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Full text of "Annuaire de l'Association pour l'encouragement des études grecques en France"

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Ilarbartr Collège I^ibrars 

THE GIKT OF 

STEPHEN SALISBURY, 
OF WORCESTER, MASS. 

(GUtaa of ISIT.) 



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ANNUAIRE 1, \ 

/ 

DE L'ASSOCIATION 

POUR L'ENCOUïlAGEMENT 

DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANCE 

Racon&ne éUblisument d'atilitè pnbliqn« par décret da 7 jaillet 1869 



20» Année, 1886 




PARIS 

AD SIÈQE DE L'ASSOCIATION, ÉCOLE DES BEADX-ARTS 

14» RUB BONAPA.R.TE, 14 

ERNEST LEROUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

28, RtJB BONAPARTB, 28 

— i 

1886 U 



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AVIS 



Le Comité de Y Association pour Pencouragemeni des Etudes 
grecques en France, voulant montrer Tintérêt qu'il attache 
à Tétude des œuvres de Tart grec, et reconnaissant les 
inconvénients que le format in-8o présente pour les plan* 
ches gravées, a décidé que la partie archéologique de VAn* 
nuaire formerait à pari un fascicule in-4o, sous le titre de 
Monuments grecs. Toutes les fois que TAssociation aura 
Toccasionde publier des planchés, elle donnera un nouveau 
fascicule de ce genre, portant un numéro d'ordre, de ma- 
nière que Tensemble puisse être réuni plus tard en vo- 
lume. 

Ceux de nos lecteurs qui voudraient commencer & for- 
mer la collection complète des Monuments grecs sont pré- 
venus que le n« 1, année 1872 (contenant la coupe de Thésée 
et d*Ampkitrite^ avec la notice de M. de Witte), est en 
vente, à la librairie Maisonneuve, au prix de 5 fr. Cette 
réimpression in-4<> a été tirée à petit nombre. 

Pour le prix des autres fas^ules, voir à la 4* page 
de la couverture. 



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.^b^ 



ANNilAIRË BE L'ASSOCIATION 

POUR L'fiSCOOÎlAOEaiENT 

DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANCE 



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Les réunions du Comité ont lieu à TÉcole des 
Beaux-Arts, à quatre heures, le premier jeudi de 
chaque mois ; tous les membres de la Société ont le 
droit d'y assister, et ont voix consultative. Elles sont 
interrompues pendant les mois d'août, de septembre 
et d'octobre. 

L'Assemblée générale annuelle a lieu le premier 
jeudi qui suit la fête de Pâques. 

La bibliothèque de l'Association (17, rue Bonaparte) 
est ouverte tous les jeudis, de 1 à 4 heures. 



Les demandes de renseignements et les commu- 
nications relatives aux travaux de l'Association doi- 
vent être adressées, franc de port, à l'École des Beaux- 
Arts, 14, rue Bonaparte. 



Les membres de l'Association sont priés de vouloir 
bien envoyer le montant de leur cotisation, en un 
mandat de poste, à M. Ch. -Emile Ruelle, agent et 
bibliothécaire de l'Association, 17, rue Bonaparte. 

Tout membre qui, après deux avis, n'aura pas 
payé sa cotisation, sera considéré comme démis- 
sionnaire. 



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f 



Jnajt.L.J^J^/ 



ANNUAIRE ^-^^s 



^ 



DE L'ASSOCIATION 

POUR ^ENCOURAGEMENT 

DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANCE 

Reconnu éUblissemest d'atUitè pabliqae par dicret dn 7 joillet 1869 



20« Année, 1886 



PARIS 

AD SIÈGE DE L*ASS0CIÂTI0N, ÉflOLE DES BEAUX-ARTS 

14, RUB BONAPARTE, 14 

ERNEST LEROUX, LIBRAIRE-EDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 

1886 



Digitiz^ by VjÔÔv l^'^'-T^k- 



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ASSOCIATION 

rouR l'encouragement 

DES ÉTUDES GRECQUES 

EN FRANCE 

(Keconnue établissement d'utilité publique 
par décret du 7 juillet 1869.) 



STATUTS. 

§ I. Objet de l'Association. 

Art. 1®'. L'Association encourage la propagation des 
meilleures méthodes et la publication des livres les 
plus utiles pour le progrès des études grecques. Elle 
décerne, à cet effet, des récompenses. 

2. Elle encourage, par tous les moyens en son pou- 
voir, le zèle des maîtres et des élèves. 

3. Elle propose, s'il y a lieu, dés sujets de prix. 

4« Bile antretient dei rapports avec les hellénistes 
étrangers. 

5, Elle publie un annuaire ou un bulletin, contenant 
Texposé de ses actes et de ses travaux, ainsi que Tindi- 
cation des faits et des documents les plus importants 
qui concernent les études grecques. 

% II, Nomination des membres bt cotisations. 

6. Le nombre des membres de l'Association est illi- 
mité. Les Français et les étrangers peuvent également 
en faire partie. 



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— VI — 

7. L'admission est prononcée par le Comité, sur la 
présentation d'un membre de TAssociation. 

8. Les cinquante membres qui, par leur zèle et leur 
influence, ont particulièrement contribué à l'établisse- 
ment de l'Association, ont le titre de membres fondateurs, 

9. Le taux de la cotisation annuelle est fixé au mini- 
mum de dix francs. 

10. La cotisation annuelle peut être remplacée par le 
payement, une fois fait, d'une somme décuple. La per- 
sonne qui a fait ce versement reçoit le titre de membre 
donateur, 

§ IIL Direction de l'Association. 

H. L'Association est dirigée par un Bureau et un Co- 
mité, doilt le Bureau fait partie de droit. 
42. Le Bureau est composé de : 

Un Président, 

Deux Vice-Présidents, 

et de au moins : 

Un Secrétaire-Archiviste, 
Un Trésorier. 

Il est renouvelé annuellement de la manière sui- 
vante : 

l^Le Président sortant ne peut faire partie du Bu- 
reau qu'au bout d'un an; 

2* Le premier Vice-Président devient Président de 
droit; 

3» Les autres membres sont rééligibles ; 

4* Les élections sont faites par l'Assemblée générale, 
à la pluralité des suffrages. 

13. Le Comité, non compris le Bureau, est composé 
de vingt et un membres. Il est renouvelé annuellement 
par tiers. Les élections sont faites par l'Assemblée gé- 
nérale. Les sept membres sortants ne sont rééligibles 
qu'après un an. 



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— VII — 

14. Tout membre, soit du Bureau, soit du Comité, 
qui n'aura pas assisté de rannée aux séances, sera ré-, 
puté démissionnaire. 

15. Le Comité se réunit régulièrement au moins une 
fois par mois. Il peut être convoqué extraordinairement 
par le Président. 

Le Secrétaire rédige les procès-verbaux des séances ; 
ils sont régulièrement transcrits sur un registre. 

Tous les membres de l'Association sont admis aux 
séances ordinaires du Comité, et ils y ont voix consul- 
tative. 

Les séances seront suspendues pendant trois mois, 
du 1" août au 1" novembre. 

16. Une Commission administrative et des Commis- 
sions de correspondance et de publication sont nom- 
mées par le Comité. Tout membre de l'Association peut 
en faire partie. 

17. Le Comité fait dresser annuellement le budget des 
recettes et des dépenses de l'Association . Aucune dé- 
pense non inscrite au budget ne peut être autorisée par 
le Comité que sur la proposition ou bien après Tavis 
de la Commission administrative. 

18. Le compte détaillé des recettes et dépenses de 
Tannée écoulée est également dressé, présenté par le 
Comité à l'approbation de TAssemblée générale et 
publié. 

§ IV. Assemblée générale. 

19. L'Association tient, au moins une fois chaque an- 
née, une Assemblée générale. Les convocations ont 
lieu à domicile. L'Assemblée entend le rapport qui lui 
est présenté par le Secrétaire sur les travaux de l'Asso- 
ciation, et le rapport de la Commission administrative 
sur les recettes et les dépenses de l'année. 

Elle procède au remplacement des membres sortants 
du Comité et du Bureau. 
Tous les membres de TAssociation résidant en France 



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— VIII — 

sont admis à voter, soit en personne, soit par corres- 
pondance. 

§v. 

20. Les présents statuts ne pourront être modifiés 
que par un vote du Comité, rendu à la majorité des 
deux tiers des membres présents, dans une séance 
convoquée expressément pour cet objet, huit jours à 
l'avance. Ces modifications, après Tapprobation de 
l'Assemblée générale, seront soumises au Conseil d'É* 
tat. 



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LA MÉDAILLE DE L'ASSOCIATION 



Cette médaille, œuvre de notre confrère, M. C.-L. Chaplain, 
membre de l'Institut (Acadônaie des Beaux-Arts), porte au droit 
une tête de Minerve, dont lo casque, décoré de fleurons, de 
feuilles d'olivier et d'une figure de Sphinx, rappelle à la fois 
les anciennes monnaies d'Athènes et les belles monnaies de Thu- 
rium. Le module est de 55 millimètres. 

Elle poun*a être décernée avec une inscription spéciale, par 
un vote du Comité, aux personnes qui auront rendu à l'Associa- 
tion des services exceptionnels. 

Le Comité a décidé aussi qu'elle serait mise à la disposition 
de tous les membres de l'Association qui désireraient l'acquérir. 
Dans ce cas, elle portera, sur le revers, le nom du possesseur 
avec la date de son entrée dans l'Association. Le prix on a été 
ûxé comme il suit : 

L'exemplaire en bronze 10 fr. 

— en argent 30 

Ceux de nos confrères qui voudraient po.sséder cette œuvre 
d'art devront adresser leur demande à M. Ruelle, agent et 
bibliothécaire de l'Association, à> l'Ecole des Beaux-Arts, rue Bo- 
naparte, Paris. Ils sont priés d'envoyer d'avance la somme 
fixée, suivant qu'ils préfèrent la médaille en argent ou en 
bronze, afin que l'on puisse y faire graver leur nom. Ils vou- 
dront bien, de plus, joindre à cet envoi l'indication des noms 
et prénoms qui doivent former la légende. Les membres qui 
habitent la province ou, l'étranger devront désigner en même 
temps la personne de confiance par laquelle ils désirent que 
la médaille soit retirée pour eux, ou le mode d'envoi qui leur 
convient. Les frais d'expédition seront naturellement à leur 
charge. 



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— X — 

MEMBRES FONDATEURS DE L'ASSOCIATION. 

(1867.) 
MM. 

f Adert, ancien professeur de littérature grecque à rAcadémie 
de Genèye, rédacteur en chef du Journal de Genève, 

t Alexandre (Ch.) (1), membre de Tlnstitut. 

Bertrand (Alexandre), membre de Tlnstitut, directeur du Musée 
de Saint-Germain. 

t Beulé, secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts. 

Bréal (Michel), membre de F Institut, professeur au Collège de 
France. 

t Brunet de Presle, membre de Tlnstitut. 

BcRNOUP. (Emile), ancien directeur de TEcole française d'A- 
thènes, 

Campaux, professeur à la Faculté des lettres de Nancy. 

Chassang, inspecteur général de l'Instruction publique. 

t Daremberg, de la bibliothèque Mazarine. 

j David (baron Jérôme), ancien vice-président du Corps légis- 
latif. 

I Dehëque, membre de l'Institut. 

Delyannis (Théodore-P.), ministre plénipotentiaire de S. M, 
Hellénique. 

t Deville (Gustave), membre de l'École d'Athènes. 

t Didot (Ambroise-Firmin), membre de l'Institut. 

t DùBNER, helléniste. 

DuRUV (Victor), membre de l'Institut, ministre de l'Instruction 
publique. 

t Egger, membre de l'Institut, professeur à la Faculté des let- 
tres de Paris. 

t EiCHTHAL (Gustave d'), membre de la Société asiatique. 

GroEL, proviseur du lycée Louis-le-Grand. 

Girard (Jules), membre de l'Institut, professeur à la Faculté des 
lettres de Paris. 

(1) La croix indique les membres fondateurs décédés. 



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— XI — 

GouM\, rédacteur en chef de la Revue de r Instruction pn- 
blique . 

t GtJiGNiAUT, secrétaire perpétuel de F Académie des Inscriptions. 

Ha.vet, membre de l'Institut, professeur au Collège de France. 

Heuzey (Léon), membre de l'Institut, professeur à. TÉcole des 
Beaux-Arts. 

H16NARD, professeur à la Faculté des lettres de Lyon. 

HiLLEBRAND, aucicn profcssour à la Faculté des lettres de Douai. 

t Jourdain (Charles), membre de Flnstitut. 

Legouvb, de TAcadémie française. 

Lévâque (Charles), membre de Flnstitut. 

7 LoNOPéRiER (Adrien de), membre de Flnstitut. 

Maury (Alfred), membre de Flnstitut. 

Mêlas (Constantin), à Marseille. 

I Miller (Emm.), membre de Flnstitut, 

f Naudet, membre de Flnstitut. 

f Patin, de l'Académie française, doyen de la Faculté des let- 
tres de Paris. 

PSRROT (Georges), membre de Flnstitut, professeur à la Faculté 
des lettres de Paris. 

Ravaisson (Félix), membre de Flnstitut. 

Renan (Ernest), membre de Flnstitut. 

+ Renier (Léon), membre de Flnstitut. 

I Saint-Marc Girardin, de F Académie française. 

f Thénon (Fabbé), directeur de l'École Bossuet. 

f Thurot, membre de Flnstitut, maître de conférences à l'École 
normale supérieure. 

Valettas (J.-N.), professeur, à Londres. 

f V1LLEMAIN, secrétaire perpétuel de F Académie française. 

f Vincent (A.-J.-H.), membre de Flnstitut. 

Waddington (W.-Henry), membre de Flnstitut, sénateur. 

Weil (Henri), membre de Flnstitut. 

Wbscher (Carie), conservateur à la Bibliothèque nationale. 

WrfTE (baron J. de), membre de Flnstitut. 



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MEMBRES FONDATEURS POUR LES MONUMENTS 
GRECS. 

(1875-1885.) 

Le Ministèra de T Instruction publique. 

Le Musée du Louvre. 

L'École nationale des Beaux-Art«. 

L*Universit6 d'Athènes. 

Le Syllogue d'Athènes pour la propagation dés études grecques. 

Le Syllogue littéraire hellénique du Caire V Union, 

MM. 

Barthélémy S aint-Hila ire . 
Basili (Demetrio). 

BiKÉLAS (D.). 

Brault (Léonce). 
I Brunet de Presle. 
Carathéodory (Etienne). 
Castorchi (Euthymios). 
j Chasles (Michel). 
Chévrier (Adolphe). 

COROMILAS. 

t DiDOT (A.-F.). 

DbAme. 

f DuMONT (Albert). 

j Egger (Emile). 

f EiCHTHAL (Gustave d*). 

FoucART (Paul) . 

Hachette et O®, libraires éditeurs. 

Hanriot. 

Heuzey (Léon). 

f Laprade (V. de). 

Lecomte (Ch.). 

MiSTo (H.-F.). 

Negrepontis. 



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— Xill — 

f OoHBRDfi BiiAUPRÛ (colonel). 

Parmentikr (général). 

Pélicihi (P»). 

Pkerot (Georges). 

Piat(A.). 

Queux de SAiNT-HiLAms (marquis dej . 

RODOCANAKI (P.)« 

Rothschild (baron Edmond de.] 

Saripolos (Nicolas). 

t Symvoulidis. 

Stngros (A.) 

Vaney. 

Verna (baron de). 

WirrB (baron J. de). 

t Wyndham (George). 

t Wyndham (Charles). 

Zafiropulo (E.). 

ZoGRAPHOS (Christakis Effendi). 

M. Zographos, déjà fondateur du prix qui porte eon ftorti, a sotiserlt à 
l'œuvre des Monuments grecs pour une somme de einq mille franci, *^ 
M. le baron de Witte et M. G. d'Eichthal ont souscrit chacun pour une 
somme de qwji.t,re cents francs. — M. le baron E. de Rothschild, pour deux 
cents francs. 



ANCIENS PRÉSIDENTS DE L'ASSOCIATION. 

1867. MM. Patin, membre de l'Institut. 

1868. Egger, Id, 

1869. Bbulé, Id, 

1870. Brunet de Preslë, Td. 

1871. Egger, /rf. 

1872. Thurot, Id: 

1873. Miller, Id, 

1874. Heuzey, Id. 

1875. Perrot, Id. 

1876. Egger, M. 



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— XIV — 

1877. MM. Ch^ssang, inspecteur général de l'Univei^sité. 

1878. FoucART, membre de Tlnstitut. 

1879. GiDEL, proviseur du lycée Louis-le-Grand, 

1880. DioussTE, membre de Tlnstitut. 

1881. Wbil, Id. 

1882. Miller, Id. 

1883. Queux de Saint-Hilaire (marquis de). 

1884. Glacuant, inspecteur général de TUniversité. 

1885. Jourdain^ membre de llnstitut. 



MEMBRES DU BUUEAU POUR 1886-87. 

Président honoraire : M. N. 
Président : M. Gréard. 
l^^ Vice-président : M. Jules Girard. 
2® Vice-président : M. Alfred Mézières . 
Secrétaire-archiviste : M. A. Croiset. 
Secrétaire-adjoint : M. Paul Girard. 
Trésorier : M. J. Maonabal. 



MEMBRES DU COMITE POUR 1885-8G. 

Nommés en 1884. 

MM. Bréal (Michel). 

CîoLLiGNON (Maxime). 
DuRUY (Victor). 

GiDEL. 
HOMOLLE. 

HoussAYE (Henry). 

M'* DE Queux de Saint-Hilaire, 

Nommés en 1885. 
MM. Bergaigne. 



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— XV — 

mm. cougny. 
Dareste. 

DiDOT. 

Glachant. 
Martha (Jules). 
Perrot (Georges) . 

Nommés en 1886. 

MM. Cartault. 
Chassang . 
dussoughet. 
£GOER(Max.). 
Edon. 
Legouez. 
Wbil. 



COMMISSION ADMINISTRATIVE. 

MM. Chassang. 
Dareste. 

Houssaye (Henry). 
Laperche. 
Pesson. 
Talbot. 



COMMISSION DE PUBLICATION. 

MM. Dareste. 
Heuzey. 

HousçAYE (Honiy). 
Perrot. 
Talbot. 



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— JLVl — 



COMMISSION ARCHÉOLOGIQUE. 

MM. COLLIGNON (MaK.). 
GrUILLAUMB. 

Héron db Yillefobss. 
Heuzey (L.). 
Perrot (G.). 
WiTTE fDe). 



MEMBRES DONATEURS. 

MM. 
Adam (M"* Juliette), à Paris. 
Alpherakis (Achille), à Taganrog (Russie). 
Anquetil, inspecteur d'Académie, à Versailles. 
Antrobus (Fr.), à Londres. 
Athanasiadis (Athanasios), à Taganrog (Russie). 
AvGERiNos (Antonios), à Taganrog. 
Banque nationale de Grèce, à Athènes. 
Barenton (Arm.), à Paris. 
Baret, avocat, à Paris. 

Basiadis (Héraclès-Constantin), à Condtantinople. 
Béer (Guillaume), à Paris. 
Berranger (l'abbé H. de), à Sumlle, par Pont-rÉvèque (Cal- 



Berthault (E.-A.), docteur ès-lettres, à Paris. 

I Beulé (Ernest), secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux- 

Arts, 
j Bien AYMÉ (Jules^ membre de l'Institut. 
Bikélas (D.), à Paris. 
BiMPOS (Th.), archevêque de Mantinée. 
Blampignon (l'abbé), à Paris. 
BouNOS (Elie), à Paris. 
7 BraÏlas (Armenis), ministre de Grèce, à Londres. 



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— xvu — 

Brault (Léonce), ancien procureur de la République, et Paris, 

Brossblard (Paul), capitaine au 2® régiment de tirailleurs algé- 
riens. 

-l- Brunet de Presle (Wladirair), membre de l'Institut. 

Bryennios (Philothéos), archevêque de Nicomédie (Turquie). 

Calvet-Rogniat (le baron Pierre), licencié ès-lettres, à Paris. 

Carapanos (Constantin), correspondant de Tlnstitut, à Arta 
(Grèce). 

Caratheodory (Et.), ministre de Turquie, à Bruxelles. 

Cartalxt (A.), maître de conféi-ences à TÉcole normale supé- 
rieure. 

Casso (M™«), à Paris. 

Castorchi (Eu th.), professeur à l'Université d'Athènes. 

Gharamis (Adamantios), professeur à Taganrog. 

f Chasles (Michel), membre de l'Institut. 

Chasles (Henri), à Paris. 

Chassiotis (G.), fondateur du lycée de Péra, à Paris. 

Chevrier (Ad.), avocat général, à Paris. 

Choisy (Auguste) , ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Paris . 

-}• Christopoulos, ministre de l'Instruction publique en Grèce. 

Chrysovelonis (Léonidas), négociant, à Manchester. 

Clado (Costa), à Paris. 

CoMBOTHECRAS (Sp.), à Odcssa. 

CoNSTANTiNiois (Zanos), à Constantinople. 

CoRONio (Georges), à Paris. 

CouMANouDis (Et. -A.), professeur à l'Université d'Athènes. 

CousTÉ (E.), ancien directeur de la manufacture des tabacs, à 
Paris. 

Croiset (Alfred), professeur à la Faculté des lettres de Paris. 

Croiset (Maurice), professeur à la Faculté des lettres de Mont- 
pellier. 

CucHEVAL (Victor), professeur au lycée Condorcet, à Paris. 

Damaschino, professeur à la Faculté de médecine de Paris. 

Dareste (Rod.), membre de l'Institut, à Paris. 

Dellaporta (Vrasidas), à Taganrog. 

Delyannis (N.), ministre de Grèce, à Paris. 

Demetrelias (C), à Odessa. 

Annuaire 1885. 6 



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— XVI II — 



f DBflJARDiNg (CharleB-Napoléon). 

Dbsjardin» (M™« vdUYe Charlôs-Napoléon), à Versailles. 

•j- Deville (Gustave), docteur ès-lettres, membre de TEcole fran- 
çaise d'Athènes. 

Devillb (M«e veuve), à Paris (1)* 

f DiDiONf inspecteur général des Ponts et chaussées 

f DiDOT (Ambroise<'Firmin), membre de riostitut, 

DiDOT (Alfred), libraire-éditeur, à Paris. 

DoRisAS (L<), à Odessa* 

Dossios (N.)) professeur att Gymnase hellénique de Galat2. 

DouDAS (D.), à Constantinople, 

DouLOET (Heni7), à Paris. 

DozoN (Augi), consul de France à Lamaka (lie de Chypre) • 

f DuMONT (Albert)^ membre de l'Institut* 

Dréhe, président de la cour d*appel d*Agen (Lot-et-Garonne) < 

DuPUY, ancien proviseur, à Saint-Gennain*^n»Laye. 

DuRUY (Victor), membre de Flnstitut, à Paris. 

Ecole hellénique d'Odessa. 

f Eggbr (Emile), membre de Tlnstitut, à Paris. 

Egoer (M™« V^« Ém.), à Paris. 

Egger (Victor), professeur à la Faculté des lettres de Nancy i 

Egger (Max.), professeur au Collège Stanislas, à Paris. 

f EicHTHAL (Gustave d'), membre de la Société asiatique, A Paris. 

Falieros (Nicolas), à Taganrûg (Russie). 

Fallex (Eug.), proviseur du lycée de Versailles. 

Fallières, député, ancien ministre de Tlnatruction ptbllquo. 

Ferry (Jules), député, ancien président du conseil et ministre des 
affaires étrangère;*, à Paris. 

Fix (Théodore), colonel d*état-maJor, k lille. 

FoucART (Paul), membre de llnstitut, A Athènes. 

FouRNiBR (M'ne V^e Eugène), à Paris. 

Gennadiosi ministre de Grèce à Londres. 

Gevaeht (F*-Aug.), directeur du Conservatoire royal de musique/ 
à Bruxelles. 

GiANNAROs (Thrasybule), négociant^ à Constantinêpld. 

(1) Don d*une rente annuelle de 500 francs* 



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GiDEL (Ch.), proviseur du Lycée Louis-le-Grand, 

t GiLLON (Félix), magistrat à BaMe-Duc. 

GiRABD (Jules}, membre de Flnstitut. 

t GiSAUD (Ch.) membre de Tlnstitut. 

Girard (Paul), à Paris. 

Glachamt (Ch«), inspecteur général de lliàstruction publiqiie< 

GoiRAND (Léonce), avoué près le tribunal civil delà Seine, à Paris. 

GoiRAND (Léopold), avoué près la cour d'appel de Paris. 

GoxNET (l'abbé), docteur ès-lettres, à Lyon* 

Grégoire, archevêque d'Héraclée, à Gonstantinople. 

t GuMUCHGUERDANE (Michalakis) , à Philippopolis* 

Gryparis (N.)» consul de Grèce, àSébastopolj — 1886* 

Gymnase de Janina (pour 15 ans). 

Hachette (L.) et C'", libraires-éditeurs, à Paris. 

Hadqi-Gosta (Lysandre), directeur de FÉcole hellénique, à Odessa. 

Hanriot, professeur à la Faculté des lettres de Poitiers. 

Hauvette-Besnault (Amédée^ professeur au Collège Stanislas. 

Havet (Ernest), membre de Tlnstitut, ancien professeur au CoK 

lège de France. 
Havet (Louis), professeur au Ck>llège de France. 
Havet (Julien), sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, à 

Paris. 
•{- Heuzey, conseiller à la cour d'appel de Rouen. 
Hbu£By (Léon), membre de l'Institut, à Paris. 
HoussAYE (Heni7), homme de lettres, à Paris. 
Inglbssis (Alex.), à Odessa. 
jAsoml>i8, à Limassol (lie de Chypre). 
JoHANNiDis (Emmanuel), scholarque, à Âmorgos (Grèce). 
JoLLY d'Aussy (D.-M.)^ au château de Crâsiatines (Charente* 

Inférieure). 
Jordan (Camille), membre de l'Institut, à Paris, 
JoRET (Ch.), professeur à la Faculté d'Aix. 
Kalvocoressis (J. Démétrius), négociant, ft Constantiddple 
KoNTOSTAVLOs (Alexandre), à Athènes. 
KoNTOSTAVLOs (Othou), à Marseille. 
•j* KosTÊs (Léonidas), à Taganrog, 
Krivtschoff (M"*), à Moscou; 



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— XX — 

t Labitte (Adolphe), libraire à Paris. 

■}- Lacroix (Louis), professeur à la Faculté des lettres de Paiis. 

Landellb (Charles), peintre, à Paris. 

Laperchb, à Paris et à Proyins. 

Lattry (A.), à Odessa. 

Lattry (Georges), président du musée et de la bibliothèque de 

rÉcole évangélique, à Smyme. 
t Lattry (D' Pélopidas), à Odessa. 
Lecomte (Gh.), à Paris. 
Legantinis (J.-E.), à Odessa. 
Legrand (Emile), à Paris. 
Lbreboullbt (le docteur Léon), à Paris. 
Lesseps (Ferdinand de), membre de l'Académie française. 
Leviez (Ernest), à Paris. 
LuDLow (Th.-W.), àNew-York. 
Macmillan (Georges-A.), éditeur, à Londres. 
Maggiar (Octave), négociant, à Paris. 
Maisonneuve, libraire éditeur, à Paris. 
Mallortie(H. de), principal du collège d'Arras. 
Manoussis (Gonstantinos), à Taganrog. 
Manoussis (Demetrios), à Taganrog. 
Mantzavinos (R.), à Odessa. 
Maranoo (Mfi^^j, archevêque latin d'Athènes, 
t Marcellus (comte Edouard de), ambassadeur de France à Cens- 

tantinople. 
•j- Martin (Th. -Henri), membre de l'Institut. 
Maspero (G.), membre de l'Institut, professeur au collège de 

France. 
i Maurice (M"' Ch.), née Vincent. 
Mavro (Sp.) , à Odessa. 
Mavrocordato (le prince Nicolas). 
Mavrocordato (le colonel Alexandre- Gonstantin). 
Mavrocordato (M.), à Odessa. 
Maximos (P.), à Odessa. 
Mazerolle (Joseph), artiste peintre, à Paris. 
î- Mêlas (B.), à Athènes. 
MEYER(Paul), membre de l'Institut, direct, de l'École des Chartes, 



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— XXI — 

MiSTO (H.-P.), frères, négociants, à Smyme (1). 

Monceaux (Paul), à Paris. 

MouBiEB (Ad.), vice-recteur honoraire de r Académie de Paris. 

Nbgreponte (Michel), négociant, à Paris. 

Negbopontès (Bimitrios), à Taganrog. 

NicoiAÏDÂs (G.), de Tile de Crète, homme de lettres, à Athènes. 

NiooLAÏDÈs (Nicolaos), à Taganrog. 

NicoLOPULO (Jean Cr.), à Paris. 

NiooLOPULO (Nicolas N.), à Paris. 

Pajsant (A.), juge au tribunal civil, à Paris. 

Paraskbvas (Wladimir), à Odessa. 

•|"Pari88i, à Paris. 

Pasbientisb (le général Théod.), à Paris. 

I Paspati (J.-F.), à Odessa. 

f Patin, secrétaire perpétuel de TAcadémie française. 

Péucier, archiviste de la Marne, à Ghâlons. 

I Perrin (Hippolyte), 

•{• Perrin (Enaest), à Paris. 

Pkesopoulo (N.), à Odessa. 

Pesson, ingénieur des ponts et chaussées, à Paris. 

Phardys (Nicolas B.), de Samothi-ace, à Cargèse (Corse). 

PisPAS (Jy B,), à Odessa. 

PsiCHA (Etienne), à Athènes. 

PoTTiER (Edmond), à Paris. 

Queux de Saint-Hilaire (marquis de), à Paris. 

Rambaud (Alfred), professeur à la Faculté des lettres, à Paris. 

Reinauh (Salomon)y ancien membre de TEcole française d'A- 
thènes, à Paris. 

Renier!, gouverneur de la Banque nationale, à Athènes. 

Riant (comte Paul), membre de Tlnstitut et de la Société des 
antiquaires, à Paris. 

Riohard-Kœnig, à Paris. 

Robbrtet, licencié ès-lettres, chef de bureau au ministère de 
rinstruction publique, à Paris. 

Rodocanachi (P.-Th.), à Odessa. 

(1) Don d*une somme de 800 francs. 



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— XXII ^ 
RODOCANACHI (Th. -P.), à OdôSSft. 

RoDOCANACHi (Théodorô), à Paris. 
RoMANoa (J.), provUêur du Gymnase da Gor(bUt 
Rothschild [le baron Edmond de), à Paris. 
Sarariotis (Basileios), à Qonstaatinople. 
Saraphis (Aristidd), négociant, à Gonstantinople. 
Saripolos (Nicolas), ancien professeur & T Univers! té d* Athènes. 
Sathas (Constantin), à Venise. 
Sayce, professeur à TUniversitô d'Oxford. 
SoARAMANGA (Pierre- Jean), à Paris. 
ScARAMANGA (Jean-E.), à Marseille. 
ScARAMANGA (Jcan-A.), à Taganrog. 
ScARAMANGA (Doucas-J.), à Taganrog. 
■} ScARAMANGA (Jean-P.), à Taganrog, 
ScARAMANGA (Stamatiôs), à Taganrog. 
ScHLiEMANN (H.), à Athènes. 
f ScLAVo (Michel), à Odessa. 
SiNADiNO (Michel), à Paris. 
SiNADiNo (Nicolas), à Paris. 
SiNANO (Victor), à Paris. 
f SoMAKis (M"»» Hélène), à Paris. 
Souchu-Servinière, à Laval. 
SouvADzoGLOu (Basili), banquier, à Gonstantinople. 
Stephanovic (Zanos), négociant, à Gonstantinople. 
SvoRONOs (Michel), négociant, à Gonstantinople. 
Sully-Prudhomme, membre de T Académie française. 
SvLLOGUE littéraire Hermès, À Manchester. 
I Symvoulidès, conseiller d'Etat, à Saint-Pétersbourg, 
Stngros (A.), à Athènes, 
Tarlas (Th.), à Taganrog. 
Telfy, professeur de TUniversité de Pesth. 
7 Theoch ARIDES (Constantinos), à Taganrog. 
Tilièrb (marquis de), à Paris. 

TouGARD (rabbé), professeur au petit séminaire de Rouen . 
TouRNiER (Éd.), maître de conférenoes à TÉcolo noitnale supé- 
rieure, à Paris. 
TouRTOULON (baron de), à Valergues (Hérault). 



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— XÏIII — 

TsACALOTOs (E.-D.), à Taganrog. 

Université d'Athènes (1). 

-|- Valibri (N.), à Odessa. 

Vaueiu (Oot»)« à Londres. 

Vlasto (Antoine), à Paris. 

Ylasto (Ét.-A.), à Marseille. 

Vlasto (Th.), à Liverpool. 

Vlasto (Ernest), à Paris. 

VoousMAS (E.), archimandrite, à Odessa. 

VuciNA (Al. -G.), à Odessa. 

VuciNA (Emm.-G.), à Odessa. 

VuciiîA (J.-O.), À Odessa. 

Wescqbb (Carie), consei*vateur à la Bibliothèque nationale, à 

Paris. 
Xanthopoulos (Dem.), à Odessa. 
Xyoias (Sp.), à Odessa. 
Xydias (Nicolas), artiste peintre à Paris, 
t Zariphi (Georges), négociant, à Gonstantinople. 
7 Zavitzianos (G.), docteur-médecin, & Corfou. 
f ZiFFO (L.), négociant à Londres. 
ZoGRAPHos (Ghristakis Eflfendi), fondateur du prix Zographos, à 

Paris. 
Zographos (Xénophon), docteur-médecin, à Gonstantinople. 



(1) UUaiversitë d'Athdnes s'inscrit ^^puellement pour une somme 
de 400 francs. 



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LISTE fifiNfiRALE DES MEMBRES AD i5 NOVEMBRE \%U 



Nota. L'astérisque désigne les membres donateurs. 

MM. 

AcHiLLOPOULOS (Évangèle), négociant, à Londres. •— 1880. 

* Adam (M"*» Juliette), 23, boulevard Poissonnière. — 1883. 
Adb&t, ancien professeur de littérature grecque à l'Académie de 

Genève. — 1867. 

Afemdouli (Théodore), professeur à TÉcole de médecine d'Athè- 
nes. — 1867. 

Albert frères, négociants, rue du Tapis-Vert, 13, à Marseille. 
— 1868. 

Alexandre (le président), 23, rue de T Arcade. — 1883. 

* Alpherakis (Achille), à Tagani-og (Russie). — 1869. 
Amuanapoulos, négociant, 29, rue de T Arsenal, à Marseille. — - 

1867. 

Anaqnostakis [Georges], négociant, à Alexandrie. — - 1877. 

Anastasiadis (A.), à Alexandrie. — 1880. 

Anastasiadis (Sotiri), courtier, au Caire. — 1880. 

Andrbadis (M™^), ex-directrice de la maison d'éducation franco- 
grecque du Gaire^ 9, rue du Chàteau-Fadaine, à Nimes. — 
1867. 

* Anouetil, inspecteur d'Académie, avenue de Paris, 1, à Ver- 

sailles. — 1872. 
Anthopoulos (Constantin), membre du tribunal de commerce, à 
Constantinople. — 1868. 

* Antrobus (Fr.), oratory, S. W., à Londres. •— 1879. 
Apostolidis (D.), à Alexandrie. — 1876. 
Apo8TOlidis(G.), à Constantinople. — 1880. 



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— XXV — 

Aretaios (Théodore), professeur à TÉcole de médecine à Athè* 

nés. — 1868. 
Aroyropoulos (Spyridion), 6, avenue Percier. — 1875. 
Aristarghy-Bey (Staurace), grand logothète et sénateur, Yeni- 

keni, à Constantinople. — 1884. 
Aristargby-Bby (Demetrius), 28, rue Gustave-Courbet. — 

1868. 
Aribtoclès (Jean-D.), professeur de la grande Ecole patnarcale, 

à Constantinople. — 1868. 
Arminoaud, professeur au lycée Henri IV, 7, rue Cassette. — 

1868. 
Artbuiadis (Jacques), à Constantinople. — 1882. 

* Athanasiadis (Athanasios), à Taganrog (Russie). — 1869. 
Athanassaki (Jean), avocat, au Caire. — 1880. 
Athenooenès (Georges), négociant, à Athènes. — 1868. 
AuBÉ, professeur au lycée Condorcet, 11, rue de Lisbonne. — 

1868. 
Audi AT (G.), professeur au lycée de Poitiers. — 1886. 

* Ayoerihos (Antonios), à Taganrog (Russie). — 1869. 
AviEKiNOS (André), député, à Athènes. — 1873. 

Baouenault de Pocuebse (Gustave), docteur es -lettres, 156, rue 

Bannier, à Orléans. — 1867. 
Baouemault de Yiâville, président de la Société des sciences, 

belles-lettres et arts, à Orléans. — 1879. 
Bailly (Anatole), professeur au lycée d'Orléans. — 1867. 

* Banque nationale de Grège, à Athènes. — 1868. 

* Barenton (Arm. de), place du Palais-Bourben. — 1877. 

* Babbt, docteur en droit, avocat à la Cour d'appel, 7, rue de 

Bréa. — 1871. 

Barozzi (commandeur Nicolô), directeur du musée Corrcr, ù 
Venise. — 1881. 

Barrias, 34, rue de Bioixelles. •- 1867. 

Barthélémy Saint-Hilaire , membre de Tlnstitut, 4, bou- 
levard Flandrin. — 1867. 

* Basiadis (Héraclès-Constantin), docteur ès-lettres et en méde- 

cine, rue Hamel-Bachi, à Constantinople. — 1868. 



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— XXVI — 

Basilc (G.-A ), 80UB«gouverneur de Ift banque patipnale de 
Grèce, à Athènes 1867. 

Basily (D.-M.), négociant, à Paris. -^ 1867. 

BA6iLiADr6(Ë.), à Alexandiie. ^ 1880. 

Bayet (Ch.), professeur à la Faculté des lettrM de Lyon, — 
1875. 

Baxter (John), de Hoboken, New-Jersey (États-Unis d* Amé- 
rique). -* 1684. 

Bazin (Hippolyte), directeur du petit Lycée de 8aint*Rambert 
(Rhéne). -^1883. 

Beau, professeur au lycée Condorcet, 19, rue Saint-Pétersbourg 
— 1873. 

Beaudouin (Mondry), professeur à la Faculté des lettres de Tou- 
louse. — 1884. 

Bbaujbak, inspecteur d'Académie, 39, rue de rUniyersité. — 
1867. 

Beaussire, membre de l'Institut, 96, boulevard Saint-Qermain. 
-^ 1867. 

Beauteii PB-BEAUPa6, juge au tribunal de la Seine, 22« rue de 
Vaugirard. — 1878. 

Bbauvbroer (baron de), 8, rue du Cirque. — 1883. 

* Bber (Guillaume), 34, rue des Mathurins. — 1879. 

Bblin et C''«, libraires- éditeurs, 58, rue de Vaugli-ard. — 1884. 

Bblot, professeur ft la Faculté des lettres de Lyon. — 18Ô7. 

Beluzb, président du Cercle catholique, 75, rue de Madame. — 
1872. 

Benieri (Anastase), professeur à l'Institut pédagogique de Ga- 
latz (Roumanie). — 1885. 

Bbnizelos (Miltiadès), professeur à TÉcole de médecine d'A- 
thènes. — 1868. 

Bbmotst (Eugène), membre de Tlnstitut, professeur & la Faculté 
des lettres, 23, avenue d'Orléans. — 1868. 

Benoit (Ch.), doyen de la Faculté des lettres de Nancy. — 
1868. 

Bbrqaigne, membre de l'Institut, 12, rue Erlanger. 

Bernard (l'abbé Eugène), 5, rue Gay-Lussac. — 1871. 

Bernardakis (Athanase-N.), & Athènes. — 1867. 



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— XXVM — 

1877. 
*BERB4NGBa (rabbé H. dû], à Sumlle, par Pont-Lévôque (Cal* 

vados). ^ 1869. 
^Bbrthàult (B.r^.), agrégé de TUaiversité, docteur ès-lettresi 

18, rue de Miroraénil. — 1882. 
BguBUBB (Fabbé), 6, avenod du Blaiad, -^ 1886* 
Bibliothèque publique de Versailles, représentée pap soa cooaer- 

valeur, M. Éra. Dôlerot, à Versailles. — 1875, 

* fiiKBL4s(D.), 4, ru6 de Babylooe, — 1867. 

* BiMPOS [Théoclètej , archevêque de Mantinée (Grèce). — 

1808. 
Bfsna (Michel), anciaa sous-directeur du Lycée hellénique, à 
Galatz (Roumanie. — 1883. 

* Bi^AifPiOKON (rabbé), professeur À la Faculté de théologie de 

Paris, 17, rue d'I^8y, ^ Vanves, — 1869. 
Blaucaro (Jules), professeur de grec modeme à la Faculté de 

Marseille, 40, boulevard Baille, à Marseille. — 1867, 
BLAKCAao (Théodore), 13, quai aux Fleurs. — 1876, 
BtOGH (Am.), professeur d'archéologie grecque et latine & la 

Faculté des letti'^s de Lyon. '— 1877. 
Block (R. de], professeur à Técole normale des humanités, rue 

Fabri, à Liège (Belgique), — 187^. 
BoissiEn (Gaston), de TAcadémie frapçaise et de T Académie des 

inscriptions et belles-lettres, professeur au Collège de France, 

79, rue Claude-Bernard. — 1869. 
BoisaoNADB (G.), professeur agrégé à la Faculté de droit, 7, 

rue Michel-Ange. — 1867. 
DowiEFON (Paul), attaché ^ la bibliothèque de TÀrsenal, 19, rue 

Nicole. — 1880. 
BoirrE)iP9 (Georges), U, rue de Lille. -^ 1B83, 
BoppB (Auguste), 13, rue Bonaparte. 
BoKDiBR (Henri), 182, rue de Rivoli. — 1877. 
Boaa (Raphaël), vice-consul d'Angleterre, au Caire. — 1680. 
jBopcuBa OB MoLANOON, 23, rue Pothier, à Orléans, — 1879. 
Boucherie (Adhémar), ancien chef de bataillon à la Légion 

étrangère, à Royan. — 1883. 



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— XXVIll — 

BouGOT (A.), professeur suppléant à la Faculté des lettres de 

Dijon. — 1878. 
BouiLHET (Henri), de la maison Christofle et G^® , vice-président 

de rUnion des arts décoratifs, 58, rue de Bondy. — 1884. 
BouiLLiER (Francisque), membre de Flnstitut, 33, rue de Vau- 

girai-d. — 1867. 
BoULATioNiBR, ancien conseiller d'Etat, à Pise, par Lons-lc- 

Saulnier (Jura). — 1870. 

* BooNOS (Elie), à Paris. — 1875. 

Bourg AULT-DucouDRAY, professeur d'histoire musicale au Con- 
servatoire, 11, ruedeCluny. — 1874. 

BouROS (J.-D.), rentier, à Athènes. — 1872. 

Bourquin (Ernest-Jules), professeur au lycée deTroyes, à Sainte- 
Menehould (H*«-Mame). — 1879. 

Bootmy (Emile), membre deTlnstitut, dii-ecteur de TEcole libre 
des sciences politiques, 27, rue Saint-Guillaume. — 1870. 

BouvY (le R. P.) des Augustins de T Assomption, à Nîmes. — 
1883. 

Brangovan (le prince et la princesse), 34, avenue Hoche, — 1885. 

Branos (D.), professeur de grec, à Constantinople. — 1886. 

* Brault (Léonce), ancien procureur de la République, à Paris, 

77, boulevard Haussman. — 1876. 
Bréal (Michel), membre de Tlnstitut, professeur au Collège de 

France, 63, boulevard Saint-Michel.— 1868. 
Bbblay (Ernest), propriétaire, 35, rue d*Offémont, place Males- 

herbes. — 1867. 
Briau (le D' René), bibliothécaire de l'Académie de médecine, 

37, rue Joubert. — 1867. 
Broolie (le duc de), de l'Académie française, 10, rue de Solfé- 

rino.— 1871. 

* Brossblard (Paul), capitaine au 2® tirailleurs algénens, à Mos- 

taganem. — 1883. 
Brunbtièrb (FeiHiinand), rédacteur à la Reime des Denj^-Mon- 
des, boulevard de Saint-Julien, à Bellevue-Meudon, — 1885. 

* Bryenmios (Philothéos), archevêque de Nicomédie, membre du 

patriarcat œcuménique, à Constantinople. — 1876. 
Buisson (Benjamin) , examinateur à rUoiversité de Londres, Sa- 



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— XXIX — 

vile-Club, Piccadilly, à Loudi'es, et à Paris, 100, rue d'As- 
sas. — 1870. 

BuANOUP (Emile) , ancien directeur de TEcole française d* Athè- 
nes, 34, rued'Alésia. — 1867. 

BussiÈRES (baron de), ancien ambassadeur, 84, rue de Lille. — 
1873. 

Gauanel (Alex.)y membre de Tlnstitut, 14, rue de Vigny,— 1867. 
Gaffiaux, receveur municipal de la ville de Yalenciennes. — 

1868. 
Gaillcmer (Exupère), doyen de la Faculté de droit de Lyon. — 

1867. 
Galliady-Bby (Constantin), conseiller d*Etat, à Gonstantinople. 

— 1868. 

Galligas (Paul), sous-gouverneur de la Banque nationale, à 
Athènes. — 1868. 

* Calvet-Rogniat (le baron Pierre), licencié es lettres, 374, rue 

Saint-Honoré. — 1875. 
GAMBOURoaLOU, rédacteur en chef de VEphimeris, à Athènes. 

— 1875. 

Gaiipaux, professeur à la Faculté des lettres de Nancy. — 1867. 

* Garapanos (Constantin), correspondant de l'Institut de France, 

à Athènes. — 1868. 

* Garathsodory (Et.), docteur en droit, ministre de Turquie, à 
àBruxeUes. — 1872. 

Garathsodory (Th.), ingénieur des ponts et chaussées, à Gons- 
tantinople. — 1876. 

Garriêrb (Auguste), professeur à FÉcole des langues orientales 
vivantes, 35, rue de Lille. — 1873. 

* Cartault (Augustin), maître de conférences à l'École normale 

supérieure, 11, rue du Pré-aux-Clercs. — 1875. 
*Casso (M"»'?), 66, avenue d'Iéna. — 1875. 

* Gabtorchis (Euthymios), professeur à TUniversité d'Athènes. 

— 1868. 

Cabtorchis (Constantin), à Athènes. — 1884. 
Gatzioras (Cosmas), négociant, 24, cours Devilliers, à Mar- 
seille. — 1867. 



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— XXX — 

Gaussaob (de), conservateur à la bibliothèque Mazaiine. — 1868. 

Gbrf (Léopold), ancien élève de TEcoIe normale, imprimeur- 
éditeur, 13, rue de Médicis. -^ 1883^ 

Gmabaneatj, maître de conférences à la Faoalté des lettres de 
Montpellier. — 1873. 

Ghabbr (Alfred), 6, place Louis XYI, à Montpellier. — 
1877. 

GHAnotiaLet, conservateur-directeur du Cabinet des médailles, 
12, rue Colbert. — 1867. 

Chaionet, recteur de Tacadémie de Poitiers. — 1871. 

Ghantbpir (de), administrateur de la bibliothèque de TUniver* 
site. — 1867. 

GHAPtAiN [I.*G.), membre de rinstitut^ grateur en médailles, 

34, rue Jouvenel, à Auteuil. — 1876. 
Chaîtuw, recteur de T Académie de Dijon. «*• 1868. 

Ghapu, membre de l'Institut, statuaire, 23, rueOudinot. — 1876. 

* Ghasles (Henri), 9, rue Royale. -*- 1881. 

Ghassano, inspecteur général de Tinstruction publique, 9^ rue 
de rOdéon. — 1867. 

* Ghassiotis (G.), professeur, fondateur du lycée grec Aé Péra, 
à Paris, 105, rue Miroménil. — 1872. 

Gratel (Eug.), ancien archiviste dtt département du Calvados, 

5, rue Vavin. — 1867. 
Ghehbvière (Ad.), licencié ès-lettfés, 50, rueBaMano,*^ 1882. 
Ghevreul, membre de Tlnstitut, au Jardin des Plantes* — 1867. 

* OflÉTRifiR (Adolphe), avocat général, 13, rue de Téhéran. -* 

1873.' 
CtléVRlER (Maurice), attaché au ministère des Affaires étraogèreSf 

35, rue Jacob. — 1880. 

^GaoïSY f Auguste), ingénieur des ponts et chaussées, 11, rue 

Chomel. --1867. 
Christofle (Paul), chef de la maison Ghristofle et G>^, 58, rue 

deBondy. — 1884. 

* Ghrysoveloni (Léonidas), négociant à Manchester, Belroont- 

Terrace Higher Broughton. — 1869. 
Ghdit, librairie Fctcherin et Ghuit, 18, rue de T Ancienne^ 
Gomédie. — 1882. 



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Grolbcx, professeur au lycée Henri IV, 3< rue des Feuillanti- 
nes. — 1872. 

* Clado (Costa), 176, boulerai'd Haadsmftnn. — 1884. 
Glavbl, professeur à lu Faculté des lettres de Lyon. — 

1876. 
Gleanthe (Zenon), architecte, à Constantinople. — 1868. 
(^ERUOifT-ToNRBRtiB (duc de), 41, rue de TUnitersité. — 

1867. 
GoooRDAN (Qeorges)^ AYoe&t^ soUs-directeur au ministère des 

Affaires étrangères, 26, rue Martignac. — 1873* 
Collard(F.), professeur à TUniversité de Louvain, 109, rue 

de la Station. — 1879. 
ÛOLLIONON (Maxiitie), professeur suppléant à la Faculté des let- 
tres, 6, rue Herechel. — 1875. 
GoLMBT d'Aaqb, conseiller-maître à la cour des comptes^ 44, 

rue de Londres. — 1872, 
GoLlfET d'à Ad g, dojen bonoraird de la Faculté de droite 126^ 

boulevard Saint-Germain. — 1872. 
GoilA?(09, doctear«médecin, au Caire. -^ 1880. 

* CoMBOTHECRAS (S.), à Odcssa. — 1873. 

GoMNOB, ancien administrateur de la Bibliothèque nationale 

d'Athènes. — 1876. 
Constantin (Othon), négociant, à Alexandrie. — 1879. 
* CoKSTAKTimois (Zanos) , négociant,' à Constantinople. — 

1873. 
CoNSTANTiNiois, pTofosscur de lettres helléniques, 84, Kènsing- 

ton Gardens-Squai^e, Baiswaiter, ft Londres. — 1873. 
Corqialeuno (M.), négociant, 71, Gomhill, Londres. — 1867. 
GoRoujLAs (Lambros), libraire-éditeur, à Athènes. — 1878. 

* CoRONio (Georges), 66, rue de Motuseau. — 1884. 
GossouDis (Thémistocle), négociant, à Constantinople. — > 1868. 
GouAT, dojen de la Faculté des lettres de Bordeaux. — 1876. 
GoUGNY^ inspecteur d'Académie, à Paris, 48, rue Sainte-Placide. 

— 1871. 

* GouuANOUDis (Etienne- A.) , correspondant de l'Institut de 
France (Académie des Inscriptions et belles- lettres), professeur 
à rUniversité d'Athènes. — 1873. 



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— XXXI I — 

GoDRBAUD, professeur au lycée Condorcet, 3, rue Vézelay. — 
1876. 

GouRCBLLEs (baron Alphonse de), ambassadeur de France en Al- 
lemagne, à Athis-Mons (Seine-el^Oise) . — 1886. 

GouROAVEAUx, profosseur à la Faculté des lettres de Douai. — 
1876. 

* GousTÊ (Augustin-Ë.), ancien directeur de la manufacture des 

tabacs, 5, place Saint-François -Xavier. 
Grkpin (A.), professeur au lycée Charlemagne, 278, boulevard 

Saint-Germain. — 1870. 
Groisbt (P.), ancien professeur au lycée Saint-Louis, 7, rue 

Berthier, à Versailles. — 1874. 

* Groiset (Alfred), professeur à la Faculté des lettres, 54, 

rue Madame . — 1873. 

* Groisst (Maurice), professeur à la Faculté des lettres de Mont- 

pellier. — 1873. 
GROusLé (L.), professeur à la Faculté des lettres, 24, rue Gay- 
Lussac. — 1880. 

* GucHBYAL (Victor), professeur au lycée Condorcet, 46, rue de 

CUchy. — 1876. 
GuviLLiER, professeur au lycée de Vanves, 5 bis, rue des Treilles. 

— 1884. 

* Dauasghino (D'), professeur de pathologie interne à la Faculté 

de médecine, 26, tub de l'Université. — 1879. 

* Dargste (Rodolphe), membre de l'Institut, conseiller à la 
Cour de cassation, 9, quai Malaquais. — 1867. 

Darvgrqi (S.), à Alexandrie. — 1880. 

Dauphin, banquier, 10, rue du Conservatoire. — 1875. 

David (Paul), avocat, docteur en droit, 81, rue des Saints-Pères. 

— 1883. 

Dcgastros (Auguste), négociant, à Gonstantinople. -- 1873. 
Decharme (Paul), professeur de littérature grecque à la Faculté 

des lettres de Nancy. — 1868. 
Décrue, docteur es lettres, maître de conférences à la Faculté 

des Lettres de Rennes. — 1877. 
Delacroix (Alfred), 37, rue Claude-Bernard. — 1883. 



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— XXXIII — 

Dblachoix (Gabriel), professeur agrégé au lycée de Sens, et à 
Paris, 57, rue de Rennes. — 1883. 

Delagbavb, libraire-éditeur, 15, rue Soufflet. — 1867. 

Delalain (Henri), libraire-éditeur, 56, rue des Écoles. — 
1867. 

Deuslb (Léopold), membre de Tlnstitut, administrateur-direc- 
teur de la Bibliothèque nationale. — 1874. 

Dblla-Decima (comte Spiridion), au Caire. — 1880. 

* Dellaporta (Vrasidas), à Taganrog. — 1873. 

Dblochb (Maximin), membre de llnstitut, 8, avenue de Gra- 

velle, à Saint-Maurice (Seine). — 1874. 
Dbltour, inspecteur général do TUniversité « 42, rue de La 

Boétie. — 1867. 
Dblyannis (Théodore-P.), président du Conseil des ministi*es, à 

Athènes. — 1867. 

* Dblyannis (N.), ministre plénipotentiaire de Grèce, à Paris, 
boulevard Haussmann. — 1875. 

* Dbmbtrelias (G.), à Odessa. — 1873. 
Dbmopoulos (D.), à Alexandrie. — 1880* 

Dbpasta (A.-N.), libraire, à Constantinople. — 1868. 
Dbpasta (Antoine), négociant, à Constantinople. — 1868. 
Dbschaups (Arsène), professeur à T Université de Liège, rue de 

la Paix. — 1867. 
DssGHAMPS (G.), membre de FÉcole française d'Athènes. — 

1886. 

* Desjaildins (M"* V* Charles-Napoléon), 11, rue Maurepas, à 

VersaUles. — 1883. 
Dbsjabdins (Paul), professeur de rhétorique au collège Stanislas. 

— 1885. 
Dbsnoyers, vicaire général, à Orléans. — 1879. 

* Dbvillb (M°*« veuve), 112, rue de Provence. — 1868. 
Devin, avocat au Conseil d'Ëtat et à la Cour de cassation, 9, rue 

Guénégaud. — 1867. 
Dbzbimeris (Reinhold), correspondant de Tlnstitutde France, 11, 

rue Vital-Carie, à Bordeaux. — 1869. 
Diajiantopoulo, à Athènes. — 1884. 

* DiDOT (Alfred), 56, rue Jacob. — 1876. 

Annuaire 1886. c 



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— XXXIV — 

DiBULAFOT (Mai'cel), ingénieur des ponts et chaussées, 2, impasse 

Conti. — 1884. 
DiKBos, médecin et agent consulaire de la Grèce, à Zagazig 

(Egypte). — 1883. 
DiMiTZA) professeur de géographie à TUniversité d'Athènes. — 

1875. 
Dolfus-Engel, négociant, à Paris. — 1885. 

* DoaiSAS (L.), à Odessa. — 1873. 

Dossios (Nie), professeur, à Oalatz (Roumanie). — 1881. 
DouGBT (Camille), secrétaire perpétuel de TAcadémie française, 
au palais de Tlnstitut. — 1869. 

* DouoAs(D.), banquier, à Gonstantinople. — 1872. 

* DouLGET (l'abbé Henry), 4, place du Palais^Bourbon. — 

1881. 
DouNis (Constantin), licencié en droit, 129, rue d'Eole, à Athè- 
nes. — 1883. 

* DozoN, ancien consul général de France, à Versailles, 56| rue 

de la Paroisse. -- 1869. 
Dràgoumi (Marc), ancien ministre de Grèce, à Bucharest. -*— 

1872. 
Drapeyron (Ludovic), professeur au lycée Gharlemagne, di* 

recteur de la Revue de géographie, 55, rue Claude-Bernard « 

— 1867. 

* Drême, président de la Cour d'appel d'Agen. — 1867. 
Druon, proviseur honoraire, 2 bis, rue Girardet, à Nancy* — • 

1874. 

DoBiEF, directeur de Tinstitution Sainte-Barbe, à Paris. •*» 
1874. 

DcjGHATAUX, avocat, président de TAcadémie nationale de Reims^ 
12, rue de rÉchauderie. — 1879. 

Dughesnb (Fabbé L.), professeur à Flnstitut catholique, 66, me 
de Vaugirard. — 1877. 

DoGiT, doyen de la Faculté des lettres de Grenoble. — 1869. 

DoMONTiER, commandant du génie en retraite, 75, rue de Ren- 
nes. — 1882. 

DuPRÉ, professeur de rhétorique au lycée Gondorcet, 20, rué 
Saint-Georges. — 1878. 



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— XXIY — 

* Dupuis (Jean), proviseur honoraire, 32, rue de la Salle, à Saint* 

Germain-en-Laje. — 1881. 
DuHAHD (Charles-Henri), 92, rue du Bac. — 1874. 
DuRASSiER (Edouard), ancien secrétaire de la direction des ports 

au ministère de la marine, 70, rue de Kliromesnil. — ^ 1875. 
DoRBT (M"^«), 1, quai, d'Orsay. — 1867. 
' OuRUY (Victor), membre de Tlnstitut, membre du Conseil su^ 

périeur de Tlnstruction publique, ancien ministre de Flnstruc- 

tion publique, 5, rue de Médicis. — 1867. 
DussoucHBT, professeur au lycée Henri lY, 46, rue de Madame. 

— 1871. 

DcTiLH (E.), consul des Pa>s«Bas, au Caire. — 1876. 
DuvERDY (Ch.), 1, place Boïeldieu. — 1884. 

Ecole des langues orientales vivantes, 2, rue de Lille. — 
1877. 

* EcoLB Hblléniqur d'Odessa. — 1873. 
ScoLC N0RUALB d' HUMANITÉS de Liège. •— 1880. 

Enow, professeur au lycée Henri IV, 21, rue de Vaugirard. — 
1882. 

* EcQBR (M™* v^« Emii0\ 68, rue Madame. — 1885. 

* Sgger (Victor), professeur à la Faculté des lettres de Nancy.— 

1872. 

*Egger (Max), professeur au collège Stanislas, 29, rue Saint- 
Placide. — 1886. 

ElCBTHAL (Adolphe d'), ancien député, 42, rue des Mathurins. 

— 1867, 

EiGHTHAL (Eugène d*), 57, rue Jouffroy. — 1871. 

Elèves (les) de TËcole normale supérieure, 35, rue d'Ulm. — 

1869. 
Elèves (les) du lycée d'Orléans. — 1869. 
Elëvbs (les) de rhétorique du collège Stanislas, rue Notre-Dame- 

des-Champs. — 1869. 
Élèves (les) de rhétorique du lycée Condorcet (division Gldel* 

Talbot). — 1869. 
Elluin (le père A.), pour le collège français à Smyrne, chea 

M. Mailly, 95, rue de Sèvres. — 1873. 



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— XXXVl — 

ËRLANOBR (Emile), banquier, consul général de Grèce, 20, rue 

Taitbout. — 1869. 
EsMEiN (Adhémar), professeur agrégé à la Faculté de droit, 7, 

rue Leroux. — 1881. 
EssABTS (Emmanuel des), professeur à la Faculté des lettres de 

Clermont-Ferrand. — 1867. 
Etangs (Georges des), chez M. des Estangs, père, directeur des 

Forêts, rue de Sévigné, à Rennes. 
EucLiDis (Jean), avocat à Athènes. — 1875. 
EvMORPHOPouLos (A.-G.j, négociant, Ethelburghouse, BisLops- 

gate street, à Londres. — 1867. 
ÉvELARD, ancien professeur au lycée Saint-Louis, 54, rue du 

Faubourg Sain t-Honoré . — 1 868 . 

Fagnibz, à Meudon. — 1882. 

*Falieros fNicolaos), à Taganrog (Russie). — 1873. 

*Fallex (E.), proviseur du lycée de Versailles. — 1873. 

* Fallières, député, ancien ministre de Tlnstruction publique. 
Favre (Léopold), ancien élève de Técole des hautes études, 6, 

rue des Granges, à Genève. — 1867. 
Ferrai (le professeur), à Venise. — 1883. 

* Ferry (Jules), député. — 1880. 

Feuardent, antiquaire, 4, place Louvois, — 1877. 

Filleul (E.), 31, rue d'Amsterdam. — 1873. 

*Fix (Théodore), colonel d'état-major, donateur de la biblio- 
thèque grecque de Théobald Fix, commandant la place d'Au- 
male (Algérie). — 1877. 

Follioley (Pabbé), proviseur du lycée de Laval. — Rétabli en 
1884. 

Fontaine (Médéric), ancien notaire, 7, rue Léonie. — 1868. 

FoRTOUL (rabbé) , à Téglise Saint-Leu, rue Saint-Denis . 1 870 . 

* FoucART (Paul), membre de Tlnstitut, directeur de TÉcole fran- 

çaise d'Athènes, 13, rue de Toumon, à Paris, — 1867. 
Fougères, membre de l'École française d'Athènes. — 1880. 
Fouillée (Alfred), villa Sainte-Anne, à Menton (Var). — 1884. 
Foulon (M»^), archevêque de Besançon. — 1869. 

* FouRNiER (M""® v° Eugène), 86, rue La Fontaine. — 1884. 



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— XXXVII — 

Pringnet, proviseur du lycée Lakanal, à Sceaux. — 1885. 
Frombnt, au château d'Eu. — 1878. 

Froxtier (M""* Sophie), directrice du pensionnat de jeunes filles 
de la communauté grecque, à Alexandrie. — 1876. 

Gaffarel (Paul), doyen delà Faculté des lettres de Dijon. — 

1867. 
Galuski (Ch.), à Créance (Manche).— 1868. 
Gannbau (Paul), 114, rue de Provence. — 1868. 
Gantrelle, professeur à TUniversité de Gand (Belgique). — 

1873. 
Garnier (Auguste), libraire-éditeur, 6, rue des Saints-Pères. — 

1867. ' 
Garnier (Hippolyte), libraire-éditeur, 6, rue des Saints-Pères. — 

1867. 
Gaspard (E.), professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand, 

33, rue Claude-Bernard. — 1878. 
Gault (Ch.-Maurice), docteur en droit, avocat à la cour de Paris, 

66, boulevard Malesherbes. — 1878. 
Gautier, proviseur du lycée de Vanves. — 1878. 
Gebhart, professeur à la Faculté des lettres, 68, rue Gay-Lus- 

sac. — 1868. 
Geffroy, membre de l'Institut, ancien directeur de TEcole fran- 
çaise de Rome, 32, rue du Bac, à Paris. — 1872. 
Génin (Aug.j, 11, rue du Plat, à Lyon. — 1871. 

* Gbnnadios (Jean), ministre de Grèce à Londres. — 1878. ■ 
Georgantopoulos (J.), docteur en droit, avocat, à Constantinople. 

— 1869. 
Georgel, professeur au lycée, à Nancy. — 1868. 
Georgiadis (D.), 28, avenue deTOpéra. — 1886. 
Germain, membre de Tlnstitut, à Montpellier. — 1872. 

* Gevaert (F.-Aug.), directeur du Conservatoire royal de musi- 

que, à Bruxelles. — 1881. 

* GiANNAROS (Thrasybule) , négociant , à Constantinople. — 

1868. 

* GiDEL (Ch.), proviseur du lycée Louis-le-Grand . — 1867. 
Girard (Araédée), médecin, à Riom (Puy-de-Dôme), — 1873. 



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— XXXVIII — 

* GiRABD (Jules), membre de Tlnstitut, professeur à la Faculté 

des lettres, 21, rue de l'Odéon. — 1867. 
Girard (Julien), proviseur du lycée Condorcet, 8, rue du Havre. 

— 1869. 

* Girard (Paul), maître de conférences k la Faculté des lettres, 

89, rue de Rennes. — 1880. 

* Gl&chant, inspecteur général de Tinstruction publique, 5, 

avenue Montespan (rue de la Pompe, Passy). — 1868. 
Glachant iVictor), élève de TÉcole normale supérieure. — 

1884. 
Glimenopoulos (Eustache), avocat, au Caire. — 1880. 
Glycas (Nicéphore), archevêque d'Imbros. — 1868. 
Gogos, archimandrite de l'église hellénique, à Braïla (Roumanie). 

— 1869. 

* GoiRAND (Léonce), avoué près le tribunal civil de la Seine, 16, 
place Vendôme. — 1883. 

* GoiRAND (Léopoldj, avoué près la cour d'appel, 128, rue de 

Rivoli. -- 1883. 
GoLDscHMiDT (Léopold), 12, ruo Rembrandt. — 1876. 

* GoNNET (l'abbé), docteur es lettres, professeur à l'Institut ca- 

tholique de Lyon, à EcuUy, maison do Sainte-Catherine, près 

Lyon. -— IS78. 
GoNSE, chef de division au ministère de la Justice, 2, rue de la 

Pompe, à Versailles. — 1880. 
GouMY, maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, 88, 

boulevard Saint -Germain, — 1867, 
Grandgeorges (Gaston), 23, rue des Jeûneurs. — 1872. 
Graux (Henri), propriétaire, k Fontaine, près Vcrvins (Aisne). 

— 1882. 

Gréard (Octave), membre de l'Institut, vice-i-ecteur do rAcadé- 
mie de Paris. — 1867, 

* Grégoire , archevêque d'Héraclée , à Constantinople. — 

1872. 
Grisaxi (P.), professeur de musique, à Alexandrie. — 1880. 
Grisot (J.), professeur au lycée Charlemagne, 8, rue de Rivoli. 

— 1875. 

Grollos (François), négociant, à Alexandrie. - 1876. 



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— XXXIX — 

Gros (D'), 10, rue de FOratoire, à BoulognenBur-Mer. — 

1879. 
Gbodssard (E.), professeur au lycée d*Angouléme. — 1882. 

* Gbyparis (N.), consul de Grèce, à Sébastopol. — 1886. 
GvÉBABD, ancien directeur de Sainte-Barbe-des-Cbamps, à Fon- 

tenay-aux-Roses. — 18Q7. 
GuiLiAuuB, membre de Tlnstitut, 238, bouleyard Saint-Germain. 

— 1867. 
Guillemot (Adolphe), professeur au lycée Cîondorcet, 26, rue do 

Turin, — 1869. 
GuiHET (Emile) , membre de T Académie de Lyon, 1 , place de la 

Miséricorde, à Lyon. — 1868. 
GuizoT (Guillaume), professeur au Cîollège de France, 42, rue 

de Monceau. — 1877. 

* Gymnase de Janina (Turquie) . — 1872. 



^ Hachbttb et C, libraires-éditeurs, 79, boulevard Saint-Ger- 
main. — 1867. 

Hadgi-Ghbistou (Christos), directeur de TÉcole grecque de Péra, 
à Constantinople. — 1880. 

* Hadgi-Consta (Lysandre), directeur de TÉcole hellénique, k 
Odessa. — 1885. 

Hallays (André), licencié es lettres, 176, boulevard Saint-Ger- 
main. — 1880. 

Halphen (Eugène), avocat, 111, avenue du Trocadéi-o. — 
1869. 

* Hanbiot (Ch.), professeur, à la Faculté des lettres de Poitiers. 

— 1876. 

Hatzfbld, professeur de rhétorique au lycée Louis le-Grand, 7, 
rue de TOdéon. — 1869. 

Hauby, boursier de licence à la Faculté des lettres, 22, rue 
Condorcet. — 1883. 

Haussoullibr, maître de conférences à l'École des Hautes- 
Études. - 1881. 

* Hauvette-Brsnault (Amédée), maître de conférences à la Fa- 
culté des lettres, 41, rue St-Placide. — 1883. 



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— XL — 

* Havet (Ernest), membre de rinstitut, professeur honoraire au 

Collège de France, 19, quai Bourbon. — 1867. 
*■ Havet (Louis), professeur au Collège de France, chargé de 
cours à la Faculté des lettres, ]6, place Vendôme. — 1869. 

* Havbt (Julien), archiviste-paléographe, bibliothécaire à la Bi- 

bliothèque nationale, 6, rue de Sèze. — 1870. 

Heinrich, doyen de la Faculté des lettres, 29, avenue de Noailles, 
à Lyon. — 1867. 

Henneguy (Félix), 54, nie DenferIrRochereau. — 1873. 

Henrt (Victor), professeur à la Faculté des lettres de Douai. — 
"1884. 

Hérellb (G.), professeur de philosophie au collège de Vitry-le- 
François. — 1877. 

Héron de Villefosse, conservateur-adjoint des antiquités grec- 
ques et i*omaines au musée du Louvre. — 1872. 

* Heuzey [Léon], membre de Tlnstitut, conservateur au musée 

du Louvre, 5, avenue Montaigne. — 1867. 

HiGNARO, professeur honoraii*6 de renseignement supérieur, 15, 
rue de THôpital, à Cannes. — 1867. 

HmoRFF (Charles), 54, avenue de Villeneuve-F Etang, à Ver- 
sailles. — 1867. 

HoDJi (S.), 17, rue Laffltte. — 1876. 

HoHOLLB, professeur à la Faculté des lettres de Paris, 177, 
boulevard Saint-Germain, — 1876. 

* HoussAYB (Henry), 5, rue Léonard de Vinci. — 1868. 
HuBAULT (G.), professeur au lycée Louis-le-Grand, 13, rue Bo- 
naparte. — 1867. 

HuiLLiER (Paul) , notaire , 83 , boulevard Haussmann. — 

1874. 
Hurr (Ch.), docteur es lettres, professeur honoraire à Tlnstitut 

catholique de Paris, 74, rue Bonaparte. — 1878. 
HuMBERT, professeur au collège Rollin, 3, rue Crctet. — 1875. 

Ialemos (Ulysse), journaliste à Constantinople. — 1876. 
Iatrouoaris, avocat, au Caire. — 1876. 

IcoNOMOPOULOS (Deuis) , médecin-chirurgien, au Caire. — 1874. 
luASCO (Constantin], à Constantinople. — 1869. 



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— XLI — 

* Inglessis (Alexandre), à Odessa. — 1880. 
lN6LEssis(Panaghîs], négociant, à Constantinople. — 1868. 
IsBREXTANT, professeur de rhétorique au collège de Malines (Bel- 
gique). — 1880. 

Jardin, avocat, 17, rue Saint-Marc. — 1871. 

* Jasonidis, à Limassol (ile de Chypre). — 1870. 
Jeuch (Jules), 3, rue d'Uzès. — 1876. 

* JoLLY d'Aussy (Denis-Marie) , au château de Crazannes, par 

Port-d'Envaux (Charente-Inférieure). — 1879. 
JoLY (A.), doyen de la Faculté des lettres de Caen. — 1867. 

* Jordan (Camille), membre de Tlnstitut, 48, rue de Varennes. 

— 1874. 

* JoRET (Ch.), professeur à la Faculté des lettres d'Aix. — 

1879. 

* Kalyooorbssis (J. Démétrius), négociant, à Constantinople. — 

1873. 
KsBEDGY (Stavro-M.), négociaht, à Constantinople. — 1868. 
E^EHAYA (M»»® Calliope), directrice de l'École normale Zappeion, 

à Constantinople. — 1876. 
Kndth (Oscar), directeur du Collège, à Steglitz (Allemagne). — 

1880. 

* KoNTOSTAVLOs (Alexandre), député, à Athènes. — 1876. 

" KoNTOSTAVLOS (Othon-A.), 15, cours du Chapitre, à Marseille. 

— 1875. 

KoRTZ (Edouard), proviseur du lycée Janson de Sailly. — 1885. 
Krebs (Adrien), professeur à T École alsacienne, 23, rue Ben- 

fert-Rochereau. — 1878. 
Krinos, pharmacien, à Athènes. — 1875. 

* Krivtschoff (M"®), à Moscou. — 1874. 
Krokidas (Constantin), à Athènes. — 1875. 

Kympritis (D.-J.), docteur en droit, avocat, à Constantinople. 

— 1880. 

L présenté par M. Gustave d'Eichthal. 

Labbb (Edouard), professeur au lycée Saint-Louis, 35, rueVavin. 



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- XLll — 

La Coulonche (de), m&ltre de couférencea à TÉcole normale 
supérieure, 53, quai des Grands-Augustins. — 1874. 

Lacroix (Jules), 22, rue d'Aigou-Saint-Honoré. — 1867. 

Ladopoulos (Jean), négociant, au Caire. — 1880. 

Laffon (Gustave), consul de France, à Andrinople. — 1880. 

Lamare (Clovis), ancien administrateur de Tinstitution Sainte* 
Barbe, 5, place Clichy. — 1870. 

Lambros père (Paul), à Athènes. — 1877. 

Lambros (Michel), à Athènes. — 1873. 

Lambros (Spyridion), directeur de renseignement primaire, à 
Athènes. — 1873. 

Lamouroux (Georges- Victor) , 9, boulevard Saint^Denis.— 1880. 

Lamy (Ernest), 113, boulevard Haussmann, — 1883. 

* Landslle (Charles), 17, quai Voltaire, — 1868. 

* Laperche (Alexis), 63, rue des Saints-Pères. — 1872. 
LAPRADE'(Paul de), licenciées lettres et en droit, 10, rue deCas- 

tries, à Lyon. — 1884. 
Larroumst, maître de conférences à la Faculté des lettres de 

Paris, 9, ruedu Val-de-Grâce.,— 1884. 
^ Lattry (Georges), président du musée et de }a bibliothèque de 
l'École évangélique de Smyme. — 1882. 

* Lattry (Al.), à Odessa. — 1873. 
Lavotte (Henri), 3, rue Drouot. — 1867. 
Lazaridis (Léonidas-A,), à Constantinople, — 1882. 
Lbbègue (Albert), professeur à la Faculté des lettres de Tou- 
louse, 12, place Sainte-Scarbe. — 1876. 

Le Blant (E.), membre de rinstitut directeur do TÉcole fran- 
çaise de Rome, 7, rue Leroux (avenue du Bois de Boulogne). 
— 1867. 

Le Bret (Paul), 148, boulevai-d Haussmann. ~ 1867. 

* Lecomte (Ch.j, négociant, 41, rue du Sentier. — 1875. 

* Legantinis (J.-E.), négociant, à Odessa. — 1873. 
Legentil (V.), professeur au lycée, à Caen. — 1868. 
Legodbz, professeur au lycée Condorcet, 17, boulevai-d de Ver- 
sailles, à Saint- Cloud. — 1867. 

* Legrand (Emile), répétiteur à TÉcole des langues orientales 

vivantes, 14, rue de Sèvres. — 1870. 



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Lkliodx (Armand), sténographe réviseur au Sônat, 32, i*ue Moli* 

tor. — 1879. 
LbmaItrs (Raoul), juge suppléant, 36, rue des Chanoines, à Caen. 

— 1874. 

liEMQiNNB (John), de TAcadémie française, 58, rue de Clichy. — 
1870. 

Lenient, député, 14, rue du Cardinal Lemoine. — 1867. 

LéoTARD (Eug.), docteur es lettres, dojen de la Faculté libre 
des lettres, 3, cours Morand, à Lyon. — 1868. 

Lbquarbé (Nicolas), professeur à T Athénée royal de Liège (Bel- 
gique), rue André-Dumont. — 1872. 

* Lereboullbt (D' Léon), 44, rue de Lille. — 1872. 
Lebichs (J.), professeur agrégé de TUniversité de France pour la 

langue anglaise, 19, Tavistock Road, Westboume Park, 
à Londres. — 1877. 
Ldau)T(Alph»), professeur à rUniversité, 34, rue Fuscb, à Liège. 

— 1868. 

Lbroy-Beaulieu (Anatole), 67, rue Pigalle. — 1870. 
Le Sourd (docteur E.), directeur de la Gazette des hôpitaux^ 4, 
rue de TOdéon. — 1883. 

* Lessepb (Ferdinand de), membre de T Académie française, 

président de la Compagnie universelle du canal de Suez. — 
1884. 

Letronxe (M"o>, 17, quai Voltaire. — 1869. 

Leitdbt, directeur de TËcole de médecine de Rouen, 49, boule- 
vard Cauchoise. — 1884, 

Lkvkque (Charles), membre de l'Institut, professeur au Collège 
de France, à Bellevue, près Paris. — 1867. 

* Leviez (Ernest), directeur de la Compagnie d'assurance contre 

l'incendie V Urbaine, 27, rue du Mont-Thabor. — 1886. 
Liard, directeur de rEiiseignement supéneur au ministère do 

l'Instruction publique. — 1884. 
Limpritts, avocat, à Alexandrie. — 1877. 
LoiSEAU (Arthur), docteur es lettres, professeur au lycée de 

Vanves, 13, rue des Treilles. — 1868. 
LoMAS (L. de), ancien magistrat. — 1883, 
Loué (l'abbé), curé de Morsan, par Brionne (Eure). — 1879. 



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- XLIV — 

* LuDLOW (Thomas- W.), Cottage Lawn Yonkers, New-York 

City et à Paris, chez M. Terquem, libraire, 15, boulevard 
Saint-Martin. — 1881. 

* Ma-Cmillan (Georges-A.), éditeur, Bedfort Street, Covent-Gar- 

den, W. C, à Londres. — 1878. 
Madiuj (Nicolas), avocat à Constantinople. — 1883. 

* Maggiar (Octave), négociant, 28, rue Saint-Lazare. — 1868. 
Magn'abal, inspecteur général de Tinstruction publique en re- 

ti-aite, 22, rue do Saint-Cloud, à Clamart. — 1867. 
Maigret (Edouard), 25, rue Louis-le-Grand. — 1867. 
Maigret (Théodore), 8, rue Volney. — 1867. 

* Maisonneuve et Ch. Leclerc, libraires-éditeurs, 25, quai Vol- 

taire. — 1875. 
Maliaca (Abraham), professeur, à Constantinople. — 1868. 
Maliadis (Démétrius), docteur en droit, avocat, à Constantinople. 

— 1868. 

* Mallortie (H. de), principal du collège, à Arras. — 1870. 
Manolopoulos (K.), négociant, à Alexandrie (Egypte). — 

1872. 

* Manoussis (Constantinos), àTaganrog (Russie). — 1870. 

* Manoussis (Démétrios), àTaganrog (Russie). — 1869. 
Manuel (Ëug.), inspecteur général de Tlnstruction publique, 6, 

rue R^nouard. — 1871. 

* Mantzavinos (R.), à Odessa. — 1873. 

* Marango (Mi?"*), archevêque latin d*Athènes. — 1885. 
Maratos (le d^), au Caire. — 1873. 

Marcheix , sous-bibliothécaire de TEcole des Beaux- Arts. — 
1885. 

Marinos (Miltiade), à Athènes. — 1873. 

Martel, sénateur, 180, boulevai-d Haussmann. — 1879. 

Martha (Coustaut), membre de l'Institut, jH-ofcsseur à la Fa- 
culté des lettres, 55, rue du (,'herche-Midi. — 1873. 

Martha (Jules), maître de conférences à la Faculté des lettres de 
Paris, 62, rue Saint-Placide. — 1881. 

Martin (Tomy), avocat à la Cour d'appel, 3, rue Bastiat. — Ré- 
tabli en 1885. 



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— XLV — 

* Maspbro (G.)» membre de Tlnstitut, 24, avenue de TObserva- 

toire. — - 1877. 

Masson [Gustave], professeur de littérature française à Técole de 
Harrow, Middlesex (Angleterre). — 1871. 

MiiTHiuDARis (Alexandre), docteur en droit, directeur de la ban- 
que d*Epiro-Thessalie, à Volo. — 1868. 

Matzas (Antoine), ingénieur, à Athènes. — 1877. 

Maucomble (Emile), avoué près le tribunal civil de la Seine, 11» 
rue Laffitte. — 1876. 

Maunoir (Chai'les), secrétaire de la Société de géographie, 14^ 
rue Jacob. — 1869. 

Maury (Alfred), membre de Tlnstitut, directeur général des Ar- 
chives nationales. — 1867. 

* Mavro (Spiridion), à Odessa. — 1873. 

* Mavbocordato (le colonel Alexandre-Constantin). — 1873. 

* Mavrocordato (le prince Nicolas), ancien ministre de Grèce à 

Paris, 9, rue Lincoln. — 1868. 

Mavrogordato (Dimitrios-A.), négociant, à Liverpool. — 
1867. 

Mavrogordato (M.), à Odessa. — 1873. 

Mavrogordato (Emmanuel- A.), négociant, Westbourne Ter- 
race, à Londres. — 1871. 

Matrargues (Alfred), ancien professeur, trésorier de T Alliance 
française, 103, boulevard Malesherbes. — 1868. 

*Maximos (P.), à Odessa. -- 1879. 

Mazarakis (Gerasimos), professeur, au Caire. — 1873. 

* Mazerolle (Joseph), artiste peintre, 45, rue du Rocher. — 

1884. 
Mêlas (Constantin), 67, cours Pierre Puget, à Marseille. — 

1867. 
Mêlas (Michel), à Athènes. — - 1868. 
Menault, 7, avenue Villamont, à Lausanne. — 1878. 
Mencke, libraire de TUniversité, à Erlangen. — 1885. 
î^Iercier (Louis- Victor), licencié en droit, 14, rue d'Aumale. — 

1878. 
Merlet (Gustave) , professeur de rhétorique au lycée Louis-le- 

Grand, 64, boulevard Saint-Germain. — 1869. 



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— XLVl — 

MffrAXAS (St.), docteur-médecin, 22, rue Mazagran, à Mar- 

seiUe. — 1867. 
Meunier du Houssor, 22, rue de Prony. — 1870. 

* Mbyeb (Paul), membre de l'Institut, directeur de TÉcole des 
Chartes. — 1884. 

Méziârbs, de TAcadémie française, professeur à la Faculté des 

lettres, 57, boulevard Saint-Michel. — 1867. 
MiUAAA&is, homme de lettres, à Athènes. — 1875. 
MiOT, colonel, chef d'état-major, 2, rue d'Auteuil. — 1878. 
•MiSTo (H.- P.) frères, négociants, à Smyme. — 1880. 

* Monceaux (Paul), professeur au lycée Condorcet, 34, rue de 

Londres. — 1885. 
MoNGiNOT, professeur au lycée Ck>ndorcet, 38 bis, avenue de 

Neuilly. - 1867. 
MoNOD (Gabriel), directeur de la Revue historique^ maître de 

conférences à TEcolé normale supérieure, 18 biSy rue du Parc 

de Clagny, à Versailles. — 1869. 
Montagne (Edmond), chef d'institution, à Villiers-le-Bel. — 

1868. 
Montaut (l'abbé), professeur à l'Université catholique de Tou - 

louse. — 1877. 
Moreau-Chaslon (Georges), 6, place de Valois. — 1869, 
MoscHopouLOS (Théodore), secrétaire du consulat de Roumanie, 

à Constantinople. — 1886. 
MossoT, professeur au lycée Condorcet, 20, rue de Vemeuil. — 

1878. 

* MouttiEft (Ad.), tîce-recteur honoraire do l'Académie de Paris, 

220, rue de Rivoli. — 1867. 
MouTTET (Félix), avoué-licencié, 109, nie Lafayette, à Toulon. 

— 1882. 

MouY (comte de), ministre plénipotentiaire de la République 
française près S. M. le roi des Hellènes, à Athènes, et à 
Paris, 26, rue Nicole. — 1884. 

Myriantheus (d' Hiéronymos), archimandrite de l'église grec- 
que Sainte-Sophie, Moscow Road, Bayswater. W.,à Londres; 

— 1879. 

Myrianthopoulos (L.), à Alexandrie. — 1880. 



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— XLVII — 

Nasos, directeur de la compagnie d'assurances le Phénix^ à 

Athènes. — 1868. 
Naville (Edouard), licencié es lettres, à Genève. — 1867. 
*Negroponte (Michel), négociant, à Paris. — 1876. 
*NBeBOPONT&8(Diniitrias), à Taganrog (Russie). — 1869. 

* NiGOLAïDÈs (G.), de rile de Crète, homme de lettres, à Athènes. 

— 1868. 

•NicoLAÏDÈs (Nicolaos), à Odessa (Russie). — 1869. 
NiooLAlDàs (Athanasios), rédacteur en chef du journal PhUippo^ 

polis, à Constantinople. — 1880. 
NicoLAïDÈs (D.), journaliste, à Constantinople.— 1880. 
NtooLAÏDt (le commandant B.), 6, avenue Percicr. — 1878. 

* NicoLOPULo (Jean-G.), 66, rue de Monceau. — 1884. 

* NicoLOPULO (Nicolas-G.), 66, rue de Monceau. — 1884. 
NiooT (Augustin), pharmacien, 37, rue des Nonnains-d'Hyères. 

— 1876. 

NiSABD (Auguste), inspecteur honoraire d'Académie, 89, boule- 
tard Hanssmann. — 1867. 
NiSARD (Charles), membre de Tlnstitut, 6, rue des BatignoDes. 

— 1867. 

NiSARD (Désiré), de 1* Académie française, 12, rue de Tottmon. 

— 1867. 

Oddi (F.-P.j, professeur de langues, au Caire. — 1880. 

OllB'Laprune, maître de conférences à TÉcole normale supé- 
rieure, 31, rue Gozlin. — 1869. 

Omont (H.), attaché & la Bibliothèque ndtidndle, 28, quai de fié* 
thune. — 1884. 

Oratis (A.), à Alexandrie. — 1880. 

Obphanidàs (Démétrius), professeur à TUiliversité d'Athènes^ «— 
1868. 

OoBBEL (Patd), 36, rue de TArcâde. — 1867. 



* Faisant (Alfred), juge au tribunal de la Séiné. — 1871 . 
Pakas (le di* P.), professeur de clinique ophthalmologique à la 
Faculté de médecine, 17, rue du général Foy. — 1875. 



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— XLVUl — 

Pangalos (Georges) , du secrétariat du Tribunal civil, au Caire. 
— 1882. 

Papadakis (le d' A. E.), de Crète, médecin à Athènes. — 1884, 

Papadakis (Théophraste), 4, rue Gluck. — 1884. 

Papadopoulos (Périclès), négociant, au Caire. — 1880. 

Papamarcos (Charissios), directeur de l'Ecole normale des Iles 
Ioniennes, à Corfou. — 1882. 

Paparrigopoulos (P.), professeur de droit à rUniversité d'Athè- 
nes. — 1868. 

Papathymios (Othon), négociant, à Mehalla-Kibir (Egypte). — 
1882. 

Pappis (Timoléon), à Constantinople. — 1883. 

Parapantapoulos (Jean), professeur de l'Ecole commerciale hel- 
lénique de Chalki, à Constantinople. — 1868. 

* Parasrevas (Wladirair), à Odessa. — 1880. 

Paris (Gaston), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, 112, rue du Bac. — 1868. 

* Parissi, à Athènes. — 1878. 

' Parmentier (Th.), général, membre du comité des fortifica- 
tions, 5, rue du Cirque. — 1872. 

Paspalli (Nicolas), négociant, à Constantinople. — 1868. 

Paspatis [Alexandre) , docteur-médecin , à C!onstantinople. — 
1868. 

Passerat (Louis), professeur agrégé en retraite, l , rue du Belvé- 
dère, à Tours. — 1874. 

Passy (Louis), député, 45, rue de Clichy. — 1867. 

Patë (Lucien), attaché à la Direction des beaux-ai*ts, 31, rue de 
Sèvres. — 1877. 

Pedonb-Lauriel, libraire-éditeur, 13, rue Soufiiot. — 1868. 

* Pélicier (P.), archiviste delà Marne, à Châlons. — 1867. 
Pepin-Lehalleur (Adrien), 14, rue de Castiglione, — 1880. 
Perdikidès (C), négociant, à Constantinople. — 1872. 
Perrot (Georges), membre de l'Institut, directeur de l'École nor- 
male supérieure. — 1867. 

Perroud (Cl.), recteur de l'Académie de Toulouse. — 1884. 
Person (Léonce), professeur au lycée Condorcet, à Maisons- 
Laffitte. — 1867. 



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— XLIX — 

Person (Emile), professeur au lycée Coztdorcet, 33, rue d'Am- 
sterdam. — 1877. 

* Persopoulo (N.), à Odessa. — 1873. 
Pbsmazoglou (Jean), à Alexandrie. ^ 1880. 

* Pesson, ingénieur des ponts et chaussées, 25, boulevard Ma- 

lesherbes. — 1878. 
Petit (M°»e veuve), à Senlis (Oise). — 1872. 
Peitt (Arsène), 49, avenue de l'Observatoire. — 1880. 
PsTPr DE Jullevillb, maître de conférences à l'École normale 

supérieure, 49, rue du Ranelagh. — 1868. 
Peyre (Roger), professeur d'histoire au collège Stanislas, 42, 

rue Jacob. — 1879. 

* Phardys (Nicolas-B.) , de Samothi-ace, directeur de l'Ecole 

hellénique à Cargèse (Corse). — 1884. 
Philios (Démétrius), à Athènes, — 1879. 
Phostiropoulos (Constantin), à Athènes. -»- 1878. 
Photiaois (Nicolas), négociant, à Constantinople. — 1868. 
PiAT (Albert), 85, rue Saint-Maur-Popincourt. — 1867. 
Picard (Alph.), libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte. — 1879. 
PiÉBouRO (Eldmond), professeur agrégé à la Faculté de droit à 

Douai. — 1880. 
Pilastre (E.), avoué, 4*5, rue Notre-Dame-des- Victoires. —1883. 
*PisPAS (B.;, à Odessa. — 1879. 
PiTRA (le cardinal), administrateur de la Vaticane, à Rome. — 

1884. 
PoFFANDis, 199, boulevard Saint-Germain. — 1879. 
PoiTRiNBAU, inspecteur d'Académie, à Vannes. — 1869. 
PoiYBT (l'abbé), professeur au petit séminaire de Versailles, — 

1883. 
PoLTCARPOS (Hierodiaconos), archimandrite, à Constantinople. 

— 1873. 
jPoBPHYRios SiNAïTE(le diacrc), au Caire,— 1883. 
PoTRON, 14, rue de l'Arcade. — 1867. 
PoTTiBR (René-Jean), professeur suppléant au lycée Condorcct, 

26, rue Joubert. — 1870. 
PoTTiSR (Edmond), professeur suppléant à l'Ecole des Beaux- 
Arts, 4, i)assage des Eaux, à Passy. — 1884. 

Annuaire 18Î<G. d 



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— L — 

Prjlrond (Ernest), 42, rue de lillers, à Abbeyîlle. «-> 1871. 

Prktenderes Typaldos, à Athènes. 

Prile.ja£ff (rarchi prêtre), aumônier de Tambassade de Russie 

à Paris, à Téglise russe, 8, rue Daru. ^ 1869. 
PgÀRAS, professeur de grec, 17, Alexander street, Weslbôurne 

Park, à Londres. — 1871. 

* PsiCHA (Etienne), à Athènes. -^ 1884. 

PsicHABi (Jean), agrégé de rUniversité, maître de conférences ii 

rÉcole des Hautes-Études^ âô, rue Gay-Lussao. ^ 1879. 
PsYGHARis (Antoine), hôtel Bellevue, i Dresde. *^ 1868. 

* Queux de Saint-Hilaire (marquis de), 3, rue Souf&ot. — 
- 1867. 

Ralli (Georges), négociant, à Alexandrie. — 1877. 

Ralli (Théodore-A.), à Alexandrie, •— 1879. 

Ralu (Théedore), 12, allées des Capucines, À Marseille, «^ 

1867. 
Ralli, Schiliui et Aroxnti, négociants, 12, allées des Cf^>u- 

cines, à Marseille. «<- 1867. 
Rally (Nicolas), 8, rue de Lisbonne. — 1884. 

* Rambaud (Alfred), professeur à la Faculté des lettres, 76, rue 

d'Assas. — 1870. 
tlANOAsâ (Rizo), ministre plénipotentiairo de Grèce, Regenton-» 

Strasse, à Berlin. — 1868. 
Rangabê (Cléon), eonsul-général à Sofia. -— 1884. 
Rayet (Olivier), professeur d'archéologie près la Bibliothèque 

nationale, 8 bis^ rue Raynouard. — 

* Reinach (Salomon), ancien membre de TÉcolc française d'A- 
thènes, 31 , rue de Berlin. ~ 1878. 

Reinach (Théodore), 31, ruo dé "Berlin. — 1884. 
Renan (Ernest), membre de Tlnstitut, administrateur du Collège 
de France. — 1867. 

* Rrnieri (Marc), gouverneur de la Banque nationale, à Athènes . 

— 1867. 
Revillout, professeur k la Faculté des lettres de Montpellier. — 
1869. 



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— Ll — 

Rhallis (Etienne), négoeiant, à Constantinople. ** 1868* 

* Riant (comte Paul), membre de Tlnstitut, 51, boulevard de 
Gourcelles. — 1867. 

* Richard-Kœnio, négociant. — 1869. 

RiBDBR, directeur de TÉcole alsacienne, 109, rne Notre-Dame* 

des-Champs. — 1878. 
RniN (Charles), professeur au collège RoUin, 59, rue Rodier. «- 

1876. 
Rizo (Michel), ancien consul général, à Alexandrie (Egypte). •- 

1873. 
Robert (Charles), membre de Tlnstitut, 25, boulevard de La- 

tour-Maubourg. — 1867. 

* Robertbt (G.), chef de bureau au ministëre de llnstraction 
publique, 13, rue PaulvLouis-Courrier. -^ 1873. 

Robsrti (A.), professeur d'anglais au collège de Briançon. «-• 
1873. 

Robiou (Péliz)t correspondant de Tlnstitut, professeur à la Fa- 
culté des lettres, à Rennes. — 1872. 

RocHSTEBiB (lliaxime de Isj^ à Orléans. -«- 1879. 

RoDiLLON (Fabbé), ancien supérieur du séminaire de Crest, à Lyon, 
16, rue de Tramassac. «-» Rétabli en 1885. 

* RoDOCANAOHi (Théodore), 18, avenue de TOpéra. — 1884. 

* RoDOCANACHi (P. -Th.), à Odessa. — 1873. 
RoDocANACHi (Th. ••£.), négociant, 14, allées des Capucines, à 

Marseille. — 1867. 
^ RoDocAHACRi (Michel «E.), négociant, 10, allées des Capucines, 
à Marseille. — 1867. 

* RoDOCANACHi (P.), 42, aveuue Gabriel. — - 1867. 
RoBsscH, professeur à l^Unitersité, à Liège. -^ 1873. 

* RoMANOB (Jean)^ proviseur du gymnase de Corfou (Grèce), «— 

1873. 
Rotbbgiiild (baron Alphonse de), 21, hu» Laffitte. — 1867. 

* Rothscëild (le baron Edmond de), 21, ruéLafiite. — 1884. 
Roustovitz (Alexandre), négociant au Caire. — 1880. 
RuELLB (Ch. -Emile), bibliothécaire à la Bibliothèque Saint#« 

Geneviève. — 1869. 



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— LU — 

Saglio (Edmond), conservateur au musée du Louvre, 24, rue 

Condé. — 1868. 
Saint -Paul (Georges), auditeur au Conseil d*Etat, place Maies - 

herbes. — 1877. 
Sarellaropoulo (Spiridion), docteur en philosophie, à Athènes. 

— 1874. 
Salomon, professeur au lycée Louis 4e-Grand, 6, boulevard 

Saint-Michel. — 1867. 
Saltelis (Th.), professeur, à Gonstantinople. — 1886. 
Salvago Pantaleon, négociant, à Alexandrie. — 1867. 

* Sarariotis (Basile), docteur-médecin, à Gonstantinople. — 

1872. 
Sarantb Yatrou, médecin oculiste, au Caire. — 1882. 

* Saraphis (Aristide), négociant àMételin (Turquiej. — 1868. 
Sabcey (Francisque), 59, rue de Douai. — 1868. 

SrVRiDis (Démétrius), orfèvre au Caire. — 1880. 

* Saripolos (Nicolas), correspondant de T Institut de France, 
avocat, à Athènes. 1868. 

Saripolos (Jean-N.), étudiant en droit, 9, rue deToumon. — 
1882. 

* Sathas (Constantin), campo San Stae, à Venise. — 1874. 

* Sayce, professeur à TUnivcrsité d'Oxford, King's Collège. — 

1879. 

* ScARAMANGA (Doucas), à Taganrog (Russie). — 1870. 

* ScARAMANGA (Joau-A.), à Taganrog (Russio), — - 1870. 

* ScARAMANGA (PierTC-J.), attaché à la légation hellénique à 
Paris, 6, rue Le Chatelier (place Pereire). — 1872. 

* ScARAMANGA (Stamatios), à Taganrog (Russie). — 1870. 

* ScARAMANGA (Joau-E.), 2, allées des Capucines, à Marseille. — 

1376. 

* ScHLiEBiANN (Henri), à Athènes. — 1868. 

ScLAVos (P.-C), négociant,. 76, Palmerston Buildings, à Lon- 
. dres. — 1867. 

ScouLouDis. (Etienne), ancien député, à Athènes. — 1868. 
SoouzES (M"« Hélène), à Athènes. — 1882. 
Sellet (Eug.), professeur au lyfcée do Vanves, 30, boulevai»d du 
Lycée. — 1870. 



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— LUI — 

Sknart (Emile), membre de Tlnstitut, 16, rue Bayaitl. — 1867. 
Serres (Victor), à Alger. — 1.885. 

Sestieb (J.-M.), avocat à la Cour d'appel, 24, rue Nicole. — 
1881. 

* SiNADiNo (Nicolas), 4 5«, rue du Quatre-Septembre. — 1884. 

* SiNADiNO (Michel), 18, avenue de FOpéra — 1880. 

* SiNAMO (Victor), 4, rue Meissonier. — 1884. 
SiPHNAios (Jean), négociant, à Constantinople. — 1868. 
Skliros (Georges-Eustathe), 82, Mortimer Street, Cavendish 

Square. W., à Londres. — 1876. 
Skyuzzi (Jean-Isidoris), à Athènes. — « 1868. 
SoLOMONiDis (Épaminondas)^ docteur-médecin, lie de Poros 

(Grèce). — 1880. 
SoRBL (Albert), gecrétaire de la présidence du Sénat,.— 1871. 

* Souchu-Servinière, docteur-médecin, à Laval. — 1870. 
SouLiDis (Nicolas), avocat, à Constantinople. — 1881. 
SouTzo (Al.), secrétaire du consulat général de Sofia. — 1872. 

* SoDVADZOGLOU (Basîli), négociant, à Constantinople. — 1878.' 
Stahslis (Athanase), docteur en médecine, à Alexandrie. — 

1879. 
Stamouus (A.), à Silyvrie, (Turquie). — 1874. 
Stephanos (D' Clon), à Athènes. — 1879. 

* Stsphanovic (Zanos), à Constantinople. — 1868. 
SuGDURY (G.), à Athènes.. — 1867. 

* Sully -Prudhom&œ, membre de T Académie française, 82, rue 

du Faubourg-Saint-Honoré. — 1883. 

* Syllogue littéraire V Hermès^ à Manchester. — 1874. 

* SYîfGR08(A.), député, à Athènes. — 1877. 

Talamox (Henri), 64, rue de Richelieu. — 1883. 

Talbot (Eugène), professeur au lycée Coudorcet, 11, rue de la 

Planche, — 1867. 
Tamvacos (N.-D.), à Constantinople. — 1874. 
Tamy, ancien professeur, 35, rue de Grenelle. — 1877. 
Taxnery (Paul), ingénieur des manufacteures de tabacs, 221, 

rue du faubourg St-Honoré. — 1885. 
Tardieu (Amédée), bibliothécaire en chef de rinstitut.— 1872. 



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— LIV — 

* TARLA8 (Th.). à Tagonrog (RuMie). — 1873. 

