaume. 

Talbot. 

Thurot. 

Nommés en 1874 

MM. Blancard. 

Dareste (Piod.). 

Fallex. 

Jourdain. 

RiNN. 

Guillemot (Ad.). 
Cil. Wyndham. 

Nommés en 1875 

MM. BenoiSt (Eug.). 

Brunet de Presle. 
Croiset (a).. 
Eichthal (G. d'). 
Heuzey (L.) 
Miller. 
Sathas. 



XITI -— 



COMMISSION ADMINISTRATIVE. 



MM. Dareste (Rod.). 
Deltour. 

EicHTHAL (Gustave d*). 
Jourdain (Ch.). 
Pépin Lehalleuh (Emile). 



COMMISSION DE PUBLICATION. 



MM. COUGNY. 
FûUCART. 
GiDEL. 

Talbot. 
Thurot. 



COMMISSION ARCHÉOLOGIQUE. 



MM. DuMONT (Albert), 
Guillaume. 
Heuzey (L.) 
Rayai ssoN. 

VlNET. 
WiTTE (D ) 



— XÏV — 



MEMBRES DONATEURS. 



MM. 

Alphéraris (A.chille), à Taganrog (Russie). 

Anquetil, inspecteur de l'Académie de Paris. 

Athanasiadès (Athanasios), à Taganrog (Russie). 

AvGERTNOS (Antonios), à Taganrog. 

Banque nationale de Grèce, à Athènes. 

Basiadis (Héraclès-Constantin), à Constantinople. 

Blampignon (l'abbé), au Lycée de Vanves. 

BouNOS (Élie), 11, rue de Rougemont. 

Bhunet de Pbesle , membre de l'Institut. 

Casso, (M»»»), 81, rue de Momy. 

Charamis (Adaniantios), professeur à Taganrog. 

Chevrier (Ad.), avocat-général, 13, à Pari«. 

Chrysobelonis (Léonidas), négociant à Constantinople. 

CoNSTANTiNiDÈs (Zanos), à Constantinople. 

CouMANOUDis (Et.-A.), professeur à l'Université (Athènes). 

CousTÉ (E.), directeur de la manufacture des tabacs, à Paris. 

Dellaporta (Vrasidas), à Taganrog. 

Desjardins, à Versailles. 

Devillé (M^'e veuve), à Paris. 

DiDiON, inspecteur général des ponts et chaussées, à Paris. 

DiDOT (Ambroise-Firmin) , membre de l'Institut. 

DouDAS (D.), à Constantinople. 

DozoN (Aug.)> consul de France en Épire. 

Drème, président à la cour d'Agen (Lot-et-Garonne). 

Duruy (Victor), membre de l'Institut. 

Egger, membre de l'Institut. 

EïCHTHAL (Gustave d'), membre de la Société asiatique, à Paris. 

Faliéros (Nicolas), à Taganrog (Russie). 

Fallex (Eug.), professeur au lycée Henri IV. 

FoucABT (Paul), chargé du cours d'épigraphie et d'antiquités 

grecques au Collège de France. 
GiANNABOS (Thrasybule), négociant, à Constantinople. . 
Grégoire, archevêque de Chios, à Constantinople. 



— XV — 

GuMUCHGUEBDANE (Michalakis), à Philippopolis (Turquie). 

Gymnase de Janina (pour 15 ans). 

Hachette (L.) et C% libraires-éditeurs, à Paris. 

Ha VET (Ernest), professeur au Collège de France. 

Heuzey, conseiller, à Rouen. 

Heuzey (Léon), conservateur au musée du Louvre. 

Houssaye (Henry), homme de lettres. 

JoHANNiDÈs (Emmanuel), à Taganrog. 

Jordan (Camille), ingénieur des ponts et chaussées, à Paris. 

Kalvocoressis (J. Démétrius), négociant, à Constantinople. 

Karapanos (Constantin), docteur en droit, négociant, à Constan- 
tinople. 

Karatheodory, l»"" secrétaire de la légation hellénique à Berlin. 

Kœnig (Richard), négociant à Constantinople. 

KosTÈs (Léonidas), à Taganrog. 

Labitte, libraire-éditeur à Paris. 

Landblle, peintre. 

Lecomte (Ch.), à Paris. 

Maggiar (Octave), négociant. 

Maisonneuve , libraire-éditeur, à Paris. 

Mallortie, principal du collège d'Arras. 

Manoussis (Constantinos), à Taganrog. 

Manoussis (Denietrios), à Taganrog. 

Martin (Th.-Henri), doyen de la Faculté des lettres (Rennes). 

Mavrocordato (Nicolas), ancien nomarque de Corfou. 

Mavrocordato (le colonel Alexandre-Constantin). 

MouRiER (Ad.), vice-recteur de l'Académie de Paris. 

NÉGROPONTÈs (Démétrios), à Taganrog. 

Nicolaidès (G.)» de l'île de Crète (à Athènes). 

NicoLAiDÉs (Nicolaos), à Taganrog. 

Parmentier (Théod.), colonel du génie, au Havre (Seine-Infé- 
rieure). 

Patin, secrétaire perpétuel de l'Académie française. 

Perrin (Hippolyte), à Paris. 

Perrin (Ernest), à Paris. 

Queux de Saïnt-Hilaire (marquis de). 

Riant (Paul), docteur es lettres, de la Société des antiquaires. 

ROBERTET, licencié es lettres, à Paris. 

Sarakiotis (Basileios), à Constantinople. 

Saraphis (Aristide), négociant, à Constantinople^ 

Saripolos (Nicolas), professeur à l'université (Athènes). 



— xvr — 

Sathas (Constantin), à Paris. 

ScARAMANGAS (Jean P.), à Taganrog. 

ScAKAMANGAs|(Jean A.), à Taganrog. 

ScABAMANGAS (Doucas J.), à Taganrog. 

ScARAMANGAS (Stamatios), à Taganrog. 

SoMAKis (M™° Hélène), à Paris. 

SouvAZOGLOU (Basili), banquier, à Constantinople. 

Stephanovic (Zauos), négociant, à Constantinople. 

SvoRONOS (Michel), négociant à Constantinople. 

Symvoulidès, conseiller d'État, etc. (Siint-Pétersbourg). 

Tarlas (Tli.), à Taganrog. 

Telfy, professeur à l'Université de Peslh. 

Théocharidès (Constantinos), à Taganrog. 

Tilière (marquis de). 

TouRNiER, répétiteur à l'École des hautes études. 

TsACALOTOS (E.-D.), à Taganrog. 

Université d'Athènes. 

Vallianos (Andréas), négociant, à Constantinople, 

Wesgher (Carie), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale. 

Zariphis (Georges), négociant, à Constantinople. 

ZoGRAPHOs(ChristakisBitos), négociant, à Constantinople. 

ZoLOTHOREW (M""^), à Paris. 



LISTE GENERALE DES MEMBRES AU I'' SEPTEMBRE 1875. 



Nota. Les noms notés d'un astérisque sont ceux des membres donateurs. 

MM. 
Abderhahman-Bey, 10, avenue du Boulingrin (Saint-Germain). 

— Admis en 1869. 

AcATOS (Nicolas), négociant, à Constantinople. —1868. 
Adert, ancien professeur de littérature grecque à TAcadémie de 

Genève, rédacteur en chef du Journal de Genève. — t867. 
Afendouli (Théodore), professeurà l'École de Médecine (Athènes). 

— 1867. 

Agathidis, professeur, Athenian villa Putney (Londres). — 1867. 

Albert frères, négociants, rue du Tapis-Vert, 15 (Marseille). — 
1868. 

Alexandre, président à la Cour d'appel, 174, boulevard Hauss- 
mann. — 1872. 

Alexandridès (Zacharias), négociant, à Constantinople. — 1868. 

Allaire, 50, rue de Berry. — 1867. 

* Alphebakis (Achilleus), à Taganrog (Russie). — 1869. 

Ambanapoulos, négociant, 1 1 2, rue Syl vabelle (Marseil le) . — 1 867 . 

Anastasiadis (A.), à Taganrog (Russie). — 1869. 

Andréadis (M"'«) , directrice de la maison d'éducation franco- 
grecque, au Caire. — 1867. 

*Anquetil, inspecteur d'Académie, avenue de Paris, 1 (Ver- 
sailles). -- 1872. 

Anthopoulos (Constantin), membre du tribunal de commerce 
(Constantinople). — 1868. 

Argyropoulos (Alciviadès) , major dans l'artillerie de l'armée 
hellénique, à Athènes. — 1873. 

Aristabchis Stavrachis, membre du conseil d'État (Constan- 
tinople).— 1868. 

Aristoclès (Jean, professeur de la grande École )patriarcale, à 
Constantinople.— 1868. 

b 



— XVIIl — 

Armingaud, professeur au collège RoUin , 17, rue Cassette. — 

1868. 
Arytaios (Théodore), professeur à l'École de Médecine (Athènes). 

— 1868. 

AssE LIN, professeur au collège Rollin, 72, rue d'Assas. — 1867. 
* Athanasiadis (Athanasios), à Taganrog (Russie). — 1869. 
Athénogénès (Georges), négociant (Constantinople). — 1868. 
AuBÉ, professeur au lycée Fontanes, 8, rue de Vienne.-— 1868. 
AuvRAY (l'abbèEmmanuel), professeur au petit séminaire (Rouen). 

— 1869. 

AvEROF, ancien député, à Athènes. — 1873. 
AvGERiNOS (Antonios), à Taganrog (Russie). — 1869. 
AviERiNOS (André), ancien ministre à Athènes. — 1873. 

Baguenault de Puchesse (Gustave), docteur es lettres, 156, 

rue Bannier, à Orléans (Loiret). — 1867. 
Baillière (Germer), 17, rue de l'École de Médecine. — 1867. 
Bailly (Anatole), professeur au lycée (Orléans). — 1867. 
Bailly (Ch.-Édouard), 61, rue du Rhône, à Genève. — 1869. 
Balanos (Spiridion), professeur à l'École de Droit (Athènes). — 

— 1868. 

Ballakis (Chr.), négociant (Constantinople). — - 1868. 

Bambakis (N.), négociant, à Constantinople. — 1872. 

* Ban que NATIONALE DE Grèce (Athènes). — 1868. 

Baret, docteur en droit , avocat à la Cour d'appel, 15, passage 

Stanislas. — 1871. 
Baron (L.), ancien député^ Fontenay (Vendée). — 1867. 
Barrias, 34, rue de Bruxelles. — 1867. 
Barthélémy Saint-Hilaire, de l'Institut, 29 bis, rue d'Astorg. 

— 1867. 

Bary, professeur au collège Rollin, 47, rue Pigalle. — 1867. 

'^Basiadis (Héraclès-Constantin), docteur es lettres et en méde- 
cine, 14, rue Hamel-Bachi (Constantinople.) — 1868. 

Basilï (G.-A.)^ sous-gouverneur de la banque nationale;de Grèce 
(Athènes). — 1867. 

Basilï (D.-M.), négociant, 32, rue Breteuil (Marseille).— 1867. 

Basiliadès (S.), négociant, 32, rue Nicolas (Marseille), — 1867. 

BATTiERi professeur au lycée Saint-Louis, 244, rue de Rivoli. — 
1875. 



— XIX — 

Baude (Alph.), inspecteur général des ponts et chaussées, 13, rue 
Royale St-Honoré. — 1869. 

Baudreuil (de), 29, rue Bonaparte. — 1867. 

Beau, professeur au lycée Fontanes, 4, rue de Berlin. — 1873. 

Beaujean, professeur au lycée Louis-le-Grand, 39,^rue de l'Uni- 
versité. — 1867. 

Beaussire, député, 90, boulevard Saint-Germain. — 1867. 

Béer (Guillaume), 88, rue Neuve des Math urins. — 1872. 

Becq de Fouquières, 1, rue d'Argenson. — 1869. 

Belin (Ferdinand), inspecteur d'Académie (Mâcon). — 1870. 

Belisarios (K.), à Taganrog (Russie). — 1869. 

Belot, professeur à la Faculté des lettres (Lyon). — 1867. 

Beluze, président du cercle catholique, 63, rue de Madame. — 
1872. 

BÉNARD (l'abbé Emile), professeur au petit séminaire de Rouen. 

— 1875. 

Benizelos (Miltiadès), professeur à l'École de Médecine (Athènes). 

— 1868. 

Benloew, doyen de la Faculté des lettres de Dijon. — 1869. 
Benoist (Eugène), professeur à la Faculté des lettres, 17, rue de 

Bréa. — 1868. 
Benoît (Ch.), doyen de la Faculté des lettres de Nancy. — 1868. 
Berçoet, chef d'institution honoraire , 92 , boulevard de Neuilly. 

— 1867. 
Bergaigne, répétiteur à TÉcole des Hautes-Études, IJ, quai 

d'Anjou. — 1867. 
Berge (de la) , du Cabinet des médailles , 93, rue de Choiseul.— 

1867. 
Bernard (l'abbé Eugène), 5, rue Gay-Lussac— 1871. 
Bernardakis, à Athènes. — 1867. 
*Berranger (l'abbé H. de), à Surville, par Pont-Lévêque (Calva* 

dos).— 1869. 
Bersot (Ernest), directeur de l'École normale supérieure.— 1874. 
Bertault (Victor), à Arcueil-Cachan, Pavé de Cachan. — 1876. 
Bertrand (Alexandre), directeur du musée gallo-romain (St-Ger- 

mainenLaye). — 1867. 
Bertrand (Gustave), membre du comité des travaux historiques 

(section d'archéologie), 30, rue ïaitbout. — 1870. 
Bibliothèque publique de Versailles, représentée par son cou- 

servateur, M. Em. Delerot, à Versailles. — 1875. 



I 



— XX — 

BiENAYMÉ (Jules), membre de Tlnstitur, 1, rue de Fleurus. — 
1867. 

BiKELAS (D.), 3, rue de Chateaubriand. — 1867. 

BiMPOS (Théoclète), archimandrite, professeur à TÉcole de théo- 
logie (Athènes). — 1868. 

Blache (D' René), 7, rue de Suresnes. — 1872. 

Blackie (John-Stuart), professeur à l'Université (Edimbourg). — 
1869. 

*Blampignon (l'abbé), aumônier du lycée (Vanves). — 1869. 

Blanc (Charles), de l'Académie des Beaux- Arts, au palais de l'Ins- 
titut. — 1867. 

Blangabd (Jules), répétiteur de grec moderne à l'École des langues 
orientales vivantes, 49, rue Bonaparte. — 1867. 

Blavet, 18, avenue Raphaël (Passy-Paris) . — 1868. 

Block (R. de), professeur à Tathénée royal de Mons (Belgique). 
— 1872. 

Blot (Alfred), rédacteur en chef de V Instruction publique, 42, 
rue du Cherche-Midi. — 1872. 

Blotnicki, 2, rue Saint-Louis-en-l'Ile. — 1867. 

Boissieb (Gaston), professeur au Collège de France, 93, rue des 
Feuillantines. — 1869. 

Boissonade (G.), professeur agrégé à la Faculté de droit, 28, rue 
Gay-Lussac. — 1867. 

BoLE (Gustave), avocat, 74, rue d'Hauteville. — 1867, 

BoNAFOUS (Norbert), doyen de la Faculté des lettres (Aix).— 1868. 

Boucherie, professeur au lycée (Montpellier).' — 1867. 

BouiLLiEB, inspecteur général de l'Université, 35, rue de Vaugi- 
rard.— 1867. 

BouLATiGNiER, conseiller d'Etat, 45, rue de Clichy. — 1870. 

* BouNOS (Élie), 11, rue de Rougemont. — 1875. 

BouRGAULT-DucouDRAY, compositcur de musique, 36, rue de la 
Bruyère. — 1874. 

Bourgeois, directeur de TÉcole de Pont-Levoy (Loir-et-Cher). 

BouROs (J.-D.), rentier, à Athènes. — 1872. 

BouTMY (Emile), directeur de l'École libre des sciences politiques, 
11, rue de Médicis. — 1870. 

Bhaud (J.-B.), professeur, 9, rue Sainte-Croix (Nantes). — 1868. 

Bréal (Michel), professeur au Collège de France, 63, boulevard 

• Saint-Michel. — 1868. 

Brelay (Ernest), négociant, 34, rue d'Hauteville. — 1867, 



— XXI — 

Briàu (le D"" René), bibliothécaire de l'Académie de Médecine , 

37, rue Joubert. — 1867. 
Bboca, proviseur du lycée Charlemagne. — 1874. 
Broglib (le duc de), de l'Académie française, 94, rue de Solferino 

— 1871. 

Brosselard (P4, 72, rue des Feuillantines. — 1873. 

Broutta (Ach.), 8, rue de Furstenberg. — 1871. 

*Brunet de Phesle, de l'Institut, 71, rue des Saints-Pères. — 

1867. 
Buisson (Benjamin), professeur, Godalming collège, Godalming 

Surrey (Angleterre). — 1870. 
BuRST, docteur en droit, avocat (Caen). — 1868. 
BuRNOUF (Emile), doyen de la faculté des lettres de Bordeaux. 

— 1867. 

BussiÈRES (baron de), ancien ambassadeur, 84, rue de Lille. — 
1873. 

Cabanel, membre de l'Institut, 8, rue de Vigny. — 1867. 

Cabinet de lecture de Corfou (Grèce). — 1874. 

Caffarelli (comte), député, 58, rue de Varennes. — 1867. 

Caffiaux, ancien professeur au collège, bibliothécaire de la ville 
(Valenciennes). — 1868. 

Cahen d'Anvers (Louis), 47, rue Laffitle. — 1867. 

Cahen d'Anvers (M"»"), us, rue de Grenelle-Saint-Germain. — 
1867. 

Gaillemer (Exupère), professeur à la Faculté de droit de Gre- 
noble (Isère). — 1867. 

Calligas (Paul), professeur à l'École de droit (Athènes). — 1868. 

Camber (F.), à Odessa. — 1873. 

Camp AUX, professeur à la Faculté des lettres (Nancy). — 1867. 

Caramanos (Ph.-G.), négociant, rue de la Grande- Armée, 4 
(Marseille). — 1867. 

Carrière (Auguste), répétiteur à l'école pratique des Hautes- 
Études, secrétaire de l'École des langues orientales vivantes, 2, 
rue de Lille. — 1873. 

Cahtault (Augustin), professeur de rhétorique au lycée d'Amiens. 

— 1875. 

*Casso (M™«), rue de Morny. — 1875. 

Castorchi (Euthyraos), professeur de philosophie à rUnirersité 
(Athènes). — 1868, 



— XXII — 

Catzigras Cosmas, négociant (Marseille). — 1867, 
Caussade (de), bibliothécaire du ministère de l'instruction publi- 
que, 25, rue de Laval. — 1868. 
Ceppala (Georges), négociant, 3^ Winchester Buildings (Londres). 

— 1867. 

Cerquand, inspecteur d'Académie (Amiens). — 1873. 
Chabaneau, receveur des postes, à Cognac (Charente). — 1872. 
Chabouillet, conservateur du Cabinet des médailles, 58, rue 

La Bruyère. — 1867. 
Chaignet, professeur à la Faculté des Lettres (Poitiers). — 1871. 
Chantepie (de), bibliothécaire à l'École normale supérieure, 45, 

rue d'Ulm. —1867. 
Chappuis, recteur de l'Académie de Grenoble. -—1868. 
*Charamis (Adamantios), professeur à Taganrog (Russie). — 

1868. 
Charissi (Ch.), à Odessa. — 1873. 
Chasiotis (G.), professeur, fondateur du Lycée grec de Péra, à 

Constantinople. — 1872. 
Chasles , membre de l'Institut, 3, passage Sainte-Marie, rue du 

Bac— 1867. 
Chasles (Emile), inspecteur général pour les langues vivantes, 

2 ter^ passage Sainte-Marie, rue du Bac— 1868. 
Chassang, inspecteur général de l'instruction publique, 13, bou- 
levard Saint-Michel. — 1867. 
Chastellux (comte Henri de), 90, rue de Varennes. — 1867. 
Chatel (Eug.); archiviste du département du Calvados (Caen). — 

1867. 
Ghénier (G. de), 55, rue Bellechasse. — 1867. 
Chevreul, membre de l'Institut, au Jardin des plantes. — 1867. 
Chevreuse (Paul de), 31, rue Saint-Dominique Saint-Germain. 

— 1869. * 

Chevrier (Adolphe), avocat général, 13, rue de Téhéran. — 11873. 

Choisy, ingénieur des ponts et chaussées, à Rethel (Ardennes).— 
1867. 

Chrysobelonis (Léonidas), négociant à Constantinople. — 1869. 

CiRCOURT (comte A. de), aux Bruyères, près Bougival (Seine-et- 
Oise). — 1867. 

CiTOLEUx, professeur au lycée Henri IV, 1, carrefour de l'Obser- 
vatoire. — 1872. 

Cléanthe (Zenon), architecte (Constantinople). — 1868. 



— XXIII — 

Clebmont-Tonnerre (duc de), M , boulevard de La Tour-Mau- 

bourg. — 1867. 
Clermont-ïonnerbe (comte Aynard de), colonel d'état-major, 

9, avenue de Villars. — 1872, 
CoDRiKA (A. de), ancien chargé d'affaires et consul général de 

France, 33, rue de Saint-Pétersbourg. — 1874. 
CoGORDAN (Georges), avocat, 10, boulevard Saint-Michel. — 1873. 
CoHN (Albert), docteur en philosophie, 17, rue de Maubeuge. — 

1867. 
Colin, 19, rue Lafayette. — 1867. 
COLLARD (Auguste), commandant d'artillerie, au château de Pes- 

celière, par Sancerre (Cher). — 187.5. 
Collas (Démétrius), 8, quai du Louvre. — 1875. 
Collas (Jean), 8, quai du Louvre. — 1875. 
CoLLiGNON (Max.), membre de l'École française à Athènes. — 

1875. 
CoLMET d'Aage, conseiller à la cour des comptes, 44, rue de Lon- 
dres. — 1872. 
CoLMET d'Aage, doyen de la Faculté de droit, à TÉcole de droit, 

— 1872. 

CoMBOTHECRAs (S.), à Odessa. — 1873. 

CoNDÉs (Élie), rue Napoléon, 26 (Marseille). — 1867. 

CoNDURiOTTi, ministre plénipotentiaire de Grèce à Paris, 78^ 

boulevard Malesherbes. — 1868. 
* CoNSTANTiNiDES (Zauos), négociant, à Constantinople. — 1863. 
CoNSTANTiNiDEs, profcsseur de lettres helléniques, 84, Kensing- 

ton Gartens-Square ; Baiswaiter (Londres). — 1873. 
CoNTAL, 16, avenue de Viiiiers. — 1869. 
CoQUEREL (Athanase), pasteur-aumônier, 3, rue de Boulogne. — 

1870. 
CoBEsis (Nicolaos), à Taganrog (Russie). — 1869. 
CoBGiALÉGNO (André), négociant, Cours Bonaparte, 87 (Marseille). 

— 1867. 

CossouDis (Thémistocle), négociant (Constantinople).— 1868. 
CosTE (Olivier de la), licencié es lettres, 67, boulevard Ménilmon- 

tant.— 1867. 
CouDRAY, clief d'institution, à Joinviile (Eure-et-Loir). — 1869. 
CouGNY, professeur au lycée Henri IV, 3, avenue de Saint-Cioud 

(Versailles — 1871. 



— XXIV — 

* CouMANOUDis (Etienne- A.) , professeur à l'Université (Athènes). 

— 1873. 

CouRCOUMELis (P.), à Odcssa. — 1873. 

CouBET (Alph.), substitut à Sens (Yonne). — 1867. 

* CousTÉ, directeur de la manufacture des tabacs, 63, quai d'Orsay. 

— 1868. 

Chassas (Johannès), à Taganrog (Russie). — 1869. 

Cbépin, professeur au lycée Chcfrlemagne, 262, boulevard Saint- 
Germain. — 1870. 

Croiset père, professeur au lycée Saint-Louis, 63, rue des Feuil- 
lantines. — 1874. 

Cboiset (Alfred), docteur es lettres, professeur au collège Stanis- 
las, 1 12, rue de Rennes. — 1873. 

Croiset (Maurice), professeur au lycée de Montpellier. — 1873. 

Damalas, négociant (Londres). — 1867. 

Dabeste de la Chavanne (Rodolphe), avocat, 9, quai Malaquais. 

— 1867. 

Dareste de la Chavanne (Cléophas), recteur de l'Académie 
de Lyon. — 1868. 

Dabiste, professeur au lycée de Vanves, à Issy. — 1875. 

Dauphin, banquier, 10, rue du Conservatoire. — 1875. 

David (baron Jérôme). — 1868. 

Decastros (Auguste), négociant, à Constantinople. — 1873. 

Decharme (Paul), professeur de littérature grecque à la Faculté 
des lettres (Nancy). — 1868. 

Degleris (D.), au Caire. — 1874. 

Delacroix, professeur au lycée Louis le Grand, 15, rue de la 
Vieille-Estrapade. — 1868. 

Delaghave, libraire-éditeur, 58, rue des Écoles. — 1867. 

Delalain (Jules), libraire-éditeur, 56, rue des Écoles. — 1867. 

Delalain (Henri), libraire-éditeur, 56, rue des Écoles. — 1867. 

Delaunay, ancien professeur, à Ernée (Mayenne). — 1867. 

Delisle (Léopold), membre de l'Institut, administrateur-direc- 
teur de la Bibliothèque nationale. — 1874. 

* Dellapobta (Vrasidas), à Taganrog. — 1873. 

Deloche (Maximin), membre de l'Institut, 13, rue de Solférino. 
— 1874. 

Delobme (S.), 26, rue de la Ferme-des-Maî burins. — 1869. 

Delpech, professeur, Christ's-Hospital (Londres). — 1868. 



— XXV — 

Delta (Thomas), banque de Constantlnople, 3, Winchester Buil- 
dings (Londres). — 1867. 

Deltour, inspecteur de l'Académie de Paris, 42, rue Abba- 
tucci.— 1867. 

Delyannis (Théodore-P.), ancien ministre plénipotentiaire de 
S. M. Hellénique à Paris (Athènes). — 1867. 

Delyannis (N.), premier secrétaire de la légation hellénique , à 
Paris, 10, Avenue de Messine.— 1875. 

Demetrelias (C), à Odessa. — 1873. 

Depasta (A.-N.), libraire (Coustautinople). — 1868. 

Depasta (Antoine), négociant (Constantinople). — 1868. 

Dervieu (Edouard), banquier, 49, rue Taitbout. — 1870. 

Deschamps (Arsène), professeur à l'Athénée royal (Liège). — 
1867. 

Deschanel (Emile), ancien maître de conférences à l'École nor- 
'male supérieure, 34, rue de Penthièvre. — 1867. 

Des Francs, docteur es lettres, ancien professeur de rhétorique, 
94, rue du Rempart (Niort). ~ 1867. 

* Desjardins, 11, rue Maurepas (Versailles).— 1867. 

* Deville (M""* veuve), 112, rue de Provence. — 1868. - 
Devin, avocat, 39, faubourg Poissonnière. — 1867. 
Dezeimeris (Reinhoid), 11, rue Vital-Carie (Bordeaux). — 

1869. 

* DiDioN, inspecteur général des ponts et chaussées, 9, rueBoissy 

d'Anglas. — 1873. 
*DiDOT (Ambroise-Firmin), libraire-éditeur, 56, rue Jacob. — 

1867. 
Dilbëroglou (S.), négociant, 13, BarnsburyPark, Islington Lon- 
dres). — 1867. 
Dobigky (le docteur), à Coullemogne, par Marseille le Petit (Oise). 

— 1872. 
DoRiSAS (L.), à Odessa. — 1873. 
DoucET (Camille), de l'Académie française, 32, rue du Bac — 

1869. 
*DouDAS (D.), banquier, à Constantinople.— 1872. 
'DozoN, consul de France en Epire, à Prevesa (voie Trieste), 

Turquie. — 1869. 
Dragoumi (Marc) secrétaire de la légation hellénique, 22, rue du 

faubourg Saint-Honoré. — 1872. 
Drague (Camille), helléniste, 13, rue Alibert. — 1874. 



— XXVI — 

Dbapeyron (Ludovic), professeur au lycée Charlemagne, 65, rue 
des Feuillantines. — 1867. 

* Dbème, président à la Cour d'Agen (Lot-et-Garonne). — 1867. 
Druon, proviseur du lycée (Poitiers). — 1874. 

DuBiEF, directeur de l'institution Sainte-Barbe. — 1874. 

Duc, membre de l'Institut, 162, rue de Rivoli. — 1867, 

Du Camp (Maxime), 50, rue de Rome. — 1867. 

DucouDRAY, bibliothécaire des Sociétés savantes, 2 , petite rue 

Saint- Antoine. — 1870. 
DuFAURE, de l'Académie française, 127, boulevard Haussmann. 

— 1869. 
DuGiT, professeur à la Faculté des lettres (Grenoble). — 1869. 
Dumas (E.-R.), professeur au lycée, 12, rue Rougier (Marseille). 

— 1867. 
Dumas, professeur au lycée de Vanves. — 1875. 
DuMONT, inspecteur de l'enseignement moyen, rue Montoyer 

(Bruxelles). — 1869. 
Dumont (Albert), directeur de l'École française d'Athènes, 35 6/5, 

rue de Fleurus. — 1869. 
DUPANLOUP {M.ë'' Félix), évêque d'Orléans. — 1869. 
DuQUESNE, 17, rue deMaubeuge. — 1867. 
Durand (Auguste), libraire-éditeur, 9, rue Cujas. — 1867. 
Durand (Charles-Henri), 92, rue du Bac. — 1874. 
DuRASsiER (Edouard), ancien secrétaire de la direction des ports 

au ministère de la marine, 76, rue de Miromesnil. — 1875. 
DuRET (M'^e), 1, quai d'Orsay. — 1867. 
DuRUTTi, directeur de la manufacture de soie, à Athènes. — 

1868. 

* DuRUY (Victor), membre de l'Institut, 5, rue de Médicis. — 

1867. 
DussoucHet, professeur au Lycée Charlemagne.— 1871. 
DuvAux (Jules), professeur au lycée (Nancy). — 1869. 

ÉCOLE Hellénique d'Odessa. — 1873. 

*Egger (Emile), membre de l'Institut, 48, rue Madame.— 1867. 
Egger (Victor), professeur de philosophie au lycée d'Angers. — 
1872. 

ÉGiNÉTÈs (Dionysios), professeur à l'École de droit (Athènes). — 
1858. 



— XXVII — 

EiCHTHÀL Adolphe d'), ancien député, membre du Conseil su- 
périeur du commerce, 98, rue Neuve-des-Mathurins. — 1867. 

*EiCHTHAL (Gustave d'), membre de la Société asiatique, 100, 
rue Neuve-des-Mathurins. — 1867. 

EiCHTHAL (Emile d'), 3, Park place Villas, Maida Hill, W. 
(Londres). —1871. 

EiCHTHAL (Eugène d'), 100, rue Neuve-des-Malhurins. — 1871. 

ÉLÈVES (les) de l'École normale supérieure, 45, rue d'Ulm.— 1869, 

ÉLÈVES (les) du Lycée d'Orléans. — 1869. 

ÉLÈVES (les) du collège de Valenciennes. — 1869. 

ÉLÈVES (les) de rhétorique du collège Stanislas, rue Notre-Dame- 
des-Champs. — 1869. 

ÉLÈVES (les) de rhétorique du lycée Fontanes (division Gidel- 
Talbot). — 1869. 

Éliàde (Léonidas), négociant, 6, rue du Conservatoire. — 1867. 

Eliascos (Constantin), négociant (Constantinople). — 1869. 

Elluin (le Père A.), pour le collège français à Smyrne, chez 
M. Bore, 95, rue de Sèvres. — 1873. 

Erlanger (Emile), banquier, consul général de Grèce, 20, rue 
Taitbout. — 1869. 

EssABTS (Emmanuel des), professeur à la Faculté des lettres (Di- 
jon), — 1867. 

EsTOUBNELLES DE CONSTANT (baron Paul d'), 51, rue de Verneuil. 
— 1872. 

EsTRANGiN (A.), banquier, 18, rue Noaiiles (Marseille).— 1867. 

EuMORPHOPOULOS (A. -G.), négociant, Ethelburg house, Bishops- 
gate Street (Londres). — 1867. 

EusTATHius (D.), négociant, 31, boulevard Notre-Dame (Mar- 
seille). — 1868. 

Fabre (l'abbé Antonin), curé à Champiguy (Seine). — 1870. 
Fabry, étudiant en droit, 65, rue des Saints-Pères. -- 1873. 

* Faliéros (Nicolaos), à Taganrog (Russie). — 1873. 

* Fallex (Eugène), professeur au lycée Henri IV, 14, quai de Bé- 

thune. — 1873. 
Faube (André), 80, rue Taitbout. — 1867. 
Favabd (Eugène), 61, rue de Morny. — 1867. 
Favbe (Léopold), élève de l'École des hautes études, 6, rue des 

Granges (Genève). — 1868. 
Favbe (Jules-Eug.), 9, rue des Lions-Saint-Paul. — 1875. 



— XXVIII — 

Filleul (E.), 35 bis, rue d'Amsterdam. — 1873. 

Filon, ancien inspecteur de l'Académie de Paris , 37 , rue de 
Fleurus. — 1868. 

Flemotomos (Paul), au Caire. — 1874. 

Fleurichand (Clovis), professeur au lycée (Bar-le-Duc). — 
1874. 

Flobent-Lefèvre, conseiller général du département du Pas-de- 
Calais^ 13, rue de Tournon. — 1867. 

Follioley (l'abbé), proviseur du lycée (Laval). — 1872. 

Fontaine (Médéric), ancien notaire, 63, rue Blanche. - 1868. 

Fontaulis (N.), à Odessa. — 1873. 

FoRTOUL (l'abbé), à l'église Saint-Leu, rue Saint-Denis. — 1870. 

*FoucART, chargé du cours d'épigraphie el d'antiquités grecques 
au Collège de France, 13, rue de Tournon. — 1867. 

Foulon (Monseigneur), évêque de Nancy. — 1869. 

Gaffarel (Paul), professeur à la faculté des lettres (Dijon). — 

1867. 
Galusky (Ch.), 126, rue de Poissy (Saint-Germain-en-Laye). — 

1868. 
Ganneau (Paul), directeur de l'Institution Houllier, 25, boulevard 

Gouvion Saint-Cyr (Ternes). — 1868. 
Gantrelle, professeur à l'Université de Gand (Belgique). — 1873. 
Garelli (Alexandre), négociant, 77, Cours Lieutaud (Marseille). 

— 1867. 

Garnier, membre de l'Institut, architecte de l'Opéra, 84, boule- 
vard Saint-Germain. — 1867. 

Garnier (Auguste), libraire, 6, rue des Saints-Pères. — 1867. 

Garnier (Hippolyte), libraire, 6, rue des Saints-Pères. — 1867. 

Gatteaux, membre de l'Institut, 10, rue des Saints-Pères. — 1867. 

Gaudry (Albert), 7 bis, rue des Saints-Pères. — 1867. 

Gaufrés, chef d'institution, 8, rue d'Arcet. — 1870. 

Gazier, professeur au lycée Saint-Louis, demeurant au lycée 
Louis le Grand. — 1874. 

Gebhardt, professeur à la Faculté des lettres (Nancy). — 1868. 

Geffroy, membre de l'Institut, professeur à la Faculté des 
lettres, 2, rue de la Visitation. — 1872. 

GÉNIN (Aug.), 11, rue du Plat (Lyon). — 1871. 

Genouille (Jules), professeur de l'Université, 114, rue du Bac. 

— 1869. 



— XXIX — 

Georganthopoulos (J.), doct. en droit, avocat (Constantinople). 
— 1869. 

Georgel, professeur au lycée (Nancy).— 1868. 

Georgtadès (G. -B.), 19, rue Sénac (Marseille). — 1867. 

Georgiadès (D.), négociant, 7, rue Guriol (Marseille). — 1886. 

Gerasimos, métropolitain de Chalcédoine. — 1874. 

GÉRTN, professeur, 1, impasse du Tour-de-Ville (Senlis). — 1875. 

Germain, doyen de la Faculté des lettres (Montpellier). — 1872. 

GÉROME, membre de l'Institut, 6, rue de Bruxelles. — 1867. 

Ghinis, à Taganrog (Russie). — 1869. 

*GiANNAROS (Thrasybule), négociant (Constantinople). — 1868. 

GiDEL, professeur au lycée Fontanes, 114, rue Saiwt-Lazarp. — 
1867. 

GiGUET, homme de lettres, à Sens (Yonne). — 1867. 

GiNOUiLHAC (Mg"")» archevêque de Lyon (Rhône). — 1868. 

GiOURDis (B.), à Taganrog (Russie). — 1869. 

Girard (Amédée), médecin, à Riom (Puy-de-Dome). — 1873. 

Girard (Jules) , membre de l'Institut, maître de conférences à 
l'École normale supérieure, 21, rue de l'Odéon. — 1867. 

Girard (Julien), proviseur du lycée Louis-le-Grand, rue Saint- 
Jacques — 1859. 

GiRAUD (Charles), membre de l'Institut, à l'École dedroit.— 1869. 

Glycas (JNicéphore), évêque d'Imbros. — 1868. 

Gogos, archimandrite de l'église hellénique à Braïlas (Rouma- 
nie). — 1869. 

GoMBOs (Basili), négociant (Constantinople). — 1868. 

GouMY, professeur au collège Rollin, 88, boulevard Saint-Ger- 
main. — 1867. 

Grandgagnage (Charles), à Liège (Belgique). — 1869. 

Grandgagnage (J.), premier président honoraire à la cour, villa 
d'Embourg, par Cheuée (Belgique). — 1869. 

Grandgeobges (Gaston), 32, rue de l'Échiquier. — 1872. 

Graux (Charles), répétiteur à l'École des hautes études, 16, rue 
des Écoles. — 1872. 

Gravier (Léopold), avocat, 8, rue Béranger. — 1869. 

Gréard (Octave), membre de l'Institut, 14, rue Chôme!.— 1867. 

* Grégoire, archevêque de Chios, à Constantinople. — 1872. 

Gréhan, professeur au collège de Compiègne (Oise). — 1867. 

Gellet-Dumazeau, 22, rue de Vaugirard. — 1875. 

Gbisot, 70, boulevard Saint-Germain. — 1875. 



— XXX — 

Gruyer (Anatole), 22, rue de l'Arcade. — 1867. 

GuÉHARD, directeur de Sainte-Barbe-des-Champs (Fontenay). — 
1867. 

GuiGNiAUT, secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres, 25, quai Conti. •— 1867. 

Guillaume, de l'Institut, directeur de l'École des Beaux- Arts. — 
1867. 

Guillemot (Adolphe), professeur au lycée Fontanes, 37, boule- 
vard Malesherbes. — 1869. 

GuiMET (Emile), membre de l'Académie de Lyon, l, place de la 
Miséricorde (Lyon). — 1868. 

GuiON (Jean), docteur en droit (Constantinople). — 1869. 

GuizoT (Guillaume) , directeur des cultes non catholiques, 42, 
rue de Monceau. — 1867. 

* GuMUCHGUERDANE (Michalakis), à Philippopolis (Turquie). — 

1869. 

* Gymnase be Janina (Turquie). — 1872. 

*Hachette (Louis et C'^), libraires-éditeurs, 79, boulevard Saint- 
Germain. — 1867. 

Hallberg, professeur à la Faculté des lettres de Dijon.— 1870. 

Halphen (Eugène), avocat, lU, rue de l'Empereur (Passy). — 
1869. 

Hamel, professeur à la Faculté des lettres (Toulouse). — 1867. 

Hatzfeld, professeur de rhétorique au lycée Descartes, 47, rue 
du Château-d'Eau. -- 1869. 

*Havet (Ernest), prof, au Collège de France, à Vitry (Seine).— 
1867. 

Havet (Louis), répétiteur à l'École des hautes études, à Vitry. 
— 1869. 

Havet (Julien), étudiant en droit, élève de l'École des chartes , 
à Vitry. — 1870. 

Heinrich, doyen de la Faculté des lettres, 29, avenue de Noailles 
(Lyon). — 1867. 

Henneguy (Félix), président du conseil d'arrondissement, 7, place 
Saint-Côme (Montpellier). — 1873. 

HÉRON DE ViLLEFossE , attaché au dépôt des antiques, au Lou- 
vre. — 1872. 

Hesaias (Elias), à Taganrog (Russie). — 1873. 

Hesse (Antoine), banquier (Marseille). — 1867. 



— XXXI — 

Hetsch (l'abbé), supérieur du petit séminaire de la Chapelie- 
Saint-Mesmin (Loiret). — 1867. 

* Heuzey, conseiller, 4, rue de Crosne (Rouen). — 1867. 
Heuzey (Gustave), 25, rue de l'Impératrice (Rouen).— 1867. 

* Heuzey (Léon), conservateur au musée du Louvre, 16, rue 
Malesherbes. — 1867. 

Hierodiaconos (Polycarpos), à Constantinople. — 1873. 

HiGNARD, professeur à la Faculté des lettres de Lyon, 9^ rue Sala 
(Lyon). — 1867. 

HiNSTiN, professeur au lycée (Lyon). — 18G8. 

HiTTORFF (Charles), 5, rue Croix-Boissière (Saint-Germain). — 
1867. 

'Houssaye (Henry), 49, avenue de Friediand. — 1868. 

HuBAULT (G.), professeur au lycée Louis-le-Grand, 11 , rue Bona- 
parte. — 1867. 

HuiLLiEB (Paul), notaire, 83, boulevard Haussmann. — 1874. 

Inglessis (Panaghis), négociant (Constantinople). — 1868. 
Ingres (M°^«), 11, quai Voltaire. — 1867. 
Jannet (Claudio), avocat à Aix (Bouches-du-Rhône).-— 1873. 
Jannetaz, professeur au lycée Saint-Louis, 9, rue Guj -Labrosse. 

— 1874. 
Jardin, avocat, 13, rue Saint-Lazare. — 1871. 
Javal (Émile)^ 25, rue Saint-Roch. — 1867. 
Jeannel, professeur à la Faculté des lettres (Grenoble). — 1867. 
JOANNON (Antonin), banquier, 22, quai Tilsitt (Lyon). — 1870. 
*JoHANNiDÈs (Emmanuel), àTaganrog (Russie). — 1869. 
JoLY (A.), doyen de la Faculté des lettres (Caen). — 1867. 
^ Jordan (Camille), ingénieur des ponts et chaussées, 64, rue de 

Rennes. — 1874. 
Jourdain, membre de l'Institut, 21, rue deLuxembourg. — 1867. 
JouRDAN (Louis) rédacteur en chef du journal le Siècle^ 14, rue 

Chauchat.— 1871. 

Kalliadis (Constantin), licencié en droit, secrétaire du conseil 

d'État (Constantinople). — 1868. 

'*' Kalvocobessis (J. Démétrius), négociant (Constantinople). — 

1873. 
Kanakis (Athanase), négociant (Constantinople). — 1868. 
KiNAKis (Constantin) négociant (Constantinople). — 1868. 



h 



,— XXXII — 

Kabaï (Nicolaos), à Constantinople. — 1873. 

* Kabapanos (Constantin), docteur en droit, négociant (Constan- 

tinople). — 1868. 

* Kabatheodory, 1" secrétaire de la légation de Turquie, à Ber- 

lin. — 1872. 
Karatheodoby (Constantin), docteur-médecin (Constantinople, 

— 1868. 

Kabtalts (S.-G.), négociant (Constantinople).— 1868. 
Kebedgy (Stavro-M.), négociant (Constantinople). — 1868. 
Kehayas (E.-J.), sous-gouverneur de la Banque de Grèce (Athè- 
nes). —1872. 
KoccoNis (D.-J.), négociant (Constantinople). — 1868. 

* Kœnig (Richard), négociant, à Alexandrie (Egypte). — 169. 
*KosTÈs (Léonidas), à Taganrog (Russie). —1869. 
KouMPARis (Aristide), astronome (Constantinople). — 1868. 

L.... présenté par M. Gustave d'Eichthal. 

Lababte (Jules), membre de l'Institut, 2, rue Drouot. — 1869. 

Labbé (E.), professeur au lycée Saint -Louis, 35, rue Vavin. — 

* Labitte (Adolphe), libraire, 4, rue de Lille. — 1868. 
Laboulaye (Edouard), député, membre de l'Institut, administra- 
teur du Collège de France. — 1870. 

La Coulonche (de), maître de conférences à l'École normale su- 
périeure. — 1874. 

Lacroix (Jules), 22, rued'Anjou-Saint-Honoré. — 1867. 

Lacroix (Louis), professeur à la Faculté des lettres, 9, rue Ser- 
vandoni. — 1872. 

La Grange (marquis de), de l'Institut, 29 , rue Barbet-de-Jouy. 

— 1867. 

Lagrange (l'abbé), à l'Évêché (Orléans). — 1869. 

La Guiche (marquis de), 16, rue Matignon. — 1867. 

Lamare, sous-préfet des études à l'institution Sainte-Barbe, place 

du Panthéon. — 1870. 
Lamaze (Albéric de), élève du lycée Fontanes, 6, rue de Tivoli. 

— 1870. 

Lambros (Michel), à Athènes. — 1873. 
Lambros (Spiridion), à Athènes. — 1873. 
*Landelle (Charles), 17, quai Voltaire. — 1868. 
Langlacé, 8, rue Montbauron (Versailles). — 1871. 
La Noue (vicomte de), 20, rue de Courcelles. — 1871. 



— XXXIIl — 

* Laperche (Alexis-Michel), 33, rue de Grenelle. — 1872. 
Lapbade (Victor de), de l'Académie française, 10, rue deCastries 

(Lyon). - 1867. 
Lasteybie (Ferdinand de), membre de l'Institut, 11, quai Voltaire. 

— 1867. 

Lattry (Al.), à Odessa. — 1873. 
Lattry (docteur Pélopidas), à Odessa. — 1873. 
Laurent-Pichat, député, 39, rue de l'Université. — 1867. 
Lavotte (Henri), 9, rue Notre-Dame-des-Victoires. -— 1875. 
Lazopoulos (Georges), professeur (Constantinople). — 1868. 
Lebaigue, professeur au lycée Charlemagne, 24, rue de Ri- 
voli. — 1872. 
Lebert (Julien), ancien élève de l'École des langues orientales. 

— 1872. 

Le Blant (E.), de l'Institut, 3, rue Leroux (avenue Uhrich). 

— 1867. 

Le Bret (Paul), représentant de la Compagnie des mines d'Anzin, 

22, rue Caumartin. — 1867. 
Lecomte (Eugène), agent de change, 2, rue de la Chaussée- 

d'Antin.— 1867. 

* Lecomte (Ch.), négociant, 41, rue du Sentier. — 1875. 
Lefèyre-Pontalis (Amédée), député à l'Assemblée nationale, 

37, rue Neuve-des-Mathurins. — 1872. 

Legantinis (J.), à Odessa. — 1873. 

Legentil, professeur au Lycée (Caen). — 1868. 

Legouez, professeur au lycée Fontanes, 28, rue de la Rochefou- 
cauld.— 1867. 

Legouvé, de l'Académie française, 14, rue Saint-Marc-Feydeau. 

— 1867. 

Legrand (Emile), 26, rue des Petits-Hôtels. — 1870. 

Lehmann, membre de l'Institut, 23, rue Balzac. — 1867. 

Lemaître, professeur au lycée d'Angoulême (Charente). — 1872. 

Lemaître (Raoul), licencié es lettres, 47, rue de Saint-Péters- 
bourg. — 1874. 

Lemoinne (John), 109, boulevard Haussmann. — 1870. 

Lenient, maître de conférences à l'École normale supérieure, 
suppléant à la Faculté des lettres, 48, boulevard Saint-Germain. 

— 1867. 

LÉONAuD (l'abbé), professeur de rhétorique au petit séminaire de 
Bastogne (Belgique). — 1870. 



— XXXI V — 

LÉOTARD (Eug.), docteur es lettres, Cours Morand (Lyon). — 1868. 
Le Play, inspecteur général des Mines , 6, place Saint-Sulpice. 

— 1872. 

Lequarré (Nicolas), prof, à l'Athénée royal de Liège (Belgique). 

— 1872. 

Lereboullet (D^ Léon), professeur au Val-de-Grâce, 12, rueSer- 

vaudoni. — 1872. 
Leroy (Alph.), professeur à l'Université, 139, rue Saint-Gilles 

(Liège). — 1868. 
Leroy-Beaulieu (Anatole), 67, rue Pigalle.— • 1870. 
LESCURE(Odon), 30, rue Vital-Carie (Bordeaux). — 1873. 
Letronne (M^ie), 17, quai Voltaire. — 1869. 
LÉYÊQUE (Charles), membre de l'Institut, professeur au Collège 

de France (Bellevue, près Paris). — 1867. 
LÉVY-BiNO, banquier, 15, rue de la Banque. — 1869. 
LiLlERS (de), 23 6i5, avenue Montaigne. — 1868. 
LoisEAU (Arthur), docteur es lettres, professeur au lycée de 

Vanves, 13, rue des Treilles. — 1868. 
LoNGPÉRiER (Adrien de), membre de l'Institut, 50, rue de Londres. 

— 1868. 

LoNGPÉRiEH (Henri de), élève de l'École des hautes études, 50^ 

rue de Londres. — 1869. 
LoRAiN (Paul), professeur agrégé à la Faculté de médecine, II, 

rue de l'Odéon. — 1867. 
LoYSEAU, professeur au lycée (Angers), — 1868. 

Maeterlinck (Albert), docteur en philosophie, à Gand (Belgique). 

— 1875. 

Maggiar (Louis), banquier, à Alexandrie (Egypte). — 1870. 

''Maggiar (Octave), négociant, 76, rue Tailbout. — 1868. 

Magnabal , agrégé de l'Université , chef de division adjoint au 
ministère de l'instruction publique, 110, rue de Grenelle-Saint- 
Germain. — 1867. 

Magnier (l'abbé), curé de Fontaine-lez-Vervins (Aisne). — 1872* 

Maigret (Edouard) 3, boulevard des Capucines. — - 1867. 

Maigret (Théodore), 3, boulevard des Capucines. — 1867. 

* Maisonneuve, libraire-éditeur, 15, quai Voltaire. — 1875. 

Maliaca (Abraham), professeur (Constantinople).— 1868. 

Maliadis (Démétrius), docteur en droit, avocat (Constantinople), 

— 1868. 



— XXXV — 

'Mallortie, principal du collège (Arras).— 1870. 
Màndras (Georgios), à Taganrog (Russie). — 1870. 
Manolopoulos (R.), négociant à Alexandrie (Egypte). — 1872. 
Manos (Alexandre), consul général, agent politique de S. M. Hel- 
lénique à Bucharest. — 1873. 

* Manoussis (Constantinos), à Taganrog (Russie).— 1870. 

* Manoussis (Démétrios), à Taganrog (Russie). — 1869. 
Manuel, inspecteur d'Académie, 17, boulevard de la Madeleine. 

— 1871. 

Manzavino (R.), à Odessa. — 1873. 

Maratos (le D'), au Caire. — 1873. 

Marie-Cardine , au lycée Fontanes. — 1874. 

Mariette , correspondant de l'Institut de France , au Caire 

(Egypte). — 1867. 
Marinos, négociant, 21, Great-Winchester-Street; City (Londres). 

— 1873. 

Marion, professeur au lycée (Montpellier). — 1868. 

Markidi (Jean), à Odessa. -— 1873. 

Martin (Henri), historien, 54, Ranelagh (Passy-Paris). — 1867. 

* Martin (Th. -Henri), membre de l'Institut, doyen de la Faculté 

des lettres, 2, quai Saint-Yves (Rennes). — 1867. 

Masimbert, ancien professeur de l'Université, 38, rue Males- 
herbes. — 1869. 

Masson (Gustave) , professeur de littérature française à l'école de 
Harrow, Middiesex (Angleterre). — 1871. 

Mathiudakis (Alexandre), docteur en droit, juge au tribunal con- 
sulaire hellénique (Constantinople). — 1868. 

Maunoir (Charles), secrétaire de la Société de géographie, 14, rue 
Jacob. — 1869. 

Maury (Alfred), de l'Institut, directeur des Archives nationales. 

— 1867. 

Mavho (Spiridion), à Odessa. -- 1873. 

* Mavrocordato (le colonel Alexandre-Constantin), 71 , boule* 

vard Saint'Michel. — 1873. 
' Mavrocordato (Nicolas) , ancien nomarque de Corfou (Grèce). 

— 1868. 

Mavrogenis, à Constantinople. — 1874. 
Mavrogenis (M""» Maria), à Constantinople. — 1874. 
MAVROGORDATO(Dimilrios-A.), négociant (Liverpool). — 186T. 



— XXXVI — 

Mavbogordato (a. Ph.), trésorier de la Société commerciale ot- 
tomane à Constantinople. — 1873. 

Mavbogordato (Emmanuel), négociant, Fenchurch house, Fen- 
church Street (Londres). — 1871 . 

Mavrogobdato, 5, rue Boissy-d'Anglas. — 1867. 

Maximos (Pantaléon), négociant (Constantinople). — 1868. 

Maybargues (Alfred), ancien professeur, 75, rue d'Anjou. — 
1868. 

MÊLAS (B.), négociant, Southsea house, Threadneedle street; City 
(Londres). — 1867. 

MÊLAS (Constantin), 103, Cours Bonaparte (Marseille). — 1867. 

MÊLAS (Michel), 103, Cours Bonaparte (Marseille). — 1868. 

Menu de Saint-Mesmin, directeur de TÉcole normale primaire 
de la Seine, à Auteuil. — 1867. 

Merlet, professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand , 64, 
boulevard Saint-Germain. — 1869. 

Messager (E.), 5, rue Tronchet. — 1867. 

MÉTAXAS (Georges), chez MM. Argenti et C«, Finsbury Circus 
(Londres). — 1867. 

MÊTAXAS (J.), docteur-médecin. Allée des Capucines, 25 (Mar- 
seille). — 1867. 

MÉTAXAS ÇD^ S.), à Odessa. — 1873. 

Meunier du Houssoy, 47, rue de Clichy. — 1870. 

MÊziÈREs, de l'Académie française, 77, boulevard Saint-Michel. 
— 1867. 

Michaelidis (Cleanthis),6,Lloyds-House (Manchester). — 1874. 

Mîchoglou (Alexandre), négociant (Constautinople). — 1868. 

MicBULACHi (S.-E.), négociant, 27, Allée des Capucines (Mar- 
seille). — 1871. 

Miller (Emm.), membre de l'Institut, bibliothécaire de TAssem- 
blée nationale, au palais du Corps législatif. — 1867. 

Milne Edwards, membre de l'Institut, doyen de la Faculté des 
sciences, au Jardin des Plantes. — 1870. 

Molinos (Léon), ingénieur, 2, rue de Châteaudun. — 1869. 

Monginot, professeur au lycée Fontanes. — 1867. 

Monnier (Fr.), docteur es lettres, 9, rue des Missions. — 1807. 

Monod (Gabriel), répétiteur à l'École des hautes études, 62, rue 
de Vaugirard. — 1869. 

Montagne (Edmond), directeur de l'institution François I" (An- 
goulême). — 1868. 



— xxxyii — 

MoNTGERMONT (Gcorges de), 12, place Vendôme. — 1873. 
MoRAÏTiNi (Jean), à Odessa. — 1873. 
Morand, juge au tribunal (Boulogne-sur-Mer). — 1868. 
Moreau-Chaslon (Georges), 25, boulevard Malesherbes.— 1869. 
MoRiLLOT (André), docteur en droit, 13, rue de la Banque. — 

1873. 
MoRTEMART (marquis de), 16, rue Matignon. — 1867. 
MosHAKis (Ignace), docteur en philosophie, 4, rue Crébillon. — 

1875. 
MOTZO (N.), à Odessa. — 1873. 
*MouRiER (Ad.), vice-recteur de l'Académie de Paris, à la Sor- 

bonne. — 1867. 

Nasos, directeur de la C''« d'assurance le Phénix^ à Athènes. — 
1868. 

Naudet, membre de l'Institut, 62, rue de la Victoire. -- 1867. 

Naville (Edouard), licencié es lettres (Genève). — 1867. 

Naville (Ernest), correspondant de l'Institut (Genève). — 1869. 

Nefftzee, rédacteur en chef du journal le Temps, 10, faubourg 
Montmartre. — 1869. 

*NÉGROPONTÈs (Demetrios), à Taganrog (Russie). — 1869. 

NÈVE (Félix), professeur à l'Université catholique de Louvain (Bel- 
gique). — 1872. 

* NicoLAiDÈs (G.), de l'île de Crète (Athènes). — 1868. 
NicoLAiDÈs (Théodore), négociant, 4, rue Dieudé (Marseille). — 
NicoLAiDÈs (Xénophon), négociant, 48, boulevard Longchamp 

(Marseille) — 1867. 

* NICOLAIDÈS (Nicolaos), à Taganrog (Russie). — 1869. 
NICOLAIDÈS (Nicolas-Jean), de Smyrne, étudiant en médecine, 

rue Maguelonne, à Montpellier. — 1870. 

Nicolas (Michel), professeur à la Faculté de théologie protestante 
(Montauban). — 1867. 

NiSARD (Auguste), inspecteur honoraire d'Académie, 89, boule- 
vard Haussmann. — 1867. 

NisARD (Charles), 6, rue des Batignolles. — 1867. 

NiSARD (Désiré), de l'Institut, 2, rue Casimir-Delavigne. —1867. 

NoMicos (André), négociant, à Constantinople. — 1868. 

NouGuiER (Henri), ancien avocat au conseil d'État et à la cour 
de Cassation, 4, cité d'Antin. — 1870. 

Nouri-Effendi, au Caire. — 1874. 



— XXXVIIT — 

Nourrit (Robert), avocat à la cour de Cassation et au conseil 

d'État, 10, rue Garancière. — 1868. 
Nypels [G.], professeur à l'Université de Liége,"84, quai d'Arroy 

(Belgique). — 1874, 

Oeconomopoulos (Georges), docteur en médecine, au Caire. — 

1874. 
Ohmer , censeur du lycée Charlemagne. — 1874. 
Ollé-Laprune, professeur de philosophie au lycée Henri IV, 31, 

rue Gozlin. — 1860. 
Oppermann, 30, rue Saint-Georges. — 1867, 
Orphanidès (Démétrius), président de l'Académie de médecine, 

professeur à l'Université (Athènes). -— 1868. 
OuRSEL (Paul), 16, rue Neuve-des- Capucines. — 1867. 

Pachopoulo (S.), à Odessa. — 1873. 

Pailhé, agrégé à la Faculté de droit de Grenoble. — 1874. 

Faisant (Alfred), procureur de la République, à Compiègne. -- 
1871. 

Pantélidès (Thémistocle), curé de l'Église grecque orthodoxe, rue 
de la Grande- Armée, 23 (Marseille). — 1869. 

Papa (Daniel), négociant (Constantinople). — 18G8. 

Papadopoulos (Démétrius), docteur-médecin (Constantinople). 
— 1868. 

Paparrigopoulos, professeur à l'École de droit (Athènes). — 
1868. 

Pappas, professeur libre, membre du conseil municipal à Mont* 
pellier (Hérault). — 1872. 

PARAPANTAPOULOs(Jean), professeur de l'École commerciale hel- 
lénique de Chalki (Constantinople). — 1868. 

Paris (Gaston) , professeur au Collège de France, 7, rue du Re- 
gard. — 1868. 

*Parmentier (Th.), directeur supérieur du génie, à Tours. — 
1872. 

Paspalli (Nicolas), négociant, à Constantinople. — 1868. 

Paspatis (Alexandre), docteur-médecin (Constantinople). — 1868. 

Pasquet, professeur au lycée Fontanes, 57, rue Neuve-des-Ma- 
thurins. — 1867. 

Passerai (J.), professeur au lycée (Tours). — 1874. 

Passy (Louis), député, 45 , rue de Clichy. — 1867. 



— XXXIX — 

Pastré, 12, rue de Penthièvre. — 1870. 

* Patin, secrétaire perpétuel de l'Académie française, doyen de 

la Faculté des lettres de Paris, à l'Institut. — 1867. 
Pedone-Lauriel, libraire-éditeur, 9, rue Cujas.— 1868. 
PÉLiciEK, professeur au lycée de Laval. — 1867. 
Pépin-Lehalleur (Emile), docteur en droit, 14, rue de Cas- 

tiglione. — 1867. 
Perdekidès (C), négociant, à Constantinople. — 1872. 
PÉHiEH (Pierre-Casimir), licencié es lettres, 76, rue Galilée.— 1868. 
Perrens, professeur au lycée Fontanes, 9, rue de Greffiilhe. -^ 

1867. 

* Perrin (Hïppolyte), 59, avenue Friediand. — 1873. 
Perrin (Ernest), 11, avenue Friediand.— 1873. 

Perrot (Georges), maître de conférences à l'École normale supé- 
rieure, 52, rue d'Hauteville. — 1867. 
Persopoulo (C), à Odessa. — 1873. 
Petit (]V1°^« veuve), à Senlis (Oise). — 1872. 
Petit de Julleyille, professeur à la Faculté des lettres (Dijon), 

— 1868. 

Petsalis (Alexandre), ancien député, à Athènes. — 1873. 
Petsalis (Rasty), pharmacien de la Cour, à Braïlas (Roumanie). 

— 1873. 

Philippos Ioannou, professeur à l'Université (Athènes).— 1868, 

Photiadis (Nicolas), négociant (Constantinople). — 1868. 

PiAT (Albert), 49, rue Saint-Maur-Popincourt. — 1867. 

PiERRON (Alexis), helléniste, ancien professeur de rUuiversité,76, 
rue d'Assas. — 1868. 

PiOT (Eug.), 20, rue Saint-Fiacre. — 1873. 

PiTTi (A.), négociant, 27, boulevard du Nord (Marseille). — 1867. 

Plocque, ancien bâtonnier de l'ordre des avocats, 41, rue Saint- 
Georges.— 1866. 

PoiTRiNEAu, professeur au lycée (Lorient). — 1869. 

POHTELETTE (C), profcsgcur au lycée de Versailles, 39, rue Saint- 
Ferdinand, aux Ternes. — 1874. 

PoTRON, 10, rue d'Antin. — 1867. 

PoTTiER (René-Jean), professeur, 65, boulevard Malesherbes. — 
1870. 

PflAROND (E.), 14, rue de Tournon. — 1871. 

Pratt (liodgson). Lança ster Terrace, n» 8, Regeut Park (Lon- 
dres). — 1871. 



— XL — 

Pressensé (Edmond de), député, 76, rue d'Assas. 
Pbetenterès (Typaldos), médecin de S. M. Hellénique, professeur 

à l'École de médecine (Athènes). —1868. 
Pbilejaeff (rarchiprêtre), aumônier de l'ambassade de Russie à 

Paris, à l'église russe, S, rue Daru.— 1869. 
Pbou (Victor), ingénieur civil, 15, place de la Bourse. — 1870. 
PsARAS, professeur de grec, 17, Alexander street, Westbourne 

Park (Londres). —1871. 
PsYCHARis (Mme Maric-A.) (Constantinople). — 1868. 
PsYCHARis (Antoine), négociant (Constantinople). — 1868. 

Queux DE Saint-Hilaire (marquis de), 1, rue Soufflot.— (1867). 
QuiNOT, professeur au lycée Foutanes, 45, rue de Constantino- 
ple. — 1872. 

Ralli (Georges), prytane de l'Université, professeur de droit 

(Athènes).— 1868. 
Ralli (Théodore), négociant, Ethelburga house, Bishopsgate 

Street (Londres). — 1867. 
Ralli Schilizzi Argenti, négociant, 41, allée des Capucines 

(Marseille).— 1867. 
Rambaud, professeur à la Faculté des lettres (Caen). — 1870. 
Rangabé (Rizo), ministre plénipotentiaire de Grèce, Regenten- 

Strasse à Berlin. — 1868. 
Ravaisson-Mollien, membre de l'Institut, 9, quai Voltaire. — 

1867. 
Rayet (Olivier), professeur suppléant d'archéologie à la Biblio- 
thèque nationale, 75, rue Notre-Dame des Champs. 
Raynal (de), président de la chambre des requêtes à la Cour de 

Cassation, 67, rue Abbatucci. — 1874. 
Renan (Ernest), membre de l'Institut, 29, rue Vanneau.— 1867. 
Renieri, gouverneur de la Banque nationale à Athènes. — 

1867. 
Renouard (Léopold), 3, rue de Grammont. — 1867. 
Retzinas (D.-G.), négociant, 23, allée des Capucines (Marseille). 

— 1869. 

Reviers de Manny (yte de), à Fontainebleau (Seine-et-Marne). 

— 1867. 

Revillout, professeur à la Faculté des lettres de Montpellier. — 
1869. 



ï 



— XLI — 

Rhallis (Etienne), négociant (Constaiilinople). — 1868. 
Rhasis (Démétrius), premier drogman de l'ambassade hellénique 
(Constantinople). — 1868. 

* Riant (le comte Paul), docteur es lettres, de la Société des Anti- 

quaires, 10, rue de Vienne. — 1867. 
RiDoux, professeur au collège Stanislas, 15, rue des Missions. 

— 1872. 
RiFF, principal du collège de Saint-Dié (Vosges). — 1867. 
RiLLiET (Albert), ancien professeur de littérature étrangère à 

l'Académie de Genève (Genève). — 1897. 
RiNN, professeur au collège Rollin, 93, boulevard Saint-Michel.— 

1867. 
Rizo (Michel), consul général, agent politique de S. M. Hellénique 

à Alexandrie (Egypte). — 1873. 
Robert (Charles), membre de l'Institut, 9, rue des Saints-Pères. 

* ROBERTET (G.), maître répétiteur au lycée Charlemagne, licen- 

cié es lettres, 43, rue de la Cerisaie. — 1873. 
RoBERTi (A.), bibliothécaire de la ville de Valence (Drôme). — 

1873. 
RoBiou (Félix), professeur à la Faculté des lettres (Nancy). — 

1873. 
Rochas d'Aiglun (A. de), capitaine du génie (Grenoble). — 1873. 
Roche du Teilloy (Alexandre de), professeur au lycée, 34, rue 

de la Commanderie (Nancy). — 1868. 
RODOCANACHi (P.), à Odcssa. — 1873. 
RoDOCANAKi (T.-E.), négociant (Marseille). — 1867. 
RoDOCANAKi (Michel), négS allée des Capucine?, 'iô (Marseille).— 

1867. 
RODOCANAKI (P.), 42, avenue Gabriel. — 1867. 
RODOCANAKI (Th. -P.), président de la communauté grecque, à 

Odessa. — 1875. 
Roedts, 8, rue Tronchet.~1867. 
Roebsch, professeur à l'Université (Liège). — 1873. 
RoMANOs (Jean), professeur au gymnase de Corfou (Grèce). — 

1873. 
RoNCHAUD (Louis de), conseiller général du Jura (Lons-le-Sau- 

nier), 22, rue de la Plaine, aux Ternes (Paris). — 1867. 
Rossos (N.), avocat (Marseille). — 1870. 
RozE (Ferdinand), 4, rue de la Rienfaisance. — 186^). 
Rothschild (baron Alj^ionse de), 21, rue Laffitte. — 1867. 



— XLH — 

Rothschild (baron James de), 38, avenue Friedland. — 1869. 
RoucH, professeur, 171, rue Saint-Jacques. — 1871 . 
R0U2É, professeur au lycée de Vanves, à Issy. — 1875. 
Ruelle (Gh.-Ém.), rédacteur au ministère de rinstruction publi- 
que, 6, rue de Bellechasse. — 1869. 

Sabatier, ministre plénipotentiaire, 35, avenue de la Reine-Hor- 
tense. — 1867. 

Sabitsianos (Constantin), docteur en médecine, à Corfou (Grèce). 

— 1874. 

Saglio (Edmond), conservateur au musée du Louvre, 31 , rue 

Saint-Martin (Versailles). — 1872. 
Saint-Marc GiRARDiN (Barthélémy) , sous- préfet à Corbeii. — 

1873. 
Sakellaropoulo (Spiridion), docteur en philosophie à Athènes. 

— 1874. 

Salomon, professeur au lycée Louis-le-Grand, 1 6, boulevard Saint- 
Michel. — 1867. 
Salvago Pantaleone, négociant (Alexandrie). — 1867. 
Sapounzakis (B.), colonel, inspecteur de l'armée hellénique à 

* Athènes. — 1873. 

"Sarakiotis (Basileios), docteur-médecin à Constantinople. — 

1872. 
*Saraphis (Aristide), négociant (Constantinople). — 1868. 
Sarcey (Francisque), 59, rue de Douai. — 1868. 
*Sartpolos (Nicolas), professeur à l'Université (Athènes).— 1868. 
*Sathas (Constantin), 27, rue de la Michodière. — 1874. 
*ScABAMANGAs(Doucas), à Tagaurog (Russie). — 1870. 
*ScARAMANGAs (Jcan-P.), à Taganrog (Russie). -— 1870. 
*ScARAMANGAs (Jcau-A.), à Tagaurog (Russie). — 1870. 
ScARAMANGAs (Pierre), attaché à la légation hellénique à Paris , 

1, rue Malesherbes. — 1872. 

* ScARAMANGAs (Stamatios), à Taganrog (Russie). — 1870. 
ScHLiEMANN (Henri), à Athènes. — 1868. 

Sclavos (P. C), négociant, 76, Palmerston Buildings (Londres). 

— 1867. 

ScLiRï (L.), à Odessa. — 1873. 

ScLiVANiOTis, négociant, 31, boulevard Bonne-Nouvelle.— 1867, 

ScouLOODis (Etienne), négociant (Constantinople). — 1868. 



— XLIII — 

Seguier (J,-J,-A. de), conseiller à la Cour d'appel d'Orléans. — 
1874. 

SÉNART (Henri), licencié es lettres, 69, rue de Grenelle-Saint- 
Germain- — 1867. 

Sevastopoulo (Alexandre), négociant (Constantinople). — ' 1868. 

SiDERicuDi Negrepontis, négociant, 4, rue du Théâtre français 
(Marseille). — 1867. 

SipHNAios (Jean), négociant (Constantinople). — 1868, 

SiPHNAios (Théodore), à Taganrog (Russie). — 1873. 

Skylizzi (Jean Isidoridis), chez M. B. Georgala, h Alexandrie. 
-^ 1868. 

Société générale d'éducation et d'enseignement, chez 
M. Hamel, 29, rue de Tournon. -— 1869. 

*SoMAKis (M°^° Hélène), 98, avenue de Saint-Mandé. — 1874. 

SopHocLÈs (Gabriel) , directeur de l'école grecque de Péra (Cons- 
tantinople). -- 1868. 

SoREL (Albert), publiciste, 8, avenue Percier. — 1871. 

SouRY (Jules), attaché à la Bibliothèque nationale, 52, boulevard 
Saint-Germain. —1870. 

SouTzo (A.), secrétaire de légation. — • 1872. 

* Souvadzoglous (Basile), négociant (Constantinople). — 1868. 

Stamoulïs (A.), à Constantinople. — 1874. 

Steglïanoudis (N.), à Odessa. — 1873. 

*Stephanovic (Zanos), à Constantinople. — 1868. 

Sugdury, négociant, Gresham-house , Mauro Basich, 50 (Lon- 
dres). — 1867. 

SuRELL, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 10, rue du 
parc de Clagny (Versailles). — - 1868. 

*Syllogue LITTÉRAIRE Vllermês, à Manchester. — 1874. 

*Symvoulidès, conseiller d'État, médecin principal des lan- 
ciers de la garde impériale, N. 0. Zaropodmony, D. 13 (Saint- 
Pétersbourg). — 1872. 

Taillandier (Saint-René), de l'Académie française, 20, rue Saint- 
Benoît. — 1867. 

Talbert (H.), professeur au Prytanée militaire (la Flèche). — 
1874. 

Talbot (Eugène), professeur au lycée Condorcet, 108, rue du Bac. 
— 1867. 

Tambacos (N.-D.), à Constantinople. — 1874. 



— XLIV — 

Tabdieu (Amédée), sous-bibliothécaire de l'Institut, au palais de 
l'Institut. — 1872. 

* Tablas (Th.), à Taganrog (Russie). — 1873. 
Tarral, 14, cours la Reine. — 1867. 

Tattegrain, conseiller à la Cour d'appel d'Amiens, 50, boule- 
vard Longueville (Amiens). — 1867. 
Tavernieh, 82, rue d'Assas. — 1872. 
Taxis (Basile), négociant (Constantinople). — 1868. 

* Telfy (.T.-B.), professeur de littérature classique à l'Université 

dePesth. — 1869. 
Tertu (Comte de), àlTertu parTrun (Orne). — 1867. 
Thédenat (l'abbé H.), de l'Oratoire, directeur de l'école Massil- 

lon, 23, rue de Turenne. — 1867. 
Thenon (l'abbé), directeur de l'école Bossuet, 19, rue d'Assas.— 

1857. 

* Théocharidès (Constantinos), à Taganrog (Russie). — 1869. 
Théodoridis (Nicolas), pharmacien (Constantinople). — 1868. 
Théologos, chef de la maison P. Théologos, de Manchester, à 

Athènes. — 1872. 
Thirion, professeur au lycée Fontanes, 198, rue de Courcelles.— 

1867. 
Thomas, professeur au lycée (Amiens). — 1874. 
Thurot (Charles), membre de l'Institut, maître de conférences à 

l'École normale supérieure, 5, rue Gay-Lussac. — 1867. 
TiBERïs, négociant à Constantinople. — 1868. 

* TiLiÈRE (marquis de), 14, rue de Marignan. — 1873. 
Toufectsoff (M.), à Odessa. — 1873. 

TouGARD (l'abbé Alb.), docteur es lettres, professeur au petit sé- 
minaire (Rouen). — 1867. 

*TouR]NiER, répétiteur à l'École des hautes études, 6, rue Servan- 
doni. — 1867. 

TouRTOULON (baron de), à Château-Randon, près Montpellier. — 
1859. 

Tranchau, inspecteur d'Académie, à Orléans (Loiret). — 1868. 

Travers (Emile), conseiller de préfecture à Caen (Calvados). — 
1867. 

Tresse, 182, rue de Rivoli.— 1867. 

Tréverbet (Armand de), professeur à la Faculté des lettres (Bor- 
deaux). — 1869. 

Tbiaire, professeur au lycée Henri IV, 63, rue d'Assas.— 1872. 



— XLV — 

Trïantafillis (C.)^ professeur à l'École commerciale (Venise). — 

1871. 
Tbiantafillis (Achille-G.), 170, rue Saint-Jacques. 
Tbicot (Lucien), 68, rue de la Chaussée-d'Antin. —1867. 

* TsACALOTOS (E. D.), à Taganrog.— 1873. 

TuRRETTiNi (Auguste), attcicn conseiller d'État de la république 
(Genève). — 1867. 

Ubicini, 36, rue Montparnasse. — 1871. 

* Université d'Athènes. — 1868. 

Urbain (Ismayl), conseiller rapporteur honoraire du Conseil de 
gouvernement de l'Algérie, 24, rue Reinard (Marseille).— 1867. 

Vacalopoulos (Th.) , négociant, 25, allée des Capucines (Mar- 
seille).— 1867. 

Valassopoulos (Athanase), négociant (Constantinople). — 1868. 

Valettas (J.-N.), directeur de l'École hellénique, 84, Kensing- 
ton garden square, Bayswater (Londres). — 1867. 

Vallianos (André), négociant (Constantinople). — 1868. 

Vallier (Jérôme), négociant, 94, rue Sylvabelle (Marseille).— 
1867. 

Vaney (Emmanuel), substitut du procureur général, 14, rueDu- 
phot. — 1872. 

Vaphiadis (Apostolos), docteur-médecin (Constantinople). — 
1868. 

Vaphiadis (Georges), journaliste (Constantinople). — 1868. 

Vabnier, professeur au lycée (Caen). — 1867. 

Vatikiotis (le docteur), à Alexandrie (Egypte). — 1870. 

Vauzelle (Ludovic de), conseiller à la cour d'appel (Orléans). — 
1867. 

Vergotis (M.), professeur de grec, 27, boulevard du Nord (Mar- 
seille). — 1869. 

VÉBiN, professeur de philosophie à l'École de Pont-Levoy (Loir- 
et-Cher). — 1869. 

Veblaque (l'abbé), école Bossuet, 19, rucd'Assas. — 1872. 

Vebna (baron de), au château de Haute-Pierre, par Crémieu 
(Isère). — 1869. 

Vebnardakis (Georges), professeur au Caire. — 1874. 

Véron-Duverger, professeur à la Faculté de droit, à l'École do 
droit, — 1872. 



— XLVI ^ 

Vidal-Lablache, ancien membre de l'École française d'Athènes, 
professeur à la faculté des lettres de Nancy. — 1870. 

ViNET (E.), bibliothécaire de l'École des Beaux-Ans, i, rue de 
Madame. — 1867. 

Vlachos (A.ngelos), ancien chef de division au ministère de l'ins- 
truction publique, à Athènes. -- 1868. 

Vlasso (Ercole), à Odessa. — 1874. 

Vogué (Melchior de), membre de l'Institut de France, ambassa- 
deur de B'rance à Vienne. — 1875. 

VouLiSMA (Eust.), archimandrite, à Odessa. — 187a. 

VouTYRAS (Stavros-Jean), journaliste (Constantiuople). — 1868. 

Vbetos (Jean-A.), journaliste (Constantinople). — 1868. 

VuciNA (Emmanuel G.), à Odessa. — 1873. 

VuciNA (Al. G.) à Odessa. — 1873. 

VuciNA (Jean G.), à Odessa. — 1873. 

Waddington (W. -Henry), membre de l'Institut, député, 11, rue 
Dumont d'Urville. — 1867. 

Waddington (Ch.) agrégé de la Faculté des lettres, 44, rue de 
la Tour d'Auvergne. — 1873. 

Wagener (A.), professeur à l'Université (Gand). — 1873. 

Wallon (Henri), député , secrétaire perpétuel de l'Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres, ministre de l'Instruction publi- 
que, des cultes et des beaux-arts, 95, boulevard Saint-Michel. 
— 1869. 

Watel, professeur au lycée de Troyes (Aube). — 1871. 

Weil (H.), professeur à la Faculté des lettres (Besançon).— 1867. 

* Wescher (Carie), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 89, 
rue de Vaugirard. -- 1867. 

WiLLENiCH (Michel), 6, rue de Copenhague. — 1869. 

WiTTE (baron de), membre de l'Institut, 5, rue Fortin. — 1867. 

Wyndham (Georges), 72, boulevard Saint-Germain. — 1872. 

Wyndham (Charles), 16, rue de Vaugirard. — 1873. 

Xydias (S.), à Odessa. — 1873. 

Yemeniz fils, consul de Grèce (Lyon). — 1867. 

YsEux , maire de Nogent-le-Bernard (par Saint-Côme, Sarthe). — 

1870. 
YuNG (Eugène), directeur de la Revue des cours littéraires et 

scientifiques, 46, rue de Rennes.— 1867. 



XLVII 



Zàcaridis (Zacharie-A.), à Odessa. — 1870. ""* 

Zachariadis (Zacharie-A.), à Odessa. — 1873. 

Zafiropoulo (Constant), négociant, rue du Coq, 4 (Marseille). — 

1867. 
Zaïmis (Thrasybule), ancien député, ancien ministre (Athènes). — 

1868. 
Zabifi (Léonidas), négociant, 4, rue du Coq (Marseille).— 1867. 
Zabifi (Périclès), négociant (Marseille). — 1867. 
'' Zariphis, négociant, à Constantinople. ~ 1868. 
ZiPHOs (L.), négociant, Palmerston Buildings new Broad street 

(Londres). — 1871. 

* ZoGRAPHOs (ChrislakisBitos), négociant, fondateur du prix Zo- 

graphos (Constantinople).— 1868. 
ZoGRAPHOS (Xénophon), docteur-médecin (Constantinople). — 
1868. 

* ZOLOTHOREW (M^^^), i, Tuc Billaut. — 1874. 

Zygomalas (N.), négociant, 9, Fenchurch house, Fenchurch 
Street ; City (Londres). — 1867. 



SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES. 

i 

Athènes. 

Syllogue le Parnasse. 

— pour la propagation des études grecques. 

— d'enseignement (^i^aa>caXtxo;). 

Constantinople. 

