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Full text of "Annuaire de l'Association pour l'encouragement des études grecques en France"

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Jmrws. 



»8'7 




ART tS SCIBWTIA VERITAI 



ANNUAIRE DE L'ASSOCIATION 



POUR L'ENCOURAGEMENT 



DES ÉTUDES GRECQUES 



EN FRANCE 



Les réunions du Comité ont lieu à l'École des 
Beaux-Arts, à quatre heures, le premier jeudi de 
chaque mois; tous les membres de la Société ont le 
droit d'y assister, et ont voix consultative. Elles sont 
interrompues pendant les mois d'août, de septembre 
et d'octobre. 

L'Assemblée générale annuelle a lieu le premier 
jeudi qui suit la Fête de Pâques. 

La bibliothèque de l'Association (17, rue Bonaparte) 
est ouverte tous les jeudis, de 1 & 4 heures. 



Les demandes de renseignements et les commu- 
nications relatives aux travaux de l'Association doi- 
vent ôtre adressées, franc de port, à l'Ecole des Beaux- 
Arts, li, rue Bonaparte. 



Les membres de l'Association sont priés de vouloir 
bien envoyer le montant de feur cotisation, en un 
mandat de poste, à M. Ch. -Emile Ruelle, agent et 
bibliothécaire de l'Association, 17, rue Bonaparte. 

Tout membre qui, après deux avis, n'aura pas 
payé sa cotisation, sera considéré comme démis- 
sionnaire. 



i ANNUAIRE 



DE ^ASSOCIATION 



POUR L'ENCOURAGEMENT 



DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANCE 



BtMUM èltUintmeat d'itOiti pibliqi* par déent di 7 jvfllit 1868 



i8« Année, 1884 



PARIS 

AO SIÈQ8 DE L'ASSOCIATION, ÉOOLE DES BEAUX-ARTS 

1-1, RUB BOMAPARTB, 14 

MAISONFEDYS ET CH. LEGLERG. LIBRAIRES-ÉDITEURS 

S>, QUAI VOLTAUtE BT 5, QUAI UALAQUAIS 



1884 





%7p¥p^ ASSOCIATION 



POUR l'encouragement 



DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANCE 

.1 

(Reconnue établissement d'utilité publique 
par décret du 7 juillet 1869.) 



STATUTS. 

g I. Objet de l'Association. 

Art. 1". L'Association encourage la propagation des 
meilleures méthodes et la publication des livres lès 
plus utiles pour le progrès des études grecques. Elle 
' décerne, à cet effet, des récompenses. 
i_ 2. Elle encourage, par tous les moyens en son pou- 
voir, le zèle des maîtres et des élèves. 

3. Elle propose, s'il y a lieu, des sujets de prix, 
t / 4. Elle entretient des rapports avec les hellénistes 
étrangers. 

5. Elle publie un annuaire ou un bulletin, contenant 
j,^ l'exposé de ses actes et de ses travaux, ainsi que l'indi- 
cation des faits et des documents les plus importants 
qui concernent les études grecques. 

§ II. Nomination des membres et cotisations. 

6. Le nombre des membres de l'Association est illi- 
mité. Les Français et les étrangers peuvent également 
en faire partie. 



— VI — 

7. L'admission est proDoncôe par le Comité» sur la 
présentation d'un membre de TAssociation. 

8. Les cinquante membres qui, par leur zèle et leur 
influence, ont particulièrement contribué à rétablisse- 
ment de PÂssociation, ont le titre de membres fondateurs. 

9. Le taux de la cotisation annuelle est Qxé au mini^ 
mum de dix francs. 

10. La cotisation annuelle peut être remplacée par le 
payement, une fois fait, d'une somme décuple* La per- 
sonne qui a fait ce versement reçoit le titre de membre 
donateur. 

§ IIL Direction de l'Association. 

il. L'Association est dirigée par un Bureau et un Go^ 
mité, dont le Bureau fait partie de droit. 

12. Le Bureau est composé de : 

Un Président, 

Deux Vice-Présidents, 

et de au moins : 

Un Secrétaire-Archiviste, 
Un Trésorier. 

Il est renouvelé annuellement de la manière sui- 
vante : 

1*^ Le Président sortant ne peut faire partie du Bu- 
reau qu'au bout d'un an ; 

â® Le premier Vice-Président devient Président de 
droit; 

3* Les autres membres sont rééligibles ; 

4^ Les élections sont faites par l'Assemblée générale, 
à la pluralité des suffrages. 

13. Le Comité, non compris le Bureau, est composé 
de vingt et un membres. Il est renouvelé annuellement 
par tiers. Les élections sont faites par l'Assemblée gé- 
nérale. Les sept membres sortants ne sont rééligibles 
qu'après un an. 



— VII -i^ 

14. lout membre, soit du Bureau, soit du Comité, 
qui n'aura pas assisté de Tannée aux séances, sera ré- 
puté démissionnaire. 

15. Le Comité se réunit régulièrement au moins une 
fois par mois. Il peut être convoqué extraordinairement 
par le Président. 

Le Secrétaire rédige les procès-verbaux des séances ; 
ils sont régulièrement transcrits sur un registre. 

Tous les membres de TÂssociation sont admis aux 
séances ordinaires du Comité, et ils y ont voix consul- 
tative. 

Les séances seront suspendues pendant trois mois, 
du 1*' août au 1" novembre. 

16. Une Commission administrative et des Commis- 
sions de correspondance et de publication sont nom- 
mées par le Comité. Tout membre de l'Association peut 
en faire partie. 

17. Le Comité fait dresser annuellement le budget des 
recettes et des dépenses de l'Association. Aucune dé- 
pense non inscrite au budget ne peut être autorisée par 
le Comité que sur la proposition ou bien après l'avis 
de la Commission administrative. 

18. Le compte détaillé des recettes et dépenses de 
Tannée écoulée est également dressé, présenté par le 
Comité à Tapprobation de l'Assemblée générale et 
publié. 

§ IV. Assemblée générale. 

19. L'Association tient, au moins une fois chaque an- 
née, une Assemblée générale. Les convocations ont 
lieu à domicile. L'Assemblée entend le rapport qui lui 
,est présenté par le Secrétaire sur les travaux de T Asso- 
ciation, et le rapport de la Commission administrative 
sur les recettes et les dépenses de Tannée. 

Elle procède au remplacement des membres sortants 
du Comité et du Bureau. 

Tous les membres de l'Association résidant en France 



sont admis à voter, soit en personne, soit par corres- 
pondance. 

20. Les présents statuts ne pourront être modifiés 
que par un vote du Comité, rendu à la majorité des 
deux tiers des membres présents, dans une séance 
convoquée expressément pour cet objet, huit jours à 
Vavance. Ces modifications, après Tapprobation de 
l'Assemblée générale, seront soumises au Conseil d'E- 
tat. 



LA MÉDAILLE DE L'ASSOCIATION 



Cette médaille, œuvre de notre confrère, M. C.-L. Chaplain, 
membre de Tlnstitut (Académie des Beaux- Arts], porte au droit 
une tête de Minerve, dont le casque, décoré de fleurons, de 
feuilles d* olivier et d*une figure de Sphinx, rappelle à la fois 
les anciennes monnaies d'Athènes et les belles monnaies de Thu- 
rium. Le module est de 55 millimètres. 

Elle pourra être décernée avec une inscription spéciale, par 
on vote du Comité, aux personnes qui auront rendu à l'Associa- 
tion des services exceptionnels. 

Le Comité a décidé aussi qu'elle serait mise à la disposition 
de tous les membres de TAssociation qui désireraient l'acquérir. 
Dans ce cas, elle portera, sur le revers, le nom du possesseur 
avec la date de son entrée dans l'Association. Le prix en a été 
fixé comme il suit : 

L'exemplaire en bronze 10 fr. 

— en argent 30 

Ceux de nos confrères qui voudraient posséder ^ cette œuvre 
d*art devront adresser leur demande à M. Ruelle, agent et bi- 
bliothécaire de l'Association, à l'Ecole des Beaux- Arts, rue Bo- 
naparte, Paris. Ils sont priés d'envoyer d'avance la sonmie 
fixée, suivant qu'ils préfèrent la médaille en argent ou en 
bronze, afin que l'on puisse y faire graver leur nom. Ils vou- 
dront bien, de plus, joindre à cet envoi l'indication des noms 
et prénoms qui doivent former la légende. Les membres qui 
habitent la province ou l'étranger devront désigner en même 
temps la personne de confiance par laquelle ils désirent que 
la médaille soit retirée pour eux, ou le mode d'envoi qui leur 
convient. Les frais d'expédition seront naturellement à leur 
charge. 



MEMBRES FONDATEURS DE L'ASSOCIATION. 

(1867.) 

MM. 

ib>EBT, ancien professeur de littérature grecque à FAcadèmie de 
GenèTe, rédacteur en chef du Journal de Genève. 

t Alexandrs (Ch.) (1), membre de Tlnstitut. 

BEBTBAin) (Alexandre), membre de Tlnstitut, directeur du Musée 
de Saint-Germain. 

t Beulé, secrétaire perpétuel de TAcadémie des Beaux-Arts. 

Bréal (Michel), membre de Tlnstitut, professeur au Collège de 
France. 

t Bbunet de Prbslb, membre de Tlnstitut. 

Bubnouf (Emile), ancien directeur de TEcole française d*A- 
thènes, 

Campaux, professeur à la Faculté des lettres de Nancj. 

Chassano, inspecteur général de Tlnstruction publique. 

t Dabbmbebo, de la bibliothèque Mazarine. 

f David (baron Jérôme), ancien vice-président du Ck)rp8 légis- 
latif. 

f DehAqub, membre de Tlnstitut. 

Deltamnis (Théodore-P.), ministre plénipotentiaire de S. M. 
Hellénique. 

t Devoir (Gustave), membre de TÉcole d'Athènes. 

t DiDOT (Ambroise-Firmin), membre de Flnstitut. 

t DuB^ŒR, helléniste. 

DuRUT (Victor), membre de Tlnstitut, ministre de T Instruction 
publique. 

Egger, membre de Flnstitut, professeur à la Faculté des let- 
tres de Paris. 

EiCHTHAL (Gustave d*), membre de la Société asiatique. 

GmEL, proviseur du lycée Louis-le-Grand. 

Girard (Jules), membre de Tlnstitut, professeur à la Faculté des 
lettres de Paris. 

(1) La croix indique les membres fondateurs décédés. 




— XI — 

GouMT, rédacteur en chef de la Revue de l'Instruction pu- 
blique. 

t GuiGNiAUT, secrétaire perpétuel de T Académie des Inscriptions. 

Hatbt, membre de Tlnstitut, professeur au Collège de France. 

Hbuzey (Léon), membre de Tlnstitut, professeur à TÉcole des 
Beaux-Arts. 

HiGNABD, professeur à la Faculté des lettres de Lyon. 

HiLLEBBAND, aucicu profossour à la Faculté des lettres de Douai. 

Jourdain (Charles), membre de Tlnstitut. 

Legouvé, de TAcadémie française. 

Lévéque (Charles), membre de Tlnstitut. 

-)- LoNGPÉRiER (Adrien de), membre de F Institut. 

Mauby (Alfred), membre de Tlnstitut. 

Mêlas (Constantin], de la maison Mêlas frères, à Marseille. 

Mn.LKR (Emm.), membre de Tlnstitut. 

-|- Naudet, membre de Tlnstitut. 

-{- Patin, de l'Académie française, doyen de la Faculté des let- 
tres de Paris. 

Perrot (Georges], membre de Tlnstitut, professeur à la Faculté 
des lettres de Paris. 

Ravaisson (Félix), membre de l'Institut . 

Kenan (Ernest), membre de Tlnstitut. 

Renier (Léon), membre de Tlnstitut. 

-|- Saint-Marc Girardin, de T Académie française. 

-|- Thénon (rabbé), directeur de TÉcole Bossuet. 

-|- Thdrot, membre de Tlnstitut, maître de conférences à TÉcole 
normale supérieure. 

Valbttas (J.-N.), professeur, à Londres. 

jf YiLLEMAiN, secrétaire perpétuel de l'Académie française. 

f Vincent (A.-J .-H.), membre de l'Institut. 

Waddinoton (W. -Henry), membre de l'Institut, sénateur. 

Weil (Henri), n^embre de l'Institut. 

Wescher (Carie), conservateur à la Bibliothèque nationale. 

Witte (baron J. de), membre de l'Institut. 



— XII — 

MEMBRES FONDATEURS POUR LES MONUMENTS 

GRECS. 

» 

(1875-1884.) 

Le Ministère de rinstniction publique. 

Le Musée du Louvre. 

L^École nationale des Beaux-Arts. 

L'Université d'Athènes. 

Le Syllogue d'Athènes pour la propagation des études grecques. 

Le Syllogue littéraire hellénique du Caire T Union. 

MM. 

BABTHÉLElfT SaINT-HiLAIRE. 

Basili (Demetrio). 
BiRÉLAS (D.). 
Bbault (Léonce), 
f Brunbt de Presle. 
Gasathéodort (Etienne). 
Gastx>rchi (Euthymios). 
f Ghasles (Michel). 

GOROHILAS. 

t DiDOT (A.-F.). 

Drêmb. 

DuMONT (Albert). 

Egoer (Emile). 

EiCHTHAL (Gustave d*). 

FoucART (Paul). 

Hachette et G^*, libraires éditeurs. 

Hanriot. 

Heuzet (Léon). 
+ Laprade (V. de). 
Lecomte (Gh.). 
MisTO (H.-P.). 
Nbgrepontis. 



— Xlll — 

f OcHEBDE Beaupré (colonel). 
Pabmbntieb (général). 
Pélicier (P.). 
Pbbhot (Georges). 

Piat(A.). 

Queux de Saint-Hilaire (marquis de). 

RODOCÂNARI (P.). 

Saripolos (Nicolas). 

f Stmvoulidis. 

Stmgbos (A.) 

Vanby. 

Vebna (baron de). 

WiTTB (baron J. de). 

t Wyndham (George) - 

t Wtndham (Charles). 

Zajtibopulo (E.). 

ZoGBAPHOS (CHiristakis Ëffendi). 

M. Zographos, déjà fondateur du prix qui porte son nom, a souscrit & 
l'ceavre des Monuments grecs pour une somme de cinq mille francs. — 
M. le baron de Witte et M. Q. d'Eichthal ont souscrit chacun pour une 
somme de quatre cents francs. 



ANCIENS PRÉSIDENTS DE L'ASSOCIATION. 

1867. MM. Patin, membre de. Tlnstitut. 

1868. Eggeb, Id, 

1869. Beulé, Id, 

1870. Bbunet de Presle, Id. 

1871. Egqer, Id. 

1872. Thurot, Id. 

1873. Miller, Id. 

1874. Heuzey, Id. 

1875. Perrot, Id. 

1876. Eggbr, Id. 

1877. Ghassang, inspecteur général de TUniversité. 

1878. FoucART, membre de l'Institut. 



— XIV — 

1879. MM. GiDEL, proviseur du lycée Louis-le^rand, 

1880. Dabbste, membre de Tlnstitut. 

1881. Wel, Id. 

1882. Miller, Id. 

1883. Queux de Saint-Hil.vire (marquis de). 



HEHBRES DU BUREAU POUR 1884-85. 

Président honoraire : M. Ém. Egoer. 
Président : M. GLACHAin'. 
lo»" Vice-président : M. Ch. Jourdain. 
2^ Vice-président : M. Albert Dumont. 
Secrétaire-archiviste : M. A. Croiset. 
Trésorier : M. J. Magnabal. 



MEMBRES DU COMITÉ POUR 188&-83. 

Nommés en 1882. 

MM. Cartault. 

L*abbé DucHESNE. 

dussouchbt. 

Gebhart. 

Huit (Ch.). 

Petit de Julleville. 

Weil (Henri). 

Nommés en 1883. 

MM. BlRÉLAS. 

D*EicHTHAL (Gustave). 

Girard (Paul). 

H^zBT (Léon). 

Laluer. 

Miller. 

Talbot. 



— XV — 

Nommés en 1884. 

MM. Bréal (Michel). 

CoLLiGNON (Maxime). 
DuRUY (Victor). 

GiDSL. 
HOMOLLB. 

HoussATB (Henry). 

M*' DE QUJBUX DE SaINT-HiLAIRE. 



COMMISSION ADMINISTRATIVE. 

MM. Chassang. 

EicHTHAL (Gustave d'). 

HousSAYE (Henry). 

Lapebche. 

Pesson. 

Talbot. 



COMMISSION DE PUBLICATION. 

MM. Dabeste. 
Heuzet. 

HoussAYE (Henry). 
Perrot. 
Talbot. 



COMMISSION ARCHÉOLOGIQUE. 

MM. CoLLiONON (Max.). 
Guillaume. 
Héron de Yillefosse. 
Heuzey (L.). 
Perrot (G.). 
WiTTE (De). 



— XVI — 

MEMBRES DONATEURS. 

MM. 

Adam (M°»« JuUette), & Paris. 

Alpherakis (Achille), à Taganrog (Russie]. 

Anqubtil, inspecteur d'Académie, à Versailles. 

Antrobus (Fr.), à Londres. 

Athanasiadis (Athanasios), à Taganrog (Russie). 

AvGERiNOS (Antonîos), à Taganrog. 

Banque nationale de Grèce, à Athènes. 

Barenton (Arm.), à Paris. 

Babet, avocat, à Paris. 

Basiadis (Héraclès-Constantin), à Constantinople. 

Bbbr (Guillaume), à Paris. 

Bbbrangeb (Fabbé H. de), à Surville, par Pont-FÉvéque (Cal- 
vados). 

Berthault (Guillaume), docteur ès-lettres, à Paris. 

f Beulé (Ernest), secrétaire perpétuel de TAcadémie des Beaux- 
Arts. 

1 BiENATMÉ (Jules^ membre de Tlnstitut. 

BiKÉLAS (D.), à Paris. 

BiMpos (Th.), archevêque de Mantinée. 

Blampignon (Fabbé), à Paris. 

BouNos (Élie), à Paris. 

Braïlas (Armbnis), ministre de Grèce, à Londres. 

Brault (Léonce), ancien procureur de la République, à Paris. 

i Brunet de Preslb (Wladimir), membre de Tlnstitut. 

Brtennios (Philothéos), archevêque de Nicomédie (Turquie). 

Calvbt-Rogniat (le baron Pierre), licencié ès-lettres, à Paris. 

Carapanos (Constantin), correspondant de T Institut, à Arta 
(Grèce). 

Caratheodort (Et.), ministre de Turquie, à Bruxelles. 

Cartault (A.), maître de conférences à TÉcole normale supé- 
rieure. 

Casso (M°>e), à Paris. 

Castorchi (Euth.), professeur à TUniversité d* Athènes. 

Charamis (Adamantios), professeur à Taganrog. 




— XVII — 

1 Cha^sles (Michel), membre de Tlnstitut. 

Ghaslbs (Henri), à Paris. 

Ghassiotis (G.), fondateur du lycée de Péra, à Paris. 

Chbvbisb (Ad.), avocat général, à Paris. 

Ghoist (Auguste), ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Paris. 

-j- Ghbistopoulos, ministre de Tlnstruction publique en Grèce. 

Chrtsobelonis (Léonidas), négociant, à Manchester. 

Clado (Costa), à Paris. 

CoifBOTHBCRAS (Sp.), à Odessa. 

CoNSTANTiNiDis (Zauos), à Coustantinople. 

CoRONio (Georges), à Paris. 

Ck>uMANOUDis (Ét.-A.),- professeur à l'Université d'Athènes. 

CousTÉ (E.), ancien directeur de la manufacture des; tabacs, à 
Paris. 

Croisbt (Alfred), professeur adjoint à la Faculté des lettres de 
Paris. 

GBOiaET (Maurice), professeur à la Faculté des lettres de Mont- 
pellier. 

CuGBBVAL (Victor), À Paris. 

Damasohino, à Paris. 

Dareste (Rod.), membre de Tlnstitut, à Paris. 

Dellaporta (Yrasidas), à Taganrog. 

Dbltamnis (N.), ministre de Grèce, à Belgrade. 

Demotrelias (C), à Odessa. 

"j" Desjardins (Charles-Napoléon)* 

Desjardins (M^^*^ veuve Charles-Napoléon), à Versailles. 

-f Deville (Gustave), docteur ès-lettres, membre de TÉcole fran- 
çaise d'Athènes. 

Deville (M™® veuve), à Paris (1). 

•f DiDiON, inspecteur général des Ponts et chaussées 

•j- DiDOT (Ambroise-Firmin), membre de l'Institut. 

DiDOT (Alfred), libraire-éditeur, à Paris. 

DoRiSAS (L.), à Odessa. 

DouDAS (D.), à Constantinople. 

DouLCET (Henry), à Paris, 

(1) Don d'une rente annuelle de 500 hrancs. 

Amnuaire 1884. b 



— xvni — 

DozoN (Aug.), consul de France À Larnaka (lie de Chypre). 

Dbébie, président de la cour d^appel d'Agen (Lot-et-Garonne). 

DupuT, ancien proyiseur, à Saint-Germain^n-Laye. 

DuRUY (Victor), membre de Tlnstitut, à Paris, 

EcoLB hellénique d*0de88a. 

ËGGSB, membre de Tlnstitut, à Paris. 

EicHTHAL (Gustave d*), membre de la Société asiatique, à Paris. 

Faueros (Nicolas), à Taganrog (Russie). 

Fallex (Eug.), proviseur du lycée de Versailles, 
Ferry (Jules), député, président du conseil, ministre des arai- 
res étrangères, à Paris. 
Fdc (Théodore), colonel d*état-major, à Lille. 
FoucABT (Paul), membre de Tlnstitut, à Athènes. 
Gennadios , premier secrétaire de la légation hellénique à 

Vienne. 
Gevaert (F.-Aug.), directeur du Conservatoire royal de musique, 

4 Bruxelles. 
GiANNAROs (Thrasybule), négociant, à Constantinople. 
GiDBL (Ch.), proviseur du Lycée Louis-le-Grand, 
t GiLLON (Félix), magistrat à Bar-le-Duc. 
t GiRAUD (Ch.) membre de Tlnstitut. 

Glachant (Ch.), inspecteur général de l'Instruction publique. 
Gk)iRAND (Léonce), avoué près le tribunal civil de la Seine, à 

Paris. 
CbiRAND (Léopold), avoué près la cour d*appel de Paris. 
GœwEr (l^abbé), docteur ès-lettres, à Lyon, 
Grégoire, archevêque d*Héraclée, à Constantinople, 
t GuMUCHGUEROANE (Michalakis) , à Philippopolis. 
GvBfNASE DE Janina (pour 15 ans). 
Hachette (L.) et C*', libraires-éditeurs, à Paris. 
Hanriot, professeur à la Faculté des lettres de Poitiers. 
Hadvette-Besnault (Amédée), professeur au Collège Stanislas. 
Havet (Ernest), membre de Flnstitut, professeur au Collège de 

France. 
Havet (Louis), maître de conférences à la Faculté des lettres dé 

Paris. 
HAVFr (Julien), attaché à la Bibliothèque nationale, à Paris. 



Heuzey, conseiller à la cour d*appel de Rouen. 

Heuzby (Léon), membre de Tlnstitat, à Paru. 

HoussAYB (Henry), homme de lettres, à Paris. 

Inglessis (Alex.), à Odessa. 

Jasonidis, à limassol (lie de Chypre]. 

•f JoHANNiDis (Emmanuel), censeur hellène, à S^Pétersbourg. 

JoLLY d'Aussy (D.-M.), au château de Crazannea (Charente- 
Inférieure). 

Jordan (Camille), membre de Tlnstitut, à Paris, 

JoRET (Ch.), professeur à la Faculté d'Aix> 

Kalvocoressis (J. Démétrius), négociant, à Constantinople. 

K0NTO8TAVLOS (Alexandre), à Athènes. 

KoNTOSTAVLos (Othon), à Marseille. 

•f- RosTÈs (Léonidas), à Taganrog. 

Erivtschofp (M°**), à Moscou. 

t Labittb (Adolphe), libraire à Paris. 

f Lacroix (Louis], professeur à la Faculté des lettres de Paris. 

Landellb (Charles), peintre, à Paris. 

Laperche, à Paris et à Provins. 

Lattry (A.), à Odessa. 

Lattry (Georges), président du musée et de la bibliothèque do 
l'École évangélique, à Smyme. 

t Lattry (D' Pélopidas), à Odessa, 

Lecomte (Ch.), à Paris. 

LEGA.NTINIS (J.-E.), à Odessa. 

Legrand (Emile), à Paris. 

Lereboullet (le docteur Léon), à Paris. 

LuDLOw (Th.-W.), à New-York. 

Macmillan (Georges-A.), éditeur, à Londres. 

Maggiar (Octave), négociant, à Paris. 

Maisonneuve, libraire éditeur, à Paris. 

Mallortib(H. de), principal du collège d'Arras. 

Manoussis (Constantinos), à Taganrog. 

Manoussis (Demetrioâ), à Taganrog. 

Mantzavinos (R.), à Odessa. 

t Marcellus (comte Edouard de), ambassadeur de France à Cons- 
tantinople. 



— IX — 

f Martin (Th. -Henri), membre de Tlnstitut. 

Maspero ((jr.)y membre de Tlnstitut, directeur du Musée de Bou- 
laq (Egypte). 

1 Maurice (M'"^ Ch.), née Vincent. 

Mavro (Sp.) , à Odessa. 

Mavrocordato (le prince Nicolas), ministre de Grèce, à Paris. 

Mavrocordato (le colonel Alexandre-Constantin). 

Mavbogordato (M.), à Odessa. 

Maximos (P.), à Odessa. 

Mazerolle (Joseph), artiste peintre, à Paris. 

f Mêlas (B.) , négociant, à Londres. 

Meter (Paul), membre deTInstitut, directeur de TEcole des Char- 
tes. 

MiSTO (H. -P.), frères, négociants, à &nyme (1). 

MouRiER (Âd.), rice-recteur honoraire de F Académie de Paris. 

Negreponte (Michel), négociant, à Paris. 

Nbgropontès (Dimitrios), à Taganrog. 

NiGOLAïDÀs (G.), de rUe de Crète, homme de lettres, à Athè- 
nes. 

NiooLAïDÈs (Nicolaos), à Taganrog. 

NiooLOPULO (Jean G.), à Paris. 

NicoLOPDLO (Nicolas N.), à Paris. 

Paisant (A.), président du tribunal civil de Saint-Quentin. 

Parasrevas (Wladimir) , à Odessa. 

■{•Parissi, à Paris. 

Parmentier (le général Théod.), à Paris. 

I Paspati (J.-F.), à Odessa. 

+ Patin, secrétaire perpétuel de l'Académie française. 

Pélicier, archiviste de la Marne, à Châlons. 

f Perrin (Hippolyte). 

Perrin (Ernest), à Paris. 

Persopoulo (N.), à Odessa. 

Pesson, ingénieur des ponts et chaussées, à Paris. 

Phardys (Nicolas B.), de Samothi'ace, à Marseille. 

PisPAS (D' B.), à Odessa. 

(1) Don d'une somme de 800 francs. 



XXI — 



PsicHA (Etienne), à Paris. 

Queux de Saint-Hilaire (marquis de), à Paris. 

Rambaud (Alfred), professeur à la Faculté des letti*es, à Paris. 

Rekieri, gouverneur de la Banque nationale, à Athènes. 

Riant (comte Paul), membre de l'Institut et de la Société des 

antiquaires, à Paris. 
Richard-Kœnig, à Paris. 
RoBERTET, licencié ès-lettres, chef de bureau au ministère de 

rinstruction publique, à Paris. 
RoDocANACHi (P.-Th.), à Odessa. 
RoDOCANACHi (Th. -P.), à Odessa. 
RoDocANAGHi (Théodore), à Paris. 
Romands (J.), à Corfou. 
Sarariotis (Basileios), à Constantinople. 
Sabaphis (Aristide), négociant, à Constantinople. 
Sabipolos (Nicolas), professeur à TUniversité d'Athènes, 
Sathas (Constantin), à Venise. 
Sayce, professeur à rUniversité d'Oxford. 
ScARAMANGAS (Pierre- Jean) , à Paris. 
ScAHAMANGAs (Jcan-E.), à Marseille. 
SoARAMANGAS (Jean- A,), à Taganrog. 
ScARABfANGAs (Doucas-J.), à Taganrog. 
I ScARAMANGAS (Jcan-P.), à Taganrog. 
ScARAMANGAS (Stamatios), à Taganrog. 
ScHLiEMANN (H.), à Athènes. 
ScLAVo (Michel), à Odessa. 
SiNADiNO (Michel), à* Paris. 
SiNADiNO (Nicolas), à Paris. 
SiNANO (Victor), à Paris. 
SoMAKis (M"« Hélène), à Paris. 
Souchu-Sbrvinière, à Laval. 
SouvADZOGLOu (Basili), banquier, à Constantinople. 
Stephanovic (Zanos), négociant, à Constantinople. 
SvoRONos (Michel), négociant, à Constantinople. 
SuLLY-pRUDHOMME, membre de l'Académie française. 
Stllogub littéraire Hermès, à Manchester. 
+ Symvoulidès, conseiller d'Etat, à Saint-Pétersbourg. 



— XXII ^ 



Syngros (A.), à Athènes. 

Tarlas (Th.), à Taganrog. 

Telfy, professeur de FUnWemté de Pesth. 

f Theocharidès (Constantinos), à Taganrog. 

TiLiÈRB (marquis de], à Paris. 

Touoàrd (rabbé), professeur au petit séminaire de Rouen. 

TouRNiER (Éd.), maître de conférences à TÉcole normale supé- 
rieure, à Paris. 

TouRTOULON (baron de), à Yalergues (Hérault). 

TsACALOTos (E.-D.), à Taganrog. 

UNTVERsrrÉ d'Athènes (1). 

Yagliano (André), négociant, à Marseille. 

■J- Yalieri (N.), à Odessa. 

Yalieri (Oct.), à Londres. 

Ylasto (Antoine), à Paris. 

Ylasto (Ét.-A.j, à Marseille. 

Ylasto (Th.), à liTerpool. 

YouLiSMAS (E.), archimandrite, à Odessa. 

YuciNA (Al. -G.), à Odessa. 

YuciNA (Emm.-G.), à Odessa. 

YuciNA (J.-G.), à Odessa. 

Weschbr (Garle), conservateur à la Bibliothèque nationale, à 
Paris. 

Xanthopoulos (Dem.), à Odessa. 

Xtdiajs (Sp.), à Odessa. 

Xydias (Nicolas), artiste peintre à Paris. 

Zariphi (Georges), négociant, à Gonstantinople. 

1 Zavitzianos (C), docteur-médecin, à Corfou. 

f ZiFFOs (L.), négociant à Londres. 

ZoGRAPHOs (Ghristakis Effendij, fondateur du prix Zographos, & 
Paris. 

Zographos (Xénophon), docteur-médecin, à Gonstantinople. 



(1) UUniversité d'Athènes s'inscrit annuellement pour une somme 
de 400 francs. 



LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES AU 15 JUILLET 1884 



Nota. L'astôrisqua désigne les membres donateurs. 

MM. 

Aghillovoulos (Évangèle), négociant, à Londras. -« 1880. 

^ Adam (M*^ Juliette), 23, boulevard Poissonnière. -« 1883. 

Adert, ancien professeur de littérature grecque à TÂcadémie de 
Genève, rédacteur en chef du Journal de Genève. — 1867. 

Aferbouli (Théodore), professeur à TÉcole de médecine d* Athè- 
nes. — 1867. 

Albeat frères, négociants, rue du Tapis-Vert, 13, à Marseille. 
— 18Ô8. 

Alexandre (le président), 23, rue de T Arcade. — 1883. 

* Alphsraris (Achille), à Taganrog (Russie). *- 1869. 
Ambanapoulob, négociant, £9, rue de TArsenal, à Marseille. — 

1867. 

Anaohostaris (Georges), négociant, à Alexandrie. -— 1877. 

Anastasiadis (A.), à Alexandrie. — 1880. 

Anastasiadis (Sotiri), courtier, au Caire. — 1880. 

Andrbadis (M"'*), ex-directrice de la maison d*éducation franco- 
grecque du Caire, 5, rue d*Angouléme, à Nîmes. — 1867. 

Angblidis (G.), négociant, à Marseille. — 1880. 

* Anquetil, inspecteur d* Académie, avenue de Paris, 1 , à Ver- 

sailles. -*- 1872. 
Anthopoulos (Constantin), membre du tribunal de commerce, à 
Gonstantinople. — 1868. 

* Antrobos (Fr.), oratory, S. W., à Londres. — 1879. 
Apostolidis (D.), à Alexandrie. — 1876. 
Apostolidis(G.), à Gonstantinople. — 1880. 

Arbtaiob (Théodore), professeur à TÉcolo de médecine à Athè* 
nés. — 1868. 



— XXIV — 

Arothopoulos (Spyridion), 6, avenue Percier. — 1875. 
Aei8Tarcht-Bby (Stayrachis), ancien membre du conseil d*Etat 

de Turquie. — 1868. 
AniSTOCLÈs (Jean-D.), professeur de la grande Ecole patriarcale, 

à Gonstantinople. — 1868. 
Abmingaud, professeur au lycée Henri FV, 7, rue Cassette. — 

1868. 
Artehiadis (Jacques), à Gonstantinople. — 1882. 

* Athanasiadis (Athanasios), àTaganrog (Russie). — 1869. 
Athakassaki (Jean), avocat, au Caire. — 1880. 
Atherooehès (Georges), négociant, à Athènes. — 1868. 
AuBÉ, professeur au lycée Fontanes, 1 l,rue de Lisbonne .—1868. 

* AvaBRlMOS (Antonios), à Taganrog (Russie). — 1869. 
AviERiNoe (André), député, à Athènes. — 1873. 

Bagubmault db PncflESSE (Gustave), docteur ès-lettres, 156, rue 

Bannier, à Orléans. — 1867. 
Baqubnault ob YiivaLE, président de la Société des sciences, 

belles-lettres et arts, à Orléans. — - 1879. 
Baillt (Anatole], professeur au lycée d*Orléans. — 1867. 

* Bamqub hationalb de Grège, à Athènes. •— 1868. 

* Barenton (Arm.), 80, boulevard Malesherbes. — 1877. 

* Baret, docteur en droit, avocat à la Cour d*appel, 7, me de 

Bréa. — 1871. 
Baron (L.), ancien député, àFontenay (Vendée). — 1867. 
Baroutis (Jacques), architecte, au Caire. — 1880, 
Barozzi (commandeur Nicol6), directeur du musée Correr, a 

Venise. — 1881. 
Barri AS, 34, rue de Bruxelles. — 1867. 
Barthélémy Sairt-Hilairb , membre de Tlnstitut, 3, rue 

Dufrénoy. — 1867. 

* Basiadis (Héraclès-Constantin), docteur ès-lettres et en méde- 

cine, rue Hamel-Bachi, à Gonstantinople. — 1868. 
Basili (G.-A.), sous-gouverneur de la banque nationale de 

Grèce, à Athènes. — 1867. 
Basili (D.-M.), négociant, 67, rue Sylvabelle , à Marseille. -^ 

1867. 



Basiludi8(E.), à Alexandrie. — 1880. 

Baudb (Alph.), inspecteur général des ponts et chaussées, 10, 

rue Royale Saint-Honoré. — 1869. 
Bayet (Ch.), professeur à la Faculté des lettres de Lyon. — 

1875. 
Bazin (Hippolyte), directeur du petit Lycée de Saint-Rambert 

(Rhône). — 1883. 
Beau, professeur au lycée Fontanes, 19, rue Saint-Pétersbourg 

— 1873. 

Bbaudoin (Mondry), professeur à la Faculté des lettres de Bor- 
deaux. — 1884. 

Beau JEAN, inspecteur d* Académie, Paris, 39, rue de TUniver- 
sité. — 1867. 

Bbaussire, membre deTlnstitut, 96, boulevard Saint-Germain. 

— 1867. 

Beautemps-Beaupré, juge au tribunal de la Seine, 22, rue de 
Vaugirard. — 1878. 

Bbauveroer (baron de), 8, rue du Cirque. — 1883. 

Bbgq de Fdgquières, 1, rue d'Argenson. — 1869. 

* Bbbr (Guillaume], 34, rue des Mathurins. — 1872. 

Bblfort (L. de, comte de la Roque], 99, boulevard Saint-Mi- 
chel. — 1882. ^ 

Bblot, professeur A la Faculté des lettres de Lyon. — 1867. 

Beluzb, président du Cercle catholique, 75, rue de Madame. — 
1872. 

Bbmizelos (Miltiadès), professeur à TEcole de médecine d'A- 
thènes. — 1868. 

Bemoist (Eugène), professeur A la Faculté des lettres, 17, rue 
de Bréa. — 1868. 

Benoit (Ch.), doyen de la Faculté des lettres de Naucy. — 
1868. 

Beroaione, maître de conférences à la Faculté des lettres de 
Paris, 12, rue Erlanger. 

Bernard (l'abbé Eugène), 5, rue Gay-Lussac. — 1871. 

Bbrnardakis (Athanase-N.), à Athènes. — 1867. 

Bernardakis (Grégoire-N.), docteur ès-lettres, à Athènes. — 
1877. 



* BsBRANaER (l'abbé H. de), k Sundlle, par Pout-LâTéque (Gal- 

TBdoB). — 1869. 

* Bebthault, agrégé de rUniTersitâ, docteur èt-Iettr«a, 18, rae 

de Mlroménil. — 1882. 
BiBLiOTHËQUB pubUque de Versailles, reprêseatée parson conser- 

vateur, M. Bm. Délerot, k VeraaiUea. — 1875. 
"BiKÉLAs(D.t, 4, rue de Bsbylone. — 1867. 

* BWPOB (Théoolétel.archevéquedaMaiitmée (Grèce). — 1808, 
BtSLis, sous-directeur du Lycée hellénique, à Galati (Rouma- 
nie. — 1883. 

Blacbe (D' René), 5, rue de SuresneB. — 1872. 

* Blaupionon (l'abbé), professeur & la Faculté de théologie de 

Paris. — 1869. 
Blahcaud (Jules), profesieùr de grec moderne à la Faculté de 

Marseille, 40, boulevard Baille, à Marseille. — 1867. 
Blanoaxd (Théodore), 1, rue des Deui-Ponts. — 1876. 
Blogh (Am.), professeur d'archéologie grecque et latine & la 

Faculté de» lettres de Lyon. — 1877. 
Block (R. de), chargé de coura A l'école normale d'humanitéa, à 

Liège (Belgique). — 1872. 
B1.0T (Alfred], rédacteur eu chef de l'Instruction publique, 42, 
• rue du Cherche-Midi. — 1872. 
Blotnicki , biJtel Lambert, 2, rue Saint-Louis-en*rile. — 

1867. 
Boissigb (Gaston), de l'Académie française, professeur &n Col- 
lège de France, 79, rue Claude-Bernard. — 1869. 
BoiSBONADE [G.], professeur agrégé à la Faculté de droit, 28, 

rue Gay-Luseac. — 1867. 
BONHBFOH (Paul), atUché & la bibliothèque de l'Arsenal, 10, i-ue 

Nicole. — 1880. 
BoHTBHPS (Georges), II, rue de Lille. — 1883. 
BoawBa (Henri), 182, rue de RivoU. — 1877. 
Bobo (Raphaël), vice-consul d'Angleterre, au Caire. — 1880. 

lUCHER DE MoLANDQN, A Orléans. — 187Q. 

ucbebib (Adhémar), chef de bataillon A la Légion étrangère, à 

Sidi-BeUAbbès — 1883. 

lUDOURis (Stamatyj, A Athènes. — 1878. 



— XXVII — 

Bot}GOT (A.), professeur suppléant à la Faculté des lettres de 

Dijon. — 1878. 
BoiiiLLiiSR (Francisque)^ membre de Tlnstitut, 31, rue St-*Guil« 

laume. — 1867. 
BouLATiONiBR, ancien conseiller d'Etat, à Pise, par Lons-le- 

Saulnier (Jura). — 1870. 

* BouKOS (Elie), 10, rue d'Hauteville. — 1875. 
BouROAULT-DucouDRAY, professour d'histoire musicale au Con- 

senratoire, 12, avenue de la Mothe-Piquet. — 1874. 
BoUROS (J.-D,), rentier, à Athènes. — 1872. 
BouRQUiii (Ernest- Jules), professeur au lycée deTroyés, à Sainte* 

Menehould (H**^-Mame). — 1879. 
BouTMY (Emile), membre de l'Institut, directeur de TEcole libre 

des sciences politiques, 27, rue Saint-Guillaume. — 1870. 
BouvY (le R. P.) des Augustins de l'Assomption, à Nîmes. --- 

1883. 

* Braîlas-Arkbivis, ministre de Grèce, à Londres* •— 1881. 
Braud (J.-B.), professeur, 9, rue Bâclerie, à Nantes. — 1868. 

* Brault (Léonce), ancien procureur de la République, à Paris, 

77, boulevard Haussman. — 1876. 
Bbêal (Michel), membrade Tlnstitut, professeur au Collège de 

France, 63, boulevard Saint-Michel. — 1868. 
Brédip, recteur de l'Académie de Chambéry. — 1876. 
Bbelay (Ernest), propriétaire, 31, rue d'Offémont, place Males- 

herbes. — 1867. 
Briau (le D' René), bibliothécaire de l'Académie de médecine, 

37, rue Joubert. — 1867. 
Broglib [le duc de), de l'Académie française, 10, rue de Solfé- 

rino.—- 1871. 
BR089BLARD (Paul), capitaine au 2« tirailleurs algériens, à Mos- 

taganem. — 1883. 
Browning, King's Collège, à Cambridge. -^ 1880. 

* Bryennios (Philothéos), archevêque de Nicomédie, membre du 

patriarcat oecuménique, à Gonstantinople. — 1876. 
Buisson (Benjamin) , examinateur à l'Université de Londres, Sa- 

vile-Club, à Londres, et à Paris, 100, rue d'Assas.-*- 1870. 
BaRET, docteur en droit, avocat, 25, rue du Sommerard. — 1868. 



\ 



— xxyiii — 

BuANOUF (Emile), ancien directeur de TEcole française d* Athè- 
nes, 14, rued'Alésia. — 1867. 

BussiÈRES (baron de), ancien ambassadeur, 84, rue de Lôlle. — j 

1873. 

Gabanbl (Alex.), membre de llnstitut, 8, rue de Vigny.— 1867. 
Caffiàux, receveur municipal de la ville de Valenciennes. — 

1868. 
Gaillembh (Exupère), doyen de la Faculté de droit de Lyon. — 

1867. 
Galliady-Bey (Constantin), conseiller d^Etat, à Gonstantinople. 

— 1868. 
Galligas (Paul) , professeur à TEcole de droit d* Athènes. — 1 868. 
Galligeras (Jean), agent de change, au Gaire. — 1880. 
Galutta (Théodore), négociant, au Gaire. — 1880. 
Galutta (Jean), négociant, au Gaire. — 1880. * 

* GALYET-BoaNiAT (le baron Pierre), licencié es lettres, 374, rue 

Saint-fionoré. — 1875. 
Cambouroglou, rédacteur en chef de YEphitneris , à Athènes. 

— 1875. 
Gampaux, professeur àla Faculté des lettres de Nancy. — 1867. 
Garalis (Alexandre-M.), àSyra(GTèce). — 1880. 

* Garapanos (Gonstantin), correspondant de Tlnstitut de France, 

à Athènes. — 1868. 

* GARATHBODORY(Et.), docteuT OU droit, ministre de Turquie, à 
à Bruxelles. — 1872. 

GARATHE0D0RY(Th.), ingénieur dcs ponts et chaussées, à Gons- 
tantinople. — 1876. 

Garrière (Auguste), répétiteur à TEcole pratique des Hautes- 
Etudes, secrétaire de TÉcole des langues orientales vivantes, 
2, rue de Lille. — 1873. 

* Gartault (Augustin), maître de conférences à l'École normale 

supérieure, 11, rue du Pré-aux-Glercs. — 1875. 
*Gas80 (Mme), 115, avenue des Ghamps-Élysées. — 1875. 

* Gastorchis (Euthymios), professeur à l'Université d'Athènes. 

— 1868. 

Gastobchis (Gonstantin), à Athènes. — 1884. 



— XXIX — 

Catzigras (Cosmas)y négociant, 24, cours Devilliers, à Mar- 
seille. — 1867. 

Gaussadb (de), conservateur à la bibliothèque Mazarine. — 1868. 

Gbbf (Léopold), ancien élève de TEcole normale, imprimeur- 
éditeur, 13, rue de Médicis. — 1883. 

Ghabaneau, maître de conférences à la Faculté des lettres de 
MontpeUier. — 1873. 

Ghaber (Alfred), 6, place Louis XYI, à Montpellier. — 
1877. 

GHADomLLET, consorvateur- directeur du Cabinet des médailles, 
12, rue Colbert. — 1867. 

Ghaighbt^ recteur de Tacadémie de Poitiers. •— 1871. 

Ghalikiopoulos (Nicolas), aubergiste, au Caire. — 1880. 

Ghantepib (de), bibliothécaire à TEcole normale supérieure, à 
Joigny (Yonne). — 1867. 

Gbaplain (I.-C), membre de Tlnstitut, graveur en médailles, 
36, rue Notre-Dame-des-Champs. — 1876. 

Ghappuis, recteur de FAcadémie de Dijon. — 1868. 

Ghapd, membre de Tlnstitut, statuaire, 28, rue Notre-Dame- 
des-Champs. — 1876. 

* Chabamis (Adamantios)y professeur à Taganrog (Russie). — 

1868. 

* Ghasles (Henri), 9, rue Royale. •— 1881. 

Ghassano, inspecteur général de Tinstruction publique, 9, rue 
de rOdéon. — 1867. 

* Ghassiotis (G.), professeur, fondateur du lycée grec de Péi*a, 
à Paris, 105, rue Miroménil. — • 1872. 

Ghatbl (Eug.), archiviste du départemeilt du Calvados^ à Caen. 

— 1867. 
Ghemeyièrb (Ad.), licencié ès-lettres, 38, rueVignon. -— 1882. 
Gbeybeul, membre de Tlnstitut, au Jardin des Plantes. — 1867. 
'^ Ghbybxbr (Adolphe), avocat général, 13, rue de Téhéran. — 

1873. 
Chévrier (Maurice),* attaché au ministère des Affaires étrangères, 

35, rue Jacob. — 1880. 

* Ghoisy (Auguste), ingénieur des ponts et chaussées, 35, rue de 

Lille. —1867. 



— XXX — 

* Ghrtsobblonis (Léonidas), négociant à Manchester. — 1869. 
Ghuit, directeur de la librairie Firmin-Didot, 130, bouleyard du 

Mont-Parnasse. — • 1882. 
GnroLEDX, professeur au lycée Henri IV, 3« rue des Feuillanti* 

nés. — 1872. 
^ Claoo (Costa), 176, boulevard Haussmann. — 1884. 
Glavbl, professeur à la Faculté des lettres de Lyon, — 1876. 
Gleanths (Zenon), architecte, à Constantinople. — 1868. 
Gleruont-Tonnerre (duc de), 41, rue de l'Université. — 1867. 
GoaoRBAii (Georges), avocat, attaché au ministère des Affaires 

étrangères, 26, rue Martignac. — 1873. 
GoLLARD (Auguste), commandant d'artillerie, au château de 

Pescelière, par Sancerre (Cher), et à Paris, avenue Marceau. 

— 1875 
GOLLABD (F.), professeur à l'Université de Louvain, 109, rue 

de la Station. — 1879. 
GoLUONON (Maxime), professeur suppléant à la Faculté des let« 

très, 59, rueGlaude Bernard. — 1875. 
GoLMKT d'Aaob, conseiller-mattre à la cour des comptes, 44, 

rue de Londres. — 1872. 
GoLMBT d'Aaqb, doyen honoraire de la Faculté de droit, 126, 

boulevard Saint-Germain. — 1872. 
GoMANOS, docteur-médecin, au Caire, — 1880. 

* GoMBOTHEGEAS (S.), à Odossa. -^ 1873. 

GoMNOS, ancien administrateur de la Bibliothèque nationale 

d'Athènes. — 1876. 
GoNDCRiOTTi, ministre plénipotentiaire de Grèce à Vienne. — 

1868. 
GoMSTANTiN (Othon), négociant, à Alexandrie. — 1879. 
'^ GoNBTANTUflDis (Zanos), négociant, À Constantinople. — 1873. 
CoNSTANTiNiors, profosseur de lettres helléniques, 84, Kensing- 

ton Gardens-Square, Baiswaiter, à Londres. — 1873. 
GoROiALEUNO (M.), négociant, 15, boulevard Notre-Dame, à 

MarseiUe. — 1867. 
GoROMPiAS (Lambros), libraire-éditeur, à Athènes. — 1878. 

* CoRomo (Georges), 66, rue de Monceau. — 1884. 
Gossouois (Thémistocle), négociant, à Constantinople. — 1868. 



— XXXI — 

GouiiT, doyen de la Faculté des lettres de Cordeaux, — 1876. 
GouâKY, inspecteur d* Académie, à Paris, 48, rue Sainte-Placide. 

— 1871. 

* GouMA3iouDis (Etienne-A.) , correspondant de l'Institut de 
France (Académie des Inscriptions et belles-lettres), professeur 
à rUniversité d'Athènes. — 1873. 

Gou&BAUD, professeur au lycée Condorcet, 3, rue Vézelay. <— 

1876. 
GouRDAVEAUX, profcsseur à la Faculté des lettres de Douai. «— 

1876. 

* GoosTÉ (Augustin-Ë.), ancien directeur de la manufacture des 
tabacs, 5, place Saint-François-Xavier. 

GozNis, négociant, au Caire. — 1880. 

GnÉPiN (A.)i professeur au lycée Cbarlemagne, 278, boulevard 

Saint-Germain. — 1870. 
Groiset (P.)î ancien professeur au lycée Saint-Louis, 7, rue 

Berthier, à Versailles, — 1874. 

* Groiset (Alfred), professeur adjoint à la Faculté des lettres, 66, 

rue de Vaugirard. — 1873. 

* Gboisbt (Maurice), professeur à la Faculté des lettres de Mont- 

pellier. — 1873. 
Grouslè (L.), professeur i la Faculté des lettres, 24, rue Gay- 
Lussac. •-» 1880. 

* GuGHBVAL (Victor), professeur au lycée Fontanes, 46, rue de 

Clichy. — 1876. 
GuviLLiKR, professeur au lycée de Vanves, 7, rue des Treilles. — 
1884. 

* Damasguino (D^), professeur de pathologie interne à la Faculté 

de médecine, 26, rue de l'Université. — 1879. 

* Darbste (Rodolphe), membre de Tlnstitut, conseiller à la 
Gour de cassation, 9, quai Malaquais. -^ 1867. 

Darverq[ (S.), à Alexandrie. — 1880. 

Daophik, banquier, 10, rue du Gonservatoire. — 1875. 

Datid (Paul), avocat, docteur en droit, 81, nie des Saints-Pères. 

— 1883. 

Decastros (Auguste), négociant, à Gonstantinople. — 1873. 



— XXXII — 

Degharhe (Paul), professeur de littérature grecque à la Faculté 
des lettres de Nancy. — 1868. 

Décrue, licencié de la Faculté des lettres, à Genève, 33, square de 
Contamine. — 1877. 

Dehate (Alexandre), ancien professeur au collège Stanislas, 12, 
rue de Seine. — 1877. 

Delacroix frères (Alfred et Gabriel), 37, rue Claude-Bernard. 
— 1883. 

Delaoraye, libraire-éditeur, 15, rue Soufflot. — 1867. 

DfiLALAiN (Henri), libraire-éditeur, 56, rue des Ecoles. — 1867. 

Deusle (Léopold), membre de Flnstitut, administrateur-direc- 
teur de la Bibliothèque nationale. — 1874. 

Dblla-Decima (comte Spiridion), au Caire. — 1880. 

* Dellaporta (Vrasidas), à Taganrog. — 1873. 

Deloghb (Maximin), membre de 1* Institut, 60, avenue de Gra- 
velle, à Saint-Maurice (Seine). — 1874. 

Delta (Thomas), banque de Gonstantinople, 3, Winchester Buil- 
dings, à LfOndres. — 1867. 

DbltouR| inspecteur général de TUniversité, 42, rue de La 
Boétie. — 1867. 

Dblyamnis (Théodore-P.), ÇLncjien ministre plénipotentiaire de 
Grèce en France, à Athènes. — 1867, 

* Delyanhis (N.), ministre plénipotentiaire de Grèce, à Bel- 
grade. — 1875. 

^ Demetrelias (C), à Odessa. ^ 1873. 

Demopoulos (D.), à Alexandrie. — 1880. 

Depasta (A.-N.), libraire, à Gonstantinople. — 1868. 

Dbpasta (Antoine), négociant, à Constantinople. — 1868. 

Dbprat, professeur au collège Sainte-Barbe-des-Champs. — - 

1875. 
Dervibu (Edouard), banquier, 49, rueTaitbout. — 1870. 
Dbschamps (Arsène), professeur à TAthénée royal de Liège. — 

1867. 

* Dbsjardims (M*"* V* Charles-Napoléon), 11, rue Maurepas, à 

Versailles. — 1883. 
Desnoyers, vicaire général, à Orléans. — 1879. 

* Deville (M*' veuve), 112, rue de Provence. — 1868. 



i -^ 



— XXXIIl — 

Devin, avocat au Conseil d*Etat et à la Cour de cassation^ 9, rue 

Guénégaud. — 1867. 
DfiZEiHERis (Reinhold), correspondant de Tlnstitutde France, 11^ 

rueVital-Garle, à Bordeaux. — 1869. 
DiAMAirropoDLO, à Athènes. — 1884. 

* DiDOT (Alfred), 56, rue Jacob. — 1876. 

DiEuULFOY (Marcel), ingénieur des ponts et chaussées, 2, impasse 

Ck)nti. — 1884. 
DiKEOS, médecin et agent consulaire de la Grèce, à Zagazig 

(Egypte). — 1883. 
DiHrrzA, professeur à Athènes. — 1875. 

* DoEisAS (L.), à Odessa. — 1873. 

Dossios (Nie), professeur, à Galatz (Roumanie). — 1881. 
DoucET (Camille), secrétaire perpétuel de F Académie française, 

au palais de Flnstitut. — 1869. 
*DouDAs{D.), banquier, à Constantinople. — 1872. 

* DouLGET (Henry), 4, place du Palais-Bourbon. — 1881. 
DouNis (Constantin), licencié en droit, 6, rue des Chartreux, — 

1883. 

* DozoN, consul de France, à Lamaka (lie de Chypre). — 1869. 
Draqoumi (Marc), secrétaire de la légation hellénique, à Saint- 
Pétersbourg. — 1872. 

Deapeyron (Ludovic), professeur au lycée Charlemagne, di- 
recteur de la Revue de géographie, 55, rue Claude-Bernard. 

— 1867. 

* Drême, président de la Cour d'appel d'Agen. — 1867. 
Druon, proviseur honoraire, 2 bis^ rue Girardet, à Nancy. — 
Dcbief, directeur de Tinstitution Sainte-Barbe, à Paris.— 1874. 
Du Camp (Maxime), de l'Académie française, 62, rue de Rome. 

— 1867. 

DucHATAUXi avocat, président de TAcadémie nationale de Reims, 

12, rue de TÉchauderie. — 1879. 
DuGHESKB (l'abbé L.), professeur à l'Institut catholique, 66, rue 

de Vaugirard. — 1877. 
DuGROS ( Jean-Numa- Jules ) , pharmacien-chimiste , au Caire. 

— 1880. 

DuGiT, professeur à la Faculté des lettres de Grenoble. — 1869. 

ANNUAIRE 1884. c 



— XXXIV — 

Doané (J.-A.)9 professeur au collège RoUin, 12, rue Bochaid-de- 
Saron. — 1876. 

DaM03iT, inspecteur de renseignement moyen, rue Montoyer à 
Bruxelles. — 1869. 

DuMOMT (Albert), membre de l'Institut, directeur de l'enseigne- 
ment supérieur au ministère de rinstructio^ publique, 6, rue 
du Regard. — 1869. 

Dumontier, commandant du génie en retraite, 75, rue de Ren- 
nes. — 1882. 

DoPRé, professeur de rhétorique au lycée Gondorcet, 20, rue 
Saint-Georges. — 1878. 

^ Ddpuis (Jean), ancien proriseur, 32, rue de la Salle, à Saint* 
Germain-en-Laje. — 1881. 

Du&AHB (Charles-Henri), 92, rue du Bac. — 1874. 

DuRASSiBR (Edouard), ancien secrétaire de la direction des ports 
au ministère de la marine, 70, rue de Miromesnil. •— 1875. 

DuRET (M»«), 1, quai, d'Ofisay. — 1867. 

' DuRUY (Victor), membre de Flnstitut, membre du Conseil su- 
périeur de rinstruction publique, ancien ministre de rlnstruc- 
tion publique, 5, rue de Médicis. — 1867. 

DussouGHST, professeur au lycée Henri IV, 45, rue de Madame. 

— 1871. 

DuTiLB (E.), consul des Pays-Bas, au Caire. •» 1876. 

Ecole des lakoues orientales vivantes, 2, rue de Lille.— 1877. 

* Ecole Hellénique d'Odessa. — 1873. 
Ecole normale d'humanités de Liège. — 1880. 

Edon, professeur au lycée Henri IV, 21, rue de Yaugirard. *- 
1882. 

* Egoer (Emil6\ membre de Flnstitut, professeur à la Faculté 

des lettres, 68, rue Madame. -— 1867. 
EooBR (Victor), professeur à la Faculté des lettres de Nancy. — 

1872. 
EiGHTHAL (Adolphe d*), ancien député, 42, rue des Mathnrins. 

— 1867. 

* EiGHTHAL (Gustave d") membre de la Société asiatique, 152, 

boulevard Haussmann. — 1867. 



— XXXV — 

EiQHTHAL (Emile d*), 3, Park place Villas, Maida Hill. W. 

(Londres). — 1871. 
EiCHTHAL (Eugène d*), 6, me Mogador. — 1871. 
Elèyes (les) de rÉcole normale supérieure, 35, rue d*Ulm . ^— 1 869 . 
ELévBS (les) du lycée d'Orléans. — 1869. 
ELàvES (les) de rhétorique du collège Stanislas, rue Notre-Dame- 

des-Gbomps. — 1869. 
ËLàVBS (les) de rhétorique du Ijcée Ck>ndorcet (division Gidel- 

Talbot). — 1869. 
Elluin (le père A.), pour le collège français à Smyrne, chez 

M. Mailly, 95, rue de Sèvres. — 1873. 
Erlanger (Emile), banquier, consul général de Grèce, 20, rue 

Taitbout. — 1869. 
EsuBiN (Adhémar), professeur agrégé à la Faculté de droit, 7, 

rue Leroux. — 1881, 
EssABTS (Emmanuel des), professeur à la Faculté des lettres de 

Clermont-Ferrand. — 1867. 
EsTANQS (Georges des), 9, rue de Verneuil. — 1883. 
EsTOURNELLBS DE GoNSTANT (barou Paul d'), secrétaire d'ambas- 
sade à La Haye, 15, rue Saint-Dominique, à Paris. — 1872. 
EacLioxs (Jean), avocat à Athènes. — 1875. 
EcTMORPHOPOULOS (A.-G.), négociant, Ethelburghouse, Bishops- 

gate Street, à Londres. ~ 1867. 
EvELARD, ancien professeur au lycée Saint-Louis, 54, rue du 

Faubourg Saint-Honoré. — 1868. 

Fagniez, à Meudon. — 1882. 

^Falieros (Nicolaos), à Taganrog (Russie). — 1873. 

*Fallbx (E.), proviseur du lycée de Versailles. — 1873. 

Pas8y(L.), professeur, 31, rue des Batignolles. — 1879. 

Favrb (Léopold), ancien élève de Técole des hautes études, 6, 
rue des Granges, à Genève. — 1867. 

Fbbrai (le professeur), à Venise. — 1883. 

* Fbrbt (Jules), député, président du conseil des ministres , mi- 
nistre des affaires étrangères. — 1880. 

Fkuardent, antiquaire, 4, place Louvois. — 1877. 

Filleul (E.), 37, rue d'Amsterdam. — 1873. 



— XXXVI — 

*Fix (Théodore), colonel d* état-major, donateur de la biblio- 
thèque grecque de Théobald Fix, à Lille. — 1877. 

Fleurichand (Clovis), professeur. — 1874. 

Florsnt-Lefèvbe, conseiller général du département du Pas-de- 
Calais, 23, rue de Madame. — 1867. 

Fontaine (Médéric), ancien notaire, 7, rue Léonie. -— 1868. 

FoRTOUL [ Fabbé] , à Féglise Saint-Leu, rue Saint-Denis. 1 870 . 

* FoucABT (Paul), membre de Tlnstitut, directeur de TÉcole fran- 
çaise d'Athènes, 13, rue de Toumon, à Paris. — 1867. 

Foulon (Mfi^), archevêque de Besançon. — 1869. 

Froment, professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux — 
1878. 

Froment (D^), 87, rue Demours. — 1884. 

Frontier (M™* Sophie), directrice du pensionnat de jeunes filles 

de la communauté grecque, à Alexandrie. — 1876. 

». 

Gaffarbl (Paul), doyen delà Faculté des lettres de Dijon. — 

1867. 
Galuski (Ch.), domaine du Buisson, par Lessay (Manche).-^ 1868. 
Ganneau (Paul), 114, rue de Provence. — 1868. 
Gantrblle, professeur à l'Université de Gand (Belgique). — 

1873. 
Garnier (Auguste), libraire-éditeur, 6, rue des Saints-Pères. — 

1867. 
Garnier (Hippoly te), libraire-éditeur, 6, rue des Saints-Pères. — 

1867. 
Garrett (William H.), 5, Appach Road, Bixton Hill Londres, 

S. W. — 1884. 
Gaspard (E.), professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand, 

33, rue Claude-Bernard. — 1878. 
Gaufras, chef d'institution, 8, rue Puteaux, aux Batignolles. 

— 1870. 
Gault (Ch.-Maurice), docteur en droit, avocat à la cour de Paris, 

66, boulevard Malesherbes. — 1878. 
Gautier, proviseur du lycée de Vanves. — 1878. 
Gebhart, professeur à la Faculté des lettres, 68, rue Gay-Lus- 

sac. — 1868. 



— XXIVII — 

Geffrot, membre de Tlnstitut, ancien directeur de TÉcole fran- 
çaise de Rome, 32, rue du Bac, à Paris. — 1872. 
GéNiN (Aug.), 11, rue du Plat, à Lyon. — 1871. 

* Gennadios (Jean], premier secrétaire de la Légation hellénique, 

à Tienne. — 1878. 
Gknouillb (Jules), professeur de TUniversité, 12, rue Oudinot. 

— 1869. 

Gborgantopoulos (J.), docteur en droit, avocat, à Gonstantineple. 

— 1869. 

Gbobgjbl, professeur au lycée, à Nancy. — 1868. 
Gebmain, membre de Tlnstitut, à Montpellier. — 1872. 

* Gbvasbt (F. -Aug.), directeur du Conservatoire royal de musi- 

que, à Bruxelles. — 1881. 

* GiANNABOS (Thraaybule), négociîuit, à Constantinople. — 

1868. 

* GiDEL, proviseur du lycée Louis-le-Grand. — 1867. 
GkBARD (Amédée), médecin, à Riom (Puy-de-Dôme). — 1873. 
GiRABO (Jules), membre de Flnstitut, professeur à la Faculté des 

lettres, 21, rue de FOdéon. — 1867. 
GiRABD (Julien), proviseur du lycée Fontanes, 8, rue du Havre. 

— 1869. 

Girard (Paul), maître de conférences à la Faculté des lettres, 
51, rue Saint-Placide. — 1880. 

* Glachant, inspecteur général de Tinstruction publique, 5, 

avenue Montespan (rue de la Pompe, Passy). — 1868. 
Glihenopoulo8 (Eustache), avocat, au Caire. — 1880. 
Gltcas (Nicéphore), archevêque d'Imbros. — 1868. 
Gogos, archimandrite de Téglise hellénique, à Braïla (Roumanie). 

— 1869. 

Gooos, archimandrite, prédicateur général du trône d'Alexandrie, 
au Caire. — 1882. 

* GoiRAND (Léonce), avoué près le tribunal civil de la Seine, 16, 

place Vendôme. — 1883. 

* GoERAND (Léopold), avoué près la cour d'appel, 128, rue de 

Rivoli. — 1883. 
GoLDSCHMmT (Léopold), 12, rue Rembrandt. — 1876. 

* GoNNET (rabbé), docteur es lettres, professeur à l'Institut ca- 



— XXXVIII — 

tholique de Lyon, à Ecolly, maiflon de Sainte-Gatherine, près 

Lyon. — 1878. 
(tonsb, chef de division an mimstère de la Justice, 2, ine de la 

Pompe, à Versailles. — 1880. 
GouMT, maître de conférences à TÉcole normale supérieure, 88, 

boulevard Saint-Germain. — 1867. 
Gbandobobgbs (Gkiston), 23, rue des Jeûneurs. — > 1872. 
(htA.ux (Henri), propriétaire, À Fontaine, près Yervins (Aisne). 

— 1882. 

Gbayier (Léopold), sou»-préfet à Toulon. — 1869. 

Gbéajld (Octave), membre de Tlnstitut, vice-recteur de TAcadé- 

mie de Paris. — 1867. 
* Gbégoibb , archevêque d*Héraclée , à Gonstantinople. — 

1872. 
Gbi8ani(P.), professeur de musique, à Alexandrie. — 1880. 
Gbisot (J.), professeur au lycée Gharlemagne, 8, rue de Rivoli. 

— 1875. 

Gbollos (François), négociant, à Alexandrie. — 1876. 

Gros (D^), 10, rue de TOratoiqe, à Boulogne-eur-Mer. — 

1879. 
Groussahd (E.), professeur de seconde au lycée de Limoges, 4, 

rue la Caserne. — 1882. 
Groussbt (René), membre de TÉcole française de Rome, 65, rue 

Cardinal Lemoine. — 1882. 
GuÉNiN, sténographe réviseur du Sénat, 14, avenue de Picardie, 

à Versailles. — 1878. 
GuÉBABD, ancien directeur de Sainte-Barbe-des^amps, à Fon* 

tenay-aux-Roses. — - 1867. 
GuiLULuuB, membre de llnstitut, 238, boulevard Saint-Germain. 

— 1867. 

Guillemot (Adolphe), professeur au lycée Gondorcet, 26, rue de 

Turin. — 1869. 
GuiMBT (Emile), membre de 1* Académie de Lyon, l,*place de la 

Miséricorde, à Lyon. — 1868. 
GuizoT (Guillaume), professeur au Collège de France, 42, rue 

de Monceau. — 1877. 
* Gtmnasb de Jamina (Turquie). — 1872. 







— XXXI z — 

* HicmmB et O, libndres-éditeurs, 79, boulevard Saint-Ger^ 

main. — 1867. 
Hadgi-Ghbistou (Christos), directeur de rÉoole grecque de Péra, 

à Gonstantinople, — 1880. 
HiLLLàTS (André), licencié es lettres, 3, rue Gkiy-Lussac. — 

1880. 
Halphen (Eugène), avocat, 111, avenue du Trocadéro. — 1869. 

* Hamriot (Ch.), professeur, à la Faculté des lettres de Poitiers. 

— 1876. 

Hatzfkld, professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand, 7, 
rue de FOdéon. — 1869. 

ELimiT, boursier de licence à la Faculté des lettres, 22, rue 
€!ondorcet. — 1883. 

Haussoullder, chargé de cours à la Faculté des lettres de Bor- 
deaux. — 1881. 

* Hauvexte-Bbsiiault (Amédée] , ancien membre de lÉcole d'Athè- 

nes, professeur au collège Stanislas, 51 , rue Monsieur-le-Prince. 

— 1883. 

* Havbt (Ernest), membre de Tlnstitut, professeur au Collège 

de France, 19, quai Bourbon. — 1867. 
^ Havet (Louis), maître de conférences à la Faculté des lettres et 
à rÉcole des hautes études, 16, place Vendôme. — 1869. 

* Havst (Julien), archiviste-paléographe, attaché à la Biblio- 
thèque nationale, 19, quai Bourbon. — 1870. 

HsiMBicH, doyen de la Faculté des lettres, 29, avenue de Nofdlles, 
à Lyon. — 1867. 

Hbnnegut (Félix), 54, rue Denfert-Rochereau. — 1873. 

HfeuniLK (G.), professeur de philosophie au collège de Yitry-le- 
François. — 1877. 

H^RON DE ViLLEFOSSE, conservatcur-adjoint des antiquités grec- 
ques et romaines au musée du Louvre. — 1872. 

* Hedzbt, conseiller à la Cour d*appel, 4, rue de Crosne, à 

Rouen. — 1867. 

* Hbuzet (Léon), membre de Tlnstitut, conservateur au musée 

du Louvre, 5, avenue Montaigne. — 1867. 
HiGNARD, professeur honoraire de renseignement supérieur, 15, 
rue de THôpital, à Cannes. — 1867. 



— XL — 

HiTTOBFF (Charles), 54, avenue de Villeneuve TÉtang, à Ver- 
sailles. — 1867. 

HoDJi (S.), 17, rue Laffitte. — 1876. 

HoMOLLS, professeur à la Faculté des lettres de Paris, 177, 
boulevard SaintrGermain. — 1876. 

* HousBATB (Henry), 5, rue Léonard de Vinci. — 1868. 
HuBAULT (G.), professeur au lycée Louis-le-Grand, 13, rue Bo- 
naparte. — 1867. 

HuiLLiBB (Paul) , notaire , 83 , boulevard Haussmann. — 

1874. 
Hurr (Ch.), docteur es lettres, professeur honoraire à Tlnstitul 

cathoUque de Paris, 74, rue Bonaparte. — 1878. 
HuHBERT, professeur au collège Rollin, 3, rue Cretet. — ^ 1875. 

Iàlemos (Ulysse), journaliste à Constantinople. — 1876. 
Iatroudaris, avocat, au Caire. — 1876. 

IcoNOMOPOULOS (Denis), médecin-chirurgien, au Caire. - 1874. 
Iliasco ((Constantin}, à Constantinople. — 1869. 

* Inglessis (Alexandre), à Odessa. — 1880. 

Inglessis (Panaghis), négociant, à Constantinople. — 1868. 
IsERENTANT, profossour de rhétorique au collège de Malines (Bel- 
gique). — 1880. 

Jannbtaz, professeur au lycée Saint-Louis, 9, rue Guy-Labrosse, 

— 1874. 

Jardin, avocat, 30, rue Lepeletier. — 1871. 

* Jasonidis, à Limassol (île de Chypre). — 1870. 
Javal (Emile), 58, rue de Grenelle. — 1867. 
Jeuch (Jules), 3, rued'Uzès. — 1876. 

* JoLLT d'Ausst (DeniB-Marie) , au château de Crazannes, par 

Port-d'Envaux (Charente-Inférieure). — 1879. 
JoLY (A.), doyen de la Faculté des lettres de Caen. — 1867. 

* Jordan (Camille), membre de Tins ti tut, 48, rue de Varennes. 

— 1874. 

^ JoRET (Ch.), professeur à la Faculté des lettros d'Aix. — 

1879. 
Jourdain (Ch.), membre de Tlnstitut, 21, rue Cambon. — 1867. 




— XLl — 

* Kàlvogobessis (J. Démétrius), négociant, à Constantinople. — 

1873. 

ELfiBBDGT (Starro-M.), négociant, à Constantinople. — 1868. 

Kehata (M^io Calliope), directrice de l'École normale Zappeion, 
à Constantinople. — 187S. 

Kehatas (E.-J.), sous-goaveraeur de la banque de Grèce, à Athè* 
nés. — 1872. 

Knuth (Oscar), professeur supérieur, à Angermunde (Allema- 
gne). — 1880. 

* KoNTOSTAVLOS (Alexandre), député, à Athènes. — 1876. 

* KoNTosTAVLOS (Othou-A.), 15, cours du Chapitre, à Marseille. 

— 1875. 

KoYOMUTZOGLOu (Savas), 18, rue Saint-Georges. — 1881. 
Kbjsbs (Adrien), professeur à F École alsacienne, 23, rue Den- 

fert-Rochereau. — 1878. 
Krinos, pharmacien, à Athènes. -— 1875. 
' Kkittschoff (M""), à Moscou. — 1874. 
Krokidas (Constantin), à Athènes. — 1875. 
Kympritis (D.-J.), docteur en droit, avocat, à Constantinople, 

— 1880. 

L présenté par M. Gustave d'Eichthal. 

Labbé (E.), professeur au lycée Saint-Louis, 35, rue Vavin. 

La Coulonche (de), maître de conférences à TËcole normale 
supérieure, 53, quai des Grands-Augustins. — 1874. 

Lacroix (Jules), 22, rue d*Anjou-Saint-Honoré. — 1867. 

Ladopoulo» (Jean), négociant, au Caire. — 1880. 

Laffon (Gustave), consul de France, à Andrinople. — 1880. 

La GuiCHB (marquis de), 16, rue Matignon. — 1867. 

Laluer, maître de conférences à la Faculté des lettres, 53, rue 
Claude-Bernard. — 1876. 

Lamarb (Clovis), administrateur de Sainte-Barbe, place du Pan- 
théon. — 1870. 

Lambbos père (Paul), à Athènes. — 1877. 

Lambros (Michel), à Athènes. — 1873. 

Lahbros (Spyridion), directeur de renseignement primaire, à 
Athènes. — 1873. 



— lui 



ifiorr. J. 

Lamt "EtiMrt^ .2. .T».îe /îanr. — :S83. 

LàJotBmXM • Ljanniv ^ ^ • iHiH. ■ oubbb» — li 
'Lambob^AIobi, .)3« .^rmàm ^ÊBom-^am. — 1872. 
hàFWkom if^ui .ieu .ic^Kiaêa leazBi ec eaiisax.. 10. rv»d8' 

tnw. .k Lï«B. — 1S84* 
^ Lattst < jfloreeii, j^ésdasc ^in nnaée ec oa lx : ûhiMHfaîw|M de 
rÉâotft .-«nsÉiiqw 10 Sncmis^ — .S82. 
Al. , A<)doMB. — 1&T3. 

K. 39. me iîa l'Oaneiafr. — IBST. 
[U J. .^o» DiiiwH. — 1867. 
T uwàiiVM .Ubertt« oRitiBaaBr ^ ^ Jaeoué jm lâttm ia Tok- 

looM. — 187B. 
Ls Bukirr E.., lomteeù» l*In&SBX '"—'—■ m TBooto âcai^ 
<}fliw *ie Eoottv T. n» Ldravz: ihiiiiimi <iiL Boia de Hnaingrin). 

— :8ÔT. 

Ls 3bv Pmil. 148, ■■iiiiMii riMMUMii — I8«r. 

* Lacowim > Ch.., aefl:oaâBt» 41^ m» «iiL :àMKsiv: — 1875. 
J.-g.., nBQDciaBS, ^OdaaM. — 1873. 

V ,f TTOdâesnar an. Ijcee. .kCj«t. — 1868. 
Lonomc, ihiéIiimiiii 3a l\T:ee Cdadoreet» :^ . me iTheptri — 
Li''ù7. 

* LaggfcifP Hmilrt, réoBCzmr ^ f École iee leacoeB onattieB 

rinUM. L4. m» lie dm». — I87n. 
Lauojrx Ammil, -ir^iiMifti n[âiii rafro—raaàîiVBir, I79« neâMnt- 

JaeqiHB. — 1879. 
LAuiTisiItMai)tiîup93Bp;pléiHr* 36» roetieedBaoÉiMB^a Caot. 

— 1874- 

LoRnsnvB .John), de r V^adAmie françaûew 38» ree de Oicfar. — 

1870. 
LflmDrr. «i^mté. 14^ rue da CaidîoeL Lsmoaàa». — L867. 
LÉrrTASD 'Hii^.t, ' ie e i—r as lettrae^ donreB. ^ie le Pandté fibre 

iUm lettres, 3» cmn jumniL ^ Lkjoii. '^ 1868. 
LmèCAsmA NicaliisK [iiiiffi— m i 'L*Aché&étt ra^aL de Liè^ (BeL> 

giqiM). — L872. 
'^ LaOBouLLMT ( ]y LÂnù, 44^ roe de Làile» — 1872. 
fiMimw (J. ;, prafaeenr agréfctt de rCui^peFàlé de Ftam» peer la 




— XLllI — 

langue anglaise, 19, Tavistock Road, Westboarne Park, 
à Londres. — 1877. 
Lbbot (Alph.), professeur à rUoiTereité, 34, rue Fusch, à Liège. 

— 1868. 

Lebot-Beaulibu (Anatole), 67, rue Pigalle. -^ 1870. 

Le Soubd (docteurs.), directeur de la Gazette des hôpitaux^ 4, 

rue de TOdéon. — 1883. 
hBTBONSE (Mii«), 17, quai Voltaire. — 1869. 
LÉvâQUB (Charles), membre de Tlnstitut, professeur au Collège 

de France, à Bèllevue, près Paris. — 1867. 
LiLLRRs(de)y 23 bis, avenue Montaigne. — 1868. 
LofpRms, avocat, à Alexandrie. •— 1877. 
LoiSBAU (Arthur), docteur es lettres, professeur au lycée de 

Yanyes, 13, rue des Treilles. — 1868. 
Louas (L. de), ancien magistrat, 17, place de la Madeleine. — 

1883. 
Loué (Fabbé), curé de Morsan, par Brionne (Eure). -— 1879. 
LoTXOT, architecte, ancien pensionnaire de TAcadémie de France 

à Rome. — 1881. 

* LiiDLOw (Thomas-W.), Cottage Lawn Yonkers, New-York 

City et À Paris, chez M. Terquem, libraire, 15, bouleyard 
Saint-Martin. --1881. 

* Macmillan (Georges-A.), éditeur, Bedfort Street, Covent^ar- 

den, W. C, à Londres. — 1878. 
Madiu3 (Nicolas], avocat à Constantinople. — 1883. 

* Maggiar (Octave), négociant, 76, rue Taitbout. — 1868. 
Magkabal, inspecteur général de Tinstruction publique en re- 
traite, 22, rue de SaintCioud, à Clamart. — 1867. 

Maigbot (Edouard), 25, rue Louis-le-Grand. — 1867. 
Maigbbt (Théodore), 8, rue Volney. — 1867, 

* Maisonneuvb, libraire-éditeur, 25, quai Voltaire. — 1875. 
Maluca (Abraham), professeur, à Constantinople. — 1868. 
Mauadis (Démétrius), docteur en droit, avocat, à Constantinople. 

— 1868. 

* Mallortib (H. de), principal du collège, k Arras. — 1870. 
Mamolopoulos (R.), négociant, à Alexandrie (Egypte). — 1872. 



- \LtV — 



* Manoossis (Constiuitiiios), à Tagftnrog (Rvssie). — 1870. 
^ Masoossss (Démétrios), à Taganrog (Ruaaie). — 1869. 
MAîfUEL (Eag.}, inspecteur génénl de rinatroetioii publique, 6, 

me Raynonard. — 1871. 

* Mahtzhtinos (R.], à Odessa. — 1873. 
Mabatos (le d^), au Caire. — 1873. 

Mabinos (Miltiade), négociant, 21, Great-Winchester-^treet, 
aty, à Londres. — 1873. 

Marisl, sénatear, 180, bonlerard Hanssmann. — 1879. 

Mâbtha (Constant), membre de Tlnstitat, professeor à la Fa- 
culté des lettres, 55, me da Cherche-Midi. — 1873. 

Martha (Jales\ maître de conférences à la Facnlté des lettres de 
Ljon. — 1881. 

* Maspsbo (G.], membre de rlnstitnt, dîrectenr du musée de 

Boolaq (Egypte). — 1877. 

Masson (Gustave), professeur de littérature française à Técole de 

^ Harrow, Middlesex (Angleterre). — 1871. 

Mathiudakis [Alexandre], docteur en droit, juge au tribunal con* 
sulaire hellénique, à Constantinople. — 1868. 

Matzas (Antoine], ingénieur, à Athènes. — 1877. 

Mauoomblb (Emile\ avoué près le tribunal civil de la Seine, 11, 
me Laffitte. — 1876. 

Maunoir (Charles], secrétaire de la Société de géographie, 14, 
me Jacob. — 1869. 

Maurt (Alfred), membre de Flnstitut, directeur général des Ar- 
chives nationales. — 1867. 

* Mavbo (Spiridion), à Odessa. — 1873. 

* Matbooosoato (le colonel Alexandre-Constantin). — 1873. 

* Mavbocordato (le prince Nicolas), ministre de Grèce & Paris, 

9, me Lincoln. — 1868. 

Mavrogobdato (Dimitrios-A.), négociant, à Liverpool. — 1867. 

Mavrogordato (M.), à Odessa. — 1873. 

Mavbogobdato (Emmanuel-A.), négociant, Westboume Ter- 
race, à Londres. — 1871. 

Matbargubs (Alfred), ancien professeur, 74, me de Miroménil. 

— 1868. 
*MAxnios (P.), à Odessa. — 1879. 



— XLV — 

Mazararis (Gerasimos) , professeur de langue, au Caire. — 
1873, 

* Mazerolle (Joseph), artiste peintre, 45, rue du Rocher. — 

1884. 

Mêlas (Constantin), 67, cours Pierre Puget, à Marseille. ^- 
1867. 

Mêlas (Michel), à Athènes. — 1868. 

Menault, 7, avenue Yillamont, à Lausanne. ^ 1878. 

Mercier (Louis-Victor), licencié en droit, 14, rue d'Aumale. — 
1878. 

Merlet (Gustave), professeur de rhétorique au lycée Louis-le- 
Grand, 64, boulevard Saint-Germain. — 1869. 

Metaxas (St.), docteui^médecin , 22, rue Mazagran, à Mar- 
seille. — 1867. 

Meunier du Houssoy, 22, rue de Prony. — 1870. 

* Meter (Paul), membre de Flnstitut, directeur de l'École des 
Chartes. — 1884. 

MÉziJaœs, de TAcadémie française, professeur à la Faculté des 

lettres, 57, boulevard Saint-Michel. — 1867. 
Miliarakis, sténographe, à Athènes. — 1875. 
Miller (Emm.), membre de Tlnstitut, professeur à TÉcole des 
langues orientales vivantes, 25, rue de TUniversité. — 1867. 
MiLNB Edwards, membre de Tlnstitut, doyen de la Faculté des 

sciences, au Jardin des Plantes. — 1870. 
MiOT, colonel^ chef d'état-major de la 10" division, à Orléans.—- 

1878. 
•MiSTo (H.-P.) frères, négociants, & Smyrne. — 1880. 
MoLiNos (Léon), ingénieur, 2, rue de Chàteaudun. — 1869. 
MoNaiNOT, professeur au lycée Condorcet, 38 bis, avenue de 

NeuiUy. — 1867. 
MoNOD (Gabriel), maître de conférences à TEcole normale supé- 
rieure, 76, rue d'Assas. — 1869. 
Montagne (Edmond), chef d'institution, à Villiers-le-Bel.— 1868. 
MoNTAUT (l'abbé), professeur à l'Université catholique de Tou- 
louse. — 1877. 
MoRAïTÈs (Dem.), professeur de lettres helléniques, 84, Ken- 
sington Gardens Square, à Londres. — 1879. 



— XLVl — 

Mobbac-Chaslon (Greorges), 45, me de Chazelles. — 1869, 
MoRTEMART (marquls de), 16, rae Matignon. — 1867. 
MossoT, professeur au lycée CJondorcet, 20, me de Vemeuil. — 

1878. 
* MomuER (Ad.), vice-recteur honoraire de T Académie de Paris, 

220, rue de Rivoli. — 1867. 
MouTiKT (Félix), avoué-licencié, 109, rue Lafayette, à Toulon. 

— 1882. 

Mtriantheus (d' Hiéronyxnos), archimandrite de Féglise grec- 
que Sainte-Sophie, Moscow Road, Bayswater.W.,à Londres. 

— 1879. 

Mtriamthopoulos (L.), à Alexandrie. — 1880. 



Nasos, directeur de la compagnie d^assurances le Phénix, à 

Athènes. — 1868. 
Navillb (Edouard), licencié es lettres, à Genève. — 1867. 
** Nbgropontb (Michel), négociant, à Paris. — 1876. 

* Nbgropontjbs (Dimi trios), à Taganrog (Russie). — 1869. 

* NiooLAïDÈs (G.), de rUe de Crète, homme de lettres, à Athènes. 

— 1868. 

* Nicouuï)È8 (Nicolaos), à Odessa (Russie). — 1869. 
NicoLAÏDÈs (Athanasios), rédacteur en chef du journal Philippo^ 

polis, à Constantinople. — 1880. 

NiooLAïDis (D.), journaliste, à Constantinople.— 1880. 

NiooLAïDT (le commandant B.), 113, boulevard Haussmann. «— 
1878. 

Nicolas (Michel), professeur à la Faculté de théologie protes- 
tante, à Montauban. — 1867. 

* NicoLOPULO (Jean-G.), 66, rue de Monceau. — 1884. 

* NiGOLOPULO (Nicolas-G.), 66, rue do Monceau. — 1884. 
NiooT (Augustin), pharmacien, 37, rue des Nonnains-d'Hyères, 

— 1876. 

NisARD (Auguste), inspecteur honoraire d* Académie, 89, boule-r 

vard Haussmann. — 1867. 
NiBARD (Charles), membre de Tlnstitut, 6, rue des BatignoUes. 

— 1867. 



— XLVII — 

NiSARD (Désiré), de 1* Académie française, 12, rue de Tournon. 

— 1867. 
NouGuiBB (Henri], ancien avocat au conseil d*État et à la Cour 

de cassation, 2, rue de Provence. — 1870. 

Oddi (F.-P.), professeur de langues, au Caire. — 1880. 

Ollâ-Lapruns, maître de conférences à TÉcole normale supé- 
rieure, 31, rue Gozlin. — 1869. 

Omont (H.), attaché à la Bibliothèque nationale, 28, quai deBé- 
thune. — 1884. 

OaiLTis (À..), à Alexandrie. — 1880. 

Obphanidès (Démétrius), professeur & TUniversité d'Athènes. '— 
1868. 

OuBSBL (Paul), 16, rue des Capucines. — 1867. 

* Paisant (Alfred], président du tribunal civil, à Saint-Quentin. 

— 1871. 

Pakas (le d^* F.), professeur de clinique ophthalmologique à la 

Faculté de médecine, 17, me du général Foy. — 1875. 
Panoalos (Georges) , du secrétariat du Tribunal civil, au Caire. 

— 1882. 

Panopoulos (Théodore), docteur-médecin oculiste, au Caire. — 

1881. 
Papadakis (le docteur), de Crète, médecin à Athènes.— 1884. 
Papadakis (Théophraste), 4, rue Gluck, — 1884. 
Papadopoulos (Périclès), négociant, au Caire. — 1880. 
Papahabcos (Charissios), directeur de T Ecole normale des Des 

Ioniennes, à Corfou. — 1882. 

Paparbigopoulos (P.), professeur de droit à l'Université d'Athè- 
nes. — 1868. 

Papathymios (Othon), négociant, à Mehalla-Kibir (Egypte). — 
1882. 

Pappa (Daniel), négociant, à Constantinople. — 1868. 

Pappadopoulob (Démétrius), docteur-médecin, à Constantinople. 

— 1868. 

Pappis (Timoléon), à Constantinople. — 1883. 



— XLMIl — 

PARiLPAMtAPOULOs (Jean), professeur de TEcole commerciale hel- 
lénique de Chalki, à Constantinople. — 1868. 

* PARiLSKBVAS (WLadimir), à Odessa. — 1880. 

Paris (Gaston), membre de Tlnstitut, professeur au Coll^ de 
France, 11, rue de Varonnes. — 1868. 

* Pabissi, à Athènes. — 1878. 

* Parmentisb (Th.}, général, membre du comité des fortifica- 

tions, 5, rue du Cirque. — 1872. 

Paspalu (Nicolas), négociant, à Oonstantinople. — 1868. 

Paspahs (Alexandre} , docteur-médecin , àConstantinople. — 1 868 . 

Passerat (Louis), professeur agrégé en retraite, l, rue du Belvé- 
dère, à Tours. — 1874. 

Passt (Louis), député, 45, rue de Clichy. — 1867. 

Patb (Lucien), attaché à la Direction des beaux-arts, 66, rue de 
Rennes. — 1877. 

Pedonb-Lauriel, libraire-éditeur, 13, rue Soufflet. -— 1868. 

* PÉLiaER (P.}, archiviste de la Marne, à CMlons. — 1867. 
Pbpin-Lbhallbur (Adrien), docteur en droit, 14, rue de Casti- 

glione. — 1880. 
Perdiridâs (C), négociant, à Cbnstantinople. — 1872. 
PéRiER (Pierre-Casimir], député, ancien sous-secrétaire d*£tat, 

23, rue Nitot. — 1868. 

* Pbrrin (Ernest), 11, avenue Friedland. — 1873. 

Pebrot (Georges), membre de Tlnstitut, directeur de TËcole nor- 
male supérieure. — 1867. 

Person [Léonce), professeur au lycée Saint-Louis, 1 1 , rue Mon- 
sieur. — 1867. 

Person (Emile), professeur au lycée Condorcet, 33, me d^Am<» 
sterdam. — 1877. 

* Persopoclo (N.), à Odessa. — 1873. 
Pesmazoglou (Jean), à Alexandrie. — 1880. 

' Pesson, ingénieur des ponts et chaussées, 25, boulevard Ma-> 

lesherbes. — 1878. 
Petit (M"« veuve), à Senlis (Oise). — 1872. 
Petit (Arsène), 36, boulevard de Clichy. — 1880. 
Petft de Julleville, maître de conférences à TËcole normale 

supérieure, 47, rue du Ranelagh. — 1868. 



> 



— XLIX — 

Pbtbb (Roger), professeur d*histoire au collège Stanislas, 42, 

rue Jacob. — 1879. 
* Pbabdts (Nicolas- B.)i de Samothrace, étudiant en médecine, 

23, rue de la Grande-Armée, à Marseille. — 1884. 
Philios (Démétrius), à Athènes, — 1879. 
Phostiropoulos (Constantin), à Athènes. — 1878. 
Photiadis (Nicolas), négociant, à Constantinople. — 1868. 
PiAT (Albert), 85, rue Saint-Maur-Popincourt. — 1867. 
PiCABD { Alph. ), libraire-éditeur , 82 , rue Bonaparte. — 

1879. 
PiiBoiTBO (Edmond), professeur agrégé à la Faculté de droit à 

Douai. — 1880. 
PILA.STRB (E.), avoué, 46, rue No tre-Dame-des -Victoires. — 

1883 
*PisPAS (B.), & Odessa. — 1879. 
PoPFANDis, 26, rue de TUniversité. — 1879. 
PoiTBiNEAU, inspecteur d* Académie, à Vannes. — 1869. 
PoiVBT (l'abbé), professeur au petit séminaire de Versailles. — 

1883. 
PoLTCARpos (Hierodiaconos), archimandrite, à Constantinople. 

— 1873. 
PoRPHTRios SiNAïTE (le diacre), au Caire. — 1883. 
PoTRON, 14, rue de F Arcade. — 1867. 
PomsR (René^ean), professeur suppléant au lycée Fontanes. — 

1870. 
PoTTiER (Edmond), professeur-suppléant à TÉcole des Beaux- 
Arts, 3, rue Talma, k Passy. — 1884. 
Prarond (E.), 14, rue de Toumon. — 1871. 
Prbtknteris-Typaldo (Ch.) premier médecin de S. M. Helléni- 
que, professeur à TUniversité d'Athènes. — 1868. 
Prilejasff (Farchiprétre), aumônier de Tambassade de Russie 

à Paris, à Téglise russe, 8, rueDaru. — 1869. 
Proo (Victor) , ingénieur civil, 22, boulevard Richard-Lenoir. — 

1876. 
PaARAS, professeur de grec, 17, Alexander street, Weslboume 

Park, à Londres. — 1871. 
* PsiCHA (Etienne), 18, avenue de TOpéra. — 1884. 

Annuaire 1884. d 



PstcHAM] (Jean), frtfé ée rUniierBU, 96, rae de Reanea. — 

1879. 
PsTCHUUB (AitUHDe], Dcfoduit, à ContUndBople. — 1868. 

CBCX DC SAiXT-HiLADtE (marqût dej, 3, rue SonfBot. — 
1867. 

LU fiMTgts], Dégocûnt. à Aleundrie. — 1877. 

LU (Tbéodore-A.), 1 Alexandrie. — 1879. 

uj ^Théodore) ,-ii^^ocÎAnt, Ethelbarg» boaw, Bùhopegate 

met, à Londres. — 1867. 

LU, ScHiuza et Abbenti, négociants, 12, allées des Capv- 

âne«, àUaraeille. — 1867. . 

LLT [Nicolas), 8, me de lisbanae. — 1834. 

UuiCD (Alfred). proresMor k la Facnllé des lettres, 76, rue 

rAsMs. — 1870. 

MPEC, aecrëtaire de la légation £r«nc»se, i Athènes. — 1876. 

Mî*BÉ(Ri»>), ministre [Jénipotentiaiie île Grèce, R^enteo- 

Strasse, i Berlin. — 1868. 

KGABt fCléon}, consul-gi^néral à Sofia. — 1884. 

TKT (OlÎTier]. profesiear d'archéologie pris la Bibliothèque 

istionale, 75, nie Notr&-I>aine.des.CbaiDpi. 

ciACH (Salomon' , membre de l'Ecole ffsncaise d'Athènes, 31 , 

TiedeBerUn, - 1878. 

jiàh (Ernesl], membre de l'Inatitul, administrateor du Collée 

le France. — 1367. 

Iemebi iMarc), ^uTenieiir de la Banque nationale, i Athràes. 

- 1867. 

voLOUT, profeaseoT & Is Facnlté des lettres de Montpellier. — 

1869. 

ALLI8 (Etienne), négociant, i Coiutantinople. — 1868. 

uis (Démétrius), ministre de Grèce, & Rome. — 1868, 

LuNT (comte Paul], membre de l'Instîtat, 51, boulevard de 

^nrceUes. — 1867. 

jcb4B0-Kœ51<i, négociant, 6, rue de Copenliagiie. — 1869. 

EDE», directeur de l'Ecole alsacienne, 109, rue Notre-Dame- 

les-Champs. — 1878. 



— LI — 

• 

RxLUsr (Albert) I ancien professeur de littérature étrangère à 
r Académie de Genève, à Genève. — 1867. 

RiNN (Charles), professeur au collège RoUin, 59, rue Rodier. — 
1876. 

Rizo (Michel), consul général, à Alexandrie (Egypte). — 1873. 

Robert (Charles], membre de Tlnstitut, 25, boulevard de La- 
tou-Maubourg. — 1867. 

^ RoBERTET (G.), chef de bureau au ministère de l'Instruction 
publique, 10, quai des Célestins. — 1873. 

RoBEBTi(A.), 3, rue Crilon. — 1873. 

RoBiou (Félix), correspondant de Tlnstitut, professeur à la Fa- 
culté des lettres, à Rennes. — 1872. 

Rochas d'Aiglun (A. de), commandant du génie, à Blois. — 1873. 

RocHETEBiE (Maxime de la), à Orléans. — 1879. 

* RoDOCANACHi (Théodoro), 18, avenue de TOpéra. — 1884. 

* RoDOCANACHi (P. -Th.), à Odessa. — 1873. 
RoDOOANACHi (Th.-E.), négociant, 14, allées des Capucines, à 

Marseille. — 1867. 
*^ RoDOCANACHi (Michel-E.j, négociant, 10, allées des Capucines, 
à Marseille. — 1867. 

* RoDOCANACHi (P.), 42, avonuo Gabriel. — 1867. 
RoERSCH, professeur à TUniversité, à Liège. — 1873. 

* RoMANos (Jean), professeur au gymnase de Corfou (Grèce), — 

1873. 

Rothschild (baron Alphonse de), 21, rue Laffitte. — 1867. 

RousTOwiTZ (Alexandre), négociant au Caire. — 1880. 

Ruelle (Ch. -Emile), bibliothécaire à la Bibliothèque Sainte- 
Geneviève. — 1869. 

Saolio (Edmond), conservateur au musée du Louvre, 24, rue 

Condé. — 1868. 
Saint-Paul (Georges), auditeur au Conseil d'Etat, 22, rue d'Au- 

male. — 1877. 
Sakellabopoulo (Spiridion), docteur en philosophie, à Athènes. 

— 1874. 
Salomon, professeur au Ijcée Louis «le-Grand^ 6, boulevard 

Saint-^Michel. — 1867. 



— LU — 

Sa.lv AGo Pantalbone, négociant, à Alexandrie. — 1867. 

* Sarariotis (Basileios), docteur-médecin, à Constantinople. — 

1872. 
Sarantb Yatrou, médecin oculiste, au Caire. — 1882. 

* Sarapbis (Aristide), négociant à Mételin (Turquiej. — 1868. 
Sarcet (Francisque), 59, rue de Douai. — 1868. 

Saripis (Démétrius), orfèvre au Caire. — 1880. 

* Saripolos (Nicolas), correspondant de Tlnstitut de France, 
avocat, à Athènes. 1868. 

Saripolos (Jean-N.) , étudiant en droit, 9, rue de Tonmon. — 1 882. 

* Sathas (Constantin), Palazzo Correr, à Venise. — 1874. 

^ Saycb, professeur à TUniversité d*Oxford, King^s Collège. — 

1879. 
^ ScARAMANOA (Doucas), à Tagaurog (Russie). — 1870. 

* ScARABfANOA (Joau-A.), à Tagaurog (Russio). — 1870. 

* ScARAHANOA (Pierre-J.), attaché à la légation hellénique à 
Paris, 1, rue du général Foy. — 1872. 

* ScARAMANGA (Stamatios)^ à Taganrog (Russie). — 1870. 

* ScARAMANGA (Joan-E.), 2, allées des Capucines, à Marseille. — 

1876. 

* ScHLiEBfANN (Henri), à Athènes. — 1868. 

* ScLAVo (Michel), à Odessa. — 1879. 

ScLAVOS (P.-C), négociant, 76, Palmerston Buildings, à Lon» 

dres. — 1867. 
ScouLOUDis (Etienne), député, à Athènes. — 1868. 
SoouzBs (M""* Hélène), à Athènes. — 1882. 
Sbllbt (Eug.), professeur au lycée de Vanves. ^ 1876. 
SsNART (Emile), membre de Tlnstitut, 16, rue Bayard. — 1867. 
Sbstibr (J.-M.), avocat à la Cour d*appel, 24, rue Nicole. — 

1881. 

* SiNADiNo (Nicolas), 4 bis, rue du (iuatre-Septembre. — 1884. 

* SiNAOïNo (Michel), 18, avenue de TOpéra — 1880. 

* SiNANo (Victor), 4, rue Meissonier. — 1884. 
SiPHNAios (Jean), négociant, à Constantinople. — 1868. 
Skliros (Georges-Eustathe), 82, Mortimer Street, Cavendish 

Square. W., à Londres. — 1876. 
Skylizzl (Jean-Isidoris), à Athènes. — 1868. 



— LUI — 

SoLOHONDis (ÉpamÎDondas;, docteur-médecin, lie de Poros 

(Orèce). — 1880. 
^ SoMAKis (M»« Hélène), 98, ayenup de Saint-Mandé. — 1874. 
SoREL (Albert), secrétaire de la présidence du Sénat. — 1871. 

* Soughu-Serviniârb, docteur-médecin, à La^al. — - 1876. 
SouuDis (Nicolas), avocat, à Constantinople. — 1881. 

SouRT (Jules), attaché à la Bibliothèque nationale, 21, rue Gray- 

Lussac. — 1870, 
SoiTTZO (Ai.), secrétaire du consulat général de Sophia. — 

1872. 

* SouvADzooLOU (Basili), négociant à Ck)n8tantinople. — 

1878. 
Stambus (Athanase), docteur en médecine, à Alexandrie -— 

1879. 
Stamoulis (A.), à Silyvrie, (Turquie). — 1874. 
Stephanos (D' Clon), 28, rue de l'Arbalète. — 1879. 

* Stephanovic (Zanos), à Constantinople. — 1868. 
SuGDURT, à Athènes. — 1867. 

* Sully- Prudhomme, membre de TAcadémie française, 82, rue 

du Faubourg-Saint-Honoré. — 1883. 
SuBELL, ingénieur en chef des ponts et chaussées^ 10, rue du 
parc de Clagny, à Versailles. — 1868. 

* SyoBONoa (Michel), négociant, à Constantinople. — 1883. 
SvoBONos (Jean), 30, rue des Ecoles. — 1884. 

* Stllooub littéraire V Hermès j à Manchester. — 1874. 

* Stnoros (A.), banquier, à Athènes. — 1877. 

Talamon (Henri), 64, rue de Richelieu. — 1883. 

Talbot (Eugène), professeur au lycée fontanes, 110, rue du 
Bac. — 1867. 

Tambacopoulos, trésorier de l'Ambassade hellénique, à Cons- 
tantinople. — 1880. 

Tambacob (N.-D.), à Constantinople. — 1874. 

Tamt, ancien professeur, 35, rue de Grenelle. — 1877. 

Tabdieu (Amédée), bibliothécaire en chef de llnstitut. — 
1872. 

* Tablas (Th.), à Taganrog (Russie). — 1873. 



* Tblft (J.-B.)i profeaseur de littérature clauàque & rUiUTenDtë 

de Perth. — 1869. 
TRBHAtn-CoHPiKS, secrétaire d'ambussde h Saint-Pétenbonrg ; 

3, me Fortm, k Paris. — 1878. 
Tbrbixr, ancien membre de l'École françaÎM d'Athènes, [ho- 

fesaeor au Ijcée Louis-le-Gmid, 42, me de la Toor-d'AaTW 

gne. — 1878. 
Tkbzitti [M"* Adéliude), k Corfou. — 1863. 
Tkbtu (comte de), à Tertn, par Trun (Orne). - 1867. 
TflÉNABD (A.), professeur au lycée de VersaiUee, 6, rue RoysJe, 

i. VerBaUles. — 1884. 
Tbbodobidib (Nicolas) , pharmacien, à Constanlinople. — 

1868. 
Thsoloqob, chef de la maison P. Théologos, de IlCanchestâr, & 

Athènes. — 1872. 
Thibion (Ch.), professeur au lycée Condorcet, 64, me Bsjen. — 

1867. 

* TiLiÉBB (marquis de), 14, me de Marignan. — 1873. 
TotJPECTSOPP (M.), à CavaU (Turquie). — 1873. 

* TouoABD (l'abbâ Alb.), docteur es lettres, professeur au petit 

séminaire (Rouen). — 1867. 
'TooBNiKR, maître de conférences à l'École normale supérieure, 
16, me de Touroon. — 1867. 

* TouBTOULON (baron de), château de Valergnes, par Lansargues 

(Hérault). — 1869. 
Tbanchau, inspecteur d* Académie honoraire, à Orléans (Loiret). 

— 1868. 

TtLÈLiT (Emile), directeur de l'École spéciale d'&rchitecture, 17, 

me Denfert-Rochereaa. — 1877, 
Tbbsb, 184, ruede Rivoli. — 1868. 
Tbéverbei (Annand de), professeur à la Faculté des lettres 

de Bordeaux. — 1869, 
TBumAimLUS (C), professeur à l'École commerciale, à Venise. 

— 1871. 

■TsACAiOTOS (E.-D.), àTaganrog. — 1873. 

Tzrrzopouu frères (G. et Chr.), bijoutiers, à Constantinople. — 



— LV — 

Ubicini, publiciste, 19, rue Jacob. — 1871. 

* Université d'Athènbs. — 1868. 

Vaurtas (J.-N.), directeur de TÉcole hellénique, 84, Kensing- 
ton garden square, Bayswater, à Londres. — 1867. 

* Yalisri (Octayien), 2, Kensington Park Garden, à Londres. 

— 1879. 

Yalœri (Jérôme), négociant, 7, rue de TArsenal, à Marseille. 

— 1868. 

Taluano (André), négociant, 23, rue de TArsenal, à Marseille. 

— 1868. 

Vanby (Emmanuel), conseiller à la Cîour, 14, rue Duphot. — 

1872. 
YAPmADiB (Apostolos) , docteur-médecin, à Constantinople. — 

1868. 
Vaphiadis (Georges), journaliste, à Constantinople, — 1868. 
YASMARmis, directeur de TÉcole grecque de Péra, à Constanti* 

nople. — 1880. 
Yassari (Pantazis), à Tantah (Egypte). — 1883. 
Yast (Henri), professeur au lycée Condorcet, 9, rue de Greffulhe. 

— 1875. 

Yatikiotis (le docteur), à Alexandrie (Egypte). — 1870. 

Yauzellbs (Ludovic de), conseiller à la Cour d*appel, à Orléans. 

— 1867. 

Yenbtoclès (Dém.), directeur du lycée grec, à Alexandrie. — - 
1879. 

Yenbtoclès (Minos), avocat, à Alexandrie. -— 1879. 

Yérin, professeur de philosophie à TËcole de Pont-Levoy (Loir- 

etrCher). — 1869. 
Yerna (baron de), au château de Haute-Pierre, par Grémieu 

(Isère)-— ISÔ^- 
Yernudachi (P.), 7, rue Notre-Dame-des- Victoires. — 1873. 

Yéron-Duverger, professeur à la Faculté de droit, 2 bis, rue 
Soufflet. — 1872. 

Vidal-Lablachb, maître de conférences à TÉcole normale supé- 
rieure. — 1870. 



v ,rr ■-■■■■ ■ C^Kilie'. i—pe c iaiir gCaffi l Iwwiire de Tln- 
anaiaa pnhaqna, 11, ne MaEgnoa. — ISSO. 

VixcEfT Edgar . 8. Ebnr? sc«n. S. W.. à LaBdn». — 1880. 

Tlacsos lAagelaa . lecréaii* g^^nl te miaisiëfe deflnténear, 
iAEbéna. — lS6â. 

■ Vlasid :AiitDtBe'. 54, ne de Napke. — ISS4. 

* Vlasto lEoauw-A.'. iâ. allées dea Cepaases, i Maneitle.— 

18T5. 
Vlasto (Ernen). iagéniew. 69. boaicwià Hiiw— an. — 1S84. 
yL4.9TT> (Michet'Â.). roitier. 154. bcmlevaid 31alliedKrt>es. — 

1884. 

* TtiSTo (Théo.tore\ <Aa MM. R»lli frères, à LHwpool. — 
Toeci (Melctiîor dé). m/ODbn de rlnatitat, ucîea ombusadenr, 

2, me Fabert. — 1873. 
VoLTSKA iGeraaiinoHl. négociant, an Caire. — 18T6. 

* VocLisKu (Eoet.). archimandrite, à Odess». — 1873. 
TocBM (Jeaa-D.^ banquier. 1 Adièaes. — 1872. 
TocTTKis {StaTrae-Jean), jonnialiste. à Conatantiitople. — 1868. 
Vrstos [JeMi-Â.).Joaniali9te. à Constanûnople. — 1868. 

* VcasA (EmmaniieJ-G.). à Odessa. — 1873. 

* Vcccii [A. -G.), i Odessa. — 1873. 

■ Vccnu. jJean-G.), t Odea». — 1873. 

WAi^B6T0s(W.^eiu7),iiMmbnderiiistitat, a&iateu, lliû, 
me Dumontd'UrTille. — 1867. 

Wâi>dc<gto!( (Ch.J, frvteaatm i U Faculté dee lettres, 50, me 
de la Toar-d'AoTergne. — 1873. 

WasEiKK (A.), professeur i l'UniTenité de Gand. — 1873. 

W&LLo;( [Henri), séoatear. secrétaire perpétuel de l'Académie 
des Inscriptioiii et Belles-Lettres, aa palaie de l'Instilut. — 
1869. 

Watil, profeasear an Ijcée Condorcet, 7, ne Bapst, i Asniè- 
«8.— 1871, 

'nL (Henri), membre de l'Institut, maître de conférences à l'É- 
cole normale supérieure, 64, rue Madame. — 1867. 
WocHEs (Carie), conserratenr à la Bibliothêfjue nationale, 89, 
rue de Vaogirard. — 1867. 



Wnr (Pierre de), 83, boulevard Haussmann. — 1882, 
WiTTB (baron de), membre de rinstitut, 5, rue Fortin, — 1867. 
WoRMB (Justin), banquier, 10, rue du Conservatoire. — 1876. 

* Xanthopoulos (Démétrius), à Odessa. -^ 1879. 

* Xtdias (S.), à Odessa. — 1873. 

* Xtdias (Nicolas), artiste peintre, 19, rue des Prétres-Saint- 

Germain-rAuxerrois. — 1884. 

YuNe (Eugène), directeur de la Revue politique et littéraire, 
46, rue de Rennes. — 1867. 

Zapisopulo (Etienne), président Mu comité Coraj, 11, cours du 

Chapitre, à Marseille. — 1877. 
Zaïmis (Alexandre), à Athènes. — 1879. 
Zaja (Louis), avocat, à Alexandrie. — 1880. 

* Zabifi (Georges), négociant, à Constantinople. — 1868. 
Zarifi (Léonidas), négociant, à Constantinople. -— 1867. 
Zabifi (Périclès), négociant, 20, allées des Capucines, à Mar- 
seille. — 1867. 

ZiOADA (Nicolas), négociant, au Caire. — 1880. 
Zmos (Nicolas), négociant, au Caire. — 1880. 

* 2k>GRAPH0S [Christakis Effendi), banquier, fondateur du prix 

Zographos, 21, avenue de TOpéra. — 1868. 

* Zographos (Xénophon), docteur-médecin, 18, rue Nouvelle, à 
Constantinople. — 1868. 

Zographos (Selon), 21, avenue de l'Opéra. — 1876. 



SOCIÉTÉS COKKESPONDANTES. 



Paris. 

SociéU bibliographique nnÎTeraelle. 

Athènes. 
École française d' Athènes. 
Société archéologique. 
Sfllogue dea amis de l'instnictiou, le Parnatse, 

— pour la propagation des études grecques. 

— d'enseignement (StSosiutXtxdç). 

— littéraire, le Byron. 

Constaiitinople. 
8yllogue littéraire hellénique. 

Snayms. 
Musée et bibliothèque de l'École évangélique. 

Londres. 
Société pour le progrès des études helléniques. 

Uarseille. 
Comité Coray. 

Baltimore (Ëtats-Unla}. 
Johns Hopkina UniTorsiÇ. 



Archœotogical Institute of America, 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 17 AVRIL 1884 



DISCOURS 



PRONONCÉ PAR 



M. LE M'^ DE QUEUX DE SAINT -HIL AIRE 



PRÉSIDENT 



Messieurs, 

Les membres qui composent les Sociétés savantes et 
les Associations littéraires peuvent se diviser en deux 
classes distinctes : ceux qui les honorent, ceux qui 
sont honorés par elles. Je suis de ces derniers ; je n'en 
sens que plus vivement la faveur que vous m*avez 
faite en m'appelant à Thonneur de vous présider cette 
année. 

Il n'est pas dans ma pensée de vouloir, par Texpres- 
sion d'une modestie qui, de ma part, ne saurait jamais 
être exagérée, diminuer la valeur du choix que vous 
avez cru devoir faire. Tout au contraire, je serais plutôt 
tenté de vous en féliciter, et, vous rappelant un mot que 
l'histoire prête à un illustre marin de ma province de 



— LX — 



Flandre , de vous dire , comme Jean-Bart répondant 
à Louis XIV qui venait de le nommer chef d'esca- 
dre : a Vous avez bien fait I » — Oui, vous avez bien 
fait; car en appelant au fauteuil de la présidence un de 
vos plus humbles confrères, vous avez prouvé, par ce 
choix même, deux choses importantes : D*abord, que 
notre Association, parvenue aujourd'hui à la dix-hui- 
tième année de son existence, est entrée dans cette 
période où les Sociétés savantes sont en état de rendre 
à quelques-uns de leurs membres les plus modestes 
rhonneur qu'elles ont autrefois reçu des plus illustres : 
ensuite, c'est qu'en voyant à votre tête un de vos 
confrères sans aucun titre officiel, n'ayant eu pour 
seuls répondants auprès de vous que son admiration 
profonde pour les chefs-d'œuvre en tous genres de 
l'antiquité grecque et son ardente sympathie pour la 
Grèce actuelle , tous nos confrères peuvent avoir 
la légitime espérance de s'asseoir quelque jour à 
cette môme place, puisque tous ont la même ardeur 
et le môme philhellénisme avec beaucoup plus de 
science. 

J'aimerais maintenant à vous entretenir de vos tra- 
vaux de cette année et des succès de vos lauréats ; des 
travauxetdes progrès des Sociétés philhelléniques, filles 
ou sœurs de notre Association, qui, de Smyrne, de Lon- 
dres, d'Athènes et même d'Amérique, unissent active- 
ment leurs efforts aux nôtres, pour concourir à la réa- 
lisation d'un but commun. Il me faut auparavant 
accomplir la partie la plus douloureuse de ma tâche. Un 
usage constant dans notre Association veut, en effet, 
que les premières paroles que prononce votre président 
dans cette enceinte soient pour rappeler à votre sou- 
venir la mémoire de ceux que la mort nous a enlevés 
pendant l'année qui vient de s'écouler. 

Nos pertes ont été particulièrement nombreuses 
cette année et laisseront des vides marquants au milieu 
de nous. J'ai, en effet, à rappeler à votre mémoire le 



— LXl — 

nom de seize de nos confrères, dont quelques-uns 
étaient des plus illustres. 

Parmi ceux qui nous ont quitté, il en est sur lesquels 
je n'ai pas encore reçu les renseignements que j'ai de- 
mandés en Orient, et qu'il me faut ranger, provisoire- 
ment au moins, dans la classe nombreuse de nos amts 
inconntis. Us sont bien> en effet, des amis de la France 
et des lettres grecques, quelques-uns amis de la pre- 
mière heure, ces confrères qui se sont empressés 
de nous envoyer leur adhésion de l'Orient quMls habi- 
taient, nous accordant généreusement ainsi l'appui de 
leur nom et de leur bourse pour nous aider à mener 
à bien l'œuvre de nos fondateurs. Donnons donc un 
souvenir reconnaissant à la mémoire de M. le docteur 
Pélopidas Latiry, d'Odessa, qui était des nôtres depuis 
1873, de M. D. J. Kokkonis> négociant à Gonstanti- 
nople (1868); de M. N. Bambakis, également négociant à 
Gonstantinople (1872), de M. Charles Ed. Bailly, mort à 
Genève (1869) ainsi que de M. le docteur Panos Pissas, du 
Caire, récemment mort à Athènes (1880). 

Parmi les Français, le premier dont j'ai eu le re- 
gret de vous annoncer la mort, le 3 avril de l'année 
dernière, est M. Anatole Boucherie. 

Je voudrais, en quelques mots, retracer dignement 
devant vous la carrière de ce confrère éminent que 
nous avons perdu ; pour cela je n'ai qu'à vous rappeler 
quelques passages de la notice que notre président 
honoraire, M. Egger, lui a consacrée dans le Journal des 
Débats du 22 avril : 

« M. Boucherie, dit M. Egger, fut un modèle de cu- 
riosité patiente et désintéressée pour ses recherches 
scientifiques, mais, avant tout, ce fut un professeur 
exemplaire, et cela, malgré la faiblesse d'une santé qui 
ne l'a pas conduit sans effort jusqu'à l'âge de cinquante* 
deux ans. Il avait débuté par les plus modestes fonc- 
tions de nos collèges. Entré jeune dans l'Université, à 
l'âge de dix-huit ans, on le voit déjà maître répétiteur 



— LUI — 

au lycée d^Angoulême... En 1855, il débuta dans ren- 
seignement au lycée de la Rochelle. En 4863, il était 
reçu agrégé et nommé professeur titulaire de sixième 
au lycée de Poitiers. Deux ans après, il revint à 
Montpellier, mais déjà sa santé était compromise par 
les efforts qu'il avait dû faire dans cette conquête 
laborieuse d'une position digne de lui. Il fut obligé de 
prendre un congé qui dura trois ans, et c'est seulement 
en 1864 que ses forces lui permirent de remonter dans 
sa chaire. L'administration lui confiait la classe de 
cinquième au lycée de Montpellier. On espérait qu'un 
climat plus doux pourrait conjurer ou retarder les 
effets du mal dont il avait senti la première atteinte. 
M. Boucherie a rempli pendant quatorze ans, au lycée 
de Montpellier, les modestes et utiles fonctions de 
professeur de grammaire avant d'arriver à ce qui était 
le comble de son ambition, c'est-à-dire professeur 
de quatrième. Malgré sa poitrine débile, sa voix fai- 
ble, il conservait toujours une parfaite autorité dans 
la direction de sa classe qu'il dominait par le res- 
pect, par l'affection, par la clarté d'une excellente mé- 
thode. 

€ Tel je le connus, ajoute M. Egger, en possession de 
l'estime générale, dans sa chaire du lycée de Montpel- 
lier, et je redoublais bientôt de sympathie pour sa 
personne, en voyant que ce maître consciencieux était 
à la fois un érudit, un fouilleur de vieux livres impri- 
més et manuscrits. 

« Montpellier, déjà, avec ses deux riches bibliothè- 
ques, ouvrait bien des trésors à la curiosité d'un philo- 
logue, mais Paris ne tarda pas à l'attirer, puis Lyon, 
sans parler d'une correspondance qui le mettait en 
rapport avec les savants, en Espagne, en Italie, en 
Allemagne. Placé, d'ailleurs, au milieu d'une popula- 
tion enthousiaste pour sa vieille langue, rallié de bonne 
heure à la Société des Félibres provençaux, il devint un 
des fondateurs et resta jusqu'à ses derniers moments 



un des plus fermes soutiens de la Société et de la Revue 
des langues romanes qui fait tant d*honneur à la jeune 
école philologique de Montpellier. Les quatorze vo- 
lumes de mémoires déjà publiés par cette Société, 
contiennent chacune plusieurs notices ou articles de 
M. Boucherie, auxquels il faut joindre plus de vingt 
opuscules de philologie grecque, latine, ou romane, 
publiés en dehors de cette collection. 

€ C'est ainsi qu'il mérita d'être appelé h diriger une 
conférence de langue tfoîl auprès de la Faculté de 
Montpellier, et à eôté de son ami M. Camille Chaban- 
neau, chargé d'y diriger l'étude de l'ancienne langue des 
Troubadours. Tous ces titres ont valu à M. Boucherie 
de bien touchants témoignages dont on trouve l'expres- 
sion dans les discours prononcés sur sa tombe par 
MM. Revillout et Castets, et dans une courte allocution 
de M. Roque-Ferrier devant l'Académie de Montpellier 
dont M. Boucherie était membre. » 

Pour ce qui regarde particulièrement nos études, qu'il 
me soit permis de signaler spécialement, dans l'œuvre 
méritoire de cette trop courte vie, une publication qui 
demandait, avant tout, l'intelligence d'un helléniste et 
la science d'un paléographe. Nous possédons peu de 
manuels classiques de la haute et de la moyenne anti- 
quité. C'est donc une chose curieuse pour nous de 
retrouver un recueil de dialogues familiers en grec et 
en latin, qui porte, indûment peut-être, le nom d'un 
rhéteur du u** siècle après J.-C, de Julius Pollux, mais 
qui, en tous cas, nous intéresse comme preuve de l'in- 
timité familière des deux langues^ en Italie, sous les 
Césars. Le meilleur et le plus ancien manuscrit appar- 
tenait à la Bibliothèque de Montpellier. M. Boucherie 
se donna la tâche de le publier, non sans recourir aux 
manuscrits partiels qui en existent ailleurs, et il accom- 
plit sa tâche avec une exactitude et des scrupules d'édi- 
teur passionné. C'est cette publication des *Ep[AT]veù|jiaTa, 
etKaOT}(tôp(yiQ 5(iLiQX(a, attribués à Julius Pollux, que notre 



— LXIV — 

Association a couronnée en 1878 en lui décernant une 
partie de son prix annuel. 

Une autre fois, M. Boucherie s'attachait à déchiffrer 
la première écriture d*un palimpseste de Priscien, œu- 
vre qui demandait les yeux exercés d*un paléographe. 
Ces deux travaux ont pris place dans un des recueils 
publiés par TAcadémie des Inscriptions et Belles-Let- 
tres. Voilà comment M. Boucherie était devenu le client 
aimé de tous ceux qui s'occupent de romanisme et des 
littérature classiques de l'antiquité. 

Est-il nécessaire d'ajouter, après cela, que les ver- 
tus de l'homme étaient chez lui dignes des qualités du 
savant et qu'il avait avec sa famille, comme avec ses 
amis, avec ses maîtres et ses élèves, le plus doux 
commerce d'affection et l'échange incessant des com- 
munications utiles à la science. Ce sage esprit, ce no- 
ble cœur laisse donc un précieux souvenir à tous ceux 
qui l'ont connu et un exemple aux jeunes gens qui s'en- 
gagent dans la laborieuse carrière de l'enseignement. 
C'est pourquoi j'ai cru devoir rendre ce dernier hom- 
mage à l'un de nos plus anciens et de nos meilleurs 
confrères (M. Boucherie faisait partie de notre Asso* 
ciation depuis 1867, année môme de sa fondation). Du 
reste, son nom respecté ne disparaîtra pas de nos listes. 
M. Adhémar Boucherie, commandant au 42* régiment 
dlnfanterie , a manifesté le désir de faire partie de no* 
tre Association, afln de continuer parmi nous le nom et 
la tradition de son frère. 

Prononcer, dans notre Compagnie, le nom de M. P. 
GiauBT, c'est rappeler immédiatement à vos souvenirs 
les traductions en prose des poèmes d'Homère et des 
histoires d'Hérodote, publiées par la librairie Hachette 
dans la collection des traductions des auteurs grecs 
classiques. M. Giguet était, de plus, l'auteur d'une 
traduction française de la Bible d'après la version des 
Septante, et d'une grammaire grecque où la théorie de 
cette langue est mise en rapport avec les éléments du 



— LXV — 

sanscrit. Ilestmort,aumoisdemai 1883, plus qu'octogé- 
naire, à Sens, sa pairie, après avoir passé dans la cé- 
cité les dernières années de sa vie. Nous ne devons pas 
oublier que, dans les premiers temps de notre Asso- 
ciation, il nous avait fait présent d'une lettre autogra- 
phe de Sainte-Beuve qui fut insérée dans notre An- 
nuaire, Tannée même oti nous avions reçu ce cadeau. 

M. Giguet faisait également partie de notre Compa- 
gnie depuis sa fondation. 

M. Delagrdix, professeur au lycée Louis-le-Grand, 
était un bon humaniste. Ancien élève de TEcoIe nor- 
male, il avait été Tun des auditeurs des cours de notre 
président honoraire, M. Egger. C'était, me dit-on, un 
excellent professeur par le dévouement et Taffection 
qu'il portait à ses élèves, dont le seul défaut, si c'est là 
un défaut, serait de s'être trop renfermé dans ce dévoue- 
ment même aux études classiques, ce qui ne lui a per- 
mis de publier aucun livre. Les deux âls de M. Dela- 
croix ont tenu à honneur, après la mort de leur père, 
de continuer ses traditions, et se sont fait inscrire tous 
les deux sur nos listes, à la place qu'occupait le nom de 
leur père. 

M. Charles-Napoléon Desjardins, qui habitait Ver- 
sailles et que nous avons perdu au mois de mai de 
l'année dernière, était un de ces amateurs éclairés des 
lettres qui s'empressent de donner aux Sociétés savan- 
tes, aux Associations naissantes, le concours de cet 
appui moral et matériel, dont elles ont si grand besoin. 
Sans appartenir à l'Université, sans avoir, je crois, ja- 
mais rien publié, M. Desjardins portait un réel intérêt 
à nos travaux et aux études que nous encourageons. 
Appartenant à la famille d'un de nos anciens présidents 
qui était, en même temps, un de nos fondateurs, M. Des- 
jardins avait été un des premiers membres de notre 
Association où il s'était fait inscrire comme membre do- 
nateur. Après sa mort, la femme, qui porte dignement 
son nom, a voulu, elle aussi, continuer l'œuvre do son 

Ankuairk 1881 c 



— LXVI — 

mari et s'est fait inscrire au même titre, à la place 
qu'occupait notre regretté confrère, place qui, gr&ce à 
cette généreuse pensée, ne demeurera pas vide sur nos 
listes. 

Si j'avais à vous entretenir des travaux si savants, si 
nombreux et si variés de M. Edouard Laboulayb, 
la compétence, comme l'espace dans lequel je dois me 
renfermer, . mè ferait également défaut. D'autres voix 
plus autorisées que la mienne rappelleront, dans une 
autre enceinte, les titres qu'avait M. Laboulaye à l'es- 
time de ses contemporains et les travaux qui feront vi- 
vre son nom dans l'avenir. Heureusement pour vous, 
je n'ai à vous parler ni du jurisconsulte éminent, ni 
de l'homme politique libéral, ni de l'auteur charmant 
de ces fantaisies spirituelles qui s'appellent : les Contes 
bleus, Paris en Amérique, Le prince Caniche, par lesquels 
le savant se délassait, au plus grand profit de ses lec- 
teurs, de ses importants travaux ; je ne veux et ne dois 
retenir pour nous que ce trait du caractère de M. La- 
boulaye: c'est qu'il n'avait jamais perdu l'habitude de 
lire le grec, en môme temps qu'il lisait couramment 
tant d'auteurs allemands, anglais, américains, italiens, 
espagnols, portugais. Un de ses confrères à TAcadé* 
mie me rappelait dernièrement encore que, pour ses 
leçons au collège de France sur les théories politiques 
de Platon et d'Aristote, il recourait soigneusement au 
texte grec, et qu'on l'avait vu plus d'une fois relever 
avec précision les erreurs des traducteurs modernes. 

Attaché par les liens d'une étroite amitié à quelques- 
uns de nos fondateurs et de nos confrères les plus as^ 
sidus et les plus dévoués, M. Edouard Laboulaye, sé- 
nateur, membre de l'Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres, professeur et administrateur du collège 
de France, devait être et était des nôtres. 

M. Victor DE Laprade, dont notre compagnie a ap- 
pris, avec le plus vif regret, la mort, le 14 décembre 
dernier, était un de ces hommes dont je parlais tout à 



-^ LXVII — 

rheure , dont la célébrité dispense de rappeler les 
talents et de mentionner les travaux. Qui de nous ne se 
souvient des beaux vers du poète de Psyché ou des 
Symphonies? Qn^iii h sa vie intime, elle s*était passée 
presque entièrement loin de Paris, à Lyon, où il avaitété 
longtemps professeur à la Faculté des Lettres , vie si 
calme, si modeste^ si retirée, qu'on peut dire de M. de 
Laprade, comme des peuples heureux, qu'il n*a pas 
d^histoîre. Il a su mériter cet éloge qui a été fait de lui, 
qu'il avait vécu comme un homme, écrit comme un poè- 
te, et qu'il étaitmort comme un chrétien. Sa carrière peut 
se résumer en quelques dates qui seront presque toutes 
des titres d'œuvres. Né à Montbrison, dans le Forez, 
le 13 janvier 1812, il avait fait ses études à Lyon, où il 
devait professer pendant de longues années ; en 1830, 
il publia son premier poème : les Parfums de Madelaine ; 
en 1841, Psyché^ une de ses œuvres les plus complètes 
en même temps que les plus originales ; en 1844, paru- 
rent les Odes et poèmes, dans lesquels se trouve le Poème 
de l'arbre, un des morceaux les plus parfaits peut-être 
de toute son œuvre poétique ; Les poèmes évangéltques qui 
sont de 1852 et les Symphonies, en 1853, lui ouvrirent 
les portes de l'Académie françaises où il succéda à Al- 
fred de Musset. Quelques années après les Symphonies^ 
parurent les Poèmes civiques, dans lesquels se trouve 
une fort belle pièce que nous devons retenir, — celle 
qui est adressée Aux Hellènes qui sont venus combattre 
pour la France, — et dont vous me permettrez de vous 
rappeler ces quelques strophes : 



Allez, fils de la Grèce, et soyez en exemple 
A ces peuples ingrats sauvés de notre sang ; 
D*un regard lâche et froid, TËurope nous contemple, 
Et vous venez pour nous mourir au premier rang. 

Vous seuls vous souvenez des œuvres de la France, 
Lorvqne chacun Tonblie et Vinsulte en son deuil ; 



— lATIll — 



Tous Bâuli vouB prononcM le a 

A le dire bien haot, tous mettez votn orgueiL 



Peuple orné par le del de ses dons les plus rarei. 
Peuple chez qui la muas eût Hon preaûer autel, 
BIoBeipiez-iuius, 6 Grecs, A chasser les Barbarei, 
Uoatrez'QOQS comme on meurt pour renaître immortel. 



D'ailleurs, il est question, à toute page, du culte de 
M. de Laprade pour l'Hellas; à ce titre, il nous ap- 
partenait; aussi s'étaît-il fait inscrire parmi nous, dès 
l'année môme de notre fondation. Si, & cause de 
l'état do sa santé et de sa résidence loin de Paris, nous 
avons eu bien rarement l'occasion de le voir au milieu 
de nous, nous savions qu'il prenait un grand inté- 
rêt à nos travaux, et il ne perdait pas une occasion 
de nous le témoigner. Ainsi il n'a jamais manqué de 
nous envoyer son bulletin de vote tout entier écrit de 
sa main, et de le réclamer par lettre, lorsqu'il tardait 
trop longtemps & le recevoir. 

Le nom respecté de M. de Laprade ne disparaîtra 
pas plus de nos listes que de notre souvenir. Son fils, 
M. Paul de Laprade, avocat, a voulu remplacer son 
père parmi nous et continuer la tradition de son phil- 
heliénisœe. 

Vous avez dû remarquer, Messieurs, que c'est pour 
la quatrième fois que, dans le cours de ce discours re- 
vient cette môme mention. 11 y a, ce me semble, un 
témoignage des plus honorables pour notre Compagnie 
et des plus Louchants, dans ce fait, plusieurs fois répété, 
de membres d'une même famille voulant continuer au 
milieu de nous les rapports de confraternité de leurs 
parents et affirmer de leur cAté, personnellement, avec 
leur philhellénisme, l'intérêt qu'ils portent & la propa- 



— LXIX — 

galion des lettres grecques. Qu'ils soient donc : un 
frère, comme M. Boucherie; des fils, comme MM. De- 
lacroix et de Laprade; une veuve, comme M"" Ch.-N. 
Desjardins, ces nouveaux confrères peuvent être assu- 
rés qu'ils nous sont doublement chers , et par eux- 
mêmes et par le souvenir qu'ils continuent parmi nous 
de confrères aimés qui ne sont plus. 

M. Valieri, de Géphalonie, avait fait ses études en Ita- 
lie. Docteur en droit, avocat, ilaété député à la chambre 
Ionienne, avant l'annexion des Sept-Iles à la Grèce, et 
il y a joué un rôle important. Plus tard, il s'était re- 
tiré de la politique pour se consacrer au commerce, 
s'associant à ses frères dont l'un est à Londres et l'autre 
à Marseille. Chef de leur maison d'Odessa, il avait été 
élu Président delà communauté grecque de cette ville. 
C'est là qu'il est mort l'an dernier. Il faisait partie de 
notre Association, comme membre donateur, depuis 
1879. 

Ces deuils devaient être bientôt suivis pour nous 
d'un autre non moins douloureux. Peu de temps après, 
nous apprenions, en effet, la mort de M. le général 
comte Aynârd de Glermont-Tonnehhe, un de nos 
confrères les plus dévoués et les plus assidus, lorsque 
les devoirs de son service lui en laissaient le loisir. Il 
lui est arrivé plus d'une fois, pendant qu'il était à Or- 
léans où il remplissait les fonctions de chef d'état-ma- 
jor du général Bataille, de faire, le jeudi, le voyage 
d'Orléans à Paris, uniquement pour assister à quel- 
qu'une de nos séances. 

Le philhellénisme était d'ailleurs de tradition dans sa 
famille. Le général de Glermont-Tonnerre était le troi- 
sième fils du duc de Glermont-Tonnerre, l'ancien mi- 
nistre, le savant traducteur d'Isocrate, sur lequel M. Eg- 
ger a écrit une notice fort intéressante. Lui-môme était 
toiyours resté en familiarité avec le grec qu'il avait ap- 
pris en Orient et qu'il parlait couramment. Il aimait 
cette belle langue et n'avait pas cessé de la cultiver. 



car, si nous ne nous trompons, il a pris, Jusque dans 
les dernières années de sa vie, des leçons de grec mo-* 
deme. 