* Tblfy (J.-B.)t professeur de littôratore classique à rUiÛTersitô 

de Pesth. — 1869. 
Ternjiux-Qoupans, secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg ; 

3, rue Neuve-Fortin, à Paris. — 1878. 
Tbsrieb, professeur au collège Rollin, maître de conférences à 

rÉcole normale primaire, de Sèvres, 42, rue de La-Tour« 

d'Auvergne. — 1878. 
Tsainm (M** Adélaïde)^ à Zante (Orèce). -^ 1883. 
Tertu (comte de), à Tertu, par Trun (Orne). — 1867. 
TnÉNA^nn (A.), professeur au Ijcée de Versailles, 8, rue Royale, 

à VersMlles. -^ 1884. 
Theodoridis (Nicolas), phaimacien, à Constantinople. -— 1868. 
Tmolcoos, chef de la maison P. Théologos, de Manchester, A 

Athènes. — 1872. 

* TiuÈRE (marquis de), 14, rue de Marignan. — 1873. 
TouFKCTSOFF (M»), à CavaU (Turquie). — 1873. 

* TotJOARD (l*abbé Alb.), docteur es lettres, professeur au petit 

séminaire (Rouen). •*- 1867. 

* TouRNiER, maître de conférences à TEcole normale supérieure, 

16, rue de Tournon. — 1867. 

* TouRTouLON (baron de), ch&teau de Yalergues, par Laasargues 

(Hérault). ^ 1869. 
TRiiNCHAU, inspecteur d'Académie honoraire, à Orléans (Loiret). 

— 1868. 
Travers (Albert), inspecteur des Postes et Télégraphes, 13, 

passage Stanislas. -— 1885. 
Trélat (Emile), directeur de TÉcole spéciale d*architecture, 17, 

rue Denfert-Rochereau. — 1877. 
Tresse, 184, rue de Rivoli. — 1868. 
TRÂVBBRffT (Armand de), professeur à la Faculté des lettres 

de Bordeaux. — 1869. 
*TsACALOToa (E.-D.), à Athènes. — 1873. 
TzrrzopouM ft-ères (0. et Cbr,)i bijoutiçrs, A CÎQHstantinopk. ** 

1881, 

* UmviwiT* p'Atrônii, — 1868. 



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• LV -> 

Vaguano (Andt*é), négooiânt, 23) rue dé T Arsenal, àManaille* 

— 1868. 

Vau^ttas (J.*N.), professeur, 27, Heaterley Grove Bayswater, 

à Londres. — 1867. 
* Yaubri [Octavien], 2, Kensington Park Gardeni à Londres. 

— 1879. 

Vausri (Jérôme), négociant, 7, rue de TArsenal, à Marseille. 

— 1868. 

Vakby (Emmanuel), conseiller à la Cour, 14, rue Duphot. — 

1878. 
Vapqiadis (Apostelos) , docteur^médecin, à Gonstantinople» »- 

1868*. 
Vaphiadis (Georges), journaliste, à Bucharest. — 1868. 
Vasmaridis, directeur de TÉcole grecque de Péra, à Constantin 

nople. «^ 1880. 
Vasbari (Pantazis), à Tantah (Egypte). — 1883. 
Va8T (Henri), professeur au lycée Condorcet, 9, rue de Greffulhè« 

— 1875. 

Vatouotis (ledocteui'), ft Aleiandrie (Egypte). ^ 1870. 

Yauzellbs (Ludovic de), conseiller honoraire à la Cour d^appel 
d'Orléans. — 1867. 

VtNvrooLfis (Dém.)) directeur du lycée grec, à Ale&asidrie4 «— 
1879. 

VENBtoctÈe (Minos), avocat) à Aleiandrte« -^ 1879. 

YiRiN, professeur de philosophie à TEcole de Pont-Levoy (Loir- 
e^Cher). — 1869. 

Verna (baroti de), au ch&teau de Haute^Pierre, par Crémicu 
(Isère)»--- 1869. 

Véron-Duverger, professeur à la Faculté de droit, 2 bis, rue 
Soufflet. -* 1872. 

Vidal-Lablacbb, maître de conférences à TÉcole normale supé- 
rieure. — 1870. 

Vincent (Edgar), 8, Ebury street, S. W., à Londres. — 1880. 

* Vlasto (Antoine), à Paris. — 1884. 

* Vlasto (Étienne-A.), 12, allées des Capucines, a Marseille»— 

1875. 

* Vlasto (Emest), ingénieur, 44, rue des Écoles, - 1884» 



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— LVI — . , 



Vl^sto (Miehel-A.), rentier, 154, boulevai'd Malhesherbes. — 
1884. 

* Vlasto (Thôoiîore), chez MM. Ralli frères, à Liverpool. — 
VoGùé (Melchior de), membre de Tlnstitut, ancien ambassadeur, 

2, rue Fabert. — 1875. 
VoLTERA (Gerasimos) , négociant, au Caire. — 1876. 

* V0ULISMA.S (Eust.), archevêque de Corfou. — 1873, 
VouTYRAS (Stavros-Jean) , journaliste, à Constantinople. — 

1868. 
Vretos (Jean- a.), journaliste, à Athènes..— 1868. 

* VuciNA (Emmanuel-G.), à Odessa. — 1873, 

* VuciNA (A..G.), à Odessa. — 1873. 

* VuciNA (Jean-G.), à Odessa. — 1873. 

WADDiNaTON(W.-Henry), membre de Tlnstitut, sénateur, 11 615, 

rueDumontd'Urville. — 1867. 
Waddington (Ch.), professeur à la Faculté des lettres, 50, rua 

de la Tour-d'Auvergne. — 1873. 
Wagensr (A.), membre de la chambre des représentants, à Gand. 

— 1873. 
Waux)n (Henri), sénateur, secrétaire perpétuel de F Académie 

des Inscriptions et Belles*Lettres, au palais de Flnstitut. -^ 

1869. 
Watel, professeur au lycée Condorcet, 105, rue Miroménil. — 

1871. 
Wbil (Henri) , membre de Flnstitut, maître de conférences à FÉ- 

cole normale supérieure, 64, rue Madame. — 1867. 

* Wescher (Carie), conservateur à la Bibliothèque nationale, 89, 

rue de Vaugirard. — 1867. 
Wrrr (Pierre de), 83, boulevard Haussmann. — 1882. 
WiTTE (baron de), membre de Flnstitut, 5, rue Fortin. — 1867. 
WoRMs (Justin), banquier, 10, rue du ConseiTatoire. — 1876, 

* Xanthopoulos (Démétrius), à Odessa. — 1879. 

* Xydias (S.), à Odessa. — 1873. 

* Xydias (Nicolas), artiste peintre, 19, rue des Prétres-Saint- 

Gcrmain-FAuxeiTois. — 1884. 



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— Lvn — 

Zapibopulo (Etienne), président du comité Coray, 11, cours du 
Chapitre, à Marseille. — 1877. 

Zaïmis (Alexandre), député, à Athènes. — 1879. 

Zaja (Louis), avocat, à Alexandrie. — 1880. 

Zalocostas (Pierrc-N.), 7, rue Casimii^Delavigne. — 1886. 

Zarifi (Léonidas), négociant, à Ck)n8tantinople. <— - 1867. 

Zabifi (Périclès), négociant, 20, allées des Capucines, à Mar- 
seille. — 1867. 

Zmos (Nicolas), négociant, au Caire. — 1880. 

* ZoGiuPHOs (Christakis Effendi), banquier, fondateur du prix 

Zographos, 21, avenue de TOpéra. — 1868. 

* Zographos (Xénophon), docteur-médecin, 18, rue Nouvelle, à 

Constantinople. — 1868. 
Zographos (Selon), 21, avenue de FOpéra. — 1876. 



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— Lwn • 



SOCIÉTÉS CORRESPO^DA^TES. 



Athènes. 

Écolo françaîsd d* Athènes. 

Société archéologique. 

Syllogao des amia de rimtruction, le Pamaue. 

— pour la propagation des études greeques. 

— d'enseignement (3t3aaiuiXixé()« 

— littéraire, le Byron, 

Anxerre. 
Société des sciences historiques et naturelles de TYonne. 

Baltimore (États-Unis). 
Johns Hopkins Universitj. 

Boston. 
Arcliadoiogical Institute of America. 

Constantine. 
Société archéologique du département de Constantine. * 

Constantinople. 
Sylloguo littéraire hellénique. 

Le H^vre. 

Société havraise d* études diverses. 

Londres. 
Société pour le progrès des études helléniques. 

Uarseillo* 
Comité Coray, 



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^ LIX — 

Montpellier. 
Académie des sciencftB et lettres de Montpellier 

Paris. 
Société bibliographique universelle. 

Smyrtte. 

Musée et bibliothèque de TÉcole évangélique. 



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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 29 AVRIL 1886 



• 



DISCOURS 

PRONONCÉ PAR 

M. LE Bi'« DE QUEUX DE SAINT-HILAIRE 

ANCIEN PnÉSIDENT 

REMPLAÇANT LE PRÉSIDENT MALADE 
ET LES VICE-PRÉSIDENTS EMPÊCHÉS 



Messieurs, 

Depuis vingt ans qu^existe notre Association, c'est 
la seconde fois seulement que TAssemblée générale 
ne voit pas à cette place son président en exercice. La 
première fois, vous vous en souvenez, c'était en 1879. 
Cette année, notre président, M. Foucart, récemment 
élu membre de Tlnstitut, venait de partir pour Athènes 
où il était appelé aux fonctions de Directeur de notre 
savante Ecole française d'archéologie. M. Gidel, alors 
premier vice-président, dans le discours qu^il prononça, 
ne manqua pas de faire remarquer que, contrairement 
à ce qui a lieu d^ordinaire en de semblables occasions, 
c'était deux événements, également favorables aux étu- 
des grecques et heureux pour notre président, qui mo- 



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tivaieni son absence au milieu de nous. Il n'en va pas 
malheureusement de môme cette année. Les circon- 
stances qui amènent un de vos anciens présidents à la 
place qu^il occupe, sont particulièrement douloureuses. 
Notre président en exercice, M. Jourdain, est retenu 
loin de nous, depuis quelque temps déjà, par une mala- 
die sérieuse qui, sans leur donner d'inquiétudes, afflige 
ses nombreux amis. Tant que ses forces le lui ont per- 
mis, il a tenu à venir assister à nos séances qu*il pré- 
sidait avec une douceur et une courtoi&ie qui ne sera 
jamais oubliée parmi nous. Lors même que sa voix af- 
faiblie ne parvenait plus que difûcilement à nos oreilles, 
il réussissait à se faire entendre à force de se faire 
écouter. C'est Tétat do santé. de M. Heuzey qui ne lui a 
pas permis, non plus, de remplir aujourd'hui ses fonc- 
tions de premier vice-président et qui Ta obligé même 
à décliner l'honneur de vous présider Tannée prochaine. 
Notre second vice-président, M. Gréard, recteur de l'A- 
cadémie de Paris, dont vous avez pu apprécier tous^ à 
nos séances mensuelles, le tact et le dévouement, est 
retenuàlaSorbonne parle Congrès des Sociétés savantes 
des départements ; M. Glachant, le président de Tan 
dernier, est en tournée d'inspection générale en Algérie ; 
c'est à lui, à défaut du bureau actuel, qu'il eût appar- 
tenu de présider cette séance ; l'honneur lui en revenait 
à double titre, d'abord comme le plus cécent de nos 
présidents, ensuite, comme le promoteur du concours 
de composition grecque entre les ouvriers typographes 
de Paris et de la province, dont vous allez couronner, 
cette année, pour la première fois, les lauréats. 

En vérité, Messieurs, malgré le regret de leur ab- 
sence , je suis tenté de ne plaindre qu'à demi nos 
présidents actuels et nos présidents antérieurs des 
raisons qui les retiennent aujourd'hui loin de nous, car 
elles leur épargnent la tâche pénible d'énumérer de- 
vant vous les pertes cruelles qui ont affligé notre 
Association, pendant ce dernier exercice. 



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— un — 

Cette année, qui vient de finir, aura été une des plus 
tristes pour nous tous, une des plus douloureuses 
pour notre Association, qui, en quelques mois, a vu 
disparaître trois de ses fondateurs, trois de ses mem- 
bres les plus actifs, les plus dévoués, trois des per* 
sonnes qui, après avoir contribué le plus utilement è 
sa fondation, n*ont cessé de lui prodiguer, depuis, les 
marques d*un dévouement à toute épreuve. Âi-je 
besoin de rappeler devant vous MM. ESqqbr, Mile.br« 
GusTAVB d'EicHTHAL, quo VOS ycux chercheront en 
vain, désormais, à la place où ils étaient accoutumés à 
les trouver, exactement fidèles à toutes nos réunions ? 

Gomment louer dignement notre vénérable président 
honoraire, notre cher M. Bgger? Mon embarras eût 
été grand, et je me serais vu réduit soit à répéter les 
éloges qui ont été prononcés sur sa tombe par 
MM. Desjardins, Himly, Hauréau, Jourdain et Sari* 
polos, ou bien à résumer d*une façon incomplète les 
articles de journaux de MM. Ren9Ln( Journal des DébaiiJ^ 
Michel Bréal (Le Temps), Ch. Huit (Le Monde J, Bikilae 
(^EotCa eiHevue du Monde LaiinJ, Sabatier (Journal de 
Genève), etc.) ou les notices que vous connaissez, et 
qui ont été publiées sur notre regretté confrère^ celle 
si précise, si détaillée, si complète de son ami, M. Ana<» 
tôle Bailly^ qui a paru dans les Mémoires de la Société 
de l'Orléanais; Téloge si exact, si juste « si sobre» 
et en même temps si élevé que M. Alfred Groiset, a 
prononcé en prenant place dans la chaire de littérature 
grecque de la Faculté des Lettres où il succédait au 
savant professeur qui Tavait occupée pendant quarante- 
quatre années sans interruption. 

Heureusement pour la mémoire de M. Egger et pour 
vous-mêmes, je puis vous lire quelques pages inédites^ 
également dignes de lui et de vous. Notre président, 
M. Jourdain, avait préparé le discours qu4l devait 
prononcer aujourd'hui à cette place, et ce discours 
commençait par un éloge de M. figger^ son ami de* 



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— LXlII — 

puis près de cinquante ans. M.Jourdain a bien voulu 
me communiquer ces feuillets incomplets et il m'a au- 
torisé à vous en donner lecture, les voici : 

« Je croirais trahir votre attente, Messieurs, et Je ne 
répondrais pas certainement à dos sentiments qui sont 
unanimes pour vous et que moi-môme je partage» si 
je ne vous entretenais pas d*abord du ooUèguB éminent 
qui nous a été enlevé, il y a six mois, et dont la perte 
répand sur notre réunion annuelle un voile de tristesse 
et de deuil. 

c A la nouvelle de la mort de M. Emile Egger qui 
de nous ne s'est senti frappé? L'érudition française et 
la science de l'Antiquité perdaient en lui une de leurs 
lumières, renseignement public, un de ses maîtres les 
plus laborieux et les plus dévoués, notre Association, 
un de ses fondateurs qu'elle était iière de conserver à 
sa tête sous le titre de président d'honneur; nous 
tous, le plus sûr des guides et le plus fidèle des amis. 
J'ai le devoir aujourd'hui de payer, en votre nom, un 
pieux hommage à la mémoire de ce confrère, objet de 
nos regrets si affectueux, de vous dire quelle a été sa 
vie et par quelle suite de travaux honorés, il s^est 
rendu digne d'inscrire son nom sur la liste des nobles 
serviteurs de la science et du pays, dont le souvenir 
ne périra pas. 

t Emile Egger était né à Paris, le 48 juillet 18i3. 
Son père, qui exerçait la profession de tapissier, por- 
tait dans cette industrie, avec une parfaite honnêteté, 
certaines qualités vraiment remarquables de bon goût 
et de sagacité. Je me suis toujoulrs rappelé avoir vu, 
étant bien jeune encore, à l'exposition de 482lr, un 
modèle de tente de son invention qu'on admirait beau- 
coup mais qui ne l'enrichit pas. Peu de temps après^ 
il mourut sans laisser de fortune, et le jeune Egger, 
ses éludes à peine terminées, dut donner des leçons 
pour venir en aide à sa mère et à sa sœur qui, do 



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— LXIV — 

son côté, s'essayait sous la direction de Redouté, à 
peindre des fleurs. Elle avait fait dans cet art des pro- 
grès rapides, et ses premiers essais témoignaient d'un 
talent réservé à de grands succès, quand, à la fleur de 
Tâge, elle succomba aux atteintes d'une afTection de 
poitrine, qui, je le sais, ne pardonne pas. 

« Doué de la plus heureuse mémoire et d'une grande 
facilité de travail, mais travaillant avec cette sage mé- 
thode qui double la puissance de l'effort, Egger sut, 
de bonne heure, concilier les occupations que sa situa- 
tion de famille lui imposait avec Tappren tissage de 
cette érudition philologique qu'il devait pousser si 
avant. Tout en donnant des leçons et en écrivant de 
nombreux articles pour le Journal général de Vins- 
tiiiction publique, il trouvait le temps de suivre les 
cours de M. Boissonade, de M. Eugène Burnouf, et de 
M. Hase, nouait des relations avec les plus savants 
hommes du temps, se faisait recevoir licencié es let- 
tres, et, deux ans après, à peine âgé de vingt ans, 
docteur es lettres. Les thèses qu'il présenta, en 1833, à 
la Faculté des Lettres de Paris, pour obtenir ce grade 
témoignaient déjà de la variété et de la force de ses 
études. La thèse latine avait, pour sujet, la vie, les 
écrits et la doctrine d'Archytas de Tarente. Il y soute- 
nait, avec habileté, quoiqu'il ne soit pas parvenu à 
convaincre M. Cousin, un de ses juges, l'authenticité 
des fragments qui nous sont parvenus sous le nom du 
célèbre Pythagoricien. L'objet de la thèse française 
était : L'éducation chez les Romains, qui, Tannée précé- 
dente avait inspiré un savant mémoire à M. Naudet. 

« Reçu, en 1834, agrégé des classes supérieures des 
lettres, il fut chargé pendant quelques années de l'en- 
seignement des humanités dans divers collèges royaux 
de Paris, sans interrompre cependant ses études sa- 
vantes, les unes d'histoire, les autres, de pure philologie 
qui devaient être, dans la suite, l'honneur de sa vie. Ce 
fut alors qu'il donna une édition de Longin et une autre 



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— LXV — 

de Festus^ et qu'il écrivit pour le concours, en 1839, de 
rAcadomie des Inscriptions et Belles-Lettres, son Exa^ 
men critique des historiens de la vie et du règne d'Auguste 
qui remporta le prix. L'ouvrage parut en 1843. 11 est 
dédié à M. Victor Le Clerc dont la bienveillance avait 
encouragé les premiers efforts de Tauteur. Il n'est pas 
indigne de ce patronage. Tous les historiens latins 
d'Auguste, depuis Auguste lui-môme, jusqu'aux der- 
niers abréviateurs de son règne, y sont l'objet de ju- 
gements motivés, et on peut affirmer sans crainte 
d'être démenti, qu'ils ne furent jamais appréciés avec 
autant d'élévation, d'exactitude et d'équité. Le volume 
se termine par trois appendices dont l'un contient des 
Recherches sur le régime municipal chez les Romains, un 
autre, le meilleur texte grec et latin du Monument d'An" 
cyre qui eût été publié avant l'importante découverte 
de notre confrère, M. G. Perrot. 

<c Déjà, Emile Egger avait donné mieux que des es- 
pérances et s^était acquis un nom comme érudit. Sous 
les auspices de M. Villemain dont il s'était concilié la 
bienveillance comme celle de M. Victor Le Clerc, il 
publia, en 1842, ses Reliquix veteris sermonis latini. 
Gomme son titre l'indique, l'ouvrage est un recueil de 
fragments de l'ancienne langue latine. On se trompe 
quand on croit connaître la langue latine, sans avoir 
pris soin de la ramener à ses sources. Cicéron, Titc- 
Live, Virgile, Ovide, sont sans doute de grands noms, 
dignes d'une éternelle admiration; mais ils ne suffisent 
pas pour nous initier à la connaissance non seulement 
de la langue mais de la civilisation, des mœurs, de la 
religion de ce peuple que la Providence avait destiné h 
devenir le maître du monde. Cette science que nos 
pères estimaient peu, mais qui, par une sorte de réac- 
tion exagérée et par conséquent injuste, est sur le 
point do se substituer dans l'estime de beaucoup de 
nos contemporains au culte des grands historiens, 
cette science ne se trouve que dans de vieux débris, 

Annuaire 1886. e 



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— LXVl — 

dans des mots, dans des formules, dans quelques frag- 
menls, témoins du passé. C'est un choix de ces an- 
ciens témoignages qu'Egger s'était proposé de recueil- 
lir. D'autres que lui auraient pu entreprendre un pareil 
travail mais ils ne l'avaient pas fait, en France, du 
moins ; il en a été chargé par un ministre dont le goût 
égalait le savoir, et il s*est acquitté de cette tâche avec 
un discernement qui ne sera jamais trop loué. 

« C'était un honneur pour l'enseignement secondaire 
que de posséder dans ses rangs, un maître aussi émi- 
nent; mais Egger méritait d*être appelé à des fonctions 
plus hautes. En i840, il fut nommé maître de confé- 
rences à l'Ecole normale; reçu, la même année, avec 
Ozanam et A. Berger, agrégé des Facultés, il fut choisi 
par Boissonade, pour suppléant dans la chaire de litté« 
rature grecque de la Faculté de Paris. Une nouvelle et 
plus vaste carrière s'ouvrait devant Egger; il la par- 
courut tout entière avec autant de zèle et de persévé- 
rance que de profit pour ses auditeurs. A l'Ecole nor- 
male, appelé à la conférence do grammaire qu'Eugène 
Burnouf avait autrefois dirigée, il renouvela les tradi- 
tions de son illustre prédécesseur et sut donner à 
l'enseignement d'une branche qui, jusque là, passait 
pour un peu secondaire, une importance et un intérêt 
aujourd'hui très appréciés. A la Faculté des lettres, il 
élargit la sphère dans laquelle M. Boissonade s'était 
renfermé et s'inspirant des exemples admirés qu'il 
avait sous les yeux, il sut môler à de pures explica- 
tions de textes^ la critique et la littérature dans ce 
qu'elles ont de plus élevé. Le premier fruit de ses 
leçons qui vit le jour en 1849, est le bel Essai sur Vhis- 
toire de la critique chez les Grecs, suivi de la Poétique 
d'Aristote et d'extraits de ses problèmes avec une 
traduction en français. 

€ On peut dire de cet ouvrage qu'il est complet; 
l'auteur suit le progrès de la critique chez les Grecs 
depuis les temps les plus reculés jusqu'à ces jours du 



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— LXVU — 

moyen âge où la pensée grecque n'était plus qu'un 
souvenir mal compris et n'avait plus d'autres inter- 
prètes que les commentateurs d'Ârislote dans les 
écoles de l'Occident. là Essai sur l'histoire de la critique 
a un autre mérite : l'auteur y témoigne dans toutes 
ses pages d'un esprit vraiment philosophique. Il parle 
de Socrate et de Platon, comme s'il les eût entendus 
discourir sur le Beau. Quand il arrive à Aristote, il 
expose une véritable philosophie de l'art. Son style a 
rélégante simplicité qui convient au sujet. On sent 
que l'écrivain est un maître qui parle pour être com- 
pris et qui n'a d'autre prétention que la clarté, h' Essai 
sur l'histoire de la critique a obtenu un succès que les 
livres d'érudition obtiennent bien rarement. La pre- 
mière édition est depuis longtemps épuisée, et, à la 
dernière séance annuelle de l'Institut, notre confrère, 
M. Michel Bréaladonné lecture de la Conclusion nou- 
velle qu'Egger venait de préparer pour une seconde 
édition, lorsque nous l'avons perdu. 

« Cependant la France avait vu en peu d'années la 
Monarchie remplacée par la République et à son tour 
la République renversée par l'Empire. Il est rare que 
le contre-coup des révolutions no so fasse pas sentir 
dans la paisible sphère de l'instruction publique. Heu- 
reux les peuples chez qui elles n'ont pas pour effet de 
la bouleverser et de la ruiner! En modiûant sur beau- 
coup de points les programmes d'enseignement, le 
nouveau gouvernement dont les vues trop systématiques 
ne furent pas toujours dignes d'approbation, conçut 
du moins l'utile projet d'introduire la grammaire com- 
parée dans notre plan d'études. Une chaire spéciale, 
créée à la Faculté des lettres de Paris, fut confiée à 
M. Hase, et la science que Tillustre philologue allait 
inaugurer dans l'enseignement supérieur reçut en 
même temps droit de cité dans les lycées où jusque- 
là elle était inconnue. Egger était resté, dans tout le 
cours de sa carrière, en dehors de la politique et n*a- 



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— LXVIIl — 

vait nulle intention de s'engager sur ce terrain si agité, 
si mouvant, mais, peut-être, ne fut-il pas étranger à 
une excellente innovation qui allait grandir le champ 
de renseignement grammatical, objet de la chaire 
qu'il occupait à l'Ecole normale. Quoiqu'il en soit, il se 
rendit sans éprouver de peine, disons mieux, avec 
empressement, à la proposition qui lui fut faite par le 
ministre, M. Fortoul, d^écrire un petit volume destiné 
à propager dans les lycées, la connaissance et le goût 
de la grammaire comparée. L'ouvrage devait se ré- 
duire à quelques notions élémentaires, sous peine de 
manquer son but ; il devait aussi ne traiter que des 
langues grecque, latine et française, les seules que 
connussent, à l'époque où il parut, les élèves de nos 
lycées, et nous pourrions même dire, le plus grand 
nombre des professeurs. Mais, sur les rapports de ces 
trois langues, combien d*obscrvations savantes et cu- 
rieuses ouvrant des perspectives jusqu'à la langue 
mère, jusqu'au sanscrit! Soit qu'il traite des parties 
du discours, soit qu'il analyse les règles de la syntaxe, 
soit qu'il aborde les questions importantes de l'étymo- 
logie, l'auteur montre combien il est versé dans la ma- 
tière qu'il traite, combien il est maître de son sujet el 
le domine. Tant il est vrai qu'il faut dominer son sujet, 
pour faire un bon livre, ne fût-ce que pour l'usage de 
la jeunesse I 

« Quelques années après, Egger paya un nouveau 
tribut à la science grammaticale par son ouvrage sur 
Apollonius Dj/scolcy personnage connu aujourd'hui de 
quelques érudits seulement et qui cependant est la 
plus haute expression de la grammaire savante dans 
l'antiquité. Ce qui poussait Egger à s'occuper d'Apol- 
lonius, ce n'était pas seulement le désir de remettre 
en lumière un écrivain oublié, quoique ce désir ne soit 
pas absolument frivole, c'est qu'Apollonius, répudiant 
les fantaisies étymologiques des anciens, notamment 
de Platon, dans le Cratyle, prétendait fonder les théo- 



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— LXH — 



ries grammalicales sur Tobservalion des faits. Après 
avoir raconté ce qu*on sait de la vie très peu connue 
d*Âpollonius, Egger passe à ses ouvrages ; il caracté- 
rise son style et sa méthode, puis arrive à sa doctrine 
et expose ce qu'il enseignait sur ces différentes espèces 
de mots, sur la syntaxe, l'accentuation, la quantité, les 
étymologies, môme sur Torthographe. La conclusion 
de cette Qdèle analyse, c'est, d'une part, qu'Apollonius, 
cet enfant de la Grèce, qui ne connaissait et ne citait que 
la langue de son pays, a laissé une véritable philosophie 
du langage, laquelle, quoique incomplète par certains 
endroits, estapplicable à toutes les langues, c'est, d'autre 
part, que ses livres sont encore la meilleure source où 
puisse aller puiser la science de nos jours. 

€ Après avoir exposé d'une manière générale le sen- 
timent à' Apollonius sur la division et la classification des 
parties du discours, il explique avec une clarté et une 
érudition également remarquables ce que le grammai- 
rien grec a pensé du nom, du pronom, de Tarticlc, du 
verbe et des particules indéclinables, telles que la pré- 
position, l'adverbe et la conjonction. Il n'omet pas 
môme ce qui concerne la contraction et l'orthographe. 
Que ces matières soient un peu arides, nous no le 
nions pas, mais l'auteur a su en diminuer la sécheresse 
par la manière dont il les a traitées, par les rapproche- 
ments qui se multiplient sous sa plume, par la clarté 
de son stylo, par l'élévation intelligente des aperçus. 
Apollonius, nom aujourd'hui si peu connu, est replacé 
sous son vrai cadre, dans l'histoire de la Grammaire et 
des théories grammaticales de l'antiquité. 

« Ces travaux d'une érudition si originale et si variée 
marquaient la place d'Egger à l'Académie des loscrip- 
lions et Belles-Lettres. Il y fut élu le 24 avril 1854, en 
remplacement de Benjamin Guérard. Dans une carrière 
déjà longue, il s'était toujours proposé comme récom- 
pense suprême ce témoignage de Testime du monde 
savant, et il ne cacha pas sa joie do l'avoir enfin obtenu. 



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Mais le succès où d'autres s'endorment ne fut pour 
son activité qu'un nouveau stimulant. Durant les trente- 
ct-une années qu'il passa à l'Académie, il s'est montré 
le membre le plus laborieux et le plus zélé. Non-seu- 
lement il assistait à toutes les séances avec une assi- 
duité vraiment exemplaire, il prenait part aux discus- 
sions, toutes les fois qu'il en trouvait l'occasion, il y 
mêlait des réminiscences souvent décisives et étonnait 
ses confrères anciens et nouveaux par les richesses de 
sa mémoire toujours présente. 

« Il écrivît sur les sujets les plus divers des mémoires 
considérables qui seront toujours consultés avec fruit; 
il ne se refusait pas à en lire des fragments dans les 
assemblées générales ou trimestrielles de l'Institut, et 
combien de fois n'a-t-il pas rempli ce rôle de lecteur! 
Quand chacun s'abstenait ou se taisait, l'Académie des 
Inscriptions le trouvait toujours prêt à prendre la pa- 
role au nom de ses confrères, et à charmer un auditoire 
d'élite par la solidité et la finesse lumineuse de ses 
communications. 

« Tels sont, pour nous borner à quelques exemples, 
entre tant d'autres dont M"™« Egger a soigneusement 
dressé la liste, le mémoire sur La Poésie pastorale ; celui 
sur Les Secrétaires des Pi^inces chez les anciens; celui sur 
Les Traités intetmationaux chez les Grecs et chez les Romains; 
celui sur L'Etude de la langue latine chez les Grecs; celui 
sur 1^ Meurtre politique chez les Grecs, Tous ces mé- 
moires seront toujours consultés avec autant de profit 
que d'agrément; ils ofTrent une solidité unie à un in- 
térêt qu'on ne trouve pas chez beaucoup d'autres éru- 
dits chez qui la science est sévère jusqu'à devenir 
rébarbative. » 

Les feuillets que M. Jourdain m'a remis se terminent 
ici. Je me garderai bien d'y rien ajouter, comme je 
n'en ai voulu rien rclranclier. La vie de M. Eggcr, à 
partir de la date où son ami s'est arrêté, est la plus 



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— LXXI — 

connue de la pluparl d'entre nous, car c*est celle où 
nous Tavons vu le plus souvent au milieu de nous. De 
plus, j'espère que notre Président se rétablira promp- 
tement et qu'il pourra achever bientôt, lui-môme, la 
magistrale étude dont. je ne vous ai lu que le commen* 
cernent. C*est le vœu que je me permets d'exprimer 
ici, en votre nom comme au mien, bien certain d'être 
en cela l'interprète de tous vos sentiments. 

Quatre mois à peine après la mort subite de M. Egger 
à Royat, un autre de nos fondateurs qui fut deux fois 
notre Président, un de nos confrères les plus zélés et 
les plus dévoués, s'éteignait à Cannes, où, miné par 
une redoutable maladie, il était allé chercher, trop 
lard, une espérance de guérison que ne conservaient 
guère ses nombreux amis. 

M. Miller (Bénigne-Glément-Emmanuel), mort le 
9 janvier de cette année 1886, était né à Paris, le 
49 avril 1812. De quinze mois plus âgé que M. Egger, 
il s'était, comme lui, entièrement consacré à Tétude 
du grec dès sa première jeunesse; mais, tandis que 
M. Egger se renfermait, pour ainsi dire, dans la 
littérature grecque ancienne, dont il faisait son 
domaine qu'il a exploré jusque dans ses derniers 
recoins, M. Miller s'attachait particulièrement à l'étude 
de la Grèce au moyen-âge, pendant cette période si 
obscure et si peu connue encore, môme après les ré- 
cents travaux des Français, des Grecs, des Anglais et 
des Allemands, que l'on appelle l'époque byzantine. 
Tous les deux, je devrais dire tous les trois, en rappe- 
lant devant vous le nom toujours vivant de leur ami, 
notre regretté Brunet de Presle, tous les trois, ils 
s'étaient partagé le domaine entier de l'histoire de la 
Grèce et des lettres grecques. L'anliquité, depuis les 
temps préhistoriques jusqu'à la domination romaine, 
appartenait à M. Egger. Depuis l'ère chrétienne jus- 
qu'à la chute de Constantinople sous Mahomet II, 



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— LXXII — 

c*élait le domaine de M. Miller. Depuis le xv*' siècle 
jusqu'à nos jours, y compris Tépoque héroïque de la 
régénération en i82i, la Grèce avait pour historien 
enthousiaste et convaincu, M. Brunel de Presle. Au- 
jourd'hui, les trois branches de ces savantes éludes ont 
perdu leurs chefs qui, tous les trois, furent les fon- 
dateurs de notre Association, nos présidents, nos amis. 
Tous les trois, ils ont droit à notre reconnaissance qui 
ne peut plus se traduire, hélas ! que par la constance 
de notre souvenir et la sincérité do nos regrets. 

Peu d'existences ont été aussi laborieuses et aussi 
bien remplies que celles que je viens de rappeler. 
M. Jourdain vous a dit quelques-uns des travaux de 
M. Egger; je n'ai pas la prétention d'énumérer- tous 
ceux de M. Miller. Le temps qui m'est accordé ne me 
le permettrait pas, et je dois me borner à vous en 
signaler les principaux. 

Doué d'un esprit éminemment curieux, avide de tout 
savoir et de tout connaître, M. Miller s'était adonné de 
préférence aux époques les plus obscures du moyen- 
âge byzantin. Il aimait mieux fouiller dans les replis 
de la grande mine ouverte à la Renaissance, pour y 
trouver des filons inconnus ou injustement dédaignés, 
que de travailler avec la foule toujours renouvelée des 
savants à la mise en œuvre des trésors déjà mis au 
jour. Attaché, dès 1833, au cabinet des manuscrits 
grecs de notre bibliothèque, alors Royale, il s'était 
imposé la tâche de lire, la plume à la main, tous les 
trésors confiés à sa garde, comme son collègue, M. Pau- 
lin Paris, s'était donné celle de lire et d'analyser tous 
les manuscrits du fonds français. De ces lectures et de 
ces recherches il tira d'abord un Mémoire sur l'histoire 
de i établissement des Vandales en Afrique, qui, en 1836, 
obtint un prix à l'Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres, puis un volume, publié en 1839, à l'Imprimerie 
royale, et qui contient Le Périple de Marcien d" Héraclée ; 
VEpitome d' Artémidore ; Isidore de Charax, etc., c'est un 



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— LXXJIl — 



supplément aux deimières éditions des petits géographes grecs, 
d'après un manuscrit grec de la Bibliothèque royale. L'an- 
née suivante, en 1840, il fit paraître, d'après un au- 
tre manuscrit grec de la Bibliothèque de Paris, un 
Eloge de la chevelure, discours inédit d'un auteur ano- 
nyme, en réfutation du discours de Synésius intitulé : 
Eloge de la calvitie. 

Après avoir accompli ce travail qui eut effrayé les 
plus laborieux, il voulut se donner la satisfaction d'ex- 
plorer tous les fonds grecs des bibliothèques étrangè- 
res. Il sollicita et obtint des missions pour visiter les 
dépôts dltalie (4836 et 1842), d'Espagne (1843), de Rus- 
sie (1856) et plus tard de Grèce. Ces voyages et ces 
études philologiques ne Tempêchaient pas de s'occuper 
activement de bibliographie. Il publia, avec M. Aube- 
nas, de 1840 à 1845, une Revue de bibliographie analytique 
qu*il céda en pleine voie do prospérité à M. Didot et 
qui fut continuée sous le nom de Nouvelle revue encyclo- 
pédique. 

Ces recherches quelquefois pénibles dans des dépôts 
inexplorés ou mal connus, lui procurèrent souvent la 
bonne fortune, moins rare qu'on ne croit, car le hasard 
n'y entre que pour bien peu, do faire de précieuses 
découvertes. C'est ainsi qu'en 1843, à l'Escurial , il 
trouva dans un manuscrit du xvi« siècle , Les frag- 
ments de Nicolas de Damas relatifs à la mort de César. 
Imprimés en 1849, ces fragments furent traduits en fran- 
çais pour la première fois, par notre confrère, M. Al- 
fred Didot, tout jeune alors. En 1848, parut le Catalogue 
des manuscrits grecs de la bibliothèque de VEscurial^ publié 
par ordre du gouvernement. Quelques années plus tard, 
en 1851, M. Miller mettait au jour un document d'une 
importance capitale pour l'histoire du christianisme, les 
Philosoplumena, qu'il crut pouvoir attribuer à Origène 
et qu'il avait rencontrés dans Tamas confus des ma- 
nuscrits rapportés de Grèce par Minoîde Minas. En 
janvier 1850, il fut nommé bibliothécaire de l'Assem- 



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— LXXIV — 



blée législative, en remplacement de Beucbol et il n*a 
cessé que tout récemment d'occuper les mêmes fonc- 
tions auprès du Corps législatif de TËmpire et de l'As- 
semblée nationale. En 1855, il publia, h Tlmprimcrie 
devenue Impériale, en deux volumes, Les poèmes deAla^ 
nuelPhilé, d'après les manuscrits de TEscurial, de Flo- 
rence, de Paris et du Vatican, quMl fit précéder d'une 
savante préface écrite en un latin à la fois élégant et 
facile. En 1856, il était en Russie, avec la mission offi- 
cielle, conduite par M. de Morny pour assister au cou- 
ronnement de l'empereur Alexandre II, et il ne se lais» 
sait pas détourner, par les fêtes et les réceptions, du 
plan qu'il s'était tracé, d'explorer les bibliothèques de 
Moscou et de Saint-Pétersbourg. A son retour, il 
fut élu, le 20 juin 1860, membre de l'Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres. Ses parrains furent son 
maître, M. Hase dont il avait suivi les cours ainsi que 
tous les philhellènes et les hellénistes marquants de ce 
temps, et M. Egger, son ami. Cet honneur ne fit qu'a- 
viver son ardente curiosité. En 1863, il allait explorer 
les mystérieux monastères du Mon^ Athos oîi il espé- 
rait faire de nouvelles conquêtes, et il pénétrait jusque 
dans ces couvents des Météores^ où la vie contemplative 
s'est bâti une aire inaccessible aux pas humains. La 
moisson qu'il y fit ne fut ni aussi abondante, ni aussi 
riche qu'il l'avait pensé; cependant les fruits de sa 
mission, qu'il a racontée spirituellement dans un arti- 
cle du Correspondant du 25 avril i866, et dont il- n'a 
donné qu'une partie dans ses Mélanges de iittérature 
grecque, en 1868, auraient suffi à plus d'une ambition. Il 
se consola, en faisant avec passion, dans Pile de Thu- 
sos où le hasard l'avait jeté et où le retint une décou- 
verte singulièrement heureuse, des fouilles d'où sont 
sortis ces admirables bas-reliefs et ces curieuses in- 
scriptions qui sont aujourd'hui un des ornements du 
musée du Louvre. 
Collaborateur assidu de la RevtAe de numismatique ^ de 



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— LXXV — 

la Revue archéologique, et du Journal des savants, dont il 
avait été nommé rédacteur, en 1874, en remplacement 
de Beulé, il donna à ces recueils de nombreux articles 
et notamment, dans les deux premiers, d'importants 
mémoires sur les Bulles byzantines^ sur les Inscriptions 
grecques découvertes dans Vile de Thasos, à Salonique, à 
Memphis^ en Egypte; en 1869, il publia dans la Revue 
archéologique un important fragment inédit d'Appien. 

A la mort de M. Brunet de Presle, en 1875, il avait 
été appelé à la chaire de grec moderne de TEcole des 
langues orientales vivantes, en remplacement de ce 
savant; à partir de ce moment, il s'occupa plus parti- 
culièrement de la langue et de la littérature grecques 
modernes et fit, souvent, dans le Journal des savants^ des 
articles fort remarqués sur les principales publications 
philologiques ou littéraires des Grecs actuels, sur les ou- 
vrages de M. Comnos, sur le lexique grec de M. Couma- 
noudis, sur les traductions de Shakespeare, de M. Bi- 
kélas; sur la collection des almanachs grecs, etc. Une 
de ses dernières publications, est celle quMl fit pour 
l'Ecole des langues orientales vivantes, en collaboration 
avec M. C. Sathas, de la Chronique de Cypre^ de Léonce 
Machairas, texte grec et traduction française, (deux 
volumes grand in-8®, 1882). D'une activité et d'une ar- 
deur infatigables, M. Miller a travaillé jusqu'à son der- 
nier jour. Quoique bien affaibli déjà, il avait emporté 
en partant pour ce dernier voyage du Midi d'où il ne 
devait pas revenir, une caisse remplie de livres, une 
valise pleine de notes. Mais en môme temps qu'il 
voulait tout apprendre et tout connaître, il travaillait 
avec un soin minutieux ce qu'il avait Tintention de 
livrer au public. Il gardait pendant des années, par 
devers lui les pièces qu'il ne trouvait pas encore assez 
bien accompagnées ou assez finies pour être exposées 
et qu'il se complaisait à polir sans cesse : on disait 
même qu'il était un peu jaloux de ses richesses, et qu'il 
n*aimait pas qu'on les connût avant le moment choisi 



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— LXXVI — 

pour leur exhibition; c*est qu'il voulait les montrer 
dans tout leur lustre. Cette lenteur, pleine de charmes, 
pour celui qui caresse et perfectionne sans cesse une 
idée qu'il croit pouvoir réaliser aujour voulu, n'est pas 
sans périls; outre Tennui de voir publier par d'autres, 
plus actifs ou moins scrupuleux, les trésors dont on 
se croit seul dépositaire, que de travaux restent inache- 
vés qui ne pourront être terminés, que de matériaux ac- 
cumulés pendant toute une vie de labeur et qui risquent 
de ne pouvoir êtie utilisés. Ce sera malheureusement 
le cas pour quelques-uns des travaux de M. Miller. 
Nous pouvons cependant, sur ce point, rassurer nos 
savants confrères. Nous savons que tous les manus- 
crits, tant grecs que français, laissés par M. Miller, ont 
été religieusement recueillis par celle qui porte digne- 
ment ce nom honoré, et quMls seront confiés à des 
mains exercées et savantes qui ne tarderont pas à nous 
faire jouir de ces curieux travaux. Puisque j'ai parlé 
de M"™« Miller, j'ai la satisfaction. Messieurs, de vous 
faire connaître de sa part, une libéralité dont notre 
Association doit profiter exclusivement. Suivant en cela 
l'exemple donné par la famille du feu comte de Marcel- 
lus, qui nous avait fait présent des ouvrages de notre 
confrère, M™« Miller a bien voulu faire don à notre Asso- 
ciation des exemplaires restants de toutes les œu- 
vres de son mari; ces livres seront mis à la disposi- 
tion de ceux de nos confrères qui manifesteront le 
désir de les posséder. La plupart de ces ouvrages, 
sortis des presses de l'Imprimerie nationale, ne se 
rencontraient que rarement en librairie et à des prix 
fort élevés; on croyait môme que quelques-uns étaient 
épuisés. On a retrouvé, après la mort de notre ami, un 
nombre d'exemplaires assez considérable, pour com- 
bler bien des lacunes dans nos bibliothèques, pour 
faire bien des heureux parmi nos confrères, au nom 
desquels j'ai le devoir d'adresser à M"^® Miller nos plus 
respectueux remerclments. 



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— LXXVII — 



M. Miller, mort à Cannes, a voulu que ses restes re- 
posassent près de Metz, dans un pays qu^ense mariant 
il avait adopté comme une seconde patrie, et qui lui 
était devenu plus cher encore depuis qu'il Tavait vu si 
cruellement arraché à la France et saignant toujours 
de cette séparation. N'ayant pu exprimer sur sa tombe 
ouverte au-delà de nos Trontièrcs officielles, les regrets 
de TAssociation, je crois de mon devoir de les trans- 
mettre, en votre nom, à la femme et à la fille de notre 
cher et regretté confrère qui laisse parmi nous un 
souvenir qui ne s'effacera pas. 

Comme si ces deuils cruels et successifs n'avaient 
pu désarmer Timpitoyable mort qui choisit ses victi- 
mes, nous apprenions, il y a quelques jours à peine, 
qu'un nouveau malheur venait de frapper notre Asso- 
ciation déjà si éprouvée. M. Gustave d'Eichthal, qui, 
malgré son grand âge, manquait rarement à une de nos 
réunions, soit publiques, soit privées, que je voyais, 
lors de notre dernière séance, monter notre escalier 
avec une vivacité et un entrain que lui enviaient les plus 
jeunes, a été emporté en peu de jours par une maladie 
aussi soudaine qu'imprévue. 

M. G. d'Eichthal a été pour nous, vous le savez. 
Messieurs, non pas seulement un des fondateurs de 
notre Association, mais bien son véritable fondateur. 
Sur mes instances, il a consenti à raconter, il y a quel* 
ques années, dans VAnniiatre de 1877, l'histoire si cu- 
rieuse et si instructive de la fondation de l'Association 
pour l'encouragement des Etudes grecques en France. Il a 
dit comment, de la proposition de Beulé d'organiser 
une société de secours pour les insurgés crétois, et de 
la pensée de Brunet de Presle de faire revivre l'ancien 
comité philhellénique, il avait dégagé l'idée de la création 
d'une association ayant pour but d'encourager les étu- 
des grecques. A ce titre, il mérite d'être considéré, 
avec Beulé et Brunet de Presle, comme le véritable 
fondateur de notre compagnie. Vous savez tous avec 



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- LXXVIII — 



quel zèle, avec quelle ardeur, avec quel amour, pater- 
nel, si je puis ainsi parler, il a surveillé nos débuts 
dans le monde, il a suivi notre développement qui ne 
s'est pas toujours fait, il faut bien le dire, selon ses 
idées ou ses préférences. Nous avons été un peu, à 
son égard, comme ces fils de famille, enfants terribles, 
qui, suivant l'impulsion personnelle de leur génie, se 
développent autrement parfois que leurs parents Tau* 
raient souhaité, et qui leur donnent bien des soucis, ce 
qui ne veut pas dire qu'ils tournent mal! M. d'Eich- 
thal qui, malgré tout, était fier de son œuvre, ne nous 
a jamais ménagé du moins ni ses conseils, ni son appui 
matériel et moral. Dans la constitution première de no- 
tre Association, il a réclamé les fonctions do trésorier, 
les plus importantes, les plus nécessaires, et aussi les 
plus modestes. Il ne les a résignées que lorsqu'il. a vu 
notre prospérité déflnitivement assurée. Par excès de 
modestie, il a toujours obstinément refusé de se laisser 
nommer président et n'a accepté que les fonctions de 
vice-président qu'il a remplies pendant deux années de 
suite. Lorsque la mort est venu Tenlever à notre res- 
pectueuse affection, un certain nombre de nos confrères, 
je le sais, avait l'intention de proposer qu'on lui décernât 
le tilre de président honoraire qu'il avait plus que per- 
sonne contribué à faire donner à M. Egger. Ce vœu 
ne peut plus aujourd'hui être déposé que sur sa tombe, 
devant laquelle votre secrétaire-général, au nom de 
l'Association, a exprimé, avec le tact exquis que vous 
lui connaissez, nos regrets et notre reconnaissance. 

Voici quelques notes qui m'ont été communiquées 
par les fils de notre regretté confrère; ce sont des 
notes sur sa vie écrites, par lui-môme en 1875. Elles 
n'en ont que plus de prix ; je vous demande la permis- 
sion de les lire, toutes sommaires qu'elles soient, 
me réservant de vous parler plus longuement, du con- 
frère éminent que nous venons de perdre, dans Tune 
de nos prochaines réunions. 



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— LXXIX — 

— « Gustave d'EichLhul est né à Nancy le 2â mars 
1804, de parents Israélites, et se convertit au catholi- 
cisme à l'âge de 13 ans. Après de bonnes études laites 
au collège Henri IV, il devint, en 1822, le disciple 
d'Auguste Comte, et par lui, connut Saint-Simon. A 
la suite de voyages on France et en Angleterre, et de 
quelques années d'apprentissage commercial, il se 
rallia en 1829 à l'école Saint-Simonienne., et en devint 
un des membres les plus actifs. Après la dissolution 
de l'école, il se rendit en Italie et de là en Grèce, où 
il fonda avec un autre jeune homme français, 
Alexandre Roujoux, sous la direction du ministre 
Colottis, un bureau d'économie publique. De cette époque 
datent des relations qui, trente ans plus tard, le 
conduisirent à publier, en commun avec M. Re- 
nicri, la brochure sur V Usage pratique de la langue grec- 
que comme langue universelle (1864) et à fonder avec 
plusieurs hellénistes français et hellènes, VAssociation 
pour l'encouragement des éludes grecques en France (i867). 
Revenu d'Athènes à Paris en 1835, il y publia Tannée 
suivante : Les deux mondes (Introduction à l'ouvrage 
d'Urquhart, intitulé: la Turquie et ses ressowces.) Dans 
ce livre, il indiquait la transformation de l'empire 
d'Autriche en monarchie austro-hongroise, comme 
condition nécessaire d'une nouvelle organisation po- 
litique de l'Europe. Dans les années suivantes, il s'oc- 
cupa d'études ethnologiques, notamment des rapports 
de la race blanche et de la race noire considérés comme 
types mâle et femelle de l'humanité (1839). Secrétaire de 
la Société d'Ethnologie, il publia divers travaux dans 
les mémoires de cette Société ; c'est à la môme série 
que se rattache le travail sur les origines boudhiques de 
la civilisation américaine, publié en 1865. Toutefois, 
la principale préoccupation de M. d'Eichthal a toujours 
été la réalisation de cette pensée de Saint-Simon que 
l'ordre nouveau, qui date de l'émancipation des Etats- 
Unis et delà Révolution française, ne peut définitive- 



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— LXXX — 

ment se constituer que par un dernier développement 
du christianisme; développement qui, à son tour, exige 
la révision des documents sur lesquels le christia- 
nisme se fonde ; telle a été l'origine de Touvrage inti- 
tulé : Examen cinlique et comparatif des trois premiers 
Evangiles, (Les Evangiles, I*"® partie, 2 volumes in-S», 
Paris i863) et de la brochure intitulée : Les trois grands 
peuples méditerranéens et le christianisme (in-8", Paris, 
1864.) M. d*Eichthal s*est également occupé d*une 
étude critique du Pentateuque^ et en a fait paraître, à 
titre d'essai, un fragment : La sortie d'Egypte^ diaprés 
les récits combinés du Pentateuque et de Manéthon (in-i*, 
Paris, 1873.) Enfin, au môme ordre de travaux se 
rattache le mémoire qu'il a publié sur le Texte primitif 
du premier récit de la création. Genèse, ch. i, ii, iv. 
(Paris. 1875.) M. d'Eichthal a aussi publié depuis 
dix ans divers articles dans Y Annuaire des études 
grecques et dans le même recueil, postérieurement à 
ce qui précède, un mémoire intitulé : Socrate et no- 
tre temps, qui a été traduit en grec et magnifiquement 
publié à Londres par M. Valettas (1880.) » 

Dans ces dernières années, M. d'Eichthal s'occupait 
avec ardeur d'écrire une histoire de Saint-Simon et de 
l'école Saint-Simonienne, qu'il connaissait mieux que 
personne, qui est aujourd'hui assez peu et surtout 
assez mal connue, et sur laquelle il possédait, avec ges 
souvenirs, des documents officiels les plus importants. 

A propos du livre sur les Evangiles, Sainte-Beuve, 
dans ses Nouveaux lundis (tome YI, page li), a donné 
de M. G. d'Eichthal, un curieux et très ressemblant 
portrait dont je détache ce passage : 

a M. Gustave d'Eichthal, une intelligence élevée, 
consciencieuse, tenace, imbue d'une religiosité forte 
et sincère, en quête, dès la jeunesse, de la solution du 
grand problème théologique moderne sous toutes ses 
formes, s'est appliqué avec une incroyable patience à 
une comparaison textuelle dos Evangiles, et en a tiré 



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— LXXXI — 

des conséquences ingénieuses qui ont à la fois un air 
d*exacte et rigoureuse vérité. » 

Vous m*exCuserez, Messieurs, de ne pas insister, en 
ce moment, sur la vie et les œuvres de M. d*Eichthal, 
et de ne pas m*étendre sur les services de tout genre 
qu*il a rendus à notre Association, son œuvre, dont il 
était justement fier; le temps me presse et je n*ai pas 
fini encore cette lugubre énuméralion des pertes qu 
nous ont affligés cette année. 

Après vous avoir parlé de nos doyens que nous avons 
vu disparaître, il me reste à vous dire quelques mots 
d'un des plus jeunes parmi nos confrères, que vous 
n'avez sans doute jamais vu parmi nous, et qui cepen- 
dant donnait les plus sérieuses et les plus légitimes 
espérances. 

11 y a presque un an déjà, le 13 avril 1885, mourait 
à Hyères, emporté par une maladie inexorable, à 
vingt-quatre ans, René Grousset, ancien élève de 
TEcole normale supérieure, ancien membre de TEcole 
d'archéologie de Rome, agrégé de l'Université et maî- 
tre de conférences à la Faculté de Grenoble. L'énu- 
mération de ces titres universitaires conquis si vite, 
prouve quels avaient été le travail et la persévérance de 
Grousset. A peine sorti de TEcole normale, il avait té- 
moigné le désir d'être admis dans notre Association et 
m'avait demandé de lui servir de parrain avec M. Alfred 
Croiset. Des mains pieuses viennent de recueillir et 
de publier en un volume quelques-uns des Essais de 
ce jeune homme de si grand avenir. La lecture de ces 
pages inachevées, comme celle de ses poésies et sur- 
tout de sa correspondance, montre ce que l'on était en 
droit d'attendre de Grousset. Je vous renvoie, Mes- 
sieurs, à ce volume qui devrait être dans toutes nos 
bibliothèques, et que vous me remercierez de vous 
avoir signalé. Vous y trouverez deux notices émues, 
l'une, biographique, par M. René Doumic, professeur 
du Collège Stanislas; l'autre, littéraire, par M. Imbart 

Annuaire 1886. / 



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— LXXXII — 



de la Tour, maître de conférences à la Faculté des 
lettres de Bordeaux, tous deux anciens condisciples et 
amis de Grousset, qui vous feront comprendre quelle 
perte les lettres et la science ont faite en ce jeune 
homme, dont le talent donnait déjà plus que des pro- 
messes et dont la nature élait à la fois si belle, si gé- 
néreuse, si noble. Pour nous, nous devons particuliè- 
rement retenir, dans ce volume, sous le titre d'Études 
homériques, deux morceaux d'une rare valeur, comme 
finesse et comme pénétration, l'un, sur Hélène; l'autre, 
sur les Jeux en l'honneur de Patrocle; ce ne sont que des 
exercices d'école, je le sais, mais ils montrent déjà, 
avec un goût très délicat, un vif sentiment de la beauté 
littéraire et surtout de la beauté morale qui resplendit 
dans les poèmes d'Homère. Certes, s'il eût vécu, René 
Grousset eût tenu une place remarquée dans notre jeune 
littérature ; il eût fait honneur à notre Association qui 
dépose, d'une main émue, une couronne sur la tombe si 
prématurément fermée du plus jeune peut-être de ses 
membres. 

La colonie grecque qui, vous le savez, fournit à nos 
listes un nombre d'adhérents presque égal à celui de nos 
compatriotes, a fait également une perte sensible en la 
personne de M. P. Vernudachi, oncle de notre confrère 
J. Psichari et membre de notre Association depuis 
1873. C'était un homme de bien, connu dans le monde 
des affaires plus que dans celui des lettres. Il avait une 
réputation de délicatesse scrupuleuse et sa conscience 
était eu quelque sorte proverbiale. Excellent patriote, 
il était toujours occupé de faire son devoir en venant 
discrètement en aide à bon nombre d'étudiants grecs à 
Paris, toujours prêt à contribuer de sa bourse à toutes 
les bonnes œuvres françaises ou grecques, et toujours 
de façon à ce que nul ne le sût. Profondément attaché 
à la France qu'il habitait depuis sa jeunesse, d'un 
esprit droit, juste, d'un sens loyal et du caractère le 
plus sûr , il s'était attaché à faire le bien plutôt qu'à 



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— LXXXIII — 

faire fortune. Aussi a-t-il laissé à tous ceux qui l'ont 
connu un souvenir attendri et pieux. Il méritait une 
mention parmi nos morts, malgré la modestie et l'obs- 
curité de sa vie. M. P. Vernudachi n'a pas d'histoire; 
mais pour avoir, été cachée, selon 1& conseil du philo- 
sophe grec, Xa6e 6t(&(jaç, sa vie n'en a été que plus 
belle et plus digne d'éloges. 

Messieurs, les pertes sensibles que nous avons fai- 
tes celte année, si douloureuses, si cruelles qu'elles 
soient, ne doivent pas abattre notre courage, elles doi- 
vent, au contraire, lui donner un aiguillon nouveau. 
C'est le sort naturel des sociétés littéraires qui, lors- 
qu'elles durent, sont une image de la vie humaine, de 
voir vieillir les jeunes et disparaître les anciens. Il 
nous faut pleurer ces derniers, comme une famille 
étroitement unie pleure ses parents et ses bienfaiteurs ; 
mais d'autres devoirs nous incombent; celui de nous 
montrer digne de ceux que nous avons perdus, celui de 
perpétuer parmi nos descendants leur mémoire et leurs 
travaux ; celui d'accomplir dignement la mission quMls 
nous ont confiée, et cette mission est grande, grave, 
sérieuse, aujourd'hui surtout. L'Hellénisme est me- 
nacé; les études grecques sont compromises; notre 
devoir, la preuve de notre existence et de notre virilité, 
notre seule raison d'être, c'est de les défendre par tous 
les moyens qui sont en notre pouvoir, et le premier de 
tous, c'est de prêcher d'exemple. Nous devons donc 
être les premiers à la tête des défenseurs de cette 
grande idée. Notre patrie grecque est en danger; nous 
avons vingt ans : Haut les cœurs, Sursum corda! 



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RAPPORT DE M. ALFRED GROISET 



SKCRÉTAIRG 



SUR LES TRAVAUX ET LES GONCOCRS DE L*ANNS8 1885-1886 



Messieurs, 

En dehors des ouvrages auxquels vous décernez des 
prix, le rapport de votre secrétaire doit toujours vous 
en signaler quelques autres qui sont dignes d'arrêter 
votre attention. 

Cette année, comme les précédentes, voici que nos 
anciens lauréats se hâtent de justifier par de nouvelles 
preuves de leur mérite les récompenses que vous leur 
avez accordées. 

M. Salomon Reinacfa, l'auteur du Manuel de philologie 
que vous avez couronné Tannée dernière, nous a 
donné, il y a quelques mois, un nouveau volume égal 
en valeur au précédent. C'est un Traité d'épigraphie 
grecque, de plus de cinq cents pages. Si le prix trop 
récent de M. Rcinach ne le mettait pas en quelque 
sorte hors concours, il est certain que son livre serait 
au premier rang de ceux que l'Association devrait cou- 
ronner. Quoi de plus utile aux Études grecques qu'un 
traité de ce genre, où tant de savoir est mis d'une ma- 



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— LXXXV — 

niëre si commode à la disposition des étudiants et des 
curieux? Quoi de plus méritoire aussi que le courage 
avec lequel M. Reinach affronte coup sur coup les en- 
treprises les plus redoutables? Ce qui fait le prix de ce 
courage, c'est que Tauteur n*ignore nullement les dif- 
ficultés auxquelles il s*expose. On peut lui appliquer 
ce que Thucydide disait des Athéniens, que tandis que 
les autres peuples étaient braves souvent par igno- 
rance du péril, eux Tétaient en pleine connaissance de 
cause, et sans que leur intelligence du danger affaiblit 
leur résolution. Dans ce volume comme dans les pré- 
cédents, M. Reinach sait à merveille qu'il commettra 
des fautes, qu'on pourra le reprendre sur plus d'un 
point; mais il sait aussi qu'il rendra malgré tout un 
très grand service, et il se résigne bravement à subir 
des critiques qu'il prévoit, pour ne pas manquer l'occa- 
sion d'accomplir une œuvre extrêmement utile et que 
personne probablement, à son défaut, n'aurait osé en- 
treprendre. L'Association sera heureuse, en louant 
l'auteur pour sa vaillance, de l'assurer en même temps 
que le résultat, malgré ses scrupules, répond à la 
grandeur de l'effort, et que notre littérature philologi- 
que compte désormais, grftce à lui, un excellent livre 
de plus. 

Trois ouvrages ont fixé définitivement le choix de 
votre Commission des prix. Elle décerne le prix ordi- 
naire à l'ensemble des publications du Syllogue litté- 
raire hellénique de Gonstanlinople. Elle partage le 
prix Zographos par moitié entre M. Amédée Hauvette- 
Besnault, pour ses thèses sur TArchonte-Roi et sur 
les Stratèges athéniens, et M. Bouché-Leclercq, pour 
la série de ses traductions successives des histoires de 
Curtius, de Droysen et de Herzberg. 

Vous connaissez tous, Messieurs, le Syllogue litté- 
raire de Constantinople, avec lequel notre association 
entretient depuis longtemps d'excellentes relations de 
confraternité philhellénique. Vous savez l'objet qu'il 



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— LXXXVl — 



se propose : servir do centre en Orient aux amis des 
choses grecques, et propager de plus en plus parmi 
les Hellènes (surtout ceux delà Turquie) à la fois le 
culte de leurs antiques chefs-d'œuvre nationaux et ce- 
lui des sciences toutes modernes qui ont trouvé dans 
les derniers siècles en Occident le terrain le plus favo- 
rable à leur développement. Le Syllogue deConstanti- 
nople est une des plus utiles créations de cet esprit 
grec contemporain que nous voyons partout si avide 
de culture, si actif à multiplier les écoles, si généreux 
à les doter, et pour qui les intérêts mômes du patrio- 
tisme se confondent comme naturellement avec ceux de 
la civilisation. 

Quinze gros volumes in-4<> portent témoignage de 
l'activité du Syllogue. Dans ces volumes, on trouve un 
peu de tout : non seulement des travaux philologiques 
ou littéraires, mais aussi de la philosophie, de la mo- 
rale, et môme de la botanique et de la physiologie. Il y 
a là, pour nos habitudes occidentales, un mélange un 
peu déconcertant au premier abord. Nous pratiquons 
la division da travail en matière de sociétés et de pu- 
blications scientifiques comme en tout autre, et nous 
poussons cette division chaque jour plus loin. Le mé- 
lange de tous ces sujets dans un môme recueil nous 
donne plutôt l'idée d'une revue destinée aux gens du 
monde que d'une publication savante. Et il est certain 
qu'en fait quelques-uns des travaux publiés par le Syl- 
logue sont plutôt des œuvres de vulgarisation que de 
recherche originale. Mais il s'en faut de beaucoup que 
ce caractère y domine exclusivement. A côté des étu- 
des qui ont pour principal intérêt soit de faire connaî- 
tre aux lecteurs les résultats essentiels de certains tra- 
vaux scientifiques récents, soit de ramener l'attention 
sur des problèmes littéraires et moraux bien souvent 
traités déjà, il en est un grand nombre d'autres qui ap- 
portent à la science des faits nouveau> ou des idées 
nouvelles : sans remonter au-delà du dernier volume 



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— LXSIVIl 



paru, je trouve, dans les suppléments qui l'accompa- 
gnent, d'une part un certain nombre d'inscriptions ré- 
cemment découvertes, de l'autre, chose plus inatten- 
due, six lettres inédites de l'empereur Julien. M. Pap- 
padopoulos Kérameus, qui les publie avec introduction 
et notes, est convaincu que les bibliothèques de l'O- 
rient ont encore plus d'un secret à nous livrer. Parmi 
les publications du Syllogue, quelques-unes seront 
surtout utiles en Orient, mais d'autres, on le voit, sont 
précieuses pour tout le monde, et parfois même plus 
encore pour les savants de l'Occident que pour ceux de 
la Grèce. Par exemple, le Syllogue a entrepris la pu- 
blication, depuis l'année 1873, d'un recueil des monu'- 
ments vivants de la langue moderne (auXT.o'fîl 'côv I^(«>vt(i)v 
(jLVY;pL£iu>v TTjÇ 'EXXTjvafjÇ vXcîxjcïYjç). On trouve dans ce re- 
cueil des monographies sur les dialectes d'une foule de 
pays helléniques ; monographies généralement bien 
faites, méthodiquement conçues et exécutées avec soin. 
Il n'est pas besoin de beaucoup de réflexion pour com- 
prendre à quel point des travaux de ce genre peuvent 
être précieux pour les savants de l'Occident; ceux-ci 
ne sauraient avoir, pour recueillir les faits de cet or- 
dre, ni les mômes facilités ni peut-être les mêmes ap- 
titudes que des indigènes. Le Syllogue ne saurait trop 
s'engager dans cette voie. Il rendra par là de très 
grands services à la science de tous les pays. C'est 
pour cela que votre Commission, Messieurs, n'a pas 
cru, en récompensant les publications du Syllogue de 
Constantinople, tenir trop peu de compte de notre ti- 
tre, qui nous oblige à encourager les Etudes grecques 
en France. La science, quand elle est de bon aloi, ne 
s'arrête devant aucune frontière. Elle est vraie par- 
tout, et partout utile, à la condition d'être divulguée et 
répandue. Il est donc bon de signaler en France les ex- 
cellents travaux du Syllogue de Constantinople. En les 
faisant connaître à quelques-uns de nos confrères fran- 
çais, qui les auraient peut-être laissés passer inaper- 



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— LXXIVIU — 

Qus, c'est bien encore pour la science française que 
nous travaillons. D'autant plus que la Grèce moderne 
peut rendre encore à nos études classiques un autre 
genre de services; c'est d'aider la Grèce antique à y 
maintenir son rang. Par ce temps de programmes uti- 
litaires, qui sait si ce ne sera pas quelque jour une 
bonne note pour Démostbène et pour Xénopbon d'a- 
voir parié une langue qui s'écrit presque encore dans 
les journaux d'Athènes et que les marins de l'Archipel 
peuvent comprendre sans trop de difûculté? Le con- 
frère vénéré que nous avons perdu récemment, M. Gus- 
tave d'Eichthal, insistait volontiers sur cet argument, 
et j'avoue que je le trouvais parfois superflu à côté de 
tous les autres qui se présentent en foule à l'esprit en 
faveur des études grecques. Aujourd'hui, je serais 
moins difficile. Le moment n'est pas loin peut être où 
tous les arguments auront leur prix, et surtout, selon 
toute vraisemblance, les arguments tirés d'une utilité 
pratique et immédiate. A ce point de vue encore, le 
Syllogue de Gonstantinople, par ses vaillants et heu- 
reux efforts en faveur de la diffusion de la culture 
grecque, défend une cause qui nous touche, qui nous 
est chère, et qui a peut-être besoin d'être gagnée en 
Orient pour l'être aussi en Occident. Vous serez heu- 
reux, Messieurs, que ce témoignage public de notre 
vive sympathie parvienne au Syllogue l'année môme 
où, sur son initiative et sous sa direction, un congrès 
d'hellénistes doit se réunir à Gonstantinople. Peu d'en- 
tre nous, sans doute, pourront s'y trouver présents. 
Que du moins l'expression de nos vœux pour le succès 
de cette réunion arrive jusqu'au Syllogue, et que nos 
confrères d'Orient veuillent bien voir, dans le prix que 
nous offrons au recueil de leurs travaux, une marque 
de la vive sympathie avec laquelle nous ne cesserons 
de suivre par la pensée leurs entreprises et d'y applau« 
dir. 
Los deux livres de M. Hauvette-Besnault que j'ai 



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— LXXXIX — 



menlionnés tout à Theure sont des thèses de doctorat, 
et des thèses dont Tidée première à été conçue pen- 
dant un séjour à l'École d'Athènes. Nous sommes ha- 
bitués. Messieurs, depuis plusieurs années déjà, à 
trouver dans la liste de nos prix ces rapprochements 
de noms. L'École d'Athènes produit beaucoup, et le 
doctorat en profite; nos concours aussi. 

Dans sa thèse latine, M. Hauvette-Besnault s'est oc- 
cupé de l'Archonte Roi. Gomment le pouvoir des an- 
ciens rois d'Athènes s'est- il transmis aux archontes? 
Gomment leur pouvoir religieux en particulier a-t-il 
passé aux mains de celui des archontes qu^on appelait 
le roi^ PoatXeuç? Quelles vicissitudes celte magistrature 
a-t-elle traversées et quelles étaient au juste ses fonc- 
tions? Telles sont les problèmes intéressants et dif- 
ficiles que M. Hauvette a cherché à résoudre. Il n'a pu 
toujours y parvenir. Les documents sont rares et quel- 
quefois obscurs. Sur l'inlerprélation d'un ou deux tex- 
tes, il est permis de ne pas partager son opinion. Mais 
ce qui caractérise en général sa méthode au plus haut 
degré, c'est la connaissance exacte des sources, la 
prudence et la sagacité. Ajoutons à cela la netteté du 
style et la clarté de la composition. La dissertation sur 
l'Archonte Roi est en ce moment le meilleur exposé de 
la question qu'on puisse lire. 

Le volume sur les Stratèges vaut mieux encore. Le 
sujet est par lui-môme plus important, et les qualités 
de l'auteur s'y montrent d'une manière plus frappante. 
G'est toute l'histoire de la stratégie athénienne que 
nous présente M. Hauvette : origine des Stratèges, 
les Stratèges au v« et au iv^ siècle, les Stratèges après 
la conquête macédonienne, telles sont les trois parties 
du livre. Pour ne parler que de la principale, celle qui 
se rapporte au \' et au i\° siècle, l'intérêt en est évi- 
dent. Toutes sortes de problèmes particuliers dont la 
solution importe à l'intelligence complète des écrivains 
se posent au sujet des Stratèges : mode et date de leur 



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— xo — 



élection, conditions exigées des candidats, rapports 
des Stratèges entre eux, nature de leurs fonctions, et 
bien d'autres encore. L'auteur les a étudiéçs avec cette 
conscience scrupuleuse et ce ferme jugement dont je 
parlais tout à Theure, et il n'y en a pas un sur lequel 
il n'ait contribué, par un usage judicieux des docu^ 
ments, à répandre quelque lumière. Mais ce ne sont 
pas seulement ces détails qui font l'intérêt du livre. 
En réalité, les fonctions des Stratèges tiennent à tout 
l'ensemble de la vie politique athénienne. Leur histoire 
est l'histoire môme d'Athènes vue par un certain côté. 
Leurs relations avec les orateurs, avec l'assemblée du 
peuple, avec leurs soldats, sont des faits d'ordre psy- 
chologique et politique d'une grande portée. Un chan- 
gement dans leur rôle ou dans leur situation corres- 
pond à une transformation de l'esprit public, des 
mœurs, de la culture. N'est-il pas frappant, par exem- 
ple, de voir quelle différence existe dans leurs rela- 
tions avec les hommes d'État, avec les orateurs, selon 
qu'on les étudie au v« ou au iv« siècle? Au v* siècle, il 
n'est pas rare que les hommes politiques influents 
soient élus Stratèges. Cimon, Périclès, Nicias sont à 
la fois des chefs de parti, des orateurs écoutés, et des 
Stratèges souvent chargés de commander l'armée ou la 
flotte. Au siècle suivant, tout est changé. La séparation 
est à peu près complète entre les fonctions de stratège 
et la tribune politique. Ni Gallistrate, ni Aristophon» ni* 
Démosthène, ni Eschine ne sont des Stratèges ; ce sont 
des orateurs, des hommes d'État, et rien de plus. Les 
fonctions sont devenues des professions de plus en 
plus distinctes. Les arts, en se compliquant, ont exigé 
de plus en plus une vie d'homme tout entière. Il nous 
est dilïicile, à nous, modernes, qui vivons sous un ré- 
gime analogue, d'être bien sévères pour cette sépara- 
tion. Et cependant, que de conflits personnels, que de 
querelles mesquines entre orateurs et généraux dans 
TAthènes du iv* siècle! Quoiqu'il en soit, le fait par 



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XCI — 



lui-même esl curieux et provoque à réfléchir. Sur la 
discipline aussi, que de traits de mœurs lumineux 
nous sont fournis par rhistoire des Stratèges ? Tous 
ceux qui ont lu Démosthène se rappellent Tamusant 
plaidoyer contre Gonon, ou Ton voit un honnête Athé- 
nien subir de la part de Gonon et de ses acolytes toute 
sorte de plaisanteries d'un atticisme bien étrange. 
L*une de ces scènes se passe au camp de Panacton, où 
le plaideur tenait garnison comme hoplite. Il avait 
pour voisin de tente Gonon et sa bande. La nuit ve- 
nue, ceux-ci lui font toutes les misères imaginables, à 
la fois de celles qu'on peut raconter, et de celles que 
Rabelais seul pourrait dire. Les malheureux vont se 
plaindre au Stratège. Dans une armée moderne, un 
simple soldat aborderait moins facilement son général. 
Le Stratège adresse aux coupables des reproches bien 
sentis, mais, dès la nuit suivante, les querelles re- 
commencent, et le tumulte devient tel que les officiers 
accourent, y compris le Stratège. Les adversaires sont 
aux prises, et les généraux se jettent sur eux pour les 
séparer. Dans tout cela, nulle trace de punition disci- 
plinaire. Le Stratège est un magistrat débonnaire, qui 
harangue plus volontiers qu*il ne punit. Une scène de 
ce genre en apprend bien long sur les aimées athé- 
niennes, c'est à*dire sur un côté considérable de la 
vie antique. 

M. Hauvette n'a pas manqué de rappeler le fait et 
d'en rapprocher plusieurs autres qui achèvent de le 
faire comprendre. Dans tout son livre, il associe très 
habilement l'exactitude du savoir, qui donne seule aux 
ouvrages d'érudition la solidité, avec le goût des idées 
générales qui seul les rend intéressants. Je demande 
la permission d'ajouter que depuis la soutenance de 
ses thèses, M. Hauvette-Bernault a été appelé par ses 
juges de la veille à devenir leur collègue, et qu'il con- 
tinue à donner comme maître de conférences h nos étu* 
diants l'exemple des qualités à la fois solides et distin- 



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— XCII — 

guées que votre commissioD a voulu honorer dans ses 
ouvrages en leur décernant la moitié du prix Zogra- 
phos. 

Le savant qui partage ce prix avec M. Hauvette est 
un des plus infatigables travailleurs de ce tenaps. J*ai 
nommé M. Bouché-Leclercq, dont la réputation n'est 
plus à faire. Les longs ouvrages ne lui font pas peur. 
h' Histoire de la divination dans l'antiquité, parue il y a 
six ans, était un travail monumental où Ton peut dire 
que la question a été épuisée. Cette année môme, un 
ample et précieux Manuel des Institutions romaines est 
venu combler une grave lacune de notre littérature 
philologique et scolaire. Mais ce n'est pas de ces tra- 
vaux que j*ai à vous parler aujourd'hui. L'Histoire de 
la divination échappait cette année h notre compétence 
par sa date, comme le Manuel des Institutions romaines 
par son sujet. Si je rappelle les titres de ces livres, 
c'est pour compléter un hommage qui s'adresse non- 
seulement au travail que vous couronnez aujourd'hui, 
mais à tout l'ensemble d'une carrière scientifique com- 
mencée par des thèses remarquées et continuée depuis 
sans interruption par une série d'excellents travaux. 
L'ouvrage qui nous donne aujourd'hui l'occasion d'ac- 
quitter en partie la dette contractée envers M. Bouché- 
Leclercq par tous les travailleurs, est cette belle suite 
de traductions qu'il a inaugurée en 1880 par le premier 
volume de VHistoire grecque de Curtius et qui, après 
l'achèvement du Curtius, s'est poursuivie et se pour- 
suit encore par la traduction de Droysen et par celle 
de Herzberg. Grâce à celte persévérance, nous possé- 
dons aujourd'hui en français, sur l'histoire de la Grèce, 
une série de travaux remarquables qui n'ont rien perdu 
à changer de costume et pour qui la traduction n'a ja- 
mais été une trahison. L'attribution d'une récompense 
à une œuvre si utile et de si longue haleine n'a vrai- 
ment pas besoin d'être justiflée. Ce n'est pas là sans 
doute une œuvre originale : c'est une traduction, e) 



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— XCIII — 

une traduction pour laquelle M. Bouché-Leclercq a dû 
réclamer le concours de plusieurs collaborateurs. Que 
ceux-ci reçoivent donc une part de nos remerciements. 
Mais ils seraient les premiers à reconnaître que pour 
mener à bon terme une œuvre de ce genre, une volonté 
courageuse qui dirige tout est indispensable. 

Cette volonté directrice a été la principale contribu- 
tion personnelle de M. BouchéLeclercq à Tœuvre com- 
mune, sans compter le travail effectif des traductions 
quMl a lui-môme exécutées et la revision de toutes les 
autres. Quant à ce fait que Tœuvre est traduite et non 
originale, qu^importe, si le labeur n'en est pas moins 
immense et consacré à Tœuvre la plus utile? Des tra- 
ducteurs (qui n*étaient même pas tous excellents) sont 
entrés pour ce seul mérite à TAcadémie française. 
Gomment notre Association, qui doit encourager les 
Études grecques, se ferait-elle scrupule de reconnaître 
qu'une traduction comme celle dont je parle, et qui est 
excellente, répond à merveille à son programme? D'ail- 
leurs, un savant comme M. Bouché-Leclercq ne se ré- 
signe pas facilement à n'être qu'un simple interprète 
de la pensée d'autrui. En traduisant, il vérifle, il juge, 
il améliore. Des notes excellentes ont été ajoutées ; la 
disposition extérieure de Touvrage est devenue plus 
élégante et plus commode; des sommaires, des tables 
de toutes sortes, des index en ont rendu l'usage plus 
attrayant. Un atlas de grande valeur, et qui est une 
œuvre nouvelle, accompagne la traduction française. 
Bref la marque personnelle du traducteur est partout 
visible, et la grandeur du travail est relevée d'une tou- 
che d'originalité discrète qui achève de mériter à 
M. Bouché-Leclercq une approbation que son mérite 
de traducteur suffirait à justifier. 

D'autres ouvrages encore, Messieurs, ont paru à vo- 
tre commission dignes d'estime à divers égards. Mais 
l'importance en était moindre évidemment que celle des 
travaux ou très considérables ou très neufs dont je 



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— XCIV — 

viens de vous entretenir. M. Zikidis, par exemple, a 
publié en grec moderne de bonnes études sur Tancien 
dialecte attique : on y trouve un judicieux emploi des 
faits mis en lumière par la science grammaticale con- 
temporaine, et il n'est pas douteux que ce livre ne soit 
appelé à rendre des services à renseignement dans la 
patrie de Tauteur. Mais M. Zikidis lui-môme, nous 
pouvons en ôtre sûr, s'inclinera volontiers devant les 
titres du Syllogue de Constantin ople. On en peut dire à 
peu près autant de la petite Histoire de la littérature 
grecque de M. Eustbatopoulos, très sommaire, mais 
nette, et qui a le mérite d'embrasser toute la période 
byzantine. Pourquoi faut-il que les ouvrages d'imagi- 
nation échappent entièrement à notre compétence, 
môme quand il s*y môle une certaine dose de réalité 
historique? Je ne sais trop si j'ai seulement le droit de 
nommer ici le drame à'Héracltus, œuvre d'un écrivain 
grec contemporain, M. Gléon Rangabé, dont le Julien 
et la Théodora, en grec aussi, ont trouvé naguère de 
nombreux lecteurs parmi les Hellènes, et un certain 
nombre jusqu'en France. Voilà pourtant qui est fait, à 
la demande formelle, je le déclare, de plus d'un de ces 
lecteurs sympathiques* 

Nos prix. Messieurs, vous le voyez, sont décernés à 
des travaux qui les honorent. Chaque année nous apr 
porte sa moisson, et la disette ne semble pas nous me- 
nacer à brève échéance. Notre enseignement supérieur 
aime le grec ; nos étudiants le cultivent avec une bonne 
volonté vraiment digne d'éloges. Souhaitons que ce bon 
exemple agisse de proche en proche, et qu'il finisse par 
atteindre jusqu'à nos bacheliers. 



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PBIX DÉCERNÉS PAR L'ASSOCIATION 

DANS LES LYCÉES ET COLLÈGES 

En 1885. 



VM^S/WV^WV«^/WWWWN#WV 



VERSION QRECQUE 



GOPCGOURS GÉNÉnAL DES LYCÉES ET COLLÈGES DE PAHIS 
ET DE VERSAILLES. 

Rhétorique. Guillaume ( Joseph- Jéan-Remy), élève du lycée Charle- 

magne. 
Seconde, Brunschvio (Léon;, élève du lycée Gondorcet. 
Troisième. Rbnbf (Lucien), élève du lycée Louis-le -Grand. 

* 
CONCOURS GÉNÉRAL DES LYCÉES ET COLLÉGKS 
DES DÉPARTEMENTS. 

Rhétorique, Blaisb (Marie-Charles-Henri), élève du collège de 
NeufcbAleau (Vosges). 



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PRIX DÉCERNÉS 

DANS LES CONCOURS DE L'ASSOCIATION 



(1868-1886) 

1868. Prix de 500 fr. M. TeuRNiER, édition de Sophocle. 

— Mention honorable. M. Boisskk, 9« vol. de l'édition, avec tra- 

duction française, de Dion Cassius. 
1SG9. Prix de TÂssociation. M. H. Wbil, édition de sept tragédies 
d*I£uripide. 

— Prix Zographos. M. A. Bailly, Manuel des racines grcrqven 

et latines. 

— Mention très honorable. M. Bernardakts, 'EiiiîvtxiQ ypay/iartyr,. 

1870. Pnx de TAssociation. M. Alexis Pierroïy, Édition de Tlliade. 

— Prix Zographos. M, Paparrigopoulos, Histoire nationale de la 

Grèce. 

1871. Prix de TAssociation. M. Gh.-Émile Rubllb, Tradnetîon des 

Éléments harmoniques d^Aristoxène. 

— Prix Zoçraphos. Partagé entre M. Sathas ('AvfaooTa U/«jycxK, 

Xpovixdv àvtfxoerov FsciaÇsidiou, ToupxoxpaTOU/ACvyi *£À/âî, Nsoîà- 
JLhjvcxiq f eioAoyta, Nâoi/ivjvtx^s ^(/o/oyca; napdpm/ia) et M. Va- 
LBTTAS (AevxÀoffuyo; taropia t-^{ àpx,aisci <Ay«}vcxvJ$ fiÀOJ.o'/isti 
iliXXiijvtvOtîvct fttrà ^o).X&v rtpo'sOyixôiv xxt otopOùctotv) 

1872. Prix de TAssociation. (N'a pas été décerné.) 

— Prix Zographos. (N a pas été décerné.) 

Médaille de 500 fr. M. Poutis, fàtUrri inl roû piov râv yttarépw 

1873. Prix de TAssociation, M. Amédée Tardibu, Traduction de la 

Géographie de Strabon, tomes I et II. 

— Médaille de 500 fr. M. A. Boucherie, *£p/c>)V9Û/cara et Roc0v7/£s« 

piv/i é/AiÀca, textes inédits attribués à J, Polliix. 

— Médaille de 500 fr. M. A. de Kocitas d'Aiglun, Poliorcétig\ie 

des Grecs; Philon de Byzance, 



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— XCVII — 

1ST3. Pr'iK Zographos. M. Coumanoudis (É.-A.), 'Att^x-^s «nr/pafa <ttt- 

— Médaille de 500 fr. M. C. Sathas, Bibliotheca çrœca medii œtï. 

1874. Prix de l'Association. M. C. "Wesciier, Dionysii Bysantii de 

navigatione Bospori qiiœ sitpersuntt grœce et latine, 

— Prix Zographos. M. Emile Legrand, Recueil de chansons po^ 

piilaires grecques publiées et traduites en français pour la 
première fois. 

•» Mention très honorable. M. E. Filleul, Histoire du siècle de 
Périclés, 

— Mention très honorable. M. Alfred Croiset, Xénophon, son ca- 

racicre et son talent. 

1875. Prix de TAssociation. Partagé entre M. C. Sathas (Mich, Pselli 

Ilistoria hgzantina et alia opuscula) et M. Petit de Julle- 
viLLE, Histoire de la Grèce sous la domination romaine. 

— Prix Zographos. Partage entre M. Miltarakis (K.y/.y.aotrx) et 

M. Margaritis Dimitza (Ouvrages relatifs à Thistoire de la Ma- 
cédoine). 

1S7G. Prix de TAssociation. Partagé entre M. Lallier (Thèses pour le 
doctorat es lettres : 1° De Critiœ tyranni vita ac scriptis ; 
2° Condition de la femme dans la famille athénienne au 
v^ et au iv^ siècle avant V ère chrétienne) et M. Phil. Bryen- 
Nios (Nouvelle édition complétée des lettres de Clément de 
Rome). 

— Prix Zographos. MM. Coumanoudis et Castorcris, directeurs de 

1877. Prix de TAssociation. (N'a pas été décerné.) 

— Prix Zographos : MM. Bayet et Duchksnb, Mission au mont 

Athos. 
1S78. Prix de l'Association. Partagé entre M. B. Auiîk (Restitution 
du Discours Véritable de Celse traduit en français) et M.Victor 
Prou (Édition et traduction nouvelle de la Chirobaliste d*Hércn 
d'Alexandrie). 

— Prix Zographos. Le Bulletin de Correspondance hellénique. 
1S71>. Prix de l'Association. M. E. Saolio, directeur du Dictionnaire 

des antiquités grecques et romaines. 

— Prix Zographos. M. P. Decharmë. Mythologie de la Grèce an» 

tique. 

iStfU. Prix de l'Association. M. Ex. Caillemer, Le droit de succession 
légitime à Athènes. 

— Prix Zographos, M. Henri Vast, Études sur Bessarion. 



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^ xcvni — 

1881. Prix de rAssocialion. M. F. Aug. Obvaert, Histoire de la mu- 

sique de l'antiquité, 

— Prix Zographos. M. A. Cartault, La trière athénienne, 

1882. Prix de rAssocîation. Partagé entre M. Max. Collionon (Ma^ 

nuel d'archéologie grecque) et M. V. Prou (Les théâtres 
d'automates en Grèce, au n« siècle de notre ère). 

— Prix Zographos. Partagé entre M. J. Martha (Thèse pour le 

doctorat es lettres sur les Sacerdoces Atliéniens) et M. P. Gi- 
rard (Thèse pour le doctorat es lettres sur VAsclépiéion d^A- 
thénes). 

1883. Prix de TAssociation. Partage) entre M. Maurice Croiset (Essai 

sur la vie et les oeuvres de Lucien) et M. Couat (La Poésie 
alexandrine sous les trois prefniei*s Ptolétnées), 

-» Prix Zographos. Partagé entre M. Contos (TAwffVMal itapartipi^' 
cui «.yufîpôfHVKi tlç T^v v^av i//t;v(xi^v -//ûffvov} et M. Emile 
Leorand {Bibliothèque grecque vulgaire, t. I, II, I!I). 
1881. Prix de 1* Association. Partagé entre M. Max Bonnbt (Acta 
Thomœ, partim inedita) et M.Victor Hbnrt, (Thèse pour le 
doctorat ès-lettres sur V Analogie en général et les formo' 
tio}ts analogiques de la langue grecque). 

«- Prix Zographos. Partagé entre M. Auguste Choisy (Études sur 
Varchitecture grecque) et M. Edmond Pottibr (Thèse pour 
le doctorat ès-lettres sur les Léeythes blancs attiques), 

1885. Prix de TAssociation. M. Salomon Rbinach, Manuel de philo- 

logie classique, 

— M. Olivier Raybt, Monmiuints de l'art antique, 

1886. Prix de TAssodation. Le Syllogue littéraire hellénique de 

Constant inople, Recueil annuel. 

— Prix Zographos. Partagé entre M. Am. Haûvëitb«-Bb8.nault (De 

archonte rege; — Les stratèges athéniens. Thèses pour le 
doctorat ès-lettres) et M. BoucBâ-LscLBROQ (Traduction des 
ouvrages d'Ernest Curtius, J.-G, Droysen et 0,'F, Hertz- 
berg sur r histoire grecque). 



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PDBLIGATIONS BEÇilSS PAR L'ASSOCIATION 

DANS LES SÉANCES d'aVRIL 1885 A MARS 1886 



N. B. La provenance n'est pas indiquée lorsque la publication offerte 
est un don de l'auteur. 



Balbi (Stamatios-D.); — Ac n^scvoc roD *lêûxù'j xai dXXùt. ?(và :totr,fjLxroi, 
Athènes, 1888, in-8, 64 p. S ex. 

Bazin (H.). — Le galet inscrit d*Antibds. Offrande phallique à Aphro- 
dite (v* et vi« siècle av. J.-C). — Etude d'archéologie religieuse 
grëco^orientale (2 planches). Paris, 1885, in-i. 

BixKLAS (Démëtrius). ^ ^rlxoi. "Exoo^tç via. Athènes, Koromilas, 
1885, in-13. 

Blaxcard (Jules). — Etudes sur la Qrèce contemporaine, les Métaxas. 
Montpellier, imprimerie centrale du Midi. 1885, in-8, 38 p. 

Boucnê-LBCLSROQ (A.). — Histoire grecque de Ernest Curtius. — His- 
toire de rhelléaisme de J.-G. Droysen. — Histoire de la Grèce 
sous la dominadon des Romains, par G.-F. Hertzberg. ^ Tra- 
duction française sous la direction de M. A. Bouché-Leclercq. 
Paris, E. Leroux, 1883-1886. 10 vol. in-8. 

CALLiBURCfts (P.). — Recherches expérimentales sur Tinfluence du 
traitement pneumatique sur la fermentation des jus sucrés. 
(Mémoires communiqués à PAcadémie des sciences dans ses 
séances du 10 mai, 2 et 16 juin 1884.) Paris, Savy, 1884, in-8, 
34 p. 

Cakboroolou (Dem. Gr.)« — Eudvi^, sKzufixKÏ iturpt^^lt Athènes» 
1882, in-8. 

— *H fwii riit MpitHi fi^M^ AMpotii rjAXr/i. Athènes. 18t3, in-8. 

— M&^ee x«i àtàXT/9t, Athènes, 1881, in-8. 

— UaXatxl «/*«^?tet, Xvptxii 9vXXo'/ifi» 1874 (lî poésies). Athènes j 

1882, in-8. 
Ch^vriui (Maurice). — Eloge d* Agrippa d*Aubigné. Paris, imprimerie 

Jouaust et Sigaux, 1885, in-8 de 32 p. 
CoLUONON (Max.). — Caractères généraux de TarchaTsme grec (extrait 

de la Revue archéologique), Paris, Leroux, 1885, in-8 de 22 p. 



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— c — 

CONDOPOULOS {K.)« — ^^Ov.'j'JL'siv. ttq j é/À/jvt/Vîî y'j,'^'S'ST,iy y, ùviùpt<sii rr^i 

ju.r,i. Athènes, 1884, in-8. 

Dareste (Rodolphe). — Les inscriptions hypothécaires. Paris, L. La- 
rose et Forcel. 1885, in-8 de 16 p. 

Dexys d'Halicarn.vsse. — ' Edition grecque et latine, par Kiessling et 
Prou (bibliothèque gr. lat. de F. Didot). 1885, gr. in-8. —Don 
de réditeur. 

DlMlTZA(Marg.). — Taw/ca^ia yj'si/.r, /.où tto/ctizi^, -zphç cy^pr,7u twv '/«^/a- 
yoL<7i(>iv o'xjzsc'/ôii'jx, Athènes, 1885, in-8. 

— lUpiooîloi. rr.i Ar/JTîTO'j. Athènes, 1S85, in-8. 

— 'OhOubi zr,ç ILophOo-j. Athènes, 1883, in-8. 

— ïloMTU.ii •/Zùi'/px^lcc TzpOi y^pf/Crj TÔiv •/y;/va7twv «//vjvi/iiv yoj.iità'j 

xctl :r«^^!vay«vit»v s'jvTdxOzï-jx. Athènes, 1882, in 8. Mépo? a*. 
îy.oocii ê'. 

— l'770plcc T^5 'A)eÇavo^2î«ç vTzb ZY,ç y.':i':i<'jii y-iypl rr,9 y~à "'^v 'A/dsé- 

êwv xxrscy.rr.vioii si'jrr,ç. Athènes, 1885, in-8. 
Donné (Alb.), traduit par N.-B. Piiardys, de Samothrace. — Sv,u6ov- 

Àxt Tcpbç rà; fiTtzipx^ TZipi roû zpir^O'j roù àvarps^scv ri vjovavvijTa 

Traioia. Smyme, 1883, in-8. 
Drosini (Georges). — Etovy./ta, Tpayovota roû yjùipio'j^ xri. Athènes, 

1884, in-12. 

DuMOXT (Albert). — Notes et discours. 1873-1884. Paris. Armand Co- 
lin, 1885, in-12. — Don de M-« V» Albert Dumont. 

Dupuis (J.) — Le nombre géométrique de Platon, troisième mémoire 
(extrait de V Annuaire des études grecques), augmenté de notes. 
Paris, Hachette, 1885, in-8 de 54 p. 

EoOER (E.). — De Tétat civil chez les Athéniens. Observations histori- 
ques à propos d'une plaque de bronze inédite qui parait provenir 
d'Athènes. Lu dans la séance publique annuelle de l'Académie 
des inscriptions et belles-lettres le 9 août 1861. In-4, (Achat.) 

— Académie des inscriptions et belles-lettres. — Mémoire sur la 

poésie pastorale avant les poètes bucoliques. Lu dans la séance 
publique annuelle d»i 2 décembre 18rj9. In-4. (Achat.) 

— Rapport sur les travaux de l'Ecole française d'Athènes, lu le 

31 juillet 18(33 dans la séance publique annuelle de l'Académie 
des inscriptions et belles-lettres. In-4. (Achat.) 
r- De rétude de la langue latine chez les Grecs dans l'antiquité. 
Lu dans la séance publique annuelle de TAcadémie des ins- 
criptions et belles-lettres du 10 août 1856. In-4. (Achat.) 

EusTATUOPouLOS . — lOvoftç T^5 £v;-/;vcx^»- yj'^tzrr.z. Athènes, 1885, in-8. 

Gknnadios (P.). — lUpï T^5 ù'sOiyiUi -r/ii ùul7:Oo'j, x. t. /. Athènes, 

1885, in-8, 24 pi 

Gidkl. — Sur le théâtre grec contemporain (article de la Revue gé- 
nérale). 



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— CI — 

Hanriot (C1i.)« ^ Faculté des lettres de Poitiers. Notions sur This- 

toire de Tart en Grèce. Paris, £. Leroux, 1885, in-8 de 38 p. 
Hauvette-Besxault (Am,). — De archonte rege. — Les Stratèges 

athéniens. — Thèses pour le doctorat ès-lettres. Paris, E, Tho- 

rin, 1885. 2 vol. in-8. 
HoussAYE (Henry). — La Loi agraire à Sparte (extrait de V Annuaire 

des éludes grecques), Paris, E. Periin, 1884, in-8 de 2S p. 

— La Grèce depuis le Congrès de Berlin (lieviie des Deux^Mondes^ 

janvier 1886). 
Jacobakis. — Arvo5, (7vyy/5aytt/xa TTîptoot/.ov. Té,aoi A (premier numéro, 

contenant le commencement de Em'jlUzt,^ drame inédit). Ce- 

phallénie, 1882, in-8. 
JeBB (C.)- — The Anabasis of Xenopbon, books III and IV. With the 

modem greek version of professor Michael Constantinides. 

Glascow, James Maclehose and Sons, 1885, in-12. — Don de 

M. Constantinidis. 
Kalooderas (Nicéphore). — Aéyo; ènco^osco» iU tôv àGt'oc.uov Ayçavo^ôv 

KayTavÇoy/ouv, àpxtTî^TOva, z. t. /. Athènes, 1885, gr. in-8. 
Karomdes. — Ka:T7raoo/tzâ. T. !•'. Athènes, 1874, in-8. 
Kyriacos (Consl. J.). — Tô quOmU oi/.xiov /.olO^ oj-uç ct'JTOû rà; ffX"5*»i 

liscTiitZ/i i-ni 'j'Y^r/i7ix. Athènes, 1883, in-8. 

— llipè ixù6(js^ç eyz/vj//.5tTwv. Athènes, 1885, in-8, 

Lapfon (Gustave). — "Erd tw Oxj'xrr.} tov Bûtô^o? OOyw (Andrinople, 
kl mai 1885). In-8. 

Lambros (Spyridion), éditeur. -- Suj-plementum Aristotelicum edi- 
tum consilio et auctoritate academise lilterarum Borussica, 
Vol. I. Pars 1. — Ëxcerptorum Constantini de natura animalium 
libri duo. — Aristophanis historiœ animalium epitome subjunctis 
Aeliani, Timothei aliorumque Eclogis. — Edidit Spyridion Lam- 
bros. Berolini, 1885. Gr. in-8. 

Mavrogenis (Spyridion). — Bioi KwvïTavTi'you toD ÏLccpxOioofltpTn', ^r,rfh' 
/iXTC ToD iv KoJvrravTtvouîTÔiît 8//);vi/ov yiÀo/oytzoy Sy/>.éyoy cvv- 
raysiî, z. t. /. Paris, Gauthier-Villars, 1885, gr. in-8. 

Miller. — Bibliothèque royale de Madrid. Catalogue des manuscrits 
grecs (supplément au catalogue d'Iriartej. Extr. des notices et 
extraits des manuscrits, etc., t. XXXI, 2« partie. 

Hilton. — >U>twvo5 Atio/ssOsU Ilapâoîcao^. "E/xuirpoi [i.sxù'^poL'siç 'A/sÇâv- 
opou S. K27Ôy.y/y;. Edition avec les illustrations de Gustave 
Doré. Leipzig. 1884, in-4. Livr. 1-9. 

Papamarcos (Charisios). — llspl toù a-Aorzoû r;?» «xiratOîJïewj t:5» 'O^r,- 
vioo; vso/a^as. IIpay/AscTZia Tzvioxyaytxr,, Corfou, 1885, p. in-8. 2 ex. 

Paspatis (A.-G.). — Ta BuravrivJc Uvx/.ropx /.ai rà itipil aùrûv iopûfjiarx. 
Athènes, Perris, 1885, in-8. 1 carte. 

Pbarmacopoulos. — Discours prononcé dans le syllogue national 
hellénique à Genève, lors de la iêle de l'indépendance des HeU 



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— en — 

lènes, 25 mars 1884. Texte grec avec traduction française, par 
Alexandropoulos. Paris, E. Leroux, 1884, in-12. 

PoLlTlB (N.-G.). — Tô o>î/Aorcz6v jtfftta Tzspi roû vtxpoij âoi/^oû. Athènes, 
1885, in-8. 

RanOABK (Clèon). — 'Ilpax/stoî, SpA/uLa et; fiipri irivw, /*«t« ffjfj/»«t«6ffswv. 
Leipâg, 1885, gr. in-8 richement relie. 

Reinacs (S.)* — Traite d*épigraphie grecque, précédé d*un essai sur 
les inscriptions grecques par C.-T. Newton, traduit avec l'auto- 
risation de Fauteur, augmenté de notes et de textes épigraphi- 
ques choisis. Paris, E. Leroux, 1885, gr. in-8. 

SCOUDELIS (Vlassios-G.). — 'liu.epoXiyiO'j î>;/Ao5io««i>ou Sirot r, :racoa- 
•/w/lu £v T^ TtpdUi» Athènes, Constantinidis, 1885, in-12. 

Shakespeare, traduit par Bikèlas (Démélrius). — Tpcr/wofa Sa«««t- 
pov Pfli)/xalo; x«i Mou/tSTa, iitrcc-jpaçOiïvst ix rov eicyy/cxou. "Exco^t; 
v^a imcifapOoifiévr,. Athènes, Koromilas, 1885, in- 12. 

Tanner Y (Paul). — Notice sur des fragments d'onomatoraancie arith- 
métique (extrait du Bulletin des sciences mathétn,)^ gr. in-4. 

— Sur Tarithmétique pythagoricienne (extrait du Bulletin des 

sciences mathématiques. Mars, 1885), in-8 br. 

— Questions héroniennes (extrait du Bulletin des sciences ma^ 

thématiques, t. VIII, 1884), in-8 br. 