Syllogue philologique hellénique. 

— épirote des amis de l'instruction* 

— thrace. 

— Coray. 

— la Pallas. 

— pour l'étude du moyen âge. 



— XLVIII — 
Manchester. 

Syllogue littéraire l'Hermès. 

Salonique. 

t 

Syllogue des amis de l'instruclion. 

Vodena. 

Syllogue philologique. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 9 AVRIL 1875. 



i 



DISCOURS DE M. LEON HEUZEY 



PRESIDENT. 



I 



Messieurs et chers confrères, 

S'il me fallait une preuve de la tranquille prospérité, de 
notre Association, je la trouverais dans l'honneur que 
vous m'avez fait de m'appeler cette année à la présidence. 
Quand le vent et la mer s'entendent pour pousser le na- 
vire dans la bonne route, que, grâce au zèle et à l'union 
de tous, la manœuvre se fait pour ainsi dire d'elle-même, 
ceux qui ont la science et l'autorité peuvent sans incon- 
vénient laisser la direction à des mains moins expéri- 
mentées. Votre bienveillant concours, le dévouement et 
l'activité des confrères que vous avez placés autour de 

d 



I 



— L — 

moi, m'ont rendu la tâche bien aisée et bien douce : 
aujourd'hui seulement elle devient difficile, parce que je 
me sens plus abandonné à moi-même ; pour la .première 
fois aussi, elle m'impose un pénible devoir, celui de vous 
rappeler les vides qui se sont faits dans nos rangs, depuis 
notre dernière assemblée générale. 

Grâce à Dieu, je n'ai pas à vous affliger par l'annonce 
de l'un de ces coups subits et terrifiants , qui ajoutent 
aux tristesses de la mort un surcroit d'amertume ; mais 
les pertes que nous avons faites cette année n'en sont pas 
moins cruelles. 

En tête de la funèbre liste, votre esprit, se rappelant un 
deuil public encore récent, a déjà placé un nom que l'Asso- 
ciation pour l'encouragement des Études grecques se glo- 
rifie de lire parmi ceux de ses premiers adhérents. Je n'es- 
saierai pas d'enfermer la grande figure de M. Guizot dans un 
cadre beaucoup trop restreint pour elle, content de vous 
montrer en quelques traits rapides par quels côtés la 
puissante activité de notre illustre confrère se rencontrait 
avec la nôtre, et de payer en même temps la dette per- 
sonnelle d'un souvenir respectueux. Si, tout occupé d'his- 
toire, de religion, de politique, M. Guizot a tenu à donner 
à nos premiers efforts une marque de sympathie , c'est 
assurément qu'il voyait dans le progrès des études hellé- 
niques une question d'avenir pour notre éducation na- 
tionale. Son concours est un de ces hauts témoignages 
qui doivent fortifier notre foi dans notre œuvre. 

Le principe de l'éducation classique, sur lequel repose 
notre Association, M. Guizot, ministre de l'instruction 
publique, le défendait en 1835, à la tribune de la chambre 
des députés par un discours mémorable où je trouve ces 
paroles : « J'estime beaucoup les langues, les littératures 
« anglaise et allemande; mais avez-vous oublié, messieurs, 
« ce que c'est que la langue et la littérature grecque et 
« latine ? C'est la langue^ c'est la littérature de la civilisa- 
« tion. » Quelques faits plus intimes vous montreront son 
admiration particulière pour les lettres grecques. Vousap- 



— LI — 

prendrez avec intérêt que l'auteur de V Histoire de la civili- 
sation en France et de la Révolution d'Angleterre, le ministre 
et l'orateur longtemps absorbé par les débats de la vie pu- 
blique, avait conservé une assez grande habitude de la 
langue grecque , pour relire Polybe dans le texte et pour 
se tirer même avec succès d'une tâche plus rude , celle 
d'expliquer l'introduction du premier livre de Thucydide, 
attiré sans doute par une affinité secrète vers le sévère his- 
torien de la guerre du Péloponnèse. Aux voyageurs reve- 
nant de Grèce , il montrait avec enthousiasme, occupant 
la place d'honneur dans l'une des principales pièces de sa 
maison, un beau dessin d'Aligny, représentant la colline 
du Pnyx, ces gradins taillés dans le rocher d'Athènes, 
ce bloc imposant, qui répond seul, malgré quelques 
difficultés non encore résolues , à l'idée que l'on se fait 
de la tribune du peuple athénien. 

Dans ses études historiques, dirigées surtout vers le 
moyen âge et vers les temps modernes, je ne vois pas que 
M. Guizot ait eu l'occasion de consacrer quelque travail 
particulier à la Grèce antique ; mais, sur le terrain de la 
politique active, il a rencontré la Grèce moderne, et, dans 
la profonde sympathie qu'il lui a toujours témoignée, on 
sent qu'il embrassait à la fois le passé et l'avenir. Dans 
les instructions qu'il donnait comme ministre des affaires 
étrangères, il disait avec la hauteur de vue qui lui était 
familière : « La France n'a qu'une chose à demander à la 
« Grèce, en retour de tout ce qu'elle a fait pour elle, c'est 
« que la Grèce sache développer les ressources infinies 
a renfermées dans son sein. » Ce généreux programme ne 
ressemble guère à ceux que nous trouvons de nos jours 
dans les correspondances diplomatiques; mais notre 
Association prouverait au besoin que la France n'a pas 
cessé de le considérer comme le sien. 

Nous avons perdu aussi , dans l'ordre des fonctions ad- 
ministratives de l'Université, deux hommes distingués, 
qui ont droit à nos regrets. M. Joguet, proviseur du lycée 
Saint-Louis, et M. Charles Huret, inspecteur de l'Aca^ 



I 



— LU — 

demie de Paris en résidence à Orléans , ont apporté dans 
la direction de la jeunesse un dévouement éclairé, qui 
laisse de profonds souvenirs. La nature de leurs études 
personnelles n'était pas la même. M. Huret s'occupait 
surtout de philosophie : il avait traduit les Essais de 
Dugald-Steward , et il tenait par ses idées à l'École écos- 
saise. M. Joguet, poëte brillant dès sa jeunesse , écrivain 
chaleureux et pénétrant, a publié dans V Encyclopédie nou- 
velle, sur Sénèque, sur .Fénelon, sur Diderot et sur d'au- 
tres sujets d'histoire littéraire, des travaux fort remarqués. 
Malgré ces différences et celle que l'âge mettait aussi 
entre eux, les éloges de leurs amis nous les montrent 
comme deux âmes de même famille , tempérées et façon- 
nées à la sagesse par la haute culture littéraire, et renon- 
çant de bonne heure aux succès que leur talent leur 
donnait le droit d'espérer, pour ne conserver d'autre am- 
bition que celle d'être utiles. 

J'apprends aussi la mort de M. le comte Syméon, litté- 
rateur distingué, qui nous a été enlevé au moment où 
il publiait une traduction d'Horace en vers, avec des notes 
et des observations sur la métrique. — Nous devons au 
moins remarquer que cette liste nécrologique est moins 
longue qu'à l'ordinaire. Espérons que ce n'est pas à cause 
de l'insuffisance des renseignements qui nous sont par- 
venus , mais parce que la mort , après les coups nom- 
breux et terribles qu'elle nous avait portés les années 
précédentes , s'est montrée cette année plus clémente 
envers nous. 

A côté de ces pertes douloureuses, je voudrais vous 
rappeler quelques événements qui marquent l'année qui 
vient de s'écouler d'un heureux souvenir et qui ramè- 
nent vos esprits vers le spectacle consolant de la pros- 
périté de notre Association. Vous verrez, messieurs, par 
les rapports de M. le Secrétaire et de M. le Trésorier, 
que notre situation continue à être excellente, sans cesser 
de réclamer pourtant la vigilance de ceux que vous ap- 
pelez à la direction de vos affaires et le zèle soutenu de 



— LUI — 

tous nos associés. Mais dans la période de développement 
régulier oti vous êtes entrés, les faits nouveaux, les modi- 
fications importantes dans les règlements et dans les 
programmes, les décisions qui marquent les premiers 
progrès d'une société qui s'organise, deviennent néces- 
sairement plus rares. 

L'Annuaire de 1874 est plus volumineux encore et plus 
rempli que les précédents, et grossi d'une bibliographie 
chaque année plus complète. Vous apprendrez avec plaisir 
qu'il a déjà fait l'objet d'un compte rendu sympathique et 
très-détaillé dans le Néologos de Constantinople. Séparé 
de sa partie administrative, par une mesure qui n'a pas 
été sans inconvénient, il en a même profité pour sortir 
un peu des limites où vous avez décidé de le ramener, 
dans l'intérêt de nos finances et de la régularité de nos 
publications. 

Dans nos réunions mensuelles, grâce au zèle de M. le 
Secrétaire adjoint, nous sommes maintenant tenus régu- 
lièrement au courant du mouvement de la littérature 
grecque contemporaine. C'est aussi pour nous le meilleur 
moyen de remercier les nombreux auteurs qui nous en- 
voient de si loin le fruit de leurs travaux. 

Parmi les événements qui ont intéressé notre Associa- 
tion nous devons compter le voyage à Paris de M. Ghris- 
takis Zographos, le fondateur de l'un de nos prix. Si la 
dispersion de nos confrères, à l'époque des vacances, nous 
a empêchés de nous réunir pour lui exprimer notre affec- 
tueuse reconnaissance, au moins a-t-il pu s'entretenir avec 
quelques-uns de ceux qui sont nos représentants naturels 
et toujours autorisés. C'est par une vue très-large et très- 
juste que M. Zographos, en favorisant chez nous l'étude 
des lettres grecques, a pensé qu'il contribuait à la déve- 
lopper dans son propre pays : de même notre Association, 
en couronnant, comme elle le fait encore cette année, les 
efforts des Grecs pour relever en Orient la culture hellé- 
nique, favorise un progrès général, dont nous profit£>ns à 
notre tour. 



— LIV — 

La force du lien qui nous unit se montre par l'habitude 
que nous avons prise d'ajouter à nos séances ordinaires 
des séances de quinzaine , où nous traitons plus fami- 
lièrement de toutes les questions qui nous intéressent 
en commun. Notre dévoué confrère, M. Brunet de Presle , 
a eu la complaisance de nous offrir , cette année comme 
les précédentes, pour ces conférences plus intimes, l'hos- 
pitalité de son salon, qui avait déjà servi d'asile à nos 
réunions pendant le triste hiver de 4871. Forcé récem- 
ment d'aller chercher dans le Midi un repos nécessaire à 
sa santé, il a voulu que cette hospitalité se continuât 
même en son absence. Nous lui adressons de loin nos 
remercîments et nos souhaits pour son prochain réta- 
blissement. Nous nous en remettons à l'influence salu- 
taire de ce beau pays, qui est à la fois la France et la 
Grèce, et que la nature, comme pour fêter cette heureuse 
alliance, a doté d'un si doux climat ! 

Cette année, en touchant à sa fin , voit s'accomplir un 
projet dont la réalisation doit ajouter à l'éclat de nos 
récompenses et donner en même temps à notre Asso- 
ciation un symbole et un signe de ralliement. La mé- 
daille que nous avons résolu de faire graver vient d'être 
terminée : les épreuves vous en ont été communiquées et 
vous la verrez figurer à l'exposition des beaux-arts. Vous 
avez trouvé facilement à former dans votre sein une com- 
mission d'artistes et d'archéologues, pour tracer le pre- 
mier projet du travail ; mais cette commission s'est bien 
gardée de prétendre diriger la main du graveur, et M. Gha- 
plain a réalisé , dans la liberté de son inspiration , toutes 
les espérances que vous aviez fondées sur son talent. 

Chargé de représenter une tête de Minerve, il n'a eu 
garde de choisir cette Minerve dure et morose que la belle 
époque hellénique n'a pas connue. Entre les médailles 
archaïques d'Athènes et celles de la seconde période, 
déjà entachées de décadence, il s'est souvenu fort à pro- 
pos des charmantes monnaies d'Élée et de Thurium. 
Il s'est rappelé que les Grecs, qui n'avaient qu'un seul mot 



— LV — 

poiir dire le beau et le bien, ne séparaient pas la grâce 
de la noblesse, et que la fière Athéné, protectrice de leurs 
acropoles, était aussi la jeune fille qui se mêle, dans la 
prairie de Nysa, aux jeux des Océanides. Parée comme 
une vierge ionienne, notre Minerve porte sur son casque 
des fleurons, des feuilles d'olivier et une figure de sphinx 
qui pourra exercer à loisir la sagacité des amis de la 
symbolique. En cherchant un peu , ils trouveront aussi 
dans le champ un signe qui leur rappellera que l'on n'a 
pas songé seulement à la Grèce d'autrefois. Comme toute 
association régulièrement constituée, nous avons donc 
maintenant. Messieurs, notre sceau et nos armes ; et ce 
sera un plaisir de continuer nos travaux sous le regard de 
cette vivante image de la sagesse antique. 

Un fait qui mérite d'être rappelé à votre souvenir et à 
votre reconnaissance, c'est l'encouragement particulier 
que le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts 
a accordé à l'une des parties les plus nouvelles de notre 
œuvre, à la publication des Monuments grecs. Une alloca- 
tion annuelle de 500 francs vient s'ajouter aux sommes 
que nous appliquons à la gravure des planches et à l'im- 
pression des fascicules archéologiques. 

La générosité de l'administration n'a fait du reste que 
nous engager à nous adresser aussi au zèle et à la bonne 
volonté de tous ceux de nos confrères qui suivent avec 
intérêt nos premiers essais dans cette voie. Pour con- 
server son caractère et son opportunité , la publication 
des Monuments grecs doit rester en eff'et, une œuvre 
commune de notre Association. C'est ce qui la distingue 
des autres recueils de monuments , avec lesquels elle n'a 
pas la prétention de rivaliser. Elle s'adresse aux amis de 
l'antiquité hellénique qui n'ont pas toujours le loisir ou 
l'occasion de consulter les publications archéologiques 
spéciales. Cherchant l'exactitude rigoureuse et l'excel- 
lence des reproductions plutôt que le nombre des plan- 
ches, il lui suffit de mettre sous les yeux des membres de 
l'Association quelques œuvres choisies de l'art grec, qui 



— LVI — 

puissent être comparées utilement à celles de la littéra- 
ture. Mais de belles planches ne peuvent se faire sans 
quelques dépenses, qui croissent avec la valeur des mo- 
numents , et il faut veiller avant tout à ce que ce luxe 
utile ne devienne jamais un embarras pour notre budjet. 
C'est ce qui rend désirable que la publication des Monu- 
ments grecs trouve au besoin des ressources particulières 
dans un fonds de réserve bien assuré. 

Le jour où nous avons écrit sur le fronton de notre 
édifice les mots : Études grecques, nous devions, Messieurs, 
nous attendre à voir l'archéologie se présenter à la porte 
avec les autres sciences de l'antiquité, comme une sœur 
plus jeune, mais qui se sent de la maison. Notre temps, il 
serait injuste de le méconnaître, doit en partie les progrès 
qu'il a faits dans la connaissance de l'antiquité helléni- 
que, au privilège d'avoir eu le premier une vue claire et 
précise de la haute originalité de l'art grec. Les œuvres 
des artistes, par la vive secousse qu'ils donnent aux sens, 
réussissent mieux à faire sortir l'esprit de ses habitudes 
prises. L'époque encore voisine de nous , qui raffolait de 
Ganova, mais qui hésitait à reconnaître les marbres de 
lord Elgin pour du beau grec, avait encore assurément 
quelque chose à faire pour connaître cette antiquité, 
dont elle était pourtant si éprise. 

On ne sait pas assez les secours , même beaucoup plus 
directs, que l'étude de la littérature grecque peut tirer 
de l'archéologie. Chez les Grecs surtout, l'art et la poé- 
sie, nourris des mêmes éléments , n'ont cessé de grandir 
côte à côte et de se prêter un mutuel appui. Aussi d'ingé- 
nieux érudits ont-ils eu l'idée de se servir des ruines de 
l'un pour réparer celles de l'autre. Pour nous rendre 
quelque chose de tant de chefs-d'œuvre perdus, ils se sont 
adressés , souvent avec succès, aux monuments , et parti- 
culièrement aux scènes variées qui décorent les vases 
peints. Par un patient travail de classement et de compa- 
raison, ils ont découvert que les artistes ont générale- 
ment suivi de près les formes successives données à la 



— LVII — 

légende par les poôtes de chaque époque. L'épopée ho- 
mérique a même inspiré l'art moins souvent que l'on 
ne serait disposé à le croire, tandis que les poésies cycli- 
ques ou orphiques , la tragédie ou le drame satyrique (et 
sur ce dernier point je puis invoquer un charmant article 
de notre Annuaire^ présent à tous vos esprits), ont fourni 
aux représentations figurées d'abondants matériaux. Or, 
ce sont justement les parties de la littérature grecque, qui 
présentent les lacunes les plus regrettables. Les planches 
d'archéologie qui reproduisent des monuments récem- 
ment découverts ne sont donc pas seulement de belles 
images antiques à regarder : ce sont, à leur manière, des 
textes inédits, où l'on peut retrouver le sens d'un frag- 
ment obscur, le lien perdu entre deux passages , le sujet 
resté douteux d'un chant épique ou le secret de tout un 
drame. 

Ne croyez pas. Messieurs, que les connaissances de 
philologie technique, que vous considérez à bon droit 
comme le fondement nécessaire de toute science de l'an- 
tiquité grecque , échappent davantage aux bienfaits de 
l'archéologie. Sans parler même de l'épigraphie propre- 
ment dite, les monuments figurés portent souvent des 
noms propres, des signatures d'artistes, de courtes lé- 
gendes, qui ont au moins sur les textes ordinaires l'avan- 
tage de ne pas avoir passé par les copistes et de se 
présenter à nous avec l'écriture et avec l'orthographe du 
temps. On ne peut se figurer tout ce que la science des 
dialectes, celle des alphabets, ont gagné à l'examen atten- 
tif et minutieux de ces mots épars , tracés au pinceau ou 
à la pointe. L'enseignement, môme classique, pourrait y 
trouver son compte. — Il n'y a pas longtemps qu'un jeune 
philologue vint me voir au Musée, et me demanda, non 
sans quelque embarras, de lui rendre un léger service. Il 
avait entendu , dans les leçons de ses maîtres , parler du 
digamma ; mais les exemples qu'il en voyait, dans cer- 
taines éditions à prétentions archaïques, lui causaient plus 
d'étonnement que de confiance. Je m'empressai de le 



— LVIII — 

conduire dans la salle où se trouvent les vases de style 
dit corinthien, qui offrent, avec de très-anciennes inscrip- 
tions , les premiers essais faits par les Grecs pour repré- 
senter leur épopée. Il ne fallut pas chercher beaucoup 
pour lui montrer le signe avec lequel il voulait faire con- 
naissance. Sa figure s'illumina d'un rapide sourire : il 
croyait au digamma. 

D'un autre côté, les historiens de la Grèce ancienne con- 
viendront que les découvertes archéologiques ont singu- 
lièrement ajouté à l'idée qu'ils se faisaient de l'ardente 
activité de la race grecque et de la hâtive expansion de 
son influence sur l'ancien monde. Ce n'est pas seulement 
autour des ateliers de quelques grands maîtres qu'ont 
fleuri les merveilles du génie grec : de Gyrène à Panti- 
capée, sur la lisière du désert africain , comme à l'entrée 
des steppes de la Scythie, les fouilles off'rent le même 
spectacle de son inépuisable fécondité, d'une remarquable 
unité de goût et de style, que les légères différences de 
temps et de lieu ne font que mieux ressortir. Ailleurs 
nous trouvons l'hellénisme aux prises de très-bonne heure 
avec l'art oriental, dont il avait pu recevoir à l'origine 
quelques leçons élémentaires, mais qu'il refoule bientôt 
comme antipathique à son libre génie , en le supplantant 
sur son propre terrain. Au centre même de l'Italie, des 
milliers de monuments le montrent déjà dominant chez 
les Étrusques et chez d'autres tribus voisines , à une épo- 
que où l'on pouvait croire que la vieille Rome se formait 
dans un milieu plus isolé. De pareils faits n'appartien- 
nent pas seulement à l'histoire spéciale de l'art : ce sont 
de grands faits de l'histoire de la civilisation antique, et ce 
n'est pas par les historiens, c'est par les monuments que 
nous les connaissons. 

Tout nous engage , Messieurs , à consacrer en France, 
par nos exemples et par nos encouragements, le principe 
de l'unité des études helléniques. Nous ne pouvons oublier 
que notre Association représente elle-même ce principe, 
par la variété des éléments qui la forment. Nous ne comp- 



— LIX — 

tons pas seulement dans nos rangs des érudits , des pro- 
fesseurs, mais aussi des artistes, qui, au seul nom de 
la Grèce , ont répondu à notre appel , en s'excusant , non 
sans quelque fierté, de savoir mieux lire le grec sur les mo- 
numents que dans les livres. Ce n'est pas non plus, je pense, 
un simple hasard, mais un attrait naturel, qui nous a 
conduits dans ce palais des beaux-arts, où nous ne pouvons 
nous rendre à nos séances, sans trouver rangées sur notre 
chemin tant de statues grecques, qui semblent nous dire : 
« Ne passez pas si vite : nous aussi, nous sommes cette 
Grèce antique que vous cherchez ! » 



RAPPORT DE M. PIERRON 



SECRETAIRE 



SUR LES TRAVAUX DE L'ANNÉE 1874-75. 



Messieurs, 

Le mouvement des études grecques ne s'est point ralenti 
dans le cours de l'année 1874-1873. Nous avons reçu, 
comme l'an dernier, un grand nombre de publications 
qui témoignent très-honorablement et du zèle de nos 
compatriotes et de celui des savants de la Grèce contem- 
poraine : dissertations de critique et d'histoire, éditions, 
traductions, etc. Votre Commission des prix a examiné 
attentivement tous ces ouvrages, et les plus importants 
d'entre eux ont été l'objet de rapports aussi intéressants 
qu'approfondis. Ce n'est pas sans regret que votre secré- 
taire se résigne à passer sous silence la plupart de ces 
ouvrages ; mais il a été décidé qu'on ne parlerait que des 
livres qui, après mûre comparaison, ont paru dignes de 
vos récompenses. 

Vous avez quatre lauréats cette année ; car vos deux 
prix sont l'un et l'autre partagés : le prix ordinaire entre 
M. Sathas et M. Petit de Julleville, le prix Zographos entre 
M. Méliarakis et M. Dimitza. 

M. Constantin Sathas est un des anciens lauréats de 



— LXI — 



l'Association. La première moitié du prix ordinaire lui est 
décernée pour le quatrième volume de sa Bibliothèque 
grecque du moyen âge, volume préparé et imprimé à Paris, 
et qui contient VHistoire byzantine de Michel Psellus, 
suivie de plusieurs opuscules du même auteur. 

Cette publication fait le plus grand honneur à la science 
et au courage de M. Sathas. Le manuscrit 1712 de la 
Bibliothèque nationale d'où il a tiré la Chronographie de 
Psellus est unique et d'une incorrection déplorable. 
M. Miller, qui connaît à fond ce manuscrit, l'appelle en 
propres termes une étable d^Augias. M. Sathas a purgé le 
texte d'une innombrable quantité de fautes plus ou moins 
grossières. Il fallait une profonde connaissance de la lan- 
gue grecque, une application patiente, un talent distingué 
de paléographe et de critique pour retouver la véritable 
leçon sous certains mots prodigieusement défigurés. Ce 
n'est pas à dire que l'œuvre de M. Sathas soit irréprocha- 
ble. Tout le monde a lu, dans le Journal des Savants, 
l'article de M. Miller sur cette publication, et l'on se sou- 
vient des réserves exprimées par l'éminent arbitre des 
choses byzantines. Mais le jugement de M. Miller est en 
définitive très-favorable. Après avoir signalé toutes les 
difficultés de la tâche : «Aussi ne saurions-nous, dit-il, 
donner trop d'éloges au talent avec lequel le savant édi- 
teur s'est tiré d'affaire. Il a rendu un véritable service en 
publiant d'une manière correcte VHistoii^e de Psellus qui 
était désirée depuis si longtemps. » 

Ces dernières paroles font allusion aux projets suggérés 
depuis deux siècles aux philologues qui connaissaient le 
manuscrit de la Chronographie. Le dominicain Combéfis, 
au temps de Louis XIV, méditait la transcription et l'im- 
pression de ce texte précieux ; un autre dominicain, 
cent ans plus tard, le P. Michel Lequien, eut la même 
pensée. Hase de nos jours, Dubner, M. Miller lui-même, 
avaient commencé les travaux nécessaires pour une édi- 
tion grecque-latine. Mais tous ces projets ont avorté. 
Enfin M. Sathas nous a mis en possession du récit de 



— LXII — 

Psellus, qui n'embrasse pas moins d'un siècle entier 
(976-1077) de l'histoire grecque au moyen âge. 

Un autre intérêt du livre, c'est la longue et curieuse 
introduction qui précède la Chronographie. M. Sathas 
nous fait connaître à fond le personnage de Psellus, les 
ouvrages qui portent son nom, les détails de sa vie aven- 
tureuse. Ainsi ce n'est pas seulement pour avoir publié un 
précieux texte inédit que M. Sathas a mérité la récom- 
pense que lui décerne l'Association, c'est aussi pour ce 
qu'il ajoute à ce qu'on savait sur la littérature grecque du 
onzième siècle. 

L'autre moitié du prix ordinaire de l'Association est dé- 
cernée à M. Petit de Julleville, ancien membre de l'École 
française d'Athènes, docteur es lettres, professeur à la 
Faculté des lettres de Dijon. V Histoire de la Grèce sous la 
domination romaine, que nous couronnons aujourd'hui, est 
un livre composé avec art, riche de faits et écrit d'un fort 
bon style. Ce livre présente un tableau animé du troi- 
sième âge de la Grèce ancienne, c'est-à-dire de la période 
qui s'étend depuis l'établissement de la domination des 
Romains jusqu'à la fin du quatrième siècle de notre ère. 

L'auteur a vu la plupart des lieux où se passent les évé- 
nements qu'il raconte ; il a rédigé son récit d'après les 
textes mêmes des historiens antiques, sans négliger les 
géographes et les compilateurs. On voudrait seulement 
qu'il eût poussé plus loin ses investigations. Le spectacle 
des ruines de la Grèce, les Musées épigraphiques d'Athè- 
nes et de Paris auraient dû l'induire quelquefois à éten- 
dre son récit davantage, à en varier l'intérêt par des 
emprunts aux documents historiques si nombreux et si 
divers qui nous sont parvenus sur le marbre et sur le 
bronze. Son esprit flexible et sa plume facile y eussent 
trouvé matière à d'utiles et agréables additions : il y a 
là bien des traits de mœurs, quelquefois même des scènes 
entières de la vie hellénique dont il aurait fait son profit, 
et qui auraient donné encore plus de vie et de couleur à 
son tableau. Malgré ces lacunes, l'ouvrage est d'une haute 



I 



— LXIII — 

valeur. Il se recommande par un rare mérite d'ensemble, 
par un charme continu d'exposition. Il aura de nombreux 
lecteurs, et il tiendra une place très-honorable parmi les 
savants travaux publiés depuis une trentaine d'années sur 
la période romaine de l'histoire de la Grèce. Ce livre est 
un produit de l'enseignement public. Il nous offre la fidèle 
image des qualités éminemment françaises que M. Petit 
de Julleville porte dans sa chaire : une raison élevée, un 
sentiment délicat des choses de l'art, un talent naturel de 
mise en scène sans recherche ni affectation. Ces qualités 
gagneront à être de plus en plus soutenues par un sur- 
croît d'érudition curieuse et passionnée ; mais elles ont 
par elles-mêmes une valeur que nous aimons à reconnaî- 
tre et à récompenser. 

Le livre auquel nous décernons la première moitié du 
prix Zographos est le premier volume de l'ouvrage de 
M. Méliarakis intitulé Kux).a8ixà. Cet ouvrage aura trois 
volumes. Le premier contient un exposé de la géographie 
des Cyclades et l'histoire de ces îles jusqu'à la conquête 
vénitienne. Voici les mérites qui ont déterminé le juge- 
ment de votre Commission en faveur de M. Méliarakis. 

L'auteur des Kux).a5ixà est bien au courant de tous les 
travaux relatifs à son sujet qui ont été publiés en France 
et en Allemagne ; mais, tout en les citant, il ne manque 
jamais de renvoyer aux témoignages antiques, soit grecs, 
soit latins. Il a fait un excellent usage des textes .épigra- 
phiques.Ces textes sont d'un grand intérêt pour les Cycla- 
des, en particulier les listes des tributs payés aux Athé- 
niens par leurs anciens alliés devenus leurs sujets ; le 
traité d'alliance de 378, dont l'original, analysé par Dio- 
dore, a été retrouvé dans ces dernières années ; les comp- 
tes de l'Amphictyonie de Délos, etc. M. Méliarakis s'est 
abstenu avec raison de toute discussion épigraphique ; 
mais il a rendu service en faisant passer dans la science 
courante les renseignements que contiennent les inscrip- 
tions. En somme, M. Méliarakis fait preuve d'une érudi- 
tion étendue ; il connaît à fond les textes anciens et lef 



— LXIV — 

travaux modernes; sa méthode est bonne, son exposi- 
tion est claire, et les Kux).a8ixà sont un excellent livre. 

Ce livre provoquera sans nul doute, dans les îles de 
TArchipel, des recherches nouvelles et sérieuses : il pré- 
servera les savants locaux de ces erreurs ou de ces disser- 
tations trop superficielles qui remplissent la plupart des 
monographies composées par des Grecs. 

M. Margaritis Dimitza, qui partage avec M. Méliarakis 
le prix Zographos, est récompensé pour l'ensemble de ses 
travaux sur la Macédoine sa patrie , et non pas unique- 
ment pour tel ou tel de ses livres. 

Il faut louer ce savant d'avoir commencé par traduire, 
pour la répandre parmi ses compatriotes, l'excellente 
Histoire de la Macédoine avant Philippe^ par Otto Abel. Les 
trois volumes qu'il a publiés ensuite sous ce titre, Àpx,aCa 
ystoypacpCa tt^ç MaxeSovCaç, représentent une somme de re- 
cherches considérable, une réunion de textes et de docu- 
ments très-utiles pour la connaissance de l'ancien royaume 
de Philippe et d'Alexandre, même après l'ouvrage publié 
antérieurement en France sur le même sujet par M. Des- 
devises-du-Dézert, non sans profit pour M. Dimitza lui- 
même. L'avantage que donne à M. Dimitza son origine 
macédonienne se montre dans l'étude de quelques districts 
intérieurs qu'il a personnellement habités, et qui sont 
justement les moins connus. La science épigraphique lui 
doit même la communication d'un certain nombre d'ins- 
criptions inédites, qui ont été publiées soit dans le journal 
grec la Pandore, soit à la suite des Voyages de M. de Hahn 
dans la Turquie d'Europe. Pour le reste, la Géographie de 
la Macédoine de M. Dimitza est surtout un travail de clas- 
sement et de discussion. Si l'auteur la complète par d'au- 
tres études, comme semble le promettre le titre général 
de MaxsSovixà inscrit en tête de ses deux derniers volumes, 
on doit souhaiter qu'il fasse une plus large place aux élé- 
ments nouveaux fournis par les explorations contempo- 
raines. La France, depuis vingt années, dirige avec une 
particulière persévérance les efforts de ses voyageurs et 



LXV 



de ses archéologues vers cette tert^a incognita nommée la 
Macédoine. M. Dimitza tient bon compte de ces décou- 
vertes, au moins de celles qui ne sont pas de publication 
trop récente pour être facilement parvenues jusqu'à lui : 
cependant, s'il avait pu en avoir une connaissance plus 
directe et plus complète, un certain nombre de ses vues 
y eussent certainement gagné en nouveauté et en préci- 
sion. Le sol de la Macédoine, en livrant peu à peu ses 
secrets aux explorateurs, est seul en état maintenant 
d'ajouter quelque chose d'important aux documents con- 
nus, dont l'ouvrage de M. Dimitza offre le recueil le plus 
étendu qui ait encore été publié. 

Les séances mensuelles de l'Association ont été en gé- 
néral plus suivies cette année que les années précédentes. 
Nous y avons aussi entendu, parmi les communications, 
un plus grand nombre de mémoires destinés à V Annuaire. 
L'attrait de ces séances a été augmenté par une innova- 
tion heureuse due à M. de Saint-Hilaire. Notre savant se- 
crétaire-adjoint, qui suit avec une attention passionnée 
tous les mouvements de la littérature néo-hellénique, lit 
chaque mois un compte-rendu de ce qu'il y a de plus inté- 
ressant et dans les périodiques grecs, et dans les publi- 
cations de la librairie chez le peuple hellène. 

Nous terminerons par une requête en faveur de la 
bibliothèque de l'Association. Cette bibliothèque a besoin 
de s'accroître. Beaucoup de nos confrères ont écrit des 
ouvrages qui se rapportent à la Grèce, à sa langue, à sa 
littérature. Nous les prions instamment de faire don à la 
bibliothèque d'un exemplaire de chacun de ces ouvrages. 
Ils ne sauraient les mieux placer, puisqu'ils les mettent 
ainsi à la portée de tous les membres de l'Association ; car 
la bibliothèque est ouverte une fois par semaine à nos con- 
i frères, qui ont en outre la faculté d'emprunter les volumes. 

On trouvera, à la suite de ce rapport, les noms de nos 
lauréats universitaires de 1874, et la liste des livres offerts 
[en hommage à l'Association pendant l'année 1874-1875. 



PRIX DÉCERNÉS PAR L'ASSOCIATION 

DANS LES LYCÉES ET COLLÈGES. 

EN 1874. 



CONCOURS GÉNÉRAL DES LYCÉES ET COLLÈGES DE PARIS 
ET DE VERSAILLES. 

Rhétorique. Droz (Edouard-Léon), élève du lycée Henri IV. 
Seconde. Thomas (Antoine-André), élève du lycée Charlemagne. 
Troisième. Autonne, élève du lycée Louis-le-Grand. 

CONCOURS ACADÉMIQUES. 

Académie de Paris. De Massy (Léon), élève du lycée de d'Orléans. 

— de Douai. AnthoIne (Paul-François) , élève du lycée de 

Lille. 

— de Nancy. Dielh (Charles), élève du lycée de Nancy. 



PUBLICATIONS REÇUES PAR L'ASSOCIATION 

DANS LES SÉANCES D'AVRIL 1874 A MARS 1875. 



N, B. Les ouvrages marqués d'un astérisque ont été adressés à M. Pierron, 
secrétaire, qui on a fait don à la bibliothèque de l'Association. 



Ampela (Timoléon). — 'laropta Tri; vTQdou Supou (Syra) ànô tôjv àp- 
j^aioxaTwv xpovwv liéxP' '^**^^ ^*®' 'hv-^'^- Herraopolis de Syra, 
1874, in-8, xvi-736 p. 

— *0 Kauvstoç Ipw;. IIaX{xoi. — Athènes, 1868, in-12, 40 p. 

— Népwv. Syra, 1871, in-12, 104 p. 

— BipYivCa. Athènes, 1871, in-12, 88 p. 

— *EXsvy) TYJi; MiX^qtou. Id., ibid. 

— Aetov KaXXépyriç, Spâ(xa. /f/., ibid. 120 p. 

* Basiadis (Héroclès). — Aoyoç upoeSpixoç... Discours présidentiel, ou 
Exposé des travaux du syllogue philologique de Constantinople 
pour l'année 1873. Constantinople, 1874, in-12. 

Bernardakis. — Le Papier-monnaie dans l'antiquité. (Extrait du 
Journal des économistes.) Paris^ Guillaumin, 1874, in-8, 
23 p. 

Beulé. — L'Acropole d'Athènes. Nouvelle édition. Paris, FirminDi- 
dot, 1862, 1 vol. gr. in-8. (Don de l'éditeur.) 

— Études sur le Péloponnèse. Paris, F. Didot, 1855, 1 vol. gr. 

in-8. {Id.) 

— Phidias, drame antique. 2* éd. Paris, Didier, 1869, in-12. (/rf.) 

— Histoire de l'art grec avant Périclès. 2» éd. Paris, Didier, 1870, 

in-12. {Id.) 

— Fouilles et découvertes. 2* éd. Paris, Didier, 1873, 2 vol. 

in-12. {Id.) 
Bbzoles (R.), avec préface de M. Ém. Burnouf. — Science des re- 
ligions. Le Baptême. Paris, Maisonneuve, 1874, in-8, 228 p. 
(Don de l'éditeur.) 



— LXVIII — 

BiKELAS (Démétrius). — Ilepî Bvî^avttvwv {xeXéTYi. Londres, 1874, in-8, 
148 p. 

* Bratzanos (Milt. J.). — *0 Maupoyévyiç y^ Tîaioaywyiîtov èYxoXmov. 

2c édition, Athènes, 1872, in-8, 167 p. 

* — T6 ÔYi(JLOTixov (y/okeio-^ èv 'EXXàSi. Athènes, 1874, in-8, 20 p. 
Brunet de Presle. — Lettres autographes de Coray à Chardon de 

la Rochette. (Extrait de l'Annuaire.) Paris, impr. Chamerot, 

1873, in-8, 35 p. 

Chaignet. — Théorie de la déclinaison en grec et en latin. Thorin, 

1875, in-8, 126 p. 
CoMNos. — Ueber Numerirungs-System ftir wissenschaftliche geor- 

dnete Bibliotheken. Athen, 1874, in-8, 12 p. 
Croiset (M'^^). — De publicse eloquentise principiis apud Graecos in 

homericis Carminibus. Montpellier, 1874, in-8. (Thèse.) 

— Des Idées morales dans l'éloquence politique de Démostliène. 

Thèse. Paris, Thorin, 1874, in-8. 
Cusa (Salvatore). — I Diplomi greci ed arabi di Sicilia. Vol. I, part. 1. 

Palermo, 1868, in-4, 
Damaskinos (Ant.-B.) — Ixoixeia (puaix-rj? TcetpaixaTixYJç. Athènes, 1872, 

in-8. 

— Sxoixe^a YSwjjLSTpîaç Asys^Spou, Athènes, 1870, in-8. 

— STotxenoSyjç àptOjjLYixixi^. 2^ éd. Athènes, 1872, in-8. — 3» éd. 

Athènes et Constantinople, 1873, in-8. 

— SuXXoY^ àpi6|ji.yiTix(ov 7tpo6Xr,[jLàTtov. Athènes, 1872, in-8. 

— Sxoixeîa àpiOjjLTQTixti;. 2« éd. Athènes, 1873, in-8. 

— Ma9TQ(jLaTa çuc-ixYÎç 7ietpa(xaTix9^;. Athènes et Constantinople, 1873, 

in-8. 

— ÏToixstwoYii; (puffixY) irsipa(xaTix:Q. Athènes et Constantinople, 1873, 

in-8. 

— StoixêiwSoç àXyéêpa. Partie I. Athènes et Constantinople, 1874, 

in-8. 

Darembero et Saglio. — Dictionnaire des antiquités grecques et 
latines. Fasc. 3 (APO — AST). Paris, Hachette, 1874, in-4. 
(Don de l'éditeur.) 

DiMiTZA. — MaxeSovixà. — '\pxaîa Yetoypaçîa xîi; Maxe5ov(aç. Mépo; 
2. T(JLYi(ji,a 1. Athènes, 1874, in-8. 

DozoN. — Les Chants populaires bulgares. — Rapports sur une mis- 
sion littéraire en Macédoine. Paris, Durand, 1874, in-8. 

Dragoumi. — *I(Txoptxal àvajxv^^aecç. Athènes, 1874, in-8. 

Egger (E.). — Rapport à l'Académie des inscriptions au nom de la 
commission de l'École d'Athènes, lu le 6 novembre 1874. Paris, 

1874, in-4. 



— LXIX — 

— Notions élémentaires de grammaire comparée. 2^ éd. Paris, Du- 

rand et Pedone-Lauriel, 1875, in-12. (Don des éditeurs.) 
Ghéraki (Georges-Ath.). — *H *E7iiKeSo[xeTp{a... Citcô Kap. Kôtîtt/i, 
(ieTa9pa(T8£T(ia... Fatras, 1857, in-8. 

* — *H -Tepeo|xeTpia... Cino K. Kotitit), (xeTaçpa(j6eT<ja... Fatras, 1858, 

in-8. 

* — rpa(i.|xaTixTO Tfiii véac IXXyivixyj; yXwdffyiç. Athènes, 1872, in-12. 

* — *0 9O.0; Twv itaiStôv, tjToi àvaYvwcrfxaxa... Traduction de la 

216® édition allemande. Athènes, 1874, in-8, 

* — Mtxpà (jToijrettoSrj; recofjLsxpîa. 4° édition, Athènes, 1871, in-12. 

— *EY)(ctpîôtov àpi6{xr,Ttxïî; p.eTà<TuX)>oyîi;7Tpo6Xrj[AàT(ov xarà (TU(TTy,[xa 

Kap. KÔTzwi). 7° édition, Athènes, 1873, in-8. 

GiALUssi. — Grammaire raisonnée de la langue grecque contempo- 
raine comparée avec la langue grecque ancienne. Londres , 
1874, in-8, 258 p. 

GiDEL (A.-Ch.). — Études sur la littérature grecque moderne. Faris, 
Durand, 1866, in-8. 

— Histoire de la littérature française. Paris, Lemerre, 1875, in-16, 

472 p. 

GuBERNATis (Angelo de), traduit de l'anglais par Paul Regnaud, no- 
tice préliminaire de F. Baudry. — Mythologie zoologique, ou 
les Légendes animales. Paris, Durand et Pedone-Lauriel, 
1874, 2 vol. in-8. (Don des éditeurs.) 

HÉLiopouLos. — ^vxokoyi^ '^'^0' ^vyolo^'.-AYi àvOpwuoXoYÎa. Athènes , 
1869, in-8, 104 p. 

Hkxneguy. — Pantheia, étude antique, Paris, Jouaust, 1874, in-8, 
150 p. 

* Hypandreumenos. — *H ZrjvoCîa, ei; t6{j.ou; p'. Tome L Smyrne, 

1874, in-8. 

* Jasemidis (Périclès P.). — ^yàha tU XaTivou; (TuyYpaçeTç èÇyiYviTixà 

X. T. X. Tome L Corn. Nepos, Athènes, 1870, in-12. (Ici.) 

* — *EYxetpî5iov tyî; epyjdxeîaç xai fjLuôoXoYÎaç twv *EXXrjVWv xat *Pw- 

jxai'tov. 2" éd. augmentée et refondue. Athènes, 1871, in-8. (Id.) 

* KoRYLLos (Chr. P.). — nepi 6a|xaXeia<Tjjioû. Fatras, 1873, in-8, 

61 p. 

* KouPiTORis ( P. ). — Ae^ixôv XaTtvoeXXrjvixèv auvraxôèv (lèv ûtîÔ 

H. Ulrich, Siaaxeuaaôèv 6è xatà tô XaTivoYepjiavixôv toû 4>. A. 
'Eïvixiou. Athènes, 1873, in-12. (Id.) 
Lastik (Jean), édité par Ath. A. Sakellarios. — FaXXtxY) y^priaxo- 
{xaOeîa... Athènes, 1868, in-8. 

— édité par Sakellarios. — ÏTOixeiwÔTi; y*^^'"*^^ ■^ç)a[t.\t.ax{,%-f\... 

Athènes, 1873, in-8, 60 p. 
[LEviDi9(Nic.-D.). — Ta à^ixlti^avu (conférence). Athènes, in-8, 60 p. 



— LXX — 

LoucAS (G.)' — ^tXoXoY'.xai ÈTitaxé^l^et; twv sv Tto ^tc») xtôv vewxeptov 
KuTTpioJv (xvyi(jLeia)v twv àpxaitov. T. P"^. Athènes, 1874, in-8, 
200 p. 

* Manousis (F.). — SToixetwSyi; ygoi.\i\iaLXiy.fi... 3* édition. Athènes, 

1874, in-8, 96 p. 

* Mavrophrydis (Pérîclès Jasemidis, éditeur). — Ilepi tyjç èXe^siaç r, 

IXeYtaxYÎç uotiQCTewç twv àpxaiwv *EX^vwv. l'® partie. Athènes, 
1857. 

Meliarakis. — KuxXaStxà, f,TOi ye^Ypa^ta xaî IcxTOpia tùv xuxXaotJtwv 
viQffwv aTio Twv àpxatoxàTwv xpovwv, x. t. X. Athènes, 1874, in-8. 

Meunier. — Les Composés syntactiques en grec, etc. Extr. de l'An- 
nuaire pour 1873. Paris, Durand et Pedone-Lauriel, 1873, in-8. 
(Don des éditeurs.) 

* MiSTRiOTis (Georges). — Historia carminum homericorum (en langue 

grecque ancienne). Leipzig, List et Franke, 1867, in-8, 376 p. 

* — nXarwvixoî ôiàXoYOt èxôt56[xevot xax' èxXoYriv... Gorgias. Athènes, 

1872, in-8, xiv-328 vol. 
Naki (Nic.-B.). — Ta xaxà xriv t5pu(Tiv (jlvïjjxeîou i%\ toO toîçou 'Ap. 

KuTcpiavoû. Athènes, 1872, in-8, 16 p. 
Nestoridis. — IIpaYt^areia Tcepî ^'^x^?- Athènes, 1872, in-8, 140 p. 
Pantelidis. — AÔYo; i-x,<ptù\rfiz\<i xaxà tô ôyjjjLOTeXèç Mvï1|a6<7uvov toÛ àot- 

ôîfAou j^TroCTToXou 'ApffcxxT) (11 octobre 1874). Athènes, 1874, 

in-12, 12 p. 

* Papanicolaos (Ch.). — *EXXyivixyi Ypa{xii,aTixT?i,x. t. X. Athènes, Koro- 

milas frères, 1859, in-8, 72 p. 

* — 'E7riT0(xyi crvvTaxTixoù xaxà t6 ffUvxaxTixov K. *Aaa)7tiou. Athènes, 

1868, in-8, 80 p. 

* — rpaptjiaxixr) èXXrivixr)... xaxà t6 <j\Kïvt\^a. xoO àoiôifxou F. Fevva- 

otou. Athènes, 1868, p. in-8, 156 p. 
Paparrigopoulos (traducteurs, J. Blancard et Coquille). — Le Choix 
d'une épouse. (N°' de V Univers des l^"", 2, 10 mai 1874.) 

— 'I<Txopta xoû éXXY)vtxoy eôvou;. V« et dernier volume. Athènes , 

1874, in-8. 
Pappadoucas. — *0 âvOpcoTioi; xaxà xo 7îapeX6ov xal xo uapov aOxou <pi- 
Xoaoçtxtôç l^£xa!;6{XEvo;. Constantinople, 1873, in-8, 72 p. 

— TuxoXoYta è[JL7teiptx^. Constantinople, 1871, in-6, 146 p. 

— 'HÔiXYJ. Constantinople, 1873, in-8, 74 p. 

Pessonneaux. — Théâtre d'Euripide, traduction nouvelle. Paris, 
Charpentier, 1875, 2 vol. in-12. 

Petit de Julleville. — Histoire de la Grèce sous la domination ro- 
maine. Paris, Thorin, 1875, in-8, 400 p. 

Queux de Saint-Hilaire (le marquis de). — Alexandre Soutzos, sa vie 
et ses œuvres. (Extrait de l'Annuaire 1874.) In-8, 38 p. 



— LXXI ■— 

* Rosis (Zikos-D.). — Ilepî tyîç évtôaeax; Tiaawv Ttôv Opyiaxeiwv xal êx- 

xXrjdiwv. Athènes, 1868, in-8, 68 p. 
Ruelle (Ch.-Émile). — Traduction de quelques textes grecs inédits, 

recueillis en Espagne. Paris, Durand et Pedone-Lauriel, in-8, 

31 p. 
Sakellarios (Ath. A.). — ïà KuTtptaxâ. T. I, 1855; t. III. Athènes, 

1868, in-8. 

* — StoixeiwSïî; YetoYpaçi'a. S*' édit. Athènes, 1872, in-8, 40 p. 

* — Stoix. àpiôpL-zjTixiQ. Athènes, 1872, in-12 carré. 

* — Néov àvayvwfiaaTàptov. 6» édition. Athènes, 1872, in-12. 

* — 'DJ^ovixri xP^<rTO(xaOeia... Athènes, 1872 et 1873, 2 vol. in-8. 

* — ÎTOixeiwÔYi; éXXr,viX7i Ypd[|A{iaTiXTi... Il** édition corrigée. Athènes, 

1873, in-8, 76 p. 

* — XTOixeiwSYi; yewYpaçCa ttoXitixt), (laOrjjxaTixPi, x. t. >. 9° édition, 

Athènes, 1873, in-8, 192 p. 

* — IlaiSixri èyxuxXoiraiSeia. 3*édit. corrigée. Athènes, 1874, in-8. 

* — ÏToixeiwûrji; Y^^ypaçia twv TiaiSwv... Athènes, 1874, in-8, 52 p. 
Saripolos. — IIpaY|AaTeia tou (juvxaYixaTixou ôixatov. 2^ éd., t. II et 

III. Athènes, 1874, in-8. 
Sathas (C). — Bibliotheca grseca medii œvi. T. IV (Pselli Historia 

byzantina, etc.). Paris, 1874, in-8. 
Saint-Hilaire (Barthélémy). — L'Iliade d'Homère traduite en vers 

français. Paris, Didier, 1868, 2 vol. in-8. 

— Traduction des œuvres d'Aristote (Morale, Poétique, Physique, 

Météorologie, Production, etc., Mélissus, Traité du ciel. Rhé- 
torique, Politique). En tout 12 vol. in-8. 
Spathakis (Aristide-K.). *H vuixçïj rrici Me(y<rnvr)!;, neXoopatxa. Traduc- 
tion de l'allemand de Schiller. Athènes, 1861, in-12. 

— riepl Twv noXtTtxwv Twv Twixat'wv. Trad. de l'allemand de Kopp. 

Athènes, 1862. 

— EùaYY^^'^ôç xïjpuÇ, recueil théologique, pastoral et pédagogique, 

dirigé par MM. C. Kontogonos, Nie. Kaloghera et Arist. Spa- 
thakis. Athènes, années 1869, 1870, 1871, in-8. 
Talbot (Eugène). — Morceaux choisis des grands écrivains du sei- 
zième siècle. Paris, Delalain, 1874-75, in-16. 

— Histoire romaine. Paris, Lemerre, 1875, in-16. 

* Théophile (Georges). — IroixeiwSriç èXXrjvix^j Ypap-l^aTixiQ... 6* édit. 

Athènes, 1874, in-8, 64 p. 

Triantafillis (Constant) et Grappontos (Albert).— SvXXoyt^ éXXrjvixwv 
àvexSoTwv. Vol. I, fasc. 1. Venise, 1874, in-8. 

Virlet d'Aoust. — Description topographique et archéologique de la 
Troade. (Extr. des Comptes rendus de l'Académie des inscrip- 
tions.) Décembre 1874, in-8, 17 p. 



— LXXIl — 

Wagner (Guill.). — Histoire de Imberios et Margarona. Paris, Mai- 
sonneuve; Athènes, Coromilas, 1864. (N** 3 de la collection 
néohellénique de M. Emile Legrand, 2« série.) 

* Zannoubios (N.). — *Iepà l<yTopia. Athènes, 1870, in-12. 

* — *Iepà xaT^Qx^Q-t;. Athènes, 1873, in-12. 

Zaviziano (Const.). — Sugli avvenimenti preistorici studii, Naples, 

1871, 72 et 73, 2 vol. in-12 et un appendice. 
Zygoura (Xénophon-D.), — *0 àXr)6T?i; irpaxTiy.ô; pio; toû èfxiîopou. 

Constantinople, 1873, in-18, 260 p. 

* Anonyme. — Ilepi tyjç èv Butiviq ^EW^yivixyj; (txoXvîç, twv TipwTwv aÙTYÎ; 

StSadxàXwv xai. . . ptêXtoô^QXYiç. Nauplie, 1858, in-8, 38 p. 

PÉRIODIQUES. 

•O SwxpaTYiî (le Socrate), revue mensuelle, publiée à Athènes par 

M, Papadakis. Année 1874, jusqu'au n" 6. 
*0 Bupwv, revue mensuelle, publiée à Athènes par le Syllogue de 

même nom. Année 1874, n®* 1, 2, 5 à 9. 
•O ''Ojxripo; , revue mensuelle , publiée à Smyrne par le Syllogue de 

même nom. Année 1874, n^^ 1, 3, 4, 6, 8, 9, 10. 
Syllogue ami de l'instruction de Vodena (ancienne Macédoine). Compte 

rendu des travaux, Statuts. 
Syllogue littéraire hellénique d'Ibraïla (Roumanie) : -fi MéXi<yaa toû 

Aouvàêew;. 1874, in-8. 
La Clio, journal grec politique et littéraire, publié à Trieste. (Envoi 

intermittent.) 
Le Néologos, journal grec politique et littéraire, publié à Constanti- 
nople. (Envoi régulier.) 



RAPPORT 

DE 

LA COMMISSION ADMINISTRATIVE, 



Messieurs, 
Nous avons l'honneur de vous présenter les comptes de 
Recettes et Dépenses de l'Association pour 1874, ainsi que 
le Projet de budget pour 1875. 

Recettes en 1^94. 

Solde en caisse le 31 décembre 1873 : 

Compte de la Société générale 1,324 52 

Caisse du Trésorier 300 74 

Id. du Secrétaire 239 67 

1,864 93 1,864 93 
Produit des cotisations : 

3 versements de membres donateurs 300 » 

Arriéré de 1872 20 » 

Id. de 1873 1,070 » 

Cotisations ordinaires 5,260 » 

3 cotisations anticipées de 1875 30 » 

6,680 » 6,680 » 
Don du ministère de l'Instruction publique. 500 » 

Vente de livres 20 » 

Boni sur les comptes d*Odessa 34 » 

54 » 54 » 

Intérêts des fonds placés : 

15 coupons d'obligations du Midi 218 25 

121 id. id. de l'Ouest 1,760 54 

Solde des intérêts à la Société générale ... 1 06 35 

2,085 14 2,085 14 

Total des recettes 1 1 ,1 84 07 



-— LXXIV — 

Le montant des cotisations imputables à l'exercice 1874 
ne s'élève qu'à 6,680 francs, contre 7,9i0 francs en 1873. 
Nous sommes ainsi revenus, à quelques francs près, aux 
chiffres de 1872 (6,610 francs). Le nombre, variant chaque 
année, des nouveaux membres donateurs, suffit à expli- 
quer ces différences. En 1872, ce nombre était de 7 ; il 
s'est élevé à 15 en 1873 pour retomber à 3 en 1874; de là 
résulte immédiatement une infériorité de 1,200 francs 
dans les recettes de 1874 comparées à celles de 1873. 
L'arriéré des cotisations de 1873, rentré en 1874, est re- 
présenté dans nos recettes par une somme assez considé- 
rable (1,070 francs). Nous avons lieu d'espérer que l'ar- 
riéré de 1874 ne sera pas moins heureusement recouvré, 
et nous pouvons de ce chef porter une recette de 1,200 fr. 
dans nos prévisions budgétaires pour 1875. 

Une subvention de 500 francs a été accordée à l'Asso- 
ciation par le Ministre de l'Instruction publique, et spé- 
cialement destinée à la publication des Monuments grecs. 
D'autre part, le don annuel de 400 francs de l'Université 
d'Athènes ayant été versé d'avance l'année dernière et 
porté au compte des recettes de 1873, il en résulte une 
diminution d'autant dans nos recettes de 1874. 

MM. Durand et Pedone-Lauriel n'ayant point fourni à 
temps le compte de la vente de nos Annuaires, cette par- 
tie de nos recettes n'est représentée cette année que par 
la modique somme de 20 francs, dont 18 francs versés 
par la maison Hachette pour vente de six exemplaires de 
la Topographie de V Iliade. 

Hépen^es en 19941. 

Publication de l'Annuaire : 

Frais d'impression et brochage 5,320 » 

Planche autographiée 20 w 

M. Millet (plan pour Tannuaire) 33 » 

Monuments grecs : 

Impression et brochage 783 » 

A reporter. 6,156 » 



— LXXV — 

Rej)ort. 0,150 » 

A M. Jacquet, pour gravure d'une planche. 500 » 

A M. Sulpis, pour une gravure 405 » 

A M, Cil. Chardon, imprimeur en taille- 
douce 327 75 7,388 75 

Impressions diverses (M. Chamerot) 1873. 324 70 324 70 

Prix décernés par l'Association ; 
Prix de l'Association pour l'année 1874 : 

M. Wescher 1,000 » 

Prix Zographos pour l'année 1874 ; 

M. Emile Legrand 1,000 » 2,000 » 

Prix dans les lycées 229 10 229 10 

Indemnité à M. Ruelle, agent biblio- 
thécaire 1,000 » 1,000 » 

Compte de l'Agent : 
Frais d'envoi et de distribution de l'An- 
nuaire et des Monuments grecs 465 70 

Frais de correspondance, transports, cour- 
ses, fournitures de bureau 414 00 

Achat de livres, reliures, bibliothèque ... 60 » 

Services à l'École des Beaux-Arts 161 » 

Caisse de l'agent, le 31 décembre 1874. . . 109 81 1,210 57 

Compte du Trésorier ; 
Frais d'encaissement , correspondances , 

frais de garde des titres 255 89 255 89 

Profits et pertes 2 » 

' 12,4irôî 



Si nos recettes ont été supérieures aux prévisions bud- 
gétaires (9,993 fr. 73 c), nos dépenses ont également 
dépassé ces mêmes prévisions. Au lieu de 9,532 fr. 70, 
elles ont atteint 12,411 fr. 01, et l'excédant prévu de 
461 fr. 03 s'est transformé en un déficit de 1,226 fr. 94, 
puisque nos recettes n'ont été que de 11,184 fr. 07. 

L'Annuaire et les Monuments grecs nous ont coûté une 
somme totale de 7,388 fr. 75, au lieu des 4,500 francs qui 
avaient été votés lors de la fixation du budget. Il a déjà 
été décidé que nous nous tiendrions désormais dans des 
bornes plus modestes, et la souscription ouverte pour la 



I 



— LXXVI — 

publication des Monuments grecs permettra à l'avenir 
de donner à ce Recueil toute l'importance désirable sans 
que l'économie du budget de l'Association en soit at- 
teinte. 

Pour la régularité de la comptabilité, il est également 
à souhaiter que nos publications puissent être envoyées 
aux membres de l'Association avant le 31 décembre de 
l'exercice , c'est-à-dire avant que le trésorier ait arrêté 
ses comptes. Cette année, par exemple, quelques frais 
d'envoi faits en 1875 n'ont pu être compris dans notre 
état des dépenses, et seront regardés comme afférents à 
l'exercice 1875. 

Les revenus fixes de l'Association n'ont subi aucun 
changement depuis 1872. 



Projet de budget de 1^95. 

Recettes, 

Arrérages de 121 obligations de l'Ouest 1,760 54 

Id. de i 5 obligations du Midi 218 25 

Intérêts à la Société générale, environ 150 » 

2,128 79 

Total des cotisations évalué à 7,100 » 

Don annuel d'Athènes 400 » 

Vente de nos livres, Annuaires et Monuments 

grecs 250 » 

Subvention du Ministère de l'Instruction pu- 
blique pour la publication des Monuments 

grecs 500 » 

Soldes disponibles 109 81 

10,488 60 

Notre rapport de l'année dernière vous faisait pressen- 
tir que le chiffre des recettes pour 1874 n'excéderait pas 
de beaucoup celui des dépenses. Vous avez vu, par les 
comptes qui viennent de vous être soumis, que cette pré- 



— LXXVII — 

vision était sage, et pourtant votre rapporteur, s'appuyant 
sur les chifFres de l'exercice 1873, ne supposait certaine- 
ment pas que l'extension donnée aux publications de l'As- 
sociation allait entraîner les dépenses auxquelles nous 
avons été obligés de faire face. 

Votre commission de comptabilité a le devoir d'attirer 
votre attention sur le chiffre croissant de nos dépenses. 
Jusqu'à présent nous avons pu y faire face, mais en es- 
comptant jusqu'à un certain point l'avenir, puisque de- 
puis plusieurs années les sommes représentant le rachat 
de la cotisation annuelle des membres de l'Association 
ont été immédiatement employées. Parmi les dépenses 
que nous sommes obligés de faire, un certain nombre sont 
obligatoires : nous avons institué un prix de 1000 francs, 
des prix dans les lycées ; nous avons un agent-bibliothé- 
caire qui touche un traitement de 1000 francs. Pour cou- 
vrir ces dépenses, nous avons un revenu de 1,000 francs 
environ ; le reste doit être imputé sur le produit des coti- 
sations annuelles, ressource éminemment variable, et qui 
pourrait diminuer considérablement si un plus grand 
nombre des membres de l'Association rachetaient leur co- 
tisation par la somme une fois donnée de 100 francs. Déjà 
le nombre de nos membres donateurs est de près de cent, 
et nous avons à leur servir l'Annuaire et les Monuments 
grecs qui représentent une valeur assez considérable. 

Notre situation financière n'est en aucune manière in- 
quiétante; mais une stricte économie est plus que jamais 
nécessaire pour maintenir l'équilibre dans notre budget. 

Autant que faire se pourra, il ne faudra point, en 1875, 
dépasser les limites assignées déjà dans les propositions 
de budget de 1874, aux frais nécessités par la publication 
de l'Annuaire et des Monuments grecs. Les ressources 
I nouvelles créées par la souscription spéciale ouverte en 
vue de ces derniers devront être soigneusement ména- 
gées, car on ne peut guère espérer que le môme nombre 
ide généreux donateurs se retrouvera l'année prochaine. 

Votre commission vous propose donc de maintenir les 



— LXXVIII — 

prévisions budgétaires pour 1875 à peu près au chiffre 
adopté déjà pour 1874, savoir : 

Déficit de l'exercice 1874 1,227 95 

Frais de l'Annuaire 3,000 » 

Id. des Monuments grecs 1,500 » 

Frais d'envoi et de distribution 600 » 

Frais d'impressions diverses 300 » 

Indemnité à l'Agent bibliothécaire 1 ,000 » 

Dépense de l'Agence 250 » 

Frais de trésorerie 180 » 

Service k l'École des Beaux-Arts 1 50 » 

Prix de l'Association 1 ,000 » 

Prix Zographos 1 ,000 w 

Prix dans les lycées 250 » 

10,457 95 
Excédant. . . 30 65 

10,488 60 

Il faut ajouter à cette nomenclature de nos dépenses 
ordinaires une somme de 1,200 francs pour frais d'exécu- 
tion d'une médaille commandée par votre Comité, et qui 
sera sans aucun doute livrée dans le courant de cette an- 
née. Le prix pourra en être prélevé sur l'excédant pro- 
bable de nos recettes sur nos dépenses, et qui suffira 
certainement à couvrir le déficit causé par cette charge 
exceptionnelle, si votre Comité veut bien tenir la main à 
ce que les sommes portées aux prévisions budgétaires ne 
soient pas dépassées. 

Les Membres de la Commission administrative^ 

R. Dareste, F. Deltour, Gh. Jourdain^ 
Em. Pépin Lehalleur. 

Le Trésorier, 

A. Carrière. 



SOUSCRIPTION 

POUR LA 

PUBLICATION DES MONUMENTS GRECS 



A MESSIEURS LES MEMBRES 

DE 

L'ASSOCIATIOiN POUR L'ENCOURAGEMENT DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANCK 

Nos confrères sont témoins des sacrifices que nous 
faisons depuis trois ans pour mettre chaque année sous 
leurs yeux quelques beaux ouvrages de l'art grec, dont les 
reproductions, exécutées par des artistes habiles, ont ob- 
tenu le suffrage de tous les connaisseurs. Malgré les dé- 
penses qu'entraînent toujours les publications de ce 
genre, le Comité de l'Association désire que les fascicules 
de nos Monuments Grecs puissent toujours être envoyés, 
comme l'Annuaire, à tous les Membres de l'Association, 
sans aucun changement dans le prix de la cotisation an- 
nuelle de 10 francs. 

En conséquence, le Comité a résolu de s'adresser à la 
générosité déjà éprouvée des Membres de l'Association, et 
'ouvrir une souscription permanente et toute volontaire, 
l'effet de former peu à peu un fonds de réserve pour le 
dessin et la gravure des planches. Il recommande vi vê- 
lent cette souscription à tous ceux de nos confrères qui 
'intéressent au développement de cette partie de notre 
mvre. 



— LXXX — 

Les conditions de la souscription sont les suivantes : 

Article premier. 

La souscription pour les Monuments Grecs est fixée au 
minimum de 100 francs une fois versés. 

Art. 2. 

Les souscripteurs recevront le titre de Membres Fon- 
dateurs pour les Monuments Grecs, leurs noms formeront 
une liste à part, qui sera imprimée sur la couverture 
de chaque fascicule de notre publication archéologique. 
— Us auront droit à des exemplaires sur papier de 
choix. 

Art. 3. 

S'il y a des renouvellements de souscription, ils seront 
indiqués sur cette liste par la mention des années où la 
souscription aura été renouvelée. 

Art. i. 

Les souscriptions qui dépasseraient le chiffre de 
100 francs seront naturellement l'objet d'une mention 
spéciale dans le rapport annuel du trésorier. 

Art. 5. 

L'argent produit par les souscriptions formera un 
fonds de réserve, dans lequel on ne pourra puiser que 
sur une demande de la Commission archéologique et sur 
un vote favorable du Comité. 

LE COMITÉ DE EASSOCIATION. 



Nota. — Les souscriptions devront être adressées à M. Carrière, 
trésorier, 2, rue de Lille, à Paris. 



MEMOIRES ET NOTICES. 



DES DOCUMENTS 

QUI ONT SERVI AUX 

ANCIENS HISTORIENS GRECS 

Par m. É. Egger. 



Les pages qu'on va lire résument les premières leçons d'un cours 
professé durant l'année classique 1874-1875 à la Faculté des Lettres 
de Paris, sur les documents originaux qui ont servi ou pu servir aux 
historiens grées depuis le temps d'Hérodote jusqu'à celui de Dion 
Cassius (1) ; nous avons espéré que, même en leur rapidité, ces courts 
aperçus offriraient quelque intérêt aux amateurs de littérature 
ancienne et qu'ils pourraient les encourager à des études plus appro- 
fondies. 

C'est dans les premières années du cinquième siècle 
avant l'ère chrétienne, ou tout au plus dans les dernières 
du sixième, que commencent à se produire en Grèce la 
science et l'art historiques, dont les Grecs nous ont laissé 
,,de si beaux monuments, des monuments destinés à deve- 



(1) La première leçon de ce cours a été publiée dans la Hevue 
)olitique et littéraire du 19 décembre 1874. 



2 MÉMOIRES ET NOTICES. 

nir des modèles dans toutes les littératures de l'Occident. 
Gomment se constitua cette science des faits historiques 
et cet art de les raconter? quels furent les progrès et com- 
ment s'établirent les principes de la critique en ces ma- 
tières ? tel avait été le sujet d'un cours précédent ; nous 
avons voulu en compléter l'étude en poursuivant d'une 
manière plus spéciale la recherche des matériaux qu'em- 
ployèrent pour la rédaction de leurs livres les trois grands 
historiens de la Grèce classique et leurs imitateurs dans 
les temps qui ont suivi. 

A l'époque où s'ouvre pour nous cette recherche, c'est- 
à-dire au siècle de Pisistrateet de Solon, la Grèce ne pos- 
sédait guère d'autres documents sur sa vie passée que des 
poëmes, dont quatre seulement nous sont parvenus sous 
les noms d'Homère et d'Hésiode, poëmes longtemps con- 
servés par la mémoire seule et dont les copies écrites 
commençaient à se multiplier. Œuvre des temps héroï- 
ques, produit de la brillante adolescence des Hellènes, ces 
épopées et ces poëmes didactiques, longtemps admis par 
la foi populaire comme une fidèle expression des événe- 
ments d'autrefois, commençaient à rencontrer des audi- 
teurs ou des lecteurs moins crédules. Un certain éveil de 
la raison critique suscitait bien des scrupules et des dou- 
tes sur l'authenticité des faits poétiquement racontés dans 
V Iliade ou dans la Théogonie. Des événements si merveil- 
leux, si surnaturels, et, en même temps, des dieux si 
rapprochés de l'homme par leurs passions et par des tra- 
vers quelquefois ridicules, semblaient bien indignes de 
l'idée qu'un peuple raisonnable cherche à se faire de son 
histoire la plus ancienne, inférieurs à la perfection qu'une 
religion sensée aime à prêter aux êtres qui président à 
nos destinées. Après avoir été longtemps reproduites en 
vers, ces vieilles légendes passaient peu à peu dans des 
livres en prose. C'étaient autrefois les fidèles échos de la 
parole poétique et inspirée ; c'étaient les vers ailés (è'rsa 
■KTspdsvTa), comme le dit si souvent Homère. Refroidies en 
quelque sorte et fixées sous une forme nouvelle par les logo- 



DOCUMENTS DES ANCIENS HISTORIENS GRECS. 3 

graphes ou « écriveurs de prose », la poésie homérique et 
la poésie hésiodique laissaient apercevoir plus clairement 
les invraisemblances et les contradictions grossières dont 
elles abondent et qu'avaient longtemps cachées la richesse 
et le charme du divin langage. Mais si Hésiode n'était 
plus le fidèle et rigoureux historien des premiers âges du 
monde, si les drames homériques n'étaient plus l'exact 
témoignage de la vie héroïque des Hellènes aux yeux 
d'une raison plus exigeante de vérité positive, pouvait-on 
croire que tout cet éclat de poésie ne fût qu'illusion et 
mensonge, et qu'il ne recouvrît pas un fond de sérieuse 
réalité ? Malheureusement, ce fond de réalité, il était 
bien difficile de le retrouver et de le ressaisir sous le luxe 
d'images et de symboles dont l'avait jadis révolu la fé- 
conde et vive imagination des Hellènes. Ce monde pres- 
que enfant des âges héroïques n'avait eu pour observa- 
teurs et pour témoins que des enfants, enfants sublimes 
sans doute par l'inspiration quand ils s'appelaient Homère, 
mais môles eux-mêmes à toutes les illusions de l'imagina- 
tion populaire et comme entraînés par ce courant de la 
poésie guerrière et religieuse au milieu duquel s'agite la 
société des temps héroïques. Historiens et philosophes se 
mettaient à l'œuvre, les uns pour émonder le luxe des lé- 
gendes homériques et pour en dégager le peu de faits 
certains ou vraisemblables qu'ils y croyaient distinguer, 
les autres pour ramener par l'allégorie tant de récits 
étranges à un sens plus acceptable pour la conscience des 
générations nouvelles (1). La tâche était laborieuse et 
bien délicate ; elle aurait exigé une maturité d'esprit dont 
les logographes et les philosophes étaient bien loin en- 
îore; c'est à peine si, de nos jours, cette science de la 
^poésie primitive et de ses naïfs symboles a pu se donner 
une méthode régulière, et cela surtout en s'éclairant par 
lainte comparaison entre les poésies des peuples primi- 

(1) Voir, pour i)lus de détails, mon Essai sur l'histoire de la Criti* 
\ue chez les Grecs^ p. 55 et suiv. 



4 • MEMOIRES ET NOTICES. 

tifs et par une pénétrante connaissance de leurs langues. 
Aux temps des guerres mcdiques et jusqu'à celui d'Alexan- 
dre, la critique ne s'exerça d'ordinaire qu'au hasard et 
avec une hardiesse capricieuse à l'interprétation des récits 
épiques. Un disciple d'Isocrate, Éphore de Cyme, est le 
premier qui osa dire fermement que la vraisemblance des 
récits, pour une période fort ancienne de l'histoire, est 
d'autant plus grande qu'ils sont moins développés (1). Un 
siècle avant lui, Thucydide, comparant, dans la Préface 
de son livre, la guerre du Péloponnèse avec les guerres 
antérieures, interrogeait avec une discrète sagacité les 
témoignages homériques sur l'expédition des Grecs con- 
tre la ville de Troie : à quelques pages et presque à quel- 
ques lignes se réduisent les vérités qu'il en pouvait faire 
sortir. Ainsi l'histoire s'était vue, dès ses premiers débuts, 
en face des difficultés les plus délicates et les plus com- 
plexes : il n'est pas étonnant que son inexpérience ait usé 
bien des efforts sans les résoudre. 

Cependant, à côté des documents poétiques, commen- 
çaient à se multiplier des pièces d'une autorité plus rassu- 
rante, celles que, dès l'origine, on avait écrites sur la 
pierre et sur le bronze. C'étaient des épitaphes, des listes 
de magistrats, de prêtres, de prêtresses, des généalogies 
de familles royales, et même des traités de paix et d'al- 
liance entre les peuples. Là même, il y avait un choix à 
faire. La vanité des peuples et celle des familles royales 
ou sacerdotales s'étaient montrées peu scrupuleuses dans 
la rédaction de ces documents. Hérodote, qui ne néglige 
aucun moyen de s'éclairer et de s'assurer pour la connais- 
sance des choses antiques, rencontrait sur sa route bien 
des documents suspects, dont il se défiait quelquefois, dont 
il ne se défie pas toujours assez. Les principaux sanctuai- 
res de la Grèce étaient remplis de fausses reliques et 
d'offrandes à dédicaces mensongères. Ainsi à Delphes 

(1) Fragment 2^ de ses Histoires^ cité par Harpocration, au mot 



DOCUMENTS DES ANCIENS HISTORIENS GRECS. 5 

(c'est Hérodote lui-même qui nous l'apprend) les Lacédé- 
moniens s'étaient approprié , au moyen d'une fausse in- 
scription, l'honneur d'une offrande faite au dieu par le roi 
Grésus (1) ; dans le môme sanctuaire, on voyait un trépied 
consacré, disait-on, par le roi Amphitryon, en souvenir 
d'une prétendue viiîtoire qu'il avait remportée sur le roi 
des Téléboens (2). Ailleurs se lisaient des distiques qui 
nous sont parvenus et par lesquels Hercule honorait une 
nymphe, objet de ses passagères amours (3). Au temps de 
Plutarque, on déterra un jour une inscription en caractè- 
res indéchiffrables, où les habiles de ce temps crurent re- 
connaître l'épitaphe d'Alcmène [i). Dans les ruines d'Hali- 
carnasse, les voyageurs modernes ont retrouvé une liste dé 
prêtres de Neptune qui, de génération en génération, re- 
montaient jusqu'à un fils de Neptune lui-môme (5). Dans 
le Péloponnèse on voit jusque sous l'empire romain des 
personnages qui, sur leurs épitaphes, se donnent pour être, 
à tel ou tel degré, des descendants d'Hercule ou de l'un 
des Dioscures (6). A quel degré de ces généalogies étran- 
ges s'arrôtait la vérité et commençait la fable ? Il était 
bien difficile de le dire. C'est pourtant là, c'est dans les 
listes des vainqueurs aux jeux publics de la Grèce que 
l'on peut reconnaître les premiers jalons de la chrono- 
logie (7). 

L'astronomie, naissante alors, contribuait pour sa part 
à fixer la date de certains événements, quand ses calculs 

(1) Histoires, I, 51. 

(2) Le même historien, V, 59. 

(3) Pseudo-Aristote, Ilepl Ooufjiaffiwv àxoufffxaTwv, c. 133 (145 éd. 
Beckmann). 

(4) Du Génie de Socrate^ c. 5. 

(5) Corpus inscr. grœc, n. 2655. Le texte parvenu jusqu'à nous est 
une copie faite d'après une stèle plus ancienne. Cf. ihid., n. 170 et 
1050, des exemples semblables d'inscriptions recopiées dans l'antiquité 
même. 

(6) Corpus iyiscr. grxc., n. 1340, 1353, avec lesquels on pourra 
comparer les n<"» 1273, 1349, 1355, 1374, etc. 

(7) Voir le témoignage de Timée, relevé par Polybe, XII, 12. 



6 MÉMOIRES ET NOTICES. 

se rattachaient, comme pour la fameuse éclipse de Tha- 
ïes (1), à quelque fait signalé pour son importance dans le 
monde. En Béotie, le retour d'une fête religieuse était dé- 
terminé par un cycle lunaire (2) ; c'étaient là, comme les 
olympiades, autant de points assurés pour les écrivains 
qui se donnaient la tâche de rédiger soit les annales d'une 
ville, soit celles de la Grèce. Tout n'était pas authentique 
et sûr dans les éléments de cette chronologie. Le disque 
de cetiphitus, à qui on attribuait la restauration des jeux 
Olympiques, jadis fondés par Hercule, pouvait bien paraî- 
tre suspect, avec l'inscription qu'on y lisait (3) ; on le ran- 
gera tout près de la coupe donnée par Jupiter à Alcmène 
et que l'on montrait à l'un des premiers logographes, 
Charon de Lampsaque (4), tout près d'autres reliques, 
comme le sceptre d'Agamemnon (5) et le poignard d'Iphi- 
génie, prêtresse dans la Tauride, celui qui avait failli ser- 
vir au meurtre de son frère Oreste. De ce dernier, hélas! il 
y avait deux exemplaires conservés dans deux villes diffé- 
rentes (6), comme il y a tant de reliques doubles dans nos 
sanctuaires modernes. Mais quand Hérodote mentionne le 
trépied consacré à Delphes par les Grecs après la bataille 
de Platée (7), nous savons qu'il avait sous les yeux un 
monument sincère : car de ce monument transporté plus 



(1) Sur cette éclipse il me suffira de renvoyer au mémoire de Saint- 
Martin, t. XII (nouv. série) du Recueil de l'Académie des inscrip- 
tions. Cf. Cicéron, de Rep., I, 16, sur l'éclipsé qui coïncide avec la 
mort de Romulus. 

(2) Pausanias, IX, 3, 3, sur les fêtes appelées Deedala. Cf. Millier, 
ad Chron. Par., p. 569, éd. de la Bibliothèque Firmin-Didot. 

(3) Plutarque, Lycurgue, c. 1. 

(4) Athénée, XI, p. 475. 

(5) Pausanias, IX, 40. 

(6) Dion Cassius, XXXV, i\. 

(7) Histoires, IX, 81. Le travail le plus complet sur ce monument 
est, je crois, celui de M. Frick (Leipzig, 1859, in-8o); on consultera 
aussi avec profit le mémoire de M. Bourquelot, dans le tome XXVII 
du Recueil de la Société des Antiquaires de France. 



DOCUMENTS DES ANCIENS HISTORlEîiS GRECS. 7 

tard sur une place de Byzance, on a récemment retrouvé 
la partie la plus importante pour nous, je veux dire la co- 
lonne torse sur laquelle se lisent encore, en caractères ar- 
chaïques, les noms des trente-deux peuples qui prirent part 
à la victoire décisive de Thellénismesurles Asiatiques (7). 
Hérodote cite aussi, et fréquemment, les oracles du dieu 
de Delphes et des autres divinités fatidiques, ceux des 
devins qui, comme Bacis (1), parcouraient le monde en y 
semant des prédictions souvent obscures et mensongères, 
souvent inspirées par une très-sage politique (2). Il con- 
naissait encore des traités publics, gravés sur la pierre ou 
l'airain, et déposés dans des temples, sous une protection 
toute religieuse. Malheureusement, il n'en cite aucun 
exemple dans le texte authentique. Mais nous en avons de 
fort anciens, un même plus ancien qu'Hérodote, le fameux 
bronze d'Olympie, retrouvé, en 1815, dans le cours de 
l'Alphée, et qui est le premier, le plus vénérable document 
de la diplomatie européenne (3). Nous possédons aussi, 
depuis quelques années, d'autres conventions entre des 
peuples éolo-doriens , qui nous offrent une bien fidèle 
image de l'état de demi-barbarie où ils vivaient alors, tou- 
jours en armes les uns contre les autres, résignés à la 
piraterie comme à un mal nécessaire, et la soumettant du 
moins à certaines règles qui en atténuaient les ravages. 
Thucydide, qui a constaté ces mœurs de la Grèce primitive, 

(1) Il suffit, pour en trouver des exemples, d'ouvrir un index d'Hé- 
rodote au mot Oracula; consulter encore Plutarque, des Oracles 
de la Pythie, c. 19 ; Vie de Lycurgue^ c. 6; Contre Colotès, c. 7. 