Né h Paris le 2 septembre 1827, le général de Cler* 
mont-Tonnerre était sorti de TEcole polytechnique, en 
1846, le quinzième sur cent vingt*deux élèves. Ses états 
de service ofQciels nous le montrent successivement 
sous-lieutenant en 1848 ; sortant de TEcole d'applica- 
tion d^état-major, le 1^' janvier 1849, le troisième sur 
dix-huit élèves; lieutenant d'état-major en 1851, puis 
passant par tous les grades intermédiaires, en prenant 
part à toutes les campagnes de ces trente dernières an« 
nées. En 1851 il est en Afrique ; en 4854, en Orient; en 
1859, en Italie; de 1870 à 1871, en Allemagne et, hélas! 
aussi en France; il était alors colonel d'état-major, 
depuis le 8 décembre 1869. Entre temps, il avait été 
attaché successivement à l'ambassade de Prusse (1863), 
à l'ambassade d'Angleterre (1866), au grand quartier- 
général de Tannée du Rhin (1870), poste qu*il quitta 
pour devenir sous-chef, puis chef du cabinet du minis* 
tre de la guerre. Gréé général de brigade le 6 juillet 
1878, il fut chef d* état-major du S"" corps h Orléans, puis 
chargé du commandement de la 3* brigade de dragons 
(1881). C'est en exerçant ce commandement qu'il fut 
frappé d*une maladie aussi étrange que douloureuse, 
une sorte de paralysie partielle de la langue. Admis, 
par anticipation et sur sa demande, dans la section de 
réserve, le 21 mars 1883, il était revenu à Paris où son 
état parut s'améliorer. Nous eûmes même quelquefois 
le plaisir de le revoir parmi nous, à nos séances oi| il 
aimait à se retrouver en votre compagnie; mais bientôt 
la maladie reprit le dessus, et il mourut au château de 
Bezonville près Sermain (Loiret) le 14 janvier 1884. Les 
regrets unanimes qu'il laisse à sa famille et à ses compa- 
gnons d'armes seront partagés par tousses confrères de 
l'Association qui ont pu apprécier l'aménité de son ca- 
ractère, sa parfaite bonne grâce et sa grande simplicité. 



I 



— LXXl — 



Sur M. iBmaël IIrbatn, oonseiller-rapporteur hono«- 
raire du conseil du gouvernement de TAlgérie, officier 
de la Légion d'honneur, qui est mort au mois de février 
dernier, à Marseille, M. d'Bichthal a bien voulu me 
communiquer des renseignements précis que je ne puis 
mieux faire que de reproduire ici : 

M. Ismael Urbain, me dit notre confrère, est né à 
Gayenne en 1812, d'une des familles créoles les plus 
considérées* Il fut amené en France, à Marseille, pour 
faire ses études et, après les avoir terminées, il re- 
tourna pour quelque temps dans son pays. Revenant en 
France, en 1831, il eut l'occasion, pendant la quaran- 
taine, de lire une des publications Saint-Simoniennes. 
Ce fait décida de sa vie. Un an après, il venait rejoin* 
dre les Saint-Simoniens retirés à Ménilmontant. Accom- 
pagnant, en 1833, cinq d'entre eux qui transportèrent 
alors leur apostolat en Orient, il s'arrêta en Egypte, y 
devint professeur de français à l'Ecole de Damiette, y 
apprit, en même temps, l'arabe et y embrassa l'isla- 
misme (il a raconté cette conversion dans un article 
d'une étincelante poésie de la Revue de Paris (janvier 
185â). 

Rentré en France, il y obtint le titre d'interprète 
militaire de deuxième classe, le 18 mars 1837. Envoyé, 
en cette qualité, à l'armée d'Afrique, il y mérita l'estime 
et l'afTeotion de tous les généraux sous lesquels il ser- 
vit et notamment du duc d'Orléans et du duc d'An- 
maie. Il accompagnait ce dernier dans l'expédition qui 
eut pour but et pour conclusion la prise de la Smalah 
d'Abd-El«Kader. Il figure au second plan, au centre 
du tableau où Horace Vernet a retracé ce mémorable 
épisode de la guerre d'Afrique. C'est, avec le grade 
d'interprète principal (29 juin 1843), qu'il fut nommé 
sous-chef de bureau au ministère de la guerre, à la di- 
rection des affaires de l'Algérie, en 1848. La révolution 
de Février ne devait pas interrompre sa carrière. Au 
mois de juillet 4858, il entrait au ministère de l'Algérie 



— LXXll — 

et des colonies. En 4861, il revint à Alger où sa grande 
connaissance des affaires arabes et le zèle qu'il mit tou- 
jours à défendre les intérêts des Indigènes lui valut 
d*être nommé conseiller rapporteur de première classe 
au conseil du gouvernement. Il a occupé cette situation 
jusqu'au mois de novembre 1870. Ses fonctions cessèrent 
avec la suppression du conseil supérieur; il prit alors 
sa retraite avec le titre de conseiller-rapporteur hono- 
raire du Gouvernement général. Â ce moment d'ailleurs 
se déclarèrent les premiers symptômes de la maladie 
dont il eut à souffrir jusqu'à la fin de sa vie. Mais sa 
vigueur morale et intellectuelle resta intacte. Pendant 
dix ans et, on peut dire, jusqu'au jour de sa mort, soit 
d'Alger, soit de Marseille, il donna au Journal des Débats, 
sur les affaires de l'Algérie, une correspondance très 
remarquable, dans laquelle il défendit, avec autant d'ha- 
bileté que d'ardeur, la cause des Indigènes et contribua, 
pour une bonne part, à ce que l'on peut considérer 
comme le triomphe définitif de cette cause. 

Frappé dans ses plus chères affections par la mort 
d'un fils chéri, M. Ismaël Urbain vint se fixer de nou- 
veau à Marseille, il y a un an à peine. C'est là qu'il est 
mort au mois de février, emportant l'estime et les re- 
grets de tous ceux qui l'avaient connu. Il faisait partie 
de notre Association depuis sa fondation. 

M. F. Morand, juge honoraire au tribunal de Boulo- 
gne-sur-mer, chevalier de la Légion d'honneur, qui Ta 
suivi de près dans la tombe, était membre du Comité 
des travaux historiques au ministère de l'Instruction 
publique ; on lui doit la reconstitution d'une partie du 
cartulaire de Saint-Bertin. Collaborateur actif de la So- 
ciété de l'Histoire de France, il a donné, dans la col- 
lection de ses publications, une estimable édition des 
Chroniques de Jean LePévrede Saint-Remy, en 2 volu- 
mes. Moins de trois mois avant sa mort, il avait envoyé 
comme complément de ces deux volumes, unelépître du 
même chroniqueur sur les faits d'armes de Jacques de La- 



— Lxxni — 

laing. On connaît aussi les Souvenirs sur Sainte-Beuve 
publiés par ce magistrat de Boulogne, qui était ami 
et compatriote du pénétrant critique. 

Ces pertes, déjà si nombreuses, devaient s^augmen- 
ter encore par la mort d'un de nos anciens con- 
frères qui fut Tun des collaborateurs de notre Annuaire 
auquel il avait donné plusieurs mémoires. 

M. Thomas-Henri Martin, né à Bellôme (Orne) le 
4 février 1813, est mort à Rennes (Ile-et-Vilaine) le 9 fé- 
vrier 1884. Il y avait peu de temps qu'il avait pris sa 
retraite, après un demi-siècle de professorat. Presque 
toute sa carrière universitaire s'accomplit h Rennes oh 
il fut quarante-deux ans professeur de Faculté et trente- 
huit ans doyen. Il unissait, sinon dans son enseigne- 
ment, du moins dans ses travaux, l'étude de la littéra- 
ture grecque à celle des sciences exactes ; la liste de ses 
publications, qui ne comprend pas moins de quatre- 
vingtrdix numéros, parmi lesquels plusieurs ouvrages 
considérables, dont trois furent couronnés par l'A- 
cadémie française, atteste cette direction constante de 
ses recherches et de son esprit. Ne pouvant tout citer, 
nous mentionnerons seulement ses Études sur le Timée 
de Platon et son livre sur la Philosophie spirittwliste de la 
nature, couronnés par l'Académie; son édition du Traité 
d'astronomie de Théon de Smyme et ses nombreux mé- 
moires sur l'histoire de l'Astronomie chez les anciens ; 
nous ne saurions oublier, non plus, les deux articles 
de mythologie qu'il donna à notre Annuaire de 1878 : 
Traditions Homériques et Hésiodiques sur le séjour des 
morts, et Les Longues nuits du pays des Lœstrigons. A 
ces publications qu'il a faites nôtres, il faut ajouter, 
pour ce qui concerne les études grecques, son pre- 
mier article (1834) sur les adjectifs verbaux en téoç, in- 
séré dans la traduction de la grammaire grecque de 
Matthiœ, publiée par Gail et Longueville. Un esprit de 
critique uni à la candeur, un sentiment spiritualiste et 
chrétien animaient ses écrits qui ne seront pas oubliés 



— LXXIV — 

des travailleurs de Tavenir à qui il mérita de servir de 
modèle. 

M. Thomas-Henri Martin, doyen honoraire de la Fa«- 
culte de Rennes, officier de la Légion d'honneur, était 
correspondant de TAcadémie des sciences morales 
et politiques (19 janvier 1850] et membre de TAcadémie 
des Inscriptions et Belles-Lettres (17 juillet 1871) ; où il 
avait été élu en remplacement de notre confrère, tou- 
jours regretté, M. Dehèque. 

Arrivé à la fin d'une tâche que la mort a rendu pour 
moi particulièrement lourde cette année, je ne songe 
pas à m'ezcuser près de vous, Messieurs, de vous avoir 
entretenus un peu longuement peut-être, de ceux de nos 
confrères que nous avons perdus ; ce dernier hommage 
leur était dû à trop de titres . D est bien rare que dans 
une Association nombreuse comme est la nôtre, il n*y 
ait pas, chaque année, des pertes cruelles à déplorer, 
mais je souhaite bien vivement à mon successeur de 
pouvoir abréger cette partie de son prochain discours. 

Avant de donner la parole à M. le Secrétaire-général 
pour la lecture du rapport toujours si net, si précis, 
si savant et si instructif, qu'il vous présente chaque 
année sur les résultats du concours et sur les prix que 
vous avez décernés, je voudrais cependant vous entre* 
tenir, quelques moments encore, de certains faits qui 
se sont produits dans le courant de cette année et dont 
il est bon de raviver le souvenir. 

En opérant notre déménagement de la rue Jacob à la 
rue Bonaparte, notre archiviste avait constaté un 
certain nombre de lacunes très regrettables dans notre 
Bibliothèque, qui, fort riche d'un côté par la posses- 
sion de la collection de M. Th. Fix, ne peut s'enrichir, 
de l'autre, que par les ouvrages qui nous sont journelle- 
ment offerts et qui nous arrivent de toutes parts, de la 
Grèce comme de la France, de l'Italie comme de 
l'Angleterre et môme de l'Amérique. Informé indireo* 
tement de ces lacunes, un de nos confrères qui porte 



— LXXV — 

un nom doublement cher aux lettres frangaisefi et aux let- 
tres grecques, M. Alfred Firmin-Didot, a voulu, en oe 
qui le concernait, les combler autant qu'il était en son 
pouvoir, et il nous a fait spontanément hommage de la 
collection complète de la publication entreprise par son 
père, des auteurs grecs, qui compte déjà près de soi- 
xante volumes. 

Votre comité, reconnaissant de ce don généreux et 
sensible surtout à la délicatesse avec laquelle il nous 
avait été fait, a décidé qu'une médaille d'argent, notre 
médaille, serait décernée à M. Â. Didot; cette médaille 
a été remise à M. Didot par le Président accompagné 
par tous les membres du bureau. 

A ce propos, qu'il me soit permis de rappeler à nos 
confrères qui semblent trop disposés à l'oublier, que 
cette médaille que notre Association décerne avec une 
réserve qui ne fait qu'en augmenter le prix, seule* 
ment à ceux de ses membres qui lui ont rendu les 
services les plus signalés, chacun de nous peut se la 
procurer, et à très peu de frais ; c'est une œuvre d'art 
de premier mérite dont l'auteur est notre confrère 
M. Ghaplain, membre de l'Académie des Beaux-Arts; 
c'est, en môme temps, un précieux souvenir que cha- 
cun de nous devrait tenir à honneur de posséder 
comme marque de son affiliation à notre Associa- 
tion. 

Il y a peu de jours, dix à peine, la Colonie hellénique 
célébrait, pour la première fois à Paris, le glorieux 
anniversaire del'Indépendancede la Grèce. I^e dimanche 
6 avril (25 mars de Tannée grecque) une réunion de cent 
quatre-vingts convives était rassemblée dans les vastes 
salons de l'Hôtel continental. Au milieu des Grecs celé* 
brant leur Pôte nationale, se trouvait un certain nom- 
bre de Français que les Hellènes avaient eu la gracieuse 
pensée de réunir à eux pour cette solennité. Ces Fran- 
çais avaient été choisis naturellement parmi les phil- 
bellènes les plus renommés. 



L'Association y avait sa place, et une place d'hon- 
neur. Au milieu d'une salle où des cartouches, 
placés de distance en distance, portaient, écrits en 
grec, les noms des victoires ou des glorieuses défaites 
de ces temps héroïques, Missolonghi, Souli, Ckio, Gravia, 
Navarin, où le sang Trançais s'était mêlé au sang hellé- 
r^ique , parmi ces drapeaux des deux pays, unissant 
Burs couleurs, aux sons d'une musique jouant altema- 
ivement l'hymne national grec et l'hymne français, 
ous la présidence de notre éminent confrère, M. le 
ifinistre de Grèce, S. Exe. le prince Mavrocordato 
ont le nom seul rappelle un des personnages les plus 
mportants de cette époque que les Grecs appellent avec 
aison, la Guerre sainte, des toasts ont été portés, des 
iscours prononcés, en français par des Grecs, en grec 
ar des Français, qui ont prouvé une fois de plus ce sen- 
iment de reconnaissance dont les vers de M. de La- 
rade, que je vous citais tout à l'heure, faisaient hon- 
eur aux Hellènes, et l'union intime des deux peuples, 
'rançsis et Grecs, confondus en un même sentiment, 
nissaient, en ce moment, leurs cœurs et leurs esprits 
our protester, les Grecs de leur inviolable attachement 
la France, les Français de leur inaltérable dévouement 
la Grèce. 

Des réunions qui ont un tel caractère de cordialité 
mt trop d'honneur aux deux nations dont les noms se 
lèlent et se confondent sur nos listes pour que j'aie 
ru pouvoir passer sous silence celle qui vient d'avoir 
eu et qui a resserré encore les liens qui unissent la 
frèce b la France, la France & la Grèce. 
Cette fête aura, nous n'en doutons point, les plus 
eureux résultats pour la Grèce; nous en ressentons 
ous-mâmes, déjà, les meilleurs eiTets, puisque j'ai eu 
i satisfaction de présenter & vos suffrages, aujour- 
'bui, dans cette séance, quatorze nouveaux membres 
onateurs, dont dix sont des Grecs. 
Je n'ai plus qu'un mot à ajouter. Il y a quelques 



— LXIVII — 

années , dans cette salle si généreusement mise à 
la disposition de TAssociation pour l'encouragement 
des études grecques, un musicien de grand talent, 
M. Bourgault-Ducoudray , de retour d'un voyage en 
Orient, nous faisait entendre des mélodies populaires 
grecques dans lesquelles il lui semblait avoir retrouvé 
des spécimens de Tancienne musique grecque et des 
antiques modes oubliés de nos jours ; aujourd'hui c'est 
un peintre de grand talent aussi et d'une notoriété 
reconnue, notre confrère M. J. Mazerolle, qui ex- 
pose à vos regards une série de vingt-deux compo- 
sitions qui lui ont été inspirées par la lecture et par la 
représentation du chef-d'œuvre de Sophocle, l'OEdipe- 
Roi, à qui l'élégante traduction de M. Jules Lacroix 
vient de donner un nouveau regain de popularité, succès 
qui a prouvé que l'œuvre d'un tragique grec pouvait in- 
téresser et émouvoir, à plus de deux mille ans de dis- 
tance, le public de Paris, comme il avait autrefois 
passionné le public athénien. — N'est-ce pas là 
encore une preuve, et une preuve frappante de la con- 
formité du génie grec avec le génie français, et des 
liens qui nous unissent, par l'esprit, aux Grecs dont 
nous avons commencé par être les disciples avant de 
devenir leurs modèles, modèles en qui ceux-ci n'ont 
pas eu de peine à retrouver l'influence de leurs mer- 
veilleux ancêtres de l'antiquité. 

L'exposition que M. Mazerolle nous présente en ce 
moment, vous prouve aussi, Messieurs, que votre As- 
sociation n'entend rester étrangère à aucune des mani- 
festations de l'art comme de la science, et qu'elle fait 
un favorable accueil à tout ce qui est de nature à élever 
l'esprit et à augmenter le culte des chefs-d'œuvre de la 
Grèce. 



RAPPORT DE M. ALFRED CROISET 



SECRÉTAIRE 



8DR IB TUTADI R US GOXOOUBS M LAlOlil ItSMtti 



Messieurs, 

Quand votre commisBion des prix a dû examiner les 
ouvrages envoyés à TAssociation depuis notre dernière 
séance générale, elle a tout d*abord rencontré les noms 
de trois de nos anciens lauréats, trois vétérans de nos 
concours. On a dit spirituellement qu*à la guerre ce 
sont toujours les mêmes qui se font tuer. Il n*en est 
guère autrement dans les luttes pacifiques de le 
science : ce sont toujours les mêmes qui font de bons 
livres ; il y a des travailleurs incorrigibles qui ne se 
reposent d*avoir écrit un savant ouvrage qu'en se hft* 
tant d'en écrire un autre digne du premier. C'est ainsi 
que nous avons vu reparaître cette année, avec d'excel* 
lents travaux : M. Coumanoudis, déjà récompensé par 
l'Association, en 1873, pour ses Insctnptions funérairet 
de l'Attique, et, en 1876, de moitié avec M. Gastorchis» 
pour la direction de 1' X^vaisv; puis M. Philothée 
Bryennios, que vous avez couronné, en 1876 égale» 
ment, pour sa publication des Lettres de Clément Ro<» 
main; enfin M. Maxime Collignon, vétéran non par 



— LXXIX — 

r&ge, mais par io succès, l'un de nos lauréats d'il y a 
deux ans. Nous aurions désiré, Messieurs, qu'il nous 
fût possible de rester aussi fidèles à nos anciens lauréats 
que ceux-ci continuent de l'être envers la science. 
Mais la quantité rigoureusement limitée de nos prix 
nous rendait impossible de concilier cette fidélité avec 
nos devoirs envers les nouveaux venus, nombreux et 
très méritants : il fallait choisir. Dans ces conditions, 
il nous a semblé que les récompenses antérieurement 
obtenues devaient mettre, pour ainsi dire, hors con- 
cours ceux qui en avaient été l'objet. Nous avons assi- 
milé nos anciens lauréats aux membres de votre comité, 
qui s'interdisent, en raison de leur titre même, de pré- 
tendre aux récompenses de l'Association. Nous ne cou- 
ronnerons donc cette année aucun des trois savants 
dont j'ai tout h l'heure rappelé les noms, et nous 
sommes certains d'avance, en agissant ainsi, d'aller 
au-devant de leur propre pensée. Mais nous ne nous 
sommes pas interdit le plaisir de rendre à leurs der- 
niers travaux un hommage public, et vous me permet- 
trez. Messieurs, de commencer ce rapport en vous les 
signalant. 

Le volume de M. Goumanoudis est un supplé* 
ment aux lexiques grecs (1). Grâce à lui, plusieurs 
milliers de mots nouveaux pourront prendre place dans 
la prochaine édition du Thesaw*us. Ce qu'une pareille 
récolte suppose de recherches, il est aisé de l'imagi- 
ner. Ce dernier travail de M. Goumanoudis est digne 
des précédents, et c'est tout dire. 

M. Philothée Bryennios, aujourd'hui métropolitain 
de Nicomédie, poursuit avec non moins de bonheur 
ses études sur la littérature ecclésiastique primitivci 
Ce qui faisait le grand mérite de son édition des 
deux lettres de Clément, c'est qu'il avait pu les corriger 

(1) Suvâcycdyq Ai^iav &dy]9atf^itfrcav èv roXç *£AAv2VCXo7« Xtluolç, Athà- 
nes, 1883. 



— LXXX — 



et en compléter le texte d*après un manuscrit jusque-là 
inexploré. Mais ce qu'il nous apporte cette année est 
mieux encore qu'une recension nouvelle d'un texte déjà 
connu au moins dans son ensemble ; c'est la première 
édition d'un texte considéré comme perdu, la AiBox?) tûv 
8b)Sexa àxoaTéXcdv, dont on ne connaissait que des remanie- 
ments postérieurs et des paraphrases. Cette AiSoxi^, qui 
remonte à la première moitié du second siècle de notre 
ère (entre l'an 120 et l'an 160), est la rédaction primitive 
et comme le germe des constitutions apostoliques : il 
est inutile d'en faire ressortir l'intérêt* La critique, à 
vrai dire, s'appuyant sur quelques-unes de ces para- 
phrases plus récentes, avait essayé de reconstituer le 
texte primitif, et elle y avait même si bien réussi par- 
fois que, pour les cinq premiers chapitres delà AtSoxi^, 
le texte de M. Bryennios est exactement semblable à 
celui qu'avait ainsi rétabli par conjecture M. Kra- 
wutsky. C'est là, pour le dire en passant, un succès 
dont la critique a le droit de s'enorgueillir. Mais on 
comprend, malgré tout, la différence qu'il y a entre les 
résultats même excellents de cette sorte de divination, 
et la publication d'un manuscrit qui fait disparaître 
toute incertitude. La découverte de M. Bryennios, pré- 
cieuse par elle-même, est d'ailleurs encourageante 
pour l'avenir; car elle permet d'espérer que l'Orient 
réserve encore aux chercheurs plus d'une trouvaille de 
ce genre. A ce double titre, M. Bryennios a bien mé- 
rité de la science, et l'Association est heureuse de l'en 
féliciter. 

Quant à M. Collignon, vous vous rappelez, Mes- 
sieurs, son charmant petit Manuel d'archéologie grecque. 
Il vient de lui donner un pendant; c^est un livre de 
même format et de même apparence, de même valeur 
aussi, sur la Mythologie figurée de la Grèce. Je ne répé- 
terai pas, au sujet de ce second volume, ce que je disais 
ici même, il y a deux ans, sur les mérites du premier, 
à la fois simple, clair, et fondé sur une science très 




— LXKXl — 



sûre ; mais qu*il me soit permis d'ajouter que M. Col- 
lignoD, dans le second ouvrage comme dans l'autre, ne 
se borne pas à être un écrivain savant et agréable : il 
est fréquemment aussi son propre dessinateur, et, 
quand nous regardons telle jolie gravure qui accompa- 
gne et éclaire le texte, c*est le plus souvent encore à 
M. Collignon que nous sommes redevables de notre 
plaisir. 

J'arrive, Messieurs, à nos lauréats de cette année. Cha- 
cun des deux prix dont nous disposons a dû être partagé. 
Cette nécessité, qui s'impose à nous pour la troisième 
fois depuis trois ans, témoigne d'une activité dans nos 
études qu'il est légitime de signaler avec satisfaction. Le 
prix ordinaire de l'association est décerné par moitié 
à M. Max Bonnet, pour sa publication des Acta Thomx, 
et à M. Henry, pour sa thèse sur V Analogie en généi^al 
et les formations analogiques de la langue grecque. Le prix 
Zographos est partagé entre M. Auguste Choisy, pour 
ses Études épigraphiques sur l'architecture grecque, et 
M. Edmond Pottier pour sa thèse intitulée : Étude sur 
les lécythes blancs attiques. Vous remarquerez. Messieurs, 
que deux de ces quatre ouvrages sont des thèses, et 
que l'une d'elles sort de notre école française d'Athè- 
nes. C'est encore là un fait qui tend à se répéter dans 
nos concours. Nous ne pouvons que nous féliciter de 
voir le doctorat-ès-lettres, gr&ce en partie à l'appoint 
qui lui arrive d'Athènes, devenir de plus en plus une 
source féconde de solides travaux sur l'antiquité grec- 
que, et offrir à notre examen des ouvrages qui, bien 
que servant en général de débuts à leurs auteurs dans 
la carrière de l'érudition, méritent déjà de tenir une 
place honorable parmi ceux que vous couronnez. 

Les deux volumes qui se partagent cette année le 
prix ordinaire sont deux œuvres d'une science philolo- 
gique austère. 

Les Actes de l'apôtre Thomas, que publie M. Max 
Bonnet, sont un de ces récits apocryphes, nombreux 

Annuaire 1884. f 



— LXXXII — 



dans les premiers siècles du christianisme, où se mon- 
trent d*une manière si naïve certains côtés très atta- 
chants de rftme chrétienne primitive. Ces apocryphes, 
écartés du canon des livres ecclésiastiques, n*ont pas 
de valeur dogmatique aux yeux du théologien rigou- 
reusement orthodoxe ; mais, pour le simple historien 
qui cherche avant tout dans le passé des témoignages 
sur certains états de TÂme humaine, ils sont une source 
précieuse d'informations. Ces Actes sont écrits en grec. 
C*est un des apôtres qui est censé les avoir composés. 
L'auteur raconte comment, tandis que les apôtres 
étaient encore à Jérusalem, ils se partagèrent les diffé- 
rents pays du monde pour y porter TEvangile. Dans ce 
partage, l'Inde échut à Thomas. Celui-ci d'abord refu* 
sait d*y aller, prétextant la faiblesse de sa santé et son 
ignorance de la langue. Une apparition du Christ en 
personne ne parvenait pas à l'y décider : saint Thomas, 
comme on sait, n'était pas facile à convaincre. Le 
Christ alors, rencontrant sur la place publique l'envoyé 
d'un roi indien qui venait chercher à Jérusalem un ar- 
. chitecte dont son maître avait besoin, prit le parti de 
faire passer Thomas pour architecte, et de le vendre 
comme tel, par un contrat en bonne et due forme, à 
l'envoyé du roi Indien. L'apôtre, cette fois, était 
vaincu ; il se résigna de bonne grâce, et partit enfin 
pour rinde, oii il devait accomplir beaucoup de mira- 
cles et obtenir ensuite la couronne du martyre. Il sem- 
ble que ce nom magique de l'Inde ait exercé son 
influence sur l'imagination de l'auteur. Dès les pre* 
miers pas, nous sommes plongés dans le merveilleux le 
plus fantastique. Les miracles succèdent aux miracles^ 
tous plus étonnants les uns que les autres. Mais au mi- 
lieu de ces enchantements, la pure veine d'esprit chré- 
tien, charitable et doux, ne cesse de courir, un peu 
cachée parfois par cette folle végétation de légendes 
qui font songer aux Mille et une nuits, mais bientôt après 
fraîche et vive, avec un charme de piété tendre qui 



— LXXXIII — 



devait justement édifier les naïfs lecteurs de ces récits. 
Les Actes de JAoituui n'étaient jusqu'ici connus qu'en 
partie. Thilo et Tisohendorf en avaient publié des frag- 
ments, mais qui ne formaient même pas la moitié de 
l'ouvrage total. M. Bonnet a découvert le reste dans un 
manuscrit delà Bibliothèque nationale, et l'ouvrage est 
maintenant complet. On sait combien il est toujours 
difficile d'imprimer un texte inédit. La difficulté se 
compliquait encore ici par la nature môme du texte à 
publier. Quand il s'agit d'un écrivain classique, on 
connaît assez les règles de la langue dont il se servait 
pour savoir à peu près, dans un cas donné, sinon ce 
qu'il a dû dire, du moins ce qu'il est impossible qu'il 
ait dit, et pourquoi. De plus, la comparaison des ma- 
nuscrits fournit d'ordinaire des secpurs importants. Ici 
le manuscrit est unique, et la langue de l'écrivain est 
mal connue. La rédaction des Actes retrouvée par 
M. Bonnet présente nombre de formes grammaticales 
et de constructions qui peuvent choquer à bon droit un 
helléniste, mais au sujet desquelles on ne saurait dire 
avec certitude si elles sont dues à la négligence d'un 
copiste ou s'il faut les attribuer à l'écrivain lui-même. 
La langue grecque classique est un instrument délicat 
qui, entre des mains inhabiles, devait promptement 
s'altérer. Lorsqu'on rencontre dans les Actes de Tho" 
mas^ tel barbarisme ou tel solécisme dont l'incorrection 
saute aux yeux, le premier mouvement de l'éditeur est 
de le corriger ; mais le second mouvement, plus sage, 
doit être de ne toucher qu'avec une extrême réserve à 
des incorrections qui sont peut-être da précieux témoi- 
gnages d'un état particulier soit de la langue soit de la 
culture intellectuelle à une certaine date. C'est ainsi 
que M. Bonnet a compris son rôle d'éditeur. Il s'est 
fait un devoir avant tout d'être prudent. Il s'est beau- 
coup moins préocupé de restituer, par des corrections 
spécieuses, mais peut-être arbitraires, un texte d'appa- 
rence irréprochable, que de fournir aux érudits, par 



— LXXXIY — 

une reproduction fidèle du manuscrit, un point d*appui 
solide pour des recherches ultérieures sur la langue 
grecque semi-vulgaire des premiers siècles chrétiens. 
Un index très soigné ajoute beaucoup en ce point à l'u- 
tilité de ce travail et au mérite du très savant et très 
consciencieux éditeur. 

Outre les actes écrits en grecs, M. Bonnet donne 
encore, dans le volume, deux rédactions latines des 
mômes légendes. Ces récits latins, qui d'ailleurs n'é- 
taient pas inconnus, sont publiés ici avec le môme soin 
et la môme autorité que la rédaction grecque, dont ils 
sont une sorte d'abrégé. Le premier des deux est attri- 
bué à Grégoire de Tours. Si cette attribution, comme 
il est probable, est exacte, nous avons là une preuve 
curieuse de l'intérêt que présentaient encore à l'Occident 
latin ces inventions aussi romanesques qu'édifiantes de 
l'imagination gréco-orientale. 

L'étude de M. Henry sur l'analogie dans la langue 
grecque est, comme l'édition de M. Bonnet, une œuvre 
de grand savoir et de méthode rigoureuse. L'analogie 
dont il est ici question est cette force, bien connue des 
linguistes, qui, dérobant parfois les langues à la régu- 
larité de leur développement historique, y introduit des 
formes historiquement incorrectes, mais justifiées par 
l'imitation de quelque autre forme voisine avec laquelle 
elles ont de la ressemblance. Le langage des enfants, 
où nous voyons agir si clairement et d'une manière 
parfois si curieuse les instincts qui jadis ont formé les 
langues actuelles, ce langage des enfants ofire en 
abondance des cas d'analogie très bizarres pour les 
oreilles adultes, mais très instructifs. Tous les enfants 
commencent par dire non j^a,s fat pris ^ mais foi prendu; 
c'est l'analogie de rendre et de rendu qui crée ainsi 
prendre, prendu. Un enfant disait à l'imparfait du verbe 
être, non pas ils étaient, mais Us sentaient, par un amal- 
game bizarre du présent ils sont avec la syllabe qui, 
pour lui, figurait la notion de l'imparfait. Notre condi- 



— LXXXV — 

tîonnel français, j' aimerais j dérive du futur f aimerai 
par un véritable tour de force d^analogie, au mépris de 
toute dérivation tiistorique. On pourrait presque dire 
que les formes analogiques, dans les langues, sont la 
revanche inconsciente de la logique et de Timagination 
contre les fatalités de la dérivation historique peu à 
peu obscurcie. La place que tiennent dans toutes les 
langues ces créations analogiques est considérable. 
Aux yeux du linguiste, ce sont des déformations, des 
altérations du type héréditaire, presque des monstruo- 
sités; mais les monstruosités elles-mêmes, aujour- 
d'hui, en toute espèce de science, se ramènent à des 
lois, et la tératologie linguistique, pour employer une 
expression de M. Henry, a les siennes comme toutes 
les autres. Ce sont ces lois qu'il a eu l'idée de recher- 
cher en ce qui concerne la langue grecque. Il est sorti 
de ces recherches un volume de plus de quatre cents 
pages, plein de faits intéressants. Toute Tbistoire des 
formes grecques, depuis la période que M. Henry ap- 
pelle la période proethnique, s'y déroule avec ampleur 
et facilité. M. Henry manie le grec proethnique pres- 
que comme s'il l'avait parlé dès son enfance. Que cette 
facilité, d'ailleurs, n'effraie pas les sceptiques, s'il en 
existe encore à l'endroit des études linguistiques. Au- 
jourd'hui, la linguistique, tout le monde le sait^ est de- 
venu l'une des plus rigoureuses entre les sciences, 
Tune des plus attachées à ne rien admettre sans preu- 
ves, Tune des plus scrupuleuses à expliquer par des 
lois générales les moindres transformations des voyel- 
les ou des consonnes, et à exclure de ses théories l'hy- 
pothèse du simple caprice. On ne s'improvise plus 
linguiste avec de l'imagination et de la hardiesse : on 
le devient à force d'études méthodiques et de scrupu- 
les. Les juges compétents ont loué, chez M. Henry, 
une vocation linguistique des plus marquées. Son li- 
vre est un début, et lui-même reconnaît en maint pas- 
sage, avec une modestie qui n'est nullement feinte, et 



— Lixtri — 



ce qui lui reste d'inexpérience et ce qu'il doit à ses 
maîtres. Sans trop le prendre au mot, nous admettrons 
volontiers qu'un esprit aussi ouvert est capable encore 
de bien des progrès. Quoi qu'il en soit, ce volume sur 
YAnalogie contient déjà plus que des promesses, et 
votre commission n'a pas hésité & vous le signaler 
parmi les plus distingués qui aient fait cette année 
l'objet de son examen. 

Les deux ouvrages auxquels noue décernons le prix 
Zographos nous ramènent. Messieurs, de ces lointains 
proethniques et des demi-obscurités de la légende chré- 
tienne, à la pure lumière de l'esprit et de la grâce atti- 
ques considérés dans leur période la plus brillante. 

M. Choisy, à vrai dire, nous y ramène par des che- 
mins passablement hérissés de chiffres et de formules 
mathématiques, et qui pourraient, de loin, effrayer un 
peu les profanes. Ne craignez rien, Messieurs. Sous la 
direction de ce guide excellent, c'est bien dans le vrai 
sanctuaire de l'hellénisme que nous entrons, et les pro- 
fanes eux-mêmes peuvent le suivre avec confiance. 

M. Choisy, que l'Association récompense aujour- 
d'hui pour la première fois, n'est cependant un inconnu 
pour aucun de ceux qui s'intéressent à l'antiquité. Je 
n'ai pas besoin de vous rappeler que ses deux grands 
ouvrages sur Y Art de bâtir chez les Romains et Y Art de 
bâtir chez les Byzantins (pour ne parler que de ceux-là), 
l'ont rangé depuis longtemps parmi les savants qui 
font autorité sur ces questions. C'est par hasard si son 
infatigable curiosité de voyageur et d'érudit ne l'avait 
pas encore amené du côté où vont de préférence les 
prix de l'Association. 

Les Etudes épigraphiques sur Varchitecture grecque se 
composent de quatre mémoires, qui ont respectivement 
pour sujet : !• l'arsenal du Pirée ; 2* les murs d'Athè- 
nes; 3**rÉrechthéion; 4** le devis de la grande inscrip- 
tion de Livadie. C'est Athènes, comme vous le voyez, 
qui est le centre de ces études, et le dernier mémoire 



— LXXXVII — 



lui-mdme, qui s'en écarte un peu, la perd à peine de vue. 
Le litre général de l'ouvrage en indique clairement la 
méthode et Tintérôt. M. Choisy prend pour point de 
départ de ces travaux, un certain nombre d'inscriptions 
relatives aux monuments en question, et il applique à 
leur interprétation non-seulement une érudition d'épi- 
graphiste puisée aux meilleurs sources (il signale plus 
d'une fois ce qu'il doit à l'obligeance bien connue de 
M. Egger), mais encore sa propre science d'ingénieur 
en chef des ponts et chaussées et sa connaissance di- 
recte des monuments. L'ingénieur et l'épigraphiste se 
contrôlent et se complètent sans cesse dans toutes ces 
études, et l'on ne saurait assez dire quel surcroît d'é- 
vidence et d'autorité la science technique du premier 
apporte aux interprétations du second dans toutes ces 
difficiles questions. En pareille matière, un épigra- 
phiste qui n'est pas ingénieur ne voit les choses que 
de loin, pour ainsi dire, et par à peu près. Pour 
M. Choisy, l'à-peu-près est inacceptable : toute indica- 
tion fournie par le texte doit aboutir à une traduction 
graphique sous forme d'épuré, et les contre-sens sur 
les mots conduiraient & des impossibilités architectu- 
rales. De là une netteté qui frappe môme les profa- 
nes. 

Je me garderai pourtant bien. Messieurs, d'essayer 
de vous en donner des exemples concluants. J'aurais 
peur de n'ôtre pas moi-môme assez ingénieur pour 
cela, et de répéter maladroitement une leçon apprise 
trop vite. Il serait du moins facile de recueillir dans les 
Etudes de M. Choisy plus d'une information curieuse 
que tout le monde saisit sans difficulté, par exemple, 
sur le prix de la main-d'œuvre dans l'antiquité , 
sur le prix d'entretien des esclaves, sur les relations 
de TEtat et des entrepreneurs, sur les matériaux em- 
ployés, sur le mode de fourniture de ces matériaux, 
etc. Cette énumération pourrait sans peine ôtre nota- 
blement allongée. Il faudrait encore y ajouter Tindica- 



— LXXXVIII — 

tion de quelques mots grecs techniques qui manquent 
au Thésaurus et que M. Choisy signale dans un Index. 
Sans m'arrèter à tous ces détails, j'arrive tout de suite 
à deux idées que M. Choisy met à plusieurs reprises 
en pleine lumière, et qui sont comme la conclusion à la 
fois pratique et esthétique à laquelle reviennent sans 
cesse tous ses calculs. En étudiant les cotes des ingé- 
nieurs grecs, l'ingénieur français a été vivement frappé 
de deux faits. Le premier, c'est le caractère étonna- 
ment simple et précis de ces cotes. Les moindres dé- 
tails ont été calculés d'avance avec une rigueur abso- 
lue ; aucune variation , si légère qu'elle soit , ne 
modifiera dans Texécution les chiffres du devis; et ces 
chiffres, par une habileté de calcul très remarquable, 
sont aussi simples qu'ils sont précis : toutes les cotes 
s'expriment par des nombres entiers en pieds, palmes 
ou doigts : il n'y a pas un nombre fractionnaire dans 
toutes ces indications des ingénieurs grecs. C'est un 
chef-d'œuvre, à ce point de vue, que le devis par exem- 
ple de l'arsenal du Pirée. Il y a déjà de la beauté dans 
la perfection simple de ces calculs : l'esprit est charmé 
par cette justesse claire. Ces longues colonnes de chif- 
fres, il est vrai, ne diraient pas grand chose par elles- 
mêmes à des yeux mal exercés : mais interprétées par 
un ingénieur habile, elles apparaissent aussitôt comme 
un pur produit de l'esprit grec. Dans tout cela, pour- 
tant, c'est l'intérêt pratique qui domine ; mais voici un 
second fait que M. Choisy n'a pas davantage laissé 
inaperçu, et qui relève de l'art proprement dit. C'est la 
loi qui préside aux rapports des principales dimensions 
d'un édifice. Il s'agit ici encore de l'arsenal du Pirée. 
M. Choisy montre à merveille combien ces rapports 
sont clairs. Théoriquement, ils s'expriment par les 
chifTres les plus simples ; en fait, ils sont un peu modi- 
fiés par de légères corrections destinées à faire dispa- 
raître des cotes tous les nombres fractionnaires, mais 
ces corrections sont insensibles à l'œil, et la beauté 



— LXXXIX — 

harmonieuse de Tensemble, ici comme dans toutes les 
œuvres de Tart grec, résulte de rapports numériques 
simples aisément perçus par les sens. Il y a dans ces 
chiffres un rythme secret, et ce rythme, fondé sur des 
relations mathématiques très nettes, donne à Timagi- 
nation le sentiment d'un équilibre harmonieux, d'une 
élégance robuste et légère, d'une sobriété forte et gra- 
cieuse. M. Choisy, qui sent très vivement ces qualités, 
n'omet pourtant pas de signaler, au point de vue pure- 
ment technique, le caractère relativement assez primi- 
tif encore de certaines parties de l'art de l'ingénieur en 
Grèce : les charpentes, par exemple, dans la toiture de 
l'arsenal du Pirée, ne sont qu'un ensemble de pièces 
de bois appuyées les unes sur les autres et dont l'action 
se produit exclusivement dans le sens vertical ; il n'y a 
là ni poussée latérale ni traction oblique; toutes les 
pièces sont « portantes, et « non tirantes ». A cet 
égard, l'art des charpentiers athéniens est encore dans 
l'enfance ; mais pour la perfection du travail, de même 
que pour la beauté des lignes, les Grecs n'avaient plus 
rien à apprendre, et le savant ouvrage de M. Choisy, 
parmi beaucoup des découvertes de détail, apporte à 
l'appui de cette vérité des preuves nouvelles et décisi- 
ves. 

C'est le même sentiment de la beauté qui, dans un 
genre tout différent, a créé ces lécythes blancs d'Athè- 
nes à l'étude desquels M. Pottier vient de consacrer 
une thèse française excellente. La thèse latine du même 
auteur, dans laquelle il examine, après beaucoup d'au- 
tres archéologues, pourquoi les Grecs déposaient dans 
les tombeaux ces figures de terre cuite que les fouilles 
nous y font retrouver aujourd'hui, est aussi un fort 
bon travail, qui a reçu de la Faculté des lettres le meil- 
leur accueil, et dont le convenir mérite, par conséquent, 
d*ôtre associé aujourd'hui à celui de la thèse française. 
Ces figurines étaient-elles, comme on l'a dit, une com- 
pagnie pour le mort, ou bien remplaçaient-elles d'anti- 



— xc — 

gués sacriflces sanglants? avaient-elles même toutes un 
caractère essentiellement funéraire ? représentent-elles 
des personnages mythologiques, ou des scènes de la 
vie familière? M. Pottier passe en revue toutes ces 
hypothèses, et, sans en écarter absolument aucune, 
mais en distinguant entre les époques et les circonstan- 
ces, incline à voir avant tout dans ces petites figures 
des offrandes destinées à honorer les mânes du mort, à 
peu près comme on honorait une divinité en suspen- 
dant aux parois de son temple les objets les plus divers 
par leur nature propre et par leur signification intrin- 
sèque. C'est là une hypothèse mesurée, vraisemblable, 
appuyée sur un examen très minutieux des textes et des 
monuments. Ces qualités de méthode et de bon sens 
sont aussi celles de la thèse française. Pour celle-ci 
comme pour Tautre, M. Pottier a pris un sujet nette- 
ment circonscrit, et s'est appliqué à le traiter à fond. 
Les lécythes blancs attiques sont des vases de forme 
allongée dont la panse, revêtue d'un enduit blanc assez 
tendre, est ornée de peintures au trait en couleur 
rouge, jaune, plus rarement brune ou noire. Ces vases, 
fabriqués à Athènes du cinquième au second siècle 
avant notre ère, recevaient des parfums destinés aux 
morts, et se plaçaient, après la cérémonie, dans le tom- 
beau. La plupart des peintures qui les recouvrent sont 
des représentations funéraires. Ce sont ces représen- 
tations, très précieuses par l'exactitude avec laquelle 
nous en connaissons la date et la provenance, que 
M. Pottier étudie successivement à deux points de 
vue : d*abord pour leur demander des informations sur 
les croyances et les coutumes des Athéniens relative- 
ment à la mort; ensuite comme des œuvres d'art fort 
intéressantes et encore assez mal connues. Au point 
de vue religieux, rien n'est plus curieux que de saisir 
en quelque sorte sur le fait, dans les représentations 
funéraires des lécythes, le mélange confus de croyan* 
ces contradictoires qui coexistaient tant bien que mal 



— XCI — 

dans les esprits par suite des évolutions successives 
de ridée religieuse en Grèce : par exemple, au qua- 
trième siècle, on admettait en général que Tâme du 
mort descendait aux enfers pour y être jugée; mais on 
n*avait pas tout à fait renoncé pour cela à la vieille 
croyance qui attribuait au mort dans le tombeau une 
sorte de vie matérielle analogue à la vie terrestre ; et 
les traces de Tancienne conception sont partout visi- 
bles. Les deux idées, au fond, sont contradictoires. 
Qu'importe? L'esprit humain excelle à ne pas voir cer- 
taines contradictions, et bien souvent même, s'il les 
voit, il les néglige : il en triomphe par l'indifTérence. 
Ces faits étaient déjà connus par les textes, mais les 
monuments figurés en complètent la démonstration et 
la rendent plus sensible. Us éclaircissent, en outre, 
certains rites obscurs. Mais l'un des points les plus 
intéressants à coup sûr de l'étude de M. Pottier est la 
comparaison qu'il établit, au point de vue des procé- 
dés et du style, entre les peintures des lécythes et les 
chefs-d'œuvre des Polygnote, des Aglaophon, des Pan- 
ainos. Toute la grande peinture du v* siècle est à ja- 
mais perdue pour nous. Nous ne connaissons plus la 
peinture antique que par des œuvres gréco-romaines 
où l'on trouve une science du clair-obscur et une ri- 
chesse de coloris tout à fait étrangère aux maîtres du 
\* siècle. M. Pottier, par une suite d'inductions très 
ingénieuses, arrive à faire voir que, selon toute vrai- 
semblance, ce qui peut nous donner l'idée la plus juste 
de la grande peinture grecque, c'est encore la peinture 
des lécythes, qui se sert, comme celle de Polygnote, 
d'un petit nombre de couleurs appliquées sur un fond 
blanc, et qui présente, au moins dans ses productions 
les plus achevées, tous les traits essentiels de Tart 
grec à la grande époque : l'amour d'une beauté noble, 
aisée, gracieuse; le goût des figures jeunes (figures 
d'éphèbes ou déjeunes filles) ; un sentiment exquis de la 
composition ; et, par-dessus tout, une sûreté de dessin 



— XCII — 

d'autant plus merveilleuse qu'elle apparaît ici dans des 
œuvres d'un usage assez commun, et dont les auteurs 
devaient tenir le milieu entre l'artiste proprement dit 
et l'artisan. M. Pottier a dit tout cela, et bien d'autres 
choses encore, d'un style simple, net, excellent de tous 
points. Sans poursuivre plus loin cette analyse, j'en ai 
dit assez pour vous indiquer. Messieurs, les princi- 
paux mérites de ce travail, et combien il est digne de 
prendre place à côté de ceux dont j'ai parlé précédem- 
ment. 

Nous voici parvenus, Messieurs, à la fin de la liste 
de nos prix, et ma tâche cependant n'est pas encore 
tout à fait finie. Il me reste à vous dire nos regrets de 
n'avoir pu faire un plus grand nombre encore de victo- 
rieux. Les ouvrages que nous avons couronnés sont 
tous. Messieurs, des ouvrages remplis de recherches 
personnelles et qui, sur quelque point, font avancer la 
science. Mais à côté de ceux-là, d'autres encore, moins 
originaux par la nature des recherches, mais très utiles 
aussi et très méritoires, ne pouvaient manquer d'atti- 
rer l'attention de votre commission des prix. Nous 
avons reçu, par exemple, deux Histoires de la littérature 
grecque^ l'une de M. Deltour, inspecteur général de 
de l'instruction publique, l'autre de M. Nageotte, pro- 
fesseur à la Faculté de Besancon. 

Ni l'un ni l'autre des deux auteurs n'a essayé de 
nous donner une histoire savante et complète de la 
littérature grecque, ni même un de ces abrégés ou ma- 
nuels h la mode allemande, manuels compacts, abrégés 
fort gros, dont le titre, au premier abord, semble une 
ironie. Ce ne sont que deux volumes scolaires dans le 
sens français du mot, c'est-à-dire deux résumés desli- 
nés k de jeunes lecteurs plus communément préoccu- 
pés (s'il faut l'avouer) de la crainte de trouver trop de 
choses dans leur livre, que de celle de n'en pas trouver 
assez. 
Dans ces conditions, d'ailleurs, les deux ouvrages 



— XCUI — 

rendront des services. M. Deltour cite et traduit beau- 
coup : il fera passer ainsi sous les yeux des écoliers 
bien des pages antiques, belles ou charmantes^ dont 
ceux-ci par eux-mêmes n'auraient guère faitla connais- 
sance. M. Nageotte, au contraire, cite peu, trop peu 
peut-être ; mais il est informé, curieux, instructif. Ce 
que je serais tenté de regretter pour ma part, en lisant 
ces deux volumes, c*est que leurs auteurs n'aient pas 
songé à ce nouveau public de notre enseignement su- 
périeur, à ces étudiants laborieux, candidats à la li- 
cence et à Tagrégation, qui ne se contentent pas, 
comme des candidats au baccalauréat, d'indications 
générales et sommaires, mais qui ont besoin d'être ini- 
tiés déjà, bien qu'avec mesure, aux difflcultés des pro- 
blèmes de l'érudition, et qui demandent à leurs ma- 
nuels des indications bibliographiques brèves, mais 
précises, a&n de pouvoir, pour leur propre compte, 
pousser plus loin leurs recherches si cela leur est né- 
cessaire. 

A côté de ces deux livres français, je vous signale- 
rai. Messieurs, deux livres écrits en grec. D'abord un 
ouvrage de M. Gléon Rangabé sur la vie domestique 
dans Homère (6 xaO' "'OtAtjpov olxeioxbç ^loç). L'ouvrage de 
M. Rangabé a été composé il y a plus de vingt ans en 
vjie d'un concours. Différentes circonstances, racontées 
par l'auteur, firent que son travail ne prit pas part au 
concours et que la première édition ne fut répandue 
qu'à fort peu d'exemplaires. C'est donc presque un li- 
vre nouveau que M. Rangabé nous donne aujourd'hui 
en publiant, après révision et correction, son ancien 
travail. J'ajoute que c'est un livre fort intéressant. 
M. Rangabé connaît à merveille non-seulement Ho- 
mère (cela va sans dire], mais aussi les travaux moder- 
nes, et il en profite avec habileté. Il nous fait voir d'a- 
bord la disposition matérielle de la maison homérique, 
ensuite ceux qui l'habitent, le mari, la femme, les en- 
fants, les esclaves. Nous voyons leurs occupations. 



— XCIV — 

leurs sentiments, leurs jeux, leurs maladies, enfin leur 
mort. Le tout est écrit avec une vivacité élégante, et 
dans une langue qui est bien, si Ton veut, du grec mo* 
deme, mais qui ne saurait offrir de sérieuses difficul- 
tés à quiconque sait lire le grec ancien. 

Enfin, Messieurs, j'ai plaisir, en terminant, à en- 
voyer au nom de votre commission des prix un sym- 
pathique souvenir à M. le D' Iconomopoulos , du 
Caire. M. Iconomopoulos n'est pas seulement un de 
nos confrères les plus dévoués aux intérêts matériels 
de l'Association, un de ceux qui mettent à son service 
l'activité la plus infatigable : il se fait aussi un honneur 
et un devoir de publier d'utiles travaux. Le dernier est 
intitulé 'ÂXeÇovSptvbç Stixoa(uoç. C'est une série d'études 
sur les grands hommes qui ont fleuri jadis dans l'A- 
lexandrie des Ptolémées; ou, pour mieux dire, c'est 
tout un tableau de la civilisation alexandrine. M. Ico- 
nomopoulos a un faible pour Alexandrie : il n'idme 
pas qu'on traite à la légère de raffinés et de pédants les 
représentants de cet âge littéraire. Il a voulu réagir 
contre une opinion qui lui parait un préjugé, et, en« 
flammé de l'amour de son sujet, il a entrepris de nous 
y intéresser à notre tour. Le premier volume est entiè- 
rement rempli par la description de la ville. Sans ap* 
porter beaucoup de faits nouveaux (l'auteur n'y prétend 
pas), ce premier volume groupe les faits déjà connus 
de manière à les rendre à la fois plus accessibles à tout 
le monde et plus intéressants. L'auteur a d'ailleurs l'a* 
vantage d'habiter l'Egypte, ce qui n'est pas sans im- 
portance dans ces questions de topographie^ et il est 
parfaitement au courant de tous les travaux les plus 
récents. L'ouvrage n'est pas encore achevé, mais ce dé- 
but fait bien augurer de l'avenir. 

Messieurs, je n'ajoute plus qu'un mot. Les résultats 
dont je viens d'avoir l'honneur de vous entretenir sont 
bons. Us sont bons pour l'Association, dont les récom^ 
penses ont été disputées par d'excellents ouvrages; 




— XCf — 

ils sont bons aussi pour la science française, qui, loin 
de déserter ce champ fécond de Thellénisme, semble 
s*y porter avec plus d'ardeur que jamais. Nous avons 
le droit de nous en r^ouir, nous tous qui savons qu'A- 
thènes est la patrie de la raison lumineuse, rapide, 
iine et ornée de grâce. 



PRIX DfiGERNËS PAB L'ASSOCIATION 

DANS LES LYCÉES ET COLLÈGES 

En 1883. 



CONCOURS GENERAL DES LYCEES ET COLLEGES DE PARIS 

ET DE VERSAILLES. 



VERSION GRECQUE 

Rhétorique. Bonna&ic (Victor-Marie-Étieane;, élève du collège 

RoUÎD. 

Seconde. Cosmao Dumanoir (Marcel-Julien), élève du Ijcée 

Charlemagne. 

Troisième. Alekan ( Lacien-David ) , élève du lycée Charlema- 
gne. 



PRIX DÉCERNÉS 



DANS LES CONCOURS DE L'ASSOUATION 



(1868-1884) 



1868. Prix de 500 fr. M. Tournibr, édition de Sophocle. 

— Mention honorable. M. Boiss^, 9* vol. de Tédition, avec tra- 

duction françaiseï de Dion Cassius. 

1869. Prix de rAssociation* M. H. Weil, édition de sept tragédies 

d*Enripide. 

— Prix Zographos. M. A. Bailly, Manuel des racines grecques 

et latines, 

— Mention très honorable. M. Bbrnardakis, 'E/Aiivcxià ypa/i/totrtxvi, 

1870. Prix de TAssociation. M. Alexis Pibrron, Édition de Tlliade. 

— Prix Zographos. M. Papar&ioopoulos, Histoire nationale de la 

Grèce, 

1871. Prix de TAssociation. M. Gh.-Émîle Kuellb, Traduction des 

Éléments harmoniques d'Aristoxène. 

— Prix Zographos. Partagé entre M. Sathas ÇAvixSorei iXXrivtxd, 

Xpovuôv àvëxooTOv Fa/aÇstd^ou, To'jpKoxpxrov/Jiivri 'EXlAç^ NiocÂ- 
Xtivuri ftXoXoyiaf Nios>>y]VU(-^5 ftXoXoyl»i izxpip'Tri/iia) et M. Va- 
LBTTAS (AovccÀoffOJvof (ffTopt'a Tiii kpj^aiaç kX)riVtxiiç fiXQXoyloLi 
i^tXXiiviaBtîaa /xerà itoXX&v TzpoaOïfix&y xeù Stopûdtoiuy), 

1872. Prix de TAssociation. (N*a pas été décerné.) 

— Prix Zographos. (N'a pas été décerné.) 

— Médaille de 500 fr. M. Politis, MsXirvi iiti roD piov rûv vcurc^wv 

'EXX^voty. 

1873. Prix de TAssociation, M. Amédée Tardibu, Traduction de la 

Géographie de Strabon, tomes I et II. 

— Médaille de 500 fr. M. A. Boucherie, 'Ep/xtiviû/tara et ïiaOr,fit' 

pivii èfiiXlXf textes inédits attribués à J, Pollux, 

— Médaille de 500 fr. M. A. de Rochas d'Aiolun, Poliorcétique 

des Grecs; Philon de Byzance, 

Annuaire 1884. g 



— XCVIII — 

1873. Prix Zographos. M. Goumanoudis (É.-A.), 'Arrcxîf « ttctypafa cni- 

— Médaille de 500 fr. M. C. Sathas, Bibliotheca gngca medii œtu 

1874. Prix de TAssociation. M. C. Weschbii, Dionysii Byzantii de 

navigatione Bo^pori qvuB supersunt, grœce et latine, 

— Prix Zographos. H. Emile Lbo&amd, Recueil de chansons jkh 

pulaires grecqttes publiées et traduites en français pour la 
première fois. 

— Mention très honorable. M. E. Filleul, Histoire du siècle de 

Périclés. 

' Mention très honorable. M. Al£red Groisbt, Xénophon, son ca- 
ractère et son talent. 

1875. Prix de TAssociation. Partagé entre M. C. Satbas (Mich. Pselli 

Sistoria bysantina et alia opuscula) et M. Pbtit ds Jullb- 
viLLB, Histoire de la Grèce sous la domination romaine. 

~ Prix Zographos. Partagé entre M. Miliarakis (KuxJLaSuei) et 
M. Margaritis DmmA (Ouirages relatifs & llûstoire de la lia- 
cèdoine). 

1876. Prix de TAssociation. Partagé entre M. T^ATïnat (Thèses pour le 

doctorat es lettres : 1^ De Critiœ tyranni vita ac scriptis ; 
2f» Condition de la femme dans la famille athénienne au 
^ et au iv« siècle avant Vére chrétienne) et M. Phil. BaiSH 
NI08 (Noinrelle édition complétée des lettres de Clément de 
Rome). 

-- Prix Zographos. MM. GouicAifotmis et Castobcbib» direeteun de 

1877. Prix de TAssociation. (N^a pas été décerné.) 

— Prix Zographos : MM. Batkt et Ducmms^ Mission au mont 

Athos. 

1878. Prix de TAssociation. Partagé entre M. B. AuBii (Restitntion 

du DiBconrs Véritable de Celse tradait en finançais) et M. Victor 
Paou (Édition et tradaction noaTeUe de la Chirobaliste d^Héron 
d*Alexandrie}. 

— Prix Zographos. Le Bulletin de Correspondance hellénique. 

1879. Prix de TAssociation. M. . Saglio, directeur du Dictionnaire 

des antiquités grecques et romaines. 

— Prix Zographos. M. P. Dkba&mb. Mythologie de la Oréce an- 

tique. 

1880. Prix de TAssociation. M. Ex. Gaillembr, Le droit de succession 

légitime à Athènes, 

— Prix Zographos, M. Henri Vast, Études sur Bessarion. 



— XCIX — 



ISSI. Prix de TAssociation. M. F. Aug. Qevaert, Histoire de la mu- 
sique de V antiquité. 

— Prix Zographos. M. A. Cartault, La trière athénienne. 

1882. Prix de TAssociation. Partagé entre M. Max. Collignon (Ma» 

nuel d'archéologie grecque) et M. V. Prou (Les théâtres 
â^ automates en Oréce^ au u^ siècle de notre ère). 

— Prix Zographos. Partagé entre M. J. Martha (Thèse pour le 

doctorat es lettres sur les Sacerdoces Athéniens) et M. P. Gi- 
rard (Thèse pour le doctorat es lettres sur VAsclépièion d'A- 
thénes), 

1883. Prix de TAssociation. Partagé entre M. Maurice Croisbt (Essai 

sur la vie et les oeuvres de Lucien) et M. Cou AT (La Poésie 
alexandrine sous les trois premiers Ptolémées). 

-^ Prix Zographos. Partagé entre M. (^ntos (rXoKratxxi ttctpotxvip^' 
ffei{ kvaLfftpàfitvoLi tîç ngv vice* UAijvixiqv yAûffvocv) et M. Emile 
Legrand (Bibliothèque grecque vulgaire, t. I, II, III). 

1884. Prix de FAssociation. Partagé entre M. Max Bonnbt (Acta 

Thomœ^ partim inedita) et M.Victor Henry, (Thèse pour le 
doctorat ès-lettres sur V Analogie en général et les forma- 
tions analogiques de la langue grecque), 

— Prix Zographos. Partagé entre M. Auguste Ceoisy (Études sur 

Varehitecture grecque) et M. Edmond Pottuer (Thèse pour 
le doctorat ès-lettres sur les Lécythes blancs attiques). 



PUBLICATIONS REÇUES PAR L'ASSOCIATION 

DANS LES SÉANCES D^AVRIL 1883 A MARS 1884 

N. B. La provenance n'est pas indiquée lorsque la publication offerte 

est un don de l'auteur (1). 



ÂRI8T0TB. — Aristotelis opéra omnia. Pamiis, éd. Ambr. Firmin Di- 
dot, 1862-1874, 5 vol. gr. in-S* en 6 parties (2). 

MoNDRT Bbaudouin. — Quîd Korals de neohellemca liagua senserit. 
(Thèse.) BordigaUe, 1883, m-S». 

— Etude sur le dialecte chypriote moderne et médiéval (Bibliothè- 
que des Ecoles d'Athènes et de Rome, fasc. 36«). Paris, Thorin, 
18&i. 

Bbccaru (César). — Trad. en grec, par Ad. Coray. Utpi à/xapnj/aâ- 
Twv xal Troivûv tzoXtrixbv $iti»povfivfov sùyypat/i/ia, Paris, 1802, in*^. 
Don de M. le M^ de Queux de Saint-Hilaire. 

— Ti*aité des délits et des peines. Paris, libr. de la Bibliothèque 
nationale, 1869, in-^ (achat). 

BiKELAS (D.). — Etat de la presse périodique grecque en 1883. (EIxtr. 
de TAnnuaire, 1883). Le Puy, 1883, m-&>. 

— Trad. par le M** de Queux de Saint-Hilaire. Comoundouros. Sou- 
venirs personnels (Extr. de la Revue du monde latin du ^ déc. 
1883). Montpellier, 1884, in-8<>. 

— - La Grèce avant la révolution de 1821 (Extr. de la Nouvelle r«- 
vue, 1« janv. 1884, in-8o. 

BizYENOs (G.-M.). — Le péché de ma mère (nouvelle grecque). (Extr. de 
la Nouvelle revue du 1*' avril 1883.) Paris, 1883, in-8^. 

— 'ArBiiiç Xùpou, ZvXXayii wotijftccTwv, f^ éd. Londres, TrUbaer» 
1884. 

BoNNBT (Max). — Supplementum codicis apocryphi. I. Acta Thomae» 
grsece partim cum novis codidbus contulit partim nunc primus 

(1) On a inaéré dans la présente nomenclature quelques publications o^ 
fertes antérieurement et non mentionnées dans les listes précédentes. 

(2) Cet ouvrage et les autres parties de la Bibliothèque grecque-iatin^ 
comprises dans la présente liste proviennent d'un don fait à l'Association par 
M. Alfred DidoU 



— Cl — 

edidit, latine recensuit, profatus est et indices adjecit Max 
Bonnet. Lipsise, Herm. Mendelsohn, 1883, in-8*. 

BoucBEiUB (An). — Vita sanctœ Euphrosyn» secandum textum grae- 
cmn primaevum nunc primum édita. (Excerptum ex Analectis 
Bollandianis, t. II.) Bruxellis, 1883, in-S^. Don de M. Adh. Bou- 
cherie. 

Brants (Victor). — Xénophon économiste. Contribation ft Thistoire de 
la science sociale. Louvain, 1881. 

— Etudes sur les antiquités économiques de la Grèce^ gr. in-â*. 
N» 5 : Propriété et communauté dans le droit athénien. Lou- 
vain; Paris, 1883. N* 6 : Les formes juridiques de Texploitation 
du sol. Ibid,,18SS. 

Bryennios (Philotheos). — Aioctx'h '^&'» SdtSixx àiroarôAuv, îx roD Uposo- 
XufiiTccvou j^itpoypdfov vDv ?rpôîrov ixStSofJiévvj /uisrà TtpoXtyofiivw 
xeù Gr}fiittÛ9itiiv, iv oXç xal ttj; £uvo^sm$ Tijç U, A. xliç imb Iwovv. 
Toû Xpvaomfjiov, aùyKptciç xccc fiipo^ &v(x$otov àitb roû oevroD x*^' 
poypAfov, Constantinople, 1883, in>8<>. 

Calliburgis (D' p.).— N>79iuTcxâe Ittv}. Leipzig, Brockhaus, 1876, in-8i>, 
58 p. 

Cartault (A.). ^ L*art grec diaprés les publications récentes (Revue 
politique et littéraire ^ 22 janvier 1881), in-4o. 

G^SAR. — S. K. Sakellaropoulos, éditeur. C. Julii Cœsaris Gommentani 
Bello CiviU. TaD^oç aC . Athènes. 1877, in-8o. 

Choisy (Auguste). ~ Etudes sur Tarchitecture grecque. Première Etude. 
L*Arsenal du Pirée, diaprés le devis original des travaux. Paris, 
libr. de la Société anonyme des publications périodiques, 1883, 
in-4o. 

— Etudes sur Tarchitecture grecque. Deuxième étude. Les murs 
d*Athène8, d'après le devis de leur restauration. Paris, Soc. des 
publications périodiques, 1888, in-4<>. 

— Etudes sur Tarchitecture grecque. Troisième étude. L'Erechtheion, 
d'après les pièces originales de la comptabilité des travaux. Pa- 
ris, Soc. anonyme des publications périodiques, 1884. Pièce gr. 
in-4«. 

CoLUONON (Maxime). — Mythologie figurée de la Grèce (Bibliothèque 
de l'enseignement des beaux-arts). Paris, Quantin, s. d. (1883), 
in-8«. 

CoUMANOuniS (Et.-A.). — Zuvoywyià ^^Çcmv àdijaaup^vTMV iv roTs iAA«]vi- 
xer$ >cÇcxor$. Athènes, Coromilas, 1883, in-8<>. 

Groiset (Alfred), Laluer (R.) et Peitt dk Jullbyillb. — Premières 
leçons d'histoire littéraire. littérature grecque. — Littérature 
latine. — Littérature française. Paris, G. Masson, 1884, in-12. 



— cil — 
Darsste (R.)-~ I'" pHpyns gr^co-4gjp(i«n« (Bitr, du Joama) de« u- 

TBnM, mars 1881), iii-4'. 
— ' Le procès d'Hermlss (Il7 ans at. J.-C.). Paris, LaroM «t FotmI, 

1883. 
DaLTotra(Félii). — Histoire de la litWratnre gr«cqnB. Parti, DelagraTe, 

1884, in-lS. 
Dbltour (Filii) et Rtira (Ch.). — Choii de morceaai Induits de» a»- 

learagreCB. Paris, Delagrav«, 1834, m-H. 
DioafeNB LiiSrcb. — Diogenis Laerdi De Clarorum philoiophomm Vi- 

lis, etc.. libri decem.... rec. 0. Cobat. AcMdunl .Olympiodon, 

Ammoaii, lainhlichi, Porphjni et ail. TÏtn Plalonis, etc. et Ua- 



Drodoi (E.). — Les listes royales éthiopiemies et [lenr antoritd hislon- 

qae (Estr. da la Bev. archéol,, aoAt-oct. 1382). Parts, Didier, 

1882, in-8°. 

BuEH,etc — jËliani.De nato» «nimalinm , vari» hittorin, «pistolKct 

fragmenta ; Porphyni, D« abstioeotia et de Antro njmpIiBniin ; 

Philonis Bjzantii, De septem orbis spectocnlis, recogn. Rud. 

Herser. Pansiis, editore Ambr. Firmin Didot, 18&8, gr. iii-6°. 

Esope. — jEsopi fabulce ^licn, latinse, gneeie cum facillimis in con- 

teTtnm graecam scholiis, versio attaque ooTa et elaboKla per 

I. Meslier. Liber pasns liagnaia gmcam capaesentïbBS atilis, la- 

cilîs «tque Juctudus. Puùiii, Scb. Oamoïs]', I@9, gr. iu'S'de 

560 p. (Don de H. C.^. R.) 

EonrpniB. — F>iripidis F^bolœ recogn., etc. Tleob^das Fiz. Pansiis, 

éd. Ambr. Pirmin Didot, 1878. gr. 10-8°. 
Ojirlato (Agostino). — Qrsmmaliea ddla lingna neo-ellenicsi eoa dds 
prefazione dello stesso tulla Orecia antiea e modema. Veneoa, 
1881, In-S". 
Oaufrës (M. J.). ~ Claude Bsdnel et la réforme des ftodes sa iti» siè- 
cle. OoTragB conronnS par l'Académie de Nlme». Parts, Ha- 
chette, 1880. 
OlHNADIOS (P.). — (Iipl KeuatiSAv (^ufcâiiuv tûï pinfi»)/»! lîiini hibi 
T«û Koxffvau rpijui^fou rOv limptiotitiv, Athines, 1880, IR-IS. 
— Hîpl TOÛ îïSpMOf Tijf ifiniXtu. ♦iliiî «si Sioinifa rti( nnv. Athè- 
nes, 1B80, ia-lS. 
~ "BtSmî Ti^i f uJleÏjjpBî it^ôj rt iinaujr/iU* Tfiï innipait, Athè- 
nes, 18E1, in-S*. 
QéoaB\enrs. — Ge<^raphî minores codd. recoyn., etc. Car. Ifalle- 
ros. Pariaiis, éd. Ambr. Firmin Didot, 18l>i-188t, 3 vol, gr. 



— cm — 

Hatet (Louis). -«- Collège de France. Leçon d^ouverture faite le 7 dé- 
cembre 1882. Typ* Chamerot, in-8o. 

Hbkrt (Victor). ^ Etude sur l'analogie en général et sur la formation 
analogique de la langue grecque. Thèse pour le doctorat pré- 
sentée & la Faculté des lettres. Lille, Danel, 1883, un fort vol. 
in-8». 

HÉRODOTB, etc. — Herodoti Historiarum libri IX, recogn., etc. G. Din- 
dorfius. — Ctesi» Cnidii, etc., fragmenta dissertatione et aotis 
illustrata a Car. Mûllero.Pansiis, éd. Ambr. Firmin Didot, 1877, 
gr« in-6®. 

Historiens qrbgs. <— Fragmenta histoiicOTum grsecorum, coUegit, etc. 
Car. MtUlerus. Parisiis, éd. Ambr. Firmin Didot, 1872-1878. 
5 voL gr. in-8». 

Homère. — Homeri carmina et cydi epici reliquiœ gr. et lat. cum in- 
dice rerum. Parisiii, Ambr. Fimin Didot, 1877, gr. in-8*. 

loONOHOPOULOS (D.-L). '— 'AXtlmipwbi it^offftoç ffrei itlvextç r&v «v 
'AAsÇficvjptiQc &x/biaarivraiv *£ÀAi)va»v xal 'EXXmvtTt&v omb rilç xrhtoiç 
/tcxpc riii AXAntùi aùriiç, T. I, partie 1. Alexandrie, 1884, in-8o, 

IsoGRATB. — Isocratis orationes et epistolœ. Recogn. J. G. Baiter. 
Parisiis, éd. Amb. Firmin Didot, 1877, gr. in-8'. 

Sa4mt Jean ChrysostAue. — Sancti Joannis Chrysostomi opéra seleeta 
gr. et lat., codicibus antiquis denuo excussis emendavit. Fred. 
Dubner, vol. I. Parisiis, éd. Ambr. Firmin Didot, 1861 . 

KnPlRT (ES.). — Uivec^Tçû /itoat»vtxou*EXXriVt9/ioO xarèt ti^v Scxecryjv cxa- 
rovTKemplix arjvrax^iU /tiv vira E. K.tir«pT, ixMilç Si vnb roD iv 
'A9i3vou$ auXXôyçu itpb$ StdSoaiv r&v iXXriytx&v ypK/A/iàroàitf BavctvTp 
Toû àpmyoû rvii iBvuiiç 'aaiSiiai £rcf>dvev IiufuponouXou, Berlin, 
D. Reimer, 1883. Grande carte. 

LaHBROS (Sp.**?.). — Xosvotvbç Aecoxapcf xffl BotviXUoç BeLrdr^rit iùo 'EX" 
Xvjvtç ntptviyriroil toû U xac mj ati^voç (Extr. du Pamassos, t. V]. 
Athènes, 1881, in-8s 

Laxprtllos (Cyriaque). — La mystification fatale ou élucidation d*ujie 
page d'histoire ecclésiastique. Œuvre posthume publiée parla sœur 
de Fauteur sous la direction de Léandre d'André. Athènes, Co- 
romilas, 1883, gr. in-8o, 200 p. 

L4VI88B (Ernest) et Croiset (Alfred). — Faculté des lettres de Paris. 
Ouverture des conférences de lettres et philologie et d'histoire, 
le 8 novembre 1883. Leçons de MM. E. Lavisse et A. Croiset. 
(Extr. de la Revue internationale de l'enseignement, du 15 nov. 
1883.) In-8o. 

LsHArrRE (Raoul). — De la disposition des rameurs sur la trière anli- 



— CIV — 

que (Extr. de la Revue archéolog., janvier-avril, 1883). Paris, 
Baer, 1883, ia-8<>. 

Lucien. — Launcelot D. Dowdall, éditeur. — Lneian : Select Dialogues 
with Introductioa and Notes for Schools. Dublin, Browne and 
Nolan, 1882, gr. in-8<>. 

LuDLOw (T.-W.)* — The Harbors ofandent Athens (Reprinted firom 
American Journal of Philology, voL IV, n9 2), In-8*. 

Martooeus (Georges). — Elç rôv BAvutov tow E.o»ipvi wôij. Gorfou, 1881, 
in-8». 

Miller (Emm.). -> Inscriptions grecques découvertes en Egypte par 
M. Miller, in-8(». Extrait de la Revue archéologique, nuuv-avril 
1883. Paris, J. Baer, 1883, in-S». 

MOSCBOPOULOS (Xhéod. Ch.). — "E/ïwc xsû ^vx^, ^ntxoXvputhv, ixUiveat 
imb Vincent Mango. Gonstantinople, 1883, in-8<> carré. 

Naobotte (E.). — Histoire de la littérature grecque depuis ses origi- 
nes jusqu*au vi* siècle de notre ère. Paris, Gamier frères s. d. 
(1884), in-13. Don des éditeurs et de Fauteur. 3 ex. 

NicolaIdt (B.). — Grandeur et décadence d*Ali-Hourehid Bey. Épi- 
sode de la Révolution grecque publié en 1882 et traduit en 
français par Tauteur, B. Nicolaldy, précédé d*une préface par 
M. Victor Cherbuliez. Paris, Firmin Didot, 1883. 

Orateurs. — Oratores attid, Lycurgus, etc. Fragmenta oratonun at- 

ticorum, etc., reficta a Car. Mtillero, accedunt Scholia et indez... 

. quem collegit J. Hunziker. Vol. II. Parisiis, ed Ambr. Firmin 

Didot, 1858. (Le 1*' volume est rempli par les Œuvres d*lBo- 

crate, mentionnées plus haut.) 

PALioLOOos (Ath.). — *UfiipaÀ6ytoy riiç 'AvctroXiaç voXvntvjfpafutbv xmi 
fiXoXcr/aov. O>nstantinople. Petit in-S». 

Pantazidis (Jean). — Ilepl riiç Aipvaxoç roû tiv^iXov (/itrà. rpcfiv ffcvsc- 
xMv). Extr. du t. IX de 1* *A9iivacey. Athènes, 1880, in-S*. 

'~~ AtopOdtatiç tîç JAixeùiX VtXXoû Xpevoypa^^gev. Hipoç €'. Athènes, 
1883, in-80. (l** partie dans TAthenœum et t. & p.) 

PapaOEORGIS (Pierre N.). — *E:r6epcrcs rif( Sit. U. Aa/tnpov *EitZôn«êç 
Toû Mt^a^A 'Axofinàrov. Athènes, 1883, in-S^*. 

Papamaroos ((Tharissios) . — IIipl toû àXnSlvou t^f 'EXXnvtxiiç vtoXaioLç 
ocoaoxficlou Xàyoç ixfotrijBtiç xarà ràç im/iovlaç i^tràmç toû ht 
*E:Trecvi49A> itiamaXtloff xmb toû iuuBùvrov aùreû. Gorfou, 1883, 
in-lî. 

Pausanxas. — PausanisB descriptio Gneciœ, recogn., etc. Lud. Dindor- 
fius. Parisiis, editore Ambr. Firmin Didot, 1882, gr. in-8^. 

Philosophes grecs. — Fragmenta philosophorum grsecorum, collegit. 



— cv — 

etc. Fr. Guil. Aug. Mullachius. Parisiis^ editoribus Firmia Di- 
dot et Sociis, 1875-1881, t. I, II, III, gr. in-S»- 

Platon. — Platonis opéra. Ex rec. R. B. Hirschigii. Gr. et lat. Vol. I. 
1880. Ex rec. C. Ë. Ch. Schneideri. Vol. II. 1877. Argumenta 
dialogorum, cuzn indice, etc. condidit Hunziker, ex rec. Fr. 
Dûbner. Vol. lU. 1882. Pansiis, éd. Ambr. Firmin Didot. 3 yol. 
gr. in-8». 

~ Dialoghi di Platone nuovamente volgarizzati da Ëugenio Fer- 
rai. Padova, in-8<>. Vol. IV. La Repubblica. 1883. 

Plotin, etc. — Plotini Enneades, iterum edidenint Frid. Creuzer et 
G. H. Moser. Porphyrii Institutiones Plotinianas et Procli Ins- 
titutiones theologicse et Prisciani philosophi Solutiones. Parisiis, 
éd. Ambr. Firmin Didot, 1855, gr. in-8«. 

Plutarque. — Plutarchi Fragmenta et Spnria, cmn codd. contulit et 
emendavit Fr. Dtlbner. Cum novo indice... in omnia opéra Pla- 
tarchi. {X* V des Œuvres complètes.) Parisiis, Ambr. Firmin 
Didot, 1876, gr. in-8o. 

— Plutarchi Vitœ, secundum codd. Paris, recogn. Th. Dœhner. 
Parisiis, Ambr. Firmin Didot, 1862-1877. 2 vol. gr. in-8«. 

PoÈTBs BUCOLIQUES, etc. — Poct» bucoUci et didactici. Theocritus, etc., 
recogn. F. S. Lehrs et F. S. Lehrs cum Fr. Dûbner. Parisiis, 
Ambr. Firmin Didot, 1862, gr. in-8o. 

PoTAGOs. — UtplXriipiç 7rcp»iyi^9<uv IIoToéyou. Athènes, 1883, in-8^. 

PoTrasa (E.). — Quam ob causam Grseci in sepulcris flglina sigilla 
deposuerint. Thèse pour le doctorat ès-lettres. Paris, Thorin, 
1883, in-8o. 

— Étude sur les lècythes blancs attiques à représentations funé- 
raires. Thèse pour le doctorat ès-lettres. Paris, Thorin, 1883, 
in-8\ 

Paou (\^ctor). — Les Théâtres d'automates en Grèce au ii* siècle avant 
notre ère, d*après les aùrofixTonoiuk d'Héron d'Alexandrie. (Extr. 
des mèm. présentés par plusieurs savants à TAcad. des inscr. 
1'* série, t. IX, 2* partie.) Paris, Impr. nat. 1881, in-4'. 

FroLÈniK. — G. Ptolemœi Geographia e codd. recognovit, etc. Car. 
Mullerus. Parisiis. editore Alfredo Firmin Didot, 1883, gr. in-8*. 
Vol. D pars prima. 

Queux de Saint-Hilaire (m^ de). — Notice sur Aristote Valaoritis, sa 
vie et ses œuvres. Tirage à cinquante exemplaires non mis dans 
le commerce. 1883, in-12 de 91 pages* 

Ranoabê CCléon R.). — 'G xix$' 'OfiYipov o««taxôç «t'oî. Leiprig, 1883, 
in.8'. 



— CVI — 

RioND^ (Alexis), 0. K. Phostiropoulos traducteur. — *XXtliov Viôvh 
ytûiTtôvou irepl t^s iXaiiai èx roû yaAAcxoû. Athées, 1882, in-13. 

Satbas (Constantin). — La Tradition hellénique et la légende de Phi- 
dias, de Praxitèle et de la fiUe d^Hippocrate. (Extr. de TAn- 
nuaire.) 

ScHOLAïuos (Dorotheos), Oabriel Sophoklès éditeur. ^ Ta^îov riii ica- 
rpoXoy(«ç ffroc avXXoyii râv èv UocrpoXoyiii Tp vnb M cyviou (Ifigne)... 
mpttxofUvwi jtvpwriptiv èvvocdv, fpdnw xxl viroMot«*v. xi. (let- 
tres A-B). Athènes/l883, in-i'}. 

Sgholbs. — Scholia in Theocritunx auctora reddidit, etc. Fr. Dflbner. 
— Sdiolia et paraphrases in Nicandrum et Oppiannm, partim 
nnnc primnm èdidit, etc. U. Cats Bussemaker. Parisiis, Ambr. 
Firmin Didot, 1878, gr. in-8*. 

Shaxispbarb. M.-N. Damiralis traducteur. — KopcoAavôc, Spàfia tlç 
npdltii in'vrc /urctfpotisObt ix rHç &yyAcx^(. Exir. du t. VII du 
Pamassos, livr. 6 et 7. Atiiènes^ 1883, in-8*. 

Spateaku (Aristide K.). ^ 'O UauSar/vybç, icfpctfx«v vuvoirrexfic ^u^olo- 

x«kv, xi. Athènes, 1882. 2 vol. in-8*. 

Tbstaiibnt (Ancien). — Vêtus Testamentum gn e c ui n juxta tqkaa- 
ginta interprètes, etc., nunc denuo recognitum. — Cura et stu- 
dio J. N. Jager. Parisiis, éd. Ambr. Etoom Didot, 1878. 3 toI. 
gr. in-8*. 

Tbstamsnt (Nouveau). ^ Novum Testamentum gr. et lat., in antiquis 
testibus textum versionis vulgatœ latin» indagavit lectionesque 
et variantes Stephani et Griesbachi notavit, v.s. venerabili Jager 
in oonsilium adhibito, Constantinus Tischendorf. Parisiis, editore 
Ambr. Firmin Didot, 1880, gr. in<-8*. 

TnéiTARD (J.-F.). — Nouveaux choix de textes grecs pour servir aux 
explications courantes. Paris, Paul Dupont, 1884, in-l2. 

TsBREPIS (Q. N.). ^> '0 iftfâyygXoç, iroivifixrcov ivitxbv fuvafpoLOÛix oc 
ToO irpuTOTvirou. Corfou, 1878, in-8*, 46 p. 
— Ta vùv$gx« Tfiç innivuoiç yXùfmç, Céphallënie. 1880-1883. TcDxos 
«, 6', /. «-. 

VALAORrris (Ariatote). — Poèmes patriotiques traduits pour la pre- 
mière fois en français par J. Blancard avec une notice sur la 
vie et les œuvres d*A. Valaoritis, par le m^ de Queux de Saint- 
Hilaire. Paris, Ernest Leroux, 1883, in-12. (Collection de poèmes 
nëo-helléniques traduits en français sons la direction de M. le 
m^ de Queux de Saint-Hilaire.) 

XÛNOPHON. ^ Xenophontis scripta quœ supersunt. Gr. et lat. cum in- 
dicibus, etc. Parisiis, Ambros. Rrmin Didot, 1878, gr. in-8*. 



— CVII — 

(Emile) UcKiStxoi BiàXoyoi, 1883. 

Ministère de Tinstraction publique. Concours général des lycées et 
collèges de Paris et de Versailles. Distribution des prix. Années 
1882-1883. 

— Comité des travaux historiques et scientifiques. Rapport du mi- 
nistre et arrâtés. Paris, Imp. nat. 1883, in-4% (Rapport signé : 
Xavier Charmes.) 

DocuHENTS diplomatiques publiés par le ministère des affaires étran- 
gères. 1866.1867, n" 10. 1869, n» 11, 12, 13. (Affaires de Grèce 
et autres.) Don de M. G. d*Eichthal. 

Correspond ENCE respecting the rights and privilèges of the latin and 
greek churches in Torkey. Part. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. 1854. gr. 
in-l*. Don de M. G. d*Eichthal. 



PERIODIQUES 

échangés avec les publications de l'Association 
pendant l'année 1883-84. 

Paris, 
Polybiblion. 

Revue critique dliistoire et de littérature. 

Athènes et Paris, 

Bulletin de correspondance hellénique publiée par TEcole française 
d* Athènes. 

Athènes. 

Actes de la Société archéologique d*Athènes. 

Compte-rendu annuel du Syllogue pour la propagation des lettres 

grecques. 
Actes du Syllogue d*enseignement. 
Uxpvcraaéç, 

•EffTfac (le Foyer). 
^Eftifitpiç, 



— cnii — 

noiiyytycffcx. 

Le Jonmal des amis des sdcnoes. 
*or6of , journal médical. 
VoÀnvéç, journal médicaL 

Trieste. 
Bveharett. 

Recueil dn Syllo^e UttÀaire heUéiiique de Constantinople. 

Avyiî (I^Aorore). 

Smyryitf. 

Le musée de FÉcole éTangâiqne de Smynie. 



RA.PPORT 



DE 



LA COMMISSION ADMINISTRATIVE 



Messieurs, 

Le rapport que la Commission administrative avait 
l'honneur de vous présenter Tannée dernière vous ras- 
surait sur la situation financière de TAssociation pour 
rencouragement des études grecques et trouvait, dans 
un léger affaiblissement des cotisations annuelles, un 
motif de ne pas trop se plaindre des crises qui avaient 
atteint le crédit public et les fortunes privées tant, en 
France qu'à Tétranger. Les espérances que nous conce- 
vions pour un avenir meilleur ne se sont pas malheu- 
reusement réalisées. Le nombre des cotisations arrié- 
rées va sans cesse en croissant soit à Paris, soit dans 
les départements, et surtout à Tétranger. C'est ainsi que, 
pour Paris, elles ont passé de 2 en 1881 à 6 en 1882 et 
à 32 en 1883; pour les départements, de 10 en 1881 à 
17 en 1882 et à 47 en 1883; et pour l'étranger de 73 en 
1881 à 131 en 1882 et à 141 en 1883. Ce relevé permet 
de constater un total annuel de 85 cotisations non per- 



— ex — 

çues en 1881 ; de 134 en 1882 ; et de 220 en 1883. Il pré- 
sente an arriéré général de 4,590 fr. en trois ans et une 
recette en moins de 2,200 fr . portant sor Tannée qui vient 
de finir, le 1*' mars 1884. Sur cette dernière sonmie, 
1,410 fr. seraient recouvraMes dans des pays malheu- 
reusement trop éprouvés, mais pour les autres 790 fr., 
il suffirait peut-être, pour éviter la période décroissante, 
de stimuler le zèle de MM. les associés de Paris et des 
départements. 

Si cet état des choses a naturellement exercé une 
influence f&cheuse sur la recette totale des cotisations 
annuelles, si dans le tableau comparatif qui vous est 
soumis ci-dessous vous remarquez une forte diminu- 
tion sur la vente de livres, vous ne manquerez pas de 
regarder avec faveur le nombre croissant des membres 
donateurs qui s'est élevé à douze, dans le courant de 
l'année 1883-1884. 

Voici le tableau de la recette totale pour les années 
1882-1883 et 1883-4 : 

ISffi^ 19S3A 

P Reliquat de rexercice précédent. 9,161 51 11,804 60 

2* Coupons de 136 obligations de 
rOnest 1,978 80 \ 

Coupons de 136 obli- | 2,197 04 2,197 04 

gâtions dn Midi 218 24} 

3<» Arrérages de la rente Deville.. 500 » 500 b 

4* Intérêts des fonds déposés à la 
Société générale 82 20 106 45 

50 Cotisations de Tannée 1883- 

»88* •:•• 2,910 .j ^ 3535 , 

Cotisations arriérées. 675 » | 

6* Versement de 12 membres do- 
nateors #... 100 > 1,200 • 

7* Versement povr les monuments 

A reparier 17,286 40 19,401 09 



— CXI — 

Report. ^..... 17,286 40 19,401 09 

grecs 260 50 100 > 

S^" Don de rUniTereitô d^ Athènes. 800 > 400 i> 

9* Vente de livres • 1,130 20 28 > 

10« Vente de médailles 30 » 70 » 

11<> Subvention du Ministère de 

rinstruction publique » > 500 > 

Total de la recette annuelle.. 10,346 19 8,686 49 

Total de TaToir au 1»' mars. . . 19,507 70 20,491 09 



Il suffit de jeter un coup d'œil sur ce tableau compa- 
ratif pour se convaincre que la situation financière de 
r Association est encore bonne, malgré les diminutions 
considérables qu'ont -subie s certains articles, notam- 
ment celui des cotisations annuelles, ainsi que nous l'a- 
vons déjà fait remarquer. 

A côté des recettes, nous devons vous présenter le 
tableau des dépenses effectuées, tableau comparatif, 
comme pour les recettes, afin que vous puissiez vous 
en rendre un compte exact : 

188^8 1883-4 

V Publication de T Annuaire : 

Frais d*impression, tirage. 2,877 95 2,052 » 

Rédaetion de la bibliographie 150 » 150 » 

2^ Recueil des monuments grecs. • > > 718 » 

3' Impressions diverses 1 18 95 56 > 

4« Enyoi de publications 225 20 310 25 

5^ Locaux de la rue Jacob, puis 

de la rue Bonaparte, loyer 501 04 489 15 

Assurance 10 » 10 » 

Service et aménagement • 116 » 167 45 

Réinstallation »... > » 229 50 

6* Service du palais des Beaux- 

A reporter 3,999 14 4,182 35 



— exil — 

Report 3,999 14 4,182 35 

Arts 147 > 195 10 

7<> Indemnité à Tagent biliotbé- 

caire 1,000 » 1,000 » 

8^ RecouTrement de cotisations. . . 79 50 64 45 
9'' Garde des titres à la Société 

générale 17 10 17 10 

10*^ Courses et commissions 82 40 42 95 

1 1^" Frais de correspondance 67 50 68 35 

12* Frais de bureau 50 45 67 65 

13*' ReUure et achat de livres. ... 126 15 275 30 
14* Prix ordinaires de 1* Associa- 
tion 1,000 T 1,000 » 

15* Prix Zographos 1,000 * 1,000 » 

16*Prixdes lycées 110 05 128 90 

17»Médaille 22 10 21 75 

Total de la dépense annuelle. . 7,701 39 8,063 90 



Le budget de Texercice 4883-1884, avait prévu une 

dépense de 10,375 » 

La dépense réelle a été de 8,063 90 

elle a donc été inférieure aux prévisions de. 2,311 10 

Le montant des recettes de Tannée 1883- 

1884, s'élève à 8,686 49 

Il faut ajouter à cette somme l'encaisse 

disponible au i« mars 1883 11,804 60 

et Ton obtient la somme totale de 20,491 09 

Retranchant le montant de la dépense ef- 
fectuée durant Tannée 1883-1884, soit 8,063 90 

Il reste un avoir de. 12,427 19 

Somme représentée 1® par le solde de no- 



— CXIII — 

tre compte à la Société générale s'élevant 

aul"mars 1884à 11,793 94 

^ Par rencaisse de Tagent bibliothécaire. 578 25 

3« Par rencaisse du trésorier 55 » 

Total égal 12,427 19 

Nous avons maintenant à vous soumettre le projet de 
budget pour l'exercice 1884. Pour les recettes d'abord, 
ce budget se compose de la manière suivante : 

!• ReUquat de l'exercice 1883-1884 12,427 19 

2® Ck)upons de 136 obligations du chemin de fer 

de rOuest 1,978 80 

Coupons de 136 obligations du chemin de fer du 

Midi 218 24 

3^ Intérêts de la Compagnie générale 80 » 

4" Arrérages de la rente Deville 500 » 

5o Subvention du Ministère de Tlnstiniction pu- 
blique 600 » 

6o Cotisations 4,000 » 

7o Don de l'Université d'Athènes 400 » 

8® Vente des livres 500 » 

Total 20,604 23 

Si nous défalquons le reliquat 12,427 19 

nous trouvons que les recettes propres 
de l'exercice courant peuvent être évaluées 

à 8,177 04 

Les recettes de l'exercice précédent 

avaient été évaluées à 10,677 » 

D'où résulte pour 1884 une différence en 

moins de 2,500 » 

DifTérence qui s'explique par la diminution des coti- 
sations. 

Annuaikè 1884. h 



— CXIV — 

Les évaluations ies dépenses probables comprises 
dans le tableau ci-dessous n'atteindraient que le chiffre 
de 7,^5 fr., inférieur de 682 fr. 04 c. au total de la re- 
cette prévue 8,177 fr. 04 c, s'il ne comprenait une 
somme de 2,000 fr. pour les monuments grecs. Nous 
vous présentons donc ces dépenses avec la certitude 
quelle seront couvertes par les recettes. 

PablicatioB de VAniiiiaiie 2,550 > 

Rédaction de la bibliographie • 150 

Monuments grecs 2,000 

Impressions diTorses 125 

Envoi et distributioDs des pubficatioiis 300 

Salle de la me Bonaparte, loyer, assnrance. • . . 500 

Service au palais des Beaux-Arts 150 

Indemnité à Tagent bibliothécaire 1,000 

Droit de garde des titres 20 

Reco uvr ement des cotisations 150 

Courses et commisBioBs • 80 

Relire et achat de liTree 200 

Motaier 60 

Frais de boreaa •... 50 

Prix de l*As80ciation 1,000 

Prix Zographos 1 , 000 

Prix des lycées • 150 



Total des dépenses en 1884 9,495 « 



Les recettes prévues jointes à rencaisse donnent. 20,604 23 
Les dépenses prévues ne s*élèvait qu à 9,495 > 



n y a un excédent éventuel de recettes 
de 11,109 23 



constituant un fonds de réserve qui augmentera, il fkut 
l'espérer, tant par des cotisations nouvelles que par le 



— cxv — 

recouvrement de cotisations arriérées. Aussi les mem- 
bres de la commission administrative sont heureux de 
pourvoir présenter, malgré tout, une situation finan- 
cière satisfaisante, situation qui permettrait à l'Asso- 
ciation de faire, s'il le fallait, de nouveaux sacrifices 
pour la propagation des études grecques en France. 

Les membres de la commission administrative : 

Ghassano. 

Pesson. 

G. d'Eichthal. 

Laperche. 

Talbot- 

Le Trésorier : 

J.-6. Magnabal. 



SOUSCRIPTION PERMANENTE 



POUR hK PUBLICATION 



DES MONUMENTS GRECS 



Nos confrères sont témoins des sacrifices que nous faisons depuis 1872 
poor mettre chaque année sous leurs yeux quelques beaux ouvrages de 
Tart grec, dont les reproductions, exécutées par des artistes habiles, 
ont obtenu le suffrage de tous les connaisseurs. Malgré les dépenses 
qu'entraînent toujours les publications de ce genre, le Coboté db l* As- 
sociation désire que les fascicules de nos Monuments grecs puissent 
toujours être envoyés, comme TAnnuaire, à. tous les Membres de TAs- 
sodation, sans aucun changement dans le prix de la cotisation an- 
nuelle de 10 francs. 

En conséquence, le Comité a résolu de s'adresser à la générosité 
déjà éprouvée des Membres de l'Association, et d*ouvrir une souscrip- 
tion permanente et toute volontaire, à l'effet de former peu & peu un 
fonds de réserve pour le dessin et la gravure des planches. Il recom- 
mande vivement cette souscription à tous ceux de nos confrères qui 
s'intéressent au développement de cette partie de notre œuvre. 

Les conditions de la souscription sont les suivantes : 

Art. 1*'. — La souscription pour les Monuments grecs est fixée au 
minimum de 100 francs une fois versés. 

Art. 2. — Les souscripteurs recevront le titre de Membres fonda- 
teurs pour les Monuments grecs; leurs noms formeront une liste à 
part, qui sera imprimée sur la couverture de chaque fascicule de notre 
publication archéologique. 

Art. 3. — S'il y a des renouvellements de souscription, ils seront 
indiqués sur cette liste par la mention des années où la souscription 
aura été renouvelée. 

Art. 4. ^ Les souscriptions qui dépasseraient le chiffre de 100 francs 
seront naturellement l'objet d'une mention spéciale dans le rapport 
annuel du trésorier et dans la liste des souscripteurs. 

Art. 5. — L'argent produit par les souscriptions formera nn fonds 
de réserve, dans lequel on ne pourra puiser que sur une demande de 
la Commission archéologique et sur un vote favorable du Comité. 

LE COMITÉ DE L'ASSOCIATION. 

Nota. — Les. souscriptions devront être adressées ft M.' Magnabal, tréso- 
rier, 22, rue de Saint-CIoud, à Clamart, près Paria. 



MÉMOIRES ET NOTICES 



\ 
I 



DE L'ORIGINE 



DU MOT « POÈTE » 



PAR M. Henri Wbil 



Que voulaient dire les Grecs en donnant aux poètes 
le nom qu'ils portent encore aujourd'hui? Je crois 
qu'on ne cherche pas de réponse à cette question parce 
qu'on la croit toute résolue : luotYiTiÇç, dit-on, vient de 
7so\i(ù et désigne celui qui produit; aux yeux des Grecs, 
le poète était un créateur et le poème une création (1). 
Cela est très beau, et fait le plus grand honneur aux 
Grecs, qui avaient une si haute idée de la poésie, et aux 
poètes, qui se trouvent si haut placés. Si je viens con- 
tester cette opinion, je crains de me faire une mauvaise 
affaire avec les Hellènes et avec les poètes, et tout d'a- 
bord avec vous, Messieurs. Il y a, en efTet, des Hellè- 
nes parmi ceux qui m'écoutent ; tous sont philhellènes 
et, qui sait, tous sont peut-être plus ou moins poètes. 
Je persiste néanmoins à tenter l'aventure. 
L'étymologie de woiTiti^ç n'est pas douteuse : la ques- 



(1) Cette interprétation est répandue en France et en dehors de 
France. Bemhardy (Orundriss der griechischen Litter^tur, I, $ 17) 
définit Ttoirjotç c ein freies Schaffen ». 

AjfNUAIRB 1884. 1 



2 HENRI WEIL. 

lion est de savoir quel sens précis les Grecs y attachè- 
rent quand ils donnèrent d'abord ce nom à ceux que la 
haute antiquité avait appelés chanteurs, dbtSoC. En effet, 
le verbe icoiéo) a une signification trop vague, trop géné- 
rale, pour qu'il soit permis d*en rien inférer sur la valeur 
réelle du substantif qui en est tiré. Homère dit (i) : 

''AXXo^ S' Sk'kif IpeÇe Oecov aUt*)feveti(dv. 

Le verbe ^é((i>, qui est synonyme de icotéo», signifie ici 
sacrifier, offrir des victimes (^éï^u) Itpi)- A ce compte, 
Tcoitivfiq aurait pu, à la rigueur, prendre le sens de sa- 
crificateur. F. A. Wolf (2) pensait que ce mot indiquait 
un travail laborieux : Ipsum hoc nomen poètœ, tgnolum 
oltm iotSotç, vîtn habet operosioris laboris. Nous ne pré- 
tendons pas remettre en honneur cette explication ; elle 
tient sans doute à certaines idées chères à l'auteur et à 
son époque : on aimait alors à exalter la poésie popu- 
laire, toute naturelle» aux dépens de celle oti il entre 
déjà plus d'art et de réflexion. Mais, au point de vue 
de l'étymologie, cette explication est aussi admissible 
que celle que Ton admet généralement et que d'autres 
qu'on pourrait proposer. Essayons de retrouver les 
vues des anciens Grecs à ce si^yet. 

Quand les Grecs parlent de la nature de la poésie, ils 
ne la donnent pas pour une création, mais pour une 
imitation, |^|xiQaiç ; telle est la théorie de Platon, d'Aris- 
ristote, d'autres encore. Il est vrai que les philosophes 
s'écartent quelquefois des idées répandues dans le peu« 
pie ; mais, quand cela leur arrive, ils ont l'habitude de 
noter leur dissentiment et de combattre les opinions 
populaires. Or, quand ils déclarent que la poésie est 
une espèce d'imitation, ils semblent énoncer une vérité 
que personne ne conteste. 

(1) II., II, 400. 

(2) Wolf, Proie gomena ad Jlomgrum, p. xui, note 9. 



L- 



DE UORIGINE DU MOT « POÈTE ». 3 

Hérodote se sert du mot icoit^q comme d'un mot 
usuel. De son temps et encore longtemps après, ce mot 
appartient exclusivement à la prose et à la poésie fami- 
lière. Si on y avait attaché le sens de créateur^ les poè- 
tes ne s'en seraient-ils pas fait honneur et ne Pauraient- 
ils pas employé aussi volontiers que le vieux nom 
d'iocS^ç ou le composé (jtouooicoiâç qui est, en quelque 
sorte, l'équivalent poétique de woitqt^ç (1)? 

La question ne peut être résolue que par l'examen 
d'un certain nombre de locutions et de passages où fi- 
gurent les mots 9coiY}Tif)ç et icotéco. Les écrivains attiques 
disent souvent luoisiv (jluBov, mais par là ils ne veulent 
pas dire inventer une fable, mais mettre une fable en 
vers ; c'est ainsi que Socrate dit dans le Pkédon (ch. iv) 
que, pour obéir à un avertissement divin, il a mis en 
vers certaines fables d'Esope qui lui vinrent à la mé- 
moire, oî^ç wpoxeCpouç etxov xal i^xt(jTi[J!.Y)v ii.û6ouç touç AJac*)- 
xou, to6t(i>v iTuoCtî^aoîç icpc^Toiç èvéTu^ov- Cette locution est 
tout à fait usuelle. Ailleurs, Platon, en parlant des poè- 
tes qui traitent la fable de Niobé ou celle des Pélopides 
ouïes traditions de la guerre de. Troie, dit: 'Eiv tiç 
XQifj... ta Tijc Ntiôt)ç icàSt) ^ Ta UeXoictSiov ^ Ta Tpwïxà (2). 
Aristote loue Homère de n'avoir pas essayé de mettre 
en vers la guerre de Troie tout entière, Tbv xdXeiJwv xoteïv 
ÏXov (3). Dans les Grenouilles, d'Aristophane (v. i052), 
Euripide se défend en disant qu'il n'a pas inventé la 
fable de Phèdre, mais qu'il l'a prise dans la tradition. 

n^Tspov 8' oùx &VTa W^ov toutov xspl vqq ^afSpotç ÇuveBYjxa ; 
Si le mètre l'avait permis, Aristophane aurait pu dire 
èxoiigca, dont ÇuvéOiQîwt est l'exact équivalent. Platon écrit 
dans les Lois (XI, p« 935 c) : Tou ty]v (jLsXcpSCav ÇuvOévToç 
xoiijTOu. Ici encore on pourrait remplacer ÇuvOeïvai par 



(1) Earipide, Troy.f 1189. Hippol., 1418. Hérodote se sert uae fois 
de ce mot, II, 135. 

(2) Platon, RépuhL, II, p. 380. 

(3) Aristote, Poét,, ch. xxn. 



4 HENRI WEIL. 

îuotfjaai, verbe qui répond exactement au verbe français 
composer. 

Le verbe wotetv signifie souvent dire en vers et peut 
être remplacé par Xé^siv, dont le sens est, à la vérité, 
plus compréhensif. Hérodote, en citant une locution de 
Pindare qu'il approuve, s'exprime ainsi : 'Opôwç juot 80- 
yiÀei II(v8apoç xotîjaat véiJiov icdvTWv PaciiXéa çi^aoç eTvat (1). Un 
contemporain d'Hérodote, le poète Ion de Chios, ra- 
conte comment Sophocle loua un jour à table un vers 
de Phrynichos ; voici le propos qu'il lui prête :'ûç xaXcoç 
4>p6vtxoç ixoCïjcev etxaç • « Aa^jLicei B'èxi iropçupéaiç izapr^fn ©ûç 
lpa>Toç ». Un des convives, un maître d'école, combat ce 
sentiment en disant : Oùx eu eipYixe ^puvixoçTcop^upéoç elicùv 
Tàç -fva^ouç fow xaXoiî. On voit que eipiQXE répond ici à 
è'^oCr^aev (2). Je puis même citer un exemple encore plus 
ancien de cet idiotisme : il se trouve dans un fragment 
du vieil Hécatée cité par le scholiaste d'Euripide et qui 
doit être rétabli ainsi : '0 8è AtYuxroç aÙTbç jjIv oôx ?jXO£v 
eîç "Ap-^foç, xaï8eç 8à, ôç pièv 'Hcio8oç èTOiTiŒe, «evTfjXOVTa, wç 81 
è^ù) Xé^w, oô8à £t<xo>(yt (3). Un autre idiotisme, voisin 

(1) Voy. Hérodote, III, 38. Aoxiic èpOâç not^aat f^rtonç ne veut pas dire 
ici « il semble avoir bien fait de dire ». Le verbe ^roc^vsee désigne la 
composition poétique. La comparaison du passage d*Ion, que nous 
allons citer dans le texte, ne laisse pas de doute à. ce sujets 
Cf. aussi Hérodote, IV, 13 : T^u Sri "A.pt<rriviç,.. Troiéuv gîtea àftxtaOat 
iç ^lacrtcàvcti. IV, 16 : Oùoè owros iv aùroîci rotç î:tiai Trotéuv ifyjn àyc- 

(2) V. Athénée, Xin, p. 604 A. 

(3) Ce fragment se trouve dans une schoiie sur le vers 872 de TOreste 
d*Euripide : j*en ai discuté le texte dans la Revue de philologie^ Il 
(1878), p. 84.— M. Cobet soutient dans la Mnémosyne, XI (1883), p. 1-7, 
que les ouvrages d*Hécatée s*étaient perdus de très bonne heure et fu- 
rent remplacés, lorsqu'on fonda les grandes bibliothèques de Tantiquité, 
par des ouvrages pseudépigraphes. Voici son argumentation : le Tour 
du monde (riiç TttpioSoç) avait été déclaré non authentique par Calli- 
maque; Erastosthène contesta ce jugement en invoquant la ressem- 
blance de style qui rapprochait cet écrit des autres écrits d*Hécatée. 
M. Cobet retourne Targument : puisque les autres écrits d*Hécatée, 
dit-il, ressemblaient tant à Touvrage du faux Hécatée, c*est qu ils étaient 



DE L'ORIGINE DU MOT « POÈTE ». 5 

de celui que nous venons de signaler, consiste à em- 
ployer le verbe iroieîv dans le sens de faire des vers. 
Âristote dit (Poét,, ch. xxii) qu'il est facile de tourner 
des vers si on vous donne la permission d'allonger les 
mots à votre gré comme faisait Homère : 'PaStov içoteïv, 
6? Ttç 8o)(7et èxTeCveiv èç'Sicowv PoùXeiat. Souvent -ïcoieîv, écrire 
en vers, est opposée à Xéfetv, écrire en prose. Lysias, 
Isocrate, Platon (i) fournissent des exemples de cette 
façon de parler. Dans la charmante soirée de Chios, si 
agréablement racontée par Ion, Sophocle disait : « Pé- 
riclès prétend que je sais faire des vers, mais que je ne 
m'entends pas à conduire une armée », IleptxXéiQç 
TOtéfitv (xe 2çY), cTpaTiQY^stv 8'oux.èTC(ŒTaffOai (2). On peut ratta- 
cher à ce sens de ?uoteiv l'emploi particulier du substan- 
tif :coiiQ(Àa pour désigner non pas un poème, mais un 
vers : il est vrai que je n'en connais pas d'exemple an- 
térieur à Denys d'Halicarnasse (3). 

Essayons maintenant d'expliquer l'origine du mot 
poète et l'usage, qui remonte aussi haut que les com- 
mencements de la prose grecque, de donner au verbe 
qui veut dire faire le sens particulier de faire des vers. 
Anciennement les poètes s'étaient appelés chanteurs, 
hiloi : c'est qu'ils chantaient encore eux-mêmes et 
étaient leurs propres interprètes; mais, quand les com- 
positions des poètes commençaient à être débitées par 
des rhapsodes, des chanteurs, des chœurs, des acteurs, 
on éprouvait le besoin de distinguer les auteurs des 
exécutants. C'est à ces derniers que convenaient les 



faux eux aussi. C'est aller vite en besogne. Il est vrai que M. Cobet 
démontre ensuite que plusieurs fragments attribues éi Hécatée doivent 
£tre postérieurs à Hérodote ; mais ces fragments sont tous tirés du 
Tour du mondât aucun ne semble provenir des Généalogies. 

(1) V. Lysias, Epitaphios § 2. — Isocrate, Panèg. § 186. — Platon, 
Rép., Il, p. 383 A. 

(2) V. Athénée, /. c. 

(3) Cf. Denys d'Halicarnasse. De compositione verborum, ch. m ; 
Ant. Rom,, II, 82. 



6 HENRI WEÏL. 

noms do obiooi, pa^o>8oC ou bien uiroxpiTa(; les premiers 
s'appelèrent désormais xoiYjTaC, c'est-à-dire ceux qui ont 
fait les paroles et la musique. Pour prendre un exemple 
spécial, dans le genre dramatique on distinguait les 
chanteurs et en général les exécutants, 'zpccfi^i et xi*- 
|jl()>8g(, des auteurs, qui étaient appelés xpaYi^^Soicoiotetiuo- 
\iM!èoT:oioi ; ces derniers mots, de formation plus récente, 
ne peuvent dater que de Tépoque où les poètes ces- 
saient d'être acteurs. 

On voit maintenant pourquoi les anciens Grecs ne 
disaient pas, comme nous, poète épique, mais auteur de 
vers épiques, àicûv icoiiqxi^ç. On disait de même |uXâv 
icotiQTiQç, 3i0upi{i.6(i)v icotir}Ti^ç, xpcrçi^iâ^ icotv}Ti^ç et ainsi de 
suite. Dans toutes ces locutions, le grec icoivpnfjç ne doit 
pas se traduire poète, mais auteur. 

Que tel soit, en effet, le sens que Ton attachait au 
mot poète, nous allons le prouver encore mieux par 
quelques passages dans lesquels ce terme est employé 
d'une manière particulièrement instructive. On sait 
qu'il y avait à Athènes des gens habiles qui écrivaient 
des discours à l'usage des plaideurs et des orateurs. 
Platon désigne un de ces écrivains en l'appelant poète, 
c'est-à-dire auteur des discours dont les orateurs se 
servent dans les luttes judiciaires : IIottjTÎjç twv W^*** o^^î 
oi ^ifixopeç ÂYcovCÇovTat. Ailleurs, il oppose à Phèdre, qui 
vient de lire à haute voix un discours de Lysias, Lysias 
lui-même qu'il appelle le poète, c'estrà-dire l'auteur du 
discours (1). Alcidamas a composé un opuscule contre 
ceux qui faisaient, comme Isocrate, de l'éloquence 
écrite. A la un, il donne des conseils c à quiconque aime 
mieux acquérir les grandes qualités de l'orateur que le 
talent qui suffit à composer des discours écrits » : 'Oanç 
oîjv èxiSupieT ^'fyztùp fevéo^ai Seivbç (xaXXov ^ îroitj'riiç Xd^wv îxa- 
véç (2). Isocrate ne s'exprime pas autrement. Il oppose, 

« 

(1) V. Platon, Buthydéme, p. 306 B, «t Phèdre, p. 434 B. 

(2) ÂlcidamaSj Utpï vo^cttûv, § 34. 



DE L'ORIGINE DU MOT « POÈTE ». 7 

lui aussi, les 'kérfm xotiQTaC aux athlètes de la parole, 
drf(ovi(naC, et il déclare qu'on peut apprendre à devenir 
X6y(i)v -EoitjTÎjç Yjxpiirzepoi twv tcoXXôv, mais qu'il faut cer- 
taines qualités naturelles pour parler en public (1). 

A la différence des poètes, les prosateurs s'appelaient 
ouYYpaçetç, écrivains. Comme les ouvrages en prose, les 
livres des historiens et des philosophes, s'adressaient 
à des lecteurs, on distinguait le public qui lit de l'au- 
teur qui écrit, oirffpo^eôi;. Les odes de Pindare, les dra- 
mes de Sophocle et d*Âristophane, en général les œu- 
vres poétiques, étaient composés pour être exécutés 
publiquement par des chanteurs, des danseurs, des ac- 
teurs. On distinguait les interprètes qui exécutaient 
l'œuvre de celui qui l'avait composée et qu'on appelait 
TOtiQT^ç. De notre temps, la musique s'adresse bien plus 
à des auditeurs qu'à des lecteurs, et, comme le nom de 
musicien convient à ceux qui exécutent une œuvre mu- 
sicale aussi bien qu'à celui qui l'a conçue, on distingue 
ce dernier par le nom de compositeur. Ce mot, qui a un 
sens plus général, mais qui s'applique chez nous par- 
ticulièrement aux auteurs de musique, offre la plus 
grande analogie avec le %o\,yivfi<; des Grecs. 

(l; Isocrate, Karà 90fi<rr&v, } 15 ; Antidose, { 192. ^ 



LETTRES 



DE 



THÉODORE BALSAMON 



PAR M. Emh. Miller 



Les lettres qui nous sont arrivées sous le nom des 
anciens sont presque toutes apocryphes, comme Font 
prouvé plusieurs savants critiques, et entre autres 
Boissonade, à propos des lettres de Gratès et de Dio- 
gène le Cynique. Ce genre de documents est tout à fait 
discrédité et ne peut être d'aucune utilité, parce que 
leur existence repose uniquement sur la fraude ou sur 
une erreur. 

Les anciens copistes écrivaient fréquemment sous 
des noms supposés. Ils voulaient surprendre la bonne 
foi des princes et des particuliers et leur vendre chère- 
ment leurs productions en y mettant un nom célèbre. 
Souvent aussi ces compositions n'étaient que des exer- 
cices de style et des thèmes scolastiques et le public 
s'y est laissé prendre ; telles sont les lettres que les 
copistes nous ont transmises sous les noms d'Aristé- 
nète, d'Alciphron, de Théophylacte Simocatta, etc. 
Mais si les lettres attribuées aux anciens ne peuvent 



LETTRES DE THÉODORE BALSAMON. 9 

nous être d'aucune utilité, il n'en est pas de même de 
ceUes qui datent des époques de décadence et de la fa- 
brication desquelles la fraude n'aurait pu retirer aucun 
profit. 

Les lettres familières, quel qu'en soit d'ailleurs le 
mérite et quelle que soit l'époque à laquelle elles ap- 
partiennent, présentent toujours un certain intérêt. 
D'abord elles ont évidemment été écrites par des let- 
trés et adressées à des personnages lettrés ou im* 
portants au point de vue social. Ensuite elles servent 
souvent à déterminer des dates et des synchronismes . 
qui permettent d'éclaircir des points obscurs soit dans 
l'histoire, soit dans l'histoire littéraire. 

Ces observations trouvent leur application dans quel- 
ques lettres inédites de Théodore Balsamon, célèbre 
canoniste du xii* siècle. 

Théodore Balsamon, qui porte le titre de patriarche 
d'Antioche, bien que cette ville fût depuis i 100 au pou- 
voir des Latins, était regardé comme le plus grand ju- 
risconsulte de son siècle. Il est auteur d'un commen- 
taire sur le Nomocanon de Photius, commentaire qu'il 
composa vers 4450, par ordre de Manuel Comnène. Il 
écrivit aussi des scholies sur les canons des apôtres, 
sur les conciles, etc., et beaucoup d'autres ouvrages qui 
ont été publiés pour la plupart. Parmi ces derniers figu- 
rent, sous le titre de {jLsXéTac, un (Certain nombre de let- 
tres doctrinales sur des questions de droit canon qui 
sont conservées en manuscrit dans les bibliothèques 
publiques, entre autres dans celle de Paris. Quelques- 
unes seulement ont vu le jour. 

Théodore Balsamon a été honoré de plusieurs digni- 
tés ecclésiastiques. Isaac-Ânge Comnène lui avait fait 
espérer qu'il succéderait au patriarche de Gonstantino- 
ple, pourvu qu'il démontrât que la translation d'un 
siège à un autre n'était pas contraire aux règles 
canoniques. La démonstration fut faite et approuvée 
par des lettres impériales , mais la nomination n'eut 



pas lieu; ce fut Dosithée de Jérusalem qui fut choisi. 

Il a existé un recueil des lettres fmnilières de Théo- 
dore Balsamon, mais ce recueil est perdu aujourd'hui; 
il n'en reste plus que quelques-unes conservées dans 
un manuscrit de Venise. Ce manuscrit provient de la 
bibliothèque des Nani ; Mingarelli, dans le catalogue 
imprimé de cette bibliothèque <p. 470), en oite seule- 
ment trois, ce que je ne m'explique pas, car j'en ai 
trouvé dix et une onzième dont il ne reste que le titre, 
c'esU&-dire le nom de celui auquel elle est adressée. 

Sans doute , ces lettres sont peu importaules par 
elles-mdmes, mais comme elles sont adressées fc des 
personnages considérables, dont plusieurs sont connus, 
elles offrent des renseignements qu'il me semble utile 
de recueillir. 

La première porte simplement pour titre !ivt^^ (1). 
Balsamon écrit à son correspondant anonyme qu'il 
cherche h garder un juste milieu entre l'apologie et le 
dénigrement, etil termine par cette parole d'Isocrate (3): 
u Ce n'est pas maintenant le moment de s'occuper des 
choses dans lesquelles je suis habile; quant à celles 
dont il faudrait s'occuper, je n'y ai aucune habileté. » 

La seconde est adressée h un juge, xp E-nj, dont Je nom 
est incertain. Les signes paléographiques appliqués 
aux noms propres ont un grave inconvénient, ils jet- 
tent le lecteur dans une grande incertitude. Quand il s'a- 
git de noms propres anciens, on se tire facilement 
d'affaire, parce que l'onomatologie ancienne des Grecs 
avait des règles à peu près fixes ; les noms propres 
étaient composés d'une manière synthétique et les élé- 

(1) Uichsl PmUiu ftTiit Mé honoré du méina tiVe. T07. t> réponse 
qa'îl adraue ft eau qui 1« loi annuent, Skthaj, BiN. gr., (. V, 
p. 168. 

(ï) Voy, les Sympot. de Platapqoe, VUI, p. IH, trad. de Ricard. 
Celle pMole «e ttoare reproduite auisi, n» 20, dam les Frag. ii%M. de 
litUr. gr. qne j'ai ïoièrès dans le toI. publié dernièremenl par YEtole 
flct lanffu€t orùnla ia vivant**. 



LETTRES DE THÉODORE BALSAMON. 11 

mentsqui y entraient réveillaient presque toujours des 
idées agréables rappelant de bonnes qualités morales. 
Quelquefois des particularités physiques aidaient à for- 
mer le nom, comme chez nous Lelong, Lesourd; Lerouge; 
les sobriquets iDjurieux étaient très rares. Il est donc 
facile de retrouver un nom ancien lorsqu'il est écrit en 
abrégé. Malheureusement, il n*en est pas de môme 
pour les noms propres de l'époque byzantine, compo- 
sés souvent d'éléments étrangers; la difficulté aug- 
mente lorsqu'ils se rencontrent dans des manuscrits du 
xm' siècle, qui sont toujours remplis d'abréviations, 
comme celui de Venise. Ainsi le nom du juge en ques- 
tion commence par les lettres !\7uXou... suivies d'un si- 
gne paléographique placé au-dessus et rappelant la 
forme d'un x et d'un p liés ensemble, d'où l'on est amené 
à lire Xi7Xouxap^(i>9 nom qui échappe à une explication 
analytique. Dans cette lettre de quelques lignes, Balsa- 
mon justifie un certain Constantin qui était resté court 
en plein tribunal. 

Même difficulté pour le nom placé en tête de la troir 
sième lettre, et écrit en abrégé Tio oe6eça..., il pourrait 
bien être une corruption du titre 9e6açoxpdiTOpi et indi* 
querait un personnage considérable. Balsamon se féli- 
cite en effet de ce que ce dernier a accueilli ses volumi- 
neux écrits avec faveur (1), 

La quatrième lettre est adressée à un individu nommé 
'£Xeo8a)p{tig, que Balsamon cherche à consoler de la 
mort de sa mère. Le nom 'EXeo8(i>p('n]ç s'explique facile- 
ment et rentre dans la catégorie de ceux qui sont com-* 
posés dans une pensée chrétienne. 

Le grammairien Perdiccas, auquel est adressée la 
cinquième lettre, où il se justifie de lui avoir adressé 
des reproches pour avoir injurié un frère innocent, ré* 



(1) Il écrit •KoXùaxix'x. ypdftfjLotroty Autrefois on comptait par lignes, 
?txof. Dans Michel Psellus , cod. gr., Paris, 1188, fol. 23S, ro : mXû- 
çtX^fi htçoXti, et dans Michel Acominate, II, ^, nûXùçtxov 6c€A^ov. 



12 EMM. MILLER. 

veille en nous quelques souvenirs littéraires. Mais au- 
cun des trois écrivains nommés Perdiccas et mention- 
nés dans Fabricius ne peut être notre grammairien, 
puisqu'ils figuraient tous les trois au concile de Cons- 
tantinople, en 1347. 

Le nom dont nous avons parlé à propos de la seconde 
lettre revient à la sixième, écrit à peu près de la même 
manière, mais non plus avec le titre de juge, xpCrv). Ce- 
lui qui lui est donné ici est t(^ ipçavoxpéçc^, qui élève des 
orphelins. S'agit-il du môme personnage XzXouxoptoç qui 
aurait passé d'une dignité à l'autre? C'est ce que nous 
ne saurions dire. Balsamon lui recommande une pau- 
vre femme malade. 

Les dernières lettres, à part la neuvième, sont écri- 
tes à des personnages qui nous sont connus. Le grand 
Duc, auquel est adressée la septième, est probablement 
le grand Duc Alexis, fils d'Anne Comnène, qui fit partie 
de la députation envoyée à Baudouin par Manuel Corn- 
nène pour lui demander la main de Marie d'Antioche. 
Balsamon parle de l'envoi de quelques vers au (1) grand 
Duc et ajoute, suivant le mauvais goût de l'époque, « le 
miel de ta bonté adoucira l'amertume de mon igno- 
rance. » 

La huitième lettre a une certaine importance au 
point de vue de l'histoire littéraire. Elle est adressée à 
un écrivain qui ne passe pas pour un modèle de goût. 
Je veux parler d'Eumathe Macrembolite, auteur du 
détestable roman intitulé Les amours d'Isménias et Ismène. 
On ignorait l'époque à laquelle avait vécu cet écrivain ; 
Fabricius (2), dans l'article qu'il lui a consacré, dit : 
Quo tempore autem vixerit^ adhuc requiro. Le Bas, le 
dernier éditeur, avait bien vu qu'Eumathe ne pouvait 
pas être postérieur au xu* siècle, puisqu'on possède 



(1) Balsamon se sert de Texpression çiyioiuv, petits vers. On ne 
connaît aucune poésie de cet éciÏTain. 

(2) Bibl. gr., VIII, 136. 



LETTRES DE THÉODORE BALSAMON. 13 

des manuscrits de son roman remontant au commence- 
ment du xiii^. Nous n'avons pas à rappeler ici le juge- 
ment qu*on a porté sur ce mauvais écrivain; nous 
sommes du moins certains maintenant qu'il vivait dans 
la seconde moitié du xn* sièce (1), puisqu'il était con- 
temporain de Théodore Balsamon. On pourrait peut- 
être préciser davantage, grâce au titre placé en tête de 
ces deux lettres : Tou ^sr^o^&zoç x«P'foç6Xaxoç vo[xoç6Xaxpç 
Tcpérzoï} tûv BXaxepvcov xal wp<DTOffUY)téXXou, xaxà xp^vouç 8é 
Tivaç xal icaTptapxou ÎVvTtox6(aç xupou 6eo3(i>pou tou BaXcra- 
ixwv, c'est-à-dire € de Théodore Balsamon, archiviste, 
premier nomophylax du palais des Blaquemes et pro- 
tosyncelle» et quelques années plus tard, patriarche 
d'Antioche.» Théodore a occupé le siège patriarcal d'An- 
tioche de 1186 à 1214, c'est donc peu d'années avant 
1186 qu'il était archiviste des Blaquemes. C'est sans 
doute vers cette époque qu'il écrivit à Eumathe auquel 
il donne le titre d'éparque. Or, comme notre romancier 
est qualifié dans quelques manuscrits de protonobilis- 
sime et de grand archiviste, il est probable qu'il suc- 
céda à Théodore dans ces fonctions, après 1186, lorsque 
ce dernier eût été nommé au siège d'Antioche. Dans 
la lettre en question, Théodore somme son corres- 
pondant d'avoir à tenir ses promesses, sans nous dire 
en quoi consistent ces promesses. 

La neuvième lettre est adressée au grand économe 
de la grande église, dont Théodore loue la bonne admi- 
nistration, mais sans donner le nom de ce fonction- 
naire. 

Enfin la dixième, écrite au grand drongaire Andronic 
Gamatère, est une lettre de consolation pour la perte 
d'un de ses amis. 

Dans les Notices et extraits des manuscrits (2), j'ai 



(1) J*ai déjA indiqué cette date dans les Notices et extr, des nisS; 
L XXIII, 2« part., p. 42, n» 1. 

(2) Ibid., p. 40. 



14 EMM. MILLER. 

parlé longuement de la famille des Gamatères. Voici 
Tarticle consacré à Ândronic. « Ândronic Gamatëre, 
parent de Tempereur Manuel Gommëne par sa mère, 
qui était une Ducas, fut élevé par ce prince à la dignité 
de gouverneur de Gonstantînople et de commandant 
des gardes, grand drongaire ([iiYoç ipoDft^^oç), c^esi le 
titre que lui donne Grégoire d*Antioche, grand dron- 
gaire lui-même, dans deux discours apologétiques qui 
sont conservés dans un manuscrit de TEscurial. Ces 
deux discours seraient donc antérieurs à 1180, année 
de la mort de Manuel Gommène. J'en dirai autant â*une 
lettre que j'ai trouvée dans un manuscrit de Venise, et 
qui est adressée par Théodore Balsamon au grand 
drongaire Ândronic Gamatère. Le savant jurisconsulte 
Balsamon n'est mort qu'au commencement du xiii* siè- 
cle, vers 1204, à ce qu'on croit, mais comme il a vécu 
très longtemps, ces dates peuvent être conciliées. 
Malheureusement cette lettre ne nous apprend rien. 
C'est une simple lettre de consolation. Gomme elle est 
très courte et inédite, je crois pouvoir la donner ici ». 
Suit le texte de cette lettre que l'on'retrouvera plus loin. 

Disons encore qu'Ândronîc Gamatère faisait avec 
Alexis le grand duc et Nicéphore Bryenne partie de la 
députation adressée par Manuel Gommène à Baudouin 
et dont nous avons parlé plus haut à propos de la 
septième lettre. Andronic était alors gouverneur de 
Gonstantinople et honoré du titre de sébaste. 

Une onzième lettre était encore adressée à Eumathe, 
mais le texte manque. Là s'arrête la collection des 
lettres familières de Théodore Balsamon. Voici le 
texte de ces lettres qui sont précédées des deux vers 
suivants : 

Soi TT)v xaTapxtîv dwaOsiç tou Pi6X(ou 
2à xat TéXouç zpuToviv eupot|U, X^e. 

Puis le titre général que nous avons reproduit plus haut. 



LETTRES DE THÉODORE BAL5AM0N. 15 



Tb icpè< liénaç xal èicl xSacv àicoXoYeT96a( OepoiceuTtx^ ècc 
«Al ote iÇicoiAatixbv, xb Se icivTtdv xaTa^poveTv xevoSoÇCo^ ^ 
Âvot2c(oe^ xatvDfopei * 2ib t}}v piéaiQv 68e64i>v xal oStcoç ^aatXtxf^v, 
xp^ [Aàv t))v gv^v ip4<>'CY]9tv â7c6xptatv ioxeiiA9a, e^x^ Y^p àJ^ioQf^^ 
•n|tov (i) l^fj'nQiAA, Tcpbç Zï xb iJi^^^Xecov -rij^ &4nf]Xéf povoç •f'ï&iJLiQÇ 
toO Ko|Avigvou oi8èv iiceXo^n^î^P^^v' « *Ef ' oîç (2) ifàp hfti 8et- 
véç eliM oùx & vuv xaipbç, èv ctç 8'6 vuv xatpbç, oôx èY^) Set- 

2. T6 xpCtT) *A7cXouxap((|>. 

'Ex^H^^^^'^* xaTaxpwç xbv KwvcTavuTvov èv T(J SixaaTY]p(()> 
TTiV ai^[ji£pov aXXot |Jikv '!cept66ptoav, è^ù) 8à iOauixaaa ::ôjç xai Sti 
TÔ 6(c^ TCpCeffTiv âvOpa>'7coç, Ixwv èv xap8(a luoXXûv xal icoXXà 
9eov)ic6ta pu>oti^pi(x. 



3. T$ oetoTcoxpiTopt (?). 

Zuxvoïç èwoToXtotç xaTaoxfltpiTTOVtsç Tt)ç 6aatXeEâeç t» ?çoa6- 
Xt*, 6arcoXoYOovteç xa-cà xobç èOvtxoùç o5 XofioftTjaéiJLeOa vo- 
lit(Ceci6ati 8tà Tàç xoXuXoYCaç e{cocxou(7W;ffsoOat • oT8aç f àp Sv 
Xpe(av ^o(i£v, xSv èx£H>u6c0ii£v , xâv *^pd(^(ù\>js^j àXXà |jLav8i- 
vovréç oe weptxapwç uito8éxea6« xà xoXu(jtix« '^pi\t.\ULxaL rf^q 
"^il^ôv TaicecvériiTOÇ xaTaToXtMi!>(i£v xal twv YP^H^t^^'^ci)^ xai tôv 
^X^^ffswv, îva t})v èx TOUTwv xoXu'ïcXa<7iia(i)|jLSV • xb 8à vi5v 
^op' Y)lMÏ)v 9ry](i.cvil^6ii£vév 90i 9(0Ty)pt(o8£Ç dÇ((i)pLi èort Té8e xal 



(1) Employé par Oermaitf de Constantinople, cod. gr. Coisl. 278, 
fo'- 167, r. 
r^) Parole d'Isocrate. Voy. plus liant, p. 10. 



16 EMM. MILLER. 



4. Tw TEXeoîwpCTTj. 

TEv èffrpoKCvoiç Otjffauptaovxeç cnteueai tï;v tôv OeCwv Ypa?ûv 
àvdcYvcoatv, oôx Ix^l^^ *^Ç ^^ixe 6é6aiov ttjÇ cwcr^pCaç fjpLÛv to 
è/éffucv • Bib >wct Sixa((i)ç èvfote iretpoÇéiJLevoi àBtxcdç xotTaxirw- 
IJLev xal V6xpoutJt£Ôa. '0 Bè pi^aç àic^ffToXo; (1), « QiXiù, orfii^ 
eXC6e<;6at, àXXà pLtj èÇaxopeïoOat, 8ta)xe(jOat, àXXà |jlT| è^xaia- 
XiiATove^Oai, xaTa6aXXeG0at, àXXà p-tj à::6XXu(;0a( » • açeç ouv 
xb Optjvsïv à::apdtxXr^Ta (2) 8tà t^v ttjç àY*^<? W^ï^pàç ffou |iê- 
Tacraffiv, xaOox; xat ot Xoixot ot [xt; I/^vtsç èXzCBa, xat BéÇai 
[jl6t' t^xpLpiC'ziaLq xb fS'YOvbç, iva xaxà xbv èxxXr^cjCaç 8i8iaxaXcv 
^ &«ep6oXtîv TTjÇ SuvajAeux; ^^ tou ôeou, xat ixtj èÇ vjpiûv. 



5. T(5 YpA|X{i.aTixî5 t(^ DepStxxof. 

2i) (Jilv &6piOTCaOeTç Sxt ae [xexpCioç è?:sTt(i.f|Ga(i£v diîeXçcv 
iveOOuvov Xoi8opV;aavTa, "^iH-etÇ ^^ t^jV àzb tou 6cOu Sixatov xa- 
Tdbcpiaiv àvaiiivo|ji£V, Sti xat t7)ç xotvcovtaç oix èxu>p(aa{i£v • "^i- 
YpaTCTat "^àp ixvjBà 6[i.tXetv (i£Tà XotB6pcu (jisOuaou xat &p'::cr(oq. 

2ù [itàv, iJL£-^aXu7:époxe(3), xpbç ui^ixdpiQva (4) §(xaia xt^v f||«ï)v 
èircépuÇaç TaTretvdTTjTa • eYP*^'*? T*P xacT|Ç uxepxetoOai xp(ff£tt>? 
Te xat àvaxptaeu>ç tûv -ïraTpiapxôv Tt)v ôsCav ixe-^faXeiéTtiTa, x4v- 
TÊuOsv ôçetXetv fjOuxûLÇeiv •Jjii.aç dç tïjv xoœijlixyjv dt^oXeo/Cav uisp- 
injîifjaavTaç " è-^ù) 8à xb çpixxbv èxeivo xptTr;piGv BeBib>ç, xat '^i* 
è-rcYjpTTiiJLévriV àY(â)vtov xdXafftv uçopu)|jLevoç xaxà twv àO&TOuv'tf^ 
xepaCav (jiCav èx T(ijv xavovtxûv zapotS^aecov, cô ToXpiï^ 7:apsBixû; 

(1) Saint Paul. 2 ad Corinth. 4, 8. 

(^ Cod. aTcapiyxAiQTa, et à la mai^ àaapâxAnTae. 