— Scholie du moine Neophytos sur les chiffras hindous. Paris, E. 

Leroux. 1885, br. in-8 (extrait de la Revue archéologique). 
^ Sur la chronologie des philosophes antésocratiques (extrait des 
Annales de la faculté de Bordeaux, iwayiw 1886), in-8. 
Triantapillis (Cost.). — L'assedio di Missolungi. Conferenza tenuta 
presse TAteneo di Venezia il 26 marzo 1885. Venise, 1885, 
in-8. 

— T^ yiA«7câTpi3t xocvôrifjTi Ttfîv ^v Bcveria 'E/).i^vûïv. Poésie en vers 

politiques intitulée : Tp s//nvix>7 vs9).a(a. Venise, 18 février, 
1886, in-8. 

— Délia filosofia stoica e dei vantaggi da essa recati ail' umanitÀ. 

Venise, 1886, in-8. 

Vandenkindèrb L*Université de Bruxelles (notice historique}. Bruxel- 
les, 1884, gr. in-8. 

ZiKmis (Georges-D.). — Mr/â/îj s/Àijvtx^ ypxjutixrix-fi rijç àrrixffç -tziI^o^ 
ypx'YUfti 8/a/tfxTou. Athènes, An. Constantinidis, 1885, in-8. 

— rpxtijuotrvr.Oii -Kaparr, pi^ug st; ti^,v ùp'j^xioLV é>.>r,vtxi5v. Athènes» 
1885, in-8. 

Ti<aduction grecque d*une lettre de M. Sardou à M. Rangabé au sujet 
de Théodora (extrait de V*H/iipx). ^ Don de M. G. d*Eichtbal. 

Ministère de l'instruction publique. — Comité des travaux histori- 
ques scientifiques. Liste des membres titulaires, etc. ; des cor- 
respondants du ministère, etc. ; des sociétés savantes de Paris 
et des départements. Paris, 1885, in-8. 



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— cm — 

ÂNONTMS. — Ta xari tôv ^s^varov xai rr,v xijoicay Fiw^yc'ou Zapl^r,, (Ex 
ToO Xso/ô'/ov.) Constantiuople. 1385, in-^. 
*- Ta û:rô roD tjrcxovpov râv fv noA<^«M rp«v,tt«T{âv irnrpxy/Alva* 
Athènes, in-8. Année 1884. 
Concours général des Lycées et Collèges de Paris et des départements, 

1885. Palmarès. In-4. 
Institut de France. -— Discours prononcés aux funérailles de M. Egger. 



t^ÉaiODIQUBS 



échangés avoc les publications do l'Association 
pondant l'année 1836-80. 



Paris. 

Bulletin administratif du Ministère de l'Instruction publique. 
Revue critique d'histoire et de littérature. 
Le Canal de Corinthe. 
llevue du monde latin. 

Athènes, 

Bulletin de correspondance hellénique. 

Actes de la Société archéologique d'Athènes. 

*Efr.fjitpii kpx^to).o'/ix7i, recueil publié par la même Société. 

Uotpvsiçffài, recueil publié par le Syllogue Pamassos. 

AsÀrCov Bulletin de la Société historique et ethnologique de Grèce. 

'Efn/ttpii. 
Nia 'E^TUfiipi;. 
'E€oofidi, 

^oi6o$. 

'Ef^/iipU, etc., Journal de la Société hygiénique. 
•ûpa, UaXtr/€vK(x, 'EOvofûXal (1867-1870). — Don d'un membre de 
l'Association. 

AiixeïTe» 

Mémoires de la Société des études historiques et naturelles. 



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— CIV — 

Baltimore, 
Johns Hopkias University. American Journal of philology. 

Bordeaux. 
Annales de la faculté des lettres de Bordeaux et de Toulouse. 

Boston. 
Archseological Institute of America. 

Bucharest. 

Oc So/).ovot. 

Constantine, 

Recueil de la Société archéologique de Constantine. 
Constantinople, 

Recueil du Syllogue littéraire hellénique. 

'BfitpoXàyiov rfii 'Avaro/^j. 1883-1884 (par A. Paleologos.) 

JixxJ.r,9tscTTixii ùXvjOiia, 

Havre. 

Recueil de la Société hâvraise d'études diverses. 

Londres. 

Society for the promotion of hellenic Studies. 

Montpellier. 

Mémoires de la section des lettres de TAcadémie des sciences et let- 
tres de Montpellier. 

Osceola {E. U. Missouri). 

The Platonist, publié par Thos Johnson. 

Smyime. 
Publications du Musée et de TËcolo évangélique. 

Trieste, 
Ni se -njuipst. 



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CONCOURS DE TYPOGRAPHIE 



RAPPORT DE LA COMMISSION 

Lu dans rassemblée générale du 29 avril 1886, 



Messieurs, ï Association pour V encouragement des étu^ 
des grecques en France a consulté Tesprit et observé la 
lellre de ses statuts (1), lorsqu'elle a ajouté au pro- 
gramme des prix qu'elle décerne annuellement l'annonce 
de récompenses à distribuer, par voie de concours et 
sous forme de livrets de caisse d'épargne, aux ouvriers 
compositeurs qui maintiennent chez nous la tradition 
de la typographie grecque et aux apprentis qui doivent 
la continuer. Deux livrets, de 100 francs chacun, pour 
les premiers, deux autres livrets de 50 francs pour les 
seconds, étaient proposés en 1886. Ce concours a eu 
lieu, le 8 mars, pour les ouvriers, et le 10, pour les ap- 
prentis typographes, avec un succès que nous sommes 
heureux de constater en vous rendant compte de nos 
opérations. 

La Commission nommée à cet effet était composée 
de MM. Glachant, Ruelle et Huit. Elle a pris soin de 
l'aire insérer, quinze jours à l'avance, dans le Gutenberg 
cL dans la Bibliographie de la France, journal du Cercle 
de la librairie, une note indiquant la date du concours, 

(1; Article 1". 



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— r.vi — 

ainsi que le texte du règlement approuvé par vous dans 
la dernière Assemblée générale. Certaines questions 
non prévues par ce règlement s'étant présentées au 
cours do rinscription des concurrents ont été résolues 
par elle dans le sens le plus libéral. C'est ainsi qu'elle 
a admis Tinscription des dames compositrices et qu*ello 
a autorisé les ateliers, où la casse grecque différait de 
celle qui est en usage à Tlmprimerie nationale dont le 
matériel avait été mis gracieusement à notre disposi- 
tion, à faire transporter leurs casses propres au siège 
de cet établissement public. Les concurrents de natio- 
nalité étrangère, s'il 8*en fût présenté, auraient dû être 
écartés, le concours ayant pour objet spécial d*encou- 
rager la typographie française. 

La Commission s'est ensuite occupée d'arrêter les 
formes du concours. Aux termes du règlement, deux 
textes, à composer respectivement en deux heures, ont 
été autographiés, le premier, pour les ouvriers, com- 
prenant seize cents lettres, et le second mille lettres 
environ, pour les apprentis ou plutôt les élèves^ afin do 
leur donner le nom dont on les appelle dans la corpo- 
ration. Chaque feuillet autographique a été distingué 
par un mot grec reproduit sur une fiche que les con- 
currents durent signer de leur nom, selon le mode usité 
pour les concours généraux de TUniversité. Ces pré- 
cautions n'ont pas été jugées superflues pour mettre 
hors de doute la sincérité de l'épreuve et prévenir toute 
fâcheuse réclamation. Les casses fournies par l'Impri- 
merie nationale, étant de numéros divers, ont été ti- 
rées au sort, ainsi que les autographiés. La maison 
Lahure et la maison Ghaix avaient envoyé leurs casses; 
les concurrents de la maison Delalain ont accepté la 
casse de l'Imprimerie nationale, quoique légèrement 
différente de la leur. Nous ne nous dissimulons pas 
que cet embarras d'avoir à déplacer un appareil assez 
lourd, et dont les pièces multiples peuvent aisément se 
confondre, a pu réduire le nombre des concurrents. 



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— CVII — 

Cependant rexpéricncc est faite; la difficulté n*a rien 
d'insurmontable. 

Aux jours dits, onze ouvriers sur quatorze inscrits, 
et neuf élèves sur douze présentés ont accompli leur 
tâche dans un grand atelier commun. La procédure in- 
diquée ci-dessus a été facilement comprise par tous les 
concurrents; aucun incident ne s*est produit au cours 
des deux séances, présidées par M. Glachant. Un senti- 
ment d'émulation généreuse parmi les hommes, de cu- 
riosité naïve parmi les enfants, animait cette réunion 
' de travailleurs assemblés pour produire, comme autre- 
fois, leur chef-d'œuvre, et nous aimons à constater la 
convenance et la cordialité parfaites de leurs rapports, 
soit entre eux, soit avec le président de votre commis- 
sion. 

Dès le lendemain, il mars, la Commission 8*est 
réunie dans la Bibliothèque pour prendre connaissance 
de la correction des épreuves faites par M. Huit pour 
les concurrents ouvriers, et par M. Ruelle pour les 
élèves compositeurs. Elle a arrêté son classement en 
ne tenant compte que des devises. Ensuite les envelop- 
pes cachetées, contenant les Qches correspondantes 
avec la signature des intéressés, ont été ouvertes, et le 
rapprochement opéré entre les épreuves et les fiches 
au moyen des devises a donné le résultat suivant : 

!• Compositeurs ouvriers. 

Ont obtenu un livret de 100 francs : 
MM. Maréchal (Ambroise), do l'Imprimerie Lahurc; 
Molz (Jules), de l'Imprimerie Delalain. 

Mention très honorable : 
M. Jouvin (Ernest), de l'Imprimerie nationale. 

Mentions honorables : 
MM. Charles, de l'Imprimerie nationale; 
Boutai (A.), de l'Imprimerie nationale. 



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— CVIII — 

2» Elèves compositeurs, 

A mérité un livret de 50 francs : 
M. Beaucureux (Eugène), de Plmprimerie Chaix. 

La commission partage le second livret de même va- 
leur entre : 

MM. Boutai (Georges), de l'Imprimerie nationale; 
Ternard (Louis), de la môme Imprimerie. 

La composition de M. Maréchal, qui sort premier de 
ce concours, était sans fautes; il avait même rétabli un 
accent oublié dans Tautographie. Celle de M.Molz, qui 
concourait avec une casse dont il n'avait pas l'habi- 
tude, avait au plus quatre fautes d'impression. On se- 
rait heureux de n'avoir jamais à corriger que de sem- 
blables épreuves. Il y a lieu de remarquer que les 
primes ont été remportées par des spécialistes très 
exercés, appartenant à l'industrie libre, tandis que les 
ouvriers de Tlmprimerie nationale, qui arrivent fort 
honorablement en seconde ligne, font partie de l'ate- 
lier dit Oriental, ob. ils travaillent journellement sur 
plusieurs systèmes, arabe, hébreu, sanscrit, et non 
spécialement sur le grec. Selon la remarque de l'un 
d'eux^ ils deviendraient promptement plus habiles en 
ce dernier genre de composition, s'ils avaient plus sou- 
vent occasion de le pratiquer. 

Quoi qu'il en soit, la Commission insiste pour que la 
médaille en bronze de l'Association soit ajoutée à la 
prime conquise par MM. Maréchal et Molz. Les ré- 
compenses honorifiques accordées à MM. Jouvin, 
Charles et Boutai (A.) ne font pas obstacle à ce qu'ils 
puissent se représenter à un prochain concours dans 
lequel ils ont les meilleures chances de réussir pleine- 
ment. 

La Commission estime que ce premier essai d'un 
concours de composition en grec a donné les résultats 
les plus encourageants. Elle espère que l'Assemblée 



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— CIX — 

générale voudra confirmer son œuvre en maintenant au 
budget de 1887 Tallocation nécessaire pour un nouveau 
concours. 

En terminant, nous devons offrir tous nos remercie- 
ments aux chefs de service de l'Imprimerie nationale, 
notamment à M. le directeur Doniol et à M. Rousseau, 
chef des travaux, pour leur accueil sympathique et 
pour leur participation bénévole à l'exécution de Ten- 
Lreprise pour laquelle nous avions réclamé leur con- 
cours sous les auspices de TAssociation. 

Pour la Commission : 

Le Président, 

Ch. Glachant. 
4 avril 18S6. 



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RAPPORT 



DJE 



LA COMMISSION ADMINISTRATIVE 



Messieurs, 

La Commission administrative est heureuse d^avoir 
à vous faire part d*une bonne fortune qui est échue à 
TAssociation des Études grecques, dans le courant de 
Tannée 1885-86. Sur les 136 obligations de TOuest qu'elle 
possédait 28 sont sorties remboursables à cinq cents 
francs. Votre trésorier aurait dd encaisser quatorze 
mille francs, mais il a fallu tenir compte de la prime à 
déduire sur le prix d'achat primitif, s*élevant à cent 
soixante^quinze francs, plus les frais de négociation de 
la Société générale, votre intermédiaire entre TAssocia* 
tion des Etudes grecques et la Compagnie de TOuest 
soit vingt francs, et la somme remboursée finalement 
s*est trouvée réduite à treize mille huit cent cinq francs. 
Ce n'est pas sans difficulté qu'elle est entrée dans la 
caisse de l'Association. On a commencé par demander 
un exemplaire de nos statuts. Cet exemplaire fournil 
on a exigé un extrait de la délibération générale nom- 



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- CXI - 

mant votre trésorier, et, cet extrait produit, une délibc* 
ration spéciale autorisant votre trésorier à faire les 
opérations nécessaires pour percevoir le rembourse- 
ment ci-dessus. Ces divers délais ont été préjudicia- 
bles en ce qu'ils n'ont pas permis de toucher, pendant 
ce temps, les intérêts de ladite somme. Toutefois on 
peut se consoler d*une perte relativement légère eu 
égard à la plus-value que le remboursement des obli- 
gations a fait entrer dans votre caisse. 

Quel emploi donner à cette somme, votre Commis- 
sion administrative a dû délibérer à cet efTet. Quelques 
membres ont émis Tavis d*acheter du trois pour cent 
amortissable^ d'autres de la rente trois pour cent, ou 
d'autres valeurs. On a fmi par adopter l'opinion de 
consacrer la somme reçue au remplacement des 28 
obligations remboursées, par l'acquisition d'autres 
valeurs de môme nature, que le cours moyen de trois 
cent quatre-vingt-six francs soixante-quinze centimes, 
a permis de porter de 28 à 36, Par cette opération 
l'Association a gagné 8 obligations de l'Ouest. 

Dans le courant de l'année, votre Commission ad- 
ministrative a cru opérer sagement en consolidant, 
pour ainsi dire, la somme qu'avaient produite les do- 
nations, pendant Tannée précédente, ce qui a permis 
d'acheter, au cours moyen de trois cent soixante-dix- 
sepl francs quatre-vingt-sept centimes, 6 obligations 
de l'Ouest. De sorte que l'Association possède depuis 
le mois de janvier 1886, 150 obligations de l'Ouest, au 
lieu de 136, c'est-à-dire, 14 de plus qu'elle n'en avait 
antérieurement, dont 8 proviennent de la plus-value 
de la somme remboursée, et 6 d'un achat, par un pla- 
cement nouveau. 

Ces deux opérations constituent des opérations extra 
budgétaires \ aussi elles no figurent pas dans le budget 
annuel de l'Association. Ce sont des dépenses extraor- 
dinaires auxquelles on a pourvu par des ressources 
extraordinaires. 



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— cxn — 

Nous arrivons maintenant au budget annuel normal 
qui présente un élat moins satisfaisant. Comme dans 
les années précédentes, les cotisations ne sont pas 
payées avec exactitude par tous les membres. Aussi la 
recette a considérablement baissé. Sur 554 membres 
que compte TAssociation 261 seulement ont acquitté la 
cotisation annuelle, les autres 293 paieront probable- 
ment et flgureront, il faut Tespérer, au budget courant, 
dans le produit des cotisations arriérées, mais il n'en 
résulte pas moins qu'on ne peut compter pour les dé- 
penses sur une recette équivalente à deux mille neuf 
cent trente fr. Le plus grand nombre des non payants 
appartient à l'étranger. Or ces étrangers habitent des 
pays oCile calme n'est pas encore rétabli, où la percep- 
tion est par conséquent difficile. Aussi le tableau com- 
paratif des receltes pour 1885-86 fait-il ressortir au 
total une différence en moins de trois mille deux cent 
six francs quarante-six centimes. Elle s'explique par 
les diminutions qu'ont subies les articles : 

5 1,670 » 

6 1,000 . 

7 200 » 

8 400 » 

9 222 80 

donnant un total de 3,492 80 

qui doitôtre atténué des faibles plus-values 
des articles : 

1 14i 04 

4 5 30 

10 140 > 

Total 286 34 

et se ramène au chiffre ci-dessus de 3,206 46 



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— CXIIl — 

Voici du reste le tableau comparatif des recettes de 
rexercice 1884-85 et de 188^-86 : 

1884-85 1885-86 

10 Reliquat de rexercice précédent. . 12,427 19 14,819 27 

20 Coupons de 136 obligations de 

rOuest, 1,978 80 2,119 84 

Ck)upon8 de 15 obligat. du Midi. , 218 24 218 24 

30 Arrérages de la rente Deville. • . . 500 > 500 > 

40 Intérêts des fonds déposés à la 

Société générale 121 50 126 80 

50 Cotisations annuelles 3 , 520 » 2, 6 1 » 

Id. arriérées 1,840 » 1,080 » 

60 Versements de membres dona- 
teurs 2,100 > 1,100 > 

70 Versements pour les monuments 

grecs 200 » » » 

S^Don de rUniversité d'Athènes... 400 » > :> 

90 Vente de livres 706 40 483 60 

IQo Vente de médailles » » 1 40 » 

llo Subvention du ministère de Tins- 

traction publique 500 » 500 » 

Total de la recette 12,084 94 8,878 48 

Total de l'avoir au l^mars.. 24,512 13 23,697 75 

Le tableau comparatif des dépenses vient nécessai- 
rement après celui des recettes, le voici dans tous ses 
détails. 

10 PubHcation de T Annuaire : 1 884-85 1 885-86 

Frais d'impression, tirage 2,551 05 2, 439 m 

Rédaction de la Bibliographie.. 150 » 150 » 

A reporter 2,701 05 2,589 » 

Annuaire 1886. /i 



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— CXIV ' 

Report 2,701 05 2,589 » 

20 Recueil des monuments gilecs. . • 800 » 800 • 

3^ Impressions diiverses 1 45 60 1 24 » 

40 Envoi de publications 356 75 243 15 

50 Loyer de la rue Bonaparte 476 40 475 40 

Assurance 10 » 10 s 

Service et aménagement 90 » 125 95 

60 Service du palais des Beaux-Arts 210 10 170 10 
7^ Indemnité annuelle à Tagent bi- 
bliothécaire r... 1,000 » 1,000 > 

Indemnité extraordinaire 200 » > » 

8® Recouvrement de cotisations. , . • 153 45 53 50 

90 Garde des titres de la Société.. 17 10 19 10 

100 Courses et commissions 52 10 43 05 

1 10 Frais de correspondance 87 80 86 35 

12» Id. de bureau 206 45 246 65 

130 Reliure et achat de livres 206 10 104 75 

1 40 Prix de l'Association 1 ,000 » 1 ,000 » 

150 Prix Zographos 1,000 • 1,000 » 

160 Prix des lycées 173 45 207 85 

noMédailles » » 128 95 

1 80 Concours de typographie grecque » » 300 » 



Les recettes ayant donné 8,878 48 

Les dépenses effectuées n'étant que de.v 8,727 80 

Elles sont, comme elles doivent être géné- 
ralement, inférieures de. • . • iSO 68 



Le budget de Texercice 1885-86 avait préVu une dé- 
pense de ....• 9,195 n 

La dépense effectuée ne s'étantélevéô qu'à 8,727 80 

a donc été inférieure aux prévisions de . ; . . . \ ,067 20 



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— cxv — 

Le montant des recettes de Tannéo 1885- 
4886s'élève à 8,878 48 

A celle somme il faut ajouter rencaisse 
disponible au !«' mars 4885, soit 14,819 27 

Et l'on obtient la somme totale de 23,697 75 

Retranchanl le monlanl de la dépense ef- 
fectuée durant l'année 1885-86 8,727 80 

Il reste un avoir de « 14,969 95 

Somme représentée : 

10 Par le solde de notre compte à la So- 
ciété générale s'élevant, au 1^' mars 1886, à. 14,425 23 
20 Par rencaisse de Tagenl bibliothécaire. 489 73 
3« Par l'encaisse du trésorier 55 » 

Total égal 14.969 95 

Après vous avoir présenté la situation de l'année 
budgétaire 1885-86, il reste à vous soumettre le projet 
budget de l'exercice 1886-87. Pour les recettes d'abord, 
ce budget s'établit de la manière suivante : 

1» Reliquat de rexercice 1885- 1 886 1 4,969 95 

20 Coupons de 1 36 obligations du chemin de fer 

de rOuest 2,000 ^ 

Coupons de 15 obligations du chemin de fer du 

Midi 218 24 

3^ Intérêts de la Compagnie générale • 125 > 

4» Ari'érages de la rente Derille 500 » 

5« Subvention du Ministère de llnstructîon pu- 
blique 500 » 

6° Cotisations 3,500 > 

70 Don de l'Université d'Athènes ; » » 

80 Vente des livres , ,. 500 » 

ToTKL à reporter.,,, 22,313 19 



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— OXVI — 

Report 22,313 19 

Si nous défalquons lo reliquat., 14,969 95 

nous trouvons que les recettes propres 
de Texercice courant peuvent être évaluées 

au moins à 7,343 24 

Les recettes de l'exercice précédent 

avaient été évaluées à 8,197 04 

D'où résulte pour 1886 une différence en 

moins de 853 80 

Il est bon de laisser ces prévisions dans un chiffre 
inférieur, afin d'éviter toute surprise désagréable par 
une évaluation de recettes qui ne se réaliserait pas. 

Nous vous présentons donc les dépenses, avec la 
certitude qu'elles seront couvertes, soit parles recettes, 
soit par le montant de la réserve. 

Publication de l'Annuaire 2,550 » 

Rédaction de la bibliographie...,. • -, 150 » 

Monuments grecs • 1,000 » 

Impressions diverses... 125 » 

Envoi et distributions des publications 300 > 

Salle de la rue Bonaparte, loyer, assurance. ..... • . 500 » 

Service au palais des Beaux-Arts... 150 > 

Indemnité à l'agent bibliothécaire « . . . • 1 ,000 » 

Droit de garde des titres 20 >» 

Recouvrement des cotisations 150 » 

Courses et commissions 80 » 

Reliure et achat de livres 200 » 

Mobilier 60 » 

Frais de bureau ., , 60 » 

Prix de TAssociation 1,000 p 

Prix Zographos , , 1,000 » 

Concours entre les ouvriers et apprentis typographes . 300 » 

Total des dépenses en 188G 7,795 > 



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— cxvu — 

Les recettes prévues, 7343 fr. 24 c., Jointes & ren- 
caisse, 14,969 tr. 95 c, donnent 22,313 19 

Les dépenses prévues ne s*élèvent qu*à •• • 7,795 » 

Il y a un excédent éventuel, constituant 
pour le fonds de réserve 44,518 10 



Somme plus que suffisante pour couvrir les entre- 
prises nouvelles que TAssociation des Études grecques 
jugerait à propos de faire ou d'encourager. 

Les membres de la commission administrative : 

Chassang. 
Pesson. 

G. D*ElCHTHAL. 

Lapeuche. 
Talbot. 

Le Trésorier : 

J.-G. Magnaual. 



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MONUMENT EGGER 



Le jour môme des obsèques de M. Egger, plu- 
sieurs des membres de TAssocialion pour roncoura- 
gement des Etudes grecques en France, désireux de 
rendre hommage à la mémoire du président honoraire 
qu'elle venait de perdre, ont eu la pensée d'ouvrir une 
souscription, e^iclusivement limitée aux membres de 
TÂssociation, et dont le produit serait consacré h éle« 
ver un monument sur la tombe de M. Eggcr. 

Un grand nombre de nos confrères ayant répondu 
avec empressement à cet appel, Tinauguration de ce 
monument a eu lieu le 30 mai 1886, à quatre heures de 
l'après-midi, au cimetière du Montparnasse. 

Le monument consiste en un buste, coulé en bronze, 
d'après le modèle exécuté il y a quelques années par 
M. E. Cougny, statuaire, et offert par lui à M. Egger. 
Le buste que l'artiste a remanié pour sa nouvelle des- 
tination est supporté par une stèle en granit gris do 
Flandre; sur la face antérieure a été gravée Tinscrip- 
tion suivante : 

A LA MÉMOIRE 
DE 

EMILE EGGER 

MRMDRR DE l/lNSTITPT 
PROFESSEUR A LA FACULTE DKS LETTRES 

1813 1 1885 

l'association 

POUR l'encouuaokmhnt 

DES ÉTUDES GRECX^UES BN FRANCE 
(SOUSCRIPTION PARTICULIÈREJ 
Quantalibet caecutit in his sapieutia terris 
Jamdudum alterius lucis axnore trahor. 



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i 



— CXIX — 

Deux cents personnes environ avaient répondu à 
rappel du Comité et entouraient la famille de M. Eg- 
ger, amis, anciens confrères de Tlnstitut, collègues de 
la Faculté des lettres de Paris, auxquels étaient venus 
se joindre un grand nombre de Grecs. 

Une couronne de feuilles de chêne et de laurier avait 
été déposée sur la tombe par TAssociation des Ëlèves 
et anciens Élèves de la Faculté des Lettres. 

Quatre discours ont été prononcés à cette occasion, 
par M. le M*' de Queux de Saint-Hilaire, au nom du 
Comité de la souscription ; M. D. Bikélas, au nom des 
souscripteurs grecs; M. A. Croiset, au nom de l'As- 
sociation pour Tencouragement des Études grecques 
en France; M. Ernest Renan, au nom des amis de 
M. Egger. 

Voici ces discours, que les souscripteurs ont lus 
déjà dans la brochure oh ils ont été imprimés à part 
et qui leur a été distribuée. 



DISCOURS 

DB 

M. LE M»» DE QUEUX DE SAlNT-HlLAlRE 



Messieurs, 

Je ne prends, en ce moment, la parole devant vous 
que pour accomplir un devoir, celui de remercier, au 
nom des promoteurs de la souscription, nos confrères 
de l'Association pour Tencouragement des études 
grecques en France. C'est le généreux empressement 
qu'ils ont mis à répondre à notre appel qui nous a per- 
mis d'élever sur la tombe de M. Egger le monument 



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— cxx — 

durable de notre souvenir et de notre reconnaissanoe 
que nous inaugurons aujourd'hui. 

La première pensée de cet hommage rendu à une 
mémoire qui nous est chère à tous est venue spontané- 
ment et simultanément à quelques-uns d'entre nous, 
au moment même où nous assistions aux funérailles 
de rhomme excellent qui avait été si soudainement 
ravi à notre affection. Nous avons ainsi voulu donner 
à tous ceux que Téloignement de Paris, au moment 
des vacances, avait empêchés d'assister à la cérémo- 
nie funèbre, l'occasion de se retrouver un jour autour 
de cette tombe, si brusquement ouverte, et qui renferme 
la dépouille mortelle de celui qui fut si laborieux et 
si savant, si bon et si dévoué. 

Si nous avons cru devoir nous limiter aux seuls 
membres de l'Association pour l'encouragement des 
études grecques en France, c'est que nous avons pensé 
que cette Association dont M. Egger avait été l'un des 
fondateurs, trois fois le président, et dont il était 
depuis plusieurs années le président d'honneur, ren- 
fermait, avec le plus grand nombre de ses amis per- 
sonnels, tous les amis des lettres grecques, auxquelles 
il avait consacré sa vie entière. Nos intentions étaient 
modestes, comme l'était le caractère de celui que nous 
voulions honorer. Nous avons voulu simplement dépo- 
ser sur sa tombe, au nom de l'Association, un exem- 
plaire en bronze du buste que connaissent bien tous 
ceux qui ont eu Thonneur d'être reçus dans le cabinet 
de M. Egger. Ce buste a été fait, il y a quelques années, 
par M. E. Cougny, statuaire de grand talent, frère 
d'un de nos confrères. Son premier mérite, à nos yeux, 
en dehors de sa valeur artistique dont vous pouvez 
juger, était de retracer avec une fidélité rare les traits 
de l'ami que nous avons perdu. 

L'empressement de nos confrères nous a permis de 
réaliser promptement tous nos désirs. Il nous permet- 
tra même de donner à chacun des souscripteurs un 



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— CJLXl 



souvenir de sa coopération à notre œuvre. Ces sous- 
criptions nous sont venues de tous les côtés, de Paris 
comme de la province et de l'étranger, particulièrement 
de la Grèce. Les Grecs sont reconnaissants. Malgré les 
angoisses de la terrible crise politique qu'ils traversent, 
ils ont tenu à honneur de figurer en grand nombre sur 
nos listes, et, il y a quelques jours à peine, nous rece- 
vions encore de Constantinople une somme assez con- 
sidérable. Parmi ces souscriptions, il en est de bien 
touchantes : ce sont les plus minimes, les plus hum- 
bles. Elles nous ont été envoyées sans doute par quel- 
ques-uns de ces jeunes gens qui, à leur passage h Pa- 
ris, avaient été si cordialement reçus par M. Egger et 
qui ont voulu témoigner leur reconnaissant souvenir 
de son affabilité et de ses utiles conseils. 

C'est donc un remerciement que j'adresse, et je veux 
m*y borner, au nom de la commission, au nom aussi 
de la famille qui m'en prie, à tous nos confrères de 
l'Association des études grecques, à ceux qui sont pré- 
sents à cette pieuse cérémonie comme à ceux que la 
distance tient éloignés de nos yeux, mais non de notre 
cœur, et qui nous ont permis de rendre cet hommage 
à la mémoire vénérée d'un homme de bien dont les 
savants travaux et le doux souvenir seront plus durables 
dans nos cœurs que ce monument, bien qu'il soit fait 
de granit et de bronze, car le cœur et l'esprit peuvent 
seuls opposer leur constance à la rapidité du temps 
qui passe, emportant avec lui tout, excepté le souvenir. 



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— CXXII — 



DISCOURS 

DE 

M. D. BIKÉLAS 



Messieurs, 

Ce n'est pas la bienveillante amitié dont m'honorait 
M. Egger qui me donne le droit de prendre ici la pa- 
role. Je le dois avant tout à ma nationalité. On a bien 
voulu ne pas oublier que la Grèce avait réclamé sa 
part dans la pieuse cérémonie qui nous rassemble au« 
jourd'hui devant ce monument. 

Le nom de M. Egger n'est pas moins connu et res- 
pecté en Grèce qu'il ne Test en France. On Ta vu aux 
témoignages de douleur exprimés par la presse grec- 
que tout entière à la nouvelle de sa mort. On Ta vu 
encore à l'empressement touchant avec lequel les mem- 
bres grecs de notre Association ont répondu à notre 
appel pour offrir ce tribut à sa mémoire. — r Et ce ne 
sont pas seulement les syllogues littéraires et les amis 
personnels de M. Egger qui se sont hâtés d'inscrire 
leurs noms sur nos listes : d'humbles savants, des pro- 
fesseurs inconnus ont tenu à nous envoyer leur of* 
frande, d'autant plus précieuse qu'elle n'était pas prise 
sur le superflu, durant les épreuves que traverse en ce 
moment notre patrie. 

Mais pourquoi cette manifestation de la Grèce envers 
la mémoire du savant français? Qu'avait-il fait pour 
mériter sa reconnaissance? — Il avait cultivé avec 
éclat les lettres grecques, et il n'avait jamais caché ses 
sympathies pour la Grèce de nos jours. II était un 
grand helléniste et un vrai philhellène. Voilà ses titres 
à notre respect et h notre gratitude. 



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— CXXIII — 

II ne faut pas trop s'6tonner, messieurs, si, considé- 
rant comme notre patrimoine exclusif le grand héritage 
de l'antiquité, nous nous sentons comme une espèce 
de parenté avec ceux qui vouent leur vie à la culture 
des lettres grecques. Les hellénistes sont pour nous 
presque des compatriotes. Ils acquièrent complètement 
leur droit de cité lorsqu'ils sont célèbres comme M. Eg- 
ger. Nous leur savons gré de la gloire dont ils se cou- 
vrent en approfondissant les secrets de notre gloire 
passée. 

Y a4-il là un calcul d'égoïsme national? Peut-être. 
— Il n'est pas toujours facile de vivre en esprit dans 
la Grèce antique sans ressentir un intérêt bienveillant 
pour la Grèce d'aujourd'hui. L'helléniste est naturelle- 
ment porté à devenir un philhellène. M. Egger en a 
été une des preuves les plus flatteuses pour notre 
amour^propre d'Hellènes. 

Et pourtant j'hésite un peu à appliquer à M. Egger 
le nom de philhellène. J'aurais dû dire plutôt qu'il était 
un ami de la Grèce. En grec, le môme mot signifie 
les deux choses ; mais il me semble qu'elles offrent 
une certaine différence en français. 

Le philhellénisme est le produit d'une autre époque. 
C'est l'enthousiasme d'une France encore ébranlée par 
les secousses des événements épiques de la période 
révolutionnaire, répondant à l'héroïsme d'une Grèce 
que Ton croyait morte. On célébrait alors nos malheurs 
et nos exploits; on nous envoyait des secours, on ve- 
nait combattre et souvent mourir pour notre cause. 
La France n'a pas à se repentir de son philhellénisme, 
et nous lui en serons reconnaissants à jamais. Cepen- 
dant, une fois la lutte pour l'indépendance grecque 
finie, l'enthousiasme diminua. Il fut même suivi d'une 
période de réaction. Le philhellénisme ne fut plus do 
mode ; quoique la Grèce eût toujours ici des amis. 

C'est durant cette époque que grandit M. Egger. Il 
n'appartenait pas à la génération des anciens philhel- 



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— CXXIV ~ 

lènes. Enfant, il avait, lui aussi, entendu avec émotion 
le bruit de la chute de Messolonghie; mais son cœur 
déjeune homme n*a pas eu le temps d*être enflammé 
par Tenthousiasme du philhellénisme. Ce n'est qu'avec 
le temps, à force d'étudier la Grèce sous tous ses as- 
pects et dans toutes ses phases, qu*il nous a donné 
son amitié. Elle n'était que plus sincère pour être 
calme et raisonnée. Il nous jugeait avec une bienveil- 
lance exempte d'exagération et libre de préjugés; il 
suivait avec intérêt nos pénibles efforts de reconstitu- 
tion nationale; il nous donnait, dans ses écrits, des 
conseils utiles et des encouragements précieux ; et 
surtout il partageait notre confiance dans l'avenir, sans 
que ni les défaillances de notre inexpérience politique, 
ni les procédés d'une diplomatie qui n'est pas toujours 
équitable, eussent pu ébranler sa foi en nous. Il a été 
un ami véritable de la Grèce. 

Il n'a pas été le seul. Nous avons eu et nous avons 
encore, et nous aurons toujours des amis en France, 
comme il y aura toujours des hellénistes. Les tradi- 
tions, dont M. Egger a été si longtemps le dépositaire 
le plus fidèle et le plus illustre, ne sont pas destinées 
à péricliter jamais dans ce noble pays. Qu'il soit per- 
mis à un Grec de l'affirmer, pour l'honneur môme de 
la France, sur la tombe du savant helléniste, de l'ami 
sincère de la Grèce dont nous honorons aujourd'hui la 
mémoire ! 



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•- cxxv — 



DISCOURS 

DB 

M. ALFRED CROISET 



Messieurs, 

Je n'ai plus à vous dire ce que fut M. Egger. Ici 
mêmef le jour de ses obsèques, plus tard dans des 
journaux, devant des Sociétés savantes, à la Faculté 
des lettres, on a retracé sa vie et rappelé ses œuvres. 
Les éloges qu'il méritait lui sont venus de toutes parts, 
et, chose remarquable, Paris n'en a pas eu le privi- 
lège : à Orléans, à Gaen, des biographes ont pu inté- 
resser un nombreux auditoire en parlant d'un profes- 
seur qui n'avait jamais eu de chaire qu'à Paris. Preuve 
touchante de ce don qu'il avait en un si haut degré de 
se répandre, de se communiquer à tous sans s'épuiser, 
de faire foyer, pour ainsi dire, foyer rayonnant et ré- 
chauffant. 

Après tous ces hommages, plusieurs de ses amis 
ont pourtant cru qu'il restait encore quelque chose à 
faire, et votre concours a prouvé qu'ils avaient raison. 
Les discours et les notices consacrés à sa mémoire 
n'étaient que des hommages individuels : il fallait 
qu'un hommage collectif exprimât d'une manière sen- 
sible ce que j'indiquais tout à l'heure, la diffusion in- 
cessante et féconde de son activité, dont tant de per- 
sonnes avaient senti l'influence. C'est là, messieurs, 
ce que signifie cette image, consacrée à son souvenir 
je ne dis pas par tous ceux qui devaient quelque chose 
à M. Egger (le nombre en eût été trop grand), mais du 
moins par les membres de l'Association pour Tencou- 



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— CXXVl — 

ragement des Études grecques, c'est-à-dire par beau- 
coup de ceux qui lui devaient le plus. 

En quoi donc consistait cette dette? Un certain 
nombre d'entre vous, Messieurs, ont reçu l'enseigne- 
ment de M. Egger, et les plus récents de ses élèves, 
nos étudiants actuels, de la Faculté des lettres, ont 
tenu justement à honneur de s'associer à cette céré- 
monie. Mais beaucoup aussi parmi ceux qui m'entou- 
rent n'ont été les élèves do M. Egger que dans la me- 
sure où tout homme qui lit est l'élève de ceux qui 
écrivent de bons ouvrages. Et cependant, tous, nous 
lui devons quelque chose de plus que ce que nous 
avons appris dans ses livres. Tous, nous sommes ses 
obligés, pour le bon et grand exemple de cette vie, 
dominée tout entière par le sentiment le plus élevé du 
devoir accompli sans défaillance et sans ostentation. 

M. Egger était justement fier de n'avoir jamais 
manqué une leçon pendant les quarante-quatre années 
qu'a duré son enseignement. Pourquoi n'ajouterais-je 
pas qu'à l'Association des Études grecques il n'est 
guère de séance depuis vingt ans à laquelle il n'ait as* 
sisté? Faible mérite en apparence; en réalité, symp- 
tôme d'une rare vertu, de celle même qui a rendu la 
vie de M. Egger si utile et si honorée : je veux dire 
son attachement à toutes les obligations^ petites ou 
grandes, qu'il acceptait et qu'il recherchait, et de son 
dévouement actif, personnel, infatigable aux œuvres 
qu'il croyait bonnes. Combien de membres, dans tou- 
tes les Sociétés, ressemblent à ces contemporains de 
Démosthène à qui le grand orateur reprochait do 
compter toujours sur l'activité du voisin et de s'accor- 
dei^ sans scrupule à eux-mêmes le droit de rester 
tranquilles t Quand il s'agit de repousser Philippe, cela 
mène à Chéronée; quand il ne s'agit que d'études 
grecques, c^est moins grave, je le reconnais; mais 
enfin ce n'est pas ainsi qu'on donne toute sa mesure 
et qu'on remplit tout son rôle. M. Egger était toujours 



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— CXXVll — 

prêt à payer de sa personne. Il était sans cesse là où 
l'on s'occupait des choses grecques. Il savait écouter 
et parler. Il s'intéressait à ce que disaient les autres, 
même quand ceux-ci n'avaient que peu de chose à lui 
apprendre, et il les intéressait à son tour par sa pa- 
role familière, aisée, pleine d'à-propos et de souvenirs 
heureux. Ajoutez à cela l'autorité du savoir et celle du 
caractère, et vous aurez, Messieurs, le secret de son 
influence. C'est pour cela que tant d'entre nous, même 
sans avoir été à proprement parler ses disciples, res« 
tent ses obligés dans Tordre intellectuel, et ont con« 
sidéré comme un devoir de lui en témoigner leur re* 
connaissance. Ils n'oublieront jamais cette vie si 
probe, si laborieuse, si bien ordonnée, où aucun ins- 
tant n'était perdu et où le repos même, par d'utiles 
conversations, tournait au profit de la science. Ils l'é- 
voqueront souvent dans leur souvenir, comme un 
exemple et un encouragement, et, chaque fois qu'ils y 
songeront, ils se sentiront plus disposés à remplir 
eux-mêmes toute leur tâche. 

M. Jourdain, notre président de l'année dernière^ 
aurait été certainement aujourd'hui notre interprête si 
l'état de sa santé le lui avait permis. A son défaut, 
nous aurions tous souhaité que M. Gréard, notre pré» 
sident actuel, se trouvât libre d'exprimer devant ce 
monument érigé par l'amitié et la reconnaissance, les 
émotions que nous éprouvons. Heureusement, Mes- 
sieurs, vos sentiments suppléeront à l'insuffisance de 
mes paroles, et vos souvenirs, pour être vifs et pro- 
fonds, n'ont pas besoin de nos discours* 



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— CXXVIII — 



DISCOURS 

DE 

M. ERNEST RENAN 



Messieurs, 

Au nom des amis de M. Egger, je tiens à remercier 
TAssocialion des études grecques do Thommage qu'elle 
rend aujourd'hui à cette mémoire vénérée. Grâce à la 
pieuse pensée que vous avez conçue et réalisée, Mes- 
sieurs, nous aurons désormais sous les yeux, en visi- 
tant ce rendez-vous des morts, Timage vraie, vivante, 
sincère de celui que nous avons aimé. Nous retrouve- 
rons dans ce buste son visage aimable, son regard 
bienveillant, son fin sourire. Près d*un an s'est écoulé 
depuis qu'une mort subite nous l'a ravi, et il n'est pas 
un seul d'entre nous qui ne sente cette perte plus cruel* 
lement que le premier jour, tant était grande sa place 
dans le cœur de ses amis ! 

Vingt fois je me suis surpris à écrire, à penser en 
vue de lui, comme s'il vivait encore; vingt fois un cruel 
froissement contre la réalité m'a tiré de mon rêve. 
L'œuvre scientifique de notre siècle gardera la trace 
de son infatigable ardeur ; l'Université, l'Académie des 
inscriptions et belles-lettres se souviendront des ser- 
vices qu'il a rendus : ses amis seuls sauront tout le 
bien qu'il a fait. Comme il ne cherchait que la satisfac- 
tion intime de sa conscience, il fuyait l'ostentation et 
gardait son secret pour lui seul. On ne vit jamais une 
antipathie plus instinctive contre les voies obliques, le 
charlatanisme et le mal. Son honnêteté perçait dans sa 
vie comme dans ses œuvres. Il niait peu, il affirmait 



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— CXXIX — 

avec réserve : aussi a-t-il eu des amis appartenant aux 
opinions les plus diverses. Dans les grands doutes de 
la vie, on se sentait rassuré par son approbation, car 
on savait qu*une inflexible règle de droiture était en 
lui. Toutes les écoles lui doivent quelque chose, celles 
du moins qui ont souci de la vérité. Merci donc. Mes- 
sieurs, d*avoir eu la bonne idée de consacrer ici son 
image. Vous avez prouvé que la Grèce n'oublie pas 
ceux qui l'aimèrent. Vous avez prouvé surtout que 
vous êtes bons appréciateurs du mérite. Celui que vous 
venez de couronner eût mérité les éloges de vos anciens 
sages. C'était un sérieux ami de la vérité; c'était un 
grand homme de bien. 



Annuaire 1886. 



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SOUSCRIPTION PERMANENTE 

POUR LA. PUBLICATION 

DES MONUMENTS GRECS 



Nos confrères sont témoins des sacrifices que nous faisons depuis 1872 
pour mettre chaque année sous leurs yeux quelques beaux ouvrages de 
l*art grec, dont les reproductions, exécutées par des artistes habiles, 
ont obtenu le suffrage de tous les connaisseurs. Malgré les dépenses 
qu*entralnent toujours les publications de ce genre, le CoMrrâ dk l* As- 
sociation désire que les fascicules de nos Monuments grecs puisseut 
toujours être envoyés, comme TAnnuaire, À tous les Membres de TAs- 
sociation, sans aucun changement dans le prix de la cotisation an- 
nuelle de 10 francs. 

En conséquence, le Comité a résolu de s'adresser & la générosité 
déjà éprouvée des Membres de l'Association, et d'ouvrir une souscrip- 
tion permanente et toute volontaire, & l'effet de former peu à. peu un 
fonds de réserve pour le dessin et la gravure des planches. Il recom- 
mande vivement cette souscription à. tous ceux de nos confrères qui 
s'intéressent au développement de cette partie de notre œuvre. 

Les conditions de la souscription sont les suivantes : 

Art. !•*'. — La souscription pour les Monuments grecs est fixée au 
minimum de 100 francs une fois versés. 

Art. 2. — Les souscripteurs recevront le titre de Membres fonda- 
teurs pour les Monuments grecs; leurs noms formeront une liste à 
part, qui sera imprimée sur la couverture de chaque fascicule de notre 
publication archéologiq ue . 

Art. 3. — SU y a des renouvellements de souscription, ils seront 
indiqués sur cette liste par la mention des années où la souscription 
aura été renouvelée. 

Art. 4. — Les souscriptions qui dépasseraient le chiffre de 100 francs 
seront naturellement Tobjet d^une mention spéciale dans le rapport 
annuel du trésorier et dans la liste des souscripteurs. 

Art. 5. — L'argent produit par les souscriptions formera un fonds 
de réserve, dans lequel on ne pourra puiser que sur une demande de 
la Commission archéologique et sur un vote favorable du Comité. 

LE COMITÉ DE L'ASSOCIATION, 

Nota. — Les souscriptions devront ètro adressées A M. Magnabal, trétto- 
WTt 23, rue de Saint-CIoud, i Clamart, près Paris. 



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MÉMOIRES ET NOTICES 



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VOYAGE 

DANS LE PÉLOPONÈSE 

(1850) 
(•2« PARTIE) 

CYNURIE - LACONIE - MESSÉNIE 

PAU A. MÉZ1ÈRE8 



Arg03 est entouré de lieux qui rappellent le sou- 
venir d'Hercule* On comprend que les Argiens aient 
revendiqué pour eux la gloire du héros ; ils voyaient de 
leurs murs Tirynihe, sa patrie, le mont Apesys qui do- 
mine Némée, et plus près d'eux encore le marais de 
Leme, séjour de l'hydre. La vue des lieux explique la 
tradition. Les Grecs ont dû croire sans peine que le 
chef de la race Dorienne avait accompli ses premiers 
travaux sur le sol même où il était né. Je n'examine 
pas s'il y eut plusieurs Hercules, si les poètes ont at- 
tribué à un seul homme les exploits d'une génération 
tout entière, ni même si le mythe d'Hercule appartient 
à l'Egypte ou à la Grèce. Mais, sans chercher à résou- 
dre de si difficiles problèmes, on serait tenté de croire 

Annuaire 1886. 1 



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2 A. MËZIËRES. 

que la tradition la plus authentique est celle qui res- 
pecte la géographie. En suivant la route d'Argos à 
Lerne, il nous était donc permis d'ajouter foi à la my- 
thologie et de nous représenter le héros sortant de 
Tirynthe pour exterminer l'hydre; nous l'eussions 
suivi avec plus de déGanfte dans les lointaines expédi- 
tions que lui prête la poésie. 

La route d'Ârgos à Lerne longeait autrefois le bord 
de la mer (1); maintenant les marais, rendent toute cette 
plaine impraticable. Il faut suivre pendant quelque 
temps la route de Tégée qui se rapproche des monta- 
gnes. On rencontre d'abord les sources de l'Érasinus; 
le fleuve sort du mont Chaon par une ouverture de 
rocher. Il semble venir de loin et traverser la montagne 
avant de paraître" au jour; sa largeur n'est pas celle 
d'un fleuve qui commence. Hérodote le fait venir de 
Stymphale (2). Du reste, les eaux ont souvent en Grèce 
un cours souterrain que la science expliquerait facile- 
ment par la nature même du pays. 

Au-dessus de la source apparente de l'Érasinus, on 
voit dans la montagne deux grottes naturelles, pro- 
fondes l'une et l'autre, et qui ont dû, chez les anciens, 
être consacrées aux Dieux. Pausanias dit qu'on y ren- 
dait un culte à Pan et à Bacchus (3). Aujourd'hui encore 
elles servent.de retraites, pendant l'hiver, à des trou- 
peaux de chèvres et de moutons, et les champs voisins 
sont plantés de vignes. Une chapelle grecque, bâtie à 
rentrée de la grotte principale, indique peut être l'em- 
placement d'un autel antique. L'aspect de ces sombres 
cavernes, dans un pays qui n'a rien de sauvage, avait 
dû frapper vivement l'imagination des Grecs. On a 
peine à comprendre qu'il les aient consacrées à des 
divinités légères et amies des hommes. 



(1) Pausanias, Corinthiaca, xxxvi. 

(2) lierod., 6, lxxvi. 
(3; Pausanias, ii-24. 



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cv 



VOYAGE X)ANS LE PÉLOPONËSE. « 3 

L'embouchure de rÉrasinus n*est pas loin de sa 
source; il coule pendant une lieue vers la mer; Pau- 
sanias prétend qu'il se jette dans le Phrixus (1). On 
voit en effet un très petit cours d'eau sortir d'une ou* 
verture entre le mont Lycone et le mont Chaon, et se 
joindre à l'Érasinus, mais mus devenir le fleuve prin- 
cipal. Il serait plus juste de dire que le Phrixus est le 
seul affluent de TÉrasinus. 

A gauche du fleuve, du côté de la mer, se trouvait, 
au temps de Pausanias, un temple des Dioscures, dont 
il serait difflcile de chercher la trace, au milieu de cette 
plaine marécageuse (2). On ne peut visiter non plus 
remplacement de Téménium, qui se trouvait sur le 
bord de la mer, entre Nauplie et Lerne (3) ; la carte de 
rétat-major ne l'indique môme pas. M. Ross y pénétra, 
pendant une année de sécheresse. A l'endroit môme 
où le golfe se rapproche le plus d'Argos, entre l'em- 
bouchure du Charadrus et de l'Inachus réunis et le 
cours de l'Érasinus, il crut reconnaître les ruines de la 
ville ancienne. Il vit dans la mer les restes d'un port 
artificiel en gros blocs, sur le rivage des fondations 
helléniques, et dans les champs de nombreux débris 
de tuiles et de vases. L'enceinte de la ville lui parut 
peu considérable (4). 

L'état des lieux ne nous permettait pas de faire cotle 
excursion; nous continuâmes notre route dans la direc- 
tion de Lerne. On rencontre bientôt, après l'Érasinus, 
un autre cours d'eau qui doit être le Chimarrus ; il y 
avait là, dit le géographe ancien, une enceinte de pier- 
res qui marquait l'endroit où Pluton était rentré aux 
enfers, en enlevant Proserpine (5). Rien dans les lieux 



(1) Pausanias, ii-36. 

(2) Id„ ibid. 
(3)Id.,ibtd, 

(4) Ross, Reisen im Peloponncs, V. 

(5) Pausanias, ii-3G. 



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4 A. MÉ2IÉRES. 

nejustiQela tradition; le Ghimarrus coulo au milieu 
d'une plaine fertile. Il n*y a ni ravins, ni précipices sur 
ses bords. On chercherait plutôt une bouche des Enfers 
dans les grottes qui dominent les sources de TÉra- 
sinus^ 

Un peu plus loin comnifence le marais de Leme; ce 
lieu terrible est maintenant couvert de verdure. Quel- 
ques maisons grecques, entourées de jardins, sont 
bâties, au milieu môme des marécages. La culture a en 
partie desséché les marais, et, dans quelques endroits 
où Teau séjourne encore, elle disparaît sous les plantes 
et sous les fleurs. Le séjour de Thydre n'éveille plus 
que des idées gracieuses; les anciens, du reste, ne le 
regardaient pas comme redoutable. On y célébrait des 
fêles en Thonneur de Gérés, la déesse de Tabondance, 
sans doute à cause de la fertilité de la terre (1). 

Eschyle fait dire à lo qu'elle a vu, près du marais 
profond de Lerne, les étables et les prairies de son 
père (2). Ovide parle des pâturages de Lerne (3). Pau- 
sanias y trouve un bois sacré de platanes qui s'étendait 
de la montagne' Pontinus à la mer (4). Enfin, un pas- 
sage de Plutarque nous apprend qu'on s'y réunissait 
pour des cérémonies religieuses, et quelquefois même 
pour des délibérations politiques. Les Achéens prient 
Gléomène, roi de Sparte, de venir à leur assemblée qui 
se tient à Lerne (5). Les Grecs aimaient à se placer 
sous la protection des Dieux et à les prendre pour té- 
moins de leurs traités. Un bois sacré était un terrain 
neutre ou des ennemis pouvaient se rencontrer sans 
défiance. 

L'enceinte décrite par Pausanias renfermait des 



(1) Pausanias, ii*36. 

(2) Eschyle, Prométhée, v. 652. 

(3) Ovide, Mélam., I, v. 297. 

(4) Pausanias, ii-37. 

(5) Plutarque, Vie de Cléoméne, 



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VOYAGK DANS LE PKLOPONÈSE. 5 

temples avec des statues de picrrB et de bois (i). 
L'existence de ces édifices prouve que le marais de 
Lerne était déjà en partie desséché, ou du moins qu*on 
ne le jugeait pas inhabitable; car si les bois sacrés 
(aXîOi;) étaient souvent loin des villes, il fallait au moins 
que les prêtres pussent y vivre pour y garder les objets 
du culte et pour y célébrer les cérémonies religieuses. 

Parmi ces temples et ces statues, il n'y en a pas 
iî'Hercule, et il semble que, dans un lieu si plein de 
son nom, il ait été le seul oublié. Peut-être le mythe de 
Lerne n'a-t-il jamais été adopté définitivement par le 
.culte; peut-être ne fut-il qu'une de ces croyances po- 
pulaires dont les poètes s'emparent et que la religion 
respecte sans les consacrer. 

Il est remarquable aussi que beaucoup d'écrivains 
aient parlé de Lerne sans dire un mot de l'hydre, ce 
qui forait croire ou que la tradition n'était pas très 
répandue ou qu'elle ne remonte pas à une date fort 
ancienne. 

Ce serait ici le lieu de se demander quel était ce 
monstre qui ne pouvait être yaincu que par l'homme le 
plus fort et le plus courageux de la Grèce. Les monu- 
ments anciens nous le représentent comme un serpent 
à trois et souvent même à neuf têtes; Hercule le fait 
sortir du marais à coup de flèches et le tue tantôt avec 
un sabre recourbé qu'on appelle la harpe, tantôt avec 
sa massue ; quelquefois même il le brûle avec un flam- 
beau (2). Y eut-il en Grèce, à une époque reculée, des 
serpents venimeux, et la fable de l'hydre aux têtes re- 
naissantes indique-t-elle que le marais de Lerne en fut 
longtemps infesté? En retranchant le merveilleux, le 
fond de la tradition n'est que la lutte d'un homme con- 
tre un serpent. Pausanias, ordinairement si crédule, 
pense lui-même que l'hydre n'avait qu'une tête; c'est 

(1) Pausanias, ii-37. 

(2) Millin, Galerie mythiOlo^i^ue, II, p. 16?, 



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6 A. MÉZIÈRES. 

Pisandre de Camire, dit-il, qui, par exagération poé- 
tique, lui en a donné plusieurs; il croit seulement 
qu'elle était plus grande que les serpents ordinaires (i). 
Mais il n*y a pas de grands reptiles en Grèce, et la taille 
de la vipère, le seul qui soit vraiment dangereux, ne 
répond guère aux proportions gigantesques que les 
monuments donnent à Thydre de Lerne. Il est vrai qu'à 
la même époque Hercule tuait un lion et qu'il n'en reste 
plus aujourd'hui. Peut-être quelques familles d'ani- 
maux ont-elles disparu de la Grèce, comme il arrive 
dans tous les pays où les hommes leur font la guerre; 
ou plutôt ne faut-il pas croire que beaucoup de ces tra- 
ditions sont venues d'Egypte? 

Au-dessus du marais de Lerne s'élève la montagne 
Pontinus, où Pausanias vit les ruines d'un temple con- 
sacré par Danalls à Minerve Saïtis, divinité égyptienne, 
et les fondations de la maison d*Hippomédon, allié de 
Polynice dans la guerre de Thèbes (2). Il reste encore 
aujourd'hui au môme endroit quelques pierres hellé- 
niques qui ont servi de base à un château du moyen 
âge. 

Deux cours d'eau sortent de la montagne; le premier, 
dont la source est triple, et qui borne Lerne du côté 
d'Argos, doit être la rivière Pontinus ; le second, plus 
abondant, se perd immédiatement dans le marais; c'est 
la fontaine ou rivière Amymone qui porte le nom d'une 
fille de Danafls, amante de Neptune. Quand le Dieu des 
mers irrité dessécha toute la plaine d'Argos, il épargna 
les sources de Lerne par amour pour la belle Amy- 
mone (3). 

C'est près de cette fontaine que se tenait l'hydre, à 
l'ombre d'un platane (4), Amymone séparait le marais 



(1) Pausanias, ii-37. 

(2) Id., n-36. 

(3) Hygin. fabl. 169, Aiioîlodore, 11-1-4. 

(4) Pausanias, ii-37. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. î 

de Lerne du lac Alcyone; autrefois sans doute, comme 
le fait croire le -texte de Pausanias, elle coulait entre les 
deux, sans s'y mêler (1). Mais le lac Alcyone, refoulé 
par une digue, s'est élargi et se confond maintenant 
avec les eaux marécageuses qui Tavoisinent. C'est ce 
qui explique sans doute pourquoi la fontaine Amphia- 
ratis a disparu. On la Voyait du temps de Pausanias (2) ; 
il n'en reste plus aucune trace aujourd'hui. 

Quoi qu'il soit difficile de dire où commence TAl- 
cyone et où finit le marais, plusieurs nappes d'eau 
larges, profondes et transparentes, qu'on voit au sud 
de la fontaine Amymone, au milieu de grands roseaux 
et de belles plantes aquatiques, appartiennent certai- 
nement au lac décrit par Pausanias. Les anciens ne 
purent jamais en découvrir le fond; Néron lui-même 
l'essaya inutilement (3), et de nos jours encore, dit 
M. Ross, on y a jeté plusieurs fois l'ancre sans suc- 
cès (4). Une autre tradition terrible s'était répandue 
sur le lac Alcyone; son eau était claire et limpide 
comme aujourd'hui; mais si on avait l'imprudence de 
s'y baigner, on se sentait invinciblement attiré vers le 
fond (5). Peut-être quelque baigneur avait-il été victime 
de la fraîcheur de l'eau et les habitants du pays avaient 
cru au prodige. 

C'est par le lac Alcyone que Bacchus descendît aux 
enfers, pour en tirer sa mère Sémelé. On y célébrait 
une fois par an des mystères nocturnes en l'honneur 
de Pallas. Pausanias n'ose les divulguer (6). 



(1) Pausanias, ii-37. 

(2) /d., ibid. 

(3) Id., ibid, 

(4) Ross, Reisen im Péloponnèse V. 

(5) Pausanias, ii-37, 

(6) Jd., ibid. 



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A MÉZIÈRES. 



DE LEaNE A LA THVaÉATlDE 



En pénétrant dans lo pays, à droite de Lernc, M. Ross 
a rencontré, au tond d'une vallée, les ruines d'une tour 
.hellénique qui, par sa situation môme, ne pouvait guère 
être une forteresse. Était-ce un tombeau ou une pyra- 
mide colossale comme celle qu'on retrouve sur l'empla- 
cement de Lessa, près du bois sacré d'Épidaure? Sans 
se prononcer sur ce point délicat, M. Ross croit qu'il 
faut placer en ce lieu la pyramide de Plutarque (I). 

Plus loin encore le même voyageur découvrit les rui- 
nes d'une ville hellénique que Leake n'avait pas vue, 
et que la carte de l'État major indique simplement par 
les initiales R. H. Il croit que c'est Éiatls cité dans 
ApoUodore. C'est sur la route qui conduit de Lerne à 
cette ville qu'Hercule avait enterré l'hydre après l'avoir 
tuée (2). 

Au-delà de Lerne, la plaine continue à être maréca- 
geuse jusqu'au village de Kivérz, situé sur l'emplace- 
ment de Génésium, où se voyait un temple de Neptune 
Génésios (3). 

Plus loin était Apobothmi ; Danatls, disait la tradi- 
tion, y avait abordé avec ses filles, en arrivant d'E- 
gypte (4). Là commence la route Anigrœa, qui. passait 
pour difficile et périlleuse. Elle suit le bord de la mor 
le long des rochers; c'est maintenant un sentier fort 
étroit et fort escarpé, comme on en voit tant en Grèce, 

(1) Ross, Reisen im Peîoponnes, V; 

xà^xç y.aràpuit, xat Sapclav inidvjxt izérpxv Tcapà t^v ôobv tv-/ ^ipo\JsvL¥ 
o(à \épv7)i tîi £).<oOvTa. ApoUod., 2, 5, 2. 

(3) Pausanias, ii-38. 

(4} M, Ibid, 



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VOYAGE DANS LE PELOPONÉSE. 9 

mais elle n'efîraie pas les voyageurs qui ont déjà gravi 
quelques montagnes du Péloponèse. Par intervalles 
se voient les traces de la route.anciennc taillée dans le 
roc, 

Toute cette côte est stérile et nue; de grands rochers 
sans arbres, dominés eux-mêmes par des montagnes 
Arides, descendent brusquement jusqu'à la mer. Dans 
un seul endroit s'ouvre une petite vallée où Ton trouve 
du moins quelques oliviers. Los Turcs y ont creusé 
une grande citerne; car il n'y a pas d'eau sur cette 
route, et Ton n'y rencontre que des torrents desséchés. 
M. Leake se demande si ce n'est point là l'emplace- 
ment de Pyramio dans la Thyréatide que M. Ross 
place, de son côté, à droite de Lerne (i). Plutarque, 
.qui ne s'accorde point avec Pausanias, y lait descendre 
Danatis ; c'est donc sur le bord de la mer et non dans 
la montagne qu'il faut la chercher. La conjecture de 
M. Leake parait plus vraisemblable que celle de 
M. Ross; mais comme il y a contradiction entre les 
auteurs anciens et qu'il ne reste aucune ruine sur la 
côte, on ne peut avoir d'opinion certaine. Quoiqu'il en 
soit, c'est dans cette région que débarqua le héros 
égyptien et qu'il vit ce combat d'un loup et d'un tau- 
reau, en souvenir duquel les Argiens avaient élevé un 
monument dans l'Aspis. Le loup fut vainqueur, dit 
Plutarque, et, comme il était étranger, Danatis en tira 
un présage de victoire qui se réalisa (2), 

A l'extrémité de la route Anigrœa, au moment où se 
découvre la plaine d'Aslros, jusque-là cachée par des 
rochers, on aperçoit dans la mer un phénomène sin- 
gulier; c'est un tourbillon large et rapide, produit sans 
aucun doute par une source souterraine. Il est impos- 
sible de ne pas y reconnaître la Diné de Pausanias (3). 



(1) Leake^ Travels in the Morea, II, p. 477. 
(•2) Plutarque, Vie de Pyrrhus', 
(3) Pausanias, vm-7^ . 



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10 A. MÉZIÈRES. 

Le nom moderne' i4«ayo/o est la traduction exacte du 
nom ancien; d'ailleurs Pausanias place Diné en face de 
Genesium, et le tourbillon d'Anavolo a précisément la 
môme position vis avis de Kivéri, Tancienne Genesium. 
G*est là, dit le géographe ancien, que reparaissent les 
eaux de la plaine do Mantinée, après s'être perdues 
dans un de ces gouiTres qu'on appelle maintenant Ka^ 
tavothres(KoLia6o^çiO'i]. Les anciens avaient remarqué que, 
dans les plaines centrales du Péloponôse, de nombreux 
courants s'engouffraient sous terre en se dirigeant vers 
la mer, et trouvant sur les rivages de TArgolide des 
sources qui paraissaient venir de loin, ils en avaient 
conclu que les eaux passaient sous les montagnes pour 
aboutir ensuite au golfe d'Argos. C'est ainsi que, sans 
invraisemblance, ils faisaient venir l'Érasinus de Stym- 
phale. 

Diné était consacrée à Neptune; h)S Argiens y préci- 
pitaient des chevaux en son honneur (1). 



THYnÉATIDE — RUINES DU MONASLÈRE DE LOUKOU 

Une descente très rapide conduit d'Anavolo àla plaine 
d'Astros. Là le paysage change. Au lieu de rochers 
arides, ce sont de grandes herbes et des roseaux épais 
qui cachent un marais salé, et plus loin des champs 
cultivés sous de beaux oliviers. Grâce à la fraîcheur 
qu'entretiennent des sources abondantes, tout ce pays 
est couvert d'arbres et de verdure. 

On reconnaît l'endroit que Pausanias rencontre, à la 
sortie de la route Anigrœa, et qu'il trouve si favorable 
à la culture des oliviers (2). 

Cette jolie vallée formait autrefois le canton de la 

(1) Pausanias, vin-7. 

(2) Atvopa, 8>«t5(; /xxXivrx, xyxBii rpifiu yvj. Pausanias, ii-38. 



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VOYAGE DANS LE PELOPONESE. Il 

Thyréalide, dont la possession fut si longuement et si 
vivement disputée entre Argos et Sparte (1). 

Les Argiens,au temps de leufpuissance, Toccupèrent 
sans contestation ; leur territoire s^étendail même, dit 
Hérodote, le long du rivage de la mer, jusqu^au cap 
Malée et jusqu'à l'île de Cythère (2). Mais Sparte, am- 
bitieuse et guerrière, ne voulut point laisser aux mains 
d'un peuple ennemi une des portes de laLaconie; elle 
s'empara des défilés du Parnon et de toute la Thyréa* 
tide. C'était s'ouvrir un passage jusqu'au cœur de 
TArgolide; en un jour de marche ses soldats pouvaient 
camper sous les murs d'Argos. 

Aussi la lutte fut-elle sanglante entre les deux peu- 
ples. Pour la terminer, ils convinrent, dit Hérodote, 
qu'il y aurait un combat de trois cents Spartiates con- 
tre trois cents Argiens, et que les vainqueurs reste- 
raient les maîtres du pays contesté (3). Le duel eut 
lieu avec un acharnement qui atteste biian la haine des 
deux nations. Quand vint la nuit, il ne restait plus qu'un 
Spartiate et deux Argiens. Ceux-ci se croyant vain- 
queurs allèrent en porter la nouvelle dans leur patrie ; 
mais le Spartiate plus rusé resta sur le champ de ba- 
taille et dépouilla les morts de leurs armes. Le lende- 
main, avec la bonne foi habituelle des anciens, chaque 
parti s'attribuait la victoire. 

Il fallut en venir à un combat général, et cette fois 
les Spartiates furent vainqueurs. Ce fut un tel deuil 
dans Argos, h la nouvelle de cette défaite, que les 
hommes coupèrent leur barbe et leurs cheveux, et ju- 
rèrent de ne point les laisser repousser avant d'avoir 
reconquis la Thyréatide. Je ne sais s'ils tinrent leur 
serment; mais il ne paraît pas qu'ils aient recouvré 
leurs anciennes frontières. Une nouvelle guerre, plus 



(1) Pausanias, ii-38. 

(2) HéPOflote, 1-82. 
{3)Id.,ibid. 



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.•tw »' 



12 A. MËZIÉRES. 

décisive encore que la première, assura pour longtemps 
aux Spartiates la possession de leur conquête (!)• 

Pendant la guerre du Péloponèse, la Thyréatide 
appartenait encore à Sparte. C'est là que se réfugièrent 
les Éginètes, chassés de leur patrie par les Athéniens. 
Ces irréconciliables ennemis d'Athènes, vaincus, mais 
non découragés, allèrent offrir leurs bras aux Spar- 
tiates. On les établit à Thyrée; c'était un poste dan- 
gereux, exposé aux attaques de la flotte athénienne. 
Les exilés, pour se mettre à Tabri, élevèrent aussitôt 
un mur de défense sur les bords de la mer. MaisTim- 
placable ressentiment des Athéniens les poursuivit 
dans ce dernier asile; à peine le mur était-il commencé 
que parut la flotte d'Athènes*, les Éginètes se renfer- 
mèrent dans les murs de Thyrée, située sur la hauteur, 
è dix stades du rivage (2)* ; 

Thucydide, à ce propos, cite un fait qui peint bien la 
politique de Sparte. Une garnison lacédémonienne 
travaillait aux fortifications avec les exilés; ceux-ci la 
supplièrent en vain de leur porter secours; elle ne 
voulut point combattre et, pour ne pas compromettre 

. dans une bataille incertaine l'honneur de ses armes, 
elle se retira sur les montagnes. Dès lors l'issue du 
combat n'était plus douteuse; les Athéniens prirent et 
saccagèrent Thyrée. Mais cette expédition n'était pas 
une conquête, et la Thyréatide resta aux Spartiates. 

Les Argiens cependant n*abandonnaient pas leurs 
prétentions ; on trouve un décret de Philippe, roi de 

. Macédoine, qui leur rend leur ancienne province (3). 
Plus tard encore, sous les Romains, une contestation 
s'éleva entre Argos et Sparte, au sujet du môme pays. 
Mais les deux peuples n'y jouent plus qu'un rôle ridi- 
cule ; le temps de leur gloire est passé; ils sont forcés 



(1) Hérodote, vi-76, 80. 

(2) Thucydide, iv-56, 57. 

(3) Pausaniaa, vi-11. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 13 

d*accepter pour juge Callicrate, le plus décrié des 
Grecs (1). 

Au temps dB Pauàauias, la Tbyréatide avait été ad- 
jugée aux Argiens par sentence de Rome (2). 

D'après Thucydide, le canton de Thyrée, quoiqu'il 
soit souvent cité séparément, faisait partie de la Gy- 
nurie, contrée limitrophe d'Argos et de Sparte (3). Il 
serait difficile de retrouver aujourd'hui les divisions 
anciennes ; mais on appelait probablement Tbyréatide 
cette riche vallée qui commence au pied de la route 
Anigrœa, et qui sépare les cimes du Parnon de la 
chaîne du Zavitza. La Cynurie devait s'étendre beau- 
coup plus loin ; je ne sais quelles en étaient les limites 
au sud, mais elle comprenait certainement à l'ouest les 
défilés du Parnon jusqu'aux Hermès dont parle Pau- 
sanias; les bourgs d'Athene, de Néris et d'Éva en 
faisaient partie (4). Tout ce pays, alternativement oc- 
cupé par les Argiens et parles Spartiates, n'eut jamais, 
je crois, de limites précises, et ne forma point un État 
indépendant. 

Aujourd'hui la Tbyréatide, devenue la plaine d' As- 
tres, est une des parties les plus riches et les mieux 
cultivées du Péloponèse. Astros, qui lui donne son 
nom, s'avance dans la mer sur un long promontoire 
• qu'on aperçoit d'Argos et de Nauplie. Il y avait là sans 
doute une ville ancienne ; Ptolémée parle d'un Astros 
situé au sud de l'Argolide, et près duquel se trou- 
vaient les limites de Sparte et d'Argos (5). Le lieu et le 
nom moderne s'accordent exactement avec la donnée 
du géographe. 

Sur une éminence qui forme la partie haute du pro- 



(1) Pausaiiins, vu -11. 

(2) /d. 11-38, otzïj vt/>j5avTa,-. 
(3j Thucydide, v-41, iv-56. 

(4) Pausaaias, ii-38. 

(5) Ptolémée, ni-16. 



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1 1 A. ^lÉZlEllES. 

montoirc se retrouvent les restes d'un mur hellénique. 
Apparlenait-il à Tenceinte de T Acropole dont la place 
est marquée par la position d*un ch&teau moderne? 
M. Leake conjecture, avec quelque raison, que ce mur 
peut être celui de la forteresse que construisirent les 
Égnièles sur le bord de la mer, quand ils furent atta- 
qués par les Athétiiens (1). Les pierres en sont cepen- 
dant polygonales et grossièrement taillées; la cons- 
truction paraît antérieure à la guerre du Péloponèse. 
Mais peut*6lre se servait-on de matériaux anciens; il 
ne serait pas étonnant d'ailleurs qu'on n'eût pas eu le 
temps de construire dans les règles de Tart un mur de 
défense élevé à la hâte, et qui ne fut pas même ter- 
miné. 

D'Aslros trois routes conduisent à Sparte; Tune se 
dirige vers le Sud à travers la Tzaconie, et s*écarte 
beaucoup de l'itinéraire de Pausanias; les deux autres, 
qui finissent par se rejoindre au village moderne de 
Saint-Jean, ont l'avantage d'être plus directes. Ce sont 
celles que prennent encore les gens du pays. M. Leake, 
probablement trompé par ses guides, s'engagea dans 
la première en sortant du monastère de Loukou, et la 
confondit avec celle de Pausanias (2). Cette erreur lui 
en fit commettre plusieurs autres, qu'il reconnut en 
partie, après les travaux de l'expédition de Morée (3). 

Nous suivîmes le chemin le plus court qui semble 
naturellement indiqué par le texte de Paus.anias. En 
sortant d'Astros> on laisse à droite le cours du Tanus, 
dont la position n'est pas douteuse, quoique M. Leake 
s'y soit trompé d'abord. C'est le seul torrent qui ^es-^ 
cende des sommets du Parnon pour se jeter dans le 
golde de Thyrée (4). 



(1) Leake, Travels inthe Mot*ea, II, p. 485. Thucydide, iv-57. 

(2)Jd. ibicL, II, p. 492. 

(3) Id. Peloponnesiaca^ p. 294. 

(4) Pausanias, iiSS, 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÊSÉ. 15 

Un chemin bien ombragé, au milieu d^oliviers, de 
chênes verts et d'arbustes épineux conduit, par une 
montée assez douce, jusqu'au monastère de Loukou. 
Le couvent, situé sur un plateau peu élevé au fond de 
la plaine d'Astros et au pied des premières chaînes du 
Parnon, domine toute la vallée jusqu'à la mer. Les 
moines peuvent apercevoir, h travers les grands arbres 
de leur jardin, tout le golfe de Thyrée et jusqu'aux 
lointains rivages d'Hermione. 

C'est au monastère que M. Leake crut retrouver 
l'ancienne ville de Thyrée (1). Mais son opinion, comme 
il l'avoue lui-môme, est formellement contredite par 
un passage de Thucydide, qui place la cité des Éginètes 
h dix stades de la mer, tandis que le couvent en est à 
plus de deux lieues (2). Il n'est pas probable d'ailleurs 
que l'emplacement de Loukou ait jamais été celui d'une 
ville forte. Les anciens se retranchaient sur des pla- 
teaux plus élevés et d^un accès plus difficile. 

Pour s'accorder avec le texte de Thucydide, ordi- 
nairement si exact, ce n'est pas là qu'il faut chercher 
les ruines de Thyrée, mais plus près de la mer et sur 
les bords opposés du Tanus, dans les premiers contre- 
forts du mont Zavitza. Il n'y a pas d^endroit où les mon- 
tagnes soient plus rapprochées du rivage, et, comme 
le remarquent également Thucydide et Pausanias, la 
ville était située sur les hauteurs (3). 

Il ne reste malheureusement de ce côté aucune ruine 
apparente, et, quoique le Tanus charrie souvent des 
marbres et des pierres antiques, on ne peut retrouver 
l'emplacement de Thyrée. Saccagée et détruite par les 
Athéniens, peut-être ne se releva-t-elle jamais de ses 
ruines. Pausanias l'appelle un bourg et non une 
ville (4). Le seul monument qu'il y ait vu est le tombeau 

(1) Leake, Travels in thc Morea, II, p. 4S6. 

(2) Thucydide, iv-57. 

(3) Pausanias, u-38. 

(4} Busia yro>piTJ ioTiv. /d;, ibid. 



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16 A. MÉZIËRËS, 

de ces trois cents Spartiates qui avaient combattu au- 
trefois pour la possession du pays. 

Il y avait cependant près du monastère de Loukou 
Une ville ancienne. Des ruines nombreuses en sont 
restées, mais elles appartiennent presque toutes à Té- 
poque romaine. Sur un des côtés du monastère se voit 
encore un mur ancien construit en larges pierres liées 
avec des briques et du mortier. Si c'est là le mur de la 
ville, il fut ou construit ou réparé par les Romains; 
car jamais les Grecs ne b&tirent avec du ciment. 

Dans un petit bois d'oliviers qui touche au couvent, 
on retrouve les ruines d'un grand édifice également 
romain. Une niche demi-circulaire est restée debout; 
elle semble avoir appartenu à un temple dont les dé- 
bris sont épars sur le soL Gomme toutes lés niches du 
même genre, elle marque la place de la statue du dieu. 
Des fondations en pierres cimentées et en briques 
apparaissent de distance en distance, mais sans être 
assez régulièrement conservées pour qu'on puisse 
mesurer l'étendue du temple. D'énormes tronçons de 
colonnes monolithes font cependant deviner les pro- 
portions de l'édifice dont la grandeur étonne, dans un 
lieu si peu connu. 

Deux chapiteaux corinthiens sont à terre, à côté des 
colonnes; le travail en est grossier et atteste la déca- 
dence de l'art. Comme il arrive presque toujours dans 
les édifices Romains, les chapiteaux et les colonnes 
sont de pierres différentes ; celles-ci en granit gris que 
M. Ross croit de Délos (J); ceux-là en pierre grise 
trouvée probablement dans les carrières voisines. 

Des fouilles ont fait découvrir, à quelque distance 
de la niche demi-circulaire, les fragments d'une mo- 
saïque romaine, trop éloignée pour avoir appartenu au 
temple. Peut-être plusieurs édifices étaient-ils réunis 
sur le même plateau; les anciens ne craignaient pas 

(1) Ross, Reisen xm Pcloponnes, V. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 17 

d'accumuler les monuments dans un espace étroit. 
M. Leake a vu au même endroit les fragments d'un 
groupe colossal en marbre, qui semblait représenter un 
homme portant sur ses épaules le cadavre d'un autre 
homme (1). Il n'en reste plus maintenant aucune trace. 

Mais une statue de femme assise, qu'on lui montra 
également sous les oliviers, est restée telle qu'il la vit, 
il y a quarante-cinq ans. La tête manque, le bras droit 
est détaché et nu ; le bras gauche, au contraire» porte 
une draperie flottante qui retombe sur la hanche. Le 
corps incline vers la droite. La poitrine est découverte ; 
le reste du corps entouré, comme le bras gauche, d'un 
vêtement à longs plis, qui par devant descend jusqu'aux 
pieds, et par derrière couvre le dos tout entier. Les 
genoux et les pieds avaient élé mutilés par des maçons 
quelques jours avant le passage de M. Leake. La statue 
devait être adossée à un mur, comme l'indique la forme 
même du piédestal. 

On ne retrouve dans cette sculpture ni l'expression ni 
Pélégance de l'art grec; elle parait romaine comme tout 
ce qui Tentoure. Les Romains ont le malheur^ en Grèce, 
d'être responsables des œuvre suspectes. Ce qui reste 
des Grecs est si supérieur qu'il n'y a pas de confusion 
possible ; quand une ruine n^est pas belle, on sait d'a- 
vance qu'elle n'est pas grecque. 

D'autres sculptures, transportées au couvent, quoi- 
que d'un travail plus délicat, datent probablement de 
la même époque. C'est d'abord un cippe ou stèle en 
marbre blanc cassé par le haut, et qui porte en bas- 
relief un cep de. vigne avec plusieurs grappes de raisin. 
A côté, se trouve une tête de statue Romaine d'une 
belle expression; mais la barbe et les cheveux, soigneu- 
sement frisés et séparés, indiquent déjà chez l'artiste 
la préoccupation des petits détails qui marque les épo« 
ques de décadence. 

(1) liCake, Travels in the Morea, II, p. 486. 

Annuaire 1886. 2 



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18 A. MÉZIÉRES. 

Des chapiteaux corinthiens en marbre, de différentes 
dimensions, et d'autres en pierres, semblables à ceux 
qui se trouvent près des colonnes de granit, ont été 
apportés et déposés dans la cour du couvent. Un seul 
chapiteau ionique en marbre blanc s*y trouve môle. La 
chapelle renferme quatre colonnes de marbre sans can- 
nelures, beaucoup moins grandes que celles dont les 
débris sont restés sous les oliviers. Elles ont dû appar- 
tenir, ainsi que les chapiteaux de marbre, à quelque 
édifice également Romain. 

Les moines sont fiers de ces ruines et les conservent 
aujourd'hui avec un respect superstitieux. Mais à une 
autre époque, disent-ils, beaucoup de pierres antiques 
ont été emportées pour servir de matériaux dans les 
villages des environs. Le couvent a môme permis à des 
voyageurs étrangers d'enlever des sculptures et des 
statues en marbre. Récemment encore un bas-relief a 
été transporté à Athènes et placé au temple de Thésée, 
où il reste confondu avec d'autres, sans qu'aucune in- 
dication permette de le reconnaître. 

Si tous les restes antiques trouvés au monastère de 
Loukou avaient été conservés, ils offriraient aujour- 
d'hui l'un des plus curieux souvenirs de l'art Romain 
en Grèce. 

Mais quelle est là ville qui fut ainsi décorée par les 
Romains? De telles ruines méritent un nom. Comment 
Pausanias, qui n'oublie jamais do parler des temples 
et dos moindres statues, a-t-il passé sous silence de si 
grands édifices? Peut-être n'étaient-ils pas sur sa route ; 
mais il dut en passer bien près, et comment croire 
qu'ils no lui aient pas été indiqués dans une contrée 
qui devait renfermer si peu de monuments? 

Si l'on place^ avec M. Leake, la ville de Thyrée au 
monastère de Loukou, comment le géographe ancien 
n'y remarque-t-il que le tombeau des Argiens et des 
Spartiates? Si Ton veut y retrouver Athene, Éva ou 
Néris, les seuls bourgs que Pausanias nomme en Cy« 



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r>:ç- 



VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 19 

nurie, comment n'y place-t-il pas un soûl édifice ? D'un 
autre côté, quoique tous les monuments de Loukou 
puissent être de l'époque des empereurs, il parait dif- 
ficile de supposer qu'ils aient été construits après le 
voyage de Pausanias. 

J'essayai en vain de trouver sur les lieux des rensei- 
gnements que ne donnent pas les auteurs anciens. Les 
moines disent seulement que Tédifice, dont il reste des 
colonnes de granit, était consacré à Neptune; mais ils 
ne peuvent en donner aucune preuve. Est-ce une tra- 
dition établie dans le couvent et justifiée par quelque 
ancienne découverte? Est-ce simplement Popinion d'un 
voyageur que, dans leur ignorance, ils ont prise pour 
la vérité? C'est ce que nous ne pûmes savoir. 

Nous leur demand&mes si les fouilles n'avaient fait 
découvrir aucune inscription aux environs du couvent. 
On nous montra un morceau de marbre circulaire, 
détaché sans doute d'un toipbeau. Il ne portait que ces 
deux mots en lettres grecques de l'époque Romaine : 

ZHCIC MAPKIANH 

« Tu vivras, Marcienne. » Ce qui veut dire sans doute : 
« Tu vivras, après ta mort, dans la mémoire des hom- 
mes. » Z^crei<; ou ZHCIC est une forme du futur attique, 
employée par Aristophane et par Démosthènes. Le S a 
la forme d'un G, comme dans les inscriptions romaines 
de répoque impériale. Etç est souvent remplacé par I 
qui a le môme son; c'est un argument^ partni tant d'au- 
tres, en faveur de la prononciation grecque moderne. 
Et, comme pour réaliser la prédiction^ le nom de cette 
femme romaine est le seul qui ait survécu à la ruine 
de la cité. 

D'autres tombeaux trouvés derrière le monastère ne 
portaient pas d'inscriptions et ne renfermaient que des 
vases et des objets grossiers. Il faut donc renoncer à 
reconnaître la ville ancienne dont il reste tant de dé- 



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20 A. MÉZIÉRES. 

bris. Mais, en tout cas, le texte positif de Thucydide 
empêche de croire que ce fut là remplacement de Thy- 
rée. S'il fallait absolument lui donner un nom, malgré 
l'absence de tout renseignement positif, j'aimerais 
mieux l'appeler Athene; c'est le premier bourg que 
rencontre Pausanias, après le tombeau des Ârgiens 
et des Spartiates (i). Il était donc un peu plus loin que 
Thyrée. 



PASSAGES DU PARNON — LIMITES DE LARGOLIDE 
ET DE LA LAGONIE 

C'est à partir du monastère que M. Leake s'enfonça 
dans la Tzaconie, au sud d'Astros, et s'écarta, comme 
il lo reconnut lui-môme plus tard, de la véritable voie 
qui mène à Sparte. Nous ne suivîmes pas cet itinéraire 
suspect, et nous primes le chemin du village moderne 
de Saint-Jean, ou viennent aboutir deux routes parties 
d'Astros ; l'une, et c'est la nôtre, passe par le monas- 
tère ; l'autre, plus méridionale, s'enfonce dans les pre- 
mières chaînes du Parnon, au pied d'une forteresse 
hellénique, appelée maintenant' Helléniko ('EXXr^vixb), 
puis gravissant des pentes escarpées, s'élève graduel- 
lement jusqu'au village de Saint-Jean, où elle se con- 
fond avec la première. 

Pausanias prit Tune des deux, mais je n'aurai pas la 
prétention de dire laquelle. Il semble cependant, d'après 
son texte, qu'il ait suivi immédiatement, au sortir de 
la route Anigrœa, le chemin des montagnes, et que, 
sans passer par Astros, dont il ne parle pas, il soit allé 
directement, comme on peut le faire encore aujour- 
d'hui, à l'emplacement du monastère de Saint-Luc, 
Pour passer à Helléniko, il eut fallu faire un détour et 
descendre beaucoup plus au Sud. 

(1) Pausanias, iî*33. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 21 

Mais s'il y a, pendant quelque temps, incertitude 
sur la route de Pausanias, elle cesse dès qu'on ar- 
rive au village de Saint-Jean. C'est bien là que devait 
passer la grande voie de communication entre Argos 
et Sparte, et le géographe ancien la suivit sans aucun 
doute. 

Il ne reste à Saint-Jean aucune ruine ancienne ; c*est 
jun village moderne placé, comme le sont presque tous 
ceux de la Morée, sur le revers d'une haute montagne, 
couverte de jardins et de champs labourés suspendus 
aux rochers, Il n'est pas probable que les anciens aient 
cultivé ce sol stérile où l'herbe et les buissons épineux 
poussent à peine au milieu des pierres. Il a fallu toute 
la patience des paysans albanais, qui sont nés agricul- 
teurs, pour transporter sur ces sommets arides un peu 
de terre labourable, enlevée dans les ravins, au bas de 
la montagne. 

Au-dessus du village, à gauche, s'élèvent les hautes 
cimes du Parnon, couvertes de neige et do rares sa- 
pins. En sortant de Saint-Jean, on aperçoit sur un 
sommet détaché de la grande chaîne principale, les 
ruines d'ôn château du moyen âge. On l'appelle main- 
tenant KasTpo roç wpata;, château de la Belle, et toute 
une légende politique s'y rattache. Buchon l'a racontée 
telle qu'il l'avait entendue de la bouche d'un ber- 
ger (1). 

Une femme franque, sans doute la fille ou la veuve 
d'un châtelain, défendait le château depuis douze ans 
contre les Turcs. Ceux-ci, désespérant de le prendre par 
la force, eurent recours à la ruse. L'un d'eux, fils d'une 
grecque, prit des vêtements de femme et, pour feindre 
une grossesse, plaça un oreiller sous sa robe. Ainsi 
déguisé, il vint implorer la pitié de la belle châtelaine. 
Le stratagème réussit; la dame franque fit ouvrir les 
portes sans défiance. Aussitôt les Turcs cachés aux 

(1) Buchon, Grèce et Morée, XXI, 



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21 A. MÉZIÉRES. 

environs parurenti s'emparèrent de la place et en pas- 
sèrent la garnison au 01 de Tépée. 

Si le souvenir des Francs s*est peu conservé en Mo« 
rée, il s'y est du moins conservé pur. La tradition leur 
donne le beau rôle. Il est remarquable aussi que le 
rôle du traître soit rempli par le fils d'une grecque; 
tout ce qui chez les Turcs réclamait de Tintelligence, 
de l'adresse et de la mauvaise foi était fait par les 
Grecs. 

Buchon, qui visita les ruines du Castro tis Oraias, n'y 
trouva aucune trace de constructions helléniques ; c'est 
là cependant que M. Leake voudrait placer Athene (1}. 
On ne peut faire à ce sujet que de très vagues conjec- 
tures. Les trois bourgs d'Athene, de Néris et d'Éva, 
que traverse Pausanias pour aller à Sparte, étaient^ 
comme il le dit, dominés par le Pamon. Il est certain 
que le Cash^o tts oi^aias se . trouve maintenant dans la 
môme position ; mais il y a au pied du Parnon bien des 
éminences et bien des emplacements qui ont pu être 
occupés par des villes anciennes, 

M. Ross croit, de son côté, que Néris était cette for- 
teresse hellénique dont j'ai parlé, que nous laissâmes 
à gauche du monastère de Loukou, et près de laquelle 
passe une dos deux routes d'Astros à Saint-Jean (2). 
Cette opinion s'explique au moins par la présence de 
ruines antiques. Mais était-ce bien la vraie route de 
Pausanias? Si Néris était si près de la mer, comment 
trouver entre elle et le rivage la place de Thyrée et 
d' Athene que Pausanias traverse d'abord? D'ailleurs 
le géographe ancien aurait-il appelé x^P^ov (bourç ou 
village] une ville entourée d'un mur de défense, et qui 
semble uniquement une position militaire? Questions 
embarrassantes, auxquelles M. Ross se garde bien de 
répondre. Il trouve un cours d'eau au pied de la forte- 



(1) Leake, Traveïs in the Movea, II, p. 492. 
(•2) Ross, Reisen durch Gviechenîand, II, 6-2. 



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VOYAGE DANS LE PELOPONÈSE. fô 

resse hellénique, et il en conclut que c'est le Gharadrus 
dont parle Stace : 

Quœque pavet longa spwnantem vaîle Ckaradrxtm 
Neris. . . (1). 

J'aime mieux le silence de la carte d'État-Major que 
les conjectures sans fondements. 

Une route escarpée, toujours dominée parles pics les 
plus sauvages du Parnon, conduit de Saint-Jean à Saint- 
Pierre f Ayio; ïléxpoç), joli village moderne situé sur le 
penchant d'une montagne fort élevée. Des sources 
abondantes y entretiennent une fertilité qui se retrouve 
en Grèce, partout où Teau ne manque pas. De grands 
peupliers dispersés dans les jardins entourent chaque 
maison de verdure, et les Jardins eux-mômes s'éche- 
lonnent en terrasse depuis le sommet de la montagne 
jusqu'au fond d'un ravin, où coule un large ruisseau. 
Là encore on admire l'industrie des paysans albanais 
qui, sur une pente si rapide et si labourée par les tor- 
rents, ont su retenir la terre végétale avec des remparts 
de pierres et des haies d'arbustes vigoureux. 

Le chemin monte longtemps encore, au sortir de 
Saint-Pierre, par une succession de collines détachées 
do la chaine principale du Parnon. Enfin, l'on arrive à 
un dernier sommet, et là se découvre tout entière la 
chaine immense du Taygète qui borne l'horizon, comme 
une grande muraille. Nous la vîmes vers le soir, et, 
par. un admirable effet de lumière, le soleil couchant 
éclairait les cimes neigeuses, tandis que le reste de la 
montagne, enseveli dans l'ombre, empruntait encore à 
ce contraste plus de grandeur et de majesté. 

Le spectacle était imposant; de quelque côté que 
nous tournions nos regards, nous n'apercevions que 
de hautes montagnes; à côté de nous le Parnon, cou- 

(1) Stace, Thêbarde,i-\. i6. 



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24 A. MÉZIÈRES. 

vert de sombres sapins; du côté d'Argos rArtémisium, 
et dans le fond, vers TArcadie, les premiers sommets 
du Lycée. Nous embrassions d'un coup d'œil la moitié 
du Péloponèse. Que de sentiments éveillent de tels 
paysages! Mais une seule pensée dominent toutes les 
autres ; nous demandâmes à nos guides où était Sparte 
et nous restâmes longtemps les yeux fixés dans la 
direction qu'ils nous indiquaient. 

Une descente rapide conduit ensuite au village mo- 
derne à'Arakhova. C'est à gauche de cette route, dans 
les contreforts du Parnon, que devaient être placés ces 
Hermès de pierre dont parle Pausanias, et qui ser- 
vaient de limites aux territoires de Sparte, d'Argos et 
,de Tégée, On voit que les Lacédémoniens avaient été 
refoulés loin de la Thyréatide. La position exacte des 
Hermès est indiquée par la source du Tanus (1). C'est 
le seul renseignement que donne Pausanias ; mais il 
suffit pour reconnaître les lieux* La commission de 
Morée ne s'y est pas trompée, et M. Leake, qui avait 
eu d'abord une autre opinion, fut obligé de reconnaître 
son erreur (2). 



MONT ITHÔME — GUERRES DE MESSÈNE 

Avant de visiter les ruines de Mcssènc, pour en sai- 
sir l'ensemble et pour suivre Tordre des temps, nous 
fîmes Tascension de Tlthôme, l'ancienne forteresse des 
Messéniens. C'est là qu'Aristodème, après d'inutiles 
efforts pour tenir la campagne, réunit ses compatriotes 
dispersés dans les villes de l'intérieur, et soutint ce 



(1) Pausanias, Corinthiaca, II, 28. 

(2) Leake, Peloponnesiaca, p, 302. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÉSE. 25 

siège mémorable qui termine la première guerre de 
Messénie (i). Lllhôme était, depuis les temps les plus 
anciens, consacré à Jupiter, vénéré dans toute la Grèce 
BOUS le nom du Jupiter Ithômate (2|. Messène elle* 
même, la première reine des Messéniens, avait élevé 
un autel sur la montagne en Tbonneur du Dieu, et ses 
descendants y avaient b&ti une ville qu'Homère appelle : 
'Iôa)|AiQv xXwlAaxéecrcrav, Ithôme Tescarpéo (3). Mais, sans 
parler de la tradition qui désignait Htbôme au choix 
des Messéniens, et de la conQance que leur inspirait la 
protection de Jupiter, le lieu était admirablement choisi 
pour la défense (4). La montagne s'élève comme un 
cône tronqué à 802 pieds au-dessus du niveau de la 
mer; escarpée de toutes parts et presque inaccessible, 
elle est mieux défendue par la nature que par les plus 
hautes murailles. Une si forte position eût découragé 
une ambition moins persévanto que celle de Sparte. 

Dans ce dernier asile, les Messéniens combattirent 
avec le courage que donnent l'amour de la patrie et la 
haine de la domination étrangère. Ils n'avaient pas, 
comme les Spartiates, l'habitude de porter les armes. 
Habitant un pays riche et fertile, ils aimaient la paix 
qui leur permettait de cultiver la terre. Mais ils appar- 
tenaient eux aussi à cette race dorienne qui avait con- 
quis le Péloponèse, et quand il fallut défendre leur 
territoire menacé, ils se souvinrent de leur origine. Ce 
peuple de laboureurs devint un peuple de soldats. 
Chacun prit les armes. Ceux qui ne connaissaient pas 
encore les exercices militaires les apprirent, et ceux 
qui les connaissaient déjà s'accoutumèrent à une disci- 
pline plus exacte (o). 



(1) Pausanias, iv-9. 

(2) 7d., iv-3. 

(3) Homère, lUad., 11-749. 

(4) 'Hv o£ To '/r,ipioj /.où â//cj; iy'jiô'j. Pausanins, lV-9. 

(5) Pausanias, iv-7. 



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26 A. MÉZIÈRES. 

Quelques batailles simplement racontées par Pausa- 
sias font comprendre le caractère de la lutte et donnent 
une idée de Tacharnement qu'y apportaient les deux 
peuples. Le courage est égal. des deux parts; on se 
bat corps à corps ; les blessures sont reçues par devant 
et nul ne songe ni à reculer ni à fuir. Les Spartiates, 
mieux exercés, conservent leurs rangs au plus fort du 
combat, et ne cherchent pas à se distinguer par des 
actions d'éclat. Leur tactique c'est de ne faire aucune 
faute et de ne pas rompre leur ordre de bataille. Les 
MessénienS, aussi braves, combattent isolément avec 
avantage. Leur fureur, leur haine contre les Spartiates, 
leur ôtent le sang-froid nécessaire au soldat. Quel- 
ques-uns d'entre eux s'élancent hors des rangs, se pré- 
cipitent au milieu des ennemis, et, quand ils tombent 
blessés mortellement, la rage reste encore empreinte 
sur leurs traits longtemps après la mort (1). Ceux qui 
il* ont pas encore reçu de blessures engagent les blessés 
à faire un dernier effort et à lutter jusqu'au dernier 
moment pour la défense de la patrie ; les mourants à 
leur tour exhortent les combattants à perdre la vie 
comme eux en face de l'ennemi. Pausanias, dans son 
récit simple et sans art, fait ressortir admirablement 
toute l'horreur de cette guerre sans pitié. « Des deux 
« côtés, dit-il, on reçoit le coup mortel sans s'abaisser 
« jamais aux promesses ni aux prières pour obtenir là 
te vie ; les combattants n'espèrent point toucher des en- 
<c nemis dont ils connaissent toute la haine, ou plutôt 
« ils ne veulent pas ternir la gloire de leurs premiers 
«•exploits (2). » 

Malgré l'avantage que donnaient aux Spartiates leur 
éducation toute militaire et leur expérience de la 
guerre, ils essuyèrent plus d'un échec, au pied de cette 
forteresse d'Ithôme, si bien défendue parla nature et 

(1) Pausanias, iv-8. 
{2)Id.,ibid. 



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r.-^.-' 



VOYAGE DANS LE PÉLOPOxNÉSE. 27 

par Aristodème. Le héros Messénien se retranchait 
dans la forte position qu'il avait choisie -, il ne descen- 
dait pas dans la plaine où l'ennemi eût retrouvé toute 
sa supériorité et le forçait à accepter sur les hauteurs 
un combat inégal. Un jour, entre autres, il remporta 
sur les Spartiates une victoire signalée. Son armée 
était adossée au mont Ithôme et il avait caché des 
soldats armés à la légère, surtout des Ârcadiens, dans 
les plis de terrain que forme la montagne. Pendant 
que les hoplites Messéniens tenaient tête à ceux de 
Sparte, ces troupes légères se précipitaient à Timpro- 
viste sur les bataillons serrés des Spartiates, les acca- 
blaient d^ traits et se réfugiaient ensuite dans leur 
embuscade, où des soldats, pesamment armés, ne pou- 
vaient les poursuivre sans s'exposer à la mort (1). 
M. Bory de Saint- Vincent, parlant de cette bataille 
dont il cherchait remplacement, s'étonne quô les Mes- 
séniens aient battu les Spartiates dans un engagement 
de cavalerie légère, et ne trouve sur les flancs de l'I- 
thôme aucun endroit qui ait pu servir aux manœuvres 
des cavaliers (2). Mais il n'est pas question dans Pau« 
sanias d'une embuscade de cavalerie ; les troupes lé- 
gères qu'il appelle 6tXoùç étaient à pied ; autrement elles 
n'eussent pu combattre sur le revers d'une montagne 
escarpée et couverte de rochers. M. Bory de Saint- 
Vincent a sans doute confondu cet engagement avec 
un combat qui eut lieu dans la plaine, et où se trou- 
vaient, en effet, quelques cavaliers Messéniens (3). 
Cette prétendue difficulté, une fois levée, il est proba- 
ble que la bataille se livra du côté qui regarde Sparte, 
par où l'armée lacédémonienne avait dû attaquer l'I- 
thôme. 
Quand les Spartiates virent qu'il leur serait difficile 



(1) Pausanias, iv-11. 
. (2) Relation de Borij de Saint- Vincent, p. 287. 
(3) Pausanîas, iv-7. 



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28 A. MÉZIÈRES. 

de s'emparer de la place par la force, ils eurent recours 
à difTérents stratagèmes. La ruse, qui fut de tout temps 
dans les mœurs des Grecs, était considérée à Sparle 
comme le complément de la valeur et encouragée par 
les lois. D*ailleurs ils s'autorisaient de quelques paroles 
de Toracle qu'ils avaient sans doute inspirées, et qui 
leur conseillaient de compter plus encore sur leur ha- 
bileté que sur leur courage (i). 

Un de leurs premiers stratagèmes qui rappelle celui 
dlJlysse, fut d'envoyer à Ithôme de prétendus trans- 
fuges pour examiner ce que faisaient les Messéniens, 
et livrer au besoin les portes de la ville. 

On les bannit môme avec éclat, a^n de donner plus 
de vraisemblance à leur fuite. Mais à peine furent-ils 
arrivés, qu'Aristodème les renvoya, en disant que les 
crimes des Lacédémoniens étaient nouveaux, mais que 
leurs ruses étaient vieilles (2). 