(2) Voir sur ce sujet les judicieuses réflexions de M. Brunet de 
Presle dans son livre sur les Établissemeiits des Grecs en Sicile , pa- 
ges 75 et suiv. Quelques-uns de ces oracles se sont conservés sur les 
marbres. Voir, par exemple, le Corpus ijiscr. gr., n. 459 et 2717, et les 
Antiquités helléniques de Rangahé, n. 819, 820. 

(3) Sur ce monument et sur les autres pièces du même genre, qu'il 
me soit permis de renvoyer, une fois pour toutes, à mes Études histo- 
riques sur les traités publics chez les Ctrecs et chez les Romains, éd. 
de 1866, in-8**, et à un article inséré au Journal des Savants, cahier 
de janvier 1872. 



8 MÉMOIRES ET NOTICES. 

perpétuées jusqu'au temps où il écrit (1), aurait pu s'auto- 
riser, sur ce sujet, des tables de Chaleion et d'OEanthéa 
que des fouilles récentes ont rendues à la lumière. S'il ne 
l'a pas fait, du moins a-t-il eu l'heureuse idée d'insérer 
dans son texte les principaux instruments de la célèbre 
paix de Nicias. C'est un exemple que ses successeurs ont 
trop rarement suivi. Sans doute il fallait, pour ces docu- 
ments comme pour tant d'autres, se défier des faussaires; 
on alléguait alors de faux traités inscrits sur la pierre, 
comme plus tard on alléguait de fausses chartes. Mais la 
critique n'était pas absolument désarmée devant ces apo- 
cryphes ; Théopompe savait arguer de faux un prétendu 
traité entre les Grecs et les Perses, en se fondant sur le 
caractère trop moderne de l'écriture dans le document 
qu'il avait sous les yeux (2). 

La correspondance épistolaire, dont l'usage commençait 
à se répandre, pouvait aussi offrir quelques ressources à 
l'histoire (3). C'est certainement une dépêche authentique 
que le billet du Lacédémonien Hippocrate que les Athé- 
niens, un jour, interceptèrent, et que nous ont conservé 
Xénophon, puis Plutarque : « Tout va mal. Mindaros s'est 
sauvé. Nos hommes ont faim. Point de ressources. Que 
faut-il faire ? » On peut admettre aussi comme sincère 
pour le fond la lettre de Nicias aux Athéniens chez 
Thucydide ; mais le style est si bien celui même de l'anna- 
liste qu'elle est plusieurs fois citée par les anciens comme 
son ouvrage. Au reste, dès ce temps, circulaient sans 

(1) I, 6 : llàcra yàp i^ 'EXXàç coriÔYipoçopet ôicTTiep ol pàpêapoi. 2Y)[xeTov 
ô' êffxl Tauxa t-^; *EXXà8o<: en ouxto v£[JL6pi£va xwv tiots xai è; uàvxaç 

Ô(Jt.Ol(OV ÔcatTY)[l,àTWV. 

(2) Il est vrai que le texte que Théopompe avait sous les yeux 
pouvait être une copie, d'ailleurs sincère, de Toriginal. 

(3) Ici encore, je me permettrai de renvoyer, pour plus de détails, 
aux deux articles que j'ai publiés dans le Journal des Savants (cahiers 
de septembre et de novembre 1873) sur la collection des Epistolo- 
graphi grssci de Hercher, qui fait partie de la Bibliothèque grecque- 
latine de Firmin-Didot. 



DOCUMENTS DKS ANCIENS HISTORIENS GRECS. 9 

doute beaucoup de lettres apocryphes, dont le nombre ne 
cessa plus d'augmenter, grâce à l'esprit inventif des so- 
phistes, grâce à l'usage établi dans leurs écoles d'exercer 
les jeunes gens au style épistolaire sous le masque de 
personnages célèbres. Quand il nous donne la prétendue 
correspondance d'Amasis avec Polycrate , Hérodote ou 
bien se laisse prendre à quelqu'une de ces fraudes inno- 
centes, ou bien cède lui-môme à la tentation de rédiger 
pour ses lecteurs des lettres dont l'idée générale lui 
était seule fournie par une tradition populaire. Bien des 
pièces semblables, et d'aussi peu d'autorité, circulaient 
sous les noms de Solon, d'Hippocrate, d'Heraclite, deThé- 
mistocle. H nous en reste un assez grand nombre, qui ne 
sont pas toutes dignes d'un égal mépris, mais dont bien 
peu nous offrent des garanties de réelle authenticité. Cel- 
les de Thémistocle ont trouvé récemment un très-habile 
défenseur, le savant russe M. de KouLorga, qui a, du moins, 
démontré la grande légèreté de Bentley dans ses attaques 
contre le prétendu faussaire (1). Ce qui est certain, c'est 
que, dans l'état du monde que nous dépeignent Hérodote 
et Thucydide, le commerce épistolaire devait être borné, 
parce qu'il était coûteux et peu sûr. 

Si l'on écrivait peu de lettres, les orateurs écrivaient 
aussi rarement leurs discours (2), et laissaient aux histo- 
riens le soin de les refaire d'après des renseignements et 
des souvenirs plus ou moins trompeurs. Périclès tout le 
premier, Plutarque nous l'apprend (3), n'avait laissé d'au- 
tres écrits que les décrets proposés par lui au conseil et 
au peuple d'Athènes. De ces précieux modèles de la prose 
politique , pas une ligne n'est venue jusqu'à nous avec le 
marbre sur lequel alors on dut la graver, comme tant 

(1) Examen de la dissertation de Bentley sur l'authenticité des 
lettres de Thémistocle. Paris, 1861, m-i^. 

(2) Un témoignage trop peu remarqué, sur ce sujet, est celui de 
Platon, dans le Phèdre, c. 39, p. 257. 

(3) Vie de Périclès, c. 8, éd. Sintenis (c. 11 de la trad. fr. de 
Ricard). 



10 MÉMOIRES ET NOTICES. 

d'autres pièces qui méritaient moins de survivre et que 
nous lisons encore. Quelle joie ce serait pour les histo- 
riens et les antiquaires , si l'on déterrait un jour dans 
les ruines d'Athènes quelque décret portant la formule 
officielle : Péinclès auteur du décret^ mot à mot Périclès 
a dit^ ïlEptxV^ç zItzz ! De telles fortunes sont encore à es- 
pérer. 

Les lois, nous le savons du moins pour celles de Solon, 
furent dès l'origine gravées sur une matière solide, capable 
d'en conserver sûrement le texte. Mais cela ne suffit pas 
pour nous donner toute confiance en des textes comme les 
préambules des lois de Zaleucus et de Charondas, tels que 
nous les a transmis la compilation de Stobée. Les extraits 
de la législation solonienne, dans les orateurs attiques et 
dans Plutarque, nous semblent plus clairement authenti- 
ques. Plutarque avait encore vu, au Prytanée d'Athènes, 
quelques débris des vénérables axones sur lesquels on 
Tavait originairement gravée et d'où elle avait été trans- 
crite plus tard, avec une orthographe plus conforme au 
nouvel usage attique (1). Les lois de Dracon lui-même, 
antérieures à celles de Solon, et dont quelques articles 
n'étaient pas abrogés, étaient encore transcrites officielle- 
ment au iv'' siècle avant l'ère chrétienne, comme on le 
voit par une inscription naguère découverte dans les rui- 
nes d'Athènes (2). En 403, après la chute des Trente et le 
rétablissement de la démocratie, les Athéniens avaient 
ordonné une révision sévère et une transcription exacte 
de leurs vieux documents législatifs. Cette opération ne 
s'était pas accomplie avec une entière fidélité ; nous en 
avons la preuve dans le discours de Lysias contre Nïcoma- 
que; mais ce discours même nous montre qu'on le sur- 
veillait avec une juste défiance, et que les archives du 

(1) Vie de Solon, c. 25. 

(2) Rangabé^ Antiq. helL, n. 259 (cf. n. 425 et 430, au sujet des 
commissaires nommés pour les transcriptions) ; Kirchhoif, Inscr. 
atticœ, n. 61 ; et surtout le mémoire de Kœhler, dans l'Hermès, II, 
p. 27 et suiv. 



DOCUMENTS DES ANCIENS HISTORIENS GRECS. 11 

Meti'oon (temple de Cybèle, mère des dieux), comme celles 
de l'Acropole, n'admettaient pas sans contrôle les textes 
ainsi reproduits sur le marbre. Les historiens avaient 
donc là une riche mine à exploiter, et il est surpre- 
nant que Xénophon, ou l'auteur, quel qu'il soit, du petit 
traité siw la République des Athéniens, n'y ait pas fait de 
plus larges emprunts. Ils nous eussent épargné bien des 
regrets dans l'étude de cette belle période de l'hellénisme, 
bien des embarras pour la reconstitution de l'histoire 
d'Athènes. 

Non moins instructifs pour nous sont les décrets portés 
en exécution des lois et règlements, les pièces des procès 
soulevés par l'application de ces lois et de ces règlements. 
Quelques procès d'un intérêt public ont duré plus d'un 
siècle, comme celui du sanctuaire d'Amphiaraiis, à Oro- 
pos, sur les frontières de l'Attique et de la Béotie, comme 
la controverse entre Samos et Priène sur la détermina- 
tion de leurs frontières. On n'a que des fragments de ces 
dossiers qui nous seraient si précieux pour la connaissance 
du droit public chez les anciens (1). Il y a telle loi, tel 
usage, fort intéressant pour ce qu'on peut appeler l'his- 
toire morale de l'hellénisme, qui nous est uniquement 
connu par les inscriptions : tel est le procédé d'affranchis- 
sement sous forme" de vente à un dieu, dont pas un auteur 
grec ou latin parvenu jusqu'à nous n'a conservé le moin- 
dre souvenir, et dont l'esprit, comme l'économie, nous 
est révélé par les centaines d'actes copiés sur le soubas- 
sement du temple d'Apollon, à Delphes, par nos compa- 
triotes MM. Foucart et Wescher (2). Gela seul peut nous 
faire apprécier l'étendue de nos pertes. 

(1) Sur le sanctuaire d'Oropos, voir, outre le discours récemment 
retrouvé d'Hypéride pour Euxénippe, Plutarque, Vie de Démo- 
sthène, c. 5 ; Rangabé, Antiq. helL, n. 678 (t. II, p. 258-2G1). Sur la 
controverse entre Samos et Priène, mon mémoire sur les Traités pu- 
blicsy p. 70-71, où je renvoie aux textes anciens sur ce sujet. 

(2) Inscriptions recueillies à Delphes et publiées pour la première 
fois par Wescher et Foucart, Paris, 1863, ln-8o; Foucart, Mémoire sur 



12 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Dans tout ce qui précède, on a dû remarquer que les 
documents mentionnés étaient d'ordinaire des textes gra- 
vés sur la pierre ou sur le bronze ; c'est qu'en effet, jus- 
qu'à la fm du siècle de Périclès, le papier était rare et coû- 
tait fort cher en Grèce. La chose, à première vue, peut 
sembler étranp,e. Depuis trois mille ans environ les Egyp- 
tiens avaient trouvé dans le roseau papyrus la matière 
d'un papier poli, suffisamment léger pour être de facile 
transport, et qui, chez eux en particulier, grâce à l'heu- 
reuse température de leur pays, pouvait se conserver 
pendant bien des siècles sans détriment notable ; il nous 
en reste aujourd'hui de longs rouleaux, dont quelques- 
uns remontent jusqu'au temps de l'Exode (1). D'autre 
part, il est certain aujourd'hui que les pharaons eurent 
avec les États grecs de fréquents rapports, ne fût-ce que 
par la guerre, dès les temps qui, pour la Grèce, s'appellent 
l'âge héroïque (2). Néanmoins c'est seulement à partir de 
la dynastie Saïte, que des rapports réguliers paraissent 
s'être établis entre les Hellènes et les habitants de la val- 
lée du Nil. On lit, sur un des colosses d'Ipsamboul, les 
noms de plusieurs soldats grecs qui avaient accompagné 
jusque-là le roi Psamméticus (3). Ces mercenaires sont 
les premiers, à vrai dire, qui fondèrent le long du Nil des 
comptoirs de commerce, et probablement les premiers qui 
répandirent dans le monde grec ce précieux produit de 
l'industrie égyptienne resté jusqu'alors presque inconnu 
en dehors de l'Egypte (4). L'écriture cadméenne, origi- 

V affranchissement des esclaves par forme de vente à une divinité, Pa- 
ris, 1867, in-8° (extrait des Archives des Missions scientifiques et litté- 
raires). 

(1) Fr. Lenormant , les Livres chez les Égyptiens, Paris, 1857 
(extrait du Correspojidant). 

(2) E. de Rougé, Extrait d'un mémoire sur les attaques dirigées 
contre l'Egypte par les peuples de la Méditerranée vers le xiv^ siècle 
avant notre ère (Revue archéologique de 1867); Corpus inscr. grsec, 
n. 4979. 

(3) Corpus inscr. grxc, n. 5126'^ 

(4) Voir la note A de mon Essai sur l'histoire de In Critique, 



DOCUMENTS DES ANCIENS IIISTOIUENS GRECS. 13 

naire aussi de l'Egypte (1), était sans doute depuis long- 
temps pratiquée ; mais les seules matières sur lesquelles 
on la déposât étaient des plaques de pierre ou de métal, 
ou des peaux de bête plus ou moins grossièrement prépa- 
rées. Cela ne pouvait guère suffire à la rédaction de pièces 
qui eussent quelque étendue; et, en effet, les plus ancien- 
nes inscriptions grecques, celles où nous croyons recon- 
naître les premiers tâtonnements d'un ciseau inexpéri- 
menté, sont toutes d'une brièveté extrême et elles ne re- 
montent guère pour leur date au-delà du sixième siècle. Le 
traité de paix entre les Héréens et les Éléens, sur la plaque 
d'Olympie, que nous citions plus baut, n'a pas plus de 
onze lignes ; les formules funéraires ne sont pas moins 
concises. Tout témoigne de la difficulté que l'on éprou- 
vait pour fixer par l'écriture de longs morceaux en vers 
ou en prose. L'importation du papyrus dut changer assez 
rapidement cet état de choses : on en a la preuve dans 
l'aspect tout nouveau que prend alors la littérature grec- 
que ; c'est en ce temps que la prose y fait son apparition 
et qu'elle devient la forme habituelle du savoir humain, 
chez les médecins, chez les historiens, chez les philoso- 
phes. C'est au siècle de Pisistrate que pour la première 
fois on voit mentionnées des 6/6//oMè(/wes, c'est-à-dire des 
dépôts de biblia ou d'ouvrages écrits sur papyrus [biblos). 
Mais le papyrus ne paraît pas avoir pris promptement 
possession du marché dans la Grèce, déjà si savante et si 
curieuse des plaisirs de l'esprit. Deux siècles environ 
après que ce papier circulait dans Athènes, on voit que le 
prix en était encore très-élevé, et qu'on employait tou- 
jours en concurrence avec lui des planchettes de bois. 
C'est ce que nous apprend le compte des dépenses faites 



p. 485-493 : De l'influence que rimpoi'tation du papyrus égyptien en 
Grèce exerça sur le développement de la littérature grecque. 

(1) On sait que cette origine a été démontrée dans le beau mémoire 
de feu E. de Rougé, mémoire qu'on a cru longtemps perdu, mais 
[ue vient enfin de publier (Paris, 1874) son fils M. J. de Rougé. 



U MÉMOIRES ET NOTICES. 

par les Athéniens pour le célèbre temple d'Érechthée, 
dont quelques pages sont parvenues jusqu'à nous dans la 
copie sur marbre qui était déposée à l'Acropole. On y voit 
mentionnées ces planchettes, sous le nom des sanïdes, 
et les feuilles de papier ou chartai qui servaient chaque 
jour aux entrepreneurs de ces grands travaux (1). Or la 
feuille de papier, dont le prix est coté sur le marbre, va- 
lait alors à peu près ce que vaut une rame de papier 
ordinaire pour l'usage de nos écoliers. Voilà des calculs 
et des rapprochements d'un caractère bien matériel ; mais 
comment n'en pas tirer les plus graves conséquences pour 
ce qui touche à la science historique ? Quand Hécatée ou 
Hérodote visitaient l'Egypte, ils trouvaient non -seule- 
ment de longues pages d'écriture sur les parois de ses 
monuments, mais d'innombrables documents sur papy- 
rus dans les archives et les bibliothèques. S'ils n'en ont 
pas tiré meilleur parti pour nous faire connaître la civili- 
sation égyptienne, c'est qu'ils ne connaissaient pas la lan- 
gue du pays, c'est qu'ils n'en pouvaient déchiffrer les di- 
verses écritures, et que dans les explications ou dans les 
récits de leurs guides ils ne pouvaient pas facilement dis- 
tinguer le roman et l'histoire, les mensonges de la vanité 
sacerdotale et les témoignages véridiques (2). Mais, rentrés 
en Grèce, ils n'y rencontraient encore, dans les palais, 
dans les archives religieuses, que des documents bien 
maigres en comparaison des immenses richesses que 
l'Egypte leur avait offertes." Tant que l'histoire n'a pu 
être écrite sur une matière commode, en caractères cou- 
rants, par des témoins et par des contemporains des 
événements, ou peut dire que la vérité historique, cons- 
tatée seulement sur le marbre ou sur la pierre, ne formait 
pas un véritable corps et n'en offrait guère que des frag- 
ments épars. Ces réflexions, peut-être attristantes quand 

(1) Voir, dans mes Mémoires d'histoire anciejine et de philologie^ 
p. 135-140 : Sur le prix du papier au temps de Périclès» 

(2) On a un exemple de ces méprises dans le trop court mémoire 
de M. Maspero qui fait partie du présent Annuairei 



DOCUMENTS DES ANCIENS HISTORIENS GRECS. 15 

nous songeons au grand éclat que jetaient alors les arts 
dans la patrie de Périclès, tournent, au contraire, à l'hon- 
neur d'écrivains tels qu'Hérodote et Thucydide. Pour 
que, dans des conditions si difficiles, ces hommes aient 
produit des œuvres déjà si instructives et d'une exécution 
déjà si parfaite, il a fallu de leur part un prodigieux effort 
de curiosit, de patience et de talent. On se sent bien 
plus disposé à les louer de ce qu'ils ont fait, qu'à les blâ- 
mer de ce qu'ils ne savaient ou ne pouvaient pas faire. 



I 



FRAGMENT D'UN COMMENTAIRE 



SCR 



LE SECOND LIVRE D'HERODOTE 



Par m. g. Maspero. 



II, CXXY. 



2£<r»^[i-avTa(. Ôè 8ià ypajxji-àTwv AlyuiTTitov èv ttj irupaiz-îôi ô'ffa è'ç 
T£ (îup[jt,aiY|v xal xp6jJ-|JLua xal axdpoSa àvaiaijAwB-f] xoXai èpyaS^ojAé- 
voiai • xal a)ç â{i-è su [JL£{i,VYj(j6ai, xà 6 ip[j.Y]V£Ù(; [aoi â7:t)^£Y6{X£VO(; xà 
Ypà|JHJi.aTa è'cpY), ê^axdaia xal j(_(li,a Tà"XavTa àpyupCou T£T£);£<y6ai.. 

Les Égyptiens n'avaient pas l'habitude d'enregistrer sur 
les monuments le coût des matériaux employés, encore 
moins les sommes dépensées à la nourriture des ouvriers. 
Il y a donc une erreur dans le passage où Hérodote ra- 
conte ({ qu'une inscription en lettres égyptiennes gravée 
« sur la grande pyramide apprend combien de radis, 
« d'oignons et d'aulx les ouvriers avaient consommé pen- 
« dant la construction : môme je me rappelle fort bien 
« qu'au dire de l'interprète qui me traduisait l'inscription, 
« il y en avait pour seize cents talents d'argent (1). » 
L'inscription existait : Hérodote l'avait vue et son témoi- 
gnage ne doit jamais être mis en doute quand il s'agit 
d'objets qu'il assure avoir vus lui-môme. Elle devait ren- 

(1) II, CXXV. 



I 



COMMENTAIRE SUR LE SECOND LIVRE D'HÉRODOTE. 17 

fermer des chiffres disposés de manière à faire croire qu'il 
y était question d'une somme assez forte. L'erreur pro- 
vient d'une mauvaise interprétation du monument : ou 
Hérodote a mal compris l'interprète égyptien, ou l'inter- 
prète égyptien comprenait mal le texte. Les termes dont 
Hérodote se sert excluent toute erreur de sa part : xal w; 

èixè z\) {X£!XVY^aOa!. xà 6 Ipavjveij;; [xoi èTcilsydasvoç Ta ypà|j,[j.aTa 

è'cpY) X. T. "X. Il répétait à peu près mot pour mot l'explica- 
tion qu'on lui avait donnée : si cette explication n'est pas 
exacte, la faute en est tout entière au guide égyptien. 

J'ai cherché, parmi les formules ordinaires des monu- 
ments, celles qui ont pu servir de thème aux développe- 
ments des guides et donner un semblant de vérité histori- 
que à la légende des oignons. Les pyramides se dressent 
au milieu d'un des plus vieux cimetières de l'Egypte et 
sont elles-mêmes des tombeaux plus grands que les au- 
tres : c'est donc aux formules funéraires qu'il faut s'adres- 
ser de préférence. La formule la plus commune, celle qui 
se trouve sur la plupart des stèles du Louvre est conçue 
en ces termes : « Proscynème à Osiri's dans l'Ouest pour 
« qu'il donne des rations funéraires en pains, liquides, bœufs^ 
« volailles, vin^ huile, encens, étoffes, en toutes les choses bon- 
« nés et pures dont subsiste Dieu, que donne le ciel, que pro- 
« duit la terre, que le Nil apporte de sa source, au défunt N, 
« né de la dame N. « Cette légende est illustrée d'ordinaire 
par un tableau où l'on voit le défunt assis devant un gué- 
ridon chargé d'oies, de pains, d'oignons et de diverses 
offrandes. Une variante fréquente donne, au lieu de la 
mention indéterminée, en pains, liquides, etc., une tour- 
ure plus précise : « pour qu'il donne des rations funérailles 
en milliers de pains , milliers de vases de liquides, mil- 
liers de bœufs, milliers de volailles, milliers de toutes les 
« choses bonnes et pures dont subsiste Dieu. )> Une autre va- 
riante place souvent en évidence au-dessus du guéridon 
rénumération par milliers des objets d'offrandes qui y 
sont posés : « i, 000 pains, 1,000 vases de vin, 1,000 pièces 
d'étoffes, etc. » : c'est un inventaire. Les inscriptions de 



I 



18 MÉMOIRES ET NOTICES. 

cette nature ne devaient pas être rares sur le revêtement 
de la pyramide (1). Les Égyptiens avaient la manie de lais- 
ser partout sur les rochers et sur les monuments la trace 
de leur passage : les environs de certaines localités, la porte 
de certains temples, les parois des tombeaux célèbres, sont 
couverts de proscynèmes où les touristes égyptiens avaient 
pris soin de consigner leurs impressions. Souvent, au lieu 
de son nom et sa filiation sans plus, le visiteur faisait gra- 
ver une stèle d'adoration où il se souhaitait à lui-même 
toutes les bonnes choses qu'on avait accoutumé de sou- 
haiter aux morts. J'imagine que l'inscription vue par 
Hérodote et traduite par son guide était un simple proscy- 
nème où les offrandes consacrées étaient énumérées par 
milliers. Le guide, soit ignorance, soit désir d'étonner le 
barbare qu'il conduisait, changea les milliers d'offrandes 
funéraires en milliers d'objets consommés par les cons- 
tructeurs de la pyramide. Diodore copia plus tard Héro- 
dote (2); Pline traduisit en latin le récit des écrivains 
grecs (3). Jusqu'à nos jours, on a considéré comme bien 
acquis à l'histoire les seize cents talents d'argent dont la 
passion des ouvriers égyptiens pour le radis, l'oignon et 
l'ail avait grevé le budget de Khéops. 



(1) M. Letronne a consacré une partie de son Mémoire Sw le revê- 
tement des Pyramides de Gizeh à l'examen des témoignages anciens 
et modernes qui prouvent l'existence sur la grande pyramide de nom- 
breuses inscriptions. Il pensait qu'une partie au moins d'entre elles 
remontaient à l'époque de la construction du monument. On ne sau- 
rait trop répéter que, d'après toutes les analogies connues, le revête- 
ment des pyramides, égyptiennes ou éthiopiennes était entièrement 
nu : les inscriptions et les tableaux officiels ne se rencontrent que sur 
les murs du petit édifice ou de la porte monumentale qui signalait 
l'entrée du tombeau. Les nombreuses inscriptions dont parlent les 
auteurs anciens et les écrivains arabes du moyen âge sont donc ou les 
proscynèmes des visiteurs d'époque pharaonique ou la marque de 
passage des touristes grecs et romains. 

(2) I, 64. 

(3) H. Nat., XXXVI, 12. 



COMMENTAIRE SUR LE SECOND LIVRE D'HÉRODOTE. 19 

II, CXXVI. 

Eç toCto 8è èlOetv Xéoua xaxdrTjTOç wgt£ )^pY][/.àT(ov Ô£(5{X£Vov 
Tr|v 6'jyaTépa rr^v Iwutoîî xaxCaavTa èii' olxr,[xaTO<; irpoaTà^ai 
TcpTqaasaOai. àpyùptov ôxocjovSy^ ti • où y*? S'H 'fO'J'^<5 ys è7.eYOV • tyjv 
8è Ta T£ U7CÔ ToO Tratpôç Tajç^ôlvxa ';rp-ï^a(î£c6ai, iStYi 8è xal ajTr,v 
8(.avoY)67ivai {JLVY] {XTqïov xaxa'Xt.Ttéaôat, xal tou laidvTOç -Trpôç aùrrjv 
IxacTou ôécGÔai ô'xwç 3tv aOriJ k'va >.(6ov èv Totai è'pyoïai SwpéoiTo. 
Ex TOUTwv 8è Ttov ).(6(ov è'cpacav rriv 7T:upa|x(Ôa olxo5o|j-Y)6Y)vai rrjv 
âv ^iciù TcJv Tpicjv éaT7)xuCav, èy-jrpoaôs rî^ç [X£yàl*r)ç irupajiCSoç, 
TÎ^ç iaxl TÔ xa)).ov k'xaaxov ô').oi» xal 'f\\LiGzo<; Tiléôpou. 

Les fouilles des dernières années ont fait connaître 
le nom d'une fille de Khéops, Hont-sen, à qui son père 
avait voué, paraît-il, une affection particulière : tout en 
construisant la grande pyramide, il lui faisait bâtir et or- 
ner avec soin une pyramide funéraire près du temple 
d'Isis, dame du Rostà. Si ce tombeau n'avait pas eu plus 
d'importance que les nombreux tombeaux qui couvrent 
la plaine de Gizeh, il est peu probable que les contempo- 
rains eussent pris soin de le mentionner. Je serais donc 
assez porté à y reconnaître la pyramide dont parle Héro- 
dote, laquelle avait à la base un plèthre et demi de côté. 
Hontsen pourrait être celle des filles de Khéops à qui la 
légende populaire attribuait l'étrange aventure racontée 
dans ce chapitre. 

L'histoire de la fille de Khéops présente l'analogie la 
plus frappante avec un passage du conte de Rhampsinite. 
Tov ôè p»acOv£a... Ttàvxwç ^ouT^dji-evov sôpeS-^vai ôatiç xotI eïy) 6 
-ra'jta |j,Yj)^avE(o|jt,evo(;, itofî^'jaC {jliv xàSs, I[jloI [làv oO Triaxà* r^v 
Ouyarépa tyiv £wutou xatCaai eu' olxv^fjiaToç, lvT£i,ld[j,£vov, itàviaç 
T£ 6[j.o(6)ç T:poa8éx£a0at, xal Tcplv <yuyy£véaOai, àvayxd^Eiv >.éy£iv 
aÙTTi ÔTi 8"^ èv Tw ^tiù è'pyafJTai aÔTw (jocpwTaTOv xal àvoffiwTaTOv 
Ô; 8' âv àTC'/)yY^Tr)Ta!, xà itspl tov cpwpa y£y£VYi[A£va, toutov auXkoLiL- 

^v£!.v xal irri àuiévai è'^w (1). Dans les dcux cas la donnée 

(1) II, CXXl. 



20 MEMOIRES ET NOTICES. 

est la même : un roi prostitue sa fille pour arriver à une 
certaine fin. Les quelques romans ou débris de romans 
égyptiens qui sont arrivés jusqu'à nous ne renferment 
aucune situation qui réponde exactement aux péripéties 
des deux contes recueillis par l'historien grec. Il y a pour- 
tant dans le roman de Setné une scène dont l'intention 
rappelle les scènes du roman de Rhampsinite et de celui 
de Khéops. Setné s'est emparé d'un livre magique dont la 
possession lui donne tout pouvoir sur les éléments : les 
forces surnaturelles essaient de le lui reprendre et se 
servent d'une femme pour arriver à leur fin. « Après cela, 
( il arriva qu'un jour où Setné se promenait dans le par- 
( vis du temple de Ptah, il vit une belle femme, telle 
( que nulle femme ne lui était pareille en beauté : elle 

< était couverte d'or et plusieurs jeunes filles marchaient 
( derrière elle, sous la garde d'un homme: le nombre en 
( était de cinquante-deux. — Dès l'heure que Setné la 
( vit, il ne sut plus l'endroit du monde où il était. Setné 
( appela le jeune page qui l'accompagnait, disant : « Ne 
( tarde point d'aller à l'endroit où est cette femme, et 
( sache ce qui en est de sa condition. » Point ne tarda 
( le jeune page d'aller à l'endroit où était la femme. Il 
( s'adressa h l'une des servantes qui marchaient derrière 
( elle et l'aborda disant : « Qui est la femme ? » Elle dit : 
( Taboubou, — la fille du prêtre de Bast, dame de 
( Ankhtaouï, va dans le temple prier devant Ptah le Dieu 

< grand. » Le jeune homme vint à Setné et lui répéta 
( chaque parole qu'elle lui avait dite. Lors Setné dit au 
( jeune homme : — « Va dire à la servante : Setné Kha- 

< mouas, le fils du roi Ousermât, est celui qui m'envoie, 
( disant : « Je te donnerai dix outen d'argent pour que 

je passe une heure avec toi ; et si elle craint qu'on ne 
sache ce qu'elle a fait avec moi (?), je la mettrai dans un 
endroit caché, si bien que personne au monde ne con- 
naisse^ cequi s'est passé. » Le jeune homme vint à l'en- 
droit où était Taboubou, qui finit par répondre : « Je 
suis pure ; je ne suis pas une courtisane, » et donne ren- 



COiMMENTAlRE SUR LE SECOND LIVRE D'HÉRODOTE. 21 

dez-vous à Setné dans sa maison près du temple de Bast. 
Setné accourt et n'entre en possession de sa maîtresse 
qu'après plusieurs tentatives inutiles : dès l'instant qu'il 
réussit, il tombe au pouvoir des esprits. Le roman de 
Setné met en jeu des ressorts analogues à ceux des con- 
tes de Rhampsinite et de Khéops. Rhampsinite prostitue 
sa fille pour découvrir le voleur qui se joue de lui et de 
sa police ; Khéops donne la sienne pour de l'argent ; les 
puissances surnaturelles livrent Taboubou à Setné pour 
le mettre en état d'impureté et reprendre le livre magique. 
L'histoire d'une fille de bonne maison jetée par son père 
ou par un pouvoir supérieur dans un mauvais lieu est un 
des lieux communs de la littérature romanesque de 
l'Egypte : Hérodote, croyant enregistrer un récit véridi- 
que, n'a fait que transcrire un roman populaire. 

On peut se demander pourquoi un des plus grands 
rois de l'ancien empire, vénéré encore à Memphis au 
temps des premiers Ptolomées, a été choisi comme hé- 
ros d'une aventure infâme. Les Egyptiens ont traité leurs 
souverains Khouwou, Ramsès et d'autres encore de la 
même manière que les gens du moyen âge ont fait Char- 
lemagne : après les avoir exaltés de toutes les manières, 
ils les ont rendus odieux et ridicules. Les sources égyp- 
tiennes proprement dites montrent que l'esprit popu- 
laire n'hésita jamais à mettre sur le compte des Pha- 
raons les histoires les plus invraisemblables. Deux rois et 
un prince royal jouent un rôle dans le roman de Setné : 
les deux premiers s'appellent Ousormât et Meïnebphtah, 
le dernier Setné-Khamouas. Ousormât est le prénom de 
de Ramsès II, Sésostris, Meïnebphtah rappelle Ménephtah 
et le sobriquet de Khamouas donné à Setné est le nom 
d'un fils de Ramsès II qui fut vingt années durant régent 
de l'Egypte, résida de préférence à Memphis et y laissa 
de longs souvenirs. Les romanciers populaires se plai- 
saient à prendre pour leurs héros des noms connus ou des 
\ariantes de noms connus. Rhampsinite est formé de 
Ramsès et d'une épithète Se-Nit ou Si-Nity fils de la déesse 



I 



22 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Nit qui se retrouve dans le nom d'Ahmès II, l'Amasis des 
Grecs : c'est un compromis entre le nom des rois de la 
XX^ dynastie et un titre des princes de la famille Saïte. 
Khéops est le nom assez exactement grécisé du pharaon 
Khouwou. 

Le Khéops d'Hérodote et le Khouwou de l'histoire por- 
tent le même nom et ont tous deux construit la grande 
pyramide : à cela près, ce que nous savons d'eux diffère. 
Khéops est un simple héros de roman, comme l'Ou- 
sormât, le Meïnebphtah, ou le Khamouas du conte de 
Setné : son histoire appartient à une sorte de cycle roma- 
nesque où le souvenir des Ramessides se mêlait aux tra- 
ditions du premier empire. Une chronologie fantastique, 
propre aux conteurs de Memphis, y rassemblait dans une 
même dynastie Rhampsinite et Khéops , Khephren, Myke- 
rinos et l'aveugle Anysis. Peut-être les papyrus nous ren- 
dront-ils un jour quelqu'une dés versions égyptiennes de 
ces récits, et nous permettront-ils de vérifier jusqu'à quel 
point Hérodote en avait reproduit l'esprit et la forme. 



POEME MORAL 



DE 



CONSTANTIN MANASSÈS 



Par m. Emm. Miller. 



Le fonds grec de la Bibliothèque nationale contient, 
sous le n° 2750 A , un manuscrit dont la notice est ainsi 
donnée dans le catalogue imprimé : 

« Codex bombycinus , quo continetur : capita centum 
de rébus ad morum doctrinam pertinentibus , versibus 
partim hexametris, partim iambicis, partim anacreonticis 
scripta. Ex illis capitibus , triginta et unum desiderantur ; 
singulis autem subjunctus est commentarius ; conjecta 
praeterea ad marginem scholia. 

2° Capita alia iisdem de rébus. Prsemittitur epistola 
auctoris, cujus nomen non comparet; operis autem ini- 

tium VUV '}\^ri TlàvTWV ^fkXiCTZ. 

13** Anonymi tractatus, quo christianse religionis veritas 
adversus Judaeos asseritur. Incipit èTcsiS-K^TCEp iro>.).ol r^y twv. 
4*> Pythagorse Versus aurei. 
Is codex sseculo decimo tertio exaratus videtur. » 
l Cette notice exige un complément et une rectification. 
Je reviendrai plus loin sur le premier article , qui est 
exact. L'ouvrage indiqué dans le second traite en effet le 
même sujet; seulement il est en vers politiques de quinze 
syllabes, et la lettre mentionnée est tout simplement le 
prologue du poëme, qui est de Constantin Manassès, 
comme je le montrerai plus loin. 
Le traité anonyme qui vient immédiatement après porte 



I 



24 MÉMOIRES ET NOTICES. 

ce titre dans le manuscrit : H Soyp-aTixy) twvSs twv "X^ycov 

5(_àpi.<;, TYjV Eêpaïx'?|v iî,zkiyyou60L Tc}vàvY]v, xolc, eôasêstç SeCxvuai 

Totç itiaxotç Tpiêouç puis trois lignes qui ont été grattées, 

et dans lesquelles figurait très-probablement le nom de 
l'auteur. Il restera inconnu jusqu'à ce qu'on trouve un 
autre manuscrit de son ouvrage avec le titre complet, 
mais il nous indique lui-même l'année dans laquelle il l'a 
écrit. On lit, en effet, fol. 194 r° : réyove \Lh o5v •/! tî^ç 
l£pouaa'XY)[x àvà"Xwaiç, èv xw ^cp^ TpiTO) ïxzi t^ç aTCÔ tou xdcjiou 
XTiaswç • eupiaxovTat, ôè ïoic, tou Ivecîtwtoç è|axi,<T5(_i).iO(JTOu o'xxaxo- 
atoaTOu dxTaxaiôexàTOU (1. dxTWX.) eTOUç al^ixà'XwTOi ol louSaioi 
xal à^oLGiktuxoi èiîl )(_pdvo!.ç jCkioïc, SiaxoGioiç 7U£vr»^xovTa irévTS. 
C'est-à-dire : « La ruine de Jérusalem eut lieu l'an du 
monde 5563. Jusqu'à la présente année 6818, les Juifs se 
trouvent être restés dans l'esclavage et sans rois pendant 
1255 ans. » 

Le premier nombre est mal écrit, ^cp^ xpiTto, Le pre- 
mier ^, dont la ligne verticale est traversée par un petit 
trait, est un chiffre inconnu et est évidemment une faute 
de copiste. Il faut une lettre indiquant le millésime, la 
lettre ^£ (5000), la seule qui puisse aller ici, ce qui donne 
5563. Dès lors les nombres s'accordent très-bien entre 
eux : 

1. Destruction de Jérusalem 5563 A. M. 

2. Les Juifs, depuis, sont esclaves pendant 1255 ans 

6818 A. M. 

La somme 6818 est exactement le troisième nombre que 
donne l'auteur, comme l'année où il écrivait. Or, puisque 
c'est l'an 70 de J.-G. que le temple de Jérusalem a été dé- 
truit, nous avons 1255 + 70 = 1325 p. Chr. C'est donc 
en 1325 qu'il composait son ouvrage; cette partie du ma- 
nuscrit est donc de la première moitié du quatorzième 
siècle, et non du treizième, comme le dit la notice. Notre 
anonyme n'a pas employé l'ère des Grecs qui compte 5508 



I 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 25 

ans avant J.-C, mais celle qui en compte 5493, ainsi qu'il 
est facile de le voir : 

Destruction de Jérusalem, 70 -f 5i93 = 5563, qui est le 
premier nombre donné. Les 1255 ans écoulés depuis, 
4255 +5563= 6818, qui est le dernier nombre, c'est-à- 
dire l'année où écrivait l'auteur. 

Le quatrième et dernier article doit être modifié ainsi : 
Les 32 premiers vers des Fersws awm de Pythagore, avec 

ce titre : nuôayépou xà y(j^u<sdi eicyi, et, immédiatement après, 

ce vers : 

Huôaydpou 2a[i.(oio etty) Tà8' è'veaTi xà y^^uaai. 

Puis manque un feuillet qui contenait la fin des Vers 
dorés de Pythagore et les 26 premiers vers du poëme de 
Phocylide. Ce dernier fragment s'arrête avec le v. 108. 

Les feuilles qui contiennent ces fragments datent du 
quinzième siècle. 

Ce manuscrit provient du monastère du mont Athos, 
comme l'indique la note placée en tête du volume : T-îî; 
àyia; Àvadxaataç. Sur le plat de la couverture intérieure une 
main grecque, relativement moderne, a écrit aunr) -^ pcê'Xoç 
£(5tI navoir"Xyia (sic). Ce titre aurait de l'importance s'il re- 
montait à l'époque où le manuscrit était complet, mais il 
est évident qu'il a été relié au mont Athos dans l'état in- 
complet où il se trouve aujourd'hui, et le titre en question 
n'est qu'une appréciation du moine, qui a voulu indiquer 
d'une manière sommaire le contenu du manuscrit. Il s'a- 
git en effet, dans chacun des deux premiers ouvrages, 
d'une panoplie morale divisée en cent chapitres. 

Occupons-nous d'abord du premier. 

Il est divisé en cent chapitres, ayant chacun un titre et 
un numéro d'ordre. Le manuscrit commence avec la fin 
du trente-unième. Le trente-deuxième Çk^') est intitulé Ilepl 
eOyevECac;. Chacun des chapitres se compose ainsi : d'abord 
quatre vers hexamètres d'une facture souvent détestable , 



I 



26 MÉMOIRES ET NOTICES. 

quelques-uns cependant rappellent la manière de saint 
Grégoire de Nazianze ; puis quatre vers ïambiques , deux 
desquels sont empruntés au môme poëte; enfin huit pe- 
tits vers dits anacréontiques. Suivent des développements 
en prose et des scholies marginales. On ne trouve dans 
ces dernières aucun renseignement sur Fauteur, qui est 
souvent désigné par 6 auyypacpsijç, titre donné par excel- 
lence à Thucydide. 

Je publie ici comme échantillon le quarante-unième 
chapitre, fol. 10 v°. On pourra le comparer avec celui de 
Manassès, dont la manière est beaucoup plus brève et plus 
concise. Jusqu'au 43^ chap. inclusivement, les vers hexa- 
mètres contiennent des gloses interlinéaires écrites à 
l'encre rouge. 

(xa'. Ilepî xoXàxwv. 

àXY)0è(; xaxCa àp'jraxTt.xcjv 

H ^' Iteôv xoTwàxwv xaxiY), xopàxwv àpiraTwéwv, 

àv8paç Ti,{j.w<n ysT^tocn l^ouSevtojJLevoi 

j(^aCpovT£ç p-op9"^ dxTaicodi suxdTwCOç 

uêpC^ovTSç uêpiatal SCxaia yivaxîxovTeç 

x£pTop.éovT£(;, ÏTZza^ôXoi., al'aijxa oô8é ys eISoteç. 

Maxpàv 8(a)xs tc5v xoTwàxtov xob<; Tpéicouç • 
ou yàp (^Ckouai àXkà ^laouai ir'Xéov, 
Ixs'ïva 6au[jLà^ovT£ç & ^j^dyov cpép£i, 
xal SeT itpôç aÔTOùç àfJcpa'XEaTàTwç (1) ïytiv. 

(i) Cet adverbe peut être inséré dans les lexiques. On ne connaissait 
que le comparatif àa-çaXecTTépwç. Aux deux exemples cités par le The- 
sauruSy on en peut ajouter un autre d'après Manuel Philé, de Animal., 
V. 224. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 27 

Scholie marginale : 01 x6).ax£; cpi7.ou irpoawitetov ôiroxpivd- 
jjLEvoi, lx,^poG xaT£)(ouai irpdcîtOTtov • Stô xal cpeuysiv èx toijtwv ol 
irap(5vT£<; lapLêoi <jua6ou').£uoua(,v. 

Tûv xo>.àx(i)v ab Toùçldyoïx; 
àitô cou {jLOfxpàv àicdÔou • 
èxTUcp'Xouai. yàp xàç xdpaç 
Tc5v d[ji.|jLàTwv TOÎÎ 6u{Aou cou, 
l'va irapadùpûXîC ce 
Tcpôç xàç c(pwv dpé^Eiç [jt.à).>.ov • 
èTîaivouci (joi) xà j(£Îp(o, 
Ta 8e xpsCTTOva [AwjjLoOaiv. 
Scholie marginale : 01 5è -rcapdvTsç àvaxpedvTsioi xucpTvcitTstv 

^éyouai nrjv (^U)(_'iqv • waicep yàp 6 irsirYipwjxévoç, où {jl(5vov èv rrj 
laTSVtojxévYi, àl^à xal Iv r?^ nXaTsCa TupoawTCOu 68w, outw xal outoi 
TTOu jièv iTraivoOvTEç xà (^dyou à^ia, irou 8è xà xpsCTXova t^éyovxe; 
xal j(pY)(jxà xal lie' à[xcpox£poi(; irpoaxco'rcxouaiv. 

À<pavY)ç6 xcov xolàxwv irécpuxEV oXsôpoç • oOSèv yàp taov y)^c5a(jY]ç 
8o).Caç xa6£(5XV)X£v. Épavi.(jàx6) (1) k'xaaxoç ôaÔiv XTrjv cpt^aiv èv xotç 
êauxoîî \Lzkza\., xal ou8éva xwv aùxoO p,£pc5v xalou xal irovYjpou 
6£à<î£xa(, irpàxxopa* £l 8a xal à-Jia^ £up7^<5£i, àXV èv èxépto xal èxépw, 
xal oOx èv. . . xw aôxw xatpû xal xdirw xal irpdyjxaxt, y).a)aaa 8è uêpC- 
^ouca xo'XaxEiiE!, , xal xo'XaxEuouaa (jcpàxxet, • cpetStolou yàp Yktùaaa. 
xaxà èTrCaxaxau 4>i)"Xà^ù){X3v xoCvuv xà TC*Xoia àizà xv^ç OcpàXou icéxpaç 
xaùxYjç xal à^avoijç • TzoXkoL yàp 8i' aOxï)ç èvaudcyvjaav auxav8pa • 
xp£i(j<îOv yàp TzzGtXw àirô S^|/ouç -î^ à-rcô y).a)XXY)ç. 

Scholie marginale : Tô irapôv x£Cpà>.aiov xal ait' aùxT); vr^c, 
Ixàaxou (pu(7£tO(; x^v xwv xoAàxcov Tcaptaxa 8o).i(5x7)xa , oîov , âfXi ot 
TrdSEç itoxè {xèv èv àya8o£py(aiç , iroxè 8è [jL£xà (xot^wv xal xu|jl6(i)- 
pù)(_(ov auvo8onr(5poi yCvovxat • xal yjd^ Tuoxè |i.£v Xa{JLêàv£i, iroxè 8è 
8(8(»)(Ji, xal ^TcppYiai,; xal y£Îîatç xal àxoT), iroxè jxèv xô eôûSeç xal 
xô y"XuxO xal xô d^O, i:oxà 8è xô SucwSeç xal xô irixpôv al(j8àv6vxat 
xal papii. nCiaijCiL 8e 8ià jxiaç ^oirî^ç, paêal xï^ç 8o>>t.(5xY)xo(; xal 
xaxCaç aùxï^ç, ôêpCî^ouaa xo>.ax£Ùei xal xoXaxeOouda a^àxxei, 8iô 
xal àçavY^ xaiixviv Tcéxpav xal Ccpa7>ov xaxwv(î|jLa<T£v. 

(1) Cod. èpavy)<TàTW. 



I 



28 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Naijç {Aèv èv 6cpà>.w TcsTpa, àcpu>.a)CTOç 5à "^u-^ii, èv tw twv xoÀa- 
aswv TC£"Xày£t, otaTairovTt^sxai, • Si.xécpa'Xoç xal yàp è'^tSva, iraîcal, 
TÔ Tcapdvop-ov 9Y)p(ov ToO ^^sùSouç yvwpC^sTai, tov IxOpôv p,£Tà tî^ç 
[jleC^ovoç ôàxvouaa, xal tôv <pC).ov |i.£Tà rî^ç èXàtTOvoç acpàxTouca. 
Elç yàp TYjv [JLixpoTÉpav xal dcpavï] xaxCa Traaa i^ tou lou i:zBr\acf.ù- 
piaxau Ô |jLèv yàp cpavsptoç èn:i.êou)>.£U(5[j,£voç à'aTiv ot£ xal toO i:à6o'j(; 
à7ro7rYi8v^a£i, Trpocpu'XaxYiv èpyaaà[j,£voç, 6 5è tw a)(_Tq [/.axt, rî^ç <pt."X(a<; 
5£l£aaÔ£l(;, tôv SiirT^ouv 6àvaTov âv tw tou Siaêdlou àyxCaxpw 
àiTYiwpYJiJLévoi; itkéazi, Siô xal 6 ^(^piaTOTcàTcop (1) xal ^a(7i'X£Ùç 
[jL£Tà TÔ Ta'Xaviaai Tàç àj^cpoTÉptov ir'XYiyàç, r^v G£(av SCxyjv léywv 
'jcpo<j£xa"X£aaTO. É'XSéTW Sy) ôdvaToç eu' aÙToOç, xal xaTaêï^TWcav 
£lç A6ou ^wvTaç, ÔTt itovYjpCa èv Tatç TcapoixCaiç... iv ^iaiù aÔTÛv. 

Scholie marginale : Tô Trapôv xEcpàT^aiov tô Sià rî^ç àcpulà- 
XTOU TcéTpaç irpwTov (jT7)p(^£!, xal ^£6a!,ot • xa*X£T Se xal ty^v xo'Xa- 
X£(av 8ixécpa).ov è'^iSvav irap£là6o|JL£v, ^"XàirTOuaav [lèv xal èit' 
àji-cpoTépaiç, iro'X'Xw ôè '/tt^ov 8ià tï]ç [jl£(^ovoç t^ t^ç è'XaTTOvoç, 
•jrpôç -^^v 8y) xal tôv xôlaxa 8ià tô tî^ç cpi"X(aç ôtîouAov xal tô xa- 
xdY)6£<; irapwixoctoaE , 8i7r'Xouv 8è 6àvaT0v tyjv xo"Xax£(av wv6|j:.a(j£, 
8i,à TÔ TÔ <jc5[j,a xal tyjv <^ux_i?iv <pO££p£iv èiriaTaaôai, tô jxèv zli; 
)àv, TY)v 8à £lç àôàvaTov xd)^aaiv. 



AoxeT [jl£v 1^ xo7.ax£ia Tcpàyf^a è).acppdTaTOV, 67càp)(^£L 8e [xo).(ê- 
8ou ^apuT£pov • TÔ |xèv yàp ac5[jia voa£LV, ty|v 8a v|;u^y|v èE.o'Xto'Xévat. 
'7iapaax£uaJ^£i • 'K^oazuyr^ yàp àvTixEiTat. xal irvE^ixaToç xal cuvà^£i.ç 
{jn.a£i xal TÔ èpyd^Eipov àTto^TpécpcTat, èiraCvou 8e uo).é{jt,ioç |i.£Tà 
ô'ti'Xwv àVJTTTQTOç ' ôu).a 8' aOrî^ç, yaaTpijxapyCa xal 7Co)^u-rcoa(a. 
p»ou7v6^£vo; è>.£u6£pa)6Yivat , è^éTW [jl£9' êauToO tôv tï^ç xp((j£w<; xal 
àizQc^daztùc, £y|jt,ovov "Xoyicjiôv, xal nriv tûv y.oXàazoiv jjt,vYJjATr)v 8(.y)- 
v£Xï^ • xô'Xa^ yàp oiiSèv av [tXr\] àW ir^ iTraivéTY)? xaxcov ^ uêpiaTY)*; 
àyaôwv. 

Scholie marginale : Oca 8!,à twv Ittwv tou t£ upcoTou xal 8£u- 
Tépoi» x£cpa'Xa(ou, xaTà twv xo'Xàxwv £^é0£TO , xal 8t,à toO TpiTOU tô 
xupoç èêpàê£ua£ • 'ir£7îuxv(i>p.évY) yàp ixôlic, [JL£Tà aT£p£WTàT(ov (2) 

lîÙpyWV àTCÔpÔYjTOÇ. 

(1) Le Thésaurus ne cite qu'un seul exemple de ce mot. 

(2) Cod. aTe^^ecûxaTwv. Avec les deux pp il faudrait (TTe^^oTàxaiv. 



POÈME MORAL DE GOiNSTANTIN MANASSÈS. 29 

Le second ouvrage est un poëme moral complet, divisé 
comme le précédent en cent chapitres , et se terminant 
par une invocation à la sainte Trinité. Ce poëme anonyme 
est évidemment de Constantin Manassès. On y reconnaît 
son style et surtout sa manie de composer des mots, dont 
plusieurs sont inconnus aux lexiques. Il s'imaginait 
sans doute ressembler ainsi h Eschyle. Mais nous avons 
une autre preuve plus certaine de cette attribution. 

Quelques-uns des passages de notre poëme se retrou- 
vent parmi les extraits du roman poétique que Constan- 
tin Manassès avait composé sous le titre de Amours d'A- 
ristandre et de Callistée. On ne sait absolument rien de ce 
roman , si ce n'est qu'il était divisé en neuf livres. Les ex- 
traits conservés par Macarius avaient été indiqués par Vil- 
loison, qui en avait cité quelques vers. D'après ces cita- 
tions , Boissonade avait espéré qu'une copie complète 
des fragments lui fournirait des renseignements sur le ro- 
man lui-même. Il se procura cette copie, mais il reconnut 
qu'il ne s'agissait que de pensées morales. Il a publié ces 
fragments, avec une traduction latine et des notes, à la 
suite de Nicétas Eugénianus; mais ces derniers n'ont pas 
été reproduits dans l'édition Didot, parce qu'ils n'ont au- 
cun rapport avec les œuvres des romanciers grecs. 

Constantin Manassès est donc bien l'auteur du poëme 
que je publie ici. Mais alors comment se fait-il que des 
passages de ce poëme se retrouvent dans son roman? 
Comme nous venons de le dire, ce roman était semé de 
pensées morales. Dès lors il est naturel de supposer que 
notre poëte a usé du droit qu'ont toujours eu les écri- 
vains de se copier eux-mômes. Fait surtout au point de 
vue de la pratique de toutes les vertus , le poëme moral 
devait fournir des citations qui étaient de nature à s'a- 
dapter aux différentes situations des personnages , situa- 
tions amenées par les péripéties du roman. De là le double 
emploi de plusieurs vers dans l'un et l'autre ouvrage. 

Une seconde difficulté se présente. La division par cha- 
pitres et les sujets étant les mômes dans l'auteur ano- 



I 



30 MÉMOIRES ET NOTICES. 

nyme et dans le poëme de Constantin Manassès, quel est 
celui qui a suivi l'autre ? Nous ferons remarquer que cette 
division en cent chapitres a été souvent adoptée par les 
écrivains ascétiques. Peut-être croira-t-on qu'il s'agit d'un 
troisième écrivain de réputation, comme saint Nil, dont 
l'ouvrage aurait servi de thème aux deux autres et sur le- 
quel ceux-ci se seraient exercés. Je dois dire cependant 
que le titre du centième et dernier chapitre, p'. Ilepl irpo- 
)(^aip£Ti,ç;[j,ou, ne serait pas favorable à cette supposition. Le 
mot T:^o-/cLipzT\.a\LO(; est en effet inconnu au Thésaurus, ainsi 
qu'à Du Gange, qui ne donne que xaipcTKjjjLÔç et àTzoyjxi^z- 
TtdjjLdç. Il y a là, comme on voit, une question d'histoire 
littéraire qui ne manque pas d'intérêt et que je signale à 
l'attention de ceux qu'elle pourrait tenter. 

Le poëme de Constantin Manassès porte simplement des 
numéros d'ordre pour chacun des chapitres, mais sans 
l'indication des titres. Je les ai ajoutés d'après l'autre ou- 
vrage ; seulement, pour les trente et un premiers , qui 
manquent dans le poëme, j'ai dû les composer d'après le 
contenu des chapitres. 

La Chronique en vers du poëte byzantin est dédiée à 
Irène, femme du sébastocrator Andronic, frère de Manuel 
Comnène. Le nouveau poëme est adressé à un membre 
de la famille impériale, témoin l'expression w Osia xccpalr, 
du V. 899; mais cette fois il s'agit d'un prince et non 
d'une princesse , comme l'indique ^sT^tlcts du premier 
vers. 

Quoi qu'il en soit de toutes ces conjectures, voici le 
texte de ce poëme : 

Nuv (1) yjSy) TtàvTwv, ^fkxiazz, twv xaxà 7UV£ij(/.a ^wvxwv, 
ô'aov xaxà TYiv SiJva^jMV ù'Kri^ytv -/iji-eTÉpav, 
6ôdv TY)v T^ç uTcaxoYÎç èiT'X'/]pwca, xaOàTTsp 
^Cê'Xoi, Tcpocp-î^irat, xal ©sôç âSCÔa^sv à^jr^f^zv • 
5 à'pyov ôà TràvTtoç Trécpuxsv à-rtàpTi twv T-i^ Zilxtô 

(1) Fol. 89, ro 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 31 

Kal yàp ot -jratôeç lapa-r^'X ot <jx"X'r]po'j'vci){jLOvoGvT£<; (1), 

oux elç 8t,ir>.o"n:£VTàp(.6|i-ov (2) tou ^apaw TuaiSsCav, 

oOx elç TY|V ir"XouTOU GuXkoYr\v Tràvxwv twv AlyuTiTiwv (3), 

10 wv 8y) xaSàirep |xi(j8toTol (îuv£)^£^av (4) àSpdov 
SoOloi xaxol Tuy)(^âvovT£ç xal twv {i£|iiay|jAévwv , 
oOx (5) si; v£cpé'XY)ç cpWTauyoOç £êl£^(;av Sd^av 6£(av, 
oOx £lç àô).ou cpoêEpou cpuaiv irupôç xaT£t8ov, 
Tcwç £lç auTOÎx; {Jièv ^WTauyèç 5irYÎp)(^£ xal SpoaC^ov, 

15 Tcpôç 5' AlyuTCTÎouç oxdTwcyiv £'n:£p.7r£v al6o|jt,évYiv (6), 
oux £l<; 6alàaaï)ç Epuôpàç ôaùjxaTOi; 0au[jLa jiéya, 
■icwçVj xaTàj^UTOç (7) ôypà cpijffiç -/j "XEluixévY) 
^Y|pà xa8à'jr£p x\Lr\^oi.T(x xaxà (^uXolc, âT[jLY]0'^ , 
xal Tràlw £lç Tf\y éaur^ç àTroxaTéa-Y) cpùdiv, 

20 SoùXy) xa6à7t:£p toi;; èj(^Ôpoù(; à\Luwo\Lhr\ toùtwv. 
AIT.' Y^aav dixoLviOL X£và xal vdjxoç xal Trpocp-^Tat, 
xal p»Lê);Ot xal [xaGVÎ jxata xal yvéSaiç xal cocpia, 
èôi yàp Tcàv-r' à7rap(,9|JL£tv xal xaTaji£piX£ii£iv (8), 
(ÏTr£p 6 iràvTwv auTOupyôç xt,voij{X£voç ex a7c);ày)(^va)v 

25 iroôç Toiitouç ï^aTziaxzCkzy £U£py£Twv Tc'Xouatto; • 
t)/U5(^Y) (9) yàp àTaTceCvwTOç, ôirépocppuç xapSCa 
àvTicp£p(^£t.(10) xal 0£ou xov [iEya'XoSuvàpu (11), 

(i) Cod. ffxXyipayvcûiiovouvTe;. Ce verbe manque aux lexiques. 

(2) Encore un composé nouveau. Ce mot fait allusion aux dix plaies 
qui formaient comme autant de leçons pour Pharaon, 
r (3) Se rapporte au fait que les Israélites pillaient les Égyptiens. 
■ Voy. Exod., XII, V. 33 et 36. 

(4) Cod. (TuvéXXe^av. 

(5) Les vers 12-13 décrivent l'état des choses dont il est parlé 
dans VExod., XIII, v. 21-22, et XIV, v. 19-20. 

(6) Ad marg. xaraxaioucrav. 

(7) Mot inconnu aux lexiques. 

(8) Ad marg. xaTà (xépo; Xéyeiv. Le composé xaTa{j.spixeuw peut être 
ajouté aux lexiques. On connaît (xepvxeuw d'après Eustath. Cf. Thesaur. 

(9) Ad m. YvwjjLixov. 

(10) Se construit ordinairement avec le datif. 

(11) L'adverbe (i,eYaXo6yvà(xa)(;, qui manque aux lexiques, se rencontre 
dans les codd. gr. Paris. 301, fol. 195 r", et 1197, fol. 173 v». 



I 



32 MÉMOIRES ET NOTICES. 

d xal TioXkîùV ys T£Ù|£Tat toi^tou twv SwpvijxàTWv. 
Ojxwç oO)(^ (1) ouTw xal Iwê cicpSy) aiSripoyvwjxwv (2), 
30 6 irplv ysvviqTcop àpexwv xal twv xa).(ov IpyotTY]?, 

xav xal TtaiSsCaç I'tu^s irapà toO iravTspyaTOU , 
l'v' (oç x_puaô<; jodvoiai 'k<x\L'K^6izçioc, dcpOsiv) , 
à'XV o5v 6 Gpé'l'aç TcévYjxaç èx twv I8(wv àpTcov, 
xal vwxa xpuspdevxa (3) OepjJiàvaç 1^ èpiwv, 

35 6 7rà(j!. Tiù'Xaç xàç auToG irévriaiv uTravoî^aç, 
ecpYijxepCouç ts iroiwv ôuaCaç ÔTrèp iraiScov, 
xal \l6<t/ou<; Sùwv àiraT^oix; uuèp xàç Ixax6[j^êaç, 
aîcpvYjç àpàÔY) ôùaTYivoç, yujxvdxspoç ôicépou (4), 
yupôç 6 7ro").UTà7rir)Taç (5), 6 TreulojxapyapdffTpoui; (6)* 

40 è'iris (psu Twv au[jLcpopc5v ÙTZzp-/^zCkr\ tov axucpov (7), 
àx£xvo(; 6 TToluTcXvoç, 6 irptoTOuaTwp aTcaii;, 
"kzTZ^oq 6 xaOapoaapxoç (8), pLXvoç (9) 6 TpiKp£p6)(_£i,p (10), 
îjêp£iç (11) 6 |XYi6è TO'jç I^Bpoùç irapà twv cpCXwv cpépEU 
Ti Ta TzoXkoL xal xwv izoXkCjv ; -^ ciSvoixoç àiCEtirs, 

(1) Cod. oùj^' o'jTto. 

(2) Ce composé, égalemont nouveau, a été employé aussi par 
Théod. Studite, p. 58, éd. Ang. Mai. 

(3) On ne connaissait que la forme xpuepoç. 

(4) Ad marg. OitépOpou. Probablement le terme vulgaire. Quant au 
proverbe rujxvÔTepoç Oitépou, voy. Suid. Nicétas Choniate l'emploie 
aussi. Voy. Téd. de M. Sath., p. 113. Anon. cod. Ven., fol. 143, v"* : 
Ka{ ye t6 xpavîov Oiiepou YujxvoTepov xaxà xriv 7rapot|JLtav y^Syi -^tvQ- 
(xsvov. 

(5) Fort. TioXùç xàitYjxaç. A moins qu'il n'ait voulu former TcoXuxà- 
TtYjxoç, mot inconnu aux lexiques. Ad m. mxjyri. 

(6) Ad m. t[jLàxtov yvvzY.cdov (1. yuvaixeTov). XIsTtXopLapyapotTTpouç est 
encore un composé inconnu. 

(7) Ad m. eîSoç TioT-ripîou. Sur cette métaphore, voy. mes notes 
sur les Histor. gr. des croisades, t. II, ad p. 490. 

(8) Mot qu'on peut ajouter aux lexiques, ainsi que le suivant, xpu- 
çepo/sip. Const. Manassès aime les composés du même genre. Voy. 
dans sa Chron., v. 5037, xpu?ep66to;; v. 5394, xpiJ9epo7tàpeioç, xpvife- 
poTteuXoç, etc. 

(9) Ad m. xpaj^uç. 

(10) Cod. xpiçepo/eip. 

(11) Fort, uêpiç — çépow. Le sens est très-obscur. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 33 

45 £[jt,(<îYi(T£ TÔv cpCXTatov, -^y^^éaby] (1), àTreatpàçprj, 

6av£tv -^vayxa^e açoSpw»; ô'vuep ôirepYiyàTra, 

T^ |i.Y)8è (i.é;^pt<; àxoY^<; àv£;(^o{JLévY) lïàpoç (2J. 

ToiaO-ra yàp j^apCJ^ovrai tc5v àvayxtov xà pàpY). 

TC 8' à)wV 6 [Asyaç àArjôwi; utcojjlov^ç ô (JtùXoç, 
50 6 Tc^wéa) (jt,£Ya7.(59u{ji.O(; twv oOpavou J^coariQpwv , < 

\L-f\ xaT£(y£(<j8"r) -r?|v 4^U)(^t?jv, Ij^àlaaE tôv T(5vov ; 

Ou, [xàrfjv u-reèp "?j)v(.ov tou |JLàpTupoç è)^T:iÔa, 

àTwTwà xal [jLà'X'Xov yéyovE xal ^é^Tiatoç èx Toùtwv . 

Ôaov (3) yàp •?][A£poç ^vyi], xa).).(aTY), Ta7r£(.v6cppa)v, 
55 cpCXoiXTOç, cpiloSédTTOTOç, £0">|^a»jjLwv, xa)vOyva)u.ct)v (4), 

Tiapà 0£oi3 •rcai8£U£Tai, xal xa[jL7:T£Tai., xal -KàfT/ti, 

ToaoijTOV v£Ù£i TTpôç auTOV E^ouGa xàç è).7r(8a(;, 

(piTwàyaOov, çpO.EuaTcTwayjç^vov p).é7couaa toOtov xtC<jtyjv, 

xal Tcpôç au[Acpépov àyovTa tou 7r)wdca[jLaTo<; xà itàvra. 
60 Kal TaO-ra {/.àv èvTaOôa [jloi xal jJ-^X.P'' '^ou8£ cv^aii) 

TÔV >.6yov TÔV Ta)(u8po|xov (5), tôv 6a).aara6T;>.ouv ).6yov, 

TÔV 7U£).£I.à<; (6) d^ÙT£pOV, TÔV (OXUTCTEpOTCéTYlV (7) , 

r\ \i.diWoy V£Ù(J(*) TÔ 7îT£pôv, 7rpô<; â[/,auTÔv âXxudO), 

xal TpétJ'w TÔ irY)8à)^i,ov, toùç xàlwa; (8), Ta "kcLic^y] (9) • 

65 £8£l [AE yàp TO!. TY|V SoxÔV (10) Ôpàv TÛV dcp6a).{XÔ5v JJLOU, 

xal \Li\ Ta xàp<pirj Ta )w£irTà tc5v à8£)vcpûv [jt.ou p)vé7i:£i.v • 
^8£!. u^.Yjywv Tàç <x)T£t.).à<; xaXwç èvaitoajJiï^j^Eiv, 

(1) Cod. -rixôéffTiriv. Ad m. IXvtdqôyi. 

(2) Ad m. é(i.7îpoaO£v. 

(3) Ad marg. Yvwfxixov. 

(4) Plus loin, V. 712, il emploiera le substantif xaXoyvwjioffuvrj. La 
forme nouvelle xaXÔYvwjjto; se rencontre dans le cod. gr. Paris, 2506 
fol. 112 r». 

(5) L'accentuation régulière serait TaxuSpojxov, ce qui romprait la 
mesure. Fort, tôv Tax^Spoiiov Xéyov 5è. Cf. v. 460. 

(6) Supra uepidiepàç. 

(7) Composé inconnu, expliqué à la marge, t6v 7t6Ti(i,6vov £v tcxe- 
poï; tax^wç. 

(8) Ad m. Ta oxoivCa. 

(9) Ad m. Ta &p(i,Eva. 

(10) S. Matth., VII, 3, 4, etc. 



34 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Kal |JLY) ^apoôoxévTpia (1) xà twv itT^Yjaiov a'dpeiv • 
è'Sei. XY)v cêdlwciv (2) â{i.oî5 fi'XéTcsi.v wç AlGidicwv, 

70 xal |j,Y) Toùç GTzCkou<i Twv ^poTwv, sl xaC 'rtou xai Ti; cpépEt • 
TYjv yàp èY)(^é).uv (3) piàTpa)(^0(; f»a(jxa(v(0 xal [j.wxw|xa!. (4) 
ô'ttwç Cypéêioc (5) èatlv wç ^(otpoç ^tk^La-ziai (6) • 
t:t(Î)^ (7) càv TcepCcpoêoç, SeiT^ôç, vuxTepivôç ôSCriQç , 
TÔv CUV TÔv xairpidSovta (8), tôv {jLovaypdnriv «^éyco • 

75 irpô T^(; Iji-^ç xaSàpaew; toùç xaOapoùç àyv£Ùa> , 
xal (juvexC^o) toîx; <îO(poî;ç 6 (JxacpsuTYjç 6 Suavoix;. 



a'. Ilepl nCfftewç. — Fol. 90 v». 

nC^Jiriv 8i8à<JXOJ toùç tckîtoùç, 6 y).(o(j(îifj jiôvy| (pépojv, | 

7rà(jav 8' aôrî^ç tT?iv 8i5va[jLiv [Jiaxpàv èxcxopaxCcaç (9). i 

H 7cC(Tti(; yàp, ôx; );£youcji 'Xcîyot. cacpwç ol Oetoi, j 

80 p,£T0j^£T£i5£t (10) Toù; fiouvoîx; TCpôi? r?)v uypàv ouatav, 3 

1^ àvTi<jTp6<pou irdDwiv 8s (11) r^v 6à).a(î(5av ^v)pa£vei, j 

TcaOet xa|ji,(vou (p'Xoyspài; 6u|/.ôv xaTaaSsvvùst , 'I 
•^ç (pU(3ï)r^p£(; (12) àvE|xoi |i.Y)5(^avoupywv àvSpwirwv, • 5 

xatàyEt icOp i^ oôpavoîî, toî;ç ô-î^paç dcva(JT£)^)w£t, | 

85 xal ■rraaav r^v tî^ç (pi5<yewç xaxCav àvaTpé7C£i. | 



(1) Encore un composé nouveau. Sur le proverbe S|i,:q;(£iv AlôîoTia, 
voy. les Parémiographes. 

(2) Pour àaêoXiQfftv ou àaêoXoxxiv. 

(3) Ordinairement îyx^X\)<;. 

(4) Ad m. «j/éyw. 

(5) Th. Prodr., Nolic. mss., t. VIII, p. 184 : *ryçô6iov y^voç. Id. 
cod. Yen., fol. 4 v" : ©aXaTTOjxàxaiç Tceiparaïç èvuYpotç xjyçtoSioiq. 

(6) Ad m. tdqXwStqç. 

(7) Ad marg. ^aytool. 

(8) Ajoutez aux lexiques les mots xaitpioôou? et {JLOvaYpoTr;;. 

(9) Inconnu aux lexiques. 

(10) Ep.IadCor.,Xlll,2. 

(H) Voy. ce que j'ai dit sur ce ôe enclitique, Jowm. des Sav.f 1875, 
p. 121. 

(12) Cod. (pvffiTtipeç. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 35 



p'. IlEpl iXm'ôo;. 

upoTOYjjxt. xal (fHf)'o\L<xi xal ypotcpo) xal SiÔà'îxw, 

aÙTÔç aOtô; 6 T7.ifiTCa9Trj<; (1) jj-évtov èxTÔi; èlitCôoç; 

Ô iré^vwv yàp âv toTç (pOapxotç xal toiç àvuTTOfJxàxoK;, 
90 xal Totç TcapoOaiv (oç <jT£^f>otç xal p26-^xôat {xévtov , 

où5é7roT£ yzvK^iTETai Totç àÔeàtoiç «pO^o»;. 

A yàp out' eïSev dcp8a\|JLÔç, oSt' tqxouîjev wtiov, 

si; àduaTatou irwç àvSpôç £l(j8pà|jL(«)'î'- xapStav ; 

É).7tl<; xal yàp rî^ç u((ît£wç uirdcpj^oufja SuyaTYjp 
93 Tcapà {XTQTpôç TcaiSeusTai xal ya").axTOTpo(pctTau 

y'. Ilepi àyàiniç, 

lîôç ô' ô Tou jjl(<jouç àpj^Yjyôç xïjpù^u) Tïjv àyâirv^v , 
6 S'jovo'jç, 6 {xiuàvOpwiroç àvYjp, 6 xaxoyvtojjLWv; 
Qç yàp Tii; xaxo(j:*»^)^avo<; xaxsvTpej^-^ç axopuCoç, 
•i^ (pàpji-axov xaxéêou'Xov, l).>.£6opc55£; (2) irdjjLa, 

100 6 }jLèv -cô xévtpov àcp£(.8w<; xpù^^aç utcô tô Séji-ac; (3), 
ta 6à, TÔ [xèv è^ àyaSou, tô ôè xal xaTà cpuaiv, 
£l<jcp£pou<5t. TÔv ôàvaTOV, îuoç ô [lôpoç ':ïé)i£t. , 
xàv àvtdov Ipyà^wvTai (4) tôv toO ôavaTOU axijcpov (5), 
ouToj; àirpàyjJLwv àvBptoitoç, xax£VTp£5ç^^; xapSCa, 

1 05 xàv ylwacYi p.£ya cpOéyyYjTav xal 7ro"Xi»>.apuyy(ÇTri (6). 
Àyà-TTY) yàp ou itpôatoTîa >.a{i.6àv£t (Juyy£V£(aç, 
où 5^puao8é<5[JLOiç (7) b'TreTai, <popo7.oy£tv oôx otÔe 
6i>jxôv (8) oô (pt'Xoj^p-njji.aTov, àpTçaxTix-^v ou X^V*» 

(1) Ad marg. 6 itoXXà icàOr} uTïojjLefvaç. 

(2) Cod. èXeêopûSe;. 

(3) Infra awjxa. 

(4) Cod. èpyàîlovTai. 

(5) Ad marg. iton^piov. 

(6) Fort. TîoXù XapuYYÎÇip. 

(7) Ce mot manque aux lexiques. 

(8) Ad marg. 4'vx^v» 



36 MÉMOIRES ET NOTICES. 

oOx (1) i'ircTat Totç xdla^iv, oôôà ff-ruyst (2) itaiSsCav, 
110 è^ t(Jou iràvtaç 8' àyaira, xal xï^Se-cai, xal CTépyet., 
TÔv rî^ç elp-ï^vYj; TcpÙTaviv itpôç toOto (ji.tjjLOU{i.évYj , 
TÔv Xop'OY'^'' "^^"^ àyaôwv, t^v àAYiOw; àyàiTY^v. 

Ô'. Ilepl itaxpoQujAia;. — Fol. 91 r°. 

EÏ1CÛ) 8è icwç ô T)^r,'ïra6ïi(; irspl {iaxpo6u[A(a;, 
6 SOovouç, 6 p.ixp64'uj(^0(; cp6éy^o|jLai, irwç T.a'XVjato ; 
115 Éxetvoçyàp {/.axpdôujioç xal [isyaTwdvouç icéXei, 
6 7c(<îTiv e/wv ôtopaxa (3) xal xpàvoç r^v è).7c(8a, 
6 TY^ç àyàixYjç r^v la)(_ùv cpépwv xaSàirep 86pu , 
6 Tupôç -cà TïàOYi To"X[jt,Y)p(oç faCvtov xal Trpô; tàç 6>.£'J^£i<;, 
xal lïpôç T^v àvta'n;(58oaiv fT^é-rccov, où irpôç ira iràOvj. 

s'. Ilepl Ôpxou. 

120 Ôpxou 8è iTw<; rriv cpulaxY)v 6 xaO' âxàaTYiv (A) ^.paCvtov (5) 
èv ô'pxoi; ^ri\L0L(5\. pa6al toOç Tpdirou; xal xàç npà^eic; 
t^eCiîco xal -rcpoacpOiy^oiJLai xal cppàao) xal 8i8à^a) ; 
ô yàp eU <Xi^av Ix içavTÔç irotç ).(5yoiç à>.Y|6£ua)v 
£v 6'pxoiî, où 0£aiïC(î|i.a<Ji, xupot Tot iceicpayjAiva • 

125 TÔ yàp TÎ^ç Ttpà^eojç àirXouv >.(Syou; cuvôétouç )wueu 

7'. nepl elpTivïjç. — Fol. 91 v». 

Ô (p8ov£pôç xal jjLavtxôç 8i.8à^co t:c5ç £lpv^vr|V ; 
'î>9£ipouai, yàp ira itpày^jLaxa n^v 8ùvajj.iv tûv Xôyuiv , 
o08£v yàp oCtwç ?v8o^ov, où j^apoirôv, où irpàov, 
<î)ç £lpY)V£Ùou(ja 4"JX''l H-"^ TcavTÔc àvOpwiroi», 
130 TÔV ElpTQvdp^T.v èx TîavTÔç SoTÎ^pa [i.i[ioup.évY). 

(1) Cod. oOx l«. 

(2) Ad m. {jLiffeT. 

(3) /. £p. ad Thess., v, 8. 

(4) Cod. xa66xàarTTiv. 

(5) Ad m. f^oXtJvuw. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÊS. 37 

Ç'. Ilept 6u{JLoO. 

ToO 8è 6'jp.ou TÔv (ï'îj(^eTOv irôiç yjxkv^tHiSoi Spdjiov, 
• aÙTÔç àaTà6|JLï)T0v (1) 8iJ[iôv xal lo6(5)vOV xpécpwv; 
Avrip xal yap tk; [lavixôç, 6u{jl(Ô8y)(;, TiYpo).é(ov (2) 
TCptoTov ^oT^àSaç Tàç aÙTOu, r^v 7:t,{X£).YjV (3), xà citTvdtyj^va, 

135 xal iràvTÔ Tisp'.xàpSiov iu [jL(ç).é^aç xal Tscpptoaraç, 
xaxà xdv rcéXoLç i^oL-nkot n?jv (pTvdya {lexà xauxa, 
IV (Lç è^ u).*/)<; â^a<^8-Ç (-i) xal xà aaxpàv dTvéoY^. 
OStoç Toiiç olxoxT^TOpaç (5) âx toùtwv à7C£>vai5v£i, 
àpaaTocpdpov (6) t?)v itTvT^Oùv toO St^ulou auaxEuàî^ei, 

l'iO Iv cpdvoiç X'^^P^'' ^*^ XP*''!^^^^ à8£>.(pt,xc5v at{i,àTa)V, 
ira-rpô; [XTQTpôç où cpsCSeTat, r/jv cuvoixov ou cxépyet, 
Y\c5<7<jav (Lç [jLàx'^^P'^v tcT^outei xal ^éXir) toùç dSdvTaç , 
(î)ç vuxTEplç iropeiieTai, T^éyouç ^o^wSeiç irT^éxci, 
oôeCpEi TÔ Ttàv, àvaffTam, TapàTtei, auyxuxC^et (7), 

15 dpVEÎTai TÔv xTir|(5à{JL£vov, èîciopXEi, xax^dtC^t, 



ïl'. nepl 96ÔVOU. — Fol. 92 r». 



xàv 6).iX(U(; è^éx^^H'-*^ toOtov èvTÔç xàv Tpéçw. 

ô (p86vo(; yàp, «îx; >.éyou<jtv, oOx oTSe tô (Ji>[x.cp£pov. 

O^tç (8) è'rrl 6avà<j(,u.0(;, Seivôç, àv6pw7CO(p(5vnr)<;, 



(1) Cod. àdTaOïJLtTov. 
^(2) Composé inconnu aux lexiques. 
^^BS) Cod. TtyijxeX-iQv. Ad m. Yjyouv Ti?lv Xwtw5ifi. 
'^^4) Cod. èÇaçôti;. Fort. IÇaç8e(;. 

(5) A-t-il voulu faire le composé olxoxTiQTOpaç ? J'aimerais mieu.x 
orxwv xTT^Topa;, à cause de toutwv qui suit. 

(6) Je lirais àpixatoçopov, composé avec le mot latin arma. 

(7) Employé plus bas, v. 406. La forme xuxCÇw et son composé 
cuyxuxiCw sont inconnus. Le Thés, ne donne que auY^iwxaw. 

(8) V. i50-153 dans l'éd. de Boiss., II, 37-40 : "Oçiç èaxl eavàai|xo> 
9ap(i. àTtonT. *Ièv àuep. fieivèv àv6pa)7to<p6vTTiv, *uv. 0a>., TCupCiiv. xaT. 
K«l ixapTix^paç, *Ivîixèv àvOp. Ijwov. 



38 MÉMOIRES ET NOTICES. 

lôv à7:£p£UY6{i.£VOç, cpàpjxaxov àiroiTTutov, 
(fûaoCkoc, ôa'Xad^jdêt.oç, àvBptoicocpdtyov ^ûov, 
xal |xapTt,j(_(opaç (1) à>.Y^865ç icupi-revdoç, xaTw6)wei|/, 
6up.opLa)(^Yj(; {lovdxspto*;, Spdcxwv cpapjiaxopuxTYiç, 
155 (Stpxoç (2), à<Tmç àvï^{i.£poç, -^iraTocpàYOç >.£a>v, 

yù»^ oùx ElaSiivwv xa>.'.àv, o08' dç9a>w{i.oî;<; dpi^Ttwv, 
àW elç 6i>và|JL£t(; rî^ç ^"^X'^^' ^^'» vouv, eIç xàç al^JÔ-i^^iç. 
Kal yàp SExdtxtç îcIcpuxE ^(^ECptov 6 ç66voç cpôdvou, 
(I)ç "Xéyoïxîi Ta ypàjijxaTa, {Jt.<5vy)ç ji.ia: ).£i7C0'i<rriç. 