(3) Ce mot n^ëtait connu que par Eustathe. On le trouve ansai em- 
ployé par Thëod. Prodrome, cod. Ven. fol. !©, r» : T^ /tA«ya>uK«p«z? '®'^ 
Tiiç rûxni àxptapticç. Voy. encore Nicet, Choa. cod. Flor. fol. 329, ^^ 

(4) Nonnus, Dionys,, I. 421. Anon. cod. Ven. fol. 131, r* : K^^*/*»^ 
XpyifULTi^tii aîOtpla xal x/^txipyivoç. 



LETTRES DE THÉODORE BALSAMON. 17 

dh^<rf*viJjffX6iv Ta Oeta OeaxtcoS'f^^i.aTa (i ) • f|XCucra lï xai tivoç eî- 
x6vToç aoçou, èxêCvôuç Çîjv [jiaXXcv âTncçaAÛ; toùç [ATl^Te ç65ov 
jxi^T£ {ii|x^iv ex Ttvwv OxoxTS'jcvTaç, oib xai Ta xaô* oOtov wç èvbv 
àff9aXi2^0{Aai. 



6. T(^ ipçocyoTpâ9(|> tÇ A?cXouxap((p- 

'H TCopouaa xaTaiua6T)ç Y<^vf] èx (j^axpou Xo^ou^a t^jv àoOéveiav 
ffuvoixov loxs xal oôvrpoçov èXéet 6sou t9)v toùç àoOeveîç fOpoxo- 
{Aouffov (2) xaTà aï àSsXçériQTa ' Ta ^ouv ouvaçOévTa xpovoCa Oeou 
iicb dlvOp6ic(i)v [x^ x<*^P^^^^^<*>^^9 ^^^' èa^TWffov Ta auvtjXj- 
XKdèévTA 'jcatS66sv SiatpeO^vai 6e66ev. 05tu) ^àp xal Oebç b ta 
Twv èXoxCoTcov ÂSeXçôJv iBioùjjievoç àYxaX(<J6Tat tî;v drfaSoepYCav 
ffou, xal àSeXçbç Sià (i^aiTeCaç ÂSeXçou Bixaioù(ji£voç XY]p6§£t t}]v 
2ixato96w)v aou TOtç dSeX^iç aou. 



7. T£p (UfiXc)) 8oux(. 

Oure xiicXa ^aciXtxà ah{bç OpiÇl 9TY)|j[.ov(ÇsTa(, outs x6v§u ^a- 
cnXtxbv xepah dvixTOiç â^ppuocaiveTat (3), îva (ay) 6 (JLàv Taicet- 
VfoOtî ^^<^ '^^ eÔTéXetav, Tb Sa ^xpetcoO^ 8ià ri^v efôéxOeiav. 
^icec oSv xal 5 t^ç àvTtXi^(|fe(!)ç gou 0x690^ ècTTi tcJ) 5vTt ^aatXtxbç, 
Tb [xèv 8tà TYjv TT^ç 5Xy)ç xiéTiQTa, Tb 8è 8ià Tt)v irpbç aÔTbv tôv 
{xeXippÔTCDv (4) xeiXéa)v aou ohtëiévriia, (jl)) ^auXCoT]^ Tobç ^6?70uç 
TWV xax' èictTpoTO^v aou '^pcb^hxtà^t czi^iHtù^^ X*^?'^ aÔTÛv, ÂXXà 
Ti^ zriç xaXoxa^AQCaç aou (liXiTt t})v xixpCav tî^ç Â(xa6(aç (jlou 
xaTa*]fX6xavov, xai Tb vf^q à^AOuataç lJt.00 SuaetBéaTaTOVTÛ xaXi(Mi> 
tyJç au(jLi7a0c(aç aou xaXXiYpaçiqaov. 

(1) Cod. gr. Par 1193, fol. 39, r^. Germain de Constantinople, cod. 
gT. Coifil. 278, fol. 195, v.; cod. Ven. Anon. fol. 157, v» : Kàiri ai /*«- 
rdéru BsoTtiùSvifiu. La forme inconnue OtaitituSlu se rencontre dans le 
Catalogne de Bandini, t. I, p. 434. 

(2) Cod. y7)potxofjio09ay. 

(3) Ce mot peut être ajouté aux lexiques. 

(4) Boisa. An. Gr. V, p. 132. Codd. gr. Paris, 1115, fol. 74, r<», et 
2075, fol. 413, r«. 

Annuaire 1884. 2 



18 EMM. MILLER. 



xai & (AYjvuOelç kxoi\tj&xaxo^. "XicùSe to(vuv oicouSaiârepov x^^^^ 
icpb< XA(p^^^> ^ '^ ota>9povouvTi Guyif pdvT290v, t^ âv xol Oebç 
xaTovcùoeiev èvSéÇia ai^iAaxa ça(v(i>y * iY<>> ^ ^ '^^ X^ ^^ 
iY^ftâv ixorff^^^^ '^^ l'^'^ ^ i^XiQiJia Âicauô, ta Sa (i>ç Bibp)|Aa 
attû, %a\ el xeXeùetç 8oO^T(i>9av xai i]k^ ' aulJLfépov y^ ^^^^ 
Sre xai t(^ XP^<^^^^ *P^ '^^ icpoOecr|jiiaç Tb xpéoç xaToéaXeiv, 
«al â» Tou ^ipouç tou t6iiou iXsuOepiiaou, xal ti^ Sttpou|Aiv((> 



Totç (jL&v JXXoiç &{JbapTa>XoTç o{ apTOt (bXtY(i>0t3aav xat èxoxcli- 
(hQcov xATà tb ypd^\ui ih Up&v, ti^ Se Betvt &ç lotxev tob^ IÇ 
d^Y^voç d(|jLapTb>Xoi>ç bicepeXiaoevri Btxa(b>ç iiC€4'^9(CeTO (lixpt tou 
vOv ^ icavTeXi)ç tûv iptcov fricoxpiniatç • èwel iï iià Tijç cfjç rf- 
xovo(i.(aç &p(aOt) tbv iv X^yo^Ç (a5vov xpeçJiJLSVOv xal èx* jptt^ ÇSjv 
IÇtciJ ri]v &Y^(i>o6vTf^ 90U [ki\ xpaTetc^ot oôrby, (At)8è &iroxpaTetcib( 
^tfiï Tpûcx6v8o0at, âç 3v i^tf^v xb iiiàv 8tà aou tb Si dbcb o65 tbv 
6p(aavTa t})v S5otv dlvuiiv^ xal Tbv olxovoiAOuvta Ti]v dbrfSooiv 



10. Tc^ Ka[JiaTiQp(|^ xup(^ *AvSpov(x(^ tc^ (irfiXc^ SpouY^^^^l^* 

*0 ta Tcivca 6{8ù)ç ûç 6ebç i»D TeOeCxate tbv TêOveSka AiÇa- 
pov, ?çi3 TO èv aiT(J db;8pa)7ctvov zopi^rûv ô Oicàp icivxoç xà Svxa 
ixaôûiv i:avffé6affT0ç jj^^oç Spouffaptoç dicb çCXdu ftaTaTwBenoç 
TOtç wetpaajxoTç èCtiTiQcïev à oux i%y^4tqc€ tïjv xa^àv aùw |JL£- 
Tovotav dirtoTci^. ESxoixat ouv xa\ xà è^eÇijç in(XxoXou<K)9ae to3 
OouiwiTOç, xai àvaçTYJcat tcv xsirTwxéTa Sià Ttjv tou çWvov 



EMM. MILLER.— LETTRES DE THÉODORE BAUSAMON. 19 
mtÂrTi'za, 8o^aa^vai lï tov oûtov àvacnfjaovra 8ià [jlovyjv ouix- 

CXa fuite manque.) 



Un dernier mot sur le roman d'Eumathe Macrembo- 
lile. J'ai trouvé ce titre dans un manuscrit du xv® siècle 
qui a été iconnu à Le Bas : IIoiiQ[jLa xupou Te^pfCoo irptdTO- 
v(i)6£XXta([i^u Tou Maxpe|i.6oX{TOu tôv xa6tff|i.i^vt;v (sic) xat la- 
|iT)v(av • îçi iï BùffXuTov xai 8uav6tiTOv lupbç ixtj eJBitaç xal w6ppw 
Ttjç 'ExxXt)(j(aç. Cette dernière observation n'est certai- 
nement pas de l'auteur. 



ÉTUDES SUR PLATON 



PAR M. Charles Huit (1) 



VIEILLESSE ET MORT DE PLATON 



L'illustre fondateur de TÂcadémie a-i-il jamais été fêté 
comme Périclës, comme Alcibiade? A-t-il du moins 
conquis parmi ses contemporains cette supériorité 
éclatante qui met un savant hors de pair, et le désigne, 
sinon aux acclamations de la foule, du moins au respect 
et à rimitation de ceux qui courent la même carrière? 
Le peu de renseignements que nous possédons sur sa 
vie laisse, à côté de quelques faits certains, une large 
place à la conjecture : toujours est-il que si longtemps 
la Fortune le combla de ses faveurs, ses dernières an- 
nées ne furent exemptes ni de déceptions ni de chagrins. 

Sur le terrain politique, il avait dû renoncer à réali- 
ser la cité de ses rêves, et ses efforts pour gagner à sa 
cause les tyrans de la Sicile avaient déSnitivement 
abouti à une série d*échecs : au point de vue moral, son 
éloquence n*avait pas suffi pour retenir Athènes sur 

(1) Voir les Annuaire* de 1881, 1882 et 1883. 



ÉTUDES SUR PLATON. 21 

la pente de la décadence et, jusque dans le domaine 
réservé de la philosophie, son autorité rencontrait plus 
d'un contradicteur inattendu. Des dissensions, des 
déchirements s'étaient produits au sein de son école : 
tandis que, sous ses yeux, son système était battu en 
brèche par un jeune logicien doué d'une dialectique 
inexorable et dont l'opposition avait déjà franchi l'é- 
troite enceinte de l'Académie, ceux sur qui il se repo- 
sait du soin de continuer son œuvre manquaient ou de 
génie pour le comprendre, ou de docilité pour le suivre. 
Lui-même, revenu de l'ivresse métaphysique de sa 
jeunesse, commençait à avoir des doutes sur la solidité 
de l'édifice b&ti au prix d'une si infatigable persévé- 
rance. Mais comment combler l'intervalle de plus en 
plus visible qui sépare le monde idéal du monde réel ? 
JPlaton s'était initié au pythagorisme, et s'il faut en 
croire le témoignage d'Âristote, c'est à la théorie des 
nombres considérée dans ce qu'elle a de plus abstrait 
qu'il aurait demandé et la confirmation de sa propre 
théorie et l'explication de l'essence des choses. C'est là, 
sans doute, ce qui faisait dire au péripatéticien Âris- 
toxène qu'à la fin de sa vie Platon laissa envahir 
graduellement sa doctrine par les obscurités du mysti- 
cisme. 

Mais celui qui avait débuté dans la carrière par 
défendre la morale contre l'indifi'érence frivole ou les 
dénégations audacieuses des sophistes devait demeu- 
rer jusqu'au bout fidèle à ce noble devoir. Au seuil de 
vieillesse(l), k%\ fi^paoç oùS(j^,pour parler commeHomère, 
le disciple de Socrate, héritier jusqu'au bout des aspi- 
rations de son maître, conçut le projet d'un vaste 
ouvrage politique dans lequel, désavouant ses erreurs 
et renonçant à des chimères diversement séduisantes, 



(1) Le IV* livre des Lois contient un passage (709 D-712 B) qui ne 
s'explique que si on le suppose composé après le second et le troisième 
▼ojage de Platon en Sicile. 



2Î CH. HUIT. 

il affirmerait une fois de plus solennellement les grands 
principes auxquels il avait attaché son intelligence et 
son cœur. Je veux parler des Loi$^ ce délicieux ouvrage 
qui paraissait à M. de Sacy tranquille et doux comme 
une belle soirée. C'est Tœuvre d'un homme à qui la 
perte de ses illusions n*a rien ôté de sa foi dans le 
bien et dans le beau. Touchant spectacle que celui de 
Platon sur le bord de la tombe, retrouvant son ardeur 
de jeune homme pour combattre ceux qui osent nier 
Dieu, la Providence, le bien moral, TÂme et ses hautes 
destinées (1). 

Si nous en croyons la tradition, il était encore occupé 
à revoir et à perfectionner cet ouvrage quand la mort 
vint le saisir (2). 11 lui avait été donné, ainsi qu*à 
beaucoup d'autres Grecs célèbres (3), d'atteindre en 
pleine possession de ses forces et de son talent une 
vieillesse avancée : peut-être en fut-il un peu redeva- 
ble à l'art pratiqué par Fontenelle et ses émules du 
xviu* siècle, si habiles , selon la piquante expression 
d'un critique, à économiser leur cœur tout en prodi- 
guant leur esprit. Du moins celui qui dans le Gorgùu 
et le Phédon avait écrit des pages si éloquentes sur la 
vie à venir, sur la justice et la bonté des dieux devait 
plus que tout autre « s'enchanter de cette espérance » 
et voir approcher sans effroi l'heure qui marquait pour 
lui non l'anéantissement, mais la délivrance. 

En quelle année Platon mourut-il ? Selon Hermann et 



(1) Aussi ce traité en douze livres a-t-il été appelé par M. Havet « le 
catéchisme des hommes religieux en Grèce ju8qu*aux temps chrétiens». 

(2) Voici comment s'exprime un ancien : *AXeop9^rouç «Or«ù( xxttf- 
XvKvt xsci ffvyxixu/uiivouc fiii cÙ7ropi^««{ xp^^*^ ^^ ''^^ rclcurqv nphç H 
avvdcîvac avroû;. ^ Cf. Diog. Laerce, III, 37 : "Evcoc ^xacv eri *îJliinrt{ 

(3) Citons notamment Xénophon, Simonide, Sophocle et IMogène. 
qui atteignirent quatre-vingt-dix ans : Xénophane, Epicharme, Philé- 
mon, Isocrate et Zenon qui dépassèrent oe chifire : enfin Selon, Hit* 
lès, Hippocrate et Démocrite qui moururent pins que oentenaim. 



ÉTUDES SUR PLATON. 23 

Tauteur d'une biographie de Démosthène, en 348 (1) : 
selon la plupart des historiens, en 347. Suidas rapporte 
que le philosophe s'étant endormi à la suite d*un festin 
rendit le dernier soupir pendant son sommeil (2), Gi- 
céron qu'il expira la plume à la main (3), tradition qui dé- 
rive sans doute uniquement de la sollicitude avec 
laquelle il retouchait et, selon l'expression de Denys 
d'Halicamasse, peignait et frisait sans cesse ses ouvra- 
ges (4). Le rôle pour ainsi dire cabalistique assigné à 
certains nombres dans l'antiquité ne nous permet guère 
de prendre au sérieux cette assertion de Sénèque : « Hoc 
scio, Platoni diligentiœ sua beneûcio contigisse, quod 
natali suo discessit et annum unum atque octogesimum 
implevit sine uUa deductione (5).» Et ce qui achève de 
prouver que nous sommes ici en pleine légende, c'est 
que Sénèque ajoute aussitôt après, qu'en apprenant cette 
remarquable coïncidence, des mages qui se trouvaient 
alors à Athènes se hâtèrent de lui sacrifier comme à un 
génie supérieur aux autres mortels. Une autre version, 
rapportée par Jean de Salisbury, qui d'ailleurs la 
déclare apocryphe, explique sa mort d'une façon toute 
différente (6). 

Par une faveur du sort, Sophocle et Euripide étaient 
morts assez tôt pour ne pas voir Athènes leur patrie 



(1) Dans la première année de la 108* olympiade. — Cf. Diogène 
Laérce, Y, 9, et Athénée, V, 57. Les registres de Tëcole, où la date 
de Ventrée en fonctions des divers SiAioxot a dû être religieusement 
consignée, nous apprennent que Xénocrate succéda dans la deuxième 
année de la 110« olympiade à Speusippe, qui lui-même avait conservé 
pendant huit ans la direction de TAcadémie. Nous sommes ainsi ra- 
menés a Tannée 347. 

(3) De SenectutCy V, 13. 

(4) Voir Diogène Laërce, III. 37; Denys d'Halieamasse, De compo- 
sitione verborum, 25 ; Quintilien, VIII, 6. 

(5) Lettre 58. 

(6) Platon serait mort de dépit de n*avoir pu résoudre un problème . 
que lui proposaient des matelots. 



24 CH. HUIT. 

contrainte d'ouvrir ses portes au dur et orgueilleux 
Spartiate : par un privilège semblable, Platon, qui put 
sans doute soupçonner les projets ambitieux de la Ma- 
cédoine, du moins ne fut pas condamné comme Iso- 
crate à être témoin de la défaite et de l'asservissement 
de la Grèce. Divisée au dedans, impuissante au dehors, 
Athènes marchait à une décadence inévitable. Après le 
désastre d*i6gos-Potamos, arrachée à ses conquérants 
par rénergie de Thrasybule, elle avait cherché à res- 
saisir Tempire de la mer. Mais la politique de ses gou- 
vernants, sans but et sans principes, se traînait à la re- 
morque des événements, selon l'énergique expression 
de Démosthène, au lieu de songer à les diriger et à les 
prévenir : ce ne sont que luttes mesquines et sans 
gloire, alliances aussitôt brisées que conclues. Pendant 
qu*Aristophon et Gallistrate tentent de relever Tascen- 
dant d'Athènes sinon sa puissance, Eubule et ses par- 
tisans réclament la paix à tout prix. En môme temps 
grandissait au nord la puissance qui allait mettre la 
main sur la Grèce, et bientôt sur la Perse et TAsie. La 
prise d'Olynthe en 348 fut le prélude de ces bouleverse- 
ments politiques qui, vingt ans plus tard, arrachaient à 
Eschine, dans le Procès de la couronne, cette exclamation 
mémorable : « Que d'événements étranges» inattendus, 
accomplis en nos jours ! Non, nous n'avons pas vécu de 
la vie des hommes : nous sommes nés' pour l'étonné- 
ment de la postérité ». Aussi le biographe de Platon 
est-il tenté de lui adresser les mômes paroles que Ta- 
cite à Agricola : « Tu vero felix non vitae tantum clari- 
tate, sed etiam opportunitate mortis •. Ce qui est cer- 
tain, c'est qu'après avoir fondé la plus brillante peut- 
ôtre de toutes les écoles et légué à la postérité des 
écrits admirables, le philosophe, à sa dernière heure, 
eut le droit de s'écrier avec plus de raison encore qu'Ho- 
race : « Non omnis morior ». 

A sa mort, plus justes envers lui qu'ils ne l'avaient 
été envers Socrate à qui cependant ils devaient davan* 



ÉTUDES SUR PLATON. 25 

tage, les Athéniens lui firent de superbes funérailles. 
Un tombeau lui fut élevé près de cette Académie que 
son enseignement avait rendue à jamais célèbre : il 
subsistait encore au temps de Pausanias (1). Les an- 
ciens mentionnent différentes épitaphes qui y auraient 
été gravées (2) : mais il n'en est aucune qui ait pour elle 
une authenticité bien démontrée. Celle que l'Antholo- 
gie (3) attribue à Speusippe nous parait digne d'être 
citée ici : 

Z(ù\fA {AÊV èv nuSkKOi^ yaxéyjii TéSe ^aXa IIXiToivoç, 
Woxt) S'îaoOétav xiÇiv ^st iJi.axip(i)v. 

Maxime de Tyr (4) et Porphyre (5) en rapportent une. 
seconde assez ingénieuse : 

Toùç iù* 'AicéXXuv çuff', 'AoxX'ftinov ifiï lIXiTcova, 
Tbv jiiv îva ^'ux^^» '^^ 8'ïva a&\tjx aioi. 

Platon trouva dans l'antiquité des admirateurs qui 
allèrent, dit-on, jusqu'à élever des temples ou du moins 
des vjpôa en son honneur (6) : parmi les inscriptions 
grecques découvertes par Letronne en Egypte, il en est 
une où Nicagoras d'Athènes demande au philosophe. 



• 

(1) I, 30 : ^AxaorifiioLi où nôppoi nÀâroivof fiviifiâ, iariv, 
(2; Voir Diogône Laërce, III, 43-45. 

(3) II, 634. 

(4) XXU, 5. 

(5) De abstinentia, I. -^ Comme exemple de rétonnante crédulité 
des écrivains des derniers siècles, je transcris ici quelques lignes em- 
pruntées au Journal des savants (1715, p. 520) : « On voit dans Paul 
Diacre qu*au temps de Constantin VI on ouvrit le tombeau de Platon 
et qu*on lui trouva une lame d*or au col sur laquelle il était écrit : 
« Le Christ naîtra d'une Vierge, je crois en lui, et toi, soleil, tu me 
revenus une seconde fois sous Terapire de Constantin et d*Irenne. » 
Il est vrai que Tauteur de Tarticle damnait impitoyablement Aristote 
et déclarait Descartes un fort médiocre dialecticien. 

(6) Aristide le rhéteur, upbç XôyoÇf 5. 



26 CH. HUIT. 

comme à une sorte de génie tutélaire, de continuer à 
protéger son voyage (1). Des monnaies furent frappées 
à son effigie. Chaque année ses disciples se réunissaient 
pour fêter par un banquet Tairniversaire de sa nais* 
sance, et l'on trouvera ailleurs la description des hom- 
mages enthousiastes décernés à sa mémoire par lea 
Platoniciens grecs et italiens du xv* et du xvi* siècle. 

Rien ne nous autorise à révoquer en doute Tauthen- 
ticité du testament de Platon, tel qu'il est rapporté par 
Diogène Laérce (2) : Tinventaire qu'il contient répond 
bien à une fortune telle que nous pouvons nous repré- 
senter celle du philosophe (3), Le jeune enfant (4) qu'il 
désignait pour son héritier n'a dû jouir de ses biens que 
fort peu de temps. Speusippe, appelé à les recueilliri 
disposa qu'ils constitueraient, après sa mort, la pro« 
priété inaliénable de l'école, personnifiée au point de 
vue juridique dans les scolarques ses successeurs (Bii- 
8oxo(] : on sait combien la législation antique était favo* 
rable au droit d'association. Quels furent, dans la suite, 
les bienfaiteurs les plus généreux de l'Académie ? on 
l'ignore (5) : ce que divers témoignages nous appren- 

(1) *Uiw( iq/c7v UXértnt xal hnaûSa (Letioiine, Voyage en Egypte^ II, 
S85). 

(2) Diog. Laérce, III, 41-43.— D'après M. V. Egger (De fontibuM Dio- 
genis Laertii, 1881), le texte de ce testament aurait été empronté par 
Diogène aux 'Anofivrtfiwtûfi.a.ra. d*Ariston de Céos. Je rappelle ici que 
VAnnuaire de notre Association a publié en 1882 une intéressante 
étude de M. Dareste sur les Testaments des philosophes grecs. 

(3) On lit dans Apulée une énumération plus modeste : « Patrimo- 
nium in hortulo qui junctus Academiœ fuit> et in duobns ministria et 
in patera qua diis supplicabat , reliquit ». — Que de discuasions ai^ 
dentés Platon n*eût-il pas prévenues, s'il avait eu Theureuse pensée 
de dresser lui-même un catalogue complet et authentique de ses écrits? 
On sait que nulle part il n'en a revendiqué un seul comme sorti de sa 
main. 

(4) ^Ettw *A.Sttfidnrou rov itai^iov On s'accorde & considérer cet Adî- 
mante comme un fils de Olaucon. 

(5) Cf. Damascius (dans Photius, BmL. ccxui, 346 a). — A TA- 
cadëmie comme au Lycée , la liste des successeurs en titre de Pla- 



ÉTUDES SUR PLATON. 27 

lient, c'est que, au temps des empereurs, les revenus 
annuels de Tinstitution dépassaient mille statères, c*est« 
à-dire environ vingt mille francs. 



II 



VUES GÉNÉRALES SUR PLATON 



Au terme de cette biographie qui est Thistoire d'une 
doctrine plutôt que celle d'un homme, tant les événe- 
ments extérieurs y occupent peu de place, il nous reste 
une tâche à remplir, celle de porter un jugement sur le 
philosophe. Cherchons donc à fixer les traits distinctifs 
de sa physionomie et à nous rendre compte de la place 
qu'il a occupée parmi ses contemporains. 

A ne consulter que la tradition commune, c'est une 
figure noble et imposante entre toutes dans l'antiquité 
païenne que celle de Platon. Sauf de rares exceptions, 
les Pères de l'Eglise, pour faire son éloge, donnent la 
main aux plus grands écrivains du paganisme : àl'exem* 
pie des Alexandrins, les érudits de la Renaissance lui 
vouent un culte. Il semble que la tendance constamment 
idéale de ses pensées se reflète sur sa figure pour l'en- 
tourer d'une sorte d'auréole. Mais examinons les cho- 
ses de plus près, et à ce concert nous entendrons se 
mêler quelques notes discordantes. N'en soyons pas 
surpris. De tout temps la grandeur a excité l'envie : 
selon le mot d'Horace, quiconque éclipse les talents 

ton et d^Aiistote dut être rédigée et conservée aussi scrupoleu- 
•ement qu^aiUeurs celle des prfttres des sanctuaires ou des magistrats 
des dtés. n est regrettable que Diogône Lafirce n^ait pas songé à édi- 
fier ses lecteurs sur le degré de richesse de FAcadémie aux différents 
eièdeB en transcrivant les dispositions de dernière volonté de quel- 
ques-uns de ses chefs. 



28 CH. HUIT. 

vulgaires blesse les yeux par Téclat de sa cou- 
ronne. 

c Ce siècle-ci est dur au génie, écrivait Bersot en par- 
lant d'une de nos célébrités modernes : nous n*aimons 
plus Tadmiration. Au lieu d'aborder avec respect les 
écrivains éminents, de chercher à comprendre le don 
qui les a faits tels et de reconnaître l'empreinte divine, 
nous nous enquérons curieusement de leur défaut, et 
nous triomphons quand nous l'avons découvert, prêts 
à le supposer si nous ne le découvrons pas. Il faut à 
tout prix que nous retrouvions en eux notre argile. » 
Peut-être ces exigences indiscrètes de la critique sont- 
elles poussées aujourd'hui plus loin qu'autrefois (1), 
mais elles n'ont pas attendu notre temps pour se pro- 
duire. Cette passion de prescrire contre les réputations 
établies existait déjà dans les républiques antiques. 
Homère a eu son Zoîle, et, avant Justinien, on a vu- plus 
d'un Procope : tâche aussi facile qu'elle est peu hono- 
rable, car de même que les auteurs les plus classiques 
ont leurs imperfections, de même les hommes les plus 
éminents ont leurs faiblesses, et un jugement d'une ri- 
gueur absolue laisserait peu de statues debout sur leur 
piédestal. Mais revenons à Platon. 

Parmi les anciens qui avaient écrit contre notre phi- 

(1) Je fais allusion & cette causerie anecdotique, sceptique et mali- 
cieuse qu*aucune barrière n*arrôte et qui déshabille les personnages en 
vue, vivants ou morts, avec une audace sans égale. Des disciples, des 
intimes qui avaient tout vu, tout entendu, même ce qui ne se fait pas 
en plein jour, même ce qui ne s'est pas dit et ne pouvait pas se dira 
tout haut, n*ont refusé au public aucune confidence. Voici ce qu'on lit 
dans un ouvrage qui fit, en 1879, quelque sensation dans le monde 
littéraire : « On ne saurait s*y prendre de trop de façons et par trop 
de bouts pour connaître un homme, c'est-à-dire autre chose qu'un pur 
esprit... Ces diables de biographes ont eu la plupart jusqu'ici la manie 
de rester dans les termes généraux. Ils trouvent que c*estplus noble... 
Ces gens-U masquent et suppriment la nature. » Pour que le portrait 
soit fidèle, il faut qu'il reproduise c jusqu'aux verrues et aux ta- 
ches. » 



ÉTUDES SUR PLATON. 29 

losophe, on signale Théopompe (1) et Zoîle (2) : mais, 
si nous devons en juger par les textes arrivés jusqu'à 
nous, Athénée s'est particulièrement distingué dans 
cette campagne, allant jusqu'à se faire une arme contre 
le maître des mœurs déréglées des platoniciens dont il 
était contemporain (3). Nul n'ignore que ce Tallemant 
des Réaux de la décadence romaine semble s'ôtre donné 
la mission de recueillir les rognures de l'histtfire scan- 
daleuse de l'antiquitiâ (4). Veut-on savoir les deux sour- 
ces où lui et ses émules puisent de préférence? Ce sont 
les pièces des comiques et les écrits des philosophes : 
d'un côté le caprice et la boutade, de l'autre la jalousie 
souvent voisine de la haine. 

On connaît le tour agressif et tout personnel des sa- 
tires de l'ancienne comédie et ce qu'il en a coûté à So- 
crate d'avoir été pris par Aristophane pour le premier 
et le plus habile des sophistes. La comédie moyenne 
dut user de plus de réserve : mais les démêlés des éco- 
les philosophiques avaient alors, comme au siècle pré- 
cédent les luttes des factions politiques, le don de mettre 
toutes les tôtes en mouvement, et l'on ne sera pas sur- 
pris de voir des poètes qui ne respectent ni Anaxagore 
ni Socrate abonder en railleries sur l'Académie et sur 
la résurrection de l'école de Pythagore (5). Encore Pla- 
ton, mis en scène par Âristophon sous son propre nom, 
attaqué dans plusieurs des pièces d'Alexis, peut-il se 
féliciter de n'avoir guère souffert que d'égratignures 
sans conséquence (6). Quoi qu'il en soit, tout en tenant 

(1) Dans une dissertation sous ce titre : Keerà r^^ UXdT<avoç $i«rptSiiç. 

(2) L^ouvrage que lui attribue Denys d^Halicarnasse est intitulé : 
Aôyo$ xarse UXiroivoi xotraooo/iriv Tripttfp^uv toD otvipôç, 

(3) Voir notamment Deipnosoph,, XI, 509 A. 

(4) Bnicker {Hist, critica phil,, I, 370} l'appelle « in conquirendis 
nuUa yeritatis cura philosophorum opprobriis libernmus. » 

(5) Cf. Diog. Laôrce, III, 26 et Athénée, II, 59. 

(o) On en jugera par les vers suivants d'Antiphane : 

'Û Tav, xaTctvoscf riç ttot' MTtv ovrofft 



30 CH. HUIT. 

en suspicion ces témoignages accusateurs, les auteurs 
anciens ne laissent pas de les rappeler, et, tandis que 
disparaissent la plupart des comédies grecques, un es- 
saim de mots ailés et méchants a survécu à ce nau- 
frage. 

Du côté de ses rivaux, Platon n*a pas été plus épa^ 
gné (i). Âristippe et ses disciples lui reprochent d'être 
un rêveur incorrigible, sans doute parce qu'il croit à 
d'autres réalités qu'à la volupté et au plaisir. Les cyniques 
prennent à partie sa fierté et son faste : Diogëné, un 
jour de réception solennelle, se promène avec dédain 
sur les tapis superbes de Platon : c Je foule aux pieds 
ton orgueil », dit-il d'un ton railleur au grand philoso- 
phe. < Par un orgueil d'une autre nature », lui fut^^il ré* 
pondu (2). Le plus illustre de ses disciples, Aristote, 
donna lui-même le premier l'exemple d'une polémique 
peu mesurée contre les théories préférées de son met- 
tre (3). 

G*est ici le cas de se souvenir d'un mot de Voltaire : 
c Pour croire le bien, un seul témoignage suffit : pour 
croire le mal, ce n'est pas assez de cent ». Que l'on tire 
des théories de Platon certaines conséquences plus on 
moins imprévues, plus ou moins bizarres, ce n'est 
point le lieu d'opposer à ces déductions une réfutation 
en règle ; mais si l'on attaque la personne même da 

'G yépùiv ; — 'Allô r^i fikv (^uis 'EXXrtvtxéç, 

UiXlito"» inaXàVf tvpuOfioç paoKTfiplx^ 

àÙTiiv 6p&9 yàp T^v *AxahiftUn Sê*6» 

(Athénée, XB, 544.) 

(1) On connaît le mot de Gcéion : c Sit ista in Oneoomm lerHata 
perversitas, qni maledictis insectantur eos a qnibua de Teritate duMS- 
tiunt ». 

(2) Diog. Laêroe, VI, 2. 

(3) Ibid. : Hai yàp rà iôy/ioLTa BUfiKXov avroû rcvf{ xai roù; ^ôyoui 
ifiifi^enrOf irpârov fikv 6 yvvvccMratrof aùroû ftA9riTf)i 'ÂpcororcJligf. 






ÉTUDES SUR PLATON. 31 

philosophe, sa conduite, son caractère, avant de rendre 
les armes nous tenterons de le venger (I). 

Devons-nous, en effet, refuser à Platon nos éloges, 
alors que Bossuet a pu, sans fausser la vérité, louer c la 
doctrine de Socrate, admirable et vraiment sublime 
pour son temps, quoiqu'elle ne soit que l'enfance de la 
morale » ? Faudra-t-il approuver ces modernes qui, du- 
pes de certaines assertions à tout le moins controuvées, 
imputent à Socrate et & Platon, (c ces deux triadeurs de 
sagesse », comme Tun d'eux les appelle, une révoltante 
turpitude de mœurs et s'inscrivent en faux contre 
i Taustëre vénération de tous les philosophes anciens 
et modernes et l'estime éblouie d'une foule de chré- 
tiens »? Mais alors, tant d'exhortations éloquentes à la 
vertu, tant de<^ondamnations du vice répandues à toutes 
les pages des dialogues de Platon ne seraient là que 
pour nous donner le change, et celui qui savait si bien 
convertir les autres avait lui-même une vie des plus 
coupables ! Il y aurait chez lui, comme chez Salluste, 
du faux honnête homme, dissimulant son inconduite 
sous un sévère étalage de moralité ? Mais autre chose 
est un court préambule placé avec préméditation en 
tète d^une composition historique, autre chose un corps 
de doctrines qui est T&me de tout un enseignement et 
qui brille du plus, vif éclat dans une longue suite d'ou- 
vrageSy dont le plus ancien date des jours enthousiastes 
de la jeunesse, et le plus récent des dernières années 
d'une longue carrière. Un système conçu avec une telle 
largeur et professé avec une telle constance est un sûr 



(1) N*oublions pas, en effet, cette règ^ judicieuse posée par un ëru- 
dit du dernier siècle : « In omni accusatione primum est, ut fldem at- 
que auctoritatem testium exploremus, et quis ait testimoniorum inter 
se consensus, quod dissidium, quœ pugna perpendamus : deinceps 
piiori hoc examine instituto^ ut videamus an asseveratio testium in 
causa dabia, tum silentio aliorum elevetur, tum universa illxus quem 
onerant, Tita, moribus, scriptis refellatur. » (Luzac, Lectiones atticœ, 
22), 



32 CH. HUIT. 

indice du caractère : il est impossible que la pensée et 
la vie passent aussi longtemps h côté Tune de l'autre sans 
se coudoyer et même sans se voir. Le fils du célèbre 
Fichte nous apprend avec quelle joie son père, ayant 
achevé sa théorie philosophique, y.trouva la satisfaction 
des aspirations les plus intimes de son âme : une jouis- 
sance semblable, n'en doutons pas, a été goûtée par 
Platon. 

Est-ce à dire que notre philosophe ait été absolument 
au-dessus de toutes les imperfections de l'humaine natu- 
re? Telle n'est pas notre pensée. Il arrive même aux hom- 
mes illustres que plus ils ont de vertus, moins on leur 
passade faiblesses: demôme qu'un écrivainaura d'autant 
plus de peine à se faire pardonner quelques taches, que 
dans son style brillent un plus grand nombre de beautés. 

Ainsi les anciens ont reproché au disciple de So- 
crate son air sévère et morose ; après Amphis , poète 
comique cité par Diogène Laêrce (1) , après Denys 
d'Halicamasse (2), Martial gourmande avec peu de res- 
pect 

Democritos, Zenonas, inexpliâtosque Platonas 
Quidquid et hirsutis squalet imaginibus (3). 

Il est probable, en effet, que Platon fut d*humeur 
plutôt concentrée qu'expansive, plutôt austère que sé- 
millante, et que, même dans ses heures d'abandon, ses 
disciples trouvaient en lui un maître, non un familier. 
Sans remonter plus haut dans l'histoire, de nos jours 



(1) in, 28 : 

"a nxArWf 

'Qi oùSiv ^v9a nXiiv vxuOpwirecÇecv /lôvov 
'Ûffirtp xoxXlxç nfiy&ç iinjpxvç ràç ùfpûi, 

(2) VI, 756. 

(3) IX, 48. La plupart des tradactenn avaient rendu inexplieittu 
par reconditœ doctrinœ. M. Quicherat, en s^appayant sur deux pas- 
sages d*Horace [Satires, II, 125; Odes, III, 29, 16), a rétabli le vrai 
sens de cette épithète. 



ÉTUDES SUR PLATON. 33 

on en a dit autant des Guizot et des Royer-Gollard, qui, 
ile st vrai, se trouvaient honorés plus encore que bles- 
sés par cette critique. 

Platon s*est entendu ensuite reprocher son amour 
du luxe et sa vanité. A coup sûr, nous ne trouvons 
pas en lui un philosophe de carrefour, se raillant de 
toutes les distinctions sociales; aux yeux de qui 
faisait son idéal du cynique Diogène ou des allures 
toutes populaires de Socrate, Télégance de Platon et 
des siens ne pouvait manquer d'être un sujet de 
scandale. Par vanité entend*on la vanité d*auteur? 
Quel intervalle entre la suffisance d*un Gicéron qui 
redoute sans cesse de ne pas occuper assez l'attention, 
et reffacement volontaire de Platon reportant à So- 
crate son maître tout Thonneur de ses immortelles 
découvertes f Ce que ses ennemis ont pris pour une 
morgue bl&mable, n*était-ce pas plutôt dignité de pa- 
ractère et fierté légitime? Ou bien ce désintéresse- 
ment si remarquable de l'écrivain ne serait-il qu*un ha- 
bile artifice destiné à donner le change à la postérité 
sur l'orgueil accablant qu'il affectait h l'égard de ses 
contemporains ? 

Sur ce dernier point, il faut l'avouer, nous sommes 
en présence d'accusations formelles (1), et toute l'anti- 
quité s'étonne de ne retrouver parmi les amis de Pla- 
ton, Euclide excepté, lé nom d'aucun des disciples les 
plus connus de Socrate. Que l'auteur du Banquet et de 
la République ait exprimé tout haut son peu de sympa- 
thie pour le rigorisme grossier d'Antisthène ou les 
théories si relâchées d'Aristippe, c'était son droit : s'il 
est allé plus loin et s'il a dirigé contre le premier de ces 



(1) Voyez Denya d'Halicamasse^ VI, 755 et Athénée, XI, 506 : To xa- 
OôXorj Tcâfft T07$ £wxpcérou$ fia$i^rcûi eire^ûxec /irirpitlaç îx^^ StâBtaof, 
Cette accusation se retrouve sous la plume des Pères de TEglise : c*est 
c'est ainsi que Platon nous est représenté par saint Jean Ghrysostôme 

AraïUAiRB 1884. 3 



34 CH. HUIT. 

philosophes des attaques toutes personnelles (I), on ne 
doit pas oublier qu*Ântisthène, fondateur d'une école 
rivale de rAcadémie, en avait donné le signal ou da 
moins les rendit avec usure : parmi ses écrits les 
plus populaires figurait un dialogue intitulé SiAo^f vé- 
ritable pamphlet dirigé contre Platon (2). 

Môme inimitié, assuraient certains anciens, entre ce 
philosophe et Xénophon. £t cependant tous deux 8*é- 
taient rencontrés à Técole de Socrate dans une com- 
mune vénération pour leur maître : tous deux, après son 
inique condamnation, avaient juré de venger victorien- 
sèment sa mémoire. Si les Mémoires de Xénophon sont 
moins éloquents que les Dialogues de Platon, en revan- 
che ils nous donnent du réformateur d'Athènes et de 
sa mission populaire un portrait plus fidèle. Mais, nons 
dit-on, à Y Apologie et au Banquet composés par Xéno- 
phon, Platon se hâte d'opposer deux compositions con- 
çues sur le même plan et portant le même titre, non 
sans saisir toutes les occasions de censurer indirecte- 
ment l'œuvre de son rival. Ai-je besoin de faire obser- 
ver oue cette tendance malveillante et railleuse n'existe 
guère que dans l'imagination des biographes (3), et que 
tout ce réquisitoire repose sur une solution catégori- 
que donnée à des problèmes d'antériorité et même d'an- 
thenticité en face desquels les plus graves critiques 
éprouvent une bien légitime hésitation? On ajoute que 
Platon, dans ses écrits, passe entièrement sous sUence 
le nom de Xénophon, à la Cyropédie duquel il ne parait 
songer dans son livre des Lois que pour y faire une al- 



(1) Sans parler du Sophiste (251 C), c'est Antisthène que Ton croit 
désigné dans VEuihydéme (301 A). 

(2) Diogène Laêrce (UI, 34 et VI, 7)» et Athénée (V, 220 et XI, 507) 
mentionnent des traits plus on moins satiriqaes échangés entra mb 
deox adTersaires. 

(3) Si ancun de ces deux disciples de Socrate n*a voulu laisKr i 
Fantre llionnear de défendre son maître, c'est le cas de se soaYeoir 
du vers d'Hésiode : 'HyvBn S'îpti ^it fipcnUu 



ÉTUDES SUR PLATON. 35 

lasion désobligeante ; mais la seconde de ces assertions 
est au moins discutable, et quant h la première, elle 
constitue un argument purement négatif d'où Ton ne 
peat inférer aucune conclusion certaine (1). 

Qu'Eschine, arrivant à la cour de Denys de Syracuse 
dans le plus modeste équipage, ait été lobjet de quel- 
ques quolibets de la part de Platon, traité par le tyran 
en grand seigneur, Tanecdote n*a rien d'invraisembla- 
ble, quoique à Tasserlion de Diogène Laôrce on puisse 
opposer celle de Plutarque (2). Idoménée de Lampsa- 
que prétendait que Platon avait injustement attribué à 
Criton, au détriment d'Eschine, Thonneur d'avoir tout 
préparé pour faciliter Tévasion de Socrate : je préfère 
croire que les deux disciples, et sans doute plus d*un 
autre avec eux, s'étaient chargés en commun de ce rôle 
de dévouement, et que, parmi tant de généreux com- 
plices, Fauteur du Criton, moraliste et philosophe et 
non historien, a librement choisi celui dont le caractère 
présentait avec la pensée si élevée de Socrate le con- 
traste le plus propre à la mettre en lumière. 

Enfin, la longue polémique de Platon contre Lysias, 
rapprochée surtout de ses sympathies pour Isocrate, 
ne doit-elle pas être interprétée dans le sens d'une pro- 
fonde animosité politique? Nouveau grief aux yeux de 
ceux qui voient dans Lysias le type du véritable pa- 
triote, dans Isocrate au contraire un esprit faible, flot- 
tant au gré des événements et accessible à toutes les 
séductions. 

Philosophe, homme d'État ou poète, l'homme de gé- 
nie qui a conscience de sa valeur affecte môme invo- 
lontairement certains airs dominateurs : l'histoire en- 



Ci) Cette question des rapports entre Platon et Xénophon mérite de 
ûdre l*objet d^une dissertation spéciale. 

(2) Diog. LaSrce, III» 96; Plutarque, De adul, et amico, 26. Cette 
page de Plutarque est une des plus fines et des plus ingénieuses du 
moraliste grec. 



36 GH. HUIT. 

tière est une justification de ce mot de Tacite : « Cupide 
dominandi cunctis affectibus flagrantior » (1). Celui qui 
a réussi à grouper autour de sa personne tant de disci- 
ples divers, et qui se faisait un plaisir d'inviter à sa ta- 
ble amicalement hospitalière des Athéniens de distinc- 
tion en dehors du cercle de ses auditeurs ordinaires (2), 
devait être aussi sensible aux marques de déférence et 
de respect qu'aux tentatives d'indépendance et aux pa« 
rôles de mépris : dès lors, si nous ne nous trompons, 
l'abbé Barthélémy a apprécié Platon sans flatterie 
comme sans partialité quand il nous le représente c dif- 
ficile et réservé pour ceux qui courent la même carrière 
que lui, ouvert et facile pour ceux qu'il y conduit lui- 
même >. Tel sera sur ce point notre propre juge- 
ment. 

Mais voici un reproche d'une autre nature, quoique 
d'une égale gravité. 

On se rappelle avec quel soin jaloux le Grec des 
guerres médiques se distinguait du barbare : il sem- 
blait que l'humanité cessftt où finissait le nom helléni- 
que et que dans l'amour de la patrie il entrât moins en- 
core de sympathie pour des concitoyens que de haine 
contre l'étranger. Peu à peu cependant d'autres senti- 
ments se font jour, à mesure que s'abaissent les bar- 
rières entre la Grèce et les nations voisines, à mesure 
que s'étendent et se multiplient les relations pacifiques 
du commerce et de l'industrie. On conçoit une politique 
et même une littérature exclusivement nationales : les 
sciences et la philosophie, dont l'action va grandissant 
du VI* au IV* siècle, s'adressent non à un peuple en par- 
Ci) Annaiét. XV, 53. 

(2) Voir Diogène Laérce, U, 8 ; Elien, II, 18 ; Athénée, X, 14. Oa 
peut remarquer que Fauteur, quel qu*il soit, de la trante-deuxième let- 
tre socratique (quarante-unième dans Fédition d^OrolIi), censée 
■ée par Speusippe à Xénocrate, se fait Técho d*nne tradition 
ment sympathique & Platon : Tâv fùv yxp w« '/cvvqffa^, râv ii ùç cùcp/énif 
iittfuXgîro • xo(v^ ûi izpbç &navrxç Otoû rdcÇcv ttxtv» 



ÉTUDES SUR PLATON. 37 

ticulier, mais à Thomme de tous les temps et de tous 
les pays. Le métaphysicien est par excellence cet homme 
sans cité, £^oXtç, tel que Lucien rêvait Thistorien. 
Aussi Plutarque loue-t-il Socrate de s'être fait Tapôtre 
de ridée cosmopolite de la fraternité universelle, en dé- 
clarant qu'il n*était ni Grec ni Athénien, mais citoyen 
du monde (1). Démocrite, Âristippe, Diogène répéte- 
ront à Tenvi la même parole (2), et le Portique, un siè- 
cle plus tard, en fera Fun des articles de son code de 
morale. La poésie elle-même, par la bouche d*Euripide, 
aidait à cette transformation de Tesprit public : après 
avoir fait dire h Iphigénie mourante : « Libératrice de 
la Grèce, ma gloire sera digne d*envie. Dois-je, après 
tout, tenir tant à rexistence?0 ma mère, c'est dans 
rintérêt commun des Grecs que tu me Tas donnée, et 
non pour toi seule... Il est dans Tordre que les Grecs 
commandent aux barbares, et non les barbares aux 
Grecs : ceux-là sont nés pour l'esclavage, ceux-ci pour 
la liberté >, le même auteur écrivait ailleurs : « Comme 
toute région de l'air est ouverte au vol de l'aigle, toute 
terre est une patrie pour l'homme de bien » (3). 

Sans nous demander ici dans quelle mesure la civi- 
lisation devait profiter ou souffrir de la brèche ainsi 
pratiquée par le cosmopolitisme dans l'étroite enceinte 
du patriotisme hellénique, constatons du moins que 
Platon fut avant tout un Grec, plein d'amour pour sa 
terre natale qu'il savait glorieuse malgré ses fautes. 
S'il reconnaît hautement que certaines lumières n'ont 
pas été refusées aux barbares (4), s'il a frayé les voies 



(1) De exilio, 5 : 'G 9i 'J^t^xpA-nn piXriov, oùx 'A9v]Vfl(7o$, oùii 'EUrtv, 
ctXXà xéofitoç e7ya( fi^aeiç, 

(2) Cf. Cicëron, Tusc, V, 2n; De Finibits, IV, 4; Sénèque, De 
tranq, antmt, 3; De otio sapientisy 31; Lettrée d Lucilius, 68; Lu- 
cien, Vit. auct,, 8; Diogène Laôrce, VI, 63. 

(3) Stobée, Serm,, XXXVIII : 'ATrôé^a 9è xBù)t &vS/»l ycwafu narp^;. 

(4) n a fallu la fausse subtilité de certains platoniciens du i*' siècle 



38 CH. HUIT. 

à la fusion qui 8*est faite plus tard entre le rationalisme 
grec et le mysticisme oriental, il déclare que des liens 
d'amitié doivent unir entre eux tous les enfants de la 
grande famille grecque pour lesquels le barbare ne 
sera jamais qu'un étranger (i). 

Toutefois en même temps que chez Platon le Grec 
se souvient de ce qu'il doit à sa terre natale, le citoyen, 
l'Athénien mérite-t-il les mômes éloges ? A nous placer 
au point de vue antique, il serait difficile de répondre h 
cette question par l'affirmative. Niebuhr a porté contre 
lui une sentence bien dure et bien sévère (%) : sans doute 
des accusations analogues avaient déjà retenti dans 
l'antiquité, car tout nous montre dans les auteurs de 
la cinquième des lettres attribuées à Platon, des disci- 
ples jaloux de réhabiliter sur ce point la mémoire de 
leur maître. 

Mais combien sontrils, les spéculatifs et les penseurs 
tels que Platon, à qui il a été donné tout à la fois de 
creuser dans le silence de la retraite les bases de leur 
système, %vf^\ia, ûç àû, et de descendre dans l'arène des 
intérêts et des partis avec le lourd fardeau du pouvoir? 
D'abord, la biographie du philosophe a pu nous l'ap- 
prendre, les circonstances ont plus contribué encore 
que son caractère à le détourner de prétendre à la 



de notre ère pour tirer de passages tels que Phédon^ 78 A, Banquet, 
269 E, la démonstration d*iine prétendue sapérionté de la barbaite sur 
l*hellénisme. On peut mâme soutenir que Platon est plus foncièrement 
grec que son disciple de Stagyre, & qui la chute de la Grèce a pour 
ainsi dire ouvert le monde. 

(1) République, Y, 470 C : ^fii ykp rb fikv 'EAAqvcxôv yivoi vané 
avrû oixc7ev tivai xat luyytvkç, r& ik pappaptxéi ôSviïàv ri xgcl àJlAôrpwv. 
On peut rapprocher de cette phrase Tezclamation prêtée à Platon par 
Plutarque ( Vie de Marins, 46) et raillée par Lactance (De faUa sep., 
19). 

(2) Rheinisches Muséum, 1827, p. 196 : c Plato war auch kein gnter 
Borger, Athènes werth war er nicht, unbegreifliche Schritte bat er ge- 
than : er steht wie ein Sttnder gegen die heiligen, Thukjdides und De- 
mostbenes. » 



ÉTUDES SUR PIATON. 39 

gloire d*un Solon et d'un Thrasybule. Ses écrits nous 
attestent sans détours son peu de sympathie pour les 
institutions d'Athènes : je parle de l'Athènes de son 
temps ; car , comme l'humanité elle-môme , sa patrie 
a eu dans le passé son ftge d'or. Avec quelle fierté ne 
rappelle-t-il pas ces glorieux souvenirs (1), non sans 
protester avec éloquence contre les procédés despoti- 
ques des Lacédémoniens vainqueurs (2) ? Il remontera, 
s'il le faut, jusqu'aux temps héroïques pour y saluer la 
cité de ses rêves : « La ville qui est aujourd'hui Athè- 
nes était renommée par la perfection de ses lois, et ses 
actions et son gouvernement rélevaient au-dessus de 
tous les autres Etats que nous ayons connus sous le 
ciel (3). 9 Depuis, quel changement I Ceux mômes qui 
passent pour avoir le mieux mérité de la démocratie 
athénienne ont travaillé à sa ruine (4). Plus d'amour de 
la patrie, plus de respect des lois : l'égoîsme du grand 
nombre, les prétentions de quelques ambitieux, les bri- 
gues des partis opposent leur redoutable coalition à 
toute tentative sérieuse de réforme, et quant aux mœurs 
privées, les plaidoyers de Démosthène nous édifient 
sur l'étendue de la corruption (5). En religion, en mo- 
rale, en politique, le progrès des idées avait ébranlé 
l'ancien édifice et il n'était au pouvoir de personne de 
le relever : blessé par la vue de ce qui l'entoure, Platon, 
conime Rousseau au xvui* siècle, se met en quête d'une 
république idéale : mais, comme Rousseau, il glisse 



(1) Voir notamment Lois, II, 642 C; UI, 698 ; IV, 707. 

(2) République, V, 469 B : Upûrov fikv oLvipaitoit9/iQv itipt Soxtï Bl- 
xawv *£JlJii}v0e$ 'EXXrivlioiç nàXtt^ àvSpcmoSl^tvBai ; 

(3) Timée, 23 C, et les deux pages suivantes. 

(4) Parmi les grands hommes d*£tat d'Athènes, Solon et Aristide 
sont les seuls dont Platon fasse un éloge sans réserve : au contraire, 
avec quelle séTérité ne juge-t-il pas Thémistocle et même Périclès? 

(5) Nous vrooB sur ce point, outre le témoignage formel de Timpar- 
tial Thucydide (III, 82), les aveux indirects d*Buripide {Ipkigéme d 
Aulis, V. 1089 et suiv.). 



40 CH. HUIT. 

dans Tutopie, et en vient lui-même, éclairé par la ré- 
flexion ou par les leçons de Texpérience, à traiter ses 
propres conceptions de chimères. Dès lors cet homme 
qu'un passage célèbre de la République (i) nous repré- 
sente naturellement fait pour la politique, mais éloigné 
des affaires publiques par la situation de son pays, par 
la dépravation générale et Timpossibilité de réaliser le 
bien qu'il souhaite, cet homme qui se confine dans la 
retraite pour s*y consacrer tout entier à la méditation, 
n^est-ce pas Platon lui-môme ? 

Je sais qu'il est une science égoïste, aimant à s'isoler 
dans ses tranquilles spéculations et méprisant si bien 
les bruits du dehors qu'elle cesse volontairement de les 
entendre : ne semble-t-il pas que dans ce renoncement 
aux préoccupations publiques l'homme diminue dans la 
proportion où le savant grandit? La sagesse de Platon, 
il faut l'avouer, avait je ne sais quoi de superbe et d'a- 
ristocratique (i). Le malheur des temps le condamnait, 
selon l'expression de M. Havet, à voir de jour en jour 
Athènes plus mal gouvernée et plus faible, et l'ombre 
s'étendant sur la ville de Palias et sur la Grèce entière : 
mais en même temps la nature avait fait de lui <€ un de 
ces maîtres des esprits tellement pleins de leur gran* 
deur, qu'ils regardent tout ce qui est au-dessous d'eux 
avec une sereine indifférence et qu'ils n'ont peut-être 
pas le cœur aussi large que le génie. Ilâ ne s'intéres- 
sent pas assez à la foule de leurs frères obscurs et ne 
ressentent pas comme il faudrait tout ce qui touche 
l'humanité (3). » 

(1) VII, 496 D. « Cf. Gicëron (Ad famiL, 1, 9) : « Hane quidam 
Plato causam sibi ait non attûdgend» reipablic» fuisM, qnod quiun 
offendisset populam athemenaem prope jam desipientem senectnto, 
qaumqne eam nec persuadendo nec cogendo régi posse vidisset, quum 
persuaderi posse diffideret, cogi ias esse non arbitraretor. » 

(2) c Uerrenr de Socrate et de Platon, c*e8t d*aToir dépossédé las 
humbles esprits du royaume de Dieu. » (M. SéaiUes.) 

(3) On croit entendre Amphion répondre & son frère Zétlius, dans 



ÉTUDES SUR PLATON. il 

Du moins Platon ne manquait pas d'exemples à in- 
voquer pour couvrir sa conduite. Quelqu'un reprochait 
à Anaxagore de se désintéresser des discussions de 
l'Agora. Il répondit en montrant le ciel : « Pensez 
mieux de moi, j'ai grand souci de ma patrie. » Sans re- 
culer jamais en face d'un devoir civique à accomplir, 
même dans les circonstances les plus critiques, Socrate 
n'avait brigué aucune charge, aucun honneur, ensei- 
gnant par ses paroles comme par ses actes à qui veut 
entreprendre de corriger les hommes, à se tenir à Pé- 
cart de toute ambition. Antiphon lui en St un jour la 
remarque : t Vous vous flattez de former des hommes 
d^Etat, ce qui suppose que vous connaissez la politique; 
d'où vient alors que vous ne prenez aucune part aux 
affaires de la cité? » — « Gomment puis-je mieux servir 
la patrie, répartit Socrate : est-ce en me consacrant de 
ma personne à la politique active, ou bien en m'effor- 
çant de lui donner le plus grand nombre possible d'hom* 
mes d'Etat capables? » (1). 

Au reste, les faits venaient de montrer avec une 
cruelle évidence le sort réservé au sage qui osait s'at- 
taquer à ces sophistes, à ces rhéteurs, flatteurs de la 
multitude dont ils recueillaient en retour les applau- 
dissements (2). Platon songeait h lui-môme tout autant 
qu'à son maître, quand il écrivait dans Y Apologie : 
c Quiconque voudra lutter franchement contre les pas- 
sions d'un peuple, celui d'Athènes ou tout autre, qui- 
conque voudra empêcher qu'il ne se commette rien 



une scène célèbre d*Earipide : « Quelle folie de s^occuper sans néces- 
sité d^one foule de tristes affaires, lorsqu*on peut vivre heureux au sein 
d*un doux loisir? » 

(1) Mémoires sur Socrate^ I, 6. 

(S) Après Socrate, Phodon fut victime de la lutte qui se poursuivit au 
IV* siècle, selon les paroles si expressives de Thistorien de Tèloquence 
grecque M. Blass, « zwischen dem selbststsendigen Hochsinn philo- 
sophischer Charaktere und der bald platten, bald wilden Politik demo- 
krmtiacher Stadtgemeinden. » 



42 CH. HUIT. 

d'iDjusie on d'illégal dans on Etat, ne le fera jamais im- 
punément D fant de toute nécessité que celui qui veut 
combattre pour la justice, s'il veut vivre quelque temps, 
demeure simple particulier. » Et il est évident que si 
Platon a consacré deux traités complets à Tétude des lois 
du gouvernement des hommes, il Ta fait en penseur et en 
philosophe, non en politique qui lance fièrement un 
programme en attendant le jour où tout un parti relèvera 
au pouvoir avec mission ou même avec mandat impé- 
ratif de le réaliser. N'ayant jamais, à Texemple de son 
maître, provoqué ouvertement par ses sarcasmes la va- 
nité athénienne, Platon ne connut pas la faveur, mais 
aussi il lui fut donné d'éviter la disgrâce. Gomme Ta 
dit un homme d'esprit, les gouvernements laissent vo- 
volontiers toute liberté à ceux dont ils n'ont rien à re- 
douter. Us tirent prétexte de cette longanimité pour 
vanter leur puissance et, en vérité, ils n'y ont pas grand 
mérite. 

Peut-ôtre cependant Platon, qui n'a pas dédaigné de 
mettre la main, sans aucun succès il est vrai, au relè- 
vement d'une cité étrangère, Syracuse, presque aussi 
corrompue que l'était Athènes elle-même, a-i-il déses- 
péré trop tôt de rendre à ses concitoyens dégénérés 
l'énergie et la dignité dont ils se déshabituaient depuis 
trop longtemps : peut-être a-t-il renoncé trop aisément 
à exercer sur eux une salutaire et durable influence. 
Cette abdication, que Niebuhr n'hésitait pas à quali- 
fier de « lâche et coupable indifférence » (i), frappe par 



(1) Je crois utile de reproduire id, ne fût-ce qii*à titre de document 
historique, la condamnation portée contre Platon par le célèbre histo- 
rien allemand : c Eînen nicht guten nenne ich ihn, weil Paktionsgeiit 
nnd angewurzelte Persœnlichkeiten ihn gegen die ererbte und getet»- 
mœssige Yer&ssung gehsessig und einer Partei gewogen machten, de- 
ren heuchlerîsche Yorgespielungen Qberfohrt waren, &ls sie die Macbt 
besass : weil er fur Athen auch nicht die mindeste Anerkennung und 
liebe SBossert, sondem hingegen der Hohn und die VenBchtlichkait, 
womit er sich gegen die Demokratie ergeht, ihre Heftigkeit und Le- 



ÉTUDES SUR PLATON. 48 

son parfait contraste avec les efiPorts héroïques déployés 
peu d'années après lui dans des temps plus critiques 
encore par le dernier défenseur de la liberté nationale, 
Démostbène. Certes, c'est une belle figure que celle du 
grand orateur, passionné pour l'honneur et Tindépen* 
dance de la Grèce, et s'en remettant noblement aux 
dieux de l'issue d'une lutte trop manifestement inégale. 
Néanmoins, tant de courage resta stérile, et l'on peut 
dire que l'histoire elle-même a ménagé ainsi à Platon 
une triste et décisive apologie. Athènes était un vais- 
seau désemparé, condamné au naufrage; pourquoi le 
sage se fût-il assis au gouvernail? Dans sa retraite, il 
travaillait à l'éducation non d'une seule cité et d'un 
seul siècle, mais de tous les peuples et de tous les 
temps. 

Fort bien, dira-Uon ; mais qui obligeait Platon, d'une 
part» à se faire le panégyriste de Lacédémone, de l'au- 
tre, à entrer en relations avec Philippe? 

N'oublions pas qu'au iv* siècle, les meilleurs esprits 
à Athènes se prenaient à douter de la durée d'une dé- 
mocratie sans frein et sans barrière. Le gouvernement 
de Sparte, dont la stabilité apparente était d'autant plus 
admirée qu'on en soupçonnait moins les vices cachés, 
semblait, au contraire, reposer sur la base inébranlable 
du respect religieux de la loi. L'estime en laquelle le 
tenait Platon (1), sur les traces de Socrate (2), ne sau- 



bendigkeit daher erhalten, dass er dabei die Mutterstadt im Qedanken 
hatte : weil er mit allen Gaben, dieser wohithœtig zu sein und sie zum 
Heil zu leiten. sich vomehm Ton ihr zurttckzog » (Kleine hUtorUche 
undpolitUche Schriften, p. 472). — Ce jugement a été vivement pris 
à partie en Allemagne et réfuté par Delbrttck {Vertheidigung Plato's, 
Bonn, 1828). 

(1) Il est à remarquer que les passages cités le plus fréquemment & 
cette occasion appartiennent & des dialogues d^une authenticité con- 
testée, comme le Grand Hippias (283 E, 285 B) et le Premier Alex- 
hiade (122 C). 

(2) Mémoires de Socrate, I. 2, 9; IV, 4, 15. 



44 CH. HUIT. 

rail 6tre comparée h Tenthousiasme quelque peu aveu* 
gle de Xénophon, et n*excluait nullement certaines 
critiques, môme sévères (i) : aussi Aristote, dans sa 
Politique, n'aura qu'à reproduire presque trait pour trait 
le jugement de son maître sur Sparte. Le penchant de 
Platon vers le dorisme où des esprits distingués pré- 
tendent trouver le vrai génie grec, ne peut donc pas 
plus être interprété comme un manque de patriotisme 
que V Anglomanie de Montesquieu et de tant d'autres 
publicistes du xvin* et du xix* siècle (3). 

En ce qui concerne la Macédoine, il est juste de rap* 
peler que Philippe, allié d'Athènes avant d'être son 
antagoniste et son vainqueur, ne jeta le masque qu'a- 
près une longue période d*intrigues et de dissimula- 
tions. Platon ne fut pas le seul Athénien de distinction 
à se laisser tromper par ses promesses (3) : demandez 
plutôt à Isocrate et à celui que la postérité a surnommé 
l'intègre Phocion. Dans un récent ouvrage, un critique 
allemand d'un certain renom (4) considère l'enseigne- 
ment de Socrate et de l'Académie comme le dissolvant 
le plus actif du vieux patriotisme grec : il s'étonne de 
trouver parmi les disciples ou les amis de Platon tant 
de partisans de la Macédoine : oublie-t-il qu'au môme 
cercle appartenaient également Lycurgue, Hypéride, 
Léon de Byzance et ce Xénocrate qui repoussa avec 
tant de fierté les présents d'Antipater ? Entre un système 
métaphysique et un parti politique, il peut exister cer- 
taines (( affinités électives », il est rare qu'il y ait un 
lien logique indissoluble : de fait, on vit se rencontrer 



(1) Ainsi République, VUI, 547 E ; Lois, II, 673 G. 

(2) C*e8t ainsi que Tacite, spectateur attristé de la décadence romaine, 
offrait comme un modèle A ses contemporains les mœurs et les institu- 
tions de la Germanie barbare. 

(3) Athénée, XJ, 116, qui invoque le témoignage de Speusippe ; Élieo, 
IV, 19. 

(4) Bemays, Phokion und seine neueren Beurtheiler, Berlin, 
1881. 



ÉTUDES SUR PLATON. 45 

à TAcadémie des représentants des opinions les plus 
opposées (i). 

Il est d'autres écarts pour lesquels Tantiquité païenne 
s*est montrée singulièrement indulgente et qu'un chré- 
tien, qu'un moderne se refuse à pardonner. Ainsi Pla- 
ton a-t-il réagi avec une suffisante énei:gie dans tous 
ses écrits contre le vice impur qui déshonore l'anti- 
quité grecque? Je sais qu'après avoir tenté de l'enno- 
blir il a fini, dans les Lois, par le condamner (2) : mais 
dans ses écrits antérieurs, que de pages f&cheuses I que 
de traits regrettables! De même, comment un aussi 
grand esprit a<t-il pu en venir à inscrire au nombre de 
ses dogmes politiques la promiscuité des sexes et l'in- 
fanticide légal? Sans doute il n'avait jamais connu ni 
les douceurs de la vie de famille ni les attraits du foyer. 
Mais si l'on voulait sur tous ces points instruire en 
toute équité le procès du grand philosophe, il faudrait 
tenir compte de la force des préjugés, de l'empire des 
circonstances, et mettre en discussion son système de *- 

politique et de morale presque entier. Pareille contro- 
verse n'est point ici à sa place : il nous suffira d'affir- 
mer qu'en dépit des plus surprenants égarements de la 
pensée, il n'avait pas fermé son cœur aux plus forts 
comme aux plus touchants sentiments de la nature, ce- 
lui qui a flétri avec une indignation si éloquente l'enfant 
capable d'oublier sa mère « qu'il chérit depuis si long- 
temps et que des liens si sacrés lui unissent » et son 
vieux père, c le plus ancien et le plus nécessaire de ses 
amis » (3). 

(1) De Técole de Platon nous voyons sortir aussi bien des libéra- 
teurs de leur patrie, comme Dion de Syracuse, que des tyrans, comme 
ce jeune prince d^Héraclée dont Memnon nous a conseryé Thistoire. 

(2) Sa prétendue lettre à Dion, traduite par Cicëron dans la 5« TuS' 
culane (ch. xxxv), contient et renouvelle la même condamnation. 

(3) République, IX, 574 B. 



46 CH. HUIT. 

Si complet et si étendu qu'il doive paraître, Fessai 
d'apologie auquel nous venons de nous livrer ne suffit 
pas à notre dessein. Il nous reste une tftche plus agréa- 
ble, celle de résumer en quelques traits l'impression 
générale que laissent la vie et les œuvres de Pla- 
ton. Dans toute l'histoire de la philosophie, peu de 
noms ont un égal prestige. D'où vient ce respect et, 
si le mot n'a rien d'excessif, cette constante vénéra^ 
tion? 

Ce qui frappe tout d'abord dans Platon, ce qui fut sa 
devise (1), ce que tous les commentateurs ont signalé à 
l'envi (9), c'est cette tendance constante qui le porte 
vers ce qu'il y a de plus noble, de moins terrestre dans 
les conceptions de Thumaine intelligence, c'est cette 
poursuite incessante de la vérité, de la beauté suprême, 
entrevues par notre âme dans les choses créées qui 
nous en apportent le reflet. On a pu lui appliquer sans 
exagération les vers célèbres d'Horace sur la vertu des 
héros : 

Cœtitsque mUffores et udatn 
Spernit hamum fUgientâ penna, 

Gœthe a dit de lui : c Platon se comporte dans le 
monde comme un esprit bienheureux à qui il plaît d'y 
séjourner quelque temps : il cherche moins à le connaî- 
tre qu'à lui communiquer généreusement ce qu'il lui 
apporte des régions célestes. S*il pénètre dans les abî- 
mes, c'est plutôt pour les remplir de son éloquence 
que pour en sonder exactement la profondeur. » 

C'est le philosophe religieux par excellence dans l'an- 
tiquité : il a le respect du mystère et le goût du di- 

(1) République, X, 621 C : Tiiç âvu Hoû àsl iÇâ/uda. 

(2) ThëmistiaB, qui rappelle la phrase de la République^ gftte cette 
belle pensée par une hyperbole ridicule : DÀdruv dtva» ktl • ir^cwv ik »al 
axnbv imgpé^ii rôv ovpovêv (De prof, ma, 23). 



ÉTUDES SUR PLATON. 47 

vin (4). Il croit, et d*un cœur ému, non-seulement au 
Bien absolu d*où dérive tout être, mais à l'existence de 
l'âme, à sa destinée immortelle et à une justice distri- 
butive B^exergant dans un monde à venir. Son nom est 
comme le symbole d*une sainte élévation au-dessus de 
la terre, du pressentiment d'une seconde vie destinée à 
réconcilier les antinomies de celle-ci. S'il n'a pas con- 
damné expressément le polythéisme, s'il n'a rien fait 
pour détruire le culte national auquel la mythologie 
servait de fondement, c'est que, croyant une religion 
nécessaire, il ne savait quels autels élever à la place de 
ceux devant lesquels s'était si longtemps prosternée la 
Grèce {%). Du moins se rencontre-t-il merveilleusement 
avec le christianisme dans ce résumé fondamental de sa 
morale : « Ressembler à la divinité. » 

De là vient que nous découvrons dans son génie tout 
à la fois cette sérénité lumineuse, ce joyeux enthou- 
siasme, privilège des plus célèbres écrivains de l'hellé- 
nisme, et cette mélancolie voilée dont le christianisme 
a révélé à la terre la secrète douceur (3). 

A un autre point de vue, on peut admirer dans Platon 
un esprit vastement compréhensif, où des facultés dif- 
férentes et bien rarement associées se tiennent dans le 
plus heureux équilibre (4) : la hauteur des pensées et 



(1) Athénée l'appelle 6 Upciraroi. Saint Augustin (Cité de Dieu.YUy 
4) déclare que seuls d'entre les philosophes païens, Platon et ses pre- 
miers disciples peuvent se prêter & un débat sérieux sur la religion. 

(3) Le mythe final de la République marque la transaction proposée 
par Socrate et Platon aux défenseurs du culte traditionnel. Ils consen- 
taient au maintien des noms et des récits consacrés par la tradition, 
pourvu qu'une révoluUon introduite dans le fond même des choses as- 
surât le triomphe des vérités de conscience, auxquelles 1& vieille my- 
thologie faisait si peu de place. 

(3) 'O ToO pioUf xal riiç 5vrtêç gùiat/io>laçt s*écriait Tlmothée, Oppo- 
sant les entretiens élevés de Platon à ses préoccupations habituelles 
de général et d'homme d'État (Élien, II, 10). 

(4) Olympiodore a dit avec raison de Platon, en le rapprochant 
d'Homère : Aûo yàp «ut«c ^vx«' Aiyovrat ytvi^Bon Trovap/uiévioc. 



48 CH. HUIT. 

la délicateBse du sentiment, la gravité du raisonnement 
et Télan de Timagination, une morale presque toujours 
pure, parfois môme austère et une sensibilité exquise 
pour le beau. Il a été tout ensemble THomëre et le Phi- 
dias de la philosophie grecque, revêtant ses démons- 
trations des tours lumineux de la poésie, et imposant 
une forme artistique môme aux plus insaissables abs- 
tractions de la métaphysique. 

Ce dont je louerai surtout Platon, c'est d'avoir su réa* 
User dans sa doctrine et ses écrits l'accord parfait du 
cœur et de la raison. La pensée, a dit justement M. Ra- 
vaisson, ne suffit pas à la philosophie, il lui faut T&me 
entière et avant tout ce qui semble en ôtre et le princi- 
pal et le meilleur : c'est qu^en effet, selon le mot de 
Joseph de Maistre, il y a des vérités que l'homme ne 
peut saisir qu'avec Pesprit de son cœur. Platon n'a pas 
cru quUl ajouterait à Pautorité de son système en s'in- 
terdisant toute phrase, toute formule qui fût autre 
chose qu'un effort d'intelligence : quand il touche à ces 
questions vitales, Dieu, l'âme, la vertu, la justice, le 
monde à venir, il penserait trahir sa mission s'il gar- 
dait le calme impassible du logicien. C'est qu'en effet 
il avait compris que ce n^est pas seulement par la voie 
de la dialectique qu'on acquiert la conviction du monde 
spirituel, mais, par un acte libre de vertu toujours suivi 
d^un acte de foi à la beauté morale et, si Ton peut ainsi 
parler, d'une vue intérieure de Dieu et du ciel (i). Sa 
doctrine, c^est la vie dans la vérité : il fait plus que nous 
montrer la rouie, il nous y entraîne à sa suite (2). Qu'on 



(1) Voir le beau livre de M. Charauz iatitulé : La méthode moraU. 

(2) Je trouve ces considérations admirablement résumées dans la 
phrase suivante du dernier biographe de Platon en Allemagne, 
M. Steinhart : « Wie kein Weiser des hellenischen Alterthumes der 
christlichen Wahrheit nœher kam als .er, so steht sein Bild, befinaît 
von der Verdunkelungen und Entstellungen neidiseher Verkleinerong, 
in idealer Hoheit und Reinheit hoch erhaben ttber den Sturmen-oned- 
1er, nie befriedigter Leidenschailen, ûber dem Schmutz und den mit 



ÉTUDES SUR PLATON. 49 

lise attentivement ses dialogues, et Ton s'écriera vo- 
lontiers avec un écrivain du dernier siècle : t Une ligne 
de son ouvrage suffit pour faire oublier et ses défauts, 
s'il en eut, et les reproches de ses ennemis > (<)• 

Il est vrai que la logique et Penthousiasme marchent 
rarement du môme pas et quWx yeux de certains es- 
prits particulièrement exigeants en matière de méthode, 
Platon a pu passer pour avoir de la sorte compromis la 
solidité de sa doctrine. Sans doute, quelque vigoureuse 
opposition qu'il ait faite aux déclamations à la fois pom- 
peuses et vides des sophistes, on ne saurait nier qu'il 
n'ait imprimé h la philosophie grecque une tendance à 
la finesse, à Pagrément, à l'éclat du style, tendance qui 
aboutit plus tard aux dissertations de Plutarque, plei- 
nes d'une monotone élégance, et aux thèses oratoires 
d'un Himérius et d'un Thémistius. Mais s'il avait suffi 
pour sauver l'esprit grec, de prendre une route tout 
opposée et de pousser à l'extrême le dédain de la forme, 
Âristote d'un côté et les stoïciens de l'autre, avaient 
tout ce quMl fallait pour s'acquitter supérieurement de 
cette tâche. Puisque le bon sens ingénieux a parlé par 
la bouche de Socrate, puisque la logique et la métaphy- 
sique, dans ce qu'elle a de plus subtilement abstrait, 
allaient trouver dans Aristote le plus savant interprète, 
félicitons-nous de voir la pensée de Platon se donner 
un si hardi et si généreux essor (2). L'auteur de la Bé- 

frachUosen Mohen nur ixnmer das eigeno Selbst vordrsengenden Ksemp- 
fen und Aengsten des getneinen Lebens, liber den lockenden Scheinen 
des Gewinnsi des Ruhms, der Macht, durchleuchtet von den Strahlea 
jenes LichteSi das aus einer hœheren Welt verklœrend und vergeisti- 
gen auf dièse Erde niedersteigt und den, der es aufuiment, zum Bttr- 
gerthum dièses himmlischen Reiches erhebt » (Plato's Leben, 239). 

(1) Art. Platon dans V Encyclopédie, A la suite de ces lignes se Ut 
cette singulière déclaration : « Il semble qu'il soit plus permis aux 
grands hommes d*étre méchants. Le mal qu'ils commettent passe avec 
euxj le bien qui résulte de leurs ouvrages dure éternellement. Après 
tout, cette éponge des siècles fait honneur à l'espèce humaine.» 

(2) On demandait un jour & Kossini quel était le premier des musi- 

Annuairb 1884. 4 



50 CH. HUIT. 

publique et de Timée a-t-il construit un systôme parfai- 
tement arrêté dans toutes ses parties ? On l'a contesté* 
Après lui le système a-t-il jamais été compris et ensei- 
gné avec une religieuse fidélité ? L'histoire prouverait 
plutôt le contraire. Mais ce que Ton peut affirmer, c^est 
gu^il y a une manière platonicienne d'envisager tout ce 
qui touche à Dieu, & l'âme et aux espérances les plus 
chères de l'humanité : d'un mot, il y a un esprit plato* 
nicien (1), et ce n'est pas trop s'avancer de prétendre 
que de la Grèce antique à l'heure présente, cet esprit a 
été le partage et la marque distinctive des plus nobles 
intelligences. 

Mais ce philosophe, qui avait si brillamment déve- 
loppé par l'étude et la méditation les dons d'une heu- 
reuse nature, a-t-il de son vivant, en dehors des limi- 
tes de l'Académie, exercé une influence profonde? Est-il 
devenu l'oracle de sa cité et de sa génération ? Tel n'est 
pas, en généra], le sort des génies spéculatifs, tel n'a 
pas été celui de Platon. On pourrait citer plus d'un il- 
lustre savant, plus d'un célèbre artiste qui n'ont jamais 
connu môme de loin la popularité. Alors que Descartes 
cherchait uuq retraite en Hollande pour mourir plus 
tard à Stockholm, la France de Louis XIII ne se dou- 
tait pas que la philosophie cartésienne mettrait sou 
empreinte sur tous les chefs-d'œuvre du grand siècle : 
de même les contemporains de Platon n'ont pas soup* 
Qonné que ce professeur de métaphysique, qui sortait 



ciens modernes, c C*e8t Beethoven, » rëpondit-U. — « Et Momrtf > -* 
« Mozart, c*est le seul. » Ne pourraît-on pas, dans le domaine de U 
philosophie ancienne, appliquer ces deux réponses, la première i 
Aristote, et la seconde à Platon! 

(1) (Test ce qu*un savant allemand, Garus, a très bien rendu dans les 
lignes suivantes : « Plato^s Philosophie hat den msecktigsten Elnflus 
auf Vorzeit und Zukunft ausgelibt. Niemond kœnnte ia Plato selbst 
ein besonderes System seiner Philosophie nachwelsen, und doch fbhlt 
jeder aus seinen Werken einen begeistemden Hauch echter Philoec>- 
phie wehen. i» 



ETUDES SUR PLATON. 51 

si peu de sa paisible retraite, ferait plus d'honneur à 
sa patrie que bien des généraux et des hommes d'Etat. 

Au reste, tout nous le montre, Platon s*est résigné 
de grand cœur à n*6tre goûté dans sa ville natale que 
d'un petit cercle d'initiés. Pythagore, dans la Grande- 
Grèce, avait tenté de faire de sa théorie la charte cons- 
titutive d'une société nouvelle : Platon a vécu à Athè- 
nes presque en étranger à toute politique. Socrate 
s'était donné lui-môme une mission essentiellement 
populaire : Platon avait des visées plus hautes qui de- 
vaient le rendre presque indifférent au relèvement intel- 
lectuel des classes inférieures, et la séduction de son 
merveilleux talent ne pouvait lui conquérir que les let- 
trés et les délicats. Enfln un homme, si éminent qu'on 
le suppose, n'est applaudi par ses contemporains qu'au- 
tant qu'il personnifie leurs grandeurs ou leurs faiblesses. 
Or Platon parlait d'idéal à un siècle qui s'en détournait 
chaque jour davantage, de réformes sociales à une cité 
qui s'étourdissait sur sa décadence au milieu de désor- 
dres de tout genre. Du reste mieux que tout autre, il 
connaissait le prix d'une grande âme (1), et si son en- 
seignement, continué pendant quarante ans , n'a donné 
à la Grèce qu'un si petit nombre de nobles et virils 
caractères, c'est que cette tâche dépassait alors les 
forces mômes d'un Platon. 

Justement mécontent du présent, le philosophe, se- 
lon le mot de Sénèque (2), a travaillé pour l'avenir, et 
la postérité lui a rendu au centuple les hommages que 
lui refusaient ses contemporains (3). De la Rome de 



(1) République, VI, 495 B : Z/xupà ^ùviç oùUv fiiyx oùBéitort oùSivu 
0VT8 cScûnjy oUrti trdAiv opu, 

(2) Epist. ad. Lucil,^ 79 : < Paucis natus est qui populum setatis 
suae cogitât. Multa annorum millia, multa sseculorum supervenient: ad 
illa respice. » 

(3) L'antiquité déjà en avait fait la remarque. Ainsi on lit dans le 
rhéteur Aristide (I, 549) : nAâruvo^ où :re/v$ ^v Asyof irC aùroS Uàoctg»^ 
vo;, ?ù,A uixtpoM TzpoC^vi ^ oà^K. 



52 CH. HUIT. - ETUDES SUR PL.\TON. 

Cicéron à la France de 1815, en passant par les jours 
brillants de la Renaissance, à peine Thistoire de la ci- 
vilisation peut-elle citer un réveil intellectuel auquel le 
nom illustre do Platon ne se trouve étroitement asso- 
cié. 



ÉTUDES SUR UILIADE 



PAR M. Maurice Croibet 



I. — DE LA FORME PRIMITIVE DE VILIADE 

Au milieu des opinions contradictoires qui ont été 
émises et qui le sont encore chaque jour à propos des 
poésies homériques, il y a une idée qui semble rallier 
de plus en plus la majorité des esprits : c'est que 
Ylltade actuelle, bien qu*on y puisse distinguer plu- 
sieurs couches superposées d'inventions poétiques, a 
été constituée d'abord par un grand poète qui a jeté 
les fondements de l'œuvre tout entière et qui en a 
dessiné le plan(i). 

Mais cette idée, toute simple qu'elle paraisse au 



(1) Wolf (préface de son édition de V Iliade, 1794, et Kleine Schriften^ 
l, 211), est le premier qui ait énoncé cette idée. G*est à O. Hermann que 
rerient rhonneur de Tavoir formulée avec précision dans sa disserta- 
tion bien connue. De interpolationihtu Homeri, qui parut en 1832, 
et qui 86 trouve insérée au tome V de ses Opuscula, Il y est dit (p. 70) : 
« Dissipari yero has dubitationes... facillima quadam ratione dixi, si 
statueremas... Homerum duo non magni amhitua carmina de ira 
AchiUifl Ulyzisque reditu composuisse, quae deinceps a moltis cantata 
paulatimque aucta atque ezpolita Homeri nomen ad posteros ut poetae 
vetustissimi propagayissent. » Depuis lors cette idée a été reprise par 
tant de critiques sous diverses formes quMl est impossible autant qu*i- 
nutile de citer ici des noms. 



54 MAURICE CROISET. 

premier aspect, se prête elle-même à plusieurs inter- 
prétations, et l'on s'aperçoit, pour peu qu'on réfléchisse 
à ce qu'a dû être l'œuvre de ce poète primitif, qu elle 
peut être conçue de trois manières fort diverses. Il est 
possible d'abord d'imaginer le poète créant un jour 
un plan, puis se mettant au travail, et exécutant son 
projet tout d'une haleine, en achevant chaque partie 
avant de passer à la suivante. Cette hypothèse elle- 
même peut être modifiée dans une certaine mesure, si 
l'on admet qu'il a employé à ce travail, non plus 
quelques années, mais la plus grande partie de sa vie ; 
de la sorte, les chants du poème se seraient bien 
succédé dans l'ordre oh nous les voyons aujourd'hui, 
mais à des intervalles de temps assez longs. Enfin, on 
peut supposer aussi qu'au lieu d'avoir eu dès le début 
une intention bien arrêtée, il a d'abord cherché sa 
voie, puis qu'il a pris conscience de son dessein et qu'il 
l'a réalisé peu à peu par une série d'agrandissements 
successifs ; les divers chants qui ont constitué le 
groupe primitif seraient ainsi nés dans un ordre dif- 
férent de l'ordre actuel, et le nom même de poème 
ne conviendrait peut-être que très imparfaitement à 
cette œuvre antique. 

Il arrive plus souvent qu'on ne pense que ces con- 
ceptions diverses d'une môme idée flottent simultané- 
ment dans l'esprit de ceux qui s'occupent des questions 
homériques, et qu'en se mêlant l'une à l'autre, elles 
contribuent à rendre le problème plus obscur. Voilà 
pourquoi il ne paraîtra sans doute pas inutile de les 
discuter ici comparativement. 



La première hypothèse est la moins vraisemblable. 
Quelques-unes des objections de Wolf contre l'unité 
primitive de Y Iliade se présentent à nous, dès que nous 
l'examinons de près, avec une force toute particulière. 
Nous demander d'admettre qu'un poète est venu dans 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 55 

on temps où l'on ne connaissait encore que des chants 
courts et isolés, qu'il a conçu immédiatement la possi- 
bilité d'une œuvre toute différente, qu'il en a choisi le 
sujet et arrêté le plan, puis, qu'avec une persistance et 
une possession de soi-même vraiment merveilleuses, 
il a suivi sans dévier les lignes qu'il avait tracées 
d'avance, et qu'il est allé ainsi jusqu'au terme fixé, 
c'est exiger de nous plus que l'expérience de l'histoire 
littéraire et du progrès humain ne nous permet d'ac- 
corder. Si grand qu'on fasse l'auteur de ce poème, 
comment concevoir raisonnablement que son génie ait 
pu franchir en une seule fois l'espace immense qui 
séparait les chants épiques isolés d'une Iliade^ même 
réduite? L'histoire littéraire no nous offre aucun exem- 
ple d'un effort pareil. Il y a un siècle entier d'essais et 
d'élaboration patiente entre les premières tentatives 
de Thespis et VOrestie d'Eschyle. Qui pourrait supposer 
que le grand poète tragique eût été capable de tirer 
immédiatement du dithyrambe d'Ârion sa magnifique 
trilogie ? Le génie humain ne supprime pas plus que la 
nature elle-même les transitions nécessaires. Avant 
de composer une œuvre de longue haleine, quelque 
puissance d'esprit que l'on ait, il faut apprendre à 
composer. 

Ce n'est là toutefois que la moindre invraisemblance 
de cette hypothèse. Un plus grand inconvénient lui 
est inhérent : c'est de contredire toutes les idées qui 
s'imposent à nous, quand nous cherchons à nous re- 
présenter les relations des poètes de ce temps avec 
leur public. L'aède, tel que nous le voyons encore dans 
YOdyssée^ est en communication constante avec ses 
auditeurs. Il devine leurs désirs et s'arrange pour 
les satisfaire. Bien qu'il n'improvise jamais, on peut 
dire jusqu'à un certain point qu'il compose sous leur 
dictée. Quelquefois on lui propose un sujet (t), et, s'il 

(1) Odyssée, VIII, 432. 



56 MAURICE CROISET. 

tient à honneur de justifier sa réputation, il faut qu'il 
ail prévu de telles demandes. Le goût du jour a donc 
une influence prépondérante sur toutes les créations 
de son esprit. Sans doute, le génie en tout temps 
8*impose à un public; mais n*est"ce pas à condition de 
se soumettre à certaines conditions expresses ou taci- 
tes que ce public lui fait ? Se représente-t-on un aède 
s'isolant de ses auditeurs pendant le nombre d*années 
nécessaires pour produire un grand poème, travaillant 
à son œuvre dans le silence, sans ces encouragements 
de chaque jour auxquels son art avait dû Taccoutumer, 
et tout cela en vue d'un succès éloigné, d'autant plus 
incertain qu'il sortait complètement des habitudes du 
temps? En réalité, ceux qui conçoivent ainsi les choses 
transportent sans en avoir conscience les mœurs des 
siècles classiques dans un âge auquel elles étaient 
étrangères. Ils aperçoivent la figure d'Homère à tra- 
vers celle de Thucydide. Us oublient ou ils méconnais- 
sent ce qu'il y avait de jeunesse et par conséquent d'im- 
patience dans une &me ionienne du x' siècle avant notre 
ère. 

Mais le plus grave, c'est que le poème lui-môme 
proteste de la façon la plus claire contre l'hypothèse 
en question. Si l'auteur de Ylliade eût été capable de 
cet effort puissant sur lui-même, s'il avait su travailler 
loin du public et réfléchir à loisir sur un plan prémé- 
dité, il n'aurait pas fait l'œuvre que nous avons sous 
les yeux. Je ne parle pas ici des mille petites inadver- 
tances ou contradictions de détail qu'on y a relevées ; 
je m'en tiens aux grands caractères du poème. Or, sans 
nier que ses parties ne soient liées les unes aux autres, 
il faut bien reconnaître aussi qu'elles ont toutes, pour 
ainsi dire, une individualité qui leur est propre. Cha- 
cune des scènes de Vlliade forme un tout par eUe- 
même. Quand nous ne saurions pas par les témoi- 
gnages de l'antiquité qu'elles ont été récitées isolément, 
nous pourrions le deviner à leur seul aspect. Elles ne 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 5 



01 



se doivent ni ne se prêtent rien les unes aux autres. Si 
le poème eut été conçu et exécuté tout d'un trait, 
nécessairement certaines parties y auraient pris une 
importance exceptionnelle aux dépens des autres. 
L'esprit humain est ainsi fait qu*il ne peut apercevoir 
clairement qu'un petit nombre de choses à la fois. Un 
auteur qui embrasse d'avance d'un coup d'œil tout un 
développement futur ne le voit pas égal ni uniformé- 
ment détaillé dans toutes ses parties. Il y a certaines 
choses qui lui apparaissent d'abord, certaines cimes, 
pour ainsi dire, qui émergent au milieu de Tombre où 
le reste demeure plongé ; ce sont là les points lumineux 
de sa conception. Et quand ensuite Tœuvre s'accomplit» 
quand l'exécution procède suivant le plan prémédité, 
ce qui subsiste de la pensée première, indépendam* 
ment des lignes générales, c'est précisément cette 
distribution des lumières et des ombres, qui est comme 
une composition intime plus caractéristique souvent 
que l'autre composition qui n'est que l'arrangement 
des choses. Plus l'esprit qui conçoit est vigoureux et 
naïf, plus il obéit à cette loi. Les demi-teintes lui 
échappent, mais les grands effets n'en sont que plus 
frappants. Voyez Eschyle. En quoi se manifeste surtout 
chez lui la jeunesse de Tart tragique, sinon parce qu'on 
pourrait appeler ses parti-pris qui ont quelque chose 
de dur et d'excessif dans leur grandeur ? Tout est su- 
bordonné dans chacune de ces pièces à quelques idées, à 
quelques effets dominants. Le poète laisse trop voir sa 
conception première ; il prend trop violemment pos- 
session de son sujet, et par suite il ne sait pas en 
apercevoir ni en ménager les ressources secondaires. 
Or, je le demande, en est-il ainsi de Y Iliade ? En rédui- 
sant le poème autant que possible, pour le reconstituer 
hypothétiquement sous sa forme originelle, arrive-t-on 
jamais à quelque chose de semblable? Que Ton prenne 
les parties les plus manifestement anciennes ; quelles 
que soient celles que l'on aura choisies comme telles, 



58 MAURICE CROISET. 

elles présenteront toujours le même caractère : ce sont 
des scènes liées ensemble sans doute, mais conçues 
isolément, qui s'acheminent vers un dénouement, mais 
qui 8*y acheminent sans aucune préoccupation appa* 
rente du poète, avec une telle liberté ou une telle 
insouciance que le présent nous y occupe seul et nous 
fait oublier à la fois le passé et Tavenir. 

A cela on répondra peut*ôtre que cette façon de faire 
tient essentiellement à la nature même de la poésie 
épique primitive et qu^il n*y a rien à en conclure par 
conséquent sur la façon dont le poème en question a 
été composé. Je ferai observer simplement que cette na- 
ture de la poésie épique primitive n*est pas quelque 
chose de mystérieux qui ait le pouvoir de changer les 
lois de Tesprit humain. Il ne faut pas dire que les an- 
ciens poètes ont composé ainsi en vertu de je ne sais 
quelle influence occulte que le genre épique exerçait 
sur eux; c'est au contraire le genre épique qui a pris 
cette forme en raison des conditions qui étaient alors 
imposées à ceux qui le pratiquaient. Au reste, il y en 
a une preuve préremptoire. G^est que, dans cette an- 
cienne poésie épique, nous trouvons les deux genres 
de composition dont je parle à côté Tun de l'autre : la 
composition libre et flottante dans l'ensemble, la com- 
position rapide et calculée dans les scènes particuliè- 
res. Voici par exemple le premier chant de V Iliade. Le 
poète, avant de commencer son récit, sait parfaitement 
où il veut en venir : c'est la querelle d'Achille et d'A- 
gamemnon qui est son objet. Or voyez comme il nous 
y conduit directement. Les scènes précédentes sont 
seulement indiquées en quelques traits expressifs. La 
douleur de Ghrysès, sa venue au camp, la dure réponse 
d'Agamemnon, la prière du vieux prêtre, la peste, 
rien de tout cela n'est développé. Pourquoi, sinon parce 
que le poète a d'abord arrêté son attention sur la 
grande scène de la querelle, parce qu'il Ta en quelque 
sorte devant les yeux depuis le commencement et qu'il 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 59 

lui tarde d'y arriver? Le phénomène de la conception 
première dont nous parlions tout è l'heure se produit 
donc ici en lui tel que nous le décrivions. Le point lu- 
mineux qui lui est apparu, c'est l'emportement d'A- 
chille, et instinctivement il sacrifie tout le reste. J'a- 
joute même qu'il le fait avec cette sorte d'exagération • 
dont j'ai parlé plus haut. Supposez à sa place un poète 
d'un moindre génie, mais plus maître de lui, plus ex- 
périmenté dans son art; qui peut douter que le tableau 
de la peste, à peine esquissé par Homère, n'eût servi 
admirablement entre ses mains à préparer la grande 
scène de violence qui va suivre par une scène secon- 
daire de tristesse ? Si l'on pouvait se décider à dire que 
quelque chose manque à ce premier chant de V Iliade 
qui est la merveille de la poésie héroïque, on y signa- 
lerait l'absence d'un arrière-plan ; et si cet arrière-plan 
fait défaut, c'est, je le répète, parce que le poète, naïf 
encore, a été trop occupé des choses principales pour 
s'arrêter aux autres. 

Mais d'oil vient que ce poète, si dominé par sa con- 
ception première dans les scènes de détail, l'est si peu 
dans l'ensemble de son œuvre? Il y a là, quoi qu'on 
puisse dire, une contradiction fondamentale qui reste 
insoluble si l'on veut que l'ensemble ait été subordonné 
dès le début à une vue générale comme chaque chant 
l'était en particulier. Voilà pourquoi on a le droit d'af- 
firmer, comme nous le faisions tout à l'heure, que le 
poème proteste contre la première hypothèse. 



La seconde, on s'en souvient, ressemble à celle qui 
précède en ce qu'elle conserve . l'idée d'un plan arrêté 
d'avance ; elle en diffère par le temps qu'elle accorde à 
Texécution de l'œuvre. Nous supposons un poète qui a 
conçu les grandes lignes de Y Iliade^ mais qui, au lieu 
de réaliser immédiatement sa conception, ne la met au 
jour que par une série de créations successives, de 



60 MAURICE CROISETT. 

telle façon que le poème entier représente le travail 
d'une grande partie de sa vie. 

Cette seconde forme d'hypothèse échappe évidem- 
ment à quelques-unes des objections qui viennent d*ô- 
ire faites à la première. Tout d'abord elle explique 
dans une certaine mesure pourquoi chaque grande 
scène du poème, ainsi que nous venons de le remar* 
quer, semble avoir été composée pour elle-même. En 
second lieu, elle n'isole pas le poète de son public ; elle 
nous permet de nous le représenter comme lui com- 
muniquant son œuvre à mesure qu'il la produit et 
comme subissant en retour son influence ; ce qui est 
bien plus conforme aux mœurs du temps. Enfin elle 
atténue aussi la première difficulté signalée, puisqu'elle 
rend l'effort d'invention moins extraodinaire en le divi- 
sant. Toutefois atténuer une difficulté n'est pas la sup- 
primer, et par conséquent il y aurait lieu de reprendre, 
partiellement au moins, contre cette hypothèse les 
arguments que nous opposions à la première, si elle ne 
contenait d'ailleurs en elle-môme une invraisemblance 
qui lui est propre et qui dispense d'une longue discus- 
sion. 

Cette invraisemblance consiste surtout en ceci. Il y 
a quelque chose d'inacceptable dans une conception 
d'après laquelle un grand poète aurait fait une fois dans 
sa vie un magnifique effort d'invention, et se serait en- 
suite réduit, alors que son génie était dans toute sa 
force, à mettre en œuvre ce qu'il avait ainsi inventé. 
Cette sorte de docilité prolongée vis à vis de soi-même, 
cette obéissance patiente et invariable à un mot d'ordre 
une fois accepté, constitueraient vraiment un phéno- 
mène des plus étranges. Quoi I tant de génie et d'au- 
dace d'une part, et tant de discipline sur soi-même de 
Tautre I Une telle hardiesse au début, un élan d'imagi- 
nation incomparable, tout ce qui révèle une nature 
puissante, brisant les liens de la tradition, créant un 
monde nouveau de poésie à son image; et après cela, 



ÉTUDES SUR riLIADE. 61 

plus rien de cette spontanéité ; ce grand esprit s'est 
dompté lui-môme; ayant inventé une fois, il semble 
qu'il ait brisé en lui-môme le ressort de Timagination, 
et le reste de sa vie se passe à se faire le serviteur de 
cette pensée qui lui est apparue un jour et qui le domine 
désormais. Encore une fois, rien n'est moins vraisem- 
blable. Et si nous songeons en particulier à cette sorte 
d'impatience dont nous trouvions tout à l'heure la trace 
dans le premier chant comme nous aurions pu la trou- 
ver dans beaucoup d^autres, l'invraisemblance aug- 
mente encore. Non, il n'est pas possible qu'un tel poète 
se soit fait une fois pour toutes un plan et qu'il en ait 
produit les parties à échéances fixes, les unes après les 
autres, comme un ouvrier fait sa tâche, comme un 
maçon bâtit une maison. Cette hypothèse n'est pas seu- 
lement pleine de difficultés comme la précédente, elle 
est de plus essentiellement anti-homérique, car elle est 
anti-poétique. 

Mais ce n'est pas tout. Si Ylliade eût été ainsi com- 
posée morceau par morceau d'après un plan arrêté d'a« 
vance, il faudrait admettre que des parties secondaires, 
telles par exemple que les livres II- VIII du poème ac- 
tuel, ont été publiées, c'est-à-dire récitées en public 
avant celles qui leur font suite. Gela est impossible. Car 
si Ton conçoit très bien qu'un auditoire qui connaissait 
déjà les parties essentielles de Ylliade ait pu prendre 
intérêt aux scènes secondaires qu'on intercalait posté- 
rieurement entre ces morceaux primitifs, on ne com- 
prendrait nullement comment il se serait plu à voir le 
poète s attarder à de petites choses lorsque les grands 
événements n'étaient pas encore racontés. Est-il croya- 
ble que le public d'Homère, après avoir entendu le 
Chant de la Querelle, ait consenti à écouter celui de VE'* 
preuve (II« livre actuel) et à en rester là, quand toute la 
suite du poème était encore à créer ? Il est clair que de 
tels lambeaux ne pouvaient satisfaire personne. Et si 
Ton était tenté d'établir une assimilation entre ces épo- 



62 MAURICfi CROISET. 

pées anciennes et nos romans modernes qui paraissent 
découpés en feuilletons, il suffirait de remarquer que 
le lecteur d'aujourd*hui sait parfaitement que la suite 
attendue paraîtra à jour fixe et qu'il a dès le début la 
conception certaine d'un ensemble, tandis que les ré- 
citations épiques des aèdes étaient manifestement obli- 
gées de se suffire chacune à elle*mème presque absolu-- 
ment. 

N'insistons donc pas plus qu'il ne convient sur cette 
seconde hypothèse et passons à la troisième. 



D'après celle-ci, on s'en souvient, V Iliade primitive 
serait née, non en une fois, mais peu à peu et par dé- 
veloppements successifs ; et l'ordre de création des di- 
verses parties aurait été fort différent de l'ordre de 
narration auquel elles ont été assujetties ensuite. Cette 
idée demande à être éclaircie avant d'ôtre jugée. 

Il est très aisé de concevoir qu'un aède ait com- 
posé un jour la scène de la Querelle d'Achille et d'Age" 
memnon, c'est-à-dire la majeure partie du P' livre de 
Y Iliade actuelle, sans avoir eu l'intention alors d'en tirer 
un poème tout entier. Cette scène était assez in- 
téressante par elle-même pour se passer d'une suite, 
et en la détachant ainsi de la légende, le poète ne faisait 
que se conformer à Tusago du temps. Mais comme il 
était supérieur à tous ses devanciers par le génie, et 
comme par suite, en racontant cette scène, il avait peint 
avec une force tout originale les caractères et les situa- 
tions, il n'est pas étonnant non plus qu'il lui ait donné 
tout à coup une importance exceptionnelle. Grâce à lui, 
la Querelle devint, aussitôt qu'elle fut connue, le chant 
à la mode dans l'Ionie. 

Ceci admis, que devait-il arriver? N'était-il pas na- 
turel que le poète, excité par le désir général et tout 
plein de son sujet, cherchât à donner une suite à son 
œuvre ? Mais il y avait loin de là encore à concevoir un 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 63 

immense développement continu. L'usage des chants 
isolés étant alors général, la pensée qui dut s'offrir à lui, 
ce fut de composer un autre chant indépendant, mais 
qui pût être récité, dans l'occasion, à la suite du pre- 
mier, de manière à le prolonger en quelque sorte. 
L'existence de ces récits poétiques, à la fois indépen- 
dants et connexes, né nous est-elle pas attestée par le 
YIII' livre de VOdyssée, où le premier et le troisième 
chant de Demodokos sont précisément de ce genre (1)? 
Selon ce dessein, que fit le poète? Il accrut son premier 
chant en y ajoutant l'épisode de Thétis et la promesse 
de Zeus (2). Puis il composa un chant nouveau oh se 
montre l'accomplissement de cette promesse, c'est-à- 
dire la Vaillance d'Agamemnon {*Ar{a^\L^oyo^ ÂptoreCa) qui 
forme aujourd'hui la principale partie du XI® livre* 

Dès lors l'élan était donné. L'aède, par son génie, 
avait en quelque sorte déterminé un domaine qui dé- 
sormais lui appartenait : c'était l'ensemble des événe- 
ments accomplis sous les murs de Troie pendant l'ab- 
sence d^Achille. Quoi de plus naturel que dele concevoir, 
à partir de ce moment, comme épris de ce sujet qui 
faisait sa gloire et où déjà il avait mis une si grande 
part de lui-même ? Est-ce à dire qu'il l'embrassât dès 
lors tout entier d'un seul coup d'œil?En aucune façon; 
et môoie, si nous nous attachions à la simple vraisem- 
blance, celle-ci — à défaut de l'examen du texte qui 
d'ailleurs confirme pleinement ces données — nous 
conduirait à penser qu'il ne songeait pas encore à la 
seconde partie de son poème futur. Avant de se créer 
de nouvelles ressources, il profitait de celles qu'il venait 
de susciter. Voilà pourquoi c'est dans la première par* 
tie de Y Iliade que nous devons chercher les créations de 



(1) Odyssée, VIII, 75-82 et 500-S20. 

(2) Ainsi s'expliquent les discordances Ingères signalées par Lach-* 
mann entre la seconde partie du I*^ livre et la première partie (Betrach' 
tunffen, pp. 4-7.) 



64 MAURICE CROISET. 

la première période. Je me contente de désigner ici la 
Vaillance de Diomede (Ato|jifj8ou; dtpiaTeCa, 1. V et VI) (1) 
comme la principale de ces créations et comme Tune 
des plus anciennes. 

Mais le génie n*épuise pas ses sujets. Quand les 
grandes scènes qui figurent aujourd'hui dans la pre- 
mière partie de Y Iliade eurent été traitées, une autre 
pensée naquit dans Tesprit du poète (2). PuisquUl avait 
fait d*Achille un personnage unique dans la poésie, 
puisqu'il Tavaii éloigné du champ de bataille et grandi 
par son absence même, il était le seul aussi qui pût Ty 
ramener. De là le projet nouveau de nous montrer le 
héros face à face avec Hector et de célébrer sa victoire. 
Je laisse de côté pour le moment la question délicate 
de savoir si ce projet s'est réalisé d'abord dans un mor- 
ceau isolé, la Mort d'Hector C'Extopoç àvaipsaiç), qui cons- 
titue aujourd'hui la principale partie du XXII* livre, ou 
s'il a donné naissance immédiatement à un groupe plus 
étendu, comprenant aussi une partie des livres précé- 
dents. Ce sont là des questions de détail, très impor- 
tantes assurément, mais qui peuvent être résolues de 
diverses façons sans que l'hypothèse générale ici expo- 
sée en soit modifiée. La chose essentielle, c'est d'é- 
lever au-dessus des incertitudes particulières cette 
conjecture, qu'à un certain moment un nouveau groupe 
de scènes, comprenant la rentrée d'Achille et sa vic- 
toire, a été ajouté aux scènes déjà connues, et cela par 
Fauteur même de celles-ci* Dirons-nous qu'alors du 



(1) J'attribue ici & Teiisemble de ces deux livres le titre que leur don- 
nait déjà Hérodote, II, 116, bien que les Alexandrins Talent spéciale- 
ment appliqué au VI« livre. Il est bien entendu que je parle de ces deux 
livres en général, en exceptant d'ailleurs les additions évidentes qu'ils 
contiennent. 

(2) Je ne donne pas ici une chronologie détaillée des parties de 
Vlliade^ et je ne prétends nullement affirmer que tout ce qui est ancien 
dans les onze premiers chants soit antérieur à tout ce qui est ancien 
dans les chants suivants. 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 65 

moins il ait eu conscience de faire un poème à propre- 
ment parler? Rien ne nous y oblige. Il continuait sim- 
plement à se mouvoir dans le large cercle d'idées et 
d'inventions que son génie avait d'abord tracé. 

Mais s'il ne faisait pas un poème, il donnait à la lé- 
gende un caractère qu'elle était bien loin d'avoir aupa- 
ravant. Celle-ci, par TefTet de ses admirables créations, 
devenait comme une matière de poème toute dessinée. 
Il avait donné à ce poème encore irréalisé un commen-' 
cernent en racontant la querelle d'Achille etd'Agamem- 
non, un milieu en retraçant les efforts infructueux des 
Achéens pour se passer d'Achille, une fin en montrant 
Achille revenu au combat et victorieux. C'était donc un 
tout^ selon l'idée si judicieuse d'Aristote (1). Par là 
quelque chose de plus que ses poésies avait pris nais- 
sance. Un cadre avait été tracé merveilleusement, et 
quand les chants dont nous parlons y eurent habitué 
les esprits, il y eut comme une sollicitation irrésistible 
qui obligea la poésie à le remplir. Deux inventions ca« 
pitales y pourvurent : d'une part, l'intervention de Pa- 
trocle et sa mort, motif du retour d'Achille ; de l'autre, 
la grande péripétie de Y Iliade actuelle, cette conception 
tout ionienne du secours apporté aux Achéens par le 
dieu protecteur des Ioniens, Poséidon. Autant il eût été 
singulier que ces parties du récit fussent données les 
premières à un public qui n'aurait encore connu que 
par une légende incertaine les scènes bien autrement 
importantes du dénouement, autant il devenait naturel 
qu'elles fussent traitées avec prédilection, lorsque le dé- 
nouement, déjà illustré par la poésie, était chanté et 
connu partout. Et tout nous autorise à croire, en consi- 
dérant dans le poème actuel la façon dont ces deux in- 
ventions sont traitées, qu'elles émanent l'une et l'autre, 
dans leurs parties essentielles, du même génie qui avait 
jeté dans la Querelle les fondements du poème futur. 

(1) Poétiq., VIL "OAov S'éVre tô «xov «px^^ *«' /*w«^ xaè tiAsuttîv, 
Annuairb 1884. 5 



66 MAURICE GROISfiT. 

Telle est donc la troisième hypothèse. Elle nous 
montre un grand esprit commençant parfaire tout sim- 
plement ce que faisaient ses contemporains, mus le 
faisant avec une supériorité qui devient la cause d'un 
immense progrès, puis, sans rompre avec la tradition, 
sans chercher à étonner son public par quelque chose 
d'insolite, développant ses idées premières, non pas 
avec ime régularité servile, mais au contriûre avec une 
pleine liberté, de manière k former une vaste série de 
chants, faits pour se compléter les uns les autres, biea 
qu^indépendants en un certain sens. Je me représente 
ainsi ce qui devait être un jour Y Iliade sortant des mains 
d^Homère, non comme un tout achevé, mais comme une 
création vraiment primitive, dont toutes les parties 
étaient nées les unes des autres chacune à son hearet 
groupe de chants plutôt que poème» qui n'était pas faii 
pour une récitation conUnue et qui, par suite, laissait 
voir sans le moindre embarras et avec une naïveté 
charmante ses disparates et ses défauts de cohésion. Il 
n'y a pas de mots dans notre usage littéraire tout as-» 
servi aux traditions didactiques pour désigner une pa<* 
reille chose. Mais ce qu'on peut affirmer, c'est que 
cette chose était bien plus jeune et vivante, bien plus 
pleine de hasards et de fantaisie, bien plus ouverte sur^ 
tout à toutes les inspirations de poésie qui s'éveillaient, 
que le poème actuel, si durement enfermé dans ses 
barrières alexandrines, à travers lesquelles il semble 
regretter l'aimable liberté de son enfance. 

Cette hypothèse n'a pas seulement l'avantage d*6tre 
plus conforme aux vraisemblances. Elle rend compte 
aussi du genre de connexité qui est propre aux chants 
de niiade et elle explique en môme temps un grand 
nombre des contradictions ou discordances de détail 
qui y ont été relevées. Ajoutons enfin qu'elle nous fait 
mieux comprendre la masse considérable d'intei^ola* 
tions et d'additions qui ont été l'œuvre des successeurs 
d'Homère, puisqu'elle nous laisse voir Homère lui-^ 



ÉTUDES SUR L^ILIADË. 07 

môme leur donnant en quelque sorte l'exemple et mon- 
trant le premier comment ses créations, semblables à 
celles de la nature, pouvaient grandir par leur propre 
végétation. 

Si ces idées sont vraies, elles doivent servir à guider 
les recherches de détail qui seules peuvent les confir- 
mer. Nous avons en effet à déterminer autant que pos- 
sible quelles sont les parties les plus anciennes du 
poème actuel, quelles sont celles que le poète primitif 
aigoutées ensuite pour compléter ou développer celles- 
là, et enfin quelle est la part qui revient à ses succes- 
seurs dans la constitution définitive de Tensemble. Il 
ne faut pas hésiter à déclarer nettement qu'on ne sau- 
rait se flatter de répondre avec certitude à toutes ces 
questions; ce qu'on peut faire, c'est d'approcher de 
plus en plus de la vérité à propos d'un certain nombre 
d'entre elles '. 



(1) Ces pages étaient écrites lorsque j*ai ea entre les mains le pre- 
mier Tolume de VIliade récemment édité par M, G. Christ (Homeri 
Iliadis carmina sejunota, discreta, emendata, etc., edidit G. Christ, Lip- 
siae, 1884). J'ai retrouvé avec un véritable plaisirj dans les prolégo- 
mènes de ce livre, quelques-unes des idées les plus essentielles aux- 
queUes j^ëtais arrivé moi-même. M. Christ y a donné aussi un essai de 
chronologie des parties du poème. Cette chronologie est discutable et 
je ne Taccepterais qu'en partie, mais la tentative en elle-même est des 
plus intéressantes et des plus sérieuses. C'est, en effet, à dresser un 
tableau de ce genre que doivent tendre surtout aujourd'hui les études 
homériques ; il importe seulement de ne pas vouloir le faire trop com- 
plet. 



68 MAURICE €ROISET. 



U. - DES LIVRES V ET XI 

Les livres V et XI de Y Iliade actuelle, lorsqu'on les 
compare de près Tun à Tautre, offrent d'assez curieu- 
ses ressemblances. Peut-être peut-on espérer d'en 
tirer quelques éclaircissements sur Tftge relatif de ces 
deux récits et sur la manière dont ils ont été composés. 

Lé livre XI ('AYaiii(&vcvoç dptTteCa), si Ton en détache 
l'épisode do la fin à partir du vers 497, constitue un 
tout parfaitement défini. Il a pour sujet, comme l'in- 
dique le titre traditionnel, les exploits d'Agamemnon. 
Voici en quelques mots l'ordonnance générale du déve- 
loppement. Au début, nous voyons Agamemnon se 
revêtir d'une armure éclatante; ses protectrices, 
Athéné et Héré, lui témoignent leur faveur par le 
roulement de la foudre. Tout se prépare donc pour un 
combat important. Agamemnon fait avancer les siens 
et les range non devant le rempart, dont il n'est pas 
fait mention, mais devant le fossé. A ce moment, Zeus 
verse une pluie de sang sur la terre pour annoncer le 
massacre qui va se produire. Pendant ce temps, les 
Troyens se préparent de même au combat par les soios 
d'Hector. Cette sorte d'introduction poétique est d'au- 
tant plus remarquable qu'elle n'a point d'analogue 
dans VIliade. Elle semble attester que le récit qui suit 
a bien été originairement quelque chose d'indépen- 
dant. Du reste, aucune circonstance particulière, sauf 
l'absence d'Achille, n'indique que les exploits d'Aga* 
memnon s'accomplissent en tel temps plutôt qu'en 
tel autre. C'est en quelque sorte un type de combat 
entre Achéens et Troyens qui nous est présenté. 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 69 

Chacun des deux peuples y a ses chefs naturels, 
Agamemnon d'un côté, Hector de l'autre. 

On en vient aux mains. Tous les dieux se tiennent 
éloignés du combat, excepté Zeus qui veut le succès 
des Troyens et qui est là pour rassurer. Ce détail^ de 
grande importance, rapproché du fait de Tabsence d^Â- 
chille, marque fortement la dépendance de ce chant re- 
lativement à celui de la Querelle. Toutefois Zeus semble 
d'abord laisser aller les choses. Jusqu'au milieu du jour, 
les chances sont égales ; et si, à ce moment, l'égalité 
cesse, c'est d'abord au profit des Âchéens. Tout fuit de- 
vant Agamemnon. <c Ses compagnons à pied, nous dit le 
« poète, écrasaient les fantassins troyens qui fuyaient, 
« les conducteurs de chars frappaient ceux des chars en- 
< nemis ; sous les roues montait une épaisse poussière 
« soulevée par les pieds des chevaux. Le vaillant 
« Agamemnon massacrait tout devant lui et excitait 
« les Argiens... Sous ses coups, les Troyens, atteints 
« dans leur fuite, s'abattaient sur le sol. Des chevaux 
« secouant leurs crinières entraînaient bruyamment 
c des chars vides à travers le champ de bataille, effarés 
c de ne plus sentir la main qui les conduisait ; leurs 
« conducteurs gisaient à terre^ plus agréables désor- 
« mais aux vautours qu'à leurs épouses (1) 9. G*est un 
des caractères de ce XI° livre que d'off'rir en plus 
grande abondance que d'autres parties de Y Iliade ces 
traits descriptifs, si précis sans doute en eux-mêmes, 
mais d'une portée générale. Hector, par les soins de 
Zeus, reste à l'écart. Mais quand Agamemnon appro- 
che des murs d'Uion, le dieu se décide à l'arrêter. Il 
prévient Hector de se tenir prêt. Agamemnon, au milieu 
de ses succès, est blessé par un des fils d'Anténor et 
obligé de se retirer. Là commence la défaite des Grecs. 

A peine Agamemnon a-t-il quitté le champ de bataille 
qu'Hector excite les siens et se jette lui-même dans 

(1) V. 150-162. 



70 MAURICE CROISET. 

la mêlée « comme un épouvantable coup de vent b 
(uirepoeï tdo; àéXXt)). Ulysse ei Diomède essaient de lui 
résister et leur valeur rétablie un instant le combat. 
Hector, frappé à la tète par le javelot de Diomède, est 
môme forcé de se retirer. Mais ce n*est là pour les 
Grecs qu'un arrêt dans la défaite. Une flèche de Paris 
met Diomède hors de combat. Ulysse après lui est 
blessé et contraint de se retirer ; il en est de mémo de 
Machaon. Enfin Ajax lui-même, Tinébranlable Ajax, 
est forcé par Zeus d'abandonner le terrain. Eurypyle 
l'accompagne, blessé lui aussi, et, par leur retraite 
commune, le champ de bataille est définitivement perdu. 

On voit combien tout cela est simplement ordonné. 
Il y a deux phases pour les Achéens, celle du succès, 
celle de la défaite, la dernière étant annoncée et prépa- 
rée dès le début. Du reste, nulle péripétie à proprement 
parler. Quant au choix des personnagas, presque tous 
les héros achéens sont là, à l'exception d'Achille, et 
tous y sont subordonnés à Agamemnon, conformément 
à la conception qui nous est présentée dans le Chant de 
la querelle. Ainsi ce caractère de type que nous venons 
d'attribuer au XI* livre est tout à fait sensible. 

Il en est autrement du récit des exploits de Dio- 
mède. Ce récit comprend tout le livre V de V Iliade ac- 
tuelle et il a pour annexe le livre VI, qui en est dis- 
tinct mais qui s'y rattache de près. Même en écartant 
quelques épisodes qui ne semblent pas appartenir à la 
composition primitive, celle-ci est encore bien plus 
riche en péripéties, bien plus variée dans sa contex- 
ture que le Chant de la vaillance d'Agamemman. Au dé- 
but, Pallas Athéné donne à Diomède une ardeur et une 
force extraordinaires. « De son casque et de son boQ« 
«t clier jaillissait une flamme éclatante ; on eût dit l'as* 
A tre Sirios qui brille entre tous dans la saison d'été, 
« quand il sort de l'Océan ^ » A peine s'esl-il précipité 

(1) V. 4^. 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 71 

dans la mêlée, qu*une flèche de Pandaros le met hors 
de combat ; premier incident jeté volontairement à la 
traverse des événements. Diomëde adresse à Pallas une 
ardente prière et la déesse non seulement le guérit, 
mais encore Tencourage et Texcite. Ainsi cette faveur 
divine que nous voyions tout à Theure se manifester 
avec tant d'éclat pour Âgamemnon est ici accordée à 
Diomède d'une façon plus merveilleuse encore» comme 
si ce second récit devait enchérir sur le premier. Le 
poète énumère les victimes de son héros. Puis il lui 
suscite un adversaire digne de lui : c'est Enée; car, 
chose remarquable, Hector que l'on attendait ici, qui, 
au XI* livre, est blessé par Diomède, ne parait qu'un 
instant au Y*, et dans un passage qui pourrait être 
aisément retranché. Enée fait monter Pandaros sur 
son char et tous deux vont au devant de Diomède 
qui les attend comme il attend Hector au XI° livre, 
Un combat singulier a lieu, brillant épisode qui 
rompt habilement la monotonie d'un trop long massa- 
cre. Pandaros est tué : Ehiée, blessé par son terrible 
adversaire, n'échappe que grftce à l'intervention de sa 
mère Aphrodite. Mais Aphrodite elle-même n'est pas 
épargnée par Diomède. Elevé en quelque sorte au-des- 
sus de la condition humaine par la présence de sa 
protectrice Athéné, il s*attaque, d'après son ordre, aux 
dieux eux-mêmes et ces combats d'un homme contre 
des dieux sont la grande et surprenante invention qui 
remplit la fin de ce chant. Aphrodite, frappée par la 
lance de TArgien, est forcée de fuir dans l'Olympe. 
Apollon prend sa place auprès d'Enée et, à son tour, 
il est un instant presque menacé par la violence de 
Diomède. Ares, le Dieu de la guerre, intervient alors ; 
nouvelle phase du combat. Les Troyens ont un instaat 
ressaisi l'avantage. Enée^ guéri par Apollon, reparaît 
sur le champ de bataille. Les Achéens reculent, Dio- 
nède lui-même n'ose plus leur conseiller de tenir pied. 
Le poète prépare ainsi par un contraste habile l'effet 



72 MAURICE CROISET. 

de son dénouement. Athéné en personne descend de 
rOlympe pour donner la victoire à son protégé. Montée 
sur son char dont l'essieu crie sous le poids de la re- 
doutable déesse» elle conduit de sa propre main les 
chevaux et mène Diomède au devant d'Ares. Grâce à 
elle, le dieu est blessé par la lance du mortel et, en 
fuyant, lui laisse l'honneur d*un succès inouï. 

Ce simple exposé des deux narrations poétiques suf- 
fit à en faire apprécier immédiatement les ressemblan- 
ces et les différences générales. De part et d'autre, 
nous avons affaire à un poète de génie et, au point de 
vue de la beauté littéraire, l'un des deux chants n'est 
pas inférieur à l'autre. L'intention, des deux côtés, est 
la môme : glorifier un héros entre tous, attirer sur lui 
l'attention et le montrer comme l'objet d'une faveur 
insigne de la part des dieux. Une intention analogue 
se retrouve dans d'autres parties de l'Iliade à propos 
d'autres héros. Il est donc possible que tous ces chants 
aient été faits d'après un type commun, et il n'y a pas 
lieu de conclure de cette simple ressemblance générale 
que la Vaillance de Diomède ait été inspirée par la Fatl- 
lance d'Agamemnon. Mais voici des détails qui semblent 
plus probants. 

Diomède, comme on vient de le voir, intervient au 
XP chant après le départ d'Agamemnon. Hector s'a« 
vance contre lui. Diomède le voit venir et déclare à 
Ulysse qu'il est décidé à lui tenir tôte. En môme temps, 
il lui lance son javelot et l'atteint. Au V* chant, nous 
avons une scène analogue, mais bien plus développée. 
Elle est devenue, nous l'avons fait remarquer, tout un 
épisode. Enée, qui est l'Hector de ce chant, s'avance 
contre Diomède. Celui-ci est sur son char avec Sthéné- 
los, son ami. Sthénélos lui conseille de se retirer; 
Diomède refuse. On se rappelle l'issue du combat. Enée 
est blessé comme Hector. Or de part et d'autre, ce dé- 
nouement du combat est décrit dans les deux mômes 
vers : « le héros blessé, s'arrôtant, tomba sur ses ge- 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 73 

« noux et appuya sur la terre sa forte main ; un sombre 
c nuage voila ses regards. ' » L'attitude est frappante 
et l'expression ne l'est pas moins. Cette répétition 
semble accentuer la ressemblance des faits et des 
situations. Evidemment l'un des deux épisodes a été 
conçu à l'imitation de l'autre. 

Un rapport de même nature existe entre les scènes 
des deux chants en question dans lesquelles Diomède 
est blessé. Celle du XP livre, contrairement à ce que 
nous venons de voir dans le cas précédent, est la plus 
développée, a Alexandre, époux d'Hélène à la belle 
€ chevelure, banda son arc en visant le roi Qls de Ty- 
« dée ; il s'appuyait à une pierre funéraire dressée sur 
« le vaste tertre qui couvrait la. sépulture d'Ilos, fils 
a de Dardanos, l'un des anciens chefs du peuple. Dio- 
c( mède, penché sur le corps du vaillant Agastrophos, 
€ était en train de détacher sa cuirasse, son bouclier et 
a son casque pesant. Alexandre ramena vers lui les 
« extrémités de son arc et lança la flèche ; celle-ci ne 
« vola pas au hasard, mais elle vint percer le pied du 
« héros ; elle le traversa de part en part et se fixa dans 
<^ le soL Alors Alexandre, riant de satisfaction, bondit 
« hors de sa cachette et, tout fier, s'écria : — c Tu es 
€ touché! ma flèche n'est point perdue. Que n'ai-je pu 
a l'atteindre au bas-ventre pour te priver de la vie! 
a Alors les Troyens auraient eu quelque repos, car ils 
a te craignent comme les chèvres craignent le lion, i Le 
«vaillant Diomède, sans se troubler, lui répondit : 
« — « Homme malfaisant dont un arc de corne fait tout 
a Torgueil, séducteur de femmes, si tu étais venu en 
c face de moi, les armes à la main, éprouver ce que je 
« vaux, ni ta corde ni ta provision de flèches ne te ser- 
i( viraient de rien. Tu m'as égratigné le dessus du pied 
a et tu en tires vanité I Je ne m'en soucie pas plus que 
« si une femme ou un enfant sans raison m'eût frappé. 

(1) V. 308-310, et XI, 355-356. 



74 MAUmCB OROISffT. 

« Les traits sont sans force lancés par un homme lâche 
« et mou. Les miens ont d'autres effets ; si peu qu'ils 
« effleurent mon ennemi, leur morsure est ftpre et ils lui 
« ôtent tout courage. Sa femme se déchire les joues, 
€ ses enfants sont orphelins ; son corps, étendu sur la 
<( terre rouge de sang, pourrit, et l'on voit plus de vau-» 
« tours que de femmes s'empresser autour de lui (i). » 
Au V« livre, comme ici, c'est un archer qui blesse Dio- 
mède, et, bien que la scène soit beaucoup plus courte, 
elle reproduit quelques-uns des traits frappants de 
celle qu'on vient de lire, par exemple le mouvement de 
joie de l'archer dont la flèche vient de toucher son en- 
nemi : « Quand le fils de Liycaon (Pandaros) aperçut 
<c Diomède qui s'élançait à travers le champ de bataille 
« et chassait devant lui les masses troyennes, soudain 
% il banda son arc recourbé en le visant. La flèche Tat- 
« teignit comme il bondissait et lui perça Képaule droite 
« au défaut de la cuirasse. Le trait douloureux passa 
<c de part en part et traversa le membre ; le sang jaillit 
a sur la cuirasse. Alors, poussant un grand cri de joie, 
« le fils de Lycaon s'écria : — • En avant, vaiUants 
c Troyens, hardis à aiguillonner les chevaux. Il est 
€ touché, le plus brave des Achéens l et certes, il ne 
tt survivra pas longtemps à l'atteinte de ma flèche, si 
« vraiment je suis venu ici par l'ordre du roi fils de 
« ZeuB, qui m^a envoyé de Lycie » (3). 

Les deux rapprochements que nous venons d'étudier 
portent sur des épisodes assez considérables. En voici 
un de moindre importance qui ne doit pourtant pas être 
omis. Au XI* livre, nous trouvons, parmi les victimes 
de Diomède, les deux fils de Mérops, « devin excellent 
« entre tous qui ne voulait pas laisser ses enfants par- 
tt tir pour la guerre meurtrière ; mais ils ne lui obéi- 
« rent pas; car les kères de la sombre mort les poos- 

(1) XI, 369-395. 

(2) V, 96.1(fâ. 




ÉTUDES SUR L'ILIADE. 76 

« Baient » (I). Oe qu'il y a d'ingénieux et de touchant à 
la fois dans oe passage, c'est que le poète a su tirer de 
la profession du père une raison délicate de nous inté- 
resser davantage au malheur des enfants. Il en est de 
même au V* livre, lorsque Diomède poursuit « Abas et 
(c Polyidos, fils d^Eurydamas, vieillard habile à inter- 
«c prêter les songes; le vieux père n'eut pas de songes 
« à interpréter pour eux à leur retour; car Timpétueux 
ce Diomède les fit périr Tun et Tautre » {%). 

Enfin, si nous nous rappelons que le VI* livre est 
une annexe du V* et a été certainement composé 
pour y faire suite, nous sommes autorisés à relever en- 
core au profit de notre démonstration une ressem- 
blance très frappante entre un épisode du XI* livre et 
une scène qui figure au commencement de ce VI* : au 
XI* livre, Pisandre et Hippoloque, fils du Troyen Anti- 
maque, sont atteints par Agamemnon; tous deux se 
jettent à ses pieds et le supplient de les épargner : 
« Prends-nous vivants, fils d'Atrée, et consens à rece- 
« voir une rançon suffisante. Il y a, dans la maison de 
k notre père Antimaque, de riches trésors, de Tairain, 
te de l'or, du fer, produit d*un dur travail. Antimaque 
« tirera de là pour toi une large rançon, 8*il apprend 
« que nous sommes vivants auprès des vaisseaux des 
«f Achéens » (3). Agamemnon reste impitoyable et mas- 
sacre les deux suppliants. Au VI* livre, le Troyen 
Adraste tombe de même entre les mains de Ménélas et 
il lui adresse exactement la môme supplication dans 
les mômes termes. Les cinq vers de la prière sont ré- 
pétés mot pour mol dans les deux passages. Ménélas 
est sur le point de se laisser fléchir, mais Agamemnon 
intervient, réprime cet accès de pitié et le contraint en 
quelque sorte à tuer le Troyen vaincu. 



(1) XI. L30 sq. 

(2) V, 148 sq. 

(3) XI, 190-195. 



76 MAURICE CEOISET. 

Voilà donc toute une série de ressemblances qui 
impliquent évidemment souvenir et imitation. La ques- 
tion est de savoir lequel des deux chants a dû précéder 
l'autre. Faut-il admettre que Tordre de V Iliade actuelle 
est aussi celui de leur composition? Faut-il intervertir 
cet ordre ? Examinons ces deux hypothèses. 

Tout d*abord remarquons combien les scènes du 
XI* livre se rattachent plus directement que celles du 
V» et du VP à l'épisode fondamental de VIliade, c'est-à- 
dire à la querelle d'Achille etd'Agamemnon. Ce dernier 
est Tauteur de la retraite d* Achille. Il lui a déclaré 
devant tous les Achéens qu'il ne tenait pas à ses servi- 
ces et qu'il se passerait de lui. S'il est homme de cœur, 
et le Chant de la querelle ne nous l'a pas représenté 
autrement, il faut qu'il fasse en sorte de tenir la place 
de l'absent. Ses déclarations et la dignité de son carac- 
tère l'y obligent. Il se doit à lui-môme de montrer 
qu'Achille n'est pas nécessaire et qu'on peut sans lui 
mettre en fuite les Troyens. Le Chant de la querelle 
devait donc susciter le Chant de la vaillance d'Agamem^ 
non. Si au contraire on admet que les chants de VIliade 
ont été composés dans l'ordre où ils sont rangés 
aujourd'hui, il est bien difficile d'expliquer comment 
Agamemnon joue un rôle si médiocre dans le premier 
combat engagé après la querelle et comment c'est à 
Diomède que revient tout l'honneur. 

Une seconde raison contre l'ordre adopté peut ôtre 
tirée des actions attribuées à Diomède dans les deux 
chants en question. Au XI* livre, son rôle est secon- 
daire. Lorsque la volonté de Zeus hostile aux Achéens 
s'est manifestée, lorsqu'Agamemnon a été blessé, les 
plus vaillants s'efforcent de tenir tôte à l'ennemi et 
sont successivement blessés. Diomède parait là avec 
Ulysse et retarde de quelques instants la défaite. Gela 
serait fort naturel, si le V* livre n'existait pas. Mais 
ce livre étant ce qu'il est, on est surpris de voir Dio- 
mède si inférieur dans le XI* livre à ce qu'il a été 



ÉTUDES SUR L'ILIADE. 77 

précédemment; d'autant plus que les ressemblances 
qui viennent d'ôtre signalées accusent tout particuliè- 
rement cette infériorité et qu'il est singulier de voir 
un grand poète reproduire ou imiter des scènes déjà 
connues en les affaiblissant. Le héros semble alors 
amoindri ; nous éprouvons une impression fâcheuse en 
le voyant au-dessous de lui-même et nous nous de- 
mandons pourquoi l'imagination du poète descend 
d'une invention brillante à une autre qui l'est moins. Il 
en est tout autrement si l'on admet que le XP livre a 
été composé avant le V*. Dans cette hypothèse, ce 
serait la peinture des exploits de Diomède dans le 
chant delà Vaillance cfAgamemnon, peinture secondaire, 
je le répète, qui aurait suggéré le chant bien plus 
important de la Vaillance de Diomède. L'auteur de ce 
second chant, qu'il fût ou non celui du premier, a 
voulu enchérir sur ce qui avait déjà été fait, et comme 
le principal des chefs grecs en l'absence d'Achille, 
c'est-à-dire Agamemnon, avait été déjà le héros d'un 
récit poétique particulier, il a pris le second de ces 
chefs, Diomède, et il en a fait de môme le héros d'un 
récit semblable. Mais dans son désir de surpasser son 
devancier ou de se surpasser lui-même, il a eu recours 
à des inventions plus rares. Le combat épisodique de 
Diomède contre Hector au XP livre est devenu dans le 
V* le combat bien plus développé du même héros 
contre Enée. En outre, les héros du XP livre combat- 
taient contre des hommes ; celui du V" combat contre 
des dieux qu'il met en fuite. Nous ne voyons rien de 
pareil dans toute Ylliade, pas même dans Tépisode 
d'Achille et du Xanthe, où le mortel ne lutte pas à 
proprement parler contre le dieu. G*est le besoin de 
frapper toigours davantage les imaginations qui a dû 
suggérer une conception si hardie. 