Un autre oracle avait annoncé que la victoire ap- 
partiendrait à celui des deux peuples qui consacrerait, 
le premier, cent trépieds à Jupiter Ithomate. Les Mes- 
séniens se croyaient sûrs du succès; le temple était 
dans l'intérieur de leurs murs. Mais les Spartiates les 
prévinrent. Un d'entre eux fit cent trépieds de terre, 
les cacha dans un sac et, prenant un filet, se mêla aux 
habitants de la campagne, avec lesquels il entra dans 
Ithôme sans être reconnu. La nuit venue, il offrit ses 
trépieds au Dieu et s'en retourna sur le champ à 
Sparte (3). 

Le succès de ce stratagème découragea les Messé- 
niens. Les dieux eux-mêmes se prononçaient contre 
eux. Le destin les poursuivait comme il avait poursuivi 
les Troyens. Par une tradition touchante, les ancien^ 
attribuent toujours à la fatalité le malheur des vaincus. 



(1) Pausanias, iv-12. 

(2) /d., ibid, 

(3) ld„ ibid. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 29 

Il semble qu'ils veuillent ainsi relever leur espérance 
et honorer leur courage. On peut céder sans honte à 
une puissance supérieure. 

La défaite des Messéniens est annoncée par des pré- 
sages sinistres qui indiquent plus clairement encore la 
volonté des Dieux. La statue de Diane, renfermée dans 
Ithôme, laisse tomber son bouclier d'airain. Un jour 
qu'Aristodème voulait sacrifier à Jupiter Ithomate, les 
béliers vont eux-mêmes frapper Tautel de leurs cornes 
et meurent sur le coup. Les chiens se rassemblent tou- 
tes les nuits en poussant des hurlements, et finissent 
par aller en troupe au camp des Lacédémoniens (i). 

Ces signes manifestes de la colère céleste frappaient 
d'épouvante Aristodème, et un songe terrible acheva 
de le décourager. Il lui sembla qu'il était armé et tout 
prêt h marcher au combat ; devant lui, sur une table, 
étaient les entrailles des victimes. Tout à coup sa fille 
lui apparut, sa fille qu'il avait sacrifiée pour obéir à 
l'oracle et pour sauver son pays (2). Elle était vêtue de 
noir et lui montrait sa poitrine et son ventre ouverts. 
Puis, après avoir jeté sur son père un regard doulou- 
reux, elle renversa les objets placés sur la table, lui 
arracha'ses armes, lui posa sur la tête une couronne 
d'or et le revêtit d'une robe blanche. C'étaient les or- 
nements que les Messéniens réservaient aux morts 
illustres. Aristodème comprit cet avertissement du 
ciel et se frappa de son épée sur le tombeau de sa 
fille (3). f II avait fait, dit Pausanias, tout ce que pou- 
« vait la prudence humaine pour sauver les Messé- 
c niens. La fortune seule anéantit le fruit de ses actions 
c et de ses conseils (4). » 

Après sa mort, les Messéniens eurent un instant la 



(1) Pausanias, iv-13. 
(i) Jd., iv-9. 
(3) Id., IV.13. 
(4> Jd., ibid. 



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30 A. MÉZIÈRES. 

pensée d'implorer la clémence des Spartiates. Mais 
leurs anciens ressentiments les arrêtèrent (1). Leur 
résistance fut longue et héroïque. Les plus braves 
guerriers se firent tuer sur les murailles, et ceux qui 
restaient ne cédèrent qu*à la famine. Tous les Messé- 
niens qui avaient des relations d'hospitalité à Argos, à 
Smyrne ou dans quelques villes de l'Arcadie s'y reti- 
rèrent. Ceux qui appartenaient à la race des prêtres et 
au culte des grandes déesses allèrent à Eleusis. Mais 
la plupart rentrèrent dans leurs anciennes villes. Ce 
furent les plus malheureux; les vainqueurs se montré* 
rent sans pitié ; ils exigèrent d'eux, le serment de ne 
jamais rien entreprendre contre la puissance de Sparte 
et les forcèrent à apporter, chaque année, en Laconie, 
la moitié des productions de leur territoire. 

Mais ce n'était pas assez de ces impôts écrasants ; 
on y ajouta d'humiliantes conditions. Ils furent con- 
traints à venir de la Messénie à Sparte pour assister 
en robes noires aux funérailles des principaux citoyens. 

« Us pleurent, dit Tyrtée ; ils pleurent, eux et leurs 
c femmes, sur le sort de leurs maîtres, lorsque la des- 
« tinée impitoyable les frappe de mort. » 

Eîxe Tiv' oôXofiiviQ ^xoipa %iYpi OdvaTov (2). 

Un tel peuple ne put supporter longtemps un joug sî 
dur. Il eut été plus sage de le soumettre sans l'hu- 
milier. 

Les Spartiates vainqueurs avaient rasé Ithôme jus- 
qu'aux fondements (3). On voit encore cependant, du 
côté de l'ouest, des fondations cyclopéennes, qui ont 
peut être appartenu au temple de Jupiter Ithômate. Le 



(1) ToOto fivj 6 ÔD/xbi èTtiv^îv a-jTobç fiii noiiicoa» Pausanias, îv-13. 

(2) Pausanias, iv-14. 

(3) Tnv nOdi/iriv xa^itÀoy ii 25«fo«. Id» Ibid, 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 31 

mur d'enceinte de l'Acropole, dont la partie septen- 
trionale est bien conservée, avait été construit par les 
Thébains, et paraît de la même époque que les mu- 
railles de Messène. Il renferme seulement beaucoup 
de pierres polygonales trouvées sans doute sur les 
lieux. 

Suivant la tradition populaire, l'emplacement du 
temple de Jupiter est occupé par un monastère au- 
jourd'hui abandonné. La vénération pour ce lieu est 
grande encore parmi les habitants du pays. Le bois 
d'une porte de la chapelle, que nous vîmes percée de 
coups de couteau, passe pour avoir la propriété mer- 
veilleuse de guérir la fièvre, et chaque lois qu'un visi- 
teur grec monte à Tlthôme, il en emporte pieusement 
un morceau. Auprès du monastère se voient les sou- 
bassements et le pavé d'un temple antique, peut-être 
celui des grandes déesses. 

Du haut de Tlthôme on embrasse toute la partie oc- 
cidentale du Péloponèse. Vers le nord , la chaîne du 
Lycée s'étend depuis la plaine de Mégalopolis jusqu'à 
la mer, et forme à l'horizon une barrière de 1,400 mè« 
très, derrière laquelle se distinguent, au milieu des 
nuages, les cimes neigeuses des monts Olonos. Entre 
les montagnes de l'Ârcadie, qui s'abaissent en appro- 
chant de la mer, et une succession de plateaux détachés 
qui, après de nombreux détours, viennent aboutir à 
l'Évan, on aperçoit par une large ouverture toute la 
côte de la Messénie, depuis Kyparissia, VArkhadia mo- 
derne, jusqu'à l'embouchure de la Néda. Le Lycée, à 
son extrémité orientale, descend vers le sud et rejoint 
le mont Makrîplaï, avec lequel il borne la plaine de 
Stényclaros. Le Makrîplaï h son tour se relie au Taygète^ 
et Ton peut suivre de l'œil l'élévation progressive de 
cette haute montagne jusqu'au pic de Saint-Élie, qui 
en est le point culminant. 

Au bas du Taygète commence la plaine de Messénie, 
que nous venions de traverser; un étroit passage la 



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32 A. MÉZIÈRES. 

sépare, au pied de llthôme, de celle de Stényclaros. 
Les sources du Pamisus forment, au nord delà plaine, 
de grands lacs entourés de verdure, sur lesquels les 
montagnes projettent leur ombre. Le fleuve, brillant 
comme une ligne d'argent à tra /ers les arbres et les 
roseaux dont il est bordé, disparaît un instant derrière 
rÉvan, qui masque une partie de la campagne et se 
montre une dernière fois à droite avant de se jeter dans 
le golfe de Messénie* Du môme côté s'avance vers la 
haute mer la pointe comprise entre Coron et Pylos ; elle 
est séparée de TÉvan par une foule de mamelons déta- 
chés dont la forme conique rappelle celles des tumulï, 
qu'on élevait, aux temps homériques, en l'honneur des 
héros. 

Ainsi du même point on embrasse à la fois la contrée 
que gouvernait Nestor, et d'où il partit pour le. siège 
de Troie, le rivage de la mer parcouru par Télémaque 
à la recherche d'Ulysse, le territoire des cités homéri- 
ques, héritage d'Agamemnon avant la conquête des 
Héraclides, l'Évan sur lequel Bacchus avait réuni pour 
la première fois les Bacchantes, le Lycée consacré à 
Pan, et jusqu'aux monts Olonos qui disputaient le nom 
d'Olympe aux montagnes de la Thessalie. C'était là le 
domaine de la poésie et de la fable. 

Mais à ces souvenirs la vue des lieux ajoutait ceux 
de l'histoire. Combien de fois le Taygète, dont la chaîne 
immense se déroulait à l'est, avait-il été franchi par 
les armées de Sparte? N'était-ce pas de ces hauteurs 
qu'étaient descendus dans la plaine les conquérants de 
la Messénie? Ce pays, dont nous admirions la beauté, 
n'avait-il pas dû ses malheurs à cette fertilité même, 
objet d'envie pour ses voisins? C'était sans doute, au 
pied du Taygète, sur les bords du Pamisus que s'étaient 
livrées ces sanglantes batailles de la guerre de Mes- 
sénie, où s'est formé le génie militaire de Sparte. 
L'Ithôme lui-même n'était-il pas consacré par le sou- 
venir de la gloire des vainqueurs et du malheur des 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 33 

vaincus ? Mais ce qui attirait surtout nos regards et ce 
qui rappelait h notre pensée une des plus curieuses 
' périodes de l'histoire grecque* c'était la plaine de Sté- 
nyclaroSy théâtre d'une lutte héroïque. Si les emplace* 
ments anciens avaient été reconnus, nous eussions pu 
voir en même temps Ândanie, oh. commença la guerre, 
et, vers le nord, sur les bords de la Néda, Ira, oîi elle 
finit. On ne peut décrire les lieux sans dire un mot de 
leur histoire. Les souvenirs se pressent en foule^ à la 
vue de la plaine de Stényclaros. 

Suivant Pausanias trente-neuf ans, suivant Justin et 
Eusèbe quatre-vingts ans après la ruine dlthôme les 
Messéniens prirent une seconde fois les armes (i). Les 
jeunes gens d'Ândanie, nés longtemps après la pre- 
mière guerre, élevés dans la haine de Sparte et pleins 
d'espoir dans leur courage, donnèrent les premiers le 
signal de la révolte. Leur appel fut entendu, les Mes- 
séniens môme-, qui avaient quitté leur patrie, revinrent 
pour concourir à sa délivrance. Les Ârgiens, les Ârca- 
diens les secondent ouvertement, et ne cachent plus 
leur haine contre Lacédémone. Les habitants de TÉlide, 
de Pise et de la Sicyonie viennent aussi au secours de 
la Messénie. Les Lacédémoniens ont avec eux les Co- 
rinthiens et les Lépréates, ennemis des Éléens (2). 

Une guerre nouvelle commence; elle a pour chantre 
Tyrtée, et pour héros Aristomène» De merveilleux 
épisodes la remplisssent tout entière , c'est un poème 
comme l'Iliade, dont Aristomèue est l'Achille. Des deux 
côtés les mœurs sont simples et barbares. On se bat 
avec courage, mais aussi sans pitié. Le vaincu n'est 
pas épargné ;• Aristomène, pris vivant, est précipité 
dans le Géadas avec ses compagnons. Les actes de 
violence ne sont pas rares ; les Messéniens, comme les 
Spartiates, se livrent à ces passions grossières des 

(1) Pausanias, iv*15. Justin, iii*5i Eusèbe, Chron., p, 122. 

(2) Pausanias, iv-15. 

Annuaire 1886. 3 

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34 A- MÉZIÈRES. 

peuples barbares qu'excite encore Tivresse de la 
guerre. Un jour, Aristomène enlève à Caryos les jeu- 
• ïies fîUes Lacédémoniennes qui dansaient en l'honneur 
' de Diane< Il les donne en garde & quelques-uns de ses 
compagnons qui, échauffés par le vin, et d'ailleurs peu 
. habitués à se modérer, entreprennent de leur faire vio- 
lence. Aristomène essaie en vain de les en dissuader; 
il se voit forcé de tuer les plus furieux pour sauver 
rhonneur des jeunes Allés. Il est vrai que, par un 
trait de mœurs qui peint bien Tépoque, il tire parti de 
sa prise et ne rend les prisonnières que moyennant une 
forte rançon (i). 

Les deux peuples, du reste, comme les grecs d'Ho- 
mère, tiennent autant au butin qu'à la gloire, Aristo^ 
mène rentre dans son pays Xefav TcsptêaX^iJiîvoç, dit Pau- 
sanias, « ayant pillé tous les environs », et dans une 
autre circonstance, quoique blessé, il n'abandonne pas 
son butin : oij (Aivroi tijv XeCatv ye V YjXauvev à^-ripi^ (2). 

Mais si la violence et l'avidité sont égales des deux 
parts, il semble que les Spartiates, comme dans la pre-> 
mière guerre, aient le privilège de la trahison et de la 
perfidie. Ils corrompent à prix d'argent Aristocrate, roi 
des Arcadiens, qui fait perdre une bataille aux Messé- 
niens en prenant la fuite au milieu d'eux et en jetant 
le désordre dans leurs rangs. Pausanias lui-même 
s'indigne de cette ruse. « Les Lacédémoniens, dit«il, 
c sont les premiers, à notre connaissance, qui aient 
« fait des présents à leurs ennemis, et qui aient donné 
« l'exemple d'acheter la victoire à prix d'or; avant qu'ils 
« eussent violé les lois dans la guerre de Messénie» 
« avant la trahison d'Aristocrate l'Arcadren, le courage 
a seul et la fortune qui vient des dieux décidaient du 
« succès des batailles (3). » La bonne foi disparaît de la 

(1) Pausanias, iv-lG« 

(2) 7d., ibid. 

(3) Id., iv-17. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 35 

•guerre avec la poésie le jour où la victoire s'achète. 
Que devient cette touchante tradition des anciens qui 
ennoblissent jusqu'à la défaite en Tattribuant à la vo- 
lonté des dieux? 

Dans une autre circonstance, à la faveur d'une trêve 
entre les deux partis, des archer^ crétois, au service 
de Lacédémone, se mettent en embuscade pour sur- 
prendre Âristomène et se saisissent de lui, pendant 
qu'il marche sans armes sur la foi des traités (1). Enfin, 
c'est encore une trahison qui livre aux Spartiates les 
portes d'Ira. 

La gloire de Sparte n'est jamais pure ; celle d^Arls- 
tomène .brille au contraire du plus vif éckt. Il a toutes 
les vertus du héros, l'honneur, le courage, l'amour de 
la patrie et le respect des dieux. Seul, il balance la 
fortune de Lacédémone ; seul, il représente à la fois le 
génie et les malheurs des Messéniens* Son histoire, 
c'est celle de la guerre même. Il remplit de son nom le 
récit de Pausanias. Rien ne se fait que par son- bras ou 
par son conseil. Sa vie n'est qu'un long combat embelli 
par la poésie et par l'imagination populaire. Sa nais- 
sance môme est merveilleuse; les Messéniens le croient 
né de Nicotélts et d'un Dieu qui avait pris la forme d'un 
serpent (2). Tout jeune encore, il rêve l'affranchisse- 
ment de sa patrie, il excite ses concitoyens à la révolte, 
«t, quand la guerre est commencée, c'est lui qui le pre- 
mier frappe d'épouvante les Lacédémoniens par une 
Action d'éclat. Il entre de nuit à Lacédémone et attache 
au temple de Minerve Ghalciacos un bouclier avec cette 
inscription : « Aristomène à Minerve des dépouilles des 
Spartiates (3). % Il réunit autour de lui un bataillon sa* 
cré qui décide de la victoire et, quand il revient à An- 
danie, après sa première bataillei les femmes jettent 



(1) Pausanias, iv-19. 
r2) /d., iv-14. 
(3) Jd., iv-15. 



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3G À. MËZIÉRES. 

des guirlandes et des fleurs sur son passage, en ohan* 
tant ces vers qui se répétaient encore du temps de 
Pausanias : 

"Eç te picov ireSCov SievuxXifiptov lai' 8poç àxpov 
eiTce';' ^Api9T0(iiviQç toTç AaxeSaiyiovtotç, 

« A travers la plaine de Stényclaros et jusque sur le 
« sommet de la montagne, Âristomëne a poursuivi les 
c Lacédémoniens (4). » 

Les dieux le protègent et le sauvent des plus grands 
périls. On connaît sa merveilleuse évasion du Céa- 
das (2). L*amour aussi veille sur lui. Il essaie d*enlever 
à iËgila les femmes de Sparte, qui célébraient la fête 
de Cérès ; mais les Lacédémoniennes, aussi braves que 
leurs maris, se défendent avec les couteaux et les bro- 
ches qui servaient à rôtir les victimes, et prennent 
Aristomène vivant en le frappant de leurs torches. 11 
s'échappa néanmoins dès la même nuit. Archidamie, 
prêtresse de Cérès, éprise d'amour pour lui, avait 
coupé ses liens (3)» 

Une autre fois il fut sauvé plus miraculeusement 
encore par une jeune Qlle qu'inspirait la divinité. Des 
archers crétois l'avaient pris par trahison et emmené 
dans une maison isolée de la Messénie. Là demeurait 
avec sa mère une jeune Qlle qui n^avait plus de père. 
Elle avait vu en songe la nuit précédente des loups qui 
amenaient chez elle un lion enchaîné et sans ongles ; 
elle avait délivré le lion de ses chaînes et retrouvé ses 
ongles qu'elle lui avait rendus. En voyant Aristomène 
conduit par les Cretois, il lui sembla que son rêve de 
la nuit précédente se réalisait ; elle demanda à sa mère 
quel était le prisonnier et, quand elle l'eut appris, elle 



(1) Pausanias, iv-16. 

(2) /d..iv-]8, 

(3) Id., iv-17. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 37 

fut confirmée dans son opinion. Alors elle se mit à ver- 
ser du vin aux Cretois, et, quand elle les vit plongés 
dansTivresse, elle arracha le poignard de celui qui était 
la plus profondément endormi et coupa les liens d'A« 
ristomène qui^ du même poignard, les égorgea tous (1). 

Mais si les dieux le protègent au milieu des périls, 
ils ne lui accordent pas la gloire de sauver sa patrie et 
ils lui suscitent un rival qui lui arrachera la victoire. 
Le rival d'Aristomène, c'est Tyrtée, ce maître d'école 
boiteux, envoyé par les Athéniens aux Spartiates, qui, 
pour obéir h Toracle, leur avaient demandé un géné- 
ral (2). Quand on le vit à Sparte pour la première fois, 
son extérieur inspira plus d'étonnement que de con- 
fiance à une époque et dans une ville où la force du 
corps était la première qualité d'un guerrier. Qu'atten- 
dre d'un général chétif et contrefait? Mais à la pre- 
mière bataille il prouva qu'il n'était. pas nécessaire de 
combattre pour remplir les promesses de l'oracle. Sans 
prendre aucune part à Taction, il animait de la voix les 
bataillons, et ses chants, où respirait un mâle enthou<- 
siaste, ramenaient au combat les hoplites dispersés par 
Âristomène (3). On sait l'ardeur qu'inspire à nos sol- 
dats une musique guerrière ; les vers de Tyrtée, chan- 
tés sur un rhythme sonore, étaient la musique de 
Sparte. 

Les Messéniens eux aussi avaient des poètes et des 
chanteurs sacrés; les prêtres des grandes déesses, 
revenus d'Eleusis pour contribuer à l'affranchissement 
de leur patrie, se tenaient derrière l'armée et relevaient 
le courage des guerriers (4). Mais leurs chants sans 
doute n'avaient ni l'éloquence ni l'inspiration des hym^ 
nés de Tyrtée. 



(1) Pausanîas, iv-19. 

(2) Id., iv-15. 

(3) /d., iv-16. 
(4)/d. ibid. 



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38 

Ce n'était pas seulement sur les chatnps*de bataille 
que le poète athénien se faisait entendre; au milieu 
môme de Sparte, il réunissait autour de lui les citoyens 
revenus des combats, et, pour que leur ardeur ne se 
ralentit pas, il leur rappelait en vers la gloire et les 
exploits de leurs ancêtres. 

€ Les p&res de nos pères, ces vaillants guerriers, 
leur disait-il, ont combattu pour s'emparer de ce pays 
dix-neuf ans entiers avec un courage infatigable, t 

N(i)X3iAé(i>ç à&l TocXaaC^pcva OupLov Ixovxe^ 
kiyjfLTiicCi^ 7caTép(i)v if^fsxipiù'f TcaTépeç (i). 

Quand les Spartiates, battus par Aristomène, vou- 
laient renoncer à la guerre, c'est lui qui réveilla leur 
ambition et leur donna le conseil de remplacer par des 
hilotes les soldats battus par Aristomène (2). Une au- 
tre fois Sparte souffrait de la famine, il y eut même 
dans la ville une mouvement populaire, parce que les 
magistrats avaient défendu d'ensemencer les terres 
voisines de la Messénie, sans cesse ravagées par les 
Messéniens. Tyrtée seul calma les esprits irritas et 
rétablit la paix entre les citoyens, au moment où la 
République avait besoin de toutes ses forces pour ré» 
sister à l'ennemi (3). C'est lui qui soufflant sans cesse 
la guerre aux Spartiates, relevant leur courage après 
les revers et les remplissant d'espoir après les succès, 
fut le mauvais génie des Messéniens. Il était l'envoyé 
de la divinité. Sparte devait triompher par la volonté 
des dieux. Que pouvait le courage d' Aristomène contre 
celui qu'avait désigné l'oracle? 

Les Messéniens, après la trahison d'Aristocrate, qui 



(1) pAiisanias, iv-15. 
(5?)7rf., iv-Ui. 
(3) Id.y iv-18. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 39: 

leur avait fait perdre dans une seule bataille Télite de 
leurs guerriers, s'étaient retirés sur le mont Ira dont la- 
position n*est pas bien connue (1)^ C'est là qu'ils se dé- 
tendirent onze ans, comme leurs ancêtres s'étaient dév 
fendus sur le mont Ithôme. Une nouvelle trahison livra 
aux ennemis leur dernier asile. Ira était près de la 
Néda; tout Tespace compris entre la forteresse et le 
fleuve appartenait aux Messéniens, et quelques-uns 
d'entre eux, qui faisaient paître leurs troupeaux sur 
les bords du fleuve, y avaient construit des maisons. 
Parmi eux se trouvait un transfuge de Lacédémone qui 
leur avait amené les bœufs de son maître. Ce p&tre 
avait séduit par des présents la femme d'un des Mes- 
sénieng qui logeaient hors de la citadelle, et comme 
ceux-ci montaient la garde à tour de rôle sur les mu« 
railles, il épiait le moment oti le mari était absent pour 
se rendre chez celle qu'il aimait. Une nuit le Messénien 
était de garde, un orage violent survint et, comme on 
ne pouvait trouver aucun Tibri sur les remparts de la 
ville élevés h la hâte et qui n'avaient pas de tours, ses 
compagnons et lui abandonnèrent leurs postes pour se 
retirer dans leurs maisons. Par malheur, cette nuit 
môme Âristomène, blessé quelques jours auparavant, 
ne pouvait faire sa ronde et visiter les postes» comme 
il en avait l'habitude. Quand le Messénien rentra dans 
sa maison, sa femme se hâtadecacherle pâtre qui était 
auprès d'elle, puis prodiguant à son mari plus de ca« 
resses qu'à l'ordinaire, elle lui demanda la cause de 
son retour. Lui qui ne savait pas que sa femme le 
trompât et qui ignorait la présence du transfuge, ré- 
pondit simplement la vérité, et raconta qu'il avait été 
forcé par la violence de la pluie, lui et ses compagnons, 
de quitter son poste. Le pâtre eut à peine entendu ce 
récit, que songeant au profit qu'il pourrait en tirer, il 
repassa du côté des Lacédémoniens et leur an- 
Ci) Pausanias, iv-18. 



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40 A. MËZIÉJEŒS. 

nonça que les remparts dira n^élaient pas gar« 
dés (1). 

Les Spartiates ne négligèrent pas cet avis ; ils trou- 
vèrent les murailles dégarnies et les franchirent sans 
résistance. Les Messéniens» quoique surpris par une 
si brusque attaque, se défendirent avec un courage 
héroïque. Aristomène blessé les animait par son exem- 
ple* Les femmes elles-mêmes étaient montées sur les 
toits, malgré la violence de la pluie, et lançaient des 
tuiles sur les assaillants. Quelques-unes prenaient les 
armes et inspiraient aux hommes une nouvelle ardeur 
en leur montrant qu*elles aimaient mieux périr avdc 
leur patrie, que d'être emmenées en servij^ude à Lacé- 
démone. Le combat dura trois jours ; mais les Spar- 
tiates avaient Tavantage du nombre et opposaient sans 
cesse des troupes fraîches aux Messéniens épuisés par 
les veilles, la pluie, le froid et la faim. Les dieux, d'ail- 
leurs, se prononçaient pour eux; au milieu d'un orage 
épouvantable le^ éclairs brillaient à leur droite 
et leurs devins y voyaient un présage certain de viç-f 
toire (2). 

A la Qn Aristomène, que les oracles avaient averti 
de la chute prochaine des Messéniens, comprit que le 
dernier jour de sa patrie était arrivé, et qu'il fallait 
céder à une puissance supérieure. Il réunit les corn* 
battants, plaça au milieu de sa troupe les femmes et les 
enfants, et ût signe de la main et de la lance qu'il de- 
mandait le passage. Les Spartiates ouvrirent leurs 
rangs pour les laisser passer, dans la crainte de pous- 
ser au désespoir de si braves combattants. 

Ainsi finit la seconde guerre de Messénie. Les Spar* 
tiates étaient vainqueurs ; mais ils devaient un jour 
expier cette victoire, et Tbéoclus, le devin dés Messé- 
niens, leur avait orié, en se jetant au milieu d'eux : 



(1) Pausanias, iv-20. 

(2) /d., iv-21. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE 41 

« Vous n*aurez pas toujours sujet de vous réjouir de 
« la possession de la Messénie (i). > 

Si les dieux Tavaient permis, la vengeance ne se fût 
pas fait attendre. Pendant que les Spartiates pillaient 
Ira, Aristomène s'était retiré en Arcadie avec les débris 
de son armée, et il avait formé le hardi projet d'aller 
surprendre Lacédémone dégarnie de ses défenseurs. 
Mais il avait compté sans la trahison qui devait une 
dernière fois ruiner ses espérances. Aristocrate prévint 
les Spartiates. Cette fois du moins le traître fut puni; 
on apporta à l'assemblée du peuple les lettres qu'il 
écrivait à Sparte, et les Arcadiens indignés le lapidè- 
rent,. Aristomène» en voyant ce supplice, baissa les 
yeux et se mita pleurer (2). Il songeait sans doute avec 
amertume que deux fois la même trahison avait perdu 
son peuple. 

Les Messéniens qui restèrent dans le pays furent 
répartis parmi les hilotes. Les habitants des bords de 
la mer, de Pylos et de Mothone, prévoyant le sort qui 
les attendait, s'embarquèrent sur leur vaisseaux et se 
rendirent à Cyllène, port de l'Élide. Là ils attendirent 
les Messéniens réfugiés en Arcadie, qui se joignirent 
à eux pour aller chercher une patrie au-delà des mers» 
Anaxylas, tyran de Rhégium, d'origine messénienne, 
les invita à venir en Sicile» et s'empara avec eux de 
Zancle, qu'il leur abandonna» Les exilés donnèrent, 
dans leur victoire, une preuve touchante de leur mo- 
dération. Zancle était prise et les Zancléens avaient 
cherché un refuge dans les temples et au pied des 
autels* Anaxylas engageait les Messéniens à les mas* 
sacrer ou à les réduire en servitude avec leurs femmes 
et leurs enfants. Mais ils le supplièrent noblement de 
ne pas les forcer à faire subir à un peuple grec les in- 
dignes rigueurs qu'avaient exercées contre eux les Do- 



(1) Pausanias, iv-?l, 

(2) 7d., iv-23. 



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4.2 A. MÉZIÈRES. 

riens leurs frères. Au lieu de traiter les Zancléens 
comme un peuple vaincu, ils partagèrent le pays avea 
eux et se contentèrent de donner leur nom à la ville 
qui, depuis, s'appela Messine, Âristomène avait refusé 
d'être le chef de la nouvelle colonie ; il voulait rester 
dans la Grèce pour chercher des ennemis à Sparte et 
venger sa patrie (d). Mais un roi de Tlle de Rhodes à 
qui Toracle avait conseillé d'épouser la fille du plus 
vaillant des Grecs, épousa celle d'Aristomène. Gelui»ci 
raccompagna dans l'île de Rhodes, où il mourut et fut 
honoré comme un héros (2) 

Les Messéniens, restés dans leur pays et réduits en 
esclavage par les Spartiates, se révoltèrent à la suite 
d'un tremblement de terre qui renversa Sparte, et se. 
retirèrent sur le mont Ithôme. Après une longue ré« 
sistance, ils obtinrent une capitulation honorable et 
sortirent en armes du Péloponèse. Les Athéniens, 
rivaux des Spartiates^ établirent les exilés à Naupacte, 
qu'ils avaient prise aux Locriens Ozoles. Dans cette 
nouvelle patrie, les Messéniens n'oublièrent pas celle 
qu'ils avaient perdue, et leur haine contre Sparte ne se 
ralentit pas. Ils en donnèrent surtout des preuves dana 
la guerre du Péloponèse (3). Naupacte devint la for^» 
teresse das Athéniens, sur le golfe de Corinthe, et les 
Spartiates, enfermés dans l'île de Sphactérie, furent 
tués par des frondeurs Messéniens de Naupacte ^u ser^ 
vice d'Athènes. 

Mais, après la bataille d'^Ëgos Potamos, les Spar** 
tiates vainqueurs chassèrent les Messéniens de la Lo« 
cride. Les uns allèrent rejoindre en Sicile la colonie de 
Zancle; les autres, et ce fut le plus grand nombre, s'é-* 
tablirent en Libye, chez les Évespérites, qui offraient 
des terres à tous les Grecs pour se défendre contre les 



(1) Pausanin?, iv-23. 
(•2) id., iv.?4. 
(3) /d., IV.26. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE, 43 

peuples voisine. Depuis ce temps ils vécurent dispersés 
sur tous les points du globe, jusqu'au moment où les 
Thébains les rappelèrent dans la Messénie, après la 
bataille de Leuctres. A cette époque, Thistoire des 
Messéniens est finie ; celle de Môssène commence. 



MESSÈNE 

Llthôme, comme on Ta vu, est la montagne sacrée 
des Messéniens ; c'est là que réside leur Dieu, c'est là 
qu'ils se réfugient sous la protection de Jupiter, quand 
ils essaient une dernière fois de reconquérir leur indé* 
pendance, c'est là aussi que le destin les ramène, après, 
trois cents ans d'exil. Si, après avoir contemplé la 
plaine de Stényclaros, qui rappelle leurs malheurs, on 
jette les yeux en se retournant au pied même de la 
montagne, on embrasse dans son ensemble la ville 
nouvelle où Ëpaniinondas les rétablit. 

Messène est bfttie dans une vallée formée par TÉ van, 
rithôme et une montagne moins haute, qui la borne à. 
l'occident. Défendue de tous côtés par ces remparts 
naturels, et placée elle-môme à une .assez grande hau- 
teur au«^dessus du niveau de la mer, elle occupe une 
des plus fortes positions du Péloponèse. On n'y arrive 
qu'en gravissant des pentes escarpées et par des sen- 
tiers faciles à défendre contre l'ennemi. Aucun empla- 
cement ne répondait mieux à la pensée d'Épaminondas, 
qui voulait fonder une ville capable de tenir tête aux 
Lacédémoniens (1). 

Les traditions des Messéniens étaient d'accord avec 
les projets d'Épaminondas ; mais ils craignaient de 
revenir dans un lieu où leurs ancêtres avaient tant 
souffert. Il fallut vaincre leur répugnance. Pausanias, 

(1) *AXi^/^^'/,ov tzôXiv \xxtoxifi6vioii. Pausanias, iv-26. 



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^ 



44 A. MÉZIÈRËS. 

qui explique tout par le merveilleux» cite à ce propos 
de nombreux oracles ; mais il esl permis de croire 'que 
le général Thébain avait fait parler les dieux. 

Il eut un songe où un vieillard qui ressemblait à un 
prêtre des grandes déesses lui dit : c Thébain, c*est 
a par moi que tu remportes la victoire, chaque fois que 
a tu livres bataille à Tennemi. Rends aux Messéniens 
« leur terre, leur patrie et leurs villes, car la colère des 
« Dioscures contre eux est apaisée (4). s Le même 
vieillard apparut à Épilélès, général des Ârgiens, chargé 
par eux de présider au rétablissement de-Messône, et 
lui ordonna de se transporter sur le mont Ithôme à 
Tendroit oîi il trouverait un if et un myrte, et de faire 
fouiller la terre entre ces deux arbres. La tradition 
rapportait précisément que, peu de temps avant la 
prise d'Ira, Aristomène, prévenu par le devin Théoclus 
du malheur qui menaçait ses compatriotes, avait reçu 
de lui un dépôt sacré auquel était attaché le retour des 
Messéniens dans leur patrie et Tavait enterré sur le 
mont Ithdme, dans l'endroit le plus désert de l'ancienne 
ville, pour le placer en quelque sorte sous la garde de 
Jupiter et des dieux, protecteurs de la Messénie (2). 
C'est ce dépôt d' Aristomène que retrouva Épitélèa en 
faisant fouiller la t^rre à l'endroit que lui avait indiqué 
le vieillard. Il était renfermé dans une urne dVirain 
qu'on porta sur le champ à Épimanondas. Le général 
Thébain, après avoir invoqué les dieux et offert un 
sacrifice^ ouvrit l'urne et en tira des feuilles d'étain 
très minces, roulées comme un livre, sur lesquelles 
étaient les mystères des grandes déesses (3). 

Ces mystères furent recueillis par les Messéniens 
de la race des prêtres, et transcrits dans des livres. 
Ëpaminondas se rappela aussi les prédictions faites 



(1) Pausanias, iv-)26. 

(2) Id., iv-20. 

(3) Id., iv-26. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 45 

p&r nû devin nommé Bacis, qui avait annoncé en ces 
J^rmes le retour des Messéniens dans leur patrie : * 

M&(;af|VT) 3'auOiç oixi^astat i\\kCLxcf, Tcivta. 

c II viendra un temps où Sparte perdra sa fleur bril- 
« lante et où Messène à son tour sera rétablie pour 
.« tous les siècles à venir (i). > 

Quand tout fut préparé pour la fondation de la ville 
nouvelle et que les oracles, encore une fois consultés, 
eurent donné des présages favorables, on passa un 
Jour entier à offrir aux dieux des sacrifices. Chaque 
•peuple invoqua ceux qu'il honorait d'un culte particu- 
•lier, les Thébains Bacchus et Apollon, les Argiens Ju- 
non et Jupiter Néméen, les Messéniens Jupiter Ithô« 
mate et les Dioscures, qu'ils invitèrent à revenir de- 
meurer parmi eux« Les héros ne furent pas oubliés et 
Aristomène eut la plus grande part des honneurs et 
des sacrifices (2). Les exilés de la Messénie étaient 
fidèles au culte de leurs ancêtres. 

Le second jour, Ëpaminondas fit commencer les tra- 
vaux. Il avait appelé auprès de lui des architectes 
habiles pour tracer le plan de la ville. On éleva d'abord 
les murs auxquels on donna un immense développe- 
ment; ils embrassaient dans leur enceinte l'Ithôme, 
plusieurs éminences et une grande vallée enfermée par 
les montagnes. Ces murs, qu'on peut encore mesurer 
aujourd'hui n'avaient pas moins de 8,660 mètres de 
tour ou 47 stades olympiques, un mètre de moins que 
la circonférence de Sparte (3). Ils s'élevèrent rapide- 
ment; comme ceux de Thèbes, on les construisit au 
son de la musique. Les flûtes argiennes et thébaines 



(1) Pausauias^ iV-27. 

(2) 2d., ibid. 

(3) PnUloQ-Boblajre, Recherches géographiques sur la Marée, p. 107. 



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46 A, MÉZIÈRËS. 

animaient les travailleurs* Les Thébains voulaient-ilB 
ainsi faire allusion à la fondation de leur patrie ou cô^ 
lébrer comme une fête le retour des Messéniens? 

Après les murs, on bâlit les maisons et les édifices 
publics. En donnant à la cité nouvelle de si vastes pro- 
portions, Épaminondas s'était proposé un but tout 
.politique. Ce quMl voulait créer à Messène c'était plus 
qu'une ville ordinaire, plus même qu^une capitale, 
c'était une place d'armes pour une. nation tout entière. 
La Messénie désormais, c'était Messène. Il fallait qu en 
,un jour de danger tous les habitants du pays pussent 
s'y réfugier et y vivre à l'abri des murailles. Ira avait 
été prise parce que les assiégés, forcés de pourvoir & 
leur subsistance, étaient descendus dans la plaine pour 
y cultiver la terre et pour y faire paître leurs trou- 
,peaux. De telles nécessités ne devaient plus se renou* 
.veler pour les Messéniens. Ils trouvaient dans l'en** 
ceinte même de la ville et des pâturages, et des eaux 
abondantes, et des champs pour la culture. Un siège 
n'était plus à craindre. Qu'était*ce qu'un siège pour un 
peuple que rien ne forçait plus h sortir de ses mu- 
railles? 

Uuand on contemple, en effet, du haut de la forto^* 
resse l'espace immense compris dans l'enceinte de 
Messène, il semble qu'il n'ait jamais pu être occupé 
tout entier. Les endroits jadis habités sont désignés 
aujourd'hui par des monceaux de ruines. CcBt surtout 
autour du village actuel de Mavromattf sur Jes bords 
d'un ruisseau, que paraissent s'être élevés les princi- 
paux quartiers. Là étaient le stade et le théâtre; là des 
murs nombreux, disposés en terrasses, ont diminué la 
pente naturelle de la vallée et permis de bâtir des mai- 
sons et des temples. Mais à l'ouest, beaucoup de mon- 
ticules escarpés, oîi il ne reste aucune trace de ruines 
et qui, par la nature même du terrain, ne paraissent 
pas habitables, étaient sans doute réservés pour les 
nécessités imprévues de la guerre. Aujourd'hui encore 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 47 

ils servent de pâturages aux troupeaux du village mo- 
derne. C'est le côté le moins fertile de Tenceinte; il n*y 
a là qu'un peu d'herbe et des buissons de lentisques. 
Dans le reste, la végétation est riche et vigoureuse. 
Des prairies où s*élèvent de grands arbres, de vastes 
champs, encore cultivés aujourd'hui par quelques pay- 
sans, suffisaient sans doute autrefois aux besoins d'une 
•nombreuse population. 

En descendant de Tlthôme au village de Mavromad 
on rencontre les ruines d'un mur qui faisait le tour de 
la montagne h mi-côte. C'est probablement dans Tes- 
pace compris entre ce mur et l'Âcropole, que fut en- 
fermé Démétrius, iils de Philippe, roi de Macédoine, 
envoyé par son père pour lever de l'argent dans le 
Péloponëse. Il arriva de nuit pour surprendre Mes- 
sène et, comme il connaissait les lieux, il avait déjà 
escaladé la muraille qui est entre la ville et le sommet 
de rithôme (i). Mais le jour parut et les Macédoniens 
«e trouvèi'ent dans un grand péril. Attaqués à la fois 
et du côté de Messène et du côté de la citadelle, acca*^ 
blés de pierres et de tuiles par les femmes, ils n'opposè- 
rent pas une longue résistance, et prirent la fuite dans 
le plus grand désordre. La plupart d'entre eux périrent 
en se précipitant du haut des rochers; car c'est de ce 
côté que l'ithôme est le plus escarpé (2). 

Sur un des flancs de la montagne, du côté de la porte 
de Laconic, se voient les fondements d'un petit édifice 
découvert par M. Le Bas, qui le reconnut pour le tem* 
pie de Diane Laphria, cité par Pausanias (3). 

Si, en passant près des ruines de ce temple, on suit 
le sentier qui conduit de l'ithôme à Mavromati, on ar* 
rive infailliblement au milieu mémo du village, à une 



Pausanias, iv-29, 

(2) *A:rÔT0/A05 TaÛT>j fiiXtirô: isriv r, 'lOo'ijjLTfi . Id.f ibidi 

(3) Pausanias, iv^l. > 



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48 A. MEZIERES. 

Ibntaino formée par une muraille antique couronnée de 
mousse et de buissons. Au-dessus se voit un reste de 
chapelle à demi cachée par les ronces* C*est là, sans 
doute, la fontaine Clepsydre, qu'on rencontre, dit Pau- 
sanias, en montant à Tlthôme. Les Messéniens pré- 
tendaient, comme beaucoup d'autres peuples, que Ju- 
piter était né chez eux. Suivant la tradition, Ithôme et 
Néda avaient été ses nourrices et avaient donné leur 
nom Tune à la montafin^e, Tautre au fleuve. Les Gurèles 
ayant soustrait Jupiter à la barbarie de son père, ces 
deux nymphes le lavèrent dans la fontaine Clepsydre, 
flui doit son nom à ce larcin (1). Tous les jours, par un 
pieux souvenir, on portait de Teau de cette fontaine 
dans le temple de Jupiter Ithômate. La source est 
comme autrefois abondante et pure ; elle s'échappe à 
la fois de plusieurs trous creusés dans le mur, et coule 
jusqu'au bas de la vallée, au milieu de buissons épais 
qui entravent quelquefois son cours, et de pierres énor- 
mes que la violence des eaux a détachées des monu- 
ments voisins. 

La source Clepsydre alimentait la fontaine Arsinoê, 
qu'on voyait, dit Pausanias, sur la place publique (2). 
Celle-ci était donc dans la partie basse de la vallée» 
au-dessous de la source ; c'est encore là que se trouvent 
aujourd'hui les ruines d'édiûces les plus nombreuses 
el les plus importantes* Au milieu de quelques débris, 
dont il est difficile de reconnaître la destination, la 
commission de Morée a cru retrouver les conduits et 
les bassins de la fontaine (3) ; ce qui permettrait de 
marquer avec certitude la position de la place. Lors 
même que l'authenticité de cette découverte serait 
contestée, c'est certainement tout près du lieu indiqué 
par la commission que se trouvait le point central de 



(1) Pausanias, iv-33. 

(2) Id., iv-31. 

(3) Relation de Bory de Saint-Vincent, p. 298. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 49 

la ville. Il y avait là un grand monument rectangulaire 
dont la partie inférieure s'élève encore de plusieurs 
pieds au-dessus du soU et se compose de pierres, dis- 
posées par assises alternativement plus minces et plus 
épaisses. Était-ce Tfaiérothysium, où se voyaient les 
statues de tous les dieux reconnus par les Grecs, et 
celle d'Épaminondas en bronze ? Le texte de Pausanias 
est si vague qu'on ne peut en tirer aucune lumière (i). 

Il serait superflu de passer ici en revue toutes les 
ruines accumulées de ce côté. Elles sont à la fois trop 
nombreuses et trop incomplètes pour qu'il soit permis 
de leur donner un nom. Quelques-unes sont grecques 
et, par la régularité de la construction qui atteste la 
plus belle époque de l'art, elles semblent dater de la 
fondation de Messène. D'autres paraissent avoir subi 
plusieurs changements successifs. On voit des murs 
qui ont d'abord été grecs, puis romains, et qui, enfln, 
ont servi de base à quelque chapelle byzantine. Beau- 
coup de murailles, ainsi qu'un grand nombre de tom- 
beaux, sont simplement de l'époque romaine. 

Un théâtre entièrement ruiné est adossé à des pentes 
assez brusques, comprises aujourd'hui dans les jardins 
de Mavromati. On ne retrouve que quelques débris de 
gradins; le reste est caché sous la terre. Un gros mur 
soutenait le terre-plein du théâtre; on y remarque une 
porte dont la partie supérieure est formée par des 
pierres disposées en triangle, comme à la porte des 
Lions de Mycènes. 

La culture a bouleversé tout le terrain où se trouvait 
autrefois le quartier le plus populeux et le plus orné 
de la ville. La végétation d'ailleurs est partout vigou- 
reuse, et des buissons épais couronnent les ruines 
dont ils achèvent la destruction. Au milieu de tant 
de débris d'édifices méconnaissables, il est impossible 
de ne pas remarquer un monument mieux conservé et 

(1) Pausaiiias, iv-32. 

Annuaire 1886. 4 



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50 A. MEZIERES. 

plus digne de Têtre. C'est le stade si admirablement 
restauré par M. Blouet, dans l'expédition scientifique 
de Morée (1). Il est situé dans un fond, au-delà du 
théâtre, et formé naturellement par les monticules qui 
l'entourent. Son extrémité inférieure aboutit au mur 
d'enceinte de la ville. Un ruisseau, sorti de la fontaine 
Clepsydre, le traverse obliquement; il n'en était pas 
ainsi autrefois ; le cours irrégulier des eaux eût été un 
obstacle aux exercices habituels du stade. 

Il y avait à la partie supérieure du monument un 
double portique formé par un triple rang de colonnes 
doriques en pierre calcaire; sur les côtés ce portique 
était simple, ouvert à l'intérieur et à l'extérieur pres- 
que entièrement fermé par un mur. Du côté du porti- 
que double, l'estrade se terminait par seize gradins en 
pierre qui formaient un hémicycle. Au-dessous de ces 
gradins, divisés de distance en distance par des esca« 
liers, il y en avait d'autres en terre, qui étaient sans 
doute destinés au peuple. La longueur du stade répond 
exactement aux dimensions que lui donne Vitruve (2). 
On peut juger de sa magnificence par les nombreux dé- 
bris restés en place. C'était probablement le plus riche 
et le mieux orné de toute la Grèce. 

Mais, quoique Messène renfermât de beaux édifices» 
c'était avant tout une place de guerre, et, comme on 
doit s'y attendre dans une telle ville, les ruines les plus 
remarquables sont celles des murailles. Conservées 
presque entièrement dans une grande étendue de ter- 
rain, elles donnent une idée complète du système de 
fortifications des Grecs au plus beau temps de leur his- 
toire. Quand l'abbé Fourmoni fit son voyage en Grèce, 
en 1724, il restait encore trente-huit tours debout. Au- 
jourd'hui il y en a beaucoup moins; mais ce qui reste 
suffit pour ne pas laisser beaucoup de regrets. 

(1) Expédilîon scientifique de Morëe^ I, planches 21-29* 

(2) Vitruve, v-11. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 51 

La partie la mieux conservée est celle du Nord. On 
y arrive, en sortant du village de Mavromati, par un 
sentier bordé de haies vigoureuses. Des buissons, des 
fleurs sauvages, des arbustes de toutes formes pous- 
sent naturellement sur ce sol abandonné et ajoutent à 
Teifet des ruines qu*on aperçoit de loin, au milieu de 
la verdure. A mesure qu'on s'approche, on voit plus 
distinctement, à travers les arbres, une longue ligne 
de murs flanqués de tours qui suit les contours de la 
vallée et monte sur les flancs de Tlthôme. Au bout du 
sentier qui vient de ^at;roma^z s'ouvre dans la muraille 
la porte de Mégulopolis, le chef-d'œuvre de l'architec- 
ture militaire des Grecs. Avant d'y arriver, on retrouve 
encore les fragments d'un pavé antique en larges dalles, 
dont la disposition rappelle le pavé de Pompéi. Du 
côté de la ville, une première porte, qui donne accès 
dans une cour circulaire , a pour linteau -une pierre 
énorme au-dessous de laquelle se voient les traces des 
roues des chars* On pénètre ensuite dans la cour, dont 
les murs se composent d'assises de pierres posées cir- 
culairement les unes au-dessus des autres^ et si bien 
unies que l'œil ne peut en distinguer les joints. Des 
lierres et des herbes sauvages grimpent le long des 
assises et les recouvrent en partie d'un tapis de ver- 
dure. En face de la porte qui donnait sur la ville s'ou- 
vre une autre entrée extérieure flanquée de deux tours, 
dont les soubassements subsistent encore. De chaque 
côté de cette seconde porte, on a creusé dans l'intérieur 
de la cour une niche qui servait sans doute à supporter 
quelque statue. C'est là que devait se trouver cet Her«> 
mes de pierre qu'on voyait en sortant de la ville, par la 
porte qui mène à Mégalopolis (1). 

On n'a employé dans la construction de cette porte 
que des matériaux de choix. Les pierres ont partout 
les plus belles proportions et les murs ont résisté aux 

(1) Pausai^ias, 17-33. 



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52 A. MÉZIÈRES. 

tremblements de terre si fréquents dans le Péloponèse. 
Malheureusement, la végétation est un ornement dan- 
gereux pour les ruines. Des lauriers et des lentisques 
se sont fait jour à travers les remparts les plus épais, 
et leurs racines vigoureuses ont détaché des blocs énor- 
mes que le temps avait respectés. 

En suivant les murailles qui aboutissent à la porte 
de Mégalopolis, on retrouve dans tous ses détails le 
système de fortifications employé par les anciens et 
décrit par Vitruve (\). Il y a là des tours carrées qui 
devaient être à deux étages; car on voit encore dans 
l'intérieur des entailles destinées à supporter des pou- 
tres. Le plancher dç l'étage supérieur était incliné, 
comme Tindique la position des trous, et les combat- 
tants pouvaient se mettre à couvert, dès qu'ils avaient 
lancé leur traits. A Tétage inférieur, des meurtrières 
avec des angles rentrants permettaient de surveiller 
sans danger tous les mouvements de Tennemi. D'au- 
tres tours semblablement disposées à Tintérieur étaient 
circulaires dans la partie qui fait saillie sur le mur, en 
dehors de la ville. 

Le long des remparts régnait un petit mur couronné 
de créneaux, derrière lequel se cachaient les soldats. 
On pouvait ainsi faire à couvert le tour de l'enceinte. 
Des escaliers, placés de distance en distance, servaient 
à monter sur les murailles de Tintérieur de la ville. 
Tout, en un mot, était prévu pour la facilité de la dé- 
fense et pour la sûreté de la place. On voit, par ces 
détails, à quel degré de perfection était arrivé chez les 
-Grecs l'art de la guerre. 

Mais ce qui frappe surtout à l'aspect de ces magnifi- 
ques remparts, c'est moins encore leur force et leur 
importance militaire, que la singulière beauté de la 
construction. Quand on examine de près aujourd'hui 
les parties restées debout, on s'étonne que de simples 

(1) Vitruve, i, 5. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. £3 

murs de défense soient aussi réguliers et aussi élégants 
que ceux du plus bel édifice. Il semble que les Grecs 
aient ou, plus qu*aucun autre peuple, le sentiment et 
Tamour du beau. Dans tous leurs ouvrages se retrouve 
ce besoin de la perfection qu*éprouvent seuls les grands 
artistes. Qu*ils élèvent à loisir u-n autel à un héros, un 
monument à un vainqueur des jeux olympiques, un 
sacellum h la victime, un temple à Minerve, ou qu*ils 
bâtissent à la hâte l'enceinte d'une ville de guerre, il 
faut toujours que le goût le plus pur soit satisfait, et 
qu'on ne puisse voir Tœuvre sans l'admirer. Quelque 
rapides que soient leurs travaux, la précipitation n'au- 
torise pas la négligence. La nécessité de faire vite ne 
les dispense pas de bien faire. Ils ne croient pas non 
plus que, môme quand il s'agit d'tiiilité publique, il 
suffise à l'architecte d'atteindre le but qu'on lui pro* 
pose. L'art n'a pas moins de droit que la patrie. Ce 
n'est pas assez que le monument soit utile, il faut 
aussi, et avant tout, qu'il soit beau. 

Et si l'artiste obéit toujours à cette loi que lui impose 
l'opinion publique, ce n'est pas seulement par amour 
de la gloire et de la popularité, c'est surtout parce qu'il 
aime le beau pour lui-môme, parce que toute imper- 
fection le blesse et qu'un défaut dans une œuvre d'art 
fait souffrir ces esprits délicats, comme un vice décou- 
vert afflige une âme honnête. On remarque, en effet, 
en étudiant de près les ruines anciennes, que les par- 
ties les plus cachées, celles môme qui ne seront jamais 
vues, sont d'un travail aussi délicat que les plus appa- 
rentes. L'artiste s'est moins préoccupé de plaire que 
de remplir toujours les conditions de son art. C'est là 
la marque du génie grec. 

A l'époque oh Messène fût bâtie, on était encore 
fidèle aux traditions d'un grand siècle. Le stade, par 
son élégance et par la richesse de ses ornements; les 
murailles, par ce mélange de force et de beauté qui les 
caractérise, sont dignes des maîtres. Malheureusement 



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54 A. MÉZIÈRES. 

do si belles ruines n'ont pas d'histoire) ; aucun souvenir 
glorieux ne s*y rattache. L'entreprise d'Épaminondas 
échoua par la faute des temps ; le génie d'un homme 
est impuissant à rajeunir un peuple. Les Messéniens 
revenaient trop tard dans la Grèce en décadence. Il 
n*était plus permis à personne alors d'aspirer êi de hau- 
tes destinées. Les Macédoniens allaient devenir les 
maîtres; après eux les Romains. 

L'histoire de Messène se perd au milieu de ces in- 
trigues et de ces guerres obscures qui divisent les 
Grecs dégénériSs. On voit d'abord les Messéniens con- 
server leur haine contre Lacédémone et solliciter l'al- 
liance d'Athènes et des Macédoniens sous Philippe (1). 
Ils s'emparent d'Élis par un stratagème emprunté aux 
temps homériques. La ville était partagée «en deux fac- 
tions dont Tune était favorable aux Spartiates. Les 
Messéniens profitent de cette circonstance, prennent 
des boucliers Lacédémoniens et s'introduisent dans la 
place, à l'aide d'un déguisement qui trompe les alliés 
de Sparte. C'est là le principal exploit que leur attribue 
l'histoire. Nous sommes loin d'Aristomène. La rivalité 
de Sparte et de Messène parait cesser plus tard ; on 
voit même les Messéniens secourir les Spartiates atta- 
qués par Pyrrhus, et refuser d'enlrer dans la ligue 
achéenne pour ne pas se brouiller avec leurs nouveaux 
amis (2). Il est vrai qu'ensuite la prise de Mégalopolis 
réveille leur ancienne haine ; ils recueillent les Arca- 
diens et combattent à Sellasie contre Cléomène. Nabis 
prend leur ville qui est reprise par Philopœmen, 

Ce nom rappelle une grande iniquité des Messéniens, 
et c'est malheureusement le dernier souveair qu'ils 
aient laissé dans l'histoire de la Grèce. Un citoyen de 
Messène, Dinocrate, qui avait une grande influence 
dans sa patrie, avait détaché ses compatriotes de l'ai- 

(1) Pausanias, it-2S. 

(2) 7rf., iv-29. 



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VOYAGE DANS LE PELOPONESE. 55 

lianoe des ÂchéeDS et voulait attaquer une des villes 
de la ligue. Philopo^men en fut instruit; quoique ma- 
lade, il partit avec s'a cavalerie pour prévenir cette at- 
taque. Arrivé près de Messène, il mit en fuite Dino- 
crate, mais un renfort de cinq cents hommes qui 
survint aux Messéniens le força lui-môme à la retraite. 
Le lieu était escarpé; les ennemis avaient Tavantage 
du nombre et de la position. La troupe de Philopœmen 
se composait surtout de jeunes gens des premières 
familles de Mégalopolis, qui faisaient l'apprentissage 
de la guerre sous ce grand capitaine. Philopœmen crai- 
gnait pour leur vie, et ne voulant pas les exposer au 
danger d'âtre attaqués par derrière, il fermait lui-môme 
la marche et faisait face h l'ennemi qui n'osait s'appro- 
cher. « Mais, à force de rester en arrière pour donner 
( du temps à ses jeunes cavaliers qu'il faisait défiler un 
« à un, il se trouva sans le savoir environné d'ennemis. 

< Aucun d'eux n'osait cependant l'attaquer corps à corps; 

< mais de loin ils l'accablaient de traits et ils le forcé- 
• rent à reculer dans un endroit tout rempli de rochers 
t et de précipices, au milieu desquels il avait peine à 
« maintenir son cheval. Grâce à l'habitude des exercices 
1 du corps, il était resté agile dans sa vieillesse, et le 

< poids de l'&ge ne l'eût pas empêché de se sauver; 
« mais ce jour-là, appesanti par la maladie et par la 
« fatigue d'une longue route, il se remuait avec peine; 
« son cheval s'abattit et le jeta par terre. Sa tête avait 
« porté sur la terre, et le coup avait été si rude qu'il 
« resta longtemps sans pouvoir parler. Ses ennemis, le 
« croyant mort, entouraient déjà son corps et se pré- 
« paraient à le dépouiller comme un cadavre. Mais 
« lorsqu'il releva la tête et les regarda, ils se précipi- 
« tèrent sur lui en foule, lui lièrent les mains derrière 

< le dos et l'emmenèrent ainsi enchaîné, en l'accablant 
« d'insultes et d'outrages (1). » 

(1) Plutarque, Philopœmen, XVI. 



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1 



56 A. MÉZIÈRES. 

C'est ainsi que les Messéniens le récompensaient de 
les avoir délivrés de Nabis et des Spartiates. 

Cependant, quand la foule vit ce vieillard si indigne- 
ment traité, en dépit de sa gloire et de ses exploits, 
elle s'apitoya sur son sort et se rappela ce qu'il avait 
fait pour la liberté de la Grèce. Mais Dinocrate était 
l'ennemi personnel de Philopœmen; il comprit que s'il 
laissait au peuple le temps de s'attendrir et aux 
Achéens celui de réclamer leur général, celui-ci était 
sauvé. Il le fît donc enfermer dans un lieu qu'on appe- 
lait le Trésor; c'était un souterrain où ne pénétrait ni 
l'air ni la lumière du jour, qui n'avait point de porte et 
ne se fermait qu'au ùioyen d'une grosse pierre. On y 
déposa Philopœmen et, après avoir roulé la pierre à 
l'entrée, on plaça tout autour des hommes armés. 

c Dès que la nuit fut venue et que la foule des Mes- 
« séniens se fut dissipée, Dinocrate ouvrit la prison et 
• y fit entrer un employé public avec du poison, en lui 
a donnant l'ordre de le présenter au prisonnier et d'at- 
« tendre qu'il l'eût bu. Philopœmen était couché et 
<K enveloppé dans sa chlamyde; il ne dormait pas, mais 
a il était en proie à de tristes pensées qui agitaient son 
« esprit. En voyant la lumière, et l'homme qui s'ap- 
9 prochait avec la coupe de poison, il rassembla ses 
a forces avec peine, à cause de sa faiblesse, et se mit 
« sur son séant. Puis il prit la coupe et demanda si 
« l'on avait des nouvelles de ses cavaliers et surtout de 
« Lycortas. L'homme lui répondit que la plupart d'en- 
a tre eux s'étaient échappés. Alors il fit un signe de 
« tête et le regardant avec douceur : « A la bcînne heure, 
« dit-il, du moins nous n'avons pas été malheureux en 
a tout. » Puis, sans parler, sans faire entendre lamoin- 
«c dre plainte, il avala le poison et se recoucha. 11 ne 
ce donna pas beaucoup à faire au poison; il était si fai- 
a ble qu'il s'éteignit sur le champ (1). » 

(1) Pliitarquo, P/t//rt;;o?»?cr;ï, XXI. 



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VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 57 

Cette mort était digne d'un philosophe et d'un sol- 
dat. Mais elle déshonore et l'homme qui la commanda 
et le peuple qui en fut complice par sa faiblesse. 



UOUTE DE MESSÈNE A MÉGALOPOLIS 

Nous sortîmes de Messëne par cette porte même de 
Mégalopolis, qui avait vu entrer Philopœmen prison- 
nier et d'où sortit plus tard la pompe funéraire qui 
ramenait son corps dans sa patrie. De ce côté, les flancs 
de rithôme sont couverts de chênes énormes dont les 
branches descendent jusqu'à terre. Ces beaux arbres 
semblent aussi vieux que les ruines qu'ils entourent. 
Us forment quelquefois, en se rapprochant au-dessus 
de la route, une voûte de verdure qui rappelle les om- 
brages séculaires de nos grandes forêts. Des bruyères 
et d'autres arbustes croissent à leurs pieds comme de 
jeunes taillis. 

Le sentier qui conduit à Mégalopolis descend par 
une pente escarpée sur le versant de Tlthôme jusqu'à 
la plaine de Stényclaros. On comprend, en voyant les 
lieux, le danger que devaient courir les jeunes gens de 
Mégalopolis, engagés sur un terrain si peu favorable 
aux manœuvres de la cavalerie (1). Plus d'un endroit 
rappelle ce passage entouré de rochers et de précipices 
où Philopœmen fut assailli et fait prisonnier par les 
Messéniens (2). 

Au bas de la montagne, à trente stades de Messène, 
on arrive, dit Pausanias, à la rivière Balyra, dans la- 
quelle se jettent defux autres cours d'eau, la Leucasia 
et l'Amphitus (3). M. Leake et la commission de Moréo 



(1) Aià TÔTTwv x«/«îfûv. Piutarque, Philopœmen, xviir. 

{2} Xùipix 7ï!7p&i07î /ai :r«5â/i/: y.vK. Pliitarqiio, Vliilitpœmen, xx. 

,3) Pausanias, iv-33. 



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58 A. MÉZIÈllES. 

ont donné le nom de Balyra au Mavrozoumeno, qu'on 
traverse aujourd'hui sur un pont triangulaire et qui se 
confond un peu plus bas avec une branche du Pami-* 
sus (1). Mais il y a tant de rivières en cet endroit et le 
texte de Pausanias donne si peu d'indications qu'on 
pourrait aussi retrouver la Balyra dans le torrent qui 
sort du Mûkrîplaï, et qui, après avoir reçu deux cours 
d'eau sur sa route, aboutit également au pont triangu- 
laire. Ces deux cours d'eau seraient alors la Leucasia 
et l'Amphitus, qu'on ne saurait où placer, si la Balyra 
était le Mavrozoumeno. 

Quoiqu'il en soit, la Balyra était ainsi nommée parce 
que Thamyris y jeta sa lyre après avoir été privé de la 
vue (2). Homère* raconte l'aventure de ce poète infor- 
tuné qui s'était vanté de l'emporter, par la beauté de 
ses chants, sur les Muses elle-même « filles de Jupiter 
t qui porte l'Égide (3) ». Les Muses irritées le privè- 
rent de la vue, lui enlevèrent le don divin de chanter 
et lui tirent oublier l'art de jouer de la lyre. Pausanias, 
ordinairement si crédule, ne veut point accepter cette 
poétique tradition. « Je pense, dit-il, que Thamyris 
« perdit les yeux par une maladie; ce qui arriva aussi 
« plus tard à Homère. Mais celui-ci ne se laissa point 
« abattre par l'infortune, et continua toujours à faire 
<K des vers, tandis que Thamyris, accablé par son mal, 
a cessa de chanter (4). » 

Le pont de la Balyra se divise en trois branches ; 
l'une se dirige sur la route de Messène, l'autre sur celle 
de Mégalopolis, et la troisième vers le nord-ouest de 
la Messénie, du côté de Franco^Ecclesia, où Ton a cru 
retrouver Andanie. Ce pont réparé par les Turcs et par 
les Vénitiens repose sur des fondefn en ts antiques dont 

(1) Leake, Travels in the Morea, I, p. 480. Relation de Bory de 
Saint^Vincent^ p. 275. 
('•2) Pausanias, iv-33. 

(3) Homère, Iliad., 11.504-600. 

(4) Pausanias, iy-33. 



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VOYAGE DANS LE PELOPONESE. 59 

la construction rappelle les murs de Mesaène. A l'ex- 
trômité qui regarde Tlthôme se voit encore une petite 
porte couverte par une plate-bande et la base d'une des 
arches qui devait se terminer en ogive. Cette forme 
d'arcade, qu'on a cru étrangère aux Grecs, se retrouve 
dans plusieurs de leurs monuments et même dans les 
plus anciens, entre autres au trésor d'Atrée de Mycè- 
nes. C'est dans le môme style qu'était construit sur le 
Cnacion, près de Sparte, un pont que M. Leake vit à 
son premier voyage, et qui n'existe plus aujourd'hui. 
Les ruines d'iEniade, en Acarnanie, offrent aussi plu- 
sieurs modèles de portes voûtées (i). 

Après avoir traversé la Balyra et les deux torrents 
qui s'y jettent, ou entre, dit Pausanias, dans la plaine 
de Stényclaros, qui portait le nom d'un ancien héros 
Messénien (2). L'incertitude où l'on est sur la position 
de la Balyra et de ses deux affluents ne permet pas de 
connaître les limites exactes de la plaine; mais on peut 
dire, h quelques stades près, qu'elle s'étendait depuis 
le pied de l'Ithôme jusqu'au Makriplaï ^ qui relie le 
Taygète aux montagnes de l'Arcadie. 

C'était là le séjour des habitants de la Messénie ; il y 
avait môme une ville du nom de Stényclaros, dontCres- 
phonte avait fait la capitale du pays (3). On n'en connaît 
pas l'emplacement. 

En face de la plaine, Pausanias place le canton qu'on 
appelait anciennement ^Ëchalie et qui, de son temps, 
avait pris le nom de Carnasius. Il y avait là un bois de 
cyprès. Ce canton devait être au nord du pont triangu- 
laire, autant qu'on peut le conjecturer d'après le texte 
si vague de Pausanias (4). 

Il semble que le géographe ancien n'ait pas pénétré 



(1) Leake, Peloponnesiaca, p. 115. 
(•î) Pausanias, iv-33. 

(3) 7d., iv-6. 

(4) 'A^ravTtxpv; roït moiàu. Pausanias, iv-^o. 



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60 À. MÉZIËRES. 

dans la plaine de Stényclaros et soit remonté vers le 
nord-ouest de la Messénie; car, après avoir traversé 
TiEchalie, il rencontre la route de Kyparissia, VArkhadia 
moderne, qui est située sur la côte occidentale du Pé- 
loponnèse. Dans ce cas, le Gharadrus, qui passait près 
du canton Carnasius, pourrait être le Mavrozouméno 
lui-môme, qu'on prend communément pour la Balyra. 
A huit stades à gauche du Carnasius, était située 
Ândanie, l'ancienne capitale de la Messénie et la patrie 
d'Aristomène (1). Beaucoup de conjectures ont été 
faites sur la position de cette ville; mais aucune ne 
paraît décisive. On l'a placée longtemps avec Pou- 
queville à Franco»Ecclesia, près du village moderne 
d'Alitourt. C'est, en effet, un emplacement qui répond 
au texte de Pausanias ; mais on n'y trouve aucune ruine 
ancienne ; il semble qu'il n'y ait jamais eu là qu'une 
église byzantine. Le village de Sandani, situé dans la 
plaine, du côté opposé, au pied du Makriplaï, aurait 
pu ôtre pris, à cause de la ressemblance des noms, 
pour l'ancienne Andanie ; mais il n'y reste pas plus de 
mines qw' h F?'anco-Ecclesta, et, ce qui est beaucoup plus 
grave, il n'y a aux environs aucune éminence qui ait pu 
servir d'Acropole. On a songé aussi à Heiléniko-Castro^ 
situé sur les hauteurs mêmes du Makriplaï; mais il n'est 
guère probable qu'on ait choisi, pour en faire la capi- 
tale de l'antique Messénie, une forteresse si rapprochée 
des frontières. Pausanias d'ailleurs indique une posi- 
tion toute différente. Andanie, d'après lui, était dans la 
direction de Kyparissia (2). L'opinion qui s'accorde le 
mieux avec ce texte est celle qui, sans préciser l'em- 
placement de la ville ancienne, voudrait la retrouver 
dans les environs du village moderne d'Alùouri, sur un 
des monticules qui bornent la plaine, à gauche du 
Mav7*ozoumeno. 



(1) Pausanias, ïy-33. 

(2) Id., VIII.33. 



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■fT^T 



VOYAGE DANS LE PÉLOPONÈSE. 61 

Sans chercher un lieu qu'aucune ruine ne permet de 
reconnaître, nous prîmes directement la route de Mé- 
galopolis. La plaine de Stényclaros, qu'elle traverse, 
renferme de nombreux villages entourés de jardins et 
de riches prairies. A Textrémité de la plaine, on entre 
dans le Makriplaî par un défilé qui commence au Khani 
de Sakona. Ce chemin est sans doute celui que Pausa- 
nias indique comme la route directe de Messène à Mé- 
galopolis (i). Il y en avait une autre qui allait de Mé- 
galopolis à Carnasius, Tancienne iSchalie, partie de la 
Messénie; mais elle devait passer au nord de la plaine 
de Stényclaros, comme Tindique la position présumée 
du canton Carnasius. 

Le sentier que nous suivîmes dans le Makriplaî s*é-> 
lève progressivement jusqu'à des hauteurs couvertes 
de chônes et arrosées par des eaux abondantes. C'est 
là sans doute le lieu que Pausanias appelle Nymphas (2). 
Auparavant, on devait rencontrer sur cette route THer- 
mœum, qui marquait les limites de TArcadie et de la 
Messénie. Il était à vingt stades du Nymphas, pçut-êtrc 
à l'emplacement actuel du Khani de Makriplaî. 

Après avoir franchi un sommet escarpé, d'où l'on 
peut jeter un dernier regard sur la plaine de Messénie, 
que bornent l'Ithôme et l'Êvan, on descend vers l'Ar- 
cadie par un sentier ombragé de chênes, qui faisaient 
sans doute encore partie du Nymphas. 

Au sortir de ce bois épais se découvre la plaine de 
Mégalopolis entourée de vertes collines. Les lignes 
des montagnes sont harmonieuses et douces; le pay- 
sage est gracieux; nous entrons dans la pastorale Ar- 
cadie. 

A vingt stades du Nymphas commençait la Cromi- 
tide, où le Gathéate prenait sa source (.-3); c'est sans 



(1) Pausanias, viii-33. 

(2) KaTappcZrat ôi ûoaTc^ xac Ihùpoty àvaTiAw; èoTÎv ii liufi^ii, Id, ibid, 

(3) Pausanias, vn-d4. 



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62 A. MÉZIÈRES. — VOYAGE DANS LE PELOPONESE. 

doute la contrée que nous traversâmes avant d'arriver 
à TAlphée. Un cours d*eau, que nous laissâmes à 
droite et qui prend sa source à environ quarante sta- 
des de TÂlphée, doit être le Gathéate dans lequel se 
jette le Camion, près du village moderne de Kotsiridù 
Ces deux torrents réunis se jettent dans TAlphée, qui 
n'a pas encore un cours considérable. Nous le passâ- 
mes sans peine un peu au-dessous du confluent. 

Entre le fleuve et Mégalopolis, à sept stades de la 
ville, se trouvait autrefois un temple dédié aux Eumé- 
nides surnommées Manies, parce que c'est dans oe lieu 
môme qu'elles avaient rendu Oreste furieux, après la 
mort de sa mère (i). Près du temple s'élevait un petit 
tertre en terre, surmonté d'une pierre taillée en forme 
de doigt. Ce monument rappelait qu'Oreste, dans un 
accès de fureur, s^était mangé un doigt de la main 
gauche. Aux environs, il y avait un canton nommé Acê^ 
où le flls d'Agamemnon avait trouvé la guérison de ses 
maux, et un autre lieu où il s'était coupé les cheveux, 
après avoir recouvré son bon sens. 

En laissant & droite le temple dédié aux Euménides, 
on entrait & Mégalopolis, fondée par Ëpimanondas, 
patrie de Philopœmen et de Polybe. 

(l) Pausanias, vii-34. 



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PLATON ET XÉNOPHON 



PAR M. CiiARixs Huit 



Vivant, nous blessons le ^and homme, 
Mort, no as tombons à ses genoux. 

C'est ainsi qu'un poète de notre siècle a rendu une 
pensée déjà exprimée sous mille formes dans Tanti- 
quité. Si vraie qu'elle puisse nous paraître, Test-elle 
toujours et sans exception? L'histoire de Platon nous 
contraint d'en douter. Il semble que la gloire ne lui ait 
pas manqué de son vivant, et après sa mort les accu- 
sations formelles, les soupçons injurieux ne lui ont 
pas été épargnés (1). On lui a reproché en particulier 
une hauteur offensante à l'égard de ses rivaux, surtout 
de ceux qui avaient eu la bonne fortune de se former 
comme lui à Técolede Socrate. Or, dans le nombre il en 
est un qui a conquis un rang à part, sinon dans l'his- 
toire philosophique, du moins dans Thistoire littéraire* 
L*enthousiasme de Platon pour leur maître commun 



(1) Comparer les réflexions de Plutarque au sujet de Périclês et no- 
tamment le passage suivant : Kocl rC âv tiç âvOptânovç auruptxovç roi^ 
^loii xai tkç xarà. r&v xpurrôvcav ^XoLafTOfiieti &Titip Sxlfiovi xsucâ râ 
fBôva râv TtoXXûv &7ro9uovra$ daufiôiff&uv ; . , , ourws Soute itivxY) x^As^rô^ 
tvjxt xal 3vff^£p«T0v i770plx zkXr.Oiç» {Périclês ^ 19.) 



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64 CH. HUIT. 

a pu être plus élevé et plus profond, son attachement 
n'a pas été plus fidèle ni plus dévoué. On le devine, je 
veux parler de Xénophon, dont le souvenir, chose re- 
marquable, est complètement absent des écrits de Pla- 
ton, lequel à son tour n'a été nommé qu'une fois par 
l'auteur des Mémorables, L'un et l'autre n'eussent-ils 
pas trouvé sans peine, s'ils l'eussent voulu, l'occasion 
de se donner quelque marque d'estime? Les biographes 
anciens l'ont cru sans hésiter ; de là à imaginer entre 
ces deux hommes une inimitié jalouse, il n'y avait qu'un 
pas, et ce pas a été promptement franchi. 

Mais si pareille conclusion est justifiée en apparence, 
l'est-elle en réalité? Ne met-elle pas au compte d'une 
préméditation blâmable ce qui peut résulter unique- 
ment du hasard et des circonstances? Combien de fois 
trouvons-nous le nom d'Hérodote dans la prose de 
Thucydide, et ce dernier nom dans celle de Xénophon? 
Sans la déplorable affaire du quiétisme, que saurions- 
nous de Bossuet par Fénelon, et de Pénelon par Bos- 
suet? Ajoutons que chez les anciens, et notamment 
chez les Grecs, les citations, formelles ou indirectes, 
sont très rares, ce qui s'explique sans peine dans un 
temps oîi l'histoire littéraire, avec ses ramifications 
aujourd'hui variées presque jusqu'à l'infini, était chose 
encore inconnue. 

D'ailleurs, qu'on veuille bien le remarquer, en dehors 
d'une admiration affectueuse pour le sage d'Athènes, 
dont tous deux s'étaient faits les disciples, quoique 
dans des vues bien différentes, en vain chercherait-on 
quelque trait marqué de ressemblance entre Platon et 
Xénophon : on dirait bien plutôt ces deux frères, Am- 
phion et Zéthus, opposés l'un à l'autre avec tant d'es- 
prit dans ÏAntiope d'Euripide (1). D'une part, le philoso- 



(1) Un critique contemporain, M. TeichmuUer, se fonde sur ce des- 
accord pour affirmer qu'entre Platon et Xénophon une polémique était 
non seulement probable, mais encore inévitable. Malgré le talent avec 



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f>.^- 



PLATON ET XÉNOPHON. 65 

phe épris do Tidéal, passionné pour les questions les 
plus vastes et les plus hautes, mettant bien au-dessus 
de toute autre ambition l'honneur de travailler par 
la parole et par la plume» à la diffusion et à la dé- 
fense de ses théories : de l'autre, l'Athénien né pour la 
chasse et pour la guerre, le chef heureux d*une troupe 
de mercenaires à la solde d'un roi barbare, le publiciste 
d'abord mêlé aux luttes des partis, plus tard retiré sous 
les frais ombrages de Scillonte (!)• Les événements 
politiques ont achevé d'isoler l'un de l'autre ces deux 
hommes, déjà séparés autant par la divergence de 
leurs vocations que par l'opposition de leurs goûts. 
Tandis que les autres socratiques vivaient à Athènes 
ou aux portes d'Athènes, luttant avec Platon sur le ter- 
rain même des doctrines, Xénophon, à peine de retour 
en Grèce au terme de l'expédition fameuse des Dix 
mille, se hâte de rejoindre Agésilas alors en Asie ; plus 
tard, fi*appé d'une sentence de bannissement à cause 
d'un « laconisme » poussé à Coronée jusqu'à la trahi-* 
son, il dit à sa patrie un éternel adieu. Dès lors quel 
rôle Platon, si sobre d'allusions directes à ses contem- 
porains, devait-il et pouvait-il réserver au milieu des 
personnages de ses dialogues à ce déserteur d'Athènes 
et de la philosophie (2) ? 

De son côté Xénophon, on le comprend, n'est pas 
plus coupable. Le seul passage où il nomme Platon fait 
penser à tout autre chose qu'à de l'animosité ou du dé- 
dain. « Socrate, nous dit-il, accordait sa bienveillance 



lequel il a soutenu cette thèse, il ne nous parait pas que sa démons- 
. tratioa soit vraiment décisive. 

(1) On trouvera ce parallèle ingénieusement développé dans la belle 
thèse dô M. Alfred Croiset : Xénophon, son caractère et son talent^ 
Paris, 1873, 

(-2) Au moment du procès et de la condamnation de Socrate^ Xéno- 
phon se trouvait depuis longtemps déjA en Asie ; on ne doit donc éprou- 
ver aucune surprise en ne rencontrant son nom ni dans le Phédon ni 
dans V Apologie. 

• Annuaire 1886. 5 



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m CH. HUIt. 

au jeune Glaucon en considéralion de Gharmide et de 
Plalon » (1). Mais pourquoi ce silence observé partout 
ailleurs ? Xénophûn, la chose n'est pas douteuse, aurait 
donné à notre curiosité une satisfaction d'un prix ex- 
ceptionnel, si les circonstances l'avaient rendu téonoin 
des premières conversations entre Socrate et son plus 
illustre disciple ; seulement il n'est pas homme à sub- 
stituer en ces matières la fiction à la réalité (2). N'a-t-il 
pas d'ailleurs laissé systématiquement de côté ou du 
moins relégué au second plan la partie spéculative de 
l'enseignement de Socrate, comme s'il eût craint de 
S^aventurer à la légère dans une région où il n'était 
qu'un profane? Âlléguera-t-on maintenant ses autres 
écrits, si nombreux, si variés? La philosophie propre- 
ment dite en est si complètement absente que Socrate 
lui-même n'apparaît qu'une fois dans VAnabase et dans 
les Helléniques, jamais dans la Cyropidie : maint socra- 
tique, et non des moins célèbres (3), n'a pas obtenu de 
l'auteur des Mémorables l'honneur d'une seule mention. 
Mais, ajoutent les anciens, Platon et Xénophon ont 
composé des ouvrages semblables, parfois même sous 
un titre identique : tous deux nous ont légué un Ban-- 
quet et une Apologie: tous deux ont écrit leurs Mémoires 
sur Socrate : si l'un est justement fier d'avoir rédigé sa 

(1) Mémorables, III, 6, 1. Glaucon, on le sait, était un frère de Pla* 
ton. Cf. Cobet, Prosopographia Xenophonteoy pp. 46 et 66.— M. Teîch- 
mttller {Literarische Fekden, II, 47, 49, 65) fait observer que Glaucon 
et Charmide, tous deux parents de Platon et par suite élevés si haut 
par le philosophe (voir le Cliarmiâe, passim, et JRéptib ligue, 367 E), 
«ont traités par Xënophôn avec infiniment moins d'égards. En serons* 
nous surpris, et faudra-t-il aussi nous étonner de voir Xénophon mé- 
nager assez peu Gritias, alon que Platon ne néglige aucune occasioa 
de vanter cet adversaire ûuneux de la démocratie ? 

(2) Un critique moderne est allé jusqu'à féliciter Xénophon de n'aroif 
pas compromis Platon en le confondant au milieu des jeunes gens dont 
Socrate tantôt blâme la suffisance, tantôt gourmande la timidité. 

(3) Il suffit de citer ici, entre beaucoup d'autres, Eschine, Eucllde, 
Théëtète, Ménexène, Terpsion* 



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" PLATON ET XÊNOPHON. 67 

République et ses Lois, Tautre doit peut-être la meilleure 
part de sa réputation au roman à la fois politique et 
philosophique connu sous le nom de Cyropédie. Gom* 
ment expliquer ce singulier parallèle, sinon par reiTet 
d^une animosité envieuse qui à aucun prix ne veut aban-> 
donner à un compétiteur, à un rival, un bien dont celui* 
ci soit seul à jouir (1)?-^ Les prémisses sont exactes : 
mais le raisonnement n'est rien moins que concluant. 
Ainsi que de sujets dramatiques ont été un objet de 
concurrence entre les plus illustres des tragiques athé- 
niens? Sophocle et Euripide ont-ils été pour cela accu* 
ses d'une basse jalousie? Applaudissons au contraire 
h une émulation qui produit des fruits si merveil- 
leux : la voil& bien, cette estimable rivalité que le vieil 
Hésiode déjà proclamait digne des éloges du sage. 

Une autre explication se présente, plus simple et plus 
vraisemblable. Platon et Xénophon n'avaient-ils pas la 
môme haine contre les sophistes, le môme enthou- 
siasme pour leur maître? Quoi de plus naturel chez ces 
deux témoins de son enseignement que le dessein de 
venger sa mémoire en retraçant une image vive et ani« 
mée de ce qu'on pourrait appeler sa prédication quoti* 
dienne (2)? La postérité a eu d'autant plus à se louer 
de cette conspiration tacite, que les deux élèves nous 
ont laissé des portraits différents de Socrate (3), à peu 



(1) Diogène Laêrce, III, 34 : "Htnip -/oO-j otxftXoviuo'jvTii tk o/aolx 
yiypa^aac. 

(2) La littérature philosophique da iv* siècle paraît avoir été très riche 
en 'Aito/x'r/iij.ovtùiJLX7x 70Û ^'jixpizù'Ji ot en. Aôyoi vcaxpscrixoi (Aristote, Poe^ 
tique, 1447b 11). 

(3) Oa lira avec intérêt, dans la traduction récemment publiée par 
M. Belot, le parallèle aussi juste qu'ingénieux établi par M. E. Zeller en- 
tre ces deux historiens de renseignement socratique. J*ajoute que Xéno- 
phon ne se départit jamais de son rôle d*apologiste, tandis que, selon la 
remarque de M. Croiset, Platon a écrit ses dialogues dans le cours d'une 
trèe longue rie, lorsque les préjugés qui avaient assailli Socrate vivant 
disparaissaient de jour en jour avec ses contemporains . 



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68 CH. HUIT. 

près, dit à ce propos un critique du dernier siècle, 
comme les mêmes plantes ont plus ou moins de Torce 
et de beauté selon le terrain où elles sont cultivées. — 
Tous deux ont écrit un Banquet : mais qui ignore que 
chez les <( honnêtes gens > d'Athènes, discussions sa- 
vantes, succès dramatiques, intrigues politiques, tout 
était prétexte à des réunions de ce genre, où une gaieté 
bruyante avait sa part à côté d'un piquant étalage d'es- 
prit et parfois d'érudition? La philosophie elle-même, 
dans la personne de Platon, plus tard d'Aristote et 
d'Epicure, devait prendre officiellement sous sa pro- 
tection une coutume en aussi parfaite harmonie avec 
les idées et les mœui*s grecques. Ni Platon ni Xéno- 
phon ne pouvaient imaginer un cadre plus heureux 
pour mettre en scène sous tous ses aspects la person- 
nalité si complexe et si originale de Socrate.(l). — En- 
fin ces deux grands Athéniens ne professaient-ils pas 
la même admiration pour Sparte, la même défiance en- 
vers les institutions démocratiques? et dans un temps 
où les vieilles mœurs étaient ébranlées, où l'idée mo- 
narchique entrait peu à peu dans tous les esprits, pour- 
quoi s'étonner de voir Tun et Tautre également préoc-- 
cupés de tracer à leur génération le plan d'un gouver- 
nement idéal? En vérité, pour conclure de pareils 
rapprochements à des dispositions pleines de malveil- 
lance, il faut être visiblement sous Tempire de quelque 
prévention. 

Mais on insiste et Ton dit : ce ne fut pas assez pour 
Platon et Xénophon de traiter les mêmes sujets, ils y 
ont apporté un esprit tout différent. Veut-on donner à 
entendre par là que le premier y a mis autant d'aima- 
ble et noble gravité que le second do fine et gracieuse 
élégance? Rien de plus exact; mais aussi quoi de plus 
spontané, quoi de plus éloigné de toute préméditation 

(1) Est-irnécessaire de rappeler ici le double exemple ^XkBanquel deê 
sept sages de Plutarque et des Sophistes à table d'AUiénée? 



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PLATON ET XÉNOPHON. 69 

et de tout calcul? — Détrompez-vous, ajoute-t-on : de 
môme que la critique a surpris dans tel vers de V Electre 
d'Euripide une satire détournée des Choépkores d'Es- 
chyle, de môme une lecture attentive fait découvrir ici 
des traces assez peu équivoques de ressentiment et do 
malveillance. 

Examinons en détail ce que vaut une pareille asser- 
tion. 

Sur V Apologie nous serons brefs : aussi bien celle de 
Xénophon, de l'aveu à peu près unanime, est regardée 
aujourd'hui comme une œuvre apocryphe (1). Le Ban* 
quet de Platon a-t-il précédé ou suivi celui de Xéno- 
phon? Les opinions sont contradictoires, et des don- 
nées chronologiques précises font défaut pour trancher 
ce problème (2). Il est vrai que sur certains points sans 
importance les deux auteurs ont adopté des disposi- 
tions différentes : ainsi les convives, chez Xénophon^ 
ne consentent pas à se passer des joueuses de flûte, 
tandis que chez Platon, à l'arrivée de Socrate, ils les 
renvoient, afin de se livrer plus librement et plus com- 
plètement aux charmes de la discussion. Sous peine 
de se contredire, l'auteur du Protagoras ne pouvait agir 
autrement : n'avait-il pas écrit en effet : « Lorsque les 
ignorants et les gens du commun s'invitent à un festin, 
comme ils ne sont pas capables de parler entre eux de 
belles choses et de fournir à la conversation, ils gar- 
dent le silence et empruntent des voix pour causer : ils 
louent à grands frais des chanteuses et des joueuses 
de flûte, qui suppléent à leur ignorance et à leur gros- 
sièreté. Mais les honnêtes gens, qui ont reçu une véri- 
table éducation, quand ils mangent ensemble, ne font 
venir ni chanteuses, ni danseuses, ni joueuses de 

(1) Cf. Pohle. Die angeblich Xenopho nteUche Apologie in ihrem 
Verhœltniss zum leUten Capitel der Memorabilien. Altenburg, 1874. 

(2) Il parait néaatnoius probable que la priorité appartenait à Xéno- 
phon. C'est du moins l'avis de Cousin (Traduction de Platon, VI, 
413). 



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70 Cil. HUIT. 

flûte : ils ne sont pas embarrassés de s*entretenir eux-^ 
mômes sans toutes ces niaiseries et pes puérils amu- 
sements (i). » Est-il besoin de rappeler que ces lignes 
étaient écrites bien longtemps avant que parûlle^an^u^^ 
deXénophon ? D'ailleurs le fond des deux dialoguesn'est 
pas absolument le même; on le comprend ; Platon, 
constamment préoccupé de nous montrer dans Socrate 
le créateur et le modèle de la véritable philosophie, le 
représente ici toujours maître de lui au milieu des 
gaietés de Tivresse (2), et s'élevant aux considérations 
les plus hautes sur la nature de la beauté et la meta* 
physique de l'amour. Xénophon n'a jamais rôvé de 
cette sphère supérieure : il n'a d'autre ambition, ses 
premiers mots en témoignent (3), que de nous révéler 
le côté plaisant et spirituel du caractère de Spcrate, 
invité à un festin par quelques joyeux compagnons. 

Je passe à la Cyropédie. On sait combien l'auteur y a 
flatté le portrait do son héros : or, voici ce qu'on lit au 
III« livre des Lois : « Je conjecture que Cyrus, qui était 
d'ailleurs un grand général et un ami de sa patrie, 
n'avait pas reçu les principes de la vraie éducation, et 
qu'il ne s'appliqua jamais à Tadministration de ses af^ 
faires domestiques, souffraitt que des femmes et des 
eunuques élevassent ses enfants à la manière des Mè- 
des, au sein de la corruption qu'engendre le bonheur : 
aussi cette négligence eut-elle les suites qu'il était na- 
turel d'en attendre (4). s Bi l'allusion est certaine, ce 



(1) Protagoras, 347, C-D. 

(2) Platon, dit à ce propos Aulu-Gelle fxv, 2), a pens^ qu'on pou- 
vait, la coupe & la main, prendre un repos honnête et salutaire. Il 
faut paraître sur le champ de bataille, se mesurer de près avec les 
voluptés et mettre sa tempérance sous la garde de la force et de la 
modération.— Cf. Macrobe, Saturnales, II, 8. 

(3) Où /uôvov rà /itrôt ffirouônv Ttpxrrôfitvet kltOfivrif^ôvtvraj 6CÀ>« tai tx 
èv T»U TtKtûiaïç^ — On sait avec quel succès Plutarque s*est inspiré de 
ce programme dans ses biographies. 

(4) Lois, III, G94 C et 695 A. 



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u 



PLATON ET XENOPHON. 71 

qui demeure à la rigueur contestable, qu'a voulu Pla- 
ton? Mettre en garde les lecteurs de la Cyropédie contre 
vue crédulité trop absolue. Ce livre n'ayant d'autre but 
que de donner une idée d'un grand prince, sans aucune 
prétention à Texactitude historique, Xénophon, si tou- 
tefois il a vécu assez longtemps pour lire cette page 
des Lois, ne pouvait pas s'offenser d'une remarque de 
la vérité de laquelle il était le premier persuadé. Hâ- 
tons-nous d'ajouter que le dessein môme de son ou- 
vrage était hautement approuvé dans un autre passage 
du môme traité, où Platon déclare « que ceux qui ont 
été bien élevés deviennent d'ordinaire des hommes es- 
iima))les, et qu'ainsi l'éducation est le premier des biens 
pour un cœur vertueux, lorsqu'elle a pour ^but de nous 
former à la vertu dès notre enfance et de nous inspirer 
le désir ardent d'ôtre un citoyen accompli, et de savoir 
commander ou obéir selon la justice (i). » N'est-on pas 
également en droit de considérer comme un éloge in- 
dicect de Xénophon la peinture séduisante que Bocrate 
trace dans le Premier Alcibiade de la discipline des 
Perses et de la fertilité de leur territoire, alors surtout 
que pour donner-plus de poids à ses paroles il invoque 
l'autorité d'un témoin digne de foi, du non^bre des 
Grecs qui se rendirent auprès du grand roi (2)? 

On voit ainsi s'évanouir l'un après l'autre les argu- 
ments prétendus invoqués à l'appui de l'opinion que 
nous discutons. Mais l'esprit si aisément inventif des 
critiques est allé plus loin. On s'est aperçu, par exem- 
ple, que certains passages de Ylon paressaient em- 
pruntés au Banquet de Xénophon (3)/:^ussitôt, sans 

(1) Xoi>, I, 643 E et 644 A. 

(2) Alcibiade I, lî3 B : IIôt' iyù oxovtjix. àvopbi àÇcowîffTou tûv àva- 
tUvixôruv Ttphi ^xaiXix, Cette allusion à VAnabase {h 4, 9) supposerait 
évidemment un anachronisme : mais ce n'est pas le seul que Platon 
aurait & se reprocher. 

(3) Que Ton compare notamment Ion 530 B, 536 E et 538 B avec 
Xénophon (Banquet, III, 6 et IV, 6). 



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72 CH. HUIT. 

souci de la daLc et du degré d'aulbenlicilé du premier 
de ces écrits, on a crié au plagiat, alors que les deux 
auteurs n'avaient qu'à s'inspirer d'un spectacle qui 
chaque jour, pour ainsi dire, s'offrait à leurs yeux : 
cent témoignages nous apprennent que la sottise des 
rapsodes de ce temps n'avait d'égale que leur sufC- 
sance. 

Mais voici que dans le Af^non Platon choisitcomme prin- 
cipal interlocuteur l'un des plus en vue parmi les Grecs 
à la solde de Cyrus le Jeune, et oublie de lui prêter, 
dès ses premiers rapports avec Socrate, toute la per- 
fidie et toute la scélératesse dont il a fait preuve dans 
la suite, d'après le récit de VAnabase. Là-dessus, Dacier 
affirme que Xénophon n'a tracé un portrait aussi affreux 
de Ménon que pour le punir d'avoir été intime ami de 
Platon, qui l'avait loué : au contraire, Athénée voudi-ait 
nous persuader que Platon ne s'est montré si indulgent 
que par esprit d'opposition contre son rival. Lequel 
croire? De part et d'autre Terreur est égale, d'autant 
plus que si certains détails sont relevés chez Xénophon 
avec une vivacité particulière, au fond, la physionomie 
de ce triste personnage est esquissée par Platon en 
termes d'une très médiocre sympathie. 

Enfin, nous dit-on, tandis que le Socrate de Xénophon 
se garde de disserter sur les causes naturelles et sur 
les mouvements célestes, convaincu que la connais- 
sance de ces mystères doit être regardée comme un 
privilège de la divinité, le Socrate de Platon est bien 
éloigné d'observer une égale réserve. — Il suffit de se 
rappeler que le premier parle en son propre nom, 
au lieu que le second est rinlerprôLe des spéculations 
souvent hardies de son disciple : toute autre explication 
serait superflue. 

Ainsi, chose extraordinaire, tandis que les inimitiés 
entre écrivains qui courent une même carrière ne 
négligent aucune occasion de s'afficher au grand 
jour, celle que l'on suppose entre Platon et Xéno- 



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PLATON ET XÉNOPHON. 73 

phon met tous ses soins à se dissimuler. Les passages 
que l'oD cite trahissent non un dissentiment irréconci- 
liable, mais tout au plus de ces divergences d'opinions 
sur lesquelles un homme d'esprit n'appuie qu'en sou- 
riant. Platon s'y prend d'autre façon, quand il a devant 
lui un ennemi véritable à combattre : Gorgias, Calliclès, 
Thrasymaque, Antisthène en savent quelque chose. Et 
non-seulement les textes et les faits sont rebelles à la 
démonstration qu'on veut à toute force en faire sortir, 
mais encore, considérée en elle-même, la thèse dont il 
s'agit a bien peu de vraisemblance. 

En effet, Xénophon est un homme grave, reli- 
gieux : Dacier lùi-môme avoue qu'il est impossible de 
l'accuser de calomnie et d'imposture. Sa beauté noble 
et modeste, dit M. Deltour, était une image fidèle de 
son caractère droit, modéré, affectueux et juste. De 
son côté Platon, qui a trouvé des paroles si éloquentes 
pour flétrir l'envie et les envieux (1), avait l'âme trop 
élevée et trop généreuse pour se créer sans motif des 
adversaires et des ennemis. Or, qu'avait-il à redouter 
dans Xénophon? une rivalité de doctrines? non certai- 
nement : une rivalité d'influence? moins encore : une 
rivalité littéraire? Je n'ignore pas que les jalousies de 
ce genre sont parfois implacables, et que les anciens dé* 
jà attribuaient à Platon un secret dépit d'entendre ap- 
peler Xénophon tantôt la Muse, tantôt Vabeille attique (2) : 
mais qui nous assurera qu'il y a là autre chose qu'une 
simple conjecture? On oublie que l'auteur des Helléni- 
ques et des Mémorables était pour lui un allié, allié des 
plus précieux à la fois et des plus honorables, sur pres- 
que tous les champs de bataille où il déployait sa 
verve éloquente (3). Il y a mieux, on peut citer une page 

(1) Au V« livre des Lois. 

(2) Voir Diogène Laërce, II, 57 ; 'OOiv xa.t jr^sè,- «y/ïj/ouj Ç>3^>0Ty:rwî 

(3) M. TeicîimUller a cru retrouver sous la plume de Platon, notam- 
ment dans le Protagoras^ toute une suite de réflexions contenant une 



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74 CH. HUIT. 

entière d'un des traités les plus célèbres de Platon, sa 
République {\]t où se rencontrent à la fois la peinture et 
réloge d'une destinée singulièrement voisine de celle 
de Xénophon. Une courte citation en fournira la preuve, 
< Celui qui goûte et qui a goûté la douceur et le bon* 
heur qu'on trouve dans la sagesse, voyant la folie du 
reste des hommes, et le désordre introduit dans les 
États par ceux qui se mêlent de les gouverner, plein de 
ces réflexions, se tient en repos, uniquement occupé de 
ses propres affaires : et comme un voyageur assailli 
d'un violent orage s'estime heureux de rencontrer un 
mur pour se mettre à Tabri de la pluie et des vents, de 
même, sachant que l'injustice partout règne impuné«- 
mentt il met le comble du bonheur à pouvoir conserver 
dans la retraite son cœur exempt d'iniquité et de cri- 
mes, passer ses jours dans l'innocence et sortir de 
cette vie avec une conscience tranquille et pleine des 
plus belles espérances. — Ce n'est pas peu de chose 
de sortir de ce monde après avoir vécu de la sorte. -^ 
J'en conviens, cependant il n'a pas rempli ce qu'il y 
avait de plus grand dans sa destinée, faute d'avoir 
trouvé une forme de gouvernement qui lui convint. > 
A ces traits, avons^nous tort de reconnaître le sage de 
Scillonte, condamné par les événements k vivre et ^ 
mourir en exil? 

Il nous reste maintenant, pour achever cette étude, 
à remonter, autant qu'il est possible, jusqu'à la nais- 
sance de l'étrange supposition, qu'après un critique 
éminent, Bœckh, nous venons de discuter. La première 

,rèfatation iadirecte de certaines pensées, de certains raisonnement» 
prêtés à Socrate dans les Mémorables, Ces rapprochements, si pi- 
quants qu'ils puissent paraître, prouvent tout au plus, ce que Ton sait 
depuis longtemps, que les deux écrivains, disciples du même maître, 
n''avaient ni le même tempérament ni surtout la même originalité 
philosophique. 
(i)VI, 496B. 



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PLATON ET XENOPHON. 75 

fois qu'elle prend corps sous nos yeux, si Ton peut 
ainsi parler, c'est dans un curieux morceau d*Aulu- 
Gelle (i) qui, tout en la rapportant et en se l'appropriant 
avec plus de légèreté que de critique, ne laisse pas 
néanmoins de faire des réserves formelles à l'endroit 
de certaines assertions de ses devanciers. « On a vu, 
dit-il, que ces deux Athéniens n'avaient pas été exempts 
de certains accès de jalousie (2). Mais s'il faut admettre 
quelquefois de telles opinions ou de tels soupçons, on 
ne peut, quand il s'agit d'hommes aussi sages et aussi 
graves, invoquer de misérables passions que ne con- 
naît pas la philosophie. Or tous deux, qui le nie? se 
sont fait un renom comme philosophes. Quelle est la 
vérité en ces matières? La voici, La parité des talents, 
l'égalité du mérite, même en l'absence de toute riva- 
lité, créent cependant une apparence d'émulation. En 
effet, aussitôt que deux génies ou davantage s'illus- 
trent dans le môme art et acquièrent une réputation 
égale ou à peu près, leurs partisans les comparent et 
rivalisent pour les exaller. Voilà comment Platon et 
Xénophon, ces deux flambeaux de la philosophie so- 
cratique, ont paru rivaux. C'étaient les autres qui dis- 
putaient de leur supériorité. • 

Après Aulu-Gelle, il est à remarquer que Diogènc 
Laërce (3) essaie de tenir la balance égale entre les 
deux prévenus, si même il ne préfère pas mettre cette 
rupture au compte de Xénophon : Athénée (4), au con- 
traire, fidèle à sa tactique habituelle, en accuse formel- 
lement Platon, et quelle autorité invoque-t-il? D'abord. 
Hégésandre, sans doute aussi empressé à propager la 
calomnie qu'incapable de l'inventer; eiisuite Théo- 

(1) Nuits attiqites, XIV, 3. 

^) « Non abfuisse ab eis motus quosdam tacitos et occultos simul- 
tatis et semulationis mutuœ. » 

(3) III, 34 : "Eocxs 6i xal Sevo^ûv 7rpà$ «ùriv Ix^tv oùx cù/csvû;. — 
Cf. Himérius, vni, 6. 