6'. Ilepl <JU(tira6e{a;. 

160 Tï^v àyaO-rjv au[iTcà8£tav çuvt^vwç ê^u(i.VTf^a<«> , 
x&v à<Ti:'Xay)^voç 6 T\Yiica8i?i<; àv£).£i^ {iwv i:é)wC.). 
Aavet^eiv yàp {jLe{jLà6Y)X£V oÎxtoç 0£u) tô Sûpov, 
xal TÔ TpwxTÔv xal tô icotôv toi*; i'rct5^iT<«)v£(jxou; (3) , 
si {i.<5vov (JxéTCTETai Twaiàç (4) r?jV è'-rcapaiv IxcpEÙyEiv, 

165 xal |A(5voç [JL(5vov 6 StSoOç tôv oTxtov elcayàyei, 

i'. Ilepî uapOevi'aç. 

T-^iv irapOsvîav 8' 6 Seivôç, tyjv dtyveCav (5) 6 j^otpo; 
xal popêopwSY); f^Tpaj^^o; irûç 8i(^).y)v TcapaaTK^cw ; 
Âyvôç yàp Svtwç itéçuxsv 6 xal tÔv vouv dyvCda; 
xal {jL"?i {jt,opçw|i.aTa Tivà TtSv uT^ixaiv irpayjiàTwv 
170 (^épwv wç à^aXoç àvT?|p, wç à^^ujç^oi; J^wypdcpoç. 

ta'. Ilepî awçpoauvrjç. 

Ax(5>.a<JTo; ijTcàpj^tov 8e Tcspl tî^ç cwçpoatSvY); 
■Trûi; vouOsTK^aw toOç aocpoùç, toù; ctiçpovaç SiSi^ea ; 

(1) Cod. fxapTux<i»P«Ç — xaTÔêXe^^. 

(2) Éd., II, V. 47-49 : •Aypioç 8pàxwv, Ôaçoivèç ^^itar. Xéwv, rv4> ov» 
ôpuTTwv, o08' elç TÔ 8év8pov 8uv«v, 'AXX' sic xap8(av |ié(n]v, sans la fin 
du vers. 

(3) Ce composé manque aux lexiques. 

(4) Ttiç àpKJTEpàç; - 

(5) Cod/aYVOiav. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÊS, 39 

Ùç, 68y|yôç yàp itécpuxEV oi<; yiyavTOç ôp(J^a)v 
■f\ (jwcppoauvY) Ty^ç laiiTrpà; xal cpO^Y^ç twv àyyéXwv 
175 xal T^ç uTièp TÔv '}]k^ov T^a^irouariç Tcapôeviaç. 

i6'. Ilepl ÔixaioffuvYjç. Fol. 92 v». 

AixatootSvYjv ^pà<J6) irtoç Tcepl t^ç oôpavCou , 
■f[ 8y) xaôàitsp -y^lioç, ïy.'Ki^Tzzi ràç àxTivaç ; 

IltOÇ £17CÙ) TaOTYJÇ TÔ )^a|l.7CpÔV 6 JJL£[i.£\aV(i)[JL£VO(;, 

xal TÔ -repôç iràvTaç SCxatov TctSç àxptêtoç 6i8à^w ; 
180 Ô yàp cpdwv TÔ (1) 8(xatov, CTuyôv (2) 8è r^v xax(av, 
ovTojç uirèp TÔ 8(xaiov Ta xaT* aÔTÔv £ÛpY^<j£i, 

ÔTZÔICVJ 6 XOtVÔç XplT^Ç TtàvTWV àv£peUV1(^(ÎYJ (3) 

Twv àyaÔwv t£ xal axaitov (4) Tàç irpà^Eiç xal toù; T^dyoyç. 
iy'. Ilepî 9povi^(Te(oç. 

nûç 8à r?)V irEpiTwàlYjTov cpp(5vY)aiv èv tw xdajxw 
185 acppwv xal -TràyTcov àjJLaÔT^ç )wé|w, Tpavwcw TatjTYjv; 
T(5t£ yàp ô'vTw; cppdvijxoç 6 voGç 6 yopyo8p(5[jLoç (5), 
ÔTav TÔV SpdjJLOv TOV auT0î5 TTï^^Yi irpôç Taç àcp6àpT0Uç 
cxYjvàç xal Trpôç t^v èx6o).irjv toO -jiYjlocpijpTOO (6) axVjvou;. 

i8'. nepi àvSpeiaç. 

<i>pà<3a> cpuyà<; Ttov àyaOôiv wv iiEpl tî^ç àvSpEiaç; 
190 T^T^jj-Y)!; lxTY)<; (7) iTépwv yàp <j(i>6K^aoj/.ai xivSuvwv. 

(1) Cod. TÔV Sîxaiov. 

(2) Ad m. (jLiffwv, 

(3) Cod. àvepeuvTQffet. 

(4) Ad m. T(ûv xaxcôv. 

(5) Composé inconnu aux lexiques. 

(6) N'était connu que par Manassès. Théod. Prodr. m'en fournit 
d'autres exemples. Histor. gr. des Croisades, t. II, p. 222, C : 05 -/or.- 
p66axxoi TtrjXoçupTov âxpoTouv OlffTpov tô ixàXai ^ax^ixàv Taî; (Jiatvàai. 
Id., ibid., p. 223, D : Kaî ToiXéçuptov, autvYiv eOwxCav. Id. cod. Ven., 
fol. 87 r° : "Otcou ôuawSY); Tn^Xo^upTo; ^ypoTY]?. 

(7) Fort. IxTo;. 



40 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Âv (1) E)(^Yi(; "^iyavxo^ ^^^v, âv Éyxs'XàSotj yttçix<;, 
Slv SXoix; 8iJVY| Ilapvaaoï^ç [/.sraxt-veiv, âv AOouç (2), 
âv cjcrirep ArT^aç oôpavoO xoOç xiovai; pia<JTà^£i,v , 
xal jj-Y) TÔv ô'cpiv TÔv Sstvôv TÔv Spàxovxa TÔv |iéyav , 
195 TÔV iraCxnriv tôv àpj(^éxaxov d).é<rr|(; twv àvOpwirwv, 

oux (3) è'x^tç xwvwTro»; la)(^ùv, oô [i.iipjj.Yixoç, oO cépcpou. 

is'. Ilepl pouX^iç. Fol. 93 r». 

BouIy^ç SiSà^w TÔ xalôv xal xà ireçpuT^ayjiÉvov, 
èv Totç iSCoiç xâv aaOpôç xâv To"XjxY]TÎa(; irélwv. 
npa^tç {xèv yàp TcpocpÔàvouca tou ^.oytajioO rriv xp((5iv 
200 <JCpa).epa)Tépa Ta TZoXkà xal x(.vSuva)8£<TTépa , 

xal ^TQjjLituSTQç xal TzoXk-i]v ûaàyovca tyjv ^làêviv. 
Av 8é Ttç 'irpo6ou*Xeu(r^Tai. xal lïàvTa 8oxi{xàaY), 
xalrîîç pouTw-î^ç èv ty) «^^Xtî '^^ cirépjAa 8Yi<jaupC<jYi , 
xa).ôv xal TÔ yctopyiov xal tôv xap7:ôv X£p8àv£i (4). 

tç-'. Ilepl àp£Tt}ç, 

205 Ty)<; àpETY^ç àvTlj^EcOE, 9£uy£Te TYjV xax(av, 
xaxCaç xav àvTé5(^w[iai, tyjv àp£TYiv xâv cp£ijya). 
Ô yàp IvàpETOç àvY)p oux ol8£ xaTaxpCvEiv , 
xâv tyr^ irà(jav ^â^y\aiv xal aOv£<jiv xal yvwaiv • 
o08' 6 yt,yavTo8uva|jLO<; lv8lj(^£Tat xauj^aaSai, 

210 àlV o08' 6 iToluxTVi{J.aToç Ta twv fpoTtov àçizd'^za • 
yX^ (5) yàp [i.£ya7wo8i5va{jLOç Ix xoSvwtcoç oÎ8s 
ôOxtoç ).a{JL6àv£iv 8'>/a|jn,v, ^ yù-^ to cpwç Ix foijcpou. 



(1) Les vers 191-193 répondent aux v. 16-18 de l'éd., livre VIII. 

(2) Éd. "Aeco;. 

(3) Éd., VIII, 21 : OO t^éxpi xwvwtco; l^x^î- 

(4) Il faudrait xep5aveT, ce qui romprait la mesure. Peut-être l'au- 
teur avait-il mis y.sç>8-f\azi. La glose marginale xspSaveT, passant dans 
le texte, serait devenue xepSàvei. 

(5) Cod. Xiç. Ad marg. Xéwv, 



I 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 41 



i^'. Ilepî xaxia;. 
Tyjv ir£p(.[jL((îY)Tov al(T)^pàv xaxCav àizdi^zX'z 

115 è{JL7rpdxTw<;yàp xaTaTrsiwv elç tàç àcpuxTO-jç irayaç 

vexpô; ÔTcàpj^w r^ 4"^X.ti' ^^^ ^°^'' ''^°^''' P*^''^^- 
Kal yàp o08èv ècpé'Xxsxai rriv yeuaiv o08è ôé'Xs'. 

oOyI XpWXTÔV 0Ù8è TCOTOV, x3tV *?| TWV T!,{A(0[1£V0)V * 

âv oOx èv ya'XiQvdTYjTi [lévouaiv (1) al xapSiai , 
220 àv xàç dpé^siç Etpyoxîiv al rî^ç xaxCaç -irpà^et; • 
IxT^viSoç yàp ij7:£p'ic"X7)(î0àv tô tîî<; xaxCaç ày^^o; 
T^v ^ptoaiv ou irpocCexai, r^v irdaiv Sia'irTOei. 

CT)'. TIepî irpoffeuxîiç. Fol. 93 v®. 

Tàç -rrpoaeu^^àç yàp àixeltoç TroT.làxiç irpocevéyxa; 

}25 '^ivut' oOSèv Tc5v àyaSwv xal twv TcscpwTKJfjiévwv. 
Aé^o) <joi itlir)V 6 T^wYiiraÔYjç ô'ôsv cuvéêv) touto • 
av TÔ TTTEpôv TÎ^ç ';rpo«y£'J5(_Yi<; xoucpov irpoç ird'Xov OéT^ei; (2) 
àvép/^£c6at xal 7réT£a6at. (3) xal ath^tiv tàç ala6i(^<T£tç, 
è'adov, àv£<; xàç icpôç <îà tôjv à'X'Xcov àji-apTiaç • 

130 ouTw yàp àv irwç xal Oeôç àvT£i'3axotj(7£TaC (4) aou. 

i6'. Ilepi ôpY^i;. 

Ba6al TÔ 'r:(£9o(; tî^ç (îpyîi<; )^ôy({) cpotr»^(ja<; [xôvw 
içàaav àvetl£ xa).>.ov^v xal yvwciv r/jç '^^uj^î^ç pu. 
Âv yàp ToO Tté^^aç t?)V dp-^'^v àirô cauxou 8iw^y)C, 
2tv £lpYiv£u<rri; r?)v ^^X^'^' '^'^^ X^^°'' ^'^ ^o'-[J^^^<; (5), 



(1) Fort, {iévwaiv. 

(2) Fort. eéXti;. 

(3) Cod. TteTadOai. TTeTàuGai serait contraire à la mesure. 

(4) Ce mot peut être ajouté aux lexiques. 

(5) Cod. %Oi^r\<rric; et supra xoiiiCari;. 



42 MÉMOIRES ET NOTICES. 

235 l^i>.£(u<j£i(; TTpôç auTÔv tô Setov '/jjjLspcôaEiç 

xal cp»5yY)ç ^vSixov 6u{j.ôv, x^"P^ faaaviaTpCav (1). 

x'. Ilepl 4'Ê^5ov»ç. 

Miaei TÔ ^J^eOSoç èx '^^u^"^?, {xéaTjç (2) àirô xapSCaç, 
xav TcpàyjJLaciv à).i<JX(0{JLai xal ^i^iiadt xal ykiùaar^. 
WeOSeaôai yàp 6 vouvsjç^yjç oOSéTTOTS ^tk-^azi • 
240 1^ (3) "ffi yàp oiiaa auyyevvjç i^'XCw xal xotç àaxpoiç 
àvaxaTwOiTTSi. xà Sstvà (4) -Kavxa xal xexpi>|jt.[i.éva 
ykiHiCOOiiq à<p9(5yyoiç (JtyTrjpoc; (5) xal <;T<5{j^a<Jiv à).dl).otç. 

xa'. Ilepi '^\>xhi' 

Tv^pEt (îautoîj n?)v 8é<ncoivav, ip^itzi xôv xu6epvi(^TY)v, 
tÔv -^vCoj^^ov ix iravTÔç 6fpa jjlt?i icepixpé'^ir^ç. 
245 Aet yàp cpu'XdlTTSiv n^v '^'^X'^^'' "^'^ stXYi^ev elxova 
^TpcoTOv, àirapà).)vaxTov, àfjLsCwTov xaOdc-jrep 
àp5(^Y^6£v eXaêev aOrriv èx toO 02Oîj xal xtCctou. 
El yàp Trpô<; tô irptoT^TUicov |jl:?j ypiçpou<5t J^wypàqjoi, 
ji.dTT|V 6 xô-rto;, sic xevôv tô adcpiajia rî^; Té/^vYi<;. 

xÔ*. Hepl àXYi6eCa<;. Fol. 94 r». 

250 AC5a(îxe r^v àTwK^Seiav xal 7C£pnc).£xoi> TaOTV)v, 
aacpÔiç slSàx; r?iv 8t3va{xiv xal r^v èTC6)vu{i.(av. 

Ast yàp àsl tôv toG XpiffTO-j upôç iràvTaç à)wr|6£'j£iv , 
xav Tcpôç jJLiaouvTaç âj/.t.'X'iJ, x3tv u.y) -jrpôç àyaTrôivTaç. 
Ègtiv (6) oOSàv yàp cxÔTtov ô'uEp eIç «pwç ou^ -^^xei , 



(1) Devrait être accentué paaaviaTpiav. Port. ^affavCarptav X"P«' 

(2) Voy. V. 295. 

(3) Les vers 240-242 répondent à l'éd., lib. VII, v. 1-3. 

(4) Éd. Ttpèç aÙTov au lieu de xà ôeivdt. 

(5) Éd. (jtSripàtç. Mauvaise leçon. 

(6) Les trois vers 254-256 se trouvent dans l'édition, lib. VII, 34- 
36 : *AXX* é<yTi ffxoTiov o08èv 6^. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 43 

255 oùx è'cTi xpiicpiov oOSèv 8 a-rj Trpôç yvciaiv (p0àv£i, 
xàv U1CÔ ^{î^aç xpii-jçToiTo -piç uTroiïu8ii.£v(ou<; (1). 

xy'. Ilepi ujtvou. 

A6^av TÔv Opov yî^to^xe 0£Oîj Toi3 icavcspyàTou, 
aOxôç x3tv TcéTwYiç à8o|oç xal jjl-?i twv cpaivoi/.évwv. 
Ô yàp So^àî^tov Tov 0£Ôv, aôxov àvTi8o^à^£t, 
260 ûa7:£p 6 iràç 6 (jTaOvjpôç £|jLirpo<36£V Ttov àvSpwirtov 
ôp-oT^oy-ï^caç tôv XpwTÔv, à^Cwç iràT^iv toutov 
XpiOTÔç iraTpôç Ivwiriov <&? EÏpvixE ir>;7)p(6<y£U 

xS'. Ilepl -^l<ùa(icù.yia<;» 

IIwç 6 a'C(i){Aij>.oç (2) (p0éy^o{;,ai papoç rî^ç yT^wasalyCaç, 

ttwç Tpay(})8'»^<îto xà 4'^XP* '^'» loydvoi» (3) téxva; 
265 El yàp xamjç^ov xscpaT^àç i^iràp tî^ç TSpaç T:\iov , 

xal r^v <jT£VTdp£t.ov (4) (pwvYjv -ï^ y"Xc5<;<jav ^povTOcpcovYjv (5), 

j/,6);(.<; av Eva twv aux-î^ç xaxwv où xax' à^Cav, 

àlV àji-uSpôç èSï^lùXîa xouxo xal |JL£Tà ^taç. 

Kal yàp 3tv y'Xwaaa >.oC5opo<; icIpnEpoç auxocpàvtvjç 
270 aOT(5i:(.<îToç (6) vo{xC^oito xàm xoTç 4;£u8o|j.£vo(.ç, 

(1) Éd. {«coiiu8(ieviou. Ce mot manque aux lexiques. 

(2) Ad m. ô çXvapoç. 

(3) Il fait sans doute allusion au triste sort des enfants d'Égyptus 
et de Danaûs. lo, fille d'Inachus, eut de Jupiter Epaphus, qui fut 
père de Libya; celle-ci devint mère, à l'aide de Neptune, d'Égyptus 
et de Danaûs, qui eurent l'un cinquante fils et l'autre cinquante 
filles. On sait leur histoire. 

(4) Cod. (iTevToptov. 

(5) Cod. PpovToçôvviv. On ne connaît pas la forme féminine PpovTo- 
çtSvYi. L'adjectif ppovxôçwvoç est toujours épicène. On pourrait lire-f] 
PpovTOçwvov Y^wffaav. Cod. Ven., fol. 163, \^ : Tô ppovtoçwvov çOéy^-* 
Tou FpviYopiou. Le verbe PpovToçwvéïi), qui manque aux lexiques, a été 
employé par Nicétas Choniate, Thesaur. Orthod.^ cod. Flor., fol. 63 v*^. 

(6) Theod. Prodr. cod. Ven., fol. 59, r^ : !\p' oùxl toûtwv êXeyxoc 
aÙTouicTTo; tô icpaYn-a; Id., ibid., fol. 87 v® : lù ô' oùx âTr^yvo)?, àXX' 
iti%(a YVY)(ri(ii>; Muaaç npà; aÙTÔmvTov uêpiv a^XtUyoM. 



44 MÉMOIRES ET NOTICES. 

àv àxoà<; ireTacoxji xpixal toiç xanrjy^poii; , 
xal Tcàvxa irapa8£j^o!.VTO xaxwç ôslyijiaTouvTsç, 
utôç oO cp£((j£Tai iraxpôç, oO Ttevôspaç i^ vOjiLcpY), 
oOx àSslcpôç TÔv (1) àSe'Xcpôv, où yeCTOva ô ysiTwv, 
275 à);).à TY) [léÔY) Tou 6u[iou iràvtsç àvaT^wOoiat. , 
ô)c, TîpdêaTa xpivdpva xaxtoç {isTa tc5v liixwv. 



xe'. Ilepl TtpovoCaç. Fol. 94 v". 

npovoîaç iréîpuxs 0£oî3 tô auvxYjpetv tôv xdajJLOV, 
Tcpdvoia irdD.iv 8è ^poTÛv r^v èvToT.Yiv cpu'XàTTeiv. 
0e(a xal Y<^p tiç irp<5voia TdSs tô irav Siéitst, 

280 xal TÔ xa6àira^ xupwOèv oO Siivatai ).u67^vai, 
o08' E<îTiv àva'XcoTitJt.ov, ouxouv tô ir£7rpa)|j.£vov. 
Kal tC [xaTaCox;, àvSpwirE, TE^^và^Y) xal (jocpCJ^v), 
[JL-^ a6éva)v (2) irpdc-rayjJLa pa<p7i(; tî^ç èvÔEXpécov (3) luaai 
xàv TcàvTa SiaTrpà^ato, xàv el {j.up(a xà|j.oiç, 

285 '/^ <]/£îj5oç iràvta xal xevP) itoiyjtixVi T£p6p£Ca (4). 

xç'. Ilepl >0Yt<T|i.â)V. 

Toùç ).oyi.a[xoùç -î^ 7upô(; 0£Ôv -î^ icpôç xà xpeCxTo) cpépE. 
Twv yàp xaxtov àjiêluvouaiv ot ).oyi,<î{xol tô cpàoç, 
xal (îu<:xotC^o'j<îi. (5) '^^X^'^ "^^^ «rêévvuaiv à6p6ov, 
xaOàitEp àvTavàx)wa<3i.<; toG 4>o(6oi» r^v (Je'Xt^vyjv • 
290 al TÛv \Lty<xkùiv yàp, (pYjal, irpayjiaTwv èyj^EtpC'îEiç 
jjLEyàliQç xal cuaxé^'SWÇ XP*'!^^^^''^ ^*'' 9pO'^T^^8oç. ■ 



(1) Fort. Toû àSeXçoû, où yeiTOvoç. 

(2) Ad m. (ir) Suvâjjievoç. 

(3) Cette leçon est évidemment fautive ; mais la correction m'é- 
chappe. 

(4) Ad m. 1^ (j^ayeia. 

(5) La forme connue est dvxTxoTâÇw. Le composé nouveau auffxoTtÇw 
est justifié par (TxoTÎÇti). 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 45 

xÇ'. Ilepl Xoyou. 

^.dyo; \Liaoi; iré^uxe xpetTTdvwv xal jç^eipdvtov, 
xal icpôi; xà; «jcpwv ^u|JL6à).XsTai cpùasi; xal )(^ajiai).£ci)v (1). 
Aéywv ôpeiTat, yàp 8eô<; xal cpO^oç èTraivsixat * 

295 àXV àv dpôtoç àiro <^uj(^y^ç, àirô xapSCas; \Li(Tt\<; 
^aSC^toat xal TréjjLTrwvTat xal Tpéj^^waiv àcpôdvwç • 
TpCa xal yàp tou (jTdfJLaTo; (îx; èx 'Kriyr^i; Ixpéei, 
)v6yoç, irvoYi xal cp().yju,a, xà irap' àvOptoTTOiç xpeiTtco • 
xal TÔ (2) [i^èv axà^a v^^ cpwvYiv TcéjxirojJiEv Tcpoç à\'k'ii\o'j(;, 

300 xal )(^£C).E(î(, cpôsyyéjxeOa xal yzCktai cpO.oOjxsv • 
à).V 1^ xapSCa xô y).uxù xal xô Ttixpôv èx6>.i3^ei., 
xal jjiàpTix; Ilérpoç àvu|i.vwv cpO.wv l(7xapt(6rr|Ç. 

xï}'. nepi Ta7ceivo9po(juvY)ç. Fol. 95 r». 

taicetvdcppwv Ix 4"JX'*i*»' '^^'^' ^^"^ '^^^ (î;(Y| [^-àxtov 

yvwpiJ^ETaL xav T:\oL^Tr\xoLi TtaiaoLV tyjv tou Naêàxo'j 
305 à.y'^tioL'^ oia-irsp àaapxo; [Aa>.)vOv |j.i,aav0pa)7î(av. 

TaTcstvdç yàp eô(î're).ay)(^vO(; xal 'jrpo<Tir)V7)ç ÙTzd^yoiv 
yvwpCJ^etai xal xoTç iro).\ot<; xal \Lr\ yLvwcxoji-évoi;, 
é)<; icà).tv â^ a)[j.dTY]TOç 6 f apuêpép^tov (3) ).iwv. 

xô'. Ilepl xp^^JxoTyjTo;. 

TVjv 8' àyaSV j(^pY)(5TdTYjTa irwi; cppàcto, ôiôa^dv jjle, 
310 6 jxitfoixTCpjxtov (4) 6 Ôeivôç 6 <p£t.5a)).ôç itpôç itàv-raç; 

(1) Cod. ^a^-oXécov. 

(2) Fort, xal tôj (aèv <rx6(xaTi çwvrjv. 

(3) Il paraît former le verbe papu6pé(iw. La forme régulière serait 
Papu6pofi.éa>, d'où papuêpofxtûv, ce qui déplacerait l'accent. Mais peut- 
être faut-il lire, en séparant, papù ppe'ixwv , comme dans Homère (Od. 
©, 95) papù ffTevàxovxaç. Theod. Prodr., dans Boiss., An. Nov., p. 377 : 
BapuêpCjxYjTov, 04'aux'n6pé(xyiv, en parlant d'un excellent cavalier. Ce 
dernier composé justifierait papu6pé[iw. On connaît papu6pop.TQç. Quant 
à papuêpifiriToç, il peut être ajouté au Thésaurus. Le manuscrit donne 
PapuêpujxyiToç. 

(4) Ad marg. ô àxpi6oXoYou|x»vo; xal ô éXeô^v. Le composé jMaoïxtCp- 
jxtov est inconnu aux lexiques, ainsi que nXoutôxetp du vers suivant. 



4)6 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Kal yàp ir)wOUT6)(^£ip 6 ^prjffTÔç xal cpiXoixtipjjLwv TziXzi, 
axopTcC^wv (Xiravira xa).65«; xal 8(8wv, |jly) ).a[i.6àv6)v, 
àç icdDwiv ô {/.wdvGpwTCOç ex toO cuX^wéyeiv iràvta. 

y. Ilepl xaptepiaç. 

T^ç xap-eptaç 8' àXYjSûç tÔv (îTÉcpavov uwç icXé^w, 
315 auTÔç àvu:ro[^dvYjTo<; xal yof^uaTfiq 67càp)(^wv; 

Kal yàp 6 cpéptov irsipaffjxôv xal lùiraç tjiro^iévwv 

IxSé^ETa!, TT^jV àvefftv tÎ]*; {iiaOa-rcoSoaiaç. 

8à Tipô; xauTaç àysvvwç xal [j-!.xpoi^u^w; à'/^wv 

àiriata Ta '7rpo(îTày[x,aTa loyC^CTai ta Gsta, 
320 xàtv cpép-rj xal Totç ^"/ipLaci xal çBéyyeTat, (1) t^ yXéfsar^. 

Xa'. Ilepî [AVvjatxaxCaç. 

Aé^6), XTr)pij^(i), Ta xaxà toO [AVYjaixàxou cppàato, 
£1 xal jj.vYi(îCxaxoç auTÔç e'iirsp àXkoi; Ttç iréTwW. 
Toi3 }JLVY)<nxaxou yàp o08àv j^etpov ^adTa^et, yata, 
oO (j{8Y)pov, ou |i.(5)wi.68ov, oO xCovaç, où ).£6ou(; • 

325 8eivôv xaxCa yàp iai\ icpôç to a\i\LT:'kà(5<xi. 8(5Xoi><;j 
xal 8paaTiXT?j xal 7c6pt.{ioç Toi3 xaTacpôstpai ird).£i<;, 
xal Tà)w)va [Asv Ô7c6Tpo[jt,o<; xal -repayai xal To).|XYj<yat» 
xaxT?) irpo(j6)wéT:£W aCSvjpov, S£t)w9) irpôç ^icpou)wx(av, 
^pôç lTci(jT7^{jLaç à-jTSipoç, cpu^ax'^v-^ (2) Tcpô; jJ-àj^aç, 

330 elç 8à TÔ ^à'^ai {XYi^^avàç xal Tpdirou; IttiSouIouç 
xal xaTa toî3 ^.UTOqaavToç xo'XaaTi.xàç à{JLt3vaç, 
oOx l'cTiv o08è "kioLiyc/. ccpï^ç [xiaicfovwTépa/ 

X6'. Ilepl eùyeveCaç. Fol. 93 vo. 

TÔV ne).oirC8<ov 8' à).Y)ôt5ç tôv oyxov ctYjTwiTeiJsa). 
Kâv è'cpu (3) Td)^' è^ eôyevwv xal jJ!,£ya>.o6uvà(i.(i)v, 

(1) Fort, (fbéyy-fizon. 

(2) Fort. çuJJavtx:^' Ad marg. r^yo-j^ ôeiXiQ. 

(3) Fort, sçuv, se rapportant au v. précédent. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 47 

335 jAYiSel; tOyéveiav ir>.oi»Ta)v wç 8u(JY£vet(; toùç àX).ou? 
iraC^si xal KaxeiraCpsTai, xav -j tcov KexpouîStov. 
Kal yàp xal xspajAeijTpia (1) yû^ oïôev àvOpw-TrCvYi 
Ix ToG aÔTOîî 8y) [xioupyetv irY|Xoî3 xal xepa{A£uei.v 
oôpavYjv xal xutcO.'Xiov (2) xal cxtjcpov xal viTcry^pa, 

340 xal (puai,? àirô tc5v aOxwv Tvaiôouoiwv aT;£p|JLàTwv 

cpépeiv àve[i.o<j>9(5pYiTov (3) xal TpocpoSdxTjv (4) dtàj^uv. 

Xy. Ilepl SoÇaç. 

<î>pà(To) TYjV 8(5^av rfiv x£vy)V, x3tv àôo^o<; uirap^^w , 
rriv Ttpdaxaipov 6 irpdaxaipoç, nriv àaÔevYjv (5) 6 xtovwi}/. 
A6^av xevi?iv tô <pi5air){JLa (6) yàp cpépsi tôv àvSpwuwv, 
345 àaxô<; 8è '7tv£ij|i,aToç {X£(îtÔ(; £lxà^£Ta(. irap' àWoiy 

Twv vouv£j(^(ov xal Ta7r£ivc5v xal twv j^aj^al p).£7c6vTe«)v • 
xal yàp >.uOévTO(; toO 8é(î[i.ou tô (^ùari^a, à-rcéTcnq. 

XS'. Ilepl ii6ipaCT{jLÔ)v. 

^£ps xaT^wç TOÎx; it£i,pa<T{i.oî>ç dSairfip àSàfJiaç XCOoç * 
Toùç 7r£tpa(j{JLoùi; yàp 6 0£Ô(; •Kpô; tô cu[i.cp£pov <pép£u 
350 El yàp TÎ^ç Tuj^Yjç Trà UTfipà 8(.à iravTÔç xaT£Îj(^ov 

(1) J'ai cité, dans le Thésaurus^ ce mot^ non connu d'ailleurs. 

(2) Cod. xuTîéXiov. Ce composé peut être ajouté aux lexiques. On 1« 
trouve employé aussi par Michel Psellus, cod. gr., Paris. 1182, 
fol. 78 r°, et par Grégoire d'Antioche, cod. Ven., fol. 165 r" : 
ZwpoTepov xepavvùç xal toï; SaxTuXoiç eTro^ov çépwv eùçvwç xuuéXXiov. 

(3) Forme inconnue pour àve[x6(p8opo(;. L'expression est biblique , 
àvefxôçOopa êaivetpav. Voy. Os., viii, 7. 

(4) Cod. TpeçoSoTYiv. Au seul exemple cité dans le Thesaur., on 
peut ajouter cod. gr. Paris. Suppl. 287, fol. 30, et Quirin. Orthod. 
Offic. I, p. 15. La forme inconnue TpoçoSoTiç se trouve dans S. Germ. 
Constantinop. cod. gr. Coisl. 278, fol. 227 r°. Le verbe TpoçoôoTéû), 
qui manque aux lexiques, a été employé par Théod. Stud., p. 63, éd. 
Mai, et dans le cod. gr. Coisl. 94, fol. 235 r». 

(5) Fort, àffôevti. 

(6) Ad marg. *H àXaJ;oveia. 



48 MÉMOIRES ET NOTICES. 

àvOpwiroi uoluTà).avTOi. (1) KéxpOTTSç (2) è7tY|p[i.ivo!,, 
ouxouv èctoOv) iraaa càp^, oux àv iTaTtsivwGiri * 
8id xà jxàv vauàyia xotç ir'Xéouai.v U7îàpj(_st. , 
ol YàpLO!, xàç (3) X'^IP^'^'^ ^^ yovsOaiv àTsxvCa • 
355 cuvavacpùpovTai xal yàp Totç àyaOotç Ta çpau)wa , 
xaOàirep Ta ^iJ^dtvta tw cCtw cuvau^dvsi. 

Xe'. Ilept exouaîov xai àxoufftou. Fol. (4) 2 r° et 96 r". 

npaTTW Sstvà xal TiovYjpà xal Sélcov xal [xy) 6éXo)V , 
x3tv {ispixsiito xal >.a>.w TauTa xal Tépto jAéaov. 
AxovTsç [AsvToi TTpàTTOuat al)(_[i-à>.(«)Toi xal 8oG);Oi • 
360 <î)6£t yàp xàxwaiç auToù; ).i[iou xal ^aêSiajxaTwv (5) * 
ol 8' à);).oi [xaTYjv Tc5v p»pOTwv âcpeupsaiXoyouat, (6), 
TîT.Yjv Ixouaîco; àvSpwTïOç xàv Ta ^pYi^Ta irpaTTÉTW. 

).7 . Ilept TcapaXoyou ôpe^ewç. Fol. 3 r°. 

EtC£)(_£ xpàT£(. x(vTr|(îi,v o'pé^sw; à)v(5you, 
slôwç (bç ^uyoTaXavTa (7) iràvTa Ta Tt5v àvôpwitwv. 
365 OùSéva yàp àx6)waaTov àcpCY|(îiv •/[ SCxyj, 

àXkoi xàv Sd^Yj irpôç [itxpôv Ta fiT^écpapa xa[i.jJLU£LV (8), 
àW uaTspov 7cap6T£pov £-n;ày£t, Tàç xolàa£(.<;. 

XÇ'. Ilept yvivaixo;. Fol. 4 v». 

H <p£ijy£ TYjv <îU[/.6((«)<Jiv TÎ^ç yuvai.xô(; xal {xiaei, 
r\ xav èx).éyou tyjv j^pYjaTYjv ccocppova xal xoGjJLCav. 



(1) Anon. cod. Ven., fol. 170 y° : 'EvreOGev xpoTo; Ttepi tôv âvSpa 
TtoX'jç, (b; xaXXtxéxvYiç, œç àpiffTOxeip, wç xaXXtSàxTuXo;, xat tô eTîaôXov, 
ûjjLvoi xat yépa xat j^àpixeç TîoXuràXavxot xal àfioiêal TioXuôàuavoi. 

(2) Pour KexponîSat. 

(3) Fort. TYÎç. 

(4) La double indication de ces folios se rapporte : 1° au premier 
ouvrage d'après lequel je donne ici les titres : 2" au poëme lui-même. 

(5) On ne connaissait que la forme pa6ôi(7(JL6ç. 

(6) Ce composé peut aussi être ajouté aux lexiques. 

(7) Mot également inconnu. 

(8) Cod. xai^ueiv. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 49 

370 2i3[jL(pUTa (1) yàp xatç yavai^l xà tî^ç cpi>.OTUTcCa(; • 
è-Tcàv Se xal xatç è'pwToç IxxaioivTO (2) xa|JL(vo(,ç, 
xal Tatç âx TO'j-rtov (pT^éyoïvio irupxaïaiç ta aTC^.ayxv'^c , 
Toùç IpwjAévouç T£ cu^jt-ê-î^ acp(<5tv àpaCouç elvai, 
àyaT^p-axiaç nriv [xopcpYjv, £0[j.7]X£iç a)ç irT^axàvouç, 

375 Tdxe xal f>>.é}jL[jt,a, xal cptovYiv, xal ^àSiorjAa, xal V£î5u.a, 
xal xîvY)[jt,a, xal Idt'Xvjtxa cpi'Xouaiv utçotctsùeiv, 
xal p> À7^ [xaffi xvi^djXEvai (3) Totç Ix ty^ç ôirot^Caç, 
y'jvaixo);ii7Cojç çépouai xauxa xal ^yjXotutcwç. 

Xti'. Ilepl p/ritJtviÇ- Fol. 6 r» et 96 v». 

Mvif^[ji.if)v r\ [xdvov itpôç 0£Ôv £5(_£ xal irpôç ta 6£ta, 
380 7^ xâv iréj^ou twv (jxaitov xal twv {ji.e|jn,<rif){i.év(ov. 

X6'. Ilepl àpxti? xal SouXoffuvYiç, Fol. 7 v". 

El ^"kéizzu àp)^£a9at. xaltoç, apx.^'-v xaxwç ja-/) 6é).£ • 
TÔ jjié'X'Xov à8Y)).ov lirl rîîç àcua-raTou tOj^y)!;. 
OuTs xaxYjv yàp (ÏTcaaav r^v 8ouloaùvY)v (4) £t7r£t.ç (5) , 
ouT£ Ti?iv S6^av (Xuacav tbç àyaôi^v Tpavwffeiç • 
385 à"XV laxi xpeCttw r/jç àpj(_'?)ç £6p£Tv xal 8ouX.oauvY)v. 

jx'. Ilepi eùepYEfftaç. Fol. 9 r^. 

Ty)v 86(jiv |jt,£8' à7r"X6TY)Toç (6) xal >>à[jt,6av£ xal 8£8e, 
C7C£u8£ 8à vé{j-£t.v è(ja£l (7) {/.à'X'Xov xal [iy) )^a[x6àv£tv. 
AeydvTwv YJxouaa xal yàp tyiv 5(_àpt,v xa7:Yj'X£Ù£iv, 

(1) Cod. (TÛ|i.9oiTa. Les vers 370-378 dans l'éd., VI, 31-39 : Su(içuTot 
yàp TOI yy^' "fà x. ÇriXoTUTtiaç. 

(2) Cod. èxxaîovTai. Voy. le vers suivant. 

(3) Ad m. èpwTixwç XuTcoufxevai. 

(4) Cod. 6ouXco(Tuvr]v, comme au v. 385. 

(5) Fort. erTnr); et tçxivuiarii. 

(6) Cod. net'àTrX. 

(7) Cod. i; àei. 

4 



I 



50 MÉMOIRES ET NOTICES. 

àW OÙX la |J,£ TWV ^ipOTWV ffTÉpyOV 6 Tî'XàCTYJÇ TOÎÎTO ' 

390 vé[i.£iv xal yàp irpôç àiravTaç tôv oIxtov ÈTTtTpéiret,. 
{xa'. Ilepi xoXàxwv. Fol. 10 v<*. 

Aiudcpsuys toÙ;; xoAaxa!; ox; J/u^ocpOdpou; ocpsiç, 
êxépou 5è xàv TTEVcaO-^ç [xy] ^(^pY] [AaxCoYjç xd'Xa^. 
KdTvaxaç (1) yàp oiç, xdpaxaç "Xéyouai irdvTEç slvai., 
jjLaX"Xov xal ^stpoveç iroT^lw xdT^axsç twv xopàxwv • 
395 xdpaxsç yàp tou <;w|xaToç o'puTTOu(n xoùç wiraç , 
xdTvaxsç 8s ye aùv auxotç xal tt^ç ^'JX'^^ )(_£!.pdv(t)<;. 

(jl6'. Ilepi ôia6oX-rK. Fol. 11 v». 

M((îY)(50V ôiç, TÔv àp^Yjyôv TÔv ôiaêeêTwYjiJLévov 
TOU <^£ij5ouç xal (JuvidTopa toutou [Jiaxpàv xal cpsuys. 
Aiaêolsù; yàp àvôpwTroç ôitèp xôv TcpwTOv ^cpiv, 

400 uirèp 6a"Xàc<nrjç àypiov 6u[xôv tôv xujiaTCTY)v (2), 
uTTÈp Tcupôç iracp'XàS^ovToç xa{x(vou 7CO*Xu|ij*Xou (3) 
ji'XùCsi TTjv "Xùaaav TÔV lôv à-JTÔ xapSCaç [xéaviç, 
xapTcoSoTst (4) TÔV 6àvaTov àTrô ^^euSoSevSpCou (5), 
cpucaa, Tivàuasi xû{i,aTa rî^ icayxoajxCw cxdtcpsi, 

405 èysCpsi vXùBtùvoL acpoSpôv àç v^toç sOpovÔTOç, 

xal cuyxuxî^si (6) Ta ^poTtov ôiç xà^'XYjxaç (7), wç a-rdyyouç, 
â)ç <pu(nr)TÎ^paç, tôv 6ujj.ôv âxuéjJLirtov xajJLivsùsi, 
s^àTCTEt. TtdtvTa, SaTrava, cpôsCpsi, xaTava'XCaxsi, 

(1) Sur le xoXa? comparé au xopa^, voy. Eustath., Opusc, p. 84, 
20, et cod. gr. Paris. 1087, fol. 108 v», et 162 v». 

(2) Connu seulement par notre poëte. Amat., III, 37. Cf. Thesaur. 

(3) Voy. S. Jean Damasc, 0pp., t. II, p. 897. 

(4) Anon., cod. Ven., fol. 169 v° : TôJYewpYtp êxeivin èxapuoSoryias. 
Voy. aussi S. Germain de Constantinople , cod. gr. Coisl. 278, 
fol. 203 v°. Le substantif xapTioSoxyiç a été aussi employé par ce der- 
nier, ibid., 23 ro, et par Nicétas Choniate, cod. Ven., fol. 104. v«: 
Tov xapTïoSoTYiv NeIXov xai euarax^^v. 

(5) Cod. 4'ey5ov8£vSpîou. Composé inconnu aux lexiques. 

(6) Voy. V. 144. 

(7) Cod. xàxXixaç. Sup. péXouç 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 51 

alSoiijj-evoç jxyi irpdacoira twv TcpocpYixûv jxapTuptov 
410 ito'XutIyi [JL(5vo)v (1) à<TXYiT(ov xal Y^vaixcov ôaCwv • 
àlV l'aTi, xal irpôç tôv 0£Ôv ôte xal X^etpa TsCvst,, 
xaTaTo}.[jt.a, xal [idj^sTai, xal icaC^si, xal fairCÇsi, 
xal pi>.a(jcp'^ [xst, xal >.oi8op£t, xal <];ct38eTai xal d^sOSoç 
TQV i57C£poù(Ji,ov Tcairal TrpoaàirTetv ouxouv opCtTEt.. 

(jly'- Tlepl aÙTapxetaç. Fol. 13 r» et 97 r». 

415 AaTca^s nr]v auxàpxeiav cpClsi toO So1o[jlwvto(;, 
xaTaiTTuaaov ià irspixTa, twv àvayxaCtov £)(ou. 
OuSèv (2) yàp àvaiSétîTepov yaaxpôç èaxl ÔYjpCov, 
(âcv (3) [JLÉTpoiç {JLYj TcaiÔsÙETai JJLY) j(_a)wLvaYa)Y£tTat , 
x3cv PpCGiri TrT.oiiTO) xal tiix-Ç, xâlv Trei-paapiotç ira'XaCYi, 

[jlS'. Ilept ÊÙTu^iaç. Fol. 14 r^. 

420 ^ôei TÔV ô'yxov sxcpsuye rî^ç àauaTàTou TÙyyiq • 
eux elç {laxpàv yàp xaxavTa to xé^^oç eOTUj(^ouvt(«)v. 
Kal (4) yàp xal piéysÔoç T(,[JL-riç véxpwaiv oî8e ^épEiv, 
èv u-JTspaéTpoiç Vj^ovatç TÛv ^wtixwv [xop^wv 
àvtsjAévwv lx-(5) rî^ç (j<p65v OépjxYjç èxirvoou[ji,évYi(; (6) • 

425 SOIXS 8à xal TÔ TtoXb rîiç Téptj^EWÇ |JL£9t3(JX£lV 

Toùç Tal!<; à<pOxToi,<; tuy^iv (7) auTo6Y)).uvojjLévou<; (8), 
u)ç olvoç ira"Xai,dO£p[i.O(; (9) toùç àxpaToiroTOîJvTaç. 

(1) Épithète homérique. Voy. II. H, 152, et Od. 2, 318. On en 
trouve aussi un exemple dans Aristoph., Pac, 235. 
' (2) Les V. 417-419 dans Téd. I, 43 45. 

(3) Éd.: *'Hti; aùxtiç fjuji-viQo-xecTÔai uàvTa; éTcava^xàÇet, Kàv <TU(X(popaT(;, 
xal Tceipacrjxoîç, xàv 7rtxpa<T|xoT(;. 

(4) Les V. 422-427 répondent à Téd. v. 22-27 : OGtw xal [léye^oç 
Xapâ; V, 

(5) Éd. xal pro èx. 

(6) 'ExTrvoo\j[X£vr]; manque dans le man. 

(7) Ad m. elSoç ôpvéou, -f^ xoivàç (leg. xoivw;) XeYO{JiévY) (jeiffoOpa; 
(aeiffoOpa?). 

(8) Éd. aÙToû ÔTjXuvojiévou;. Voy. le Thés, où cet exemple se trouve 
cité d'après moi. 

(9) Seul exemple connu de ce composé. 



62 MÉMOIRES ET NOTICES. 

|jLe'. Hcpî (jiYÎi; (1). Fol. 97 v». 

Siyvîç \Lr\ TcpoTLfXYiasi.aç tôv "Xdyov, ^lt^Bï (jTép^Yiç. 
Siyi^ xal yàp à^sijAadTOç "Xijxyiv 6vyitc5v àvSpwirwv, 
430 ciyri (2) yàp xddjAoç -reécp'jxs cùv yuvai^lv àvSpàaiv , 
uTcèp Se TOÙTtov à)^Y]9Yiç xal y.SXkow ToTç TvapôévoLç • 
Sstyàp, dcpsClsi, -TrpdascTi, àvv^xEi, ^(^psaxîTs'CTat, 
{JLY) (3) y'kuaaoikyziv etcI xsvoTç, à'Xlà 6upouv tô CTdjia, 
xal {!'?) [xaxpoTç xal irspiTTOiç àv8t.aTp(ê£i,v "Xdyotç. 

\iç'. nspl (A£Tavo(aç. Fol. 15 v». 

435 Tï^ç jJLSTavoCaç tô xaT^ôv il,iyou jjlst' sOvoCaç • 
èXirlç yàp àxaxaCijjç^uvTOç (4) irdvTwv àjxapTavdvTwv 
àvÔpwTCGV àvajiàpTYjTOV eôpstv xal yàp oux s(TTi, 
xaxoupyov 8' àW oô5è ^"^X''^'' l'-^XP'' '^^^ Té"XoU(; sîvai. 
Tô [xèv yàp uTrèp àvôpw-rcov, tô 8è rî^ç Ttov Satjxôvwv 

440 {;-ôvY)ç ÔTCàp;(^£i cpuasox; xal <Jx)^Y)poyv(«)[x,o<Ji3vY)(; (5). 
A(8£ T?)V è^ayôpsuaiv xal 'Xàji.êavs r^v T^ùffiv • 
a)ç Êv ^iTT-^ (6) ^paêeOst yàp auy^wpyjaiv irTatffjjLàTwv. 

[jlÇ'. Ilepi èÇaYopeuffswç. Fol. 17 v^. 

Âv |JL£V o5v l^aydpEUGiç è^apLapTàSwv (7) £iy) 
u.é'Xaiva, 8>i(j{JLopcpoç, alaypà, xaxC^TY), 8£iai8ai{X(ov (8), 

(1) Il manque un feuillet après le 14°. Il contenait la fin de l'art. 
tx5' et le commencement du (xe'. 

(2) Éd., VI, 2 : ^Q y^vat, xocrfAOç y^vaiÇl xat (x,âX).ov xaTç TrapGevoiç. 

(3) Les V. 433 et 434 dans l'éd. VI, 3 et 4. 

(4) L'adverbe àv.oixcaayyv'zwç, qui est assez rare, se trouve dans 
Germ. CPolitan. cod. gr. Coisl. 278, fol. 190 v», et 213 r». 

(5) Cod. ax>.yipaYvw[i.oauvyiç. Voy. plus haut, v. 7. 

(6) Cod. ^iTit. 

(7) Ce mot manque aux lexiques, 

(8) Cod. ôv)flr£iôai(i.tùv. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 53 

445 ôaxpu<TiraXaxTOi; (1) ^avi:i<j|j.oiç (2) à7:o).ou8Y^TW Ta/^oç • 
-fl 5è xalXiaTY), ^.aixTcpauyviç, cpaiSpà, {xeoty) j^^apCxtov, 
TYjç Vj8ovY)ç TÔ Sàxpuov xàç -Trapsiàç ^p£j(^£Ta). 
npoj^£0|jt,évoiç yàp -nroXT.otç t7)ç twv Saijxdvwv à).[XY)ç 
TÔ [lèv >.£uxôv iriaCvETai, xal ).£uxav9t^£i irT.éov, 

-460 TÔ {JLé).av 8e TTOp^upETai [XETaj^pwÔèv àÔpdov, 

tu; loixévai tô ).£uxôv vapxCaaoïç (3) )^£Uxocpu>.'Xo!,ç. 

[iri'. nepl àxpaortaç (4). Fol. 98 r». 

Ty)v àxpacCav (5) cpuyoj^jLEv xal tyjv èx Taùrrjç uêpiv, 
uêp(^£i. yàp à{A<p6T£pa xal nrjv ^''^X'^^ ^'^''' Sé^J^aç, 
ô'vTwç ouSèv yàp xijVT£pov (6) yaaTpôç è(jTl SripCov, 
455 Tpocpàç ^YjTO<j(nr)(; auv£)^£t(; xal tcCveiv aTcaiToùoYjç, 
jxa).lov {jLÈv o5v eIç x^jXixaç xal irdTov (7Tp£cpo{JL£VY]v, 
d)^iyo(,(; {xàv Tcauadrovov xal xaTa"XOTYiv TwUTIyiç, 
Totç Se TzoXkoXç, xal aujxcpopwv [xvjTépa xal xivSuvtov. 

jx8'. Ilepl Û7CV0U. 

Eypiqyopévai airoùSaJ^E, cp£uy£ tôv Otîvov <p£uy£, 
460 <î)Ç èlacpoç Taj(_ù8po{Xoç (7) toOç ludaviT-ripaç xOvaç. 

vouç yàp cpavTa^djjLEVo; xal ■Kda'/juiy xal <îu jj-Trà(J)(^tov 
âypYjyopévai (8) irécpi>x£ tô awjjia Tcpôç Tàç Tcpà^Eiç • 
âv 8è TrpoxpCvoiTO vapxàv tzxÔ)^ èul xoityjv waTCEp , 



(1) Ce composé peut être ajouté aux lexiques. 

(2) Même signification que pàvTidfxa. Anon. cod. Ven., fol. 143 v° : 
'E7ti{X£Xoù xœv 7rXoxà[Awv xaî yXyxepoTç àpôeuou (JavTiCTjxaCTiv. 

(3) Cod. vapxicrotç. 

(4) Après le fol. 18 doivent manquer deux feuillets, qui conte- 
naient la fin du chap. (xÇ', le ch. (xy)' et le commencement du (x6'. De 
ce dernier il ne manque que les quatre vers hexamètres. 

(5) Dans le sens d'àxpaxeîa, intempérance. 

(6) Ad mag. tô (xéya. 

(7) Ce mot devrait être accentué TaxuSp6[xo;. Voy. le Thesaur. 
s. h. V. Je lirais à; Ta)(uôp6(/,o; êXaçoç. Cf. v. 61. 

(8)"Ad marg. :?i(ivtxâÇeiv. 



54 MÉMOIRES ET NOTICES. 

tlç, liuvov vï^yepTOv ^ol% toutov irapaaxsuà^ei., 
465 vapxwTixdv Ti (pàp[xaxov xaôdtTrep audxeuàaaç. 

v'. Ilepl çdoTToviaç. Fol. 20 r». 

À^l TÔ irpàxTEiv ciroùSa^E xal tô lîovetv àvTé;(_oi) • 
iràç yàp dxvôç xal pa6u[JL0ç h^ûazict.i (1) ^lxvwSyjç. 
Tô yàp irovstv o5 SùarpoTcov oùô' àuYjyopsup-évov, 
cl [AY) psêï^T^wç xal xaxw; xal nrpôç à'Xdyouç irpà^siç. 

va'. Ilepi ÔpacTUTYiToç. Fol. 21 v^ et 98 v». 

4;70 Etvai Ôpaabç (J-yj c-JioijSa^e [i,Y]5' à)va^<î)v ■rrpôç TiâvTaç, 
à).V àya6ôç, alla 5(_pY|axô;, alla upôç -Tiàvtaç irpàoç. 
ïlaç yàp 6pa<jùç àTcpdcexTo; xpCvsTai -jrapà iràvtwv, 
wç 6 ToljiYjpoxàpSioç (2) [i£Tà poulYÎç àvSpEtoç. 

v6'. nepUyToiç. Fol. 23 r». 

Àv \L-i] lu^iELOiôai fioijlEaa!, çpsuys rr^v àfiapTiav • 
475 f)î^a yàp IOtcyiç xal 7nr)yYi xal t(.8yjvôç xal [XY^nrjp. 
Kal yàp rî^ç liiinfjç 6 j^e^-Ji-wv àuovsxpot xapSiav 
xal xpuaxallot (3) tô J^cûtixôv xal TCT^yvuai xal (]^ù)(_£i. • 
TÔ iràOoç 6e TTETwjASvov a)ç l(6oç TcupyoastCTYjç 
xal TYjv 4'U)(_Y)V xpioxo-KEi (4) xal xaTaasiei. CTilày^va. 

vy'. Ilepi veoTYiToç. Fol. 24 r°. 

480 â vioç wv wç cppôvipç TTpàTTS rà tûv yepdvTtov , 

7^ ylpcûv Totç à6ùp[i.a(Ji. [x*^ (JttouSxIIs twv véwv. 



(1) Cod. èvSOffYiTai. 

(2) Const. Manassès est le seul qui ait employé ce mot. Voy. les 
passages de sa chronique cités dans le Thesaur. 

(3) Cod. xpv)(TTaX£"î. 

(4) Cod. xpuoxoTieT. Il emploie la même image et la même expres- 
sion, cod. Yen., fol. 167 v° : *0 yàp 7i6Xefi.oç evSov lYxàôriTai xai Tfiv 
xapSiav TToXtopxéï xai xà aizlâ-ix^a. xptoxoTieT, Il avait dit un peu plus 




POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 55 

Rai yàp vsdTyjTo; àxjJiYiv -^ javy^ [xyj toO 6avàT0'j 
(îuvTptêei.v (1) oîSev à[i.aupo'jv xal nrjv jxopcpYiv aloyOveiv (2), 
xal xàixi.vo^ èp(6po(j.O(; (3) "^ twv iT£iparr]p(wv 
■485 Aoxpôv (4) (î); ^dSov Sùvaxa', to irp^aw-rrov aui^cppùyeiv (5). 

v6'. nspî xàXXouç. Fol. 25 v«. 

Tô xà>.loç el (xèv vqq ^'-iX^^ ^'X^"-?' àyà).lou, X,atp£ • 
si 8e Tou atojJLaTOç, ala)(^pôv aveu aÙToO "Xoyi^o'j. 
Tô y(.AXkoi; yàp d^Oxspov TiTpwaxsi xal ^sT^époi», 
xal Si' daiAdtTWV sic ^uy^-r\v eTcippi^ouv (6) slfTpéet. • 
490 è'pwToç ôà Totç o')(^eTot; xal rat; poatç toO ird6oi) 
xaÔàiîEp uSpaywytov xaÔtaTaxa!, to p>.£[i.pia, 

xal TWV ÈptOTWV sic <i"^X''i''' '^'^ P^"^"^ èlCO/STSlJS'.. 

Âv yàp £1 (7) {XY) TÔv TcT^acjTOUpyôv tyiv ôd^av àva(p£pY)ç, 
àv U.Y1 Tr\'^ Sùvajiiv aÔToO yvwpC^TYjç xal ôaujj-àcnrjç, 
-i95 à).7v' wç aOTdj^pTQjjia TEpTTvôv |idvov èvaTEvCariç, 
yzi^ovoL ry^ç irpO[AY]Topo; àiraTir)0£lç à-Jiànrjv • 
xà)Aoç (8) xal yàp xt, 6al£pôv (9) TrV^psç TzoXkdv ;^aptTwv 
6é)^y£iv (10) où [i-dvov àvôptoTrov xal Tupavv£tv Icj^uei, 
àWà xal cpij<JLv circoLaoLv vyjxtyjv à£po6àTYiv, 

haut : Kai (jTevaY|Ao; dç éXéTcoXiç xà jTepva TiepixTUTieT. Anon., ibid., 
fol. 172 yo : Ti; âv uTcoiaet «J'^X^' ^'^^ ôtaooÀaTç xaxaaeiojjLévrj xai cxuxo- 
9avxiqt xptoxo7iou[X£vyi; 

(1) Les V. 483-485 dans Téd., VIII, 7-9. Le v. 7 est ainsi donné : 
Kal xàXXoç oîôcv. 

(2) Cod. aiaxuvriv. 

(3) Cod. èpi6p6H.oç. 

(4) Cod. XoxpoOv. Lycophr., v. 1429 : Aoxpôv ^oôov. Nicet. Cho- 
niat., cod. Ven., fol. 92 v° : Tî; à itaçà, Tcpoaôoxiav ètciwv aot ôàvaxo;, 
oùôà Aoxpov ^65ov à)xu(ji,opov ouxtoç EYvwxev ; Id., ibid., fol. 97 v^ : Kaxà 
xà Aoxpà xwv ^oôwv àTréppEucre xâ/^iov. 

(5) Ad marg. à|xaupûùv. 

(6) Le composé eTctç-ptCôto est inconnu aux lexiques. 

(7) Fort, âv yàp \i.ri el; xàv nk. 

(8) Les V. 497-502 dans l'éd., I, 13-18. 

(9) Cod. OaUepov. Éd. xâXXoç yàp ouxw OaXepôv xôdcov x- TtXYJpe;. 

(10) Éd. où (xôvov eéXy. 



56 MÉMOIRES ET NOTICES. 

500 •/t^aa.ioTZÔ^ov a.<]^vj(ov xapTtoçpUTOXopLoOaav • 

^iXoç, è(jxlv (1) àaiSvipov, àW dç xap8(av Txkri'z'zzi 

xal cpapiJLaxsOsi rrjv t^u^YjV, xal 6avaTot xal (jcpàTxet (2). 

ve'. Ilepl Ttpoffoxïîç. Fol. 27 v» et 99 r». 

Où irijpyoç (Ji,8Y]p6xTi,aTOç (3), iruxvdirupyoç où ttô'Xiç, 
tbi; irpoffojfY) TÔv ïyoviix cD^dyzi xal cpuT^àcaei • 

505 ÔTt xalôv yàp irp 0005(^-1?] xal aTpanrjyol xal S-^pioç 
xal vaùapj^oi xal cpÙAaxEç <ppoup(wv irapiaTÔici, 
xal Ttov yepàvwv i^ i:>.yj6ùçtwv jjt,axpoax£'Xopà|j,cpwv (4), 
xal ^u{jl6o1y) Tcoltiicovoç t^ç i>.(,àôoç 7c).£ov, 
xal P'XaxiajJLÔç (5) rî^ç ';r6).£wç xal Soupitririç (6) ï'Krco^, 

510 (bç sïvai, TÔ irapà 'KoXkdv 8pu"X>.où{j.Evov, où «^euSoç, 
S irpoaextT^aaTo aitouS-^, ecpôsipsv oxvoç 'zdyzi. 

vç'. nepl TYjç (jL£XXou(T7iç xpîaewç. Fol. 28 v». 

<î>o6ou TY)v xp((j(,v, 7rp66>.£7r£, -irp^ffE^E, Tp£jjL£, axévE • 
0UT(i> yàp ïaÔL tôv aOrî^ç oÎxtov iXxùaaç "Xàêriç , 
xal yàp oOSeIç xàç toO 0£oG 8ia8i5pà(jx£i (7) X£""P*<î> 

515 oO 8ùaopyoç, O'j 8'jaa£6Y)<;, où cpSovEpôç, où yd-y^ç, 
xâv <ixuTcénriç j^£)a8wv ÔTràpj^Y), x2lv yopy6uouç, 
ôiç V) 8opxàç âv (5tX).£Tai (8), xàv àç Vj aala|jLâv8pa 
eI; itup £l(j£X0oi irpô xaipoO, x3tv eIç àêùdffou )^àp|jLa 
xa6à7r£p 6 xpox68£i"Xo(; xotç u8a(Ji. àouSeCy), 

520 x3cv Mivwç, xàv ^a8c£jxav9uç xpCvwv vExpoùç £l(; A801» • 

(1) Cod. Et yàp pro èauv. Voy. v. 665. 

(2) Ed. To pXé(X[jLa pro xal acçâ-xiti. 

(3) Ce composé et le suivant, uuxvÔTiupYOç, manquent aux lexiques. 

(4) Encore un mot nouveau qui est singulièrement formé. L'épithète 
{xaxpôç s'applique à la fois à (txe'Xo; et à ^àitçoç. La grue a en effet 
des pattes longues et un long bec. 

(5) Mot qui peut être ajouté aux lexiques. 

(6) Forme inconnue pour ôoupeio;. 

(7) Cod. ôiaôpdcaxEi, 

(8) Fort. aXXriTai. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 57 

de, oôpavoùç yàp xaTOixst xô Tz'kriptù^a. tô Ôetov, 

zlç y^v, de, ÂSyjv, sic fuOôv xaxà tôv (^aljjLoypàcpov (1). 

vi;'. Ilepl laTptov. Fol. 30 r» et 99 v». 

El |JLèv (5TCOu8à^£iç rriv SiirT.'îiv cpéptov ôycCav à^f^o), 
r?)ç zùruy^ioiç, su yé (JO!. xal xa)^oxaya0taç! 
525 si 8è vodett; wç avBpwTTOç yi cpépst-ç [JLwlwiràSaç (2), 
(jTreOSe Tipôç tôv Suvàjj^svov vocoxojxstv tô 'rtàBoi;. 
AiTcX'^ xal yàp twv laTptov oicTcep xal t65v vocoùvtwv 
1^ Sùvaaiç xa6éaTY]X£ xpôç laaiv xal ^waiv. 

vYi'. nepl àcrwTiaç. Fol. 31 v°. 

Tr^c, àabixioLC, tôv ^paa^j-ôv cpsuys tyiv 8u<j(j)8(av, 

530 Vva (joi» [X£Tà SàvaTOV tô 8é[iaç sOoSpLif^aYi • 

àirô Tsadàptov yàp ppaffjxwv è^àTTTSTat iropvsîa, 

è^ dcp6a).[xwv, àirô TpucpYÎç, àirô t^ç cpi^auTiaç, 

àirô ^eêï^'Xwv li.aaTpoitwv GUjJLTcdpvwv (3) aujj-irpaxTopwv. 

È^zXt ouv TÔV o'cp6a).|JLÔv, ÏT:ty(z nr|v yaaTépa, 

535 (i.C(J£i aauTÔv, [jlovwOy^ti, cp£uy£ Tàç ^uvauT^Caç, 
xal )(_pYi [i.aTL(î£i,ç vi,XY)T^ç 8a({xovoç 7ropvox6iTOi>. 

v6'. nept Suayeveîaç. Fol. 33 r» et 100 r«. 

Toù; 5(_9a[ia).oî;ç àç 8u(jyev£i(; [i,Y)86\a)ç àTcoaTpécpo'j • 
TÔ yàp 8y)[xoxo':cou[j.£vov (4-), é)C, è'oix£v, où <^£08o<;. 
Éx TTjç CLÙTTiç, yàp xal \Lia.ç ^ujayjç rî^ç )^a){;,aTCvY)ç (5), 

(1) Ps. XXIII, 1, etXLIX, 13. 

(2) Le mot ixwXtoTiàç est une forme inconnue pour {xwXw']^ ; car il ne 
faut pas penser à corriger [j.(oXw7caç, à cause de la mesure. Par occa- 
sion, j'indiquerai le substantif (j,a)X(07cwCTiç comme pouvant être ajouté 
aux lexiques; on le trouvera dans le cod. gr. Paris, 396, p. 108. 

(3) Mot nouveau. On ne connaissait que le verbe ffufXTropveùw. 

(4) Éd., VII, 41. Anon. cod. Yen., fol. 142 v» : El {x^i toûto Ôy; t6 
8yHJ.oxoTrou(Ji.evov èuY^XOe {xoi. 

(5) Mot particulier à Const. Manassès. Voy. les exemples cités 
dans le Thésaurus. 



58 MÉMOIRES ET NOTICES. 

5-40 <î)ç êx iTYiY^ç âx TY^ç aÙTfiç xolX <pUT£U(jCp-oi> yaïaç, 
<jxaçp£uo{x£vY)<; 6<p' ivôç àvSpôç xal a-jisLpojjLévYjç, 
xal (iaxoç àvaSiSoTat xal axà^uç ciTOcpdpoç, 
oô5£ Tiç cpépsLv SuvaTÔv (1) èx {/.ovwTàTou irCSou 
8i5ao5jJLOv oïvov xal )(^pY](jTÔv TréjiTTs'Xov àv6oai[i(av. 

$'. IIspi çiXauTiaç. Fol. 34 v». 

545 <Î>l'X£i TYjv (jYiv xal [iY| TÔ côv, [jt-aHov Se toOto [xîdet, 
£1 p»où\£i. [x.£Tà T^ç 4'UX'^'» '^'^ Séjxaç àcp6apTL(jai. 
A£Ï yàp ytvajaxfitv àxpiêwç tyiv (p().auTov xapSiav, 
wç àpa TcdBoç àxpai.çpvY]ç à'^à[j.£voç xapSiaç 
oi;x £7naTp£cp£a6ai, tivôç tôv IpaGTYjv êTépou 

550 où 8uva(jT£Laç ou x.^tpôç èa {JLEyaloTCTwOÙTOU, 

oO xal'Xovîîc; pLopcpwjxaTOç, oOx EUTipETTELaç àv6ouç, 

aÔTÔ 8a TÔ 7:o8où[JL£vov [xdvov xaxavayxà^Eiv 

xal Tzyiziv xal (pavuà^scOai xal Tcpô ^>.£çàpo)v è'y^siv. 

Ça'. Ilept (x.v:q[xtq; 6avàTou. Fol. 36 r°. 

El |i.VY)[jLOV£U£(,ç ôavdTOi), cpEÙ^Y] TYIV àjxapTiav, 
555 zl 8' wç àôdvaTOç Tpucpaç, à6àvaTa y.o'kàZ.t^. 

IIoDvàxiç (2) yàp xal t£)^£uty) ^wï^ç £ÔXTat.oTépa 
xal ôàvaToç TvUaCcppovTiç xal itaijwv àTvyYjSdvaç 
7:o'X"Xw x£p8a"X£a)T£poç (3) jit.£ya).07i6vou ^Cou • 
xal 7càvTa>ç otç ^apù{io)(_8o!; (4-) 6 irpô tt^ç aipaç fiîoç, 
o60 6 Tcpô Tfiç, oipaç 6àvaT0<; èxEivoiç £U£py£rr)<; 

■7rau(y(o8uvoç (5) y£vd[JL£voç xal Ttdvou ).ua(,v çépwv. 

Ç6' Ilepi Tou ÔTi 8uCTa7c6(nraffToç. Fol. 37 v° et 100 v''. 

PaaTYiv [i,£v 'iI(j6i tou xaxou tyjv Evwaiv uirâpjç^Eiv, 
àX^àxal 8u<j£H,àX£iTr-:ov £lvai {jL£Tà ty)v 7:£tpav. 

(1) Fort. ôuvaTÔç. 

(2) Les V. 556-560 dansl'éd., VI, 60-65. 

(3) Cod. xepSaXeÔTepoç. 

(4) Ed. papO{x. xai TXr,7îa6yi<; ô pîoç. 

(5) Cod. Tiauffoôuvoç. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 59 

Kal (1) yàp oOx àxpaxov laxlv supeiv EÙSaujiovîav 
565 Tcap' ouSevl tûv tw Tf|Ç yr,? èaxpscpojxévwv (2) yupw, 
x^v Ti'XetaTa XTri(jai.vTO Tivè;, xâtv £Ù9y)Vo1!vto cpdoiç, 
x3cv îcepi^^lotvTO XP^*^?» ''^''' ^êw xaTavTloXvTO . 

Iy'. Hepî (p66ou. Fol. 39 r«. 

4>oêou Tov {XYi (pa6ou|i-£vov xal TpéjiE vuv tôv Tràcav 
rfiv XTiaiv [x6vov dcpôa'Xjxw xpéjJLeiv olxovojj-ouvTa. 

570 Kal (3) yàp TroX"Xâxiç toT;; 7co)w);o'Ï(; ol twv àvôpwTrtov cpoôoi 
l[jL7co8i.(jTal xa6((JTavTai. Tf\(; }i,o)(^6Y)poTpo7ciaç. 
El(4)yapTi(; (jcpi^siTrpôç al<Txpàç(o) Trpà^siçxalTrpôç à9é(î[JLOU<:, 
(î)ç irwTvOç TcupijAa^axTOV axôiLiov à-KO-KXvoiv (6), 
xal |iY^6' aÔTÔv (7) al8oi3(J.£voç [iv^ts t6 Se'Cov TpéjJLWv, 

575 av ejç^Y] cpdêov (jùvoixov, av è^ àvGpwTTWv Trxotav, 

Ix Twv àTaxTwv sipysTat (8) xal cpauXwv (jXLpry) {j-àttov • 
XY)ji.ôv (9) yàp papua(8Y)pov tôv èx toG 8éouç «pépei, 
cpûaiv xal yàp -TrspCcpoêov àvôpwTcwv cpiTvoaàpxtov 
ÙTzia'Z^z'^zv vkoLV.i<s\LO(; (10) iyj^iaxuiv xuvaptwv. 

^5'. nspt (xéOriç. Fol. 40 r». 

580 H [xéÔYj ^àlï) irécpuxE iraparpoTCVi tcov iràvxwv, 
6 voOç yàp à'icaaêoT.toSEU (H) s^ àxpaTOTcoataç 

(1) Ces vers sont répétés plus loin, v. 872 et suiv. 

(2) Fort, pro èvCTTpeço[xsvwv. 

(3) Les V. 570-577 dans l'éd., V, 44-51 : Oûtw TîoXXdtxt;. 

(4) Ed. xai Tiç (TçaôàCcov Tipoç ai^xpà xal Tipo; à6. upcicÇei;. 

(5) Cod. èffxpaç- 

(6) Ed. ttTtoTiTuaa;. 

(7) Cod. jXYix' aÙTOv — Tpéjxov. 

(8) Cod. erpYYiTat. 

(9) Cod. xi|x6v. 

(10) Ce mot est inconnu aux lexiques. Mais peut-être faut-il lire 
OXaxTt<T(iè(;, mot qui manque au Thésaurus, mais qui est indiqué dans 
le lexique de M. Sophoclès, d'après un passage de Nicet. Byz. , p. 776, A. 
On en trouve un autre exemple dans Theod. Stud., Epist., p. 106, B. 
[1 est singulier que le substantif OXocxTriai; employé par Aristote, t. IV, 

, 321, ne figure point dans les lexiques. 
(H) Cod. àuoaêoXtoÔeî;. 



60 MEMOIRES ET NOTICES. 

TtCLÛzi xal lô^ov xal 0u[j,ôv xal y.ivy]aiv xal irpà^iv, 
yàp Tou yé^-WTOç ^^aa^oç xal tô auyy(x>q x"Xov£t<î9ai 
xal <?/_"?] [xa xal tô ^àSiap-a xal ^^altàv xal ^'XéjiiAa, 
585 xal TÔ Tàç xdpaç àvaiôtoç ri^Se xàxst 8i,v£U£t,v, 
èyypà^oixîi tôv jiéôuaov xal tÔv àxpaTOiîÔTViv. 

Ce'. Ilepl Twv taxéwç [jLgxaêaXXojAévtûv. Fol. 42 r^ et 101 r° 

Mt^ts irlouTwv xaTeitapô-iJç, |iV)t' àSupiwv o'x)wàaY)(;- 
xal yàp TOI {JLSTaêàX^ovTai Ta tc5v ^pOTcôv Ta)(_é(i)ç. 
TC yàp TOI TÔ Tajç^UTTSTèç ^oùlsTai twv àvôpwirwv; 

590 xal ^éêaiov ouSév èciTiv, ou aTàai|ji-ov àvôpwTroiç, 
à>.>.à xairvôç Ta tc5v 6vy)t<Sv, àXkà. axià Ta iràvTa. 
Tic, oStoç ô TTo'XùarTpo^oç xùT^ivSpo; 6 toO ^(ou, 
6 ôpo[Jn.xôç (bç 6 Tpo5(_ôç xal ^éwv uTcèp uStop, 
xal xoî5<poç <j)C, xovCdffa'Xoç wç iràiriroç àir' àxàvGriç (1) ; 

595 Ap' Icpopa t(ç Ta Ôvyjtcov, -î^ "Xôyoç ^Xko(; TauTa ; 
7^ TtàvTa <pùp8Yiv (jTpécpeTai xal cpôeipsTai Ta^éwç, 
wç cxàcpoç 6a).aaa(5'7r).Y)XTOV (2) epvjjxov lôuvrî^poç, 
^ {jLÔvov £i8a)"Xov èajièv irvoy}, axià xal Técppa, 
•î^ ^àpoç yi^ç iTtôffiov <î)ç cpu'X'Xoj(^ôov (3) 8év5pov, 

600 tî)ç àv6oç yv^ç aÛTÔpLaTov âjxa tw (4) cpuvai tcCtctov, 
(i)ç oïa cpù^TwWv y£V£à xal tc5v àv8pt5v TOiaÙTY) • 
xal tC cpu(j(jw[i.£6a Ttvèç xal tC {jL£ya).au)^ou[jL£v, 
wç i^i(jia6\Lzvoi {Aaxpoîjç TzoXuzCkUTQUc, (5) }(pdvoi»<;, 
•î^ |ià)^)^ov (x)ç àôàvaToi xal TtatÔ£ç àOavaTwv ; 



(1) Cod. àtzà xàvôvii;. Eustath., p. 565, extr. : IlàTtTioç, àxàvÔTiç Xeuxov 
è|àv8y){JLa. 

(2) Cod. ôaXadffOTtXsxTov. Le substantif ôaXacrffOTrXTQxxy)?, qui manque 
aux lexiques, a été employé par Théod. Prodr., Rev. archéoL, 1873, 
p. 348 : 0aXaa-a-o7cXf,xTa Sep^?). 

(3) Cod. çtXoxoov. Voy. ma note sur les Historiens grecs des croi- 
sades, ad p. 440, A, où je cite le mot nouveau çuXXoxoéw d'après un 
passage inédit de Nicétas Choniate. 

(4) Cod. à{ia t6 . 

(5) On peut ajouter aux lexiques l'adverbe TioXueXixTtoç, d'après 
G. Metoch., p. 122, éd. Const. Sath. 



I 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 61 

605 àlV êpsaSe xaxd^^apTOt (1) tûv iJ^suSocpi'XoadcpaJV 
y>.c5a<ja xal ypdjjLfjiaTa xsvà xal 'XY)pixi?i aocp(a. 
Où yàp Kl(o6à) xal Aiyzciç, (2) xà -iràvxa |X£Ta<JTpécpei, 
oô yàp àcxépsç scpopoi tc5v ^BajjLa^ov icpoaxàTai, 
à>.V gaxL Tcpdvoia ià izoiv cuvé^ouaa xal cpùaiç. 

610 ËaTt 0£Ôç 6 xuêspvùiv -jràvTwv 6 TravTEpyàrrjÇ, 
xav rDwàTWvsç IxpVj^wffi, Aouxiavol, IDvWtivoi, 
Api<TTOTé).Y)(; 6 Ssivôç 6 p-^^pt. fôiv àaxéptov 
tPjv icavToSuvajiov la5(_î>v xaxayaywv xal p.dvov 
<JT£vt6<ja<; TÔv àj(_f6pY)Tov, 6 vouç 6 ^opêopc58Y)ç. 



%ç'. Hepl ôiSaxtic. Fol. 43 r» et 101 v«. 

615 ft 8i8aax£ toùç àyaSoîjç, -5^ tô a!.yàv irpOTijxa" 
TÔ yàp 8i,8à(TX£i.v Toùç xaxoOç x(v8uvov cpépsi piéyav. 
ô yàp £lç àyjx^ixiù'zoy xaxEvxpEj^ï^ xap8(av 
XôyoDc, irpoT£(va)v vouSetwv xal 'Xéytov xal 8t,8àaxa)v, 
£0!,x£ ypàcpEtv ypà[A|jLaTa xaô' viSaToç (3) ôa'Xàacnrjç, 

620 r\ 7t").oTov |X£ya>w6)^at,(pov (4) xatà ^vjpaç vauxC^Eiv, 
•î^ C7r£tp£iv (5) a5 xaxà TCETpwv, yj xôv àépa 'KclUi^. 

ÇÇ'. nepi Tou rvwôi (ieauT6v. Fol. 44 v». 

El poii^Ei yvôvai {xuaxixoùç xal ÔEiOTépouç Tpdicouç, 
yvtoGt, cauTÔv xal xà aauTOu xal [xàGoiç yvwciv 6£(av. 
Ôpa yàp Tcàvxa xà Gvrixwv xal yvwGt, cou tyiv cpùciv, 
625 wç où cpuTÔv oôpàviov, àvOpwTTo; oùSè 6£tov, 

ou 8év8pOV XYJTTEUdjXEVOV TTi TOU 0£OU TCa'XàjJ.YJ, 

(1) Cod. xaxoxapTai. Theod. Prodr., cod. Ven., fol. 42, v» : Ti; 
'Epivùç xaxoxaf/To;, aîjjioxapri;, àypia, 'Exeîvy)v {loi TtpoffTQYYeiXe T^jv àueu- 

xxaîav (pri|xr,v ; 

(2) Cod. AixT^ffi;. 

(3) Répond au proverbe elç uSwp YpâçetÇ- Voy. Parœraiogr. , éd. 
Schneid., 1. 1, p. 344. 

(4) Mot inconnu aux lexiques. 

(5) Cod. (jTiépetv. Voy. Parœmiogr., I, p. 343. 



62 MÉMOIRES ET NOTICES. 

à'X'Xà 0SOU SiaxpiêY) xal iraiyviov rîiç xùyr^ç,- 
ouSèv yàp àxsSvdTspov (1) àvôpwirou yaTa xpécpsi.. 

Çy)'. Ilepî auvYiÔeiaç. Fol. 46 r» et 102 r». 

Âv auvYi6i(JY]ç (2) Iv xalotç, l|lj(_oi» Totç T^paxTloïc 
630 âv 8è xaxoXç, àirdaTYiôi, à'xcpsuys, [ayj ^(^poviaTriç. 

EGoç yàp SiivaTai toOç acpwv ysvvr^Topaç xaôé'Xxsiv, 
ùic, 6 pLayvLTYjç cCSyipov, wç tôv Alcpsiôv i^ ^([jlvy), 
d)ç ocpiç 6 cpSopoTioiôç TY)V [xùpaivav èx ^àôouç. 

Ç6'. Ilepi Tou ôtépxeorOat xàç Oeiaçypafàç. Fol. 47 r<». 

Âv P'Xax{(jYi(; T^v Tcupàv, 8pé<};Y) Troltjj^ouv CTaj^uv, 
635 Stv 8à Totç pi;6);0iç evTpucpaç, sôp-r^asiç [/.apyapCxYiv (3), 
èv ToTç aÔTotç xpu-KTojjt-evov iro'XiiTiji.ov tôv {jiéyav, 
xal SgOç aÙTÔv ÔTcèp aÔTOu )>àêY)<; Iv ty) xap8(a. 
Qcirsp yàp oîvo; n:é[j.'rt£loç xpiyépwv (4) àv6o(î[jt,(a(;, 
xal Twv alywv xà T^iicapà ya*XaxTOcpàya p>pécpY), 
640 xal (jxéap cCtou cpupaôèv sic ^iov(o8ei(; àpTOu;, 
TTiaCvouari xal Tpécpouci tô (îw|j.a xaxà xpaToç, 
oCto) xal ).6yoi twv ypacpwv Tàç vf^c, 4'*^X'^'' SuvdcfJisiç 
àvàyouci, çpwTC^ouat xal irpôç xa'X'XCaTOuç Ttpd^eK; 
^(^opoaTaTs'ïv Ipyd^ovTat, jxsirà twv ôsitov vdwv. 

o'. Ilepî i\Gyj)(j.<xc,. Fol. 48 v». 

645 Tu[Airava jxèv xal xt3[x6ala xal cà*X7nyy£<; xal xpdTOi 
TÔV orapxtxôv dTpiivouai Trpôç 'n:(5'X£ [xov otiT.Ct'iqv, 

(1) Au-dessous àçpwvéffTspov (sîc). 

