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Full text of "Annuaire de Bretagne: historique, litteraire et scientifique, 1897"

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ANNUAIRE. 



DE BRETAGNE 

HISTORIQUE, LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE 
I POUR L'ANNÉE 

1897 

Kené KEKVILEK et Paul SÉBILLOT 

Bibliograptics brclons 

MM. RKdis m-; lEsioirbf-n.i.iin, O. r»K G <i u b c f k p, 

Paul Glieysse, J. Loin, 

pAi.'f. Pebhet kt autres i':chivains nurTuNs 

'/lustré de nombreux fm-simiie ds dessins S de porlrsiis 
et accompagné le cariss et de d/agrammes 



RKNNEs 

l'LlllUN Kï L. IIKRVi;, LlllRAILii-> 
5, Rue Motte-Fablet, 5 



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rioNS. 



ANNUAIRE DE BRETAGNE 



(897 



PRINCIPAUX OUVRAGES 

DES MÊMES AUTEURS SUR LA BRETAGNE 



1. — OUVRAGES DE M. RENÉ KERVJLER 

La Bretagne à l'Académie française au XVII* siècle (cou- 
ronné par TAcadémie). — Paris, Palmé, 1878, in-S^. 

La Bretagne à l'Académie française au XVIIl* siècle (men- 
tionné par TAcadémie; — ibii. 1886, in-8<>. 

Notice sur le port de Saint-Nazalre. — Paris, imp. Nai. i885, in-4o 

Recherches et notices sur les députés de Bretagne aux 
Etats-généraux de 1789. — Rennes, Plihon et Hervé, 1889, ^ ^'^^^ 
in 8". 

Cent ans de représentation bretonne. — Paris, Perrin, 3 fasci- 
cules, in-8<>. 

Armorlque et Bretagne — Paris, Ghamxnon 1891, 3 vol. in-8o. 

Essai d'une bibliographie des publications périodiques de 
la Bretagne : 1, Morbihan, a, Côtes-du-Nord, 3, Finistère. 

— Rennes^ Plihon et Hervé, 3 fasc. in-8 (sous presse Loire-Inférieure et 
lUe-ct-Vilaine). 

Répertoire général de Bio-Bibliographie bretonne.— /Sennes, 

Plihon et Hervé. Aa-Gl. 9 vol. in-8. 

a. — OUVRAGES DE M. PAUL SÉBILLOT. 

Contes populaires de la Haute-Bretagne, i'« série. — Paris, Bi- 
bliothèque Cliarpentier, 1880, in-i8 3 fr. 5o 

Contes des paysans et des pêcheurs, 3* série des Contes popu- 
laires de la Haute- Bretagne. — Paris^ Bibliothèque Charpentier, 1881, 
iu-i8 3 fr. 5o 

Littérature orale de la Haute-Bretagne, — Paris, Maisonneuve, 
1881, in-i3 eizévir 5 fr. 

Contes des Marins, 3« série des Contes populaires de la Haute- 
Bretagne. — Bibliothèque Charpentier, i88a, in-i8. ... 3 fr. 5o 

Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne. — Paris, 
Maisonneuve, 1882, 2 vol. iu-12 eizévir 10 fr. 

Contes de terre et de mer. Légendes de la Haute-Bretagne (illustrations 
de Bellenger, Léonce Petit, Sahib). -^ Charpentier, i883. i vol. in-80 (ép.). 

Coutumes populaires de la Haute-Bretagne, — Paris, Maison- 
neuve, 1888, in-i2 eizévir 5 fr. 

Bibliographie des Traditions et de la littérature populaire 
de la Bretagne (en coUoboration avec M. H. Gaidoz,) z882,in-8o,épuisé. 

Bibliographie des traditions populaires de la Bretagne, — 

Paris t Le Chevalier, 1895, in-S». 

La Légende dorée de la H a ute** Bretagne (sous Presse). 



r 



ANNUAIRE 

DE BRETAGNE 

HISTORIQUE, LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE 
POUR L'ANNÉE 

1897 

René KERVILER et Paul SÉBILLOT 

Bibliographes bretons 

IVJiC LA COLLAUOIUTION De 

MM. Régis dl: l'Estociibkillon, O. dk Gouhcl-ff, 

Paul Guieysse, J. Loih. 

Paul Perret et autres échivains bretons 

iHustré de nombreux fac-similé de ûesslns S de portraits 
et accompagné de cartes et de diagrammes 



RENNES 

J. PLIHON El L. HERVÉ, LIBRAIBKS 
s, Rue Motte-Fablet, 6 



Uri'i" <lc 1,1 librairie l' nid hum me du Saint-Hrk 



PREFACE 

é 

Un annuaire général, historique, littéraire et statistique manquait 
à la Bretagne. Nous avons essayé de le réaliser, et nous offrons au 
public cet annuaire pour l'année 1897, en priant nos lecteurs de 
nous aider à le perfectionner et à le compléter pour les années 
suivantes. 

Le cadre général est divisé en six parties : 

La première comprend un Calendrier Breton dans lequel on a 
placé : i^ tous les saints bretons dont on connaît la fête, avec les 
indications des paroisses dont ils sont les patrons, des chapelles où ils 
sont honorés, et des motifs spéciaux pour lesquels ils sont invoqués, 
2" les saints du calendrier latin sujets à des dictons en Bretagne.. Fn 
lace du calendrier sont placées des Éphémérides se rapportant exclusi- 
vement à notre province. 

La seconde partie, sous le titre d'Administration générale de la Bre- 
tagne, donne des notices sur les Sénateurs et Députés de nos cinq 
départements, et des listes des préfets et des évoques depuis Tan 
1800, des conseillers généraux et des chefs de services des diverses 
administrations. 

La troisième partie a pour titre : La Bretagne en Bretagne, et com- 
prend cinq chapitres : I,le mouvement littéraire et scientifique collec- 
tif, avec des notices sur toutes les sociétés savantes et les bibliothèques 
publiques de Bretagne, une liste de tous les journaux et revues qui y 
sont publiés. — II, Le mouvement littéraire scientifique individuel 
avec une bibliographie des ouvrages qui ont trait à la Bretagne 
parus pendant les années iSgS et 1896, et des livres de toute na- 
ture publiés par des Bretons, qui n'ont pas pour objet notre pro- 
vince. — III, Le mouvement artistique, avec des notices détaillées sur 
tous les musées de Bretagne, sur la Bretagne aux Salons, sur les 
Sociétés artistiques, et une liste des monuments historiques classés et 
des collectionneurs bretons. — IV, Des statistiques diverses sur 
lagriculture, la marine^ les sociétés sportives, de bienfaisance, etc. — 
^ Y, Des biographies divisées en trois séries : les Bretons de marque 
actuellement vivants; la nécrologie des années 1895 et 1896 ; et les 
Bretons honorés de statues ou de plaques en 1896. 



b 



VI ANNUAIHE DE LA BHKTAGNE 

La quatrième partie : la Brelagne hors de Bretagne^ fait connaître 
les émigrations bretonnes ; leur répartition dans les divers déparle- 
ments, les nombreuses sociétés qui groupent les Bretons en dehors 
de leur povince : La Pomme, Le Gui, La Crêpe, Le Dîner Celtique, La 
Bretagne, V Association Bretonne- Angevine, etc. ; la liste des notabilités 
administratives et scientifiques bretonnes, des journaux et revues 
qui sont dirigés par nos compatriotes, des collectionneurs d'objets 
bretons, etc. 

La cinquième partie : Les Étrangers en Bretagne, rend compte des 
Congrès généraux qui ont eu lieu en Bretagne en 1896 : Société 
française d'archéologie. Société des agriculteurs de France, Société 
française de géographie, etc, du voyage présidentiel, et des divers 
événements qui ont appelé les étrangers chez nous. 

Enfin la sixième partie : Tane/es, comprend des légendes, des poésies 
bretonnes, des chants populaires et des curiosités provinciales. 

Nous avons donné une place assez importante à Tillustration qui 
est surtout documentaire et, par système, exclusivement bretonne, 
et nous avons pensé que plusieurs de nos gravures seraient à la fois 
agréables à regarder et instructives pour tout le monde. 

Il est entendu qu'à cause des nécessités de l'impression tous les faits 
sont arrêtés au i*"" novembre 189G. 

Nous remercions ici toutes les personnes qui ont bien voulu nous aider 
par leurs communications, et parmi elles MM. A. de la Borderie, L . 
Decombe, Eugène Fabre, de la Guibourgère, Louis Hémon, Auguste 
Lemoine, Ad, Orain, L. Petit, V. Turquan, etc. Nous espérons que 
cet Annuaire, où nous avons essayé de réunir tout ce qui peut mon- 
trer le rôle de notre province et le faire apprécier, trouvera un bon 
accueil auprès du public breton et de tous ceux qui s'intéressent à la 
plus curieuse peut-être des provinces de France, et nous continuerons, 
les années suivantes, en la perfectionnant, une œuvre dont nous 
avons surtout, cette année, planté les jalons. 

René KERVILER et Paul SÉBILLOT. 



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* Nous serons très obligés à nos lecteurs de toutes les rectifications ou 
améliorations qu'ils voudraient bien nous signaler. Elles pourront être 
adressées soit à M René Kerviler, Ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées 
à Saint-Nazaire,soil à M. Paul Sébillot,directeur de la Reçue des Traditions 
Populaires, 80 boulevard Saint-Marcel, à Paris. 



HOMMAGE A LA BRETAGNE 

PAR UN BRETON 



IDcvisp bri'toLine). 



Voyez, près d'une mer sauvage, 
Nos grands chênes aux Jarges fronts, 
Dont le temps, le fer, ni l'orage 
N'ont pu déraciner les troncs. 

Voyez, pourvu qu'elle chemine 
En des sentiers choisis et purs, 
Sur nos coteaux, la blanche hermine 
S'exposera des périls sûrs. 

Le chêne où s'émousse la hache, 
C'est l'homme indépendant et fort. 
L'hermine est la beauté sans tache, 
Et fidèle jusqu'à la mort. 

C'est là le pays de Bretagne, 
Où l'on fila jadis le lin. 
Au fond de la moindre campagne. 
Pour la rançon de Duguesclin. 

C'est le pays de l'Espérance, 
De la Foi, de la Charité, 
C'est un diamant de la France, 
Dans un dur granit incrusté. 

Amis, qu'aucun joug ne nous dompte. 
Dignes du sang d'où nous sortons, 
Préférons la mort à la honte. 
C'est la devise des Bretons ! 

HippoLTTE Lucas. 



HOMMAGE k LA BRETAGNE 

PAR UNE ENCYCLOPÉDIE ÉTRANGÈRE 



11 nous a paru intéressant de placer au commencement de 
l'Annuaire une sorte de résumé de notre province, telle qu'on 
peut la juger de l'étranger. C'est la traduction de l'article 
Brillany dans la célèbre encyclopédie écossaise Chamher's Cycle- 
pœdia, 1887, dont l'auteur est un érudit d'Edimbourg, M. Th. Da- 
vidson. Nous y avons ajouté entre crochets quelques notes, sur- 
tout statistiques, et nous l'accompagnons d'une réduction de la 
carte linguistique de la Bretagne, dressée en i885, par Paul Sébil- 
lot, à laquelle se réfère un passage de cette monographie. Nous 
ne croyons pas qu'il se soit produit depuis celte époque de 
modification appréciable dans la limite du breton et du français. 

u La Bretagne, la Grande Péninsule Nord-Ouest de la France 
s^avançant en forme de triangle dans la mer, a sa base appuyée sur 
la Normandie, le Maine, l'Anjou et le Poitou, et ses côtes baignées 
par la Manche et TOcéan Atlantique. Elle formait autrefois, avec le 
litre de duché, une des provinces de France, et comprend aujourd'hui 
ies cinq départements du Finistère, des Côtes-du-Nord, du Morbihan, 
de rille-et- Vilaine et de la Loire-laférieure, avec une surface totale 
de i3,i3o milles carrés, [33,884 kil. carrés, ou 3,388,843 hectares] 
et une population (1886) de 3,i36,4oo habitants. [En 1896 elle s'élève 
à 3. 176 000, soit 94 hab. par kil. carré]. Avant la Révolution, elle était 
divisée en neuf diocèses : Rennes, Dol, Nantes, Saint-Malo, Saint - 
Brieuc, Tréguier, Vannes, Quimper et Saint-Pol-de-Léon, dont les cinq 
premiers formaient une des deux divisions populaires dont le nom est 
encore en usage, la Haule^ Bretagne, et les quatre derniers la Basse- 
Bretagne, Quoique la hauteur de ses montagnes ne soit nulle part con- 
sidérable, [le Mont Saint-Michel ou Mont de Brasparts, point culminant 
n'a que 391 mètres], leur structure donne à la péninsuleun aspect som- 
bre et sauvage. Les schistes forment le centre de la contrée et des masses 
de granit s'élèvent au nord et au sud. Le climat est souvent brumeux 
et sujet à de violentes bourrasques de vent. On voit de grands espaces de 



HOMMAGE A LA BRETAGNE IX 

landes sans culture, mais^ dans les vallées bien arrosées, la végétation 
est luxuriante ; Cette situation particulière et ces conditions de sol et 
de climat semblent avoir eu une grande influence sur le caractère 
de la population. Le Breton est généralement disposé à une certaine 
mélancolie et il cache souvent, sous un extérieur lourd, triste et 
froid, une imagination ardente et des sentiments très vifs. Il est 
passionnément attaché à son pays et à ses coutumes et il manifeste 
la plus grande aversion pour le changement. Marin éprouvé et 
soldat intrépide, il est loyalement dévoué à Tantique autorité de 
TEglise et de l'Etat, et il est capable d'un sacrifice extraordinaire de 
lui mênieet d'une grande abnégation pour la défense de son idéal. 
Les mœurs des indigènes ne peuvent être appelées rudes qu'à cause 
de leur simplicité. Le nombre des illettrés est de 5o pour loo dans le 
Morbihan ; il descend à 4o pour loo dans la Loire-Inférieure, les 
Cotes-du-^ord et le Finistère ; il est à peine de 3o pour loo dans 
rille-et-Vilaine. L'instruction par les livres n'atteint donc que la 
moitié de la Bretagne et les Bretons seraient tout à fait ignorants et 
non civilisés, sans la richesse extraordinaire de leurs chants et de 
leurs traditions populaires, qui leur conserve tous les éléments d'une 
véritable culture nationale. Nulle part au monde peut-être le folk- 
lore n'a atteint un développement pareil, aussi bien en qualité 
qu'en quantité. Il n'y a en aucun pays de récits traditionnels qui 
approchent des contes bretons et pas une poésie populaire n'est égale 
à leurs chansons. 

Aucune partie de l'Europe ne contient autant de monuments méga- 
lithiques. On y compte plus de six cents dolmens et plus de huit 
cents menhirs isolés, et parmi ceux-ci on remarque les 'plus gigan- 
tesques qui soient au monde. Celui de Locmariaquer dans le Morbihan 
mesure 67 pieds de long et ne pèse pas moins de 34 2 tonnes [com- 
posé d'un grain étranger au voisinage.] Les Cromlechs sont aussi très 
communs^ quelques-uns de forme rectangulaire. Les grands aligne- 
ments des environs de Garnac, dont les groupes extrêmes sont situés 
à quelques milles les uns des autres, sont les monuments mégalithi- 
ques les plus célèbres du monde. 

Dans les anciens temps, la Bretagne sous le nom d'Armorique fut le 
centre de la confédération des tribus armoricaines d'origine celtique 
et cymrique. Un peu plus lard, elles fut connue sous le nom de pro- 
vince lyonnaise troisième, mais elle ne fut guère que nominalement 
sous la domination romaine — [ceci serait à démontrer] . — Elle se 
rendit indépendante au IV® siècle, puis elle se divisa en plusieurs ré- 
publiques alliées, qui devinrent bientôt de petites monarchies. Les 
Francs appelèrent cette population turbulente etguerrière,les Bretons; 



X ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

les écrivains latins, depuis le V« siècle, Brilanni et Britones ; depuis 
celte contrée s'est appelée Bretagne cismarine ou encore petite Bretagne 




pour la distinguer de File de Bretagne au-delà de la Manche et pour 
marquer Tidentité d'origine de la population des deux pays. La Bre- 
tagne fut soumise par les Francs sous le règne de Gharlemagne et fut 



HOMMAGE A LA BRETAGNR XJ 

cédée aux Normands par Charles le Simple au X« siècle. Après de terri- 
bles luttes, les Bretons furent obligés de reconnaître la suzeraineté 
des ducs normands. Geoffroy, comte de Rennes, fut le premier à 
prendre le titre de duc de Bretagne en 99a , Le duché de Bretagne 
fut incorporé à la France en i532 par François P»" qui en était devenu 
possesseur par un mariage, et suivit ensuite les destinées générales du 
royaume. Son parlement local à Rennes était sa cour suprême, mais 
il ne joua que rarement un rôle politique. Au début de la Révolution 
toutes les villes et plusieurs des gros bourgs, ainsi que les villages de 
la côte, embrassèrent les idées nouvelles, mais les populations de la 
campagne suivirent de préférence le parti de leurs prêtres et de leurs 
seigneurs, et demeurèrent résolument fidèles à Fancienne maison 
royale. Aussi la Bretagne devint-elle le théâtre d'une lutte longue et 
sanglante contre les républicains ; et ses chouans rivalisèrent presque 
d'héroïsme avec les Vendéens dans Théroïque opiniâtreté de leur 
résistance à la Révolution . Mais il faut reconnaître que la révolte 
contre les nouvelles idées n'y fut en aucun temps aussi générale qu'en 
Vendée-, ces idées se conservèrent à l'état latent jusqu'en i83a et se 
manifestèrent alors par une explosion des sentiments populaires en 
faveur des derniers Bourbons. 

La Bretagne a donné beaucoup de grands hommes à la France : 
Abélard, Du Guesclin, le connétable de Richemont, Jacques Cartier, 
Michel Colomb, Dom Lobineau, Duclos, Surcouf, Broussais, Laën- 
nec, Jules Dupré, Duguay-Trouin, Keratry, Maupertuis, Chateau- 
briand, Lamennais, Jules Simon et Renan, sans compter d'innom- 
brables marins et amiraux. 

Le bas-breton (Breizady fr. Bas-Breton), ancien langage de Bre- 
tagne,appelé aussi quelquefois armoricain, est Tune de ces petites lan- 
gues celtiques qui ont continué à être parlées jusqu'à nos jours. Il 
forme avec le welsh(gallois) du pays de Galles, le comique récemment 
éteint en Gornouaille (anglaise) et le langage connu par de nombreuses 
inscriptions pour avoir été celui des anciens Gaulois, le groupe cym- 
rique ou méridional des langues celtiques. Il est aujourd'hui parlé spé- 
cialement dans le Finistère et dans la partie occidentale des Côtes-du- 
Nord et du Morbihan,et il est encore, suivant de minutieux calculs de M. 
Paul Sébillot, dans la Revue (T Ethnographie de janvier 1 886,1e langage 
ordinaire d'environ i.Saa.ooo personnes,dont 679.700 ne connaissent 
que cette seule langue . Ce mémoire contient une carte montrant vil- 
lage par village la limite aujourd'hui existante du breton et du 
français*. M. Sébillot pense que, vers la fin de ce siècle, il n'y aura 

* Cette carte réduite ci-contre indique : i^ la limite du IX* siècle d'après le 
Cartulaire de Redon, a<* la limite actuelle, 3^ la limite approximative d«s 
dialectes. 



Xij ANNUAIRB DE LA BRETAGNE 

plus que loo.ooo personnes ignorant le français, sans néanmoins que 
le breton cesse d'être la «< vernacula lingua » la langue maternelle et 
habituelle de presque toute la contrée bretonne actuelle. 

Le breton a quatre dialectes : ceux de Vannes (Vannetais), de 
Quimper (Cornouaillais), de Tréguier (Trécorois ou Trégorois) et de 
Saint-Pol-de-Léon (Léonais) dont le dernier est le plus important. 
Le dialecte de Léon est le pur des quatre, mais le moins étendu 
comme territoire géographique, tandis que celui de Quimper pos- 
sède la plus grande surface territorale et après lui le Vannetais. 
Ces dialectes suivent à peu près les limites des anciens diocèses. Le 
breton est très étroitement lié au comique et au welsh, mais il sur- 
passe ces deux langues par le raffinement des formes grammaticales 
et des mots. Le professeur Rhys, d'Oxford, et d'autres auteurs 
compétents pensent qu'il a été importé d'Angleterre pendant Témi- 
graiion du Vl« siècle. 

Les plus grands services à l'étude de la grammaire et à la lexicogra- 
phie de celte langue ont été rendus par le père Grégoire deRostrenen» 
D. LePelletieret spécialement par Le Gonidec, morten i838. Ce dernier 
a publié la meilleure grammaire (Paris, 1807, 3" édition, 1807) et un 
excellent lexique (Angoulème, i8ai, St-Brieuc, 2 vol., 18^7 à i85o) 
Un grand nombre de mémoires importants sur des questions de 
philologie bretonne ont paru dans la Revae Celtique à partir de 1870. 

La Littérature bretonne de la période ancienne,depuis le VI" siècle, 
peut se grouper avec la littérature bardique des îles de Bretagne- 
Beaucoup parmi les plus anciens et les plus fameux bardes comme 
Gwiclan, Taliesin, Sulio, appartiennent à la Bretagne ; et leurs poésies 
fortes et inspirées tantôt d'un caractère patriotique et historique, 
tantôt d'un caractère amoureux, ont eu grande influence sur les œu- 
vres des trouvères français des siècles suivants. Il n'est besoin ici que 
de citer les légendes du cycle d'Arthur, interprété avec une si grande 
richesse poétique et une si grande variété de forme par les poètes du 
moyen-âge. Les principaux monuments du vieux breton sont deux 
mystères, un livre d'heures, un dictionnaire et les cartulaires de deux 
abbayes. De ces deux pièces de théâtre, la première est la vie de 
Ste Nonne ou Nonita, dont il existe un manuscrit que Zeuss fait 
remonter XIV« siècle ; c'est principalement de cette source et des 
deux cartulaires des abbayes de Redon et de Landévennec, précédem- 
ment cités,que Zeuss a tiré les matériaux de la partie armoricaine de 
sa célèbre Grammatica Cellica. Il fut publié en 1887 sous le titre d^ 
Buhez Santez ATomai. La seconde pièce,le Burzud Braz Jezuz ou le grand 
miracle ou mystère de Jésus a été publié par Hersart de la Villemar- 
qué, en i865, avec une traduction. Et comme par la suite des temps 



HOMMAGB: a la BHI£TAGNE XI ij 

la langue et la culture françaises pénétraient davantage dans le 
pays et devenaient la forme plus familière de la production littéraire, 
il en résulta que le breton prit des racines de plus en plus profondes 
dans Taffection des classes populaires en devenant leur seul mode 
d'exprimer leurs proverbes familiers, leurs chansons et leurs contes ; 
et les conditions très primitives de leur existence devinrent des 
moyens de conservation, non seulement pour la transmission, mais 
pour la création de récits et de ballades, dont des types très originaux 
se sont encore produits presque jusqu'à nos jours, par le libre travail 
de Fimagination populaire. 

La richessse extraordinaire de la littérature populaire bretonne a 
été pour la première fois révélée au monde par La Villemarqué ; son 
Barzaz-Breiz (iSSy, traduit en anglais par Tom Taylor en i865)a été 
le fruit des recherches de plusieurs années dans toutes les parties de la 
Basse-Bretagne. Il se compose de gwerziou [^pluriel de gwerz], ballades 
héroïques ou mythologiques dont la plupart sont courtes, mais dont 
quelques-unes n'ont pas moins de six cents vers, de sônioa (pi. de 
sonn ou son), chants d'amour et de fêtes et de poèmes religieux que 
rendirent plus intéressants encore des traductions, des notes et des 
airs originaux notés pour la première fois dans la 6* édition (1867). Le 
même auteur continua son œuvre par les Contes populaires des anciens 
Bretons (2 vol. 1842), Les Bardes bretons, collection de poèmes du 
VI* siècle (2« édit. 1860) et les Poèmes bretons du moyen âge (avec 
traduction et glossaire (1879), Les autres volumes de poésie en langue 
bretonne sont Bepred Breizad (toujours Breton) de Luzel, qui se 
compose de vers originaux (Morlaix i865j et une belle collection 
publiée par le même auteur de gwerziou ou ballades populaires, 
recueillies principalement dans le dialecte de Tréguier et intitulées : 
Gwerziou Breiz Izel, (2 vol. 1868-1874). 

Les légendes de Bretagne ont été arrangées avec beaucoup d'art 
par Emile Souvestre dans son Foyer breton (i844) et nous devons à 
leur charme littéraire quelques-uns des plus beaux passages des 
œuvres de George Sand et de Renan. Depuis le XVI° siècle, le clergé 
local s*est servi de la langue bretonne pour la composition des can- 
tiques religieux, des sermons et des livres d'édification et d'instruc- 
tion. Il parait encore de nos jours un journal en breton, un ou deux 
aimanachs, parfois en deux langues ; et l'on publie en temps d'élec- 
tions un nombre considérable d'affiches et de placards en breton ; 
mais on ne peut pas dire que le breton soit aujourd'hui une langue 
cultivée autrement que par accident. 

On a aussi fait dans la Haute-Bretagne une ample moisson de 
folklore, aussi bien en contes qu'en chansons, dont le plus érudit et 



XIV ANNUAlRlf DK LA BRKTAGNIi: 

le plus inbtigable de ses collecteurs, M. Paul Sébillot, a publié 
des recueils beuucoup plus scientifiques , mais non moins consi- 
dérables et non moins intéressants que ceux du pionnier La Ville- 
marqué. Les principaux sont : les Contes populaires de la Haule-Bre^ 
lagne (3 séries, iSSo-Sï). Litléralare orale de la Haule-Brelagne (iS8i). 
Traditions et superstilions de ta Haate-Brelaijne (a vol. iS8a), Contes 
de terres et de mer, légendes de la Haale-Brelagne {i885) et Coutumes 
populaires de ta Haate- Bretagne (1886). Et du domaine même de La 
Villemarqué, M, Luzel, un collecteur aussi érudit que M. Sébillot, a. 
tiré le riche recueil de ses Légendes chrétiennes de la Basse 'Bretagne 
(a vol. iSSt)Btsei Contes populaires de la Basse-Bretagne (^ vol. 1887); 
il y a aussi une bonne collection de proverbes bretons par L. F. 
Sauvé (1B78J. Pour le détail des autres publications' on peut le 
trouver dans la Bibliographie des traditions et Je la liltèrature populaire 
de la Bretagne, par H. Gaidoz et Paul Sébillot au tome V de la Revue 
Celtique. |Et pour la période de i884 à 1894, la Bibliographie des Tra- 
dilions populaires delà Bretagne, pekr Paul Sébillot. Extr. delà Revue 
de Bretagne et de Vendée, t. XVll]. » 

(Traduit de l'anglais par R. K.) 

> La statistique de rexplar&tion tradilionniate eti Krance dressée par 
M> Paul Sébillol pour le Congrus de Chicago en 189i. enregi8tra,it 48U 
contai pour la liasse- IJretagne, bbO pour la Haule-Breugne ; lOJO contes 
tsur un total de 26t0 recaeilHs en Krance; ces chiffres ont été dépassé:, 
depuis. {Revae des Traditions populaires, t. Vlil). 



Le liicto» et l'aiglo vuriicc. 
Uessin do Sahib, pour un conte du Luxel. 



HOMMAGES RÉTROSPECTIFS 

A LA BRETAGNE 

LES DICTS HISTORIQUES SUR LA BRETAGNE 



I 

A ce bon samedy Beaumanoir si jeusna. 
Grand soifeust le baron : à boire demanda ; 
Messirc GefTroy du Bouays tantost respondu a : 
Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera. 

(La bataille des trente Anglais et des trente Bretons), 

II 

Où eât Guesclin, le bon Breton P 
Mais où est le preux Gharlemagne ? 

(Villon. Ballade des seigneurs du temps jadis) . 

m 

Je commenceray par nostre reyne Anne de Bretaigne, la plus digne 
et honorable reyne qui ait esté depuis la reyne Blanche, mère de 
sainct Louis, si saige et si vertueuse, jusqu'à son règne. Geste reyne 
Anne donc fut riche héritière de la duché de Bretaigne, qu'on tient 
une des plus belles de la chrestienté. (Brantôme, Vie des Dames 
illustres, première partie). 

IV 

Épitaphe d'Anne de Bretagne 
Gravée sur le reliquaire contenant son cœur. 

En ce petit vaisseav de fin or pvr et mvnde 

Repose vng plus grant cvevr qve oncque dame evt av mvnde : 

Anne fvt le nom délie en France devx fois Roine 

Duchesse des Bretons Royale et sovveraine. 

Ge cvevr fvt si très ha vit qve de la terre aux cievlx 

Sa vertv liberalle accroissoit myevlx et myevlx. 

Mais Diev en a reprins sa portion meillevre 

Et ceste part terrestre en grand dveil novs demevre. 

(Bretagne artislique et littéraire,) 



XVI ANNUAIRE DK LA BUKTAGNE 



Lorsque la reine Marie Stuait s'en relouniait au couvent de Sain l- 
Doininique après avoir entendu le Te Deum à l'église de iNotre-Danic 
de Morlaix, 20 aoiit i548, un pont était si charge qu'il se rompit et 
loniba dans la rivière. Ceux de la suite de la princesse crurent que 
c'était un fait exprès et se mirent à crier : « Trahison ! » Le sei- 
gneur de Rohan, qui était à côté de la reine, répondit avec vivacité 
aux Ecossais, en criant de toutes ses forces : « Jamais Breton ne fit 
trahison. » 

VI 

Gomme l'on racontoit tel exploit au soupper du Roy, le seigneur 
du Lattay, brave et vaillant capitaine, pour soutenir sa nation, dit : 
« Sire, il y a trois choses signalées et remarquables en vostre lire— 
taigne, et qui par avanture ne sont ailleurs en la Ghrestienlé, car 
là sont les plus forts hommes, les plus forts chiens et les plus forts 
vins qu'on puisse voir. » — « Pour le regard des hommes et des 
lévriers de Bretaigne, il en est quelque chose (dit le Roy) mais des vins 
e ne le puis entendre pour estre des plus aspres et verds de mon 
^royaume. » (Nocl du Fail, Contes et discours d'Eulrapel) . 

VII 

Le Breton (fust) esmeu ; car le sang de ceste nation meurt plu- 
tost que lleschir et ploier sous une audacieuse et superbe risée [ibid ). 

VIII 

Ventre saint Gris, s'écria le roi Henri IV eu voyant le château de 
Nantes, ce n'étaient pas de petits compagnons, mes cousins de 
Bretagne I P. S. 




Ancien timbre de Bretagne. X Ville siècle. 



•> 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



GUENVEUR (Janvier) 



') _ 



6 

i 

8 
9 



1. — St. Devetou Dervel, abbéy VI* siècle, — Patron de Plozévet. 
St. LvpiES t confesseur, IV* siècle, honoré à Rezé où unprieuré- 
lui était dédié. 

- St. LouHEMEL, disciple de SI. Convoyon, IX^ siècle. 

- Ste Geneviève (ann nezerez), donne de bon lin. 
St. ViNC ANTON, ermite, /.Y* siècle, 

- St. EuMAËL, disciple de St. Judoce, VU" siècle, 

- St. GoNVOYON, abbéyjondateur de V abbaye de Redon, IX* siècle, 

- Gouel ar stereden (Fête de l'Etoile ou des Rois) . 
St. Pétran, moine de Landévenec, V^ siècle, 

- St. Tethwin, disciple de St. Convoyon, IX* siècle. 

- Décès de St. Félix, évéque de Nantes^ VI* siècle. 

- St. Adrien, abbé de Cantorbéry^ VIII» siècle, ~ Patron de la 
paroisse de ce nom ; chapelles à Arzano, Lanmodez, Plou- 
gastel-Daoulas, Pommerit-Jaudy, Plufur. 

St. FoËi.AN, abbé, VII' siècle. 

- St. Ratian, disciple de St. Guénolé, T* siècle, 

- St. Maioi., Moach ou Moy, abbé, VIII* siècle (Rennes) . 
~ St. Enogat, évêqne d Alel^ VII* siècle, — Patron delà paroisse 

de ce nom faliàs^ i3 janvier) 
Les 7777 Saints oe Lanrivoaré (ce doit être la christianisà- 

tion d'une légende celtique ; et il est plus- exact de dire 

7 mille, 7 cents, 7 vingts et 7.) 
Ste Véronique, invoquée contre les maux d'yeux. 

14. — Le bienheureux Gassien, de Nantes, martyr en Abyssinie,^ 

XVII* siècle. 

15 . — Translation des reliques de St. Méen. 

16. — St. Marcel, guérit de la gangrène. 

17. — St. Antoine, invoqué pour les pourceaux et contre Ter y si pèle. 

18. — Chaire de Saint- Pierre. 

19. — Octave de St. Enogat (ancien Propre de Saint-Malo) . 

-St. Salpice. — Patron de l'abbaye de Saint-Sulpice la Forêt,, 
au diocèse de Rennes. 

20. — St. Tariec, disciple de St. Patrice, F/« siècle. — Patron de 

Lannills. 

21 . — St. Ingenoc, disciple de St. Jadoce, VII* siècle. 

St. EuMAÉL, prince dArmorique, VI* siècle. 



10 
11 
12 



13. - 



ANNUAIUE DE LA BRETAGNE 3 

1. — 1877. — Furieuse tempête qui ravage toute la côte Sud de 

Bretagne. La pleine mer monte de i™,8o au-dessus 
de sa cote. 

2. — i385. — Etienne de la Moussaye est fait amiral de Bretagne. 

1787. — Ouverture de la faculté de Droit de Rennes. 
i8o4. — Première représentation de Shakespeare amoureux, 
comédie d'Alexandre Duval. 
-3. — 1789. — Arrêt du Conseil qui suspend les Etats de Bretagne. 

4. — i64o. — Le maréchal de Guébriant passe le Rhin. 

5. — 1784. — Inondation à Dinan. 

181 1. — Mort du dessinateur Nicolas Ozanne. 

6. — 1798. — Naissance à Lorient de Tactrice Marie Dorval. 

1829. — Mort de l'hydrographe Lescan. 

7. — 1892. — Mort de L. F. Sauvé, auteur des Lavarou Koz. 

8. — 1661. — Incendie du temple protestant de Rennes. 

9. — i5i4. — Mort d'Anne de Bretagne au château de Blois. 

1G26. — Naissance de Tabbé de Rancé. 

1842. — Mort d'Alexandre Duval, de l'Académie française. 
10. — 1781. — Naissance de Pierre Bour saint, philanthrope. 
M. — i848 — Mort à Brest de Tantiquaire de Fréminville. 

12. — 1789. — Protestation de la noblesse bretonne contre la forme 

de la convocation aux Etals Généraux. 

13. — 1590. — Mort de Thistorien Bertrand d'Argentré. 

14. — 1695. — Duguay-Trouin prend le Sans-Pareil. 

15. — 1577. — Surprise de Goncarneau parle capitaine Lavigne. 
10. — 1722. — Mort du missionnaire Leuduger. 

17. — i468. — Marché pour la fonte de la grosse horloge de Rennes. 

18. — 1734. — Première d* Adélaïde Du Guesclin, de Voltaire. 

19. — i343. — Trêve de Malestroit entre Charles de Blois et Jean de 

Montfort. 

1789. — Adresse de l'Assemblée municipale de Rennes au Roi, 

contre les prétentions de la noblesse bretonne au 
sujet de la convocation des Etats Généraux. 

1790. — Réunion de la fédération de la jeunesse Bretonne- 

Angevine à Ponlivy, sous la présidence de Moreau. 

20. — 1668. — Lettres patentes pour la réformation de la noblesse. 

21. — 1740. — Mort de Gassard dans la prison de Ham. 

1752. — Naissance à Dol du jurisconsulte Touiller. 



4 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

GUENVEUR (Janvier) 

22. — SI. DOETVAL, abbé, VI' siècle faliàs, 31 janvier). 

23. — Ste EuÉRANTiENNE, pAZANNB OU Pkuhentfenke, vierge el 

martyre, honorée à Sainle-Pazanne faJiàs iO juin], invoquée 
en divers endroits de la IIau(e- Bretagne, sou 9 le nom de 
" Ste Emérance, quiguérit du mal de ventre. " 

24. — Le P. Dominique de St. Albert, carme. (Vincent Leschart, 

de Fougères), XVJl'' siècle — (du calendrier Tresvaux). 

25. — St, CoNilOARN, moine de Redon, A* siècle. 

26. — Le B. RoDOLPUE, cordelier, (du cal. G. du Moltay.) 

27. — St. GiLDOUiN ou Gc&[iEN, chanoine de Dol. XI* siècle, invoqué 

pour les maladies des enfants. — Patron de Landébcn. 

28. — Le P. Julien MAUNOiR.mwïtotinaire, XK//- siècte. — On s'occupe 

en ce moment de sa canonisation. 

29. — St. GiLDAS, abbé de Rhais, VI' siècle. Invoqué contre la rage, 

les maux de tête et les maui de dents. — Patron d'Henne- 
bonl, de la Ilarmoye, de Laniscat, de Magoar, de Pénestin, 
de Saint-Gildas-Le-Leslay, Saint-Gildas-de-Rhuis, Saint- 
Gildas-des-Bois, de Trégomeur. — Nombreuses chapelles. 

;iO. — St. Gii.DAS l'Albanien, prêtre. 

;U. — fusion du j:(r«cieux£an9 dans la cathédrale de Quimper. 



.iiclenijc médaille do saint Malhurin en plomb. 
(Pèlerinage delà PentecÛte k Monconloiir), 



ANNUAIBE DE LA BRETAGNE 



.■a.ja.^!^.q^.■j{■. ■ j^jfc.^i»a.afdaa■a^it 

Éphémérides 

22. — 1S71. — Louis XI vient à Nantes. 

23. — 1730. — Naissance à Brest du général d'Almville. 

17G6. — ,\.rrivée à St-Malo des juges de la Chalolals. 
1S18. — Mort de Pierre Maroc, conventionnel du Finistère. 

24. — 1763. — Mort du chevalier de Si-Georges à bord delà Forlufle. 

25. — 1778. — Inondation à Pontrieus. 

2t). — '7i7- — Réception à r.Académîe française de Cliarles Duclos. 
de Dinan, déjà membre de l'Académie des Inscrip- 
tions, plus tard secrétaire perpétuel. 
1781). — Première émeute de Rennes. 
27. — i3i3. — Pierre Mauclerc est couronné duc à Rennes. 

1781}. — Seconde émeute de Rennes : balaille sanglante entre 
les gentilshommes et les étudiants. 
2S, — i63o. — Morl à Plévin du P. Maunoir. 

29. — iSSS — Mort du dessinateur Paul Hercouel. 

30. — '789- — Réception à Rennes de la colonne nantaise. 

.^1. — 1704. — Réception h l'Académie française de l'abbé Armand 
Gaston de Rohan, déjà membre de l'Académie des 
Inscriptions, plus tard cardinal et évêque de 
Strasbourg. 



1 plomb de aalnt Mathurin ; face et ti 



ANNUAIRE DE LA lîRETAGNE 

C'HOUEVREUR (Février) 

1. — St. Jban de la GRiLr.E, évêque de Saint -Malo, XII* siècle. 

St. KvBEKT, moine de Landévenec, XII^ siècle. 

St. TuJBAN ou HuGEN, obbé, met en fuite les chiens enragés. 

— Patron du prieuré de Landugen en Duault : chapelles 

à Primelin et Braspart. 

2. — Goael Maria ar goulou (La Chandeleur) 

St. Goal ou Gudaval, ermite, V//« siècle, — Patron de Lo- 
coal-Mendon. où il a son tombeau. 

3 — Ste Brîgide, vierge et abbesse, F/* siècle, invoquée par les 
femmes en couche. — Patronne de Berhet, Kermoroch, Lo- 
perhet, Noyalo, Perguet, Ste Brigitte. — Nombreuses cha- 
pelles. 

4. — Le B. Balthazar Grangier, évêque de Tréguier, XV W siècle. 
(Cal. de dom Lobineau). 

T). — St. Jera, prince de Galles, pénitent. 

6. — Ste AcHÉE, religieuse, K* siècte, 

1. — St. Amand d'Herbauges (Nantes). F/' siècle (aliàs 6 février). 

8. — St. Dbrie>î, abbé, V^ siècle, invoqué contre les tranchées — 

Patron de Drenec et de Comana. — Chapelle à Plounéventer. 

9. — Ste Appolline, invoquée contre le mal de dents. — Chapelle à 

Trigavou. 
10. — St. Théleau ou Dj:leau, archevêque de Landaff, invoqué 

pour la guérison de la fièvre. — Patron de Châteauneuf- 

du-Faou, de Landeleau,de Leuhan,de Saint-Dolay,de Saint- 

Thélo [allas g février et 25 novembre). 
Il — St. D[DiER, évêque de Rennes et martyr, T7® siècle. — Patron 

de Plouider. Fait parler les enfants. 

12. — St Rioc ou B.\KC, abbé, disciple de St. Gaénolé VI" siècle. — 

Patron primitif de Lanriec, de Saint-Rieul . 
St. Venet, ermite^ invoqué contre la fièvre. Chapelles à 
Briec, Kerlouan, Plovan et Poullaouen. 

13. — St. Gongal, abbé, V^ siècle, patron de Landéda et de Saint» 

Congar (aliàs i a mai) . 
\\. — St. B[ABiLE, moine de Landévennec. — Patron primitif de 

Ploubalay. 
St. Valentin, commande au vent. 
lo. — St. Fauslin. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 7 

Ephémérides 

1. — 1724. — Naissance à Rennes du P. Champion de Nilon, écri- 

vain religieux. 
1742. — Pose de la première pierre de l'Ilotel-de- Ville de 
Rennes. 

2. — 160a. — Naissance à Saint-Carreuc du maréchal de Guébriant. 

1793. — Violentes motions de la Société populaire de Rennes 
contre les cultes. 

3. — 1137. — Fondation de l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois. 

1796. — Naissance de Bisson à Guémené. 
1878. — Mort à Brest de l'historien P. Levot. 

4. — i853. — Première représentation des Noces de Jeannette^ de 

Victor Massé. 

5. — 1806. — Naissance à Nantes du général de La Moricière. 

6. — 1744. — Fondation d'une école gratuite à Saint-Brieuc. 

7. -— 1799. — Combat du Rezmeur entre les chouans et les habi- 

tants de Pontrieux. 

8. — i486. — Assemblée des Etats à Rennes pour la succession du 

duché. 
1869. — Mort de l'amiral Charrier. 

9. — i5i8. — Mort de Jean de Rieux, maréchal de Bretagne. 

1800. — Conférence à Theix entre Brune et Cadoudaî. 

10. — 1758. — Naissance à Dînan du conventionnel P. Le Hardy. 

i8i3. — Mort du dessinateur Pierre Ozanne. 
1843. — Mort de Le Gentil de Quélern , égyptologue et 
voyageur. 

11. — 1699. — Naissance à Saint-Malo de Mahé de la Bourdonnais. 

1758. — Naissance à Nantes du corsaire Désageneaux. 

12. — 1704. — Naissance de Duclos, à Dinan. 

1876. — Mort de l'écrivain Louis de Carné. 

13. — 1419 — Charles de Penthièvre fait prisonniers le duc Jean V 

et son frère. 

1639. — Naissance à Saint-Malo du théologien Alain Le Large, 
li. — 1709. — Première représentation de Tarcaret, de Lesage. 

1871. — Mort d'Ange Blaize, administrateur et écrivain. 
15. — 1804. — Arrestation du général Moreau. 



8 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



— ii^M— ^M— I ■ I ■■ ^i^w^— M I—*— ■^^■^■i 11 m ^HaflaMaiKE. — _ . 1 HTrnrT»-—— fiM^^i^ifciBi 

C'HOUEVREUR (Février) 



-^^^'^''^''!^^A**^''9if'-^'^f^^^W^W'^'iiSf'^^^^'^^'^^^^ 



16. 



17. — 



18. — 

19. - 

20. — 



21. — 

22. — 

23. — 

24. — 

25. — 

26. — 

27. - 

28. — 



St. Keiuiien, solUaire, disciple de St. Qnay, V^ siècle, — Patron 
de Cavan, (où il est honoré maladroitement sous le nom 
de St. Chcron, martyr de Charlrcs\ de Kerrien-Bourbriac 
et de Kcrrien-Quimpcrlé (allas lO novembre). 

St. GuÉROC, GuiREC ou KiREC. abbé, disciple de St, Tugdaal, 
VI* siècle j invoqué pour la guérison des abcès et panaris. — 
Patron de Cléguércc, Lanncufret, Locquirec, Perros-Gui- 
rec. — Nombreuses chapelles. 

St. RuÉi.iN, àuêque de Tréguler, VII'' siècle {aliàs 28 février). 

St. "Gall, prêtre et confesseur, VI' siècle. — Patron de Langast. 
Chapelle à la Prénessaye (allas lO octobre. 

St. Olcan, disciple de St. Patrice V* siècle. 

St. WiNNOC ou GuKNNOC, prliice de Domnonée F//* siècle, 
guérit les entorses. — Patron de Lanvignecet Plouhinec. 

St Martin d'Amorique, religieux. 

St. ViNOC le jeune, disciple de St. Josse. 

Le p. Jean Rigoi.euc, missionnaire, XVIh siècle. 

St. Kénan, chanoine de Léon. — Patron primitif de Langucnan. 

Le B Robert d'Arbriss&l. chancelier de Bretagne et fonda- 
teur de Fonievrault, XI' siècle. 

St. Onen, religieux de Saint- Mren, A'« siècle. — Patron de 
Saint-Onen {allas 9 septembre). 

Ste Cécilink, recluse Nantaise. 

ëte AzENOR ou Honore, comtesse de Gocllo, mère de St. Bu- 
doc T7« siècle. — .Vncienne patronne de Languengar. 




Clefs miraculeuses de S. Tiijean ou S. ïugen. 
rnerliiacre à Prinieliu le dimaiiehe avant la St-Jean 



ANNUAIRE UG LA BRETAGNE 



Ephémérides 



— Naissance au Croisic de rncadémicien Bouguer. 

— Inauguration de la statue de Duguay-Trouin à Saint- 

Malo. 

— Suicide à Paris du poète Lebras. 

— Naissance à Trémel du poète bretonG. Ricou. 

— Naissance à Ouimper de Laûnnec, 

— Mort de t'eiplorateur Paul Néia. 

— Naissance à Brest du constructeur Sané. 

— Réception à l'Académie française de Me de Bobgelin, 

archevêque d'Aii, plus tard cardinal et archevêque 
de Tours. 

— Adoption de la loi Tréveneuc. 

— Mort de leanne-Françoise Ozanne, graveur. 

— Naissance à Brest de l'astronome de Rochon. 

— Seconde Fédération bretonne- angevine à Pontivy. 
~~ Première séance de l'Académie celtique. 

— Synode des protestants bretons à la Roche-Bernard. 

— NaissanceàRennesdel'abbéCarron.écrivainreligieux. 

— Mort du chimiste Geanouin. 

— Naissance à Rennes du littérateur de La Bletterie. 

— Réception de Daniel Hay du Chastelet , abbé de 

Chambon, à l'Académie française. 

— Mort du critique Geoffroy. 

— Naissance à Nantes du peintre Henri Picou. 

-~- Henri de Rohan blesîé à mort devant Rhinfeld. 



1 lin.bro de BrrUgnc ,1707). 



10 AKNUÂIRB DE LA BRETAGNE 



MEURS (Mars) 



1. — st. Aubin, né au diocèse de Y nnnes, évêq'ue <f Angers, V^ siècle. 

— Patron de Gucrande, de Languidic, de Fouillé, d'une 
paroisse de Rennes, de Saint-Aubin-des-Bois, St-A. des 
Landes, St-A. du Pavaii, St-A. du Cormier et dlfûniac, 
etc. — Nombreuses chapelles. 

2. — St. Jaoua ou JoâviN, éuéque de Léon, VI' siècle, invoqué pour 

la guérison des ulcères et pour la taie des yeux. — Patron 
de Brasparts et de Canihuel ; chapelle à Piouvien. 

3. — St. GuÈsoLÂ, premier abbé de Landévennec, V» siècle, invoqué 

par les femmes de marins pour leurs maris absents — 
Patron de Batz de Concarneau, du Grotsic, de Landéven- 
nec, de Tile de Sein, de Lncgucnolé; de Pierric. — Nom- 
breuses chapelles. 

4. — St. GtRAN, éoéque régionnaire, compagnon de SL Pairice, V 

siècle. — Patron de Ciéguer, du Palais et de Saint-Géran 
(^aliàs, 5 mars) . 

5. — St. Jacvt, prince de Domnonée, premier abbé du monastère de 

son nom, V siècle. Palran de Saint-Jacut du Mené, 
de Saint-Jacut de la mer, de Saint-Jacut-sur-Ars ; ancien 
patron de Gicquelleau chapelles à Dirinon et à Plestiu. 

6. — St. Sané, évêque, successeur de SL Patrice, P siècle. — Patron 

de Gamors et de Plouzané 

7. — Ste Melarie ou Nonne, mère de St. David, VP siècle ; invoquée 

pour les maladies des enfants. — Patronne de Dirinon et 
de Logona. 

8. — St. SENAN,^i'^7ued7rta/it/e, r/»sièd^.— Quelques-uns l'iden- 

tifient avec St. Sané (ci -dessus, au G;. 

9. — St. Félix, abbé de Rhuys, X' siècle. 

10. — Octave de St. GuksoLt (Propre de QaimperJ. 

11. — St. DoCTOVÉE, abbé. (Ancien bréviaire de Saint-DrieucJ . 

12. — St. PoL-AuRÉLiE-N, évêqae, VP siècle. — Patron de la ville de 

Saint- Pol et du diocèse de Léon, de llle de Batz, de llle 
d'Ouessant, de Lampaul-Gulmiliau, de Lampaul-Ploudal- 
mezeau, de Tréglonou. 
St. R0LLA.ND, évéque de Pol, XIP siècle. 

13. — St. Mabon, évéque de Léon, X* siècle (aliàs, la mars). 

14. — St. AuxiLiKN évéque, neveu de St. Patrice, V« siècle 

15. — Si. EnriiMne^, évéque de Nantes, VP siècle (aliàs.i Usepiembre). 



ÂNNUAIKB DB LA BUETAGNE 



11 



Éphémérides 



c — 


1748 




1749. 




1869.. 


2. 


1781. 




1816. 




i859. 


3. 


laaa. 




1487. 




1793. 


4. - 


1795. 


5. 


i56i. 




1708. 


6. — 


1691. 




1701. 


7. — 


1433. 




1734. 




1833. 


8. — 


1693. 


9. - 


1876. 


10. — 


1776. 




1896. 


11. - 


1690. 




1767. 


12. 


1753. 




1896. 


13. - 


1796. 


14. - 


i833. 



15. — ^707. — 



La Bourdonnais est mis à la Bastille. 
Naissance à Quimper du littérateur J.-G. Royou. 
Mort de l'explorateur nantais François Gailliaud. 
Grand incendie à Dinan. 
Mort du vice-amiral Allemand. 
Mort du littérateur R. Kerambrun. 
Pierre de Dreux défait près de Ghàteaubriant ses ba- 
rons révoltés. 
Jean de Rieux s*empare de Vannes. 
Découverte des papiers de La Rouaîrie. 
Combat de la Ville- Mario entre les Ghouans et les 

Républicains. 
Etienne Gourmelen est reçu médecin. 
Mort du P. Le Gobien, sinologue. 
Mort du Nantais J.-J. Renouard de Villayer, doyen du 

Gonseil d'Etat et membre de TÀcadémie française. 
Naissance à Rennes de LaGhalotais. 
Fondation de l'église Saint-Melaine de Morlaix. 
Arrêt du conseil ordonnant la construction du quai 

de la Ghezine à Nantes. 
Naissance à Lorient du compositeur Victor Massé. 
Le château de Gorlay est repris aux Espagnols par 

Sourdéac. 
La lanterne du phare du Four est emportée par un 

coup de vent. 
Mort du critique Fréron. 
Mort de Tarchéologue Henri du Gleuziou. 
Les Malouins s'emparent du château. 
Naissance à Saint-Malo d*Andrc Desilies. 
Naissance à Rennes du député aux Etats-Généraux, 

puis conventionnel, puis sénateur et comte de 

l'Empire, J.-D. Lanjuinais. 
Mort du jurisconsulte Démangeât. 
Naissance à Rennes de Tarchéologuc Cayot-Delandre. 
Mort subite du jurisconsulte Garré dans sa chaire à > 
FEcole de droit. 
Première représentation de CrispLi rival, de Lesage. 



12 AxNNUAinE DK LA BHETaGNK 

MEURS (Mars) 

16. — St. Electran, évêqaede Rennes, X* siècle Caliàs, a septembre). 

17. — St. Patrice, apôtre de V Irlande, V* siècle, invoqué pour le 

soulagement des défunts. Chapelle à LannjLon. On le croit 
né près de Pontaven. 

18. — St. CoRBASE, abbé de Qaimperlê, V 11^ siècle (aliàs, 19 mars). 

19. — St. Joseph, patron des charpentier s, inyoq\ié pour la bonne mort. 

20. — St. Mansuet, qualifié évêque des Bretons au concile de Tours 

de 46 1 Caliàs, 19 mars). 
St. Loarne, disciple de Si, Patrice, V* siècle. 

21. — Le B. EuDO de Kerlivio, prêlre, un des fondateurs de V Ordre 

de la Retraite, XV W siècle. (Cal. dom Lobineau.) 

22. — Le P. Vincent ^mby, jésuite, Jï K//® siccie. (Cal. dom Lobineau). 

23. — St. Victorien. 

M"« Catherine de Fuancubville, fondatrice de l'Ordre de 
la Retraite, AT//* siècle. (Cal. Très vaux.) 

24. — Ste Christine, cousine de Si, Hervé, VII* siècle. — Chapelles à 

Giomel et Plougastel-Daoulas ^aliàs, a 3 juin). 

25. — Ste Pétronille, sœur de St. Goulven, F/* siècle. 

26. — Le P. Etienne des Séraphins, carme (Etienne Charil), XVII* 

siècle. (Cal. Tresvaux). 

27. — St. Patrice le jeune, évêque. 

28. — St. EvÉMÈRE, évêque de Nantes, Vh siècle. 

29. — La B. Madeleine de Bretagne, XV^ siècle. 

30. — St. Guillaume de Tréguier, évêque. 

31. — Si. Benjamin. 




Saint Esprit, plomb du pèlerinage de Saint-Aubin-des Bois. 

(Il a lieu à la Penlecôle). 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 13 

Éphémérides 

Prise de Rochefort par les Chouans. 

Mort du sculpteur Suc, né à Lorient. 

Mort de Judes de Saint-Pern. 

La Bretonnière force la frégate anglaise Aréthuse à 
s'échouer sous Tile Molène. 

François P' abolit les frairiesde Rennes. 

Première représentation du Capitaine Fantâme^ de 
Paul Féval. 

Mort de Féconomiste et historien Moreau de Jonnès. 

Mort du général Cornemuse. 

Eon de FEtoile devant' le concile de Reims. 

Combat de la Sirène contre une division anglaise 
dans les parages de Groîx. 

Surprise de Fougères par le capitaine Surienne. 

La Chalotais présente au Parlement son Essai d'édu- 
cation nationale. 

Mort du littérateur Robinet. 

Françoise de Bretagne prend Thabit à Vannes. 

Mort de l'avocat Gerbier. 

Combat des Trente. 

Mort de Fancien ministre Lacrosse. 

Naissance de Picot de la Motte, gouverneur du Ma- 
labar. 

Condamnation à Rennes du capitaine Sassart. 

Naissance à Brest de Fadministrateur PieiTe Marec. 



16. 


"■^ 


1793. 
i855. 


17. 




1695. 


18. 


— 


1779- 


19. 




i5i4. 


20. 




i85o. 
1870. 


21. 


— 


i853. 


22. 


"" 


ii48. 

1808. 


23. 




i448. 


24. 




1763. 
1830. 


25. 




1467. 


26. 




1788. 


27. 


— 


i35i. 


28. 




i885. 


29. 


— 


1734. 


30. 




1816. 


31. 




1759. 




Ancien timbre de Bretagne (1763). 



14 ANNUAIRK DE Lk BRETAGNE 



E8REL (Avril) 



1 . ^ st. ENNIU9, évêqne de Nantes, saceetsear de SL ClairJW siècle. 

2. — Le B. PiERRB DU Ghaffaut, éuéque de Nantes^ XV* siècle. 

3. — St. Idunet, abbé, moine de Landévenec^ VI* siècle. — Patron 

de Ghàteaulin, de Pluzanet, de Trégonrez Chapelles à 
Plounévézel et à Laureiwn {aliàs 8 avril ou 8 mai). 

4. — Le\éii,io^piiBovR90VL,prétre,XVI!I*sièele. — (Gal.Tresvaux) 

St. Alman, évêque de Nantes^ /('* siècle. 
St. 51ÉRIN, solitaire en Armorique. 

5. — St Vincent Février^ missionnaire, XV* siècle, invoqué pour les 

enfants, — Patron de la ville de Vannes, de Calanhel, de 
la Motte^ de Saint-Vincent-sor-Onst. Nombreuses diapelles. 

6. — St. Ignoroc, évêque de Vannes, VII* siècle. — Patron de Ces- 

son, de Plouîgneau, de Saint-Igoaax et de Saint- Jgneuc. 
Le Yen. Valbntin de Nantes, capucin. XVII* siècle. — (Cal. 
Tresvaux). 

7. — 8t- GoNERY , prêtre anachorète, VI* siècle^ invoqué pour gué- 

rir la fièvre et retrouver les choses égarées. — Patron de 
Plougrescant^ Saint-Gonnet, Saint-Gonnet, ancien patron 
de Langonnet. Nombreuses chapelles. 

8. — Le Vén. Dom Joseph Garrxau, trappiste. XVII* siècle. — 

(Cal. Tresvaux). 

9. — Le B. Jagu, curé de Morlaix, XVII* siècle. — (Cal. du Mottay). 
tO. — St. Adéodat, diacre de St. Clair, /•'" ou III* siècle. 

11. — St. FiRMAT, prêtre confesseur. 

12. — Octave de St. Yincent-Ferribr {Propre de Vannes). 

13. — La B.Françoise DE QuERyBN,ca2vaîri«n/i6.(FrançoiseGallouct), 

XVII* siècle. — (Cal. Tresvaux). 

14. — St. DoNAN, abbé, disciple de Saint-Brieuc, VI* siècle. -^ Patron 

d'Esquibien et de balnt-Donan. 

15. — Canonisation de St. Guillaume, évêque de Saint-Brieuc . 

16. — St. Patern, évêque de Vannes, VI* siècle, invoqué contre la 

sécheresse. — Patron de Bais, de Louvigné, de Saint- Pern, 
d*une paroisse de Vannes. Nombreuses chapelles. 

17. — 6t. Anicet. 

18. — St. ScuBiLLiON, abbé, et, pour quelques calendriers, Saint- 

Vincent- Ferrier, ci-dessus cité. 

19. — St. Gestin, prêtre anachorète, VI* siècle. — Patron de Plestin. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



15 



Éphémérides 



<r^^y^^^ ^ <p<y^ ' <y^y^ ' ^'^ ^ 



1. — 

2. — 

3. — 



4. 
5. 



6. — 



7. 




i364. 
1760. 


8. 
9. 


— 


1745. 

1761. 

■ 


10. 
11. 
12. 


— 


1802. 

1869. 
1877. 


13. 


— 


I3o3. 

I76I. 


14. 
15. 




i85a. 
i5i8. 


16. 

17. 


— 


1663. 
1755. 
1759. 
1780. 


18. 
19. 


— 


1696. 
i885. 
1573. 



790- — 

i4a. — 
804. — 
468 — 
809. — 

859. — 
4i5. — 
705. — 

636. — 



Début au théâtre du chanteur EUeviou. 
Mort d'Abélard au prieuré de Saint-Marcel. 
Naissance à Nantes du sculpteur Auguste Defoay. 
Le duc de Bretagne s'allie à l'Angleterre. 
Première représentation du Chevalier dtmdaslrie^ 

d'Alexandre Duval. 
Première représentation du Pardon de Ploêrmel. 
Saint Vincent Ferrier meurt à Vannes. 
Naissance à Brest de Bigot de Morogues, ingénieur 

naval. 
Moi t de Paul Hay du Ghastelet, un des 4o fondateurs 

de TAcadémie française. 

- Du Guesclin s'empare de Mantes. 

- Naissance à Saint-Méen de J. Lebreton, secrétaire 

perpétuel de F Académie des Beaux- Arts. 

- NnsBance à Lannillîs du poète breton Le Laé. 

- Réception à F Académie française de Me)^ du Coêtlos- 

quet, ancien évêque de Limoges, précepteur des 
petits-fils de Louis XV. 

- Première séance de la Société académique de Nantes. 

- Mort du vaudevilliste E. de Najac. 

- Premier diner de la Société bretonne-normande la 

Pomme, 

- Arthur de Bretagne est tué par Jean-sans«Terre. 

- Kéception de Tabbé Trublet, de Saint-Malo, à l'Aca- 

démie française 

- Première représentation de Galathée^ de Victor Massé. 

- V^ingt-quatre clochers sont foudroyés entre Lander- 

neau et Saint-Pol. 

- Naissance de Plœuc du Timeur, évêque de Quimper. 

- Naissance à Lamballe de Micault de la Vieu ville. 

- Mort du littérateur Duport du Tertre. 

- Le comte de Guichen est vainqueur au combat naval 

de la Dominique. 

- Mort de Madame de Sévîgné. 

- Mort de l'écrivain François Le Goff. 

- Fondation de la tour de Guimiliau. 



16 ANNUAIRE DE I.A BR&TAGNE 

EBREL (Avril) 

20. — Le B. Grignon de Montkobt, prêtre millionnaire, XVIII* 

tièele [atiài a^i avril), 

21. — St. HaMON ou AmWON, prince armoricain, prélre confesseur, 

V' siècle. — Chapelle à f lescop (aliàs 3o avril). 

22. — Sle Opportune. 

23. — et. Georges, € diwar he dorchann, alak' ar goz saoud da 

vreskern », (assis sur sod coussinet, met les vieilles vaches 
à fringue r). 

24. — St. Fi,/lvvs, abbi dArmagh. 

25. — 8t Marc, garde de la piqûre des mouches et des serpents. 

26. — St. GoKVBN, anachorète, invoqué pour la guérison des maux 

de tète, — Patron de Plougonven et chapelle à Plouëzec 
(aliài, i5 avril). 

27. — St. GORLOis ou Urlo, premier abbé de QaimperU, XI' siècle, 

invoqué contre la goutte {aliàt, 7, atidt 3S avril). 

28. — St. LouTHiERS, ivique dAUlh, Vf tièele {aUàt i4 avril). 

29. — St. Secondbl, solitaire, VI' siècle, invoqué contre la lièvre. 

— Un des deux patrons de Besnâ. 

30. — Eté Onknne, princesse de Domnonée, sœur de St. Jadicaël, 

Vil" siècle, invoquée contre l' h jdropisie.— Patronne de Tré- 
borenleuc. 



Armel de k ruipuralion des liasiers de Quimper. 
[r£vâc]ue etl prabsblement saint Keiiaii). 



ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 



Éphémérides 



- Pacification de la Mabilais. 

- Mort à Jossclin d'Olivier de Clisson, 

- Naissance à CoufTé de Charette de la Conlrie. 

- Condamnation à mort de Le Cliapelier. 

- Un cordier est déterré à Planguenoual par les habi- 

tants : à cette époque les cordiers étaient enterrés 
à pari. 

- Bataille du Conquet gagnée par Prégent de Bidoui, 

contre lord Howard. 

- Fédération des Bretons pour la dérense du territoire, 

- .Mort du peintre de marine Durand- Brager. 

- Acte d'association à Bennes pour l'indépendance de 

la Bretagne. 

- Inauguration de la ligne de chemin de fer de Bennes 

à Guingamp. 
~ Naissance de l'amiral Trchouart. 

- Apparition du choléra dans les Côtes-du-Nord. 

- Glorieux combat de Cassard contre une flotte anglaise 

à la hauteur de Bizerte 

- Naissance d'Arlhur ou Arthus I". 

- Mort du poète Le Pajs. 



Ancien timbre de BroUgnc. 



18 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



MAEL (Mai) 



1. — St. Brieuc, éuéque régionnaire, Y* siècle, ancien patron des 

faiseurs de bourses. — Patron du diocèse de Saint-Brieuc, de 
Gaulnes, de Gruguel, d'Hiliion, de Saint-Brieuc-de-Mauron^ 
de Saint-Brieuc-desIffs. Nombreuses chapelles. 

2. — Ste AvoiE, sœur de Sle Ursule ^ IV* siècle, ancienne patronne 

de Saint- Avé, (Aliàs 6 mai, ou ai octobre). 
Il y a sancta Avia et sancta Aurea, 

3. — St. EvEN, prêtre et martyr, V* siècle. — Patron primitif de 

Ploëven, de Quéméneven, de la Malhoure, de Lannebert, 
Chapelles à Esquibien et à Plounévez-Portzai. 
St. GoiXEN ou GoLLÉATH, évéquc, patron de Langolen. 

4. — St. Enéour, abbé, IV* siècle. — Patron de Plonéis, de Plou- 

néour- Menez et de Plounéour-Trez. 
Ste Thumette, compagne de Ste Ursule, IV* siècle. — Patronne 
de Nevet, de Plomeur et de Kerzy-Penmarch. 

5. — Le B. Michel Le Nobletz, prêtre, XVU* siècle. — Tombeau 

au Conquct. 
St. Endal, disciple de St. Colomban, Vll^ siècle. 

6. — St. Béver ou Péver, prêtre, VI* siècle; invoqué pour les maux 

d*yeux. — Patron de Saint-Péver. 

7. — 8t. Neventer, pri/ictf breton, V«*siède, patron de Plou né venter. 

8. — Ste Tunevel, sœur de St. Idunet, VI* siècle, — Patronne de 

Botzélan. — (Et voy. St. Idunet, 3 avril). 

9. — St. Evarzec, abbé, XII* siècle. — Patron de Landrévarzec et 

de Saint-Evarzec. (chapelle à Briec. 

10. — St. Isidore, patron des laboureurs, tue les iaupes,etc. — Statue à 

la cathédrale de Vannes. 

11. — St T[]DY,abbéy F/® siède, invoqué pour assouplir les membres 

des enfants. — Patron de Loc-Tudy et de Tîle de Groix. 
Chapelles à Plessala, Ploczal, Tile Tudy, Pleuven et Spézet. 

12. — Translation des reliques de St. Gildas ; et pour certains ca- 

lendriers St. CoNGAR (voy. i3 février). 

13 — St. Sert AN, éoêque, YI* siècle, patron de Saint-Servan-Alet 
et de Saint-Servan-Josselin (aliàs i^^ juillet). 

14. — St. Servais, évêquede Tongres, a dépossédé Saint-Servan en 
1627 (Propre de Saint-MaloJ. 

15 — St. PrimIcl, pre/re, V* siècle, invoqué contre la fièvre. — Pa- 
tron de Primel; de Primelin et second de Saint-Evarzec . 



ANNTTAIRli DS LA BRETAGNE id 

Éphémérides 

1. — i48a. — Le duc accorde aux habitants de Nantes un nouveau 

Papegault. 
1649. — ^^^^ <^" ^- CSyrille Le Pennée, écrivain religieux. 
1847. — L® phare du cap Fréhel est allumé. 

2. — 1765. -^ Naissance à Morlaix du littérateur Riou-Kersalaun. 

1886. — Inauguration à Saint-Jacut du monument de dom 

Lobineau. 

3. — i536. — Cartier fait planter au Canada une croix aux armes 

de France. 

4. — 1379. ^ Les Bretons rappellent Jean de Montfort. 

1749. — Naissance à Lannion de Thydrographe Lescan, 
i84^. — Pose de la première pierre du palais universitaire de 
Rennes. 

5 . — 1 56a. — L*église des Jacobins de Guérande est saccagée par les 

Calvinistes. 
18Ô6. — Mort du mathématicien Binet 

6. — 1881. — Inauguration à Saint Nazaire, du bassin de Penhouet, 

le plus vaste de France. 

7. — 1770 — Les villes de Saint Malo et du Croisic conservent 

seules le droit de tirer le papegault. 

1887. — Naissance à Nhntes de Facteur Daubray, 

8. — 1493. — Statuts de Guibé, évèque de Rennes. 

1668. — Naissance à Sarzeau d Alain-René Lesage. 
i885. — Mort de Thistorien Armand du Chàtellier. 

9. — i8a3. — Représentation orageuse de la Mort de César ^ par 

Royou. 

10. — 1598. — Entrée du roi Henri IV à Rennes. 

1788. — Emeute à Rennes contre le gouverneur M. de Thiard. 

11. — 1772. — Passage du duc de Chartres à Saint-firieuc. 

1804. — Cadoudal est condamné à mort. 
1843. — Mort du poète Louis de Léon. 

12. — i45o. — Fondation de Thôpital de Savenay. 

171a. — Cassard s*empare de la ville de la Praya. 

13. — 1779. — Les Anglais canonnent Cancale. 

14. — 1747. — Glorieux combat d'Ortegal où se distingue Grout 

de Saint-Georges. 

15. — 1608. — Naissance àHennebontdu P. Iluby, missionnaire. 

1754. — Naissance à Pont-Croix du poète 0. J, Morvan. 



20 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

MAEL (Mai) 

16 — St. Brandan, Broladre ou Brévalaire, abbé, F* siècle, 
invoqué pour la guérison des plaies. — Patron deKerlouan, 
de Lanvellec, de Locbrévalaire, de Saint-Brandan, de Saint- 
Broladre et de Trégrom. 

17. — St. Garadbg, abbé, V« siècle, — Patron de Saint-Garadec- 

Loudéac, de Saint-Garadec-Prîziac et de Garantec. — L'ancien 
patron primitif de Saint-Garreuc est un autre saint Ga- 
radec du XP siècle. 

18. — St. Hervé, disciple dç Robert d'Arbrissel, XI* siècle, 

19. — St. Yves, prêlre officiai de Tréguier, XW siècle, — Patron des 

gens de justice, de la ville et du diocèse de Tréguier, du 
Huelgoat, de la Motte, de la Poterie, de Louannec, du Mi- 
nihy-Tréguier, de Plougonver, de Ploumiliau, de Plouray, 
de la Roche-Maurice, de Trédrez, etc. Nombreuses chapelles. 

20. — St. Thérésien, abbé de SL'MathieUy X« siècle, — Statue à Sainte- 

Golombe, de Lanloup. 

21 . — Translation des reliques de St. Patern. fP^opre de Vannes J, 

22. — St. AuTROM, confesseur non pontife. — Ghapelle à Trédarzec. 

23. — Ste Gandide, compagne de Ste Ursule, IV siècle, fortifie les 

enfants rachitiques. 

24. — SSts. RooATiEN et Donatien, les enfants Nantais^ martyrs du 

IW siècle, — Patrons d'une paroisse de Nantes, de Gonque- 
reuil et de Poligné. 

25. — Ste Eléobaneou Liboubane, mère de Si, Gonery, VI* siècle, 

invoquée pour faire marcher les enfants de bonne heure . 
— Patronne de Plougrescant et de Trèflez. 

26. — Octave de St. Yves (Propre de Tréguier), 

27. — St. Nérin, évêque, VI* siècle. — Patron de Plounerin (aliàs, 

i5 mai). 

28. — St. JoRAND, écolier, VI* siècle, invoqué par les cloarecks et les 

bergers. — Tombeau à Plouëc. 

29. — St. RiAGAT, anachorète, V* siècle. — Patron de Tréfiagat. 

30. — La B. Marie Boufard, Visitandine, 

31 . — Octave des SSts Donatien et Rogatien (Propre de Nantes) . 



ANNUAIRK DE LA BRETAGNE 



21 



>A8>4B>4B>4fi>4llfeAfeâfeite^gfeifeitej 



16. 


i364. 




1673. 




1789. 




1793. 


17. 


— 186a. 




i885. 


18. 


— i583. 




1601. 


19. 


— i5i9. 




1806. 


20. 


— 1780. 


21. 


— 1763. 


22 


— 1273. 




1703. 


23. 


— i54i. 




1777. 


24. 


— 1570. 




1090. 




1874. 


25. 


— i4î>i. 


26. 


— 1701. 




i8ia. 




1867 


27. 


— 1734. 


28. 


— 1712 


29. 


— i83o. 


30. 


— 1597. 


31. 


— 1807. 



Duguesclin est vainqueur à Gocherel 

Naissance à Argentré du théologien Du Plessis d'Ar- 

gentré. 
Mort du P. de Tournemine. 
Meurtre de Sauveur à La Roche-Bernard. 
Mort à Nan-Jao de Tamiral Protêt. 
Mort de l*écrivain Raoul de Navery. 
Le duc de Mercœur vient à Nantes et loge à Thôtel 

de Briord. 
Le voyageur Pyrard de Laval s'embarque à Saint-Malo . 

- Naissance à Vitré de Thistorien d'Argentré. 
Installation de TEcole de droit de Rennes. 

Le comte de Guichen vainqueur de l'amiral Rodney . 
Naissance à Quimper du contre-amiral Maistral. 
Ouverture du concile de Rennes. 
Prise de 5 vaisseaux hollandais par le marquis de 

Goêtlogon. 
Jacques Cartier commence son troisième voyage. 

• Entrée à Nantes du comte d'Artois. 
> Entrée de Charles IX à Saint-Malo. 

- Pillage de Chateaugiron par les Ligueurs . 

- Mort à Saint-Raphaêl, du peintre J.-L. Hamon. 
Les Etats s'assemblent à Vannes pour la succession 

de Bretagne. 

- Naissance à Rennes du savant Rallier des Ourmes. 

- Mort de l'archéologue de Nouai de la Houssaye. 
Mort du peintre Louis Duveau. 

• Mort héroïque du marquis de Plélo.à Dantzig. 
Naissance à Saint-Malo de l'économiste Vincent de 

Gournay. 

- Mort de Gohier, député de Rennes à la Convention . 

- La Fontenelle tente de surprendre Quimper. 

- Naissance à Rennes du poète Edouard Turquety. 




°^ ANNUAIRE DB LA BREPAâNB 



EVEN (Juin) 



1 . — St. RoNAN, ermite, r/« siècle, invoqué pour la guérison des 

rhumatismes et contre la stérilité des femmes. — Patron 
de nie Molène, de Locronan, de Saint-Renan. Ancien 
patron de Laurenan. Chapelles à Briec et Plozévet. 

2. -— LeB. Jean DE i/IsLK, pre/r«. 

3. — Sle NiNNOc, abbesse, l-" siède, invoquée pour les maladies des 

enfants. — - Statue à Plœmeur, au prieuré de Nennoc. 

4. — St GuiOANTON ou HrNGUiSNTiN, êvéqae de Vannes, VU* siècle. 

— Patron de Lanfains et de Saint-Ganton. 

5. — La B. ËRMEN6AR0B, duchesse de Bretagne, XW siècle. 

6. — St. GuRVAL, êvêque d'Aleth, r/« siècle. — Patron de Guer. 

7. — Si. Mèrikdkc, êvêque de Vannes, VW «ièc/e, invoqué contre 

la surdité. — Patron de Mériadec et de Pontivy. Chapelles 
à Plumergat, Pluvigner et jadis Saint-Jean-du-Doigt. 

8. — Le P. QuiNTiN, dominicain, 

9.. -— St. Petrock, abbé de Saint Méen. 
10. — St. Barnabe, « S. Barnabas, ann devez hlrra 'zo er bloaz » 

(le plus long jour de l'année), 
il. — St. Majau, solitaire, Jr ère de St.Goueznou, V/« «îccte, invoqué 

pour la guérison des maux de tète. — Chapelle à Plouguin 

{allas, IX juin). 

12. — fit. JuaoN. berger, invoqué contre la fièvre et les maux de 
tête : guérit les moutons de la clavelée. — Patron de Ca- 
rentoir. Chapelle à La Gacîlly {aliàs^ 4 juin). 

13. — fit. Herbotou Dbrbot, solitaire^ VIII* siècle, invoqué pour la 

conservation des bestiaux. — Chapelles à Cavan, à CoUorec, 
à Plounevez du Faou, à Plouaret, à Ploulec'h, à Plounevez- 
Quintin, à Taulé, à Trévou, à St. Thonan. 

14. — St. Théo, ermite. — Patron du Bodéo; chapelle à Plouguenast 

(aliàs, i5 juin). 

15. — St. VouGAT, évêque, r/« siècle. — Patron de la paroisse de 

Saint- Vougay. Chapelles à Plouzévédé, Tréguennec et Séné* 

16. — fit. SiKiLiEN, éuêque de Nantes, IV siècle. — Patson d*ttiie 

des paroisses de Nantes. 

17. — St. Hervé ou Houarneau, ermite, V* siècle, invoqué pour la 

guérison des yeux. — Patron des chanteurs aveugles, du 
Faouët, de Lanvoilon, de Lanhouarneau, de Malestroit, de 
Ploaré, de Quemperven, de gaint-Hervé, de Saint-Mervon. 
Nombreuses chapelles. 



f 



ANNUAIRB DE LA. BRBTAGNEl 23 

Éphéméridca 

1. — i652. — Réception d*Armand du Gambout, marquis (plus 

tard duc) de Coislin, à l'Académie française. 

- Premier numéro de ï Ami du roi, publié par Royou. 
Arrêt du conseil pour la démolition de la cathé- 
drale de Rennes. 

- Mort de dom Lobineau à St-Jacut. 

■ Napoléon enlève à Fouché le Ministère de la police 

• Sac de Betton par les ligueurs de Saint-Laurent et 
Tréméreuc. 

Première de la Fiancée du diable, de V. Massé. 
Mort de ringénieur naval Le Déan. 

- Mort du vice-amiral de Goêtlogon. 

- Mort de Jules Simon.. 

• Marlborough somme Saint-Malo de se rendre. 

• Le capitaine Marion est massacré à la baie des Iles. 

- Découverte, à Saint-Melaine de Rennes, du tombeau 
de la duchesse Constance. 

- Mort à Rennes dTsabeau de BreUgne, sœur de la 
reine Anne. 

- Naissance à Saint-Malo de Duguay-Trouin. 

■ Réception à l'Académie française du prince Louis de 
Rohan, plus tard cardinal de Guémené et évéque 
de Strasbourg. 

- Gombat de la Belle-Poule et de VAréthuse. 

- Naissance à Rennes, de Le Chapelier, député aux États 
Généraux et président de l'Assemblée Nationale. 

- Naissance à Nantes du peintre Elle Delaunay. 

- Mort du prédicateur Olivier Maillard: 

- Mort de Sotin de la^Coindière, ancien Ministre de la 
police. 

- Arrivée à Nantes de l'empereur Joseph II. 

- LaiNoue est vainqueur à Sainte-Gemme. 

- Mort du littérateur Pitre -Chevalier. 

- Défaite des Anglais à Gamaret. 

- Mort du jurisconsulte Boulay-Paty . 

- Entrevue du connétable de Richemont et de Jeanne 
d'Arc 

- Fondation du couvent de Sainte-Catherine à Diaan. 
-Tentative de Duvicquet sur Saint-Brieuc. 





1790. 


2. 


— 1754. 


3. 


— 1727. 




1810. 


4. 


1597. 


D. 


— 18Ô4. 


6. 


— i84i. 


7. 


— 1780. 




1896. 


8. 


— 1758. 


^ 


177a. 


9. 


— 1672. 


10. 


— 1490. 




1678. 


11. 


— 1761. 




1778. 


12. 


- 1754. 




1828. 


13. 


l502. 




1810. 


14. 


— 1777. 


15. 


— 1570. 




i863. 


16. 


1694. 




i83o. 


17. 


1429. 




1482. 




1798. 



24 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

EVEN (Juin) 

18. — Ste Marine, invoquée par les femmes des marins. — Chapelle 

en Gombrit. 

19. — Ste R[7AN0NK, sœur de St. Hervé, VI^ siècle. 

St. Méaugon où Maugan. disciple de St. Brieuc^ VI* siècle» — 
Patron de Laméaugon. 

20. — St. Egarec, abbé, guérit de la surdité. 

St. Charles de Blois, duc de Bretagne, XI V" siècle. — Chapelle 
à Coattez-en-TrefHez, sous le nom de St. Bléas. 

21 . — St. Méen, abbé, , VI* siècle, invoqué contre la fièvre, la galle 

et les maladies des yeux. — Patron de la ville de ce nom, 
de Cancale, Guillomarac. la Fresnaye, Lesneven, Lanvallay, 
Plélan, Ploéven, Saint-Méen-Ploudaniel, Talensac, Trémé— 
ven. Nombreuses chapelles. 

22. — St. Aaron, ermite VI* siècle. — Patron de Saint- Aaron ; cha- 

pelles à Pleumeur-Gautier et à Saint-Malo. 
23 — St. Alban, martyr, V siècle, — patron d'Elven et de Saint- 
Alban ; chapelles à Crac* h. Plogonnec et Plougonven. 
St. BiLY, évêque de Vannes, IX* siècle. 

24. — St. Mars, prêtre et ermite, VI* siècle. Tombeau à Bais.— 11 y a 

un autre St. Mars^ évêque de Nantes, le ii octobre. 
S' Utel, ermite. — Chapelle à Mauron. 

25. — St GoHARD, évêque de Nantes, et ses compagnons, martyrs, /.Y* 

siècle. — Patron d'une paroisse de Saint-Nazaire. 

26. — S. CiEUX, disciple de St. Brieuc, VI* siècle, invoqué dans les 

nécessités publiques. — Patron de Lancieux. 
StePAZANNE, (Voy. ci-dessous SteEMERANCiENNEau a3 janvier). 

27. — St. Salomon, roi de Bretagne et martyr, V* siècle, invoqué 

dans les calamités publiques. — Patron de Là Martyre, de 
Tabbaye de Paimpont et d'une ancienne paroisse de Vannes. 
Chapelles à Guern, Matguénac, Paule et Plouyé. 

28. — St. Maëlmon, évêque d'Aleth, VII* siècle (aliàs, ig juin). 

Salomon III, martyr, IX* siècle. 

29. — St. AusTOLE, abbé. 

St. Pierre. 

St. GOAZEC, disciple de St. Patrice, V* siècle, — patron de Sainl- 
Goazec. Chapelle à Plouhinec. 

30. — St. GuNTiERN, prince et solitaire, XI* siècle. — Chapelles à 

Quimperlé et à Tile de Groix. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 25 



JÈphémérides 



18. — 1^39. — Richemont défait les Anglais à Patay. 

19. — 1782. — Naissance à Saint-Malo de F. de Lamennais. 

1800. — Victoire de Moreau à Hochstedt. 

20. — 1347. — Bataille de la Roche-Derrien. 

IÔ84. — La chaussée de l'étang dts Ponts-Neufs est emportée 

par les eaux. 
i855. — Première représentation de Médée, d'Hippolyte Lucas. 

21. — i589. — Le comte de Soibsons s'évade du château de Nantes 

dans un panier à dessert. 
1668. — Mort du chef d'escadre La Roche-Saint- André . 
171a. — Naissance à Fougères du comte de Guichen. 
1794. — Exécution à Brest de Tévêque constitutionnel Expilly, 

avec les autres administrateurs du Finistère, parmi 

lesquels le poète Olivier Morvan. 

22. — 169a. — Prise de deux frégates anglaises par Duguay-Trouin. 

i8ai . — Naissance à Plouaret de F .-M Luzel. 

23. — 1795. — Combat naval, près de Groix. 

1877. — Mort du naturaliste Le Maout. 

24. — i446. — Gilles de Bretagne est arrêté au château du Guildo. 

iSo4. *— Exécution de Gadoudal à Paris. 
1889. — Inauguration par les Canadiens du monument de 
Jacques Cartier. 

25. — i883.— Mortde l'ingénieur de la Gournerie, créateur du 

port de Saint-Nazaire, puis membre de l'Académie 

des Sciences. 
Mort du prédicateur Vincent de Meur,né a Tonquédec. 
Cambronne est traduit en conseil de guerre. 
Mort du maréchal de Matignon. 
Défense de Nort par les Nantais* 
Bataille de Conquereuil. 
Attaque de Nantes par l'armée vendéenne. 
Victoire de Guébriant à Wolfenbuttel. 
Mort de Mgr du Breil de Pontbriand , évêque de 

Québec. 
Naissance à Lorient du sculpteur Suc. 
Mort du corsaire ser van nais Sauveur. 
Mort du naturaliste Alcide d'Orbigny. 

4 



26. 


— 1668. 




1816. 


27. 


— 1597. 




1798. 


28. 


992. 




1793. 


29. 


— i64i. 




1760. 




i8oa. 


30. 


— i855. 




1857. 



26 ANNUAIIIK DE LA BKKTAGNE 

GOUERE (Juillet) 



1 . ^ St. LuNAiRB OU LoRMBL OU Launbuc, évêquc de Saint'Malo, 

VI* ziècle, invoqué pour les yeux. — Patron de Locoët, de 
Miniac sous Bécherei, de St-Launeuc, de St-Lormel, de 
St-Lunaire; chapelle à Plouer. 
Quelques calendriers indiquent St. Goazbc, voy. ci-dessus, 
39 juin. 

2. — St. OoDOCÉE, évêqae de Ijindajf^ VI* siècle. 

3. — St. DiBOAN (Hybon), invoqué pour les agonisants. 

4. — Dédicace de l'église de Léon {Propre de Léon). 

5. — St. Gast. êvêque et martyr^ VI* siècle, invoqué pour les yeux 

et dans les tentations contre la foi. -^ Patron de St-Cast. 

6. — Ste NoYALE, vierge et martyre, a donné son nom à Noyal- 

Muzillac, Noyal-Pontivy, Noyal-sur- Vilaine, etc. 

7. — St. Félix, évêque de Nantes, VI* siècle, invoqué dans les cala- 

mités publiques. — Patron d'une des paroisses de Nantes. 

8. — St. GoLVEN, évêqae de Léon, IV* siècle, invoqué pour la con- 

servation des bestiaux. ~ Patron de Goulven et de Goulien. 
Chapelles à Gaurel, Lanvellec, Hanvec. 

9. — St.KiRio,cyeg«<? dcon/essear, (peut èlre le même que S.GuiREc), 

invoqué pour les plaies et panaris. — Chapelle à Plounérin. 
10. — St. David, Avit, Ivy ou Divy, fils de Ste Nonne,évêqne région- 

naire, VI* siècle, invoqué dans les maladies des enfants. — 

Patron de Bodivit, de Pouldavy, de Dirinon, de Loguivy- 

Lannion, de Longuivy-Plougras, de Pontivy, de Saint- 

Divy ; nombreuses chapelles. 
41 . — St. Dbi ou Thbi, moine de Landévenec, VI* siècle, éloigne la 

mort du lit des enfants. — Patron primitif de Lothey ; 

chapelles à Cleden, Cap-Sizun,Plouhinec, Pléhedel, Pluduno, 

PouUan, Saint-Ségal. 

12 . — St. Mbnou, évêque de Qaimper, VI l^ siècle. 

13. — St. Thurtaf, évêque de Dol, VII !• siècle, invoqué pour purifier 

Tair et chasser la fièvre. — Patron de Berric, Crac*h, Lan- 
divisiau, Plogonec, Plumergat, Quintin, Saint-Thurial, 
St-Thuriau. — Chapelles à Baud, Plévin, etc. 

14. — Ste Triphinb, mère de S, Trémeur, VI I^ siècle. — Patronne 

des femmes mariée^, de Carhaix et de Ste Tréphine. Cha- 
pelle à Pontivy. 

15. — Octave de S. Félix, {Propre de Nantes). 



i 







i-ao. 


2. 




1748. 


3. 


-_ 


i853. 


4. 


— 


i848. 


5. 


— 


1796. 
1884. 


6. 


— 


1801. 


7. 


— 


iSgi. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 27 

Éphémérides 

1 . — ^ 1670. — Réception de Tabbé de Montigoy, Vannetais^ poète, 

bientôt évèque de Léon, à TAcadémie française. 

- Gérard Meslier est élu maire de Nantes. 

- Naissance à Josselin de la comtesse de Nantois, dite 
la muse bretonne. 

- Mort du poète Hippolyte de la Morvonnais. 

- Mort de Chateaubriand. 

- Victoire de Moreau à Radstadt. 

- Mort du compositeur Victor Massé. 

- Liaois bat une escadre anjçlaise à Algésiras. 

- Mort à Rennes de Noël du Fail, écrivain et juris- 

consulte. 
i8i5. — Naissance à Quimperlé de Th. llersart de la Ville- 
marqué. 
, 8. — 16 16. — Richelieu charge le maréchal de Brissac de fortifier 

Blavet qui prend le nom de Port-Louis. 

— Mort de Robert Surcouf . 

— Naissance à Landerneau du littérateur de Roujoux. 

— Transfert à Téglise Saint-Sauveur de Dinan du cœur 
de Du Guesclin. 

— Le Duc Jean V fonde N.-D. du Folgoët. 
'— Cartier entre dans le fleuve Saint-Laurent. 

— Lettre de Tin tendant B. de Molle ville au bureau de 
police de Rennes pour expliquer sa fuite. 

— Mort de Lamotte-Picquet. 

— Inauguration du monument du combat des Trente. 

— Mort de Tabbé Moigno. 

— Entrée à Nantes de Henri II et de Catherine de Médicis. 

— Combat d'Ouessant, gagné par Chàteaurenaud. 

— Mort de Du Guesclin au siège de Randan. 

— Assemblée des États à Rennes, et procession solen- 
nelle à cette occasion. 

— Mort du missionnaire Charles Langlois. 

— François II déclare qu*il ne peut lever d'impôts sans 
le consentement des États. 

— Arrestation des 13 députés delà noblesse bretonne 
qui sont jetés à la Bastille. 

— Les Anglais bombardent Saint*Malo. 





1827. 


9. 


— 1779- 




1810. 


10. 


— 1409. 




i534. 




1788. 


11. 


— 1791. 




1819. 




1880. 


12. 


— i56i. 




1677. 


13. 


— i38o. 




i453. 




i85i. 


14. 


— 1459. 




1788. 


15. 


— 1695. 



28 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

GOUERE (Juillet) 

16. — St. Maden, disciple de S, Goulven^ VI* siècle. — Ancien patron 

de la paroisse de ce nom. 

17. — St. Hélier, solitaire» — Patron d'une des paroisses de Rennes. 

18. — St. Tenenan, êvéque de Léon, VI !• siècle^ calme les tranchées. 

— Patron de Guerlesquin, de La Forest, de Plabennec. 

19 . — St. H6LEN, êvêqae de Léon, — Patron de St-Hélen {aliàs a6juillet). 

20. — Sle Marguerite, donne confiance aux femmes en couche. 

21. — St. Je\n de Chinon, pr^/rtf, né en Bretagne, VI'^ siècle. 

22. — 6t. Kivo al, pr^/rtf, oncle de S. Hervé, V/« siècle. — Patron de 

Trézélan et de Lanrivoaré. Chapelle à Bourgblanc et k 
Braspartz. 

23. — SteSÈVE ouLoÈVE, sœur de S, Tugdual, VI^ siècle. — Patronne 

de Sainte-Sève-lës-Morlaix. 

24. — St. Miliau. prince de Domnonée, VI 11^ siècle. — Patron de 

Guimiliau, de Ploumiliau, de Pluméliau, de Plounévez- 
Porzai. Chapelle à Trébeurdcn. 

25. — St. Christophe, rend vigoureux Thomme et Tenfant. 

26. — • Ste Anne, patronne des Bretons, dont la chapelle en Pluneret 

est devenue Basilique. — Nombreuses chapelles et pèleri- 
nages dont les principaux sont ceux de Sainte- Anne -d'A.u- 
ray, et de Sainte-Anne-la-Palud. 

27. — Si. Brey IN, archevêque de Cantorbéry, VII* siècle. — Patron de 

Saint-Brevîn 
Ste CopAiA ou Pompée, mère de St. Tugdual, VI* siècle, invo- 
quée pour les enfants malades. — Patronne de Botzélan 
et de Langoat. 

28. — St. Samson, évêque deDol, V/« siècle, invoqué pour les femmes 

enceintes et les enfants chétifs. — Patron de Bobital, 
Gadélac, Dot, Illifaut, La Fontenelle, Kerity, Lanvellec, 
Larivézéac, St~Samson, St-Ideuc. Nombreuses chapelles. 

29. — St. Guillaume, évêque de Saint-Brieuc, XIII* siècle, invoqué 

dans les calamités publiques. — Patron du diocèse de 
Saint-Brieuc, de CoUinée, de Langolen. 

30. — St. Genevée, évêque de Dol, VIP siècle. — Statue à S. Martin 

de Lamballe [aliàs ag août. 
St. Agile, abbé, 

31. — La B. Marguerite Huby, carmélite (sœur du P. Huby), 

AT//"^ siècle. — (Cal. Tresvaux et du Motlay). 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



29 



iia8fc4lfc4(h4fc.4lfcAfcJfc.46>Afc.JB>.4B>.4B>. 



Ephémérides 



' <» ' *ay<iy<fr ' 'y^ ' HyH»^f{y<y<jg - '<^ ' ^<yH a y<fr ' <iy<y*y<y^ 



16. 


^* 


iSgi. 
i684. 


17. 


— 


i453. 


18. 




1720 


19. 


— 


i485. 
i848. 


20. 


— 


1624. 


21. 


— 


i83a. 


22. 


^■M» 


1474. 
1795. 


23. 


— . 


1795. 


24. 




1889. 
1842. 


25. 


^^^^ 


1788. 


26. 




1866. 


27. 





1759. 





1825. 


28. — 


i488. 


• 


1821. 


29. 


i558. 


30. — 


1695. 




1788. 


31. 


1799- 




1825. 



778.- 



Prise de Lamballe par le prince de Dombes. 

Naissance à Pleudihen du bénédictin D. Briant. 

Jean de Montauban contribue à la défaite des An- 
glais à Gastillon. 

Naissance à Pontrieux du philologue Jacques Le 
Brigant. 

Exécution de Pierre Landais à Nantes. 

Funérailles de Chateaubriand. 

Mort de la reine Claude^fille de la duchesse Anne. 

Première du Barbier d'Aragon, de Fontan. 

Mort à Rome du cardinal de Coêtivy. 

La ville de Quintin est rançonnée par le marquis 
de Joyeuse. 

Les chouans s'emparent de Ghàtelaudren. 

Première représentation du Mexicain, dfame-vau- 
deville de Fontan. 

Mort d'Auguste Lorieux, jurisconsulle et littérateur. 

Le seigneur du Bordage brûle Romazy. 

Arrestation à Houdan de la députation des 12 membres 
du Parlement porteurs des remontrances au Roi. 

Mort à Rennes du paysagiste Francis Hlin. 

Mort à Baie du philosophe académicien Maupertuis, 
membre de TAcadémie française, de l'Académie 
des Sciences et de l'Académie de Berlin. 

Bataille navale d'Ouessant gagnée par le comte d'Or- 
villiers. 

Mort du médecin Miriel. 

L'armée bretonne est défaite à Saint- Aubin du 
Cormier . 

Naissance à Guingamp du peintre Le Hénafif. 

Le Conquet est brûlé par les Anglo-Flamands. 

Naissance de Facteur Montmesnii, fils de Lesage. 

Réception par le roi^ à Versailles, des 18 membres dé 
la commission intermédiaire des Etats. 

Fouché est nommé Ministre de la police générale. 

Mort du jurisconsulte Bigot de Préameneu, ministre 
des cultes sous Napoléon 1«^, et membre de l'Aca- 
démie française. 



30 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



EOST (Août) 



1. — st. KiNBDBOu KiHOUBT, onac/iorète, V7« siècle, — chapdles à 

Plumelin et à Plaintel. 

2. — 8t. Friard, ermUe, VI* siècle, un des deux patrons de Besné. 

3. — St. PBRQA.T, diacre et successeur de S. Tugdaal^ VP siècle, in- 

Toqué pour les objets perdus. — Patron de Ponldiiran 
Caliàs i»"^ août). 

4. — Si.OswA.LD,roideNorthumbrie,martyr,VWsiècle(alîàSjBB.otkt). 

5. — AT.-Z). des-Neiges, préserve les récoltes des oiseaux. 

6. -^ St. Untac. abbé, disciple de S Méen, ¥]• siècle, (aliàs 2 août). 

7. — La B. JsANNE l'Evangélistb, carmélite, XVI !• siècle. (Cal. 

Tresvaux). 

8. — S. Gtriaque, prêtre et martyr avec sainte Ursule^ IV* siècle 

{aliàs a 8 avril). 

9 . — Le P. Michel, de S t-Malo , capucin. X VII* siècle . (Gai. Tresvaux) . 

10. — St. Herlé, diacre et martyr. — Patron de Plouaré. 

11. — St. £r(}at, abbé, invoqué pour les rhumatismes. — Patron 

de Pouldergat et de Tréouergat. 

12. ^ St. Eoarn, moine de Saint^Gildas, martyr^ XI* siècle {aUàs 11 

août). 

13. — Le B. FuLGENCE de Sainte Barbe, carme. (Cal. Lobineau). 

14. — St. LoivAN ou Laouénan, disciple de S. Tagdual, VI* siècle. 

— Patron de Tréflaouénan . Chapelle à Plouiec*h. 
St. Eusebe, prince de la Petite^ Bretagne, invoqué contre ia 
rage. — Patron de Saint-Bihy. 

15. — Fondation de TEglise de N.-D. de Bonne-Nouvelle à Rennes. 

16. — Armel^ abbé, V* siècle, invoqué contre la goutte et les maux 

de reins. — Patron de Languedias.de Langouët, de Loute- 
bel, de Plocrmel, de Plouarzel^ de St-Armel. Nombreuses 
chapelles. 

17. — St. RioN, moine de Redon, — Chapelles à Ploubazlanec, 

Plouézec et Plourivo. 
St. GuLCiEN, prince breton (ordo de Nantes). 

18. -- Le B. Etienne, cordelier. (Gai. G. du Mottay). 

19. — St. GuEN ouGuBNNiN, évêquc de Vannes, VI* siècle, 

20. — St. Philbert, premier abbé de Noirmouiiers, VIP siècle, in- 

voqué contre la stérilité des femmes. — Patron de la pa- 
roisse de son nom, et de Plougoumelen . Ghapelles à St*- 
Evarzec, Plounéour et Trégunc. 



ANNUAiaS DE LA BOETAGNE 



31 



Ephémérides 



1. — 1768. — 



2. 


— 


i884. 


3. 




1879. 
iSgo. 


4. 


— 


1591. 


5. 


— 


i838. 


6. 


— 


1487. 


7. 


— 


1896. 


8. 


^*~ 


1767. 
i843. 


9. 


— 


i488. 


10. 


— 


1764, 


11, 




i345. 


12. 




1417. 


13. 




i5i8. 



14. - 


1284. 


15. — 


1372. 




i45o. 


16. 


1765. 




1789. 


17. — 


1592. 




i885. 


18. — 


1788. 




i884. 


19. — 


1369. 




i5o5. 




1773. 


20. — 


i548. 




1810. 



532. 



Prise du fort de Nonza en Corse par le général 

de Marbeuf. 
Le Dîner Celtique offre à Tréguier un banquet àRenan. 
Jean de Montfort débarque près de Sainl-Malo à son 

retour d'Angleterre, 
Arrêt du Parlement contre les duels. 
Mort de La Noue Bras-de-Fer. 
Inauguration à Dinan du buste de Duclos. 
La Trémoille lève le siège de Nantes. 
Visite du président de la République à Brest. 
Ho vius, imprimeur à Saint-Malo. est mis à la Bastille. 
Mort du littérateur Camille Mellinet 
Dinan ouvre ses portes au roi de France. 
Naissance à Avessac de Farcbéologue de Penhouet. 
Montfort donne Tassant à Quimper. 
Pierre de Rieux devient maréchal de France. 
Entrée triomphale à Nantes de la reine Claude et du 

roi François P'. 
Couronnement à Rennes du dauphin sous le nom de 

François III. 
Terrible ouragan en Bretagne. 
Le duc Jean II fonde la collégiale de N.-D. du Mur 

à Morlaix. 
Richemont bat les Anglais à Formigny. 
Naissance à Landerneau du prédicateur Legris Duval. 
Inauguration de la Place Necker à Saint-Brieuc. 
Descente des Espagnols sur la côte de Tréguier. 
Assises de la Pomme à Paramé, sous la présidence de 

Leconte de Lisle. 
Mésaventures de M. de Botherel à Quimper. 
Mort de Léonce Petit, peintre et caricaturiste. 
Du Guesclin vainqueur à Montiel. 
Anne de Bretagne fait un pèlerinage à Notre-Dame 

du Folgoêt. 
Terrible inondation à Châtelaudren. 
Arrivée de Marie Stuart à Morlaix. 
Combat du Grand-Port, dans lequel plusieurs marins 

bretons se distinguent. 



32 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

j».A».Je.iia.ai.Ji^tt.Je.ft.a>^«.fl.:teAi. .«.A!.AA.tt.*.A4B.jlB.Jii!.Jja..fcjB. 
EOST (Août) 

21. — Le B. Locis DE MoRi.Aix, capaein (de la famille Polart de 

Ploueiocb), XVII* siècle. — (Cal. Tresyaui). 

22. — St. S^mphorUn, patron d'un quarUer de Vannes au bu- 

bourg de St-Patern. 

23. — Octave de St Armel (Propre de Sain(-Malo). 

24. — St. AuBERT, compagnon de Robert iTArbrutel, XI siècle. 

25. — St. EoiiARN, ermite et martyr. 

26. — St. R/loul, Jondotear de l'abbaye de S. Sulpiee, XII siècle. 

27. — La Vénérable Claude Le Bei.i.ec, de Douarnenez, veave, 

XVIt' iiècle. — (Cal. ïre*ïauï). 

28. — St. Elouan, ermite, Vil' siècle, invoque contre la fièvre pro- 

duite par les vers. — Son tombeau à Satnt-Guen, 

29. — St. EDEfM.prêlreettolitaire,X'tlêcle. — Patron primitif d'E- 

dern, de Keredern, de Lanédern et de Plouédern. Au cal- 
vaire de Lanédern, il est représenté à cheval sur un cerf. 

30. — St. hoTM/LËf,, compagnon de S . Tady, VI' siècle. 

St. Fiacre, patron des Jardiniers, guérit de la gale. 

31 . — St. Victor de Caupbon, solitaire, VU' siècle, invoqué contre 

la fièvre. — Patron de Campbon. 
Ste. CvTBVRes, reine de Northambrie, VIfsiècle. 



Anciennes B ta tueltea de saints Bretons à Kotre-Dame du Haut près Moncoaloor. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



Éphémérides 



— Naisiance à Rennea du littérateur Mangourit. 

— Mort du cardinal de Boisgeslin, archevêque de Tours, 

membre de l'Académie françaiie. 

— Arrêté des dames et demoiselles de Guérande (sic), 

contre les projets ministériels. 

— Victoire de Moreau à Friedberg. 

— Mort du musicien Emile Chevé (né à Douarnenez). 

— Première représentation de JeanneIaFoII«,deFontan. 

— Mort d'Arthur II au château de l'Isle. 