Enfin une dernière raison à l'appui de notre hypo- 
thèse. Enée, au Y* livre, est incontestablement le pre- 
mier parmi les Troyens, tandis qu'Hector ne parait 



78 MAURICE CROISET. — ÉTUDES SUR UILIADE. 

qu*au second rang. Comment expliquer cela, si le 
combat raconté dans ce livre est le premier après la 
querelle? D'où viendrait, dans ce caS| que le plus 
vaillant et le plus redoutable des Troyens ne fût pas 
immédiatement le plus en vue? Rien de plus naturel 
au contraire si le V* livre a été inspiré par le XI*. Le 
poète a voulu changer de héros et, de même qu'il 
donnait à Diomède la place d'Âgamemnon, il a donné 
aussi à Enée celle d'Hector. 

En résumant tout ceci, nous arrivons à croire que les 
deux chants en question ont été composés d'une ma- 
nière indépendante, mais que le XI* a précédé le W 
L'auteur du Chant de la querelle a dû composer d'abord 
la Vaillance d^Agamemnon^ qui se rattachait à la Querelk 
à peu près comme le chant de Demodocos sur La prise 
dlUon, dans le VIII* livre de Y Odyssée, se rattache à 
celui de la DisptUe d'Ulysse et d'Achille. Ces deux chants 
ne formaient pas un ensemble à proprement parler, mais 
ils étaient propres par leur connexité à être récités 
successivement à peu d'intervalle de temps Tun de 
l'autre. Plus tard Tauteur de la Vaillance d'AgamemnoHf 
ou un autre aède d'un génie égal, ce qui est peut*6tre 
moins vraisemblable, a composé, en s'inspirant de ce 
chant, la Vaillance de Diomède et sa suite naturelle, le 
livre VI actuel, qu'on pourrait intituler Hector dans 
Troie* Il n'y avait, dans sa pensée, aucune relation 
chronologique entre les exploits d'Agamemnon et ceux 
de Diomède. Mais lorsqu'on rassembla les chants épars 
qui composèrent Y Iliade,- il fallut bien en créer une. Or 
les exploits de Diomède ne pouvaient guère ôtre admis 
dans la seconde partie du poème où les Achéens 
doivent avoir le dessous. Il fallut donc les rejeter dans 
la première partie, et ils y sont restés. 



ESQUISSE D'UN EXAMEN CRITIQUE 



DK 



LA THÉOGONIE D'HÉSIODE 



PAR M. Em. Eogkr 

MBMBRE SE I.*INSTITUT 



Gomme agrégé de la Faculté des Lettres, suppléant 
M. Boissonade dans la chaire de littérature grecque, 
j*avais pris, en 1841-42, pour sujet du cours, une étude 
sur les plus anciens historiens. Par une disposition 
naturelle à la jeunesse, je m^étais engagé dès Tabord 
dans une philosophie qui me paraissait profonde et qui 
peut-être ne Tétait qu'en apparence, de la science et de 
Fart historique. Mais, dès la cinquième leçon, je m'é- 
tais rapproché des faits eux-mêmes, en examinant la 
valeur de la mythologie et des vieux symboles, consi- 
dérés comme éléments de Thistoire primitive de THel- 
lénisme. Gela nous amenait à étudier la Théogonie d'Hé- 
siode. L'esquisse que Ton va lire est fidèlement repro** 
duite d'après les notes, et analyses qui servaient de 
texte à la leçon môme et de soutien à une exposition 
sérieusement préparée, mais improvisée après cette 
môme préparation, au risque de quelques irrégularités 



80 EGOER. 

de langage, que le public pardonne volontiers, quand 
on croit 8*6tre montré digne de sa conQance par une 
consciencieuse étude du sujet. 

Le morceau que je présente aux lecteurs de TAn- 
nuatre porte peut-être encore quelques traces de Tâge 
où il a été écrit. On me les pardonnera, si Ton veut 
bien remarquer|qu*aprës quarante ans et plus, et aveugle 
comme je le suis aujourd'hui, il m*est bien difficile, si- 
non impossible, de revenir à fond sur des études qui, 
alors à peu près neuves en Sorbonne, y rencontraient 
une vive curiosité chez les auditeurs, et assuraient au 
suppléant de M. Boissonade une assez large part d'in* 
dulgence et de sympathie. 

D'ailleurs, autant que j'ai pu me tenir au courant des 
travaux de la philologie moderne sur le poème hésio- 
dique, je ne crois pas que la critique ait à changer no- 
tablement de point de vue pour l'apprécier (i). Gela 
m'excusera de livrer à l'impression, pour les amateurs 
des lettres grecques, des pages que, dans d'autres con- 
ditions, je me serais fait un devoir de remanier, une 
thèse que j'aurais voulu rendre plus persuasive en la 
développant. 



(1) (Tétait déjà le point de yne où se plaçait M. Ouigniaut, en 1835, 
dans sa thèse sur la Théogonie d^Hésiode, et dont ne s'écartent sen- 
siblement ni Otfiried MttUer, dans la huitième de ses mémorables le- 
çons sur la littérature grecque, ni M. Jules Girard, dans son beau livre 
sur le Sentiment moral et religienz chez les poètes grecs (Paris, 1SG9, 
p. 73). 



LA THÉOGONIE D'HÉSIODE. 81 



ORIGINES DE l'hISTOIRE DANS LES PLUS ANCIENS MO- 
NUMENTS ÉPIQUES DE LA GRÈGE : THÉOGONIE d'HÉ- 
8I0DB. 



On sait quelle est, en théorie, Timportance du symbolisme et 
de la mythologie à Torigine de la civilisation, et comment il est 
possible d'y retrouver les premiers traits de Thistoîre des peu- 
ples. 

Nous commençons à le prouver par quelques exemples. 

Or la tradition mythologique des Orecs existe aujourd'hui pour 
nous assez complète dans les compilateurs et les scholiastes, par 
exemple dans la Bibliothèque d'ApoUodore. 

Mais il ne peut nous convenir ici de puiser à des sources aussi 
récentes, et nous choisirons de préférence les ouvrages qui, par 
la date de leur composition, se rapprochent des temps mêmes 
dont nous y recherchons Thistoire. 

Nous avons vu, Tannée dernière, qu'une collection formée, 
selon toute apparence, entre Pisistrate et Périclès, réunissait, 
nous le nom de Cycle* épique, dix-huit poèmes qui racontaient 
rhistoire du monde depuis la création jusqu'à la mort d'Ulysse 
tué par son fils Télégonus, c'est-à-dire jusqu'aux limites de la 
période héroïque. 

C'était le répertoire choisi de la tradition grecque, dont il ne 
nous reste aujourd'hui que deux ou trois poèmes originaux et 
complets, VIliade, VOdyssée, et peut-être la Théogonie d'Hé- 
siode, si toutefois la Théogonie qui ouvrait le Cycle épique 
était celle d'Hésiode, et non pas celle d'un certain Cynéthon ou 
Gynéthus de Ghio . 

Quant aux Argonautiques qui nous sont parvenues, celles 

Annuairb 1885. 6 



82 EOOER. 

d* Apollonius comme celles du faux-Orphée appa^ennent évidem- 
ment à des époques trop récentes pour être rangées dans la classe 
des vieux poèmes épiques de la Grèce. 

Au contraire, la Théogonie qui porte aujourd'hui le nom d*Hé- 
siode, par les fictions qu^elle raconte, se place au premier rang 
pdtai les poèmes cycliques ; et, par le canuStère de sa forme 
joint au témoignage unanime de Tantiquité, elle remonte aux 
origines mêmes de la poésie grecque. 

La Biographie d*Hésiode n'est guère plus complète ni plus 
sûre que celle d'Homère. La liste de ses ouvrages est fort sus- 
pecte d'interpolations nombreuses. De ces ouvrages mêmes, il n'en 
est qu*un seul, Les Œuvres et les Jours, dont l'authenticité fut 
universellement admise par les compatriotes d'Hésiode et par les 
critiques anciens. Néanmoins, citée par Hérodote à côté des poè- 
mes d'Homère, attaquée ou interprétée par Xénophane et Pjrtfaa- 
gore comme le recueil sacré des traditions religieuses et primiti- 
ves de la race grecque, la Théogonie revendique à bon droit une 
place dans notre examen avant Y Iliade, à laquelle elle se r«tta- 
che naturellement par ses annexes, les Catalogues des femmes 
ou grandes Eœes, comme nous verrons bientôt se rattacher i 
V Odyssée le poème des Œuvres et jours* 

Ainsi le personnage poétique d'Hésiode que» pour le àve io 
passant, la science alezandrine divisait déjà en deux, bien smmi 
la critique moderne, sera double pour nous. 

D'abord nous étudierons le poète de la Théogonie, le rédacteur 
de fables traditionnelles dont quelques-unes touchent an heiCMi 
même de la nation grecque. Il aura pour continuateur le poète de 
la guerre de Troie. Ensuite nous chercherons, dans les Œuvres 
et les jours, le peintre naïf de la vie contemporaine et nous le r^ 
prêcherons naturellement d'un autre Homère, de eelni qui, daai 
VOdyssée^ nous a montré sous une autre face la vie hellénique, de 
celui qui nous en a décrit les détails intimes après nous en avoir 
montré les grandes et terribles péripéties. 



LA THÉOGONIE D'HÉSIODE. 83 



n 



G^ posé, abordons la Théogonie d*Hésiode et Toyons cô 
qii*âUe renferme. 

C*e8t un poème de mille vers environ, sur lesquels il fftttt re- 
trancher une ou plusieurs invocations aux Muses, occupant les 
cent quinze premiers vers, et qui, malgré quelques incohérences, 
offre cependant une assez remarquable unité d*intention et de 
couleur poétique. 

Les neuf cents vers qui restent résument, en un récit de pro- 
portions fort inégales et d*ailleurs interpolé en plusieurs en- 
droits : 

1^ Une peinture du monde avant la création. 

2® Le drame de la création accomplie par la puissanee réanié 
d*Oarano8 {le Ciel) et de Géa fia Terre) é 

La double génération des fils qui naissent de leur atnour. 

La révolte de la seconde génération des fils d^Ouranos et àé 
OèÊL, les Titans, et le triomphe de Tun d'eux, Kronos, qui finit 
par régner seul, en plongeant ses frères dans Thorrible séjour du 
Tartare. 

3** L'histoire des fils de Kronos et de Rhéa, sa sosur, et par- 
ticulièrement de Zens ou Jupiter. La lutte de ce dernier contre 
Bon père À l'aide des Titans, qvC'û a un instant tirés des enfers 
pour les y replonger ensuite. Enfin, le triomphe de Jupiter dont 
Fempire est accepté par les dieux olympiens» dieux favorable à 
rhumanité ou bienfaiteurs (S<ijitf)p$ç èdm). 

4^ L'organisation du monde^ sous la dominatiott des frères et 
des enfants de Jupiter. 

Quelques-uns de ces enfants, nés de femmes mortelles, sont 
nommés dans les derniers vers de la Théogonie^ et le poète lai-* 
méflie termine en annonçant qu'il va parler des femmes aimées 
pttr les dieux et devenues mères des héros demi-dieux. C'est la 
tnmsition an Catalogue des femmes on Eœes dont nous pouvons 



84 ËGGER. 

nous faire une idée par le fragment authentique qui s* en est con- 
servé dans le morceau intitulé Xoxtç 'HpjxXrjO^ ou Bouclier 
d*Hercule, ouvrage d^ailleurs d'une date évidemment plus récente; 
c'est-à-dire que, des hauteurs du ciel, nous voici descendus avec 
le poète au milieu des hommes, au milieu des héros de VIliade, 
Sous sa forme extérieure, c'est donc une véritable arrière- 
scène du monde Iliaque que cette vaste généalogie des dieux et 
des héros, qui part du Chaos pour arriver à Anchise, Enée, 
Ulysse et Télégonns. 



m 



Maintenant, la Théogonie d'Hésiode n'est-elle que cela? n'a« 
t-elle pas un autre sens, plusieurs autres sens qu'il faut saisir et 
montrer? 

Hérodote a écrit : c D'où est né chacun des dieux, s'ils ont toai 
existé toujours, quelles sont les figures qui les caractérisent, les 
Grecs l'ont ignoré longtemps ; ils ne le savent, pour ainsi dire, 
que d'hier. Hésiode, en effet, et Homère ne paraissent être mei 
aînés que de 400 ans et pas davantage. Ce sont eux qui ont com- 
posé la théologie des Hellènes, qui ont donné aux dieux lean 
surnoms, qui leur ont assigné des fonctions et des honneurs dis- 
tincts et qui ont décrit leurs figures. Quant aux poètes, que l'on dit 
avoir existé avant ces deux hommes, ils sont venus, à mon seoi 
du moins, après eux.. •» (Livre U^ ch. 53.Trad. de M. Guigniaut). 

Que faut-il voir dans cette prétendue création de la mythologie 
grecque dont Hérodote fait honneur aux deux grands poètes î 

Ont-ils réellement inventé, créé ce monde des dieux? et, 8*il3 
l'ont créé, dans quelle vue religieuse et philosophique? 

P II n'appartient pas à un seul honune de dire à tout un peu- 
ple : Voici ce qu'il faut croire sur le présent, le passé et l'avenir; 
tout au plus lui commanderait-il ce qu'il faut Caire ; mais la fo^ 
religieuse aux mystères de la création, mais le symbolisme pro- 
fond et multiple qui en exprime les divers actes, ce sont là àes 



LA THÉOGONIE D*HËSIODE. 85 

œuvres éminemment populaires qui s*ébauchent par Tinstinct 
poétique et religieux des peuples et qu*achèye le travail de plu- 
sieurs siècles. 

Seulement, ce corps de doctrines populaires reste incertain et 
flottant, exposé à mille altérations, tant que le génie d*un poète 
n^est pas venu le fixer sous une forme durable et par une synthèse 
puissante. Tel a été le travail d*Homère et d'Hésiode sur la 
vieille mythologie des Hellènes; ils en ont arrêté Tincessante 
mobilité, ils en ont fixé les traits généraux pour plusieurs siè- 
cles et voilà pourquoi Hérodote a pu les appeler les représen- 
tants et comme les pères de sa religion. 

2<> Dans quelle vue religieuse et philosophique a été composée 
la Théogonie? Quelles réalités peut-on apercevoir derrière ces 
noms des dieux primitifs, derrière le drame de leurs terribles 
luUes? 

On y découvre d*abord une évidente peinture des premières ré- 
volutions physiques du globe, une tentative hardie pour expliquer 
le mystère et les phénomènes de la création. 

Sous ce rapport, Tallégorie est diaphane et n*offre aucune prise 
à rEvhémérisme. 

Géa, Ouranos, Kronos, Métis, Mnémosyne ne sont et ne peu- 
vent être que le ciel, la terre, le temps, la pensée, la mémoire. 
Il y a plus, leurs noms, dans le poème, sont tour à tour employés 
dans le sens propre et dans le sens figuré, et comme désignant 
des personnes. Typhœus ou Typhon, le dernier des enfants de 
Géa, le dernier des ennemis que suscite à Jupiter le génie de la 
matière et du désordre, n*est autre que le volcan qui menace le 
ciel de ses cent bras, vomit le feu de ses cent bouches, jusqu*au 
moment où une force supérieure le réduit à cacher sous les ro- 
chers de Théra ou de TEtna sa fureur impuissante. 

En un mot, comme Ta dit M. Guigniaut, c la succession des 
générations divines représentant symboliquement les grandes 
phases de la création du monde dans Tespace et dans le temps, 
telle est la donnée fondamentale de la Théogonie, comme la 
guerre des Titans et des dieux ol3rmpiens en est Faction princi- 
pale et en forme le nœud. > 

Mais cette action, si Hésiode Ta nouée, d'autres du moins lui 



86 EGOSR, 

en AT^ent fjoanâ I09 élfypàenU, TtmU aeite mythalogio, en effislt 
porte le cAehet 4*wia époque d*entwiM : ce $oni bien là 1m pr»i> 
miers efforts de rimagination populaire pour repréMnter U 
fiuuM des vieux figes, pour peupler le vide do ees sièole« iaetlcn- 
lables. 

Le poète et son propre temps a'apparaisseot pas encore d«ii« 
ce travail. J^es hommes qui ont imaginé la sanglante fietûm 
d*Ourano8 mutilé d*ua coup de faux p^r un de ses fils, au mouumt 
oti il VA s*approcber de leur mèrei «elle de Kronos dévorant sas 
enfants pour les vomir ensuite ; celle de Jupiter avalant sa pf«* 
mière épouse avec le fruit qu*elle portait dans son sein pour 
échapper lui-même au traitemmit qu*il av^t fait subir à son pro- 
pre père, ceux-U ne faisaient point encore de beaux vers épiques 
comme les vers de la Théogonie, et c*est peut-être tout ce que 
ce poème peut nous apprendre de leur histoire. 

Quant au siècle d*Hésiode, quant au personnage d'Hésiode* ce 
qui nous le révèle dans la Théogonie, ce sont, outre la beauté du 
langage poétique, quelques mythes çà et lA semés & travers bob 
épopée divine, pi^r exemple ; le mythe de Prométbée, symbole 
transparent de la révolte de Fintelligence humaine ecmtre son 
créateur ; le mythe de Pandore, gracieuse, mais satirique allégo- 
rie de Torigine du mftl sur la terre. Ce sont les curieuses étymo** 
logies des noms d* Aphrodite (v, 195 suiv.)« des Titnns (209), de 
^érée (S33), etc., comme nous en retrouverons dans Homère, 
comme on en lit plusieurs dans les tragiques : première tentative 
de Tesprit critique, pour justifier aux yeux de la raison les fa« 
blés grossières léguées aux Hellènes par la tradition de leurs 
pères. 

Mais une grande idée plane sur toute la Théogonie d^Hésiode 
et en fait réellement pour noua le premier monument historique 
de Tancienne Grèce, Fidée chronologique, celle d'une coordina- 
tion des faits mythiques, en vue de rattacher le passé au présent 
et même à Tavenir, o^r le poète semble avoir quelque Instinet de 
cette destinée finale de la sagesse, il répète plusieurs fois que les 
muses lui révèlent le passé, le présent et Tavenir (v. 32). 

Le génie de l'histoire vient donc réellement d'apparaître, nous 
le retrouverons bientôt sous une autre forme dans VBiade^ 



LA THÉOGONIE D'HÉSIODE. 87 



CoNOLtrnoN. ■««- Le génie de l'histoire, avoiis-iiouB dit; et ce- 
pendant tout ce que nous yeDons d'indiquer dans la Théogonie 
d*Hé8iode« tout ce qu'on y pourra recueillir par un examen plus 
attentif se réduit à des notions bien ya^es de la yêrité du passé. 

Ignorance des faits réels, promptitude et facilité ambitieuse à 
y suppléer par la fiction, tels sont les caractères de cet âge re« 
présenté par Tépopée hésiodique. 

Une réflexion nous rendra plus indulgents peut-être à cet 
égard. 

L'hiatoire des premiers siècles de Thumanité, Fhistoire de son 
enfimoe est comme celle de Tenfance de Thomme : comparaison 
bien neille et toujours Traie. 

Quand la raison s'éveille dans l'homme et qu'elle veut revenir 
sur le passé, quand elle veut retrouver les vicissitudes qu'elle a 
parcourues pour arriver à une pleine conscience d'elle-même, 
elle ne renoontre en ce périlleux voyage qu'obscurités et incerti- 
tudes. 

La Jeunesse oublie l'enfance, l'ftge mûr oublie la jeunesse ou 
du moins il ne saisit sur cet espace à Jamais écoulé que quelques 
points lumineux. 

liais comment s'est formée chacune de ses croyances, chacune 
de ses passions, à quelle heure et sous quelle forme apparut en 
lui chacune des grandes facultés qui constituent son être? Il n'a 
sur tout cela que des conjectures. Cette seconde création de son 
être moral, création lente et successive, création à laquelle con- 
tribuent et sa volonté propre et la volonté de ceux qui l'entourent 
et les mille influences du monde extérieur, lui apparaît comme 
un chaos d'où sa virilité intelligente est un jour sortie par un 
sublime effort. Il sent qu'il est homme, qu'il s'est fait homme et 
qu*on l'a fait homme. Mais comment? Il ne peut vous le dire que 
par énigmes et par symboles ; il a sa petite Théogonie où les Ju- 
piter et les Titans sont les passions et les facultés de son âme, 
où les batailles sont les douloureuses luttes de l'instinct du mal 
contre l'instinct du bien, où le triomphe de Jupiter c'est le triom- 
phe du libre-arbitre sur les puissances ennemies qui l'obsèdent et 



88 EGGER. 

Tenchalnent. Souvent même cet état violent se prolonge bien 
avant dans la vie et alors il fait ces drames de la conscience que 
vous lisez dans le Psalmiste et dans les prophètes, que vous re- 
trouvez dans les dialogues de Platon, il prolonge pour les int^« 
ligences les plus fortes cette faiblesse et cette enfance, condition 
universelle de notre personnalité humaine. 

Mais c*est surtout dans le premier &ge, c'est dans Tftge vrai- 
ment héroïque de Thomme, que sont réunies toutes les ténèbi^es, 
toutes les luttes, toutes les phases de sa création progressive, 
c*est là qu* elles nous apparaissent ensuite enveloppées de nuages 
qui souvent nous les rendent méconnaissables. Eh bien ! qui de 
nous ne place dans cet âge le règne d*un bon et d*un mauvais 
génie ; qui de nous n'explique à sa manière, par son imagination 
et pour elle les phases principales de son initiation aux mystères 
de la vie ? Qui de nous ne personnifie dans un ami ou dans un 
maître les idées qui le dominèrent à ces diverses époques? Et 
croit*on que cette mythologie soit bien claire et bien précise, 
qu*elle reproduise bien exactement tout ce qui se passa en nous 
durant nos vingt premières années ? Quand vous observez une tête 
d*enfant, une de ces têtes pensives et intelligentes, ouvertes A 
toutes les impressions du dehors, à toutes les expansions du plai- 
sir intime comme de la douleur, ne vous prenez*vous pas & re- 
gretter que ce petit être n*ait pas encore votre œil observateur 
pour voir tout ce qui s*agite au sein de lui-même, votre langage 
savant pour vous traduire tout ce petit drame de sa conscience? 
Ainsi j'aurais bien voulu assister avec Yico, Ballanche etCrau- 
zer aux premiers âges de Thumanité, j'aurais bien voulu saisir et 
constater à leur naissance les phénomènes multiples de sa créa- 
tion, de ses progrès. Mais ce vœu sera toujoura une chimère, 
mais la nature humaine, à son enfance, n'eut pour observateurs 
que des hommes enfants et voilà pourquoi les premières pages 
du livre de l'histoire sont écrites d'une main si confuse et si 
tremblante. Ne prétendez donc pas aujourd'hui les déchiffirer 
tout entières, ne demandez pas à la Théogonie d'Hésiode plus de 
lumière, plus d'histoire positive qu'elle ne peut en offrir : le va- 
gue et Tobscurité sont ici dans la nature du sujet que nous étu- 
dions et si, par hasard, j'avais été trop clair dans cet exposé, ce 



LA THÉOGONIE D'HÉSIODE. 89 

serait ma fante peut-être. Nous aurions parlé de Thucydide au 
lieu d*Homère et d'Hésiode (1}. 



(1) A quelque distance de cette leçon, j*ai été vraiment heureux de 
retrouver chez un ancien la pensée contenue dans les dernières lignes 
qu'on vient de lire. Diodore de Sicile, après avoir transcrit maintes 
légendes de Tancienne Grèce, y ajoute la réflexion suivante : « Quel- 
ques lecteurs, par une erreur de jugement, recherchent dans les vieillies 
traditions fabuleuses une exactitude égale & celle de lliistoire de no- 
tre temps... En général, dans les récits fabuleux, il ne faut pas cher- 
cher à tout prix une vérité rigoureuse. » (Bibliothèque Historique, 
IV. 8.) 



SUR 

UN PASSAGE DE L'ILIADE 

(xvm, 497-4(08) 

PAB M. R. Dabkstb 

MEMBRE DE L'INSTITUT 



Homère, Iliade, XVIII, 497-508 : 

Aool V th ^Yopi) êcrocv à8p6ot - 2v6a 3à vetxoç 
lQp(i>pet, 860 S'ovSpeç iveCxsov eTvexA icoivyJç 

''k}fj^ V téoOtiv èxt toTopt xEtpap iXiaOoi. 
Aoot 3'à(jifOTépot9tv èxi^icuov, ipLçtç dip(i»Yo( ' 
Ki^puxsç 8'apa Xo^ ipi^tuov * ol Se Y^povTeç 
Etax^ èict ÇeoTOifft XCOotç iep(^ èvl x6xX(o, 
Zxi^xrpa & xi^p^xxov èv X^^^ ^ov il^epof (î»v<i)y. 

ToTotV SlCStT' ^t990V, Â(AOt6Y2&lÇ 8à SCxo^ov, 

KeiTO 8'ap' èv (Aéaooiat Suco xpuooto xdXona 
T(^86iJbev, &ç |Aexà xoioi ^(xijv iOùvxaxa eiicoi. 

« Le peuple se pressait dans l'agora. Là s'était éle- 
vée une querelle. Deux hommes se querellaient pour 



SUR UN PASSAGE DE UILIADE. 91 

le prix du sang d'un homme tué. L'un voulait tout 
payer et s'adressait au peuple, Tautre refusait de rien 
recevoir. Tous deux se décidaient à aller devant un ar« 
bitre pour y terminer leur différend. Le peuple les ac- 
clamait Tun et l'autre et chacun d'eux avait ses parti- 
sans. Des hérauts contenaient le peuple. Les vieillards 
étaient assis sur des pierres polies, dans l'enceinte con- 
sacrée, et leurs bâtons étaient dans les mains des hé« 
rauts dont la voix fait retentir les airs. Ils se levaient 
ensuite en prenant ces bâtons et jugeaient à tour de 
rôle, A terre, au milieu d'eux, étaient deux talents d'or, 
pour dçnner à celui d'entre eux qui rendrait le juge- 
ment le plus droit. ■ 

Le tableau tracé par le poète contient plusieurs mo- 
ments distincts et successifs, comme tous les tableaux 
du Bouclier d'Achille. Celui-ci nous montre un procès 
pour meurtre. Un homme a été tué. Le meurtrier est 
exposé h la vengeance des parents du mort. Il s'adresse 
au plus proche parent, dans l'agora, en présence du 
peuple, et lui offre le prix du sang, tk ûxo^évia. La loi 
désire que cette offre soit acceptée, elle a môme un mot 
pour exprimer le fait de l'acceptation, c'est le verbe 
atSeiffOm. Celui qui refuse de se réconcilier est àvaiHiç. 
La pierre sur laquelle il se tient devant l'aréopage est 
dite pierre du ressentiment implacable, Xi^oq àvaiSsCaç (1). 

Ici commence le second acte. Les deux parties con- 
viennent de se rendre devant l'arbitre, c'est-à-dire de- 
vant le tribunal des anciens, qui décidera si le prix du 
sang doit être accepté ou refusé. Le peuple accompa- 



(1) Tnofovlat dit Harpocration, rà înl fév^ 9iiôfitva xp^A^kt* Tor« 
oUiioii roû fOvtuOivTOif tvot /lii èntHotaty, 

AiUvaaBatf porte la loi de Dracon (Ditteaberger, Sylloge inscrip- 
tionum gnecarum n* 45). 

DanB VOdytêée, le rocher de Sisyphe est appelé le rocher impla- 
cable : :rc$ov2f xuà^vScto Xmç étvac^^f. 



9-2 DARESTE. 

gne les parties et se partage pour soutenir Tune ou 
l'autre en poussant des cris. L'arbitre, ^Iata>p, n*a 
qu'une juridiction volontaire. Il n*a pas le droit de 
poursuivre, ni de se saisir lui-môme. Il faut que les 
parties se présentent devant lui spontanément et d*un 
commun accord. 

Enfin, au troisième acte, nous assistons au dénoue- 
ment. Des hérauts contiennent le peuple et le forcent 
de se tenir à distance. Au centre sont les juges, c'est- 
à-dire les vieillards, assis sur des pierres polies qui 
forment un cercle, enceinte consacrée qu'il est interdit 
aux profanes de franchir. Ils donnent leur avis Tun 
après l'autre. Deux talents d*or sont placés à terre, au 
milieu des juges et seront donnés en récompense à ce- 
lui qui aura le mieux jugé (i). 

L'explication que nous venons de donner n'est pas la 
plus répandue. Elle a été proposée en 1829 par MUns- 
cher, adoptée par Passovsr et d'autres, et défendue en 
dernier lieu par M. Hofmeister dans un article de la 
Zeitschrift fur vergleichende Bechtswissenchaft, tome II 
(1880) p. 443. Au point de vue philologique et gramma- 
tical, eUe ne paraît soulever aucune objection, mais les 
raisons décisives qui doivent la faire accepter définiti- 
vement sont surtout des raisons juridiques. L'inter- 
prétation habituelle est très ancienne, elle a pour elle 
l'autorité des scholiastes, mais elle ne rend pas compte 
du drame tel qu'il s'est présenté à l'imagination du 
poète et de ses contemporains. 

Voici cette interprétation, telle que la donne Schce- 
mann dans son excellent manuel des antiquités grec* 
ques. c Deux hommes plaident pour la rançon d'un 
meurtre : l'un affirme avoir tout payé, l'autre nie avoir 
rien reçu. Les anciens siègent dans l'enceinte réservée 



il) Deux talents d*or ne font, en réalité, qu*une somme modique. 
Dans un autre passage de VIliade (XXIII, 267), c'est le quatrième des 
prix proposés par Achille aux coureurs* 



i" -^ 



SUR UN PASSAGE DE UILIADE. 93 

que Ton peut supposer être une partie de Tagora. Au- 
tour se tient une foule nombreuse qui, bien que sans 
fonctions judiciaires, prend une part active à ce qui se 
passe. Aussi les plaideurs ne s^adressent-il pas unique- 
ment aux anciens, mais à tous les assistants qui ne 
craignent pas de se prononcer par des signes bruyants 
en faveur de Tune ou de l'autre partie, d'où leur vient 
le nom d'dp(0Yo(, auxiliaires. Cet usage rappelle les co« 
jureurs de l'ancien droit germanique, avec la différence 
que les àpia^l d'Homère n'encourent pas de responsa- 
bilité et que leur intervention n'est soumise à aucune 
forme régulière. Les plaideurs sont d'accord pour s'en 
rapporter à la déclaration d'un témoin (èm toropt). Les 
juges, tenant à la main le bftton des hérauts, se lèvent, 
pour opiner, dans l'ordre des sièges qu'ils occupent. 
Au milieu d'eux soilt placés deux talents d'or, destinés 
sans doute au vainqueur. Nous retrouvons là quelque 
chose d'analogue à la icapaxaTa6oXi^ que, chez les Athé- 
niens, chacune des parties déposait à l'ouverture des 
débats et dont la perte aggravait à titre d'amende la 
situation du plaideur malheureux fpcsna temere liti- 
gandi (1). » 

Ainsi, d'après la tradition dont Schœmann s'est fait 
l'interprète, toute cette scène se réduit à un procès vul- 
gaire sur la réalité d'un payement. C'est une simple 
question de quittance. C'est pour cela que le peuple se 
passionne et prend parti I Mais le prix du sang ne se 
paye pas à huis clos. Le payement est toujours un 
traité de paix entre deux familles. Il se fait publique* 
ment, en présence de témoins. On ne comprend pas 
qu'il puisse s'élever une contestation sur ce point. Au 
contraire, dans l'interprétation nouvelle, la scène est 
d'un intérêt saisissant. Il s'agit de savoir si les deux 
familles seront en paix ou en guerre, si les parents du 



ri) Schœmann, Griechische Staaisalterthiimer, t. I, p. 38. Nous 
empruntons la traduction de M. Galuski (Parisi 18S4). 



94 DARESTE. 

mort renonceront à leur droit de vengeance. Il n'est 
pas de question plus grave chez les peuples primitifs 
qui pratiquent les guerres privées et la vengeance du 
sang. Ceux qui en douteraient n'ont qu'à lire les sagas 
islandaises et notamment celle de Nia]« 

Jusqu'ici l'interprétation de Schœmann n'est qu'in* 
Vraisemblable. Dès le cinquième vers, elle devient im- 
possible. D'abord Schœmann confond les trois actes du 
drame. U suppose que dès le début les parties sont 
devant les juges et qu'elles plaident leur cause en s'a<^ 
dressant au peuple, c'est-à«dire à l'auditoire et non au 
tribunal, comme si le respect de la justice permettait 
aux plaideurs de parler à d'autres qu'aux juges et au* 
torisait les manifestations des assistants. C'est seule-* 
ment au cinquième vers que les parties après s'être 
querellées dans l'agora, se décident d'un commun accord 
à se rendre devant la justice. Ici l'erreur de Schcsmann 
est encore plus manifeste* Il croit que les parties, con^ 
viennent de s'en remettre à la déclaration d'un témoin, 
mais il n'y a rien de semblable dans l'antiquité grecque. 
On ne connaît aucun exemple d'un compromis pareil. 
C'est une procédure qui ne se comprend même pas. Ce 
témoin est sans doute un témoin du payement, mais 
alors il est nécessairement un témoin qui avait été ap«* 
pelé pour assister à l'acte, un témoin instrumentaire, 
et alors comment le fait du payement a-t-il pu être 
contesté? Aussi bien latiop signifie un arbitre et non 
un témoin (1). Quant aux àpwrfoi qui paraissent à Schœ« 
mann les ancêtres des cojureurs ou Eideshelfer du droit 
germanique, nous ne pouvons voir en eux autre chose 
que des gens qui prennent parti pour Fun ou l'autre 
des deux plaideurs. Le poète ne parle pas de serment, 
ni par conséquent de cojureurs. 

Si les parties se sont entendues pour s'en rapporter 



(1) Pierron Tontend bien ainn, cni icropi, apud ccgniuyrem, dans 
son édition de VIliade (1869), t, U, p. 254. 




SUR UN PASSAGE DE L*ILIADE. 95 

à la déclaration d'un témoin, il n'y a qn'à entendre ce 
témoin et tout sera dit. Il n*y a plus rien à juger et par 
conséquent toute délibération est inutile. Nous voyons 
pourtant que la délibération s'ouvre et que la discus- 
sion est sérieuse, puisque chaque juge vient parler à 
son tour. 

Enfin Behcemann pense que les deux talents d'or pla- 
cés au milieu des juges sont destinés à ceUe des par^- 
ties qui gagnera son procès. Il rappelle à ce propos la 
tofûBMLxaSoMi du droit athénien; il aurait pu rappeler 
aussi le Sacramentum de l'ancienne procédure romaine. 
Cette explication peut se défendre. L'autre, cependant, 
nous parait préférable, car à proprement parler ce 
n'est pas d'un procès qu'il s'agit, mais d'un arbitrage. 
Le tribunal intervient pour régler les conditions d'une 
transaction entre les parties. On ne peut donc pas dire 
que l'une gagne, ni que Tautre perd. De plus l'idée 
d*une récompense à donner au juge n'a rien d'extraor- 
dinaire dans une société primitive. Le diétète athénien 
recevait de chacune des deux parties une drachme. 
C'est dans ce fait, selon nous, qu'il faut chercher une 
analogie, et non dans la icapaxaiafoX'^, laquelle profitait 
à l'Etat et non au gagnant. 

Le salaire des juges a ici ce caractère particulier 
qu'au lieu d'être également réparti entre tous ceux qui 
concourent au jugement, il est attribué en entier à ce- 
lui qui aura le mieux jugé. C'est là une idée qui nous 
paraît singulière et dont nous ne connaissons pas d'au- 
tre exemple, mais après tout elle n'a rien d'invraisem- 
blable. Le juge qui aura le mieux jugé est sans doute 
celui dont l'avis aura été suivi dans la fixation du 
chiffre de l'indemnité. C'est d'ailleurs ainsi que l'en* 
tend un scholiaste. 

Il reste un dernier point à élucider : M. Hofmeister 
pense que l'ioriop est seul juge et qu'il prend l'avis des 
•(ipont^y avis qu'il n'est pas obligé de suivre. Nous 
croyons plutôt que l't^TiDp et les Y^povxeç sont une seule 



» DARESTE. — SUR IIS PASSAGE DE UIUADE. 

et mfime chose, quoique le premier mot soit au singu- 
lier et le second ao pluriel. Si les vieillards u'éUtîent 
que de simples assesseurs avec voix purement consul- 
tative, on ne voit pas comment ils pourraient mériter 
un prix qui, suivant le poète, est réservé au meilleur 
jugement. 

La scène du bouclier d' Achille est un des plus an- 
ciens monuments de l'histoire du droit. A ce titre elle 
appartient aux jorisconsultes autant qu'aux philolo- 
gues. Peut-être Irouvera-t-on qu'ici comme ailleurs il 
y a tout profit, pour les uns et les autres, à s'écouter 
réciproquement et à se mettre d'accord. 



ESSAI 



SUA 



UHÉROIQUE DE PHILOSTRATE 



PAR M. E.-J. BOURQUIN 



En publiant dans l'avant-dernier volume de YAn-' 
nuaire (1882) une des deux déclamations du rhéteur Po- 
lémon, j'ai cherché à faire voir à quels moyens les 
sophistes du ii' siècle avaient recours pour arracher 
des applaudissements au public blasé qui se faisait une 
fête de les entendre. On n*a pas oublié sans doute à 
quel point les auditeurs de ces causes fictives, plaidées 
dans les séances de déclamation (èmSeCÇetç), exigeaient 
de l'orateur certaines qualités que nous ne balançons 
pas,. nous, à considérer comme de très graves défauts ; 
je veux dire : un mépris dédaigneux pour tout ce qui 
est simple; un besoin de briller à tout prix, même aux 
dépens du bon sens ; un perpétuel sacrifice du fond à 
la forme; un abus pour ainsi dire systématique du 
trait et des figures, etc. Je n*épuise pas, tant s'en faut, 
la liste dés faux ornements qu'on a pu constater dans 
cette déclamation de Polémon ; or, loin d'avoir été le 
premier venu parmi les sophistes, Polémon, de son 

ÂlfNUAlRK 1384. 7 



96 BOURQUIN. 

temps au moins, a joui d'une réputation éclatante et, 
je crois, incontestée : toute la société hellénique, je dis 
la société lettrée, Ta pris, de bonne foi, pour un autre 
Démosthëne, ce qui prouve bien que les défauts de ce 
rhéteur, si oublié aujourd'hui, n'étaient pas des dé- 
fauts pour ses contemporains ; je suis môme assez 
porté à croire que ceux-ci l'admiraient précisément 
pour les traits de mauvais goût qui nous choquent le 
plus. 

On me pardonnera, je l'espère, d'être revenu en 
quelques lignes sur une déclamation ((AEXéTiQ] d'un des 
rhéteurs qui ont eu le plus de vogue à l'époque des 
Antonins, parce que j'y trouve, ainsi que dans quel- 
ques autres débris des sophistes du môme temps, un 
précieux indice de l'état des esprits au ii' siècle de no- 
tre ère. Or, l'œuvre dont j'ai l'intention de parler au- 
jourd'hui, bien que, par sa date, elle appartienne aux 
premières années du m* siècle (1), me parait avoir été 
conçue et composée en vue de plaire à ce môme public, 
auquel son goût faussé avait créé, si j'ose le dire, des 
besoins intellectuels d'une nature toute spéciale. 

U Héroïque de Flavius Philostrate ne présente pas, 
sans doute, les défauts que nous avons eu à relever 
dans la déclamation du rhéteur de Laodicée ; il se re- 
aommande au contraire presque partout par l'élégante 
simplicité du style ; on y trouve de l'esprit, mais jamais 
plus d'esprit qu'il ne faut ; rien de forcé, rien d'am- 
poulé, rien qui excède le ton qu'il convient d'avoir dans 
la causerie familière, si sérieux qu'en puisse être le 
sujet. A n'en considérer que la forme, ce dialogue 
n'offre donc aucune ressemblance avec les déclamations 
de Polémon, et toutefois, je ne crains pas de le dire, 



(1) Kayser, si compëtent quand il s^agit de Philostrate, estime (flé 
Y Héroïque a dû être composé entre les années ccxn et ccatvn. Voir, 
dans le procemium de V Héroïque (editio altéra, Tufiei), les vaisoiifi 
selon moi fort plausibles, sur lesqueUes il fonde sa conjecture. 



i 



SUR ^Héroïque de philostrate. 99 

c'est aussi, mais dans un autre genre, une œuvre so- 
phistique au plus haut degré. On n'y trouve ni le fra- 
cas, ni les couleurs voyantes, ni le clinquant des [AeXitai 
alors à la mode; mais qu'on y prenne garde néan- 
moins et qu'on veuille bien aller au fond des choses : 
on verra que Philostrate, tout en restant simple dans 
son style, n'en a pasmoins sacrifié, plus qu'on ne le vou- 
drait, aux goûts de son époque et aux habitudes de la 
sophistique. C'est ce que je vais essayer de montrer 
dans les pages qui vont suivre. 



I 



Disons, pour commencer, un mot des difTérenls buts 
que l'auteur nous parait s'être proposés en composant 
ce dialogue. D'abord, selon toute probabilité, il a voulu, 
en exaltant Achille, se faire bien venir de Caracalla 
qui prétendait marcher sur les traces de ce héros (1); 
en second lieu, il a eu très vraisemblablement aussi 
l'intention de donner, dans la personne de Palamède, 
un ancêtre vénérable, je dirai presque divin, à la so«- 
phiatique (2) ; en troisième lieu, il paraît avoir voulu. 



(1) Pour ce détail, Kayser renvoie à H^rodien, IV, 8 et à Dion Cas- 
«ias, lAXVII, 16. 

(3) Uljsse, excitant Âgamemnon contre Palamède, dit : Xp^.... 
Tdv ^ùfivriiv otnoxTscvae toûtov (ch. xi, § 9). Assurément, il 
A^A pas rintention de louer son adversaire en la traitant de la 
sorte ; mais c'est justement Ulysse qui , dans tout Touvrage , 
a leâ aUures d'un sophiste, dans la pire des acceptions qu'on puisse 
donner à ce terme. Palamède, au contraire, avec toutes les vertus, a 
presque Tomni-^science, et il me paraU évident que Philostrate voit en 
lui VidéBl de la sophistique elle-même, c'est-à-dire de ce qu'il y a, se- 
lon lui, de meilleur au monde. Peut-être môme, en faisant dire à 
Ulysse avec dénigrement : « Ce sophiste », a-t-il voulu montrer que, 
dès sa naissance, la sophistique a été calomniée comme, suivant son 



100 BOUBQUIX. 

comme dans sa vie d^Apollonios de Tyane, faire œuvre 
de propagande en faveur du paganisme et opposer 
aux miracles de nos 6aints les miracles de son Proté- 
silas et des autres héros ; enfin, et je crois que cette 
préoccupation, une fois qu'il eut mis la main à Tœu- 
vre, est devenue sa préoccupation dominante, il s^est 
proposé de piquer vivement la curiosité de ses lecteurs, 
non par des artifices de style et des fleurs de rhétori- 
que, mais par toute une série de faits plus intéres- 
sants, plus merveilleux les uns que les autres, et par de 
hardis paradoxes au sujet d^Homère. 

Ce n*est donc pas pour la forme, qui est générale- 
ment assez pure et assez simple, mais pour le fond 
môme des idées que Philostrate s*est montré sophiste, 
et sophiste des plus habiles, en composant ce dialogue. 
Il a fait dans son œuvre, telle qu*il Ta conçue, la part 
la plus large à Timagination, à la fantaisie, et aussi, 
comme nous le verrons, à la subtilité captieuse; mais 
il a eu Textréme habileté de prendre ses précautions 
pour qu'on ne pût lui faire un crime de ses assertioos 
les plus téméraires et de ses moins excusables sopbis- 
mes : ce n*est pas lui qui parle, c'est un bonhomme de 
vigneron, quelque peu clerc, sans doute (il a étudié la 
philosophie dans sa jeunesse), mais devenu le plus 
crédule de tous les hommes, depuis qu'il est entré en 
relations suivies avec Tombre du beau Protésilas, qui 
ne lui laisse rien ignorer de tout ce qui concerne, soit 
les faits et gestes des héros grecs et troyens pendant 
le siège d'Ilion, soit les mystères de la seconde vie de 
ces mêmes héros, passés à l'état de Génies. On voit 
tout de suite comment, par le moyen de cette combi- 
naison ingénieuse. Philostrate se donne beau jeu pour 
avancer, sans se compromettre, les faits les plus in- 
croyables. Il sait bien qu'il arrivera de deux choses 

diw, aWt devait Tétre plus tard à AUièaes et ailteure (Voir rintrodno- 
lion <iM fiiii W^tCTtoV, { 7), 



SUR L'Héroïque de philostrate. loi 

l'une : ou bien le lecteur, s'il est naïf et crédule, accep- 
tera les yeux fermés tout ce qu'on lui débite, et ce sera 
tant mieux ; ou bien il sera moins confiant, y regardera 
de plus près, et s'apercevra qu'on lui en conte ; mais, 
dans ce second cas, tout en souriant un peu de l'ex- 
cessive crédulité du bon vigneron, il n'en voudra pas 
plus à Philostrate qu'on n'en veut, de nos jours, à l'au- 
teur d'un roman dont on ne croit pas le premier mot. 
Donc, satisfaction pour tout le monde : Avez-vous la 
foi? voici toute une provision de miracles nouveaux, 
que vous me remercierez de vous avoir fait connaître. 
Etes-vous sceptique? vous ne croirez pas plus que je 
n'y crois moi-même à tout ce qu'il me plaît de vous 
raconter; mais vous n'en passerez pas moins, pour 
peu que les œuvres d'imagination vous plaisent, un 
certain nombre d'heures agréables à écouter les confi- 
dences de mon vigneron, dont vous direz même que 
j'ai su reproduire à merveille la foi naïve et l'âme han- 
tée par toutes sortes de légendes. C'est ainsi, je crois, 
qu'a dû raisonner Philostrate en se félicitant d'avoir su 
trouver, pour l'expression d'idées souvent bien hasar- 
dées, une sorte d'éditeur responsable qui l'excuse et le 
couvre. 



II 



Entrons dans une analyse un peu approfondie des 
idées qui forment le fond du dialogue, et tâchons de 
montrer pour quelles raisons cette œuvre mérite d'être 
appelée, comme nous l'avons dit, une œuvre sophisli- 
tique par excellence. Mais, avant d'aller plus loin, 
pour faire connaître les personnages et le cadre dans 
lequel ils se meuvent, il me paraît opportun de donner 
un résumé succint des deux premiers chapitres. 



102 BOURQUIN. 



CHAPITRE I ou PROLOaUE (1) 



Philoslrate, dans ce dialogue, met en scène deux in- 
terlocuteurs, le vigneron, dont nous avons parlé plus 
haut, et un Phénicien. Le vigneron habite et cultive au* 
près d*Eléonte, c'est-à-dire à la pointe même de la 
Ghersonèse de Thrace, et en face de la plaine de Troie, 
un petit domaine qui prospère entre ses mains, grâce 
à la protection très efficace de Protésilas, dont le tom- 
beau est tout proche. Le Phénicien a été forcé, par le 
caprice des vents, de rel&cber près de là; tout en se 
promenant, à la recherche, dit«il, d*un présage qui lui 
annonce une navigation favorable, il arrive chez le vi- 
gneron, qui Taccueille avec une courtoisie parfaite, lui 
fait, de la meilleure grâce du monde, les honneurs de 
son vignoble et, après l'avoir fait commodément as* 
seoir au plus bel endroit de son domaine, le met bien 
vite au courant de son genre de vie, ainsi que de ses 
relations avec Tombre du beau Protésilas. Orphelin, le 
vigneron avait été dépouillé do tout par des hommes 
avides ; mais Protésilas lui a conservé sa petite pro- 
priété envahie par le Ghersonésien Xénis; et mainte- 
nant, le bon Génie, par sa protection vigilante, écarte 
de ce paradis terrestre tout ce qui pourrait en gâter le 



(1) Je préviens ceux qui voudront recourir au texte que, dtns Tèâi- 
tion Didot, le dialogue est divisé en 30 chapitres, et dans TéditionKay* 
ser, en 19 seulement. Ce qui, chez Kayser, est le prologue, est donc la 
chapitre 1" de Tëdition Didot En d*autres termes, le numéro 1 de 
Kayser, au lieu d*étre, comme chez Didot, au début de Touvrag^, ne 
vient qu^après ce qui, chez Didot, constitue le !«' chapitre. Tons les 
renvois de ce travail se réfèrent & Tédition Didot. Si donc on a en 
mains Kayser, là où je dis : chap. x, il faudra chercher ad çhap- 1^* 
et ainsi de suite. 



SUR L'Héroïque de philostrate. 103 

séjour : ce II ne laisse entrer ici aucune bête dange^ 
reuse ; point de serpent à redouter, point de tarentule, 
point de sycophante qui vienne chercher & m'évincer 
de mon domaine, et ce dernier animal est d'une étrange 
impudence, car c'est en pleine place publique qu'il 
vous égorge. » En entendant parler des fréquentes ap- 
paritions d'un héros qu'il croyait mort, et mort depuis 
longtemps, le Phénicien a ouvert de grands yeux ; il 
presse de questions son hôte, qui ne demande pas 
mieux que de lui répondre, et qui promet de le mettre 
au courant de tout ce que Protésilas lui a conté, tant 
sur sa propre personne, que sur les faits et les héros de 
la guerre de Troie. 

Tel est, dans ses grandes lignes, car je supprime 
une foule de détails, le premier chapitre ou, si Ton 
veut, le prologue, dont une sèche analyse ne peut re- 
produire la grAce. On y trouve des descriptions, et un 
sentiment des beautés de la nature, qui rappellent les 
vers les plus exquis de la VII* idylle de Théocrite, in- 
titulée 6aX6ata. Je n'exagère pas et je ne me fais aucun 
scrupule de louer, parce que je la trouve charmante, la 
façon dont Philostrate a su disposer la scène et nous 
présenter ses personnages. 



chapitre II 



Au début du chapitre 11, le Phénicien se montre tout 
d*abord un peu incrédule au sujet de la grande taille 
des hommes d'autrefois, et en particulier des héros, 
qui, suivant la légende, auraient eu dix coudées de 
haut. Gomme le vigneron lui a cité, d'après le témoi- 
gnage de son grand-père, les ossements gigantesques 
découverts dans le tombeau d'Ajax : « Eh bien ! dit-il, 
vigneron, avais-je si grand tort de faire la sourde 



104 BOUKQUIN. 

oreille à des récits de cette nature? Voilà que tu me ci- 
tes certains faits sur la foi de ton grand-père et peut- 
être de ta mère ou de ta nourrice ; mais des faits dont 
tu aies personnellement connaissance, non : à moins 
toutefois que tu n'en aies à me citer au sujet de Proté- 
silas? » Piqué au jeu, le vigneron, après avoir allégué 
encore certains faits dont il doit la connaissance au té- 
moignage d*autrui, en vient à citer ce qu*il a vu, de ses 
propres yeux vu : D*abord, au Sigée, le squelette d*un 
géant couvrant, au fond d'une caverne, un espace de 
22 coudées ; puis, à Lemnos, les restes d*un autre co- 
losse dans le cr&ne duquel il a versé, sans pouvoir le 
remplir, le vin de deux amphores de Crète ; enfin, dit-il, 
à Imbros, il y a encore, en ce moment, les débris d'un 
géant d'une énorme taille : « Si tu en doutes, mettons 
à la voile : le squelette est encore là, étendu sur le sol, 
et d'ici à Naulochos (promontoire d'Imbros), la traver- 
sée n^est pas longue. » Le Phénicien décline la propo- 
sition, en se rejetant sur les nécessités du négoce qui 
a ne permet pas qu'on lui soit si longtemps infidèle v ; 
mais, à partir de ce moment, convaincu ou non, il aura 
l'air de croire ; peu à peu môme, à mesure que se dé- 
rouleront les récits de son hôte, il se sentira de plus en 
plus sous le charme et il finira (chap. xix, § I] par 
s'écrier : « Ceux qu'Homère nous représente, ô vigne- 
ron, comme ayant mangé le lotos, prenaient goût à 
cette plante au point d*en oublier leurs affaires do- 
mestiques; eh bieni je suis dans le môme état; tes 
récits sont pour moi le lotos et je ne m'en irai d'ici qu'à 
mon corps défendant : il faudrait m'entrainer de force 
à mon navire et m'y charger de liens, pleurant et gé- 
missant de n'avoir pu me rassasier de tes paroles (i). » 
Et ailleurs (chap. xx, § 23) : c Que mon vaisseau 
devienne maintenant ce qu'il voudra, ainsi que sa 



(1) Cest ce qa'Ulysse fait pour ceux de ses compagnons qui, aytnt 
goûté au lotos, ne voulaient plus regagner la flotte. Od. IX, 98-99. 



SUR L'Héroïque de philostrate. los 

charge! Je trouve plus de plaisir et plus de profit à 
m*occuper de la cargaison de mon esprit », etc. Ainsi le 
Phénicien, qui a débuté par une curiosité tant soit 
peu sceptique, en vient par degrés jusqu'à éprouver 
Tenthousiasme de la foi la plus entière. Cette conver- 
sion, non pas subite, mais progressive, a été habile- 
ment présentée par Philostrate ; mais il en résulte un 
inconvénient assez grave : c'est qu'à part une objection 
assez légère qu'il hasarde encore (chap. ni, § 9), 
notre Phénicien n'ouvrira plus guère la bouche que 
pour provoquer des révélations nouvelles, ou pour 
louer ce qu'on vient de lui dire : ainsi certaines asser- 
tions du vigneron, par lesquelles il se contredit lui- 
môme, ne seront pas relevées (i). 



III 



Maintenant que nous connaissons le lieu de la scène, 
la manière dont s'est engagé l'entretien, et les disposi- 
tions des deux interlocuteurs, examinons les points les 
plus saillants du dialogue, sans nous astreindre désor- 
mais à suivre l'ordre des chapitres. 

En vrai sophiste qu'il était, Philostrate a dû cher- 
cher, comme nous l'avons dit, à rehausser par des con- 

fl) Au chap. xz, 2 37, on cite une inscription d*HéraclÔ8, et Ton 
a dit (chap. ni, par. 29) que récriture n*était pas inventée au mo- 
ment de la guerre de Mysie, c*e8t-à-dire, bien après la mort d'Hëra-' 
d^. — Au chap. xix, { 3, le vigneron, d'après Protésilas, dit 
qn*Homère a fleuri 160 ans après la guerre de Troie, et le même Pro- 
tésilas (chap. T, § 5) avait dit qu'Homère a dû vivre avec les Grecs 
au siège de Troie. Mais ce sont la sans doute des fautes dues a Tinad- 
vertance, et que Philostrate ne pouvait faire relever par le Phénicien, 
s'il ne s'en est pas aperçu lui-même. Toujours est-il qu'a partir de sa 
dernière objection, chap. m, le Phénicien devient le plus complaisant 
des auditeurs. 



106 BOURQUIN. 

dimenis de haut goût le plat qu'il voulait offrir aux 
lecteurs. Eh bien I c'est le vieil Homère qui lui ea a 
principalement fourni les moyens. Je m'explique : mon* 
trer, tout en protestant pour Homère d'une admiration 
sans bornes, que celui-ci a sciemment dénaturé ou 
dissimulé une partie des faits de la guerre de Troie; 
puis, tout en l'appelant le prince des poètes, lui faire 
sournoisement et à l'aide de raisonnements insidieux, 
une foule de petites chicanes, n'étaitrce pas ce qu'on 
pouvait imaginer de mieux pour piquer vivement la 
curiosité? N'était-ce pas, en même temps, se donner 
bien beau jeu pour exalter à son aise certains héros 
qu'on reprocherait à Homère d'avoir oubliés ou mécon- 
nus? pour en rabaisser d'autres qu'on l'accuserait d'à* 
voir loués outre mesure? On voit tout de suite quel 
parti pouvait tirer de cette combinaison un esprit aussi 
alerte, aussi délié, aussi ingénieux que celui de Philos- 
trate. Et, à dire vrai, presque tout son livre est là. 
Otez cette espèce de procès intenté à Homère, et la 
charpente du dialogue entier s'écroule. 

C'est ce que Je vais essayer de montrer et, pour cela, 
je n'ai rien de mieux à faire, je crois, que de recourir à 
l'auteur lui-même ; le passage que je vais reproduire 
me parait trop curieux pour que je résiste au plaisir de 
le citer : 

<c Ayant appris que l'âme d'Ulysse existait encore, 
•Homère se rendit à Ithaque, et l'évoqua du fond des 
enfers. Quand Ulysse fut arrivé de là-bas, le poète le 
questionna sur les faits de la guerre de Troie : «r Je les 
connais tous, dit Ulysse, et j'en ai gardé le souvenir; 
mais je ne dirai pas un mot de ce que je sus, si, en re- 
tour, tu ne t'engages à me louer dans tes poèmes et à 
faire sonner bien haut ma sagesse ainsi que ma va- 
leur. y> — Homère ayant accédé à cette demande, et pro- 
mis de ne rien négliger pour bien traiter Ulysse dans 
ses poèmes, celui-ci raconta tous les faits avec fran- 
chise et tels qu'ils s'étaient passés ; car les âmes ne 



SUR L'Héroïque de philostrate. 107 

songent nullement à mentir, en présence de sang et au 
bord de la fosse (1). Et, au moment où déjà Homère 
était en train de s'éloigner, Ulysse lui cria : <c Pala- 
mëde réclame justice contre moi pour le meurtre que 
j'ai commis sur sa personne; je sais que je suis cou-* 
pable et, de toute manière, je ne puis manquer d'ôtre 
puni ; car ce sont, Homère, de terribles juges que ceux 
qui siègent là-bas, et il n'y a qu'un pas de leur tribunal 
au séjour des Furies (2). Mais si, aux yeux des hom- 
mes vivants, je ne passe pas pour avoir traité Pala* 
mède comme je l'ai fait, des supplices moins rigoureux 
me seront infligés aux Enfers. Ainsi donc, ne conduis 
pas à Ilion Palamède, ne raconte pas ses exploits, ne 
dis pas un mot de sa sagesse ; d'autres poètes rediront 
son histoire, mais on n'y croira pas, si tu n'en as point 
parlé. » € Telle fut, ô étranger (c'est le vigneron qui 
parle), Ventrevue d'Ulysse et d'Homère, et c'est ainsi 
que celui-ci a bien connu la vérité, mais que, sur plu- 
sieurs points, il l'a modifiée, selon les exigences du 
plan qu'il s'était tracé, t 

Cette explication de la conduite d'Homère, lié par le 
marché qu'il a conclu avec l'âme d'Ulysse, n'arrive 
qu'au xix« et avant-dernier chapitre (|§ 5 et 6); mais, 
sitôt qu'elle s'est produite, elle jette un jour éclatant 
sur le reste de l'œuvre : On voit pourquoi Philostrate a 
dit (ch. m) tant de bien de Protésilas, enlevé, il est 
vrai, à la fleur de l'âge, mais qui n'en avait pas moins 
aceompli, dans la guerre de Mysie, des exploits au 
moins égaux à ceux d'Achille, et dont Homère n'a rien 
dit, parce qu'il ne pouvait raconter la guerre de Mysie 
sans parler do Palamède ; on voit pourquoi, quand il 
s'agit de Palamède lui-même, il épuise en sa faveur 
toutes les formes de la louange, comme s'il tenait à le 



(1) Il y a ici un souvenir évident de révocation faite par Ulysse lui- 
même au chant, xi de VOdyssée. 
(S) Je rends ainsi : xoti rà ix nocvfiv èyyvç. 



108 BOURQUIN. 

venger du silence gardé par Homère à son égard Cire, 
dans le chap. m, les §§ 24, 25, et tout le chap. xi qui 
contient, outre un panégyrique du héros, la lamen- 
table histoire de sa mort, amenée par les intrigues 
d'Ulysse) ; on voit pourquoi il se montre, au contraire, 
d'une excessive sévérité à l'égard d'Ulysse, dont il ré- 
duit tout le mérite à une certaine astuce employée 
presque toujours à faire le mal (ch* xii) ; pourquoi, 
voulant expliquer les persécutions que ce héros eut 
à subir de la part de Posidon, il rejette bien loin la 
prétendue histoire de Polyphème privé de son œil, et 
attribue tout le courroux du dieu des mers à la mort 
de Palamède son petit-flls (ch. m, § 42); pourquoi, 
pour expliquer le ressentiment d'Achille contre les 
Grecs, il met encore en avant la mort de Palamède, 
toi:gours Palamède, et traite de pure fable Tenlèvemeni 
de Briséis (ch. in, par. 43 et ch. xx, §§ 9 et 10). En 
un mot, cette supposition d'un pacte conclu par Ho- 
mère avec l'âme d'Ulysse permet à Philostrate de re- 
jeter, au gré de sa fantaisie, plusieurs des données es- 
sentielles de VIliade, aussi bien que de VOdyssée. 

N'est-ce pas bien trouvé, n'est-ce pas original ; n^est* 
ce pas là un des plus ingénieux artifices dont pouvait 
s'aviser un sophiste désireux de contredire Homère, 
sans trop heurter l'opinion de ceux qui, entre tous les 
poètes, lui accordent la palme ? 

Mais que dis-je? Philostrate est de ceux4à. Il tient à 
le dire bien haut : non-seulement le chap. iti (| 37, 
38, 39) renferme du poète un éloge enthousiaste et que 
j'ai tout lieu de croire sincère, mais à chaque page on 
voit, on sent que le vigneron et le Phénicien lui-môme 
sont nourris de la lecture d'Homère, je dirai plus, 
qu'ils savent leur Homère par cœur; non-seulement 
les citations leur arrivent à point nommé, dès qu'ils en 
ont le moindre besoin, mais on devine, à chaque mo- 
ment de l'entretien, que les deux poèmes leur sont 
connus dans tous leurs détails ; c'est assez dire que 



SUR L'Héroïque de philostrate. iw 

Phîlostrate, qui les fait parler, n'avait pas un souvenir 
moins présont de Tune et de Tautro des épopées homé- 
riques (i) ; or, on ne s'assimile si bien que les choses 
qui plaisent ; je suis donc fondé à dire que les éloges 
adressés à Homère par Philostrate ne sont pas des élo- 
ges menteurs, introduits là comme une simple précau- 
tion pour faire passer les critiques dont ces éloges vont 
être suivis; Philostrate admire Homère et fait mieux 
que de Tadmirer : il Taime au point de le savoir par 
cœur ; seulement, il ne peut se contenter de parler de 
lui comnae tout le monde en parle ; il iaut bien qu'un 
sophiste, sur un sujet quelconque, nous dise quelque 
chose de neuf, et rien, je crois, ne pouvait paraître 
plus neuf que cette façon d'expliquer le silence gardé 
par Homère sur certains faits et sur certains héros de 
la guerre de Troie. 

Malheureusement, Philostrate ne s'en tient pas h 
cette supposition d'un marché que le poète aurait con- 
clu avec r&me d'Ulysse, pour obtenir, en échange de 
certaines complaisances, des révélations sur les événe- 
ments de la guerre de Troie. Il fait à Homère, comme 
je l'ai dit, un certain nombre de petites querelles, el ces 
querelles sont fondées trop souvent sur quelqu'un de 
ces arguments captieux par lesquels un lecteur sans 
défiance peut se laisser éblouir ; exemple (c'est le vi- 
gneron qui parle et qui expose un des reproches adres- 
sés au poète par Protésilas) : « Bien qu'Homère sache 
parfaitement qu*Hélène était en Egypte, etc., il la fait 
néanmoins monter sur le rempart d'Ilion », etc. (ch. m, 
§ 40). Il y a là, ne vous déplaise, ô Philostrate, une 
belle et bonne pétition de principe; vous affirmez, 
mais vous n'avez nullement prouvé le fait sur lequel 
vous fondez votre reproche, à savoir qu'Homère sait 



(1) Je n*ai pas compté, dans ce dialogue, moins de 72 passages qui 
renferment, ou des citations d^Homère, ou des allusions À des passages 
dHomère. 



116 BOURQUIN. 

parfaitement, etc. Autre exemple (même chap. $ 41) : 
« Voici encore une critique de Protésilas : puisqu*Ho- 
mère a pris pour sujet les événements de la guerre de Troie, 
pourquoi, aussitôt après les funérailles d*Hector, aban*- 
donne-t-il brusquement ce sujet, comme s*il avait hâte 
d'aborder son second poème, qui emprunte son titre 
au nom d'Ulysse ? C*est accessoirement, par les chants 
de DémodoGOS et de Phémios (i), qu'il fait connaître et 
la ruine de Troie et le cheval de bois, fabriqué par 
Epéos sur les conseils d'Âthéné. Il intercale en cet en- 
droit, et pour la plus grande gloire de son Ulysse, ces 
récits qui devraient être ailleurs... » Voilà encore, comme 
tout à l'heure, une pétition de principe dans toute la 
force du terme, et celle-ci peut avoir de graves consé- 
quences ; cdr, si nous avons le malheur de l'admettre, 
nous devons condamner toute VOdyssée comme un su* 
jet parasite venant, contre toutes les règles de la mé- 
thode, s'implanter sur le sujet véritable, ou plutôt 
prendre la place de celui-ci ; mais, comme vous l'avez 
fait tout à l'heure, voilà que vous affirmez ce qu'il aa« 
rait fallu prouver. Où avez*vous vu qu'Homère ait dit : 
Je prends pour sujet les événements de la guerre de Troie? 
Il a dit : (a^viv àetSs, Oeà, nT)Xr|ii3eta ^yjikffiq... etc.-; 
puis il a dit : âvSpa (lOt Iwexs, Mouva, i;oX6Tpoxov, Iç |JiiXa 
looXXi-icXd^Ot), etc., et, avec une précision parfaite, il a 
tracé d'abord les bornes de son premier sujet, limité 
au récit d'un seul épisode de la guerre de Troie, puis 



(1) Démodocos chante le cheval de bois au Ville livre de ïOdyuec 
(499-520). Quant à Phémios, on se rappelle sans doute que Pénélope 
Tient rinterrompre au moment où il chante le fîmeste retour des Orecs : 
•kxanQn vérrov £ii^c..« Xv/pàv [Od.^ ch. 1, 325) ; mais je ne tois pas qu'il 
ait chanté la ruine de Troie, ni le cheval de bois ; pourtant, Ù est &it 
mention de ce cheval en un autre endroit de VOdyssée dont Phiiostrate 
ne parle pas. CTest au chant IV<, où Ménélas, dans son entretien avec 
Télémaque, rappelle la fermeté d'Ulysse qui, seul, demeure impassible, 
quand Hélène, s'approchant du cheval, vient appeler par leurs oomf 
les plus illustres des Grecs (iv, 271-289). 



SUR UHÉROIQUE DE PHILOSTRATE. 111 

celles de son second sujet : retour d'Ulysse dans ses 
foyers. Il n'a donc, en aucune façon, commis la faute 
qu'il vous plaît de lui imputer. 

En un autre endroit, notre vigneron voudrait suppri-^ 
mer, comme un tissu d'aventures invraisemblables, 
ime bonne partie de VOdyêsée (chap. xii, §§ 1 et 2]. « Il 
n'était plus jeune (Ulysse), en arrivant sous les murs 
d'Ilion, et il était vieux lors de son retour à Ithaque. 
C'est qu'il erra longtemps sur les mers, à cause de la 
guerre qu'il soutint contre les Gicones, alors qu'il por- 
tait le ravage sur toute la côte voisine de l'Ismare. Car, 
pour ce qui concerne Polyphème, Antiphate, Scylla, 
révocation des ombres et tous (1) les chants des Sirè- 
nes, Protésilas ne veut pas môme qu'on écoute de pareils 
récits : « Il faut, dit-il, nous boucher les oreilles avec 
de la cire (2) et refuser notre attention à tous ces con- 
tes, non qu'ils ne soient pleins de charme et attrayants 
pour l'esprit, mais parce qutls sont indignes de foi et en* 
tiirement amtrouvés. » Pour l'île d'Ogygie, Tile d'Éa et la 
passion qu'Ulysse aurait inspirée à des déesses, Proté* 
silfts nous invite encore à passer outre et à ne pas n&us 
arrêter à des fables... » Est*ce bien à vous, ô vigneron^ 
d'adresser un pareil reproche à Homère, vous qui ne 
tarissez pas en récits dont le merveilleux fait tous les 
frais! vous qui croyez à l'existence, je dirai plus, à la 
divinité de mille fantômes imaginaires ! De quel droit 
venez*vous faire un crime à Homère d'avoir introduit 
des Gyolopes et des Lestrygons dans un de ses poè- 
mes? Il est vrai qu'en cet endroit, il s'agit d'Ulysse et 
qu'il faut, à tout prix, rabaisser la gloire du meurtrier 
de Palamède. 
Je pourrais citer, à propos d'Homère, quelques autres 



(1) Kfltt dff é9ct ecl £te^yt{ rtSm^ Cet ôjtôv» n^a ici auoime raison d*étr« : 
il ûiUttt à tovt simplement ; mais je ne puis prendre sur moi de ne 
P^ traduire le texte tel qu'il est. 

(2) Allusion & un passage bien connu de VOdyss^e (xii-17iS-200). 



llî BOURQUIN. 

critiques encore qui ne reposent pas sur un fondement 
beaucoup plus solide; mais j'en reste là. En voici as- 
sez, je pense, pour montrer à quel point, dans ce dia- 
logue, les œuvres du grand poète ont fourni à Philos- 
trate Toccasion d'émettre de ces paradoxes retentissants 
qui plaisaient si fort aux sophistes, et qui, sans doute, 
n'étaient pas moins appréciés de leurs lecteurs (I). 



IV 



Passons à un autre ordre d'idées, c'est-à-dire à l'exa- 
men du second moyen sur lequel Philostrate parait 
avoir compté pour accommoder son livre au goût de 
son époque. Contradiction étrange I La foi aux divinités 
payennes allait s'affaiblissant, s'éteignant de plus en 
plus dans les cœurs ; on ne croyait plus guère au ca- 
ractère auguste et saint des cérémonies du culte ofS* 
ciel ; et pourtant, le merveilleux, le surnaturel avaient 
plus de prise que jamais sur les imaginations; je dis 
sur les imaginations» et non sur les âmes : on ne 
croyait plus, ou presque plus, mais on éprouvait un 
plaisir d'artiste, si je puis m'exprimer ainsi, à lire de 
belles légendes et à se laisser emporter, sur les ailes 
de la rêverie, bien loin du monde réel. Philostrate n a 



(1) Peut-être est-il bon de faire observer, an moins dans une note, 
que parfois Philostrate contredit Homère , sans y être poussé par le 
désir de rabaisser Ulysse et de glorifier Palamède. Ainsi, dans le cha- 
pitre y, il s*amuse & revendiquer pour Sthënélos une partie des ex- 
ploits mis par Homère sur le compte du seul Diomède ; ainsi encore, 
dans le même chapitre, il avance, contrairement à Tasserdon d'Ho- 
mère, que les Grecs n'ont jamais élevé de muraille pour garantir 
leurs vaisseaux contre les attaques des Troyens, etc., etc. Je ne paia 
ici tout citer ni tout indiquer... 



4 



SUR L'Héroïque de philostrate. na 

pas méconnu cette propension des esprits de son temps 
à se laisser bercer par des récits merveilleux auxquels 
il n'est pas nécessaire de croire pour y trouver un grand 
charme : aussi leur a-t-il donné une grande place dans 
son dialogue. Déjà, & propos du chapitre ii, j*ai touché 
un mot de ces énormes squelettes qui, au dire du vi-« 
gneron, seraient encore là pour attester la taille colos« 
sale des hommes d'autrefois. Je ne reviendrai pas sur 
ce point : consacré à l'énumération, à la description 
môme de gigantesques débris humains soi-disant trou- 
vés en Syrie, en Grèce et ailleurs, ce second chapitre, 
bien qu'il soit intéressant, n'est pour ainsi dire que la 
préface des récits fabuleux qui nous attendent. Nous 
allons voir se dérouler sous nos yeux toute une mytho- 
logie nouvelle ; nous allons entrer dans un monde tout 
peuplé de Génies qui ont été des hommes et qui, tout 
en participant à la nature divine, veulent rester en 
communication avec les hommes ; en un mot, nous al- 
lons faire connaissance avec les héros dout la mysté- 
rieuse existence nous sera révélée par l'ami du beau 
Protésilas. 

J'ai parlé tout à l'heure d'une mythologie nouvelle 
et je tiens à m'expliquer à cet égard : je ne veux pas 
dire du tout que Philostrate ait créé de toutes pièces 
cette mythologie. Bien avant lui, on avait quelques 
données sur les apparitions des héros et sur leur inter- 
vention dans les affaires des hommes : ainsi, par exem- 
ple, après la bataille de Marathon, les Athéniens se 
racontaient qu'ils avaient vu, ceux-ci Thésée, ceux-là 
Échétos, les animer au combat et fondre avec eux sur 
les barbares (1) ; ainsi encore, à Salamine, on crut voir 
les fantômes des Éacides qui, de l'île d'Égine, encou- 
rageaient les Grecs (Plutarque, Vie de Themùtocle, xix). 
D'autre part, il est absolument certain qu'on avait 

(1) M. Duruy rappelle cette tradition dans son Précis de Vhiêtoire 
ancienne (pag. 130). 

Annuai&b 1884. 8 



114 fiOURQUIN. 

élevé à plusieurs d*enire les héros (i) des temples et 
des autels, ce qui ne permet pas de douter qu'on les 
ait regardés comme des êtres divins. U y aurait donc 
de l'exagération à dire que Philostrate a inventé ces 
personnages quasi-divins qu'il fait mouvoir devant 
nous et qu'on pourrait appeler, si ce n'était pas une 
sorte d'irrévérence, les saints du paganisme ; il ne les 
a pas inventés, mais il a écrit leur légende en y met- 
tant toute la dose de merveilleux que réclamaient les 
dispositions d'esprit de ses lecteurs. 

Examinons, sans autres préliminaires, les révélations 
faites au Phénicien par le vigneron sur la vie actuelle 
des héros. 

Celui de tous que notre vigneron connaît le mieux, 
c'est naturellement Protésilas, puisqu'il a le bonheur 
de le voir en personne et de converser avec lui tout h 
son aise. Parlons donc de Protésilas, tel qu'il est de- 
puis sa résurrection, dont nous voyons les effets sans 
pouvoir en pénétrer le mystère, car, sur ce point, mal* 
gré les instances du vigneron, il a refusé de s'expliquer 
(ch. I, § 4). Nous dirons ensuite un mot des mani*' 
festations de quelques autres héros ; puis nous consa- 
crerons une attention toute particulière à la légende 
d'Achille et surtout à la vie qu'il mène dans 111e de 
Leucé» où Hélène est devenue sa compagne. 



PROTÉSILAS 



Tué à Troie, au moment où, le premier d'entre les 
Grecs, il sautait de son vaisseau sur le rivage, Protési^ 



(1) Ainsi, Pomponios Mêla dit, en parlant de la Chenonèse dé 
Thraee : « Sont Protesilai ossa consecrata delabro » (lib. II, cap. n). 
Ainsi encore, à propos du temple d* Achille, & Lancé, Pausanisa» cîK 



SUR L'Héroïque de philostrate. 115 

las a été ressuscité par les dieux touchés des pleurs 
de Laodamie, sa jeune épouse ; puis il est mort de 
nouveau, et sa femme Ta suivi volontairement dans la 
tombe ; aujourd'hui, par suite d'un arrêt des Parques 
sur lequel il refuse de s'expliquer, le héros s'est vu, 
pour la seconde fois, rappelé à la vie. Rien de plus va* 
rié que son existence : tantôt, il est chez Hadès, auprès 
de sa chère Laodamie qui lui rend amour pour amour 
et qui, en ces lieux, < jouit d'une considération singu* 
lière entre toutes les femmes, rangée au niveau d'Âl- 
ceste, réponse d'Âdmète, d'Évadné, réponse de Capa- 
née et de toutes les femmes qui se sont fait un nom 
par leur sagesse et leur chasteté » ; tantôt, sans doute 
pour se donner le plaisir de converser avec de vieux 
amis, il vient se mêler à ses anciens compagnons d'ar- 
mes dans la plaine de Troie, qui est comme le quartier 
général où se réunissent les héros; tantôt, sous les 
traits d'un passager, il prend place sur quelque navire 
et pousse Jusqu'à Leucé, où Hélène et Achille s'em- 
presseront de lui faire accueil (1) ; tantôt enfin, et sou- 
vent après avoir fait un tour de chasse, il arrive, sur 
l'heure de midi, chez notre vieille connaissance, le bon 
vigneron des environs d'Éléonte, avec lequel il ne se 
lasse pas de causer, sans lui épargner, au besoin, les 
conseils, et parfois même les critiques, à propos de sa 
'Culture* Du reste, rien de plus gracieux, rien de plus 
aimable que ce héros, dont le vigneron nous trace le 
portrait qui va suivre : a On lui donnerait vingt ans au 
plus, et c'est l'âge qu'il avait en partant pour la guerre 
de Troie ; ses joues sont couvertes d'un mol duvet qui 
exhale le parfum des myrtes en automne. Les sourcils 
qui surmontent ses yeux ont un air riant, car ce héros 



par Kajser, avût dit: vùtbç 'Axi^^i^t x«i ôyoeAMoe iv aùnp. Kayaer ajoute : 
c Ttmpli nidera satîs magna adhttc sunt conservaUi » Vid. Ko«b\er 
(Mémoire sur lee lies, 64}, etc., etc. 
(1) Voir chapitre xx, § 30. 



lir, BOURQUIN. 

est ami de la bonne humeur. Dans ses moments d'acti- 
vité, rien de plus énergique, rien de plus vif que soa 
regard ; mais, voyez-le quand son &me est détendue, 
quels yeux que les siens I Gomme ils respirent la grâce 
et la bienveillance ! Ni trop courte, ni trop longue, sa 
blonde chevelure couronne son front sans trop le cou- 
vrir ; la forme de son nez, par sa perfection, fait son- 
ger à une statue ; sa voix, bien que sa bouche soit 
petite, n'est pas moins forte que le son des trom- 
pettes. Mais c*est quand il est nu, surtout, qu*il fait 
bon le regarder ; car il réunit la vigueur à Tagi- 
lité, comme les statues d'Hermès coureur (i). Quant 
à sa taille, elle peut aller à dix coudées; mais je 
crois qu'il serait devenu encore plus grand, si la 
mort ne Tavait surpris dans l'adolescence, etc.» (ch. m, 

§3). 

Le vigneron n'a pas tiré de son imagination le por- 
trait qu'on vient de lire, car il voit, quatre ou cinq fois 
par mois, Protésilas en personne : a Et, demande lePhé* 
nicien, quand il vient ici, peux-tu l'embrasser; ou bien, 
semblable à une fumée, se dérobe-t-il à tes étreintes, 
comme le font les ombres, chez les poètes (2) ? » — c II 
aime que je Tembrasse; il me permet de lui donner des 
baisers et de me pendre à son col tout à mon aise. • 
Ce n'est donc pas là un simple fantôme, mais un être 
bien vivant. Aussi, dans de larges avenues que le vi- 
gneron a tout exprès pratiquées à travers son vigno- 
ble, Protésilas se livre-t-il t à tous les exercices mili- 
taires, à l'exception du tir de l'arc, et à tous les exerci- 
ces gymniques, à l'exception de la lutte ». Seulementi 
faute d'adversaires, sans doute, il ne fait que le simu- 

(1) 0( Bpofitxol rûv *Ep/ifiv. On fait allusion anx statues qui repré- 
sentent Hennés en pied, par opposition aux Hermès qui n*ëtaîeat qa^un 
simple buste sortant, pour ainsi dire, d*une gaine de pierre. 

(2; Aca^cû'/ct oc xecicvoO eixmv, ctcjtip rob^ TrocijTGts ; j*ai cm deToir 
compléter Tidée, qui ne me parait pas avoir reçu tout son déTeloppe- 
ment dans le texte de Philostrate. • 



SUR UHÉROIQUE DE PHILOSTRATE. 117 

lacre du pancrace et du pugilat. Voilà bien des mani- 
festations directes de la force physique, par lesquelles, 
tout héros qu'il est» Protésilas se rattache à Thuma- 
nité; il y a plus : Protésilas boit ; Protésilas mange. Le 
vigneron ne Ta pas vu en train d^accomplir ces fonc- 
tions de ]a vie animale; mais, s'il ne Ta pas vu, c'est 
par discrétion pure : « Jamais, ô étranger, je n'ai vu 
Protésilas prendre sa nourriture; jamais non plus je ne 
l'ai vu boire ; pourtant, vers le soir^ je lui offre des li- 
bations avec le vin de ces vignes de Thasos que lui- 
même prend soin de planter; vers midi, en été et au 
début de l'automne, je lui présente les meilleurs fruits 
de la saison; au printemps, alors que la lune approche 
de son plein,, après avoir versé du lait dans ce vase que 
tu vois : « Tiens, lui dis-je, voilà la liqueur du prin- 
temps ; prends et bois ». Â ces mots^ je me détourne 
et, en moins d'un clin d'œil, les aliments solides ou li- 
quides ont disparu » (ch. m, § 6). 

Protésilas n'est donc pas un pur esprit, puisque, 
commeles dieux du paganisme eux-mêmes, il a un corps ; 
et ce corps, si parfait qu'on le suppose, le rapproche 
un peu de l'humanité; mais il s*élève au-dessus de 
de celle-ci par deux des attributs de l'essence divine : la 
science et la puissance. Protésilas n'a pas l'omni- 
science : « Si les dieux savent tout, les héros, à la vé- 
rité, en savent moins que lés dieux, mais beaucoup 
plus que les hommes > (ch. m, § 15). Il n'a pas, non 
plus, la puissance absolue, mais il peut, nous allons le 
•voir, accomplir certains miracles. Occupons-nous d'a- 
bord de la science de Protésilas. Philostrate, s'inspi- 
rant du Phèdre de Platon,' a montré ainsi qu'il suit 
.l'âme du héros entrée en commerce avec les dieux et 
devenue capable de comprendre sans effort toutes les 
affaires humaines : « Le Phénicien. — Quant à la guerre 
elle-niême qui eut lieu sous les murs de Troie, com- 
ment Protésilas pourrait-il la raconter, puisqu'il est 
mort, à ce que l'on rapporte, le premier de tous les 



118 BOURQUIN. 

Grecs, et au moment môme où Ton débarquait?— Lo 
vigneron. — Ce que tu dis là, ô étranger, est tant 
soit peu naïf (i) : des âmes aussi divines, aussi bien- 
heureuses que celle de Protésilas ne commencent à vi- 
vre que lorsqu'elles échappent aux impurs liens du 
corps : compagnes des dieux, elles les connaissent 
alors, non pas comme on les connaît ici-bas, en adorant 
leurs statues et par Tidée qu'on se fait d'eux dans son 
esprit (2), mais parce* qu'elles entrent en rapport avec 
eux et les voient face à face ; et, pour la connaissance 
des choses humaines, elles ne sont dérangées ni par les 
maladies, ni par les entraves du corps, tout entières 
qu'elles sont à la science divinatoire qui les possède 
et aux transports de l'esprit prophétique. Aussi, je te 
le demande : parmi ceux qui se livrent à la plus minu- 
tieuse étude des poésies d'Homère, crois-tu qu'un seul 
les ait lues aussi bien qu'elles ont été lues et pénétrées 
par Protésilas? • 

On comprend sans peine, après cette explication, com- 
ment Protésilas a pu, sur les faits de la guerre de 
Troie, rectifier mainte assertion d'Homère et mettre 
le vigneron au courant de tout ce qu'il désirait appren- 
dre; on comprend de môme comment il a pu, en ré- 
ponse aux questions de ces athlètes qui le consultaient 
sur leurs chances de victoire, prononcer ces curieux 
oracles qu'on peut lire au chapitre m (^ 10, à la fin ; 
H, 12, 13), etc. 

Quant à la puissance de Protésilas, on en trouve une 
première preuve (ch. i, § 6) dans l'intervention mi- 
raculeuse du héros en faveur du vigneron dépouillé de 
ses biens : t Et cet humble domaine lui-môme était 
déjà devenu la proie du Ghersonésien Xénis ; mais Pro- 
tésilas a bien su le lui reprendre : par une apparition 



(1) EvriOtç TOUT^ 901, Çeve. 

(2) Voir le Phèdre de Platon, trad. de M. Cousin (volame VI), à U 
page 46. 



SUR L'Héroïque de philostrate. iig 

de sa personne^ il lui a fait perdre la vue et l'a fait 
partir d*ici aveugle. » En voici quelques autres : c II 
guérit toutes les maladies, sans exception, mais prin- 
cipalement les phtisies, les hydropisies, les maux 
d'yeux et les fièvres quartaines. Ceux qui souffrent du 
mal d'amour peuvent aussi compter sur ses conseils, 
car il éprouve pour les amants malheureux la compas- 
sion la plus vive et leur fournit, pour adoucir le cœur 
de la personne aimée, des incantations et des recettes 
magiques. Mais pour les adultères, il refuse de leur 
répondre et ne veut leur fournir aucun charme, car il 
dit qu'il les hait, parce qu'ils déshonorent ramour(l), » 
(ch. m, § 14). Et, à ce propos, Philostrate narre fort 
agréablement le cas d'un adultère et de sa complice 
que Protésilas fait mordre, non-seulement jusqu'au 
sang, mais jusqu'à la mort, par le chien du vigneron, 
parce qu'ils venaient, au pied de son autel, faire une 
conjuration contre la tète du mari trompé (ch. m, 
§ 44^15). Enfin, la puissance de Protésilas nous est 
attestée encore par les hommages qu'on lui rend : non- 
seulement on l'honore à Phylacé et à Phtie; mais, près 
de son tombeau et dans ce temple, hélas I ruiné que, 
du lieu où ils sont assis, le vigneron et le Phénicien 
peuvent apercevoir, il y a une statue du héros repré- 
senté en costume de navarque. Eh bien I voici ce 
qu'on nous dit de cette statue : (c Le temps l'a usée et 
aussi, parZeus, l'attouchement de tant de personnes 
pieuses qui sont venues la parfumer d'essences et y 
suspendre leurs offrandes votives (2) : aussi n'est-elle 
plus guère reconnaissable », etc. (Gh. m, g 2). 

Telle est, dans ses traits les plus saillants^ la phy- 
sionomie de ce héros que Philostrate, nou^avons vu 
plus haut dans quelle intention, parait avoir voulu or- 



(1) *EmiSii rb ipctv Sia^dXXovvtv, 

(2) Ol im^fpecyi^àfinot rà; eù^àf. Je ne ssdfl si j*ai bien entendu cette 
obscure expression. 



130 BOURQUIN. 

ner de toutes les vertus et embellir de toutes les 
grâces. 



DES APPARITIONS DE QUELQUES AUTRES HÉROS 



A Texception d*Achille dont la légende, réservée 
pour la Qn, occupera tout un quart du dialogue, aucun 
des autres héros, considérés dans leur seconde vie et 
dans leurs rapports avec les hommes, n*obtient de 
Philostrate autant d^attention que Protésilas. Cela se 
comprend, puisque le vigneron, en. relations directes 
avec celui-ci, ne connaît les autres que par ouï-dire. 
Toutefois il sait et il raconte à leur sujet plus d*ua 
détail intéressant. Et d*abord, comme je Tai dit, la 
plaine de Troie est, pour les ombres des héros, une 
sorte de quartier général, un endroit privilégié où ils 
se plaisent à se réunir, sur le théâtre môme de leurs 
anciens exploits : t Aiyourd*hui encore, on voit appa- 
raître dans la plaine ceux qui, avec Protésilas, vinrent 
assiéger cette Troie que tu as sous les yeux (!) : ils 
. ont un air belliqueux et font mouvoir les aigrettes de 
leurs casques » (ch. i, § 4). Et ailleurs : c On les 
voit, on les voit encore. Phénicien, apparaître, sous des 
formes grandioses et surnaturelles, aux bouviers de la 
plaine et aux pâtres ; parfois môme leur apparition est 
le présage de quelque fléau : les a4-on vus couverts 



(1) Da Heu où ils sont assis, par dessus le bras de mer qui sépare 
la Chersonèse de la Troade, le vigneron et son hôte peuvent aperce- 
voir le théAtre des combats qui se sont livrés sous lUon, mais il va 
sans dire qu*ils ne peuvent voir Tancienne ville de Troie, puisqa*eUa 
n*enste plus. Seulement, ils ont sous leurs yeux la ville nouvelle de 
Néon-Ilion, située & peu de distance de Taneienne Troie, mais plus près 
de la mer. Voir Tezoellente carte de M.* Nicolaldès. (Topographie da 
VIliade.) 



SUR L'Héroïque de philostrate. 121 

dé poussière, c'est pour la contrée Tannonce d*une sé- 
cheresse ; ont-ils paru tout en sueur, on aura des inon- 
dations et des pluies ; a-t-on aperçu du sang sur leurs 
corps ou sur leurs armes, c*est qu'ils vont envoyer des 
maladies aux habitants de la Troade ; mais quand leur 
apparition n'est accompagnée d'aucun de ces signes, 
elle annonce une heureuse température et alors les 
p&tres de leur sacriGer, qui un agneau, qui un taureau, 
qui un poulain^ qui une autre victime, suivant la nature 
de son bétail ». (Gh. m, § 18). 

Mais, h côté de ces apparitions collectives où Ton ne 
voit figurer qu'une foule anonyme, il y a tout le chapi- 
tre des apparitions, ou tout au moins des manifesta- 
tions individuelles, qui fournissent au bon vigneron 
plus d'une anecdote intéressante. En voici deux qui se 
font pendant l'une à l'autre, et que je crois devoir citer» 
sauf à en élaguer quelques détails : a On raconte qu'un 
jour, à la suite des maladies qui sévissaient sur leurs 
moutons, des bergers troyens se mirent à insulter 
Ajax. Groupés autour de son tombeau, ils l'appelaient 
l'ennemi d'Hector, ils l'appelaient l'ennemi de Troie, 
Tennemi des troupeaux : c II a été fou », disait l'un : 
i II l'est encore >, disait un autre; enfin, le plus impu- 
dent de ces bergers, croyant ainsi taxer de lâcheté le 
héros, ne cessait de répéter cet hémistiche d'Homère (1) : 
Âioç S'oùxéx' liJLtpe. — « WV l[jii(i.vov, répond tout à coup 
le héros du fond do sa tombe et d'une voix aussi terri- 
ble que retentissante ; en même temps, il fit résonner 
ses armes, comme il avait coutume de le faire sur le 
champ de bataille » (ch. m, § 19). Je n'ai pas besoin 
d'ajouter qu'au son de cette voix formidable les p&tres 
s'enfuirent à toutes jambes. Dans la seconde anecdote, 
nous voyons figurer Hector qui, dans une circonstance 
analogue, «st bien loin d'imiter la longanimité d'Ajax ; 
car ce n'est pas, lui, par une simple parole qu'il se 

(1; Iliade, xvi, 102. 



in BOURQUIN. 

venge : un jeune Assyrien, de passage à Néon-Ilion, s'é- 
tait répandu contre Hector en violentes invectives et 
avait insulté sa statue, puis s'était remis en route, sans 
prévoir le sort qui l'attendait : « Mais à peine avaitr-il 
parcouru dix stades qu'un fleuve, assesB petit pour être 
à peine connu, môme en Troade, se met à enfler ses 
eaux et à devenir énorme ; et, comme l'ont dit les com- 
pagnons du jeune homme échappés au désastre, un 
guerrier de haute taille, armé de toutes pièces, excitait 
le fleuve : d'une voix barbare et retentissante, il lai en- 
joignait de détourner ses eaux sur la route où le jeune 
homme était engagé avec un attelage de quatre che- 
vaux assez petits. Les engloutissant avec leur maître, 
qui poussait des cris et qui, déjà, ne reconnaissait que 
trop la puissance d'Hector (1), il les entraîna au fond de 
ses abtmes et les fit si bien disparaître, qu'il ne permit 
môme pas qu'on repôchftt le corps de la victime; car ce 
corps, entraîné je ne sais où, avait disparu pour jar 
mais j> (ch. m, S 22). 

Je prends ces deux récits au milieu de bien d'autres 
qu'on trouvera au chapitre m. Voici encore une anec- 
dote que je ne crains pas d'insérer, bien qu'elle soit on 
peu longue, parce qu'elle fait, au plus haut point, res- 
sortir la beauté de l'âme de Palamède : « Il y avait à 
' Troie, dit le vigneron, un laboureur dont la situation 
n'était n'était pas sans analogie avec la mienne : ému 
de compassion pour Palamède, il se rendait sur la plage 
où l'on dit que ce héros fut lapidé par les Grecs et dé- 
plorait son infortune. Il offrait à ses cendres (2) tout ce 



(1) Mot & mot comprenant ou connaissant déjà Hector : ^uvcivrt Xsi- 
nhv "Exropoç, 

(2) 'Eitiftpt T^ x^vtc. Gomme on le voit au § 15 du efaap. xi* P^ 
lamède STait été enseveli par Achille et Ajas en ÉoUde : iç tq* *F*P^ 
Ti} Tpoia Tâv AîoXiuv Hniipov, U faut donc supposer que notre rigneroa 
d'Ilion fait de temps en temps un pélénnage & la tombe do héros ; 
d*ailleurs, la phrase, dans son ensemble, me parait marquer trois ac- 
tions qui se passent en des lieux différents : 1* le vigneron tt parfois 



SUR L'Héroïque de philostrate. 193 

qu^on a coutume de déposer sur les tombeaux ; choisis- 
sant parmi leà raisins de ses meilleurs ceps, il en ré« 
coltait, à rintention du héros, de quoi remplir un cra- 
tère et, quand il prenait un moment de repos : je vais, 
disait-il, boire avec Palamède. Il avait un chien habile 
à flatter les hommes pour leur jouer de mauvais tours ; 
il l'appelait Ulysse et, à cause de Palamède, cet Ulysse 
recevait force coups, sans compter mille épithètes peu 
flatteuses. Or Palamède eut Tidée de faire une visite et 
d'accorder quelque bienfait à un homme épris pour lui 
d*une affection si vive. Au moment donc oh celui-ci était 
en train de soigner (i) les pousses malades d'un 
de ses pieds de vigne, Palamède Taborde : (( Homme 
des champs, sais-tu qui je suis? — Gomment le sau- 
rais-je, puisque je ne t'ai jamais vu? — Eh quoi! Tu 
aimes donc une personne que tu ne connais pas ?» A 
ces mots, le vigneron comprit qu'il avait devant lui Pa- 
lamède ; l'extérieur de celui-ci annonçait un héros de 
-grande taille, beau, brave et qui n'était pas encore âgé 
de trente ans. Alors, se jetant dans ses bras avec un 
sourire : « Je t'aime, 6 Palamède, parce que je vois en 
toi le plus intelligent des hommes qui furent jamais et 
le plus vertueux de ceux qui ont lutté dans la carrière 



pleurer Palamède au lieu même où celui-ct a été lapidé ; 2» il va par- 
fois aussi porter des offrandes sur sa tombe ; 3« enûn, sans sortir de 
chez lui, et dans les intervalles de son travail, il boit de son meilleur 
vin, & rintention et en Thonneur de son cher Palamède. 

(l) 'O fih 'Kpbç à/iTziXta rivl ^v, yôvu iiMTfjç (<a/cevo{. Le mot idtfiivoç 
semble indiquer une maladie a laquelle on porte remède. Le thésaurus 
â*Henri Etienne, parmi tous les exemples quHl rapporte à Tarticle yàvu, 
n*ea donne aucun qui paraisse designer une maladie ; y^vv, appliqué 
aux plantes, signifie le nœud, çenicultnn, ou Tintervalle entre deux 
nosuds, internodium. Cette deuxième acception pour.ait bien être ici 
la Tnde : rb yôvu serait une portion du sarment, ou de la pousse de 
Tannée. Au reste, si Ton entend par t6 yàvx» Tarticulation même (ffeni- 
culum), on aura encore un sens acceptable. Dans un cas comme dans 
Tautre, le vigneron est représenté comme pansant les plaies du bois, 
jeune ou vieux, d*un de ses pieds de vigne. 



124 BOURQUIN. 

de la science I Je Taime, parce que tu as reçu des Grecs 
le traitement le plus indigne, et cela, par les intrigues 
de cet Ulysse que j^aurais depuis longtemps jeté hors 
de sa tombe 8*il était enseveli en ce pays. Car c'était 
un scélérat et il ne valait pas ce chien, que je nourris à 
nAuse de lui. — Laissons désormais en repos la per* 
sonne d'Ulysse, dit Palamède, car je lui ai fait payer, 
aux Enfers, le mal qu'il m'a fait. Mais, puisque tu aimes 
les vignes, dis-moi, je te prie, quel est le fléau que tu 
redoutes le plus pour elles? — Et comment ne serait-ce 
pas celui de la grôle qui saccage leurs bourgeons (I) et 
brise leurs tiges? — Eh bieni dit Palamède, mettons 
une ligature à l'un de tes ceps et les autres n'auront 
plus à craindre les coups de la grêle (ch. m, {§ 24-25). 
Je crois devoir signaler encore, avant de m'occuper 
d'Achille, ces curieux détails que Philostrate nous 
donne sur Rhésos, le héros Thrace tué par Diomède. 
Établi à Rhodope, Rhésos est devenu comme la provi- 
dence de toute la contrée, qu'il préserve de la peste : 
« Si l'on en croit la renommée, il élève des chevaux, se 
montre parfois armé de toutes pièces, ou se livre h 
l'exercice de la chasse : et l'on sait que le héros est en 
train de chasser quand on voit les sangliers, les che- 
vreuils et autres animaux sauvages de la montagne se 
rendre, par deux ou par trois, à l'autel de Rhésos, s'y 
laisser sacrifier sans qu'aucun lien les maintienne en 
place, et tendre d'eux-mêmes la gorge au couteau du 
sacrificateur » (ch. m, § 16). 



(l)'T^* wv hrvfXowTOLt, En latin, on emploie ocu/t\ en grec, ^AkJi^ 
pour désigner les bourgeons de la vigne ; une vigne qoi a perdu set 
bourgeons a donc, en quelque sorte, perdu ses yeux ; de la, cette ex- 
pression si bizarre au premier abord : les coups de la grék, par les- 
quels une vigne est aveuglée. Je me suis bien gardé de donner la tia* 
duction littérale qui n*aurait pas eu de sens dans notre langue. 



SUR L'Héroïque de philostrate. 125 



AGHILLB 



En avons-nous fini avec le merveilleux? Non, car il 
nous reste à examiner cette légende d*Achille que Phi- 
lostrate a précisément réservée pour la fin, parce .qu^elle 
contient à elle seule plus de faits extraordinaires peut- 
être que tout le reste de Touvrage, et qu'elle est de na- 
ture à laisser les esprits sous le coup d'une impression 
vive et profonde. Je crois aussi, comme le conjecture 
Kayser^ et comme je Tai dit tout au début de ce travail, 
qu'en s'attachant avec tant d'insistance à faire ressortir 
au-dessus de toutes les autres la grande figure d'Â- 
chille, Philostrate n'a pasoublié qu'il faisait ainsi sa cour 
à l'empereur Garacalla. On sait en effet que ce prince, 
aussi vaniteux qu'il était extravagant et cruel, se flattait 
de marcher sur les traces d'Achille et peut-être d'égaler 
ce héros (1). 

Quoi qu'il en soit, cette histoire d'Achille, rejetée à 
la fin du dialogue, compose à elle seule une sorte de 
petit ouvrage où l'on peut distinguer trois parties : 
1® Vie d'Achille ; sa mort; prodiges qui en sont la suite ; 
funérailles du héros (ch. xx, de 4 à 22); 2'' Culte d'A- 
chille ; sacrifices que, chaque année, les Thessaliens 
doivent lui offrir, tant sur sa tombe que sur le rivage 
du Sigée, etc. (ch. xx, de 22 à 32); 3"" Révélations sur la 
mystérieuse existence d'Achille et d'Hélène, mariés en- 
semble et fixés dans l'île de Leucé, au milieu du Pont- 
Euxin (ch. xx, de 32 à 48). 

Comme, dans les pages qui précèdent, je ne me suis 
occupé que des héros passés à l'état de Génies, et de 
leurs rapports avec les hommes, je crois devoir négli« 

{1} Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit là-dessus au début. 



136 BOURQUIN. 

ger ici presque tout ce que Philostrate nous dit d*Â- 
chille vivant; toutefois, je ferai observer que, dans 
cette biographie, d'ailleurs on ne peut plus propre à 
faire ressortir Téclatante supériorité du héros, Fauteur 
s'écarte, en bien des points, soit des données admises 
par Homère, soit de certaines autres traditions géné- 
ralement accréditées (1). Et, presque toujours, ces mo- 
difications apportées à l'histoire du héros sont de na- 
ture à le relever aux yeux du lecteur. J'arrive aux cir- 
constances qui, selon Philostrate, auraient amené la 
mort d'Achille. 

Ici, nous entrons à pleines voiles dans les régions de 
la fantaisie. Philostrate a écrit là-dessus un véritable 
roman dont voici l'analyse : Achille s'est épris de Po- 
lyxène, sur le bras de laquelle Priam s'appuyait quand 
il est venu réclamer les restes d'Hector et, séance te- 
nante, il a obtenu du vieillard que la main de la jeune 
fille lui serait donnée, à condition qu'il ferait lever le 
siège de Troie. Au jour fixé pour la cérémonie nuptiale, 
Achille, sans défiance et sans armes, se rend au temple 
d'Apollon Thymbréen, où il est assassiné. Désolée de 



(1) EztfmplM. — Contrairement à U tradition snine par Ovide, Staee 
et quelques antres, Achille n^aurait pas été envoyé par ses parents dans 
le gynécée de Lycomède pour qu*il pût se dérober ainsi aux périls de 
la guerre. Chez Philostrate, Achille se rend & Scyros, sur Tordre de 
son père, pour tirer vengeance du meurtre de Thésée tué en trahison 
par Lycomède ; puis, après s^étre rendu maître de la personne de odm" 
d, il écouta ses explications, lui pardonne et devient son gendre 
(eh. XX, 6S 4 et 5). 

Contrairement au récit dISomère, la querelle d*Achille et d*Aga- 
memnon et le courroux du premier contre les Orecs ont eu pour cause, 
non Tenlèvement de teUe on teUe captive, mais la mort de Palamède 
(ch. XX, §§ 9 et 10). 

- Contrairement & rassertion d'Homère {II., xvm, 2S et suiv.), Achille, 
en apprenant la mort de Patrode, n*a pas donné une marque de ûû- 
blesse, en s*abandonnant & tous les excès du désespoir. 

Bnfin la lutte d*AchiIle contre Astéropée a été, suivant Philos- 
trate, bien autrement périlleuse qu'Homère ne semble le dire, et cet 
adversaire n'était pas moins à redouter qu'Hector lui-même, etc. 



SUR L'Héroïque de philostrate. 127 

la mort de son fiancé, Polyxène s'enfuit au camp des 
Grecs, où Âgamemnon Taccueille et la traite avec les 
plus grands égards ; mais, trois jours après la mort 
d'AchillSi la jeune fille, éperdue de douleur, s'enfuit 
une seconde fois et, sur la tombe même du héros, vient 
se percer d'un glaive « après avoir fait entendre beau*» 
coup de lamentations passionnées, dans lesquelles elle 
suppliait Achille de ne pas la trahir en refusant de la 
prendre pour femme » (ch« zx, S§ 17-18). Voilà, n'en 
déplaise à la règle des trois unités, que d'ailleurs les 
Grecs ne se piquaient pas toujours de suivre, tous les 
éléments d'une tragédie. Pour mon compte, je préfère 
infiniment la donnée du sacrifice de Polyxène tel quUl 
est raconté, avec les touchants détails que chacun sait, 
dans VHécube d'Euripide. J'ignore, du reste, si ce ro- 
man est ou non de l'invention de Philostrate ; mais si, 
comme c'est possible, il a simplement eu à choisir en« 
tre plusieurs traditions au suget de Polyxène, je gage- 
rais qu'il a tout exprès mis la main sur la plus extraor* 
dinaire de toutes ; car un sophiste doit s'écarter le plus 
qu'il peut des routes battues. 

 propos des prodiges dont la mort d'Achille a été 
suivie, Homère avait tracé la voie à Philostrate; mais 
celui-ci, là encore, s'ingénie à trouver des choses nou- 
velles. Si long que soit le passage, il me paraît oppor-^ 
tun de le reproduire, parce qu'il a dû, ce me semble, 
vivement frapper les imaginations : « Homère a dit, 
dans sa seconde Psychostasie (1) (si toutefois ce poème 
est de lui), que les Muses et les Néréides déplorèrent 
la mort d'Achille, les Muses en chantant, et les autres^ 

(1) Cette seconde PsychosUtsU n^eet pM atitre chose que le commet! '^ 
cernent dn XXIV* éhant de VOdyêsée (1 à 204). D'dminents eritiquee, 
et entre autres Rochefort, ont mis en doute, après Philostrate, Tau-^ 
thenticitë de tout ce début du dernier chant de VOdyêsée. Je n*ai pas le 
loisir de rapporter les raisons, assez concluantes, selon moi, sur les-* 
quelles ils s^appuient. On en trouvera un substantiel résumé dans une 
note de la traduction d*Eug« Bareste. 



128 BOURQUIN. 

en se frappant la poitrine ; cette assertion, dit Protési- 
las, ne s'écarte pas beaucoup de la vérité. Les Muses, 
il est vrai, ne sont pas venues et n*ont pas chanté ; Tar* 
mée non plus n'a vu apparaître aucune des Néréides, 
bien que celles-ci n'eussent pas Thabitude de dissima- 
1er leur présence ; mais on vit se produire d'autres pro- 
diges qui û'étaient pas sans analogie avec le récit d'Ho- 
mère. En effet, tout d'abord, du côté du golfe Noir (i), 
la mer se mit à se gonfler et à mugir; bientôt après, 
aussi haute qu'une forte colline, elle s'avança vers le 
promontoire de Rhétée, au grand émoi des Grecs, qui 
se demandaient de quel fléau ils allaient être frappés, 
ainsi que la terre elle-même ; mais quand la mer fut ar- 
rivée tout proche et que ses ondes commencèrent à bai- 
gner l'emplacement du camp, elle fit entendre des 
plaintes aiguës et répétées sans relâche, comme celles 
que, dans les cérémonies funèbres, pousse l'assemblée 
des femmes. On vit là quelque chose de merveilleux et 
de divin et tous s'accordèrent à dire que le flot amenait 
les Néréides (car, sans rien inonder, la masse des eaux, 
calme et unie, vint mourir sur la plage); mais ce qu'on 
vit ensuite parut beaucoup plus merveilleux encore. La 
nuit venue, on entendit par tout le camp les gémisse- 
ments de Thétis qui, dans sa douleur, se récriait et ap- 
pelait son fils à haute voix : aussi perçants, aussi so- 
nores étaient ses cris que peut l'être l'écho d ans les 
montagnes; et alors, plus que jamais, bien qu'ils n'en 
eussent pas douté auparavant, les Grecs eurent la con- 
viction que ThéUs était bien la mère d'Achille » (ch. xx, 
§g 19 et 20). 

Je ne dirai rien des détails qui suivent sur la déso- 
lation des Grecs, et sur les splendides funérailles du 
héros (XX, § 20, à la fin, et 21). 

(1) Oppien de Gilide {ffalieutiques, iv, 515-522} parle aussi de ca 
golfe Noir qu*il appelle BprjUtoç (de Thrace), sans dire positivement oa 
il se trouve. Pomponius Mêla (Ut. IV, ch. u) le place près de Mastn- 
•ia, en Chersonèse, et dit quHl doit son nom au fleuve qm sujette. 



k- 



SUR L'Héroïque de philostrate. 129 

Achille est donc mort ; réunies dans la môme urne 
avec celles de Patrocle, ses cendres ont été confiées à la 
terre ; le tombeau du Sigée garde dans ses mystérieu- 
ses profondeurs la dépouille mortelle du héros ; mais 
son âme n'a point péri : incarnée dans un nouveau corps 
exempt de toutes les infirmités de Thumaine nature, elle 
goûte, dans toute leur plénitude, les joies de la vie 
bienheureuse, telle que les payens se la figuraient pour 
leurs élus. En un mot, Achille est devenu un Génie, et 
peut-être serait-il plus juste de dire qu'il est devenu 
un dieu. Suivons-le dans cette nouvelle existence. 

Et d'abord, disons un mot du culte d'Achille, officiel- 
lement prescrit et réglé par un oracle de Dodone dont 
voici le texte : « Chaque année, les Thessaliens devront 
se rendre à Troie pour y égorger des victimes en l'hon- 
neur d'Achille ; dans ces sacrifices, il sera traité en 
partie comme un dieu, en partie comme peut l'être un 
simple mortel après sa mort » (xx, 25). Philostrate nous 
dit qu'à l'origine on exécutait ponctuellement les pres- 
criptions de l'oracle et voici comment on procédait : 
« Un vaisseau, garni de voiles noires, se rendait de 
Thessalie à Troie, amenant quatorze théores, deux tau- 
reaux domptés, l'un blanc, l'autre noir, et aussi du bois 
coupé sur le Pélion, car ils ne voulaient rien demander 
aux habitants ; ils apportaient donc encore de Thessa- 
lie de quoi faire des libations et de l'eau puisée au 
Sperchios; et si les Thessaliens ont adopté les premiers 
l'usage de se couronner d'amarantes dans les cérémo- 
nies funèbres, c'est ce culte d'Achille qui en est cause, 
car ils ne voulaient pas, dans le cas où leur navire au- 
rait été retenu par les vents, arriver avec des couronnes 
flétries et passées. Ils devaient aborder pendant la nuit 
et, avant de prendre terre, chanter du haut de leur 
vaisseau, en l'honneur de Thétis, un hymne ainsi 
conçu : 

« Thétis azurée, Thétis, épouse de Pelée, loi qui as 

Annu^iirb 1884. 9 



180 BOURjQUIN. 

« mis au monde le grand Achille! Au sein de la terre 
a Troyenne repose tout ce qui lui était venu de la na- 
c( ture mortelle ; mais une Ue du Pont renferme tout ce 
« que tu lui as communiqué de ta divine essence : al- 
« Ions, monte sur ce tertre élevé, oti Ton va brûler une 
«victime en Thonneur d'Achille; montes* y avec la 
ce Thessalie, et sans verser de larmes, Thétis azurée, 
« Thétis, épouse de Pelée (1) I » 

Le chant fini, les théores s'approchaient de la tombe; 
ils frappaient sur un bouclier, comme cela se fait à la 
guerre ; ils poussaient tous ensemble de grands cris, en 
appelant Achille, et se livraient à certaines courses 
d'une cadence déterminée ; puis, après avoir placé unQ 
couronne sur la cime du tertre, ils creusaient dans le 
sol de celui-ci des fosses, et sacrifiaient le taureau noir 
suivant le rite usité pour honorer les morts. Bien 
persuadés qu'Achille leur saurait gré de cette atten- 
tion^ ils invitaient aussi Patrocle à venir prendre sa 
part de la victime. Celle-ci une fois immolée et le sa- 
crifice achevé, ils descendaient du tertre et se met- 
taient en devoir de regagner leur vaisseau ; mais, sur 
le rivage, ils égorgeaient encore le second taureau en 



(1) Ce petit chant, où domine le mdtre «napestique (il y » pourtiml 
on vers compoeé de U rémiioo de deux adoniques), Q*e6t pas déon^ 
d*une certaine harmonie. Le huitiôm;e vers parait avoir perdu son mot 
final. Voici le texte : 

& TÀv /liygaf rUtç ûiôv, 

Tpoix Xàxt, 93tç S' Svùv àtfflcvrfroti 
ytviàç naît iwnern, Uàv^Qç S^*'* 

Ba7vc vpbç alirvv ré^it xoAuvàv 

/xsf 'AxiXXiùii îfimipa.,, 
Bk?v* àdebepuTo; /uisrà BeavaA^a;, 

,Oirc xuavia, Sert DnAeca. 



SUR UHÉROIQUB DB PHILOSTRATË. 131 

rhpnneur d'Âohille. Oette fois, ils traitaient Achille 
aomme un dieu ; aussi oommenQaient^Us le saepi&ce en 
offpant des grains et une partie des entrailles; 
puis, vers le point du jour, ils se remettaient en mer, 
emportant avec eux ce qui restait de la victime, oar ils 
ne voulaient pas prendre leur repas sur la terre enne* 
mie • (XX, §g 25, m fine, 96, 97). Pleins de ferveur 
dans les premiers temps, les Thessaliens, à plusieurs 
reprises, se relâchèrent de leur zèle. On les vit, durant 
de longues périodes, supprimer totalement les sacrifi- 
ces ; on les vit, d'autres fois, escamoter une partie des 
obligations que leur imposait le rituel ; « aussi, dit le vi- 
gneron, Achille se courrouça-t-il contre eux, et je n'en 
finirais pas, si je voulais rappeler tous les maux dont il 
frappa la Thessalie ». Le vigneron ne rapporte pas, en 
effet, tous les fléaux par lesquels le héros a pu ch&tier 
la tiédeur de ses compatriotes ; mais il veut au moins 
montrer, par un exemple, ce qu41 en coûte, même aux 
hommes d'aujourd'hui, pour avoir encouru la colère 
d'Achille, et il raconte, au grand effroi du Phénicien, 
une bien terrible histoire, non du temps passé, mais 
de la veille (ch. xx, p. 30-31). 

Il est temps d'aborder à Ille de Leucé, qu'on pour- 
rait appeler l'Ile des merveilles, car tout ce qui s'y passe 
rassemble à un conte des mille et une nuits. Et d'abord, 
qu'est-ce que cette île? Pour quelle raison Achille, 
passé dieu, ou presque dieu, y a-t-il fixé sa résidence T 
C'est qu'il lui fallait, loin de tous les regards profanes, 
un nid pour y abriter ses amours. Mais quelles 
amours! Sans doute, le héros aura donné son cœur à 
la malheureuse Polyxène qui, en se tuant sur sa tombe, 
le conjurait avec larmes de la prendre pour femme. 
Eh bien, non, ce n'est pas cela : c'est beaucoup mieux ; 
je veux dire, c'est beaucoup plus extraordinaire. 
^cbiUPi qui 1q croirait? Achille, après pa mort, e^t de- 
VdPU l'épeux d'Hélène que pourtant il n'a jamais vue : 
a Hélène et Achille, nous dit l'auteur, sont les premiers 



13S BOURQUIN. 

qui en soient venus à s^aimer sans s*ôtre vus, puisque 
l'une était en Egypte, l'autre au siège de Troie, et chez 
qui les oreilles aient fait pénétrer le feu d'une passion 
réciproque » (xx, 33). Voilà, certes, une idée des plus 
étranges, mais dont on aurait tort de se scandaliser 
outre mesure : la prééminence d'Achille sur les autres 
héros s'affirme, en quelque sorte, par ce mariage post- 
hume : s'il reçoit pour compagne la femme qui, au 
jugement des Grecs, a le plus approché de la parfaite 
beauté, c*est qu'il a été, lui, la plus haute expression 
de la valeur guerrière. 

Quoi qu'il en soit, ce mariage, au dire de Philo* 
strate, a été approuvé, peut-être môme faut-il lire voulu 
par les Parques. Mais où logera-t-on les futurs époux? 
Les environs de Troie ne présentent aucune retraite 
qui puisse les abriter convenablement ; plus loin, il y a 
bien les lies Échinades qui conviendraient assez ; mais, 
justement, elles sont souillées par le voisinage du par- 
ricide Âlcméon, qui est venu planter sa tente à l'em- 
bouchure de l'Achéloos. Que faire dans cet embarras? 
Thétis recourt à Posidon et le dieu des mers fait sur- 
gir du sein des flots, au milieu de l'Euxin, l'Ile de 
Leucé (i), « pour servir à l'habitation d'Hélène et 
d'Achille, en même temps qu'elle offrira un point de 
rel&che et un port aux navigateurs » (xx, 33). L'île n'est 
pas fort grande (30 stades dé long, sur 4 de lai^e) ; 
mais elle constitue encore un fort joli domaine, avec 
un beau temple pour l'habitation, et de magnifiques 
ombrages pour les promenades. C'est dans cette espèce 
de paradis que les noces sont célébrées avec un éclat 



(1) Llle de Leueë parait être la petite lie que Ton appelle aojov* 
dlim Ile des serpents^ et qui est située à 13 lieues en mer, juste en 
face des bouches du Danube. La double erreur de Pompomoi Mâa 
qui place cette Ue en face de Tembouchure du Borysthëne et qui dit 
qu*Achille y était enseveli, a été relevée dans une note fort savante de 
la traduction de ce géographe (Collection Nisard, page 678 du volume 
contenant Macrobe, Varron, Pompoaius Mêla). 



SUR UHÉROIQDE DE PHILOSTRATE. 138 

extraordinaire : < Au festin, on vit paraître Posidon 
lui-même avec Âmphitrite, toute la troupe des Néréi- 
des, tous les fleuves, tous les Génies qui fréquentent le 
lac Mœotis et l'Euxin n (xx, 33). Les divinités des eaux, 
on le voit, se sont donné rendez-vous pour fêter l'union 
d'un petit-fils de Nérée ; c'est là, pour elles, en quelque 
sorte, une fôte de famille. 

On ne voit pas trop bien quelles sont^ dans cette lie 
enchantée, les occupations du nouveau dieu. En tout 
cas, il ne risque point d'y souffrir de la chaleur. Quand 
Achille se promène, des oiseaux blancs et qui exhalent 
une senteur marine, Téventent et le rafraîchissent par 
le battement de leurs ailes. A part ce mince détail, 
Philostrate ne nous dit rien sur l'emploi des journées 
du héros ; en revanche, il donne d'assez curieux ren- 
seignements sur les conditions imposées à ceux qui 
veulent s'arrêter à Leucé. Si, pour des raisons que 
l'auteur ne dit pas, l'accès de l'Ile est interdit d'une 
manière absolue à toutes les femmes ; s'il est défendu 
de même à toute espèce de gens de s'y établir à de- 
meure, on a le droit d'y relâcher pendant le jour et 
c'est avec un vif plaisir que les navigateurs y abor- 
dent : « Aussitôt qu'ils aperçoivent l'Ile, comme ils 
viennent d'être ballottés sur une mer immense, ils se 
jettent dans les bras les uns des autres et pleurent de 
joie ; puis ils débarquent, embrassent la terre et vont 
droit au temple, pour y offrir leurs vœux et leur sacri- 
fice ; la victime, qu'on a choisie en raison de l'imporw 
tance du navire çt des ressources de ceux qui le mon- 
tent, vient d'elle-même se placer auprès de l'autel » 
(ch. XX, 38). Seulement, dès qu'arrive le soir, ceux qui 
ont relâché à l'île doivent se rembarquer : « Si le vent 
est favorable, il faut reprendre sa route ; s'il ne l'est 
pas, on doit amarrer son navire et dormir à fond de 
cale » (xx, 35). Du resle, il doit arriver bien rarement 
qu'on ne puisse, au moment voulu, mettre à la voile, 
car : « Quand on a relftché, soit au nord, soit au sud de 



134 BOURQUIN. 

nie» s'il doit B*élever un vent qui fermerait au vaisseau 
la sortie du porti Achille vient Tannoncer à la poupe ; il 
vous invite à changer de mouillage et à prendre ainsi 
vos précautions contre les caprices du vent s (oh. n» 

Achille, on vient de le voir, ne néglige donc rien 
pour faciliter à ses hôtes d*un jour Texéoution de la 
consigne qu'il leur a donnée. Quant à la raison de cette 
consigne, elle n*est pas bien difficile à deviner : c C'est 
pendant la nuit, dit«>on, qu'Hélène et Achille prennent 
ensemble leur repas et s'occupent à chanter : leurs 
chants ont pour Bu^ei leurs amours réciproques, et les 
poésies d'Homère sur la guerre de TroiCi et Homère 
lui-^méme. Car Achille se complaît encore à cultiver le 
talent que Galliope (i) lui a départi pour la poésie ; il 
s'adonne môme avec plus d'ardeur à ces sortes d'exer* 
cices depuis qu'il ne peut plus prendre part aux tra^ 
vaux de la guerre. Et il y a de lui, 6 étranger, en Thon- 
neur d'Homère, un chant (3) composé avec un goût et 



(1) Voir, an § 3 dn chap. zx, rapparitioa de CaDiope an kéros en- 
core fldolefloent, et la promesse qti*elle lui fait. 

(3) Voici ce petit morceau qae le yigneron récite ub pett plui loin. 
San* être bien merveilleux^ cet hymne de dit vert n'eet pM trop in* 
digne d'airdter on instant nos regards : 

*A;(<&, irapà /ivpCov ûdwp 
/ÈtyéUu '»atlùt99. irAcUpà DdirtOU, 
fd)iXêi at Xùpm, itk X«p^< ^f^i * 
où 8i dcTov *0/uipov âuii ptoc 
xXioç onipoiv, xXioi àfttripùn icôvort» 
^c* Sv où 0avov, èC ov ccrrc fiot 
UàrpoxAoç, Si* ôy kBenàfùiç Tffos 

Alm ifiàt, 
de* Sv à S^plXtiXTOf iutSùfUltm 9éfQXç 
xXiêç Sipan xoO lUat Tpoieu,. 

Kayser (editio altéra, Torici, p. 373), donne, à propos de ce chant, 
la note snivante : carminis versus 2, 5, '9, offendunt quînto addito 
pede, qui in 9 saltem ante parœmiacum demendns videtnr, abjecto 



SUR LUÉROIQUB DE PHILOSTRATE. 185 

un art merveilleux : j'en puift parler Bavamroent) car 
ce moroeau est connu de Protésilaft qui^ lui aussi, le 
chante » (oh. xx, S 35}... Plus loin, Philostrate nous 
dit (§ 38) que les voix d'Achille et d'Hélène retentissent 
avec un merveilleux éclat. Elles s'étendent si loin sur la 
mer, et avec tant de force, que les navigateurs en éprou'^ 
vent le frisson» et en restent frappés de surprise, etc.» 
Ofi aime à retrouver, dans l'Achille de Leucé, ce goût 
pour la musique et pour la poésie qui, chez Homère 
d^à, donnait un caractère tout particulier à la physio^ 
nomie du héros. Mais pourquoi faut-il que ce commerce 
avec les Muses n'ait point adouci dans l'ftme d'Achille 
cette passion de la vengeance qui, de son vivant, le ren*» 
dait parfois Si cruel? Hélas ! je suis bien obligé de le 
dire : Philostrate lui prête une action digne d'une bète 
fauve ; on va en juger : le héros charge un marchandi 
de passage à Leucé, d'aller lui acheter, à Néôn-Iliofl, 
une jeune esclave qui est le dernier reste du sang dé 
Priam|; puis, quand il tient en son pouvoir la ïnalheu*^ 
reuse jeune fille, il la déchire et la met en pièces de ses 
propres mains (voir ch. xx, g§29 et 40). Datis Homère, 
lorsque Achille dit à Hector mourant : 

(îliade, ttn, 346, 347.) 

il parle comme pourrait le faire un cannibale, mais il a 
pour excuse la mort toute récente de son cher Patroclé 
et son ûoaur, qui saigne encore, ne peut s'ouvrir à la 
pitié; pourtant, quelques jours plus tard, le même 
Achille Se laisse attendrir aux supplications de Priam. 

«oforc Anapsesticnm est, immixtis iambis, Meeomedis et Dionyaii hym* 
nis aliquatenus comparabile. — Je laisse k Kayser toute la responsa- 
bilité de son jugement à propos des vers 2, 5, 9, et j'avoue que la pré- 
80noe d^ttû cinqttièmd pied danâ ces vers ne ine choque pas au même 
degré que lui. 



196 BOURQUIN. 

Aussi ne peut-on s'expliquer comment, tout à coup, 
après tant de siècles, son ressentiment se réveille à 
propos d*une pauvre enfant tout à fait étrangère à la 
mort de Patrocle. 

N*insistons pas sur cette horrible légende que Phi- 
lostrate, s*il Ta trouvée quelque part, aurait mieux fait 
de passer sous silence. En voici une autre qui n'est 
guère moins terrible ; mais au moins, dans celle-là, le 
héros ne frappe que pour se défendre. Il s'agit des 
Amazones, à propos desquelles l'imagination de Fau- 
teur se donne libre carrière, et substitue à la tradition 
un roman de la plus haute fantaisie. Il nous donne d'a- 
bord de longs détails sur le pays des Amazones, sur 
leur vie belliqueuse, sur la manière dont elles se défont 
de leurs fils et dont elles élèvent leurs filles ; puis il 
nous dit qu'un jour des matelots et des constructeurs 
de navires, jetés à la côte par une tempête, sont tom- 
bés entre leurs mains : on les attache à une crèche ; on 
les nourrit pour les vendre, quand ils seront suffisam* 
ment engraissés, aux Scythes anthropophages; mais la 
sœur de la reine, secrètement éprise de Tun de ces cap- 
tifs, obtient qu'ils ne seront pas vendus ; on les déta- 
che ; bientôt, ils se sont assez familiarisés avec la lan- 
gue des Amazones pour leur conter leurs aventures, et 
ils en viennent à parler des trésors qu'ils disent avoir 
vus à Leucé, dans le temple d' Achille. L'idée de ces 
trésors allume dans le cœur des Amazones le feu 
d'une ardente convoitise ; à tout prix, elles veulent s'en 
emparer. Les voilà donc qui se font construire, par 
leurs prisonniers, une flotte capable de les transporter, 
elles et leurs chevaux, car elles ne combattent qu'à che- 
val; puis, après s'être appris à naviguer, elles par- 
tent un beau matin de l'embouchure du Thermodon, 
franchissent 2,000 stades, et arrivent à Leucé (1). 

(1) Tous les détails qui précèdent, conoarnaiit les AmazoneSi se troa- 
vent au cbap. xx (du § 41 au § 45). 



SUR UHÉROIQUE DE PHILOSTRATE. 137 

Aussitût, elles ordonnent à leurs prisonniers d'abattre 
les arbres qui entourent le temple. (Ici, je laisse la pa- 
role à Philostrate} : « Mais, se retournant contre les 
profanateurs, les haches venaient frapper les uns à la 
tète, les autres au cou et tous» en un instant, étaient 
tombés au pied des arbres ; à cette vue, les Amazones 
poussent de grands cris, lancent leurs chevaux et se 
précipitent à Tattaque du temple. Mais, les foudroyant 
d'un regard terrible, bondissant comme lorsqu'il luttait 
contre le Scamandre ou contre Ilion, Achille frappe les 
chevaux d'une épouvante qui les rend indociles au 
frein : affolés, ils se démènent en sautant, comme s'ils 
s'indignaient, comme s'ils se révoltaient à l'idée qu'ils 
portent des femmes ; devenus de vraies bêtes fauves, 
ils désarçonnent les Amazones, puis se jettent sur elles 
et les frappent de leurs sabots : leur crinière se hérisse, 
leurs oreilles se dressent menaçantes à la vue de leurs 
victimes (i), ainsi qu'il en arrive aux lions les plus 
cruels ; ils déchirent à belles dents les flancs nus de ces 
femmes ; ils leur brisent la poitrine, s'acharnent sur 
leurs entrailles et les dévorent ; puis, rassasiés de chair 
humaine, ivr^s de sang et comme en délire, ils galo- 
pent tout au travers de l'Ile, jusqu'à ce qu'enfin, parve- 
nus au sommet des promontoires, ils voient à leurs 
pieds la plaine liquide et, la prenant pour un terrain 
ferme, se précipitent au sein des flots. 

« Les vaisseaux des Amazones périrent aussi sous 
l'effort d'un vent violent qui s'éleva contre eux. Gomme 
ils étaient sans équipage et mouillés sans ordre, ils 
s'entrechoquaient et se détérioraient mutuellement; 
ainsi que dans un combat naval, on les voyait se cou- 
ler, s'entr'ouvrir les uns les autres : vides et voguant 
au hasard, ces navires s^abordaient soit de front, soit 



(1) Voici le texte : xai rà; x^^'^^> îfpirroVf xa ta «t« ht' aùràc tora- 
cxtf, TtadâcKto Tâv Aiôvtmv oê ù/aoI, etc. Je ne puis rendre qu^en prenant 
nn détour les mots : c:r* aùràf f^ravay. 



us BOURQUIN. 

par le travers^ tout comme si, dans une bataillei Tari 
des pilotes les avait lancés les uns contre les autres. 

« Comme beaucoup d'épaves de ce naufrage avaieni 
été portées par le vent aux abords du temple ; comme 
le lieu saint lui-même (4) était rempli d'êtres bumains 
qui respiraient encore, bien qu'ils fussent à moitié dé- 
vorés; comme envoyait çà et là des membres humains» 
des chairs vomies par les chevaux, Achille^ pour puri- 
fier rtle, eut recours au moyen le plus simple : il fit 
déborder la mer, dont les eaux eurent bientôt nettoyé le 
terrain et enlevé toutes les souillures » (ch. xx, |§ 45» 
à la fin, 46, 47). 

GTest sur cette efi*rayante description, si propre à 
donner une haute idée de la puissance d'AchiUe, que 
se ferme le dialogue, car presque aussitôt, appelé par 
les nécessités de sa culture, le vigneron congédie le 
Phénicien. Mais le lendemain, dès le point du jour, 
l'entretien doit recommencer, s'il ne s'est pas élevé, 
pendant la nuit, un vent favorable qui permette au mai^ 
ohand de reprendre sa route. 



Un artifice des plus ingénieux qui lui permet de 
contredire Homère tout à son aise et sans se faire ae« 
ouser d'irrévérence à l'égard du plus grand des poètes; 
une hardiesse extrême dans les nouveautés, qu'à la fa* 
veur de cet artifice, il ne craint pas de substituer ans 
principales données de V Iliade et de VOiyuie\ une sab« 

(1) n y a ici une oontradictioii plus ^ipareate que réelle : nuis 
doute, ni les prisonniers des Amazones, ni les Amazones elles-mêmes, 
on Ta TU plus hant, n*ont pu pénétrer dans le temple proprement dit ; 
mais il devait y avoir, ou plutôt il y avait certainement, antonr da 
rédifioe, une zone sacrée qui a été prolanée par les «fluiiieeiirt 



SUR L*HÉROIQUB DB PHILOSTRATE. 189 

tflité oapiieuBe dans la plupaH des oritiques de détail 
qu'il adresse à Homère^ bien qu'il admire Homère et 
qu'il l'aime^ Je crois, de tout son cœur ; d'autre part, et 
pour flatter les imaginations, bien plus sans doute que 
pour fonder une religion nouvelle, un Véritable étalage 
de miraclesi une série de légendes merveilleuses* mais 
auxquelles il nd croit guère, et qu'il a soin de faire oon- 
ter, aveo l'acoent de la foi la plus entière, par la bouche 
complaisante de 6on vigneron des environs d'Eléonte : 
voilà, si je ne me trompe, les moyens, vraiment dignes 
d'un sophiste, par lesquels Philostrate a su accommo* 
der son œuvre au goût de la société hellénique d'alors ; 
voilà lé double aimant sur lequel il me paraît avoir 
compté pour s'attirer des lecteurs» 

De même que, pour se faire écouteri quelque oin-^ 
quante ans plus tôt, Polémon, dans ses (uXit», prodi*^ 
guait à son auditoire charmé les surprises et, d'un 
snijet rebattu, tirait à tout prix des pensées neuves, 
de même Philostrate, pour se faire lire, emploie lé 
paradoxe d'une part et, de l'autre, toutes les séduc* 
tions do la fantaisie. Il n'a pas^ moins que Polémon lui- 
mème» le désir et comme le besoin de s'écarter des 
voies ordinaires^ Seulement, il a infiniment plus dé 
goût et de mesure ; toute réserve faite sur la nature des 
idées qu'il exprime quelquefois^ on ne saurait tro)> 
louer ohea lui la convenance du ton, qui reste partout 
celui d'une conversation érudite et polie. 