(2) Autre forme de (tuvsôiÇo). Dans notre manuscrit, fol. 46 r» : El S' 
au èGtaetç èv xaXoTç ffauxov rpoiroiç. Le mot (7uvyi6tcr[xàç, qui manque aux 
lexiques, a été employé dans la Bibl. Pair. Mai, t. VI, p. 542. 

(3) Voici le tétrastique donné fol. 47 r» : 'Asl ôtépxou xàç ypaçàç tàç 
èvôéouç • Tauraç ô' èpeuvwv àfTçaXwç ôaov Seov, Eupotc sv aùraTç [xapya- 
pCxYjV TOV pt-eyav, Zwrjv oi56vTa xrjv uavoXêtcDTaTYiv. 

(4) Voy. Eustath., Ojowsc, p. 304; Notic. Mss., t. VIII, p. 115, et 
Ephrseraius, Chron., v. 5481. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 63 

?pY)(jLOv (1) \Li'ko<; 82 cpwvY^ç xal Tdiroç 'f\G\jyJ.0LÇ 
k'vttXJtv cpépouci 0£oO xal aTa9r,pàv yaMvYjv. 
El yàp àvuaai tyjv J^w/jv \lzxol Tr]ç awcppoaOvYjç 

650 ?x^iç sic vouv, èirdaêoîî cpdstv nriv -/jau^^Cav • 

eI 8è (ppovTiStov xo(î[jLi,xwv fioulsi xal [/.exà xpdrwv, 
vixa; xal cpù-riv ti?iv 'i'^XP*^^ '^^ y'Xio^^pou (2) ca'XajiàvSpaç, 
vixaç xal tôv Ïtztzô'Km'cov , vixaç tôv i^ I6àxYiç, 
vixaç xal tôv àSàjiavxa xal tôv 7ravTâp67]v ).î9ov • 

655 sôpCoxYi (ToxppovéaTspoç aUTOÎJ Be"X).£pOCpÔVTOU (3), 
aXkà t|;su8i?iç oOx à^.YjGYiç Toi3 irpàyj/.aTOç Vj cpiiaiç • 
tcaai yàp Ta icpàyjiaTa irpôç Tobc, xaipoùç fiaSC^ew, 
xal (T/y^iLOiTOi iTpôç TT?iv ypa|JL[XYiv, irpôç tôv xaipôv 6 <7Tày(_u;;. 

oa'. TTept alax^VY);. Fol. 47 v» et 102 v». 

H cpEuye icàaav xàx(i)(î(.v ai<j)(^ijvyi(; 'TCc'n;"XYi(y|Àévr)V, 
660 r\ xav èxEivYiç r?]; cppixr^ç cpsOys xal TElsuTaCaç. 
Ô yàp ôitjxwv èvTpoir-r^v èxcpEuyst. Taç (Tuvà^siç, 
ûç TCypEiç, <î)ç Ê>.£cpavTaç, wç 4'^)(_oçp8(5pou<; xuvaç • 
TÔ xà"X"Xo<; yâp toi Tupavvoç fiapijç, xapSioxpdTwp (4), 
^iloc, (5) â«îTlv àaCÔYipov, àlV sic ^uj^yiv Ei^êà^^lsi, 
665 lôv àaiciSoç f sùysTai 6avàai|j.ov xal '^lù^zi, 
vÂi 6 ^a7.c!)v àÔéaTOç, xav àj^a'Xxov tô fié'Xoç. 

06'. Ilepi <p(Xwv. Fol. 51 r". 

4>CXouç r\ XTÎîcai toùç yj^r^czohc,^ r\ cpEuys tVjv cpi"X(av • 
aaOpol itEcpùxaat xal yàp ot irpôç tôv -it'XouTov cpCloi. 
Rai (5) yàp ô cpCloç Iv xaxot; è).éyx_£Tai tou <p0.ou, 

(1) Cod. fjpe{jLov. 

(2) Supra cptiôwXoû. 

(3) Cod. ReXep. 

(4) Ce mot manque aux lexiques. 

(5) Voy. V. 501. 

(5) Les V. 669-671 dans l'éd., VIII, 26-28. Le v. 26 a deux syllabes 
le moins : ô (pî>o; iv. Boiss. suppléait : ô 91X0; yàp iv toÎ; x. 



64 MÉMOIRES ET NOTICES. 

670 si irT^àiTTetai, tov cpO^iov, si xairà ^àôoç £/_£(.• 

xal j^pYj TÔv cpClov (1) au^TZQvtXy èv aufAcpopallç tw cpCXto. 

oy'. nepl çiXaSeXcpiaç. Fol. 52 r». 

Àyà-rea iràvTaç toîjç f»poTOÎ;<;, tî)ç àSeX^cpoOç \oyiZ,orj, 
'jt);Y)v a)ç jj.T?) ■7tapa6'Xà7ÇT£a6a!. xaxà '!i^u-/r\y èx toi^tcov. 
no)>)>Yiv yàp Tcpôç TÔV ôyaijAOv (2) IvSsCxvucBai iîpo(7/|Xei 
675 f>0'n:Y|v xal a-^éaiw àyaGYjV xal irpà^iv r?)*; (^Ckiaç, 
èç TÔ auyxàpsiv àSs'Xcpw ■rca'XaiovTt, xivSùvoiç- 
si yàp Trpoôetvai Tf\y '^ujj]^ j^àpiv toO cpfXoi» {/-6vou 
irpooYÎXEi, 8i8a(jx6jA£6a irapà toO (piTwavôpwirou, 
'7ro).).w y£ {j-à>.'Xov à8£l(pwv xal <i^CX(xiy xal auyydvwv. 

08'. nepl SuffTuxCa;. Fol. 53 v» et 103 r». 

680 Av 8u<jTuj(^YÎç xa-rà ^''^X'^^' °'^*''' '^'» ^^<sxu-)(J.ol<; ! 

àv 8' sic TYIV TCOpiJldTYJTa TOU irlotiTOU, {JL*^ ^a0O|J.£f 

av 8e irXouT-iJç, toOç irévYjTaç irapYiyopwv <îuv6>.iêou. 
Ot8£ (3) xal yàp àxpdaaiç 61(4'^"'^ àXkox^ioi'^ 
Guyyiz^y xobç àxoùovTaç xal cuyxivstv sic icàOoç, 
685 TÔ (4) |i.àv, ÔTtava^aCvouaa Tàç Iv IxsCvoiç 7rà9a<;, 
TÔ 8e, xal xaT0ixTC^£a9ai 7i:£(6ouaa Ta tûv à"X"Xwv. 
KaXwôv [jt.£v yàp av^^é^z^iç tCxtei TCOTèxal (p6dvov 
Ô7c6<50t 8' âv [i£Tà(jj^a)cî(. TauTOTca6c5v xaji-àTWv, 

àX."X7^"X0lÇ TÔ Cpi,)wav6pt«)TrOV àvT(,Cpl);OT(,[XOUVTai (5), 

(1) Éd. TÔ çiXiov. 

(2) Cod. ô{Aai(jLov' âvo., ce qui ferait de ce mot l'accusatif de ô(tai{i.wv. 
La règle de l'accent exige ô[jLai|xov venant de 8[j.ai(jL0ç. Le verbe ô(xai- 
|/,ovéw, qui manque aux lexiques, a été employé par Nicétas Choniate, 
cod. Yen., fol. 115 v° : Kâv "fàp èç y(x\nv.'}i^ (ruvàçeiav êvOefffxov zr^c, 
û^j-Tv ô[xat{xovouffriç TcpoffsiXrijxfjLai. Précédemment il s'était servi du mot 
(AiffoiJiai{jLtov, qu'on chercherait vainement aussi dans les lexiques : 'Q 
Tioaoïç {ji,iffO[Ji.at{jLoa't toùç ty^ç (pu(T£wç ôsffjioùç £iro4'iou<; 6é[jL£vot, xoû Ôi^o- 
voetv àXXiQXoiç xal ytopeTv ôià \i.âyy\i; inr^vé'^v.axe \ 

(3) Cod. fSe. 

(4) Les V. 685-691 dans l'éd., V, 15-21. 

(5) Éd. àvTi<piXoTi(xoûvTeç. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 65 

690 xal Tàç àXk'/i'ktùw cuficpopàç olxxsCpovTeç (1) à^.^.ï^T.oiç 
àvTiirpoTrCvouai nrixpàv irévôouç ^i).onr)aiav. 



os'. Ilepl ^6yo\>. Fol. 55 v». 

El t^^lyEaGat ji-^ foijlsaat, irpàxTE |j:*?i -rà toîî ^/dyou, 
si 8è JJ.Y) -TrpaTTWv (|»éy£(îa(,, aeTà X_apà<; tz^ocM-^ou. 
ij^dyw yàp àTijJLaaôelç Oêpsai »};£uSci)v6|j-oi<;, 
695 el [J.£v )(pY]<jTÔ(; aiwuYjlov à).a);OV a:Td(ia cpéptov, 

0£W TW TràvTWV ^aGlT.E'C [J.dv(j) TYJV Xp(<J(.V v£[JL£* 

àv Se Tco'XOTpOTCoç àv-i^jp, [XKîdxaloç, ÔujjlcoSyjç, 
(îx; xu6)v xàp^apoç (2) ).UTTt5v lx|JLaCv£Tai xal 8ixv£t, 
xal TTiÇ p-avCaç tôv àcppôv xal tôv 0U[j.ôv toîÎ "/ôXoij 
700 4'^XP°^ èx6>.ijJ^£t citkov (î)ç ).u(îao8àxTY)(; (3) xOwv • 
àv 6à xal t6)(_y)ç zk7.-/z xup(aç tou xo).à^£i.v, 
latTa-ral (4) xoT.aaxt.XY^ç xal p.iatcpdvou yvwjAYjç! 

oç'. nepl èTcaCvou. Fol. 57 r» et 103 v". 

Eiraivov tôv èx tou 0£oî5 [iy) tcov àvOpcSirwv 0é).e • 

àvwoç yàp TÎiç Tcpà^Ewç -^ [XKySairoSoaCa. 

705 t|;6yo(;yàp oùx è'iraivov (5), où-/^ àpTraypLÔç, oô Sdaiç 
Toùç Tiélaç <3cy£t,v Suvaxai irpôç xàç iTépwv yvcojxaç* 
(xdvov TÔ -JTVEujjia yàp aÔToO Toi3 xaG£vôç (6) àvôpwTTOu 
slSévai Ta xpu7rr/,pLa SijvaTai Ttov àvGpwirwv, 
wç 6 SwTYip iSCôa^E xal {jLuaTt7t;d>.ot, (7) toutou • 

710 ol Idyot. yàp toXç irpàyiiaaLV E'ttet' oùjl Totç "kàyoïç, 
10L Tz^iiy\L(xxoL (juvéïrovTai xal auvaxo).ou6ou(Ju 



(1) Cod. oixxeipavTEç. 

(2) Supra ôÇetç ôôovxaç Ij^wv. 

(3) On ne connaissait que Xu(T(t6ôyixto;. 

(4) Cod. lazarii. 

(5) Cod. oùy/ Ircaivov. Fort. ÉTraivoç. 

(6) Cod. xaÔ' évoç. 

(7) Cod. (XUffTYlTtoXoi. 



66 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Èkiy^ti jj:6vov sTcaivoç ty)v xa).oYVc«){Aoai3vY)V (1), 
oiaTTEp ô ^^dyoç à>.Y)6w(; Tiqv xaxoYV(«>[/.oaùviriv (2). 

0^'. Hepl Tîevîaç. Fol. 58 r». 

UevCav p.Ca£i tï^ç ^|'uj(^y^<;, xal yàp -^ twv j(^pY) jj-dTwv 

715 TcT^ouTOV )(_api^£T' à(p6apT0v àv [X£t' £Oj(_api(îT(aç. 
Kal tC yàp -î^ Tpi.jé^ôi.aTov (3) laov itsvCaç à).yoc 
âtv vdaoïç ^oiXkov xal irT^YiyaTç àv orujjLcpopaTç i:a*Xa(Y| (4). 
Elcrl (5) xal yàp toi <îU[xcpopal xal tcov Saxpijwv [aeCJ^ouç- 
ïyii yàp ouTto ipùaswç Ta xûv àvôptoitiov -rcàÔY)* 

720 èv |JLàv eô(p6poi,ç TcàÔsatv àXyiai te {ASTpCoiç 

à<p6ova xaTaaTa^ouai Ta tc5v ôaxptiwv (6) ^eTSpa, 
xal Tvoijouai Ta ^"Xécpapa xal xaTavT).ou<yi. xdpaç, 
a)ç £x Tivoç -TîpopéovTa TZ-fiY^ç, EÙuSpOTanfjç (7), 
xal ToUç àX^ouai TioLÙouai twv dSuvtov Ta ^àpiQ, 

725 (bç è^oiSoîîvTOç TpaùfjiaToç àTïoxoucpi^ojjLévoiç* 

Iv 8i»(jxo[i.CaTOiç 8e xaxoTç xal icdvoiç SuffayxdD^oiç (8) 
cpEijyouai xal (9) Ta Sàxpua Tàç xdpaç irpoSiSdvTa, 
xal cp6àvou(Ji ^(^wpï^aavTa {xaHov èul tô ^àSoç, 
^ itpdawTTOv ^avTiaavTa (10) ^avCdi ^£UXo6p6[x6oi(;* 

730 auvavTwjxévYj (11) yàp auToTç i^ cir>.ay)^voçàyoç >vÙTnr) 

(1) Composé inconnu aux lexiques. 

(2) J'ai rencontré la forme inconnue xaxoyvtoiJLovta dans le cod. gr. 
Paris. 364, fol. 67 v». 

(3) Phrynichus dans Bekker, Anecd. gr., I, 65, 12, et Letronne, 
Inscr. d'Ég., t. I, p. 283. 

(4) Prius erat uaXaîei. 

(5) Éd. VI, 40-59. 

(6) Cod. àvôpœTTcov. 

(7) Cod. £0u6poaTàTr]ç. Nicét. Chon., cod. Yen., fol. 118 v» ; Ilap' 
àîtav ETôpov TY^ç oJôs 7i6X£(ùç aOj^ouo-riç xè EuOSpov. 

(8) Const. Man., cod. Ven., fol. 170 v° : Kat TisTdai ^5ov çépEiv t6 
axQoç xal ^apù xat ôuaàyxaXov. 

(9) Ed. çEUYoucri rà 5. Boissonade n'a pas vu que le vers est trop 
court avec cette leçon. 

(10) Cod. pavCdavxa. 

(11) Ed. auvavTop.£'vri. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 67 

àvaSpajJLstv ffcpaSà^ouaiv elç pXécpapa xal xdpaç, 
T7)v (1) ^OpiTiv TOÙTWV VffTiQfft. iTplv 1^(0 icapaxi3(J/ai 
acpoSpcÔç àvaici.SùovTa xàtto jj,£tO)(^£t£ti£r 
TÔ ôàxpu ô' èxTps-redixevov 65ou ttjÇ elç xàç xdpaç, 
735 £lpy(5[X£vdv t£ tï^ç cpopaç r/jç £lç Tàç f^E^apiôaç, 
àvT£7:i^^£L (2) Ttpôç r^v 4^u)^Y)v wa7r£p èv ira).i^fio(a 
xal )^a).£7ra>T£pov irotEt tô tî]ç xapSCaç TpaO[xa. 

OY)'. nepl xapi'^oç- Fol. 60 r» et 104 r^. 

A£t TÔ TÎiç )(_àpi,TOÇ Xa)vÔV Tivà {J-YJ XaT:Y))w£U£lV, 

[XY]8£ irpôç àXkri-^ àcpopàv àvrCSoaiv xal X_apiv. 
; 740 TdT£ yàp X^P'-'î 7cé<pux£v, ô'tav tô tî^ç àyàirYjç 

CÛ)t,Zl (3) Xa*XÔV XaT' âvT0)vYlV TOU SdvTOÇ TYJV àYà7CY]V. 



o6'. Ilepi Toû Tt,txàv xovçyovtiç,. Fol. 61 r®. 

(4) ToOç Y£vvï^TOpaç Ti[/,(ov 8o^à^£t, TÔv IwTÎîpa' 
itpôç TÔV 0£Ôv yàp "^ TIJIYI TÛV y£VVYlT6pWV Tpéj^£(., 

a)ç è^ àpx'?iç Ix TOU 0£ou tyjv uirap^iv ).aêdvT£(; 

' 745 £lç TOOÇ yOVEtç TÔ 8£UT£pOV <Î>Ç £^ èx£(vOU TUptOTOV. 

Qç 1^ £X£(va)V (5) OUV '^jJ-tv TÔ <p().TpOV Xp£tO(JT£tTai , 

ouTto xal Tcà)vtv è| -^jxwv -^ Sô^a xal tô aéêaç, 

7t'. Ilepl 7:oXu7ipaYu.O(Tuvyiç. Fol. 62 r" et 104 v». 

Où §£1 TÔV [X£ya)w6<ppova xal tôv Ix TcpcÛTOu yévouç 
Ta itàvTa T:olu7rpayjJLOV£iv xal 'XéyEt.v Ta twv àXkoiw. 
750 Ta ydp TOt [/-£)v£T(6|;.£va upôç twv TaTretvoTépwv (6) 

B(l) Les vers 732-734, que j'ai suppléés d'après l'édition, manquent 
us le manuscrit, à cause de rôfJLOtoTÉXeuTov produit par le mot xopa;. 

(2) Cod. àvTiTcupeT — iraUripta. 

(3) Fort. (7(ù:,ri. 

(4) Le chiffre et le titre du nouveau chapitre manquent. Il est évi- 
dent qu'il commence ici. Nous donnons l'un et l'autre d'après l'autre 
ouvrage, fol. 61 r». 

^_^(5) Cod. èxeCvoïc 



68 MÉMOIRES ET NOTICES. 

(Ji3yx).£Iç (1) [lèv âv xal Tairstvôç àv6pwicoç ^aaxa jJiàSoi 
TÔv 8' EÔysvîi TÔv 6' utl^iq'Xôv tov èx rî^ç àvo> [AoCpa; 
Tto'XT.oùç TioXkcn. xal );à8oi£V xal [i,à)w};OV àv èv axdTEi, 
xal ji.a>.>.ov av un;6 Tivtov To);|ia)VTa(. ^auT^otéptov. 



net'. Ilepi uXouTou. Fol. 63 v". 

755 fl 'rt^.oijTOV TÔV oôpàviov àyzéyoD xaxà xpàxoç , 
•yj cpsCys tov cpt^XàpTcbcya (2) xal tov I^ àSixCaç. 
Ouôèv yàp àXko YévvY)[i.a x^tpov i^ yaia cpépsi, 
ou SpàxovTaç cpoléevTaç, TCypeiç, où f>OLaiki<Ti(.ou<;, 
où p»apuxaxo8a([Jt,ovaç (3) TUpàvvouç xaxoptJXTaç. 

760 ID^ouTOç TÔ Tcàv àTzàXkarsi xal cpÔeCpsi xal SajAa^ei, 
TcT.ouTOç slaàyst Ta xaxà xal 'TzcL^ak'kâaazi (4) cppévaç, 
«^EùSouç Tcar^p yvwpC^sTai, cpiloç auxocpavTiaç, 
8ou7.ot (5) TÔV ax).Yipoyvto{jLOva, tôv llapôv xaxCJ^si, 
Toùç y^^cL^LoiXzXc, uTTspvscpEtç âpyà!^£Tai xal yaùpouç, 

765 xal Tairsivot toùç u^^yj'Xo'jç xal cpôeipsi xal 8a{JLdJ^£t. • 
cd a'i xa).wv àvTi7ia).£ xax(aç liTTYjpéTa ! 

u6'. Uepl ô\i(Kiaç. Fol. 64 v». 

Ô[iC).£i itàai. TcpOfJYjvcoç àl>.' àya9à xal jxôvov • 
^6£ip6i><ji yàp Tàç Twv jç^pvjaTwv 7rpà^£t.<; xaxwv ol ).(5yoi 
OÏ8£v 6 Idyoç ôixiIe^v ou ir'XàTTEcôat. xal it'XàTEi, 
770 è'KkdaBri yàp à7r'X(5TY]TO<; ird^^w xaxou xal <^/£ù8oU(;, 
TTOixO^ov TÔJV irpayjAaTwv 8e toutov èpya^Ei (6) cptiatç. 



(1) Supra yeiTtov. 

(2) Voy. plus bas, v. 820. Anon. cod. Yen., fol. 133 v» : *a; ef tiç 
).vxo<; al[xoxap^<; xat àxiOaffo-oi; àçstç xaxi^iv aOxov (tuvtqOouç yvto(jLr]ç àTnri- 
voûç xal çoXàpuayoç. Id., ibid., fol. 158 r° : <E>iXàp7taYo;X£OVToç. 

(3) Ce composé manque aux lexiques. 

(4) Cod. TrapaXàadEt. 

(5) Voy. mes notes sur les Histor. gr, des crois. ^ t. II, p. 87. 

(6) Cod. èpyàîîy). 



I 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 



icy'. ïlepî èXe'Yxou. Fol. 65 v» et 105 r». 

xàç 8è xaxwv icpôç àjiuvav d^ijvwv TcapOTpuveu 
Ou8àv yàp IC^oç cpàfryavov TiTpw<jxoi>(Ji xô ac5[jLa, 
775 wç 'Xdyoç l'^wv '{kz-f/Qv papÙ7C0T[A0v (1) (I)ç ocpiç, 

oIÔ£ ^u^'O'^ '^^^ SaTravàv xptoxoirstv (2) xal x^ùyziv. 

TTÔ'. nepî yripouç. Fol. 66 v^. 

Aet tôv '7co'Xî;v ôiràp)(_ovTa tôv ^^pdvov xal tyjv yvwaiv 
itloumv xaSà^rep ty)v ^wv^jv èv àya^otc, loXc, Tp6iroi,ç. 
r-î^paç oôSèv yàp icéipuxs xaxCa {jt.e[jn.y[x,£vov, 
780 wç xal TÔ [JLé)wi (XêptoTOV (jt-STà ■rnxpCaç irélsiv • 

âv (3) ^ôJvTa yàp tivà xaxwç (4) i^ [Aotpa irpcapiià^. 

6 6àvaToç oô GdtvaToç, 6 tz6'ï[lo(; où-)(\ irdTjJioç, 

•1^ véxpoxîiç où vlxpwciç, à"Xlà twv irdvwv tzolv'Kol (5). 

Tte'. nepî v6(xou. Fol. 57 v». 

4>ti>.aTTe v6(Jiouç tou BsoÎî, {jLvjSdXwç xaTacppdvsi. 
785 Tw yàp ToIsuovTt, çpvjfflv elç oOpavoîî tô ^àOoç 
elç dcp9a);[A0Ù(; tô TcpdawTTOV tô ^éXoç àvaorTpécpst, 
Tcoxà ôè xal tou pàl'XovToç tô GTipvov Biarczi^zi 
àvadTpa^èv cbç ex Ttvoç yCyavTOç zÙTZOLkd^Lou, 

TTç'. Ilepl à9poeruvyi(;. Fol. 69 r°. 

T-i\v àcppodiJVYjv è'xcpEuye, 9u[iôv ôitèp 6a).à<î<nr)ç* 
790 oïSs yàp ^(^eCpova izoXkî^ 0(xkà(5<sar\(; è^eysCpciv 

(1) Anon. cod. gr. Ven., fol. 167 r° : ^Û papuSaifjiwv (i^Twp zyù) xal 
PapuTTOTixoç, ÔTt xaxoO TOffouSe xaSiaxap-ai TievOyiTYjp. Anon. ait. ib., fol. 
175 r° : Ta papÛ7uox[xa xat papuaufiçopa. 

(2) Cod. xpuoxoTceTv. 

(3) Les V. 781-783 dans l'Ed. III, 9-11. 

(4) Cod. xaxwv. 

(5) Cod. Ttdvra pro TtauXa. 



70 MÉMOIRES ET NOTICES. 

cpTwOiffêov (1) irTa(,a[JLàT(»)v xiijjLaTa xal auaxsuà^siv TrdvTov. 

7i;"Xt?)V àW oOSàv (bç àasêouç àcpptov xiTzd^-^zi yiX^ov. 



uî;'. nepl CiTcovoiaç. Fol. 78 r» et 105 v". 

XeCpova irdtvircov yCvwcjxe r^v ôiroï^Cav slvai* 
795 o5(îa OuyaTYip t^sùSouç yàp oux oISsv à"Xyi9£ii£i,v. 
<ï>aal yàp vï]v uudvoiav lôv 6avanricp6pov • 
j(£ipov (2) è)(_(8vY|ç iré(pux£v àaitiSoç ^adiKaxou , 
TOV voOv axoTot, xà pi>.éçapa, tôv jiT^viyya, xàç (ppivaç, 
èitl TCo'Xù Twv dcpOa'XjjLwv è^airaxa ta xùxÀa, 
800 Ttj) jjlVîxsi tî^ç 6pà(j£(i)(; Toiittov à|jL6>.uvo[jLév(«)v. 
yàp -TtEpCcpoêoç Ôujjlôç xal tô -icpôç toOtov 8éo(; 
èj(_£{x.u9£tv où ôùvaxat. Ta X£xpu{i,[/-éva (p£p£(.v • 
TÔ (3) yàp toi TcàSoç TÎjç 4"^X'^'» '*'£^po" ^<3tl Tàç al<y9iq<y£i(;, 
xal TY|V xapSiav Su(ya5(^9-^ç (^A) àç 'XC9o(; cu^LTzii'^zi, 
805 xal <ïT6[ia TÔ >.a)wC(JTaT0v (5) £l<; Eucfwvtav TpéicEt.. 

TO)'. Ilepl (ptXapyupiaç. Fol. 71 v». 

<ï>£uy£ cpi"X£'î!v TÔV àpyupov xàv ).£uxav9i^Yj TrXéov • 
)(_w[iaTa iréTwOuat. ttîç yî^ç XP'^*^°'^' «^PÏ'JpoÇ» )^C9ou 
Xvôou (6) oi>v £ÔTE'XéaT£pov Sei^ov ÛTziXy àv è'jç^Yiç* 
àcppova yàp tôv ^uaatèr\ xal 8u(jopxov (7) tov t)/£i3(jTY)v 
810 ô'vTWç ÛTîàpj^Eiv 'Xéy£(59ai xal t];£ÙÔ£a9ai Stxaiwç, 
à'X'Xà xal ^ôv àpirà^ovTa iré).£i,v £l8w'Xo).àTpY)v • 
naO).oç yàp TaiiTYjv 8é8a)X£ n^v xpCdiv àicoTÔji.toç. 

(1) Ad marg. : i] rapax'^ xal ô f^xoç ty^ç 8aXà<T(T>]ç. 

(2) Cod. x^'^P*''' 

(3) Les V. 803-805 dans l'éd., I, 8-10 : Vif\jxri Y»? TcàÔoç è{jL7ceffov àTîo- 
vexpo^ xat 4'^X^^- 

(4) Cod. Suaaxôeîç. 

(5) Éd. XaXeaTaTov. 

(6) Cod. X^'OÇ • 

(7) Ce mot, oublié dans le Thésaurus^ se trouve dans l'éd., I, 22. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 71 

7ï6'. IIspl vouOeaiaç. Fol. 72 v». 

Av VOUOSTK^OTIÇ TÔV aO(pÔV sGpYlÇ slpY^VYlÇ X^P^^» 

àv 8è [Jiwpôv à(Tuv£TOV ÔTrépocppuv (1) xax6vouv, 

815 (iCffouç îcal {ià>.>wOv D^aêeç àvTij(^apiv Ix toutou • 

{iiaei Y'^P vou9£Toi3[A£Voç xal vouOetwv [/.laetTai. 

^'. Hept TraiSebç. Fol. 74 r" et 106 r^. 

ACSou iraiSsCaç cppdvYidiv Totç àyaittSai TaiÎTYiv. 
OuTE yàp xuwv cpu"Xax-îi<; Tcpot^îTaTai -jrpoSaTwv, 
ouTE [i,<i)pôç TcatSsusTat, TOUTWV xal ^Ou'Xo|J-£Vf«)V. 

l^a'. Ilepî TtXeoveÇi'aç. Fol. 75 r». 

820 Àird9ou tov (^Ovàpiraya xal irlEovéxTYjv Tpdirov. 
El yàp Tiç (ïpTca^ àvÔpwTûOÇ 8v<j5a([i6)v itlsovéxTYjç 
<Tu"X).£y£i,v xal ^opoloyEtv Ix xaxoupyCaç (ià0Y) (2), 
ouSèv Twv ^vTwv SOvaTai tôv irdBov xaTaaêéaai, 
où uup, ouj(_ uôwp, ou }(_i.(î)v, oO (îùpi7i:Yi^(,ç xpu<îTà).^ou (3), 

825 ou ^àpjxaxov, où [làjç^aipa, où SxuSixol j(^£t|i.c5v£(;, 
où -jcélayoç 8u(T)(£Cix£pov, où vii^, où ô-^p, où ic6vtoç, 
à)^V EldiriqSa xaTà 'KoXkCtv cpa(yyàva)v à[jLçpLTdjjLti)v, 
xaTaTp).{i.a xal xpTrjpwSôv |i.£ya).0)(àa)v (4-) ^dÔptov, 

3tV TÔ 7Co8oÙ}JL£VOV aÙTÔ [xdvOV ISeTIv £*X7Cl^Y) (5), 

830 3tv cpavTa(y6Yi tôv cpCXtov eIç vouv Sv {jl6vov "Xàêoi. 
1,6'. Ilepi çiXoTexvia;. Fol, 76 v», • 

<I>i*X£tv Ta Téxva iràç ^poToç dcp£0.£(. xal izoLiBiùtiv • 
xpEtaaov 7cai8£Ù£(,v Tou cp(,"X£tv, -î^ TÔ (pilsiv àxaCpwç. 

(1) Nicét. Chon., cod. Ven., fol. 122 v** : Totç uTtepéçpufftv àvntàff- 
Wat, ToTç 5è TaTteivoçpofft x*P'"^ ôîSwai. 

(2) Cod. prius (xàOei. Fort. {i.à6oi. 

(3) Cod. xpuatàXou. 

(4) Composé inconnu aux lexiques. 

(5) Prius èXTciÇei. 



72 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Kal yàp toi. tô cpi^oTsxvetv ISCSa^zv ^ cpiiaiç, 
TÔ 8e xaT^wç cptTwOTEVcvEiv xal v6[ioi xal 'jupocp-î^Tat, • 
835 zl |XY) iraTpôç yàp àya6ôç itatç ôirèp 'TcT.oijTOv (léya (1), 
ÔTrèp TYiv coêapdTYjxa (2) Elp|ou xal Kupou iràaav, 
iràaav ôicèp y^^uxùrriTa, ôirèp aOxàç asipTÎvaç. 

I^y'. nepl yeIwtoç. Fol. 78 r». 

TéT^a TY]? TÙ^^Yjç TÔv Tpo)(_ôv irspicppovtov xal iraï^s 
xal TYiv àaTà6(ji-YiT0V cpopàv tc5v xo<J[/-ixwv TcpayjjLàrwv , 
840 TCTWjiaTOu -rtéT^aç 8', àvôpcoirs, p»).é7î2 [jly) xaTairailv^ç • 
ouT£ yàp (pùatç 8£8a)X£v, ours irpayjxàTwv 'ziyy'f\ • 
xpetaaov ys'Xàv yàp lauTÔv r\ TcaC^siv xôv tt;'Xy](j(ov. 
Mr\ xp(v£iv ouv àHéxpiov oIx£ty]v ï^zil,i (3) ffoi 
nar37.ou (f)0)VYi, xal tou XpiaTou "Xôfoi cacptoç ol ÔeTou 

l^S'. Depl àvTaoYiaç. Fol. 79 r» et 106 v». 

8i5 MVÎTS irpôç -TcàvTaç aôdXYipôv ^dxwTOv (4) Idyov )(_éY\ç (5), 
jjLV^T£ y'Xuxùv Tcpôç â-rcavTaç xal |jlyj [i,a"Xaxt.c{jLévov, 
àW àye irpôç tôv léyovxa cpépe xàç àTCoxpCdsiç. 
Av yàp x.^p*'^ c^X^''' '•°'*' ' ^'^ i^Sovî]!; ^avC8a<; 
EvaTa^ouai, irpô.ç Tr\v <^u)(_yjv, "Xàjxêavs 8t8ou Tîpàwç, 

850 àvTi<ptloTijJt.où[/.£VO(; xw T^dya) xal r^ Tcpàlsf 

5tv 8è xap8(av 8a'jcavàv ^oùlsTai (6) SaxsOùjjLwç (7), 
TTixpo'Xoywv (8) Tatç àxoatç (îx; ^u*Xoçpàyoç <jxw)vY)|, 
nqv [jiévTOi p)"Xà6Y)V à-rcô aoG ^à).£, [laxpàv àird8oi), 
aÙTÔv 8?).6yoi,i; aOanr)potç {iy) ^à)v£, \Lr\^ï ti^.y^^y^ç • 

(1) Fort. [léYav. 

(2) Cod, a-uêapoTriTa. 

(3) Cod. eSi^e. 

(4) Ad marg. aYav ôpYiXov. 

(5) Cod. xéeiÇ- 

(6) Fort. pouXrixat. 

(7) On ne connaissait que l'adjectif 8axé6u(jioç. 

(8) Encore un mot nouveau. Le substantif seul TuixpoXoyia était connu 
d'après Aristote. 



I 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 73 

865 CT(5jxa xal yàp (JtWTTYj'Xôv otSe Ôeôç olxTeCpeiv, 
xal Toùç I^Spoùç àpLÙveaôai xal TipLwpetv Tajç^éwç. 

^e'. Ilepî èvuTCvitùv. Fol. 80 v». 

Ô ToTç dv£(pa(Ji |j.i(jc5v <j<ç65pa {jl-^ xaOuirvi^sf 

xal yàp irapàTa<Ji<; [iiàç vuxxôç o'^iyop-éTpa (1) 
ôO^oç alo)V vo}i-L^£Ta!, ToTç dveipoTColoOaiv. 

l^ç'. Ilept àvw(jia>Caç. Fol. 81 v». 

860 My) Sels TÔv àv(op-a).ov iraixnriv ppoTwv tôv fiov 
(î)<; Sou'Xov xaSDiceCxsiv (Jol xal aTépysiv (îx; Sectc^tyiv, 
iXkà [1-^ vé[i.£t.v àcpop[JLàç p'Xéirs Taç [ASTaêlï^aeiç. 
Rai yàp tô y£vvY)<î6{JLevov xal tô {i.£{j-oipa[jLévov 
oO cr/iazi. cpà).ay| ott'Xitwv, oôSè -irupôç cl yvà6oi, 

865 ouSè "Xoyi(j{AÔ(; àvGpwTrivoç lc^i5a£i irEpixpé^^^ai, 
xâv iré>.Yi ■TCa'Xai6T£poç Ax'XavTOç xal TucpcÔvoç, 
x3tv àp)(^aioy£v£(TT£pO!; Ôcptovoç (2) xal Kpdvou. 
NojxC^w TOUTO xal Oeôç èuiTYi8£i; xtùkûti, 
xal xaTa6à).'X£i (3) xà 6vy)tc5v xal Ta7r£i,vot xal cpÔ£(p£t, 

870 wç {XY^ Tiç ).£y£i,v tô xaTvôv àcp' £auTOu x£XT^aOac. 

^Ç'. IleplToû ÔTi oOx à£l TÔ TiXeîov apiffTov. Fol. 83 r<^ et 107 r°. 
OÙX è'aTl Itàv TÔ T:£pi.TTÔV J^pï^fTljXOV èv àvôptoTTOK;' 

oô8à (4) yàp àxpaTÔv I<îtIv EÔpEllv EÙSatjxovCav 
Tcap' oOSevI tô5v tw Trîç yî^ç èaTp£cpo(j.éva)v (5) yupw, 
xàv TiT.EtaTa XT/^(ya(,vTO Ttvèç, xav £uÔy|vo1!vto cpCXotç, 
875 x3lv icEpi^^éotvTO XP^^*?' ^^"^ ^'^^*î* îtaTavT>.oTvTO. 



(1) Le mot ôXtY6|xeTpoc est inconnu, mais il devrait être épicène 
comme 7îoXu|xeTpo;, eOjxeTpoi;. 

(2) Ophion était un Titan. Voy. ApoU. Rh., I, 503. 

i(3) Cod. xaTaêàXet. 
(4) Les vers 872-875 se trouvent déjà plus haut, v. 564 et suIt. 
(5) Voy. V. 565. 



74 MÉMOIRES ET NOTICES. 

^Yj'. IIspl TYiç Toû [xsiÇovo; TcpoTifXTOdsw;. Fol. 84 v°. 

npoi:C{xa cou 'cobç, {xsC^ovaç xal to5ç ô(]>Yi>.OT£pouç. 
Aoxoufft, yàp ot ta ôvYjxà GvyjtoI xatacppovouvTS); 
àTzipyziv (îx; l^aCc.ov Totç [xsC^oct, irpOTpéirstv 
^Spaç xal (TTacsiç Xal TifJiàç, si xal twv (p9£i,po{J-éva)v • 
880 Tuy)(^àvouai xal fiSsT^uxTwv xal twv àvuicoaTaTtov 

(î)ç £(JTt. xpsCTTw y.okoaGàç, A(.ôç tou (^U5(_OTpdcpou, 
£<TTt. 8yi àç papiÎTaxoç |JLvaTai [iixpîo XP^<^^^ 
[{i.£]yaç 6 [[^^XJ^^"» '^'^'^ ^pOTcSv Iv -jrpàyjJLacît.v àcTaToi.;, 
885 -TrafJ^Eiv aÔTOî;; iicCcTraTai àvw xal xaTW atpécptov. 

1^6'. mpi àxptêEtaç. Fol. 85 v» et 107 v». 

My^t' àxplê-?)? (1) (Î)Ç Cp£l8w).Ôç, J/-7^t' £Ô£pylTY)Ç Trà).!,V 

(î)ç àfjtOTOç àva'XwTYjç, xàv iro'Xuxtï^ [jlwv irélviç. 
TCç yàp 'f\ xàcs-f] Tod 5(_pu(Jou TC£ptTc'Xox'^ xal ajéan;; 
xal irwç TÔv cpfXiov Tivèç TU[xê(5j(_o)(îTov (2) ôpwci, 
890 xal xlftôpa xEpKîcpCyyGUCi xal ^dWoiiai ccppayiSaç ; 
El yàp sk yî^v TU[JL6(5j(_tt)(jTOv [iéHo(X£v toutov 0£tvat, 
t( twv [i,£Tàl"Xa)v twv aÔTÎîç àvàyto^iEV atcouSaCtoç ; 
a'i a'i 6u[j-£ <pt'Xàpyup£, Trarrip 9Y)ffai)pi.(j{j,àT(0V ! 

p'. IlEpî npoxatpeTifffjLou (3). Fol. 87 r^. 

npOJ(^at.p£T(^£t,V OÔ 8£I.VÔV, OÙ TWV JA£[J[,l(nri|Lév6)V, 

895 àl"Xà xal ^SXkov l'vSo^ov xal irpO(Driv£<; xal TCpaov. 



(1) Cod. àxpt66ç. 

(2) Const. Man. Chron. 3474, 6382. Anon. cod. gr. Venet., fol. 170 
r" : Kal 7cpo7r£[XTi£iv sic ràçov (xe6' riôovtî; xal Tptcreuôatfxova X^yeiv ôuote 
Xpvi{xaTt(70i Tuixêoxwffio;. Id., mox, ibid. : Kpuêî^vai xai ôuvatxal YSvéaOat 

(3) Mot qui peut être ajouté aux lexiques, ainsi que le verbe upo- 
XatpETtÇetv. Plus haut, fol. 87 r", on trouve ce tétrastique : Ilpoxaips- 
Tiî^eiv, oOx àXaî^ovwv xpoiro;* 'Hôoç Se (xaXXov toOto TaTretvoçpovwv. Ouxto 
yàp (xàXXov xal au ôy) xpivwv e'xe, *ii; e^ àyâTcrjç àyauôcffôai upoffS^xa. 



POÈME MORAL DE CONSTANTIN MANASSÈS. 75 

El {xèv yàp il twv EOysvtov, y)Ô^y^v9y) ta vqc, Sd^Yjç, 
zl 5à yYiTrdvwv t£)(^vitc5v xal twv )(^Ga|xa).a)Tépa)v (1), 

auxdcpuTov (2) vriç à^z^c, Tîacav tyiv 5d|av ex^'-';* 



Ëj(^£iç, oj 6e(a x£cpa).Yi, cpdv) [xoi xal Ti|xia, 
900 Twv Tcdvtov {JLOU Ta SpàYjjiaTa, xobç, <nTocp6pouç axà^u*;- 
ejç^siç biç, (jCtov Ix iravxôç xaOàTtsp (pupaÔévra, 
J)ç SiTTUpixaç xa9apoi)ç, (î); cptoxocpdpoui; àpTOUç, 
àp-cov irpôç TÔv oi)pavi,ov ôpwvTaç jxst' suvoiaç. 
Ai8ou "XoLitôv T^,v à{jL0t.6"^v eô^àç àirô xapSiaç, 
905 5C8oi> \LOi vr\v au^j^iopYjaiv, >.à[x6av£ nriv àyàiTYiv. 
i^Tcap/Eii; àcp6apT0ç, xal yàp 6'n:àp5(_£(,ç |ji,axap(TY)(;, 

£l xal Totç J^wut, [J^^XP'' ^^''' ^*'' ?^^ÏT'"? ^'^^ P'^S^C^ • 
5£upo xoivôv (jnri(j(jL)u.£9a yo^ov xal ^Lzkoc, OeTov 
Pa8(^w ird^po) x3tv tî^ç o^ç vÙ(Jgy)ç aaxpàv xal 6£(0 • 

910 5£0po 8o|a(îtt){X£v xoivwç TÔv àvap^ov icaTépa, 
xal TÔV (juvàvapxov utôv, irvEujxa tô SeTov S{Aa. 
El yàp àjAépKJTOç Tptàç Oeôç [!£[;.£ piff[/-évo(;, 
TÔ {lèv, (îx; 6(xo8i3va(jLO<; tyj Sd^Yj xal ty| cpi3<ï£i, 
To 8è, Tatç ÙTZoaxdiszci voo6\lzvo<; Tatç 9£(atç, 

915 Spov 8to 7rpoacpép(i){jL£v aîvov xal 86|av [xCav 
àç icoiYjrÇ xal paaiT^eî TcàvTcov xal XY)8£[Jidvt,. 

Dans les vers anacréontiques : *'0(ttiç {xèv xwv SuaTuxouvrwv Ol5e, xoù 
Tîpo/aipexfCetv, j^y^'^ôcxai 7:ap' àuàvTwv, Kâv (x9l xœv èvôoÇtov TréXy]. "Odxt; 
û£ ç'j<7(Twv :?iYeTxai Twv àvôptoTtwv OuEpéxeiv, "ASo^oç èv uàffi nekei, Kâv 
jjLeYa>avj('îi'^at (xovo;. Puis, dans le développement en prose : *Y^oX 
éautèv ô Tîàvxa; irpo^aipexi^eiv elSox; èv tXapîj> xat xaTCEivw xîp çpoviQ- 
(laxi, X. X. X. 

(1) Cod. x9a|Ja^ox£pwv. 

(2) L'adverbe aOxoçuxwç, qui peut être ajouté aux lexiques, a été 
iployé par Nicétas Choniate, cod. Yen., fol. 93 r° : OujioaoçeTv 
roçyxwç. 



NOTICE ET EXTRAITS 

D'UN MANUSCRIT GREC 

DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ DE BALE 
PORTANT LA MARQUE A. N. II. 14 (1) 

Par m. Ch. Graux. 



(Haenel, Catalogus librorum manuscriptorum^ etc., coL 527, L 3, et 
coL 533, L 3, le désigne par l'ancienne marque F-I-6. — On voit 
aussi, sur le dos du manuscrit, une autre marque K-II-6, qui est 
biffée.) 

Manuscrit in-folio, sur papier, du xy" ou du xvi® siècle, 
de 534 feuillets numérotés. Il est composé de deux parties 

(1) Ce manuscrit a été prêté à la bibliothèque de l'université de 
Paris. Qu'il nous soit permis d'adresser de vifs remercîments à 
M. Léon Renier, membre de l'Institut, administrateur de la biblio- 
thèque de l'université de Paris, et à M. Louis Sieber, bibliothécaire 
de l'université de Bâle : c'est grâce à leur bienveillante obligeance 
qu'il nous a été donné d'étudier le manuscrit dont on publie ici la 
description. 

Cette description ne sera pas inutile, car il n'existe pas d'autre ca- 
talogue imprimé des manuscrits grecs de Bâle que celui qu'a publié 
Haenel [Catal. libr. man., p. 514 et suiv.), s'il est permis de donner 
ce nom à une série de renseignements fort incomplets, quelquefois 
faux. En ce qui concerne notre manuscrit en particulier, on savait, 



NOTICE ET EXTRAITS D'UN MANUSCRIT GREC. 77 

écrites sur même papier (comme cela ressort de la compa- 
raison des filigranes) par trois ou peut-être seulement 
deux mains différentes. 

Nota. — Sauf indication contraire, les écrits catalogués ci-dessous 
commencent et finissent dans le manuscrit comme dans les éditions 
auxquelles nous renvoyons dans les notes. 



PREMIERE PARTIE. 

Feuillet de garde, non numéroté. En blanc. 

Fol. 1. En blanc : porte seulement ce titre, au r° : 
A6y|va(ou irepl (JLYi5(^avY)[xàTwv. 

Fol. 2. Table (défectueuse) des matières comprises 
dans la première partie. 

Fol. 9 v°. I.] Athénée, Des machines de guerre (1). 

Fol. 15 v**. IL] Biton, Construction des machines de 
guerre (2). 

Fol. 21 v°. III.] Héron d'Alexandrie, Construction de 
la chirobaliste (3). 

Fol. 23 y\ IV.] Id,, Bélopée (4). 

jusqu'à présent, qu'il contenait quelque chose d'Athénée, quelque 
chose de Héron, que c'était un chartaceus et qu'il était in-folio : et 
c'était tout. (V. Miller, Journal des Savants, 1868, p. 187.) 

(1) Imprimé dans les Veterum Mathematicorum o/)errt, Paris., ex 
typ. reg., 1693, in-foL, p. 1, et dans la Poliorcétique des Grecs, par 
C. Wescher, Paris, Impr. impér., 1867, in-4, p. 1. (Les figures, soi- 
gneusement reproduites en apparence, sont fort altérées. Elles 
n'ont pas été mises en couleur. Ces observations s'appliquent égale- 
ment aux n°8 ii-v.) 

(2) Imprimé dans les Vet. Math.^ p. 105, et dans la. Poliorc, p. 43. 
Dans le manuscrit, il manque six figures; la place de trois a été 
laissée en blanc. 

(3) Vet. Math., p. 115, et Poliorc, p. 123. Dans le manuscrit, les 
figures sont incomplètement dessinées, et il en manque deux entière- 
ment. 

(4) Vet. Math., p. 121, et Poliorc, p. 71. Dans le manuscrit, il 
manque cinq figures. 



78 



MÉMOIRES ET NOTICES. 



Fol. 34 v°. V.] ApoUodore, Poliorcétique (1). (Le 
fragment inédit publié par M. Wescher, Poliorcétique des 
Grecs, p. 193, de la ligne 1 à la ligne 5, manque.) 

Fol. 50 v°. y l. ] [A.]^o\\odoTe], Construction de rhélépole 
dite Kdpa^ (2). 

Fol. 52 v°. VIL] VhilonVlngémeur, Bélopée z=^ livre IV" 
de la MY]j(_avixY) aùvra^iç (3). (Le titre et les premières lignes 
manquent : le traité de Philon commence à la ligne 7 à 
compter du bas de la page, tout simplement comme s'il 
venait un nouvel alinéa, et il semble ainsi faire la conti- 
nuation du morceau précédent. Les premiers mots ap- 
partenant à Philon, dans le manuscrit, sont : ô'xav elç 
£>.aaaov (4).) 

Fol. 68v°. VIIL] Id., le prétendu cinquième livre de la 
MY))(_avtxYi aùv-za^iç, (5). 

Fol. 83 y\ IX.] Jules l'Africain, Gestes (6). 

Fol. 114 v". X.] Compilation anonyme sur la défense 
des places, Ot^wç j^pvj tôv tî^ç iioT^iopxoupLévTQç irdT.etoç CTparr)- 
yôv X. 1. \. (7). 

Fol. 132 V°. XL] napex6o").aUxTÛv axpanqyt.xwvTcapa'càlswv 
(compilation en partie inédite) (8). 



(1) Vet. Math.f p. 13, et Poliorc.j p. 137. Dans le manuscrit il 
manque neuf figures. 

(2) Vet. Math., p. 43. 

(3) Vet. Math., p. 49, et griechische Kriegsschriftsteller von Kôchly 
u. Rûstow, 1. 1, Leipzig, 1853, in-12, p. 240. 

(4) Vet. Math., p. 50, 1. 17, et gr. Kriegsschriftst., p. 242, 1. 15. 

(5) Vet. Math., p. 79. Une traduction française de ce livre, due à 
M. A. de Rochas d'Aiglun, a été publiée sous le titre : Timité de forti- 
fication, d'attaque et de défense des places, par Philon de Byzance 
Paris, 1872, in-8. 

(6) Vet. Math., p. 275. 

(7) Vet. Math., p. 317 et p. 361. Une traduction française de cette 
compilation, due à M. E. Caillemer, a été publiée à la suite du livre 
déjà cité de M. de Rochas, p. 197. 

(8) Sur cette compilation, voir Fr. Haase, De militarium scriptorum 
graecorum et latinorum omnium editione instituenda, Berlin, 1847, 
p. 14. Ces TcapexêoXai se trouvent aussi dans les manuscrits de la Bi- 



NOTICE ET EXTRAITS D'UN MANUSCRIT GREC. 79 

Fol. 165 v\ XII.] Léon (l'empereur), Tactique éditée [\). 
(L'ordre des chapitres III-IV est interverti. Lacunes: 1) au 
fol. 208, commençant après touXôou (p. 119, 1. 12, éd. 
Meursius), finissant devant xà aTpaTiwTixà (p. 121, 1. 10 d'en 
bas); 2) au fol. 211 v°, huayz^{.<t (p. 132, 1. 13) - Éàv o2iv 
(p. 179, 1. 2 d'en bas); 3) au fol. 234, -^tlyzi àiroao [sic) 
(p. 234, 1. 6) - irpdxepov (p. 236, 1. 3). La seconde lacune 
est cause que le chap. XY se trouve numéroté XII dans le 
manuscrit, et que le numéro d'ordre de chacun des cinq 
chapitres suivants se trouve toujours diminué de trois 
unités. L'épilogue (pp. 416-433, éd. Meursius) manque à 
la fin de la Tactique; mais il a été incorporé plus haut 
(fol. 136 v° - fol. 142) dans les napexêoW [xi].) 

Fol. 304 v°. XIII.J Nicéphore Phocas (l'empereur). Frag- 
ments militaires inédits désignés généralement par le titre 
du premier d'entre eux : irepl xaTaaTàascoç à-jrliqxTou , Sur la 
castramétation (2). 

bliothèque nationale de Paris 2437 et 2441 de l'ancien fonds grec et 
26 du supplément grec, ainsi que dans les manuscrits grecs ï-iii-11 de 
l'Escurial, 393 de la Bibliothèque palatine à Heidelberg, 195 de la 
bibliothèque de Munich, 219 de celle du Vatican, 24 et 55 (Nessel, 
4e partie) de celle de Vienne, iii-c-18 de celle de Naples, Baroccianus 
187 de la bibliothèque Bodléienne à Oxford, Urbinas 79 de la bi- 
bliothèque du Vatican, et dans un manuscrit de la bibliothèque de 
Zeitz; en outre, ces extraits existaient encore dans le manuscrit grec 
60 de la bibliothèque de Turin, aujourd'hui égaré. 

(1) Publiée pour la première fois par J. Meursius, à Leyde, imp. 
Lud. Elzevirij , 1612 , in-4, et rééditée par Lamius dans /. Meursii 
opéra, t. VI, Florence, 1745, in-fol. — Sur la Tactique inédite de 
l'empereur Léon, consulter Fr. Haase, ouvrage cité, p. 17, et Kôchly, 
Programmes de l'université de Zurich, semestre d'été de 1854 et se- 
mestre d'hiver de 1854-55. 

(2) Ce recueil, sans nom d'auteur dans le manuscrit, compte trente- 
deux chapitres : nous en publions plus bas trois seulement, à titre 
de spécimen. Il est signalé aussi dans les manuscrits suivants : Pala- 
tinus 393, Monacensis 195, Neapolitanus iii-c-18, Escorialensis 2-i- 
19, dans un manuscrit de la ville de Zeitz, puis dans trois manuscrits 

t "siens, savoir 26 du supplément grec, 2437 et 2445 de l'ancien 



80 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Fol. 324 V°. XIV.] Id., irepl irapaSpojxiiç < 7co).épu > (1). 

Fol. 350-355. Ces six feuillets, postérieurement ajoutés 
au volume précédent, contiennent une table des matières 
(défectueuse) en latin. 

DEUXIÈME PARTIE. 

Fol. 356. Feuillet postérieurement ajouté. En blanc, 
sauf ce titre au v** : E^-i^f^c^c, àvwvu[io<; sic r^jv T£Tpà6i,6)^ov IIto- 

Fol. 357. XV.] Commentateur anonyme sur le Traité 
c?'AsTROLOGiE JUDICIAIRE, en quatre livres, de Claude Pto- 

LÉMÉE (2). 

La main qui a copié le commentaire ci-dessus n'est pas celle qui a 
exécuté la première partie du manuscrit. 

Fol. 511. XVI.] VoT]^hjTe, Introduction au Traité d'As- 

probable qu'on en reconnaîtrait l'existence dans d'autres manuscrits 
encore, si les notices des catalogues étaient, en général, suffisam- 
ment détaillées. 

(1) Publié pour la première fois par C.-B. Hase, à la suite de Léo 
Diaconw5, Paris, 1819, in-fol,, p. 117, et reproduit dans l'édition de 
Bonn, 1828, in-8. 

(2) Imprimé à Bâle, en 1559, avec une traduction latine attribuée 
à Jérôme. Wolf, dans un volume in-fol. qui porte en titre : « 'EÇyiyr]- 
tt'iç àvwvufioç elç -rPiv TSTpàêiêXov IlxoXefxaîou. — In Claudii Ptolemaei 
quadripartitum enarrator ignoti nominis, quem tamen Proclum fuisse 
quidam existimant », et sur la dernière page (p. 279): « Basileae, 
ex officina petriana anno M. D. LIX, mense septembre. » Déjà il 
en avait paru à Venise, en 1502, une traduction latine, peu correcte, 
sous le nom de G. Valla (v. la préface de l'édition de 1559, et Fabri- 
cius-Harles, Bibliotheca graeca, t. V, p. 288). — M. Ch.-Ém. Ruelle 
{Archives des missions scientifiques , 3^ série, t. II (1875), 2^ livr., 
p. 554), ne sait pas s'il doit identifier le commentaire anonyme sur 
la TSTpàêiêXoç de Ptolémée signalé par M. Miller et qu'il a vu lui- 
même dans le manuscrit de l'Escurial T-I-14 (Miller, Catal. des 
mss. grecs de l'Escur.^ p. 111), avec les commentaires sur le même 
traité qui existent dans les manuscrits grecs 303 et 314 de la biblio- 



NOTICE ET EXTRAITS D'UN MANLSCKTr GREC. 81 

TROLOGiE JUDICIAIRE, BU quatre livres, de Claude Ptolé- 

MÉE (1). 

La main qui a copié ce livre de Porphyre, bien distincte de celle 
qui a exécuté le n® xv, est peut-être la même à qui Ton doit la pre- 
mière partie du manuscrit, bien que l'écriture soit ici plus grande et 
moins serrée. 

F" 533. En blanc. 

F° 534. Feuillet postérieurement ajouté. En blanc. 

Dans la première partie du manuscrit, on rencontre de 
temps en temps, à la marge, des écritures qui appartien- 
nent à deux mains différentes. L'une est celle du copiste, 
qui a réparé lui-même de fréquentes omissions : la plu- 
part de ces compléments marginaux sont de seconde encre, 
ce qui prouve que la copie, une fois terminée, a été col- 
lationnée par son auteur, soit sur l'original, soit sur quel- 
que autre manuscrit. L'autre main propose surtout des 
rectifications et témoigne d'une révision postérieure. 

thèque de Saint-Marc à Venise. Il n'y a pas de doute à conserver. Le 
Marcianus 303 contient la paraphrase de Proclus, publiée en grec et 
en latin à Bâle, apud Johannem Oporinum, u. d. liv, très-petit in-foL, 
avec une préface de Philippe Mélanchthon ; mais Texégète anonyme 
du manuscrit bâlois est bien le même qui se retrouve dans l'autre 
Marcianus, ainsi que dans VEscorialensis^ et l'on peut ajouter encore 
dans le Coislinianus 17i (à la Bibliothèque nationale de Paris). 

(1) Imprimé à Bâle, en 1559, à la suite de 1' *E$yjyy|t9iç àvwvujioç 
voir la note précédente). Comp. Fabric.-Harl., Bibl. graec, à l'en- 
droit cité. 



82 



MÉMOIRES ET NOTICES. 



FRAGMENTS MILITAIRES INEDITS. 

Nota. — Les mots que nous plaçons entre crochets obliques < > 
manquent dans nos manuscrits ; nous enfermons entre crochets droits 
[ ] ceux que nous sommes d'avis de retrancher. 

En général, nous ne noterons pas les mauvaises leçons qui ne se 
rencontrent que dans deux au plus de nos trois manuscrits ; nous ne 
relèverons même pas celles qui sont communes à tous les trois, quand 
nous n'aurons affaire qu'à une faute d'orthographe provenant de 
l'identité dans la prononciation de i, ei, ï), tq, oi, u entre eux, de ai et 
£, enfin de o, w et <«). 



I. Ilepl Tou ô'xi àaù[xcpop6v è^xt-v èv àvu8poi<; làizoïc, ôôoiitopetv 

Kal TouTo irpôç xotç àXkoïc, elSévai Set ô'-rt uo).£[i.ici)v TcpoaSoîto)- 
{jt-lvwv àaù{j.(pop6v âffxtv èv àviiSpoiç xôtzqk; zlaoï.fOiysXv xo axpàTE'jixa 
xal [làlicTTa 6épouç oipa • 5(£i[jt.(ovoç |xèv yàp TzoXkoiy(.iç, i^jAépav 6X6- 
x);Y)pov àv£u CSaxoç xapxepY^oouffiv, èv 8e tw 0£pi.vû xaipw oOôè 
|/,£)^pt.ç àpCcîTou, àl'Xà cuvaicoT.oîîvTai toiç Vtctcoiç xal ol àvôpwicou 
A£ivôv o5v ècTt 8uol ito'Xéj/.oiç lauTÔv èxSouvai,, <'cw> tc5v Ijç^Opûv 
Xéyw xal tû tou xaùctovoç ûSàxwv ir.iKznzôwxtùv . kW zl 8£y^(J£i , 
xal xdTTovTpitov •^ xal TEcraàpwv -^[ispwv Tcpcxpivàxo) tî^ç ouvtetiay]- 
[iévYjç (1) èx££vv)ç xal àvù8po'j 68ou • xpEtTxov yàp x^-rcov alp£Tiaà- 
{jt-evov 8i' âx£CvY)ç T^ç [Jiaxpaç xal àxivSùvou àaffOLkGx; ôStuaai y| 
TcpoxpCvavxa Tr)v aOvxojiov xivSijvw icEpiireGEtv. 



II. lispl xo3 |j,T) liràyEcOai ttItjOoç àpyov Iv xf| Tco).£[jt.ia. 
i^cpaAcpôv ôè xal èTiiêlaêàç, xaOà xal xot; zalaiotç Soxct xal 



(1) lyvTeTa[J.£vr); 1'. 



iNOTIGE ET EXTRAITS D'UN MANUSCRIT GREC. 8;J 

FRAGMENTS MILITAIRES INÉDITS. 

Publiés d'après le manuscrit de Baie ci-dessus décrit {= k) et 
les manuscrits de la Bibliothèque nationale de Paris 26 du 
supplément grec ( = f) et 2i37 de V ancien fonds grec 

(=h)(i). 

Nous nous proposons de publier prochainement la collection dont 
nous extrayons ces fragments, comme appendice à une édition cri- 
tique du prétendu cinquième livre de Philon l'Ingénieur (2). 

I. Qu'ail est nuisible de faire traverser à Vai^mée un pays 
sans eau, quand l'ennemi approche. 

Il faut savoir, en outre, que, lorsqu'on s'attend à voir 
bientôt l'ennemi, il est très-désavantageux d'engager l'ar- 
mée dans un pays dépourvu d'eau, surtout en été. En- 
core, l'hiver, les soldats supporteraient-ils bien le manque 
d'eau pendant toute une journée; mais l'été, ils ne gagne- 
ront seulement pas midi : hommes et chevaux périront. 
C'est trop de se mettre à la fois deux guerres sur les bras, 
j'entends la guerre contre les ennemis, et la guerre contre 
la chaleur, en souffrant de la privation d'eau. Que l'armée 
préfère, s'il le faut, trois ou quatre journées de fatigue à 
une route plus courte, qui n'offrirait point d'eau. Il vaut 
bien mieux choisir la fatigue d'une route longue, mais 
sans danger, et marcher en sûreté, que de prendre la tra- 
verse et tomber dans le péril. 

II. Quilne faut pas mener à la suite de l'armée en pays 
ennemi de bouches inutiles. 

II est dangereux et nuisible, — tel est l'avis des anciens, 

(1) Voir ci-dessus le n" xiii de la description du manuscrit de Bâle 
et la note. 

(2) C'est de ce même ouvrage de Philon que M. A. de Rochas dAi- 
glun a publié une traduction française qui obtint en 1873 une médaille 
de VÀi;sociatio?2. 



8» MKMOlUtS ET NOÏICKS. 

TjjjLÏv r\ rcstpa Trapé-îTTjas, tô àpyôv xal à7:6A£[JLOv èitKpépsaBat i^àt^- 
9o; âv TTOAsuLLa y.al çopTov Trapà ty)v àvayxaiav ypsiav xal ô'}^).ov 
-^jjL'.dvwv xal ô'vcov xal xapt.ri'Xwv £j(^£iv xal ji.aAi.aTa iv rr, twv Bouâ- 
yàpwv ^ojpa, Iv i^ xal xÀsiaoGpai, ûlcoôsiç xal 8'Jcêa-oi xal 68ol axz- 
vdnrjTa n;o'X'Xr,v ï'/ouay-i, Sl<;, d ix£à).£i 5i,o5£'J£iv t, cTpa-ià, àpY(av(l) 
£x Tou TOiouTOU ôcpL5TaTai Tp^TTOu * TTjV yàp fjôôv r^ç {jLiàç •^[j.épaç , 
OTC^Tav TO àpyôv èTCLcpép'/]Tai. ttI-^Oo; xal tôv Trapàloyov xal Tpucpv)- 
AÔv cp(5pTOV T7]v T£ àvdvYjTov xal 'TCoT.uts'Xy^ à7îO(jX£'jr,v, où 8' av £lç 
Téffdapaç £^avu(j£i,£v, à'X^^à xal TroTaiJ.ÔJV toùç ^a9£t(;xal T£>^{jt.aT(u8si{; 
âv Tw 7C£paioucOai -<] y£(pupaii; (2) 8iaêaiv£t,v àpyCav (3) oux d).LyrjV 
£X Tou àpyou Tz6.(sjti Tzï.r^^Quç,. Kal [lévTot, xal xàç Tpocpàç (4), &; 
^XP"^"^ xaTavaXi(jX£!.v tô [Aà)(^(,iJLOv {i£Tà (5) toîî <jU|/.[ji-£Tpou xal5^p£i.to- 
8ouç uTïoupyixoO, tô àpyôv tuI-^Goç xaTaSairavwv £v8£iav Ta)(_iVY)V 
ttoieX tw cTpaTÛ xal àicpaxTOv ÔTCoaTpécpEiv xaTavayxà^£i • xal ô'iCEp 
7T:o'X).àxi<; ouSè ^ap£ta lj(^6pa)V 8uva[xi; xaTOpôûdai i(3)(^u<j£V àv |X(5vy), 
r, è^ àêcuT^Caç £v8£La xaT£pya^£Tai.. 01 aÙTol Se xal twv xôttwv 
àxï)8ic5vT£ç xalToùç7:o).£{j.(ouç8£8i,ÔT£<; cpY^ [jLaç xal ^Tr^jJLaTa â^dtyouai 
^)wa6£pà aTTEùSovTEç xal TràvTa [jt,Y))(_av(i)[/.evot xaTà tô £yj(_tt)poîiv 
aÙTotç Tà<; IttI auijLcpépovTi, tou ^aaiTwéwç àvaTpéi^^ai pou).à<; xal auv- 
TO|AOv y£vé<76ai tT|V UTCoaipocpï^v. 



III. n£pl 8ouxaTÔpwv (6) xal xaTaaxôirwv. 

EtceiSy) 8e Tivo; twv cuvteivôvtwv irpôç xo(,vy]v tw CTpaTw Xucl- 
TéXeiav oO xaÀôv à[i£).£tv, 8éov xal Souxâ-opaç £az£{oou<; xal <7UV£- 
Toù^ £)(_£!,v xal TO'jTou? £Ô£py£T£tv 'TTavToiwt; T£ TTpovoEtaGa'. xal àvTi- 

(1) 'Apyuîav k f h; k, en marge, àpyet'av (de seconde main). 

(2) Teçupaç k f h. 

(3) 'ApY^tav k f h. 

Ci) Kal Tàç tpoçà: f : y.aTa(7Tpocpà; k li. 



NOTICE ET EXTRAITS D'UN MANUSCRIT GREC. 8â 

et c'est ce que notre propre expérience nous a aussi dé- 
montré, — d'emmener en pays ennemi des bouches inu- 
tiles, ainsi que de traîner à sa suite plus de bagages qu'il 
n'est strictement nécessaire, avec un grand nombre de 
mulets, d'ânes et de chameaux. Gela est surtout vrai lors- 
qu'on fait une expédition chez les Bulgares ; leur pays est 
rempli de défilés boisés et de difficile accès, ainsi que de 
passages étroits : si l'armée doit les franchir, elle est con- 
damnée, dans ces conditions, à perdre beaucoup de temps. 
La route d'un jour, grâce à cette foule oisive, à ce train 
immense et de luxe, à tout ce bagage superflu et somp- 
tueux, sera faite à grand'peine en quatre. Faut-il tra- 
verser des fleuves profonds ou à lit de vase, passer sur 
des ponts, c'est alors que les mouvements sont singuliè- 
rement entravés par cette queue. Cependant, les vivres 
que devraient consommer les combattants avec le nombre 
de valets convenable et utile, les bouches inutiles les dé- 
vorent, et le manque de vivres ne tarde pas à forcer l'ar- 
mée de battre en retraite sans avoir pu rien faire. C'est 
ainsi que souvent les résultats que l'ennemi, même avec 
des forces considérables, n'aurait pu obtenir par lui- 
môme, sont amenés par une disette que l'imprévoyance 
a causée. Puis ces mêmes gens, qui ne prennent point 
part aux fatigues et à qui l'ennemi fait peur, profèrent des 
paroles et des cris d'un effet fâcheux; ils s'empressent, 
s'ingénient dans la mesure du possible à renverser les 
projets formés par l'Empereur pour le succès de l'entre- 
prise, et accélérer la retraite. 

III. Des guides et des espions. 

Il est bon de ne rien négliger de ce dont l'armée a quel- 
que avantage à retirer; aussi faudra-t-il se procurer des 
guides expérimentés et intelligents, et leur faire du bien, 

(5) Mexà manque dans f. 

(6) L'orthographe 5ouxàTwp, gén. -opoç, bien que l'o soit long en 
latin dans ditctôrù, est prescrite par E. A. Sophocles, Greek lexikoti 
of roman and Iiijznntinp pt.n-io(h, Boston, 1870, p. 37. 



80 MEMOIRES ET NOTICES. 

).au.6àv£(76ai, • 8i^a yàp auxwv où8év xi twv àyaGwv xaxopSouTai. 
ToiouTouç Se ça[JL£V SouxdtTopaç, oôj(_l aTT^.wç -ràç 68oî>ç iTTiaTajJLé- 
vouç (4) (touto yàp xal twv eOte'Xwv tiç xal twv àypoTcov Suvaxai 
TTOietv), aÀAà toOç 8uva[j,évouç Tipôç tw xàç 68oùç èiriGTaaOai 
<xal> xa'Xwç xuêspvïiaai [xal] xô ^TpairoTreSov sic vri^^ twv x'Xsi- 
(joupcov 8(,é}>.£i)(nv, TTpovostaôai ts xal slSévai, Ta aù|jL[i,£Tpa twv 
àn:"Xï]XTWv ScaCTT-^o-axa xal ^.^pwv toOç euityiSsCouç xal ôSdTwv 
àcpGovCav è'^ovTaç -repôç tô àaT£vo)(_wpYiTov tô àit'XYixTOv ycvsaSai., 
[s^eiv T£ àxpiô-^ yv65(ji,v xal t-^ç ôéaewç t-^ç 7ro'XE[/.Ca(; /_(opaç l'va ty^v 
(j-rpaTiàv Iv aut^ slcàyovTsç ^YjtaYjTai. nqv x_wpav xal è^avSpaTco- 
8i!<JV]Ta(, (2)]. 

EaTwaav 8è xal ^(Oiad^ioi (3) ttT.s'i^îtoi xal l-njir/^Ssi.O!,, irapà tw 
T-^ç àvo^o'X'^ç "Xato xa'Xoupisvoi.Tpairs^tTat, (4), xal auvzyCjc, ocWoi 
àXkcLjâ^i T-^ç X^?'^'^ slaLTwaav irpôç to al^jj-alcoxC^eiv àv6ptu'n;ouç, 
tva 8i.' aÔTwv àxpiêwç al twv tco^.sjaCwv àvaSiSàaxwvTai fou'Xal e'îte 
ETriauvàyovxat, -î^ aujxjxd^oix; (5) Ss^ovtat,, xal, auvxdjAwç eiTCstv, l'va 
TWV -reap' auTotç [j^£).£Twjji-£Vtov 'XavGavY] jxy|8£v. 

01 8e à'XyjÔEtç Tôov xaTaçTxdirwv xal aÔTol j^pvjatjJKOTaTOi • 
ElaidvTEç yàp sic tyjv tioX^iliolv SùvavTai Ta twv I^Gpwv àxpiêwç 
jjLavGàvEiv xal loXç àn:oaTiXkouai 8'^la tcoieUv. Ou {x6vov 8è eIç toù; 

(1) 'ETTiaTa[ji.£vouç k h : èniaxa.aba.i jxovouçf. 

(2) Il y a lieu de soupçonner que le membre de phrase zyjt.'^ te '^ 
è^avopaTTOôicryiTai est une addition postérieure à la rédaction originale. 

(3) Xwadpioi k f h. Cp. yoaidçioi chez Du Gange, Glossar. me.d. et 
infim. graecit., p. 741, s. v. xoupffàpiot. On lit au chap. XI^ encore 
inédit, de la compilation à laquelle appartiennent ces extraits : Tiuxvaï; 
emopofxaTç xatà ty^ç aùxtov j^^ptovrat x^^paç Sià x£ xoupaoptov xat TpauE- 
ÇiTwv TWV Tcapà xoTç SuTixoTç x'«^<y°'Pi^*^' xaXoufjievwv. Ce sont les Ro- 
mains qui sont désignés par l'expression ol Suxixoi, « les Occidentaux ». 
Xwaàpioç ou yoa\.6.Ç)\o^ sont des corruptions évidentes d'une forme cur- 
sarius qui a dû nécessairement exister dans la basse latinité et qui a 
donné, par exemple, le mot français corsaire. On trouve xpoxàSia xoup- 
(Twpia, = (c des sandales de piéton, de courrier », dans VÉdit de Dio- 
clétien, ch. ix, 1. 14 (p. 25 éd. Waddington). 

(4) Cp. Nicéph. Phoc, uepc uapa8po[ji.Yiç uoX., p. 121 D, éd. Hase: 
... xat TpaTïEÎ^txaç èTctXéyeffGat ye^vatouç xat àvôpsiouç, ouç ot 'Ap(X£vioi 
xaatvapiouç xaXouatv,... xat xouxouç ôiyjvsxwç àTtocTTeX^eiv xou xaxép- 
Xeaôat etç xàç xwv TîoXEpiwv j^wpa;,.. xat, e^tiou SuvrjOwatv, xivàç xaxa- 
a^eiv xwv TroXet^-îwv xat Tipoç xov... axpaTïiYov à7toxo{Ji.iÇ£iv, ÔTtwçÔt' aOxwv 



NOTICE ET EXTRAITS D'UN MANUSCRIT GREC. 87 

s'occuper d'eux de toute manière, s'intéresser à eux : car, 
sans eux, on ne peut mener à bonne fm aucune entreprise 
utile. Les guides dont nous parlons ne sont pas simple- 
ment des gens qui savent les chemins (car, pour cela, les 
premiers venus, des paysans suffiraient), mais il leur faut, 
en outre, être en état de diriger les mouvements de l'ar- 
mée au passage des défilés, de prévoir et de connaître les 
dimensions des camps , ainsi que les lieux qui seront 
propres à les établir, comme étant abondamment pourvus 
d'eau et tels qu'on ne puisse jamais s'y trouver bloqué. 
[Enfin ils doivent posséder une connaissance exacte de la 
position du pays de l'ennemi : l'armée y étant conduite 
par eux, fera du butin et des prisonniers]. 

Il faut avoir aussi de nombreux et bons éclaireurs, de 
ceux qui sont connus chez le peuple du Levant (c.-à-d. les 
Aiinéniem) sous le nom de ? trapézites. On les envoie sans 
cesse sur le territoire ennemi, les uns d'un côté, les autres 
de l'autre, pour y enlever des prisonniers dans le but d'être 
exactement renseigné par leur moyen sur les desseins de 
l'adversaire, d'apprendre s'il rassemble ses troupes, si des 
alliés viennent à son secours, en un mot, de n'ignorer 
rien de ce qui se prépare. 

Les espions proprement dits rendent, eux aussi, les 
plus grands services. Ils vont dans le pays de l'enne- 
mi, s'enquièrent exactement de tout et en instruisent 
ceux qui les ont envoyés. Le lieutenant général des ar- 

xàç Twv èxôptov icivT^creK; xal pouXàç àva(xav6àvi;i. Cp. ibid., p. 126 D : 
Toù; Tpaitei^ÎTaç àuoaTéXXetv r\xo\. xà Tacrivàxia. Le trapézite est, comme 
on voit, l'ancêtre du uhlcm moderne. — « Le peuple du Levant » dont 
il est ici question, ce sont les Arméniens. TpaTiel^ÏTai qui n'est sans 
doute pas un mot arménien, puisqu'il est grec, pourrait bien avoir été 
substitué dans le texte à la leçon originale Ta(rtvàpiot ou xacrivàxia. 

(5) lujxfxeToxorjç f. — Peut-être faudrait-il corriger le mot suivant, 
SéxovTai, en TtpoffÔéxovrai. Pour la fréquente omission de Tcpèç causée 
par l'emploi d'une abréviation ancienne devenue inintelligible plus 
tard pour les copistes, voir Cobet, Var. lectiones^ p. 82 : « Upéç inter- 
cidit, ut sexcenties, ob siglam librariis sequioribus non intellec- 
tam. » 



I 



88 MÉMOIRES ET NOTICES. 

BouXyàpouç ï^zaxi tw SojxeaTiy.w (1) xal Totç àxpCraiç (jTpaTrj- 
yoTç (2) xaxacrxduouç ï-/ziy, àXkà xal clçTàT^oiirà ysixovoGvTa e6vY), 
s'ÎTOuv (3) dç IlaT^tvaxCav (4) xal zU ToupxCav xal de, ^wcCav, 
l'va [Xï)8èv (5) Twv èxeivwv pouXsupLàxwv àyvwaTOv -^jitv •?!. 

Ot 8è aOv yuvai^l xal iratalv à'Xiaxojxsvoi al)(^jiâ').(o-oi, IvCots xal 
aÔTol TÛv xaTaaxdirtov (6) 'n;)^£tov (bcpe'Xo'jci, • TcCcTSiçyàp "XajAêdvovTeç 
irapàTcjv (jTpaxiqyûv I7.eu0ep£a(; Tuj^stv ci>v yuvai^l xal iraiSioiç (7) 
xal auTol irpôç xaTa<JX07:Yiv à7ro<JTO."XovTai xal [lexà tô xaTavo-y^dat 
wç è')(_£t xàTwv 6[JLOcpOXtov airavTa ÔTroaxpécpovTSç (8) tô à>.Yi9è<; àiray- 

(1) Cp. LéonDiacon., p. 3 D, éd. Hase. 

(2) Cp. Nicéph. Phoc, uepi uapaSp. ttoX., p. 122 D, éd. Hase. 

(3) '< EfTouv idem significat quod r^youv. » (Bast : lire sa note chez 
Grégoire de Corinthe, de dialectis, éd. Schaefer, p. 876.) Cp. aussi 
E. A. Sophocles, greek Lexikon, s. v. efTouv. De même au chapitre X®, 
encore inédit, de la compilation à laquelle appartiennent ces extraits : 
aTOix^Q^ov TropeuofjLévaç efrouv v.a.x' ôpSivov. 

(4) Le pays des Patzinaques on Petchénègues s'étendait, au x® siècle, 
le long du littoral de la mer Noire, depuis l'embouchure du Danube 
jusqu'à celle du Don (voir, p. ex., Spruner , Hand-at las .. . des Mittel- 
alters, 1846, 44^ carte). Les Russes étaient établis au nord des Petché- 



NOTICE ET EXTRAITS D'UN MANUSCRIT GREC. 89 

mées de terre, ainsi que les généraux des armées fron- 
tières, doivent entretenir des espions non-seulement chez 
les Bulgares, mais aussi chez les autres nations avoisi- 
nantes, en Patzinaquie, en Turquie, en Russie, pour que 
rien, dans les projets de ces peuples, ne nous reste in- 
connu. 

Parfois ceux des ennemis qui ont été faits prisonniers 
avec femmes et enfants peuvent être plus utiles eux-mêmes 
que les espions ordinaires. Les généraux, après s'être en- 
gagés à leur donner la liberté, ainsi qu'à leurs femmes et 
à leurs enfants, les envoient espionner. Ils observent com- 
ment tout va chez leurs compatriotes, reviennent et rap- 
portent fidèlement ce qui en est. 

nègues, et les débordaient un peu à Test, occupant la région comprise 
entre la mer Noire et la mer Caspienne jusqu'à la chaîne du Caucase 
Quant aux Turcs, ils menaçaient perpétuellement la frontière orientale 
de l'Empire et l'Asie-Mineure, qu'ils devaient conquérir pendant le 
siècle suivant. 

(5) MyiSÈ k f h. 

(6) k insère xal devant tîXeTov, 

(7) natal f. 

(8) 'AuoiTTpeçovTE; k f h. 



I 



THÉORIE 

DU VERS lAMBIQUE 

POÈME DE JEAN NOMICOS LE BOTANIATE 



PUBLIE POUR LA PREMIERE FOIS 

Par m. Edm. Cougny. 



Ce petit poëme technique est tiré du ms. n"* 1773 de la 
Bibliothèque nationale. Ce manuscrit sur papier, d'une 
assez bonne écriture, mais souvent peu correct, est un pe- 
tit in-4° de 327 feuillets. On lit à la fm : Aôr^ Vi ^C^Xo; 

lypdcpy) Trap' âjxoO BapGo).a)[jLa(ou tou Ko{j.T:p(vou [sic) xou Ix Ilpà- 
Tou èv Tw IlaTaêiw tw oltzo xriç, Kupiou ysvvY^cswç ôtû'"'ç'^' y**' ; et 

ailleurs, à la suite d'un recueil de Proverbes populaires, 
napo!,[j,iat, 8Y][i,wS£tç, par ordre alphabétique, xaxà ctoij^eTov : 

Hic liber est Bartholomsei Gomparini Pratensis Anno 

Domini MGGCGLXXXVII, die XV' Augusti. Ge ms. a donc 
été fait en 1463, à Padoue, par un Italien nommé Barto- 
lomeo Gomparini del Prato, qui le possédait encore en 
1487 (1). La pièce que nous publions remplit les feuillets 
15 r°, 16 et 17 r°. Elle se trouve aussi dans un ms. de la 
Bibliothèque Laurentienne à Florence (Plut. LVIII, mss. 
gr. in-4°, cod. 2, p. 3) sous ce titre un peu différent : iwàv- 
vou No|j-i,xoîj TOU BoxavLotTou TOU àizà KpiQTY](; Tcpôç Ia(8wpov Siàxo- 
vov xal Taêou'Xàpiov tôv Xiwttqv 'Livrai éxaTÔv x. t. ).. 