— MortdeL.-J. Giliet de Trémorel, bibliothécaire de 

Sainie-Geneviève . 

— Mort de Jean V au château de La Touche. 

— Naissance à Hanvec du vice-amiral de Leissègues. 

— Saint-Suliac est repris par les troupes royales. 

— Naissance près de Nantes de l'abbé Morvan de 

Bellegarde. 

— Réception par le roi à Versailles des 53 députés des 

trois ordres des Etats. 

— Dévouement à Nancy du Malouin André Deiillea. 

— Le feu du phace d'Ar-Men est allumé après i5 années 

de travaux. 



Slaliiellea de N.-D. du Haut près Monconlour, 



34 ANNUÂIRK DE LA BRETAGNE 

GUENGOLO (Septembre) 

1. — st. JuST, évêque de Rennes^ /F" sièele (aliàs, a septembre). 

St. GiLT, invoqué pour les estropiés et les cochons malades. 

2. — St. Langui, consulté pour savoir si le malade vivra ou mourra. 

3. — St. EMiiAEfJ, évêque de Nantes et martyr, VI IP8iècle(aUàs,ibiuin), 

4 . — St. Gadoan, prêtre et martyr, Vh siècle. — Patron de I^oul- 

lan. Chapelle à Braspartz. 
St. Ferreux^ moine, VI* siècle. — Patron de Châteaulin, de 
Saint-Perreux, de Trébédan, de Trégon. 

5. — St. Thégonmbc, évêque, invoqué pour les récoltes. — Patron 

de la paroisse de son nom. ^ Chapelles au Guerlesquin et 

à Plogonnec. 
Ste Jeune, sœur de St-Envel, Vf siècle. — Chapelle à Ploune- 

vez-Moëdec. 
H. — Transi, des reliques de St. Vincent Ferrier (Propre de Vannes). 
St. OEdmal, évêque dAlelh, YIl^ siècle. 

7. — Le vénérable Alain delà Roche, dominicain. 

St. DoGMAËL ou ToLL, éoêque, V« siècle, fait marcher les 
enfants. — Patron de Saint-Domineuc. Chapelles à Rospez 
et à Pommeril-Jaudy. 

8. — Nativité de la Vierge, 

9. -- Ste Osmane, vierge, VI* siècle. Statue à Notre-Dame-de-la 

Fontaine à Saint-Brieuc. — Certains calendriers placent ici 
St. Onen (Voy. au 36 février). 

10. — St. Glen, disciple de St. Colomban, VI* siècle. — Patron pri- 

mitif de Saint-Glen. Chapelle à Saint-Tugdual (nliàs, (5 
septembre et 7 décembre). 

11 . — St. GoNVAL, abbé, dénoue les enfants noués. — Patron de 

Landunvez. Chapelles à Penvenan et Rumengol. 

12. — Ste Cérotte, vierge et anachorète, VI* siècle (aliàs, aa juin). 

St. Levias, abbé, invoqué pour les enfants rachitiques. — 
Chapelle à Trédarzec. 

13. — St. Ourzal, a&b^, donne aux filles des maris. 

St. Odilar, évêque de Nantes, IX* siècle. 

14. — St. Maudan, abbé en Ecosse, VII* siècle^ invoqué contre la 

fièvre. — Patron primitif de Plumaudan, de Saint-Maudan. 
Chapelle à Plouër. 

15. — St. M ARCi AN, moine, précepteur de St. Hervé, VI* siècle [aliàs, 

17 juin). 



ANNUAIRE DE LA BBSTAGNE 35 

Ephémérides 

1 . — 1487. — Charles VIII vient loger au château de Vitré. 

1663. — Mort du P. L. Lebrun, nantais, poète latin. 

2. — 1485. — Création d*un Parlement sédentaire. 

3. — 1723. — Mort du P. Hardouin, savant jésuite. 

1846. — Pose de la première pierre du viaduc de Dinan. 

4. — 1775. — Naissance au Conquet du grammairien Le Gonidec. 

1801. — Naufrage de la frégate anglaise le Jason à l'entrée de 

la rade de Saint-Malo. 
1831. — Mort de Tabbé Mahé, archéologue. 

5. — 1661. — Arrestation à Nantes du surintendant Fouquet. 

1731. — Mort du pasteur Daniel de Larroque, de Vitré. 
1731. — Naissance à Morlaix du corsaire Cornic-Duchesne. 

6. — 1623. — Mort de la duchesse de Mercœur. 

1783. — Naissance à Saint-Brieuc de Torientaliste Jouannin. 

7. — 1417. — Mort du maréchal de Rieux. 

1569. — Le comté de Penthièvre est érigé en duché-pairie. 
1863. — Inauguration de la ligne de Rennes à Guingamp. 

8. — 1758. — Rioust des Villaudrens défend le passage du Guildo. 

9. — 1802. — Naissance à Couëron du naturaliste A.lcide d'Orbigny. 

1895. — Mort de Fingénieur Fenoux, constructeur du phare 
d'Ar-Men et du viaduc de Morlaix . 

10. — 1472. — Traité de paix entre la Bretagne et la France. 

1865. — Mort du général de Lamoricière. 
1884. — Mort du sculpteur nantais Daniel 

11. — 1123, — Mort du poète latin Marbode, évèque de Rennes. 

1758. — Défaite des Anglais à Saint-Cast. 

12. — 1509. — Mort du poète Jean Meschinot 

1711. — Duguay-Trouin arrive devant Rio Janeiro. 

1788. — Mise en liberté de la députation bretonne embastillée. 

13. — 1810. — Glorieux combat du capitaine Bouvet contre les 

Anglais. 
1833. — Mort du vice-amiral Nielly. 

14. — 1792. — Emeute à Lorient pour demander l'arrestation du 

négociant Gérard, qui est massacré le lendemain 
dans la prison. 
1794. — Acquittement des 94 survivants des i3a Nantais. 

15. — 1541. — Pose de la première pierre de la cathédrale de Rennes. 

1146. — Mort d'Alain le Noir, comte de Penthièvre. 



<^ ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

GUENGOLO (Septembre) 

16. — St. CoRNftLY, invoqnépoar let bctafs. — Fontaine et pèlerinage 

à Carnac. 
n. — St. Urfol, oncle de St. Hervé, VU' $iècU, invoqué pour tes 

goutteux.— Cliapelle et tombeau à Plouguien(altdj,3a juin). 

18. — St. Rainfrot, archidiacre de Rennes, Vil' siècle. 

On lui adjoint souvent St. Didier, cité au 1 1 février. 

19. — St. S«Nr, ivéque d'Irlande, V« êiéde. — Patron de Guisseny 

où se trouve son tombeau et de Trézeny. Chapelles à Ker- 
louan et Plogonnec. 

20. — LeB. YvksMahieuc, ivêqae de Rennes, XVI' siècle. — Statue à 

Plouvom. 

21 . — St. Gatuode, évéqae de Vannes, V' siècle. 

22. — St. Trimoèl, Hermoël ou Armoy, solitaire. — Patron de 

Saint-Trimoêl et de la Harmoye. Gbapelle à Sferléac. 

23. — St.RivoARÉ,^ti^qoe,/tti((eueriapdte.— Voy.St.RivoAL.ajjuillet. 

St. MArflAN, éoéqae irl., V' siècle.— Patron de Saint-Haugan. 

24. — Certains calendriers placent ici St. Don'an, cité au i4 avril. 

25. — St. Bernard, éuêqae de Nantes. 

26. — St CoLUAN ou Couloub, abbé, Vil' siècle. — Patron de 

Saint -Coulomb . 

27. — Ste LuPiTE, veuve, VI' siècle. 

28. — St. GiMGURiKN, moine de Rhayt. 

29. — St. Michel, donne du beau temps. — Nombreuses chapelles sur 

les niontagnes de Baud, Carnac, La Peulllée, etc. 

30. — SI. LÈRY, solitaire et abbé, VII' siècle. — Patron de la paroisse 

de ce nom. 



Saint Cornély. Réduction d'u 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 37 



Ephémérides 



16. — 1788. — Feux de joie à Rennes pour le renvoi de Loménie 

de Brienne qu*on brûle en effigie. 

17. — 1148. — Mort du duc Conan III. 

1728. — Naissance du conventionnel Kervélégan. 

18. — 1788. — Organisation de la fête patriotique des trois ordres 

des citoyens de Nantes. 
1792. — Déportation des prêtres détenus au château de 
Nantes. 

19. — 1505. — Mort de Thistoriographe Pierre Le Baud. 

20. — 1650. — Mort du P. delà Porte, prédicateur. 

21 . — 1747. — La Bourdonnais s'empare de Madras. 

22. — 1457. — Le duc Pierre III meurt au château de Nantes. 

1835. — Mort du jurisconsulte Touiller. 

23. — 1535. — Arrivée de Jacques Cartier à Québec. 

1711. — Prise de Rio par Du Guay-Trouin 

24. — 1716. — Mort de Madame de Murât, auteur des Contes dejées. 

1788. — La députation bretonne reçue en triomphe au Par- 
lement de Paris. 

25. — 1710. — Réception d'Henri du Gambout,troisièmeetdernier duc 

de Goislin, évêque de Metz, à TAcadémie française. 

26. — 1345. — Jean de Montfort meurt à Hennebont. 

1807. — Prise du vaisseau le Trqfalgar par Surcouf. 
1845. — Mort héroïque du lieutenant de Ghappedelaine. 

27. — 1827. — Représentation deiîacme, comédie de Brizeux. 

28. — 1671. — Mort de Jean de Montigny, de PAcadémie française. 

1370. — Duguesclin est fait connétable. 

29. — 1364. — Bataille d'Auray et mort de Gharlesde Blois. 

1577. — Naissance à Plouguerneau du P. Michel Le Nobletz. 

30. — 1788. — Fête patriotique donnée parla noblesse bretonne à 

rhôtel de ville de Rennes. 




Ancien timbre de Bretagne (i68o). 



38 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

4ebJ^ Afe 4tb JUk JH* iEM» J»b itfk JKk iVW iK. iEK. JK. ^H. .ï^ 



HERE (Octobre) 



1. — St. SuLiAC, abbé VI* siècle, invoqué pour la guérîson des 

plaies. — Patron de St-Suliac, de Sizun, de Tressigneaux. 
Chapelle à Plomodiern . 

2. — Mèlar ou MÉLOiR, prince breton et martyr, F//* siècle, invoqué 

pour la bonne dentition des enfants. — Patron de Fé- 
gréac, Lanmeur, Locmélar, Meillan, Trémeloir, St-Méloir- 
des-Ondes, etc. Nombreuses chapelles (aliàs 4 octobre). 

3. — St. Salomon, roi d'Armorique, VII^ siècle. 

4. — St. Fracan, prince de Domnonée,V* siècle,— Patron primitif de 

Ploufragan et de S t-Frégan. Chapelle àSt-Guen(a2iàs 3 oct ). 

5. — St. MfLvmcBy abbé de Carnoël, XII* siècle, invoqué pour la 

guérison de la fièvre. — Deuxième patron de Loudéac. 
Chapelle à Glohars-Carnoêt. 

6. — Ste EuRiELLE, sœur de Jadicaël, VI* siècle, — Patronne d'une 

paroisse de son nom, absorbée par Trédias {aliàs 7 octobre). 

7. — Le pénitent Pierre LeGouvello de Keriolbt, XVII* siècle. 

8. — St. RiËSTOLD, évêque de Dol, VII* siècle {aliàs i*' octobre). 

9. — St. Edv/is, prince de Northumbrie, VII* siècle {aliàs 4 octobre). 

10. — St. Clair, premier évéque de Nantes, invoqué pour les yeux. 

— Patron du diocèse de Nantes et de Réguiny où se trouve 
son tombeau. Chapelles à Plénée, à Plounevez du Faou, à 
Saille, à Sarzeau. 

11. — St. GuiNiEN, évéque, VII* siècle. — Patron de Ploudaniel. 

St. Mars, évéque de Nantes, VI* siècle. — Patron de Petit- 
Mars et de Saint-Mars-la-Jaille. 

12. — St. Arnec ou Ternoc, évéque, fils de saint Judicael, VII* 

siècle, — Patron de Ploudaniel, de Trégarantec. — Patron 
primitif de Landerneau . 

13. — St. EvFLhM, prince dHybernie, VI* siècle j invoqué pour la 

guérison des membres luxés. — Patron de Plestin ; cha- 
pelles à Carnoêt, Langoëlan, Lescouêt, Pedernec et Plestin 
où se trouve son tombeau f aliàs 16 octobre). 

14. — St. ViAUD ou Vital, solitaire, VIII* siècle. — Patron de Saint- 

Yiaud {aliàs 16 octobre).- 
Ste. Honore, princesse de Goello, V* siècle. — Patronne -de 
Languengar. Chapelle à Plestin. 

15. — Ste. Aurélïe, compagne de sainte Ursule, IV* siècle. 



ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 39 

. ■ ■ 

Éphémérides 



I 



1 . — i585. — Les Etats de Bretagne assemblés à Nantes demandent 

des poursuites contre les Calvinistes. 
' Débarquement des Anglais au Pouldu. 

— Arrivée de J. Cartier à Hochelaga (Canada) . 

— Naissance de Cambry à Lorient. 

— Mort d'Ernest Renan, de l'Académie française. 

— Le duc de Lancastre vient assiéger Rennes. 

— L'historiographe Le Baud est autorisé à compulser 
les archives de Bretagne. 

— Siège de Crozon par le maréchal d'Aumont . 

— Confirmation des privilèges du Port-Louis. , 

— Le Conseil de Saint-Brieuc donne le nom de Louis 
XVI à la place de la cathédrale. 

— Mort du paysagiste Jules Dupré. 

— Les Anglais lèvent le siège de Lorient. 

— Combat de la Surveillante, commandée par du 
Couêdic, et du Québec, 

— Mort de Fingénieur Choquet de Lindu. 

— Entrée de François P"" à Rennes. 

— Mort du philologue Paul Pezron. 

— Arrivée de Cassard devant Surinam doiit il s'empare 
quelques jours après. 

— Mort de l'auteur dramatique Fontan. 

— Le maréchal d'Aumont s'empare de Quimper. 

— Naissance à Clisson du financier Ouvrard. 

— Mort de l'écrivain militaire de Mauduit. 

— Entrée de Charles IX à Nantes. 

— Mort du littérateur Fleuriot de Langle. 
- Naissance à Romorantin de la reine Claude, fille 

d'Anne de Bretagne et du roi Louis XII. 

— Mort du ministre Billault. 

— Mort de l'archéologue rennais F. Ramé. 

— Mort de l'historien' Dom Morice. 

— Troubles à Brest à l'occasion des Missions. 

— Assemblée des Etats à Ploërmel par la réforme de la 
Coutume. 

1806. — Naissance à Lorient de Dupuy-de-Lôme. 





1746. • 


2. 


- i534. - 




1749. - 




189a. 


3 


- i356. 


4. 


— 1496. 


5. 


— 1594. 




i6ai. 




'791- 


6. 


- 1889. 


7. 


— 1746. 




1779- 


8. 


1790. 


9. 


— i5i5. 


10. 


— 1706. 




' 1712. 




1839. 


11. 


— 1594. 




1770. 




i86a. 


12. 


i564. 




1807. 


13. 


— 1499. 




i863. 




1886. 


14. 


— 1754. 




i8a6. 


15. 


- )58o. 



40 ANNUAIAE DE LA BRETAGNE 

HERE (Octobre) 

16. — st. GoNOGAN^ GuâNÉCAND OU Vbnerand, évêqae de Quimper, 

F" siècle. — Patron de Beuzit, de Guénézan, de Tréogaa. 
Chapelle à Bollazec, Garnoët, Glomel, Locarn, Penhars, etc. 

17. — St Gall, abbé, VI* siècle. — Patron de Langast. Chapelle à la 

Prénessaye (aliàs 19 février). 

18. — Sts. GuLCiSNetGuLiEN^prîfice<. — Patrons de Jan8(a2îâ< 17 août). 

St. Cbddaou Segal, prince breton et pénitent , VW siècle. — 
Patron de Saint-Segal. 

Ste. JuvsTTE, sœur de saint Mandé, VI* siècle, seconde pa- 
tronne d'Henvic. 

19. — Ste. Ursule ; — et St. Jud, moine de Landévenec. 

20. — St. Elbin, conjessear, VII* siècle {aliàs 19 octobre). 

21. — St. Juvat, prêtre et martyr IV* siècle, — Patron de Saint- 

Juvat {aliàs6 nov.);— et St.JuouAL, roi d^Armorique^VI* siècle. 

22. — St. MoDÈRAN, évêqae de Rennes, VIII* siècle. — Patron d'un 

ancien prieuré à Rennes . 

23. — St. Benoit de Massérag, pénitent, et sa sœur sainte Ayenie, 

IX* siècle. — Leur tombeau à Massérac, dont saint Benoit 
est le patron, [aliàs a a octobre). 

24. — St. Magloire, évêque de Dol, VI* siècle, invoqué pour la gué- 

rison des plaies. — Patron de Chàtelaudren, de Léhon, 
deMahalon, de Plomodiern^ deXelgruc, de Trébi van ; nom- 
breuses chapelles. 

25. — St. GovEZVOV, évêque de Léon, F//«sîècte.— Patron de Gouez- 

nou, de Lanarvily, de Saint-Gouéno, de Saint-Guinoux. 
Chapelles à Daoulas, Guiclan, Pleguien, Plougniel, etc. 

26. — St. Alor, évêque de Quimper, V* siècle, rend la farine pro- 

fitable . — Patron de Tréméoc, d*£rgué-Armel, de Plobaz- 
lannec, de Tréguennec. Chapelle à Plésidy. 

27. — St. Martin DE Vbrtou, abbé, YI* siècle. — Patron du Bi- 

gnon, de Gorges, de Lavau, de Mouzillon, du Tertre, de 
Pont-Saint-Martin, de Vertou. 

28. — Ste. MoNA, religieuse. 

29. — Ste Ediltrude ou Elflède, princesse de Northambrie, VIII* 

siècle, invoquée contre les tranchées. — Patronne de Tre- 
flez. Honorée à Loc Brévalaire. 

30. — Ste Landouène, reine d'Armorique, V* siècle (aliàs 29 octobre). 

31. — St. BiEVZY, prêtre, disciple de saint Gildas, VII* siècle, in- 

voqué contre la rage. — Patron de Bieuzy. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 41 

Éphémérides 

16. — 1703. — Naissance à Moncontour de réconomiste Faiguet de 

Villeneuve. 
i83o. — Premier numéro de V Avenir, fondé par Lamennais. 

17. — 1789. — Emeute à Lannion, à cause de la cherté des grains. 

1807. — Naissance à Lorient du peintre Michel Bouquet. 

18. — 1596. — Trêve d'Angers entre le roi et le duc de Mercœur. 

1788. — Les Etats de Bretagne sont ajournés par le roi, en 

raison de la prochaine réunion des notables. 
i8ai. — Naissance à Nantes du peintre Luminais. 

19. — 1799' — Surprise de Nantes parles Chouans. 

i8o4. — Naissance à Donges du poète Boulay-Paty. 

20. — 1875. — Mort du romancier maritime Edouard Corbière. 

21. — 1707. — Duguay-Trouin s'empare de plusieurs vaisseaux 

anglais. 

22. — i484. — Traité de Montargis entre François II et la France. 

1884. ■— Mort du jurisconsulte Faustin Hélie. 

23. — 1771. — Le corsaire croisicais Hubert Le Baud prend à Tabor- 

dage un navire ostendais. 
1800. — Première de Maison à vendre, d'Alexandre Duval. 

24. — 1671. — Mort d'Armelle Nicolas, dite la Bonne- Armelle. 

25. — i5io. — NaissancedeRenée de France, fille d^Anne de Bretagne. 

1749. — Première du Rival supposé, de Saint-Foix. 

26. — 16 13. — Fixation des préséances des évèques aux Etats. 

1799. — Invasion de Saint-Brieuc par les chouans et mort 
de Poulain-Corbion (4-5 brumaire). 

27. — i44o. — Gilles de Retz est supplicié à Nantes. 

1786. — Mort du chanteur de Chassé (né à Rennes). 

1675. — Naissance à Rennes du philanthrope Marot de la Garaye. 

28. — 1869. — Mort du littérateur de Kératry. . 

29. — i464. — Le roi met sous séquestre le temporel de Tévèque 

de Vannes. 
1591. — Une troupe de pionniers Lamballais aplanit un 

terrain à Nantes pour la duchesse de Mercœur 

qui vient y ouvrir des danses . 
Mort de l'historien J.-M. Le Huérou. 
Première de la Surprise de V Amour, de Ch. Monselet. 
Capitulation d'Auray. 
Naissance à Saint-Malo de Porcon de la Barbinais. 

5* 





1843. 


30. 


- 1877. 


31. 


— 1487. 




1639. 



42 ANNUAIRS D£ LA BRETAGNE 



DU (Novembre) 



1 . — St. Gado, évêque et martyr, VI* siècle, invoqué contre les ul- 

cères. — Patron de Gadelac ; chapelles à Bannalec, Belz, etc, 

2. — Et. Hernin, g ARM ou Carné, solitaire, VI* siècle^ invoqué 

contre les maux de tête. — Patron de Locarn, de Saint<- 
Carné, de Saint-liernin . Chapelle à Ploumagoar. 

3. — St. GuÉNAËL, deuxième abbé de Landévenec, V* siècle, invoqué 

dans les calamités publiques. — Patron de Bolazec, d'Ergué- 
Gabéric, de Lescoët-Goarcc,de Plougonvelen, de Tréguidel. 

4. — Le B. Salaun du Folgoêt, XV" siècle. 

Quelques calendriers placent ici St. Juvat. 

5. — Ste Françoise d'Amboise, dackesse de Bretagne, XV* siècle. 

St. GuÉTiiÉNOC. prince de Domnonée, V* siècle. 

6. — St. Mélaine, évêque de Rennes, K/« siècle, invoqué dans les 

calamités publiques. — Patron du diocèse de Rennes et des 
paroisses d*Andouillé, Brains, Chàtillon-sur-Seiche, Cintré, 
Gornillé, Domalain, Lieuron, Moëlan, Moigné, Montoîr, 
Morlaix, Benazé, Pacé, Plougoumelen , Rieux , Saint- 
Melaine, Broons, Sion, Thorigné, Les Touches. 

7. — St. Ké ou QuAY, évêque et confesseur, F« siècle, invoqué pour 

les bestiaux. — Patron primitif de Languenan ; patron de 
Cieden, Plouguerneau, Saint-Ouen, Perros et Saint-Quay- 
Portrieux. Nombreuses chapelles {aliàsy 5 novembre) . 

8. — St. VoLLON, abbé. — Patron primitif de Lanvollon. Ancienne 

chapelle à Plédran [aliàs, i*'' novembre). 

9. — St. Mathurin. -* Patron des gens de mer, invoqué pour les 

bœufs et les chevaux à Moncontour dont il est le patron. 

10. — St. TKtiOiVK, prince breton, martyr, VII* siècle, invoqué pour 

les blessures. — Patron de Gamlez, Carhaix et Kerglofif. 

11. — St. GoBRiBN, évêque de Vannes, VII* siècle. — Patron de Mo- 

rieux. Chapelles à Gamors, Mordelles etc. (aliàs, 3 et i6 nov^ 

12. — St. Mieux ou MayeuX, disciple de St. Méen, VI* siècle. — 

Patron primitif de Coëtmieux, de Plumieux, de Saint- 
Mayeux, de Tréméoc {aUàs, a novembre). 

13 . — St. Amand, évêque de Rennes, V* siècle, invoqué dans les cala- 

mités publiques. — Patron de Gournon et de Trémor. 
14 i — St. Iltut ou Ideuc, abbé, V^siècle^ invoqué pour faire marcher 
les enfants. — Patron de Coadaut, Landebaëron, Lanildut, 
Laberildttt, Troguery, Saint-Ideuc ; Chapelles à Sizun et 
Ploërdut [aliàs, 7 novembre). 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 'fid 

Bpliémérides 



1. — 1374. — Bécherel est repris aux Anglais. 

1716. — Naissance à Vannes du théologien Beurrier. 

2. — 1399. — Le duc Jean IV meurt au château de Nantes. 

1792. — Première représentation du Patriote dalO août, de 
Dorvo . 

3. — 1790. — Service funèbre à Saint-Malo en l'honneur d'André 

Désilles . 

4. — 1690. — Naissance à Quimper du P. Bougeant, littérateur. 

5. — 1590. — Siège d'Hennebont par l'armée de Saint-Laurent. 

1754. — Ordonnance du duc d'Aiguillon sur les routes. 
1815. - Mort du contre-amiral Maistral. 

6. — 1877. — Mort à Lamballe de Glais-Bizoin . 

1889. — Mort de l'historien Aurélien de Gourson. 

7. — 1767. — Naissance à Nantes de M°»« de Salm-Dick (Constance 

de Theïs). 
1789. — Départ pour Versailles des 12 députés du Tiers- 
Etat de Nantes. 

8. — 1492. — Première assemblée à Nantes des Etats après la réu- 

nion de la Bretagne à la France. 

9. — 1649. — Naissance à Plérin du missionnaire Jean Leuduger. 

1754. — Inauguration à Rennes de la statue de Louis XV. 

10. — 1513. — Dédicace de Saint-Jean-du-Doigt. 

1788. — Premier numéro de La Sentinelle du peuple, 
1809. — Naissance à Nantes du chirurgien Maisonneuve. 

11. — 1737. — Mort du sinologue Visdelou de Bienassis. 

1751. — Mort du philosophe de La Met trie. 
i8o5. — Naissance à Vannes d'Adolphe Dillault. 

12. — 1839. — Première représentation du Massacre des Innocents, 

de Fontan. 

13. — 1793. — Lettre du représentait; Prieur à la Convention pour 

annoncer que les Gôtes^u Nord vont être envahis 

par les reyalistes. i 

14. — i3o5. — Le duc Jean ÏI est écrasé à Lyon par la chute d'une 

muraille. 
1514. -^ Mort de Guillaume Briçonn^t, dît le cardinal de 

Saint-Malo. | 

I734. — Mort deLouisedeKerouazle,duchcssede Portsmouth. 
IS78. — Mort d'Hippolyte Lucas. 



44 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



DU (Novembre) 



15. — St. Malo, êvêque d^Aletj VP siècle^ invoqué dans les calamités 

publiques. — Patron de Breteuil. de Plésidy, de Drefféac. 
de Locmalo, de Paramé, de Plédéliac, de St-M. de Beignon, 
de Saint-M. de Dinan, de Satnt-M de Phily, de Trefendel. 

16. — St. Emilion, abbé, né en Bretagne, mort en Saintonge, VIII* siècle. 

Invoqué pour les récoltes. — Patron primitif de Louannec, 
deuxième de Loguivy-Plougras. Chapelle à Coatascorn. 

17. — St. BuDOC, archevêque de Dol^ VW siècle. — Patron de Beuzec- 

Cap-Sizun, de Beuzec Cap-Gaval,de Beuzec-Concq. de Plou- 
rin, de Porspoder. Chapelles à Landunvez et Plomeur. 

18. — St. Maudez, abbé, Vb siècle, invoqué contre les enflures. — 

Patron de Coatascorn^ de Duault, de Hengoat, de Henvic^ 
de Landebaêron, de Laniscat, de Lanmodez, de Lanvau- 
dan, du Jug, de Saint-Mandé. Très nombreuses chapelles. 

19. — St. HooARDON, évêquede Léon, VII* siècle, invoqué par les ma- 

rins — Patr. de Landerneau. Chapelle à Camlez {aliàs, 39 nov.) 

20. — Ste H AUDE, sœur de St. Tanguy, VI* siècle. — Chapelle à Porzal 

en Lampaul-Landivisiau (aliàs, a8 novembre). 

21. — St. Tanguy, abbé, VP siècle. —Chapelle à Portzal. Statue dans 

Tancienne abbaye de Saint-Mathieu. 

22. — Ste Cécile, patronne des Sonneurs. 

23 . - St. Deniol, évêque gallois, VI* s. — Patron prim. de Ploudaniel. 

24. — St. Colomb AN, abbé, VI* siècle, invoqué pour les épileptiques. 

— Patron de Brélidy, de Locminé, de Saint-Colombin, de 
Tréveneuc. Chapelles à Carnac, Kergrist, Lanmeur, etc. 

25. — St. Alain, évêque de Quimper, VI* siècle {aliàs, a6 décembre). 

26. — DÉDICACE DE l'église DE CORNOU AILLE. 

27. — St. Hbrbieland, abbé d*Aindre, VIII* siècle, invoqué par les 

paralytiques.— Patron de 6ouaye,Saint-Erblon, Guenrouêt, 
Saint-Herblain, Saint-Herblon, Basse-Indre et Indret. 

28. — St Goulstan, solitaire, VII* siècle. — Patron d'Auray , 

d'Hœdic, de Saint-Gildas de Rhuys. Chapelle au Croisic 
(vient d'être démolie). — (Aliàs, 27 novembre). 

29. — St. Pot AN, disciple de St. Cohmban, VII* siècle. — Patron pri- 

mitif de Saint-Potan. Chapelle à Lantenac (aliàs, i*^noy.). 

30. — St. TuGDUAL, TuAL OU Pabu, évêque de Tréguier, VI* siècle, 

invoqué dans les maladies de poitrine. — Patron du dio- 
cèse de Tréguier et des paroisses de Combrit, Grandchamp, 
Landuval, Langoat, Pabu, Plouray, Saint-Pabu, Saint-Tual^ 
Saint-Tugdual, Trépabu. Nombreuses chapelles. 



ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 45 



Ephémérides 



15* — 1716. — Mort du vice-amiral Ghâteau-Regnaud. comman- 
dant la province de Bretagne. 

16. — 1792. — Naissance à Pontivy du géologue Le Puillon de 

Boblaye. 
1877. — Mort près Morlaix du général Le Flô. 

17. — 1589. — Tréguier est saccagé par les troupes de Mercœur. 

1793. — Première noyade de 90 prêtres à Nantes. 
1838. — Mort du médecin Broussais. 

18. — 1398. — Le Parlement prononce la confiscation du duché 

de Bretagne. 

19. — 1590. — Les ligueurs prennent le château de Kerouzeré. 

1822. — Naissance de M«' Laouenan, évèque de Pondichéry. 

20. — 1778. — Ogée présente son dictionnaire aux Etats. 

1790. — Duport du Tertre est nommé ministre de la justice. 

21. — 1690. — Naissance à Saint-Brieuc du lexicographe Leroy de la 

Gorbinaye. 

22. — 1793. — Bataille de Savenay, où est écrasée Tarmée vendéenne. 

23. — 1789. — Délibérations de nombreuses paroisses de Bretagne : 

(Saint- Aubin de Rennes, Ghàteaugiron, etc.) sur le 
projet des Etats généraux. 

24. — 1643. — Mort du maréchal de Guébriant. 

1675. — Fin des exécutions à Rennes, après la révolte dite du 

papier timbré. 
1856. — Mort du jésuite archéologue Arthur Martin. 

25. — 1824. — Réception à TAcadémie française de l'archevêque de 

Paris. MB' de Quelen. 
1862. — Mort de l'ingénieur Degousée. 

26. — 1793. — Départ des i3a Nantais pour Paris. 

1850. — Première de la Chanteuse voilée, de Victor Massé. 

27. — 1495. — Gharles VIII institue le Parlement des Grands Jours. 

1792. — Première représentation des Héritiers, d* Alexandre 
Duval. 

28. — 1809. — Première représentation du Faux Stanislas ^ comédie 

d'Alexandre Duval. 
1817. — Naissance à Rennes de Paul Féval. 

29. — 1693. — La Machine infernale à Saint-Malo. 

1800. — Mort à La Guadeloupe.de Baco, ancien député aux 
Etats-Généraux, puis maire de Nantes en 179a. 

30. — 1343. — Le roi de France fait décapiter Olivier de Clisson et 

i3 gentilshommes bretons. 
1828. — Mort du littérateur J.-Gorentin-Royou. 



46 ANNUAIAE DE LÀ BRETAGNE 



KERZU (Décembre) 



1. — st. EloL — Patron des maréchaux et des serruriers, garde 

les chevaux de tout mal. 

2. -1- St. Tadec ou ToDEC, abbé et martyr, VI* siède, — Patron de 

Landudec. Chapelles à PouUaotuën, et Spèzet. 

3. — St. Abran, ermite, F/« siècle, honoré à Notma-Dame de 

Guermané, en Perret. 

4 . — Ste Barbe, préserve du tonnerre et de la mort subite, et 

donne 1q blé noir en abondance. 

5. — St. Bkbtoch, moine de Lehon, IX* siècle. 

6. — St. GoNNAN, missionnaire, VI* siècle, — Patron primitif de 

Saint-Gonnan. Ghapelle àXrémargat. 

7. — St. Harnulph, moine de Landévennec, V* siècle. 

Quelques calendriers placent ici St Glen, cité au lo septembre. 

8. — St. Garoth, abbé de Gaêl, VII* siècle. 

9. — 8t, Kbrneau, solitaire irlandais, — Patron de Locquerneau, 

10. — St. GouLETH, i** évêque de Kildare. — Patron de Saint-Goulîtz. 

11. — St. Envel, abbé, VI* siècle^ invoqué pour les trou|ieaux. — 

Patron de Locquenvel. 

Un autre St. Enybl, solitaire, VI* siècle, a une chapelle 
en Plounevez-Moëdec. 

12. — St. GoRBNTiN, i*' évêque de Cornouailles, V* siècle, invoqué 

par les paralytiques. — Patron du diocèse de Qnimper et 
des paroisses de Garnoêt, Loperhet et Saint-Gonnan. Gha- 
pelles à fiaud, Berrien, Poullaouen et Scrignac. 

13. — St. JuDOCB ou JosSB, prince breton et ermite, VII* siècle, in« 

voqué pour rendre les vaches bonnes laitières. — Patron de 
Saint-Judoce et d'Yvias. 

14. — St. Guigner ou £0uûfBR ou Finsar, martyr, V siècle. — 

Patron de Languengar, Loc^guioeryPluvigner. «Qiapelles à 
Langon, à Plounéour-Menez, à Baint-Jeioi K-erétoniel. 

15. — Le B. Jean Discalcéat prêtre^ XIV* siècle (Dom Lobineau). 

16. — St. Geffroy, évêque d'Alet, Vil* siècle, 

17.. — St. JuDiCAËLy prince de Domnonec, VII* siècle. — Patrcm de 
Gaêl où se trouve son tombeau et de l'abbaye de Paimpont. 
Ghapelle à Ponunerit-Jandy {aliàs i6 décembre). 

18. — St. Briac, abbé, VII* siècle, invoqué contre les maux de tdte 
(on lui oflQredes cheveux). — Patron de Bourgbriac,de Menez* 
Briac, de St-Briac. Gluqielie à Lsnleir faliàs 17 décembre.) 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 47 

Éphémérides 

1. — 1761. — La Ghalotais lit son premier compte^rendu dès 

constitutions des jésuites. 

2. — 1870. — Combat de Patay, ou Loigny, où se distinguent de 

nombreux Bretons,mobiIes et volontaires deFOuest. 

3. — 1800. — Victoire de Moreau à llohenlinden. 

1865. — Mort du bibliographe Quérard (né à Rennes). 

4. — 1697. — Naissance à Sain t-Malo de l'académicien Tniblet. 

5. — 1873. — Mort de Thistorien A. de Beauchesne. 

6. ^- 1491. — Contrat de mariage de Charles VU et d*Anne da 

Bretagne. 

7. — 1661. — Edit du roi défendant de bâtir à Saint-Malo des 

maisons en bois . 
H*. — 1532. — Le conseil de Bretagne enregistre Fédit d'union. 

. 1838. — Le Conseil municipal décide de faire peindre les 

portraits des Malouins célèbres. 
9. — 1435. — Jean V fonde la collégiale de Lamballe. 

10. — 1788. — Premier numéro du Héraut de la Nation, par Man- 

gourit. 
1793. — Mort du littérateur L. deKéralio. 

11. — 1729. — Les Etats de Bretagne accordent Sooooo livres pour 

la reconstruction de Rennes après le grand incendie . 
1762. — Naissance à Guérande du général Pouchcr de Careil. 

12. — 1745. - Naissance à Fougères de Técrivain F. de Pommereul. 

1895. — Mort de Th. Hersart de la Villemarqué. 

13. — 1805. — Combat naval de Santo-Domingo . 

1883. — Mort de l'économiste Charles Pellarin, adepte de 
Fourier . 

14. — 1832. — Mort à Quimper du peintre Olivier Perrin. 

1795. — Naissance à Lorient du littérateur Alexis de Saint- 
Michel. 

15. — 1773 — Kerguelen découvre les Terres Australes. 

16. — 1867. — Inauguration de la ligne de chemin de fer de Châ- 

teaulin à Landerneau. 

17. — 658. — Mort de Judicaël, roi de Bretagne. 

1702. — Réception de Pierre de Gambout, second duc de Cois- 
lin , à TAcadémie française, à la place de son père. 
1802. — Naissance à Matignon, de Jobert de Lamballe. 

18 . — 1779i> — La Motte-Piquet défait la flotte anglaise à Fort-Royal. 



48 ANNUAIRE DE LA BSETAfiMB 

KERZU (Décembre) 

19. — Octavede St. Corkntin. (Propre de Qaimper). 

20. — Le vénérable Jean Keskes. prêtre, XVI' liécU (Cal. TresTaui 

au 17 oct. —G. du Mottay au ao déc. l'appelle à tort 
Jean Heroion). 

21 . — Sle Clbhvib, fille de St. Fracan, ¥• ii^ele. 

22. — St. Jiutlnien, martyr, 

23. — Le vénérable Pjerre Lb Hkvé. prêtre, recteur de Sini, XVUl' 

tiècle. — Cal, TrBsvauï et G. du Mottay. 

24. — St. Denoual, disciple de SI. Patrice, V' tiéele. — Patron pri- 

mitif de Saint-Denoual et de Planguenoual. 

25. — iVoËl. 

26. — St. DoMiNiQUB, éuéque de Vannet, VI' tiècle. 

Quelques calendriers placent ici St. Alain, évéque de Quim- 
per, dté au a5 novembre. 

27. — St. Alain db Corlat, prêtre, VI' $iécle. — Ancien patroa de 

Corlay. 

28. ~ St. Meldéoc, évéque de Vannet, VIII' tiècle, 

29. — St. Vellé, lolUaire. — Patron primitif de Gicquelleau. 

'jO, _ ste TiGRiDE, princette île Bretagne, taar du roi GraUon, 

V* tiècle. 
31 . — Ste Colombe, vierge et martyre, YI' siècle, invoquée pour les 

enfants faibles. — Patronne de la paroisse de Cb nom (aiiàt 

33 décembre). 

Bbhé KERVILER. 



ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 



Ephémérides 



- 1814. — Mort du médecin militaire Gilbert. 

- 1386. — Duel judiciaire de Bobert de Beaumanoir et Pierre 

deTournemine. 

- 1792. — Le Conseil de la commune de Rennes émet le voeu 

de garder la collection de Robien. 

- 1855. — Première des SaUons,de Victor Masse. 
' 18^7. — Mort du jurisconsulte Le Graverend. 

- 1801. — Machine infernale de Saint-Régeant. 

- 1743. — Naissance à Carbaix de Malo Corret, dit la Tour 

d'Auvergne. 

- 1839. — Inauguration du pont de la Roche -Bernard . 

- 1814. — Naissance de Jules Simon à Lorient, 

- 1822. — Cbàteaubriand est nommé ministre des Affaires 

Etrangères. 

- 1788. — OuverturedeladernièresessioiidesEtats de Bretagne- 

- 1741. — Réception à l'Académie Trançaisedelabbéde Rohan 

Ventadour, plus tard cardinal de Soubise et 
évèque de Strasbourg. 

- 1807. — Mort de l'archéologue Jacques Cambry. 

Paul Sébcllot. 



Ancien timbre do Brelagjic. 



Marqui: de la maison trud'bomnie, da Saint-Brieuc 
pour Les Uonamenta de l'Histoire de saint Yves. 



:DEUXIEME PARTIE 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE 

DES CINQ DÉPARTEMENTS DE BRETAGNE 



52 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



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A. — LES SÉNATEURS DES CINQ DÉPARTEMENTS 

I 

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La Bretagne élit 20 sénateurs dont 5 pour les Côtes-du- 
i "Nord,' 5 pour le Pinistère,"3^ pourrille-ét-Vilaine, 4 pour' 
la Loire-Inférieure et 3 pour le Morbihan, Il lui reste en- 
core un titulaire parmi les survivants des sénateurs ina- 
movibles élus par l'Assemblée Nationale en 1876, ce qui 
porte le nombre à 21. Les voici par ordre alphabétique. 

1. — ASTOR(Joseph), — néàAjaccio le 27 juin 1824, 
entraàrÉcolede Saint-Gyr en 1843, et donna sa démission 
comme capitaine d'infanterie en 1855. Maire de Quimper 
depuis 1878, conseiller général du Finistère, ^, 0. 1, il fut 
é\\i sé7iateur républicain du Finistère en 1890 et réélu en 1894. 

2. — AUDREN DE KERDREL (Ylncent-Paul-Ma- 
rie-Casimlr), né à Lorient, le 27 septembre 1815, élève 
pensionnaire de l'École des Chartres en 1841, puis rédac- 
teur fondateur du Journal de Rennes^ fut élu représentant 
dllle-et- Vilaine à la Constituante de 1848 et à la Législa- 
tive de 1849 et député de Vitré au Corps Législatif en 1852, 
mais il démissionna pour ne pas prêter serment à TEm- 
pire. Elu député dllle-et-Vilaine et du Morbihan à l'As- 
semblée Nationale en 1871, il opta pour le Morbihan et fut 
vice-président de la Chambre. Elu 5^wa^C2/r du Morbihari 
(droite) en 1876, il a été réélu en 1879 et 1888, a été vice- 
président du Sénat, et est président de la droite de cette 
assemblée depuis 1876. Il est aussi président de l'Associa- 
tion bretonne. 

3. — BAILLARDEL, baron de LAREINTY (Clément- 
Gustave Henri de), — né à Toulon le 19 janvier 1824, 
entra d'abord dans la diplomatie, devint en 1848 officier 
d'ordonnance du général Changarnier comme capitaine 
d'état-major de la garde nationale de Paris, et fut élu dé- 
légué de la Martinique en 1862. Chef de bataillon des mo- 
biles de la Loire-Inférieure en 1870, ^, et président du 
conseil général de ce département depuis 1871, il a été 



LES SÉNATEURS DES CINQ DEPAUTBMBNJ'S 53 

élu sénateur de la Loire-Inférieure (droite) en 1876, et 
éélu en 1879 et 1888. Le recueil Nos sénateurs s'est gra- 
vement trompé en 1894, en donnant le portrait de son 
fils au lieu du sien. 

4. — CARNÉ (Henri-Jean -Baptiste -Antoine marquis 

de), — né à Sévignac le 21 janvier 1834, de la branche des 
Carné'Trécesson, fut lieutenant-colonel des mobiles bre- 
tons au siège de Paris, en 1870. Maire de Sévignac, con- 
seiller général pour le canton de Broons et ^, il a été élu 
sénateur des Côtes-du-Nord (droite) en 1880, et réélu 
en 1885 et 1894. Il a été plusieurs fois secrétaire du Sénat. 

5. ^ DELOBEAU (Louis- Arthur), — né à Brest le 
2 septembre 1856, avoué à Brest, fît partie du groupe d'op- 
position à l'Empire, et fut élu conseiller général et maire 
de Brest après M. Bellamy en 1891. ^ et commandeur 
de Saint-Stanislas de Russie après avoir reçu la flotte 
russe à Brest en 1891, il fut élu sénateur républicain du 
Finistère en 1893 et réélu en 1894. 11 est resté maire de 
Brest aux élections de 1896. 

6. — ESPIVENT DE LA YILLEBOISNET (Henry), 
— né à Londres le 30 mars 1813, d'une famille d'anciens 
conseillers au Parlement de Bretagne, élève de Saint- 
Cyr en 1832, puis de TÈcole d'État-Major, fit les cam- 
pagnes d'Afrique puis le siège de Rome en 1849 et la 
campagne d'Italie en 1859. Général de brigade en 1860, 
de division en 1870, G. 0. ^et comte romain, il comman- 
da Télat de siège à Marseille en 1871, et fut élu sénateur 
de la Loire 'Inférieure (droite) en 1876 et réélu en 1879 et 
1888. 

7. — FRAIN DE LA VILLEGONTIER (Pierre-Ma- 
rie-Sébastien-Gérard), ^ né à Parigné Je 10 janvier 
1841, grand propriétaire dans Tllle-et- Vilaine, officier de 
mobiles en 1870, ^, maire de Parigné, conseiller général 
de Fougères, etc., fut élu député dlUe-et- Vilaine en 1877 
et 1881, et les deux fois invalidé. Il a été élu sénateur 
d'Ille-et- Vilaine (droite) en 1888. 



54 ^ ANNUÀIKB DI5 ÏJi DRKTAQNS 

8. — FRESMEAU (Arouind-F^Itx), — né à Rennes, le 
a janvier ig23, d'abord avocat à I^oriânt, fut élu député du 
Morbihan à i*Assemblée Constituante en 1848 etoTAs- 
semblée Législative en 1849. Il y siégea à droite. De nou- 
veau député du Morbihan à TAssemblée Nationale en 1871, 
il donna sa démission en 1874 après la proclamation de la 
République. Il a été élu sénateur du Morbihan en 1879 et 
en 1888. Il collabore au Soleil, 

9. — GUIBOURG DE LUZINâlS (Ernest-François- 
James), — né à Angrié (Maine-et-Loire), avocat, docteur 
en droit, fut d'abord chef de cabinet de M. Dufaure, puis 
entra dans la magisiralure et devint président du tribunal 
de Nantes en 1878. Révoqué lors de la réforme de t883, il 
fut élu conseiller municipal de Nantes eu 1884, sénateur de 
la Loire-Inférieure en 1886 et en 1888. Il a été maire de 
Nantes en 1888 à 1892, et est encore conseiller municipal de 
celte ville. Il siège à droite. 

10. — GBIVART (Louis-René- Joachim), — né à Rennes 
en 1829, avocat, docteur en droit, fut d'abord professeur 
à la Faculté de droit de Rennes. Elu député d'Ille-et-Vilaine 
à TAssemblée Nationale en 1871, il y siégea adroite, fut 
plusieurs iois élu secrétaire, et devint ministre de l'Agri- 
culture dans le cabinet de Broglie en 1874. Elu sénateur 
dllle-et Vilaine en 1870,il fut nommé gouverneur du Crédit 
foncier en 1877, se retira en 1878, ne fut pas réélu sénateur 
en i 879 et reprit ses fondions d*avocat à Rennes. Réélu 
sénateur en 1893. Il siège à droite. 

11. — HALLEGUEN (Corentln), — né à Pleyben le 10 
décembre 1832, avouéà Châteaulin en 1858 et président de 
la Société d'Agriculture de l'arrondissement, est maire de 
Châteaulin depuis 1881, et conseiller général du canton 
depuis 188?. Elu sénateur du Finistère en 1894 sur la liste 
républicaine. 

12. — HAUGOUMAR DES PORTES. (Charles), — 

né à Lamballe le 18 décembre 1841, ancien élève du collège 
des Jésuites de Vannes, grand propriétaire aux environs 



LES SÉNATBUnS DKS GtN<} DÉPARTEMENS 55 

de Lamballe, capitaine des mobiles des Gôtes-du-Nord en 
1870, et conseiller général de son cantoti, a été élu pré- 
sident du conseil général en 1892. Elu sénaieur ées Câies- 
du-Nord en 1893, en remplacement du comte de Tréve- 
neuc décédé, il a été réélu en 1894, et siège à droite. 

13. — HUON DE PSNANSTER (Charles-Marle-^ 
Pierre), — né à Lannion le 11 octobre 1832, propriétaire 
du château de Kergrist, conseiller général de Piestin 
depuis 1861, un des fondateurs du journal Vindipendatice 
Bretonne à Sainl-Brieuc en 1871, fut élu député des Côtes- 
du-Nord à l'Assemblée Nationale en 1871 et réélu en 1876 
et 1877. Il contribua à la résurrection de TAssoclation Bre- 
tonne en 1874, devint l'un des présidents pour la section 
d'agriculture, et fut élu sénateur des Côtes-du-Nord en 
188Ô, et réélu en 1894. Il siège à droite et a été secrétaire 
de cette assemblée. 

14. — LAMARZELLE (Gustave-Louis-Edouard de), — 
né à Vannes le 4 août 1852, et fils d'un imprimeur de celte 
ville, avocat, docteur en droit, fut d'abord secrétaire de 
M. deMun et professeur à l'Institut catholique dé Paris. 
Elu député du Morbihan en 1885 et 1889 et non réélu en 
1893 dans la seconde circonscription de Lorlent, il à été 
élu sénateur du Morbihan en 1894, en remplacement de 
M. de la Monneraye et siège à droite. 

15. — LE COUR-GRANDMAISON (Charles), — né à 

Nantes, le 12 février 1848, fils d'un armateur et neveu 
d'un représentant de Pondichéry en 1848, avocat, docteur 
en droit, engagé aux mobiles de la Loire-Inférieure en 
1870, puis armateur, membre de la chambre de commetce 
de Nantes, conseiller général de la Loire-înférieure, com- 
mandeur de Saint-Grégoire, élu député de la Loire-Infé- 
rieure (droite) en 1885 et 1889, non réélu en 1893, a été élu 
sénateur de la Loire-Inférieure en 189B , en rempla- 
cement de M. Decroix. 

16. — LE PROVOST DE LAUNAY (Louis), — né à 
Libourne, le 8 juin 1850, fils d'un ancien préfet de TEm- 



56 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

pire, qui fut député de Bayeux de 1879 à 1881, et sénateur 
des Côtes-du-Nord en '1885, s'engagea aux chasseurs 
d'Afrique pendant la guerre de 1870, puis fut reçu docteur 
en droit, élu conseiller général des Côtes-du-Nord et député 
de Lannion (droite) en 1876, 1877, 1881, 1885 et 1889. Non 
réélu en 1893, il a été élu sénateur des Côtes-du-Nord en 
1896, en remplacement de M. de l'Angle-Beaumanoir. 

17. -T OLIVIER (Auguste), — né à Guingamp, le 17 
novembre 1828, avocat à Guingamp et conseiller général 
du canton, vice-président du conseil général, fut élu député 
des Côtes-du-Nord en 1879, 1881 et 1885, et Sénateur des 
CôteS'dU'Nord en 1889. Il siège à droite et a été secrétaire 
de l'Assemblée. 

18. — ROUSSEAU (Paul-Armand), — né à Tréflez, le 
24 août 1835, élève de l'École Polytechnique en 1854, ingé- 
nieur des Ponts-et-Cliaussées en 1860, attaché aux travaux 
du port de Brest en 1867, colonel du génie auxiliaire et 
organisateur du camp de Conlie en 1871, député du Finis- 
tère à TAssemblée Nationale en juillet 1871, non réélu en 
1876, directeur des routes au Ministère des Travaux Publics 
en 1877, ingénieur en chef en 1878, député républicain de 
Morlaix en 1881, sous-secrétaire d'Etat aux Colonies en 
1885, non réélu en octobre 1885,, conseiller d'Etat en 1886, 
inspecteur général des Ponts-et-Chaussées en 1889, C^, 
gouverneur général d'Indo-Chine en 1895, a été élu peu 
après Sénateur du Finistère (gauche républicaine) en rem- 
placement de M. Douillard, décédé*. 

19. — SAISY (René-Marie-Elzéar-Hervé de), — né à 
Glomel, le 5 avril 1833, élève de l'école de Saint-Gyr, sous- 
lieutenant démissionnaire en 1860, conseiller général de 
Maël-Carhaix, puis de Rostrenen, commandant des mobiles 
des Côtes-du-Nord en 1871, fut élu député des Côtes-du- 
Nord à l'Assemblée Nationale en 1871, et siégea à droite. 
Il est Sénateur inamovible depuis la grande élection de 
décembre 1875. 

^ n vient de mourir lui-même au Cambodge pendant l'impression de 
cette feuiUe. 



LES DEPUTES DES CINQ DÉPARTEMENTS 57 

20. — SAVARY (Alexis-Barthélémy), — né à Quim- 
perlé, le 29 mai 1851, élève de l'École des Arts et Métiers 
d'Angers, ingénieur civil, créateur et directeur d'une usine 
de construction de machines agricoles à Quimperlé, lau- 
réat de nombreuses expositions, ^ après celle de 4878, 
membre de la Chambre de commerce de Quimper, maire 
de Quimperlé en 1886, a été élu Sénateur du Finistère sur 
la liste républicaine en 1894. 

21. — VÉRON (Auguste- Julien), — né à Saint-Servan, 
le 4 janvier 1819,élève de TÉcole Navale en 1835, lieutenant 
de vaisseau en 1847, capitaine de frégate en 1854^ capitaine 
de vaisseau en 1862, contre-amiral en 1874, vice-amiral en 
1880, membre du conseil d'amirauté en 1881, mis au cadre 
de réserve en 1884, G. 0. ^. a été élu Sénateur d'ille-et- 
Vilaine en 1885 et réélu en 1888. Il siège à droite. 

R. K. 

B. — LES DÉPUTÉS DES CJNQ DÉPARTEMENTS 

La Bretagne élit 42 députés, dont 9 pour les Gôtes-du- 
Nord, 10 pour le Finistère, 8 pour Tllle-et- Vilaine, 8 pour 
la Loire-Inférieure, et 7 pour le Morbihan. Voici, par 
ordre alphabétique la liste des députés actuels. 

1. — ARMEZ (Louis), - né à Paris le 19 avril 1838, 
fils d'un ancien député des Côfes-du-Nord, fut élève de 
l'École Centrale des Arts et Manufactures, en sortit avec le 
diplôme d'ingénieur et fut élu député républicain de Var- 
rondissement de Saint-Brieuc en 1876, 1877 et 1881. Un des 
363, non réélu au scrutin de liste en 1885, mais réélu au 
scrutin d'arrondissement en 1889 et 1893. 

2. - RREIL DE PONTBRIANT (comte Fernand du), 
— né à Châteaubriant le 9 novembre 1848, licencié en droit, 
officier des mobiles dlIle-et-Vilaine en 1870, conseiller gé- 
néral de la Loire-Inférieure maire d'Erbray, élu député de 
la Loire-Inférieure en 1889 et 1893, a publié divers mémoires 
d'agriculture et d'histoire généalogique. Siège à droite. 



58 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

3. -• BRICE(René), -—né à Rennes le 23 juin 1837, 
avocat, conseiller général dllle-et-Vilaine, gendre de 
M. Camille Doncet, administrateur de la Compagnie des 
chemins de fer de TOuest et du Crédit Foncier, etc, élu 
député d*l Ile-et-Vilaine en 1871,réélu député républicain de 
Redon (centre gauche) en 1876, 1881 et 1885, non réélu en 
1889, mais élu pour Rennes en 1893. • 

4. — BRUNE (François-Jean) — né à Pleine-Fougères 
le 1" avril 1835, notaire à Pleine-Fougères, maire de cette 
ville, conseiller général du canton ^, élu député d'IUe-el- 
Vilaine en 1893. Républicain. 

5. — CAZENOVE DE PRADINES (Edouard de) — 
né à Marmande le 31 décembre 1838, gendre du marquis 
de Bouillé,cngagé aux zouaves de Charette en 1870,amputé 
d*un bras après la bataille de Loigny, décoré de la médaille 
militaire, commandeur de Saint- Grégoire,ancien secrétaire 
du comte de Chambord, élu député de la Loire-Inférieure 
en 1884, 1885, 1893. 1889 (droite royaliste), mort au Pou- 
liguen en août 1896, non encore remplacé*. 

6. — CHRESTIEN DE TRÉVENEUC (Robert), — né 

au château de Pommorio en Tréveneuc, le 3 novembre 
1860, fils de l'ancien sénateur des Côtes-du-Nord, élève de 
Saint-Cyr en 1880, capitaine breveté de cavalerie, démis- 
sionnaire, élu député des Côtes-du-Nord (droite) en 1893. 

7. ■- COSMAO-DUMENEZ (Selim), — né à Pont- 
l'Abbé, le 28 février 1840. docteur en médecine, médecin 
militaire volontaire à larmée de la Loire en 1870, puis mé- 
decin à Pont-l'Abbé, conseiller général du Finistère, élu 
député du Finistère (républicain) en 1889 et 1893. 

8. — DEMALVILLAIN (Léonce-Eugène), — né à rfaint- 
Pierre près Terre-Neuve en Amérique le 18 janvier 1841, 
armateur à Saint-Servan, maire de cette ville et président 
du tribunal de commerce de Saint-Malo, et député d'Ille-et- 
Vilaine, (républicain) en 1893. 

^ Pendant l'impression de ces n.iices, M. de la Biliais, anoien député, 
vient d*être élu à Nantes, en remplacement de M. de Cazenove. 



LES DÉPUTÉE DES CfNQ DÉPARTEMENTS 5Ô 

0. - FKRROU.marquis DELAFERRONNAYS {Henrl- 
A.usaat«-Mftrie de), — né à Paris, le 12 septembre 1842, an- 
cien officier de cuirassiers, ^ après la bataille de Rezonville 
en 1870, attaché militaire à Berlin en 1872, à Londres, en 
1877, démissionnaire en 188:), un des secrétaires da comte 
de Paris, conseiller général de Saint-Mars-la-Jaille, élu dé- 
ptité de la Loire-Inférieure (royaliste) en 1885, 1889 et 1893. 

10. — GASNIER (Fernand-Edouard), — né à Saulaire 
(Maine-et-Loire), le 5 juillet 1853, négociantà Saint-Nazaire, 
maire de cette ville de 1885 à 1896, conseiller général du 
canton deSaint-Nazaire. élu député de la Loire- Inférieure 
(républicain) en 1893. 

11. — GOURYIL (Paul-Emlle-Louls-Marie), — né à Sé- 
rignac le 29 mars 1845, avocat à Morlaix et conseiller gé- 
néral du Finistère, pour le canton de Huolaroat de 1881 à 
1896, élu député du Finistère, pourChâteaulm (républicain) 
en 1891 et 1893. 

12. — GUIEYSSE (Paul-Pierre). — né à Lorieni le 21 
mai 1841, flls d'un ancien commissaire général de la ma- 
rine, élève de TÉcole Polytechnique en 1860, ingénieur 
hydrographe en 1863, actuaire delà Compagnie rt/rô^m^, 
répétiteur à l'École Polytechnique, conseiller général du 
Morbihan de 1884 à 1890. élu député du Morbihan^ (répu- 
blicain radical), pour le 1*' arrondissement de Lorient en 
1800 et 1893, Ministre des Colonies sous le ministère Bour*- 
geois de novembre 1895 à mai 1896. 

13. — GUILLO DU BODAN (Charles-Marie-Chrls- 
tophe], — né à Quimper le 23 mai 1827, flls et petit-fils de 
députés du Morbihan, d*abord avocat, puis substitut à 
Angers et procureur impérial à Orléans, emprisonné par 
les Prussiens en 1870, conseiller général du Morbihan 
depuis 1874, a été élu député du Morbihan pour le 1«' ar- 
rondissement de Vannes, à toutes les élections depuis 
1893. Ancien centre droit. 

14. — HALGOUET (Maurice DE POULPIQUET 

<;/com^e rfw), — né en 1846, élève de l'École Polytechnique 



60 ANNUAIRR DE LA BRETAGNE . 

en 1865, élève de TÉcole d'application de Metz en 1867, lieu- 
tenant colonel d'artillerie en retraite, ^j élu député (Ville- 
(»/-Fi7aîntf (droite) en 1896, en rem placement de M. Réci- 
pon, décédé. 

15. — HÉMON (Louis), — né à Quimper le 24 février 
1844, avocat, engagé volontaire aux mobiles du Finistère 
en 1870. député du Finistère en 1876, 1877 et 1881, un des 
363, non réélu au scrutin de liste en 1885. Réélu au scrutin 
d'arrondissement (1" circonscription de Quimper) en 1889 
et 1893. Républicain. 

16. — JACQUEMIN (Albert), - né à Dinan le 15 mars 
1847, avocat, sous -lieutenant des mobiles des Gôtes-du- 
Nord pendant le siège de Paris, conseiller municipal à 
Dinan, conseiller général de Ploubalay, élu député des 
Côtes-du-Nord (républicain) en 1889 et 1893. 

• JUIGNÉ (de) — Voy. LE CLERC. 

17. - KERGARIOU (Charles-Marie de), — né à 
Ploubezre le 6 octobre 1846, avocat, capitaine des mobiles 
des Côtes-du-Nord au siège de Paris en 1870, conseiller 
général des Côtes-du-Nord, élu député des Côtes-du-Nord 
pour Tune des circonscriptions de Lannion (droite) en 
1885, 1889 et 1893. 

18. — LANJUINAIS (Paul-Henri, comte), — né à Paris 
le 24 juillet 1834, petit-flls du célèbre conventionnel 
Rennais, (comte de KEmpire, sans le de qu'on lui accole 
souvent), et flls de l'ancien député de la Loire-Inférieure, 
fut d'abord officier de cavalerie, puis passa la licence en 
droit, devint maire de Bignan et conseiller général du 
Morbihan, et a été élu député du Morbihan pour l'une des 
circonscriptions de Pontivy (droite) en 1881, 1885, 1889 et 
1893. 

19. — LE BORGNE (Paul), — né à Pleyben le 4 sep- 
tembre 1844, docteur en médecine, maire, président du 
comice agricole et conseiller général de Pleyben, élu député 
du Finistère pour Châteaulin (républicain) en 1889 et 1893. 



LES DÉPUTÉS DES CINQ DÉPARTEMENTS 61 

20. — LE CERF (Alfred-Louls-René), — né à Paris le 
21 novembre 1846, docteur en droit, lieutenant des mobiles 
des Côtes-du-Nord au siège de Paris en 1870, maire de 
Mur, conseiller général des Côtes-du-Nord, élu député des 
Côtes-dU'Nord pour Loudéac (droite) en 1888, 1889 et 1893. 

21. — LE GLEG'H (Albert), — né à Douarnenez le 10 avril 
1857, avocat, docteur en droit, conseiller municipal de 
Douarnenez, élu député du Morbihan pour la secondé cir- 
conscription de Pontivy en 1893, contre M. de Muti. 

22. — LE CLERC, marquis de JUIGNÉ (Charles- 
Etienne-Gustave), — né à Paris le 23 juin 1825, grand 
éleveur, vice-président de la Société Hippique de Nantes, 
membre du conseil général de la Loire-Inférieure, a été 
constamment élu rf^jDi//^' rf^ la Loire-lnférieure ^oxxv l'ar- 
rondissement de Paimbœuf (droite) depuis 1871. 

23. LE COUPANEC (Eugène-Marie), — né à Plœmeur 
le 1" novembre 1857, avoué à Lorient, conseiller général 
républicain du Morbihan^ élu député du Morbihan pour la 
deuxième circonscription de Lorient en 1893. 

24. — LE GONIDEG DETRAÏSSAN (Olivler-Marie- 
Mériadec), — né à Vitré le 21 février 1839, ancien officier 
aux zouaves pontificaux et commandant des volontaires 
de rOuest en 1870, ^, élu député d'Ille-et-Vilaine^ pour 
Tarrondissement de Vitré (droite) en 1876, 1879 et 1881, non 
réélu en 1885, mais réélu en 1889 et 1893. 

25. — LE HÉRISSÉ (René-Félix), — né à Antrain le 14 
octobre 1857, élève de TEcole de Saint-Cyr en 1878, officier 
de cavalerie démissionnaire , ancien directeur du journal 
boulangiste La Cocarde, a été élu député d*l Ile-et-Vilaine, 
pour Tune des circonscriptions de Rennes ^républicain en 
1886, 1889 et 1893). 

26. - LEMOIGN ( ), — né à Gouarec le 
17 mars 1824, ancien notaire à Gouarec, maire et conseil- 
ler général, élu député des Côtes-du-Nord pour Tune des 
circonscriptions de Guingamp (républicain) en 1893. 



02 annuauie: dk la sui^tagne 

27. — LE SAGE D'HAUTEROCHE, ctti M'' I^HULST 
(Maurice) , ~ né à Paris le 10 octobre 1841 , docteur en 

théologie et en droit canon, prélat romain, recteur de TU- 
niversité catholique de Paris, collaborateur du Correspon- 
dant, élu député du Finistère poui^ Brest (droite), en rem- 
placement de M»' Preppel en 1892, réélu en 1893, mort en 
1896, n'est pas encore remplacé. 

28. — LE TROADEG (Paul-Louis-Marie), — né à Lé- 
zardrieux le 21 avril 1860^ maire et conseiller général de 
Lézardrieux, élu député des Câtes-di^Nord pour une des 
circonscriptions de Lannion (républicain) en 1893. 

29. — LOROIS (Paul-Emile), — né à Vannes le 27 sep- 
tembre 1831, fils de l'ancien préfet du Morbihan sous Louis- 
Philippe, entra lui-môme dans Tadministration et fut préfet 
de TAude sous M, Thiers, puis du Loir-et-Cher, de la Dor- 
dogne^ de la Creuse, de la Lozère et de rAveyron. Mis en 
disponibilité sur sa demande en 1877 et $, il fut élu député 
du Morbihan pour la seconde circonscription de Vannes en 
1885, après son frère, et réélu en 1889 et 1893. Centre droit. 

30. — MONJARRET DE KERJÉGU (James-Marle- 
Antoine), — né à Trévarez, en Saint-Goazec, le 27 février 
1848, fils de l'armateur breslois et neveu de l'amiral et de 
ragriculteur, entra d'abord dans la diplomatie et fut mi- 
nistre plénipotentiaire en Serbie en 1875. Conseiller géné- 
ral du Finistère, et ^, il a été élu député du Finistère pour 
Quimperlé (républicain) en 1889 et 1893. 

31. — MUN (Adrien- Albert, comte de), -— né à Lumigny 
(Seine-et-Marne) le 28 février 1841, descendant de la reine 
Anne, par sa fille Renée de France et la postérité féminine 
des ducs de Ferrare, fut d'abord officier de cuirassiers et 
démissionna en 1875 pour s'occuper exclusivement de For- 
gauisaUon des cercles catholiques d'ouvriei^s* Ëiu député 
du Morbihaa en 1876, 1877, 1881, 1885 et 188» (droite), il 
éjclioua en 1893 contre M. Le Glec'h, ci-dessus cité, et a été 
élu député du Finistère^ pour Morlaix^ en 1894. 



LES I>ÉPUTÉS DES CINQ DEPAUTEMENTS 03 

32. — NOUS (Charles, viconUe Ue la), — né à Saint- 
Brieuc le 6 mars 1843, zouave pontificat en 1862, décoré de 
Mentana» volontaire de l'Ouest en 1870, président de TAs- 
sociation des anciens Elèves du Collège des Jésuites de 
Vannes, élu défaite des Coles-du-Nord, pour Saint-Brieuc 
(royaliste) en 1888, 1889 et 1893. 

33. — PONTALLIÉ (Edouard), — né à Nantes le 14 
octobre 1855, maire de Saint-Aubin du Cormier, élu dé- 
puté cPllle-et'Vilaine pour Fougères (républicain) en 1893. 

34. — PORTEU (Armand), — né à Rennes le 9 no- 
vembre 1839, ancien préfet démissionnaire enîl877, après 
le 16 mai, ^, élu député d'Ille-et-Vilaine pour Montfort 
(droite) en 1893, 

*. — POULPIQUET (de). Voy. du HALGOUET. 

35. — RIOtlST DE L'ARGENTAYE (Frédéric-Marie- 
Ange-Anne-Augustin), — né à Saint-Brieuc le 6 mars 
1854, fils et petit-flis de députés des Côtes-du-Nord, grand 
propriétaire, succéda à son père comme député des Côtes- 
du-Nord pour Tune des circonscriptions de Dinan (droite) 
en 1884, et fut réélu en 1885, 1889 et 1893. — Le recueil Nos 
Députés publié en 1894 le confond avec son père dont il 
paraît ignorer le décès. 

36. — ROCH (Gustave), — né à Aigrefeuille le 10 mars 
1849, avocat à Nantes, sergent-major des mobiles de la 
Loire-Inférieure en 1870, adjoint au maire de Nantes en 
1892, élu député de la Loire-Inférieure pour Nantes (ré- 
publicain) en 1893. 

37. — ROHAN-CHABOT (Alain-Charles-Louis, duc 
de), — né à Paris le 1" décembre 1844, châtelain de Jos- 
selin, capitaine des mobiles du Morbihan en 1870, élu dé^ 
puté du Morbihan pour Ploërmel (droite) à toutes le^^ étoc- 
lions depuis 1876, d'abord sous le nom de Prince dan JAon, 
et depuis la mort de son père, sous le nom de duc de 
Rohan. 



64 



LES DEPUTES DES CINQ DEPARTEMENTS 



38. — SÏBILLE (Maurice), — né à Nantes le 21 mai 1847, 
avocate Nantes, conseiller général, etc., élu député de la 
Loire-Inférieure pour Nantes (républicain), en 1889 et 1893. 

39. — SIMON (Amaury- Joseph), — né à Redon le 
27 mai 1842, petit-fils, neveu et cousin de députés de la 
Loire-Inférieure, capitaine des mobiles de la Loire-Infé- 
rieure en 1870, négociant, armateur, membre de la chambre 
de commerce de Rennes, maire et conseiller général de 
Saint-Nicolas de Redon, élu député de la Loire-Inférieure 
pour la seconde circonscription de la Loire-Inférieure (bo- 
napartiste rallié) en 1893. 

40. — VALLON (Aristide-Louis-Antoine-Maxlmilien- 
Marie), — né au Conquet le 26 juillet 1826, élève de l'Ecole 
Navale en 1840, lieutenant de vaisseau en 1853, contre- 
amiral en 1886, C. ^, ancien gouverneur du Sénégal et dé- 
puté de cette colonie en 1889, élu député du Fiiiistère pour 
la première circonscription de Brest, (républicain) en 1893. 

41. — YICHOT (Louis-Antoine), — né à Besançon le 
30 juillet 1825, ancien conseiller municipal d© Morlaix, 
élu député du Finistère pour Morlai.K (républicain) en 1893. 

42. — YILLIERS (Emile), — né à Brest, le 31 juillet 
1851, fils d'un ancien député de Brest, engagé aux volon- 
taires de l'Ouest en 1870, licencié en droit, ancien con- 
seiller de préfecture, élu député du Finistère pour la se- 
conde circonscription de Brest, (droite), en 1893. 

R. K. 
RÉSUMÉ 



Côles-du-Nord. . 

Finistère 

lUe-et-Viiaine. . 
Loire-Inférieure. 
Morbilian 



(1) Dont un rallie. 



SÉNATEURS | 


RÉPUBLICAINS 


DROITE 




5 


5 


• 




3 




4 




3 
15 


5 



DÉPUTÉS 1 


RÉPUBLICAINS 


DROITE 


4 


5 


7 


3 


5 


3 


4 * . 


4 


3 


4 


23 


19 



PREFETS DEPUIS LÀ CRÉATION DES PREFECTURES 



65 



C. — PRÉFETS DEPUIS LA CRÉATION DES PRÉFECTURES 



10 



COTES-DU-NORD 



MM. 

1800. Baron Boullé. 

1814. C»« de Goyon. 

1815. DesTÎmes. 

1815. Pépin de Bellisle. 

1816. C'* de Saint-Luc. 

1819. De Saint-Aignan. 

1820. C'« de Murat. 
1822. De Cussay. 

1822. G'« Frottier de Bagneux, 
' 1826. De Fadate de St-Georges. 
1830. Baron Thieullen. 
1848. Gouart. 
1848. Morhéry. 
1848. Couart. 
1848. Mars-la-Rivière. 
1852. G*« Rivaud de la Raffi- 

nière. 
1865. Démanche. 

1868. Magnien. 

1869. Lorette. 

Sous-Préfets actuels: MM. 
à Guingamp; — Koziorowicz, à 



MM. 

1870. Viet-Dubourg. 

1871. Foucher de Careil. 

1872. V*« de Flavigny. 

1873. G'* de Rochefort. 

1874. Baron de Jouvenel. 

1876. Jeanson. 

1877. Mahias. 

1877. Gt« de l'Angle Beauma- 

noir. 
1877. Mahias. 

1879. Labordère. 

1880. Bertereau. 
1882. Gleiftie. 

1884. Gavé-Esgaris. 

1885. Delatte. 
1887. Massât. 
1889. Bès deBerc. 

. 1890. Granet. 
1895. Dumoulin. 
1895. Lutaud. 

Huard, à Dinan ; — Laumondais, 
Lannion ; — Buard, à Loudéac. 



2- — FINISTERE 



MM. 

1800. Didelot. 

1801. Rudler. 
1805. Baron Miollis. 



MM. 

1810. Bouvier-Dumolard. 

1813. Baron Abrial. 

1814. Comte de Saint-Luc. 

7 



60 



ÂNNUAIRK DK LA BRETAGNE 



MM. 

1815. Ghazai. 
1815. De Cintré. 

1819. Comte d'Arros. 

1820. Baron de Ghauiieu. 

1823. Marquis de Foresta. 

1824. Comte de Castellane. 
1830. Rouillé d'Orfeuil. 

1830. Billiard. 

1831. Pellenc. 

1832. Lepasquier. 
1834. Mercier. 
1836. Baron Boullé. 
1848. Tassel. 
1848'. Morhéry. 

1848. Le Pôcheur-Bertrand. 
1848. Brissot-Thivars. 

1850. Bruno-Devès. 

1851 . Baron Ch. Richard. 



MM. 

1868. Boby de la Chapelle. 

1869. Salles. 

1869. Baron Ponsard. 

1870. Levainville. 

1870. Camescasse. 

1871. Pihoret. 

1876. Souvestre. 

1877. Baron Cottu. 
1877. Souvestre. 
1877. Dumarest. 

1879. Le Guay. 

1880. Lagrange de Langre. 

1882. Gragnon. 

1883. Reboul. 
1885. Monod. 
1887. Bouffet. 
1887. Berniquet. 
1890. Proudhon. 



Sous-Préfets actuels : MM. Ramondon, à Brest ; — Le Breton, 
à Ghâteaulin ; — AUard, à Morlaix ; — Travera, à Quimperlé. 



MM. 



30 — ILLE-ET-VILAINE 



MM. 



1800. Borie. 


1836. Boby de la Chapelle. 


1802. Meunier. 


1837. Dunoyer. 


1805. Bonnaire. 


1837. Henry. 


1815. DeBrévannes. 


1848. Hamon 


1815. Méchin. 


1849. Caffarelli. 


1815. D'AUonville. 


1851. Pages. 


1817. delà Villegontier. 


1851. Morisot. 


1824. de Vendeuvre. 


1852. Combe-Siéyès. 


1827. de Curzay. 


1855. Pastoureau. 


1829. Jordan. 


1858. Féart. 


1830. Leroy. 


1866. Lefebvre. 


1832. Cahouôt. 


1869. Comte de Cailan. 



PRÉFETS DEPUIS LA CBÉATION DES PRÉFECTURES 67 



MM. 

1870. Ange Blaize. 

1871. Comte de Barthélémy. 
1873. Delpon de Vissée. 

1876. Vivaux. 

1877. Albert Delmas. 



MM. 

1877. De la Morandière. 

1877. Andçé. 

1882. Comte de Brancion. 

1889. Leroux. 



Sous-Préfbts actuels : MM. Lemas, à Fougères ; — Aubert, à 
Montfort ; — Amiel, à Redon ; — Fleury, à Saint-Malo ; — de 
Mesmay, à Vitré. 



40 — LOIRE-INFERIEURE 



MM. 

1800. Le Tourneur. 

1803. De Believille. 

1807. Wischer de Celles. 

1810. Van Styrum. 

1813. De Barante. 

1815. De Bonnaire. 

1815. De Brosses. 

1822. Brochet de Vérigny. 

1824. V*« Alban de Villeneuve- 

Bargemont. 
1828. B"» C.-A. de Vanssay. 
1830. Louis de Saint-Aignan. 
1832. Maurice Du val. 
1840. A. Chaper. 

1847. Roulieaux-Dugage. 

1848. A. Guépin. 
1848. Maunoury. 

1848. Marius Rampai. 

1849. P. Gauja. 
1852. De Mentque. 

Sous-préfets actuels : MM. 
reymond, à Chftteaubriant^ — 
Saint-Nazaire. 



1853. 

1864. 

1865. 

1870. 

1870. 

1870. 

1871. 

1872. 

1873. 

1874. 

1874. 

1875. 

1877. 

1879. 

1882. 

1885 

1889. 

1891. 

189G. 



MM. 

Henri Chevreau. 

Mercier-Lacombe. 

Bourlon de Rouvre. 

Bo° Dulimbert. 

A. Guépin. 

A. Fleury. 

Ernest Pascal. 

Henry Doniol. 

A. Le Guay. 

Lavedan . 

Welche. 

V*« Malher. 

C*« de Brancion. 

L. Herbe tte. 

A. Catusse. 

P. Glaize. 

G. Rivaud. 

G. Cleiftie. 

Juncla-Peloux. 



LemarJeley, à Ancenis, — Per- 
Truc, à Paimbœuf, — Eyquem, à 



.NNUAIHE DK LA BRETAGNE 



. MORBIHAN 



MM. 

. GirEiud du Plessis. 

. C" JulUen. 

. De Floirac. 

. r> JulUen. 

. HeuDier de la Conver- 
se rie. 

. M"deMarnière8de0uer. 

. C* de Chazelles. 

. Lorois. 

. Maunoury, Guépin, 
Quérin etTricoche. 

. Boulage 

. Poriquet. 

. Lefebvre. 

. Reneufve. 

. Sohier. 

. Janvier de la Motte . 



1870. Lempereur de S' Pierre. 

1870. Ratier. 

1871 . Delpon de Vissée. 
1873. De Rorthays. 
1877. Sais set-Schneider. 
1879. Rondineau. 
18Î9. De Montluc. 

1881. Vel-Dur&nd. 

1882. Marc-Dutraisse. 
188L[. Courtois. 

1885. Bret. 

1888. Démangeât. 

1889. Roger. 
1891. PoirsoD. 

Gravier. 
Chadenier. 



1894. 



Sous-POÉFETS ACTUELS ; MM. D'Aurlac, à Lorient, - 
Plocrmel ; — Dimier, à Pontivy. 



[1 do M. Lafoljc, édîk 



CONSEILS GÉNÉRAUX ACTUELS 69 



D. — CONSEILS GÉNÉRAUX ACTUELS 

10 _ COTES-DU-NORD 
M. Le Provost de Launay, Sénateur, Président. 

Arpondissement de Saint-Brieuc. 

MM. CANTONS. 

Baratoux Saint-Brieuc (nord). 

J. de Largentaye Saint-Brieuc (midi). 

Ruault Châtelaudren. 

Besnier Étables. 

Haugoumar des Portes. . . , Lamballe. 

Le Bourdellès Lanvollon. 

De Foucaud Montcontour. 

Armez. . Paimpol. 

Le Gai La Salle Pléneuf. 

Radenac Plœue. 

Bessard Plouha. 

Limon Quintin. 

I 

Appondissement de Dinan. 

Roger Dinan (est). 

Larère Dinan (ouest). 

Marquis de Carné Broons. 

Vicomte de La Bintinaye . . Evran. 

Comte du Guillier Jugon. 

Pellion Matignon. 

Rioust de Largentaye. . . . Plancoèt. 

j De Lorgeril Plélan'-le- Petit. 

Jacquemin Ploubalay. 

Baudet Caulnes. 

Appondissement de Guingamp. 

Riou Guingamp. 

Person Bégard. 

Scolan Belle-Isie-en-Terre. 



70 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

MM. CANTONS. 

Vicomte du Roscoat Bourbriac. 

Marquis de Kerouartz. . . . Gallac. 

Follézou Maôl-Carhaix. 

Comte de Botmiliau Plouagat. 

Le Gorrec Pontrieux. 

Loyer Hostrenen. 

De Cuvervilie Saint-Nicolas-du-Pélem. 

• 

Arrondissement de Lannion. 



Comte de Kergariou. . 
Le Rolland. ... 
Vicomte de Champagny . 
DeRosambo. . . . 

Le Troadec 

Comte de Troguindy.. 
Le Provost de Launay. 



Lannion. 

La Roche-Derrien. 

Perros-Guirec. 

Plestin. 

Lézardrieux. 

Plouaret. 

Tréguier. 



Arrondissement de Loudéac. 

Boscher Delangle Loudéac. 

Vicomte de La Noue Collinée. 

Ruchon Corlay. 

Le Moign Gouarec. 

Mottin La Chèze. 

Sotinel Merdrignac. 

Le Cerf Mûr. 

Mando. . Piouguenast. 

Ollitrault-Dureste Uzel. 



2« — FINISTERE 
M. James de Kerjégu, ^, Député, Président 

Arrondissement de Quimper. 

MM. CANTONS. * 

Pennarun Brie:^. 

Bonduelle Goncarneau. 

Damey Douarnenez. 



CONSEILS GÉNÉRAUX ACTUELS 71 

I 

MM. CANTONS. 

Louis Hémon, député .... Fouesnant. 

Le Bail, PIogastel-S*-Germain. 

Piriou Pont-Croix. 

D' Cosmao-Dumenez, député. . Pont-1'Abbé. 

Soudry Quimper. 

Cotten Rosporden. 

Arrondissement de Brest. 

Delobeau^ sénateur^ ^ . , . Brest, \*^ canton. 

Lejeune Brest, 2* — 

Castel Brest, 3« — 

Villiers, député Daoulas. 

Maissin, a^ Landerneau. 

Audren de Kerdrel Lannilis. 

Lunven Lesneven, 

Chevillotte, ancien député . . Ouessant. 

De Blois Plabennec. 

Fortin Ploudalmezeau. 

De TEstang du Rusquec . . . Pioudiry. 

Lareur Saint-Renan. 

Arrondissement de Châteaulin. 

Gourdin Carhaix. 

Halléguen, sénateur .... Châteaulin. 

D'Dubuisson Ch&teauneuf. 

D'Louboutin Crozon. 

Caurant, ancien député ... Le Faou. 

Fégean Huelgoat. 

D' Leborgne, député .... Pleyben. 

Arrondissement de Morlaix. 

J. Soubigou, ancien sénateur. . Landivisiau. 

Swiney ... .... Lanmeur. 

Estrade Morlaix. 

Cadour Plouescat. 

De Guerdavid Plouigneau. 

Comte de Kerdrel Plouzévédé. 

Comte de Guébriand .... Saint-Pol-de-Léon. 



rJ ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

MM. CANTONS. 

Cam Saint-Thégonnec. 

Riou Sizan. 

Gazin d'Honinctbun .... Tatilé. 

Arrondissement de Quimperlé. 

Sosthène David Quimperlé. 

W* de Brémond d'Ars-Migré . . Pont- Aven. 

De Raismes Arzano. 

Guégan Bannalec. 

De Kerjégu, député ^ . . . Sca^^r. 

3" — ILLE-ET-VILAINE 
M. Hogrr-Mauvaise, ancien sénateur^ Président. 

Arrondissement de Rennes. 

MM. CANTONS. 

Morcel Rennes, N.-E. 

Pinault — N.-O. 

Le Hérissé, député — S.-E. 

Maugère — S.-O. 

Barbot Chàteaugiron. 

Allain dés Beau vais .... Hédé. 

Carron Janzé. 

Greset. . Liffré. 

De Farcy Mordelles. 

Beillard Saint-Aubin-d'Aubigné. 

Arrondissement de Saint-Malo. 

Fontan Saint-Malo. 

Herclat Gâncale. 

Laisné . . Châteauneuf. 

Hervoches Combourg. 

L'Hôtelier Dinard-Saint-Enogat. 

Flaux Dol. 

Brune, député ...... Pleine-Fougères. 

Le Normand Salnt-Servan. 

Aubrée Tinténiac. 



CONSEILS GÉNÉRAUX ACTUELS 73 

Appondissement de Fougèpes. 

MM. CANTONS. 

Bertin. . Fougères, S. 

De la Villegontier, sénateur. . — N. 

Martin-Métairie Antrain. 

De Lariboisière Louvigné-du-Désert. 

Divel Saint- Aubin-du-Cormier. 

Roger-Marvaise Saint-Brice. 

Arpondissement de Vitpé. 

Des Nétumières Vitré, E. 

De la Borderie (Waldeck) . . — 0. 

De Sallier-Dupin Argentré. 

Delaunay Châteaubour^. 

Després La Guerche. 

Richard Rethiers. 

Appondissement de Redon. 

Li-Col.du.HBi\go\iéU député . . Redon. 

Guérin Bain. 

Ghupin Fougeray. 

Diéras Guichen. 

Brice, député Le Sel. 

De la Vigne Maure. 

De Ghanterac Pipriac. 

Appondissement de Montfopt. 

Juguet Montfort. 

Jehannin Bécherel. 

De Guéhéneuc Montauban. 

Aubry Plélan. 

De Montgermont ..... Saint- Méen. 



74 ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 

V — LOIRE-INFÉRIEURE 

M. le baron de Lareinty, Sénateur, Président. 

Arrondissement de Nantes. 

MM. CANTONS. 

Maublanc Nantes !«" canton. 

De la Laurencie — 2« — 

Gautté — 3* — 

Martin —4* — 

Sibille, député — 5« — 

Riom — 6« — 

Marquis de Ternay Aigrefeuille. 

Dortel Bouaye. 

Boucher d'Argis Carquefou. 

Thibeaud-Nicollière LaChapelle-sur-Erdre. 

De la Morandière Glisson. 

Marquis de Goulaine .... Legé. 

De La Giraudais Le Loroux. 

De la Biliais Machecoul. 

Germerais (Ludovic) .... Saint-Philbert. 

Lanoô Vallet. 

Le Cour (Charles), sénateur . . Vertou. 

Arrondissement d'Ancenis. 

G'* Thoinnet de la Turmelière . Anceois. 

Maês Ligné. 

Gaillard Riaillé. 

M*" de la Ferronnays, député. . Saint-Mars-la-Jaille. 

Gabory Varades. 

Arrondissement de Châteaub riant. 

De Belleviie Gbâteaubriant. 

Daguin Derval. 

G*« Ginoux de Fermon (Charles). Moisdon. 

Dupas Nort. 

De la Noue Nozay. 

Gahier Rougé. 

Comte de Pontbriand, député. . SWulien de Vouvantes. 



GONSBILS GÉNÉRAUX ACTUELS 75 

Arrondissement de Paimbœuf. 

MM. CANTONS. 

Comte G. de Juigné, d^uté . . Bourgneuf . 

Boquien : LePellerin. 

Leroux ., . Paimbœuf. 

Galot Pornic. 

Baron de Lareinty, sénateur. . Saint-Père-en-Retz, 

Arrondissement de Saint-Nazaire. 

Guihot Blain. 

Simon (Fidèle) Guémené. 

LeQuen d'Entremeuse. . . . Guérande. 

De la Morandais Herbignac. 

Maillard LeCroisic. 

Du Faouôdic Pontchâteau. 

Le Lord S'-Etienne-de-Mont-Luc. 

Comte de Montaigu .... Saint-Gildas. 

Gasnier^ député Saint-Nazaire. 

Simon (Amaury), d<4j9w^é . . . Saint-Nicolas-de-Redon. 

Le Cour (Henri) Savenay. 

50 — MORBIHAN 
M. le marquis Du Plessis de Grénédan, Président, 

Arrondissement de Lorient. 

MM. CANTONS. 

Martjn. ancien député. . . . Auray. 

Cazalet Belle-Ile. 

Le Lamer Belz. 

Comte de Goulaine Hennebont. 

Talvas Lorient (1" canton). 

Le Dantec Lorient (2'' canton). 

Comte de Plu vie Plouay. 

C*« Harscouet de Saint-George. . Pluvigner. 

Comte de Polignac Pontscorff. 

Paubert Port-Louis. 

Le Gloahec Quiberon. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Arrondissement de Ploërmel. 

MM. CANTONS. 

Comte de TEstourbeillon. . . Guer. 



Duc de Rohan, député 
Comte du Boisbaudt*y 

Moisan 

De Préaudeau. . . 

De Cuy 

Comte Lanjuinais, député 



Josselin . 

Malestroit. 

Mauron . 

Ploërmel. 

Rohan . 

Saint- Jean-Brévelay . 



Marquis du Plessis de Grénédan. Trinité-Porhoêt. 

Arrondissement de Pontivy. 

Lamoureux Baud. 

Laudren Gléguérec. 

Cadoret Faouôt. 

Comte Rouxel de Lescouët. . . Gourin. 

Le Bris Guémené. 

Comte de Lambilly Locminé. 

Jouan de Kervenoaôl Pontivy. 

Arrondissement de Vannes. 

De Pioger Allaire. 

Caradec, ancien député. . . . Elven. 

De Behr, 0. ^ La Gacilly. 

Vicomte de Saint-George. . . Grand-Champ. 

Lorois, ^, député Muzillac. 

Le Franc Questembert. 

Duclos. La Roche-Bernard. 

Forest Rochefort-en-Terre, 

Passillé. . Sarzeau. 

Du Bodan, ^, député Vannes (est). 

Douaud Vannes (ouest). 






ÉVÊQUES DBS CINQ DIOCÈSES DE BRETAGNE 77 



E. — ÉVÊQUES DES CINQ DIOCÈSES DE BRETAGNE 

DEPUIS LE CONCORDAT 

I. ~ DIOCÈSE DE NANTES, 

suffragant de Tours. 

NN. SS. Jean-Baptiste Duvoisin (/7 août 1802); — 
{vacance de /5/3 à ^5/9);— Louis-Jules-Prançois (I'Andi- 
GNÉ DE Mayneuf (/ 7 octobve 18/9); — Joseph-Michel- 
J.-B. -Paul-Augustin Migolon db Guérines {9 novembre 
1822) ; — Jean-François de Hbrgé {17 avril 1836) ; — 
Antoine-Mathias-Alexandre Jagquemet (29 juillet 1 849) ; 
— Félix Fournibr(/(? août 1870); ^ Jules-François Legoq 
précédemment évoque de Luçon [18 août 1 87 7) ; — Au- 
guste-Léopold Laroghe {4 avril 1S93) ; — Pierre-Emile 
Rouard f20 août 1896). 

Vicaires généraux actuels, MM. les abbés AUaire et 
Leroux. 

II. — DIOCÈSE DE RENNES, 
d'abord suffragant de Tours, érigé en archevêché 

en 1859. 

NN. SS. Jean-Baptiste-Marie de Maillé de la Tour 
Landry {28 mars 1802) ; — Etienne-Célestin Enogh (// 
avril i805); — Charles Mannay précédemment évoque 
de Trêves en 1802 et dAuxerre en 1817 (^^ mai 1820) ; — 
Claude-Louis de Lesquen, précédemment évoque de Beau- 
vais {8 mai 1825); — Godefroy Brossays Saint-Marc 
{10 août 1841), archevêque de Rennes le 5 juin 1859 
cardinal le // septembre 1 875; — Charles-Philippe Plage, 
précédemment évoque de Marseille (/(? octobre 1878), car- 
dinal en 188. ; — Jean-François-Natalis Gonindard, précé- 
demment évoque de Verdun et coadjuteur de Rennes 
(5 mars 1 893) ; — Guillaume-Marie-Joseph Labouré, pré- 
cédemment évoque du Mans {13 juin 1893), 

Vicaires généraux actuels : MM. les abbés Durusselle, 
Lebret, Renaud et Michel. 



78 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



III. _ DIOCÈSE DE QUIMPER, 

suffragant de Rennes. 

NN. SS. Claude André {9 mai i802);^ Pierre-Vin- 
cent DoMBiDRAU DB CR0USi.iLHiS8 {2i avvil 1 805) ; — Jean- 
Marie-Dominique DE POULPIQUBT DE BrBSGANVEL f 1 i jtttn 

j824)\ — Joseph-Marie Graveran (28 août 4 840),-^ 
René-Nicolas Sergent [20 mai i 855) ; — Dom Anselme 
Nouvel de la Flèche, bénédictin [4 février i872)\ — 
Jacques-Théodore Lamarghb (29 janvier 1888) ; — Henri- 
Victor Valleau \5 mars i 89i). 

Vicaires généraux actuels, MM. les abbés Gorrigou et 
Pleiter. 

IV. — DIOCÈSE DE SAINT-BRIEUC, 
suffragant de Rennes. 

NN. SS. Jean-Baptiste de Gaffarelli(/^(?^). — (Vacance 
de i 815 à i 819); — Mathias Le ûroing de la Romagère 
(1819);-- Jean- Jacques-Pierre Lbmée (1841) ; — Guillaunae- 
Elisée Martial {1858); — Augustin D/lvio (1862); - 
Eugène- Ange-Marie Boucher ( / 8 82) ; — (vacance en1888)\ 

— Pierre-Marie-Frédéric Fallières (1889). 

Vicaires généraux actuels : MM. les abbés Le Provostet 
Morelle. 

V. ~ DIOCÈSE DE VANNES, 
suffragant de Rennes. 

NN. SS. Antoine-Xavier Mayneaud de Pancemont 
{11 avril 1 802); ^{vacance en 1 807); — Pierre-Ferdinand 
DE Bausskt (^9 mai 1808), nommé en 1817 archevêque 
d'Aix ; — Henri-Marie-Glaude de Brug (11 octobre 1819); 

— Simon GAKmKR (1 i novembre 1826); — Charles- JeanoB 
LA Motte de Broons et de Vauvert, (28 octobre 1827); — 
{vacance en 1 860 et nomination de Tabbé MARET,non agréé 
par le Pape); — Louis-Anne Dubreil {8 septembre 1861), 



ÉVÊQUE3 DBS CIKC! DIOCÈSES DE BRETi^aMB 79 

nommé en /5(î3J,archevôque d'Avignon; — Jean-Baptiste- 
Charles Gazailqan, (6 mars i864) ; — Jean-Marie B&cbl 
(25 juin 4866). 
Vicaires généraux actuels : MM. les abbés Régent et 



CULTES NON CtTHOLIQUES 

Le citlte protestant est représenté en Bretagne par deux 
consistoires, Brest et Nantes. — Le consistoire de Brest, 
présidé par M. le pasteur Arnoux, comprend les 4 
départements du Finistère, des Côtes-du-Nord, d'Ille-et- 
Viïalne et du Morbihan, Tormant deux paroisses, Brest ei 
Bennes. Le consistoire de Nantes, présidé par M. le pasteur 
PoRGUBS, comprend les 4 départements de la Loire-Infé- 
rieure, de la Sarthe et de Maine-et-Loire, et une paroisse 
de Bretagne, Nantes. 

Le culte Israélite est représenté par un rabbin à Nantes. 



Armoiries de Mb'' Bécel, évéque de Vanne 



80 ANNUAIRE D£ LA BRETAGNE 



F. — COUR D'APPEL DE RENNES 

Premier Président: M. Maulion, O. ^. 

Présidents de Chambre : MM. Souiller. 

Adam, 
guillaumin. 





Conseillers 


• 


De Lesquen, 


doyen. 


MM. 


Pavec. 


Saulnier. 






Vinet. 


•Hamel. 






Dumas. 


Du Bois du Tilleul. 




Bourdonnay. 


Saiget. 






Buffé. 


Charpentier. 






Leturc. 


Oudin. 






Bouhier. 


Laisné. 






Sébault. 


Malécot, $. 






Frétaud. 


Le Gorrec. 









Procureur- Général : 

M. Giraud, *. 

Avocats-Généraux : 

MM. Arnault de Guéniveau, ^. 
Pringué. 
Denier. 

Substituts du Procureur- Général 

MM. Martin. 
Lefresne. 
Pactou. 

Greffier en Chef : 

M. Aubin. 

Conseillers Honoraires : 

MM. Le Coq, ^. MM. Perrussel, ^. 

D'Amphernet, ^. Le Meur, ^. 

Oudin. ^. Boitard. ^. 



TRIBUNAUX CIVILS DK PBEHliRE INSTANCE 



8* 



G. — TRIBUNAUX CIVILS DE PREMIÈRE INSTANCE 



Présidents : 



MM. 



Bennes, 

Saint-Malo. 

Fougères. 

Vitré. 

Redon. 

Mont fort . 

Saint'Brieuc. 

Lannion. 

Dinan. 

Guingamp. 

Loudéac. 

Quimper. 

Brest. 

Châteaulin. 

Morlaix. 

Quimperlé. 

Vannes. 

Ploêrmel. 

Pontivy. 

Lorient. 

Nantes. 

Aneenis. 

Chateaubriand. 

Paimbœuf. 

Saint'Nazaire. 



Henri Couannier. ^ 

Dancre. 

Guieysse. 

Cordier. 

Qrelier. 

Corbes. 

Gouin. 

Toussaint. ^ 

Gauduoheau. 

Joret. 

Hillion. 

Savidan, 

Spire. 

Fénigan.^ 

Pinchon. 

Lorans. 

Avril. 

Le Moyne. 

JoUon. 

Yvert. 

Van Yse^hem. ^ 

Théry. 

Thomazi. 

GazanchoQ de Chavaniies. 

Dobled. 



Proearcars de la Répablique : 

MM. 

Cail. 

Béraud-Dupalis. 

Lepelletier. 

Roumain de la Touche. 

Lavergne. 

Le Comte. 

PerrusseL 

Bigot. 

Bayoud. 

Kidard de la Noê 

Haudet. 

Drouot. 

Roux. 

Kerdrain. 

Samson. 

Gouidier des Hameaui. 

Legendre. 

Astié. 

Gastebled. 

Allaire. 

Corentin Guyho. ^ 

Baudouin. 

Mallet. 

Ducatez. 

Le Lepvrier. 



Il convient de leur adjoindre : 

!• Les Tribunaux de Commerce à Nantes, Rennes, Saint- 
Malo, Saint-Brieue, Morlaix, Brest, Quimper, Lorient 
et Vannes. 

2« Les Tribunaux Administratifs^ en Conseils de Prélec- 
ture,. à Nante&^Rennes, Quimper, St-BrJeuc et Vannes. 



8 



i3 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



H. — ÉTATS-MAJORS DES CORPS D'ARMÉE 

A. — X* Corps d'Armée. 

Comprenant les 3 départements de l'Ille-et-Villaine, 
des Côtes-du-Nord et de la Manche ; les 19<> et 20' 
Divisions d'Infanterie, une Brigade de Cavalerie et 
une Brigade d'Artillerie. ^ Quartier général à Rennes. 

MM. Le général de division de Jessé, G. ^, commandant 

le 10* corps d'armée à Rennes ; 
Le colonel de cavalerie^ Allotte de la Fuye, 0. % 

chef d'état-major; 
Le sous-intendant militaire Pavot, 0. ^, directeur 

de l'Intendance. 

Aa. — 19® Division dlnfanterie, 
comprenant les 37° et 38* Brigades. 

MM. Le général Grizot, G. ^, commandant la division à 

Rennes ; 
Le chef de bataillon breveté de Laitre, ^, chef 

d'élat-major à Rennes ; 
Le général de brigade Pabrk, C. ^, commandant la 

37« brigade à Saint-Brieue ; 
Malafossb, ^, colonel du 48* de ligne à Guingamp ; 
MuiRON, ^, colonel du 71* de ligne à Saint-Brieuc ; 
Le général de brigade Prax, 0. ^j commandant la 

38* brigade à Rennes ; 
Plbur, 0. ^, colonel du 41* de ligne à Rennes ; 
Pleury, 0. ^, colonel duTO* de ligne à Vitré. 

Ab. — 20« Division d'Infanterie, 
comprenant les 39" et 40* Brigades. 

MM. Le général de division Gallimard, 0. ^^ comman- 
dant la division à Saint-Servan ; 
Le chef de bataillon breveté Estrabon, 0. e^^, chef 
d*état*major à Saint-Servan ; 



ÉTATS-MAJORS DES GOHPS d'aRMÉB S3 

MM. Le général de brigade Gillet, 0. ^, commandant la 

39« brigade à Cherbourg ; 
Bardol, 0. ^, colonel du 25* de ligne à Cherbourg ; 
Lacoste, 0. ^, colonel du 136' de ligne à Saint-Lô ; 
Le général de brigade Cardot, 0. ^, commandant la 

40' brigade à Saint-Malo ; 
NiNCK, 0. ^, colonel du 2* de ligne à Grandville ; 
NouAiL DE la Villbgillk, 0. ^, coloucl du 47* de 

ligne à Saint-Malo. 

Ac. — lO Brigade de Cavalerie à Dinan. 

MM. Le général de brigade, d'Abgl \i^ Libran, 0. ^, com- 
mandant la brigade à Dinan. 
De Brbgey, ^, colonel du IB"" hussards à Dinan. 
De Clérig, ^, colonel du 24\dragons à Dinan. 

Ad, — 10*^ Brigade d'Artillerie à Rennes. 

MM. Le général de brigade Julliard, 0. ^, commandant 
la brigade à Rennes. 
Chanson, ^, colonel du 7« d'artillerie à Rennes. 
Thibon, ^, colonel du 10* d'artillerie à Rennes. 

Ae. — Services accessoires. 

MM. Le colonel Webbr, ^> directeur de Tarsenal et des 
ateliers d'artillerie à Rennes. 

Le lieutenant-colonel Demolon, ^, directeur de Técole 
d'artillerie à Rennes. 

Le colonel Jouaust, 3j{&, directeur du génie à Rennes. 

Rébgh, médecin principal de 1'* classe, 0« ^, direc- 
teur du service de santé à Rennes. 

Robert, colonel de gendarmerie, ^, chef de la X* 
légion à Rennes « 

Af, — Régiments territoriaux d'Infanterie. 

MM. CosTE, ^, lieut.-coL du 73' à Guingamp. 

Emery, ^, — — 74» à S*-Brieuc. 

Krieger, ^f — — 75* à Rennes* 



1 



84 ANNUAIRK BE LA BRBTAGNE 

MM. PoiRUBR, ^, lieut.-col. du 76* à Vitré. 

RiiGNOu DB Vains, ^, — — 77* à Cherbourg. 
Chassin de Kergomeau, ajjs, — — 78» à Saint-Malo. 
DuRAN, *, — — 79* à Grandville, 

Laboughèrb, ^, — — SO* à Saint-Lô. 

Prunaux, #, — — 10'd'art.à Rennes. 

B. — XP Corps d'Armée. 

Comprenant les 4 départements du Finistère, du Mor 
bihan, de la Loire-Inférieure et de la Vendée, lea 
2P et 22* Divisions d'Infanterie, une Brigade de 
Cavalerie et une Brigade d'Artillerie. Quartier général 
à Nantes. 

MM. Le général de division Brault, G. $, qui a succédé 
le 17 août 1896 au général Vosseuh. 
Le colonel d'infanterie Philpin db Piépape^ ^» chef 
d'état-major. 

Ba. — 21* Division d'Infanterie. 
Comprenant les 41* et 42* Brigades. 

MM. Le général de division Lanbs, 0. e^, commandant 
la division à Nantes. 

Le chef de bataillon Dbligny, #, chef d'état-major 
à Nantes. 

Le général de brigade de Perron, 0. *, comman- 
dant la 41* brigade à Nantes. 

Vilar, *, colonel du 65" de ligne à Nantes. 

RoiDOT, — 6i* de ligne à Ancenis (un ba- 

taillon détaché à Saint-Nazaire). 

Le général de brigade Boisselibr, commandant la 
42' brigade à la Roche-sur-Yon. 