Il me resterait, si je voulais épuiser la matière, biesi 
des choies à dire. Et d'abord, je pourrais, car j'ai 
laissé ce point presque entièrement de côté, faire con- 
naître et apprécier ce que Philostrate nous apprend de 
neuf sur la personne et sur la conduite des héros pen^ 
dantqu'ils vivaient encore de la vie mortelle; nous veiv 
rions apparaître, comme si nous parcourions une gale- 
rie de poriraitSi des figures bien connues, mais que nous 
ne reconnaîtrions pas toujours, quand 11 a plu à l'auteur 
de les rapetisser ou de les noircir, témoin celle d'U- 



140 BOURQUIN. 

lysse, au chapitre xn. Sans parler de Protésilas qni, 
dans la guerre de Mysie, prend àTélëphe son bouclier, 
(ch. m), et d'Achille dont, comme nous l'avons vu, la 
biographie remplit les dix-huit premiers §{ du chap. 
XX, nops verrions le vieux Nestor, très convena- 
blement loué par Philostrate et, à côté de lui, la ra- 
vissante figure de son bien-aimé Ântiloque» (ch. iv); 
nous verrions Diomède et Sthénélos, deux foudres de 
guerre également redoutés par les Troyens (ch. v); 
puis ce serait Philoctète, dont l'auteur s'est plu à 
remanier presque toute l'histoire (ch.. vi) ; puis le 
roi des rois, dont il exalte la grandeur d'ftme, tandis 
qu'il traîne dans la boue son frère Ménélas (ch. vu); 
puis Idoménée, dont il semble n'avoir parlé que poar 
citer une fière parole d'Ajax (ch. viii) ; puis Ajax de 
Locres, avec son intraitable caractère et sa funeste 
mort, si amèrement pleurée par les Grecs (ch. u) ; 
puis Ghiron, l'éducateur des héros (ch. x) ; puis Fa- 
lamède, non moins brave qu'Achille, Palamède le sage 
des sages, Palamède, la touchante victime des noires 
machinations d'Ulysse (ch. xi) ; puis Ulysse, dont nous 
ne dirons plus rien ; puis, au chapitre xiii, la grande 
figure d'Ajax Télamonien, exalté presque à l'égal des 
Achille, des Palamède et des Protésilas. Nous passerions 
ensuite aux Troyens : nous verrions le très sympathique 
personnage d'Hector, (ch. xiv) ; puis Énée, que PhUo- 
strate ne craint pas de louer autant qu'Hector lui-môme 
(ch. XV); puis Sarpédon, le fils de Zeus et le plus illus- 
tre des alliés de Troie (ch. xvi); puis le beau Paris, épris 
d'Hélène et non moins épris de lui-même et, avec lui, Hé- 
lénos, Déîphobe, Polydamas (ch. xvii) ; puis, pour clore 
la série, le séduisant Euphorbe qui, devenu plus tard 
l'austère Pythagore, devait se rappeler avec un sourire 
de mépris les soins excessifs qu'il prenait autrefois de 
sa personne. Non content d'avoir passé, avec le soin 
qu'elle mérite, cette revue des héros tels que Philo- 
strate nous les peint dans leur première existence, je 



SUR L'Héroïque de philostrate. 141 

pourrais prendre, les uns après les autres, ses princi- 
paux récits, pour faire la part de ce qu'il a emprunté, 
soit aux tragiques, soit aux cycliques, soit à d'autres 
sources encore, et de ce qu'il a trouvé par lui-même ; 
je pourrais m'efforcer d'élucider, à propos de son livre, 
telle ou telle question de mythologie ou d'histoire; je 
pourrais aussi étudier, par le menu, les procédés de 
son style si original, si travaillé sans en avoir l'air, si 
concis parfois, si rempli de ces ÂouvraÇCat étranges, mais 
calculées et voulues, qu'il a semées çà et là pour don- 
ner & sa causerie toutes les allures d'une négligence 
aimable. Mais tout cela, si je voulais le faire, excéde- 
rait de beaucoup les bornes que je me suis tracées (1). 
Sans prétendre le moins du monde écrire une étude 
complète sur ce dialogue, j'ai voulu simplement signa- 
ler les deux points par lesquels il me semble que ce 
petit ouvrage a dû principalement charmer les contem- 
porains de Philostrate. Si j'y ai réussi, on conviendra 
avec moi que le futur historien des sophistes, en com- 
posant ce livre, s'est montré lui-même un sophiste 
consommé. 



(1) On trouTera un grand nombre d'observations ayant trait aux di- 
vers points qui précèdent dans les notes de ma traduction de YHé' 
roïq[ue, si je me décide a la publier. 



TRADUCTION 



D*CmE DiCLAMATlOH 



DE THOMAS MAGISTËR 



9AE M. E. OnOUffiÀlU) 



^»*^^^^^FW»*" 



NOTICE 

It Annuaire de F49SQciatton fks étuiçn grecquçf a publié, 
en 1881 et 1889, uae tpaductioa de la via da Polémou 
par Philostrate et de l'une des deux déolamations que 
nous possédons de Polémon lui-môme. G*est pour faire 
suite à ces travaux que nous avons essayé de traduire 
un discours de Thomas Magister sur le sujet déjà traitô 
par Polémon. Il nous a semblé qu'il pouvait être inté- 
ressant de rapprocher ces deux morceaux et de compa- 
rer l'éloquence du brillant sophiste de Smyme (s'il y a 
de l'éloquence dans de pareils exercices), à celle d*iui 
grammairien byzantin du xrv« siècle. 

Tous deux ont développé une matière consacrée, pour 
ainsi dire, dans les écoles, depuis que l'art véritable de 
la parole avait fait place à la sophistique. A cette rhé- 
torique sonore et subtile, il fallait de grands sujets où 



UNE DÉCLAMATION DB THOICAS MAGISTER. 143 

pût se déployer à l'aise, comme dans une vaste earrière, 
son amour pour l'emphase, pour la période retentis» 
santé, pour l'antithèse prétentieuse où triomphe le faux 
goût d'une décadence brillante. L'histoire grecque foufr 
nissait une assez belle matière t elle est mise à contri» 
bution. Ses plus grands événements, ses plus hérol-- 
ques figures deviennent la propriété des rhéteurs. Les 
guerres médiques et la lutte contre Philippe^ Thémisto- 
ele et Démothène, les Athéniens et les Perses ne sont 
plus que des sujets de déclamations. C'est ainsi qu*un 
des héros de la guerre de l'Indépendance au v* siècle, 
Gynégire, dut aux rhéteurs sa popularité légendaire. 
On sait que Gynégire était le frère d'Eschyle. Il avait 
voulu saisir avec les mains un vaisseau perse ! ses 
deux mains avaient été coupées l'une après l'autre. 
L'héroïsme de Gynégire était un thème que les rhéteurs 
et les siècles se transmettaient religieusement. Mais, 
pour lui donner une forme plus dramatique, on imagi- 
nait une double lutte oratoire. Gynégire avait un adver- 
saire, Gallimaque. Celui-ci était stratège & Marathon. 
Dès le début du combat, il avait été tué, mais les traits 
ennemis, s'amoncelant autour de son cadavre, l'avMent 
maintenu debout. Quel était le héros de la journée, 
Gynégire ou Gallimaque? On voit quel admirable sujet 
de discussion, quelle mine inépuisable de subtilités, 
d'hyperboliques éloges, d^ngénieux contrastes. Le rhé- 
teur ne parlait pas en son nom. Il mettait aux prises le 
père de Gynégire et celui de Gallimaque. Sn vertu d^une 
prétendue loi d'Athènes, les pères des guerriers morts 
les plus braves avaient le privilège de prononcer publi- 
quement réloge funèbre de letirs enfants et l'on com^» 
mençait par celui dont le fils s'était le plus distingué* 
C'est du moins ce qui semble résulter de l'argument 
grec du discours de Th. Magister. (Voir plus loin la 
traduction.) Gelui de la déclamation de Polémon dit 
simplement : « Il y avait à Athènes une loi d'après la- 
quelle le père du guerrier qui était mort le plus vail- 



144 E. GROUSSARD. 

lamment prononçait Téloge funèbre. » Euphorion et 
Polémarque se disputaient donc éternellement la prio- 
rité, pour la plus grande gloire des sophistes et le plus 
grand profit de leurs élèves. Là ils apprenaient, comme 
on peut s*en convaincre par la déclamation de Polémon, 
tout le secret du développement oratoire, de ses artifi- 
ces, de ses efiets et de ses triomphes. 

G*est cette vieille matière qui a été développée au 
XIV* siècle par Thomas Magister. Se conservait-elle 
comme un lieu commun dans les écoles de Byzance, ou 
Térudit grammairien Ta-t-il empruntée directement aux 
sophistes de TanUquité? Nous ne saurions le dire, 
mais la première hypothèse nous paraît la plus vrai- 
semblable. Uuoi qu*il en soit, depuis que Boissonade 
a publié les deux déclamations de Thomas Magister 
d'après un manuscrit de la bibliothèque royale de Pa- 
ris, on peut comparer l'œuvre du rhéteur byzantin à 
celle du sophiste qui, entre iâO et 140, remplit TAsie 
et Rome môme du bruit de sa gloire. Boissonade don- 
nait la préférence à Thomas Magister. Il se demandait, 
il est vrai, s'il ne cédait pas un peu à cette faiblesse 
bien pardonnable de l'éditeur qui aime l'œuvre d'autrui 
en proportion des soins qu'il lui a donnés et de la peine 
qu'il a eue pour l'exhumer et la rendre digne du jour. 
On peut, je crois, se poser la question avec lui. Le tra- 
vail de la traduction aurait-il Peffét contraire? Est-ce 
pour avoir lu trop attentivement et vu de trop près les 
discours de Thomas Magister que nous serions porté 
à le mettre au second rang? Dans Polémon au moins, 
avec tous les défauts de l'école poussés au plus haut 
point (car Polémon n'était médiocre en rien), il y a du 
mouvement et de l'éclat. Sa déclamation, quelque faux 
que soit le genre, n'était pas absolument chose morte. 
Elle était destinée à un auditoire ; elle a dû être lue 
devant ces jeunes gens de toutes les nations qui af- 
fluaient à Smyme autour de la chaire du maître. Si 
prévenu, si complaisant que soit ce publie, c^est un 



UNE DÉCLAMATION DE THOMAS MAGISTER. 145 

public ; il donne aux œuvres faites pour lui un peu de 
la vie qui l'anime. A ce compte, il y aura quelque dif- 
férence entre le sophiste travaillant pour son auditoire 
et le curieux qui, par un pur exercice littéraire, s^amuse 
à enfermer certaines idées dans un cadre tout tracé. 
Peut-être cette considération, indépendamment de la 
difTérence naturelle entre les deux auteurs, pourrait- 
elle expliquer la diversité des discours de Polémon et 
de Thomas Magister : Tun plein d^emphase, de chaleur 
artificielle, de bruit et de mouvement ; l'autre plus sage, 
plus correct, plus mesuré, d*un mauvais goût moins 
éclatant, mais au fond aussi vide, aussi faux et dé- 
pourvu des qualités apparentes qui, chez Polémon, 
peuvent exciter quelques instants l'intérêt. 

Il est fâcheux que la biographie de Thomas Magister 
nous soit très peu connue. Si nous savions d'une ma- 
nière précise ce qu'il était à Gonstantinople, nous pour- 
rions aussi mieux savoir dans quelle intention a été 
composé le discours que nous traduisons et la contre- 
partie que l'on peut lire dans Boissonade. Malheureu- 
sement les renseignements font défaut sur ce person- 
nage. Tout ce que nous savons de lui, c'est Fabricius 
qui nous l'apprend dans sa Bibliothèque grecque, d'a- 
près l'éditeur suédois qui, au xvii« siècle, publia quel- 
ques-unes des œuvres de Thomas Magister. On sait 
ainsi que le mot de Magister est un surnom. Thomas 
était, à Byzance, magister officiorum. Il vivait dans 
la première moitié du xiv* siècle, à la cour des 
Paîéologues. Après avoir occupé sa haute dignité sous 
le règne d'Andronic II, il partagea -la disgr&ce de ce 
prince renversé par son neveu et finit, comme lui, ses 
jours dans un couvent, sous le nom de Théodule, par 
lequel il est assez souvent désigné. 

On peut encore consulter, sur Thomas Magister, 
l'introduction de Ritschl, en tête de son édition du 
traité Ecloga vocum Atticarum, Halle, 4832, pp. x«xi, 

ÀNNUiURB 1884. 10 



146 E. aR0U8SABD. 



TRAD UCTION 



AhGaMEirr 



A Marathon, dans la guerre contre les Perses, Callimaqae et Cyné- 
gire ont combattu vaillamment. — D y avait a Athènes une loi en 
vertu de laquelle, les pères des guerriers morts les plus braves pro- 
ncHiçaient leurs éloges funèbres.— Le père de Gynëgire, Euphorion, 
et le père de Gallimaque, Polémarque, disputent Tun contre Tantra 
pour savoir lequel des deux est le plus digne de parler le premier. 



US PiRB OB GYNÉGIRB, BUPHORION 

Qu'il soit juste, ô Athéniens, d*abord de mettre Gy- 
négire avant Callimaque, ensuite de me donner à moi 
le droit de prononcer son éloge, afin que ce héros, non 
seulement victorieux, mais encore victime de la plus 
glorieuse des morts, partage avec son père, au mi- 
lieu d'un éclatant appareil, la plus glorieuse des ré* 
compenses (1), c'est, je le sais, ce dont tous vous 
conviendrez, et, mieux que tout, les actions des deux 
rivaux peuvent le montrer. Mais puisque le père de 
Callimaque ose, je ne sais comment, nous disputer 
cette gloire, puisqu'il met son fils au-dessus du 
mien et qu'il veut avoir le pas sur moi et ma soUici- 

(1) Traduction cox\jeoturale. Boissonade : &( &v /&n i^if lôvri /MMVf 
olIXôl xui xàil^cffr' kv6p^itù>v &7ro*/(yov^Tc, xAXXivr' aura» x«el figr* iiioXir^fW 
nupacxtxriiç /ttrfi roû Ttarpéç. Ce texte me semble inexplicable. F&at-i 
changer /itrj} en fUXip f Le sens ainsi obtenu est bien pen satLefiôsanté Tià 
dû paraphraser pour rendre ce début intelligible. 



UNE DÉCLAMATION DE THOMAS MAGISTER. 147 

tude pour Gynégire, je prétends que c'est moi qui dois 
parler le premier, et pour mon fils, car il a surpassé 
tous les combattants, et je vous prie, Athéniens, de 
m'écouter avec bienveillance, comme le veulent les lois. 
Je crois en effet, je crois pouvoir démontrer que mon 
adversaire a conçu des prétentions mal fondées, et je 
le prouverai si bien qu'il renoncera désormais à toute 
envie de répliquer et qu'il mettra lui-même son fils au 
second rang. 

S'il était possible, ô Athéniens, d'introduire les Per- 
ses dans cette assemblée, il n'y aurait plus aucune 
difficulté , plus la moindre contestation ; ils nous di- 
raient avec impartialité ce qu'ils ont pensé des deux 
combattants, car ils ont eu affaire à l'un et à l'autre, et 
par là, ils mériteraient qu'on les crût. Mais puisque 
cela est impossible, vous qui avez profité de la vic- 
toire et recueilli tant d'avantages du courage de nos 
enfants, montrez à qui appartient vraiment la supério- 
rité* Car si tous deux ont bien mérité de vous, il ne 
s'ensuit pas que vous deviez mettre leurs services au 
même rang. Admirez la valeur qu'ils ont déployée pour 
vous et cette mort étonnante qui surpasse la nature, 
puis vous décernerez à chacun la gloire qui lui revient. 
Autrement, ne serait-il pas étrange d'établir une éga- 
lité d'honneurs entre des soldats inégaux au combat ? 
Enfin, et c'est le plus fort de tous les arguments en 
notre faveur, qui donc désormais voudra pour nous, si 
les mêmes circonstances se représentaient, braver le 
danger et sacrifier sa vie, puisque les mêmes prix at- 
tendent les plus forts et les plus faibles ? Mais cela ne 
s'est jamais vu et ne se verra pas mainteiîant, car nous 
avons des lois, une constitution et la volonté de pren- 
dre de toute manière le plus juste parti et de le sui- 
vre. 

En effet, la Ûotte barbare débarquait avec un im- 
mense armement et les injonctions les plus terribles. 
Tout le rivage était couvert ; aucun lieu n^était à l'abri 



148 E. GEOUSSARD. 

d'ua tel fléau; partout la confusion, la stupeur, 
Tanxiété, Teifroi, remplissaient les assistants : il eût 
fallu en ce moment le bras d*Hercule. C'est alors que 
Gallimaque reçut du sort le commandement. Il prit la 
direction de Tarmée et de bon gré, quoique malgré 
lui (1}| il fit face aux Barbares, résolu à mourir plus 
qu*à combattre. Il engage Faction; mais, incapable de 
tenir contre une telle multitude, enseveli sous les traits 
des Barbares, il expire aussitôt, sans tomber pourtant, 
comme on Tattendrait. Par un effet du hasard, il res- 
tait debout comme une statue d*airain, au milieu des 
traits qui le soutenaient et, mort, les Barbares le 
croyaient vivant. Ainsi ce fait invraisemblable rend 
vraisemblable sa gloire (2). Mon Gynégire, lui, n'était 
pas esclave de la loi du commandement, il ne cédait 
pas à la nécessité ; c'était une admirable vaillance, une 
ardeur volontaire qui le poussaient au combat. Il a 
surpassé les plus braves qui aient jamais été ; il a com- 
battu d'une manière digne de la ville, digne pour ainsi 
dire de toute la Grèce et de la nation grecque. Après 
avoir taillé en pièces une multitude innombrable de 
Barbares, il nous a fait voir les autres en fuite. Déjà 
leur flotte se préparait au départ. Ne pouvant la pour- 
suivre jusque sur la mer (car il n'avait pas les ailes de 
Persée), il saisit de la main droite l'un des navires : sa 
main fut coupée ; il lança l'autre contre l'ennemi ; eUe 
aussi eut le môme sort. Ge n'était point bravoure ex« 
travagante, irréfléchie, comme on pourrait le soupçon* 
ner, ni déraison que cette conduite ; non, c'était une 
audace extraordinaire et surnaturelle; c'était l'élan de 
son âme qu'il rendait visible; il apprenait en même 
temps aux Barbares et à ses compagnons ce que doi- 
vent ôtre des soldats en présence de l'ennemi. 



(1) Exùv axovT( yc du/iû. Hémistich ^omérique. 

(2) Tô Ttapà dôÇav tôtc 9v/i^àn itç Sà^av roùra xarivrti. Rai^roche- 
ment de mots difficile k traduire. 



\/^ 



UNE DÉCLAMATION DE THOMAS MAGISTER. 149 

Voilà les sentiments qu'il a eus pour nous ; c'est de 
son propre mouvement, de lui-môme qu'il a marché aux 
dangers ; 11 s'est montré invincible dans l'action, il a 
frappé de terreur, mis en fuite les Barbares ; il s'est 
battu avec un courage surhumain, et vous le traiterez 
exactement comme Callimaque?Gynégire aura pour ri- 
val le premier venu, lui dont le corps, je le dirais, sous 
une forme humaine renfermait l'âme de Mars? Et qui 
voudrait approuver pareille injustice? Car en jetant ses 
deux mains sur les navires, sa pensée n'était pas, je 
crois, de s'emparer d'un vaisseau seul (conquête indi- 
gne de lui, également au-dessous de son audace et de sa 
force). C'est Suse qu'il voulait prendre, c'est la Perse 
tout entière dont il voulait se rendre le maître. Voilà 
pourquoi il a lancé sur elle ses deux mains, comme un 
signe de sa pensée et de l'ardeur qui résidait en elle. 

Et d'ailleurs, que Gallimaque se soit conduit en vrai 
brave au combat, personne exactement ne pourrait le 
dire. Ce que nous savons tous, c'est qu'il est mort cri- 
blé de flèches. Être enseveli sous un monceau de traits 
n'est point une preuve de bravoure (môme chose du 
moins pourrait arriver au plus médiocre), mais des vic- 
times, des blessures, les cadavres ennemis jonchant le 
sol, voilà les preuves de l'athlète. Où sont celles de Gal- 
limaque? Et quel homme au monde peut montrer dans 
sa mort autre chose que le simple hasard dont j'ai parlé, 
qui le rend digne de pitié bien plus que d'admiration? 
Essayer de lui en faire une gloire, c'est ne pas compren- 
dre qu'on l'abaisse pour exalter l'ennemi. Cynégire, au 
contraire, fondant sur ses adversaires comme la foudre, 
leur a infligé le plus cruel des désastres et, ce qu'en- 
semble tous les Athéniens n'avaient pu faire contre les 
Perses, à lui seul, il en a été capable, et il l'a bien mon- 
tré à ceux à qui il a montré l'ennemi en fuite. Gar c'est 
alors que son audace s'est attaquée au navire. Lequel 
des deux est donc le plus digne d'honneur et qui mé- 
rite mieux les récompenses? N'est-ce pas celui dont la 



150 E. GROUSSARD. 

vertu a jeté le plus d'éclat et à qui tous servent de té- 
moins ? 

Et je Taffirme : Gynégire empêcherait à Tavenir les 
Perses d*attaquer la Grèce ; ils craindraient de rencon- 
trer beaucoup de guerriers comme lui. La mort de Cal- 
limaque au contraire nous attirera souvent des attaques 
du même genre, et l'on pourra croire qu'il est mort 
pour nous perdre celui qui est mort pour nous défen- 
dre. Ce sera presque un traître à TÂttique que le soldat 
qui s'est dévoué à combattre pour elle. 

Enfin Gallimaque, si tout d'abord les Barbares ne 
l'avaient pas enfermé dans un cercle, n'aurait point sa- 
crifié sa vie ; la fuite la lui aurait conservée. Gynégire 
était si loin de pouvoir être soupçonné du même senti- 
ment, qu'il ne s'est pas contenté d'avoir forcé l'ennenai 
à fuir ; il n'a pas cru faire assez pour sa gloire en le 
chassant et, n'ayant pu l'anéantir d'un seul coup, il n'a 
pas cru pouvoir se sauver lui-même et vivre. 

Outre ces raisons, accordons que Gallimaque ait 
vaillamment tenu tête à l'ennemi. D'abord, il ne l'a ni 
vaincu, ni mis en fuite. Ensuite il n'était pas seul à 
combattre ; beaucoup d'autres l'entouraient et très nom- 
breux sont ceux qui ont partagé la peine avec lui. Gy- 
négire n'a pas eu le même secours ; c'est seul, si Ton 
peut dire, qu'il a marché contre tous; c'est sa force à 
lui qu'il a opposée aux attaques de tous et qui lui a 
donné sur eux une grande et admirable victoire , capa- 
ble d'obliger l'ennemi à songer sur-le-champ au che- 
min de son pays. Autant donc il est plus grand, plus 
beau, plus noble à tous égards pour un seul homme de 
triompher de tous, que d'avoir besoin de mille auxiliai- 
res pour cette œuvre, autant Gynégire l'emporte sur 
Gallimaque. 

Et je dis de plus qu'au cas où Gynégire eût voulu 
rester inactif et ne prendre aucune part au combat, ou 
qu'il y fût allé, mais qu'au lieu de rester fidèle à ses ar- 
mes, il eût tourné le dos à l'ennemi, même alors on ne 



UNE DÉCLAMATION DE THOBIAS MAGISTER. 151 

saurait Tacouser, oar il n*était pas stratège comme le 
fils de Polémarque et il était impossible qu'un seul 
homme tint tète à une telle multitude. Quand donc, 
sans y être aucunement forcé, il a couru au combat, 
quand ses exploits ont dépassé tout ce que Ton pouvait 
atteindre, que dirons-nous de lui ? Une seule chose : 
qu'il a été le plus brave des Grecs et des Barbares, cat 
il a vaincu les uns et les autres par sa vertu et son au- 
dace ; les premiers, il s'est montré de tout point supé- 
rieur h eux par la grandeur du dessein quHl a conçu et 
exécuté ; les Perses, il leur a arraché l'espoir qu'ils 
avaient conçu contre nous, celui de tenir, pour ainsi 
dire, la Grèce dans leurs mains. Nous devons donc né- 
cessairement lui rendre gr&ce et souhaiter que les évé- 
nements achèvent ce qu'il a fait pour nous (1), mais 
souhaiter surtout à la ville une abondante moisson de 
pareils hommes. En effet, si, pour avoir calmé des sé« 
ditions, renversé des tyrans ou rendu quelque autre 
service à la cité, vous Jugez bon d'honorer une ving- 
taine d^hommes, c'est là une preuve perpétuelle et visi- 
ble de votre reconnaissance pour les bienfaiteurs de la 
patrie ; mais celui qui a affranchi toute la Grèce ensem- 
ble du joug des Perses, qui nous a préservés des mal- 
heurs de l'esclavage, qui nous a conservé nos lois, nos 
mœurs, notre gouvernement et tous les biens sinùmbreua: 
dont nous jouissons maintenant, combien de statues ne 
mériterait*il pas , et de quelles couronnes ne pas le 



Xtty oXi vnkp i^fi&y 2irpaÇs, 9uvsûx890ai ùk fiikXoi rf itàXgi «.vSp&v rotoûraiv 
fopdv. Texte très difficile & comprendre. Ne pourrait-on supposer que 
ffuvtvxso^ffc se trouvait déjÀ dans la première partie de la phrase, soit 
entre mI et rà ytv^/c«v«, soit mâme après înpcclii ? La disparition 8*ez- 
pliquerait facilement et cette conjecture donnerait un sens satisfaisant. 
C*est celui que j*ai adopté dans la traduction (9uvrtilirv, datif, contri- 
buer &, s*associer à une œuvre) . — Par suite, on est amené à supposer, 
dans la dernière proposition, fidUara au lieu de /AséAa, qui parait in- 
sofOsant. 



152 E. GROUSSARD. 

combler, lui à qui vous devez, après les dieux, de pou* 
voir encore décerner ces honneurs? 

Assurément, en lui accordant la fécompense dont 
nous parlons vous n^aurez rien fait d'extraordinaire et 
ce ne sera que justice de votre part; mais vous loi 
susciterez une foule d^émules et l'on trouvera une 
exhortation à la vertu dans les honneurs que vous lui 
rendrez. Si vous les lui refusez, lui-môme n^en souf- 
frira rien, car c'est à lui et à sa vertu quUl a dû sa 
gloire, mais vous aurez fait preuve d^ingratitude en- 
vers vos bienfaiteurs et les autres Grecs vous le re- 
procheront sévèrement, car vous semblerez, pour ainsi 
dire, porter envie aux meilleurs des citoyens dans la 
distribution des récompenses, vous qui êtes pour tous, 
dès Torigine, l'exemple des plus nobles actions. Bien 
plus, il me semble que les Perses, s^ils le savent, en 
seront animés d^une audace bien plus grande que par 
le passé et en concevront contre nous des espérances 
sans nombre et sans bornes ; car ils s'imagineront avoir 
aussi facilement que possible raison des Grecs, en 
voyant Athènes, leur métropole, traiter ainsi les plus 
braves ; ils dirigeront de nouveau contre nous une im- 
mense expédition navale, ils saccageront la Grèce en- 
tière, ils saccageront l'Attique et enfin... Mais je ne 
saurais énumérer des maux dont je voudrais chasser 
jusqu'à la pensée. 

Voilà donc l'étendue et la nature des avantages ou 
des désastres que la ville doit attendre, suivant qu'elle 
voudra ou non agir comme il convient à l'égard des 
braves. Pourquoi ne pas prendre le meilleur parti, 
celui qu'il fallait adopter dès le début, rendre de justes 
honneurs aux guerriers morts pour la patrie et mon- 
trer au monde entier que les distinctions dont nous 
les comblons les mettent au rang des immortels? 

Réfléchissez, d'ailleurs. Personne n^a vu Callimaque 
mettre en fuite un seul Perse, personne ne peut lui at- 
tribuer pareille victoire. Gomment le pourrait-on? Au 



UNE DÉCLAMATION DE THOMAS MAGISTER. 153 

contraire, nous le savons tous, il est mort malheureu- 
sement, après avoir, pour ainsi dire, livré la ville à 
Tennemi autant qu^il le pouvait. Gynégire, lui, n^a suc- 
combé qu'après avoir chassé les ennemis et, en mou- 
rant, il les a réduits à conjecturer désormais comme à 
l'aide des astres, suivant le proverbe (1), remplacement 
d'Athènes. Gardez-vous donc de déprécier les services 
que Gynégire nous a rendus ; et les malheurs que Cal- 
limaque aurait attirés sur nous, si la présence de Gy- 
négire ne Peu avait empêché, ne les renouvelez pas 
aujourd'hui en refusant à Gynégire ce qui lui appar* 
tient. 

Et, en outre^ quand les Perses marchaient contre 
nous, quand ils ravageaient de fond en comble l'Atti- 
que entière, coupant, brûlant, pillant, quand ces maux 
terribles (et terribles est trop faible) accablaient la 
ville, réduite à cette suprême extrémité d'accepter le 
joug honteux des Barbares ou de périr elle aussi 
comme ses troupeaux; si, au milieu de rassemblée, 
Gynégire était venu nous promettre la fin de nos souf- 
frances, s'il s'était engagé à faire cesser le siège au plus 
tôt et à nous montrer l'ennemi en fuite ; si, non content 
d'une simple promesse, il était sorti de la ville pour 
faire mieux encore quMl n'avait annoncé et porter au 
milieu des Barbares l'efiTroi que nous ressentions, n'au- 
riez-vous pas proclamé qu'il était le premier, le seul 
vrai sauveur de la Grèce, n'auriez-vous pas renoncé 
pour lui à la plus grande, à la plus noble des gloires? 
Tous, je crois, seraient d'accord ici. Et les honneurs 
qu'il aurait obtenus alors d'un consentement unanime, 
vous les lui refuserez maintenant qu'il est impossible 
d'élever contre lui-môme le plus léger soupçon? Vivant, 
en efTet, la supériorité qu'il pourrait revendiquer sur 



(1) Ta âlvrpotç ori/iocivivBaïf ^oipotfiia inï r&v fiecxpav ôôdv x«i tprifiojt 
itoptuo/tftcvfldv * oifin yap ^cuyovTi^ âitfi)yiçcv toTç ocvrpoe; ènjftccpûvT» riiv 
kaur&v izotroUa, SchoUastd. atë par BoÎBSonade. 



154 B. OROUSSARD. 

ses concitoyens offrirait peut-6tre matière à qui vou- 
drait le dénoncer ; on pourrait craindre qu'enivré dès 
lors par Torgueil, il n'en vint à abuser de ses privilèges 
pour aspirer à la tyrannie. Mais aujourd'hui pareil 
soupçon est impossible, après sa fin qui nous a sauvés. 

Cynégire donc pensa que la mort reçue pour la patrie 
est le plus noble et le plus glorieux tombeau du vrai 
courage, et que celui-là peut espérer la victoire, qui a 
conscience de sa supériorité (?) ; ainsi surpassant en 
courage tous les Athéniens Jusqu'à lui, mieux encore 
tous les hommes, digne de ses nourriciers (1), il sW 
levé pour défendre son pays, il a préféré au bien 
le plus doux, le plus envié de tous les honmies, 
à la vie, un trépas victorieux, car, dans une mort qui 
assurait le salut commun, il voyait la vie et Timmor- 
talité. 

Ainsi Marathon même, à cause de Cynégire, restera 
célèbre à toujours, et pour lui sera comme un monu- 
ment admir&J[)le, plus précieux et plus durable que 
tous. Vous de votre cdté, si vous traitez le héros moK 
comme il le mérite, vous le ferez revivre par les hon- 
neurs que vous lui rendrez ; sinon (3) il pensera que ce 
qu'il a gagné de meilleur à mourir pour vous, c'est de 
ne pas voir votre ingratitude envers lui, et quant à 
vous, vous semblerez mépriser vos ancêtres ou leur 
être de tout point inférieurs. 

Et d'ailleurs, ce n'est pas seulement pour avoir rem- 
porté à lui seul une si grande et si éclatante vic- 
toire qu'elle éclipse vraiment toutes les précédentes 
ensemble et peut servir de modèle à celles de l'avenir, 
qu'il mérite d'être admiré par-dessus tous ; c'est parce 
qu'il n'avait pas encore atteint l'âge requis pour la 
guerre, et même, en un mot, qu'il ne s'était Jamais 

(1) Tfiv Tpoft(«t¥ àUùtç. Fattt-il lire rpofiw f 

(2) Boinonade : ci ^ouv. Faute d'impreeeioii éndente pour n 



i 



UNE DÉCLAMATION DE THOMAS MAGISTER. 156 

«xeroé au métier des armes. C'était un tout jeune en- 
fant, étranger à tous lés travaux de ce genre ; avec une 
force et un courage surnaturels, il a affronté sans 
crainte le combat et il a fait ce que nul n'avait encore 
osé concevoir, je ne dis pas Callimaque (1), mais même 
tous les Grecs ensemble et leurs forces réunies. 

Outre ces raisons, considérez encore que ce n'est 
point aujourd'hui Gynégire qui revendique la supério- 
rite, ni qui croit devoir réclamer les honneurs du pre- 
mier rang. Et qui donc? mais ses exploits dont vous (2) 
profitez, et Tintérôt commun de la ville. Lui-même n'a 
nul besoin de nos honneurs, il n'en aura jamais be- 
soin; dans les Champs Elysées, il passe ses jours avec 
les plus illustres héros, avec Hercule, si vous le vou- 
lez, et les Dioscures (3) 

Mais vous, vous devez nécessairement, dans votre 
intérêt même, lui décerner le premier rang. 

Et certes, personne, je pense, ne supporterait cette 
injustice : avoir combattu et souffert soi-même plus 
que tous les autres, avoir affronté toute sorte de dan- 
gers pour la cause que Ton s'est proposé de soutenir, 
et voir couronner les autres à sa place, voir ceux qui 
n'ont pris aucune part à la lutte jouir des récompen- 
ses, tandis que l'on est privé soi-même de ce que Ton 
mérite • 

Mais chaque homme, dit-on, est à soi-même le pre- 
mier objet de son estime, et faisant de son intérêt sa 
seule préoccupation, c'est toujours dans son intérêt 
qu'il croit légitime de parler et d'agir. — Mon fils dans 
sa grandeur d'Âme a interverti cet ordre ; il a si bien 
préféré vos intérêts aux siens qu'il a sacrifié à la fois 

(1) fiii Srt ^waiytipov. On attendrait plntdt E.ciXXlfji«x^^» ^ oonf\td(ni 
des deux noms 8*explique fiàcilemènt. 

(2) J*ai fait passer dans ]e texte la correction proposée par Boisso- 
nade, 0/uûv pour i^/xâv. 

(3) *£v ToU roû ^ibi itpâyfiavtv. Sic codioes (Boiss.). Ces mots n'of- 
frent aucun sens. 



156 E. OROUSSARD. 

son salut et les plus beaux avantages pour lui-même, 
afin que vous pussiez en toute sécurité conserver votre 
vie et vos plaisirs, sacrifier aux dieux, rendre la jus- 
tice, en un mot vivre dans Tabondance de tous les 
biens, et lui pour cela a renoncé au bien le plus cher^ 
à la vie. Par conséquent, les prix qu'il va tenir de vous, 
c'est de lui-môme en réalité qu'il les tiendra, puisqa'U 
a sauvé la cité et qu'elle lui doit, sans compter le reste, 
de pouvoir faire usage de ces récompenses. 

Il est donc de toute nécessité qu'elle-même, pour les 
services qu'elle a reçus de Gynégire, lui prodigue les 
plus éclatantes marques de reconnaissance ; mais lui 
n'est obligé à rien de pareil envers elle. Jupiter, en 
effet, Jupiter non plus n'est point obligé aux honmies 
pour leurs offrandes et leurs hommages, étant lui- 
même dans le principe le dispensateur de tout. 

Tu verras donc la patrie, ô le plus cher des enfants, 
proclamer que les héros les plus fameux jusqu'à ce 
jour ont été vaincus par tes actes et t'honorer en actes 
et en paroles au-dessus des plus fameux héros. La 
postérité aura dans ce que ta patrie fera pour toi l'oc- 
casion la meilleure de s'instruire de ta conduite. Ainsi 
ta renommée s'étendra à tous les âges et ta gloire ne 
périra jamais. Pour inoi, quand je considère la néces- 
sité qui nous pressait de tous côtés, quand je songe 
que c'est toi qui l'as fait reculer en sauvant sans con- 
tredit la ville, je ne puis me contenir, je rends grâces 
aux dieux qui ont emprunté ainsi ta vaillante main 
pour accomplir cette œuvre ; et surtout je m'estime le 
plus heureux de tous les hommes, car c'est de moi et 
de ma maison qu'est sorti le sauveur de la cité et de 
la Grèce tout entière ! Mais quand je songe que je suis, 
hélas ! privé de toi, que celui qui est en ce moment 
même l'objet de mes louanges et que je rehausse de 
mon mieux par mes éloges est pour toiyours (com- 
ment pourraî-je le dire 7) enlevé à mes regards, je suis 
obligé de me contredire et j'accuse le destin de lapa- 



UNE DÉCLAMATION DE THOMAS MAOISTER. 157 

trie et le mien qui ne m'a accordé une faveur que pour 
m'en refuser une autre. Il t'a donné à moi, c'est le bien 
qu'il a fait, il a donné tes exploits à la patrie ; mais te 
laisser vivre pour que je puisse jouir de toi et de ta 
présence, pour que je sois avec toi, bonheur si naturel, 
et que je te parle, voilà ce que sa jalousie m'a refusé : 
il fallait m'accorder cela encore et ne pas m'envier cette 
joie ; mais les dieux ne donnent pas tout ensemble. Ils 
ont permis sans nul doute à la ville de posséder un tel 
bomme, parce qu'ils savaient d'avance que les Perses 
allaient fondre sur elle ; ils mesuraient leurs faveurs 
aux circonstances et aux nécessités du moment. Mais 
prolonger sa vie pour qu'il la passât au milieu des 
hommes, lui qui avait combattu mieux qu'un homme, 
c'est ce qu'ils ne voulaient pas permettre ; ils l'ont jugé 
digne d'entrer dans la famille de l'Olympe, comme 
avant lui tant d'autres héros beaux et bons. C'est aussi 
ce qui peut diminuer pour nous la douleur de sa perte 
et adoucir nos regrets (1); bien plus, noua serons 
rempli d'ardeur et comblé de gloire pour le reste de 
nos jours, par l'honneur et la considération croissante 
que mon fils a dès maintenant conquis, par l'éclat nou« 
veau que lui communique la société des dieux. Eût-il 
tiré d'eux son origine, ses exploits n'auraient point été 
si éclatants ; aujourd'hui, au contraire, quoiqu'il ne fût 
qu'un homme, il s'est élevé par ses actions jusqu'à la 
demeure des tout-puissants. De combien n'a-t-il pas 

(1) BoÎBflonade : 'O S-h xal riit y' iit^ avr& Xùma où fiàvov i^fiiv àfoct- 
piï, xal pckouç nocs7, aXXcc xal fitrà nXtlamç tù$vfAlGCç xal ià^ioç vbv 
aiwvee duéyccv. — Que signifient les mots soulignes ? On entend natu^ 
rellement : rend (les douleurs) plus faciles à supporter. Mais, outre 
que le substantif devrait être exprimé, pdoui seul est bien yague. On 
est conduit & croire que plusieurs mots ont été omis après itouT, tous 
nàvovç, par exemple. D*autre part, pdouç fait songer & npàou;, dont 
remploi serait très juste id. — JTsyoute que, dans le second membre 
de phrase, le rapport de Scecytcv à no es?, duquel il dépend nécessaire- 
ment, s'il n*y a pas d^omission dans le manuscrit, paraît très faible- 
ment indiqué. 



158 E. OROUSSARD. 

paru supérieur au plus vaillant de tous les héros du 
môme genre, Hercule I L'un, fils de Jupiter, faisait la 
guerre aux sangliers et aux biches, et il mettait cette 
sorte de badinage au nombre de ses travaux. L'autre, 
sans se glorifier d'aucun titre pareil, a triomphé à lui 
seul pour ainsi dire de l'Asie tout entière. Hercule 
obéissait aux ordres d'Eurysthée ; mon fils affrontait la 
lutte de son propre mouvement. Si donc il n'y a pas 
égalité, s'il n'y a pas les mômes avantages pour les 
enfants des dieux et pour les hommes, pour ceux qui 
combattent volontairement ou malgré eux, ce n'est pas 
la môme chose non plus que des animaux, domestiques 
ou sauvages, d'une part, et des phalanges de guerriers 
plus nombreuses que les flocons de neige dont parle* 
Homère : pourquoi dissimuler ici l'évidence ? de sorte 
que si l'on admire Hercule d'avoir combattu les uns, il 
faut admirer bien davantage Gynégire d'avoir vainca 
les autres ; il mérite bien mieux le surnom de CaUini- 
cos {le victorieux) ; c'est bien plutôt lui que tous doivent 
honorer et appeler de préférence à tout autre secours, 
non pas, comme Hercule, à la première occasion qui se 
présente, mais dans les grandes luttes et dans les 
grands dangers, car son appui seul et son courage tas* 
pires par la vertu seront efficaces. Il me semble aussi 
que les dieux qui ont pris part alors au combat ne 
l'ont pas fait seulement parce qu'il leur plaisait de 
combattre toujours pour notre viûe, de la tirer de tout 
mauvais pas, quel qu'il fût, et des situations les plus 
critiques. Telle n'est pas la raison qui les a amenés, 
car leur protection pouvait se manifester autrement à 
la cité et, pour chasser d'une manière terrible les ter- 
ribles barbares, ils avaient l'orage, la foudre et tons 
les traits que lance le ciel. Ils voulaient être des spec- 
tateurs et des témoins irrécusables pour les autres do 
courage et de la victoire de Gynégire. En môme temps 
qu'ils l'honoraient, comme il est naturel, par leur pré- 
sence, ils montraient au monde ce qu'il faut penser 



UNE DÉCLAMATION DE THOMAS MAGISTER. 159 

d'un homme que les dieux eux-mêmes ont estimé par- 
dessus tous : car ce sont eux qui ont oausé le retard 
des Lacédémoniens au moment de la pleine lune pour 
les empocher d'arriver le jour même au combat. Us 
savaient qu'ainsi la vertu de Gynégire atteindrait son 
apogée ; ils voulaient lui assurer Tintégrité de son 
triomphe et que personne au monde n'eût le droit de 
le lui disputer. 

nourrisson de Minerve, émule de Mars t ô toi qui 
sous les armes avais les ailes de Mercure et qui, au 
lieu du trident de Neptune, as étendu tes mains contre 
les vaisseaux perses I toi qui le premier et le seul 
des hommes as livré sur la terre une bataille navale, 
sur la mer un combat de terre ferme I toi qui sur le 
continent as conquis la mer! toi qui avec tes armes et 
en même temps as été et fantassin et matelot 1 toi 
qui en marchant sur les flots n'as pas quitté la terre I 
O toi qui t'es partagé toi-même entre les deux élé- 
ments, mais qui par ta constance et ta force devant le 
péril es resté tout entier le môme I toi qui as donné 
comme une parure ta main aux ondes et le reste de 
ton corps à la terre ! toi qui es ainsi la lumière com- 
mune de toute la Grèce, la main la plus puissante de 
l'Attiquel toi qui as relevé la patrie déjà sur le pen- 
chant de la ruine, qui es apparu à tes adversaires 
comme un dieu descendu du ciel et qui as forcé à la 
fuite ceux qui venaient nous assiéger, car ils pensaient 
ajouter une seconde victoire, plus grande et plus mer- 
veilleuse, à la première, et avec Erétrie et Naxos, 
prendre, ô Dieux! Athènes elle -môme! Ils nous 
croyaient, en débarquant, une proie toute prête ; mais 
ils sentirent, coup imprévu, la vigueur de ta main, et 
leur retraite fut si honteuse, si indigne, pour ainsi dire, 
non seulement des espérances conçues contre nous, 
mais des outrages infligés aux premiers vaincus, qu'ils 
se reprochent eux*mêmes leur attaque, tandis que no- 
tre ville se répand en prières, soit à l'idée de la lutte 



160 E. GROUSSARD. — THOMAS MAGISTBR. 

que tu as si bien soutenue, soit dans le vœu d*ètre dé- 
sormais exempte du fléau d*une telle invasion. 

Mais, ô nourrisson de la terre ferme, 6 exemple vo- 
lontaire, par ta vie, d'un merveilleux courage sur terre 
et sur mer^ ô toi dont les actions ont montré tempire 
de Neptune plus heureux pour nous, voilà ce que Je pou- 
vais dire en ta faveur. Toi maintenant qui as sauvé la 
patrie, continue d'être pour elle comme un héros pro- 
tecteur. Avec Minerve, sa souveraine, veille sur elle, 
sois-lui propice. Chasse au bout du monde les Barba- 
res et leur insolence,, assure-lui toujours au contraire 
les faveurs les plus précieuses de la fortune. Ainsi tu 
mériteras, non seulement de continuer jusqu'au bout 
les services que tu lui as rendus le premier et de 8ui« 
vre toujours ton propre exemple, mais encore, rece- 
vant d'elle les prémices, les sacrifices et tous les hon- 
neurs que Ton rend aux héros, de la vaincre en retour 
par tes bienfaits. 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE 



PAR M. Henry Houssayb 



Plutarque dit que Lycurgue, voulant faire régner 
régalité absolue chez les Spartiates, procéda à un par- 
tage des terres. Il divisa le territoire de Sparte en 
9,000 lots (1) qu*il attribua à autant de citoyens. Ces 
lots, déclarés héréditaires, inaliénables et indivisi- 
bles (2), se transmirent rigoureusement de père en fils 

(1) Plutarque remarque qu'il ne sait pas au juste si Lycurgue fit 9,000 
parts, ou seulement 6,000 ou 4,500. Dans ce cas, le nombre des lots 
eût été porté & 9,000 par le roi Polydoros. (Cest-à-dire après la deuxième 
guerre de Messënie.) 

(2) Plutarque ne dit point expressément que les lots fussent inalié- 
nables et indivisibles, mais il le fait entendre de reste en déclarant qu*ils 
se maintinrent au môme nombre pendant des siècles. Il va de soi que 
Plutarque savait bien qu'il n'en fût pas allé ainsi si Ton avait pu alié- 
ner et diviser ces lots. 

Confirmée par de nombreux témoignages, Tinaliénabilité des biens 
fonciers A Sparte ne saurait faire question. Mais, quoique très pro- 
bable, l'indivisibilité des terres patrimoniales donne matière à la dis- 
cussion. Aristote dit, par exemple (De Politic, II, 3) : « Personne, 
« dans nos républiques, n'est réduit à la misère, parce que les pro' 
« prié tés, grandes ou petites, sont partagées par chaque héritier ; au 
< contraire, les propriétés étant indivisibles dans la république de Pla- 
« ton, les enfants qui excéderont le nombre des propriétés n'auront 
« rien. » On pourrait sans doute inférer de ceci que, pour Aristote, la 
propriété était divisible & Sparte comme dans les autres cités grecques. 

Annuatrf. 1»84. 11 



162 HENRY HOUSSAYE. 

pendant de longs siècles. Ainsi fut maintenue, jusqu a- 



Mais, quelques pages plus loin (de Politic.^ II, % Aristote, anivant k 
parler de la république de Sparte, constate qu'il y a 1& un très pedt 
nombre de riches et une multitude de pauvres, et il attribue cette àtua- 
tion & rimprévoyance de la loi sur les héritages. « Plus il naît d*eniants, 
c dit-il, et plus il naît de pauvres, n II reconnaît ainsi les mêmes vices 
au système économique de Platon, fondé sur Findivisibilité des biens, 
et aux institutions foncières de Sparte, et il les signale presque dans 
des termes identiques. D*autre part, la leçon première d*un texte d'Hé- 
raclide de Pont, souvent cité (Frag. hiêt, grœc, éd. Didot, t, II, p. 211) : 
« nwAc7v Zï yj}v AoxeSac/ioviocç uUxpov vtv6/ii9rai - riiç S* àp'/oLloLç fioifuiç 
« kvenifitaOat oùBk sÇcttc, » serait un témoignage formel de l'indivisibilité 
des biens à Sparte ; mais Schneidewin a supprimé pour des raisons paléo- 
graphiques le mot icvKvi/itvdat, comme interpolé, du second membre de 
phrase, qu'il faut lire ainsi : rrjç S* àpxaiaç fJLoipxç oùSè êÇearc 

Au demeurant, il est une chose qui doit primer les citations de frag- 
ments de lois et les opinions théoriques, c'est le fait positif. Or il est 
avéré qu'& Sparte la propriété est allée sans cesse se concentrant, si 
bien qu'au troiâème siècle av. J.-C, cent Spartiates seulement potsé* 
daient de la terre. Comment concilier cette concentration excessive avec 
le morcellement des terres qu'entraîne la division de la propriété? Cette 
concentration ne fut*elle pas l'effet et n'est^lle pas la preuve de l'in- 
divisibilité des patrimoines à Sparte! 

Pour cela, les cadets n'étaient point privés de l'héritage paternel. La 
terre patrimoniale appartenait & la famille, non à l'individu; elle restait 
indivise, mais elle devenait conmiune. Les frères ne pouvaient se la 
partager, mais ils en étaient co-propriétaires et jouissaient également 
des revenus qu'elle donnait. L'alné, sans doute, avait Tautorità morale 
d'un chef de famille, puisque c'était lui qui sacrifiait au foyer des an- 
cêtres, mais ses droits se bornaient probablement À quelques préroga* 
tives de cette sorte. De nombreux témoignages, entre autres ceux d'A- 
ristote, d'Isée, de Démosthène et de Polybe, qui dit qu'à Sparte il était 
dans l'usage que trois ou quatre frères n'eussent qu'une seule et même 
femme, prouve que la communauté entre frères existait non-seulement 
chez \ef Spartiates, où elle était imposée par l'indivisibilité du domaine 
patrimonial, mais qu'elle se voyait souvent aussi en Crète et à Athènes, 
où elle avait pour but la conservation, dans son intégrité, de la terre sa- 
crée des aïeux. 

Dans la Vie de Lycurgue (xvi), il y a un autre passage relatif aux 
9,000 lots, a Chaque enfant était, à sa naissance, présenté à l'Assem- 
c blée des plus anciens de chaque tribu, et, s'ils le jugeaient bien eoa- 
c formé, ils lui attribuaient un des 9,000 lots... xAîj^ev «ùrfi xw mrc9- 
< x^ioiv irpo9vs{/EA9cvTtc >. Mais si les lots étaient héréditaires, comment 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE, 163 

près la guerre du Péloponnèse, Tégalité établie par Ly- 
curgue (1). 

La loi agraire attribuée à Lycurgue est une question 
sur laquelle les historiens et les critiques du xix" siècle 
sont tout à fait en désaccord. Hermann (2), Tittmann (3), 
Wachsmuth (4) et Curtius (5) considèrent l'assertion 
de Plutarque comme des plus sérieuses, et ils la repro- 
duisent sans la discuter et sans môme paraître s'en 
étonner le moins du monde. Otfried Mtiller (6), Thyrl- 
wall (7), Manso (8), Schœmann (9) et, dans une certaine 
mesure, M. Fustel de Goulanges (iO) croient à un ancien 

les magistrats pouvaient-ils assigner tel ou tel lot au nouveau-né f -« 
Sous prétexte que cette assertion parait en contradiction absolue avec 
ce que nous disent les auteurs, et Plutarque tout le premier, sur Thé- 
redite des biens à Sparte, et confond d'ailleurs toutes nos idées sur le 
caractère religieux de la propriété, foyer du culte domestique, dans la 
haute antiquité, un critique érudit conclue qu'il n'y a point À en tenir 
compte. VoilÀ qui est bientôt ditt Ne serait il pas préférable de chercher 
à mettre Plutarque d'accord avec lui-même? Or Plutarque qui a com- 
mencé par dire que les lots étaient héréditaires ne peut vouloir dire 
aussitôt après qu'ils ne Tétaient pas. Ne veut-il pas plutôt faire enten- 
dre qu'on assignait & l'enfant le lot patrimonial, c'est-à-dire qu'on le 
déclarait apte a hériter ou à cohériter de son père. Quant à cette 
hypothèse qu'à la mort d'un père ne laissant aucun héritier^ direct ni 
collatéral, son lot rentrait dans le domaine public et qu'on en disposait 
en faveur d*un enfant sans héritage, elle est toute gratuite. D'ailleurs 
ce cas devait se présenter bien rarement. 

(1) Plutarque, Zycwr^., viii; cf. Agis, v. 

(2) Hermann, Lehrbuch der Griech. StaaUalterhumer^ sect. S8. 

(3) TnTMANN, Griech, StaaUverfassunffen, pp. 58^-596. 

(4) Wachsmuth, Hellen, Alterthumskunde, p. 217. 

(5) Curtius, Histoire grecque ^ 1. 1, p. 226. 

(6) O. MQllbr, Bie Dor,, t. III, c. x. 

(7) Thtrlvall, History of Qreece, t. I, c. viii. 

(8) &Ianso, SpartUy t. I, p. 110. 

(9) Schœmann, de Spartanis kotnœis {O^usc. Âcad., t. I). 

(10) Fustel de Coulanoes, la Cité antique, 1. IV, ch. xui; Étude sur 
la propriété foncière d Sparte, passitn {Bulletins de V Académie des 
sciences morales et politiques, année 1880). — Nous disons : en une 
certaine mesure, parce que les belles études de M. Fustel de Goulan- 
ges ne sont point exemptes de certaines contradictions. Il dit dans la 



: 4 HEXEY HOUSSAYE. 

partage d^ terres; mais, tout en admeUant avec Plu- 
tarqae gae le lotissement primitif se maintinl jus- 
qu'après la guerre da Pélcponnèse, ils avouent que c'est 
là tm des problèmes faisloriqaes les plus difficiles à 
résoudre. Lachmann (i), Grole (2), Kopstadt (3), et 
plus récemment, M. Claudio Jannet i4), ne se contentent 
point de nier la durée de la loi agraire ; ils déclarent 
que cette loi ne fut jamais établie par les anciens lé- 
gislateurs Spartiates, qu'eUe date seulement de la dé- 
cadence de Lacédémone. Le roi Agis IV (3) conçut 
ridée de cette réforme et, afin d'y donner l'autorité de 
la tradition, il prétendit qu'il ne faisait que remettre en 
vigueur une loi de Lycurgue. 

Qui a raison, qui a tort ? Commençons par interro* 
ger les textes. 



Cité antique .' c D ne fiut p«s parier da partage des teires ; n ce par- 
€ tsge a jamais en lieu, dn moins il est bien sur qa*il n*a pas été main- 
c t«in 9. An oommenœmentde la Propriété d Sparte, il va pins loin 
encore et semUe adopter Ilijpothèse de Grote, puisque parle de la 
« fausse légende qui ent oonrs à Sparte an ni* siècle, l^ende qui 6*est 
« emparée de Fimagination des hommes et s^est implantée dans Phis- 
< toire ». Mais, dans la suite de cette étude, il admet, au contraire, la 
dorée dn partage primitif des terres jasqu*après la guerre du Pélopon- 
nèse. 

(1) Lachhakn, Die Spartanische Staatsverfassung, sec.. 10. 

(2) Orotb, Histoire de la Grèce^ trad. française, t. III, c. yi. 

(3) Kopstadt, De rerum laconie., sect. 18. 

(4) Claudio Janket, X«# institutions sociales et le droit civil d 
Sparte. Ch. in. 

(5) Agis, fils d*Eudainidas (22-27 d9 (?) av. J.-C.).— Quelques historiens, 
parmi lesquels Grote, appellent ce roi Agis III ; la plupart des autres 
rappellent Agis IV. Cette différence de numération vient de ce que ïon 
compte ou que Ton ne compte point au nombre des rois de Lacédé 
mone le légendaire Agis, fils d^Ëurysthée et fondateur traditionnel àe 
la dynastie Spartiate. Selon nous, le fils d*Eudamidas doit être appelé 
Agis IV, parce que, pour les Grecs anciens qui confondaient la légeaàt 
avec Vhistoire, ce roi était le quatrième roi de Sparte portant le noo 
d'Agis. 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 165 



Hérodote dit expressément que Lycurgue veilla à ce 
qu'aucune de ses lois ne pût jamais être modifiée et 
que, au temps où il écrit, la constitution de Lycurgue 
règne encore à Sparte. L'historien mentionne ensuite 
le sénat, les éphores, les syssities, les énomoties, les 
triécades, mais, il ne dit rien du partage des terres 
ni de Tégalité des fortunes. Il est vrai qu'Hérodote 
parle d'une façon spéciale seulement des institutions 
politiques et militaires. Pour les institutions sociales, 
il se borne à dire Que Lycurgue les changea (1). 

Thucydide témoigne que le secret de la force de 
Sparte est qu*on y a maintenu la môme constitution 
depuis quatre cents ans, mais il n'entre pas dans les 
détails de cette constitution (2). 

Remarquons d'ailleurs que, quoi qu'en disent ces 
deux admirables historiens, — - Hérodote qui passe 
pour le père de l'histoire et Thucydide qui en est le 
maître, — il est constant que, des temps de Lycurgue à 
l'époque historique, la constitution de Sparte subit 
d'importantes modifications. Les éphores, par exemple, 
en admettant qu'ils existassent au siècle de Lycurgue, 
ce qui est discuté, n'avaient point certainement alors 



(1) HÉRODOTB, I, 65 : ... fiirimiai rà vôfitfiat Trâvra... Mcrà Si râ iç 
itéAcMOv éf^^v^^' <v<u/AOTfa$ xat rpnnxiSxç xat au^tf^rca, npbç rt TOÛrocffc 
TOÙ$ ifôpouç xecl yipovra^ hrviot Auxoûpyo;. Voici donc C6 que dit 
Hérodote : D^abord Lycurgue changea toutes les lois des Spartiates; 
ensuite il régla les affaires de la guerre ; enfin il institua les éphores 
et le sénat. — Il n'y a donc rien là qui se paisse invoquer pour ou 
contre Texistence de la loi agraire. 

(2) Thucydide, I, 18. 



16d HENRY HOUSSAYE. 

la puissance semblable à la tyrannie — cffCTupxwoç — 
qu'ils exerçaient au v* et au iv* siècles. 

Xénophon, qui cependant a fait tout un traité du 
gouvernement des Lacédémoniens (1), où il donne mille 
détails sur la constitution, la discipline, l'armée, Tédu- 
cation, ne souffle pas mot de la fameuse division des 
biens fonciers qu'un érudit allemand (2) regarde cepea- 
dant comme une condition essentielle (wesentliche Be- 
dingungen) de la constitution de Sparte. 

Mais voici d'autres témoignages. Isocrate dit, d'une 
part, qu'on ne vit jamais chez les Lacédémoniens « au* 
cun nouveau partage de terres, ooSà -p^ç ivaSaqiiv (3) », ce 
qui implique qu'il y en avait eu un premier; et il dit, 
d'autre part, ceci : « Après la conquête du Péloponnèse, 
« les Lacédémoniens éprouvèrent de terribles discordes 
« intestines. Mais ceux qui se considéraient comme 
ce supérieurs à la masse du peuple ayant pris le pou- 
<c voir, ils établirent entre eux l'isonomie et la démocra- 
cc tie ({aovo(fc{av %iù SY2(ji.oxfaTEav)... Ils partagèrent lo 
« territoire en donnant les plus mauvaises terres aux 
(c Periœques et en gardant les meilleures pour eux*mê* 
« mes » (4). Quand on rapproche ce passage de ceux où 
Plutarque signale Tanarchie qui régnait à Sparte avant 
Lycurgue (5) et où il donne des détails sur le partage 
des biens opéré paV ce législateur (6), on est frappé des 
analogies qu'ils présentent. Il y a toutefois cette diffé* 

(1) XÉNOPHON, De Rep. Lac,, passim. — L'authenticité de cette œn- 
vre est ai^ourdliai discatée. Mikis il parait certain que si le traité du 
gouvernement de Lacédémone n*est point de Xénophon, il est du moins 
d*un de ses contemporains. 

(2) C. F. Hermann, Vide suprd. 

(3) IsocRATB, Orat, Panath., 299. 
(4)IsocRATS, Orat. Panath., 177-179. 
(p) Plutarqob, Lycurg., II. 

(6) c Lycurgue procéda tout de suite à ce partage, divisa les tsrrei 
« de la Laconie en trente mille parts qu'il distribua aux Periœques et 
« fit neuf mille parts du territoire de Sparte pour autant de Spartiates. > 
Plutarque, Lyntrg,, VIII. 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 167 

rence que Plutarque attribue le partage à Lycurgue^ au 
lieu qu'Isocrate ne nomme point Lycurgue et fait remon- 
ter le partage aux temps qui suivirent la conquête de la 
Laconie. Mais si Ton croit avec Hérodote, Xénophon, 
Eratosthène et autres auteurs anciens, que Lycurgue 
était à peu près contemporain des conquérants héracli- 
des, on est très porté à penser que la réforme agraire de 
Lycurgue ne fut en réalité qu'une répartition régulière 
et définitive des terres conquises (1). Ainsi le partage 
primitif après la conquête et le partage de Lycurgue ne 
seraient qu'un seul et même fait. 

Platon rapporte dans les Lois que les Argiens» les Mes- 
Béniens et les Lacédémoniens établirent une certaine 
égalité (iaéTvjTi Ttva) dans le partage des biens (2). 
On objecte que ce n'est là qu'un mot vague et Ton as- 
sure que si l'égalité des biens eût été un principe de la 
constitution de Sparte, Platon, qui préconise cette éga* 
lité dans ses traités politiques, n'eût pas manqué de 
s'autoriser de cet exemple. Mais l'on n'a garde de dire 
qu'on retrouve dans les Lois bien d'autres dispositions 
de la législation Spartiate (3) et que néanmoins Platon 
« qui prend son bien où il le trouve, » n'indique pas une 
seule fois que ses prétendues conceptions sont renou- 
velées de Lycurgue. 

Aristote ne parle point de la division de la propriété en 
parts égales ; il dit seulement : « Il n'est pas honorable 
« (oô xaX6v) pour un Spartiate de vendre sa terre ou d'a- 
ce cheter celle d'autrui » (4). Ce passage prouve qu'au 



(1) Le partage qui suivit la conquête fut nécessairement une opéra- 
tion lente, difficile, sujette & mille contestations et qui put durer un 
siècle avant d*étre définitivement terminée. 

(2) PuiTON, De Legib.f m, p. 685. 

(3) Les citoyens affranchis de tout travail, la culture des terres aban- 
donnée aux esclaves, la prohibition des dots, Tinterdiction des mon« 
naies d'or et d*argent, etc., etc. DeLeg,, V, pp. 539 et 740 etpasnm, 

(i) AjusTOTB, De Poîitic, II, 6. — N*y a-t-il pas a conférer avec 
ce témoignage d'Âristote touchant la prohibition de vendre des terres ^ 



168 HENRY HOUSSAYE. 

temps d'Aristote les biens à Sparte étaient inaliénables, 
au moins en principe. On peut donc voir dans ce prin- 
cipe de rinaliénabilité des biens un dernier vestige de 
l'ancienne constitution par Lycurgue de domaines pa- 
trimoniaux. 

Héraclide de Pont confirme les paroles d'Aristote : 
(f Chez les Lacédémoniens, dit-il, il est honteux de ven- 
« dre une terre ; et il n'est pas permis de vendre une 
« terre de la part primitive (1) ». Gela signifie, selon 
Schneidewin (2), Grote (3) et Fustel de Coulanges (4), 
que la loi distinguait entre la terre d'acquêt, qu'il était 
permis de vendre quoique ce fût considéré comme hon- 
teux, et la terre patrimoniale dont la vente était abso* 
lument prohibée (5). 



Sparte, ces mots de Jhoçydide (V, 34) : « Uatiinie empêchait les Spar- 
« liâtes de commander, d^ acheter ou de vendre,,, ii-hrt êtpx^n, /tiin 
« nptetftivouç rc, ^ iruÀDûvraç... 9 Qii*entend Thucydide par ce t<? Ert-ce 
un lot de terre f En ce cas la prohibition dont parle Aiistoto n>ût pu 
existé au temps de Thucydide. Est-ce, au contraire, toute espèce d'ob- 
jet mobilier, esdaves, grains, bestiaux, armes, meubles, bijoux f Cda 
parait plus probable* Le scoliasto de Thucydide ne dit rien & ce sujet ; 
et les commentateurs, Poppo en tête, pourtant si prolixe d*ordinaire, 
loin d'élucider la question, n*ont même pas pensé à la poser. 

(1) ILfau.cLiDB DB Pont (Fragm, Hiator. graec,, ëdit. Didot, t. H, 
p. 211). HwAcfv Si fiiv AacxtSxtfioviotç aiv^pàv vtvê/ittmu • riiç S'ipx'^ç 
/locpoc ^^à élcoTcv. Nous avons donné plus haut la première leçon do 
ce texte (p. 162, note 2). 

(2) Schneidewin, Proleg, ad Heraci, Pont, c. in. 

(3) O&OTB, Histoire de la Grèce, t. III, c. ▼!. 

(4) FusTBL DB Coulanges, La propriété d Sparte (Mém. de TAc des 
S. M. et P., 1880). 

(5; Si Ton voulait soulever une querelle de mote, on dirait que les 
Spartiates ne pouvaient avoir de terres d^acquét, puisqu*aucun d*eiix 
ne pouvant vendre, aucun d'eux ne pouvait acquérir. Biais il faut en- 
tendre ici par terres d'acquêt des biens advenus par héritage coUatMt 
dots, donations dissimulant ventes, en un mot toute propriéte ajootée 
au lot primitif. Ce fragment, ainsi interprété, est une nouvelle preuve de 
l'existence à Sparte de domaines patrimoniaux et inaliénables, cou^ 
quence probable d'un lotissement primitif.^ Puitarqub (-l^û, V)mir- 
que aussi cette différence entre les propriétés fondères en généial et le 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 169 

Il y a enfin ce passage de Polybe : « Le propre 
« de la Cité de Sparte, disent Éphore, Xénophon, Gal- 
« listhène et Platon, c*est le partage des terres dont 
« personne n'a plus Pun que l'autre, mais dont tous les 
« citoyens ont une part égale » (1). Voici un témoi- 
gnage formel, et Wachsmuth en triomphe (2). Y a-t-il 
de quoi? Polybe ne parle pas ici des institutions lacé- 
démoniennes en vigueur de son temps, puisque de son 
temps il n'y a plus de Sparte ni de Grèce, mais TÂchaie 
romaine. Il ne parle donc, il le dit d'ailleurs, que d'a- 
près les auteurs qui l'ont précédé, et il nomme Éphore, 
Xénophon, Gallisthène et Platon. Nous ne pouvons con- 
fronter Polybe avec Gallisthène, mais il est facile de le 
confronter avec Xénophon et avec Platon, et il n'est pas 
impossible de le confronter avec Éphore. Or, comme on 
l'a vu, Platon est loin d'être aussi explicite que le pré- 
tend Polybe, et Xénophon ne dit point un mot du par- 
tage des terres ni de Tégalité des biens à Sparte. Quant 
à Éphore, n'est-il pas au moins singulier qu'il n'expose 
rien de semblable dans le passage relatif aux lois des 
Lacédémoniens et des Cretois qui nous a été conservé 
en entier par Strabon (3) et qui semble être celui-là 
môme auquel s'est reporté Polybe? Ainsi des quatre 
auteurs invoqué par Polybe comme autorités, deux sur 
les trois à qui nous pouvons nous référer ne confir- 
ment point son assertion, et le troisième (Platon) ne la 
confirme qu'en termes bien vagues. — Le témoignage de 
Polybe, qui écrivit près d'un siècle après la réforme 
agraire conçue par Agis IV et mise à exécution par 
Gléomène, et qui, en conséquence, a peut-être pu la 



lot de terre primitif et patrimonial : xal roûroiv (Znaprtotrûv) Uuç lxa« 
rôv ^90cv yf|v xcxnjyuivoc xal xXijpov. — K.A^pov a le môme sens ici que 
âpX^ta ftoXpx, dans le texte d*Uéraclide de Pont. 

(1) POLTBB, VI, 45. 

(2) Helleniêche Alterthumskundct p. 217. 

(3) Strabon, X, 16, sq. — Ephore, cité par Strabon, constate qu*il y 
a des différences entre les institutions des Cretois et celles des Spartia- 



170 HENRY HOUSSAYE. 

confondre avec celle de Lycurgue, (une telle confusion 
serait cependant bien extraordinaire !] ne saurait donc 
être tenu pour tout à fait décisif. 

Nous avons groupé tous les textes qui se rapportent 
plus ou moins à la loi agraire. Nous les avons étudiés 
sans idée préconçue, et c*est sans parti-pris d'aucune 
sorte que nous y avons cherché des arguments pour ou 
contre l'authenticité du partage des terres à Sparte. 
Nous indiquerons maintenant la conclusion qui parait 
s'imposer de Tensemble de ces témoignages. 

Le silence d'Hérodote, de Thucydide et de Xénophon 
sur la répartition égale des biens fonciers entre les 
Spartiates ne permet guère d'accuser un historien aussi 
sérieux que Polybe, un écrivain aussi informé que 
Plutarque d'avoir confondu une réforme datant des 
derniers temps de Sparte avec une institution contem- 
poraine des origines mêmes de cette cité. Gomme Ta 
dit Voltaire, « le silence n'est pas une contradiction ». 
De ce que les auteurs du v« siècle ne mentionnent point 
le partage des terres, il ne s'ensuit pas qu'ils démentent 
par cela seul les assertions de Polybe et de Plutarque à 
ce sujet. Us ne les confirment pas, c'est tout ; et voilà 
qui est fort diffèrent (1). D'autre paï*t, à supposer que ce 
que dit Platon d'une « certaine égalité > dans le partage 
des terres chez les Spartiates ne soit pas sufQsam* 
ment explicite pour qu'on y attache une grande impor- 
tance, au moins est«il juste de reconnaître que ces mots 
témoigneraient plutôt de l'existence d'une ancienne loi 
agraire. Pour Isocrate, il est clair que ses paroles du 

tes, et 8*il parle en général pour la Crète et pour Sparte, de la ooDfo^ 
mité des mœurs, de Tabsence de luxe et de mollesse, de Tégalitédans 
la vie, il ne parle point du tout de Tégalité dans les fortunes. 

(1) Le fait que Tégalité des fortunes n'existait plus k Sparte aa 
▼* siècle, fait qui sera établi ci-après, par tous les témoignages an- 
ciens, pourrait expliquer d'ailleurs pourquoi les historiens de cette épo- 
que ne disent rien de cette égalité. 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 171 

Discours Panathénatque présentent de nombreuses ana- 
logies avec celles de Plutarque dans la ViedeLycurgue. 
Enfin, l'interdiction de vendre des terres^ formellement 
indiquée par Âristote et Héraclide de Pont, prouve que 
les biens-fonds étaient constitués à Sparte en patrimoi- 
nes inaliénables. Cette forme de la propriété foncière 
suggère assurément Thypothèse d'un ancien lotisse- 
ment du territoire. 

Il y a plus. Si jusqu'à Isocrate il n'est rien dit d'un 
partage primitif des terres, et si jusqu'à Aristote il n'est 
point parlé de l'inaliénabilité des patrimoines, Xénopbon 
consacre tout un chapitre à certaine loi de Lycurgue(l) 
qu'il ne paraît pas inutile de rappeler ici. Cette loi qui 
a été rapportée, après Xénopbon, par plusieurs auteurs 
anciens, qui a été citée par tous les historiens modernes 
de la Grèce (2) qui n'a été mise en doute par aucun, 
qui concorde avec tout ce que nous savons du caractère 
et des mœurs des Spartiates; cette loi qui importe 
assurément à la question du partage des terres et qui 
cependant n'a pas été invoquée dans la discussion, c'est 
la loi interdisant aux citoyens de Sparte tout travail, 
toute industrie, tout négoce : t Lycurgue, dit Xénopbon, 
« a encore établi à Sparte ces lois tout opposées à celles 
« des autres Grecs. Dans les autres villes, tous cher- 
9 chent à gagner de l'argent comme ils peuvent, l'un 
« travaille à la terre, celui-ci est marin, celui-là fait du 
« commerce, d'autres vivent de leur métier. A Sparte, 
< Lycurgue a interdit aux hommes libres de s'occuper 
c en aucune façon aux choses qui rapportent quelque 
«c gain (3). » 

Or, Lycurgue pouvait-il interdire le travail aux Spar- 

(1) Si nous disons : Lycurgue, c^est pour éviter la périphrase : le 
législateur de Sparte, qui est cependant tout & fait dans notre pensée. 

(2) Otfried Mttller, Thyrlwall, Grote, Duruy, E. Curtius et les érudiU 
Manso, Lachmann, Schœmann, Claudio Jannet, etc., etc. 

(3) *£v«vT^« yt, fiiiv xxl râSt xoïç aXXoiç "EXXrjst xari9n/itm o Avxoûp- 
y§ç Iv xfi £tceipT]p và/Ai/Aa, *£v /uèv yàp Siiisou raXi SXXtiii itàXtvt icAvriç 



172 HENRY HOUSSAYE. 

liâtes sans leur avoir assuré la vie matérielle par un 
moyen quelconque? Ce moyen, c'était la constitution, à 
titre de propriété héréditaire et inaliénable, de lots de 
terre qui, cultivés par des esclaves attachés au sol ^ 
serfs de la glèbe — leur donneraient des revenus suffi- 
sants. Ainsi, il nous parait qu*il y a corrélation entre la loi 
sur la prohibition du travail et la loi agraire (1) , et que si 
Ton admet la haute antiquité de la première de ceslois, il 
faut admettre de même la haute antiquité de la seconde. 
Ces lois se complètent et s'expliquent Tune par Tautre 
et toutes deux sont conformes à l'idéal politique et so- 
cial du législateur de Sparte. 



;(^ijfiaTiÇovrac, oaov oûvscvrac * ô fikv yàp ycupyf c, ô Se vauxi^pcT, ô 8* ^- 
iroptuirac, oi Se xaè ânb rc^vây Tpifovratt. *Ev Si r^ STnipti} ô Âvxeû/r/A) 
roïç fttv èXtuOépoiç tûv â/ifi xf'ï/tff'rcff/Aov Smttitt f»}Scvè( SmnoBeu,,, 

(XibfOPHON, Hep. Lac,, cap. vu.) Cf. Aristotb, de Politic, II, 6; 
Pluta&qub, Lycurg, XXIV; Dents d*Haucarnas8B, Ant, lîom., II, 
28; Ath^éb, XIV, 31 ; etc. 

On peut rappeler t ce sujet la répartie du Spartiate qui, voyant à 
Athènes un homme condamné à l*amen4^ parce qu*il était oisif, s'é- 
cria : « Voilà un citoyen puni pour avoir vécu en homme libre, i 
(PLUTAaQUB, Apoph. Lac. Herondas); et aussi ce fait de la vie d'Agési- 
las : « Les alliés se plaignant de suivre partout à la guerre un petit 
« nombre de Spartiates, Agésilas voulut leur prouver combien en rèaUté 
«c les soldats étaient nombreux à Sparte. Dans ce dessein, il fit asseoir les 
< alliés d*un côté et les Spartiates de Tautre. VL ordonna alors aux hé- 
« rants d*appeler successivement les potiers, les forgerons, les charpen- 
« tiers, les maçons et tous les autres ouvriers. Les alliés se levèrent pres- 
« que tons, mais pas im Spartiate ne bougea. — Vous voyez, dit alois 
« Agésilas aux alliés, que nous fournissons bien plus de soldats que 
« vous ». (Plutarqub, Agesil. XXVI). On sait enfin qu*à Sparte on 
appelait Hésiode « le poète des hilotes » parce qa*il avait célébré Ta- 
griculture. 

(2) Une autre loi, attribuée à Lycurgue, en vertu de laquelle un ci- 
toyen ayant un certain nombre d*enfants était exempt dlmpôts, nous 
parait aussi devoir être rappelée à propos de la loi agraire. Le légis- 
lateur voulait par 1& alléger autant qu*il le pouvait la situation dn 
citoyen père d*une nombreuse famille, dont les charges augmentaient 
tandis que ses revenus restaient forcément les mêmes. Mais la loi 
n^intervenait là que transitoirement. Le père de famiUe dégrevé d*im- 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 173 



II 



La première assertion de Pluiarque : le partage des 
terres en lots héréditaires et inaliénables, n'est. nulle- 
ment infirmée par les textes anciens, nous croyons ra- 
voir démontré. Au contraire, sa seconde assertion qui 
concerne la pérennité du lotissement primitif et le long 
maintien de l'égalité des fortunes est contredite par tous 
les témoignages. 

Nous trouvons à Sparte des riches et des pauvres à 
l'origine des temps historiques, au temps de la deu- 
xième guerre de Messénie. Aristote et Pausanias rap- 
portent que la misère excita les pauvres à réclamer un 
partage de biens ; une sédition éclata qui fut apaisée 
par les vers de Tyrtée (1). — Aujourd'hui Victor Hugo 
ne résoudrait pas si facilement la question sociale ! 

Peu avant la seconde guerre médique, deux Spartia- 
tes, Sperthias et Bulis, furent envoyés à Xerxès. « Ils 
« étaient, dit Hérodote (2), parvenus au plus haut degré 
« de la richesse, xp^f^^i àv^xovtsç èç là icpcoTa. » Si donc 
ces deux Spartiates étaient riches h ce point, c'est que 
Paccroissement de la fortune privée était possible. En 
420, au témoignage de Thucydide, le Spartiate Likhas 



pots pouvait nourrir ses quatre fils» mais si, à la seconde génération, 
ces quatre fils avaient chacun plusieurs enfants, c*est en vain qu^ils 
étaient déchargés des contributions; ils ne pouvaient néanmoins plus 
vivre du produit de leur terre. 

(1) Aristotb, De Politic.^ V, 6; Pausanus, IV, 18. — Pausanias se 
sert de cette expression bien caractéristique : « Ceux qui avaient des 
terres, oc rà x-rnfixTa. îxovnç ». Conséquemment, tous les Spartiates 
n*avaient point des terres. 

(2) HÉRODOTE, vu, 134. 



m HENRY H0U88AYE. 

mérita le prix à la course d'Olympie (i). Si un Spartiate 
fut vainqueur, combien d'autres Spartiates avaient con- 
couru cette année-là, combien d'autres durant les Olym- 
piades précédentes 1 Or, l'entretien d'une écurie de 
courses suppose une véritable fortune, tout autrement 
considérable que la quotité fixée parLycurgue à82mé- 
dimnes de revenu (2). Les auteurs rapportent encore 
que les trois plus illustres capitaines de Sparte pendant 
la guerre du Péloponnèse, Gylippe, Kallikratidas etLy- 
sandre étaient nés dans la pauvreté : èv mjvCoe. Lysandre, 
bien que de naissance illustre, aurait même éiétnothacef 
c'est-à-dire élevé aux frais d*un citoyen étranger à ea 
famille (3). Au demeurant, quand nous lisons dans 
Thucydide que par leur manière de vivre, les Spartiates 
les plus riches ne se distinguent aucunement des au- 
tres (4); quand nous lisons dans Xénophon qu'à Sparte 
ceux qui possèdent des chiens et des chevaux sont te- 
nus de les prêter pour la chasse et la promenade (5), 



(1) Thcctdidb, V, 50. — Cet autre passage de Thnçjdide {U 4 • 
.... oc rà fttit^w xt7iryi/iivoi...i etc., invoqué par Lachmann et Fustsl de 
Coulanges contre Tégalité des fortunes à Sparte ne saurait rien proQTtf 
dans la question qui nous occupe, car Thucydide parle 1& très explio- 
tement des temps antérieurs a Lycurgue et même a la guerre àt 
Troie! 

(2) Pldtarque, Lycurg., VIU. 

(3) Plutarque, cité par Atbéxêb, VI, 20 ; Plutarqub, Lytand, H ; 
ÉuEx, Var.Hist. XII, 43. — Il semble que les moUiaces étaient de» 
fils de citoyens pauvres que des citoyens riches associaient A l^^"^ 
propres enfants pour qu*ils reçussent Téducation Spartiate. Les mothi- 
ces étaient un peu comme les menins des dauphins dans Tancienne mo- 
narchie française. Les mothaces étaient suspendus des droits deSps^* 
tiate, mais par le fait de Téducation qu^ avaient reçue, ils pouvaient 
être réintégrés dans ces droits s'il leur advenait quelques biens pèrné- 
ritage, alliance, etc. Cf. Sur les mothaces, outre les auteurs préotés. 
Ottried Mûllkr, Die DorUr, t. II, p. 47 ; Orote, HUU de la Grèce» 
t. m, p. 525 ; Claudio Jannet, Les institutions sociales d SparU, p* ^ 

(4) Thucydide I, 6. Cf. Xénophon, de Bep. lac, VIL 

(5) Xénophon, de Rep, lac,, VI. — Aristote, signale aussi ce «*" 
modat chez les Spartiates (de Politic, II, 3). 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 173 

et encore que les riches ont le droit d'apporter aux 
repas publics un supplément de vivres (4), cette con- 
clusion s'impose qu'il y avait des citoyens plus riches 
les uns que les autres. 

Plus on avance dans le cours de l'histoire grecque, 
et plus les témoignages de l'inégalité des fortunes à 
Sparte sont nombreux et décisifs. La célèbre conspira- 
tion de Cinadon (397-396 av. J.-C.) est une preuve ma- 
nifeste de cette inégalité. Cinadon voulait renverser un 
régime politique qui l'avait fait déchoir — lui citoyen 
de Sparte devenu pauvre et conséquemment incapable 
de contribuer aux syssities — du rang de pair (8[jloio<;) 
à la catégorie de subalterne (&xo[xe((i)v) (2). Le récit de 
cette conjuration, qu'on lit dans Xénophon, montre que 
beaucoup de Spartiates se trouvaient dans le cas de Ci- 
nadon. Cet état social ne fit qu'empirer. Vers la fin du 
IV* siècle, à ce que dit Aristote, toute la propriété fon- 
cière était concentrée chez un très petit nombre de ci- 
toyens qui avaient une puissance absolue dans la ville (3). 
Au milieu du iii^ siècle, il n'y avait plus à Lacédémone 
que cent Spartiates possédant des terres (4}. 

(1) XiNOPHON, de Rep, lac, V. 

(2) XéNOPHON, Heîîenic, lll, 3. Cf. Aristote, Le Poli tic, V, 7. 

(3) AaiSTOTB, De Politic, II, 6. Cf. V, 6. — Héraclidb de Pont dans le 
fragment précité montre aussi, en disant que la loi Spartiate distinguait 
entre les terres patrimoniales et les terres d*acquét, que les lots pri- 
mitifs ne 8*étaient pas maintenus au nombre âxë par Lycurgue. D*où 
fassent pro venues ces fameuses terres d'acquêt, sinon des lots primi- 
tifiif Ce n*est point dans la lune, apparemment, que les citoyens de 
Sparte possédaient des terres d*acquôt. Or chaque terre d'acquêt était 
un lot de moins parmi les neuf mille. 

(4) Plutarqub {Agis, V) dit qu'il n'y avait plus que sept cents Spar- 
tiates dont cent peutrêtre possédaient de la terre et leurs propriétés pa- 
trimoniales : 'AitiXslfBviaav ouv inrsoioaiciv où nXtloviç STraprcârac, xsti 
TovTotv tvùii ixazbv «ivov oc yi^v xtxrrifiivot xai xXi^pov, Plutarque ajoute 
que le reste de la population était sans ressources et sans droits : 'O 3' 
cLXXoç ox^oç anopoç xui âri/xoç... Il semble donc qu'à cette époque un 
nouvel accommodement avec la loi ancienne était intervenu, qui 
permettait de garder ses droits politiques, même si l'on n'avait plus 



176 HENRY HOUSSAYE. 

A la vérité, Plutarque, qui rapporte ce fait, assure 
que cette nouvelle situation économique était la consé- 
quence d*une loi édictée par Féphore Épitadée. « Épita- 
« dée, dit-il, à la suite d*un grave différend avec son 
« fils, fit passer une loi par laquelle les citoyens étaient 
« libres de déshériter leurs enfants et de donner ou de 
« léguer leurs biens à qui ils voulaient, soit par dona- 
« tion, soit par testament. Jusque-là on avait conservé 
« la division des propriétés établie par Lycurgue ; les 
<( biens se transmettaient régulièrement de père en 
« fils » (1). 

Il semble que Plutarque exagère les conséquences 
de la loi d'Epitadée et en exagère surtout Teffet im- 
médiat. D'après les renseignements fournis par Plu- 
tarque, la loi d'Épitadée aurait été édictée quelques an- 
nées après la prise d* Athènes, c'est-à-dire au plus tôt 
entre 400 et 490. Or Aristote^ contemporain de la géné- 
ration qui suivit celle d*Épitadée, parle, comme on l'a 
vu, de la grande inégalité des fortunes à Sparte. D'une 



de terres, pourvu qu*oii possëd&t des richesses mobilières. Eu effet, 
ces sept cents Spartiates, dont six cents cependant ne sont plus prcH 
priétaires, sont bien clairement désignés par Plutarque conune des 
o/iotot, des citoyens jouissant de l'optimum jus civitatis, tandis qa*aa 
contraire, le reste du peuple ; 6 o âXXoç ôx^os, a, par sa pauvreté, perdu 
ces droits. Conséquemment, il faut admettre que, pour Texercice des 
droits politiques, les capitaux qui, pour une grosse part, étaient le 
fruit des rapines et des spoliations des Spartiates dans les postes 
d'Harmostes, suppléaient à la propriété foncière. D*ailleurs, au milieu 
du m* siècle, il ne subsistait rien des anciennes institutions attribuées 
à Lycurgue. La discipline, les lois somptuaires, les exercices corpo- 
rels, tout avait disparu. Les sissyties elles-mêmes étaient abandonnées 
(Plutarque le fait suffisamment entendre en disant que Cléomène les 
rétablit : Cléomène, XI) ; d'une part, sans doute, parce que les riches 
qui, comme dit Aristote, étaient les maîtres dans la cité, s'étaient peu 
a peu affranchis d*y paraître ; d'autre part, parce que les pauvres avaient 
de moins en moins les moyens d*y contribuer. 

(1) Plutarque, Agis, V. — Aristote {De Politic, II, 6) mentionne 
aussi ce droit pour le Spartiate de donner ou de léguer sa terre à qui 
il veut. 




LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 1T7 

génération à une autre, il paraît peu probable que la loi 
ait pu avoir de tels effets (i). D'ailleurs la conjuration 
de Cinadon, qui eut lieu au temps même de la promul- 
gation de la loi d'Ëpitadée, sinon quelques a^néQS au- 

(1) Pour e^pUq46r ralsoimablement Teffet si considérable et si immë- 
dUt de la loi 4'Ëpitadée, il faudrait admettre, avec M. Fustel de Cou- 
langes (La Propriété d Sparte, Bulletin de V Académie des scien- 
ces morales et politiques, année 1880), que tous les propriétaires 
BUT les terres desquels les riches Spartiates avaient des créances pro- 
fitèrent de cette loi pour céder leurs biens par u^e dotation qui ne 
fut en réalité qu'une vente déguisée. Cette' hypothèse est d'une rare 
puissance de conception et fait le plus grand honneur à son auteur. 
ËUe n'est pas cependant indiscutable : 

1<* Comment des gens sains d'esprit, qui ne pouvaient prévoir la loi 
d'Épitadée, laquelle fut toute fortuite, auraient-ils consenti a prêter sur 
des gages (ces terres patrimoniales) qui n'en étaient effectivement 
point, puisque les biens fonciers étaient inaliénables et insaisissables 
(si, en effet, ils n'eussent point été insaisissables, les créanciers n'eus- 
sent pas eu besoin de la loi d'Épitadée pour contraindre leurs débiteurs 
à se déposséder) ; 2o La loi étant promulguée, il est supposable qu'un 
grand nombre de débiteurs ne mirent point tant de bonne volonté ^ 
s'acquitter de dettes qu'il était en leu^ pouvoir d'éterniser, puisque, à 
moins d'admettre $l Sparte l'usage de l'antichrèse — conjecture toute 
gratuite — les créanciers n'avaient aucun recours sur les biens fonciers ; 
3** Plutarque dit expressément (Agis, IX) que Lycurque avait défendu 
« les emprunts, les prêts et les dettes ». Si donc ces lois de Lycurgue 
étaient encore en vigueur peu de temps avant l'éphorat d'Épitadée, i 
n'y avait a Sparte ni créanciers ni débiteurs ; si, au contraire, ces lois 
étaient déjà caduques, les correctifs qu'y apporta la loi d'Épitadée ne 
purent avoir le grand effet qu'on leur attribue ; i9 enfin, l'hypothèse de 
M. Fustel de Coulanges ne repose que sur un passage de Plutarque 
qui parle en effet d'obligations souscrites par des propriétaires insolva- 
bles, etc., etc. [Agis, XIII), mais ce passage se rapporte ^ une époque 
éloignée de plus d'un siècle de celle d'Épitadée, à la pleine déc^dençp 
de 3parte, où il ne subsistait plus rien des lois de Lycurgue. Agis IV ne 
perdit-il pas le pouvoir et la vie à les vouloir rétablir? 

Au demeurant, les conclusions de M. Fustel de Coulanges n'en ont 
pas moins beaucoup de valeur et, pour notre part, nous aurions d'autant 
moins de répugnance à les admettre, qu'elles ne détruisent en rien notre 
argumentation. M. Fustel de Coulanges établit qu'avant la loi d'Épitadée 
il y avait des créanciers, c'est-à-dire des riches, et des débiteurs, 
c'est-à-dire des pauvres. Conséquemment, l'équilibre entre les fortunes 
était détruit. Nous ne cherchons pas ici à démontrer autre chose. 

Annuaire 1884. 12 



HENRY HOUSSAYE. 

paravant, prouve péremptoirement que Féquilibre 
des fortunes était déjà détruit au commencement du 
IV* siècle. 

Dans le cours de ce siècle, il y a à signaler une cause 
tout autrement sérieuse que la loi d'Épitadée à l'appau- 
vrissement d*un grand nombre de Spartiates : c'est la 
reconstitution de la Messénie par Épaminondas (370- 
369 av. J.-C). Le renseignement que Plutarque est 
seul à donner sur Épitadée est précieux sans doute, 
mais le biographe des hommes illustres eût pu indi- 
quer -aussi quelles conséquences eut la bataille de 
Leuctres pour la situation économique de Sparte. Épa- 
minondas ne détacha pas de la Laconie d^immenses 
territoires, des plus riches et des plus fertiles, pour 
les donner aux Messéniens (1), sans diminuer d'autant 
les propriétés des Spartiates. Beaucoup d'entre ceux-ci, 
privés des terres dont ils tiraient tout leur revenu, fu- 
rent réduits à la misère et perdirent du coup leur rang 
d'Égaux. Dans l'antiquité, le droit des gens était su- 
bordonné au droit de conquête (2). Si, comme on l'ad- 
met (3),la possession de laMessénie avait permisd'élever 
de 4,500 à 9,000 les lots primitifs de Lycurgue, la perte 
de cette contrée eut naturellement pour résultats de di- 
minuer d'une façon notable le nombre de ces lots. 

Au surplus, bien que la reconstitution d'une Messé- 
nie indépendante ait dû singulièrement troubler l'ordre 
économique de Sparte, il n'en reste pas moins prouvé 

(1) Pausanias, rV, 26, sq.; Diodorb db Siais, XV, 65, 66; cfl Iso- 
CRATB, Archidam. passim. 

(2) Il faut distingaer en Grèce, & Tëpoque historique, les guerres pour 
l*hëgémonie, qui furent nombreuses, et les guerres pour la conquête, 
qui furent rares. A la suite des premières, le droit des gens était gé- 
néralement respecté; A. la suite des autres, on procédait A une véritable 
prise de possession. (Tétait la spoliation dans toute sa rigoeor. L^ 
Spartiates avaient été les premiers k agir ainsi après les gueiT» àe 
Messénie. Lorsqu*ils furent trahis par la fortune des armes, ils sooffin* 
rent la loi qu'eux-mêmes avaient si durement appliquée naguère. 

(3) Cf. OrpRiED MuLLBR, Thyrlwall, Grotb, CuRTius, etc. 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 179 

par Tensemble des textes que, bien avant la loi d'Épita- 
dée et les victoires d'Épaminondas, il y avait à Sparte 
des riches et des pauvres. 

On s'est efforcé d'expliquer, à Taide des richesses 
mobilières, la contradiction qui résulte de l'inégalité 
des fortunes à Sparte, fait avéré, et du maintien de la 
division territoriale en 9,000 lots^ tradition tout à fait 
douteuse. On a dit : les pauvres étaient ceux qui n'a- 
vaient que leur lot de terre, les riches étaient ceux 
qui, outre ce lot de terre, possédaient des capitaux. 

Il serait aisé de répondre que Lycurgue avait pros- 
crit toute richesse mobilière (1); on pourrait dire aussi 
que l'or ne commença à circuler à Sparte que vers la 
fin du V* siècle (2) et que, même à cette époque, la pos- 
session des monnaies d'or et d'argent, réservées pour 
le trésor public, était punie de mort (3). Cependant 
nous ne nions point que les Spartiates aient bien 
vite transgressé ou éludé les lois de Lycurgue ; beau- 
coup d'entre eux possédaient des capitaux bien avant 
la prise d'Athènes. La répartie d'Eurycratidas tou- 
chant la compétence des éphores dans les con- 
trats (4), l'amende de quinze talens à laquelle fut 
condamné Plistoanax (5) , ce fait que les Spartiates, 
pour éluder la loi, plaçaient leur argent chez les Arca- 
diens (6), la vénalité môme de certains citoyens de La- 
cédémone prouvent que, dès l'époque historique, l'ar- 
gent n'était point sans valeur pour les austères habi- 
tants de la vallée de l'Eurotas. Toutefois, il semble que, 
dans un pays où le commerce, l'industrie, la banque, 

(1) Plutarqub, Lycurg.y IX. 

(2) X^oPHON, Dé Rep. lac,, VII ; Plutarqub, Agis, V, 

(3) Plutarqub, Lyaander, XIX. 

(4) Plutarqub, Apopht, Lac, Eurycrat. 

(p) Sjb Soouaste d* Aristophane, Nubes, y. 858. 

(6) Ateosnéb, VI, 4. — Cf. sur les richesses des Spartiates, Platon, 
Pretn. Alcib,, p. 123, dialogue qu'il est toujours permis de coasidérer 
comme authentique. 



180 HENRY HOUSSAYE. 

étaient interdits aux hommes libres, s'il faut tenir 
compte des richesses mobilières pour le total de la 
fortune d*un Bulis ou d'un Likhas, il n'en faut tenir 
compte que comme un appoint. De plus, quelle était 
l'origine de cette fortune mobilière sinon la concentra- 
tion de plusieurs lots de terre au profit d'une seule fa* 
mille, et de là l'augmentation des revenus capitalisables 
de cette famille. Que, plus tard, cet argent clandestine* 
ment confié à des tiers ait donné de gros bénéfices k 
ses possesseurs, soit. Mais pour commencer, ce ne 
pouvait être, sauf exceptions, que du rendement de ter- 
res fort arrondies par les alliances et les héritages col- 
latéraux, qu'était venu cet argent. Les Spartiates ti- 
raient leurs principaux revenus de la propriété foncière ; 
c'était donc en raison de l'étendue de leur domaine 
qu'ils étaient plus ou moins riches. 



III 



On se trouve ainsi en présence de ces deux faits : 
d'une part, une ancienne répartition des terres en lots 
égaux, héréditaires et inaliénables, mesure qui insti- 
tuait et semblait devoir garantir dans l'avenir l'égalité 
de fortune entre les Spartiates ; d'autre part, la co-exis- 
tence à Sparte de riches et de pauvres pendant toute la 
période historique. Or, si l'égalité des biens n'existait 
pas à Sparte au v* siècle, ce n'est point, comme en ont 
conclu trop facilement les modernes contradicteurs de 
Plutarque, parce qu'elle n'y avait pas régné à une épo- 
que très antérieure, c'est parce qu'elle ne s'était pas 
maintenue. Et si cette égalité ne s'était pas maintenue, 
c'est qu'elle était chimérique et qu'en vertu même des 
lois établies pour la garantir, il était impossible qu'elle 
se maintînt. 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 181 

Plutarque qui parle avec tant d'assurance des lois de 
Lycurgue qu'il semlple y avoir collaboré, Plutarque 
nous dit que le revenu de chaque lot attribué aux 
Spartiates s'élevait annuellement à 83 médimnes de 
grains comptés ainsi : 12 médimnes pour la femme et 
70 pour le chef de famille (1). Avec 82 médimnes, le ci- 
toyen de Sparte devait subvenir à l'entretien de sa 
femme et de ses enfants et fournir chaque jour pour 
lui et ses Sis sa quote-part aux syssities (2). Si l'on 
songe qu'à Athènes le revenu imposable minimum des 
censitaires de l'avant dernière classe, les Zeugites, était 
de 200 médimnes (3), on conçoit qu'un revenu minimum 
de 82 médimnes (4) était peu de chose. Cette petite for- 
tune devait certainement suffire à chaque famille au 
temps de la répartition de Lycurgue, mais après deux 
on trois générations, il est évident quelle devint insuf- 
fisante peut* beaucoup d'entre elles. C'était une utopie 
de prétendre établir liHe égalité perpétuelle entre les 
fortunes. Il eut fallu pouvoir aussi régler le nom- 
bre des naissances et imposer sa loi aux hasards des 
guerred 6t ded épidémies. Toutes les familles Spartia- 
tes ne purent pas, pendant cinq ou six siècles, se main- 
tenir rigoureusement au même chiffre d^individus. Il 



(1) Plutabqub, Lycurgtnei V. 

(2) n en était ainsi & Torigine, car les lots avaient du dire répartis 
par tfite de guerriers ; mais bientôt après, en raison de Tétat de commu- 
nauté sur le domaine patrimonial et indivisible où vécurent tous les 
membres de la famille, le chef de famille dut aussi subvenir à tous les 
besoins et satisfaire à toutes les obligations de ses frères et de ses neveux. 

(3) Plutarqub, Solon, XVHI, XXIII ; Pollux, VIII, 129, 130 ; Sui- 

BAB et HaRPOCRATION^ 8. V. ; LB SCOLIAOTE D*ARISTOPHAlfB, V, 627 ; 

fioscKB, Éeùnom. polit, des Athén,, 1. IV, c. 5. 

(4) Selon Hultsch {MetroL, p. 260), le médimne laconien serait au 
médimne attique ce que 8 est & 2. Mais il faut remarquer que le re- 
venu des Zeugites d'Athènes n^était calculé que sur leurs biens fon- 
ciers ; qu*il8 pouvaient, en outre, posséder de Targent, produit de leur 
industrie ou de leur oommeroei ce qui étail interdit aux citoyens de 
Sparte. 



182 HENRY HOUSSAYE. 

arriva que telle famille réduite à un seul couple fut ri- 
che, fut môme très riche s'il lui était advenu des suc- 
cessions collatérales (1), si elle avait contracté des 
alliances avec des héritières (épiclères) ou, plus récem- 
ment, avec des filles bien dotées (2), si enfin ses membres 
avaient exercé sans scrupules les fonctions d*Harmos- 
tes (3). Il arriva aussi que telle autre famille qui s*était 
accrue dans des proportions normales et à qui n'était 
échu aucun bénéfice par héritages indirects, alliances, 
dots ou charges publiques, ne put plus vivre du domaine 
primitif, devenu insuffisant pour elle (4). Tout travail, 
tout négoce lui était interdit. C'était la misère, entraînant 
comme conséquence la perte des droits politiques (3). 

(1) Par succession en ligne collatérale, nous entendons les lots des 
familles éteintes qui rerenaientauz famiUes sortant primitiTemeutd^ime 
même souche. Le partage primitif s^étant fait par tête de guerrier, c'est- 
à-dire entre frères et cousins, les descendants des différentes gem qm 
s'étaient constituées à l'époque de la conquête purent faire valoir 
longtemps certains degrés de parenté, soit pour des successions de &- 
milles éteintes, soit pour des alliances avec les épiclères. 

(2) Plutarqub, Apophth. lac,\ Jusmf, m, 3; EuBir, HUt, Var^ 
VI, 6, disent que la loi Spartiate défendait de doter lee filles, mais 
Aristotb, De Politic, II, 8, et Strabon, X, 16^ marquent expressément 
tout le contraire. Cest qu'il est question chez cettx-4a des lois ancien- 
nes de Sparte, et chez ceux-ci des coutumes du W siècle. 

(3) Si l'on considère le tableau que tracent Xénophon (Heîlenie.), 
IsocRATS (Panegyr. Ath.), Pluta&qub (Pelopid. et Lysmnd.), Diodoks 
et autres auteurs, de l'empire lacédèmonien, depuis l'époque de la prise 
d'Athènes jusqu'à celle de la bataille de Leuetres, on ne peut douter 
que les harmostes, commissaires, navafques, etc., n'aient abusé de leur 
pouvoir pour s'enrichir aux dépens des citoyens des villes sujettes. A 
ce point de vue, on peut regarder l'hégémonie lacédémonienne comme 
une des causes de l'accroissement considérable d'un grand nombre de 
fortunes privées à Sparte. En proscrivant le travail, Lycnrgue n'aviit 
laissé aux Spartiates qu'un seul moyen de s'enrichir : c'était la vénslité. 

(4) L'institution des mothaces, le singulier exemple de polyandrie, 
cité par Polybe, (XII, 6), quand il dit que chez les Lacédémoniens il 
est d'habitude et de tradition que trois et même quatre frères n'aient 
qu'une seule épouse, et tant d'autres témoignages ne prouvent-t-fli 
pas l'extrême indigence de certaines familles Spartiates? 

(5) La contribution auxSystities était la condition absolue de Tixcr- 



LA LOI AGRAIRE A SPARTE. 183 

L*accroissement de la famille (1) qui eut pour effet de 
rendre insuffisants les revenus du lot primitif, amena 
pour le grand nombre des citoyens la pauvreté et la 
déchéance civique. Les alliances avec les héritières, 
dernières représentantes des races qui s*étaient étein- 
tes (2}, justement parce que dans la crainte de la misère 
et de la déchéance, on y avait limité le nombre des en- 
fants, produisirent la concentration des terres au profit 
d'un petit nombre de citoyens. 

Que voulut Lycurgue? « Il voulut, — c'est Plutarque 
€ qui parle, et non sans éloquence, — il voulut bannir 
t à jamais de Sparte les deux plus anciennes comme 
a les deux plus grandes maladies de la chose publique, 
« la richesse et la pauvreté (3). » 

Le législateur de Sparte, en instituant les repas 
communs, en proscrivant le luxe et la recherche dans 
les habitations et les ajustements, en assujettissant 
toute la population à la même discipline, établissait 
vraiment Tégalité entre les citoyens puis qu'il rendait 
les richesses illusoires. Mais en défendant le travail, 
l'industrie, le commerce, et en constituant des patri- 
moines qu'on ne pouvait ni aliéner, ni diviser, ni aug- 
menter, il ne combattait pas la richesse, il décrétait la 
misère. Aristote, qui a raison de voir cette cause de 
ruine pour l'État dans la loi sur les propriétés, mais qui a 
tort de ne pas la voir aussi dans l'interdiction du tra- 



cice des droits civiques. Les pauvres en étaient exclus. Cf. Xénopbon, 
De Rep. letc., VII ; Aristotb, De Politic, II, 7. 

(1) Dans les pays dont le Far-West américain est le type, où les 
terres & dëfiicher sont & peu près illimitées, il est démontré par la 
science économique que plus une famille a d*enfants, c^est-à-dire plus 
elle a de bras et plus elle s*enrichit. Mais il n*en était pas ainsi & 
Sparte, dont le territoire tout entier était cultivé, où nul ne pouvait 
espérer d'accroître son domaine et où d'ailleurs le travail était interdit 
aux citoyens. 

(2) Cf. Aristote, De Poîitic, II, ô. 

(3) Plutarqub, Lycurg,^ VIII. 



184 HENRY HOUSSAYE. - LA LOI AGRAIRE. 

vail, Arisiote Ta dit avec énergie : i A Sparte, plus il 
< naît d'enfants et plus il naît de pauvres (1). • 

Pour conclure, autant qu'une conclusion est permise 
en ces questions, il est très probable qu'un partage des 
terres eut lieu dans des temps très anciens, peut-être 
même à l'époque de la conquête de laLaconie ; et il est 
très probable aussi que ce partage fut suivi d'une loi 
prohibant pour l'avenir toute modification au lotisse- 
ment primitif. Mais cette Idi, qui d'ailleurs fut souvent 
tf*atlsgresséâ ou éludée, eut des résultats tout contraires 
à ceux qu'en attendait lé législateur. Loin de détruira le 
paupérisme, Tenselnble des lois de Lycurgue le rendait 
inéluctable, puisque ces lois mettaient les Spartiates 
dans la condition de s'appauvrir et dans l'impossibilité 
de s'enrichir. La loi agraire, l'interdiction du travail et 
lA déchéance civique portée contre les Égaux devenus 
pauvres doivent être considérées comme les causes de 
la diminution continue des citoyens de Sparte signalée 
par tous les auteurs anciens (2) et des terribles luttes 
sociales que mentionnent les dernières pages de l'his- 
toire de Lacédémone. 



(1) ..... focvtpbv ort noXX&v ycvoyuiivoiv, t^$ 9i x^P^^ ourw Sn;pi)/Kfyi;$f 
àvocyxocrov lioXXohç ylvioBxi itivYiraç. AsLiST&tB. De Politic, U, 6.— Ari»- 
totê ne pouvait protester bontre rinterdlction du travail à Sparte^ poia- 
qne, d'accord avec Platon, il déclare que, dans un état bien constitaé, 
les citoyens ne doivent ni travailler ni labourer, « car ils ont besoin de 
« loisirs, soit pour exercer les fonctions publiques, soit pour s^étndier 
« à la vertu » De Politic, VIT, 8. 

(2) Cf. THucYDroE, IV et V, passim (siir les pHsonniets de Splutcté- 
rie) ; XiNOPHON, Hell. III, 3 ; De Rep, lac,, I ; A&istotb, De PolUîc, 
II, 6 ; Plutarqub, Agis, V, etc. 

Quand Aristote dit que Sparte a péri pa^ la disette d*hotiune« : fo^ 
>.eTo tik t:^v êXtyavOpuitixv, il entend parler non de la population en gé- 
néral, mais des citoyens. C^est dans le même sens que XétiopiMm itait 
dit : Sparte, la cité où il y a le moins d^holnines : ii Znàprn rêf '^t- 



PIERRE-BERTRAND MÊRIGON 



PROFESSEUR DE GREC A L'OmTERSITÉ DE PARIS 



PAR M. Oh. GmsL 



Pierre-Bertrand Mérigon, prêtre^ fut en son temps 
t^rofesseur de gi^ec et d*hébreu au collège de Békoud, à 
Paris. Il a vécu sur la an du xvi* et au oommenoement 
du xvtt® siècle. Son nom n*a pas eu grand retentisse- 
ment dans la postérité, et Ton cherche en vain sa bio- 
^aphie dans les différents recueils qui gardent la mé- 
moire des hommeé illustres. Cependant il a eu Thonneur 
d*6tre tnentionné par Lancelot dans la préface qu'il a 
mise éû tête de la grammaire grecque dite de Port- 
Royal. Cet exdellent Juge le distingue entre tous ceux 
qui se sont appliqués à éclaircir et à amplifier la gram- 
ta&ire grecque de Glénard et lui donne cet éloge d'y 
avoit*, avec René Goiilu, le mieux réussi. Il a publié 
en 1621 un petit traité sur les dialectes de la langue 
grecque. Graesse, dans son Trésor des livres rares et 
précieux, publié à Dresde (4863), relève une traduction 
française du panégyrique grec du roi Louis le Juste, 
sur le sujet de la victoire que Dieu lui a donnée sur 
les Anglais en la journée de nie de /thé. Ce panégy- 



186 CH. GIDEL. 

rique fut prononcé par le sieur Mérigon, professeur el 
orateur en langue grecque, le ii et le 26 du mois de 
novembre 1628, au coUège de Harcourt. D fut édité à 
Paris par Laurens Saulnier (1629, 2 tomes en un volume 
in-8*). Dans le Manuel du libraire de Brunet, page 165i, 
on trouve la même indication, et l'auteur ajoute : • Nous 
plaçons ici cette pièce parce qu'elle a un intérêt à la 
fois historique et littéraire. » Enfin, je dois à la com- 
plaisance empressée de notre cher confrère M. le 
marquis Queux de Saint-Hilaire la communication 
d'un volume qui renferme diverses harangues grec- 
ques qui ont été prononcées en 1621, 1622, 4623, 1624 
et 1625, dans différents collèges de Paris et devant des 
auditoires où se trouvaient réunis les personnages les 
plus éminents en dignité et en science de la société 
d'alors. 

P.-Bertrand Mérigon aima le grec, il l'enseigna, il le 
parla, voilà des titres qui le recommandent sans doute 
à votre bienveillante attention. 

Faisons d'abord connaissance avec le professeur en 
langue grecque. 

Gomme beaucoup d'hommes plus illustres que lui, 
Mérigon avait commencé par être précepteur dans une 
grande famille. Jacques Fouillée, conseiller du roi et 
maître des requêtes, l'avait chargé d'enseigner le grec 
à son fils aîné. Dans l'une de ses dédicaces il s'adresse 
à lui dans ces termes : Viro clarissimo ac illmtrissmo 
FouUeOy comiti consistoriano, misso dominico, libellorum 
supplicum magtstro. 

A Toulouse, Mérigon enseignait l'hébreu et le grec ; 
il vint à Paris chercher l'emploi de ses talents. H ne se 
plaint pas des succès qu'il eut dans cette ville. Grand 
nombre d'étudiants, dit-il, montraient beaucoup d'ar- 
deur à suivre ses leçons. Il ne se plaint pas non plus 
de leurs progrès; il le fait d'autant moins qu'il attribue 
les heureux résultats qu'il obtenait à l'excellence de sa 
méthode. Pour Thébreu, il suivait Bellarmin ; pour le 



L*ABBÉ MÉRTGON. 187 

grec, la grammaire de Glénard ; mais il savait rendre 
son enseignement si clair et si facile qu'en deux mois 
ses élèves étaient au point oh les autres ne pouvaient 
atteindre qu'en un an, à grand*peine encore, et au prix 
d'un travail opiniâtre (i). 

Une si heureuse méthode valait bien la peine d'être 
publiée. Il y allait de l'intérêt des bonnes études. Mé- 
rigon y pensa d'abord. Suivant l'ordre hiérarchique 
que les habitudes d'alors établissaient entre les lan- 
gues, l'habile professeur avait décidé d'écrire en pre- 
mier lieu un livre pour la langue hébraïque. Il fut dé- 
tourné de ce dessein par la tiédeur des étudiants. Il 
remarquait que ceux mêmes qui devaient, par état et 
par devoir professionnel, se rendre instruits dans 
cette langue avaient pour elle une négligence coupable. 

Pour le grec c'était le contraire. Des étudiants de 
toute condition, des théologiens, des philosophes, des 
jurisconsultes, des médecins, des lettrés, se pressaient 
autour de sa chaire, avides de recevoir ses leçons (2). 

Ainsi donc, pour satisfaire à cet empressement il 
remit à plus tard son projet de grammaire hébraïque 
et il publia sa grammaire grecque. Aussi bien, cette 
grammaire était depuis quelque temps écrite et compo- 
sée. Il y avait cinq ans entiers qu'il l'enseignait à Paris, 
et il en avait mis deux à la dicter à ses élèves. Ce fut 
alors qu'il s'avisa qu'il lui serait facile de supprimer le 
travail des écoliers pour l'écrire et la peine que prenait 
le maître pour la dicter; la presse n'avait qu'à gémir 
une bonne fois pour toutes et ce double effet était ob- 
tenu. La grammaire de Mérigon parut en 1618 à Paris, 

(1) QucB adeo facilia et clara redderet utriusque linguœ prœ- 
cepta ut intra duos menses id quod aîiis vix intra unum annum, 
etiam itnprobo cuLhibitp labore datur^ cusequerentur, 

(3) Ad grœcam vero cujugvis conditionis viroê, puta theologos, 
philosophas, Jurisperitos, medicos et quosltbet humaniorum litte~ 
rarutn eultores, avidUsime properare sum expertus, ideo ut pl%^ 
riàus accomodarem, a grœcis cum deo autpicari libuit. 



188 CH. GIDEL. 

chez Jean Liberty rue Saint-Jean-de-Latran, dans le 
quartier du collège royal de France. 

Mérigon ne se cachait pas qu'un livre de plus en ce 
genre pouvait paraître superflu, celui de Glénard étant 
dans les mains de tous les écolierSé II se fait Tobjection 
et il y répond aussitôt. Il rend hommage à son prédé- 
cesseur, et il reconnaît que son œuvre ne fait qu'ampli- 
fier, redresser, éolaircir et amender le livre qui, depuis 
plus de cent ans (Glénard était mort en 1541), servait à 
la jeunesse studieuse dans tous les collèges et surtout 
dans ceux des jésuites* 

Depuis Tarrivée des savants grées en Italie et en 
France, avant même la chute de Gonstantinople, la gram- 
maire grecque a son histoire en Burope. Elle a été écrite 
par Lancelot et par Baillet. On y voit ses commence* 
ments, ses progrès, et les transformations qu'elle a 
subies pour sortir des embarras d'une érudition com- 
pliquée à l'excès, et prendre la netteté et la préoisioB 
que l'enseignement réclame. 

Emmanuel Ghrysoloras, mort en 4414^ enseigna le 
premier la langue grecque à Venise, à Florence^ à 
Rome et à Pavie. G'est à lui que l'Italie et le reste de 
l'Europe doivent la principale obligation de la connais- 
sance du grec. Vossius dit que son livre est propre 
(Jour apprendre les principes de la langue grecque, 
mais il lui reproche d'avoir omis la formation des 
Verbes. 

Emmanuel Moschopoulos fit impritner une gram* 
maire grecque à Bftle, mais il mit dans cet ouvrage 
beaucoup de choses qui ne sont d'aucun usage. C'est 
encore l'opinion de Vossius. 

Théodore Gaza, mort en 4478, fit une grammaire 
divisée en quatre livreSi Lanoelot dit que pouf cet ou- 
vrage il mérite la louange de tous les dodtes. Bien sd* 
périeur à Ghrysoloras et à Moschopoulos, il donna une 
grammaire utile à ceux qui sont avancés plutôt qu*à 
ceux qui oommencent. Son premier livre est obscur, 



P.-B. mÉKIMN. 188 

trop concis et trop court. Son quatrième, qui traite de 
la structure du discours et des diverses façons de par- 
ler, est beaucoup plus difficile que les. autres. Il avait 
besoin de notes et d'explications pour ôtre intelligible 
à des enfants. Jacques Toussain, professeur royal, 
l'expliqua et l'enseigna publiquement à Paris, Lazare 
Bonamy en fit autant à Padoue. Scaliger, suivant Ga- 
saubon, s'appuyait sur les erreurs de Gaza quand il 
voulait faire voir la difficulté de la langue grecque. Il 
montrait alors quel grand nombre de fautes contre les 
règles de Thellénisme un si savant homme n'avait pas 
laissé de faire. 

Démétrius Ghalcondyle (mort en 1513) s'évertua lui 
aussi à rendre la grammaire de Gaza plus claire et plus 
facile pour des novices. 

Constantin Lascaris mit plus d'ampleur et de clarté 
dans sa grammaire, mais il l'avait écrite en grec. Aide 
Manuce l'Ancien la fit mettre en latin parle carme Jean 
Creston ou Graston. 

Urbain de Bellune, cordelier, précepteur du pape 
Léon X (mort en 1533), écrivit une grammaire grecque 
en latin ; il est le premier, au dire de Vossius, qui ait 
mérité quelque estime. 

Le Parisien G. Budé (mort en 1540), qui fit tant pour 
l'étude des langues, des sciences et des arts, cet homme 
qui passa pour être le plus habile et le plus savant de 
l'Europe, le prodige et le miracle de la France, dut en 
partie sa réputation à l'ouvrage qu'il intitula Com'- 
mentaires de la langue grecque. Il parut en 1529. 
L'abbé Goujet, dans son mémoire historique et litté- 
raire sur le collège royal de France, ajoute, en dési- 
gnant ce précieux travail : « Il est inutile d'en dire da- 
vantage : de qui son nom et ses talents ne sont-ils pas 
révérés ? » 

Ceux qui connaissent l'ouvrage fameux de Budé, 
intitulé de Asse, n'auront pas de peine à croire que 
ces commentaires ne pouvaient pas être mis aux 



190 GH. OIDEL. 

mains des enfants. « C'est, en effet, un travail immense, 
d'une lecture infinie, dont l'entreprise avait été inouïe 
jusqu'alors et beaucoup au-dessus des forces de tous 
les savants qui avaient paru dans le monde avant lui. b 
C'est ainsi que s'exprimait Louis le Roy, il ajoutait 
que cet ouvrage l'a fait appeler le plus grand Grec de 
l'Europe. Ce n'était pas sans raison que Georges Bu- 
chanan disait dans l'épigramme suivante : 

Gallia quod grœca est, guod Grœcia barbara non est 
Utraçue Budœo débet utrumque suo. 

Mais plus cet ouvrage augmentait la grande réputa- 
tion de Budé parmi les savants, moins il était propre à 
devenir un livre de classe à la portée des commençants. 
Tout en jugeant que ces commentaires sont les fruits 
d*un travail incroyable, Nicole, avec sa netteté d'esprit 
et son amour de la méthode, déclare qu'ils ne sont 
qu'une grande masse informe, indigeste et sans ordre. 

Nicolas Glénard ou Cleynarts, de Diest, en Brabant, 
comprit mieux ce qu'il restait à faire pour initier au 
grec les jeunes enfants. C'était, d'après Scaliger, un 
grammairien plus recommandable par sa diligence et 
par sa bonne volonté que par son savoir qui était mé- 
diocre. On ne pouvait pas dire qu'il fût véritablement 
habile en aucune langue ; mais il avait d'autres quali- 
tés qui devaient bien le servir dans son entreprise. On 
a loué chez lui le zèle pour l'utilité publique et l'avance- 
ment de la jeunesse, sa modestie dans sa conduite et 
dans ses écrits. 

Bref c'était une sorte de Lhomond en son temps. 
Il était de ces maîtres en qui le zèle supplée à tant 
de choses, qui connaissent l'esprit des enfants, qui 
savent trouver l'accès de leur intelligence et font 
des livres qui leur plaisent ou du moins ne les rebutent 
jamais. La grammaire de Clénard, comme nous le ver- 
rons bientôt, n'est pas exempte de reproches : on la 



P.*B. MÉRIGON. 191 

jugeait assez imparfaite puisque plusieurs auteurs se 
sont appliqués à la corriger, à l'expliquer et à Taug- 
menter. Nul pourtant jusqu'à Nicole n'osa rien entre- 
prendre de nouveau sur ce sujet, et le public préféra 
cette grammaire à toutes les autres pour la faire en- 
seigner dans les écoles. Les jésuites surtout s'y tinrent 
dans leurs collèges. L'exemplaire que j'ai eu entre les 
mains est de 1621. 

En voici le titre : InstittUiones absolutissimas in linguam 
graecam, item annotationes in nominum verborumque diffi^ 
cultates, Investigatio thematis in verbis anomalis. Compen' 
diosa syntaxeos ratio. N. Clenardo auctore in usum stU" 
diosœ juoentutis Collegiorum Societatis Jesu. Parisiis, ex 
officina Claudii Morelli. MDCXXI. 

Voilà sans doute un bien long succès : c'est apparem- 
ment sur la perpétuité de cette vogue que repose cette 
épithète louangeuse et hasardée absolutissimas. Ce qu'on 
ne peut nier, c'est que des savants de divers pays, tous 
distingués par leurs talents, Pierre Antesignan, Henri 
Estienne, Alexandre Scot, Frédéric Morel ont travaillé 
sur le livre de Glénard, soit par autorité publique, soit 
de leur propre mouvement. Vossius lui-môme témoi- 
gne pour sa part qu'il avait reçu des États ou de son 
Université une espèce de commission d'y retrancher et 
d^y ajouter ce qu'il jugerait à propos selon les person- 
nes, les temps et les lieux oti l'on devrait l'enseigner 
sans s'écarter de la route que Glénard avait tracée. 

Je passe bien d'autres noms de grammairiens illustres 
tels que Ganinius et Sylburge ; leurs efforts ne purent 
renverser l'autorité de Glénard, et je n'aurai plus rien à 
dire si j'ajoute que la grammaire grecque de Ramus, pu- 
bliée en 1357, ne put pas prévaloir contre cette royauté 
presque universelle de Glénard dans les écoles. 

Après rénumération de tant de travaux on me per- 
mettra bien de dire que P.-BertrandMérigon n'était pas 
un grammairien sans mérite puisque Nicole lui rend le 
témoignage que voici, je le rapporte en entier malgré 



192 CH. filDEL. 

sa longueur : « J*ajouteray encore que Clénard, qui a 
eu quelque cours dans les écoles jusqu'à présent, 
n'ayant jamais été jugé suffisant pour Tintelligence en- 
tière de cette langue, parce qu'ainsi que dit fort bieq 
Constantin Lascaris, la langue grecque étant comme 
une mer très vaste, c'est en vain qu'on prétend d'en re- 
chercher la connaissance dans de simples abrégés, et 
plusieurs ayant travaillé à éclaircir ou à amplifier cet 
auteur entre lesquels on peut dire, ce me semble, que 
ceux qui ont le mieux réussi ont été Monsieur Qoulu, 
célèbre professeur du roi, et Monsieur Mérigon, qui a 
enseigné la labgue grecque et l'hébraïque dan^ l'Uni- 
versité de Paris. » 

Au dire de Nicole^ Mérigon a donc eu plus de bop- 
heur que tous les grammairiens qui avaient mis la main 
à Toeuvre de Clénard, ce n'est pas un médiocre 
éloge. 

Mérigon d'ailleurs n'affectait pas de suivre une roule 
nouvelle, il ne se piquait que d'avoir facilité aux étu- 
diants l'accès qui conduit à la connaissance du grec, 
d'avoir ajouté à ce livre fameux d'utiles appendices, 
c'est ce qu'il fait entendre dans son titre (1). 

Il le dit plus formellement dans sa préface : il a voulu 
surtout l'approprier davantage encore aux commen- 
çants. Il ne sait que trop combien les longueurs et les 
embarras des commentaires érudits s'accommodent 
mal à la faiblesse intellectuelle des enfants. La jeu- 
nesse aime la brièveté des enseignements. Quicon- 
que la dirige ne doit point perdre de vue cette disposi- 
tion naturelle. Ântesignan, Scot ne peuvent que l'ac- 

(1) Grammatica Qrœca ad facUiorem methodum redacta jttzta 
institutiones Nicolai Clenardi, quibus accessit utilis tractatus de 
accentihus et ratio pecuiiaris investigandi Themata. Authore 
P. Bertrando Merigono preshyteroy iingtuxrum Hebraicœ et Greeca 
professore, 

Parisiis, ex typographia Jo, Libert, via divi Joan. Lateranen- 
sis e regione auditorii regii MDCXVIIL Cum privilégie regio. 



P.-B. MÉRIGON. m 

câbler, lui déplaire et lui causer un mortel ennui... (1), 
C'est affaire aux plus grands de profiter de sa 
science (2). Glénard a mieux connu la jeunesse. Mais il 
ne va pas encore assez droit au but et par une voie 
assez courte (3). Ce n*est pas le seul reproche qu*on 
puisse lui faire : il est mutilé en beaucoup de choses 
essentielles à savoir dont l'ignorance embarrasserait 
fort qui voudrait, sans les connaître, aborder la lec- 
ture des auteurs (4). Mérigon, à tout prendre, n'est 
qu'un autre Clénard, < alterum fere Cknardum »; mais 
un Clénard enrichi, locupletatunij développé dans ses 
justes proportions et méthodiquement disposé (5). 

Un bon outil avance bien l'ouvrier dans sa tâche, 
mais encore faut-il que la main qui le manie soit habile 
et légère. Mérigon se décerne à lui-môme cet éloge, et, 
pour l'appuyer sur des faits, il cite ses deux élèves 
Etienne Fouillée, âgé de onze ans, et Georges Galand. 
Le premier étudiait le grec à ses moments perdus, aux 
heures de récréation, sans grammaire, sans écriture 
d'aucune sorte. Il fut bientôt, nous dit Mérigon, fami- 
liarisé avec les noms simples et contractes, les verbes 
barytons et circonflexes. 

Le second recevait ses leçons de grec en français, 
son maître avait dérogé pour lui à l'usage universel. 
(On écrivait en latin tous les livres d'instruction desti- 



(1) Antesignani (grammatica) vero commentariis proliœior et 
di/fiHlior est quam ut juventuti brevitatù amanti dux prœire 
queat,.^ Scott vero vohimen illud ex vnuliis auctoribus consigna- 
tum eut non nauseam pariât îinguœ grœcœ, dum videt prœcepta 
in tantam multitudinem excrescere quantam ilîe consarcinavit, 

(2) Valeat ergo ille pro grandioribus in hoc lingua. 

(3) Eam tamen methodum non tradidisse quœ compendiaria et 
certa est, ut recta quis ad Grœciam festinet, 

(4) Accedit qvwd ille mancus est et mutilus in multis quœ scitu 
neeessdria sunt et sine quorum cognitione frustra quis ad cujus- 
vis authoris lectionem se prœparet. 

(5) Locupletatum tame^ty suisque numeris absolutum, atque 
etiam methodice digestum, 

Amnuaab 1884. 13 



194 CH. GIDEL. 

nés aux enfants) et, en trois mois, il avait fait de tels 
progrès qu'ayant perdu les feuilles ob. il avait consigné 
les règles un peu obscures ou difficiles, il en disposa le 
reste avec tant de savoir et d'adresse qu*on eût dît un 
homme de jugement mûri plutôt qu*un enfant, un doc- 
teur plutôt qu'un disciple (!)• 

Ainsi de ces deux élèves, Tun avait appris en jouant 
et de vive voix tout ce qu'il savait, tandis que les en- 
fants instruits par la méthode ordinaire ne peuvent ar- 
river au même résultat qu'après une longue répétition 
des préceptes ; et Tautre, en peu de temps, avait acquis 
la science à laquelle des écoliers peuvent à peine se 
flatter d'atteindre après plusieurs années passées dans 
les classes. 

On est toujours surpris de ces beaux résultats annon* 
ces dans la préface d'un livre. On peut craindre d'être 
les dupes d'un auteur qui se flatte ; mais pourtant il faut 
reconnaître qu'on ne peut pas rejeter tout à fait, comme 
des mensonges intéressés, ces prodiges de savoir pré- 
maturé. Il y en a qui sont confirmés par l'histoire. 

Qu'on me permette d'en donner un exemple tiré 
de cette même époque. C'est celui de J. «Baptiste Cote- 
lier. Allaité par une chèvre, instruit par son père, il 
apprit l'hébreu, le grec et le latin. Il y fit de si rapides 
progrès que, « dès 1641, c'est-à-dire à l'ftge de douze 
ans, M. Cohon, alors évêque de Nîmes, l'ayant introduit 
dans l'assemblée générale du clergé qui se tenait à 
Mante, il y expliqua la Bible en hébreu, à Touverture 
du livre, rendit raison de toutes les difficultés qu*on 
lui proposa, tant sur la construction de la langue hé- 
braïque que sur les usages des Juifs; expliqua de même 

(1) Cum a me ejusmodi prœcepta gallico idiomate comeripta 
cLccepUset, talent progressum intra très menses ita fecisse risvs 
est, ut cum sibi scripta periissent uhi subohscuriores et dij/lciiio' 
res régulas indicassety reliquas adco scite et perite disposuerit, ut 
virum potius dixisses maturo judicio prœditutn quam puerum, 
doctorem potius quam discipulum. 



P.-B. MÉRiaON. 1% 

le Nouveau Testament grec et fit quelques démonstra« 
tioûs de mathématique en expliquant les déflnitions 
d'Euclide. Le clergé, étonné d'un pareil prodige, aug- 
mehta de 600 livres la pension de 400 livres qu'il faisait 
déjà au père de ce jeune savant, et il lui donna de plus 
une somme de cent écus pour acheter à son fils des 
livres convenables à ses études (1) n. 

Lancelot, le moins avantageux de tous les pédago- 
gues, rapportait certainement des faits authentiques, 
sincèrement observés et fidèlement énoncés quand il 
disait dans la préface de sa grammaire grecque : « L*on 
a vu des enfants fort jeunes et d'un esprit assez médio- 
cre savoir passablement toute leur grammaire en 
moins de deux ou trois mois par cette méthode. Quel- 
ques-uns même en moins de six semaines se sont tirés 
de tous ses principes pour entrer aussitôt dans la pra- 
tique et dans l'exercice de quelque auteur (2). > 

Pour moi, j'en conclus que, s'il est désirable que nos li- 
vres classiques deviennent de jour en jour plus parfaits, 
plus savants, plus méthodiques, il ne faudrait pas que 
les maîtres de la jeunesse fissent trop grand état de la 
perfection de ces livres et se sentissent portés à lais- 
ser tomber leur zèle. C'est le zèle des maîtres surtout 
qui réchaufie les élèves, fomente leurs progrès, et 
les conduit à des succès qui semblent d'abord défier 
toute croyance. 

Qu'était-ce en effet que ces deux grammaires? Deux 
œuvres bien imparfaites. On peut leur attribuer ce ju- 
gement de Mérigon sur Glénard : partim falsae, partim 
mancas et mutilae. Un léger crayon de Tune et de l'autre 
en convaincra les lecteurs. 

Ni Clénard ni Mérigon ne parlent du digamma dons 
leurs observations sur les lettres (3). 

(1) L'abbé Goujet, Mém. hist, et littér. sur le Collège Royal de 
France, 2« partie, 203. 

(2) Page XVII. 

(3) Je dois cette comparaison des deux grammaires d Jtf. Clairif^^ 



196 GH. QIDEL. 

Mérigon, page 8, donne une explication assez ingé- 
nieuse de l'accentuation des deux ^^ se suivant dans un 
même mot. 

Tous les deux comptent pour deux la première dé- 
clinaison d'aujourd'hui (première, noms masculins; 
deuxième, noms féminins). 

Mérigon (page 12) appelle simples les mots non con- 
tractes, et oppose ce mot à contractes. 

Quatrième déclinaison (déclinaison attique). Mérigon 
oublie d'indiquer la disparition de IT. Clénard l'avait 
indiquée. 

Cinquième déclinaison (troisième non contracte). 
Confusion et embarras. Pas de distinction de radicaux, 
suite de recettes mnémoniques, aussi bien chez Mé* 
rigon que chez Clénard, quoique Mérigon dénonce ]es 
règles données par son devancier, comme partim faUx, 
partimmancas et mutilx (p. 14). 

Mérigon dérive les substantifs en tç de la deuxième 
personne du parfait passif (p. 31). 

Clénard (p. 24) dit que les temps du verbe se forment 
du futur et du parfait. 

Clénard (p. 33) indique un présent Xi^6u> et invente 
volontiers des aoristes seconds. 

Mérigon, id. (p. 49.) 

Mérigon remarque (p. 46) que l'aoriste se prend tan-» 
tôt pour le présent, tantôt pour le futur, tantôt pour le 
passé [ut facile patet tnter kgendum aiUhof*es). Il donne, 
en revanche, une explication puérile de l'existence de 
l'aoriste, ainsi que celle des temps premiers et seconds. 

Toute la théorie de la formation des temps et des 
modes tirés d'autres temps à des personnes détermi- 
nées, ne contient rien de sérieux ; c'est une suite de 
recettes mnémoniques; on peut en dire autant de Mé- 
rigon. 

pvofessextr au lycée Louis-le-Grand, et traducteur de la granti' 
9naire grecque de Curtius, 



P.-B. MÉPJGON. 197 

Tous les deux rangent le parfait second en a dans la 
conjugaison du moyen. 

Mérigon remarque (p. 81) que les inflnitifs contractes 
des verbes en eco ou en aia suppriment l'iota : ^oâv, etc. 
Clénard en dit autant (p. 72). 

On trouve quelques remarques exactes sur les irré- 
gularités des verbes contractes dans Clénard (p. 70 et 
72); cette partie est mieux traitée chez lui que chez Mé- 
rigon. 

Tous les deux dérivent le verbe en |i.e de primitifs 
en (0. 

Clénard (p. 103), Mérigon (p. 110) dérivent les noms 
verbalia des trois personnes du singulier du parfait 
passif. Aucune connaissance des radicaux et des suffixes. 

Clénard (p. 108) et Mérigon (p. 118) rangent y'^^i^» 
&86ç, ic6Xtç et x^ip parmi les mots hétéroclites, par 
ignorance de l'emploi de l'article masculin au duel 
avec les mots féminins chez les Âttiques. 

Tout le chapitre intitulé Investtgatio tkemaitsverborum 
anomalorum n'est qu'un chapitre de lexique. Les deux 
auteurs, ignorant tout ce qui est relatif aux suffixes, qui 
servent à allonger le radical du présent, n'apprennent 
rien sur la formation des temps. De plus, ils supposent 
nombre de formes soi-disant primitives et qui n'exis- 
tent pas, et citent souvent en premier rang des formes 
qui sont ou complètement ou presque complètement 
inusitées. 

Le chapitre de l'accentuation, très court chez Clé- 
nard, est minutieusement développé chez Mérigon. 

On voit apparaître chez Mérigon l'explication des 
cas par les prépositions sous-entendues, au lieu de re- 
connaître aux cas par eux-mêmes une valeur réelle 
(p. 180) ; il en est de même chez Clénard (page 154 et 
page 118). 

Mérigon (p. 192), dans la locution o{ icpb '^{jiûv, croit 
utile de sous-entendre xatépeç au lieu de reconnaître la 
valeur du genre masculin de o(. 



198 CH. GroEL, 

Dans l'appendice ajouté à la syntaxe de Clénard on 
voit aussi apparaître des mots sous*entendus {j^tifo) 
au lieu de reconnaître la valeur du neutre (p. 161). 