(4) XI, 504 C et suiv. 



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76 CH. HUIT. 

pompe, de tous les historiens anciens celui dont Platon 
et les socratiques en général ont eu le plus à souffrir (1) : 
tout porte à croire que nous n'avons pas à chercher 
ailleurs Tauteur responsable de cette malveillante insi- 
nuation. 

Il existe bien une lettre de Xénophon à Eschine, 
lettre injurieuse à Tendroit de son prétendu rival (2) : 
mais un document si visiblement apocryphe ne mérite 
aucune créance, quoique Dacier s'en soit servi pour 
faire ressortir la haute vertu du philosophe ainsi ou- 
tragé (3). 

Que conclure de l'examen auquel nous venons de 
nous livrer? C'est que la défiance doit être la première 
qualité du critique, toutes les fois qu'il se trouve en 
présence d'affirmations sans preuves, destinées à com* 
promettre ou à diffamer les grandes renommées de 
l'antiquité. 

(1) Bœckh rappelle c omnium et hominum et civitatum calumniato- 
rem maledicentissimum ». 

(2) On y lit entre autres : AI/û-xtoj ■r,pi70vi /.ai r^i llvOxyôpoj cïjpa- 
réSorji aofixit &iv rô mpirrov xaù rô ftii fiàvi/iov itù SwxpscTSt ^Asyicv 
ipoti ruoavvtoo; xal âvrl XiTÔi oicûr/ii SutsÀiûrt^ yavr^o; âtiirpou rpô:- 
:ti;x. On sait que le séjour de Platon en Sicile lui avait déj^ valu plus 
d*une épigramme de la part de ses contemporains. 

(3) « Platon, écrit Dacier, ne répond point à ces invectives, et ne dit 
pas un seul mot de Xénophon, en quoi on ne saurait trop louer sa 
modestie, et ce fut peut-être ce qui aigrit le plus Xénophon : car la 
plus grande injure qu'on puisse faire à un écrivain, ce n'est pas de dire 
du mal de lui. c'est de n'en rien dire. » {Les Œuvres de Platon, I, 
p. 55\ 



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LETTRE INÉDITE DE CORAY 

A CHARDON DE LA POCHETTE 
PAR M. LE M'* DE Queux de Saint-Hilaire 



Il est bien rare que celui qui publie une correspon- 
dance n'ait pas à un certain moment le regret et la 
bonne fortune de trouver quelque lettre qui ait échappé 
à ses recherches les plus minutieuses ; le regret, de 
constater une lacune dans la publication : la bonne for- 
tune, de pouvoir combler cette lacune. C'est ce qui vient 
de nous arriver pour la « Correspondance inédite de 
Coray avec Chardon de la Rochette, > que nous avons 
publiée en 1877, avec le bienveillant concours de notre 
cher maître et ami, M. E. Egger. Dans une des récentes 
ventes d'autographes qui ont eu lieu cet hiver, nous 
avons retrouvé une lettre autographe de Coray adres- 
sée à Chardon de la Rochette, qui très probablement 
avait été distraite de cette correspondance pour enri- 
chir le cabinet d'un amateur. 

Cette lettre, qui a été écrite le 8 thermidor, an iv 
(26 juillet 1796), de la Nozaie oîi Coray se trouvait à 
la campagne chez Clavier, est importante et belle : 



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1 



1S -M'» DE QUEUX DE SAlNT-filLAlHE. 

aussi peDsonâ*nous que les lecteurs de la Correspon* 
dance de Goray seront heureux de la connaître et de la 
remettre dans le volume à la place qu'elle aurait dû 
occuper, c'est-îi-dire sous le numéro CXVI bis, page 287. 
Pour ceux de nos confrères qui n'auraient plus pré- 
sente à la mémoire la suite de cette correspondance, 
nous rappellerons que cette lettre date d'une époque où 
Coray, forcé de quitter Paris par suite de la difficulté 
d'y Vivre, avait accepté l'hospitalité de Clavier qui avait 
une propriété à la Nozaie, près de Nemours. Mais, à 
peine arrivé chez son ami, Coray, dont le caractère 
était d'une délicatesse excessive et parfois ombrageuse, 
s'était trouvé, d'une part, au milieu d'une société qui 
effarouchait son extrême timidité, car il avait pensé 
trouver Clavier seul à la campagne ; de l'autre, il avait 
cru discerner que les sentiments de généreuse hospita- 
lité de son ami n'étaient pas en rapport avec sa situa* 
tion pécuniaire, singulièrement précaire en ce temps ou 
un louis d'or représentait parfois \ ,200 livres en assi- 
gnats. La crainte d'être importun et d'imposer quelque 
sacrifice d'argent à son ami ne lui avait pas laissé de re- 
pos, et il voulait à tout prix retourner à Paris. C'est 
pourquoi, à plusieurs reprises, il avait prié Chardon de 
la Rochette de vendre ses livres, s'il ne trouvait pas à 
placer, non pas avantageusement, mais à quelque prix 
que ce fût, deux manuscrits tout prêts pour l'impres- 
sion : V Introduction à l'histoire de la médecine de Selle, et 
la Traduction de Théophraste. Dans la lettre heureusement 
retrouvée que nous publions ici, il revient sur ce sujet 
et donne le titre des ouvrages qu'il charge Chardon de 
la Rochette de vendre pour lui à quelque libraire, ajou- 
tant que si ces ouvrages ne suffisent pas à lui procurer 
12 ou 15 louis d'or, il faut vendre le reste, et se rési- 
gnant & faire quelque métier mécanique si les choses 
ne s'arrangent pas. 



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lEnRE INEDITE DE CORAY 

A CHARDON DE LA ROCHETTE 



AU CITOYEN DE LA ROCHBTTE 

Rue Saiat- Jacques, n* 36, & Paris. 

8 Thermidor, 4. R. F. 
[26 juillet 1796]. 

J'ai reçu hier soir, mon cher azni, votre lettre du 3 Thermi- 
dor. C'est à cette dernière époque que je tous avôis expédié par 
la messagerie un paquet contenant, outre mon Théophraste ma- 
nuscrit, tous les Théophrastes que vous aviez eu la complaisance 
de me prêter. J'espère qu*à cette heure-ci le paquet doit être 
chez vous. J'ai fait réclamer à la poste de Nemours votre lettre 
égarée; mais ma peine a été absolument inutile. Quant à la 
lettre de Bandini que vous me renvoyiez, il est vrai qu'elle [en] 
contenait une pour Holmes; mais cette dernière n'étant notée 
que de ce seul nom, sans spécifier sa demeure (que j*ai omise 
exprès), je croyoîs que cela ne pouvoit compromettre personne. 
Quoiqu'il en soit, vous avez bien fait d'en suspendre l'envoi, 
puisque vous avez encore quelque espérance de tirer quelque 
chose du libraire de Naples. Voici, en attendant ^ une simple 
lettre pour Bandini, que je vous prie de lui envoyer avec les trois 
paquets de collation (que vraisemblablement vous n'avez pas en-» 
core envoyés) par le canal de l'ambassadeur de Toscane. Pour ce 



(1) Cette lettre trouve sa place, sous le numéro CXVI bis, page S87, 
dans le volume que nous avons publié en 1877, sous le titre de Lettres 
inédites de Coray à Chardon de la Rochctte. Paris, Firrain^Didot, in-8"; 



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1 



80 Mi« DE QUKUX DE SAINT-HILAIUR. 

qui est de mon loyer payable en mandats, ainsi que de 3 livres, 
métalliques par mois pour la citoyenne Laurent, vous n*aviezpas 
besoin, mon ami, de me consulter là-dessus, étant sûr que je ne 
désapprouverai jamais vos opérations. — Vous ne me parlez 
point du manuscrit de V Histoire de la Médecine ; et ce silence, 
désolant pour moi, prouve que vous rencontrez des obstacles in- 
surmontables à, le vendre. Dans la crainte que mon Théophraste 
ne rencontre les mêmes obstacles, et que Taffaire d'Amsterdam 
ne réussisse pas mieux, je vous supplie, mon ami, zpb^ At6ç 
çtXCsu Ts xai Çsviou, de me rendre, sans aucun prétexte, un ser- 
vice que voici : il s'agit de prendre un libraire et de lui faire voir 
les livres suivans de ma bibliothèque : 

l.Les Œuvres de Platon, 12 volumes, édit. des Deux-Ponts; 
reliés. 
. 1. Lucien, 9 volumes, ibid.; brochés. , 

1. Sophocle, 4 volumes, Strasbourg, Brunck; reliés. 

1. Achilles Tatius, 1 volume, édit. des Deux- Ponts; broché. 

1. Aristote, 3 premiers volumes, ibid.; 2 reliés et 1 broché. 

1. Pindare, 1 volume, édit. de Benoit, in-4o. 

1. Aristote, Histoire des animaux, 2 vol. in-4*', grec et fran- 
çois, par Camus. 

1. Morgagni, De caus. et sedib. morbor. 3 vol. in- 4°. 

1. Van Swieten, Comment, in Aphor. Boerharvii, 5 vol. 
in.4^ 

Vous tacherez de lui vendre ces articles. Vous connoissez - le 
prix des livres grecs. Le prix ordinaire de Morgagni est depuis 
18 livres jusqu'à 24 livres, et celui de Van Swieten de 40 livres 
environ. Malheureusement, je n'y puis ajouter mon Hesychius, 
parce qu'il est barbouillé, comme vous savez, ni mon Thucydide, 
parce que j'en ai augmenté l'index des mots. Si ces livres ne 
rapportent pas la somme de 12 à 15 louis d'or, vous y ajouterez 
l'ouvrage périodique de médecine, intitulé Commentarii de re^ 
bus in scientia naturali et Medicina gestis, 32 ou 33 volumes 
in-4** (le dernier volume dépareillé n*est pas encore relié). Chaque 
volume me coûte environ 8 livres avec le port et la reliure. La 



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LETTRE INÉDITE DE CORAY. 81 

privation dé ce journal me coupera bras et jambes ; mais j*ai pris 
mon parti. Il faut qu'avant la fin de ce mois je sois à Pai'is» ou 
du moins que je sache positivement que je ne tarderai point d*y 
être; et cela par des raisons que je ne puis pas vous communia 
querdans ce moment. i:oXkd \uoi ux* àvxwvoç ù%ia péXïj 

pourvu que j'aie une douzaine de louis pour pouvoir seulement 
regagner mes foyers, je ne me soucierai point des suites ultérieu- 
res. Avant qife je mange ces douze louis, il faut bien que je vende 
quelque manuscrit; ou si cela ne réussit point, je vendrai le 
reste de mes livres, en attendant que l'argent d'Amsterdam me 
soit remboursé. Je m'imagine que vous avez expédié ma lettre 
pour cette dernière ville, le 4 de ce mois. Par conséquent voua 
aurez la réponse tout au plus tard, le 24. Je mets quatorze joui*s 
pour aller et venir, et six jours de plus pour les événements im- 
prévus. En l'ouvrant (elle sera écrite en grec) si vous n'y trouvez 
point la lettre de change, vous procéderez tout de suite à la vente 
des livres ci-dessus. Il faut cependant, sans attendre cette épo* 
que, en parler auparavant à quelque libraire, pour prévenir les 
longueura qui pourroient à la fin me devenir funestes. — Je laisse 
la lettre à Bandini ouverte, pour que vous puissiez agir en con- 
séquence pour l'arrangement des trois paquets : en tout cas, il 
faut au moins en ôter les premières enveloppes, parce que le 
nom d'Holmes y est dessous, autant que je me rappelle; et alors 
il faut l'effacer. Je vous recommande, mon ami, de faire remettre 
ces paquet? en mains propres à l'ambassadeur de Toscane. 

Dans mes notes sur le çsiScoviCf) [jLÉTpC}) du chapitre xi des Ca- 
ractères de Théophraste, vous pouvez, si vous voulez, ajouter le 
çciBojJLévYj xetpt de Plutarque (in M. Antonio, t. V, p. 107, éd. 
Reiske). 

•Te vous prie de me donner l'adresse de la demeure de la ci- 
toyenne Laurent nette ; et de me dire (vous allez rire) si elle 
s'appelle Laurent. Comme mes malheurs sans fin m'ont rendu si 
distrait que cela approche quelquefois de la stupidité ; je crains 

ÂNNUAIRU ISSG. (5 



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St Mi* DE QUEUX DE SAINT-HILÂIRE. 

de ravoir baptisée Laurent dana un de ces moments de stupidité, 
et d* avoir ensuite continué de rappeler ainsi faute de réclama* 
tion de sa part. Je demande son adresse, parce que je pourrai en 
attendant (pour vous épargner la peine) lui adresser ma malle par 
le coche de Nemours. 

Excepté Taffaire d'Amsterdam, écrivez -moi sur tout le reste, 
c*est-à-dire pour la vente de mes livres, etc., etc., ivooovSév. 

é9T£p6ç! 



(sur Tadresse] . 

Si par malheur Lavauz ne vouloit plus de mon Théopbastre, 
je vous prie de vous adresser à Tabbé Gail . Cependant j*aimerois 
mieux avoir affaire à Lavaux. Quant au prix, ce n^est pas le 
moment de faire le difficile ; il faut le vendre. Souvenez-vous 
seulement de stipuler ^5 exemplaires dont j'ai besoin pour 
mes amis de France et de Smyrne. Si vous croyez qu'en lui cé- 
dant la propriété de l'ouvrage à perpétuité vous pourrez faire un 
prix avantageux pour moi, voua en êtes le maître. Je me rapporte 
absolument à vos soins ; mais vite, 'î:pï^ toD çiXtou A*.5^. 

Si vous parvenez à me vendre une partie de mes livres pour 
me tirer de cet état critique, otùrt^p à'fTfvfpiS^ri. Quoiqu'il en 
soit, je vous prie, mon bon ami, point de prétextes. Il faut ven* 
dre de mes livres au moins pour la valeur d'une douzaine de louis. 
Si mon sort change, rien de si facile que de les racheter ; si je 
suis toujours malheureux, il faut que je vende encore le reste, et 
que je songe à gagner ma vie par quelque travail mécanique. 



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^-^f: 



LETTRE INEDITE DE CORAY 

A KOU M AS 

PUBLIÉE EN GREC PAR LA DIRECTION DU MUSÉE ET DE LA BIBLIOTHÈQUE 
DE SMYRNB 

TRADUITE EN FRANÇAIS 
PAR M. LE M^* DE Queux de Saint-Hjlaire 



Celte leUre auloçraphe et inédile de Coray a ôlé 
donnée à la bibliothèque de TÉcole évangélique de 
Smyrne par M. Pierre Zalhés. L'Intendant du Musée 
et de la Bibliothèque de cette École, M. Alexandre 
Emm. Condoléon, a eu la bonne pensée de la publier. 

C'est sur un tirage à part qui nous a été gracieuse- 
ment envoyé de Snayrne que nous avons fait cette tra- 
duction. Nous pensons que la lecture de cette lettre, 
qui est un document précieux pour la biographie de 
Koumas et pour l'histoire de ses rapports avec Coray, 
pourra intéresser nos confrères. 



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LETTRE INEDITE DE CORAY 

A KO U M AS 



Je m'étonne, cher professeur et bienfaiteur de Smyrne, que 
tu blâmes mon silence. Malgré toutes mes occupations que tu 
connais, et mes nombreuses infirmités corporelles qu'augmente 
de jour en jour et d'heure en heure la vieillesse incommode, je 
t'ai cependant écrit deux lettres encore après celle que tu as 
reçue peu avant ton départ de Vienne. 

Je m'étonne, de plus, en lisant ta lettre, que tu ne me dises 
rien des choses pénibles qui sont arrivées là-bas (d'après ce que 
j'ai appris par d'autres personnes) après ton arrivée ; et j'en con- 
clus, ou bien que ces nouvelles étaient fausses, ou bien que ta 
philosophie me les a cachées pour ne pas me faire de peine. Que 
j'en eusse été fort affligé, tu le comprends aisément, d'après les 
grandes louanges que je donne aux Smvrniotes dans le second 
volume de mon Plutarque que tu as peut-être entre les mains 
actuellement. 

Non, mon cher Koumas, ni toi, ni les Smyraiotes vous ne 
voudrez faire de moi un faux panégyriste de votre ardeur pour 
le bien et de votre progrès aux yeux des étrangers, parmi lesquels 
il ne saurait vous échapper que se trouvent des ennemis du nom 
grec auxquels le plus léger prétexte suffit pour traîner encore 
une fois dans la boue la très malheureuse nation des Hellènes. 

Je l'ai souvent dit et je l'ai écrit, et, de nouveau, je le redis. 
Point n'est besoin d'avoir un esprit prophétique, dans l'état actuel 
des choses, pour pouvoir prévoir et assurer avec confiance à ceux 




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LETTRE INÉDITE DE CORAY A KOUMAS. 85 

qui ne Bavent pas prévoir, qu'il faut que les leçons ûù TEu- 
rope éclairée soient répandues dans toutes les parties de la Grèce, 
absolument comme chez les nations civilisées de TËurope. En 
mson de cette nécessité, il faut que les amis de Thonneur de la 
Grèce reçoivent ces leçons et les défendent, afin de ne pas laisser 
imiquement à leurs voisins Thonneur d'avoir instruit leur com- 
patriotes, et que leurs ennemis ne les combattent plus, à défaut 
d'autre raison, au moins par cette juste application du proverbe 
populaire : « Si ce que tu ne veux pas arrive, veuille-le comme 
il est arrivé. > 

Mais que parlé^je d'sNNEMis? Il n'est personne, sois-en bien as* 
sure, mon cher Koumas, parmi les habitants de Smjrne, qui soit 
ennemi de l'honneur de sa nation. Ces habitants, je les connais 
fort bien, les anciens, parce que j'ai passé avec eux les premières 
années de ma vie , les jeunes, parce que je crois qu'ils marchent 
sur les traces des anciens et veulent imiter leur prudence et leur 
isèle. 

En les tenant pour tels, je ne doute pas, mon ami, qu'ils ne 
t'offrent l'^amitié et l'honneur qui sont dûs à tes mœurs honnêtes 
et à ton savoir, et qu'ils ne te considèrent, enfin, comme un pré- 
sent qui leur est fait par 1-e Père des Lumières. 

Pareillement, te connaissant aussi, et par ma propre expé- 
rience et par le témoignage de tous ceux qui t'ont connu , hom- 
mes honorables et éclairés de la nation, mon cher Koumas, je ne 
doute pas que tu ne tiennes à récompenser l'honneur et l'affection 
des Smyrniotes parle zèle que tu mettras à répandre l'instruction 
chez leurs enfants chéris et à devenir pour eux un éducateur et 
un second père. Je ne doute pas non plus que ton enseignement, 
joint à ta conduite sage, ne te rendent cher à tous, et ne les 
persuadent tous que, instruction, lumières, philosophie, et tout 
ce que nous proclamons ainsi utile pour la nation, ne sont pas 
de vains mots, 

Oux et Cl %6[>/î:o\. %cà X^y^v eifJLOp^Cai, 

mais des choses véritables et utiles qui donnent un lustre impé- 
rissable à ceux qui les honorent et une grande honte à ceux qui 
en sont privés. 



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86 • M»»' DE QUEUX DE SAINT-HILAIRE. 

Dans leâ cinq lettres de Tami Alexandre (1) et dans celles 
qu'il a écrites après celles-là, le côté pratique est excellent 
(puisqa*il est logique). Quant au style, autant que le permettent 
Tépoque et Fétat présent de la langue, il est bon. Ce juge- 
ment est, de ma part, dépourvu de prévention. S*il avait un peu 
de cervelle dans la tête, rien que la lecture aurait dû Tépouvan* 
tôr, en lui faisant comprendre qu'une ère nouvelle a commencé 
pour la nation ; € ciel nouveau et terre nouvelle >, ère de Tunioii 
«t'de la Syzygie, de la réalité et du stjle. Ces deux choses sont 
assurément encore dans Tétat où, de toute nécessité,* doivent se 
trouver les choses qui viennent de naître. Cependant elles sont 
nées et tous les démons de Tonfer seraient impuissants à arrêter 
leur développement, parce que la cause de cet heureux change*- 
metit c'est Dieu lui-même ! 

Mon cher ami, attache*tol à bien convaincre les SmymioteS, 
que tous ceux qui protègent Tinstruction et Téducation de notre 
peuple sont par cela même les instruments de la volonté divine. 
Pour l'amour de Dieu, fais en sorte que toutes les louanges que 
J'ai données aux Smjmiotes dans mes prolégomènes soient 
confirmées par les faits, pour que nous puissions fermer la bou- 
che à leurs ennemis. Comment les Smyrniotes peuvent-ils eflTacer 
la faute qu'ils ont faite de ne venir qu'en troisième lieu, après 
les Chiotes et les Cydoniens, si ce n'est en faisant des œuvres 
plus utiles (si c*est possible) pour l'instruction publique que les 
gens de Chio et do Cydonie ? 

J'aurais encore beaucoup de choses à t'écrire, mais je suis, 
comme je te l'ai dit au commencement de cette lettre, plongé, 
ou plutôt englouti, dans des milliers d'occupations. 

Fais mes compliments à tous mes amis et particulièrement 
au Protopsalte. Je suis bien peiné de sa maladie. Qu'il la sup- 
porte et qu'il la soigne avec la sagesse que donne l'ftge, c'est- 
à-dire par un régime sévère et fort peu de remèdes. Moi aussi, 
je suis en proie à une maladie arthritique, mais, sauf le régime, 
je ne fais absolument rien, 

Écris«>moi lo plus souvent qu'il te sera possible, surtout toutes 

(1) Saa-s doute Basili, 



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F 



LETTRE INÉDITE DE CORAY A KOUMAS. 



87 



les fois que tu as quelque avis agréable à me donner sur le pro* 
grès des Smjrniotes dans le bien. 
Porte«toi bien, mon très cher Koumas. 

Ton ami, Coray. 



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LE TRAITÉ DE MANUEL HOSGHOPOULOS 



SUR 



LES CARRÉS MAGIQUES 

TEXTE GREC ET TRADUCTION 
PAR M. Paul Tannery 



Le petit traité de Manuel Moschopoulos sur les car- 
rés magiques est connu depuis l'analyse qu'en a donnée 
le mathématicien français La Hire (4), qui le trouva ac- 
cidentellement dans le manuscrit 2428 de la Bibliothè- 
que nationale. Il paraît en avoir fait une traduction la- 
tine, mais elle n'a pas vu le jour. 

Le texte grec a été publié pour la première fois par 
Siegmund GUnther dans les Vermischte Untersuchungen 
zur Geschichte der Mathematischen Wissenschaften (2), dia- 
prés un manuscrit de Munich malheureusement trop 
incorrect pour qu'une nouvelle édition ne soit pas dési- 
rable. 

(1) Kouveîles constructioru et considérations sur les quarrés ma- 
giques avec les démonstrations ^ dans les Mém, de Math, et de Phys. 
de VAcad. Itoyale des Sciences, Année 1705, p. 162, 

(2) Leipzig, Teubner, 1876, pp. 195-203 ; les variantes sont p. 267- 
208. 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 89 

Il m*a paru intéressant de joindre à cette édition une 
traduction française de cet opuscule, qui met à la por- 
tée de tous des règles très simples pour un amusement 
^arithmétique dont la théorie complète est passablement 
Bavante, mais dont la pratique, telle que Moschopoulos 
renseigne, est aussi élémentaire que possible. 

Pourtant mon objet est moins de proposer aux hel- 
lénistes une distraction encore en vogue chez les let- 
trés orientaux, que d'appeler leur attention sur Pobscu- 
rité qui voile l'origine des carrés magiques. 

Le traité adressé par Moschopoulos à Nicolas Arta- 
vasde de Smyrne, dit le Rhabdas, doit, comme je Tai 
démontré ailleurs (1), avoir été écrit dans les premières 
années du xiv« siècle. C'est le plus ancien document 
connu de la tradition grecque sur les carrés magiques, 
tandis qu'on les trouve d'une part dans Tlnde, où ils 
remontent à une époque, que l'on ne peut préciser, de 
l'autre chez les Arabes, où ils apparaissent dès le 
X* siècle (Ibn-Khaldoun et les c Vrais Frères »). Est-ce 
des pays mahométans que les Byzantins les ont reçus, 
ou bien ces derniers ont-ils conservé une antique tra- 
dition qui, des Grecs d'Orient, serait passée aux secta- 
teurs de l'Islam? 

La question est ouverte; et, si peu importante qu'elle 
paraisse, elle se rattache à une autre plus générale et 
plus grave. Quelle a été en réalité l'originalité des 
Arabes dans les sciences? Ne leur attribuons-nous pas 
nombre de connaissances ou d'idées qui en fait sont 
foncièrement grecques? 

Plus les détails conservés sont insignifiants en ap- 
parence, plus on est en droit de rabaisser l'originalité, 
trop souvent exaltée, des héritiers orientaux de la 
science antique. J*en veux donner un exemple : la figure 
célèbre dont se sert Euclide pour démontrer le théo- 



(1) Bulletin des sciences mathématiques et astronomiques ^ t. VIII, 
septembre 1884. 



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90 PAUL TANNERY. 

rèmo dit do Pytliagore sur le carré de Thypoténuse 
d*un Irianglo reclangle, est appelée par les Arabes c fi- 
gure de la fiancée ». Or ils ont simplement traduil, et 
peut-être avec un contre-sens (<), une expression grec- 
que : îb T^ç vûpiçYiç Osa)pY]{Aa, qui se trouve dans Touvrage 
inédit de George Pachymôre sur les quatre sciences. 

En tout cas, la lettre de Moschopoulos ne décèle au- 
cune influence arabe, et il est notamment à remarquer 
qu'il paraît ignorer absolument toute signiflcation ma* 
gique ou talismanique des carrés qu'il enseigne à for- 
mer. On peut donc conserver Tespérance de découvrir 
dans un auteur grec plus ancien, soit une allusion plus 
ou moins obscure à ces carrés, soit môme un carré 
formé d'après des principes analogues. Si une pareille 
découverte pouvait établir les droits des Grecs à Tin- 
vcntion dont il s'agit, elle offrirait incontestablement 
un intérêt tout particulier (2). 

J'ai pris, comme base de mon édition de l'opuscule 
de Moschopoulos, le manuscrit de la Bibliothèque na- 
tionale : 

A = Supplément grec n» 652, in-8, sur papier, du 
XV* siècle, pages i61-i6i, dont le texte est particulière- 
ment correct. 

J'ai indiqué en outre les variantes de : 

B = Fonds grec n» 2428, in-4, sur papier, du xv' siè- 
cle, pages 481-485, qui, pour sa partie mathématique, 
provient certainement du même prototype que A. 

M = le texte donné par S. GUnther d'après le ma- 
nuscrit de Munich n« 100. 



(1) NJM'f >} peut en effet signifier < insecte ailé », ce qui expliquerait, 
par une assimilation de forme facile ù. saisir, Torigine de la désignation 
grecque ; je laisse à de plus compétents à décider si une paraille assimi* 
lation doit être cherchée avec un costume traditionnel de la vv/a^i;, 
« fiancée ou nouvelle mariée :». 

(2) Je me borne à rappeler que la letti'e attribuée à Pythagore et écrite 
à Télaugès « de laterculis magicis », lettre signalée dans les catalogues 
tle diverses bibliothèques, sç rapporte ù un toqt autre sujet. 




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I^S CARRÉS MAGIQUES. 91 

G = les leçons propres à S. Gttnther, lorsqu'il y a lieu 
de les opposer à celles de son manuscrit. 

Je û'ai donné les flgures des carrés qu'avec les chif- 
fres modernes, leur reproduction avec les lettres nu- 
mérales grecques n'offrant aucun intérêt. Les carrés 
du manuscrit A ne présentent d'ailleurs aucune faute, 
tandis que ceux donnés par M. Gtinther sont loin d'en 
ôtrô exempts. 

Je dois cependant faire une remarque : la flg. 43 de 
M. GUnther porte en dehors du carré des inscriptions 
inintelligibles; on doit y voir simplement le nombre 34, 
somme constante des lignes horizontales et des colon- 
nes verticales, répété en regard de chaque ligne et de 
chaque colonne, c'est-àrdire huit fois. Seulement ce 
nombre est écrit avec trois sortes de caractères diffé- 
rents, à savoir : 

a : deux fois avec les chiffres de Maxime Planude 
(lus \uf par S. Gttnther). 

b : trois fois avec des chiffres (lus ÇO par S. Gttnther) 
d'une forme fréquemment employée en Occident au 
xii* siècle. 

c : trois fois avec des chiffres (lus ^f par S. Gtinther) 
d'une forme également propre à l'Occident, mais plus 
Yoisiftc de celle des apices de Boèce, tandis que la pré- 
cédente se rapproche davantage des chiffres arabes. 

Les séries complètes des chiffres 6 et c sont d'ail- 
leurs données dans les manuscrits A et B en marge du 
texte du Grand calcul hindou de Planude révisé par 
Rhabdas, la première sous la rubrique : JvSixa, la se- 
conde sous celle : XaTtvixa. 

On remarquera que j'ai adopté ici l'usage de Hoche 
en ne marquant d'aucun signe les lettres numérales 
grecques ; dans les manuscrits AB, elles sont surmon- 
tées d'une barre borizsontale dans le texte, non dans les 
figures. 



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1^2 PAUL TANNEUY. 



Moa/oîTOuXcu * TcapiSoGtç dç t};v eSpsctv twv TstpaYwvwv âptO- 
jjLwv, 9)v £itotTf)(jaTO PtagOet; -napà ^ Nty-oXaou 2[xupva(ou ® 'ApTa- 



Tûv àptOixwv, oî jiiv ewi -nspiTToC, oî 3à apTtot, %cà twv àpT((i>v 
^ûcXiv, ol ii.lv ÂpTiaxK; apTtoi, — et ;j.éxpt [iiOviSoç^ efç taa 56© 
Siatpo6ii.6VOt, — ol 8s ipTio-icépiTTOi ^, — ot [^.yj *^ [f^Xp^ liJSviSoç 
etç tca S6o îiaipetcOai ouviiJLSvot. — llàç " iï dptÔtiiç, èç* Ioutcv 
'rcoXXairXaTjiaaOsCç, TETpdtYwvov fcéirXeupov Tcoiet ** • oîov 5 Y ^^i 
èç' éauTCv 7:oAXa:uXaaiaîOet<;, wot£? tcv • xai ecrtv ô TSTpi- 
Y(i)voç t^é'xXsupoç, xXsupà 8e aÙTOu, 6 *f • icavTOç y*P TcTpOYibvou 
tJOTcXeupou TcXeupa, ô woXXairXacytiaaç eauTbv àpiOixoç xal à-ro- 
TsXéaaç aÙT(5 • laxt Se ** auTY) ouavTux; -raviax^Oev ïoyj *^ xal èv 
TaTç StajiiTpoiç • Tva 8s li:\ ^® àva^paçi^Ç <îaçéaTepov ^évr^Tat touto, 
àvaYSYpiçOo) TSTpaYwvov Ja^wXsupov (Pig. 1), xai xepiYpa^âc- 
6ci)aav aOxto t^tcoi (îptO|AOÛ T£TpaYcî)vou 8ià YpaiiiJLÛv ^^, out(i>ç • 
et Ta Ti6éc6û) [Aovàç iç ' ïvAaxi^ *^ iwv t^xwv • xai Sgti icdvTtoç *® 
B^Xov, 5Tt ^ ii.èv auv6c(jtç àxaffûv*® to6t(i)v twv i^ovaSwv 'roaoy- 
tai *^ eJç Tov 0, •?) Sa auvOeatç éxicTTQç twv itXeupwv eiç Tbv *- y, 
îravTax^Ôsv toY) xat êv Tatç Sia{i.éTpotç. Kat toutou [lèv ^ xaTa- 
Xyj^'tç f aîta • ef 8e àvaYpa^efY) TSTpaYWvov, xat xeptYpa9<«>crtv 
aÙTÛ TOi:oi àpiôpiou T£TpaYa)vou, et Ta [/.yj TeOwatv ev toÏç toxoiç 



' /oytwrarou) àytwTocTOu M. — * /A«x«etwTâTOu) ^oycursérou M. — * xu- 
pov) xarà G : abréviation mal résolue. — ♦ fAoaxoitàXoxt M. — * wapà) 
M aj. Toîi. — * çfiupitio^ B. — 7 kpiSfinixioM M. — * ^i^xP* /Aovâôoj) /*•- 
;(pt5 ûjv ùptO/jLÛv fiovdooç M. — 9 Sipruii wiptTToi M. — *° /tt^^) /*èv M. — 
" Ttats B. — '* Ttotii Ttrpdytavov tffÔTrieupov M. — '^ y) rptsc AB fpiâi M. 
— '♦ 08 om. B. — '* tca M. — «^ «ttî) M aj. rili. — *7 ^ixypxujAûv B, — 
»• iziarw) éaurô fizâTTw M. — »9 :iâvTwv M. — *> a:r27a G : abr. mal ré- 
solue. — *' -îTicrat M. — " Ta G. 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 93 



Du irès'savant et très-bienheureux Maître Manouel Mosclio^ 
poulos, instruction pour ^invention des nombres carrés, 
qu'il fit forcé par Nicolaos de Smyrne Artabasdos, aritk- 
méticien et géomètre, le Rhabdas. 



Des nombres les uns sont impairs, les autres pairs, 
et d'autre part, des pairs, les uns sont pairement pairs, 
lorsqu'ils se partagent en deux parties égales jusqu'à 
Tunité, les autres sont pairs-impairs, lorsqu'ils ne peu- 
vent pas se partager en deux parties égales jusqu^à 
Tunité. 

Tout nombre multiplié par lui-même donne un carré 
à côtés égaux ; ainsi 3 multiplié par lui-môme fait 9, et 
9 est un carré à côtés égaiix. Le côté en est 3 ; car, pour 
tout carré à côtés égaux, le côté est le nombre qui mul- 
tiplié par lui-môme donne ce carré. Ce côté est toujours 
é^al dans tous les sens et aussi suivant les diagonales. 
Pour rendre ceci plus clair par une figure, traçons ce 
carré à côtés égaux et circonscrivons-y par des lignes 
les cases du nombre carré comme ci-contre (Pig. 1). 
Mettons maintenant une unité dans chacune des cases; 
il est absolument clair que la somme pour chaque côté 
(rangée) est de 3 dans tous les sens, comme auss^gui* 
vant les diagonales. 

Gela est facile à comprendre ; mais si Ton trace un 
carré et que Ton y circonscrive les cases du nombre 
carréy puis qu'au lieu de mettre des unités dans les 
cases, on y inscrive Punité et les nombres consécutifs à 
partir de l'unité, la rangée ne donnera plus une somme 
égale dans tous les sens, si les nombres consécutifs 
sont mis dans les cases suivant leur ordre ; et si Ton 



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94 PAtJL TANNEEY. 

jjLCvdc^sc, àXÀà il piovà; y.at ot ' à-irb ixcvàBo; eçeÇTjç àpL6{jL9i, 
cùxsTi toY) Tj -luXeupà YsvTjcsTat 7:avTax<50cV, twv eçe^ç àptO{JLO)v 
eyeÇYJç xai lia tûv t6ic(i)v TiOsyiévwv • el Sk Çr^TriBeCy; Oéatç f^Tiç • 
SuvYjcexai tyjv -rXeupàv ^avra/oôev içr^v luotcîv xat ev Taïç îiaiii- 
Tpoiç, où îrivuTOi (ba8{(j)<; * eypsO-^i^sTai • ei 8e pioXt; è©' évbç 
TSTpavwvcu eupsOsi'o^, cixéTi èaxlv èXTCiç xal èç' éxspcu supsôi^- 
G£a6ai • ji^sOdStî) es itç 68r^Yo6[i.£voç, (baStav eÇsi t);v touto 3uva- 
[fÀ^^ri^f 6é(7iv £©' 0) olv pouXoiTO T£Tpav(î>vtt) • ïffTt C£ oix «i^Xii "'? 
èi:l TO'JTWV ^ ii.£6oBoç, àXX' èzl yicv twv à?:© -TCEpiTtôv fi^oyié- 
vwv ^ £T£pa, :tal è::i twv àizo (XpTiay.iç àpTCwv eTépa, xat £Tt 
k'zipOL iz\ Twv à^b àpTiOT:£piTTa)v ® • '7:£pt ôv [vuv •Jjji.ïv ';:p6x£i':at 

Afiï oè wpéTspov Ttfipl r?5^ 'rcXfiupaç fitrsîv tûv àîçb j^icviîô^ 
ipiôlj^wv i^ixpi Tou Çr|?ouiJi.évGU TSTpaYtbvcu • fjv eOpCcxopiev outwç • 
cuvTiOéa{j*£v Tobç iirb ii.ovdl8G; àpiôjjiouç iJiixpt tou Texpa-f évco • 
eiTa tV àwb t?)? cruvôéaeù); xocdTiQTa ii.£p(Ço[ji*v èict tbv -TroXXa- 
TuXaciaîiovTa àauTCv àptOiibv xat i^rcTfiXécavia aÙT6 * %cà to 
ixi6iXXov èxiarf) [i^viSi aÙToD, toutô voijl(Çoi;.£V eîvai -^Xeupàv 
Twv àiub i;.ovdîoç àptOi;^v [^i'/pt tou Çr,TOU{Jiévoo TexpotYcivcu. 
Orov laxo) oTt Çt;TOU[i.£v if^v xXeupàv tôv ixb [i.ovaîoç àptOixâv 
[i.€Xpt TOU • cuvTt6£a[i.£v ouv TY) jxoviSt Ta P, y^i vîvETai ^ -^ • siTi 
ToTç Y '^* Yî y»*' f (vovTat ç • £tTa toi; ç Ta 8, xat fCvcvTas i * 
£ÎTa toi; t Ta £, xal YtvovTai t£ • y.al ji-é/pt tou cStox; • yat f *' 
VcTat t) xoc^TT^ç -Kotca, jjli • TauTa [ji.£ptÇcii^v èxi Tbv ® y * ©^'f^ç *° 
Yap èç* èauTov *^ xoXXairXacrtaîOsiç è-rrotr^afi tov • y.ai èwôaXXct 
€xot(jTYi |i.ovdl8t TOU Y^ ts. TauTa cJct -ïrXcopit tûv àicb [XoviSo; ** 
àptOl^-wv [iixpt TOU 6 • %cà âxi twv àXXo)v 6(Jt.o((i)ç, 
Uiôooou "ivaBe *^|Aifj,è7:ti:oXu::pox(i>poûvTOç**TOu dipiGiAOu, y.a(Jt.V(i>iJL£v *"' 

ouvTtOévT£ç Touç (XTcb |j.ova8oç 1^ àpiO(i.oùç, Çrjr/jaavTEÇ eupojuv 
i;i6o8ov Tv' " £upCay.(DiJi.£v paBiwç Tt;v TroaéTiQTa tySç ffuv6s(ye(i)ç tôv 
àxb iA.ovàSoç *^ àptOpiôv p-expiç ou PcuX6[i«£0a • -î^tiç îx^i outco; * 



* o«) ^ B, — * paSùi M. — 2 iptOtivi M, — ♦ TOÛTW M. — * yivofii- 
vwv M, — ^ àprtontp irrôiv G. — 7 «î:rû5v B. — * ylvircct) '/evr,9trcx.i M. 

— 9 Ta G. — »<* oStw; m. — *' 8auTÔv)M aj. outoç. — ^* fiovkSùf) fÂÔvûu 
M. — »' 3s om. M. — 1* 7ri9oxwpo&v«« M. — ** xi/*o'jy.ïy M.— *^ /Mvtfu M. 

— >7 iv') c B iva B seconde main en marge. 



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".V"pP.'>l.'iJ. 



Les carrés magiques. te 

cherche une disposition qui permette de rendre les 
rangées de somme égale dans tous les sens, et aussi 
suivant les diagonales, il ne sera pas très facile de la 
trouver; si Tony parvient à grand'peine pour un carré, 
on ne peut espérer pour cela de le faire sur un autre 
carré. Il y a cependant une méthode dopt remploi per- 
met d'obtenir facilement cette disposition pour le carré 
que Ton voudra ; à la vérité cette méthode n'est pas 
simplement une, mais il y en a une pour les carrés de 
nombres impairs, une pour ceux de pairement pairs et 
encore une autre pour les pairs-impairs (1); c'est là 
l'objet dont je me propose de parler maintenant. 

Il faut tout d'abord parler de la valeur de la rangée 
pour les nombres à partir de l'unité jusqu'au carré 
proposé ; voici comment nous la trouvons ; nous faisons 
la somme des nombres à partir de l'unité jusqu'au 
carré; puis nous divisons la quotité de cette somme par 
le nombre qui multiplié par lui-même donne le carré, 
et c'est ce qui revient à chaque unité de ce nombre que 
nous prenons comme rangée pour les nombres à partir 
de l'unité jusqu'au carré proposé. 

Ainsi soit à chercher la rangée pour les nombres à 
partir de l'unité jusqu'à 9. Nous ajouterons à l'unité 2, 
il vient 3 ; puis à 3, 3, il vient 6 ; puis à 6, 4, il vient -ÎO ; 
puis à 10, 5, il vient 45; et ainsi de suite jusqu'à 9. Il 
vient pour la quotité totale 45 que nous divisons par 3; 
car c'est ce nombre qui multiplié par lui-môme donne 
9. Il revient à chaque unité de 3, 15, qui sera la rangée 
pour les nombres à partir de l'unité jusqu'à 9. De môme 
pour les autres carrés. 

Pour éviter, lorsqu'on arrive à des nombres élevés. Méthode, 
la fatigue d'ajouter tous les nombres à partir de l'unité, 
nous avons cherché et trouvé une méthode pour obte- 
nir facilement la quotité de la somme des nombres à 

(1) Moschopoulo» ne donnera aucune méthode pour les nombres 
pairs-impairs. 



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96 PAUL TANNERY. 

xaTixo[xsv TGV àpi6[j.ov ixé/piç ^ c5 YJ GÛvÔsfftç 'KpoyjùpsX • xai 
^oXXa7vXaciaÇoi;.£v aùtcv è©' éauT^v • xal rr^v Y^vopiivYjv i:rb tou 
^oXXaT:XaataciJi.oD * -JïoaéxYjTa Siaipou[jt^v eiç laa Suo • eiTa tû 
évt [xépsi cuvti6éa[i.£v to f^iJLiTj iiipo; tou iioXXa'rXaaiaîOévTOç 
èç' eauTCv ipiôjjiou. y.ai (JU{;-6a{v£t èÇ àvocYicriÇ tTiV ^ îroac-njTa 

TYJ; GUVÔéffSWÇ TOU Y;jJ.tC£0^ [lipOUÇ* TYJÇ àicb TOU 'ÏZoX'kCLIz'kaLGlUfS' 

[la^ 7:05éTfjTOç îwtt <;tou Y;ii.{a£Oç |j.épou(;> ^ toO ■SvoXXaTuXasii- 
(Tavrsç èauTOv àpt6iJL0u, eivat tîîv auTtiv ty; à^b xt^ç cuvôéfffio); 
Twv dcTib iwvaSoç àpiOpiûv jJiixpt tou zoXXazXaaiacavTCÇ eauTCv 
àp'.Ô[j.ou. 
7tooic/fia. TévotTO 0* àv ® TOUTO ffaç6CT£pGv èxl TWV o)ptapLév(i)v àpiOjJLÔV 
ouTWç • uT;oy,£(ff6(i> ■jràXtv 6 yÀyjpiç "^ ou ^r^xtiTai * -î] ttsuct/;; 
XTjÇ cjuv6éc£(i)ç xwv di:cb jwvaSoç àptOjJLwv • xouxov ouv 7:oXXa- 
•rcXaTidïoii.£v £9' èauxbv xat ^ivexai 6 -ra • ov Sia'.pou[A£v dq ïaa 
860 • xat £'ïrt6aXX£i £xax£p(^ x(^ jjiépEi [a*' xat f|'t;.tau ixovoSoç • 
€txa ^° iciXiv Siaipoui^v xbv 6 eiç ïca 860 • xal £7:i6aXX6t Ixaxépu) 
X(J [xépfii S jJLOviBfiç Kat fipLiau " • xaùxa; ouvxtOéayLfiv xû f|ii{7£( 
jxépet Xïiç ixb xo3 woXXaî:Xaffta(7ji.ou ** ';:oî6xrjxoç, fi^ouv ** xoiç 
[L %a\ •?ijjLt(î£i, xat Ytvovxai i[i.o5 [jl£ • ^^v Se xal ^ to(ï6xyîç xijç 
<yuv6éa€ti)ç xiSv àzb [xovdSoç dcpiO{/.(i)y i>.éxpt xou 6, jji.£ • xaùxb os 
ffu[ji.6aiv£i 7.ai £7:1 xûv dXXo)v aTravxwv. 

Toùxwv o'jxwç èxovx(i)v, xaipbç TiSy) TCfipi xr^ç Oéa£W<; sitteiv • 
dpX^ 3e -JitAÏv Iffxti) oÔev ô dipiôii.bç ^tSwffi ^* • StBwct Sk xpôxov 
xbv à^rb xou y ^'^"^^ 8uvi|i^vov x£xpaYwvi(j6rjVat (Fig. 2) : ^pc 
ou 7î|i.Tv xai 7:pûxûv eipifi^fixai • yj B'£Îpr|CroiiivY) iiéÔoBoç èzt xouxov, 
£7:1 7:avxaç xoùç è{JL0£i5stç Sia6Tlia£xai • wxi" iiiv ouv Suvaxbv y^* 
véaôai Oéffiv xb ïgcv 'ï:avxax^O£v Buvaixévtjv ::ot£Tv, 8ià xôv Sua 
xal xpiûv • scxi Se xal Sià xûv xpiûv xai zévxe. 



î /^s'X^t B. — ' :ro/).aw>.affiou M. — ^ -j^v) ri et B, — * jtiipo: M, — 
* J'ai ajouté toD ^/*iffso» //.é^ou5. — ^ ©'«v) oà M. — 7 /aî'x®* BM. corr. 
G. — * ÇvjTïjratM. — ^ /*) 5 /Aovâofij M. — ^o^ovjjJq- . £î*.a om. M. — 

" y.ai iTziSxÀÀii zat î7/*tffu om. M. — ** Tro/iair/açiov M. — »• v/Owv) 

7;/AC9u G : abr. mal résolue. •— >4 ô(8m7i om. B. 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 97 

partir de l'unité jusqu'à tel que Ton voudra; voici cette 
méthode : 

Nous prenons le nombre jusqu'où va l'addition, et 
nous le multiplions par lui-môme; puis nous parta- 
geons en deux parties égales la quotité provenant de 
cette multiplication; à l'une des parties nous ajoutons 
la moitié du nombre qui a été multiplié par lui-môme ; 
il arrive nécessairement que la quotité de la somme de 
la moitié de la quotité provenant de la multiplication et 
de la moitié Am nombre qu'on multiplie par lui-môme est 
identique à la quotité de la somme des nombres à par- 
tir de l'unité jusqu'à celui qu'on a multiplié par lui- 
même. 

Ceci peut ôtre rendu plus clair sur des nombres dé- Exemple. 
terminés, comme suit : 

Prenons encore 9, comme le nombre jusqu'auquel on 
cherche la somme des nombres à partir de l'unité. Nous 
le multiplions par lui-môme; il vient 81 que nous divi- 
sons en deux parties égales ; il revient à chacune des 
deux parties 40 { ; maintenant nous divisons aussi 9 en 
deux parties égales ; il revient à chacune des deux par- 
lies 4 i, que nous ajoutons à la moitié de la quotité 
provenant de la multiplication, c'est-à-dire à 40 J. Il 
vient comme somme 45. Or la quotité de la somme de 
tous les nombres à partir de l'unité jusqu'à 9 était éga- 
lement de 45, et cela arrive également pour tous les 
autres nombres. 

Ceci posé, il convient maintenant d'aborder la dispo- 
sition. Nous commencerons par le premier nombre qui 
en est susceptible; ce premier nombre qui puisse être 
ainsi disposé en carré est celui formé de 3 (Pig. 2), dont 
nous allons donc parler en premier lieu; mais la mé- 
thode qui va être exposée pour ce nombre pourra s'ap- 
pliquer à tous ceux de môme espèce [les impairs). Or on 
peutobtenir la disposition qui donne l'égalité dans tous 
les sens soit par 2 et 3, soit par 3 et 3. 



Annuairk 1886 



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veav. 



98 PAUL TANNERY. 

MiOooo; ird K(Zi Stà ji^v twv Suo 'Âcù Tplûv, o5tu)^ * iv(r^£'Ypap.[iiv(«kv TÛV 

'^' IZr^'*' ^» OJTWç • xiÔéajjLçv ttiv liiovdca êxt Toy iJLlaou tci:gu tûv Tpiûv 
TÛv y.aTioTaT(») • xai (/.s-rpoOiAsv Buo T^i:çyç, êva* toutcvtcv ïxovta 
T^jV i;^va2a, xat tcv e-cepov ÇtiTôîjijisv yATcoTépcâ ' toutou xcli' 
sOOeïav tov xaT(i)Tép(i) ^àp iel Bîï IJriTfTv èîcei Zï oùy, e&p((3%0i«v, 
divaTpéxc|i4v iîci tov * dv(i>TaT(i) ^aX'.v xaT* eiOstav, wazep dva- 
xuxXouvTe; toù; t4içouç • xat |j^Tpou[Jtsv èxsîvov SsuTcpov • eiTa 
TiOla|i£v Ta P izX TiJ p.£T* èxsîvov SsÇiiJ) ^ t^tcw xaV eùôsîav • xai 
ixsTpouj^ev i:aXiv 8uo toiîouç, 2va toutov tcv î^cvTa Ta 3, %a\ Tbv 
csuTspov xaT(i>T£p(o TOUTOU * xai Çtqtoujasv lz\ Ta BsÇia Téicov xaV 
eiOsTav *, tva Oû|jisv Ta y • àei ^i? '^cv iiA Ta SsÇii Set ÎYjTetv " • 
ir.û GÏ ouy, e'Jp[oxo|i.£v, àvaxa|j.zTO[i.£v i7:\ Ta ipi^Tcpa xaT* ev- 
6£tav • 'î;Xr|pôU[JL£vtûv ^àp iû tûv tozwv è7:l Ti)v ipxV outôv 
diva<yTpéç£iv ^£1 • xai £7:tTi8£a[;.£v ® Ta y " ê^i f *? TfiXEUTaiw |jl£v 
T07;()> d7;b Tf|Ç ÂvaxaiA.({^£Cj);, ::po>T(d Sk tyj izi Ta S£^ia xtvi^ff£t, 
T|V xivoui/.£vot rjva'fxaoOY;jA£V ^" iÇ ip^îî; "^oùî t6^cu^ (i.$Tp£iv 
xaTa xOxXov • èx£i 8i îjXOoîJtr/ " ii:\ tïv y tcv xoXXazXavta* 
oavTa ^* fiauTbv xat TyonfjcavTa tov T£TpaYwvov, y)y^^^ ^^ '^<^ xXçu- 
pàv Tou 0, cùxéTt [UTpoujuv Bio t47;ou;, ïva èirt t^ 8$$i(J Ta S 
0£(y)|ji£V, dXXa Tp£Ï;, outo); • £va ** toûtov tov r/ovTa Ta y, Ssû* 

TcpOV Tbv XaT(i)Tép(i> TOUTOU, TCV Tp(TOV *^ ÇlQTOUii.£V XaT(i)Tép(i> * 

xat è::£i oS^ eup(oxo[ji.£v, àvaTpéxo'^£V ItX tcv âvcotoItu) xaT' ci- 
Osïav • xal |X£Tpoy|ji.£v toutov TpiTOv • xai TiOéaiJLfiv èz' auTiy touti)» 
Ta S, îi.Yj ::ap£xxXtvovT£; ' fitTa, &zzzp ipxv' èx£ÏÔ£v Xa{i6ivov- 
T£; \^ |aTpou'^£V ^dXiv oià tûv 8uo • xal TtOéajuv tcv 6$f|Ç ** 
àptO|xôv èîTi Tw 5£?i(ï>, xaTà ty;v Eipr^i/ivr^v àxoXou6(av • xal touto 
7:oiou;x£v ïwç 5v ^* îîiXtv i^ixti^jifiôa è7:l Tt;v icXsupàv toû 0, 
fiYOuv ''«^ iî;l Tbv ç, Tbv SiicXiciov tou y * ^^'^ toutov y^P toXw 
àçiYH-svoi, |Ji£TpouiX£v Bià twv Tpiûv • xal TiOéa(jLcV tcv eç £Çf|Ç 



* v/9jv) îÇ/Atcrv G comme )5lus haut. — * iva M. — s xarftiTÉfôw M. 

*— < rà G. — 6 osÇtûv B. — ® xal /itrpoûfjivj irôiiv /ar' sûtfstav om. 

M. — '^ ÇïîTûv B. — » rt$ix/jLSv M. — y) >î G. — lO xvsr/*d(rOtifitv 
M. — - ^' i^Oùfitv M. — ^^ dmÀaffcsceravra M. — ^^ ^'/ouv. G n*a pu lire. 
— l* tva M. — î5 T^iTov om. B.— »6 >a6avovri; B. — *" è?tÇ^> G* 
*- 18 ;«- xv) .jiç «v M ûcT iv G. — li' G n'a pu lire. 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 99 

[Méthode pour les carrés de nombres impairs,'] 

Voici d'abord le procédé par 2 et 3. Nous mettons 
d'abord Tunité dans la case au milieu des trois du bas 
et nous comptons deux cases, Tune celle qui a cette 
unité, Tautre nous la cherchons en dessous de la pre- 
mière en ligne directe, car il faut toujours aller de haut 
en bas; comme nous n'en trouvons pas, nous remon- 
tons tout en haut, toujours en ligne directe, comme en 
revenant en cercle (àvûatuxXouvxeç), et nous comptons cette 
seconde case ; puis nous plaçons 2 dans la case à droite 
de celle-ci en ligne directe, et nous comptons de nou- 
veau deux cases, Tune celle qui a 2, la seconde au- 
dessous, et nous cherchons une case à droite en ligne 
directe pour y mettre 3; ne la trouvant pas, nous nous 
reportons à gauche en ligne directe ; car, lorsqu'une 
rangée de cases est terminée, il faut toujours revenir à 
son commencement. Nous plaçons donc 3 sur la case 
qui est la dernière pour notre marche en sens inverse, 
mais la première dans la marche vers la droite, c'est* 
à-dire celle que nous devons suivre dès le principe en 
comptant les cases comme en cercle. Etant ainsi arrivés 
à 3 qui multiplié par lui-môme donne. le carré, c'est-à- 
dire qui est le côté de 9, nous ne comptons plus deux 
cases pour placer ensuite 4 à droite ; mais nous comp- 
tons trois, comme suit : une, celle qui a 3, deux, celle 
au-dessous, trois, nous cherchons en dessous, mais ne 
trouvant plus de case, nous remontons tout en haut en 
ligne directe ; nous y comptons la case comme troisième 
et nous y plaçons 4 sans nous écarter de la ligne di- 
recte: puis repartant de là comme d'un nouveau com- 
mencement, nous comptons par 2 et nous plaçons le 
nombre suivant à droite suivant la marche indiquée ; 
nous continuons ainsi jusqu'à ce que nous retombions 
sur le côté do 9, c'est-à-dire sur 6, double de 3. Arrivés 
à ce nombre, nous recommençons à compter par trois 
et à placer le nombre suivant sur la troisième caso sans 



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100 PAUL TANNERY. 

TOUTOU èxt Tcj) TptTto, |jLtj ^ 7rap£y.xX{vovTeç • eiTa xiXiv [jLSTpou- 
juv Suo • xal TtOéaixev èiïl t$ SeÇiw • xai touto * l^ixpt TéXcoç 
rotou(JL£v • wcîwep 8è êvTauOa, 8ià jxlv tûv 8uo tuTpouixsv èzi tûv 
àXXiov àxivTwv • Sià Bs tûv Tpiwv, ÎTe [lovcv jji-STairCTrcoi^^v àicb 
xXsupa; io' sTépav wXsupav. Outco xal èo' àrdtvTWV xowujjlsv tûv 
5{xo£iBo)v • p^Tpoupisv ^àp y.%ik TauTr^v tV dxo7xOuO(av • 8tà lùv 
TÛV Suo, [Ji.£Xpt TTjÇ TrXsupaç TÛV t6::(i)v tou xpcy-sipivou TSTpa- 
Yûvou • ZioL 8k TÛV Tpiûv 7:aXtv, ha. iJL£Ta'rc£ffa)[i^v i-rzi tcv £^ç ^ • 
y,al TOUT© \i'iY,pt. TéXou;, àvaxuy.XoujjL£V(i)v v.cù tûv t5x(i)v, ûjxsp 
âvTau6a • xai à::Xûi; T:avTa vjx'à ty;v auTTjV àxoXou6(av cu{JL6a[v£t, 
xXtjv vf^q 0£ar£(i)ç tyjç [xovaSoç . «Sty) ^àp oûx èxt tûv aÛTÛv àû 
TW£Tat, dXX' * èç' iy.acjT(i) T£TpaY(î)V(i) [A£TaXXaTT£i Ttiv ôéfftv ■ 
3tat èv jxkv TÛ i:p(it)TC(> tûv à?;© ZEptTTÛv Ytvojiivwv T£TpaY<*>^^^î 

T(0£Tat èxl TÛ [JL£ff(i) TÛV xaTWTÛCTd) ^ T^XtOV * èv Sa TÛ 8£UTép(ù *, 

liA T(J piécw TÛV [i^viSi àvwTépco • xal iicX tou TpiTOu, i^rt tû 
jjiéffw TÛV "^ jjLOviSt xiXtv toutwv àvwTépo) • xal àxXûç àvtévTWv 
TÛV dipi6[i.ûv, avEtat * y,al auTï) iirt tûv t67:u)v • auji^aCvet 5è au- 
TYjv àû T{8£a8at è-Ki tû [AOvaSt xaTcoTépo) xaT* £uO£iav Tézw tou 
[AEŒaiTaTOU -^ravTWV tûv t6zci)v tou 7:poK£t[iivou toio6tou ® T£Tpa- 
YÛvou • xipEGTt 5a TauTa xivTa aaçéaT£pov 6pav èir? Tf^ç àva^pa* 
ÇY);. (Pig. 3. 4. 5.) 



Médoios iripa, Atà 8k TÛV Tplûv y.al i:évT£, ouT(i)ç • àvaYpa90ii.£V T£TpdrYW- 
vov ^^, xal 7:£piYpa(po(JL£v aÙTiJ) toùç t6t:ouç tou TETpa^ûvou dlpiS- 
[JLOU • EÏTa TiOéaii.£V Tt;v |j.ova8a à£i art tou [iicou tûv àvwTaTco 
Ti-irtov • %ai ii£Tpou|;.£v t^xcuç Tp£Îç, îvo, " tcv Ixovt» t^v piovoSa, 



1 /iii)/.9il M. — * toDto) m aj. /a«v. — 3 i^tlnç M. — * à//') à*i M. — 
B xKTw B. — ® oauTepw) ^3 M. — ''' tôv B. — ^ àvw«t M. — ï> towtou M. 
— 10 TîTjsâywvov) M aj. •/• — ^* *'"'* M. 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 101 

nous écarter de la ligne directe; puis nous comptons 
par deux et mettons à droite, et aiûsi de suite jusqu'à 
la Qn, en comptant encore toujours par deux, pour tous 
les nombres, sauf quand nous venons de passer d'un 
côté à un autre côté ((fun multiple de la racine au multi^ 
pie suivant), alors nous comptons par trois. 

Nous faisons de môme pour tous les nombres de 
môme espèce, en comptant suivant la règle énoncée ; 
par deux, jusqu'au côté (racine) du nombre des cases 
du carré proposé ; puis par trois, pour le nombre con- 
sécutif; et ainsi de suite jusqu'à la fln, en reprenant 
circulairement les cases comme dans l'exemple; en 
somme, nous observerons exactement les mômes règles, 
sauf pour la position de l'unité ; car celle-ci ne doit pas 
être toujours placée sur la môme case, mais elle change 
de position à chaque carré. Pour 16 premier carré 
formé d'un nombre impair, on le place au milieu des 
cases inférieures ; pour le second carré, au milieu de 
la rangée immédiatement supérieure; pour le troi- 
sième, au milieu de la rangée immédiatement supé- 
rieure à la précédente; en règle générale, à choque 
passage à un nombre supérieur, elle monte elle-même 
d'une case, en sorte qu'elle se trouve toujours placée 
sur la case située immédiatement et directement au- 
dessous de celle qui est précisément au milieu de toutes 
les cases du carré proposé de celte espèce : on verra 
tout cela plus clairement sur les Qgures (Fig. 3, 4, 5). 

[Autre méthode.'] 

Voici maintenant le procédé par 3 et 5 ; nous traçons 
le carré et nous y circonscrivons les cases du nombre 
carré; puis nous mettons l'unité toujours dans la case 
du milieu du rang le plus en haut; nous comptons en- 
suite trois cases, une, celle qui porte l'unité, les deux 
autres consécutivement en descendant, et nous mettons 
2 directement à droite de la troisième case; ensuite 
nous repartons en comptant de môme trois cases pour 



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102 PAUL TANNERY. 

xat c6o xaTa)Tép(i) tcuTcu ' èçeÇii; * xai TiBéaixsv fct tw ScÇiw tcu 
TpC^cu xaT* e&OsTav Ta ^ • eÏTa iriXiv iiietOev [»£xpGu\wi tptXq 
T^TTOuç 6p«{<ft>ç • xal TiOéajjLîv èxi tû SeÇiû ta y ' el Si H-^ ^xoîuv 
èxi TW'; 8s^t(5v TCTOV -, divatsTpéçoiuv èzi ta àptffrepà xat* eu- 
Osîatv, &a^p èici tyîç ^potépaç pLs668ou • xa\ TiOiafjiev aitbv hX 
7(5 TsXeuTatw [jlsv tcxco aTrb ttS; dwaxiïJi.<|;6wç, irpcoTcp 81 Tij èri 
ta îsÇi» xivil;9(t • xat tout© iroiGupLSv Ewç Sv IXOcoiJLev èxt -riiv 
-irXeopàv toD îcpôxstpiveu t£':paY<î)VOu • ix' èxeCvr^v yàp d^iYP^^^' 
jjLgTpôujj.ev révTs Téico'j;, eva ^ tèv e/ovca tÎjV xXeupav, xai téa- 
oapoç xaTCOTépco to6tou • etTa tiOéaji^v liA tw 'ïîéiiwrçtî) Téwci), jitj 
rapexxXivovTeç, tcv èçsStJç dpiOiJicv ttSç irXeopoç • etTa mXiv 
(ji3Tpcu{jLev 8tà Twv Tptwv (jiXP^ '^i? ifXsupoç, ÂvaxuxXouvTeç tcùç 
Téiçcuç, ûarsp liA tijç irpcTépaç (jLsOéSou • xat touto ]»ÀYjpi téXou; 
iroioî3ii£v • îoTi Bk aiÎTiQ i?; piOoSo; xaTà wivta 5|j.ô(a ^ Ttj i:poTépa, 
i:XfjV Stt èxfiï |ji£v il [;^vàç èv âXXiû xat âXXco t6xw itCOsTO, èv- 
TauOa ^ï àû l^à tcD \}Àao\j tcov àvb)TaT(i> téiccov * xat Sti ixs? piàv 
^(UTpou[uv * 8tà TÔv 8uo xat Tpiûv, èvTauOa tï 8ià twv Tpiwv xat 
irévTfi. rapsijTi 5è TauTa cxoxetv ixl tyjç dr^a^pa^^jç, (Fig. 6, 
7.8.) 



Midoooi étI Kat autat jxèv ai [jlsOoSoi âiri twv àicb icsptrrûv TeTpaYu)Vb)v • 
«^Tc«- j^; g^ ^^y ^^^ ipTiaxi; àpTiwv, Stepai iriXtv cupr^vTai 8uo • wv 

/.** "^T '^^ •?) ^ sTépa [Aév ècîiv cutcoç • (r;aYpaçG|ji.sv t^ttouç TOtcÛTOU "^ TSTpa- 
Ywvc'j • ctTa TiOéajjLsv oYjîi-eïa o'jtwç • iiA jjLèv tou icpcbTCu TCtouTcu 
TeTpaYwvou, liA twv èv Taîç Sta^j^Tpciç totcwv jiivov, cutwç. 
(Pig. 9). èrt 81** twv âçeÇiiç TeTpaY(»)VWV (Pig. 10. 41), ;:pw- 
Tov ii.èv èv Taîç 8ia[;iTpotç • eiTa xat oÎjtwç • (jieTpGÛitôv dwc Toiî 
7rp(i)T0u TWV dvwTdTw Tczwv Tsaffapaç èçsÇtîç t6i:ouç èxi Ta 8eÇta, 
Iva ^ TGV irpwTCv ^°, xat TpsTç sTépouç • xat TiOéajjLev èxt t(J te- 
TapTW ar^ii.2ÏGv • xat liA tû SeÇiw t6i:cj> 4f e^t)ç aÛTOu xaT* " sO- 



1 TOÛTOv A.— * TÔ:rwv M*G. — 3 cva M.— ^ o/*ota M. — ^ fiirpoûfttv 
M. — <^ »7 om. M. — 7 TOUTOU M. — « im oà) è:Tec Si ore e'Tti M. — 
* tv«M. — ><> îr^ÔTOv) àpc^ôv M. — ïl xar") xal M. 



TWV aîTO 



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LES GAUUÉS MAGIQUES. 103 

meltre 3 à droite ; si nous ne trouvons pas de case à 
droite, nous reprenons sur la gauche en ligne droite, 
comme dans le premier procédé, et nous prenons la 
caso qui est la dernière dans le sons rétrograde, mais 
la première pour le mouvement vers la droite ; nous 
continuons de la môme façon jusqu'à ce que nous arri- 
vions au côté du carré proposé ; arrivés à ce nombre, 
nous comptons cinq cases, une celle qui porte le carré, 
les quatre autres consécutivement en descendant, et 
sur la cinquième, sans nous en écarter, nous mettons 
le nombre suivant le côté. Nous recommençons ensuite 
h compter par trois, en reprenant circulairement les 
cases comme dans le premier procédé, et nous conti- 
nuons ainsi jusqu'à la lin; cette méthode est en tout 
analogue à la première, sauf que dans oelle-ci Tunité 
se place dans des cases différentes, tandis qu*avec ce 
nouveau procédé, elle est toujours au milieu du rang 
supérieur; d'autre part, dans la première, on comptait 
par deux et trois, dans la seconde on compte par trois 
et cinq ; on peut voir tout cela sur les figures (Fig. 6, 
7,8). 

[Méthode pour les carrés pairement patrs»] 

Tels sont les procédés pour les carrés de nombres 
impairs ; pour ceux des nombres pairement pairs, on a 
aussi trouvé deux méthodes, dont voici la première. 
Nous traçons les cases d'un carré de cette espèce, puis 
nous y mettons des points comme suit : Pour le premier 
carré de Tespèce (Fig. 0), sur les cases des diagonales 
seulement, comme ci*contre ; pour les carrés suivants 
(Fig. 10, ll),d*abord sur les diagonales, puis comme suit: 
nous comptons quatre cases de suite vers la droite, à 
partir de la première case du rang supérieur, une pour 
cette première case, puis trois autres ; sur la quatrième, 
nous mettons un point, ainsi que sur celle qui la suit 
directement à droite; à partir de cette dernière, nous 



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104 PAUL TANNERY. 

ôsTav, exepov • eiTa àrb tcùtou yLCTpcuixsv -rraXiv S* Tcirouçxal 
è;rl Tw 8'<* TtOéaîJ.£v cr^ji^Tcv • xat e^i tû SsSiw xat' eôôeîav e56ùç 
|jl£t' aÛTév -, ÏTepcv ^ • xat touto ^ lii/pi 5v âfx^pciri • 'îcuto 
::otou[/^v %at à::! xwv àXXwv twv xûy.Xw tcu T£TpaY(«)vou ttXsu- 
pwv^ • eiTa àYO[i.£V cr||i.£ta àzb [xèv tou B®'^, tou^ tûv ovcoTaTOi) 
70X(i)v, et Tiç èTut là ôeÇià ji-STpsT, XoÇwç £i;t tov 8®^ tôxcv »Ti;ç 
àptCTepoç xXeupàç, et tiç èrt -rà xaTO) j/^Tpet • wç cuvavTav oûtw 
Ta <njîX£Îa, xai Tpivwvov taéxXeupov 7:ct£Îv è7:t tt,? -fwviaç tcO 
TeTpaYwvou • à^rb Be tou e»^ t^TwCu, £7:1 tcv £«^ ttSç BeÇiâç' 7:X£u- 
pa;, £t Tt; âzt xà àvw * [AeTpeT • %a\ xâXtv àrb jxev toO 8«>" wç 
(X7:b îTpwTOu Tcu £0" ^, è::» Ta àptc7T£pà XoÇûç • àrib oe Toy £®'-', 
£7:i Ta BeÇia • x.ai tcuto [lixp' 'ï^Xguç tûv àvwTaTU) PsCtirûv] ^^ 
T^irwv • €?Ta cTp£9ô|i£v Tb T£TpaYo)vov '/.al Trotouji^v ty)v xaTWTaTw 
irXsjpàv àvwTaTW • y.al aYO[i.£v oIt:' aix^ç Ta aYji;.£Ta 6(i.oi(i); u>ç 
ipav iripscTiv l-nl tYj? àvaYpaoYjç. 



MeTà 8è Tb ôeTvai Ta (n)|X£Ta outw ", Gi€py6\u^ct touç i^eÇi)? 
(iptO[;.cù; àîîb ttjç i^cvaSoç, xat toùç toxouç ê[i.ot<i)Ç toîî irpcx£t- 
jjiévou T£TpaY(î)vcu àiCo Tou 'Tcpci^TOU Twv àv(i)TiT(i> téxcov èzl Ti 
C£Çta • %cà Tt6éai;^v, Iv6a [Aév £Îct Ta aiQ|jLeta, tgùç cujJL6a{vovTaç 
ToTç Tézotç àpiOfj^uç • 2v6a Be eux ehi cY)i;xïa **, ::ap£pxc(jL£8a 
TO'j; t6tou^ p^Ta TÛv cuîJL6atv6vT(i)v aÙTOÎç àpiOjxwv • xai tout© 
\f.iy^pi TéXou; ;:otoui;^v twv Té^rtov toO T£Tpa*^(i)Vcu îravTOç • eiTa 
îraX'.v dp/ép^Oa d^rb tt^ç jACvaBcç, xat Siepx^l^-sOa tcuç èçeÇ^ç 
àpi6[j.c6ç, xai Tobç tczcuç tw T£TpaYwvcu àrib tou -rcpwTCu tûv 
y.aTWTaTd) ^^ tozwv e^rt Ta àp'.c7T£pa • xai TiOéaixEV, Ivôa îxiv zlç\ ^* 
xsvot TCTTOi, Tcu; (JuiiiatvcvTa; aoTôTç àpi0[ji.c6ç • âç' wv 8e eîcriv 
(iptô{i.ci, ::apaTp£XC[i.£v aÙTCÙç j;.£Tà twv aujji.6a'.vévTwv aÙTcT; 
àpî6|jLwv • xal TOJTO Trctoufi^v àvaTp£X0VT£; [xé/pi tou apwTCu twv 
àvwTaTw TOîtwv dcç' ou xaTicvTsç TipÇa;i.£Oa. 

1 o) ?2rrx5«,- AB, ré'7Gxpxi M. — 2 aJTOÙ G. — 3 £r£;oc M. — * tov- 
rov M. — ^ ToU TSTpayûivow Tr/su^àv) Tôiv rr/fiupwv rs'j TirrpccydiVOiJ M. 
— 6 ToD om. M, — " oili'Xi om. M. — * àvwTârw M. — ^ toû e®'-' om. 

B. — ïo ;.o(-roiv om. AB. — ï* o-^tw, M. — *" tojç çyaSaccyovraf 

<myiix om. M. — 1^ àvvJ7âTw M. — H sîat) eÎTtv ùoiO'jLQi M. 



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LES CARRKS MAGIQliES. 105 

comptons de nouveau quatre cases, et nous mettons un 
point sur la quatrième et un autre point sur celle qui la 
suit Immédiatement à droite; nous continuons de la 
sorte tant que cela se peut, et nous poursuivons en- 
suite sur les autres côtés du carré en cercle. Puis nous 
menons une ligne oblique de points de la quatrième 
case du' haut, comptée de gauche à droite, à la qua- 
trième case du côté gauche, comptée de haut en bas, de 
façon à réunir les points extrêmes et à former un trian- 
gle isoscèle sur Tangle du carré ; nous joignons de même 
la cinquième case (du haut) à la cinquième du côté droit 
comptée de bas en haut; nous allons ensuite de la qua- 
trième du rang supérieur, comptée à partir de la cin- 
quième comme première, en obliquant à gauche, puis 
de la cinquième en obliquant à droite ; et ainsi de suite 
jusqu*à la fin des cases du rang supérieur ; ensuite nous 
retournons le carré pour prendre le rang d*en bas 
comnae rang supérieur, et en mener de môme des lignes 
de points, comme on peut le voir sur la figure. 

Après avoir ainsi placé les points, nous comptons en 
même temps les nombres consécutifs à partir de Tunité, 
et les cases du carré proposé à partir de la première du 
rang supérieur de gauche h droite, et là où se trouvent 
des points nous mettons les nombres correspondants ; 
là oi^ il n'y a pas de points, nous passons les cases et 
les nombres correspondants; nous continuons ainsi 
jusqu'à la dernière case de tout le carré; puis nous re- 
commençons à compter les nombres consécutifs à par- 
tir de l'unité et les cases à partir de la première du 
rang inférieur de droite à gauche, et là oh les cases 
sont vides, nous mettons les nombres correspondants; 
celles qui contiennent déjà des nombres, nous les pas- 
sons avec les nombres correspondants, et nous conti- 
nuons ainsi en remontant jusqu'à la première case du 
haut d'où nous sommes partis en descendant. 



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106 PAUL TANNERY. 

TOisuTcov T-tpavwvwv • laro) 8à tb Trpwîov fj^ouv * xb irtjv * ^Xsu- 
pàv s^ov ta 5 • Sirsp dlva^pa^op^v x,ai TiOiaj;.sv èrt tôv iv TaTç 
Stajiitpôi; Torwv Ta (njji-sîa, cStwç (Fig. 0. 12) • êTta Apxé- 
li.sOa iicb tcu a^'^ twv àvWTaTw Tfxwv '>iai àrb rrj? (AoviSo; • xai 
TiOia'^v fiùOy; è::' aitto rôUTtp tcT) aV Térw 'rijv {j^vdiSa, èrsC èa- 
tiv èv aÔTo> cnTiiAsTôv • tbv 8à* P»^ téflrov •napepx^li.sOa, iirel oôx 
«Xsi cnfjjjLSÎov, 3tai tf.v Soiôi [i^îT* aÛToO, èxsl auiJi.6a(vet «ùtw • xai 
Tbv Y*'' 6[JLô((oç rap£pxéji.sOa té^rov, y,ai t^ TptiSa [X£t' aitou • 
ii:\ il xou 8«« TiOéajxîV ta 8, i:t2( èattv èv auTcJ ffTQixeTov • tbv 6«* 
-rapepxilAsOa xat oùv aJtw ty)v içsvTdtîa • l-rt tw çV Tt6éa[jLev ta 
ç • xai èiri Tû Ç*» ta Ç • tbv y)»^' ^apepx6i;.£6a x.il Ta tj • xai tcv 
Oov ô|xo((D(; xai ti • èitl 8i tw tv TtOéaiJLsv ta t • xat iiA tû 
la? Ta ta • tbv i^©' 7tapspx6|X«6a ® xai Ta t6 • èx\ to> tf^ Tt6éa|uv 
Ta lY • tbv i8«^ i:apîpx6(iLî6a xai Ta i8 • xat Tèv i£«^ SjwCwç^ xat 
Ta te • i'xi iï tw içy ttOsap^sv ta te • eTta àpx^pLeOa wiXtv i'KO 
T^iç [AOviSoç, roiou^jLev 8è àpyjti'f toO tttpaYdivou Tbv ««* tiSv xa- 
T(i>TiT(i) téirwv aÙTOÛ • xal ^jieTpoOiuv èirt Ta dpiaTepi • itapgpxi- 
[jisOa Se Toutov eiOùç iitsC èattv iv a5t(î) ipiOjxéç, xat ptet' aiTG5 
ti)v iA0vi8a, irci (jui;*6a(v*t aitô • èiri lï tô P<t» TiOéaixev ta P, 
irai oOx ïoTiv iv aÛTip àpiO[ii; • xat èici tif y^ Ta y * tbv 8«>' ica- 
pepX^pteOa xat Ta 8 • liA tîJ e? TtOia|JL$v Ta e • tbv ç«* icaptpx*- 
lJLs6a xal Ta ç • xal Tbv î«v i[i.o((i); xal ta Ç • lici tû rfi TtOéapiev ta 
Tj • xal è-rcl tô Ô*» Ta • tcv i«* irapspx6l«0a xa\ Ta i • xat tbv 
ta«* ôîJLo((i)ç xat ta ta • iiA tw t6v tiÔéa[uv ta i5 • tbv iy** ita- 
pepx^iJ-eOa xat ta tY • iirl t(T) i8? ttOéajAsv ta t8 * xat èict tô 
ie<ï» ta tî • tbv ic*" irapepx^iASÔa xat ta iç • à; iic\ tou StaYpiK-- 
piatoi; aa(pi<rtata * cp5v 'ïtapcffti • • TaÛTt) TfJ *® dbtôXouO(a x«( 
iicl Toîç " 6[JLoei8é<Jt xp^Q^^P^^a • xal ri ^h ^ioL |iiÔo8oç, î8ot) 
eïpYitat. 
MfMo«îTe>«iî 'H 8'étépa*^ ëx*^ t6vSs tbv tpiiuov divaYpi^w ^* tôù$ té- 



5 



* oi om. M. — * yiviîtai M« — 3 <yovv om» M. — * n^v om. B.— 

oi om. B. — ® Tcxpxp'/à/isBx B, — "^ o/aoiw; om. M. — ® ffays- 
ffrarov B. — ^ Tzipicriy M. — *û ri?) Si; M, — 1* toùj B. — i* fiiBoùoç 
iripx om. A; B Ta en marge ; M dans le texte. — 13 iripx) M aj. /»«- • 
Oo^Oi, — ï* àva^Tjsâ^w M. ùvxQTpif» G. 



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LES CARRÉS MAGIQUP^S. 107 

Pour rendre ceci plus clair, traitons un des carrés de Exemple. 
l'espèce ; soit le premier, c'est-à-dire celui qui a 4 pour 
côté; nous le traçons etnous mettons des points sur les 
cases des diagonales comme ci-contre (Fig. 9, 12) : nous 
commençons ensuite par la première case du haut et 
par Tunité, et nous mettons tout d'abord Tunité sur 
cette première case, puisqu'elle porte un point; nous 
passons la seconde case où il n'y a pas de point, et on 
môme temps le nombre 2 qui lui correspond ; nous pas- 
sons de même la troisième case et le nombre 3 ; sur la 
quatrième case, qui porte un point, nous mettons 4 ; 
nous passons la cinquième case et le nombre 5 ; sur la 
sixième oase, nous mettons 6 et sur la septième 7. Nous 
passons la huitième et 8, la neuvième et 9; sur la 
dixième nous mettons 10 et sur la onzième 11 ; nous 
passons la douzième et 4 2, sur la treizième nous mettons 
13 ; nous passons la fluatorzième et 14, la quinzième et 
15; sur la seizième nous mettons 16. Nous recommen* 
çons maintenant par l'unité et par la première oase du 
carré au rang du bas en allant vers la gauche ; nous 
passons cette première case qui contient un nombre, et 
en même temps nous passons l'unité qui lui corres- 
pond ; sur la deuxième case où il n'y a pas de nombre, 
nous mettons 2; sur la troisième 3; nous passons la 
quatrième et 4 ; sur la cinquième nous mettons 5 ; nous 
passons ]a sixième et 6, la septième et 7, nous mettons 
8 sur la huitième, 9 sur la neuvième ; nous passons la 
dixième et 10, la onzième et 11, nous mettons 12 sur 
la douzième; nous passons la treizième et 13, nous 
mettons 14 sur la quatorzième, 15 sur la quinzième; 
nous passons enfln la seizième et 16. On peut suivre 
clairement l'opération sur la flgure. Nous agirons sui- 
vant le môme procédé pour les carrés de même na- 
ture. 

[Autre méthode.'] 

Voilà donc la première méthode ; la seconde procède 



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108 PAUL TANNERY. 

xouç Tou irpÔTOV o3t(o cuva[j!.£voo tsTpaYwvi^îivai , T^youv * 
Tou TrXî'jpàv ?x®'''f®? • Ta 3 • xat TzXr^po) xjtoùç twv ^ àpiO'^ôjv, 
ouTw; • (Pig i 3) • sItx XpûiJLai toutu) tû Ts-cpaYcliva) èi:t xà èçs- 
ÇtjÇ ojxostSiî ':£TpaYO)va, a>ç àpyzvjziù y.al et>tcvi • ::àvTa ^(àp ^à 
içe^ç eî; TOJTO BiaipsTiai • aÙTtxa to i;.£Tà tcuto Tt;v TuXsupàv 
2X2t B'.TcXaciav tyjç 'jrXeupa^ toutou • to o* àizo cixXaciaç rXeupâ^ 
Y'.vcji.£vov, àû 'zh zabf TîTpa-Xaatov Y(v£Tat tou zavT^ç, ou tyj? 
rX£upàç TY)v ::X£upàv lx£t SizXajtav • oia'.p£rTai ouv to â^s^ï;^ 
TOUTOU £tç Téaaapa TO^auTa • to lï jjL£Tà touto xaXiv $i7:Xa7ix; 
jjlIv £X£t Ttjv xX£upàv Tf,ç î:X£upa; toutou, T£Tpai:Xa(Jtav 5e tou 
xp(»)TOu • xat Y{v£Tai to xav, toutou [Jikv TcTpa^rXâaiov, tcu 7:p(î>- 
Tou Bé, o5 Ttjç i:X£upà; tyîv zXfiupav eTx£ T£TpawXaGiav, iç^ia^wv. 
StaipfitTat ouv touto et; {ç To^auTa. £up{ax.o|X£v Bè paSiojç xoca- 
xXaffiov £(iTi TO T£TpaYo)vov TOU T£TpaYt«)VOu * àrib tt^; zXrjpaç • 
(Jxoxw|jL£v vap Tîo^jairXacrCa ^ èîTiv if) wXfiupà Tf^ç ^rXeupSç • xai 
Xa{i.6dtvo(ji£V Tov dlpid[i.bv xa6' 5v TroXXa^Xa^ta * TauTY;ç eoTi * xai 
zoXXaîwXaata^ojuv toûtov es' éauTév, xa» ô Ytv6jJt.£voç iizh tcu 
TroXXaî:Xa(iias[;.ou deptOiJLCç ^ Ytv£Tai Xé^oç tou TfiTpa^civcu irpc; 
TO ' TiTpaYwvov • oîov, IffTtv Y) TîXcupa ty); 7:7.£upa; T£TpaxXaaia • 
XaîJ.6av(i) Ta 8, xal ® xoXXarXaataÇw ^ TauTa ècp* èauTa, xal 
YivîTat iç ' àwoçaivoiJLa'. Btj to T£TpaYwvov tov i^î^iâ^wv Xc^ov 
l^siv TOU T£TpaYa)vou • xal exi twv àXXtov ôiJLOiwç. 



"HoTj Sa èi:i tyjv Ôéctv itIov • fjTiç êx£i tovBe tov TpéTCOv • àva- 
Ypa3>oii£v [;.£Ta to xpÛTOv outw TcTpoYWvtlJéiJLevcv, 5x£p rfi-q ixTé- 
OeiTat ^®, Tiirou; ÉTépou toioutou " T£TpaYtî)vou • xai îiatpouixev 
aÙTOÙç Sià (7iQ^££o)v Tivwv, dq caa zpÛTa ouvavTai Btaip£Of|Vai 
T£TpdiY<^va • eiTa ^X'opoujxsv *• toùç •^jxicjîiç t67:ouç tûv TETpaYci- 
v<i)v èçcÇfiÇ, dlicb TOU àvwTaTù) dipx5ii.£vot , ôpwvT£ç etç to zpwTCv, 
xal TiOévTcç Toù; àpiô[jLOu; xaTa Tr;v èv auTio Oiaiv • EiTa àzo tou 



i >,'/o'rj) G n*a pu lire. — - i/ov B. — » tov B ; une seconde main a 
corrigé. — ■* Toii Tirsayjivoj oni. M. — ^ TzoÀ'j.otTtAxrtix et rto^x'XÀU'si^t 
interv. M. — ^ 7:o).).x:zJ,x':ti7X'JTOi xotOuLOÙ M. — ' TOV B. — 8 /ai om. 
G. — *J 7ro//a:t/s«7tî«^'jjv M. — '® UriO/i7Xi M.— ** rotTOJ M, towto-j G. 

— 1* T/ïJSW.ttîV M, 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 109 

comme suit : je décris les cases du premier nombre 
qui puisse être ainsi carré, c'est-à-dire de celui qui a 4 
pour côté ; je remplis ces cases de nombres comme ci- 
contre (Fig. 13) : puis je me sers de ce carré comme 
archétype et comme modèle pour les carrés suivants 
de môme espèce; car tous les carrés suivants l'ad- 
mettent comme partie d'eux-mêmes ; tout d'abord celui 
qui vient immédiatement après lui a son côté double 
du sien ; or tout carré d'un côté double sera quadruple 
de celui du côté dont le sien est double ; donc le carré 
qui suit le premier se divise en quatre égaux au pre- 
mier; le suivant a son côté double du côté du pré- 
cédent, quadruple de celui du premier; il sera donc de 
quatre fois le précédent et de seize fois le premier ; il 
se divise donc en seize carrés égaux au premier. Nous 
trouvons donc facilement le rapport de multiplicité des 
carrés d'après leurs côtés ; nous examinons combien de 
fois le côté est multiple du côté, et nous prenons le 
nombre suivant lequel il est multiple ; nous multiplions 
ce nombre par lui-même, le produit de cette multipli- 
cation sera le rapport des deux carrés. Ainsi le côté 
est quadruple du côté ; je prends 4 et je le multiplie 
par lui-même, il vient 16; je dis donc que le rapport 
de multiplicité du carré au carré est 16; et de même 
pour les autres. 

Il faut maintenant passer à la position des nombres 
qui se fera comme suit; après le premier nombre qui 
se carre ainsi et que nous avons déjà donné, nous dé- 
crivons les cases d'un autre carré de l'espèce, et nous 
les divisons par des marques en autant de carrés égaux 
au premier que cela peut se faire; puis nous remplis- 
sons la moitié des cases des carrés en commençant par 
le haut et en suivant ; pour cela nous regardons sur le 
premier carré et nous plaçons les nombres suivant la 
place qu'ils y occupent; ensuite recommençant par le 
bas, nous remontons jusqu'en haut, en remplissant l'au- 
tre moitié des cases qui a été laissée sur chaque carré. 



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JlO PAUL TANNERY. 

pôuvTsç Toùç è^épouç ft[i.(7et; tot:ou;, toî>ç uzoX£Xeiii.(jivouç èç' 
éxidtou TeTpa^uiVOu, ôpôvTsç xiXiv €?ç xb xpwTOv, xat TiÔévieç 
Toùç dipi6p.oùç îtaTà Tt)v èv auTtJ Olçiv. 
Tnôosiyfix, ÂvaY^ÏP^ÇÔd) Stj 8ià xAeiova çotçr^vstav * êv xoicikôv Tstpa- 
Ywvov, %(û ScixÔT^iTt») àv a'JTtj) -î; Osci; • ed-îw oy) * to ii-sTà xpÛTOv 
eùOu; (Fig. 44), Siîsp ivaYpiçojJLSv, O'jtw;'* • xal SiaipoîiJLsv 8ti 
otjjuJwv el; 8ça irpwxa Sûvaxat SiaipeOi^vat • StaipsïTai 8^ st; ^ 5 • 

ÂpX^lii>svoi ^ xal xaTiivTÊÇ ptsxpt tôu );a';o)TiTa>, sT^a diirb toîJ 
xfliTWTitti) ipx6iJL£vot, dva7;o5(Ço|X£v èçeÇij^ SOsv xatTiSiiAev *, jji- 
Xpi Tou iviOTiTU), wXrjpôuvîc; toù; u::oX2X£iji.|ji,évou; tizouç ^ 
xaxà Tf,v âv t$ '^rpwTq) Oiffiv • xal Y^vsTat xi ::av ::£uXv]p(i)^vGv 
Toioutov, Tà<; ::X£i>pàç ïciç ly^ov içavTaxiOsv • xai eri tûv aXX(i>v 
1^ oâiY) dbi^XouOia. 



*l5Téov 81 5x1 èv xauxifi xf) Ôsœsi, IvOa âv XiSot; xsŒcapaç x5- 
i:ou? xsxpaYwvôuç ^, xyjv 7:Xsupàv 7;otif;ffsiç xou zpwxou xsxpaYw- 
vpy • 57:îp èici xYj; îrpoxépa^ oi ouviôAtvs Oéjsti); • xal Sii'.po'j|/i- 
vwv SIC ha 8uo xôv 7:Xsupôv, X7;v ïctqv ^roaixYjxa exixspov |xép9^ 
e/et 'xojxo hï cu|iSat(v6i^ ^XtjV xou 'npibxou, ev aza7i • xai iWa 

[TéXo; xou aJxou»] " 




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LES CARRÉS AUGIQUES. tii 



[Exemple,] 



Pour plus de clarté, décrivons un carré de respèco 
et montrons la position sur ce carré : soit celui qui 
vient immédiatement après le premier (Fig. 14); nous 
le traçons comme ci-contre et nous le divisons par des 
marques en autant de carrés égaux au premier que cela 
se peut; il se divise en quatre. Nous remplissons la 
moitié des cases comme ci-contre, en commençant par 
la première en haut et en descendant jusqu'à la dernière 
en bas; puis recommençant par la dernière en bas, nous 
remontons jusqu'à celle d'où nous sommes partis, la pre- 
mière en haut, en remplissant les cases vides, suivant 
la position sur le premier carré ; et nous avons ainsi le 
tout rempli ayant les côtés donnant des sommes égales 
dans tous les sens. Le procédé est le même pour les 
autres. 

Il faut savoir que, dans cette position, en prenant 
quatre cases quelconques en carré, on aura le côté du 
premier carré, ce qui n'avait pas lieu pour la première 
disposition. D'autre part, si l'on divise les côtés en 
di3ux parties égales, chacune d'elles donnera la même 
somme; cela a lieu dans tous les carrés, sauf pour le 
premier. Cette disposition jouit encore d'autres pro- 
priétés remarquables et intéressantes que ne présente 
pas la précédente. 



[Fin] 



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112 



PAUL TANNERY. 



Fi?. 1. 



1 


1 


1 


1 


1 


1 


1 


1 


1 



Fig. 2. 



15 15 15 15 15 



15 



4 

3 


9 


2 


5 


7 


S 


1 


6 



Fig. 3. 



65 C5 65 65 65 65 65 



65 



11 


21 


7 


20 


3 


4 


12 


25 


8 


16 


17 


5 


13 


21 


9 
22 


10 


18 


1 


14 


23 


6 


19 


2 


15 



65 



65 



65 



05 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 



113 



Fig. 4. 



175 



22 


47 


16 


41 


10 


35 


4 


5 


23 


48 


17 


42 


11 


20 


30 


6 


21 


49 


18 


36 


12 


13 


31 


7 


23 


43 


19 


37 


38 


14 


32 


1 


20 


41 


20 


21 


39 


S 


33 


2 


27 


45 


46 


15 


40 


9 


31 


3 


28 


175 


17ô 


175 


175 


175 


175 


175 



175 
175 

175 

175 

175 

175 

175 

175 



Annuaiuk 18S6. 



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lu 



PAUL TANNERY. 



Fig. 5. 



369 



37 


78 


29 


70 


21 


62 


13 


51 


5 


6 


38 


79 


30 


71 


22 


63 


14 


46 


47 


7 


39 


80 


31 


72 


23 


55 


15 


16 


48 


8 


40 


81 


32 


64 


24 


56 


57 


17 


49 


9 


41 


73 


38 


65 


25 


26 


58 


18 


50 


I 


42 


74 


34 


66 


67 


27 


59 


10 


51 


2 


43 


75 


35 


36 


68 


10 


60 


11 


52 


3 


41 


76 


77 


28 


69 


20 


61 


12 


53 


4 


45 



Fig. 6. 



S 


1 


6 


3 


5 


7 


4 


9 


2 



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LES CARRÉS MAGIQUES. 



115 



Fig. 7. 



10 


18 


1 


M 


22 


4 


12 


25 


S 


16 


23 





19 


2 


15 


17 


5 


13 


21 


9 


11 


21 


7 


20 


3 



Fig. 8. 



33 


11 


32 


1 


26 


44 


20 


5 


23 


48 


17 


42 


11 


29 


21 


39 


8 


33 


2 


27 


45 


80 


6 


21 


49 


18 


36 


12 


40 


15 


40 


9 


31 


3 


28 


13 


31 


7 


25 


43 


19 


37 


22 


47 


16 


41 


10 


35 


4 



173 



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116 



PAUL TANNERY. 



Fis 9. 



Fig. 10. 



Digitized by VjOOQIC 



Î.ES CARRÉS MAGIQUIîlS. 



117 



FijT. 11. 



9 ■ ■ Il I I II II 



Fig. 12. 



1 


15 


14 


1 


12 


G 


7 


9 


8 


10 


11 


5 


13 


3 


2 


10 



Fig. 13. 
31 31 31 



31 



1 


11 


11 


8 


12 


7 1 2 


13 


6 


9 10 


3 


15 


4 


5 


10 



34 



31 



31 



34 



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118 PAUL TAKNERV. - LES CARRÉS MAGIQUES. 






1 






S 


9 






16 




7 


S 






.15 


10 




6 






3 


14 






11 


17 


4 


5 




23 


12 


13 


32 


21 




23 


18 




31 


2G 




SS 






19 


30 






27 




20 


21 






28 


29 





1 


02 


50 


8 


9 


51 


51 


16 


60 


7 


2 


01 


52 


15 


10 


53 


6 


57 


64 

5 

43 


3 


14 


49 


50 


11 


C3 
17 


4 
4Q 


5S 
21 


55 
25 


12 


]3 


50 


33 


35 


32 


41 


23 


18 


45 


3'J 


SI 


26 


37 


22 


41 


4S 


19 


30 


33 


40 


27 


47 


20 


21 


42 


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ESSAI 

SUR lA CORRESPONDANCE 



DE 



FLAVIUS PHILOSTRATE 

Par E.-J. Bourquin 



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ESSAI 

SUR LA CORRESPONDANCE 



DE 



FLAVIUS PHILOSTRATE 

Par E.-J. Bourquin 



J*ai déjà parlé des œuvres qui nous restent de la 
sophistique, au ii« et au m® siècles de notre ère, et j*en 
ai, ici môme, examiné quelques-unes, en m^efTorçant 
de faire voir ce qui a pu faire porter aux nues, par les 
contemporains, des compositions qui, pour ne rien dire 
de plus, nous paraissent aujourd'hui bien étranges. 
J'ai dit, et j'ai peut-être réussi à prouver, que ces so- 
phistes, gens habiles s'il en fut, et, avant tout, soucieux 
de leur vogue, n'avaient fait que se montrer les très 
humbles serviteurs d'un public trop raffiné, trop blasé, 
pour faire le moindre cas des pensées naturelles et des 
expressions simples. 

Cette complaisance des sophistes pour les goûts de 
leur époque a eu la récompense qu'elle méritait : une 
gloire éclatante, mais éphémère, puis, dans les âges 
suivants, le discrédit et l'oubli. Je n'ai pas entrepris 



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122 BOURQUIX. 

de réluibiiilcr cette sophistique deuxième (1) qui, pour 
mcriler son pardon, a commis trop de crimes contre 
le bon sens et contre le bon goût : au contraire, je l'ai 
jugée, je crois, avec toute la sévérité qui lui est due; 
mais je n'en ai pas moins cru qu'il était bon d'appeler 
l'attention du public studieux sur quelques-uns des 
monuments qu'elle nous a laissés. Il n*est pas sans 
quelque intérêt, je pense, devoir comment des hommes 
d'un réel talent, mais dominés avant tout par le désir 
de plaire à leurs contemporains, ont pu faire en pure 
perte une si grande dépense d'esprit ; je dis en pure 
perte pour leur gloire déflnitive; car, s'ils n'ont eu en 
vue qu'une gloire viagère, ils ont été, et au-delà, payés 
de leurs peines. 

Pour mettre le lecteur à même de l'aire à la sophis- 
tique son procès, j'ai donc publié ici, en 1882 (2), une dé- 
clamation de Polémon, comme type des extravagances 
oratoires qui faisaient, au ii« siècle, les délices de la 
société polie. Puis, en 1884 (3), j'ai résumé et apprécié 
YHéroïque de Flavius Philostrate, œuvre d'un tout au- 
tre genre, mais marquée aussi, et très fortement, du 
cachet do la sophistique. Aujourd'hui, et toujours dans 
le môme but, je me propose de passer en revue, sinon 
toutes les lettres (4), au moins une partie des lettres 
de cet auteur, parce qu'elles me paraissent dignes de 
figurer parmi les pièces du procès dont je parlais tout 
à rbeurc. 



(1) Cest par ce terme que Philostrate, après avoir parlé des sophis- 
tes-philosophes et des sophistes anciens, désigne la nouvelle école qui, 
selon lui, se rattache t Eschine. 

(2) Sur les sophistes au second siècle de notre ère, et sur deux 
déclamations de Polémon de Laodicée. — Traduction du plaidoyer de 
Polémon pour le père de Cynégire, annuaire de 1882, p. 160-190. 

(3) Essai sur Y Héroïque de Philostrate, annuaire de 1884, p. 97- 
141. 

(4) Je dirai plus loin par suite de quel scrupule je crois devoir 
écarter du présent travail Texamen d'un certain nombre de ces lettres. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 123 

En efTot, presque toutes les épltres dont ce recueil 
se compose sont, dans toute la force du terme, une 
œuvre do sophiste, et il peut être intéressant de les 
étudier, sinon pour leur valeur propre, au moins pour 
la singulière aberration de goût dont elles témoignent. 
On Bretonne, en les lisant, que des compositions sem- 
blables aient pu passer pour des chefs-d'œuvre; mais 
notre histoire littéraire ne nous ofTre^t-elle pas plus 
d'un exemple d'un engouement de ce genre? Je n'en 
citerai qu'un : 

Au commencement du xvii* siècle, dans le salon bleu 
de rincomparablo Ârthénice, la société la plus choisie, 
la plus rafflnée, la plus spirituelle du monde, accueil- 
lait comme autant de merveilles les moindres lettres 
de M. de Balzac, le grand épistolier de France, et Dieu 
sait pourtant s'il y eut jamais rien de plus compassé, 
de moins naturel et de plus vide. Et cette môme société 
se pâmait d'aise et criait au miracle, quand Vincent 
Voiture, Vàme du rond, venait tirer devant elle les feux 
d'artiQoe de son esprit, ou quand, lui absent, elle dé-* 
gustait avec des oh ! et des ah ! quelqu'un de ces 
jolis riens dans lesquels excellait ce maître en Tart de 
plaire. On révérait Balzac, ce n'est pas trop dire, comme 
le dieu de l'éloquence, et l'on voyait dans Voiture une 
sorte d'Apollon des muses badines, un second arbiter 
elegantiarum, un oracle du goût. Nous savons combien, 
depuis, il en a fallu rabattre, et, tout en rendant jus- 
tice à Balzac, sous lequel on a dit que la France a fait 
sa rhétorique, à Balzac, qui a su donner à la prose 
française la dignité, l'harmonie et le nombre ; tout en 
maintenant à Voiture le brevet d'homme d'esprit qui 
lui est dû, la postérité no s'est plus mise à genoux 
devant les trop savantes périodes du premier, pas plus 
qu'elle ne continue h voir des chefs-d'œuvre dans les 
jolies bluettes de l'autre. 

Eh bieni toute proportion gardée, l'engouement des 
précieuses pour le rhéteur Balzac, et pour le bel esprit 



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l'^i BOURQUIX. 

Voilure, pcul nous donner une idée de ce qui se passait 
dans la société grecque des premiers siècles de notre 
ère : cette société, elle aussi, avait ses charmeurs atti« 
très, dont elle raiTolait tout autant que Thôtel de Ram- 
bouillet a pu raffoler de Balzac et de Voiture. Seule* 
ment, si la vogue de ceux-ci ne s*est soutenue que 
pendant une génération ou deux, ]a vogue des sophis- 
tes a été un peu plus durable. A cela près, Tiniatuation 
a été la même. Mais revenons, ou plutôt, arrivons h 
nos lettres. 