N. — Colonel du 93* de ligne à la Roche-sur-Yon. 

Mauxi Colonel du 137'' de ligne à Fontenay-Ie-Comte. 



ÉTATS-MAJORS DES CORPS d'ARMÉB 85 

Bb. — 22* Division d'Infanterie. 
Comprenant les 43'' et 44'' Brigades. 

MM. Le général de division Le Touzé de Longuemar, 

0. ^, commandant la division à Vannes. 
Le chef de bataillon Caillot^ chef d'état-major à 

Vannes. 
Le général de brigade deBattisti, 0, *, commandant 

la 43* brigade à Vannes. 
PouRQUERY DE PÉGHALVEZ, ^, colonel du 62» de 

ligae à Lorient. 
MoREAu, ^ colonel du 116® de ligne à Vannes. 
Le général de brigade Leroy, C. ^^ commandant la 

44* brigade à Quimper. 
Malpel, *, colonel du 19« de ligne à Brest. 
Penot, "^y colonel du 118* de ligne à Quimper. 

Bc. — 11« Brigade de Cavalerie, à Nantes. 

MM. le général de brigade Tiret, C. *, commandant la 

brigade à Nantes. 
Delarue Garon de Beaumarchais, 0. ^t colonel du 

3« dragons, à Nantes. 
Reverard, colonel du 2* chasseurs, à Pontivy. 

Bd. — 11« Brigade d'Artillerie, à Vannes. 

MM. le général de brigade Iouart, 0. ^, commandant la 

brigade à Vannes. 
De Larech-Desfauries, *, colonel du 28' d'artillerie 

à Vannes. 
Clément, *, colonel du 35* d'artillerie à Vannes. 

Be. — Services accessoires. 

MM. le colonel Michrl-Beaulieu, O. ^, commandant 
régional du génie de la 11« région, à Nantes, 
le lieutenant-colonel Vieillard, ^, directeur du génie 
à Nantes. 



86 



ANNUAIRE OS LA BRETAGNE 



MM. le lieutenant-colonel Coudret, $, directeur de TEcole 

d'artillerie à Vannes. 
BoHY, 0. es, intendant directeur à Nantes. 
Lavbran , médecin principal de !'• classe, 0. *, 

membre de l'Académie de médecine^ directeur du 

service de santé à Nantes. 
Chamoin, colonel de gendarmerie, *, chef de la 11' 

légion à Nantes. 

Bf, — Régiments territoriaux d'Infanterie. 



BiGARD, 0. *, 

Mbignan,0. '^, 
Db Sajer, 0. ^, 
guivarch, 0. *, 

BOURDBAU, 0. ^y 

De Cotbncin, 0. efit, 

N., 

ROECKBL, 0. $, 

Bedbll, 0. ^, 



lieut.-col. du 81* à Nantes. 

— du82*àAncenis. 

-— du 83' à la Roche-sur-Yon. 

— du 84' à Fontenay-le-Comte. 

— du 85* à Vannes. 

— du86*àQuimper. 

— du 87» à Brest. 

— du88*àLorient. 

— du 11* d'artillerie à Vannes. 



I. — ÉTATS-MAJORS DES PRÉFECTURES MARITIMES 



A . — Arrondissement maritime de Brest. 

MM. le vice-amiral Barrera, C. *, commandant en chef, 

préfet maritime, 
le contre-amiral de Bausset-Roqubport, 0. eftt, chef 

d'état-major de l'arrondissement. 
Talpomba, capitaine de vaisseau , 0. eft^, sous-chef 

d'état-major, 
le contre-amiral Le Borgne de Kbrambosqubr^ 0. $ 

major général de la marine. 
Deschard, 0. e^, commissaire général de la marine. 
Merland, 0. ^, inspecteur en chef de la marine. 
HuiN, 0.^, directeur des constructions navales. 
D' Brassag, 0. eftj, directeur du service de santé. 



ÉTATS-MAJORS DBS PHÉFECTUBES MARITIMES 87 

MM. Le Do, 0. eftt, capitaine de vaisseau, commandant des 
équipages de la flotte. 

N.... 0. *. capitaine de vaisseau, directeur des dé- 
fenses sous-marines. 

Salaun de Kertanguy, 0.*, capitaine de vaisseau, 
directeur des mouvements du port. 

le colonel Rbvillion, 0. *, directeur d'artillerie. 

De Bernardièrb, 0. ^, capitaine de vaisseau^ com- 
mandant TEcole navale. 

B. — Arrondissement maritime de Lorient. 

MM. le vice-amiral Mbsnard, C. *, commandant en chef 
préfet maritime. 

Laguerre , capitaine de vaisseau, 0,^, chef d'élal- 
major de Tarrondissement. 

le contre-amiral Blanc, 0. ejf , major général de la 
marine. 

RoussiN, 0. ^ , commissaire général de la marine. 

Gambnbn, 0. eftt, inspecteur en chef de la marine. 

DE Maupeou d'Ablbiges, 0. ^. directeur des cons- 
tructions navales. 

le général Bourdiaux, 0. *, commandant les troupes 
de la marine. 

Candelot, 0. ^, colonel du !•' régiment d'artillerie 
de marine. 

D' Talairach, 0. ^, directeur du service de santé. 

Martin, 0. ^, capitaine de vaisseau , commandant 
des équipages de la flotte. 

DuPRÉ, 0. ^y capitaine de vaisseau, directeur des dé- 
fenses sous-marines. 

le colonel Larrode, 0. *, directeur d'artillerie. 

le colonel Pibl, ^^ président de la commission de 
Gavre. 



8S ANNUAIBB DE LA BRBTAGNB 



J. — ACADÉMIE DE RENNES 

Le ressort de l'Académie de Rennes comprend , outre 
les 5 départements de la Bretagne, ceux de Maine-et-Loire 
et de la Mayenne. 

Recteur de r Académie : M. Jarry, 0. ajj^, 0. l., à Rennes. 

Inspecteurs d'Académie : 

MM. PoiTRiNEAu, ^, 0. L à Rennes. 

NouET, 0, L à St-Brieuc. 

DosiMONT, 0. A. à Quimper. 

Larogque, 0. L à Nantes. 

AiGNAN, 0. A. à Vannes. 

Robert, Ô. L à Angers. 

Guerrier, 0. L à Laval. 

Faculté de droit de Rennes. — Doyen, M. Eon, ^, 0. 1. 
Faculté des sciences de Rennes. — Doyen, M. Lechar- 

TIER, ^, 0. L 

Faculté des lettres de Rennes. — Doyen, M. Loth, 0. 1. 

Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de 
Rennes. — Directeur, M. Delagour, ^, 0. I. 

Ecole de médecine et de pharmacie de plein exercice 
de Nantes. — Directeur, M. Malherbe, 0. 1. 

Ecole préparatoire â l'enseignement supérieur des 
lettres et des sciences, à Nantes. — Directeur, M. Ménier, 

0. I. 
Ecole nationale d'agriculture de Rennes. — Directeur, 

M. GrODEPROY, ^, 0. I. 

Lycées à Rennes, Nantes, Saint-Brieuc, Pontivy, Lorient, 
Quimper et Brest. 

Collèges communaux à Dinan, Lamballe, Paimbœuf, 
Saint-Nazaire , Vannes , Josselin , Morlaix , Saint-Malo, 
Saint-Pol et Lesneven (ces trois derniers tenus par des 
ecclésiastiques). 



SBRVIGBS DBS PONTS-RT-GHÀUSSEES 89 

Petits Séminaires à Saint-Méen, Guérande, Les Gouôts, 
Sle-Anne d'Auray, Ploërmel, Plouguernevel, et Pont-Croix. 

Collèges libres à Rennes (Institutions Saint-Vincent-de- 
Paul et Saint-Martin), à Redon (Institution Saint-Sauveur), 
à Vitré (Institution Saint-Augustin), à Nantes (Enfants 
Nantais et collège Saint-Stanislas), à Ancenis, à Vannes 
(Ecole libre Saint- François-Xavier), à Lorient (Institution 
Saint-Louis), à Dinan, à Tréguier et à Brest. 



K. — SERVICES DES PONTS-ET-CHAUSSÉES 

DES MTNES ET DE LA VOIRIE VICINALE 

1. — * Inspecteurs généraux divisionnaires des Ponts-et- 

Chaussées de Bretagne. 

M. KozioROWiGz, 0. #, inspecteur général du service 
ordinaire, 15, Boulevard Saint-Germain à Paris. 

M. BouRDELLES, 0. ^, inspcctcur général des Phares et 
Balises, 43, avenue du Trocadéro à Paris. 

2. — Inspecteur général des Mines de la division du Nord-, 
Ouest. 

M. Edmond Loribux, 0. ^, rue Galilée à Paris. 
Ingénieur en chef des mines, M. Perrin, 0. *, au 
Mans. — Ingénieur ordinaire, M. Rivet, à Nantes. 

3. — Service départemental et vicinal des Côtes-du-Nord. 

M. Thtébault, ^, ingénieur en chef et agent-voyer en 
chef à Saint-Brieuc. 

Ingénieurs ordinaires : MM. Guilmoto, à Saint-Brieuc; — 
Hamon, à Dinan ; — Adam, à Guingamp ; — Daubert, à 
Loudéac. 

Agents-voyers d'arrondissement, outre les précédents : 
MM. Martel, à Lannion, et Baudot, à Saint-Brieuc. 

4. — Service départemental et vicinal du Finistère. 

M. Considère, G. eftt, ingénieur en chef et agent-voyer 
en chef à Quimper. 



00 ANNUAIRB BS LA BaSTAGNB 

Ingénieurs ordinaires : MM. Pigbot, à Brest; — Duper- 
RiER, à Quimper ; — Georges Kerviler, à Morlaix ; — 
Barrât, à Ghateaulin. 

Agent-voyer en chef en second, M. Proux. — Agents- 
voyers d'arrondissement, MM. Barrois à Brest; Coatval, 
à Ghateaulin; Lbhir, à Quimperlé. 

5. — Service départemental et vicinal (Tllle-et- Vilaine. 

M. Léon Rousseau, eSJ, ingénieur en chef et agent- 
voyer en chef à Rennes. 

Ingénieurs ordinaires : MM. Michel, à Rennes ; — Guil- 
LET, à Saint-Malo ; — Auguste Rousseau, à Vitré ; — La- 
BussiÈRE, à Redon. 

Agents-voyers d'arrondissement : MM. Lory, à Rennes; 

— FouRÉ, à Saint-Malo ; — Guiboux, à Fougères; — Louis, 
à Vitré ; — Pille, à Redon ; — Lemat, à Montfort. 

6 — Service départemental et vicinal de la Loire-Infé- 
rieure, 

M. Leport, ejî&, ingénieur en chef à Nantes. 

Ingénieurs ordinaires : MM. Rabin, Gosmi et Martin, 
à Nantes. 

M. Menet, ayent-voyer en ehef à Nantes. 

M. Robert, agent-voyer inspecteur à Nantes. 

Agents-voyers d'arrondissement : MM. Luneau, à An- 
cenis ; — Ghenet, à Ghâteaubriant ; — Ollive, à Nantes ; 

— MoREAU, à Paimbœuf ; — Paumard, à Saint-Nazaire. 

7. — Service départemental et vicinal du Morbihan. 

M. WiLLOTTB, e}is, ingénieur en chef à Vannes. 

Ingénieurs ordinaires : MM. Le Bert, à Vannes ; — 
Mallat, à Lorient ; — Boyer, à Ploërmel ; — Le Ple" 
nier, à Pontivy. 

M. Martin, agent-voyer en chef à Vannes. 

Agents-voyers d'arrondissement : MM. Gombot, à Ploër- 
mel ; — HuiLLO,.à Pontivy ; - Bidu, à Lorient; — Hognon, 
à Vannes. 



SBRVICBS DES PONTS-ET-GHÂUSSÉES 91 

8 . — Service spécial des ports maritimes de la Loire-Infé^ 

rieure et du canal de Nantes à Brest (i" section). 

M. René Kerviler, ^, 0. A. ingénieur en chef, à Saint- 
Nazaire. 
Ingénieurs ordinaires : MM. Chéquillaume, à Nantes ; — 
ViALLEFOND, àSaiut-Nazaire ; — LABussiÈRE,àRedon . 

9. — Contrôle des chemins de fer ds l'Etat. 

MM. Orsel, 0. ^, inspecteur général des mines, directeur 
du contrôle, à Paris. 

Violette de Noirgarme, eJit, ingénieur en chef du 
contrôle des travaux, à Paris. 

Gheguillaumb, ingénieur ordinaire du contrôle de la 
voie, à Nantes. 

Olry, ^, ingénieur en chef du contrôle de l'exploita- 
tion, à Paris. 

Rivet, ingénieur des mines, ingénieur da contrôle 
de l'exploitation, à Nantes. 

10. — Contrôle des chemins de fer de VOrléans, 

MM. Lefebvrb, ^, inspecteur général des Ponts-et-Chaus- 
sées, directeur du contrôle, à Paris. 

Gheguillaumb, ingénieur ordinaire du contrôle de la 
voie, à Nantes. 

MoNBSTiER, ^, ingénieur en chef du contrôle de l'ex- 
ploitation, à Paris. 

Rivet, ingénieur des mines, ingénieur du contrôle 
de l'exploitation, à Nantes. 

11. — Contrôle des chemins de fer de V Ouest. 

MM. Dbmouy, #, inspecteur général des Ponts-et-Chaus- 
sées, directeur du contrôle, à Paris. 
Ghabbrt, $, et Klbine,^, ingénieurs en chef, à Paris. 
Nano et Bernheim, ingénieurs ordinaires au Mans. 

12. — Service des arsenaux maritimes . 

MM. Renaud, 0, ^, inspecteur général des travaux hy- 
drauliques de la marine, à Paris. 
dbMiniag, ^, ingénieur en chef, directeur des travaux 
hydrauliques, à Brest. 



92 ANNUAIRE DE LA BRBTAftNB 

Ingénieurs ordinaires : MM. Lidy et Thual. 
M. Herpin, $, ingénieur en chef, directeur des travaux 
hydrauliques à Lorient. 
Ingénieur ordinaire : N. . . 



L — SERVICES FINANCIERS 

ET MANUFACTURES DE L'ÉTAT 

1 . — Trésoriers payeurs généraux. 

MM. GuBROULT, ^, à Rennes;— Béghade, * à Nantes; — 
Léon Orbnibr. 0. *, à St-Brieuc; — Dksvallières, 
à Vannes ; — et Berger, * à Brest. 

2. — Directeurs de r enregistrement et des domaines. 

MM. Lambert, à Rennes ; — Merlao, à Nantes ; — Carlet, 
à St-Brieuc ; — Hussenbt, à Vannes ; — et Delage 
DE LuGET, àQuimper. 

3. — Directeurs des Contributions directes et du cadastre. 

MM. Lacoghe, à Rennes ; — Boutet à Nantes; — Pernot, à 
St-Brieuc ; — de Gaultier de la Hulinière à 
Vannes; — et Frère, à Quimper. 

4. — Directeurs des Contributions indirectes. 

MM. Malherbe, à Rennes ; — Belenpant, ^, à Nantes ; — 
Le Costoec, *, à St-Brieuc; — Seray à Vannes; 

— et Rocher, à Quimper. 

5. — Directeurs des Postes et Télégraphes. 

MM. Le Covec, à Rennes ; — Abadie-Gasquin, à Nantes ; — 
Villeneuve, à St-Brieuc ; — Peinte , à Vannes ; 

— et Spetz à Quimper. 

6. — Directeurs des douanes. 

Il y a 3 directions en Bretagne : celle de Brest^ com- 
prenant le Finistère et le Morbihan : celle de Saint-Malo, 



ARCHIVISTES DÉPARTEMENTAUX 93 

comprenant les Côtes-du-Nord, rille-et- Vilaine et laManche; 
celle de Nantes, pour la Loire-Inférieure et la Vendée. 
MM. Leroy, ^ à Brest.— Mochbt à Saint-Malo ; — Joyer, 
à Nantes. 

7. — Manufactures de l'Etat. 

MM. Tannery, ^, directeur de la manufacture des tabacs 
de Nantes. 
Cabmignac-Descombks ^, directeur de la manufacture 
des tabacs de Morlaix; 
MM. LouppE, directeur de la manufacture des poudres du 
Pont-de-Buis; 
Maissin, $ directeur de la manufacture des poudres 
du Moulin-Blanc. 

8. — Inspecteurs des forêts {relevant de la conservation 

d'Alençon). 
MM. DE Cintré, à Rennes; — et Morbau, à Lorient. 

M. — ARCHIVISTES DÉPARTEMENTAUX 

MM. Léon Maître, à Nantes; — Lkmoink, à Quimper ; — 
Parpouruj à Rennes ; — Tkmpibr, à Salnt-Brieuc ; — 
Etienne, à Vannes. 



Uarqu» d'Ë. Lifolje, imprimaur à Vannw. 



94 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Quelques dictons sur la Bretagne et les Bretons 

Breiz-Izel^ 6 kaéra brô ! 

Koad enn he chreiz, mor enn he zrô. 

O Bretagne, 6 très beau pays. — Bois au milieu, mer à l*entour. 



^>^^^^^^^^^^^^^^^ 



terre de granit recouverte de chênes. 



^0*0^^^^^m0*0^0^0^ 



Ni zô bêpred 

Bréloned 

Brétonedy iûdkaled. 

Nous sommes toujours — Bretons — Les Bretons, race forte. 

(Brizeux). 



0^0^0t0n0*0tm»^^0t0^0t0Ê 



Bretons en Bretagne 

Hors de Bretagne, Français ! 



*t*f»^^t^^0kt*^**fm 



Potius mori quamfcsdari. 

Plutôt mourir que fadir (reculer) . 



mm0*0*^0*0*0*0^0tm0^ 



Sod evel eur Gwennedad, 
Brusk evel eur Chernevad, 
Laer evel eul Léonard, 
Traîtour evel eun Tregeriad, 

Sot comme un Vannetais, — Brusque comme un Cornouaillai 
Voleur comme un Léonais, — Traître comme unTrégorrais. 



90t0tm0^0t0*0t0^0^0^0tm 



Les ouvriers de Saint-Brieuc, 

Les messieurs de Lamballe, 

Et les gars de Moncontour P. S. 




TROISIEME PARTIE 



LA BRETAGNE EN BRETAGNE 



I. — Mouvement littéraire et scientifique collectif. 
IL — Mouvement littéraire individuel. 

III. — Mouvement artistique. 

IV. — Statistiques diverses. 
V. — Biographies. 



la. bure de Mtte téta de page eit une riduclion de l'une la celia« du Yiet 
Saint-Brienc cteï Gayon Franoiaque. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

L — MOOYEMENT LITTÉRAIRE 

ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 



A. — SOCIÉTÉS SAVANTES ET LITTÉRAIRES 

CLASSÉES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE 

1. — Association bretonne. 

L'Association Bretonne^ a été fondée 
en 1844 par M. de Caumont, sur le 
modèle de l'Association normande. 
Divisée en deux sections, l'une d'a- 
gricvUure, l'autre à.' archéologie, elle 
se réunit en Congrès chaque année 
dans une ville de l'un des cinq dépar- 
tements à tour de rôle. C'est à son 
exemple qu'ont été fondés plus tard 
les Concours régionaux agricoles, organisés par l'admi- 
nistration, et c'est de son sein que sont sorties les Sociétés 
d'archéologie de nos cinq départements. Le Second Empire 
eut peur de son influence et sous prétexte de politique la 
supprima brutalement en 1859. Elle s'est reconstituée en 
1873, et voici les lieux des sessions de ses Congrès depuis 
cette époque. 

1873. — Quimper. 1878. — Aursy. 

1S74. — Vannes. 1879. — Landerneau. 

1875. — Guingamp. 1880. — Quintln. 

1876. — Vitré. 1381. — Redon. 

1877. — Savenay. 1882. — Cbftteaubriaat. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 97 

1883. — » 1890. — Dinan. 

1884. — LannioD. 1891. — Saint-Servan. 

1885. — Saint-Malo. 1892. — Vannes. 

1886. — Pontivy. 1893. — » 

1887. — Le CroUic. 1894. — Ancenis. 

1888. — Saint-Pol-de-Léon. 1895. — Qoimper. 

1889. — » 1896. — Saint-Brieuc. 

Comme on le voit, il n'y a eu de lacunes que 3 fois pour 
des raisons particulières, mais pour ces années 1883, 1889 
et 1893, on a publié, comme pour les autres, un volume de 
mémoires correspondant à chacune des classes d'archéo- 
logie et d'agriculture. 

Voici la liste des principaux mémoires des cinq dernières 
années : 

1891. Archéologie. Rapport entre la langue celtique et le breton, par 
Tabbé France. 

— Abbaye Saint-Yves de Braine^ souvenirs Soissonnais-bretons, par 

de Wolbock. 

— Les papegauts de Bretagne, par Trévédy. 

' — Notes sur la culture de la vigne en Bretagne avant le XVI® siècle, 
par A. de la Borderie. 

— Une obole inédite d*Erispoë, par G. de Keranflech. 

— La prise de Jersey, par H. de Pontbriant en 1406, par Jouon des 

Longrais. 

— Le marquisat de Ch&teauneuf, par Tabbé G. de Corson. 

— Les évoques de Dol, présidents des Etats de Bretagne, par Tabbé 

Robert. 

— La réforme de la milice garde-côtes en 1756, par Gh. Galan. 

— Rolland et les gesteurs gallo-bretons, par H. de la Villemarqué. 

— Les Anglais à Saint-Servan en 1758, par A. de la Borderie. 

— Agriculture. Les droits de douanes, par Gb. de Lorgeril. 

— Essai sur la question agricole de Bretagne, par Jardin Macé: 

— Gauserie sur les abeilles, par l'abbé Lemée. 

— La production chevaline en Bretagne, par de la Morvonnais. 

— De la conservation des beurres, par Paul de Lorgeril. 

— La vache de Jersey et son avenir en Bretagne, par Boby de la 

Ghapelle. 

— Les huîtres de Gancale, par Paul de Lorgeril. 

9 



98 ANNUAIRlB DK LA BRETAGNE 

1 892 • Archéologie. Age des monuments mégalithiques,par l'abbé LeMené. 

— Dolmen des pierres plates à Locmariaker, par 6. de ,Glosmadeuc. 

— Les haches en pierre polie, par F. de Limur. 

— Le dialecte de Vannes vis-à-vis des autres dialectes bretons, par 

J. Loth. 

— Défaite de Ghramm par Clotaire, par G. de Keranilec'b . 

— Le bienheureux Ruaud, par Tabbé Gui Houx. 

— Les chants populaires du Yannetais breton, par H. de la Ville* 

marqué. 

— Les seigneuries de Saint-Jouan de Lisle, par J. Janvier. 

->« L'incendie du Gouvent des Garmes d*Hennebont en 1743, par R. 
Kerviler. 

— Les vitraux de U chapelle de Burgoh, par R. de rEstourbeilion; 

— Agriculture. De la sélection des fruits de pressoir^ P^r le frère Abel. 

— L'anthonome du pommier, par le même. 

— Etude d'économie rurale appliquée à la Bretagne, par Urbain Guérin . 

— Le blé noir, par A. Mauricet, A. Garnier, Vallet, de Roscoat, et 

Robert de Lorgeril. 

1893. Achéologle.Les garde-côtes du littoral de Saint- Malo, par l'abbé Pû- 

ris-Jallobert. 

— Origine des évôchés de Dol et d*Aletb (Mém. extrait des Blancs- 

Manteaux,) 

— L'architecture militaire au moyen-âge et en Bretagne, par A. de 

la Rorderie. 

— Saint Servan et Saint Servais, par le môme. 

-*- Agriculture. L'économie rurale de la Bretagne et son agriculture 
dans le passé et dans le présent, par A. de la Morvonnais. 

1894. Archéologie. — L'abbaye de Melleray avant la Révolution, par 

G. de Gorson. 

— La nécropole de Saint-Similien, par Léon Maître. 
-^ La comtesse de Nantois, par Trévédy. 

— La légende des 7777 saints, par R. Kerviler. 

— Saint Yves écolier, par G. de Keranflec'h. 

— La guerre de Biois et de Montfort, par A. de la Borderie. 

— Le duc de Mercosur, par Jouon des Longrais. 

— Agriculture. Rapport sur l'enseignement agricole ^ par le frère 

Martial. 

— La géologie des environs d'Ancenis, par Bureau « 

— L'union des Syndicats agricoles bretons, par Tortelier« 

1895. Archéologie, -r Monuments préhistoriques dans le F'inistëre^ 

par P. du Ghatellier. ^ 



MOUVKiMENT LITTÉRAIRE ET SCÎENTJFIQUK GOLLÎCTIF 99 

1893. La Bretagne agricol(>, industrielle et commercia'e au commen- 
cement du XV m* siècle, par Ch. de Calan. 

— Le serment de Jean de Lesnerac, meurtrier de Gh. de Blois, par 

R. de rEstourbeiilon. 

— Deux recleurs bretons méconnus, par l*abbé Peyron. 

— Deux doyens du Folgoët, par l'abbé Robert. 

— Anciennes fortificatiouF de Quimper, parE. Ducrest de Villeneuve. 

— La commanderie de la Feuillée, par G. de Corson. 

— Traditions populaires de l'ile d'Ouessant, par A. Le Braz. 

— Les petites écoles dans le X^inistère avant 1789, par A. Favé. 

— Agriculture. Réunion des -Membres de la Société d'agriculture 

de France, avec les Membres de TAssociation bretonne pendant 
le congrès de Quimper. 

La Direction de l'Association est élue tous les trois ans. 
Le directeur qénér al actuel est M. le sénateur Audren do 
Kerdrel; secrélairè général, M. de Champagny. 

Directeur de la section d* archéologie, M. A. de la Borderie, 
de l'Institut, succédant à M. de la Villemarqué, aussi de 
rinstitut : secrétaire M. de Palys. 

Directeur de la section d'agriculture, M. de Lorgcril, an- 
cien député. 

Il y a des présidents spécialement élus pour chaque con- 
grès. 

2. — Société académique de Brest. 

Fondée au mois de mai 1858, par Levot, cette sociélé fut 
approuvée par arrêté ministériel en 1859^ a été reconnue 
d'utilité publique au mois d'avril 1880, et est aujourd'hui 
divisée en 3 sections : l*" géographie, 2** sciences, S*» litté- 
rature et beaux-arts ; elle a publié deux séries de volumes à 
peu près annuels ; la première de 1861 à 1873 en 8 volumes, 
où Ton trouve d intéressants mémoires de Levot, Dupuy, 
Le Guillou de Penanros, elc ; la seconde depuis 1873, sous 
le titre : 

Bulletin de la Société académique de lîrest, — Brest, 
Lefournier, puis Gadreau, puis Halegouet, puis VOcéan^ 
puis A. Dumont, en vol. in 8*. 



91121 



100 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Voici les principaux mémoires publiés depuis cinq ans. 

iS91. Le chevalier de Borda, par A. Keraéis. 

— Le cyclone de TEnéide^ par P. Brémaud. 

— Notice sur saint Yves, par A. Bourgeois. 

— Télémètre de répression à spirale, par P. Audouard. 

— M««Aug. Penquer, par 0. Pradère. 

— Une promenade dans le Finistère, par Brousmiche. 

— Notice sur Yves-Etienne Collet, par Guichon de Grandpont. 

1892. Les frégates la Surveillante et la Nymphe^ par A. Kernels. 

— Commentaire de la légende de S. Tanguy, par Le Jan nie de Kervizal. 

— Le brig aviso VAgile^ par Henri Jouan . 

— Ethno-conchologie, par Ed. Jardin. 

— Les deux sirènes, par A. Goutance. 

1893. Notice sur la Forest-Landerneau, par Guichon de Grandpont. 

— Buez sant Ténénan, par le môme. 

— Animaux récemment disparus, par Ed. Jardin. 

— La frégate la Thétis, par E. Le Moyne, 

— Introduction à THistoire de TArt, par A. de Lormc. 

— Simple hypothèse, récit extra-terrestre, par H. L. Willotte. 

— Bréhat, par M™« Perdriel Vaissière, 

1894. Formation du tuf calcaire, par E. Jardin. 

— L'Ile d'Ouessant, par A. Keméis. 

— Les du Chastel, par Le Jannic de Kervizal. 

1895. La querelle de Tartillerie, par G. de Grandpont. 

— La mort du roi Morvan, par Oh. Guennou. 

1896. L'art breton, par A. de Lorme. 

— Les du Chastel, par Le Jannic de Kervizal. 

— Les Coôtnempren, par A. Keméis. 

— Chansons bretonnes, par A. Bourgeois. 

3. — Société académique de Nantes et de 

la Loire-Inférieure. 

Celte Société est la plus ancienne de Bretagne, ayant 
été fondée le 1" fructidor an VI, (18 août 1798) sous le titre 
d'Institut départemental des sciences et des arts de la Loire- 
Inférieure. Elle est divisée en 4 sections : 1° des sciences 
économiques ; 2** de médecine et de pharmacie ; 3* des 
lettres, sciences et arts ; 4* des sciences naturelles. Elle 
ouvre des concours annuels et distribue des prix à la séance 
publique au mois de novembre. 



i 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 101 

En 1802 elle prit le titre de Société académique et elle a 
été reconnue d'utiJité publique le 27 décembre 1877. Depuis 
1832, elle, publie régulièrement un volume d'annales par 
an. Ce volume parut d'abord en 6 fascicules, un tous les 
deux mois, puis en 2 fascicules semestriels sous ce titre : 

Afinales de la Société académique de Nantes et de ta 
Loire-Inférieure, — Nantes, Mellinet, in 8». 

Voici la liste des principaux mémoires publiés pendant 
les cinq dernières années. 

1891. Nantes à Tépoque gallo-romaine, par A. Legendre. 
-— Les vins de vignes américaines, par Emile Viard . 

— Sur rhistoire ancienne au sujet de la contrée Guérandaise, par 

E. Orieux. 

— Notices nécrologiques sur MM. Biou et de Chastellux, par le 

docteur Guillemet. 

— Les vins de la Loire-Inférieure, par A. Andouard. 

— Dernières océanes, par Emile Oger. 

— Le mouvement intellectuel à Nantes en 1891, par J. Merland. 

• Rapports et comptes-rendus par MM. Perochaud, Oger, Le- 
gendre, Guillemet, Merland et Samson. 

1 892 . Le théâtre de Labiche, par J. Merland. 

— Les tombes de Colomb^ par A. Lienas. 

— Un sermon du XVII» siècle, par le docteur Ecot. 

— Poésies diverses, par Aymerillot, E, Orieux, B. Oger. 

— Rapports et comptes- rendus, par MM. Guillemet, Larrocque, 

Morel, Lebeau, ToUault, Caillé, Londois, Gaingeard, Merland et 
l^amson. 

1893. De Tutilité de la Société académique, par E. Viaud. 

— Eloge funèbre de Me' Lecoq, évêque de Nantes, par le docteur 

Gourraud. 

— Souvenirs judiciaires, par J. Merland. 

— Poésies diverses, par M"»« Riom, MM. J. Marbœuf, Courtil. 

— Discours, rapports et comptes-rendus, par MM. Livet, Gourraud, 

Orieux, Blanlœil, Andouard et Valentin Desormeaux. 

1894. Mémoire sur rétablissement à Nantes d'une école vétérinaire 

par E. Gabier. 

— La graphologie, par Malcailloz. 

— Les collèges funéraires à Rome au IIP siècle, par H. Glotin, 

— Une excursion à Hoedic, par Tyrion. 



102 ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 

189i. Le ferment de ramertume du cidre, par A. Andouard. 

— Poésies diverses, par M»« Riom, MM. Marbœuf, Blondel, Tyrion, 

Caillé, etc. 

— Notices nécrologiques sur MM. G. Caillé, Poirier, Léchai, par 

J . Gabier, et sur le D'^ Bouxeau. 

— Discours, rapports et comptes-rendus par le D** Gourraud, J. 

Gabier, J. Merland, Tyrion, Courvil, Couétoux, Landois et 
Glotin. 
1805. La sorcellerie et les sorcières, parle D' Guillon. 

— L'expiation, par le D' Viaud Grand-Marais. 

— Carrier à Nantes, par D. Caillé. 

— Le XIX* siècle dans Tbistoire, par E. Viaud. 

— Poésies diverses, par J. Marbeuf, Blondel, Tyrion. 

— Discours, rapports et comptes-rendus, par MM. Gabier, Ollivier, 

Mailcailloz, Begnaud, Caillé, Andouard, Couétoux, Glotin et 
D' Guillon. 

Le bureau est renouvelé tous les ans, et le secrétaire 
général de chaque année devient le président de Tannée 
suivante. Pour 1896,1e présidentest M. Gadeceau et le secré- 
taire général M. le docteur Guillon. 

4. — Société anatomo-pathologique de 

la Loire-Inférieure. 

Cette société, qui dépend de TEcole de médecine de Nan- 
tes, est composée des professeurs de l'école, de quelques 
médecins du dehors et des internes des hôpitaux. Elle a été 
fondée vers 1880 par le docteur Laënnec, directeur de 
Técole, où elle a son siège. 

Elle publie ses travaux dans la Gazette médicale de la 
Loire-lnf érietire (woy, ci-dessous) en compagnie de ceux de 
la section de médecine de la Société académique, Bi Aq ceux 
de V Association de médecine et de chirurgie des hôpitaux qui 
a son siège à THôtel-Dieu de Nantes. 




MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF lOS 



5. — Société archéologique de Nantes et de 

la Loire-Inférieure. 




Fondée à Nantes, le 9 août 1845 
pendant le congrès de V Association 
bretonne dans cette ville, et comma 
une section départementale de la 
classe d*archéologie de l'Associa- 
tion, cette société modifia ses sta- 
tuts en 1855 de façon à lui procurer, 
avec une indépendance propre, la 
protection de l'autorité supérieure, et fut gratifiée en 1856 
de l'ancienne église de l'Oratoire pour y établir le Musée 
départemental d'archéologie, aujourd'hui florissant, qui 
vient d'être transporté au Palais Dobrée;mais elle n'a 
commencé à publier ses mémoires et ses procès- verbaux 
qu'à partir de 1859, d'abord en fascicules trimestriels, 
puis en fascicules semestriels, sous le titre : 

Bulletin de la Société archéologique de Nantes et de la 
Loire-Inférieure. — Nantes, A. Guéraud, puis V. Porest, 
puis E. Grimaud, puis Vannes, Lafolye, in-8". 



Voici les principaux mémoires publiés pendant les cinq 
dernières années : 

1891, t. XXX. Les Courses de Chars aux Jeux Publics de la Grèce, par 

L. Bernard. 

— Le menhir de la Brière au clos d'Oranges^ par £. Orieux. 

— Un Cimetière de Tépogae mérovingienne à Machecoul, 

par B. Blanchard. 

— Le Navire sculpté de la rue Saint-Clément, par P. de Liste. 

— Diadème en or de Saint-Potan, par P. du Chàtellier. 

1892, t. XXXL Les chars aux diverses époques, par G. de Wismes. 

— Essai sur les origines de Nantes, par E. Orieux. 

— Recherches archéologiques sur les origines de Nantes, 

par P. de Lisle du Dreneuc. 

— Tombelle de Tépoque gallo-romaine par P. du Chà- 

tellier. 



104 ANNUAIRE DE LA ORETAONB 

— Histoire des poota da Nantes, par G. de Wisines. 

1893, t. XXXII. Ancienasires de Reiay, parS. de la NicoUièra. 

— La lâgendfl du dragon de Sainl-Méen.par l'abbé AUard, et 

G. de Wismes. 

— Noie Bur l'histoire de ThouarA, par Senot de la Lande. 

— Guérande et les Guérandais pendant la Révolution, par 

B. de Boceret. 

1894, I. XXXIII, Les bains gallo-romains des Cléons, par F. Cbailtou. 

— Actes extroitsdea titres de Rohan, par B. delà Nicollière. 

— ArchÎTeg du château de la MaillardiÈre en Verton, par 

B. de l'Est ourbei lion. 

1895, t. XXXIV. Noces d'or de la Société arcbéologiqne. 

— Les grandes seigneuries de Haute •Bretagne, par l'abbé 

GuiUotin de Corson . 

— L'oratoire de saint Clair et la vieille église de Saint- 

Similien, par H. Le Meignen. 

— Les armées républicaines au pays de Retz, en 1793, par 

R. de l'Estourbaillon. 

— Les ruin^B du château de Ch&teaubriao(,par L, Maître. 

Le bureau de la Société est renouvelé tous les trois ans. 
Le président actuel est M. Henri Le Melf^nen; les deux 
vice-présîdenls sont MM. René Blanchard et Léon Mattre ; 
et les deux secrétaires généraux MM. Ch, de Wismes et E. 
de Kervenoael. 

6. — Société archéologique du département 
d'ille-et- Vilaine. 

lilmanation de la première 
Association bretonne, comme 
ses voisines, cette Société n'a 
publié de mémoires qu'après 
la dissolution violente de l'As- 
sociation en 1859, et lorsque 
le conseil général d'IIle-et- 
Vilaine lui eut voté, sur la 
proposition du préfet , une 
allocation de 500 fr. Depuis 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 105 

cette époque elle a publié, à peu près, un mémoire annuel, 
soit 25 volumes dans l'espace de 35 années, sous le titre : 

Mémoires (puis Bulletin et Mémoires) de la Société dC ar- 
chéologie du département dllle-et-V Haine. — /îenw^5,Catel 
puis Marie Simon, in-8°. 

Voici les principaux mémoires publiés pendant les cinq 
dernières années. 

1891, t. XXI. La chapelle du Bîaio et sa croix processionnelle, par X. 

de Belle vue. 

— Maisons nobles et vitraux de la paroisse de Saint- 

Gondran, par Anne Ouportal. 

— Le manoir de la Metterie du Han, en Roz Landrieux, par 

Tabbé Guillotin de Gorson. 

— Chartes concernant deux chevaliers de Malte, par Ë. 

Ghenon . 

— Notes mss. d'un teinturier rennais, par Tabbé Guillot. 

— Actes inédits des Ducs de Bretagne, aux XIII® et XIV* 

siècles^ par A. de la Borderie, de Tlnstitut. 

1892, t. XXII. La grande verrière de Dol, par Tabbé Robert. 

— Maisons nobles de la paroisse de Saint-Symphorien, par 

Anne Duportal. 

— Le président de Bourgneuf, par F. Saulnier. 

— Actes inédits des ducs de Bretagne, par A. de la Borderie. 
1893^ t. XXIII. Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne et d'Ille-et- 

Vilaine, par Guillotin de Gorson. 
La paroisse de Saint-Hélier de Rennes, par E. J. Pacheu. 

— La Ghalotais agriculteur, par L. de Viliiers. 

— Le souterrain de Tabbaye de Redon, par Tabbé Guillot. 

— Deux anciens noêls morbihannais, par le comte de Palys. 

— Les émigrants allemands cantonnés en Bretagne, par L . 

Vignols. 

— Les délégués de Tarchevôque de Tours en Bretagne, par 

P. Parfouru. 
1894, t. XXIV. Denys Gohon, évoque de Dol, par Tabbé Robert. 

— La Ghalotais jugé par ses compatriotes au XVIII* siècle, 

par L. de Viliiers. 

— Les comptes d'un évoque de Rennes au XVIII» siècle, 

par P. Parfouru. 

— La seigneurie de Montauban et ses premiers seigneurs, 

par A. de la Borderie et de Viliiers. 



106 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



7. — Société archéologique du Finistère 

Fondée en 1862, cette Société n'a pas publié de mémoires 
pendant ses dix premières années; et les séances avaient 
môme subi une assez longue interruption, lorsqu'elle se 
reconstitua en 1873, sous la présidence de M. de Blois. 

Elle publie depuis cette époque des fascicules qui ont 
été d'abord mensuels, puis trimestriels et sont redevenus 
mensuels, avec deux paginations, Tune en chiffres romains 
pour les procès-verbaux, l'autre en chiffres arabes, pour 
les mémoires, sous le titre : 

Bulletin de la Société archéologique du Finistère. — 
Quimper, Cotonnec, in-8*. 

Voici les principaux mémoires publiés depuis cinq ans : 

1891 . Monographie de la commune de Guengat, par Diverrès. 

— Notes diverses d'architecture ancienne, par Tabbô Abgrall. 

— Pêcheries et sècheries de Léon et de Gornouaille, par Trévédy. 

— Monographie de la paroisse d'Ergué Gaberic, par Tabbé Favé. 

— La seigneurie de Kerherlan, par Tabbé Euzenot. 

1892. Incendie de révôché de Qaimper en 1595, par Tabbé Peyron. 

— Les Joculatores bretons, par de la Yillemarqué. 

— Le chanoine Moreau, par Tabbé Favé. 

— Fenêtres des églises du Finistère, par Bigot, père. 

— Les çromlec'hs du Menez c*hom, par Halna du Fretay. 

— La vie et le culte de StEdern, par dom Plaine, 

— Anciens documents historiques, par Luzel. 

1893. Traditions populaires sur les épidémies dans le Gap-Sizun, par 

Le Garguet. 

— L'église de 8t-Mathieu de Quimper, par Tabbé Peyron. 

— Jean Causeur, par Trévédy. 

— Les sanctuaires gaulois et les temps préhistoriques, par Halna 

du Fretay. 

— A propos des sculptures des monuments mégalithiques, par le 

— docteur Gorre. 

— Notes sur la paroisse de Tourc'h, par de Villiers du Terrage. 

1894. Le couvent de St-François de Quimper, par Trévédy. 

— Monographie de la paroisse de Plounevez-Porzay, par l'abbé 

Pouchoua. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 107 

1894 . Le rétable de Kerdevot et Téglise de Pontcroix, par Tabbé Âbgrall. 

— Les cimetières préhistoriques, par Halna du Fretay. 

— Les anciennes corporations brestoises^ par le docteur Gorre. 

— La peste de 1639 à Quimper, par le chanoine Peyron. 

1895. Quatre vieilles cloches et deux pierres sonnantes, par Tabbé 

Abgrall. 

— Notes sor Taspect extérieur d'une ferme cornouaillaise avant 1789, 

par l'abbé Favé. 

— Les heures bretonnes au XVI* siècle, par Léopold Delisle. 

— Notes sur St-Eloy en Bretagne, par l'abbé Favé. 

— L*instruction publique et les écoles à Brest avant 1789. 

— L'armée royale en Bretagne en 1595 et 1620, par Trévédy. 

— Notre-Dame du Mur et la confrairie de la Trinité à Morlaix, par 

l'abbé Abgrall. 

— Début de Tàge néolithique, par Halna du Fretay. 

— Un corsaire brestois sous Louis XV, par le docteur Gorre. 

— Deux sénéchaux de Gornouaille, 1589-1591, par Trévédy. 

Le président de la Société est nommé à vie. Après M. de 
Blois, ce fut l'académicien L. de Carné, puis M. de la Ville- 
marqué, membre de l'Institut. Aujourd'hui le président 
est M. Lemoiné, archiviste du Finistère. 

8. — Société archéologique des Côtes-du-Nord 

Fondée le 25 juin 1841, sous la présidence de M. SauUay 
de TAistre, cette Société a publié quatres fascicules, d*i4n- 
nales de 1842 à 1846 : puis il y a eu interruption des publi- 
cations jusqu'en 1852 et depuis cette époque on a deux 
séries de volumes à publication très intermittente sous le 
titre de.: 

Mémoires de la Société archéologique et historique des 
CâteS'dU'Nord. — Saint-Brleuc, Prudhomme, in 8*. 

La première série, de 1852 à 1882 comprend seulement 
6 volumes, dont le second est consacré tout entier au Die- 
tionnaire héraldique de Bretagne par Pol de Gourcy, et le 
quatrième au centenaire de la bataille de Saint-Gast. 

La seconde série, en cours, ne comprend que 4 volumes, 
dont le premier est tout entier rempli par le Répertoire 
archéologique des Côtes-dii-Nord de M. Gaultier de Mottay. 



108 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Depuis 5 ans, la Société subit un nouvel asi;oupiss6ment 
et je ne rencontre d'elle actuellement que la 2* livraison 
du tome iv, qui a paru en 1891 et qui contient : 

r Une étude sur saint Magloire, par A. de la Borderie. 

2o Un mémoire sur le culte de saint Yves à Tréguier pendant les 
XVII» et XVIII» siècles, par l'abbé Lecoqu, directeur au Grand-Sémi- 
naire de Saint-Brieuc. 

9. — Société bretonne de géographie. 

Cette Société, dont le siège est à Lorient, a été fondée 
en mai 1882 par des officiers de marine et a eu pour pre- 
mier président M. le commandant Gauthier de la Richerie, 
puis rinspecteur Le Prédour de Kerambriec. 

Elle s'occupe surtout d*études coloniales, mais on trouve 
dans son recueil des études intéressant la Bretagne. 
Dès les premières années M. René Kerviler y a donné une 
Climatologie du port de Saint-Nazaire ; M. Jégou, une 
étude sur Y Ancien Couvent de Sainte-Catherine dans ia 
rade de Lorient^ et M. Mauricet un Exposé historique sur 
les épidémies de choléra asiatique dans le Morbihan. 

La Société publiait d'abord un bulletin trimestriel qui 
parut pendant plusieurs années, tous les deux mois, et qui 
est redevenu trimestriel, sous le titre : 

Bulletin de la Société bretonne de géographie (avec la 
devise : Evit an diskadurez ac ar vro) — Lorient, L. Cha- 
maillard, puis veuve L. Chamaillard, puis A. de la Mo- 
rinière, in-8'. 

Voici la liste des principaux mémoires publiés depuis 
cinq ans : 

1891. Le problème de la navigation du Niger, par E. Garon, lieutenant 

de vaisseau. 

— Une lettre de Kotonou, par le commandant Marquer^ 

— Notes sur la pêche cotière et le filage de l'huile, par V. Guillard. 

— La côte du Sahara, par M. Lallemand, lieutenant de vaisseau. 

1892. La France au Soudan, par le lieulenant-colonel Humbert. 

•^ Rapport du capitaine Quinquendon au commandant supérieur 
du Soudan. 



MOUVEMENT LITTERAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 109 

1892. Rapport sur les découvertes géographiques faites par des Français 

au XtX* siècle, par E. Garon. 

— L'Ile de Groix, par Augustin Bernard . 

1893. L'Emigration bretonne au Canada (Ëzt. de la Colonisation). 

— Guerres de pénétration dans le Soudan, par le capitaine Eybert. 

— Note sur Tîle de TAscencion, par £. Marquer. 

— La situation dans le Haut-Congo et le Haut-Nil par Ed. Olivier. 

1894. Les Indes noires^ par M. Olivier, lieutenant de vaisseau. 

— Dans le Pacifique, par A. Layec. 

— Etude démographique sur le département du Morbihan, par A. 

Layec. 

— La France en Indo-Chine, par Olivier. 

— L*île de Groix autrefois, par le docteur Vincent. 

— Belle-Isle en Mer, par Courcelle-Seneuil. 

1895. Au pays des menhirs et des dolmens par Mac Grégor. 

— La situation de la poche cotière en France, par A. Layec. 

Ces travaux ont mérité à la Société bretonne de géo- 
graphie rhonneur de recevoir en 1896 le congrès annuel 
des Sociétés françaises de géographie (voir ci-dessous) 
— Son président actuel est M. le commandant Marquer ; 
son vice-président M. Edgar Dufilhol, son secrétaire géné- 
ral, M. Layec. 

10. — Société d'Emulation des Côtes-du-Nord. 

Fondée en 1861, sous la présidence de M. Geslin de 
Bourgogne, conseiller de préfecture des Côtes-du-Nord, à 
la suite de la dissolution de V Association bretonne, cette 
Société, d'abord divisée en trois sections, des'sciences,des 
lettres et d'acclimatation, n*a publié pendant les premières 
années de son existence , que les comptes-rendus ou 
procès-verbaux de ses séances. En 1865 elle a donné un 
volume de mémoires, et à partir de cette époque à peu 
près un, régulièrement tous les ans. C3lui de 1868 est en- 
tièrement consacré au Congrès celtique international, 
tenu en 1867 à Saint-Brieuc, et les vol. IX et X en 1873, 
le sont au Congrès scientifique de France tenu dans la 
môme ville en 1872 sous les auspices de Tancien Institut 
des Provinces. La Société a obtenu le prix des Sociétés 



HO ANNUAIBE DE LA BRETAGNE 

Savantes à la Sorbonne en 1876. Son recueil de mémoires 
parait une fois par an, et les fascicules de ses procès- 
verbaux une fois par mois sous le titre de : 

Comptes-rendus et Mémoires de la Société d'Emulation 
desCâteS'du-Nord. — 5aiw/-fin>wc,Prancisque Guyon,in-8v 

Voici les principaux mémoires qu'elle a publiés depuis 
cinq ans : 

1891, t. XXIX. A travers le vieux Saint-Brieuc, par A. du Bois de la 

Viilerabel. 

— Etude sur le peintre Grimaux^de Lamballe, par L. Ollivier. 

— * Inscriptions gallo-romaines, par Fornier. 

— Fouilles en Goulien et Cléden, par P. du ChatelUer. 

— Saint Goulven et saint Hervé, par A. d-i la Borderie. 

— Julienne Cuquemelle, par Trévôdy. 

1892, t. XXX. Les jetons de Bretagne, par Fornier. 

— Lts mobiles bretons à Buzenval, par H. Fontaino. 

— Cachette de Tâge du bronze à Saint-Brieuc-des-Iffi, par 

J. Lemoine. 

— Hélène de Beaumanoir, par Alain Raison du Gleuziou 

— Correspondance des députés des C.-du-N. à la Conven- 

tion, par Teuipier. 

— Saint Mirelet sa pierre à bassin, par Anne-Duportal. 

— Conférences médicales, par les docteurs Guibert et Rouxel. 

1893, t. XXXI. Poètes bretons contemporains, par H. MufTang. 

— La tour de Cesson, par Trévédy. 

— Poésies diverses, par Joubert. 

— Un gouverneur de Hédé en 1767, par Anne-Ouportal. 

— Les registres du greffe du siège royal de Dinan, par Paul 

Aubry. 

t89â,t. XXXII. Conseils d'un père en 1805, par Fraboulet. 

— François de Valois, drame en trois actes, par II. de 

Tournemine. 

— Histoire municipale de Tréguier, par A. de la Borderie. 

— Les Haras en Bretagne au XVIIl* siècle, par Gh. de Calan. 

— Une affaire d*honneur au XYIl* siècle, par le doct. Aubry. 
1895, t. XXXIII. Lettres inédites de Brizeux, par Fraboulet. 

— La Cbalotais et le Parlement de Bretagne, par B. Pocquet. 

— Une question de zootechnie agricole, par Boby de la 

Chapelle. 



MOUV£MKNT LITTERAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF lii 

1895, t. XXXIII. Le roman des origines bretonnes, par Gh. de Galan. 

— La lèpre et les lépreux en Bretagne, par le D'^ Aubry . 

— Note sur un cercueil en plomb découvert à Hillion, par 

de la Goublaye de Ménorval. 

— Archives du château de Bonabin, par A. du Gleuziou. 

Le président est en fait élu à vie. Après le commandant 
Geslin de Bourgogne, flls du fondateur, le président actuel 
est, depuis 1893, M. le vicomte de Lorgeril, ancien député, 
et le secrétaire-général M. Praboulet. 

11. — Société d'études scientifiques du Finistère. 

Cette Société fondée en 1878 à Morlaix, sur l'initiative de 
M. Miciol, ingénieur de la manufacture de tabacs, a pu- 
blié, de 1878 à 1885, un intéressant bulletin : mais depuis 
la mort de son fondateur, elle sommeille. Elle n*est cepen- 
dant pas tout à fait morte, et bien qu'elle ait cessé la 
publication de son bulletin, elle se réunit encore quelque- 
fois. Son président est actuellement M. Edmond Puyo. 

12. — Société de géographie commerciale 

de Nantes. 

Fondée en 1883 sous la présidence de M. Linyer, cette 
Société donne des conférences et publie trimestriellement 
un bulletin qui forme chaque année un volume sous le 
simple titre : 

Société de Géographie Commerciale de Nantes, Année 
18 . — Nantes, L. Mellinet, in 8*. 

Voici les principaux travaux publiés depuis les cinq der- 
nières années. 

1891. Les îles fortunées de la Polynésie, deux conférences par Jules 
Oesfontaines. 

— Sur les bords du Zambèze, dans le pays des Barotsis, par H. Fargues. 

— Séance annuelle de la Société, avec résumé d'une conférence du 

P. Le Menant des Ghesnais, procureur général des Missions 
coptes d'Egypte, par V. Doby. 



112 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

1892. Les maraia à poissons de la Vendée, parL. Linyer. 

— Le génie das Kmera, courérence par l'abbé CbevilUrd. 

— Le cbemin de Ter de la Uellacorée au Niger, par lo c:apitaine 

Brosselard- Faidherbe. 

— Compte-rendu des conférences Dybowski (migaion Crampel) et 

Capus (Asie centrale). 
1S33. A travers l'Amérique, par Jales OearoDUines. 

— Le Laos, par V. Doby. 

— Le Conseil maritime de la Basse-Loire, par V. Doby. 

— Compte-ren'iu des conrérences des PP. Oorgères et Lecron (Da- 

homey), de M. Claine (les Antilles) et de Félix Libandière 
(canal latéral de la Loire entre Nantes et Orléans). 

i3. — Société de géographie de Saint-Nazaire 

Fondée en 1886, sous la prési- 
dence de M. Cognel, principal du 
collège de Saint-Nazaire, dans le 
but de vulgariser les connaissan- 
ces géographiques, de favoriser 
les études d'explorations, et de créer un musée commer- 
cial, cette Société donne tous les ans plusieurs conférences 
et publie annuellement un recueil de ses travaux sous le 
titre de : 

Bulletin de la Société de Géographie et du Musée com- 
mercial de Saint-Nazaire. — Saint-Nazaire, Pronteau,in-8°, 

Voici l'indication de ses principaux travaux, depuis les 
cinq dernières années. 

1891 . Conférences. — Herculanum et Pompéï, par Durieu ; — le gou- 
vernement de Kasan, par Léon Slchler ; — l'Empire russe, par de 
BernofT. 

— Bulletin. — Un pèlerin pauvieà Jérusalem, par Jules Desfontaines. 

— Rapport sur le il' Congrès national de géographie, par E. Gallei. 

— Gypse de formation actuelle de la Loire-lnlôrieure, par Ch. Baret. 
iSai. Conférenceî. — Le Soudan, parle capitaine Brosselard Faidherbe ; 

— l'Egypte, par Jules Deafontaines. 

— BallHin. — Lettres du Congo français, par G. de Brégeol, de 

Guérande. 

— Notes sur le port et la ville de Saint-Nazaire, par E. Gallet. 

— De Marseille en Annam, notes et impressions, par P. Barbara; 



MOUVEMENT LITTÉRAJBE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 113 

1893. Conférences, — Indo-Chine, par leD'Yersen; — la recherche 

des restes de la mission Grampel, par Dybowski ; — T Amé- 
rique du Nord, par Jules Desfontaines. 

— Bulletin» — Trente jours à travers la Savoie, la Suisse et l'Italie 

(souvenirs de voyages, prose et vers), par René Kerviler. 

1894. Conférences, — La vallée du Tchad, par de Béhagle ; — les colo- 

nies espagnoles des Antilles, par Jules Glaine ; — TAndalousie 
et le centenaire de Christophe Colomb, par Gaston Routier. 

— Bulletin, — Suite des souvenirs de voyages de René Kerviler. 

1895. Conférences, — Les îles Sandwich, par M. de Varigny ; — De 

rinde à Madagascar, par Henri Mager, délégué de Diego Suarez ; 
— la république Havaïenne, par Julas Desfontaines ; — Mada- 
gascar^ par M. de Mahy. 

— Bulletin. — Fin des souvenirs de voyages de René Kerviler. 

Le bureau est élu pour trois ans. Le président actuel 
est M. Paul Barbara, inspecteur des douanes ;le secrétaire 
général, M. E. Gallet. 

14. — Société des Bibliophiles bretons et de 

l'histoire de Bretagne 



Cette Société a été fondée à 
Nantes, le 24 mai 1877, sur l'ini- 
tiative et sous la présidence de 
M. de la Borderie, aujourd'hui 
membre de l'Institut. Elle a pu- 
blié un grand nombre de réédi- 
tions et d'œuvres originales ou 
inédites. Nous citerons en parti- 
culier les Chroniques d'Alain 
Bouchard, les Œuvres diverses 
de Desforges-Maillard, le Mystère de Sainte-Barbe , le 
Guyonvarc'ti de Dufllhol, et tout récemment les Lettres et 
Mandements du duc Jean F, que l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres a honorées d'un de ses prix. Tous ces 
ouvrages sont publiés dans le format in-4' pour les sous- 
cripteurs avec leur nom imprimé spécialement, et dans le 
formai in-8° pour le public. 

10 




114 ANNUAIRE DK LA BRETAGNE 

La Société a publié en outre de 1877 à 1888, un bulletin 
annuel, mais depuis cette époque son organe spécial est la 
Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjoti. 

15. — Société des sciences naturelles de l'ouest 

de la France. 

Cette Société dont le siège est à Nantes, au Muséum 
d'histoire naturelle de cette ville, a été fondée en 1891, et 
publie depuis cette époque des livraisons trimestrielles 
formant un volume annuel, sous le titre : 

Bulletin de la Société, etc. — Santés, Jules Péquinot, in-8^ 

Citer ici les titres des principaux mémoires publiés 
depuis Torigine, nous entraînerait beaucoup trop loin, car 
ils sont très nombreux, et nous nous contenterons d'en 
citer un seul par an des divers collaborateurs, sans parler 
des extraits qui sont encore plus nombreux. 

1891. Zoologie. — Le saumon de la Loire, par L. Bureau. 

— Les tendhrédinides de l'Ouest, par Tabbé Dominique. 

— Botanique. — ^Etudes bryoiogiques sur la Loire- Inférieure, par 

F. Camus. 

— Anomalies à^VOrchis conopea, par Gadeceau. 

— Nota sur le Festuva Ovina par J. Lloyd. 

— Note sur le Romulea bulbo codium^ par V&ïîbé Marais. 

— Note sur le Coprosma foliosa du jardin des plantes de Nantes, par 

Gh. Ménisr. 

— Contribution à la Flore du Finistère, par Piquenard. 

— Note sur le Mathiola oyensis, par Viaud-Grand-Marais. 

— Géologie. — Terrain métamorphique du Pellerin, par Ch. Barct. 

— La feuille géologique d'Ancenis, par Ed. et L. Bureau. 
*- Les échinides éocénes de la Loire-Inférieure, par Cotteau. 

— Les gneiss à pyroxène de la Bretagne, par Lacroix. 

1802. Zoologie. — La baleine du Portzmoguer, par H. Beauregard. 

— Les hémiptères de la Loire-Inférieure, par Tabbé Dominique. 

— Etudes diverses par L. Bureau, F. Camus, Ph. Dautzemberg, Le 

Beau, R. Martin et Piel de Churcheville. 
— Botanique. — Orchidées de la Loire-^Inférieure, par Gadeceau* 



MOUV£MBNT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF Ifô 

t892. Etudes diverses par Ch. Menier, F. Camus, Piquenard et Viaud- 
Grand-Marais. 

— Géologie. — Notes minéralogiques par Cb . Baret, et i*abbé Jouteau. 

1893. Zoologie. — Catalogue des orthoptères de la Loire •Inférieure, 

par Tabbé Dominique. 

— Etudes diverses par H. Beauregard, L. Bureau, F. Gha'iUou, L. 

Joubin, R. Martin et A. Pizon, 

— Botanique, par P. Brunaud, Ed. Burecu, F. Camus, J. Guillemot, 

Ch. Menier et Ch. Picquenard (ce dernier spécialement pour le 
Finistère). 
~r- Géologie, par Ed. Bureau, Patouillard et Baret. 

1894. Zoologie, par S. Bonjour, C. Borgogno, Léon Bureau, abbé Do- 

minique et D^. Lambert. 

— Botanique, par P. Brunaud, E. Gadeceau, Ern. Marchand, Gh. 

Menier, Yiaud-Grand-Marais, et VioUeau. 

— Géologie, par Ch. Barré, Louis Bur^u et Cb. Tardy. 

1895. Auteurs précédents en y ajoutant A. Creux, pasteur Konow, 

Maurice Cosmann et L. P. Davy. 

Le président est élu pour deux ans, c'est aujourd'hui 
Ch. Minier; secrétaire général, D' Louis Bureau. 

16. — Société polymathique du Morbihan. 

Cette Société qui s'occupe d'archéologie, de sciences et 
de littérature, a son siège à Vannes où elle existe au moins 
depuis soixante-dix ans, car elle a publié jadis 7 bulletins 
annuels de 1826 à 1833 ; mais elle ne fut autorisée par 
arrêté ministériel que le 18 novembre 1831. Elle se com- 
posait alors de 3 sections scientifiques et d'une section de 
Belles Lettres et Beaux Arts. La Société Archéologique dit 
Morbihan fondée séparément en 1846 et affiliée à la classe 
d'archéologie de VAssociatioîi Bretonne^ se renouvela en 
1853 comme cinquième section de la Société polymathique, 
avec l'adjonction de membres pris au dehors ; et depuis 
1861, les cinq sections se sont fondues en une seule qui 
rendue célèbre dans le monde archéologique par les 
fouilles de la butte de Tumiac en Arzon et du mont Saint- 
Michel de Carnac ; elle possède à Vannes un musée dont 
les principales pièces ont figuré aux Expositions de Paris, 



116 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



et elle publie semestriellement un volume de procès-ver- 
baux et ds mémoires, sous le titre : 

Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. — - 
Vannes, Galles, in 8'. 

Voici la table des principaux Mémoires publiés depuis 
les cinq dernières années : 

1891. Bretagne et Dauphiné, par G. Vallier. 

— Deux archéologues Anglais à Garnac en 1831, par le docteur de 

Glosmadeuc. 

— L*abbé Mahé, par M. Guyot- Jomard . 

— Les élections du Morbihan, de 1789 à 1800, par Albert Macé. 

— Manoirs et terres nobles de la commune de Gournon, par R. 

de Leigne. 

— Fêtes décadaires à Vannes en l'an IV et Tan VII, par L. Lallement. 

1892. Le dolmen des marchands à Locmariaker, par G. de Glosmadeuc. 

— Le corsaire l7/ôrmm5, de Vannes, par L. Lallement. 

— Les écrivains du pays de Vannes, par Tabbô Nicol. 

- Découverte de coffres de pierre à Quiberon par G. de Glosmadeuc. 

— Le maréchal de camp baron de Waren, par L. Lallement. 

— Introduction de la Réforme à Lanvaux, par Tabbé Le Meilé. 

1893. Monnaies gallo-romaines, trouvées à Erdeven, par MM. de Glos- 

madeuc et Ghauffier. 

— Le livre de raison de la famille de La Landelle, par R. de Laigue. 

— Fédération bretonne angevine, par Guyot-Jomard. 

— Réponse à des questions de M. de Mortiilet. par F. de Limur. 

— Les revenus de la forôt de Broceliande, par R. de l'Estourbeillon. 

— La famille de Mac-Mahon en Bretagne, par A. Mauricet. 
1804. Gonstruction de la tour d'Elven, par l'abbé Le Mené. 

— Les derniers chevaliers de Malte morbihannais,par R. de Laigue. 

— Une montre à Vannes en 1492^ par R. de TEstourbeillon. 

— Les cordeliers de Vannes, par Tabbé Le Mené. 

— Etude du gîte de Kergonano, par F. de Limur. 

— Note sur un couteau gaulois trouvé à Quiberon, par M. Revelière. 

Le président de la Société est élu chaque année. C'est, 
pour 1896, notre collaborateur M. le Marquis de TEstour- 
beillon. 






MOUVEMENT LITTERAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 117 



17. — Société scientifique et médicale de TOue^t. 

Cette Société fondée en 1891, par les professeurs de 
rÉcoIe de médecine et de Pharmacie de Rennes, et ceux 
de la Faculté des sciences, sous la présidence de M. le 
docteur Delacour^ fut autorisée par arrêté préfectoral en 
date du 9 septembre, et publie depuis 1892 une revue tri- 
mestrielle sous le titre de : 

Bulletin de la Société Scientifique et Médicale de V Ouest ^ ré- 
digé par M. Perrindela Touche, secrétaire généralet MM... 
secrétaires des séances. — Renjies^ au Palais universitaire, 
in-8». 

Voici, à titre de spécimen, le sommaire de la 4' livraison 
de 1895 : 

Moreau. — Théorie des raies d'absorption des corps isotropes. 

Leray et de Lapouge. — Note sur Taccouchement d'un monstre double 

Sysomien. 
Roger. — Opération Césarienne ; guérison, enfant vivant. 
Cavalier. — Sur les éthers phosphoriques de Tacool allylique. 
Kerforne. — Remarques sur les argiles fossilifères d*Apigné. 
Picquenart. — Réponse aux remarques de M. Kerforne. 
Baudry. — Présentation d*un monstre Gélosomien. 
Lemonie. — Un cas d'hématocèle. 
Ghambrin. — Delà diphtérie à l'Hôtel-Dieu de Rennes, depuis le 13 

avril 1895. 
G. Ferrand. — Un cas de fistule néoplasique. 
Daniel. — Greffe de Taubergine sur la tomate. 

Le président est élu tous les ans. C'est, pour 1896, M. Le 
Govec, directeur des postes et télégraphes à Rennes. 

9 

18. — Sociétés diverses. 

Il y aurait lieu de citer encore V Association polyglotte, 
récemment fondée à Nantes, et la Société académique de 
comptabilité qui donne des cours dans la même ville ; 
mais je ne leur connais pas de publications. R. K. 



118 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



B. — JOURNAUX ET PUBLICATIONS A PÉRIODICITÉ 

AU PLUS HEBDOMADAIRE 
PAR DÉPARTEMENTS ET PAR ORDRE DE DATE DE FONDATION 



1. — COTES-DU-NORD. 

ST-tiRifiuc. 1837. Le Publicateur des Côtes- du^ Nord , hebdomailaire, 

journal de Douvelles locales. — Directeur, Goia- 
guené-Lemaout. 

— 1859. L'Armorique, quotidien, politique, bonapartiste. — 

Directeur et rédacteur en chef, F. Godichet. — Gé- 
rant, M^^' Ghambord, fille du fondateur, 

— 18G8. Lu Semaine religieuse, hebdomadairQ. — Directeurs, 

MM. les abbés de la Villerabel et Gadiou. 

— t8G9. V Indépendance bretonne, quotidien, politique, con- 

servateur, catholique. — Directeur gérant, Guil- 
laume Le Corfec. — Rédacteurs, F. Savidan, F- 
Lebail, etc. 

— 1875. Le Progrès des Côtes-dU'Nord, hebdomadaire, poli- 

tique, républicain. — Directeur, H. Véran, 

— 1876. lie Propagateur des Côtes^du-Nord, hebdomadaire. 

journal de nouvelles locales, comme le Publicateur. 
— Directeur, Goinguené-Lemaout. 

— 1880. h* Electeur des Câles-dU'Nord, hebdomadaire, poli- 

tique, conservateur catholique, édition hebdoma- 
daire de V Indépendance bretonne. 

— 1883. Le Réveil breton, quotidien, politique, républicain 

progressiste. — Directeur et rédacteur en chef, 
Félix Faure. 

— 1883. Les Côtes^du-Nord, édition hebdomadaire du Réveil. 

— 1889. Le Moniteur des Côles-du-Nord, hebdomadaire, revue 

politique de la semaine, républicain. — Directeur 
gérant. Francisque Guyon. 

— 1892. La Croix des Côtes-du-Nord, hebdomadaire, poli- 

tique, conservateur catholique. 

— 1894. The english studenVs help, 

— 1896. Le Démocrate, journal d*union républicaine, tri- 

hebdomadaire. — Gérant, L. .Goinguené-Lemaout. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 119 



BiNIC. 


1895 


DlNàlf . 


1833. 


— 


1852. 


— 


187Î. 


GCINQAMP. 


1638. 




1844. 


— ^ 


1894. 


Lannion. 


1834. 


— 


1849. 


LonDÉAC. 


1850. 


Paimpol. 


1859. 




1893. 


Trkguibr. 


1873. 



. Le Binicais, hebdomadaire, (imp. Guyon, à St-Brieuc). 

L* Union libérale, bi-hebdomadaire, politique, répu- 
blicain indépendant. — Directeur et rédacteur en 
chef, J. Peigné. 

V Union Malouine et Dinannaise, tri-hebdomadaire, 
politique, monarchiste. — Directeur^ F. Bazouge. 

La GazeUe de Bretagne, hebdomadaire, politique, mo- 
narchiste, édition hebdomadaire de VUnion mU' . 
louine et dinannaise. 

VEcho des Côles-du^Nord, hebdomadaire, journal de 
chronique locale. — Gérant, N. Le Goffîc. 

Le Journal de Guingamp, hebdomadaire, journal de 
chronique locale. — Gérant, Alfred Anger. 

Le Nouvelliste breton, hebdomadaire. 

Le Journal de Lannion, hebdomadaire, politique, 
monarchiste. — Directeur, N. Leroux. 

Le LannionaiSy hebdomadaire, politique, républicain. 
— Directeur, H. Manger. 

Le Petit Libéral, hebdomadaire, républicain. — Di- 
recteur et rédacteur en chef gérant, J. Anger. 

Le Journal de Paimpol, hebdomadaire, politique, ré- 
publicain. — Directeur gérant, M. Leflem. 

VEclaireur des Côtes^du-Nord , bi-hebdomadaire, 
politique, maritime, agricole. — Imprimeur gérant, 
M. Leclerc. 
Journal de Tréguier , hebdomadaire, poHtique. — 
Gérant, N. Leflem. 



2. — FINISTÈRE 



QUIMPBR. 



Brest. 



1872. Le Finistère, tri-hebdomadaire, républicain. — 

Directeur, A. Paban ; gjrant, Redouté. 
1887. LdL Seinaine religieuse d\i diocèse de Quimper et de 

Léon, hebdomadaire. — Directeur, M. l'abbé 

Rosparz. 
1880. Le Courrier du Finistère, hebdomadaire, politique, 

catholique rallié. 
1 886 . La Dépêche de Brest, quotidien, politique, républicain. 

— Rédacteur en chef, A. Dessoye ; gérant, E. Roy. 
1886. La Gazette du Laboureur, édition hebdomadaire de la 

Dépêche en français et en breton. 



120 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Brest. 1889. La Brato^ne, quotidien, politique, conservateur indé- 

pendant. — Rédacteur en chef, Daniel-Barré ; 
F. Paul. 
Il y a une édition hebdomadaire. 

— 1894. Le Journal de Breit^ hebdomadaire, organe des inté- 

rêts commerciaux. — Directeur, L. Tillet ; rédac- 
teur en chef, G. Dutertre. 

— 1895. Le J?re/on indépendant, quotidien. 

— 1895. UEtoilê de La Mer, tri-hebdomadaire, politique, ca- 

tholique. 

Chateauun. 1858. Le Bas^Breton, hebdomadaire^ indépendant. — Di- 
recteur et rédacteur en chef gérant, Gh. Le Goff. 

MoRLAix. 1880. Ij Avenir^ hebdomadaire, politique, républicain. — 

Directeur gérant, N. Ghevalier. 

— 1885. La Résistance (Croix de Morlaix), hebdomadaire, 

politique, catholique pur. — Rédacteur en chef, 
Eug. Penel ; gérant, N. Robergel. 

— 1891. Le AfoWamen, hebdomadaire. 

QuiMPSRLÉ. 1844 . Le Publicateur du Finistère, hebdomadaire, politique, 

royaliste. — Directeur et rédacteur en chef,Th. 
Glairet; gérant, N. Rémot. 

— 1884. V Union agricole et marilime, tri-hebdomedaire, 

politique, républicain. — Directeur, Louis Terrier, 
rédacteur en chef, Louis Beaupréau ; gérant Alain 
Leroux. 

3. — ILLE-ET-VILAINE 

Pennes. 1843. Le Journal de Rennes, quotidien, politique monar- 
chiste. — Rédacteurs propriétaires, Léon Phi- 
louze, Barthélémy, Pocquet et Jules Rouxel ; gé~ 
rant, J.-B. Laurent. 

— 1863. Le Courrier de Rennes, édition hebdomadaire du 

précédent. 

— 1865. Lb. Semaine religieuse de Rennes, hebdomadaire. — 

Directeur, M. Tabbé Brault . 

— 1869. Jj Avenir de Rennes, quotidien, politique, républicain 

progressiste. — Propriétaires, veuve Caillot ; ré- 
dacteur N. Parés ; gérant, J. Aubry. 

— 1872. L'Avenir hebdomadaire de Rennes, édition hebdo- 

madaire du précédent. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 121 



Rbnnbs. 1876. Les Petites Affiches Bretonnes^ hebdomadaire, journal 

d'annonces. — Directeur gérant, J. Cosquer. 

— 1876. Le Courrier Breton, hebdomadaire, catholique. — 

Directeur et rédacteur en chef Ludovic Hamon. 

— 1876 Le Petit Courrier Z?re^on,édition réduite du précédent. 

— 1 880 . La Dépêche Bretotme, ancïQn Journal cPIUe-et- Vilaine, 

quotidien, politique, républicain centre gauche. — 
Directeur, N. Orain, ^, rédacteur en chef Léo 
Sény, ^, gérant A. Lequin. 
Il y en a une é lition hebdomadaire. 

— 1882. Le petit Rennais, quotidien, politique, républicain 

progressiste. — Directeur Félix Perret, gérant Lesage. 

— 1882. Rennes-artiste, journal de théâtre. — Directeur, H. 

Mezières. 
'— 1884. Les Nouvelles Rennaises, hebdomadaire, républicain. 

— Directeur et rédacteur en chef gérant,H. Morin. 
— • 1886. Le Bonhomme Breton, édition hebdomadaire du 

Petit Rennais. 

— 1891. Le Petit Breton, semi-quoiidien, catholique. — Di- 

recteur Ludovic Hamon. 

— 1891. La Démocratie bretonne, hebdomadaire, républicain 

radical. — Directeur Gh. Baudry. 

— 1894. RenneS'télégramme,qviOiiàïeïi.-' Directeur R. Uorïn. 

— 1895. L'Echo du Travail, hebdomadaire, catholique. 

— 1896. Le Réveil Rennais, réipub\ica.m roLdicul. 

— 1896. L'Union Socialiste Rennaise. 

DoL. 1890. Le Journal de Dol, hebdomadaire, poUtique, mo- 

narchiste. — Rédacteur général, J. Bazouge, 
(impr. Bazouge à Dinan). 

— 1891. U Avant-Garde de l'Ouest, hebdomadaire, politique, 

légitimiste et catholique. — Directeur gérant Ed- 
gard Dibburt ; rédacteur P. Gibert. 
Fougères. 1836.' La Chronique de Fougères, hebdomadaire, poli- 
tique, républicain. — Directeur et rédacteur en 
chef. Fr. Dépasse ; gérant, V. Porée. 

— 1878. Le Journal de Fougères, hebdomadaire, politique, mo- 

narchiste. — Directeur. A. Philouze ; gérant, N. 
Titon. 

— 1883. £e P«<t^ FoM^tfraw, hebdomadaire, édition réduite de 

\d^ Chronique, 
LaGuerghb. 1895. Le Patriote de Bretagne, hebdomadaire, républicain. 

— Administrateur N. Guérin : secrétaire, J. Jaril. 



122 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



MONTFORT. 1851 



— 1893. 



1885. 
1887. 

1893. 



Le Journal de Montfort, hebdomadaire journal de 
faits locaux. — Gérant D. Duhil. 

Les Nouvelles de Monifort^ hebdomadaire, politique 
républicain progressite. — ■ Directeur Ed. du Mes- 
nil, gérant P. Durand. 
Rbdok. 1832. Journal de Redon, hebd. politique, conservateur li- 

béral. — Directeur et rédacteur en chef, L. Chesnais. 

Le Redonnais, hebd. politique, monarchiste. — Ré- 
dacteur en chef A. Bouteloup. 

Redon-Journal , hebd. politique, républicain. — 
Directeur et rédacteur en chef, B. Lebeau, de VA- 
venir de Vannes. 

Les Nouvelles de Redon, hebd., politique catholique. 
— Directeur et rédacteur en chef, Lud. Hamon, 
du Courrier breton de Rennes. 
8t-Malo. 1870. Le Salut, hebdomadaire, politique catholique. — 

Directeur gérant Fr. Bazin ; gérant L. Boivin. 

La République, hebd.. républicain. — Directeur et 
rédacteur en chef, G. Gan. 

Le Vieux Corsaire, hebd., journal des plages. — 
Directeur Alb. Bourdas. 

La Brise, journal des plages. — Directeur, H. Harvut. 

La Vague, hebd., écho des plages. — Rédacteur, 
O. de la Roche. 
St-Sbrvan. 1894. Paramé Mondain^ hebd., écho des plages. —Direc- 
teur, Ch. Fonteyne. 
Vitré . 1 8 3 8 . Le Journal de Vitré, hebd. , politique, conservateur. — 

Directeur et rédacteur en chef, gérant, H. Gaudichon. 

— 1865. La Chronique de Vitré, hebd., politique, radical. — 

Gérant, Mauxion. 

— 1 89 1 . Le Courrier de Vitré,hébd, , politique catholique. — Di- 

recteur, Lud . Hamon, du Courrier breton de Rennes. 



1880. 

1882. 

1890. 
1891. 



4. — LOIRE-INFERIEURE 



Nantes. 



1844. Le Phare de la Loire, quotidien, politique, répu- 
blicain radical. — Directeur gérant, Maurice 
Schwob. 

1849 . V Union bretonne, hebdomadaire (jadis quotidien), 
politique, bonapartiste. — Directeur gérant, 
Ernest Merson, 0. ^, le doyen de la presse 
française. 



MCUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF i23 



Nantes. 



Ancbnis. 



1852. V Espérance du Peuple, quotidien, politique, roya- 
liste. — Directeur et rédacteur en chef, N. Feil- 
del, gérant Lefeuvre. 

1865 . La Semaine religieuse de Nantes^ hebd. — Direc- 
teur, M. Tabbé Guilloux . 

1869. V Ami de la Vérité^ édition hebdomadaire del'J?^- 
pérance du Peuple. 

1871. Le Patriote breton et Vendéen, réduction hebdo- 
madaire de V Union bretonne. 

1874. Le Populaire, quotidien, politique, républicain. 

— Directeur F. Salière. 

1876. Nantes î.yrique et Korrigan, hebd., journal de 

théâtre. — Directeur Th. Maisonneuve. 

1877 . Le Progrès de la Loire- Inférieure, hebd,, politique, 

républicain . — Directeur en chef Giraud-Mangin . 

1878 . Le Moniteur des Annonces générales, hebd. — Di- 

recteur Paul Plédran. 

1879. Le Pf^iiP/iarc, quotidien, politique, républicain. 

— Directeur Maurice Schwob. 

1881 . Le Progrès de Nantes, quotidien, politique, répu- 
blicain. — Rédacteur en chef gérant Mangin. 

1885. V Ouest- Artiste, hebd., journal de théâtre. •-- Ré- 
dacteur en chef. Et. Destranges. 

1888 . Les Petites Affiches Nantaises, bi-hebd. — Gérant, 
V. Hastinge. 

1890. Le Gars Breton, édition hebdomadaire du Petit 

Phare. 

Le Nouvelliste de VOuest, quotidien, politique, ca- 
tholique. — Directeur A. Mesnard, rédacteur 
en chef, Brunet de Boyer, gérant J. B. Allain . 

Le Nouvelliste du Dimanche, édition hebdoma- 
daire du précédent. 

1891. Le Petit Ouest, hebd., républicain. — Gérant F. 

Salières. 

1892. La Croix Nantaise, quotidien, politique, catho- 

lique. — Gérant F. M. Bourgeois. 

1895. UEcho balnéaire, hebd., pour la saison d'été. 

1895. VEntr'acte, hebd., pour la saison d'hiver. 

1895. VEté, hebd., pour la saison d*été. 

1895 . Le Réveil de V Ouest, hehà., socialiste indépendant. 
1842. Le Journal d'Ancenû, hebd., politique, indépen- 
dant. — Directeur, D. Longin. 



1891 



1891 



124 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



Ghàteaubrunt. 1831. Journal de Châteaubriantf hebd . , politique, répu- 
blicain. ~- Directeur Gonbault. 

— 1878. Journal de V Arrondissement de Châteaubriant, 

hebd., politique, conservateur, libéral. — Di- 
recteui' et rédacteur en chef, D. Piquet. 

— 1888. — Le Courrier de Châteaubriantf hebd., poli- 

tique, conservateur. — Directeur et rédacteur 
en chef, H . Bourgeois . 

GuiRANOB. 1890. Le Guêrandais, hebd ., journal d*annonces. — 

Directeur gérant^ B. Viaud. 

Paimbœdf. 1844. V Echo de Paimbœuf^ hebd,, journal d^annonces. 

— Gérant F. Goyaud, 

Lb Pouliguen. 1894. Le Goëland^ hebd,, pendant la saison d*été, jour- 
nal des plages balnéaires. — Directeur. Maxime 
Audouin ; rédacteur en chef, Fr. Dépasse. 

St-Nazaire. 1848. L* Avenir de r Arrondissement QsLdis de SoYenay) 

et de la Loire maritime, hebd., politique, répu- 
blicain. — Directeur gérant, P. Fronteau. 

— 1866. Le Courrier de Saint'Nazaire, hebd., politique. 

royaliste. — Directeur et rédacteur en chef, 

F. Clavier. 

— 18)9. hdL Démocratie de TOu^^i, tri-hebdomadaire, po- 

litique, républicain indépendant. — Directeur, 
P. Letourneur ; rédacteur en chef, X. 

— 1896. 1j Echo de Saint'Nazaire^ bihebdomadaire, po- 

litique indépendant. — Rédacteur en chef, 

G . Peltier (imp . AUair, à Savenay) . 
1869. Le Glaneur Savenaisien^ hebd., nouvelles lo- 
cales. — Directeur gérant J. AUair. 



Savenay . 



5. — MORBIHAN 



Vannes. 1876. V Avenir du Morbihan, tri-hebdomadaire, politique, 

républicain. — Directeur et rédacteur en chef 
gérant, B. Le Beau. 

— 1884. Le Progrès du Morbihan, bi-hebdomadaire, politique, 

républicain. — Propriétaires M"" Grébus ; gérant, 
Etpaul. 

— 1892. Le Laboureur, hebdomadaire agricole, annexe de 

V Avenir. — Directeur, B. Le Beau ; rédacteur en 
chef, N. Jacob. 



MOUTEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 125 



Vannes . 



Groix. 



1895. 

1895 
1894. 



Hennebont. 1875. 

LORIBNT. 1873. 

— 1883. 

— 1887. 



— 1889. 

— 1895. 



— 1870. 



1874. 



— 1896. 



Plobrmel. 1877. 



— 1882. 

— 1895. 
PONTIVY. 1873. 



L*il rvor, bi-hebdomadaire, politique, catholique (suc- 
cesseur du Petit Breton^ et du Morbihannais), — 
Rédacteur en chef, J. Orhand. 

Le Courrier Morbihannais, hebd., édition réduite du 
précédent. 

La Croix de Vile de Groix^ N™« lettre d'un Groisillon 
à ses compatriotes^ hebdomadaire, catholique. — 
Directeur gérant : J.-M. Noël, vicaire à Groix. — 
Imprimé à Groix par lui-môme, de 8 p. in- 8**. Le 
no du 11 octobre 1896 porte : 108* lettre. 

lu' Écho de Bretagne, (ancien Écho du Blavet), hebd., 
journal d'annonces. — Gérant, Gh. Normand. 

Le Phare de Bretagne, tri-hebdomadaire, politique, ra- 
dical. — Rédacteur en chef gérant, Le Poulain, fils. 

Le Phare des Campagnes, édition hebdomadaire du 
précédent. 

Le Nouvelliste du Morbihan, bi-hebdomadaire, poli- 
tique, indépendant et d'une impartialité absolue 
(successeur du Courrier de Bretagne). — Directeur 
gérant, Al. Gathrine. 

La Croix du Morbihan, hebd., cathohque. — Direc- 
teur, X. Hostin. 

Le MorbihannaiSy tri-hebd, politique, monarchiste 
(ancien Journal du Morbihan) qui passa à Vannes 
en 1890 pour remplacer le Petit Breton et est 
revenu à Lorient pour laisser place à VArvor. — 
Directeur gérant, A. de la Morinière ; rédacteur en 
chef Georges Loire. 

Le Courrier des Campagnes, édition hebdomadaire du 
précédent et de ses prédécesseurs. 

\j' Avenir de la Bretagne, hebd. politique, répu- 
blicain modéré. — Directeur, Baumal. 

Le Phare de Port-Louis^ organe républicain, hebd. 

— Gérant, Le Saëc. 

Journal de Ploërmel, hebd., politique, républicain. 

— Directeur et rédacteur en chef, B. Le Beau, de 
V Avenir de Vannes. 

Le Ploërmelais, hebd., politique, conservateur. — 

Directeur gérant, E. Brunet. 
L& Canard Ploër mêlais, irrégulier, satirique. 
Le Journal de Pontivy, hebd., politique et littéraire. 

Rédacteur en chef, Jules Anger. 



126 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



C. — REVUES ET PUBLICATIONS A PÉRIODICITÉ 

MENSUELLE OU TRIMESTRIELLE 



Ghàteaulin. 1890. Bulletin du Syndicat agricole des cantons de Pleyben 

et Ghâteaulin ; mensuel, in-S**. 

DiNAN. 1889. L'Union des Laboureurs, mensuel, in-8**. — Direc- 

teur, le marquis de Querhoënt: 

LoRiENr . 186 . . Bulletin de la Société d'horticulture de Lorient ; men- 
suel, in-8**. 

— 1895. Le Clocher &refon, revue littéraire, mensuelle, in-4° 

à 2 col. — Directeur gérant, René Saïb, 

— 1896. Annales de la Bibliothèque publique municipale de 

Lorient ; mensuel, in-8*. — Directeur, Paul Colas, 
conservateur de la Bibliothèque. 
Nantes. 1857. Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, organe 

de la Société des Bibliophiles Bretons ; mensuelle, 
in-8°. — Directeur, A. de la Borderie ; rédacteur 
en chef, 0. de Gourcuff. 

— 1859. Juiçisprudence commerciale et maritime de Nantes \ 

mensuelle, in-S^. — Rédacteurs, MM. les avocats 
Gautté ^, Genevois i^ et Maublanc 4f. 
1859. Annales de la Société nantaise d horticulture ; men- 
suelle, in-8°. 

— 1860. Bulletin du comice agricole central du département 

de la Loire-Inférieure ; mensuel, in-8®. 

— 1881 . Gazette médicale de Nantes; mensuelle, in-4°, à 2 col. 

— 1884 . Annales et résumé des travaux de la Société d^ agricul- 

ture ; trimestrielles, in-8°. 

— 1887. Bulletin du syndicat des agriculteurs de la Loire' 

Inférieure ; mensuel. in-8°. 

— 1889. Bulletin meiuuel de statistique médicale et démopa^ 

thique, publié par la rédaction de la Gazette médicale 
de Nantes. — Administrateur, M. Lerat j secré- 
taire de la rédaction, M. Rouxeau. 

— 1890. Le Pharmacien populaire, des villes et des cam- 

pagnes ; mensuel, in- 4°. — Directeur gérant, FéliJ 
Martin. 
-^ 1892. Le Petit Economiste^ journal industriel, mensuel, 

in-4°. -* Directeur gérant, Félix Libaudière; 



MOUVEMENT LriTBRAlBE ET SCIENTiriQUE COLLECTIF 127 

HTEs. 1S94. La Jeunesse Roi/aliste de Nantes ; mensuelle, ia-S°. ~ 
Gérant, M. Lefenvre. 

— 1895. Bévue d'hygUne, de médecine et de chirurgie ; men- 

suelle, in-8". 

— 1396. Bullelin de la chambre syndicale des propriétés im- 

mobilières ; mensuel, in-folio. 
DOH 1S91. Le Messager Redo nais, organe de la Société amicale 

des élèves du collège de Saint-Sauveur de Bedon ; 

mensuel, in-8'. 
NNBs. 1856. Journal d'Agriculture pratique; mensuel. in-3°. — 

Rédacteur en chef, l'. Ripet. 

— 1858. Bulletin de la Cour de Bennes et des tribunaux du 

ressort ; mensuel, in-8''. — Rédacteur ea cher, 
M. Gayer, avoué honoraire à la Cour. 

— 1875 . l*s Annales rfu Bien, journal de la Société des hos- 

pitaliers sauveteurs bretons ; mensuei, in-8°. 

— 1881. Journal de ta Société d'Agriculture, de commerce et 

d'industrie ; mensuel, iii-S". 

— 1887. Bulletin mensuel du Syndicat offricoJe et horticole cen^ 

Irai et départemental d'Ille-et-Vilaiue; mensuel, in-8''. 

— 1887. Les Annales de Bretagne, organe de la Faculté des 

lettres de Rennes ; trimestriel, in-8". 



1389. L'Hermine, revue littéraire, mensuelle, in-8 
Directeur, L. Tiercelio. (Marque ci-desHUB) . 



ANNUAIRE DB BRETAGNE 



tedala BretagnepiUoresque) 
:s photographies, — Direc- 



•s des Côtes-du- 



— 18S9. Bretagm-illustration{su 

menauel, in-6o avec d 

leur N, Géniaux, 
ST-BaiEDC. 1S90. Bulktin du Syndicat des AgriculleM 

Nord,iDeDBuel, iri-g°. 
TniGDtER. 1891. Bulletin du Syndicat Agricole des cantons de la 

Roche- Derrien et de Tréguier, mensuel, in-S". 
Trëhel. 1S8S. Le Trémélois, journal de propagande protestanle, 

écho de la miBsion évaogélique bretonne, in-8*. 

— Rédacteur, Lecoat. 
VtNNEE. 18... Bulletin delà Sociéti d'agriculture duMorbihaA: 

irrégulier, in-8". 
— 1386. Revue historique de l'Ouest, mensuelle, in 

8°. — Directeur, le marquis de rBâtourl>eillon. 



— 1890. La Revue Morbihannaise, mensuelle, in-S". — Ui- 

recteur, l'abbé Nicol. 
PLoëBMEL. IST.. La. Chronique de l'Institut des frères de l'Instructian 
chrétienne, mensuelle, ia-3'. 

Résumé des journaux politiques de Bretagne 



Câte»-du-Nord . 

FlnUlère 

lUe^t- Vilaine . . 
Loir»'InliSri«ire 
Morbihan 



Les chifEïes entre parenttièses désignent les journaux quotidiens. 



HÉPtBLlC^WB 


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SOCIALIST.S 


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MOUVEMENT LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 129 



D. — ÉCOLES ET FACULTÉS 

La Bretagne compte deux centres universitaires impor- 
tants, Nantes et Rennes : Nantes, avec son Ecole de Méde- 
cine, son Ecole Supérieure des Lettres et des Sciences, et 
ses Cours libres de Droit ; Rennes, avec ses Facultés et son 
Ecole de Médecine. Nous donnerons, Tannée prochaine, 
une monographie du centre universitaire de Nantes, et 
nous nous bornerons, pour cette année, à celle qu'a bien 
voulu rédiger pour nous M. Loth, le doyen de la Faculté 
des Lettres de Rennes, sous le titre : 

Université de Rennes. 

Tous les groupes de Facultés de France ont été constitués par 
une loi du mois de juillet dernier en Universités. L'Université de 
Rennes comprend les Facultés de Droit, des Sciences, des Lettres 
et une Ecole de médecine de plein exercice. 

L'Université est dirigée par le Conseil de l'Université ainsi 
composé : Président : Le Recteur, nommé par l'Etat ; Vice-Pré' 
sident : un des membres du Conseil élu par ses collègues ; Secré- 
taire :xin des membres, élu par le Conseil. Les doyens et, là 
où comme à Rennes il n'y a pas de Faculté de médecine, le Di- 
recteur de l'Ecole de médecine, en font partie de droit. En outre, 
il y a deux membres par Faculté élus par le Conseil de leur Fa- 
culté. L'Ecole de médecine a un seul délégué. L'Université, comme 
le corps des Facultés qu'elle remplace, jouit de la personnalité 
civile. 

Chaque Faculté a un Conseil présidé par un doyen élu pour 
trois ans, et composé de tous les professeurs titulaires et des 
professeurs-adjoints (chargés de cours docteurs, ayant deux ans 
de stage, proposés pour ce titre par le Conseil et nommés par 
l'Etat). Le Conseil est chargé de la préparation du bud^iCt, de 
présentation aux chaires, etc. A côté du Conseil, existe une as- 
semblée de la Faculté composée de tout le personnel enseignant 
(titulaires, chargés de cours ou maitres de conférence) et que 
le doyen peut convoquer pour traiter de questions touchant 
à renseignement. 
Les titulaires doivent être docteurs (agrégés pour le droit) et 

11 



130 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

avoir fait à l'Université deux années de stage. Le titulariat aux 
Sciences et aux Lettres est attaché à la chaire. Le Conseil de la 
Faculté, après avoir obtenu du Ministère la déclaration de va- 
cance de chaire, présente après un délai de 20 jours à partir de 
cette déclaration, au choix de TEtat, deux professeurs en pre- 
mière et en seconde ligne. Le Conseil de l'Université, au préa- 
lable, a été consulté sur la question du maintien, de la suppres- 
sion ou de la transformation de la chaire vacante. 

Les chargés de cours ou maîtres de conférences sont nommés 
directement par TEtat, mais leur nomination est renouvelable 
chaque année, et elle doit être demandée par le Conseil de la 
Faculté. 

La constitution des Universités était attendue depuis long- 
temps avec impatience par tous les Français soucieux de Tavenir 
intellectuel de leur pays. Après 1870, on s'était aperçu qu'avant 
d'avoir été vaincue sur les champs de bataille^ la France avait été 
battue par l'Allemagne sur le terrain delà science. « Nous avons 
dormi un siècle et, en nous réveillant, nous nous apercevons avec 
stupeur que tout a changé autour de nous et que nous n*avons 
pris qu'une part dérisoire au mouvement scientifique qui a re- 
nouvelé Tesprit humain et la face du monde'. » La raison de 
la supériorité scientifique de l'Allemagne était dans ses Uni- 
versités. C'est surtout grâce aux travaux des universités alle- 
mandes que les sciences et l'érudition en tous genres ont pris 
dans notre siècle l'énorme développement que l'on sait. Des 
efforts énergiques ont été faits depuis vingt ans, de la part de 
a Direction de l'enseignement pour constituer un enseignement 
supérieur digne de ce nom. Des progrès considérables ont été 
réalisés. La création des universités peut être, pour le pays, le 
point de départ d*une nouvelle ère au point de vue intellectuel. 

Le but essentiel des Universités, en effet, c'est de constituer, 
dans chaque région de la France, un foyer de haute culture, de 
recherches impartiales dans toutes les directions, en un mot un 
agent actif de décentralisation intellectuelle en entendant par ce 
mot le réveil, la mise en œuvre et le groupement de toutes les 
énergies locales pour le plus grand profit du développement de 

• Ferdinand l.ot, Venseigiiement supérieur en JVance, Paris, 1892. Le 
tableau est poussé an noir, mais, sur les points essentiels, vrai. Cf. Gas- 
ton Paris. Le haut enseignement historique et philologique en France. 
Paris. 1896. Le livre de M. Liard, Universités et Facultés, est aussi à 
consulter. 



MOUVliMENT LITTÉHAIKE ET SCIENTIFIQUE COLLECTiF 131 

l'esprit scientifique dans le pays tout entier. L'Université n'est 
plus, il faut le répéter plus haut, seulement chargée de fournir 
à TËtat un personnel enseignant ; elle a pour mission d'attirer à 
elle toute jeunesse sortie de l'enseignement secondaire, et de 
développer l'intelligence de ceux qui sont appelés un jour à 
diriger le pays. On a sur la culture intellectuelle en France, trop 
souvent, les idées les plus dangereuses . Le baccalauréat est pour 
beaucoup de jeunes gens la fin des études, lorsqu'il n'en devrait 
être que la préface. C'est ici le cas de répéter le mot terrible 
d'Ernest Bersot. « En France, on fait sa première communion pour 
en finir avec la religion -, on passe son baccalauréat pour en finir 
avec la science, et on se marie pour en finir, avec l'amour, i 

Que faut-il pour que la création de l'Université produise tous 
les fruits qu'on en attend ? Il faut que l'Etat augmente consi- 
dérablement ses sacrifices ; le nombre de chaires est tout à lait 
insuffisant, les bibliothèques ne répondent pas à la situation ac- 
tuelle de l'érudition ; les laboratoires sont incomplets. Mais il 
faut aussi, dans l'état actuel des finances, que la région inté- 
ressée vienne en aide à l'Etat. Enfin le séjour dans les Univer- 
sités devra être effectif et durer au moins trois années ; sinon, 
il n'y a pas à songer à des études sérieuses et élevées ; et il 
faudra également que le diplôme de sortie des Universités soit 
érigé pour l'entrée du plus grand nombre possible de carrières. 
Plus que tout autre peut-être, l'Université de Rennes peut 
exercer une influence considérable dans la zone qui relève d'elle. 
Par sa situation géographique, la Bretagne a plus souffert que 
toute autre province d'une centralisation excessive aussi con- 
traire à ses intérêts matériels et moraux qu'à ses traditions his- 
toriques. C'est à elle de comprendre qu'on lui offre, par la créa- 
tion d'une Université chez elle, le moyen de commencer cette 
décentralisation que tous ses vrais amis réclament pour elle, et 
de réaliser la plus facile de toutes et la plus importante peut- 
être qui est le gage de toutes les autres, la décentralisation in- 
tellectuelle. La ville de Rennes et le département d'Iile -et- Vi- 
laine se sont imposé de lourdes charges qu'ils ne peuvent in- 
définiment augmenter. Un Kennais a fait don à TUniversité 
d'une somme de 80,000 francs pour la création d'une Maternité. 
C'est aux autres départements à imiter ces exemples. Toutes les 
autres régions ont créé, de leurs deniers, à leur Université, des 
chaires d'intérêt plus particulièrement local. Lille a une chaire 
de wallon ; Caen, une chaire d'histoire de Normandie ; Bordeaux, 
une chaire d'histoire du Midi ; Toulouse et Montpellier, des 



132 ANNUAIRE DE FA BRETAGNE 

chaires de langue romane, etc.. Rennes n'a pas encore de 
chaire de celtique. L'Etat est prêt à donner 3000 francs, avec 
condition que les départements constituent une rente assurée de 
3,000 francs. Il existe une conférence de celtique dont le titulaire 
de grec est chargé et qui est subventionnée partie par l'Etat, 
partie par les départements d'IUe-et- Vilaine, des Côtes-du-Nord 
et du Finistère qui versent chacun 300 francs. La Loire-Infé- 
rieure a refusé parce qu'elle veut enlever à Rennes l'Université, 
ce qui eût été possible et souhaitable (à mon avis), il y a dix 
ans, et ce qui est maintenant impossible. La majorité du Conseil 
général du Morbihan en a fait autant pour des raisons diffé- 
rentes, sur lesquelles il n'y a pas lieu d'insister ici, car la poli- 
tique n'y est pas étrangère, et VAnntcaire de Bretagne s'est in- 
terdit de mettre le pied sur ce terrain. 

Quoi qu'il en soit, le présent est plein de promesses. Par sa si- 
tuation, Rennes est le centre d'attraction de toute la Bretagne, 
de la Basse-Normandie, d'une bonne partie du Maine. Le nombre 
des étudiants, assistant réellement aux cours, dépasse déjà 500. 
Il y a plus de 700 étudiants inscrits ; et nous ne comprenons pas 
dans ce nombre les cent et quelques jeunes gens suivant les cours 
de l'Ecole Nationale d'agriculture transférée de Grandjouan à 
Rennes. Le Droit a près de 400 inscrits, sur lesquels 150 résident 
effectivement. Lapremière année de médecinequ'on faitaux sciences 
et qui a pour sanction un diplôme d'études physiques, chimiques 
et naturelles, indispensable pour continuer les études médicales, 
compte 104 étudiants suivant les cours. Le nombre des étudiants 
en médecine inscrits pour les autres années est de plus de 200 : 
180 environ suivent les cours. Les sciences, sans parler de la 
première année de médecine, comptent une vingtaine d'étudiants 
résidant et un grand nombre de correspondants universitaires 
dispersés dans les lycées et collèges de l'Académie et se prépa- 
rant aux examens universitaires. Les lettres ont une quaran- 
taine d'étudiants suivant les cours, répétiteurs, boursiers d'Etat, 
étudiants libres. Les étudiants libres inscrits dépassent 30. Les 
correspondants sont . en grand nombre ; s'ils résidaient tous à 
Rennes, ce qui arrivera, si on le veut fermement, la Faculté des 
Lettres de Rennes aurait autant et plus d'étudiants qu'aucune 
Faculté similaire d'Allemagne. Le personnel enseignant, dans les 
Facultés, est en général jeune et actif. Beaucoup de professeurs 
sont connus par des travaux sérieux. 

La Faculté des Lettres i)ublie, sous le nom à' Annales de Bre- 
tagne^ une revue consacrée à la Bretagne. Cette revue, qui est 



KOUVEHENT LITTERAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 133 

au premier rang parmi les revues provinciales de France.s'est as- 
suré la collaboration des archivistes des départements bretons. 
Elle entre dans sa douzième année. La Faculté a créé nouvel- 
lement uQB collection d'ouvrages sous le titi-e de Bibliothèque 
bretonne armoricaine. Le deuxième volume vient de paraître. 
C'est une édition critique définitive de la Très ancienne coutume 
de Bretagne, publiée par M. Planiol, professeur à la FacuUé de 
droit de Paris, ancien proresseur a la Faculté de Droit de Rennes. 
La Faculté des Lettres a créé, en outre, une collection de mou- 
lages, les uns destinés k l'enseignement de l'art ancien, les autres 
consacrés à l'ppigrEpliie gallo-romaine et bretonne de la pénin- 
sule armoricaine. Enfin, seule de toutes les Facultés de France, 
elle possède un laboratoire de psycho-physique et de linguis- 
tique expérimentales. J. Loth. 



Saint Yves outre les dcun plaideurs, lo Riche et le Pauvre. Dessin de Paul 
Chardin, d'a|irès les vieilles st»tues du Minihy-TréRuier. oKlrait de lu 
Légende de Myr saint Yvet par M. du Bois de la VillerabeL 



134 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



E. — BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES 

Nous classerons notre revue des principales bibliothèques 
publiques de Bretagne par ordre de départements, et nous 
espérons pouvoir augmenter Tannée, prochaine, ce cha- 
pitre, en lai annexant des notices sur les bibliothèques 
privées les plus importantes. 

Ea. — Département des Côtes-du-Nord. 

1. — Bibliothèque municipale de Saint-Urieuc. 

Par arrêté en date du 8 pluviôse an XI (1803) la Biblio- 
thèque de l'Ecole Centrale du district de Saint-Brieuc fut 
confiée à la Municipalité de la Ville. Cette bibliothèque fut 
formée d'abord à Taide des bibliothèques des communau- 
tés religieuses supprimées et des bibliothèques des émi- 
grés. Les principales sources furent : 

1° Le Séminaire de Saint-Brieuc ; 

2° Les abbayes de Beaufort, de Saint-Aubin-des-Bois et 
de Lanténac. 