Chez le môme Clénard (p. 165) on voit dans vs^eXiç^e' 
péxa un vocatif remplaçant un nominatif. 

Chez les deux auteurs, on ne trouve guère, soit dans 
Tétude des formes grammaticales, soit dans la syntaxe, 
très écourtée d'ailleurs, que des faits sans suite, dans 
lesquels il est difficile de se retrouver. Pourtant, chez 
Mérigon, on peut constater quelques essais de classifi- 
cation qui devaient permettre aux élèves de se retrou- 
ver dans les listes de mots, ainsi que des notes margi- 
nales qui facilitent un peu les recherches. 

Tous les deux manquent de sens critique. Aucune 
idée générale qui permette de simplifier l'étude de la 
conjugaison et surtout de la déclinaison. L^ syntaxe de 
Clénard compte six pages. Développée par un conti- 
nuateur pour les besoins des élèves, elle ne présente 
rien d'intéressant. On y relève pourtant un fait. P. 172, 
n* 53, l'auteur reconnaît que les verbes monendiy docendi, 
petendt\ vesttendi(cL p. 171) qui se construisent à l'actif 
avec deux accusatifs, reçoivent encore un complément 
direct à l'accusatif quand ils sont construits au passif, 
et ni là ni à la page 171 il n'a recours à l'ellipse de %axà 
pour expliquer cette construction. 

Mérigon crut devoir ajouter encore quelque chose à 
ce qu'il avait fait pour l'étude du grec ; il composa un 
court traité sur les dialectes. Cette œuvre, qui donnait 
de rechef la preuve du zèle de l'infatigable professeur, 
parut l'an 1621, le privilège est de 1620. En voici le 
titre : Facilis et compendiarius Tractatus diakctorum Ungum 
grœcœ una cum tabub's illorum quitus aceeuit afia tabula 
licentiam poeêarwn complectens , perquam utilù studiom 
poeticx lectionts. C'était à ses propres frais qu'il avait 
fait imprimer l'ouvrage. Il y avait mis le résumé de 
ses leçons au collège de Békoud. Mérigon a dressé là 
une liste de toutes les formes particulières aux quatre 



P.-B. MÉRIGON. 199 

dialectes. Ce genre de travail convenait à ses habitudes 
d'esprit. C'était affaire à lui de disposer des mots dans 
une sorte de lexique. Son livre est utile à ce point de 
vue. On peut bien penser que, dans ce volume, pas plus 
que dans sa grammaire, il n'a introduit aucune considé- 
ration historique sur les dialectes. Il les énumèredans 
un ordre arbitraire. Il met en tête le dialecte attique 
comme étant le plus connu et le plus digne d'jattention : 
Prima est aitica, qu« qutdem ut nobilior omnibus ctliis prœ-^ 
poni débet. Ce serait trop de rigueur que d'exiger de lui 
des connaissances qui ne se sont fait jour que de notre 
temps. Il faut lui savoir gré d'avoir voulu écarter les 
difficultés qui pouvaient arrêter les écoliers dans l'é- 
tude du grec, et d'avoir lu pour eux avec attention tous 
les auteurs de chaque dialecte, afin d'en extraire ce qui 
pouvait être utile aux enfants, et d'avoir complété ainsi 
ses leçons de grammaire grecque. On peut lire encore 
avec fruH cette petite œuvre de 80 pages. Elle se trouve 
à la bibliothèque Sainte-Geneviève. 

Grammairien insuffisant mais utile, Mérigon avait 
un renom plus éclatant comme orateur en langue grec- 
que. En France, savoir du grec a toujours été une dis- 
tinction singulière; parler grec, une rare merveille. 
Dans l'histoire de notre Université moderne c'est ^ 
peine si deux ou trois candidats, aspirant au grade de 
docteur, se sont hasardés à présenter une thèse écrite 
en grec pour la soumettre à la discussion des juges. . 
Au temps de Mérigon, on n'était pas plus qu'aujour- 
d'hui dans l'usage de parler grec couramment, môme 
dans les collèges; mais on pouvait compter, si Ton 
annonçait un exercice en cette langue, trouver une 
élite d'auditeurs capables d'y assister. Il faut bien croire 
qu'ils étaient capables aussi d'y entendre quelque chose 
et de suivre le docte professeur dans ses développer 
ments. Annoncer aujourd'hui une conférence faite en 
grec, se serait s'exposer au ridicule le plus assuré. 
L'orateur resterait seul, vox clamantis in deserto. Ceux 



200 CH. 6IDEL. 

mômes qui seraient en état de le comprendre et de le 
suivre avec plaisir se garderaient peut-être de se ren- 
dre à rinvitation, tant il serait périlleux de paraître se 
barbouiller de grec. 

Il était loin d*en être ainsi vers les premières années 
du XVII* siècle. Les exercices des collèges n'effrayaient 
pas les gens du monde. Une thèse en Sorbonne avait 
des attraits pour eux. Condé assistait, au retour de 
Rocroy, à la licence d^ Bossuet. Avec du grec on ne 
pouvait gâter rien. Ce moqueur de Molière savait bien 
ce qu'il disait quand il parlait ainsi. C'était aux mœurs 
surannées d'une génération depuis longtemps éteinte 
qu'il faisait allusion quand il critiquait les femmes sa- 
vantes, et les raillait sur leur amour pour le grec. Sa- 
voir du grec autant qu'homme de France ce n'était 
plus que la gloire d'un pédant. Je ne dis pas qu'au 
temps de Mérigon il y eût beaucoup de femmes capa- 
bles de s'écrier : lisait du grec ^ ma sceurf — Du grec, ah/ 
quelle douceur/ mais leurs oreilles pouvaient y être 
faites mieux que celles d'une Henriette de France ou 
d'une Lavallière. 

Ne litron pas dans la Bruyère : « On parlait latin et 
longtemps devant des femmes et des marguilliers, on 
a parlé grec.i M. de Harlay était un prédicateur de cette 
sorte. Cet archevêque de Rouen, résidant presque tou- 
jours à Paris, crachait du grec dans ses sermons, dit 
Tallemant des Réaux. Il cite une de ces homélies oi^, 
parlant de la Sainte Trinité, il débita dos phrases grec* 
ques, longues et nombreuses, et ajouta ensuite sur un 
ton de plaisanterie : a Femmes, voilà pour vous.» Il est 
vrai que cet archevêque était ce qu'on nommait alors un 
bizarre. Il était profondément instruit, mais sa science 
était confuse, indigeste et désordonnée ; on l'appelait 
une bibliothèque renversée. Mérigon le cite sans cesse 
parmi ses protecteurs, parmi ses auditeurs. Je veux 
bien que son exemple ne tire pas à conséquence. D 
n'en est pas moins vrai pourtant que le professeur 



P.-B. MÉRIGON. 201 

Montmaur s*élait, selon Valois, donné entrée chez tous 
les grands qui tenaient table ouverte par quelques bons 
mots grecs et latins qù*illeurdébitait pour son écot. 

Ne soyons donc plus étonnés queMérigon ait trouvé un 
auditoire pour écouter ses harangues en grec ; ne soyons 
pas surpris davantage de le voir énumérer dans la liste 
de ses auditeurs des personnages comme le chancelier 
d'Aligre, l'avocat et le conseiller d'état Servin, Tinten- 
dantdes finances Brulart; deTentendre citer, comme ses 
protecteurs, Loménie, Marilhac, Richelieu, Louis XIII 
lui-môme et la reine mère. Il avait ses entrées à Saint- 
Germain, où résidait la cour; il y était môme, à ce qu'il 
semble, sur un bon pied, bien vu de tout le monde, en 
état d'approcher de près Sa Majesté. 

C'était beaucoup pour la vanité de Mérigon que ces 
relations mondaines ; mais il eût manqué quelque chose 
à sa considération d'homme de science et de suffisance 
s'il n'avait mérité les suffrages des doctes. Ces suffra- 
ges, il les avait ; il nous en donne lui-môme l'assurance 
dans le discours qui a pour titre Ile pi Ti)ç xoivcovCaç 

Il le prononça à Paris le 17 mars 1621 au col* 
lège de Békoud le jour où il ouvrit, dans cette mai- 
son, son cours de langue grecque. Parvenu presque 
à la fin de sa harangue, il se fait un devoir de saluer 
ceux qui l'ont admis à l'honneur d'enseigner dans l'U- 
niversité de Paris, et il se donne la joie de citer les 
noms des savants alors en grande réputation dont il 
devient le confrère. C'est d'abord Galland, le principal 
du collège, b YU|xv(X(7(apxo(;. Il le remercie de la bienveil- 
lance avec laquelle il l'a incorporé dans l'Université. En 
l'y introduisant, il lui a fait acquérir un nom qu'il n'a- 
vait pas. Avant ce jour, en effet, il était un simple par- 
ticulier, iStéTYjç; il entre aujourd'hui en communauté 
avec tous ceux qui veulent bien user de ses. services, il 
participe non seulement à tous les avantages et privi- 
lèges de l'Université, mais il prend part à tous ses tra- 



202 CH. OIDEL. 

vaux; rien ne saurait lui être plus agréable et plus 
doux : Tcpb to6tou y^P i3ia>TYjç iTu^fX^vov cbv, vûv Se xoivcç %&" 
atv ^ouXopLivotç i[tjo\ xp^ôat. Kai èxotv(i>vY}9a out^ ttj AxoSiJiJLlqf 
(jiv} (livov Tô»v xXeoyexTiQ[i.iT(i>v xai àTsXe((i>v xm èv aixii, aXX' 
iicivt(i>y xm iu6va>y o5ç uicofAcivat cHv eXi\ (jloi xai &icep'48t9Tov. Il 
ne saurait assez exprimer sa reconnaissance au savant 
maître qui l'a mis à même de voir de près M. Pitard, 
initié à tous les mystères de la nature, théologien éipi- 
nent, et à profiter de ses lumières, ainsi que du savoir 
du docte Bertius, de Duchène, d'Amyot, deMaron. C*est 
un honneur pour lui d'être compté parmi ces hommes 
à qui rinstruction de la jeunesse est confiée; il fera 
tous ses efforts pour les égaler, sinon en science, au 
moins en zèle et en amour du travail. 
• L*objet de ce discours est de montrer qu'il y a dans 
le monde entier une communication universelle dans 
la chaîne des êtres depuis Dieu jusqu'à Ttiomme. L'o- 
rateur s'attache à suivre la circulation d'un seul et 
même esprit h travers tout ce qui respire, pense ou vé- 
gète. Dieu SQ répand dans toutes les créatures et M 
communique à elles ; Jésus-Christ s'est dQQPé tppt ep? 
tier à l'homme ; le soleil, la lune, les étoiles se commu- 
niquent h la terre, aux eaux de 1^ mer ; le père et l'eptv 
faut, le maître et les élèves forment une chaîne dont 
tous les anneaux se tiennent. En vain Épicure voudrait 
en douter, une violente apostrophe de l'orateur le con- 
vainc d'insolence et de mensonge ; avec l'aide de Platon 
et de Pindare, il réfute son erreur. 

Toute cette belle harangue divisée en trois parties, 
dont chacune est subdivisée à son tour ^n plusieurs 
points, aboutit à faire voir que l'installation de Méri- 
gon au collège de Békoud rentre dans le plan général 
de la nature, car il a pris lui-même cette devise qu'il 
faut se communiquer à tous. C'est donc pour y rester 
fidèle qu'il a publié ses ouvrages, qu'il a pris place 
parmi les maîtres savants du collège, afin d'y ensei* 
gner le grec par une méthode plus agréable et plus fa* 



P.-B. MÉRiaON. 203 

cile. Il invite tous ceux qui l'écoutent à entrer à ea 
suite dans la voie qui les mènera à la Qn qu'ils dési- 
rent, et la Qn, suivant Pindare, est douce à rhomme, 
^Xiwii V iihpéi'KOiç xéXoç. Ainsi se termine par une pointe 
ce discours dont la 8n a bien pu 6tre impatiemment 
attendue par beaucoup de ceux qui Técoutaient. Aoiicbv 
o3v iuSév èoTiv iXXo , 7cXf)v b\iÂq , Saoi iv6i8e icipe^TC toç 
cncQuSàç ""EXXviveç, iSeXt^aai, l\idù tl(; xotvcûvEav tûv iiAauToO 

xiTYiv Kbv icopeuo|iivouc, iji-ou gtpov)70U{it.ivou, xbv t^ç âXXidoç 
iià 9icou8^ç Sp^iJLOv Bpafutv.... 

Cette installation d*un cours de grec au collège de 
Békoud ne passa point inaperçue. Ce n*est pas que cet 
enseignement fût nouveau dans Paris, car, dans les 
cinquante collèges à peu près qui couvraient le pays 
latin, depuis la rue de Cambrai jusqu^è la maison de 
Navarre, remplap^e do nos jours par TEcp^e polytech- 
nique, les élèves Usaient Hopaère, Hésiode et Théo- 
crite, quelques flfalo^ues de Platoq, les discours de 
Démosthène, dlsocrate et le^ ^ytpnes do Pindare (4), 
la rhétorique étant consacrée ^ Tétude apprpibndie de 
la langue grecque (2); mais Toriginalité de Mérigon 
était d*avoir employé dans sa harangue Tidiome qu'il 
ét^it phargé d'enseigner à ses élèves (3). 

G9 fut un concert de louanges dans toute TUni- 
versité. Des professeurs du Collège royal de France, 
Frédéric Morel, Valens, se mirent en frais d'hel- 
lénisme pour célébrer leur nouveau confrère. Si^ns 



(1) Jourdain, JSist. de V Université ^ t. l, p. 14. 

(2) Ibid,, p. 15. 

(3) Voir, d*aprÂfi Felibian, t. Y, p. 798^ la programma des étadea du 
collège de Narbonne pour Tannée 1599 : < Syntaxis, quantitates et 
grammatica grseca, cum repetitione prœteritorum, supinorum et he- 
teroclitorum in quarta; quantitates, figurœ et compendium aliquod 
rhetorices, cum repetitione syntaxeos et grammaticœ grœcœ in tertia ; 
in prima yero classe, ars ampla riiatorices et grsscsa linguse intelli- 
gendae cnm ratione componendorum ?enuam cum auotoribug idoneis. » 



204 CH.- 61DEL. 

s'arrêter à Tidée qu*il leur était inférieur en dignité, ils 
n'envisagèrent que son talent, et ils lui payèrent avec 
force adjectifs mis au superlatif le tribut de leurs hom- 
mages. Frédéric Morel se demande dans une épigramme 
de onze vers iambiques trimètres qui peut bien être 
cet éloquent professeur. Est-ce Hermès, le dieu defé- 
loquence? Ulysse à la parole harmonieuse, serrée 
comme les flocons de neige en hiver? Pour se répondre 
lui-même et sortir de son doute, il cherche dans le nom 
de Pierre Mérigon, en grec Mepi^covioç, Texplication de 
ce mystère et il la trouve. La voici : Pierre Mérigon fut 
la pierre qui, rejetée d'abord par les architectes, est 
devenue la pierre angulaire qui brille au sommet de 
rédifice : 

<>pdEÇou Vàp* oÔTOu ivôtiATOç {Auonfîptoy' 
"ïlvOa X(6o^ hd^f oô6evT]0eiç (ièv xoicpCv 
*Yiz* ipxtTexTdvcdv, licetxa Y6v6|I£voç 
Elç *{(i3rfiaç xopu^ata rr{Kccir[iaxarca 
Hept-)fu>v(oç Iléxpoç ' 
"Oie (XuOoç èxi^TU(ioç. 

Valens porte un défl à l'envie et proclame vraiment 
attique la parole de Mérigon. Michel Du Chêne lui pro- 
digue les plus flatteuses épithètes ; il l'appelle *Hiueid}Çt 
il lui attribue la connaissance de toutes les routes qui 
conduisent aux sources de la langue grecque, et, à qai 
veut s'instruire, il ne sait donner d'autre conseil que de 
prendre en main les livres et le discours de Mérigon : 

'OffTiç àp' TlXXfjVwv •f'iSvat (teXiv^Séa "{kiâvzccf 
TEXByj, T0u8e Xiftjç 6i6kla^ ffiï Xd^ov. 

Un anonyme ne craint pas, dans un distique, d'enga- 
ger Minerve à se bâtir une autre Athènes, car chez les 
Celtes a paru un nouvel Apollon. 
Enfin, Bertius, professeur d'astronomie et d'élo- 



P.-B. MÉRIGON. 20r> 

quence au Collège royal de France, ne pouvant rendre 
en monnaie grecque à Mérigon les éloges qu'il en avait 
reçus, célèbre en vers latins l'œuvre et le talent du 
professeur, l'encourage à poursuivre son entreprise et 
lui promet la gloire dans la postérité. 

Le second discours grec de Mérigon est un sermon 
qui fut prononcé par lui dans le couvent des Francis» 
cains à la messe solennelle du jour de Pâques, le 3 avril 
4622. C'était l'usage, chez ces religieux, de célébrer la 
messe en grec, tous les ans, le jour de cette fête. Ce 
sermon a pour sujet des réflexions sur le tombeau sa- 
cré de Jésus-Christ ; l'orateur y expose d'abord ce que 
Dieu avait fait pour les Juifs et la reconnaissance que 
les Juifs ont eue pour lui; en second' lieu, il montre 
quelle difTérence existe entre le tombeau du Christ et 
ceux des anciens. Dans son exorde, le prédicateur, qui 
loue fort cet usage de célébrer l'office en grec, nous 
apprend que, trois ans auparavant, l'illustre et vénéra- 
ble archevêque de Rouen, de Harlay, avait prononcé, 
dans cette même chaire, un discours en grec qui avait 
provoqué l'admiration des auditeurs. Il loue, au risque 
de blesser la modestie de l'archevêque qu'il voyait dans 
l'assistance (5v Tcapivxa 6e(i>pou(jiev èvOcUSe) sa science et 
son éloquence. On se souvient encore de ce sermon si 
gravement débité : ^EvouXoç Su b[tXv iazh h xakhç èxeivoç 
X^oç oâtû t6ts (JiaXa at\MG>ç eipiQ^iivoç. N'oublions pas de 
dire, pour caractériser l'éloquence de Mérigon, qu'il 
cite Pindare avant VAve Maria, que dans le courant du 
discours il rapporte les paroles des femmes de Lacé- 
démone à leurs fils, quand elles leur attachaient au bras 
le bouclier, la conduite de Démosthène lorsqu'il apprit 
la mort de Philippe, les paroles de Polynice à son 
père dans YŒdipe à Colone de Sophocle : le tout as- 
saisonné de citations hébraïques, afin d'offrir à Dieu 
tous les fruits de sa science, tous les trésors de sa 
profession. 

En l'année 1623, nous trouvons notre orateur au col- 



200 GH. GtbEL. 

lège du Plessis ; il a abandonné celui de Békoud, silué 
sur la montagne Sainte-Geneviève, pour être, ens'éta- 
blissant au centre même de TUniversité parisienne, 
plus facilement à la portée des élèves désireux de sui- 
vre ses cours. Ce déplacement ne lui avait pas été con* 
seillé par l'intérêt; au contraire, il le déclare au com- 
mencement et à la fin de sa harangue ; il eût gagné 
davantage à demeurer dans la maison où la bienveil- 
lance deGalland, son principal, Tavaitsi gracieusement 
accueilli ; il n'a pour les élèves et les maîtres de Bé- 
koud que de Tamitié, mais comme nul être créé ne peut 
manquer à sa loi, et qu'il s'en est fait une de se com- 
muniquer et de se répandre afin d'être utile au pins 
grand nombre d'auditeurs qu'il pourra, il s'est trans- 
porté dans un nouveau collège qui se recommande à 
lui par la protection du duc de Vendôme. Il y ouvre 
donc ses leçons par un discours solennel écrit en grec. 
Son exorde nous donne lieu de penser qu'il n'eut pas à 
se repentir d'avoir choisi cette maison, car il salue 
dans son auditoire un conseiller du roi, des professeurs 
du Collège royal, des hommes illustres et pieux, réu* 
nis pour l'entendre. Ordinaire effet de l'influence du 
grec. 

Ce discours, qui a pour titre et pour sujet Ilepl tûv 
dbcpoTitiAV, roule sur ce que nous pourrions appeler, en 
traducteur fidèle, les Suprêmes. Il y en à trois : Dieu, 
le pape et le roi. Mérigon s'étend surtout sur Dieu et 
sur le roi, ajustant ainsi ses devoirs de sujet et de 
chrétien. Ce qu'il a recherché principalement dans cette 
harangue, c'est le développement nouveau d'une idée 
qu'il avait déjà traitée dans son discours de l'année pré- 
cédente : les natures suprêmes se communiquent à tout 
et avec d'autant plus d'efficace qu'elles sont plus élevées 
au-dessus des autres. 

On ne voit que trop à quelles amplifications peut 
se livrer un orateur de collège sur des idées de ce 
genre. Remplaçant la subtilité des logiciens d'au- 



P.-B. MÉRIGON. 207 

trefois par l'abondance d'une rhétorique qui pou- 
vait passer alors pour essentielle et forte, l'orateur 
prodigue les citations d'hébreu d'abord , puis de 
Platon, de Pindare, d'Euripide et d'Homère. Il cite 
môme sept vers de suite de Vlltade. Qrand régal, j'ima- 
gine, pour de doctes oreilles. Cette pensée que tout 
dans le monde se rattache à un principe unique et que 
la chaîne des êtres se déroule sans solution de conti- 
nuité, lui permet d'emprunter à Platon et à Euripide 
l'image des anneaux de fer rattachés entre eux par le 
fluide magnétique. C'est avec une grande satisfaction 
qu'il rapporte cette phrase sur Dieu, empruntée aux 
livres d'Hermès Trismégiste, répétée par Rabelais bien 
avant que Pascal lui eût donné, en l'appliquant au 
monde, la forme définitive qui lui a valu d'en être re- 
gardé comme le puissant inventeur : Dieu est une 
sphère dont le centre est partout et la circonférence 
nulle part. Kal jjl^ eTicsp^s, xb Xe^i^Ji^vov, 6 Oebç (jçaTpd àati 
voYjTïj àXki Y^ **' TOUTO di>sY]0^ç, xauTiQç Ttjç açafpaç, Tb xév- 
Tpov, yèv 'K(tnacj[pù ijapsivat eupetv, irepiçépstav 5'cMa|i.ou • x.at 
tauTa iià Tb dliceipov %a\ iépicxTov. 

Les révélations de la théologie la plus surnaturelle^ 
les enseignements de saint Pierre, de saitit Jean, de 
Philon, se mêlent aux considérations empruntées à 
Platon et à Pindare* C'est le premier qui a dit du so- 
leil « il est dans le monde sensible ce que Dieu est 
dans le monde intelligible », toDto èv aJàOiQTôî^ 6 "^Xioç, 
8xep èv vôYjtoTç 6 ôsbç; et le second à propos des rois : 

'Ex' àXXotdt 8' àXXot \u^d\o{ • tb 8' loxaTOV Kopuçouxat 
BaatXêuot. MYixéTi TCdtr-catvs xépcriov. 

La Bruyère, blâmant Tétalage d'une érudition pro- 
fane dans la chaire, disait : Il fallait savoir prodi- 
gieusement pour prêcher si mal. On serait bien tenté 
d'en dire autant de Mérigon. Passe encore pour la 
science dans le discours d'ouverture d'un cours de 



208 CH. OIDEL. 

grec ; mais il ne fallait pas y produire des étymologies 
fausses pour se procurer Tagrément d'une mauvaise 
pointe. Alérigon n'a pas su s'interdire ce pauvre orne- 
ment. Voici comment il parle d'un roi : Tétymologie 
de ^aaîkùi; c'est ^iaiç Xea>, la base du peuple, Toih' ésnv 
E8pa xai avtipv^^ Toi3 Xew, et rien de plus juste ; c'est ce 
qui est en réalité S^ep xai èanv. Ça ne lui suffit pas en- 
core, il force les choses davantage et de ^aoiXsùç il fait 
xactXeùç. En voit-on bien la raison? HaaiXeùç, parce qu'il 
a les yeux ouverts sur tous, zœnaç Sfi^ou XeùaacDv, x&rz 
éTTi 8iâcvéu>v xal «povoCov ïyxip à^ivriov ::oto6(jievoç. Pourquoi 
contredire à une étymologie si conforme à la vérité? 
N'est-ce pas le devoir d'un roi de veiller sur ses si^gets? 
Homère ne fait-il pas dire à son Agamemnon : 

BouXo(jl' tflii Xobv a6cv ë)jL(jLevai fj ài^oXéodou. 

et n'est-ce pas en effet l'unique préoccupation de 
Louis XIII? 

A partir de ce moment, l'orateur, qui veut faire voir 
comment le roi est la clé de voûte de tout son royaume, 
classe au-dessous de lui les princes du sang d'abord, 
puis les divers officiers de guerre, les magistrats, ceux 
de Paris et ceux de Toulouse, et enfin les universités 
et Galland, le principal du collège de Békoud. Cette 
partie de sa harangue n'est plus qu'une espèce deNotùia 
Imperïî, où tous les sujets du roi se suivent dans leur 
ordre hiérarchique et se coordonnent suivant la consti- 
tution qui règle tous les rangs. Il n'y a plus d'autre 
intérêt à le suivre que de voir avec quels efforts il tra- 
duit en grec les noms des comtes d'Anjou, de Soissons, 
de Vendôme, de Verneuil, et ceux de Duvair, de Duvic, 
de Brulart, de Caumartin, de Verdun, de Valens, de 
Potier, de Servin, de la Rochefoucauld, de la Vieu\ille, 
de Chevry, de Beauclerc, véritable travestissement où 
chacun avait besoin de soulever le masque du voisin 
pour le reconnaître. 



P.-B. MÉRIGON. 209 

Dérogeant à ses habitudes d'helléniste, Mérigon, en 
1624, ouvrit son cours par une harangue latine. Ce dis- 
cours, consacré tout entier à Téloge de Louis XIII, 
exalte la munificence de ce roi envers les lettres et les 
lettrés. Nous y apprenons qu'après bien des efforts et 
sept années d*un travail assidu, Mérigon n'avait pas 
fixé chez lui la fortune. Sa condition était précaire, ses 
ressources médiocres. Il pensait déjà à quitter une 
ville ingrate où son talent n'était pas récompensé, quand 
le roi renouvela pour lui le don qu'il lui avait fait une 
première fois, et ranima son courage. Le pauvre pro- 
fesseur se représente, allant, son livre en main, à Pau- 
dience de Louis XIII dans son château de Saint-Ger- 
main; il nous fait voir le cardinal de la Rochefoucauld, 
grand aumônier de France, qui^ pour aider à la réussite 
de Mérigon, s'approche du roi, lui vante le mérite du 
solliciteur, le mérite de son ouvrage, et obtient de la 
bonté du prince le don immédiat d'une somme d'ar- 
gent. Que de remerciements, que d'éloges! Quelle gloire 
pour Louis XIII de protéger ainsi les lettres et ceux 
qui les cultivent. Qu'est-ce que l'Université de Paris ne 
lui doit pas? Ce bienfait n'est pas la seule marque qu'il 
ait donnée de son amour pour la science : Brissœus et 
Bertius sauraient bien qu'en dire. Il a fondé expressé- 
ment pour ce dernier une chaire de mathématiques au 
Collège royal de France. Il a choisi pour intendant de 
ses finances le docte Lavieuville qui, tout jeune, avait 
entrepris de traduire Euclide du grec en français. Il a 
pris pour grand aumônier le cardinal la Rochefoucauld : 
hommes instruits qui secondent à merveille les inten- 
tions d'un second François I*'. 

Les bienfaits de Louis XIII avaient délié la langue, 
d'ailleurs assez agile, de Mérigon. Les mouvements de 
la reconnaissance animant encore la loquacité du pro- 
fesseur, dans la môme année 1625, il prononça deux 
discours grecs, l'un sur la piété du roi envers Dieu et 
son attachement pour sa mère ; l'autre, sur son affec^ 

Annuairb 1884. 14 



210 CH. GIDEL. 

lion pour la Franco. Ces deux harangues furent débi- 
tées au collège de Békoud, Tune le 22 février et l'autre 
le 2 mars. — Ce sont deux panégyriques. L'élo- 
quence de Mérigon s'y est donc montée sur le ton du 
genre. 

A travers l'amas d'éloges qui s'adressent àLouisXlU 
il faut pourtant relever les compliments qu'il lui donne 
pour avoir travaillé à la propagation des études grec- 
ques en France. Il y a dans ce discours quatre pages 
remplies d'indications précieuses. Elles nous permet- 
tent de reconstituer le groupe des hellénistes à cette 
époque du xvii* siècle. 

François I*' avait comblé de ses faveurs Budé et Tiir- 
nèbe» excitant, par ses libéralités, les savants à culti- 
ver le grec ; Louis XIII s'est inspiré des mêmes sen- 
timents, et, dans le choix qu'il a fait des hauts dignitai- 
res qui l'entourent, il a considéré surtout la science da 
grec que chacun d'eux possédait. Harlay, l'archevêque 
de Rouen, a gagné son estime par son affection pour 
les lettres grecques, et le discours éloquent qu'il pro- 
nonça chez les franciscains en 1620 n'a pas sans doute 
peu contribué & son élévation (1). 

Au parlement, Verdun et Servin se sont montrés stu- 
dieux amateurs de cette langue. Dans les collèges on a 
entendu Frey et quelques autres parler grec dans les 



(1) Pi€rr€ de VEstoUe^ dans ses àfemoireâ-Joumause. confirme, 
en la Untmant du mauvais côté, cette réputation de Verdun : € Le 
lundi (ii« avril) le dit Premier Président (Nicolas de Verdun) 
retourna au Palais, avec plus grande suite encore que le samedi 
de devant, où arrive il fist Couverture du Parlement, harangua 
fort, mais, ainsi qu'on disoit, ne /tst rien qui vaille ; alUffua 
force çrecq et latin ^ qui n^estoit qu'une enehesnure de lieux com- 
muns, encores assez tnal digérés et arranges. Brief il monstra 
qu'il avoit des lettres, mais qui nestoient si bien arrangées qiu 
celles du Messager de Poictiers (responce que fist le Premier Pré- 
sident de Harlay, un jour, au feu Roy, sur ce que, lui parlant de 
AT. Servin, son advocat. Sa Majesté lui disait qu'il estait sçaeent 
•t avoit aVj Idtr^i. • (T. X, p. l\\ éi. Halphen.) 



P.-B. MÉJEUGON. 211 

luttes des concours. Aiyourd'hui, nul ne peut prétendre 
au titre de savant s'il ne sait pas le grec. C'est un essor 
irrésistible. Ce zèle entretenu par Louis XIII a aboli 
pour jamais un ancien dicton injurieux pour les Fran- 
çais d'avant la Renaissance, époque où les ignorants fu- 
rent plus nombreux que jamais : « C'est du grec, passez 
Cà ; » ou bien encore : « C'est du grec, ça ne se lit pas. » 
Oi (Acv^àp xat' i)ce(youç xobçxF^ouç «eicouSsuiiivoi e7vai So^gouv- 
T6Ç, eticoTC vfi 'EXXiQvtx^ èv toïç PtôXtoiç àvTUYX<»voiev, xo\)ç 
àvaYtV(«)cxovTaç iiziayéX^ èxéXsuov Xé^ovieç, touto xb cujxwav 
èXXiQvtx6v èaxt, 8ib icipiSe • xal to, 'EXXtjVwicv touto, %ai ou^ 
olévTé Igtiv aÔTb àvoYivdboxeiv ; et cet autre adage non 
moins injurieux pour l'Université, où chacun pensait 
qu'il suffisait d'y parler le latin, d'y lire l'hébreu, d'y 
expliquer et interpréter le grec : Toi'^opouv ix(vi^6Y) vuv 
ifiil %a\ dvY)pY]Tai xal (jLetéppiTctai âxelvo xb Su9TUx£&ç TcBpuXXY)* 
(Aivov Tcoîk xoxvj'fopiov xY)v 'AxoSiQyiCav S^icou diicoxp^v oleoOot 
xb ^(i>(xa(9Tt (xàv çôé*]fv&ff8at , I6patxà Sa dêvaYtv(j!)9xeiv, éXXtjvoM: 
21 diaaâifî)aat xai ëpiXTjveuaat. KaO' yjiaoç fàp â>ai7€p iaxpaxou 
(A6Taxea6vxoç, eiç ^éXxiov ix(A>piQ9e tyj éXXv)vtx^. 

Il faut savoir gré àMérigon d'avoir oublié la majesté 
du panégyrique et d'avoir admis dans son discours de 
menus faits dont il avait été le témoin ; il les citait pour 
mieux faire ressortir la tendresse de Louis XIII envers 
sa mère. Il m'est arrivé plusieurs fois, dit-il, étant allé 
à Saint-Oermain, de voir notre prince, au retour de la 
chasse, oublier sa fatigue pour aller embrasser sa mère, 
tant le devoir avait d'autorité sur lui 1 Je me souviens 
encore du jour où, les cataractes du ciel s'étant ou* 
vertes, il revenait de la chasse tout inondé de pluie ; je 
le vois encore, aux dépens de sa santé, courir dans la 
chambre de sa mère pour lui offrir son pieux hommage 
avant de penser à quitter ses vêtements et à se ré- 
chauffer. Kat Soxû bpâv xbv AoScïxbv 1% v/^q ^paq [aIv èxa- 
vOEX<i)poîJvta, âXXà xotç SSaortv &vi:%p peupiaat ^séaicxtapLévov, 
àvxl pivTOt Tou elç xà oîxsïa liztl^zQ^aLt.^ è^l xtj) xept xûv aixou 
çpovxtcat vtat auxcv àvaOaXJ/ai, jjLSxà c;:cuBf|;, w; sT/î''» ^U "^iç 



I 

I 




212 CH. GIDEL. 

MiQTpbç çtXTaxTjÇ OiXapiov ipiuorra, &7t' axfvq^ vf^q èvTeuÇ£<j»ç 

L* anecdote n'est pas très piquante, elle n'a pas grande 
valeur, aussi Mérigon a-t-il pris soin de l'annoncer dans 
un style pompeux qui rentre bien, par Fhyperbole, dans 
les règles du panégyrique : npoxeip{(eTa( |Aot i^ |iv4l«Q 
èxeCvijy t})v "^iiipâcv iv ^, |jLr)f(aTa>v S(jL6p<i>v xaxappoYévTCAy o{ 
xaTappdbiTat tou oôpovou icoX6 xal auvex^ ^eu(&a ouy^ârpv. 
Boileau ne dira pas mieux : 

On dirait que le del, qui 86 fond tout en eaa, 
Veuille inonder ces lieux d*un déluge nouveau. 

Si Louis XIII aimait sa mère d*une si tendre affec- 
tion, il n*avait pas un moins vif amour pour la France. 
De cette disposition de son âme sont nés pour son 
royaume de précieux avantages. Puisque toujours un 
peuple se règle sur son roi, des serviteurs de rare mé- 
rite et de dévouement parfait se sont trouvés auprès de 
Louis pour le seconder dans tous ses desseins. Ici Pin- 
dare vient au secours de Torateur. Il cite le portrait 
d*ÂrcésTlas tracé parle poète et l'applique à Louis XIII. 
Son jugement, toujours droit, lui a fait prendre parmi 
ses sujets les meilleurs esprits et les cœurs les plus 
dévoués. La Rochefoucauld, d'Aligre, Champin, Ma- 
rillac et ôurtout Richelieu en sont la preuve écla- 
tante. C'est sur Richelieu, on le comprend de reste, que 
Mérigon entasse toutes ses louanges ; il le proclame 
pieux, prudent, savant, intelligent, libéral, généreux 
envers ses amis, bienveillant pour tous. Savant, qui 
pourrait en douter? Rien ne lui échappe : science di- 
vine, science humaine, théologie, philosophie, en tout il 
excelle. Il a la douceur du langage, tou xai icb YXdrnigç 
IJiXtToç -^Xux{<ov ^éei aiit]. Bref, pour en revenir encore 
à Pindare, il dira de Richelieu ce que ce poète a dit 
d'Arcésilas : 



P.-B. MÉRIGON. 213 

'ÂvSpà )iêivov èxaivéovTt cuvexoC. 
AsY^itôvov Ipéco * 

Kpéjffova [Jkàv àXixiaç véov çép6eTa(. 
rXûaaiv Te, Oipooç ts Tav6ir7£poç 
'EvopviÇtv aUxbç ïxXeTO {!;. 

Notons encore qu'il lui accorde la vue perçante du 
lynx : t II sait, dit-il, voir les affaires dans leur commen- 
cement, il les devine, il les prédit, il les résout, quels 
qu'en soient les détours embrouillés ; il met Tordre 1& 
où régnait le désordre » (2). 
Deux ans plus tard, la prise de La Rochelle et la dé- 



(1) Pyth., V. 109. 

(2) 'O Zk Pc;(cA(eù$ 7ro7o$ tcç , w *Axpoarat, xaAoTr^ 5v ZvfLalt»ç ; à Eùffs- 
^4$» ô fpôvi/jLOç, 6 aofbif 6 9\jvsrbçy 6 to7{ Siofiivoii inoipK&v, i fiXotç xoc- 
vhç, 6 TCscffcv tùfiivyii. Où^* 6 rocoÛTO^; lywys vo/cfÇa>, xai cî^ôatv ii/ui7v fp«ÇM. 
*Iva Sk su e^dvlfrc 5ri oùx stxî} xœl toû /sep^Çcv^ac evcxoc r& à.vSpi rxç Tot«u- 
raç aÙ7& ntpiKTtrta TtpovviyopixÇf ex toûtuv mii'peivOt, Koet itp&xov /k(v, tcAc 
oùx &v ecïj eu7£6:^$ ô Pc;(cJlccùç, orea ra rs 9soû, xal rou ^aacA^Mc, xal rà 
xoivà rijf ELsArt^os /AsAtf'nj, ^$ àxpt^éartpov i^gzai % rflc aùroC ^^X^i» ^9 
Ttâat fontpbv y^vcrac; fpàvtfiov Bk tiûç oùx Âv iittxotXoï/ASv aùràv, ôrticrti 
fikv àptTiiç àoxvjT^v fvra ^iSxiQv («v/Airaffa dtf èortv àperq i9 ^pôviiacf) Su- 
vd/ttvov Sk xeiXSiç ^ovXtûvoujBai Tttpi rà aura àyecQà, xal cufifipovroL itpbi rb 
fv ÇvjVy d(à raûra S^ rbv XoyiufAOv àci tûv ^ttc^u/a^uv xpccrrw TtecpoSiMiyov 
iroista^ae ; 

*Orc xac 2i ffo^ô$ xal ffuvsrd; roûro ^ctxriov. KaclIcv^sépAi/uiiv oofôç ivriv 6 
itoXXoL eliùç fuâ, Hcû rotoûroC ys eliv àv oi knra. vo^oè xa^où/xsvoi * r&vBé 
ioTi xal P(;^<Ae8Û$, art ttv èv r& uoXtTtûicBai âvnsp irspoç Auyxcvc, xc£- 
V0U yvp iittxOovitàv itivrav yévsr* ôlÙTaTOv Ô/x/ia • o /lévroi Fij^tXisùç Trpoij- 
you/iivriç rfiç auviatots ottvôç èvrcv iûiîv rk Tipiyfiura. àoj^o/ASva, xal Trooaco- 
6i9daci xal TrpoctTCffv. "Ert Sk x&v rb roD UiviApou, o ri ykp iroAv xal voXXà 
pittit op6S, Biaxplvttv fptvl fjL-ii natpà xxtpbv Sua-rtaXiç, 'AXX* ovv 6 Vtx^Xwxjç 
rà ^aXertà fikv xal XaîuptvB^Sri izpAyfiotra tiç rk xocvà fipovret paStùç 
^caAùcc xai Btaxpivtt, rk araxra Ik tiç sùraÇiav vuviysc * âorc fiiyivra riiv 
aùroû £c(v6r>7Ta c^$ ^vijffcv ;7xccv râ ^oiviXti • oùStiç ykp ^/i&y kyvéti on IttI 
fikv xxXbv ^ XP^^'^^^ ^ ^^^ ^a7c>tfâi$ âÇcov ttpxyfjLX TravO ouré; £9rt;(p>}9C- 
/uto; ' 'xpàovu ykp 2pyu <rdcvo$, ^omXxïvi it fpi^v * rafc Sk povXa.U xal t>} 
Sc/xivoCcç /Jiiyivra eà^z).87 tôv Aoooïxôv ô 'Pc^sAtsù;, û^ '^P'/^ ÂSipû/csâ'a,... 
p- 7, 8 «t 9. 



21 A CH. OIDEL. 

t'aile de Thérésie donnaient an professeur Mérigon Toc- 
casion d*exalter davantage encore les rares qualités du 
ministre triomphant. Sa voix ne pouvait manquer de se 
faire entendre au milieu de toutes celles qui ont célébré 
la chute de la ville révoltée. Le II et le 26 du mois de 
novembre 1628, il prononça en langue grecque un pa- 
négyrique du roi Louis le Juste au sujet de la victoire 
que Dieu lui a donnée sur les Anglais en la journée de 
l'Ile de Ré. Ce fut au collège d*Harcourt que la cérémo- 
nie eut lieu. Elle ne différa de celles dont nous avons 
déjà parlé que par la langue dont se servit le pro- 
fesseur : c'étaient les mêmes hyperboles, les mêmes 
cris d'admiration et le même élan d'enthousiasme. 

On ne voudrait faire illusion à personne sur les qua- 
lités oratoires de Mérigon. L'originalité et l'esprit ne 
sont pas ce qui le distingue. Ses pensées n'ont rien de 
piquant ou de personnel. Ce sont des lieux communs 
d'une médiocrité banale. Sous le voile de la langue 
grecque, on découvre un esprit d'une pesanteur natu- 
relle à qui l'embarras du grécisme ajoute encore ses 
entraves. Le grec de Mérigon, tout rapetassé de phra- 
ses empruntées à Platon, à Démosthène, à Isocrate, à 
Pindare, est loin d'avoir cette clarté facile que les an- 
ciens appelaient eux-mêmes l'i^CXeia. Ce n'est pas la 
démarche svelte de l'atticisme, le cours aisé de Xéno- 
phon : c'est un gros et lourd assemblage de phrases 
bouffies et engorgées de superlatifs. L'unité de la cou- 
leur y manque et, quels que soient les efforts de l'ora- 
teur pour respecter la pureté de la langue, il mêle quel- 
quefois le langage de la prose à celui de la poésie et 
donne à son style un air louche qui inquiète le lecteur. 
J'ajouterai, pour être complet, que Mérigon commet la 
grosse erreur de croire et de dire que la langue latine 
est la fille de la langue grecque. 

Qu'on se garde pourtant de trop rabaisser le mérite 
de ce laborieux professeur. S'il est parfois gêné dans 
son langage, n'oublions pas qu'il n'est ni plus ni moins 



P.-B. MÉRIOON. «5 

à blftmer que ses contemporains quand ils parlaient 
leur langue naturelle. Il subit la loi de sou temps. 
Ce n'était pas alors le beau moment de la langue 
française, et le goût mal formé répandait partout dans 
rUniversité, dans le Parlement, dans la littérature, des 
figures bizarres, autorisait des comparaisons, faisait 
passer des images qui provoquent aujourd'hui le sou- 
rire. J'en veux citer un exemple. L'Université devait, 
chaque année, à la Chandeleur, le 2 février, présenter 
un cierge au roi; voici, à peu près au môme temps que 
Mérigon débitait ses harangues, on quels termes le rec- 
teur de l'Université s'adressait à Louis XIII : t Ce cierge 
que nous venons offrir à Votre Majesté n'est pas pour 
vous porter de la lumière, mais pour la recevoir de 
vous, qui, l'unique et très agréable soleil de la France, 
éclairez de vos rayons les parties les plus éloignées de 
l'univers. Pour cette raison, nous nous promettons que, 
comme le ciel vous a fait naître pour, dès votre ber* 
ceau, étouffer ainsi qu'un Hercule les dragons et les 
serpents, pour, dès votre enfance, chasser ainsi qu'un 
Thésée les monstres de votre royaume et pour, en la 
fleur de votre âge, étendre bien loin ainsi qu'un Alexan- 
dre les bornes de votre empire ; de même, il vous a ré- 
servé par la splendeur de votre sagesse dissiper l'i- 
gnorance, par la douce chaleur de votre bienveillance 
échau^er et fomenter les beaux esprits, et par la vive 
influence de votre royale grandeur rendre plus fleuris- 
rissante que jamais la fille des rois et la mère des let- 
tres, l'Université de Paris (1)... i 

Rapprochons de ce passage les lignes où Mérigon 
fait le tableau de la France avant François I*' : KaO'Sv 

oiix(i)y f^^ato tij^ KeXxCSoç, t6t£ 8^ ^iv cncivia xà xaXà icapà 
Toïc KeXTOÏç • Tb ^àp tt^ç xatBe(aç 5voti.a ^ -rà xaXà xal Ta 
alayjpà SioYtvciiTxeTai, xa-rexéxXuTO. Kal xà (jLa^[jLaTa |ji^v C^ 

(1) Hist, de l'Univ., Jourdain, t. I, p. 91. 



216 CH. GIDEL. 

cu3s^ç (zçia 'zape^çâszoy è^xssE Sa Gx' d h cat S eagiag ^ ïKkt^' 

{AEtov & * OC (ftkv '^àp urc' èxsCvouç xsù^ XP^^^^ icsxau8eu)Aèvoc 

66(ftsar» eXXvp^cxibv touto, xol oux olord àorcv ocàrb dhMqfcvttff- 
xeev ' 691E Téx£ çcpàv (&sv àxaaJisxixwf ouvé^i) 7€véa6ou dcvOpil*?idfv, 
xâd 'zoedayrr^ bni^p où&Cç icw xpéxspov pté^iw^TOt Y^Y^wtov. Raauî^ç 
Sa xaAéoTtpie -ci] IaXi^vcx^ tz icpi')fiAata, &ik Stà ^^piyiusxcv 
(&ç T»î {il} tSsopp Tif» saoSsioy xaToxsx^^^^ a^Ttârsroç ijy) 

TU "^févet Çévfi ouQz, TC(Aa^ xe xai xpo^Coç xai dETE>£t2ç 
drcdhrTOM d>pexo. Kai St} xac ^i^(urca xaTEOXsudb^Y) o&t^, dç' lov 

(&6y xotauxa xaxà xbv ^pdrpUGXov (i). 

On dira peut-être que le grec m*abuse et me rend 
partial. Je ne le crois pas. Il me semble que j^accorde à 
cette langue la justice qui lui est due ; elle a sauvé 
presque partout Mérigon des excès du pédantisme qui 
dominait dans les écoles, elle Ta rendu meilleur que 
lui-même ne pouvait être en français; qu*on en juge par 
les derniers mots de sa dédicace adressée à Marie de 
Médicis : « Bref, vous y verriez les vertus de notre 
roi dépeintes avec les plus vives couleurs et les plus 
beaux idiomes que la Grèce m'ait pu fournir pour les 
consacrer à la mémoire et rehausser de quelques om- 
brages le pourtraict de ses perfections. Cependant (afin 
que rien ne manque à l'accomplissement de nos vœux) 
veuille le ciel. Madame, que ce grand Monarque qui, 
par les traicts de votre visage et par l'imitation de vos 
vertus, est votre vivante image, aussi bien que celle de 
Dieu par le juste maniement de son estât, qu'après 
avoir élevé la France au point des félicités où nous la 
souhaitons, il porte ses armes victorieuses en Asie : où 
ayant replanté la Croix sur les ruines du Croissant et 

(1) Panégyr., p. 4. 



P.-B. MÉRTGON. 217 

rétabli Tadoration du vrai Dieu sur le renversement des 
idoles, il puisse par les conquêtes de la Grèce que nos 
destins lui promettent rendre cette belle langue aussi 
commune et aussi familière aux Français qu'elle leur 
est maintenant acquise par Tétude et par l'exercice qui 
me donne à présentie bonheur d'être reconnu, Madame, 
de Votre Majesté le très humble et très obéissant ser- 
viteur et sujet. 9 

Mérigon n'a point perdu sa peine en cultivant le 
grec. De son vivant, il dut à cette langue l'honneur 
d'attirer l'attention de Marie de Médicis et du roi; c'est 
à son titre de professeur et d'orateur en langue grecque, 
qu'après deux cent cinquante-quatre ans, il a le privi- 
lège encore d'occuper un instant l'attention des hommes 
distingués qui composent cette réunion (i). 



(1) Le collège de Béhoitd avait été fondé Van î 353 par Pierre 
Béhoud, seigneur de Fléchinet. M. Jourdain cite, dans son second 
volume de V Histoire de r Université (p. 149), les lettres par les- 
quelles le seigneur de Fléchinet dispose d'une maison sise d Paris, 
au Mont-Sainte-Oeneviève, et d'autres biens en faveur de huit éco- 
liers du diocèse de Thérouane, lesquels seront désignés par Vévé- 
que du dit diocèse et par Vahbé de Saint-Bertin pour venir étudier 
la philosophie d Paris, Ce collège prit plus tard le nom. de collège 
de Roncour, Ménage en parle dans la vie de Oargilius Mamarra 
(Montmaur) : 

Qua collis Genoveva tuus supereminet Urbem 
Stat Becodina domus, docti celeberrima quondam 
Atria Qallandif summo rectore Juventœ.., 



LE 



NOMBRE GÉOMÉTRIQUE 



DE PLATON 



NOUVELLE INTERPRÉTATION 



PAR M. J, Ddpuis 



I 



INTRODUCTION 



Le Ville livre de la République de Platon (546, *, c) 
contient, vers le commencement, un lieu mcUhématiqw, 
c'est-à-dire un passage mathématique, qui parait offrir 
autant d'énigmes que de mots. 

Socrate s'entretient avec Glaucon sur la meilleure 
forme de gouvernement. Après avoir invoqué les Muscs, 
il leur fait dire, moitié sérieusement, moitié en badinant, 
que les sociétés humaines sont soumises, comme les 
astres, à un retour périodique. Au lieu de donner la 
valeur numérique de la période, elles indiquent la suite 




LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 219 

des opérations à faire pour Tobtenir, et elles emploient 
des termes scientifiques d'autant plus difficiles à inter- 
préter qu*en général Tusage ne les a pas consacrés. 
Aussi Texplication exacte du lieu a-t-elle résisté jus* 
qu*en 1882, c'est-à-dire pendant plus de deux mille 
ans, à toutes les tentatives des commentateurs. 

Après un premier essai infructueux, nous avons 
publié à cette date (i882), à la librairie Hachette, une 
interprétation exacte du problème. En la soumettant à 
Tappréciation des savants et des érudits qui se sont 
occupés de la question ou qui s'en occuperaient, nous 
avons annoncé que le nombre de Platon est 760 000, 
ou, pour parler la langue scientifique des Grecs, 76 my- 
riades. 

Nous allons, en résumant notre démonstration, y 
ajouter quelques développements nouveaux. Ce travail 
est extrait d*une étude plus étendue, non publiée : Les 
lieux mathématiques de Platon, 



II 



TEXTE DU LIEU. — OPINION DE VICTOR COUSIN 



Voici, d'après Bekker, le texte du lieu (i) qui a été 
bien inutilement corrigé, c'est-iè-dire altéré, par divers 
commentateurs. Toutefois nous transportons entre fg 
et -jcpoji.i^Kei (ligne 8) la virgule mise avant tî) dans le texte 
de Bekker, et nous ajoutons deux virgules (ligne 9), 
l'une après Sta[i.éTp(i)v piQTwv wsixiciîoç , l'autre après 



(1) Bekker, Piatonis scripta omnia graeca, Londres, 182G. Ce texte 
se trouve aussi dans les Œuvres de Platon, traduites par Victor Cou- 
sin, t. X, p. 322. 



2îO J. DUPUIS. 

Â^Tfov 2ë. Les manuscrits ne font pas foi pour la ponc- 
tuation qui varie souvent^de l*un à Tautre. 

xéXEtoç, dcy6puixE{(^ Sk èv & icpoiTi^ odi^ostç Suvi|i£va( xe xot 
8uvaoTeu6|&svai Tpetç àiroariaEiç, Tércopcç Se 5pouç Xa66uaca 
6|AOtouvTuy TE xai iyo|Aoto6vTu»y xal oàÇércioy xat çOtvévTwv, 
xdcvra xpooi^pa xat pT^Tà xpbç aXXt]Xa àicé^ijvov- cov âxiTptTOç 
xuOpLtjy Tce^Tcaii cu^irfclç 36o ip(iâv{aç TcopéxeTot xpiç où^Oetç, 
TVjv |Aàv ttrvjv iffdbuç, bucTOv toasuTdExrtç, Tt)v Se {ao|ii^i] |jyb 
TY], xpopLi^i 3è, biaxcv (i£v dlptOpiûv dkb SioiiiTpwv pi^râv 
xs|&iciSoç, Seo(iivci>v évbç Exioroiv, d^ptjTidv Se, Suetv, biax^y & 
x66(ov iptiSoç. Su(jLicaç §è ouxoç diptdiibç Y£U|i£Tpi)ibç, toioutcu 
xj6ptoç, ifjietvâycov xs xai x^^P^vuiv Y^^e(*>v. 

Dans ce passage, il est question de deux nombres» 
l'un relatif au divin engendré (les astres), Tautre relatif 
à rhumain engendré. Platon ne s'occupe que de la for- 
mation du second. 

La phrase qui définit le nombre devait être claire 
pour les contemporains de Platon, d'autant plus qu'A- 
ristote nous apprend que, sur quelques points, l'en- 
seignement oral du maître dépassait ses écrits. Il est 
d'ailleurs probable, comme le pensent Schleiermacher 
et Cousin, que, quand Platon écrivit la République, il 
avait déjà développé tout son système dans ses leçons 
orales. 

Cependant le lieu n'est commenté d'une manière 
suivie ni par Aristote, qui n'en a paraphrasé que les 
deux mots xplç ai^fielq^ ni par aucun des autres auteurs 
anciens qui en font mention. Ils se bornent en général 
à philosopher sur le passage, et, comme aucun d'eux ne 
désigne le nombre final, résultat des opérations, on 
peut se demander si ces auteurs, plus philosophes que 
géomètres, étaient initiés aux spéculations arithmé- 
tiques de l'école pythagoricienne et s'ils comprenaient 
bien tous les termes scientifiques de la phrase de 
Platon. 

Parmi les commentateurs modernes, depuis le xv« siè- 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 221 

cle jusqu'à nos jours, les uns refusent tout sens au pas- 
sage de Platon. Leur conclusion est presque toujours 
celle-ci : atque de sensu qutdem desperandum vtdetur. Les 
autres, après avoir trouvé un nombre qui satisfait à 
l'explication de quelques termes du texte, sont prison- 
niers dans le cercle de leur pensée et torturent le sens 
des autres termes. 

M. Cousin, dans sa version française des Œuvres de 
Platon, n'a pas traduit le lieu, n*y trouvant pas un sens 
qui le satisfasse. Il renvoie le lecteur à une excellente 
note dont voici le début : 

c Ce qui me confond le plus dans cette phrase, d'une 
obscurité devenue proverbiale, c'est qu'elle n'ait pas 
plus tourmenté les philosophes grecs, venus après 
Platon, et qu'ils la citent, la critiquent, la commentent, 
en n'ayant pas l'air de n'y Hen comprendre. » Puis, 
s'adressant à ceux qui pensent se tirer d'affaire en affir- 
mant qu'il y a là quelque extravagance mystique, et 
que Platon ne se comprenait pas lui-môme, il dit : t Je 
déclare humblement que cette manière d'interpréter 
les passages difficiles des grands penseurs de l'anti- 
quité est au-dessus de ma portée, et je demeure très 
convaincu qu'une phrase écrite par Platon et commentée 
par Aristote est fort intelligible en elle-môme, alors 
môme qu'elle ne le serait plus pour nous. Il n'y aurait 
à cela, en effet, aucune contradiction. D'abord, les ma- 
nuscrits peuvent avoir été altérés à cet endroit, où la 
plus petite erreur de copiste suffit pour tout embrouil- 
ler, et où il était si aisé à des copistes de commettre 
quelque erreur. D'un autre côté, la langue de la géo-» 
métrie ancienne ne nous est point assez bien connue 
pour que nous ayons une idée exacte de la valeur pré- 
cise de tous les mots techniques de la phrase de Platon 

et du résumé d'Âristote Il n'appartient donc qu'à 

des hommes qui ont fait une étude particulière de la 
géométrie ancienne d'aborder la présente difficulté 



Ht J. DUPUIS. 

avec quelque chance de succès; et, comme je ne 5uis 
nullement dans ce cas, rinuliliié de mes efforts n'est 
pas une raison pour moi de désespérer qu*avec le 
temps et une connaissance plus approfondie de la géo- 
métrie des Grecs, de plus habiles ne viennent à bout 
do résoudre ce nœud embarrassé. )> (Œuvres de Platon, 
Irad. par Cousin, t. X, notes, p. 324.) 



III 



INTBRPRÉTATION DES TERMES SCIENTIFIQUES D13 LIEU 



Il n'y a de salut que dans l'expUcalion littérale du 
texte. Les mathématiques étant ici Tinstrument indis- 
pensable, nous allons interpréter d*abord les termes 
scientifiques du lieu et exposer très succinctement les 
connaissances mathématiques nécessaires. 

Les écrits qui nous ont fourni les plus précieuses 
indications sont les Œuvres morales de Plutarque, le plus 
vaste répertoire de faits et d'idées que nous ait légué 
l'antiquité, et l'ouvrage de Théon de Smyme le platoni- 
cien, ayant pour titre : Tûv xaTà {xaOïQiiATtxYjv xp^ioi^wv ci< 
Ti]v Tou nXiTuivoç àvdrfvb>9tv (Des connaissances mathéma- 
tiques utiles pour la lecture de Platon). 

En écrivant ce livre, qui n'a pas encore été traduit en 
français, Théon n'a pas cherché à exposer avec soin les 
lieux de Platon, qui ont besoin d'une explication arith- 
métique ; il a voulu seulement exposer au lecteur la 
doctrine des nombres, afin de le préparer aux études 
platoniciennes. 

I. — > Un nombre plan est un produit de deux facteurs ; 
les facteurs se nomment les côtés du nombre plan. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 223 

IL — Un nombre également égal (hoç îaixtç), ou carré, 
est un nombre plan dont les deux côtés ou facteurs 
sont égaux. 

III. — Un nombre promèque (rpop.Tf)XY;(;), ou allongé, 
est un nombre plan dont les côtés sont inégaux : tel est 
10, produit de S par 5. On nomme aussi promèque, ou 
allongé, le plus grand facteur du nombre : dans 10, le 
côté promèque est 6. 

IV. — Un nombre solide (aTepsé;) est un produit de 
trois facteurs; les facteurs se nomment les côtés du 
nombre solide : ainsi le produit 19x4x 10 000 donne le 
nombre solide 760 000 ; les côtés sont 19, 4 et 10 000. 

V. — Un nombre cubique, ou un cube (xufoç), est un 
nombre solide dont les trois facteurs sont égaux : 27 
est le cube de 3. 

VI. — On nomme nombre harmonique, ou harmonie 
(àpiiâvia), le produit de deux facteurs dont Tun est mul- 
tiple de Tautre, c*est-à-dire dont Tun égale une ou plu« 
sieurs fois Tautre (1) : ainsi le produit de 7300 par 100, 
c'est-à-dire 750 000 ou 75 myriades, est une harmonie, 
parce que le facteur promèque, ou allongé, 7500, est 
un multiple de Tautre, 100 : il vaut 75 fois 100. 

VII. — Une harmonie est cannée quand les deux fac- 
teurs sont égaux : ainsi le produit de 100 par 100, c'est- 
à-dire 10 000, ou une myriade, est une harmonie carrée. 

VIII. — L'épitrite (èiwtTpiTo;) est 1 +| ou 4. La valeur 
d*un rapport ne changeant pus quand on multiplie ses 
deux termes par le môme nombre, on a - = -^, quelle 
que soit la valeur de n (2). 

(1/ Cf. ProLànÛE^ Harmoniques- 1 1, v. Des traditions pythagoriciennes 
concernant les hypothèses sur les accords, t. UI, p. 10 des Œuvres de 
Wallù, Oxford, 1699, in-f-. 

^) De même que Platon parlait la laut^ue mathématique de sou temps. 



224 J. DUPUiS. 

IX. — On nomme f&nd (^0(&^v) d*un rapport la plus 
simple expression de ce rapport : ainsi Tépitrite étant 
y^, quelle que soit la valeur de n, le fond de l'épitrite 
est 4, puisque les deux termes 3 et 4 sont premiers 
entre eux (I). 

X. — On nomme nombres plans semblables des nom- 
bres plans dont les côtés sont proportionnels : ainsi 

aXb 2aX26 3aX36 eten général naXnb 
ou ab \ab 9aA — n^ab 

sont des nombres plans semblables, quelles que soient 
les valeurs de a, b, n (2). 

XI. — Tous les carrés sont évidemment des nombres 
plans semblables. 

XII. — En multipliant un nombre plan ab par un carré, 
tel que 16, on obtient un nombre plan 16a6 semblable. 
On peut en effet considérer 16 a6 comme étant le pro- 
duit de 4a par 4ft; donc en prenant 4 a et 46 pour côtés 
du second nombre plan, on a un nombre plan sembla- 
ble (3). Réciproquement, si deux nombres plans ab, a'b' 
sont semblables, leur quotient est un carré. Soit en 
effet r le rapport commun de leurs facteurs , on a par 
hypothèse -^ = -^ =: r, d'où a' = or et 6' = br, donc 
a'b' = abf*^ 

XIII. — On nomme nombres solides semblables des 
nombres solides dont les côtés sont proportionnels : 
ainsi 

axéXe 2ax2*x2c ... naXn^Xmr 
ou abc %abc ... n^abc 

nous emploierons, dans le ooors de ce mémoire, le langage et les nota- 
tions scientifiques modernes. 

(1) Cf. TsioN de Smyme, AHthmétique, II, 29, p. 135 de Téd. gr.-Ut. 
d'Ismaôl Bouillaud, Paris, 1644, petit in-4*, et p. 85 de l'éd. gr. 
d*Edouard Hiller, Leipzig, 1878, in-12. 

(2) Cf. EucLiDB, Éléments, VII. déf. 2Î, et TnioN, Aritkm., I, ». 
p. 57 de rëd. Bouillaud et 36 de Téd. Hiller. 

(3) Cf. EucUDB, Éléments^ IX, pr. 1 et 2. 




LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 225 

sont des nombres solides semblables, quelles que soient 
les valeurs de a, à, c, n (\). 

XIV. — Tous les cubes sont évidemment des nom- 
bres solides semblables. 

XV. — En multipliant un nombre solide abc par un 
cube, tel que 8, on obtient un nombre solide S abc sem- 
blable. On a en effet 8 aie = 2 a X 2 6 X 2 c. Si donc on 
prend 2a, 26 et 2 c pour côtés du second nombre solide, 
on a un nombre solide semblable au premier. Réci- 
proquement, si deux nombres solides abc^ a'b'c\ sont 
semblables, leur quotient est un cube. Môme démons- 
tration que pour les nombres plans semblables. (Voyez 
supra, III, XII.) 

Donc les carrés et les cubes sont les seuls nombres 
qui rendent respectivement semblables les nombres 
plans et les nombres solides qu'ils multiplient. 

XVI. — Un nombre est rationnel (ft)T6<;), ou commen- 
surable, quand il a une commune mesure avec l'unité. 

XVII- — Un nombre est irra^ionne/(à^fY)Toç), ou incom- 
mensurable, dans le cas contraire, c^est-à-dire quand 
il ne peut être exprimé ni à Paide d'unités ni à Taide 
de parties égales de l'unité. Telle est la racine carrée 
de 2 ; telle est encore la racine carrée de 50 qui vaut 

XVIII. — On nomme nombres générateurs et engen^ 
drés, croissants ou décroissants (Suva|i.6vot t£ %ol\ 8uva(jTeu6- 
|jL6vot, xal auÇov-ceç xat çSCvovcsç), les termes d'une pro- 
gression croissante ou décroissante. Le passif Su- 
vaffxeùeoOai (être dominé) est opposé au moyen BùvacOai 
(pouvoir), il exprime donc le contraire. Les deux par- 
ticipes Suvd|xeyoi et îuvaoreùojuvoi signifient donc pro- 
duisant et produits. Les nombres générateurs et en- 
Ci) Cf. EuCLiDB, Éléments, VII, Déf. 2î, et TnâoN, Arithm., T, 5Î. 
Annuairb 1884. 15 



as J. Dupos. 

gendres formenl donc une progression; car, dans les 
progressions, chaque terme, augmenté de la raison ou 
multiplié par la nii::on, produit le terme suivant, et il 
est produit par le terme précédent, augmenté de la 
raison ou multiplié par le raison 

Un passage du Commentaire de Macrobe sur le Songe 
de Scipûm confirme cette interprétation. Macrobe, 
parlant de la perfection du nombre 8, dit : c ... Il ré- 
sulte aussi du double de 4 qui est engendré et généra^ 
teur, car ce nombre 4 naît de â [répété deux fois], et 
[répété deux fois] engendre 8. Est enim aut de dupUeato 
eo, qui generatur et générât, id est, quatuor : nam hie 
nwnerus quatuor et nascùur de duobus et octo générât. » 
[Songe de Scîpion, I, v.) 

De plus, les termes sont croissants ou décroissants, 
suivant qu'on va du plus petit au plus grand ou du 
plus grand au plus petit. Ainsi la progression pytha- 
goricienne, formée de la suite naturelle des quatre pre- 
miers nombres, est croissante ou décroissante suivant 
qu*on énonce les termes dans Tordre : 

1, 2, 3, 4 ou 4, 3, 3, 1. 

XIX. — L'intervalle {h:67xaLziq) de deux termes suc- 
cessifs est le quotient de ces deux termes. Les nom- 
bres 

1, 2, 4, 8 et 1, 3, 9, 27 

dont s'est servi Platon pour expliquer la création de 
l'Ame, dans le Timée, forment deux progressions de 
quatre termes. LMutervalle de deux termes successifs 
de la première est 2; celui de deux termes successifs 
de la seconde est 3. 

XX. — Dans une progression par différence, les in- 
tervalles des termes successifs sont différents, parce 
que la valeur d'un quotient change, quand on augmente 
d'un môme nombre les deux termes. Ainsi dans la 
progression 1, 2, 3, 4, les trois intervalles sont 2, l |. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 227 

XXI. — Ëtude de la progression pythagoricienne 
4, 2, 3, 4. — Cette progression avait une grande im- 
portance au temps de Platon. La somme 10 des termes 
était considérée comme le nombre le plus parfait, et si 
Ton prend les trois intervalles des termes successifs, 
en divisant chacun d^eux par celui qui le précède, on a 
les rapports 2, |, | qui expriment respectivement les 
consonnances musicales d*octave, de quinte et de 
quarte, mesurées diaprés la longueur des cordes vi- 
brantes. Cette mesure est une des grandes découvertes 
de Pythagore ou de son école (1). 

XXII. -* Étude de la progression platonicienne 4, 8, 
12, 16. — Le quaternaire pythagoricien 1,2, 3, 4 ne 
contient qu'un carré, et il ne contient aucun cube; 
1 n'était pas considéré comme nombre, c'était le prin- 
cipe de tous les nombres. Platon lui a substitué un 
quaternaire plus parfait qu^il obtient en quadruplant 
celui de Pythagore, ce qui donne la progression 4, 8, 
12, 16 dont la somme des termes, 40, est aussi égale à 
la somme des termes de la progression triple 1,3, 9, 
27. Si Ton prend les trois intervalles des quatre termes, 
on a, après simpliflcation, les rapports 2, \ et j, c'est- 
à-dire Toctave, la quinte et la quarte, comme dans la 
progression pythagoricienne. De plus 4 et 16 sont des 
carrés, 8 est un cube, et 12 n'est ni un carré ni un cube. 
Enfin, 40 égale aussi la somme des nombres 1, 4, 8, 27, 
qui sont carrés ou cubiques. Plutarque, à qui nous 
empruntons cet exposé de la perfection de la tétractys 
platonicienne, conclut ainsi : « D'où il suit que le qua- 
ternaire de Platon est beaucoup plus parfait et plus 
riche que celui de Pythagore (ôcxe tcoXù tyjç TcuOaYopixtjç 

(1) Cf. DiooÈNB DK Labrtk, Vlll, I, 11. — Thjson, Arithnu, II, 12 
et 37, pp. 90 et 46 de Féd. BouilUud, et pp. 58 et 93 de Téd. HiUer. 
— Gensorin, Du jour natal, X, p. 364 de Téd. Nisard. — Ed. Zbllsr, 
Philosophie des Grecs, trad. p. Boutroux. Paris. Hachette, t. I, p. 385, 
note 3. 



228 J. DUPUIS. 

Ti]v icXaxfaivtx^v TStpaxTÙv 'KOixiXcdrépov ecvot t^ StoOéastiuil 
TsXsioTépoy. />e b création de Fâme dans k Ttmée, XIV, 
1019, b, c). 

XXIIL — Théorème de Pythagore : le carré de l'hypo- 
ténuse d*un triangle rectangle égale la somme des 
carrés des deux autres côtés ; et réciproquement, si le 
carré du plus grand côté d'un triangle égale la somme 
des carrés des deux autres, le triangle est rectangle* 

• XXIV. — Etude du triangle dont les côtés sont 3, 4 
et 5. — Le carré du plus grand côté égale la somme 
des carrés des deux autres, car on a 25 = 9 -[- ^^t donc 
ce triangle est rectangle, d'après la réciproque du théo- 
rème de Pythagore. Le périmètre 3 + 4 + ^ = *2, et le 
rapport des côtés de l'angle droit est 4 (<)• 

XXV. — On nomme diagonale (8ii{A£Tpoç) d'un nombre 
5, la diagonale du carré dont le côté est ce nombre 5. 

XXVL — Le carré de la diagonale d d'un nombre 5 
est double du carré 25 de ce nombre. — Cette propo- 
sition est une conséquence du théorème de Pythagore; 
on a en effet d* = 25 + 25 = 50. Platon établit directe- 
ment cette vérité, dans le Ménon^ à l'aide d'une con- 
struction élégante (Le MénonjXIXy 84-85). 

XXVII. — La diagonale d d'un nombre rationnel 5 
est irrationnelle. — De cP =: 25 -h 25 = 50, on conclut 
en effet d= /55 = 5 ^T. 

XXyiII. — On nomme diagonale rationnelle d'un nom- 
bre 5 la racine 7 du plus grand carré 49 contenu dans 
le carré 50 de la diagonale irrationnelle. 



(1) Cf. Antiquae musicae auctares sepUm^ éà. de Meybanm, Am- 
sterdam, 165*^; t. II, Aristide Quintilien, Traité s\ir la musiqiu, 
Uv. III, p. 150. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 229 



IV 



TRADUCTION LITTÉRALE ET COMMENTAIRE 



Voici la traduction littérale du texte donné page 220; 
nous essayerons ensuite de la justifier. 

a II y a, pour ce qui est divin engendré (A] une pé- 
riode qu'un nombre parfait embrasse (B) ; mais, pour 
ce qui est humain, il y a un premier nombre dans le- 
quel des produits générateurs et engendrés — com- 
prenant trois intervalles et quatre termes de ceux qui 
rendent semblable ou dissemblable, qui croissent ou 
qui décroissent — ne présentent que des rapports ana- 
logues et rationnels. 

« Le fond de Tépitrite, pris parmi ces rapports, 
ajouté à 5 (G), offre deux harmonies, après avoir été 
très augmenté (D] : Tune également égale, cent autant 
de fois (E), l'autre de môme longueur (F), et, pour ce 
qui est allongé, de cent carrés des diagonales ration- 
nelles de 5, diminués d'une unité (G) — ou de cent car- 
rés des diagonales irrationnelles, diminués de deux (H) 
— et de cent cubes de trois (I). 

« C'est ce nombre géométrique tout entier (K), dont 
la vertu préside aux bonnes et aux mauvaises généra- 
tions. 

A. — Ge qui est divin engendré, ce sont les astres. 
€ De tous les dieux qui sont au ciel (tô&v èv o&povq^ OeC^v), 
dit Socrate à Glaucon {République, VI, 508, a], quel est 
celui dont la lumière fait que nos yeux voient mieux et 
que les objets sont visibles ? » Glaucon répond : « Celui 



230 J. DUPUIS. 

que tu connais ainsi que loul le monde, car évidemment 
tu veux que je nomme le soleil (xbv •îjXtov.) » (i). 

B. — Une période qu'un nombre parfait embrasse. 
— Une période astronomique, quand il s'agit d*unseul 
astre, est le temps qu'il emploie à parcourir la courbe 
qu*il décrit. Quand il s'agit de plusieurs astres, la 
période de leurs mouvements combinés est le temps 
qui s'écoule jusqu'à ce qu'ils reviennent ensemble aux 
mêmes points d'où ils sont partis ensemble ; cette pé- 
riode doit comprendre un nombre exact de révolutions 
de chacun de ces astres. Telle est la période luni-so-* 
laire de dix-neuf ans, découverte par Méton deux ans 
avant la naissance de Platon, et qui le rendit si célèbre 
dans toute la Grèce. 

La période dont parle Platon est la grande révolu- 
tion, ou grande année^ marquée par le retour de toutes 
les planètes ensemble à leurs points de départ. Le 
nombre qui l'exprime est parfait, parce qu'il a la pro- 
priété d^embrasser la période (2}. 

C. — Mais, pour ce qui est humain, il y a un pre- 
mier nombre dans lequel des produits générateurs et 
engendrés (comprenant trois intervalles et quatre ter- 
mes de ceux qui rendent semblable ou dissemblable, 
qui croissent ou qui décroissent) ne présentent que des 
rapports analogues et rationnels. Le fond de l'épitrite, 
pris parmi ces rapports, ajouté à cinq. — Cette partie 
du lieu était une véritable énigme, au temps de Plaloo : 
chaque trait partiel convient h plusieurs choses, et 
l'ensemble de tous les traits à une seule. D faut 

(1) Cf. le Timée, 38 c; 40 d; ... Etudes sur le Timée, par Th. H. 
Martin, note 39, t. Il, pp. 78-80. — Plutarque, De la création de 
tdme dans le Timèe, X, I0l7, d. 

(2) Cf. le Timee, 39, d. — Censorin, Du jour natal, XVm. — 
QcKRON, De la nature des dieux , U, 20. — Apulée, La doctrine de 
Platon, I, p. Ifô de Tèd. Nisard. 



LE NOMBPwE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 231 

trouver un premier nombre qui soit la somme d'une 
progression, croissante ou décroissante, de quatre 
termes. Ces termes comprennent trois intervalles, donc 
la progression n'est pas géométrique, ou par quo- 
tient, telle que la suite i, 2, 4, 8, puisque, dans ce cas, 
les trois intervalles étant égaux ne feraient en réalité 
qu'un intervalle. Elle est arithmétique, ou par diffé- 
rence, telle que 4, 2, 3, 4. Les termes sont de ceux qui 
rendent semblable ou dissemblable; donc ils doivent 
comprendre des carrés ou des cubes. Enfin, divisés 
deux à deux, ils ne donnent que des rapports rationnels 
analogues, et Tun de ces rapports est |, fond de l'épi- 
trite. 

La progression 4, 8, 12, 16 étant le quaternaire pla- 
tonicien, diaprés le témoignage de Plutarque (voy. su* 
pra, III, xxii), il est infiniment probable que le mot 
de Ténigme, c'est-à-dire le premier nombre du lieu 
est 40, somme des termes de cette progression. Les 
termes 4, 8, 42, 16, sont alors les produits (aôÇi^vetç) des 
nombres 1, 2, 3, 4 par 4. Ils sont générateurs et engen- 
drés (Suvi(ji£va( te xal 8uva9Te6û[j£vai) : chacun d'eux; par 
l'addition de la raison 4, engendre le suivant, et il est 
engendré par le précédent augmenté de 4. Ils compren- 
nent trois intervalles (àiuocniaetç) qui sont 2, |, j : ce sont 
les rapports qui mesurent les consonnances d'octave, 
de quinte et de quarte. Ils sont de ceux qui rendent 
semblable ou dissemblable (i^iAtoOvTcov Te xal ivo(jioto6v- 
Tcov), car 4 et 16 sont des carrés, 8 est un cube et 42 
n'est ni carré ni cubique (voy. supra, III, xii et xv). Ils 
sont de ceux qui croissent ou qui décroissent (xat abÇ6v- 
xb>v xal 90iv6vT(i)v), car la progression est croissante ou 
décroissante à volonté. Enfin, ils ne présentent que 
des rapports analogues et rationnels (icivra icpoaifjfofaxal 
^rjTà Tzpoi; àXXiQXa); car les six intervalles dilTérents qu'on 
obtient, en divisant de toutes les manières possibles 
les termes deux à deux, sont 4, j, |, 2, 3 et 4 qui repré- 
sentent l'unisson, la quarte, la quinte, l'octave, la quinte 



232 J. DUPUIS. 

de l'octave el la double octave. Ce sont des nombres 
musicaux et par conséquent ayant de l'analogie entre 
eux; 4» pris parmi ces rapports, ajoutés à 5 donnent '/. 

D. — Offre deux harmonies, après avoir été très 
augmenté (xpiç ai^fieiç). — La suite de l'interprétation 
vu nous faire connaître la somme des deux harmonies 
que donne le produit ^ xplç ouÇtjOeiç. Cette somme est 
760 000 ou 76 myriades ; donc en divisant 76 myriades 
par 'j>, on aura la valeur de TpCç : on trouve pour quo- 
tient 12 myriades, ou 120 000. Donc le mot ^piq ne doit 
pas ôtre pris dans le sens ordinaire <c trois fois >, 
comme on serait tenté de le croire. Il faut lui donner 
le sens plus étendu « bien des fois », dont on trouve de 
fréquents exemples dans les auteurs. Nous avons cou- 
tume de dire « trois fois » pour « bien des fois », dit 
Plutarque (xb iï xoXXixiç etdjOajjLsv xat Tpiç Xé^ety), et encore 
« le nombre trois exprime la multitude (ii îï Tpiàç, xXyJ- 
Ocç)».(l) 

Nous traduirons donc les deux mots Tplç aùÇYjOelç par 
c( bien des fois augmenté » ou <c très augmenté ». 

Voici quelques exemples de cette extension du sens 
du mot tp({ qui entre souvent alors dans la composition 
du mot suivant. 

Tpt6ap6otpoç» très barbare : ISxtç 'IXXuptç oZaa xat Tpt6ip- 
éapoç* Bien qu^elle (Eurydice) fût Illyrienne et très 
barbare. (Pt^utarque, De f éducation des enfants^ 20.) 

lpv^içtù>tj très vieux : èv nuX((>i^a6éT} r^ijisv 2x« fpi^épW 
Il (Nestor) est inhumé dans la divine Pylos, après avoir 
vécu très vieux. (Anonyme, Anthologie palatine, VII 
£pigramme$ funéj*aires, 144, 2.) 

TpCxXuTTO^ (de tpCç, xXù>[(i>), bien des fois arrosé. 

TpwiiXtTro^ (de xpCç, xuX(tt), roulé bien des fois. 

TptXftiArf,; (de xpCç, Xi(Mco»), très brillant. 

TplXtxTo; (de tpU, Xévw), dit bien des fois. 

{V $ur UUtUHiri*. où; et PUcîia, I, m, 23. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 233 

TpiXXtoToç pour Tp(XwToç (de TpCç, XfocoiMct), très désiré : 
ipCXXtaToç lxJiXu6evuÇ èp€6ew^ • exoptatissima superventt nox 
tenebrosa {Iliade, VIII, 488). 

Tp(?caXai, très anciennement, depuis très longtemps : 
xdrfà), icpCicaXot XouTtû * Moi aussi, il y a très longtemps 
que j*ai envie de me baigner (Lucien, Lexiphane, 2). 

TpiiciXaioç, très ancien. 

Tptwavoup^oç, très perfide : Tbv xpwcavoup'^fovTEpWT' IxXaasv 
èv xapBia ' Il (Praxitèle) lui mit au cœur le très perfide 
amour (Méléagre, Anth. pal,, XII La muse de Straton, 
57, 4). 

Tpixépuai, depuis très longtemps. 

Tpwctè'/jxivoç, très laid, comme un singe : ^ùfxpç ê^ouffa 
BiTfa) TpixiOif)xivov - Bito, 1res laide, avec scn museau de 
singe (Lucilius, Anth. pal,^ XI Fpigrammes comiques, 
196, i). 

Tptic^OtjToç, très désiré : vm l%\ i:aat tbv Tpixéôtjxov tJiJLtv 
6p(aiJL6ov - Et par-dessus tout, ce triomphe tant désiré 
(Lucien, XXV Comment il faut écrire l* histoire, 31). 

TpwcivtjTOç (de Tp(ç, icovéw), très travaillé. 

TpCicopvoç, très débauché (Athénée, XIII, Lettre de 
Théopompe à Alexandre). 

Tpiaàr^ioqj très saint. 

TpiaiÔXtoç, très malheureux : oCtw xpiaiOXioç îjv téxe • 
Tant j'étais très malheureux alors (Lucien, XLV, le 
Songe ou le Coq, 24). 

TpiaaviptOiJLoç, très nombreux. 

Tpi9av6p(i)'j7oç, très malheureux : toùç ^ifjTopoç ... Tpia- 
avôp(i>icouç ÂicsxiXsi âvti toO Tpt(ïaOX(ou(; * Il (Diogène) disait 
que les orateurs ... sont trois fois hommes, dans le 
sens de très malheureux (Diogène de Laerte, VI, 2, 
47). 

TptaapetoocoYCngç, très grave. 

TptaiaiAevoç, très content. 

Tp((76BéXuxToç, très odieux. 

TpiadeCXaioç et Tpio36ffTiQV0(;, très misérable. 

Tp(?eu8a(|Aiov et xpijeuTux^Ç» très heureux. 






î34 J. DUPUIS. 

Tpi9)utxo8a(iMâ>v, 1res malheureux. 
TpbixoKop, très heureux : 

Trois l'ois heureux ton père et ton auguste mère. 

(Odyssée, VI, 154). 

TpiffpiéYiffTOç, très grand. 

TptaTovuoTOç (de xpCç, Tavu(i>), très long :xai SévoxaTptTi- 
vuoTov ' Et un très long roseau (Archias^ Anth. pal., VI 
Epigr. votives, 192, 5). 

TptçCXifjTOç (de Tp(ç, 9tXé(i)), très aimé. Etc., etc. 

Nous terminerons cette explication un peu longue du 
sens qu'il convient d'attribuer à tplç a&^e(ç par une 
observation qu'on lit dans le Thésaurus graecae Itnguae 
d'Henri Estienne, au mot -rptç : t Videntur certe GalU hoc 
tplç tn suis superlativis usurpare, quum dicunt très saint, 
très sage, très bon, etc., nisisitex latino ter ». 

E. — L'une également égale, cent autant de fois (ti|f 
(jkèv loiQv {ffâbuç, bcatbv xoaauxixtç). — Donc la première 
harmonie est carrée et égale à 10 000, le mot tourécte 
étant sous-entendu avant Ixaxbv ToaauTixiç. 

P. — L'autre de môme longueur ('rt;v 81 {90(iiI^Tj jjikv ifj. 
— Donc un des deux facteurs de la seconde harmonie 
vaut 100, 

G. — Et, pour ce qui est allongé, de cent carrés des 
diagonales rationnelles de 5, diminués d'une unité 
(icpo|iLiljxet 8à, buiTby {iJàv Âpi6{M&v àvh itaiiitpcov ^y^tûv icq&xtf- 
Soç, 8eo(iiv(dv èvbç Ixiorinv). Nous mettons une virgule de« 
vant le participe Ssoiiivov qui ne se rapporte pas à 8ia- 
|jiTp(i>v, mais à àptSjxûv. — Ce qui est allongé, c'est la 
plus grand facteur de l'harmonie. Il se compose dt 
deux parties. La première vaut cent carrés dea diago- 
nales rationnelles de 5, diminués d'une unité; car l'ax- 
pression & ixb dipi6}jLou, pour désigner le carré d'un nom* 
bre, est classique, mais le carré de la diagonale ration- 
nelle de 5 est 49 (voy. supra, III, xzvui), donc la 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 235 

première partie du facteur allongé vaut cent fois (49—1) 
ou 4800. 

H. — Ou de cent carrés des diagonales irration- 
nelles, diminués de deux [àfipi^'zm Se, iusTv, pour Ixaxbv 
8à ipiôi^ûv àiib Siaii.éTp(i>v â^^iI;t(ov ire^AïuaSoç , 8eo|jiiv(i>v Suetv 
èxijTcov). Le carré de la diagonale irrationnelle de 5 est 
50 (voy. supra, III, xxvi) ; donc la première partie du 
facteur allongé vaut aussi cent fois (50 — 2). Nous ver- 
rons {infra, IX) les raisons qui ont pu déterminer Pla- 
ton à donner deux modes de formation de 4800. 

L — Et de cent cubes de trois. — G*est la seconde 
partie du facteur allongé : elle vaut 2700. Donc le fac- 
teur allongé de la seconde harmonie vaut 4800 -{■ 2700 
ou 7500, et rharmonie elle-même vaut 7500 X 100 ou 
750 000, puisque Tautre facteur est 100. 

L'harmonie carrée étant 100x100 et les deux facteurs 
de la seconde harmonie étant 100 et 7500, on voit que 
Platon appelle harmonie un produit de deux facteurs 
dont Tun est multiple de Tautre, définition transmise 
par Ptolémée (voy. supra, III, vi et vu). 

K. — C'est ce nombre géométrique tout entier (^ujji- 
icaç lï oStoç dpiO|i^ç Y£o)[jL6Tpix6ç) . — Le mot Çui^xaç montre 
que, dans la pensée de Platon, les deux harmonies doi- 
vent être réunies en un seul nombre. Or 10 000 + 750 000 
égalent 760 000, donc le nombre de Platon est 760000, 

ou 76 MYRIADES. 

Mais76=19x4,donc76myriade8=19x4Xl0 000. 
On peut donc obtenir 76 myriades en multipliant d'a- 
bord (1 + 5) ou ^ par 3, puis le résultat \9 par 4, et le 
nouveau résultat 76 par 10 000; le nombre ^ est ainsi 
trois fois augmenté, puisqu'il a été multiplié successi- 
vement par 3, 4 et 10,000. C'est Texplication que nous 
avons donnée, dans notre précédent mémoire, des mots 
xpU a&Çv)Oe(^ qui n'ont pas toujours le môme sens que la 



226 J. DUPUIS. 

locution classique très précise TOXXaxXoGios^iç kà, Tptx 
(multiplié par 3). En traduisant Tpcç par a bien des fois », 
nous espérons avoir répondu à l'objection posée en Al- 
lemagne à notre précédente explication. 

Le docteur Frédéric Hultsch, de Dresde, nous écri- 
vaity en effet, le 9 novembre 1882 : a ... Je crois pouvoir 
ajouter que tout le monde savant vous sera reconnais- 
sant des nouveaux aperçus que vous avez mis en lu- 
mière dans cette seconde solution du problème... On 
ne peut espérer expliquer avec succès ce passage de 
Platon qu'en tenant compte, autant que possible, de la 
langue des mathématiques en usage à cette époque. 
Réciproquement, tout traité compétent sur ce passage 
doit ajouter quelque acquisition à Thistoire des mathé- 
matiques au temps de Platon. Envisagée à ce point de 
vue, votre nouvelle interprétation est un bénéfice pour 
la science, car la langue des mathématiques dans l'an- 
tiquité, surtout celle de Pythagore, y est excellemment 
exposée. 

c Quant à la solution du problème, elle est, en géné- 
ral, extrêmement vraisemblable, et j*ai suivi avec le 
plus grand intérêt vos arguments pleins de sagacité. 
J'hésite seulement devant l'explication des mots Tplç 
cù^tiq qui me paraissent désigner le facteur 3... (1). > 



(1) .... Ich glaube hinzurufUgen zu dOrfen, dass auch die ganze ge- 
lehrte Welt Umea dankbar sein wird (ur die neuen Gesichtspnnkte, 
welche Sie bei Ihrer zweiteu Behandlung des Problems auf gestellt ha- 
ben... 

Die Stella Platons war nur dann mit Anssicht auf Erfolg zu erkUeren, 
wenn man den mathematischen Sprachgebrauch jener Epoche soweit 
als mœglich berucksichtigte. Also muss umgekehrt jede sachkniidi^ 
Behandlung der Stelle einen Gewinn bringen filr die Kenntnis derGe- 
schichte der Mathematik zu Platons Zeit. Von diesem Standpunkte ans 
ist Ihre neue Untersuchung jedenialls ein grosaer Ge«*inn fur die Wis- 
aenschaft, denn der mathematische Sprachgebrauch der damaligenZeit, 
besonders der Pythagoreer, ist vortrefflich dargestellt worden. 

« Aniangend Ihre Lœsung des Problems, so hat das meiste einen 
hohen Grad ron Wahrscheinlichkeit, und ich habe mit grossem Inte- 



J 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 237 



JUSTIFICATION DE LA LEÇON 1CpO{1.1^Xei Sa. 

« 

L'édition publiée par les soins de Schneider, dans la 
collection Didot, présente, pour la définition de la se- 
conde harmonie, la legon plus rare %po\i:i\%ti Se, au lieu 
de 7po(i.i^xei 8&. Dans ce cas, ce n*est pas le plus grand 
facteur de la seconde harmonie, mais l'harmonie tout 
entière, qui vaudrait 7500, ce qui est inadmissible pour 
plusieurs raisons. 

4® Les deux facteurs de la seconde harmonie vau- 
draient alors 100 et 75 qui ne seraient pas multiples 
Tun de Tautre ; cela ne serait pas conforme à la tradi- 
tion pythagoricienne sur les accords qui nous a été 
transmise par Ptolémée (voy. supra, III, vi). 

2® Le nombre géométrique serait 17 500, somme des 
deux harmonies, 10 000 et 7500; or 17 500 n'est pas 
divisible par 19, on aurait donc un nombre fraction-^ 
naire pour valeur x de tptç, car elle serait déterminée 
par la condition 

V^X X = 17 500, d'où ar = 17 500 X TÎ = 2763 + t}. 
S'* Ce nombre 17 500 ne vise aucune période connue 

du temps de Platon, aucun nombre remarquable. 

4^ Enfin, et cette raison nous paraît la meilleure, la 

première harmonie vaut 100 fois 100, et la seconde est 

de môme longueur ; donc logiquement, ce qui reste à 

définir, c'^st Tautre dimension de l'harmonie. 



resse Ihre scharfsinnigen Beweise verfolgt. Bedenken habe ich haupt- 
sachlich gegen die Erklœrung der Worte rpU ayÇ»flsifi, womit mir nup 
der Factor 3 gemeint zu sein scheint » 



238 J. DUPUIS. 



VI 



RÉSUMÉ DU PROBLÈME. — PAAAPHRASE D*ARI5T0TE 



En résumé, il y a deux nombres dans le lieu mathé- 
matique de Platon. 11 est inQniment probable que le 
premier est 40, somme des termes de la progression 
4, 8, 42, 16, que Platon obtient en multipliant par 4 le 
quaternaire pythagoricien 1, 2, 3, 4. Pour nous, cette 
probabilité équivaut à une certitude. Et il est hors de 
doute que le second, qui est le véritable nombre géo- 
métrique, égale 760 000. Platon l'obtient en faisant la 
somme de l'harmonie carrée, 100 X ^00 ou 10 000, et de 
rharmonie, promèque ou allongée, 7500X 400 ou 750 000. 
Il obtient d'ailleurs le plus grand facteur, 7500 ou 100 
fois 75, de la seconde harmonie, en ajoutant 100 fois 27 
à 100 fois 48. 

Le nombre géométrique s'obtient aussi en multipliant 
par un facteur convenable (120 000) la somme de la 
demi-décade et du fond de l'épitrite (|), pris parmi les 
intervalles du quaternaire désigné dans la première 
partie de la phrase du lieu. 

La seconde partie de la phrase, depuis &v èirfTpttdç 
^0{ii^, sufBt à la détermination du nombre géométrique, 
car Aristote, qui entendait certainement la pensée de 
Platon, néglige Ténigme qui précède. 

Dans la République, dit-il, Socrate parle aussi des ré« 
volutions, mais il n'a pas fort bien traité ce sujet... A 
son avis, elles viennent de ce que rien ici-bas ne peut 
subsister éternellement, et que tout doit changer dans 
un certain laps de temps; et il ajoute que « la base des 
périodes est le fond de l'épitrite joint à 5, qui offre dcax 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 239 

harmonies, après que le nombre décrit, qui est un pro- 
duit, a été obtenu d; mot à mot : quand le nombre do 
cette description est devenu solide [àpyriv î'eîvai to6TO)v, 
&v i^hpiTOç TOi9|i.'>îv xspLicdtSt oul^uY-'^C ^^^ àpjjiovCaç Tzapix^xcti, 
Xéfcov Skav 6 tou ^iar^pi\i\LOL'zo^ àpi^\kbq toutou ^é^tri'zaLi CTepséç). 
{Aristote, le Politique, V, x.) 

Les mots Tplç aiiyfidq n'indiquent donc pas une sim- 
ple multiplication par 3, puisque le résultat est un 
nombre solide (voy. supy^a, III, iv). On trouve la valeur 
qu'on doit attribuer à xpCç en cherchant par quel nombre 
on doit multiplier '| pour obti.nir760 000. Aussi l'inter- 
prétation arithmétique d'Aristote ne porte-t-elle que 
sur les deux mots Tpiç aii^rfid^ dont le sens pouvait alors 
offrir quelque difQculté. 



VII 



RAISONS QUI ONT PU DÉTERMINER PLATON A CHOISIR 

LE NOMBRE 76 MYRIADES. 



A la naissance de Platon, 430 ans avant notre ère, la 
science astronomique avait fait assez de progrès pour 
que l'athénien Méton ait pu trouver le cycle de dix^neuf 
ans, appelé aussi ennéadécatéride, qui comprend, à quel- 
ques heures près, 235 révolutions de la lune. Cette 
découverte avait eu un tel succès et un tel éclat dans 
la Grèce, qu'on en flt graver le résultat en lettres d'or 
sur des tables d'airain, d*oti est venu le nom de nombre 
d*or donné à ce cycle, dont Méton fixa le premier jour 
au solstice d'été de l'an 432 avant notre ère (1). 

Or les premiers philosophes croyaient à un nombre 



(1) Cf. Elien, Histoires variées, X, 7. — Diodore de Sicile, Bi- 
bliothèque historiqae« XII, 36. 



?40 J. DUPUIS. 

fatal d'années après lequel tout devait recomnoencer 
dans le môme ordre. Nous ne sommes donc pas bien 
surpris de voir le nombre 19 figurer parmi les facteurs 
du nombre géométrique, quoique Platon paraisse ad- 
mettre deux périodes différentes, Tune pour la grande 
année astronomique, l'autre pour la grande année poli- 
tique : il croit que celle-ci doit être, comme l'autre, un 
multiple de 19. 

Virgile fait peut-être allusion à ce nombre fatal, 
quand il dit (Eglogue IV, 4-5) : 

Ultima Cumaei venitjam carminis aetas; 
Maffnus ab integro saecîorum nofcitur orâo. 

Prédit par la Sibylle, un dernier &ge avance; 
Des siècles écoulés la chaSne recommence. 

Le cycle de Méton comprend 6940 jours. Calippe de 
Gyzique, autre astronome grec, proposa un nouveau 
cycle plus exact, composé de soixante-seize années so- 
laires ou de quatre cycles métoniens dont il retranchât 
un jour sur la totalité. C'est à partir de l'an 330 avant no- 
tre ère que Calippe substitua le cycle de 76 ans au cycle 
de 19 ans découvert par Méton. Platon était mort de- 
puis dix-sept ans. Nous croyons donc qu'il n'a pas eu 
connaissance de la période calippique, et que, dans le 
nombre 76 myriades, il faut voir le cycle de Méton et 
non celui de Calippe. 

Nous croyons qu'il a choisi le facteur 4, qu'on trouve 
dans 76, parce que le quaternaire était cher aux pytha- 
goriciens. « Tous les Pythagoriciens, dit Théon, pla- 
cent le quaternaire au premier rang, parce qu'il semble 
réunir la nature de toute chose. » Ces choses, rangées 
par séries de quatre, étaient : le quaternaire 1 , 2, 3, 4, 
qui se forme par addition ; les quaternaires 1, 2, 4, 8, 
et 1, 3, 9, 27 qui se forment par multiplication; les 
grandeurs (point, ligne, surface, solide); les corps 
simples (air, eau, terre, feu); les figures des corps 
simples (pyramide, figure du feu ; octaèdre, figure de 



i 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 241 

Tair; icosaèdre, figure de l'eau; cube, figure de la 
terre); les sociétés (homme, famille, bourg, cité); les 
âges de la vie (enfance, adolescence, virilité, vieillesse); 
les saisons de Tannée, etc.. (1) 

Aussi le nombre quaternaire entrait-il dans la for- 
mule de leur serment solennel. Cette formule repro- 
duite par Théon, Plutarque, est extraite des vers 

dorés de Pythagore. — « N'abandonne pas tes yeux 
aux douceurs du sommeil avant d'avoir examiné bien 
des fois (xptç) les actions de ta journée. Quelle faute ai-je 
commise? Qu'ai-je fait? A quel devoir ai-je manqué? 
Commence par la première de tes actions et parcours 
ainsi toutes les autres. Reproche-toi ce que tu as fait 
de mal; jouis de ce que tu as fait de bien. — Médite 
sur les préceptes que je viens de te donner, travaille à 
les mettre en pratique, apprends à les aimer. Ils te 
conduiront sur les traces de la divine vertu; j'en jure 
par celui qui a transmis dans nos âmes le sacré quaternaire, 
source de la nature étemelle. » (Sentences xxiii et xxiv.) 

Platon devait avoir en grande estime le nombre qua- 
ternaire. De môme qu'il a multiplié le quaternaire i, 2, 
3, 4 de Pythagore par le quaternaire 4, pour obtenir le 
quaternaire 4, 8, 12, 16, plus parfait et plus riche, d'a- 
près Plutarque (voy. supra, III, xii), il a d'abord mul- 
tiplié le nombre d'or 19 par le quaternaire 4. Les Grecs 
étaient d'ailleurs fort atttachés à toutes les périodes de 
quatre années, à cause des Jeux olympiques qui se 
célébraient tous les quatre ans. Le nombre 76, égal à 
4 X 19, a l'avantage d'être à la fois un multiple de 
l'olympiade et du cycle métonien. 

Ce n'est pas tout, Pythagore avait fait une étude 
spéciale du triangle dont les côtés sont 3, 4, 5 : il avait 
découvert que ce triangle est rectangle. Platon chercha 
à l'avoir pour base du nombre géométrique. Plutarque, 



(1) Cf. Théon, Arith. II, 38. pp. 147-155 de Téd. Bouillaud, et 94- 
99 de 1 éd. HiUer. 

Annuairb 1884. 16 



24î J. DUPUIS. 

après ravoir appelé le plus beau des triangles rectan- 
gles (xb xiXXt^Tov TÔv ipOofcovCiov rptycàvciiv), dit : « C'est 
de ce triangle que Platon semble s'être servi dans la 
République pour former le nombre nuptial. Dans ce 
triangle, le côté vertical vaut 3, la base vaut 4, et l'hy- 
poténuse, dont le carré égale la somme des carrés 
des deux autres côtés^ vaut 5. » (Sur Isis et Osiris, 56). 
Proclos est plus afSrmatif. Il dit en parlant du trian- 
gle rectangle : c A ce genre de triangle appartient le 
triangle de la République^ dont les côtés sont 3 et 4, et 
rhypoténuse 5. » [Proclus in Euclidem, Commentaire sur 
la prop. XLVII, p. 428 de Téd. de Godefroy Priedlein, 
Leipzig, 1873, in-12.) 

Platon chercha évidemment s'il existait une relation 

simple entre le nombre 19 et les côtés 3, 4, 5 de ce 

triangle ; 19 n'est ni la somme ni le produit de ces côtés, 

mais il est la somme du moyen côté et du produit du 

plus grand par le plus petit, car on a 19 = 4 + ^ X 3. 

Cette égalité n'offre rien de remarquable, mais on peut 

la mettre sous la forme 19 r= (4 -}- 5) x 3, comme l'a 

fait Platon ; et 4 est le rapport de quarte découvert par 

l'ancienne école pythagoricienne et peut-être par Py- 

thagore lui-même : c'est le premier des accords qu'on 

rencontre dans l'octave, et Ton sait quelle importance 

Platon attribuait à la musique dans l'éducation de la 

jeunesse. Cette éducation consistait surtout à former 

le corps par la gymnastique et l'âme par la musique. 

(République, II, 376, e.) 

Les gardiens de l'État devaient veiller à ce que rien 
ne la corrompe, et, par-dessus tout, à ce qu'aucune 
innovation ne s'introduise dans la gymnastique et la 
musique, a Qu'on y prenne garde, dit Socrate, innover 
en musique c'est tout compromettre; car, comme dit 
Damon (1), et je suis en cela de son avis, on ne saurait 



(1) Damon, célèbre musicien d*Athènes, fat le maître de Périclès et 
t\e Socrate. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 243 

toucher aux règles de la musique sans ébranler en 
même temps les lois fondamentales de TÉtat... 11 faut 
donc faire de la musique comme la citadelle de TEtat. » 
(République, IV, 423, c, d.) 

Il semble que Molière ait imité ce passage dans le 
Bourgeois gentilhomme, quand il fait dire au maître de 
musique (acte I, scène ii] : « La philosophie est quelque 
chose; mais la musique, monsieur, la musique, ... il 
n^y a rien qui soit si utile dans un Etat que la musique... 
Sans la musique, un Etat ne peut subsister... » 

Revenons à l'égalité 19 = (4 + 5) X 3. On en conclut 
76 myriades = (4 -f 5) X 12 myriades. Remarquons que 
12, égal à 3 -j- 4 'f' S) est le périmètre du triangle de 
Pythagore. 

Nous croyons que Platon a été conduit, par les con- 
sidérations suivantes, à choisir, comme période des 
choses humaines, le nombre 760 000 ou 76 myriades : 

l'* Le nombre 76 est multiple de 4 et de 19, c'est-à* 
dire du nombre quaternaire et du cycle de Méton, pé- 
riode astronomique après laquelle le soleil et la lune se 
retrouvent aux mêmes points ; 

^ Ce nombre 76 étant aussi égal à (| + 5) (3 + 4 + 5), 
chacun des deux facteurs est fonction des côtés du 
triangle de Pythagore, et, de plus, j est le rapport de 
quarte. Par le choix et le mode de formation de 76 my- 
riades, il rendait donc hommage aux découvertes qui 
ont immortalisé le plus célèbre de ses précurseurs 
qu'il appelait le plus grand des philosophes et le plus 
sage des hommes ; et il rappelait tout au moins le sou- 
venir de la découverte qui a illustré Méton, l'astronome- 
géomètre, qu'Aristophane, ennemi de tous les nova- 
teurs, n'a pas craint de tourner en ridicule dans sa 
comédie /es Oûeauo; Cjouée 4i6 ans avant notre ère), en 
le représentant à la foule ignorante comme un fâcheux. 
Rappelons cette scène : 



241 J. DUPUIS. 

UE oÉOHÊTRB, entrant avec *es instruments. 
Me voici, moi. Je viens offrir mon ministère. 

PITTHKTÊRUS 

Autre fléau ! Voyons, qu*est-ce que tu viens faire ? 
Dans quel but, quel espoir, viens-tu, d^un pied léger. 
Sons cet accoutrement, ici nous déranger? 

LB OÊOMÀTRE 

Je viens toiser votre air et mesurer vos nues. 
Je viens tracer, donner Talignement des rues. 

PISTHÈTÈRUS 

Oh! oh! qui donc es-tuf 

LE GBOIfÈTRB 

Je suis le grand Mèton. 
Et la Grèce et Colone ont retenu mon nom. 

PISTHÈTÈRUS, lui montrant ses instruments. 
Qu*est-ce que tu veux faire avec ces ustensiles? 

LE OÈOICÈTRB 

Ce sont des niveaux d*air qui vont vous être utiles. 
Ecoute-moi plutôt. 

PISTHÈTÈRUS 

Méton, cher Méton. 

LE GÉOMÈTRE 

Quoi? 

PISTHÈTÈRUS 

Tu sais combien je faime. Eh bien, Méton, crois-moi. 
Déguerpis au plus tôt. 

LE GÉOMÈTRE 

Un danger me menace ? 

PISTHÈTER^US 

Un grand danger. Tu sais comme à Sparte Ton chasse 
Mendiants et fâcheux, comme sur tous les tons 
On fait jouer sur eux lanières et bâtons ? 

LE GÉOMÈTRE 

Seriez-vous par hasard en discorde ? 

PISTHÈTÈRUS 

Au contraire. 

LE GÉOMÈTRE 

Mais alors? 

PISTHÈTÈRUS 

D'un accord unanime et sincère 
Nous avons résolu d'expulser de chez nous 
Fripons et charlatans, en les rouant de coups. 

LE GÉOMÈTRE 

Ohî je pai*s. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON . 245 

PrSTHÊTKUUS 

Trop heureux si ton dos en réchappe, 
Car voici le bâton qui 8*approche et qui frappe. 

(Il le poursuit en le frappant.) 

LE OéoMÈTRB 

HoU! je suis rompu. 

pisTnérÉRUS 
Je te Tai dit, mon vieux^ 
File, et mesure-toi toi-même, si tu veux. 

(Lii Géomètre se sauve à ton tes jambes). 
Vers 992-1020. Traduction de M. Eugène Fallex. 

« Mesure-toi loi-môme », parodie évidente du pré- 
cepte « Connais-toi toi-même », inscrit sur le fronton 
du temple de Delphes, et qui fut pour Socrate le point 
de départ de ses recherches philosophiques. 



VIII 

OPINIONS DE SCHLEIERMACHER ET DU D' HULTSCH 

SUR LE PROBLÈME 

Nous avons donné dans notre premier mémoire (Pa- 
ris, Hachette^ 1881, br. in-8 de 64 pp.) les traductions 
de MM. Victor LeClerc, A.-J.-H. Vincent, Th. Henri 
Martin et Paul Tannery(l). Nous n'y revenons pas; 
mais nous allons encore résumer les opinions de 
Schleiermacher et de Hultsch sur la question. 



(1) Voyez Pensées de Platon, recueillies et traduites par Joseph 
Victor Le Clerc. Paris, 1819, p. 3l0. — Journal r Institut, n« 45, 
sept. 1839, et Notices et extraits des mss. de la Bibl, du roi, t. XVI, 
2* partie, 1840, Sur le nombre nuptial, par A.J.-H. Vincent, p. 184. 

— Histoire de V Arithmétique , Le nombre nuptial..., par Th. Henri 
Martin. Extrait de la Revue archéologique, 13* année, Paris. 1857. 

— Revue philosophique, première annexe, février 1876; Le nombre 
nuptial dans Platon, par Paul Tannery. 



216 J. DUPUIS. 

Fréd.-Daniel-Ernesl Schleiermacher (1768-1834), 
célèbre philosophe allemand, déclare dans ses Notes 
sur la République que c'est Timpossibilité d'entendre 
le passage, et Tespérance toujours renaissante et tou- 
jeurs trompée de unir par Tentendre, avec le secours 
des autres et ses propres efforts, souvent renouvelés, 
qui lui a fait interrompre pendant douze années en- 
tières sa traduction de Platon (1). Il croit que le ton 
équivoque sur lequel on parle du sérieux des Muses 
peut bien n'être fondé que sur ce que l'on ne pouvait 
mettre dans la bouche de Socrate une telle application 
du moral au physique comme une chose tout à fait 
sérieuse de sa part, et en partie aussi sur ce que Pla- 
ton pouvait n'avoir pas la ferme conviction d'avoir 
trouvé le nombre qui comprend et explique le mystère. 
Il ajoute : <c Toujours est-il certain que Platon en a 
choisi un remarquable par sa construction, au moyen 
duquel il pouvait indiquer aux connaisseurs quelque 
chose qu'il préférait ne pas énoncer directement : car 
je ne puis en aucune fagon admettre qu'il ait voulu 
tourmenter ses lecteurs et faire en sorte qu'après avoir 
pris beaucoup de peine ils fussent condamnés à rester 
à la fin dans l'embarras. J'aimerais bien mieux croire 
qu'avec notre connaissance passablement défectueuse 
de la langue mathématique des Grecs nous ne sommes 
peut-ôtre pas en état d'arriver ici à quelque chose de 
certain. » Après avoir discuté la solution jusqu'à xpiç 
a5Çt]6eii;, il termine ainsi : c Quant au reste, je n'y en* 
tends rien, et ne veut point passer pour y rien enten* 
dre..; Et la traduction ne peut que reproduire le texte 
de la manière la plus incertaine possible. Ainsi, que 
ce problème demeure encore réservé à la bonne fortune 
de quelque autre ; pour moi, je ne puis le considérer 
comme résolu par les travaux tentés jusqu'ici; et je 
me trouverais heureux si les soupçons que je viens 

(1) Platon* Werke, Berlin, 1817-28; œuvre inachevée. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON . 247 

d'énoncer donnent lieu à quelque nouvelle tentative de 
la part d'un connaisseur (i). » 

Voici d'ailleurs la traduction française littérale de la 
version allemande de Schleiermacher. Nous indiquons 
les contre*sens en italiques : 

« Mais il y a pour le divin engendré une période 
qu'un nombre parfait embrasse, et pour l'humain un 
nombre dans lequel, comme premier, des puissances 
produisantes et produites, comprenant trois intervalles 
et quatre termes, qui rendent semblable et dissem- 
blable, abondant et déficient (2), ne présentent que des 
rapports simples et exprimables les unes par rapport 
aux autres. 

c De cela le fond du rapport 4 joint au quinaire, mul- 
tiplié trois fois, donne deux harmonies, l'une également 
égale, cent autant de fois, l'autre de même longueur, 
mais par le côté allongé de cent nombres des diamètres 
exprimables du quinaire, raccourcis chacun d*une 
unité, les deux diamètres étant inexprimables^ et de cent 
cubes de trois. 

On voit que Schleiermacher a adopté la leçon xpofiifjxei 
Se. Sa traduction littérale est certainement une des 
meilleures publiées en Allemagne. 

M. Cousin avait ce philosophe en haute estime : 
après Schleiermacher, dit-il, dans plus d'une note je 
n'ai trouvé aucun épi à glaner, t Notre guide accou - 
tumé, dit-il encore dans ses notes sur le Timée, nous a 
manqué. La mort a empêché ce grand critique de ter- 
miner le plus durable monument qui ait élevé de notre 
temps à la philosophie platonicienne. • 

(1) Ces détails sont extraits de Tintéressante note de M. Cousin sur 
le nombre géométrique. Voy. t. X de sa traduction des Œvvres de 
Platon, pp. 321-342. 

(3) Un nombre est abondant ou déficient, suivant qu*il contient plus 
ou moins que la somme de ses parties aliquotes; ainsi 12 est abondant 
et 10 est déficient parce qu'on a 

12<l+2-f 3 + 4 + 6 et 10>14-2 + 5. 



2 IS J. DUPUIS. 

Le dernier travail publié en Allemagne est celai du 
docteur Fréd. Hultsch, de Dresde, 1882. D'après ce 
savant, la période serait un carré; le fond de Tépitrite 
joint au quinaire serait 3-f-4-|-5 = 12; cette somme 
augmentée trois fois (zpiç i&çrftdq) serait 36. Au lieu de 
cent carrés de la diagonale rationnelle du quinaire, 
M. Hultsch prend cent fois cette diagonale ou 700... Il 
arrive au nombre 1296 myriades, quatrième puissance 
de 60 (i), que nous ne saurions admettre, malgré la 
haute compétence de Téminent philologue. 

Les autres nombres proposés sont : 

Au xvi« siècle, 1728, cube de 3 -f- ^ + 3, par Volter- 
ranus (Maffei), Le Febvre d'Etaples, François Ba- 
zozzi...; et 8128 = 2* (2^ — I), nombre parfait, c'est-à- 
dire égal à la somme de ses parties aliquotes, par Jé« 
rôme Cardan ; 

Au xvii« siècle, 729, par le P. Mersenne ; 

Et au xix<, 216, somme des cubes des nombres 3, 4, 
5, par Gh. -Ernest Schneider, Fréd. Schleiermacher, au 
moins pour la première partie de la phrase...; 5040, 
par Jacques-Fréd. Friès; 864, par Alexandre-Joseph 
Vincent et Thomas-Henri Martin ; 7500, trois quarts 
de 10 000, par Edouard Zeller, J. Hunziker, Bénédict 
Rothlauf...; et 2700, cent cubes de 3, par M. Paul 
Tannery. 

Nous ne craignons pas d*afûrmer que le nombre 
nouveau, 76 myriades, doit clore la série. 



(1) Friedrich Ilultsch in Dresden, Die geometrische Zahl in Pla- 
ton'* VIII. Bûche vont Staate, (Art. du Zeitschri/t fur Mathematik 
und Physik, de Schlœmilch, Kahl et Cnnlor. Leipzig, XXVII, 2. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON . 249 



IX 



PLATON A-T-IL CHERCHÉ A ÊTRE OBSCUR? 



Les traducteurs et les conrmentateurs du lieu obscur 
de Platon déclarent presque tous que Tobscurité est 
préméditée. 

La conviction du savant et regretté Th.-Henri Martin 
est si profonde à cet égard qu'après avoir exprimé plu- 
sieurs fois cette opinion, il adopte la leçon TcpopLifjxet Se, 
au lieu de la leçon irpo^jn^xiQ §é qui lui parait plus claire, 
parce qu'il croit que Platon a voulu être obscur (voy. 
p. 8 de son mémoire). 

A.-J.-H. Vincent et d'autres commentateurs font pré- 
céder leurs traductions de cette observation : ils évite- 
ront, même volontairement, d'être très clairs, pour ne 
pas s'écarter entièrement de la couleur du style et de 
l'intention de l'auteur. 

Le lieu de Platon est incontestablement obscur; mais 
nous allons essayer d'écarter la circonstance aggra- 
vante de préméditation. 

La traduction littérale du passage, appuyée surl'é- 
tude approfondie et la connaissance exacte des termes 
scientifiques usités au temps de Platon nous apprend 
que le nombre géométrique est 76 myriades, produit 
des nombres 19, 4 et 10 000, en prenant toutefois la le- 
çon TTpopLi^xet Se, la seule admissible. C'est une vérité 
qu'on peut considérer comme certaine et acquise. 

Entrons dans la pensée de Platon et voyons comment 
il définit ce nombre. Il remarque qu'on a 

760 000 = 10 000 + 750 000 
c'est-à-dire 76 myriades = 100 X iOO + 7300 X 100. 



250 J. DUPUIS. 

Donc le nombre de Platon offre deux harmonies, 
Tune carrée, cent fois cent (tî)v \tk^ ïoyjv {aaxiç, 
éxATOv ToaauTaxiç) (1), Tautre de même longueur, cent 
{r})v 8è îaoïJLi^xt) iikv t^). Le côté allongé est 7500. Sui- 
vons encore la pensée de Platon : il remarque qu'on a 
75 = 3 fois 25, mais 25 = 16 -|- 9, puisque, dans le 
triangle (3, 4, 5] de Pythagore, le carré de l'hypoténuse 
égale la somme des carrés des deux autres côtés. Mul- 
tiplions successivement par 3 et par 100 les deux mem- 
bres de la dernière égalité, on a d'abord 76 = 48 -f- 27, 
puis 7500 = 4800 + 2700. D'une part, 2700 égale cent 
cubes de trois (Ixaxbv Se xu6(ov TpcaSoç). Et, d'autre part, 
4800 égale (49— 1)X100 et aussi (50 — 2) X 100. Mais 
49 est le carré de la diagonale rationnelle 7 de 5 (voy. 
supra, III, xxvni), et 50 est le carré de la diagonale irra- 
tionnelle (III, xxvi) ; donc 4800 égale cent carrés des 
diagonales rationnelles de 5, ces carrés étant diminués 
d'une unité (Ixat^v [ikv diptOp.ûv âzb 8ta(iLéTp(dv ^tûv xe(Mci« 
2oç, Seoijivbiv evbç ixacrccov) ; ou cent carrés des diagonales 
irrationnelles de 5, ces carrés étant diminués de deux 
(d^^i^TCi)v iïy Buetv). 

Il ne faudrait pas croire que Platon, en indiquant 
deux modes de formation du nombre 4800, a voulu être 
obscur. S'il n'avait donné que le second mode, il per- 
dait une occasion de faire figurer le nombre 7 parmi les 
éléments du nombre géométrique qui ne le comprend 
pas parmi ses facteurs, puisqu'on a 

76 myriades = 19x4X10 000. 
Et, s'il n*avait indiqué que le premier mode, il pourrait 
y avoir quelque incertitude, car la valeur de la diago- 
nale ralionnelle de 5 est variable, suivant le degré d'ap- 
proximation. Platon fait cesser l'incertitude en ajoutant 



(1) Dans le ms. 1643 de la Bibliothèque nationale, Codex ckarta- 
ceus, scriptus anno Christi 1688, les mots éxarèv Tocaurâxti sont ent» 
deux points en haut qui équivalent évidemment ft une parenthèse. Ce 
ms. contient aussi le leçon vpo/triMi H, F» 188, terto, ligne SI. 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 251 

« ip^xm 3k, 8ueTv », car, pour trouver alors ce qu*il ea- 
tend par diagonale rationnelle de 5, on a à résoudre ce 
problème : Quel est le carré x* qui, diminué de i, est 
égal à 50, diminués de 2? Ce carré x^ est 49, d*où 
x = l. 

Le nombre sept avait une telle perfection, d*après les 
pythagoriciens, qu*il devait nécessairement entrer dans 
la formation du nombre géométrique. Dans le Timée 
(35, d], Platon, pour expliquer la formation de l'âme du 
monde, admet que Dieu divisa d*abord Tessence en au- 
tant de parties qu'il était convenable, dont il prit suc- 
cessivement 1 , 2, 3, 4, 9, 8, 27, c'est-à-dire que, selon 
Platon, Dieu divisa l'essence en sept parties qui sont 
entre elles comme les termes des deux progressions 
1, 2, 4, 8 et i, 3, 9, 27. Macrobe, dans son commentaire 
sur le Songe de Scipton^ dit : c Ces sept nombres admis 
dans la composition de Tâme universelle manifestent 
assez Téminente vertu du septénaire (In somnium Sci- 
pionis, I, IV, p. 25 de Téd. NisardJ. Le nombre sept, 
dit Théon, est doué d'une propriété merveilleuse (6au- 
(jLaoTTiv Ix^i Suvapiiv] : le seul, dans la décade, il n'a ni di- 
viseur, ni multiple. Les planètes sont au nombre de 
sept. La tête a sept ouvertures, etc. [Arithm., II, xlvi). 
On passerait une Journée entière, dit Plutarque, avant 
d'avoir énuméré toutes les vertus que renferme ce 
nombre consacré à Apollon (Sur le E{, H). 

A rimitation d'Homère qui a dit {Odyssée, V, 306) : 

Tpi(rti.a3ucpeç Aovaol xal TSTpaxiç, oc téx' SXovro, 

Virgile, voulant exprimer aussi la plénitude du bonheur, 
8*écrie [Enéide^ I, 94) : 

terque quaterque beati 
Queis ante orapatrum Troiae sub moenibua aitis 
Contigit oppetere ! 

Heureux, sept fois heureux, ô vous qui sur nos tours, 
Aux yeux de vos parents avez Ani vos jours ! 

Maintenant que le nombre sept a perdu tout son 



2:^ J. DUPUIS. 

prestige, on expiîme la même pensée en disant sim- 
plement c heureux > : 

Les nsL'ùosa. reiaes imr nos omqiiSies, 
Ceignaient de fleors le front de nos soldais. 
Henrenx celui qni monrat dans ces iSItes ! 
Dieu, mes enfiuits, tous donne on beau trépas. 

(BéiLiXGE&, le Vi^*x Sergent, 1823-} 

U y a dans le drame de Galiiée^ par Ponsard, une 
scène assez amusante. Galilée vient de découvrir les 
quatre satellites de Jupiter. Le seigneur Pompée, par- 
tisan des doctrines d^Aristote, n*admet pas Texistence 
de ces satellites qu*on peut cependant observer avec 
une lunette, 

Parce que soutenir qae Diea peat aroir fait 
Quatre globes en sas des sept globes qa*on sait 
Est on méchant propos, on tbème chiméiiqoe, 
Antireligieax, antiphilosophique. 

Vivian, disciple de Galilée, trouve ridicule cette pré* 
tention : 

Tenez ferme : haro snr les nonveanx venus ! 
U faut dire leur lait à ces quatre inconnus, 
A ces perturbateurs, à ces vagabonds d*astres. 
Qui plongent la science en de si grands désastres. 
Oui, chasses-moi du ciel ces intrus sans aveu ; 
De quoi se mélent-ils, je le demande un peu, 
De venir après coup, quand les places sont prises, 
Déranger brusquement les planètes assises? 
(Test une impertinence, une incongruité. 
Et j'approuve beaucoup votre sévérité. 

{Galilée, acte I, scène m.) 

Revenons à Platon. Il cherche dans 19 une fonction 
des côtés (3, 4, 5) de Pythagore. Après plusieurs essais 
probables, il trouve qu*on a 

19 = 4 + 5x3, d'où 19 = (î + 5)x3, 
donc76 = (4H-5) x 42 et 76 myr. = ($+5) x 12 myr. 

Mais, d*une pari, {, ou | en plu6[de TuniléJ s'appe- 
lait répitrite (èzhptToç), et, comme c'est une fraction ir- 
réductible, on l'appelait aussi un fond (::v6[jliqv), donc ^ est 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 253 

le fond de Tépitrile et (j -f 5) est le fond de Tépitrite joint 
à 5 (èiukptTOç -ïTuOiJLtjv xsjjiTCdtSi cuÇu-f^Cç). D'autre part, les 
Grecs, pour exprimer « bien des fois », se servaient du 
mot Tp(ç. Donc Platon, pour indiquer que la somme $ -f* ^9 
ou % doit être très augmentée, puisqu'il faut la multi- 
plier par 12 myriades, pouvait employer la locution 
Tptç a&^Oetç, et cela avec d'autant moins d'hésitation 
que, pour avoir ici Ja valeur exacte du mot Tptç (bien 
des fois), on n'a qu^à répondre à cette question : par 
quel -nombre faut-il multiptier »f pour obtenir 76 my- 
riades? Platon a voulu évidemment laisser au lecteur 
le soin de résoudre ce problème d'arithmétique. 

Ainsi, réciproquement, en prenant pour nombre de 
Platon le nombre 76 myriades fourni par l'analyse du 
texte, et, en traduisant synthétiquement la pensée de 
l'auteur, on obtient naturellement, sans effort, le texte 
qu'il nous a laissé. Donc, si c'est avec raison que le 
passage nous parait obscur, parce qu'il est très diffi- 
cile, l'obscurité n'est pas préméditée. 

Il n'y a que la difficulté du sujet qui est écrit en ca- 
ractères mathématiques : Platon voulait que son lec- 
teur fût d'abord géomètre. 

La connaissance exacte de la valeur des termes scien- 
tifiques aurait aidé à trouver le nombre géométrique ; 
et, réciproquement, la connaissance de la valeur du 
nombre géométrique, voilé à dessein par Platon pour 
le cacher au vulgaire, aurait aidé à trouver le sens des 
termes. Tout cela étant inconnu du lecteur, ou à peu 
près, il n'y a aucun fil conducteur qui puisse guider 
dans ce labyrinthe. 

Aristote, le plus illustre des disciples de Platon, au- 
rait dû nous éclairer davantage sur la question ; mais 
Aristote est un platonicien dissident : il semble réprou- 
ver les mathématiques dont il considère la prédomi- 
nance comme nuisible à la philosophie. (Cf. Ghaignet, 
Pythagore et la philosophie pythagoricienne, ouvrage cou- 
ronné par l'Institut, t. II, pp. 253-254.) 



154 J. DUPUIS. 



X 



CONCLUSION 



Voici la traduction que nous proposons. La première 
partie de la phrase étant une énigme et la seconde un 
problème d'arithmétique, nous indiquons, entre paren- 
thèses, les nombres que Platon donne à deviner dans 
la première partie et ceux qu'il donne à calculer dans 
la-seconde. 

« Il y a pour les astres une période qu'un nombre 
parfait embrasse. Pour les sociétés humaines, prenez 
un premier nombre [40], somme de produits généra- 
teurs et engendrés [4, 8, iS, 16], comprenant trois in- 
tervalles [2, }, 4] et quatre termes, de ceux qui rendent 
semblable ou dissemblable, qui croissent ou qui dé- 
croissent, et qui ne présentent que des rapports analo- 
gues et rationnels. Ajoutez 5 à l'intervalle irréducti- 
ble J, pris parmi ces rapports, la somme [| -|- S]t après 
avoir été multipliée par un très grand facteur [120 000], 
offre deux harmonies : Tune carrée égale à cent fois 
cent [iOOOO], l'autre ayant un facteur égal [100] et dont 
le plus grand facteur égale cent cubes de trois [2700], 
plus cent carrés de la diagonale rationnelle de cinq, ces 
carrés étant diminués d'une unité [100 (49 — I) = 4800], 
ou cent carrés de la diagonale irrationnelle, ces carrés 
étant diminués de deux [100 (50«-2)=r 4800]. 

« C'est ce nombre géométrique tout entier 
[10 000 + 100 (4800 4- 2700)= 10 000+ 750 000=760 000] 
qui a la vertu de présider auxgénérations meilleures ou 
pires... 9 

L'interprétation exacte de ce passage ne donne pas 



LE NOMBRE GÉOMÉTRIQUE DE PLATON. 255 

r 

seulement la solution d'un problème qui était à Tétude 
depuis plus de deux mille ans, elle est encore impor- 
tante pour rhistoire des sciences avant TEcole d'A- 
lexandrie (voy., supra, p. 236, la lettre du D' Préd. 
Hultsch), et elle montre combien Platon aimait les ma- 
thématiques et combien il y était habile. 

Nous avons donc Tespoir d'avoir fait un travail utile 
à rhistoire des sciences et à la mémoire de Platon. 



238 VICTOR SEItRES. 

guerre, se livraient sans scrupule au brigandage, môme 
contre les navires européens. 

< Les sénats dos îles, dit-il, n'oubliaient rien dans 
les premiers momens d'une liberté si long-tems atten* 
due, si vivement sentie, pour comprimer tous les dés- 
ordres auxquels il était immanquable que quelques 
hommes dépravés se livrassent : le crime est toujours 
habile h profiter des circonstances qui peuvent Tencou* 
rager : un nouvel ordre de choses à peine établi dans la 
Grèce, une bannière inconnue à l'Europe et la conFusion 
inséparable d*une première crise parurent à des bri* 
gands, dont les îles ont toujours fourmillé, des circon« 
stances favorables pour couvrir leurs pirateries. Alors, 
une foule de petits bateaux, armés soi-disant pour nuire 
au commerce turc, dévastèrent les côtes et inquiétèrent 
les navires européens. Rien n*était sacré pour eux : ils 
ne reconnaissaient point de pavillons amis. Les sénats 
sentirent la nécessité d*arrôter une pareille licence : ils 
firent une loi qui condamnait à la dégradation ou môme 
au dernier supplice, suivant la gravité du cas, tous les 
capitaines grecs qui se permettraient la moindre insulte 
envers les navigateurs de la chrétienté. Dans un mani- 
feste qui parut à cette époque, il fut môme recommandé 
aux vaisseaux de guerre anglais ou français, toujours 
stationnés dans ces parages pour protéger le commerce 
de leurs nations, de prendre et de punir ces vils dépré« 
dateurs. On y donnait le modèle des expéditions que 
les sénats délivraient aux capitaines. reconnus par eux. 
Ceux qui n'étaient pas munis de ces pièces étaient désa- 
voués par la nation, déclarés pirates et infômes : des 
mesures aussi vigoureuses eurent d'abord un entier 
succès : néanmoins, il se commit toujours quelques 
violences : les lois punissent le brigandage sans pou- 
voir Tempôcher entièrement. De tout tems, les écueils 
de TArchipel ont été des repaires de scélérats ; la ré* 
volution n'en rendit pas les habitans plus hommes de 
bien : ils continuèrent leur abominable métier, sans 



JOURN/VL DE LA FLOTTE GRECQUE. 259 

que le ch&timent exemplaire de quelques*una d'entre 
eux ait été capable de corriger les autres (1). » 

Ces faits, en somme, n'étaient pas imputables à la 
marine régulière, aux escadres combinées d*Hydra, de 
Spetzia et de Psara que conduisait Tombasis. Mais, 
dans certaines circonstances, les capitaines de cette 
flotte se laissèrent aller à des mouvements de haine 
injustiflables, et voici un fait que RaiTenel flétrit avec 
raison et sur lequel le journal est muet : 

« Près de l'île de Chypre, un des navires de la croi- 
sière d'Ipsara prit un bateau chargé de vieillards turcs : 
c'étaient des pèlerins qui revenaient par mer, après 
avoir fait le voyage de la Mecque. Ils s'étaient embar* 
qués à Alexandrie pour Smyrne, ignorant le sort qui les 
attendait, après avoir résisté aux fatigues d'un si long 
voyage et aux périls d'une route si dangereuse. Us au* 
raient pu gagner les côtes de l'Ile de Chypre et s'y 
mettre en sûreté, s'ils avaient reconnu dans le navire 
qui leur donna la chasse un ennemi sans pitié : bien 
éloignés d'une pareille idée, ils se laissèrent aborder 
sans faire la moindre manœuvre pour s'y soustraire et 
ne reconnurent leur erreur que lorsqu'il n'était plus 
tems d'y remédier. Les forcenés, écumant de rage, sau- 
tent dans le bateau le sabre au poing, massacrent huit 
ou dix individus, à l'instant, sans que les autres infor* 
tunés puissent deviner la cause d'une pareille furie : 
ils font monter toutes ces victimes à bord de leur na- 
vire, en les accablant d'injures et d'odieux sarcasmes. 
Il n'est sorte d'insultes et de mauvais traitemens que 
les malheureux vieillards n'aient soufferts parmi ces 
exaspérés : on leur proposa le baptême, en leur pro- 
mettant la vie à ce prix; mais aucun d'eux ne daigna 
racheter la sienne par ce moyen : ils furent tous ha- 
chés J'ai vu des vieillards turcs pleurei^enme ra* 

(1) RafTenel, Histoire complète des événemens de la Grèce, t. I, 
p. 92. 



260 VICTOR SERRES. 

contant la tragique histoire des pèlerins et me dire en- 
suite : «c Pourquoi les Francs trouventrils donc mauvais 
« que nous nous vengions de tant d'horreurs sur ceux de 
« ces tigres qui sont encore en notre pouvoir? > Un ar- 
gument de ce genre était sans réplique dans Tesprit des 
barbares : ils ne connaissent que la loi du plus fort, et 
les représailles leur semblent toujours légitimes. C'était 
après des nouvelles aussi révoltantes que la populace 
furieuse massacrait les Grecs sur le continent de TAsie 
et à Gonstantinople ; ainsi le crime servait de prétexte 
au crime (i). » 

Hâtons-nous de dire que ces faits regrettables ne se 
généralisèrent pas et que, dès la seconde expédition, 
on n*eut plus de ces reproches à faire aux marins grecs. 
D'ailleurs, n'oublions pas que cela se passe après les 
tueries de Gonstantinople et précède les massacres offi- 
ciels de TAsie-Mineure et de Ghio : quand on compare 
les Grecs à leurs adversaires, on n'ose plus parler de 
leur cruauté. 

Les sénats des lies firent tous leurs efforts pour que 
le serment prêté par Tamiral ne restât pas lettre morte, 
et ils surent sévir avec rigueur quand quelque capi- 
taine se laissa entraîner par sa haine des Turcs jusqu'à 
violer le droit des gens. Un de ces exemples de sévé* 
rite et de justice qui eut le plus d'effet est l'histoire du 
capitaine spetziote Argyras Stémitziotis (2), que Raffe* 
nel rapporte avec des détails que l'on ne trouve pas 
ailleurs. 

c Un navire autrichien, nolisé par des Turcs barba* 
resques pour la côte de Syrie, fut contraint par les 
vents de relâcher à Tine, alors indépendante. Plusieurs 
bâtimens grecs se trouvaient au même mouillage ; on 
aperçut de l'un d'eux un Turc, à bord de l'autrichien, 
qui emmenait ses nolisataires, leurs familles et leurs 



: 1) lliifiejiel, oiiv. ciiày t. f, p. liS. 