La plupart des épllres de Philostrate ont été com- 
posées par lui durant sa jeunesse, et alors que, dans 
Athènes, il professait encore. Celles-là, presque toutes 
imprégnées de Tesprit sophistique, sentent d'une lieue 
les procédés de l'école, et ce sont leurs brillants dé- 
fauts qui, tout particulièrement, les recommandent à 
notre élude. Toutefois, nous verrons que tout n'est pas 
à reprendre dans ces lettres, et que, par exception, 
quelques-unes d'entre elles sont tout à fait charmantes. 
D'autres épUros, mais en assez petit nombre, ont dû 
ôtro écrites bien plus tard, et alors que notre auteur, 
dans la maturité de l'&go et dans la plénitude de son 
talent, occupait un rang distingué h la petite cour de 
Timpéralrico Julia. 

Disons aussi qu'en ce môme temps, selon toute pro- 
babilité, il a cru devoir retoucher, ampliQer et rema- 
nier vingt de ses lettres primitives. On verra, comme 
le fait très ingénieusement observer C. L. Kayser, que 
la rédaction première, par l'abondance des développe- 
monts empruntés à la mythologie, à l'histoire, à la vie 
ordinaire, se rapproche beaucoup des façons de penser 
qui so rencontrent dans les [jLsXéTat, tandis que la sc- 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 125 

conde rédaction, plus sentencieuse, plus philosophique, 
ou, si Ton veut, plus dogmatique, rappelle de plus près 
îa marche habituelle des SiaXéÇeiç. La remarque de 
Kayser est juste; mais il conviendrait d'ajouter que, 
presque partout, Philostrate a eu la main malheureuse 
en retouchant quelques-unes de ses lettres : elles étaient 
bien assez étranges déjà, pour n'avoir pas besoin d'un 
surcroît d'idées subtiles et quelquefois obscures. 

Au reste, les 73 lettres de ce recueil ne sont pas 
toutes, comme on est très généralement porté à le 
croire, d'après le titre de certains manuscrits pejoris 
familtœ, des èpwxixat èxKJToXaf. Ainsi, comme nous le 
verrons, la dernière, une des plus curieuses de toutes, 
est une apologie de la sophistique, où il n'est pas le 
moins du monde question de l'amour. Et 43 autres 
encore, quand bien môme le mot d'amour y serait pro - 
nonce çà et là, doivent être soigneusement distin- 
guées des lettres erotiques. En effet, celles-ci sont de 
purs exercices d'école, des variations exécutées avec 
plus ou moins d'agilité sur tel ou tel thème, en un mot, 
des modèles de lettres, et non des lettres véritables. J'ai 
la conviction qu'aucune d'entre elles n'est allée h son 
adresse, et cela, par l'excellente raison qu'elles n'avaient 
que des destinataires. fictifs et imaginaires. C'étaient, 
comme les [ukixai elles-mêmes, des jeux d'esprit sur 
une. matière de fantaisie. Au contraire, des 14 lettres 
dont j'ai parlé plus haut, 13 ont dû certainement être 
envoyées par Philostrate aux divers correspondants 
dont elles portent les noms; et si une seule, la 72% a 
pu être, elle aussi, un exercice d'école, il se trouve 
précisément qu'elle n'a aucun rapport avec l'amour. 

Restent donc, en tout, 59 lettres erotiques, et il con- 
vient d'en faire deux parts : les premières, au nombre 
de 28, sont censées être adressées à des adolescents; 
les secondes, au nombre de 31, sont écrites pour des 
femmes. 

Avant d'aller plus loin, j'ai à toucher un point fort 



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126 BOURQUIN. 

délicat, sur lequel je m'expliquerai ici, une fois pour 
toutes, avec une pleine et entière franchise : bien que 
les 28 lettres erotiques de la première catégorie, c'est- 
à-dire les lettres adressées à des adolescents, ne con- 
tiennent ni un seul terme graveleux, ni une sçule des- 
cription obscène ; bien que, malgré la passion brûlante 
qui les anime, la plupart d'entre elles ne renferment 
rien qui puisse nous choquer beaucoup, si elles étaient 
adressées à des femmes, je n'en crois pas moins devoir 
les laisser de côté, parce que nous ne pouvons éprouver 
que de Thorreur pour le genre d'amour qui les a ins- 
pirées. Je leur oppose donc, dès maintenant, une fin 
de non-recevoir, et je ne m'en occuperai pas, si ce 
n'est pour indiquer, à qui voudra les aller chercher 
dans le texte, les rapprochements qui pourront se pré- 
senter. Le travail qu'on va lire portera donc : i*» sur 
les lettres non erotiques, au nombre de 14; 2^ sur les 
lettres erotiques adressées, ou censées adressées à des 
femmes, lesquelles sont au nombre do 34. 



Il 



Mais, avant d'aborder l'examen de cette corrcspon*» 
dance réelle, d'une part, et de cette correspondance fic- 
tive, de Pautre, il me parait à propos do faire connaître 
quelles idées Philostrate se faisait du style épistolairOé 
Je lui laisse la parole : 

« Ceux qui, depuis les anciens, me paraissent avoir 
le mieux saisi le caractère du style épistolaire sont, 
parmi les philosophes, Apollonios de Tyano et Dion; 
parmi les généraux, Brutus, ou le secrétaire dont Bru- 
tus se servait pour ses lettres ; et, parmi les princes, le 
divin Marcos, dans toutes celles de ses lettres, du 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 127 

moins, qui sont véritablement de son crû (l) ; car, outre 
qu*il se recommande par le choix des expressions, son 
style porte l'empreinte de la fermeté de son âme ; quant 
aux orateurs, celui d'entre eux qui a su le mieux écrire 
une lettre est l'athénien Hérode; toutefois, son ex- 
cessive recherche de l'atticisme, et une certaine pro- 
lixité (2), font qu'il s'écarte fréquemment du caractère 
qui convient au style épistolaire. On doit, en effet, 
trouver dans une lettre plus d'atticisme que dans la 
conversation toute simple, et plus de simplicité quo 
dans l'atticisme; il faut aussi qu'elle ait le style qui 
convient pour l'expédition des affaires (3), sans que le 
sérieux en bannisse la grâce. 

« Le ton d'une lettre ne saurait être convenable que si 
l'on s'y abstient du tour figuré (4), car, si l'on emploie ce 



(1) Voir, sur le très petit nombre des lettres d*Apo11onios de Tyane 
qa*oa peut regarder comme authentiques, le jugement de Kayser (éd. 
altéra^ Turici, p. v àMproœmium de la Vie d*Ap, de T.). Voir aussi 
les très judicieuses appréciations de M. Chassang {Apollonius de 
Tyanti etc., p. 481, 482). ^ Les lettres de Dion sont aussi regardées 
comme apocryphes par Kayser. — Quant aux lettres de Brutus, lettres 
écrites en grec, Plutarque les mentionne, et en cite même quelques 
échantillons (Vie de Brutus, trad. Ricard, ch. m). — Pour Marc-Au- 
rèlo, on n*a pas, je crois, révoqué en doute l'authenticité de ses let- 
tres. Y a-t-il dans sa correspondance, comme Tinsinue Philostrate, 
une partie plus ou moins considérable qui soit Toeuvre de ses secré* 
taires et non la sienne? J*avoue que je n^en sais rien. 

(2) Quiconque a lu les Vies des sophistes appréciera la justesse de 
cette remarque de Kayser : c Severius hic judicat (Philostratus) quam 
in Vitis soph., libro scilicet ei viro dedicato, qui genus snum ab Hé- 
rode derivabat ». — Voir, en effet, d*une part, le commencement de 
la dédicace des ^iot 90f., de Tautre, les éloges de toute sorte dont Hé-* 
rode est comblé, en maints endroits de ce recueil. 

(3) Je ne pense pas qu^on doive entendre autrement ivyxiXtSxi noXt- 

TCXâ«. 

(4) ixira oc tô luf^rifiov iv r& /i-ii i9x»ifiotrCeO*t. — Ces mots, que je 
rends par : s*abst6nir du tour figuré, ne veulent pas dire du tout 
qu*ii fidlle proscrire des lettres les figures, dans le sens ordinaire du 
mot; eyr,flL9rii;uv indique une opération de Tesprit qui consiste & dire 
une chose> et à en faire entendre une autre. Ce tour de force consti- 



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128 BOURQUIN. 

lour, on paraîtra rechercher les ornements avec affec- 
tation; or, dans une lettre, toute affectation a quelque 
chose de puéril. Je ne vois pas de mal à ce que, dans 
les lettres d'une extrême brièveté, on emploie le tour 
périodique (1) : ce sera le moyen de rehausser un peu, 
par des ornements empruntés à un autre genre, la con- 
cision, la maigreur d'une missive de quelques lignes; 
mais, des lettres d'une certaine longueur, il faudra 
bannir la période ; c'est là, en effet, un style un peu 
plus tendu qu'il ne le faut pour une lettre, à moins qu'en 
terminant, on n'ait besoin de résumer ce qu'on vient de 
dire, ou de mettre en relief la pensée finale. S'il est 
bon, dans tout ce qu'on écrit, de prendre la clarté pour 
guide, c'est surtout vrai quand il sagit d'une lettre : 
présent, prière, concession, refus, accusation, apolo- 
gie, déclaration d'amour, quel que soit le sujet de no- 
tre lettre, nous persuaderons plus facilement, si nous 
nous exprimons avec clarté; or, nous nous exprime- 
rons avec clarté, et sans avoir rien de trivial^ si nous 
rendons les pensées communes par des expressions 
neuves, et les pensées neuves par des expressions 
communes > (2). 
Il y a dans ces lignes, si du moins je ne m'abuse, un 



tuait un des exercices les plus difficiles des sophistes, et Ton appelait 
les discours où il était employé des causes figurées : occ xj-noOititiç oX 
isxvifjLxrtcfii^fxi, Voir en particulier, à ce propos, Vie de Polémon 
(§§ 2d, 25, éd. Didot), où Ton cite quelques-uns de ces sujets à double 
sens. 

(1) x.!>x/ov ànoTopvsûsiv. Mdme expression dans la Vie de Polémon 
(§ 15, éd. Didot). 

(2) Kayser rapproche cette pensée du vers si connu d'Horace : « Dif- 
licile est proprie communia dicere > (Art poét, 130). — Il y a. en effet, 
entre les deux idées, une certaine analogie ; mais ce qui me parait 
plus en rapport avec le passage qui nous occupe, c'est cette pensée 
qu'Hermogène (p. 136, ald.) et son scholiaste (p. 381) attribuent à Iso- 
crate : xat yàp *IffOxpaT>j; epyoy îç)affx«v tryat pvjToptx^ç rà ^«v cfAtxpk 
fiî'/xXoii C(i7S?v, rà H fiiyaX» ff/AUcpû;, xal tk yv.sv xatvà ir«Aacâ>s, rà ôè 
ffxAaià xatyû;. — J'emprunte cette citation, ainsi que les deux renvois, & 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 129 

singulier mélange d'idées justes, d'idées à moitié 
vraies, et d'idées que, pour ne rien dire de trop sévère, 
j'appellerai fort contestables. Ainsi personne ne fera 
difficulté d'admettre avec Tauteur que la clarté, qui est 
une qualité essentielle du style, doit se rencontrer dans 
une lettre au moins autant que dans toute autre pro- 
duction de Tesprit; on lui accordera aussi, sans la moin- 
dre peine, que le tour périodique ne doit être employé, 
dans le style épistolaire, que par exception, et avec une 
extrême réserve ; on dira aussi avec lui qu'une lettre, 
même quand il y est question d'affaires, peut rester 
sérieuse sans être pour cela dépouillée de toute espèce 
de grâce. Maintenant, est-il bien vrai qu'il faille, dans 
une lettre, plus d'atticisme que dans la conversation 
ordinaire, et plus de simplicité que dans l'atticisme 
proprement dit? Il est assez difficile de trancher la 
question, car de bons esprits semblent avoir pensé au- 
trement, M. Suard, par exemple, selon lequel une let- 
tre n'est pas autre chose qu'une conversation par écrit; 
néanmoins, entre la causerie de vive voix, et la cause- 
rie qui a lieu par l'intermédiaire de la plume, on peut 
admettre une légère nuance, et croire que la seconde, 
par cela môme qu'elle n'a pas à compter avec les ré- 
ponses, les interruptions, et autres accidents ou inci- 
dents du dialogue, doit être un peu plus châtiée, un 
peu plus soignée, un peu plus suivie que la première 
n'est tenue de l'être; mais, je le répète, il ne peut y 
avoir ici qu'une nuance, et une nuance fort légère. 
Quant à la seconde partie de la pensée de Philostrate : 
une lettre doit avoir plus de simplicité que n'en a l'at- 
ticisme, je la crois vraie absolument, si toutefois, comme 
je le pense, l'auteur entend ici par ce motatticisme une 
perfection soutenue, à laquelle lui-même et les autres 



L. Spengel, ffuv. ri^y., p. 156. — Quant à la dissertation qu'on vient 
de lire, elle se trouve après la lettre 73, du moins dans les éditions 
que j'ai eues entre les mains : Didot; Kayser, 1844 ; Kayser, 1871. 

Annuairis 18S6. 



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130 BOURQUIN. 

sophistes s^ofTorQaientd^utleindre, en n'employant dans 
leurs ouvrages que des termes empruntés à la fleur de 
rélocution attique des meilleures époques. Bonne pour 
une luXixY), voire même pour une SiiXs^iç, une pareille 
recherche serait, dans une simple lettre, une marque 
d'afTectation, et c'est là justement un des deux repro- 
ches que Philostrate ne craint pas d'adresser aux let- 
tres écrites par cet Hérode, dont il a pourtant, en 
d'autresendroits, exalté le talent sans aucune espèce 
de réserve. 

Passons à un autre point : le tour figuré, c'est-à-dire, 
comme je l'ai expliqué dans une note, l'emploi des pa- 
roles à double entente, doit-il, comme le veut Philos- 
trate, être proscrit du genre épistolaire? Pas tout à fait, 
je crois, pourvu qu'on use avec beaucoup de discrétion 
de cet artifice de langage, et surtout, qu'on n'en fasse 
pas un jeu puéril pour le vain plaisir d'étaler son esprit. 
Je ne crois pas, d'ailleurs, que Philostrate ait voulu, 
d'une manière absolue, interdire dans les lettres l'em- 
ploi de l'ironie, de l'astéisme et des autres tours qui 
laissent au lecteur le plaisir délicat d'entendre à demi 
mot, et de lire entre les lignes ; mais ce qu'il ne veut 
pas, et à mon sens il a raison de ne le pas vouloir, c'est 
qu'une lettre soit d'un bout à l'autre, et de parti pris, 
comme l'étaient les O'^roOécetç i9Xiri(iaTi(7[i.iv(Xt, une série de 
contre-vérités. On pourrait citer, jo le sais, telle lettre 
de Voiture qui est, en ce genre, un tour de force et un 
chef-d'œuvre (1) ; mais cette lettre môme sent peut-être, 
un peu plus qu'il ne convient, la recherche et l'arti* 
fice. 

En somme, un homme de goût peut) il me semble, et 



(1) II s'agit de la très ingënieuse lettre adressée Att duc d'Ën^hieii 
(Voiture écrit d'Anguien) après la bataille de RocrOy, et qui commence 
par ces mots : « Â cette heure que je suis loin de Votre Altesse, et 
qu'elle ne peut me faire de charge », etc. •» (Lettil^ 141^ édit. Pin- 
chcsne, 1652.) 



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LA CORRESPONDANCE ÛE FL. PflILOSTRAtE. 131 

sans faire do trop fortes réserves, acquiescer aux idées 
exprimées jusqu'ici par Philostrate. Hais en sera-l-il 
de môme de la pensée qui termine sa dissertation : 
nous nous exprimerons avec clarté, et sans avoir rien 
de trivial, si nous rendons les pensées communes par 
des expressions neuves, et les pensées neuves par des 
expressions communes? Bien qu'Isocrate se soit servi 
de termes presque semblables pour définir à sa ma* 
nière le rôle de la rhétorique (1), je ne puis voir sans 
une suprême défiance, surtout lorsqu'il est question du 
genre épistolaire, une théorie si propre à dépouiller ce 
genre de la qualité qui chez lui doit passer avant toutes 
les autres, je veux dire du naturel. Chercher à toute 
force des tours et des termes nouveaux pour exprimer 
des idées communes, n'est-ce pas faire ce que faisait 
VAcis de La Bruyère, ce que faisaient aussi les Précieu- 
ses ridicules? Chercher, au contraire, à ne rendre que 
par des expressions communes les idées neuves et ori- 
ginaleSi n'est-ce pas tomber dans un genre d'afTecta- 
tion qui, peut-être, n'est pas beaucoup moins grave que 
l'autre? En tout cas, c'est détruire comme à plaisir ce 
parfait équilibre qui doit exister entre la pensée et Tex- 
preasion, et sans lequel il n'y a pas de bon style. 



(1) Isocrate n'est pas le seul qui ait apppliquë à Téloquence le pr«5- 
Cepte que nous regrettons si fort de trouver à la fin de la dissertation 
de Philostrate. Voici, en effet, comme parle Apulée : « Le grand ora- 
teur est riiomme qui excelle à dire d'une façon commune les choses 
nouvelles, et d'une façon nouvelle les choses communes », c'est-A-dire, 
pour emprunter les termes de M. Boissier, qui prend, en toutes cho- 
ses, le contre-pied de la vérité. — Voir, dans la Revue des Deux 
MondeSy du 15 mars 1879, un article de M. G. fioissier intitulé : Les 
origines du roman grec, etc. M. Boissier, dans les dix dernières pages 
de cet excellent travail, apprécie d'une façon niagistrale le grand 
r6Ie joué par les sophistes des premiers siècles de Tempire, et nous 
fait toucher du doigt les causes de la vogue dont ils ont joui ; il croit, 
comme je me suis moi-même efforcé de le faire voir, que ce qui nous 
choque le plus en eux, est précisément co qui les recommandait À 
l'admiration de leurs contemporains. 



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132 BOURQUIN. 

Nous n*aurons pas trop lieu de nous étonner, après 
ce que nous venons de lire, si nous trouvons, dans 
certaines lettres de Philostrate, moins de naturel que 
d'esprit, plus d'artifice que de simplicité, plus de faux 
brillants que de bon sens. Mais c^est précisément par 
là, si je puis ainsi parler, qu'elles ont un caractère sut 
generis, et qu'elles valent la peine d'être lues, comme 
une des plus curieuses applications des procédés de la 
sophistique à celui des genres qui, peut-être, s'en ac- 
commode le moins. 

Au reste, la dissertation dont nous venons de nous 
occuper n'est pas le seul témoignage que Philostrate 
nous ait laissé de ses idées sur le genre épistolaire. Il 
en a parlé, et cette fois en termes excellents, dans une 
de ses biographies : <c II (le sophiste Antipater) remplit 
ce rôle (celui de secrétaire do l'empereur) avec beau- 
coup d*éclat. Je dois le déclarer en effet : si beaucoup 
de personnes ont mieux déclamé, ont mieux écrit qu' An- 
tipater, personne, mieux que lui, n'a su rédiger une 
lettre. Comme un acteur tragique excellent, et qui 
comprend la pièce à merveille, il sut toujours prêter 
uu prince un langage digne de sa personne. Dans tout 
ce qu'il dit, en effet, on trouve à la fois la clarté, la 
grandeur des pensées, une expression qui semble jaillir des 
entrailles du sujet, et enfin, cette négligence aimable, qui 
est la vraie parure d'une lettre (1). 

A la bonne heure, et l'on ne saurait mieux dire. Nous 
ignorons si Philostrate, par reconnaissance pour un 
homme dont il avait suivi les leçons, ne s'est pas fait 
une pieuse illusion sur les mérites réels d'Antipater; 
mais, ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'il a su, 
en cet endroit, marquer d'une main très sûre les qua- 
lités de fond et de forme qui conviennent le mieux au 
secrétaire d'un prince. Tous les sujets, sans doute, ne 
comportent pas cette grandeur de pensées, qui était si 

(1) ,5ioi 50'jpcçTûv. Vie d* Antipater, liv. Il, biog. xxiv, § I, éd. Didot. 



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LA œRRESPOND.\NCE DE FL. PHILOSTRATE. J33 

bien h sa place dans la correspondance conQée à la 
plume d'Antipatcr; mais quel est le genre de lettres oîi 
l'on ne sera pas ravi de rencontrer, avec la clarté, des 
expressions qui semblent^aiV/ir des entrailles du sujet, 
et cette négligence aimable, dont parle Philostrate? Lui- 
même, à coup sûr, eût grandement gagné à ne pas éle- 
ver plus haut ses prétentions. 



III 



Abordons maintenant Texamen des lettres non ero- 
tiques de Philostrate. Ces lettres, comme je Tai dit, 
sont au nombre de 14, et, à Texception d'une seule, 
paraissent avoir été écrites et envoyées à des corres- 
pondants réels. Commençons par celle qui est, à la 
fois, la plus curieuse et la plus longue. 

i , Lettre 73** — à Julia Augusta. — « Bien que beaucoup 
de personnes soient fort portées à le croire, le divin Platon lui- 
même (1) n*a pas voulu dénigrer les sophistes : il les a regardés 
comme des émules, parce que, semblables à Orphée ou à Thamy- 
ris (2), ils allaient porter, aux cités petites ou grandes, le charme 
de leur parole; quant à les dénigrer, Platon en était aussi loin 
que Fémulation est loin de Tenvie ; car Tenvie est Taliment des 
âmes sans valeur, tandis que T émulation ne fait que stimuler les 
Ames d* élite : le dénigrement porte sur ce que Ton n'a pas Tes- 
poir d'obtenir, Témulation, sur ce que Ton se croit on état de 



(1) J'ai cru devoir mettre : lui-même, pour rendre oOoà, qui com- 
mence la letli*e. 

(2) Cf. ^iot ffoyt^rôiv, introduction, §5, éd. Didot.Eii cet endroit, c'est 
Prodicos qui est comparée à Orphée, ainsi qu'à Thamyris. On trouve 
encore wj 'Op^ij,- rtj xai QxjjLupii, dans la biog. de Scopélianos. /Hot 
«:?., liv. I, biog, XXI, § 12, éd. Didot. 



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134 BOURQUIN. 

fairo mieux, ou aussi bien que les autres. Platon cherche donc 
à dérober aux sophistes les secrets de leur beau langage ; il 
imite Gorgias de façon à ne point permettre que celui-ci le sur- 
passe (1), même dans le genre qui lui est propre ; il a aussi, 
dans sa diction, de nombreux points qui rappellent Hippias et 
Protagoras. 

2. D'ailleurs, Témulation régnait entre les beaux esprits de ce 
temps-là (2). Ne voyons-nous pas en effet, le fils de Gryllos, imi- 
ter en émule THéraclès de Prodicos (3) ! Je veux parler de ce 
mytlio où Prodicos nous montre Héraclès entre la mollesse et la 
vertu qui, toutes deux, Tinvitentà choisir, pour son genre de vie, 
une voie différente. Mais c'est Gorgias qui comptait surtout 
d'illustres et nombreux admirateurs : d'abord, les Grecs de Thcs- 
salie, chez lesquels on disait indifféremment : être éloquent, ou : 
parler comme Gorgias ; puis la Grèce entière, en présence de 
laquelle, aux jeux Olympiques, il discourut contre les barbares 
du haut des marches du temple (4). C'est aussi, à ce que l'on 
dit, d'après le modèle de Gorgias, qu'Àspasie de Milet aiguisa 
l'éloquence de Pôriclès (5), On n'ignore pas non plus queCritias 
et Thucydide lui ont emprunté l'élévation et la fierté du style, et 



(l)oCÎT4 T&j Vop'jiv. napirtÇi 70 iauTOi/ itiiivoy yop'/tiKsrj, Il me parait 
évident que, pour entendi*e la phrase, il faut rapporter ixrjroû au su- 
jet de nuGi/jci, c'est-à-dire t Platon. Pour ce qui est des emprunts 
faits par Platon a la manière de Gorgias, Kayser renvoie à Denvs 
d'Halicarnasse, :tî^i t^j ài/.-ztxiîi ^r^fiosOivoui SuvoTTiroi, §§ 5 et C. 
Platon, dans ce passage, est assez malmené par Denys. 

(2) Çyj/6jrs(t 0' iyivovro u))oi fih âUeov. Je crois qu'il s*agit ici, 
d*une man^'ère générale, des écrivains et des orateurs de Tëpoque. 
S*il ne s^agissait que des sophistes, Philostrate ne citerait ni Platon 
ni Xénophon, qu'il n*a jamais rangés parmi eux. 

(3) Voir /5tot aov, introduction, §§ 5 et G, éd. Didot. — Voir aussi 
les remarques de Kayser, éd. spéc. (1838), pag. 208, ainsi que L. Spen- 
gel, auv. Tîx. pag. 57. 

(4) Voir ^t'ot co)>t»Twv, biog. de Gorgias (liv. I, biog. ix, § 2, éd. 
Didot). 

(5) Voir /. c. même §. Dans son édition spéciale des fiioi (1836). 
pag. 193, Kayser établit que Périclès était mort avant que Gorgias eût 
mis le pied dans Athènes. Il paraît done difficile d'admettre ce qui est 
dit ici à propos d*Aspasie, 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PBIILOSÏRATE. 135 

qu'ils 66 sont approprié ces qualités, Tuu pour augmentôr la 
grâce, et Tautre, pour augmenter la vigueur de leur éloquence. 

3» Et cet Eschine, ]e disciple de Socrate, celui-là même dont 
tu nous entretenais tout dernièrement^ et que tu louais pour avoir 
usé, dans ses dialogues, d'un style si châtié et si brillant tout 
ensemble, a-t-il hésité, dans son écrit sur Thargôlie, à imiter 
Oorgias ? Non : car voici à peu près ce qu*il dit- : < Venue en 
Thessalie, Thargélie de Milet entra en relations avec le Thessa- 
lien Antiochos, qui gouvernait alors toute la Thessalie (1). » 
Enfin, les procédés de Gorgias, soit pour quitter, soit pour abor- 
der un point du discours (2), faisaient partout fortune, mais par- 
ticulièrement dans le cercle des poètes épiques (3). Tâche donc, 
6 ma souveraine, d*amener Plutarque, qui est plus audacieux que 
tous les Grecs ensemble^ à ne point en vouloir aux sophistes, et 
à ne point mal penser de Gorgias. Si tu ne réussis pas à le per- 
suader, tu as assez de sagesse, assez de lumières, pour savoir de 
quel nom il convient d*appeler un pareil homme ; mais moi, si 
Je le sais, je ne veux pas le dire, y 

Philoslrate, on le sait, après avoir enseigné plus ou 
moins longtemps la sophistique, avait su se faire ad- 
mettre dans la petite société (xuxXov) de ces géomètres 
et de ces philosophes, qui composaient la cour savante 
do l'impératrice Julia Domna. Il y était, à titre de bel 
esprit, et peut-être y représentait-il seul, ou à peu 
près seul, le genre de mérite qui consiste à bien dire, 
et dont les sophistes prétendaient avoir, non-sculement 



(1) La répétition des r et des 0^ dans cette phrase, me parait devoir 
être signalée. Si c*est là une des merveilles trouvées par Gorgias, et 
les émules de Gorgias, il n'y a pas lieu d*en être fier. 

(2) «t ànovTKitii tu Xi :rpoç6o>at. Ces mots, qui se retrouvent dans la 
vie de Gorgias, § 1, ont déjà été expliqués dans une note de ma tra- 
duction de cette biog. Voir là-dessus Kayser, éd. spèc. (1838), pag. 196. 

(3) cv Ta) rwy iKO-noiû-j xûxAcji. Il s'agit des poètes épiques modernes 
(par rapport à Homère). Ils sont appelés Homérides dans la vie de 
Scopélianos (g 9, éd. Didot), Voir ce qu'en dit Kayser, éd. spèc. (1838), 
pag. 250. 



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136 . BOURQUIN. 

le secret, mais en quelque sorte le monopole. Son beau 
langage lui avait assurément conquis les bonnes grâces 
de sa souveraine : comment, sans cela, nous explique- 
rions-nous qu'elle n'ait pas voulu se séparer de lui, 
même en voyage? Or, nous savons par le témoignage 
de Philostrate lui-même, qu elle parcourut avec lui la 
plus grande partie de la terre (1). Notre sophiste était 
donc ce que Ton peut appeler : bien en cour; mais il 
est extrêmement probable que la faveur dont il jouissait 
excitait contre lui des jalousies plus ou moins vives. 
Ces géomètres, ces philosophes, dont se composait 
l'entourage de la princesse, devaient voir d'assez mau- 
vais œil leur crédit balancé, peut-être môme surpassé, 
par celui d'un simple beau parleur, et il n'est pas éton- 
nant qu'ils se soient efforcés, en dénigrant l'art dont il 
faisait profession, de le faire baisser lui-même dans 
l'estime de Domna. C'est du moins ainsi que je m'ex- 
plique l'espèce de petite guerre dont la lettre qu'on 
vient de lire est le témoignage. Pour atteindre indirec- 
tement Philostrate, un certain Plutarque « plus auda- 
cieux que n'importe qui des Grecs, 6 ôàpaaXscbTspoç tou 
'EXXtjvtxou », a frappé sur Gorgias, le père de la sophis- 
tique ancienne, et l'ancêtre vénéré des sophistes nou- 
veaux. On a vu avec quelle chaleur Philostrate défend 
la cause des siens, et comment, à la fin, il prie Domna, 
si elle ne peut amener Plutarque à résipiscence, de le 
prendre pour ce qu'il est (c'est-à-dire, sans doute, pour 
un calomniateur). Tout, dans cette lettre, indique un 
homme qui combat pro ans et fucis^ et qui se sent at- 



(1) Philostrate ne dit pas cela en propres termes; mais, d*une part, 
il affirme qu'il a parcouru la plus grande partie de la terre : Tn« y^î,-, 
<3-Ô9»2 èffTt'v, iîwiôwv ir/îcffTa;v(T'tV d'Ap, de T., VIII. 31), et il est permis 
de croire qu'il a fait plus d'un de ces voyages en compagnie de Tim- 
pératriçe, grande voyageuse elle-môme; de l'autre, il cite po- 
sitivement, comme les ayant visités, des endroits que nous savons 
avoir été visités aussi par Domna; par exemple, Antioche (V. Vie d€s 
soi>h.j dédicace), etc. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. L37 

teint lui-même par les attaques dirigées contre son 
art. Il est, je crois, parfaitement sincère en défendant 
la sophistique, à laquelle il a voué Ime sorte de culte, 
mais en cette circonstance il n'oublie pas non plus, du 
moins je le présume, les intérêts de son crédit, plus 
ou moins mis en péril par les insinuations de ce Plu- 
tarque. 

• On aura remarqué aussi, je pense, dans cette épUre, 
bien des idées que Tauteur, quinze ou vingt ans plus 
tard, devait reproduire, soit dans l'introduction de ses 
ptot c7o^i<7to)v, soit dans quelques-unes de ses biographies. 
Paut-il en conclure que dès lors, c'est-à-dire du vivant 
de Domna, morte en 217, il travaillait à réunir les ma- 
tériaux de son futur travail? Ce n'est pas du tout in- 
vraisemblable. 

Disons enfin que cette lettre, où Ton ne trouve au- 
cun terme qui sente l'adulation, car le compliment de 
la fin, oia aou acçia %a\ [xtjTtç, ne saurait passer pour flat- 
terie, fait honneur à celui qui l'a écrite, et à celle qui 
l'a reçue. On aime à voir sur quel pied de respectueuse 
familiarité Domna se laissait traiter par ceux qu'elle 
honorait de son estime. Sans doute, elle ne connaissait 
ni le dédain ni la morgue, cette princesse qui, entourée 
de beaux esprits, ne dédaignait pas de prendre part & 
leurs travaux, et qui venait disserter avec eux sur les 
dialogues d'Eschine le socratique! 

Les treize autres lettres non erotiques de Philos- 
trate n'ont ni la même étendue, ni la même importance. 
Presque toutes ne sont que des billets de deux ou trois 
lignes, où la précision et la concision se trouvent réu- 
nies. Presque toutes aussi se recommandent par quel- 
que trait délicat, ou par quelque bon mot. 

Il y a quelques épigrammes, celle-ci, par exemple : 

Lettre 42, à Athénodore (1). — ■ Si tu trouves du charme 
(1) Mort très vieux sous Philippe l'Arabe, c'est-à-dire vers 244, Phi- 



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138 BOUUQUIN. 

aux applaudissements d*une foule stupide, tu dois croire q^ne les 
cigognes, quand elles passent à grand bruit au-dessus de nos 
ta tes, sont un peuple beaucoup plus désintéressé que celui d*A- 
thènes, car elles ne se font pas payer pour applaudir (1). » 

Qui s*en serait douté? Voilà donc avec quelle désin- 
volture, dans leurs épanchements intimes, les sophistes 
traitaient ce peuple d'Athènes, tout en ne négligeant 
rien d'ailleurs pour capter ses suffrages! Et n'est-il pas 
curieux aussi d'apprendre que, pour les séances d'appa- 
rat, tout au moins, il y avait une sorte de claque payée? 

Autre épigramme, celle-là bien cruelle, et dirigée 
sans doute contre un sophiste qui s'en faisait un peu 
trop accroire : 

Lettre 69, à Kpictète (2). — < € Les initiés aux mystères de Rhéa 
sont en proie à je ne sais quel délire, parce que leurs oreilles 
sont assourdies par le bruit des instruments ; mais c*est là un 
effet des cymbales et des flûtes, tandis que, toi, les applaudisse- 
ments des Athéniens t* enivrent, au point de te faire oublier qui 
tu es, et de qui tu descends (3). » 

Voilà de dures paroles, mais Épictète, probablement, 
ne se les serait pas attirées, s'il eût mieux profllé du 
sage conseil qu'on lui donne dans la lettre 6o : 

« Redoute le peuple, auprès duquel tu es en grand crédit. » 



lostrate a fort bien pu connaître le sophiste Athénodore, qui florissait 
en môme temps que Pollux, nommé par Commode à la chaire d* Athè- 
nes (voir les ^ioi eoffs-zû^, liv. II, biog. 12 et 14). Comme Athénodore 
est mort jeune (î5,5wv «rt iriXtùra), je présume que le petit billet 
qu'on va lire a dû être écrit avant la fin du i^^ siècle de notre ère. 

(1) Daus ces quelques lignes, si peu respectueuses pour le peuple 
d'Athènes, Philostrate joue sur le double sens dexporicv, qui signifie : 
faire du bruit, et aussi : applaudir. En latin, plaiidere a aussi ce dou-o 
ble sens. 

(2) Je n'ai rien trouvé sur cetÉpictèle. 

(3) Cf. avec les lettres 42 et 06. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 139 

Quelques-uns de ces petits billets sont un simple 
badinage, et un bon mot, plus ou moins spirituel, en 
fait tous les irais. Exemple : 

Lettre 52, à Nicôtès. — « Ce n^est pas aimer, c'est ne pas ai- 
mer, qui est une maladie; car si aimer (èpav), vient de Yoir (6p5v), 
qui n*aime pas est donc aveugle. 

Autre exemple : 

Lettre 45, àDiodore. — « Erythres fait venir des grenades sans 
pépins, qui fournissent une liqueur délectable, et aussi bonne que 
celle des meilleurs raisins. J*ai cueilli et je t'envoie dix de ces 
fruits : emploie»les comm^ vin si tu manges, comme aliment, si 
tu as bu (1). » 

ê 
Mais voici une lettre de recommandation qui, bien 

qu'un peu sèche peut-être, ne manque pourtant ni 

d'urbanité, ni de grâce ; 

Lettre G7, à Philômon. — « Si tu connais déjà le tragédien Die- 
clos, tu ne peux manquer de l'apprécier : si tu ne le connais pas, 
inscris-le au nombre de ceux qu'on estime à bon droit, et fais 
pour lui ce que doit faire un homme, ou déjà édifié sur son 
compte, ou conQant dans la parole de celui qui le recommande. > 

En un autre endroit, Fauteur se fait bien venir de 
nous par le zèle qu'il témoigne pour les intérêts de ses 
amis, et par le pieux souvenir qu'il a gardé non-seule* 
ment de son pays natal, mais des contrées voisines. 

Lettre 70 à Cléophon et à Caïus. -— a Des choses que vous 

(1) J^adoucis un peu Texpression grecque : fAiOùuv oè,' — Quant à 
ce qui est d'Erythres, il y avait une ville de ce nom en Béotie (cf. 
Iliade, ii, 499); mais je croirais plutôt qull s*agit ici de la florissante 
colonie fondée par les Crétoist et occupée ensuite par les Ioniens, à 
ro. de Cla7x>mène. 



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140 BOURQUIN. 

me mandez, les unes sont faites, et les autres vont se faire ; car, 
en Lemuieii que je suis, je vois dans Imbros comme une seconde 
patrie : les deux lies ne font qu'un dans mon affection, et j*ai 
pour Tune et pour l'autre même tendresse de cœur. » 

Mais une lettre qui lui fait encore plus d'honneur, 
bien qu'il se soit certninement gardé de renvoyer à 
son adresse, c'est celte foudroyante épître que, dans 
son indignation, il a composée, je ne sais à quelle épo* 
que, contre Caracdlla, bourreau de son frère. 

Lettre 72 à Antonin : — t Les cigognes détournent leur vol 
des villes dévastées, car elles ont horreur d*un mal dont il ne 
reste pourtant plus que la trace (1); mais toi, tu habites une 
maison où tu as toi-même porté le ravage, et tu sacrifies aux 
dieux pénates de cette maison, comme s'ils n'étaient plus, ou 
comme si, bien que toujours là, ils oubliaient que tu as pris leur 
bien, » 

Cette lettre, je le répète, n'a certainement pas passé 
sous les yeux du tyran, qui n'en aurait pas laissé vivre 
Tauteur. Mais je ne la classe pas dans la correspon- 
dance Qclive, parce que ce sont des événements réels 
qui l'ont inspirée, et des sentiments réels aussi, qui la 
remplissent. Peut-être n'est-il pas trop téméraire de 
croire que, sous le sceau du secret, elle a pu être lue 
ou récitée par l'auteur à la malheureuse Domna, qui, 
jusqu'à sa mort, ne cessa de pleurer la perle de son 
plus jeune fils, elles crimes de l'autre. 

Je n'ajouterai plus rien sur cette correspondance 
réelle de Philostrale, dont j'ai donné assez d'échanlil- 
lons pour qu'on puisse en apprécier la valeur. A part la 



(1) xozûv 7mtay,aîv&iv r,'//ji ^s>/ovrii. — rr/ot ne peut ôtre ici entendu 
a la lettre, et signifier la répercussion du son ; mais, par analogie, il 
peut, je crois, désigner les traces, ou Timage d'une catastrophe passée, 
comme Técho est, ou a l'air d*étre l'image du son : rocis itnago. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 141 

lettre 73 qui est, comme nous l'avons vu, d'une certaine 
longueur, toutes les lettres de cette catégorie ont pour 
caractère commun l'extrême concision qui les distingue. 
Philostrate, quand il écrit à un correspondant réel, 
semble mettre une sorte de coquetterie à dire de jolies 
choses en aussi peu de mots que possible, et arrive, si 
je puis ainsi parler, à une brièveté lumineuse qui, dans 
le texte tout au moins, n'est pas dénuée de charme. 

Cette sobriété de bon goût ne se rencontrera pas, du 
moins en général, dans la correspondance fictive, dont 
nous allons maintenant nous occuper. En revanche, 
nous y trouverons plus d'une Ibis, à côté de beaucoup 
d'esprit, quelques-uns de ces brillants défauts, si ap- 
préciés des lecteurs de cette époque, et auxquels les 
sophistes d'alors ont dû le plus clair de leur réputa- 
tion. 



IV 



Abstraction faite des 28 lettres censées écrites pour 
des adolescents, et dont je ne veux rien dire, en raison 
du scrupule que j'ai fait connaître plus haut, il nous 
reste, dans la correspondance fictive de Philostrate, 
30 épîtres composées à l'adresse et à l'intention de 
maîtresses imaginaires, et une seule qui (1), bien qu^elle 
ait un nom propre dans sa suscription, n'en paraît pas 
moins, comme les autres, un pur exercice d'école. L'é- 
tude de ces 31 petites compositions ne serait ni dénuée 
d'intérêt, ni bien longue à faire. Mais, ici encore, je 
crois devoir écarter quelques épîtres un peu trop libres 
et qui, malgré l'absence de termes lubriques, renfer- 
ment une sorte d'absolution, d'encouragement môme 
pour le dévergondage éhonté de certaines femmes plus 

(1) La lettro 44, à Atliénals. 



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142 BOURQUIN, 

que légères. (loitrea 19 et 38; cf. aiissi^ bien qu'elles 
soient plus acceptables, les lettres 33 et 44). — J'oppo- 
serai encore, à cause d^un seul mot qui pourrait efTa- 
roucher nos oreilles, une fin de non-recevoir à la let- 
tre 54, si joHe qu'elle soit, et j^écarterai aussi, comme 
dos provocations directes à l'adultère, les ôpîtres 30 
et 31. 

Ces éliminations faites, il nous reste 24 lettres ero- 
tiques composées pour des femmes, et qu'on peut lire, 
je crois, sans crainte d'être scandalisé. Je pourrais, 
puisque je les ai traduites, les insérer ici toutes, en les 
faisant suivre de quelques notes; mais je ne croie pas 
avoir besoin de tout citer pour arriver à mon but, c'est* 
à*dire, pour montrer comment et jusqu'à quel point, 
dans sa correspondance fictive, Philostrate a su mettre 
en œuvre les faux brillants de la sophistique. Ces let- 
tres, je l'ai déjà dit, n'étant que des exercices d'école, 
on doit y rencontrer, avec quelques nuances détermi- 
nées par le genre, tous les défauts qui faisaient la for- 
tune des sophistes en vogue, et sans lesquels ceux-ci 
n'auraient trouvé ni des auditeurs pour leurs {u)véTai et 
leurs BiaXdÇei^, ni des lecteurs pour leurs autres ouvra- 
ges. J'ai déjà cherché, ici môme, à faire voir comment 
le souci de leur réputation, et les exigences de leur 
public faisaient aux sophistes une loi de sacrifier le 
fond à la forme, et de briller à tout prix, môme aux 
dépens du bon sens. Pour eux, comme pour ceux qui 
les écoutent ou pour ceux qui les lisent, le fond de la 
question traitée n'est qu'une chose bien accessoire; ce 
qui importe, c'est que cette question fournisse l'occa* 
sion de dire, ou d'entendre dire de jolies choses, d'au« 
tant plus jolies qu'elles s'écarteront plus des façons de 
penser, et des façons de parler naturelles au commun 
dos hommes. 

On peut aller fort loin avec ce système, et nous en 
avons pu juger par les brillantes extravagances de Po- 
lémon. MaiS) disons le tout de suite à l'honneur de Phi^ 



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LA COPvKESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 143 

lostrale : le bon sens, qu'il a partout respecté dans sa 
correspondance réelle, ne l'abandonne pas partout ni 
toujours dans sa correspondance fictive; si grands que 
soient parfois les écarts de son imagination, emportée, 
par le désir de plaire, au-delà des voies simples et 
naturelles, il a encore de bons moments où il sait res- 
ter ingénieux sans passer la mesure; quelques-unes de 
ses petites lettres, c'est Texception il est vrai, sont à 
peu près exemptes des défauts habituels de la sophis* 
tique, et dans la plupart des autres, môme dans les 
plus mauvaises, on trouve à louer, de place en place, 
soit un sentiment délicat, soit une idée juste. 

Mais quelques exemples vaudront beaucoup mieux 
que tout ce que je pourrais dire d'avance. Je vais donc, 
sauf à en élaguer quelques détails, reproduire un cer- 
tain nombre de ces lettres censées écrites pour des 
femmes. 

En voici une, dont la donnée semble avoir été ceci : 
tombé amoureux d'une femme, un exilé tire, de sa con- 
dition même, les raisons qui devront amener la belle & 
partager sa flamme. Étranges raisons, comme vous 
l'allez voir, et bien dignes d'un sophiste qui se bat les 
flancs pour remplir son programme I Pourtant, par un 
contraste bien peu attendu, les dernières phrases sont 
simples, touchantes et naturelles : 

Lettre 39 — à une femme : f Eli quoi ! parce que je suis eiilé, 
ne souffriras* tu pas même que je t* écrive? Non : eh bien! 
Souffre-le en raison de Tamour que j*ai pour toi ; (sinon (1), dé^ 
fends-moi aussi de respirer^ de pleurer^ d'accomplir aucun 

(1) Je crois devoir ajouter le mot sinon, pdur la liaison des idées. 
^ J*ai souligné et mis entre p&renthèses les mots qui appartiennent â 
là seconde rédaction, c*est-à-dire qui ont été ajoutés par Philostrate a 
son texte primitif. Il en sera de même chaque fois que, dans les cita- 
tions qu*il me reste a faire, le même cas se reproduira. Seulement, eii 
certains endroits, la phrase soulignée sera, comme ici, une addition^ 
et en d*autrcs, une rédaction nouvelle de telle ou telle phrase; 



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U4 BOURQUIN. 

des actes de la vie humàme. Ne me chasse pas de chez foi, 
comme la fortune m'a chassé de ma patrie ; et ne me fais pas 
un crime d'un malheur dont ma volonté n'a pas été la cause, 
La puissance ternit sa gloire, quand elle agit sans discerne- 
ment) (l). Que d^autres, comme moi, ont été exilés ! Aristide : 
mais il a été rappelé ; Xénophon : mais son exil était injuste ; 
Thémistocle : mais les barbares eux-mêmes Font reçu avec hon- 
neur ; Alcibiade : mais il a pu, tout banni qu'il était, élever une 
forteresse capable de tenir Athènes en échec (2) ; Démosthène : 
mais sa disgrâce a été le fruit de Tenvie. La mer aussi est obligée 
de fuir, quand le soleil la frappe de ses rayons (3), et le soleil, 
quand la nuit descend sur le monde ; Tautomne fuit à Tappi^oche 
de l'hiver, et Thiver, quand il est chassé par le printemps ; et 
pour tout dire en un mot, l'éventualité d'aujourd'hui chasse l'é- 
ventualité d'hier. Les Athéniens ont ouvert leurs bi'as à Déméter 
obligée de fuir, à Dionysos à la recherche d'une nouvelle patrie, 
et aux fils errants d'Héraclès : c'est alors qu'ils ont élevé un 
autel à la Pitié, dont ils ont fait le 13° des grands dieux, et c'est 
avec des larmes, non avec du vin, qu'ils lui offrent des libations. 
— (Et ce ne sont pas des libations de vin qu'ils lui offrent, 
mais bien leurs larmes et leur respect pour les prières des 
suppliants,) Dresse, toi aussi, un pareil autel dans ton cœur, et 
prends en pitié un homme bien malheureux. Que je ne sois pas 
deux fois banni, et pour avoir perdu ma patrie, et pour avoir été 



(1) où rb XafiKpby kXôyta riii ôwxfitMi, Je croîs avoir rendu exactement 
celte sentence, mais je me demande ce qu'elle vient faire ici : sans 
doute Philostrate veut dire : on m'a banni sans raison, et ceux qui 
Tont fait devraient rougir : n'imite pas leur conduite, toi qui tiens ma 
vie entre tes mains, etc. 

(2) kUx zat TtKptTiixti;i Tâj *K9rivx;, Je crois qu'il faut prendre ces 
mots au figuré, et je les traduis en conséquence. 

(3) Voici, a ce propos, une note d'Olearius, citée par Kayser : c Aris- 
totelis et Heracliti noster sequitur sententiam, qui a sole œstum maris 
effici dicunt, accessu suo spiritus movente, ut intumescat mare et 
ad littora accédât. » Vid, Plut, de pîacit, philosoph,, IIU caput. 17, 
J'ai vérifié, en recourant à Plutarque lui-même, Texactitude de cette 
note. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 145 

déçu dans mes espérances au sujet do Tamour que tu m'inspires ! 
Si tu prends pitié de moi (1), me voilà relevé de mon exil ! » 

Tout cela, sans doute, est très ingénieux ; mais, sauf 
le trait final, quoi de moins naturel, quoi de plus tiré 
aux cheveux que tous ces raisonnements ? 

Comme pendant à cette lettre, en voici une autre qui 
lui ressemble fort. La donnée est à peu près la môme 
puisque l'amant qu'y fait parler Philostrate s'y intitule, 
tantôt Çévov (étranger), tantôt çu^^Sa (exilé.) 

J'en vais citer la plus grande partie : 

Lettre 28 -— à une femme -— < Une belle doit classer les 
amants dans son estime d'après leur caractère, et non d'après 
leur naissance : il se peut, en effet, qu'un étranger soit un 
homme accompli, comme il se peut qu'un habitant du pays 
soit un mauvais homme, et cela d'autant plus que le dernier 
a plus de propension à s'enorgueillir. L'homme du pays est 
dans la même situation que les pierres, et tous les autres objets 
qui ne changent pas de place, parce que la nature les contraint de 
rester immobiles ; mais l'étranger ressemble aux plus agiles de 
tous les dieux, Hélios, les vents, les astres, Éros : 'ce sont eux 
qui, à moi aussi, ont donné des ailes, et qui m'ont fait voler jus- 
qu'ici, comme si quelque instinct supérieur me poussait (2). Ne 
rejette pas avec mépris mes supplications : Hippodamie n'a 
point dédaigné Pélops, bien qu'il fût un étranger et un barbare, 
ni Hélène, celui qui était venu pour ses beaux yeux, ni Phyllis 

celui qui (3) de la mer, ni Andromède, celui qui avait volé 

jusqu'à ses côtés. C'est qu'elles savaient bien qu'un époux de 
leur pays ne les rendrait citoyennes que d'une seule ville, et un 
époux étranger, de plusieurs. {Eh bien I si tu le veuxy tiHin^ 

(1) Je lis, avec Westermann, se <As«i^$, au lieu de : si iOiXYic/Hy qui 
est chez Kayser. 

(2) KtvmOiii Ttpof&uii xpiirrovi. Je crois mon sens préférable à celui de 
Westermànn qui met, dans sa traduction latine : « Majore causa ad- 
ductus. > 

(3) Il y a ici une lacune. 

AWNUAIRB 1886. 10 



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146 BOURQUIN. 

ckons tout par une convention : demeurons ici tous les deux, 
ou parlons là-bas ensemble: Quoi? cela ne te plaît pas! 
Hais vois donc les poissons : se croient-ils des étrangers, parce 
qu'ils passent volontiers d'un point à un autre, sur cette 
terre (1), qui ne forme qu'un seul et même monde? Que sont, 
en effet, les différentes patries des hommes? Rien^ sinon de 
misérables lignes, tracées par la fantaisie de législateurs 
égoïstes, qui ont voulu délimiter leurs possessions par des 
frontières, ou par une enceinte^ afin de mettre à l'étroit nos 
affections, et de les empêcher de franchir le cercle où l'amour 
de la patrie les enferme.) Au reste, que sont, pour moi, l'a- 
mour, et pour toi, la beauté, sinon des étrangers que nous avons 
reçus? Nous n'avons pas été les chercher; ils sont venus d'eux- 
mêmes, et nous avons accueilli avec joie leur présence, comme 
les navigateurs accueillent avec joie la présence des astres. Si 
donc ma qualité d'étranger ne m'empêche pas d'aimer, qu'elle 
no t'empêche pas non plus d'écouter ceux qui t'aiment..... » etc. 

On ne peut guère, je crois, pousser plus loin, en 
matière d*amour, Tabus de la raison démonstrative. 

Sans présenter cette véritable débauche d*allusions 
historiques, mythologiques ou autres, certaines lettres 
ont, au plus haut degré, le caractère sophistique, par 
la singularité des idées qui en forment la trame. 

Que dire, par exemple, du contenu de la lettre qu'on 
Va lire? L'amoureux transi qui est censée l'avoir écrite 
me paraît pousser jusqu'à ses dernières limites le droit 
qu'on reconnaît à ses pareils d'extravaguer à leur aise^ 
Passe encore s'il était épris do quelque Dulcinée bien 
poétique, mais point : la dame de ses pensées est une 
cabareticro haute en couleur, ainsi que nous l'apprend 

(1) Xaftjsn Ô£ (ô ly^Ovi) jiîTAêoXctU "riit y-^5 oww; ^faj. — Je croîs 
avoir traduit ex'aclement; mais //sTscSo/ai» -r/ji y^« est une expression 
bien singulière pour d<^signer les migrations des poissons, qui ne voya- 
gcnt que dans Teau. Pourtant, Tidée n*a plus rien d*absurJe, si Ton 
donne à -/ri, comme je le fais, le sens de : ce monde (comprenant 
la mer aussi bien que la terre). 



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LA CORRESPONDANCE DE PL. PHILOSTRATE. W 

la précédente épltre, également composée pour elle : 
ni son état, ni son entourage, ni les propos qu*elle est 
habituée à entendre n'ont dû la rendre bien propre à 
savourer les délices d'une déclaration toute sentimen- 
tale. Je crois môme qu'elle a dû rire sous cape, en 
voyant le singulier moyen qu'on lui propose pour con- 
tenter ses clients sans leur servir une goutte de vin. 
Mais voici la lettre : 

Lettre 33 (1) — à une eabaretière. — a Tes gobelets sont de 
verre ; mais tes mains en font des gobelets d*argent, des gobelets 
d'or, et ils ont Je ne sais quoi de voluptueux qui leur vient de 
tes yeux. [Mais la transparence de ces vases est dénuée dé 
vie et de mouvement, comme le cristal des eaux tranquilles ; 
ton visage, au contraire, m'en fait voir qui (2), sans parler 
de leurs autres charmes, ont encore la saveur des baisers pour 
nous (3) séduire.) Mets donc tes gobelets en place, et laisse-les 
de côté, ne fût-ce que par la crainte de briser des objets si fra« 
giles, et ne m^offre que tes yeux pour apaiser (4) ma soif ; c*est 
après en avoir connu le charme, que Zeus a voulu se procurer un 
aimable échanson (5). Mais, si tu le veux, ne fais pas de ton vin 
une dépense inutile : ne nous verse que de Teau ; seulement, tu 
rapprocheras de tes lèvres ; tu y mêleras la suavité d^ tes baisers, 
et) alors seulement, tu oifriras la coupe à qui voudra boire. Quel 
homme, en etfbt, serait assez ennemi d'Éros, pour souhaiter les 



(1) Cf. avec les lettres 32 et 00, également adressées à des cabare- 
Uères. 

(2) rà 0* sv ttpotÙTioii îx^TCtf/uiara. Je présume qu*il s*agît dé la bouchei 
peut-être aussi des joues, si ces joues avaient une fossette. 

(3) r^ Çvvivst rûv ^cAm/asctuv.,... tùfpxlvitv, 

(4) jkÔiOli TtpàltfÙt TÀti SflfJLXClV.,. 

(5}uvx9(( Ztxif'/tûi^fitvofxxXài» otvùx9û)f ^xptvfrisoLTo. Voilà urie pensée 
bien obscure : si les yeus de la belle cabaretière ont tant de charme 
pour Zeus, c'est elle qu'il devrait avoir prise pour échanson, et noil 
Ganyniède. II faut donc entendre : c'est pour avoir été séduit par des 
.teux enchanteurs, comme le sont les tiens, que Zeus, etc. Telle de- 
vrait être la pensée de Philostrate, mais Je traduis ce qu'il a dit. 



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148 BOURQUIN. 

faveurs de Di on jsos, quand il vient de goûter aux vignes d'A- 
phrodite? > 

Dans la lettre précédente, on avait fait à la même 
déesse de comptoir le très singulier compliment que 
voici : « L'eau que tu apportes, il me semble qu'elle a 
jailli de tes yeux comme d'une source, et que, par con- 
séquent, tu es une naïade •, et on lui avait dit, à la fin : 
cou B'oTSa luivwv : je sens que je te bois, ou, en d'autres 
termes, je n'ai plus besoin de boire quand je te vois; 
ta vue, à elle seule, me fait oublier que j'ai soif. 

En un autre endroit. Philostrate veut détourner une 
femme de se couronner de roses, et voici ce qu'il lui 
dit: 

Lettre 21 (1) -^ à une femme : € Gomment, tu es blonde, et 
tu recherches les roses ! Mais ne vois*tu pas que tu as reçu de 
la nature tout ce qu*elles ont elles-mômes ? Pourquoi t* éprendre 
d'une fleur qui, avant peu, ne sera plus rien? Pourquoi mettre 
une couronne de feu sur ta tête ? Car ce collier envoyé à 
Glaucé (2) par la magicienne de Colchos, c'était, je pense, un 
collier de roses empoisonnées, et c^est pour cela que celle qui 
Tavaît reçu /ut consumée. Si les roses sont charmantes, qu*elles 
ne viennent pas faire échec à la beauté des femmes ; si elles sen- 
tent bon, qu'elles ne cherchent point & rivaliser avec le parfum 
d'un beau corps; si elles sont éphémères, qu'elles n'apportent 
pas à l'âme effrayée l'image d'une mort précoce... etc. » 

La fin de la lettre, quoique fort galante, est peut-être 
encore plus bizarre : 

« Quel besoin as-tu des roses? Ta tête est une prairie 
émaillée de mille fleurs, qui ne passent pas en été, qui poussent 
en plein hiver, et qui ne se flétrissent pas quand on les cueille. 



(1) Cf, avec la lettre 4. 

(2) La même que CréUse. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 149 

{Ah! si tu me laissais couper une seule de tes boucles! Quel 
parfum j'emporterais ! J'aurais, grâce à toi, des roses qui 
ne sauraient se flétrir ! »J 

Autre exemple, où vont figurer encore des roses, 
mais des roses bien singulières : 

Lettre 63 — à une femme. — « J'ai appris qu'arrivées chez 
toi, les roses ont goûté la volupté dont elles étaient dignes (1) ; 
c'est qu'elles avaient reçu à ce propos mes recommandations ; 
et, comme si elles avaient bu à la rosée si pure qui s'exhale de 
ton corps, elles ont retenu dans sa fuite leur vie déjà toute lan- 
guissante. Oh ! que vous avez bien fait, roses, de revenir à la 
vie ! Mais conservez- vous, je vous prie, jusqu'à ce que j'arrive ; 
car j'ai résolu de savoir si le contact vous a fait gagner, elle en 
parfum, vous en longévité. » 

Je crois quUl faut tirer Téchelle après ces roses qui 
reviennent à la vie pour avoir été quelques instants en 
contact avec une femme, et cette femme qui gagne en 
parfum pour avoir été en contact avec des roses. 

Philostrate, je l'ai dit, ne tombe pas toujours dans 
cet excès de mauvais goût, et les citations qui vont 
suivre nous réconcilieront un peu, je l'espère, avec cet 
esprit distingué. La subtilité de mauvais alpi que nous 
venons de signaler ne se rencontre pas à la même dose 
dans toutes ses lettres; il en est même quelques-unes 
qui en sont à peu près exemptes. Je réserve celles-là 
pour la fin. 

En attendant, en voici deux qui, pour être encore 
entachées de quelques traits d'un goût équivoque, n'en 
sont pas moins assez agréables à lire. Dans la pre- 
mière, un amant détourne celle qu'il aime de porter 
aucune espèce de chaussures. Ce conseil, sous notre 
climat du moins, aurait peu de chances d'être écouté 

(1) O'sx -/^pioi ccîri/.ausv» 



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ISO fiOURQUlN. 

des dames ; mais il faut nous rappeler que nous 6om« 
mes en Grèce : 

Lettre 36 -— à une femme. — € Ne va pas mettre decbaussu- 
res ; ne va pas cacher tes jambes sous TeiiTeloppe menteuse et 
perfide d*uQ cuir qui ne doit sa fausse beauté qa*à la teintore. 
Et en effet| si tu portes une chaussure blanche, tu fais tort à la 
blancheur de tes pieds (car un objet ne ressort pas sur un fond 
de même nuance) ; si c*est une chaussure couleur d'hyacinthe, tu 
portes les âmes à la tristesse par la vue d'une couleur si sombre ; 
si c'est une chaussure de pourpre, tu nous fais peur (1), comme 
si le sang coulait de quelque blessure de tes pieds (2]... 

,.. Permets à tes pieds de rester nus, aussi bien que ton cou, 
aussi bien que tes joues, aussi bien que ton nez et que tes yeux. 
C'est quand la nature, en quelqu'endroit de nos personnes, a 
manqué son œuvre, qu'il faut recourir à certaines inventions 
pour réparer le tort qu'elle nous a fait, et masquer ainsi, à force 
d'art, nos défectuosités corporelles ; mais toutes les fois que no* 
tre beauté, pour s'affirmer, n'a qu'à se montrer teUe qu'elle est, 
elle n'a que faire des artifices de la toilette. Aie confiance en toi- 
même, et montre tes pieds en toute assurance :* le feu lui-même 
ne voudra pas leur faii'e de mal, ni la mer non plus ; si tu veux 
traverser un fleuve, il arrêtera son cours ; si tu veux franchir un 
précipice, tu croiras fouler une prairie. C'est ainsi que Thétis a 
été appelée a aux pieds d'argent (3) », par celui qui a si exacte- 
ment connu tous les caractères supérieurs de la beauté ; c'est 
ainsi qn' Aphrodite est représentée par les peintres, au moment 
où elle sort de la mer. (On en fait autant pour les filles de Leu- 
cippe (4). Laisse-tes pieds à la disposition de qui voudra les 
baiser; ne les emprisonne pas dans Vor : j'ai horreur des 
chaînes : on a beau les faire magnifiques, elles n*en sont pas 

(1) Je suis le texte de Westermann, qui dit ^oSitç, tandis que Kay- 
ser met tout simplement f ô6o» (s. eut. cvri). Le sens est k peu près le 
môme. 

(2) Je passe ici quelques lignes. 

(3) Iliade, xvi, v. 574. 
(4} Ilnïre et Phœbé. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 151 

moins un instrument de supplice. Et qu'importe qu'on soit re- 
tenu par des liens d'or, ou par des liens de fer? A moins 
toutefois qu'on ne juge plus beau déporter les premiers, parce 
qu'on trouve du plaisir aux meurtrissures qu'ils nous font (1). 
O belle, ne mets pas tes pieds à là torture ; ne cache pas ceux 
qui n'ont rien qui mérite d'<5tre caché ; mais, dans ta marche 
gracieuse^ laisse une empreinte qui vienne de ta personne, comme 
si tu voulais que la terre elle-même ait à se louer de toi. » 

Il y a peut-être encore, dans celle spirituelle épître, 
plus de subtilité qu*il ne faut. On y peut blâmer aussi 
les manifestes exagérations du milieu : « Le feu lui- 
même, etc. 9 Mais on n'est pas criminel pour avoir eu 
trop d*e8prit dans un simple badinage, et cette lettre» 
ce me semble, n*est pas autre chose. 

Dans l'autre lettre, qu'il ne faut pas prendre trop au 
sérieux non plus, nous allons entendre Toraison funè- 
bre de la chevelure d*une femme ; 

Lettre 61 — à une femme. — « Qui donc, 6 belle, t*a rasé 
la tête? Qui a pu être assez inepte, assez barbare, pour ne pas 
épargner les dons d'Aphrodite? Car la terre, avec toute sa ver- 
dure (2), n'offre point aux yeux un objet aussi agréable que la 
tête d^une femme ornée de ses cheveux. mains impies d'un 
profanateur ! Tu as subi, à la lettre, le traitement qu'on peut 
redouter de la part des ennemis. Et encore, pour ce qui est de 
moi, je ne tondrais pas même un prisonnier, par respect pour la 
beauté, dont il n'est pas bien de négliger les droits (3). Mais, 
puisque cette abomination a été commmise, au moins renseigne- 



(1) Voici le textô, que je crois avoir exactement rendu : ec fjLVi roJrorj 
èxsîve xai xiÀXtov, ort /uiir' sù^^09Ûvv}$ ùviû, La pensée me parait être 
qu'une femme souffre volontiers quelque gêne, si cette gône lui vient 
de sa parure. 

(2) oùoè ykp y-;? xo^Cusec, etc. On pourrait entendre aussi : il n'est 
point de terre, si verdoyante qu'elle soit, etc. 

(3) TijjL&v rb xiXXoi, wç oO^ nî^w; kfisXoùfjuvov. Peut-être faut-il en- 
tendre : qu'on ne s^applaudit jamais d'avoir négligée ou méconnue. 



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152 BOURQUIN. 

moi sur tes cheveux. Où sont- ils tombés? Où les a-t-on coupés? 
Comment ferai- je pour les recueillir, comme les morts qu'on ra- 
masse à la faveur d'une trêve, et pour couvrir de mes baisers ces 
cheveux qui gisent sur le sol? ailes d'Éros ! dépouilles sans 
prix d'une tête si chère ! débris de la beauté ! » 

Voilà, pour mener le dôuil d'une chevelure, bien des 
cris de douleur et bien des larmes. Mais il y a, dans 
ce petit billet, une certaine grâce et quelques traits 
heureux, surtout à la fin. 

Je deviens, on a pu le voir, de moins en moins sévère 
à mesure que j'avance. Il ne faut pas trop s'en étonner, 
puisque j'ai annoncé que je commencerais par ce qu il 
y a de plus défectueux dans cette correspondance fic- 
tive, pour arriver, comme par degrés, à ce qu'elle con- 
tient de meilleur. M'y voici, et cette fleur des paniers, 
que j'ai réservée pour la fin, nous donnera, je l'espère, 
une meilleure idée de Philostrate. 

Voici d'abord, sous une forme piquante et vive, un 
bien sage conseil, adressé à une femme encore jeune, 
et qui se farde : 

Lettre 40 — à une femme. — u Quel obstacle pourries bai- 
sers que ce vermillon qui rougit tes lèvres, et enlumine tes joues! 
Il fait croire aussi que, sans respect pour ton visage, la main 
du teMps a rendu tes lèvres livides, a flétri tes joues, et les a ri- 
dées. Laisse donc là tout ce fard, et n'ajoute aucun éclat fac- 
tice à tes charmes, sans quoi je pouiTais bien accuser ta figure 
d'avoir vieilli, puisque tu crois devoir la peindre. » 

Ce n'est pas, du reste, le seul endroit où Philostrate 
ait fait la guerre aux artifices de la toilette, qu'il regarde 
comme une sorte de supercherie, indigne de la beauté 
véritable. « La femme qui se pare, dit-il au début de 
la lettre 22®, cherche à masquer ses imperfections, 
parce qu'elle a peur de laisser voir que la nature lui a 
refusé quelque chose; mais celle qui est belle n'a que 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. P^ILOSTRATE, 153 

faire d'un secours étranger : sa propre personne lui 
fournit largement tout ce qu'il faut pour être aimable. 
Peinture des yeux, cheveux postiches, coloration arti- 
ficielle des joues et des lèvres, drogues diverses inven- 
tées pour les besoins de la toilette, éclat décevant pro- 
duit par le fard, qu'est-ce que tout cela, sinon des 
artifices destinés à pallier les défectuosités de la na- 
turel etc. » 

Eût-il, comme c'est probable, prêché dans le désert, 
on peut au moins faire honneur à Philostrate des cho- 
ses qu'en ces deux endroits il a osé dire, et de la façon 
dont il les a dites. 

11 n'y a pas moins de courage et de bon sens, et il y 
a aussi une bien grande habileté dans la lettre qui va 
suivre. Il s'agit de faire comprendre à une belle com- 
bien elle se fait tort en s'abandonnant à la colère. Phi- 
lostrate, il me semble, se tire à merveille de cette sorte 
de prédication, car il dit tout ce qu'il faut, sans rien 
dire qui puisse déplaire. A moins d'avoir le caractère 
absolument mal fait, on ne peut guère se fâcher d'une 
leçon donnée avec tant de bonne grâce : 

Lettre 25 — à une femme irritée (1). — Hier, je t* ai surprise 
en proie à la colère, et j*ai cru avoir sous les yeux une autre 
femme : c'est que toute la grâce de ton visage était mise en dé- 
sarroi par cet emportement de ton âme. Garde -toi donc bien d'a- 
bandonner tes sentiments habituels et de lancer des regards fa- 
rouches : la lune elle-même cesse de nous paralti*e biillante 
quand elle se laisse voiler par des nuages ; Aphrodite, quand elle 
s*irrite ou quand elle pleure, ne nous semble plus belle ; Héra 
n a plus ses grands yeux, quand elle se courrouce contre Zeus; 
la mer n'a plus de charmes, quand Forage la trouble ; Athéué a 
jeté la flûte, parce qu'elle faisait grimacer son visage ; si main- 



(I) yjvaui dvfiooiJLVJYi, ^- On suppose sans doute que la colère 
de cette belle n'est pas encore passée, puisqu'on emploie ici le parti- 
cipe préseot. 



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154 BOUUQUIN. 

tenant, nous donnons aux Eriuyes (1), lo nom d*Euménides, c*est 
parcd qu* elles ne veulent plus avoir leur sombi*e physionomie 
d'autrefois ; les épines môme des roses ne laissent pas de nous 
plaire, parce que, bien qu elles poussent sur un buisson sauvage, 
qui sait très bien nous piquer et nous faire du mal, elles ont un 
air riant par le voisinage des roses ; et c'est une fleur aussi chez 
la femme que la sérénité do son visage. Ne sois donc ni violente, 
ni terrible ; ne te prive pas de ta beauté ; ne te dépouille pas de 
ces roses qui rient dans vos yeux à vous toutes, belles que vous 
êtes ; mais, si tu refuses de m'en croire, prends ton miroir, et 
contemples-y le changement de tes traits : allons, bien ! Je vois 
qu'à cette vue, tu t'es détournée : (C'est que tu Ven es voulu à 
toi-même, ou que tu Ves fait peur, ou que tu ne Ves pas re- 
connue, ou que tu t'es repentie) [2]. » 

Les comparaisons mythologiques, dont ailleurs nous 
avons constaté l'abus, viennent ici d'une façon toute na- 
turelle, et juste à propos pour atténuer ce qu'il peut y 
avoir de dur, pour une jolie femme, à s'entendre dire 
qu'à un certain moment elle a été laide. J'aime beau- 
coup aussi le trait ingénieux de la fin : c Allons» prends 
ton miroir, etc. >. Voici maintenant une courte lettre 



(1) Philostrate écrit Eptvûi, 

{2) Cf. avec la lettre 53, où Ton recommande & une autre femme de 
chasser le sombre nuage de la mauvaise humeur, et surtout avec la 
lettre 24, qui est adressée k un adolescent. (Test dommage ; car» si je 
ne m*étais interdit de rien prendre aux lettres de cette catégorie, je 
montrerais comment, en cet endroit ainsi qu^en beaucoup d*autres. 
Philostrate semble s^étre étudié à traiter deux fois le môme thème, ici 
pour un adolescent, la pour une femme. On peut comparer de cette 
façon, si Ton est curieux de ces sortes de rapprochements, la lettre 16 
avec la lettre 61, sur des chevelures coupées ; la lettre 18 avec les let- 
tres 36 et 37, sur le tort que les chaussures font & la beauté ; les let- 
tres 13 et 48 avec la lettre 47, sur Tinsensibilité du cœur ; la lettre 46, 
avec les lettres 20 et 54, sur des roses dont la personne aimée a fait 
ou devra faire sa couche, etc. J^ai déjà signalé ailleurs, comme une 
habitude chère aux sophistes, ce jeu d'esprit qui consiste à traiter 
deux ou plusieurs fois un même sujet. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL. PHILOSTRATE. 155 

qui me paraît non-seulement bien tournée, mais pleine 
de grâce et de fraîcheur : 

Lettre 26 — à une femme. — « Tu me dis de ne point te 
regarder, et je te dis, moi, de ne pas te montrer à mes yeux : 
quel législateur a édicté la première de ces défenses, et quel au* 
tre, la seconde ? Si aucune de ces deux actions n^est défendue, 
ne te dérobe pas & la gloire que tu peux gagner en te montrant, 
et ne m'envie pas le bien de te regarder à mon aise. La source 
ne dit pas : je te défends de boire ; les fruits, je te défends de 
me toucher; la prairie, je te défends d'entrer. Suis donc, toi 
aussi, les lois de la nature^ et délivre-moi de ma soif; (et déli~ 
vre de sa soif un voyageur qui s* est perdu en suivant ton (1) 
étoile) >. 

Citons encore, à propos des roses, qui ont parfois si 
mal inspiré Philostrate, deux courtes épitres qui méri- 
teraient, si elles étaient écrites en vers, d'occuper une 
place distinguée dans Tanthologie. 

Lettre 51 — à une femme, c Sapho afifectionne les roses : 
toujours elle les honore de quelque louange, en se servant d'elles 
pour peindre la beauté des vierges ; c'est aussi aux roses qu'elle 
compare les bras des Grâces, alors qu'elle nous les montres nues 
et sans voiles. Mais si ces fleurs sont les plus belles de toutes, 
en revanche, elles n'ont qu'une bien courte durée (2) : elles pas- 
sent, avec toutes les autres, après avoir brillé au printemps ; 
mais chez toi, la beauté est toujours dans sa fleur : comme un 

(1) ov rb 9ÔV ôircpoM ànéU^vj, Peut-être ma traduction ici est^elle 
un peu libre. 

(2) Cf. Horace : 

et nimium brevei 

Flores ainœnœ fetrejube roâœ.», (Ode 3«; liv. 2). 

Cf. aussi Malherbe : 

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, 
1/espace d'un matin... etc. 



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156 BOURQUIN. 

yrai printemps, rautomue de tes charmes contînuo à sourire dans 
tes yeux et sur tes joues. » 

Lettre 55 — à une femme : « Oui : les roses sont bien réel- 
lement les fleurs de Tamour. Comme lui jeunes, comme lui to« 
luptueuses, elles ont sa chevelure d*or (1), et lui ressemblent 
aussi pour tout le reste : leurs flèches, ce sont leurs épines ; leurs 
flambeaux, c'est leur robe de pourpre : leurs ailes, ce sont leurs 
feuilles. L*amour aussi, pas plus que les roses, ne sait ce que 
c*est qu*une longue durée : le temps ne voit d*un œil favorable 
ni Tautomne de la beauté, ni les roses quand elles sont depuis 
longtemps sur leurs tiges (2). A Rome, j*ai vu ceux qu*on char- 
geait do porter des fleurs s'acquitter en courant de leur commis* 
sion, et cette hâte montrait combien fugitive est la fraîcheur 
des roses ; la course de ces gens semblait dire : hàtez-voUs de 
jouir. Ainsi donc, si vous vous empressez de cueillir la rose, elle 
se consei*ve un certain temps ; tardez-vous un peu, la voilà 
passée. La femme aussi se flétrit comme les roses, si elle tai^e 
trop à user de ses charmes : n'attends pas, ô ma belle : jouons- 
nous ensemble; couronnons-nous de roses; courons ensemble 
au plaisir (3). » 



Je ne pousserai pas plus loin ce petit voyage à tra- 
vers la correspondance de Philostrate ; mais, avant de 
prendre congé de ceux qui ont bien voulu le faire avec 
moi, je crois devoir jeter un dernier coup d'œil sur la 
route que nous venons de parcourir. 

Nous avons rencontré d'abord une dissertation et un 
fragment sur le style épistolairc; puis des lettres com- 
posées pour des correspondants réels ; puis des lettres 

(1) Xp'j7Qy.ofioîjçL'j xfifùi. Himarius, 1« 4,330, dicit Sapphonem Amo^ 
mm, TTTspà /.xi ^oTcoùxpMi Xr'^^V '^-^^'^H-n^^^ (note de Kayser). 

(•2) Je rends ainsi cette bizarre expression : t^ xâ)/ou; o-xùox^ xai rj 
pô5wv tTiQTfiiiix, Westermanti traduit par : et rosarum eusiduitati. 

(3) J*ajoute ici un mot au texte, qui dit simplement : ÇuvopsÉ/Aw^uev. 



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LA CORRESPONDANCE DE FL, PHILOSTRATE. 357 

éroLiques fabriquées à titre d'exercices et de modèles; 
et, parmi ces dernières lettres, nous en avons trouvé 
de fort mauvaises, d'assez bonnes et de très bonnes. 

Rien de plus disparate, à première vue du moins, 
que cet ensemble d'œuvres diverses; et pourtant, j'o- 
serai le dire, un caractère commun les réunit : en dépit 
des différences qu'elles présentent, elles ne sauraient 
renier leur origine, et chacune d'elles pourrait dire : 
oui, c'est un sophiste qui m'a donné le jour. Voyons 
ce qu'il en est, en efTet. Peut-on nier que Philostrate 
se soit montré sophiste dans l'idéal qu'il nous trace 
du genre épistolaire? Non : car, tout en émettant sur 
les conditions de ce genre certaines idées d'une jus- 
tesse incontestable, il gâte tout ce qu'il a pu dire d'ex- 
cellent par son fameux précepte : ta xoivà tuxivûç, xà 
xaivà Kotv(o<;, qui est comme une insulte au bon sens, et 
une invitation à fuir le naturel. 

Est-il sophiste dans les lettres qu'il a composées 
pour des correspondants réels? Oui encore, par sa 
concision évidemment calculée, si lumineuse qu'elle 
puisse être; par certains jeux de mots qui ressemblent 
à des pointes ; et enfln par un perpétuel souci du bien 
dire qui se trahit partout, en dépit des efforts qu'il 
fait pour avoir l'air d'être simple. 

Est-il sophiste dans sa correspondance Active. Je 
crois l'avoir surabondamment démontré, bien moins 
par ce que j'ai pu dire, que par certaines citations qui 
se passent de commentaire. On a vu comment, dans 
ces lettres composées à l'intention de maîtresses ima- 
ginaires (1), il prête à la passion même le langage le 
plus fleuri; comment il se jette à corps perdu dans des 
allusions à la mythologie, à l'histoire, aux phénomènes 
de la nature, etc. ; comment il s'ingénie à trouver des 



(l) Ce que je vais dire s'appliquerait tout aussi bien aux 28 lettres 
écrites pour des adolescents» comme il sera facile de s'en convaincre si 
Ton veut recourir au texte. 



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158 BOURQUIN.- LA CORRESPONDANCE DE PHILOSTRATE. 

idées auxquelles personne n'aurait pu s'attendre. Voilà 
bien, si je ne me trompe, quelque chose de ce clin- 
quant, de ce besoin d'éblouir, de cette fausse rhétori* 
que, en un mot, que j'ai déjà eu à signaler dans les 
œuvres de la sophistique aux premiers siècles de no* 
tre ère. 

Maintenant, comment se fait»il que, dans cette corres- 
pondance fictive, tout ne soit pas également mauvais? 
Gomment se fait*il même que certaines épttres, en ïovh 
petit nombre, il est vrai, soient assez jolies pour dé- 
sarmer la critique, et mériter des éloges? C'est que 
l'auteur, à certains moments, ne s'est plus souvenu 
qu^il était un sophiste, et s'est contenté d'exprimer 
avec grftce des sentiments naturels et des idées sim- 
ples. Que n'a»t*il écrit toutes ses lettres de la sorte? 
Ses contemporains, j'en ai peur, les auraient moins 
goûtées; mais nous les lirions, nous, avec plus de 
plaisir. 



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SUR 

UN PASSAGE D'ATHÉNÉE 

(Liv. VI, c. 26-27, p. 234 d-235 d) 
BSLATIF A GERTAINSS ATTRIBUTIONS BBLI6ISUSES DE L'ABCHONTE-ROI (1) 

PAR Am. HAUVETte 



Si les décrets du Conseil et du peuple abondent dans 
le recueil des inscriptions athéniennes^ il n'eti est pas 
de môme des lois proprement dites. Un seul texte de 
ce genre se rencontre sur'un marbre de Tannée 409/8 : 
c'est la loi de Dracon sur le meurtre^ transcrite d'après 
Tancienne rédaction de Solon (2). A défaut de docu- 
ments originaux de cette importance, il faut se con- 
tenter des extraits que citent parfois les auteurs. Tel 
passage de Plutarque a une valeur inappréciable, parce 
qu^on y reconnaît le texte môme d*une loi de Solon (3). 
Athénée est au nolnbre des compilateurs utiles qui 

(1) J*ai eu Toccàsion (l*étudier soiniiiairement ce passage dans uit 
des chapitres de ma théde latine, De archonte rege (1884). Mes lec- 
teurs verront sans peiné que j*ai sensiblement modifié me^i idées ft ce 
SGljet. 

(2) Corp, Inscr, atlic, 1,61. 
(3.! Plut., SoL, 19. 



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160 AM. HAUVETTE. 

copient d'ordinaire, sans y rien changer, les ouvrages 
où ils puisent. Mais ces sources mêmes datent le plus 
souvent d'une époque assez basse, et les écrivains dont 
le compilateur accepte le témoignage, sans le discuter, 
ont pu fort bien se tromper. C*est à démêler ces erreurs 
que la critique doit s'appliquer : cette étude me paraît 
surtout nécessaire, quand il s*agit de documents aussi 
rares que les anciennes lois d'Athènes. 

Or, dans le même passage, h quelques lignes de dis- 
tance, Athénée cite une phrase empruntée à la législa- 
tion religieuse de Solon, aux xupfsiç, et plusieurs 
extraits d'une loi qu'il appelle 6 tou paciXéwç vépLoç. 
Qu'est-ce que cette loi royale? Quel est le sens môme 
de l'expression grecque? S'agit-il d'une loi promul- 
guée par le roi? ou d'une loi réglantles attributions du 
roi? La seconde de ces deux hypothèses s'impose, dès 
qu'on lit les premières lignes de l'extrait : èzt[jLcX£taOa'. 
Tbv paciXéa xbv àel PaoïXeuovta... Mais alors sommes-nous 
en présence d'un acte officiel qui aurait pour objet de 
déterminer les fonctions d'un des magistrats les plus 
élevés de la constitution athénienne? Cette loi serait- 
elle analogue à celle que mentionne l'auteur du Discours 
contre Néere, et qui se rapportait à la femme de l'ar- 
chonte-roi? « Pour sa femme, nos pères établirent par 
une loi qu'elle serait athénienne, qu'elle n'aurait pas 
connu d'autre homme, et aurait été mariée étant vierge, 
afln qu'elle pût célébrer selon les rites des ancêtres 
les mystères sacrés , au nom de la ville d'Athènes , et 
que le service divin s'accomplît dans toutes les règles, 
sans qu'il y eût rien d'omis ni rien d'innové. Ils gra- 
vèrent cette loi sur une stèle de pierre qu'ils dressèrent 
dans le temple de Dionysos, auprès de l'autel, au ma- 
rais. Cette stèle est encore debout aujourd'hui, et on 
peut y lire la loi écrite en lettres attiques à moitié 
effacées par le temps (1). » Les extraits que cite Athénée 

(1) [Demosth.], C. Neœr., 75-76. 



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SUR UN PASSAGE D'ATHÉNÉE. 161 

auraient-ils été copiés sur une stèle semblable, gardée 
avec autant de soin dans un sanctuaire vénéré? Et si 
ces actes étaient entourés d*un tel respect, ne pourrait- 
on pas les attribuer au législateur par excellence, h 
Solon, qui n'aurait fait lui-même que suivre une tra- 
dition plus ancienne encore (1)? Toutes ces hypothèses 
s'écroulent, à mon avis, si Ton examine de près les 
fragments de cette prétendue loi. Au lieu d'une loi 
véritable, c'est-à-dire d'un acte comportant des règles 
abstraites, générales, permanentes, nous n'avons sous 
les yeux que les fragments d'un règlement relatif à des 
cérémonies religieuses, particulières à un temple dé- 
terminé. Ce règlement, d'ailleurs, nous parait émaner 
de l'autorité législative elle-même, du Conseil et de 
l'assemblée du peuple, qui, on le sait, ne négligeait 
pas de traiter les affaires religieuses : c'est un décret, 
non un acte qui mérite le titre pompeux de NéiAo; toD 

Mais d'abord il nous faut montrer que la question 
peut être limitée h l'étude du passage d'Âthénée. La 
loi royale n'est mentionnée nulle part ailleurs : en effet, 
quand Pollux {2J, Hésychius (3), Photius (4) parlent de 
cette loi, pour en détacher les mots zpwtdzoffiç ou za^ 
paatTOç, ils se reportent tous à un texte qui se trouve 
dans un des auteurs cités par Athénée ; c'est donc, 
sinon dans Athénée, du moins dans ses sources, qu'ils 
ont pris le mot en question. Leur témoignage n'a pas 
de valeur. Quant aux ^ol(sùmo\ voiaoi dont parle Xéno- 



(1) C*est ce qu'admet saûs discussion un des meilleur éditeurs 
d'Hésj'chius, Schmidt, qui explique les mots év r<i roû ^acrtAs«5 vô,aw 
par èv «çoçc (Hesych , éd. Schmidt, v. ^«pa^troi). 

(2) Poil., III, 39 : ^n éx TzxpOevixç rtvt yv/xfirty.ivri 7rp«TÔ7r07t5 €/«y.«cTO, 
yiypxTzrxt oè TOÙ'vo^ua £v roi toD ^33C7t).so)ç vô/jiu. — Id., VI, 35 : xai àp- 
XEîôv Tc TzapoLçirsiov xx'j.où/jh-jgv , wç £v rôi vô//.w ro\J ^x^ùi^jji Utcj eOpalv. 

(3) Hesych., v. llapaçtroc (le texte se complète d'après Photius). 

(4) Phot., LexiCj v. Uxpx^iroi : oi îrri ti^v tov qCto-j w/oyi^v aiso'j- 
/xevot. KsTrai vi /.Hiii iv rot roij ^Sa^c/îws vô/jl^» 

Annuaire 1886. U 



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162 AM. HAUVETTE. 

phoQ (1), il est impossible de les rapprocher, avec 
Meursius (â), de la loi royale : ces mois désignent sans 
aucun doute les lois établies par le grand Roi, c'esl-à- 
dire le roi de Perse, dont Xénophon vante si souvent 
la prudente législation. Il ne reste donc à examiner 
que le passage d'Athénée : je crois bon de le transcrire 
ici en entier. 

AlhenaB., VI, p. â34 d sqq. Tb 8k tou îrapaaiTcu Svojwt 
TiXùLi jj.kv î5v ffspivbv xal îepév. noXé(ixi>v yo^v — 6 eïxe Si'^oç 

*flpa)iAe(8t)ç XéYsi xaTapi8|i.o6p£vo<; autbv xat ix' âXX<oy iréXecov ' 
èxs>t(xX€TTO Sk >wtt SriQXôxéicaç, toç 'HpôSixoç o KpatT^Tetôç 
eipiQnc — 7pat];aç -îcepl xapaa^TWV çr^ctv oGtw^ • « Tb tou ^apa- 
attou ov6[i.a vuv |i.kv aSoÇév èffTt, ^rapà Sk TOt<; àpxakiç eupCcxo- 
jjLsv Tbv xapdffiTôv Up6v ti XP^Sh** >wtt tw (juvBoivùi r(Xp6(i^(oy. 
*Ev KuvoffipYei ji-kv ouv èv tw 'Hp*xXe{(d cxr{kti tCç ifftiv èv ^ 
tîWjçicr[i.a t;.kv 'AXxiÉiaSou, Yp*|^|^aT£Ùç Bè STéçavoç 6ouitoS(8oo' 
Xévetai 8'èv aitÇ irepl 'rtjç wpocr^Y^P^*^ outwç • « Ta 8k tei- 
(jLifjvia Ouétd) & Upcùç (i^Tà tôv ^«xpa^CTcdv. Ot 8k ifrapi^.TCt 
Ittwv èx Twv v60o)v xal tôv toutwv TCa(8(i>v Kaxà fà îcaxpw. 
\)ç 8' fltv ji.ij OéXt) irapaaiTsïv, clcaY^tw %cà icepi tôOtwv e?ç ?i 
8ixaffTil)picv. » 

'Ev 8k totç xupSficn toTi^ î:ep\ twv A-niXiactûv ôStco? f^pârtC* 
tat • « Kal ti) XTf)pux£ èx tou y^vou^ tôv xvjpuxwv to5 tySç iwî- 
tripiioTiSoc» To6tci>ç 8k irapotffiTeîv èv tw ÀY)X((d cviout^v. » 

*Ev 8k ïlaXXtjviSt toïç ivaOvjixacyiv èiciY^YpaicTati Tà8s * « "Âp* 
Xovxeç xûtt xapdiatTOi àvé^caav ci iiA nu6o8<»)pou àp^ovrôç fftsça- 
vwBévTsç XP'^^'V CTEçivo) è-i Ai<p(Xv)ç ispsCaç. Uapiffitot 'EiriXuxo; 
[Auxô]îfTpdiTO'j FfltpYifiTTioç, fispaX^ç IIspixXeiTou UitOsuç, Xa- 
ptvoç Aii)|JLOXapcu; ToLpxh'^'ZKOZ. » 

Kàv ToTç Tou pAcriXéwç 8k vijJLOiç Y^YP^^f'*^ ' " ©'i*^^ "^^ 
X::6XXg)V'. toù; \'/Ap>fifùy -îrapaaiTOUi;. > 

KXéapxoç 8' ô SoXeOç, £Î<; S' outoç twv ÂpwîctiXôu; ècîl 

(1) Xenoph., Œcon.t XIV, 6-7* 

(2) Meui-8., Oj)., t. II, p. 161. 



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SUR UN PASSAGE D'ATHÉNEE. 161 

|i.aôt)':î5v, h tÇ» irpwTO) tûv ^{(ov xiBs fpi^si • « "E-çt. 5k îrapi- 

CITOV VUV l^lv TCV àTl[I.OV, TOT£ 81 Tbv ÊtÇ TO TJll.6tOUV KatîiXsY* 

KXst5r,;i.o; S*èv tî) 'AiW^t oiqcC • « Kal îrapatJtxoi î' fjpsôvî^av 
TW 'Hpxx.XEî. » 

K«l 0£ii.t5wv B'àv na)x}.i}v{3t • t 'Eîn[j.£X£rîOai SI tôv paçtXéa 
Tbv à£i ^aTiXEuovra xat tcùç •::apa«y{TOwç eu; âv è% tûv §ii;iJt.(i)v 
^psftipôvTat xai Toy; YipovTXç xal xà; vuvatxaç Tàç 'srpwxo* 

Kiv Tïï) Xvsac£(<j» e^t '•ivo; crdiXri; YSYpar^at • a Toïv 

îï gôoïv wfv -fj^E^iivoiv Tcîv è^aipsyiiivoiv to iib xpfTSv tiiéps^ 
£t; TCV à^ôva, là SI B'jo tiipTi tc |X£v ixEpov xw tepfit xb 8s xoi^ 
xapafftxciç. » 

KpaxiQ; B'âv 8£uxip<^ àxxiXTjç BiaXéxxou çr,(j£ • « Kxt o rapi- 
oixoç VUV è-' dSiÇsu |;^v xeîxat TrpaYiJLaxo;, ::p5X£pov c'èxaXcjvxô 
TCûtpatftxci ôl è::i xr,v xoû îspou fftxoy è^Xo^^v aipc'j|jL£voi, x<xl ^v 
àpx&tiv xt xapa?ix(i)v. Atb xal èv xw xoy PaciXéw; vi|jLO) ^éypa^- 
xai xayx( • « 'ExijJLîXfiîcBat Bs xbv Pa(yiX£Ûovxa xôv X£ àpy^dvxwv 
S^ccii); 3kv xaedtTxâWxat, xal xoj; rapa?ixsu; èx xoi>v cfijjuov atpûv- 
x» x.«xà xà YsYpai^ytéva. Tojç ck ::apa5txôu; èx xî}; ^ouxoXia; 
ètX«Yctv àx xôD ^po\i^ xoiJ éauxûv exadxov éxxéa xpiOûv, 8at- 
w(Oa{ xe xôù; ovxa^ XOïjvaCouç èv xw ispij) y.axà xà îraxpia. Tcv 
8'btxéa capéx^i^ £*•? 'f* ipXEÏa xû XciXXwvi xoù; Àxapvéwv 
rapas^xstiç iî^b xii; £x)vOYïîç xwv xptOûv. » "Oxi oé xa\ ip^stcv 
iîv aùxôv èv x<o atuxo) viji.w xaBs véYP*^'^*' * * Et; xy)v èricy^UYjv 
xcy vcii), xsii àpy^eCou xoy 5:apa3tX£{ou %7.\ xtJç cîxia; xt;; fâpa; 
BiSévat xb dp^fupisv, ox^gou alv et xûv îspdojv àîiicrxsuacxat |xt5- 
(ki>ffu)c;tv. » 'Ex xo-jxou 8f,X5v èîttv 5xi âv ai xà; àtt^yà^ èxtÔî^av 
X55 Upou cixcu oî ::apasixoi, xouxo itap3l5txstdv TCpo^^^optùtio. 

Sans vouloir refaire ici le commentaire que Preller 
a ck)nsacré à ce passage (1)) je m'attacherai seulement 

(l) Pôlènionis pci^le^elâè ft*d^}iUnta, coll. Preller (L.), Leipxi^, 
1838, p. 115 ôqq. 



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16* AM. HAUVETTE. 

aux fragments de la loi royale : cette étude, qui porte 
sur les parties les plus contestées du morceau, me 
donnera l'occasion d*adopter ou de rejeter les diffé- 
rentes hypothèses de ce savant ou des précédents 
commentateurs d'Athénée. 

Deux fragments sont donnés expressément pour des 
parties détachées de la loi royale : c'est d'abord le 
« 8u£iv TO) X-^riî.Xwvt TO'jç 'Axapvéwv zapa^jCTCu^ (4) », et 
ensuite l'extrait de Cratès. Mais nul doute qu'un troi- 
sième fragment ne soit rapporté parTbémison :6£|jl({7wv 

î'ev ITaXXrivfôi • è7:tjj.£X£ta0ai Zï tbv ^olcOâcl Carie mot 

rpwTé^cûdiç, écrit dans ce texte, est signalé par Pollux 
comme un axa^ Xsyoiasvov qui se trouve dans la loi 
royale (2). 

Ces trois extraits prouvent-ils que la loi ait été vue 
et connue de trois auteurs différents, ou dérivent-ils 
d'une source unique? La seconde hypothèse me paraît 
seule admissible. En effet Athénée, ou plutôt Polémon 
(car j'accepte pleinement l'opinion de Preller qui at- 
tribue à Polémon tout ce développement sur les para- 
sites), cite évidemment le premier fragment d'après 
l'extrait de Cratès, où se rencontrent les mots t(J X-éX- 
Xo)vt Tô'j; *Axapvéti)v TracaîtTOuç. Quant au mot Ousiv, faut-il 
croire, avec Preller, qu'il ait disparu dans le texte de 
Cratès? Il me semble plutôt ajouté ici par Polémon 
comme un synonyme et une abréviation, d'ailleurs 
inexacte, des mots Tbv ïy.iia r.xpiyzvf ; car les para- 
sites ne font pas eux-mêmes le sacrifice, et si le mot 
Ousiv s'emploie assez souvent dans le sens de sacrifier, 
pour dire assiste?* à un sacrifice, un texte de loi aurait, 
ce semble, plus do précision, ainsi qu'on le voit dans 



(1) Il pst vrai qu*il y a dans le texte, à cet endroit, ev rot^ roy ,3a- 
çiWm; vé.wot; (au pluriel); mais la citation montre clairement qu'il 
s^agit de l'acte appelé plus bas ô ro j ^a7(/i&>; vd^uo». 

(?) Poil,, III, 39. 



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SUR UN PASSAGE D'ATHÉNÉE. 165 

le décret d'Alcibiade, rapporté plus haut par Athénée : 
ta sTTtiJL'^vta OuÉTU) 6 îepsbç jutà xôv irapaaixwv. 

Mais pourquoi l'extrait de Thémison et celui de 
Cratès dériveraient-ils d'une même source? Voici le 
raisonnement qui m'amène à celte conclusion. Thémi- 
son, écrivain d'ailleurs inconnu, avait écrit un livre 
appelé naXXïjvCç, titre que Meineke rapproche avec 
raison du titre connu 'AxOiç, et qui signifie liber de rébus 
ad Pallenen spectanitbus (1). Il est probable que l'auteur 
avait consacré une bonne partie de son livre à la des- 
cription du temple d'Athéna, qui était célèbre (2). Nous 
savons de plus, par les inscriptions, que ce temple 
appartenait, non pas en propre au dème de Pallène, 
mais à la cité athénienne, c^est-à-dire que les cérémo- 
nies religieuses y étaient célébrées aux frais de l'Etat (3). 
Plusieurs dèmes, peut-être tous ceux de la région, 
devaient donc être représentés à ces cérémonies, et 
cette représentation demandait une organisation parti- 
culière du culte. Les parasites, choisis dans les dèmes, 
et appelés à prendre part aux sacrifices avec le roi, 
magistrat de la cité, avec les vieillards et les femmes 
^p(i>Toz69et<;, me paraissent constituer un des éléments 
de cette organisation : è^rijjLeXsTaOat Tbv PaaiXéa tov àù 
PaatT^euovta, %a\ tohq -luapaaiTOuç ot>ç av èy. xwv Sr^ixcov Trpoat- 
pûvTat, %aà toùç Yépovtaç xat xàç Y^vatxaç Tàç TupoitOTC^orsiç. 
Un autre élément de cette organisation religieuse était 
un collège de personnages décorés du titre d'àpxovTsç, 
qui figurent dans une dédicace dont Athénée emprunte 
très vraisemblablement le texte au même Thémison : 
èv lï IlaXXtjvioi loXç àvaOrjïJLacrtv eTriféYpa^Tat TdSe • àpxcvteç 
y.at î:apaatTOi àvéOeaav ot ItA nu6cB(il)pcu apxovTOç cTSçavo)- 

ôévTcç Les noms de ces archontes manquent dans 

dans l'extrait : Athénée, ou Polémon, traitant des 



(1) Athenœ., Beipnosoph., éd. Meineke, t. IV, p. 101. 

(2) Herod., I, 62. - Eurip., HeracL. v. 849. 

(3) Corp, Inscr, attic. 1, 194-225, 273. 



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166 AM. HAUVETTE. 

parasitesf, n'a transcrit que lea noms des personnages 
qui Toccupaient. Mais il est certain que ces opx^''^^ ne 
sont pas les neuf archontes d'Athènes; ce sont des 
magistrats attachés, comme les parasites, au temple 
d*Ath6na de Pallène. On sait qu'il y avait dans les 
dèmcs des «pxcvtsç particuliers (àr(opà tûv ip/âv-ccov), et 
que ces magistrats avaient souvent à s'occuper d'af- 
faires religieuses (1). Si l'extrait de Thémison était 
complet, nous saurions, par les démotiques de ces 
archontes, s'ils appartenaient tous au dèmede Pallène, 
ou s'ils étaient choisis, comme les parasites, dans 
différents dèmes (deux parasites sont du dème de 
Gargeltos, le troisième de Pithos). Quoi qu'il en soit, 
la mention d'archontes et de parasites se retrouve 
précisément dans le texte rapporté par Cratès et attri* 
bue aussi à la prétendue loi royale : irttuXsTcOai lï tsv 
PaatXfius^na tûv le àpyo^^xtù^ Sircd; àv xa^sxwvtai yjxl twÇ 
irapaijiTCu^ alpûvxat îiairà xà '^v(pct\k^a. Or, si on continue 
la lecture de ce texte, on constate qu'ici encore il s'agit» 
non d'une mesure générale, s'étendant à tous les sanc* 
tuaires de l'Attique, mais d'un règlement particulier à 
un temple : sic rîjv iTricxeutiv toî v6u> x. t. X... Ce temple 
ne serait-il pas celui de Pallène, que Thémison avait 
décrit, en citant les dédicaces et les règlements reli« 
gieux qu'il y avait lus? Cratès, écrivant sur le dialecte 
attique, n'aurait-il pas simplement emprunté à Thé- 
mison le texte de cette loi? La seule objection qui se 
présente est celle-ci : comment les parasites des Achar- 
niens figuraient*ils dans un document relatif à Pallène? 
Une réponse est facile : puisque plusieurs dèmes étaient 
représentés par leurs parasites auprès de la déesse, il 
est naturel qu'Acharnes ait eu les siens, comme Gar- 
gettos et Pithos. De plus, l'importance de ce dème était 
telle, qu'elle poprrait expliquer la mention particulière 
de ses parasites dans le règlement relatif à Pallène. 

(1) Cori). viser, attic, II, 581, olO, 60;?, 603. 



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SUR UN PASSAGE D'ATHÉNÉE. 167 

Ce n'est là, je Tavoue, qu'une hypothèse ; mais elle me 
parait prérérable à celle qui consisterait à supposer 
qu'il s'agit dans cette loi du sanctuaire d'Apollon à 
Acharnes; car il faudrait admettre l'existence d'une 
organisation et d'un règlement semblables à Acharnes 
et à Pallène; or, le temple d'Apollon à Achai^nes n'était 
pas comme celui de Pallène un sanctuaire de la cité : 
Pausanias le cite au nombre des sanctuaires locaux (i), 
et le nom d'Apollon Aghyeus ne se trouve pas dans la 
liste, incomplète, il est vrai, que nous possédons des 
cultes publics (â). 