3* Les Cordeliers de Tréguier ; 

4" Les Capucins de Guingarap et de Lannion. 

Odio Baschamp, vicaire de l'évêque constitutionnel de 
de Saint-Brieuc, fut nommé bibliothécaire et chargé de 
faire des recherches dans les districts pour compléter la 
Bibliothèque. 

M. Bourel était bibliothécaire en 1833 ; M. Copalle l'a 
été de 1844 à 1850; M. Nimier, de 1852 à 1888. Le biblio- 
thécaire actuel est M. L. Petit, 0. 1., agrégé de TUniversité. 

La Bibliothèque est alimentée par un fonds annuel de 
1000 fr. Elle reçoit chaque année plusieurs ouvrages du 
Ministère de Tlnstruction Publique. Parmi les principaux 
donateurs, il faut citer : M. Houvenagle, ancien représen- 
tant du peuple, qui, à sa mort, légua ses livres à la Bi- 
bliothèque municipale, et M. le docteur Fortmorel, qui, 
en 1889, donna un grand nombre d'ouvrages de médecine. 



mouv:':ment littéraire et scientifique collectif 135 

La Bibliothèque comprend aujourd'hui environ 34000 
volumes et 118 manuscrits. Parmi les plus importants de 
ceux-ci nous citerons : LYmaige du mondcy poème du 
XlII'siècle ; Un livide d'heures du XlIPsiècle; L'ancienne ré- 
formation de la noblesse de Bretagne en 8 volumes in-4° ; 
Le procès de la caiionisation de saint Yves. 

2. — La Bibliothèque de Dinan, dont le conservateur est 
M. Leroux,O.A.,compteenviron4000 volumes; elle possédait 
autrefois plusieurs manuscrits précieux qui sont mainte- 
nant à la Bibliothèque nationale ; il ne lui reste plus qu'un 
registre sur velin commencé en 1344, et contenant les fon- 
dations pieuses de l'église Saint-Sauveur de Dinan, parmi 
lesquelles deux sont dues à Du Guesclin. 

Eb. — Département du Finistère. 

3. — La Bibliothèque de la ville de Quimper, dont 
M. Gaugiint est conservateur, comptait au 1*' janvier 1895 
28151 volumes, et 72 manuscrits : le plus précieux est le 
cartulaire de Landévennec, le plus ancien recueil connu 
des chartes de Texf rémité occidentale de la péninsule. 

4. — La Bibliothèque de la ville de Brest a une histoire 
intéressante que M. Marion, le bibliolhécaire actuel, a 
racontée dans VA?inuaire du Finistère de 1895, et que nous 
résumons d'après lui. Elle a exactement, à l'heure actuelle, 
un siècle d'existence. En l'an III, par un décret de la Con- 
vention, les livres provenant de la bibliothèque de Saint- 
Mathieu, du couvent des Carmes de Brest et des Capucins 
de Recouvrance, furent transportés dans une maison de la 
rue de la Mairie, dite Bureau des Marchands, où ils for- 
mèrent le noyau de la bibliothèque du district, qui devint 
plus tard celle de la ville. D'après Cambry, ce noyau se 
montait à 36000 volumes; en 1812, il n'en restait plus que 
700. MM. Pleury et Mauriès ont, en 1874, donné le résultat 
de leur enquête sur cette extraordinaire disparition, dans 
deux notices détaillées formant la préface du catalogue de 
théologie et de jurisprudence; M. Marion les a réimpri- 
mées en les complétant dans le nouveau catalogue de ce^ 



136 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

deux sections (1893). En 1833 il n'y avait plus que 400 vo- 
lumes ; dix ans plus tard, grâce aux efforts de M Cocagne, 
sous-préfet, de M. Pleury, maire de Brest etdeM"*Thiers, 
le nombre des ouvrages était suffisant pour motiver la no- 
mination d*un bibliothécaire, qui fut le poète Hippolyte Vio- 
leau ; la ville avait acheté 2000 volumes de la bibliothèque 
de M. Le Gentil de Quelern, et Tinventaire accuse 2721 vo- 
lumes ; en 1848, M. Fleury^ après avoir classé les archives, 
établit un catalogue, et en 1850, la bibliothèque est ouverte 
au public. En 1851, on achète 15000 volumes de la collection 
de M. Le Hir, jurisconsulte et bibliophile brestois. La 
moyenne des lecteurs s'élève alors à 50 par jour. A la mort 
de M. Fleury (1873J qui avait consacré 26 ans de sa vie à 
la rédaction du catalogue, M. Mauriès lui succéda; la bi- 
bliothèque reçut des dons précieux, outre les plans donnés 
par M. Le Moine, pharmacien de la marine en retraite, de 
M""" Riou-Kerhallet, de MM. Sardou, Simottel, Lejeune, 
des docteurs Carof, Miriel, Berger, Maréchal, Corre, Gerf- 
Mayer, Gestin, Brousmiche, Clavier, Moisson et Marion ; 
et à l'heure actuelle elle contient 48000 imprimés et 2000 
manuscrits ou pièces manuscrites. 

5. — La Bibliothèque du Port de Brest^ dont l'érudit 
P. Levot a été conservateur, a comme bibliothécaire M. Ker- 
nels, ^, sous-commissaire de la marine en retraite ; elle 
renferme 23000 volumes. 

6. — La ville de Morlaix possède une Bibliothèque corn' 
munale installée dans l'ancienne église des Jacobins ; 
M. Koscher en est le bibliothécaire: elle compte 14000 vo- 
lumes et 49 manuscrits. 

Ec. — Département dlUe-et- Vilaine . 

7. — La Bibliothèque publique de Rennes est située dans 
l'aile nord de THôtel-de-Ville, au 1*' étage. Le conservateur 
est M. A. Vetault, G. L ancien élève de Técole des Chartes, 
auteur d'une Histoire de Charlemagne. 

Ouverte tous les jours, excepté les dimanches et fôtes, 
de 11 à 5 heures, depuis le 1" avril jusqu'au 31 octobre; 



MOUVEMENT LITTERAIRE ET SCIENTIFIQUE COLLECTIF 137 

de 11 à 4 heures et de 7 à 10 heures du soir, depuis le 2 no- 
vembre jusqu'au 31 mars, la bibliothèque de Rennes eut 
pour noyau celle des avocats au Parlement de Bretagne, 
fondée en 1733. Tombée dans le domaine public en Tan II, 
cette première collection s'accrut en 1803 de ce qui restait 
encore, après douze ans de vicissitudes, d'une quarantaine 
de fonds d'ouvrages divers provenant des établissements 
monastiques et des familles d'émigrés. 

La Bibliothèque contient de 75 à 80000 volumes, soit plus 
de 40000 ouvrages, dont 602 manuscrits (volumes ou pièces) 
et une centaine d'incunables. 

Le plus ancien manuscrit est du XP siècle. C'est celui 
des Fausses Décrétales, attribuées à Isidore Mercatop. On 
peut encore signaler parmi les plus intéressants : 

Un Reciùeil en vieil irlandais (23 opuscules des XIII® (?) et XV* 
siècles); — 11 Livres à' Heures à miniatures (XV* siècle) ; 

Et parmi ceux qui intéressent la Bretagne : 4 exemplaires de la 
Très-ancienne Coutume de Breùaffne{2 du XI V« et 2 du XV® siècle) ; 

— V Ancienne Coutume de Bretagne (réforme de 1539), avec les 
signatures autographes des cinq commissaires de la réformation ; 

— la collection de « Tenues des Etats de Bretagne >, de 1567 à 
1786, 64 vol. in-fol.; — la collection des « Registres secrets « du 
Parlement de Bretagne, 34 vol. in-ïoi.; — les Cartulaires des ab- 
bayes de : Saint'Melaine de Rennes (XIV^ s.), SaintSulpice-la- 
Forêt et Saint-Pierre de Rillè (XVll* s.) ; — 24 vol. concernant la 
Noblesse de Bretagne (nobiliaires, armoriaux, etc.), notamment le 
« Manuscrit de Missirien » (XVI® et XVII® siècles) ; -— la Charte 
originale de Henri de Transtamare conférant le duché de Molina 
à Bertrand du Guesclin (1369) ; — le Manuscrit de Languedoc, 
greffier de la communauté de Rennes : < Recueil historique tou-^ 
chant la ville et communauté de Rennes,,, de 1400 à 1724, » (2 
rédactions, chacune en 1 vol. in-fol ); — et enûn les Manuscrits 
du Président de Robien : 1* Description historique, topographiqice 
et naturelle de la Bretagne, enrichie de plans, cartes et dessins », 
4 vol. in-fol.; 2 de texte et 2 de planches ; 2® Description histo- 
rique des collections conservées dans w,on cabinet^ 2 vol. in-fol., 
texte et planches (ensemble 6 vol). 

Parmi les incunables, on remarque les suivants, qui ont été im- 
primés en Bretagne pour la plupart : la [très-ancienne] Coutume 



138 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

de Bretagne (Paris. 1480 ; Rennes, 1484 ; Bréhant-Loudéac, 1485, 
et autres édit. du commencement du XVI« siècle) ; — les Heures 
à V Usage de Rennes, sur vélin, avec vignettes (vers 1489) ; — le 
« Catholicon.., en trois langaiges » , [Dictionnaire breton- fran- 
çais-latin] par Auffret Qnoalqueveran (Lantreguier, Jean Calvez, 
1499). 

Deux salles du second élaore contiennent des vitrines où 
sont exposés • des manuscrits et enluminures, des im- 
pressions, illustrations et reliures de divers siècles, des 
types d'écritures en diverses langues ; et qui sont, autant 
que possible, classés par ordre chronologique. 

8. — La Bibliohèqiic de VUniversité de Rennes^ n'est ou- 
verte qu'aux professeurs et aux étudiants; elle comprend 
surtout des ouvrages modernes. 

Il y a aussi au Palais de juslice deux Bibliothèques, 
celle de la Cour et celle du Tribunal, qui peuvent être con- 
sidérées coiTime des bibliothèques privées, dont l'usage 
est réservé aux magistrats. 

9. — La Bibliothèque de la ville de Sainl-MalodL été ou- 
verte le 29 septembre 1837. Le premier bibliothécaire fut 
M. Amédée Duquesnel, un Lorientais qui a publié d'inté- 
ressants ouvrages. M. Pleury, homme érudit, d'une grande 
bienveillance pour les lecteurs, fut le prédécesseur immé- 
diat de M. Auguste Lemoine, conservateur actuel, qui dans 
ces cinq dernières années a remanié et remis en ordre la 
bibliothèque, augmentée de dons particuliers et des envois 
du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. 
Elle compte actuellement 15.0C0 volumes, et un assez grand 
nombre de canes et de manuscrits. 

Elle est très assidûment fréquentée, Tété surtout, par 
le monde élégant. Pendant l'hiver on y vient des villes 
voisines pour travailler le soir. 

Parmi les manuscrits on remarque plusieurs cartes et 
descriptions des côtes de France et de l'étranger, princi- 
palement des côtes de Bretagne, le journal de la flûte du 
Roy « la Sensible » commandée par M. de la Gourgue, ar- 
mée au port de Lorient, de 10 canons do six livres et de 



MOUVKMKNT LITTÉRA.IRE ET SCIENTJFIQUK COLLECTIF 139 

90 hommes d'équipage, sous la direction de M. de Grand- 
Glos-Meslé, pour le voyage de la Chine (avril 1783-janvier 
1788); — et « la vie et les aventures de M. du Gay-Trouin » 
écrites de sa propre main : On lit en tôte : « Offerte la bi- 
bliothèque de la ville de Saint-Malo. Charles Michel, 14 
avril 1854. » 

10. — La Bibliothèque de Vitré, installée dans Tancien cou- 
vent des bénédictins, compte un peu plus de 6.000 volumes. 

Ed, — Département de la Loire-Inférieure 

11. — La Bibliothèque de la ville de Nayites, jadis luxueu- 
sement logée dans le petit palais qui a été transformé en 
hôtel des Postes et des Télégraphes, a été provisoirement 
installée dans les bâtiments du cloître de l'ancienne Visi- 
tation. 

En 1617, la mairie de Nantes traita avec les Pères de 
rOratoire des livres qui leur avaient été légués par révoque 
de Nantes, Henri de Bourgneuf, et la bibliothèque de la 
ville fut organisée. Elle compte plus de 100,000 volumes, 
formant un total de 66^426 ouvrages dont l'important ca- 
talogue a été savamment rédigé et publié en 5 volumes 
in-8'', par M.Péhant. Cette riche collection possède en outre 
plus de 200 manuscrits, la curieuse série des gravures de 
la collection Cacault, des chartes et documents du fonds 
Bizeul. Les armoires renferment environ 300 incunables, 
de belles éditions d'Aide, d'Estienne, d'Elzevir, de Vasco- 
san et autres célèbres imprimeurs. Parmi ses manuscrits, 
on cite surtout celui de la Cité de Dieu, avec ses splendides 
miniatures, la belle collection d'autographes du fonds de 
Labouchère, et la série des monnaies françaises, baro- 
nales et étrangères, léguées par cet érudit collectionneur 
à sa ville natale. 

La bibliothèque est ouverte au public : 1* tous les jours, 
excepté les fêtes et le premier mardi de chaque mois, 
depuis 11 h. jusqu'à 5 h. ; 2** tous les soirs, depuis le 1'' oc- 
tobre jusqu'au 30 avril, de 7 h. 1/2 à 9 h. 1/2, excepté les 
dimanches, lundis et samedis. 



140 ANNUAIRK DE LA BRETAGNE 

12. — La Bibliothèque de la ville de Saint-Nazaire, de 
fondation récente, sous la présidence de M, René Kerviler 
(M. Etienne Port, bibliothécaire) compte déjà plus de 
4000 volumes et est logée dans les bâtiments de l'hôtel-de- 
ville : mais on lui prépare un hôtel spécial où elle sera 
confortablement installée avec un Musée. 1'. S. 

Ee. — Département du Morbihan. 

13. — La Bihliothèque municipale de Lorieiit, installée 
dans l'avant-corps de l'hôtel-de-ville, a fait parler d'elle en 
1898. Non seulement elle a publié un Catalogue qui forme 

un magnifique volume de 681 p. 
édité par Alexandre Gathrine', 
l'imprimeur du Nouvelliste du 
Morbihan, mais elle a môme inau- 
guré le 1" juin de cette année, 
une revue mensuelle qui paraît 
^ chez le môme éditeur, sous le 

nom 6' Annales de la Bibliothèque 
I fitiblique municipale, et qui met 
le public au courant de tous les 

— - ■ '. mouvements qui s'y opèrent, 

avec des reiiseiirnements bibliographiques et les derniers 
sommaires des revues qu'on y reçoit. Ces deux publica- 
tions font grand honneur au bibliothécaire, M. Paul Colas. 
La Bibliothèque est ouverte tous les jours, sauf le dimanche 
et le lundi, en deux séances, une du matin et une du soir. 

14. — La Bibliothèque du port de Lonent est ouverte aa 
public, comme celle du port dt» Brest, et contient un grand 
nombre d'ouvrages techniq ues, en particulier la collection 
des mémoires et des annales de l'Académie des sciences. 

15. — La Bibliothèque municipale de Vannes est installée 
dans les combles du nouvel hôtel de ville, et je renvoie, 
sur son sujet au curieux historique de M. Mauricetdans le 
Bulletin de la Société pohjmathique du Morbihan, de 1889, 
p. 129 à 158. — R. K. 

« Ci-conUe la marque il'.Ueiandre Catlirine. 



MOUVEMENT LITTÉBAIRB INDIVIDUEL 



II. — MÛDYEMENT LITTERAIRE INDIYIDOEL 



A. — OUVRAGES CONCERNANT LA RRETAGNE 

PUBLIÉS DEPUIS LE COURS DE L'ANNÉE 1895 



Aa. — HISTOIRE PROPREMENT DITE. 

L'année 1896 a élé marquée par l'apparition du premier vo- 
lume de ÏHUtoire de Bretagne, par Arthur Lemoyne de la Bor- 
derie. A tout seigneur, tout honneur. Commençons par rendre 
compte de cet ouvrage qui prime absolument tous les autres. 

1. — Histoire de Bretagne, par Arthur Lemoyne de la Bor- 
derie. — Tome premier. — Rennes, Plihon et Hervé, et 
Paris, Alph. Picard {imp, Vatar'), 1896, in-4% 584 p. et 5 
cartes géographiques. 

On attendait depuis long- 
temps ce volume avec impa- 
tience. Voici quarante an nées 
revoluesqueM.de la Borderie 
verse h pleines mains les tré- 
sors de Mn érudition dans 
toutes les revues et dans tous 
les recueils de mémoires des 
sociétés savantes de notre 
I province : il a aborde avec 
un égal succès les chapitres 
les plus divei-s de l'histoiie di; la lirelagne ; on savait qu'il avait pro- 
mis à ses fidèles de coordonner un jour et de mettre au point toutes 
ces études pour en composer un monument définitif et imposant : 

' Ci-Bprès la marque de l'imprimerio Vatar, de Rennea. On remarquera la 
deviso Cumata reiurgo qui renferme en son milieu le nom de Valar. 



142 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

on avait applaudi ses lumineuses leçons résumant les principaux 
chapitres de Touvrage à la Faculté des Lettres de Rennes, et Ton 
attendait toujours. Le premier volume vient enfin de paraître et sera 
suivi de deux autres. Celui-ci comprend, outre une description typo- 
graphique très complète de la Bretagne, la première période historique 
appelée par l'auteur, les Origines bretonnes, de Tan 57 avant J.-G. à 
Tan 988 de J.-G. Le second volume traitera de la Bretagne duché, et le 
troisième volume, de la Bretagne province. Cette division est à la fois 
très rationnelle et très claire. Voyons comment ce cadre a été rempli. 
Notre opinion très franche comporte, avec des éloges sincères, deux 
critiques sérieuses,rune de forme, Tautre de fonds. C'est surtout aux 
maîtres qu*on doit la vérité tout entière, et M de la Borderie en est 
un. Or, nous imaginions autrement la forme de sa rédaction. Son 
volume fera très certainement les délices des érudits ; mais il devait 
s'adresser à d'autres qu'à des élèves de Técole des Chartes. Une 
Histoire de Bretagne, (c'est bien le litre de l'ouvrage), demande le 
ton calme et sûr qui convient au possesseur de la vérité historique, 
et le lecteur ordinaire, même curieux et lettré, ne s'attend guère à 
se voir lancé comme ici dans le champ clos des discussions vives et 
passionnées. Il y a beaucoup trop de ces discussions dans le texte : 
il fallait les rejeter au bas des pages : on affirme tranquillement dans 
le récit, on discute dans les notes : plus d*un, non habitué aux tour- 
nois archéologiques, se fatiguera de ces luttes, et dira que le titre 
du volume serait mieux libellé Etudes critiques sur Vhistoire de Bre- 
tagne. C'est un défaut facile à corriger dans les volumes suivants. 
Qjjant au fonds, sans entrer ici dans de minuscules détails qui n'en- 
tameraient en rien la solidité exceptionnelle de l'ouvrage, nous pen- 
sons que beaucoup regretteront la décision prise par l'auteur de ne 
commencer l'histoire de Bretagne qu'à l'an 57 avant l'ère chrétienne, 
avec les Commentaires de César. Pour lui l'histoire n'existe pas aupa- 
ravant, parce qu'il ne connaît pas de texte écrit se rapportant aux 
périodes antérieures qu'il plonge systématiquement dans les fantaisies 
dites préhistoriques. En sorte que voici une histoire de Bretagne où 
il n'est pas une seule fois question de nos menhirs, de nos dolmens 
et de nos tumulus : ils existent cependant, et par une inconséquence 
assez piquante, on les a dessinés sur la vignette même de tète de la 
page où l'on les dédaigne de si haut. Comme si les traditions ne 
faisaient pas partie de l'histoire aussi bien que les documents écrits, 
et comme si les dolmens ne contenaient pas des inscriptions que Ton 
déchiffrera quelque jour. Une histoire d'Egypte avant ChampoUion 
aurait donc dû, de la même façon, passer sous silence les pyramides 
et les obélisques. Allons I M. de la Borderie, un bon mouvement, et 



MOLVIMKM LITTEHAIRE INDIVIDUKL 143 

coinplélez les magnifiques assises du monument que vous élevez à 
la Bretagne en noua donnant dans un appendice au troisième volume 
un chapitre sur nos véritables origines — Ph. M. 

Certains épisodes, quelques-uns assez peu connus, de l'his- 
toire particulière de la province, ont été en 1895 et en 1896, 
l'objet des travaux de plu&ieurs écrivains, qui les ont étudiés 
avec beaucoup de conscience. Nous passerons rapidement en 
revue les plus intéressants, en notant surtout les points curieux 
et les aperçus neufs, et en adoptant, autant que possible, l'ordre 
chronologique. Beaucoup de nos comptes-rendus sont empruntés 
aux consciencieux articles de la Bevae de Bretagne et de Vendée, 
que nous avons dû souvent abréger tout en conservant leurs 
parties essentielles. 

2. — La Chronique de Nantes (570 — lo^y). Publiée avec 
une introduction et des notes, par René Merlet, archiviste 
d'Eure-et-Loir. — Paris, Picard. 1896. In-8'^ de lxxij-i65. pp. 
C'est une source de premier ordre, non seulement paurThistoirede 
Naiites, mais encore pour celle de noire province et celle de la France. 
Elle n'avait point jusqu'ici paru à part. L'édition qu'en 1707 D. Lo- 
bineau en a donnée au t. n de son HUloire de Bretagne, bien qu'elle 
ait été reproduite dans les Preuves de D. Morlce, n'est pas très com- 
mune. D'un autre côté, elle est Tort insuffisante. Le nouvel éditeur 
nous apprend que sur les 5i chapitres dont il publie le texte « vingt 
y font totalement défaut, six manquent pour la plus grande partie 
ou sont résumés en quelques mots, trois sont conçus en termes diffé- 
rents. Quant aux vingt- trois autres chapitres, on y remarque encore 
çÀ et là de graves omissions, u (^'est donc un véritable service que 
M. Merlet a rendu à tous ceux qui s'occupent de notre histoire pro- 
vinciale en donnant à nouveau un tente sinon absolument complet — 
le manuscrit original a disparu depuis longtemps — tout au moins 
aussi complet que possible. ~ Rmi Blanchakd. 



1^4 ANNUAIRR DE LA BRETAGNE 

3. — Cartnlaire général du Morbihan, recueil de docu- 
ments authentiques pour servir à l'histoire des pays qui 
forment le département, par L. Roseozweig. — Vannes, La- 
folye', tome i", ia-S" de 444 p. 

Ce recueil posthume, sur l'importance 

duquel il est inutile d'insister, met à la 

disposition des travailleurs toutesles chartes 

inédites de nos dépôts pubUcs ou éparses 

dans diverses publications qui conœraent 

le territoire morbihannais, et comprendra 

3 volumes in-S". Le premier, qui vient de 

paraître, contient les chartes, n" t à 5a4, des 

années 797 à i338. La publication en est 

iliite par M. l'abbé Rosenzweig, fils du savant archiviste du Morbihan, 

avec la collaboration de M. l'abbé Ghauflier, ancien élève de l'Ecole 

des Chartes. — R. K. 

4. — Le serment de Jean de Lesnerac, meurtrier de 
Charles de Blois, par le M" de l'EstourbeilloD, Saint- 
Brieuc, împ. Prudhomme. In-8*, ao p. 

On avait cru jusqu'ici que Charles de Blois avait été tué à la 
bataille d'Auray par un Anglais à la solde de Jean de Montfort, sur 
qui pesaient même certaines responsabilités légendaires. M. de l'Es- 
tourbeillon, en explorant les archives des châteaux bretons a trouvé 
un acte duquel il résulte de la façon la plus positive que ce fut un 
Breton, Jean de Lesnerac, qui donna le coup de grâce au prétendant. 
C'est un intéressant point d'histoire éclairci. — B. K. 

5. — La Bretagne et la fin de la guerre de Cent Ans, 
étude historique par M. S. de la Nicollière-Teijeiro. — Rennes, 
Oberthur, i895, in-8*> de 54 p. 

Le savant archiviste de la Ville de Nantes a écrit cette étude pour 
f faire ressortir le rôle de la Bretagne > dans la guerre de Cent Ans 
<dont l'enjeu était la terre de France et le nom français ». 11 dé- 
montre, pièces en mains, les services rendus à Charles VU contre les 
Anglais par les chevaliers et les soldais bretons, notamment par les 
maréchaux de Rieux. de Rays, de Lohéac, l'amiral de Coëtivy et sur- 



MOUVEMENT LITTERAIRE INDIVIDUEL 145 

tout le connétable Arthur de Richemont, le vainqueur de Formigny. 
Il insiste justement sur Tinfluence qu*eut, à Tépoque des plus grands 
périls du roi de Bourges y un jeune prince, Richard de Bretagne, 
frère puîné d'Arthur, t à peine cité dans l'histoire » et qui « main- 
tint la Bretagne hésitante dans le parti de Charles VII ». Le duc 
Jean V hésitait avec raison^ sachant bien que, si Thermine bretonne 
devait se garder des griffes du léopard anglais, elle n'était pah moins 
menacée par les mains avides de la France. Aussi M. de la Nicollière 
fait-il preuve d'équité en disant : Divers historiens ont cherché à ternir 
la mémoire de Jean V, accusé « sa faiblesse, et ont blâmé les hési- 
« tations et les prétendues variations de sa politique. M. Daru« par 
« exemple, se montre sévère, pour ce qu'il ose appeller sa trahison 
« envers son beau-père, son beau- frère et la France. Le calme inté- 
« rieur dont jouissait la Bretagne, le développement de son industrie, 
c Tactivité de son commerce, au moment où sombrait le royaume, 
c répondent victorieusement à ces reproches . Ses hésitations se com- 
« prennent parfaitement, sa conduite est raisonnée et réfléchie ; il 
« n*est frère ou fils qu'après avoir consulté les États de sa province. 
« Sa volonté est toujours énergique et puissante pour le bonheur et 
c le bien-être de ses sujets qui lui décernèrent le surnom de Sage et 
« de Bon. » M. de la Nicollière donne sur les relations de Jeanne 
d'Arc avec les Bretons des renseignements peu connus et intéressants. 
Le portrait que trace de l'admirable héroïne Guy XIII comte de 
Laval, dans une lettre à sa mère, est charmant et pittoresque. Son 
attitude hostile d'abord vis-à-vis d'Arthur de Richemond et sa ré- 
conciliation avec lui sont bien expliquées ; et cet épisode donne à 
cette étude un intérêt spécial qui le fera rechercher par tous les 
curieux d'histoire de France. — Joseph Rousse. 

6. — La Bretagne aux temps modernes (1491-1789). 
Résumé du Cours d histoire professé à la Faculté des Lettres de 
Rennes en 1893-1894 par M. Arthur de la Borderie, membre 
de l'Institut. — Rennes^ Plihon et Hervé. In-i6, de vj 288 pp. 

Nous n'insisterons pas ici sur les mérites de ce volume parce qu'il 
va se fondre dans la grande Histoire en cours de publication, mais il 
est portatif et doit entrer dans la composition de toute bibliothèque 
bretonne qui se respecte. 

7. — Du Guesclin. armé chevalier et Du Guesclin à 
Jersey, etc., par M. Jean Lemoine, archiviste du Finistère. 
— Paris, 1896, in-8'* (Ext. de leiBibL de l'École des Chartes). 

12 



14ti AMNUAIHK DB LA BRETAGNE 

Dans l'une de ses brochures, l'auteur établit que Du GuesclïQ fut 
armé chevalier par Charles de Blois, au mois de juillet i35T, et 
non en avril i334, comme avait cru pouvoir 1 alBrmer Siméon Luce. 
Dans l'autre, il donne de curieux détails inédits sur te siège et la 
prise de possession éphémère, par Du Guesclin, du château de Mon- 
lorgueil dans l'Ile de Jersey (iS^S-iS-je). — O. de G. 

S. — L'ancien droit successoral en Basse-BreUgae par J. 
d'Espiuay. — Paris, Larose, in-S" de 73 p. 

V. — Le duc de Mercœur, d'après des documents Inédils, 
par P. JoQoD des Longrais. — Sainl-Brieac, Prudbomme 
1895, iD-8*. 

u Avec Mercœur tout est sujet d'étoniieinent > , dit trè^ bien 
M. Joiion des Longeais, ea une phrase de cet opuscule plus subslau- 
tiel que bien des ouvrages. Ce sont les inconséquences du person- 
nage, absolument inférieur au rôle de chef de la Ligue, qu*il eipose 
d'après des documenta tirés des Archives du Parlement de Bretagne, 
des Archives d'Ille-et-Viiaine, de la Bibliothèque nationale et aussi 
d'après une enquête historique, conduite avec beaucoup de sagacité. 
Nantes est un peu sacrifiée à Rennes dans cette étude ; les Nantais 
n'en liront qu'avec pLusd'intérétles passages concernant la militante 
duchesse de Mercœur et la petite cour de pédants et de poètes qui 
fréquentait l'hôtel de Btiord. — 0. ob G. 

10. — Les Etats de Bretagne au XVII> siècle, par Henri 
Sée, chargé de Cours k la Faculté des Lettres de Renaes. — 
Rennes, Plihon et Hervé', et Paris, Picard, 1895, in-S". 

A l'aide des travaux de ses devanciers et 
surtout des documents qu'il a extraits des 
Archives départementales d'I Ile-et-Vilaine, 
des Archives du Parlement, et des Archives 
manieipales de Rennes, l'auteur établit queb 
avaient été le rôle et l'influence des Etats 
de Bretagne depuis i533, époque de la réu- 
nion définitive delà Bretagne à la France, 
jusqu'à la &a du siècle. Il répond métho- 
diquement à ces questions sur la Bretagne 
soumise, mais gardant ses litwrtés et ses 
privilèges : En quel sens respecte-t-on les 

< Ci-après la marque da la librairie Plihon et Hervi. On remarquera Ii 
ileviiiu ffeclortton t^angor, par allusion au nunide Plihon. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 147 

privilèges des Etals ? Gomment se tiennent leurs sessions ? Quelles sont 
leurs attributions P Quel caractère prend leur administration finan- 
cière ? Dans quelle mesure se fait sentir Texploitation royale P Y a-t-il 
lutte ouverte entre les deux pouvoirs P les Etats peuvent-ils eflicacement 
résister aux progrès de la centralisation P... 

Des conclusions de M. Henri Sée on doit retenir que Tautorité 
législative des Etats de Bretagne fut très limitée, que leur autorité 
politique et surtout financière fut, par contre, importante, et qu'ils 
luttèrent constamment contre les empiétements du pouvoir royal, 
pour le maintien des libertés provinciales qu'ils avaient juré de dé- 
fendre. — 0. DE G. 

il. ~ Documents de criminologie rétrospective (Bretagne 
XVII» et XVIII" siècles] parles Docteurs Armand Corre et Paul 
Aubry. — PariSy G. Masson^ in-8» de vij-58o p. 

Ce gros livre, si riche en pièces d'archives sur la criminalité en Bre- 
tagne, est très intéressant pour son histoire physchologique. On 
sera assez surpris peut-être de voir quel petit rôle y joue la sorcel- 
lerie ; c*est à peine si les auteurs en relèvent cinq ou six cas. Plu- 
sieurs personnes, au commencement du XYII** siècle, ont été exécu- 
tées, sous prétexte qu'elles avaient maléficié ou envoûté des gens ; plus 
tard les sorciers, auxquels se mêlent des prêtres, sont plutôt des cher- 
cheurs de trésors, qui se servent de livres cabalistiques, font des 
pactes avec le diable, et se livrent à des actes sacrilèges. La répulsion 
contre les races maudites donne lieu à plusieurs procédures, de Tan- 
née 1681 à 1716 ; il s'agit de cordiers, qui, inhumés dans les églises, 
en sont exhumés par une émeute populaire, malgré l'opposition du 
clergé, et sont jetés sur le grand chemin ; le cadavre de Tun d*eux 
y reste depuis le mois de mai jusqu*au mois de décembre ; c*est alors 
seulement que les juges parviennent à assurer une sépulture à ce 
pauvre homme. — P. S. 

12. — Le barreau du Parlement de Bretagne (1553-1790). 
Les procureurs, les avocats, par Gustave Saulnier de la Pine- 
lays, ancien avocat général. — Rennes, Plihoii et Hervé, et 
Paris, Alphonse Picard, 1896, in-8*, de xxiv-34o p. 

Ce travail consciencieux composé d'une façon presque exclusive, à 
l'aide de documents d'origine retonne, pour la plupart empruntés 
aux archives du Parlement de Rennes, dont la richesse semble inépui- 
sablC; fait revivre tout un monde judiciaire aujourd'hui disparu. Cette 
évocation du vieux < Droit Breton » et des principaux personnages qui 



I 



148 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

eurent mission de l'interpréter et de rappliquer^ dont plusieurs 
prirent une part très active aux événements de leur temps, contribue 
à éclairer un coin de THistoire parlementaire de la province bretonne. 
€ Parler des avocats au Parlement de Bretagne, a dit Fauteur à la 
fin de l'introduction, c'est parler aussi du Parlement lui-même. Nous 
voudrions avoir aidé de la sorte à fournir quelques matériaux et à 
éviter quelques recherches à l'écrivain qui entreprendra une étude 
complète et définitive sur notre vieux Parlement, l'un des plus 
illustres au premier rang de ceux qui ont figuré dans l'histoire. » 

L. DE K. 

13. — La Course et les Corsaires du port de Nantes, ar- 
mements, combats^ prises, pirateries, etc.. par S. de la Ni- 
coUière-ïeijeiro, archiviste de la ville de Nantes. — Nantes, 
veuve Yier, et Paris ^ Champion. In-8", de 448 pages. 

Cassard et Moncousu étaient les seuls corsaires de Nantes qui eussent 
leur nom inscrit sur les quais de cette ville. On avait depuis long- 
temps oublié tous les autres, et Dieu sait cependant s'ils ont été nom- 
breux et s'ils ont accompli des actions d'éclat sur le MarSj la Bellone, 
la Jeune-Agathe, le Courleille, le Pallad, la Cornélie, le Chéri, etc., 
depuis le XVI* siècle jusqu'à la fin de l'Empire. M. de la NicoUière 
leur a fait réparation d'honneur et, grâce à ses patientes recherches, 
nous connaissons maintenant les exploits des Le Fauché, des Valteau, 
des Grabosse, des Thiercelin^ des Tanquerei^ des Drouin, des Ghassin, 
des Pillet, des Desageneaux, des Viaud, des Debrosses et des Julienne 
David, car il y eut même des femmes parmi eux. Voilà un livre ex- 
cellent et tout à la gloire des vaillants marins nantais. — R. K. 

14. — Un Corsaire Brestois sous Louis XV^ par le Docteur 
A. Corre. In-8'. 

Ge corsaire, c'est la Sauterelle, de aoo tonneaux, armé par M. Glé- 
ment, négociant à Brest, commandé par un sieur de Beauregard, et 
qui croisa sans grand éclat sur les côtes de Bretagne, de 1757 à 1764. 
M. le D'' Gorre ne peut donc nous raconter les exploits de la Saute- 
relle, mais, d'après des liasses de documents qu'il a compulsées aux 
archives municipales de Brest, il nous renseigne de la façon la plus 
curieuse sur la construction, l'armement, l'équipage^ l'hygiène et la 
discipline d'un navire de course au XVIIP siècle. Gette brochure 
complète, au point de vue documentaire, le livre précédent. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 149 

15. — Un amiral Nantais, comte du Chaffault de Besné, 

1708-1794, par M. S. de laNicollière-Teijeiro. — Vannes, imp. 
veuve Lafolye et fils, 1896, in-8°. 

L*amîral du GhafTault naquit à Nantes le 29 février 1708. Après 
vingt-neuf ans de service actif dans la marine, il devint chef d'es- 
cadre, lieutenant général, et à la fin de sa carrière il fut désigné pour 
commander « comme généralissime la flotte combinée de France et 
d'Espagne « en remplacement du comte d'Orvilliers,démissionnaire ». 
Il avait servi son pays pendant soixante-neuf ans . — M. de la Nicol- 
lière a raconté ses campagnes avec beaucoup de détails et en particu- 
lier la fameuse bataille d'Ouessant où du Chaffault se conduisit hé- 
roïquement. Quoique blessé à l'épaule d'un coup de mitraille « qui 
« faisait craindre pour ses jours, il restait inébranlable à son poste 
« de commandement. » Son fils, lieutenant de vaisseau, fut tué à 
côté de lui et « sa cervelle rejaillit sur le malheureux père... » 

Quand survint l'insurrection de la Vendée en 1798, il fut arrêté et 
conduit à Nantes. Par égard pour ses services et son âge, le comité 
révolutionnaire lui assigna comme lieu de détention le château de 
Lusançay affecté aux étrangers. Il sollicita vainement sa mise en li- 
berté et s'éteignit le ag juin 1794, dans sa prison d'où il apercevait, 
comme le dit son biographe, le clocher de Bouguenais et les « cimes 
des grands arbres environnant le château du GhafTault, berceau de 
sa famille. » 

M. de la Nicollière, à la fin de sa remarquable étude, demande que 
la ville de Nantes donne à Tune de ses rues le nom de l'amiral du 
GhafTault. Ge serait un juste hommage à cet illustre serviteur de la 
patrie trop longtemps oublié, et il y a lieu d'espérer que son souhait 
sera entendu. Joseph Rousse. 

16. — La Vendée patriote (1793-1795), parGh. L. Ghassin, 

tome IV. — Paris, Paul Dupont, 1895, in-8*. 

Le tome IV et dernier de la Vendée Patriote^ va de l'application de 
la loi des suspects (septembre 1793) à l'amnistie du 12 frimaire an 
III. Tout aussi documenté que les autres, il renferme un moins grand 
nombre de faits politiques ou militaires intéressants. M. Ghassin ne 
tente pas précisément de réhabiliter Garrier, mais il déverse sur les 
drôles qui composaient l'entourage du proconsul une part des res- 
ponsabilités encourues par celui-ci. De même, s'il ne peut taire les 
exactions des colonnes infernales de Turreau, il s'étend avec quelque 
complaisance sur les représailles des Ghouans. Tristes temps et où l'on 



i^ ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

comprend que rhtstorien se plaise à faire ressortir les figures guer- 
rières de Ganclaux ou d'Alexandre Dumas, « le vaillant et très intel- 
ligent mulâtre » père du grand romancier... J*ai dit ailleurs le bien 
que je pense de la méthode historique, si consciencieuse, de M. Chas- 
sin Malgré d'évidentes préférences, la Vendée patriote, que Fauteur 
a eu la patiente énergie de conduire à son terme, est une œuvre de 
bonne foi . O . de G. 

17. — Les Deux Fédérations de Pontivy (janvier et février 
1790). par J. Trévédy. — Vannes, Lafolye et Rennes, Cail- 
lière*, 1895, in-8'depp. 

^^*-~»*i»^^ Le ai octobre 1 895, avait lieu, à Pontivy, 

J^Ô^^^^!< l'inauguration du monument de ïm Fédé- 

/ ^^ -isPiipi^rX ration. C'est à cette occasion que M. Trévédy 

LL/ ''''^''^^i^''_.^^..:\ \\ établit bien la distinction, déjà faite le 21 

' m m octobre 1896 par le maire de Pontivy, entre 

_p fe? ^f '^ fédération du 19 janvier et celle du i5 

\ ^J ^QIf^^y ^ § février; la première, toute militaire, mou- 

X^^^^^^^^i^ vement spontané des jeunes volontaires na- 

\4(LAtfx^^ tionaux ; la seconde, exclusivement civile, 

^^ ■ ""^ œuvre des municipalités bretonnes. Je répète 

« bretonnes » car la participation de FAnjou, si prônée, se réduisit, 

en février comme en janvier, à renvoi de deux députés de la seule 

ville d'Angers. 

L'historien donne pour principal mobile à la fédération morbi- 
hannaise la haine de Taristocratie et montre qu'on s'attacha sur- 
tout à la suppression du domaine congéable. Aucune résolution 
pratique ne fut prise ; dans Temphase des délibérations, un mémoire 
vraiment utile de Lavergne, député de Lamballe, sur la « propa- 
gation de la pomme de terre » passa presque inaperçu. — O. de G . 

18. — Notes et Documents inédits sur les opérations 
des armées républicaines au pays de Retz, en 1793. 

par le W* de rEstourbeiilon. — Vannes, librairie Lafolye 
1896, in-8^ 

Après Savary, surtout après l'abbé Deniau et M. Gbassin, les deux 
historiens le plus complètement renseignés sur les guerres de la 
Vendée, M. le W* de TEstourbeillon a pu glaner un document inédit 

4 Ci-après la marqae de la librairie Gaillière, de Rennes. 



MOTJVEMKNT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 151 

qui éclaire la situation des armées républicaines en 1793. C'est une 
lettre d*un citoyen Le Sant, qui suivait les armées, au citoyen Danet, 
futur membre du Conseil des Cinq Cents. On peut tirer de ce docu- 
ment quelques détails sur le plan d*attaque de la Vendée insurgée 
par Canclaux, sur rétablissement du camp retranché des Sorinières 
destiné à mettre en échec les troupes de Charette, sur les combats 
livrés, aux environs de Nantes, par Kléber et Beysser ; c'est un nouvel 
écho, de cette lutte fratricide, sans merci, que notre époque veut 
connaître à fond. — O. de G. 

19. — Quiberon. La bataille et le martyre, 1795, par Eug. Le 
.Garrec. — Auray^ Rollando-Renaud, 1895, in-i8, de SBq et 

xlîj. p. 

G est le récit par un Quiberonnais, professeur de rhétorique au petit 
séminaire de Sainte-Anne,de l'expédition de Quiberon et de l'exécution 
des vaincus, avec la discussion historique de la capitulation accordée 
par Hoche, sauf pour Sombreuil, et refusée par les commissaires de 
la Convention, sous la pression du directoire du Morbihan. 

L. DE E. 

20. — La Justice Révolutionnaire à Nantes et dans la 
Loire-Inférieure, par A. Lallié. — Nantes^ Cier, in-8". 

C'est une étude importante dans laquelle l'auteur raconte, en s'ap- 
puyant sur des documents inédits ou peu connus, l'histoire de cette 
période à laquelle Carrier doit sa sinistre renommée. 

21. — Les Prisonniers vendéens et la Réaction thermi- 
dorienne, par Leroux Gesbron. — Vannes, Lafolye, in-8*. 

Dans cette brochure qui fait une sorte de suite à l'important ou- 
vrage de M. Lallié, l'auteur raconte la fin de la Terreur à Nantes et 
la mise en liberté de la plupart des prisonniers encore détenus. 

22. — Aventures de guerre et d'amour du baron de 
Cormatin, par Henri Welschinger. — Paris, 1896, in-80. 

23. — Les 13a Nantais, par Alfred Lallié. — Angers, Ger- 
main et Grassin, 1896, in^"", laap. 

24. — Le Procès des 13a Nantais, avec une relation inédite 
de leur voyage à Paris, par le comte de La Guère, et des notices 



152 ANNUAIRE DR LA BRETAGNE 

biographiques, une préface et des notes^ par René Kerviler, 
bio-bibliographe breton. — Vannes, Lafolye, in-8«, 297 p. 

L'épisode tristement célèbre de l'envoi par Carrier de i3a notables 
nantais au tribunal révolutionnaire de Paris en novembre 1798 et de 
leur acquittement en septembre 1794, était assez mal connu jusqu'à 
ces derniers temps. Quelques curieux possédaient la navrante relation 
de leur voyage de Nantes à Paris par Yillenave, un fédéraliste, et 
comme on n'allait guère fouiller dans le Balletin du tribunal révolu- 
tionnaire pour saisir sur le vif les interrogatoires, une légende s*était 
établie à leur sujet, comme pour les Girondins, mais en sens inverse. 
Les i3a Nantais passaient en général pour un groupe de suppôts du 
fédéralisme, sacrifiés par la Montagne, et par conséquent pour un 
groupe de républicains. M. Gampardon lui-même avait accrédité 
cette légende. MM. Lallié et Kerviler ont eu en même temps Tidée 
d'étudier ce point d'histoire, à propos du centenaire, et profitant, le 
premier, des archives départementales, le second, d*une relation 
inédite de l'un des auteurs du drame et de nombreuses correspon- 
dances conservées dans les familles des iSa, ils sont arrivés aux 
mêmes conclusions, à savoir que dans leur rage de destruction des 
suspects quels qu'ils fussent, Carrier et ses complices imaginèrent 
une conspiration, et que fédéralistes, royalistes, patriotes tièdes et 
riches surtout, furent de droit conspirateurs. Tous les riches et tous 
les marchands sont des contre-révolutionnaires, s^était écrié le pro- 
consul à la Société populaire de Nantes. On dressa la liste en consé- 
quence, et c'est ainsi que les Dorvo, les Sottin et les Villenave se 
trouvèrent les compagnons des de Biré, des de rEstourbeillon, des 
Gharette, des Espivent, des de Monti, des Pantin de la Guère et des 
Pichelin. La liste comprend en somme a 3 républicains plus ou 
moins fédéralistes, 89 royalistes ou réactionnaires avérés, et a 4 per- 
sonnages d'opinion douteuse. L'un d'eux avait été inscrit, comme 
« arrêté en même temps que le domestique du comte de Menou 
auquel il ressemble » I et le comble c'est qu*on avait deux comtes de 
Menou, puisque le véritable faisait aussi partie de la colonne . . . Des 
lettres inédites et des portraits du temps ornent la publication de 
M. Kerviler et lui donnent un relief tout spécial. — L. G. 

25. — Les Pacifications de l'Ouest (1794-1801), par Ch. L. 
Ghassin. — Tome i. — Pam, Paul Dupont, éditeur, 1896 in-8". 

Après les trois volumes de la Préparation de la guerre de Vendée, les 
quatre de la Vendée patriote, M. Ghassin va consacrer aux Pacifications 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 153 

de VOuest trois volumes encore ; nous avons le premier sous les yeux. 
Quand le troisième et dernier aura paru, se trouvera achevée Tune 
des plus vastes œuvres historiques écrites en ces derniers temps. 

26. — Les Cent Jours à Ancenis^ par Em. Maillard. — 

Savenay, imprimerie Jules Allair, 1895, in-8\ 

L'auteur de V Histoire (TAncenis et de ses barons a extrait de la cor- 
respondance officielle des sous-préfets d*Ancenis, pour cet opuscule, 
une foule de renseignements d'histoire locale qui ne sont pas sans 
utilité pour Fhistoire générale de cette époque troublée. On y trouve 
en particulier les traces de l'occupation prussienne, au mois de sep- 
tembre 181 5. M. Maillard a suppléé de son mieux à la perte des re- 
gistres de la mairie d'Ancenis, sous le Consulat et l'Empire. — O. de G. 

27. — Compagnie d'assurances contre les erreurs 
historiques, par M. le président Trévédy. — Saint-Brieuc, 
gr. in-8" de la p. 

Le critique propose aux savants bretons, dans cette brochure, de 
s*associer pour faire campagne contre les recueils qui, se copiant les 
uns les autres, propagent à l'infini toute sorte d'erreurs. Il cite, entre 
autres, la vaste compilation qui porte le nom de Larousse, laquelle 
a été invoquée en plein Parlement comme une autorité historique, 
et divers livres destinés à l'instruction primaire. Le relevé de cer- 
taines erreurs géographiques et autres commises par M. Lavisse, au- 
teur de l'Histoire de France à V usage des écoles primaires, arrivé à sa 
^o'' édition, est bien amusant. (Polybiblion), 

A b, — HISTOIRE ET DESCRIPTION DES DÉPAR- 
TEMENTS, DES PAROISSES, DES VILLES ET 
DES CHATEAUX. 

28. — Voyage en France, par Ardouin-Dumazet. — Paris, 
Berger-Levrault, 1898 à 1896, 6 vol. in- 18. 

Ces récits et descriptions de voyages qui sont fort intéressants et 
qui viennent d'être couronnée par l'Académie française, sont illustrés 
par de nombreuses cartes intercalées dans le texte, et ont consacre 
plusieurs volumes à la Bretagne. Le second volume publié en 1894 
allait des Alpes Mancelles à la Loire Maritime. Le troisième en 1895 
comprend les lies de TAtlantique d*Arcachon à Belle-Isle avec le con- 



154 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

iinent correspondant ; le quatrième volume, ausMen 1895, vad'Hœdic 
h Ouessant : enfin le cinquième volume en 1896 comprend les îles 
françaises de la Manche et la Bretagne péninsulaire. Le sixième vo- 
lume échappe à la Bretagne et s'occupe du Gotentin et du pays de 
Gaux. Tout cela est très observé et très personnel. L. de K. 

29. - Histoire et Géographie de la Loire-Inférieure, 

par Eug. Orieux, agent-voyer en chef honoraire, et Justin 
Vincent, agent voyer. -- Nantes, E. Grimaud, 1895. 2 vol. in- 
S** de 5oo et 555 p. 

Get ouvrage, qui a été publié sous les auspices et avec le concours 
de là Société de géographie commerciale de ATanf^^, comprend deux 
parties principales dont l'une étudie le département en bloc, son his- 
toire naturelle, ses mœurs, son archéologie, sa topographie, son his- 
toire particulière aux diverses périodes de Thistoire générale, son ad- 
ministration actuelle, la production de ses richesses et ses établisse- 
ments publics et piivés ; et la seconde décrit par arrondissements et 
par cantons, toutes les communes du département, de manière à 
en donner une monographie complète . Des cartes et de nombreuses 
vignettes intercalées dans le texte en font un ouvrage de vulgarisa- 
tion historique et géographique fort agréable à consulter. Au point 
de vue de l'archéologie gauloise, M . Orieux a son système^ et nous 
n'admettons pas toutes ses conclusions, en particulier celle qui place 
le port de Privâtes sur les bords de la Vilaine ; mais en pareille ma- 
tière, qui donc n'a pas le sien ? G 'est au lecteur intelligent à se faire 
son opinion en discutant lui même les documents et les arguments 
qu'on lui présente. R. K. 

30. — Montfort-sur-Meu, son histoire et ses souvenirs, 
par Edouard Vigoland. — Rennes^ H. Gaillière, 1895, in-8*. 

Dans ce livre, nous suivons les destinées de Montfort depuis l'ori- 
gine, en 1093, pendant les périodes de la guerre de Gent Ans, delà 
féodalité, de la Ligue, de la Révolution. Un chapitre précieux pour 
rhagiographle bretonne est consacré à la cane de Montfort qui rem- 
plit deux siècles de ses miraculeuses apparitions. 0. de G. 



MOUVEMENT LITTÉRATRE INDIVIDUEL 155 

31-32. -- Les Archives du château de la Maillardière 
en Vertou — et de la Morlaye, par M le M*' de l'Eslour- 
beillon. — Vannes, Lafolye, i8[)5, a vol. in-8'. 

M. de FEstourbeillon a entrepris depuis plusieurs années une 
besogne aride dont tous les travailleurs doivent lui être particuliè- 
rement reconnaissants, celle de rechercher les dépôts d'archives 
privées et inédites, encore conservées dans quelques châteaux privi- 
légiés de Bretagne, de les dépouiller méthodiquement et d'en donner 
au public un inventaire détaillé avec la table des noms qui sont cités 
dans cet inventaire. Après les archives du château de Safîré qui ont 
ouvert la série, après celles de Penhoët en Avessac, voici celles de la 
Maillardière en Vertou et de la Morlaye près du Bordage, ce dernier 
habité aujourd'hui par des fermiers, mais jadis par un des précur- 
seurs des folkloristes, Noël du Fail, qui le tenait de sa femme Jehanne 
Perrault. Il y a là une mine précieuse de documents qui intéressent 
la biographie et l'histoire des familles bretonnes et qui complète les 
trésors de ceux que la publication des Inventaires des dépôts des 
archives départementales avait mis à la disposition des chercheurs. 
M. de TEstourbeillon a reçu l'approbation unanime du Congrès des 
Sociétés Savantes à la Sorbonne pour son intelligente initiative et 
pour la clarté de sa rédaction . Nous joignons nos félicitations à celles 
de cette haute assemblée, et nous souhaitons que tous les châteaux, 
qui possèdent des dépôts d'archives, ouvrent libéralement leurs 
portes et leurs greniers à M. de rEstourbeillon, avant que les rats et 
l'humidité n'aient à jamais anéanti, comme cela a malheureusement 
déjà eu lieu trop souvent, les richesses historiques qu'ils renferment. 

L. DE K. 

33. — La seigneurie de Montauban, son château et 
ses seigneurs, par A. de la Borderie et de Villiers. — 
Bennes, Plihon et Hervé, in 8 , 35 p. 

34. — La paroisse de Plougoulm, par M. Tabbé Tanguy. 
Morlaix, Letréguilly, 1896, in 8' de 260 pp. 

Cette Etude embrasse une période de 355 ans. Elle va de i448 à i8o3. 
L'auteur a dressé un état des recteurs, des vicaires ou curés et des 
prêtres habitués, qui ont passé par Plougoulm depuis le milieu du 
XV"* siècle jusquà Tépoque de la Révolution. Durant ce laps de 
temps, on compte aô recteurs, ag vicaires ou curés, et 58 prêtres 
habitués A la suite de chaque recteur, M. Tabbé Tanguy a rapporté 



156 |ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

les événements qui ont eu lieu dans la paroisse pendant la même 
période. C'est un modèle de monographie paroissiale, et qui peut sou- 
tenir la comparaison avec celle de la paroisse de Garentoir, par Tabbé 
Leclaire. La chronique de Tépoque révolutionnaire a été traitée avec 
une ampleur toute spéciale. — L. de K. 

35. — La forêt de Brecheliant, la fontaine de Barenton, 
quelques lieux d'alentour, et les principaux personnages qui 
s'y rapportent, par Félix Bellamy. — Rennes, Plihon et Hervé, 
1896, 2 vol. in-8* de 6o3 et 773 p. 

On sait quel rôle important a joué la forêt de Brocéliande (ou de 
Brecheliant) dans les légendes du moyen-âge et en particulier dans 
les romans de la Table-Ronde. M. Bellamy a réuni dans ces deux vo- 
lumes tout ce qu'on peut connaître à son sujet, depuis sa topogra- 
phie et ses divers aspects anciens ou actuels jusqu*aux citations qui en 
ont été faites dans les lais bretons et dans les romans du cycle d'Ar- 
thur. D'aucuns trouveront que c'est beaucoup, mais les amoureux de 
la fée Morgain ne s'en plaindront pas et iront faire après M. Bellamy 
un pèlerinage au Val sans retour. L. de K. 

36. — Ercé près Liffré et le château du Bordage, par 
Paul Sébillot. — Vannes, Lafolye, in-8%de 90 pp avec figures. 

Le Bordage a appartenu à la famille de Montbourcher^une des plus 
illustres de Bretagne ; il a joué un rôle àTèpoque de la Ligue. M. S. a 
retracé à la lois son histoire et celle de la commune d'Ercé à Taide de 
ses archives, des archives communales^ d'enquêtes, même de fouilles; 
rhistoire ecclésiastique des deux cultes qui ont existé autrefois à Ercé 
forme la partie la plus curieuse de celte monographie ; on sait que 
le Bordage fut un des centres du protestantisme en Bretagne.M. S. a 
publié les actes d'abjuration de i685 à 1702,115 font voir que les protes- 
tants ne comptaient guère que pour un douzième de la population 
d'Ercé, qu'il y avait parmi eux très peu de laboureurs, et qu'en réa- 
lité ils ne se composaient guère que des seigneurs du château, de 
gens appartenant à la petite noblesse on à la bourgeoisie rurale, et de 
quelques artisans. — P. J. 

37. — Un Rural de la baronnie de Vitré. Son journal 
domestique de 1684 à 1671. — Vannes y Lafolye, gr. in- 
8® de 39 p. 

L'auteur analyse et commente le « papier journalier ^ de Georges 
Tirel et il en reproduit quelques extraits qui nous font bien connaître 



MOUVEMENT LITTERAIRE INDIVIDUEL 157 

e « rural » — lequel était aussi notaire et maître d'école — ainsi que 
la famille et les affaires de ce brave homme. La brochure est terminée 
par un Index des noms de personnes et de lieux cités par Georges Tirel. 

38. — L'hôpital Saint-Tves de Rennes et les Reli- 
gieuses Augustines de la Miséricorde de Jésus, par 

le comte de Bellevue. — Rennes, Plihon et Hervé, 1896, 
in- 8^ de pp. 

C'est en i644, aussitôt après leur arrivée à Rennes, que les reli- 
gieuses Augustines, déléguées de la maison de Dieppe, prirent posses- 
sion de rhôpital Saint- Yves qui datait déjà de près de trois siècles 
(i358). Depuis cette époque, jusqu'à Tannée i858 où elles quittèrent 
le vieil hôpital pour aller continuer dans le nouvel Hôtel-Dieu leur 
mission de charité^ elles consignèrent dans leurs archives {Annales et 
Lettres Circulaires), des récits, des renseignements précieux pour 
rhistoire de leur ordre et de la ville de Rennes 

Notons, entre autres événements, la relation de la révolte de 1675, 
dont elles apprécient sévèrement la terrible répression, celle de Tin- 
cendie de 1720, image sensible, « du lieu d'horreur, dont la Justice 
divine menace le pécheur obstiné. » Les persécutions que la Révolu- 
tion infligea aux religieuses Augustines; leur captivité dans la 
Grande Prison et la Tour-le-Bat font Tobjet d*un long récit, consigné 
aux Annales ds Saint-Yves et qui, sous la plume du principal auteur, 
M°^*> Gedouin (Mère saint Stanislas) touche à Téloquence par le simple 
exposé des faits. M. le comte de Bellevue a placé en appendice des 
Notices biographiques, fort précieuses pour les familles rennaises, sur 
les religieuses Augustines de Saint- Yves de Rennes, de i644 à i858, 
un aperçu historique sur les autres maisons hospitalières desservies 
en Bretagne par les Augustines^ d'autres pièces justificatives, une ex- 
cellente table des noms de personnes citées dans l'ouvrage. — 0. de G. 

39. — Histoire de l'abbaye de Lanvaux, par Tabbé 
J.-M, Guilloux. — Vannes, Lafolye, in-8«, i56 p. 

40. — L'abbaye de Langonnet, par la comtesse du Laz. 
— VanneSy Lafolye, in-8^, 36 p. 

41. — Etude sur le pays de Retz; l'ancien port de Prîgny 
et le grand prieuré des Moutiers, par Tabbé AUard. — Ibid. , 
in-8^ 

42. — La Visitation à Rennes et à Nantes, par A. FI. — 
Mesnil (Eure, imp. Firmin Didot), in-8», 828 p. 



IDB ANNUAIHK UK LA. BRBTAâNB 

i3. — Paroisse Saint-SlmlUen (de Nantes). Souveoirs et 
notes, par L. Clermont. — Nantes, E. Grimaud, in-i6, a4 p- 

14. — L'abbaye de Melleray avant la Révolution, par 
M. l'abbé Guilloiia de Corsoa. — Saint- Brieac, Prudbomiae 
1895, in-8". 



En dehors des Preaoei de Dom Morice, les docu- 
ments sur la grande abbaye de la Trappe de Melleray 
I sont excessivement rares ; c'est donc un nouveau 
et très appréciable service que rend M. l'abbé Guillo- 
lin de Corson à l'histoire ecclésiastique bretonne, 
en publiant une eicellente monographie de cette 
abbaye. M, de Corson traite d'abord de la fondation 
de Noire-Dame de Melleray, au XII' siècle : dans l'énuniération des 
donations Faites aux abbiis, il cite presque toutes les familles nobles 
de la turonoie de Chïteaubriant ; son récit, où l'archéologie et même 
l'art religieux trouvent leur compte, s'arrête au seuil de ce siècle,— 
O, DE G, 

45. — Les anciennes corporations brestoises, par le 
docteur A. Corre. 

46. — L'Instruction publique et les écoles à Brest, avant 
17891 p3'' 'e docteur A. Corre. — Qaintfier, imprlnierie Co- 
tonnec, 1896, in 8°. 

En cette brochure très documentée, M. le docteur Corre prouve que 
les moyens d'instruction ne manquait;nt pas à Brest, à la veille de la 
Révolution : les frères de Saint- Yon instruisaient les petits garçons ; 
les dames de l'Union chrèlienne, les petites Qlles . 11 y avait des maîtres 
de spécialités assez nombreux. Une tentative d'établissement d'école 
mixte, pour les deux sexes, est même relevée par l'érudit écrivain qui 
rend pleine justice & l'enseignement religieux d'autrefois. — 0. de G. 

47. — Quelques jours au Croisic, par Maurice Desmandies. 

— Nantes, Pequignot, in-iC, aiop. 

48. — Notes pour servir à l'histoire de Guérande. — 
Guérande, Viaud, in-3a, 236 p. 

40. — L'Ile de Oroix autrefois, par le doct. J.-B. Vincent. 

— Lorient, de la Morinière, in 8°, 86 p. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 159 

50. — Belle-Ile-en-Mer. Les étapes d'un touriste en France, 
par Léon Trébuchet. — Paris ^ Hennuyer, in-ia, i35 p. 

51. Historique de la lo* brigade d'artillerie (7* et 10* ré- 
giments). — Rennes y in-8'*, 538 p. 10 portraits, 7 cartes et 
33 dessins. 

52. — La fièvre typhoïde à Nantes, par le D' G. Berlin, 
médecin des épidémies. — Nantes^ Mellinet. 1896, in-8**. 

Consciencieuse et implacable étude dont voici la conclusion : 
« C'est donc au nom des victimes de la fièvre typhoïde, maladie 
évi table par ces mesures propty lactiques (exposées ci- dessus) que 
nous demandons à Fadministration municipale d'user des pouvoiis 
que lui donne la loi de 1894, pour assurer la salubrité de notre ville 
et faire disparaître ce fléau qui, annuellement, cause tant de deuils 
et nous coûte si cher. C'est aussi au nom des trop nombreuses vic- 
times de la tuberculose que nous demandons enfin Tamélioration 
toujours ajournée de notre déplorable situation sanitaire. » 

5.3. — Considérations sur le dessèchement du lac de 
Grand-Lieu, par L. deSainl-Quentin. — Nantes, imprime- 
rie F. Salières, 1896, in-8\ 

Il est piquant de voir un de nos contemporains, M. L. de Saint- 
Quentin, revenir, à propos du lac de Grand-Lieu, si déchu de son 
importance, au projet du duc François If. Le duc de Bretagne c pro- 
c posait dans son conseil, en i45o; de faire écouler les eaux du lac 
c et de le dessécher pour tirer des terrains immenses qu'il occupe 
« un parti plus avantageux. » Ce projet, également préconisé par 
ringénieur Ogée, est développé par M. de Saint- Quentin avec autant 
d'humour que de compétence. — 0. de G. 

Ac. — BIO-BIBLIOGRAPHIE, GÉNÉALOGIES, 

NOBLESSE. 

54. — Répertoire général de bio-bibliographie bre- 
tonne, par René Kerviler, bibliographe breton, membre non 
résident du comité des travaux historiques. — Rennes, Plihon 
et Hervé, 1887 à 1896, Aa à Cl, 9 vol. in-8^ 

M. Kerviler est en train d*élever à la gloire de la Bretagne un co- 
lossal monument que toutes les autres provinces pourront nous en- 



1 



160 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

vier, car nous ne sachions pas qu*aucune d'elles, en aucun temps, 
ait songé à entreprendre une pareille besogne. Le programme en 
est simple, mais tellement vaste qu*il épouvanterait toute audace non 
bretonne. Le voici en quelques mots : l'œuvre sera divisée en deux 
parties : Les Bretons et la Bretagne. La première est en cours de pu- 
blication par ordre alphabétique. Etant donné le nom d'un breton 
ou d'une famille bretonne, l'article qui le concerne doit donner Tin- 
dication de tout ce qui a été publié à son sujet, et s'il s'agit d'un 
auteur, la bibliographie de son œuvre complète. La seconde partie 
intitulée la Bretagne donnera la bibliographie, par ordre métho- 
dique de matières, de tout ce qui a été publié sur la Bretagne ou 
sur des parties quelconques de notre province soit par des Bretons 
soit par des étrangers. Neuf volumes ont déjà paru sur les Bretons, 
par fascicules de lo feuilles, à trois par an en moyenne^ et le dernier 
nom cité est celui de Clérec ; c'est-à-dire que les Bretons com- 
prendront à eux seuls une quarantaine de volumes, car on a reconnu 
que les trois premières lettres de l'alphabet correspondent à très peu 
près au quart de Tonomastique bretonne. Beaucoup de sceptiques 
ont hésité à souscrire au début, parce qu'ils ne pouvaient pas s'ima- 
giner qu'il fût possible d'amasser un si grand nombre de matériaux 
et de les mettre en œuvre à jet continu. On prétendait que Fauteur 
ne dépasserait pas la lettre Bet qu'il se découragerait devant la fuite 
presque indéfinie du but à atteindre. Mais la publication se pour- 
suit avec une telle impassibilité, sans dévier un instant du pro- 
gramme annoncé et promis, que les incrédules ont dû désarmer. Ce 
n'est pas seulement l'œuvre d'un bénédictin, a dit un critique, mais 
celle d'un couvent de bénédictins. Il faut en effet que M. Kerviler se 
soit assuré le concours d'un grand nombre de collaborateurs actifs et 
dévoués, pour mener à bien, et sans trace de défaillance, une sem- 
blable entreprise. Les articles les plus remarqués ont été ceux d'A- 
bailard; d'A.nne de Bretagne, de Bécel, de Boulanger, de la Bour- 
donnaye, de du Breil, de Bretagne, de Brizeux, de Caradeuc, de Ge- 
riziers, de Chapelain et de Chateaubriand. Plusieurs ont été tirés à 
part et forment des monographies complètes : celle de Chateau- 
briand, en particulier, qui n'avait jamais été tracée jusqu'ici avec 
une pareille ampleur . Est-ce à dire qu'il n'y ait dans cet ouvrage ni 
lacunes, ni erreurs ? Une telle prétention serait irraisonnée^ et nous 
ne pensons pas que l'auteur lui-même nourrisse une pareille illu- 
sion. Un volume de rectifications corrigera plus tard tout ce qui peut 
se rencontrer d'imparfait dans ces notices dont le nombre dépasse 
déjà cinq mille : mais les services qu'elles rendent aux travailleurs 
sont tels qu'on doit féliciter sincèrement l'auteur de nous les avoir 
données si complètes. — L. G. 



MOUVEMBNT LITTERAIRE INDIVIDUEL 161 

55. — Bibliographie des Traditions populaires de la 
Bretagne, 1882-1894, par Paul Sébillot. — Paris, Lecheva- 
lier, 1896, in-8 de 42 pp. (Extrait de la Revue de Bretagne, de 
Vendée et d* Anjou, t. XII, n" 2, 3, 4, 5). 

Ce mémoire est la suite de celui qui a paru en i88a dans la Revae Cel- 
tique^ en collaboration avec M. Gaidoz. Après Ténumération sommaire 
des œuvres principales antérieures à 1883, on trouve à chaque sec- 
tion rindication de quelques ouvrages qui avaient échappé aux au- 
teurs de la première bibliographie. Les deux recueils sont indispen- 
sables à tous ceux qui s*occupent de Tétude si attachante, et si à la 
mode aujourd'hui, des traditions populaires en général et de celles 
de la Bretagne en particulier. — L. de K. 

56. — La Noblesse Bretonne, par le M'"* de TEstourbeillon. 
— Vannes, Lafolye^ a vol. in-4*. 

Le nobiliaire de M. Fol de Gourcy est un dictionnaire d*une ri- 
chesse inappréciable sur les familles de la noblesse bretonne, mais il 
ne signale qu*un petit nombre de celles qui étaient éteintes avant la 
réformation de 1668 ou qui n'y ont point comparu, et il ne contient 
que très peu de détails sur chacune d'elles. M. de FEstourbeillon a 
pensé que ces deux lacunes devaient être comblées ; mais commQ il^ 
serait difficile d'entreprendre un pareil travail par ordre alphabé- 
tique^ à moins qu'il ne fût tout entier rédigé d'avance, ce qui le ferait 
attendre trop longtemps, il s'est décidé à donner ses notices à mesure 
qu elles sont prêtes et que le hasard de ses recherches l'amène à tel 
ou tel nom. En voici déjà deux volumes. Chaque notice est précédée 
du blason gravé de la famille, et contient une revue très complète 
des principaux personnages qui l'ont illustrée, puis une nomenclature 
de toutes les alliances avec Tindication de leur siècle. C'est surtout ce 
dernier trait qui donne une originalité spéciale aux notices de M. de 
TEstourbeillon et leur constitue un intérêt de premier ordre : sans 
cela, elles risqueraient de faire double emploi avec celles de la Bîo- 
bibliographîe bretonne : mais elles se complètent ainsi l'une par 
l'autre, et leur ordre étant différent, il ne peut guère y avoir de su- 
perposition immédiate. Un autre avantage, c'est que chaque volume 
forme un tout complet. Nous souhaitons de grand cœur à cette pu- 
blication longue vie et légitime succès. — L. de K. 

57. — Dictionnaire héraldique de Bretagne, complé- 
ment de tous les nobiliaires et armoriaux de cette province, 
pour reconnaître les familles par les armoiries peintes, seul* 

13 



162 ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 

ptées^ émaillées ou gravées sur les monuments de toute nature 
et pour justifier de la date de cesmonuments^parPol Potier de 
Courcy, auteur du Nobiliaire et armoriai de Bretagne^ — revu 
corrigé et augmenté, suivant le désir de Fauteur, d'un voca- 
bulaire des termes du blason, le tout mis en rapport avec la 
3* édition du Nobiliaire et armoriai^ par son neveu Edouard 
de Bergevin, avec figures héraldiques par A. de la Bigne. 
— Rennes, Plihon et Hervé, 1896, in-8', 388 p. et a pi. 

La première édition du Dictionnaire héraldique avait paru jadis 
dans le second volume des Mémoires de la Société archéologique des 
Côtes^da-Nord : mais je ne crois pas qu*elle eût été tirée à part, en 
sorte qu'elle n'était guère accessible à tous les travailleurs : c*est 
donc un véritable service que leur a rendu M. de Bergevin en le 
publiant de nouveau et en le mettant à jour : mais il y a encore 
quelques lacunes, même dans le programme qu'on s'était imposé, 
car je ne vois pas mentionnés en leur lieu des pièces et des émaux 
qui figurent à la page 658 du tome III de Courcy. — L. de K. 

58. — Deux anciens armoriaux bretons, par le vicomte 
du Breil de Pontbriand. — Rennes, Plihon et Hervé, 1896, in-8, 
aoa p. 

Le premier de ces armoriaux est celui que dressait pour lui-même 
M. de la Bourdonnaye, un des commissaires de la réformation de 
i668,à la suite de ses rapports. Lesecond^dit du Yaumeloisel, parce qu'il 
a été trouvé dans ce château en St-Potan, se compose des annota- 
tions d'un anonyme à un vieil armoriai de Guy Le Borgne. Tous les 
deux précisent et complètent les armoriaux connus. — R. K. 

59. — Dictionnaire biographique, contenant la liste et la 
biographie des notabilités dans les lettres, les sciences et les 
arts, dans la politique, la magistrature, renseignement^ lar- 
mée, la noblesse, le haut clergé, dans la grande industrie, le 
grand commerce, Tagriculture^la finance, etc., du département 
de la Loire*Infirieure, avec photographies des notabilités de 
ce département. — Paris, Henri Jouve, 1896, in-8*, 27 feuilles 
(soit 43!i p.) sans pagination chiffrée, = id. pour le départe- 
ment d7//e-e/-Fi7ai/ie; — ibid, 1895, in-8®. 

Le titre seul de ces deux volumes développe un programme fort 
attrayant. Le malheur est que ce programme a été beaucoup trop 



MOUVEMENT LITTÉRAIRB INDIVIDUEL 163 

inégalement rempli. Il y a disproportion manifeste entre les di- 
verses notices biographiques de ces recueils. Des personnages de 
première importance sont gratifiés d'une page à peine^ tandis que 
des notabilités de second ordre en absorbent à elles seules une di- 
zaine : on s*est trop adressé aux intéressés eux-mêmes pour la ré- 
daction de ce dictionnaire : on a cru devoir accepter bien des pré- 
tentions sans un contrôle suffisant, et cela manque absolument 
d*unité etdemise au point. Une refonte intelligente et pratiquée 
par une seule personne ferait de ces volumes des recueils très pré- 
cieux pour Thistoire contemporaine. Il est à souhaiter que les édi- 
teurs s* y décident s'ils veulent assurer le succès de nouvelles édi- 
tions. — R. K. 

60. — Anciens registres paroissiaux de Bretagne (bap- 
têmes, mariages, sépultures) par Tabbé Pàris-Jallobert. — 
Rennes ^Vlihon et Hervé^dixiëme année, 1896^ lo fascicules in-S**. 

M. Tabbé Pàris-Jallobert a entrepris la besogne colossale de dé- 
pouiller tous les registres paroissiaux des anciens diocèses de Rennes, 
Saint-Malo et Dol, et de nous en donner la substance en fascicules 
paroissiaux qui paraissent chaque trimestre depuis l'année 1891. 
Pour donner une idée de ce labeur gigantesque qui rendra les plus 
grands services aux biographes futurs, nous nous contenterons de 
donner ici la liste des registres qu'il a analysés de 1891 à 1S96 : 

Première année, 1891 : Argentré, Aublgné, Balazé^ Gornillé, Erbrée 
et .Mondevert, Etrelles, la Bazouge-du-Désert, le Hinglé, Lieuron, 
Messac, Parce, Québriac, Sain t-Aubin-des- Landes, Saint-Aubin-du- 
Cormier, Saint-Hélen, Tremblay. 

Seconde année, 1892 : Bain, Carfantain, Laignelet, les Ifs et Saint- 
Brieuc, Monlreuil-des-Landes, Moulins, Paramé, Parigné, Pleine- 
Fougères Romasy, Saint-Didier, Saint-Enogat, Saint-Uniac. 

Troisième année, 1893 : Rannée et la Guerche, Antrain, Saint- 
Jouan-des-Guérets, Dol, Saint-Tual, Betton. 

Quatrième année^ 1894- : Vitré (1*' fascicule), Saint-Léger, Trévé- 
rien, Saint-M'Hervé^ Dompierre-du-Chemin, Gendres, Acigné, Saint- 
Ideuc, la Valette, Lecousse, Saint-Lunaire de Pontual, Quédillac, 
Pancé, la Gelle-Guerchoise. 

Cinquième année^ 1895 : Vitré (a^ fascicule), Saint-Coulomb, Brie^ 
Bréal-près-la-Gravelle, Louvîgné-du-Désert, Servon, Saint- Briac, 
Montreuil-sur-Ille, Gomblessac et N.-D. des Brûlais, Montautour. 

Sans compter ceux des églises protestantes de Vitré et de Gleusné 
qui avaient paru antérieurement. L. de K. 



164 ANNUAIBX DE LA BRETAGNE 

61. — a, 500 actes de l'Etat-civU ou notariés (XV 
XVIII' siècle), par le marquis de Graoges de Surgères. — 
Nantes, Grimaud', in-S* de 476 pp. 

Parmiles sources de renseigne- 
I mentsqu'il est indiapensableà tout 
cliei'cheur de consulter pour les 
travaux historiques et nobiliaires, 
l'on doit placer au premier rang, 
comme on vient dele reconnaître 
i à l'article qui précède, les Anciens 
registres des paroisses. C'est Iknoe 
mine trop souvent ignorée et à 
laquelle cependant l'on ne sau- 
rait trop avoir recours en raison 
des renseignements multiples et 
variés qu'elle fournit sur les fa- 
milles comme sur les individus. 
En dehors des mairies où sont 
conservés régulièrement ces registres, il est aussi certains dépôts 
comme les archives départementales, qui en recèlent de nombreux 
extraits figurant dans maints dossiers pour des causes diverses, do- 
cuments précieux que l'on n'irait peut-ëlrc pas chercher à leur 
source première, mais qu'il importe de recueillir comme un 
appoint de premier ordre pour l'histoire des anciennes familles. 
C'est ce qu'a parfaitement compris M. le marquis des Granges de 
Surgères, en publiant les nombreuses pièces de celte nature, ren- 
fermées dans les 81 1 liasses de la Série E. des Archives déparlemenlales 
de la Loire-Inférieare où il relève a,5oo actes concernant les familles 
nobles de nos provinces de l'Ouest. Un ingénieux système de tables, 
aussi simple que nouveau, permet de trouver en un clin d'ceil le ren- 
seignement cherché. — Alaim de Botmelas. 

62. — Nommée des nobles et anobliz retenuz pour la 
garde des Villes et chasteau de Nantes. De l'année 1522. Docu- 
ment inédit publié sur le maDuscrît original par le marquis 
de Granges de Surgères et tiré à yS exemplaires. — Nantes, 
iSgS.Jn-S". 

' Cl-dessoua la marque de l'imprimerie Grimaud, composée et gravée 
par Octave de Hochebrune. On remarquera que c'est la galère dei armes de 
MtolMKvec la deviie chrïaliaDiaée. Favet Nepli^Hta eunti est traduit par 
Dieu la conduise ! 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 165 

63. — Anciens registres (baptêmes, mariages, sépultures) 
des églises réformées de Nantes et de la Loire-Inférieure, 
par le M** de Granges de Surgères, — Nantes j chez l'auteur, 
in-8% 78 p. 

Ces actes des registres protestants de Nantes, Blain, le Ponthus, 
Sucé et Veillevigne, étaient épars dans de nombreux dépôts. M. de 
Surgères en a extrait une foule de renseignements qui rendent ce vo- 
lume indispensable aux historiens des familles protestantes en parti- 
culier et bretonnes en général. — R. K. 

64. — Tableaux généalogiques, notices et documents iné- 
dits au soutien du mémoire où il est fait mention de plusieurs 
familles établies à Vitré et paroisses environnantes aux XP, 
XVI% XVIP et XVIW siècles, par Ed. Frainde la Gaulayrie; 
septième fascicule. — Bennes, Plihon et Hervé, in-4 de 91 p. 

Parmi les documents qui composent ce fascicule, deux des plus in- 
téressants sont : le Journal de Pierre-Anne-Ignace Hardy et la Des- 
cription du manoir de la Guichardière, C'est une précieuse contri- 
bution apportée de plus par le consciencieux éditeur de tant de mé- 
moriaux domestiques, à l'histoire des familles de Vitré. — L. de K. 

65. — Histoire généalogique de la famille Juchault delà 
Moricière et des Jamonières, de ses alliances et des sei- 
gneuries qu'elle a possédées en Bretagne, par Théodore Cour- 
taux. — Paris, cabinet de rHistoriographe, 1896, in-8**. 

La famille Juchault est originaire de Nantes, où on la trouve repré- 
sentée dès le XV« siècle ; elle a donné un président à la Chambre des 
Comptes de Bretagne, un maire de Nantes sous Louis XIII, des 
députés aux Etats, un capitaine au régiment d'Orléans, et a été enfin 
illustrée par un général, ministre de la guerre et représentant du 
peuple en i848, un des conquérants de TAfrique française et un des 
plus fermes soutiens de la papauté. Les seigneuries de la Moricière 
et des Jamonières, toutes deux sises en la paroisse de Saint- Pbilbert 
de Grand-Lieu, sont entrées au XVIII® siècle, par le mariage de 
Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie avec Christophe 
Juchault, dans la famille de ce dernier. Les Juchault de la Mori- 
cière se sont éteints, en i865^ avec le général dont le fils unique 
mourut en bas-âge ; mais les J. des Jamonières existent encore au pays 
Nantais. A la fin Fauteur donne la liste des publications relatives au 
général de la Moricière. — O. de G. 



166 ANNUAIRB DE L\ BRETAGNE 

66. — Notice généalogique et historique sur la maison 
du Chaffault, par S. de la NicoUière-Teijeiro {Bulletin héral- 
dique de France, août 1895). 

67. — Histoire d'une maison bretonne et de ses origines 
Anglo-Normandes, par Robert de Gourson de la Villeneuve, 
tome I*', Origines. — Vannes, Lafolye, 1896, in-8» de 5o6pp. 

C'est le premier volume d'une importante étude sur la noblesse 
bretonne. En effet, bien que l'objectif indiqué soit l'historique de 
la Maison de Coursons les phases successives traversées par la plupart 
des anciennes familles nobles de Bretagne s'y trouvent étudiées et 
décrites avec un soin scrupuleux. Grâce à cette largeur de vue, l'ou- 
vrage échappe aux données souvent un peu étroites des travaux 
généalogiques. C'est de l'histoire, mettant en lumière, non plus cette 
fois les personnages de premier plan, les ducs ou les princes, mais 
des chevaliers et seigneurs mêlés d'assez près aux événements pour 
qu'avec eux nous suivions les principales péripéties de notre vie na- 
tionale. — Pitre de l'Islb du Dréneug. 

68. — Généalogie de la maison de Berthou en Bretagne. 

— Nantes, Deroual, Joubin et G*% 1896, in-4", 77 p. 

M. Paul de Berthou, un des représentants actuels de cette ancienne 
famille de Tévèché de Saint-Brieuc, a récemment conquis son di- 
plôme d'archiviste paléographe à TEcole des Chartes, et il a tenu à 
consacrer son premier ouvrage à ses ancêtres. C'est dire avec quel 
soin cette généalogie a été traitée. — R. K. 

69. — Les La TrémolUe pendant cinq siècles. — Nantes, 
Grimaud, 1890 à 1896, 5 vol. in-4*'. 

Les La Trémoille étaient barons de Vitré. C'est à ce titre que les 
magnifiques volumes, luxueusement imprimés par Grimaud pour le 
duc de La Trémouille, intéressent particulièrement la Bretagne. On 
y rencontre de nombreuses chattes sur des personnages bretons, en 
particulier, sur les Goëtivy. — - R. K. 

70. — Jeanne de Montmorency, duchesse de la Tré- 
moille, et sa fille la princesse de Coudé (1573-1620). 

— Nantes, Emile Grimaud. In-8% de 196 pp. 

71. — Une famille bretonne au Canada. M'^'d'Youville, par 
le comte E. dePalys. — Rennes, H. Caillière, in^** de io4 pp. 



MOUVEMENT LITTÉHATRE INDIVIDUEL 167 

72. — Généalogie de la maison de Saisy de Kerampuil, 

suivie de pièces justificatives et complémentaires (par M^* la 
comtesse du Laz, née de Saisy). — Vannes^ Galles, 1896, in- 
8<*, gravures et portraits, 3oa p. 

Les de Saisy sont originaux du Nivernais, mais établis en Bretagne 
dès le milieu du XIV° siècle, et représentés de nos jours par uq ^n<- 
cien député des Gôtes-du-Nord à F Assemblée nationale de 1871, de- 
venu sénateur inamovible, M"^* du Laz, qui s'est déjà fait connaître 
par de consciencieux travaux sur les anciennes baronnies de Rostre- 
nen et du Faouêt, a déployé dans ce nouvel ouvrage toutes les res- 
sources que rérudition peut mettre' au service de la piété filiale* 

R. K. 

73. — Les Saintes de la Bretagne, du R. P. Albert Le 
Grand, avec introduction par Ch. Le Got^c (Nouvelle Biblio- 
thèque populaire). — Paris^ Henri Gauthier, în-i8. 

Avant de donner au public la fine fleur de Thagiographie féminine 
d^ Albert Le Grand, l'auteur caractérise ces saints autochtones aux- 
quels la Bretagne est inébranlablement attachée^ les guérisseurs, 
les protecteurs du pauvre, les patrons de la vie des champs, tous 
4 bons >, dans le sens d'utiles ; puis dans le précieux recueil du re- 
ligieux morlaisien, M. Le Goffic a choisi sainte Nennok,sainte Ursule, 
reine de Bretagne, fondatrice d'un ordre célèbre, qui répandit pour 
la foi son sang et celui des onze mille vierges, ses compagnes ; la 
bienheureuse Ermengarde d'Anjou, qui fit une des premières le 
pèlerinage de Terre-Sainte ; la bienheureuse Françoise d'Amboise, 
qui échangea le manteau de cour de la duchesse de Bretagne, 
contre la robe de bure des Carmélites. M. Le Goffic a grossi son opus- 
cule de la Notice sur la fondation deN.-D. du Folgoety petit chef d'œu- 
vre qu'il a reproduit in-extenso. — 0. de. G. 

74. — Panégyrique de saint Brieuc, prononcé dans la ca- 
thédrale de Saint-Brieuc, le 19 avril 1896, par M. Tabbé 
Duchêne. — Saint-Brieuc, R. Prud'homme, 1896, in-8». 

75. — Renée de France, duchesse de Ferrare (une pro- 
tectrice de la réforme en Italie et en France), par E. Rodoco- 
nachi. — Paris, Paul Ollendorf, 1896^ in-8°, 578 p. et portrait. 

Ce livre de vaste érudition, qui vient d'être couronné par TAcadé* 
mie française, nous appartient puisque Renée de France était la sœur 



168 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Cadette de la reine Claude et la fille par conséquent de la reine Anne 
notre dernière duchesse. Son existence tourmentée y est retracée sur 
le vif à Taide de nombreux documents inédits et de lettres originales 
fort curieuses : mais je m'étonne que le savant historien n'ait pas 
complété son étude en recherchant ce qu'est devenu toute la des- 
cendance de Renée. Il me semble bien avoir lu, il y a quelques 
années, dans Y Intermédiaire des chercheurs et des curieux, une généa- 
logie bien continue démontrant que la maison de Mun actuelle en 
provient par les femmes. Il y a là une coïncidence fort piquante. Un 
député de Bretagne descendant de la reine Anne^ cela n'est point 
précisément banal. L. de K. 

76. — Histoire du vénérable serviteur de Dieu Julien 
Maunoir, de la compagnie de Jésus^ par le P. Xavier-Augusle 
Séjourné, de la même compagnie. — Paris et Poitiers, H. Ou- 
din, 1895^ a vol. in-8°, de 45o et 432 p. et portrait. 

Cet ouvrage, dédié par l'auteur <( à NN. SS. les archevêques et 
évoques de Bretagne », arrive à point nommé, au moment où vient 
de se constituer le tribunal ecclésiastique pour Fenquête de canoni- 
sation du zélé missionnaire, précurseur du Bienheureux de Montfort. 
On avait déjà deux vies du P. Maunoir, Tune par le P. Boschet en 
1695, l'autre par le P. Leroux en 17 15, toutes les deux dédiées à 
« Nosseigneurs des Etats de Bretagne. 1 Celle-ci a été complétée par 
de précieux documents inédits puisés dans les bibliothèques publiques 
ou privées de Bretagne et dans les archives romaines. Les membres 
du tribunal d'enquête ne pourront pas trouver de meilleur guide 
pour leurs travaux, et tous ceux qui s'intéressent à l'histoire ecclé- 
siastique de la Bretagne y puiseront les renseignements les plus im- 
portants et les plus sûrs. R. K. 

77. — La comtesse de Pontbriand, par le R. P. M.-D. Gha- 
potin, des frères prêcheurs. — Paris, bureaux de V Année do- 
minicaine, 1896, in-8^ 34a p. et nombreuses gravures. 

Née en i678, la comtesse de Pontbriand s'appelait Sylvie Marot de 
la Garaye. Depuis les premières années du XVIII* siècle, le nom de 
M. et deM"^* de la Garaye, qui pendant plus de quarante ans firent 
de leur demeure seigneuriale le palais des pauvres, est synonyme j de 
la charité poussée jusqu'à l'héroïsme. Mais ce que la Bretagnfe a 
presque oublié et ce que la France ignore, c'est que, trente-trois tans 
avant qu'ils ne transformassent leur château en hôpital, y était vemue 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 169 

au mon4e une enfant qui devait rivaliser avec eux de dévouement 
pour les pauvres et s'élever dans la passion de Thumilité et de la pé- 
nitence jusqu'à des hauteurs que la vie des saints a seule connues. 
Onrappella dans le monde la comtesse de Pontbriand ; c'était la sœur 
puînée de M. Marot de la Garaye. Le R. P. Ghapotin a intercalé dans 
le récit de sa vie un grand nombre de lettres qui en rendent la lec- 
ture plus attachante, et il l'a illustrée de nombreuses gravures parmi 
lesquelles on regrette de ne pas trouver le portrait de M^^ de Pont- 
briand. R. K. 

78. — Le vicomte de Toustain de Richebourg et la Sei- 
gneurie de la Grée de Gallac, par le comte de Bellevue. — Ren^ 
neSy Plihon et Hervé^ 1895, in-8^ 64 p. 

La maison de Toustain était d*origine danoise, et la branche de 
Richebourg établie en Normandie. Gharles-Gaspard de Toustain fit de 
la Bretagne sa patrie d'adoption et s*y distingua par de nombreux 
ouvrages en prose et en vers. C'est une figure originale et que M. de 
Bellevue a bien mise en relief. L. de K. 

79. — Lettres inédites de Th. M. Laênnec, publiées par 
le D'Corre, — S. D., în-8°. 

Le D** Corre a extrait des Archives de la municipalité de Brest des 
lettres piquantes et une chanson d'actualité de Théophile-Marie 
Laennec, datées de 1789, qui justifient ce titre donné par la Biogra" 
phie bretonne an magistras bas-breton : esprit fécond et léger. 

G. DE G. 

80. — La comtesse de Nantois, dite la Muse bretonne, 

par le président Trévédy. — Saint-Brieuc, gr. in-8' de 43 pp. 

Gette femme d'esprit, qui fut la fondatrice de la Société patriotique 
de Bretagne, a été oubliée dans un volume publié par la Société des 
Bibliophiles bretons en 1883 : Les Femmes poètes bretonnes, M. Tré- 
védy, voulant réparer cette omission,lui a consacré une étude spéciale 
très intéressante. Marie-Madeleine-Jacquette de Quérangal, née à 
Josselin (Morbihan), le 2 juillet 1748, morte à Jersey, le 8 mars 1795, 
composait de fort jolis vers dont la plupart sont malheureusement 
perdus. M. Trévédy donne beaucoup de détails sur la Muse bretonne, 
sur sa famille, sur la famille de son mari Rodolphe de la Goublaye, 
seigneur de Nantois, sur le château de Nantois, sur la Société pa- 
triotique fondée en 1780, etc. Ge sera plus tard un des chapitres les 
plus curieux de Thistoire de cette société. L. de K. 



170 ANNUAIRE DB LA BRETAGNE 

81.-— Le capitaine La Tour d'Auvergne, premier gre- 
nadier de France, par Emile Sicard. — Paris, Perrîn, 
1896, in-ia de 39a pp. 

82. — La vie et les travaux de Charles Le Maout (i8o5- 
1887), par Eugène Hoffmann, préparateurau Lycée Mîchelet, 
professeur de physique à TAssociation philotechnique de Paris. 

— Le Havre, F. Leroy, 1896. 

Chimiste, météréologue et journaliste, le pharmacien Charles Le 
Maouet a travaillé sans relâche pendant soixante ans, et eût proba- 
blement^ comme son frère le botaniste, conquis un renom durable 
si sa modestie ne Tavait confiné dans la petite ville de Saint- 
Brieuc au lieu de continuer les travaux parisiens qui lui avaient valu 
jadis Tamitié de Vauquelin et de Darcet. Un autre briochin, M. Hof- 
fmann, nous raconte cette laborieuse existence et en fait ressortir la 
constance et le désintéressement. C'est à la fois une œuvre intéres- 
sante et une bonne action. — L. de K. 

83. — P.-A. Michel^ ancien magistrat, par le R. P. Léon, su- 
périeur du collège Saint-Sauveur de Redon. — Rennes, Simon, 
1895, in-i8. 

C'est la vie de Tancien président du tribunal de Saint-Malo» petit 
fils du député de Lorient à la Convention (ce qu'on ne dit pas), et 
zélateur de toutes les œuvres catholiques. 

Ad, — ARCHÉOLOGIE, LINGUISTIQUE, ETC. 

84. — L'hiistoire préhistorique d'après les faits (fouilles du 
Finistère), par le baron Halna du Frétay. — Quimper, Coton- 
nec, in-80. 

85. — Etudes de droit celtique, par d'Arbois de Jubaînville. 

— Paris, 1895, in-8'*. 

86. — Notes sur quelques découvertes faites à Car- 
haix, par Paul du Chatellier. — Paris, Leroux, 1896, in-8». 
(Extrait de la Revue archéologique). 

87. — Les temples romains dans le Finistère, par le ba- 
ron Halna du Fretay . — Quimper, imp. Cotonnec, in-8° de 34 p. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 171 

88. — Les villes disparues de la Loire-Inférieure. — Bezéy 
IP volume^ I'* livraison par M. Léon Maître, archiviste de la 
Loire-Inférieure. — Rennes^ typographie Oherthur, in-8% 67 p. 

89. — Monuments et Souvenirs de la France à Rome,par 
Léon Monteuuis — Lt7/e, Taffin-Report, 1896, in-8* i3op. 

Il y a dans cet ouvrage tout un chapitre consacré à la Bretagne à 
propos de St-Yves des Bretons, des chevaliers de Texpédition de Syl- 
vestre Budes, et du combat des dix bretons contre dix allemands. 

90. — Un chef-d'œuvre de la Miniature française sous 
Charles Vni. — Saint Michel apparaissant à Charles VIII 
sous les traits de la reine Anne de Bretagne, publié par M. Paul 
Durieu, conservateur-adjoint au Musée du Louvre, d'après le 
Mss. i4.363 du Fonds français de la Bibliothèque nationale.-— 
Arcis-sur-Aube, imp. Léon Fremont, gr. in-4». 

91. — L'Hermine. Etudes héraldiques, par S. de la NicoUière. 
— Vannes, imp. Lafolye, in-8®, de 4o p. 

92. — Le Trésor de Châteaubriant par Louis Le Leu. — 
Limoges, Ardant, in-8** de pp. 191 avec gravures. 

93. — Le Tombeau de Thomas James dans la cathédrale 
de Dol, par Henri de Kerbeuzec. — Rennes, iSgS, in-8\ 

Cette célèbre église possède le mausolée d*un de ses évèques^ Tho- 
mas James, œuvre brillante de la Renaissance. Antonio et Giovanni 
Giusto sont les auteurs de ce monument de style italien, que nous 
pouvons admirer encore, malgré l'injure du temps et la négligence 
des hommes : « ils ont écrit dans la pierre blanche » — dit M. Henri 
de Kerbeuzec — « une superbe page de rhétorique ». 

94. — Inventaire cartographique des Archives d'IUe-et- 
Vilaine, du Musée archéologique de Rennes et de la biblio- 
thèque de M. de Palys pour les époques antérieures à 1790, 
par M. Léon Vignols. (Extrait du Bulletin de géographie his- 
torique et descriptive, et tiré à part). — Paris, imp. nationale, 
in-8<* de 4o p. 

Ce travail signale l'existence à Rennes de cent douze pièces carto- 
graphiques, dont cinquante-neuf manuscrites ; vingt d'entre elles, 



172 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

toutes imprimées, sont du WII" siècle, et six sont anonymes ; il met 
en outre en lumière plusieurs documents curieux, entre autres « une 
carte géométrique et détaillée de la partie des costes de Bretagne qui 
s*estend depuis Saint-Malo jusqu*au cap Fréhel », levée par Tabbé de 
Lespinasse de Villiers (n® 44), qui manque aux collections de la Bi- 
bliothèque nationale. Deux tables bien faites facilitent le maniement 
de cet inventaire. (Polybiblion), 

95. — Les Heures bretonnes du XVr siècle. Mémoire 
suivi de notes sur quelques livres bretons du XV* et du XVI* 
siècles, par M. Léopold Delisle. — Paris, gr. in-S" de Sg p. 
(Extraits du tome LVI de la Bibliothèque de r école des Chartes). 

Dans cette remarquable étude, le savant directeur de la Bibliothèque 
nationale a complété tout ce qui a été dit par ses devanciers sur 
les célèbres Heures bretonnes. A la description des deux exem- 
plaires, à divers détails fournis sur Jacques Kerver, lequel imprima 
en 1576 la traduction bretonne du catéchisme de Ganisius, omise 
par le R. P. G. Sommervogel au tome II de sa nouvelle édition de la 
Bibliothèque de la Compagnie de Jésus ^ et sur Gilles de Kerampuil, 
curé de Gléguer, etc., succèdent (en appendice) des notes sur le 6'a- 
iholiconde Jean Lagadeuc (1499-152 1), sur les Calendriers bretons, sur 
le Mystère breton de la Passion (i53o), sur le Mystère de sainte Barbe 
(i557J, sur le Miroir de la mort (1575), sur la Vie de sainte Catherine 
(1576), sur le Petit Catéchisme de Pierre Canisias, traduit par Gilles de 
Kerempuil (1576), avec reproduction de Tépltre dédicatoire «à mes- 
sire Françoys de la Tour, evesque de Gornouaille > ^ et de Tavis « aux 
lecteurs catholiques. » A la fin de sa précieuse brochure, M. Delisle 
donne le fac-similé d'une page des Heures bretonnes, — P. S. 

96. — Grammaire bretonne du dialecte de Vannes , par 
M. Tabbé Le Bayon. — Vannes, Lafolye, 1896, in-4% 80 p. 

Gette grammaire est disposée en tableaux très clairs et bien divisés. 

97. — Glossaire moyen breton, par Emile Ernault, pro- 
fesseur à la Faculté des Lettres de Poitiers. Deuxième édition, 
corrigée et augmentée avec une préface, etc. — Paris, E. 
Bouillon, 1895-96, 2 vol. in-8'>de 3o8-336p. 

La première édition avait paru à la suite du Mystère de sainte 
Barbe publié par la Société des Bibliophiles bretons, G'est un précieux 
recueil d'une érudition sûre et abondante. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 173 

98. — Dictionnaire breton françois du dialecte de Vannes, 
de Pierre de Chalons, réédité et augmenté des formes corres- 
pondantes jusqu'ici inédites du bas vannetais, de nombreux 
rapprochements avec les autres dialectes bretons et le gallois, 
suivi d*un appendice renfermant d'importants extraits du dic- 
tionnaire français-breton manuscrit du même auteur ; par 
J. Loth, doyen de la Faculté des Lettres de Rennes. — Rennes^ 
Plihon et Hervé, iSgS, in-8", ii5 p. 

Le titre de cet ouvrage nous dispense de plus amples explications 
et le nom du savant éditeur suffit pour dire avec quel soin les cor- 
respondances ont été établies. LHntroduction contient une notice 
sur Pierre de Ghalons, qui était Lyonnais. — R. K, 

99. — La langue bretonne et les écoles, — S. L. N. D. (5/- 

Brieuc), in-8° de 3i. pp. 

C'est un éloquent plaidoyer — j^allais presque écrire une homélie 
— pour la langue bretonne que le double enseignement, officiel et 
congréganiste, écarte, de plus en plus, des écoles de nos trois dépar- 
tements de Basse-Bretagne. L'auteur anonyme signale et déplore le 
mal, et indique les remèdes. Il y a là d'excellents conseils à suivre. 

100. — - Notice sur quelques patois de llile-et- Vilaine et du 
Sud de la Manche, par M. A. Berthelot (Ext. des Annales de 
Bretagne). 

Ae. — TRADITIONS POPULAIRES 

Les publications sur les traditions populaires 
de Bretagne ont été nombreuses de 1880 à 1894, 
ainsi que Ton peut s'en convaincre en lisant les 
deux Bibliographies spéciales qui leur ont été 
consacrées^ Pendant ces deux dernières années, 

il y en a peu à enregistrer, et aucune n'est capitale. En voici le 

résumé : 

1 il. Gaidoz et Paul Sébillot : Bibliographie des traditions et de la 
liliérature populaire de la Bretagne^ 1882, in-S" de 64 pp. ; Paul Sébillot, 
Bibliographie des Traditions populaires de la Bretagne, 1882-189/i. La- 
folye, i8î)6, in-8o de 4a pp. 

Fleuron réduit de la Rtvue des Traditions populaires 




174 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



101. — Le livre de M. Eugène Herpîn, la Côte d'Emeraude, 
Saint'MalOy ses souvenirs {Rennes^ H. Caillîère, 1895, in-8* de 
5oa pp.,) est surtout un chapitre d'histoire locale pittoresque. 

Depuis quelques années, on a donné le nom de « côte d'éme- 
raude », un peu à Tiroitation de « la côte d^azur » des environs de 
Nice, à la partie du littoral de la Manche comprise entre Gancale et 
le Gap Fréhel, dont Saint- Malo forme à peu près le centre géogra- 
phique et dont il est incontestablement la capitale à d'autres titres. 
G est en effet un fort beau pays, où se trouvent réunis les aspects les 
plus variés de la mer, des rivières et de la campagne. 11 n'en est 
guère qui soit plus riche au point de vue légendaire^ et, s*il m'est 
permis de rappeler un souvenir personnel, c'est en quelques coins 
de cette côte que j*ai recueilli mes contes les plus intéressants, et parmi 
eux tout le volume des Contes des Marins, M. Herpin ne s'est point pro- 
posé de faire uniquement œuvre de traditionniste ; il a voulu écrire un 
livre sur la vieille cité des corsaires, qui a aussi été celle des poètes et 
des penseurs^ et c'est surtout elle qu'il a décrite avec amour, dont il 
a relevé les particularités, les anciens usages, les légendes. Parmi 
celles-ci, il en est, dans la série des légendes religieuses, qu'il a un 
peu embellies, et que d'ailleurs, il raconte généralement de seconde 
main ; mais il en est bien d'autres pour lesquelles il n'y a pas lieu 
de faire ces réserves, telles sont : Fenfant du diable, — petit monstre 
qui est envoyé par Satan à un meunier et à sa femme qui désiraient 
à tout prix un enfant, — les fées de la Hoguette, variante des Nains 
et des jours de la semaine, etc. 

Le récit populaire du château des Bigorneaux est original ; une 
pauvre vieille marchande de brigots (vignots ou bigorneaux) n'ayant 
pu aller faire sa récolte de coquillages la veille de Noël, vit, après 
une prière, des bigorneaux venir remplir le sabot de son enfant, et 
se coller sur les murs de la maison, en si grande quantité que le len- 
demain la bonne femme put les vendre à pleine écuellée. Ge miracle 
se renouvelle tous les ans, mais seuls peuvent voir les bigorneaux qui 
tapissent le devant de la vieille maison, ceux qui n'ont pas une seule 
faute vénielle à se reprocher. 

Le chapitre des Métiers disparus est très intéressant, ainsi que celui 
des Gris de la Rue, l'un des mieux venus de ce livre, où l'on trouve 
aussi une foule de détails sur les différentes fêtes et réjouissances de 
Tannée. — P. S. 

102. — Les Contes de prêtres et de moines recueillis en 
Haute-Bretagne^ par Paul Sébillot (Palerfne, 18^5 in-8* de 24 p^ 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 175 

ext. de VArchivio) sont au nombre de dix-neuf; ils sont 
conçus dans un esprit qui rappelle celui des fabliaux ; la satire, 
parfois vive et souvent assez leste, n'est pas au fond bien 
malveillante pour le clergé. 

103. M. P.-M. Lavenot, Tauteur des Légendes et contes du 
pays de Vannes (Vannes^ Laîolye, 1895, in-8* de 62 p. ext. 
de la Revue morbihannaise) avait déjà donné à la Revue des 
Traditions populaires une intéressante série de devinettes du 
Morbihan, et une suite d'aventures du diable dans le pays de 
Yannes. Les récits, très bien recueillis, qui figurent dans sa 
nouvelle brochure sont au nombre de dix-neuf. 