,i"; \'oir lo journcU A la <lato Un veaJre.U 2? avriL 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. SÎGl 

domestiques. Le capitaine grec, informé de cet incident, 
eut bien de la peine à contenir la fureur de son équi- 
page ; car tel était alors Teffet que produisait la vue 
d'un Ottoman sur les Grecs : ils croyaient voir en lui 
l'assassin de leur patriarche, dont le supplice était ré- 
cent ; ils brûlaient de l'immoler. Cependant le capitaine, 
oubliant les défenses expresses du sénat, osa demander 
les expéditions à l'Autrichien et, dès qu'il eut appris 
par ce moyen que toute la cargaison appartenait à des 
Turcs, il notifia à l'Européen que ces marchandises 
étaient confisquées. Celui-ci, hors d'état de résister par 
la force, protesta contre une pareille violence ; tout fut 
inutile : on s'empara de vive force de son navire, qui 
fut sur-le-champ déchargé : les malheureux proprié- 
taires eurent encore bien de la peine à gagner des vil* 
lages de l'intérieur où les catholiques, opposés aux 
Grecs par fanatisme, les accueillirent et les cachèrent 
dans leurs maisons. Les marchandises furent vendues 
précipitamment et à un prix infiniment au-dessous de 
la valeur. Le déprédateur paya au capitaine autrichien 
la somme stipulée par les nolisataires jusqu'à la desti- 
nation et crut par ce moyen être à l'abri de tout bl&me. 
Mais l'agent d'Autriche résidant à Saint-Nicole, chef- 
lieu de rUe, transmit au sénat d'Hydra les détails de 
cette affaire avec les protestations du capitaine euro- 
péen qui réclamait contre cette violation manifeste du 
droit des gens et de la neutralité. A peine ce corps su- 
prême en eut-il pris connaissance, qu'il envoya à Tine 
des commissaires avec des instructions précises et 
plein pouvoir à ce sujet. Le navire grec était déjà parti 
lorsqu'ils arrivèrent; n'importe : un procès s'instruisit 
sur les lieux, et le capitaine grec fut condamné à la dé- 
gradation et à la restitution, en nature ou en valeur, de 
toutes les marchandises qu'il s^était permis do saisir. 
Encore eut-on soin de stipuler dans la sentence que 
cette valeur serait établie par une commission d'experts, 
et non pus d'après les prix modiques qu'il avait obtenus 



26^ VICTOR SEREUfiS. 

à la suite d'une vente précipitée. LeB malheureux Turcs 
furent cherchés dans Tlle et rendus à l'Autrichien : la 
restitution de leurs marchandises se fit comme on Ta- 
vait décidé, et ils se remirent en route, sains et saufs, 
pour leur destination. Le sénat fit publier, à la suite de 
ce jugement, qu*un pavillon européen couvrait tout, et 
qu'il était interdit sévèrement aux navires de la coali* 
tion de les aborder, sous aucun prétexte (i). » 

Pour en finir avec ces renseignements complément 
taires, il nous suffira de noter ici un fait d'armes asaex 
important que cite Raffenel et qui n*a pas trouvé place 
dans le journal de Pescadre parce qu*il fut accompli par 
quelques navires séparés de la flotte. Une corvette à 
trois mâts de vingt-deux canons et deux bricks de 
guerre turcs se trouvaient dans la rade de Milo : les 
équipages, ne se croyant pas en péril, s'étaient répaa« 
dus sur divers points de TUe. Les Hydriotes, arrivant à 
Timproviste, massacrent les matelots qui se trouvaient 
là et repartent avec leurs prises, tandis que les habi* 
tants de Tlle courent sus aux Turcs restés à terre. Cette 
petite expédition valait aux Grecs (rois bâtiments de 
guerre tout armés et ne leur coûtait pas un seul 
homme. 

Gomme nous n'avons pas l'intention de faire ici une 
étude approfondie des événements de cette époque, 
mais simplement d'éclaircir par quelques renseigne* 
ments le journal que nous éditons aujourd'hui, nous 
terminerons en indiquant les sources où nous avons 
puisé nos indications. En premier lieu, nous devons 
'citer une petite brochure qui nous a été fort utile; elle 
est d'un nommé Agrati et a pour titre : Précit de$ opé- 
rations de la flotte grecque pendant l'année 1821 (Paris, 
1822). L'auteur, qui avait entre les mains une copie du 
journal de bord de l'amiral Tombasis, le suit pas à pas ; 
souvent un commentaire discret nous a fait com-^ 

(l) Raffenel, 1. 1, p. 9i. 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 263 

prendre le sens d*un mot ou d*une phrase un peu 
obscure« Il a joint aux renseignements que liii fournis-» 
sait ce journal toutes les proclamations et pièces offi- 
cielles analogues qu'il a pu se procurer, de façon à faire 
de sa brochure une monographie complète du sujet 
qu'il traitait. D'ailleurs, dans sa pensée, ce n'était pas 
là une œuvre isolée, mais bien le premier numéro d'une 
collection dont les cahiers suivants paraîtraient chaque 
fois qu'un fait important se produirait daùs cette guerre 
qui ne faisait que commencer, et qu'il jugeait avec rai- 
son devoir être féconde en enseignements et en sur- 
prises. Malheureusement ce premier numéro est resté 
le seul, et cette petite brochure d'une cinquantaine de 
pages 8*est trouvée, malgré son intérêt, perdue dans le 
flot des ouvrages analogues qui se sont succédé dans 
les années suivantes. Pouqueville, dans son Histoire de 
la régénération de la Grèce, le cite sans rien ajouter de 
nouveau. 

Un ouvrage d'un autre genre et d'un intérêt plus 
grand encore, c'est Y Histoire complète des événemens de 
la Grèce par RafTenel (Paris, 1825]. Cet ouvrage, d'une 
impartialité remarquable, est un plaidoyer en faveur de 
la Grèce viB*à-vis de l'Europe ; mais il ne cache pas les 
défauts de ceux qu'il défend, et Ton y trouve certains 
détails laissés dans l'ombre par les admirateurs trop 
partiaux des Hellènes. Gomme on a pu le voir, nous 
l'avons utilisé pour compléter ce qui ne nous semblait 
pas assez clair dans le présent journal. 

Bien d'autres ouvrages ont été écrits sur ce sujet, en 
Grèce et ailleurs, et qu'il faudrait consulter pour écrire 
l'histoire des marins grecs de cette époque. Mais nous 
n^avons cherché qu'à rendre aussi clair que possible le 
document que nous publions aujourd'hui : c'est à ceux 
qui voudront l'utiliser de le compléter à l'aide des 
nombreux renseignements que l'histoire peut déjà leur 
offrir. 

Comme on pourra s'en apercevoir, nous avons res- 



264 



VICTOR SERRES. 



peclé Torthographe quelquefois bizarre et surannée du 
texte, ainsi que Taccentuation qui, pour certains mots, 
n*est plus la môme aujourd'hui. Nous n'avons corrigé 
que ce qui, môme à cette époque, était considéré comme 
des fautes contre la grammaire ou l'usage. Nous avons 
de plus ajouté, dans la traduction française, la date 
du jour d'après le calendrier grec. Ce sont là les seuls 
changements que nous nous soyons cru permis. 






OXoTa bipaïcL toùttjç IlXoia ^apiœfi, 
rf^ btaxpcnelaq. 



licerCtiimxflc icXoio. 



irtaxou|AaxiQTou(&- 1 NixoXiJç Aicoato- 
â FcivviQç BouX^a- 2 TeâpYioç Ixocv- 
3 AoÇopoç niv6- 3 rtowijç *Ato- 

XTOUpiJÇ. 

5 ^ÀvaarictjçTÇia- 

6 AlQl&IQTpiOÇ 'Av- 

xùrrri BÙM\}. 

7 riiwY;ç [rxéXtjç. 

8 KdZapQ^ AaXe- 

9 AoÇapo; Ava- 

cTaTvjçMavdXiQ. 

10 Fiav/TiÇ AovToç. 

1 1 'AvaTrioTi^ -sp- 



1 6eo8a>paxiKMé(i}. 

2 NcxoXoç *Av8pia- 

vo5. 

3 Fxi^XAç TÇto6xaç. 

4 Fidcvvi}^ Xvo»Tdo7g 

5 FiiwiQç *0pX6fV]ç* 

6 F(ivvi]ç SopToç. 

7 BovioTiÇ Foui!]. 



k-^ 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 265 



Journal de f expédition de la flotte grecque dans la 
mer Egée, sous la direction de M. l'amiral Jac" 
gués Tombasis. 



Les vaisseaux qui prirent part à cette expédition 
sont : 

Pour Hydra, PourPsara, PourSpetzia, 

ceux de : ceux de : ceux de : 

1 Jacques Tom- 1 Nicolas Âposto- 1 Théodore Mézis 

basis lis 2 Nicolas Ândria- 

2 Jean Bulgaris 2 Georges Scan- nos 

3 Lazare Pinot- dalis 3 Ghika Tziou « 

zis 3 Jean Apostolis pas 

4 Georges Sach- 4 Jean - Ânastase 

touris Botazis 

5 Anastase Tzia- 5 Jean Orlof 

mados 6 Jean Sartos 

6 Démétrius-An- 7 Athanase Gou- 

toine Vocos dis 

7 Jean Ghélis 

8 Lazare Lalé- 

chos 

9 Lazare -Anas- 

tase Manolis 
10 Jean Doutas 
il Anastase Ser- 

phiotis 



î?60 VICTOR SKPJIES. 



Aùià ^Tov 5Xa Ta %api6ioi tv^ç xpuTYjÇ iKGTpatstoç, Ta ônoîa 
et^cv âvOpcbxcuç |jiaa dixb 70 ëco:; 120 to (jLTfaXi^Tepov xapa6*. ' 
xil tb )tiOs xapiSi eTy.e xavévia àTtà Ta S6(o (jipt) dhrb 12 &>{ 10 
xai 8, bi>càv ixcu Bev et^ov xovdvia ÂpxeTà 8ià va dlp(AaT«i^uy 
5Xa Ta xapa6ia, Bib xai si^cv Ta ovo) (xévsv. '0 xiOe voutTiÇ 
âicXr^puiveTO ai;b 12 ecoç 8 TaXapa (1) Tbv ii.f|Va xal tv;v l^cooTpo- 
f (av TOUy Ta cicota eÇoSa eSiSev ô KaOe voixoxupt;ç tou xopoSCou. 
TfjV {XTaXâcv c::cu STpco^av Ta xovévta tcu éXXy;vixou ot6Xgu 
èl^uYial^e tj ixrfaXrjTépa XCTpaiç 12^ èv u èxelvi) tu»v Toupxitfv 



1821, ^ Tzpùrfi èXeuOepCaç, drpiXXbu 17. 

Kupioxi^. — 6eCa ouvipaet xat eiSoxia, pLta£6o|jiev ird Tipav 
6(JLOi3 {ji£ 5 oxeTi^(b)Tixa xapa6ia, xat àiuepaaaiuv d^T(xpu tlq t5 
HeT^i (2), Bià va DkOouv xai Ta âXXa auvoSo(7copa iJLaç xopoCia. 
Tb ^pdSu f|XOov ol xaxsTavot orsTl^iioTai Tphq /atpeTtqtôv, ^ 
Toùç &?cc(ouç xat Guva>ii.iXi^9apLev xat àzsçaai^xv va (jloç dbnoXou- 
Oif^ffouv Szou |jLa{ Biu)p(aGuv à7:b TSpov. 

AeuTépa. — To xpcot pioç ^iXOov Stà ouvo8o(^pi {jlo^ xopd&a 
Cl xa^sTavot & Aa^apoç AaXey.^ç, b FxéXvjç xat 6 Xvaoriori^ 
ZepçKbTiQç uSpatot. — Tb ii.saT|(iipt, ixpoaxaXiaOr^juv ii:b toiiç 
àpxcvTa<; tyîç Tîpaç xat èxf^Yaiuv eiç Tîpav, 58sv xal (xoç 
èStuptffav 3ià va ^'Ya(v(i)(ji£V e{ç Vapà va ouvcv(i>Oûii«v (urà 
TÛv Wapiavûv, xat ëxeiTa va inQ'Ya(va){Aev va iX£u6epu>c(a>(Aev ti2v 
Xtov, xat o5t(i> (j[£Téi:eiTa xat Ta èxCXciiua {xépv) Sirou i^ TCpeic 
xaXévT) xat auvcXCûpiev' (xa^ S8a)xav xat Ta xspt TOUTcav avap^^ 
YpaïA^iiaTa, xat èreaTpé^aiJLSv cutu) xat tcv 9t6Xov \kaç sU Me- 
T6xt. 

Tpt'TY). — Tb TpcDï èirïiYajJLr/ xat àvTa|ji4i>ffa[Ji£v tcùç ^txsu; 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 287 

Ce Boal là tous les vaisseaux qui prirent pari à la 
première expédition. Chacun portait de 70 à 1 20 hommes, 
ce dernier chiffre étant le nombre des marins, qui mon- 
taient le plus grand navire. Chaque vaisseau n'avait, 
en comptant les deux bords, que depuis 12 jusqu'à 10 
et môme 8 canons, car on n'en possédait pas en nombre 
Bufflsant pour armer complètement tous les vaisseaux. 
Chaque matelot était payé depuis 12 jusqu'à 8 talaris (1) 
par mois et recevait, en outre, sa nourriture, et ces dé* 
penses étaient soldées par chaque patron de navire. 
Les boulets dont on chargeait les canons de la flotte 
grecque pesaient au plus 12 livres, tandis que ceux des 
Turcs en pesaient 36. 



17 avril de Vannée 1821, première de rinidépendance. 

Dimanche (47 avril). ^^ Avec le consentement et l'ap** 
probation de Dieu, nous quittons Hydra ayant avec 
nous 5 navires de Spetzia, et nous passons en face à 
Métochi (2) pour y attendre les autres navires qui doi- 
vent partir avec nous. Le soir, les capitaines de Spetzia 
viennent nous saluer : nous conférons avec eux, et ils 
décident qu'ils noue suivront là oh. les ordres émanés 
d'Hydra nous enjoidront d'aller. 

Lundi (18 av.). -^ Le matin, les capitaines Lazare 
Laléchos, Ohélls et Anastase Serphiotis, d'Hydra, vien« 
nent nous trouver avec leurs navires qui se joignent à 
notre escadre. — A midi, nous sommes appelés par les 
notables de l'île d'Hydra, où nous nous rendons ; ils 
nous ordonnent de nous diriger vers Psara pour rallier 
les Psariotes, puis d aller délivrer Chio, et ensuite les 
différents pays où notre présence sera jugée nécessaire. 
Ils nous donnent les lettres dont nous avons besoin pour 
cela, et nous retournons alors avec notre flotte à Mé*- 
toohi. 

Mardi (19 avril). -^ Nous partons le matin : nous Joi« 



368 VICTOR SERRES. 

dhrâfOTtv tôv ipx&ntù^ (aoç, ouiaçiavouvtsç va TaÇt3e6ai»|i£v 5Xoc 
ifiou 9uva>3eu|iivoc xaxà tiÇtv. ^Ûv 3à 6 xotpbç ivacvrfoç, iori- 
0ii](uv SXt]v èxe(viQv tv2V '^pipav, xaxà tv}v ôicoCav f^XOev xol ^ 
YoXéxa T(5v xupCuiv dlBeXçôyv ToutAiciÇtSiov, xat b xaicit : Ztdxflcç 
(là TV]v vi6t) Tou. TouTA èSicop(a6Y}9âcv icepl xà lAipiQ rS^ç ZupCoç. 
Mac loxetXav Ixt véaç Staxa^àç àxà TSpov 8tà va dxepdndiJiev 
dxb Tt}vov, xat va ax£(Xu>iAev ixst iùiù xp(a xapa6ta va Oei^p^oouv 
xV uic60e9(v évbç xapa6(ou «ncex^tâxiQ, fricdu liciooev eiç Tî^vov Iv 
xapi6c |jLà ot))jLa(av a&axptocxf;v xat \ik Toûpxouç xoÇtStfl^aç (3), 
xat va 8u9(i>ici^a(d(jiev xbv xévooXa, iico8{8ovxaç5Xa xà apica)rOévxa 
xat oxéXXovxoç dq Sicéxl^otç xb xapd6c, xaxà xvjv Staxâqf^ xûv 
xs iSixûv }ULq àpx6vx(i>v xat Zi:ex|^ici)xûv. 



Mac iStcopiaav 2xt va |a.y2v i:£tpi(ii>|AEv xàvéva xapi6t |«à ci}- 
lAaiov Çévv)v, ixxbç {jiivov 5xav 2xT) ^^P'^ut iç6Sta xou iroXéiaou, 
va xà Xa(JL6av(i>|jiev, xat bxaei ^v] oxpaxeuina xo6pxtxov va xb 
2vâqfxdll^b>tJbev va xobç è^oxpé^ SOev xobç btf^p^. 



TexpoSi]. — 'E{JLiae6ffa|uv à'xb xb Mex6xi àvx(xpuxY}ç 'YSpoiç, 
èicXi)atiaa(A£v xat Tr)v TSpov Sicou iicpoa(jL££vaiJiev iXCYOv xat xà 
XoiTcà xapa6ta bicoû SpieXXoy va [mç rnivoSeuGOuv, xat xà bimta 
è6-p)xav àxo xbv Xifiiva. — Dpbç xàç 6 &potç xfjç écncépoç, (Lôç 
ifâcvY] Sva xapà6t ptexa^ ^paç xat à^Cou FecAp^iou (4). Ta 
fiixi (U(ç xapa6ta ëicXeov xb ^v (xaxpàv xou àXXou X<*^PW Tvjv 
^pêicouaav xiÇtv. 

né|iimQ. — Eiç xà^ 3 ôpoiç x^ç eoicépaç èxidoOt) iicb xainxàv 
FcciipYdxiQ Saxxoupi} (jiCa foXéxa d^aptovi) {Aà YpàpLiAaxa Stà rijv 
"YSpov» ^Âvo(Ça|xsv xà Ypà{i'(utxa xat £!8o|JLev Sxt CYpo^ov ixb 
KoDvoxavxtvoÙTcoXtv xb xpé)jLaGpLa xou icaxpiopxou (i£xà 6 àpytsr 
péfa>v, dxb 8è 'OSéGaav xat rxicucXe6è (5) xbv èpxo(Jibv xoû ^efvu» 
èXXiQvixcu 9xpaxeu(jLaxoç dç Mé^ov Toupva6ov (6), xT|V iJLéXXovffov 
ix9xpax£(av 5 xopoôiûv xoupxtxO^v ilç àorrpriv OdXaavov * at eiiV 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 269 

gnons les capitaines d*Hydra et de Spetzia, à qui nous 
communiquons la décision de nos notables, et nous 
convenons de naviguer de conserve et de faire route en 
bon ordre. Gomme le vent est contraire^ nous restons 
pendant toute cette journée au mouillage, oîi nous 
sommes rejoints par la goélette des frères Tombasis et 
par le capitaine Ziakas avec son navire. On les envoyé 
vers les parages de la Syrie. On nous envoyé encore de 
nouveaux ordres d'Hydra, nous prescrivant de passer 
par Tinos avec deux ou trois navires pour examiner le 
cas d'un navire spetziote qui s*est emparé à Tinos d'un 
vaisseau transportant, sous pavillon autrichien, des 
passagers turcs (3) ; nous devons calmer le consul en 
rendant tout ce qui a été saisi et en envoyant le navire 
à Spetzia, conformément à Tordre des notables d*Hydra 
et de Spetzia. 

On nous ordonne également de ne mettre la main sur 
aucun navire portant un pavillon étranger, sauf lors« 
qu'il porterait à Tennemi des approvisionnements de 
guerre, auquel cas nous devrions les saisir; s'il por- 
tait des troupes turques, il nous faudrait l'obliger à les 
ramener là où il les avait prises. 

Mercredi (20 avril). — Nous quittons le mouillage de 
Métochi, en face d'Hydra, nous rapprochant de cette 
île, et nous attendons quelque temps les autres navires 
qui doivent faire route avec nous, et qui sont sortis du 
port. — A six heures du soir, nous voyons un vaisseau 
entre Hydra et Saint-Georges (4). Nos navires navi- 
guaient à distance Tun de l'autre et sans conserver 
l'ordre convenable. 

Jeudi (21 avril). — A trois heures du soir, le capi- 
taine Georges Sachtouris s^empare d'une goélette de 
Psara portant des lettres à Hydra. Nous ouvrons les 
lettres, et nous y voyons que l'on écrivait : de Con- 
stantinople, la pendaison du patriarche et de six prélats ; 
d'Odessa et de Ghiouslévé (o), l'arrivée de Tarmée na* 
tionale grecque h Tirnova (6) et le départ prochain de 



rO VICTOR SERRES. 

crciç iitov dicb 45 ixpiXXCoo àitb Kcov<yTavTtvc6roXtv. — Eîç to; 
7 ûpoç r?iç io^épa^f i^Oiaa{j.ev£lçTiiv&v, crcu ot ivavt(st oveiiot 
xotl 4) &i?iOi9i^ ToQ axcTCidA'nQ xai Tb apsYl^A '^<<^v âXXuv xspx5t(tiv 
idixûv )Jia$ \Ldiq bicoxpicovav va ÂpdiÇ(i>[jL£v Sià va ouvo{xtXT!Cu>(jL£v 
Iv ta&T<i^ xa\ Tobç âXXouç Sià va cuvTaÇi3s6(0{xsv e&tdncTtoç. 

napoi9KCUil). *- Tb t:(i)1, i9Ts(Xa|JLev Iti tcv 'Icoot;^ Sià vs 
itpooxaXéffY) Tbv dpxisp*« *al «pxovta;, èf^xav xxi et èBoôi 
(Aftç xamtdivoi Btà aitb SOsv xa\ i9uvix,0r|Cav 5Xci (jiéffa &èç tt^v 
xopCiTftv toD vauipxou xupCou Maxci>6 Tsu[i.7:il^r|* ^{rtùivra^ pii 
xavov(a f,XOcv xai 6 xarsTivtc; cicstl^toinQ^ xat ti^ (i>{jliXi^cs{jlsv 
TA SiovTS* Autbç )jLa{ Xi^st 5ti 6 aÙTrptoxbç xcvffoXo^ ^ps I^ 
toùç 86(0 [MYoiXt)tépouç Toupxsu; dq r^|V urspirsnffiv to*j, &{ieS 
xal 8Xa ta olcxpa tûv Toupxûv xà i'jvfipe. Içco etç tfjv Tipc«, 
ai^b^ 8k & xamTivoç iiriSpe iJisptxà rpdbfiJLaTx x%i èxuXriSc. icè 
ta (iceta fXoiCsv (wç 350 Ttrd^'^zcx (!)• IlXtp» dhrsçin^ft 8ti vx 
îi èrtatpi^Jof) xai va f,TOX*^ ^< U7:é0£çiç, Sib xat l(i£tve Ta «wo- 
|ikiXif;ott(ASv luti ToG xov^iXcu, xit icpiaTov èareiXaqjLey 
8ià vi auve(jLtXf|9Quv |xk aùtiv 



lîpc; 6s Tiv i^yjLt^i% xxi ipxsvra^ ivr.'vtisx;. 
p4$ii; (Mtç TCiî caXs;jLS*j xztà Tùiv T^pxMv Tjpiwk^v pizr. s» 
tsç a^tQÎ^ ta XptiMh; * ci s^isi ^jûl^ eirsv rn zpc E^ ^C^^pû» 
i^V^X^^** xat XJTCI èx^-'^ "^^ K:iXTxvc;i, ^ad^sarsç t=» 
ipX^^M* ^**^ Éictxiît^v Ipici pik tK*ç ipX5>'^*ç, cti T»i rja£s^ 
XtîHiywci xjLt ^ t:? ir»wt xi sspi tcJtiw x^ti^î**, «Xtt» sjocati» 
jfcjvci Tpxtxîl T^; XxKvîx^^ xtcér£fti»ç IrntXx» xxi M{uk:^=zi £c 
tfe>i rnsxs**» t3;K* Stwç 8b xb âBéx^, Xé^iw 5ts &» ispL^i 
ti; «* ttv tx tij^ ïcXsxtx:^^- A'jtx jjl*; nwv si uta- O Se T.rt; 

t%w xx\ i xXV*> 'î*** 8^ H^^^^-'St Tw rs/^Tauû», xx: i 
&TiTXtx3 ix jfct;"^»; 5Xwv tvr« Ar:t>tirv vi t;*,!^ 
WMtfrtt^X P* 'î^^ xxAîaçxa* ZKX tx Xr^^^ 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 271 

oinq navires turcs pour la mer Blanche (F Archipel) ; ces 
nouvelles étaient datées de Gonstantinople, le 15 avril. 
— A sept heures du soir, nous arrivons à Tinos, où les 
vents contraires, l'affaire du capitaine spetziote et Tat- 
térage de nos autres navires nous obligent à jeter 
Tancre pour nous entendre avec les autres, aûn de pou- 
voir faire route ensemble en bon ordre. 

Vendredi (23 avril). — Le matin, nous envoyons en- 
core le nommé Joseph pour qu'il convoque Tarchevôque 
et les notables, et nos capitaines se rendent à bord de 
la corvette do l'amiral Jacques Tombasis, où ils s'é« 
talent tous réunis. Le capitaine spetziote y vint égale- 
ment en nous saluant d'un coup de canon, et nous nous 
entretînmes avec lui de TafTaire en litige. Il nous dit 
que le consul autrichien avait pris sous sa protection 
les deux personnages turcs les plus importants, et qu'il 
avait mis tout l'argent des Turcs de côté à Tinos ; quant 
au capitaine lui-même, il avait pris certains objets ap* 
partenant aux Turcs et les avait vendus moyennant 
350 pièces de cinq piastres (7). Mais il était décidé à 
les rendre pour calmer l'affaire, et c'est pour cela qu*il 
était resté jusqu'à ce que nous nous soyons entendus 
avec le consul : aussi nous envoyâmes des intermé- 
diaires pour nous entendre avec lui. 

Nous donnons lecture à l'archevôque et aux notables 
de notre proclamation de guerre contre les Turcs, nos 
tyrans, et nous leur exposons les nécessités de la si- 
tuation. Ils nous répondent que, depuis deux jours, ils 
se sont proclamés, eux aussi, ennemis du sultan, et 
qu'ils ont désigné pour les gouverner leur archevêque 
assisté des notables, qui devaient délibérer entre eux 
et prendre les mesures nécessaires. Ils ajoutèrent que, 
comme il se trouvait dans Tlle des Qrecs du rite latin, 
ils avaient envoyé quelqu'un conférer avec leur évoque, 
qui n'avait pas accédé à leurs propositions sous pré- 
texte que les affaires politiques ne le regardaient 
pas. Voici ce qu'ils nous dirent eux-mêmes. Mais le 



27 » VICTOR SERRES. 

Tou azeTÇiuiTiQ xai xa9«i>TT] (8), tbv ôttoÏov aÎTOv èXofuporfdi- 
•pQ^ov oî èv Ti^vu) èîcl ^poçaasi Stt yJtov Tcupxixbv, pi ' 5Xov ôi»5 
oùrbç (6 xaotci>TT2ç) xpoXaSévTcoç 5œov Tpat^^ ^xov Toupxtxbir xb 
iXipiÇe eîç tîjv ktaipeiav. '0 KaatcbTTjç eXqfsv 8tt ei^ev 21 xi- 
XtoSeç -fpéaia (9), oî 8è èv Tt%v(^ 2Xr)fov 5x1 eUpov {jivov 9 xtXiiSsç, 
)cai e6aGT0uv àizh aùxà (jl^vcv 800 -fp^^ia, xà Sk Xotzà IBonucv £t^ 
Toùç vaÔTaç, xat Içu^ov, xat àXXa èÇ«î)8su(7av oî ïBtot • icuiiiZE- 
paCveTO 81 (li xb va et/ov xb xapa6ixi dcvà X^^p^C ^'^ IScmov 
(xepixà T<dv auvxp6ç(dv xal xobç BsÇov, xat 5Xa ta aXXa ixpiiv;-* 
aav oÙTOi àxei. Atà 8è t^v ouvoSotTuoptav pioç, (i>(uXi^Ga(xev Sti 8èv 
l^pexe va xoÇiBeùcDiAev itaxTcoç, iXXà év(i>(xév(i>ç xat TaxTtxii^, 
xb oicotov xat èSéxBtjaav. Ilpbç xàç 10 âpaç xb ^putt, y^XOev dcxb 
Huxbivov b xuptoç 8eé8(«>poç NéYpv]ç (10) 59xtç ^xcv Stfaiptff|jLévoç 
àicb xbv couXxàvov 8tà xpéa6uç e{ç xb DapCat, xbv ôttoicv è::po9- 
xiXeaev e{ç xvjv xop6éxav 6 vaûapxoç x6ptoç *laxà>^ lo\)\K:âI^rfiy 
xat çBiaaç eiç xb xapa6t xbv èxaipéxtae pue §va xar»6vt* A^xbç 
(IpOç etTCSV 5xt 7jxcv SicopiaiJLévoç Stà ^pé96uç e{ç xv)v FaXXCov dhrb 
xbv aouXxavov, xat Sxt àxépa^ev dl^b HixuXi^vijv xal X(cv, xat 
ioxixQç dnb M6x(i)vov, Sxt eixe Ypi|i.{Jiaxa à%o TtJrQXavxt} !tà 
va iiuepioT] elç IIsXouéwiQvov, ^Xv^v xb àxaxicxaxcv xî^ç K<i»v- 
oxavxivou?c6Xe(i>ç xbv u^oxpécove vàxà xaùfft], xat 5xt eiç x^jV Xtov 
i))vxi(Mi)9e \ik xbv x^vaouXa MuX(i)va (11), dkb xbv 6i:otov etxs 
Ypa|jL|i.axa ouaxaxtxà 8ià xà xdtxd) liipv;, eTx£ Sti xat cx^oiov 
oxpaxtJYiï^v ^ept xî^ç XCou xat MtxuXi^vriÇ* auxb auvCoxaxo sic xb 
va excuv xà xapifita hùç 500 ÂvOp(i>i;ouç, èxxbç xûv vouxtov, Stà 
Ç&6apxipt9(jLa,ol&icotot,èvvoo6(JLevot (uxà xûv x<«>ptaxûv va ^Xe- 
(xifjaouv àfiiiacoç 2tà ÇiQpoç, iv ^ xà xapi6ta IfxeXXov va ^oXejJu^- 
aouv Sià OaXicGiQç, èàv dq x^v ippii^v Skv '::aps8(3ovxo oi Tcûpxot 
àicb xb xiaxpov. 'AXXà izphq xb 6piBu Svaç âvOp(i>?coç xcu xopa- 
6(ou xou Iltvéxl^T] èau-)fX^96Y] (i^ pieptxoùç IÇco, ot bicotoi xal 
à(Uff(«>ç dç xî]v xapaxt)v xbv iffx6x(i>Gav T:pbq x3tç 8 ûpoç xî}ç 
éoxipaç. Touxo xb x(vT]{Jia (i.aç èxopaÇe {jLS'yaXu);, xal 5Xot o{ 
àvOp(i>icot iau'^6c6v)9av (Ae xbv xartxivov, xal è^^iQXOuv va xxuxil^* 
(70UV x^v x6Xtv^ SBev xal dticsfoabaixev Stà va 96Yci>(iiev 8tà va 
(JLY^v àxoXouOifjoT) xt xstp^'^spov' xbv çoveuOévxa l^epcv dq xb xa- 
pi6t (lAç, Sirou xal iaxdtOr] SXv^v xi)v v6xxa. 



k- 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 273 

sieur Gabinélos, le premier parmi les Latins, vint 
nous dire que leur évoque et leur clergé ne s'occupaient 
pas de poliLique, mais que lui-môme nous promettait, 
de la part de tous les Latins, leur accord avec nous et 
leur concours effectif dans toutes les circonstances oii 
la cause de la liberté et la guerre contre nos tyrans le 
nécessiteraient; et tous en commun ratifièrent ces pro- 
messes. 

Restait à régler la réparation due au sujet de TafTaire 
du capitaine spetziote et du Cassiote (8) que les habi- 
tants de Tinos avaient pillé sous prétexte qu*il était 
Turc, et bien qu'il eût prélevé tous les objets apparte- 
nant aux Turcs pour les offrir à la communauté. Le Cas- 
siote disait avoir 210 mille piastres (9), tandis que ceux 
de Tinos disaient n'en avoir trouvé que 90 mille : sur 
cette somme, ils apportèrent 800 piastres et donnèrent 
le reste aux matelots, puis s'en allèrent et dépensè- 
rent le surplus ; on peut supposer, en effet, étant donné 
qu'ils eurent le navire entre leurs mains, qu'ils offri- 
rent une partie de ce qu'il renfermait à leurs camarades, 
qui l'acceptèrent, et qu'ils s'emparèrent de tout le reste. 
Quant à nos dispositions de route, nous fûmes d'avis 
qu'il ne fallait pas marcher sans aucun ordre, mais en 
bon ordre, au contraire, et bien unis, ce qui fut adopté. 

A 40 heures du matin, nous rencontrons le sieur 
Théodore Négris (19), qui venait de Mycone, et qui était 
envoyé par le sultan comme ambassadeur à Paris; l'a- 
miral Jacques Tombasis l'appelle sur sa corvette, et 
quand il arrive à son bord le salue d'un coup de ca- 
non. Il nous dit qu'il était envoyé comme ambassadeur 
en France par le sultan ; qu'il était passé par Mitylène 
et Ghio et, en dernier lieu, par Mycone ; qu'il avait des 
lettres d'Hypsilantis pour passer dans le Péloponnèse, 
mais que les troubles de Gonstantinople l'avaient obligé 
à les brûler ; qu'à Ghio il avait rencontré le consul My- 
lùnas (11), qui lui avait remis des lettres de recomman- 
dation pour les provinces du sud ; de plus, il avait un plan 

Annuaiuk li^Si. 18 



S74 VICTOR SEURES. 



2i66aT0v. — Tb xpwt îJXOov eîç tb xapdi5t jjlœç oi xaziTivot 
IIiviT^Yj^ %cà ZaxtoupYjç, xal {aSç elrcv Stt Bèv 'fj(A::opouaav va 
^aJTiÇouv i:Xéov toi>; àvOpcbroui;, àXXà {xè uTro^x^cetç Stà va 
ÇigTifiaouv te' êÇo) tbv ^ovéa %at Ta tfcc^aXoL Sià tî;v çaL|xeXiav 
ToO GXOT(i)iJiivou, Sôcv ixa[jLac|X£v Iv "YpafJLpuz Stà touç âpxcvTxç 
uxo^sYpajAH^vov àicb toùç xaxeTavafouç, ÇyjTOuvTeç Tt;v xotouTtjV 
eô)rap{aTï]crtv, i^CvovTSç Tbv 7.a7:iTàvov nivdxÇiQv (livov èxt toutw* 
îJTOv Itt diico9aîW|i.évov va yieCvY) x.ai êva ffTCeTÎiu)Ti)tov Sià tïjv 
uic5Ôe(7tv TÛv cujJLxaTptcliTixwv. 'Ea-ceCXaii^v SÇo) xal eîç tov x6v- 
ffoXa àffXov ivTfYpaça 'cf^ç xpoxtjpuÇso); [xaç xai xoivou ax&zoS 
jxaç, va p.'îjv èvoxXifîawjjLev xa|jL[jLCav ^hrî^ oYjiJLaCav. '0 aiorptoxcç 
x^vffouXizç {xaç l^paç sv fôiaiTépcoç Sià va tou BiopBu>9(i>|Asv touty^ 
tTjv uxéôsaiv, tjixstç SjjLWç ^[xsOa pLtcsujjivot irb Tbv Xif&éva, 
56ev xat tw àxexpCOrijjiev 8tà Xé^ou va xiQY«fvt) sic toùç 2x£- 
xÇiÛTaiç elç toùç oxoCouç &vf|Xei aSit) •?) uxiOeatç, èxetS^ xat 
^(jLsTç 8àv •JJji.'ïcopouaoïiisv zXéov va (i.£(v(i>{jLev 8ià t^^v cù^xu^v twv 
àv6p(i>7U(dv (xaç. 

5\pux ôxou i5-rtxa[JLCv àxb tov Xt{i,éva, etîojjiev xat xà Xoticà 
èStxi puzç xapa6ia, Ta b%oXa i^pxcvTO iiA [lipoç tyJç Mux(<>vgu, 
Ta bxota fjTOv ô xax. FecipYioç BoùX^apr^ç, ^EXeuOépYjç rxiivT|Ç, 
xai XvaoTioiQç Z€p9i(i>TiQç * 6 (jlIv 'EXsuOépYjç ëxtoae xai Sva 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 275 

de campagne pour Ghio et Mitylène, qui consistait à 
transporter sur les navires» outre les matelots, 500 hom- 
mes de troupes de débarquement qui, s'unissant aux 
habitants des campagnes, attaqueraient de suite par 
terre, tandis que les vaisseaux le feraient par mer, si 
les Turcs de la citadelle ne se rendaient pas au premier 
assaut. 

Le soir, une rixe éclata entre un homme du vais- 
seau de Pinotzis et quelques gens du dehors qui le tuè- 
rent au milieu de la bagarre : ceci se passait vers les 
8 heures du soir. Cet événement produisit un grand 
désordre, et tous les hommes se disputèrent avec le 
capitaine, demandant à punir la ville. Aussi prîmes nous 
la résolution de nous retirer, pour empêcher qu'il ne 
survint quelque chose de pire ; on porta le cadavre dans 
notre vaisseau, où il resta toute la nuit. 

Samedi (23 avril). — Le matin, les capitaines Pinotzis 
et Sachtouris viennent à notre bord et nous disent qu'ils 
ne peuvent plus contenir leurs hommes qu'en leur pro* 
mettant de réclamer le meurtrier et les compensations 
nécessaires pour la famille du défunt. Nous écrivons 
dans ce sens aux notables une lettre signée par les ca- 
pitaines, où ils réclamaient cette satisfaction et décla- 
raient laisser le capitaine Pinotzis dans ce but; il était, 
de plus, décidé qu'on laisserait un vaisseau de Spetzia 
pour protéger ses compatriotes. — Nous envoyons aux 
gens de TUe et au consul anglais des copies de notre 
proclamation et de notre commune intention de ne mo- 
lester aucun navire portant pavillon étranger. Le consul 
autrichien nous écrivit spécialement pour nous prier de 
donner une solution à TafTaire en litige; mais, comme 
nous avions déjà quitté le port, noiis lui répondons de 
s'adresser aux Spetziotes, que cette affaire concerne, et 
que, pour nous, nous ne pouvons rester plus longtemps 
parceque nos hommes se sont mutinés. 

A peine sortis du port, nous voyons nos autres na- 
vires qui venaient des parages de Mycone; c'étaient 



'J-ïG VICTOR SERRES. 

YjipiBi xprjTtxÀv fjiè siep&dTèv, to iicotcv 'iip/.STO àxo KuivsTavxt- 
vou'jToXw. — Ef; TÎjv jaCov xat pLtotjv ûpav [tÂç èf ovt] Iv xotxt 
rpcç ^oppâv vf^q ''AvSpou, to iicotov èÇétajev ô xamTàv I^ax'^" 
pY;ç, -^rXrjV Ssv T^ÇcUpi ti ve(bT€poy. 



KupiaxiQ. — Qpb^ TÀç 10 &paq xb eoicépoç è^OidafiÂV etç Wopi 
j/ivci puxç (5r|X. 6 voùapxoç ^Iax(*)5 ToupLxdLÇiQ |i^ tî;v xop6éTav) • 
âiJi.aÔ3(i.£v à;:? ev xapa6i eiç xbv Xiixéva 5ti dticépaaav tt]v "fi^iipay 
àr' èxeî ot y^wrivot 'AvajTaoïrjç TÇiajjiaMç, 6 FtiwriÇ Aovtxç, 
y.at Ar|(i.r4TpY2^ B<!)xou. 

Aeutépa. — Tb îupwi ÇJXOev etç xb xapifs jjloç ô xar. NtxoXfjç 
'A-iroaT^XiQ, xat [uxà tyiv &(jLtX{ûcv pLex' auxoS è^YiQxajjLev IÇw, 
Sttou 1^vxa^JKjl)ÔY)^l.£v juxà xôv Xoi-sûv eîç xtjv xocYxsXXaplov xwv cl 
ôiwtoi, pl' 5Xov 6?;oy 8kv xotç fipeos xb c^éîtiv jjiaç oià va nj^ai- 
vfopisv e{ç Xtcv, ÂxeçaTiffav va IXOcoffi {jLa(C piaç, xat va àxoXo;;* 
6i^(7(i)9t xatç îtaxa^alç 'rij? xaxp(8oç pwtç, èÉYiÇovxeç ixxi xapi- 
6ta èBixa xcov StocxoùiJLeva Âxb xax. NixoXi} !i7Coax6Xou. 

01 Wapiovoi IxaiAov vé|Ji0v Sià va Xatx6iv(i>ffiv iicb xàç ^péÇaç 
êv piepCStov oi âvOpcDicoi^ xat 2u(i> "^ x5Xtç xcdv. 'Avr]fV(bffa(&ev 
:;pb; aàxoùç 5Xa (i.a^ xà YP^l^^ptAxa, xôv b^usCcov 2Xa6ov dvxCfpa^a 
o'.à va xa[JMi>fft xat oixot xà auxa. 

*E6y6vx£ç dcTib xTjV xovaeXapCov eupo(ji£v xoùç xupCouç Ilavxtàv 
xat ^porf(0\)kT^ ToSoxavoxtSeç xpbç xoùç bxoCouç èSsCÇapiev xà 
Ypi^xyiaxa, ci&iXouvxeç xà xp^^^î^^^) ^^'^2^ auxoi Âi:exp(6r|9av 5xi 
8ev i^[ix6pouv va auv£pf^|aouv xaO^Xou e{ç xojxo, xat i^iJieTç âç 
xi(JL()i)(i£v xà Sca è8t(i)pCa6Y]iA£v. 

Mexéicsixa eOpi^xa^Asv xeffjipouç xapaSoxupaCou^ XCouç dbcb 
Btaçopa X^P^^9 '^^^^ bxoEouç iici^païAsv elç xb xapi5i xou Ntx&X^ 
'Ai:oaxoXou^ xat xoùç (I>(MX'^7a[ji£V §(3ovxeç xàç xpoxiQpuÇsi^ (xoç, 
b{JLOu xat Iv fpopipia xuv Waptavcov ip^érziù^ iià. xoùç i:poe9XG6ç 
xwv. 

*Ev xapi5t xou NtxoXY) 'Axoffx6XiQ, ôzoîî ijxov el^ xà xovCa, 
(jLxç Xé^et Sxt 6 ax6Xoç (Jbaç e&pCoyxxo e{ç xà itav(a e{ç xàç Xe^ 
(liva^ 'A-p/sucatç (13), 5xt àicoXé^T^ds ^v xapa6dExt Kpr^xtxbv (Jià 



JOURNAL DE LA FIX)TTE GRECQUE. 277 

ceux des capitaines Georges Bulgaris, Eleuthère Ghio- 
nès et Anastase Serphiotis. Eleuthère avait pris un na* 
vire Cretois chargé de bois de construction et qui venait 
de Constantinople. — Ai heure et demie, nous voyons 
un caîque (1S) au nord d'Andros ; le capitaine Sachtou- 
ris le visita, mais il ne savait rien de nouveau. * 

Dimanche (24 avril). — A 10 heures du soir, nous 
arrivons seuls à Psara (c*est-à-dire Tamiral Jacques 
Tombasis avec sa corvette). Nous apprenons d'un na- 
vire qui se trouve dans le port que les capitaines Anas- 
tase Tziamados, Jean Doutas et Démètre Vocos ont 
passé par là le jour môme. 

Lundi (25 avril). — Le matin, le capitaine Nicolas 
Apostolios vient à notre bord, et, après avoir conféré 
avec lui, nous descendons à terre. Nous trouvons les 
autres à la chancellerie, et, bien que notre dessein d'al- 
ler à Chio ne leur plaise pas, ils décident de venir avec 
nous et de se conformer aux ordres de notre patrie. Ils 
pouvaient disposer de huit bâtiments, sous les ordres 
de Nicolas Apostolios. 

Les Psariotes décident que les hommes prélèveront 
un tiers sur les prises, et la ville deux. Nous leur lisons 
toutes nos lettres, dont ils prennent des copies pour 
agir, à l'avenir, comme nous. 

En sortant de la chancellerie, nous trouvons les sieurs 
Pantias et Phrangoulis Rhodocanakis à qui nous mon- 
trons nos lettres, en leur exposant les nécessités de la 
situation; mais ils nous répondent qu'il leur est impos- 
siblB de prendre part à cela, et que c'est à nous de faire 
ce que nous avons décidé. 

Nous trouvons ensuite quatre patrons de navires 
chiotes de différents villages; nous les prenons sur le 
vaisseau de Nicolas Apostolios et nous nous entretenons 
avec eux, leur donnant nos proclamations et une lettre 
des notables de Psara pour leurs primats. 

Un navire de Nicolas Apostolios qui était sous voiles 
nous dit que notre flotte se trouvait sous voiles aux îles 



'^7S VICTOR SEEIRES. 

xat Sti tcùç êppit|;s xb xiffxpov t^ç XCou (J^ptxà xavdvia. 

01 Wopiavoi el/.ov 'iriacri] êv xapa6i)ci (i.à 90 Toupxouç x&liç 
6itotouç ëoTTCiXav elç MivT)v, èirijpav dcx6(JLT} xat 140 x^'^V^i 
(pellegrini) To6pxouç, xat {Aeptxàç -jpvaixaç* 



TpCxTi. — Tb Y^ufia ixivifîaaiAsv àicb Wopà {là Tp(a 4^apiavi 
xapd6'.2, |jLf;v cvra xà Xoiicà gxoiiJi.a, xà bicota aXXa ë(uXXov va 
èô^wai xTjV "AvSpov. — Ilept xàç 3 ûpaçxtjç eyjcépaç, eupf|Xa{JLev 
IxCav YoXéxov f^xiç i^pxexo diTrb K<ov9X(Zvxtvou7roXtv, Xé^ou^sv eiç 
-Jjji.aç oxt 01 èv K(i)V7xavxivou7r6X£i ^EXXtjveç 8àv èxfX|ACuv va 
I6y(i>7iv ëÇb), xat 5xt 6 xairtxàv 'Kctaâq içuXixcoae pià dXuviSa; 
xbv xaic. KtovcxavxY) TSpatov (AO^t \fk âXXouç ''EXXyjvxç vaûxoç. 



TexpaSiQ. — TEçôiaaii-ev etç xijv X(ov icpbç xàç xpstç upo;, 
xat dpaÇa{Uv eSç X9j Ila^ià xtjv Bpuaiv (14)* 'J^jVxaitdjOiQiJLSv SXoi 
c» y.aTT'.xavot, xa\ (7uvo)[jLtXTpjaaiJLcV xspt xou xp^icou xf^ç èXeuOspCo^ 
xijç X(ou* |i.évct cl xai;txavct Iltvéxi^tjç xat 2a>rxoupt]ç t^xo*/ eiç xa 
7av{a xpoç dvaxoXtxov6xiov {lipoç xi)ç XCou. 

népi^xt]. — 'Axb xb TTpwt xiXtv èauvaxOtjaav ot xazexavot 
oXct xoO cxéXou TSptûxat, ZzexÇiûxat xat Waptovot, xal bjitXf|- 
aavxEç è7U(JkÇ(t>vY)9av xaO' SXa, xat ot \>bt TSpatot èSttopicav 
èx^pd^tiiç Sià ^^a/ùOL^yc^ xtov xbv xairtxdcvov iJkoiç x6ptov 'laxùS 
Tâu|xi:aCiQ, xat ixeçaa^aOïr] va aT]x<i>a(i>|jL£v xà X^?^^ ^^ ^^ 
àX£uOep(i)au>(iLev x^jV Xtov, âxstva Btà ^paç, xal 4|A£tç Stà Oa* 
Xi(79Y2ç * Stb xat ivxeCXaixev eva àv0p(i>7:ov ^'''aptavbv dbcb xb 
xapa6t xou NixoXfj ^A'iTOoxéXou 8ià xà X^ùpia, ^ xàç 9Ppoxi;p6Çstç 
{jLoç. 'Ev x(^ (JiexaÇu, zpbç xb ifeu(Mi, eiSopiev àvxixpu xbv Za- 
XxoùpTjV xat IltvéxCiQv, oTxtveç if u>piJLiQaav iicovi^ e{ç Iva xapa6i 
xoùpxixov (iià ?;cXXobç x^'^^^^^C (pellegrini) Içixb^eiOK db:b 
KfovffxavxivouTCoXtv xat è^rf^Yatvov Stà 'ÂXeÇivSpetav jià ëva 
(louXav, xat àXXatç çajuXCatç xoupxixatç. Ta âStxa (&aç xapa5ta 
j?:oi:x£U5iJLeva (xif^xcoç xat ^xov xivéva àxh xà x^ç ^}^pfr^ 
xapa6ta xcupxtxa Suou elxov 9xpixeuii.a 8tà IlsXo'^râwrj^o*^, isxet* 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 279 

QBnuses (13), qu'elle avait attaqué un petit vaisseau 
Cretois qui portait des munitions de guerre et que, ne 
pouvant s*en emparer, elle Tavait coulé : la citadelle dq 
Chio avait tiré quelques coups de canon. 

Les Psariotes avaient pris un petit vaisseau avec 
90 Turcs qu'ils avaient envoyés au Magne ; ils avaient 
également pris 140 hadgis (pèlerins) turcs et quelques 
fem'mes. 

Mardi (26 avril). — A Theure du dîner, nous quittons 
Psara avec trois navires psariotes ; les autres, qui n*é- 
taient pas encore prêts, devaient se rendre à Ândros. — 
 3 heures du soir, nous trouvons une goélette venant 
de Gonstantinople qui nous apprend que les Grecs de 
cette ville n*osent plus sortir de chez eux et que le ca* 
pitan-pacha a fait emprisonner et mettre aux fers le ca- 
pitaine bydriote Constantin et quelques autres marina 
grecs. 

Mercredi (27 avril). — Nous arrivons à Chio à 3 heu- 
res, et nous jetons Tancre à la Fontaine du Pacha (14); 
tous les capitaines se réunissent, et Ton discute sur la 
manière de délivrer Tlle. Seuls les capitaines Pinotzis 
et Sacbtouris étaient à la voile au nord-est de Chio. 

Jeudi (28 avril). — Le matin, tous les capitaines de la 
flotte, hydriotes, spetziotes et psariotes, se réunirent de 
nouviBau et, après délibération, on tomba d'accord sur 
tous les points. Les Hydriotes désignèrent par écrit 
pour être leur amiral le capitaine Jacques Tom- 
basis et il fut résolu que nous soulèverions les 
villages et que nous délivrerions Tlle, les paysans atta- 
quant par terre et nous par mer. En conséquence, nous 
envoyons un homme de Psara, du navire de Nicolas 
Âpostolios, porter nos proclamations dans les villages. 
Sur ces entrefaites, vers l*heure du dîner, nous voyons 
en face de nous Pinotzis et Sacbtouris s*élancer contre 
un navire turc contenant beaucoup de hadgis (pèlerins) 
qui se rendaient de Gonstantinople à Alexandrie, ainsi 
qu'un molla et d*autres familles turques. Nos capitaines, 



' 



i 



280 VICTOR SERRES. 

Xa(iev 6 ^ipxaç xpbç 6orlfi&iét tu>v 3tà va xoùç xupieuoiiici xXêcv 
eùxiXcDÇ, at 6x0101 Ixtoaav xcùç Toupxouç SXouç xat xoùç iôzksrê 
tlç xb %api6t tou Div^rCt], èoxoT^OYjaav xal (AepixoC * xà & 
xapi6ta (aoç itnipov t^v icpéÇov xat IfUYov, (^ &ro(a xpéÇa etx^ 
«epiaaàxepov dhcb IÇ (uXXio^via fP^^^v ^^ ^^^^ dà^isnusno 
'xoK'kà |AiapXivtta xal diSiptovreç, 42 i&ovcuiXea dbij^jiévta, 
6 xp^oa, xal xpeTç xaOpéxxai (jLTfi^t iteptxpi-pptqAévoc piè 
xoXux([xouç XC60UÇ.] 'Ev TÛ {JLexa^, ijloç jJXOev xat ëvoç âvOpo»* 
iroç i'Rb xoùç icpoeaxoùç xûv X(i>p((i>v, e{ç xà 6icota etxo(uv 
oxeCXY] xà fpipiiJiaxi (loç, xat (jloç Xéfet 5xi xb X(*>p{cv xgu f^xsv 
ixotiiov va orpudOr) xat 5xt ëx^t 400 àvOptirrouç 2tà va xoXsiuqtv), 
icXy)v fjOeXov Stà va ëéfcoiifv xal vi(&etç 2Çfi> Stà va x^ oipu!*- 
ffujAfiv xpéicov xtvà piaTTixcjç * xpo^éxt ^XOs xat §vaç BouXeuxtiÇ 
fUYàç dcxb xvjv X^^P^i ^^^ V*^ "ktj&i Sxt 5Xot ot (Jce^iXot xat 6 
Seoic^ç euptoxovxot (Jtioa e{ç xb xioxpov, xobç 6i:cCouç èx^pov 
ol Toupxot &|JLa 6i?ou etSov xà xapi6ta (aoç, xà &scGta ixXv^doffav 
xb xioxpov, xpoaéxt Sxt ^xov îtùç 130 àvaxoXCxatç ëÇu> ii» xb 
xioxpov, xat içùXaxxov, xat Sxt ol Toupxot Ixpex^v tlç xà x^^ 
8tà va icipcoot xà S'scXa. Aotrbv ii ixaxaoxao(a otôxûv xûv 8ôtt 
xapa6{(i>v, xb xtiot(AOv xûv xpcdxioxcov xat àçyjL^mq elç xb 
xioxpov xat xb 26oxoXov vqq ouvojuXCaç {i£x' aùxâv, (tSç Ixa- 
(Lov va xapqpxfjO(i)|i£v TVjv èxtxe(pt]otv vf^ç X(cu, 8tà va i&V xifM»* 
|X£V (i.aXXov ^Xa6^v ^ o^eXoç. Atà xb ixaxioxaxov Ixt xat çtXip- 
xo^ov xûv ivOp<ll)'7C(i>v (JLOÇ, è^fiXapLev elç xà xovCa xbv FxCxov 
T^to6xT)v, Ai^apov AaXsxbv, xat AYiiA-^xpiov *Avxii)VY) B<Sixou tià 
ç6XaÇtv xou ox6Xou pioç' 



IlapaoxsuiQ. — 'EouvixOiQoov xiXtv ot xaxexavaCot SXot, xat 
8iv i^Çeupov x( va xijMOOt Zià. xb ixaxioxaxov xai çiXipxoYOv 
xôv av6pu>X(i>v jjiaç, xat 8ià tî;v f,ouxtav xûv Xtuiv. — Ilpbç xàç 
9 &paç ^XOe xat b xa::txàv Ay;ijliqtpy); Bii)X0'J, xai (làç eixcv Sxt 
xà xapi6ta xou IIivéxZ^iQ xat Zaxxoupv) {Jxov et; xà 6u[jLtavà \à 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 281 

pensant que c'était quelque vaisseau turc de Smyrne 
portant des troupes dans le Péloponnèse, envoyèrent 
six barques pour aider leurs camarades à en venir à 
bout; on prit tous les Turcs et on les mit dans le vais- 
seau de Pinotzis, après en avoir tué quelques-uns. Nos 
vaisseaux revinrent avec leur prise qui se montait à 
plus de 6 millions de piastres, car il s'y trouvait beau- 
coup de brillants et de diamants, douze chandeliers d'é- 
glise en argent, six en or et trois grands miroirs entou- 
rés de pierres précieuses. Sur ces entrefaites, un homme 
vint nous trouver de la part des notables des villages à 
qui nous avions envoyé nos lettres ; il nous dit que son 
village était disposé à se soulever et qu'il comptait qua- 
tre isents hommes prêts à entrer en campagne ; mais ils 
voulaient que nous fissions une incursion dans File, de 
façon à les obliger en quelque sorte à se soulever. Il 
vint encore un domestique, échappé de la ville, qui nous 
dit que tous les personnages importants ainsi que l'é- 
voque se trouvaient à la citadelle, où les Turcs les 
avaient enfermés dès qu'ils avaient vu nos vaisseaux 
s'approcher, qu'il y avait environ cent trente Asiatiques 
en dehors de la citadelle^ qu'ils faisaient bonne garde 
et que les Turcs parcouraient les villages pour saisir 
les armes. Les désordres survenus sur les deux navires, 
l'arrestation des principaux habitants et de l'évoque et 
la difficulté de communiquer avec eux nous obligèrent 
à renoncer à notre entreprise sur Ghio, de peur qu'elle 
ne fût plus nuisible qu'utile. A cause de l'insubordina- 
tion et de l'envie de piller qui se manifestaient parmi 
nos hommes, nous fîmes mettre à la voile les capitaines 
Ghikas Tzioupis, Lazare Laléchos et Démètre A. Vo- 
cos pour garder noire flotte. 

Vendredi (29 avril). — Tous les capitaines se réunis- 
sent de nouveau, ne sachant que faire en présence de 
l'insubordination et des envies de pillage des équipages 
et de la tranquillité des habitants de Ghio. — A 9 heu- 
res, le capitaine Démètre Yocos vient à son tour et 



282 VICTOR SERRES. 

TTjv irpéÇav T(i)v, y.ai xcùç b{pi'i^a^je^ 5Xot oî xaitstovaioi i(à va 
OY]xu>8ouv va eXOouv xcvcà cîç t^ 9t6Xov (Mtç |JÀ ti;v TcpéÇov, 
8tà va tjouxiffsuv xal oC Mptùzoi [/.oç, xal va il^pL^opiaciipLev ta 
)iaTOpO(i)ff(i)|jLsv %aX ii\LtX^ 'Cyjv O'irdOeGtv xf^ç X(ou xal xâv oXXijv 
Ttvi. '^HXOe xat ô ireotaXjiivoç, xa\ (i<Sç Xé^êi |Jl^v wç 400 
âvQpco'iroi '^^iJLicopouv va ëd^cuv à'zh xh %iùpicii XarçMaiç Uco» 
âîc^ev. 

'0 xamt. lËXeuOépv}(; XatÇtiç T%ià^ [kâq Xéyet Stà t^v icp4- 
(av 6icou eOpt^xav (iL8ta|b Ti^vou xal Muxa>vou itp<iJtov t^v dhn^ 
TiQffev oÔTbç 7:epi tàç 2 âpaç, ^tov xpvjTixi), cTx^ ^ To6pxouç xol 
éiTTÀ TcofJiaCouç, xftl 4Jtov ^pT(0[iivov xspeorà 8tà ta XovCa * ot 
(xàv Toupxoi èoxoT(â)0Y)9(XV, o( Sa *P(0{j^To( ht\SAipà9%risctf clç ta 
xapi6ta t&v xax. 'AvaotdiaY] *ËXeu6épv], xat FtivvY] BoùXYopt) * 
o( avOp(i)xot TOu xai;. 'ÂvaotioY) â[x5^xav (liera t{ç oùtb xal tb 
iXofupaYCATpQaav, Iicetta tb êatsiXav clç TJpav. 

IIpcfféTt T^v xuptax^v 24 â7;piXX(ou cTSsv 6 T8ioç piCûcy -f^Xtd»- 
Tav (16) 8ÎÇ tb xaviXi t^jç X(ou • èwîJYfiv ô xaïc- 'AvooriwQç Xep- 
f ult>Tir)ç xai Tf]v ixt6inf)9e, èv t(} icoXé)i.{|) èitij^sv xa\ 6 Zox'^oùpriç 
xal 6 TxiIiXy^ç xai & BoùX^apiOç K(x\ 6 'EXeuOéprjÇ 8ià ^ofiOetov, 
xai èireiSY) Slv ^apeS^Ot} tyiv è6ouXiaCav, SXoi ol Toûpxoi ioxotâ* 
Oi]9ûcv xal èi:v(YV)9av ' elxe 13 *P(x)[jlix{ooç, & {voç èoxorc&Ov] (lias 
àiA £va *£6patov IÇa^vft elç tbv '«céXsiAov, ot aXXot è-fX6x(a>aâEV| 
xat eiTuov Sti i^px&'^o ^^b S^jLÙpvTiV Bià Ta Xavtà. Dpooétt t)]v 
TeTpdcdY] 27 eiSev Iva ireavtà (16) xa\ &| To6pxouç xovxà eiçti 
KapSta(ju>Xà, xat 6 Tceavilç S^sar; £Ç(o, xat ot Toupxoi iictoaav 
Ta 6ouvà, xal touç xaTcBCcoÇov Scdç 86ci) ôpaç, xal IicctTa o&toI^ç 
(Aàv âçTjasv, iicfîpev tb iceavré. 



£iS6aT0v. — Tb icpcot, ioY}X(i)6Y](i«v elç Ta 7tav(a 8tà vi 
26yci>[ji€V 6Xoi SÇco t^ç XCou drà Tb ^^petov (Aépoç, va t8û|Aev t{ tb 
icpaxTéov. MsTà pitav &pav, el8o(JLCV Tb xapd6i tov xamxivou 



JOUllNAL DK LA FLOTTE GRECQUE. 283 

nous dit que les vaisseaux de Pinotzis et de Sachtouris 
sont à Tbymiana avec leurs prises ; tous les capitaines 
leur écrivent de lever l'ancre et de venir se ranger au- 
près de notre flotte avec leur prise^ afin que nous puis<- 
sions rétablir le calme parmi nos équipages et mener à 
bien l'affaire de Ghio et toute autre affaire analogue qui 
pourrait se présenter. L'homme que nous avions en* 
voyé dans les villages revint nous dire que cent hom- 
mes seulement pourraient se joindre à nous dans le 
village des Lankades où il était allé. 

Le capitaine Eleuthère Hadgi-Ghionis nous dit, au 
sujet de la capture qu'il avait faite entre Tinos et My- 
cone et qu'il avait rencontrée vers les deux heures, qu'il 
s'agissait d'un navire crétois, portant six Turcs et sept 
Grecs et chargé de bois de construction pour La Ganée. 
Les Turcs furent tués et les Grecs répartis sur les na- 
vires d'Ânastase Eleuthère et de Jean Bulgaris. Les 
hommes du capitaine Anastase se répandirent sur le 
navire qu'ils mirent au pillage et que l'on envoya en- 
suite à Hydra. 

De plus, le dimanche 24 avril, il vit une galiote (15) 
dans le canal de Ghio ; le capitaine Anastase Serphiotis 
accourut et engagea le combat, pendant lequel Sach- 
touris, Ghélis et Eleuthère vinrent à son secours; 
comme elle ne voulait pas se rendre, on la canonna : 
tous les Turcs furent tués ou se noyèrent. Il y avait 
aussi treize Grecs, dont Tun fut tué par un Juif dès le 
commencement du combat; les autres échappèrent et 
dirent que le navire allait de Smyrne à La Ganée. Le 
mercredi 27, on vit également un bayédé (16) avec six 
Turcs près de Cardiamyla ; le bayédé s'échoua, et les 
Turcs gagnèrent les montagnes où on les poursuivit 
pendant deux heures : après ce temps, on les laissa 
pour revenir au bayédé dont on s'empara. 

Samedi (30 avril). — Le matin, nous mettons à la voile 
pour aller tous au nord de Ghio, afin de voir ce qu'il y 
avait à faire. Au bout d'une heure, nous voyons le na- 



284 VICTOR SERRES. 

AoÇipou Ilaxâ MavdXt], -rb ôiroïov eïxoi*^ ffreiXtj \tk th 'xp&j^\UL 
[laç %poq là )uxpi6ta IIivéTCir] xal Zox'^P^piQi '^^ &^ov i^pxexo 
(Aà (jLiav TCpéZ^ocv oTCtaOev * aÔTV) "^ i:pé(a ^tov {{iicpfxi f opxtdiJLéyov 
dlicb xaTpi(jii xat irCwa, ô zpaYl^t'^s^Ç '^o^ ^S'^ov Toupxoç (17) • 
56ev àç' ou Tb l^spe \u'zà th (jLsenQiiipt, è6iXa(iiev dcvOpfi»sot>ç 
è8ixoùç iwtç, xài Tb èvTeCXafJLSv elç TSpav, xpaTwvraç 5Xouç to6ç 
dv0p(ji>zouç Tou Stà Tb xapa5t b%o\) et^ov ':cap[jLévov 6 Iltv^l^v^ xol 
2ax'ro6prjç. 'A9 * o5 (ûç sT-ïtov) S6aXav 5Xov tb 'KpSr(\uL 6ouXXai- 
(xivov etç TAiç %â\ULpattç xat tûv B6o> xapa6t(i>v, xat I^Xa^ov 
Toùç dvOpdj'ïrouç u'ïceoxédYjffav va IXOouv va (xoç ivrajAd^aouv 6)xo5 
pià Ty)v "Tupé^av. Ilept ty)v (xCav &pav èçoviQ Iv xopdét, àiroO ix^ 
va 6e2IeTapiaO^ etç Tb xapi5t tou AaXexou, eÏTcev 5Tt 6 Toopxtxbç 
CT^Xoç ^5'^ov elç Tbv t6wov 5itou eupCcxsTO Tcpon^Tspa, xat irooxC* 
(et va 6iX'y) (/.aptvàpouç, icXt^v 8àv eupCoxsi. 

npbç Tb loxépaç, eupioxipLsOa dç là Kopaiiicoupva (9), xol 
etxo|JLev Gxoxbv va èv(i>6(i)[i£v Ta xapà6ta 5^a va àxoçaaCvcditsv 
xou Oà xy2Ya(vo(i£v, xat t( 6à t,i\uù^£9 ' i;X^ o{ âv6pci)ico( |Aaç 
àicsoTdriQaav, dç' oS l(jioupii.o6ptCav 86u> Tpetç '^{lipoç, o{ 6icotct 
i]OeXov va àpiciÇcoai xal va dçavCauxn 5Tt ellpov * '^|i£tc 2e dbco- 
Xou6ouvTeç Tbv x6ptov oxoicév {xaç, Tb va èXeudepcliiocojjyev i&aontç 
xat d^Op^'Rouç xat va ia'^v i^CvcoiAsv touç Toùpxouç Tupiwouç 
\Ka^ ' elç aÔTb Tb àvapieTaÇb ol avOpu)?:oC (jLaç àiceoTiTiQacçv xat 
8èv i^OeXov icXéov va (jloç dcxo6aouv, xat |Ji5tç è6tal^av iià va "ppC- 
9(i)(i£v &ic(9o> etç TY2V *TSpav, èTcetS'^ xat 8èv Tobç àf (ffaiiev va 
xivcdat Ta xoxa tu)v OsXi^ixaTa. 



Kuptaxi^. — E?ç Taç 7 ôpaç, e&ptax6(JLevot icpbç Ta SuTtxà t^ç 
MiTuX'^VT)^ xal ^oppav tyJç X(ou, eiSopicv h xapa6ixt i^oaiiivoy 
àicb Tobç 2xeT2^i(t)Taç, ^rpbç Tb SuTtxbv |iipoç Ti}ç XCou. Ot âv- 
6po)^ot Sèv Y)OeXov 5Xot va 'Krj^aiviù(n iià *Y8pav, 2tb xa\ èÇedia- 
XéÇa(i£v S90UÇ i^OeXov va xiQ^a^vcDat, c{ ÔTCOiot, Stov è'3cXv;9tiaa|JLev 
dq T^v TcpéÇav xat lTOiiJi.i!^aiAev tv]v ^dpxov 8tà va toùç è{jL6apxi* 
pu>p.sv 5tà TBpov, (ACTsvéTiaav xdXtv. Tb xiao^Aévov xapd£t iJTOv 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRlîX2QUE. 285 

vire du capitaine Lazare Papa Manoli, par qui nous 
avions envoyé notre lettre aux équipages de Pinotzis et 
de Sachtouris; il remorquait une prise, un brick chargé 
de goudron et de poix, dont Tarmateur était un Turc (17). 
En conséquence, dès qu'il nous Teut amené, après midi, 
nous y mettons de nos marins et nous l'envoyons à Hy- 
dra, gardant avec nous tout son équipage pour le met- 
tre sur le navire pris par Pinotzis et Sachtouris. 

Après avoir mis, à ce qu'il paraît, le butin sous scellés 
dans les cabines des deux navires et avoir gardé les 
hommes, ils promirent de venir nous rejoindre avec les 
prises. Vers une heure, on aperçoit un vaisseau, qui 
vient se faire visiter par le vaisseau de Laléchos, et qui 
nous apprend que la flotte turque était toujours à l'en- 
droit où elle se trouvait précédemment et qu'elle cher- 
chait partout à enrôler des marins, mais sans pouvoir 
en trouver. 

Vers le soir, nous nous trouvons à Kara-Bournou (18) 
avec l'intention de réunir tous nos navires pour décider 
où nous irions et ce que nous ferions ; mais nos hommes 
se révoltèrent, après avoir murmuré depuis deux ou trois 
jours : ils ne voulaient que piller et saccager tout ce 
ce qui leur tomberait sous la main, tandis que nous ne 
songions qu'à poursuivre notre but principal qui était 
de délivrer les pays et les habitants et de ne pas nous 
laisser tyranniser par les Turcs. C'est dans ces circons- 
tances que nos hommes se révoltèrent, refusèrent de 
nous obéir davantage et nous obligèrent à revenir à Hy- 
dra pour les empêcher d'accomplir leurs mauvais des- 
seins. 

Dimanche 0'' mai). — A sept heures, comme nous 
nous trouvions à l'ouest de Mitylène et au nord de Chio, 
nous voyons un navire que les Spetziotes ont pris à 
l'ouest de Chio. Nos hommes ne voulaient pas tous aller 
à Hydra, aussi avions-nous fait un choix de ceux qui 
consentaient à partir; mais lorsque nous approchâmes 
de la prise et que nous apprêtâmes la barque destinée 



286 VICTOR SERRES. 

« 

rpfltixoùç {!£ çapieXCatç 8cà va xoùç çept) eîç tîjv icaTpCSa twv. — 
npbç rb iJLsorovuxTtcv devTa(Aa>6t)(jL£v [jl€ yjtxixèn Ftawi^ Acvrâ 
SoTiç Imotce Sv xafxt (xk xspecrràv èpx^H^vov àiA 'Ayiov *Opoç * & 
xapa6ox6pY)ç tou eÎTCsv Sti o( Wapiocvot li;iaaav iuoi Xs6xaç 
(eTfeç xapaSCciiv) (19) [jle 'ApéavCxoç, 6i:oû ioxéXXovto dbâ Bej- 
aaXovCxTjv 8tà xbv Moipéa. 



Asuxépa. -^ E{ç xàç 7 âpo^ èTrpé^a(j£v Stà ^ÂYtov E&9tp«» 
Ttov (20) * 6(So(ji£v Iv xapi5t Tb Sirotov ot av6po>xo( [xoç èÇéXoéov 
8tà Toupxtxov, dtb xAt èxtvif)9a(JL£V xat' aôtoO, et^e xat &i:ta6év 
Tou {&(av aâoioXéSav (ai), t^v 67:otav îicnza â^vjffs* toOto piaç 
&<i»(6 &^4^(âtv, xat {AdcXiora bxou Sèv èSXéiraiAev va Ixf) '^ 
eiQlxaCtxv, 50ev dôÇivovTeç ta xavCa Tb è^OiaaiAsv e{ç tàç là ôpoç 
Tb (jLsaT|(iipi ' xat i^' o5 xb i^Xr^atiaaiJLev, èYvcopCaajAev Srt fjTOv 
6 xa^. decDÎiâpdcxv)^ Mé(t) (fôtxé; {i^ xainTavoç), Sortç (ao; 
\bfti 5x1 vj Xsuxa sT^e (Atasuor] obrb GeaaaXovCxY^v 8t 2{i.6pvv;v, 
IXGuaat ë(i>ç 60 {ATtdXaç viJfjLa icpaYi^^TsuTûv *EXXi^(i>v, ipxeTà 
Ypin-ptata, xa\ (Aspixà irà oàta à^btcbçEuio xova6Xouç ''Aty^ov 
xai FiXXov, xpofféTi et/e xai Suu» Tc6pxouç, dbrb toùç &xoCou^ 
Ivaç iicvC-p), KSI 6 âXXoç èxiioOi), eTxe Iti 3uo> 'E6paCou{ )ii 
tuto iroiBia, o( (xàv iaxoT<i>6r|(;av, xà Bè è^Xuicovov * iisb Oeoffa- 
Xov(xT)v âXXoç cI8f|9SiçBàv st^e xapà Sti ^OêXov vi 6aXouv aizM 
elç toùç ''EXXiQvaç, xat b ^oatâç xb èpir^dt^e. 

Elq xàç 10 âpaçTiJ; soTuépa;, xovrà e{ç tb Iliicépi (22), ctSo- 
(Asv xat t}pxcto âv TMLpiSi xptxaTapTOv izà xà vTida, elç xb bioctsy 
èiCT)-f aCvapiev xax ' èxavo) xou, xai '^Xrjatiffâcvxeç £xi(jLa{i£v xb 
(jLuoxtxbv oiQiJLstov [juzç (i£ xà çavipia, xsl aùxb Sev (jlSç drsxpt^, 
(Asxiiccixoi Çtjxûvxaç xbv xai:. va iX6tj èxflcvco, x6x* I6aXs xîjv 
oôaxptâcxTjV oif}[jLa{flcv, xou biccbu h xotic. vjxov dicb xatç Mxcu- 
xaiç (23) xac b xaic. c&vopiiÇexo Ntx6Xaoç TÇtcuptx, Sotiç è^ 
Yttivc (v^xûvxaç 8(à voDXov. 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 287 

à les emmener à Hydra, ils changèrent de nouveau d'i- 
dée. Le navire qu'on venait de prendre était un navire 
turc de Constantinople et renfermait des Grecs de Ghio 
et d'ailleurs avec leurs familles que l'on emmenait en 
Turquie. ««- A minuit, noua rencontrons le capitaine 
Jean Doutas, qui avait pris un caïque chargé de bois 
de construction et venant du mont Athos ; le patron 
nous dit que les Psariotes avaient pris deux leuces 
(sortes de bâtiments) (19) chargées d'Albanais que l'on 
envoyait de Thessalonique en Morée« 

Lundi (2 mai). — A sept heures, nous faisons voile 
pour Saint-Eustrate(20) ; nous apercevons un navire que 
nos hommes prennent pour, un navire turc; nous nous 
dirigeons donc vers lui. Il avait derrière lui une saco- 
lève (2J) qu'il avait abandonnée ensuite, ce qui nous 
donne des soupçons, accrus encore quand nous voyons 
qu'il ne porte pas de pavillon. Nous augmentons les 
voiles, et nous arrivons près de lui à midi : en nous 
approchant, nous reconnaissons que c'est le vaisseau de 
Théodore Mézis (un de nos capitaines). Celui-ci nous dit 
que la leuce était partie de Thessalonique pour Smyme 
avec soixante balles de chanvre envoyées par des ar- 
mateurs grecs, un assez grand nombre de lettres, dont 
quelques-unes des deux consuls d'Angleterre et de Fran<< 
ce; elle avait, de plus, deux Turcs dont l'un se noya et 
l'autre fut pris, et deux Juifs avec deux enfants : on tua 
les premiers, et les enfants se sauvèrent. Il n'avait pas 
d'autres nouvelles de Thessalonique, sinon que l'on vou- 
lait égorger les Grecs, mais que le pacha Tavait empoché. 

A dix heures du soir, près de Pipéri (22), nous voyons 
venir un navire à trois mâts des îles, au-devant duquel 
nous nous portons. Arrivés près de lui, nous faisons le 
signal secret avec nos lanternes, mais il ne répond pas 
et, quand nous demandons au capitaine de venir à notre 
bord, il hisse le pavillon autrichien. Ce capitaine était 
des Bouches-de-Cattaro (23), se nommait Nicolas Zurich 
et était en quête d'un nolis. 



288 VICTOR SERRES. 

TptTV]. — E&pé9v)ii£v Tcpbç hoLXokàç vf^ç Z(<;6pvi}ç (24) eiç làç 
G &paç, e&po(ji£v ^v xopaSix*. tb 6xoTov ?jTOv Zçâouovcv (dhcb Iv 
(lipoç tyJç Kpi^TiQç) TO 6ic0(cv ^Tov 90ptb>(i£vo ^Xa Tviç ftdrCoç, 
xal T^pxeTO 4icb Tb "Ayiov "Opoç, xat IXe^ev Srt elç Ti iicva- 
on^pta ToD 'AyCgu *'Opouç èw^ev TOCTOpriÇ (ù icpoaTûqfj^ 8ià va 
|i£(vouv èxel ia6vov ot ^époi, xai va oxopzCacuv SXoi cl véoi. E(ç 
TÀ^ 42 &paq xb (JLeoovuxTtov àpiÇajJLev eiç xh (lovSpaxi 'ôjç 
*T8paç. 

Al Tpstç àxéXouOat elvat piapTuplat Bià ^bv xair.Tacv Fioaccu- 
jjLixTi Touix-ïcAÇti îtà tb i^|ji£poX6Yt6v tcu • 



BsoSéotoç Av)i&a8t]ç, ipxt{AavSpCTV]ç tou IXArjVtxoîî ot6Xcu. 
AiQiJL^Tpioç KcuXXoiccuXavoç. 
l(i>G^,9 MéXXouç. 

TY3vG{xaicul821. 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. 289 

Mardi (3 mai). — A six heures, nous nous trouvons 

à l'est de (24), et nous rencontrons un petit navire 

de Sphakia (localité de l'île de Crète), chargé de bois 
à brûler, et qui venait du mont Âihos. Il nous dit qu'un 
courrier était venu aux monastères de la Sainte-Monta- 
gne avec un ordre enjoignant de ne garder que les 
vieillards et de renvoyer tous les jeunes gens. — A 
minuit, nous jetons l'ancre dans le port d'Hydra. 

Les trois personnages dont les noms suivent sont les 
témoins qui attestent ce qui est rapporté dans le jour** 
nal du capitaine Jacques Tombasis : 



Théodose Démade, archimandrite de la flotte 
grecque. 

Démètre Koullopoulanos. 

Joseph Mellos . 

Le 6 mai 1821. 



Annuairb 1884. 1^ 



S90 VICTOR SERRES. 



NOTES 



(1) Le uUariê est cette monnaie conventionnelle, portant Teffigie de 
Marie-Thérèse et le millésime de 1753, et que le gouvernement autri- 
chien continue encore a frapper^ Elle est très répandue en Afrique, et 
Tétait également en Grèce avant Tadhéaion de ce paya à ronion moné- 
taire. C'est une pièce d*argenty dont la valeur a souvent changé, et 
qui, en 1821, valait exactement 5 fr. 195. La solde des matelots variait 
donc entre 41 fr. 56 et 62 fr. 34 par mois. 

(2) « Cette petite flotte, dit Agrati, se porta d*abord à Métochi, pro> 
montoîre du Péloponnèse opposé, où le capitaine-pacha avait coutume 
d*aborder et de s'arrêter lorsqu'il allait visiter les lies, et où, par pré- 
caution, les Hydriotes, pour maintenir leurs relations avec le reste de 
l'Europe, avaient coutume d'obliger les Turcs à faire quarantaine avant 
que de passer dans leur lie. » 

(3) Voir ce fait raconté plus au long dans V Histoire des écènemens 
de la Grèce, de Rafienel, tome I, chap. v. 

(4) Saint-Georges est un petit Ilot à ^ kilom. N.-Ë. d'Hjdra, à 
l'entrée du goUe d'Egine. 

(5) Nous ne connaissons aucune ville de ce nom. Peut-être s'agit-il 
du port de Kustendjé, sur un bras du Danube aujourd'hui desséché, 
dont le nom aurait été défiguré par suite de la difficulté pour les 
Grecs de le prononcer. 

(6) Il s'agit ici de Timova de Bulgarie, que les géographes grecs 
appellent également Tipvoêoç et Tpiitatoç ; mais le nom le plus conmiun 
est celui de Méyotç ToùovxSoi qui se trouve ici (cf. Géographie de Mé- 
létius, III, 45). — On sait d'ailleurs qu'à cette époque Hypsilantis, loin 
d'être en état de pénétrer dans la Bulgarie, se trouvait obligé, pour 
former une armée, de se joindre aux bandes de Vladimiresco, dont le 
but était tout différent du sien. 

(7), n s'agit de la pièce de cinq piastres de Mahmoud, frappée en 
1811, et qui valait 4 fr. 1367, tandis que la piastre de 1780, en cours 
en 1821, valait exactement 2 francs. La somme en question s'élèverait 
donc à 1447 fr. 845. — Agrati, et après lui Pouqueville, ne parient 
que de 350 piastres. Mais Pouqueville ajoute que cette somme équi- 
valait a 233 fr. 33 c. (au lieu de 700 fr.), ce qui ne s'accorde pas avec 
la valeur de la piastre & cette époque, et qui, de plus, semble une 
estimation bien basse pour la cargaison d'un navire. 

(S) Casses est une lie située à 1 est de la Crète, et à :^ milles ao 



^^ 



JOURNAL DE LA FLOTTE GRECQUE. ^1 

S.-O. de nie de Carpathos on Scarpanto. Dès le commencement de la 
guerre, quelques capitaines de cette Ue armèrent leurs navires pour 
faire la course contre les Turcs. 

(9) Cest-a-dire 420.000 francs. — Les 90,000 piastres faisaient 
180,000 francs, et les 800 piastres 1,600 francs. 

(10) Th. Négris se rendit ensuite à Calamata, où il fut bientôt nommé 
chancelier du sénat hellénique. 

(11) C'était sans doute un Ûrec chargé de représenter à Chio quel- 
que état européen, et affilié comme Négris à Thétairie. La France était 
alors représentée À Chio par le yice-consul Yattier-Bourville. 

(12) Il s'agit sans doute du grand caïque, que Jal, dans son Glos- 
jtaire nautique, appelle qaïqia^ et dont il donne la description sui- 
vante : « On voit sur la mer Noire, dans le Bosphore et à Constanti- 
nople, de ces grandes barques qui font le cabotage ; leur forme est 
asseï agréable. Elles ont ordinairement la poupe plate et triangulaire, 
haute sur Teau, mais beaucoup moins que Tavant, qui se redresse et 
se recourbe fort. Sur le côté, elles sont si peu élevées au-dessus de la 
mer, que pendant leurs navigations on est obligé de les munir d'une 
fausse muraille en toile goudronnée La voilure du qaïqia est géné- 
ralement celle des biigs A la traîne du qaïqia est toujours une 

barque ou très grande chaloupe destinée à faire le transport des mar- 
chandises, et, dans le calme, a remorquer le navire. Quand le temps 
est forcé, on coupe la longue corde qui attache la chaloupe au qaïqia, 
et on la laisse aller, & la grâce de Dieu, avec l'homme ou les deux 
hommes qui font son équipage particulier. Nous ne savons pas si dans 
le qaïqia on navigue t la part, et si les hommes qui courent les 
chances fâcheuses de la chaloupe ont deux parts, comme ceux des 
barques traînées par les sacoulèves grecques; mais nous le pensons, 
parce que les habitudes de la marine turque sont encore (1846) celles 
de la marine grecque.» 

(13) Les lies (Enuses ('AyvoDaac) se trouvent entre la partie nord de 
(}hio et la terre ferme ; elles sont plus communément désignées par 
leur nom italien Spalmadori* 

(14) La Fontaine-du-Pacha est un mouillage au nord de Chio. 

(15) La galiote des états barbaresques avait vingt-cinq ou vingt-six 
bancs de rameurs et un mât (voyez Jal, Glossaire nautique), 

(16) Le mot grec ?reavr<$ nous est inconnu, et nous n'avons pu en 
trouver l'explication dans le dictionnaire de Jal; mais Agrati, qui 
rapporte le môme fait, appelle ce navire un « bayédé ». et ajoute que 
ce mot sert à désigner une sorte de grande gondole turque. 

(17) Pouqueville ajoute qu'il s'y trouvait quelques Juifs que l'on 
pendit, pour venger les outrages que leurs coreligionnaires avaient 
fjùt subir au cadavre du patriarche Grégoire. 

(18) Kara-Bournou, ou Kara-Burun, est le nom du massif de mon- 
tagnes qui forme le nord de la presqu'île asiatique en Aice de laquelle 



292 VICTOR SERRES. - LA FLOTTE GRECQUE. 

se trouve llle de Qiio ; c^est également le nom d*mie baie située an 
nord de cette presqu^le. 

(19) La leuce, ou tartane, est un petit bâtiment, en général ponté, 
de forme allongée, et portant un seul mât et une voile latine. 

(^0) Saint-Eustrate, ou Hagiostrati, est une petite ile située à 30 kil. 
au sud de Limni ou Lemnos. 

(21) Voici la description que Jal fait de ce navire à Tarticle Ssoeou- 
XiSx : « Nom d*un bâtiment qu*on nous a dit, â Athènes, être origî- 
naire de Lemnos, et que les corsaires ipsariotes adoptèrent pendant 
la guerre qui précéda rétablissement du royaume de Grèce (1821-1831), 
parce qu*il est rapide, léger, bon voilier, et d*un assez petit volume 
pour trouver toujours un refuge facile dans les anses, dans les criqnee 
et les trous, où des bâtiments de guerre turcs ne pouvaient les aller 
inquiéter. La ZecxovXiBoc est fine de Tavant et de Tarrière ; sa proua est 
fort pointue et relevée; sa poupe, un peu plus haute que Tavant, est 

plate par derrière comme celle d*une chaloupe La voile principale 

de la sacoulève est une voile à balestron d*une grandeur telle qu'il 
semblerait que son usage dût être toujours fort dangereux, ce qui n*est 
cependant point. Cette voile, aidée d^une trinquette ou voile d'étai, 
d*un grand foc et de la MerÇâva, pourrait suffire largement au besoin 
du navire ; on y ajoute cependant un hunier, un perroquet, et quel- 
quefois une voile de fortune ..., car les hardis marins grecs qui mon- 
tent les sacoulèves n*estiment leurs navires qu^en raison de leur vélo- 
cité merveilleuse. On est vraiment effrayé, quand on voit, par un 
temps forcé, et lorsque tous les navires prennent des ris pmdents, la 
sacoulève aller, toutes voiles dehors, franchissant les lames comme 
un cheval de course franchit les haies, et, cédant au poids du vent 
qui remplit sa grande voile, glisser sur le côté de manière à ùâre 
craindre qu*elle ne puisse se redresser jamais. » 
(12) Pipéri est un petit Ilot désert des Sporades du nord. 
(33) Nous avons cru pouvoir compléter le texte en traduisant comme 
nous Tavons fait; mais, bien que notre interprétation nous semble 
très vraisemblable, aucun texte à nous connu n*indique que Ton d^- 
gne en grec les Bouches-de-Cattaro comme elles le sont ici. Nous 
n*avons d'ailleurs pu trouver aucune localité appelée simplement ac 
Mffoûxai(. 

(24) Le manuscrit porte : npoç àvaroAàç rili JÙfiûpvxç^ à Test de 
Smyme. Il y a là une erreur évidente, sans doute une faute de copie. 
A ce moment la flotte devait se trouver dans les environs du canal 
qui sépare les lies d*Andros et de Négrepont. 



CATALOGUE 



DB 



PUBLICATIONS RELATIVES AUX ÉTODES GRECQUES 

DRBSSÊ PAR LB BIBLIOTHBCAIRB DE L'ASSOaATION (1) 



I. PÉRIODIQUES. 



ABHAKDLUNG-E^l' des archœologisch-epigraphîschen Sôminares 
der Universitœt Wien, hrsg. v. 0. Èenndorfu. 0. Hirschfeld. IV. 
Wien, Oerold'8 Sohn. gr. 8. 4 M. 80 Pf. (I-IV : 22 M. 80 Pf.) 

Untersuchungen zut enriechischen Kûnstlerffeschichte yod E, Loewy, 
in, 117 S. 



ACADEMIE 

séances de 



3 des Inscriptions et Belles-Lettres. Comptes rendus des 
TAcadémie pendant Tannée 1883. (Communications.) 

Saléty, Les principes cosmogoniquea phéniciens n090£ et MQF. — 
MasperOf Noavelle copie da décret de Canope. 

— De Witte, Note sar un groupe en bronze représentant Hermès et 
Dion^sioB. — Vases grecs trouvés à Marseille. — C. Carapanos^ Ins- 
cription de Toracle de Dodone. — Albert Dumonl^ Rapport fait au nom 
de ]a commission des Ecoles d^Athènes et de Rome sur les travaux de 
ces deux écoles pendant Tannée 1883. 

ANNAIjES de la Faculté des lettres de Bordeaux. 2. Série, rédigée 



(1) Voir, comme supplément de ce catalogue, la liste des ouvrages insérée 
page c de ce volume, le Polybiblion, la Revue critique à'hiêtoire ei de 
Ultirature^ la Revue de philologie (notamment la Revue des Revuet)^ les 
Jahresberichte fondés par Bursian, les Bulletins bibliographiques de VEerlety 
du AsAtîov Tiiç tvTop. xal idvoXoy. 'Eratpiaç rfiç 'EAXiioç et du recueil 
*H 'EêSofidi, périodiques publiés à Athènes. 

Les auteurs et les éditeurs de toutes publications relatives à la Grèce an- 
cienne et moderne sont invités à faire connaître à la Société Texistence de 
ces publications. Cet avis aura pour conséquence la mention assurée de Ton- 
▼rage ou de Tarticle dans le présent catalogue. — Lorsque la date de la pu- 
blication n*est pas indiquée, le millésime est 1883. C.-E. R. 



294 BIBLIOGRAPHIE. 

par les professeurs des Facultés des lettres de Bordeaux et de Tou- 
louse. 4. Année. 2-6. 

Couaty Sur la Teniflcation des hymnes de CaiUmaque. — Tannery, 
Un fragment d'Heraclite. 

-*- 5. Année. 1-3. 

Duméril, Apollonius de Tyane. — Guiraud, De la condition des alliés 
dans la première confédération athénienne. — Couat, Le second livre 
d*èlègie8 attribué à Théognis. — Pessonneaux^ De Tantenr dn Traité du 
Sublime (^«pl u'|ou«}. ~- 2>« Tréverrêtf Deux petiu poèmes italien et es- 
pagnol) sur Sapho : Calderon et Oœthe, le Magicien prodigieaz et Faust, 
d*aprés un mémoire espagnol de don Antonio Sanchez Moguel. 

ANNUAIHE de TAssociatioii poitr rdnoouragement des études grec- 
ques en France. 17* année, 1883. 

Egger {Bm.), Aperçu historioue sur la langue grecque. — Miller ISm- 
manuel^^ Poédes inédites de Théodore Prodrome. — Darette (iS.), Le 
système électoral des LoU de Platon. — Weil {Henri}, Une transposition 
de vers dans les Perte» d'Eschyle. — Bikélas {Démétrius), Etat de la 
presse périodique grecoue en 1883. — Huit (CA.)t Platon en Italie et en 
bicile. — Bréal {Michel), Les Lois intellectuelles du langage. — Croiset 
{Alfred)^ Les fragments d'Antiphon le sophiste.— Dur uy {Victor), L'Em- 
pereur Julien. — Girard {Paul), Aristophon d*Azenia. — Méxière» {AU 
fred). Fragment d'un voyage en Grèce en 4850. — Gidel (CA.), De TE- 
tude du grec au commencement du xtii* siècle (16S8!, dans les classes 
du collège de Clermont. — Buelle {Ch,»Bfn,\ L'Introductiou hsnnoniqae 
de Cléonide et la Division du canon d*Eucliae le géomètre, nouvelle tra- 
duction française avec commentaire perpétuel. — Note additionnelle : 
Traduction des trois canons harmoniques de Florence. — Bonne fon 
(PawOf Traduction inédite du premier livre de Tbéagène et Chartciée, 

Sar Lancelot de Carie. — Weil (JSTtfnrtVBncore un mot sur les Permet 
*Bschyle. — VâaiÉTBS. Nicolaidy (B.), Etude sur les movens de fomer 
un véritable instituteur. Discours de M. Charlssios F^ipamarcou. ~ 
C.'E. H.i Catalogue des publications relatives aux études grecques (188S- 
1883), dressé par le bibliothécaire de TAssociation. 

AMirÛAIHB de la Faculté des lettres de Lyon. Fasc. 1, U, Pam. 8. 
Fssc. I. Berliouaf, I^s AUaates. — Selot, Pasitéle et Coletès. 

ANTIQX7ART, The. 1883. Jane-Dec«mber. 

— 1883. Jantial7-Jime. ' 
Hêodf Oreek Coins. 

ARCHTV, psedagogisches. Centralorgtan ftù* findehuag and Untomcht 
in Gymnasien, Healschulen u. hœheren Bûrgerschulen. BegrOndet v. 
W. Langbein, hrsg. von Krumme. 36 Jahrg. 1888. Héft I. Stettin, 
Hercke et Lebeling. 8* 

Wemer, Die KriegsschilTe der Alton. 

BLiETTSH fur das Bayr. Gymnasiabchalwesên, ved* von A . Deum^ 
ling, 18. Bd. 10 Hefle (& 3-8 B) Mtlnchen, lindaaer. 6 M. 

Heft 3-10 : IL ni, lY, Y. — Gsisf , Zu Xenoph. HeU. 6, 9, 37. tL 4. 21. 
7, 2, 22. — Bullinger, Zur Anseige moines Anstoteles-Zeller. — UiMlkel, 
Zu Demosthenes u. isaens. — volpert, Bericht ûber d. XXXYf. Yer- 
sammlung deutsoher Philologen u. Schulmeenner tn Karisruhe. 

~ 19. Bd. 1883. Ebd. Heft 1-6. 

Schiller, Zur Oeschichte u. Topographie des alten Alezandria. — 




BIBUOGRAPHIE. 295 

HaaSf Zur Succesaion d. Skeptiker (Zeller, Philosophie dar Griechep). — 
S. Oiinther, Matbematisch-philologisches ûber eme Stelle im platoni* 
■ohe *Staat\ — Fleischmann, Die Schlacht bel Marathon. 

— 19. B(L 1883. 20. Hefte. 

Heft 7-10. ff. Schiller^ Znr Topographie and Oeschichte des alten 
Alexandria. II. — Stangl, 'Ofiotàx^rn in Ciceros rhetoriflchen Schnften 
und den lateinischen Rhetoren. III. — Qeist^ Xenoph. Hellenika. «- 
Scholl, Annalus PolycrAlii* 

BULLETIN de CSorrespondance hellénique. AsAn'ov UXrivtxiiç ôcAJi»;* 
^oypafiatç, 7« année. 1883. 

Sttllmannf Une cuirasse antique. — HauvêUê'BesnauU, Inscriptions 
de Déloi. ~ Ramte^f Inscriptions de la Galatie et du Pont. — Mvlonas^ 
Deux tablettes judiciaires inédites. — Reinach, Inscription aa Mé- 
thrmna. — Monceatue^ Inscrij>tions de Thessalia. — ^ooiSf Lettre de 
PEmpereur Augntte aux Cnidiens. — Foueari, Inscriptions du Pirée da 
la collection de M. A. Mèlètopoulos. — PoitUr et Reinaeh^ Fouilles di|ns 




Harine athénienne. -*-/d. Inscriptions de clèroaques athéniens dlm- 
brot. — Schluvnherger^ Sceaux Bysantins. — Hauasoullier, Inscriptions 
de Delphes. — DueheBnê, Les NéorojDoles chrétiennes de Tlsaorie. 
Waddington^ Inscription de Tarse. ~ ColUgnon, âtèle funéraire atti- 

âue représentant une scène de palestre. — Ramsav^ Unedited inscrip- 
ons of Asia Mlnor. III-IV. — Reinach, Fouilles de Déios. Llnopus et 
le sanctuaire des Cablres. — Dumoni, Du stvle géométrique sur les vases 
grecs. — Dragatunia^ Quelques remarques a propos des inscriptions cho- 
ra^iques de Délos. — Foucart^ Le culte de Fluton dans la religion éleu- 
^ sinienne. — Duboiê, Lettres de Tempereur Hadrien au conseil et au peu- 
ple d^Astypalaea. — Foucart, Décrets des Amphictions de Delphec. — 
Pottier et Reinach^ Applique de bronse appartenant à des vases de My- 
rina. — P. Paru, Inscriptions de Sébaste. — Collignon, Course d^apor 
bâte sur un bas-relief attique. ^ Reinach, Fouilles de Délos. — I. Tem- 

Îile des PosidQniastes. H. Statues. III. Inscriptions. — Marcel J^uboit, 
nscriptions des Sporades. — Jules Martha, Stèle avec inscriptions trou- 
vée au lac Stvmphale. — B. Pottier et 8. Reinachf Fouilles dans la Né- 
cropole de Myrina (avec 1 pi. double). — A. Fontrier, Inscriptions 
d*Asie-|linettre, Philadelphie et Magnésie du Iléandre. — P. Foucars, 
Bas-relief du Pirée. Culte de Zeus Milichios (avec I pi.). — P. P., Note 
sur l'époque de la fête des 'A/ûa à Eleusis. — VABiÉrés. R.Cagnat, Noie 
sur une inscription latine de Smyrne. — A, L^val, Inscription de Chai- 
cédoine. ~ Clerc, Inscription de Samos. — Paris, Fouilles d^Elatée. — 
BiBLiOGBAPHiB. A. Bumantf Catalogue des figurines de terre-cuite du 
musée du Louvre, par Léon Heuxey. 

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stèle sepoicrale greca scoperta in Roma. — C. L. Viseonti, Di un torso 
di statua rappresentante la Miner va Parthenos di Fidia. 

CHRONICLE, The Numisraatic and Journal oi the Numismatic So- 
ciety. Ed. by 0. Evans, Wi S. W. Vaux and B, V. Kead. 1882 
Part. 11. III. IV. London. Smith. 8. 

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Wroth, ApoUo "with the Âescuiapian staif. 

— 1888. Part. I. 

« 

Bunburu, Additional tetradrachms of Alexander the Great. — Bead, 
Coinage of Alexander. 



298 BIBLIOGRAPHIE. 

— Part. II. 

Bunbury, Rare and impublished coini of the Selencidan kinga of Sj- 



na. 



loa 



CORRESPONDENZBLATT tùr die Oelehrten. Realschulen 
Wttrtembergs. Hrsg. unter provisor. Red. von RamsIer. XXIX. Jahr- 
gang, 1882. 12 Hfte. Tttbingen, Pues. gr. 8. 7 M. 

Bœseh^ Ueber d. griechischen Accent: Ueber d. tJrapnmg d. epischea 
verses. — Herter, Die sociale Frage d. griechlsch-roemiscbea Alter- 
tboms. 

— XXX. Jahrg. 1883. 12 Hfte. Ebd. 

Heft 1-4. Vierordty Albr. v. Haller. ~ B. MHUêr, Za Sophokles a. 

Vergil. 

A£\TION rSiç ivroptx9li xxl îBvoÀoytxiiç kraipiaç riiç 'EXXiSoi. (IVadoctii 
des titres.) Tome I«r, 1883. 

Fasc. 2 et 3. P. Lambros, Monnaies et médailles dn gonvemement des 
Iles Ioniennes pendant Toccupation anglaise favec 5 pT.). — Constantin. 
Pleziotis, Lettre de saint Poly carpe ans Poilippiens. — Oeorçts A. 
Chatxidahit, Quatrième contribution à Thistoire de la langue grecque 
moderne. ''-Constantin A. Gounaropoulog^ Sur la Camille grecque des 
Boudouris. — 5. K, S.^ Note sur TAcadémie ionienne. — N. O. PolUU, 
Sur la peste de 1740 en Macédoine. — /. D. KondylakU, Mythologie néo- 
hellénique en Crète. ^~ N, G. Politis, Contes grecs comparés avec ceux 
des autres peuples. — Jf** Mar, G. Kampouroglou, Contes athéniens. 
— JV. G. Politu^ Traditions helléniques. — G, Éorylos^ Recueil de tra- 
ditions helléniques. — G. Drosinis^ Recueil de distiques erotiques. — 
S. KaravitOM, Ilecueil de chants populaires de la Rouméiie. — Sp. P. 
Lambroi, Aperçu comparatif de manuscrits contenant le discours uédit 
de Pachofflios Roussanos. 

L'ENSEiaNEMENT GHBÊXIEN (bimensuel, 2* année, 1883. 

P. Lallemand : Du sentiment de la natare ches les poètes grecs, a. 6, 
8 et 21. 

C. Suit : Qn*estp-ee qu*un écrivain classique t n. 21 et 22. 

E^HMEPIZ APXAlOAOriKH (Organe de la Sodétë archéologique d'A- 
thènes), année 1883. 

— livr. 1 et 2. (Traduction des titres). 

livr. 1. i>. Philiot, Inscription d*Eleusis (avec 1 pi.). ^ Bt. Coihiui- 
nottdis, Inscr. métrique athénienne (avec 1 grav.).'— P. Kawadias^ Ins- 
criptions provenant des fouilles d'Epidaure. — K. D. Mylona»^ Découver- 
tes faites dans les fouilles de TAcropole (avec 3 grav.). — Chr. Tjoun^ 
dasy vase attique (1 pi.). — K. D. Mylonas, Idas, Marpessa et Apollon 
(1 pi.). — M. G, Ditnttza, sur les monnaies d*Eriie. — G. Bm. Anto- 
niadis ; Borne, etc. (opoç x^P^^^ npoixàç) (avec 1 grav.) 

Livr. 2. Et. Coumanoudia, Décret relatif aux phratries. — D. Philios, 
Inscriptions d^Eleusis (suite). — P. Kavvadioê, Inscriptions provenant 
des fouilles d^Epidaure. — />. Philiot, trois tètes trouvées en Attique. 

MâLANOBS. K. Z). Mylonas^ Décret honorifique : inscr. éphébique (av. 
1 grav.) ; Haltères de pierre antiques (1 grav.) ; Ublette d^Heliaste inédite 
(1 grav.). — D. Philios, marques (des tailleurs de pierres t relevées sur 
les plinthes de pierre molle du porthique du pronaos du temple d*Kleusis. 

Q>ÂZETTE archéologique. Recueil de monuments pour servir à la 
connaissance et & Phistoire de Tart antique public par les soins de 
J. de Witte et Fr. Lenormant. 8. Année. Août. Pans, Lévy. 1. 

Jurgiewitschf Sur deux inscriptions grecques inédites de la Russie mé- 



BIBLIOGRAPHIE. 297 

ridioxiale. — Reinach^ Sur la chronologie de quelques archontes athé- 
niens, postérieurs à la CXXII* olympiade. 

GAZETTE des Beaux- Arts. Courrier européen de Tart et de la cu- 
riosité. 24* année. 2» période. Tome XXV. Paris. 4. 

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— 35* année. Janvier-juin 1883. Ibid. 

Duranty^ Les curiosités du dessin antique dans les yases peints. I-III. 

HERMES, Zeitschrift f. classische Philologie. Hrsg. von G. Kaibel 
u. C. Robert. 17. Bd. Hft. 2-d. Berlin, Weidmann. 8. à Bd. 12 M. 

Pulchj Zu Eudocia. — R. Foenter, Achilleus und Polyxena. — 
Vahïen, Varia. — Lincke, Zur Xenophonkritik. — Kirsel, Der Demo- 
kriteer Diotimos. — v. Wilamowiîx-Mœllendorf^ Excurse zu Ëuripides 
Herakliden. — DieU, Stiohometrisches. — B^iermann, Zur Textkritik 
d. Isaios. — Th. Mommsen, Zu Fr. Lenormants Lexicon ffeographicura. 

— Vahlen, Varia. — Mordtmann, Epigraphische MittheOungen IV. — 
Bœhlf In Lenormant inscriptionum falsarium. — Kirchhoffy Zusats. — 
Mommsen u. Robert, Konig Philipp V u. die Larisaer. — Eûhletoein, 
Aus e. altein lateinischen Ûebersetzung d. Aphorismen d. Hippokrates. 

— Rosibach, Observationes in Iliadem latinam. — Mommaen, Die lu- 
schrift von Hissarlik u. d. rbmische Sammtherschaft in ihrem titularem 
Ausdruck. — Thomas, Aristotelische Untersuchungen I. Beitrage z. 
Textkritik. — Pabricius, Die Skeuothek des Philon, das Zeughaus der 
attischen Marine in Zea. — Vahlen, Varia. Kirchho/f, Eine attische To- 
tenliste. 

— IS. Bd. Hft. 1. 2. 1883. Ebd. 

K^hletDêin, Zu d. Texte u. den Hss. d. hippokratischen Abhandlung 
aher Vfaser, Luft. u. Erde. — Knactck, Analecta. — Oemoll, Die Besie- 
hungen swischen Lias u. Odyssée. — - Roehl, In Franciscum Lenormant 
inscriptionum falsarium responsio altéra. — Schanz^ Zur Uermeias. — 
BtLSse^ Zur Textkritik der Nikomachischen Ethik. — v. Wilamowitz- 
Mœ\lendorf, Die beiden Elektren. — Piccolofniniy Quaestionum de Ar^ 
chilocho capita tria. — Polak, Ad Choricii declamationes dnas recens 
éditas notulae. — Stengel, AuxeéSaç. — Oemoll, Zur Dolonie, Nachtrag zu 
Bd. XV, 557 ff. 

B.AlbreehU Zur Textkritik des Isaios. -^ v. Willamowitz-Mœllendorff, 
Phaeton. — Robert^ Die Phaetossage bei Hesiod. — M. Frœnhel, Die 
Antidosis. — Bergk, Philologisehe Paralipomena. I-V. — Kock, Ein Ka- 
pitel aus der formalem Logik, angevendet auf Aristoteles und Platon. 

INSTRUCTION PUBLIQUE (!*)• Revue des lettres, sciences et 
arts (hebdomadaire) 12* année, 18i83. 

C. Huity Théogonie d'Hésiode, n. 2^ 3, 4. 5, 6, 8 et 9. — D. H, Lau- 
monierj L'esprit de Tantiquité, n. 3. ~ Ea, Malvoisin, Géographie de 
Strabon, n. 14, 16, 18, 19, 20, 21, 23, 25, 28, 29, 30 et 31. — C. Huit, Ins- 
titutions de la Grèce antique, n. 17, 18.22, 23, 24 et 25. — /d., Philoso> 
phie des Académiciens Arcésilas, Carnéade, Philon et Antiochns, n. 26, 
27 et 38. — S. Reinach, Les monuments de la Commagène, n. 29. — 
C. HuiU Philosophie d*Epictètc, n. 30. — Vabbé Beurlier, Le ;baccalau- 
réat, n. 35. — Servan de Svtgny, Théocrite et la poésie pastorale, n. 35, 
36, 41 et 42. — C. Ruit, Le Gorgias de Platon, n. 40, 4), 42, 43, 44, 45, 
46, 47, 48, 49 et 50. — A. Croiset, (Sommaire d'un cours professé à la 
Sorbonne) : Téloquence attique au y* siècle, n. 50, 51 et 52. — C. Huit, 
Les mythes de Platon, n. 51 et 52. 

JAHRBUECHER fttr klassische Philologie. Hrsg. von A, Fleickei- 
sen. 13. Suppl.-Bd. Leipzig, Teubner. 440 S. gr. 8. 9 M. 

(Heft 1 u 2.) Van Henoerden, Pindarica. — Arnold, Ueber Theopha^- 



^8 BIBLIOGRAPHIE. 

DM von Mytilena tt. Pondooius von Apaxnem. — > HoMfOM, Di6 Bolchte 
des Platon u. Âristoteles ûber Protagoras. — WeeMein, D«b«r d. Tecb- 
nik a. den Vortrag der Chorgesange des Aeschylus. — Cherber, Natnr- 
personiflcation in Poésie u. Kunst der Alton. -' K, J Neumann, Stia^ 
bons Landeskunde von Kaokasien. » Mutherford^ Zor Oesehicnte des 
Atticissimus. — Pappageorg, Codex Laurentianas u. eine neae Collation 
im Scholientexte. 

JAHRESBERICHT ttber die Fortschritte der claaaiBehan Alt«r- 
thuxnsvnssenschaft, hrag. v. C. Bursian. 10. Jahrg. 1882. Neae Folge. 
S. Jahrg. (Mit den Beiblsettern : Bibliotheca philologica clasnea.) 10. 
Jahrg. (1883) und Biograph. Jahrbuch f. Alterthomskunde. 6. Jahrg. 
(1883.) 30. bU 33. Bd. 12 Hfte. Berlin, Calvary et Co. 32. Bd. 1. Hft. 
96 S. gr. 8. 36 M. 

— dasselbe. Begrttndet von C. Barsian, hrsff. ▼. J. MulUr» 11. Jahrg. 
1883. (Mit denseiben Beibbettem.) 34. bi8 37. Bd. 12 Hefte. Ebd. 
36. Bd. 1. Heft. 96 S. gr, 8. 86 M. 

JOUBU AX<» The American, of philolo^v. Ed. by S, X. GildersUece. 
Vol. I. New-York and London, Macmillan. 1880 (1). 

N* 1. W. W, GodtDfn^ àixut kTtà oufitàXuv and 9ixat ev/i$6Xsuai. 
— 2/. J^. Pacaard, Ceddes* problem of tbe Homeric Poems. -^ OUden^ 
leeve, Eucroachments of /ii7 on où in Later Greek. — Notes. Tkomuu 
DavidiOH, Tbe Dion;^sios of Marathon. ^ A. C. Merriam, U. B, 318, 
319. — ThomaB Davidson, Varia : Korima, p. 20. — Arist. metaph. A 7 
p. 1072 6 2 (Bekk.). — Paus. I 26, 5. — Reviews and Book Noncst. Vin- 
cent and Dickson*8 Hand Book to modem Greek. — 'Wheeler, De Alcesti- 
dLs et Hippolyti Intcrpolationibos. -^ Reports. Revue de philologie. — 
Rev. arcnëol. — Hermès. — Athenaion. — Fleckeisen*a Jahrbftcher. — 
Mnemosyne. 

N* 2. P. D. Allen, Btymologîcal and Grammatical Notes. — C 2>. Jfor- 
fj, Xenophon*s Oeconomicus. — /' **' *' " -.^- *--^^ .- 
the tetralogy. — Rbpobts. Revue 



Ht, Xenophon*s Oeconomicus. — M. W. Humphreyt, The foorth play in 

) de philologie... Rhein. Maaeum. 



N* 3. Maurice Bloom/ield, The « ablant » ot Greek Roota vidi ahon 
Variation between Ë and O. -» Rbpobts. Mnemosyne. — Rot. de phi- 
lologie. — Neae Jahrbûcher fur Philologie und Pttdagogik. — Hames. 

N<> 4. F. G. Allinaon, A proposed Redistribution of Parts in the Para- 
dos of the Vesp». ~ Lewis Camphell, Notes on the AganemAoa of Aes- 
chylus. '•NoTBS. P. G. Allinson, On rtîup as an Adjective... Bûcher and 
Lang's Odyssey. — Merriam*s Paeaeians. -^ Dunbar^s, Ooncordanoe to 
the Odyssey. — Rbpobts. Mnemosyne. * Arcbaeologische Zeituag. — 
Hermès. 

Vol. II, 1881. fi^ 5. Rbvibws and Book Noticbs. B. Delbrack*s Onmd- 
lagen der griechischen Syntax. — L. K. Buthoren's De lone fabula Ko- 
ripidea. — Timayents* History of Greece. -^ Pratt to and Laafs Story of 
Achilles, ftom Homer's lliad. — Rbpobts. Rhein. mus. — Philologua. — 
Neue Jahrbûcher, etc. — Archiv ftir Mittel-und Neugriecbisch« Pfailo- 

N* 6. Notes. A. Z>. Savage, A Greek Inscription oonceming Golgol, — 
Rbvibv^s and Book Notices. C. P. Smith^s btudy on Plutarch*s Life of 
Aruxerxes. — Rbpobts. Mnemosyne. — Hermès — Mittbeilungen des 
deutschen archaeologischen Institut in athen. <— Pleckeisen^s Jahrbii- 
cher. 

N*7. NoTBS. Thomas Davidson, varia. (Sophoclea, Pausanias, Hero- 
dotes.) — Rbpobts. Mnemosyne. — ArchÏT, etc. — Revue de philo- 
logie. 

(1) Sommaire des matières contenues dans les vol. I à IV, récemment of- 
ferts i r Association. 



\^ 



BIBLIOGRAPHIE. 209 

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dênîeete. On lepiv In tlid Attlc Oraton. — RsYurwfl and Bo<nc Norfcss. 
Mesger's Pindars Sie^eslleder. ~ Works of Sp. A. Lambros. — Meyer's 
Criechlache Qranmatik. Araoldt*s Chor in Agamemnon des AescHylas. 

— Rbpobts. Rhein. Mus. FIeckeisen*8 Jahrbûcher. — Philologus. 

Vol. III, 18SS. N* 0. Rbpobts. Harmes. — Ifnemoijne. — Rar. de 
«hllol. — COBAKaPOKDAMCfl. A. H. Sajfce, On the Language of Homar. — 
Oa iho Dlpylon Vaaes. -^ M' BUia on tbe Fragmenta of Sopboclea. 

N* 10. Ch. Shôrtj Tbe new Révision of King James* Revision Of tbe 
New Testament. I-iI. — B. X. GilderêUeve^ Notes from tbe Oreek Semi- 
nary. I. On tbe Articular Infinitlve in Xenopbon and Platon. II. On 
où /uiq . — F. D. Allen^ Oreek Inscription from Oerasa In Syrie. — No» 
tna. C. D, Morria, On Demostb. 34, S5. -*- Rbvibws and Boox Noticbs. 
i. Klittkenberg, De Kuripideoram Prologorom arte et Interpolatione. — 
W. Q. Rotberford : Tbe New Pbrynicbns. -* RaPoaTa. Rbain. Mas. — 
Maemosyne. -^ Arobaeolog. Zeitong. *— Fleckeisen Jabrb. 

N* 11. Thoê, W. Ltidlow, Tbe Atbenian Natal Arsenal of Pbilon. — 
J. P. Pottgate^ Etymological Stndiea. — Rbyiews and Book Noticbs. 
A. Vf, Verra], Tbe Medea of Buripides. — C. S. Halsey, An Etymology 
of Latin and Oreek. — J. T, Clarke, Report of the Investigations at As- 
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mès. 

N« 12. B. L. Oilderslêwe, Studies in Pindarik Syntax. — C. D. Mor^ 
rit. On a probable Error in Plntarch. Per. c. 23. — Notes. JF. D. Alien^ 
Tbe Dialect of Assoa. — Rbvibws and Boox Notices. D. B. Monfo, A 
Orammar of tbe Homerik Dialect. — Kluge*s, Etymologiscbc "Wôrter- 
bacb. — Repobts. Fleickeisen's Jabrb. — Rev. ae pbiio). — Mnemo- 
syne. 

Vol. IV, 1883. N* 13. Maurice BloomfUld, Historical and crltical Re- 
marks, Introductory to a comparative Study of Oreek Accent. — 
/. P. Poatgaie^ Etymological Studies. — Reviews and Book NoTiona. 
\V. Ounion Rutberford, Babrius. — Josepb Sturm, Gescbicbtlicbe Entwio- 

kelung der Constractlonen mit nplv. — E. S. Sbnckburgh, Lysiaa Oratio- 
nes xVl. — Oulielmo Stademund, Dae Commedte parallèle di Difllo. — 
Repobt8. Hermès. — Mnemosyne. 

N* M. /. Jtendel Barriêt Sticbometry. I. ~ B. L. QilderiUet; Stndien 
in Pindaric Syntax. — Thomas W, Ludlavc^ The Ilarbors of ancient 
Athena. •» Alfred Emerêon, Tbe Dying Alexander of the Uffizi Oalery 
and the Oigantomachia of Pergamam. — Notes. iZ. ElUSy Coniecturae 
Babrianae. — Rbpobts. Rev. do philologie. — Neue Jabr., etc. 

N* 15. Ch. Short, Tbe New Revision, etc. III. — W, J. Alexander, 
Participial Périphrases in Attic Prose. — J. Rendel Barris , Sticbome- 
try. n. — Rbvibvs and Book Notices. Edwin Wallace, 'ApttxoxiXrjç 
ntpi Yu;^s. -> Rbpobts. Rhein. Mas. — Hermès. 

N* 16. B. L. Gildenleeve, On the Final Sentences in Oreek. '— Rbvibws 
and Book Notices. Mather^s, Aescbylus. Proroetbeus Bound. — Dun- 
bar's, Concordance to Aristophanes. 

JQUXiNAL des Savants. Année 1888. Paria, imp. nationale. 

S. Bgger, Essai sur la vie et les csnvres de Lnolen. — S, Miller. Ob- 
servations lexicograpbiques. — R. Dareste, Les papyrus grèco-egyp- 
tiens. — E. Miller, Découverte d*un nouvel exemplaire du décret de Ca- 
nope. — G. Perrot, Les céramiques de la Qrèce propre. — Egger, Fables 
de Babrins. — Miller, Pian stratégique de TUlade. — Perrot, Les cérsr- 
miqnes de la Orèce. — Miller, Tragédies de Shakespeare traduites en 
grec. 

JOURNAL of Hellenic Studien, publié par la Society for the promo- 
tion ai hell. Studies. Vol. IV. London, Macmillaa, 1883. 

Itr semestre. O. Dermis, Two arcbaic Oreek Sarcbopbagi (avec 1 pi.). 

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the Museo Kircheriano (planche). — Cecil Smith, Vase vith represeo- 
tation of Herakles and Oeras (1 pi.). — Jkf. O. IHehter, A Prehiatonc Bail- 
dine at Salamis {2 pi.). — J. Jk. Andersonf Antefixes firom Tarentom 
(1 pT.). — L. R. Famell, The Pergamene Friese (suite). — Ctcil Smithf 
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note by R. C. Jeeb. — MiscsiXiiNBA : P. Q., Clay Disk from Tarentom. 

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Telesphoros at Dionysopolis. — Ch, Waldttein, A Ring with the Ins- 
cription « Attulas ». 

2* semestre. JB. F. Toxer, The Pranks in the Péloponnèse. — 
E. L. Hicks, An Inscription from Prienè. — P. Oardner, votive Ooiaa 
in Delian Inscription — Jame E. Harrison, Monument relating to the 
Odyssey. — G. Èirsehfeld, Notes of travel in Paphlagonia and Oalatia. 

— Walfer Leaf, Notes on Homeric Armour. — D. B. Afonro, On the 
Fragment of Produs* Abstract of the Epie Cycle contained in the Codex 
Venetus of the Iliad. — A. Michaelis, The Metrological Relief at Oxford 
(1 pi.). — Ceeil Smithy Inscriptions of Rhodes. — Sidney Col-oin, Pain- 
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JOURNAIi of Philology. Ëd. by W, A, Wright, J. Bywater and 
H, Jackson, Vol. X. No. ^. London and Cambridge, IVfariniHan et 
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Campbell^ A neçlected Ms. of Plato.— Munro, Euripidea. — Jo^ibon, 
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Bywater, The Cleophons in Aristotle. — T/s^ccv in Homer and in an 
Olympiam Inscription. — Sayce, The Age of Homer. — Goto, The nup- 
tial number. ~ Bigg, Notes upon the Poetics of AristoUe.— Verrall, 
On a metrical canon in greek tragedy. — Houtman, Ibis 539. — Rendel 
Barrit, Stichometry. — Gildersleeve, Studies in Pindaric Syntax. ~ 
Ludlouj, The Harbors of ancient Athens. — Bmerton, The dnying 
Alexander ef the Uffice gallery nnd the Gigantomachia of Pergamoa. 

MÉLANGhES d'archéologie et d'histoire, p. p. les Ecoles d'Athènes 
et de Rome. 2* année 1882. Paris, Thorin. Fasc. II-V. 8. 

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sena. Corrections au catalogue de J. M. Muccioli. — Ram»ay, Inscrip- 
tions inédites de marbres phrygiens. — Z^enormant, L*alphahet grec du 
vase Chigi. — Laloux, Restauration du temple de Vénus et Rome. — 
Documents relatifs au temple de Vénus et Rome. — Martin, InscriptioB 
grecque de Corcyre de 1228. 

HITTHEILUNa-EN archaeologisch-epigraphische, aus Oesteirach. 
Hrsç. V, 0. Benndorfu. 0. Hieschfeld. 6. Jahi^. 1882. Wien, Ge- 
rold 8 Sohn. 1. n. 2. Heft. gr. 8. 9 M. 

TocilcKu, Inschriften aus der Dobrudscha. — Petersen, Angebliehe 
Phineusdarstellunç. — Lœvoy, Antikensammlung des Pûrsten Lichtens- 
tein. — HûbMr, Die Beinschienen der Rômischen Legionare. — T»chudi, 
Eine unbekannte Replik der Laokoongruppe. — Or«t, Scoperte archeo- 
logico-epigraiiche nel Treutino (Schluss). — Majonica, l^edierte Ins- 
chriften aus Aquileja. — Oomperz, Eine archaische Inschrift. — Hirt^ 
chfeld, Epigraphisclie Mittheilungea. — Torma, Inschriften aus Dada, 
Moesia superior u. Pannonia inferior. — Seh¥ieider, Bronse, Henkel aos 
Dodona. — Benndorf, Ueber swei ôsterreichiBche arch&oloj^sche Expe- 
ditionen nach Kleinasien . 



BIBLIOGRAPHIE. 301 

lOTTHEILUNGEN des deutschen Archœologischea Instituts in 
Athen. 7. Jahrg. 1-4. Heft. Athen, Wilberg, 1882. 1. 

U. Koehler, Znr Geschichte des griechischen MûnzweBens.—Puehsteint 
Die Sammlang Demetrio in Athen. — /. Schmiât, Ein nenea Fragment 
des edictum Diocletiani de pretiis. — • LatUchew, Die Hestzeit der Pam- 
boiotien. — Lolling, Inachrift ans Salamia. — Benndorf, Zur Periegeae 
der Akropolia. — Robert, Das Schiedagericht ûber Athena und Poséi- 
don ; Fragment eines Hippolytoasarkophaga. — LoUing, Aua Tbesaalien 
I-VIII. — Boissevain, Zwei Qrabsteine aua Lariaaa. •— Julius, Die Reste 
des Denkmala des Babulides. — U. Koehler, Ans den attischen Inschrlf- 
ten. — Brunn, Marmorkopfchen ans Meligu. — Ramsajf, Prymnesaoa 
und M etropolia. — Jmhoofh^Blumer, Munsen der Kleruchen aof Imbroa. 

— LolUng, Der Cuit der Kybele aua Plakia. — Furttoœngler^ Altlako- 
niachea Relief. — Stocboda, Athenîschea Psephiama ûber Klacomenae 
aua 01. 08, 2. — Lange, Zwei Kopfe -von dér Akropolia in Athen. — 
JR. Weily Meaaenische Orenzfehden. — JJ. Koehler, Mykeniache Schwer- 
ter. — Mordtmann, Zur Epigraphik von Kyxikoa II. — Rangabé, Das 
Erechtheion. — Murray^ The harrier of the throne of Zeua at Olympia. 

— Doerpfeldj Zur antiken Métrologie. I. — U, Koehler, Der Zwanaigatel 
dea Thraaybul. — l^tischew^ Zur Epigraphik von Bbotien und Lamia. 

— U. Koenler, Inachrift der Kleruchen aut Samoa ; Peloponneaiachea Ei- 
aengeld. — MuJluva;, Auo cÇ onT^cy^C Tavecypoià àyytïa fiirà iitrù~ 
ftft>v Tcapaorânoiv é — Robert, Relief im Peiraieus. 

— 8. Jahrg. 1883. Ibid. 1* Heft. 80 S. mit 4 Taf. u. 2 Beil. 

U. Koehler, Mykeniachea Silbergefaaa ; Choregeninachrift aua Athen ; 
Inachriflen der Ergaatinen. — LolUng, Daa Artemiaion auf Nordeubôa. 

— L, V. Sybel, Statuarische Typen. — R. Foerster, Zum Pariser u. 
Wiener Anonymus uber Athen. •— Boerpfeld, Zur antiken Métrologie. 
II.: Ueber daa Schatshaus der Sikyonier in Olympia. — Ramsay, Notes 
ana Inacriptiona from Aaia Minor. 

— 2. Heft. Athen. Wilberg. 4. 

Brunn, Nordgriechiache Sculpturen. — Ohnefalsch-Richter, Mitthei- 
lungen aua Cypem I. II. —• Fr, Bawngarten, Qrabmonnment aua der 
Arçolia. — Doerpfeld, Die Skeuothek dea Philon. — U. Koehler, Aua den 
attischen Marineinachrilten. — Korolkow, Megarische Inachriften. 

HITTHEILUNG-EN, archaeologisch-epigraphische, aus Oesterreich . 
Hrsg. V. 0. Benndorf u. 0. Hirschfeld, 7. Jahrg. 1883. 1. Hft. 
Wien, Oerold's Sohn. 152 S. m. 3 Taf. 

Siooboda, Vertrag dea Amyntas von Makedonien mit Olynth. — Klein, 
Studien attr Griechischen Ktinatlergeachichte. III. Die Dadaliden. — 
Loewy, Unediertes aua Rhodoa; Inachriften aus Gjolbaschi. — Orai, Is- 
crixioni deirAlbania. — Benndorf, Griechische Inschriften von Phyakoa. 
— Oomperx, Zu griechiachen Inachriften. — Hirschfeld, Inachriften ana 
Bosnien u. Kârnten. 

HNEMOSYNE, Bibliotheca philologica Batava. Scripserunt C. G. Ck>- 
bet, C. M. Francken, H. van Herwerden, S. A. Naber, alii. Collège- 
runt G. G. Cobet, H. W. van der Mey. Nova Séries. Volumen X. 
(Pars III. ly.) Lugduni Batav.i Brill. Lipsiae, Harrassowitz. gr. 8. 

9 M. 

Cohet^ Ad Appianum de bellia civilibua (continuatio); Photius ; Polybiua ; 
AAIANOHTA Latina etGallica; Suidas; Ad Gallenum; De locis non- 
nnllis apud Longinum itipl t/^oMi; Appianus; Longinus; Vita antiquiaai- 
morum codicum;' Longini atilua ; Apainea; Lvaiaca; Ad Julianum. — 
Sehtpartz, Ad Platonem et Lucianum. — Naber, Euripidea (coot.). — 
Badham, Platonica. — Comelissen, Ad Petronium. — Van Stegeren^ 
Varia criUca. — Hartmann, Euripidea (cont.). — Badham, Jocularea 
scribarum errores; Thucydides. I. VIII. — Badham, Ad Platonis H- 



302 filBLIOafCAPHm. 

bmm X de legibuk — Cobet, Diodonit Sicnlns ; Btrodotet, 8mi«i ;8|jk 
cileçiom animibdTenionam a4 Juliaaam. — NcJbtr, ObaorvatUmet cnti- 
caa m Aristophanem. — Taii Hertcerden, Conjectorae epigraphieae. 

^ N. 8. Vol. XL (Pan I. II.) Ibid. 9 M. 

Cobêtt HacaUoi Maedi script* ^ti^snh^Kftx : Soldas ; Ad PlModo- 
PlatoBis Tbaagen; Ad Paeudo^Platonia Hbpardiam; Ad Fteado-Hap- 
tooiB RiTaleaj Ad p8eQdo<^PIatoiiU Alcibiaden aecuodonit Diodocna 
Sicalns. — /faber, ObserrationeB criticao in AriaCopbaaem <co«t.). — 
Bitdham, PUtonia Ugun liber VI. — Van Berwerden. Panliponena 
Thoojrdideaj Ad ApoUonii Rhodii Argonantica. — CoUt, Herpdoca» 
{eonxX --* Van Eerwerden, Emendatnr Tbacjd« H, 16; Nova amdia ad 
AotipbonUm. — Cohet^ Longinos. — Badham, Ad PlatoiiiB libmm VHI De 
LegtbQB. 

^ Pan UI. IV. 

Van Sencerdent NoTa stadia ad Aatipbontem : ad Platonis libroe de 
republica. — Badham^ Tbacydides, Sophoeles ; Paralipemesa in Plato- 
nia libris de legibus I. II. III. IV cum iis conferetida qaae Cowwirio prae- 
misi. — Cobet, Oravis Athenael error in loco Timaei bîstoriel ; Heradotea 
(cent.). — Ifaber, De Amtopbanis Nabibus (eent.). — Van der Jf<y, 
ThQcydidea. — C. G, C, Saidae. — Van Herwêrden^ Ad Platesia libros 
de repablica. — O, O. C, Olympiodonu; Diodoroa Bienloa; SuMaa. — 
Cobet, Ad Julianum. — Naber^ BpistoU critica ad Allardum PiersonuB 
de Joliano. — Cobet^ De locie noonullis apad Porphjriam UEPI 'AUOXIIS 
TÛN 'SMYTXON. -. Cobet ^ De locis qmbasdam in Aeliaoi Vana Hi>- 
toria. 

HUBiinK, Rheimachea, fttr Philologie. Hng. v. 0. Bibàeôk n. 
Fr^, Buecheler, N. F. 37. Bd. 3. a. 4. Hft. Frankftirt a. M», Saner- 
Isnder. gr. 8. 

P. J. Meyer, Das Schéma der Zveikampfe auf den alterev griechischea 
Vasenbildern. ~ Th. Bergk, Zur Chronologie d. KônigB Artaxerxes m. 
Oohoe. -.- Kalhmann, Deber die Ekpbraeeis des altères PbilostraiM. — 
/e«!P, Die Lebeaa«eit de* Zoeimoa. — Lwltoieh, Zu HeraUeitoa hoveri- 
aehen AUegorien. — HoUapfel, Daa Verfabren der Atbener ge|^ Mjti- 
lene naoh dem Anâtaiid von 42 8/7. — Foertter, Zor Geschicbte der 
Philologie. — WaehMmtUh, Ueber die Apophthegmensammlong in den 
Frobenacben Gnonici. — S. Meyer, Ueber Diodors romiacbe (xaacbicbta. 

— 38. Bd. 1. n. % Hft. Ebd. 

Natorp, Ueber die Skepsis im Altertham; Aeneaidem. — WoUert. De 
CoBstantini Cepfaalae antfaologia. — MendeUtohn, Dionya&oa von Hali- 
eamatBOs u. Appianoa. — Hanêêen^ Ein nmaîkaliacbea Oeaeta in der oaan- 
titierenden Poésie der Griechen. — Bohde, Scenioa. — Baunaeht Ueber 
daa lakonlsche Won xavvvtfctràpiv a. die ^ijpe/aax^ bel den Otiedien. 

— 38. Bd. 3. u. 4. Hft. Frankfart a. M., Sauerlsender. gr. 8. 

Ludwieh, Zn Herodiaoa Schriften mpi ovo/uéroiv n. 7fpi iue»np9^ 
diluai, — Wiedêmann, Znr Chronologie der Arsiaoe PbUadeîphoa. — 
JuiMblut, Ueber die Sprichwortersammlung des Laarentianas 8t>, 18. — 
B. Poerster, Alkamenes und die Giebelcompositicmen des Zeasteaipels 
in Olympia. Die kunstgeschiohtlicben Annbon des Tzetaes und des Sni- 
das. — A. K. MUlUr^ Hsliches za den PoTiorketica und der Geodâsie des 
sogen. Hero. — Unger, Herakleidea Pontikos d. KriUker. — Bneehelrrj 
Catslepton. — Th, Bergk^ Za der elelsehen Inscbrlll ans Olympia. — 
NiesCf Straboniana. ~ BUui, Ueber die Verwertong lier bel des RbeU>> 
ren aich fldenden Citate ans Demosthenes. 

IIAPNA££OS, Recueil mensuel p. p. le syllogue littéraire Pamaasos. 
A Athènes. Tome VII, année 1883; in-8o, 1068 p. 

Traduction dee titres : Et, Balbi^ Correction d*on passage de PUtoo ; 




BIBLIOGRAPHIE. 303 

Corr* é*VLn pMinge de VSlêeIre de Sophocle. — E. B, C(mio»t Remarques 
Ungoittiquet. — G, Parmehoif Iliede d*Hoinère, Fhaps. Z, traduction en 
Yers ; Corr. d*aii vers de ÏAntigwM. — Jean TntgU, Chante eocIAeiasti- 
Duee dits outoAov0foi. — DmniralU^ Coriolaa, de Shakeepeare, trad. de 
raufflais ; Chante popnlaires de Crète. — Chrittopouloi^ Poème inédit. — 
A. MelelJopoulo9^ Monnaiee inéditee de Cbalcic en Bubèe et de MInoa en 
Amorgoe. •— /cf.. Jeton d'airain inédit d*Athènee. » Id.^ Têtradrachme 
attiqae inédit. — M. P. Lambrat^ Sceaux bysantins ; Monnayage heUè- 
nique: Monnaie d*argent d^Bpidaure; Baa>relief de Spata; Antiquités de 
Qhionl-Bacbtaé ; Hennèi Criophore. •«• /. Ch. Dragatiit, Tète d'Homère ; 
Statue d*Athéna trouvée au Pirée. — Drofiatti^^ Baa-relief représentant 
un enlèvement. ^ N,G, Politii. Baa-rehef d'Athéna à cheval; Bas-re- 
lief trouvé à Bieusis ; Tète d*impèratrioe romaine; Objets ecujptèt d'Epi- 
daure ; Découvertes faites en (^ète. — A. Meletcpouloê^ Cheval d*airam. 
N. Salomôft, Vase prèhistorioue trouvé à Nauplie. — Dragatsit^ Tète 
en terre cuite de Héra. — A. Âfeletopoulos. Catalogue de noms propres 
relevés sur les inscription*. — /d., Inscr. ftinéraires du Pirée. — JDra- 

gatsitf Stèle funéraire cylindrique ; Inscr. de 8myme inédites. — < Jd., 
eux pierres funéraires du Pirée. — A. Lassopoulot, Inscriptions de 
Dios. ~~ Dragatsis, Fragments épigraph. du Piree. ~~ Jd., Antiquités du 
Pirée (inscriptions). — Et. N. Dragoumis, Quelques observations sur les 
inscr. chorègiques de Délos. — Richard Bon, Les Propvlèes de Tacropole 
d^Athènes, traduction de N. Pétri. •— Les murs cPAthènes, d*aprés 
A. ChoUy; Fouilles exécutées dans racropole, à Eleusis, à Bpidaure, à 
Délos, en Locride, à Olympie, à Assos, à Larisse en Solide. •» ^. A. Pa^ 
îeologot^ Documents russes et grecs publiés pour la première fois en 
grec. — 8p. Bokolii, L*Bpire et TAlbanie à propos de la carte géogr. de 
De Gubematis. — N, Pétri, Sur les relations des Qrecs et des Romains 
aux bords de la Baltioue. — Sp. P. Lambron, Notes sur Monembasie. — 
K- Paparrtgonouloê, Discours prononcé pour inauguration de son cours 
d*hi8toire de la Orèee. — K. Èremos, Rectifications historiques.'!. Ali- 
Pacha. 