L'auteur, Jean le Botoniate, ou mieux Botaniate, était, 
comme il le dit lui-même, Grétois; on ne sait pas au juste 
à quelle époque il vivait; ce n'est probablement pas avant 
le quinzième siècle ou la fm du quatorzième. Le mot 

(1) Ce copiste a aussi habité Florence. La bibliothèque Lauren- 
tienne possède un manuscrit à la dernière page duquel on lit : ÈYpàçri 
■jiap' £|JL0Û BapQoXwjjiaiou èx toû IIpaTou èv xîr\ 4>XcopevTio|i (Catalog. de 
Bandini, t. II, p. 381 et suiv. Plut., lxvii, 29). 



POÈME DE JEAN NOMICOS. 91 

Nojiixdç ajouté à son nom, placé comme il l'est dans 
les mss. de Florence et de Paris, ne semble pas pouvoir 
être un titre de dignité, ni la simple indication d'une pro- 
fession (homme de loi, avocat). Nous pensons, comme 
M. Sathas, que c'est ici un surnom de la famille de Jean le 
Botaniate, ou de ce personnage lui-même. 

Outre le petit poëme que nous publions, le mss. de Flo- 
rence contient du même auteur un dizain en vers ïam- 
biques sur la Salutation angélique, un quatrain en vers 
héroïques sur le même sujet, un autre quatrain sur le som- 
meil de la Vierge ; quelques petites pièces sur le Crucifie- 
ment, la Mise au tombeau, le Baptême de Jésus-Christ; 
enfin sur les saints Démétrius, Nestor et Nicolas. Harles (1), 
qui a emprunté tous ces détails à Bandini (2), a oublié un 
ouvrage en prose que renferme le même manuscrit ; c'est 
un traité de rhétorique intitulé : Suvd^^iç Tfi<; PYixopixY^ç, 
dont voici le commencement : ÀirpooL[i-t,à(jTa)ç ItzI Tf\y tûv 
irpooijJiCwv xal Tvdywv {lY^Tépa i^y6\Lz^(x..., et la fin : ÂvTi6é<Jiç, 
otov Aidvucoç, At-dvicoç [sic). 

Jean le Botaniate dédie son poëme à Isidore de Chios, à 
qui il donne le titre de ôiàxovoç et de Ta6ou).àpio<;, c'est-à- 
dire, probablement, de trésorier, greffier-archiviste de 
l'Église : ce personnage semble bien , en effet, avoir été 
chargé de quelque ministère sacré, puisque le poëte se 
recommande à ses prières. Et Jean Nomicos ne se con- 
tente pas de la dédicace placée en tête de son opuscule, il 
la renouvelle en finissant, et termine par une modeste re- 
quête qui n'est pas tout à fait sans grâce : 

« Tels sont les avis que donne un Botaniate au tabulaire 
Isidore, son bon ami, au rejeton de Chios l'humble Cretois 
Jean. A toi donc de me donner une ample récompense, — 
de pieuses prières, des prières comme Dieu les aime, — en 
paiement de cette décuple décade de vers, toi qui es initié 
aux mystères du Verbe (ou du compte) parfait. » 

(1) Bibl. de Fabric, t. XI, p. 643. 

(2) Ang. Mar. Bandini Bibl. Medicese Laurentianœ ms. gr., t. II. 



t)2 MÉMOIRES ET NOTICES. 

iQÂNNOT NOMIKOY KPHTÔS TOT BOTONIÂTOï 

Tcpôç laCôwpov 8iàxovov xal xaêouldp'.ov tôv Xt-coTTiV 
TÔ la{Jt,6ixôv SiaaacpouvTSç [xéTpov. 

H Ttov '7ro8t.a[/-c5v twv làjxêwv altCa 
aStY) Trécpuxsv, wç Soxst T£)(_voypà<poi(; • 
AvY|p yuvatîca twv ÀOv^vaCwv ità'Xai, 
ir'Xijvouaav (5(j£v , 7:po<3TU/^à)v, lîatyviSCo. 
5 AOty) 8 e TOijTw (jiivTOfJLOv "Xéys!. T^dyav • 

«Âv6pt07r', ocTrelOe, ty|v axàcpr,v àvaTpéTTSiç. w 
AuTÔç 8' àxoùffaç, xal tô "Xsj^ôèv 6au[jLàaa(; 
TauTov Ti:o8(^£!. xal jiaOvjxatç Tipoccpépsi. 

El youv f)tkr^azic, toùç là^^êou; el8éva(., 
10 ySkzoç vo[xi,xôv, tAapTuptovujJLOç cpCXoç, 

V. 2. Quels sont ces grammairiens ou ces rhéteurs? Seul, lescho- 
liaste d'Héphestion, *Eyx^iÇ)ibiov Ilepl [xétpwv, mentionne le fait si sin- 
gulièrement abrégé par notre docteur crétois. Il indique les différentes 

origines qu'on a attribuées au vers ïambique y; àTio yçctô;, xtvo; 

'Ià[ji.6yjç xaXou(JL£vv](; r\ tiXuvouot^ auvTuywv ô 'luirtovaÇ xat à^'âfisvo; t-î^; 
(7xà9Yiç, èç' Y)ç sTiXuvev ii ypauçxà â'pta, Yjxouae Xsyouairiç * 
'Av0pw7c', «TreXOe • ti^v (îxà<pr,v àvaTpsTcet;. 

Ce scholiaste, probablement d'après quelqu'un de ces technographes 
dont parle Jean le Botaniate, nous apprend que la femme en question 
s'appelait 'làjxêY), singulière rencontre, nom prédestiné, puisqu'il se 
trouve que c'est justement une de ses paroles qui fournit le vers ïam- 
bique. Il nous apprend, en outre, que l'homme, àvrip, à qui fut adressée 
cette parole est précisément un poète d'un caractère malin, raillant, 
ïa}ji,êî^t«)V, volontiers, Hipponax, en un mot, qui passe pour l'inventeur 
du vers scazon. V. Anthol. Palat., cap. vu, 405. Epigr. de Mimnerme 
ou de Philippe. 

V. 3. Après itdcXac le ms. porte uXàvouaav. 

V. 4. Ms. Tracyviôcov. 

V. 8. Ms. toOtov, ce qui n'est pas facile à expliquer. 

V. 10. MapTupwvujxoç mnnque dans le Thésaurus. 



POÈME DE JEAN NOMICOS. 93 

xOôo; Xiw-fuv, laiTwv -^ çpx!,5p6rr|;, 
ycopa; irô6t,^£ auv-roaco; âyvwatj-évaç • 
£^ yàp irdSa; "ïaaêo; 6Î7:a<; aot cpépst. • 
TauTÔv 8è Itou; Trécp'jxe xal /^wpa •;ra).!.v, 
15 X^pa 8' ly.à<îTy, c'j).).aêàç cpépct, 8'jo. 

ITpWTOV, TpiTOV, 7r£[XTlT0V T£ TWV iJTiyWV TTÔÔai; 

lajxêov, -î^ (Jirovâeïov, à; ôélsiç, ypàcpE • 
Tov Ss'jTspov Se xal TÉxapTOV, w; ôéjxiç, 
fipaj^uvs xal [xaxpuve xal \L'f\ Zicxolgt^ç. 
20 Ia|x6ov o6v xd [léxpov eaTw cot, TdÔs. 

TÔV 8' i'xTOV 1(j9(, TTUp^L^lOV TGV IT^Sa, 

xal 8ij(^pov6v jjLOL xdvSs xôv TcdSa xàAei., 
ô'v p»pa/_é(i)v èx 8uotv, 8£(J7c6Ta, ypacps, 
otov 7c66ov, T^dyov xs xal Kp(5vov, j(pdvov. 
25 El 8' a5 xôv aùxôv xal Tcàliv lajjiêCcsiç, 
"^{AapTSf; ou8àv, à'XV sypa^^aç côaTd^wç, 
iravTdç |i.éTpou yàp au'XlaêYiv tyiv ôaTarrjv 
fipaj^^uvov xal ijlVjxuvov àSiacpdpwç. 

EcîTt 8' 'taji-êoç J)ç è'pwç, Kôvwv, Népwv, 
30 ô'ç TpCj^povoç Tcécpuxsv âv <TTt5(^OTrl(5xoi(; • 
TeTpajrpovoç a7:ov8eio<;, tî)ç xtovwt)^ TzdXi^. 
AOty) 8' Ixàaxou tôjv 7:o8c5v 8i7r)v'^ pà<ïiç 
87)7.01 xax' auTYjv -f^v è'^ei cup.[JL£TpCav • 

V. 21. Le minutieux théoricien qui vient de dire tov Seur. 8è xal 
TETapT, ppâxuv£ xal ji,àxpuve, ne devrait pas mettre un pyrrhique, uo, 
au 4« pied. On peut observer d'ailleurs que le vers ïambique, qui, 
dans la pratique, abandonnait de plus en plus les anciennes règles, 
subissait depuis plusieurs siècles la rigoureuse loi de raccent aigu à 
la pénultième du dernier pied. 

V. 22. Encore une irrégularité , un pyrrhique au 5c pied; même 
faute dans le vs. suivant. 

V. 23, Ms. ôuo. Notre poëte grammairien s'endort : deux trochées 
dans ce vers 1 

V. 27. Ms. TÔV. 

V. 28. Tout à fait irrégulier. Peut-être faudrait-il lire : 

(ipâyuve xal [xr.xuvs Ttw; àS'.açopw;. 



94 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Tzkriy àW âxàaTOU tou cOévouç twv Ypa|xp,(XTa)v 
35 )và[ji,6av£ xal [Jiàv6av£ nqv auvepyCav. 

Éirxà yàp slaiv 1^ ôlcov toijtwv ô'aa 

çpwvYiV [jLova cpépouart au^Jicpwvwv 8(^a. 

Mépi^s TOivuv xauTa Tpial ^(^(opCoiç, 

p-axpotç ô[xou T£ Pipa5(^éa!,v xal 8(,j(_pdvoi(; • 
40 'TÔ [Aixpôv o5v Ô xal tô £ 4^i*Xôv, cpCls, 

(î)ç p)pa5(_éa yI!v6)(JX£, xalv6[xi,^é [xoi. 

Tw w [xéya aiiv ys tw y) 7cà).i.v 

TY|v [Aaxpàv à';r6v£ijjL£ )(wpav £v i3ti)(^oi(;. 

A}.cpa, IwTa, xal tô 8 e Ta Tpia, 
45 TouTwv ExacTOV (bç ^(^pdvouç £'j(^OV Siio, 

8£j(_oi.o [jLaxpôv -5^ pip^X^' ^*^<*^<ï 6é>.£(,(;, 

£v9' o5 ■7rpoa7^X£t, xal Trpo(japjx6TT£t, ix'Xéov, 

£1 [AT^ Tl X(o).0£l C£ TWV àvTlJxà^WV ' 

ô'6£v /_péwv COI ■TCpoçT£G'î^vat. xal t68£' 
50 TÔv à'XçpàêviTov £l<; [i^épY) tejiwv 8ùo , 

Tpi,J(_WÇ Ta (pWVï^EVTa SlElloU [JLOVa • 

vuvl Se Ta aùjjLcpcova oacpirjviaTéov 
iTTTa Tré'XovTa tw {xéTpw irpôç Totç 8£xa, 
o)v £lal SiTrlà ^-^Ta xal ^t xal ^X t£ • 
55 àl'Xa TpCa t£ t^i'Xà t, x, m 8a, 
xal 8a(îéa y(vo)(îX£ ô-^Ta, cpl, j(_ï T£. 

V. 37. Je crois qu'il faut lire (xov' âxçépouffi. 
V. 39. Ms. ppaxéffi. 

V. 42. Vers très-irrégulier : 5 pieds, un trochée au 3*^. Il faut lire 
peut-être : 

T(|) Ô) (jLéya Çùv ô^n y^ ^*' "^V ^ tîocXiv. 

V. 47. Ms. â'ôou. 

V. 50. Ms. [xepoç. 

V. 51. SieTXov. 

V. 55. Ms. 711 (sic)] on pourrait croire que c'est pour se ménager 
un ïambe au 6e pied que le versificateur a changé l'accent de id ; mais 
il vient de finir le vers précédent par ^1 -ce. Décidément ce sévère 
théoricien du vers 'iambique ne se gène pas avec les règles dans la 
pratique. — Cf. le vs. suivant. 



POÈME DE JEAN NOMICOS. 95 

AàéSa, \L\j, vu, ^w 5' à{X£Tàéo>.a Séy^ou. 

Té<î(Tapa Tu*^')(_àvovTa tw {j-éxpco 7rà"X!,v 

TÔ pï^Ta, yàjJLjJLa, Sé'Xxa, ffiyjji' àcpwvà irep • 
60 TOUTWV S'oTtota 8uo C'j[j.(p(i)va 'Xéyoïç, 

Twv pipaj(^£Ci)v è'iJLirpoaôev -î^ xal Ôi^pdvwv 

nqv (j'j'X'XaêY|v Taùnriv ys icâvtwç [/-TjXiivei, 

xal [j.allov s'iirsp àu.£Tà6o").ov tÙ)(_oi, 

oiriaSev à>.>vOU ypà[jt-[i9tT0ç T£6£!,;xévov. 
65 El 8' au Tzâ.'kiv £[jL7upoc0£v i^yeuai t(55£, 

•î^j xal 'rtécpux£v à[j.£T(£êo)^a 8ùo, 

)^à[jLéav£ [Aaxpàv -î^ ppa5(^£(av,d)ç 6é)^£i.ç, 

6 'vtyyi'KÔç, <yoi xt«>pa'^ ^v toi3t(o v£(Jt.Ei, 

£l [XY) 7rp(5x£i,Tai (j(y{jt,a to'jtou iroT.'Xàxt.ç • 

70 [i-dvOV Ô£ Ôt,ir).0'JV TÛV TplWV Sv £l Tl3j(^0l, 

jjiaxpôv TÔ Ppa)(^ù xal \l6vov itoieiv (j6év£u 
Tàç îl, 8t.(pG(5yyou(; wç {laxpàç loyi^TÉûv, 
&ç 8ùo cpwvTQEvxa [xiyvùouaL ircoç. 
ACcpSoyyov ûçEvwaov £lç fou'X'^v j^Cav 
75 TpdTTov TÔv auTÔv ôlç ir£p!.(J7rà(;, xal ypàcpwv 
aaxpàç ).oyi^ou <5u).)ca6à(; Tà<; St^pdvou*;. 

OuTto Tc'Xéxwv |jLOi xob<; la|iê£iouç (Jt(j(^ouç 
aùv àxpiSEia vo'JV£yc5ç, £uOupt,éTp(i)ç 
l'xaaxov aùxtov -jcapaTYipwv, wç 8éov, 
80 xa).toç cp'j'Xà^Eiç Toùç ô'pouç {jlol tî^ç tIj^vy^ç, 
xal TÔV cpuToGpyov £iKppav£l!ç xapiroX; Xdytov 
<p£pct)vii[JLa)(; |JLOi, 8o)p£à(; '{ctoç véjxtov, 
xal {jLà)^^ov EiYjç I(T(8a)p(5ç y.oi t6t£, 
pé).Ti,aTO(;, à)(^£Cp(.)TO<;, £Ù{i,ou(ïoir).6xoi<; 

V. 67. Ms. ÔéXyiç. 

V. 70, Ms. Tux^» au-dessus de la dernière lettre, oi. 

V. 74, Ms. el; Ivwaiv. 

V. 78. (Tuvaxptêeia. 

V. 79. £Ù0u[xéTpwç, comme eOOuixexpo;, manque dans les diction- 
naires. Le Thésaurus donne, d'après lambl. In Nicom., p. 37, B, le 
verbe eO0u(xeTpéa). Peut-être devrait-on lire ici e06u{xéTpet. 

V. 84. £0(xou(joTcX6xot;. Ce mot ne se trouve pas dans le Thésaurus, 



9G MÉMOIRES ET NOTICES. 

85 y.dXki'uxoq, sùirdpijAoç iv aTiyou^ytoLi^. 

kW èvToT^Yjv cpùXa^ov sOteI-îî jjiiàv • 

\Lr\ 'kil,zai )(pc5 8ua).ÙT0i,<; tô Ttapàuav 

[i.Y)8è (Jxot£ivat<; "ï^ axiêapatç t^ ypicpoi.; • 

[jLï]8' a5 ôéeiv uTTspôsv al6épo; ôé'Xe • 
90 [/.YjSà a-ri^i^wv acov Trxepwv ^^w tcItou, 

p-TQ -jrox; Ixàpou ^(^stpov eupi^CYiç iràôoç, 

xal XYipwaiç icTÉpu^tv eTTTeptojxévoç 

luypôv Tréaviç iréarjjia irpô; /_àoç cpépov. 

Ta ^ou).£Ù[jLaTa TaOTa xaêou'Xaptw 
95 BoTovtaTYjç I(nS(j5p({) (pi"XTàTG> 

pi);a(7Ta) Xiou KpYjç £UT£).Yiç IwàvvY)?. 
2ù youv 8(8ou |j.oi |j.axpàv àvT!.|j.i,a6(av, 
tà-/à<; 6a(aç xal 6£Ô> irscpdaévaç, 
àvTl 8£xàSo<; Tfi<; 8£xa7:X'^ç twv cxiyjbiv, 
100 ToO TravcE^EÎou Tuy^^àvwv [i.ù(îTY)<; Xéyou. 

V. 88. ti^ 8à. 

V. 89. au. 

V. 100. Allusion au dogme pythagoricien, où le nombre dix est 
appelé xpàxoç xai navTÉXeta, et en même temps sans doute aux fonc- 
tions ecclésiastiques du diacone Isidore. 



SUR 

UNE TRADUCTION NÉO-HELLÉNIQUE 

DU PROMÉTHÉE 

ET SUR 

LA MÉTRIQUE GRECQUE CONTEMPORAINE 
Par m. D. Bikélas. 



Messieurs , 

A la dernière séance de notre Association (1), j'ai été 
chargé de vous présenter un rapport sur la traduction du 
Prométhée (ï Eschyle publiée dans le recueil périodique de 
Smyrne « 6Ô(XYipoç)), ainsi que quelques considérations 
sur la métrique néo-hellénique. 

En attirant votre attention sur cette traduction , notre 
savant confrère M. d'Eichthal n'a point été déçu, Mes- 
sieurs, par la lecture des premiers vers, quant au mérite 
du traducteur. M. Xanthopoulos , le gymnasiarque ou di- 
recteur du collège grec de Smyrne, s'est d'ailleurs acquis 
une réputation méritée de savoir, non-seulement comme 
professeur , mais aussi par ses travaux littéraires, et sur- 
tout par un remarquable ouvrage sur l'enseignement. 
Mais je ne crois pas me tromper en avançant que cette tra- 
duction est le premier travail poétique qu'il ait publié. 
- Ce ne sont que les 551 premiers vers du Prométhée que 

■ nous avons sous les yeux dans le numéro d'avril dernier de 

L 



(1) Séance mensuelle du 13 mai 187i). 



98 MÉMOIRES ET NOTICES. 

r (( ÔjjLYipoç ». C'est une traduction fidèle, du moins autant 
qu'on le pouvait exiger dans une version poétique d'un tel 
original. Il ne faut point penser que la parenté des deux 
langues diminue en rien les difficultés d'une telle œuvre ; 
au contraire, cette similitude même est un nouvel écueil 
pour le traducteur, dont la tendance doit naturellement 
être de rester fidèle à son original. Car il y a dans le grec 
ancien tant de mots que l'on se sent tenté de conserver, 
tant de locutions que l'on se croirait permis de laisser in- 
tactes, que l'on peut facilement perdre de vue que le grec 
d'aujourd'hui exprimerait par d'autres mots et par des lo- 
cutions différentes la même idée ou le même sentiment. 
Mais à cet égard M. Xanthopoulos ne pèche pas par excès 
de hardiesse ; au contraire , pour satisfaire aux exigences 
de son vers, il emploie des équivalents lors même qu'il 
aurait pu maintenir telles expressions de l'original qui ne 
se trouveraient point mal placées dans le langage élevé qu'il 
a adopté. Ainsi, à ne prendre que les onze premiers vers, 
il aurait bien pu ne pas changer des expressions telles 

que : àêaTOV lpï][i.iav, — Trétpaiç ut^Y|loxp7^|i-voi.ç, — àSajiavTivaii; 
Tzé^^iÇi -^^^^çLjfiiji',-^ TÔ jaôv àvGoi; , et (fCkcLvbpé'KOU Tpdirou. 

Par contre, en prenant au hasard un autre passage, je re- 
trouve dans 29 vers 45 mots existant dans l'original ; ce 
âont ces superbes vers, que vous vous rappelez bien. Mes- 
sieurs : 

Ù Sîoç alOinp, xal xavÙTTTspoi. irvoaC, 
TuoTajxwv T£ TCYjyai, ttovtCwv te xujxaTwv 

^ f àv^piOiLOv Yé)^a(ju.a, irau-ix-^xop ts Tri, 

9innnon j. /^ «^ » ^ \ i^^' ^ J' 

"SsaSé {jl' ola TZOLGjiù Tcpôç Ôewv ôedç. 

(V. 88 et suiv.) 

Voici la version qu'en donne M. Xanthopoulos : 

Q, oûpavÉ, xal w xcLyÙTZxzf^oi irvoaC, 
xal TuoxajJLcov -irriyaC, xai t' àvayéT^aaixa 
xviJ-àTWV 6aA0CG(îiwv t' àvaptôjXTjTov, 



SUR UNE TRADUCTION NÉO-HELLÉNIQUE DU PROMÉTHÉE. 99 

xal icàvTWv {jL-îÎTsp yr[, xal ab Si i^kiz, 
6 xtJXAo; Tou ÔTToCou iràvTa ècpopàç, 

Vous le voyez, il n'y a que six vers de grec moderne pour 
les cinq vers d'Eschyle ; et il y a dans cette traduction 
bien des vers d'une concision plus frappante encore, tels 
que : 

E>.e68Epoç TcX-qv TOU Aiôç SXkoc, xaveCc;. 
Voici l'original (v. 50) : 

E'Xsùôepoç yàp ouxiç iaTi Tz\-i]v Aidç. 

Ou bien : 

Aï, npojAYjOsO, aitvdtbi zlc, toùç irdvou; ffou. 
Original (v. 66) : 

Alat, npo[/.YjO£î3, (jôjv ÔTispaTévo) Tîdvwv. 
Ou bien encore : 

Ex Tzéx^oLç, xal ciÔ"/^pou à'^si tyiv <|'UJ(^y)v 
ixstvoç ô'fJTiç, npo|i.Y)9£Îî, Sèv CUjXirOVEt 
'çxà ^àaavà <JOU. TaijT' lyà) Sèv YJGs^wOV 
ouT£ va ïSo), xal iSoOda aà irovai. 

Original (v. 242-245) : 

SLSyjpdcpptov T£ xal iréxpaç slpyaajJLlvoç 
ô'cTiç, npojJt.Y)6£ij, coHaiv ou ^uvacî^a'Xa 
[A($)(_8oi<; • èyct) yàp out' àv elaiÔEiv iol^z 
Ej^pirj^ov, ElaiSouaa t' i^'XytivGiriv xÉap. 

On trouverait dans la version de M. Xanthopoulos bien 
des passages aussi heureusement traduits que ceux que je 
viens de citer; et ils auraient été bien plus nombreux, je 
pense, si le traducteur eût donne une allure plus l'ranche- 
ment moderne à son style, s'il avait été moins entravé par 
le désir d'éviter les mots , les expressions auxquelles un 



100 MÉMOIRES ET NOTICES. 

grammairien rigoureux aurait pu trouver à redire, s'il 
n'allait pas enfin jusqu'à violenter parfois la nature de 
notre grec moderne, comme lorsqu'il supprime l'article 
dans des vers tel que les suivants : 



IXOJi 



\ Ta xaTw ^(opsi, Gy.zk'(] «JcpCyye /.uyCk 
Kal vr^ç, àvàyxY|<; xiç 7rr|8àli,ov xpatst; 

Car il ne suffit pas d'être traducteur fidèle ; on doit aussi 
ne point perdre de vue que l'on traduit pour des lecteurs 
qu'il faut savoir s'attacher, en ne leur faisant pas trop 
sentir qu'ils ne lisent après tout qu'une traduction. Ce 
n'est pas que M. Xanthopoulos ne soit à même de satis- 
faire à cette exigence du lecteur ; ses écrits en prose té- 
moignent tout le contraire. Je ne veux pas non plus m'en 
prendre au langage élevé qu'il a adopté. M. Rangabé, en 
traduisant l'Antigone de Sophocle, s'est de même imposé 
la tâche d'éviter les mots et les expressions d'une tournure 
moderne ; mais son vers est facile et coulant, et l'on peut 
toujours saisir le sens dans la traduction et y voir les 
beautés de l'original, sans effort et sans lassitude. Je ne 
veux donc point me laisser entraîner, sur cette question 
du langage poétique, par ma prédilection pour l'emploi du 
grec parlé en poésie ; ie n'examinerai point si ce ne serait 
pas un'avantage pour l'avenir littéraire de la Grèce que de 
posséder et de cultiver ces deux idiomes , qui coexistent 
déjà depuis tant de siècles : une langue élevée d'un côté, 
s'adaptant, autant que sa nature le permet, aux règles de 
la grammaire du grec ancien; et de l'autre, la langue vi- 
vante, celle que nous parlons tous les jours et partout. 
L'une serait l'instrument de nos prosateurs, l'autre de- 
viendrait le langage de la poésie. En les cultivant de pair 
toutes les deux, peut-être les verrions-nous graduellement 
exercer l'une sur l'autre une influence d'assimilation qui 
finirait par donner au grec moderne ce caractère d'uni- 
formité qui lui manque encore. Mais je me suis promis 
de ne pas entrer dans cette question. 
Au reste, M. Xanthopoulos ne paraît pas avoir une hor- 



I 



SUR UNE TRADUCTION NBO-HELLÉNIQUE DU PROMÉTHÉE. 101 

reur innée du grec parlé, de notre langue commune. Au- 
trement, il n'en aurait pas adopté les formes en écrivant : 
s^(or?)ç cpcoTiàç (v. 267), OU bien tyjv à^owaTiav (v. 388). Seule- 
ment, je voudrais que de pareilles expressions ne se trou- 
vassent pas comme égarées dans ses vers. Mais tout cela 
né prouve qu'une chose, c'est qu'il est bien plus facile de 
critiquer des traductions que d'en faire; et toutes les res- 
trictions que je me suis permis de vous exprimer ici ne 
m'empêchent point de saluer avec la plus grande satis- 
faction cet essai de version néo-hellénique d'un chef-d'œu- 
vre de la scène antique. Seulement, je dois le répéter en- 
core, j'aurais voulu que le docte traducteur lui eût donné 
une forme plus moderne. 

Je crains. Messieurs, que vous ne me trouviez trop mo- 
derne pour un Grec; d'autant plus que je ne pourrai pas 
dissimuler ce même sentiment dans ce qui me reste à dire 
à propos de métrique. 

M. Xanthopoulos a traduit les ïambes d'Eschyle en ce 
que l'on se plaît à appeler du même nom en notre poésie 
littéraire. Quant aux chœurs, je ne suis pas assez fort en 
métrique pour définir la versification qu'il a adoptée ; 
et il est à regretter que le savant traducteur n'ait pas 
accompagné sa version de notes expliquant ses procédés 
rhythmiques. C'est ce que M. Rangabé a fait dans ses tra- 
ductions de drames classiques, ainsi que dans sa spiri- 
tuelle comédie les Noces de Coutrouli, le meilleur exemple 
que nous ayons de ce qu'il est possible de faire dans l'imi- 
tation de la métrique ancienne. Quoi qu'il en soit, tandis 
que l'hexamètre a pu à grand'peine garder une place 
dans notre poésie, l'ïambe, ou ce que nous appelons de ce 
nom , est devenu le vers k la mode pour la poésie dra- 
matique. 

Mais oserai-je vous dire toute ma pensée? Ces déno- 
minations d'ïambes, etc., ne me paraissent pas avoir plus 
de raison d'être que le nom de jeux Olympiques que nous 
aimons à donner, à Athènes, à nos expositions des arts et 
de l'industrie. C'est une manifestation du culte des ancê- 



102 MÉMOIRES ET NOTICES. 

très ; autrement, malgré tout le respect que m'inspirent à 
juste titre nos savants réhabilitateurs du vers antique, je 
ne puis concevoir comment il nous serait possible de for- 
mer un vers harmonieux en nous éloignant des règles pui- 
sées dans la pratique de l'idiome actuel et dans le trésor 
de poésie populaire que nous possédons, pour ériger un 
nouvel édifice sur des bases que nous ne pouvons plus re- 
trouver. L'ancienne prosodie est perdue , et je ne crois pas 
m'éloigner de la vérité en ajoutant que nous ne savons 
véritablement pas ce qu'elle était. Croit-on qu'il nous serait 
possible de la refaire, en substituant les syllabes accentuées 
ou non accentuées aux brèves et aux longues des anciens? 
Si ce n'était que cela, rien ne serait en effet plus facile 
que de produire des ïambes ou des trochées en grec mo- 
derne. Non-seulement l'accent y est bien marqué , mais 
dans les mots polysyllabiques il y a , de plus , une légère 
répercussion de l'accent sur les syllabes alternes, la syl- 
labe proprement accentuée étant le point de départ. Je 
devrais émettre cette théorie avec la plus grande réserve, 
en face de l'opinion généralement adoptée « qu'une syl- 
« labe seule absorbe toute la force d'un mot, et qu'il n'y a 
« dans chaque mot qu'une syllabe accentuée, à moins 
« qu'il ne soit suivi d'un mot enclitique (1) ». Mais alors 
comment serait-il possible de faire des ïambes toniques 
avec le grand nombre de mots polysyllabiques que nous 
possédons? Pour mon oreille du moins, un long mot, tel 
que « cpiloCTTopyia» (et nous en avons bien de plus longs), 
me paraît exiger un repos de la voix, une légère accen- 
tuation sur la deuxième syllabe, en outre de l'accent qui 
tombe plus fortement sur la quatrième. Mais, que cette 
théorie soit correcte ou non, il est évident que l'accentua- 
tion est la seule base de notre versification moderne. Pour- 
tant, faute de prosodie, de quantité proprement dite, notre 
vers serait bien monotone, s'il n'était qu'une longue suite 



(1) Voy. Rangabé, Mera^pàcreiç 'EXXtivixwv ôpajxdcTCov, 'AOyjvYiat, 1860, 
page xS* de la préface. 



SUR UNE TRADUCTION NÉO-HELLÉNIQUE DU PROMÉTHÉE. 103 

de syllabes accentuées, alternativement ou non. Le sen- 
timent musical de nos poëtes populaires, l'oreille du peu- 
ple a su éviter cet écueil en ne faisant point de longs vers. 
Dans le vers politique, que nous appelons aussi « tétra- 
mètre catalectique » et qui est le vers néo-hellénique par 
excellence , il y a, en réalité, deux vers : le premier de 
huit syllabes dont la dernière ou bien l'antépénultième 
est accentuée, et le second de sept syllabes dont la pé- 
nultième est toujours accentuée. En poésie lyrique on 
n'écrit pas même ces deux vers en une ligne , ainsi que 
cela se fait dans les poëmes de plus longue haleine. De 
môme dans les vers de douze syllabes, ou ïambes toniques 
(qui sont, par parenthèse, bien plus harmonieux dans nos 
chansons populaires que dans notre nouvelle littérature dra- 
matique), il y a une césure bien marquée , qui vient inva- 
riablement à la fin de la septième syllabe, arrêtant tout net 
la marche du vers et le séparant en deux hémistiches de 
longueur inégale (1). Cette marche interrompue de notre 
versification neutralise ce que le manque de quantité lui 
aurait donné d'uniforme. Et puis, la langue populaire nous 
fournit un élément additionnel d'harmonie et d'ondula- 
tion (qui dans une certaine mesure constitue un équivalent 
de la quantité), au moyen de la synizèse, contraction de 
deux sons vocaux en un seul. Dans les deux vers suivants 
il y a bien quatre synizèses : 

Mivva, jJLÈ Toùc £VVY)à cou "uloix; xal [xè rriv |jL!,àv aou xdpYjv, 
Ti?)v x(5pY)v nrjv [xovâxpiêvjv, ty^v 7co>.uaYairY)ji.évYiv. 

Dans les hexamètres et les ïambes de notre nouvelle 
poésie, nous n'avons au contraire qu'un long enchaîne- 
ment de syllabes accentuées et non accentuées^ sans une 

(1) Dans la poésie littéraire il paraît adopté que la césure doit, 
selon les règles de la métrique ancienne, être 7CEv6Yi(xip,epiQ; ou éç6yi|jii- 
(xepTQç. Mais je crois qu'il ne serait pas difficile de rencontrer dos dé- 
viations de cette règle chez nos poëtes dramatiques, ce qui d'ailleurs 
s'expliquerait aisément par la peine que nos oreilles modernes ont à 
se faire à tous ces procédés artificiels. 



104 MÉMOIRES ET NOTICES. 

césure fixe et bien marquée, coupant le vers de façon à 
arrêter la voix. Nous n'y avons pas même la rime pour en 
fixer la limite à l'oreille. Par conséquent, il faut bien le 
dire, ces vers au nom classique pourraient tout aussi 
bien être pris pour de la prose par ceux de nous qui les 
entendent réciter (1). 

(1) Les limites de cette notice ne nous permettent point d'énumérer 
les diverses espèces de vers usités en grec moderne et d'en donner des 
exemples. Il suffit de répéter que l'accentuation en est toujours la 
base, et que, soit qu'on veuille les appeler hémistiches ou vers, ils ne 
dépassent pas le nombre de huit syllabes. Ainsi dans tout le recueil 
de Passow {Popularia carmina grœca) on ne trouverait qu'une demi- 
douzaine de vers de douze syllabes dans lesquels la césure fasse défaut ; 
et encore pourrait-on attribuer cette particularité à une transcription 
fautive. Les trois chansons calabraises sont les seules pièces de ce 
recueil dans lesquelles ce nombre de huit syllabes soit systématique- 
ment dépassé. Mais là l'influence du vers italien est manifeste. De 
même, dans la collection des Monuments néo-helléniques de M. Em. 
Legrand, il n'y a que ce charmant poëme « i\ BoaxoiioûXa « qui soit 
écrit en vers de onze syllabes. Mais, ainsi que M. Legrand le fait re- 
marquer dans sa préface, « plusieurs passages de ce poëme prouvent 
jusqu'à l'évidence que les littératures latine et italienne n'étaient 
pas étrangères à son auteur )>. Je crois que le vers même qu'il a 
adopté en est la plus grande preuve. De même , dans le recueil des 
chansons populaires grecques de M. Legrand , il n'y a qu'un seul 
exemple de vers de onze syllabes; c'est la « ^i[xàôa toû Mavéra», 
et, dans cette pièce, l'on peut encore retrouver la trace de l'in- 
fluence italienne. Dans la collection de M. W. Wagner, {Carmina 
grseca medii aevi), il n'y a point de vers ou d'hémistiche dépassant 
le nombre de huit syllabes. Quelques-uns de nos poètes récents ont 
aussi fait des vers de neuf, de dix ou bien de onze syllabes sans les 
diviser par une césure ; mais toutes ces exceptions ne me paraissent 
servir qu'à mieux encore établir la règle que je viens de poser. Au 
reste, dans ces vers la rime vient atténuer l'effet de leur longueur 
et trahir en même temps l'imitation d'un rhythme étranger, le plus 
souvent italien. Non pas que la rime soit une importation nouvelle en 
Grèce : sans parler de l'usage qui en est déjà fait dans notre hymno- 
graphie ecclésiastique à une époque bien plus reculée, Georgilas 
l'employait au quinzième siècle, et lui donnait le nom de îaapaôviov 
(Wagner, Carmina Grseca, p. 46, vers 450, 454, '<rap[JLoOvcv); mais 
notre poésie populaire ^'en passe et ne s'en trouve pas plus mal. 



I 



SUR UNE TRADUCTIOiN NÉO-HELLÉNIQUE DU PROMÉTHÉE. 105 

En disant tout cela, Messieurs, je ne veux point nier 
les liens de filiation qui rattachent le vers moderne au 
vers antique ; je ne veux point dire que notre vers n'ait 
pas de relation de parenté avec le rhythme antique: 
bien au contraire. Seulement, je voudrais voir cette rela- 
tion donner lieu à des recherches philologiques qui se- 
raient aussi intéressantes qu'instructives , sans devenir 
toutefois un encouragement à de vains efforts pour res- 
susciter la métrique des anciens. 



LETTRES INÉDITES 

DE 

R.-F. PHILIPPE BRUNCK 

SUR LES OUVRAGES GRECS QU'IL A PUBLIÉS (^^ 

(1771-1776) 
Par m. Edm. Cougny. 

{Suite,) 



XVIII. 

Strasbourg, 7 mai 1772. 

Voici, Monsieur, une nouvelle feuille ; nous ne perdons 
pas de tems, comme vous voies. 

L'arrangement des Idylles de Theocrite dans les éditions 
les plus connues est, a ce que je crois, de la fantaisie de 
H. Estienne. Je sais que dans les manuscrits et dans les 
éditions d'Aide Manuce il est tout autre, ainsi que dans 
celle de Zacharias Calliergi, qui est la plus ancienne que 
j'aie (1). Le S. de Bure, libraire de Paris, n'a pas voulu 
que j'eusse celle d'Aide ; je lui avois donné commission 
de me l'acheter a la vente des livres de M. Gayot; il l'a 

(1) V. l'Annuaire de 1874, p. 447-526. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 107 

laissée, échapper, a mon très grand regret (1). J'ai cru 
pouvoir me permettre d'arranger aussi ces pièces a ma 
manière : je distingue les Bucoliques au nombre de dix, 

(1) Il est à remarquer qu'on ne trouve dans les scholiastes aucune 
indication précise sur Tordre dans lequel doivent se suivre les idylles 
de Théocrite. Quelques-uns d'entre eux entrent pourtant, sur des ques- 
tions du même genre, dans les plus minutieux détails , comme Démétrius 
Triclinius, qui a pris soin de marquer le nombre et l'espèce de vers 
de chaque pièce , et le vers par lequel elle se termine. Il n'est pas 
moins singulier qu'aucun des éditeurs de Théocrite , avant et après 
Brunck, n'a fait la même remarque que lui à ce sujet. Tous ont admis 
l'ordre qu'il dit « être de la fantaisie d'H. Estienne». — M. Adert de 
Genève, qui ne connaissait pas les lettres de Brunck à M. de Fonce- 
magne, est à peu près de son avis sur cette question ; mais il parle 
avec plus de respect de notre grand helléniste. « Si je ne me trompe, 
dit-il, le débrouillement des Idylles est dû à H. Estienne; car je les 
trouve encore toutes confondues dans l'édition de Calliergi, Rome, 
1516 [in-8], et séparées dans celle d'H. Estienne, 1579, in-18 (Théo- 
crite, Thèse, p. 20, note 3, Genève, 1843, in-8).))— Le Théocrite d'Aide 
Manuce est de février 1495 (1496 n. st.): «dans la préface adressée à 
son précepteur Bapt. Guarini, » Aide constate le désordre qui règne 
dans les mss. « Les textes, dit-il, sont mutilés et intervertis à tel point 
que les auteurs eux-mêmes, s'ils revoyaient le jour, ne pourraient s'y 
reconnaître ou corriger les fautes. )) (Aide Manuce, par M. Ambr.- 
Firm. Didot, p. 74.) Mais cette observation se rapporte plus, je crois, 
à l'ordre des vers dans chaque pièce qu'à l'ordre des pièces dans le re- 
cueil. Voici la suite des Idylles de Théocrite dans une très-ancienne 
édition, sans lieu ni date, qui se trouve parmi les mss. de la Biblioth. 
Laurentienne à Florence, et que Bandini (Catal., t. III, p. 424) pense 
être celle de Phil. Junte, Florent., 1497 : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 
11,12, 13, 14, 15, 16, 17, 18. C'est exactement l'ordre de la Vulgate, 
et le recueil s'arrête M. 

La confusion des Idylles dans les manuscrits n'est pas aussi grande 
qu'on serait tenté de le croire d'après Brunck. Warton, l'éditeur de 
Théocrite (*), qui a donné une recension de plusieurs mss. de Rome 
et de Florence, dit dans sa préface, p. iv et v : «Le VII ms. du Vatican, 
coté 39, in-8o, usque ad finem 'AôwviaÇouffwv cuncta Idyllia ordine ha- 
bet. Inde vero, omissis idylliis duobus, viz. XVI et XVII, itur ad XVIII. 
Sequitur Epitaphium Bionis, cià succedunt Idyll, XXVIII et octo primi 

(*) Theocrili Syracusii quae supersunt, cum scholiis grœcis auctîoribus , etc. 
Oxonii, e typographeo Clarendoniano, M. DCC. LXX, in-4S 2 vol. 



108 MÉMOIRES ET NOTICES. 

et je suis le jugement de Daniel Heinsius, confiroié par 
M. Valkenaer; cette dernière autorité est très respectable. 

versus XXIX, cum quitus desinit codex. » A la page lxix, se trouvent les 
titres des idylles que donne un ms. du Vatican, avec cette note : « /?? 
codice IV, Idyllia III, IV, V, VI, VII bis inveniuntur , in medio lihri 
scilicetet in fine. » — Quelques mss. de Florence collationnés par Cl. 
Sauvigny pour Saint- Amand (1709) présentent les pièces dans un ordre 
un peu différent de celui qui est généralement adopté. Warton (p.361- 
388) a reproduit cette collation avec tout le soin qu'elle mérite. On 
peut y voir que les différences se réduisent à peu de chose. Ainsi l'i- 
dylle IV est indiquée comme venant après la VHP, et Sauvigny a bien 
soin de noter qu'après la XV® 'HpaxXvîç Xeovrotpovoç, dont l'authenticité 
est contestée, se trouve dans le ms., comme dans l'édition aldine, la 
Méyapa yiivï) 'HpaxXeouç. Puis vient l'idylle XVII qui manque dans l'al- 
dine et que donne Calliergi, et 1' 'E7rtTà<pioç Ktwvoç, Voici l'ordre des 
pièces dans le Mediceus (Medico-Laurentianus), n° 37 : 1, 5, 6, 4, 7, 3, 
8, 9, 10, 11, 12, 13, 15, 14, 2, Bîrovoç 'ETctToccpto;, 16, 17, 22, Syrinx (*). 
Dans le ms. LU de la même bibliothèque , l'ordre est un peu diffé- 
rent; il ne contient que 15 idylles, ainsi rangées : 1, 5, 6. 2, 3, 4, 7, 
8, 9, 10, 11, 12, 13, 15, 14. Ce ms., comme le XXXVI, est du qua- 
torzième siècle. 

J'ai collationné, par rapport à l'ordre des pièces, deux des mss. de 
notre Biblioth. nat., les n»» 2831 et 2832, dont le dernier est qualifié 
par Dubner optimse notée. Voici le résultat de cette comparaison : le 
2831, très-mutilé, commence à partir de la V® idylle, v. 55, aX 6é xe tù 
|j.6>T;iç...les onze qui suivent sont dans l'ordre habituel, sauf que la XVIP 
vient après la XV®. Après la XVIP vient, sans nom d'auteur,!' 'ETciTacpioç 
Bi'wvoç, puis la XVIe idylle, et rien de plus. — N° 2832, le même or- 
dre que dans le Mediceus XXXVII jusqu'à la 13® inclusivement; puis 
viennent 2, 14, 15, 16, 25 ( *HpaxX. Xeovro^.), Méyapa, sic : 0eoxptTou 
Méyapa ^ yuvr] 'HpaxXéoviç, 17, 'ETrixàçtoç Biwvoç, également sous le 
nom de Théocrite, 22, 18, 20, 21, ©eoxpiTou 'Aotovtôoç 'Euiràçioç, 23, 
©eoxpiTou 'ETic6aXà{xto; 'AxtXXéw; xaî AYiïôa|xia;, fragment (rien déplus, 
rien de moins que dans les éditions de Bion) ; la Syrinx. 

Pour l'intelligence des lettres qui suivent, nous donnons l'ordre 
adopté par Brunck rapproché de l'ordre habituel : 1 (4), 2 (5), 3 (8), 
4 (9). 5 (6), 6 (11), 7 (3), 8 (1), 9 ;(7), 10 (2), 11 (Syrinx), 12 (10), 13 
(21), 14 (13), 15 (14) 16 (15), 17 (16), 18 (17), 19 (èx tyî; è7rtypa90ti.év7]? 
BspevîxYiç), 20 (18), 21 (22), 22 (23), 23 (26), 24 (30), 25 (29), 26 (28), 
27 (24) ; rà elç 0e6xpiTov àvaçep6{xeva EiÔuXXta, 28 (25), 29 (12), 30 (19), 
31 (20), 32 (27). 

(*) V. Bandini, Bibl. Laurent., Corl. grsec. Catalog., in-f», t. II. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 109 

Cependant, a dire le vrai, je ne vois pas que l'idylle des 
Magiciennes, qui est la seconde dans les éditions, soit plus 
une idylle bucolique que les Syracusaines, les Moissonneurs 
ou les Pécheurs; aussi la mets je tout a la fin des Bucoli- 
ques ; elle sera la dixième. Mais, pour que l'ordre que 
j'établis n'empêche pas le lecteur de se retrouver, et qu'il 
puisse facilement conférer ce nouveau texte avec celui des 
anciennes éditions, j'ai ajouté dans des crochets des nu- 
méros qui se rapportent a l'ordre de celles-ci. J'aurai 
l'honneur de vous envoier sous peu de jours quelques ob- 
servations sur ces trois idylles ; je n'ai pas encor eu le 
tems de les mettre par écrit. 

Vous avés vu sans doute. Monsieur, la copie que j'ai 
envolée a M. Du Saulx de l'idylle des Pécheurs. Il y a dans 
cette pièce deux vers qui ne sont pas plus de Theocrite 
que de vous ou de moi ; ils ont été fabriqués par Zach. 
Galliergi, et ils sont fort mauvais ; il y en a même un qui 
est absurde et contradictoire : c'est le 58^ ; l'autre est le 
38^. Toute reflexion faite, je ne veux pas les laisser. Le 
pécheur qui raconte son songe dit qu'il tira hors de l'eau 
un poisson d'or, àveîTvxuca ^^puaeov l;(0uv, qu'il retira tout 
doucement l'hameçon : v^pé[jLa 8' auTÔv âywv èx xwyxiaxpw 
àiré"Xuaa; ce poisson etoit donc dans ses mains, il le tenoit; 
pourquoi dit-il ensuite xal xôv jxèv -rtciaTvipai, xaTÎ^yov l'n;''^7:eC- 
po'.o (2)? Gela est absurde. Falloit-il d'ailleurs un cable 
pour tirer a terre ce poisson qui y etoit déjà et qui avoit 
été pris avec une ligne? Le mot T:ziaTr\^ ne se trouve pas 
emploie pour signifier un cordage ; on dit iretcij.a. Voici 

(1) On verra plus loin (XXV) que Brunck eut bientôt à sa disposi- 
tion l'édition aldine de 1503. Si je ne me trompe, M. A. -F. Didot, dans 
son beau livre, si savant, si complet, sur Aide Manuce, ne mentionne 
pas ce Theocrite de 1503. N'y a-t-il pas là une erreur de Brunck? 

(2) Ce vers, très-altéré dans tous les mss., était presque inintelligi- 
ble. La correction de Calliergi, si sévèrement jugée par Brunck, fut 
adoptée par H. Estienne, par Gail, par F. Didot, et mémo par Bois- 
sonade. Personne n'a admis celle que propose ici Brunck et qui lui 
semble « valoir beaucoup mieux que l'imagination de Calliergi ». 



110 MÉMOIRES ET NOTICES. 

comme j'écrirai, en conservant le sens que présentent les 
mots disloqués et corrompus que l'on lit ici dans les ma- 
nuscrits : 

wfjLoaa {JLïjxÉTt 

Tw se rapporte à x^puaôv du vers précédent : « tout fier, tout 
content de cet or, ayant mis par terre mon aimable pois- 
son, je jurai, etc. » Voila qui vaut beaucoup mieux que 
l'imagination de Galliergi. Voici maintenant les leçons des 
manuscrits : 

Vatican : TCtaTei^aaca xalwys tôv lit-ï^paTov. 

Du roi : al tôv jxev in,(Ti:£uaaaa xa'Xa ye tov vjirYipaTov (1). 

nt(TTet3(îaç, qu'il paroit qu'on lisoit autrefois, me paroit a 
moi une glose de irCauvoç, qui est plus poétique et plus ex- 
pressif. J'aurois pu mettre x*^^ ï^ '^o^» mais yjÙM au pré- 
sent, après les aoristes àveClxuaa, àTcé>.uaa, àvuaa, et suivi 
immédiatement d'un autre aoriste, w^xoaa, ne me paroit 
pas convenable ; c'est ce qui mla obligé de changer aussi 
quelque chose dans le commencement du vers suivant. 
Au vers 38 on lit : 

Xéye [JLoi Tcoxa vuxtoç 
6\î^iv, TcàvTa tew 8è Xéywv (xàvucrov étaipti). 

Jusqu'à o4^iv, tout va bien; le reste est une tautologie et 
d'une platitude insupportable ; c'est encor une gentillesse 
de notre Cretois ; on avait bien raison de dire KpYJTsç àsl 

^^euaTai (2). 

(1) La leçon adoptée dans le Théocrite de la Bibl. gr.-lat. d'A.-F. 
Didot semble d'autant plus heureuse qu'elle s'éloigne moins des mss. : 

xaî TOV (/.èv 7ri(jTeu(7a xat àyayov àTîYiptoTav. 

(2) Callim. Hymn. ad Jov. 8; Gœtulic. Anthol. Pal. VIT, 275. Cette 
((tautologie», cette <( gentillesse du Cretois » Calliergi, a été conser- 
vée par tous les éditeurs. — V. plus loin, lettre du 22 mai ; Brunck 
reconnaît « qu'il a été un peu léger», en malmenant ainsi (de savant 
imprimeur Calliergi )>. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 111 

Le ms. du Vatican donne ^^^tv xà tCç saaeo ôè Xi^ti |i.àvu£v. 
Celui du Roi tout de même. Que tirer de ce bourbier? 

Voici ce que j'y trouve, mais je déclare que je n'en suis 
pas extrêmement content : 

ô^'iv • xaé Tt o-oi èffOXov âyei, (JLàvuaov STaiptj). 

S'il vous vient quelque chose de meilleur dans la pen- 
sée, faites moi la grâce, Monsieur, de me le communiquer. 

Je vous prie de vouloir bien envoler la lettre ci jointe a 
M. Du Saulx, qui la fera tenir a M. Larcher, a qui je rends 
compte de ces mêmes corrections. 

Je vous renouvelle, Monsieur, etc. 

XIX. 

Strasbourg, le 10 mai 1772. 

J'ai receu ce matin. Monsieur, la lettre dont vous m'avés 
honoré le 5 de ce mois, avec le petit billet de M. Gappe- 
ronnier dont vous avés bien voulu l'accompagner. Je suis 
on ne peut plus llatté, satisfait et encouragé de votre ap- 
probation sur la réparation du texte de la XXP idylle de 
Theocrite. Je n'avois pas tout dit, comme vous l'aurés vu 
par la dernière lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire. 
J'attens avec impatience votre avis sur ces nouvelles cor- 
rections, et j'espère le recevoir avant qu'on imprime cette 
pièce ; car s'il ne nous arrive pas de Basle ou nous l'avons 
demandé, un renfort d'A, cela ira lentement. Cette dia- 
lecte dorique en consomme beaucoup, et l'imprimeur se 
trouve n'avoir de ce caractère que ce qu'il faut pour compo- 
ser une feuille ; je ne crois pas qu'il lui en reste actuellement 
vingt, la seconde feuille étant composée et prête a tirer. 

Au vers 2 des Pécheurs, j'ai écrit £u8ev ; ce n'est pas par 
erreur, c'est la terminaison dorique de l'infinitif; dans 
l'idylle 8% vers 4 , 

ôi\Lf<a vupierSev SeSaYi(xÉva>, à(X9(o àeiSev (1). 

(1) Orthogr. suivie i)ar Boissonade, et même encore chez lui i)lus 
rigoureusement dorique, car il écrit TupîaSev au lieu do aupi'ejSev, 



112 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Vous avés dans l'idylle ^^, au vers 10, l'infinitif àvsùSev pour 
àvsùSsiv. Je tacherai de faire en sorte que Theocrite parle 
sa dialecte le plus qu'il sera possible. 

Au vers 12 des Pécheurs, le ms. du Vatican a aussi xwa. 
Il ne paroit pas que cette leçon se. trouve dans le ms. du 
Roi, dont M. Larcher a eu la bonté de m'envoier les va- 
riantes. Je ne l'ai pas adoptée parce que je ne croiois pas 
ce mot bien grec; Homère emploie toujours xwéa, de xûoç, 
xtoEoç. Cependant je trouve dans Hesychius xwov, t[i,àTt.ov. 
Les interprètes n'ont pas observé que ce mot se trouve 
dans Theocrite, car xwa ne peut venir que de xwov, et ils 
n'apportent aucune autorité. Je crois comme vous. Mon- 
sieur, que, d'après le ms. du Vatican, l'édition d'Aide et 
cette autorité d'Hesychius, je peux admettre cette leçon, 
qui se trouve ainsi plus confirmée que par la note de 
M. Reiske (1). 

Au vers 14, o5toç Totç à^uuffiv 6 iràç Trdpoç; c'est une cor- 
rection fort heureuse, et d'autant plus vraisemblable qu'elle 
est plus facile. Je la dois a un nomme Kôhler, dont il y a 
un petit livre intitulé : Notœ et Emendationes in Theocri- 
tum ; accedit spécimen emendationvm in scriptores arabicas. 
Lubecse, 1767 (2). 

Au vers 15, je lis avec M. Toup : oôSelç 8' oO jy-z^^y zly^ 
o\)i hoL (3). Il paroit que c'est la ce que les anciens copistes 

(1) H. Estienne lisait xœàç te, adopté par Gail, etc. Toutes les édi- 
tions donnent aujourd'hui xwTia Te. — Lexœov d'Hesychius, si tant est 
qu'il faille lire ainsi, est au moins douteux. 

(2) Tous les éditeurs s'en sont tenus à l'ancienne leçon : outoç toTç 
àXieûfftv à TiôcçTtovoç. 

(3) Cette conjecture de Toup est assez heureuse; elle n'a pas été 
adoptée. Les meilleurs mss. permettaient de lire où xuva, leçon géné- 
ralement admise ; mais la marmite et le chien n'allaient guère bien 
ensemble, et M. Ameis (Théocr. gr.-lat. de Didot) a admis la correc- 
tion de Briggs : oùooç 6' o\jy\ 6upav et^' où xùva, limen neque januam 
habebat, neque canem... M. Adert (Théocr., p. 24) propose la conjec- 
ture suivante, qu'il avoue être très-hasardée : oùôè (j-o^Xw à ôùpa eîyiEro ' 
ouvexa Tiàvra Tceptacrà TàXX' eSôxei tyivoi; * Non pessulo janua teneba- 
tur : quocirca omnia supervacua alla videbantur illis... 



i 



I 



LETTKES liNEDlTES DE BUUNCK. 113 

ont trouvé dans leurs manuscrits, et qu'ils ont défiguré 
par leur mauvaise écriture. J'avoue que cela est rude a la 
prononciation, surtout si, en prononçant, on fait sentir 
l'aspiration, ce que vous ne faites pas en France, où, si 
j'ai mémoire de ce que j'ai appris au collège, vous pro- 
noncés de même le K et le X. Il faut donc adoucir cette 
rudesse la; je suis bien aise. Monsieur, que vous m'y en- 
couragiés, et pour m'eloigner le moins possible de l'an- 
cienne leçon, j'écrirai oùô' sva. Il y avoit certainement au- 
trefois l'va, qu'il me paroit nécessaire de conserver. Je ne 
sais si ôvTtva seul remplit votre idée; en prose, on diroit 
ovTwaouv, û<7Ti;oOv, quel qu'il soit. 

Pour ce qui est de ou xuva, son procès est bien fait, et 
je n'imagine pas que le modeste et aimable abbé Le Bat- 
teux ni le redoutable M. Clément veuillent se charger de 
sa cause. 

Au vers 16, ^typa TrsvCaç vj^'-v êxacpa (1) est sûrement la vé- 
ritable leçon que vous expliqués. Monsieur, et prouvés 
mieux que je n'aurois pu le faire. 

Enfin, au vers 17, vous n'approuvez pas, non plus que 
M. Capperonnier, que j'écrive itevCa ôè -jcap' auxàv 6>.i6o|j.évav 
xa).ù6av (2). Je trouve a cette leçon le même inconvénient 
que vous lui reprochés, qui est la répétition du mot -^evCa 
qui se trouve déjà dans le vers précèdent. J'en suis fâché; 
mais il n'y a pas moien de faire autrement pour plusieurs 
raisons : 1** irsvCa se trouve dans deux manuscrits, les seuls 
que je connoisse, celui du Vatican et celui du Roi ; on lit 
de même dans les anciennes éditions ; j'en suis sur quant 
a celle de Z. Calliergi. 2° Tcavxa convient encor bien moins. 
Car cette cabane etoit sur le rivage et n'etoit point en- 
tourée par la mer. M. Reiske a fait cette observation, et 

(1) V. les Observations sur l'Idylle des pêcheurs, Annuaire de 1874, 
j). o21 et la note. 

(2) Ilevia, correction de Brunck p. Tïav rà, a été adopté par M. Ameis. 
Tous les autres éditeurs, depuis H. Estieune, donnent icavTa. La dis- 
cussion de Brunck sur la leçon qu'il propose n'eu est pas moins re- 
marquable. 

8 



114 MEMOIRES ET NOTICES. 

il n'approuve pas TravTà. « Dispiicet sive-rcàv-r,, sive -iravxà. » 
De plus, il y a contradiction dans l'ancien texte ; peut on 
dire que cette cabane èô'XiêETo ôttô t-îî QoCkdac-t^ 'îi\ Tpucpspôv 
aOr^ 7cpo(j£VY])(£? La version littérale est exacte, et la con- 
tradiction s'y fait bien sentir : Undecunque ad ipsam afflic- 
tam casulam suaviter adnatabat mare. Il faut donc absolu- 
ment laisser Txsvia jusqu'à ce qu'on trouve une meilleure 
correction que iravrà, qui est venu se fourrer dans le texte 
sans aucune autorité. Vous voies. Monsieur, que je ne 
pretens pas donner irsvia pour quelque chose de bon. C'est 
ce qui nous a été transmis par les 'manuscrits. Il faut être 
un tant soit peu religieux, et quand on corrige, ce doit 
être en mieux. 

Reste a savoir maintenant. Monsieur, ce que vous pen- 
sés des deux vers fabriqués par le Cretois Calliergi et de 
ceux que je leur ai substitués. 

J'ai eu pour mon imprimeur une complaisance dont je 
me repens fort. Ses ouvriers etoient oisifs, sans ouvrage, 
et j'ai eu la sotte facilité de laisser tirer la première feuille 
de Theocrite un demi jour plutôt que je n'avois compté, 
et avant d'y avoir donné la dernière façon. Il y avoit a la 
page 275 une grosse faute d'impression qui m'avoit échappé; 
heureusement que cette page ne se trouvoit pas sur le 
coté de la feuille qu'on imprimoit, et j'ai été- a tems de la 
corriger ; mais il y est resté quelques petites incorrections 
qui feront disparates avec la suite. Peu de personnes pro- 
bablement s'en appercevront. J'aurois écrit à la page 272, 
vers 9, et a la page 273, vers 16, xvîywv au lieu de xViyo). 
Le mot ouTwç se trouve aussi deux ou trois fois dans cette 
feuille, écrit, suivant l'usage commun, outwç, et il falloit 
écrire, suivant l'usage dorique, oôtwç. Cela ne manquera 
plus doresenvant, et j'ai signifié a mon imprimeur que 
j'allois devenir d'un commerce difficile. 

Ce n'est point merveille. Monsieur, que vous m'aies fait 
connoitre un livre dont je n'avois de ma vie entendu par- 
ler. Vous m'apprendriés bien de belles et bonnes choses, 
si j'etois a portée de cultiver votre amitié dans un com- 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 115 

merce plus facile et plus suivi. Le sentiment autant que 
le désir de m'instruire m'ameneroient souvent chez vous. 
Rien ne me donne autant d'empressement de faire encor 
un voyage a Paris que la passion que j'ai de faire avec 
vous une plus ample connoissance, et le désir de vous re- 
mercier verbalement de toutes les bontés dont vous m'ho- 
nores. J'espère bien que quand mon édition grecque sera 
achevée, je me satisferai a cet égard. Si le catalogue de 
mes livres se trouve en ce moment augmenté des œuvres 
des frères Guyon, je vous supplie au moins que cela n'oc- 
casionne pas une rature sur le votre, et permettes moi de 
me flatter de l'espérance de vous remplacer ce livre dont 
je continuerai la recherche. 

Si vous avés , Monsieur , l'édition de Theocrite de 
M. Reiske (1), il faut avoir comme un supplément ce petit 
ouvrage de Kôhler dont j'avois l'honneur de vous parler ; 
je compte qu'il se trouvera encor ici, et je vous demande 
la permission de vous l'envoier. C'est une misère. Vous y 
verres les corrections dont j'ai profité, et peut être y en 
trouvères vous que j'aurai eu tort de négliger, et dans ce 
cas j'espère que vous aurés la bonté de m'en avertir. Par 
exemple, dans notre idylle des Pécheurs, ce M. Kœler {sic) 

propose oôSelç 8' h jxéacw ysiTwv, Tzkfx.Tot.v 8è irap' auxàv 6).t,- 

êojj-évav, etc. Lc TU.tv.ioLv en lui même est bon, mais je crois 
qu'il ne convient pas ici ; il me semble qu'il faut un subs- 
tantif qui se rapporte à 6'Xt6o[iévav. Dans l'idylle XXIII, il 
place plus heureusement, a ce que je crois, ce même mot 
Tc^.EXTàv. C'est au vers 51, ou il lit -i^Tzxtv à-rc' aÛTÛv ràv icXe- 
xxàv (syomSa, au lieu de ).£irTàv. Qu'en pensés vous, Mon- 
sieur? Si les anciens avoient connu l'usage du cordonnet 
de soye, comme nous, on pourroit laisser leicxàv (2), car 

(1) Theocriti reliquise utroque sermone, cum scholiis grœcis, et com- 
mentariis integris H. Stephani, Jos. Scaligeri et Is. Casauboni ; cura- 
vit, hanc editionem grœcam ad optimos codices emendavit, librostres 
animadversionum indicesque verborum Theocriteorum addit Jo. Jac. 
Reiske, Viennse et Lipsite, 1765-66, 2 vol. 'm-i°. 

(2) AsTixàv a été conservé par tous les éditeurs. 



I 



116 MEMOIRES ET NOTICES. 

avec un cordonnet de soie assés mince un homme pour- 
roit très bien se pendre jusqu'à ce que mort s'ensuivit. 
J'espère que je pourrai joindre ce petit livre a la première 
feuille de Theocrite que j'aurai l'honneur de vous adres- 
ser. 

Si je ne vous ai rien dit du plaisir qu'a fait a ma femme 
la lecture des Histoires diverses d'Elien, c'est par discré- 
tion, et que {sic) je ne suis pas louangeur de ce qui m'ap- 
partient; c'auroit été vous faire l'éloge du jugement et du 
bon esprit de ma femme, que de vous dire qu'elle a lu ce 
livre tout entier avec intérêt ; il a souvent fait la matière 
de nos conversations le soir. Elle a très bien discerné le 
mérite des notes ; elle m'a dit plusieurs fois qu'elle les 
trouvoit très instructives, et que leur auteur devoit être 
un homme fort savant. Elle a été très étonnée d'apprendre 
que c'est un très jeune homme. Mais il m'a été facile de 
lui faire comprendre qu'un bon esprit se forme et se meu- 
rit promptement, étant éclairé par vous. 

On m'apporte la réponse de nos libraires, qui n'ont plus 
le petit livre de Kœhler ; il faudra attendre jusqu'après la 
foire de Leipzig. 

XX. 

Strasbourg, 16 mai 1772. 

Voici, Monsieur, la seconde feuille de Theocrite ; l'im- 
primeur vient de me l'apporter, et en y jettant les yeux, 
j'y ai apperceu deux petites fautes qui me font craindre 
qu'il n'y en ait davantage. Si celles qu'on pourra y re- 
marquer de plus ne sont pas plus considérables, je m'en 
consolerai facilement. C'est a la page 280, vers 4, ôaTpaxov 
pour ô'cTpaxov, et a la page 293, vers 14, àypulaCw pour 
àypisXaCw. C'est un accent inutile ajouté de la grâce du 
compositeur. Peut être bien que si je me donnois la peine 
de lire toute la feuille, j'y en trouverois encor d'autres. 
Mais j'espère bien qu'elles n'échapperont pas a votre at- 
tention et a celle de M. Capperonnier, et que je devrai a 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 117 

VOS bontés d'en être averti. Je vous prie, Monsieur, de 
remarquer dans ma cinquième idylle (1) ces vers : 

à 6' àiotaa 
ÇaXot (x'. Si Ilacàv, xal TaxeTai • èx Se OaXddaa; 
oîffTpeï itaTtTaivoiffa ttot' avTpa te xal tîotî 7ioi(i,va;. 

On auroit du il y a longtems rapprocher ce passage d'un 
autre tout semblable quant au sens et aux paroles dans la 
première idylle (suivant moi la VIII), page 290, vers 9 : 

à ôe TU xtopa 
Tràaaç àvà xpàva;, udvT* âX<Tea izovai çopeiTai 
ÇaXoV (2). 

Voies, Monsieur, s'il y a rien de plus semblable, et si 
dans ce dernier passage, qui a été si longuement, si diver- 
sement et si inutilement interprété, on pouvoit trouver un 
meilleur interprète que Theocrite lui même. 

Dans le sixième vers de cette idylle , malgré tous les 
manuscrits, j'écris xp£aç au lieu de xp-?]? (3). Il n'est pas a 
douter que Theocrite aiant affecté, autant qu'on le remar- 
que, de faire des vers bucoliques, c'est a dire de finir le 
quatrième pié par un mot qui forme un dactyle, n'ait évité 
ici cette inutile contraction, qui est peu usitée. Dans la 
seconde idylle, page 274, vers 15 (4), on lit ces vers : 

Kal TÙ oï Ouaaç 
xaïç vufjLoaiç, Mopatovi xoXèv xpéaç aÙTtxa izé^^ov. 

Il n'y a pas un manuscrit qui dans cet endroit la ait xpïjç. 
Si cette contraction avoit été essentielle a la dialecte do- 
rique, Theocrite n'eut pas manqué de l'emploier aussi 
dans ce vers là. Le mot xpéaç se trouve encor a la page 
280, vers 4, mais placé différemment, c'est a dire que la 
mesure n'admcttoit pas la contraction. Ce qu'il y a de 

(1) La G" dans toutes les éditions, vss. 26 sqq. 

(2) Idylle I, 82 sqq. 

(3) Kpîîç a été généralement maintenu : H. Est., Gail, F. Didot, 
Boisson., Ameis, etc. — Kpéa>:, Heins., Brunck, Valcken. 

(4) Idylle V, v. 140. 



1 18 MÉMOIRES ET NOTICES. 

certain, c'est que toutes les fois qu'il a été possible a 
Theocrite de faire un vers bucolique, il l'a fait, et c'est 
épurer son texte que d'augmenter le nombre de ces vers ; 
c'est ce que j'ai fait en plusieurs endroits, par exemple 
dans ce vers (p. 283, 7) : 

^pàffÔYiv [xàv êywYa xeu, ai xopa, àvixa TrpôtTov... (1). 

Voila un vers bucolique ; celui qu'on lit dans les éditions 
n'en est pas un. De même dans la IV^ idylle, p. 279, vers 
antépénultième : 

èv Tiupt 8è Spuivto xopi* ^^ei, âv uupl ô' auai... (2). 

En écrivant comme dans les éditions ^tt, on ote au vers la 
grâce que Theocrite a affecté de lui donner. Je crois que 
je lui rendrai bien une douzaine de vers de cette espèce 
favorite. Pour estimer l'importance de ce service, il faut 
lire une pièce fort savante et fort curieuse, qui est une 
lettre de M. Valckenaer a M. Rôwer, qui se trouve à la 
tête du livre de Fulvius Ursinus, intitulé : Virgilius colla- 
tione scriptorum grœcorum illustratus; Leovardise, 1747, 
in-8°. 

Je vous prie de remarquer aussi. Monsieur, que je rens 
a Theocrite sa dialecte dorique ; j'écris, autant que cela 
est possible, i|J-lv pour I[j.oI; tCv pour toi ou aoi; èywv pour 
âyti; sytoya pour sywys; èvxl pour êcïtC; al pour si; xa pour 
x£v. Je rétablis la terminaison dorique des futurs en Eô, la 
terminaison en cSw pour celle en ^w. Dans plusieurs en-" 
droits, j'y suis autorisé par les manuscrits ; dans les au- 
tres, je me contente de l'analogie et de la certitude que 
nous avons que Theocrite a observé cette dialecte dans ses 
Bucoliques. Cette édition ci n'est pas destinée aux com- 
mençans dans cette étude; les personnes qui connaissent 

(1) Vulg. Idylle XI, 25, H. Est., Reiske, Harl., etc. : 'Hpà(70yiv {xèv 

ëy^ye, xopa, t£ù, àvt'xa -repaTov On lit généralement aujourd'hui : 

'HpàffOriv [JL£V eywya xeouç, xopa,.... 

(2) Vulg., Id. IX, 19 : Boisson, admet Çéet, Ameis, ÇeT, comme Gail 
et les anc. édit. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 119 

bien les variétés des dialectes, celles surtout qui auront lu 

le savant commentaire dont est accompagnée la dernière 
édition du petit traité des dialectes de Grégoire, archevê- 
que de Gorinthe, ne seront pas étonnées de voir dans le 
Cyclope, p. 283, vers 15 : -^ç dcp6a).{xô(; pour sTç, ni a la page 
272, vers 13, Ir^o^ pour 'Xetoç; ces deux changemens sont 
autorisés par de bons manuscrits (1). Mais à la page 280, 
il n'y a que l'analogie qui m'autorise a écrire Tzkrioc, 8(5 (xoç 
pour Tzlitoç. L'Etymologicon M. observe en plusieurs en- 
droits que les Doriens disoient tcXt^wv pour Tc>.eCwv ; et il y a 
a mon oreille plus d'euphonie dans ce vers en écrivant 
Tzkrioii. Les Doriens n'etoient pas amis de la diphthongue 
£t ; dans la terminaison des infinitifs, ils la changent en y) 
ou en £. Dans le Gyclope, 6^z-/Pr\v pour dps/^Setv, et (3cpi5a8Yiv 
pour a^ùahziy, se trouvent dans plusieurs manuscrits. Dans 
le plusque parfait, cela ne manque jamais ; aussi dans la 
huitième [ï, 137 al. 139] idylle, p. 292, vers 6, ai je écrit 
Ta ye [xàv XCva Tzàv:' ïkzkoiT:y\ (2), pour iràvTa "XeIoCtcei. L'aug- 
ment que j'ai rétabli, comme dans plusieurs autres en- 
droits, avoit été mal a propos oté. 

En voila assés, Monsieur, car il ne faut pas abuser de 
votre complaisance pour justifier tous les changemens 
que j'ai faits dans ce texte. Geux qui n'en seront pas con- 
tens pourront lire Theocrite ailleurs ; les éditions en sont 
assés multipliées. Mais j'espère qu'on me saura gré de 
n'avoir pas fait comme les moutons ; quand un passe par 
un trou, tout le troupeau y passe. Depuis 200 ans et plus, 
on n'a fait que copier l'édition de Henri Estienne , sans 
s'embarrasser de savoir ou il avoit pris son texte, et si les 
manuscrits ne pourroient pas donner mieux. 

Je dois corriger cet après midi la troisième feuille, ou 
se trouvera l'idylle des Pécheurs. Si je pouvois recevoir 
demain vos observations sur les dernières corrections que 

(1) Idylle XI, 34, rj; p. et; se trouve dans plusieurs mss. du Vatic; 
aucun éditeur moderne ne l'a admis. — Xt^oç p. XeToc, Id. V, 59, que 
donnent les mêmes mss., n'a été adopté que par Boiçsonade. 

(2) Cette leçon n'a été adoptée par aucun éditeur. 



120 MÉMOIRES ET NOTICES. 

j'ai eu l'honneur de vous proposer, ce seroit une bonne 
affaire. 

Je vous présente, Monsieur, les assurances de mon res- 
pect et de mon sincère et inviolable attachement. 



XXI. 



Strasbourg, le 21 mai 1772. 

^ J'ai l'honneur de vous présenter. Monsieur, la troisième 
feuille de Theocrite que je crois très correcte; je suis 
dans la persuasion qu'on n'y trouvera pas de fautes d'im- 
pression ; mais je n'en serai peut être pas plus a l'abri de 
la critique. Je suis fâché que le rang de l'idylle des Pé- 
cheurs, dans mon système d'arrangement, m'ait obligé de 
la mettre dans cette feuille. J'aurois bien voulu, avant de 
l'imprimer, avoir votre avis sur les dernières observations 
que j'ai l'honneur de vous faire. Mais les bonnes choses 
que j'attens de votre complaisance ne seront pas perdues 
pour n'être pas placées ici. 

Vous avés maintenant. Monsieur, les dix idylles bucoli- 
ques. J'ai placé a la suite le Chalumeau (aùpiy^), que les 
derniers éditeurs de Theocrite ont négligé, je ne sais pas 
pourquoi. Vous connoissés la conjecture de Saumaise sur 
cette pièce ; elle m'a paru ingénieuse et assés vraisembla- 
ble, et c'est ce qui a déterminé le rang que je lui ai donné 
ici. J'ai rangé sous un nouveau titre les idylles qui ne 
sont plus dans le genre bucolique, et je séparerai de 
même celles qui sont attribuées a Theocrite et qui parois- 
sent n'être pas de lui (1), sous le titre Ta de, Oedxpixov àva- 
9£p6{i£va. Il y en a cinq : la XII, Àlty)*;; la XIX, Rvipio- 
x'Xé-rcnqç; la XX, BouxoKaxoç ; la XXV, Épaxl-?]!; 'Xeovxocpdvoç, et 
la XXVII, ÔaptaTùç; après quoi suivront les epigrammes. 

Un libraire d'ici que je chargerai de la vente de cette 
édition, écrivant au bibliothécaire de Sainte Geneviève, 

(1) V. plus bas, lettre XXVI, p. 136-144. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 121 

M. Mercier, a cru devoir la lui annoncer. Ce savant lui a 
repondu qu'il seroit empressé d'en acheter un exemplaire. 
Ainsi me voila asseuré que l'édition ne me restera pas tout 
entière. Mais il lui marque une chose qui m'intéresse 
beaucoup plus ; il dit qu'il ne doute pas que je n'aie con- 
sulté le livre intitulé Codices grxci Bibliothecx mat7ntensis ; 
il me fait bien de l'honneur. Je ne connois pas même ce 
livre la. Il vient seulement dans ce moment de me venir 
en idée qu'il pourroit se trouver dans la bibliothèque lais- 
sée ici par les Jésuites, et j'en fais demander des nouvelles,. 
Il y a a la fin de la X^ idylle (1) de Theocrite un vers qui 
commence par six monosyllabes de suite, et qui ne me 
plait pas. M. Walckenaer, dans sa lettre à M. Rôwer, p. 50, 
propose une petite correction qui ne me paroit pas suffi- 
sante pour rendre le sens du passage bien clair et bien 
facile; je suis assés content de son'latin, mais je voudrois 
que le grec fut conceu ainsi : 

^ yàp xèv xplç êaîv xat Tsxpàxiç, tbçTrptv, è(poivf\, 
xaî Tcap' 

Je n'ai pas voulu de mon autorité faire un changement si 
considérable^ d'autant plus que la leçon receue peut très 
bien s'expliquer. 

Vous trouvères dans l'Almanach des Muses de cette an- 
née une imitation d'un passage de cette dixième idylle. 
M. de Voltaire a traduit Theocrite (2), non pas d'après le 

(1) Vulg. II, 155. Le vs. pour lequel Brunck propose une correction 
qui n'a pas été adoptée , se lit ainsi : ri ydp [loi xal xplç xaî Texpàxi; 
àXXox' èçoiTT]. Lui-même, d'ailleurs, n'avait pas osé l'introduire dans 
son texte. 

(2) Cette tradncAion de Voltaire n'est bien, comme le dit Brunck 
lui-même, qu'une imitation fort libre en vers de dix syllabes; elle 
résume brièvement (16 vers), dans leurs traits les plus généraux, les 
plaintes de Simèthe, l'amante abandonnée. Voltaire avait voulu sim- 
plement montrer par un exemple, dans l'article Èglogue du Dict. 
philosoph., à quelle éloquence s'élève la passion chez le poëte grec. 
C'était une réponse aux cnti(iues injustes « de l'ingénieux Fontenelle, 
aussi galant que philosophe, qui n'aimait pas les anciens, et donne le 



122 MÉMOIRES ET NOTICES. 

grec, qu'il me paroit indubitable qu'il ne sait pas du tout, 
mais d'après la version latine. 4>pà(j8£6 jxeu tôv l'pwô' ô'6£v 
l'x£To ne signifie pas : « Dis moi d'où est venu mon amour, » 
mais écoute, apprens, remarque, observe. Il serait imper- 
tinent de faire demander par cette magicienne a la lune 
d'où et comment sa passion avoit commencé ; elle le sa- 
voit, comme la suite le prouve, mieux que la lune ; mais 
elle le raconte à la lune. Les petits écoliers savent aujour- 
d'hui que cppà^siv signifie dicere, et cppà^saOai au moyen con- 
siderare, animadvertere . Au commencement de l'Iliade, ou 
la version est également fautive, dans ces mots de Cal- 
chas, <sh Sa cppàaai si' [as aawasiç, Hesychius explique «ppàaai, 
SiavoVîSYjTi, <sv.i^a.\.. Il fallait traduire ici accipe, disce, audi, 
unde meus amor venerit (1). Au passif, <ppà^£a6a(, signifie 
dici. Hésiode [Op. et D. 653 sq.] : xà Se 7rpo7U£cppa8{i£va -koHol 
âGV l'GEorav, c'est-à-dire Tz^ov.z-K'f]^u-^\Lha. Mais au moyen il 
n'a jamais eu cette signification. 

Je prens la liberté, Monsieur, de joindre ici un petit pa- 
quet pour mon ami M. Du Saulx, a qui je vous prie de 
vouloir bien le faire passer. J'oubliois de vous faire obser- 
ver qu'on a laissé dans toutes les éditions de Theocrite un 
solécisme qu'il n'a seurement pas fait. C'est a la p. 300, 

vers 24 [Vulg. Idyll. II, V. 76] : \Liaov xax' à^al^iôv. — Àjxa- 

plus de ridicule qu'il peut au tendre Theocrite » Voltaire, sans 

doute, n'a pas rendu exactement çpà^eo ; mais se souciait-il bien ici du 
sens de tel ou tel mot? Il est même assez difficile de retrouver, d'une 
manière précise, les passages du texte grec dont il s'est inspiré. 