10 i. — C'est dans le village de Plougasnou^ à quatre lieues de 
Morlaix que M. Henri de Kerbeuzec a trouvé les matériaux du 
livre qu il intitule Cojou Breiz (Pam, Bouillon^ 1896, in-i8 
de p. 1X-161). Il s'occupe d'abord des chapelles de la région et 
des légendes qui s'y rattachent. Dans la seconde partie, les 
poèmes, il donne, en traduction seulement, une vingtaine de 
chants populaires. Deux enfants lui ont raconté douze contes, 
qui sont, même ceux qu'il n'a pas abrégés, beaucoup plus 
courts et d^allure plus rapide que les récits du pays bretonnant 
recueillis jusqu'ici ; l'un des plus curieux est une version du 
« Pape Innocent », très différente du conte long et touffu que 
Luzel a publié sous le même titre. 

105. — Quelques parties du livre de Charles de la Paquerie : En 
Bretagne {Tours, 1876, in-i8), se rattachent aussi aux tradi- 
tions populaires. Il émaille de récits son carnet de voyage. Il 
retrouve à Ouessant un conte déjà recueilli dans les Côtes du- 
Nord, par F.-M. Luzel, Y Ermite voyageant avec un inconnu. Des 
matelots l'entretiennent des morganed et morganezed, tritons 
et sirènes de la mythologie celtique. 

106. — On trouvera aussi beaucoup à puiser pour les traditions 
populaires dans le volume sur Jacques Doremet> sa vie 
et ses ouvrages, avec de nouvelles recherches sur les pre- 
mières impressions malouines, par F. Joxion des Longrais. -« 
Rennes, Plihon et Hervé, p. in 8°. 



176 ANNUAIBE DE LA BRETAGNE 

Cet ouvrage^ qui n'est pas à pagination continue, fait partie de la 
collection des pièces rares et inédites sur la Bretagne. Il contient la 
réimpression de l'introuvable livre de l'Antiquité de la ville et cité 
d'Aleth(St-Malo, i6a8) ; et le c Récit véritable de la venue d'une C^ne 
sauvage dans la ville de Mont fort », réimpression de l'ouvrage com- 
posé en i65a par le P. Vincent Barleuf. Dans une curieuse préface, 
M. J. a réuni par ordre chronologique les témoignages relatifs à la 
célèbre cane, depuis celui de Fulgose en i48o, jusqu'aux ouvrages 
publiés de nos jours. Il a réimprimé également les attestations du 
miracle données à diverses époques^ et il a reproduit une partie de 
la grande verrière du XV* siècle (aujourd'hui détruite) de l'église 
Saint-Nicolas de Montfort, où la cane avec trois canetons est sur le 
premier plan, en avant du saint et des trois enfants dans le baquet. 
Avec la bibliographie des ouvrages où il est question de la cane, 
M. J. a donné les versions connues de la chanson où elle figure avec 
le titre habituel de « fille du pais du Maine » . La dernière pièce 
réimprimée n'était connue que par une mention d'Ogée ; c'est 
« l'Histoire d'une galette de bled noir miraculeusement ensan- 
glantée pour avoir esté faite durant la procession et la Grande 
Messe de la feste Dieu en Tan 1637 », qui a trait à la punition de 
personnes qui n'avaient pas observé la fête. 

107. — Enfin dans diverses revues, plusieurs articles importants 
sont à signaler : 

La Revue des Traditions populaires nous offre les Notes sur 
Vile de Balz, de G. Milin, t. x^ p. 5a , 234 ; et les Contes , devinettes, 
formulettes , proverbes ^ etc., recueillis à Bréal-sous-Montfort 
(Ille-et-Vilaine), de M. Rodolphe Le Chef (les contes sont au 
nombre de i5) ; p. 58o, 660. Beaucoup des matériaux de la 
série Métiers et professions dans ce volume (iSgS) et le sui- 
vant, proviennent de la Bretagne ; Paul Sébillot. Co/i/6^ de 
la Haute-Bretagne y récits surnaturels, 1896, t. xi. p. 282, 
Contes comiques, p. 299, 390, 445, 5o4, 599, 633 ; H. Le 
Carguet, Superstitions du Cap-Sizun, p. 288. 

Mélusine. — E. de Schoultz Adaievsky. Airs de danse du 
Morbihan, t. vn. 

Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou. — Chansons 
populaires de la Haute-Bretagne ^-çdjc A. delà Borderie, Nou- 
velle série, t. xm (1895), p. 32, 112. 



MOUVEMENT LITTERAIRE INDiViCUEL 177 

Annales de Bretagne. — Les Saints Bretons d'après la Ira- 
dition populaire, par A. Le Braz, l. x. 

Revae Celtique. — Gwerziou Breiz hel, complaintes de la 
Basse Bretagne, par A. le Braz, t. xvii, p. a64. 



Une fen^mc de Saint-Jaciit racoi 
par Paul Hcrcouft pour une édi 
Bretagne, u 

FINALE DE CONTE 

Ils flrcnt une belle noce ; il y avait des barriques de vin à tous les 
carrefours, des cochons rôtis qui couraient par les rues avec des four- 
chettes surlc dos, du poivre et du sel dans les oreilles, et de la mou- 
tarde à la queue, et qui voulait en coupait un morceau. 

J'étais chargé de faire la sauce ; mais j'eus la sottise d'y goûter et 
l'on me mit dehors. Alors je m'en allai sur le pont de Gouédi. EL voilà 
le conte fini. Paul Slbillot. (Haute- Bretagne). 



178 ANNUAIUE DE hk BRETAGNE 



B. — LES POÈTES BRETONS EN I89S-I896 



Les deux années qui viennent de s'écouler nous apportent un 
contingent respectable de poètes bretons. De iSqS et de 1896 la 
Bretagne peut prosque dire ce que Pline le Jeune disait d'une 
année romaine : Magnum provenlum poetarum hic annus attiilit. 

108. — M. Joseph Rousse, très délicat poète lui-même et l'un 
des meilleurs disciples de Brizeux, a publié chez Lethielleux un 
volume d'une élégante et érudite simplicité sur la Poésie bretonne. 
C^est une revue des poètes bretons celtiques (bardes populaires 
et bardes lettrés) et des poètes bretons français qui ont honoré 
leur province au XIX^ siècle. La Villemarqué et Prosper Preux, 
Le Jean et Luzel marchent côte à côte avec La Morvonnais, 
Boulay-Paty, Hippolyle Lucas, Turquety, Violeau, Villiers de 
risie d'Adam et les muses aimables qui se sont appelées ou 
s'appellent la princesse de Salm-Dyck. Elisa Mercœur, Mélanie 
Waldor, M"' Penquer, M™* Sophie Ilue. M"** Riom. Brizeux 
tient le bâton de chef d'orchestre dans ce concert où de grands 
prosateurs, poètes sans le secours des rimes, Chateaubriand et 
Lamennais , font aussi leur partie. A deux exceptions près, 
M. Joseph Rousse n'a point mentionné les vivants, il a évilé 
ainsi l'embarras de se citer lui-même. Une vingtaine de portraits 
intéressants, mais pauvrement gravés, nous rendent les physio- 
nomies aimées de ces poètes dont toute anthologie serait fière. 

Les volumes de quelques-uns de nos poètes contemporains 
s'entassent sur ma table. 

109. — A Jove principium . Nous avons le droit de revendiquer 
Leconte de Lisle, fils d'un Dinannais et étudiant à Rennes, pour 
un des nôtres. Ses premiers vers furent écrits en Bretagne ; c'est 
des Derniers poèmes édités chez Lemerre, par MM. de Héredia et 
de Guerne, qu'il s'agit ici. Le livre renferme, avec YApollonide^ 
imitée d'Euripide, que l'Odéon a jouée récemment, et quelques 
essais en prose, une série de poèmes de jeunesse destinés à ac- 
compagner les quatorze stations d'un chemin de croix; un poème 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 17Ô 

oriental « Le Dernier des Maouris » ; des hymnes orphiques ; 
deux poèmes qui furent retranchés de Tédition définitive des 
Poèmes barbares ; « La mort du moine », « Les raisons du Saint- 
Père » ; des romances (vous avez bien lu des romances de 
Leconte de Lisle), et, précédant le recueil, une pièce d*une phi- 
losophie désespérante et d'une rare purelé de forme « La paix 
des dieux, » Celte pièce^ sinistre évocation de toutes les théo- 
gonies, se résume dans les vers suivants^ adressés par Thomme 
aux dieux. 

Vous en qui j'avais mis respérance féconde, 
Contre qui je luttais fier de ma liberté, 
Si vous êtes tous morts, qu*al-je à faire en ce monde, 
Mol, le premier croyant et le vieux révolté? 

110. — Comme contraste, je citerai tout de suite les recueils 
bien bretons, pleins des souvenirs et des regrets du pays, que 
M. Yves Berlhou vient de publier. Ce poète en qui la Bretagne 
fidèle et croyante parle toute pure, n'a pas donné chez l'éditeur 
Lemerre, moins de trois volumes en dix-huit mois : La Lande 
fleurie. Les Fontaines miraculeuses. Ames simples. 

O sources, jaillissez, ruisselez sur les àmcs^ 

dit le poète à ses vers, qui donnent vraiment à nos palais blasés, 
l'impression de sources rafraîchissantes. Rien de plus sain que 
cette poésie, rien de plus bretonnant. L'auteur pousse même l'a^ 
mour de la Bretagne jusqu'à l'intransigeance, témoin cette invo- 
cation : 

Grand'mère au\ cheveux blancs, Bretagne, ô loi si vieille, 
Et si jeune pourtant! Je suis ton bien voulu. 
Oh ! que ta voix toujours est douce à mon oreille ! 
Breiz-Izel, c*est de toi que viendra le salut. 

La Lande fleurie, Les Fontaines miraculeuses sont des recueils 
lyriques. Ames simples, est un « mystère », où s'épanouit, en 
plein XVllI® siècle, Tàme bretonne du moyen- âge. 

111. — De ce rêve nous passons à Taction en abordant ÏEre bre- 
tonne de M. Le Guyader (Lemerre). Un épisode de cette Légende 
des siècles bretons, comme on l'a très justement appelée,avaît déjà 



180 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

paru : c'était un poème sur la duchesse Anne, signé Fontenelle. 
On y trouvait les qualités de précision et d'énergie dans le récita 
de largeur et de justesse dans les images, qui valent à VEre 
bretonne les suffrages des connaisseurs. Un tel livre, où sont 
glorifiés tous nos vieux héros de Nominoé à Du Guesclin, man- 
quait à la Bretagne : M. Le Guyader a eu Thoimeur de l'écrire. 

112. — Je nommais tout à Theure M*"* Adine Riom. Cette 
digne et aimable femme, la doyenne du Parnasse breton^ a pu- 
blié, Fan dernier, chez Lemerre, des Adieux, que nous ne voulons 
pas croire définitifs. Si nous prétendions faire goûter le charme 
ému qui s'exhale de ces pages, nous n'aurions qu'à nous inspirer 
de la préface de M. Eugène Manuel. C'est encore à la Bretagne 
que M"^* Riom doit ses meilleurs vers^ des vers tristes et doux 
comme ceux-ci : 

Dans les landes en fleurs» égrenant son rosaire, 
La Bretonne ici-bas ne cherche pas le miel, 
Elle écoute les flots ou l'oiseau solitaire 
En berçant doucement ses doux rêves du ciel. 

113. — M. Raoul de la Grasserie, auquel j'arrive sans transi- 
tion, se complaît lui aussi dans le spectacle de la nature. La Na- 
ture, tel est^ le titre que ce Breton de pure race, travailleur in- 
fatigable, philologue, philosophe, jurisconsulte et poète, a donné 
à son dernier volume de vers. H. de la Grasserie n'a rien écrit 
de meilleur que ce livre de poésie largement compréhensive où le 
métal et la plante,la bête et l'enfant, élèvent tour à tour, la voix. 
Belieau n*a-t-il point chanté avant lui Les amours des pierres 
précieuses^ et Laprade^donné une âme au chêne ? Mieux que les 
pièces naturistes (je ne dis pas naturalistes) de M. de la Gras- 
serie me plaisent ses Enfantines ; c'est à regret que je détache 
huit vers seulement de Petit frère : 

Plus petit que moi, plus faible, plus beau 

Est le petit frère. 
Et de mon grand lit, je vois son berceau 

Qu^entoure ma mère. 
G*est tout un bonheur que de Fembrasseri 

Et de lui sourire. 
Et de le porter, mais sans le casser. 

De voir qull respire. . . 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 181 

li4. — Tous les lecteurs de revues bretonnes, tous les amis de 
la Bretagne, connaijssent M"*' Sylvane de Kerhalvé. Chaque année 
ajoute un fleuron à la couronne littéraire du sympathique auteur 
de Sortes et Visions et de Gramïmère, Le dernier porte un nom 
d'une grâce énigmalique, Branches d'épines (Nantes, imprime- 
rie Grimaud). C'est un bouquet de fleurs au parfum doux et 
pénétrant, cueillies sur nos landes et nos grèves ; quelques titres 
a Un souvenir de Bretagne », « Près de Castetlin », a Au Poul- 
da » disent assez que nous ne perdons guère de vue les clochers 
de Bretagne. Voulez-vous quelques vers ? Je les prends presque 
au hasard : 

Entre Guidel et Quimperlé, 
A Taube sous de fraîches cimes^ 
Au couchant sur un roc brûlé, 
En poursuivant les folles rimes, 
Tu feras quelque songe ailé, 
Doux comme tes pensers intimes, 
Entre Guidel et Quimperlé. 

115. — Habile et robuste ouvrier de vers,M. Léon Berthaut n'est 
point Breton d'origine. Mais tous ses livres et ses derniers Poèmes 
du Soir nous arrivent de Rennes où il a fixé sa résidence. La 
famille, la patrie ont inspiré ces poèmes. M. Berthaut est un 
splritualiste fervent qui se peint dans cette strophe de son Ex- 
celsior. 

O viens, Justice I viens et donne-moi ton âme ! 
Sur mes lèvres de chair mets tes lèvres de flamme 

Et le verbe de vérité ! 
Montons vers les sommets couronnés de lumière, 
LTdéal toujours luit dans sa beauté première, 

Allons vers la clarté. 

116. — Que d'autres volumes encore attendent et méritent une 
mention î Voici les Heures tristes, gracieuses aussi de M. A. Ver- 
chin, l'auteur du joli roman de Destinée ; et les heures paisibles ^ 
écrites dans la chaude intimité du foyer breton, par le baron 
Gaétan de Wismes. Voici Les Morts de M. Cadiou qui nous 
parlent d'une Bretagne austère, quand Au grand air de M. Ed. 



182 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Neveu et Rimes pour quelques-uns, de H. Le Govec, nous 
moutrent une Bretagne riante. Je m'attarderais sur la route avec 
le fécond écrivain Olivier de Gourcufl et j Interrogerais avec 
M°« Berthe Nordez^ Nos jours de l'aube au déclin, s'il ne fallait 
se borner. Pierre de Kerlon . 



C. — LES BRETONS AU THÉÂTRE EN 1896 



L'art dramatique s'approvisionne volontiers en Bretagne et y 
fait ample moisson de sujets historiques ou légendaires. Mais la 
Bretagne, de tout temps, a été pauvre en auteurs dramatiques. 

Le seul drame breton représenté à Paris pendant la saison 
1895-1896 n* a pas été écrit par un de chez -nous. « Je me hâte 
d'ajouter que Messire Du Guesclin donne à M. Paul Déroulède 
ses lettres de grande naturalisation bretonne. 

Ce n est pas la première fois que l'illustre aventurier figure 
dans une œuvre de théâtre. Contentons-nous — après M. Jean 
Lemoine, archiviste du Finistère, son dernier et très avisé bio- 
graplie — de rappeler qu*il joue un rôle important dans un 
drame historique de MM. Coppée et d'Artois, La guerre de 
Cent Ans, qui, d'ailleurs, n'a jamais été représenté. 

La pièce de M. Déroulède suit l'histoire de très près, la 
découpe pour ainsi dire, en tranches dramatiques ; elle embrasse 
la même période que le livre de M. Siméon Luce La jeunesse 
de Bertrand, s'arrêtant comme celui-ci à la victoire de Cocherei 
(i 364) ou au sacre de Charles V, qui en est la conséquence 
immédiate. 

Dans cinq tableaux, dont l'admirable mise en scène de la 
porte St- Martin accentuait la fidélité historique, nous vîmes 
l'évasion nocturne du Dauphin traqué par les partisans d'Etienne 
Marcel, le château de Pontorson où l'envoyé royal vient solliciter 
et obtient l'appui de Du Guesclin, le donjon de Yincennes, où 
legrand Breton tienttête aux conseillers du Dauphin, expose ses 
théories sur la guerre, remercie Jean Maillard d'avoir tué Marcel ; 
un couvent près de Cocherei, quartier général des troupes fran • 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 183 

çaises où parviennent les bruits de la bataille et les chants de 
triomphe ; la cathédrale de Reims dont les voûtes illustres re- 
tentissent des acclamations prodiguées au sauveur de la France. 
Dans le drame comme dans Thistoire, Tlphaine Raguenel 
fait très noblement Je sacrifice de ses biens. Mais une intrigue 
d'amour avec un condottiere sans scrupules, René de Caours 
rabaisse le caractère de Julienne Du Guesclin, que nous aime- 
rions voir sur les créneaux du château de Pontorson repoussant 
comme un autre Moulins Tassant des Anglais. M. Paul Dérou- 
lède n'a fait que ce léger sacriQce aux goûts romanesques d'un 
certain public. Je ne lui reprocherai pas de patriotiques ana- 
chronismes tombés tout naturellement de la plume de l'auteur 
des Chants du soldat ; de beaux fragments de dialogue poétique 
cornéliens lui font pardonner bien des rimes faibles. Je veux 
surtout le louer sans réserves, de sa parfaite intelligence du 
personnage de Du Guesclin, courageux et têtu lacticieu qui voit 
dans la guerre un hasard, patriote ardent» résumant dans ce 
vers son particularisme breton. 

J'ai dans le coeur, après la Bretagne^ la France, 
Après mon duc» le roi. 

Le merveilleux talent de M. Coquelin, qui avait retrouvé le 
masque même de Bertrand, a contribué sans doute à assurer 
soixante représentations consécutives à Messire Du Guesclin. 
Admettons pourtant que le sujet et la mâle façon dont l'a traité 
M. Déroulède ont été pour quelque chose dans ce succès. 

Durant l'année passée, M. Paul Déroulède a mieux mérité de 
a Bretagne dramatique qu'aucun dramaturge breton. M. R. de 
la Villehervé, que son origine — sinon sa naissance — fait des 
nôtres, s'est mesuré avec Aristophane dans une athénienne Ly- 
sistratè, jouée au Théâtre des Poètes qui n'a pu ou voulu riva- 
liser avec la très parisienne Lysistrata du Vaudeville. A la Bodi- 
nière, on a savouré les finesses d'un proverbe de M. Louis ïier- 
celin, l'Heure du chocolat, et, attendu, sans l'entendre, Tidylle 
dialoguée de M. Edouard Beaufils, An Pont Kerlo. Cette der- 
nière pièce est bretonne, dans tous les sens, comme aussi Le Lé- 
preux, tragédie en prose de M. Bataillé représentée à la Comédie 
Parisienne, pour le bénéfice, de M"^' Louise France, et qui peint 



184 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

avec énergie l'horreur des populations bretonnes du moyen âge 
pour les pestiférée. 

Mes scrupules d'historiographe me défendent d'oublier un 
acte envers de ma façon, le Rêve de Corneille, joué à l'Odéon, 
le 6 juin, pour le 290* anniversaire de la naissance du grand 
tragique. — Ol. de Gourcuff. 



D. — OUVRAGES DIVERS 

NE CONCERNANT PAS SPÉCIALEMENT 

LA BRETAGNE 

ÉCRITS PAR DES BRETONS' 



])a. ~ HISTOIRE 

Abbé Duchesne. — Les Fastes épiscopaux de l'ancienne 
Gaule. = Autonomies ecclésiastiques. Eglises séparées. — 
Paris y Fontemoing, 1896, in- 18, 356 p. 

Armand Dayot. — Préface du Journal illustré de la cam- 
pagne de Russie, par le capitaine Faber du Faur. — Paris, 
Flammarion, i896,in-8'. = La Révolution française. — Paris, 
PTammarion, 1896, in-i**, oblong, en albums de reproduc-. 
tions de gravures du temps avec texte explicatif. 

Huon de Penanster. — Une conspiration en l'an Xï et en 
Tan XII. — Paris, Plon^ 1896, in-i8, 827 p. 

René de Kerallain. — Les Français au Canada, ou la jeunesse 
de Bougainville et la guerre de Sept ans. — Paris^ 1896, 
in-i2, 190 p. 

^ Nous ne pouvons avoir la prétention de citer ici tout ce qu^ont publié 
des Bretons en 1896 et 1896 sur des sujets étrangers à la Bretagne. C'est un 
essai, à titre d'indication, qui sera plus fructueux Tannée prochaine, si les 
auteurs veulent bien nous faire part de leurs travaux. 



MOUVRMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 185 

Norbert Lallié. — Choses de Russie. — Lyon^ E. Witle, 1896, 
iIl-8^ 386 p. 

Ce volume a été couronné par T Académie française aux concours 
de 1896. 

E. Zévort. — Histoire de la troisième république, présidence 
de M. Thiers. — Paris, Alcan, 1896, in-8°, de xij-4ii p. 

Paul Sébillot. — Légendes et curiosités des métiers. — 
Paris, Flammarion, 1896, in-8'* de viij-64o p. 

Cet ouvrage ne concerne pas spécialement la Bretagne ; mais dans 
la plupart des 87 monographies dont il se compose, on rencontre 
beaucoup de traits de mœurs ou de traditionnisme empruntés à la 
Bretagne, et^ ainsi qu'on devait s'y attendre, en raison de Torigine 
et des études de Tauteur, elle y tient le premier rang parmi nos pro- 
vinces; certaines monographies, comme celles des tailleurs et des cor- 
diers par exemple sont plus qu'à moitié bretonnes^ et parmi les aao 
dessins qui ornent et parfois expliquent le texte, une trentaine se 
rattachent à la Bretagne. 

Général Trochu. — Œuvres posthumes. — Tours, Marne 1896» 
2 vol. in-8^ 

Yves Guyot. — Trois mois au ministère des Travaux publics. 
— Paris, Ghailley, 1895, in-i8, 266 p. 

Charles CoUin. — Souvenirs artistiques. — Rennes, Simon, 
1895, in-ia, 49 p. 

Charles Le Goffic. — Morceaux choisis des écrivains havrais, 
avec introduction et notices biographiques. 

G. de Corlay. — Notre campagne à Madagascar. Notes et sou- 
venirs d'un volontaire. — Paris, Tolra, 1896, in-8% 384 p. 

II. de la Rallaye. — Un grand propriétaire chrétien au 
XIX« siècle. Le comte de Bussière. — Paris, Delhomme et 
Briguet, 1896, in-8», de x-484 p. 

Db. — SCIENCES DIVERSES, PHILOSOPHIE 
DROIT, ÉCONOMIE SOCIALE. 

A. Mahé de la Bourdonnais. — Le Chien, Tami de l'homme. 
Recueils de laits nouveaux et curieux tirés des auteurs anciens 
et modernes et diaprés la connaissance de l'auteur, sur Tins- 



L 



186 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

tinct, les services, le courage, la reconnaissance et l'admirable 
fidélité de ces excellents animaux. — Paris, 1896, in-S". 

François JoUivet-Castellot. — L'Hylozoïsme, Talchimie^ les 
chimistes unitaires, avec introduction de P. Sedir.. , (19 no- 
vembre 1895). — Paris, Ctiamuel, 1896, in-i8. 

Jules Rochard. — Encyclopédie d*liygiène et de médecine 
pratique. — Paris, Bataille, 1896 et 189C, t. vm à xii, in 8°. 

L. N. Le Dantec. — Etude critique sur la lumière et Télec- 
tricité. Dédié à la jeunesse. — Sainl-Jast (Oise), imp. univer- 
selle, 1896, in-8\ = Nouvelle théorie de la vie, 1896, in-i8. 

G. Lechalas. — Etudes sur l'espace et le temps. 

Le P. Bainvel, s. j. — Les contre sens bibliques des prédica- 
teurs. 

Le P. Ollivier. — Les amitiés de Jésus, simple étude. 

Yves Le Querdec. — Lettre d'un curé de canton. — Paris, 
LecolTre, 1895, in- 18, 872 p. 

Didier Delaunay. — Droit public romain. Des relations des 
magistrats et du sénat (Jus agendicum patribas) sous la répu- 
blique. — Bennes y J. Plihon et L. Hervé, 1896, in-S". 

Charles Letourneau. — La Guerre. — Paris, Reinv^ald, in 8. 

Raoul de la Grasserie. — Du passif des successions. = 
Résumé analytique des principaux codes de l'Europe et de 
TAmérique. I. Code civil mexicain. 11. Code civil péruvien. 
111. Les codes civils suédois. — Paris, Pedone Lauriel, in-8<'. 

Yves Guyot. — La propriété, réfutation de Pablo Lafargue. 
— Paris, Delagrave, in- 18". 

Lés tribulations de M. Faubert. — Paris, Flammarion, in-i8. 
L'économie de IVflbrt. — Paris, in-12. 

A. Hamon. — Pairie et internationalisme. — Paris, au bu- 
reau des Temps nouveaux, in- 16, 24 p. 

Cet opuscule forme le premier fascicule des publications des « Temps 
nouveaux » et se vend « au profit du Comité d'action pour l'édifica- 
tion de la verrerie ouvrière. » Indication suflisanteà indiquer que les 
tendances de l'auteur sont à rinternationalisme et que, phénomène 
rare chez les Hretons, il combat l'idée de patrie. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 187 

A. Hamon. — Physiologie de ranarchisle-socialiste. = Physio- 
logie du militaire professionnel, etc. 

Alain Gouzien. — L'église et la question sociale. — Paris, 
ïéqui, 1895, in-8\ 72 p. 

Jules Ménard. — Traîtres et pillards. L'opportunisme judaïque^ 
etc. — Rennes, 1895, in-18, 3i8 p. 

René Grivart. — Décentralisons. — Rennes, 1876, in-8. 

M""* Kergomard. — L'éducation maternelle dans l'école. 
Deuxième série, in- 16. 

De. — VOYAGES, CONTES ET LÉGENDES, etc. 

Le P. Buléon. — Sous le ciel d'Afrique. De Sainle-Anne 
d'Auray à Sainte-Anne du Fernan-Vaz. Récit d'un mission- 
naire. — • Abbeville, Paillard, libraire- édi leur, 1896. Un vo- 
lume in-8*= de iGo p. 

Le missionnaire dont il est ici question, est le R. P. Buléon^ de la 
Congrégation du Saint-Esprit^ qui a déjà publié un pittoresque récit 
de voyage dans la Semaine religieuse de Vannes en 1894 sous le titre 
de Voyage d'exploration au pays des Eshiras, 

Des amis du missionnaire breton, enfant d'Auray, ont recueilli de 
sa bouche ou dans ses lettres, la matière de ce volume richement 
illustré. L'itinéraire de Paris à Libreville forme la première partie 
de Touvrage. La deuxième est consacrée au Gabon; la troisième au 
Fernan-Vaz. C'est une suite de récits d'une grande variété de forme, 
de ton, de style, sans lien méthodique rigoureux, mais toujours 
pittoresques et intéressants. ('Missions catholiques J . 

Jules Verne. — Grands voyages et grands navigateurs. Les 
voyages du capitaine Cooke. — Paris, Hetzel, 189G, in-8^ 

François Duvains. — Contes et légendes du Pérou (recueillis 
par Tauteur de la bouche d'un de ses élèves originaire du 
Pérou). — Tours^ Mame, in-18. 

René Kerviler, membre de la Société de géographie de 
Saint-Nazaire. — Trente jours à travers la Savoie^ la Suisse et 
ITtalie. — Saint-Nazaire^ Fronteau, 1896, in-8, 226 p. 

Ce tirage à part des Annales de la Société de géographie de Saint- 
Nazaire est la relation d'un voyage effectué par M. Kerviler en i874, 
en compagnie de sa femme et de l'un de ses beaux-frères. Partis de 



188 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Nantes, ils passent par Lyon, s'arrêtent à Genèves, visitent Sallanches 
et le mont Blanc, descendent dans le Valais puis remontent à Berne 
par Lausanne, visitent Thum, Interlacken et le Yungfrau, puis le 
lac de Bienne et Lucerne, montent au Righi, franchissent le Saint- 
Gothard par la route de terre avant la voie ferrée, entrent en Italie 
par le lac Majeur, s'arrêtent à Milan, à Parme, à Padoue, à Vérone, à 
Venise, à Bologne, à Ravenne, à Florence, à Pérouse, séjournent 
quelques jours à Rome et à Naples, font Fascension du Vésuve, 
reviennent par mer à Livourne et rentrent en France par Pise, La 
Spezzia, Gênes, Monaco et Nice, puis regagnent Nantes par Marseille, 
Montpellier et Bordeaux. Tout cela en trente jours. Nos voyageurs 
ne perdent pas de temps, car ils examinent consciencieusement tout 
ce qu'il faut voir pour bien se rendre compte des lieux et des choses. 
Les impressions sont franches et nettement personnelles: le style est vif, 
imagé, toujours approprié aux circonstances (voyez en particulier la 
vertigineuse descente du Saînt-Gothard à Airolo), et lorsque la sen- 
sation est très forte, M. Kerviler la traduit en vers, ce qui nous vaut 
une vingtaine de sonnets dont voici le dernier sous le titre : 

ADIEUX A L'ITALIE 

Italie, ô terre des merveilles. 

Beau pays que Tart et que les Dieux 

Se sont plus, dans leurs magiques veilles, 

A combler de tous les dons des cieux. 

Sur tes fleurs, imitant les abeilles. 
J'ai couru, butinant en tous lieux. 
Et rempli mes gourmandes corbeilles 
Des reliefs de tes fruits précieux. 

De nies sens tu conquis les couronnes : 
Mais mon cœur, loin des landes bretonnes, 
Restait pur et fidèle à sa foi. 

Je préfère à tes molles caresses 

Le baiser de Merlin, barde roi ; 

Et TArmor a toujours, mes tendresses. 

C'est ainsi que le Breton se révèle en quelque endroit qu'il 
s'attarde. L. G. 



MOUVEMENT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 189 



Dd. — LES ROMANCIERS BRETONS. 

Y a-t-il UQ roman Breton ? La question est depuis longtemps 
résolue ; la réponse tient en deux noms : Souvestre et Féval ; ce 
sont les devanciers. Oui, Fart du roman est particulier sous les 
plumes bretonnes, parce que tout est particulier en Bretagne: le 
sol, le ciel et les âmes. La critique parisienne recherche les causes 
de cette particularité dans l'antiquité de la race, Ja force des tra- 
ditions, la vivacité des croyances et des superstitions religieuses, 
et tout cela peut être invoqué. Des causes, oui ; mais les menues 
causes. La critique parisienne n'y entend rien^ parce qu'elle ne 
sait pas, n'a pas vu. Beaucoup de conteurs qui ne sont pas nés 
dans la province, ou, n'y ont pas^ tout au moins longuement 
vécu, y ont placé les cadres de leurs contes et leurs tableaux 
peuvent être ingénieux quelquefois, — exacts iamais. Pour 
peindre la Bretagne^ il faut en être. 

Les romanciers bretons — encore une fois, on ne l'est que de 
naissance — sont ramenés invinciblement à la vieille terre qui 
porta leurs premiers pas. Aucune ne tient les cœurs d'une plus 
forte prise. Ils sont assez nombreux^ presque tous originaux, ils 
ont d'anciens modèles et ne les copient point, et ce n'est pas seu- 
lement la loyauté bretonne qui leur conseille de ne pas emprunter 
le bien d' autrui. Ils n'en ont pas la tentation parce que sans cesse 
ils ont reçu des impressions personnelles et neuves de cette terre 
natale qui, partout, a le même caractère saisissant et profond, 
mais avec des aspects très divers. 

La lande pourpre et or du Morbihan qu'on détruit peu à peu 
en la couvrant de sapinières, ne ressemble que par une sorte de 
sens intime au sombre tapis des montagnes noires ; les eaux de 
la Bretagne méridionale sont déjà belles, mais combien moins 
alertes et vivantes que les petits fleuves délicieux du Finistère j us- 
qu'au point où le flux vient troubler ces miroirs qui marchent et 
les changer le plus souvent en estuaires romantiques. Les forêts 
du nord de la province ont une autre couleur de feuillages, et 
la ramure y est plus haute ; les jardins sont plus fleuris qui s'é- 
tendent au-devant des logis heureux bordant les anses que 
forment les dentelures du rivage, parce que le courant chaud en 



190 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

est pins proche. Seule, la mer est la même partout, de la pointe 
du Croisic à l'entrée du goulet de Brest, terrible par les gros 
temps, mais par les jours d'été si brillante et si douce. Ainsi, 
la beauté va montant, du pays Nantais à la pointe de ce superbe 
Finistère, comme en ces édifices dont la base est déjà riche, 
mais dont le couronnement fait la gloire. 

On peut supposer un poète ou un conteur, qui ne soit pas 
breton, qui ait le regard juste, prompt à se pénétrer des 
images ; il reconstruira peut-être ce cadre avec beaucoup d'art, 
et ce sera matériellement beau. Mais sera-ce tout? Il faudrait 
encore qu'il s'assimilât Tàme des choses vues et c'est cela qui 
est le diilicile. L'âme de la Bretagne est fermée comme sa 
langue nationale ; elle ne s'entr'ouvre que devant ceux qui en 
ont connu le chemin dès l'enfance. Ceux-là seulement ont res- 
senti ce qu'ils doivent littérairement concevoir. Et, par exemple, 
ce mélange, toujours si frappant de l'héroïsme et de l'idylle qui 
est le fond de toutes les légendes anciennes et qui se retrouve 
encore dans le cœur du peuple moderne (moderne, si peu !) 
Comment un étranger le démêlera-t-il ? S'il s'empare d'une de 
ces légendes, on peut gager qu'il en fera peut-être un tableau 
séduisant ou émouvant, mais qu'il ne le présentera pas sous sa 
vraie couleur. Au contraire, lorsque Fréval transportait un de 
ces vieux récits dans ses romans célèbres, le détail familier, 
animé, toujours exact, arrivait comme de soi ; on revoyait 
sous sa plume, on revivait avec lui la merveilleuse ou touchante 
histoire. 

La Bretagne est infiniment riche de poésies et de contes. En 
notre âge qui enfle aisément tout ce qu'il touche, le conte est 
devenu le roman ; la terre bretonne est ouverte à tout le monde 
et chacun a le droit d y chercher des tableaux et des sujets ; 
mais elle n'appartient réellement qu'à ceux qui la connaissent 
dans ses intimités cachées, dans sa fière mélancolie et ses 
chauds sourires sous des voiles. Ceux-là ne peuvent être et ne 
seront jamais que ses enfants. 

PaIL Pi-RRET. 




r/ 



^"^ t^v-, 



MOUVEMf:NT LITTÉRAIRE INDIVIDUEL 191 

Voici les titres de quelques romans, contes ou nouvelles, pu- 
bliés par des Bretons en 1896 et 1896. 

1 . — Georges Baslard. 

Le Chaloupier. — Paris, Leinerre, 1896, in- 18, 398 p. 

2. — Caro/tts 5no (Charles Brillaud). 

Mauvaises tètes et bons cicurs. — PariSy May et Motteioz, 
1896, in-18, ia6 p. 

3. — P. de Carné (père de Gaston de Carné, le fondateur de la 

Reuue historique de l'Oaest). 
Heures de paresse (œuvre posthume). 

4. — Mme Cheron de la Bruyère (née JoUivet). 

La Tour grise (Bibl. rose). — Paris, Hachetle^ 1896, in- 16, 

244 p. 
La jeune Indienne. — Paris, Haton, in-12, 278 p. 
Le manoir de BoishauL — Paris, Hachette, 1896, in-i6, i56 p. 

5. — Gabrielle d'Ethampes (M^^® de la NicoUière). 

Les Voisins de campagne — Paris, Delhomme et Briguet, 

S. d. in-18, 206 p. 
Malgré eux. — Paris, Téqui, 1895, in-12, 376 p. 

6. — Gyp (M™® de Martel, née de Mirabeau). 

Leurs âmes. — Paris, G. Lévy, 1890, in-18, 862 p. 
Le bonheur de Ginette. — Ibid, 1890, in-18, 307 p. 
Bijou. — Ibid., 1896, in-18, 346 p. 

7. — Pierre Ma'èl (Charles Causse et Vincent). 

Mer bénie. — Paris, Didot, 1890, in-iS, 827 p. 
Les Derniers hommes rouges. — Ibid., 1896, gr. in-8®,376 p. 
Amour d'Orient. — Paris, Flammarion^ 1895, in-13, 377 p. 
Fleur de France. — Paris, Hachette, 1896, in-8^ 299 p. 
Petit Ange. — Tours, Mame, 189O, in-8°, 336 p. 

8. — Madame Maryan (M™« Deschars^ née Cadiou). 

Le Mystère de Kerhir. — Paris, Gautier, 1890, in-18, 828 p. 
Un Nom. — Paris, Didot, 1895, in-12, 5oi p. 
Le Pont sur TOiselle. — Paris, Gautier, S. d. in-12, 828 p. 
Le Roman d'une héritière. — Paris, Gautier, 1896, in-18, 
382 p. 

9. — Frédéric Plessis. 

Angèle de Blindes. — Dans la Revue des Deux- Mondes. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

- George Pradel (Emmanuel Pradier] . 

Mauvaise étoile. — Parts, Flammarion, 1896, 375 p. 

- Haguet Rebell (G. Grassal) 

Magasin d'auréoles.— Parû,MercuredeFrance,i896,in-33,i(|gp 

- Comte de Si-Aulaire. 

Carlistes et Christinos. — Paris, G. Léïy, iSgS, in- 18, 3iop. 
Masques et visages. — Ibid , 189G, in-i8, 3iop. 

- A.Verleï(W'BoTiui). 

Tous jeunes. — Paris, Ilacbeltc, 189O, in-16, a.'ig p. 

- Juks Verne. 

L'Ile à hélice - Paris, Hctzel, s. d. (1895) gr. in-S". Sï3 p. 

Illustré = et 3 vol in-i8 de 346-344 p. 
Mirifiques aventures de maître Antifer. — Ibid., 3 vol. in-i8 

de 33a-334 p. 
Face au drapeau. — Ibid., s. d. (1896) gr. in-8", aai p„ et 

in-18, 346 p. 
Clovis Dardenlor. — Ibid , s. d. (1896), gr. in-8", aU p., et 



Pèlerine se iaisant mesurer avant d'offrir une bougie de cire. L'intérieur 
représenté ealcelui de N.-D. du Haut, près Moncontour. Dans le fond on 
voit les deux groupes de statues que nous avons reproduites pages îi et 3Î. 



MOUVEMENT ARTISTIQUE 193 



III. — MOUVEMENT ARTISTIÇDE 



A. — MUSÉES 

Les Musées de province ne peuvent pas^ comme ceux des 
capitales, montrer une sorte d'encyclopédie des arts du dessin à 
travers les âges. S'il est désirable d'y trouver réunis des spé- 
cimens des diverses écoles — et quelques-uns en possèdent qui 
ne seraient pas déplacés dans les plus belles collections -— , il 
est surtout intéressant pour les visiteurs d'y rencontrer des 
manifestations de Fart local. 

Ce rôle des musées provinciaux n'a été compris que depuis 
un petit nombre d'années, et il y a peu de temps que les con- 
servateurs s^occupent de grouper les œuvres qui se rattachent 
à la région par la naissance de leurs auteurs, ou qui ont été 
inspirées par son histoire, ses aspects et ses mœurs, de montrer 
les objets trouvés dans les fouilles, ceux qui ont échappé aux 
révolutions et aux guerres, les spécimens, même d'une valeur 
artistique médiocre, des industries locales, et enfin, dans la sec- 
tion d'ethnographie, l'ameublement, les costumes, les ustensiles 
et les bibelots populaires. 

En Bretagne, plusieurs musées sont entrés résolument dans 
cette voie du « localisme », et y ont consacré leur principal 
effort ; parmi eux l'on peut citer ceux du Finistère, et surtout 
ceux de Quimper, qui, grâce à des conservateurs intelligents et 
zélés, à des amateurs éclairés et généreux, et au concours très 
actif de M. Louis Hémon, député de Quimper, contribuent à as- 
surer à la ville de saint Corentin le rang de capitale artistique 
et intellectuelle de la Bretagne bretonnante. 

Comme les bibliothèques, nous classerons les musées de Bre- 
tagne par départements, en confondant, pour plus de simplicité, 
tous les musées quels qu'ils soient, qu'ils s'occupent de pein- 
ture, de sculpture, d'archéologie, d'ethnographie ou d'histoire 
naturelle. Il y a toujours de l'art, au moins dans leurs arran- 
gements. 

15 



1 



104 ANNtJAlHK DK LA BMETAGNE 

Aa. — DÉPARTEMENT DES COTES-DU-NORD 

1. — Le Musée de Salnt-Brieuc oe remonte qu'à l'année 
1870. Il comprend 83 tableaux et 45 sculptures. 

Parmi les peintures, un petit nombre seulement présentent de 
l'intérêt au point de vue breton. Ce sont : 

* J.-L. Ilamon (Piouha)^ Un Moitié et le portrait de son père, œuvres 
de jeunesse; — * Hostein, son portrait ; — * Olivier Perrin (Rostrenen), 
Fauteur de la Galerie bretonne ; le Barbier de village ; — Grimaux 
(Lamballe) un Ange gardien ; — Vidal, Une jeune paysanne bretonne; 
— Poilleux Saint-Ange, une Translation d'ossements à Tregaslel; — 
et quelques paysages^ dont deux seulement, la Vallée du Gouédic, de M. 
Auge, et Roc'h hir, embouchure du Trieux, de * Paul Sébillot (Mati- 
gnon), se rapportent au pays. 

Aux dessins, on remarque la Danse macabre de Kermaria an IsquU 
par A. Duplais-Destouches. 

La sculpture est mieux représentée par des œuvres d'arlisles 
briochins. On remarque : 

*Gorbier: VEnJant prodigue; — * Ludovic Durand, le Busle de l'amiral 
Charner^la Source, la Pleureuse ; — *Paul Guibé, le Joueur de peaume, 
Moïse, Jérémie, — * Ogé père, le Spartacus ; — * Pierre Ogé, Virginie, le 
Pilleur de mer, le Baptême gaulois, le buste dOgé père, la Bretagne, — 
X... un buste de Du Couédic ; — * Le Goff, La ville de Saint-Brieac et 
un buste de Glais^Bizoin. — Il faut aussi signaler la statue, en plein 
relief, en bois de chêne, de Gilles de Bretagne, qui était placée à 
l'abbaye de Bosquen, sur le tombeau de ce malheureux prince. 

Le catalogue, dressé en 1893 par M. Louis Olivier, est précédé 
d'un avant-propos fort intéressant dans lequel se trouve la no- 
menclature des artistes originaires des Côtes-du-Nord, du XV" 
siècle à nos jours. Le conservateur actuel est M. Hamon. 

2. — Le Musée de Dinan a été fondé en i843; il se com- 
posa à l'origine de la collection formée par un réfugié italien, 
Luigi Odorici, qui la céda à la ville, et resta conservateur jus- 
qu'en 1882 ; à cette époque il fut remplacé par M. Le Roux, 
conservateur actuel. Il a été publié, en i85o, un catalogue qui 

' Les astérisques désignent les artistes nés en Bretagne ou de parents bretons. 



MOUVEMENT AUTISTIQUE i^O 

contient à la fia Tindicalion alphabétique des livres composant 
la Bibliothèque. Parmi les pièces intéressant l'histoire locale se 
trouvent un assez grand nombre de statuettes, de médailles» 
etc., provenant de la ville gallo-romaine de Gorseul, lancien 
mouvement de rhorloge de Dinan (1498), des étalons en bronze 
des anciennes mesures de Dinan.des pierres tumulaires avec sta- 
tues de Rolland de Dînan, Jehan de Beau manoir, Berthelot 
d'Angoulvent.etc. Il n'y a qu'un petit nombre de tableaux, parmi 
lesquels trois seulement se rattachent à la Bretagne : 

Calypso sur la côte après le départ d Ulysse par Baader (de 
Lannion) ; — La mort de Gombaalt (de Dman) Jus illé à Ingolstadt 
en 1870, par Moreau de Tours ; — et le portrait de la célèbre 
femme soldat Angélique Duchemin, veuve Brulon, née à Dinan le 
20 janvier 177a, dont le musée possède aussi une excellente litho- 
graphie, d'après A. Lemoine, avec une dédicace de l'héroïne, en 
date du la mai iSSa. 

Ab. — DÉPARTEMENT DU FINISTÈRE 

3. — Le Musée municipal de Quimper, dont le conser- 
vateur est M. Alfred Beau, ^, artiste peintre, renferme environ 
i5oo tableaux, une cinquantaine de morceaux de sculpture et 
de nombreux albums de dessins et de gravures. 

Le noyau du musée a été formé d'une collection, léguée à la 
ville par M. de Silguy, ancien ingénieur en chef des Ponts- et- 
Ghaussées. En souvenir de cette origine, le nom de M. de Sil- 
guy a été donné à la collection tout entière. Inauguré en 1871, 
le musée s'est depuis lors enrichi par suite de dons assez nom- 
breux et d'acquisitions diverses. Il possède un budget spécial 
qui lui permet de faire de temps en temps des commandes ou des 
achats de compte à demi avec l'Etat. 

En 1894,11 a reçu un nouveau legs d'une soixantaine de toiles, 
la plupart anciennes, fait à la ville par M. Colomb, ancien con- 
seiller de préfecture. 

Dans ses acquisitions^ la commission d administration du 
musée s'est attachée à augmenter le nombre des œuvres in- 
téressant spécialement la Bretagne et à donner ainsi une phy- 
sionomie vraiment bretonne à la collection. 



i06 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Voici, dans cet ordre d'idées, les principaux morceaux qui 
méritent d'être signalés : 

aj, — Sujets historiques ou légendaires. 

* Penguiliy-rHaridon, Le combat des Trente. — * E. Luminais, La 
fuite de Gradlon. — * L. Duvau, La peste d'Elliant (Barzaz-BreizJ. — 
Moreau de Tours, La mort de la Tour d'Auvergne. — L. Berteaux, 
L'assassinat de Vévêque Audrein. — J. Girardet, Les révoltés de Foues- 
nant ramenés à Quimper par la garde nationale (1792). — E. Bloch, 
Défense de Rochefort-en- Terre, en 1798; et La chapelle de la Madeleine, 
à Malestroit. 

b). — Tableaux de genre. 

E. Renouf, La Veuve (lie de Sein). — A. Leleux, Une noce en Bre-- 
tagne, — J. Trayer, Marché aux chiffons dans le Finistère. — F. Ger- 
mon, Un loup de mer. — Jules Breton. A la fontaine. — * A. Guillou 
(Goncarneau) Adieu/ Le dernier marin du « Vengeur ». — Th. DeyroUe, 
Pêche aux maquereaux ; Lavoir breton. — * Michel Bouquet, Lavoir 
breton. — * Yan D^argent (Saint- Servais), Le calvaire de Quillinen. — 

* V. Roussin, Repas de noces en Cornouaille. — * Le Tallec (Quimper), 
Intérieur de ferme bretonne. — * G. Perrin, Une foire à Quimper en 
1820. — * Jules Noël (Quimper), Une rue de Morlaix en 1830. — 

* E. Luminais, Retour de la chasse. — Hirchfeld, La Cinquantaine, — 
Granchi-Taylor, Chômage. — Fischer, Le barbier breton. 

cj. — Portraits. 

Anonyme, Claude Le Coz^ évoque constitutionnel d'ille-et- Vilaine, 
mort en 181 5 archevêque, de Besançon. — Bérardier, principal du 
collège de Quimper, mort principal du collège Louis-le-Grand, 
(maître de Robespierre et de Gamille Desmoulins). — * Yan D'argent, 
Prosper Proux, chansonnier breton. 

dj. — Paysages et Marines. 

* Léon Joubert (Quimper), La vallée de Saint- Jean. Le chemin de 
Rustéphan. — Dameron, Les bords de VAven. — * Boudier. Le village 
de Trémalo. — Anastasi, La cale de Tréboul. — Lansyer, La baie de 
Douarnenez. — Le Cloître du Mont-Saint-Michel . — * Jules Noël (Quim- 
per), Marines et paysages divers. — Emile Vernier. Le sentier du 
Cap'Hellou. — Gudin, Tempête à Belle-Isle. — Ségé, La vallée de Plou- 
guermeur. — Camille Bernier, La lande de Sainte-Anne; Le soir, 
Bretagne i, — Pelouse, Chemin creux à Pont- Aven. — Boudin, Vue de 



MOUVEMENT ARTISTIQUE 197 

Quimper. — Th. Deyrolle, La Vallée de VOdet ; Les raines de Loga- 
man. — L. Le Camus, L'anse de Saint- Laurent, — Harrison, Le soir, 
à Bec-MeiL — * Roussin, L'anse de Keraval. 

(e). — SCULPTUKE. 

Brenet, Du Cou'édic (commandant de la t Surveillante), » marbre 
(1778). — * Grass (Nantes), Emile Souvestre, plâtre (1889). — 
* P. Gourdel, Brizeax, médaillon. — * P. Ogé, Brizeax, statue plâtre. 

— Marochetti, La Tour d'Auvergne, figure bronze (i843). — Hector 
Lemaire, Duguesclin, figure plâtre. — A Mercié, Le pilote de Con-^ 
carneau, buste plâtre. — Miserey, La Tour d'Auvergne, buste plâtre. 

— Dantan jeune, Le baron Richard, préfet du Finistère, buste 
bronze. — A. Boucher, Lacnnec inventant V auscultation, groupe plâ- 
tre. — Deloye, Jules Noël, peintre, né à Quimper, buste plâtre. 

4. — Le Musée départemental d'archéologie est dû 
à rinitiative du baron Richard, préfet du Finistère, qui, le 16 
août 1862, proposa au Conseil général la création d'un Musée 
d'archéologie et la formation d'une commission chargée d'étudier 
et de signaler les monuments et les antiquités qui existaient 
dans le département ; ses conservateurs ont été MM. Le Men, 
F. M. Luzel et Lemoine, tous les trois archivistes du Finistère ; 
ce dernier, actuellement en exercice, est président de la Société 
archéologique du Finistère. On y voit un assez grand nombre 
d'objets préhistoriques trouvés dans le département, des sta- 
tuettes et des poteries gallo-romaines, les unes provenant du four 
de Treguennec, où Ton en trouva 80 rangées pour la cuisson, 
de Parc-ar-Groas, près Quimper, etc. Le mobilier breton est 
représenté par des lits sculptés, des coffres, des tables à plier la 
toile, des dressoirs, etc., ainsi que par de menus objets d'ameu- 
blement et des bibelots. Cette section s'est beaucoup enrichie 
depuis la rédaction du catalogue (i885). 

A ce Musée est annexé un Musée ethnographique installé dans 
un pavillon vitré, éclairé par en haut. La première idée en est due 
à Le Men (1876); mais l'ouverture au public n'a eu lieu qu'en 
i884. De i88ï à cette date, MM. A. Beau et E. Foulquier, tous 
les deux artistes distingués, s^occupèrent de réunir les costumes, 
de dessiner et de mouler les figures des personnages, en choi- 
sissant dans chacun des pays représentés des types caractéris- 



n 



i08 ANNUAIRE DE I.A BRETAGNE 

tiques. Les mannequins articulés, de grandeur naturelle, sont 
groupés dans un ensemble des plus pittoresques. Il n'existe pas, 
du moins en France, de collection aussi importante pour This- 
toire du costume local. 

5. — Le Musée de Brest est de création toute récente ; il 
n'a été ouvert que le g septembre 1877, et ne possédait alors 
que 5o toiles. Le dernier catalogue, rédigé par le conservateur 
M. Hombron, enregistre aujourd'hui a56 tableaux, 136 dessins, 
i8a gravures. 46 sculptures diverses. Beaucoup proviennent de 
donateurs^ dont les principaux sont MM. Penquer, Mayer, L. 
Garadec^ Riou-Kerhallet. Ce musée est surtout intéressant par son 
caractère local : les tableaux dûs à des artistes bretons ou dont 
le sujet est emprunté au département du Finistère en forment 
environ le tiers. On y voit des paysages bretons de Baillet, 
CollotBéranger,Crouan, Gilbert, T. Henry,Th. Jaouen,Lehideux, 
Leguen, Mayer, Jules Noël, F. Perrol, Raoul. Robbes,V.Roussin, 
qui sont originaires de la Bretagne, et de Camille Bernier, 
Godefroy, Léon Pelouse, S. Toudouze. Dans les tableaux de 
genre on remarque la Visite à Vaccouchée, Pontaven, de Van der 
Auker^ la Scène de pardon de * Y. L. Caradec, la Mort du dernier 
barde de *Yan D'argent, le Retour de la pêche et le Repos du 
travailleur^ de Th. Deyrolle, les Gars de Scaer allant à la noce de 
Fischer, le Marché de Brest de * Mage, la Mère Le Goffâe Ribot, 
les Jeunes bretons de Robîneau, le Retour du pardon de * Saint- 
Germain. L'histoire de la marine est représentée par une an- 
cienne vue de Brest avant 1680^ peinte au XVII® siècle, le Vétéran 
entrant à Concarneaa^ la mort de Portzmoguer, le combat de la 
Surveillante^ etc, de * Gilbert ; le combat naval des Droits de 
rhomme de * Le Guen ; le combat du 2i septembre i707y 
de * Mayer ; La mort de Porcon de la Barbinais de Poilleux- 
Saint Ange ; le combat du Formidable, dessm par*Pierre Ozanne. 

6. — Le Musée naval de Brest, à Tarsenal maritime, con- 
tient des spécimens de l'ancienne architecture navale, exécutés 
en réduction parles ouvriers, et de grandes statues en bois repré- 
sentant des marins célèbres, œuvres du statuaire brestois Collet. 

7. — Le Musée départemental de Keriolet est établi 
dans le manoir de ce nom, bâti par le comte et la comtesse de 



MOUVEMENT artistjquf: 199 

Chauveau dans le style des coustruclions de l'époque d^Anne 
de Bretagne. Ils ont cherché à lui donner le caractère de 
rhabilation d'un seigneur breton contemporain des règnes de 
Charles VIII, de Louis XII et de François I". Les différentes 
parties du manoir ont été copiées sur des monuments des 
XV«et XVI® siècles, choisis surtout en Bretagne. Beaucoup des 
ameublements et des accessoires remontent à cette époque, et 
plusieurs sont d'origine bretonne. Ce château et ses dépendances 
ont été donnés par la comtesse de Chauveau, née princesse 
Narishkine ; le département en a pris possession, et la conser- 
vation en a été confiée à un peintre distingué, M. Th, Deyrolle. 
Le musée est visible tous les jours, sauf le lundi^ moyennant 
un prix de 5o centimes, i5 centimes le dimanche. 

8. — Le Musée de Morlaix a été fondé en 1878 ; il est 
installé dans l'ancienne église des Jacobins dont les belles ro- 
saces ont été restaurées. Il a été formé à l'aide des collections de la 
Société d'études scientifiques et de dons particuliers, dont le plus 
important est celui de M. de Guernisac. Il se compose actuel- 
lement de trois salles et d'une galerie. Le conservateur est 
M. Edmond Puyo, qui vient de publier un catalogue, fort élé- 
gamment imprimé, et orné d'héliogravures qui montrent quelques 
uns des aspects intérieurs du Musée. Voici les sujets bretons 
ou traités par des Bretons ; 

a). — Histoire. 

* Louis Baader, En pays conquis ; Naixide ; Vénus et VAmour 
* Gilbert, Combat de la frégate la Minerve ; — Jules Girardet, Episode 
de la Chouannerie. 

5). — Genre. 

* Louis BasideT^ Jeune fille endormie ; La fin d'un célibataire ; — * Au- 
guste Bellet, Pour le bon motif; — * Narcisse ChalUou, Le tireur de cidre; 
— Th. Deyrolle,Le Pardon de Méros.près Concarneau ; — *A,Guillou. 
La Procession sortant de Concarneau; — * Emma Herland, Le déjeûner 
du petit Potic, scène bretonne ; — * E. Luminais, Vieille femme ; — 
Louise Rang, Tête de Crispin; Vieille femme ; — * Victor Boussin, La 
leçon de plain-chant ; A Vaffât; — * M. Darcy, Femme et enfants de Si- 
Pol ; Petit remouleur breton ; Pêcheurs de crevettes de la rade de Morlaix; 
aquarelles. — F. de Dartein, Chateaubriand enfant^ aquarelle. 



200 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

c). — Portraits. 

* Louis Baader, LeD^ Lestir, bienfaiteur de Morlaix; — Th. Couture, 
Portrait de Michel Bouquet; — Anonyme: Le Dissez de Penanrun, 

d). — Paysages. 

* L BeAUjEtudes d'arbres; — * L. de Bé\\ée,CarreJoar d'Aumale; — 
C. Bernier, Matinée en Bretagne, les Bords de l" Isole ; — * Michel Bou- 
quet, Keremma ; Une vue à Capri ; — * Ghenantais, Huelgoai ; — * Yan 
D'argent, Paysages; — J. Girardet, Un coin de bois, près Qaimper; — 
*Hombron, Plage de Minioa ; Marée basse au Miniou; — * L. Joubert, 
Bords de VEure; — Gh. Kuvasseg, Pointe de Toulinguet; — E. La 
Vilette, Baie de Quiberon ; — * Longueville, Vue de Beyrouth ; — Henri 
Saintin, Neige en novembre, Bretagne ; — Emile Vernier, Marée basse 
en Bretagne ; Vue de Boscoff; — W. Wyld, Chemin de Ploujan. 

e). — Sculpture 

* Pierre Ogé (Saint-Brieuc) PouMn-Corbion; — J. B. Dupuis, Buste 
du comte de Guernisac, donateur du musée ; — * Grass, Buste d'Emile 
Souvestre ; — David d'Angers. Edouard Corbière, médaillon. 

Ac, — DÉPARTEMENT DILLE-ET-VILAINE 

9. — Le Musée archéologique de Rennes, dont le con- 
servateur est M. Lucien Decombe, 0. L a été installé en iSÔg au 
seond étage du Palais Universitaire. Il contient actuellement 
plus de 5ooo objets de toute nature et de toutes époques. La 
2« édition du catalogue a été publiée en i886 ; elle comprend seu- 
lement i8o2 numéros, avec un supplément de 47 pièces for- 
mant la collection lapidaire^ cette dernière non exposée, faute 
de place. Plus de 4ooo numéros sont entrés au musée depuis 
ce temps. Voici un aperçu sommaire des collections qu'il ren- 
ferme : 

Antiquités égyptiennes : (aSo numéros) ; antiquités grecques et 
étrusques (i5o pièces, dont lao provenant de la collection Gampana); 
antiquités celtiques (environ 35o haches en pierre polie, presque 
toutes recueillies en Bretagne, dont a 63 trouvées en Ille-et- Vilaine) ; 
épées en bronze trouvées à Rennes; torques, bracelets, armes, bijoux, 
ustensiles divers en bronze (875 pièces, dont plus de 3oo recueillies en 
Bretagne) ; antiquités romaines et gallo-romaines (environ 600 nu- 



MOUVEMENT AHTISTIQUE 201 

méros provenant de fouilles faites en Bretagne, notamment à Rennes); 
pierre taillée ou éclatée (environ 5oo pièces), bornes milliaires et ins- 
criptions lapidaires (ao pièces, presque toutes trouvées à Rennes) ; 
cités lacustres (a5o pièces). 

Antiquités franques ou mérovingiennes î (environ 4oo pièces 
provenant de la collection Caranda) ; glyptique, sphragistique, épi- 
graphie, armes (armures complètes du XVI* siècle et belles panoplies 
d'armes du XVI® siècle jusqu'à nos jours) ; ivoires (quatre statuettes 
de la Renaissance et un magnifique Christ provenant du Louvre) ; 
émaux (splendide plat de Jean Decourt, émaux des Laudin, médail- 
lons des neuf preux) ; numismatique (deux médaillers contenant plus 
de lo.ooo médailles ou monnaies;. 

Céramique : terres cuites, carrelages, faïences de Delft, Rouen, 
Nevers, Strasbourg, Quimper. — Belle collection d'environ a5o pièces 
de faïences de Rennes des XVII«, XVIII% XIX« siècles, parmi lesquelles 
on remarque deux pièces capitales : un bénitier de très grande di- 
mension du XVIII« siècle et une fontaine de salle à manger de la 
même époque, qui a figuré à l'Exposition universelle de 1867 et qui 
a été décrite et gravée par Jacquemart, {Merveilles de la Céramique, 
t. II, p. i33, fig. 18). 

Kpoque de la Révolution : environ 100 numéros,dont Técharpe, 
le portefeuille, et des autographes de Leperdit, maire de Rennes, 
des almanachs, assignats, médailles, insignes patriotiques, tabatières, 
miniatures, affiches, etc. 

Iconographie bretonne : cartes, plans^ vues, sites, monuments, 
scènes, et événements historiques, elc (environ 200 pièces, relatives à 
la Bretagne, non encore cataloguées et non exposées, faute de place). 
Ethnographie générale : nombreuses collections de statuettes, 
peintures, céramiques, armes, instruments de musique, objets et 
ustensiles divers provenant de l'Inde, de la Chine, de la Cochinchine, 
du Japon, de FEgypte, de l'Algérie, de la côte Occidentale d'Afrique, 
du Mexique, du Pérou, de l'Océanie, etc. 

Ethnographie bretonne: cette série est en formation. Le musée 
archéologique possède déjà un certain nombre d'objets ethnogra- 
phiques recueillis dans les départements bretons, mais qui ne 
peuvent être exposés, faute de place. On peut citer notamment : 
plusieurs gougads (colliers-talismans en marbre recueillis dans le 
Morbihan) ; un assez grand nombre de gravures ou lithographies en 
couleur ou en noir représentant des costumes, scènes, bijoux, bro- 
deries, meubles, etc. ; des bois gravés anciens pour l'imagerie des 
livres ou des almanachs ; enfin, a5o épreuves en noir d'images po- 
pulaires pour livres ou placards, provenant des anciennes impri- 
meries de Rennes, Saint-Brieuc, Vannes, Quimper. 



202 



ANNUAIRE PK LA BRRTAGNE 



A ce noyau de collection ethnographique bretonne viendra s'ajouter 
bientôt la collection personnelle du conservateur, qui se compose 
déjà de plus de 600 numéros, dont environ 4oo relatifs à Timagerie 
populaire. 

10. — Le Musée de peintures, sculptures, gravures et 
dessins de Rennes, dont le conservateur est M. Charles 
Lenoir, 0. I. a été* définitivement installé en 1859 au rez de- 
chaussée et an premier étage du Palais Universitaire. 

Il renferme actuellement 4i5 tableaux. 180 sculptures^ 700 
dessins et environ 3.5oo gravures, dont lia sont exposée». La 
cinquième édition du catologue (t884) comprend seulement 
363 peintures, io4 sculptures, et la désignation des dessins. 
Voici ce qui concerne la Bretagne. 

a). — Sujets historiques ou légendaires. 

*Aulnette de Vautenet (Rennes) La reine Blanche dèliur an t des pri- 
sonniers ; — Beaunier. Du Guesclin recevant des envoyés de Charles V 
Vépéede Connétable (Salon de i8i4); — Bertaut, Attentat à la vie de 
Hoche, Î796; — Couder. Tanneguy du Chdtel enlevant le Dauphin du 
château de Vincennes^ pour le soustraire aux attaques du duc de Bour- 
gogne iUiS; — * Duplessis (Rennes). Venfance de Du Guesclin; — * Louis 
Duveau (Saint-Malo). La messe en mer (1798); — * Charles Errard 
(Nantes). La Prudence et la Vérité, allégorie; — * Félix Job bé-D uval 
(Carhaix). La fiancée de Çorinthe; — * Edouard Joulin (Nantes). Après 
la bataille d'Auray; — Walïlard. Le gouverneur de ChâteauneaJ de 
Randon dépose les clefs de la place près du lit de mort de Du Guesclin. 

b). — Sujets de genre. 

* Louis Baader (Lannion). Le rappel des abeilles; — * Chaillou 
(Xantes). Ma nourrice ; — Contencin. Vieille bretonne en prière; — 
* Yan D'argent (Saint-Servais).Le retour des champs ; — * Albert Du- 
rand (Fougères). Tête d enfant; - A. Feyen. Le noyé^ baie de Cancale. 
— Fcyen-Perrin. Héroïsme, souvenir de Cancale ; — Richard Hall. La 
classe manuelle, environs de Quimper; — * Alex. Le Bihan (Langonnet). 
Pèlerinage en Bretagne ; — * Luc-Olivier Merson. La danse des fian- 
çailles ; — * Vital Mussard (Rennes). Jeune homme dessinant. 

c). — Portraits. 

Birotheau. RalUer du Baty, maire de Rennes ; — Boisselat. Boulay- 
Paty ; Letellier ; — Brossard. Le général baron Saunier ; — J. Car- 



MOUVEMENT ARTISTIQUE 203 

penlier. Le duc de Penlhièvre, grand amiral de France, gouverneur 
de Bretagne ; — J. F. Golson. Pierre Marie de Rosnyvinen de Pire ; 
Hélène-Marie Eon du Vieux-Châlel, femme de P.-M. Rosnyvinen de 
Pire ; La comtesse de Bouteville , née de Pire ; Le marquis de Pire 
en costume de dragon ; — • Amaury-Duval, fils. Son portrait; Alexandre 
Daval^ père, de V Académie française ; — * Jules Jan. Leperdit, maire de 
Rennes ; — Louis Martinet. Hippolyle Lucas ; — Tremblay. Edouard 
Turquely; — Carie Vanloo. Innocente Guillemetle de Rosnyvinen, com- 
tesse de la Ville Théart ; — Anonymes, Bertrand dArgentré; Bertrand 
de Rosnyvinen de Pire; Guillaume-Gabriel Rosnyvinen ; Judith Ricquet, 
marquise de Pire. 

d). — Paysages. 

* Tancrède Abraham (Vitré). Le sommet de la Diablerie en Anjou ; 
— * Francis Blin (Rennes). Souvenir de la Creuse ; La rosée du 
matin dans la lande à Monlerfil ; — * Léon de Bellée (Ploermel). 
Paysage en Bretagne ; — * M™* Doutreleau (La Vieuville). Enva- 
hissement des sables à Escoublac ; — Félix Lafcnd. Le val à Vitré le 
matin ; — * A Nobilet (Vitré), La mare aux iris ; — * Louis Noël 
(Quimper). Paysage ; — *Penguîlly L'Haridon. Les petites mouettes, 
côte de BeUe-Isle ; — Henri Saintin. VAnse dErquy ; — Alexandre 
Ségé. Les Pins de Plédéliac. 

e.) — SCUPTURES. 

Sur les io4 sculptures, 75 sont dus à des artistes bretons ; 
nous donnons à part celles qui se rapportent à la Bretagne : les 
suivantes représentent des sujets divers. 

* Barré (Nantes), Madeleine au désert, statue pierre ; Graziella, statue 
plâtre. — * Théodore Boucher (Rennes) . L*âge dor, haut relief. — 
* Emmanuel Dolivet (Rennes). Mignon; Madeleine, statues plâtre ; 
Madeleine, statue marbre. — * Julien Gourdel (Ghàteaugiron). Le 
petit Savoyard pleurant sa marmotte; La petite fille au chien; Niobé; 
Anaxagore, statues plâtre. — * Pierre Gourdel (Ghàteaugiron) Le petit 
Savoyard pleurant sa marmotte, statue marbre d*après Julien Gour- 
del; la Charité, statue plâtre. — * Lanno (Rennes). Lesbie ; Noé, 
statues marbre et 5 statues ou bustes en plâtre. — * Adolphe Léo fan ti 
(Rennes). Œdipe et le sphinx; Joachim du Bellay, statues plâtre ; 
Pro Patria mori, haut relief plâtre. — * Quinton (Rennes). Mort de 
Diagoras, bas-relief plâtre ; la Défense du territoire, V Étoile du berger, 
le Chasseur à la source, statues plâtre. 



204 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



eaj, — Statues se rapportant a la Bretagne. 

* Barré (Nantes), Descaries, statue plâtre ; — * Emmanuel Dolivet 
(Rennes), Monument à la mémoire des soldats d'Ille-el- Vilaine morts 
pour la patrie, projet plâtre. — * Dubois (Rennes), Le Joueur d'onchets. 

— * Théodore Boucher (Rennes), Prq/^^ poar la statue de Leperdit 
(plâtre). — * Pierre Gourdel (Châteaugiron). Famille bretonne fuyant 
la guerre civile, groupe terre cuite. — Aimé Millet, Chateaubriand, 
statue plâtre ; réduction de la statue en bronze érigée à Saint-Malo. 

— * Eugène Quinton (Rennes), Monument à Leperdit, projet plâtre. 

— Coysevox : La Bretagne offrant à Louis XIV le projet de sa statue 
équestre, bas-relief bronze provenant du monument élevé à Louis 
XIV sur la place du Palais de Rennes, détruit à l'époque de la Ré- 
volution. 

ebj. — Bustes et Médaillons de personnages bretons. 

* Barré (de Nantes). Edouard Turquety ; Boulay-Paty ; Leperdit, 
bustes bronze; — David d'Angers. Fé/ici/é de Lamennais, buste marbre ; 

— * Emmanuel Dolivet (Rennes) Quinton, buste plâtre ; — * Julien 
Gourdel (Châteaugiron) Toullier, plâtre ; Victor Lemonnier poète, mé- 
daillon, plâtre ; — Franceschi, Prosper Gicquel, buste plâtre; — Gallot. 
Marie Rouault, géologue, médaillon plâtre ; — * Pierre Gourdel 
(Châteaugiron) Le Tarouilly, architecte ; Hippolyte Lucas, Julien 
Gourdel, bustes marbre ; Auguste Le Tarouilly, Du Guesclin, Mer- 
lin VEnchanteur, le général La Riboisière, Guinguené, La Bletterie, La 
Tour d'Auvergne, bustes plâtre ; Thomas Oonute, Descartes , le président de 
Robien, Poullain du Parc, Pierre Belordeau, Gerbier, Bertrand dAr- 
gentré, Pierre Hévin, Paul Devolant, bustes terre cuite ; La Chalotais, 
Francis Blin, médaillons plâtre ; — •Léofanti (Rennes) Lanno, bronze. 

11. — Le Musée d'histoire naturelle de Rennes, installé 
au Palais universitaire, a pour conservateur M. T. Bezier. Il re- 
monte à Tannée i853, et lut fondé par le géologue Marie 
Rouault, dont les riches collections paléontologiques en for- 
mèrent le noyau, bien augmenté depuis par des dons et des 
acquisitions. A la conchyliologie on remarque la collection du 
D' Du val, ancien directeur de l'Ecole de médecine de Rennes, 
comprenant environ i i.ooo pièces, auxquelles s'adjoindra la col- 
lection de Robien, qui est actuellement dans des tiroirs. Les 
autres parties sont également remarquables. 



MOUVEMENT ARTITIQUES 205 

12. — Le Musée de Phôtel de ville de Saint-Malo. — 
En i86a un groupe de collectionneurs et d'amateurs se réunit et 
prit le titre de « Société du Musée ». Les cotisations des socié- 
taires et une forte subvention municipale permirent de faire des 
achats auxquels se joignirent de nombreux dons. La Société 
fondatrice s'étant dissoute dix ans plus tard^ la \ille prit à sa 
charge le musée et l'installa dans les salles de Thôtel de ville. 

Une salle dite des Grands Hommes réunit les portraits des 
hommes illustres de Saint-Malo ; Chateaubriand peint par Gi- 
rodet, Jacques Cartier^ Duguay-Trouin^ Mahè de la Bourdon- 
nais^ Maupertuis, Porcon de la Barbinais, Broussais, Boursaint, 
Trublet, Toullier, André Désilles par Rissoles deux Lamennais par 
M""' Le Révérend, Robert Surcouf, Grout de Saint-Georges^ etc. 
Un bon relief en marbre de Teverain représente '< Eudore et 
Cymodocée » du dernier chant des Martyrs. 

Dans la salle des Fêtes, plusieurs tableaux se rapportent à des 
épisodes de l'histoire locale, parmi lesquels on remarque en par- 
ticulier : 

* Perret (Paimbœuf). Explosion de la Machine injernale de 1693; 
Prise de Rio Janeiro par Duguay-Trouin ; la Découverte du Canada par 
Jacques Cartier. — Despagnes. La bataille deSaint-Casl; — * Doutreleau 
(Saint-Malo) ; Les funérailles de Chateaubriand ; — * Hercouet. La 
Prise du Kent par la Confiance^ commandée par Surcouf ; — • Aron- 
del (Saint-Malo). Prise du château de Saint-Malo. 

Parmi les scènes de genre on peut citer : Fischer. Une procession en 
Bretagne; — Noël Saunier. Un bac sur la Vilaine, et parmi les paysages 
bretons : Tremisot. Vue de Saint-Malo ; — * Arondel, (Saint-Malo), 
Etang de Marville; — MouUion. Vue de Saint-Enogat. 

Au second étage une salle est consacrée aux souvenirs ma- 
louins : on y voit des débris de la Petite Hermine, le navire que 
montait Jacques Cartier quand il découvrit le Canada^ des sabres 
d'abordage d'anciens corsaires, des trophées d'armes conquis 
par eux ; l'étalon en bronze de la pinte de Saint-Malo. D'an- 
ciennes vues de Saint-Malo et de ses environs figurent dans une 
autre salle, et Ton y voit, à côté d'intéressants types nautiques, 
des collections d'animaux marins et de plantes marines du 
littoral. 



206 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

13. — Musée de Vitré. — Fondé depuis une dizaine d'an- 
nées dans la partie restaurée de l'ancien ciiàteau de Vitré, cons- 
truction du XIV* et du XV* siècles, il se compose de 7 salles, 
4 dans le bâtiment d'entrée du château appelé le Chàtelet, 3 dans 
la grosse tour Saint-Laurent, ces trois dernières installées depuis 
quatre ans seulement. — Dans le Châtelet^, une salle d'histoire 
naturelle, a ralles d'archéologie, bois sculpté, céramique, etc., 
une salle de vues et plans de la ville de Vitré. — Dans la tour Saint- 
Laurent^une salie de tableaux, a salles d'estampes, une magnifique 
cheminée scuplée datée de i583, aulel de pierre du XIV* siècle. 

Le conservateur est M. A. de la Borderie. 

Statues : le Saint-Yves de Valenliii, le Clairon de Reischoffen de 
Léofanti^ etc. 

Dans la salle des tableaux on remarque : 

*N. Chaillou (de Nantes), Pendant la messe, étude de Bretons du 
Morbihan ; Au pardon de N -D. de la Clarté (Morbihan) ; Cest trop 
chaud ; Le Prix d honneur (types bretons de Quimperlé). — * Loïc 
Petit (de Rennes), Les Vieilles tanneries de Vitré ; Y Etang de Beaufort. 

— * A. de Penguern (de Quimperlé), Les Bruyères en Bretagne. — 
* René Hardouin (de Rennes), Bords de la Vilaine. — Lafond,Le mou- 
lin de Tréauray ; Une tour du château de Vitré, 

Ad. — DÉPARTEMENT DE LA 
LOIRE-INFÉRIEURE 

14. — Musée de peinture et de sculpture de Nantes. 

— L*Ëlat avait donné en i8o5 et 1809 ^^^ quarantaine de toiles 
à la ville qui, en 1810, acheta la riche et nombreuse collection 
que M. Gacault, sénateur et ambassadeur à Rome, possédait à 
Glisson. En i8i4 elle y joignait celle de M. Fournier, architecle- 
voyer de la ville, et le nouveau Musée était inauguré dans le 
premier étage de la Halle aux toiles, le i" avril i83o. 

Le 29 mars i852, le dernier des héritiers du nom de Glarke 
de Feltre mourait, laissant par testament sa belle galerie de 

* C'est aussi au château, dans le Ghâtelet. et non dans Tancien couvent, 
ainsi que nous l'avions dit p. i3a. qu'est installée la Bibliothèque qui 
compte 10,000 volumes. Nous lui consacrerons l'an prochain, ainsi qu'à 
quelques autres que nous avons dû traiter succinctement,une notice défcaiUée. 



MOUVEMENT AHTISTIQUK 207 

tableaux, soit au musée du Louvre, soit à l'une des grandes 
villes de France choisie par ses exécuteurs testamentaires. Les 
conditions de ce legs n'ayant pas été acceptées par le Gou- 
vernement, diverses villes se présentèrent. Nantes l'emporta 
sur ses rivales, grâce aux démarches de M. Fiançols, pré- 
sident de la Société des Beaux- Arts ; l'inauguration de cette 
collection, placée dans un salon spécial richement décoré, eut 
lieu le i5 mai i854. Un mois après, M. Urvoy de Saint-Bedan 
abandonnait une belle statue de bronze et plus de trente tableaux 
d'excellents maîtres, à la condition que la ville érigeât un asile 
destiné à cent soixante vieillards pauvres des deux sexes, dirigé 
à perpétuité par les Petites sœurs des pauvres. Ces acquisitions 
successives et divers dons du Gouvernement ont rendu le Musée 
de Nantes l'un des plus beaux de la province. Presque toutes 
les écoles y sont représentées par divers chefs-d'œuvre. 

Le catalogue publié en 1876, par M. Goutan, conservateur, 
nous apprend que la collection comprend : Peinture et dessin, 
1 .002 numéros ; Sculpture : 128. Architecture et arts industriels, 
76. Depuis ce temps les collections ont encore augmenté, et 
le bâtiment qui les contient étant devenu trop étroit, la ville de 
Nantes achève en ce moment un palais des Beaux-Arts qui lui 
coûtera 3 millions. 

Voici le catalogue de ce qui intéresse la Bretagne. 

a). — Sujets historiques ou légendaires. 

Anonymes (XVI® siècle). Du Guesclin ayant repris une abbaye aux An- 
glais près Périgueux, y fait rentrer les religieux ; Le gouverneur de 
Bandan vient rendre les clejs de sa place à Du Guesclin expiré; — * J. H. 
Belloc (Nantes). Conversion de la Madeleine ; — * A. H. Debay (Nantes). 
Episode de 1793 sur la place du Douffay à Nantes ; Lucrèce sur la place 
publique de Collatie; — * Elie Delaunay (Nantes). La leçon de flûte; 
— * Hippolyte Dubois (Nantes). Erigone; Diane ; — * Prudent- Louis 
Leray (Gouëron). Charles IX visitant les gibets de Montjaucon; — * Eva- 
riste Laminais (Nantes). Vedette gauloise ; Déroute des Germains après 
la bataille de Tolbiac; — * Charles-Olivier Merson (Nantes). Episode de 
la journée des barricades ; — * Henri Picou (Nantes). Fête à la nature ; 
Le Styx. 

b), — Sujets de genre. 

Antigna. Intérieur bretm : Jeunes filles lisant une complainte-, — 
* Barbot (Nantes). Rencontre de Charles II et du colonel Everard ; — 



208 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

* Bedert (Nantes). Grisetle nantaise à sa fenêtre (vers i83o) ; — * Pierre 
Gacault (Nantes). Homme assis sur une peau de tigre; — Eustache 
Duval. Paysanne faisant des crêpes; — Charles Fortin. Intérieur breton; 
— * J. L. Hamon (Plouha). ^escamoteur, Le Quart-d'heure deRahelais ; 
Im jeune mère; — * E. Luminais (Nantes). Rendez-vous de chasse; — 

* Auguste Toulmouche (Nantes). La leçon de lecture. 

c). — Paysage. 

* Barbot (Nantes), Vue d'an aqueduc antique ; — G . Bernier, Un che- 
min près de Bannalec : — * Durand-Brager (Dol), Vue d^Eupatcria ; — 

* Charles Leroux (Nantes), Les bords de la Loire; VErdre au-dessus de 
Nort; — * de Chancourtois (Nantes), Paysage historique; — * Jules Noël 
(Quimper), Rade de Brest par un temps calme ; — Léon Pelouse, Un 
lavoir en Bretagne; — * Ferdinand Perrot (Paimbœuf), Sauvetage d'un 
bateau de pêche breton; — J. F. Sablet, Yue de la cale de la Machine 
près Nantes; — * Félix Thomas (Nantes), Les Bords du Tibre. 

d). — Portraits. 

Anonymes (miniatures) : J.-B, de Becdelièvre, 1647 > ^* ^^ Becde- 
lièvre^ président de la Chambre des Comptes, 1795 ; G. de Becdeliêvre, 
chevalier de Malte, 1780 ; — * Bouchaud, Son portrait par lui-même; 

— Ingres, Portrait de Madame de S. ; — A. Pérignon, le contre-ami- 
ral Leray, député de la Loire- Inférieure ; — Jean Petitot, le Mar- 
quis de BecdelièvrCy 1697 ; — J.-H. Sablet, François Cacault; — J.-F. 
S.ablet, J.-B. Ceineray, architecte Nantais; Pierre Cacault y peintre 
nantais; — Robert Tournières, La famille du géomètre Maupertuis ; — 
Anonyme, XVIII» siècle, Graslin, créateur du quartier de ce nom à Nantes. 

e). — Sculpture. 

* Jacques-Michel Caillé (Nantes), Aristée pleurant la mort de ses 
abeilles, siaiiuei Fondation de Marseille, bas-relief; — *J.-B. Debay, fils 
(Nantes); Hyacinthe mourant , statue ; Hercule enfant étouffe des 
serpents, statue ; — * Charles Doussault, Une danseuse antique, statue ; 

— * Ducommun du Locle (Nantes), Cléopâtre, statue ; Jésus-Christ 
a«sû, bas-relief ; VErdre, la Sèvre, figures allégoriques. — * Grootaers 
(Nantes), le général de Bréa ; le général Gérard, bustes; — * Charles 
Le Bourg (Nantes), V Enfant à la sauterelle; — * Amédée Ménard 
(Nantes), Un forban, statue ; — * E. Suc, Tête de vierge, médaillon; 

Bustes : * J.-B. Barré (Nantes), Evariste Boulay-Paty ; — J.-B. Debay 
père, Buste du général Tharreau; — * J.-B. Debay, fils (Nantes), Maihurin 
Crucy, architecte ; — Jaley, Clarke, duc de Feltre, donateur de la col- 
lection (marbre) ; — * E. Suc, le général Damoustier ; le général Cam- 
bronne; le docteur Guépin. 



MOUVEMENT ARTISTIQUE 209 

15. — Le Musée départemental d'archéologie de la 
Loire-Inférieure, formé en i85o, est placé sous la surveillance 
de la Société d'archéologie ; il s'est enrichi de précieux débris, pio- 
venant des anciens édifices de la ville, de statues, de peintures^ 
armes, vases, bijoux, médailles^ en un mot de tout ce qui peut 
rappeler un souvenir historique ou présenter un intérêt artis- 
tique. Le Conseil général et le Conseil municipal lui ont as- 
signé, depuis i85o, une place dans leurs budgets respectifs. On 
y remarque de belles antiquités romaines, trouvées dans les 
fondations de Fancien château du Bouffai ; — un cippe ou autel 
funéraire antique quî^ naguère, servait d'auge dans une des 
rues ; des fragments de poutres ornées provenant de façades de 
maisons du XV' siècle ; — une superbe clef de voûte de l'an- 
cienne église de Saint-Nicolas ; — deux belles statues, du XV* 
siècle : une Compassion de la Vierge d'un très beau travail ; des 
cercueils en pierre et des fragments de poterie romaine, ex- 
traits de Tancien cimetière de Rezé, en i853; — des pierres tom- 
bales de diverses époques, provenant des cimetières de Nantes 
et de ses environs ; — d'anciens ornements d'église, une tapis- 
serie, aux armes de Rohan ; le dais, plusieurs fois remanié, qui 
servit aux entrées des rois Louis XIII et Louis XIV. — On y voit 
aussi de vieilles pièces d'artillerie des plus rares, et il comprend 
en outre, des armes, des frises en bois sculpté et de nombreux 
débris d'antiquités en tous genres ; — la curieuse collection de 
céramique, monnaies gauloises, mérovingiennes et féodales, de 
bijoux.d'objets de toutes sortes,légués en 1882 par M. Parenteau; 
la magnifique collection de M. Seidler, formée d'outils de l'é- 
poque préhistorique^ acquise par la ville de Nantes ; les séries 
remarquables gracieusement offertes par M. Kerviler, l'ingénieur, 
et M. Bord^l'entrepreneur du bassin de Penhouët à Saint-Nazaire. 

Le Musée archéologique est ouvert au public le dimanche et 
le jeudi, de midi à quatre heures. 

Placé jusqu'en ces derniers temps dans l'ancienne chapelle des 
Pères de l'Oratoire, cours Saint-Pierre, il vient d'être installé 
dans le palais Dobrée, légué récemment par ce généreux dona- 
teur au département avec les collections qu'il renferme. 

16. — Muséum d'histoire naturelle de Nantes. — Le 
vieil hôtel des Monnaies, situé place du Bouffai, ayant été dé- 

16 



^10 ANNUAIHK D£ LA BHKXAGNK 

inoli eu 182 1, M. Diiollet construiait à cette époque, pour la 
môme destiiiation, l'édifice qui existe aujourd'hui rue Voltaire. 
L'Ecole des Sciences y est installée depuis l'année i854 et le 
Muséum d Histoire naturelle y a été annexé en 1871. C'est le 
siège de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest. Les col- 
lections y sont nombreuses et choisies. 

On remarque parmi les objets exposés d'anciens costumes du 
Bourg-de-Batz et de Saille. 

17. — Musées cantonaux. — Jusqu'à présent, il n'existe 
en Brelague que quatre musées cantonaux^ qui sont tous dans 
la Loire- Inférieure. Voici Tindicalion des localités avec le nom 
du fondateur entre parenthèses. 

La Salmonière en Vertou, (M. Marionneau, correspondant de 
rinstilut). — Les Cléons, commune de Haute- Goulaine près Vertou 
( M. Chaillou . (Ce musée archéologique est des plus remarquables) . 
— Le LorouX'Bottereau (M. Chiron, pharmacien). — Bourg de 
Batz (M. Lehuédé et M^^' Pichon). 

Ae, — DÉPARTEMENT DU MORBIHAN 

16. — Musée archéologique de Vannes. La ville de 
Vannes ne possède pas de musée de peinture, et de sculpture, 
proprement dit, quoique l'on conserve à Thôtel de ville quelques 
tableaux parmi lesquels ï Inauguration de la Chartreuse d'Auray 
par la duchesse dAngoulème en 1826, de Couderc, et quelques 
sculptures, dont un bas-relief de Frémiet représentant le Conné- 
table de Clisson à cheval, donné par le duc de Rohan en iSgS; on 
voit ausbi au palais de justice la maquette en plâtre d'une statue 
équestre d'Arthur de Richement ; mais le musée archéologique, 
place des Lices^ fondé et entretenu par la Société polymathique 
du Morbihan, a conquis une renommée universelle. C'est là que 
Ton admire les trésors préhistoriques de la butte de Tumiac, 
du Mont-Saint-Michel de Carnac, de LocmariaLer et de plusieurs 
autres tumulus ou dolmens, qui ont figuré avec honneur aux 

* Les personnes qui désireraient avoir des détails sur rorganisation et le 
fouclionneoioat de ces utiles institutions peuvent s^adresser ik M. Kd. 
Groult, avocat à Lisieux, fondateur des Musées cantonaux. 



MOUVJËMKNT ARTXSTiQUK 211 

grandes expositions parisiennes et qui sont connus du monde 
entier. 

Il contient en outre beaucoup d'antiquités gallo-romains, des 
objets de moyen-âge et de la Renaissance, et 4,3oo médailles, 
dont environ a.ooo monnaies romaines trouvées dans le dépar- 
tement. Le conservateur est M. le chanoine Le Mené. Il existe un 
catalogue. 

19. — Musée d'histoire naturelle de Vannes. Ce musée, 
situé sur la place des Lices, est surtout riche en ornithologie et 
en conchyliologie : mais, quelle que soit sa valeur, il ne peut 
supporter la comparaison avec les magnifiques collections de 
minéralogie réunies par M. de Limur, dans six salles de son 
hôtel de la rue Thiers. Ces dernières sont libéralement ouvertes 
aux visiteurs et peuvent rivaliser avec celles de l'Ecole des Mines 
à Paris. 

20. — Le Musée de Lorient, établi au-dessus des anciennes 
Halles, contient quelques tableaux de M""*^ La Viliette et des 
objets d'ethnographie océanienne, mais il n'a pas une impor- 
tance suffisante pour mériter une description détaillée. 

21. — Le Musée Miln à Carnac a été construit et doté au 
moyen d'un legs de James Miln, savant anglais, qui a longtemps 
séjourné dans le pays (1873-82) dont il a étudié l'archéologie 
depuis les temps préhistoriques jusqu'à l'époque gallo-romaine. 
Cet étabUssement, qui appartient à la commune, renferme une 
grande partie du résultat des fouilles de Miln^ des objets dé- 
couverts dans la région depuis sa mort et des échantillons 
ethnographiques étrangers oilerts par difiérenls autres dona- 
teurs. Parmi les dons du fondateur, on remarque un excellent 
plan mégalithique des alignements de Kermario qu'il a dressé 
lui-même avec une grande exactitude. 

Le gardien actuel est le photographe Zacharie Le Rouzic^ 

Paul Sébillot. 



* Nous compléterons l'année prochaine cette nomenclature, forcément 
incomplète, et nous serions très obliges à MM. les Conservateurs de noua 
fournir les renseignements nécessaires. 



212 ANNUAIHE i)E LA bUKTAâNB 



B. — LA BRETAGNE AUX SALONS 



Pas plus que la philosophie et la poésie^ l'art breton ne fut 
épargné pendant cette année 1896, dont tant de croix noires 
marquent les étapes. La place d'Evariste Luminais restera vide 
aux salons des Champs-Elysées ; le peintre de la Mort de Chra- 
me, de la Bataille de Tolbiac, des Enervés de Jumèges couchés, 
si lamentables, dans la barque qui descend le cours du fleuve, et 
de cette tragique chevauchée du Boi Gradlon, un des joyaux du 
musée de Quimper, le peintre des Gaulois chevelus contemplant 
Rome avec une craintive envie et des Mérovingiens immobiles 
dans leurs stalles de pierre, n'a point laissé d'élèves. Très loyal et 
très fier artiste, il est demeuré jusqu'au bout, par son caractère et 
le choix de ses sujets, le plus Breton des grands peintres de ce 
temps. 

Le Salon de 1896 ne montrait pas d'œuvres posthumes de 
Luminais ; on n'y admirait non plus aucun des trop rares 
tableaux de M. Olivier Merson, si remarquables par le sentiment, 
la finesse expressive et une couleur locale dont les primitifs 
semblaient avoir emporté le secret. 

Rien non plus de M. Berteaux, rien de M. Douillard ; — et de 
M. J. Aubert, un de nos meilleurs peintres religieux, un simple 
Diptyque, peinture murale à la cire. 

Quelques-uns de nos artistes, heureusement, n'ont pas été 
atteints par cette indifférence ou cette lassitude de nos compa- 
triotes ; citons en trois tout de suite, et des plus éminents : 
M. Yau D'argent, M. le Sénéchal de Kerdréoret, M. A. Guillou. 

M. Yan D'argent met depuis cinquante ans son rude pinceau 
au service des légendes celtiques. Il peint comme écrivait M. de 
la Villemarqué. On devrait lui confier l'illustration d'un Barzaz- 
Breiz, Son Ann Anaonn (Ombre des marais) est traité dans les 
tons gris qu'il affectionne et que lui fournit sa Gornouaille na- 
tale. La même personnalité domine un simple paysage, « Brezal 
en Saint-Servais ». 

M. le Sénéchal de Kerdréoret excelle à déchaîner les vagues, à 



ï 



MOUVEMENT ARTIc.TIQUK 213 

représenter les sinistres furies de la mer. Qu'importe que sa 
Tempête soit vue des côtes normandes ! L'auteur a donné de 
nombreux gages d'affection à la Bretagne ; il tient la tête de nos 
peintres de marine, au nombre desquels M"« Elodie La Villette, 
une Bretonne encore, a se su faire avec des œuvres comme la Marée 
montante et le Lever de lune à Quiberon, une place très enviable. 
M. A. Guillou n'est point un peintre de marine, c'est un peintre 
de marins ; ses idylles de la côte bretonne et de la baie de Gon- 
carneau ont le charme de Brizeux, notre Théocrite. Voyez les 
Sardinières qui s'en viennent gaiement, la main dans la main, le 
refrain aux lèvres, laissant Tune d'entre elles aux prises avec un 
galant pécheur ; voyez le gars qui se mire dans les yeux de sa 
douce et la courtise « pour le bon motif ». Ces deux toiles clai- 
rement et chaudement peintes^ sont les innocentes gaietés 
d'une race saine et forte, toujours en lutte contre le terrible 
élément. 

Le Salon compte encore bien des peintres et des tableaux 
bretons ; il faut nous borner à les énumérer. M. Beauquesne 
cultive avec succès la peinture militaire, comme le montre 
sa Reprise de Flavigny, La Distribution des croix blanches^ la 
veille de la saint Barthélémy, découvre une autre face de son 
talent nerveux et précis. M. P. Chabas s'affirme comme un por- 
traitiste de haute valeur. Les robustes études de M. Chantron, 
les gracieuses figures de M. Clémansin du Maine, les scènes de 
genre de MM. Baader et Godeby sont dans la manière habituelle 
de ces artistes. Nous regrettons les gueux bretons de M. N. 
Chaillou, même devant l'ancienmanoirdesRohan, peint avec une 
vérité très expressive. M"" Houssay rallie tous les suffrages avec 
son exquise « Jeune fille à l'étude o. Notons MM. Baillet, Tanguy, 
paysagistes de mérite, et les deux dernières œuvres de M. E. 
Maxence, un portrait de vieillard, une « Cascade de fleurs », où 
deux jeunes femmes, en toilettes d'été, s'enlèvent sur un fond de 
feuillage avec une vigueur étonnante. 

Parmi les peintres nés hors de Bretagne^ mais traitant avec 
passion les sujets bretons, nommons — primi inter pares — 
M. Bernier, grand paysagiste, MM. DeyroUe et Duvent. 

A la sculpture, nous trouvons M. Gh. Le Bourg, un des vété- 
rans de l'art nantais et un animalier de premier ordre ; M. Ba- 



214 



ANNUAIRE DE LA RRETAGNE 



reau, que le monumeot du D*" Ouérîn a rnis tout a fait en vue ; 
M. Dolivet qui expose de simples bustes ; M. P. Ogé, avec un 
intéressant monument à Dupuy-de-Lôme, et la statue d'Ahès ; 
M. Caravanîez. dont le Samson combattant les Philistins a 
beaucoup d'allure : M. L*» Gofl, et enfin M. Loys Potet, qui fc 
révèle dans son fier Beaamanoir, comme un pur patriote breton. 
A peine cinq ou six de nos artistes ont*ils émigré au Champ 
de Mars. Quand nous aurons nommé MM. Ghabas et de la 
Villéon, un idéaliste h la Puvis de Chavannes, et un paysagiste 
sincère et lumineux, qui ont eu chacun au printemps dernier 
leur exposition particulière, quand nous aurons donné un coup 
d'oeil à la Pandore de M. Ary Renan, au portrait curieux de 
Gyp-Protée, aux blés de M. Nobillet, aux sujets bretons de 
M"» F. Fleury, de MM. Cottet et Gros, nous serons en règle avec 
le deuxième salon. 0. de Gourcuff. 



C. — MONUMENTS HISTORIQUES DE BRETAGNE 

CLASSÉS EN VERTU DE LA LOI DU 30 MARS 1887 



La commission des Monuments historiques se réunit, 3, rue de 
Valois. Elle ne compte parmi ses membres aucun Breton. 



La Commission des Monuments mégalithiques, tient aussi ses 
séances, 3, rue de Valois. Elle compte un membre breton, 
M. Paul Sébillot ^ 0. L, spécialement chargé des Côtes -du- 
Nord et de rille-et- Vilaine ; et ses correspondants en Bretagne 
sont MM. Pitre de Tlsle (Loire-Inférieure), Paul du Châteliier 
(Finistère), Gaston Fraboulet (Côtes- du-Nord); Danyel Beaupré 
(Morbihan). 

MONUMENTS MÉGALITHIQUES 

CÔTES-DU-NORD 



Bégard. Menhir de Kerguézen- 
nec. 



Bourbriac. Tumulus et dolmen 
de Danouédou. 



MOUVEMENT ARTFSTrQUK 



215 



Pédernec. Menhir au hameau 

du Menhir. 
Pleuxneur-Bodou. Menhir de 

Saint- Du zec. 
Plésidy. Menhir de Gaélouan. 



Quessoy. Dolmen du Champ 

Grosset. 
Qui n tin. Menhir. 
Vieux-Marché. Dolmen de la 

chapelle des Sept-Saints. 



Camarat. Alignements. 
Conquet (Le). Cromlech de Ker- 

morvan. 
Grozon. Alignement. 

Dolmen de Ty-ar-Chur. 
Goulven. Dolmen de Tréguel- 

c'hier. 
Landunvez. Dolmen et menhir 

d'Argenton 



FINISTERE 

Penmarc'h. Menhir. 

Plouarzel. Menhir de Kerveatou . 

Plounéour-Tpez. Deux menhirs 
de Pontusval. 

Plourin-Ploudalmezeau. Men- 
hir de Kercadiou. 

Plozevet. Menhir des Droils-de- 
r Homme. 



ILLE-ET-VILAINE 



Guguen. M.mhir dit la Pierre- 
Longue. 

Dol. Menhir du Chant-Dolent. 

Kssé . Dolmen dit la Roche anx^ 
Fées. 

Médréac. Menhir de Chcnot. 

Noyai -sous- Bazouges. Menhir 
de Lande-Ros. 



PlerRuer. Menhir dit la Pierre- 

dvL'Domaine , 
Saint-Aubin des Cormiers. 6 

menhirs dans la forêt domani- 

cale de Haute-Sève. (P.E.') 
Salnt-Suliac. Menhir dit la 

Dent-de-Gargantua. 
Tressé. Dolmen dit la Maison^ 

des-Fées. 



LOIRE-INFÉRIEURE 



Crolsic (Le). Menhir signal. 

Donges. Menhir de la Vacherie. 

Kscoublac. Menhir à cupules. 

Pont-Château. Menhir dit le 
Fuseau-^e-^la-Madeleine. 



Pornic. Tumulus avec dolmens. 

Saint-Nazalre. Dolmen trilithe. 

Tumulus et dolmen de Dis- 

signac. 

Sainte -Pazanne. Dolmen dit 

la Salle-deS'Fées , 



MORBIHAN 



Baden. Double cromlech d'Er- 
Lanic. 
Cromlech de Flle-aux- 
Moines. 



Carnac. Alignements du Ménec. 
(P. E.) 
Alignements et dolmen de 
Kermario. (P. E.) 



P. K. signifie Propriété de rÉtat. 



216 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



Carnac. Alignements et dolmen 
de Kerlescan. (P. E.) 
Tumulus-dolmen du Mont- 
Saint-Michel. (P. E.) 
Tumulus à menhir du Mous- 

toir-Carnac. (P. E.) 
Dolmens de Kériaval. (P. E.) 
Tumulus à trois dolmens du 

ManéKérioned. (P. E.) 
Menhir de Kerluhir (P. E.) 
Menhir de Kergo. (P. E.) 
Dolmen de la Madeleine. 

(P. E.) 
Dolmen du Roch-Feutet. 

(P. E ) 
Menhir du Bourg-de-Carnac. 

(P. E.) 
Menhir de Kerlagate. (P. E.) 
Dolmen de Klud-er-Yer. 
(P. E.) 
Erdeven. Alignements. (P. E.) 
Dolmen du Mané-Groh.(P.E.) 
Kerderf. Menhir (P. E.) 
Locmariaker. Tumulus avec 
dolmen du Mané-er-Hoeck. 
Tumulus avec dolmen du 

Mané-Lud. (P. E.) 
Grand menhir (P. E.) 
Dolmen des Pierres- Plates. 
Dolmen de Kervérès. 
Dolmen des Marchands.(P.E). 



Dolmen du Mané-Rutual. 

(P.E.) 
Manlo. Quadrilatère et menhir 

(P.E.) 

Plougoumelen. Dolmen du Ro- 
cher. 

Plouharnel. Tumulus à trois 
dolmens de Rundossec. 
Neuf menhirs du Vieux- 
Moulin. (P. E ) 
Tête des alignements de 

Sainte-Barbe (P. E.) 
Dolmen de Grucuno (P. E.) 
Cromlech de Crucuno.(P.E.) 
Dolmen de Kergavad. (P.E.) 
Dolmen de Runesto. (P. E.) 
Dolmen de Gohquer. (P.E.) 
Dolmen du Mané-Runmeur. 
(P. E.) 
Qulberon. Menhir du Mané- 

Meur. (P. E.) 
Saint-Plerre-Quiberon. Ali- 
gnement de Saint-Pierre (P.E.) 
Cromlech. 
Dolmen de Rockquînaude. 

(P. E.) 
Dolmen du Port-Blanc. 
(P. E.) 
Trinité-sur-Mer (La). Aligne- 
ments du Petit -Ménec. (P. E.) 



MONUMENTS ANTIQUES 

CÔTES-DU-NORD 

Corseul Ruines romaines dites Temple-de-Mars, — Plédran. Camp 
vitrifié de Péran. 

FINISTÈRE 

Garhaix. Aqueduc. 

MORBIHAN 

Pontîvy. Sépulture de Tâge de fer. 



J 



MOUVEMENT ARTISTfQUE 



217 



MONUMENTS DU MOYEN AGE 

DE L\ RENAISSANCE ET DES TEMPS MODERNES 



COTES-DU-NORD 



Chatelaudren. Peintures du 
prieuré de Notre-Dame- du- 
Tertre. 
Dinan. Église Saint-Sauveur. 
Remparts. 

Tours et portes de la ville. 
Château de la reine Anne 
(aujourd'hui prison). 
Guingamp Église Notre-Dame- 

de Bon-Secours. 
Kérity. Ruines de Tabbaye de 

Beau port. 
Laxnballe. Église Notre-Dame. 
JLanlefl. Ruines du temple. 
Lannlon . Crypte de Téglise Saint . 
Pierre. 



Lehon. Ruines du prieuré. 

Merléac. Vitraux et peintures de 
la chapelle Saint-Jacques, à 
Saint-Léon. 

Moncontour. Église. 

Plouha. Restes de peintures mu- 
rales dans la chapelle de Ker- 
maria-an-Isquit. 

Saint-Brieuc. Hôtel de Rohan. 
Hôtel des ducs de Bretagne. 
Saint-Léon. — Voir Merléac. 
Tonquedec. Château. 
Tréguler. Ancienne cathédrale 

et cloître. 
Yvignac. Église. 



FINISTERE 

Daoulas. Église et cloitre de Tan- 
cienne abbaye. 

Chapelle Sainte-Anne. 