PHILOLOQ-UB, Zeitsehriit far klsBeische Alterthttm. Hng. v,E,v. 
Leutsch, a Bd. 4. Hft. Ooettingen, Dieterich. 8. pro Bd. 17 M. 

Bêrakf Kritiaehe Beltrâge su dem sog. Phokylides.— V. Leutieh, Eu- 
rîp. Pboeniss. v. 789 ff. — Unger^ Die Chronik des ApoUodoros. — Bu^ 
90lt, Der Phoros der athenischen Biindaer von 44 6/5—42 6/5. 

— 42. Bandes. 1. u. 3. Hfl. Ebd. 

Cohn, Diodor u. seine romische Quelle. — Bolzapfet. jBchtbeit der 
Plutarchischen Schrift De Herodoti malijpniUte ; Thukyoides IV. 83, 2. 
.^ y. Kleist^ Zu Plotins 2. Abhandlung liber die All$?egenwart aes In- 
telligibeln in der wahrnebmbaren Welt. ^ M. C P. Schmidt, Die Frag- 
mente des Mathematikers Menaechmus; Zu griechischen Mathematikem. 
— KChletcein. Zur Geschichte u. Beurtheilung der hippokraUschen 
Schriften. — Èrdmann, Hippodarous von Milet u. die s^mmetrische 
Btadtebaukunst der Qriechen. — V. J>u(sc/i, Zu Tbeognis. — Bergh, 
Die Liste der delphischen Oastfreunde.. — Waîter, Kritiscbe Bemerkun- 
gen su Sophokie». — Lunaht Ueber den Status der er.sten Rede des 
baeus 'Ueber die Brbschaft des Kleonymus'. 

— 42. Bandes 8. Hft. 

Heiherg, Die Archlmedeshs. Georg. Vallas. — W, Stern, Zu den Qnel- 
len der sicilischen Expédition. 

— IV. Supplem.-Bd. 5. Heft. 

Unger<, Die Zeitverhâltnisse des Anaxagoras n. Bmpedokles. 

XiEVinS archéologique. 3* série. Paris, Jos, Baer. 1883. 

Tome !«'. Salomon Reinaeh, La description de l*De de Délos, par Bon- 
delmonte. — Raout Lemaître^ De la disposition des rameurs sur la trière 
attique. — Germain Bapst^Uorfkvrerio d*éuin dans Tactiquité.— Emm. 



304 BIBLIOGRAPHIE. 

Miller, Inscriptions grecques dècoaTortes en Bg3rpte. — Alfred Jacob^ 
Sylloge vocabuloram (recneil pour servir à la collation et à la description 
des manuscrits grecs. 1" et 2* articles). — C2«rmoiU-0a»n«att, Bpagra^ 
phes hébraïques et grecques sur des ossuûres juifs inédits. — SchIumF' 
oergcTy Documents pour serrir & l'histoire des thèmes bjzantins (scesnx 
de plomb inédits de fonctionnaires provinciaux. 

Tome II. Jaeoby Sylloge, etc. 3* article. — Salomon ReinacK Chroni- 
que d'Orient. — Ladislas Jurgievitehy Lettre à M. Egger sur deux itts> 
criptions grecques inédites de la Russie méridionale. — Sol. Beinaeh, 
Observations sur la chronologie de quelques archontes athéniens posté- 
rieurs à la CXX* Olympiade. — Bapst, L'orfèvrerie d'étain (suite). — 
Miller, Inscriptions grecques, etc. (suite). — Sal. Reinach^ Chronique 
d*Orient. — C. Carapanos, Inscriptions de Toracle do Dodone et pierre 
gravée. — Sal. Reinach, Chronique d'Orient. 

REVUE de rinstruction publique (supérieure et moyenne) en Belgi- 
que. Tome XXVI, 1883, ûvr. 1, 3, 3. Gand, Wagener. Par an 6 fr. 

Victor Brants, De la condition du travailleur libre dans rindostria 
athénienne. — A, Motte, Le prêt à Sparte. 

REVUE de philologie, de littérature et d*histoire anciennes. Nou- 
velle série continuée sous la direction de 0. Riemann et £. Chaio- 
lain. Année et tome VII. 1883. Paris, Klincksieck. 8. 

Weil, De quelques omissions dans le texte de Démosthéne. — Riemann 
Xénophon, Kép. des Lacédémoniens. — T., La critique des textes grecs 
à TEcoIe pratique des hautes études, n. Démosthéne. Librarionun ultîo. 

— Ruelle, Texte inédit de Domninus de Larisse sur Varithmétique avec 
traduction et commentaire. — Dumontier^ Note additionnelle sur le texte 

E recèdent. — Y., Ad PseudcPIatonis Alcibiadem secundum. — Y., Sur 
i signification de quelques particules grecques. — 7., Anatole Boucherie. 

— Cnquel. Correction d'un passage d'Aristophane (Chevaliers. ▼• 1900). 

REVUE des Revues et publications d'Académies relatives A Tanti- 

âuité classique, publiées en 188S. (Recueil compris dans la Revue 
e philologie.) 

REVUE des deux mondes, année 1883, 15 février. 

H. Bouuaye, Tostraciame à Athènes. — Jules Girard, Un historien 
moderne de la Oréce : Ernest Curtius. — Id., L'alexandrinisme à Tocca- 
sion du livre de A. Couat. 

REVUE du monde latin. V année, 1883. 

G. M. Bizyenoa^ 'H rptXii vufiffj (la Fiancée folle), texte avec tradoc* 
tion française par le marquis de Queux de Saint-Hilaire. — ***» Le Pa^ 
triarchat OBCuméniqne de Constantinople. — J. Bikélas, Coumoundouros, 
souvenirs personnels. 

REVUE numismatique. III. Série. Tome I. Fasc. 3-4. 

J>normant, L'archer Cretois. — Ba6eZon, Numismatique grecque : mon- 
naies royales inédites. — Sia, Du classement des séries cypriotes. — 
Poutkowahi, Monnaies ^ecques inédites (autonomes et impériales). — 
Murel, Monnaies de Lydie. 

RTVISTA di filologia e dlstrurione classica. Direttori D, Compa- 
retti, O. Mûller, G. Flechia. Anno XI. Torino, Loescher. 8. 

Hft. 1-9. Comparettt, Due epigrafi greche arcaiche. -* Garlnnda, An- 
cora délia lunghezsa di posisione. — Chiapelli, Le Ecclesiazuse di Aris- 
tofane e la Republica di Platone. — Morosi, Il significato delIa leggenda 
délia guerra Troiana. ~ Piccolomini, Conjectanea. — Studemund, Due 
commedie parallèle di Difilo. — Teza, La iscrizione di Oaxos. 



BIBLIOGRAPHIE. 305 

Heft. 10-\2. Comparetti, Appunti alla- raccolta di opigrali greche ar- 
chaiche pubblicate dair Academia di Berlino. 

- Anno Xn. Heft. 1-3. 

CantarelU. Oli annali gred di C. Acilio e Q. Gandio Quadrigario. — 
Morosiy II significato délia leggenda délia gaerra Troiana. — Bessi^ Il 



SRÂJNCES et travaux de rAcadémie des sciences morales et poli- 
tiques de France ; Compte -rendu par Ch. Vergé sous la direction de 
M. Mignet. 43- année. N. S. Tome XVII (CXVII). 1883. 1« se- 
mestre. Paris, Picard. 8. 

Barthélémy Saint -Hilaire, Sur Thistoire des animaux d'Aristote. — 
Huis, Les voyages de Platon et les rapports philosophiques entre la 
Grèce et TOrient. — Boutroux. Socrate fondateur de la science morale 
(fin). 

— Tome XVIH (GXVfll). 1883. » semestre. Ibid. 

Barthélémy Saint'Hilaire, Sur Thistoire des animaux d^Aristote- 

SITZUNG-SBEHICHTE der kais. Akademie der Wissenschaften zu 
Wien. Philosoph.-Historische Classe. Bd. 99. Hft. 2. Wien, Gerold^s 
Sohn. Lex. 8. 9 M. 

^ Bd. 100. Hft. 1. u. 3. à 8 M. 

Rxach, Zur Technik des nachhomerischen Hexameters. » Bauer, Die 
Kyros-Sage u. Verwandtes. 

— Bd. 101. 1. u. 2. Hft. 12 M. 40 Pf. 

Brentano, Ueber den Creatianismus des Aristoteles. 

— Bd. J03 1. 2. Hft. m, S. 1-606. Lex.-8. 8 M. 20 Pf. 

Gomperz, Herodoteiache Studien. I. — /d., Herodoteische Studien. II. 

SITZUNaSBERICHTE der KœnigL Preussischen Akademie der 
Wissenschaften zu Berlin, Stttck XVIII-XXX. 1882. Berlin, Dttmmler. 
Lex. -8. pro Jahrg. 12 M. 

Conse, Ueber das Relief bei den Oriechen. — Kirchhofft Ueber die von 
Tbukydides benutzten Urkunden.— Curlius^ Die Oriechen in der Dias- 

Sera. — Droysen^ Zum Finanzwesen des Dionysias von Syrakus. Ueber 
ie Lehre des Aristoteles von der Evigkeit des Oestes. — Hirachfeld, 
Ei^ebnisse einer Bereisung Paphlagoniens. 

— Stûck XXXI-LIIL 

Curtius, Studien ûber d. Tempelgebiet von Olympia. •— Humann^ Be- 
richt tiber die Reise nach Angora. — A. Kirchhofft Ueber die von Tbu- 
kydides benutsten Urkunden. — Wilchen^ Arsinoetische Steuerprofes- 
sionen aus dem J. 189 n. Chr. u. verwandte Urkanden. — Duncker, Ein 
angebliches Gesetz des Perikies. — Zeller, Ueber An tisthenes aus Rho- 
des. — DuHcker^ Der Process des Pausanias. — Mommsen, Numismati- 
ache Notisen. — Z^pstuf, Die Lângenmasse der Alton. 

— I. XXVI. 1883. 

Droysen^ Zum Mûnzwesen Athens. — Conze, Berichte. — Diels, Ueber 
die exoterischen Reden des Aristoteles. 

SITZUNGhSBERIGHTE der phîlosoph.-philologischei^ u. histori- 

Annuaiab 1884. -20 



306 BIBLIOGRAPHIE. 

8chen Classe der k. Akademie der Wissenseiiaftea ra Httncheii. 18fô. 
Bd. 1. Hft. % 3. Mttnchen, Franz. 8. & 1 M. SO Pf. 

Unger, Die historischen Qlosseme in Xenophons H«Uenika. 

— II. Bd. 1882. Hft. 1. u. 8. 

Riemann, Ueber die Mapruptac der byiantiiiisolieii litargiaekeD Notib- 
tion. — BruMUt Ueber den AmMonenfries des Mansoleams. 

— 1883. Hft. 102. 3. S. 113^08. 8. 4 1 M. SO Pi. 

Unger, Zar Geichichta der Pytbagoreier. -^ Kmmbaeher^ fine neae 
Hs. der Qrammatik des Dositheus a. der Interpretamenta Leidenaia. ~ 
V. Brunn\ Ueber tektonischen Styl in griechischer Plastik. n. Malerei» 

STUDIEN, Leipâger, sur classischen Philologie, hiag. v. G, Cur^ 
tins, L, Lange, 0. Ribbeck, B. Lipsius. 5. Bd. Leipzig, 1889» ïët- 
zel. UI, 428 S. gr. 8. 8 M. 

Freyer, Qaaestiones de scholionun Aeschineonun fontibus; De Aelii 
Dionysii et Pansaniae atticistarum foimolis oc iraAacoé, napk nU sa- 
Xaiolç, xarà roùç rrodtuoùç. -^ LangiU De pristlna libelli de repnblica 
Athenienaiom forma reatitoenda commentatlo II. 

•« a. Bd. 1. Hft. Ebd. 1883. 192 S. 

Th. Matthias^ De ApoUonii Dyscoli eDîrrhematici et ayndasmici forma 
genuina. — Q. Freye^ue Heracudae Milesii ttadiis homericiB.— > O. Cur>- 
tiui, eùd<i(, /Avjdsc's. 

— 7. Bd. S. 1-331. gp. 8. 3 M. 40 Pf. (6 Bd. cplt. : 7 M. 90 Pf.) 

Th. Matthias^ De ApoUonii Dyscoli eçirrhematici et syndesmici forma 
genuina. — FryCf De Heraclidae Milesû studiis homericia. — G. Cwr» 
tins, OùOtiç fiTuBûi. . Lipsius, Ueber die Unechteit der erstein Rede 
gegen Aristogeiton. 

STUDIEN, Wiener, Zeitsduift f ttr dassische Philolc^e. Supplément 
der Zeitschrift t œsteir. Gymnasien. Verantw. Red. : W. MarUl, 
K. Schenkl. 4. Jahrg. 1882. 2. Hft. gr. 8. 

K. Wessely, Der Wiener Papyms Nr. 31 ; Erangelienlkagiiieata ans 
Papyrus; Eine Pergamentrolle des XVI. Jhs. — AfreJ, Zor Hsskonde des 
Pindar. * Oollob n. Krall, Zor 'Niobestetoe am Sipyloa bei Ma^e- 
aia*. 

— 5. Jahrg, 1883. 1. Hft. 174 B. n, 1. Tkfel. 

Hartely Ein griechischer Papyrus ans dem J. 487 n. C!hr. — Peterwt^ 
Der Streit des Poséidon n. der Atbena. — Schenkl, Zor Gatehîehte des 
attischen Bfirgerrechtes. — Jung, Geographisch-Historisches bei Prooo- 
pios Ton Caesaraa. 

^ 5. Jahrg. 1683. Wien. gr. 8. 

Heft 2. Rsach, Za Hesiodoa. — F. BolMingwTi Zor Kenataia der Vene« 
tanoholien sa Aristophanea. 

STUDII di filolona greca, pnbblicati da B. PiccolominL Vol. I, 
fasc. II. Torino, Loescher. 

E. Piceolominig Osservasioni sul teste dell* Bpitallo d* Iperide. — 
V. Puntoni, Scolii aile oracioni di Qregorîo Naxianseno. — I(L, Postille 
sopra gli aurei Tersi dei pitagorici. <— E. Piccolomini^ Sol Partanio d*Alo- 
mano. 



BIBLIOGRAPHIB. 307 

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des titres.) 

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Constantin Karatheodory. — /. KarolidiSjljeB cent apophthegmea d*Ali. 
— M, Papanikas, Bphèie. — P. Braxlay Snr les caractères de la pensée 

grecque. — Rapport de la oomralssion de l'InstnioCton sur le conconrs 
arapanoB pour la publloatibn des livres soolaires destinés aux écoles 
publiques. ~ Rapport de la même commission sur le mouvement de 
rinstruetion dans tes provinces de l'empire ottoman. — 8, AristarchiSy 
Catalogue des publications relatives à Thistoire naturelle, à la physi- 
que, etc., faites par les Qreos modernes depuis la prise de Constantlnople 
jusqu'à ce jour. — Concours Zograpbos : Th, Pouiiot. Recueil de mots, 
de légendes, de chants, etc., du peuple hellénique de Zagori en Epire. — 
/. Balabaniy Nouveau recueil de monuments vivants de la langue grec- 
que dans la région du Pont, lexique, dictons plaisants, mythes. 

^ noLpiprvifjLoc ^Apnendice), — S, Aristarchi, C«rte arohéologiqae des 
murs de Constantinople Cavec planches). 

— T. XV, 1880-81, partie I (1884). 

M. Paranikaf Etude sur les Oiseaux d*Aristophane. — K Kontopou- 
l08f Perpétuité de la langue grecque ou la langue d'Homère retrouvée 
dans le langage populaire de la Oièce contemporaine. — /). Stamatiadis, 
Alliance de la science et de la religion. — /. K. Pagounis^ Recueil de 
monuments vivants de la langue grecque dans le langage populaire. 
Propositions, suspertitions et bons mots des Néo-Orecs rois en parallèle 
avec ceu^ des Qrecs anciens. 

— UxpâorrifjLa. JZ.PapadopoutoalC^rameuj, Bibliothèque Mavrogordato 
ou Catalogue général descriptif des manuscrits grecs trouvés dans les 
bibliothèqnos d^Oriept, t. I, umc. i. 

TID8KRIFT, Nordisk, for Filologi. Ny Raekke. VU. 1. Hfte. Kjo- 
benhavn, Oyldendal. 8. 

FêiUfêrg, Plan for en ordbog over jysk folkemal.— P<o,pen oldgraeske 
Udtale af fit y og S, belyst af det nygraeske Folkesproga Udtale. 

S5JBXT8CHRIFT fur daa aymnaûal-Weseii. Hrsg. von H. Kern u. 
II, /. Muiler. XKXVI. Jahrg. Der Neueu Folge 16. Jahrg. 1% Hfte. 
(JoUrDesember.) Berlin, Weiomann. 8. 30 M. 

Grosser, Zur ^echischeu Schulgrammatik. — Moldenhauer, 10. Ver- 
sammlung rheinischer Schulmiinner am Osterdienstag 188S im Ôiiraenich 
au Koln. — Boeder, Oebrauch des nichtaolischen bel den Attikern. — 
Satmeg, Randglosaen su Curtios Orundstigea der grieohiscben Etymolo- 
gie. I. 

-* XXXVII. Jahrg. N. F. 17. Jahrg. 1883. JanuarJuni. Ebd. 

BœcheU Versammlang deatacher Pfailologen u. SobulmEnner sa Karl- 
sruhe, S6-30. Sept. 1882. — Kallenberg, Herodot. — C. Th. Michaelis, 
Plutarch. — Sann»g, Zo CartiaS* Orandittgea der griechiachen Etymolo- 
gie. U. 

ZXIT0GHRIFT f. œatarreich. avmnaaien. Red. : W, Barteî, 
K, Schenhl, 



^ 33. Jahrg. 1881^. 12 Hfte. Wian, Oeroid'a Sohn. 8. S4 M. 

ff. Bêcher, Eine neue Ansicht iiber den VerfSuser der Scbrift mpl 

P.Biihh 
Baar, Zn 



xàuftov. — Lœwner, Zur Bgesese von Soph. Philoct. V, 144 ff. — P. B&hl, 
Die Sage von Gordios. — Landwig, Batrachomyomachia. — 



Aristopnanes Vôgeln 488 ff. 



308 BIBLIOGRAPHIE. 

— 34. Jahrg. 1883. Hft 1. 3. 3. Ebd. 

Baar. Zu Ladan. Dial. meretr. 9.0.9; Za Aristoph. Ljtistr» 816 iqq. 

— Id., Zu Aristophanes Ritt. 814. 

— Heft. 4-10. 

ff. Fr. VogeU Ambrosius a. der Uebenetser des Josephu. 

— Baar^ Za Luc. De morte Peregr. c. 43. — H. A. Seinrieh, wae ist 
oder wo liegt Kuropedion f — Rettig, Ueber die Schrift vom Staate der 
Athener. — Wilhelm, Znr Préparation fur die lat. n. grieeh. Lektiire. 

ZEITSCHRIFT ftlr Numismatik. Redigiert von A, von SdHet. 10. 
Bd. 4. Hfle. Berlin, Weidmann. gr. 8. 14 M. 

Lambros^ Unedierte Mûnzen der Stadt Eriza in Karien. — Labbecke, 
Griechische Mûxuen aue meiner Sammlung. — F. Sallet, Zur antîken 
MUns-u. Alterthumsknnde. — Bahrfeldt, t>er Victoriatennind von Ta- 
rent. — V. Kleuten, Nene Brwerbungen meiner Miinzsaaimlang. — 
Imhoof'BlurMT^ Zur Munzknnde Kilikiens.— Toi» Sallei, Berichtigangea 
zu den Beitragen der antiken Miinx- a. Alterthomsknnde. 

ZEITSCHRIFT Nmnismatiche, hrsg. Ton der numismatichen Oe- 
sellschaft in Wien dnrch deren Rédactions-Comité. 14. Jahrg. 1 . 
Halbjahr. 1882. Wien, Manz. gr. 8. 

TeeZy Eine griechische Mûnze der Kûserin Comelia Sapera. 

ZEITUNG-, Archaeologische. Hrsg. vom Archseolorâchen Institat 
des Deutsdien Reichea. Red. : M, Frœnkel, Jahrg. aL. 1882. Ber- 
lin, Reimer. gr. 4. pro Jahrg. 13 M. 

(Heft. 2. 3. 4.) Sirschfeld, Pansanias und die Inschriften von 01jn|na. 

— Hersog, Ein Luthropboros. — Treu, Artemisrelief mit Weihinzchnft. 

— P. J. Meier, Gladiatorenreliefs des Berliner Museoms. — Robert, Athe> 
nisches Franenleben. 2 Vasen des BerUner Muséums. — S. Curttiur, 
2 Terracotten : Piidagogische Scène. Asyl der Athena. — Purgold, In- 
scbrjften aus Olympia 4^-38. — Furttoeengler, Schiissel von Aegina. <— 
V. Duhfij Parisurtneil auf attischer Lekythos. — Treu^ Zu den Fondea 
von Olympia. II. Die Anordnnng der Statnen im Ostgiebel des Zenstem- 
pels. — Fwrt%ccengler^ Zum Apoll von Belvédère. — P. Weiz»ceeker,ZQm 
rarnesiscben Herakles. — Wolters, Tarenttner Terracotten im akademi- 
schen Kunstmasenm in Bonn. — Furtwcengler, Von Delos. — A. Jfi- 
ehaelit, Eine Originalzeichnung des Partbenon von Cyriacus von An- 
cona. 

— Jahrg. XLI. 1883. 1. Hft. Ibid. 

P. J. Meyer^ Neue Durisscbalen im Berliner Muséum. — Kie$eritshy, 
Der ApoHo Stroganoff. — Kalkmann^ Ueber Darstellungen der Hippoly- 
tus-Sage. — K. Lange. Das 'Laookoon*-Fragment in Neapel. ~ Belger, 
Die Lbwenwiirger auf dem Altarfries von Pergamon ; Znr Frage iiber 
die Verwundung des sterbenden Oalliers. — Luekenbach^ Knieende Si- 
lène. — FurtwœngleTf Zur Archaologischen Zeitung 1882. S. 324. 

— Jahrg. XLI. 1883. 2. a. 3. Hft. Berlin, Reimer. gr. 4. 

pro Jahrgang 12 M. 

JKaJItmamn, Ueber Darstellungen der Hippolytos-Sage. II.— Furtweng' 
{«r, Kentaurenkampf und Lowenjagd auizwei archaischen Lekythen. 
— Purgold, JMon im Stierkampf. — Sossbaeh, Zur altesten griechtschea 
Kunst. — Sehreiber, Neue Partbenosstudien. I. — Bahlau^ Die Enaor- 
dung des Hipparchos, attischer Stamnos. — lîitehhœfer, Lakonisebe 
Bild'verke. — Kekulé, Ueber einige mit den Skulptnren in Olympia 
verwandte Werke. I. Der Dornausdeher. — Milehhœfer^ Znr iiltesten 
Kunst in Griechenland. 



BIBUOORAPHIE. 309 



IL RELIGION. — PHILOSOPHIE. — DROIT. 



iIRNOU), B., Oriechische Sagen und Mœrchen. Fttr das gebildete 
Publikum frei enœhlt. 1. Heft. Echo u. Narkissos Aphrodite u. Ado- 
nis. Gœttingen, Vandenhoeck & Ruprecht's Verl. 48 S. gr. 8. 1 M. 

BAND, 0., Die attischen Diasien. Ein Beitrag zur griech. Heortolo- 
gie. Berlin, Gaertner. 23 S. gr. 4. 1 M. 

BENN, A. W., The Greek philosophera. 2 vols. London, Paul, Trench 
and Co. 862 p. 8. 38 sh. 

BERGK, Fttnd Abhandltingen zur Geschichte der griechischen Phi- 
losophie und Astronomie. Hrsg. Yon G, Hinricha, Leipzig, Fues. 
VU, 189 S. gr. 8. 4M. 

BERTIN, R., Altklassis^e Mythen u. Sagen. Zwœli poet. Gemœlde 

, Joost. VII, 54 S. gr. 8.1 M. 
geb. baar n. n. 1 M. 50 Pf. 



aus Ovids Metamorphosen. Langenberg, Joost. VII, 54 S. gr. 8.1J(. 

i. n. 1 M. ~ 



BliASS, P., De Gemino et Posidonio. Kiel, Universitœts-Buchh. 
25 S. gr. 4. 1 M. 20 Pf. 

BRETON, G., Essai sur la poésie philosophique en Grèce : Xéno- 
phane, Parménide, Empédocle. Pans, Hachette et Ce. 276 p. 8. 

4fr. 

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religions. Boston. XXVIU, 413 p. 8. 15 sh. 

COLLIGNON, M., Mythologie figurée de la Grèce. Paris, Quantin. 
360 p. avec 131 fig. 8. 3 fr. 

DARESTE, R.« Les Papyrus gréco-égyptiens (textes juridiques). 
Paris, impr. nationale. II p. 4. (Extr. du Journal des Savants,) 

DISSEL, C, De Admeti et Alcestidis fabula commentatio archaeolo- 
^ca. Halis Sax., 1882. 39 S. 8. (Diss.) 

DORPH, C, Graesk-romersk Mythologi til Skolebrug. Femte Oplag. 
Woldike. 96 S. 8. Kart. 1 Kr. 15 ore. 

DRECH8EL, £., Den graeske Filosofls historiske Udvikling i kor- 
teste Omrids samt et Par Bemaerkninger om den mekaniske Ver- 
densanskuelse. Slagelse. (Kjobenhavn, Schonberg.) 50 S. 8. 

1 Kr. 50 ore. 

FUGK3-ER, H., Eros. Sein Ursprung und seine Entwicklung. Eine 
mythologische Studie. Kaiserslautem, 1882. 38 S. 7. (Progr.) 

VAN DEN aHETN, S. J., Cerbère, étude de mythologie com- 
parée. Bruxelles, impr. Vromant. 30 p. 8. 2 fr. 

, G., 02 *£jiA)ivwv Te xoct ^oifialotv fiiy tarot 6toï npbç kXXifi- 



310 BIBUOGRAPHIE. 

Xovç av/iêdXXovrat xocrà toù$ ôfioiovç xal ittiifni/Uyouç ;(apaTf|pa( aùrfiv. 
Mediascb, 1882. 10 S. 4. (Progr.) 

jUBiiNZE, M., Der Eudœmonismus in der griechiflchen Philosophie. 
1. Abhandlung. Vonokratiker, Demokrit, Sokrates. (Sep. Abdr.) 
Leipzig, miMl, 113 S. Lei.-8. 4 M. 

HENDES8, R., Untenochangen Ober die Echtheit einiger Delphi- 
scher Orakel. Quben, 1882. 16 S. 4. (Progr.) 

HBSRRUCH, S., Das Verbrechen gegen dat Leben naah attiadiem 
Recht. Beriin. 32 S. 4. (Progr.) 

HOROT, G. A., Des rapports dtt sacerdoee arec Tantorité dtile â 
travers les Ages et jusqu^a noft jours, 2 vol. Paris, Oievalier-Ma- 
rescq. T. I, 464 p.; 1. 11, 376 p. 8. 

MARIE, M., Histoire des sciences mathématiques et phynques, par 
Mazimilien Blarie. T. 1 et II. fig. 8. Paris, Gauthiei^Villars. 

ICEIBR, E., Quaestîones Argonauticae. Moguntiae, 1882. 52 8. 8. 
(Dise.) 

HORILLOT, A., Thémis et les divinité de la justice en CMôé. Be- 
sançon, 1882, imp. Marion, Morel et (}e. 74 S. 8. 

HCER8CHBACHER, J., Ueber Anfnahme griechischer Gk)ttheitsn 
in den rœmischen Koltus. JtUich, 1882. 10 S. 4. (Progr.) 

HORSELU, E., Il demone di Socrate. Milano-Torino, frat. Domo- 
lard, 1882. 14 p. 8. 

NEUHAEUSER, J., Anaximander Mîlesius sive vetustissima quae- 
dam rerum universitatis oonceptio restituta. Gum 1 tab. (lith.) Bonn, 
Cohen & Sohn. XVI, 428 S. gr. 8. 14 11. 

NICOLAI, R*. Ofeschiehte der grieehischen litteratur f. hoahsn 
Schulen u. zum Seibststudium. (Anszug.) Magdeburg, Heinrichiho- 
fen's Vert. VII, 207 S. gr. 8. 3 M. 

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20 S. 4. (Progr.) 

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(Progr.) 

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avec une carte de Teztension du christianisme veré Tan 180. Paris, 
Lévy. IV,303p. a2col. 8. 7 fr. 58 c. 

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diciis ferendi, Oœttingen, Dieterich^s Verl. 13 S. gr. 4. 80 Pf. 

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Tischer. 53 S. gr. 8. (Diss.) 1 M . 6o Pf. 

WENIGhER, L., Das Kollegium der Sechiehn Frauen und der Dio- 
nysosdienst in Elis. Weimar. 24 S. 4. (Progr.) 

WINTER, A., Mythologie der Oriechen und Rœmer Air die reifere 
Jugend. Mit kolor. Titelbild u. 16 Taf. 13 Aufl. Langensalza. Schul- 
buchh. 76 S. 8. 1 M. 30 Pf. 

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tion, of Witt's Griechiscne Gœtter und Heldengeschichten by 
F. Younghusband ; mth a preûtce by A. Sidgwick; supplemented 
with a glossary of etymologies and related myths. New York, Holt 
& Co. XXVIir, 268 p. 12. 1 DoU. 25 c. 



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mente. Genova, tip, Benvenuto, Morando e C, 1882. 82 p. 16. 80 c. 

B2EiDEKEK, K., Griechenland. Handbnch f. Reisende. Mit e. Pano- 
rama ▼. Athen, 6 Karten, 7 Plsenen u. andem Beigaben. Leipzig, 
Btedeker. CXXU, 371 S. 8. geb. 7 M. 50 Pf. 

BECKER, A., De Biiodiorum pnmordiis. Lipsiae, Teubner. 1882. 
S. 03-186. 8. (Jenens. Diss.) 

BISGHOFF, Emst, De Fastis Grœcorum antiquioribus (thèse pour 
le doctorat en philosophie). Lipsiae, 1884, in-8. 

BOTTERMUNB, G., De republica Rhodiorum commentatio. HaKs 
Sax., 1882. 46 S. 8. (Diss.) 



:n2 BIBUOGRAPHIE. 

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d*E. Cnrtiiis. Paris, Leroux. VIII, 118 p. et 21 cartes. 8. 12 fr. 

CAVALLABI, F. S., Sulla topografia di talune dtti greche di Si- 
dlia e dei loro monnmenti. Palenno, 1879, 112 p. 8. (Estr.) 

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vazione in Sidlia anteriori ai Greci ». Ibid., 1880. 19 p. e 1 taT. 8. 
(Estr.) 

COUGNT (E.), Extraits des auteurs grecs concernant la géographie 
et rhistoire des Gaules. Texte et traduction nouvelle publiés pour la 
Société de Thistoire de France. T. 4. Pans, Loones. VlII, 406 p. 8. 

CURTIUS. E., Histoire grecque. Trad. de Tallemand sous la direc- 
tion d'A. Bonché'Leclercq, T. 5 et dernier. Paris, Leroux, 583 p. 

7 fr. 50 c. 

CURTIUS, E., u. J. A. KAUPERT, Karten t. Attika. Auf Ve- 
ranlassung d. kaiserl. deutschen archœolog Instituts u. m. Unters- 
ttttzung d. k. preuss. Ministeriums der geistl. Untemchts- u. 5Iedi- 
cinal-Àngelegenheiten aufgenommen durch Offîciere u. Beamte d. 
k. preuss. Grossen Generalstabes, m. Erlœut. Text. 2. Hft. 4 Karten 
Chromolith. Imp.-Fol. liit Text ▼. A. Milchhoefer. Berlin, Reimer. 
49 S. m. Fig. gr. 4. k 12 M. 

DAUBAN, C. A. et L. GRÉOOIKB, Histoire grecque, compre- 
nant rhistoire de la Grèce depuis les temps primitifs jusqu*à la ré- 
duction de la Macédoine et de la Grèce en province romaine (1700 av. 
J.-C. — 146 av. J.-C). Nouv. éd., augmentée. Cours de cinquième. 
Paris, Delagrave, 331 p. 18. 

DUNCKER, M., History of Greece, from the Eartiest Times to aie 
End of the Persian War. Translated from the German by 8. F. Al- 
leyne. Vol. I. London, Bentley. 546 p. 8. 15 sh. 

DUNCKER, M., Historia de la Greda. Tomo IV, que oompraide 
desde el levantamiento del pueblo contra la nobleza, hasta el gotMemo 
de los pisistratidas (630 à 561 antres J.-C.), vertida del aleman por 
D. F. Garcia Ayuso, Madrid, Iravedra. 403 p. 4. 24 rs. 

DUNDACZEK, R., Beitrœ^e zur Geschichte der beiden ersten mes- 
senischen Kriege. (^mowitz 1882. S6 S. 4. (Progr.) 

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sous la direction d*A. Bouché-Ledercq. T. 1. (Histoire d*Alexandre 
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knng V. Fel. Bamberg, Alex. Brttckner, Fel. Dahn etc. hrsg. y. 
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Drame macédonien. Paris, Pion et G'. XX, 199 p. et carte de TAsie 
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Bundes. Berlin. 42 S. 4. (Progr.) 1 M. 

KNAFP, P., die traditionen ttber die Stiftung der olympischen 
Spiele. Tttbingen J88I, Fues. 16 S. gr. 8. 40 Pf. 

KOCH, K., die Bœume u. Straeucher d. alten Griechenlands. 2. Aufl. 
Berlin (1879) 1884, Jacobsthal. XX, 270 S. gr. 8. 6 M. 

LAFATE, G., De poetarum et oratorum certaminibus apud veteres. 
Paris, Pedone-Lauriel. IX, 120 p. 8. 

LIMAN, P., Foederis Boeotici instituta. Gretfswald 1882. 28. S. 8. 
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MOR08I, G., n signiiicato délia leggenda délia gnenra troiana. To- 
rino, Loeeeher, 1682. 31 p. 8. 

HYER8, P. V. N., Ontlines of andent history, from the eartiest 
times k> the £U1 of the western roman empire, 476; embracing the 
Egyptians, Chaldaeans, Assyrians, Babyloniana, Hebrews, Phoeni- 
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75 PI 



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311 p. 12. 2 fr. 50 c 

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Aegypten. Mit nbgefœhr 600 Abbildungen, 4 farb. n. 15 schwvxen 
Taf. Bearb. v. R. Pietêchmann. Blit e. Vorwort v. O. Eben. 9-15. 
Lfg. Leipzig 1882^ Brockbaus. S. 41-640. Lex.-8. & I M. 50 PL 

OVSRBECK, Jm Abbilduo^en ans der Geschicbte der griechiidieii 
Plastik. Zum Gebrauche bei Vorlesungen zosammengestdlt. 0), ^^ 
gaenzongstafeln in Hobsehn. nach der 3, AaiL Leipzig, Hinneb s 
Veri. qu. gr. Fol. 3 M. 50 Pf. (Hauptwerk u. Ergsenxung : 7 BL) 

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Planches en héliograT., fol. 

IlHEINHARD,H.y Album des klassischen Altertums zor Anscfaaaong 
fur Jung n. Alt. besonders zum Gebrauch in Gelehrtensehnlen. Bue 
Gailerie y. 76 Taf. in Fardenbr. nach der Natnr n. nach antiken 
Vorbildem m. beschreib. Tezt. 2 Aufl. 3-13. (Schloss-) Lfg. Stuttgart 
1883, Hoffmann. IV u. 8. Ml. qo. gr. 4. A l M. 50 PL 

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9AMMLWQ der griechischen Dialekt-Inschriften von F. Bechtel, 
A. Bezzenberjgfer, F. Blass, H. Collitz, W. Deecke, A. Fick. O. Hin. 
richs, R. Meister, hrsg. von ff, ColliU. Gœttingen, Vandeahoeck 
et Rnprecht. gr. 8. 

Heft I. Die griechich-kjpriscben Inscriften in epichorischer Scbrift. 
Text and Umtchreibang (mit einer Schriittafel) von W, Deecke. 80 8. 
2 M. 50 Pf. 

Heft II. Die aeelischen Inschriften von F. Beehtel (Anhaiig : Die Ge- 
dichte der Balbila von H. CoUUs.) Die thenaliKhea InsehruUo tm il. 
Fiek, 8. 81-144. 3 M. 

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Uth. Leipzig, Brockhaus. XLV, 468 S. gr. 8. 30 M. ; geb. 32 M. 

50 Pf, 

— Troja, résulta of the latest researchea and discoveriei on the site ot 
Homer*s Troy and in the heroic tumili and other sites made in the 
year 1883, and a narrative of a jonmey in the Troad in 1881. Pré- 
face by A. H. Sayce, with 150 woodcuts and 4 maps and plans. 
London^ Murray. 456 p. 8. 42 sh. 

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▼ocabulis compositis graeds induant. Cothene. (Lâpag, Hinrichs* 
Sort.) 95 S. 8. (Diss.) 1 M, 

SEYFFERT, M., at A. TON BAMBERO, Règles fondamentales 
de la syntaxe grecque. Traduction faite sur la quatorzième édition 
allemande, par Ch. Cucuel. Revue et annotée par O. Riemaniu Pa- 
ris, Klincksieck. VI, 314 p. Idj 

STENBERy Jm Beitrsege zur Geschichte des Griechischen PorfiMi. 
M.-Glad. 30 S. 4. (Progr.) 

STEWART, T. A., Key to advaneed Greek oonrw. Edinbing, Ofi- 
▼er and Boyd; London, Simpkin. 60 p. 13. 2 sh. 6 d. 

THOMPSON, P.E., A syntax of Attic Greek. Riringtons. 467 p. 8. 

8 ah. 6 d. 

WEIS8ENBORN, E., Opstellen ter vertaling in het Griekseh, ont- 
leend aan Xenophon*8 Anabasîs. InH Nederlandsch oTergebraclit 
door J. van der Vliet. Haarlem> Bohn. VIII, 343 bl. 8. 1 fi. 80 c. 

"WESENER, P., Oriech. Elementarbuch, zunœchst nach den Qram* 
matiken v. Curtius, Koch u. Franke-Bamberg bearb. 1. Tl. Das No* 
men und das regelmœss. Verbnm auf u, nebst a. systematiscli 
geordneten Vocabular. 10. Aufl. Leipâg, Teubner. IV, 113 S. gr. 8. 

90 Pf. 

WIEDEMANN, A., iSammlwng altngyptisohflr Woerter, welalie yon 
klassischen Autoren umschrieben oder ubersetzt worden sind. Leip- 
âg, Bartb. 46 S. gr. 8. 5 M. 

ZENONI, G., Manuale di morfologia greca ad uso dei ginnaaii. Ve- 
nezia, tip. BmiHana. VIII, 455 p. 8. 4L. 



V bis. — MUSIQUE. — MéTRIQUE. — THÉÂTRE. 



BEAT80N, B. W., Progressive exercises in Greek iambic Tarse. 
13th éd. London, Simpkin. 13. 3 sh. 

BENSKB, P., Beitrsege zur Metrik der Alexandriner. Berlin. 32 S. 
4. (Progr.) 

CRUINBMELI sive Fulcbarii ars metrica« Beitrag mr OeBchiekla 
der karoling. Gelehrsamkeit. Znm ersten Maie hng. 9. J. Hutmer. 
Wien, Hœlder. VUI, 52 S. gr. 8. 1 M. 80 Pf. 

OERIiACH, Die musikalische Proportion. Parchim. 7 S. 4. (Progr.) 

JAN, K. von, Die griechischen Saiteninstramente. Saargerattnd, 1888. 
36 S. 4. (Pit)gr.) 




BIBLIOGRAPHIE- 323 



KEIMANN, H., Studien inr griechiflchen Mnsik-Geschichte. A. der 
Nô/to«. Ratibor, 1882. 2i S. 4. (Progr.) 

WISSTPHAL, R., Die Musik d. griechischen Alterthumes. Nach den 
altea Quellen neu bearb. Leipzig, Veit A C. VI, 354 S. gr. 8. 9 M. 

Voir^ dans la 8* section, les musxgoorafhbs orsob. 



VI. PHILOLOGIE. — HISTOIRE LITTÉRAIRE. 



AARS, J., Endnu iidt om Sokrates og Xanthippe. Saertryk af Aars 
og Vo88*8 akoles indbydelsesskrifl for 1883. (Aschehoug & Co.) 39 S. 
8. 5 ore. 

BEiNTIjET, R., Dissertations on the episties on the Phalaris. The- 
mistocles, Socrates, Euripides, and the fables of Aesop. Editea, with 
an introduction and notes, by the la te W, Wagner. London, Bell 
and Sons. 020 p. 13. 5 sh. 

• 

BERG>K, Th., Kleine philologische Schriften. Hrsg. v. B. Peppmal- 
1er, (In 3 Bdn.) 1. Bd. 2ar rœm. Literatur. Halle, 1884, Buchh. d. 
Waisenhauses. XXXU, 718 S. gr. 8. 10 M. 

— Griechische Lâteraturgeschichte. 2. Bd., ans dem Nachlass hrsg. 
von G, Hinrichs, Berlin, Weidmann. XI, 544 S. gr. 8. 

6 M. (1. u. 2. : 15 M.) 

BIBLIOTHECA philologica classica. Verzeichniss der auf dem 
Gebiete der class. Alterthumswiasenschaft erschienenen Bttcher, 
Zeitachriften, Dissertationen, Prograznm-Abhandlungen, Aufssetze 
in Zeitschriften u. Recensionen. Beiblatt z. Jahresbericht ttb. die 
Fortschritte der class. Alterthumswissenschaft. 10. Jahrg. 1883. 
4 Hfte. Berlin, Calvaiy & Co. 1. Hft. 106 S. gr. 8. 6 M. 

BOLTZ, A., Die Hellenischen Taulhamen der Ge^enwart soweit die- 
selben antiken Ursçrungs sind nach Gebrauch und Bedeutung zusam- 
xnengestellt. Leipzig, friedrich. 48 S. 8. broch. 1 M. 20 Pf. 

BRIBFWECHS£It zwischen Angust Boeckh u. K. Otfried Mueller. 
Leipzig, Teubner. X, 442 S. gr. 8. 9 M. 

BRZ08KA, J., De canone decem oratorum atticomm quaestiones. 
Breslau, Koebner. 101 S. gr. 8. (Diss.) 2 M. 

CEMTBRVALIi, J., Greklands och Roms litteratnr i urval och 
œfverssGttning. Laesebok till de allmsenna lœroverkens, flickskolor- 
nas och den bildade alhnœnhetens tjenst utgifven. Sthlm, Norstedt 
& Sœner. 758 S. 8. 

d Kr., inb. 7 Kr.; flnare band och bœttre papper 9 Kr. 

CLAVBL, L*Hellénisme en France depuis 1840, discours prononcé à 



324 BIBUOORAPHIE. 

la rentrée solenneUe des focaltéa de rAcadémie de Lyon. L/oa, imp. 
Pitrat alaé. 44 p. 8. 

COEUKET DU JOLIERS, .BaÎBera et Monores, oa r^pigramme 
antique. Paris, Lemerre. 40 p. 12. 

COLLARD, F.t Trois unirenités allemandes considérées an point 
de Tue de renseignement de la philologie classique (StrasbooiY, 
Bonn et Leipzig). LouTain, Peeters. 357 p. 8. 5 fr. 



COMPAKETTI, D. e G. DE PETRA, La villa ercolanese dei 
PÛBoni, i suoi monumenti e la sua biblioteca : ricerche e notizie. 
Torino, Loescher. Vil, 399 p., con 34 tav. in fototipia, leg. alla bo- 
doniana. 4. 135 L. 

DELISLE, L., Les manuscrits du comte d^Ashbumham ; rappcMi au 
ministre de Finstruction publique et des beaux-arts« suivi d^oserva- 
tions sur les plus anciens manuscrits du fonds Libri et sur plusieun 
manuscrits du fonds Bairois. Paris, impr. nationale. VUI, 127 p. 4. 

— Notice sur les manuscrits disparus de la bibliothèque de Tous pen- 
dant la première moitié du xix« siècle. Ibid. 304 p. 4. 

DEUTSCHKAlïN, De poSsis Graecomm rhytmicae primonfiis. 
Malmery. 34 S. 4. (Progr.) 

DUMONT, A., Rapport à. TAcadémie des inscriptions et beOes-lettx«s, 
au nom de la commission des Ëcoles d* Athènes et de Rome, sur les 
travaux de ces deux écoles pendant Tannée 1883. Paris, imp. Fizmin- 
Didot 36 p. 4. 

DIEKKS, H., De tragicorum histrionum habitu scaenico apnd Grae- 
COS. Qœttingen, Akadem. Buchh. 51 S. gr. 8. 1 M. 30 Pf. 

DOBIiEE*8 adversaria cnm praefatione Guilelmi Wagneri. Volu- 
men 3, miscellaneae observationes ad varios scriptores graecos. Bell 
and Son. 13. 5 sh. 

FIjESSA, F., Die Priorité tsfrage der sophokleischen und euripidei- 
schen Ëlektra und ihr Verlueltuiss zu einander, sowie zu den Choe- 
phoren des Aeschylus. Bamberg, 1882. 115 S. 8. 

GERBER, A., Die Berge in der Poésie und Kunst der Alten. MftA- 
chen, 1882. 37 S. 8. (Diss.) 

GESCHICHTE der Wissenschaften in DeuUchland. Neuere Z&t. 
19. Bd. 3 Hœlften. Hrsg. durch die histor. Commission bei der k(B- 
nigl. Akademie der wissenschaften. MQnchen, Oldenbourg, gr. 8. 

Subscr.-Pr. 12 M.; Sep.-Ausg. 14 M. 50 Pf. 

Geschichte der classischen Philologie in Deatschland voo den Anfân^ 
gen bis xnr Gegenwart. Von C. Burtian S HiUften. vm, 1271 S. 

GIRARD, J., Ktudes sur Téloquence attiqne. (Lysias, Hypéride, Dé- 
mosthène.) 3e édition. Paris, Hachette. Xll, 307 p. 18. 3 fr. 50 c. 

GRASBERGER, L., Die griechischen Stichnamen. Ein Beitiag zor 
Wtirdigung der alten Komœdie u. d. att. Volkswitxes. 3. Aufl. 
Wurzburg, StaheL IV, 78 S. gr. 8. 3 M. 60 Pf. 

GRAUX (Charles), Notices bibliographiques publiées par M. Graux 




BIBLIOGRAPHIE, 325 

dans la Betue critique d'histoire et de littérature, la Revue de 
philologie, etc. Publication dirigée par Henri Graux et surveillée 
par Ch.-£mile Ruelle. Paris, Vieweg, 1884, in-S». 8 fr. 

HEBIOTAS, P.-N., 'H /uvigyKij év tt} priToptxii r&v àp;(a(uv. Erlangen. 
41 S. gr. 8. (Diss.) 

KŒHLER, C.-S., Die Weisheit der Tragiker. Realconcordanz der 
Spniche u. Lehren in den Tragœdien d. Aeschylos, Sopbokles, 
Efaripides. Griecbisch-deutsch. hrsg. Halle, Hendel. X, 200 S. gr. 8. 

5 M. 

KOOB, H., De mutis quae vocantur personis in Graeconun tragoediis. 
Halis Sax. 1883. 34 S. 8. (Diss.) 

KOPP, G., Compendio della storia della letteratura greca pei licei : 
Tersione e reduzione ad uso degli Istituti italiani di C, Fumagalli, 
Yerona^ Drucker e Tedescbi. 190 p. 16. 2 L. 

MÉLANGES GRAUX, recueil de travaux d'érudition classique 
dédié a la mémoire de Charles Graux.. Paris, E. Thorin, 1884. 1 vol. 
gr. in-8* de lvi, 823 pages. 50 fr. 

Liste des articles relatifs aux études grecques : 

Blasa, Fréd.j professeur de philologie classique à TUniversité de Kiel, 
De ArcbytflB Tarentini fragmentis mauematicis. — Bouchi-Leeleregu A., 
professeur suppléant d^bistoire ancienne à la Facnlté des lettres de Paris, 
Cborographie astrologique. — Bréat, Michel^ membre de Tlnstitut, he 
nom propre Mcxxé^. — Bruns^ le D' I., docent à TUniv. de Gottingen, Un 
chapitre d'Alexandre d'Aphrodisias sur l'âme. — Cavallin, prof. & rirniv. 
de Lund, De homerica forma genitivi in oco. — Clermont-Ganneau^ 
membre correspondant de Tlnstitut de France, Origine des caractères 
complémentaires de Talphabet grec, T, ^, X, Y, Û. — Cobet,Cfi.-Oabr., 
prof? à l*Univ. de Leyde, In memoriam optimi viri Charles Graux (sur 
quelques passages corrompus et interpolés d*Hérodote). — Comparetti, 
BominiquCt professeur à 1 Institut supérieur de Florence, Sur une ins- 
cription d'Haticarnasse. — Croiset^ Alfred, maître de conférences de lan- 
gue et de litt. grecques & la Faculté des lettres de Paris, Essai de resti- 
tution d*un passage de TËloge d*Hélène attribué à Gorgias. — Cros, 
Henry, statuaire et peintre, et Henry, Charles, bibliothécaire à la Biblio- 
thèque de rUniversité, Critique de quelques textes se rapportant à la 
peinture à Tencaustique. — jDerenbourg, Hartwig, professeur à TEcole 
spéciale des langues orientales vivantes, Les mots grecs dans le livre bi- 
blique de Daniel. — Bujardin, P., à Paris, Héliogravures (fac-similés 
de mss. ^recs, etc.). — Egger, Emile, de Tlnstitut, prof, d'éloquence 
grecque a la Faculté des lettres de Paris, Question homérique. Manque- 
t-il un épisode dans le récit que fait Homère des voyages de Télémaque 
à la recherche de son père? — Foerster, Richard, prof, à l'Univ. de Kiel, 
Libanii et Choricii fragmenta. — Fournier, Eugène, docteur en méde- 
cine et es sciences naturelles, Eclaircissement d*un passage d*Athénée. 
— Gardthatuen, V., prof, à TUniversité de Leipzig, Différences provin- 
ciales de la minuscule grecque. — Gomperz, Théodore, professeur à 
rUniversité de Vienne (Autriche), Une dizaine de notes critiques. — Ha- 
lévy, Joseph, maître de conférences à TËcole pratique des hautes études. 
Les principes cosmogoniques phéniciens HoOoi et Mûr. -^ Heiberg, 
Jean'Louis, docteur en philosophie à Copenhague, Archimedis Titpi 
ô;(Ou/xivfijy liber I, grœce restituit — Herwerden^ Henri van, profes- 
seur à l'Université d'Utrecht, Animadversiones critic» et philologicœ ad 
Euripidem. — Humphreys, JbT.-W., professeur à l'Université Vanderbilt, à 




>rauque 

Sicile. — Lambros, Spyridion-P., 'prot à TUniversité d'Athènes, Notes 
d*un paléographe en voyage. — Laviêse, Ernest, prof, suppléant d'his- 



2S6 BIBLIOGRAPHrE. 

toir« dn moyen âge à la Faculté des lettres de Paria, maître de eonf»* 
rencea à TËcole normale eapérieare. Biographie de Charles C(raiu. — 
MaaSf Le docteur Emett, de Colbergermânde (Prusse), Obserrationes 

galaeoffraphic». — Madvig, Jean^Nicola», ancien prof. A rCnÎTersité de 
opennagne^ membre étranger de l*Instttut de France, Fragmenta aUqnot 
poetanim gnecoram, qns apnd Athenœam estant, emendata. — Martin, 
Albert^ ancien membre de TËcole française archéologiqae de Rome, maî- 
tre de conférences à la Faculté des lettres de Nhncy, Notice sur les aia* 
nnscrits grecs de la bibliothèque Ciassense, A Rarenne. — Miêteheneo, 
Théodore^ prof, à TUniversitè de Kiev (Russie), Sur la royauté homèri* 
ooe. — — Mviller, Charleê-Conrad, doct, en philosophie, à Wiizsbourg 
(Bavière), Sur les manuscrits de Polyen. — Nicole^ Jules, prof, à ITni- 
versité de Genève (Suisse), Le poète tragique Carcinus et ses fils dans la 
Parabsse de la Paix d'Anstophane. — Ifolhae^ Pierre de, membre de 
l'Ecole française archéol. de Rome, Lettres inédites de Muret. [Philolo^e 
grecque et latine.] — Omonf. H., de la Bibliothèque nationale. Inventaire 
sommaire des mss. grecs aes bibliothèques Mazarine, de r Arseaai et 
Sainte-Geneyiève, à Paris. — Reinaeh^ Satonum. ancien membre de 
TEcole française a* Athènes. Les terres cuites de Smyme et la sutnair^ 
du iT* siècle. — Reincich, Théodore, avocat & la Cour d*appel, à Paris, 
Sur un artifice de modulation rythmique employé par les poètes grecs. 
Biemann, Othon^ maître de conférences à rscole normale supérieure, La 
question de Taoriste grec. ^ Bobiou, Félix, prof, de litténûore et ins- 
titutions grecques à la Faculté des lettres de Rennes, De qaelqaea mo- 
numents gréco-égytiens du Louvre. — Rochaa^-é^Aigluny A. ae, com- 
mandant du géniea Biois. Traduction du Traité de» mncMnes d*Athénée. 
— Ruelle, Ch.~Smile, bibliothécaire à la Bibliothèque Sainte-Oene- 
Tiève de Paris, Notice du codex BCaroianns MA, contenant le traité du 
philosophe Damaselus sur les premiers principes. — Bauêture, Fer- 
dinand de, maître de conférences de gothique et vienz haut alle- 
mand A riscole pratique des hantes étuaes. Une loi rythmique de U 
langue grecque. ~ SehénkL Charlet, professeur A l'Université de 
Vienne (Autnche), De oodioioos quibus in Xenophontis Hierope rccec- 
sendo utimur. — Schœne^ Le docteur Alfred, de Dresde, De Isocratis 

Sapyro Hassiliensi. — Sehicartz. Edouard, doct. en philosophie, mem- 
re de llnstitut archéologique allemand, A Rome, De quibusoam scholiis 



in Euripidis Andromachen. — Sutemihl, François, professeur à ITniver- 
sité de Oreifswald (Prusse), De Rhetoricorwn Aristoteleorum libro primo 

Suiestiones criticse. — Vitelli, Jérôme^ professeur à Tlnstitut supérieur 
e Florence, Ad Euripide e Sofocle (Eur. Hipp. 11S>. 441. Soph. Tragm. 
609 Dnd.) ~~ Weil, Henri, membre de Tlnstitut, doyen honoraire de U 
Faculté des lettres de Besançon, directeur adjoint des conférences ce 
philologie grecoue A TEcole pratique des hautes études, maître de con- 
férences à rEcole normal» supérieure, D*an signe critique dans le meil- 
leur manuscrit de Démosthène. 

HOURIER, A. et F. DELTOUR, Catalogne et analyse dee thèses 
françaises et latines admises par les facultés des lettres, avec index 
et table alphabétique des docteurs. Paris, Delalain frères, YIU. 
82 p. 8. 

NAG-EOTTE, E., Histoire de la littteture grecque depuis ses ori- 
gines jusqu*au VI* siècle de notre ère. Paris, Gamier frères. 530 p. 
avec carte littéraire de la Grèce, plans, bustes des auteurs lea plus 
célèbres, etc. 18. 

QUINET, E., Œuvres complètes d*£dgar Quinet Vie et mort du gé- 
nie grec. (Fragment posthume.) 2e édit. Paris, Germer Baillière. 
318 p. 18. 3ir. 50 c. 

SAAIiFELD, G. A. E. A., Der Hellenisnus in Latium. Kultor- 

feschichtliche Beitraege zur Beurteilung d. klass. Altertums, an àet 
land der Sprachwissensehaft gewonnen. WoIfeobUttel, Zwissler. 
VII, 281 S. Ux.-8. 6 M, 



\^ 



BIBUOaRAPHIE 327 

SCAUQ-ERi J.» Lettrée françaises inédites de J. Sealinr, pnbliées 
et annotées par Ph. Tamîzey de Larroque. Paris, Picara, 1879, 
428 p. 8. 

SCHMBIER. B., De transiattonibus ab homine petitia apud Aeschy<- 
lum et Pindarum commentatio. Regiomoatii Pr. 18w. 78 S. 8. 
(Diss.) 

SCHMOIjLING-, E., Ueber den Gebrauch einiger Pronomina auf 
attischen Inschnften. Stettin, 1882. 21 S. 4. (Progr.) 

STtTli^ K., Oeschichte der griechischen literatur bis auf Alexander 
den Grossen. 1. Tl. Munchen, 1884, Th. Ackermann. VI, 359 S. 
gr. 8. 4M, 80Pf. 

8TOLTB, F„ De chori, oualis in perfecta Graeeonim tnigoedia ap- 
paret, ratione et indole. Kietberg, 1882. 25 S. 4. (Progr.) 

VERHANDLUNG-EN der 36. Versammlung deutscher Philologen 
nnd Schttlnuenner in Karlsrahe vom 27. bis 30. Septbr. 1882. Mit 
2 Taf. Leipzig, Teubner. IV, 834 S. gr. 4. 12 M. 

WALLON, H., Elog:es académiques. 2 vol. T. I : le comte A. Beu- 
gnot, Charles Magnin, Stanislas Julien, J.-D. Guigniaut, le vicomte 
Emm. de Rougé. T. II : Ch« Lenormant, J. Naudet, A.-P. Gaussin 
de Perceval, L.-F.-J. Caignard de Saulcy, Paulin Paris. Paris, Ha- 
chette et Ce. T. I, 323 p.; t. Il, 368 p. 18. 7 Ir. 

WATTENBACH, W., Scripturae graecae specimina in usmn scho- 
larum coUegit et explicavit W. W. Libri cui inscriptum erat : 
Schrifttafeln zur Geschichte der griechischen Schrift ea. II. Berlin, 
Grote. 17 S. mit 20 Taf. Fol. In Mappe. 16 M. 



ii; 



VII. — AUTEURS GRECS. 

AMMONIUS. 

H.0PIP9 Jk»i De Ammonii, Eranii, aliorum diBtinctionibus synonymie 
earumque communi fonte. Regimonti, 18S3. 108 S. gr. 8. (Diss.) 

ANBROKIGUS. 

Sohaehardi, C, Andronioi Rhodii, qui fertur libelli HEPI IIÂSON 
pars altéra de virtutibus et vitiis. DarmBt 83 S. 8. (Heid. Diss.) 

ANNE COMNËNE, Alexiade. Overat fra graesk of forsvnet med 
historisk indiedning of anmaerkninger af 0. A. Hofgard. To Dele . 
Schonberg, 792 S, og 1 Kort, 8. 10 Kr. 

ANTIOCHUS. 

noyer, B.. De Antiocho Ascalooita. Bonnae. 53 S. gr. 8. (Diss.) 



3-28 BIBLIOGRAPHIE. 

ANTIPHON. 

Orafflnader, P., De Crippsiano et Oxoniensi Aûtipbontis Diov- 
chi Lycargi codicibas. Berlin, lb82: 89 S. 8. (Diss.) 

HartnaiiB, #.-#., Stadia Antiphontea. Lugdani Bat., 1883. (Berllii, 
Calvary & Co.) 39 S. gr. 8. 2 H. 

MgnaUaa, Frdr., De Antipbontis Rhamnasii elocutione comment*- 
tio. Berlin, 1882, Mayer & Mûller. IX, SOI S. gt. 8. 5 M. 

ANTISTHÉNE. 

Vrbaa, WL., Ueber Die Erwâhnangen der Pbilosophie des Antistbe- 
nes in den Platonischen Scbriften. Konigsberg, 1882. 29 S. 4. (Progr.) 

APOLLODOHJB. 

M&BBel« BOk, De ApoUodori irepi 0iûvlibri8.Boiin,BelireDdt.39S. 
gr. 8.(Di8s.) 1 M. 



APOIil^ONroS DE PERGE. 

I«Gliiiiann, W. ▼•, Die sectio rationis, lectio spatii nnd sectio deter- 
minata des Apollonius nebst einigen verwaadten geometriscbea Aafga- 
ben. Konigsberg i. d. M. 1882. 16 S. 1 Tf. 4. (Progr.) 

APOLLONIUS DYSCOLE. 

MaMhlMi, Tk., De Apollonii Dyscoli epirrbematiei et syndesmaci 
forma genaina. Lipsiae. 2o S. gr. 8. (Dise.) 

ARGADIUS. 

C^Alland* CaroIuB, De Arcadii qni fertar libro de aocentibai. Argea* 
torati, 1882. 55 S. 8. (Diss.) 

ARCHIMÈDE. 

Beyda, H. Vrdr» Vhdr., Mathematische BeiebSfdgDngen ans 
frûheren Jahren. 1. u. 2. llft.(Mit eingedr. Hoincbxu) Stuttgart, Metsler's 
Verl. 8. 2 M. 50 Pf . 

2. Der stereometriscbe Sati det Archimedes iib. Umfkng n. Inbalt a. 
Kngel, nach seinem ricbtigen md Tollstindigen Beweise. Ans dem J. 
1863. Yon neuem darchge»ehen a. vervollatândigt, 1809. S. 17-48. 

2 M. 50 Pf. 

irmgi^ WK»j Die Qaadraturen des Archimedes. Teil I. Qnadratiir des 
Kreises. I^AngensaLsa, 1882. 12 S. 4. (Progr.) 

ABISTAHQUE de Samothracc. 

Blao, A>« De Aristarchi discipalia. Jeoa. 78 S. gr. 8. (Dtat.) 

1 M. 25 Pf. 

VorvmaD, Carolus, De Aristarcho lexici Apolloniani fonte. Helaiag- 
forsiae. 129 S. (Dissert.) 

Horn, B., De Aristarchi studiis Pindaricis. Oryphiswaldiae. 90 S. 8. 
(Diss.) 

BIbbach, De Aristarchi Samothracia arte grammatica. Nanmbiirg 

a/S. 48 S. 4. (Progr.) 

ARISTOPELANE. Aristophanis comoediae, Ânnotatioiie critica, 
commentario exegetico, w. scholiis graecis iastruxitFr. H. M. Blay- 
des. Pars V. Pax. Halle, Buchh. d. Waisenhauses. XVI, 330 S. gr. 8. 

6 M, (I-V. : 31 M.) 

— Morceaux choisis, publiés avec un avertissement, une notice sur 



BIBLIOGRAPHIE. 329 

Aristophane, des analyses et des notes, par P. Girard. Paris, Delà- 
grave. 385 p. 18. 

— Théâtre. Traduction française d* André-Charles Brotier, corrigée, 
précédée d*une introduction et augmentée d*une notice sur chaque 
pièce, par L. Humbert. T. II. Paris, Gamier frères. 519 p. 6. 

— Achamans; Glouds; Frogs. literal translation arranged for inter- 
leaying with the text of the Clarendon Press édition, by a first class 
man of Baliol Collège. Oxford, Shrimpton; Simpkin. 8. ea 1 sh. 

— Ecclesiazusae rec. A, v, Velsen, Leipzig, Teubner. VIII, 96 S. gr. 8. 

2 M. 40 Pf . 

— Le nuvole, trad. da G. B. Tarucci. — Le irtine : trad. da V. Al- 
fieri. Milano, Sonzogno. 114 p. 16. 25 c. 

— ' Thesmophoriazusae, rec. A, v. Velsen. Leipzig, Teubner. 88 S. 
gr. 8. 2 M. 

ABISTOPBANES Achamians. Translated into English verse by 
R. Yelverton Tyrrell. Dublin, Hodges; London, Longmans, Green 
& Co. 66 p. 8. 2 sh. 6 d. 

» (Scènes from) The Knights. Rugby éd. Edited by A. Sidgwick. New 
éd. Ibid. 90 p. 8. 1 sh. 6 d. 

— The Frogs. Rugby éd. Edited by A. Sidgwick. New éd. London, Ri- 
vingtons. 64 p. 8. 1 sh. 6 d. 



nem usa 



I, Ad., De anacoluthis apud Aristophanem capita quin- 
qaei Hftlis Sax, 1882. 73 S. (Diss.) 

Chlappellly A.) Le eccleBlaxasse dî Aritofane e la Repablica di Fia- 
tone : studio. Torino, Loescher, 1882. 3 L. 

HarivardI) H.) De Ariatophanis irrisionibus eaminqae flde et usu. 
Particula I. Regimonti Borussorum. 09 S. gr. 8. (Diss.) 

vie. Tlidr.. De enuntiatoraxn interrogativorum apud Aristopha- 
. Kbnigsberg, 1882, Beyer. 69 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 20 Pf . 

ARISTOTE, Aristotelis quae feruntur Magna Moralia. Recognovit 
F. SusemihL Leipzig, Teubner. XIX. 126 S. 8. 1 M. aO Pf . 

— Ethics. Explained by question and answer. Books 1-4. Chap. 6-9, 
with short essavs and examination questions by K. D. Cotes. Oxford, 
Vincent; Simpkin. 208 p. 8. 4 sh. 6 d. 

La Morale, à Nicomaco : traduz. letterale italiana ad uso dei licei. 

2a ediz. riveduta e corretta. Torino, Paravia. 228 p. 16. 2 L. 60 c. 

— Morale & Nicomaque. Livre YIII, expliqué littéralement par F. de 
. Pamajon. Traduction française de Fr. Thurot revue par Cn. Turot. 

Paris, Hachette. 108 p. 12. 

— The poiitics; transi., with analysis and crîtical notes, by J. E. C. 
Welldon. New York, Macmillan. 96, 407 p. 12. 2 Ôoll. 50 c. 

Ambroainl) JL.^ La filosofla di Aristotele, compilata per le scuole 
classiscbe italiane. Bologna, tip. Regia. 2 vol. 112, 140 p. 

2 L. 50 c. cadauno, separatamente. 

— Aristoteles, Organon. Uebers u. erlœutert von J, H. v. Kirchmann, 



330 BIBLIOGRAPHIE. 

5 Thle in 1 Bd. Heidelberg, Veiss* Veri. XII, 82; XX, 150; XXXI, 
103; XXXVI, 205 u. XXVI, 66 S. gp. 8. 6M. 

— Die sogenaimte Théologie d. A., ans dem Arab. fiben. n. m. An* 
merkuDgen Tenehen von F. Dieterici. Leipiig, Hinriehs* Veri. 
XVIU, 2S4 S. gr. 6. 8 M. 

•^ Politîcs. Translated, with an analysisand critieal notes, by J. S.C. 
Welldon. London, AUcmiUan & Co. 480 p. 8. 10 sh. 6 d. 

BIBLIOTHEK, philosophische, oder Sanunlong der Hanptwerke dcr 
Philosophie aiter nnd nener Zeit. Unter Mitwiikg. namhailer Oe- 
lehrten hrsg., bebiehungsweîse Obers., erlœntert a. m, Lebensbes- 
direibgn. versehen von /. H, v, Kirchmann, 310-312. Lfg. Heâdel- 
berg, Weiss' Veri. 8. A 50 Pf. 

310, 311. Aristoles* sophîstiBche Widerlegongen. Ueben. u, eriintert 
von J. H. T. Kirchmaan. XXVf, 66 S. — 812. Bniotemageo dan. V«d 
J. H.v. Kirchmann, VI, 64 8. 

COHUlENTABJA in Arietotelem graeca, édita eonâlio et aiieton* 
tate academiae Utteiarom regiaa borasâcae. 

Vol. II, pars 1. Berlin, G. Reimer. gr. 8. 14 M. 

Alezandri in Arittotalem Analytiooxnm priomm libran I eonaieota- 
rimn, éd. M. Wallies. XXII, 426 S. 

Vol. Xm, partes I, II. Berlin, Reimer. gr. 8. 9 M. 

I. Sophoniae in libros Aristotelis de anima paraphraats. Bd. Mich. 
Haydaek. VIII, 175 S. — II. Anonvmi in Aristotelis categorias paraphra- 
sis. Bd. Mioh. Haydnck. IV, 86 6. 



Breatemo, Vra., Offener Brief an Hm. Prof. Dr. Bdoard Zeller au5 
Anlaaa leiner Sohrift Ab. die Lehre d. Aristoteles ▼. der Bwigkeît des 
Geistes. Leipxig, Dnncker & Hamblot. 96 8. gr. 8. 1 M. 

MMaieycrf Qnae ratio inter Tetnatam ArietoteUs Rhetoriooram 
tranalationem et Oraecof codtces intercédât. Monachi 66 8. 8. (Wurz)'. 
Diss.) 

Bcser, #.• Katharsif-Stndien. Wien, Hëlder. 40 8. Lex.-8. 

1 M. 80 pr. 

ClBtlilliiC) K. B.« Die Lehre des Aristoteles ron den Seeleotheilen. 
Liegnits, 1^. 11 8. 4. (Progr.) 



I9 V.f Die teleologische Natorphilosophie des Aristoteles 
u. ihre Bedentung in d. Oegenwart. Abhandlnng. Losem, Bâbcr. 
54 8.4. IM. 

HaiiBa) P.« Die Lehre des Aristoteles v. der tragischen Katharsts 11 . 
HamarUa, erklart. Karlsrohe, Reuther. 86 S. gr. 8. 1 M. 80 PI. 

BUcli^ella* WL* «.9 Za Aristoteles de anima 111, 3. Nen-Streliu. 
20 S. 4. (Progr.) 

Hiimaer, #.9 Die Ethik des Aristotelee nnd ihr Werth aneh fiir mi- 
sère Zeit. Vortrag, geh. im Wissenschaftl. Clnb iii Wien am 16. Norfor. 
1882. (Sep. Abdr.) Wien, RospinL 12 S. Ler.-8. 60 Pf. 

Oaillmoa of the philosophv of Aristotle. Compiled bj Ed. Wallac«. 
3rd éd. London, Cambridge, warehonse. 8. 4 sh. 6 d. 

BIta* Oiordano, Il concetto di Aristotile snlla feliciti terrestre se- 
ooado il lib. I. e X. dell* Etica nicomacbea, ecc. Prato, OiaohettL 
90 p. 8. 

Sehlebaldt) V. O.^ De Imagtnatione disqnisitio ex Aristotelis libris 
repetiu. Lipsiae, 18S2. 70 S. 8. (Diss.) 




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dlchiarata in dieci lezioni. Roma, tip Artero. 428 p. 8. 

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claBsischen Hellenenthuma. Ueben. u. erlœutert durch. B, WestphaL 
Leipzig, AbeL LXXIY, 508 S. gr. 8. 80 Pf.; geb. 33 Pf. 

ARRIEN, Anriano, Histona de las expediciones de Alejandro, tra- 
ducida directamente del griego por F. Baraibar y Zumarraga. Madrid, 
Navarro. 369 p. 8. U s. 

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SehabriBg) Lie Philosophie des Âthenagoras. Berlin, 188S. 26 8. 4. 
(Progr.) 

BABRIUSi éd. with an introductory dissertation, critical notes com- 
mentary and lexicon, by W. Ganion Kutherford. New York, Mac- 
mUlan. 103, 302 p. 8. 3 Doll. 

DEMETBIUS IXION. 

flUiesehe. D.« De Demetrio Ixione granmatioo. Halis Saxonnm . 
50 S. gr. 8. (Diss.) 

DÉMÉTHIUS DE PHALÉRB. 



»j c».. De dictis VIT sapientium a Demetrio Phalereo coUecti3 
particula prior. Erlangae. 89 S. gr. 8. (Dise.) 

DÉMOSTHÈNE, Ausgewsehlte Reden. Erklœrt von A. Wester- 
tnann, 1. Bdchn. : (I-Iiï.) Olynthiscbe Reden. (IV.) 1. Rede gegen 
Philippos, (V.) Rede vom Fneden. (VI.) 2, Reae gegen Philippos. 
(VIII.) Rede Qber die Angeleieenheiten im Ghersonesos (IX.) 8. Kede 
gegen Philippos. 8. verb. Aun., besorgt v. Emil Rosenberg. Berlin, 
Weidmann. 244 S. gr. 8. 1 M. 80 Pf. 

— Les Plaidoyers politiques. Texte grec, publié d'après les travaux les 
plus récents de la philologie, avec un commentaire critique et ex- 

filicatif, une préface et des notices sur chaque discours, par H. Weil. 
. série : Leptine, Midias, Ambassade, Gouronne. 2< éd., entièrement 
revue et'Corrigée, Parie, Hachette. XII, 575 p. 8. 8 fr. 

— Demostheues against Androtion and against Timocrates; with 
introductions and English notes, by W. Wayte. New York, 1882, 
Macmillan. 54, 264 p. 16. 2 Doll. 

— The ftrst philippic; with introduction and notes, éd. after G. Reh- 
dantz, by the Gwatkin. Ibid. 44, 61 p. 16. 60 c. 

— Ausgewœhlte Reden. FUr den Schulgebrauch erklœrt v, J, Scergel. 
1, Bdchn. Die drei olynth. Reden u. die 1. Rede gegen Philippos 
euth. Ausg. A. Text u. Kommentar in 1 Bd. Gotha, Perthes, IV, 
95 S. gr. 8. 1 M. 20 Pf.; Ausg. B., Text u. Kommentar jedes f. 

sich, in 2 Hftn. IV, 29 u. 65 S. 1 M. 20 Pf. 

— Gration against Meidias. Edited for schools by E. A. M. P. Fen- 
nell. Hamilton. 12. 5 sh. 



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Berûcksichtigimg anderer attischer Redner. Pless. SO S. 4. (Progr.) 

■Lirehaery 9» B.^ De litis instramentis, qaae exttaat in Demotthe- 
nia, quae fertur in Lacrltam et priore advenus Stephannm orationOn». 
Halis Saxonujtt. 40 S. gr. 8. (Diss.) 

vrang^B) A.^ Qaaestiones de Scholiomm Demostheniconun ibati- 
bas. Pars prier. De Harpocrattone et Aelio Dionyaio Pansaniaqae Âtti- 
cistis. Ibid. 30 S. gr. 8. (Diss.) 

IViBdIel) ^.9 De oratione, qaae est inter Demosthenicaa decimo sep- 
tima et inscribitur : n«pl râv itpbç 'AJléÇav^pov awtfiixwv. I.eipBg, 18S. 
40 S. 4. (Progr.) 

Slnk, C, Adnotationes ad Demosthenis oraUonem in Cononem. Er« 
langae. 30 S. gr. 8. (Diss.) 

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SeliBeldIer, Max, De Dyonisii Periegetae arte metrica et gnuusa- 
tica capita selecta. Lipsiae, 1882. 50 S. 8. (Diss.) 

DION CA88IUS. 

BreltaBCi Bemerkongen ûber die Qaellan des Dio Cassios LXTI- 
LXIX. Nealîvch, 1882. 11 S. 4. (Progr.) 

DION CHRTSOSTOME. 

C>Midla, A., Kritische Bemerkangen sa Dio Cbrysostomns und Tke- 
mistius. Laaban. 19 S. 4. (Progr.) 

DENTS US aRAND. 

Maek, d.^ Die Scbrift des alezandrinischen Biscbofi Dionjsios d«s 
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Demokrita and Epikurs. Leipzig, 1882. 60 S. 3 (Diss.) 

ÊPICTÈTE» 

Mrkasewakl, A., Epiktets Ethik. Aacben. 30 S. 4. (Progr.) 

ÉPICURE. Epiktir's Brief an Herodot, §§ 68-83, Qbenetzt nnd er- 
lœutert von A. Brieger, Halle a S. 1882, 38 S. 4. (Progr. Stadt- 
gymn.) 

ÉRATOSTHÉNE. 

VmteraaelivBseB, philosopbische, hrsg. v. A.Kituling n. r.«. 
WilamowitS'Mallendovif. 6 Hft. Berlin, Weidmann. gr. 8, 

8 M. (M. : 23 M. 40 PC.) 

Analecta Eratostbenica. Scripsit E. Moau. 153 S. 

ESOulNE, Prosaiker, griechische, in neuen Uebersetzungen. Hrsg. 
▼on C. N. V. Osiander u. 6. Schtcab. 38Bdchn. Stuttgart, Metzier's 
Veri. 16. 50 Pf. 

— Aeschines, d. Sokratikers, Gesprseche. u. Cebet, d. Thebaners. 
GemœWe, ubers. v. K. Pfaff. 2. Aufl. 107 S. 

Vreyer, Th., Qnaestiones de seholiomm Aescbioeorum fontîbos, cun 



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(Diea.) 

ESCHYLE. Aeschyli Fabulae (IKKTIAES X0U40P0I) in Ubro Me- 
diceo mendose scriptae ex vv. dd. coniectaris emendatitis editae cum 
Scholiis Graecis et brevi adnotatione critica, curante F. A. Paley. 
Cambridge, Warehouse. 140 p. 8. 7 8h. 6 d. 

— Prometheus bound; with notes and an introduction by R. H. Ma- 
ther. Boston, AUyn. 37, 142 p. 16. 1 DoU. 10 c. 

Detiweilery P.^ Ueber den Freieren Oebrauch der xusammen- 

Îesetzten Adjektiva bel Aeschjlus. 2. Teil. Oiessen. 40 S. 4. (Progr.) 
. Teil. 1882. 18 S. 4. (Progr.) 

Rieiiscl* Ift.. Adnotationes ad aliquot Aeschyli Supplicam locos. 
Breslau. 20 S. 4. (Progr.) 

iMMers, M., De conformationom usu Aeichyleo. Lipsiae, 1882. 63 S. 
gr. 8. (DiBs.) 

•«hmeier, Bemh., De translationibas ab homine petitis aptid 
Aeschylum et Pindarum commentatio. Kônigsberg, 1882, Êeyer. 78 S. 
gr. 8. (Diss.) 1 M. 20 Pf. 

vresiel^ #., Quaestiones de trilogia Aescbylea. Berlin. 27 S. 4. 
(Progr.) 

» _ 

ESOPE. Aesop, and others. The book of fables, chiefly from Aesop; 
chosen and phmed by H. E. Scudder ; with ill. by H. W. Herrick. 
Boston. 80 p. 16. 2 sh. 6 d. 

» Esopo, Favole. Milano, Sonzogno. % p. 16. 

— Some of Aesop*8 fables with modem instances shown in designs by 
Randolph Galaecott ; from new translations by Alfred Caldecott ; 
engravings by J. D. Gooper. New York' Macmillan. VIII, 80 p. 
ill. 4. 2 DoU. 

Bewieli'a Select Fables of Aesop and others, with the original wood 
engravings. London, Longmans, Oreen & C'*, S. 6 sb . 

EIJCLIDE. Euclidis opéra omnia. Edi. /. L, Heiherg et H, Menge. 
Elementa. Ed. et latine interpretatus est J. L. Heiberg. Vol. I. 
u. II. Leipzig, Teubner. 

EUKIPIDE. Tragédie, Tolfi^arizzate da G. De Spueches. Palermo, 
Lauriel. Vol. I, 876 p.; vol. II, 542 p. 8. 9 L. 

EUBJPIDES, ausgewœlte Dramen. In den Versmassen der Urschrifc 
ins Deutsche libers. i?. Cari Bruch. 6 Bdchn. Minden, Bruns. 8. 
68 Pf.; Gesammtausg. auf Velinpap. m 1 Bd. VII, 383 S. 5 M.; 

geb. m. Goldschn. 5 M. 50 Pf. 

1. Medea. 56 S. — 2. Ipbîgenia in Anlis. 64 S. — 3. Iphigenia bei den' 
Taariem.04 S. — 4. Alkestis 56 S. — 5. Hippolyt. 64 S. — 6. Jon. 79 S. 

— Alceste. Texte grec, accompsgné d*une introduction et de notes lit- 
téraires, critiques, historiques et morales, par G. Huit. Paris, Palmé. 
XXXII, 79 p. avec fig. 12. 



334 BIBLIOGRAPHIE. 

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— Texte grec, acoompa^é d'une notioe, d'un argoment analytique 
et de notes en français par H. Weil. Paris, Hachette. 88 p. 16. 

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Odbrd, 3rd éd. Simpkin. 40 p. 8. 1 sh. 6 d. 

' Fabolae, éd. R. Prinz, Vol. I, pars 3. Heeaba« Leipzig. Tenbner. 
Vn, 56 S. gr. 8. 1 M. 60 Pf. (1-3. : 4 M. 80 Pf.) 

— Iphigénie & Aulis. (Texte grec.) Nout. éd., avec notes en français, 
par A. Ohmer. Paris, Belin et fils. VI, 89 p. 12. 

— Iphi^nie à Aniis. Texte grec, accompagné de commentaires phi- 
lologiques, archéologiques et littéraires, par Diringer. Paris, Pauné. 
135 p. 13. 

— Hercules Fnrens. By P. A. Paley. London, Bell and Sons. 8. 

lab. 6d. 

^ Scènes fW>m. (Rugby Edition). Iphigenia in Tauris. Bdited by A. 
Sidgwick. New éd. London, Rivingtons. 56 p. 8. 1 ah. 6 d. 

— Euripides, the Iphigenia among the Tauri ; éd. with introduction 
and critical and explanatory notes by E. B. England. New YoriL, 
Maemillan. 91, 360 p. 16. 1 DolL 10 c. 

— Medea, zum Schulgebranche mit erklaer. Anmerkun^n versehen 
von W.Batter. 2. Aufl., durchgesehen v. N. Wecklem. Mûnchen, 
lindauer. 82 S. gr. 8. 1 If. 

^ Treurspel. In de oorspronkelijke versmaat uiC het Oriekseh Terthalt 
door A. Flamant. Amsterdam, Sikken. XII, 61 bl. 8. 1 fr. S& c. 

— Medea: éd. with introduction and notes by ^4. W, Werrall. New 
York, Maemillan. VI, 127 p. 16. 90 c. 

Braan, ir., Der Tbyestes d. Euripides. Wesel, ISSS, Kflbler. 21 S. 
gr. 8. 50 Pf . 



ïm, S»f Qaaestiones selectae de Baripideomm nuntionua narrm- 
tionibas. Grjphiawaldiae. 74 S. 8. (Diss.) 

SSelaberger. M..% De catharsi tragica et qoalis ea flatta B^pidis 
(abolis. Staduunbof, 1882. 40 S. 8. (Progr. u. Mûnoh. Diis.) 

HADRIEN. 

BehBer, •., Hadrianl reliquiae. Particula I. Boan, Behrendt. 43 S. 

gr. 8. (Diss.) 1 H. 20 Pf. 



II«erfl«helBiawn, IV., SchoUa Hophaestionea altéra intégra pri* 
mum édita. Dorpat. 1882, Karow. 30 S. gr. 4. 1 M. 

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Vrye, Cl., De Heraclidac Milesti studils Horoericîs commeatalto pbikH 
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MeMler, CI., Nonnallas ad Herodianvm, renun Romananun scripto- 
rem, annotationes scripsit. Erlangen, 1882. 39 S. 8. (Progr.) 

— Histoires dUërodote. Perses, Scythes, Lvbiens, Thraoes, Chrees 
d'Asie, Lacédémoniens, Athéniens. Ed. à rasage de la jeunesse, 
par L. C. Colomb, 2* série : Melpomène; Terpsichore; &âto. ibid. 
192 p. avec vign. 18. 1 fr. 

— Qeschichte. 1. Boch. (Klio.)3. u. 4. Hft. Wortgetreu ans dem 
Griech. in*s Deutsche ttbers. nach H. R. Mecklenburg's Gmndsœt- 
zen von N. L. Berlin, Mecklenburg. S. 129-266. 32. à 25 Pf. 

— Book I : a literal critical translation. Glasgow, Sime. Houlston. 8. 

2 sh. 

HÉRODOTB, Morceaux choisis. Nouv, éd. avec notes et renvois à 
la grammaire de M. Chassang, par G. Texte, Paris, Gamier frères, 
X, 241 p. 12. 

BroselimaBB« H.. De v«P particalae usuEerodotao. Leipzig, 1882. 
Fock. VIII, 89 8. gr. 8. (Diss.) 2 M. 50 Pf. 

Gesest, O-, Osteurop&ische Verholtoisse bei Herodot. Qoedlinburg. 
22 S. 4. (Progr.) 

CUlinpors. Tb.9 Herodoteische Studien. I. II. WieD, Oerold*8 Sobn. 
128S. Lex.-8. 2 M. 

Helllgeastaedt) Vh.^ De enuitiatoram floaliam usti Herodoteo 
cttin Homerico ex parte comparato. Pars prier. HaLis Saxon um. 56 S. 
gr. 8. (Disa.) 

Henverdea, B. van, Coromentatio critica in Herodoti libroa I et 
II. Trajecti ad Rhennm, Beijers. 48 bl. 8. 70 c. 

HlIdebraBdf) V* Ift,) De itineribus Herodoti Europaeis et AfHca- 
nis. Lipaiae. 67 S. gr. 8. (Diss.) 

WltBseb, Kritische Bemerkungen sum Herodot. Bielefeld, 1882. 12 S. 
4. (Progr.) 

Pieliler, B., Ueber syntactiache Bezlehuogen Herodota au Homer* 
Bielitz, 1882. 16 S. 8. (Progr.) 

SayeO} A. B., The ancient empires of tbe eaat : Herodotus, I, 3. Wtth 
notes, introduct., and appendices. London, Macmillan. 506 p. 8. 16 sh. 

Aeliaerer) De quibuadam locis Herodoteia. Trier, 1882. 12 S. 8. 
(Progr.) 

SielB, B., Herodotoa. Sein Leben nnd sein Oeachicbtawerk. NebSt 
einer Ueberaicht aeinea Dialektea. 3. Abdr. Berlin, Weidmann. 60 S. gr. 8. 

40 Pf. 

HÊBIODE. La Teogonia, le Opère e i Giomi, e lo Scudo d^ErcoIe : 
tradotti in endecasillabi italiani da 4. G, Daneêe, Foggia^ tip. di 
Domenioo Pascarelli, 1881. LXXXVIII, 127 p. 8. 4 L. 

— - Hints from the * Works and *Day8' ; or, moral» economical, and . 

agricultural maxims and reâectioos of Hesiod ; (also) The praise ol V 

rural life, from Horace. Dedicated to the husbandmen of America, 
by an officer of the U. S. Treasury Department. New York, Bren- 
tano Bros., II, 60 p. 16. 25 c. 

BllKeV) Cl«) Die Zasâtze su dem Prooemiam der Heaiodeischen Théo- 
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J. Flach. Beriin, CalTvy et Co. X, 150 S. gr. 8. 4 M. 50 Pf. 



Xliber^ #., Stodia Paeadippokratea. Lipsiae. 63 S. gr. 8. (Diss4 

HOMÈRE, L^Iliade. (Texte grec.) Nonv. éd., imprimée en gn» ca- 
ractères, précédée d*one étnde sur Homère et accompagnée de som- 
maires et de notes en français, par M. P, A. Brach. Pans, Yenre 
Belin et fils. XX, 687 p. 12. 

— Homer*8 Ilias. Schnlaosg. v. K. F. Ameis. Anhan^. 7. Hft. Er- 
Ueuterongen za Gesang XIX-XXI e. C. MenUe. Leipzig, Teatacr. 
115 S. gr. 8. 1 M. 50 Pf. (1-7. : 8 M. 85 PI) 

— Llliade d*Homère. Traduite en vers français par /. C. BarHer, 
T. 2. ((liants 13 à 24.) Paris, Thorin. 406 p. 8. 

Texte grec, revu et corrigé d*après les docoments aotlientii|iieB de 

la récension d^Aristarqne, accompagné d*an commentaire cntiqne, 

S récédé d*une introduction et suiri des prolégom^es de \llloison, 
es Prolégomènes et des pré&ces de Wolf, de dissertations sur di- 
verses questions homériques, etc., par A. Pierron. 2. éd., corrigée. 
Paris, Hachette et C*. GXLVI, 450 p. 8. 8 fr. 

— niad ; literal Translation. Books 1 to 5. Arranged for interieaving 
with Dindorf s Text. (Gxford Translations of the Classics.) Gxibrd, 
Shrimpton; London, Simpkin, Marshall d Co. 112 p. 13. 3 ah. 

— The niad, done into English p rose bj A, Long, W. Ijeaf and 
£. Myevt, New York, Biacmillan. Vm, 518 p. 1 Doll. 50 c. 



ABseaaa. ■.« Bedeutang and Gebrauch v. oca bei Homer. Mûnchen, 
StaU. 79 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 50 Pf. 



)ltraese zur Kande der indogermanischen Spracheo, hng. von 

A. Bexxenberger. Sappl.-Bd. GôttiDgeo, Vandenhoeck & Raprechu gr. S. 

(Abonnements-Pr. 10 M.) Eiiuelpr. 12 M. 

Die homeritcbe Odyssée, in ihrer arsprûnglicben Sprachform wieder- 
bergestellt v. A. Fich. 330 S. 

SenlelteB,!!. K», Die Litteratur zom 6. Liede vom Zome des Acbil- 
leus im 6. u. 7. Hache der homeriscfaen nias. Teil. I. Rastenbarg. 20 S. 
8.(Progr.) 

— Stadieo and Fortcbungen aof dem Qebiete der faomerischen Gedichte 
nnd ihrer Literatar. Das 12. a. 13. Lied vom Zoroe des Achilleas io NHO 
der homer. Ilias. Nebst R^isterbd. Innsbrack, Wagner. Ohne Register 
CCXLVII, 1312 S. gr. 8. 41 M. 

Braan, V., Der Gebraach von oure; in der Ilias. Bin Bettrag sur 
faistor. Grammatik der griech. Sprache. Marbarg, ElwerCs Verlag. 37 S. 
gr. 8. 75 Pf. 



l, H., The myth ofEirke, inclnding the visit of Odysseus to the 

Shades : an homeric study. London, Longmans. 8. 5sh. 

BaekhttlB, B., Die homerischen Realien. 2. Bd. : OfTentUches and 

E rivâtes Leben. 2. Abth. : A. u. d. T. : Das Privatlebcn der Griechen im 
eroischen ZeiUlter. Aof Grundlage der homer. Dichtungen dargesteiit. 
Mit 1 litb. Taf. Leipsig, Engelmann. XII, 332 S. gr. 8. 

5 M. (I. n. n. ; 23 M.) 



»^ 



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spécimen. Halis Sax, 1882. 40 S. 8. (Diss.) 

Helarleh* Ch.« Das 1. Bach der Ilias und die Liedertheorie. Ploen. 
16 S. 4. (Progr.) 

HlnS) B.« L*0d78sèe, avec une étude sur Homère. Mons, Manceaux. 
316 p. 12. 2 fr. 50 c. 



I, C«, De pugna ranarum et mnriam, qnae in batrachomyoma- 
chia describitur, observationes criticae. Regimonti. 52 S. 8. (Diss.) 

Hammery £.« Znr bomerischen Frage. III. Lyck. 20 S. 4. (Progr.) 

Kahl, S.j Homerische Untersucbnngen. 2. Teil : Die Bedeutang des 
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(Progr.) 

Iieen'Wen sr,^ 9. Tan, en n.B. Headea da Costa, Het taalei- 

feu der Homerische gediohten met een aanhangsel bevattende het 1. boek 
er Ilias en het 1. boek der Odyssée. Leiden, Sijthoff. X, 158 bl. 8. 

1 fr 80 c. 

lilBdner, B. BlUer tob^ Das Eingreifen der Gotter in die Hand- 
lung der Ilias. Landskron in Bbhmen, 1882. 34 S. 8. (Progr.) 

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13 S. 8. (Progr.) 

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fô S. 4. (Progr.) 

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IVolir, Quaestiones lopfaonteae. Meissen, 1882. 24 S. 4. (Progr.) 

ISÉE. Isaei orationes cum fragmentis a Dionysio Halicamassensi ser- 
vatis éd. H. Buermann, Berlin, Weidmann. XIV, 156 S. gr. 8. 

2 M. 50 Pf . 

mtclg, H.. Studien zu Isaeus. Beilage zum Jahresbericht des stadti- 
schen Gymnasiums in Bem. Bem, Jent & B«inert. 4. 1 fr^ 25 c. 

Boeder, W., Ueber C G. Cobets Emendationen der attischen Redner, 
insbesondere des Isaios. Gnesen. H, 88 S. 8. (Progr.) 

ISOCRATE. In usum scholarum coUegit H. J. Nassau Noordewiér. 
Qroningae, Wolters. 4, 56 bl. 8. 75 c. 

Boek, B., De codicis Isocratei Urbinatis (F) auctoritate. Bruns vigae. 
44 S. 8. (Heidelb. Diss.) 

Ctalle, P. II., De Isocratis oratione Trapezitica. Dresdae. 38 S. gr. 8. 
(Leipz. Diss.) 

Petoro, ULf De Isocratis studio numerum (im Parchim. Progr.) 

Veh'Walie, C, De dicendi génère Isocrateo. Halis Saxonum, 18S2* 
39 S. gr. 8. (Diss.) 

ÂNNUAIRB 1884. 22 



338 BIBUOGRAPHIE. 

JAMBLIQTJS. Jamblichi De Vita pythagorica liber ad Ûdem codicîs 
florentin! recensait Aug. Nauck. Accedlt Ëpinietmm De pythagorica 
aureo carminé, Petropoli, Eggen ; lipsiae, Vosa, 1884. 6 mark. 

JKAN CHRT80ST0HE (S*). BiUiothek der KirchenTœter. 
Auswahl der vorzUglichsten patrist. Werke in deutacher Ueberset- 
zung, hrsg. unter Oberieitung, v, V, Thalhofer, 375-380. Bdchn. 
Kempten, Kœsel. 13. à 40 Pf. 

ehwjmmmtmwÊUw;» ansgevâhlte Schriften. 6. Ed. S. 1-384. 

Lad'wli^, V., Der hl. Johannes ChrTsostomas in seinem VerhdtiiiBs 
sum byzantmischen Hof. Braunsberg. ilaye. IV, 175 S. gr. 8. 2 M. 90 Pf. 

JDUEN (l'empereur). 

KllBiflk, Pm CoDJectanea in Jaliannm et Cyrilli Alexandrin! centra 
illnm libres. Breslau, Kôhler. 4St S. gr. 8. (Diis.) 1 M. 

LONGIJS. Dafnis y Cloe, o laa pastorales, traduccion direeta dal 
grieffo, con introduccion y notas, por un aprendiz de helemsta. Se* 
gunda edidon. Senlla, Alvarez. 160 p. 8, 14 r. 

— Romans grecs. Daphnis et Chloé, suivi de Théagène et Charidée. 
Traduction française, précédée d*une étude sur le roman chex les 
Grecs, par C. Zevort. Paris, Charpentier. XXXIX, 385 p. 18. 

3 fr. 50 c. 
(Voir plus loin Luans.) 

LUCIEN. Obras complétas de Ludano, traducidas directamente del 
griego con argumentos y notas por D. C. Vidal y F. Delgado, 
Tomo I. Madrid, Navarro, 1882. XXXVIII, ^l p. 8. 14 n. 

— Udvalgte Skrifter med Fortolkninger, vaesentlig til Skolebng ud- 
givne af M. C. Gertz. (Leipzig.) Philipsen. 192 S. 8. 3 Kr. 

«•oai, A.., De Luciano f cAo/xqpu. Lotzen. 28 S. 4. (Prohr.) 

PrByblIla, C, De praepositionum xora et àvàc asu Lndaneo. Part. I. 
Regimonti Prussorum. 47 S. gr. 8. (Oiss.) 

LUCIUS et LONGIJS. L*Ane. Daphnie et Chloé. Traduction de 
P. L, Courier, Nouv. éd., précédée d*une notice. Paris, Dentu, X, 
289 p. 16. I fr. 

LT8IA8. Prosaiker, griechische, in neuen Uebersetzungen. Hrsg. 
V. C, N. V. Osiander uud G. Schwab. 352. Bdchn. Stuttgart, 1884, 
Metzler^s Veri. 16. à 50 Pf. 

Die erhaltenen Keden des Lyaias, fibers., erlsentert a. m. Einleitnngea 
versehen v. F. Bauer. S. Bdchn. 4. Aofl. S. 137-S52. 

O&ldle, O., Qaaestiones de Lysine oratione in Nicomachom. Berlin, 
188:?. 46 S. 8. (Diss.) 

•ehaltee, P., De Lyaîae oratione trigesima. Berlin. 42 S. 8. (Dtsw.) 

MÉNANDKE (le rhéteur}. 

Mlteaclie, 1¥., Der Rhetor Menandros ond die Scholien sa Demoe- 
thene*. Berlin. 2Ô S. 4. (Progr.) 

MIMNERME. 

▼anaollnl, c, Mimnermo : studio e versione metrica. Ancona, Mo- 
relli. 62 p. 16. 1 L. 



BIBLIOGRAPHIE. 339 

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OPPIEN. 

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(Progr.) 

OKPHÉE. 

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pita II. Leipxig, Matthee. 74 S. gr. 8. (Disa.) 1 M < 

PHILON le Juif. 



Bernays, #.. Ueber die tinter Philon's Werken stehende Schrift uber 
die Unzerstorbarkeit des WelUlls. (Sep. Âbdr.) Berlin, Diinmler's Yerl. 
82S.gr. 4. 4M. 

PINDARE. The Nemean and Isthmian odes ; with notes — expla- 
natory and critical — introductions, and introductory essays, by 
G. A. M. Fennell. New York, Macmillan. 32, 366 p., 1 pi. 12. 

2 DoU. 50 e. 

^ Odes, traducidas en verso castellano, con carta-pr61ogo y notas, por 
D. Ignacio Montes de Oca. Madrid, Navarro. XaIII, 366 p. 8. 14 rs. 

StefTen, €.« Zu Pind. Nem. VII und zu Horat. Carm. I. 22. Leipzig 
1882. 18 S. 4. (Progr.) 

I<aebberi. B», Diatriba in Pindari locum de Aegidis et sacris Car- 
neis. Bonn. Conen & Sohn. 16 S. gr. 4. 1 M. 

— Prolegomena in Pindari carmen Pythiam nonura. Ebd. 228 S. gr. 4. 

1 M. 

— Prolusio in Pindari locum de ludis Pythiis Syconiis. Ebd. 22 S. gr. 4. 

1 M. 

Bampely #., Lexicum Pindaricum. Leipzig, Teubner. 498 S. gr. 8. 

12 M • 

PLATON. 

Platonis opéra quae feruntur omnia. Ad codicis denuo collatos éd. 
M, Schanz. VoL VI. fasc. 2. Charmides, Lâches, Lysis. Leipzig, 
Tanchnitz. VIII, 90 S. gr. 8. 2 M. 

— Ausgewsehlte Dialoge. Erklserti?. C Schmelzer. 2. Bd. Georgias. 
Berlin, Weidmann. 183 S. gr. 8. 1 M. 80 Pf. (1-5. : 6 M. 20 Pf.) 

4. Bd. Apologie. Krito. Ebd. 92 S. gr. 8. 1 M. 20 Pf. 

— —6. Bd. Menon. Eutyphron. Ebd. 111 S. gr. 8. 

— Dialoghi, trad. da R. Bonghi, volume IV. Roma, frat. Bocca. 263 p. 



. ^Oii p. 
16. 3 L. 40 d. 

— Ausgewœhlte Dialoge. Erklsert r. C. Schmelzer. 3. Bd. Phœdo. 
Berlin, Weidmann. 118 S. gr. 8. 1 M. 20 Pf. (1-3. : 3 M. 20 Pf.) 

— Ausgewsehlte Schriften. Farden Schulgebrauch erklsert. r. Chrtx. 



3i0 BIBLIOGRAPHIE. 

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Teubner. gr. 8 1 M. 75 Pf. 

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8. Aafi.YIIl, 149 S. 1 M. — 3, 1. Lâches. Erklssrt v. Chm. Crtm, 4 Aofl- 
Vm, 82 S. 75 Pf. 

— Prosaiker, griechische, in neuen Uebenetzangen. Bne. von 
C. N, V. Osiander u. G. Schwab. 284. Bdchn. Stuttgart, Métzler's 
Veri. 16. â 50 Pf. 

Platon*8 Werko. 1. Gmppe : Gespneche zur Verfaerriichg. d. Sokra- 
tes. 6. Bdchn. Apologie a. Kriton, nbers. t. L. Georgil. 5. Anfl. 6. 
671-795. 

— Sélections from the dialogues of Plato, with introd. and notes by 
J. Purves, and préface by the Rev. B. Jowett. New York, Macmil- 
lan. XXX, 404 p. 16. 1 DoU. 75 c. 

'— Platons Alcibiades I, et IL, Amatores, Hipparchus, Theages. Ed. 
Mari. Schanz. Ed. ster. Leipzig, 1883, Tauchnitz. S. 107-197. 
Leipzig, gr. 8. 4i> Pf . 

— Apologie des Sokrates nnd Kriton. Fur den Schulgebrauch bearb. 
V. Ed. Ooebel. Paderbom, Schœningh. XVI, 112 S. gr. 8. 1 M. 20 Pf. 

— Verteidigungsrede des Sokrates und Kriton. Fur den Schulgebrauch 
erkiœrt y. H. Bertram. Gotha, 1882, Perthes. IV, 90 S. gr. 8. 1 M. 

— Socrates : a translation of the apology, Crito, and parts of the 
Phaedo ; with introduction by W. W. Goodwin. (New, cheaper éd.) 
New York, Scribner*s Sons. 159 p. 16. 50 c. 

*— A day in Athens with Socrates : translations from the Protagoras 
and the Republic of Plato. New York, Scribner^s Sons. 20, 145 p. 
16. 50 c. 

— Eutyphro. A literal translation, with grammatical notes. Glasgow. 
Sime. Houlston. 8. 2 sh, 

— Best thoughts, as compiled from Jowett*8 translation of the dialo- 
gues of Plato, by C. H. Bulkley. New éd. New Yoric, Scribner's 
Sons. 12. reduced to 1 DpU. 50 c. 

» I dialoghi, nuovamente volgarizzati da E. Ferrari. Vol. IV. Dialo^i 
teoretici. La republica. Padova, 1881, tip. del Seminario. 8. 12 X. 

— Criton, ou le Devoir du citoyen. Traduction française avec le texte 
grec et des notes par Ch. Waddington. Paris, Hachette, 39 p. 12. 

90 c. 

— Theaetetus; with revised text and English notes by Lewis Camp- 
beU. 2d éd. New York, MacmiUan. LXXI, 284 p. 8. 2 Doll. 75 c. 

AalTarth, A., Die Platonische Ideenlehre. Berlin, Dûmmler*» Verl. 
VII, 123 S. gr. 8. 2 M. 40 Pf. 

TAhland, Wie unterscheidet sich der platoni^iche Tugendbefrriff in 
den kleineren Dialogen von dem in der Republik ! GreifTenberg i. P. 18 S. 
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pau, 1882. 18 S. 4. (Progr.) 

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(Progr.) 

•ehoeid^r. Ct.f Beitrœge zur Erklœrung des Philebus. Géra, 1882. 
23 S. 4. (Progr.) 

Todt, Ueber Schleiermachera Platoniamus. Wetzlar, 1882. 14 S. 4. 
(Progr.) 

IVagner. #.. Die Idée des Guten und die Oottheit bei Platon. Ni- 
kolsburg, 1882. 56 S. gr. 8. (Progr.) 

— Zur Athetese d. Dialogs Entyphron. Briinn, 1882 (Winkler). 46 S. 
gr. 8. IM. 

IVenslii;) C, Die Conception der Ideenlehre im Pbaedrus bildet den 
einheitlichen Grundgedanken dièses Dialoges und liefert den Schliissel 
zum Verstaendnis der Platonischen Ideenlehre iiberhaupt. Breslau. 64 S. 
8. (Diss.) 

FLOTIN. Plotini Enneades praemisso Porphyrii de vita Plotini de- 
que ordine librorum eins libello, éd. Rie. volkmann. Vol. I. Leip- 
ag, Teubner. XXXIV, 350 S. 8. 3 M. 60 Pf. 

Kloist, M. ▼., Plotinische Studien. 1. Hft. : studien zur IV. Enneade 
(IV, 1 ; 2; 1-17 incl. ; 4, 14; 4, 18-29 incl.; 5; 6). Heidelberg. Weiss' Verl. 
IX, 152 S. 8. **' 2M. 80Pf. 

Ma lier, H. W., Dispositionen zu den drei ersten Enneaden des Plo- 
tinos. Bremen, Heinsius. III, 102 S. gr. 8. 2 M. 

PLUTARQIJE. Lires. The translation called Dryden^s, corrected 
from the greek and revised by A. H. Clough. 3 vols. Liverpool, 
Young. Hamilton. 8. 30 sh. 

— Life of Themistokles. Literally translated, vrith notes by J. W. Run- 
dall. Cambridge, Hall. Sinpkm. 48 p. 12. 2 sh. 6 d. 



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113 p. 16. 

— Vie de Cicëron. Suivie du parallèle de Cicëron et de Dëmoethènes. 
Texte grec, précédé d*une notice et accompagné de notes hiatoriques, 

Sammaticales, philologiques, etc., par Daix. Paris, Poussiâgue 
^res. 161 p. 18. 

— Plutarch's ausgewsehlte Biographieen. Fttr den Schulgebrauch er- 
klœrt V. 0. Sieferi und F. Élass. 3. Bdchn. ThemistOKles u. Pen- 
klee. Von Frdr. Blass. 2. verb. Aufl. Leipzig, Teubner. 136 S. gr.8. 

1 M. 50 PC 

— Vie de Cicéron. Texte grec, accompagné de commentaires histori- 
ques, archéologiques et littéraires, par Quentier. Paris, Palmé. 
116 p. 12. 

CU^IflimaBit, A., De Plut&rchi in Luculli vita fontibus ac fide. Mo- 
nacbi. 29 S. gr. 8. (Erlang. Diss.) 

Cllllet, SI., Plutarcbus qaid senserit de paeria institnendis distemii 
proposaitque M. Qt. Paris, Quillaumin. 64 p. 8. 

fiolte, H.. W. et., Quibus fontibus Platarchas in vitis Arati, A^dis, 
Cleomenis enarrandis usas Bit. Insterburgi. 48 S. gr. 8. (Konigsoerg 
Diss.) 

■«•liBerill, M., De locis Platarchi ad artem spectantibus. Konîgsbecg 
(Grœfe A Unzer). 46 S. gr. 8. (Diss.) 1 H. 

«aoppe, 1I.> Emendationes plutarcheae. Gottingen (Dietrich*s Verl). 
15 S. 4. 80 Pf. 

flehaehS, Die Haaptquelle Plutarcbs in der vita Luculli. L«mgo. 
XI S. 4. (Progr.) 

•chmidit, B., Eine Haaptqaalle in Plutarcbs Tbeoiistokles. Marien- 
burg. 16 S. 4. (Progr.) 

•lekluer, A., De lingnae latinae apud Plutarchuxn et reiiquiis et 
vestigiis. i^iburgi Brisg. 87 S. 8. (Heidelb. Diss.j 

POLYBE. 

— Polybii historiae. Editionem a Ludov. Dindorâo curatam retracv 
tavit Th. Bilttner-Wobst, Vol. I. Leipzig, 1882, Teubner. CXXV, 
361 S. 8. 3 M. 60 Pf. 

H.rcb«, V., Die prœpositionsartigen Adverbia bei Polybius. I. Teil. 
Regensburg, 1882. 3o S. gr. 8. (Progr.) 

QUINTUS DE SMYRNE. 

Nlemeher, K.. A. B.y Ueber die Gleicbnisse bei Qaintas Smymaeus 
I. Teil. Zwickau. 19 S. 4. (Progr.) 

SOPHOCLE. Translated into ËnglLsh verse by R. Whitelaw. Lon- 
don, Rivingtons. 454 p. 8. 8 sh. 6 d. 

— Seven plays. In English verse by L. Campbell. London, Paul, 
Trench and Co. 422 p. 8. 7 sh. 6 d. 

— Sophokles* Antigone. Fur den Schulgebrauch erklœrt v, G. Kern. 



BIBUOGBAPHIE. ^43 

Au8g. a mit untergesetzten Anmerkungen. Gotha, F. A, Perthes. 
IV, 68 S. m. 2 Tab. gr. 8. 1 M. 

Ausg. b. m. besond. Anmerkungenheft IV, 88 u. 28 S. m. 2 

Tab. gr. 8. 1 M. 

— Sophoklis Aûtigone, scholarum in usum éd. Frdr, Schubert, 
Prag, Tempsky ; Leipzig, Freytag. XII, 48 S. 8. 40 Pf. 

Erklsertv. F. W. Schneidetvin. 5 Bdchn. : Elektra. 8. Aiifl., 

besorgt v. Aug. Nauck. Berlin, 1882, Weidmann. 185 S. gr. 8. 

1 M. 50 Pf. 

— Elektra. Tragédie. Paa Dansk ved T. Siersted. Reitzel. 100 S. 12. 

2 Kr. 

— Electre. Ed, classique, avec une ëtude sur Sophocle et sur TElectre 
et un commentaire historiûue, philologique et littéraire, par M, Cal- 
mon. Paris, Poussielgue frères. 139 p. 18. 

— Mettra; tragedia, tradotta da R. Carrozzari. Ferrara, tip. Bres- 
ciani. 78 p. 16. 

— Sophoclis Oedipus rex, scholarum in usum éd. Fr. Schubert, Prag, 
Tempsky ; Leipzig, Freytag. XIV, 54 S. 8. 40 Pf. 

— Oedipe roi. Texte grec, accompagné de notes littéraires, critiques 
et historiques par Amelineau. Paris, P<dmé. 160 p. avec âg. 12. 

Fur den Schulgebrauch erklœrt v. G, Wolff, 6.T1.: Oidipus auf 

Kolonos V, L, Bellermann, Leipzig, Teubner. VI, 202 S. gr. 8. 

1 M. 50 Pf. (1-5. : 6 M. 30 Pf.) 

— Oedipus auf Kolonos. Fur den Schulgebrauch erkUert v, Fr, Sar~ 
toHus, Gotha, 1882, Perthes. III, 66 S. gr. 8. 80 Pf. 

^ Philoctète. Texte grec, accompagné de notes littéraires, critiques, 
historiques et morales, par Pierre. Paris, Palmé. 184 p. avec fig. 12. 

raad^etaeld, V., Der « Oedipus^ Tyrannos » d. Sopbokles u. seine 

ieb« 



neuesten Kritiker. Nebst e. Anh. : Wider das ûbertriebene Konjekta- 
renwesen in Aristoteles' Poetik. 2. Nachtragsu selnen AuBgauen obiger 
Werke. Wiesbaden, Rodrian. 22 S. gr. 8. 75 Pf. 

Tlselierf €.« Dramatargische Tafel. Sophokles : Oedipus Rex. — • 
Ueberaichtliche Inhalts-Tabelle der 3 olynthischen Reden. 2 BlaU. Lem- 
berg, 1882. 8. (Progr.) 

dllberl, #., Meletemata Sopboclea. Dresden. 38 S. gr. 8. (Diss. 
Lips.) 

Oledilveh, H., Die Cantica der Sophokleischea Tragoedien. Nach 
ihreiD rbythm. Bau besprochen. 2., durch den Abdrufk d. Textes verm. 
Bearbeitung der « Sophokleischen Stropben » desselben Yerf. Wien, Ko- 
negen. XY, 276 S. gr. 8. 6 M. 

Hasper^ I«. IV., Die Peinheit der Oekonomie nnd der Cbarakter- 
zeichnuDg in den einzelnen Dramen des Sopbokles and der Kern der 
sitUicben Anschaaung desaelben. II. Teil. Gross-Ologan, 1882. 18 S. 4. 
(Progr.) 

Kaasch. d., De Sophoclis fabularum apad Suidam reliquiis. Halis 
Saxonam. 60 8. gr. 8. \U\w.) 

Kelbe^ A. 9 Bemerkangen Qber die tragische Scbuld in Sophokles An- 
tigone. Treptowa. 10 S. 4. (Progr.) 



341 BIBUOGRAPHIE. 

Kraytbp^ek) B.9 AnnoUtioDes ad scholia ia Sophoelis tragwdâu 
septem. Lngdani Bat., 1882. 85 S. gr. 8. (Disa.) 

■<«ek.eBl»aek, /k.j Canticam chori Âiacis Sophocleae ▼. 595-615 enar- 
ratom. Montabaur. 22 S. 4. (Progr.) 

ni»BSS,M., Die Pnepoûtionen bm Sophocles. Nduhaldeasleben. 16 8. 
4. (Progr.) 

Pappa||««ri;9 JP. If ., Codex Lanrentianat v. Sopbokles n. e. neae 
KoUatioo un Scbolientexte. Leipsig, Teabner. 40 S. gr. 8. (Sep^Abdr.) 

1 M. 

Basflffeldy V.« De renibas suspectis et interpolatîs fabulae Sopbo- 
cleae quae inscxiutur Oedipua Coloneiis. Halia Saxonum. 57 S. gr. 8. 
(Diss.) 

•eemaBB, H., De aayndeto Sopbocleo qoaestionea. Brealaa, 1882. 
(Kobier.) 57 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 

•ebals. H., Quae nova Sophocles protalerit nomina composta. Ko- 
nigsberg, 1882, Beyer. 74 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. » Pf. 

•ekiwarm^ Jk*j Die Konigsrede in Sopbokles* Oedipoa rex. (V. 216- 
275.) Paderbom, Scboningh. 44 S. gr. 8. 90 Pf. 

SORAKUB. 

Wîgi» P.5 Sorani Epbesii liber de etymologiis corporis hnsiaiii oaa- 
tenus restitui posait. Onefswald, Kunike, 1883. 49 S. 8. (Diaa.) 

8TRAB0N. 

BiBiHieraiaBa, M., Quibus auctoribus Strabo in libro tertio geogra- 

Shicomm conacribendo nsus ni, quawitur. Pan prior. Halis SajLcmiim. 
3 S. gr. 8. (Diss.) 

THÉOCLTMÈNE . 

Hemmerllai;. #., De Theoclymeno vate. Koln a. Rh. 1882. 15 S. 4. 
(Progr. von Marzellen.) 

THÉOCRITE. Idylles 1 et 21. Texte d'après les éditions les plus 
autorisées, avec arguments et notes en nnnçais, accompagné a un 
commentaire perpétuel emprunté aux meilleures scholies, par A. Tou- 
gard. Paris, Falmé. 35 p. avec âg. 13. 

HorsbAeh, I<., De dialecte Theocritea pars I. Bonnae, 1874. (Tûbin^ 
gen, Heckenhauer.) 87 S. gr. 8. (Diss.) 1 H. 20 Pf. 

THÉOGNIS. 

•eliBelde^vlB, H., De Theognide eiasque fragments in Stobaei llo- 
rilegio servatis. Stettin, 1882. 18 S. 4. (Progr.) 

THÉOPHANE. Theophanis chronographia.rec. C.deBoor. VoI.I, 
textum graecum continens. Opns ab academia regia bavarica prae- 
mio zographico omatum. Leipzig, Teubner. VIII, 503 S. gr. 8 

._ 20 M. 

THEOPHILE d*Antioche. 



I, Tk., Forschungen zur Oeschichte d. neutestamentlichen Ka- 
nons u der altkirchlichen Literatur. 2. Tbl. : Der Evangeliencommentar 
d. Theophilus ▼. Antiochien. Erlangen. Deicbert. IV, 302 S. gr. 8. 

8 M. (1. tt. 2. : 17 M.) 

THÉOPHRASTE . 

Dlels, H., Theophrastea. Berlin. 28 S. 4. (Progr.) 

THUCYDIDE. Thucydides. Praesertim in usum scholarum rerog- 



k 



BIBLIOGRAPHIE. 345 

novit et brevi annotatione instruxit Henricus van Herwerden. Vola- 
men Qnintum continens lib. VIII et indicem rerum. Traiecti ad 
Rhenum, apud Kemink et fil. 1882. IV en 160 bl. 8. X fr. 40 c. 

— De bello peloponnesiaco libri VIII . Ad optimonim Ubrornm fidem 
editos explanavit E. F. Poppo. Ed. II., quam auxit et emendavit 
J. M. Stahl. Vol. IV. Sect. II. Leipzig, Teubner. 230 S. gr. 8. 

2 M. 70 Pf. 

— Guerre du Péloponnèse. Extraits précédés d*une introduction his- 
torique et accompagnés de notes grammaticales, philologiques, géo- 
graphiques et historiques, de cartes, plans, etc.; par J. Bebin. Pa- 
ris, Delalain frètes. XX, 2L2 p. 12. 2 fr. 25 c. 

— Into English with introduction, marinai analysis, and index by 
B. Jowett. éd. with a préface to Amencan éd., by a P. Peabody. 
Boston, Lothrop & Co. XX, 699 p. 8. 0. cl., 3 DoU. 50 c. 

Cffsert. S.^ De Vaticani codicis Thucydide! auctoritate. Berlin, 1882. 
47 S.^. (Diss.) 

C^ete. O., Qoaestiones de genetivi nsu Thucydideo. Vratislavlae. 
73 S. gr. 8. (Hall. Diss.) 

Oallseh, a De praepositionam usu Thucydideo part. YI. De Ttpbç 
praepositioDe. b) Eine kleine Dorfgeschichte, vorCgetreu ans dem Orie- 
chischen. Scherendaitz. 25 S. 4. (Progr.) 

Haebe, WU, De participio Thucydideo Pars II. Lôbau (Wpr.) 8 S. 4. 
(Progr.) 

Heimbold, #., Ueber die successive Entstehung des Thucydide!- 
schen Geschichtswerkes. II. Teil : Widerlegung der Annahme einer Re- 
daktion von fremder Hand. 1. Haelfte. Base! 1882. 42 S. (Progr.) Mûhl- 
hausen i. Els.) 

i« B. C.« Die Reden d. Thucydides. Autoris. Uebersetzung v. J. 
tin. Berlin, \^eber. III. 65 S. gr. 8. 1 M. 60 Pf. 

imllt, H. II., Qnaestiones chronologicae ad Thucydidem perti- 
I. Leipzig, 1882, Teubner. 105 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 60 Pf. 

TIMÉE de Locres. 



Jebb, 

Imelmann, 

«ehiBlU, 

nentes. 



koil) J. B. ir.« De origine libelli « T8p2 ^uyotç xàafita xai fyaioi » 
• mscripti, qui vulgo Timaeo Locro tribuitur. Pars i. Fasc. I. Brfurt, Vil- 
laret. Vu, 176 S. gr. 8. 6 M. 

TIMÉE de Tauromenium . 

Claaen, Cbr., Hiatorisch-kritische Untersuchungen ûb. Timaios v. 
Tauromenion. Kiel, Lipsius & Tischer. 97 S. gr. 8. 2 M. 40 Pf. 

XÉNOPHON. Libri Socratici (De Socrate commentarii, Oeconomi- 
cus, convivium ; anonymi Socratis apologia ad indices) ; ex recen- 
sione Caroli Schenke; curavit S. R. Winans (Greek). New York, 
Uarper. IV, &51 p. 50 c; pap., 32 c. 

— Oriechisches Lesebuch f. Untertertia, aus Xenophons Kyropsedie u. 
Hellenika zusammengestellt u. bearb. Nebst e. Wœrterverzeichnis 
u. e. grammatikaliscn geordneten Vokabularium. Leipzig, Teubner. 
VI, 138 S. gr. 8. IM. 20 Pf. 

— Xenophon's Anabasis. Fur den Schulgebrauch erklœrt^. R, Ilan- 
sen, 1. Bdchn. Cuch I u. U. Gotha, Perthes. IV, 101 S. gr. 8. 

1 M. 20 Pt. 



346 BIBLIOGRAPHIE. 

— Anabasis. Book I. With introduction, notes and vocabnlary. (das- 
sics séries.) Edited by H. R. Parker. Dublin, Brown and Nolan : 
London, Simpkin. 128 p. 8. 3 ah. 

— Récits extraits de TAnabase de Xënonhon (texte grec}, contenant 
des sommaires analytiques et des notes historiques, géographi<]ues 
et grammaticales en français, par A. Jacquet, Paris, ireuTO Belin et 
fila. XVI, 176 p. 12. 

— Dell' Anabasi o Spediâone di Ciro, libri VIT, tradotti da F. Am- 
brosoli. Niiano, Guigoni. 416 p. 32. 1 L. 50 c. 

-— The Economist by A. D. 0. Wedderbum and W. G. Colling^ 
vjood. Edited with a préface, by Ruskin. Orpington, Allen. 8. 

7 sh. 6 d. 

— Hiero. With introduction, notes, and critical appendix, by the 
H. A. Holden. London, Macmillan. 172 p. 12. 3 sh. 6 d. 

BaaKer,B«« Zu Xenophons Expédition in das Gebiet der Drilen. Gor- 
Utz, 1882. 17 S. 4. (Progr.) 

Bverfl, Xenophon quomodo Agesilai mores descripserit. Dûsseldorf. 
22 S. 4. (Progr.) 

Hempel) 9.^, Qnaestiones de Xenophontis ooi fertur libelle de repa- 
blica Atheniensium. Halis Sax., 1882. 34. S. 8. (Diss.) 

Blailhia*, A., De lltaris et correctionibue qaae inveniantor in Xe- 
nophontis Anab. codice C (Parisino 1640). Berlin, 1882. 16 S. 4. {Progr. 
von Bocham.) 

OTea, K. T., De Finalsietse bel Xenophon. Wûrzbarg, 1882. 63 S. 8. 
piss.) 

Blemami, V., Observationum in dialectum Xenophonteam spécimen 
primum. Jever. 16 S. 4. (E*rogT.) 

Boaeiiallel) W.y De Xenophontis historiae graecae parte bis édita. 
Jenae, 1832. (Gottingen, Vandenhoeck & Ruprecht ) 54 8. gr. 8. (Diss.) 

1 M. 40 Pf. 

Thlensanii, C, Worterbuch su Xenophons Hellenika m. besond. 
Rucksicht auf Sprachgebrauch u. Phraséologie. Par den Schulgebrauch 
bearb. Leipzig, Teubner. IV, 112 S. gr. 8. 1 M. 50 Pf. 

Vollbrerhl, Wôrterbuch zu Xenophons Anabasis. Fiir den Schulge- 
brauch bearb. 5. verb. u verm. Aufl. Mit 75 Holsschn., 3 lith. Taf. u. 
m. 1 (lith. u. color). Uebersichtskarte. Leipzig, Teubner. IV, 251 S. gr. 8. 
^ 1 M. 80 PI. 

— Kommentar an Xenophons Anabasis. Im Anschluss an die Sobul- 
grammatiken von v. Bamberg u. Koch u. d. Verf. Wortkunde bearb. 
1. Hft, Kommentar zu Buch I. Berlin, Springer. VII, 63 S. gr. 8. carU 

ZENOBIUS. 

#aBKklBt* H.) Quaestionum de paroemiographis pars prier» De Ze- 
nobio. Halis Saz., 1882. 42 S. 8. (Diss.) 

ZOILE. 

^rnirert, «., Zur 'Wûrdigung des ZoiloB mit dem Beinamen 'O^^pe- 
fiiTCil. Kreuznach, 188^. 13 S. 4. (Progr.) 



BIBLIOGRAPHIE. 347 



VIII. AUTEURS DIVERS. — ANONYMES. 



ANTHOLOaiE. 

•toll. H. H.) Anthologie griechischer Lvriker fur die obersten Klaa^ 
sen der Gyronasien mit litterarhistoriftchen Einleitungen und erklœrenden 
Anmerkungen. 2. Abdg. Meliscbe u. chorisohe lieder u. Idyllen. 5. Aofl. 
HaUe, Gesenias. IV, 200 S. gr. 8. 2 M. 85 Pf. 

Ciedde«9 1V. D., Flosculi Graeci boréales ; sive anthologia Grae«a 
aberdonensis. London, Macmillan & Co. 264 p. 8. 6 ah . 

I^yrleoniHi graecomm reliqniae selectae, curante F. Zaxnbaldi. To- 
rino, Paravia. IV, 176 p. 16. 1 L. 80 c. 

CHASSANG-, Morceaux choisis des principaux auteurs grecs classés 
dans Tordre chronologique et accompagnés de notions dThistoire lit- 
téraire et de notices sur les principaux écrivains. Paris, Qamier 
frères. IV, 643 p. 12. 

CODEX APOGRYPHT78. Supplementum codicis apocryphi. I. 
Leipzig, Mendelssohn. gr. 8. 5 M. 

Acta Tbomae graecae partira cum novis codicibus contulit, partira 
primas éd., latine rec, praefatus est, indices adjecit M, Bonnet. aXVII, 

ÉPISTOLOGRAPHES. 

nareks, S. V.« Symbola critica ad epistolographos graecos. Bonn, 
Behrendt. 54 S. gr. 8. 1 M. 20 Pf. 

FULTON, J., Index canonum. The greek text. An english transla- 
tion, with prefatory notice by Ph. Schaff. Gardner and Darton. 8. 

10 sh. 6 d. 

G-EBHARDT, O. v. a. Ad. HARNACK, Texte u. Untersuchun- 

£en zur Oeschichte der altchristlichen literatur. 1. Bd. 3. Hft. 
eipzig, Hinrich*s Veri. 6 M. (1-3. : 15 M.) 

1. Die Altercatio Simonis Judael et Theophili Cbristtani, nebst Un ter- 
suchangen iib. die antijûd. Polemik in der alten Kirche. Von Ad. Hav" 
naeh. fil. 136 S. — 2. Die Acta Archelai u. das Diateasaron Tatians. 
Von Ad. Hamtick S. 137-153. — 3. Zur handschrifUichen Ueberlieferung 
der griechischen Apologeten. 1. Der Arethoscodex Parisinus Gr. 451. 
Von O. V. GebhardU S. 154-106. 

aÉOFONIQTJES. 

Oeiiioll) IV 9 Untersochangen ûber die Qaellen, den Verfasser und 
die AbOMsnngazeit der Geoponica, Berlin, Calvary & Co. VIII, 280 S. 
gr. 8. 8 M. 

MUSICOQ-KAPHES. Collection des auteurs grecs relatifs à la mu- 
sique, traduits en français par Gh.-Em. Ruelle. III. ^Introduction 
harmonique de Cléonide et la Division du canon d*Euclide le Géo- 
mètre. — Traduction des Canons harmoniques de Florence. Paris, 
F. Didot, in-8. 2 fr. 50 c. 



318 BIBLIOGRAPHIE. 

PARÉUIOQ'IVAPHXS. 

CraalBB, •., Auilecu crilick ad piroemiognpboi graeco*. Accc- 

pariHiiiieETaphiciun. Lcipiig, Teahnsr. ITH S. gr. 8. (Anch HabiOuiiaiu- 
K:hriA44S.) 4 11. 

ORATEURS. 

KakBlelB. m.. &« fi et am precandi èl inrandi (iimitilamn und 
X orauru AtticDi. NensUldl i. H. iSBS. T7 8. gr. 8 (Progr.) 

PEItlFLnSder.DesEi^tfarjeischenMeereBroneiiiemUnbeksiuiMa. 
Griechisch u. deutach m. krit. u. erldcer. AamerkoD;^. nebsl rolt- 
stEend. Wcerlensneichaûis e. B. Fabricivi, Leipns, Veit A Co. 
111, 188 S. gr. 6. 6 M'. 

POÈTES ORECS («n ç^D^ral) . Eclogae po«taram ^Taaeomm, icho- 
Urum in uaum compOBuit E. Sladimùller. Leipng, Teubner. XXIV, 
431 S. 8. S M. 70 Pt. 



■ramhs, 4. C, De lucloritate inEoedioe cbriitiuiie, qnme iaicribi 
salet XPISTO£ llA£XftN, Ocegotio NuiuieDa t*iio altribnue. Eieh- 
■tadii. TSS. 8. (MûDch. Diu.) 

POÈTES TRAGIQUES. 



r EiUernog d«r ^echitchen 

PR08AIKBR, griachische, in neuen UeberseBungen. Hrag. Ton 
C. N. V. Otiander und O. Schtoab. 109. Bdcha. Statlgart, Hctiler's 
VmI. 16. . A 60 P). 



P8EUDO-D08ITHËE . 

HrsHibBfilier, C.> Da codicibos qnibu IntarpreUncnla P*«ido- 

dmiUifua osbii tnuliu aiiDl. Monacbii. 6S S. 8. (DiuJ 

DE REPUBUCA ATHENIENSIUU. 



XXVJ. 6i6S. 16. 

i,H.. On 

,. 1» ruading», Biarfrin»! raft™ ._ 

pnlvnniaDs, and ■ rrilicîil and «Hcelieal coBunaDtarj, Vol. I , Tha fntu 
Koapali Naw «d. BiTingUH. 10» p. tj. •" ■<■ 



BIBLIOGRAPHIE. 349 

Bwald, p., De Tocis awsc^vcuc apud scriptores NoTi Testamenti vi 
ac potesute. Commentatio et biblico-philologica et biblico-theologica. 
Leipzig, Hinrichs' Verl. 91 S. gr. 8. 3 M. 

•ehnlln, V., Das griechische Testament yerglichen m. dem rômi- 
schen. Programm zur Rectoratsfeier dor Universitœt BaaeL BaseL IS32. 
DeUoff. 60 S. gr. 4. 2 M. 



IX. LANGUE ET LITTÉRATURE NÉO-HELLÉNIQUES. 



DROSINI8 G-. et KASD0NI8 G>. UtotXXnvtxà avayvmafiara, 
/itrà VTfifjittûffta»v xocc ccxôvaiv rcpbi XP^^'* '^^^ /ua^ijTÛv râv 'EXArjvtxùiv 
axoÀtiùiv, Athènes, 1884, 3 vol. 

GELDAHT, E. M., Simplified grammar of modem Greek. Lon- 
don, Trttbner & Co. 66 p. 8. 2 sh. 6 d. 

— A guide to ];nodern Greek. London, Trttbner & Co. 286 p. 8. (Key, 
28 p. 2 8h. 6 d.) 7 sh. 6 d. 

JANNAKÂKIS, A., Deutsch-neugrîechisches Handwœrterbuch. 
Unter besond. BerUcksicht. der neugriech. Volkssprache bearb. 
2 Abthign. Hannover, Hahn. Vni, 1372 S. 8. 8 M. 

LAMBER, J.» Poeti greci contemporanei : studio. Prima versione 
autorizzata da A. Boccaéirdi, con preuz. e note del traduttore. Napoli, 
Morano. 202 p. 8. 

LUBER, A., Die Vœgel in den historischen Volksliedem der Neu- 
griechen. Salzburg, 1882. 21 S. 8. (Progr.) 

POESTION, J. C, Graeske Digterinder. Et Bidraç til Kvindelite- 
raturens Historié. Autoriseret Oversaettelse ved J. Gotzsche og 
P. E. Benzon. Hauberg. 270 S. 82 Kr. 50 ore, indb. 3 Kr. 75 ore. 

POLITI8, N. G., M<;iT)} cffl Tou 6iou Tâv vcwWpuv 'EJUlnvwv, 2« par- 
tie. Athènes, 1884. 

— Ai àff0(vciae xarcc rovi /lûSovi roD *E^.A«jvtxoD JlaoD. Athènes, 1883, 
in-8. 

YETAATTIILIIIMOT lAr/xos, <toc K. E. K^vrou rXt»aatx&v itaparvi' 
pig acwv acvafipo/iivùtv ils rriv viav 'EXXvivixiiy yX&caocv àvaoxcui^, vno '" 
(Reproduction du feuilleton de < Hia. rifiipK »). Trieste, 1884, in-8. 

PSICHABI, Jean, Essai de phonétique nëo-grecoue. Futur com- 
posé du grec moderne. (Extr. oes Mèm, de la Soc, de linguistique.) 
Paris, impr. nat., 1884, in-8* de 47 pages. 

SHAKE8PEABE. Sxtxffirscpou Spéfiara fJLtrafpoiaOivra ùt roû àyyAc*