Ainsi tout me porte à croire que Cratès a lui-même 
reproduit un extrait de Thémison, et je suis amené h 
reconnaître l'existence d'un seul texte primitif, qui se 
trouvait gravé à Pallène dans le temple d'Athéna, et 
que Thémison a appelé b toO Pa(i;Xéù); v4[ao<;. Ce titre est- 
il justifié? 

Le premier extrait de cet acte pourrait avoir, il est 
vrai, le caractère d'une mesure générale ; mais la phrase 
est incomplète : il faut sous-entendre avec iiciiJieXsTaOat 
un régime comme tûv tepûv, et l'absence de ce régime 
prouve assez que cet article était précédé de règle- 
ments relatifs à des sacrifices. Rien n'empêche donc 
d'admettre qu'il s'agit des mômes cérémonies que dans 
le second fragment, ou tout au moins de cérémonies 
célébrées dans les mêmes circonstances et dans le 
même temple, peut-être d*une procession qui devait 
avoir lieu après les sacrifices et le repas commun men- 
tionnés plus bas. Celte remarque me fait penser que 
ce fragment suivait dans l'original celui que rapporte 
Cratès, et c'est aussi ce que semblent indiquer les 
mots Toùç 7;(xpaa(TCU{ ot>^ âv èx tûv Si^jjkov xpoatpuxvrai ; car 
cette phrase suppose que l'élection des parasites a 
déjà clé réglée précédemment, et c'est celle élection 

0) Pausan., L 31. 

{2) Corp. inscr, attic.^ I, 191-'^25, 273. 



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168 AM. HAUVETTE. 

même dont il est question au début du second fragment. 

La première phrase de l'extrait emprunté à Cratès a 
été Tobjet d'assez graves corrections. Schweighœuser, 
dont il me paraît inutile de citer toute la discussion, 
en arrive, à force de conjectures, h écrire ainsi cette 
phrase : è7:ni.£X£ÏaÔai Bk tcv PaciXsuovta xûv àpxdvTwv xouç te 
âxi|JLsXr|Tàç ot:(i); xaO'.cTwvTa'. y.at Tobç -irapaaiTCu; u)ç èx tôv 
o/jii.(i)v aîpûvTai xaTà xà fs'fpap.ii.éva (1). Les mots 6 ^aaiXeuwv 
Tûv dep^ovTwv, pour désigner Tarchonte-roi, ne sont pas 
admissibles dans un texte attique; quant aux &riii£Ar|Xii, 
qui seraient, suivant Schweighœuser, les épimélètes 
des mystères d'Eleusis, ils n'ont que faire dans un 
règlement où il n'est question que d'Athéna et d'A- 
poUon. 

Preller conserve le texte tel qu'il se présente dans 
Athénée; mais il trouve que, dans la construction de 

cette phrase, les mots xai to-jç -irapaaiTouç ne peuvent 

pas correspondre à xwv ts àpxovcwv, et, faisant dépendre 
la proposition xat toùç irapaatTouç.,. de orwç, il traduit 
ainsi : « le roi veillera à ce que les archontes soient 
investis de leurs fonctions, et à ce qu'ils (les archontes) 
choisissent les parasites dans les dèmes. » Puis il 
suppose qu'il y a ensuite une lacune dans Athénée, et 
que la phrase correspondante à tûv ts àpx^vTwv a dis- 
paru. Cette correction a un défaut : c'est qu'il faut 
admettre alors pour les parasites un mode de nomina- 
tion qui ne parait pas du tout conforme à ce que nous 
en apprennent les autres textes : dans l'extrait de Thé- 
mison, les mots cjç âv i% tûv 0Yi[;,(i)v TwpoaipûvTai s'expli- 
quent sans peine en sous-enlendant pour sujet oîîtoaîtûu 
ou 01 0Y;[i.cTai, tandis que Preller est obligé de sous- 
entendre et àpxovceç. De plus, Kleidemos dit dans son 
Atthide, toujours d'après le témoignage d'Athénée : 
r.ai icapàcTiToi o'f)pi6Y]ffav tû 'Hpai^Xsï (2), expression com- 

(1) Athonro., éd. Schweighreuser, Animadv»ft, Ilf, p. 366. 

(2) Athenœ., Vf, p. 2a5 a. 



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SUR UN PASSAGE D'ATHÉNÉE. 169 

iDunément employée pour désigner une. élection faite 
par les citoyens. Enfin, le poète comique Diodore de 
Binope, rappelant la haute estime où étaient jadis les 
parasites, dit que la ville les choisissait parmi les 

citoyens les plus en vue, t; xoXtç xaiéXs^ev 1% tûv 

woXtTwv 8u)5£%^ àvSpa; è-jriiJLsXa);, èxXsÇajxévv) touç i% SuvaaTÛv 
'^er{Oià':aq (1). Ces mots ne conviendraient guère, ce sem- 
ble, à une désignation faite par des magistrats. Pour 
moi, rejetant la version de Preller, je m'accommode- 
rais à la rigueur du texte tel qu'il est, en lui donnant 
un autre sens : « le roi veillera à ce que les archontes 
soient investis de leurs fonctions, et à ce que Ton élise 
les parasites dans les dèmes. » Avec cette interpréta- 
lion, j'admets seulement une légère négligenoè dans 
la rédaction, puisque Tauteur de l'acte aurait fait de 
TÔv àpxcvTwv le régime de s:ui|j.£X£tffôat, et de touç icapajiTOuç 

(mot opposé à tûv àp/évTwv par ts %ai) le régime 

direct de aîpôvxai, verbe employé au moyen. Mais, si 
l'on remarque que le titre tcv PaatXsuovxa est évidemment 
incomplet, puisqu'il y a plus haut tcv ^acilia tov àel ga- 
ctXsuovTa, titre conforme à l'usage des inscriptions, on 
acceptera sans difficulté qu'il ait pu se produire quel- 
que désordre et, par suite, des fautes dans le texte, et 
on pourra peut-être corriger ainsi la négligence que 
•je signalais tout à l'heure : àziixsXsTaôai hï tov [gaaiXéa 
TOV àst] PactXsuovra twv t£ à^yà^itù^ oirwç âv xaOïGTwvTai, xai 
t[ûv] ^apa(:(T[u>v wçj h. twv STf)p.a)v aipwvTai xaTà Ta YSYpai'*- 
IJLéva (2) . 

La suite de l'acte est obscure, à cause du mot èy. Tij; 
pou%oX(aç, que Preller se refuse à traduire autrement 

(1) Athenœ., VI, p. 239 d. 

(2) Pour plus de symétrie, au lieu de w^, on pounait restituer wj 
âv, dont le sens ne diffère de ôij que par une nuance presque insen- 
sible. Mais il se peut aussi que le mot â'v soit plutôt à supprimer après 
onraç ; on s^expliquerait bien qu'il se fût introduit ici à cause de la 
phrase citée dans l'extrait précédent : roJ^ T.v.zyM-zoxji ovs àv i/. rdiv 
o/,^uwv 7r5oae,îôivTat. Dans cette phrase âv est absolument nécessaire. 



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i:0 AM. HAUYETTE, 

que par troupeau de bœufs ; slussï suppose-t-il plusieurs 
lacunes ; car lo règlement original devait indiquer ce que 
ces parasites avaient à faire de ces bœufs. Mais de 
pareilles hypothèses présentent bien peu de certitude. 
D'autre part, si Ton ne corrige pas le texte, c*est le 
sens du mot ^uxoXCa qu'il faut inventer, en le rappro- 
chant, comme l'a fait un commentateur de PoUux, du 
mot 10 ^ouxoXsicv, qui désigne à Athènes un endroit 
voisin de celui où siège Tarchonte-roi (1). Le mot 
ÇèWMkioL signiQerait alors les champs attribués à chaque 
parasite pour la récolte de Torge sacrée. Dans cette 
hypothèse, le texte grec n'aurait pas besoin d'être 
remanié : le règlement stipulerait que chaque parasite 
recueillit pour sa part un éxT£6<; d'orge, qu'il y eût 
dans le temple un repas offert aux Athéniens, oa(yut;Oa( 
Tî zohq Svxaç 'AÔTQvaCou^ (les vrais Athéniens, non les 
bâtards), et, comme clause accessoire ou particulière, 
il serait décidé que les parasites d'Acharnés dépose- 
raient leur éxTsuç d'orge, non pas avec les autres, mais 
dans le local des archontes, tlç li <ipxeTa, pour Apollon. 

Le dernier fragment cité par Cratès se rapporte à 
la restauration du temple, du parasùeion et de la de* 
meure des prôtres. Le soin de cette restauration paraît 
avoir été confié à de*s magistrats qui s'appellent cl wv 
Upswv çmaxeuaçTai; mais j'accepterais volontiers la cor-- 
rection de Preller, oî tôv iipîSi'^ àzicxsuaçToïC, et son inter- 
prétation, d'après laquelle ces magistrats ne seraient 
autres que los iTzi^idicf.i tôv Sr^iJLoaiwv Ip^wv, qui s'occu- 
paient aussi de la construction et de la restauration 
des temples (2J. 

En résumé, je ne vois pas, dans la pièce que Thé- 
raison paraît avoir lue à Pallène, une loi qui mérite lo 
nom de ô toO PatytXiox; vcfwç. Je no trouve, dans les 



(1) Suid., V. xpxuiv, — Cf. J)e archonte rege^ part. I, cm, §2. 

(2) Co>3î. inscr. attiCj ï, 322 (comptes pour Uk coastructiou de TE- 
rechtheion). 



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SUR UN PASSAGE D'ATHÉNÉË, 171 

fragments qui nous sont parvenus de cet acte, que des 
règlements relatifs à des cérémonies religieuses et à 
la restauration d'un temple, probablement celui d'A- 
ihéna Pallenis. D'ailleurs, comme dans ce sanctuaire 
était célébré un culte public, commun à toute la cité, 
il n'est pas surprenant que la haute direction de ces 
cérémonies et de cette restauration ait appartenu à 
rarchonle*roi, et je ne doute pas que la pièce toute 
entière ne fût un décret émanant du Conseil et de 
l'assemblée du peuple. A quelle époque ce décret peut- 
il être rapporté? S'il s'agissait d'un ancien texte de 
loi, la mention des dèmes prouverait du moins que la 
loi avait été remaniée depuis la réforme de Clisthène. 
Mais cette limite est beaucoup trop reculée, ce me 
semble, pour un acte comme celui dont nous avons 
tâché de déterminer la nature. Toutefois, si quelque 
indice pouvait être tiré, non du texte môme de l'acte, 
mais des extraits qui l'entourent, et en particulier de 
la dédicace faite à Pallène par les archontes et les 
parasites, en Tannée 432/i, je dirais que les fragments 
cités par Athénée me paraissent plutôt appartenir au 
V* qu'au IV® siècle. 



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LE 

PROCÈS DES HERMOCOPIDES 



PAR Robert de Tasgher 



Quand on parcourt les annales judiciaires de la dé* 
mocratie athénienne, on constate avec surprise com- 
bien les accusations d'impiété y tiennent une place con* 
sidérable. Les accusations de cette espèce ont donné 
lieu à tant de causes célèbres qu'on a pu se demander 
si les Athéniens n'ont pas été le peuple à la fois le plus 
irréligieux et le moins tolérant. Il suffît de rappeler à 
cette occasion les poursuites dirigées contre une foule 
de personnages, comme Socrate, Anaxagoras, Prota- 
goras, Alcibiade, Aspasie, Théodore l'athée, Théo- 
phraste, Stilpon, Diagoras de Mélos, Phidias et tant 
d'autres moins illustres : innocents ou coupables, ils 
paraissent avoir succombé tous à l'esprit d'intolérance 
de leur époque. Un de nos plus célèbres écrivains a été 
jusqu'à dire qu'Athènes avait bel et bien l'inquisition et 
que les dieux bafoués sur la scène par Aristophane 
tuaient quelquefois (1 j. Mais on se trompe aisément quand 

(1) E. Renan, Les Apôtres ^ p. 314. 



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LE PROCES DES HERMOCOPIDES. 173 

on s'en tient à Tapparence et il est toujours dangereux de 
juger l'antiquité hellénique avec les idées et les préoc- 
cupations de notre temps. A vrai dire, les dieux d'A- 
thènes se sont toujours montrés de facile composition; 
ils n'ont jamais tué personne et on peut ajouter sans 
crainte qu'ils n*ont pas été pour beaucoup dans les 
procès en question. Pour peu qu'on veuille les exami- 
ner sans parti-pris, on s'apercevra bien vite qu'il faut 
assigner aux accusations d'impiété une toute autre 
origine que la ferveur de la foi ou Texaltation du sen- 
timent religieux. Il s'agit avant tout de se rendre un 
compte exact de l'état des croyances et du véritable 
caractère de la religion chez les Athéniens, ainsi que 
des passions politiques qui les ont presque exclusive- 
ment dominés. 

Ce qu'il importe de ne pas oublier, c'est que la reli- 
gion a consisté chez eux, non pas dans une théologie 
et des dogmes, mais dans un culte et ses manifesta- 
tions extérieures. Ce n'est pas que le sentiment reli- 
gieux leur ait fait défaut et qu'ils se fussent montrés 
incapables d'une conception élevée sur les devoirs à 
i:emplir à l'égard de leurs dieux. S'il en avait été au- 
trement, on ne comprendrait guère qu'ils eussent pu 
songer à donner à toutes leurs institutions la sanction 
divine, à leurs yeux la plus auguste et la plus respec- 
table. Mais il n'en est pas moins vrai qu'ils n'ont pas 
possédé un corps de doctrines propres à leur incul- 
quer des vérités ou des croyances dogmatiques. Il ne 
s'est pas trouvé, parmi les Hellènes, un législateur 
religieux qui ait pris à tâche d'organiser un ensei- 
gnement théologique à l'usage des fidèles. Les pres- 
criptions législatives n'ont toujours pour objet que les 
formes extérieures du culte. Mais à cet égard tout 
avait été prévu et réglé avec une scrupuleuse exacti- 
tude. Il n'y avait pas à Athènes une orthodoxie offi- 
cielle, mais il existait un culte reconnu et pratiqué par 
l'État. Les dieux étaient sacrés de par la loi ; de môme 



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174 ROBlîïlT DE TASCttÊk. 

leurs propriétés, les honneurs dont ils jouissaient, les 
temples où ils avaient fixé leur séjour. Tout ce qui les 
concernait s*appelait Upi, et on n'était bon citoyen qu'à 
la condition de les respecter. Une infraction à cet 
égard était considérée comme un manquement à la loi 
et une violation de droits reconnus et protégés par 
rÉtat. 

Tant que le culte ne subissait pas d'atteinte, TÉtat 
n'avait pas à intervenir. Il lui eût été» d'ailleurs, im- 
possible d'exercer un contrôle efficace sur des croyan- 
ces qui étaient demeurées trop vagues pour former un 
corps de doctrines faciles à surveiller. On ne savait 
pas grand'chose, après tout, sur la nature intime des 
dieux et on ne s'était pas mis d'accord pour dégager 
leur personnalité de l'incohérence des traditions sou* 
vent contradictoires qui les concernaient. Ils apparte- 
naient, pour la plupart, à un passé mystérieux pendant 
lequel ils avaient résidé au sein des forces et des 
phénomènes de la nature et quand, en grandissant, 
rintelligence humaine les eut tirés du chaos des élé- 
ments, elle n'avait pas pu empêcher, cependant, qu'ils 
ne restassent fidèles, sous beaucoup de rapports, A 
leur caractère primitif et aux conditions de leur exis- 
tence antérieure* En se fondant sur une pareille ori* 
gine, une religion sera toujours impuissante à donner 
à la divinité une forme abstraite, ainsi que des fonc* 
tions et des attributs nettement définis. Les concep- 
tions religieuses resteront trop vagues et trop flottan- 
tes pour qu'il en puisse sortir des dogmes ou une 
théologie^ comme la théologie chrétienne. Mais rien 
de pareil n'ayant existé à Athènes, on ne voit pas au 
nom de quel droit l'État se serait mis à violenter les 
consciences, car il n'aurait pu agir qu'en vertu d'une 
orthodoxie reconnue etj comme on le saitj celle-ci fai- 
sait défaut. Il était permis à chacun de croire ce qui 
lui convenait sur la nature et la puissance des dieux. 
Liberté entière de témoigner sa. préférence pour telle 



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LE PROCÈS DES HERiiOCOPlDES. itr) 

OU telle conception religieuse et, comme on n'exigeait 
pas de profession de foi, on n'avait pas non plus à 
rendre compte de ses convictions intimes. Avait-on 
prié, sacrifié, fréquenté les temples, personne n'avait 
intérêt à le demander ou à le savoir. Toutes les opi- 
nions, après tout, étaient libres et tolérées. ïl suffît, 
d'ailleurs, de jeter les yeux sur les comédies d'Aris- 
tophane pour constater jusqu'où il était permis de 
pousser la licence, et notre étonnement redoublera à la 
pensée que ces représentations théâtrales étaient orga- 
nisées par rÉtat lui-même à l'occasion des solennités 
religieuses. Pour établir une inquisition ou provoquer 
une persécution religieuse, il faut des éléments et des 
circonstances qui ont manqué à Athènes : une théocra» 
tie puissante, des dogmes inflexibles, une ferveur dans 
la foi poussée jusqu'au fanatisme et des passions re* 
ligieuses auxquelles il est nécessaire de pouvoir asso» 
cier la foule. Mais les passions de cette nature ont fait 
défaut aux Athéniens. Ils semblent n'avoir toujours 
obéi qu'à celles qui sont du domaine de la politique. 
Leurs prêtres n'avaient dans l'État ni pouvoir ni situa- 
tion privilégiée. Ils n'étaient même pas appelés à for- 
mer des tribunaux ecclésiastiques à l'exception, toute- 
fois, du collège des Eumolpides pour des cas relatifs 
aux mystères. Ils étaient libres, il est vrai, de faire 
usage de leurs droits de citoyens en prenant l'initia- 
tive d'une poursuite judiciaire contre des actes d'im- 
piétéj mais il ne paraît pas qu*ils en aient éprouvé le 
besoin, car nous ne connaissons pas un seul procès où 
ils soient intervenus. 

Certes, les Athéniens ont su p^atîquer la tolérancGj 
et ce que nous apprenons au sujet des accusations 
d'impiété ne saurait détruire l'opinion favorable que^ 
sous ce rapport, ils nous ont laissée. C'est aller trop 
loin que de leur reprocher d'avoir sévi contre des opi- 
nions assez téméraires pour s'en prendre à ce qui 
était la substance même du culte^ c'est-à-dire Texis- 



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176 ROBERT DE TASCHER. 

tence des dieux. Il fallait, cependant, qu'une limite fût 
tracée, au-delà de laquelle il était criminel de profes- 
ser ouvertement des doctrines en antagonisme avec 
les institutions de TÉtat. Nier les dieux, c'était, après 
tout, nier la tradition, l'origine de la cité ; c'était s'at- 
taquer au fondement môme de l'État. Pour qu'ils fus- 
sent assurés de jouir des honneurs auxquels ils avaient 
droit, les dieux devaient être reconnus et respectés ; 
en se raillant du culte officiel, en cherchant à y intro- 
duire des nouveautés, en répandant dans la foule le 
doute et l'incrédulité, on faisait tort aux dieux; on les 
dépouillait en partie des privilèges et des prérogatives 
dont ils avaient joui de tout temps dans la cité. C'est 
surtout à ce point de vue qu'il faut se placer pour ju- 
ger de la conduite de l'État en présence des tentatives 
de scepticisme ou des spéculations de l'esprit philoso- 
phique. Dans une semblable question, il importe de 
ne pas oublier combien étroite et complète a été, dans 
la cité antique (1), l'alliance entre l'État et la religion, 
et combien celle-ci s'est trouvée mêlée, dès l'origine, à 
tous les actes de la vie sociale et politique. Toute 
société porte en elle le besoin de sa propre conserva- 
tion et on ne saurait faire un crime aux Athéniens 
d*avoir veillé au maintien de ce qu'ils ont jugé être 
indispensable à la prospérité et au salut de l'État. 

Si maintenant on examine de plus près les procès en 
question, on verra que la plupart d'entre eux ont été 
intentés sous l'empire de mobiles et de passions qui 
n'ont rien eu à démêler avec le sentiment religieux. Ce 
qu'on néglige toujours d'étudier assez, ce sont les ma- 
nifestations diverses de la vie politique à Athènes, 
quand la démocratie eut placé tout le pouvoir entre les 
mains de la multitude et que les aspirations des hautes 
classes de la société se trouvèrent aux prises avec le 
despotisme et les passions populaires. Le moment 

(1) Voir Fus tel de Coulange, La Cite antique. 



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LE PROCES DES HERMOCOPIDES. 177 

arriva pour les Athéniens où les préoccupations poli- 
tiques tinrent, dans leurs idées comme dans leurs ac- 
tes, une place plus considérable que les besoins de la 
foi et les croyances religieuses. Au milieu des passions 
soulevées par Tesprit de parti, on ne pouvait guère 
manquer d*avoir recours aux détestables pratiques 
qu'il engendre, et les accusations dMmpiété offraient un 
moyen d'action trop commode et trop efficace pour 
qu'il fût dédaigné par des adversaires poussés à bout 
ou à court d'expédients. L'envie, la jalousie, les rancu- 
nes personnelles pouvaient aussi y trouver l'occasion 
de se satisfaire et on n'avait garde d'y manquer quand 
on jugeait utile de renforcer d'une accusation d'impiété 
les imputations diverses qu'on avait toute liberté de 
formuler à Tappui de n'importe quelle action judi- 
ciaire. 

Citons, à titre d'exemple, le procès intenté à Anaxa- 
goras et il sera facile de vérifier la justesse des remar- 
ques qui précèdent. Tout le monde sait qu'Anaxagoras 
fût jugé et condamné pour avoir professé publique- 
ment les doctrines les plus subversives en matière 
religieuse. Mais on aurait le plus grand tort de ne pas 
faire la part, dans ce procès, des motifs et des passions 
politiques du moment, car les poursuites semblent 
avoir été dirigées plutôt contre l'ami de Périclès que 
contre le philosophe. En s'élevant contre les opinions 
d'un homme dont Périclès pouvait être soupçonné de 
partager les idées, les adversaires de ce dernier avaient 
beau jeu pour le compromettre aux yeux du démos. 
D'ailleurs, comme il est facile de s'en assurer, aucun 
prôtre n'intervient au procès. C'est, au contraire, un 
personnage sans fonction sacerdotale dans l'État, Dio- 
pheites, qui en prend l'initiative devant rassemblée 
publique. Il parvient à persuader au peuple qu'il y a 
lieu de procéder contre Anaxagoras en vertu d'une 
« eisangelie » et quels sont les cjtoyens qui se char- 
gent de présenter Tacte d'accusation? Thucydide, fils 

Annuadui 1886. . 12 



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178 ROBERT DE TASCHER. 

de Mélésias, et Gléon ; Tun est le représentant de la 
noblesse athénienne à cette époque et l'autre appartient 
à la démocratie radicale. Tous les deux sont des enne- 
mis politiques de Périclès. Ce qu'il importe encore 
d'ajouter, c'est qu'Ânaxagoras ne fût pas seulement 
accusé d'impiété, mais aussi de médisme, ce qui prouve 
qu'on voulait à toute force obtenir une condamnation 
pour des motifs faciles à comprendre. Il en a été à peu 
près de môme pour Âspasie qui, elle aussi, fût accusée 
d'impiété et nous retrouvons dans la personne de son 
accusateur, un autre adversaire de Périclès, le poète 
comique Hermippos. Il est permis de croire que le 
procès n'aurait pas eu lieu si Aspasie n'avait pas été 
Tamie et la conseillère de Périclès. Mais quoiqu'il en 
soit, dans ce procès comme dans beaucoup d'autres 
que nous ne saurions examiner ici, on voit toujours se 
manifester des tendances et des mobiles semblables, et 
ce serait s^obstiner à tort que de vouloir y chercher 
la preuve de l'intolérance religieuse chez les Athé- 
niens. 

Ces remarques ont paru nécessaires pour servir 
d'introduction à une étude sur le procès des Hermoco- 
pides (1). Il importe de ne pas les perdre de vue si Ton 
tient à se renseigner au sujet d'une cause célèbre qui a 
été plus que toute autre le résultat dUntrigues et de 
machinations, comme l'esprit de parti seul peut en pro- 
duire. C'est aussi la raison pour laquelle tous les 
faits qui se rattachent à cet événement sont restés si 
embrouillés et si obscurs. Dans l'antiquité, de l'aveu 
même de Thucydide (2), comme de nos jours, il n'a été 
donné à personne de soulever entièrement le voile qui 
cache un passé plein de mystère. Les auteurs anciens 
ont dû éprouver à se renseigner sur des événements de 



(1) Droysen, Des ArUiophanes Vœgel und die BermocopideH 
Rheinûches Mittetim fo^ Philologie, Bonn, 1835, 
(2)Thttcyd., 1. VI, ch. 60. 



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LE PROCKS DES HERMOCOPIDES. 170 

cette nature la môme difficulté qu'on rencontrerait à 
notre époque h vouloir connaître les menées occultes 
de nos partis. Il n'y apas de faits, qui, en général, demeu- 
rent plus ignorés et plus impénétrables que les intrigues 
politiques, et telle a été aussi la destinée du procès 
des Hermocopides. Il n'y apas lieu d*en ôtre surpris si 
Ton considère à quel point les démocraties anciennes 
ont manqué de moyens d'investigation assez efficaces 
pour arriver h la découverte d'un crin^e ou d'une cons- 
piration. A défaut d'une police organisée comme celle 
de nos gouvernements, les Ëtats anciens n'ont eu 
d'autre ressource que l'espionnage des citoyens entre 
eux; mais si, en temps de paix publique, la surveil- 
lance de chacun sur tous n'avait rien de dangereux, ce 
système allait à rencontre de son but dès qu'il s'agis^ 
sait d'un crime politique ou quand des personnages 
considérable^ se trouvaient en cause, La publicité 
donnée h Tenquête avertissait les coupables ; aussitôt 
toutes les passions, tous les intérêts entraient en jeu; 
les sycophantes ne se faisaient pas faute d'exercer leur 
criminelle industrie; tous les moyens étaient jugés 
bons pour égarer l'opinion publique. Il était dangereux 
alors d'associer aux investigations de la justice le peu- 
ple tout entier, peuple mobile, crédule, disposé à 
accueillir toutes les délations. Livrées au hasard des 
passions du moment ou dirigées au gré de la fantaisie 
de chacun, les recherches couraient le risque de s'éga* 
rer dans tous les pièges où des intrigants habiles ne 
manquaient jamais d'attirer la crédulité publique* 
Voilà ce qui est arrivé pour le procès des Hermocopi- 
des et ce qui explique pourquoi le démos n'a jamais 
appris qu'une faible partie de la vérité au sujet de cette 
mystérieuse affaire. Nous n'en saurions guère plus long 
à ce( égard que le peuple athénien si notre tâche devait 
se borner à recueillir quelques citations éparses dans 
les écrits des Thucydide^ des Plutarque, des Andocide. 
Mais l'énigme paraîtra moins obscure quand on se 



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180 ROBERT DE TASCHER. 

sera rendu compte des circonstances spéciales qui ont 
produit et entouré le procès des Hermocopides, du 
caractère des personnages qui ont été mêlés à cette 
affaire et des mobiles qui les ont fait agir. Ce procès 
n'a pas été un accident, tel qu'il peut s*en produire 
dans la vie de toute nation, et dont les effets restent à 
la surface, aussi passagers que les causes qui l'ont 
fait naître. Il révèle, au contraire, un mal plus profond, 
plus irrémédiable, et celui-ci est demeuré visible à 
l'œil de l'historien. Athènes était déjà arrivée à cette 
période de son histoire oîi, livrées aux manœuvres de 
l'esprit de parti et en butte aux dissensions intestines, 
les démocraties anciennes portent en elles le germe 
d'une rapide décomposition. La lutte entre les factions, 
au sein de chaque État de la Grèce, a contribué, autant 
que la domination macédonienne, à l'asservissement 
des républiques helléniques. Sous la démocratie mo- 
dérée, un événement tel que le procès qui nous occupe, 
aurait été impossible. Les acteurs eussent fait défaut 
à cette tragédie qui réclamait la présence sur la scène 
de personnages animés de passions inconnues jus- 
qu'alors. Pour élever à la hauteur d'une catastrophe 
publique des faits d'un caractère, en apparence, si 
insignifiant, il a fallu, on doit le comprendre, des cir- 
constances exceptionnelles, et il importe de bien les 
connaître, dans le but de porter quelque lumière au 
sein de l'obscurité qui enveloppe le procès des Hermo- 
copides. 



Après la paix de Nicias (4) deux partis s'étaient trou- 
vés en présence à Athènes ; faute de meilleurs termes, 

(1) 421 av. J. C. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 181 

on a pu les appeler les aristocrates ou les conserva- 
teurs et les démocrates. Ceux-ci venaient de perdre 
leur chef, Cléon, sous les murs d'Amphipolis (1). L'ex- 
pédition, dirigée par ce démagogue, avait abouti à un 
désastre et le héros populaire avait payé de sa vie la 
prétention d^ètre ailleurs que sur le phnyx d'Athènes 
un habile général. Le parti aristocratique avait pu pro- 
fiter de ces circonstances pour se mettre à la tête des 
affaires, mais il se montrait aus^i impuissant à s'y 
maintenir longtemps que peu préparé à y déployer une 
grande vigueur. Autant par la situation sociale de ses 
membres que par ses sentiments moins hostiles à l'é- 
gard des gouvernements oligarchiques de la Grèce, il 
se trouvait en mesure d'exercer quelque influence sur 
les relations extérieures d'Athènes, mais son action ne 
durait jamais au-delà des circonstances qui l'avaient 
appelé au pouvoir. Tel qu'il était constitué, il ne pou- 
vait pas jeter des racines assez profondes dans le sol 
mouvant de la démocratie pour résister à la fois aux 
attaques des démagogues et aux causes de faiblesse 
qu'il recelait dans son propre sein. Se trouvant tou- 
jours en minorité dans les assemblées publiques, il 
avait peine à y faire triompher les principes de gou- 
vernement qu'il s'était donné la mission d'y défendre. 
Il s'efforçait de s'opposer aux abus, aux excès, à l'a- 
doption de mesures précipitées ou révolutionnaires, 
aux entreprises hasardeuses ; mais en poursuivant un si 
louable but, les conservateurs s'exposaient toujours à 
rencontrer sur leur chemin les démagogues et les am- 
bitieux de toutes sortes et, entre antagonistes se com- 
battant à armes si inégales, la lutte ne pouvait jamais 
être de longue durée. Ceux-ci n'hésitaient jamais à 
s'adresser aux passions populaires ; ceux-là ne cher- 
cbaient, au contraire, qu'à les tempérer; les uns pro- 
mettaient tout ce que voulait le démos, succès militai- 

(1) i22 av. J. G. 



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182 ROBERT DE TASCHER. 

res, entreprises lucratives, accroissement de la fortune 
publique, tandis que les autres no faisaient entendre 
que des conseils de prudence et des appels à la modé- 
ration. Tel parti, tel chef. C'était Nicias, général sou- 
vent heureux, mais homme d'État timide. Il semblait 
s'être placé à la tête des conservateurs moins pour les 
diriger que pour personnifier la pusillanimité et la po- 
litique étroite de sipn parti. « Nicias, dit Thucydide, 
voulait encore, pendant que sa renommée était intacte, 
mettre son bonheur h couvert, procurer quelque repos 
à lui-même et s'assurer enfin la réputation de n'avoir 
entraîné TËtat dans aucune catastrophe » (1). C'étaient 
l'égoïsme et la quiétude de l'ftme érigés en système 
politique. 

Une conduite aussi prudente et de pareils procédés 
de gouvernement ne pouvaient guère être du goût des 
Athéniens à une époque où la démocratie était arrivée 
au dernier période de son développement et où le 
peuple prétendait se gouverner lui-môme sans avoir 
à subir le contrôle ni les conseils de ses hommes d'É- 
tat. Le temps était passé où le démos obéissait encore 
à l'ascendant de personnalités assez puissantes pour 
s'imposer à la tète des affaires et pour entraîner la ré- 
publique dans la voie la plus conforme à ses intérêts 
et à ses destinées. Périclès avait su maintenir le gou- 
vernement à la hauteur de son génie, tandis qu'après 
lui, les autres hommes d'Etat durent rester au niveau 
des instincts populaires dont ils recevaient l'impulsion 
au lieu de pouvoir les diriger ou les contenir. A me- 
sure que le despotisme de la foule avait grandi, l'am- 
bition était venue aux Athéniens et, avec elle, le goût 
des entreprises considérables qui promettaient un ac- 
croissement do pouvoir, des hasards heureux, des 
gains inespérés. La démocratie athénienne cédait de 
plus en plus à la tentation de se répandre au dehors et 

(l)Tliucyd.,l. V, ch. 14. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 183 

bien au-delà de ses limites naturelles et, après s'ôtre 
débarrassée, à Tintérieur, de tout ce qui faisait obsta- 
cle à ses volontés, ellen^entendait pas suivre au dehors 
une politique qu'elle accusait d^ôtre trop timide pour 
pouvoir satisfaire ses intérêts. C'était là ce qu'avaient 
compris les démagogues et les efforts d^un Cléon 
avaient consisté à bercer le peuple dans ses rôves 
d'ambition et de grandeur. Mais, après les événements 
d'Amphipolis, les Athéniens avaient pu cependant 
constater que les démagogues promettaient plus qu'ils 
ne pouvaient tenir. Ceux-ci s'étaient montrés trop insuffi- 
sants àla tête des affaires pour que le démos n'éprouvât 
pas, en môme temps qu'une déception à leur égard, le 
besoin de confier désormais ses destinées à des mérites 
et à des talents supérieurs. Les Athéniens ne tardèrent 
pas à trouver Thomme qu'ils attendaient de leur for- 
tune. Certes, celui-ci n'avait ni la timidité des conser- 
vateurs, ni l'incapacité des démagogues; il possédait, 
au contraire, à un degré supérieur, les talents et l'ex- 
périence des uns, en môme temps que l'audace des au- 
tres ; il comprenait, il partageait les aspirations de la 
foule et il pouvait mettre à son service du génie, des 
qualités exceptionnelles et une ambition à la hauteur 
de toutes les entreprises de la démocratie. Cet homme 
était Alcibiade. 

Les Athéniens se donnèrent à lui non plus subjugués 
comme ils l'avaient été par l'ascendant du génie d'un 
Périclès, mais séduits par le prestige d'une personna- 
lité qui semblait refléter l'image de ce qu'ils étaient 
eux-mêmes. Voilà ce qui explique l'empire extraordi- 
naire qu^ Alcibiade a exercé sur le démos qui a cru 
pouvoir tout attendre de ses merveilleuses aptitudes. 
Richesses, haute naissance, beauté, il avait tout ce qui 
captive et entraîne la multitude et il lui plaisait d'au- 
tant plus qu'il n'avait ni la bassesse ni la vulgarité des 
autres démagogues, mais que, tout en usant de leurs 
procédés et de leurs flatteries, il savait y mettre un art 



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184 • ROBERT DE TASCHER. 

et des raffinements qui annonçaient Thomme de haute 
naissance. Ce qu'Alcibiade voulait, les Athéniens le 
voulaient avec la même passion, c'était que la démo- 
cratie ne rencontrât plus nulle part de limite à son ex- 
pansion et que, dans la conscience de son pouvoir et la 
liberté, elle pût déployer toute son énergie, toutes ses 
ressources en vue de vastes entreprises et de grands 
desseins. Il fallait que toutes les forces et les éléments 
populaires fussent déchaînés à la fois, mais Alcibiade 
comptait bien les diriger au gré de son ambition et les 
faire servir à ses vues personnelles. Il ne lui suffisait 
pas de se pousser au premier rang dans TÉtat et de 
devenir partout le but de tous les regards, comme le 
héros de toutes les aventures. Il visait plus haut en- 
core en cherchant à se faire T&me de la démocratie 
dans toutes les villes de la Grèce, comme le centre de 
tous les intérêts qui s^agitaient autour de lui. 

Entre Alcibiade et le démos, les penchants et les pas- 
sions étaient trop les mêmes pour qu'ils n^eussent pas 
à subir tôt ou tard les efTets d'un entraînement réci- 
proque où l'un devait se montrer aussi impitoyable 
dans ses visées ambitieuses que l'autre obstinément 
aveugle à l'égard de ses intérêts. Ce qui nous le montre 
bien, c'est l'expédition de Sicile dont la responsabilité 
pèse aussi bien sur Alcibiade que sur le démos, car 
chacun a contribué pour sa part à cette œuvre funeste 
en y cherchant la réalisation de ses espérances et de 
ses convoitises. Du temps de Périclès, on avait pu agi- 
ter de pareils projets, mais les vues de cet homme 
d'État étaient trop élevées et trop honnêtes pour qu'il 
ne se fût pas efforcé de détourner les Athéniens d'une 
expédition qui dépassait de beaucoup leurs forces et 
leurs ressources. Mais il semble qu'il en est des na- 
tions comme des individus. Ceux-ci comme celles-là 
se fatiguent vite de trop de sagesse et de modération 
ety dussent leurs plus chers intérêts en souffrir, les 
uns et les autres courent au devant d'entreprises dont 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 185 

ils espèrent un changement heureux ou des biens con- 
sidérables. Il n'en fut pas autrement pour les Athé-* 
niens quand ils se crurent arrivés au point de pouvoir 
abandonner impunément la voie où ils avaient marché 
jusqu'alors. Tout les séduisait dans cette expédition 
lointaine. Les imaginations s*étaient enflammées à l'i- 
dée des trésors, des villes, des territoires qu'on allait 
conquérir, et les plus ambitieux jetaient déjà les yeux 
au-delà des limites de la Sicile en rêvant d'un vaste 
empire méditerranéen destiné à fonder à tout jamais la 
suprématie d'Athènes sur les autres villes de la Grèce. 
Jamais folie ne fut plus grande et plus désastreuse 
dans ses résultats. Mais jamais non plus il ne se trouva 
un ambitieux, comme Alcibiade, pour jeter son pays 
dans une pareille aventure en vue de favoriser des pro- 
jets personnels de grandeur et de puissance. En ap* 
puyant auprès du démos le projet d'une expédition en 
Sicile, Alcibiade savait qu'il en aurait la direction ex* 
clusive, en dépit des généraux qui lui seraient adjoints, 
et il se promettait de ne plus s'arrêter dans la voie où 
il allait pouvoir réaliser ses rêves de grandeur. S'il 
était victorieux, et il n'en doutait guère, sa puissance 
grandirait en proportion de celle d'Athènes et, comme 
conquérant de la Sicile, il reviendrait dans sa patrie 
avec la certitude d'y régner en maître. 

Avec plus de modération et de prudence, Alcibiade 
serait peut*ôtre arrivé à exécuter une partie de ces 
vastes desseins, mais il aurait fallu qu'avant de vouloir 
dominer les autres, il dominât ses propres passions. 
S'il avait consenti à s'en rendre maître, il aurait été 
aussi grand que Périclès, mais, en apprenant à se 
vaincre, il n'aurait plus été Alcibiade. Il n'a pas été dû 
ces politiques profonds qui ont étonné le monde par 
les artifices de leur dissimulation, toujours en posses- 
sion d'eux-mêmes et maîtres de tous les mouvements 
de leur âme. En aspirant au pouvoir suprême, Alci- 
biade oublie de contenir ses penchants et ses passions; 



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186 ROBERT DE TASCHER. 

il reste léger, fantasque, versatile au moment où il au- 
rait fallu tendre les ressorts d'une volonté inflexible 
dans la poursuite de ses desseins ; il manque tout à la 
fois d'esprit de suite, de sang-froid, de patience pour 
marcher vers Taccomplissement de ses destinées et, 
s'il a eu le malheur de ne pouvoir jamais y atteindre, 
c'est qu*il a été encore moins impuissant à commander 
aux événements qu'à sa propre nature. Elle a été en 
tout celle d'un tyran égaré en pleine démocratie et au- 
quel les circonstances seules semblent avoir fait défaut 
pour devenir un Pisistrate ou un Gélon. Avec un pa- 
reil tempérament et de semblables dispositions, Âlci- 
biade n'était pas un homme d'État capable de donner 
de la stabilité aux institutions démocratiques. L'empire 
qu'il exerçait ne pouvait être que personnel, fondé qu'il 
était sur le prestige et les séductions de sa nature, 
mais il était lui-môme trop plein d'incohérence et de con- 
tradictions pour que son gouvernement pût être dura- 
ble en s'appuyant sur un principe moral supérieur. 
Les passions qui l'animaient ne pouvaient pas man- 
quer d'exciter celles du démos et, en les lui communi- 
quant avec l'ardeur de ses convoitises, il condamnait 
son pouvoir à rester aussi fragile et changeant que les 
sentiments de la multitude. 

Il est toujours dangereux de gouverner avec les pas- 
sions populaires, mais il ne Test pas moins de provo- 
quer, en abusant du pouvoir, des craintes et des soup- 
çons qui viennent en aide à des ennemis attentifs à en 
profiter. Â la manière dont Alcibiade se comportait & 
Athènes, on aurait pu croire qu'il venait d'entrer dans 
une ville conquise. Il y avait dans sa conduite trop 
d'insouciance criminelle, trop d'excès de toutes sortes, 
trop d'actes de violence pour que tant de mépris de la 
légalité ne fît naître autour de lui d'étranges soupçons. 
A le voir déjà agir en maître, on tremblait à Tidée 
qu'en suivant la pente de sa nature, il ne succombât 
un jour à la tentation de porter la main sur les libertés 



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LE PROCES DES IIERMOCOPIDES. 187 

publiques. Ses mœurs et ses procédés ne pouvaient 
que conQrmer de pareilles craintes. Ses flatteries à 
regard du démos, ses folles largesses, ses habitudes 
de faste et de profusion, et jusqu'au luxe de ses écuries 
qui dévoraient le plus clair de son patrimoine, tout 
semblait annoncer en lui le futur tyran d'Athènes. Pour 
son malheur, on ne se donnait pas la peine d'approfon- 
dir ce que de telles craintes pouvaient avoir de trop 
exagéré ou de purement imaginaire. Il est certain qu'il 
ne conspirait pas contre la démocratie et qu'en dehors 
des imprudences et des étrangetés de sa conduite, rien 
ne justiflait les accusations aussi vagues que persis- 
tantes dont il était l'objet. Mais il avait h craindre que 
ses adversaires ne profitassent un jour ou l'autre de 
cette disposition particulière de l'esprit public à son 
égard. 11 ne fatlait pas beaucoup pour exciter la mé- 
fiance du démos et^ en cherchant à donner une appa- 
rence de réalité h ce qui faisait déjà le sujet de toutes 
les conversations à Athènes, les ennemis d'Âlcibiade 
étaient sûrs de pouvoir déchaîner contre lui ces mêmes 
passions populaires qui avaient tant contribué à fonder 
et à soutenir son pouvoir. Essayer de le renverser en 
l'attaquant de front, c'eût été tenter une entreprise im« 
possible. Mais ses ennemis pouvaient espérer de meil- 
leurs résultats d'une guerre d'intrigues souterraines où, 
certes, ils ne resteraient pas seuls à soutenir tout le poids 
de la lutte. Ils pouvaient compter sur le concours de tous 
ceux qui, ayant été maltraités ou bafoués parÂlcibiade, 
attendaient l'heure et l'occasion de se venger des inaux 
qu'ils en avaient soufferts. Il était à prévoir que tous 
ces ennemis secrets seraient disposés à accueillir avec 
joie et à répandre avec ardeur les calomnies et les ac- ' 
cusations sous lesquelles des adversaires impuissants 
et jaloux s'efforcent d'accabler un rival plus heureux 
ou plus habile. L'esprit de parti est cruel et impitoya- 
ble quand il est appelé à satisfaire d'impérieux intérêts 
et d'ardentes convoitises. Âlcibiade allait l'apprendre à 



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1JB8 ROBERT DE TASCHER. 

ses dépens par les soins'de ses adversaires, les déma- 
gogues eb les partisans de Toligarchie. 

Depuis qu'il était devenu le chef de la démocratie, 
Alcibiade avait écarté du pouvoir et réduit à une vaine 
opposition toutes les personnalités ambitieuses et re- 
muantes qui plus particulièrement dans les républi- 
ques aspirent à se faire une place dans le gouverne- 
ment. Dans l'impossibilité de lui disputer le pouvoir, 
les autres démagogues en avaient conçu un sentiment 
de dépit et de jalousie profonde, mais ils étaient loin 
de se résigner à l'inaction et à Tinsignifiance à laquelle 
ils se plaignaient de voir condamner leur personne. 
Mais les Androclès, les Gléonyme, les Démostrate qui 
auraient voulu continuer l'œuvre de Cléon, en s'effor- 
çant de marcher sur ses traces, n'avaient pas recueilli 
dans l'héritage de leur maître et de leur modèle ses 
réels talents ni la vigueur de son caractère. Intrigants 
adroits, mais uniquement occupés de leur personne et 
de leurs convoitises, ils ne poursuivaient d'autre but 
que de reconquérir à tout prix les faveurs populaires 
pour jouir des profits attachés à l'exercice du pouvoir. 

Les partisans de l'oligarchie ne se montraient guère 
moins irrités ni plus résignés que les démagogues. Ils 
agissaient, au contraire, sous l'empire de mobiles et de 
préoccupations politiques qui les rendaient plus âpres 
h la lutte. C'était encore moins à Alcibiade qu'ils en 
voulaient qu'à la démocratie. Depuis la mort de Péri- 
clès, les excès du gouvernement populaire avaient fait 
naître au sein des hautes classes de la société une réac- 
tion redoutable et il s'était formé un parti composé 
d'hommes appartenant quelquefois à l'origine et aux 
opinions les plus diverses, mais tous également pous- 
sés à bout par la tyrannie de la foule et résolus à com- 
battre les institutions démocratiques. Ils étaient restés 
pendant longtemps timides dans leurs efforts, sans 
suite dans leurs desseins comme sans énergie dans 
leurs résolution^. Bien qu'ils ne formassent pas encore. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 189 

à répoque du procès des Hermocopides, un parti agis- 
sant sous la direction d'une volonté unique, ils étaient 
devenus, cependant, assez forts et assez hardis pour 
pouvoir entrer en lutte avec un adversaire dont la puis- 
sance menaçait de faire obstacle à Taccomplissement 
de leurs desseins. Cette lutte entreprise contre Âlci- 
biade devait avoir pour conséquence de réunir en un 
faisceau les éléments encore épars du parti oligarchi- 
que et c'est à cette date (1) qu'il faut placer Torigine 
des menées révolutionnaires qui aboutirent quelques 
années plus tard à l'établissement du gouvernement 
des Quatre-Cents (2). 

Pour son malheur, Âlcibiade se trouvait en présence 
d'adversaires puissamment organisés au sein de leurs 
hétairies et que leur éducation n'avait que trop bien 
préparés à mener une guerre d'intrigues oîi ils allaient 
pouvoir déployer toutes les ressources de leur science 
politique. Ils avaient tous plus ou moins passé par 
l'enseignement des sophistes et ils étaient sortis de 
cette école de corruption politique avec une ambition 
immodérée et la résolution de tout oser pour la sa- 
tisfaire. Les doctrines des sophistes devaient avoir 
pour la démocratie les suites les plus funestes en 
creusant un abîme entre les classes supérieures de la 
société et le peuple athénien, et en mettant aux prises 
le scepticisme et l'infatuation de la science avec les 
préjugés et les croyances populaires* C'est aussi de 
l'école des sophistes que sont sortis les adversaires les 
plus déterminés de la démocratie ; pour la plupart, 
hommes de talent et de hautes facultés, ils ont cepen^ 
dant trop péché par le caractère et par l'absence de tout 
principe moral supérieur pour réussir à donner la vie 
et la durée au gouvernement de leurs rêves. Tels 
étaient les ennemis dont Alcibiade avait excité la haine 

(1) Scheibe, I>ie oligarchUche UmwœUung s^ Alheii, p. 3. 

(2) 411 av. J.-C. 



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190 nOBERT DE TASCHEU, 

et provoqué les alarmes. A leurs yeux, il n'était paa 
seulement un obstacle h la réussite de leurs projets, 
mais il était considéré encore comme un transfuge de 
l'aristocratie qu'il fallait ramener de gré ou de force 
dans les bras de ses anciens compagnons politiques. Il 
n'avait aucune miséricorde à espérer de pareils adver* 
saires qui n'hésitaient jamais à tout sacrifier aux inté- 
rêts de rhétairie dont ils étaient les membres. 

À l'époque du procès des Hermocopides les bétai* 
ries (1] ne présentent plus le spectacle d'associations 
politiques^ telles qu'elles existaient encore sous le 
régime de la démocratie modérée. Â toutes les périodes 
de l'histoire d'Athènes on rencontre des hétairies, mais 
autant par les éléments dont elles étaient composées 
que par les mobiles qui les faisaient agir, elles avaient 
gardé un caractère légal et inoffensif sans être comme 
dans la suite une menace et un danger pour les institu* 
tions républicaines, A mesure que la démocratie se 
développe, on voit aussi les bétairies grandir en impor* 
tance et en pouvoir, et elles deviennent bientôt un ins* 
trument de gouvernement indispensable entre les mains 
des hommes d'Ëtat chargés de la direction du démos. 
Ces associations, il faut le répéter^ n'avaient rien d'il* 
légal dans leur constitution ni de révolutionnaire dans 
leurs procédés. Mais il n'en fût plus de même quand 
la république tomba dans lu dépendance des démago- 
gues et que la tyrannie croissante de la foule eût pour 
effet de pousser les mécontents h des résolutions de 
plus en plus désespérées. Us ne tardèrent pas h former 
des associations clandestines au sein desquelles ils 
pouvaient conspirer sans danger comme sans rel&cbe 
contre la démocratie. On comprendra sans peine ce que 
ces bétairies d'un nouveau genre, véritables sociétés 
secrètes, devaient avoir de dangereux pour l'État et de 
destructif de tout ordre social. C'est précisément à 

(1) Battner, Les hétairies athénienne». 



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LE PROCES DES HERMOCOPIDES. 191 

Toccasion du procès des Hermocopides que se révèle 
Tactivité criminelle de ces associations, quand elles se 
trouvèrent aux prises avec un adversaire puissant, tel 
qu'était Âlcibiade. Jusqu'alors indépendantes les unes 
des autres et libres, chacune, dans la sphère de sop 
action, comme dans le choix de ses moyens, elles n'é- 
taient pas encore arrivées à un degré de cohésion suf- 
fisante ni à une entente assez parfaite dans leurs vues 
pour pouvoir tenter avec succès un mouvement révolu- 
tionnaire. Mais nombreuses comme elles Tétaient et 
puissamment organisées, elles avaient cependant déjà le 
pouvoir et les moyens de créer de sérieuses difficultés 
aux hommes d'État placés à la tète du gouvernement. 
Entre les démagogues et les partisans de Toligarcbie, 
les intérêts du moment étaient trop les mêmes pour 
que l'accord fût long et difficile à s^établir. Il s'agissait 
pour eux d'accabler leur adversaire sous les efforts 
d'une coalition commandée par Timminence même du 
péril. L'expédition de Sicile venait d'être décrétée ; 
Alcibiade allait partir et ses ennemis le voyaient déjà 
de retour à Athènes à la tête d'une armée victorieuse. 
Il fallait donc se hâter de mettre à profit les quelques 
semaines nécessaires à l'armement de la flotta et cet 
espace de temps pouvait suffire pour faire naître des 
complications intérieures propres à arrêter Alcibiade 
dans l'audacieux essor de son ambition (1). Jamais, il 
faut le dire, ses ennemis n'auraient pu trouver des cir" 
constances plus favorables pour agir avec efficacité sur 
ropinion publique. Gomme dans tous les temps de vio- 
lentes secousses et de vives appréhensions, des ter- 
reurs religieuses agitaient alors tous les esprits. Le 
démon familier de Socrate avait annoncé que les Athé- 
niens auraient à subir de cruels mécomptes à l'occa- 
sion de l'expédition de Sicile (3).. Méton, l'astronome, 

(1) Thucyd., 1. VI, ch. 08. 

(2) Plut. V, d*Alcib„ ch, 17. V. de Nicias, cliap. 13. 



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192 ROBERT DE TASCHER. 

alla même jusqu'à feindre un accès de folie afin de faire 
exempter son flls du service militaire. Après avoir mis 
le feu à sa maison, il courut supplier le peuple de lui 
laisser, maintenant qu'il était sans asile, Tappui et la 
consolation de ses vieux jours (1). Gomme on le voit, 
les intelligences supérieures n'avaient pas su, mieux 
que la multitude, se préserver de l'étrange exaltation 
qui s'était emparée de tous les esprits. On n'avait pas 
oublié non plus que, cette année, la fête d'Adonis était 
tombée le jour où on avait discuté dans l'assemblée les 
questions relatives à l'armement de la flotte (2). Cette 
coïncidence singulière, les cérémonies funèbres prati- 
quées à cette occasion, les lamentations des femmes 
qu'on avait entendu retentir du haut des toits, c'étaient 
là des signes fâcheux qui ne pouvaient annoncer que 
de grands malheurs. Si, en revanche, on voyait se 
produire des présages moins sinistres, les esprits 
avaient déjà passé par trop d'alternatives de crainte et 
d'illusion, de découragement et d'enthousiasme pour 
qu'ils ne fussent pas condamnés à tomber dans tous 
les pièges que des intrigants habiles allaient tendre à 
des imaginations aussi crédules qu'exaltées. 

Le démos, en effet, fut appelé à concevoir à ce mo- 
ment même des alarmes autrement sérieuses que les 
vagues inquiétudes qui jusqu'alors avaient hanté Ti- 
magination populaire. Il se produisit tout à coup un 
événement extraordinaire, inexplicable ; ce fut la muti- 
lation des Hermès (3). Ces statues se trouvaient en 
grand nombre dans les rues et sur les places d'Athè- 



(1) Plut. V, cTAlc, ch. 17. V. de Nicias, chap. 13. 

(2) Plut. V. d'Alc, ch. 18. V. de Nicias, ch. 13. Plut, se trompe 
en disant que la fête d'Adonis a coïncidé avec le départ de la flotte. 
11 résulte d*un passage d'Aristoph., Lysistrate, v. 389, qu*il s'agit de 
rassemblée qui a agité les questions relatives à Tarmement de la flotte. 
Voir Droysen, déjà cité, p: 164, 

(3) Plut. V. d'Alc, ch. 18. Thucydide,!. VI, ch. 27. Photius, 
*EpfiOK07tiiou. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 193 

nés. Les plus remarquables par leur beauté et leur 
grandeur s'élevaient sur l'Agora et devant la maison 
de quelques riches citoyens. Bien qu'on fût devenu 
pas mal sceptique à Athènes, on ne passait pas, ce- 
pendant, avec indifférence, sans au moins y jeter les 
yeux, devant ces vieilles figures symboliques qui rap- 
pelaient déjà les croyances d'un autre âge. On com- 
prendra donc avec quelle surprise et quelle indignation 
les Athéniens contemplèrent le spectacle qui s'offrit h 
leurs regards au matin du il mai (1), quand ils virent 
tous les Hermès de l'Agora renversés ou mutilés par 
des mains criminelles. Une seule statue était restée 
intacte et semblait avoir échappé comme par miracle à 
la rage des profanateurs; c'était celle qui s'élevait 
devant la maison habitée par Andocide et que le peuple 
avait surnommée, bien qu'elle fût consacrée par la 
tribu Egeide, l'Hermès d' Andocide (2). 

Accompli dans des conditions aussi mystérieuses 
qu'étranges, ce forfait dépassait en audace et en gravité 
tous les actes sacrilèges qui, à d'autres époques, s'é- 
taient produits dans la ville. Il était déjà arrivé que 
des jeunes gens, pris de vin, se fussent amusés à muti- 
ler des statues, mais ces désordres nocturnes n'avaient 
toujours provoqué qu'une émotion passagère (3). Cette 
fois, le grand nombre de statues renversées, le choix 
de l'Agora comme théâtre du crime, l'entente et la 
préméditation qui semblaient avoir présidé à l'accom- 
plissement du sacrilège, toutes ces circonstances 
était faites pour troubler les esprits les plus fermes et 
les moins accessibles aux terreurs de la superstition (4). 
Il ne pouvait plus être question d'attribuer pareil for- 
fait à une bande d'ivrognes en gaieté; il fallait chercher 



(1) D'après Droyseû, le 11 mai, 415 av. J. C. 

(2) Plut. V.d'Alc, ch. 21. 

(3) Thucyd.,l.VI,ch. 28. 

(4) Plut. V, d' Aie. ,ch, 18. 

Annuaire 1886. 13 



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194 ROBERT DE TASCHER. 

d'autres explications et, au premier instant, on ne sut 
rien imaginer de mieux que d'en accuser les Corin- 
thiens, en alléguant Tintérôt qu'ils devaient porter à 
Syracuse, une de leurs anciennes colonies (1). Mais 
do tels récits étaient trop invraisemblables pour méri- 
ter la créance de la foule. Thucydide nous apprend, au 
contraire, que le démos no prit pas si facilement le 
change sur TafTaire des Hermès dans laquelle il crût 
apercevoir « un complot organisé pour bouleverser 
rÉtat et abolir la démocratie (2). De pareilles craintes 
peuvent nous paraître exagérées ou chimériques. Mais 
ellos montrent toujours combien le démos se laissait 
facilement aller aux illusions de la peur, dès qu*il avait 
lieu de croire ses droits souverains en péril. Ce qu'il 
ne faut pas oublier, c'est que l'antiquité a considéré 
comme une atteinte portée aux institutions politiques 
toute entreprise dirigée contre les prescriptions et les 
monuments du culte municipal. Rien de plus naturel 
que les Athéniens eussent vu dans la profanation des 
Hermès un véritable acte de rébellion. A en juger par 
l'audacieux défi que les conspirateurs venaient de jeter 
à la divinité, h quelles entreprises n'allaient pas être 
exposées la souveraineté du démos et les libertés pu- 
bliques? Cette fatale idée, une fois qu'elle eût pris ra^* 
cine dans l'esprit du peuple souverain, ne devait jamais 
plus abandonner les Athéniens à travers les péripéties 
du procès des Hermocopides. 



n 



Il paraît hors de doute que les premiers coups diri- 



(l)Plut. T*. dU/c.,ch. 18. 

(2) Thucyd., 1. VI. th. 27. Plut. V, d'Aic, ch. 18. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 195 

gés contre Alcibiade partirent du camp oligarchi- 
que (1). On peut B*en convaincre en examinant le véri- 
table caractère et Tattitude des personnages politiques 
qui jouèrent le principal rôle dans l'instruction relative 
à TafTaire des Hermès. On les trouve ù ce moment, il 
est vrai, parmi les champions les plus ardents de la 
démocratie, mais ils appartenaient, en réalité, au parti 
oligarchique. C'étaient des hommes, tels que Pisandre, 
Ghariclès, Diognète (2); ce dernier, il est vrai, nous 
est moins connu, mais, quant aux deux autres, il est 
permis de garder des doutes sur la sincérité des mobi- 
les qui, à cette époque, les faisaient agir. Ghariclès 
devait siéger plus tard parmi les trente tyrans et se 
montrer le digne collègue de Critias. Quant à Pisan- 
dre, on connaît assez la part prépondérante qu'il a prise 
à rinstitution du gouvernement des Quatre-Cents (3). 
Ce furent ces personnages qui se chargèrent d'endor- 
mir la méfiance du démos en feignant des craintes pa- 
triotiques et en prenant l'initiative des mesures les plus 
propres, en apparence, pour arriver à la découverte des 
coupables. C'était pour eux le meilleur moyen de gar- 
der en main la direction de l'affaire et de parer aux 
éventualités qui ne pouvaient pas manquer de surgir 
au cours du procès des Hermocopides. 

En effet, à la nouvelle des événements qui s'étaient 
passés dans la nuit du 10 au 11 mai, le sénat s'était 
réuni pour délibérer sur les mesures qu'il importait de 
prendre. Mais ce corps politique ne savait jamais h 
quel parti se résoudre sans avoir d'abord consulté le 
démos. Dans cette circonstance, ce fut un malheur pour 
Athènes que ce manque d'indépendance et d'initiative 
chez les premiers magistrats de la république. Ils ne 

(1) Isocrate, De Bigis, ch. 2 et 3. 

(2) Thucyd., 1. VII, ch. 20. Chariclès commande une escadre en 
413. Voir aussi ch. 2G. Xénophon, Helléniques^ II, 3, 2. Mémoires^ 
1,2, 31. Aristote, Po/., V. 

(3) Thucyd., 1. VIII, ch. 60 et 90. 



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196 ROBERT DE TASCHER. 

surent rien imaginer de mieux que de convoquer le 
peuple à une assemblée extraordinaire qui devait se te- 
nir le jour même. C'était précipiter les événements vers 
une catastrophe inévitable. 

Sur la proposition de Pisandre, l'assemblée adopta 
une série de mesures qui semblaient convenir aux cir- 
constances. Le sénat reçut pleins pouvoirs pour ins- 
truire l'affaire ; un prix de dix mille drachmes fut pro- 
mis pour la découverte des coupables et on désigna 
trois magistrats enquêteurs qui furent Pisandre, Cha- 
riclès et Diognète (1). 

Contrairement à l'attente du public, ces dispositions 
ne produisirent aucun résultat immédiat. Les assem- 
blées publiques se succédèrent à peu de jours d'inter- 
valle (2). Mais aucune révélation ne vint dissiper les 
ténèbres qui semblaient s'appesantir tous les jours da- 
vantage sur l'affaire des Hermès. Les ennemis d'Alci- 
biade avaient espéré, sans doute, qu'à la première nou- 
velle du forfait son nom serait jeté en pâture à 
l'indignation de la foule. Mais ils durent cependant re- 
connaître qu'ils avaient trop présumé de la crédulité 
du démos. Comment, en effet, persuader à des imagi- 
nations, même athéniennes et si exaltées qu'elles fus- 
sent, que le futur conquérant de la Sicile eût préludé à 
cette formidable entreprise par la destruction de quel- 
ques innocentes statues? En ne visant que le cas spé- 
cial de la profanation des Hermès, le décret du peuple 
n'avait ouvert qu'un champ limité aux délations qui 
pouvaient être dirigées contre Alcibiade. Il fallait pou- 
voir l'accabler sous des accusations plus formelles et 
moins invraisemblables et, dans ce but, le démagogue 

(1) Andocide, Dé mysteriis (traduct, et comment, par A. 6. Bec- 
ker, 1832J. Voir p. 159. 164 et 1G5. Plut., F. d'Aîc, cli. 18. Thucyd., 
1. VI, ch. 27. Sur les pleins pouvoirs du sénat, Andocide, p. 154. — 
Diognète comme magistrat enquêteur, p. 154, Pisandre et Chariclès 
nommés magistrats enquêteurs, p. 1G2 et 164. 

(2) Plut., V. d'Alc, ch. 18. 



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LE PROCES DES HERMOCOPIDES. 197 

Cléonyme(l) proposa au peuple l'adoption d'un second 
décret aux termes duquel tout individu, citoyen, métè- 
que ou esclave, ayant eu connaissance de quelque sa- 
crilège commis, était invité à le dénoncer sur Theure 
sans crainte d'être inquiété. Pour la révélation de faits 
de cette nature, on fixa une nouvelle récompense do 
mille drachmes (2) . . 

En adoptant une pareille mesure, les Athéniens ne 
prévoyaient guère qu'elle dût avoir les plus redoutables 
conséquences. Conformes à la légalité et autorisées par 
des précédents, de telles dispositions s'étaient mon- 
trées jadis et dans des cas semblables efficaces et ap- 
propriées aux circonstances. Mais les temps avalent 
changé à Athènes. Le sycophantisme avait fait des 
progrès eflrayants, et n'était-ce pas l'encouragera tout 
oser désormais en plaçant ses plus audacieuses entre- 
prises sous Tégide de la loi? Ce fatal décret assurait 
l'impunité aux dénonciations les plus étendues ; il no 
spécifiait aucun cas et les termes en étaient si vagues 
qu'il embrassait sans distinction tous les actes d'im* 
piété commis à n'importe quelle époque. Mesure dan- 
gereuse à un moment où l'incrédulité avait fait à Athè- 
nes des mœurs politiques nouvelles. La lutte entre les 
factions était devenue une véritable môMe où l'achar- 
nement de part et d'autre égalait l'audace et l'immora- 
lité dans le choix des moyens mis en œuvre pour acca- 
bler ses adversaires (3). Comme on le verra bientôt, 
le procès des Hermocopides n'a été qu'un procès poli- 
tique. Il a servi de prétexte aux représailles que des 
adversaires impitoyables ont exercées les uns contre 
les autres, de complicité avec la démocratie athénienne. 
Les consciences ne s'émurent pas au spectacle d'un 



(1) Andocide. Da myst., p. 159. Sur Cléonyme, Aristoph Pan., 
V. 674. — Guêpes, v. 19 et 593. — Id., v. 290. • 

(2) Thucyd., I. VI, ch. 27. 
(3)Thucyd., l. III, ch. 82. 



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198 ROBERT DE TASCHER. 

forfait qui, à d'autres époques, eût jeté la terreur dans 
toutes les &mes; les passions, les intérêts seuls s'agi- 
tèrent ; on resta indifférent à Toutrage fait à la divinité 
pour n'y voir toujours que Tindice d'un complot dirigé 
contre la démocratie. Aussi, loin de susciter une pei> 
sécution religieuse, les mesures en question n'eurent- 
elles d'autre effet que de produire un mouvement pure- 
ment politique. Il ne se trouva que quelques prêtres à 
Athènes pour appeler sur la tête des coupables la ven- 
geance divine, mais dans ces sacrilèges chargés de leurs 
impuissantes malédictions, l'historien ne verra que des 
antagonistes politiques acharnés à s'entre détruire sous 
le masque de la religion. 

Depuis le forfait accompli dans la nuit du 10 au 
11 mai, plusieurs semaines s'étaient écoulées et on 
était arrivé aux (1) premiers jours du mois de juin, 
époque qui avait été fixée pour le départ de la flotte. 
Tous les préparatifs étant achevés, il ne restait 
plus qu'à procéder à l'embarquement des troupes. Le 
vaisseau amiral du Lamachos se trouvait déjà mouillé 
hors du Pirée prôt à appareiller au premier signal. A 
la veille de prendre le commandement de l'armée, les 
généraux en chef se présentèrent encore une fois de- 
vant l'assemblée du peuple convoqué dans le but de 
recevoir leurs adieux et leurs dernières communica- 
tions. Ce fût alors qu'un certain Pythonicos demanda 
la parole : u Athéniens, dit-il, vous allez envoyer on 
Sicile la flotte la plus considérable qui soit jamais sor- 
tie do vos arsenaux, mais, sans vous en douter, vous 
appelez sur vos tôles un grand malheur. Alcibiado, 
votre général, a célébré les mystères, en compagnie de 
ses amis, dans la maison d^un citoyen; appelez à 
comparaître devant vous un esclave appartenant à un 
des hommes ici présents; interrogez-le et il vous ra- 
contera, bien qu'il ne soit pas initié, toutes les cérémo- 

(1) Le 10 juin, d'après Droysen. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 199 

nies pratiquées pendant la célébration des mystè- 
res (1). 

Alcibiade, on le suppose, se h&ta de protester contre 
de pareilles^ imputations, mais ses paroles durent se 
perdre au milieu du tumulte causé par la déclaration 
imprévue de Pythonicos. Après avoir fait éloigner les 
citoyens qui n'étaient pas initiés aux mystères, les 
prytanes coururent chercher eux-mêmes Tesclave dont 
il avait été question et ils amenèrent devant les magis- 
trats enquêteurs un certain Andromachos au service du 
citoyen Polémarque. Après qu'il eût reçu l'assurance 
de l'impunité, il n'hésita pas à déclarer qu'on avait 
célébré les mystères dans la maison de Polytion; 
qu 'Alcibiade, Niciade, Meletos avaient été ceux qui les 
avaient parodiés; que d'autres individus y avaient 
assisté comme spectateurs parmi lesquels se trouvaient 
le joueur de flûte Hikesios et des esclaves (2). 

C'est ainsi que le premier pas fût fait dans la voie si 
dangereuse de la délation. Les langues semblent s'être 
déliées tout à coup, et les Athéniens allaient avoir le 
choix entre les dénonciations les plus diverses et les 
plus contradictoires. Le métèque Teucros, ayant pris 
peur à la nouvelle répandue en ville de la mutilation des 
Hermès, s'était réfugié h Mégare. Une fois qu'il se 
crût en sûreté» il fit savoir au Sénat qu'au prix de Tim- 
punité il était prêt à dire ce qu'il savait au sujet de 
TafTaire des Hermès et sur celle des mystères qu'il 
devait connaître d'autant mieux qu'il comptait lui* 
môme parmi les coupables. En effet, après avoir reçu 
par des envoyés du Sénat la promesse de l'impunité, il 
vint à Athènes et livra à la justice les noms de ses 

(1) Andocida, BeMyst., p. 153. Thucyd., 1. VI, ch. 28. 

(2) And. Be Myst,, p. 154. Les citoyens dénoncés par Androma- 
chos s'appelaient : Alcibiade, Niciade, Meletos, Archebiade, Archip> 
pos, Diogène, Polystratôs, Aristomène, Jonias, Panaitios, tous réus- 
sirent & s'échapper, sauf Polystratôs qui fût mis à mort. And., p. 153 
et 151. 



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200 ROBERT DE TASCHER. 

complices (1). Il commença par s'accuser lui-môme 
d^avoir célébré les mystères et dénonça, en outre, un 
nombre considérable de citoyens, les uns pour avoir 
participé à ce dernier sacrilège^ les autres comme cou* 
pables de la mutilation des Hermès. Parmi ces derniers 
se trouvait Euphiletos, membre d'une hétairie bien 
connue à Athènes et dont il sera encore question dans 
le cours de ce récit. La plupart des malheureux dénon- 
cés par Teucros réussirent à prendre la fuite. D'autres 
plus confiants restèrent, furent arrêtés et mis à 
mort, 

Teucros n'avait pas parlé d'Alcibiade. Mais il allait 
être question de lui dans une dénonciation faite par 
Agariste, devenue l'épouse d'Alcmœonide après avoir 
été mariée à Damon. Elle déclara qu'Alcibiade avait 
l'habitude de célébrer les mystères dans une maison 
appartenant à Charmide, près du temple de Jupiter 
Olympien, en compagnie de ses amis, parmi lesquels 
elle nomma Axiochos et Adeimantos. Ceux-ci, d'ail- 
leurs, furent assez heureux pour se soustraire par la 
fuite au sort qui les attendait. 

Enfin, LydoB, esclave de Phereclès de Themakos, 
vint accuser son maître d'avoir célébré les mystères 
dans sa maison. Parmi les personnes qu'il déclara y 
avoir assisté, il désigna, entre autres, Leogoras, père 
d'Andocide, en ajoutant que le premier avait dormi, 
pendant la cérémonie, enveloppé dans son manteau. 
Leogoras était un vieillard de quatre-vingts ans. Mais 
il montra dans ces circonstances critiques un courage 
supérieur à celui de ses compagnons. Ceux-ci ne son- 
gèrent qu'à la fuite, mais Leogoras resta à Athènes 
sur les instances de son fils et de ses amis et consentit 



(1) Ândoc. De MyaU^ p. 153 et 154. Comme coupables de la célé- 
bration des mystères : Phaidros, Gniphonides, Isonomos, Hephaisto- 
doros, Kephisodoros, Diogaetos, Smindyrides, Philocrates» Antipbou, 
Tisarchos et Pantaclès. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 201 

à courir les chances d'un procès criminel dont il eût 
la fortune, rare à cette époque, de se tirer sain et 
sauf. 

On comprendra facilement quel trouble et quelles 
inquiétudes ces dénonciations durent répandre dans' 
tous les rangs de la société athénienne. On était assez 
habitué, il est vrai, aux procédés des sycophantes et 
on savait à quoi s'en tenir au sujet des accusations 
d'impiété qui, dans les luttes politiques, remplissaient 
Tof&ce de machines de guerre. Mais on n'avait jamais 
vu, cependant, la fureur de la délation sévir avec une 
telle intensité en faisant un si grand nombre de victi- 
mes. Par une singularité, en apparence, inexplicable, 
elles appartenaient pour la plupart à Taristocratie et 
au parti oligarchique. Les membres de ce parti sem- 
blent avoir été les premiers à subir les effets d'une 
persécution dont, d'après notre récit, ils venaient de 
donner eux-mêmes le signal. Ce qu'il y a de contradic- 
toire dans un pareil fait s'éclaircira peut<^être dans le 
cours de nos recherches. Il suffit de constater, pour le 
moment, que les adversaires d'Alcibiade n'avaient 
nullement atteint leur but. Leurs machinations n'a- 
vaient produit d'autre résultat que de jeter le désordre 
dans leurs propres rangs. Âlcibiade n'avait pas songé 
un instant à prendre la fuite, comme ils auraient pu 
Tespérer. Il fallait évidemment faire un pas déplus et 
provoquer sa mise en accusation. En sa qualité de stra- 
tège, il n'avait eu rien à redouter jusqu'à ce moment des 
poursuites dirigées contre les auteurs de la profanation 
des mystères et de la destruction des Hermès. A l'é- 
gard de ces individus, la procédure ordinaire avait pu 
suivre son cours et la yp*Ç^ iat^&iaq recevoir ses effets 
immédiats. Mais pour faire d'Alcibiade un accusé, il 
était indispensable qu'il fût révoqué de ses fonctions 
par un décret du peuple et voilà ce que ses ennemis 
allaient demander au démos. 

Pour arriver à ce but, ils avaient à choisir entre 



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202 llOBliUiï DE TASCHER. 

deux moyens également oi'ficaces que la législation en 
vigueur mettait à la disposition de leurs implacables 
rancunes. Ils pouvaient attendre Tépoque de « Tepi- 
cheirotonie », opération qui se renouvelait à la pre- 
mière assemblée de chaque prytanie et en vertu de 
laquelle le peuple était appelé à formuler son avis sur 
la conduite des fonctionnaires publics. Mais le temps 
pressait et les ennemis d'Âlcibiade aimèrent mieux 
avoir recours à une c eisangelio », instance d^une 
forme spéciale dont ils pouvaient espérer des résultats 
plus prompts et plus certains (1). 

L' « eisangelie » dirigée contre Alcibiade fut pré- 
sentée au Sénat par Androclès, un des plus fougueux 
démagogues de cette époque (2). Elle était conçue en 
ces termes : « Alcibiade, ûls de Glinias, de Skambo- 
nide, est accusé d'avoir réuni une hétairie pour intro- 
duire des nouveautés dans TÉtat et d'avoir célébré les 
mystères en compagnie de ses amis dans la maison de 
Polytion, » Comme on le voit, on s'était borné à re- 
produire la délation de Tesclave Andromachos, mais 
en y ajoutant des imputations propres à frapper les 
esprits. Formulée en ces termes, Taccusation avait 
toutes les chances pour surexciter des imaginations 
athéniennes, toujours si promptes à prendre feu à la 
seule idée d'un retour possible de la tyrannie. Les 
délations d*Andromachos et d'Agariste venaient de 
fournir un nouvel aliment aux soupçons qui, depuis si 
longtemps, planaient sur Alcibiade. Ses ennemis al- 
laient répétant partout, dit Thucydide (3), que c la 
célébration des mystères et la mutilation des Hermès 
pouvaient bien être son ouvrage et qu'elles avaient pour 

(1) Der Attische Process, 

{2) Pluf.. V, d'Alcib., ch. 19. Plut, confond les deux « eisange- 
lics » présentées contre Aie, celle d' Androclès et celle de Thessalos 
qui ne se produisit qu'à Tépoque où il n'était plus à Athènes, Voir sl 
ce sujet Droysen et Isocrate, De Bigùy p. 8G8. 

(3) Thucyd, 1. Vr, ch. 28. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 203 

but le ronversement de la démocratie. » Alcibiade avait 
tout à redouter do ce travail souterrain des hétairies 
qui lentement creusaient le sol sous ses pieds, sans 
qu'il put voir encore Tabîme où il allait tomber. Mais 
ses adversaires venaient de jeter le masque; accusé 
devant le peuple, il allait trouver, enfln, Toccasion de 
80 justifier et de repousser des attaques moins dange* 
rcuses pour lui que cette guerre d'intrigues anonymes 
et de machinations ténébreuses. Le démos, en efTet, 
avait été convoqué par les soins du Sénat h une as- 
semblée extraordinaire. Les débats s'ouvrirent sur la 
question de savoir s'il y avait lieu d'accuellir ou de 
rejeter l'acte d'accusation présenté par Androclès (1). 

Alcibiade se défendit avec autant de courage que 
d'habileté. Il était le premier, dit-il, à réclamer une 
enquête sérieuse sur la part qu'il pouvait avoir prise 
aux événements qui venaient de se passer. Il demanda 
seulement que l'enquête eût lieu avant le départ de la 
flotte. Il supplia le démos de ne pas le laisser partir 
sans le juger et sans lui donner le moyen de confondre 
ses accusateurs. S'il était coupable, il était prôt à su- 
bir la peine de ses crimes; mais déclaré innocent, il 
demandait h rester à la tète de ses troupes. 

Les Athéniens s'étaient rendus à l'assemblée avec 
les sentiments les plus hostiles à l'égard d'Alcibiade. 
Mais quand ils se trouvèrent on sa présence, ils ne vi- 
rent plus en lui que l'objet de leurs anciennes prédi- 
lections. Le revirement des esprits en sa faveur fut si 
spontané et si complet, qu'il ne pouvait plus être ques- 
tion de traîner devant des juges un homme encore si 
manifestement protégé par les faveurs du démos. 
L'armée, d'ailleurs, composée en grand nombre de ses 
partisans, commençait à donner des signes d'impa- 
tience et, ainsi qu'on venait de l'apprendre, les troupes 
de Mantinée et d'Argos refusaient de marcher autre- 

(1) Isocrate, De BigU, p. 808. 



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204 ROBERT DE TASCHER, 

ment que sous ses ordres. Un acquittement paraissait 
certain et, dans de telles conditions, miisux valait en- 
core empocher le démos d'accepter T ^ eisangelie ». Les 
adversaires d*Alcibiade chargèrent de ce soin des 
orateurs qui ne passaient pas pour lui être hostiles, 
mai3 qui en réalité, nourrissaient à son égard des ran- 
cunes secrètes qu'ils étaient impatients de satisfaire. Ils 
prirent à tâche de démontrer au peuple qu'il était 
mauvais, après tout, de poursuivre un général en chef 
au moment où il allait entrer en campagne à la tête 
d'une armée considérable; qu'il y avait folie à perdre 
un temps précieux dans les circonstances où Ton se 
trouvait et qu'il fallait, au contraire, hâter son départ 
en ajournant à la fin de la campagne le moment où il 
aurait à se justifier devant le démos. 

Alcibiade, on doit le comprendre, sût mesurer d'un 
coup d'œil toute l'étendue du danger qu'il allait courir, 
si, pendant son absence, il était exposé à rester en 
butte aux diffamations systématiques de ses adversai- 
res, et si, à son retour, il avait à plaider sa cause devant 
tout un peuple qui, à force de préventions, ne verrait 
plus en lui qu'un coupable. Pour parer ce coup, il fit 
un suprême effort : < On n'a jamais vu, dit-il, qu'un 
général appelé à exercer un commandement et à diri- 
ger des opérations militaires pût demeurer sous le 
coup d'une accusation capitale. Il fallait qu'on le mit 
en jugement et qu'on le condamnât, s'il était coupable, 
mais s'il parvenait à se justifier, et il était sûr d'y réus* 
sir, il devait quitter Athènes la tête haute et l'âme en 
paix, sans être obsédé par la crainte des calomnies 
que des sycophantes s'enhardiraient plus que jamais 
à répandre sur son compte quand il ne serait plus là 
pour les réduire au silence » (1). 

Mais le démos resta sourd aux avertissements de 
cette voix prophétique. Il décida qu'Alcibiade partirait 

(1) Thucyd., 1. VI, ch. 29 et 60; Plut. V. d'Aîcib., ch. 19 et 20. 



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LE PROCES DES HERMOCOPIDES. 205 

avec los autres généraux et que le jugement sur Taf- 
faire des mystères serait ajourné à Tépoque de son re- 
tour. C'est ainsi que ses ennemis triomphèrent; mais, 
en leur donnant gain de cause, les Athéniens ne se doutè- 
rent guère qu'ils venaient de prononcer sur leurs propres 
destinées, ainsi que sur le sort réservé à l'expédition 
de Sicile. Il faut les plaindre d'avoir poussé la légèreté 
et l'aveuglement jusqu'à enlever à cette entreprise le 
peu de chances sérieuses qu'elle avait de réussir. En 
se jetant dans une pareille aventure, ils n'avaient pas 
pu fermer les yeux, cependant, sur les difficultés d'une 
expédition en vue de laquelle ils venaient de décréter 
l'armement de la flotte la plus considérable qui fût 
jamais sortie de leurs arsenaux. Il n'y avait à Athènes 
qu'un seul homme capable de diriger pareille entre- 
prise; c'était Alcibiade et, tout en lui confiant les des- 
tinées de la République, les Athéniens n'avaient pas 
eu le courage de le condamner ou de l'absoudre. Ils 
s'étaient imaginé, dans leur folle présomption, qu'il 
leur appartiendrait de fixer le jour et Pheure où Alci- 
biade aurait à comparaître devant leur tribunal. Mais 
ils avaient fait leur compte sans ses ennemis, les hé- 
tairistes, qui allaient avoir trop beau jeu pour lâcher 
leur proie. En rappelant Alcibiade au cours de l'expé- 
dition, le démos fit preuve de la môme légèreté coupa- 
ble qu'il avait mise à le laisser partir sans rien décider 
sur son sort. Certes, en restant à la tête de l'armée, 
Alcibiade n'eût pas, plus qu'un autre, pu conquérir la 
Sicile. Il n'était donné à aucune puissance humaine de 
vaincre les obstacles que la nature même semble avoir 
opposés à la domination d'Athènes dans ces parages. 
Mais il est permis d'affirmer qu'il eut fait un plus 
judicieux emploi que Nicias et Lamachos des forces 
immenses mises à sa disposition et qui, après son 
départ, demeurèrent à la merci des terreurs supers- 
titieuses de l'un et des folles témérités de l'autre. 
Il eut du moins détourné de l'armée la catastrophe 



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206 ROBERT DE TASCHER. 

finale qui devait l'engloutir avec la fortune d'Athènes. 

Alcibiade était-il réellement coupable? Question em- 
barrassante, d^autant que les auteurs anciens ont gardé 
à cet égard un silence prudent. Il s'agit de distinguer, 
croyonB-nous, entre les faits qu'il est permis de laisser 
à sa charge et ceux qu'il sera bon d'attribuer à l'esprit 
inventif et à l'ingénieuse perversité de ses adversaires. 

Pour ce qui est de l'affaire des mystères, ceux-ci ont 
pu se trouver par hasard d'accord avec la réalité des 
faits. Plutarque (1) parle des alarmes d' Alcibiade et 
des membres de son hétairie quand ils eurent à se jus- 
tifier devant le peuple du crime dont ils étaient accu- 
sés. Alcibiade n'essaie pas de réfuter les imputations 
de ses ennemis. Il se borne, comme on Ta vu, à deman- 
der une enquête. Il était évidemment plus habile de 
placer la question sur ce terrain que d'entreprendre, 
séance tenante, une justification peut-être difficile dont 
Tinsuccès eût tout compromis. Mais s'il se savait cou- 
pable, dira-t-on, qu'avait-il à espérer d'une enquête 
dont Tissue pouvait lui être fatale? Il devait, au con- 
traire, être bien sûr de son innocence pour oser provo* 
quer de nouvelles investigations sur des faits que l'o- 
pinion publique n'était déjà que trop disposée h mettre 
à sa charge. Voilà précisément l'erreur. Alcibiade con- 
naissait tous les avantages de sa position; l'armée était 
pour lui et il savait pouvoir compter sur son affection ; 
le peuple flottait encore à son égard entre des senti* 
ments contradictoires, il est vrai, mais ses dispositions 
lui étaient plus favorables qu'hostiles. N'avait-il pas 
aussi l'appui de son hétairie composée d^hommes jeu* 
nés et entreprenants qui ont laissé dans l'histoire d'A- 
thènes maint témoignage de leur activité? La demande 
d'une enquête semble avoir été de la part d' Alcibiade 
un coup d'audace et on serait mal venu, croyons-nous^ 
à vouloir tirer de ce fait un argument en sa faveur^ 

(1) Plut., V. (TAlc, ch. 1<». 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. r07 

quand il ne faudrait y voir qu'une preuve de plus de 
son habileté. Pour peu qu*on se rappelle, d*ailleurs, ce 
qu*a été le caractère d'Alcibiade, on ne voit rien d*im- 
possible à ce qu'il se soit livré à une parodie des mys«* 
1ères à la suite d'un festin et au moment où Tivresse 
pouvait avoir gagné toutes les têtes. De pareils actes 
d'impiété n'étaient pas rares à Athènes et, tel que l'on 
connaît Alcibiade, il n'était pas homme à reculer de- 
vant l'accomplissement d'un sacrilège. De tout temps 
il s'était fait un jeu de toutes les lois divines et humai- 
nés et aucun scrupule ne l'avait arrêté quand il s'était 
plu h faire servir les vases sacrés de l'Acropole à son 
usage personnel. A défaut de preuves positives, ce qui 
parle contre Alcibiade, c'est sa vie dissipée et licen- 
cieuse, c'est tout un passé plein d'actes d'impiété et de 
violence. A quels excès ne devait-il pas se laisser en- 
traîner quand, libre de toute contrainte, au milieu des 
applaudissements de ses amis et de ses admirateurs, 
sa nature venait à s'exalter jusqu'au délire derîvressc? 
Mais si, sous ce rapport» on peut croire à sa culpa- 
bilité, on se trouvera d'autant plus à l'aise pour le dé- 
gager des autres calomnies de ses adversaires. Gom- 
ment s'imaginer qu'il ait pu participer à la mutilation 
des Hermès? Il faudrait supposer que, dans un accès 
de folie, il eût pris à tâche de ruiner les projets les plus 
chers à son ambition. Alcibiade se savait entouré d'en- 
nemis implacables et il avait pu se convaincre à quel 
degré d'exaspération ils en étaient arrivés. Certes, il ne 
se serait pas oublié au point de prêter le flanc à leurs 
attaques à la veille de son départ pour la Sicile et quand 
de si puissantes considérations lui faisaient un devoir 
de régler sa conduite sur l'importance de ses desseins. 
A ce moment il ne songeait pas plus à renverser des 
Hermès qu'à conspirer contre la démocratie dans la- 
quelle il voyait l'instrument de sa grandeur future. 
L'accusation tombe d'elle-même à force d'invraisem- 
blance ; elle était absurde, mais à la façon dont elle avait 



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208 ROBERT DE TASCHER. 

fini par s'imposer à Topinion publique, on ne saurait 
assez admirer avec quel art infernal les esprits avaient 
été préparés à accueillir les rumeurs les plus étranges 
qui circulaient sur le compte d'Alcibiade. 

Mais celui-ci n'a pas été le seul que Ton dût plaindre 
d'avoir rencontré à cette époque des ennemis aussi peu 
scrupuleux qu'impitoyables. D'autres victimes encore 
ont partagé sa mauvaise fortune. On veut parler ici des 
individus dénoncés et poursuivis pendant le cours du 
procès des Hermocopides et dont la plupart apparte- 
naient, comme on l'a déjà fait remarquer, au parti aris- 
tocratique. Les recherches auxquelles on s'est livré à 
ce sujet paraissent assez concluantes pour ne pas lais- 
ser de doute sur la situation sociale, ainsi que sur les 
tendances politiques de la pluparl des accusés (1). Si 
l'on se rappelle la part active et prépondérante que 
nous leur avons attribuée dans les événements en ques- 
tion, cette découverte ne laisse pas de causer quelque 
embarras. Mais il importe de ne pas oublier à ce sujet 
que le parti oligarchique, te] qu'il existait à cette épo- 
que, n'était pas ce qu'il a été quelques années plus tard. 
Gomme on l'a déjà dit ailleurs, composé d'éléments dé* 
sunis et disparates, il se trouvait encore en voie de 
formation, et ce ne ftit qu'après avoir fait appel aux 
efforts de tous ses membres dans sa lutte contre Alci- 
biade qu'il a été amené a se donner une organisation 
assez puissante pour pouvoir renverser la démocratie. 
Les hétairies oligarchiques avaient gardé encore à cette 
époque, chacune, avec sa liberté, l'indépendance de ses 
mouvements, et elles étaient loin d'agir avec ensemble, 
sous les ordres d'un chef unique et expérimenté. Ce 
manque de direction n'était pas sans avoir ses incon- 
vénients et ses dangers. Il existait autant de foyers 
d'intrigue que d'hétairies et il pouvait arriver que l'une 



(1) Guillaume Roscher. Leben, Werk «. ZeUaîier de» TuhydideSt 
p. 427. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 209 

d'entre elles eût procédé à rexécution des mesures 
qu'elle avait adoptées en dehors de la connaissance et 
du concours des autres associations ; faute d'être aver- 
ties, celles-ci pouvaient courir le risque d'être envelop- 
pées dans des machinations dont elles n'avaient pas été 
mises en état de prévoir ni de calculer les effets. 

Mais on pourrait encore assigner une autre cause 
aux mécomptes et aux embarras du parti oligarchique. 
On a fait, il nous semble, la part trop restreinte aux 
démagogues dans tous les faits qui concernent le pro- 
cès des Hermocopides. Ils ont dû y tenir une place plus 
considérable qu'on le suppose généralement, et, si l'on 
veut s'en rapporter au témoignage de leur principale 
victime, il n'est pas possible de ne pas constater l'impor- 
tance de leur rôle et de leurs efforts dans toutes les 
entreprises dirigées contre Alcibiade (1). Ce dernier, 
du moins, est resté convaincu qu'il devait son exil et 
ses malheurs aux machinations des démagogues et cet 
aveu suffirait pour montrer combien les Androclès et 
les Gléonyme ont pu acquérir d'influence et de pouvoir 
en affectant de prendre en main la protection des inté- 
rêts populaires. Ils n'ont pas dû être assez aveugles ni 
assez imprudents pour s'allier aux partisans de l'oli- 
garchie dans l'unique but de se faire les exécuteurs de 
leur volonté et de leurs desseins. Une pareille coalition 
ne met jamais un terme à la lutte entre deux partis; 
mais il en résulte le plus souvent un état de paix ap- 
parente, ainsi que d'hostilités sourdes dont ils savent 
profiter pour se susciter l'un à l'autre de nouvelles diffi- 
cultés. En pénétrant les secrètes pensées de leurs alliés, 
les démagogues n'ont pas dû tarder h entrevoir le but 
vers lequel allaient tendre tous leurs efforts le jour oîi 
ils auraient triomphé d'Alcibiade comme du principal 
obstacle à leurs desseins. Ils avaient donc tout intérêt 

(1) Les passages à l'appui, Thucyd., 1. VI, ch. 15, 28, 89; ef 
1. VIlï, ch. 47. 

Annuaire 1S£G. U 

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210 ROBERT DE TASCIIER. 

à ne pas laisser le parti oligarchique s'organiser et so 
fortifier en vue de conquérir le pouvoir. Un événement, 
tel que le procès des Hermocopides, leur offrait le 
moyen de s'opposer à des manœuvres contre lesquelles 
ils auraient à lutter plus tard dans des conditions peut- 
être moins favorables. Il était de bonne guerre de 
retourner contre des alliés d'un jour Tarmo destinée à 
frapper Alcibiade, et il est permis de supposer qu'ils 
surent en faire un bon usage en jetant le trouble et le 
désordre dans les rangs du parti oligarchique. 



111 



Ainsi qu'Alcibiade l'avait prédit, après son départ, ses 
ennemis se remirent à l'œuvre, plus ardents et plus 
impitoyables que jamais, en continuant d'agiter les 
esprits par le récit des périls qui allaient fondre sur la 
démocratie. A les en croire, il fallait s*attendre à l'ex- 
plosion d'un mouvement révolutionnaire et môme au 
retour toujours possible do la tyrannie; l'âme d'un 
pareil complot ne pouvait être qu'Alcibiade. Pisandre 
et Chariclès ne se firent pas faute de souffler sur le feu 
et ils s'empressèrent de livrer à la connaissance du 
public ce qu'ils prétendaient avoir appris au sujet d'une 
vaste conspiration qui ne visait à rien moins qu'au 
renversement de la démocratie. Les derniers événe- 
ments, disaient-ils, ne pouvaient pas être l'ouvrage 
d'un petit nombre de conjurés; raison de plus pour 
poursuivre avec énergie l'enquôte sur des faits qui, 
jusqu'à ce jour, était restés dans l'ombre. 

Les esprits, à Athènes, avaient fini par s'exaspérer en 
présence de ce redoutable inconnu qu'il n'était donné à 
personne de saisir, mais qui, h coup sûr, devait ren- 
fermer de graves périls pour les libertés publiques. A 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 211 

force de voir s'agiter à leurs yeux le spectre de la ty- 
rannie, les Athéniens en étaient arrivés à ce degré de 
trouble moral où la foule n'accorde plus de créance 
qu'aux rumeurs les plus invraisemblables. Par une 
coïncidence singulière, le bruit s'était répandu dans la 
ville que les amis d'Âlcibiade avaient tenté à Ârgos un 
mouvement insurrectionnel, mais que le complot avait 
été découvert et les conjurés mis à mort. On apprit, en 
même temps, qu'un corps de troupes Spartiates s'était 
avancé jusqu'à l'isthme à la suite do quelque intelli* 
gence avec les Béotiens. On voulut se persuader qu'Ai* 
cibiade avait conspiré avec les oligarchies étrangères 
et que celles-ci s'apprêtaient à venir au secours des 
conjurés athéniens. C'était plus qu'il ne fallait, on doit 
le comprendre, pour pousser jusqu'au délire l'égare- 
ment de la foule. Les alarmes les plus folles s'emparè- 
rent du démos, et, comme la peur rend toujours cruel, 
les otages d'Ârgos eurent les premiers à subir les 
effets de la vengeance populaire. Ces malheureux 
avaient été internés, depuis la dernière guerre, dans les 
lies de TÂrchipel, comme appartenant au parti oligar- 
chique de leur ville. Ils furent livrés à la populace 
d'Argos qui les massacra. Les parents et les amis 
d'Alcibiade à Athènes, ne durent, sans doute, qu'à un 
prompt emprisonnement d'échapper à pareil sort. Dans 
son aveuglement, la foule voyait partout des conspira* 
leurs. En peu de jours, les arrestations se multipliè- 
rent au point que, dans la crainte d'en être victime, 
personne n'osait plus se montrer sur la place publique. 
Quand au signal donné pour la convocation des séna- 
teurs à l'hôtel de ville, on les voyait traverser les rues 
en hâtant le pas, aussitôt tous les groupes se disper* 
soient et chacun d'aller s^enfermer dans sa maison pour 
échapper aux chances d'une incarcération arbitraire 
qui, à ce moment, faisait trembler les plus braves. 
Jamais Athènes n'avait eu à traverser de plus mau- 
vais jours, et les auteurs de celte conflngration pou* 



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212 ROBERT DE TASCHER. 

vaient s^applaudir à la pensée qu'Alcibiade allait dispa- 
raître au milieu des flammes qu'ils avaient allumées. 
Il paraissait irrévocablement perdu et on agitait déjà 
la question de son rappel, quand un événement im- 
prévu fit suspendre cette mesure et vint ajouter en- 
core à reffervescence et à Tanxiété des esprits (4). 

Le sénat, en eiTet, avait regu une dénonciation qui 
paraissait de la plus haute importance et en vertu de 
laquelle un citoyen du nom de Dioclide se faisait fort 
de désigner tous les individus coupables d'avoir mutilé 
les Hermès dans la nuit du 10 au H mai. Il avait com- 
mencé par déclarer qu'il s'agissait d'un vaste complot 
qui ne comptait pas moins de trois cents conjurés. Ap- 
pelé à s'expliquer sur les circonstances qui l'avaient 
conduit à cette découverte, voici ce qu'il raconta à 
peu près devant le sénat et les magistrats enquê- 
teurs (2). 

Ayant eu une affaire à régler au Laurium, c'était 
précisément à Tépoque de la mutilation des Hermès, il 
s'était levé avant le jour, trompé par l'éclat de la pleine 
lune qu'il avait pris pour la première lueur de l'aube. 
Néanmoins, il s'était mis en route, mais arrivé au 
théâtre de Bacchus, il avait vu venir un grand nombre 
d'individus qui semblaient se diriger de TOdéon vers 
Porchestre ; saisi de peur, il s'était blotti dans Tombre, 
entre une colonne et le piédestal de la statue de Stra- 
tège, en bronze ; de cette cachette, il avait pu observer 
ces individus qui, au nombre de trois cents, s'étaient 
divisés par groupes, mais, grâce à l'éclat de la lune, il 
avait pu reconnaître les traits de chacun d'entre eux. 
Il s'était ensuite rendu au Laurium et ce ne fût que le 
lendemain qu'il avait entendu parler de la mutilation 
des Hermès. L'idée lui était venue aussitôt que les 



(1) Thucyd., 1. II, ch. 53, 60, Gl; Andocide, De Myat., p. 162; 
Id,y DereditUfp, 138; Isocrate, De Bigts, ch. 3. 

(2) Andocide, De Myst. , p. 163 et auiv. 



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LE PROCÈS DES HKRMOCOPIDES. 213 

hommes qu'il avait vus la nuit précédente pouvaient 
bien avoir été les auteurs du forfait. Une fois de retour 
à Athènes, après avoir appris les mesures adoptées en 
vue de la découverte des coupables, il s'était rendu à 
la demeure d'Euphémos, flls de Callias, qu'il avait 
trouvé dans son atelier et, l'ayant entraîné dans le 
temple d'Héphœstos, il lui avait déclaré qu'il l'avait 
reconnu dans la nuit du crime, lui et tous ses compli- 
ces ; mais qu'il aimait encore mieux prendre leur ar- 
gent que celui du gouvernement, si on était disposé h 
le traiter en ami. Euphémos l'avait fortement encou- 
ragé dans cette idée et l'avait invité à aller avec lui 
chez Léogoras pour traiter de cette affaire avec Ando- 
cide et ceux qui avaient intérêt h s'en occuper. C'était 
là ce qu'il avait fait le lendemain. S'étant présenté à la 
demeure de Léogoras et au moment de frapper à sa 
porte, il avait rencontré ce dernier qui lui avait dit : 
€ Est-ce que ces gens ne t'attendent pas? On ne re- 
pousse pas un ami tel que toi. » On était alors tombé 
d'accord qu'il recevrait cent vingt mines au lieu des 
cent promises par l'État; cet arrangement avait été 
ratifié plus tard dans la maison de Callias, avec le 
consentement de ce dernier et la convention jurée sur 
l'Acropole. Mais la promesse n'avait pas été tenue; on 
l'avait indignement trompé et c'était pour se venger 
qu'il s'était décidé à dénoncer les coupables. En termi- 
nant sa déposition, Dioclide donna par écrit les noms 
de quarante-deux citoyens qu'il dit avoir plus spéciale- 
ment reconnus comme faisant partie des trois cents 
conjurés. 

En tête de cette liste de proscription se trouvaient 
les noms de deux sénateurs, Mantitheos et Aphepsion» 
qui à ce moment même siégeaient parmi leurs collè- 
gues. Pisandre se leva aussitôt et demanda l'abalition 
de la loi de Skamandrios, aux termes de laquelle il était 
défendu d'appliquer des citoyens à la torture. Il fallait, 
s'écria-t-il, donner la question à tous ceux qu'on pour- 



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214 ROBERT DE TASCHEK. 

rait saisir afln de leur faire avouer les noms de leurs 
complices. Le sénat, sous Tempire d'une véritable 
aberration d'esprit, applaudit à ce langage ; il lui parut 
tout naturel qu*on torturât des citoyens sur la déclara- 
tion d'un inconnu dont il ne s'était pas même donné la 
peine de contrôler la véracité. En voyant ces disposi* 
tions hostiles, Mantitheos et Âphepsion se réfugièrent 
auprès de Tautel qui s*élevait au milieu de la salle des 
séances et ce ne fut qu'à force de larmes et de prières 
qu'ils obtinrent la faveur de fournir des cautions jus- 
qu'au jour du jugement. Mais une fois rendus à la 
liberté, ils crurent plus sage de ne pas trop se fier à la 
justice des Athéniens. Ils s'élancent sur des chevaux 
rapides et ne s'arrêtent plus qu'au-delà de l'isthme, en 
laissant leurs cautions se tirer d'affaire comme elles 
pourraient. 