Folgoet (Le). Église Notre- 
Dame. 
Prieuré. 

Goulven. Église. 

Guerlesquln. Prétoire. 

Kérouzéré. — Voir Sibiril. 

Lambader. Église 

Lanmeur. Crypte de Féglise. 

Locronan. Église. 

Loctudy. Église. 

Morlaix. Maison de la reine Anne. 

Penmarc'h. Église. 

Pleyben. Église. 
Calvaire. 

Plogastel St-Germain. Église 

Plougastel-Daoulas. Calvaire. 



Plougouvelln. Ruines de Tab- 

bayede Saint-Mathieu. 
Pont-l'Abbé. Eglise de Lambour. 
Pont-Croix. Église. 
Quimper. Cathédrale. 

Chapelle épiscopale. 

Église de Loc- Maria. 
Quimperlé. Église Sainte-Croix. 
Roscofit. Église. 
Saint- Jean-du-Doigt. Église. 

Fontaine. 
Saint- Jean-Trollmon, Calvaire. 
Saint-Pol-de-Léon. Ancienne 
cathédrale. 

Église N . -Dame-du-Creisker. 
Saint-Thégonnec. Église. 

Calvaire. Ossuaire. 
SibSrll. Château de Kérouzéré 
Sizun. Arc 



218 



ANNUAIRE DR LA BTIKTA6NE 



ILLE-ET-VILAINE 



Dol. Ancienne cathédrale. 
Fougères. Château. 
Landéan. Celliers. 
Langon. Chapelle Saint-Agathe. 
Redon. Clocher et église Saint- 
Sauveur. 
Rennes. Palais de justice. 



Saint-Malo. Remparts et châ- 
teau. 



Saint-Servan. Tour Solidor et 
ouvrage avancés. (P. E.) 

Vitré. Château. 
Église. 

LOIRE-INFÉRIEURE 



Batz. Chapelle Notre-Dame-du 

Mûrier. 
Croisic. (Le). Chapelle Saint- 

Goustan. 
Guérande. Église. 

Remparts et portes. 



Nantes. Cathédrale Saint-Pierre. 

Château (affecté au service 

de la guerre P. E.). 

Oudon. Tour de l'ancien château. 

Salnt-PhiHbert - de -Granlieu- 

Église. 



MORBIHAN 



Elven. Tour de Tancien château 

de Largouët. 
Faouët(Le). Église Saint -Fiacre. 
Guern. %lise Notre-Dame de 

Quelven. 
Hennebont. Église Notre-Dame 

de Paradis. 
Ile d'Arz (L). Église. 



Josselin. Tombeau de Glisson, 
dans l'église Notre-Dame. 

Kernascléden. Chapelle Notre- 
Dame. 

Ploërmel. Église Saint-Armel. 

Saint-Gildas-de-RuJs. Église. 

Sarzeau. Ruines du château de 
Succinio. 



D. — ASSOCIATIONS ARTISTIQUES BRETONNES. 



Da. — ASSOCIATION ARTISTIQUE ET 
LITTÉRAIRE DE LA BRETAGNE. 

Cette Société a été fondée à Rennes, sur Tinitiative et sous la pré- 
sidence de M. Lucien Decombe, directeur-conservateur du Musée ar- 
chéologique de cette ville, le 24 janvier iSgo.sous le titre d*A«socûx- 
tion arlistiqne de Bretagne, et autorisée, par arrêt préfectoral du 5 
mars 1890, à se réunir et à s'administrer librement. 

Le 3 1 octobre de la même année, sur la proposition d'un de ses 



MOUVRMKNT ABTrSTfQUE 219 

membres, M"« Vattier d'Ambroyse, la Société modifia son litre et prit 
celui d* Association artistique et littéraire de Bretagne Cette modifica- 
tion fut approuvée par arrêté préfectoral du 33 décembre 1890. 

L'Association a pour bnt de fournir aux artistes, peintres, sculp- 
teurs, dessinateurs, architecles, aux compositeurs et artistes musi- 
ciens, aux littérateurs enfin, le moyen de se faire connaître par des 
expositions, des concerts, des lectures ou des conférences périodiques 
et de leur faciliter le placement, l'audition ou la publication de leurs 
œuvres Elle se divise, en conséquence, en trois sections, savoir : arts 
plastiques, musique, littérature. 

Tjd Section des Arts plastiques organise chaque année une exposition 
comprenant les tableaux et dessins, les objets de sculpture, les gra- 
vures et lithographies, l'architecture, ainsi que les œuvres des indus- 
tries se rattachant aux Beaux -Arts. Chaque exposition est accompa- 
gnée d'une tombola dont les lots sont des œuvres d'art figurant à 
l'exposition, et acquises à cet efiet par le Comité. 

La Section de musique organise des concerts, des auditions et des 
concours auxquels sont admis les artistes et les compositeurs, soit 
membres de l'Association, soit nés ou domiciliés dans Tun des cinq 
départements bretons. 

La Section de littérature organise des conférences, des lectures pu- 
bliques et des concours littéraires ouverts également aux auteurs nés 
ou domiciliés en Bretagne. 

Président général de V Association : M. Arthur de la Borderîe, 
membre de l'Institut. 

Président de la section des Arts plastiques : M. Lênoir, directeur de 
l'école des Beaux- Arts de Rennes. 

Président de la section musicale : M. Lemercier . 

Président de la section littéraire : M. Loth, doyen de la Faculté des 
Lettres de l'Université de Rennes. 

Db, — ASSOCIATIONS DIVERSES 

En dehors des sociétés municipales de musique (pompiers, etc.) 
dont la nomenclature serait fastidieuse, nous citerons : 

1. — Société philharmonique de St-Brîeuc. Directeur, M. Louyer 
de Villermay. 

2. — Société chorale de St-Brieuc. Président, M. Servain. 

3. — Société musicale de Brest . 

4. — Choral Chevé, à Brest. 



220 ANNUAIBR DE LA BRETAGNE 

5. — Choral Rennais, fondé en 1880. Président, M. Porteu. 

6. — Harmonie Sainte-Cécile de Rennes. Président, M. de Foucaud. 

7. — Société photographique de Rennes, fondée en 1890. Président, 
M. Fettu. 

8. — Cercle des Beaux- Arts, à Nantes. 

9. — Les Seize, la Goncordejes Sans-Souci,la lyre Nantaise, à Nantes. 

10. — L'Union musicale, groupe de toutes les autres Sociétés, à 
Nantes. 

11. — Société des Amis des Arts, à Nantes, avec un salon de pein- 
ture annuel, à la Galerie Préaubert. 

la. ^ Société philharmonique de St-Nazaire. Président, M. Mahaud. 
i3. — Le Caveau Nazairien, à Saint-Nazaire. 
i4. — La Lyre de la Loire, à Méans Saint-Nazaire. 
i5. — Le Cercle philotechnique à Lorient. Président, M. de Ker- 
gommeaux . 

De. — ECOLES ARTISTIQUES 

I. — L'Ecole régionale des Beaux- Arts, à Rennes. Directeur, 
M. Lenoir, sculpteur, O. I. 

a. — Le Conservatoire de musique de Rennes, fondé en i884, suc- 
cursale de celui de Paris. Directeur, M. Tappomier-Dubout. 

3. — Le Conservatoire de musique de Nantes, fondé en i844, suc- 
cursale de celui de Paris. Directeur, M. Weingarlner. 

4. — Ecole communale et gratuite de dessin, à Nantes. 

5. — Les Sociétés d'instruction populaire à Nantes, Rennes, Saint- 
Nazaire, Lorient et Brest. 

E. — COLLECTIONNEURS BRETONS. 



MM, du Chatellier, château de Kernuz près Pont-l'Abbé, Finistère 
(Livres sur la Bretagne ; mss. sur la Révolution ; préhistorique). 

Serret de Belcourt^ rue du Quai ; Quimper. (Meubles bretons). 

Alfred Guillou, Concarneau : (Meubles bretons). 

Robinot de Saint-Cyr, château de la Roche, Guenroc, près Dinan 
(Préhistorique breton). 

Arthur Rkôné^ Keravelen Plouha (Livres meubles, statues bretonnes). 

Jules Lemoine, rue du Val à Lamballe (Préhistorique, meubles, 
aïences, instruments de musique). 

Rioust deLargenlaye, château de Largentaye près Plancoët (meubles, 
armes, émaux, tableaux, etc). 



COLLECTIONNEURS BRETONS 



CKVCIPIX DE GAVR INNIS [XU* SIECLb). 

(collection de closuadeuc) 
Gravure oitraito de VHiilOire du diocèse de Vannes, par H. le chanoine 



222 ANMUAIHE DK LJL fiRl£TAGM£ 

L. Decombe, i3, rue de TEmbarcadaire, Rennes. (Livres sur la 
firetag^ne, imagerie et livres populaires). 

Jules Aubrée^ rue de la Liberté, Hennés. (Faïences et gravures). 

A. de Botherelf rue Nationale, Rennes, i Faïences bretonnes). 

Hersent, ancien coniinissaire prieur, Rennes. (Antiquités bretonnes, 
faïences bretonnes). 

Comle de Palys, rue Saint-Yves, Rennes. (Iconographie bretonne). 

A. de La Borderie, Place du Marchix, à Vitré. (Impressions bre- 
tonnes, livrés et objets intéressant Thistoire de Bretagne ) 

Pilven, juge de paix. Rennes. (Meubles bretons du pays de Léon). 

Frédéric Sacher, rue Saint-Cyr, Rennes. (Antiquités bretonnes, 
gravures, faïences, livres). 

D^ Anjfret^ directeur du service de santé à Brest [œuvres et dessins 
des Ozanne, artistes brestois, dessins, portraits, etc., de la région). 

D' Berger, adjoint au maire de Brest. (Portraits bretons). 

D^ A. Corre, Brest ( Vues,cartes,plan, etc. , de Brest et de la région). 

3f** de G ranges' Surgères, 66, rue iSaint-Glément, Nantes. (Iconogra- 
phie bretonne, manuscrits, livres). 

V^ de La Laurencie, Cours Saint-Pierre (Numismatique bretonne). 

S. de la Nicolière-Teijeiro, Archivisie à Nantes (Numismatique bre- 
tonne, surtout nantaise). 

F^° de la Touche le Liepvre, 5. Place Louis XVI Nantes. (Numisma- 
tique bretonne, poteries gauloises). 

Pitre de l'Isledu Dreneuc, rue de Paris, Nantes. (Préhistorique). 

Lévy, lo, rue Boileau, Nantes (Livres sur la Bretagne). 

Carris de Monlforl, à Ancenis (Numismatique bretonne). 

René Kerviler, ingénieur en chef, Saint-Nazaire. (Préhistorique, 
livres, portraits et autographes sur la Bretagne et les Bretons. Numis- 
matique bretonne.) 

Abbé C hauffier, coiiègG Saint-François- Xavier, Vannes. (Numisma- 
tique bretonne). 

/)'■ de Closmadeuc, Vannes, (Préhistorique et moyen âge). 

Le Nosey, à Pontivy (bijoux celtiques du Morbihan : collection de 
i5oo perles antiques formant une soixantaine de colliers). 

Le Briganty au château de Rohan à Pontivy (Préhistorique et 
gallo-romain : Ethnographie bretonne) . 

F. Mahé, à Gouet Gourzo en Locmariakaër (Préhistorique et gallo- 
romain). 




STATi6TIQU£â DiYtfRSi£S 223 



lY. — STATISTIQDES DIVERSES 



AGRICULTURE 



Nous avons déjà parlé de la section d'Agriculture de l'Asso- 
ciation bretonne et de ses travaux. Voici la liste des Sociétés 
locales : 

I. — CÔTES-DU-NORD. 

a. — Sociétés d'Agriculture, au nombre de 5. 

1. — Société d agriculture de l'arrondissement de Saint- Brieuc, 
fondée avant i833, refondue en i8Zi3 et devenue eu 1869 le co- 
mice des deux cantons de Saint-Brieuc. — Président, M. Pradal. 

2. — Comice central dagriculture, de commerce et d'industrie 
de l'arrondissement de Dinan, fondé en 1869^ et devenu eu 
i864, le comice agricole de Dinan. — Président, M. Even. 

3. — Société d^ agriculture de Guingamp^ fondée en i843, et 
devenue en 1849 ^® comice central des dix comices de l'arron- 
dissement de Guingamp, — Président, M. ïanvez. 

4. — Société d'agriculture de Lannion. fondée en i833, lefoodiie 
en 1839, devenue en i85o comice d'arrondissement et fondue 
en i852 dans le Comice agricole Cantonal de Lannion, — 
Président, M. de Kergariou. 

5. — Société d'agriculture di Loudéac, fondée avant i833, 
refondue en i846, devenue en i85o comice d'arrondissement 
et fondue en 1869 dans le Comice agricole cantonal de Loudéac. 
Président, M. Lostic. 

6. — Comices agricoles cantonaux autres que les précé- 
dents, classés par arrondissement et par ordre de date de fon- 
dation dans chaque arrondissement. 

Salnt-Brieuc. 

Plœuc, fondé en i832. Président, M. Guépin. 

Paimpol, — IÔ38. — » Dayot. 



226 



ANNUAIRE PR LA BRETAGNE 



Huelgoat, 
Le Faou, 
Plevben, 
Châteauneuf, 
Grozon, 



Plouigneau, 

S^-Thégonnec, 

Landivisiau, 

Plouzévcdé, 

Lanmeur, 

Plouescat, 

S*-Pol-de-Léon, 

îSizun, 



Bannalec, 
Scaër, 
Ponlaven, 
Arzano, 



Châteaulin 


9 




en i84ï. Président M. Fëjean. 


i844. 


— 


» Gaurant. 


i844. 




» Le Borgne. 


i863. 




» Gh. Leroux. 


1867. 


— 


» Le Moign. 


Morlaix. 






i838. 


— 


M. Gamus. 


i843. 


— 


» De Lescoct. 


i846. 


— 


» Soubîgou. 


i853. 




>) G'« deKerdrel. 


1857. 




» Swiney. 


18G2. 


— 


•• Inizan. 


M 


— 


» Hervé du Penhoat. 


1867. 


— 


» G. Boucher. 


Quimperlé. 






1837. 


— 


M. Rodallec. 


i85t). 




» J. de Kerjégu. 


i864. 


— 


» M'*deBrémond d Ars 


.y 


__ 


> De Rai mes. 



c. ^ Concours d'animaux de boucherie. 

Association sud Finistère. — Président, M. Lefloc. 
Association nord Finistère w M. N... 

Carhaîx » M. Gourdin. 



1. — 
o 

3. — 



3. — Ille-et- Vil AINE. 
a. — Sociétés d'agriculture au nombre de 8. 

1. — Société départementale d'agriculture et d industrie dllle- 
et- Vilaine, fondée en 1766, avec le concours des Etats de Bre- 
tagne, et réorganisée en i85i. — Publie un journal mensuel 
d'agriculture et possède une belle bibliothèque agricole. — 
Président M. le vicomte de Iorgeril. 

2. — Société d'agriculture de commerce d'industrie du départe- 
ment dllle-et-V Haine, — Publie aussi un Journal d'agricul- 
ture mensuel et organise chaque année des concours d'ensei- 
gnement agricole. — Président, M. Sirodot, O. :^, avec 
cinq bureaux d'arrondissement. 



STATISTFQUKS DIVERSES 227 

3. — Société horticole dllle et- Vilaine, annexe de la précédente. 
Président, M Sirodot, O. ^. 

4. — Société centrale d horticulture de rille- et- Vilaine. — Pré- 
sident, M. DE CONIAC, ^. 

5. — Association pomologique de r Ouest; s'étend sur tous le» 
départements qui cultivent le pommier à cidre et organise 
chaque année un congrès dans un département différent. — 
Président, M. Lechartier, ^, doyen de la Faculté des Sciences 
de Rennes. 

6. — Syndicat pomologique de France ; — président M. le vi- 
comte DE LoRGERTL, avec 5 sections départementales poqr les 
Côtes-du-Nord, rille-et- Vilaine, le Morbihan, le Maine et 
Loire et la Somme. — Secrétaire général, M. Boby de la 
Chapelle , à Champloret en Saint-Servan. 

7. — Syndicat agricole et horticole du département dllleet-Vi' 
laine. — Président, M. le vicomte de Lorgeril, avec 6 bu- 
reaux de sections d'arrondissement. 

8. — Union des Syndicats agricoles et horticoles bretons. — 
Président M. le vicomte de Lorgeril, avec 5 vice-présidents, 
un par déparlement : MM. Limon, pour les Côtes-du Nord ; 
Raison du Cleuziou, pour le Finistère ; Boby de la Chapelle 
pour rille-et- Vilaine ; de Landemont, pour la Loire-Inférieure; 
Le Rouzic, pour le Morbihan. — Secrétaire général, Henry 
Tortelier, qui a récemment publié l'ouvrage suivant : 

Le mouvement syndical agricole en France et en particulier 
dans les déparlements bretons, par Henri Tortelier, trésorier- 
adjoint du Syndicat d'IUe-et- Vilaine, avec une préface de Charles 
de Lorgeril. Rennes bureau du syndicat, iSgS, in 8. 

b. — Comices agricoles et Sociétés agricoles canto- 
nales, groupés par arrondissement. 

Rennes 

Rennes, nord-est, Président, MM. Morcel. 
Rennes, nord-ouest, — Pinault. ^ 

Rennes, sud-est, — Le Hérissé. 

Rennes, sud-ouest, — Maugère. 



228 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



Chàteaugiron, 

Hédé, 

Janzé, 

Liffré, 

Mordelles, 

Société agriculi. de Mordelles, 

Saint-Aubin d'Aubigné, 



Président, 



Saint-Malo, 

Gancale, 

Gbàteauneuf, 

GomlK>urg, 

Dol, 

Pleine-Fougères, 

Dinard-Saint-Enogat, 

Saint-Servan, 

Tinténiac, 



Fougères, 

Antrain, 

Société agricult. d'Antrain, 

Louvigné-du-Désert, 

Saint-Aubin du Cormier, 

Saint-Brice, 



Saint-Malo. 
Président, 



Fougères . 
Président, 



Vitré. 
Président, 



Vitré, 

Argentré, 

Châteaubourg, — 

Société agr. de Châteaubourg. — 

La Guerche, 

Retiers, "^ 

Le Grand Fougeray, — 



Redon, 

Société agr. de Redon, 

Bain, 

Fougeray, 

Guichen, 



Redon. 
Président, 



MM. Barbot. 

Allain des Beauvais. 

Brice. 

Lefas. ^ 

De Farcy. 

Lebagre. 

Belliard. 



MM. Fontan. ^ 
De Lorgeril. 
Gautereau. 
Gérard. 
Flaux. 
Touzard. 
De Sonis. 
Demaivillain. 
Vicomte de Lorgeril. 



MM. De la Villegontier.^ 
De Guiton. 
Martin-Métairie. 
De la Riboisière. ^ 
Divel. 
Roger-Marvaise. 



MM. Caillel du Tertre. 
Orhand. 
Perrel. 
Bréban. 
Després. 
Harel. 
Billot. 



MM. DeTrogoff. 
Gascon. 
Simon. 
Hervé. 
Boutin. 



STATISTIQUES DIVERSES 



229 



Le Sel, 


Président, 


MM. 


Brice. ^ 


Maure, 


— 




Barbotin. 


Pipriac, 


Montfort 




Lelièvre. 


Mont fort, 


Président, 


MM. 


Juguet. 


Bécherel, 






Pinault. ^ 


Montauban, 


— 




De Guéhéneuc. 


Plélan, 


— 




Lévesque. 


Saint- Méen, 






De Montgermont. 



5. — LOIRE-ÏNFÉRTEURE. 



a. — Sociétés d'agriculture au nombre de 6. 

1. — Comice agricole central de la Loire 'Inférieure, — Pré- 
sident, M. DE LA BiLIAlS. 

2. — Société nantaise d'horticulture, fondée en 1828. — Orga- 
nise des expositions annuelles et publie un Bulletin et un 
Annuaire. — Président M. Louis Cottineau. 

3. — Société nantaise des amis de l'horticulture. — Président, 
M. G. Renault. 

4. — Société des horticulteurs de Nantes (ancienne chambre 
syndicale,) fondée en 1886. — Président M. H. Guighard. 

5. — Syndicat des agriculteurs de la Loire-Inférieure. — Pré 
sident M. de Roghequairie. 

6. — Société d'horticulture de Saint-Nazaire , fondée en 1875, 
réorganisée en 1896. — Président M. Levêque. 

b. — Comices agricoles cantonaux, au nombre de 22 
seulement, rangés par ordre de fondation : 

S'-Mars-la-Jaille, fondés en i836. Président ^i" de la Ferronnays. 

— » H. de Maquillé. 

— > M'« de Dion. 

— » Fidèle Simon. 

— » Jollan deClerville. 

— » Ludovic Germerais* 

— » H. Lecour. 

— » M'« de Goulaine. 



Nozay, — 


i84i. 


Garquefou, — 


i84i. 


Guémené, — 


i84i. 


Blain, — 


1842. 


S»-Phililbcrt de Grandlieu. __ 


i84a. 


Savenay, — 


i842. 


Legé, — 


1849. 



L 



230 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



S^-Giidas-des-Bois, fondés 


en i85i 


Machecoul, — 


i8ô3. 


Non, — 


18Ô4. 


Ancenis, — 


i858. 


Ghâleaubriant, — 


1866. 


Guérande, — 




S'-Père enReb, Pornic et Paimbœuf, — 


1881. 


Derval^ — 


1888 


Ligué, — 


189U. 


Verlou, — 


1893. 


Bourgneuf, — 


1893. 


Chapelle sur Eidre, — 


1894. 


S^-Nicolas de Redon, — 


189C. 


S*^-Etienne de Mont-Luc, — 


1897. 



Présidenl » Le Ct« de Montaigu. 

— > C. Espiveot de la Yille BolsneU 

— » Eug. Glénet. 

— » C*« de Landeinont. 

— » V*« de Ganibourl. 

— » Ed. Bigarré. 

— » Marlon de Procé. 

— > Louis de la Haye-JousseliD- 

— > Raoul Maës. 

— » André Gouin . 
-^ » Bourdin. 

— » V-* de Lambilly. 

— » M'»de rEstoarbeillon. 

— » Louis de la Biliais . 



6. — Morbihan. 

a, — Sociétés d'agriculture au nombre de 6. 

1. — Société d agriculture de V arrondissement de Lorient, fondée 
avatit i84o, époque à laquelle elle publia des bulielins inler- 
rompus en i845, et qui publie depuis 187a un bulletin men- 
suel^ avec la Société d'horticulture, ci-dessous. — Président, 

Le G** DE GOULALNË. 

2. — Société d'horticulture de l arrondissement de Lorient^ fon- 
dée en 1868, publie depuis 1870 un bulletin mensuel de con- 
cert avec la Société d'agriculture. — Président, M du Bouetiez 
DE Kerorguen. 

3. — Société dagriculture de Vannes^ fondée en 1849, publie 
depuis iSSi, un bulletin tous les deux mois*. — Président, 
M. Dumoulin de Paillard. 

4. — Société d horticulture de Vannes. 

5. — Société dagriculture de PloërmeL -• Président, M. N. 

6. — Société dagriculture de Pontivy. — Président, M. Robo. 

* Voy. la Bibliographie des publications périodiques du Morbihan^ par 
René Eerviler (Rennes, Plihon i884^ in-8o), n» 48, p. 17. 

* Voy. Jbid,, u9 55, p. 19. 






STATISTIQUES DIVEHSK3 



231 



6. — Comices agricoles cantonaux classés par arron- 
dissements et date de fondation. 



Questemberty 

Careuloir, 

Grand-Champ, 

Elven, 

Allaire, 

Sarzeau, 

La Roche-Bernard, 

Muzillac, 

Vannes, 



Belle-Ile, 

Hennebont, 

Plœmeur, 

Auray, 

Pluvigner, 

Pontscorff, 

Port-Louis, 

Plouay, 



Mauron, 

Guer, 

Rohan 

La Trinité-Porhoét, 

Malesiroit, 

Ploërmel, 

Josselin, 

St-Jean-Brévelay, 



Le Faouët, 

Guëmené, 

Gourin, 

Locminé, 

Baud, 

Cléguérec, 

Pontivy, 



Vannes. 

fondé en i83a. Président, M. Lefranc. 

— i83ô. (Disparu en i858). 

— 1837. (Disp.en 1870). 

— 1842. Président, M. A. Garadec. 

— i853. — > Simon. 

i853. — » Dumoulin de Paillant. 

— i853. (Disp.en 1875). 

i855. Président, M. D'Andigné. 

— 1872. — » Mauricet. 

Lorient. 
fondée en i8a5. Président, M. Pascal. 



i83a. 
i834. 
i835. 
i8ô3. 
i853. 
i853. 
i853. 



» Bréart de Boisard. 

» De Baisne. 

> Le Doré. 

» Le Boulch. 
» Guérin. 

> Montané. 
Guyonvarc'h. 



Ploërmel. 

fondée en i83i. Président M. Moisan. 

— i833 — » Garouge. 

— i835 (Disp.en 1876). 

— i835. Président, M. Lemarchand. 

— i835. (Disparu). 

— i835. Président, M. N... 



i84o. 
i84i. 

Pontivy. 

i84a. 
1843. 

i844. 
i85o. 
i853. 
i853. 
1876. 



> Du Halgouêt. 
» De la Buharaye. 



» Le Guilchet. 
» Le Bris. 
» Postollec. 
» Le Bras. 
» Le Sergent. 
» Le Bouédec. 
» Le Rouzic. 



ANNUAIRK DR LA. BRETAGNB 



Lt BRETACNE MIRITIME. 



L'aocien nom de la Bretagoe, Ar-Mor (près de la Mer) dont 
on a fait Armonque, peint mieux que de longues phrases la 
position de ce pays, baigné de trois côtés par l'eau, déchiqueté 
par des golfes, des embouchures de rivières navigables, et d'in- 
nombrables criques. Bien avant César, les marins bretons étaient 
renommés, et l'on pourrait suivre, à travers le moyen-âge, la 
glorieuse trace qu'ils ont laissée, comme marins intrépides, ou 
comme découvreurs de terre, sans compter la part qu'ils ont 
prise au commerce extérieur ou côlter de la France. Le tableau 
ci-joint, dressé à l'aide des documents réunis en 1894, et qui 
est le dernier résumé de la statistique officielle, montrera suffî- 

1° Navires. 





STATISTIQUES DlVKnSES -iàô 

aamment que cette province est le plus beau neuron de la cou- 
ronne marilime de la France, et les graphiques qui raccom- 
pagnent indiquent la part proportionnelle, relativement au reste 
de la France, des navires et des marins bretons. 

2° Marins. 




I. A l'Etat. 3. Dans les autres positions. 3. Au long-cnurs<. A. A la grande 
pèche 5. A la p«titppfiche. &. Au bornige. 7, Au caiHitBg'e. 

Dans le tableau qui suit, on va constater quelle est la part de 
chacun des quartiers maritimes de la côte bretonne dans les 
diverses ravigalions. 

' Au moment du tirage nous nous apercevons d'une erreur pour le n" î. 
Ce ceicleest trop petit, el il faut lire 5,977 TOntre 16, 181. On a pris la colonne 
, au lieu de la colonne ti du lableau. 



QUARTIKKS MARITIMES 



NOMBRE 

UBS MARINS 

de toutes catégories 



dans 

toutes 

les autres 

positions 



au service. 



Cancale 

Saint-Malo 

Dinan 

Saint-Brieuc 

Binic 

Paimpol 

Tréguier 

Lannion 

Morlaix 

Koscoff 

Le Conquet 

Brest 

Cainaret 

Douarnenez 

Audierne 

Quimper 

Concarneau 

Lorient 

Groix 

Auray 

Vannes 

Belle-lle-en-Mer 

Le Croizic 

Saint-Nazaire 

Nantes 

Totaux 

Totaux Généraux . . 



261 
771 
737 
<J18 
853 

1.778 

1.026 
856 
855 
992 
921 

4.110 
685 
467 
761 
307 
483 

2.843 
91 
595 
348 
177 
144 
177 
220 



21.376 
29.689 



3.715 
5.173 
3.999 
3.176 
2.257 
6.942 
3.404 
3.137 
2.216 
3 075 
3.182 
5.549 
2.895 
4.893 
3.687 
2.897 
4.006 
6.637 
1.584 
5.890 
4.240 

2.577 
4.035 
4.795 



96.286 
207.860 



NOMBRE 

des 

NAVIRES 

inscrits 
au quartier 



NOMBRE 

des 

BATEAUX 

inscrits 
au quartier 



14 


544 


247 


915 


3 


547 


3Z 


213 


25 


97 


10-e 


510 


68 


443 


52 


313 


13 


270 


3 


730 


4 


896 


80 


411 


5 


428 


3 


S43 


12 


590 


20 


713 


4 


859 


30 


1.300 


o 1 


294 

1 HOT 



60 
14 
42 
20 
460 



1.394 
4.523 



1.115 
473 
312 
183 

1.106 



15.432 
53.801 



\ 



\ 




1 

» 
» 
> 

M/ 
» 
»> 
)} 

» 
> 

> 

» 
» 

39 
46 

110 
610 






















rani'iîrr„rim 


w« 


ts ..ÈCHKS 


Ail CA 


M)TA,iE 


A LA i-ET 


TK y-tXMK 


AV.' H 


HNAUB 






















ire 


l-orcc 


Nombre 


t'orce 


Nombre 


l'-orce 


Nombre 


Forte 


Nflvii-cs 


Épaves 


■m 




pendanl 


Duinlrique 


pédant 


nuiMHgw 


peodani 


numérique 




ée 

i 


equipaties 


'ZT 


in 
équipages 


'■■;r 


ia 


'rr 


des 
enuipaoes 


.,!• 


diverses 




271 


1 


8 


415 


1.913 


17 


63 




4 




1 752 


25 


150 


3-iB 


984 


157 


471 


3 


13 






1 


4 


2:;t 


442 


69 


162 


.- 


» 




479 


■21 


154 


129 


478 


y 


32 




" 




557 


'JZ 


143 


52 


312 


6 


30 


1 


3 




1.495 


•è\ 


■ 645 


420 


1.302 


58 


190 




7 






9 


40 


249 


580 


34 


90 




12 






17 


68 


221 


682 


37 


81 


)■ 


8 






18 


yb 


133 


561 


31 


150 


» 


7 






4 


1» 


627 


1.300 


22 


75 


1 


273 






7 


2y 


726 


1 685 


49 


133 


6 


548 






61 


271 


188 


624 


147 


590 


). 


15 






2 


10 


240 


720 


38 


70 




1.027 






1 


4 


717 


5.019 


8 


24 


8 


11 






7 


25 


478 


2.480 





18 




23 






13 


5a 


468 


2.265 


40 


113 




22 






9 


39 


618 


3 120 


28 


67 


5 


18 






ï7 


162 


765 


3.447 


75 


225 


6 


32 






1 


3 


253 


1.158 


5 


13 


» 


17 






18 


90 


741 


2.590 


26 


70 


6 


9 






m 


95 


356 


710 


55 


110 




12 






13 


63 


2«2 


1.120 


7 


22 


1 


15 


'» 




5 


25 


273 


1.365 


20 


40 


.. 


18 


» 




2a 


550 


41 


85 


22 


187 


« 


12 


* 




64 


377 


916 


1.131 


103 


237 


10 


25 


36 


4.610 


483 


3.124 


10.027 


36.073 


1.069 


3.263 


47 


2.731 


32 


8,177 


1.610 


14.712 


26.008 


82.672 


5.227 


11.520 


100 


3.672 



23C ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Le Ministre de la marine a publié en i8g6 une statistique 
très détaillée des pêches maritimes pend&nt les années 1891, 
189a et 1898; nous lui empruntons seulement quelques chiffres, 
ceux de 1898. 

Sous Arrondissements Valeur des pêches Bateaux Pêcheurs 



Sain t-Ser van 


5.498 885 fr. 


1.437 


7.784 


Brest 


i5. 647.268 


5-799 


a4.C57 


Lorient 


7.265.870 


2.757 


II 717 


Nantes 


4.075.127 


1.715 


3.335 



82.287.130 12 708 47.498 

Voici pour quelques espèces, qui sont les plus spéciales à la 
Bretagne, la valeur en francs, de sa pêche comparée à celle du 
reste de la France. 

Bretagne France et Algérie 

Maquereaux 2.5oi 228 fr. 1.765.205 f. 

Sardines 9 714.997 915.288 

Homards et langoustes 2. 182.281 1.206. 281 

En ce qui concerne les huîtres indigènes, la Bretagne ne fi- 
gure que pour 8. 2 42^8 11 frs contre 10 812 488 frs, valeur des 
huîtres du reste de la France et de l'Algérie. Les chiffres qui 
concernent la Bretagne se décomposent ainsi : 

Saint-Servan 819.901 Lorient 478.678 

Goncarneau 824.000 Auray ioo5 iio 

Tréguier, Brest, etc. 280.828 Vannes 707.510 

Nanles 182 586 

P. S. 

Nous égaierons un peu la sécheresse, pourtant éloquente de 
ces chiffres, par quelques dictons populaires sur les dangers de 
nos côtes. 



STATISTIQUES OIVKASEâ 237 

DANGERS DE LA MER DE BRETAGNE 

Le Raz. 

— Au Raz, 

h' bon Dieu lui-même n*y passerait pas. 

— Ne dremenas den ar Raz 
N'hen divije aoun pe c'hlaz. 

Nul homme n*a passé le Raz sans frayeur ni sans mal. 

— Si jamais tu passes le Raz^ 
Si tu ne meurs tu trembleras. 

— Nap na sent quet ouc'h ar stur 
Ouch argarrecq a ra sur. 

Qui ne gouverne pas sans erreur dans le Raz, y périra infaillible- 
ment. 

— Va Doue, va diwallit da dremen Beg ar Raz, 

Rag va lesir 'zo bihan hag ho mor a zo braz . 
Mon Dieu protégez-moi au passage du Bec du Raz, 
Car ma barque est petite et votre mer est grande. 

Le Décollé. 

— Saint Lunaire. 
Préservez-nous du naufrage en mer. 

La côte de Tréguier au Conquet. 

Hen-ire Treoger a Lockemo 
Emà pales an Anko, 
Entre les Triagoz et Loqueman — se trouve le palais de la Mort. 

— Ilen-tre Treoger hag an Taro 
Emà gwele ar Maro. 

Entre le Triagoz et le Taureau est le lit de la Mort . 

— Karrez ar Zarpant e beg Vaz, 
Diwallit pe ho po glas, 

L'écueil du Serpent à la porte de Batz, prenez garde ou il vous en 
cuira. 

— En noz,en seiz-Enez, pera gwall amzer Jall^clevet rer eur veux komz. 
La nuit aux Sept-Iles, quand le temps est très mauvais, on entend 

les pierres parler. 

— Arok iremeun Kraou Alberz 
Gret ho kiniad goude kovez. 

Avant de passer le sillon du Talbert faites vos adieux après vous 
être confessé. (Paul Sébillot. Légendes de la Mer, t.l.) 



238 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



C. — SPORTS DIVERS. 



Ca, — Sociétés de Régates, au nombre de 3a. 

I. — Côtes-du-Nord (5 sociétés). 

Club nautique du Légué Saini-Brieuc, fondé en i886. Président, 
M. LouYBR DE ViLLERMAY. — Gnldon bleu à récusson blanc semé 
d*hermines, accompagné de 3 étoiles d'or. 

Société nautique de Paimpol, fondée en i854. Président, M. Bertho. 

Société nautique de Brchat. Président, V(. James. 

Société des régates de Tréguier. Président, M. Poulla in de Saint-Père. 

Société nautique de Saint-Quay-Portrieux. 

a. — Finistère (S sociétés). 

Société des régates de Brest, fondée en i886. Président, l'amiral 
Reyellière. — Guidon blanc au sautoir bleu, accompagné de 4 
hermines. 

Société des régates de Camaret. 

Société des régates de Concarneau. 

Société des régates de Douarnenez, fondée en 1874. Président. M de 
Lécluse. — Guidon mi-partie blanc et bleu, une étoile rouge dans 
le blanc. 

Société des régates de ille-Tudy-PontVAbbé, fondée en i885. — 
Guidon blanc à a pointes, au sautoir rouge, accompagné d'une her- 
mine noire au triangle de la hampe et d'une étoile bleue dans cha- 
cun des deux autres. 

Société des régates de Morgat. Président, M. Housse. 

Société des régates de Morlaix, fondée en 1874. Président, M. Alexandre. 
Guidon national avec étoile rouge dans le blanc. 
Société des régates de Roscoff. Président, M. G. Salaun. 

3. — lUe-et- Vilaine (5 sociétés). 

Club nautique de Dinard, fondé en 1860. Président, M. le comte de 
GuiLLiER. — Guidon mi-partie blanc et rouge, avec une hermine 
dans le blanc. 

Société des régates Rennaises, fondée à Rennes en 1867 (aviron). — 
Président, M. Sacher. — Guidon national avec un canton blanc, 
bordé de rouge et les initiales S. R. tl. 



STATISTIQUES DIVERSES 230 

Société des régales de Cancale^ fondée en iSCg. Président, M. le 
commissaire de la marine du quartier de Cancale. 

Sociéié des régates de Saint-Malo- Saint- Servan, Président, M. le 
commissaire de la marine. — Guidon national. 

Société nautique de Saint-Malo, fondée en 1888. Président, M. E. 
FoNTAN. — Guidon bleu à croix blanche, avec une hermine blanche 
cravatée de jaune dans le premier canton. 

/». — I-oire-Inférieure (9 sociétés). 

Société des régates internationales de rOuest, fondée à Saint-Nazairc 
en 1861, reconstituée en i88r, par ^f. René Kerviler qui en est resté 
président depuis cette époque. — Guidon bleu au losange rouge 
encadré de blanc, avpc les deux lettres R. O. en blanc dans le rouge. 

Société des régates nantaises, fondée à Nantes en 1872. Président, 
M. GuÉNEux. — Guidon bleu à croix blanche. 

Sport nautique de VOuest, fondé à Nantes en i88a (donne tous les 
ans une course maritime à Saint-Nazaire en dehors de ses courses 
fluviales à Nantes). Président, M. Chauvet. — Guidon blanc au 
sautoir rouge, cantonné de 4 hermines. 

Cercle de la voile, fondé à Nantes en 1888. Président, M. Jollan de 
Glerville. — Guidon rouge à croix blanche, avec les armes de 
Nantes au milieu du blanc. 

Société des régates du Pellerin, fondée en 1889. Président, M. F. 
Ghiché. — Guidon blanc à la bande bleue, cantonné au triangle 
supérieur d*une étoite rouge, et au triangle inférieur des lettres R. P. 

Société des régates de PaimbœuJ. Président, M. Cnicnfe. 

Société des régates de Pornic, fondée en 1886. Président^ M. J. 
G A LOT. — Guidon bleu à la fasce rouge chargée des lettres S. R. P. 
en blanc. 

Société des régates du Pouliguen. Président, M. J. Benoit. — 
Guidon rouge bordé de bleu, avec une étoile blanche dans un lo- 
sange bleu. 

Société des régates du Croisic, Secrétaire, M. Granier. 

5 — Morbihan (5 sociétés). 

Société des régates de Vannes, fondée en i855, reconstituée en 1886. 
Président, M. A. Vincent. — Guidon blanc bordé de bleu, avec un 
losange rouge chargé d*une hermine au naturel (armes de Vannes). 

Société nautique de Lorient, fondée en 1872. Président, M. Broni. — 
Guidon blanc, au canton à deux pointes bleu à la fasce rouge. 

Société nautique de la Trinité sur^Mer^ fondée en 1879. 



240 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Société des régales de BeHe-Ile-en-Mer, fondée en 1898. Secrétaire, 
M. Le Hermilé. — Guidon blanc au sautoir rouge. 

SocUlé des régates de Carnac. Président, M. Rio. — Guidon bleu à 
4 fasces blanches, au canton blanc chargé d'une étoile rouge. 

Cb. — - Sociétés hippiques, et sociétés de courses 

de chevaux. 

I. — Côtes-du-Nord. 

Société hippique de Saint^Brieuc^ fondée en 1891. 

Sociétés de courses et hippodromes, à Corlay, Din|in, Guingamp 
Lamballe, Loudéac. Matignon, Paimpol, Plestin, Plouguenast, Pont- 
gamp, Rostrenen et Saint- Brieuc. — Ce dernier est F un des plus an- 
ciens de France. Les premières courses y eurent lieu en 1807 et il 
fut le seul des C6tes-du-Nord jusqu'en i843. 

a. — Finistère. 

Société hippique Brestoise. Président, M. Paul Breton. 

Société d'encouragement de Lesneven, fondée en 1887. Président M. 
L. DE Kerjégu. 

Société hippique de St-Pol-de-Léon, Président, M. le C^« de Guébriant. 
Id. de Saint-Thégonnec — L. de Kerjégu. 

Sociétés de courses et hippodronies à Brest, Garbaix, Lannion^ Lan- 
diviziau, Morlaix, Plouescat, Quimper^ Saint-Pol-de-Léon . 

3. — IUe*et- Vilaine. 

Société hippique de Rennes, 

Sociétés de courses et hippodromes, à Antrain, Ghateaugiron, Hédc, 
Martigné-Ferchaud, Redon, Rennes et Saint-Malo. 

4. — Loire -Inférieure. 

Société hippique de Nantes, 

Sociétés de courses et hippodromes^ à Nantes, Blain, Chateaubriand, 
Derval, Guérande, Le Pouliguen, Saint-£tienne-de-Montluc, Saint- 
Gildas, Saint-Nazaire, Savenay, Pontchàteau. 

5. — Morbihan. 1 

Société hippique de Vannes. 

Sociétés de courses et hippodromes à La Gacilly, Malestroit, Lo- 
rient, Pontivy et Vannes. 



STATISTIQUES DIVERSES '^41 



Cd. — • Sociétés de tir et de gymnastique, au nombre de 33. 

1 . — Gôtes-du-Nord. 

La Bretonncy à St-Brieuc, autorisée en i883. Président, M. Bourguin. 

Société de iir de Dinan, 

Société de gymnastique de Plancoei, autorisée en 189a. 

2. — Finistère. 

La Brestoise, à Brest^ autorisée en x884. 

La Landernéenne^ à Landerneau, en 1887. 

La Morlaisiennef à Morlaix, en 1898. Président, M. Chauvin. 

La Quimpéroise, à Quimper, en 1888. 

3. — lUe-et- Vilaine 

La Rennaise j à Rennes, autorisée en i884. Président, M. Vallée. 

La Société Oberihur, à Rennes^ (1^91)* Président^ M. Lamarre. 

La VigHanie, à Rennes, (1891). Président, M. Drouard. 

La Société de tir Da Guesclin^ (1891). Président, M. Leghartier. 

Les Enjanis de St-Méen, à St-Méen, (1893). 

La Vilréenne, à Vitré, {1891). 

La Redonnaise, à Redon, (1886). 

La Malouine, à St-Malo, (i885). 

La FougeraisCy à Fougères, (1891). 

4. — Loire-Inférieure. 

La Nantaise, à Nantes^ autorisée en i883. Président, M. Puibarauo. 
La Bretonne, à Nantes, (1889). 
Lsl Gauloise, à Nantes. Président, M. Viaud. 
La Patriote, à Nantes, (1894). 
VEn avant, à Indret, (1895). 

La Nazairienne , à St-Nazaire , (i885). Fondateur et président, 
M. René Keryiler. 
L' Auan^^arde, à St-Nazaire, (1895). Président, M. Guristien. 
La Joyeuse, à St-Nazaire, (1894). Président, M. Marre. 
L'Ancenisienne, à Ancenis, (1880). 
La Clissonnaise, à Glisson, (1886). 

5. — Morbihan. 

La Vannetaise, à Vannes, autorisée en 1890. 
Les Enfants de Vannes, (1896). 

18 



^42 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Les Enfants de Lorient^ à Lorient^ (1^91)* 

La Celtique, k Auray (lir). Président, M. Mouiioux. 

La Pontivyenne, à Pontivy, (1886). Président, M. Fagot. 

La Locmlnoise, à Locniiné (1898). 

La Société de gymnastique de Rohan (1893). 

11 existe une association régionale, dite Association des Socié- 
tés de tir et de gymnastique de VOaest, fondée à Nantes en 1886, 
autorisée en 1887, ^^^ comprend les cinq départements de 
Bretagne et ceux de Mayenne, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres et 
Vendée. Elle organise tous les ans un grand Concours dans une 
ville différente. Celui de 1897 aura lieu à Rennes. 

Il convient de joindre à ces Sociétés, celles d'escrime, en par- 
ticulier le Cercle de VÈpée, de Nantes et la Société d'Escrime de 
Saint-Nazaire, qui donnent des assauts publics. 

Cd. — Sociétés cyclistes, au nombre de 19. 

1. ~ Côtes-du-Nord. 

VelO'Clul) Laniballais, à Lamballe. 
Vélo-club GuingampaiSy à Guingamp. 
Portrieux^VélOj au Portrieux. 
Véloce-Dinan, à Dinan, 
Véloce-Quintin, ù Quintin . 
Véloce-Lanniony à Lannion. 
Véloce-Monconlonr, à Monconlour. 

2. — Finistère. 

Le Véloce-clab Brestois, à Brest. 

Le Véloce-club Morlaisien^ à Morlaix . 

La Pédale ouvrière Morlaisienne, à Morlaix. 

Le Véloce-club Chateaulinois, à Ghaleaulin. 

3. — lUe-et-Yilaine. 

Société des cyclistes Rennais ^ à Hennés. 
Le Veloce-club Rennais, à Rennes. 

4 — Loire-Inférieure. 

Club des cyclistes de Nantes, à Nantes . 
Le Velo-sport Nantais, à Nantes* 



STATISTIQUES DIVERSES 



243 



Le Velo-touriste Nantais, à Nantes. 

Le Veloce-club Savenaisien, à Savenay. 

La Pédale Xazairienne, à Saint-.Nazaire. 



o 



Morbihan. 



Le Véloce-Vannetais, à Vannes. 

Le Velo-sport Lorienlais, à Loricnt. 

Il y a de plus, au chef-lieu de chaque département, un consul 
de V Union vélocipédique de France, fondée en t88i, et un délé- 
gué du Touring club de France, fondé en 1890. 

Ce. — Sociétés Colombophiles, prenant part aux con- 
cours de pigeons voyageurs, au nombre de la. 

I . — Côtes-du-Nord. 
Le Messager Briochin, à Saint-Brieuc. Président, M. Desurq. 

2 — Finistère. 

Le Messager Bresioi s, à Brest. Président, M. Mauiotte. 

3. — lUe-et-Vilaine. 

V Abeille de Rennei>^ à Rennes. Président, M. Cognaré. 

4. — Loire-Inférieure. 

La Colombe Nantaise, à Nantes. 

L*Epervier, id. 

Le Sport colombophile, id. 

V Union Colombophile, à Saint-Nazaire. 

Le Colombier Maritime, id. 

La Liberté, à Trignac. 

La Colombe Savenaisienne, à Savenay. 

Le Martinet, 

5. — Morbihan. 

La Colombe Vannetaise, à Vannes. Président. M. Grèges. 

Il n'est pas inutile de rappeler que le grand concours mari- 
time pour pigeons voyageurs, organisé par le Petit Journal, a 
eu lieu à Saint-Nazaire en 1896. 

Il y a eu un grand concours à Brest, le a3 août 1896. 

R. K. 



Président, 


M. 


Lessaru 


id. 


M. 


DUIIAUT. 


id. 


M. 


Nappel. 


id. 


M. 


MÉ LOCHE. 


id. 


M. 


Bertho. 


id 


M. 


Colomb AN. 


id. 


M. 


Bourmalo 


id. 


M. 


Gheignon. 



^44 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



D. — SOCIÉTÉS DE BIENFAISANCE ET DE SECOURS. 



Da. — SOCIETES DE SECOURS MUTUELS 

Les Sociétés de Secours Mutuels ont pris en France un grand 
développement depuis la loi de i853 qui les régit actuellement, 
mais il y a beaucoup de progrès à faire pour que ces institu- 
tions si utiles répondent à tout ce que l'on est en droit d'at- 
tendre d'elles. 

Les sociétés autorisées, dont quelques-unes sont reconnues 
d'utilité publique^ sont soumises au contrôle de TEtat, mais 
jouissent, en revanche, de grands avantages, notamment en ce 
qui concerne les placements de fonds et les pensions viagères 
de retraite. 

Les sociétés autorisées sont à peu près complètement libres. 

La nouvelle loi en discussion au Parlement augmentera beau- 
coup les avantages offerts par l'Etat aux diverses sociétés de 
secours mutuels. 

Il existait en France au 3i décembre iSgS, d'après le dernier 
rapport publié 7290 sociétés approuvées, dont i3 reconnues 
d'utilité publique, comprenant aoo^4o2 membres honoraires et 
972,946 membres participants ; 3,886 de ces sociétés ont des 
fonds de retraite. Le chiffre des recettes s'est élevé en 1893 à 
22,324,564 frs, et celui des dépenses à 20,48i,325 frs. 

L'avoir total de ces sociétés était au 3i décembre 1893 de 
169,123,761 frs dont io3,52i,5i4 frs pour les fonds de retraites. 

Les sociétés autorisées étaient à la même date de 2702, com- 
prenant 26,862 membres honoraires et 338,262 membres parti- 
cipants ; l'avoir total était de 36,645,64i frs. 

Voici, dans cet ensemble, la part des départements bretons : 



STATISTIQUES DIVKBSBS 



245 



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ai. 

CL, 
CL, 

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PS 

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'^ 00 ço t^ 





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31119 
65381 
37012 

344204 


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IVIOI VIIOAV 



SXXV.IIOIXUVJ 

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SaHIVUONOFI 

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SP^OOS S3a 3HflH0M 



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246 



ANNUAIRB OB L4 BRETAGNE 



SOCIÉTÉS AUTORISÉES 



DEPARTEMENTS 



nie -et- Vilaine. .. 
Gôles-du-Nord.. . . 

Finistère 

Morbihan 

Loire-Inférieure. . 



NOMBRE 
DES SOCIÉTÉS 



II 

3 

y 
3 

19 



NOMBRE 
DES MEMBRES 
HONORAIRES 



34 

5o 
4o 

I 

3a 



NOMBRE 
DBS MEMBRES 
PARTICIPANTS 



606 

617 
l422 



AVOIR TOTAL 



17659 fr. 

6389 

43463 
36913 
94160 



Les Sociétés approuvées se classent ainsi : 

Ille-et- Vilaine. 

Sur les t\^ Sociétés de Secours Mutuels^ 33 ont leurs sièges au 
chef-lieu ou dans les chefs-lieux d'arrondissement ; 33 sont pu- 
rement professionnelles, c'est-à-dire ne comprennent que des 
membres appartenant à la même profession, 3 sont municipales, 
c'est-à-dire ne comprennent que des membres résidant dans la 
commune ; 9 sont de compositions variables quant à la pro- 
fession et au domicile. 

Côtes-du-Nord. 

Sur les 19 sociétés, 10 sont dans les chefs-lieux, 9 sont pro- 
fessionnelles, k municipales, 6 variées. 

Finistère. 

Sur les 35 sociétés, 17 sont dans les chefs-lieux, 6 sont profes- 
sionnelles, 3 municipales, 16 variées. 

Morbihan. 

Sur les 16 sociétés, 4 sont dans les chefs-lieux, 3 sont profes- 
sionnelles, 7 municipales, 6 variées. 

Loire-Inférieure. 

Sur les io5 sociétés, 65 sont dans les chefs-lieux, 48 sont pro- 
fessionnelles, 16 municipales, 4i variées. Dans ce département, 
plusieurs des sociétés se rattachent aux anciennes associations 
de compagnonnage. Paul Guieysse. 



STATISTIQUES DIVERSES 247 

Dh. - SOCIÉTÉS DIVERSES 

En dehors des Sociétés de Secours Mutuels proprement dites, 
des Monts de Piétés, des Caisses d'épargne et des bureaux de 
Bienfaisance organisés par les municipalités, il existe en Bre- 
tagne un grand nombre de Sociétés de Bienfaisance spéciales 
parmi lesquelles nous signalerons : 

1. — Les Sociétés de Saint-Vincent de Paut, groupées en comi- 
tés de département, et en un comité régional qui siège à 
Nantes. Les plus anciennes datent de i844. Il se publie an- 
nuellement, depuis 1873, un compte rendu de l'assemblée 
générale des conférences de Bretagne à Sainte-Anne-d'Auray, 
au mois de Juillet. 

2. — Les Sociétés Amicales des anciens élèves des Lycées ou 
institutions libres, publiant des comptes rendus annuels : 

Lycée de Nantes. 

— Rennes. 

— Saint-Brieuc. 
Collège communal de Dinan. 

Collège Saint-François-Xavier à Vannes (depuis 187 1). 
Collège Saint-Sauveur de Redon. 
Collège Saint-Charles à Saint-Brieuc. 
Petit Séminaire de Sainte-Anne-d'Auray. 

— de Saint-Stanislas de Ploërmel. 

— de Saint-Méen. 

— de Gucrande (depuis 1876). 
Collège d'Ancenis. 

L'Institution Saint- Vincent à Rennes. 
Ecole professionnelle de Nantes. 
Conservatoire de musique de Nantes. 
Frères de Belair à Nantes. 
Institution Livet à Nantes. 

3. — Les Sociétés de Charité Maternelle y en faveur des pauvres 
lemmes en couches, en particulier celle de Nantes, fondée en 
181 1, celles de Chàteaubriant, Ancenis et Paimbœuf, toutes 
les quatre subventionnées par le Conseil général de la Loire- 
Inférieure; celles de Saint-Brieuc, Rennes; et celle de Brest (dont 
M. Berger possède les comptes rendus annuels depuis 1869). 



248 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

4. — Les Œuvres du Travail Réparateur, pour les filles repen- 
ties, en particulier celle de Nantes, fondée en 1879. 

5. — Les Sociétés de Saint-François de Régis^ pour la régulari- 
sation des mariages pauvres. 

6. — Les Sociétés du Sou des Écoles ou de la Caisse des Ecoles, 
fondées dans la plupart des villes importantes pour donner 
des secours en nature aux enfants qui les fréquentent. Nous 
remarquerons que plusieurs de ces sociétés sont exclusive- 
ment réservées aux écoles laïques : mais que dans quelques 
villes, par exemple à Saint-Nazaire^ le mot laïque a été sup- 
primé pour donner libéralement des secours aux enfants qui 
fréquentent toutes les écoles, quelles qu'elles soient. 

7. — La Société de Patronage des Libérés de la i5* circonscrip- 
tion pénitentiaire. — Président M. Van Iseghem, à Nantes. 

8. — Les Sociétés dites de Providence et Ouvroirs^ dans les prin- 
cipales villes de nos cinq départements. 

9. — La Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons, fondée à 
Rennes en 1876 par M. Nadaultde Buffon et présidée ac- 
tuellement par le commandant Goignerai, ^, qui a publié les 
Annales du Bien et possède des comités départementaux au 
chef-lieu de chacun de nos départements, des comités locaux 
dans nos principaux ports avec des engins de sauvetage. 

10. — La société d'assurance des marins pêcheurs La Pré- 
voyante, fondée en 1890 à Saint-Brieuc pour rembourser aux 
pêcheurs la valeur des bateaux perdus, moyennant une prime 
de I Vo- 
it. — La Société de secours aux familles de la Pêche dislande, 

k Paimpol. 

12. — La Société de secours aux familles des Marins Naujragés 
de la baie de Saint-Brieuc, à Saint-Brieuc, 

13. — L'association générale des Étudiants de Rennes^ fondée en 
1887. 

14. — La Société du Dispensaire des Enfants Malades, à Nantes. 



STATISTIQUES DIVERSES 249 

15. — La Société Brestoise pour V Extinction de la Mendicité ^ 
fondée en 1869 et qui publie des comptes-rendus annuels 
depuis 1870. 

16. — L'Industrielle, société de prévoyance pour les retraites 
civiles, fondée à Brest en i88a et à Lorient en 1895. 

17. — Comités départementaux et d'arrondissement de la So- 
ciété Française de Secours aux Blessés Militaires, (croix rouge), 
de Y Union des Femmes de France ; de TAssociation générale, 
des Médecins de France : et comités locaux de la Société Cen- 
traie de Sauvetage Maritime. 

E. — SOCIÉTÉS DE SPÉCULATION 

DE COMMERCE ET D INDUSTRIE 



Il y aurait un chapitre intéressant à donner sur ces sociétés en 
Bretagne ; mais nous sommes trop limités par Tespace et par le 
temps cette année ; et nous le réservons pour Tannée prochaine. 
Il sera divisé en 4 sections ; 

I** Les sociétés d'assurances. 

Il ne sera, bien entendu, question que des compagnies bre- 
tonnes, telles que la Bretagne, le Finistère^ le Morbihan^ l«s 
assurances maritimes nantaises^ etc. 

a** Les sociétés minières, telles que les mines de plomb de 
Pontpéan et du Huelgoat ; les mines d'étain de la Villeder ; etc. 

3* Les sociétés de navigation^ telles que la compagnie nantaise 
de navigation à vapeurs, etc. 

4* Les sociétés de construction, telles que : 

Les Forges et aciéries de Trignac, près Saint-Nazaire ; 

Les Forges d'Hennebont et de Saint-Brieuc ; 

Les Chantiers de la Loire, à Nantes et Saint-Nazaire. 

Les Briquettes de TOuest, à Nantes et Saint-Nazaire. 

Les Tramways à air comprimé de Nantes ; 

Les Raffineries, minoteries, etc. 



250 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



Y. 



BIOGRAPHIES 



Le Dictionnaire des contemporains de Vapereau contient des 
notices sur un grand nombre de Bretons. En voici la liste 
dressée par départements d'origine, d'après la dernière édition 
de 1895, sans y comprendre ceux qui ne sont biographies 
qu*au simple titre de sénateur ou de déupté. Nous avons ajouté 
une f croix à la suite du nom de ceux qui sont morts depuis 
cette publication. 



I. - CùleS'dU'Sord. 

M*»" Carmené. 
Amiral de Cuverville. 
Yves Guyot. 
F. -M. Luzel. t 
Vnl. Macé. 7 
Rrnest Renan. 7 
D' Rochard. f 
Paul Sébillot. 

a. — Finistère. 

Bourdais. 

Yan D'argent. 

Félix et Louis Hémon . 

Amiral Jurien de la Gravière. 7 

Jules Kergomard. 

H. de la Villemarqué. 7 

Max Radiguet. 

Armand Rousseau. 7 

Amiral Yallon. 

3 — Ute-tt-Vitaine. 

Appleton. 

V. de la Borderîe. 

Abbé Duchesne. 

R. de la Grasserie. 

Général de Kerbué. 

Jules Léveillé. 

Robîou de la Tréhounaîs. 



4. — Loire^Inférieure. 

Bourgault-Ducoudray. 

M«« Cazin. 

Ch -L G bassin. 

Daubray. 7 

Elie Delaunay. 7 

Démangeât, t 

La Borde. 

Laisant. 

La Pijardière. 7 

Le Bourg. 

E. Luminais. 7 

O. Merson. 

Paul Perret. 

Henri Picou. 7- 

S. E. le cardinal Richard. 

M-* Riom. 

Clémence Royer. 

Gaston Serpette. 

James Tissot . 

Toolmouche. 7 

Jiiles Verne. 

5. — Morbihan. 

Auiren de Kerdrel. 
yiv Bécel. 
Michel Bouquet. 7 
Duquesnel . 



j 



BIOGnAPHIËS 



251 



Amiral Gicquel des Touches. 

Victor Guérin. f 

Gyp (M"« de Martel). 

René Kerviler. 

Gh.-M. Laurent. 

L. Merlet. 

Jules Simon f 

M"' Trégaro. f 

Général Trochu. f 



6 . — A utres personnages se rat" 
tachant à la Bretagne par leur 
origine. 

Joseph Bertrand. 
Alex. Bertrand. 
Paul Eudel . 
Leconte de Lisle . f 
Luc- Olivier Merson. 



Il nous est impossible de donner ici du premier coup des bio- 
graphies détaillées de tous ces personnages. Nous en choisirons 
seulement quelques-uns cette année, en les divisant en deux 
séries, chacune par ordre alphabétique. Les vivants et les morts ; 
et en réservant les autres pour les années suivantes ; puis nous 
ajouterons quelques notes rétrospectives^ sur les Bretons qui ont 
été honorés de statues^ de bustes ou de plaques commémoratives 
pendant l'année 1896. 

A, — LES VIVANTS 

Vincent-Paul-Marie-Casimir Audren de Kerdrel, fils d'un 
ancien officier de marine, maire de Lorient de i8ai à 1829, naquit 
au château de Saint- Uhel, près Lorient, où il réside encore, le 27 
septembre i8i5. Élève de FEcole des Chartes, pensionnaire en i84i, 
rédacteur- fondateur du Journal de Bennes et collaborateur de la 
Revue de VArmorique, il fut élu en i848 représentant d'Ille-el-Vilaine 
à la Constituante, en 18^9 à la Législative^ et en i85a député delà cir- 
conscription de Vitré-Fougères au corps Législatif. 11 siégea à droite, 
et prononça dans la première de ces assemblées un discours en faveur 
de la conservation de l'Ecole des Chartes, qui lui mérita d'être plus 
tard nommé deux fois président de la Société des anciens élèves de 
TEcole des Chartes, où on rappelle encore noire Sauveur, A. la Légis- 
lative^ il parla sur les réunions publiques et sur la loi Falloux, sur le 
budget de iS53; et fut emprisonné au Mont Valérien lors du coup d'État. 
Il donna sa démission à Tavènement de Napoléon III, se retira de la 
vie politique pendant tout le temps de TEmpire et s'occupa d'agri- 
culture et d*archéologie. Il a été secrétaire ou président à presque 
tous les Congrès de TAssociation bretonne depuis sa fondation en 
1843, jusqu'à sa suppression en i858. Elu député dl Ile-et-Vilaine et du 
Morbihan en 1 871, il opta pour le Morbihan, fut élu président de la 



252 ANNTIAIRR DE LA BRETAGNE 

droite modérée et vice-président de V Assemblée en 1874. Elu séruitear 
du Morbihan en 1876 et en 1879 et vice-président du Sénat pendant 
la première période, il siège encore au Sénat où il préside la réunion 
de la droite. Depuis la reconstitution de V Association bretonne en 1874, 
il a presque constamment présidé la section d*archéologie aux con- 
grès et a été élu, en i885, directeur général de T Association . Il a pré- 
sidé aussi la Société archéologique dllle-et'Vilaine. Archéologue, érudit, 
orateur politique et charmant causeur,il est aussi p3ète,et la Revue de 
Bretagne et de Vendée reçoit depuis vingt ans ses épitres ou ses élégies. 
On a de lui une œuvre politique et littéraire importante dont la 
nomenclature n^occupe pas moins de quatre pages de la Bio-biblio- 
graphie bretonne, de M. René Kerviler : des études sur Dupuis, Ber- 
ryer, Rouher, dans le Journal de Rennes, sur Le Huérou et sur Zévort 
dans Ia Revue de VArmorique, sur l'archéologie bretonne dans la Revue 
de Bretagne et de Vendée, dans les Mémoires de V Association bretonne 
et ceux de la Société archéologique dllle-et-Vilaine ; des poésies dans 
le Dinannais, la Revue de Bretagne et de Vendée et le Correspondant ; 
de nombreux rapports et discours dans les documents parlementaires 
des a5 dernières années. Tout cela est épars et la modestie de l'auteur 
l'a empêché d'en réunir un recueil. Il serait à souhaiter qull s*y dé- 
cidât. Son œuvre choisie formerait plusieurs volumes d'une lecture 
très attachante. L. de K. 

Jean-Marie Bécel, né à Beîgnon (Morbihan) le l'^'août iSaS, élève 
du Petit-Séminaire de Sainte- Anne d'Auray, sous-diacre en i846, 
ordonné prêtre à Vannes le 5 avril i85i, fut bientôt nommé vicaire 
de la Trinité à Paris, puis curé-archiprètre de la cathédrale de Vannes 
en 1864 et chanoine, vicaire général honoraire du diocèse. Evéquede 
Vannes le 3o décembre i865, assistant au trône pontifical le 17 juin 
1867, membre de l'Académie catholique de Rome, la même année, 
il prêcha le carême aux Tuileries^ fut décoré de la Légion d'honneur 
en 1868 ; et prit pour armes ; d'hermines à la croix d'azur, avec la 
devise Caritas cum fide. Il occupe depuis trente ans le siège de Saint- 
Patern et a assisté en 1870 au concile du Vatican. Membre de l'Asso- 
ciation bretonne depuis 1877, il a été élu président d'honneur du con- 
grès de Pontivy en 1886. On lui doit la reconstruction de la basilique 
de Sainte-Anne^ du portail principal de la cathédrale de Vannes, du 
grand Séminaire; rétablissement d'un second petit Séminaire diocé- 
sain à Ploermel, la fondation de la Semaine religieuse du diocèse de 
Vannes en 1868, l'approbation d'un Nouveau Propre du diocèse en 1875 
et un grand nombre d'œuvres littéraires, oratoires ou pastorales, dont 
la nomenclature remplit dix pages de la Bibliographie bretonne de 
M . René Kerviler. Nous signalerons en particulier : 



BIOGRAPHIES iôiî 

Souvenirs de première communion et de coiijirmalion. Paris, A. Le 
Clère, i854, ia-i8. — Devoirs d'une bonne petite fille. Tours, Ladevezc, 
i855. —Souvenirs de catéchisme :DontéTeuKik l'usage des jeunes gens. 
Paris, A, Le Clère, i85G, 
in-ia. — L'dge de raison, 
ouvrage faisant suite aux 
Devoirs d'âne bonne petite 
fille. Paris, Le Clère, 1857, 
in-ia. — Une vingtaine 
d'Oraisons funèbres, parmi 
lesquelles, celle de la prin- 
cesse Baciocchî (1869), du 
comte de Cbabot (187S), 
de l'abbé Guillouzo(i878), 
de Ml' David, ûvèque de 
St-Brieuc (1883) on car- 
dinal Biossays Sali.t-Marc 
(i884j, de Mr Gi illoux, 
archevêque de Pcit-au- 
Prince (1 885), de M"- Nou- 
vel, évèquB de Quimper 
(1887), etc. ; — un grand 
nombre de discours et d'aï- 
tocations diverses à Sainte- 
Anne d'Auray, à Saint-Roch de Paris, à Pontivy pour l'Association 
bretonne, — des cantiques en l'honneur de saint Vincent Ferrier, de 
Sainte-Anne et de Kotre-Dame du Roncier ; — et une foule de lettres 
pastorales et de mandements très remarquables. — R. K. 

Alexandre Bertrand, Qls aîné du docteur Alexandre Bertrand, 
qui était de Bennes el à qui on doit les Lettres classiques sur les révo- 
lutions du globe, est né à Paris le ai juin iSao. Il fit ses études au 
lycée de Bennes. Elèïe de l'Ecole normale en i8io et de l'Ecole fran- 
çaise d'Athènes en i8i8, il devint professeur de rhétorique au lycée 
de Rennes en i85i, secrétaire de la commission de topographie des 
Gaules en 1838, docteur ès-lettrss en i85g, membre résidant de la 
Société des Antiquaires de France (1861) dont il fut vice-président en 
1875 et 1876 et président en 1877. En i8fii, il fut nommé conserva- 
teur du musée archéologique du château de St-Germain-en-Laye où 
il réside depuis cette époque. Président de la Société d'anthropologie 
un t868j membre du comité des travaux historiques au ministère de 
L'instruction publique en 1871 ; directeur de la lievue arcliéotogique 



254 ANNUAIRE DE LA BBKTAGNE 

seconde série, depuis i8t)o; chevalierde la Légion d'Iionneuren iSOu, 
délégué du ministère au congrès international d'anttiropologie et 
d'archéologie préhistorique, tenu à Stockohn en 1874, membre de 
l'Académie des sciences de Hongrie en i33A, il a été élu membre de 
l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en remplacement de 
Littré, en iSSi. Président de la section d'archéologie au Congrès des 
Sodétcs savantes à la Sorbonne en 1S8C, professeur d'archéologie na- 
tionale à l'école du Louvre, il a publié une foule de travaux d'archéo- 
logie dont les seuls titres occupent 8 pages de la Bio- Bibliographie 
bretonne de M. René Kervilcr. Il faut citer entre autres sa thèse de 
doctorat sur les Dieax protecteur» des héros de l'Iliade {Rennes, Calel, 
i838, in-S'j.son recueil d'Archéologie celtique et gauloise (Paris, Didier. 
1875, in-8°), ses nombreux mémoires de la Reoae archéologique en 
particulier celui sur la valeur des expressions Kîàtoi et l'a/.aTu, 
et sesrapports au comité des travaux historiques et scientifiques, 
publiés dans le Balletin archéologique de ce comité. - Et. K. 

Joseph-Louis- 
François Bertrand, 
frère du précédent, est 
né à Paris, le 10 jan- 
vier i8aa. Déclaré ad- 
missible, à titre d'es- 
sai, dès l'âge de onze 
ans, en i833, à l'Ecole 
polytechnique, reçu 
le premier à celte école 
en 1839, ingénieur des 
minesen iS^a, et pres- 
que aussitôt démis- 
sionnaire pour deve- 

Ihématiques au lycée 
Saint- Louis, il fut suc- 
cessivement examina- 
teur d'entrée à l'Ecole 
polytechnique, maître 
de conférences à l'E- 
cole normale, profes- 
seur de mathématiques spéciales au lycée Napoléon, répétiteur, puis 
professeur d'analyse à PEcole polytechnique, professeur suppléant, puis 
titulaire, en iSèi, de physique-malhémaliqae aa coltêye de France ea 



BIOGRAPHIES 255 

remplacement de Biot, et candidat à TAcadémie des sciences en i85i ; 
il y subite celle première fois, écliec, mais il fut élu membre de V Aca- 
démie des sciences, en remplacement deSlourm, en i856. Vice-prési- 
dent de cette Académie en 1878, il en est devenu secrétaire perpétuel 
en 1874, en remplacement d'Ëlie de Beaumont, et fait partie depuis 
1857, c'est-à-dire depuis son entrée à FAcadémie, de presque toutes les 
commissions des prix : et il est membre depuis 187 1 de la plupart des 
commissions nommées pour examiner les titres des candidats à TAca- 
démie. — Chevalier delà Légion d'honneur en 1857, officier en 1867, 
il a été élu membre de V Académie française, en i884, en remplacement 
de M. J.-B. Dumas. Il a publié une foule de travaux scientifiques et 
littéraires dont la seule nomenclature occupe dix pages de la Bio- 
Bibliographie bretonne de M. René Kerviler, entre autres des Traités 
d arithmétique et d algèbre (Paris, 1849 6* i85o), un Traité de calcul 
différentiel et intégral (Paris, 11 64 à 1869, in-4°) ; Les fondateurs de 
V astronomie moderne (Paris^ Helzel, i865, ln-8"), des éloges d*Elie de 
Beaumont, Poncelet, Lamée, Leverrier, Foucault, etc., dans les Afé- 
moires de l'Académie des Sciences ; de nombreuses études dans le 
Journal des Savants depuis 1866, en particulier sur les académies 
d'autrefois, sur le journal d'Ampère, sur le procès de Galilée ; et des 
mémoires dans la Revue des Deux-Mondes depuis 1881, sur Jacques 
Cartier, Pascal, etc. — R. K. 

Louis- Albert Bourgault-Ducoudray est né à Nantes le a février 
i84o. Venu à Paris pour y terminer son droit, il y composa la musi- 
que d'un opéra-comique VAteUer de Prague, poème de Georges Der- 
rien, qui fut représenté au théâtre de Nantes en i859 Le succès qu'il 
obtint décida sa famille à le laisser libre de suivre ses goûts, et il entra 
au Conservatoire en 1860. Deux ans après, il obtint le prix de Rome 
avec une cantate intitulée Louise de Mézières. De Rome où il séjourna 
deux années, il envoya un Recueil de mélodies, des fragments d*un 
opéra A/eo Patacca, et un Stabat mater, qui a souvent depuis été chanté 
à Paris. En 1868, il fonda une société chorale d*amateurs qui fit 
entendre pour la première fois à Paris La Passion de Haêndel et 
d'autres œuvres du même maître, la Bataille de Marignan de Clé- 
ment Jannequin, ainsi que des morceaux de Bach, Rameau, Pales- 
trina, etc. Engagé dans les mobiles de Paris en 1870, il fut blessé 
et céda la direction de la société à Saint- Saëns. Pendant un voyage 
en Grèce; il fut frappé du caractère original de la musique 
populaire de ce pays et, en 1874, il fut chargé par le ministère 
de rinstruclioii publique dune mission en Orient, à la suite 
de laquelle il publia les Souvenirs dune mission en Grèce et en Orient, 



250 ANNUAIHE DE LA BUKTAGNE 

Trente mélodies populaires de Grèce et d'Orient et des Etudes sur la ma- 
sique ecclésiastiqae gresque. En 1878, il fut nommé professeur d'his* 
toire générale de la musique au Conservatoire de Paris. En 188 1, une 
autre mission lui était confiée pour étudier les mélodies bretonnes ; 
il recueillit d*abord chez M. Paul Sébillot^ beaucoup de chansons du 
pays gallo, puis, guidé par F. M. Luzel, J. Loth, etc., il rapporta 
de nombreux chants populaires de la Basse- Bretagne qu'il publia en 
i885 sous ce titre : Trente mélodies de la Basse- Bretagne harmonisées 
(traduction en vers de F. Goppée). Bourgault-Ducoudray, qui avait 
reçu la médaille militaire en 1871, fut fait chevalier de la Légion 
d'honneur en 1888. Outre les œuvres citées, on lui doit encore le 
Carnaval d'Athènes, danses grecques pour orchestre, 1879 * '^^ois hymnes 
grecs y i885; Fttmécs,recueil pour piano; V Enterrement dOphélie 1888; 
Rapsodie cambodgienne, 1889 ; Jean de Paris, scène chorale. En 1891, 
rOpéra a joué son Thamara, grand opéra en 3 actes, poème de Louis 
Gallet. Gomme critique musical, il a collaboré à la Revue des Deux- 
Mondes, à la Revue pédagogique, à la Nouvelle Revue, etc. — P. S. 

Paul-Marie Brault, le nouveau commandant en chef du Xl^' corps 
d'armée à Nantes, est né à Louvigné du Désert, le 10 janvier 1837, 
de parents bretons. Après d'excellentes éludes au lycée Louis Le Grand, 
il entra à TËcole militaire de Saint-Gyr en i855 ; il en sortit en i856. 
Lieutenant en 1862, il devint capitaine en 1866 et chef de bataillon en 
1873 ; promu lieutenant-colonel en 1879, colonel en i883, il reçut 
les étoiles de général de brigade, en 1888, et devint général de division 
en 189a. Le général Brault a de brillants états de services à Tennemi ; 
il fit ses premières armes en Afrique. Pendant la guerre du Mexique, 
il commandait une compagnie montée et il fut décoré de la Légion 
d'honneur sur le champ de bataille. En 1870^ il fit des prodiges de 
valeur à la tète d'une compagnie de tirailleurs algériens et fut promu 
officier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille de Reischof- 
fen. Fait prisonnier, il parvint à s'évader et reprit du service à Tarmée 
delà Loire. Il fut ensuite gouverneur de La Goulette pendant l'occu- 
pation delà Tunisie, chef d'état-major de la XX^ division d'infanterie, 
commandant du Prytanée militaire et chef d'état-major du général de 
Galifi'et. 

Quand M. de Freycinet fut nommé ministre de la guerre, il prit 
le général Brault comme chef de cabinet, et on ne tarda pas au mi- 
nistère à apprécier son incontestable valeur. Placé ensuite à la tête 
de la division de Nancy, le général Brault fit à plusieurs reprises de 
remarquables manœuvres. 

11 a été nommé en août commandant en chef ; c'est un de nos plus 



BIOGRAPHIES 257 

jeunes commandants de corps d'armée. Il est en outre Membre du 
Comité technique d'Etat-Major, et Commandeur de la Légion d'hon- 
neur. P. S. 

Jules-Marie-Armand Cavelier de Cuverville, né le a8 juillet 
i834, à AUineuc (Côtes-du-Nord\ aspirant de marine en i85a, em- 
barqua dans Tescadre d'évolutions et, lors de la campagne de Crimée, 
fut détaché aux batteries devant Sébastopol où il fut grièvement 
blessé le i6 octobre i854. Nommé enseigne le a décembre de la même 
année, il fut fait, pour sa belle conduite, chevalier de la Légion d'hon- 
neur, puis fut désigné pour tenir campagne au Sénégal où il séjourna 
deux ans. Lieutenant de vaisseau en 1860, il fut envoyé en mission 
en Crimée, en i863 (comme adjoint au capitaine du génie Bézard) : 
puis promu capitaine de frégate le a a juillet 1870, il remplit, pen- 
dant la guerre, les fonctions d'aide de camp du vice-amiral de Guey- 
don commandant en chef l'escadre de la mer du Nord. De 1871 à 
187a, il suivit en Afrique, en cette qualité le même amiral, nommé 
gouverneur général de l'Algérie. Promu officier de la Légion d'hon- 
neur, il fut nommé, en 1877, attaché naval à l'ambassade de France 
à Londres, poste qu'il occupa jusqu'en 1879. Dans l'intervalle, le 8 
octobre 1878, il avait été élevé au grade de capitaine de vaisseau. Il 
commandait, en 1881, le cuirassé le Saffren lorsque le gouvernement 
le chargea d'une mission en Amérique, à l'occasion du centenaire de 
York-Town. A son retour en France, il devint membre du conseil 
des travaux de la marine, et fut appelé quelque temps après au com- 
mandement de la division navale de l'Atlantique- Sud. Commandeur 
de la Légion en i885, il reçut en février 1888 les étoiles de contre- 
amiral. Désigné pour le poste de major de la flotte à Brest, il a exercé 
ces fonctions jusqu'en mars 1890, époque à laquelle il a été investi du 
commandement en chef de la division navale de l'Atlantique Nord. 
C'est en cette qualité qu'embarqué sur la Naïade, il a dirigé l'expé- 
dition du Dahomey. Nommé ensuite vice-amiral préfet maritime et 
commandant en chef à Cherbourg, il commande aujourd'hui l'escadre 
active de la Méditerranée. 

On a de lui : Cours de tir ; Etudes théoriques et pratiques sur les 
armes portatives, à l'usage de MM. les officiers qui n'ont pu suivre les 
cours de l'école normale de Yincennes, etc. (PariSy Dumaine, i864, 
in-8«, 755 p. et i5 pi.), et de nombreuses études sur les cuirasses et sur 
l'artillerie navale publiées dans le Journal des sciences militaires, de 
i864 à 1866, dans la Revue maritime et coloniale, et dans le Journal des 
armes spéciales et de VEtai-major en 1867 ; — Le Canada et les intè^ 

19 



•»d ANNUAIBE DE LA BRBTAONB 

réUJrançaU (Paris, 1893, în-8°. (Extrait du BalUlin de la Sociiti des 
étude» coloniales et marUimes), — et des Ordres du jour et lettres offl- 
cielles pendant la campagne du Dahomey en 1890. — B . K. 

^'abbâ Louls-Marie-OUvier Ducheane est Dé à Saint-Servan 
le i3 septembre t8i3. Il a élé membre des Ëcoles d'Athènes et de 
Home, 11 est ancien directeur d'études k l'école des Hautes-Etudes, 
ancien professeur 
d'archéologie et 
d'histoire du chris- 
tianisme à l'Institut 
catholique de Paris. 
L'abbé Duchesne, qui 
est docteur ès-lettres 
ctepiiU 1877, est en 
outre membre de l'A- 
cadémie des inscrip- 
tion s etbelles-lettres, 
membre correspon- 
dant des Académies 
de Beriln, Munich, 
Gœttlngue, Ae la So- 
ciété nationale des 
Antiquaires de 
France li est cheva- 
lier de la Légion 
d'honneur depuis le 
ai avril 1896. 

On doit à l'abtié 
Duchesne : De Maca- 
rio Magnele el seriplU ejus. Etude sur le Liber pontijicalis (thèses pour 
le doctorat ès-lettres, 1877.) — Mémoire tar une misiion aa mont Alho*, 
saiai d'an mémoire lur an ambon conservé à Satonique, i877,in-8, — Vita 
Sancti Potycarpi auclore Pîonio, 1881, in^S. — La Crypte de Mellibaude 
et le» prélendai martyrs de Poitiers, i885, in-8. — Elade sur la liturgie 
latine avant Charlemagne, 1889, in^. — Les anciens catalogues épisco- 
paux de la province de Tours, 1890, în-8. — Fastes épiscopaax de tan- 
eienne Gaule, tome 1, iSgi. 

M . l'abbé Duchesne a collaboré à la Revue arckéologiqae, à la Revue 
de» questions historiques, aux Mélanges de l'Ecole de Rome, etc. Il a 
fondé et dirige depuis 1880 le Bulletin crUique. 

Par décret en date du 37 mars 1895, M. l'abbé Duchesne a été 
nommé directeur de l'Ecole française de Rome. P. S. 



niouHAPUiiîs 259 

Paul Guleysse, Bis d'Eugène G., commissaire général de la ma- 
rine, qui fut riatime ami de Brizeui, de Souvestre et de Guépin, eit 
né & Lorient, le ii mai iSji, et y pasaa les premières années de sa 
jeunesse. 11 entra, en iS6o, à l'Ecole polytechnique, et en sortit, 
en iS63, avec le titre d'ingénieur hydrographe et c'est en cette 
qualité qu'il a été décoré au siège de Paris en 1871. Dès cette époque, 
il s'adonna à l'élude de l'égyptologie où il se Ht un nom connu des 
savants, et il fut chargé de cours sur cette science, à l'école des Hautes 
études et au collège de 
France, comme sup- 
pléant de Maspéro 
(188S). Il avait été, en 
1874, nommé répéti- 
teur à l'Ecole poly- 
technique ; fonctions 
qu'il a gardées jusqu'à 
son entrée dans la vie 
politique Entre temps, 
il avait fondé l'Institut 
des actuaires de France 
dont 11 est président 
depuis sa fondation. 
En 1880, M. Guieysse ■ 
fut élu conseiller géné- 
ral du Morbihan. En 
i8go, l'arrondissement 
de Lorient l'envoya k 
la Chambre. Il a été 
réélu, en iSgS. Il fait 
paitie du groupe pro- 
gressiste et s'est spécialisé dans ies questions d'économie sociale. Il a 
été rapporteur du projet de loi sur les retraites ouvrières, et it est 
de plus l'auteur d'un projet de loi sur la réforme du régime des 
domaines congéables qui a été voté par le Parlement, 

En novembre 1891, il fut chargé dans le minislère Bourgeois du 
portefeuille des colonies. 

M. Paul Guieysse est membre d'un grand nombre de Sociétés, de 
la Pomme, de la Société des Traditions populaires, de la Société de 
statistique, de la Société asiatique, de la Société améi icaine et de plu- 
sieurs autres associations littéraires ou scientifiques. Il a collaboré au 
Journal de Cicole polytechnique, au Journal de MaUiêmatiqaes pares et 
appliquée», à la Reoue égyptologiqae et au RecaeU des travaux pour 



2t)0 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Vétude de VEgyptologie. On lui doit en outre une Elude sur le ch. 6U 
du Rituel funéraire égyptien, 1878, in-4°, et le Papyrus Junéraire de 
Soulines (en collaboration avec Lefebvre (1877). — P. S. 

Yves Guyot est né à Dinan le 6 septembre i843; mais il passa 
son enfance et toute sa jeunesse à Rennes où son père était conseiller 
de préfecture ; il fit ses études au lycée de cette ville, et il y com- 
mença son droit. Venu à Paris en i864, il devint secrétaire de la So- 
ciété d*aérostation, et se fit remarquer aux conférences Mole et La 
Bruyère, par la façon orifi^inale et documentée dont il traitait les 
questions. Son premier ouvrage fut V Inventeur (1866, in-8°). De 1868 
à 1870, il dirigea à Nimes V Indépendant du Midi et organisa de nom- 
breuses réunions privées dans le Gard ; de retour à Paris, il fut en 1870 
secrétaire du comité anti-plébiscitaire, et entra au Rappel, Au 4 sep- 
tembre il refusa les situations administratives qu*on lui offrait, et, resté 
à Paris pendant la Commune, il fit partie de la Ligue des Droits de 
Paris qui s'efforçait de terminer d'une façon pacifique la guerre entre 
Paris et le gouvernement légal ; il fut du petit nombre de ceux qui 
restèrent à leur poste jusqu'au bout, et qui préservèrent de l'incendie 
le Conservatoire, les Archives et l'Imprimerie nationale. En 1872, il 
devint rédacteur en chef de la Municipalité, et Tun des principaux 
rédacteurs du Radical; publia les Lieux communs]ei Nos préjugés poli- 
tiques, et commença avec Sigismond Lacroix V Histoire des Prolétaires, 
in-4°. Elu en 1874, conseiller municipal du quartier Saint-Avoye, il 
devint l'année suivante directeur de la Réforme économique que 
M. Menier avait fondée pour soutenir les idées libre-échangistes, et il 
fut l'initiateur de la librairie du Suffrage universel destinée à répon- 
dre par des brochures à la propagande bonapartiste, alors fort active. 
De 1876 à 1878, il dirigea le Bien Public ; et à la Lanterne, ses lettres du 
Vieux petit Employé, qui parurent sans nom d'auteur, eurent un 
succès retentissant. En 1880, il fut élu conseiller municipal du quar- 
tier Notre-Dame ; au conseil, il s'occupa surtout de questions écono- 
miques et fit adopter en principe la suppression des octrois. En 
1881, il fit paraître la Science économique, in- 18, qui a été traduite 
en anglais, ainsi que plusieurs autres de ses ouvrages, et en i885, 
les Lettres sur la politique coloniale. Aux élections de i885, il fut 
élu député de Paris, et ne tarda pas à prendre à la Chambre 
une situation importante ; en 1887, il fut élu rapporteur général 
du budget. Dès le premier jour il combattit le boulangisme, et en 
dévoila les dessous et le but dans sa brochure la Vérité sur le boulan- 
gisme. Le a a février 1889, le cabinet Tirard lui confiait le portefeuille 
des travaux publics, qu'il conserva jusqu'en février 1892. Dans un 



BIOGRAPHIES 2Ql 

livre publié ea 1894, Trois ans au ministère des travaux publies, il a 
exposé la manière dont il comprenait le fonctionnement de ce dépar- 
tement. Son passage aux affaires tut marqué par les efforts qu'il fit 
pour faire reprendre les travaux de chemins de fer, et pour améliorer 
les ports et les canaux. C'est à ses négociations avec les Compagnies 
qu'est dû le dégrèvement de la grande vitesse sur les transports et sur 
les voyageurs. Aux élections de iSgS, il fut battu dans le i" arron- 
dissement par la coalition des radicaux-socialistes et des anciens bou- 
langistes. C'est alors 
qu'il prit la direction 
du Siècle, où il a fait 
une brillante campa- 
gne contre les utopies 
socialistes; depuis i8g6 
il est aussi rédacteur 
en chef du Journal des 
Débals. 

YvesGuyot a publié 
quelques romans ; 
mais il est surtout 
connu par ses œuvres 
d'économie politique 
ou de sociologie ; à 
celles déjà citées, il 
faut ajouter : Le dia- 
Ingac de John Bail et 
Georges Dandin, 1881. 
in-iSS; Les Octrois,in- 
18; La Prostitution, 
1883, in-i8;Lo Morale, 
les Principes de 89 et le 

Socialisme, la Tyrannie socialiste, 1893. in-18 ; la Propriété, réfutation 
de Pablo Lafargue, i8()4, in-18; La morale de la concurrence, iSgSjin-iS; 
les Tribulations de M. Faabert, 1895, in-t8 ; l'économie de l'effort, 1896, 
in-18 : Voyages et découvertes de M. Faabert, 1S96. in-18. 

Yves Guyot est depuis 1877 membre honoraire du CobdenClub; 
vice-président de la * Personal Right vigilance association », membre 
tionoraire de la Société d'anthropologie ; il a été en iSgS président 
de la Société bretonne-normande la Pomme ; et en 189O la Société de 
statistique Ta élu président. — R. B. 

Edouard-Fernand Jamont, anden commandant en chef du VI« 
corps darmée. est né à Saint-Philbert-de-Crandiieu le m juillet i83i. 



àlK annuaihk du i.a bhetagne 

Elève de l'Ecole polytechnique en i85o. il en sortit en tSSi, sous- 
lleutenanl d'artillerie pour entrer k l'Ecole d'application de Metz et 
partît peu après, comme lieutenant de la i' batterie k cheval de la 
Garde impériale, pour la campagne de Grimée où il se distingua à 
la bataille de Traklir et fut décore. En 1860, il lit la campagne de 
Chine pendant laquelle il fut promu O^ à vingt-neuf ans, puis en 
1S64, la campagne du Mexique. Chel d'escadron d'artillerie en i36g, 
il fut attaché pendant la guerre de 1S70 à l'état-major du géné- 
ral de Rochebouët , 
qui commandait l'ar- 
tillerie du 3* corps de 
l'armée du Rhin. 

Promu colonel en 
1876, il fut envoyé peu 
de temps après à Fon- 
tainebleau comme di- 
recteur des études de 
l'Ecole d'application, 
passa général de bri- 
gade en 1880 et fut 
mis à la tète de la 3o* 
brigade d'infanterie, 
à Dijon, où il resta 
jusqu'en i885. 

Il partit alors pour 
la campagne du Ton- 
kin, et après l'affaire 
de Langson,c'estàlui 
quel'on confia le com- 
mandement de l'artil- 
lerie du corps expéditionnaire ; il y gagna les trois étoiles de division- 
naire el quelque temps après, il succéda au général Warnet comme 
commandant en chel. 

Lorsqu'il rentra en France, en 1887, il fut placé à la tète de la ai' 
division d'infanterie, à Nantes, et il montra de tels talents en con- 
duisant cette division contre le IX" corps d'armée, lors des grandes 
manœuvres, que le commandement du 1" corps d'armée lui fut remis, 
en mal i883, lorsque ce poste fut devenu vacant par la désignation 
du général Billot au poste d'inspecteur général d'armée. Après avoir 
commandé le VI> corps d'armée, le plus important de tous, poste 
dans lequel il a élè remplacé par un autre Breton, le général Hervé, 
il vient d'être nommé lui-même inspecteur général d'armée. 
Il est grand ofiicier de la Légion d'honneur. — L. de K. 



BIOGRAPHIES 263 

Arthur Le Moyne d© la Borderie^ historien breton contempo- 
rain, membre de TAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, est né 
à Vitré le 5 octobre 1827. Elève diplômé de l'Ecole des chartes, secré- 
taire de la direction de la classe d'archéologie de lancienne Associa- 
tion bretonne depuis i846 jusqu'à sa dissolution en i858 ; membre 
fondateur, à la même époque, de la Société archéologique dllle-et- 
Vilaine^ dont il a été président en 1876 ; membre correspondant, en 
1849, de la Société académique de la Loire-Inférieure ; l'un des fonda- 
teurs en i854 de la Société archéologique de la Loire-Inférieure à 
Nantes, puis de la Société archéologique du Morbihan en i858; fonda- 
teur en 1857 de la Revue de Bretagne et de Vendée, dont il a été, de- 
puis quarante ans, le directeur en même temps que le collabora- 
teur le plus assidu; membre du conseil général d'IUe-et- Vilaine de 
i864 à 1871, il fut élu député d' [Ile-et-Vilaine à l'Assemblée nationale 
en février 187 1, y siégea à droite Jusqu'en 1876, et fut Tun des rap- 
porteurs de la commission d*enquète sur les actes du gouvernement 
de la Défense nationale, mais ne fut pas réélu en i876. Membre non 
résident du Comité des travaux historiques au ministère de l'Instruc- 
tion publique depuis 1876, membre de la Société française d'archéo- 
logie, et de l'ancien Institut des Provinces fondé par M. de Gaumont, 
un des restaurateurs de TAssociation bretonne en 1874, vice-président 
d'un grand nombre des congrès de cette association, président^ pour 
la classe d'archéologie, des congrès de Vitré en 1876 et d'Auray en 
1878, sous-directeur permanent d^ la section d'archéologie depuis 
i88x ; un des fondateurs en 1877 de la Société des Bibliophiles Bre- 
tons et de l'Histoire de Bretagne, et son président sans interruption 
depuis cette époque ; membre de la Société archéologique du Finis- 
tère, depuis 1877, de la Société archéologique des Gôtes-du-Nord 
depuis 1880, de la Société polymathique du Morbihan, depuis 1887 ; 
élu membre correspondant de Tlnstitut, pour l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres, en décembre i883 ; nommé par le Pape com- 
mandeur de Tordre de Saint-Grégoire-le-Grand en avril 1887, ®^C'» 
il a été élu membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres à la place de Gharles Nisard, et il professe, depuis cette époque, 
un cours libre à la Faculté des Lettres de Rennes. 

La seule nomenclature de ses ouvrages remplit 4o pages de la Bio- 
Bibliographie bretonne de M. René Kerviler. Nous nous contenterons 
de citer ici : Hisloirede la conspiration de Pontcallec,\n'S^,ib5']i — Lutte 
des Bretons insulaires contre les Anglo-Saxons, 1878, in 12; — Louis de la 
Trémoïlle et la guerre de Bretagne eniU88y in-4*, 1877 ; — Les Propos 
rustiques de Noël du Fait, in- 18, 1878; — V Imprimerie en Bretagne 
au XV siècle, in-4*, 1878 ; — Correspondance historique des Bénédic^ 



264 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

tins bretons, în-f*, 1880 ; — Archives du Bibliophile breton, 3 vol. în- 
18, i88o-i885 ; — Galerie historique et littéraire, in-ia, 1881; — Etudes 
historiques bretonnes, a vol. in-8'*, 1 884- 1 888 ; — Compte^ breton de 
ià92, ia-A**, i884 ; — La révolte du papier timbré advenue en Bretagne 
en 4675, in -18, i884; — Les monuments originaux de V histoire de Saint- 
Yves, in-4®, 1887 ; — Les trois vies anciennes de saint Tadual^ îa-8®, 
1887 ; — Le cartulaire de Landévennec, m-8<», 1888 ; — Recueil d actes 
inédits des ducs de Bretagne, in -8*, 1889 ; — Etude bibliographique sur 
les chroniques de Bretagne d Alain Bouchart, in-4**. 1889 ; — Essai sur 
la géographie féodale de la Bretagne, in-8% 1889 ; ^ Notice sur Alexandre 
Duval, in-13, 1894 ; — et le premier volume de V Histoire de Bretagne, 
in-4% 1896. — R. K. 

Louis- Jules Lé veillé est né à Rennes le 3 a octobre i834 ; après 
de brillantes études au lycée de sa ville natale, il fut reçu en 1 869 
docteur en droit ; agrégé la même année, il fut chargé d'un cours de 
droit à la Faculté de Rennes. Pendant le siège il remplit les fonctions 
de secrétaire général intérimaire des Télégraphes ; en 1871^ il fut élu 
conseiller municipal dans le quartier du Val-de-Gràce qui le réélut 
en 1874 ; en 1875, il présida le conseil général de la Seine. Nommé 
professeur de droit criminel et de législation pénale à la Faculté de 
Paris ; il fut décoré en 188a, on lui confia en i884 la mission d'aller 
étudier sur place à la Guyane française la question de la transpor- 
tation des récidivistes. Aux élections de 1898, il fut élu député du 
VI* arrondissement. 

Il a collaboré au Temps et à la Revue pratique du droit français. 
Plusieurs des articles importants qu*il y a publiés ont été tirés à part. 

Il a en outre publié. Notre Marine marchande et son avenir, 1868, 
in-8<^, préface d*un traité de Droit maritime. — De la réforme du Code 
d instruction criminelle y i88a, in-8* ; — la Guyane et la question péni- 
tentiaire coloniale, 1886, in-8*. — R. B. 

René Pocard-Kerviler est né à Vannes le i3 novembre i84a. 
Après de brillantes études au collège des Jésuites de cette ville, il en- 
tra à FEcole polytechnique en 1861 et à celle des ponts et chaussées 
en i863. Trois ans après, promu ingénieur ordinaire, il fut chargé 
d'une mission en Angleterre, en Belgique et en Hollande, et, à son 
retour, il exerça ses fonctions, successivement, à Tarbes, à Saint-Brieuc, 
à Nantes et à Saint-Nazaire, où il devint ingénieur en chef en i88a. 

M. René Kerviler a, comme ingénieur^ conçu et exécuté d'impor- 
tants travaux ; les plus remarquables sont la construction du bassin de 
Penhouêt à Saint-Nazaire, l'un des plus considérables qui existent, 
et qui n'a pas moins de a 3 hectares de superficie, les trois grandes 



BIOGBAPHIBS 265 

formes de radoub du niëme port. M. Kerviler qui avait prévu, à une 
époque où l'on n'y son^'eait guère, que les navires de vilesae devien- 
draîeot de plus en plus longs, avait donné à ses bassins des dimen- 
sions que certains trouvèrent alors exagérées; les événements ont 
donné raison à sa pré^'iyance. C'est pendant l'exécution de ces tra- 
vaux, qui sont cités comme des modèles, qu'il découvrit ce qu'on a 
appelé le « chronomèlve préhi' torique de Sain t-Naza ire i>, il exposa. 
avec une parfaite bonnu foi 
le résultat de cette décou- 
verte, qui assigne à ces i.Uu- 
sions des milliers d'années. 

Lorsque, en 1878, M de 
Freycinet, ministre de.» tra- 
vaux publics, vintvisitf'i les 
travaux du bassin qur M. 
Carnot inaugura en i8<i,ll 
décora M. Kerviler, cl les 
considérants du décret i < >ns- 
tataientqu'ilavait «déi'layé 
une habileté et une ad • vite 
des plus remarquables ilans 
l'exécution de cette lâche 
importante et difflcile >■ . On 
doit encore à cet ingciicur 
distingué le premier i>ont 
roula ut, manœuvré hyil lau- 
liquement.quialt étéélubli 
en France, etquimalgri'son 
poids de 3oo tonnes est levé 
en équilibre sur une .'■ouïe 
presse. Ce type est généi ale- 

ment désigné, même iliins les ouvrages allemands, sous le nom de 
Pont Kerviler. Enfin, i;ràce à sa ténacité, et malgré des oppositions 
scientifiques qui parai>>aient insurmontables, M. Kerviler est parvenu 
à creuser de deux mètr.s la barre des Charpentiers et à doter ainsi nos 
escadres d'une rade d'i'bri qu'elles eussent en vain cherché jadis à 
toutes marées dans les parages de la Loire. 

Comme écrivain teclj nique il est l'auteur de la grande notice sur te 
port de Sflint-Nazairediiiisla collection des " Ports de France " publiée 
par le ministère des Tr^i vaux publics, du mémoire de la ■ Société d'é~ 
tudes de travaux fran^Liis *, à l'appui du projet du < Canal des deux 
mers ■■, aux études duquel il a pris une grande part et qu'il a été offi- 
ciellementautoriséàdér< [idrcdevantlcsCommissionsd'exameneni886. 



2(30 ANNUAIRE DR LA BRETAGNE 

M. René Kerviler n'a pas borné son activité à ses devoirs profes- 
sionnels, il a écrit d'importantes études, d'histoire littéraire dont les 
dernières sont surtout bretonnes : Le Chancelier Pierre Séguier et son 
yroupe académique; Abel Servien^ négociateur du traité de Westpkalie 
des notices sur Nicolas Bourdon La Moihe Le Vayer, Godeau^ Bachet 
de MeziriaCy et des ouvrages couronnés par TAcadémie française : 
La Bretagne à V Académie Jrançaise au XVII^ ; Valentin Conrart et La 
Bretagne à C Académie française au XVIW siècle, ainsi qu'un grand 
nombre de mémoires biographiques et d'archéologie, parmi lesquels 
il faut citer les notices sur les anciens académiciens Bautru, Gom- 
baud, Silhony de Gombervilley Sirmond, de Virelade -, des études très do- 
cumentées sur le» Députés de la Bretagne aux Etats-généraux de 1789 
parues dans « la Revue historique de TOuest » sur Olivier Morvan et 
la Société patriotique de la Bretagne (Mémoires de l'Association bre- 
tonne) etc. — Il a encore publié : VAge du bronze et les Gallo-Romains 
à Saint'Nazaire ; Les Etudes critiques de géographie armoricaine ; La 
Grande ligne des Mar délies de la Loire-Inférieure; Les Chaires extérieures 
en Bretagne, et d'autres opuscules fort intéressants qu'il a réunis en 3 
volumes intitulés Armorique et Bretagne. Il a entrepris, sous le titre 
de Bio- Bibliographie bretonne, un répertoire monumental de tout ce 
qu'on a écrit sur la Bretagne et les Bretons, dont g volumes ont déjà 
paru (voir ci-dessus) et qui formera une quarantaine de volumes. 

M Kerviler s'est aussi livré à la littérature pure ; il est lauréat, 
sous le pseudonyme de « Larvorre de Kerpénic », des académies 
poétiques du Parnasse^ de la Pomme, des Muses Santones, etc., et il 
a donné, à nombre de revues littéraires, d'importants articles qui 
affirment le côté pittoresque, spéculatif et poétique de son talent, et 
l'éclectisme libéral et courtois de ses idées. 

Ajoutons, pour compléter cette notice succincte que M. Kerviler 
est ingénieur en chef des ponts et chaussées à Saint-Nazaire ; che- 
valier de la Légion d'honneur ; officier d'Académie, commandeur de 
Saint-Grégoire ; membre non résident du Comité des travaux histo- 
riques et scientifiques ; il fait partie de nombreuses sociétés savantes ; 
et il est président de la Société des régates internationales de l'Ouest ; 
fondateur et président de la Société de tir et de gymnastique c La 
Nazairienne ». C'est un esprit encyclopédique, s'occupant de omni re 
scibili et sachant mêler avantageusement utile dulci. — R. B. 

François-Marie-Benjamin Richard de la Vergne, né à Nantes 
le I®'' mars 1819, fit ses premières études au Petit- Séminaire de cette 
ville, et les termina à Saint-Sulpice de Paris. Ordonné prêtre en 1849, 
il fut presque aussitôt choisi comme vicaire général par M" Jacque- 
met, évêque de Nantes, et conserva cette fonction pendant une ving- 



BIOOHAPHIGS 



taine d'années. Préaident de la commission des révisions du Propre 
de Nantes, il a laissé des traces de ses travaux d'érudition dans des 
études sur les Saints de l'Eglise de Nantes et dan» une Vie de la Bien- 
heureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne. Un peu plus 
tard, il a pris part aux 
discussions sur la date 
de VApostolal de saint 
Clair. Nommé évèque 
de Belley par décret du 
i6 octobre 1871, pré- 
conisé le 33 décembre 
suivant, et sacré le 1 1 
février 187a, il devint 
coadjuteur de S. E. le 
cardinal Guibert, ar- 
chevêque de Paris, par 
décret du 7 mai 1875, 
et fut préconisé • en 
cette qualité, archevê- 
que de Larisse in par- 
libus injideliam. Arche- 
vêque de Paris à la 
mort de Me Guibert, 
le S juillet iS85, il a 
été créé cardinal le a 4 
mai i88g, au titre de 

Sancta Maria in via, et il revient volontiers se délasser de ses labeurs 
parisiens dans son diocèse d'origine. Tout récemment, il est venu 
présider près de Nantes la bénédiction de la première pierre de la 
nouvelle église de Bouguenais. La collection de ses mandements épis- 
copaux forme un recueil oratoire et pastoral très remarquable. 
L. r>B K. 