(1) Firm. Didot, l'élégant traducteur de Theocrite, fait la même re- 
marque que Brunck dans une note sur ce vers, le 69« (cf. 75, 81, 
87, etc.) de la 2e idylle, qu'il a rendu ainsi : 

« Reine auguste des nuits, vois quel fut mon amour ! » 

— «La force du verbe (ppàî^eo, dit-il, se fait bien remarquer ici. Ceux 
qui ont traduit : «Dis, astre des nuits, d'où naquit mon amour,» se 
sont trompés, puisque c'est Simèthe qui raconte à la lune l'histoire de 
son amour, ^pàîjeo veut dire ici, vois, pense, réfléchis, comme on le 
trouve souvent dans Homère.» — Cf. Boisson., Notul. in Theocrit., 
p. 206. 



à 



LETTRES INEDITES DE BRUNCK. 123 

^ixôç, est toujours féminin. Aussi le bon ms. de Florence 
a \Li(Tf\>/, et un ms. du Vatican {léyav, ce qui paroit être une 
faute de copiste, pour {/.éaav, qui est la leçon que j'ai sui- 
vie. Quatre vers plus bas, "Xi^dvTtov est la vraie leçon, et 
beaucoup plus élégante que >.tTrouGiv. On trouve le second 
vers après un nouvel exemple de cette construction : wç 
(i-oi Tcepl 6u[jLÔç làcpÔY) ôedaïaç ; c'est comme dans Homère Vi{i.tv 
8' aSte y.OL'ztyldc^ri <pQ.ov i^xop SeiffdlvTWv q)6(5yYOV te papùv (1). 

Le changement que j'ai fait dans la XIP idylle, en fesant 
reciter par Battus la chanson des Moissonneurs, est auto- 
risé par un excellent manuscrit, et cet arrangement me 
paroit très naturel. 

J'ai l'honneur. Monsieur, de vous asseurer de mon 
obéissance, etc. 



XXII. 



Strasbourg, le 22 mai. 

Si juger témérairement et juger sur les apparences 
n'est qu'une seule et même chose, il est certain, Monsieur, 
que j'ai été un tant soit peu léger dans l'accusation que 
j'ai intentée au savant imprimeur Calliergi. Mais sur quels 
meilleurs fondemens pouvois je établir mon opinion? Les 
deux vers que je lui ai attribués ne se trouvent pas dans 
l'édition d'Aide Manuce, et on ne connoit aucun manus- 
crit dans lequel ils soient ; ils paroissent pour la première 
fois dans l'édition de Calliergi; ou les a-t-il pris? On n'en 
sait rien ; il les a forgés sans doute ; cela me paroissoit 
tout naturel (2). 

Il est certain que le premier devient très supportable en 
lisant, a la place de T^éy^v, £xwv ou Itiîjxcoç; pour le second, 
ratç x^P^^' ^ ^^ place de T:ti<5vr[^ai, ne me satisfait pas, 

(1) Od. I, 256, sq. 

(2) Explication un peu embarrassée d'une intempérance de langage 
à laquelle Brunck, selon son habitude, s'était laissé aller. V. pi. haut, 
lettre du 7 mai 1772 (XVIII). 



124 MÉMOIRES ET NOTICES. 

parce qu'il ne levé pas la plus grande difficulté que je 
trouvois dans ce vers, qui représente dans l'eau le poisson 
que nous avons vu plus haut en avoir été déjà tiré. C'est 
cette contradiction que j'ai voulu sauver a Theocrite. 
Dans Tpu^spov TcpoGsvaxs BiXoLdaoL, ce Tpucpspôv a déplu a beau- 
coup de critiques ; mais je n'ai rien su mettre a la place 
qui m'ait satisfait. Il est question ici de la mer quand elle 
est tranquille ; le murmure des flots devoit être un bruit 
agréable a l'oreille de ces pécheurs ; lorsqu'il etoit tel que 
l'epithete Tpucpspôv lui convint, le temps etoit propre a la 
pèche, et c'etoit ce qu'ils avoient le plus a désirer. Le 
poète a choisi cette circonstance, et l'adverbe xpucpspôv fait 
antithèse avec 6"X!,êo[xévav. Voies, Monsieur, si vous serés 
content de cette explication. 

Je vous remercie infiniment. Monsieur, des indications 
que vous voulés bien me donner sur ce que Paulmier et 
Muret ont observé sur Theocrite. Si je vous dis avec fran- 
chise que je les connoissois, je vous supplie de ne pas en 
conclure que rien ne m'ait échappé ; vous m'apprendrés 
seurement beaucoup de choses utiles, si vous voulés bien 
continuer de m'indiquer les sources ou vous avés puisé 
autrefois, et que votre mémoire vous rappellera. Ce Paul- 
mier, qui etoit d'ailleurs un très savant homme, n'a pas 
été heureux en exerçant sa critique sur les poètes. 

M. Cock, dont vous avés une thèse soutenue ici en 1762, 
a été secrétaire et bibliothécaire de M. Schôpfflin jusqu'à 
la mort de ce savant; il est aujourd'hui professeur extra- 
ordinaire de l'université protestante, et il est fort utile a 
la jeunesse françoise, qui vient ici étudier l'histoire et le 
droit publique (sic) qu'il enseigne avec succès. Je ne man- 
querai pas, lorsqu'on soutiendra ici des thèses de cette 
espèce, de vous les envoler ; il en paroit quelquefois qui 
méritent d'être conservées, et que M. Dacier sera bien aise 
d'avoir dans sa bibliothèque. 

Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien communiquer a 
M. Gapperonnier la feuille ci jointe. Il a marqué dans ses 
observations qu'il ne devinoit pas la raison de retrancher 



LETTRES INEDITES DE BRUNCK. 125 

les i souscrits. Je ne veux pas qu'il imagine que c'est un 
caprice de ma part ; il verra que je me fonde sur de bonnes 
autorités. C'en est une plus que suffisante que celle de 
Henri Estienne, qui etoit exact imprimeur et excellent 
grammairien. Dan. Heinsius, qui certainement ne le valoit 
pas, auroit du suivre plus scrupuleusement ses traces. 
J'aurai bien d'autres choses a mettre dans l'errata du 
Theocrite; par exemple, p. 294, 1. 16, je ne sais comment 
il m'a échappé a tIv àpécxsi ; il falloit al tIv, et il est ainsi 
dans mon manuscrit; c'est une faute d'impression. Voici 
une petite négligence que je voudrois n'avoir pas faite. 
Dans le Gyclope, p. 284, 1. 16, lises oi xaS' àTcsvOïîv au lieu 
d'àusvBstv. Cette idylle est tout a fait dorique, et il auroit 
fallu y observer les propriétés de cette dialecte. 

Je perdrois infiniment. Monsieur, si vous n'etiés plus 
en état de vous occuper de grec , et je ne m'en serois pas 
douté a en juger par les excellentes choses que vous m'a- 
vés fait l'honneur de m'ecrire depuis quelque tems. J'es- 
père toutefois que vous ne m'abandonnerés pas, et que vous 
voudrés bien continuer a jetter les yeux sur mes feuilles 
jusqu'à la fin de l'édition qui ne me procurera pas de plus 
grand plaisir que celui de vous en offrir un autre exem- 
plaire plus digne de votre cabinet. Mon intérêt cependant 
n'est que pour la plus petite part dans les vœux que je fais 
pour la conservation de votre santé. La fin de cette lettre 
me fait craindre que vous n'en soyés pas aussi content que 
je le voudrois, et j'en suis affligé. 

Je fais graver ici, parce que je veux honorer ma patrie 
par tous les moiens possibles , un frontispice qui sera le 
titre de cette édition. On vouloit que je le fisse faire par 
un artiste de Paris ; cela auroit été plus beau ; mais cela 
n'auroit pas rempli mon objet : il faut que tout soit du cru 
de Strasbourg. 

Je vous présente, etc. 



126 MÉMOIRES ET NOTICES. 



XXIII. 



Strasbourg, le 27 mai 1772, 

Monsieur, vous avés eu la bonté de m'envoier avec une 
très grande exactitude dont je ne peux assés vous remer- 
cier, la petite feuille de M. Capperonnier, dont la critique 
est on ne peut pas plus flatteuse pour moi , et a la fin de 
laquelle j'ai vu un mot qui m'a fait un grand plaisir : c'est 
qu'on lui avoit dit la veille que votre santé alloit mieux. 
Nous avons une saison affreuse, pas encore de printemps ; 
les personnes convalescentes doivent avoir de la peine a se 
remettre. J'espère que quand le beau temps sera bien éta- 
bli, vous vous ressentirés de son effet. 

Je crois convenable, Monsieur, de m'excuser auprès de 
M. Capperonnier, et d'essaier de le faire revenir de quel- 
ques petites préventions qui lui font regarder dans mon 
édition comme des fautes des choses que je suis asseuré 
être a l'abri de tout reproche. La feuille ci jointe est des- 
tinée a cet effet; je vous prie de vouloir bien la lui en- 
voler après l'avoir lue, et de me faire la grâce de me man- 
der si vous me trouvés bien justifié. 

Je joins encore ici une lettre pour M. Larcher, que je 
vous prie de vouloir bien envoler a mon ami Du Saulx qui 
la lui fera passer. Voici quel en est l'objet Je prie M. Lar- 
cher de faire conférer avec les mss. du Roi les idylles de 
Bion et de Moschus qui se trouvent mêlées avec celles de 
Theocrite dans les mss. comme dans les anciennes édi- 
tions. Je désire surtout d'avoir les variantes sur la pre- 
mière idylle de Bion, qui me fait du chagrin chaque fois 
que je la lis. Ce mélange de dorisme et d'ionisme n'est pas 
naturel. Il est indubitable que Bion a écrit dans la dialecte 
dorique a l'imitation de Theocrite : les fragments conser- 
vés par Stobée en font foi , et je suis asseuré que dans les 
mss. il se trouve plus de dorisme que dans les imprimés. 
C'est M. Dorville qui me l'apprend p. 361 de son commen- 
taire sur Chariton. Si j'avois ces variantes, je rendrois aux 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 127 

deux poètes le même service que j'ai rendu a Theocrite. 
L'édition de Heskin, qui passe pour la meilleure, peut être 
regardée comme nulle quant au texte, qui est très mau- 
vais (1). J'espère vous en donner un beaucoup meilleur, et 
si le public en juge comme moi, je n'aurai certainement 
pas mal fait de reproduire ces fragmens, qui sont une des 
plus jolies choses qui nous restent de l'antiquité. J'en- 
voie à M. Larcher un petit échantillon de Bion : c'est la 
IV idylle dans l'édition de Heskin : demandés en, je vous 
prie, la communication. Je vous supplie, Monsieur, de 
vouloir bien prévenir de cette demande M. Capperonnier, 
et de vous joindre a moi pour le prier d'accorder toute 
faveur et protection a la personne que M. Larcher em- 
ploiera pour faire le relevé de ces variantes. 

Je vous remercie bien, Monsieur, de la nouvelle anec- 
dote que vous avés. eu la bonté de m'envoier sur Jean La- 
curne. 

Les lettres de madame de Pompadour que je crois 
comme vous supposées, au moins en partie (car il y a seu- 
rement quelques unes de ces lettres qui sont vraies) ont 
été imprimées en Angleterre pour la première fois. J'ai vu 
ces jours ci l'édition originale, a laquelle celle que vous 
avés et qui est imprimée en Hollande, est toute semblable. 
On m'a fait voir dans un papier public anglois qu'on vient 
d'en publier un troisième volume que l'imprimeur hollan- 
dois ne manquera pas de contrefaire encor, et que je rece- 
vrai dès qu'il paraîtra. 

Vous devés avoir receu ces jours ci une lettre que je vous 
ai fait passer par la voie de M. Gayot : il m'a envoie ces 
jours-ci un petit livre qu'il a eu la bonté de faire venir 

(1) Bionis et Moschi qiise supersunt. Notis illustr. Joh. Heskin, 
Oxonii,1748,in-8o. Th. Christ. Harles, Chrestomath., 1768, in-8, p. 89 
et s. : « Heskinï elega?itissirnam editionem admanusnon fuisse, valde 
dolemus. » Douze ans après, il reproduisait cette édition dont Brunck 
semble faire si peu de cas. Bionis et Moschi quse supersunt, cum no- 
tis Jo. Heskin integris aliorumque selectis, gr, et lat. recensuit suas- 
<iue animadvers. adjecit Th. Chr. Harles. Erlangœ, 1780, in-8. 




128 MÉMOIRES ET NOTICES. 

pour moi de Rome : il m'avoit été indiqué comme quel- 
que chose quipouvoit m'etre utile par M. Larcherqui a été 
trompé par une annonce peu exacte : c'est une traduction 
en vers latins d'une grande partie des epigrammes de 
l'Anthologie dePlanude, faite par un jésuite italien. Il n'y 
a pas de grec ni de critique. Je suis toutefois bien aise de 
l'avoir ; il prouve la différence des goûts : voila un homme 
qui donne une traduction sans original ; et moi je donne- 
rai un original sans traduction. Il est vrai qu'il etoit plus 
dans le cas que moi de rapprocher l'un et l'autre : il n'a 
donné qu'un choix, et a retranché tout ce qui n'etoit pas 
susceptible de traduction. 

Je vous présente, Monsieur, les sincères assurances de 
mon respectueux attachement et les vœux les plus ardens 
pour votre prompt et parfait rétablissement. Je vois tous 
les jours ici un miracle des eaux du Montdor (sic). 

Lundi prochain, j'aurai l'honneur de vous envoler la 
quatrième feuille du Theocrite : on va la tirer. Cela me 
donne une peine enragée a la correction; je pourrai pres- 
que dire comme la femme syracusaine toTç 8' è'pyoïç xal xàv 
^uiàv -rtOTéOïjxa , il en résultera sûrement qu'il me faudra 
plutôt [sic) prendre des lunettes : on me dira peut être a 
cela que j'aurois déjà du commencer. 

Je salue de tout mon cœur M. Dacier. 

Je joindrai au premier envoi une feuille qui vous paroi- 
tra curieuse et bonne a conserver. M. Gapperonnier sera 
sûrement bien aise de la voir s'il ne la connoit pas ; cela 
est intéressant pour lui. 

XXIV. 

Strasbourg, le 30 mai 1772. 

Voici, Monsieur, une nouvelle feuille de Theocrite qui 
a été tirée plutôt qu'on ne me l'avoit promis, et que je 
m'empresse de vous offrir avant l'époque a laquelle je 
vous l'avois annoncée. J'espère que les deux apologies de 



LKTTKKS INÉDITES DE BRUNCK. 129 

mon orthographe auront favorablement disposé M. Cap- 
peronnier, et s'il me pardonne de n'avoir pas suivi les 
traces des derniers éditeurs, je me flatte qu'il trouvera 
peu de choses a redire dans cette feuille ci ; je le prie ce- 
pendant toujours de ne me rien cacher de ce qui pourra 
lui déplaire. 

Voici, Monsieur, une annonce fort singulière d'un livre 
qui me paroit devoir être intéressant. M. Gessner est im- 
primeur, dessinateur, graveur et auteur : il va nous don- 
ner un livre ou tout sera de lui. L'estampe me paroit bien 
composée ; il y a de l'ame, de l'expression et du naturel. 

Je pense que M. Larcher m'enverra la collation des mss. 
que je lui ai demandée sur les idylles de Bion et de Mos- 
chus qui se trouvent parmi celles de Theocrite. Mais je ne 
sais ou il faut aller chercher un fragment de Bion publié 
par Fulvius Ursinus : c'est le commencement d'un poème 
qu'on nous donne sous le titre d'epithalame d'Achille et 
de Deidamie (1). Au moien de ce que plusieurs savans ont 
proposé pour le rétablissement de ces fragmens, je vas 
fort bien jusqu'à la fin ; mais les deux derniers vers m'em- 
barrassent fort. 

à 8è 7rovY)pà 
vuffffa xal SoXia {xe xaxtoç ixiià aêio (xepîffôei. 

Je n'ai jamais vu que le mot vuaaa signifiât un mur, une 
cloison. Quand cela seroit, les deux epithetes irovY)pà et 80- 
aLol iroient fort mal au mur, surtout la dernière. D'ailleurs 
le discours d'Achille est absurde, et tout le monde doit le 
sentir. L'obstacle dont il se plaint venoit sûrement de 
quelque surveillante de la jeune princesse. Je propose d'é- 
crire : 

à ôè TcovYipà 
Ypaîa xal 8oXia \lz rpôçoç ànà creTo fiLepiaSet. 

Cette méchante vieille, cette nourrice rusée ne me permet 

(1) La collation des mss. du Roi, faite par Larcher, dut édifier 
Brunck sur ce point. Ce fragment se trouve en effet, nous l'avons vu, 
dans le nis. 2831. 



1 



130 MÉMOIRES ET NOTICES. 

pas de vous approcher (1). Mais voila deux mots entière- 
ment changés : je ne sais si je dois mettre cela dans le 
texte (2). 
Agréés, Monsieur, etc. 



XXV. 



Strasbourg, le 3 juin 1772. 

Pour cette fois ci , Monsieur , il faut que je dise ma 
coulpe. Les deux fautes que M. Capperonnier a relevées 
dans la 3° feuille de Theocrite sont réelles. Il y en a une 
qui ndë fait dii chagrin et que je ne conçois pas qui m'ait 
échappé : je viens de revoir mon manuscrit dans lequel 
il y a bien clairement écrit : 6£pji.6T2p' vjç : j'ai corrigé qua- 
tre fois cette feuille, et ma mémoire m'a toujours fait illu- 
sion, et j'ai cru bien lire de même a l'avant dernier vers 
de la page 302. Je suis habitué a lire le grec sans avoir 
égard aux accens (3), ainsi je ne m'étonne pas d'avoir 

(1) Brunck ici avait vu à peu près juste : seulement, on a maintenu 
le mot Nua-ffa, dont on a fait le nom de la vieille « surveillante », et 
l'on a changé aussi heureusement xal en ypaûç : à 8è uovripà Nu^aa, 
Ypaûç 8oXta. Ameis. — M. de Foncemagne (v. plus bas , lettre XXVII) 
Opinait pour le maintien de vùao-a, dans le sens de cloison. 

(2) Brunck s'en est tenu à l'ancien texte. 

(3) Brunck revient volontiers à son opinion sur l'importance des 
accents (cf. Annuaire de 1874, lettre II, p. 471). Son antipathie pour 
ces signes était partagée par quelques savants de son temps. Warton, 
dans son Theocrite (1770), n'a mis ni les accents, ni les esprits doux. 
Comme il les emploie dans sa collation desmss,, p. 361-388, il meta 
la p. 362 la note suivante , qui rapporte l'opinion de Walckenaer sur 
cette question : «Ad distinguenda certiusque notanda vocabula, in 
hoc opère accentus adhibui. Qua de re verbis utar Walckenarii excu- 
santis se, quod Heathianis nonnuUis a se citatis imposuerit accentus : 
« Clar. Heathius non moleste feret quod in Adnotationibus ad Hippo- 
lytum, quse dederat accentibus destituta, iisdem instruxerim. Ipse vo- 
cibus in alium a se sensum acceptis, ad mentem lectori declarandam, 
accentus imponere nonnunquam se coactum sensit : viz G\j[i.8cÙMy pro 
o'j{;.êaX(ov, si'jxsv pro si [liv, etc., etc. In his et in centenis similibus vim 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 131 

laissé échapper a.£iLvà{j.£vo? pour jxspajxsvoç; cette faute la 
restera, mais l'autre coûtera a l'imprimeur la façon d'un 
carton. Je ne laisserai paraître aucune faute d'impression 
de celles qui altèrent les mots, parce qu'elles peuvent ar- 
rêter le lecteur. Quant aux accens, on peut être plus in- 
dulgent : il n'y a pas de livre grec qui soit a cet égard a 
l'abri de tout reproche. Par exemple, H. Estienne quietoit 
si exact, dans le vers que vous lires vers la fin de la 
page 342 de la feuille ci jointe [Theocr. XXII, 193], a im- 
primé p. 242 de sa grande édition des poètes grecs itttîo- 
xopv Tpucpâ'Xsi.av : il savoit cependant aussi bien que per- 
sonne la différence qu'il y a entre ^irTrdxoaoç et l7r'jrox6(j.oç. 

Vous avés, Monsieur, dans la XX. idylle [Vulg. XVIII] 
une preuve manifeste de l'altération de la dialecte do- 
rique, que les copistes de Theocrite, dans un temps ou ces 
différences n'etoient pas observées, et ou tous les écrivains 
etoient atticistes, ont presque partout ramenée a la dia- 
lecte commune ; c'est dans l'inscription que j'ai fait im- 
primer en lettres capitales : les filles de Lacedemone, com- 
pagnes d'Helene, annoncent qu'elle sera écrite en langue 
dorique, ysypàtLs-rai. 8wpiaT(. Cependant on lit dans les édi- 
tions csêou {i' É).£vaç cpuTov £i[/.i. ; il n'y a rien de dorique la 
dedans, si ce n'est la terminaison du nom É).£vaç. Il me 
semble qu'il n'etoit pas nécessaire d'être autorisé par des 
mss. pour rétablir le caractère propre de la langue dans 

vocum lectori soli monstrant accentus. Quid itaqiie ? An accentus 
libris grsecis, poetarum saltem atque oratorum sunt ejiciendi, qui 
certe, qiiod nerao diffitebitur, versuum et periodorum modulo nocent? 
Quinimo sunt ad significatuum diversitatem determinandani perne- 
cessar'i; quod in istis suis correctionibus sensisse virum doctissimum 
opinor. Accentilnis, quam occupant, sede relictis, sic tamen statuo : 
ne unicum quidem versum poetae et ne unicum quidam oratoris perio- 
dum legi debere secundum accentus. » Diatrib. in Euripid. Dram. re- 
liq. cap, xxti, p. 247, éd. Lugd. Batav. 1768, in-4°. — On ne peut pas 
plus nettement se contredire en quelques lignes. La question restait 
tionc entière. Peut-elle être résolue dans le sens indiqué par Walcke- 
naer à la fin de cette note? peut-elle l'être dans ce sens i)ar un étran- 
ger, si savant qu'il soit? 



I 



132 MEMOIRES ET NOTICES. 

laquelle on ne peut douter que cette courte inscription 
n'ait été conceue (1). A la page 337, vers 3 (2), j'ai écrit 
(3xlY]pat(ji TsBlaYjxsvoç oua-a TcuyjAat;;. Les imprimés ontT£6)^a- 
5j/-£voc;. La leçon que j'ai adoptée se trouve dans un ms. (3). 
Les Doriens changeaient la terminaison aw du futur en 
^5 et déduisaient en conséquence les autres tems ; ainsi 
au lieu de Ô'Xàaw ils disoient 6).a^w, -réGAa^a, ziBlayiLcci, T£- 
e"Xay|X£voç.. A la page 331, vers 8, xaTaêsêpiSsi est au pré- 
sent de l'indicatif : c'est encore une forme propre a la 
dialecte dorique qui forme le verbe ^sêpCBw (4) du prétérit 
moien ^éêpiGa. Il y en a peut être une vingtaine d'exem- 
ples dans Theocrite, et je fais remarquer celui ci en pas- 
sant pour appuier la leçon que j'ai suivie dans la première 
idylle de l'ancien texte tôv Ilava 8£8o(xo[j.£ç. Dans l'idylle 
Castor et Pollux, il y a un dialogue entre Amycus et Pol- 
lux; j'ai mis en entrelignes les noms des interlocuteurs : 
mais je n'ai pas mis le nom de Pollux au premier vers de 
ce dialogue, parce que le poète avertit lui même que c'est 
Pollux qui va parler; voies la page 337. Gela est conforme 
a l'apologie que j'ai eu l'honneur de vous adresser, Mon- 
sieur, du procédé que j'ai suivi dans la IV. idylle. 
Je vous remercie de bien bon cœur, Monsieur, de votre 

(1) Brunck a écrit, en effet, aé6eu et £{jl[xi. Aucun des éditeurs mo- 
dernes n'a admis cette correction. Meinecke lit ffécrov) [?] ; Ameis rap- 
porte SwpiffTi à.aéëo'j et, comparant Id. XIV, 46, 0paxi(jTi, et XV, 48, 
AîyuTCT'.aTi, il traduit Dorico more venerare me. 

(2) Id. XXII, V. 45. — On s'en est tenu généralement à l'ancienne 
leçon. Des édit. mod., celledeF.Didot, 1833, in-S", seule admet TeôXay- 
{xévoç. 

(3) IX Vatican. 

(4) Ni peêptOo), ni xaTaêeêpiôw n'ont été admis dans le Thésaurus, 
qui cependant reconnaît Tceçuy.M de Tcéçuxa, etTusçuyw de Tzécpyjya. — Cf. 
God. Hermann. Observ. ad Theocr. , etc. Bucolica. IV , vs. 7 : 
« 'Otcwto), nisi fallor, agnoscit Grreg. Cor. p. 117. Nec dubito quin hoc 
perfectum sit, Herodoto III, 37, ÔTicoTcee dictum. Indealiud verbum na- 
tum est, ôutoTiéo), bis in Orphei Argon, occurrens [Arg., w. 181 (184) 
et 1020 (1025)]. Neque in Theocr. IV, 40; V, 33 ; XI, 1, XeXoYxei et 
Tîsçuxei, mutare ausim, ut prsesentia Dorica... >' 



LETTRES INÉDITES DE BRLNCK. 133 

aimable attention et de la preuve que vous voulés bien me 
donner de l'intérêt que vous prenés au succès de mon tra- 
vail. Je vois bien que ces feuilles que vousavés la bonté de 
recevoir, ne restent pas enfermées chez vous dans un car- 
ton, que vous pensés quelquefois a elles, et que vous les 
parcoures. Vous avez découvert dans une de celles que 
vous avés receues il y a lontems des petites fautes que je 
n'avoispas aperceues : a lapage 164 ô'pOôiç a évidemment 
un accent de trop; a la page 168 tôv <Tè; H. Estienne et 
Brodeau ont t6v as. Si j'ai failli en écrivant comme j'ai 
fait, la source de mon erreur est dans l'édition d'Aide Ma- 
nuce de 1503 (1). Je l'ai toujours sur ma table, et quand, 
en corrigeant les épreuves, j'ai du doute sur la place de 
quelque accent, c'est a elle que j'ai recours. Or, dans cette 
édition de 1503, il y a tôv cï ^opo^ç : il faut qu'Aide n'ait 
pas cru avoir failli, cardans sa seconde édition de 1521 (1), 
il a imprimé de même. A la page 180, dans l'epitaphe 
d'Ulysse Ôv 8(a est une faute : il falloit Ôv 8ià. Je viens de 
vérifier qu'il est imprimé ainsi dans l'édition de Ganterus 
et dans celle de H. Estienne. Cela n'embarrassera per- 
sonne, parce qu'on voit que j'écris toujours les noms pro- 
pres avec une majuscule. C'est une chose étonnante de 
voir combien d'habiles gens sont negligens sur le fait des 
accens. Il y a beaucoup de fautes a cet égard dans l'édi- 
tion de Callimaque de M. Ernesti : j'ai bien soin d^ les 
corriger en copiant le texte que j'imprimerai bientôt. 

Je suis fort aise d'apprendre par vous. Monsieur, que le 
petit dérangement que vous avés éprouvé , n'a pas eu de 
suites, etc. 

Voulés vous bien me permettre de joindre ici une lettre 
pour M. Du Saulx? 

(1) Ce serait la deuxième akline (?); la première est de 1495 (1496 
n. st.). — Cf. lettre XVIII, note. 

(2) Cette édition de 1521 ne peut plus être d'Aide Manuce, qui était 
mort le 6 février 1515 n. st. — Le beau-père d'Aide, André d'Assola, 
continua les travaux commencés jusqu'en 1529, date de sa mort. V. 
Aide Manuce, p. M. Ambr.-Firm. Didot, p. 398. 



134 MÉiMOIRES ET NOTICES. 

J'oubliois, Monsieur, de vous faire une observation né- 
cessaire sur la feuille ci-jointe. Page 340, après le 10^ vers, 
on en lit un dans les éditions que j'ai retranché ; on pour- 
roit croire que c'est un vers oublié. Ce retranchement ne 
nuit point a la narration qui est claire et bien suivie : on 
a déjà observé que ce vers etoit fort inutile , et ce qui m'a 
déterminé a l'éliminer, c'est qu'il ne se trouve pas dans le 
ms. du Vatican dont nous avons la collation dans l'édition 
de Warton (1). Les copistes ont souvent fourré dans les 
poésies des Anciens des vers de leur façon : il y en a un 
dans l'idylle de Moschus sur la mort de Bion, que je lais- 
serai dehors aussi. 

Note sans date. 

M. Gapperonnier aura souvent occasion de me faire des 
reproches sur l'orthographe que j'ai suivie en imprimant 
le Theocrite. Je n'ai pas pris pour modèle l'édition de Da- 
niel Heinsius ni celles qui ont été faites d'après lui. J'écris 
toujours Iriç, pour Bfkziç, sans i souscrit. Ce mot est im- 
primé de même dans les deux éditions de H. Estienne, je 
veux dire la petite de 1579, et dans les Poetse Graeci Prin- 
cipes. Portus, dans le Lexicum Doricum , approuve aussi 
cette orthographe. Maittaire, dans ses Dialectes, rapporte 
l'un/B et l'autre. Mais a quoi sert cet î ? Distingue-t-il Ir^ç 
de Ir^ci qui auroit une autre signification ? Non ; il est donc 
inutile. 

Il en est de même des infinitifs doriques ou plutôt coli- 
ques enviv; je ne souscris point l'î; je m'autorise encore 
de l'exemple de H. Estienne. De même qu'on ne le sous- 
crit pas dans les infinitifs ensv, il n'est pas nécessaire de le 
souscrire dans ceux en yiv. Dans la lY idylle (la première 
de mon édition) ^dcxsv Se pi auxàç l'Swxsv, [idaxsv est l'infi- 
tif dorique pour pdaxsw : l'i disparait tout a fait et cela 

(1) C'est le V. 122 de la XXIP Idylle. M. Ameis (Bibl. gr.-lat. de 
Didot) le met entre crochets. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 135 

n'arrête personne. Maittaire approuve encor indifférem- 
ment les deux orthographes. 

P. 268. ï<7-£ xàîTSLTi-r^c;. îa'z pour è'wç te. Casaubon et 
Daniel Heinsius ont prouvé par l'autorité d'Eustathe qu'il 
faut écrire ainsi avec l'aspiration , et cette orthographe 
se trouve dans de bons mss (1). J'écris àirsCTCYiç avec W sous- 
crit : c'est le subjonctif dans lequel la dialecte dorique ne 
diffère pas de la langue commune. 

P. 264. ànxàc, 8' èç t£v' à^avxoç 6 ^(ùy.6\oc, wjç^sto y^wpav (2). 
wuTÔç pour auTÔç avec l'esprit doux appartient essentielle- 
ment a la dialecte ionique : il est très fréquent dans Héro- 
dote : a)'jTÔç signifieroit 6 auTdç, 

Pour en revenir a F'- souscrit, je remarque que Daniel 
Heinsius en a mis dans tout plein de mots ou ils sont par- 
faitement inutiles. H écrit ô'ttyi (adverbe ubi) ; on ne voit 
cela nulle part. — Dans la terminaison de la 3^ personne 
de l'indicatif en y) pour st, comme Tzo\.r\ pour itoiei, je ne 
mets pas d't souscrit. 

Kal {i,é|x<|;o(i.ai ofà \i.z uoiti — pour uoieï (3). 

Mais quand ttoiyî est la seconde personne du présent de 
l'indicatif au passif ou moien, je souscris l'i ; ce qui, avec 
le sens, sert a distinguer dans ce mot la personne et la 
forme du verbe. 

TÙ Se [leu Xoyov oOSeva iroi^ (4). 

(1) Id. V. 22. Tous les édit. ont écrit x' àTteiToi;. Voici la note 
d'Hortibonus (Is. Casaubon), à laquelle se réfère Brunck : « Ipse autem 
Eustathius legit... gç re xàTretTrsv, non... Iç re x' à7ue(7nj]ç. Verba ejussic 
eduntur : tô {lévcoi ï<sxt àvTÎ toO gto;, (jlovov aùtà xax' aùxà x£((jLevov, 
otov îiapà ©eoxptrqj, ë; xe xàueiTrcv, tÎyouv péxP^î ô'"^ àTiayopeûaY);, oruy^O" 
7r?iv £7ta6ev èx tou scoç • ôiô xai ôaaùveTai. Is. Hortib. Lectt. in Theocr. 
In 2(oi;o(JLév. Twv TiaXaioTocT. ttoitjtwv. Edit. J.Crispin. ap. Eust. Vignon. 
1584, in-18. II. part. p. 379. 

(2) Id. IV, 5. Toutes les édit. poster, ont conservé l'anc. leçon aùrô;. 
Gail, éd. de 1828, in-8o, adopte wOtôç, qui se trouve dans la plupart 
des anciennes éditions et dans quelques mss. 

(3) Idylle II, 9, toutes les éditions, tioiêT. — Cf. ibid., v. 61. 

(4) Idylle III, 33. 



136 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Je remarque que dans l'édition de Zach. Calliergi il n'y 
a pas un seul i souscrit : c'est une faute : il faut distinguer 
le datif pcox(i'Xw du génitif dorique pwxd'Xw. C'est ce qu'il ne 
fait jamais. M. Reiske n'a pas fait cette observation qui lui 
aurait fait abréger souvent ses notes. 

XXVL 

Strasbourg, le 12 juin 1772. 

Des nouvelles que je recois aujourd'hui, Monsieur, de 
M. Gayot me tirent d'inquiétude au sujet d'une lettre que 
je lui avois adressée pour vous la faire passer, et qu'il a 
mandé a ma femme qu'il n'avoit pas trouvée dans mon pa- 
quet : c'est qu'elle etoit dans une feuille de nos poètes 
grecs qu'il n'a dépliée qu'a son arrivée a Ghanteloup (1), 
lorsqu'il l'a remise a M. l'abbé Barthelemi, a qui M. Gayot 
a cru faire un cadeau en lui procurant la vue de ces 
feuilles a mesure qu'elles sortent de la presse. Il me mar- 
que qu'il a fait partir ma lettre pour vous, en même tems 
que celle que j'ai receue de lui aujourd'hui : ainsi elle 
vous sera parvenue il y a trois jours au moins. 

Voici , Monsieur , une feuille qui nous achemine vers la 
fin de Theocrite : celle qui suivra terminera, a ce que j'es- 
père, les idylles, et le commencement de la huitième vous 
présentera les epigrammes qui seront suivies des fragmens 
de Bion et de Moschus. M. Larcher a eu la complaisance de 
collationner lui même les mss. du Roi, ou il se trouve de 
bonnes choses. Il y a beaucoup de variété surtout dans 
l'idylle de Moschus sur la mort de Bion. J'espère que vous 
serés content du texte que je vous donnerai de cette pièce. 

Vous vous rappellerés peut être, Monsieur, que j'ai eu 
l'honneur de vous mander il y a quelque tems (2), que 

(1) Chez M. deChoiseul, que Barthélémy avait suivi dans sa retraite, 
en 1771. 

(2) Lettre XIV, Annuaire de 1874, p. 510. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 187 

j'allois faire une course légère a neuf lieues d'ici pour dé- 
terrer un ms. de Theocrite dont j'avois eu vent. 11 faut 
vous instruire en détail du succès de ce voyage. Il y a 
quelques deux cent cinquante ans ou plus qu'il y a eu a 
Schlestatt (s/c), ville autrefois impériale, en Alsace, un 
très savant homme nommé Beatus Rhenanus (1). Il avoit 
une très excellente bibliothèque qui vaudroit aujourd'hui 
des sommes considérables si elle existoit tout entière, et si 
on avoit pris soin de la conserver. Il la laissa par son tes- 
tament au magistrat de la ville de Schlesstatt , qui la fit 
mettre dans un grenier de l'hôtel de ville, ou elle est res- 
tée pendant près de deux siècles en proie aux rats, aux 
insectes, a la poussière et a la pluie, jusqu'à ce qu'un ga- 
lant homme qui est aujourd'hui a la tête de cette ville en 
a recueilli les débris et les a fait mettre en lieu de sûreté. 
Dans l'intervalle des jésuites allemands qui avoient un 
collège dans cette ville, ont trouvé moien quelquefois de 
piller dans le tas, et ils n'ont pas été les seuls qui ont pu 
y mettre la main. C'est dans ce qui reste de cette biblio- 
thèque que je me suis souvenu d'avoir vu il y a quelques 
années un gros recueil partie imprimé, partie ms., dans 
lequel j'avois reconnu quelque chose de Theocrite : je ne 
pensois pas alors que je dusse jamais faire imprimer ce 
poète. Lorsqu'il en a été question, j'ai écrit a Schlesstatt 
pour demander ce ms. Avec la meilleure volonté du monde 
on n'a pas pu me l'avoir , parce que n'y aiant personne 
dans cette ville qui sache lire le grec, on n'a pas pu démê- 
ler ce que je voulois : j'y ai été moi même, et j'ai eu bien- 
tôt trouvé ce que je cherchois. 

(1) Beatus Rhenanus (1485-1547) était natif de Schelestadt. — Une 
note de M. A. -F. Didot, Aide Manuce, p. 552, nous apprend que quel- 
ques-uns des livres du savant Alsacien se trouvent aujourd'hui dans la 
l)ibliothèque de notre vénéré confrère. Ils portent ces mots écrits de 
la main de B. Rhenanus : Sum Beati Rhennni nec muto dominum. 
Les livres ayant appartenu à cet érudit et que possède M. Didot sont 
notamment u un bel exemplaire »> de V Etymologicum Magnum, édit. 
de Z. Calliergi , 1499, et In première édition de Démosthène, impri- 
mée pnr Aide, 1504. 



138 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Je ne sais pas trop les particularités de la vie de Beatus 
Rhenanus (1); mais plusieurs raisons me font croire qu'il 
a été en Italie, et qu'il a été lié avec Aide Manuce, et la 
plus grande partie de ce qui est contenu dans le recueil 
dont j'ai l'honneur de vous parler vient de ce savant im- 
primeur. 

Il y a quelques feuillets qui paroissent avoir été déta- 
chés d'unms. plus entier, et qui contiennent la XXV. idylle 
sous ce titre ÔsoxpCxou È^oLvXr^ç irpôç àypoTxov 6wpC8(. 8iY)YYip.a- 
Tixdv : elle finit au 84° vers inclus : le reste n'y est pas. 
Vient ensuite la XXIV. idylle, Hpax).C(î)coç, ensuite la XXVI. 
A-^vai Bdy.yaLi Swpiôi ; puis la XXVIII, H'XaxàTa, et enfin la 
XXIX, HatSixà, qui finit comme dans les éditions , et n'a 
pas le supplément publié par Gasaubon sur Diogene 
Laerce (2). 

(1) Dans ses Commentaires sur Pline (Beoti Rhenani Selesestadiensis 
in C. Plinium Ânnotationes, Basil., 1326), B. Rhenanus aposé les vrais 
principes de la critique des textes à l'aide des mss. L'épître dédica- 
toire à Jean de Laski , baron polonais , commence par ces lignes re- 
marquables : « Ssepe causas maie acceptée rei litterarise consideranti 
mihi in mentem venire solet, id quod verissimum esse puto , non tant 
Gotthicas illas eruptiones vastationesque, quam multo magis crassam 
ac supinam majorum negligenliam, quibus curse non fuerit vel hoc 
satagere, ut bonorum autorum reliquise, quse e clade illa supere- 
rant, fideliter et accurate describerentur, nocuisse litteris, et in istam 
mendarum fœditatem nitidissima scriptorum monumenta conjecisse...» 

(2) Ce fragment commence au vs. 26. 'E(xvàar6Y)v ôxt uépudiv \<s^ix 
vewTepoç. Il se trouve dans le Théocrite d'Eust. Vignon, 1584, après 
les Épigrammes, sous ce titre : Sequuntur Carmina quaedam hactenus 
desiderata ad finem Ttaiôtxwv , sumpta ex notis Is. Hortiboni ad 
D. Laertium, p. 238-239. — C'est dans une note sur le livre II, Vie 
d'Aristippe, que Casaubon donna ce fragment de Théocrite. Voici une 
partie de cette note : « In aula degere » de eo qui haberetur rébus 
omnibus commodissime : quo allusit Theocritus in lepidissimis versi- 
culis quos hactenus desideratos ad finem ejus UatStxwv, necdum, quod 
sciam, a quoquam in lucem editos, libet hoc loco cum studiosis ha- 
rum rerum communicare. Eos ego nactus sum ex V. CL. Fr. Porti 
Cretensis Bibliotheca; idque beneficio juvenis eruditissimi Pétri Peril- 
Ixi quicum mihi a teneris annis arctissimse et sanctissimse amicitix 
vincidum intercessit. — La copie de ces vers était très-incorrecte ; 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 139 

J'ai trouvé dans ce ms. de très excellentes choses dont 
j'ai profité et dont il faut vous rendre compte. Il est très 
certain que la XXV. et la XXVI. idylle (suivant mon arran- 
gement) ont été écrites en dialecte eolique (1) : les for- 
mes propres de cette dialecte ont été négligées par les édi- 
teurs, et probablement avant eux, par quelques copistes. 
Mon manuscrit en a conservé plusieurs que j'ai saisies 
avec avidité, comme par exemple, a la page 350, au 
vers 9 (2), u[jlo!,ov pour ô'piov ; un peu plus bas, au vers qui 
précède la lacune, (jTiijAaTo; pour gt:6\lolioç, (3). Au vers 9 (4) 
le ms. donne (îaxe : M. Toup avoit déjà rétabli cette leçon 
ex conjectura, A la page 351, vers 3 (5), le ms. a uji-àpTYi 
pour 6jiàpT£i; j'ai écrit ôjxàpTT) avec un esprit doux, de 
même que dans la pièce précédente, j'ai écrit uptov, quoi- 
que le ms. eut Cjxoiov, parce qu'il est bien certain que les 
Eoliens n'aspiroient rien, et pour bien faire, il auroit fallu 
oter toutes les aspirations de même que tous les t souscrits 
dans ces deux pièces. Au vers 9, x^pp^'^ est un eolisme qui 
se trouve dans toutes les éditions : les Eoliens ecrivoient 
ys^^açavec deux esprits doux. Au vers 13 (6), Ewex' est un 
idiotisme de la même espèce qui se trouve bien écrit dans 
monms. Je ne vous rens point compte de toutes les autres 
variétés ; cet échantillon suffit pour vous faire connoitre 
que cette anticaille n'etoit pas une chose a mépriser. 

Il y a aussi quelques corrections de ma façon : dans la 



Casaubon tenta tout d'abord un commencement de restitution, ren- 
voyant, pour un travail plus complet, à une édition de Théocrite. Sed 
hsec ad ipsum Theocritum aliàs, <tùv tw Oew, pluribus. 

(1) Ce sont les XXIX et XXVIII, Ilaiôtxàet 'HXaxâTa, dans les édit. 
ordinaires. 

(2) Idylle XXIX, vs. 20. 

(3) Ibid., vs. 25. 

(4) lôid.y vs. 20, 5; xe éol. p. ëax; xe. 

(5) Idylle XXVIII, vs. 3. Boisson., F. Didot, ôfiiàptei; Meinecke, 
ù(i,àpTet ; Ameis, ufxâpTY). 

(6) Ibid., vs. 13. Reiske, Gail, F. Didot, Boisson., eïvex'; Junte, 
Brunck, Ameis, âwex'. 



140 MÉMOIRES ET NOTICES. 

XXV. (1), vers 2, j'ai écrit xà|jL[X£ pour xaixasç ; il est bien 
clair que ce pronom doit être a l'accusatif et non pas au 
nominatif; c'est une misère. Mais le dernier vers avant la 
lacune etoit un peu plus difficile a arranger, puisque 
beaucoup de gens y ont travaillé et tous également sans 
succès. Les anciennes éditions et même monms. donnent 
àXkà Tcépi^ à'jra'Xio : Casaubon lisoit àW à7:pl^à7ra*Xa>. M. War- 
ton corrige àW àizfii àiralw aTdjjLaxdç a' lirt.Sépîcojxat, , ce qu'il 
explique d'une manière qui probablement trouvera peu 
d'approbateurs, et il finit sa note ainsi : Sed hanc conjec- 
turam, tantum ut probabilem adfero ; unde meliorem pe- 
ritior aliquis ocyus elicere possit. Il m'a paru tout simple 
d'écrire comme j'ai fait 

àX>.à Tcpoç y' à^aXtô (TTU|jLaT6; ae iteôépxofxai (2). 

(i.£Tép)^o|j.at. signifie souvent obsecro, obtestor ; ainsi il faut 
traduire sed te per tenerum tuum os obtestor. Ce sens est 
on ne peut plus clair : la suite qui contenoit la demande 
de cet ami manque. 

Dans la petite pièce anacreontique sur la mort d'Ado- 
nis, je vous donne un vers qui ne se trouve pas dans les 
éditions, et qui me parait être de Theocrite, ou de l'auteur 
de cette petite pièce : c'est le 6^ vers de la page 349 ; il 
quadre avec celui qui est enfermé dans la parenthèse (3). 
Ce vers se trouve dans un ms. du Vatican dont nous avons 
la collation dans l'édition de Warton. La XXVIIP idylle (4) 

(1) Vulg. XXIX. Tous les éditeurs ont maintenu xàfxfxeç ; M. Ameis 
seul a adopté la correction de Brunck. 

(2) Gail, F. Didot, Boissonade, Meinecke , ont admis la conjecture 
de Casaubon; Ameis (Bibl. gr.-lat. Didot) : àXXà Ttep^aTraXw ax. ce. 
TceS., ce qui n'est guère que la leçon de Brunck. Quelques mss., du 
reste, donnaient àXXà uspî 

(3) C'est le vs. 39 de la pièce : Tl yàp çiXsïv èxôXixœv ; Walken., 
Gaisf., KiessL, Gail, tous les éditeurs plus modernes l'ont admis ; 
Reiske le place après le vs. 40. C'est le mss. XI Vatic. qui l'avait 
fourni à Brunck. 

(4) Vulg. XXV. Gail, dans l'Argument latin qu'il a mis à cette 
pièce (Je Philologue, t. XXIV, 338), a résumé toutes les opinions qui 



I 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 141 

n'est probablement pas de Theocrite, et n'a certainement 
pas été écrite en dialecte dorique. Le peu de dorismes 
qu'on y trouvoit y ont été mis de la grâce des copistes : je 
les ai retranchés. Au surplus, outre mon ms. qui contient 
les 8i premiers vers de cette pièce, nous avons dans l'édi- 
tion de Warton les collations de deux mss., Tun de Flo- 
rence, l'autre de Rome , qui contiennent de très nom- 
breuses et très grandes variétés préférables la plupart aux 
leçons des éditions. J'en ai profité comme vous verres. 

Une particularité encor de mon ms., et qui me fait 
croire qu'il a été copié sur un manuscrit très ancien et du 
bon tems, c'est que dans la césure il n'a presque jamais ce 
V £<p£'Xxi»aTixov qu'on a ajouté ensuite, parce qu'on le croioit 
nécessaire pour soutenir la mesure. Je ne vous en citerai 
qu'un seul exemple choisi sur un grand nombre. Au vers 14 
de la page 357 (1) les éditions ont iràvTsaaiv vo[jloI wSs. J'ai 
écrit -jràvT£<j(ji vojAol Le v est tout a fait inutile, et il fait 
même un peu cacophonie. M. Ernesti s'est blousé sur cet 
article tout le long de son Gallimaque ; il a changé d'avis 
dans son édition d'Homère. 

Je me fais un grand plaisir, Monsieur, de vous envoler 
au commencement de la semaine prochaine une feuille de 
cartons que l'on va imprimer pour faire disparaitre sept 
grosses vilaines fautes qui ont été remarquées par M. Gap- 
peronnier, et qui consistent en transpositions, omissions, 
ou changement de lettres. Le huitième a eu pour objet de 
remettre a sa place un petit fragment de Solon qui avoit 
été omis. Par la même occasion, j'ai ajouté au dernier 
feuillet de Sapho deux petits fragmens dont l'un se trouve 

s'étaient produites jusqu'alors (1828) sur son authenticité. Leur 
extrême divergence autorise à regarder de pareilles questions 
comme généralement insolubles, et, par conséquent, comme à peu 
près oiseuses. V. Reinhold, De genuinis Theocriti Carminibus et sup- 
positiciis, lena, 1819; cf. Adert, Theocrite^ in-S", 1843, p. 31 et ss. 

(1) Idylle XXV, 14. Il va sans dire qu'aucun éditeur n'a marché ici 
sur les traces de Brunck; avec TtàvTeaai le vs. était faux, ou bien il 
fallait supposer une licence. — Cf. plus bas, p. 42. 



142 MÉMOIRES ET NOTICES. 

dans l'édition de Longepierre, mais sans correction. Avant 
de donner ces feuilles a réimprimer, je les ai lues et relues 
avec Fattention la plus scrupuleuse ; j'y ai trouvé dans 
l'accentuation quelques fautes qui avoient échappé a 
M. Gapperonnier, ou que plutôt il n'aura pas voulu rele- 
ver de peur de me décourager. En effet, si on me les avoit 
fait appercevoir plutôt, j'en aurois eu bien du chagrin. J'ai 
corrigé aussi la ponctuation, et dans quelques endroits j'ai 
changé les leçons. Je vous rendrai compte des change- 
ments de cette dernière espèce en vous envoiant la feuille. 

Je crois, Monsieur, qu'il ne sera pas hors de propos 
en envoiant a M. Gapperonnier la feuille imprimée ci 
jointe, de lui communiquer aussi cette lettre, afin qu'il 
apprenne comment j'ai été autorisé a introduire dans le 
texte de Theocrite les nouveautés qu'il y verra. Je vous 
demanderai la même grâce pour la première lettre que 
j'aurai l'honneur de voiis écrire : M. Gapperonnier verra que 
j'ai profité de ses avis. Je ne sais s'il a pris la peine de lire 
les feuilles qui contiennent les épigrammes d'Asclepiade, 
de Leonidas de Tarente et de suite jusqu'au Theocrite. Ge 
qu'il y a de certain, c'est que je n'ai rien receu de lui pour 
Terrata de ces poètes : s'il n'y avoit pas trouvé de fautes, 
cela seroit bien heureux, et je ne m'en flatte pas : je ne 
les ai pas relus depuis qu'ils sont imprimés. 

Ge qui m'a déterminé, Monsieur, a faire imprimer ces 
cartons, c'est que je ne sais pas si je ne serai pas obligé 
d'interrompre cette besogne ci pendant quelque tems, au- 
quel cas je serois bien aise que ce qu'il y aura de fait put 
se montrer décemment. Je suis dans l'attente d'un évé- 
nement qui, s'il arrive, m'eloignera de mon cabinet pen- 
dant plusieurs mois, et me mettra probablement dans le 
cas d'aller faire une petite visite à la Gapitale. Il est 
inutile. Monsieur, de vous dire avec quel empressement 
et avec quel plaisir j'irois vous rendre mes devoirs et vous 
asseurer de bouche de ma reconnoissance, de mon atta- 
chement et de mon respect. Quand il y aura quelque 
chose de décidé sur cette affaire , j'aurai l'honneur de 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 148 

vous en instruire. Je voudrois avoir le tems d'imprimer 
encor trois feuilles : malheureusement mon imprimeur 
aime beaucoup la promenade. 

Le 13. 

Me trouvant encor ici, Monsieur, une demi feuille de pa- 
pier que je n'ai pas barbouillée, je veux en profiter pour 
avoir l'honneur de vous entretenir encor un peu de ce 
Theocrite qui est trop charmant pour que je craigne qu'il 
vous ennuyé. Il n'auroit pas fallu en parler tant a M. de 
Fontenelle(l).Dans ma XXIP idylle (2), l'amant prie le dé- 
daigneux objet de son amour de lui faire après sa mort de 
courtes funérailles, et de les terminer en prononçant trois 
fois ces paroles oy cpCXs xstaai, ou s'il l'aime mieux, celles 
ci y-oCkoc, è|jt,lv wÀ£Ô' ixatpoç. Dans les éditions, voici comment 
ce dernier vers est écrit : 

"Hv 8é ye Xt^ç, xai toOto * xaXoç 8é fjLoi wXe6' étoipoç. 

Qu'est ce qu'on a besoin de cette particule U ? N'est-elle 
pas déplacée, contraire au sens? Il est évident qu'on l'a 
mise la pour soutenir le vers a cause qu'on a cru que la 
dernière syllabe de y.oîk6ç, etoit brève. Elle l'est en effet 
par sa nature : mais ici étant placée dans la cézure (sic), 
elle devient longue. Je crois avoir bien fait d'oter cette 
particule, et d'écrire l{xlv pour ê|;.ol dans une pièce toute 
dorique (3). Il y a plus haut deux vers que j'ai corrigés de 
manière a ce que je ne pense pas qu'on regrette l'ancienne 
leçon qui dans le premier n'est pas trop grecque, et dans 
le second est fausse et absurde. C'est le i*' et le ^^ de la 
page 345 (A) que je traduirois ainsi littéralement : 

Candidum lilium illico marcescit, quum decidit; 

Nix autem candida et ipsa liquescit, etsi congelata fuerit. 

(1) Cf. lettres XXI et XXVIII. 
(2; Vul|-. XXIII, vss. 44 et s. 

(3) Ces changements n'ont été adoptés dans aucune édit. posté- 
rieure. 

(4) Les vers indiqués ici et trois lignes plus bas sont les 30, 31 et 
38 de la XXIII° idylle; toutes les édit. ont conservé l'ancienne leçon. 



144 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Au vers 12 de la page 345 j'ai écrit iiiiaizziaoLç 6é ti ôàxpu, ce 
qui est élégant (une larme ou deux) : la leçon des édi- 
tions 10 ôàxpu est platte. Nous avons quelque chose de 
semblable dans la XIV^ epigramme de Meleagre (1). 

yXuxù 6' 6\>.\i<xai veOfxa ôîOypov 

ôoiY), y.ai Tt çîXyifJi,' àpTràaat àxpoQiYeç. 

Je vous présente, Monsieur, mon sincère et respec- 
tueux hommage. — Ci joint une lettre pour M. Du Saulx, 
que je vous supplie de lui faire passer. 



XXVII. 

Strasbourg, le 16 juin 1772. 

Voici, Monsieur, la feuille de cartons que j'ai eu l'hon- 
neur de vous annoncer : je vous supplie de déchirer les 
feuillets dont ceux-ci doivent prendre la place, et de ne 
point conserver de monument de mes balourdises. Vous 
pourries faire brocher la première partie du premier vo- 
lume qui finit a la page 262. 

Dans la XI epigr. de Meleagre a la page 5, vers 5, il y 
avoit SpaTotç pour 0vaToi!ç (2) ; c'est ce qui a occasionné la 
confection du carton. — Dans l'epigr. suivante, j'ai écrit 
è'pya Se xpéacwv, on SOUS entend è<îTi : cela me paroit beau- 
coup plus grec que la leçon que j'avois suivie d'abord. 

A la page 17, vers 3, j'ai écrit comme dans les éditions 
xai -ttot' IcpiTTTacÔai. Le changement que j'avois fait en écri- 
vant 7roT£cp(7rTaa6ai, en un seul mot, a déplu a M. Gapperon- 
nier, et dans le vrai il n'etoit pas nécessaire. Toutefois tto- 
TEcpCirTaaôat, pour TcpoaecpCirTaaBai. est un bon mot grec a qui 

(1) Analect., t. I, p. 7; Anthol. Palat., éd. Didot, cap. xii, 68. 

(2) Sur les corrections et changements indiqués dans cette lettre, 
V. les observ. de Capperonnier et la lettre IX de Brunck, dans l'An- 
nuaire de 1874, p. 492 et ss. Dans l'épigr. XII (Analect., t. I, p. 6), 
l'ancienne leçon, donnée par lemss. Vat. è'pya bhy.çéaau), a été main- 
tenue (Anth. Pal. Didot, cap. xii, 57). 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 145 

on ne doit pas contester son état. Dans l'epigr. LIV (1), on 
avoit écrit Xàpiieç pour Xàpixeç : c'est ce qui a déterminé 
la confection du carton. M. Capperonnier a eu grand'rai- 
son d'observer qu'au vers 3 le sens exigeoit que le mot 
Ëpwç se trouvât : j'avois pensé qu'il y avoit peut être une 
lacune entre le premier et le second distique ; mais je re- 
viens a l'avis de M. Capperonnier, et je suis en partie sa 
correction : il proposoit 

î) yàp TOI Tpia To^a xateipua' *'Eptoç àpa (xéXXcav (2). 

J'ai déjà observé que wç apa est absolument nécessaire. 
La particule toi, qui est oisive ici, etoit beaucoup plus dans 
le cas de céder sa place a l'Amour ; -^ yàp est une formule 
d'interrogation. — Dans l'epigr. LVIII, vers 7, cb 8' àpTt 
'^.h £v Tijpo; alSr,, alO-^ est un datif singulier : la manière 
dont je l'avois accentué en feroit un verbe. A l'avant der- 
nier vers, aùvf\ Tauô' sl'T.ou, ipsa hxc elegisti, j'avois mal a 
propos écrit auTY). 

A la page 40, vers 3, on m'avoit imprimé iroltxpT.oCêoio : 
c'est pour faire disparoitre cette faute que j'ai fait impri- 
mer ce carton. Par la même occasion, j'ai corrigé d'autres 
petites misères. Stobée et ceux qui l'ont suivi ont, a mon 
avis, transposé les particules outs et oOSs dans le premier 
distique du premier fragment : je les ai remis [sic] cha- 
cune dans leur place. 

Le feuillet des pages 49 et 50 auroit très bien pu rester 
comme il etoit, sans le mot iz^q\l6ljo\j^ qu'on avoit estropié 

(1) Anth. Pal. Didot, cap. ix, 16. 

(2) Ni le Cod. vat., ni le texte de Planude n'ayant le mot "Epwç, ce 
mot, qui peut être facilement sous-entendu , a disparu de l'édit. de 
Leipsig et de TAnthol. Palat. Didot, où on lit : 

'H yâp Tot Tpia TÔ^a, xareipuorev, to; àpa {xéXXwv x. T. X. 
Brunck (Anal., t. I, p. 17) avait corrigé ainsi : 
'H yàp "Epw; Tpia ToÇa xaT 

M. Dehèqne traduit : u Est-ce donc qu'Amour m'a tiré trois flè- 
ches?... " 

10 



U6 MEMOIRES ET NOTICES. 

en imprimant irpox.afxou^. A la page 57, j'ai ajouté deux pe- 
tits fragmens de Sapho, sous les n"^ IX et X (1). Le seepnd 
se troiuve dans Tedition de Longepierre : la correction que 
yous y verres est due a M. d'Orville, et se trouve dans la 
savante satyre qu'il a composée contre Pauw, intitulée 
Critica Vannm, p. 524. — Dans le titre de la seconde 
epigr. d'Erinne, on avoit imprimé Mi>.u).Y]vaiav ; c'est ce 
qui a déterminé la confection de ce carton. J'ai rétabli 
dans cette epigramme la leçon du ms. que j'avois changée 
sans nécessité. 

A la p^gç 75 (!2), j'ai ajouté \ine scolie de Solon conser- 
vée par Diogene Laerce dans la vie de ce philosophe. 
G^t^e omission m'avoit fait beaucoup de chagrin dans le 
tems : la voila rçparée. 

A la page 95, il y avoit ^eu^ç grosses fautes : au vers 5, 
sU oîjcpov, ce qui etoit cojqitre la mesvi,re., et au vers 10, 
o'çp^uç au lieu dç. ^^9p.i>^ Ç^ ^ui etçit contre le sens. L'une 
de ces deux fautes se trouve dans l'édition de H. Estienne, 
et l'autre dans celle dç ^a,xter : M- Gapperonniçr a relevé 
la seconde a,vec r^spn. 

A la page. iOl, vers. 3., j'^ycis. écrit je ne saiii comptent 
ni pourquoi, y^pf^'^ 5' ôxav y^o^tûti. Toutes les éditions ont 
XopeùYj avec raison ; ôxav se construit toujours avec le sub- 
jonctif. A la page 10.8, veçs IQ^ p^. a^ypit imprimé avoiat pour 
àvoaoi, ; je ne m'en serois peut-être pas apperceu a tems, si 
M. Gapperonnier n'avoit pas eu la bonté de m'en avertir. 

(1) IX. A.XX' Iwv ff'Ckoc, à[X5;-i x. t. X. Boisson., Lyric. gr., la^icpoû; i5'. 
— More, conservé par Stobée, tit. lxxi, 4. — X. "Epo; o' aÎT» \k ô 
Xu(Tt[jLçX9iç ôox,£Ï. — Boisson., iô., x6'. Hephsest., p. 42, vs. 3, Br. 'At- 
ôtç, B.oiss. 'AtôI •, vs. 4^, Br. çpQVTlç Siqv, Boiss. çpovTiffSrjV ;Br. uotc',.. 

BoisS. TtOTÎi. 

(2) Edit. Jacobs,. t. I, p. M. Brunck, dans., ses Gnomiques, p. 84, du 
3^ vs. en a fait deux : 

xpaStip, pa'.5ptô 

7T;pO(7£V£7nr) TipOffWTtW, . . . 

Bbissonade n'a pas 'lonné place à cette scolie dans son vol. des Lyri- 
ques grec»'.' 



à 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 147 

Au moien de ceci, Monsieur, l'errata sera abrégé et ne 
contiendra pas de fautes importantes. 

J'ai reçu hier, Monsieur, la lettre dont vous m'avés ho- 
noré le 10 de ce mois. Je vous remercie de m'avoir indi- 
qué l'article de la Bibliothèque choisie de Golomiez dans 
lequel il est question du projet d'une nouvelle édition de 
l'Anthologie, d'Anacreon et de Theocrite : il est resté 
comme bien d'autres sans exécution. Je voudrois savoir si 
M. le chanoine Langermann se proposoit de donner sépa- 
rément ces trois articles, ou si son dessein etoit d'insérer, 
comme je le fais, Anacreon et Theocrite dans l'Antholo- 
gie (1). Gela m'excuseroit aux yeux des personnes qui 
pourroient regarder ces additions comme disparates et dé- 
placées. Jean le Clerc avoit aussi projeté une édition de 
l'Anthologie, dont le plan se trouve a peu près dans la 
Bibliothèque grecque de Fabricius (2) : je suis bien éloi- 
gné de l'approuver. 11 me semble que la lecture d'une pa- 
reille collection ne peut joindre l'utilité a l'agrément 
qu'autant que les poètes sont rangés a peu près dans l'or- 
dre chronologique, et qu'on peut voir ainsi facilement ce 
que les plus anciens ont fourni a ceux qui les ont suivis, 
la manière dont ceux-ci ont imité leurs devanciers, les 
changemens qui sont arrivés dans le goût et dans la lan- 
gue. D'ailleurs cet ordre met dans la totalité de la collec- 
tion beaucoup plus de variété. Des trentaines d'epi- 
grammes sur le même sujet qui se trouvent dans 
r Anthologie de Plauude et qui fatiguent et ennuyent par 
leur monotonie, pourront être lues toutes avec plaisir 
dans cette édition ci ou elles se trouveront éparpillées. 

(1) Sur ce projet, formé par le chanoine Langermann, de Ham- 
bourg, à rinsUgation d'Isauc Vossius, qui était jaloux de Saumaise, 
V. les Prolegomena de Jacûb»,. en tète de ses Animadversiones sur 
VAnthol. çfrxc.yX^ VI, p. cxu^soît. Sattmaiaa moct, la projet fut 
abandonné. 

(2) Jean Letlerc luvaii expos4 lui-même dana ia BiLliuth. choisie, 
t. VII, p. l&l, d'où il a passé daiw \a Dibl. peeq. de Fitbriciua, t. iV, 
p. 191. 



148 MÉMOIRES ET NOTICES. 

Pour en revenir a M. Langermann, si j'avois su il y a 
quinze ans ce que je sais aujourd'hui, peut être aurois je 
pu découvrir a Bremen (?) ou j'ai passé quelques jours, ce 
que sont devenus les papiers de ce savant, et en obtenir 
facilement la communication (1). Mais dans ce tems la je 
pensois a tout autre chose et je n'en fesois pas mieux. Il 
me semble qu'on feroit une assés longue liste des sa- 
vants qui, depuis le commencement du siècle passé, ont 
promis une nouvelle édition de l'Anthologie (2). La der- 
nière que je connoisse est cependant toujours celle de 
Brodeau imprimée a Francfort en 1600. Car celle de Lu- 
bin, chez Gommelin, 160i, n'est pas assez estimée pour 
qu'on en fasse mention : on y trouve à la suite de cha- 
que epigramme une version littérale en prose. 

Je devrois être très flatté de la manière dont M. Cappe- 
ronnier parle de moi; car moins on a de mérite, plus ordi- 
nairement on a d'amour propre et de vanité. Mais la 
chose que j'ai le plus étudiée, c'est moi même, et je sais 
très bien m'apprecier. Je m'honorerai toujours en me don- 
nant pour son écolier, et je regrette infiniment qu'il n'ait 
pas plus de loisir, et ne puisse pas exercer avec toute l'é- 
tendue possible sa critique sur la partie de mon travail 
qui en est susceptible ; il en resulteroit certainement une 
beaucoup plus grande perfection. 

C'est en effet M. Diderot qui est l'auteur des contes mo- 
raux qui doivent paroitrc a la suite des nouvelles idylles 
de M. Gessner, j'en suis asseuré. Je suis bien aise que la 
vue de ce prospectus vous ait fait plaisir. Il s'en faut 
bien que le burin de cet homme rare approche de celui de 
nos artistes de Paris ; mais son dessin est correct et élé- 
gant, et il y a bien du feu dans sa composition. Toutes les 

» 

(1) Fabricius (Bibl. gr., t. IV, p. 440) les avait vus chez un certain 
Schel, à Hambourg. Le travail fait, à ce qu'il dit, était déjà considé- 
rable. — Cf. Jacobs, 1. c. 

(2) Cette étude sur la composition de l'Anthol. grecque, sur les 
diverses éditions de ce recueil, a été faite par Jacobs, Prolegome7ia, 
déjà cités. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. H9 

planches de son livre sont gravées, et comme ces pre- 
mières épreuves seront les meilleures, si je peux en avoir 
encor quelques-unes, j'aurai l'honneur de vous les en- 
voier. 

Il me paroit, Monsieur, que le tems est tel qu'il le faut 
pour asseurer le succès du lait : je regrette que vous ne le 
preniés pas à la campagne. Je souhaite plus que personne 
que vous en eprouvics tous les bons effets qu'il peut pro- 
duire. Gonnoissés vous un sel qu'on tire du lait et qui est 
plus parfait en Suisse que partout ailleurs? On en peut 
faire usage en tout tems en guise de sucre, dans toutes les 
espèces de boissons chaudes et froides qu'on prend pour 
rafraîchir et adoucir la poitrine. Je serois a portée de 
vous procurer de ce sel, et je voudrois bien que vous vous 
laissassiés aller a la tentation de l'éprouver. 

Je crains, Monsieur, de vous fatiguer par la longueur de 
mes lettres, et je coupe court en vous asseurant, etc. 

XXVIÏI. 

Strasbourg, le 21 juin 1772. 

Monsieur, 

La pièce de Theocrite intitulée Hpax>.ir)ç >>sovToçpovoç dont 
vous avés eu le commencement dans la dernière feuille de 
Theocrite que j'ai eu l'honneur de vous envoler, et dont la 
fin remplit la moitié de celle ci jointe, est fort différente 
de ce qu'on la lit dans les éditions. Warton nous a donné 
les collations de deux mss. d'Italie, dont les leçons m'ont 
paru presque toujours meilleures que celles du texte im- 
primé. 

Il paroit que le plus grand nombre des anciens gram- 
mairiens a cru que la pièce intitulée Aïtyiç (1) a été écrite 
en dialecte ionique (2) : aussi Daniel Heinsius a-t-il, sur 

(1) Idylle XII. 

(2) Un seul, celui du ms. marqué N dans l'édition de Gail, Philol., 
1828, in-80, t. II, p. 61, dit 'lâôi 'ô ôwp{5t. Les dorismes ont été réta- 



\:>i) MÉMOIRES Et NOTICES. 

Icar autorité, rétabli les formes propres a cette dialecte : 
il est etotinâiit que, contre son intention, il y ait laissé 
subsister plusieurs dorismes ; je les ai tous retranchés. Le 
meilleur ms. de Theocrite, qui est celui de Florence, fa- 
vorise l'opinion en faveur de la dialecte ionique. 

Les deux dernières idylles qui font partie du genre pas- 
toral ont été sûrement écrites en dorique, dialecte consa- 
crée a la poésie pastorale. Je me suis permis d'en rétablir 
les formes partout ou elles avaient été changées ou alté- 
rées par les copistes, et par ci par la j'ai fait quelques cor- 
rections sans le secours des mss. En voici une que je me 
rappelle; c'est a l'antépénultième vers de la dernière 
page (1). Il y a dans les imprimés : 

aXXrjv àttiîej^ovïiv Ttj; (riiç toi (xeîliova Soxrcô. 

J'ai écrit : 

ôiXXav à(jL7tex6vav x^^vaç toi xpéaaova ZuxjSi, 

La fille avait dit : « Tu m'as mis mon corset tout en lo- 
ques. » Il est ridicule de faire repondre le garçon : «Je te 
donnerai un corset plus grand que le tien. » Mais il est tout 
naturel qu'il réponde : «Je t'en donnerai un autre plus beau 
que celui la (2). » Cette pièce, intitulée OapicTuç, ne se trouve 

blis presque partout, d'après l'autorité des mss., dans Tédit. Ameis, 
Théocr.-Didot, MDCCCLXIf. Brunck , aux vss. 26 et 33, avait mis 
àTTÎîXOèi; p. èL-Kr[vH<;, et àirrîX^ov p. àitT^vOcv. M. Boissonade, à sonexem' 
pie, avait fait disparaître toutes les formes doriques, 

(1) Idylle XXVII, V. 59, Gail ; 60, Boisson.; 58, Ameis. — Dans les 
deux premières éditions, les dorismes sont rétablis partout comme l'a- 
vait voulu Brunck ; aucun éditeur n'a adopté la correction qu'il avait 
hasardée u sans le secours des mss. » 

(2) On a pu remarquer, lettre XXVI, 13 juin , Tépigramme de 
Bmnck à l'adresse de Fontenelle, qui, comme on le sait, prisait peu 
Theocrite (v. Dis^c. sur la nature de î'Églogue, 1688, in-12, p. 149 et 

suiv.) : a Theocrite est trop charmant pour que je craigne qu'il 

vous ennuyé. Il n'auroit pas fallu en tant parler à M. de Fontenelle. » 
Si l'on devait se faire une idée du poëte grec d'après cette trad. de 
Brunck, qui ressembla beaucoup trop à celle de fpntçnelle, il fau- 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. l&t 

pas dans les mss. du Roi, a ce que M» Larcher m'a mandé. 
St-Amand ne l'a pas trouvé non plus dans les mss. d'Italie. 
Il se peut très bien faire que celui d'après lequel Aide Ma- 
nuce l'a imprimée ait été très fautif, et il me paroit qu'il 
n'y avoit pas ici de meilleur parti a prendre que de cor- 
riger tout ce qui est évidemment corrompu c j'en ai usé 
fort librement, comme vous pourrés le remarquer. 

Vous croies donc, Monsieur, que le mot vùdaa dans le 
passage de Bion que j'ai essaie de corriger (I), peUt subsis- 
ter et être entendu dans le sens de cloison : je crois que 
dans cette signification ce seroit un ^iza^ Isy^iJ-s^o' - itiais 
n'importe, je souscris a votre avis et j'imprimerai : 

à Se "KovYiçà. 
vû(T(ja xai îoXta [J.î rpoçô; &it6 ofeîo [itpiSttu 

quoique irovYjpà vu^aa, a mon avis, dut signifier un mur 
caduque {sic), une méchante cloison qu'on rcnvcrseroit 
d'un coup de poing. 

J'ai trouvé, Monsieur, dans les œuvres des frères GUyon 
une petite note de votre main, dans laquelle vous critiqués 
avec raison la traduction on vers latins d'une epigramme 
de Callimaque, oW ô'ti \t/)i tcàoutov, qui se trouvé a la 
page 208 de l'édition de Spanheim. 11 y a au troisième 
vers de cette epigramme un mot inintelligible : 

drait reconnaître, avec ce dernier^ que ses bergers sont non-seulement 
des paysans, mais des paysans des plus grossiers. — Il est même dou- 
teux qu'il s^ajfisse ici d'ua iiorset ou de rien %ui y ressemble. Une 
phrase d'Aristéaète, II, 18, init. : STii toù; ètpOaXpLoù; xaOiXxouaa tr^v 
ifAUBXÔviqv,. indique qae ee vêtemeftt était une sorte de voile et qu'il se 
portait sur la téte(v. la note de Boisson., p. 70^). La phrase de Théo- 
crite s'explique ainsi parfaitemeiU, et il a bien dû écrire tôc; exà; (lei- 
Çova, et non pas xr^và; y.peoTOva,. comme le voulait Brunok. 

(1) V. plus haut, lettre XXIV.— Le sens propre de YJaaa est borne, 
meta. Hom., II., XXIiI> 3;i2 et 338; ibid., v. 758, il sijj'nine barrière, 
carceres. De là à l'idée de séparation, de cloison, il n'y a qu'un pas. 
Ce n'était donc pas, à vrai dire, un àTiaÇ Iz^ô^tso'i [ou mieux ei(>r,M.e- 
vov]. — De plus,«ov*jpô; a très-bien le sens de méchant, qui fait le mal. 



152 MÉMOIRES ET NOTICES. 

GeTY)v ne signifie rien; on ne peut sous entendre xscpa'XYjv, 
comme vouloit Bentlei : cela n'est pas grec. Mad^ Dacier 
corrige [xèv, particule oisive. M. Toup avoit d'abord cor- 
rigé To et puis T£. Je crois avoir trouvé mieux que tout 
cela : Callimaque a écrit Ôtjv, particule qui se trouve sou- 
vent dans Homère et dans tous les poètes. Saumaise avoit 
mis en marge de son ms. asG pour Trjv; mais cette correc- 
tion ne peut pas être admise, a cause de cou dans le vers 
suivant (1). 

Je voudrois bien que quelqu'un put retrouver la vérita- 
ble leçon du second vers d'une autre epigramme de Calli- 
maque qui est la XLIX dans l'édition de M. Ernesti ; en 
voici le premier distique tel qu'on le lit dans le ms. : 

*Qç àyaôàv ito).ucpa[JLOç àveupaxo xàv èTtaoïoâv 
Toppa (jiévtov aîyàv où xaOïjxad' o KûxXa)(|' (2). 

(1) La note des Lectt. et Emendatt. sur cette pièce des Analect. I, 
p. 462, 7, n'est guère que la traduction de ce passage. Brunck, en la 
rédigeant, est toujours aussi enthousiasmé de son idée : « Verissimum 
est quod dedi 69iv, êTtiTcoXù sive uapauXyipwixaTixov est. Frequens hujus 
sive adverbii sive particulse Theocrito usus. Ssepissime xetôpermu- 
tantur. » Boisson. (Calliraach. Epigr. 33) donne [xyiv ; l'Anthol. Palat. 
éd. Didot, c. xii, 148, tIv. La conjecture de Brunck était bonne, et il 
a eu le mérite de voir que la leçon vulg. tyiv était inacceptable. Je ne 
sais pourquoi Jacobs, en transcrivant dans ses Animadv. cette partie 
du commentaire de Brunck, a fait suivre les mots A. Fabri d'un ?; il 
est impossible qu'il n'y ait pas reconnu la trad. , assez étrange du 
reste, des noms d'Anne Lefebvre (M™° Dacier) ; il a voulu sans doute 
noter comme une distraction de Brunck l'emploi de cette forme au 
nominatif. (Explosit A. Fabri.) 

(2) Dans la note de ses Emendatt., Brunck assure qu'il a reproduit, 
sans y changer un iota {ne uno quidem mutato apice), la leçon d'un 
excellent ms. qui avait appartenu au président Bouhier. — M™° Dacier 
lisait : ty) pa [xévwv alyaç où xa6' ifiaa' ô K.; Bentley, d'après Grsevius : 
Twppa (xévo)v a'iYÔcv où xaOi(JLà<j' ô K., ce qui revient à peu près à la con- 
jecture de M"^« Dacier. Jacobs {Animadv. in Anal., t. VII, p. 268 et 
s.), après avoir observé que le ms. du Vatican donne xwppa ixévwv 
aî-^âv où xaô' ri\t.àç 6 K., essaye lui-même une correction qui ne laisse 
presque rien de ce texte : 

'Dîàyaôàv noXùçatioçàvsùpaTO xàv èîiaoïôàv 
TTOifxatvwv àviàv, ôxxa cpiXaa' ô Kûv.'kta^. 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 153 

Il faudroit être plus que sorcier pour trouver le moindre 
sens dans ce second vers. Saumaise corrigeoit xàxpa véjAwv 
A'ÎTvaç ou xaxévafTa' 6 Kuxlw]/. Ce vers est assés plat : s'il ren- 
fermoit quelque idée exprimée élégamment, je l'admet- 
trois sans difficulté quoiqu'il s'éloigne beaucoup de la 
leçon du ms. Mais xaTévaaae pour habitabat passeroit diffi- 
cilement. Dans Homère ce verbe n'est jamais neutre et tou- 
jours actif : le neutre s'exprime par la forme moyenne 
xaTevâacaTo.. Voici un autre vers de ma façon qui s'éloigne 
encor bien plus du ms., mais du moins il signifie quelque 
chose, et je lui trouve de l'analogie avec les idées qu'a 
laissées dans mon esprit la lecture du Gyclope de Theo- 
crite : 

Tàv ôufféptoxa vôo-ov pwxoXécov ô KuxXax};. 
Theocrite avoit dit ouxw toi no).0cpa|JLO(; è7îoC[jt,a'.vEv Tov spwTa, 

aou<ji<TÔa)v. jâouxoAetv est employé dans le même sens parles 
plus anciens poètes, et dans cette même epigramme on lit 
plus bas èxxditTst Tàv çpi>.6-n:ai.ôa vdaov. Que feriés-vous, Mon- 
sieur, et lequel de ces trois vers metteriés {sic) vous dans 
le texte ? 
Agréés, etc. 

Voici encore une autre tournure de ce vers : 

çpovTÎôa 7toi(xaîva)v tàv ouaéptoô' ô KuxXiot];. 

J'aime mieux celui ci, et s'il vous paroit meilleur aussi, ce 
sera le cas de dire al SeùTepai (ppovTCSsç ao<pa>TEpai. 

Toutes ces conjectures ont été rejetées. Boissonade (Callim. Epigr. 
48) donne ew; àyaGàv x. t. X. Tôçp' à[xeXwv alyâv oùx àXÉYiC 6 KOxX(«)v|;, 
et il attribue en partie à Hermann cette correction, dont il n'est pas 
satisfait {NotuL, p. 191); l'Anthol. Palat. éd. Didot, c. xii, 150, cor- 
rige Tà)pa(jLév({> • val Tàv, oùx à(xa6YJ; ô K. V. dans la note, ibid., p. 445, 
d'autres conjectures, c'est Hecker qui a trouvé val Tàv au lieu de {xa- 
vtàv que proposait Eldik., le reste du vers restant le même. 



164 MÉMOIRES ET NOTICES. 

XXIX. 

Strasbourg, le 27 juin 1772. 

Pour le coup, Monsieur, vous avés un Theocrite tout 
entier, et je me flatte que vous regarderés cette édition ci 
comme la meilleure qui existe. Il y reste cependant en- 
core quelques petites taches ; il y a plusieurs endroits ou 
j'aurois du rétablir le dorisme. Par exemple a la page 268, 
vers 17, page 338, vers 11 et vers pénultième, il auroit 
fallu écrire oiv pour quv ; page 333, vers 17, il auroit fallu 
écrire <f)oi.6àaaaa pour cpoiêïîcyaaa. Je ferai imprimer un car- 
ton pour la page 272, Au vers 5, j'ai etourdiment écrit, 
d'après le bon ms. de Medicis a la vérité, à"XV oO |u[xê).7]T' : 
il faut comme dans les imprimés aùjJtêTviqi:'. Les Athéniens 
etoient les seuls qui changeassent le a en 'i dans la prépo- 
sition aùv. Il y en aura un pareillement a la page 302, ou 
j'ai laissé échapper a l'avant dernier vers ôep{A,6rrip' pour 
ôspfiéTEp'. L'imprimeur en distribuant les caractères a re- 
marqué une faute au premier vers de la page 370. Il y a 
xàV^v pour xal rjv. L'i qui manque sera ajouté comme on a 
déjà fait pour une lettre qui manquoit au commencement 
d'un vers dans je ne sais plus quelle feuille. 