Paul Sëbtllot est né à Matignon le 6 février i843; après de bril- 
lantes études au collège communal de Dinan, il commença son droit à 
Bennes, et vint à Paris en i863 pour le terminer. Mais il ne tarda pas 
à se sentir entraîné vers les arts et la littérature. Il entra à l'atelier 
de Feyen-Perrin, le peintre des Cancalaises, où était déjà son com- 
patriote Léonce Petit, et il exposa en 1870 son premier tableau, Rochers 
à marée basse, souvenir de Bretagne ; c'est aux grèves de ce pays, à 
ses aspects d'hiver que sont empruntées les i4 toiles qu'il exposa 
aux Salons de Paris jusqu'en i883, époque à laquelle il renonça 



268 ANNUAIRB DB LA BRETAGNE 

k la peinture pour s'adonner exclusivement à l'étude des tradi- 
tions populaires. Pendant cette même période, il avait donné 
& divers journaux et revues des articles d'art; 11 collabora activement 
au £ien Public, où il écrivit aussi un certain nombre d'articles politi- 
ques. En 1875, il fit paraître une brochure de propagande, la Répablî- 
qae c'est la iraïujuillUé, qui eut un très vif succès, et fut traduite en 
breton par P.-M. Luzel, C'est de celte époque que datent les relations , 
qui lurent très suivies, 
entre les deux principaux 
explorateurs de la Breta- 
gne légendaire. En 1880 
parut son premier essai 
sur la littérature populaire 
sous le titre : Traditions, 
âaperslUions et légendes de 
la Haale-Brelagne, in -8", 
qui fut suivi, quelques 
mois plus tard, des Contes 
populaires de la Haute— 
Bretagne, fn-i8 ; deui. au- 
tres séries parurent en 
1881 et i8Sa sous le titre 
de : Contes des paysans et 
des pêcheurs, et de Contes 
des marins ; ils contien- 
nent environ 300 contes, 
très fidèlement reproduits 
d'après la tradition orale ; 
ce chiffre a été plus que 
doublé par ceux qui ont 

DcsBin de l'élis Régamoy, P^''" ***'P"" **■"* **'^*^ 

recueils. Danscesouvrages 
et dans les suivants, l'auteur montrait la richesse légendaire de la Breta- 
gne de langue française, qu'on était loin de soupçonner avant lui. En 
1881, il donnait à la iCollectiondesLittératurespopulaires de toutes les 
nations > qu'il avait fondée avec Cliarles Lederc, l'associé du libraire 
Maisonneuvs, la Littératare orale de la Haute-Bretagne, in-ia elzévir, 
et les années suivantes : Traditions et superstitions de ta Haute-Bre- 
tagne, 3 vol. in-iï elzévir (188a) ; Gargantua dans les traditions popu- 
laires [iSBS) Coutumes populaires de la Haute- Bretagne (i885). En i885 
et 1886 il publia les Légendes, croyances et superstitions de la mer, in-18. 
En i88.1 avait paru sous le titre de Contes de terra ei de mer, un choix 



BIOGRAPHIES 269 

de contes illustré par Léonce Petit, Sahib et Bellenger. En i884, il 
commençait avec H. Gaidoz la collection de la France merveilleuse et 
légendaire, dont deux volumes seulement ont paru : le Blason populaire 
de la France, in-i8, signé des deux auteurs, et les Contes des provinces de 
France, qui est de Sébillot seul. Les deux mêmes auteurs ont aussi 
publié plusieurs bibliographies, dont les plus importantes sont la Biblio- 
graphie de la littérature populaire de la Bretagne, i88a, in-8^ et celle 
des Frances d'outre-mer, in-8° (1886 et 1888). En 1882. Paul Sébillot, 
qui en 1877, avait fondé la société bretonne et normande la Pomme 
prit avec Loys Brueyre et E. Rolland l'initiative du « Diner de ma 
mère TOye, » qui réunissait les traditionnistes, et qui a été le noyau 
de la c Société des Traditions populaires » (i885). Depuis cette époque 
il est le secrétaire général de la Société, et il dirige la Revue des Tra- 
ditions populaires, qui publie en ce moment son douzième volume. 
Nommé chef du Cabinet au Ministère des travaux publics, en 1889, 
il fut chargé peu après de la direction du personnel et du secrétariat, 
qu'il occupa jusqu'en 1893. En 1894, il fait paraître un important 
ouvrage Les Travaux publics et les mines dans les traditions et supers- 
titions de tous les pays, in-8^, illustré, et en 1895 les Légendes et Curiosités 
des métiers, grand in-8° illustré. Il a en outre donné à diverses revues 
un grand nombre d'articles sur l'ethnographie et les traditions po- 
pulaires. La liste de ses travaux antérieurs à 1888 n^occupe pas moins 
de 17 pages dans V Annuaire des Traditions populaires de i89i. Paul 
Sébillot a été élu membre de la Commission des monuments mégali- 
thiques, en remplacement de Henri Martin ; il est en outre membre 
de la Société des gens de lettres, de la Société d'Anthropologie, de la 
Société de Linguistique, et les diverses sociétés de traditions popu- 
laires de rétranger lui ont conféré le titre de membre honoraire. 
Plusieurs de ses livres et de ses articles ont été traduits en anglais, en 
espagnol, en suédois. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 
1889, officier de Flnstruction publique, officier du Sauveur de Grèce, 
commandeur du Cambodge et de plusieurs autres ordres étrangers. 

R. K. 

François-Marie Trégaro*, né à Peillacle 19 juin 1824, fit sa théo- 
logie au Grand- Séminaire de Vannes, fut ordonné prêtre en i848, et 
se livra d'abord au ministère paroissial. Entré au service des aumô- 
niers de la flotte, il fut mis à Tordre du jour de l'armée, à la bataille 
de Pali-Kao, pendant la guerre franco-chinoise, en 1860, et nommé 
chevalier de la Légion d'honneur. Tiès aimé des ofiiciers et des ma- 

* Pendant l'impression de cette notice, nous apprenons sa mort à Séez, 
le 6 janvier 1897. 



270 ANNUAIRE DE LA Bl^TAGNE 

telots qui savaient apprécier son zèle et son dévouement, s'ils ne sui- 
vaient pas toujours ses conseils, il devint aumônier en chef de la 
marine et 0. ^. A la suppression de cet emploi en 1879, il fut admis 
à la retraite et nommé vicaire général du diocèse de Séez, puis, par 
décret du 117 septembre 1881, coadjuteur de Ms' Rousselet, avec suc- 
cession future et le titre d'évêque de Doliche, in pariibas. Sacré en 
janvier i88a, il devint évéque titulaire de Séez quelques jours après, 
et s'est beaucoup occupé, depuis cette époque, de fondations d*écoles 
et de la restauration de sa cathédrale, un des plus beaux monuments 
religieux de la Normandie. 11 revient souvent en Bretagne, et il ac- 
compagne les évêques bretons dans les grandes cérémonies de Sainte- 
Anne d'Auray et du Folgoet. R. K. 



B. — NECROLOGIE 

Gomme pour le chapitre précédent, plusieurs des notices 
qui vont suivre auraient dû être distraites de la troisième partie 
de notre Annuaire, pour être reportées à la quatrième : La 
Bretagne hors Bretagne, mais il nous a paru plus convenable 
de grouper ensemble tous nos compatriotes décédés depuis 
peu de temps. 

Henri Raison du Cleuziou était né à Lannion en 1834, il est mort 
à Bicètre au mois de mars 1896. Il est Fauteur de plusieurs ouvrages 
d'archéologie, dont la plupart ont trait aux origines celtiques ; sa 
Poterie gauloise dsXe de 187a, et c'est F un des meilleurs sur la ma- 
tière. A Garnac, où il résida plusieurs années, il releva, avec une pa- 
tience de bénédictin, les monuments mégalithiques de la région, 
dont il fit une vue cavalière, qui est un document de premier ordre ; 
VArlnalionaU qu'il fit paraître chez Levasseur (1888, grand in-8**, avec 
figures), contient à côté d'hypothèses un peu hasardées des vues très 
justes, de curieuses recherches et quelques belles pages. Il avait en- 
trepris sous le titre de la France pittoresque et artistique, xine collection 
de monographies provinciales, dont deux volumes seulement : Bre- 
tagne^ pays de Léon, in-S**, ont été publiés. La faillite de l'éditeur in- 
terrompit cette collection dont les manuscrits ont, suivant toute 
probabilité, été perdus. On doit encore à Henri du Cleuziou, outre 
de nombreux articles dans des revues d'archéologie^ La Création 
dans la collection dont l'astronome Flammarion est le directeur. 

P. S. 



BIOGRAPHIES 271 

Théo dore- Claude-Henri Hersart de la YlUemarqué, né au 
Plessis-Nizon (Finistère) le 7 juillet 181 5, membre libre de l'Académie 
des Inscriptions et Belles-Lettres, président de la section archéologi- 
que de VAssociaiion bretonne et de la Société archéologique du Finis- 
tère, est mort le 8 décembre 1895, en son château de Keransker, 
près Quimperlé, ayant dépassé Tâge de quatre-vingts ans^ Il peut 
être considéré comme le père des études celtiques en France. Sa mère 
lui avait appris à savourer les chants bretons récités par les mendiants 
de Gornouailles. Ayant été chargé de diverses missions en Angleterre, 
en particulier dans le pays de Galles, il publia en 1889, sous le pseu- 
donyme du Barde de Nizon, la première édition de Barzaz Breiz^ 
bientôt suivie des Contes populaires des anciens bretons (i842, a vol. 
in-8°), précédés d'un essai sur Torigine des épopées chevaleresques de 
la Table ronde. Chevalier de la Légion d'honneur en i846, il donna 
en i847, l'édition du Dictionnaire Jrançais breton de Le Gonidec, en 
i8/ig celle de sa Grammaire bretonne et du Dictionnaire breton français, 
et publia en i85o les Poèmes des bardes bretons du VI^ siècle, ce qui lui 
valut son élection à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 
i858. Le Barzaz-Breiz surtout avait obtenu un succès extra- 
ordinaire, et mis la littérature bretonne à la mode, en France, et dans 
toute TËurope. On n'évoquait alors aucun doute sur l'authenticité 
complète de ce recueil. M. d'Arbois de Jubainville déclare que ce qui 
Ta conduit aux études celtiques, c'est le plaisir que lui en a procuré la 
lecture ; et il ajoute que les publications beaucoup plus scientifiques de 
Le Men {Catholicon, 1867) et de Luzei (Gwerziou Breiz Izel, 1861) ont 
été provoquées par l'accueil favorable acquis aux publications anté- 
rieures de la Yillemarqué^ et ont réussi, grâce à la clientèle que ces 
publications avaient créée, en France^ aux études celtiques. Le Barzaz- 
Breiz est, ajoute-t-il, l'expression du courant d'idées qui dominait à 
cette époque, lorsqu'Augustin Thierry, publiant les Récits mérovin- 
giens, insérait dans sa préface, comme un morceau historique,le chant 
de guerre Irancique, composé en l'honneur du roi Pharamond, par 
Chateaubriand. Avec la plus parfaite bonne foi, La Villemarqué avait 
surtout fait œuvre littéraire, et quelque critique qu'on puisse faire à 
ses arrangements et à ses adaptations, on ne lui enlèvera jamais le 
mérite d'avoir popularisé au dehors et fait aimer ainsi notre poésie 
bretonne, et nous lui pardonnerons d'avoir augmenté quelquefois son 
charme et sa séduction. Il supporta courageusement les critiques 
acerbes dont il fut l'objet de la part des premiers scientifiques, et la 

I Nous avions espéré pouvoir donner ici un portrait de M. de la V., mais 
le cliché n'a pu être prêt à temps. Ce sera pour l'année prochaine. 






ANNUAIKE DE LA BRETAGNE 



patience ne lui manqua que vis-à-vis de LeMeu qui s'était permis, en 
1867, de remplacer la critique courtoise par des injures, et qui fut 
obligé de subir un carton ; à tous les autres il n*opposa que des plain- 
tes discrètes ; avec un sentiment profondément chrétien, il considé- 
rait les chagrins de sa vieillesse, comme une légitime expiation des 
sentiments d*orgueil que lui avaient causés sas premiers succès. La 
première fois qu'il rencontra M. d*Arbois de Jiibainville, vers i884, il 
l'aborda en citant ce passage du psaume 118: Bonum est mihi quia 
humiliasti me, et il vint à son cours féliciter <es élèves de leur bon 
goût à le prendre pour guide. Plusieurs fois, à moi-même, il m'a fait 
les mêmes confidences pendant les congrès de TAssociation bretonne, 
et c*est un de mes meilleurs et plus chers souvenirs d'avoir reçu à ma 
table ce grand chrétien et ce pur Breton, et d'avoir été reçu à la 
sienne. Dans ces dernières années, après avoir publié La légende 
celtique (iSSg), L'enchanteur Merlin (i 861), Le (jrand mystère de Jésus, 
(i865), il a donné en 1879 les Poèmes bretons du moyen-âge j puis un 
recueil de Noëls bretons du XVII« siècle, et des études sur les anciennes 
Joculatores. Il écrivait aussi purement en vers français qu'en vers bre- 
tons, et il est mort en composant un cantique (lu'il a continué là-haut 
avec les anciens bardes, ses frères. R. K. 

Kvariste-Vltal Luminais était né 
à Nantes le 18 octobre i8ai ; il est mort 
à Paris en mai iN()6 ; son père avait été 
député en i848, et son grand-père 
membre du Conseil des Cinq-Cents. 
Il étudia la peinture dans Tatelier de 
Léon Coignet et exposa pour la pre- 
mière fois en i84<>. Depuis cette époque 
il a pris part au\ salons annuels. Plu- 
sieurs fois médaillé, il obtint une mé- 
daille d'or à l'Exposition universelle de 
1889. Il avait et (3 décoré en 1869. Son 
œuvre, sans être tout à fait du premier 
rang, est de celles qui comptent. Elle 
est à la fois bien personnelle, car il était 
très breton, et considérable : il a peint des scènes de la vie rustique et 
maritime de la Bretagne, les Pilleurs de mer (1849, ^^» ^^)» 1® Retour 
de la foire (49), les Récolteurs de varech (53), etc ; mais il est surtout 
connu par ses tableaux dont le sujet est emprunté aux époques gau- 
loises ou mérovingiennes. Vedette gauloise y 1869. les Gaulois en vue de 
Rome, 1870, Retour de chasse dans les Gaules, 1878, le Roi Morvan^ 1876, 
une Chasse sous Dagobert, 1878, la Mort de Chramm, 1879, la Fuite de 




BIOGRAPHIES 27,^ 

Gradlon, i&ik, les Enervéi de Jumiéges i8So. C'est lui qui e^t l'auteur 
du portrait que aous reproduisoDS d'après un croquis du catalogue 
de l'eiposition bretonne angevine. — B. B. 

François-Marie Luzel était né en 1811 à Plouaret, dans la partie 
bretonnanle des Côtes-du-Mord, d'une vieille famille, dont le nom 
est An Uc'hel; ilest mort à Quimper le a6 février iSgS. II fut pro- 
fesseur pendant quelques années dans divers collèges de Bretagne, 
entre autres au collège communal de Dinan, puis il rédiga plusieurs 
journaux, devint rédacteur en chef de l'Avenir de Morlaix vers tS-]5. 
juge de paix, et enfin archiviste du département du Finistère, fonc- 
tion qu'il a exercée jusqu'à sa mort, l'eu après il fut nommé officier 
de l'Instruction publique et il fut décoré en i88g. Il était l'un des 
vice -présidents de la Sodété archéologique du Finistère, aux travaux 
de laquelle il a pris jus- 
qu'à ses derniers jours 
une part très active, et 
membre du Comilé cen- 
tral de la Société des Tra- 
ditions populaires, dont il 
lut l'un des premiersadhé- 
rents. 

F.-M. Luïel a beaucou]> 
écrit ; il a publié un vo (1^ 
lumede poésies françaises, 
et un recueil de poé£i''s 
bretonnes Bepred Brehad. 
Toujours Breton. ( M orlaix 
iS64, ia-18). Il aurait pu 
prendre comme devise le 

titre de son livre : nul ne fut plus breton que lui ; il passa toute 
vie dans sa province natale, et parcourut en tous sens la partie 
retonoante des Côtes-du-Nord et le Finistère, recueillant les chants 
populaires, les légendes et les contes. 11 avait commencé de bonne 
heure celle exploration, peut-être à l'instigation de son oncle Le 
Huérou, l'auteur des Insiitalions mérovingiennes ; mais pendant long- 
temps sa récolte resta à peu prés inédite. C'est dans le Masée anioer~ 
lel, en i857, que parut son premier conte » l'Ivrogne et le cercueil >. 
(reproduit dans le Collectionneur breton, t. III, p. 10a), puis vint 
dans le Joarnal de Morlaix du 37 septembre 1863, la légende de saint 
Gurloes, > qui fut aussi reproduite dans le Collectionneur breton ; on 
trouve dans le même recueil une étudo intitulée Alan Koarioa, Sa- 

20 



1 



274 ANNUAIRK DE LA BRETAGNE 

persiiiionSf t. III, p. 4ao, (dont une partie a été réimprimée au t. Il 
des Légendes Chrétiennes), VHisioire de Yann Kerlouanet de son cheval 
MaugU, t. III, p. idvt et les chansons populaires : Histoire admirable 
de Boudedeo {le JaiJ-Errant), VHéritière de Coualgouré, Guillouikh Cal" 
vez, VEnJant de cire (37 janvier, 27 février, a4 mars, 18 août 1866.) 

En 1868 parut à Lorient le premier volume des Gwerziou Breiz Izel, 
Chants populaires de la Basse-Bretagne, recueillis et traduits, auquel 
le monde savant fit bon accueil, et qui classa son auteur au premier 
rang des collecteurs de chansons populaires ; la seconde partie ne fut 
publiée qu^en 1874. La première réunion en volume des contes de 
Luzel date de 1870 ; elle est intitulée Contes bretons recueillis et tra- 
duits (Quimperlé, in-12), avec une préface, dans laquelle il constate 
qu'il a recueilli 121 récits de toute nature. Les sept contes de ce petit 
livre sont à peu près dégagés de limitation de Souvestre qui étai^' 
visible dans ceux antérieurs à celte date, et qui se retrouve parfois 
dans quelques-uns de ceux qui ont paru depuis. Un peu plus tard, 
il fit paraître d'autres contes dans la Revue Celtique (avec annotations 
de Reinhold Kœhler), et dans divers journaux locaux . 

Son compatriote Ernest Renan^ avec lequel il a entretenu une cor- 
respondance suivie, lui fit confier par le Ministère de Tlnstruction 
publique plusieurs missions dont le résultat fut consigné dans les 
cinq Rapports sur une mission scientifique en Bretagne (1872-1873). 
Ils contiennent as contes, dont la plupart ont été réimprimés dans 
les Légendes chrétiennes ou dans les Contes de la Bretagne. A partir 
de ce moment les contes qu*il publia un p3u partout sont nom- 
breux : il en donne i4 à Mélusine (première année), d'autres à la Revue 
Celtique. En 1879, il lait paraître chez Champion les Veillées breton- 
nes, mœurs, chants, contes et récits populaires des Bretons-Axmori- 
cains, in-i8. Mais c'est surtout dans la collection des « Littératures 
populaires de toutes les nations )> qu'il faut chercher son œuvre de 
conteur ; il y donna les Légendes chrétiennes de la Basse-Bretagne^ (1882) 

2 V. in-12 elzévir (72 récits), les Contes populaires de la Basse- Bretagne ^ 

3 V. in-12 elzévir (79 contes). A ces i5o contes, il convient d'en ajou- 
ter une cinquantaine qui ont paru dans les Annales de Bretagne, la 
Revue Celtique, la Société archéologique du Finistère, Mélusine^ la Revue 
des Traditions populaires, etc. C'est Tune des récoltes les plus considé- 
rables qui aient été faites, tant au point de vue du nombre qu'à 
celui de Timportance et de Foriginalité des épisodes. 

Les Soniou Breiz-Izel (Bouillon, 1890, in-8o) publiés avec la collabora- 
tion de M. A. Le Braz. complètent la collection des chants populaires de 
la Bretagne, recueillis avec toute sincérité, et à laquelle on ne peut guère 
reprocher que Tabsencede notation musicale. Luzel a aussi fait paraître 



BIOGRAPHIES 275 

avec une introduction et des notes, Sainte Tryphine et le roi Arthur, 
mystère breton en deux journées et en huit actes. (Quimperlé,i 863, 
in-S*^). Il possédait une importante collection de mystères bretons ma- 
nuscrits, dont le catalogue détaillé, dressé par lui^ a été publié dans la 
Bibliographie des Traditions de la Bretagne, par H. Gaidoz et Paul 
Sébillot, p. 330-837. L'œuvre de Luzel est, ainsi qu*on le voit, consi- 
dérable; elle était hautement appréciée non seulement en France, mais 
à l'étranger, et son nom est Tun de ceu^L qui reviennent le plus sou- 
vent sous la plume des écrivains qui s'occupent de contes et de 
poésies populaires au point de vue comparatif. — P. S. 

Le docteur Jules-Krnest Rochard était né à St-Brieuc en 181 g, 
il est mort à Versailles le i4 septembre 1896. Entré à dix-huit ans 
dans le service de santé de la marine, il fut très vile remarqué par 
ses grandes qualités d'intelligence ; en 1870^ il devint directeur du 
service de santé, et en 1876, il fut promu inspecteur général. 
Membre de l'Académie de médecine en 1877 en fut président en 
1894. On lui doit les ouvrages suivants : De Vinfluence de la navi- 
gation sur la marche de la phtisie pulmonaire, i856, in-8, qui fut cou- 
ronné par l'Académie de médecine ; Du service chirurgical de la flotte 
en temps de guerre, 1861, in-8 ; Histoire de la chirurgie Jrançaise au 
XIX^ siècle, 1874, in-8 ; Encyclopédie hygiénique, 1896. Cet ouvrage 
capital a été terminé il y a trois mois à peine. Le docteur Rochard 
qui avait été mis à la retraite il y a quelques années, étant grand 
officier de la Légion d'honneur, et membre du Conseil d'hygiène et 
de salubrité de la Seine. R. B. 

Paul-Armand Rousseau, était né à Treflez (Finistère) le 34 août 
i835. Entré à l'Ecole Polytechnique en i854, il en sortit en 1857, et 
fut classé dans le corps des Ponts-et-chaussées. Il fut en 1867 attaché 
au port de Brest en qualité d'ingénieur de 3* classe, et en 1870, le 
gouvernement de la défense nationale le chargea de diriger les travaux 
d'établissement du camp de Gonlie. Aux élections du 8 février 1871, 
il fut porté sur la liste républicaine, mais il échoua ; aux élections du 
3 juillet de la même année, il fut élu, et alla siéger à la gauche 
républicaine, dont il devint vice-président. 11 soutint la politique de 
M. Thiers, et fut en 1874 et en 1876 rapporteur de la commission 
du budget. 

En octobre 1 871, il avait été élu conseiller général du 2^ canton de 
Brest; il échoua aux élections sénatoriales de 1876, et la même année 
il fut nommé directeur des Routes et de la navigation du Ministère 
des Travaux publics ; c'est Tun des meilleurs chefs qu'ait eu cet im- 



1 



270 ANNUAIRE DE LA BaKT&GNE 

portant service. En 1881, il fut élu député de la 1'* circoascription 
de Horlaix. Nommé en avril i885 sous-secrétaire d'état aux Colonies, 
c'est en cette qualité quil défendit le projet de loi sur la rélégation 
des récidivbles. En iS85, il fut porté sur la liste républicaine au 
Finistère qui ne fut pas élue. Conseiller d'Etat en 1886, il fut en :888 



chargé d'une mission ofScielle pour étudier la situation des travaux 
du canal de Panama. En 1889, il avait été promu inspecteur général 
des Ponts-et- Chaussées ; en 1890, il fut fait commandeur de la Légion 
d'honneur. 

Nommé gouverneur général de l'Indo-Chine, en i8g5 il partit le 
i5 février de la même année pour occuper ses nouvelles fonctions. 
Glu sénaleur du Finistère, il rentra on France en novembre pour 
soutenir le projet d'emprunt pour les grands travaux du Tonkin. A 



BIOGRAPHIBS 277 

son retour dans la colonie, il s'occupa, avec toute la compétence que 
lui donnaient ses études spéciales et sa grande expérience adminis- 
trative, de dresser un plan de travaux, d'organiser les services et de 
pacifier les parties de notre Empire colonial où il y avait encore des 
révoltes. Son administration ferme, juste et bienveillante, contribua 
beaucoup à la pacification de la colonie ; il visita en personne les 
vastes provinces qu'il était chargé de gouverner^ étudiant surplace 
les questions, et déployant une somme de travail considérable. On 
peut dire qu'il est mort à la peine ; homme de devoir pendant toute 
sa vie, il ne voulut pas se reposer tant qu'il resterait quelque chose 
à faire. Il laisse en Indo-Chine la mémoire d'un gouverneur modèle» 
et lorsqu'il mourut le 10 décembre I896, ce fut dans ce pays un 
deuil universel. Cette perte ne fut pas moins vivement ressentie en 
France. Far la droiture de son caractère, son amabilité de bon aloi^ 
Armand Rousseau s'était fait vivement apprécier de tous ceux qui, 
petits et grands, avaient eu l'occasion de l'approcher, et le gouver- 
nement en lui accordant des funérailles nationales, a été Tinterprète 
fidèle du sentiment public. 

Armand Rousseau était resté très breton ; et il aimait à assister 
aux réunions de ses compatriotes ; il venait assez fréquemment au 
Dîner Celtique et à la Pomme , où en février 1896, il fut l'objet d'une 
manifestation sympathique, à la veille de son départ pour Tlndo- 
Ghine. Si Ton réalise l'idée du Panthéon breton, sa place y est maquée 
parmi ceux qui ont le mieux mérité de la grande et de la petite patrie. 

Le portrait d'Armand Rousseau que nous donnons dans le corps 
de cette notice, a été gravé d'après un dessin d'Edouard Kruz, 
auteur du tableau « la Pomme en 1896, » où Armand Rousseau est 
représenté debout. P. S. 

Jules Simon, de son vrai nom François-Jules Suisse, est né à 
Lorient, rue du Port, numéro 7, le 27 décembre 181 4. Son père 
Alexandre-Simon Suisse était d'origine lorraine. Marié une première 
fois dans son bourg natal de Goudrexon, ancien département de la 
Meurthe, il était resté veuf avec deux enfants après huit ans de mé- 
nage, et était venu s'établir à Lorient comme marchand de draps. 
C'est là qu'il épousa en secondes noces, le a6 février 1802, M^^' Mar- 
guerite-Vincente Fontaine, née à Lorient de parents bretons. 

Jules Simon qui avait appris à lire chez sa tante M^i« Fontaine, 
laquelle tenait une école primaire à Lorient, fit ses études classiques 
au collège de Vannes et son droit à Rennes où M. Dufilhol, l'auteur 
de Gaionvarc'hj l'avait appelé comme maître-répétiteur au lycée. 
Entré à l'Ecole normale supérieure en 1833, il professa la philosophie 



278 ANNUAIRE DE LA. BBBTA6NE 

aux lycéM de Caen et de Verwllles. en 1836-37, el suppléa, l'année 
d'après, Victor Cousin dans m chaire à la Sorbonne. C'est Victor 
Cou^n qui lui donna le conseil de renoncer au nom de Suisse dont 
il avait signé sa tbèse, sous prétexte qu'il ne ferait jamais de Simon- 
Suisse un nom célèbre. Et c'est à dater de celte époque qu'il ûgna 
Jules Simon tout court, se faisant un nom du prénom de son père. 
Candidat à la dépuUtion dans l'arrondissement de Lannion ( 1847} 
il échoua de quelques voix, mais lut élu l'année suivante à l'Assemblée 

^,. ^ Constituante. En 18S9 

■- il donna sa démission 

pour entrer au Cou- 
seîl d'Etat. Le deux 
décembre le rendit à 
la vie privée et faillit 
l'envoyer en exil. Le 
prince-président se 
contenta de sa révoca- 
tion. Il employa les 
loisirs que lui avait 
faits la politique à 
écrire les livres qui 
ont établi sa réputa- 
tion , tels que le Devoir, 
lafîelipton naturelle, la 
Liberté de conscience, 
l'Oavrière et VOnvrier 
de hait ans, qui ont 
exercé, ces deux der- 
niers au moins, une û 
grande influence sur 
les lois qui règlent en France et k l'étranger le travail des femmes et 
des enfants mineurs. Précédemment il avait fondé, pour le compte de 
la librairie Hachette, la Bibliothèque des chemins de fer et le Journal 
pour tons, pour lequel il a écrit une jolie série de romans et nouvelles, 
sous le pseudonyme de Pierre Guérin. Nommé député de Paris en i858, 
il devint avec Jules Favre, qui l'avait devancé au Corps législatif, l'ora- 
teur le plus écoulé de l'opposition, et fut, après le 4 septembre, chargé 
par le gouvernement de la Délense nationale du portefeuille de l'ins- 
truction publique qu'il conserva jusqu'à la chute de M. Thiers, au ai 
mai 1873, Je passe sur les démêlés qu'il eut à Bordeaux avec Gambette, 
lors de l'armistice de 1871, démêlés terribles que l'ancien dictateur ne 
lui pardonna jamais et dont le contre-coup ne fut pas étranger aux 



BIOGRAPHIES 279 

événements qui Tobligèrent à quitter, le i6 mai 1877, ^^ présidence du 
Conseil des ministres où l*avait appelé le maréchal de Mac-Mahon. A 
partir de cette époque, je veux dire après la démission du maréchal, 
quand les républicains devinrent les maîtres du pouvoir^ Jules Simon, 
fidèle aux principes de toute sa vie, se porta à la droite de son parti 
et même il ne craignit pas de s'en séparer dans les questions qui tou- 
chaient à la liberté de renseignement, c J*étais contre les Jésuites 
quand ils étaient oppresseurs, disait-il un jour pour justifier sa con- 
duite, aujourd'hui qu'ils sont opprimés, je me lève pour les défendre. » 
Cette attitude digne d*un vieux libéral lui suscita des inimitiés poli- 
tiques sans nombre et pendant quelques années il fut regardé comme 
un renégat par la grande majorité du parti républicain. Mais le 
temps se chargea de lui donner raison plus vite qu'on ne pensait. 
G*est du- commencement de son impopularité que datent ses 
relations avec les revues et les sociétés bretonnes. Il avait toujours 
gardé au fond du cœur le souvenir très vif de sa petite patrie, 
comme en témoigne V Affaire Nayl. Quand on lui demanda sa colla- 
boration pour la Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou et son patro- 
nage pour FAssociatlon Bretonne-Angevine, il accorda les deux avec 
empressement^ avec bonheur, et Ton peut dire que de ce jour- 
là il se montra aussi bon Breton qu'il était bon Français. Toutes les 
sociétés parisiennes se disputèrent l'honneur de l'avoir comme pré- 
sident. Après avoir présidé l'Association Bretonne-Angevine, il présida 
en 1889 et 1893 la Pommer composée de Bretons et de Normands. Et 
ce fut, de l'avis de tous, un président modèle. Puis vint le tour des 
sociétés de bienfaisance : la société de Tencouragement au bien, Tassis- 
tance par le travail, les enfants moralement abandonnés, etc., etc. 
Pendant les dix dernières années de sa vie, il se consacra tout entier 
aux œuvres de charité à la tète desquelles l'avaient porté son élo- 
quence naturelle, son désintéressement absolu et son inépuisable 
bonté d'âme. Aussi, quand il mourut, tous les deshérités de ce monde 
prirent-ils son deuil. Il avait subi un an auparavant l'opération de 
la cataracte» mais cette opération n'avait pas réussi, et il s'était vu 
obligé de dicter ses lettres et ses articles, lui qui n'avait jamais eu de 
secrétaire. 

Il est mort le 18 juin 1896, dans un appartement qu'il occupait au 
N** 10, place de la Madeleine, depuis plus de cinquante ans. 

Il était membre de l'Académie des sciences morales et politiques 
depuis 1863 et de l'Académie française depuis 1875. Une souscription 
a été ouverte au lendemain de ses funérailles, qui furent faites aux 
frais de l'Etat, pour lui ériger un monument à Paris et à Lorient. 

LÉON Séché. 



280 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Louis-Jules Trochu, né à Belle-Ile en mer, le la mars i8i5, élève 
de récole de Saint-Gyr, puis de TEcole d*application d'Etat-roajor, 
successivement capitaine attaché au maréchal Bugeaud en Algérie 
en i843, chef d*escadron en i846, aide-de-camp du maréchal de 
Saint-Arnaud en Crimée, général de brigade en i854, comman- 
deur de la Légion d'honneur en i855, général de division en iSSg 
pour la campagne d^Italie, grand officier en 1861, fut chargé en 1866 
des études sur la réorganisation de Tarmée, et publia peu après Tou- 
vrage anonyme ; L'Armée française en i867, qui eut un immense re- 
tentissement, mais qui le fit mettre à l'écart à cause de ses tendances 
que Ton trouva orléanistes. Chargé du commandement du la® corps 
à Châlons, au moment de nos premières défaites de 1870^ il fut nom- 
mé, le 17 août, sous la pression de Topinion publique, gouverneur de 
Paris, et devint, le 4 septembre, président du gouvernement de la 
Défense nationale. Nous n*avons à apprécier ici, ni les mobiles de sa 
conduite, ni ses actes politiques et militaires pendant le siège de Paris : 
il y faudrait plusieurs pages. Après Tarmistice, il fut élu le 8 février 1 87 1 , 
député de 8 départements et opta pour celui de son lieu natal, le Mor- 
bihan. Il siégea au centre droit et donna sa démission le i*** juillet 187a 
pour rentrer dans la vie privée. Retraité en 1876, il se retira à Tours 
où il vient de mourir, et où il a écrit les Mémoires qu'on vient de 
publier en a volumes in-8°. — R. K 

Les divers personnages dont nous avons esquissé la vie étaient 
connus en dehors de leur province natale, et en dehors de la 
France. La Bretagne a, dans ces deux dernières années, perdu 
plusieurs de ses enfants, d'une notoriété moindre sans doute, mais 
qui pourtant lui ont fait honneur et qui méritent un souvenir. 

Henri Picou, né à Nantes en i8a4, est mort à Nantes le 17 juillet 
1895 à rage de 71 ans. Elève de Paul Delaroche et de Gleyre, il avait 
débuté au Salon de rS47, ^^ avait été médaillé en i848 et en 1857. Il 
est surtout connu par des tableaux néo-pompéiens, tels que l'Amoar 
qui vient et V Amour qui s'en va, i849> ^' Amour à V encan et la Moisson 
des amours^ qui figurèrent à l'Exposition universelle de i855, et par 
des décorations d'appartements. 

Charles Le Roux, ancien député, officier de la Légion d'honneur, 
est décédé le 6 mars iSgS à Nantes où il était né en 1814. C'était un 
paysagiste, élève de Corot, d'un certain talent qui a pendant de lon- 
gues années exposé aux Salons de Paris. Ses meilleurs tableaux sont 
ceux où il a représenté les vastes perspectives de la Loire ou les bords 
pittoresques de l'Erdre. 



BIOGRAPHIES 281 

L'architecte Bigot, qui est mort à Quimpér en 1895, avait restauré 
avec un réel talent, la cathédrale de Saînt-Gorentin ; c'est à lui que 
l'on doit les flèches qui en terminent si bien la façade. 

N. FenouXy inspecteur général des Ponts et Chaussées^ officier de 
la Légion d'honneur et de Tlnstruction publique, décédé à Morlaix le 
9 septembre 1895, fut plusieurs années ingénieur en chef du Finis- 
tère, et en cette qualité, il prit une grande part à la construction, 
demeurée célèbre du phare d'Ar-Men. Gomme ingénieur ordinaire^ il 
avait construit le viaduc de Morlaix. 

Ferdinand- Joseph-Marie Neis, médecin de F* classe de la ma- 
line, chevalier de la Légion d'honneur, mort à Lorient le 17 février 
1895 à l'âge de 48 ans, a été Tun des explorateurs de la Gochinchine. 
On lui doit plusieurs articles Insérés dans les Excursions et reconnais- 
sances (Saïgon), dans lesquels il raconte ses excursions dans le pays 
des Mois. 

Aristide Bouinais, lieutenant-colonel d'infanterie de marine, 
ofïicierde la Légion d'honneur, est mort à Arcachon le 10 octobre 
18^5, à rage de 44 ans, et a été inhumé à Rennes son pays natal, le 14 
octobre. Il séjourna successivement à la Guadeloupe, la Guyane et la 
Gochinchine où il représenta le ministère des Golonies lors de la dé- 
limitation des frontières Sino-Annamites. On lui doit plusieurs bons 
ouvrages sur l'Indo-Ghine. 

Joseph-Charles Démangeât, né à Nantes en 1814, mort à Paris le 
22 mars 1896, avait été nommé en 1862 professeur à TËcole de droit 
de Paris. On lui doit plusieurs ouvrages de droit importants : l'His- 
toire de la condition civile des étrangers en France^ 1844 ; Des obligations 
solidaires en droit romain, 1858 ; Cours élémentaire de droit romain^ etc. 
1 1 était oilicier de la Légion d'honneur. 

L'abbé Luco, auteur du Pouillé historique du diocèse de Vannes, dé- 
cédé dans cette ville vers la mi-février 1895. 

Bdouard de Pomper y, adepte du fouriérisme, auteur d'une Théo- 
rie de Vassociationy d'une Vie de Voltaire et de nombreux autres ou- 
vrages, est mort à quatre-vingt-quatre ans, le 23 novembre 1895. 

Joachim-Alexandre Guyot-Jomard, professeur de l'Université 
en retraite, officier de l'instruction publique, auteur de la Petite Géo- 
graphie du Morbihan, est mort à Vannes, le 5 août 1895. 

M. De Sarrebourse d'AudeviUe, directeur de V Armoriai français, 
mort à Paris le 14 février 1896, à l'âge de 40 ans. 



282 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



C. - BIOGRAPHIES RETROSPECTIVES 

Inaugurations de plaques et de monuments. 



Quatre Bretons ont été, en 1896^ l'objet d'honneurs posthumes : 
on a érigé une statue à Charelte, un buste avec une figure 
emblématique à Alphonse Guérin, un médaillon à Léonce Petite 
et l'on a scellé une plaque commémorative sur la maison d'Ernest 
Renan, Voici quelques détails sur ces cérémonies. 

1. — La statue de Charette. 

Par un privilège singulier, il a été donné au général de Cha- 
rette, le héros de Loigny et de Patay, d'élever une statue à 
l'autre général, le héros et la victime des guerres de la Vendée. 
C'est dans le parc de la Contrie qu'a été érigée cette statue, en 
septembre dernier, tout près de la maison où Charette est né, 
et où l'on conserve, comme une précieuse relique^^'ancienne 
porte de la place Viarmes, contre laquelle il s'adossa avant de 
mourir. 

Le valeureux champion de l'indépendance polique et religieuse 
de la Vendée a été représenté par le sculpteur nantais Gaucher 
dans l'attitude si fière de ses derniers moments : « Frappez 
au cœur », dit-il aux soldats du peloton d'exécution. 

Cette statue, véritable œuvre d'art qui laisse bien loin derrière 
elle le Charette un peu théâtral de Molchnecht, érigé à Legé 
sous la Restauration, offre toutes les garanties de la ressem- 
blance ; la figure est la copie du masque moulé sur nature par 
Suc, l'artiste bien connu. 

A l'inauguration, des discours ont été prononcés par 
MM. Bourgeois^ député de la Vendée, Mayol de Luppé, Lam- 
belin et le général de Charette qui a trouvé, pour glorifier son an- 
cêtre, de simples et chevaleresques paroles, une éloquence venue 
du cœur ; Emile Grimaud, le poète Vendéen, devenu nantais, avait 
composé une pièce de vers pour la circonstance. 



BIOGRAPHIES 283 

Le matin, dans l'église de GoufPé, décorée de noirs ori- 
flammes et des glorieux étendards des volontaires de l'Ouest, 
M*' de Cabrières avait fait, avec beaucoup de tact, d'érudition 
et d'élan, le panégyrique de Charette. 

O. DE GOURCUFF. 

2. — Le monument d'Alphonse Guérin. 

L'inauguration du monument élevé à la mémoire du chirur- 
gien Alphonse Guérin, ancien président de l'Académie de méde- 
cine, a eu lieu à Ploërmel^ sa ville natale, le dimanche i3 sep- 
tembre. 

Alphonse-François-Marie Guérin était né le 9 août 18 16. Son père 
et son grand-père avaient occupé à Ploêrmel une place d*huissier- 
audiencier à la sénéchaussée royale. Le père mourut à 38 ans, 
laissant sa femme sans ressources et deux enfants en bas âge. 

M™® Guérin eut le courage d'élever ses enfants en travaillant. Le 
jeune Alphonse avait des instincts batailleurs qui trouvaient Tocca- 
sion de se manifester constamment, la haine entre bleus et blancs 
étant encore vivace dans le pays ; les gamins de son âge se livraient 
à de véritables batailles rangées^ auxquelles il prenait une part des 
plus actives. 

Il comprit cependant de bonne heure que son devoir rappelait à 
soutenir sa mère à son tour, et il quitta Ploêrmel pour se rendre au 
collège de Vannes, qui jouissait lors en Bretagne de la plus haute 
réputation. Jules Simon y fut le camarade d'Alphonse Guérin. Les 
goûts du nouvel élève se portaient vers la carrière militaire : aussi 
vint-il à Lorient pour y préparer le concours de l'école navale. Après 
un premier échec, iL dut accepter une place dïnterne en médecine 
à rhôpital civil et militaire de Bourbon- Vendée . Une religieuse, 
Mme O'Neil, cousine de sa mère, y dirigeait la pharmacie.. 

Ce fut son premier maître, mais il sentit vite qu'il avait mieux à 
faire que d'être presque un infirmier dans cet hôpital de province. 
Il se rendit donc à Paris, se mit au travail avec acharnement, et 
conquit d'abord son titre d'externe, puis en i84o celui d'interne des 
hôpitaux. Aide d'anatomie en i843, puis prosecteur en i845, il s'était 
fait rapidement une place importante. Sa thèse n'y avait pas peu 
contribué. Il y recherchait déjà les causes de Imfection purulente. 
Pour lui, les causes de l'infection purulente étaient un empoisonne- 
ment consécutif à la pénétration dans la plaie d'une substance 



284 ANNUAIHB DE I.A BRETAGNE 

septique. Il heurtait ainsi de front toutes les idées reçues jusqu'alors, 
préparant la voie aux admirables méthodes antiseptiques. 

En 1850, il fut reçu au concours du bureau central et devînt chi- 
rurgien des hôpitaux. C'est à THÔtel-Dleu. en 1871, qu'il appliqua 
pour la première fois, sur les blessés de la Commune, le pansement 
ouaté. La ouate, tassée sur la plaie par d'énergiques tours de bande 
qui appliquent de force les tissus les uns contre les autres, devait 
filtrer Tair qui, purifié de ses miasmes, deviendrait sans action nocive 
sur la blessure. Nous savons aujourd'hui que Tair est à peu près 
innocent de tous les méfaits qu'on lui attribuait ; mais, du moins^ 
Alphonse Guérin inaugurait un pansement propre, supprimant 
l'odieuse charpie qui traînait dans toutes les salles d'opération. 

Les opérés succombaient partout et les chirurgiens fuyaient les 
hôpitaux. On apprit tout à coup qu'Alphonse Guérin avait guéri des 
amputés de cuisse et que ses malades se relevaient presque tous. 

« Et, dit M. Reclus, dans son éloge d'Alphonse Guérin à l'Académie 
de médecine, sous ce pansement merveilleux, nous pouvions voir 
cette chose mémorable, des réunions primitives, des cicatrisations de 
plaies, sans inflammation et sans pus. » 

Alphonse Guérin était à l'apogée de sa gloire. On l'appelait de tous 
côtés sans qu'il en tirât vanité. Il fut même demandé par le pape 
Pie IX, qu'il soulagea d'une affection que ses médecins ordinaires n'a- 
vaient pu guérir. Le Souverain Pontife, très reconnaissant, le décora 
de tous les ordres dont il disposait et lui dit : « Vous êtes le plus 
grand médecin du monde I — Je dois vous croire, répondit Guérin ; 
Votre Sainteté n'est-elle pas infaillible ? » 

Un autre jour, après une consultation, Guérin lui dit encore : « Je 
me garderai bien de dire à mes compatriotes que ma tête s'est appuyée 
sur votre poitrine, je connais mes Bretons ; ils me couperaient les 
oreilles pour s'en faire une relique. . . /> 

C'est en 1878 qu'il entra à l'Académie de médecine^ dont il fut plus 
tard président. 

Les honneurs ne lui firent jamais oublier d'ailleurs, ses origines 
modestes, la difficulté de ses débuts et le coin de terre bretonne qui 
l'avait si vigoureusement trempé. 

L'accueil de l'homme était facile et aimable. Il invitait les jeunes 
gens de son pays, étudiants ou littérateurs, à venir le voir, leur 
donnant des conseils suivant le diagnostic qu'il faisait de leur état 
d'esprit. Les jeunes gens s'en allaient tout réconfortés et charmés, 
presque surpris que ce vieillard très savant qui avait atteint l'apogée 
de sa carrière, s'intéressât si paternellement à leurs débuts. Il savait, 
au besoin, prononcer le mot utile ou faire une démarche sans qu'on 
eût osé solliciter son intervention. 



BIOGRAPHIES 285 

Le monument qu'on a ignauré à Pioërmel est le résultat d'une 
souscription publique qui a atteint le chiffre rond de 17.000 fr. 
etdontril^^oc/a//oAi des Bretons de Paris a pris Tinitiative. Paral- 
lèlement à son comité, un comité médical dirigé par MM. Guyon, 
Bergeron, Merklen^ Kirmisson, recueillait aussi de nombreuses 
adhésions. 

L'exécution en a été confiée au sculpteur Georges Barreau , un 
jeune Breton que guette aussi l'avenir glorieux^ et qui a donné 
la mesure de son talent le plus intime et le plus recueilli. 

Sur un socle assez haut, flanqué d'un bas-relief, se dresse le 
buste d'Alphonse Guérin. A mi-hauteur du socle, une Gloire 
idéale de beau calme, inscrit sur ses tablettes « le pansement 
ouaté » M. Duménil a dessiné Tarcbitecture du monument. 
{Nouvelliste du Morbihan). 

3. — Le médaillon de Léonce Petit. 

En 1895, la municipaUté de Dinan donna à une des rues nou- 
vellement ouvertes le nom de Léonce Petit, né au Poulichot en 
Taden, à un kilomètre de la ville, dont sa famille maternelle 
était originaire. Peu après, lorsqu'il fut décidé que la Pomme 
tiendrait ses assises à Dinan, M. Paul Sébillot proposa de placer 
sur une des maisons de cette rue, au nom de la Société, dont 
Léonce Petit avait été l'un des fondateurs, une plaque commé- 
morative. Le sculpteur Etienne Leroux offrit gracieusement de 
modeler un portrait destiné à occuper le milieu de ce petit mo- 
nument. Le 37 juillet 1896, une délégation de la Pomme com- 
posée de MM. Yves Guyot, Paul Sébillot, président honoraires, 
et Etienne Leroux, a remis à la ville de Dinan une plaque de 
marbre au milieu de laquelle est le médaillon en bronze, très 
ressemblant, de l'auteur des « Bonnes gens de province ». Il 
porte cette inscription Léonce Petit peintre et caricaturiste {1839- 
i88U) ; Souvenir des Assises de la Pomme à Dinan 1895. 
M. Yves Guyot, président de la société en 1896^ a prononcé une 
petite allocution, à laquelle a répondu très spirituellement 

* M. Georgo Barreau a obtenu en iSgS la a* médaille du Salon. Son ma- 
gnifique groupe. Pour le drapeau, acheté par r£tat sera inauguré prochai- 
nement à Nantes comme monument élevé à Tannée de la Loire. Pour le 
drapeau a valu à son auteur le « prix de Paris • en 1895. 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



M. Jean Evea, maire de la ville, l'ua des plus vieux amis du cari- 
caturiste. Cette cérémonie a eu lieu en présence de la délégation 



delà Pomme, de M. Jacquemiu, dépulé, de la sœur de Léonce 
Petit, des conseillers municipaux, et d'un assez ^rand nombre 

rln TlînnnnBTB 



de DinamiBîs. 



BIOGAAPHIES . 287 

4. — Plaque sur la maison d'EU'nest Renan. 

Le 34 septembre, on a posé une plaque commémorative en 
granit de Kersanton sur la maison de Tréguier où est né Ernest 
Renan. Elle porte cette inscription: « Ernest Renan, — de l'Aca- 
démie française, Administrateur da collège de France, — Ancien 
élève du collège de Tréguier, — est né dans cette maison, — le 38 
février 1823. » Le médaillon de Chaplain est incrusté dans la 
pierre. La cérémonie d'inauguration a eu un caractère tout in- 
time. M. Guillerm, maire de Tréguier, a rappelé les titres de 
l'illuslre écrivain qui a écrit de si belles pages sur la poésie dus 
races celliques à l'honneur qui lui était décerné. M. Ary Re- 
uan l'a remercié au nom de la famille et des amis de Renan. 
Quelques-uns seulement de ceux-ci étaient présents : beaucoup 
n'ont en effet eu conuaissaace de l'inauguration que par le 
compte-rendu des journaux*. 

Le petit dessin ci-dessous figurait sur le menu du banquet du 
Dîner Celtique qui eut lieu à Tréguier le a août i884. II repré- 
sente la maison natale de Renan vue de la cour qui fut témoin 
de ses premiers jeux. 



■ Le 5 décembre dernier, comme complément à celte cérémonie, te buste 
ds Renan, exécuté en marlira par Falguière, placé dans It Mlle a' U du 
Collège de France où l'Illustre écrivain a professé tout son cours — k l'ei- 
caption de sa première et fameuse leçon, — a été inauguré par U. Gaston 
Paris, membre de l'instilut, administrateur du Collège de France. Seuls 
avaient été invités les professeurs du Collège et la famille de M. Renan ; 
l'aBsiatance comptait h peine une cinquantaine de personne», et encora 
élaient-diles fort pressées dans l'étroite Mlle. 



2o9 ANNUAIHE DE LA BRETAGNE 

5. — Morts pour la Patrie. 

Au mois d'août dernier, pendant le voyage de M. Félix Faure 
en Bretagne, un moDument en l'honneur des morts pour la 
Patrie da département d'IUe-et- Vilaine, a été inauguré sur le 
Champ de Mars à Rennes. — Un monument analogue pour la 
Loire- Inférieure, s'achève en ce moment à Nantes, au bas du 
cours Saint-Pierre, au nord de la place de la duchesse Anne, et 
sera inauguré l'année prochaine. 

6. — Projets de monuments. 

Un comité a été institué pour l'érection d'une statue à l'in- 
génieur naval Dupuy de Lame (né au château de Soye en Plœ- 
meuc), sur la place d'armes de Lorient, à l'entrée de l'Arsenal 
maritime. 

Ua autre comité s'occupe de l'érection d'une statue au Lorien- 
tais Jules Simon. 

Nous en reparlerons lors des inaugurations. 



L'Ankou, la mort pereonuiSée sur un char : deaein d'Alfred Beau. 



QUATHIliME PARTIE 



LA BRETAGNE HORS BRETAGNE 



I. — Statistique. 
II. — Associations bretonnes à Paris. 

III. — Personnalités bretonnes hors Bretagne. 

IV. — Collectionneurs d'objets bretons. 



a lie Paris dI de lircl^^iiv, a clc coniposûi 



290 



ANNUAIHE DB LA BRETAGNE 



I. 



STATISTIQUE 



A quelque poiul de vue quou se place, la Bretagne joue, eu 
dehors de ses limiles proviociales, uu rôle considérable; on peut 
dire sans exagération que Ion trouve des Bretons partout, en 
dépit de rattachement proverbial et très réel au sol natal, il 
n'est peut-être pas un de nos anciens groupes provinciaux qui 
essaime autant et dans des endroits si divers. Sans doute la 
natalité, qui reste élevée dans nos cinq départements, en est la 
principale cause ; mais il faut aussi faire entrer en ligne de 
compte un certain esprit d'aventures qui n'est nullement incom- 
patible avec Tamour de la petite patrie. 

En France c'est le déparlement de la Seine et surtout Paris 
qui comprend le groupe le plus important des Bretons hors de 
de Bretagne. Le recensement de 1891 est le premier qui ait dis- 
tingué les habitants de la France d'après leur origine dépar- 
tementale ; mais un travail fait par le docteur Jacques Bertillon 
dans les Bésallais de la statistique de Paris et de la Seine pour 
189 J, donne le chifïre probable des originaires de chaque dépar- 
tement en i833 et en 1891 : 



1^ 



CôtfS- lu-Nord.. 

Finistère 

llle-et- Vilaine.. . 
Loire-Io férieure. 
Morbihan 



1H3S 



Paris. 



I,:i0o 
1,400 
4,600 
2,«00 
1,300 



1891 



PitriK. 



11..S(MJ 



18.132 
10,8.S« 
15,409 
13,497 
<0,848 



hnnlit'ue. 



6><,742 I tV*,;io8 



7,741 
2,.'>9â 

2,785 
2,780 



1891 



Paris 

et 

banlieue. 

•^^,873 
13, 4M 
18,866 
16,282 
13. 6. '8 



fi8j00 



Supposés 

connaître 

le breton. 



10,000 

i;{,ooo 



7,000 



30,(»0«» 



Dans ma monographie, la Langue bretonne, limites et statis- 
tique, publiée en i885, j'avais évalué à 7.000 le nombre de» 
habitauts du département de la Seine qui potivaient se servir 
du breton, eu l'absence de tout document sur l'origine des 



STATISTIQUE 291 

habitants des diverses contrées de la Bretagne qui l'habitaient ; 
même en admettant que Timmigration bretonne ait considé- 
rablement augmenlé de 1886 à 1891,1e chiffre que j'ai donné 
était au-dessous de la vérité, et il me semble probable qu'à 
l'heure actuelle il faut le multiplier par 4 pour avoir le nombre 
probable de ceux qui, dans le département de la Seine, peuvent 
comprendre le breton. 

Tous les arrondissements situés sur la rive gauche ont un 
nombre d'originaires de la Bretagne supérieur à 3. 000. 

V* Vf VIK XIII** XIV XV* 



CAt€8-du-Nord. 


874 


951 


l.Oll 


1.008 


I.5Î9 


2.069 


Finistère. 


701 


1.080 


560 


477 


6'29 


984 


llle-et-Vilaine. 


697 


1.617 


649 


514 


935 


923 


Loire-Inférieure. 


744 


850 


1.065 


586 


667 


652 


Morbihan. 


785 


786 


616 


581 


583 


657 




3.801 


b.084 

TOTi! 


3.901 
.L : 23. 


3.168 
,592. 


4.373 


3.265 



Sur la rive droite sept arrondissements comptent également 
plus de 3.000 Bretons : 





VIII 


IX 


X 


XI 


XVII 


XVIII 


Côtes-du-Nord. 


865 


753 


044 


7i6 


1.712 


1.325 


Finistère. 


517 


442 


461 


726 


993 


660 


Ille-et-Vilaine. 


791 


826 


728 


894 


1.618 


1.225 


Loire-Inférieure . 


738 


735 


709 


971 


1.007 


1.021 


Morbihan. 


626 


583 


499 


546 


939 


804 



3.537 3.338 3.t3l 3.883 6.259 5.235 

Voici dans les autres arrondissements de la rive droite le 
nombre total des originaires de Bretagne. 

1er II. m. IV« XII- XVI- XIX- XX« 

1.943 1.817 1.870 2.244 2.458 2.730 2.071 2.294 

Si des arrondissements on passe aux quartiers^ voici ceux où 
l'on rencontre le plus de Bretons : Notre-Dame-des-Champs 
a.6ga, Glignancourt, a.4ai, Les Epinettes 2.296» Plaisance 2.096. 



RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES BRETONS EN FRANCE 



Répartition pour 100.000 habitants des Bretons par arrondissement 

Dressée par M. Victor TIÎRQUAN 
Chef du Bureau de la SlatisUque générale de France 



STATISTIQUE 



293 



Les arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis comptent 
aussi une forte population d'origine bretonne. 





SAINT-DENIS. 


SCEAUX. 


Côtes-dii-Nord 




5.781 
1.632 
1.595 
1.755 
1.552 


i . §60 

• • 903 

1.742 

1.030 

1.928 


Finistère 




Ille-et- Vilaine 


Loire-Inférieure 


Morbihan 




Totaux 


12.705 


6.913 



En dehors du département de la Seine, les départements où il 
y a le plus de Bretons sont : Maine-et-Loire 22.54o,Seine-et-Oise 
si.sSi, Mayenne i3.256, Manche lo.ôaS, Vendée 7.921, Seine- 
Inférieure 6.221, Eure 5.820, Var ô.Sôg, Calvados 6.208, Gi- 
ronde 4,828, Indre-et-Loire 4.778, Sarthe 3.819, Charente- 
Inférieure 3.621, Orne 3.8 11, Eure-et-Loir 3.38i, Oise 2.699. 
Meurthe-et-Moselle 2.276. Les italiques désignent les déparle- 
ments limitrophes. On pourra d'ailleurs, en consultant la carte 
ci-jointe dressée par M. Turquan, chef du bureau de la statis- 
tique au Ministère du Commerce, voir d'un coup d*œil la den- 
sité de rémigration bretonne dans les diverses zones de la 
France. 

Le tableau qui figure aux deux pages suivantes complète la 
carte de M. Turquan en indiquant pour chaque département de 
France les provenances d'immigration de chacun des départe- 
ments bretons. 

Ces deux documents sont assez explicites pour que nous nous 
dispensions de longs commentaires à leur égard. 

C'est le Nord et TEst, on le voit, qui sont le plus chargés, et la 
séparation des deux zones de grande et de petite émigration se 
fait par une ligne diagonale allant à peu près du Sud-Ouest au 
Nord-Est, de Dax à Besançon. 



a 




204 



ANNUAIRE DK LA BRETAGNE 



Emigration des Bretons dans les départements 

Individas nés en Bretagne et recensés dans chacun des départements 

autres que celai d'origine. 



1 Ain 

2 Aisne 

3 AUier 

4 Alpes (Basset»-) 

f) Alpes (Hautes-) 

6 Aipes-Mariumvs 

7 Ardèehe 

8 Ardennes 

9 Ariège 

10 Aube 

11 Aude 

12 Aveyron 

13 Boacbes-du-Kbûn« 

14 Calvados 

15 Cantal 

16 Cbarente 

17 Cbarente-Inférieure... 

18 Cber 

19 Corrèze 

20 Corse 

21 CÔU-d'Or 

22 Côtes-du-Nord« 

23 Creuse 

24 Dordogne 

25 Doubs 

26 Dr6me 

27 Eure 

28 Bure-et-Loir 

29 Finistère 

30 Gard 

31 Garonne (Haut -; 

32 Gers 

33 Gironde 

34 Hérault 

35 Ille-et- Vilaine 

36 Indre 

37 Indre-et-Loire 

38 Isère 

39 Jura 

40 Landes , 

41 Loir-et-Cber 

42 Loire 

43 Loire (Haute-), 

44 Loire-Inférieure , 

45 Loiret 

46 Lot 

47 Lot-et-Garonne 



C.-do-H. I noistère. ! llle-ct-T. ' Loire-Inf. ' loitih. I Tofâl. 



578 



3 

1 

7 



18 



6 



38 
181 

6:^ 

5 

7 

79 
6 

121 
11 

152 

31 
14 

249 

.799 

18 

104 

424 

113 
27 
75 
74 
.638 

116 
35 
96 
20 
.421 
.629 
.372 
30 
61 
13 

698 
46 
.186 
91 

628 

44 

34 

l 

188. 

163 
21 
.883 

323 
22 
26 



18 

88 

80 

1 

9 

105 

17 

51 

15 

63 

:« 

19 
406 
846 

21 
109 
881 

75 

31 
144 

43 

5.118 

238 

60 
118 

26 

573 

235 

676.96 

62 

41 

22 
982 

83 
3.431 

54 
710 

80 

16 

278 
44 
19 
5.180 
127 
11 
30 



26, 

157 

i^2 

3 

11 

67 
19 

113 
13 
83 
50 
95 
77 
1.426 
6 

107 

288 

129 
19 
21 

130 
6.207 
28 
60 
94 
24 
1.031 

653 

2.738 

40 

91 

13 

782 

45 

561.557 

80 

767 

69 

28 

1 

209 

36 

22 

7.387 

265 
12 
63 



■I- 



50 
105 
126 
5 
6 
55 
31 
88 
10 
90 
45 
128 
323 
386 
24 
192 
931 
128 
24 
17 
103 
661 
59 
123 
58 
25 
228 
462 
2.004 
169 
1.030 
23 
1.506 
135 
5.038 
188 
1.799 
111 
25 
1 
524 
69 
34 
572.342 
208 
18 
88 



31 1 

130, 

68j 

5 

4 

45 

13 

203 

9 

96 

43 

27 

118 

751 

17 

165 

1097 

130 

18 

42 

46 

8.396 

25 

76 

75 

20 

567 

402 

7.611 

47 

113 

13 

860 

104 

5.570 

68 

869 

59 

17 

231 

113 

21 

9.927 

347 

7 

29 



1G3 

(301 

429 

19 

37 

351 

86 

576 

58 

484 

202 

283 

1.172 

5.208 

80 

677 

3.621 

575 

119 

299 

396 

20.382 

466 

354 

451 

116 

820 

381 

19.725 

348 

1.336 

84 

4.828 

413 

32.225 

481 

4.773 

363 

180 

3 

1.490 

4^ 

117 

29.377 

1.300 

70 

206 



5. 
3. 



* Les chiffres gras représentent les originaires du département considérés 
recensés dans ledit département. 



STATISTIQUE 



295 



48 

49 

50 

51 

52 

53 

54 

55 

56 

57 

58 

59 

60 

61 

62 

63 

64 

65 

66 

67 

68 

69 

70 

71 

72 

73 

74 

75 

76 

77 

78 

79 

80 

81 

82 

83 

84 

85 

86 

87 



Lozère 

Maine-et-Loire 

Manche 

Marne 

Marne (Haute) 

Mayenne 

Meurthe-et-M'>Helle. .. 

Meuse 

Morbihan 

Nièvre 

Nord 

Oise 

Orne 

Pas-de-CalaiH 

Puy-de-DAme 

Pyrénées (Basses-) 

Pyrénées (Hautes-) 

Pyrénées-OrientaKs .. 

Territoire de B«lfort. . 

Khône 

Saôn<> (Haute) 

Saône-et-Loirt* 

Sartbe 

Savoie 

Savoie (Haute) 

Seine 

S*»ine-lnférieure 

Seine-et-Marne 

S«ine-et-Oiae , 

Sèvres (Deux-) 

Somme 

Tarn 

Tarn-et Garonne. ... 

Var 

Vaucluse 

Vendée 

Vienne 

Vienne (Haut»-) 

Vosges 

Yonne 



C.-du-N. 



2. 
2. 



5. 



Finistère. 



25 

7 

12 



6 
329 
773 
166 
91 
793 
409 
180 

74 

281 
646 
.116 
156 
78 
31 
12 
5 
46 
321 
55 
94 
768 
11 
31 
.873 
.554 
508 
.077 
158 
180 
14 
50 
.125 
19 
417 
i:^ 
80 
47 
140 



Ille-et-V. 



6 
2.911 
1.263 
139 
53 
337 
184 
311 
8.689 
98 
356 
:i05 
547 
181 
96 
86 
20 
14 
26 
243 
56 
84 
430 
39 
16 
13.451 
3.912 
224 
2.700 
136 
209 
33 
19 
2.533 
71 
317 
159 
90 
195 
182 



loire-Inf. 



5 

2.897 

4.918 

126 

50 

10.148 

325 

156 

4.006 

79 

257 

289 

1.051 

146 

72 

63 

10 

23 

49 

236 

20 

73 

1.468 

16 

6 

18.866 

2.425 

:^i 

2.647 

;^03 

159 

50 

27 

266 

65 

214 

206 

95 

49 

110 



Morbihan. 



12.523 

579 

124 

71 

1.513 

542 

451 

6.057 

9^) 

340 

2:^4 

261 

149 

108 

67 

:io 

16 

4 

326 

23 

106 

719 

20 

8 

16.282 

1.167 

258 

1.624 

896 

148 

57 

40 

351 

6.407 
525 

|16 

207 

95 



Total. 



3 

1.880 

1.090 

127 

67 

465 

816 

:^() 
506.338 

73 

27(> 

225 

6:^î 

168 

57 

72 

12 

16 

16 

149 

39 

61 

434 

28 

21 

13.628 

1.163 

2^ 

2.2m 

229 

182 

.37 

26 

1.084 

61 

566 

207 

77 

49 

81 



24 

22.5T0 

10.623 

682 

332 

13.25t) 

2.276 

1.431 

24.084 

423 

1.510 

2.6W 

3.611 

m) 

411 

319 

84 

74 

141 

1.285 
193 
419 

3.818 

114 

82 

88.100 

6.281 

1.648 
21.251 

1.722 
878 
191 
162 

5.359 
301 

7.921 

1.2.33 
458 
447 
589 



La Bretague a plusieurs émigrations périodiques annuelles : 
ceux qui y prennent part ne sont absents que pendant quelques 
mois, et reviennent chez eux, après avoir fait un gain parfois 
plus apparent que réel. 

Des cultivateurs de la partie centrale, surtout dans les Côles- 
du-Nord, vont se louer a en Vendée ». Cette expression ne 
désigne pas seulement le département de ce nom, mais le Maine- 
et-Loire, et toute la partie de Touest de la France jusqu'aux 
environs de Paris, où l'on a besoin de travailleurs pour la mois- 



296 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

son et les labours d'automne^ . Presque tous retournent après avoir 
passé rhiver au pays ; quelques-uns se marient dans les endroits 
où ils sont allés se placer comme serviteurs ou laboureurs. 

Le prix relativement élevé des salaires attire aussi à Jersey, en 
été, quelques centaines de journaliers originaires des Côtes-du- 
Nord ; et, sur les divers chantiers de travaux publics en France 
on rencontre assez fréquemment des équipes de Bretons. 

Une grande partie des équipages des navires qui vont, de 
mars à octobre, à Terre-Neuve et en Islande pour la pêche de 
la morue, sont recrutés sur le littoral^ de Lannion, à la limite 
du département de la Manche. Plusieurs ports qui arment pour 
le long-cours, Bordeaux entre autres^ recrutent une partie de 
leurs ofTiciers et de leurs équipages parmi les marins bretons. 

En 1895 un certain nombre de pêcheurs bretons se sont établis 
en Tunisie. 

Il n'existe pas à notre connaissance de statistique des Bretons 
à l'étranger. Il est certain pourtant qu'un assez grand nombre 
de nos compatriotes y vont chercher fortune en s'y établissant 
comme colons. 

Avant la Révolution, on trouvait un peu partout, en dehors 
de l'Europe, des Bretons. Un de mes oncles, qui navigua au long 
cours de iSaS à i84o, m'a raconté que presque dans toutes les 
Antilles, anciennes possessions françaises, il vit venir des Fran- 
çais, qui lui parlaient de la Bretagne comme de leur pays d'o- 
rigine. Dans les îles du canal Mozambique il constata la même 
chose. J'ai assez fréquemment entendu aux enviions de Saint- 
Malo citer des personnes qui s'étaient établies à Madagascar : 
à Dinan, j'ai eu connaissance d'un certain nombre de gens ap- 
partenant à des professions libérales, et d'autres exerçant des 
métiers manuels, qui avaient été chercher fortune dans les ré 
publiques espagnoles de l'Amérique. 

Le Canada eut pour gouverneur de 166 1 à i663 un Breton, 
d'Avaugour, qui eut le mérite d'insister auprès de Colbert pour 
l'envoi de colons. Il est probable que parmi ceux qui lui furent 
expédiés se trouvaient un certain nombre de Bretons, mais, d'a- 

* Si les recensements avaient été faits en juillet, on aurait sans doutf 
constaté dans cea départements un chiflfre supérieur. 



J 



r 

l! 

li 



STATISTIQUE 297 

près M. Rameau, Canadiens et Acadiens, les Bretons ne viennent 
dans les colonisations que bien après les habitants de TAunis et 
de la Saintonge, du Poitou, de l'Anjou et du Perche. 

J'ai eu connaissance en i885, dans les environs de Moncon- 
tour, de quelques familles de cultivateurs qui ont émigré au 
Canada, et qui y avaient été attirées par deux ou trois compa- 
triotes, précédemment établis, et qui au milieu de cette popula- 
tion française, s'étaient trouvés comme chez eux. 

Paul Sébillot. 

Voici sur ce sujet une intéressante note que nous adresse 
M. Ernest Gagnon, secrétaire général des Travaux publics au 
Canada. 

« Jacques Cartier, qui découvrit le Canada, en i534, était un 
Breton, de Saint-Malo. Il passa Thiver de 1 535-36 en face de la bour- 
gade de Stadaconé, où Champlaln, 72 ans plus tard, fonda la ville de 
Québec. Il avait avec lui une centaine de Bretons, dont 25 moururent 
du scorbut pendant cet hiver mémorable. 

Guillaume Couillard, de Saint-Malo, et Jean Gary, de Pont-Aven, 
paraissent être les seuls Bretons qui se soient établis au Canada, 
pour y demeurer définitivement, avant i64i. 

De i64i au commencement de 1666, les Bretons dont voici la liste 
allèrent se fixer dans la Nouvelle-France (Canada) comme habitants ' 

Bertrand Chesné La Garenne (Yffiniat, évéché de Saint-Brieuc) ; 
Mathurin Gerbert ; Guillaume Constantin (Cesson près de Rennes) ; 
Julien Petau (Tours de Belan) ; Jean Neau (Mohon-Trinité) ; Michel 
Ilenost (ou Eneaud) (Sarzeau, près Vannes) ; Jacques Descailhaut de 
La Tesserie (Saint-Erblon) ; Jean Poydras (Clisson) ; François Blan- 
chard (Sain t-Servan) ; Nicolas Blanchard (Saint-Servan); Jean Moreau 
Lagrange (Vilié, évêché de Nantes) ; Jacques Mesnard (Mervan) ; Jean 
Deniau (Nantes) ». Cours d'Hist, du Canada de labbé Ferland. 

La Normandie et le Perche ont fourni le plus fort contingent des 
immigrants venus de France en Canada dans la première période de 
la colonie. Quant aux Bretons venus ici après 1666, on peut trouver 
leurs noms dans le célèbre Dictionnaire généalogique des familles 
Canadiennes de l'abbé Tanguay. » 

Québec, U août i89G, » Ernest Gagnon. 



AKNUAinE DE LA BRETAGNE 



II, — ASSOCIATIONS BRETONNES A PARIS 



il n'est guère de province où le sentimeDt de la petite patrie, 
qui u'enipêche pas, tant n'en faut, l'iimour de la grande, soit 
aussi développe qu'en Bretagne; à Paris, la persistance de ce 
sentiment parmi ceux que leurs occupations amènent dans la 
grande ville, s'est maniTestée de tout temps ; au quartier latin, 
ii > a une trentaine d'années, la plupart des étudiants bretons 
formaient des groupes qui, de temps en temps, se réunissaient 
pour causer du pays, et aussi pour s'en rappeler les chansons 
et les légendes. 

Ce n'est toutefois qu'à une époque assez voisine de nous, que 
les Bretons habitant Paris ont formé, suivant les altinilés de 
protcBsions ou d'idées, des associations organisées. 

.1. — LA POMME 

La Pomme, société artistique et 
littéraire, est la première en date 
et aussi la plus importante. Elle 
remonte à l'année 1877, et fut fon- 
dée sur l'initiative d'un Breton, 
Paul Sébil lot, auxquels se joigni- 
rent Henri du Cleuziou et Léonce 
Petit; tous les trois appartenaient 
à la Bretagne à la fois par 
leur orii^ine et par leurs travaux 
littéraires ou artistiques ; E. Bour- 
vieuron deiAnnuiiiradc In l'ommc, ^in et Etienne Leroux, les deux 
autres membres du groupe, étaient Normands. 

Si ta Société ne fut pas exclusivement bretonne, cela tient à 
des circonstances, aujourd'hui un peu oubliées, mais qui avaient 
alors leur importance. La Cigale avait été fondée un an aupara- 
vant, et, à cette époque, elle paraissait animée de sentiments un 
peu parlicnlarisles ; les fondateurs de la Pomme voulurent pou- 



ASSOCFATIONS BRETONNES A PARIS 299 

voir, s'il en était besoin, contrebalancer ce mouvement par la 
fédération de l'élément artistique et littéraire de deux provinces 
dont le loyalisme ne pouvait être suspect. 

Depuis 1877, Bretons et Normands ont vécu en parfaite com- 
munauté d'idées, sans que pour cela aucun des deux groupes, 
ait abdiqué sa personalité. Les présidents sont alternativement 
bretons et normands, et les assises ont lieu une année, dans 
une ville bretonne. Tannée suivante dans une ville normande. 

Voici le bref historique de la Pomme, pour le côté breton. 
Les présidents appartenant à ce groupe provincial ont été par 
ordre de date : Paul Sébillot, Charles Monselet, Le Maguet, 
Laisant, de La Riboisière, Leçon te de Liste, Jules Simon, L. 
Armez, Yves Guyot. Quelques-uns, dans la période moyenne, 
appartenaient au monde politique, mais ceux du début et ceux 
des six dernières années, sauf un, se rattachent surtout au 
monde des lettres*. 

Les assises littéraires de la Pomme ont eu lieu à Rennes (1881 
et 1893), Nantes (i883), Paramé (i885), Lorient (1887), Saint- 
Malo (1891), Dinan (1895). 

Voici les noms des personnages bretons dont la Pomme a mis au 
concours Téloge poétique ou la notice historique ; ceux qui ont 
été célébrés en vers sont marqués d'un astérique : * Bisson, Michel 
Bouquet, *Brizeux, Broussais, * Jacques Cartier, Cambronne, 
Cassard, ^Chateaubriand, * Michel Colomb^, * Du Guesclin, * Ju- 
lienne Du Guesclin, * Dupont des Loges, Louis Duveau, Paul 
Féval, * La Motte-Piquet, Mahé de la Bourdonnais, La Tour 
d'Auvergne, Victor Massé, * Elisa Mercœur, Léonce Petit, Hervé 
Porlzmoguer, * Tiphaine Raguenel, Rioust des Viliaudrens, 
Emile Souvestre, * Robert Surcouf . 

Les poésies sur des thèmes bretons, ont été les suivantes : 
<t Carnac ; Tengloutissement de la forêt de Scissey ; Saint- Malo 
et ses marins ; le Panthéon breton ; les fées de la Rance. » 

La Pomme fait paraître depuis 1889 ^^ bulletin mensuel qui 

' Le secrétaire général actuel. M. le D' Barré est un Normand. M. Morgat- 
Morin, le trésorier, est breton. Parmi les présidents normands il convient de 
citer. MM.Christopble, de Marcère et Poubelle. M Félix Faure. président de 
la République, est membre de Tassociation. 

* Le Lauréat fut M. René Kerviler pour un sonnet sur le tombeau ducal 
à la cathédrale de Nantes. 



300 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

rend compte des dîners, et de tous les faits intéressant la Société; 
elle a publié deux Annuaires, et un album de la Pomme est ac- 
tuellement sous presse. 

La société a depuis près de vingt ans institué des concours 
littéraires annuels en les limitant à des sujets bretons ou nor- 
mands : ils ont souvent été très brillants, et quelques-uns ont 
donné naissance à des livres ; mais il n'entre pas dans son pro- 
gramme de provoquer des expositions ou d'ériger des statues. 
Les seules manifestations de ce genre ont été limitées à des per- 
sonalités qui avaient fait partie de l'associa tion^ Le buste du 
peintre Michel Bouquet, le rénovateur de la céramique pitto- 
resque, a été inauguré par elle à Lorient; et en juillet 1896, 
elle remettait à la ville de Dinan une plaque de marbre avec un 
médaillon en bronze de Léonce Petit, (Voir ci-dessus). 

B. — LE DINER CELTIQUE. 

Le Dîner Celtique date de 1 878 : dans l'intention de ses fondateurs 
il était destiné à réunir, sans distinction d'origine, ceux qui s'oc- 
cupaient des études bretonnes et celtiques ; on y vit d'abord, à 
côté de MM. Alexandre Bertrand, J. Loth, F.-M. Luzel, N. Quel- 
lien, Arthur Rhoné. Paul Sébillot, IL de la Villemarqué, qui, par 
leur naissance appartenaient à la Bretagne, MM. Anatole de 
Barthélémy, Henri Gaidoz, Henri Martin, Eugène Rolland, et 
quelques autres qui ne s'y rattachaient que par leurs études. 
Pendant plusieurs années, il se tint dans une petite salle d'un 
restaurant de la place de Rennes, dont les vitres tressaillaient 
quand M. Hamonic jouait du biniou. Il resta peu nombreux 
jusqu'en 1880 : un dîner de causeries qui se terminait par l'au- 
dition de chansons de Bretagne. Lorsque Ernest Renan en 
devint le convive assidu, sa brillante personnalité y attira, à 
côté des celtisants, beaucoup de ses compatriotes^ et un grand 
nombre d'hommes de lettres de tous pays. Renan fut le prési- 

' Voici les noms des membres bretons décédés de la Pomme qui ont marqué 
dans les lettres, dans les arts, et la politique : les peintres Léonce Petit, 
Paul Hercouet, Michel Bouquet, de Bellce, Lansycr, Luminais ; les statuaires 
Le Goff, Richard; les écrivains Charles Monselet, E. de Pompéry, H. du 
Cleuziou, Jules Simon; Armand Rousseau, gouverneur de Tlndo-Chine. 



J 



ASSOCrATIONS DRET0NNB3 A PARIS 301 

dent du dîner jusqu'à sa mort, et il fallait qu'il fut véritable- 
ment malade ou sérieusemeat empêché pour ne pas y assister. Il 
aimait à se retrouver dans ce milieu de gens intelligents etjeunes, 
qui étaient de leur côté ravis d'entendre la causerie, à la fois 
familière et spirituelle, oti la Bretagne n'était 'amais oubliée, 



Au milieu Ernost Ronaii, à sa druile fi. Quellieii, à sa eaucùe Paul Siibillot. 

par laquelle il donnait la réplique aux paroles de bienvenue que 
M. N. Queliien, le secrétaire du diner, ne manquait pas de lui 
adresser. La soirée se terminait toujours par des cbauEons de 
Basse -Bretagne ou du pays gallo, ou par des vers que récitaient 
leurs auteurs. 

Ce diner n'avait pas, comme la Pomme, une constitution telle 
que les hommes peuvent disparaître sans que l'institution en 
soit mortellement atteinte ; aussi l'on put croire pendant quelque 



302 ANNUAIRE DE LA BHKTAGNK 

temps que celte réunion ne survivrait pas à Téminent écrivain 
qui l'avait présidée pendant douze ans. Après quelques mois 
d'interruption , le dîner s'est reconstitué, mais au lieu de se tenir 
tous les mois, il est devenu trimestriel ; les deux derniers ban- 
quets ont réuni une quarantaine de convives, et la ténacité de 
M. N. Quellien a fini par y ramener la plupart de ceux qui y 
assistaient pendant la présidence de Renan. 

Le Dîner Celtique s est toujours tenu à Paris ; une seule fois, 
le a août i884, il a eu lieu à Tréguier, lorsque Renan, après 
une longue absence, revint voir sa ville natule. Un album com- 
posé de dessins inédits et de morceaux littéraires choisis, doit 
paraître en 1897. P. S. 

C. — UASSOCIATION BRETONNE-ANGEVINE 

La troisième en date des réunions où figurent des Bretons fut 
Y Association bretonne-angevine, fondée en 1887, par M. Léon 
Séché, qui en fut secrétaire général. Ses présidents étaient : 
MM. Ernest Renan et Jules Simon, ses vice-présidents : MM. Eu- 
gène Bonnemère, Bourgault-Ducoudray, Emmanuel Lansyer, 
Lenepveu, Paul Sébillot. En 1888, elle organisa à la salle Petit 
une exposition de peinture, de sculpture et de bibelots d'un ca- 
ractère local^ qui dura un mois, et qui lut accompagnée de con- 
férences et de concerts. Bien que très intéressante, Texposition 
n'eut pas auprès du public parisien le succès qu'elle méritait. 

Cet eflort^ qui aurait du consolider Fassocialion, lui porta au 
contraire un coup dont elle ne se releva pas ; des dissidences se 
produisirent : une partie de ses membres fonda rAssociation 
littéraire et artistique de TOuest ; et la Société fut dissoute de fait 
jusqu'erx 1894*, c'est alors qu'elle fut reconstituée à la suite de 
l'inauguration de la statue de Joachim du Bellay à Ancenîs ; elle 
a pour patron le charmant poète angevin, pour siège social 
Paris avec bureaux permanents à Ancenis, Angers et Nantes, et 
pour armes parlantes celles de Bretagne et d'Anjou aa chef de 
gueules orné des trois quintejeuilles d'argent qui sont dans les 
armoiries d' Ancenis. 

L'association a pour présidents d honneur : MM. Brunelière; 



ASSOCIATIONS BRETONNES A PARIS 303 

José Maria de Heredia : Armand Silvestre, qui rcpréseotaient le 
gouvernement et l'Académie française à l'iDau^^uratiou de la 
statue de Joacbim du Bellay. — Son président est M. Léon 
Séché, directeur de la Revue itluslrée des Provinces de l'Ouesl son 
secrétaire général M. Paul Pionîs. 

Le but de l'association est de glorifier par le marbre et le 



bronze le:i grands liommes delà Bretagne et de l'Anjou et de 
reslaurâr les vieux monuments de ces deux provinces. 

C'est ainsi quelle a déjà commandé la statue de Volney pour 
la ville de Graon ; le buste du duc de Gbarost pour Anceuis — 
et que, cette année, elle posera à Ancenia une plaque de bronze 
sur l'ancien hôtel de la Croix de Lorraine oii Louis XIV des- 
cendit en août 1661 en allant faire arrêter Fouquet à Nantes ; 
une autre plaque de bronze à Saint-Florent -Le -Vieil, sur la mai- 
son oîi Boncbamps blessé à mort demanda la grâce des prison- 
niers bleus (8 octobre 1793), et qu'elle restaure en ce moment 
la colonne vendéenne qui domine la terrasse de Saint-Florent. 



304 ANNUAIRE UK LA BRETAGNE 

Elle se propose aussi de fonder à Ancenis un Musée breton- 
angevin avec une salle affectée spécialement aux souvenirs (blancs 
ou bleus) de la Vendée militaire. Ce Musée sera probablement 
inauguré en 1897. 

Tous les ans, le ao mars, Tassociation célèbre à Paris dans un 
banquet la fête de son glorieux patron Joacbim du Bellay ; de 
même que tous les ans, le dernier dimanche de septembre, elle 
se réunit à Ancenis en souvenir de l'inauguration de sa statue. 

A cette occasion elle distribue des quintefeuilles d'argent aux 
lauréats de ses concours de prose et de poésie. — L. de K. 

D. — LA SOCIÉTÉ ARTISTIQUE 

KT LITTÉRAIRK DE L'OUEST 

Cette Société qui dépasse les limites de notre province a été 
fondée en 1888. Elle ne comprenait d'abord que la Bretagne, 
l'Anjou, le Maine et le Poitou ; en 1896 elle a admis les origi- 
naires de l'Angoumois^ de TA uni s et de la Saintonge. Elle n'est 
pas seulement artistique et littéraire : elle s'occupe aussi de se- 
courir les artistes ou littérateurs qui en font partie, et de faire 
donner une éducation convenable aux enfants dont les parents 
ne pourraient payer tous les frais d'études. 

La société a comme organe V Ouest artistique et littéraire ; elle 
a organisé trois expositions de peinture et de sculpture à Dinan, 
à Saint-Brieuc et à Vannes. Elle a de plus donné des fêtes mu- 
sicales dans lesquelles on a représenté les œuvres suivantes : 
L'âme de la patrie, drame lyrique en un acte, paroles de Lionel 
Bonnemère, musique de Toulmouche (Saint-Brieuc); la Chanson 
du roi, un acte, par les mêmes auteurs (Pougues); le Diable cou- 
turier, poème de L. Tiercelin, musique de L. Ropartz (Parisi ; 
la Fiancée de la /ncr, poème de E. Le Mouël, musique de J. Bor- 
dier. (Royan). Elle a aussi contribué à 1 érection de divers mo- 
numents commémora tifs, dont aucun n'est en terre bretonne. 
Les présidents qui appartiennent à la Bretagne par leur nais- 
sance ou une longue habitation sont, par ordre chronologique : 
Olivier Merson, Lionel Bonnemcre, et Léo Lucas. 



ASSOCIATIONS BRETONNES A PARIS 305 

E, — L'UNION BRETONNE 

Celle Société remonte à l'année 1881. Quelques habitants de 
Vannes se réunissaient sous la présidence de M. Morien, avocat, 
et fondaient à Paris une société de secours mutuels sous le nom 
de a La Vannetaise ». 

En i884, le docteur Constant Poignet, alors président de ce 
groupe, étendit Fassociation à tous les originaires du Morbihan, 
habitant Paris. La Vannetaise devint la « Morbihannaise ». 

Dès ce jour la Société prit un caractère déterminé et affirma 
son existence en se faisant reconnaître d'utilité publique (arrêté 
ministériel du 39 avril i884). En 1896 le président M. Lucien 
Salmont, avocat à la cour d'appel, après avoir réuni à la Mor- 
bihannaise avec le concours de M. Allanic, vice-président, la 
Société « Les Morbihannaîs du XIII* arrondissement )),fit décider 
en assemblée générale que la Société pourrait comprendre tous 
les originaires de la Bretagne. Cette résolution, soumise au 
ministre de l'Intérieur fut ratifiée par un arrêté de décembre 
1895. Dans une deuxième réunion de la Société (avril 1896), il 
fut décidé que le nom àewiendraii « Y Union Bretonne, et que, 
comme celles qu'elle avait absorbées, elle serait surtout une 
Société de secours mutuels. 

Elle a pour but de venir en aide aux originaires de la Bre- 
tagne domiciliés à Paris, en les faisant participer aux bienfaits 
de la mutualité et elle se réunit tous les premiers jeudis de cha- 
que mois au siège social, 16 bis^ boulevard Sébastopol. Elle a en 
outre deux assemblées générales en avril et en octobre. 

Depuis sa fondation, la Société a distribué environ 6,000 francs 
de secours. Elle a économisé un fonds de réserve à la Caisse des 
retraites, de plus de huit mille francs ; et cela avec un nombre 
de sociétaires tout à fait restreint^ 5o à peine. Ce nombre a plus 
que doublé depuis 1895. 

La Société a eu, comme présidents d'honneur depuis la fonda-" 
tion, le docteur Guérin, président de l'Académie de médecine; 
M. Paul Guieysse, ancien ministre des Colonies, député du Mor- 
bihan; et comme présidents effectifs, MM. Morien, avocat ; le 
docteur Constant Poignet ; le docteur Tanguy ; Taboureux, pro- 
viseur du Lycée Voltaire ; le docteur Le Maguet ; Le Coupanec^ 
député ; Lucien Salmont, avocat à la Cour d'appel. 22 



3011 ANNUAIBR DK LA BRBTAGNK 

F. — LA CRÊPE 

Il s'agit ici d'une sociélé amicale des Brestois habilant Paris, 
qui a été Tondée en 1891 par MM. Besançon, L. Philippe, Jeaa 
Besancon, Victor Leroy ; mais elle n'a fonctionné régulièrement 
qu'en 1894. époque h laquelle ses statuts ont été approuvés par 
l'BdmÎDistration. Elle a pour but de créer ou d'entretenir des 
relations entre les Urestois liabilant Paris, de les grouper eo 
réunions périodiques et de venir en aide aux Brestois nécessi 
teus qui habitent Paris. 

Le président honoraire de la Société est l'amiral Vallon, dèpulè 
de Brest; Eon président eETeclif M. Ferdinand Gilbault, graveur 
en médailles. Des réunions ont lieu tous les mois; un banquet 
amical léunit en mars les membrss de la Société. 

G. — LE GUY 

La Société liltcraire et amicale Le Gui, 
dont le fleuron est cî-conlrc. a été fondée 
le ag juillet 189a, sur riniliative de M. 
fjiinquet, homme de lettres, premier ad- 
joint au maire du XVIll' arrondissemeot. 
1^ fondateur n'était pas Breton de nais- 
sance, et c'est pour cela qu'il a toujours 
relusé de faire partie du bureau, pour 
donner l'exemple du respect de la règle 
rigoureuse qui avait présidé à la fon- 
dation de la Société, et d'après laquelle 
il était de toute nécessité pour être admis 
lie justifier qu'on était né en Bretagne. 
Au début, il fallait même ëlre originaire de l'un des trois dé- 
parlements où la langue bretonne est en usage. L'initiateur du 
Gui'a eu comme principal collalxtrateur M. LeGarrec, deCarhaix. 
Autorisée le i^jjuin 1893, cette Société a pour but de créer un 
lien patriotique entre les Bretons, humbles ou lettrés, peu aisés 
ou riclics habitants de Paris ; de contribuer à fortifier les sou- 
venirs de la race celtique et de la race gauloise, simg principal de 



ASSOCIATIONS BfïETONNES A PARIS 307 

la race française. Les réunions mensuelles sont consacrées à des 
récits, chansons, compositions, lectures, à des études sur les 
poètes et les grands hommes de la Bretagne. 

La société a comme président d'honneur M. Lamquet ; son 
président est M. Le Garrec, le secrétaire est M. Bernard. Les 
réunions mensuelles ont lieu 74, rue Doudeauville. 

H. — UASSOCIATION DES BRETONS A PARIS^ 

Cette association parisienne a été fondée au commencement de 
l'année 1894 sur l'initiative de MM. Armand Dayol, Ch. Le 
Goffîc et P. Famel. D*après ses statuts elle a un comité qui 
comprenait originairement seize membres. La présidence en 
fut donnée à Armand Dayot, qui s'occupa d'organiser les 
Dîners mensuels de TAssociation et d'établir pour chacun 
une présidence d honneur. Le premier diner des Bretons de 
Paris eut lieu le 4 avril 1894, sous la présidence d'honneur 
de M. Léveillé, député de Paris ; les dîners suivants ont été 
présidés par MM. Yves Guyot, le D' Guérin, Fernand Xau, le 
comte de Kératry, Luminais, Paul Perret, Jules Simon, Rousseau, 
Delobeau, de Kerjégu, M™« Clémence Royer, MM. Frédéric 
Plessis, Ludovic Durand, Amaury Simon, etc. 

L'Association des Bretons de Paris y a pris cette année 
même l'initiative d'un monument au D' Guérin dont Tinau- 
guration a eu lieu le i3 septembre à Ploërmel^ pays natal 
de l'illustre chirurgien. (Voir ci-dessus). 

/. — LA BRETAGNE. 

La Société la « Bretagne » a été fondée en 1894, sur l'initiative 
du comte de Chateaubriand. Elle a pour but de grouper tous 
les Bretons qui habitent la capitale et qui ont conservé, avec 
l'amour de la petite patrie, leurs convictions religieuses. Elle 
tend de plus en plus à devenir une Société destinée à venir en 
aide aux Bretons qui sont arrivés à Paris alléchés par l'espoir 
d'un gain plus facile, et qui n'y ont pas réussi. Un secrétariat du 

* M. N. Qiicllien a publié un livre sous co même titre il y a quelques années. 



308 ANNUAIRB DE LA BRETAGNE 

peuple, breton, iastallé rue des Fourneaux a été fondé dans ce 
but. Des concerts ont été organisés pour augmenter les res- 
sources de l'association ; l'on y ajoué le drame de la Passioa 
de M. Ctarles Vincent et récité des poésies bretonnes. Un des 
membres les plus actifs de l'association est le B. P. Rivallaio, de 
la compagnie de Jésus, qui donne successivement toute l'aïuiêe 
des missions et des retraites en langue bretonne dans toutes 
leBéglisesoùl'oD peut réunir un groupe breton un peu important. 
Les réunions sont précédés d'une messe qui, jusqu'à présent 
s'est dite à l'église Saint-Germain des Prés, dont le curé, M. de 
la Guibourgère, est Breton ; un prêtre d'origine bretonne y (ait 
une exhortation ; le soirua banquet qui alieu, tantôt au cercle 
catholique, tantât au Palais-Royal, à la saint Yves en mai, et à la 
saint Corentin en décembre, réunit les adhérents. La Société, qui 
est régulièrement autorisée, a comme président honoraire l'ar- 
chevêque de Paris ; son président eQeclif est le comte de Chateau- 
briand ; ses vice-présidents sont MM. Audren de Kerdrel et de la 
Guibourgère. P. S. 

J. — LES CINQ HERMINES 

C'flsl une association qui doit englober la plupart des précé- 
dentes. Une assemblée générale a eu lieu en septembre sous la 
présidence deM.Ch. Guennou, avec le concours de MM. Vergoz, 
vice-président de La Crêpe, Lamquet, président du Gui, etc. 

Mais la Société n'est pas encore définitivement constituée: 
nous en parlerons l'année prochaine. 



ANCIEN 


DICTON 


Kailel 


Saint Pol 


Saniei 


La sainte 


Kemper 


Quimper 


A gaer 


La Belle 


Orianl 


Lorient 


Ar goaat 


La jolie 



PERSONNALITÉS BRETONNES HORS BRETAGNE 309 



III — PERSONNALITES BRETONNES 

HORS BRETAGNE 



A. — A PARIS. 

I. Administration : Présidence de la Républiqae, M. Le Gall, O. ^ 
directeur du Cabinet. 

Ministère des Affaires Etrangères. M. Pavie, G. ^, ministre plénipo- 
tentiaire. 

Ministère des travaux publics. MM. Edmond Lorieux, 0. 5{{^, et Peslin 
S^, inspecteurs généraux des mines ; — Tli. Lorieux, 0. ^, et Bel- 
lom, 0. ^, inspecteurs généraux des Ponts-et- chaussées. 

Ministère des Finances, MM. De Trégomain,^,sous-directeur du mou- 
vement général des fonds. — H. Roussan, 0. ^, administrateur des 
Contributions indirectes. 

Ministère de la Guerre. MM. Prioul, G.O. ^^ secrétaire général; — de 
la Noe O. ^, sous-chef d'état major de Tarmée. 

Conseil supérieur de guerre, général Hervé, G. 0. ^, général Ja- 
mont, G. O. ^. 

Ministère de la marine. MM. E. Prîgent 0. ^, directeur du contrôle ; 
Aubry de la Noe, O. ^,0. 1. sous-chef d'état-major général ; Broni 
O. ^, chef du Cabinet administratif. 

Ministère de l'Instruction publique. MM. Joubin 0. ^, O. I. Félix 
Hémon, ^ O. I. Inspecteurs d'Académie ; Carriot ^,0, I. directeur 
de rinstruction primaire de la Seine; Armand Dayot, ^. O.L inspec- 
teur des Beaux- Arts ; Bourdais, 0. ^, architecte du Trocadéro. 

Préfecture de la Seine : M. Quennec^ 0. I. chef du personnel. 

II. Justice. Cour de Cassation. MM. Eugène Durand, ^, Gaillard 
de Kerbertin, 0. ^« conseillers. 

Tribunal Civil. Président, M. Beaudouin e^. 

III. Institut, Kcoles et Sociétés savantes. 
Académie française. Joseph Bertrand G. O. ^ 0. 1. 

Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Alexandre Bertrand ^, 
0. I. ; abbé Duchesne. ^ 0. 1. Arthur de la Borderie. 

Académie des sciences. Joseph Bertrand G. O. ^ O. I. secrétaire 
perpétuel ; de Bussy, C. ^. 



310 ANM)AIR1£ DE LA BRETAGNE 

Académie des Beaux -Arts. Comte Delaborde, O. ^. Luc-Olivier 
Merson, ^*. 

Collège de Fraice. Joseph Bertrand, G. O. ^, Th. Ribot ^. (Un 
cours de littérature celtique y est brillamment professé par M. d'Ar- 
bois de Jubain ville). 

Faculté de droit : Paul Girard ; Jobbé-Duval ; Jules Leveillé ^, pro- 
fesseurs. 

Ecole des Beaux -Arts : L.-O. Merson, ^ 0. 1, professeur. 

Conservatoire de musique : L.-A. Bourgault-Ducoudray, ^ O. I, 
professeur. 

Société d'anthropologie : Gh. Letourneau, secrétaire g^énéral. 

Société des Traditions populaires : Paul Sébillot, ^ 0. I. secrélane 
géciéral. 

IV. — Clergé. S. E. le cardinal Richard, archevêque de Paris; 

— M. de la Guibourgère. curé de Saint-Germain-des-Prés ; — 
M. Delamaire, curé de N.-D.-des-Ghamps ; — M. de Bussy, curé de 
Saint-Gervais. — M. l'abbé Fonssagrives, directeur et aumônier du 
cercle catholique des étudiants en Luxembourg. 

V. — Presse. 

Directeurs de Journaux. 

A. — Presse politique. 

La Démocratie rurale (1889) Kergall #; — Le Joarna/ (1892), Fer- 
nand Xau; — le Siècle, Yves Guyot ; — le Soir (1867), Fernand Xau. 

— Le Journal des Débats (1789), Yves Guyot, rédacteur en chef ; — 
La Lanterne, Aristide Briant, rédacteur en chef. 

B. -^ Revues littéraires et archéologiques. 

V Archiviste (1898), Léon Séché ; — les Beaux- A ris fihTisliaji de Tro- 
goff : — le Biniou (1898), Joël d'Armor ; — Revue archéologique (iS^^) y 
Alexandre Bertrand, ^0. I ; — Revue philosophique de la France et de 
Vétranger, Th. Ribot, ^; — Revue des provinces de VOuest (i885), Léon 
Séché ; — Revue des Traditions populaires (1886;, Paul Sébillot, ^O. 1. 

G, — Revues scientifiques et médicales. 

L'Intermédiaire des mathématiciens, Laisant, ajj^, et Emile Lemoine. 
Nouvelles annales de mathématiques (1894), Laisant, ^. 
La Science française (1891;, Emile Gautier. 
L'Union médicale (1847), S.-J. Richelot. 

* Membres bretons de Plnstitut récemment décédés. 

HBRSA.RT DE LA. ViLLGMARQUÉ, de T Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres (1896) 
Jules Simon, de TAcadémie française et de TAcadémie des sciences morales 

et politiques (1896). 



PERSONNALITÉS BRETONNES HORS BRETAGNfc: 311 

D. — Divers. 

Annales Jranciacaines (1861). I.e P. René de Nantes ; — Balleiin det 
Missions d'AJrique (1861). Le R. P. Louai!; — Bretagne- Vendée (1895). 
Frandiii ; — Correspondance scieniijîqae (1880). P. Guyot- Daubés, 0. 
A. — La Pomme (1889). Charles Marg^at-Morin. 

£, — DÉPARTEMENTS, 

L — Administration. 

Armée : (Lille), IX« corps ; général de France, (r. O.^ — VI' corps 
(Châlons), général Hervé G. O. îRs — XIV« corps ; général Zédé,G. ^, 

Marine : Le vice-amiral Prouhet. G. ^, préfet maritime à Roche- 
fort ; — Le vice-amiral de Guverville, C. ^, commandant Tescadre 
de la Méditerranée. 

Travaux publics : Harel de la Noê, ^, ingénieur en chef des Ponts- 
et-Ghaussées, au Mans ; G. Lechalas, ^, à Rouen. 

Magistralure : de Monlluc, conseiller à la cour de Douai ; — Giron^ 
conseiller à la cour d'Angers ; — Habasque, conseiller à la cour de 
Bordeaux ; — Surcouf, conseiller à la cour de Gaen ; — Oudin, 
conseiller à la cour d'Amiens. 

Finances : Martin-Métairie, ^, trésorier-payeur général à Nice ; 

— Gayot-Delandre^,directeur de l'Enregistrement, au Mans ; — Ghlron 
du Brossay, au Puy ; — Le Coat, à'Niort ; — Robiou du Pont, ^, di- 
recteur des Contributions indirectes, à Angers ; — Hervé^ à Auxerre > 

— Beaufils, à Epinal ; — Gallois, à Alençon ; — GeflFroy, à Troyes ; — 
Nizery, directeur des Postes et Télégraphes, à Niort. 

Instruction publique : Belin, ^ O. I. recteur de l'Académie d'Aix; — 
Emile Ernaalt, 0. I., professeur à la Faculté des Lettres de Poitiers ; 

— Guy Ropartz, directeur du conservateur de Nancy. 

II. — Clergé. NN. SS. Trégaro, évéque de Séez ; — Dubourg, 
évèque de Moulins ; — Guillois, évèque du Puy ; — Chapron, évéque 
de Nice ; — Le Nordez, coadjuteur de Verdun ; — Dom du Coêtlos- 
quet. abbé mitre des Bénédictins de Saint-Maur de Glandfeuil. 

III. — Presse. Albert Macé, directeur du Courrier des Ardennes ; — 
Le P. Alexis (de Sainte- Pazanne, récollet à Saint-Nazaire), directeur 
des Annales du Tiers ordre séraphique, qui se publie à Gaen. 

C. — ETRANGER 

Ecole de Rome, abbé Duchesne^ ^, 0. 1. directeur. 

Canal de Suez, Quellenec, i^, ingénieur en chef directeur. 

Archevêque d'Haïti, M»"" Hillion. 

Abbé de Silos, en Espagne, Dom Guépin. 

Evêques en Amérique, NN. SS. Carmené, Kersusan, etc. 



ANNUAIRE DE L\ BRETAGNE 



lï, - COLLECTIONNEURS D'OBJETS BRETONS 



Lionel Bonnemère, a6, rue Chaptal (Bijoux el bibelots bre- 
tons; Coiffures ; Faïences populaires de la Bretagne]. 

Paul Eudel, rue Victor Massé (Bijoux, livres, estampes et bibe- 
lots bretons). 

0. de GoutcuO, 5, rue Gounod (Livres sur la Bretagne). 

E. de la Bochetle, ii3, Avenue de Villiers {Meubles, bibelots 
el ustensiles bretons). 

Paul Sébillot, 80, Boulevard Saint-Marcel {Livres sur la Breta- 
gne, principalement sur les Traditions populaires .-Livres el images 
populaires ; Iconographie bretonne, meubles, ustensiles, céra- 
mique el bibelots de la Haute-Bretagne). 



IniBg^ populaire de Barbe LIeuo, d'après un 
Qulmper (Wlll* aièclcj. 





CINQUIEME PARTIE 



LES ÉTRANGERS EN BRETAGNE 



I. — Les congrès nationaux ou régionaux tenus 
en Bretagne en 1896. 

II. — Le voyage PrésidentieL 

III. — Inaugurations diverses. 



Les deux barres do tête de cette page sont empruntées au Vieux Saint- 
BrieuCt chez Guyon Francisque. 



314 ANNUAIRE DM LA BRETAGNE 



I. — CONGRÈS NATIONADÎ OU RÉGIONAUX 

Tenus en Bretagne par des Sociétés générales 

EN 1896 



Ces congrès ont été au nombre de cinq : 1** celui de la 
Société française d'archéologie, à Morlaix et à Brest, du 3 
au 11 juin ; — 2** celui de la Société des aqricidteurs de 
France^ avec le concours de Y Association bretonne^ à Saint- 
Britîuc,du 21 au 28 juin; — 3" celui des délégués de la ma- 
rine marchande^ à Saint-Nazaire, du 21 au 24 juillet; — 
4 celui des Sociétés françaises de géographie^ à Lorient, du 
2 au 9 août ; — 5*» celui des Œuvres catholiques, à Lander- 
neau du 8 au 12 septembre. 

Nous allons rendre compte succinctement de leurs 
travaux. 

A. — CONGRÈS NATIONAL DE LA SOCIÉTÉ 
FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE, tenu à Morlaix 
et à Brest du 3 au 11 juin 1896. 

Fondée à Caen en 1834, et reconnue comme établisse- 
ment d'utilité publique pour la description et la conserva- 
tion des monuments historiques, la Société française ar- 
chéologique dont l'organe est le Bulletin monumental, a 
tenu ses assises (depuis plus d'un demi-siècle) dans toutes 
les régions de la France. Elle avait choisi cette année 
Morlaix et Brest pour sièges de sa ÔS** session, sous la pré- 
sidence de M. de Marsy, directeur de la Société, avec deux 
secrétaires généraux pris en Bretagne : M. Ernest Hervé, 
secrétaire de la Société d'études scientifiques du Finistère, 
ancien adjoint au maire de Morlaix, et M. le docteur Ma- 
rion, conservateur de la bibliothèque de la ville, à Brest. 

Dans ces congrès, on étudie beaucoup sur le vif : aussi 



CONGHÈS NATIONAUX OU liÉGlONAUX 315 

les excursions ont-elles été nombreuses (car le pays y prête 
volontiers) : le jeudi, 4 juin, au cap Primel, à Salnt-Jean- 
du-Doigt, et à Lanmeur; le vendredi, 5, à Saint-Thégonnec, 
à Guimiliau et à Lampaul ; le samedi 6, à Saint-Pol-de- 
Léon, aux châteaux de Kerouzéré , Kergournadec'h et 
Kerjean, et aux églises de Berven et de Lambader; le 
lundi 8, aux monuments de Brest ; le mardi 9, à Morgat, à 
Camaret, à Dinan et au Toulinguet; le vendredi 10, à Lan- 
derneau, Dirinon , Daoulas et Plougastel; le jeudi 11, à 
Gouesnou, àPlabennec, à Lesneven et au Polgoët. 

Les congressistes de la Société française ont, on le voit, 
la locomotion facile : mais cela ne les empêche pas de dis- 
cuter de savants mémoires en séances matinales ou après 
les excursions. Voici la liste des principales lectures qui 
ont été faites : 

Abbé Àhgrall, — Les moauments archéologiques de la région et 
leurs inscriptions ; — De Kergrist. — La légende de Saint-Jean-du- 
Doigt; — Abbé Faoé, — Les légendes relatives à saint Eloi ; — D^ San- 
quer. — Les sculptures de René Meriàdec et de Michel Colomb ; — 
Bosc. — Sur la crypte de Lanmeur ; — P. du Chatellier. — Sculptures 
«le Kermaria en Pont-l'Abbé ; — Abbé Rouillel. — Les panneaux d'al- 
bâtre au XV« siècle ; — D' Lornu. — Sur l'église du Folgoët; — Le 
Carguet, — Monographie du cap 8izun ; — Léon Germain, — Une 
cloche bretonne à Nancy ; — Ledain. — Sur les chateliiers ; — Léon 
MaUre. — Sur l'église de Saint-Philbert de Grandlieu; — De VEstour- 
beillon. — iSur un sceau de bronze trouvé à Issé. 

L. DE K. 

B, — CONGRÈS RÉGIONAL DE LA SOCIÉTÉ DES 
AGRICULTEURS DE FRANCE, unie pour la 
ppemière fois à V Association bretonne et à la Société 
hippique des Côtes-du-Nord, tenu à Saint- Brieuc 
du 21 mai au 28 juin 1896, sous la présidence de 
M. de Vogué. 

Nous ne pouvons mieux. caracLériser ce Congrès qu*en 
citant quelques lignes du début du rapport général de 
M. Blanchemain. 



316 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

c C'est avec une satisfaction pleine d*espérance et aujourd'hui justi- 
fiée que ia Société des agriculteurs confiait les destins de son premier 
Concours général et libre à la Bretagne. . . . Nous voyons ici une pro- 
vince tout entière qui se groupe dans des réunions d'archéologie et 
d'histoire pour y faire revivre ses traditions et s'y retremper^ car, 
pour ceux qui portent au cœur le respect des ancêtres, le passé a des 
vertus de rajeunissement ; une province qui se dégage de toute préoc- 
cupation politique, et qui, en face d'une situation économique de plus 
en plus difficile à dénouer, fait la revue de ses forces et, dans le plus 
sérieux des concours, examine les mérites et les défauts des produits 
de son sol, les chevaux qu'elle peut fournir pour le combat du travail 
et pour la défense nationale^ les animaux producteurs de lait et de 
viande qu'elle prépare pour l'alimentation, les instruments qu'elle met 
en œuvre ou qu'elle introduirait avantageusement ; une province sur- 
tout étudiant avec une persévérante sollicitude les moyens de retenir par 
renseignement agricole et chrétien les générations qui continuent à 
jaillir nombreuses autour du père de famille et qui pourraient vivre 
encore si heureuses sur son sol toujours aimé ! . . . » 

Le Congrès était divisé en deux sections, Tune d'agri- 
culture, l'autre d'archéologie. 

Dans la section d'agriculture dont l'intérêt était relevé 
par de nombreuses expositions et de nombreux concours 
dans lesquels en a distribué pour 40.000 fr. de récom- 
penses, on a abordé les sujets les plus divers. 

Il suffira de citer: la question si actuelle des syndicats,— 
l'étude des moyens de réprimer la fraude dans les beurres, 
— l'examen du projet de fondation d'une école libre 
d'agriculture de Bretagne, à l'instar de l'Institut agricole 
de Beauvais, dont les anciens élèves ont profité de ce con- 
cours pour convoquer leurs camarades bretons et pour 
affirmer leur attachement profond à la Société des Agri- 
culteurs; — une discussion sur le semis et la plantation des 
arbres fruitiers ; sur les soins à donner aux prairies natu- 
relles, etc.. Une commission de sylviculture a eu à exa- 
miner deux notices très étudiées sur les reboisements. 

La Société des Agriculteurs n'a pas ménagé les encoura- 
gements au Syndicat pomologlque. Aussi a-t-elle vu avec 
plaisir 68 cidres bretons présentés au concours de Saint- 
Brieuc par cinq départements, alors que ce chiffre n'a 



CONGRÈS NATIONAUX OU RÉGIONAUX 317 

jamais été atteint dans trois concours précédents où tous 
les départements concouraient. 

Vingt-six mémoires sur des questions d'agriculture, d'é- 
conomie et de législation ont été examinés et quatorze ont 
été jugés dignes de récompenses. 

Mais une des choses les plus remarquables du congrès 
de Saint- Brieuc a été la constatation des résultats du grand 
mouvement d'enseignement agricole qui s'est produit 
depuis quelques années dans les écoles primaires de la 
Bretagne. Parti de lllle-et- Vilaine, où avait lieu, en 1892, 
par les efforts répétés de M. de Lorgeril et d'un humble 
Frère, un premier concours-examen entre les élèves de 
plusieurs écoles, il s'est répandu comme une traînée de 
poudre dans tout le pays, grâce aux Frères de Ploôrmel, 
que l'un d'eux avait su conquérir à cette œuvre nécessaire, 
et la Société des Agriculteurs a été heureuse de voir enfin 
se réaliser un enseignement qu'elle a toujours encouragé 
et préconisé. 

Voici en quelques mots ce système. Un livre contenant 
quarante-deux leçons est mis entre les mains des petits 
élèves ; il fait le sujet de l'enseignement spécial agricole 
de l'école ; un des élèves, à tour de rôle, résume sur un 
cahier, dit cahier-archive, la leçon qui a été expliquée dans 
la semaine. 

A la fin de Tannée, des concours-examens sont organisés 
dans chaque classe par des notables de Tendroit. Cinq 
numéros d'un questionnaire qui résume le livre sont posés 
comme questions aux enfants et donnent lieu à une série 
de points dont un certain quantum obtenu permet de re- 
cevoir un certificat agricole. 

Chaque école est invitée en outre à donner un enseigne- 
ment plus complet aux enfants les plus intelligents qui 
pourront conquérir ainsi un diplôme d'un degré supérieur. 

Comme complément pratique, le maître doit s'efforcer 
de chercher dans la localité un cultivateur habile dans son 
art, et le prier d'admettre de temps en temps les jeunes 
enfants à suivre les principaux travaux de sa fernie. C'est 
ce qu'on appelle le professeur pratique. Or, l'intérêt des 



318 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

concours d'enseignement de Saint-Brieuc, c'est de cons- 
tater que, sous le patronage des cinq évoques de la Bre- 
tagne, par les soins et Teffort de M. le chanoine de la Vil- 
lerabel, cet enseignement est devenu absolument pratique 
et courant. 

L'Association bretonne a pu convoquer les élèves de 
130 écoles des divers départements à prendre part aux 
concours-examens ; 238 élèves se sont présentés pour le 
diplôme plus élevé. 

Les maîtres ont leur part de distinction, et Toa a eu la 
satisfaction de voir que les diplômes, brigués jusque-là 
par les seuls instituteurs religieux l'ont été cette année, 
par 14 instituteurs laïques. 

Le Concours, enfin, arévéléque parmi les écoles ins- 
crites, 25 se sont préoccupées de compléter leur enseigne- 
ment agricole par le choix d'un professeur pratique. 

La section d'archéologie présidée par M. le sénateur de 
Kerdrel qui a prononcé, dans la séance d'ouverture, un 
magnifique éloge de son vieil ami M. de la Villemarqué, 
n'a pas été moins féconde en études, en discussions et en 
résultats acquis. Voici un aperçu des principales commu- 
nications faites dans les diverses séances : 

MM. Annr-Duporlal, — Armoiries et corporations de Hédé; — 
L'abbé Robert. — Le temple du Haut-Bécherel, près de Gorseul. — 
Les filleuls des £tats de Bretagne ; — Alain du Cleuziou. — Chansons 
populaires bretonnes ; - Ualna du Frétay. — Stations néolitiques ; — 
Paiurel, — Campagne en faveur de la langue bretonne ; — L'abbé 
Guillotin de Corson, — La commanderie du Quessoy ; — Trévédy et 
du Ménorval. — Les voies romaines de Saint-Brieuc ; — De Kerenflech, 
— Fouilles au Jaudit ; — Colleu. — Les Chatelliers industriels dans 
les Côtes-du-Nord ; — Vabbé de la VillerabeL — La ligue irlandaise 
en faveur de la langue celtique ; ~ De Calan. — La Bretagne après la 
conspiration de Pontcallec; — Trévédy. — Les compagnons de Jeanne 
d'Arc, originaires du pays de Sûnt-Brieuc ; — Janvier. — Sur les 
seigneuries du pays de Saint-Brieuc; — Aveneau de la Grancière. — 
Sur ralBnité des races et des traditions entre les Celto>armoricaines. 
les Gallaïques et les Astures ; — De l^Eslourbeillon. — Le prieuré de 
Saint-Georges de Trôdias; — René KerviUr. - Sur la décoration 



CONGRÈS NATIONAUX OU RÉGIONAUX 319 

rationnelle et historique des nouvelles églises paroissiales ; — Uàbbé 
Allain, — Bur les évêqaes de Siint-Brieuc, depuis la réunion de la 
Brelafçne à la France jusqu'à la Révolution ; — Trévédy et de Calan, 

— Etûgies des divinités gauloises existant en Bretagne ; — De Palys. 

— Sur l'histoire de Bretagne de M. de la Borderie ; — Du Crest de 
Villeneuve. — L'assassinat de M. de Bréval, épisode de la révolte du 
papier timbré à Carhaix. 

Au point de vue pratique, le principal résultat obtenu 
par cette assemblée a été la constitution, sous l'active im- 
pulsion de MM. Paturel, du Cleuziou et de la Villerabel, 
d'un comité provincial chargé de la défense et de la pro- 
pagation de la langue bretonne. Nous lui souhaitons sin- 
cèrement un heureux succès dans son œuvre patriotique. 

L. DK K. 

C. — CONGRÈS NATIONAL DES DÉLÉGUÉS DE 
LA MARINE MARCHANDE, 5« session tenue à 
Saint-Nazaire, du 21 au 24 juillet 1896. 

Les délégués de la Marine marchande avaient, l'année 
dernière, choisi Saint-Nazaire comme siège de leur 5" Con- 
grès. Le Syndicat des capitaines au long-cours de cette 
ville avait été chargé de l'organisation de celte importante 
session et il Ta fait avec une compétence qui a été très 
appréciée des congressistes. Ceux-ci étaient nombreux; 
il y en avait du Nord et du Midi, du Midi surtout; l'Ouest, 
)a Bretagne en particulier, n'étaient représentés que par 
le Syndicat des capitaines de Saint-Nazaire; nous le re- 
grettons, car les questions que le Congrès a agitées inté- 
ressaient nos marins aussi bien que nos pêcheurs ; et ils 
auraient apporté dans la discussion cet élément pondéra- 
teur qui a un peu manqué aux réunions. 

L'œuvre du Congrès a été surtout une protestation 
contre le projet de loi voté par la Chambre des députés le 
2 juin dernier. Mais il ne s'est pas arrêté là. 

H a d'abord défendu cette Caisse des Invalides de la Ma- 
rine si bien organisé par Colbert, qui est la suprême res- 
source du marin aur ses vieux jours et dans laquelle cer- 



320 ANNUAIRE PK LA BRETAGNE 

tains gouvernements ont puisé à pleines mains pour faire 
face à des dépenses qui n'étaient pas en rapport avec son 
but; il a demandé à l'Etat de restituer les 342 millions qu'il 
avait indûment prélevés. 

Il a émis le vœu que les Associations de prévoyance 
entre les marins pêcheurs, dans le genre de celle fondée 
au Croisic, en 1892, soient étendues et développées ; que 
des « Maisons de Marins », des « Sailors Homes », si utiles 
au point de vue moral, soient créés dans chaque port. 

Le Congrès a également demandé qu*on créât des Prud' 
hommies maritimes, qu'on réduisît à 250 au lieu de 300 le 
nombre de mois exigé pour la retraite de demi-solde, 
qu'on abaissât à 45 ans au lieu de 50râge de la retraite, 
qu'une retraite proportionnelle fût accordée après 15 ans 
de navigation, que les veuves de marins eussent droit à la 
retraite, comme les autres veuves pensionnées par l'Etat, 
aussitôt après le décès du mari. 

Puis, il a voté la surtaxe du tiers pavillon, la suppression 
des privilèges des navires étrangers en France. Mais où, 
à notre avis, le Congrès a été trop loin, c'est lorsqu'il a 
décidé la suppression des tribunaux maritimes avec toutes 
ses conséquences ; qu'on les réforme, qu'on rende leurs 
décisions susceptibles d'appel, comme on leur a rendu 
applicable la loi Bérenger, mais les supprimer, ce serait 
désorganiser cette discipline plus indispensable chez les 
marins que partout ailleurs. 

Il en est de même de l'assurance obligatoire sur la vie 
des équipages ; outre qu'elle paraît difficilement réalisable, 
ce serait faire peser sur l'armement une lourde charge. 
Quant à la réglementation des heures de travail des ma- 
rins, c'est là une utopie que le Congrès aurait pu se dis- 
penser de discuter ; nul n'ignore, en effet, qu'à la mer, il 
est difficile, sinon impossible, d'appliquer une réglemen- 
tation quelconque; tout dépend des nécessités du service 
et surtout des risques et périls de la mer qui ne tient guère 
compte des calculs humains. 

A l'issue de l'assemblée, le commandant Riondel, repré- 
sentant des capitaines au long-cours du Hâvre> élu délégué 



GONGHÈS NATIONNAUX OU RÉGIONAUX 32t 



cr 



énéral de la Fédération près le Conseil supérieur de la 
Marine marchande, a écrit au Ministre de la marine pour 
lui signaler rémotion causée par le vote du 21 juin, et le 
prier de vouloir bien soumettre le projet de loi à l'examen 
du Conseil supérieur avant de l'envoyer au Sénat. 

L. DE K. 

i). — CONGRÈS NATIONAL DES SOCIÉTÉS DE 
GÉOGRAPHIE DE FRANCE, 17« session, tenue 
à Lopient, du 2 au 9 août 1896. 

Les Sociétés de Géographie de Paris et de province, dont 
la création est en général postérieure à 1870, ont cru né- 
cessaire, pour resserrer les liens qui les unissent et pour 
étudier ensemble les grandes questions géographiques, de 
se rencontrer tous les ans au siège de l'une des Sociétés. 
C'est ainsi que les villes de Lille, de Tours, do Lyon, de 
Bordeaux ont reçu ces dernières années la visite des So- 
ciétés de Géographie. Le gouvernement, pour manifester 
l'intérêt qu'il attache à ces Congrès, y envoie, depuis 
quelque temps, des délégués chargés de transmettre à 
leur département les vœux émis. 

Le Congrès était présidé par M. Marcel Dubois, qui s'est 
fait à la Sorbonne une spécialité des questions coloniales. 
Près de lui on remarquait à Lorient, parmi les congres- 
sistes^ l'ingénieur hydrographe Bouquet de la Grye, les 
océanographes Thoulet^ de Nancy, et Hautreux, de Bor- 
deaux, Victor Turquan, chef du bureau de la statistique 
au Ministère du commerce, J. Loth, doyen de la Faculté 
des Lettres de Rennes, les explorateurs d'Orttanoux, Le 
Vay, Vermot et Jean Dupuis, l'héroïque négociant français, 
qui le premier fit connaître à la France la route fluviale du 
Fleuve-Rouge au Tonkin, etc. 

Dans l'impossibilité d'analyser ici toutes les communi- 
cations qui ont été produites, nous nous bornerons à 
donner la liste du celles qui intéressent plus particulière- 
ment la Bretagne : 

23 



322 ANNUAFRE DK LA BRETAGNK 

La Colonisation marilime en Algérie et en Tunisie (M. biSRNARD,pro- 
fessear à l' Kcole supérieure des Lettres d'Aller) ; ^ Une école de pêche 
(Société de Géographie de Lorient : M Guillard, Directeur de l'école 
de poche de Groix) ; — De la pêche à Terre-Neuve et sur la côte occt- 
dentale d* Afrique (Société de géographie de Lorient : M. Lallemand, 
capitaine de frégate) ; — Organisation de Conférences pratiques dans les 
centres d'armement sur V hygiène des pécheurs et sur les premiers soins 
à donner aux malades et aux blessés (Société de Géographie de Lorient: 
M. le docteur Le Garreg, armateur) ; — Part de la Bretagne dans le 
revenu général de la pêche en France (Société de Géographie de Lorient: 
M. Lbgrand) ; — Lorient et son passé (Société de Géographie de Lorient : 
M. Legrand); — Géographie des Bretons en France, inouvements intérieurs 
de migrations des Bretons et particulièrement des Morbihannais en France. 

— Immigration des Français en Bretagne par départements d'origine 
(M. Victor ToRQDAN, chef du bureau de la statistique au '^linistère du 
Commerce) ; — Historique de la grande Carte de Cassini, en ce qui con- 
cerne la Bretagne, diaprés des documents inédits et avec un coup d* œil sur 
les travaux analogues proposés ou exécutés dans la province de Bretagne 
au XVfïI* siècle (M. Vignols, de la Société de Géographie de Paris) ; 

— Carte administrative et judiciaire de la Bretagne en 4789 ^ d'après des 
documents inédits {"^^ Lb Téo, de la Société d'archéologie et d'histoire 
d'ille-et- Vilaine) ; — Les noms propres en dans le Morbihan M. Loth ; 

— Le territoire de Lorient depuis 2300 ans (M. René Kerviler de la 
Société de géographie de Saint-Nazaire et de celle de Lorient) ; — 
Les Français en Afrique (Conférence par M. Mbrchier, secrétaire gé- 
néral de la Société de géographie de Lille) ; — Moyens de faire con- 
naître nos Colonies en France, et d'y attirer les émigrants (M. Gaston- 
net DES Fosses, de la Société de géographie commerciale de Paris). 

A la suite des discussions qui ont suivi ces lectures, un 
certain nombre de vœux ont été adoptés par le Congrès et 
retenus par le Comité des Congrès. Voici la nomenclature 
de ceux qui intéressent plus spécialement notre pays. 

I 

Le Congrès, constatant que Torganisatioa des excursions et des 
voyages géographiques, tient notamment aux facilités accordées par 
les Compagnies de Chemins de Fer, 

Ëmet le vœu : 

Qu'une réduction de 53 0/0 sur les voies ferrées de France, de Corse, 
d*Algérie et de Tunisie soit accordée à tout groupe de membres de 



CONGBÈS NATIONAUX OU RÉGIONAUX 323 

Sociétés scientiûques, d'élèves, étudiants ou professeurs, voyageant 
au nombre minimum de cinq personnes. 

II 

Le Congrès émel 'e vœu ; 

Que des Conférences pratiques soient instituées dans les centres 
d'armement sur l'hygiène des pêcheurs et sur les premiers soins à 
donner aux malades et aux blessés ; 

Et que des notions élémentaires d'hygiène soient introduites dans 
les programmes et les examens pour l'obtention des brevets de capi- 
taine au long-cours et au cabotage. 

III 

Au sujet de la statistique des pèches maritimes, le congrès émet le 
veu que, sur chaque bateau, le patron soit invité à tenir un carnet 
de pêche pour y consigaer, avec les observations qu'il pourra faire 
en mer, la quantité de poisson recueillie journellement par ce bateau, 
(ainsi que cela se fait déjà dans les quartiers du Groisic et de Vil- 
lefranche) ; que, dans la statistique du bulletin des pêches maritimes, 
on donne autant que possible la quantité de poisson rendue dans 
chatjue criée, et le prix moyen du poisson, la quantité expédiée veri 
les marchés de l'intérieur et le port d'attache du bateau qui l'a re- 
cueillie. 

Au sujet de l'enseignement technique et professionnel de la pèche, 
que TEtat encourage par des subventions annuelles la fondation et le 
développement des écoles libres de pèche ; qu'il soit organisé, dans 
les écoles normales d'instituteurs et dans les écoles primaires des ar- 
rondissements du littoral, des cours ou conférences d'océanographie 
destinées à vulgariser les éléments de cette science et à intéresser les 
populations à tout ce qui concerne la pèche ; enfin, que, dans chaque 
quartier de pêche, par les soins du commissaire de l'Inscription ma- 
ritime, soient publiés, aussi souvent que possible, les renseignements 
sur la pêche qui peuvent intéresser les pêcheurs. 



Vœu en faveur de la conservation du port de Lorient comme port de 
construction et d'armement, avec tout son personnel de guerre marin ; 
et de l'exécutioa de travaux d'amélioration dans ses passes et sa ra le. 



324 ANNUAinE LIS LA BUKTAGNE 



VI 

Le Congrès émet le vœu que, les Sociétés de Géogrdphie et autres 
Sociétés Savantes, à Timitation de quelques-unes d'entre elles, en- 
couragent et préparent la publication de documents authentiques 
servant à rétablissement de cartes provinciales de Tancienne France. 

Vil 

Le congrès émet le vœu que, dans les révisions ultérieures des cartts 
des services d'Etat, une attention très scrupuleuse soit apportée à réta- 
blissement d'une nomenclature exacte (voté sur la proposition de M. René 
Kerviler, à Toccasion de noms singulièrement estropiés sur la carte 
où figure 8t-Nazaire). 

VIII 

Considérant que la navigabilité de la Loire, jadis florissante, est 
devenue impossible entre Nantes et Orléans, que cette paralysie des 
moyens d'action de ce fleuve s'étend au réseau des canaux intérieurs 
et porte ainsi une atteinte grave aux intérêts d'une grande partie du 
territoire national ; le Congrès émet le vœu que les pouvoirs publics 
prennent les mesures nécessaires pour le rétablissement des condi- 
tions indispensables à la navigabilité de ce fleuve. 

Le prochain congrès se réunira en 1897 à St-Nazaire. 

L. DE K. 

E, — CONGRÈS RÉGIONAL DES ŒUVRES CA- 
THOLIQUES j tenu à Landerneau du 8 au 12 
septembre 1896. 

Le Congrès a été inauguré le 8 septembre à huit heures 
du soir dans la vaste nef de Téglise Saint-Houardon, par 
une allocution de M»' Valleau évêque de Quimper. 

Parmi les questions traitées — il y en a eu beaucoup — 
qui intéressent directement la Bretagne, figure la mono- 
graphie du Cercle catholique de Saint-Pol-de-Léon, faite 
par M. l'abbé Derrien, vicaire de cette ville ; c'est l'un des 
plus anciens de France, et il a groupé autour de lui un 
cercle agricole avec une association coopérative pour la 



CONGRÈS NATIONAUX OU RÉGIONAUX :^25 

vente des bois de chauffage, un fourneau économique, un 
marché aux légumes, une caisse rurale, etc. Ce cercle 
n'admet pas les représentations théâtrales ; un des prélats 
présent est d'avis cependant qu'elles sont un puissant 
moyen d'attraction en même temps qu'une source de 
revenus pour les œuvres^et,que si elles sont bien choisies, 
elles contribuent à élever l'esprit et le cœur des auditeurs. 
Nous passons sur la discussion relative aux syndicats, 
où, en constatant que ceux créés par les socialistes sont 
funestes au point de vue conservateur et chrétien, M. Sal- 
mon constate que les catholiques doivent en créer partout, 
en imitant, pour recruter des membres adhérents catho- 
liques, les procédés mis en œuvre par les socialistes purs. 
Une question intéressante pour la Bretagne est celle de 
rintroduction de la langue bretonne dans l'enseignement. 
M. Caër, recteur de Gouézec, M. Buléon, professeur au 
Petit-Séminaire de Sainte-Anne, et M. Paturel, traitent la 
question avec une compétence et un amour sincère de 
cette langue. Tous déplorent l'ostracisme dont le breton 
est l'objet de la part de certaines personnes de la classe 
élevée. On demande, en conséquence, que la langue bre- 
tonne reprenne sa place à l'école « non pas tant pour y 
être enseignée que pour servir de moyen d'apprendre le 
français à nos petits bretonnants, » et qu'on donne aux 
enfants des bonnes ne sachant que le breton, ou ayant 
défense de parler français. Ainsi verra-t-on disparaître 
peut-être le discrédit et même le mépris, dont notre langue 
n'est que trop souvent l'objet de la part de la classe élevée. 
Le maintien de la langue bretonne aura pour résultat 
d'attacher les Bretons au sol natal. 

M. Kerbaol, vicaire de Douarnenez, demande qu'au lieu 
de la géographie de l'Amérique et de l'Océanie, qui ne 
leur sera jamais d'aucune utilité;, on apprenne aux petits 
marins^ dans les écoles de la côte, les cartes marines 
indiquant les récifs et les dangers des parages, où ils sont 
appelés à passer leur vie. 

A propos de la désertion de nos campagnes, M. Pavé, 
vicaire d'Ergué-Gabéric, fait un tableau, navrant en même 



1 



.liiO ANNfJAIHK !>E I.A nnKTAGNE 

lemps que pleiQ d'inti^rôt, de In sitiifition mati^rielle el 
morale des Bretons émigrés à Saint-Chéron, près de Ver- 
saillps. Il demande que chacun fasse son possible pour 
enrayer ce mouvement d'émigration. 

M. Kerbaol donne d'intéressants détails sur les œuvres 
(le mer, sur la situation religieuse, morale et matérielle 
de marins breions ; il rend tiommage à leur moralité, à 
leur courage et à leur dévouement, dont M. Le Du, patron 
du bateau de sauvetage, présent auCongrès, est un exemple 
frappant, puisqu'il a sauvé la vie à 145 personnes, et il 
considère que les reproches d'intempérance adressés aux 
marins de nos côtes sont fort exagérés. Une conférence 
de pêcheurs a été créée à Douarnenez, et elle compte nombre 
de patrons qui font la prière du matin et du soir à bord, 
el respectent la loi du dimanche. Elle a rendu à ses 
membres des services matériels considérables. Un syn- 
dicat analogue à celui de N.-D. de la Mer de Douarnenez 
a été créé nu Croisic. 

Nous signalerons enfin de M" Dulong de Rosnay une 
chaleureuse improvisation en faveur des costumes bre- 
tons et des traditions locales. 

Le Congrès, où ont été traitées souvent avec beaucoup 
de compétence bien des questions que nous n'avons pas 
pu signaler, a été terminé par un discours de M. de Mun 
qui définit le vrai caractère, le butetles aspirntions des 
cercles catholiques et les présente comme le type des 
œuvres sociales appropriées aux besoins de notre époque, 
comme le moyen le pins efficace pour opérer le rappro- 
chement si désirable de toutes les classes de la société. 

L. DE K. 



LK VOYAGE PRÉSIDENTIEL 'S'27 



II. — LE YOYAGE PRÉSIDENTIEL 



M. Félix Paure, président de la République, a fait, du 
3 au 14 août 1896, le voyage officiel en Bretagne que M. le 
président Carnot n'avait pu, malgré le désir qu'il en avait» 
effectuer en 1894. En 1858, l'empereur Napoléon et en 1875, 
le maréchal de Mac-Mahon, président de la République, 
avaient aussi visité la Bretagne. 

Le récit du voyage ayant été raconté, par le menu, par 
la presse, nous nous contenterons de noter les incidents 
qui ont eu un caractère purement breton et local. Parti 
du Havre le 3 août, à bord du cuirassé le Dupuy-de-Lôme 
qu'escortait une division de l'escadre du nord, le président 
arriva à Saint-Malo le 4. Parmi les discours qui lui furent 
adressés lors des réceptions officielles on doit remarquer 
l'allocution du curé deSaint-VTalo, qui après avoir rappelé, 
après Jules Simon, qu'on peut apprendre lo patriotisme 
rien qu'en étudiant les noms des rues de la ville, termine 
en ces termes : 

« C'est de grand cœur que nous appelons les bénédictions du 
Dieu tout- puissant et du Christ Sauveur, le vieil ami des Francs, sur 
vous, monsieur le président, qui êtes le représentant suprême de l'au- 
torité civile, et sur les membres de vot^e gouvernement pour la paix 
durable, la prospérité constante et les glorieuses destinées de notre 
chère France, sous Tégide des institutions démocratiques qu'elle s'est 
librement données. . . » 

M. Félix Faure répondit au doyen : 

c II m'est fort agréable que le clergé de Saint-Malo me soit présenté 
dans les termes dont vous vous êtes servi. Les sentiments qui vous 
animent à l'égard de l'autorité civile sont conformes aux traditions 
concordataires. Je vous en félicite et je m'en réjouis. Je suis heureux, 
à mon arrivée sur la terre bretonne, d'être reçu par un clergé qui ne 
sépare pas l'amour de la petite patrie de celui de la grande patrie fran- 
çaise. 1 



328 ANNUAÏRK DK LA BRETACNK 

Au banquet qui avait lieu dans la salle des fêtes, déco- 
rée des portraits des grands hommes Malouins, le maire 
porta un toast au président et aux hôtes de la ville de 
Saint-Malo dont il fît l'éloge en ces termes : 

« Dans votre voyage dans les départements bretons, vous rencon- 
trerez des populations profondément attachées à leur sol natal, à leurs 
champs, à leurs landes, à leurs foyers ; vous ne trouverez pas de ville 
plus patriotique, plus fière à juste titre de son glorieux passé et de la 
devise inscrite au-dessus de ses armes : < Semper fidelis ». 

Le président de la République termina ainsi sa réponse : 

« Je sais combien vos populations sont attachées aux traditions 
bretonnes, mais je sais aussi qu'elles ne les séparent pas dans leur 
cœur .le la gloire de la France. Elles en ont donné des preuves in- 
nombrables. 

€ Aussi c'est un plaisir pour le président de la. République de le pro- 
clamer dans la maison commune de cette vieille cité. Je bois à la po- 
pulation malouine. Je bois à la Bretagne. » 

Le môme jour, le président visita Dinard, et Dinan, où 
le curé de Saint-Sauveur, après lui avoir rappelé que Du 
Guesclin était né près de cette ville, lui déclara a que les 
Bretons aimaient beaucoup leur pays, mais par-dessus 
tout la grande patrie française » . 

De retour à Dinard, le soir, le président s'embarqua sur 
le Dupuy-de-Lôme, et le lendemain, 4, Tescadre arriva à 
Lézardrieux, d'oii le président se rendit en voiture à 
Paimpol, où il fut acclamé par les marins et les pêcheurs 
pendant la visite du port. 

Dans la soirée, Fescadre appareilla pour Brest, et fut 
r jointe en route par la division de l'amiral Rigaud de 
Premesnil ; elle se composa alors de seize bâtiments, dont 
sept cuirassés. Elle arriva à Brest le 5, et le Président fut 
reçu sur le quai de la direction des mouvements du port ; 
parmi les discours qui lui furent adressés, nous remar- 
quons ce passage de celui du général Vosseur : 

« Ces troupes, que je vais quitter dans quelques jours, ne m'ont 
donné que satisfaction par leur tenue, leur conduite, leurs sentiments 
d'abnégation. 



LE VOYAGE PRÉSIDENTIEL 329 

« Ces enfants de la Bretagne ont conservé les saisies traditions de 
leurs pères ; les subtilités de la politique leur échappent et ne sauraient 
troubler leur cerveau. » 

A quatre heures, les Sociétés locales furent présentées 
au Président sur le Champ de Bataille. Au banquet offert 
parla ville de Brest, M. Félix Faure prononça un discours, 
dont nous détachons ces deux passages qui s'adressent 
tout particulièrement à la Bretagne : 

c Les formidables ressources accumulées dans ce grand arsenal ne 
suffiraient pas à justifier la confiance avec laquelle le pays regarde de 
ce côté du littoral, sUl ne savait que, sur cette terre de granit où 
viennent se briser les énormes lames du large, oiî les générations s'é- 
lèvent bercées au grand bruit des flots de TOcéan, s'est développé le 
génie d'un peuple âpre au travail, loyal et fier, toujours prêt à se don- 
ner lorsqu'il s'agit de soutenir les grands intérêts de la patrie. 

« Chaque province de notre France a sa fortune ; mais, nulle part 
comme ici, en présence de cette vieille Armorique qui s'avance 
dans les flots de l'Océan comme la proue d'un navire, on ne sent mieux 
combien la grandeur et la richesse de la nation dépendent de sa puis- 
sance maritime. 

« C'est une conviction qui s'impose aux esprits avec une énergie 
et une clarté particulières quand on entre dans cette admirable rade 
de Brest, que la nature a créée pour d'exceptionnelles destinées* 

« Aussi, confiant dans la grandeur de la République, je vous invite 
à unir, dans une même pensée de fierté nationale, la marine et la 
ville de Brest. » 

Après avoir consacré la journée du 7 à visiter les divers 
établissements hospitaliers de Brest, le port de commerce 
etc., le président se rendit à bord de VElan pour passer en 
revue l'escadre du Nord. 

Le 8 août, à sept heures, départ de Brest en chemin de fer 
pour Morlaix où les autorités sont présentées dans la cour 
de la gare : un maire y offre au Président une tasse d'excel- 
lent lait que M. Félix Faure boit avec une satisfaction non 
dissimulée. 

A huit heures, départ de Morlaix pour Carhaîx par le 
chemin de fer à voie étroite : et h dix heures et demie, 



330 ANNUAIRE DB LA BRETAGNK 

déjeuner breton au marché couvert de Carhaix après un 
arrêt devant la statue de La Tour d'Auvergne. On distri- 
bue, chemin faisant, une grande plaquette in-4'*, contenant 
une poésie bretonne de M. Rolland, du Guerlesquin, sous 
le tilre : « Enorf Da Waest penn Bepuhlik Franz en Breiz-lzel, 
en mis Eost 1896. » 

A onze heures et demie, départ en voiture pour Château- 
lin. Des cavaliers en costume breton accompagnent le 
cortège. Arrêts et vin d'honneur à Châteauneuf du Faou, 
où M. le député J. de Kerjégu présente les maires du 
canton à Plevben et à Châteaulin. 

A 5 heures et demie, départ en chemin de fer pour 
Quimper, où la réception des autorités a lieu à la Préfecture 
à six heures et demie. 

M" Valleau, évéque de Quimper, en présentant les vi- 
caires généraux du diocèse et le clergé, s'exprime ainsi : 

Je puis vous affirmer qne notre seule pensée est d'entretenir au 
milieu des populations confiées à nos soins, Tamour de la France, 
et les sentiments religieux qui sont la base du patriotisme séculaire 
de la Bretagne. » 

Le dimanche 9 août, la matinée se passe à Quimper, en 
réception de maires, d'instituteurs, d'institutrices, allocu- 
tions et discours ; distributions de médailles d'honneur, 
dont plusieurs à des Sœurs pour actes de dévouement, et 
de médailles à de vieux serviteurs agricoles. Puis visite à 
l'hôpital civil et à l'hôpital militaire. A cette occasion, le 
Président remet la croix de chevalier de la Légion d'hon- 
neur au docteur Coffec. 

A onze heures et demie, départ en chemin de fer pour 
Quimperlé et déjeuner dans le train. On arrive à midi et 
demi. Les sénateurs et députés du Finistère qui ont ac- 
compagné le président prennent congé de lui. Ils sont 
remplacés par deux députés du Morbihan, MM. Guieysse 
et Le Coupanec. 

A la gare, le maire souhaite la bienvenue, le Président 
remercie et décore l'adjoint, M.Gauthier, directeur d'une 
tannerie. La foule crie : « Vive le tanneur! » Le Président 



I.E VOYAGE PRÉSIDENTIEL 331 

paraît ravi ; et reçoit un bouquet remis par des jeunes 
filles très gentiment habillées de soie crème, tablier rose, 
corsage de dentelle, bonnet brodé où court un ruban rose. 

A une heure et quart, arrivée à Lorient, où Tamiral 
Besnard, ministre de la marine et Tamiral Parrayon, pré- 
fet maritime, attendent le président sur le quai de la gare. 
Présentation des autorités à la Préfecture maritime, après 
un arrêt sur la place Alsace-Lorraine où les enfants des 
écoles chantent en chœur la Marseillaise y et sur la place 
de la Bove où des fillettes symboliques offrent de superbes 
bouquets. 

A la préfecture, M. Broni, maire de Lorient, reçoit la 
rosette d'offioier de la Légion d'honneur, et M»' Bécel, 
venu exprès de Vannes, prononce Tallocution suivante : 

€ Monsieur le Président, 

« Vous ôtes ici au cœur de la Bretagne. Cette noble province a les 
plus hautes et les plus salutaires aspirations. Depuis trente ans que 
j'ai l'honneur redoutable de porter la charge épiscopale, l'occasion 
m*a été constamment donnée d'admirer Tardente foi des religieuses 
populations commises à ma sollicitude pastorale. C'est de cette foi 
robuste que s'inspire le patriotisme des prêtres^ des soldats, des 
marins, de tout le peuple breton. C'est elle qui nous a conduits vers 
Votre Excellence, pour lui présenter nos hommages respectueux. 

i Nous avons appris de notre Maître à tous à rendre aux pouvoirs 
publics ce qui leur est dû. Il est d'ailleurs, de notre intérêt aussi bien 
que de notre devoir, de les assister de nos prières. 

€ C'est pourquoi, monsieur le Président, nous aurons toujours à 
cœur de connaître les droits de l'Etat comme ceux de l'Eglise. 

« S'il plaît à Dieu, monsieur le Président, d'exaucer nos vœux, 
vous ne ferez pas de vains efforts, au cours de votre suprême ma- 
gistrature, pour protéger ces droits, et pour sauvegarder la vérité, la 
justice et la liberté. » 

Beaucoup de maires en costume local sont présentés au 
président, qui visite l'arsenal et s'embarque ensuite sur le 
Caiidan pour visiter les passes de l'entrée de la rade et 
assister aux expériences des vêtements de sauvetage 
Robert. 



332 ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 

Le lendemain, après avoir visité les nouvelles casernes 
d'artillerie de marine et la Chambre de commerce, le Pré- 
sident part en chemin de fer pour Pontivy ; à la gare d'Auray 
le maire lui offre un coffret en chêne sculpté aux armes de 
la ville et contenant des vues de cette pittoresque région. 

A Pontivy, le sous-préfet présente les maires, vêtus pour 
la plupart du costume breton. Dans le vestibule de la mai- 
rie, on a disposé une plaque où sont inscrits les noms des 
habitants morts pendant la guerre de 1870. En buvant à la 
ville de Pontivy, le Président félicite les habitants d'avoir 
ainsi perpétué le souvenir de ceux qui sont morts pour la 
patrie, et il exprime le désir que toutes les communes 
imitent cet exemple. 

A Saint-Brieuc, la fête du soir a été marquée parla danse 
de « dérobées » sur la promenade près du Palais de justice- 

Le 11 août, a lieu le départ pour Vitré, où Ton ne passe 
que quelques instants, et d'où le train présidentiel revient 
à Rennes pour assister au banquet offert par la ville, qui 
est suivi d'un bal à la Préfecture. Le lendemain, après une 
visite à l'Hôtel-Dieu de Rennes, le président se rend à 
l'Ecole départementale et d'agriculture des Trois-Croix, à 
l'Ecole de fromagerie de Coëtlogon, puis à l'Ecole nationale 
d'agriculture, qui vient d'être transférée de Grandjouan à 
Rennes, et qui est inaugurée ce jour-là, par un discours 
de M. Méline, ministre de l'agriculture. Au retour en ville, 
M. Félix Faure va, après le déjeuner à la préfecture, 
visiter le nouveau Palais des Sciences, puis il inaugure le 
monument élevé sur le Champs de Mars aux soldats morts 
en 1870-1871. 

Le feu d'artifice tiré le soir au Champ de Mars fut mal- 
heureusement troublé par l'explosion d'une bombe mal 
chargée, qui blessa grièvement plusieurs spectateurs. 

Le 13 août, le président fut reçu à Fougères, où les 
bouquets d'usage, offerts à la gare par des jeunes filles, 
remis par les cinq reines élues, au mois de mars dernier 
par les ouvrières des fabriques des chaussures, qui jouent 
à Fougères, dans la fête populaire de la Mi-Carême, le rôle 
des blanchisseuses à Paris. 



INAUGURATIONS DIVERSES -^33 

Sur la route de Fougères à Lille, où le présideat se rend 
pour visiter l'Institut des Sourds-Muets, maison mère des 
sœurs de Tlmmaculée-Gonception, un arc de triomphe 
vraiment original avait été érigé sous la direction du garde 
général de la forêt de Fougères. C'était une grande cons- 
truction rustique, sur le toit de laquelle des piqueurs son- 
naient de la trompe, flanquée de deux huttes, où sabotiers 
et sabotières rabotaient, tournaient et creusaient le bois 
qu'ils vont transformer en sabots. 

C'est à Fougères, après le banquet de l'Hôtel-de-Ville que 
s'est terminé le voyage du Président en Bretagne ; et il 
rentra le lendemain 14 à Paris, à sept heures du matin, 
après avoir passé le reste de la journée du 13 à Mayenne 
et à Laval. Ph. M. 



■*«^sAr.AAAA/*J\AA/w^<- ■ ■ 



III. — INAUGURATIONS DIVERSES 



A. — Ligne de la Brohinière à Dinan. 

La ligne de la Brohinière à Dinan, qui a comme gares 
intermédiaires le Hinglé, Trévron, le Quiou, Plouasne, 
Médréac, est longue de 35 kilomètres environ, elle traverse 
le bassin coquillier du Quiou et, avec son prolongement 
vers Ploërmel, elle relie le Morbihan à Dinan, d'où une 
autre section, ouverte depuis plusieurs années, conduit à 
Dinard. Le seul monument de quelque intérêt que l'on 
voie sur son parcours, est le château du Hac, construit au 
XV® siècle, en pierre calcaire, dite fauge dans le pays, et 
qui, quoique converti en ferme, est encore bien conservé 
à Textérieur. L'inauguration a été faite le 26 juillet, par 
M. Turrel, Ministre des travaux publics, auquel s'étaient 
joints M. Marin, directeur de la Compagnie de l'Ouest, M. 



3'ài ANNUAIHI^ DK LA uriKTAGNb; 

Hély d'Oissel, vice-présidunt du conseil d'administration el 
M. Jacquemin, diipulé de la circonscription. La municipa- 
lité de Dinan avait invité spécialement M. Yves Ouyot. 
ancien ministre, et M. Paul Sébillot, ancien chef du Cabi- 
net et du personnel des travaux publics, qui sont tous les 
deux originaires du pays. 

Après II! banquet officiel, qui a eu lieu au Casino, le mi- 
nistre et les invités ont descendu, à bord du Du GuescUii, 
la charmante rivière de Kance et se sont arrêtés à l'écluse 
du Cliàtcllier, à laquelle les riverains désireraient voir 
effectuer certains travaux, qui permettraient d'écluser plus 
facilement les bateaux à vapeur qui, pendant l'été, font un 
service régulier entre Dinan et Saint-Malo. 

li, — Ligne de Châteaubriant à Messac. 

Celte ligne a été inauKurée bien moins solennellement 
que la précédente, le 16 août 1896, par M. Leroux, préfet 
d'IlIe-et-Vilaine, accompagné de plusieurs notabilités dé- 
partementales. 

C. — Ligne de Carhaix à Rosporden, 

Cette ligne à voie étroite, qui complète celle de Morluix 
à Rosporden, a été ouverte en septembre, sans tambours 
ni trompettes. 



rcheatre braluii f.iiaaiil Jansor l;i déi-oli^*. 



SIXIEME PARTIE 



VARIÉTÉS 



DICTONS, CONTES, CHANSONS ET LÉGENDES 



Lb barre de tile, aui Armes de Rbhiics, est une réduclion de celle d'en-lcle 
de; Aupaytde tenues, par K. Orain [Caillicre, éditeur.) 



33G ANNUAIUK DE LA BRETAGNE 



I. - LES GOURMANDISES BRETONNES 



Sans être au nombre des pays réputés pour la bonne chère 
qu'on y fait, la Bretagne est pourtant intéressante au point de 
vue gastronomique. Dans la préface de la Moutarde Celtiqae, 
poème en neuf chants (Saint-Brieuc, 1827), Laennec père 
dressait en ces termes une sorte de catalogue des principaux 
« harnois de gueule » qui étaient renommés à Tépoque où il 
écrivait : 

€ Il était bien malheureux qu'on ne pût être gourmand avec im- 
punité dans un pays de bonne chère. Entouré des bœufs de Carhaix, 
des veaux de Màchecou, des moutons de Plouézec et de Pontcroix, 
des gras doubles de Lamballe ; des poulardes de Rennes et de Guin- 
g:amp ; des chapons de Braspart, des cochons de lait, des canards de 
Pontaven ; des perdrix de Carhaix et de Gourin ; 

u Entouré des truites saumonées de Ghâteaulin, des belles carpes 
de Pontivy, des anguilles de Dijon, des soles de Gherrué, des sardines 
et des rougets de Goncarneau, des turbots de Plestinet de Rosbras, 
des raies nourries sur le doux sable de Douarnenez, des aloses, des 
lamproies, des raies succulentes dont l'Erdre dispute à la Loire le pri- 
vilège de couvrir les tables nantaises ; 

« Entouré des huîtres de Gancale, des huîtres de Tréguier qui 
valent bien leurs compatriotes de Gancale, des huîtres de Belon qui 
valent mieux, des beurres de la Prévalaye et de Quintin qui s'amal- 
gament si délicieusement avec ces miches dorées de Pontscorff et de 
Guichen, des saucisses de Quimper, desAndouillesd'Auray, des choux 
de Saint Brieuc ; des brioches qui naquirent sans doute à Saint- 
Brieuc, comme le démontre Tétymologie du mot ; des biscuits 
d'Auray, des biscotins de Vannes, des crêpes de Lannion et de Pont- 
TAbbé ; de ces brillantes praslines blanches, brunes, roses, lilas, in- 
ventées dans les fêtes de Lorges pour les seigneurs du lieu, nos braves 
et généreux Praslins ; 

« Entouré des laitages de Fougères, des fraises, des groseilles, des 
groseilles-castilles, des abricots, des pêches de Plougastel ; des 
frambroises de Landerneau ; des muscats de Nantes ; des poires de 
Quessoy, des angéliques de Ghàteaubriant .. » 



VAIUKTÉS 337 

Cette énumération est incomplèle^ et les additions que je vais 
y faire, en suivant le même ordre, sont loin de relater tous les 
mets bretons qui ont une réputation locale de quelque étendue. 

1. — Viande de boucherie et volailles. 
Moutons du Gap (Fréhel) ; — Chapons de Janzé ; — Oies du cap 
(Fréhel) ; — Lièvres d'Uzel et de Sainl-Caradec; — Poulardes de Callac. 

2. — Poissons. 
Dès le XTII® siècle, le DU de VApostoile nous apprend que « li Pois- 
sonnier de Nantes » étaient renommés ; c'est peut-être par survivance 
que Ton crie encore à Paris : « Sardines de Nantes I sardines nou- 
velles ! » Parmi les autres sardines, les plus connues sont celles de 
Port-Louis, de Douarnenez et' de Concarneau ; un proverbe breton 
constate Texcellence de ces dernières, en même temps qu'il indique 
où se pèchent dans le Finistère d*autres poissons très-goutés : 

Penn-sardinenn ar Chonkiz, 

Penn-eog ar Chastel-Liniz, 

Ha penn-merluz ar Chon-Bridiz. 

Tète de sardine, ceux de Concarneau ; tête de saumon, ceux, de 
Chàteaulin ; tête de merlu, ceux de Combrit. 

Au XVI® siècle, on connaissait à Paris les lamproies de Nantes. Et 
à Nantes on prise beaucoup les c bigorneaux (vignots) de Saint-Marc » 

— Truites de Minette. 

— Saumon de Gouesnon et de Pontrieux. 

— Carpes de Chaillou (étang de Montauban). 

— Coques du Mont Saint-Michel. 

— Béflns (bec-lin ; sorte de moule), d'Erquy. 

3. — Pains, g^âteaux, sucreries. , etc. 

— Crêpes de Morlaix. 

— Miches de Poligné (pain de seigle). 

— Echaudés de La Bouillie. 

— Fouaces et Cassemuseaux de Nantes et d'IIennebont. 

— Craquelins de Saint-Malo. 

— Bagés de Vitré. 

— Jésuites (pâtisserie triangulaire) de Moncontour. 

— Noces (bouillie d'avoine) de Rennes. 

— Phar de TIle-aux-Moines ; et gâteaux Lorientais. 

— Caramollets de Saint-Brieuc et de Dinan ; berlingots de Nantes. 
Laitages. — Lait à Madame de Dinan. 

— Maingaux de Rennes. 

— Cremets d'Angers, fabriqués aux environs de Nantes. 

— Caillibottes de Nantes (lait caillé). 24 



'J^ ANNUAIHE DK LA BRETAGNE 

On doDQe à ReDoes le nom de p&tés de Bécherel a la galeUe de sar- 
rasin sur laquelle on casse des œufà qu'on bit cuire en même temps 
sur le galetier. 

4. — Ctiarcuterle. 

— ADdouillesdeGahard, de Châteaugiron. 

— Casse de Rennes ; Porcbet de Dol. 

— Terrinée de Matignon. 

— Saucisses de Saint-Aubin du Cormier. 

— Boudin blanc de Rennes. 

5. -~ Fruits et légumes. 

— fraises de Plougaslel. 

— Badlou (cerises] d'Epiniac. 

— Badiolet de Calorguen (confiture de cerises). 

— Poires tapées de Ghàteaugiron . 

— iteinette de Châtelaudren ; Reinette de Moatbran. 

— Besi de Quessoy. 

— Confitures de Gueuna (Gosné) ; c'est une sorte de pommé. 

— Marrons de Redon. 

— Oignons deFinia (Tfflniac). 

— Artichauts de RoscofT. 

— Ëchalottes de RoscofT. 

— Macres de l'Erdre. 

6. — Boissons. 

— <:idres de Retiers, de Lamballe, de Ploucr, de Saint-Caradec, 
de Loudéac, de Pontivj. 

— Vins deVallet (Loire-Infcrieure). 

— Cbameillard (Hydromel) de Dinan. P. S. 



Jeton des Moulbourcher frappé en iGSi, (desBin de P. Ogé). On remarquera 

la deviie philosophique : Dum fervet oila feroet amicitia. Sur le blason 
do cette aucieane famillo, au-desBoua des trois cliasnes ou marmites de gueu- 
les, on lisuil : • Assez d'amis quand elles sont pleines. » 



VAHIÉTES 339 

II. — LA PRINCESSE ENCHANTÉE 

Conte de Basse- Bretagne 

Un jour du mois de juin, Joli Gariou, domestique du manoir de 
Lestrezec, au bord de la rivière le Jaudy, en la commune de Runan, 
vit une couleuvre qui se chauffait au soleil sur les ruines d'une vieille 
tour écroulée. 11 saisit une pierre et se préparait à lui écraser la tète, 
lorsque, à son grand étonnement, la couleuvre lui parla de la sorte : 

— Ne me frappe pas, Joli, mais délivre-moi plutôt et je te ferai roi ! 

— Et que faut-il faire pour cela ? demanda Joli. 

— Peu de chose : me donner trois baisers seulement. Je suis une 
princesse enchantée, retenue depuis trois cents ans sous celte forme, 
par un magicien puissant. Donne- moi trois baisers, et le charme 
sera rompu, je t'épouserai et tu seras roi d'un grand royaume. 

Voilà notre homme bien embarrassé et hésitant. 11 lui répugnait 
singulièrement de baiser une couleuvre, une vipère peut-être, qui 
pouvait le mordre et le faire mourir, après de grandes souffrances. 
Mais aussi, d'un autre côté, épouser une belle princesse et être roi, si 
elle disait la vérité ? Et pourquoi ne dirait-elle pas la vérité ? Dans les 
contes de veillées, l'hiver au coin du foyer, il avait si souvent entendu 
conter les aventures merveilleuses des pauvres gens, comme lui, qui 
étaient devenus rois^ par quelque moyen semblable ! Pourquoi lui- 
même n'aurait-il pas la même chance ?. . . 

Enfin, il s'arma de courage et baisa une fois la couleuvre, sans 
pouvoir aller plus loin. 

— Reâens demain, à la même heure, lui dit-elle, et tu me retrou- 
veras à la même place, mais sous une autre forme, et tu tenteras de 
nouveau l'épreuve. 

Et, ayant dit ces mots, la couleuvre disparut sous les ruines. Joli 
s'en retourna au manoir, et ne dit rien à personne de son aventure ; 
mais, toute la nuit^ il en rêva, et déjà il se voyait assis sur un trône 
d'or massif, tout resplendissant de pierres précieuses, et avec une belle 
princesse à ses côtés. 

Le lendemain, il fut exact au rendez-vous, et y trouva une énorme 
salamandre, avec des taches jaunes et verdâtres, et toute humide de 
venin, croyait-il. Et la salamandre lui dit, comme la couleuvre de la 
veille : 

— Donne-moi trois baisers de suite, et tu seras roi I 

Il la baisa une fois, deux fois, en rassemblant tout son courage^ et 
ne put encore aller plus loin . L'horrible bête qui se gonflait et aug- 
mentait à chaque baiser, lui soulevait le cœur. 



340 ANNUAIRE DE TA BRETAGNE 

— Reviens encore demain, à la même heure, lui dit la salamandre, 
et arme-toi de plus de courage, car ce sera la dernière fois. 

Elle disparut ausailàt lous les ruines, et Joli rentra au manoir, 
mécontent de lui-même. 

Le troisième jour, il trouva au m6me endroit que la couleuvre et la 
salamandre des deux jours précédents, un énorme crapaud qui lui dit : 

— Embrasse-moi trois fois et tu seras roi I 

^ Joli était bien ré- 

solu à aller jusqu'au 
bout cette fois. Il 
embrassa le crapaud 
une fois.. . deux 
fois... et sentant son 
cœur défaillir , il 
ferma les jeux et 
donna le trobicme 
baiser. 

Quand il rouvrit 
les yeux, il vît de- 
vant lui une belle 
princesse, belle com- 
me le jour, qui lui 
parla de la sorte : 

— Merci, Joli Gariou 1 tu m'as délivrée et maintenant je t'appar- 
tiens. Viens recevoir ta récompense. 

Et, le prenant par la main, elle descendit avec lui dans un souter- 
rain, dont la porte s'ouvrit devant eux et les conduisit à un beau 
palais, rempli de trésors de toute sorte. C'était le palais du magicien 
qui la retenait captive, depuis trois cents ans. Le magicien était 
absent. La princesse alla droit ù l'écurie où se trouvaient iKaucoup de 
chevaux et aussi un dromadaire. Elle sortit le dromadaire, et dit à 
son compagnon. 

— Montez vite, prenez-moi en croupe el partons, sans perdre de 
temps. Le magicien ne tardera pas à être instruit de notre fuite, et 
il reatrera aussitôt et se mettra à notre poursuite. Mais j'ai lu ses 
livres de magie, et j'en sais aussi long que lui et nous lui échapperons. 

Et ils partirent. Mais ils n'étaient pas encore loin, qu'ils virent 
le ciel s'obscurcir tout à coup, et un nuage noir s'avancer sur eui 
rapidement. 

— C'est le magicien ! s'écria la princesse. Que notre dromadaire 
soit changé en fontaine, et nous nous deviendrons deux grenouille^ 
au bord de l'eau. 



VABIÉTBS aii 

Ce qui fut fait à l'instant. Le magicien arrivé à la fontaine, des- 
cendit de son nuage, s'arrêta un peu à la contempler, étonné de ne 
l'avoir jamais vue encoi-e, puis il s'en retourna à son château pour 
consulter se» livres. 

La princesse. Joli et le dromadaire revinrent aussitôt à leurs formes 
naturelles et se remirent en route. 

Le magicien reprit sa poursuite, sous différentes formes ; mais 
ctiaque fois, la princesse, par diverses métamorphoses, mettait sa 
science en dciaut, et ils Unirent par atteindre les limites du royaume 
du géant. Ils étaient dès lors sauvés '. 

La princesse conduisit Joli Gariou dans le royaume de son père oii 
elle l'épousa. 

Le vieux roi mourut peu après, et Joli Gariou lui succéda sur le 
trône et vécut heureux avec la reine le reste de ses jours. 

Il parait même que .ses descendants vivent encore dans un pays loin- 
tain, très loin, très loin, du cdté du soleil levant, s'il faut en croire 
les marins de Paimpol et de Saint-Malo qui assurent les avoir vus. 

(Conté par Loais Le Braz. tisserand ù Pr/il en 1873). 

F.-M.Lu/EL. 



La princesse désenchantée, (dessin de Sahib) ; 
de celui de Chgteaulin, 



ANNIJAirtF: DR LA IlItKTAGNE 



III. — LA SERAINE DU FORT LA LATTE 

Légende de la Haale- Bretagne. 

Au temps jadis les paysans qui labouraient sur les côtes de la baie 
de la Fresnafe, et les pêcheurs des havres de Saint-Géran et de la 
Vllte-Norme voyateat parfois paraître au-dessus des vagues un poisson 
d'une forme merveilleuse. Il avait une tËte déjeune ftlle avec une 
chevelure d'or, son corps était celui d'une femme, mais, à partir des 
cuisses, il se terminait comme la queue d'un poisson. On l'appelait la 
Seraine. La Seraine chantait si bien, que les laboureurs et les matelots 
s'arrêtaient pour l'écouler et ne reprenaient leur ouvrage que lorsque 
ses chants avaient cessé. 

Ils aimaient à l'ouïr pendant le jour ; mais la nuit son chant était 



&?. 



s présage signe de tempête ou de mort : aussi les pêcheurs 
qui venaientaur la grève après le coucher du soleil se hâtaient de 
retourner chez eux quand ils l'entendaient. 

Dans tout te pays on racontait qu'elle avait enlevé beaucoup de 
jeunes gens et qu'elle les retenait captifs dans le palais où elle demeu- 
rait sous les flots, entre la pointe de Saint-Cast et celle de La Latte. 
C'est là que vivaient des gens de toute condition qui n'avaient pas su 
résistera son appel : quand elle voyait un jeune homme qui lui plai- 
sait, elle le suppliait de l'attendre et de causer avec elle, et sa voix 
était si douce et si mélodieuse que bien peu avaient le courage de lui 
refuser. Elle s'approchait alors; celui qu'elle réussissait à toucher 
seulement du bout du doigt était forcé de la suivre dans son palais 
sous-marin, et l'on n'entendait plus parler de lui. 



VARIÉTÉS 343 

Un jour qu'un jeune pêcheur de Plévenon avait tendu ses lignes à 
Textrémité du rocher sur lequel a été bâti le château de La Latte, il 
vit sortir de la mer la Seraine, qui s'avança vers lui en se balançant 
sur les vagues, et en laissant flotter au vent ses longs cheveux d*or. 
Elle chantait, et sa voix charmait tellement Toreille que le pêcheur 
restait immobile à Técouter. Quand elle s'approcha du rocher, il se 
rappela qu'elle avait entraîné sous la mer tous ceux qui s'étaient 
arrêtés pour entendre sa musique, et il se leva pour partir. Alors elle 
lui parla d'une voix si douce, en lui montrant une figure si gracieuse, 
qu'il n'eut pas d'abord la force des*en aller. Mais lorsqu'il se souvint 
des histoires qu'il avait entendues, le courage lui monta au cœur, et 
il se dit : « Elle est bien belle, mais si elle s'approche pour me tou- 
cher, je la tue. » Il ouvrit son couteau et l'attendit de pied ferme. 
Quand elle fut arrivée au pied du rocher^ il lui dit : < Ah I Seraine, 
îe veux bien t'entend re chanter^ mais de loin ; n'essaie pas de me 
toucher ou tu es morte. » 

Elle se mit à lui tendre les bras, et à le supplier d'une voix douce 
de la laisser s'asseoir auprès de lui ; tout en parlant, elle monta sur 
le rocher, et quand elle y fut assise, elle allongea le bras vers le pê- 
cheur. Celui-ci hcsilu d'abord à la frapper ; mais voyant que ses 
doigts allaient le toucher, il lui enfonça son couteau dans la poitrine, 
Le sang jaillit, mais au lieu de mourir, la Seraine cessa d'avoir à la 
place des jambes une queue de poisson. Elle devint une belle jeune 
fille, vêtue d'une robe aux couleurs de Tarc-en-ciel, et elle se jeta 
dans les bras du pêcheur, en lui disant : 

c< Ne craignez rien ; vous êtes mon libérateur ; jadis j'ai été méta- 
morphosée par une méchante fée, qui m'avait condamnée à rester 
moitié femme et moitié poisson, jusqu'au jour où j'aurais trouvé un 
homme assez courageux pour résister à la beauté de ma figure et à la 
douceur de mes chants. Vous serez récompensé de votre courage ; 
mais venez, il est grand temps que nous quittions ce rocher, i 

Ils s'éloignèrent ensemble de la pointe et gravirent la falaise. Quand 
ils arrivèrent à l'endroit où se trouve maintenant le second pont- 
levis, la langue de terre qui réunissait le rocher à la falaise se rompit 
comme si elle avait été coupée avec un couteau ; la mer s'engouffra 
dans la tranchée, et le courant y devint si violent que s'ils avaient été 
sur le rocher, il leur aurait été impossible de regagner la terre. C'est 
là l'origine de la coupure que l'on voit encore, et où le courant est 
toujours très fort. 

Au même moment on vit sortir de dessous les flots une multitude 
de gens de toutes conditions, qui chantaient et dansaient, de joie de 



344 ytNMJAIIIE IlE LA BRRTAGNR 

se >oir délivres. C'éUient les prisonniers que la Seraine retenait dans 
son palais sous la mer. 

La Seraine était la fUie du roi de France et elle invita le pécheur 
à l'accompagner jusqu'à Paris Ils arrivèrent au Louvre, et le roi Tut 
heureux de revoir sa fille. 

Avant d'avoir mélamorphosée, la princesse avait été recherchée en 
mariage par un des ministres de son père, et quand elle revint, ii vou- 
lut l'épouser ; mais la princesse dit au roi : -~ Mon père, je ne veux pas 
me marier à votre ministre, qui n'a rien fait pour me délivrer ; don- 
nez-moi plulôl ce pécheur qui a eu le courage de ne pas se laisser 
séduire par la beauté de ma figure et la douceur de mes chants. 

Le roi y consentit, et ils lirent de belles noces. La princesse et son 
mari n'eurent que du bonheur dans leur ménage, et s'ils ne sont pas 
morts ils vivent encore. 

(Conté en fW.T par François Marquer, de Saint~Cast. moassej. 
PaL"l SËniu/ir. 







VARIÉTÉS 345 



IV. — LES SOLDATS DE SAINT-CORNELY' 

Légende da Morbihan. 

Ecoutez tous, petits et grands, le récit des choses merveilleuses par 
lesquelles saint Gornély fit connaître aux gens de notre pays combien 
il était agréable à Dieu ! 

Saint Cornély était pape. Au cours d'une persécution où le sang 
chrétien coula à pleins ruisseaux, pendant neuf jours et neuf nuits, 
dans les rues de Rome, il dut demander son salut à la fuite. Son dé- 
part fut bientôt connu ; et des soldats furent envoyés dans toutes les 
directions, avec ordre de le ramener mort ou vif. Quelles angoisses 
pour le malheureux pape ! Quelles fatigues ! Quels dangers ! S'il par- 
venait un jour à faire perdre ses traces, il se retrouvait le lendemain 
en face de ses persécuteurs plus nombreux, plus acharnés que jamais 
à sa perte. Sept ans entiers il erra ainsi d*un lieu à l'autre, toujours 
fuyant, toujours poursuivi. Dieu le soutint au milieu de ces épreuves 
cruelles, et lui permit d'arriver sain et sauf au fond de la Bretagne, 
sous le déguisement d'un toucheur de bœufs. Quand, poussant de- 
vant lui ses compagnons de misère, deux grands bœufs blancs, il at- 
teignit le village du Moustoir, en Garnac, il put se croire hors de tout 
danger : depuis plus de huit jours, il n'avait pas rencontré un seul 
de ses ennemis. 

— Je m'arrêterai ici, dit-il, — bonne terre, beaux ombrages et 
aussi, sans doute, braves gens. 

Il se trompait de plus de moitié. Presque aussitôt, il entendit une 
femme jurer et un fils insulter sa mère. Le cœur tout attristé, le 
saint fit un brusque saut en arrière. Dans ce mouvement de recul, 
il appuya si fortement le pied droit sur une grosse pierre que Tem- 
preinte de ce pied y est restée depuis lors. Après un court moment 
d'hésitation, il reprit sa marche en avant et descendit au bourg de 
Garnac. Là. une douloureuse surprise l'attendait encore. Les soldats 
païens, qu'il espérait ne plus revoir, occupaient les abords du bourg 
et toute la campagne environnante. Quelques pas de plus, il tombait 
entre leurs mains. Où fuir ? Devant lui la mer immense, — à gauche, 
à droite, partout des ennemis. Il appela son bon ange : 

— Mon bon ange, tire-nioi de péril ! 

— Volontiers. 

' C'est sous ce nom que sont connus, dans le Morbihan, les alignements 
(\e Garnac. 



8 iO 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



— Que faut-il faire ? 

— Entre dans Toreille de Tun de tes bœufs. 

— Comment le pourrais -je ? 

— Dieu faidera. 

Dieu Taida, en effet, à entrer dans cette cachette, et il s'y blottit si 
bien que les soldats romains passèrent près de lui sans Tapercevoir. 

Il y serait resté longtemps, si les mêmes soldats^ auxquels les vivres 
commençaient à manquer, n'avaient fait un jour main basse sur les 
deux bœufs, et ne les avaient emmenés dans la lande du Ménec pour 
les abattre. Saint Cornély appela de nouveau son bon ange. 

— Mon bon ange, tire-moi de péril î 

— Volontiers. 

— Que fa ut -il faire ? 

— Etends les bras et commande à tes ennemis de se changer en 
pierres. 

— Je n'ai pas ce pouvoir. 

— Dieu te l'accordera . 

Et Dieu le lui accorda, comme Tange Tavait dit. Les soldats ro- 
mains, tous sans exception, furent frappés d'immobilité au même 
instant. Ils étaient huit ou dix mille qui, d'Etel à Locmariaquer, des- 
cendaient, en épaisses colonnes : tous, sans exception, furent au 
même instant changés en pierres. A la place qu'ils occupaient ils 
sont demeurés ; à la place où ils se sentirent cloués au sol, on peut 
encore les voir aujourd'hui, non pas tous, — la foudre en a anéanti 



■) 



> 1 ■)a.,/\ I \ 




V 






Les soldats de Saint-Gornély à Carnac, d'après un dessin de Léonce Petit, 
qui appartenait à Henri du Gleuziou. 



VAHIÉTÉS 347 

plusieurs, la maindeshommesen a détruit plus encore,— mais en 
assez grand nombre pour témoigner à jamais du plus grand prodige 
quela bonté infinie de Dieu ait permis à l'un de ses saints d'accomplir. 

Ces pierres sont connues de tout le monde sous le nom de i Soldais 
de saint Cornély. > 

En souvenir du jour où il s'était réfugié dans l'oreille de l'un de ses 
bœufs, saint Cornély a voulu être le protecteur des bètes à cornes, et 
cette faveur ne lui a pas été refusée. Il éloigne des étables le crapaud, 
le sourd, les serpents etlesmauvais esprits ; il empêche les sorcières 
de soutirer la force des taureauit et de gàier le lait des vaches ; il est 
le médecin et le bienfaiteur des troupeaux. 

Honneur au grand saint Cornély, le patron de Carnac ! 

L. F. Sauvé. 



Cette légende fut racontée en i88i à M, Sauvé par un vieux 
paludier du Bréno, dont il n'a pas pris le nom ; quinze ans plus 
tard on la lui raconta au môme endroit, avec quelques variantes 
sans importance. Le début est celui des gaerzennea vannetais, et a en 
effet une sorte d'allure de cantique. 



Celle image, qui est très réduite, faissil partie du fonda de Charles Pierrel. 
graveur d'images populaires à Rennes (18Û3-1S77). Mais elle est anlérieurn 
même à la première de ces datos. La planche appartient actuellement ii 
M, J, Bazouge. imprimeur à Uinsn qui i-n a fait plusieurs tirages : ils sont 
accompagnés d'une prière à ■ Saint Cornély. protecteur des animaux > ; et 
de douze couplets ï Saint C'>rn6ly, sur l'air du Juif errant 



;M8 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



V. — CHANT DU ROI GRALON ET DE LA 

VILLE D'IS 

(Traduit en Jrançais, aussi littéralement que possible de la complainte 
bretonne intitulée : « Guers ar roué Gralon a Kœr Is : var ton Judic 
ac Hokjernez, pe var ton : Bocen ElUan. » (Lannion^ Le Goffic, s. d., 
in-i6, 8 p.). — Il y a d'autres éditions, s. 1. n. d. 

La musique de cette chanson qui se chante sur deux mélodies, dont 
la seconde n'est qu*une corruption moderne de celle-ci, a été notée 
par M. N . Quellien . Les paroles en sont attribuées à OUivier Sou- 
vestre, neveu de Fauteur du Foyer Breton ; et paitirent d abord dans 
son roman Le Cloarec breton. Ce pastiche de gwerz est devenu très 
populaire en Basse-Bretagne, et c'est Tun de ceux qu*on entend le 
plus souvent chanter par les mendiants. Nous n'en donnons que 
la première strophe en breton. 

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Pé - tra * zo né-vez é Ker - Is, Mar d'eo ken 
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drant ar iaou-an - kiz. Ha mar klé - van ar bi-ni- 



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vom-bard hag ar dé - Icn - uou ? 



Qu'y a-t-il de nouveau dans la ville d'is, 
Que si folle est la jeunesse ? 
Et que j'entends le biniou 
La bombarde et les harpes ? 

Il n'y a rien de nouveau dans la ville d'Is 

Que les fêtes qui ont eu lieu tous les jours ; 

Il n*y a dans la ville dis que des choses anciennes. 

Les fêtes qui ont eu lieu toutes les nuits, 



VARIÉTÉS 349 



Les buissons de ronce ont poussé 

AUX portes des églises qui sont fermées ; 

Et sur les pauvres qui pleurent 

On excite les chiens pour les mordre 

A seize ans toutes les filles 

N*ont qu'un Dieu, c'est le péché ; 

Et pour faire sa couronne, 

Elles donnent leurs plus belles roses. 

Ahès, fille du roi Gradlon, 

Le feu de l'enfer dans son cœur, 

En tête du dévergondage 

Amène à sa suite la ville se perdre. 

Saint Guénolé^ avec tristesse, 
Est allé plusieurs fois trouver son père 
Et avec des larmes, l'homme de Dieu 
A dit au roi : 

(( Gradlon, Gradlon, fais attention 

« Aux désordres qu'occasionne Ahès, 

« Car il ne sera plus temps 

« Quand Dieu versera sa colère. 

(c Là où il y avait tant de rires, 

« Il y aura alors des dents grinçantes ; 

« Là où il y avait des chansons^ 

« Il y aura alors des grincements. • 

Et le roi épouvanté 

Sa fille a voulu corriger ; 

Mais abattu par la vieillesse 

Il n'a plus de force de batailler avec elle. 

Et fatiguée des reproches de son père 
Pour se dérober à ses yeux 
Elle a fait avec les esprits du mal 
Un beau palais près des murailles. 

Là, avec ses amoureux 
Régnent toute la nuit les danses ; 
Là, parmi l'or et les perles, 
Gomme le soleil brille Ahès. 



"^ 



350 ANNUAIHB DE LA BRETAGNE 



h 



— « Plaisir à vous, dans ce palais, 
« Filles jolies et garçons lestes 1 

i( Plaisir à vous et n*ayez peur • ; 
Dit le prince en entrant. 

Le prince portait des habits rouges 
Sa barbe était longue et noire 
Et ses membres frémissaient 
Et ses yeux flamboyaient. 

— « Soyez le bienvenu, étranger, 

« Dit Ahès avec sa bouche en fleur, 
« Oui, bien venu pour nous voir 
(( Si vous connaissez les pires choses. 

— «L Alors je serai bien accueilli, 
« Répondit l'étranger ; 

« Car dans le mal je suis aussi instruit 
(( Que celui qui m*a créé. » 

Et aussitôt Ahès de le prier 

De faire une danse avec elle ; 

Et tous, pour insulter Dieu. 

Le plus qu'ils pouvaient blasphémaient. 

Quand cette danse eut pris fin 
Le danseur d'Ahès, en riant 
Et en levant les deux épaules 
Dit : — « Vous ne savez rien ! 

« Prenez-moi de la ville dis 

« Les vases sacrés de Téglise, 

« Prenez la croix du crucifié, 

« Une hostie consacrée et vous verrez ! » 

Ahès répondit en ton de bonne maison : 

— « On les trouvera dans Téglise de mon père 

« Car mon idiot de père croit 

«< En celle fourberie de Nazareth ! >» 



VARIÉTÉS 351 

Trois d'entre eux coururent aussitôt 
Et renversèrent l'autel ; 
Et les choses sacrées furent portées 
Entre des mains maudites. 

Le prince rouge, dès qu'il les vit, 
Du fond de son cœur se réjouit, 
Et dit encore en lui-même : 

— « Plaisir à vous dans ce palais- ci ! » 

D'abord à coups de souliers 
Il brisa les vases sacrés ; 
Ensuite il foula le crucifix 
Et il cracha sur l'hostie 

Et sur eux, avec toute sa fureur, 

En chantant : — « Malédiction à la croix » 

Il fit en sept contorsions différentes 

Les danses des sept péchés mortels. 

Aussitôt le palais trembla 
Et les tonnerres grondèrent *, 
Et à travers leurs regards inquiets 
Brilla le feu bleu des éclairs. 

— <( Et ne voyez- vous pas, dit le prince rouge. 
Que je terrasse Dieu lui-même. » 

Et ils dirent tous avec douleur 

— € Ahès a trouvé son pareil ! » 



A 



Quand il eut fini ses sacrilèges 
Le messager des malins esprits, 
Resté seul au palais. 
S'approcha d'Ahès 

— « Ma jolie amie, fille de Gradlon 

c Et l'adorée de mon cœur, 

< Ne pourrais-je sans inconvénient 

« Voir la clef des murs de la ville d'Is ? » 



'.io2 ANNUAIRE DE LA' BRETAGNE 

— » Mon père porte sur sa poitrine 
€ La clef d'or contre une chaîne ; 
« Et mon père maintenant est couché, 
« Et je ne peux pas avoir la clef. > 

Mais voilà qu il se jette à ses pieds 
Et qu'il baise ses jolies petites mains. 
Et qu'il Taveugle par ses regards 
Chargés de feu et de prières. 



t't 



Sans savoir ce qui se passait 
Alors, quelque temps après 
Dans son palais, le vieux roi 
Etait couché au milieu de la nuit. 

Il n'y avait dans la pauvre chambre de Gradlon 

Rien qu'un crucifix 

Venu de la main d'un ami cher, 

Saint Gorentin, évéque de Quimper. 

Rien qu'un évangile 
Donné encore par un saint homme, 
Donné à lui par Guénolé 
Comme une marque d'amitié. 

Beau dans sa vieillesse, comme un ange 
Dormait le roi de Basse-Bretagne ; 
Et autour de son front ses cheveux blancs 
Faisaient, échevelés, une couronne. 

Alors^ Ahès, la princesse mauvaise, 
Comme si elle eut été aveuglée, 
Dans la chambre, sans peur de Dieu, 
Vient voler la clef. 

En marchant sur le bout du pied, 
La fille approche, légère, de son père ; 
Et doucement de dessus sa poitrine 
Elle enlève, en riant, la chaîne. 



VARIÉTÉS 353 



i\ 



Qui vient là-bas sur la roule 

Monté sur un petit clieval noir 

Et, galopant sur son dos, 

Tellement que le feu jaillit des pierres ? 

Celui-là est le messager de Dieu 
Envoyé à Is au Roi ; 
Celui-là est TApôtre de la Foi 
Saint Guénolé, chéri en Bretagne. 

Il approche en galopant, 

A sa main droite sa crosse d'Abbé, 

Et une étole d'or sur son rochet blanc, 

Et un cercle de feu entourant sa tète. 

Le voilà à la porte du palais 

Où dort le père d'Ahès 

De dessus son cheval, Thomme saint 

Appelle dans la nuit, à voix haute : 

— « Gradlon, Gradlon, lève- toi sans retard 
« Lève-toi pour suivre Guénolé 

« Lève- toi pour fuir devant la mer 

u Les écluses de la ville d*Is sont ouvertes. » 

Et le vieux roi troublé 
Dehors de son lit s*est levé. 

— « A moi, à moi, mon cheval préféré 
« Hélas à jamais perdue est cette ville » 

Et sur son cheval en peu de temps 
Ll court à la suite de son ami cher, 
Et à leur suite, dans un sifflement^ 
Ils entendent la mer qui roule, 

Alors la princesse épouvantée, 
Ayant perdu son amant, 
Par la ville dis, à gauche à droite. 
Gourait échevelée. 



» 



25 



àOi ANNUAIHK DU LA. BRETAGNE 

Quand elle entendit le galop des chevaux 
Devant la mer qui couraient. 
Au travers des éclairs avec anxiété 
Elle reconnut «on père et le saint : 

— " Mon père, mon père, ai vous m'aimax. 
Sur votre cheval léger prenez-moi. > 
Et sans répondre le père tendre 
Enlève sa fille en croupe. 

Aussitôt la mer court plus vile 

Et Guénolc un tremblant 

S'écrie : — * Gradlon. jette ce diable-lii 

Du la ci'uupc de ton cheval ■ 

Cependant encore, plein d'angoisïe 
Le père garde la pécheresse 
Mais le saint fait le signe de croix 
Et lui frappe la tête avec sa crosse. 

Aussitôt la maîtresse du malin esprit 
Roule dans La grande mer furieuse ; 
Et on entend près du vieux Roi 
Un rire sinistre au milieu de la nuit. 

(Traduit poar ia première Jois en français par A. Le GallelPerrin 
de Kerlovarec, daprès an exemplaire communiqué par M. A. Le Braz). 



Lisgo populuicu, probublemi 



VAKIEÏES 



'^bb 



VI. — COMPLAINTE SUR LA CAPTIVITÉ DE 

FRANÇOIS P'^ 

{Texte de M. de Chateaubriand). 



Moderato 




Quand le Roi dé - par-tit de Fran-ce, Vi-vc le 




Roi! A la maie heure il dépar ♦ tit, Vi-ve Lou-is, A la maie 



^^Xui^^^J:! 



^ 



r\ 



heure il dé -par - tit, A la maie heure il dé - par - tit 



Quand le roi départit de France, 

Vive le roi ! 
A la maie heure il départit, 

Vive Louis I 
A la maie heure il départit CbisJ, 

Il départit jour de dimanche. 

Vive le roi ! 
Et jour de lundi il fut pris^ 

Vive Louis ! 
Et jour de lundi il fut pris, fbisj. 



Relire-loi, grand roi de France, 

Vive le roi ! 
Retire-toi, ou tu es pris. 

Vive Louis ! 
Retire- toi ou tu es pris, fbisj. 

Je ne suis pas le roi de France, 

Vive le roi. 
Vous ne savez pas qui je suis. 

Vive Louis ! 
Vous ne savez pas qui je suis, fbisj. 



' Cette chanson me fut chantée en i883 au Dincr Celtique, je crois, par 
M. de la Villemarqué. Lorsque la Revue des Traditions populaires fut 
fondée, je lui rappelai ce souvenir, et il voulut bien m*en envoyer le texte 
et la musique, qui parurent dans la Revue en 1888, p. 820 : sa communication 
était accompagnée d*une curieuse notion trop longue pour que je puisse la 
reproduire ici. L'illustre auteur du Génie du Clir^siianisme la lui avait 
chantée vers i835. — P. S. 



35(5 



ANNUAIRE DE LA BRETAGNE 



Je suis un pauvre gentilhomme 

Vive le roi ; 
Qui va de pays en pays, 

Vive Louis î 
Qui va de pays en pays. ^615 y. 

En demandant la carislade. 

Vive le roi 1 
Unpetit morceau de pain bis. 

Vive Louis ! 
Un petit morceau de pain bis. C^isJ. 

Le soldat qui bien le regarde, 

Vive le roi ! 
Sourit aux paroles qu'il dit, 

Vive Louis ! 
Sourit aux paroles qu'il dit. fbisj. 

A mis la main sous sa cuirasse, 

Vive le roi ! 
Découvre les trois fleurs de lys, 

Vive Louis ? 
Découvre les trois fleurs de lys. CbisJ, 

Via qu'on le prend, v*la qu'on Temmène, 

Vive le roi ! 
Tout droit au château de Madrid, 

Vive Louis I 
Tout droit au château de Madrid. (6û). 

Via qu'on le met dans une chambre, 

Vive le roi ! 
Où on ne voyait jour ni nuit, 

Vive Louis ! 
Où on ne voyait jour ni nuit. (bis). 

Que par un' petite fenêtre, 

Vive le roi ! 
Qui était au pied de son lit, 

Vive Louis ! 
Qui était au pied de son lit. (bis). 



A regardé par la fenêtre. 

Vive le roi î 
A vu un postillon venir, 

Vive Louis î 
A vu un postillon venir, (bis . 

— Beau postillon qui porte lettre. 
Vive le roi ! 

Que dit-on du roi dans Paris ? 

Vive Louis ! 
Que dit-on du roi dans Paris } {bis, 

— S'il est mort y aura grand*guerre 

Vive le roi ! 
S'il est pris y aura encor pis. 

Vive Louis ! 
S'il est pris y aura encor pis. {bis). 

— Beau postillon qui porte lettre. 

Vive le roi ! 
Retourne-t-en vile à Paris. 

Vive Louis ! 
Retourne-t-en vite à Paris, {bis). 

Va t-en dire à mes gentilshommes. 

Vive le roi I 
Qu'ils viennent vite ici me qu*ri, 

Vive Louis ! 
Qu'ils viennent vite ici me qu'ri. {bis), 

S'il manque de l'argent en France, 

Vive le roi ! 
On en trouv'ra à Saint-Denis. 

Vive Louis ! 
On en trouv'ra à Saint-Denis, {bis). 

Que l'on fonde croix et lanternes 

Vive le roi ! 
J usqu'aux dorures du lambris . 

Vive Louis! 
Jusqu'aux dorures du lambris, (bis). 



HEaSAUT DE LA ViLLEM ARQUÉ, 



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VII. — LES LAVEUSES DE NUIT' 




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les la - van - dières 



1 Cette ballade est tirée d*un opéra intitulé Bretagne et Mercœur^ paroles 
d'Armand de la Durantais.musique de Théophile Simon; cette pièce fut^d'après 
une communication do M Adolphe Orain, représentée sur le théâtre de 
Rennes, sans grand succès, le 3 février i837. 



358 ANNUAIBK DE LA BRETAGNE 

Quand sur la grève, 
Au brun de nuit, 
Un chant s'élève 
Tout passant fuit ! 
Vieilles sorcières 
Les lavandières, 
Sur froides pierres 
Lavent sans bruit. 

Celui qui marche 
Le long des bois, 
Entend sous Tarche 
Siffler leur voix ; 
Le torrent gronde, 
Et battant Tonde 
Sourde et profonde, 
Elles sont trois ! 

Trois, et chacune, 
En chevrottant. 
Chante à la lune 
Refrain traînant... 

— Sombre mystère ! — 
La lune' éclaire 

Un blanc suaire 
Sur Teau flottant!... 

Leur chanson folle, 

— Chant de malheur ! — 
Au vent s'envole, 
S'envole et meurt . . . 

Et sur la rive, 
Sombre et plaintive. 
Malheur arrive 
Au voyageur ! . . . 

Passez bien vite : 
Sous leur battoir 
Fume et palpite 
L'onde au lavoir ; 
Une voix grêle 
Dans Tombre appelle... 
Le pied chancelle. . . 
Le gouffre est noir ! 



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VARIÉTÉS 

Quand un glas sonne 
On conte encor, 
, Aux soirs d'automne. 
Qu'un pAtre aux bords 
De ]a rivière 
Sur une pierre 
De lavandière 
Fut trouvé mort ; 

Dans leur suaire 
On le trouva ; 
Avec mystère 
On l'emporta ; 
Et sans prière, 
Au cimetière. 
Dans leur suaire 
OnTenterra 1... 

Quand vous marchez dans les bruyères, 
^iir le bord des torrents, la nuit, 
l'rcnez bien garde aux lavandicreu, 
Aux lavandières de minuit ! 



Lnvandii'tro!! de nuit : d'après un dasain de Lemaniiicr (extrait deii 7 
raïuc publia et Ui Mines dans lei traditions e% nuperslilions de t 
let pni/f par Paul Sébillnl (Rothschild éditeur). 



.'^HO ANNUAIRK DE LA nBETAGNE 



Vni. — DICTONS GEOGRAPHIQUES 

— Menez Arre kein Breiz ; Montagne d'Arrc, échine de la Bretagne 

— La terre du Mené, cent francs la liuchée. 
(A cau^e de son peu de fertilité. 



— Kompeza Braspar:, 
Diveinn Berrien, 
Diradenna Plouie, 

Tri zrn impossubl dn Zoué. 

Aplanir Braspars — Epierrer Berrien, — \rracher la fougère de 
Plouyé — Trois choses impossibles à Dieu. 

— Mor Kerne a zo peskedaz. 
Douar Léon a zo ednz. 

La mer de Cornouaillc est poissonneuse — La ferre de Léon 
abonde en blé. 

— Si la Rieu cassait 

Tout Jngon serait nié (noyé). 

La Rien est une digne au-dessus de Jugon. 

— Ma vankfe chausser ar VrezaH, 
Landerneïz, pakii ho stall. 

Si la chaussée de Brczall vient à manquer — Gens de Landerneau, 
faites vos paquets. 

— Fièvre de Dol. 

Ce dicton cité par Noël du Fail fait allusion à l'insalubrité dont 
étaient cause les marais qui avoisinaient Dol. 

— Pa vezit war boni Landerne 
Fri Léonard, reor Kerne. 

Etes-vous sur le pont de Landerneau, — Votre nez est léonnais 
votre derrière cornouaillais. (Ce pont est à la limite des deux dialectes). 



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P. S. 



VARIÉTÉS 



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IX. — LA CHANSON DE MARIE 

Paroles (T Auguste Brizeux, musique d'Emile Durand^). 



Moderato doJct* 



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gai tour à tour. 



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Hélas! je sais un chant d'à - mour Triste et 

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Cette chan-son douce à l'o- 



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reillc Pour le cœur n'a point sa pa- reille. 



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Hélas! je 






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sais un chant d'à - mour Triste et 



gai tour à loiir 



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J'avais douze ans lorsqu'en Bre 



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Je l'enton - nai sur la mon- ta 



gne. 



Hélas! je 



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sais un chant d'à - mour Triste et gai tour à tour. 

• Cette mélodie est extraite du recueil intitulé : Chants d^Armorique, 
poésies d^Auguste Brizeux, musique d'Emile Durand, publiés avec accom- 
pagnement de piano, cbcz Le Beau, éditeur, ii, rue Saint- Augustin. Cha. 
cime des mélodios se vend séparément. 



ANNUAIRE T)B LA BRETAGNE 



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^^:-nt^l?^l^lîi^i 



RustPdc Marie par ^ayel. «u Mu>ée do Lorient. 



TABLE DES MATIÈRES ET DES GRAVURES' 



0^l^l^*^^0*0^0^0*0^0^0^0^^*^^^'*^***^^^*^^^^^^t 



1 . Armes de Bretagne, avec le collier de la Cordelière, marque 

de l'imprimeur Prudhomme IV 

Préface V 

Hommages à la Bretagne : 

a) par un Breton, Hippolyle Lucas ... .... VU 

2. Barre de Fimprimerie Lemercier à Niort Vil 

b) par un étranger. Th. Davidson, trad. par R. K. . . VIIÎ 

3. Carte linguistique, par Paul Sébillot X 

4. Le Breton et V Aigle vorace XIV 

c) Dits de la Bretagne. P. S XV 

5. Ancien timbre de Bretagne XVI 

PREMIÈRE PARTIE 

MOIS ET ÉPHÉMÉRIDES 

Par René Kervilbr et Paul Sébillot. 

6. Barre ÙQ Fimprimerie bretonne Lemercier à Niort. . . 1 

7 . Médailles ovales de saint Mathurin 4 

8. Ancien plomb de saint Mathurin 5 

9 . Clés de pèlerinage de saint Tujan 8 

10. Ancien timbre de Bretagne 9 

1 1 . Plomb du pèlerinage de Saint-Esprit à Saint-Aubin des- Dois . 12 

12. Ancien timbre de Bretagne 13 

13. Armoiries des tessiers de Quimper 16 

14. Ancien timbre de Bretagne 17 

1.5. Anciennes statuettes de Notre-Dame du Haut 32 

1 6 . Statuettes de Notre-Dame du Haut 33 

17. Saint Cornély, réduction d'une image populaire 36 

18. Ancien timbre de Bretagne C1680J .37 

19. Saint Corentin, rédaction d*une ancienne image 48 

20. Timbre de Bretagne 49 

^ Les grraviireR sont numérotées et leur titre est en italique. 



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TABLE DES MATIKRBS ET DES GRAVURES 



DEUXIÈME PARTIE 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE DE LA BRETAGNE 



Par René Kervïler 



21 /?rïrre de rimprimerie Lemercier à Niort 

A. Sénateurs 

B. Députés 

C. Préfets depuis la création des Préfectures*. . 

22 . Ecusson de Lafolye, imprimeur à Vannes 

D. Conseils généraux actuels 

E. Evêques des cinq diocèses de Bretagne 

2!3. Armoiries de Ms*" Bécel^ évrqne de Vannes 

F. Cour d'appel de Rennes 

G. Tribunaux civils do première instance 

H. Etats-majors des corps d'armée 

I. Etats-majors des préfectures maritimes. 

.T. Académie de Rennes 

K. Services des Ponts-et-Chaussées 

L. Services financiers 

M. Archivistes départementaux 

24 . Marque de Lafolye, imprimeur à Vannes 

Quelques dictons sur la Bretagne et les Bretons. P. S. 



52 



65 
68 
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93 
93 
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TROISIÈME PARTIE 



LA BRETAGNE EN BRETAGNE 



25 . Barre réduction d'une barre frontispice du Vieux Saint- Drieuc 

I. — Mouvement littéraire et scientifique collectif, R. K. 
A. Sociétés savantes 

26. Fleuron de r Association bretonne 

27. Fleuron delà Société Archéologique de Nantes. . 

28 Fleuron delà Société Archéologique de VlUe-ei- Vilaine 

29 Fleuron de la Société de géographie de Saini-Nazaire 

30. Fleuron des Bibliophiles bretons, ... 
B-G. Journaux à publicité périodique R. K. . 

31. Fleuron de l Hermine 



• Erratum à la p. 67 : /j m lieu de: Juncla-Peloiix, lise:! : 



95 

96 
96 
103 
104 
112 
113 
118 
127 



Joucla-Pelous. 



1 

I 



TâBLK DBS MATIÈBES ET DES GRAVURES 365 

32. Fleuron de la Revae historique de V Ouest 128 

D. Ecoles et Facultés. Université de Rennes. J. LoTH. . 129 

33. Saint-Yves entre deux plaideurs, dessin de Paul Chardin. . 133 

E. Bibliothèques publiques, P. S 134 

34. Fleuron de Cathrine 140 

H. — Mouvement littéraire individuel. 
Â. Ouvrages concernant la Bretagne. 

Aa. Histoire 141 

35. Fleuron de Vatar 141 

36. Ancien timbre de Bretagne 143 

37. Fleuron de Lajolye 144 

38. Fleuron de Plihon 146 

39. Fleuron de Caillière 150 

Ab. Villes et châteaux 153 

Ac. Bibliographie, généalogies, noblesse 159 

40. Fleuron de Prud homme 158 

41. Marque de Grimaud 164 

Ad. Archéologie, linguistique 170 

Ae. Traditions populaires 173 

42 Fleuron réduit de la Revue des Traditions populaires. . . 177 

43. Conteuse bretonne y dessin de Paul Hercouét 184 

B. Les poètes bretons, P. de Kerlon 178 

G. Les Bretons au théâtre, O. de Gourcuff 182 

D. Ouvrages divers écrits par des Bretons* 184 

44. Pèlerinage de N.-D. du Haut 

Dd. Les Romanciers bretons, Paul Pekret 192 

111. — Mouvement artistique. 

A. Musées, Paul Sêbillot 193 

B. La Bretagne aux Salons, 0. de Gourcuff 212 

G. Monuments historiques de Bretagne classés. . . . 214 

D. Associations artistiques bretonnes 220 

£. GoUectionneurs bretons ', , , . 221 

45. Crucifix de GravrHnnis 222 

IV. — Statistiques diverses 

A. Agriculture, R. K 223 

B. La Bretagne maritime, Paul Sêbillot 232 

46-57. Douze diagrammes sur les marins et les navires bretons . 233 

Dangers de la côte de Bretagne 237 

G Sports divers, R. K 238 

• Erratuirijp. 187. Lire : Duhic, au lieu de: Duvaiiis. ' .; SJl 



3t)0 TABLK OBS M4T1ÉMKS KT DBS GaAVUHBS 

D. Sociétés de bienfaisance et de secours mutuels, Paul 

GUIEYSSE 2À4 

Db. Sociétés diverses, R. K 247 

V. BIOGRAPHIE 

a). — Bretons vivants : 

Audren de Kerdrel 251 

M"^ Bécel 252 

58. Portrait de M*' Bliel 253 

Alexandre Bertrand 253 

Joseph Bertrand 254 

59. Portrait de J, Bertrand .... 254 

Bourgault-Ducoudray 255 

Général Brault 256 

Amiral de Cuver ville 257 

Abbé Duchesne . 258 

60. Portrait de Vabbé Duchesne 258 

Paul Guieysse 259 

61 . Portrait de Paul Guieysse 259 

Yves Guyot 260 

62. Portrait d^Yves Guyot 261 

Général Jamont 261 

63. Portrait du général Jamont 262 

Arthur de la Borderie 263 

Jules Léveillé 264 

René-Pocard Kerviler 264 

64 . Portrait de René Kerviler 265 

S. £. le cardinal Richard 266 

65. Portrait du cardinal Richard 267 

Paul Sébillot 267 

m. Portrait de Paul sébillot, ]^T ^égàmey 268 

M'^-Trégaro 269 

b). — Nécrologie, 

Henri du Cleuziou 270 

Hersart de la Villemarqué 271 

Luminais 272 

67 . Portrait de Luminais, par lui-même 272 

F.-M. Luzel 273 

68. Portrait de Luzel, dessin d'Alhed/BesLU 273 

Docteur Rochard 575 

Armand Rousseau 275 



TABLE DBS MATlÈRKS KT DES GRAVUHES 367 

69. Portrait (TA. Rousseau, dessin de Krùg 276 

Jules Simon . 277 

70. Portrait de Jules Simon 278 

Général Trochu 280 

Picou, Le Roux, Fenoux, Bigot, Neis, Bouinais, Déman- 
geât, etc 280 

c). — Biographie rétrospective, 

A. La statue de Gharette 282 

B. Le monument d'Alphonse Guérin 283 

G . Le médaillon de Léonce Petit 285 

71. Léonce Petit, médaillon de Leroux 286 

D. Plaque sur la maison de Renan à Tréguier .... 387 

72. Maison natale de Renan 287 

73. L'An/fou, dessin d'Alfred Beau 288 



QUATRIÈME PARTIE 

LA BRETAGNE HORS BRETAGNE 

Par Paul Sébillot. 

74. Les armes de Paris entourées d'hermines de Bretagne, barre 

Jrontispice 289 

I. — Statistique 290 

75. Répartition géographique des Bretons en France^ carte 

deM.V.Turquan 292 

II. — Associations bretonnes à Paris : La Pomme ; — le Dîner 

celtique ; — l'Association bretonne-angevine ; — la So- 
ciété artistique et littéraire de TOuest ; — TUnion bre- 
tonne ; — le Gui ; — la Bretagne ; etc 292 

76. Fleuron de V Annuaire de la Pomme. Paul Hercouet. . . 298 

77. Le dmer CeWigue, dessin de Sahib, Vie parisienne. . . . 301 

78. Fleuron de r Association bretonne- angevine 303 

79. Fleuron du Gui 306 

III — Personnalités bretonnes bors Bretagne, L. de K, . . 290 

IV. — GoUectionneurs bretons à Paris .309 

80. Image populaire de Barbe bleue 308 



■Hiti TAflLK DKS MATIÊ 

CINQUll 

LES ÉTRANGE 

81. Bai-re du Vieax Sainl-Briei 

I. — Congrès nationaux oi 
iJii. Ancien timbre de Bretagne. 

II. — Le voyage prùsidentie 
lir. — Inaugurations diveri 

B:!. t ircheilre breton poar la dér 

VAI 

84. Barre da livre : Au puys de 
I. — La gastronomie bre 

Sô. Jeton det Montboarcher. 
IT. — La princesse enchan 
F.-M. LuzEL, 

86. Le Breton et le crapaud, dea 

87. Le dètenchantemeni de la pr. 

III. — La Seralnc du fort l 

88 . Le pécheur et la sirène, dessi 
8'J, Fée de la Rance, dessin de S 

I V. — Les soldats de saint 
yo. Les aUynements de Carnae, di 

91 . Saint Cornély, image popui 

V, — Lu complainte de Gr 

92. Le roi Grallon, réduction d'i. 

VI, — Complainte sur lacaf 

\ H. — Les laveuses de nuit. A 

93. Lavandières de naits, dessin i 

VIII. — Dictons gcographiq 

IX. — La chanson de Marie 

94. Marie, buste de Mayel. 

I 
Voiiuies. — imprimerie I 



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PRINCIPAUX OUVRAGES 

DiiS MÊMES AUTEURS SUR LA BRETAGNE 



I. - OU VRAC, KS l)>: M. UKNi: KKKVILKR 

La Breta8:ne a l'Académie française au XVII« siècle cou- 
ronné par l'Aradémie^ . -Paris. Palmé. 1S78, in-8'^. 

L^ Bretasrne à l'Académie française au XVIIl* siècle .'men- 
tionné p'ir r Vcadéinici — ifjiJ. i8>^r». in-8''. 

Notice sur le port de Saint-Nazalre — Paris, imp. Nal. ^^S'f. in-i" 

Recherches et notices sur les députés de Bretagrne aux 
Etats-généraux de 1789. — Hennos, Pliiion rt Hervé. 1889, j vol. 
in 8'> 

Cent ans de représentation bretonne. — Pari.s. Perriii, a fasci- 
cules. in-8^. 

Armorique et .Bretagrne — Paris, Ciianipion 1891, 3 vol. in-8'J. 

Essai d'une bibliographie des publications périodiques de 
la Bretpgne : I, Morbihan, a, Côtes-du-Nord, 3, Finistère! 

— Ucnnes^ Plihon et l^crvé, :'• fasc. in-8 (sous presse Loire-Inférieure ut 
llle-ot-Vilaine/. * 

Répertoire général de Bio-Bibliographie bretonne. — fïenne.'<. 
Plihon et Hervé. Aa-CI . 'J vol in-8. 

a —OU VU AGIOS Dli: M. PAUL SÉmLLOT. 

Contes populaires de la Haute-Bretagne, i'« série — Paris, Pi- 
Ijliolhèquc Cliarpentier, 18^0, in-i^ 3 fr. 5o 

Contes des paysans et des pécheurs, a" série des Corttes popii' 
laires de la Haute-Brelagnr. — Paris, Bibliothèque Charpentier, i>î8i, 
in-i8. 3 fr. 5o 

Littérature orale de la Haute-Bretagne, — Paris, Maisonneuvc, 
iîs8j, in-ia eizévir ."> f r 

Contes des Marins, 3« série des Contes populaires de la Haute- 
Bretagne, — Biiiliothèque Charpentier, 1882, in-i8. ... ^ fr. 5o 

Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne. — PariSj 
Maisonneuve, 18H2. 2 vol. in-12 eizévir lo fr 

Contes de terre et de mer. Légendes de la iL'iulerBrelagne(illnslraiions 
de L5clleng:or, Léonce l^etit, Sahib). — Charpentier, 18SJ i vol. in-8'* êp. ■ 

Coutumes populaires de la Haute-Bretagne, — Paris, Maison- 
neuve, ?888, \{ï-\\ elzcur 5 fr. 

Bibliographie des Traditions et de la littérature populaire 
de la Bretciferne (en colloboration avec M. H. Gaidoz.) i883.in-S'>,ép"'«f' 

Bibliographie des tr* ditions populaires de la Bretagne 

Paris, Le Chevali.r. iSgy in-S*^. 

La Légende dorée de la Hàute-Brotagne (sous Presse).