Il y à encore dans la première partie du premier vo- 
lume deux choses choquantes que par économie je vou- 
lois laisser subsister. A la page 448, dans le titre Tvjjlo- 
xpsovToç, il y a un R romain pour un P grec; de même a la 
page 154, dans le titre c/.o'Xia, il y a un L romain pour un 
A grec : ces deux fautes la disparaîtront ençor. A la 
page 147, j'ajouterai une epigramme de Simonide qui se 
trouve a la page 323 de l'édition de Brodeau, -^ yp-n^ç Nixo!». 
— Elle se trouve mal a propos parmi celles de Gallimaque 
dans la dernière édition de ce poète (1). A la page 153, 

(1) Édit. Jacobs, t. I, p. 79, Anthol. Palat. Lips. et Anthol. Didot, 
cap. VII, 187. L'épigT. en question y est attribuée à Philippe [de 
Thessaloniquej. 



LETTRES INÉDITKS DE BRUNCK. 

j'ajouterai une epigramme qui se trouve dans l'Anthol. de 
Brodeau, p. 317, èv6âô' à-ico^^-ï^^aç, et je l'attribuerai a Ti- 
mon le misanthrope lui même, sur l'autorité de Plutarque 
dans la vie d'Antoine, t. V, p. 138. édition d'Angleterre (1). 
C'est en faveur de ces deux additions que je fais imprimer 
ces cartons, et par la même occasion je corrigerai les fau- 
tes. Il resuite de la. Monsieur, que si je ne donne pas une 
belle et bonne édition, ce ne sera pas faute de bonne vo- 
lonté. 

La feuille qui suivra celle ci contiendra le reste de Bion 
et une grande partie de Moscbus. La feuille signée Ce con- 
tiendra le reste de Moschus, les deux autels de Dosiadas, 
deux fragmens de Phanocles , cinq epigrammes de Nice- 
nete; ce qui reste de Rhianus, et je ne sais pas encor ce 
que j'y ajouterai pour remplir la feuille. Je désire que 
Callimaque commence avec la suivante. 

Je vous présente. Monsieur, etc. 

Si quelque lettré voit chez vous cette lettre et qu'il 
veuille se donner la peine de vérifier les citations, il trou- 
vera a la même page de Plutarque une epigramme attri- 
buée par cet auteur a Callimaque, et que l'on trouve dans 
les éditions de ce poète : elle est dans celle de M. Ernesti, 
la3^ page 276. T([i.wv iiioàvôpwiroç èaoïxéw. Je crois que Plu- 
tarque a bien pu se tromper en attribuant ce distique a 
Callimaque. Nous l'avons déjà eu : il fait partie d'une epi- 
gramme d'Hegesippe qui est la dernière a la page 255 de 
mon édition (2). L'éditeur de Callimaque n'avoit pas fait 
cette observation. 

(1) Anthol, Palat. Lips. et Anthol. Didot, cap. vu, 313. — Dans la 
première elle est âîr.lov ; dans l'autre , le mot TCpiwvo; est entre cro- 
chets; dans l'une et l'autre elle porte ce titre : El; Tijxwva xèv [xioAv- 
ôpwTiov. Le texte de Plutarque, Vie d'Aiitoine, 70, est positif: ildit 
que Timon est à la foin l'auteur et le «ujet de cette épigr. 

(2) Édit. Jacob8, t. I, p, 129, Animadv,, t. VII (vol,, pars post.), 
p. 176; Anthol. Paint. Lips. vu, 320 ; édit. Didot, cap. vu, 320. 
V. la note. — Jacobs a adopté l'opinion de Brunck ; mais Meinecke 
pense que l'erreur doit être imputée plutôt aux compilateurs de l'An- 
thol. qu'à Plutarque, qui se trompe rarement dans ses citations. 



156 MÉMOIRES ET NOTICES. 



XXX. 



Strasbourg, le 1" juillet 1772. 

J'ai l'honneur de vous adresser ci joint, Monsieur, une 
feuille assés intéressante de nos poètes grecs. J'espère que 
la lecture de Bion et Moschus vous fera plus de plaisir ici 
que dans toute autre édition. 

Il se trouvera une soixantaine d'exemplaires avec une 
petite faute au 2^ vers du IX fragment de Bion : on avait 
imprimé TCtits avec une majuscule , et a la page 406, 
vers 22, ouç t' en deux mots. En jettant les yeux par La- 
zard ce matin sur la dernière épreuve, j'ai remarqué ces 
deux incorrections, et je les ai fait changer : malheureu- 
sement on avoit déjà tiré une soixante {sic) de feuilles sur 
cette forme. 

J'ai receu, Monsieur, la lettre dont vous m'avés honoré 
le 23 du mois passé. En effet, je serai fort content si dans 
la dernière feuille que M. Gapperonnier a vue, la critique 
ne trouve a reprendre que les deux choses qu'il a relevées ; 
car il en résultera que cette feuille sera sans faute. Je fais 
ajouter a la main sur toutes les feuilles l'apostrophe qui 
avoit été omise au mot <xlY vers 2 de la page 340. Mais au 
vers précèdent je ne pense pas qu'il eut été absolument 
nécessaire d'écrire aapxeç S' oT jj-èv iSpwTi. Vous tromerés 
dans la feuille ci jointe ce pronom ot au datif tantôt long, 
tantôt bref, et toujours enclitique. J'ai écrit ainsi d'après 
les anciennes et les meilleures éditions, surtout d'après 
H. Estienne. Au surplus, si c'est une faute, au moins elle 
n'est pas considérable. 

Vous connoissés. Monsieur , les Erotiques de Parthe- 
nius. C'est un auteur assés ancien, puisqu'il a eu Virgile 
pour disciple. Il nous a conservé quelques fragmens d'an- 
ciens poètes , qui sont bien défigurés par les copistes et 
bien ridiculement traduits par Janus Gornarius. Au 
chap. XI, il y a un fragment de Nicenete de Samos, et au 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 157 

chap. XIV, un fragment assés long et assés curieux d'un 
poème d'Alexandre de Pleuron en Etolie, l'un des poètes 
de la Pléiade. Si vous en avés le loisir et la fantaisie, amu- 
sés vous a les relire, et a moins que vous n'ayés écrit des 
corrections en marge de votre exemplaire, voies si vous y 
entendes quelque chose. Ces deux poètes étant compris 
dans la feuille qu'on imprime actuellement et qui suivra 
celle ci, vous y trouvères ces mêmes fragmens un peu plus 
corrects. 

M. Dacier, que je salue de tout mon cœur, ne doit pas 
avoir une haute idée de mon exactitude, et il peut avoir 
trouvé mauvais que je ne lui renvoiasse pas plus promp- 
tement l'exemplaire d'Elien dont j'etois dépositaire. Enfin 
j'ai trouvé une occasion pour le faire retourner à Paris : 
c'est M. de Melfort qui s'en est chargé et qui le fera re- 
mettre chez vous ; il est sous enveloppe et cachet a votre 
adresse. 

Je ne peux vous dire. Monsieur, a quel point je suis flatté 
de la réception que voulés bien me faire espérer , au cas 
que j'aie l'occasion de vous présenter en personne mon 
hommage. Le désir de vous connoitre plus particulière- 
ment et de vous paroitre digne des bontés dont vous m'ho- 
nores, est une des choses qui m'occupe {sic) le plus. Il n'y 
a encor rien de décidé sur l'événement qui pourroit dé- 
terminer mon voyage a Paris : mais comme son objet est 
une chose qui ne peut manquer de vous intéresser, je 
crois devoir vous en faire la confidence. On m'a proposé 
a Mgr le duc d'Orléans pour négocier a Vienne la liquida- 
tion de ses prétentions sur la succession allodiale et mo- 
biliaire {sic) de la maison de Baden Ratstatt, dont la ligne 
masculine est éteinte. Si le prince m'agrée et m'honore de 
cette commission, il ne sera ni possible ni convenable que 
j'aille à Vienne sans avoir pris les instructions de son 
conseil, et sans avoir eu l'honneur de lui être présenté : 
cela est essentiel. M. de Belleisle que vous connoissés, et 
que probablement vous voies souvent, pourra vous en diilï 
davantage, car il y a apparence quil est surtout cela beau- 



1&8 MÉMOIRES ET NOTICES. 

coup plus instruit que moi. H faudra aller a Vienne au 
commencement d'octobre. Ainsi, si la chose a lieu, ce sera 
vers la fin d'août que je serai dans le cas de faire le petit 
voyage de Paris. Je ne manquerai pas de vous apporter, 
Monsieur, le petit livret de l'abbé Zenobetti : peut être 
même vous l'enverrai je plutôt si j'en trouve l'occasion. Si 
le voyage a lieu et qu'avant de le faire j'aie pu parvenir, 
comme je l'espère, a faire imprimer tout ce qui doit com- 
poser le premier volume de mon édition , j'aurai l'hon- 
neur de Yons en presienter un exemplaire in-i% auquel il 
n'y aura plus que la préface et un index a ajouter, ce qui 
sera la fin du travail. J'ai déjà eu celui de vous prévenir 
que j'ai reconnu la nécessité d'imprimer encor quatre car- 
tons, dont deux seront a insérer dans la première partie. 
Je vous renouvelle, Monsieur, etc. 



XXXI. 

Strasbourg, le 6 juillet 1772. 

La feuille de nos Analectes que j'ai l'honneur. Monsieur, 
de vous adresser ci-joint, nous ramené dans l'Anthologie. 
Les deux autels de Dosiadas y appartiennent ; ils se trou- 
vent dans lems. du Vatican. Vous savés que la première 
de ces^ deux pièces est un acrostiche dont les initiales for- 
ment ce souhait 01v[jt,iri,e -xoXkoii sTsai Oi/asiot.;; : c'est pour 
cela que, contre mon usage, j'ai fait mettre des majus- 
cules au commencement de chaque vers. 

Dans le second autel , mon imprimeur a fait une faute 
inconcevable ; il a mis PwSiou pour Poôtou. Je ne m'en étais 
pas apperceuen corrigeant les épreuves :je n'ai laissé tom- 
ber qu'un regard sur ce titre , n'imaginant pas. qu'il put y 
avoir failli, aiant bien imprimé les mêmes deux mots a la 
p^g€^ précédente. Je m'en suis appejceu par hazard vers la 
fin du tirage, et j'ai vite couru a l'imprimerie pour faire 
corriger la U\M '• il y aura ^aviroa deux cents exemplai- 
re* in-^'* et i&m le* itt-4*^ ou elle ne se trouvera pas. Je 



LETTRES INÉDITES DE BHUNCK. 159 

donne cet autel d'après Isaac Vossius dans son commen- 
taire sur la Géographie de Pomponius Mêla, p. 21 4, édition 
de la Haye, in-4°, 1658. M. Valkenaer, dans sa savante 
diatribe sur Euripide a la suite de la tragédie d'Hippolyte, 
a publié les scholies du rhéteur Helobolus {sic) sur c^tte 
pièce et Ta eclaircie et corrigée. 

Le premier fragment de Phanoeles a été conservé par 
Stobée, édition de Grotius, p. 263 ; le second se trouve 
dans Clément d'Alexandrie, p. 750, édition d'Angleterre. 

Des cinq epigrammes de Nicenete la I. est tirée de l'An- 
thol. ms.; la II. se trouve dans celle de Brodeau, p. 167 ; 
la III se lit dans Athénée, p. 673. C'e&t dans cet endroit que 
cet auteur dit clairement que notre poète etoit de Samos. 
J'ai été bien aise de constater ici sa pakrie. Cette même 
epigr. se trouve dans l'append. de l'AnthoL, p. 23. La IV. 
se trouve encor dans Athénée, p. 3â, et dans l'AnthoL, 
p. 122. La V. est tirée de l'AnthoL, p. 361. La correction 
que j'ai suivie n'est pas de moi ; elle est due à M. Reiske. Le 
fragment n° VI est tiré des ^]rotique^ d,e Parthenius, cap. XI; 
il a été corrigé et eclairci par Is. Vossius sur Mêla, p. 81. 

La L epigr. d.'Alexandre l'Etolien se lit dans l'AnthoL, 
p. 566 (1). Nous en aurons, comme vous savés. Monsieur, 
beaucoup sur ce même su^et la. La seconde est à la 
page ^64 (2). La III. est tirée de l'AnthoL ms. (3). Elle se 
trouve aussi dans Plutarque, au commencement du 
traité de Fexsil [t. Il], p. 5^9 E des œuvres morales. On 
peut consulter sur cette pièce Saumaise sur Solin, au 
commencement du second tome de l'édition de Paris. Au 
vers 2% x^pva; est pour /Jpvrj^;, c'est la forme dorique. ?a- 
xiloui poui^ ^dcxYj)vO(; ne passera pas si aisteraent (4) : c'est le 



(1) AnthoL Pal. Didot, cap. vr, 182. 

(2) A7ith. Pal. Did., c. xvi, 172, et A7ith. Pal. Lips. {Aiithol. Pla- 
nucl., IV, 172). 

(3) AnthoL Pal. Didot, et Lips., c^ vn, 7-09; ▼. l«s notes. 

(4) €e second vers se lit dans l'édit. Didt)t : 



160 MÉMOIRES ET NOTICES. 

seul exemple qu'on en puisse citer : cependant ce n'est 
pas une raison pour proscrire ce mot. Voies Hœschelius 
sur Phrynichus, page 119, édition de Pauw (1). Le frag- 
ment n*' 4 se trouve dans les Saturn. de Macrobe, édition 
de Gronov., p. 523. Celui n° 5 se trouve dans les Erotiques 
de Parthenius, cap. XIV, vers 7 : o'jSè Ms'Xiaaw nsTpK^vYjç, etc.; 
il est ici question de Cypselus, tyran de Gorinthe, dont la 
naissance est racontée par Hérodote, 1. V, cap. 92. Son 
père se nommoit Eetion , et sa mère Labda ; ils demeu- 
roient dans un bourg appelé ITeTpY]. Voila l'explication du 
mot nsTpVivYjç (2). Mais il faut qu'Alexandre ait suivi d'au- 
tres mémoires que ceux d'Hérodote, puisqu'il donne a 
Gypselus pour père Melissus. Je ne me souviens d'avoir lu 
nulle part cette histoire d'Anthée, qui, pour le bel exem- 
ple qu'elle donne, meritoit bien de n'être pas totalement 
ensevelie dans l'oubli. On entendra facilement, a ce que 
je crois, ces deux vers : 

aprt y' âveXxojxevoç 6ià (x.àv xàXov YÎpixev ôyxw (3). 



(1) Lanoted'Hoeschel, sur Tarticle pày.-/iXo; de Phrynichus, renvoie 
à Lucien (Cronosol.^ c. 12), Pseudolog. [c. 17], et Eu?iuch., c. 8. — V. 
dans redit, de 1601, August. Vindelic, in-4°, p. 54, une note plus dé- 
taillée deNunnesius. 

(2) Explication peu claire, presque inintelligible. Il n'y a aucun rap- 
port entre le nom de Tléxpa ou IleTpy), bourgade corinthienne où était 
né Cypselus, et la fontaine dont il est question ici, de même que dans 
un des oracles rapportés par Hérodote, et qui est fort connue sous le 
nom de ITstprivr) ; il fallait donc rétablir ce mot dans le texte d'Alexan- 
dre d'Étolie, et c'est ce qu'ont fait les éditeurs de Parthenius. Brunck, 
tout en laissant dans le texte des Analecta JleTpYJvriç, mit pourtant 
cette note : « V. 8. Scrib. IleipiQvriç, notus fons in Corinthi arce, etc. » 
11 est étonnant qu'il n'appuie pas "sa conjecture sur l'autorité d'Héro- 
dote. 

(3) V. la note de Brunck dans les Aiiaîecta : elle contient une in- 
génieuse critique de la leçon proposée par Pierson Stà [jièv xaXàv r^pixsv 
ouaov. Jacobs, Anth. gr. Animadv., vol. I, part. post. p. 242, préfère 
vsffov àveXx6[i.evoç [xià {xèv xâXov y)pixe «rauvov, siiula aurea, cum eam 
imper ex puteo attraherem funem putrescentem et minus adeo firmum 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 161 

Un seau d'or aiant été dans ce moment descendu dans le 
puits pour puiser de l'eau, comme on le remontoit, a rompu 
par son poids la corde a laquelle il etoit suspendu, Tw oyxtj) 
SiTipixs TÔv xà)vOv. On ne trouve aucun sens dans ce passage 
tel que le présentent les éditeurs. 

Je serois bien embarrassé de dire dans quel tems Pha- 
Isecus qui termine cette feuille a vécu : il me paroit as- 
sés ancien, et s'il y a anachronisme, il n'est pas considé- 
rable. Son étendue convenoit parfaitement a la place que 
je lui ai donnée. 

La reclame vous annonce, Monsieur, que vous verres 
dans la première feuille les hymnes de Callimaque. Le 
poète Moschus n'est pas tout a fait étranger a l'Antholo- 
gie. L'epigramme sur l'Amour labourant se trouve dans 
Brodeau p. 469. La troisième pièce intitulée l'Amour fugi- 
tif s'y trouve aussi p. 54. 

Vous rendes justice. Monsieur, aux soins que je me 
donne pour rendre cette édition ci aussi correcte qu'il 
m'est possible. Vous avés déjà reçu huit cartons : dans 
peu de jours vous en recevrés quatre autres, et ce ne 
sera pas encor la tout. Dans la feuille précédente p. 401, 
on a imprimé vers 24, oii'Xxa pour to).xa : l't. est très près de 
l'w; j'ai pris cet i dans les épreuves que j'ai corrigées pour 
du barbouillage. L'imprimeur a remarqué la faute en dis- 
tribuant les caractères, après que la feuille a été tirée, et 
il m'en a fait apercevoir. Il y aura encor un carton pour 
ce feuillet. Je ne veux pas laisser subsister une seule faute 
qui puisse occasionner de l'embarras au lecteur. Si, 
comme vous pensés que cela eut été nécessaire, il y avoit 
a coté du grec une version latine, les mots sulcum secat fe- 
roient connoitre que c'est cJiXxa qu'il faut lire. Puisqu'il 
n'y a pas de latin pour diriger l'intelligence du lecteur, il 

fJisrupit ; il emprunte veïov à Pierson et xaXov à Brunck. Heine 
(Parth,, éd. de 1798) donne Nûv by' àvsXx6(xtvo; Sià (xàv xaXov fjptxe 
voOffov ; mais vûv 6^ ne le satisfait qu'à moitié, et dans une note il 
propose 8t t^iv. C'est le cas dire ici avec Brunck : « Pênes eruditos ju- 
diûiura este. » 

11 



162 MÉMOIRES ET NOTICES. 

faut que la correction en tienne lieu. Tout lecteur sera 
dans le cas de faire comme on a fait jusqu'ici, de cher- 
cher du secours dans les grammairiens et dans les diction- 
naires lorsqu'il sera arrêté. Les versions a coté du texte, 
toutes très plattes, et la plupart très infidèles, ont beau- 
coup nui a la science. Je vous promets cependant, Mon- 
sieur, que si je fais une seconde édition, j'en mettrai une. 
Ce sera cette seconde édition la qui, ace que j'espère, ap- 
prochera autant de la perfection que la foiblesse humaine 
le permet. Vous y verres aussi les vers chiffrés, comme 
vous le désirés. J'y avois bien pensé, et j'aurois voulu 
donner cette commodité au lecteur, mais remarqués, si 
vous voulés bien, que la marge ne me Ta pas permis. La 
seconde édition sera toute in-4° (1). Il ne faut pas encor 
trop l'annoncer, parce que cela pourroit faire du tort a 
celle ci ; il est juste que je retire mes avances qui ne lais- 
seront pas d'être considérables. Je proteste que je ne ga- 
gnerai pas la valeur d'un sol, et je serai en état d'en don- 
ner la preuve. Mais il ne faut pas que je sois la dupe de la 
belle passion que j'ai pour le grec. Si j'avois été, avant de 
commencer, aussi au fait des détails typographiques que je 
le suis actuellement, si j'avois vu dans mon projet les dé- 
fauts que je reconnois dans l'exécution, que j'eusse voulu 
les éviter tous, et faire d'abord ce que je compte faire 
pour la seconde édition, il auroit fallu faire une avance de 
vingt mille francs, et je vous avoue franchement que je ne 



(1) Cette édition n'a pas été faite. Brunck donna àpart, en 1784, 
in-8°, sous le titre 'H8ix7^ TïoiYjffiç sive Gnomici Poetae grœci, tous les 
poëtes moralistes qui avaient trouvé place dans les Analecta, et, de 
plus, Théognis et Hésiode. C'est le seul recueil qu'il ait publié avec les 
Analecta. Il y a joint des traductions en vers latins, la plupart de 
Grotius, et des notes philologiques sous le titre de Varix lectiones, 
notée et emendationes. — Jacobs^ dix ans plus tard, 1794, commença 
de publier à Leipsig , sous le titre d'Anthologia grseca, une nouvelle 
édition des Analecta de Brunck, dont il retrancha à peu près tout ce 
qui n'appartient pas à l'Anthologie, teste t. I-IV; indices V; Ani- 
madv. VI-XII. Addenda et Paralipomena, XÏII (ISii). 



LETTRES INÉDITES DE BRUNCK. 1G3 

suis pas assés riche pour cela. Je compte pour la seconde 
édition ne fournir que mon travail ; tout ce que je pourrai 
faire pour l'amour des lettres sera de le donner gratuite- 
ment. 

Je m'apperçois, ^Monsieur, que j'ai oublié de vous indi- 
quer les sources ou j'ai pris les epigrammes de Phalaecus. 

La première est un fragment dont la fm manque : elle 
se trouve ainsi que les deux suivantes et la V. dans l'An- 
thol. ms. Vous avés la lY. dans Brodeau p. 365. 

Une lettre que M. l'abbé de Regemorte a receue hier de 
M. de Belle isle, m'apprend que Mgr. le duc d'Orléans a 
bien voulu m'agreer pour être chargé de la commission 
dont j'ai eu l'honneur de vous parler. Ainsi voila qu'il est 
décidé qu'il y aura un peu d'interruption dans mon tra- 
vail. Il paroit que M. de Belle isle ne juge pas qu'il soit 
nécessaire que j'aille prendre a Paris des ordres et des 
instructions; il propose au contraire d'apporter ici lui 
même tout cela. Jejcours grand risque de me tromper en 
n'étant pas de son avis ; mais il me paroit plus convenable 
que la perte de tems qu'entraine le voyage tombe sur moi 
que sur lui, et je pense que d'avoir pris en personne les 
ordres du Prince est une circonstance essentielle dont le 
défaut pourroit nuire dans le pays ou la négociation doit 
se faire. 

Je vous renouvelle, Monsieur, etc. 



LE PLAIDOYER D'ISEË 

SUR 

LA SUCCESSION D'ASTYPHILE 

Traduit et aniNOté par E. Caillemer. 



I. 



Le neuvième plaidoyer d'Isée, que nous allons traduire, 
mérite de fixer l'attention des juristes ; car il leur permet 
de constater et d'affirmer une similitude notable entre le 
droit hindou, le droit attique et le droit romain. 

Les lois de Manou disent que l'adopté n'a pas le droit 
de succéder à son père naturel, qu'il est sorti de sa famille 
d'origine, qu'il est entré dans la famille de l'adoptant (1). 

Les interprètes du droit romain classique, antérieur h 
Justinien, ne s'expriment pas autrement. L'adopté, disent- 
ils, entre dans la famille de l'adoptant, et, comme nul ne 
peut appartenir à la fois à deux familles, il sort de sa fa- 
mille originaire. Il perd dans celle-ci tous les droits de 
succession qu'il acquiert dans celle de l'adoptant (2). 

La même règle est nettement formulée dans notre dis- 
cours : OOSelç yàp 'Kwtcots èxTcoCvjTOÇ ysvd^svoç Ix^^YjpovdjjLYjas tou 



(1) Boissonade, Histoire de la réserve héréditaire, p. 37. 

(2) L. 10, Code, de Adoptionibus , 8, 48 ; cf. Institutes de Justinien, 
de AdôpiiotiibuSi § 2. 



IXe PLAIDOYER D'ISÉE. 



105 



oixo'j oÔ£v èçsTcoiY/jYj (1), règlc (jul Rous paraît incontestable, 
bien qu'elle ait été contestée par Hermann (2). 



IL 



Les historiens ne sont pas d'accord sur la date qu'il faut 
assigner à ce plaidoyer. Schœmann pense qu'il fut. pro- 
noncé vers 390 avant Jésus-Christ; Dobrée, vers 374; 
Blass, peu de temps après 371 ; Weissenborn, vers 369. 
Les inductions que l'on peut tirer du discours nous auto- 
risent à adopter la dernière opinion. 

Astyphile, dont les plaideurs se disputaient la succes- 
sion, avait fait, dit Isée, les campagnes de Gorinthe et de 
Thessalie ; il avait pris part à toute la guerre thébaine, et, 
lorsqu'il mourut, il servait comme volontaire dans une 
armée envoyée à Mytilène (3). 

La guerre de Gorinthe est évidemment cette guerre qui, 
commencée en 395, se termina en 387 par la paix d'An- 
talcidas. Xénophon nous apprend que les Athéniens furent 
représentés sur le champ de bataille de Gorinthe par six 
mille hoplites et par six cents cavaliers (4). S'il ne cite pas 
Astyphile parmi les combattants, il ne faut pas s'en éton- 
ner; car le grade d'Astyphile ne le mettait pas en évidence; 
il était seulement lo^ayd?, c'est-à-dire sous-officier (5) ou 
officier d'ordre inférieur. 

Quant à la guerre thébaine, ce fut probablement la 
guerre qui s'engagea, en 378 av. J.-G., entre Thèbes et 
Athènes d'un côté, et d'autre côté Sparte. Les Athéniens 
firent la paix en 374, dans un moment d'irritation contre 



(1) Infra, § 33; cf. § 2. Voir aussi Isée, de Aristarchi hereditate, 

§4. 

(2) Privataltert humer, 2" éd., § 65, note 21. Nou8 avons essayé de 
réfuter l'opinion d'Hermann dans VAn7iuaire de 1870, p. 28 et suiv. et 
dans la Revue de législation, 1874, p. 148 et suiv. 

(3) Voir les§§ 14 et 15 du discours. 

(4) Historia grœca, IV, 2. 

(5) Scholia in Aristophanem, Àchamenses, 1074^ D. p. 28. 



16C MÉMOIRES ET NOTICES. 

leurs alliés. Mais cette paix fut presque immédiatement 
rompue, et la guerre ne se termina réellement pour Athè- 
nes qu'en 371. 

Si Astyphile a fait toute la guerre thébaine (xôv ôriêaïxôv 
Trois [J.OV 6c7ravTa), s'il s'est ensuite associé à une expédition 
dirigée contre Mytilène, il n'est pas mort avant 370, et, 
comme le discours n'a été prononcé qu'après le retour à 
Athènes de ses compagnons d'armes, à une époque où le 
fils de Gléon était déjà depuis longtemps (uàlai) (1) en pos- 
session des biens d'Astyphile, il faut au moins descendre 
jusqu'à l'année 369. 

M. Schœmann préfère 390. C'est que, pour lui, les faits 
dont parle l'orateur sont tous contemporains de la guerre 
de Gorinthe. La guerre thébaine serait donc cette guerre 
béotique, dont parle Diodore (2), dans laquelle périt Ly- 
sandre, en 395 ; l'expédition de Thessalie aurait eu pour 
but d'arrêter Agésilas, lorsqu'il revenait d'Asie pour se- 
courir Sparte, en 394; l'expédition de Mytilène serait celle 
pendant laquelle mourut Thrasybule, en 390. — Mais il 
est peu vraisemblable que l'orateur, qui parle de toute la 
guerre thébaine, n'ait eu en vue que la courte campagne 
de Béotie, prélude de la guerre de Gorinthe ; il fait plutôt 
allusion à la longue guerre, dans laquelle Thèbes joua un 
si grand rôle. Il serait d'ailleurs singulier que, dans l'ex- 
position des services d'Astyphile, Isée eût mentionné d'a- 
bord la bataille de Gorinthe (juillet 394) , ensuite celle de 
Goronée (août 394), puis celle d'Haliarte (395), bien que 
cette dernière soit antérieure aux deux premières. 

Quant àDobrée, s'il s'arrête à 374, c'est qu'il prend 
pour terme final de la guerre thébaine la paix éphémère, 
que l'entreprise de Timothée sur Zacynthe rompit au mo- 
ment même où elle venait d'être conclue. La guerre n'é- 
tait donc pas achevée en 374 ; elle dura jusqu'au mémo- 
rable congrès tenu à Sparte en juin 371. 

(1) Voir infra, § 4, 

(2) XIV, 81. 



IX» PLAIDOYER D'ISÉE. 167 

La date proposée par Weissenborn est donc la plus rap- 
prochée de la vérité; M. Blass lui-môine ne s'en écarte 
guère. 

Les éditions que nous avons consultées de préférence 
sont celles de M. Schœmann , Greifswald, 1831, et de 
M. Scheibe, Leipzig, 1860 (1). 



ARGUMENT. 

Astyphile et celui qui prononce le discours étaient frères 
utérins. A la mort d'Astyphile, un certain Gléon, son cou- 
sin germain, produisit un testament, en disant que ce 
testament était en faveur de son fils. Le frère d'Astyphile 
attaque le testament comme supposé. La question est une 
question d'appréciation. 

PLAIDOYER. 

L Citoyens, Astyphile, dont la succession fait l'objet de 
ce procès, était mon frère utérin. Il partit avec les soldats 
qu'Athènes envoyait à Mytilène et mourut [pendant la 
campagne]. 

Je vais m'efforcer d'établir devant vous les propositions 
que, sous la foi du serment, j'ai affirmées devant l'ar- 
chonte (2) : Astyphile ne s'est pas donné de fils adoptif ; il 

(1) Pour la critique littéraire, nous renvoyons à l'ouvrage récent de 
M. Blass, Die attische Beredsamkeit, t. II, 1874, p. 525 à 528, et surtout 
au beau livre de M. George Perrot, les Précurseurs de Démosthène. 

(2) "Ouep àvTa)iJi,o(Ta. — L'àvTW(Jio(ria était, à proprement parler, le 
serment que le défendeur prêtait au début de l'instance, en réponse à 
la TcpowtJLOffta, serment du demandeur. Mais plusieurs exemples prou- 
vent que les orateurs se servaient quelquefois du mot àvTW|xocria pour 
désigner, soit l'ensemble des serments du demandeur et du défendeur 
(à|x<pw{xoCTia, 5io)(xo(Tta), soit le serment du demandeur. Cf. Antiphon, 
/7i novercam, § 8, D. p. 2 ; Lysias, C. Payicleonem, § 13, D. p. 199; 
Isée, de Pyrrhi hereditate, § G, D. p. 250 , de Dicxogenis hereditate, 
§§ 1 et 4, D. p. 266; Démosthène, C. Macartatum, § 3, R. 1051, etc.. 



in8 MEMOIRES ET NOTICES. 

n'a pas disposé à titre gratuit de ses biens ; il n'a pas Jaissé 
de testament ; personne, enfin, ne peut invoquer sur la 
succession d'Astyphile de droits préférables aux miens. 

II. Gléon, contre qui je plaide, était cousin germain 
d'Astyphile dans la ligne paternelle. Le fils de Gléon, que 
celui-ci cherche à faire passer pour fils adoptif d'Astyphile, 
était par conséquent son cousin au cinquième degré (1). 
Mais le père de Gléon était entré par adoption dans une 
autre famille, et à cette famille appartiennent encore 
nos adversaires. Il n'y a donc aux yeux de la loi civile 

Ici, le plaideur étant demandeur , le mot àvTwixoo-ia est pris dans la 
dernière des acceptions que nous venons d'indiquer. Plus loin, § 34, 
l'orateur l'applique à rà{jt,cp(o[xo(yia. 

La loi qui imposait aux deux plaideurs, demandeur et défendeur, 
l'obligation d'affirmer par serment, dès le début de l'instance, leurs 
prétentions respectives , était justement condamnée par Platon , Le- 
ges, XII, éd. Didot, p. 485, 35 et suiv. Un législateur de bon sens 
supprimera, dit le philosophe , les serments auxquels sont soumises, 
dans les instances judiciaires, l'une et l'autre des parties. N'est-ce pas, 
en effet, une chose fâcheuse que, dans un pays oii il y a un si grand 
nombre de procès, on sache que presque la moitié des personnes 
avec lesquelles on vit habituellement est composée de parjures? 

Récemment, M. Philippi, Areopag und Epheten^ 1874, p. 89, a 
soutenu que tous les textes qui parlent de serments prêtés dans l'ins- 
truction des affaires jugées par les tribunaux ordinaires se rapportent 
exclusivement au demandeur. La loi l'aurait obligé seul à jurer, pour 
prévenir les attaques téméraires. — Il nous semble que M. Philippi 
tient trop peu de compte, non-seulement du texte de Platon que nous 
venons de citer, mais encore de quelques passages des orateurs (voir 
notamment infra, § 34) et des définitions des grammairiens. — M. Phi- 
lippi est d'ailleurs le premier à reconnaître que, dans l'instruction 
des çovixal ôîxai, l'accusateur et l'accusé prêtaient l'un et l'autre ser- 
ment (Démosthène, C. Aristocratem, §§ 63 et 69, Reiske, 640 et 643). 

(1) Le plaideur, quoiqu'il fût le frère utérin du défunt, c'est-à-dire 
parent au deuxième degré dans la ligne maternelle , aurait été, sans 
l'adoption dont il parle, exclu dans la succession «6 intestat par Cléon 
et par son fils, parents dans la ligne paternelle, bien que ceux-ci fus- 
sent seulement au quatrième et au cinquième degré. Car c'était seu- 
lement à défaut de TcotSeç àve^^iwv, cousins au cinquième degré, dans 
la ligne paternelle, que la loi appelait les parents maternels. 



IX« PLAIDOYER D'JSÉK. 109 

aucune parenlé entre eux et Astyphile (1). — Celte raison 
rendant impossible toute prétention de leur part à la suc- 
cession ab intestat d'Astyphile, ils ont, citoyens, fabriqué 
un testament, dont j'espère vous démontrer la fausseté, 
et ils font tous leurs efforts pour me dépouiller des biens 
de mon frère. 

III. Gléon, soit dans le passé, soit à l'heure présente, 
s'est toujours figuré que nul autre que lui n'aurait la suc- 
cession d'Astyphile. Aussi, dès qu'il apprit la mort d'As- 
typhile, profitant d'une maladie de mon père et de ce 
que j'étais retenu à l'étranger par mon service dans 
l'armée, il se saisit directement des fonds de terre [et des 
autres biens du défunt] , et, avant d'avoir obtenu de vous 
un envoi en possession, il déclara que tout ce qui avait 
été laissé par Astyphile était devenu la propriété de son 
fils (2). 

IV. Et cependant, quand les restes de mon frère fu- 
rent rapportés, cet homme, qui, depuis longtemps déjà 
agissait en fils adoptif du défunt, ne s'inquiéta ni de 
l'exposition du corps ni des funérailles. Ce furent les amis 
d'Astyphile et ses compagnons d'armes qui, voyant que, 
mon père était malade et que j'étais absent, exposèrent 
eux-mêmes le cadavre (3) et lui rendirent les honneurs 
funèbres prescrits par l'usage (^). Ils conduisirent même 

(1) Voir ce que nous avons écrit sur ce sujet dans la Revue de légis- 
lation, 1874, p. 148 et suiv.; cf. Annuaire de l'Association grecque, 
année 1870, p. 28 et suiv. 

(2) La saisine légale et le droit d'èixêaTeOeiv qui en était la consé- 
quence n'appartenaient qu'aux héritiers naturels dans la ligne di- 
recte descendante et aux enfants adoptés entre-vifs (Démosthène, C. 
Leocharem, § 19, R. 108G). Le fils de Cléon, lors même qu'il aurait 
été réellement adopté par testament, aurait donc dû, comme tous les 
autres successibles non saisis, adresser à l'archonte une demande 
d'envoi en possession (XtîÇi; ou èuioixaaia toù xXiQpou). Voir Isée, de 
Pyrrhi hereditate, § 60, D. p. 257, et infra, § 24. 

(3) Sur l'exposition des cadavres, voir Becker, Charikles, 2« édit., 
t. III, p. 90 et suiv. 

(4) Ta voji.t2;6(jLeva. — L'usage voulait que les plus proches parents 



170 MÉMOIRES ET NOTICES. 

mon père, tout souffrant qu'il était, au tombeau d'Asty- 
phile, certains que cette visite serait agréable aux mânes 
du défunt. Pour prouver ce que j'avance, j'invoquerai le 
témoignage des amis d'Astyphile qui assistèrent aux funé- 
railles (1). 

TÉMOINS (2). 

V. Ce n'est donc pas Gléon qui a donné la sépulture à 
Astyphile ; les témoignages que vous venez d'entendre le 
prouvent assez, et Gléon lui-même ne les démentirait 
pas. 

Lorsque je revins de l'étranger, j'appris que mes adver- 
saires jouissaient des biens de mon frère. Le fils de Gléon, 
disait-on, avait été adopté par Astyphile , et le testament 
contenant cette adoption avait été dposé chez Hiéroclès 
d'Héphsestia (3). Dès que j'eus entendu Gléon lui-même 

du mort, ses héritiers légitimes ou testamentaires, allassent visiter 
son tombeau et offrir quelques aliments à ses mânes, xo twv vexptôv 
àpt(TTOv (Scholia in Aristophanem, Lysistrata, v. 612, D. p. 256). Les 
jours spécialement consacrés à ces visites étaient le troisième et le 
neuvième jour après les funérailles (Isée, de Menedis hereditate , 
§ 37, D. p. 248; de Cironis hereditate, § 39, D. p. 297). Chaque année, 
l'anniversaire de la mort était célébré par un nouvel èvàyiap-a (Isée, 
de Meneclis hereditate f% i&, D. p. 249).— Lorsque l'héritier était em- 
pêché, par son âge ou par son absence, de se conformer à son devoir, 
il était suppléé par son tuteur (Isée, de Cleonymi hereditate, § 10, D. 
p. 237), ou, comme dans le cas qui nous occupe, par quelqu'un de ses 
parents ou de ses amis. 

(1) Schœmann, ad Isœum, p. 409 et suiv. 

(2) On sait que les témoins ne déposaient pas oralement devant les 
tribunaux ; un greffier donnait lecture aux juges des témoignages re- 
cueillis pendant l'àvocxpiffi; par le magistrat instructeur. Mais, avant 
que cette lecture eût lieu, l'orateur invitait les témoins à venir se pla- 
cer auprès de lui, et à confirmer expressément ou tacitement leur dé- 
position. Cette invitation était l'àvaêiSao-fAÔç xwv (xapTuptov (voir infra, 
§§ 28 et 30). 

(3) Le testateur pouvait garder son testament chez lui ; mais sou- 
vent, par prudence, il le déposait chez un tiers, un parent ou un ami. 



IXe PLAIDOYER D'ISÉE. 171 

tenir ces propos, je me rendis chez Hiéroclès. Je savais 
bien qu'il était très-intimement lié avec Gléon; VI. mais 
je ne croyais pas qu'il pût avoir l'audace de mentir, quand 
il s'agissait d'Astyphile, d'un mort, alors surtout qu'il 
était mon oncle et l'oncle d'Astyphile (1). Et pourtant, ci- 
toyens, Hiéroclès, ne tenant compte d'aucune de ces rai- 
sons, me répondit, quand je l'interrogeai, qu'il était dé- 
positaire du testament. Il ajouta qu'il avait reçu cette 
pièce d'Astyphile au moment où celui-ci allait s'embar- 
quer pour Mytilène. Pour établir que tel fut le langage 
d'Hiéroclès, greffier, lisez-moi cette déposition. 

TÉMOIGNAGE. 

VII. Puisque, citoyens, aucun de mes proches n'était 
près de mon frère lorsqu'il mourut; puisque j'étais moi- 
même éloigné de l'Attique lorsque ses restes furent rap- 
portés à Athènes, me voilà donc obligé de rechercher, 
dans les allégations mêmes de mes adversaires, les preuves 

ou même dans les archives d'un magistrat (Isée,rfe Cieo7îymi fiereditate, 
§ 14, D. p. 238 ; de Phîloctemonis hereditate, § 7, D. p. 274). Le testa- 
teur avait d'ailleurs le droit de reprendre son testament quand il le 
voulait (àvaipeTaôai triv StaÔTQxriv), sans être astreint à remplir aucune 
formalité. — Il faut bien se garder de considérer comme synonymes les 
expressions àvatpeTv tyiv 8ta6Tnxr,v et àvaipeTaOai Trjv otaO^xrjv ; la pre- 
mière signifie révoquer un testament; la seconde, retirer un testa- 
ment des mains de la personne à qui on l'a confié (Isée, de Cleonymi 
hereditate, § 14, D. p. 238 ; de Philoctemonis hereditate, §§ 30, 31 et 32, D. 
p. 217 et suiv.). — C'était aussi par mesure de prudence qu'un testateur 
rédigeait quelquefois plusieurs exemplaires de son testament et les re- 
mettait à diverses personnes. Il est vrai qu'on lit dans Démosthène, C. 
Stephayium, II, § 28, R. 1137 : A'.aOyjxwv oOSsiçucoTiOTe àvTcypaça èTioiiQ- 
(TaTo. Mais des exemples nombreux prouvent (ju'il ne faut pas prendre 
cette proposition à la lettre. Voir Isée, de Apollodori hereditate, § 1, 
D. p. 283. 

(1) Théophraste, le père du plaideur, avait épousé la sœur d'Hié- 
roclès; cette sœur était alors veuve d'Euthycrate , le père d'Asty- 
phile. Hiéroclès était donc l'oncle maternel d'Astyphile et du plai- 
deur. 



172 MÉMOIRES ET NOTICES. 

de la fausseté du testament que, suivant eux, Astyphile a 
rédigé. 

A ne consulter que la raison, Astyphile a dû, non-seu- 
lement désirer laisser après lui un fils adoptif, mais en- 
core veiller à ce que son testament fût aussi inattaquable 
que possible. Il a dû tenir à ce que le citoyen qu'il choi- 
sissait pour fils recueillît toute sa fortune, à ce que ce 
citoyen fût chargé du culte des dieux domestiques, à ce 
qu'il rendît au testateur après sa mort et aux ancêtres du 
testateur tous les honneurs funèbres prescrits par l'usage. 

VIII. Astyphile n'ignorait pas que, pour obtenir tous 
ces résultats, il fallait surtout qu'il se gardât bien de faire 
son testament sans que ses proches fussent présents. La 
prudence lui commandait de convoquer d'abord ses pa- 
rents , puis les membres de sa phratrie et de son dème, 
enfin ses autres amis en aussi grand nombre qu'il le pour- 
rait. Grâce à ces précautions, si, plus tard, une autre per- 
sonne contestait les droits de l'adopté, en se fondant sur 
les liens du sang ou sur une libéralité, il serait facile de la 
convaincre de mensonge. 

IX. Il ne paraît pas cependant qu' Astyphile ait pris au- 
cune de ces mesures. Quand il a fait le testament allégué 
par nos adversaires, il n'a appelé aucun de ceux que je 
viens de nommer. Nos adversaires n'indiquent comme té- 
moins que des étrangers, qu'ils ont décidés à attester 
qu'ils étaient présents au testament. 

Je vais faire comparaître devant vous, pour que vous 
entendiez leur témoignage, tous ceux [qui auraient dû être 
appelés à la confection du testament, et qui cependant 
n'en ont pas connaissance.] 

TÉMOINS. 

X. Peut-être Cléon dira-t-il (1) que vous ne devez pas 

(i) M. Blass, Attische Beredsamkeit , t. II, p. 525, propose fort 
justement de lire çr^aei au lieu de <pYj<yî. 



IX» PLAIDOYER D'ISÉE. 173 

former votre conviction sur les dépositions de ces témoins ; 
car ils se bornent à attester qu'ils ignorent qu'Astyphile 
ait fait le testament qu'on lui prête. Eh bien ! il me semble 
à moi que, dans un procès qui a pour objet l'existence 
d'un testament et l'adoption comme fils d'un citoyen par 
Astyphile, le témoignage des parents d'Astyphile, affir- 
mant qu'ils n'ont pas assisté i\ l'un des actes les plus gra- 
ves de la vie, doit avoir beaucoup plus de poids à vos yeux (1 ) 
que le témoignage de personnes, complètement étrangères 
au testateur, venant déclarer qu'elles ont été présentes au 
testament. 

XI. Cléon lui-même, citoyens, Gléon, qui ne paraît pas 
manquer de jugement, aurait dû, quand Astyphile adop- 
tait son fils et faisait son testament, appeler tous les pa- 
rents qu'il savait être dans le pays, et toutes les autres 
personnes avec lesquelles, à sa connaissance , Astyphile 
était en relations, môme peu suivies. Nul, en effet, ne 
pouvait empêcher Astyphile de donner ses biens à qui il 
voulait les donner, et Gléon eût trouvé en sa faveur un 
grand témoignage dans ce fait que les dispositions testa- 
mentaires d'Astyphile n'auraient pas été clandestinement 
rédigées. 

XII. On peut ajouter, citoyens, que, si Astyphile avait 
voulu que personne ne sût qu'il adoptait le fils de Gléon 
et qu'il laissait un testament, l'acte n'aurait certainement 
mentionné le nom d'aucun témoin (2). Aussi, lorsque le 
testament a l'apparence d'un acte fait en présence de té- 



(1) Nous croyons que le sens exige ûjuv au lieu de i^|xTv. 

(2) Le testateur avait le choix entre trois partis : 1° Tenir caché pen- 
dant sa vie, non-seulement le nom de son héritier, mais encore le 
testament lui-même ; alors il testait seul, et le testament ne mention- 
nait la présence d'aucun témoin ; — 2» Tenir caché le nom de l'héri- 
tier, sans dissimuler l'existence du testament; alors il appelait des 
témoins, mais il se bornait à leur présenter l'acte et à y inscrire leurs 
noms, sans leur en donner lecture (Isée, C. Nicostratum, ^ 13, D. 
p. 262) ; — 3° Le plus souvent, le testateur, en présentant son testa- 
ment aux témoins, leur en indiquait le contenu. 



174 MÉMOIRES ET NOTICES. 

moins, mais de témoins pris au hasard au lieu d'être choi- 
sis parmi les personnes que le testateur voyait le plus 
souvent, comment est-il possible d'admettre que le testa- 
ment soit authentique? XIII. Je ne crois pas, en effet, que 
jamais un citoyen, au moment où il se donnait un fils 
adoptif, ait osé appeler d'autres témoins que ceux à qui 
il voulait, en prévision de l'avenir, laisser un continuateur 
de sa personne (1) dans leur association religieuse et ci- 
vile (2). Nul d'ailleurs ne doit rougir d'appeler, pour as- 
sister à de pareils testaments, le plus grand nombre pos- 
sible de témoins, puisque la loi permet au citoyen de 
donner sa fortune à qui il veut la donner (3). 

XIV. Remarquez encore, citoyens, l'époque à laquelle 
mes adversaires placent la confection du testament. Ils 
disent, en effet, qu'Astyphile était sur le point de s'em- 
barquer avec l'armée pour Mytilène lorsqu'il a fait les 
dispositions testamentaires qu'ils invoquent. — Il semble- 
rait, à les entendre, qu'Astyphile a eu le pressentiment 

(1) Nous avons préféré à la leçon des manuscrits ouauep... xoivw- 
voùç... ep-eXXe xaxaXtTreïv, conservée par rédition C. Millier, dans la Bi- 
bliothèque grecque de Didot, la correction de Schœmann , de Do- 
brée et de Scheibe : olaTrep :.., xôivwvov x. t. "k. 

(2) L'adopté devenait membre de la phratrie (association religieuse) 
et du dème (association civile) de l'adoptant. Son nom était inscrit par 
les çpatopeç sur le xotvôv Ypa[ji,{jLaTeTov, à l'époque de la fête des Thar" 
gélies (Isée, de Ajjollodori hereditate , §§15-17, D. p. 285), et par les 
ÔYlfjLOTat sur le Xïi^iapxixôv Ypa(X[jLaT£Tov, au moment où le dème procé^ 
dait à l'élection de ses magistrats, èv àpj^aipeaiat; (Isée, de Apoliodori 
hereditate, %% 27-28, D. p. 287; Démosthène, C. Leocharem, §35, R. 
p. 1091). Cette inscription avait lieu à la requête de l'adoptant, dans 
le cas d'adoption entre-vifs ; à la requête de l'adopté ou de ses repré- 
sentants juridiques, dans le cas d'adoption testamentaire. 

(3) SoXwv lÔYixs vofxov èÇeïvai Soûvai xà éauToO, ^ àv tiç pouXriTai, èàv 
fi,9i TiàîSsç toCTi yvTQffiot (Démosthène, C. Leptinem, § 102, R. 488). Cette 
loi est une de celles auxquelles les orateurs font le plus d'allusions. 
Voir les textes cités dans notre Etude sur le droit de tester à Athènes^ 
Annuaire de l'Association pour l'encouragement des études grecques, 
1870, p. 22 et suiv. Cf. Boissonade, Histoire delà réserve héréditaire^ 
1873, p. 39 et suiv. 



IX» PLAIDOYER D'ISÉE. 175 

de ce qui devait arriver. Car il avait précédemment fait 
partie de l'armée de Gorinthe, plus tard de celle de Thes- 
salie, puis il avait fait également toute la guerre thébaine. 
Dès qu'il apprenait que la République levait des troupes 
pour une expédition, quel que fût le lieu où elle les en- 
voyait, il partait toujours avec le grade de lochagos. Et 
cependant il n'y a pas une seule de ces campagnes à l'oc- 
casion de laquelle il ait laissé un testament. Sa dernière 
expédition fut celle de Mytilène, durant laquelle il mou- 
rut. 

XV. Eh bien ! Ceci paraîtra-t-il croyable à un seul d'en- 
tre vous? Cet Astyphile, qui avait fait précédemment d'au- 
tres campagnes, sachant bien que dans toutes il devait 
courir des dangers, s'est merveilleusement mis d'accord 
avec la Fortune! Lui, qui jusque-là n'avait jamais disposé 
d'un seul de ses biens, à la veille de sa dernière expédi- 
tion, alors qu'il s'embarquait comme volontaire et devait 
plus que jamais espérer revenir sain et sauf, il a laissé un 
testament, puis il s'est embarqué et il est mort ! Comment, 
je le répète, faire admettre un pareil récit? 

XVI. Ces raisons ne sont pas les seules, citoyens juges. 
Je vais vous donner des preuves encore plus manifestes 
que rien dans le langage de mes adversaires n'est con- 
forme à la vérité. 

Je vais vous montrer que Cléon n'avait pas d'ennemi 
plus déclaré qu'Astyphile. Celui-ci le détestait tellement, 
et à si bon droit, que, s'il eût fait un testament, c'eût été 
pour défendre à tous ses proches d'adresser la parole à 
Cléon, bien plutôt que pour adopter le fils de Cléon. 

XVII. En effet, citoyens, Thoudippos, père de mon ad- 
versaire Cléon, avait été, dit-on, cause de la mort d'Euthy- 
crate, père d'Astyphile. Une querelle s'était élevée entre 
eux à l'occasion du partage d'un fonds de terre. Thoudip- 
pos frappa Euthycrate; il le frappa si violemment qu'Eu- 
thycrate tomba malade par suite de ses blessures et mou- 
rut peu de jours après. 

XVIII. La vérité de ce que j'allègue pourrait sans doute 



176 MÉiMOlRES KT NOTICES. 

être attestée par beaucoup d'habitants du dème d'Ara- 
phénia et de gens qui se livraient alors en commun aux 
travaux des champs. Je crains cependant de ne pouvoir 
produire devant vous de témoignages bien précis sur un 
fait aussi grave. — Ainsi, Hiéroclès, celui-là même qui dit 
que le testament d'Astyphile est déposé chez lui, a vu 
Thoudippos frapper Euthycrate ; il ne voudra pas , je le 
sais, affirmer comme témoin des faits qui sont en contra- 
diction avec le testament qu'il produit. — Eh bien ! malgré 
tout, appelez Hiéroclès, afin qu'il dépose en présence de 
nos juges, ou qu'il déclare sous la foi du serment qu'il 
n'a rien à dire. 

TÉMOIGNAGE, AFFIRMATION D'IGNORANCE (i). 

XIX. Je ne m'étais pas trompé. C'est bien le fait du 
même homme, d'une part de jurer qu'on ignore des choses 

(1) 'E|a)|xoarCa. — La loi athénienne regardait comme un devoir 
pour tout citoyen, lorsque son témoignage était requis, de déposer en 
justice sur les faits dont il avait connaissance. C'était à peine si elle 
exceptait de cette obligation les plus proches parents des parties (Dé- 
mosthène, C. Timotheum, § 38, R. 1195). Les juges eux-mêmes pou- 
vaient être appelés en témoignage ; seulement ils devaient s'abstenir 
ensuite de prendre part au jugement de l'aifaire (Platon, Leges, XI, 
D. p. 478, 53). 

Pour assurer l'accomplissement de ce devoir, le législateur astrei- 
gnait le témoin, régulièrement assigné, à déposer ou à affirmer, sous la 
foi d'un serment solennel (Xaêwv xà lepà, Lycurgue, C. Leocratem, § 20, 
D. p. 4), qu'il n'avait aucune connaissance des faits sur lesquels il était 
interrogé ({jiapTupeTv -î^ £$o[xvu£iv, Démosthène , de Falsa Legaiione^ 
§ 176, R. 396; C. Stephanum, I, § 60, R. 1119; C. Theocrinem, § 7, 
R. 1324; C. Neœram, § 28, R. 1354; Eschine, C. Timarchum, § 47, 
D. p. 38; Platon, Leges, XI, D. p. 478, 47). L'è^wp-oTia était donc une 
affirmation solennelle d'ignorance {BeVkev ,Anecdota grseca, I, 188, 26. 
Suidas, s. v. èÇofjLocjacrOai, éd. Bernhardy, p. 325, suppose à tort que 
ré$(0{ji.o<Tia était imposée seulement à celui qui, après avoir promis son 
témoignage, refusait de tenir sa promesse). 

Le témoin, qui refusait tout à la fois la {laptupCa et ri^cofioaîa, était 
immédiatènieût sommé par un héraut de se conformer à son devoir 



IX» PLAIDOYER D'ISÉE. 177 

dont on est parfaitement instruit, et d'autre part de cher- 
cher à faire croire à des choses imaginaires , d'affirmer 
même qu'on sait qu'elles sont arrivées. 

Quoi qu'il en soit, quand Euthycrate, le père d'Astyphile, 
mourut, il prescrivit à ses parents de ne jamais permettre 
à aucun membre de la famille de Thoudippos d'approcher 
de son tombeau. Je vais vous fournir sur ce point le té- 
moignage du mari de la tante d'Astyphile. 

TÉMOIGNAGE. 

XX. Astyphile tout enfant recueillit ces détails de la 
bouche du témoin que vous venez d'entendre et de ses 
autres parents. Aussi, depuis le jour où il a atteint l'âge 
de raison, jamais il n'a eu de rapports avec Gléon ; il est 
mort sans lui avoir môme adressé la parole. Il ne croyait 
pas qu'il fût convenable, quand Thoudippos s'était rendu 
coupable d'un si grand crime contre son père, d'avoir des 
relations avec le fils du criminel. Pour prouver que tou- 
jours Astyphile fut l'ennemi de Gléon, je vais produire 
devant vous des témoins bien renseignés. 

TÉMOINS. 

XXI. Dans les sacrifices, qui sont pour les autres Athé- 
niens une occasion de prendre en commun leurs repas, il 
eût été naturel qu'Astyphile , toutes les fois qu'il était 
dans le pays, choisît pour compagnon Gléon de préférence 
à tout autre ; car ils appartenaient au même dème ; ils 
étaient de plus cousins germains, et, [d'après nos adver- 

(xXT)Teueiv), et, s'il persévérait, condamné à une amende de mille drach- 
mes (PoUux, VIII, 37; Harpocration, s. v. x^yittjpe;). 

L'è$w(xo(jia, dans tous les exemples qui sont parvenus jusqu'à nous, 
eut lieu devant le tribunal (évavTÎa Twvoixaaxwv), et non devant le ma- 
gistrat instructeur pendant ràvàxpi(Ti<;. Démosthène autorise, il est vrai, 
Vè^ui\Loc(iaL devant un disetëte ou arbitre {C. Aphobum, III, § 20, R. 850) ; 
mais les disetètes cumulaient les fonctions d'instructeurs et déjuges. 

12 



178 MÉMOIRES ET NOTICES. 

saires], Astyphile devait adopter le fils de Cléon. Cepen- 
dant jamais Astyphile n'alla avec Cléon. On va vous don- 
ner lecture du témoignage des membres du dème. 

TÉMOIGNAGE. 

XXII. Voilà donc en quels termes Cléon était avec le 
défunt, et, malgré cela, il lui semble convenable que son 
fils hérite des biens d' Astyphile ! Mais pourquoi parler 
plus longtemps de Cléon? 

Hiéroclès, l'oncle d'Astyphile et le mien, est assez au- 
dacieux pour venir produire un testament supposé, et il 
prétend que ce testament lui a été laissé par Astyphile. 
XXIII. Ainsi donc, Hiéroclès, toi qui as reçu de nombreux 
bienfaits de Théophraste, mon père, et d'Astyphile, alors 
que tu étais dans une condition plus mauvaise que celle 
dont tu jouis aujourd'hui, tu ne rends ni à l'un ni à l'au- 
tre de tes bienfaiteurs la reconnaissance que tu leur dois. 
Moi, qui suis le fils de Théophraste et ton propre neveu, 
tu me dépouilles de ce que les lois m'ont accordé. Tu at- 
tribues à Astyphile, que la mort a frappé, des volontés 
qu'il n'a pas manifestées ; tu fais tout ce qui est en ton 
pouvoir pour lui donner comme héritiers ses plus mortels 
ennemis ! 

XXIV. Avant qu'aucune demande d'envoi en posses- 
sion (1) eût été formée, citoyens, Hiéroclès, bien qu'il sût 



(1) AtjÇiçToû xXiQpoy. — Nous avons vu plus haut, §3, que les héri- 
tiers , autres que les descendants naturels et les adoptés entre- vifs, 
n'avaient pas la saisine légale; ils étaient obligés d'adresser au ma- 
gistrat compétent, l'archonte éponyme ou le polémarque, une demande 
d'envoi en possession. C'était cette demande que les Athéniens appe- 
laient ÀYÎçiç Toû xÀTQpou et quelquefois èTrtStxaata toû xXr,pou. 

L'archonte éponyme, s'il s'agissait de la succession d'un citoyen, et, 
s'il s'agissait de la succession d'un étranger, le polémarque, faisaient 
transcrire cette Xïî^tç sur le tableau ((raviç, Xeuxwfxa) exposé dans leur 
àpxsîov. Cette demande était ensuite publiée par un héraut dans l'as- 
semblée du peuple, avec invitation, à tous ceux qui croyaient avoir des 



IXe PLAIDOYER D'ISÉE. 179 

parfaitement que nul autre que moi ne devait avoir les biens 
d'Astyphile, allait trouver, les uns après les autres, tous 
les amis de mon frère. Il offrait à prix d'argent ses services 
et engageait des personnes, qu'aucun lien de parenté ne 
rattachait au défunt, à élever des prétentions à sa succes- 
sion. Il disait qu'il était l'oncle d'Astyphile, et que, si 
quelqu'un consentait à partager avec lui, il affirmerait que 
son neveu avait déposé entre ses mains un testament [en 
faveur de cette personne]. Il a fini par s'entendre avec 
Cléon, qui lui a promis une part des biens de mon frère. 
Et maintenant, il viendra soutenir qu'on doit ajouter 
foi à ses paroles, et qu'elles sont l'expression de la vérité. 
Je crois môme que, si quelqu'un lui déférait le serment, 
il jurerait sans hésitation. 

XXY. Lorsque moi, qui suis son parent, je lui demande 
d'attester des faits réellement arrivés, il me refuse son 
témoignage. En revanche, pour favoriser un homme qui 
lui est complètement étranger, il s'associe à des men- 
songes ; il produit un acte dans lequel sont allégués des 
faits qui n'ont jamais eu lieu. C'est qu'il juge beaucoup 
plus avantageux pour lui d'accroître sa fortune que de 
défendre en moi son parent. 

Pour prouver qu'Hiéroclès est allé en maint endroit 
promettre d'exhiber un testament, pourvu qu'on parta- 
geât avec lui, je vais vous faire entendre le témoignage 
même des personnes auxquelles il s'est adressé. 

TÉMOINS. 
XXVI. De quel nom, citoyens, faut-il donc appeler cet 

droits égaux ou supérieurs à ceux du postulant, de s'opposer à l'envoi : 
efTc; àjxiftdêriTeTv ri irapaxaTaêdtXXecv poûXexat toÛ xXiQpou toO 5eîvo; yj 
xatà Yévo; YJ xarà 6ta0r,xa; (Démosthène, C. Macartatum, § 5, R. 1051). 
A défaut d'opposition dans un délai déterminé, le magistrat adju- 
geait la succession au postulant (éwStxàileiv t6v xXtîpov). Dans le cas 
contraire, un procès régulier s'engageait sur le point de savoir qui 
devais triompher (6ia5ixa<T(a toû xXiQpov). 



180 MÉMOIRES ET NOTICES. 

homme, qui, pour réaliser des bénéfices, se décide si ai- 
sément à attribuer aux morts des volontés qu'ils n'ont pas 
exprimées? Le fait, qui vient d'être attesté, qu'Hiéroclès 
ne communique pas gratuitement à Gléon le testament que 
celui-ci invoque, et qu'Hiéroclès reçoit le prix de son ac- 
tion, ne sera pas à vos yeux une preuve de peu d'impor- 
tance. 

Voilà donc ce que, d'un commun accord, ils complo- 
tent contre moi ; chacun d'eux regarde comme une bonne 
aubaine tout ce qu'il pourra prendre des biens d'Asty- 
phile. 

XXYII. Je vous ai montré , le mieux que je l'ai pu , 
que le testament est supposé, et que Gléon et Hiéroclès 
cherchent à vous tromper. Je vais maintenant vous prou- 
ver que, quand bien même aucun lien ne me rattacherait 
à Astyphile, il serait encore plus juste de m'attribuer ses 
biens que de les donner à mes adversaires. 

Lors, en effet, que mon père Théophraste reçut en ma- 
riage des mains d'Hiéroclès ma mère, qui était déjà mère 
d'Astyphile, elle amena avec elle chez mon père ce fils, 
qui était encore tout jeune. Astyphile vécut toujours près 
de nous, et mon père se chargea de son éducation. 

XXVin. Après ma naissance, lorsque je fus en âge de 
prendre des leçons, nous reçûmes, Astyphile et moi, les 
mêmes enseignements. Tenez, [greffier], lisez-moi ce té- 
moignage ; lisez-moi aussi la déposition des maîtres qui 
nous instruisirent l'un et l'autre. 

TÉMOIGNAGES. 

Quant au fonds de terre qu' Astyphile avait recueilli 
dans la succession de son père, c'était, citoyens, mon père 
qui le cultivait. Il y fit des plantations et en doubla la va- 
leur. Approchez-vous de moi, témoins qui devez déposer 
sur ces faits. 



\X' PLAIDOYER D'ISÉE. 181 



TEMOINS. 

XXIX. Lorsque mon frère fut jugé digne d'être inscrit 
sur le registre civique (1), mon père lui restitua, comme 

(1) *Eiiet Toivuv è5oxt{jLàaOyi 6 àoeXço;.... Quelle est cette 6oxt{ta<jîa 
dont parle l'orateur? 

Quelques savants, notamment Bœhnecke, enseignent que l'Athénien 
du sexe masculin était, au moment de l'adolescence, soumis à deux 
épreuves successives. La première, subie devant les membres de la 
phratrie, avait pour but de constater si le jeune homme était pubère ; 
elle était suivie d'une déclaration de majorité qui mettait fin à la tu- 
telle ; l'enfant devenait alors un homme (el; àv5pa; èy^paçin). L'année 
suivante, les membres du dème se réunissaient pour examiner si le 
jeune Athénien, déjà depuis longtemps pubère et majeur, devait être 
admis au nombre des citoyens; quand le résultat de l'enquête lui était 
favorable, il était inscrit sur les registres du dème (el; tô Xr,$tapxtx6v 
YpaaaaTsTovèYYpû^?^)- — Les partisans de cette doctrine ne doivent pas 
hésiter à dire que l'orateur a en vue, dans le § 29, la première ôoxt- 
[xaffîa, celle qui avait lieu devant les membres de la phratrie. 

Nous croyons que l'opinion de Bœhnecke est complètement erronée. 

Il est bien vrai que les enfants devaient être présentés aux membres 
de leur phratrie (elc-ayeTv elç toùç çpdtTopaç). Mais cette présentation 
avait lieu habituellement à l'époque de la fête des Apaturies qui sui- 
vait la naissance, et elle ne pouvait évidemment pas avoir pour résul- 
tat la constatation de la puberté. Son but était d'acquérir la certitude 
que l'enfant était le fruit d'un légitime mariage (Isée, de Ci7'07iis he- 
reditate, § 19, D. p. 293). Quand les membres de la phratrie jugeaient 
la déclaration sincère, ils inscrivaient l'enfant sur le xùivàv Ypa|X(jLa- 
TsTov, ou registre de la phratrie. 

Plus tard, l'événement de la puberté était peut-être l'occasion de 
fêtes et de sacrifices, auxquels prenaient part les çpaTope;. Mais il n'y 
avait pas d'enquête ni d'inscription sur le registre, et par conséquent 
ce ne peut être aune ôoxifxafffa relative à l'î^êri que l'orateur fait allusion. 

Il ne peut avoir en vue que la ôoxi(i.affîa qui précédait l'inscrip- 
tion sur le XrjÇtapxtxèv ■^çci.[HLa.'ziioyf. C'était cette inscription qui éman- 
cipait l'enfant et qui lui donnait la disposition de sa fortune ; c'était 
elle qui faisait de lui un éphèbe et qui était le point de départ «lu 
délai de deux années, à l'expiration duquel il pouvait exercer les 
droits politiques. 

Nous pourrions citer plusieurs textes qui prouvent que la majori^ 



k 



182 MÉMOIRES ET NOTICES. 

le veulent la justice et les lois, tout ce qui lui appartenait, 
si bien que jamais Astyphile n'articula à ce propos de 
grief contre mon père. Ce fut aussi mon père qui, plus 
tard, maria à un époux de son choix une sœur consan- 
guine (1) d'Astyphile. Il lui rendit beaucoup d'autres ser- 
vices, et Astyphile ratifia toujours ce que mon père avait 
fait. Il trouvait, en efTet, que mon père lui avait assez 
prouvé sa bienveillance par la manière dont il l'avait 
élevé à côté de lui depuis sa plus tendre enfance. Vous 
allez entendre le témoignage (2) de personnes bien ren- 
seignées sur le mariage de la sœur d'Astyphile. 

ne commençait pas avant Tinscription sur le XïiÇiapxixov yç>ci.\i\i.a.7Êiov. 
Un seul nous suffira : « Tant que l'Athénien est encore enfant, ce 
n'est pas à lui personnellement que le législateur s'adresse; il parle 
à ceux qui entourent cet enfant, à son père, à son frère, à son tuteur, 
à ses maîtres, en un mot à ceux sous la puissance desquels il se 
trouve. Mais, lorsqu'une fois l'enfant est inscrit sur le Iri^Kx.çtyiv.bv YP^H-" 
{i-aTeTov, qu'il a étudié et qu'il connaît les lois de la République, qu'il 
peut discerner le bien du mal, le législateur ne prend plus alors d'in- 
termédiaire, il s'adresse directement à l'enfant... C'est 'quand on est 
inscrit sur le Xyi^iapxixov Ypa[X[xaTeTov qu'on devient maître de sa for- 
tune. » Eschine , C. Timarchum, §§ 18 et 103, D. p. 32 et 47; voir 
aussi Harpocration, s. v. ).r,$iapxtx6v, éd. Bekker, p. 120. 

Nous rechercherons ailleurs à quel âge et à quelle époque de l'an- 
née l'enfant était présenté aux membres du dème et inscrit sur le 
Xviliapxtxôv Ypa[jL(xaTetov. 

(J) Cette sœur, que le texte appelle àSeXçi?) ôjxoTiaTpia, était-elle seu- 
lement sœur consanguine d'Astyphile ? N'avait-elle pas pour mère, 
comme Astyphile, la sœur d'Hiéroclès, et ne devrions-nous pas l'ap- 
peler sœur germaine? Meier, Attische Process, p. 410, note 96, admet 
la première opinion. Platner, Process und Klageji bei clen Attikern, 
II, p. 251, et Schœmann, adlsâsum,/p. 422, adoptent la seconde. Cette 
dernière nous paraît la plus vraisemblable. Si la jeune fille n'eût pas 
été la fille de sa femme, pourquoi Théophraste se serait-il occupé de 
son établissement ? Le droit de la marier appartenait à Astyphile, 
son xupioç; mais Astyphile n'usa pas de ce droit et laissa Théophraste 
pourvoir, en qualité de beau-père, au mariage de sa belle-fille. 

(2) Les éditions donnent {jiapTupoûa-i ôà :^{jLtv ; mais la raison veut 
que l'on traduise [LQt.çx\jç)r\aou<ii 8k u|juv, correction proposée par 
Scheibe. 



1X« PLAIDOYER D'ISÉE. 183 



TEMOINS. 

XXX. Toutes les fois que mon père allait offrir un sa- 
crifice, il emmenait avec lui Astyphile, lorsque celui-ci 
était encore enfant, comme il m'emmenait moi-même (1). 
Il fît aussi admettre Astyphile dans les thiases d'Her- 
cule (2), afin d'être tous deux dans la même confrérie. Les 
membres des thiases vont attester ce fait devant vous. 

TÉMOINS. 

Voyez, d'un autre côté, comment, moi, j'ai vécu avec 
mon frère. D'abord, j'ai été élevé avec lui dès ma plus 
tendre enfance; ensuite, il n'y a jamais eu de différend 
entre nous. Bien loin de là, Astyphile me témoignait de 
l'afTection ; tous nos parents, tous nos amis le savent. Je 
veux qu'ils viennent ici vous apporter leur témoignage. 

TÉMOINS. 

XXXI. Eh bien ! maintenant, citoyens, vous semble-t-ii 
qu'Astyphile, qui éprouvait une si grande haine pour Cléon 
et qui avait reçu de si grands bienfaits de mon père, ait 

(1) Voir Isée, de Cironis hereditate, § 15. 

(2) Les thiases étaient, comme on le sait, des associations formées 
iiCi, leXeTYj xal tiiiifi 0ewv (Harpocration, s. v. ©îao-oç).— M. Foucart, dans 
un savant mémoire sur les Associations religieuses chez les Grecs, a dé- 
veloppé cette thèse que les divinités auxquelles les thiases rendaient 
un culte spécial étaient des divinités étrangères à la Grèce, lors même 
qu'elles portaient le nom des divinités nationales. Par conséquent, 
l'Héraklès qu'honoraient Théophraste et Astyphile ne serait pas l'Hé- 
raklès grec, mais le Baal Marcod des Tyriens (voir Loc. cit., p. 107 
et suiv.). Il nous semble que cette théorie, très-contestable dans sa gé- 
néralité, ne peut pas trouver ici d'application, et qu'il n'y a aucune rai- 
son pour soutenir que le dieu dont parle l'orateur n'était pas un dieu 
hellénique (cf. Dictionjiaire des antiquités grecques et romaines, s. v, 
Asebeia). 



184 MÉMOIRES ET NOTICES. 

pu vouloir adopter le fils d'un de ses ennemis et lui léguer 
sa fortune, en dépouillant ses bienfaiteurs et ses parents? 
Pour moi, je ne le croirais pas, quand bien même Hiéro- 
clès produirait dix fois des testaments supposés ; car , 
puisqu'Astyphile était mon frère et qu'il y avait entre 
nous une intimité complète, je resterais persuadé que mes 
droits sont bien supérieurs à ceux du fils de Gléon. 

XXXII. Les bienséances commandaient même âmes ad- 
versaires de ne pas élever de prétentions à la fortune d'As- 
typhile; vous savez, en effet, comment ils se sont conduits 
envers lui ; ils n'ont pas donné la sépulture à ses restes, et 
ils se sont mis en possession de sa fortune avant de lui 
avoir rendu les honneurs funèbres prescrits par l'usage. 

Mais, alors, ils vous diront peut-être qu'ils doivent suc- 
céder à Astyphile, non-seulement parce qu'ils invoquent 
un testament, mais encore parce qu'ils sont les plus pro- 
ches parents du défunt, Gléon étant le cousin germain 
d'Astyphile dans la ligne paternelle. 

XXXIII. Vous ne devez pas, citoyens, arrêter un seul 
instant votre esprit sur cette idée que Cl^on ferait partie 
de la famille du défunt. Jamais, en effet, un adopté n'a 
succédé dans la famille dont il est sorti par une adoption, 
à moins qu'il n'y soit ultérieurement rentré en se confor- 
mant aux lois (1).... 

Ces témoins (2) que je vous présente, [les membres de la 
phratrie à laquelle appartenait Astyphile], savent parfaite- 
ment que le fils de Gléon n'a pas été adopté par Astyphile. 
Ge jeune homme est souvent allé à eux, mais jamais ils 
ne l'ont admis au partage des victimes. Greffier, prenez 
ce témoignage. 

(1) Voir le développement de ce point dans VAnnuahe de 1870, 
p. 28 et suiv., et dans la Revue de législatio?i, 1874, p. 148 et suiv. 

(2) M. Blass, Attische Beredsamkeit , II, p. 526, pense qu'il y a ici 
une lacune. 



IX« PLAIDOYER D'ISÉE. 185 



TEMOIGNAGE. 



XXXIY. Eh bien ! donc, après avoir attentivement exa- 
miné les prétentions respectives, que nous avons appuyées 
de nos serments durant l'instruction, prononcez votre 
jugement. Gléon affirme que son fils a été adopté par As- 
typhile, et qu'Astyphile a manifesté ses volontés dans un 
testament. Moi j'affirme le contraire; je soutiens que tous 
les biens d'Astyphile m'appartiennent, parce que je suis 
son frère, ce que mes adversaires eux-mêmes savent par- 
faitement. 

Gardez-vous donc bien, citoyens, de donner pour fils à 
Astyphile une personne qu'il n'a pas adoptée pendant 
qu'il était de ce monde, et confirmez, en proclamant mes 
droits, les lois que vous avez établies. C'est en vertu de 
ces lois que j'agis en justice. Aucune demande n'est plus 
équitable, citoyens, que celle que je vous adresse, lorsque 
je vous prie de me déclarer héritier des biens de mon 
frère. 

XXXV. Je vous ai montré qu'Astyphile n'a disposé de 
sa fortune en faveur de personne, et, à l'appui de cha- 
cune de mes affirmations , j'ai produit des témoins. 
Venez donc à mon secours, et, si Gléon peut vous tenir un 
langage plus séduisant que le mien, que cela ne lui soit 
d'aucune utilité, puisqu'il n'a pour lui ni les lois ni la jus- 
tice. Érigez-vous en sages arbitres des intérêts de tous. 
Le but que vous poursuivez en vous réunissant ici, c'est 
d'empêcher que l'impudence ne soit une cause de succès ; 
c'est de donner aux plus faibles citoyens la hardiesse de 
faire valoir leurs prétentions, quand elles sont justes. 11 
faut, en effet, que tous sachent que votre unique souci est 
de découvrir de quel côté est la justice. 

XXXVI. Soyez donc tous avec moi, citoyens. Si, vous 
laissant persuader par Gléon, vous prononciez un juge- 
ment contraire à celui que je vous demande, voyez do 
combien de maux vous seriez responsables. Vous atlri- 



186 MÉMOIRES ET NOTICES. 

hueriez d'abord aux ennemis les plus déclarés d'Astyphile 
le droit d'aller à son tombeau et de prendre sa place pour 
le culte des dieux domestiques. Puis vous rendriez vaines 
les recommandations d'Euthycrate, le père d'Astyphile, 
ces recommandations qu'Astyphile n'avait jamais trans- 
gressées lorsqu'il est mort. 

Votre décision équivaudrait d'ailleurs à la constatation 
qu'Astyphile, que la mort empêche maintenant de se dé- 
fendre, n'était pas sain d'esprit. 

XXXVII. Car, s'il a adopté le fils d'un homme qui était 
son ennemi le plus déclaré, comment tous ceux qui ap- 
prendront cet acte ne jugeront-ils pas qu'il était fou ou que 
des philtres empoisonnés l'avaient privé de sa raison? 

Considérez encore, citoyens juges, que moi, qui ai 
grandi dans la même maison qu'Astyphile, qui ai été élevé 
avec lui, qui suis son frère, je vais être dépouillé de sa 
fortune par Cléon. 

Je vous supplie donc, je vous conjure de toute manière, 
de voter en ma faveur. En agissant ainsi, vous ferez l'acte 
le plus agréable à Astyphile, et vous ne serez pas injustes 
à mon égard. 



SUR 

LES COMMENTAIRES BYZANTINS 

RELATIFS AUX COMÉDIES DE MÉNANDRE, 
AUX POÈMES D'HOMÈRE. ETC. 

NOTICE ET TEXTES GRECS INÉDITS 

Par M. C. Sathas. 



En 1522, un helléniste vénitien, correcteur de Timpri- 
merie d'Aide Manuce, au milieu de l'enthousiasme géné- 
ral pour les études classiques, jeta un cri de désespoir ; il 
affirma que bon nombre des chefs-d'œuvre de la poésie 
grecque étaient pour jamais perdus, brûlés depuis bien 
longtemps par la main sacrilège des moines de By- 
zance (1). 

Cette assertion de Pierre Alcyonius parut alors assez 

(1) Voici en entier le fragment d'Alcyonius : « Audiebam etiam 
puer ex Demetrio Chalcondyla, Grœcarum rerura peritissimo, sacer- 
dotes Grsecos tanta floruisse auctoritate apud Caesares Byzantines, 
ut intégra (illorum gratia) complura de veteribus Grœcis poëmata 
combusserint, inprimisque ea ubi amores, turpes lusus, et nequitite 
amantium continebantur, atque ita Menandri, Diphili, Apollodori, 
Philemonis, Alexis fabellas, et Sapphus, Erinnse, Anacreontis, Mim- 
nermi, Bionis, AIcmanis, Alcœi carmina intercidisse : tum pro his 
substituta Nazianzeni nostri poëmata, quœ etsi excitant animos nos- 
trorum hominum ad flagrantiorem religionis cultum, non tamen ver- 
borum Atticorumproprietatera, etGrœcae linguœ elegantiam edocent.» 
Medices legatus, 8ive de Exilio, Venetiis, 1522. 



188 MÉMOIRES ET NOTICES. 

vraisemblable; d'abord, aucun des poètes énumérés par 
lui n'était encore publié, ni en entier, ni en fragments ; 
ensuite l'autorité qu'il invoquait c'était celle d'un Grec 
mort déjà à cette époque, Démétrius Chalcondyle, qui 
avait rendu de signalés services aux lettres grecques. 

Quelque temps après, on commença à douter de la vé- 
racité d'Alcyonius ; un de ses compatriotes ne lui épargna 
pas les qualifications injurieuses (1); le savant helléniste 
Sepulveda, son contemporain, a démontré, dans un opus- 
cule spécial, que l'ancien correcteur des Aides, ignorant 
le grec, n'a fait que falsifier Aristote dans sa mauvaise 
traduction ; enfin on répandit le bruit que le principal ou- 
vrage d'Alcyonius de Exilio, n'était qu'une copie de 
l'opuscule de Gicéron de Gloria^ qu'il avait détruit. 

La publication des précieux commentaires d'Eustathe, 
archevêque de Thessalonique, et d'autres études sur les 
auteurs classiques, enleva toute valeur à l'assertion ab- 
surde du Vénitien ; ces pauvres moines d'Orient, non-seu- 
lement ne brûlèrent pas les chefs-d'œuvre, mais au con- 
traire les estimaient en les étudiant avec un enthousiasme 
dont o