Le sénat les fit aussitôt arrêter, ainsi que les qua- 
rante-deux citoyens dénoncés par Dioclide. Il prit, en 
outre, toutes les mesures pour mettre la ville à l'abri 
d'un coup de main. On s'était imaginé qu'avertis par 
les fugitifs, les Spartiates viendraient au secours des 
conjurés, dont un grand nombre devait se cacher dans 
la ville. Les stratèges furent convoqués; les citoyens 
appelés sous les armes; tous les points stratégiques 
d'Athènes et du Pirée occupés militairement. Le sénat 
se déclara en permanence et passa la nuit à l'Acropole; 
les prytanes au Tholos. Quand à Dioclide, il était de- 
venu l'homme le plus populaire d'Athènes. De son 
obscurité, il avait passé au rang do sauveur de la pa- 
trie. Le peuple, après l'avoir couronné de fleurs, le 
promena en triomphe à travers la ville. Le soir, il eut 
les honneurs d'un festin au Prytanée (1). 

Parmi les quarante-deux citoyens que le Sénat avait 
fait nîettre en lieu sûr, se trouvaient Léogoras, son flls 

(1) And., De Mf/st., p. 1G6; Plut. T. d'Alc, ch. 20; Tlmcyd., 
I. HT. ch. 61. 



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LE PROCKS DES HEllMOCOPIDES. 215 

Andocide et la plupart de leurs proches parents. Entre 
autres personnalités marquantes, on pouvait citer en* 
core Prynichos, le comédien, Eucrate, le frère de Ni- 
cias, qui passait cependant pour un ami de la démocra- 
tie, et Gritias, sans qu'on puisse affirmer, toutefois, 
sHl s'agit du môme Gritias qui devait figurer plus tard 
parmi les trente tyrans. De tous les accusés, Ândo* 
cide (1) était sans contredit le plus considérable, au- 
tant par sa haute naissance que par ses talents. Il des- 
cendait d'une ancienne famille d'Eupatrides, les Géry* 
ces, lesquels rattachaient leur origine à un fils d'Her- 
mès et remplissaient dans l'État d'importantes fonctions 
sacerdotales. De bonne heure, il s'était occupé de po- 
litique, avait déjà rempli plusieurs ambassades et 
commandé une escadre lors de la guerre de Gorcyro 
contre les Corinthiens. Il passait pour un des coryphées 
du parti oligarchique (2) et ce qui le signalait plus 
particulièrement encore h l'attention du démos, c'était 
sa liaison avec les membres d'une hétairie bien connue 
à Athènes, avec les Meletos, les Euphiletos et autres 
partisans de l'oligarchie qui venaient d'être poursuivis 
à la suite de la dénonciation du métèque Teucros. 
D'ailleurs, ce n'était pas non plus la première fois 
qu' Andocide s'était vu en danger d'encourir une con- 
damnation pour crime d'impiété; accusé déjà jadis 
d'avoir mutilé des hermès et parodié les mystères, il 
avait trouvé le moyen de simplifier la procédure en 
faisant tuer l'esclave qui Tavait dénoncé et en suppri- 
mant de la sorte le seul témoignage qui fût à sa 
charge. Le peuple athénien avait bonne mémoire quand 
il s'agissait de ses ennemis, et il n'avait pas oublié non 
plus que Thermes qui s'élevait devant sa maison n'a- 
vait pas partagé le sort des autres statues. Andocide 



(1) Pour les détails am* Andocide, voir l'ouvrage de A. G. Becker, 
déjà cité. 

(2) Plut. r. d'Alc, ch. 21. 



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216 ROBERT DE TASCHER. 

se trouvait donc gravement compromis et tout faisait 
prévoir qu'il aurait quelque peine à sortir du mauvais 
pas oîi sa destinée Tavait conduit. 

Mais si sa position était critique, celle des autres 
accusés ne valait guère mieux, car ils appartenaient 
pour la plupart à cette classe de la société où les sy- 
cophantes aimaient à choisir leurs victimes. Ils ne 
pouvaient pas se dissimuler qu'ils allaient jouer leur 
tôte dans PaiTaire où ils se trouvaient si malheureuse- 
ment inculpés. Leurs inquiétudes n'étaient que trop 
justifiées et quand, à la nuit tombante, et au moment 
de la fermeture des portes, ils durent prendre congé 
des parents qui étaient venus les visiter dans la pri- 
son, les sanglots et les lamentations éclatèrent de tou^ 
tes parts. Ces malheureux se croyaient tous arrivés à 
l'instant de la séparation suprême. Ce fut alors que 
Gharmide, en sa qualité d'accusé, témoin bien invo- 
lontaire de cette scène pathétique, eut l'idée de s'a- 
dresser à Ândocide afin de le déterminer à des aveux 
comme à Tunique moyen qui lui restât encore de sau- 
ver la tôte de ses compagnons d'infortune. Il s'ingénia 
à lui prouver qu'il aurait le plus grand tort de sacrifier 
ses plus proches parents aux membres de son hétairie, 
sacrifice à cette heure aussi cruel qu'inutile, vu que, 
parmi ses compagnons politiques, les uns se trouvaient 
déjà en sûreté, tandis que les autres avaient déjà subi 
leur condamnation ; qu'il ferait mieux d'avouer ce qu'il 
savait sous la promesse de Timpunité et qu'étant aux 
yeux du peuple le principal coupable, il serait certai- 
nement cru sur parole. Ses dénégations ne lui servi- 
raient à rien, tandis que des aveux spontanés auraient 
l'avantage de les sauver tous, son propre père et tous 
les siens, parmi lesquels il ne devait pas oublier son 
cousin Gharmide qui ne l'avait jamais desservi (1). 



(1) Aiicîocîde, Le Myst., p. 168 et 169; TImcyd., I. VI, ch. 60. Thu- 



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LE PROCES DES HERMOœPIDES. 217 

Ândocide se laissa attendrir et, conformément aux 
conseils de son cousin, il n'hésita pas à mettre la mu- 
tilation des Hermès à la charge des membres de Thé- 
tairie d'Euphiletos. Ayant été appelé à en déposer de* 
vant le Sénat, il fit le récit des circonstances qui avaient 
accompagné la préparation du forfait (!}. La respon- 
sabilité du sacrilège, dit-il, devait peser toute entière 
sur Euphiletos et ses compagnons. Il avait, quant à 
lui, tout fait pour les en dissuader à Tépoque où, pen- 
dant un festin, on avait agité en sa présence ce crimi- 
nel projet. Sur ses prières, on avait fait mine d'y»re- 
noncer, mais pendant qu'il était malade et alité, à la 
suite d*une chute de cheval, Euphiletos avait eu la 
perfidie de persuader à ses complices que lui, Ando- 
cide, avait fini par adhérer à leur dessein en promet- 
tant de mutiler FHermès qui se trouvait devant sa 
maison ; c'était à cette circonstance que cette statue 
avait dû d'être préservée du massacre général. Le len- 
demain du crime, des membres de Thétairie étaient 
venus le trouver et, afin de s'assurer de son silence, 
avaient fait entendre des paroles de menace. Il avait 
alors promis de se taire, mais non pas sans leur dire 
ce qu'il pensait de leur abominable action. 

Aux membres de son hétairie, Andocide ajouta les 
noms de quatre citoyens qui jusqu'à ce jour n'avaient 
pas été inquiétés. Etait-ce pour faire la part du feu ou 
pour donner plus de vraisemblance à son récit, on ne 
saurait le dire. Après avoir ofi^ert à l'appui de sa dé* 
claration les témoignages de son esclave et des servan- 
tes de la maison, il se fit fort de fournir toutes les 
preuves qu'on jugerait à propos d'exiger de lui dans le 
cours de l'instruction (2). 



cyd. ne fait pas mention d' Andocide. Plut., V, d'Alc^ ch. 21. Plut, 
parle d*un certain Timée au lieu de Charmide. 

(1) Andocide, De Mijst., p. 171, 172 et 173, 

(2> Andocide, De Mtjst., p. 169. 



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218 IIOUKRT DK TASCHKH. 

Grand fut l'ombarnis du sénat, quand il eut à choisir 
entre des dénonciations si absolument contradictoires. 
Ce qu'il venait d'apprendre n'avait aucun rapport avec 
les faits signalés par Dioclide ni avec le fameux com- 
plot des trois cents conjurés. On ne dit pas s'il éprouva 
quelque remords d'avoir agi avec tant de précipitation; 
toujours est-il qu'il voulut s'entourer de nouvelles lu- 
mières en appelant Dioclide à comparaître une se- 
conde fois. On le soumit à un interrogatoire rigoureux 
dont le résultat ne laissa bientôt plus de doute sur la 
moralité du personnage ni sur les motifs qui l'avaient 
guidé. On put se convaincre que tout son récit n'avait 
été qu'une fable grossière. Il avait prétendu avoir dis- 
tingué le visage des Hermocopides à la clarté de la 
pleine lune ; c'était faux, car on venait de se rappeler 
que le crime avait eu lieu à l'époque de la nouvelle 
lune. Vaincu par l'évidence, Dioclide se décida à des 
aveux complets et s'en remit à la miséricorde du peu- 
ple. Il avoua qu'il n'avait agi qu'à l'instigation d'Alci- 
biade le Phegusien et d'Amiantos d'Egine. Il fut mis 
à mort, mais ses complices réussirent à prendre la 
fuite (1). 

La justice du peuple ne se borna pas au châtiment 
de ce misérable, elle ût plus encore en rendant à la li- 
berté tous les citoyens compromis dans l'afTaire des 
Hermès, non seulement les personnes dénoncées par 
Dioclide, mais encore les individus qui avaient été 
poursuivis à la suite des dénonciations précédentes ou 
simplement arrêtés comme suspects. Les prisons se 
vidèrent comme par enchantement et les Athéniens 
n'eurent que le regret de ne pouvoir les ouvrir à ceux 
qui, depuis la déclaration d'Andocide, passaient pour 
les véritables auteurs de la mutilation des Hermès. 
C'étaient, comme on le sait déjà, les membres de Thé- 
tairie d'Euphiletos, mais la plupart d'entre eux se 

(l)Andocide, De Myst , p. 173; Plut., T. d'Aîc, ch. 20. 



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LK PllOCKS DE:S IIKRMOCOPIDICS. 219 

trouvaient à cette époque en sûreté, sauf un petit nom-. 
bre qui, ayant eu Timprudence de rester à Athènes, 
avait été mis à mort. On dirigea, comme de raison, des 
poursuites contre les quatre citoyens dénoncés par An- 
docide, mais ils n^avaient pas attendu qu'on vint les pren* 
dre. On les condamna à mort. Leurs tètes furent mises 
h prix et leurs biens conflsqués. 

Quant à Andocide (1), il ne devait pas sortir entiè- 
rement indemne de la terrible épreuve qu'il venait de 
traverser. Frappé d'atimie, il se trouva dans la néces- 
sité de quitter Athènes afin d'échapper aux suites d'une 
déchéance qui Teût mÎB à l'entière discrétion de ses 
adversaires. Ce fut ainsi qu'il commença une existence 
pleine de traverses et de vicissitudes, où on le voit 
parcourir, en voyageur infatigable, Tltalie, la Sicile, 
THellespont, TAsie-Mineure, prêt à toutes les aventu- 
res, essayant de tous les métiers, mais gardant partout 
Pinconstance de son humeur et toujours possédé du 
désir de revenir prendre sa place parmi ses conci- 
toyens. A deux reprises, il tente de rentrer à Athènes, 
mais toujours la fortune contraire le ramène sur le 
chemin de Texil. Quand, enfin, l'amnistie d'Euclide lui 
rend une patrie et ses droits de citoyen, il ne lui est 
pas donné encore de goûter un repos si chèrement 
acheté ; il reste en butte à Tanimosité et aux attaques 
de ses ennemis et, seize ans après les événements qui 
nous occupent, il se voit contraint de prononcer un 
plaidoyer en vue de justifier sa conduite pendant le 
procès des Hermocopides. C'est le discours sur c les 
mystères * auquel sont empruntés la plupart des ren- 
seignements qu'on vient de lire. 

(1) VoirBecker déjà cité. Andocide quitte Athènes en 415 av. J. C. 
n revient une première fois en 412, à Fëpoque du gouvernement des 
Quatre-Cents. Exilé à cette époque, il fait une nouvelle tentative en 
410 au moment du rétablissement de la démocratie. Exilé pour la se- 
conde fois, il se retire en Ëlide pendant la tyrannie des Trente. II i*e- 
vient en 405?, en vertu de Tamnislie d*Euclide. 



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220 ROBERT DK TASCHKR. 

De la part des Athéniens c'était presque de Tingrati- 
tude que de traiter avec tant de rigueur un homme 
qui, en dénonçant les vrais coupables, venait de rendre 
à son pays un service signalé. Les sentiments avec les- 
quels ils avaient accueilli le récit d'Andocide ne sont 
pas douteux. Thucydide (1) nous parle a du soulage- 
ment que la ville en ressentit sur Theure et de la joie 
qui fut grande à Athènes d'avoir enfin découvert la 
trame ourdie contre la démocratie d. Mais les auteurs 
anciens, il faut le dire, n'ont pas partagé à cet égard la 
confiance ni les illusions du démos ; ils sont, au con- 
traire, pleins de réserves et de restrictions en ce qui 
concerne la véracité d'Andocide (2). 

Nous ne sommes pas entièrement de leur avis et 
nous ne saurions croire que le récit d^Andocide, tel que 
nous le trouvons dans son discours sur les mystères, 
n'ait été que le produit d'une imagination en quête d'ex- 
pédients et d'excuses plus ou moins vraisemblables. Il 
est vrai que l'orateur y plaide sa propre cause et que 
tous ses efforts consistent à détourner de sa personne 
tout soupçon de complicité avec les membres de Thé- 
tairie d'Euphiletos. Mais si sur ce point la part de la 
vérité est difficile à faire, il semble presque certain 
qu'Andocide n'a pas formulé à l'égard de ses anciens 
amis politiques des imputations purement mensongè- 
res. On sait quMl prononça son discours trois ans après 
son retour à Athènes, c'est-à-dire seize ans après les 
événements qui l'avaient contraint de quitter cette ville. 
A cette époque l'amnistie d'Ëuclide avait ramené dans 
leurs foyers tous les individus qui avaient été condam- 
nés dans l'affaire des Hermès comme dans celle des 
mystères, et dans ce nombre il ne faut pas oublier de 
mentionner les membres survivants de Thétairie d'Eu- 
philetos qui se trouvaient à Athènes après avoir recon- 

(l)Thucyd.,l. VI, ch. 61. 

(2) Plut., V. d'Alc, ch. 21; Thucyd., 1. VT, ch. 60. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 221 

qais la pleine possession de leurs droits politiques. 
Andocide avait donc à entreprendre Fapologie de .sa 
conduite en présence de ceux qu^il avait dénoncés et il 
ne pouvait guère se flatter de rencontrer chez eux des 
sentiments bienveillants qui n'avaient pas dû survivre 
à sa trahison. Ce qu'il y a de remarquable dans son 
discours, c'est qu'il n'hésite jamais à mettre en cause 
ses anciens amis politiques. On pourrait citer plus d'un 
passage où il leur adresse des interpellations directes 
par lesquelles il les met en demeure de venir rectifier 
ces paroles dans ce qu'elles peuvent avoir de contraire 
à la vérité (1). Andocide s'adressait, en outre, à l'as- 
semblée du peuple ; les événements dont il avait à l'en- 
tretenir étaient devenus, depuis longtemps, de noto- 
riété publique et, en rappelant de si douloureux souve- 
nirs, il ne pouvait guère éviter de réveiller des passions 
encore mal éteintes et des rancunes à peine assoupies. 
Est-il probable que, pour justifier sa conduite, cet ha- 
bile orateur n'eût rien trouvé de mieux que de débiter 
des fables sans souci des protestations et des démentis 
qu'il allait soulever de toutes parts et dont le premier 
effet eût été de mettre en péril sa propre cause ? Nous 
pensons, au contraire, qu'Andocide avait de bonnes 
raisons pour se croire assuré du silence de ses anciens 
compagnons et qu'il savait à quoi s'en tenir sur la part 
qu'ils avaient prise à la mutilation des Hermès. Il sem- 
ble donc exister contre les membres de l'hétairîe d'Eu- 
philetos, sinon des preuves certaines, du moins de for- 
tes présomptions qui permettraient de les considérer 
comme les auteurs du sacrilège commis dans la nuit 
du 10 au 11 mai. On a déjà dit combien les partisans 
de l'oligarchie étaient déterminés à recourir aux plus 



(1) Andoc, De Myst.^ p. 170, 174. «: Ils savent bien si je dis la vé- 
rilé ou si je mens ; ils sont libres de me réfuter pendant que je parle ; 
je leur accorde la parole, d'autant plus volontiers que vous devez savoir 
tout ce qui s'est passé », etc. 



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222 UOBERT DE TASCHER. 

criminelles entreprises pour faire obstacle à l'ambition 
d'Alcibiade. Ce que nous apprend le récit d'Ândocide, 
c'est que ce forfait a été préparé de longue main par 
ceux qui devaient avoir Taudace de Taccomplir. Pour 
provoquer des complications imprévues propres à en- 
flammer les esprits, il fallait qu'il se produisit quelque 
événement effrayant et extraordinaire. L'hétairie d'Eu* 
philetos se donna la mission de le faire naître et on 
sait maintenant combien elle réussit dans cette œuvre 
inspirée par le génie du mal. 

Mais si, de ce côté, la lumière semble se faire, on ne 
saurait en dire autant au sujet de la délation de Dio- 
clide. On ne possède aucun renseignement sur le ca» 
ractère des personnages qui figurent dans cet épisode 
ni sur les mobiles qui auraient pu les pousser à inter- 
venir dans le procès des Hermocopides. On pourrait 
supposer que les partisans d'Alcibiade aient voulu es- 
sayer d^une diversion en sa faveur en détournant Tat* 
tention du démos de TafTaire des mystères. Les amis 
d'Alcibiade n'ont pas dû rester inactifs en présence des 
machinations de ses adversaires. La victoire ne devait- 
elle pas appartenir à ceux qui surpasseraient les autres 
en audace .et en inventions les plus propres à égarer 
l'opinion publique? Aux attaques des ennemis d'Âlci* 
biade, ses partisans auraient pu riposter par l'inven- 
tion d'un complot oligarchique et cette manœuvre eût 
été de bonne guerre. Mais ce ne sont là que des hypo- 
thèses ; ce qui est malheureusement plus certain, c'est 
que les ennemis d'Alcibiado ne se laissèrent pas dé- 
tourner de leur but et ils allaient pouvoir porter le coup 
de grâce à leur adversaire* 



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LE PROCÈS Dr':S IlERMOCOPIDES. 1^23 



IV 



Ce qu'il faut toujours admirer, c'est Tart avec lequel 
ils surent encore cette fois mettre à profit Tétat de To- 
pinion publique et tenir en haleine la méfiance du dé- 
mos. On avait pu se convaincre, il est vrai, qu'Alcibiade 
n^avait pas trempé dans TafTaire des Hermès, mais il 
restait à éclaircir celle des mystères qui paraissait 
d'autant plus redoutable qu'en dépit des plus actives 
recherches, elle était demeurée enveloppée de ténè- 
bres (1). Les événements qui venaient de se passer à 
Argos; ces mouvements de troupes sur la frontière, 
comment les expliquer sinon comme les indices d'une 
intelligence avec les ennemis du dehors? C'étaient là 
des tentatives révolutionnaires que le démos ne pouvait 
laisser impunies. Voilà, sans doute, ce que les ennemis 
d'Alcibiade ne se firent pas faute de répéter et, du coup, 
toute l'attention publique se trouva ramenée vers l'af- 
faire des mystères. De tout le bruit fait autour de la 
personne d'Alcibiade, de toutes les rumeurs répandues 
sur son compte, il était resté au fond des esprits le 
soupçon qu'il pouvait bien avoir aspiré à la tyrannie; 
ce que d'autres avaient tenté d'entreprendre, il pouvait 
ravoir osé à son tour; on le savait sans conscience 
quand il s'agissait des intérêts de son ambition, et il ne 
devait pas avoir reculé devant un appel aux armes 
étrangères. Aveuglement extraordinaire, à Tinstant 
même où, au grand déplaisir des gouvernements oligar* 
chiques, Alcibiade allait faire la guerre à Syracuse, une 



(1) Plut., V. ctAtb., ch. 20 et 21; Thucyd., I. VI, cîi. 6. Isocrdté, 
De Bigis, ch. 3, p. 868. Ce dernier se trompe intentionnellement en 
prétendant qii^Âlcibiade fut acquitté avant son drpart pour la Sicile. 



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2^4 ROBERT DE TASCHER. 

colonie d'origine dorienne! Mais les esprits avaient de- 
puis longtemps perdu tout discernement. Le démos 
réclamait une victime pour se venger sur elle de ses 
alarmes. 

On doit se rappeler qu'en vertu d'un décret du peu- 
ple, le jugement sur Taffaire des mystères avait été 
ajourné à l'époque du retour de l'armée expédition- 
naire. Alcibiade ne pouvait être décrété d'accusation 
qu'aux termes d'une nouvelle « eisangelie > qu'il s'a- 
gissait de faire accepter par le démos. On est pénible- 
ment surpris de trouver mêlé à toutes ces intrigues le 
représentant d'une race illustre entre toutes, Thessa- 
los, fils du grand Cimon, mais qui comptait, paraît-il, 
à cette époque, parmi les adversaires d'Alcibiade. Ce 
fut lui qui se chargea de présenter au peuple l'acte 
d'accusation conçu en ces termes (1) : « Thessalos, fils 
de Cimon, de Laciade, accuse Alcibiade, fils de Clinias, 
de Skambonide, comme criminel envers les deux dées- 
ses pour avoir représenté les mystères dans sa maison 
et les avoir montrés à ses complices, revêtu de la stola, 
telle qu'en porte le hiérophante, lorsqu'il officie, se 
donnant à lui-môme le nom d'hiérophante, à Polytion 
celui de porte-flambeau, de héraut à Théodoros de 
Phégie et à ses autres amis ceux de mystes et d'époptes, 
le tout contrairement aux lois instituées par les Eumol- 
pides, les Céryces, et les autres ministres d'Eleusis •. 
On ne sait si, à l'appui de « l'eisangelie », on jugea à 
propos de susciter de.nouvelles délations en dehors de 
celles que nous connaissons déjà. Mais il semble qu'en 
présence des dispositions bien connues du démos, c'eût 
été peine superflue. Le peuple adopta « l'eisangelie > et 
par le fait de cette décision, Alcibiade se trouva dé- 
pouillé de son commandement. Il était, enfin, à la 
merci de ses adversaires. 

Il importait maintenant de s'assurer de sa personne 

(1) Plut., V. d* Aie», ch. 22; Cornélius Nepos, Aie, II, 3 ; Justin, V, I. 



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LE PROCÈS DES HERMOCOPIDES. 225 

et on dépêcha à Catane la a Salaminienne i avec la 
mission de lui signiQer, ainsi qu'à ses complices, les 
décisions du démos (1). L'ordre portait qu'il eût à re- 
venir à Athènes pour se justifier devant le peuple, mais 
défense était faite de Tappréhender au corps et d'user 
à son égard d'autres moyens que ceux de la persuasion. 
En procédant à son arrestation, on eût craint d'alarmer 
les troupes et de provoquer le départ des alliés dont la 
coopération était due à son influence. Loin de résister, 
Mcibiade feignit une entière soumission aux ordres 
du démos, et, s'étant embarqué à bord de son bâtiment, 
en compagnie de ses amis, il navigua de conserve avec 
la « Salaminienne i jusqu^à Thurium. Là il descendit à 
terre et parvint à se cacher dans la ville jusqu'au dé- 
part de la < Salaminienne » dont l'équipage l'avait cher- 
ché en vain. « Quand il s'agit de la vie, dit-il» plus tard, 
aux Thuriates, je ne me fierais pas à ma mère dans la 
crainte que, par mégarde, elle ne mit dans Purne une 
fève noire à la place de la blanche (2} ». Cette pru- 
dence no lui fût pas inulile, car les Athéniens le con- 
damnèrent à mort, lui et tous ses complices ; ses biens 
furent confisqués et mis en vente. Les prêtres et les 
prêtresses reçurent Tordre de le dévouer aux dieux 
infernaux et on peut s'imaginer avec quel empresse- 
ment les Eumolpides et le^ Geryces prononcèrent les 
malédictions d'usage contre l'ennemi de la religion et 
le profanateur des mystères. Une seule prêtresse, 
Théano, fille de Ménon, se refusa à cette manifestation 
religieuse, en disant qu'elle s'était vouée au sacerdoce 
pour bénir et non pas pour prononcer des malédic- 
tions (3). Gomme aggravation de peine, le démos dé- 
créta, en outre, qu'on appliquerait à Alcibiade la « ste- 



(1) Thucyd., 1. VI, cU. 53, 61 ; Plut., V. éCAlc, ch, 2l;l8ocrate, 
DeBigis, ch. 3, p. 868. 

(2) Plut., V.d'Alc.,ch.22. 

(3) Plut., V. d'Alc, ch. 22, 33 ; Thucyd., 1. VllI, cU. 53. 

Annuaire 1886. 15 



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20S ROBERT DE TÂSCHER. 

leusiB 9, c'est-à-dire qu'on grava sur une colonne le 
jugement qui l'avait condamné et ce monument érigé 
sur la place publique, devait rappeler aux générations 
futures la grandeur de son crime, ainsi que celle du 
châtiment (i). 

Quant aux événements qui suivirent le procès des 
Hermocopides et qui en furent le résultat, on ne sau- 
rait s*y arrêter sans courir le risque de dépasser de 
beaucoup les limites de cette étude. Il s'agissait seu- 
lement d'examiner, parmi les épisodes de l'histoire de 
la démocratie athénienne, celui qui ofTre le plus d'inté- 
rêt autant par l'importance de ses résultats que par 
l'image Qdèle qu'il nous présente de la vie et des mœurs 
politiques chez les Athéniens. On aura pu se convain- 
cre qu'ils se sont montrés, dans leurs rapports sociaux 
et en matière politique, aussi intolérants qu'ils l'ont été 
peu dans les questions religieuses. Voilà ce que nous 
apprend le procès des Hermocopides, mais il nous ré- 
vèle aussi à quels excès l'esprit de parti a pu entraî- 
ner les Athéniens et quels ravages il n'a pas tardé à 
produire au sein d'une nation qui a eu le malheur de 
s'y abandonner. Tel a été, en effets le premier triomphe 
que l'esprit de parti ait célébré à Athènes (2) ; victoire 
chèrement achetée et d'autant plus désastreuse que, 
pour la remporter, il avait fallut faire appel aux plus 
mauvaises passions et aux instincts les plus pervers. 
Dans la lutte contre Alcibiade, les partis n'avaient rien 
respecté ni religion^ ni morale, ni foi jurée, ni liens de 
famille, on ne voit partout que sentiments bas et cupi- 
des, trahison, égoisme, sécheresse de cœur. Ce n'est 
pas sans tristesse que l'on assiste à pareil spectacle» et 
si l'on énumère ce que le procès des Hermocopides a 



(1) Diod. de Sicile. 13, 69, parle de plusieurs colonnes. Corn. Ne- 
pos, Aie, lY, 5} mentionne une colonne, et VI, 5, plusieurs colonnes ; 
Isocrate, De Bigis, ch. 3, p. 869. 

(2) E. Curlius, GhriechUche Qeschickte, t. Il, p. 571. 



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LE PROCES DES HERMOCOPIDES. 527 

coûté aux Âtbénieiis, on ne saurait assez les plaindre 
d*avoir eu à subir tant de déceptions et de maux pour 
des motifs qui leur sont restés à jamais inconnus. L*É. 
tat avait été bouleversé ; lô désordre jeté dans Tadmi- 
nistration ; tous les principes de la justice méconnus 
ou violés ; les mesures les plus arbitraires proclamées 
comme légales ; bon nombre de familles ruinées par 
les confiscations ; leurs cbefs mis à mort, pourchassés 
ou envoyés en exil; la propriété et les droits des ci- 
toyens livrés au hasard ou à la merci de misérables in- 
trigants ; enfin, la conscience publique pour longtemps 
troublée. Voilà quels ont été les résultats du procès 
des Hermocopides et, quand à tant de convulsions in- 
térieures vinrent s'ajouter encore les suites d*une fausse 
politique et les efTets de la vengeance d'un Âlcibiade, 
on trouvera peu d'événements, dans Thistoire d'Athè- 
nes, qui aient pesé plus lourdement que cette cause 
célèbre sur les destinées de sa démocratie. 



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INSCRIPTIONS GRECQUES 

INÉDITES (1) 

MÉGARE — TRÉZÈNE — ATHÈNES — VARNA 



PAR M. Paul Monceaux 



MÉGARE 

1. — A Méijare, maison de Costas Sledoumis, dans 
la cour. — Hauteur de la pierre 0°'44; la plus grande 
largeur est de 0" 27, 

2TE.ANÛS 

2TE<Ï>ANÛI0TTIA 

'nEPIAÏTÛTÛlSTPA 

E*nAINE2A1AEKÀIT0!S 
5 TÛSÏN'nPArMATEreHN 

*nOAI02KAI2TE<I>ANÛ2AIA 

TANAEANArrEAIANTÛNST... 

KAI*nPrTANEI20*nûSAEKAIME 

XElPOTONHSAI'nPESBErTANT 
10 ANENErKANTA*IIP02MErAPEAS 

ASEXErnOTATTONOAAMOSKAlTA 

(1) Dans cet article les lettres précédées d'un * sont celles dont la 
forme n'a pu être exactement reproduite. 



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INSCRIPTIONS GRECQUES INÉDITES. 229 

*nAPAKAAEINArTOISE*niMEAES 

KArnAPAïToiSANAroPEreEûs 

STAAANKAlANATEeHENTÛ 

15 AYT0I20TTIE*nAK0A0reHSAN 
2ÛNTAITÛAAMÛXP0N0SAM. 



... [lâôÇev Twi ca[JLtot xal Tat ^cuXat ] 

I CT£[ç]av(oa[(Xt aÙTcv xp^^ûi cTSçavwt, àva^pa^J/ai 8k èv twi] 
ffT£çàv(i)t OTTt A[a!JLOç ô Mê^apécov CTSçavct aÙTOv 8ià Ta] 
^spt alTw (t) Twi c7i:pa[TaYW'. Twt to^; toX'.o; e'jepY£'ci%l*a'ca], 
STraivécai os -/.a; tov f-îSxovTa Tupbç toùç Me^apéaç èxi] 

5 TÛ (i) cuvi:paY|J''a'f2y^'0v[at Twt cxpaTaYcot Twt toç] 
i:6Xtoç, x,al CTSçavwaat a[uTbv xpuaût aTsoàvwt]^ 
Tàv os àvaYYsXfav tûv aT[eçàva)v '^zoiriacti aTpaTaYOu^] 
xai î:p'JTav£t;, ottox; ce '/al M£[Yap£Î(; 8oy,(i)?;t X^^P^'' ^X^^'^sç"! 
XstpOTOvijffat wpscôeuTav T[a)v MEvapéwv -^rpcç tcùç tovJ 

iO ivcvéYxavTa -î^pcç Me^apsa; [ xal oépeiv ^àç X'^^P^'^^d 

&ç ïX£t ttot' auTbv 6 Aa|jLOç xai Ta 

:uapa)wtX£iv aÙToTç lzi\tÀXiG[^0L\ 

xat 'ï:ap' auTcTç àvaYopeuOéo); 

craXav xal àvaTéOr; ev tw (t) 

15 aÔTOÎç ÏTTt e^axoXouOf^cav 

ccovrat tw (i) 8ap.o) (i) xp^voç àjx , . 

La pierre est brisée en haut et à droite. Il est impos* 
sible de déterminer exactement le sujet de Tinscription. 

II faut se contenter de quelques indices. C'était un 
décret des Mégariens en l'honneur de deux personnages 
qui avaient rendu service à un stratège. (Cf. lignes 3 
et 5.) L'un de ces personnages paraît être un citoyen 
influent d'une ville étrangère. L'autre semble avoir été 
chargé par lui d'un message aux Mégariens, qui le lui 
renvoient comme ambassadeur pour lui transmettre 
leurs remerciements offlciels, A chacun de ces bien-, 
faiteurs les Mégariens votent une couronne d'or, qui 



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230 PAUL MONCEAUX. 

sera proclamée à Mégare et dans l'autre ville. (Cf. li' 
gnes 7 et 13.) 

2. — A Mégare, maison d'Athanasias Spengos. Hau- 
teur 0" 38, largeur 0" 28; épaisseur 0*11. La pierre a 
été régulièrement coupée & gauche ; à droite, elle n'est 
brisée qu'à la partie inférieure.. 

nporn*APXONrAAiK*Ai*A 

*e*ENTO*ïnP*E*SB*ErT*AAIK 

*S*AM*EN*A*An*E*ST*EIA*ENIOr 

IOrTOrANT*EPÛTO*SrP*AM 
5 rNH*2I0X0NI0VNI0rA*EA0 

A*AK*AITÛA*AMÛT*ANnOAIN 

ÛNM*Er*AP*EÛN**IA*AN*E0r2*AN 

•AirAI*2*Enr4>*AN*E*2T*AT*AI*srEI 

•ST-E'^'ANÛ'Se'AITOn'ATPiarAI 
10 «4»*ANÛT0Ï*SA*E*ANAP*A*2T'ET*EI 

*EITH*A*2K*AlB0rA*A*2K0INÛNI 

N*AN*A*0*E*2*E*2IN*2*EMNÛ'2 

*A*2K*AlAIK*AS*ANT*A*2rriÛ 

NT0*2*AK0A0reû*2T0r2N0 
15 û*2*EK*AT*EP*AIST*ANnOAlN 

*ENA*EK*AI*ANTirP*A*<I>ON 

TO*2nOTITOY'2n 

*EIAÛNriT*AN 

0V*APr2TIAI 
20 •ANAP*A*2 

ON 



ta] icpouratpxovt* 8(x«ia, 

[Kxt o(xoua]OévTo; npsaSsuTS 8t 

[xots^à; a{ps]aa{>iva iiràoretXev 1o'j[v(] 

[ov 'AiraXXti)v](ou toû XvrfpwTOç y?<»I*[1*] 

[xttxoS xal] rvY)s(ox,ov MouvCou, itiô 

[xOou xî (t) ^oujXS (t) xxt t& (t) Si|u» (i) tàv siXiv [l] 



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INSCRIPTIONS GRECQUES INÉDITES. 231 

xai è] ateçavwffÔat tw (t) xa^pCu) (t) xat [tû (i) 

10 [i^[jLeTip(i> ^t) aTe](pav(d (t), TobçSààvïpaç 

Ligne 11. — 5ç xat PouXatç xoiva)vt... 

— 12, — [ty)]v AviOeaiv a£[i.V(ôç.,. 

— 13. — aç%a\ BixoÇavcaç 67(0) (i) 

— 14. — ... vT(i)<; à)toXou6ûç Totç v6[|jloiç] 

— 15. — ... (i)ç èxaTépav Tàvi;iXlv 

— 16. — £v Zk xai àvxCYpaçov 

— 17. — ... TOÇ lîOTt TOÙÇ 1:... 

— 18. — eiSwv 

— 19. — ... 'Ap£aTi5t 

— 20. — avîpaç 

Cette inscription est un décret des Mégariens en 
rhonneur de deux personnages que Rome leur avait 
envoyés comme arbitres. On sait combien sont nom- 
breux les documents de ce genre. — Ce décret paraît 
dater du premier siècle de notre ère: Le grammairien 
Apollonios Anteros, dont le ûls est ici mentionné, vivait 
au temps de Claude (1). 

« '0 xat 'AxoXXtbvto;, 'AXeÇavBpeuç, YpapL^LaTixéç, watosûaaç 
âv 'Po)p.ifi, eici KXavSJou tou jiexà fatov PaatXewaavTOç. » 

3. — A Mégare, gros bloc rectangulaire, large de 
1"50, long de 0»45, haut de 0»60, récemment trouvé 
devant Téglise Aghia Panaghia. 

IBOÏAHKAIOAHMOSOYITEAAÎAN TI 

SABEINOriOÏKOIPANOrAPXIEPEQSANEeHKANIEPEIA 
NOïATHnPOSTHNnOAINKAIEniMErAAO^TXIAENAIA^O 

■jj PcuXyi xai 5 îy5[i.oç OûtT£XX(av[ov Tbv] ut[bv tou] 
(1) Suidas, au.nwt'kvxipt^i. 



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232 PAUL MONCEAUX. 

Zaêsivoy tou Koipovoo àpxtepéwç ivéOiQxav lepsCa (t) [eut xai eu] 
vota (i) zfoç Tr^v i:oXiv xal èzt ji.sYaXo^'uyJa (i) àv Stof 6[poiç]... 

G^estla base d'une statue d'époque romaine élevée 
par les Mégariens à un de leurs prêtres. Le personnage 
honoré, Vitellien, et son père, le grand prêtre Sabinus 
Cœranus, nous sont également inconnus. 

4. — Ibid. Stèle haute de 1", large de 0"*70, épaisse 
deO~38. Hauteur des lettres 0™05. 

EverAîKA 

AAKIAAMOr 

XXxi3a[jLou 

5. — Ibid. Stèle large de 0" 52, avec fronton. 

TEIMQ E6A<l>PiaN02 
XAIPE 

Ttl\uù ^6a0p(u)voç 
XxTpe 

6. •» Ibid. Plaque funéraire brisée à gauche. 

eEO*PAC. . . e66<ppaa[TOç] 

AlONÏ COA*û. . . Aiovu(7o8(;)[pcu] 

CTPATONIK. STpaxovtxttî] 

AIONrCOA*Û.. . Atova(jo3(;)[pou] 
XAIP*E yaXpz. 

7. -* Ibid. Sur un des côtés d'une grande auge, cour 
de l'usine. 

... EPMIONEPMIONHCIOAV.MIWAHA OC.PÏ 

... APXIEPHAE.- NICP APXO. ....... 



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INSCPwIPTIONS GRECQUES INÉDITES 238 

... "EpiAtcv 'EppLiovYjcCcu 

'Apxtepij 8k 

Ce bloc de pierre, où Ton a creusé une auge, était 
autrefois la base d'une statue élevée au grand prôlre 
Hermios. 

8. — Ihid. Pierre trouvée sur un tombeau aux envi- 
rons de Mégare, maintenant dans la cour du moulin à 
vapeur. Sur une des faces de la pierre : 

T*EA*Û 

APMA.NAC 

K*ET*EC*ÛP*ET*EOrNKAIMON 

TOA.PONrAPrMACnPOArOA 

... OriOnAPATINOAON^ErEeHNOAI. ..... 

... rONTE KAIM*ETAeANATO 



Sur Tautre face de la pierre on lit quelques débris 
d'une inscription plus ancienne : 



. Ein. 

NHT. 
OÛN. 
XA. 



9. — /*irf. Dans un champ, près du chemin de Nisœa : 

... SIÛN 
... ENI2KH 
... ÏPE 

10. — Ibid, Pierre trouvée dans un champ près de 
Mégare. Hauteur 0" 60 ; largeur 0" 45 ; épaisseur 0" 10. 
La pierre est brisée en haut et à droite. Nous n'avons 
pu retrouver que deux fragments. 



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831 PAUL MONCEAUX. 

— Fragmenl. A. — . ,— Fragments. — 



MO.TES 
TANArPAIÛI 
4>ANÛIKAir EIKO 
5 SAI . OS .OAHST. . . 
XOr .AI2TEMN. . . 

S ^•NH.nEno.,.Ain. 

KAITANSO.K.ATHAIK. . . 

niTÛ.SlTSn.A.MATErûN 
10 2AIAET0rSTE4>AN0rSEMn. . 

OMOiaSAlKAIENTQIAPÛN.2 

TQIAnOAAQNITÛIHQrûIES.IAI 

ÛS.M.NKAIATtTOrsrNEinONTOS 

KANS...E.E or. . . . 

15 KAITAAAA^I DANTATAMA. . . 

KAIE ET ÛSl EN 

nP02TET AITE 

PÛMAIOrSAÏ ONT.. .01 

KAIAN. . .EINAIENTÛI TATÛIEPrÛITH 

20 SÏNEAPIONKAITON.. .ONMErAPEONHANTA 

TO»ra...SMAANArPA TÛISENIÛIEDI. . . 

AEÛS.KAIOnûSOISTEÏ rOIEr.ÛSINENTÛI 

A01"N.1A...ÏT0ISKAI2E1 ri...AEKTÛNNOMÛN 

ni2ENIAKlS.0...Pr.nANTAMETAIE TA. . , 

Ligne 3. — TavaYpatw[v] 

— 4. — [(rce]çiv(i)t %ai s.hi[n] 

— 9. — [è]itt x&[i] ffuvx[p]a[f]|A«Teû(i)v 

— 10. — [si:tiu>.7)]ffat iï zoû ateçavcu 

— H. — êiwtwaaticat èv Tûi. . . 

— 12. — Tûi 'AiciXXwvt tôt \iâr(m 

— 13, — tmCi aiTOÛ oovehtovTOÇ 

— 15. — xat tiXka f i[Xiv6p(iMta] vina m. , . 

— 17. — xpiçTs 



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INSCRIPTIONS GRECQUES INÉDITES. 



235 



Ligne 18. — 'PwjjLafouç 

— 19. — xal div[aô]etvàt èv TÛt Ta tûi IpYwt. 

— 20. — ouvéSptov xal tov [SyjiaJov Me^apétov i:avTa 

— 2i . — TO <Jrli[çt]aiwt àva'jfpa[6at èv] toi ^evCox èxt. 

— 22. — [Baai]X£wç xal 5xa)ç oî 

— 23. — 8ouv[a]t i[ï aJuToTç xal |£t[via Ta [xé] Yi[aT]a èx 

[tÔ)V vépLWv 

— 24. — [è]TrlÇévia -rudvTa [JteTà îe[pa...] 



Cette inscription est trop mutilée et les lettres trop 
souvent effacées pour qu*on puisse tenter une restitu- 
tion du texte. Trois noms de peuples y sont mention- 
nés : ceux de Tanagre, de Mégaro et de Rome. Les 
Mégariens avaient eu probablement quelque différend 
avec les gens de Tanagre. Le sénat de Home avait, 
suivant Tusage, envoyé des commissaires. Quand l'af- 
faire fut terminée, les Mégariens récompensèrent les 
juges par un décret honorifique. 



TRÉZÈNE 



11. — A Damala, au pied de Tacropole de Trézène 



N 

H*2 

*ÛN 

5 AEIAA*2: 

*1 

AA*2 

AEIAA*S 

10 



*n...x..N 

X*OPATrûN 

*KAAAIMAX*0*S 

APXrKPATH*S 

*nPA*2IAAMA*2 

APXEA.*2: 

APr2T*0AA*2 

*np*ON*o*o*2: 

AA*KPATH*Z 
TIM N 



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286 PAUL MONCEAUX. 

n...x..v 

• . • « . V XopaxCcov 

• • . A • Tjç KaXXCfjuxxoç 

wv 'ApxixpiTr)ç 

5 XsiSaç npaÇiSajjLaç 

ç 'ApxéX[ao]ç 

5aç XpiJT^Xa; 

.....XeiSaç npâvooç 

Aaxparv;; 

10 Tti;.....v 

Cette inscription est gravée en caractères fins et 
réguliers sur une plaquette de marbre mutilée, qu'on 
a trouvée récemment au pied du mur nord de TAcro- 
pole. Les paysans racontent qu'elle provient des fouilles 
exécutées à minuit par un fantôme blanc qui cherchait 
un trésor. 

A la forme des lettres on reconnaît une inscription 
du IV* siècle. G*est une liste de noms propres, disposée 
sur deux colonnes. Le marbre est brisé à la partie 
supérieure et à gauche. Il est donc impossible de re- 
connaître le fait auquel se rapporte Tinscription. On 
m*a affirmé que Tautre fragment existait, mais on n*a 
pu me le montrer. 



ATHÈNES 



Ces inscriptions ont été trouvées récemment dans la 
partie N.-E. de la ville. 

12. Petite stèle. 

NIKÛN m%m 

NIKÛN02 Ntxwvoç 

ANTIXEVS 'AvTi(6)x£u; 



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INSCRIPTIONS GRECQUES INÉDITES. 


13. — Pierre à moitié enfoncée en terre : 


H0P0*2 


'Ops; 


X'ÛPIO 


Xa)pto(u) 


*nPOTA 


np(o))Tâp)co(u). 


. PXO. 




1*. — Plaque. 




2ÛTHPIS 


-w-nipiS. 


MESSHMU 


MeooijvÎYj 


XAIPE 


Xatps 


15. - Id. 




AHHUTPIA 


AiîitKiTpîa 


XPHSTH 


Xptioxi?,. 


16. - Id. 




NANA 


Niva 


17. — Id. 




EPMAIQNAAI 


'EpiJiat<i>v8af. 


18. - Id. 




MHN0*1AA 


M)]voi]>(Xa 


APMENIA 


Xpi^svCa. 


19. — /rf. 


• 


HOPOS 


5po; 


20. — Id. 




TIMOrENHS 


Ti|W)févtiç 


nANAKOr 


Ilavaxou 


SAPAUNOS 


2^apS(avoç 



237 



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PAUL MONCEAUX. 



ii.^ld. 



TAAPA 'IXipa 

XPHSTH Xpr^dT/i 

22. — Plaque longue, brisée en haut et à droite. 



AinOAIÛlTlMHNnATPI. . . klr^okltù v,^t^ r.diçi. .. 

2ÛNIÛNinnHïAIKAI02 awvtwv feiry) Wwtwç. 

AHMÛIENIKPHTH2 Kï . . . li^^iù h\ Kp^tr.ç, xu. . . 



VARNA 



23. — L'inscription suivante a été trouvée à Varna, 
entre Thôpital et le port, sur remplacement de Tan- 
cienne chapelle saint Démétrios. Comme nous n'avons 
pas vu nous-môme le texte épigraphique, nous donne- 
rons seulement la transcription. C'est une liste de 
prêtres ou d'initiés. 

'AYaÔTii Tuxr^t otSe îépiQVTat 
Twi Oeût ii-sw TfiV xàôoSov . 

*flYé[JI.<i)V SuxïTpaTOu 
Nou|xil)vtoç "EXXiQvoç 
o K^T^iç Aspvat'ou 

MrjTp6S(*)ppç MT)TpoBa)pou 
Â7:aTo6ptoç 'AiraToupCou 
*E(JT(atoç pou 

XfJLUVTWp ''EXXiQVOÇ 

10 X'KàWat; 'ExaTaCou 

"EXXtjv Nou|i.vjvtou 
IIap(Uv(ov 'ApTSfJLiScbpoi^ * 



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INSCRIPTIONS GRECQUES INÉDITES. 239 

\i:6XKoL(; *A:roXX(i)viô'j 
15 'A[i6vt(»)p 'A'.avTtôou 

AiavTtSYjç À7cé[jLa 

T£i[xoy.paTr,ç 'Exiiiévouç 

IIap[ji£vCu)v nap[Aevt(i>voç 
20 nofffôYjoç 'A^ofjLa 

'ApTsjAKwpoç 'AzoXXo8(î)pou 

NouiJi.i^vioç 'A^oXXwviou 

X(JxXY)i:ti8t)ç 'ApTEjAiSibpou 

ÂxoXXwvioç npoi;.a6iwvoç 
25 MipKo; 'AvTa)viO(; 'A67)varoç 

Aiovudto; Zwirupiwvoç 

'Api(jTeKr|Ç AicJXpÉœvoç 

Ztjviç 'AfaOif)vopûç 

'AYûtBi^vwp Zf,vi[oç 
30 IIapiiiv(i)v ZioiXcu 

MtjTp^Bwpoç Kovwvo^, 

\pT£ii.K(*)pO(; Nou|j.ir)v(ou 

"EXXrjv 'Ei:i[jLévouç 

ËÔ7t6Xe|jLOç 'ATxéw 
93 II6tfff£iç Sév(i)vo; 

^ApteiACSojpo; *EŒTiaiou, 

noatoa)Vioç Ncu[jt.ir]vbu 

^HçâtdTiwv A'.ovuciou 

'ApiffT6xXt)ç ZVjvi[64 
40 ^tXsivoç 'AXeÇiiJi.axou 

npopiaôCcov 'Ai:oXX(*)v{ou 

AtovOffioç *EKaToâoi)pou 

'Hp^Tipioç 'Ava^-^vepoç 

II6<Tffctç AtôYÊVouç 
45 NoUjXTljVtOÇ 'IxicoiAéScvTOç 

Atcvùatoç n6a(7sioç, 
• Atovùffioç 'A7:aTOup(ou 

Moa^tcov Z(oiXou. 



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240 PAUL MONCEAUX. 

Plusieurs de ces noms sont d'origine Ihrace et figu- 
rent déjà dans la liste qu'Albert Dumont (Voyage en 
Thrace) a donnée des noms propres de ce pays. 



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CATALOCwIJE 



DE 



MANUSCRITS GRECS COPIÉS A PARIS 

AU XVI' SIÈCLE 



PAR 



CONSTANTIN PALiîSOCAPPA 
PUBLIÉ PAR M. Henri Omont 



On sait fort peu de chose de la vie de Gonstanlin 
PalfBOcappa, et encore les quelques renseignements 
que Ton a sur lui sont-ils souvent contradictoires. 

Il écrit son nom KwvaTovTÏvoç IlaXaiâxanca (1), ou Ila- 
Xaidxawîoç (2), en latin Constantinm Palœocappa (3), et 
est originaire de la ville de La Canée (Cydonia) (4), 

(1) Ms. Suppl. gr. 143. 

(2) British Muséum, ms. Old. Royal, 16. C. VI. — Cf. la préface du 
Triodion de 1551, réimpr. par Ë. Leg^and, Bibliographie helléni- 
que, 1885, t. II, p. 162. 

(3) Mss. grec 1057; Suppl. gr. 143, 303; Imprimés, réserve, ^E. 3; 
Bibl. Sainte-Geneviève, ms. A» 2 bis, in-fol. ; Reims, ms. Ë. 291/252. 

(4) Ms. Suppl. gr. 143. 

ANNUAIRE \^m. 16 



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242 HENPJ OMONT. 

dans nie do Crète. Georges Palœocappa, dont parle 
Papadopoli, dans son Historia gymnasit Patavini (Ve- 
nise, 1726, in-fol., t. I, p. 39), est peut-être son frère : 
c( Georgius Palaeocappa, illustrissimo ac dilissimo ge- 
« nere natus CydonisB in Creta, jurisconsultorum rector 
« in hoc nostro Lycœo fuit anno MDXLIV. Duos ex 
« fratre nepotes habuit ipse cselebs, alterum Constan- 
« tinum, qui artium rector Patavii 'decessit anno 
(( MDLXXIV...., alterum Jacobum, artibvs itidem 
« prœfectum gymnasticis anno MDLXXV... » Georges 
retourna plus tard en Crète, se fit moine, en prenant 
le nom de Gérasime, devint évêque de Cissamo et 
mourut en 1590. 

Si Ton en doit croire les souscriptions de plusieurs 
manuscrits copiés de sa main, Constantin Paleeocappa 
aurait, avant son frère, embrassé la vie religieuse et 
pris le nom de Pachome (1). Il est dans la Lavra de 
Saint-Âthanase, au Mont Athos, en 4539 et 1541, et 
cette même année il copie un manuscrit dans le mo- 
nastère de Coutloumousi [%. 

Arrivé peu après en Occident, il s'attache à l'arche- 
vêque de Reims, Charles de Lorraine, cardinal de Guise, 
plus connu sous le nom de cardinal de Lorraine (1538- 
1574), qui le ramena sans doute d'Italie (3). Palseocappa 



(1) Ms. grec 887 : Ilax'^/Atoi p.ù)/xxoi «vriÀïjs rns HtMiiiUi Aaû|5«i 
/*ovî;<x af A^. — Grec 458, même souscription datée de ,KfffitC, — Gréé 
461, même souscpiption, 1» date parait avoir disparu, lors de la H- 
liure du ms. 

(2) Moscou, bibliothèque du S. Synode, ms. 367 [380], cité dans le 
Catalogue de Matlhsei, p. 241. 

(3) Dans une Notice sur le texte du sacre (évangéliaire slave dé 
Reims), par J. L. C. Jastrzebski. insérée dans le Journal général de 
VliistrucUon publique des 4 et 7 septembre 1839, se trouve uiic 
note sur Palœocappa, dont on me permettra de citer réxlràit sui- 
vant : « ... J'ai trouvé dans l'inventaire (fait en 1669) des objets, 
conservés jadis au trésor de la cathédrale de Reims, l'indication d'une 
tablette provenant aussi de Paléocappas, ainsi décrite : « Item une 
« tablette, en deux, fort antique, dont les personnages sont faitz du 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL^OCAPPA. 243 

lui dédie plusieurs manuscrits (1), ainsi qu*à Henri II (2). 
Accueilli à la cour du roi de France, on le trouve em- 
ployé à la bibliothèque de Fontainebleau, sous les 
ordres d*Ange Vergèce, à la rédaction du catalogue des 
manuscrits grecs de Henri IL On a encore cinq exem- 
plaires du catalogue de la bibliothèque de Fontaine* 
bleau copiés de sa main (3), parmi lesquels l'exem- 
plaire original, formé de petits feuillets découpés, 
classés alphabétiquement et collés sur un registre (4). 
C'est aujourd'hui le ms. 10 du Supplément grec, qui, 
comme le rouleau original du catalogue de la librairie 
de Charles V, a jadis fait partie du cabinet d'Etienne 
Baluze. 

Nombre de manuscrits grecs de l'ancienne biblio- 
thèque de Fontainebleau portent aussi des notices de 



« boys de la vray Croix et de la crèche de Notre Seigneur; d'un costé 
c est représenté Notre Seigneur et les pèlerins d'Emaus, et de Tautre 
< une vierge, tenant le petit Jésus ; ladite tablette est dans une custode 
€ d'argent doré, à laquelle est aussy une chesne d'ax^ent, trois marcs, 
« le tout pesant cinq marcs, une once et demi. Du don de Mgr Charles, 
« cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, faict la veille de Pas- 
« ques, 1574. Elle provient du Trésor de Constantinople, suivant Tin- 
te dication grecque, qui est gravée sur une lame d'argent, traduite en 
« latin, portant ces mots : Michael Paleocapptu regiam hanc sanc- 
« tmn Iconempoêt tofpugnationenx sub Martha monachus et ancilla 
<ii Begina Oësumens nudam ob metum Turcarwn sicpro sua faciiî- 
« tau concinnavit. Avec les armes de Mgr le cardinal de Lorraine 
« d'un oosté et une piramide entourée de lierre de l'autre avec cette 
« devise : Te siante virebo, » 

(I)M8e. grecs 1057, 1058; Suppl. gr. 143, 803; Sainte-Geneviàve, 
Âo 2 bis, in-fol. ; Reims, E, 291/252. 

(2) Ms. Suppl. grec 1 ; Imprimés, réserve, *£, 3. ^ Je laisse de côté 
le r61e littéraire de Palseocappa qui peut donner lieu à quelques pi- 
quantes remarques, mais qu'il serait trop long d'exposer présente- 
ment. 

(3)Mss,'gree 3066; Suppl. gr. 10, 298; Leyde, Voss. gr. in*fol. 
47 ; et Venise, Nani 245. Cf. sur ce dernier ms. la Bibliothèque de 
r Ecole des Chartes, 1886, t. XLVII. p. 20U207. 

(4) Ce dernier catalogue contient aussi un certain nombre de notices 
de la main d'Ange Vergèce. 



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244 HENRI OMONT. 

sa main, quelques-unes corrigées ou complélées par 
Vergèce (1). 

Il ne faut pas mettre le cardinal de Granvelle au 
nombre des protecteurs de Palœocappa, bien qae deux 
manuscrits grecs copiés par lui (2) portent les armes 
et le nom du célèbre cardinal. Ces deux volumes étaient 
déjà passés par les mains d*un intermédiaire quand ils 
reçurent les armes du cardinal et entrèrent dans sa bi- 
bliothèque. 

La plupart des manuscrits copiés par Palœocappa 
sont aujourd'hui à Paris (3), et beaucoup ont dû y être 
transcrits par lui. Nous avons au reste son témoi- 
gnage formel. Le manuscrit Old Royal 16. G. VI du 
British Muséum (4) contient la description détaillée, 
de la main de Palseocappa, de vingt-six manuscrits, 
qu'il dit avoir copiés à Paris : TaOTa Kwvtnavrîvoç Ha- 
XaiéxawTûoç 6 KuSwviixYjç fé^P^Ç^^ ^^ AsuxsT^a tûv IlapiffCuiv. 
C'est ce catalogue que nous publions. On nous per- 
mettra d'y joindre, en appendice, le texte de quelques 
dédicaces, mises par Palœocappa en tête de différents 
volumes, offerts par lui au roi, ou à son protecteur, le 
cardinal de Lorraine. 



(1) Voyez par exemple les mss. grecs 534, 570, 750, 863, etc. 

(2) Leyde, Voss. gr. in-fol. 45; Brit. Mus. Additional ms. 23895. 
(S) Paris, mss. grecs 436, 458, 460 (fol. 125 et sa.), 461, 887, 944, 

1057, 1(^8, 1187, 1728, 17fô, 1870, 1948, 1961, 2014, 2044, 2177 (fol. 1 1*, 
121-136), 2220 (fol. 1-41), 2221 (fol. 92-107), 2339, (fol. 57-284), 2349, 
2351. 2375, 2467, 2542, 2555, 2565, 2731 (fol. 1-98), 2929, 2968, 3037, 
3066; Supplément grec 1, 10 (en partie), 36, 38 (fol, 34 vo-138 v«), 55, 
143, 160, 298, 303 ; Imprimés, réserve, *E, 3 ; Bibliothèque Sainte- 
Geneviève, A® 2 ôij, in-fol. 

(4) Cesi un petit volume, de format in-S», mesurant 185 sur 115 mil- 
limètres, aujourd'hui relié à la suite du ms. 16. C. V ; les feniUets sont 
numérotés de première main de a' à /'. — Une copie de ce catalogue, 
faite par ou pour John Dee, se trouve dans le ms. Harley 1879, fol. 11-18. 



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MANUSCRITS GRECS DE PALyEOCAPPA. 245 



FAC-SIMILÉ 



DE 



L'ÉCRITURE DE CONSTANTIN PALiEOCAPPA 

(Ms. grec 1058, fol. 77.) 






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240 HENRI OMONT. 



KATAAOrOL TÛN BIBAIÛN. 



B'.5>x(ov 6''-^ 

c£(i); MaÇ![ACu toO llXavoûScu. 

Bi6>v(cv Y'-', 

6îc:o5iGu TpiiroXiTOu cçaipixôv P»6X(a Y'* 

Bi6Xtov e^'^ 

ïlcpouptcu SIC ty;v ii:oT£X£ci;.aTtxt;v tôîJ IItoX5[jt.a(ou. Ilspt 
oùpav((i)v otaôcjAaTWV* ZwpoacTpou -^rspi Tijç tou xuvbç èmTO- 
Xy); xal Tii; 7:poY^;tî)7SU)ç. 

Bi6Xtevç«^. 

'Iwivvou YpajxiAaxixou 'AXeÇavSpéwç ^spl xaTa^xsuTS-S **' 
Xp-^aewç àaxpoXiôou. NtxYi^épou Fptjfopa tou çiXoaéçou wspl 
xaTacxei3Y)ç xat fsvéaewç Toy àorpoXiôou. 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL.EOCAPPA. 247 

Bl6X(0V Ç*»* 

BiîXbvifi'^ 

BapXaà(i. IIuBaYcpeCou XoYiVTixtjç à'Koi&i^tiAç ^i6X(a §§. 
EiffOYcofi) m)yTeT(jLir)iJLéva>ç ixTeSsîoa xal 8t' iXi^o^poif («< eSci- 
Youoa xat 69riYouaa tov ^ouX6(4«vov elç icioav oxeSôv t)}v tyjç 
di9Tpovo(A(aç UTuéOeffiv nocl «utt)^ Sa (Ainpbv tî}< i^xpcXo^CoK; 
Ârropiivi]» 4>affl Sa sTvdu Suveoiou Kupv)Va(ou nToXe(j.a{$0(;. 
'Ûpo3i6xXia èx ttJç tou ^ÂptJTapxou (iaOrjiAATixtJc nai aa^jveta 
Tûv t6' C()>S((i)v xai licxà '^{Aspcov tî^ç IxtiSoç^ Sv)Xovoti 6 SsTva 
|AT)v T(|^ 3$îvi dv(ixeiTa( ((i>§(()>, xal "Sj BeTva "^[iipa T<j^ Bsiv( TuXavfjXT]. 

Bi6X(6v ¥\ 

'Icttiwou t«u neS(a9([MU l^fyfqQX^ |ieptH')| e^ç t& tou KXsoijlV 
8ouç 9d(fi2ve(ftç §fé(Aeva(* 

BiCXfov t«». 

Bt6X{ov ta«^ 

Supton^ot» TOU OiXoÇévou irepl tcov èv T({> SeuTépco tî^ç [i£Tà Ta 
çuGtxà 'ApwTOTéXouç -ïcpoYiJLaTsCaç Xofixôç i^icopY)[iiva)v xat 
SiaCxiQç ij^^Kopivcoy. Tou aÙTOu elç Ta wepl icpovoCaç T(va cuvts- 
XouvTa. 

Bt6X(ov t8o^ 
6co)(l»pou MeTOXiTou ei^ Ta ixTcb tt)i; toî/ 'ÂptaTOTéXou^ çu* 



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218. HENRI OMONT. 

iv & TauTa xà vji^akaia ^epiéx^xai. 

Ne(i.e9{ou i:ept çuaecoç div6p(jt)irou. 

IIcpi ^ux^jÇ. Uept éva>9Sb)ç «J'UX^ç xat ràjjLaTOÇ. Ilcpt 
9cli){jLaT0ç. Ilepl CTOixsÉcov. Ilept çaviaoraou. Dept 
Sd/£(i)ç. Ilepi à<^f^ç, Ilept ys^^s<*>Ç* Hepi âxoy^ç. Ilepi 
ivfpifjaeu)^. Ilept 'icD ^totvoiQTtxcu. Ilept tou pYjfjLOveu- 
Ttxou, lîept Tou âvBtaOéToo^ xaC wpo^optxou Xo^ou. Ilept 
TÛv (upoiv tfjÇ «l^ux^ç» Ilept toO àWf ou tyjÇ «l'ux^ç pipoyç, 
îi et8ouç, îcaOr^Ttxbv xat Opeicttxbv xaXetTai. Ilepi è:?.- 
6u(jir^TtxoO. Ilept •JiîovTJç. Ilept X6r»îç. Ilepl Ouijloû. 
Ilept 9663U. Ilept àXé^ou xat tou xaTY)x6ou Xé^w. Dept 
TOU BpexTtxou. Ilept a(fU7(JM5v. Ilepi to5 -^^rrri^ziM^,^ 
97cep|JiaTtxou. 'ËTépa StaCpeatç tûv ototxou(T(&v 2uvi{i£ii>y 
TO Çôov. Ilept Ttjç xaô* oppitîv, îj xaxà irpoaCpefftv xtvi^(7so)ç, 
fjTiç èffTt TOU èpexTtxou. Ilept àvaicvoijç. Ilept dcxouffiou 
xat 2xoua(ou. Ilepl dncouaCou. Qepl tou 3c' â^voiov àxcu- 
atou. Ilept éxoufftou tou 8t' à^votav xat tou xaTa Piav 
ExouaCou. Ilepl xpoatpé(7e(<)(;. Ilepl t(v(i>v ^ouXe^luOa. 
Ilepl et(Jiap(iiyY]ç. Ilepl Tijç iC à^rpcov ei(Jbap{ju£vv2ç. Dept 
Ttov XeY^Twv Tijv [lèv aTpectv twv TcpoxTcov eïvat èç' tj[i.rv, 
t};v Sa dlic66aatv tûv aCpeSévTcov èxl e{iJLap|jiivY)v. Ilepl 
et(i.apiiivY)ç nXâCTa>voç. Ilepl auTeÇouriou, i^TOt 5ti èorl 
Ttvà eç' -JijJitv. Ilepl tou Tiva Ta èç' -^ijlîv. Atà î»(av 
akCav auTeÇouatot fê^évaiuv. Ilepl xpovo(aç. 

Bi6Xtov (è^^. 

MtxatjX TOU WeXXou e?; tyîv tou IIXiTcovoç ^uxoyovCav. Tou 
aÔTOu 7:spl èvepYeCaç BatiJi^vwv. AiXiavou icepl OTpaTirftxwv 
&voiii^T(i>v Te xal TûtÇewv. FevvaîCou 7:aTptipxou KovoTovTtvou- 
^XecDç TOU ZxoXapCou iTcoXo^ia xpbç Tbv 'AjxiQpàv MexpiTiQV 
Tov 'ÂpLOupiTeu) èpwTTljaavTa wepl tyj; tôv XptaTtavâv OYfaç 
doTew;. 



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MANUSCRITS GRECS DE PALiEOCAPPA. 249 

Bt6X(ôv i£ov, 

sv ^) xs9aXata)3(oç Tauta iwepiXa[jt.$aveTat. 

MsXeTiou Trepi 967eu>ç ÂvOpb>zcu. 

T( 6GTtv àv6poi)::oç. H^Oev avOptdiuoç. Il^jai ivoii.ac(at 
'ri5; iii^j-rpoç. n66sv Tpéçexat fb 2ii.6puov xai iî66sv diva- 
wvet. nûç xstxat to l[jtipuov èv ty) [i.Y;Tpcf. Tt èaxi ^âXa. 
nepi tpoxtSç. Iléôev SpeÇiç . Ti èoriv opsÇi^. IIôç YtvsTai 
^oXia. T(ç ^ xpe(a xôv laxpôv. ÏI6(jat BuvàiJbetç èvepf ou- 
cnv èv tJiJLÏv. T( èfftt vouç. T( ècxi çavTaafa. T( èaxi Std- 
vota. T( ècrci Xo-ftapiéç. IléOsv voî3ç. Ilspt toD ÇwTtxou 
?cvs6{jLaT0ç. n^Sev 6p[jt.(ovTac aE ^uatxai §uvd([uiç. flepl 
ToO XYJç 4'"X'5Ç Tptii^epouç. T( èdTt 6u(Ji6(;. T( è<iTi Xo^w- 
(a5ç. TCveç Âpexal tou Ou[i.ixou, xat xCveç xaxCai, 6[jlo£(i>; 
xat TÛv 6Tépu>v Buva^jiecov, tou ts èxtOupirjTixou xal toO 
XoYt^i>wu. nica €i8ir) ttjç aoçCaç. T( èaft coçfa. T{ 
âcTt acdçpoaûvY). Ilepl tou XoYtaiJiou. Uoîat eJat t^u/ixai 
ifjSoval, xat ^otat oa>(i.aTtxa{. Dotât elaiv Avay^aiat, xat 
;:otat çOoet oôx àva-ptatat Se, xat icotai oîSte çuaixat oî5t6 
àvoYxatat. T( èort (a^h*^. T( èaxtv àv(£[jt.vY2at<;. TC 
èoTt Xi^Bt). Ilepl Tûv fevtxôv àpeTÛv vfiç <^uxy)ç. T£ 
èffTtv l6oç. Tt Xé^stat oxeXex^ç, YOjjiçwfftç, paçi^. 
néOev uiii.'^v. Ilepl ^e6(jLOvoç. Ilâiç -/(veiat Tcé^'tç. Ilepi 
Ttjç Tpaxe(a<; àptiQpCaç, xat tou olaoçayou. "Out 6 ozXyjv 
fOffei «l'oxpiç èffTt. Tb èicticXov. IIôç fCveTat to oupov. 
Ilepl axu6iX(i>v. Ilepl èxxpCoeox;. IIûç TpéçeTat 6 è-p^- 
çaXoç. T(ç «î) XP^t* '^^^ 6:wou. IléOev Siwoç. Tt èoTtv 
Ciwoç. nûç f (veTat •?) X^^l^'î* Dôca 8ùvaTat 8pav 6 utuvoç. 
n60ev XuicTQ. T( èjTt Saxpuov. Ilepl X^P^C* D^t* ^Eai 
Ta ipoiopiépt]. Tt èdTtv OfeCa. 'H xaTaoxeut) tou iv6p(li>- 
1WU. II66ev i^éXiQ xal jJiipY). Iléôev xeçaXi^. n60ev è^xé- 
çaXoç. n^Oev piùÇa. II^Bev ^•fyti'^t^, IléOev jjiéTWxov. 
II68ev Ppé^pLa. IloOev xopuçi^. Il^Oev îviov. II60ev tve;. 
Ilepl TOU 3ixTua)Souç icXéYJwttoç. Ot ji-ùeç T(va yjptla.'^ 
lyouçi xal T(va IvepfeCav. IIoTaicoC etctv oi jAueç t^ ouata. 



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fôO HENRI OMONT. 

AiaTi y; YZoaXri èail açatposiîfiÇ. JléOev Ytvu)axo|jL£v tîjv 
xaT* îSiOTwaOeCav i^pOaXiJLtav. Depi twv içOaXjjLÛv. "Ort 
'jToXuçwT^TaToç èffxt Tou (iiXavoç èçôfltXjJLoO 6 fXouxéç. IIo- 
0£v pXéffltpov. n^Oev èfpOeç. Iléaot jjlûsç sîdv ot xa- 
vouvTeç Toùç ifSaXiJLCuç. AtaxC XéYexai pi^ xal (JLUXTTÎpeç. 
Ilept Tîjç f ivbç êoTi Yàp xaiAxuXtj. lîéBev Giaf^veç. DéOsv 
Yévctovi Iloôev wxa. Ilept tûv -^viOcov. Hepl toO x^f" 
Xou$. Depi TY]C Y^^^'^C* n^P^ '^^ ixi-^XcorciSoç. IIok 
èvo[jidL![ovTa( ol iSovTsç* IliOev Y^1f<34)e(bv. Qota eldi 
f fa>VT)Ttxà BpYAVft, xal icoTa SiaXexTtKà. Tlq ^ Xps(A 'cou 
YopY^tpsCdvo^, xotl T^ç -^ ivepYsia* IIôç ^{vsTai ^ df u>v(a, 
XAi il xaxo^y(c. Ilepl 'C^ç àvaicvof)ç. TC hxx Sto^poqfiJux. 
Ilepl TOU (TCfjOouç, T( èoTi OdîtpaÇ. Depl toû Tpa^'^^^u* 
Ilepi TÛV (UTAf pivfov. Ati ti Xé^eTSt v£5toç. Ilévat elotv 
«{ lïXcupaf. Ocpl TOU u?eel^b)x6T0ç. II60ev ipXeupaC HEx 
9cicra>v ou^xeiToit 6 icve6|iiO)v» IléOev Tpé^sTai 6 icveupMOV. 
n^Oev Tpéf ovrai Ta veupa. Qep\ vt^q xopStaç. Ilepl tou 
èpoiTtxou i:6vôu. Ilepl tou Ou^aou. Ilepl icepiva(ou. Ilspt 
vitXiYX^cdv. AiaT( Xé^exat aTÔfAO^o;. Ilâ^ (MTaXa[Jk6ivsi 
ii Y*^iP ^^^ '^^^ aT0[jt.ix^u t})v Tpe^^v. fliOev ipTOç. 
Ilepl TOU fjicdTOÇ* IIMev "liTCApé Ilepl TOti oicXT2vdç. Ilepl 
ty)ç xoiXCoç. KaTà ic6a(x< «ItCaç icepiXa[i.6ivetflU 4^ tpof v] 
iv Ti)^ tft&fMiTt. Hou xetvTai ot Té(T(rApe^ X^P^i* "^f ^^^^ 
iviXP<lA4'(C )^l àit^XP^l^^K* Dou xstTat 6 o((TOfi-]foç. 
TaÇiç TÛV ivTépcov. Hepl tou tvçXoG. IléOev Cfi'pi'Ci^p- 
II6aat i;é^etç« IléOev IvTepa. IIoTov Xifttai xéve6v. 
Ai«t( XéyeTat fjST). IléOev ^Tpov. IliOev XdCYcîiv. Hepl 
to5 oupeu« néBev ^uétbv. OipiQTixà ip^ova. D^Bev 
iufuç. n^Oev loxlov. ""Oti i\ fôpot xal totxTÙXtoç XiyeTat. 
n60ev ic^oOt;* Ta fficep(MtTtxà à*]fY&t«- nûç y^^^'^^^ "4 
auvou9(a. Ilepl t9)ç [Ai^TpAç* Hepl tûv x^ip<J^v. 'Oti xal 
TÛV ToO vôbç ivêpY6»wv al X^ip^C àiroTeXeorixaCé IlotovXé- 
YeTai inJxoç )(ttl ^oTov Xé^eTAt xepxtç. IliOev SixTuXoi 
xal icâq èvoiAaÇôVTau ÏIoTov Xé^eTat itaXatoTi^. Hepl tîJç 
xot6Xy)ç. IliOev àYX(i)V. IléSev SvuÇ. AiatC XéYeTat 
teÇià xal ipiciTepà. Ilepl icoS6^. AiatC kotuXt]* Hepl 
tfxéXouç* nûç ouvloTaTat '^ xi[ÂeXilit Hepl 9TOtXe(cov« 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL^OCAPPA. 251 

Bl6X(ov iç»». 

'Pouçcu 'EfCfficu ^epi ivoiJuxaCaç tûv tou àvOpdbxou (JLopicov 
^i6X(a Tp(a. MtxatjX tou WeXXou xept SiaCrïjç. 'EiricrroXY) 
Aïo^Xéou; upcç flToXe(i.arov tttpX iyuirqq oi%lvtiq> 'ÂpiTOu 
icpOY^cdffTixà x^ipt'Spivou diépof xai in 7;o{(«>v TSX(AY)p{(i)v oj^pouç 
)rpT] icpGaBcx^v. 

BtxXfov iÇo*, 
TiSe i:£piixov. 

PiSXfôv a^>. 

ïlspt tctivou. Ilepl auvi-^tjç. Ilèpl tûv xatà tyjv 
xtov(8« icaOwv. Ilepl xôv xatà Ta ;cap((»6[i.ta èXxôv. IIcpl 
itXsupiTiSo;» ^ApêtaCou Kainca86xou x£p\ ôcttfwv xat (hq- 
l«((i)v èÇécDv iraOGiv *Pi6X(ôv 6«^» 

xwicfiç. Ilept xdt'jdwvoç. lïept x^Xépa?. Il6p\ £?Xeou. 
Ilspt Twv xaxà To -^Trap èÇétov icaôûv. Ilepl T^jç xatà t^v 
xoCXtjv çXé6a èÇeCvjç v5arou. Ilspt tûv xatà tob^ vsçpoùç 
èÇéwv xiO(i)v. Ilepl twv xaxà t))v xuïtiv i^é(i)V icdtOwv. 
Ilepl uaTeptK.'îîç -rcvtf ^ç. Ilepl «laTupiidewç. 

'ApsTaiou KaT^caSéxou iiepl ahîwv xal or^iJLeCwv xpo^f^v 

Ilepl xpovUdv i:a6wv. Ilepl xeçaXattjç. Ilepl cxoT(i)[ji.a- 
Tixôv. Ilepl èictXiQtJ^iriÇ. Ilepl [jLsXafX^XCtjç. Ilepl jJLa- 
vItjç* Ilepl xapaXOâetix;. Ilepl çBCtjtoç. Ilepl èjJL'Kuïxôv. 
Ilepl weujJLOvixôv. Ilepl tôv xa-rà tbv Tweûjxova ditocrra- 
cewv. Ilepl «aO^AfliTOç. Ilepl icveuii.wîtov. Ilepl •^taxoç. 
Ilepl (ncXtjvbç. Ilepl fx-répou. Ilepl xaxeÇîtjç. 

'Apexatou Kaicxoîixou xp^vtwv icaOwv crY)[i^i(i)Tixbv ^i- 
6X(ov 6^'^. 

Ilepl 08pti)xoç. Ilepl BiaC-^TOU. ïlepl tÔv xatà toùç 
vlçpou<; xa6wv. Ilepl tcov èv xOorei. Ilepl fovof jJo(«^. 



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252 HENRI OMONT. 

Flept G^o[iAyjLyt.û}V' Ilepi KOtXitj; BiaOéaioç. Ilepi xcoXixûv. 
Ilspt 8u(JsvTep(r<ç. Ilspt XfitevTepfYjç. ïlepi u<r:eptx£^v. 
Ilepi àpOptTiîoç. Hept èXeq^oVTtdssioç. 

*Apêta(cu KaTCXoBéxou èÇéwv voOçwv OèpaxeuTixcv ^i- 
6X(ov ao'-'. 

Bepaxcia çpevT/Ttxwv. 6spa7:eCa Xr|6apYixûv, Ospa- 
'jrsCa [i.apaa(i.0J. Bepazsfa dc^oxXYi^ia;. Bspa'ireCa ':7apo- 
Çu(j[jLOu èi:tXr^i:Tiy.(i)v. 6epai:e{a TCTavcu. 6£pa7:sta cu- 
va'yxTjÇ . 6epa7:eCa tôv xa-cà tyîv xiGviSa waOûv . BsparsCa 
Twv xatà Tbv çipu-ffa Xot(Atxu)v ^raOûv. 6spaxe(s irXeu- 

pjTtSoÇ. 

^ApsTa(Gu KaxzaBéxou iÇé(i)v vo69(ov Oepa^suTixbv 3(* 
6Xtov P«'^ 

Ospaicsta ^sujxov^tjç. B&paireia aT[i.aTOç ivaYWvfi^. 
0£paTC(a xapS(ax(ov. BspaTisCa xoXépriÇ. BepaTreCa 
eîXeou. Bspa^sCa twv xaxà to -^xap èÇéwv ':;a6(&v. 9s- 
pa'ïceCa v(i)Tia(a; 9Xe6bç xai àpTiQpCaç iÇeCvjç véaou. 6epa-* 
TusÉa TTJç xatà toùç vfiçpobç èÇeCiQÇ v6ffou. Bepaxeia tôv 
xaT» Ttjv xuoTtv èÇéwv xi6b)v. 6epaxe(a u jteptXYJç i^èv^ôç. 
QipoLTzelcL 9atupiaas(i)ç. 

'ApetaCou KaTCwaBdxou xpovtwv voucwv 6epazeuTtxuv ^i- 
6X(ov a®>. 

6epaxe{a Tf|Ç xsçaXaCtjç. 6cpare(a oxOTWjjiaTtxûv. 
6epaxe(a è-reiXrjtl^Cr^ç. 6spaic£ta ii,£Xa-YX,oX{y)ç. BspaicsCa 
g7:Xyjv6ç. 6£pa7C£ta èXésavroç. 

BlSXtCV tTjOv. 

Ilfipl oupwv d^rb ©wvîiç 0£Oç{Xou. Stfiçavou pLa^vou x£pt ou- 
pwv. 6£Oç(Xou zfipi cçuYlxûv. Mix**»!^ 'c^u WsXXou o6vp4^iç 
X£pi laTpixiJç x£pi£X0UGa Taç t£ at-cCaç xai aY;^ib>a£tç tûv xa- 
OTjixatcdv GuvoxTixwç, xpôç KwvatavTtvov panXia tcv Dop^upo- 

Bi6X(ov tOw. 

'ûptfivouç X£pi èpOrî; xCctswç. 0£Of (Xop xspt tyj; tûv Xpt- 
GTtovûv x(gt£(i)ç, xpcç AuTiXuxov *'EXXY;va. 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL^OCAPPA. 253 

Bi6X(gv x®-', 

'ûptYévouç (piXoxaXia. 

àvaYvcoaxéov %cà voYjxéov, tiç te ô Tîjç èv aù-rtj àffa<pe(aç 
Xo^oç, Kai Tou xatà to fyjtbv h ticiv dSuvaTou il^ iXé^ou. 
"Oti xéxXeiGTat xai èjçpaYtarai -f) ôe(a fP^fi^- At*T^ >t^' 
xà Beéiuveucta ^iSXCa. Oept aoXoixia)tôi3 xal eÙTsXoO^ 
f paae(i)ç tyjç yP«<P^<;« T(ç tj icoXuXo-^ £a, >cat T(va ta w6XXa 
Pt6Xta, xat 5Tt icàaa ^ ôeéiuveuaTOç fP^*?^ ^^ Pt6X{ov I(jt£v. 
^Oti âv op^avov 0€ou téXeiov xat •fjpii.oaiiivov if) Oeta Yp«?^« 
Ilepi Tou !St(i){AaTOç tôv icporàzcov xfjÇ OsCaç YP^?^^* ^^P^ 
Tou ii.Y;Sàv Ta aoXotxostST], xai (i£V 9<î)Çovt<x t^v xaxà tb 
fïlTbv àxoXouôiav, pYj^à tî]? yP^^^Ç» èxi^eipsiv StopOoucjôai, 
^oXù totç Guvtévai SuvapLévoiç tb ty^ç SiavoCoç dbc6Xou6ov 
9(S>Çov':a. Ttç 6 X^^oç tou t})v ôeCav yp*F*îv xatà Siûtçopa 
aY)[jLatvéii£va tû aÙTÛ èv6[i.aTi xe^pYj^ôat icoXXixiç, xal èv 
T(^ a&TÛ Tdi;(^. Ilepl tôv ev 'ct) ôs(a YP*?îi Sotouvtwv 
Ixetv t{ XCÔou 'Kpootiii.ii.aTOç, yJ luéxpav cxavSiXou. *Ott 
Xp*^ 7:0013? Ttjç BeoTwsùatou YP*?^? '^^ Tpéçtjwv Stdixsiv, xat 
xà &zb xwv a{p£Tix(5v TopacoéiJteva f Y)Tà 8ucjçif)iJL0tç lie' iico- 
pi^oeat (JL^ 2icoTpéicecj6at, pii^Ss uicepY}çavetv, àXXa xat oùtôv 
(jLetaXaiJL6ivsiv ty^Ç âv àxwrCa Tapa/Yiç èxxéç. IIpôç tb [i.i) 
èxxaxetv èv t^ ÂvoYVcbcsi vqq ôs(aç YP*9^^ '^^^ H-^ ouviévca 
To GXOTetvbv Twv èv aÔTYj afviYiJLaTwv xai xapafioXwv. IléTS 
xal TfcJi ta ài:o otXoaoçCa? [AaSif^pi^Ta xp'^^iHi'Oi sfç 'riîv twv 
fepwv Ypa?<»>v 8ti^Y^j(jiv, jxsTà YpoçixfjÇ [jLapTuptaç. "Oti 
Toîç ôéXouai ii.r) açiXXeoOai î:ept tyjv àXifjôetav èv t$ vosTv 
tàç ôe(aç YP*?*<î àvaY^aUxaTOV ècjTt ta àpjjLiÇovta sîç -rfiv 
XpYîffiv eiSévai XoYtxà [jiaO-fj[jiaTa f,TOt 7:poxai8e6|ji.ata, Sv 
àvsu àxp(6siav oY)|iAtvoiiiv(i)v ou Sùvaxat, ôv Set tpéirov -îra- 
p{Grc(xa6at. Ilpbç toùç 'EXXi^vwv (ptXoaéçouç, tb eûxeXài; 
TYjç Twv ôe(wv Ypoçûv 9paaeb)ç StaoùpovTaç, xat ta èv xpi" 
9TtavtoiJL(^ xaXà ^eXtiov îcap' "EXXYjatv efpYjaOai 9à<ntovtaç, 



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254 HENRI OMONT. 

ô X6")foç Tûv Btaçopwv tou X^you [xopoc^v. Ilepl twv Six- 
6aXX6vT(i)v Tov xpiaTiavt(j[ji.cv Sià tàç èv àxy,>vr|(7{a aîpédsiç- 
npbç Toùç Xé^ovraç tûv çiXocéçwv [j.Y)8èv 8taçép£iv xw^op' 
"EXXtjŒt ospojjlivo) èv6iJLaTt tov eTci T:afft ôîiv >taXsTv 8ià, î^ 
T(i^ Sstva çépe e?T:eïv wap' 'IvBoïç, îi t(J Ssïva î:ap' Atyu- 
irtCotç. Ilpbç Toùç 'EXXf^vwv çtXo^éçôuç irivTa iirarffs^^^o- 
(livou^ efêévai, xal alTi(D{iévouç tb diveÇétacrrov Tf)ç to^ 
iCôXXûv àv xpia'ziœnG[K(ù lûC^tecoç, xal ù>q irpottiJubvTcov ttj^ 
èv ^((1) fOf («ç tijv [iwpCav • xftt 8ti ©ûSelç oo^bç y^ rsTreBeu- 
jiivoç )JL£(jLa0^reuta( ta) 'Ihîtou, àXX' ^ vantai )cal TeX&vai 
icovYjpé'caTOt, i^XiOCouç %cà ivaia6i^touç, dlvSpii?o8i Te %ai 
YÔvâtta xal TcaiBipia Oiciy^vTeç tô xv)p6Y|xaTi. "Ort -^ efç 
Tbv xôpiôv T^jAwv -ïcfaTiç (i.y)8àv xotvbv tyoD^a i:pbç r^ iXo^ov 
Tûv iôvôv 8etot8a((ji.oya ic((niv, iitaivetif) ts èori, xat xaiç 
ipXvjOev xoivaîç èwo(aiç «uvoYope^ct • xai icpbq toùç Xé^ov- 

T«Ç ^ÛÇ ix Ov^TOU 9(i>{XaT0Ç Svta Tbv 'llQ90UV, Bebv VO{a(^(I£V. 

npbç Tobç XéYOVxaç (i.^ dtà xbv dEySpcoicov, àXXà 8tà ix 
Sko^a. Ç(Ja '^^(o^han Tbv ixavxa x6âr(jLOV xal toùç dhr6pd>rou^y 
èwsi d-rcovcînspov ■fjixwv ta âXoY« Çfj • x«t Srt aeçétepa 
•^jAûv SvTa, OsocptXYJ Té èait, xai Svvotav ïxei 6eôS, xal icpo- 
Yiv(&^ee Ta piXXovxa, èv o7ç xdtl xatà iJbST£(j.an)X4i^eb)^, 

Xal TCp\ 0l(i>Vt(JTlXT}Ç, Xatl TtSç XaT* aÔTÎ|V A^dlTT}^. Ilfpl 

«ÔTeÇourioOj xal twv Ôoxoôvtwv Avatpstv toOto yP^?>^^ 
^r^Tô^v X6aiç xflll lp|i.iQV£(<x. Kç -^ tôv èirt y^ç Xoyixûv 
f^TOi iv6ptôii:{va>v tj^ux*^^ Btatnropà èictxexpu{i.(iiv(i)ç 8iQXoii{Aévv3 

ix Tf|Ç olxoSopifiç TOU 'TCÔpYOUf Xfltl TtjÇ XftT* «ôt^jv auYXÛ«<«>Ç 

Twv yXwwôv, èv Ç> xal «epl woXXwv xup((i)v èxiTSTaYl^^wv 
toTç 8iaJxap6Tw xaxà àvaX^YCov ttjç xaTataTitJswç. Ilepi 
etp[i.(Xp(jivi)ç, xai icwç ^pOYvwaTOu ovtoç tou BeotJ tôv 59' 
àxisTOU TupaTTOjiivwv, Tb io «^jjLÎv «oÇsT«t, xatl T(va Tpixov 
ôt àffTipeç oôx e?(Jt icôtTîTtxol tôv èv dvQpcbicoti;, aiQIJLaVTlXCl 
tï jiivôv, xa\ 5Tt âv6pii)iwt tîjv izepi toutwv fvôffiv èinjpi6&^ 
ïy^ew oj 86vavT2t, dXXà 8uvip£« OeCouç Ta or^iuTa èxxstTai, 
xai Ttç •?) TOUTWV atTÎa. 'Ev & xal KXi^(I£vtoç^ èmox^zou 
*P(*)liLr<ç, èv TcJ icpb^ tov iraTépa èv A«o8txe{a Xé^w, dvaY" 
xaiéTorév tt de<i>piQ|Aa, èv of ç Boxsï diXif}Oeôeiy iaTpoXoYta- 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL^EOCAPPA. 255 

Ilept rfiq SXTiÇ Sti eux ivévtjTo;, ouBs xaxûx aîxia. "Oii 
1% vpo^ùi^s^tùç à9Cp'.c[iLc; cix ivaipet tb auTeÇouaicv. Ilepi 
T9U T(va TA ÂY^^<^ ^^'( '^^^^ '^'^ xoxi^ xat 5^1 èv icpoaipéTCK;, 
XATS Ti)v Tâ9 XpifftQu StSaoTcaXCtfv, iW 0'5x u)ç 'Apu^oxé- 
Xtjç oîexat. Eiç xb èdxXifjpuve Kupioç TY)vxapB(av 4>apa(l[). 

Bi5X(ôv xa«>^ 

BaatXetout àpxi&tctoxcicou KoicapeCo^ Kai^waS^Cai; toO Nscu, 

ÇigvoO, Tcpbç «ÔTOXpiTopa Kcov JxavTÏvov tcv ÏIopçupoYévwj'cov. 

Bi6X(ov x6«v. 

6eoB(i)p(T0u ^EXXiQvtxâv ôepaiceuTtxv) xaftiQii.iti^v, {^xot eôaY- 
YsXixîiç iXv)0£(a^ iÇ *EXXir)vixf)^ fiXocrOf ((x<3 itc(YVfa>atç, Xé-foi i6'. 

Bi6X(oy XY^^'-'* 
e?a\v aÎTai 

ÎIpoux4pxoù<itv oôpâivou xa\ f^ç opffsXot, ^ oîiv aitoTç Iy^- 
VèvTO, àXXà çaéi Tive^ Xp^^*^ Xé^ety wpouTripxsiv oôpiivoO 
xâi Y^ç Tsuç àY^féXouç, iYYéXtov y^^P 9A<«v oôx ïvtwv^ ww^ 
è Tôv SXtov 6[i.vcÏT0 6£6ç. E{ îjv -^ Y^^ wôç Iy^veto, XéY£i 
Yàp 6 (yuYïP<î^?6^Ci ^ 8^ "pi ^v» OJx ISiîaÇev •^piàç 6 JAtùTt^i 
5ti xai Ta tiàia è5r|[i.toôpYTîffôv & Os^ç; ITofou tôCvOv (pwTbç 
ajjiôipôç â{çy(B((i)^ 6 èy tt^ %6à\ud téxoç 6&pé6ij, ô^ts to 
oxét©; liuiyti) eiya*. toî3 SBatoç. È? ib <pôç h 6sbç è8r^[jLio6p- 
Yt)<J£, xwç «5x0 xb oxéxoç èicoCr^asy âyàyxCâ Y^p xàDxi 
dXXVjXotç. IIoToy nrysujxa èxsçépsxo èitivw xcu SSaxô;. 
Ttvt XéYst h 6sbç y^^^^^*^** ?^?i y-*^ Y^^^^'ft'^*»* jxcpéwfxa; 
Ataxt xiOctxcy h ouYYpaçs^Ç 'îo eïBev 6 ©sb; îxi xaX^y. Ètç 
èôpaybç ^ 86o 6l(j(y; T{ îi/îicôts piay efcœv x^y xwy 6$axa>v 



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256 HENRI OMONT. 

cuvfltYWYtiv, icoXXàç pteTaxaÛTa ÔyjXoï (JuvTf)x6r| y*P Çtqci to 
DBo)p TO uzckaTfa) TOij oùpavou e{ç Tàç auvûCY<«>YÀç a&TÛv. 
Tt SrjXOTê xàç oô)t è5a)8(pi.ouç ^Tavaç ^XacTf^cat -KpoçéTaÇsv 
6 0e6ç. Tôv çwffTT^pwv 8ifîp.ioupYiQ6évTwv, t( ^é^cvs to 
xpoTspov çûç. T( âoTtv e?; ariitôta xat eiç xatpoùç xa\ etç 
èviauTOÙç xai eJç Y2(iipai;. T( SifiiroTs Ta |ji.kv çuTa Trpb twv 
©tocTilîpwv àicodrjae, Ta 8à Çôa juTa to6touç. T(voç yi^Vi 
Ta 11.6V ouTa oix eùXé^rjCS, toÏç 8s Çwoiç ïç*»;, ouÇavsffOc xai 
wXYjôuveaOe xai Ta eÇfj;. AiaTi Ta BtjpCa xat Ta èprsTà 
î:sxô{Yjîtev ô ôsi;. Tfvt 6 6sbç eipiQxa, 7:ôtif)ffo)[jL£v avôpw^ov 
xaT* eix6va -^HASTépav >tai xa6' 6|w(a)fftv. Ti ècTi to xaT^ 
eixéva. T( BilizoTs 8iaç£p6vT(»)ç tîjv "fiiJLépav Ti^v £68oiJLr|V 
siXéfTJffsv 0s6ç. T{ èffTt, xiq^yî 8* dvéfatvev àxb ty); fîjç 
xat èxoTtÇs xSv Tcpocjwxov vt\(; fîji;. Eî èx tôu ôsiou Iji-çu- 
(rtjii.aTo; YSYOvev i) tj^u/tj èx Ttjç oufftaç apa tou Gsoû èçTtv îj 
tj/ux"ifi. T( 8Tf)xoT6 Tov xapaSetaov èvsçuTeuasv h 0ecç (liXXcov 
gu6ùç Tbv 'A8àiJL 8ià t7)v àjjLapTCav iÇopiÇetv èxetOsv. Ttvèç 
èv oôpav<5) çaat tov xapoSeicov etvai. Tb ÇùXov tïJç I^cûvjÇi 
xai TO ÇuXov TOli eî8évat ^vcoaTov xaXou xat xovTipou, votjTâ 
Xpt) Xi'^tv^ ^ aîffÔYjTa. Oixouv sîxov Ttjv fvûaiv tou ^aOcu 
xat TOU xaxou xpb tt^ç tou àxetpiQiiivcu xapxoù piSTaXT^^ecûç» 
nôç o5v ixeTà T^v PpÔGiv ÏYvwaav 5ti y^H-voi îiaav, xpb Y^p 
ttJç ^pcîxTsu); TauTYjv oùx £Îxov tV aïcÔYjctv. nôç èx tou 
xapa8£(cou çïjalv ô M(<>9^ç tov Tt^priv èÇievat xai tov 
EiçpàTr^v, obç çaaC tivsç èx tôv èpwv àva6>xuÇ£iv tt^ç 'Ap- 
(tôviaç. T( 8ifiX0T£ àxb ty5ç xXeupôtç tou 'A8à[A tyjv ifuvatxa 
8iéxXaa£v. E{ çpéviiAOç 6 i^tç, xal èxatvou^vo;, [lipicv 
•/àp •?) 9p6vTQai(; àpsTtjç. "AXoyoç wv 6 oçiç, xwç 8iyjX6X^ 
Tfi Eua. T( èaTi, 8nQvo[xOr,<jav ol èçBaXfiAt tôv 8uo. TC 
8TfiX0Te TOU 8ta66Xou t})v ixaTtjv xpoasveYî^ovTOç, h o^tç 
xoXiΣTat. AiaT( 8à Tbv 8çtv èSrjixioùp-prjfffiv 6 0£bç op^ovov 
auTbv xposiSoDç tîjç xovYipCaç èff6[ji£vov. AtaTl 8à tov 8ia6o- 
Xov èxoif^aoïuv 6 ôsbç, £?8(oç toioutov èa^ii.£vov. 'A^aObv 
Tbv Ôsbv èvojjLaî^ovTsç, xûç aÔTîJ x£ptaxT£T£ ToaaÙTTjV ixo- 
TopL^av a>(iiTy2Toç ifàp xat àxTiVsCaç to 8ià ^pûatv èXf^^jV 
TOaaÙTTQv èx6V£*pt£tv Ti[jib)p(av ou TOtç YJ|ji.oipTir)xo9t i&dvov, 
ÂXXà xat TOtç èÇ èx£(v(i)v 3s6Xa9TiQxé(;i. TCvo^ ëvexa tou 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL^OCAPPA. 257 

©eou etpY)y,6To; ^ 5' ob; T^\xép<i çifTl ^^^ '^^^ Ç6Xou 6avaTw 
di7co6avt5 oùx 6u6i>ç àiréôavs tyjv èvToXT,v ^apa6a^. Toùç 
XtTcovo^ Toùç Ssp|i.aT{vouç t£ voYjTécv. T£ ècTi To, ?5cu 
véYOvev 'ABà[JL wç eîç eç '^[;,«ov. Tt èXurriOij Kaïv [^ij 
SsxOévTwv tôv -ïcap' aûxoy TCpoccV£xOévTo)v, SijXov Sti [i^ts- 
IJLeXtjÔYj Twv fàp ti.£TaiJL£Xoui;ivo)v tj X67:T|. IIoÏov (jr^[jLeTcv 
lOsTO T(J Kaïv ô ©ecç. TCva 6 Kaïv ïv/e Yuvaty.a. TCvaç 
àvstXsv b Ad[jL£X. Hou pisTaTéôsiote tov 'Evo))r 6 twv SXwv 
6e5ç. T£ Sy) toj 'ABàj;. fijj^apTr^xdToç ''A6SX 5 Sixaioç 
èTeXeuTYjds xpôioç. Ttvaç utouç tou Bsou xéxXriXSV ô Mwii- 
ci}ç. TCvaç xaXeî -^I-^olvzolç ^ ^eia fpaçTfj. Aia-ri :coXùv 
yjpàvo'^ IÇwv ot -îraXaiot. Tt BtiTCOte tw xaToy-XucpLÛ xà 
TÔv àvôp(î)'îro)v xXifjOY) SiéçOsips. T£ Y)aOi£v èv tyj xiôwtcT) 
ta OiQp{a. nûç voTQTéov -rb, è|jLvifjŒ6Yj Kuptoç tou Nûe. Ti 
ècFTtv àaçpavOr) K6pio<; ddjxYjv eôcoBtaç. Tivoç xaptv àira-fo- 
pfiùst Tou aî|i.aTOÇ tïjv iJLîTaéoX-^jV. Ataxi Be SXwc tïiv 
xpewçaftav èvoiJLOÔér/jd». Tivoç lv£>ta pitj èxéiJLçOt) Nû£ 
jiiOt) TCpticsffàv. ToO véjjLOU ii.iqS£X(i) TEÔivxoç, Sç SiaYopcufit 
tijjLav Tbv xaxépa xa\ tyîv [xiQTépa, -icwç 6 Xàjx, ûç icaTpaXoiaç 
xptv£Tat. T£ Bti^ots eîi:ou(ja -f) ^paçi), xal î)(jav ol utol 
Nu)£ èÇspx^l^^^ci àizo TT^ç xi5a)Tou Syjia, Xàfi., 'loçeB, 
-KpofféOyjxfi xal Xà^A aùxbç xaTYjp Xavaàv, et fàp âxp^^ 
(xv'/][jLCvsî3aat twv utôv, Bet zàvTiav xai [jly) [jl6vou Xavaàv, ô 
Xavaàv xat aÙTOç à7e6Y]ç è-yévfiTO, ûç Y) lŒTopfa 8t)Xoî. Tt 
SifiwoTe Tou Xà|i. èiUTatx6T0ç, 6 èxeCvou iratç eBéÇato 'rtjv 
àpiv. Tr^v àcçaXTOv Tivèç twv StSaoxaXtov l<pa<jav à(j6e<j- 
Tov eTvat. nota ^Xûaca àpxaiotépa. 'H oi5v é5pata 7:60£V 
T^pÇaxo. Tfveç oadl tyj Sajpa iJii-^fî5^at tov 4>cpa(î). Kat 
Ttvoç evexev evTauOa [iiàv è(JtifT|G£v •?) Ypaçt) to çuXaxOiivai 
TÎ)v Sàfpav àXwSr^Tov, èv Be tw xaxà tov 'A6t[JLcXex ovq- 
YT^lxaTi, caçûç touto S£07)Xwxev. '0 MeXxtffs^ex xéOev 
xaTtifc xb fsvoç. IIu); 'A6paà|x irtGToç èvo[;.dÇeTat eipYjxojç 
TÔ 05$ xaxà t( "f/a)ŒOii.at touto, St: xXripovo|i.7iffto aJif^v. 
Aiaxi os TuÔîJvat 'JwpooéxaÇe BajJLaXtv TptcTfÇcvta, xat xptbv 
Tpt£T{ÇovTa, xat Ta £?YJç. IloXXot tôv dxoXaa'cwv dl9op|i.Y)v 
eiç Xa-)fV£iav XajJiôivouct tov luaTptdpxtîv 'A6paà|x zoXXaxYjv 
l<JXt)x6Ta. Tt BTfJTCOXs 7ceptT[ji.if;8iivat auxbv -rrpoaéTaÇEv ô 
Annuaire 1886. 17 



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258 HKNRI OMONT. 

0c6ç. 'H Oeta XiY£i 7f açt; cti IçaYcv ot ay/eÀci r; Tf| 

tpiat {xq^^^* ^^ SriXOTS 6 Bebç eux èxo>Xu9e TfjV xapdLvGitôv 
pLtÇtv. 'Q(ibv o^av etvat Soxst to vécv 5vta tcv IffjxatiX 
eÇeXôctv Tij^ itaipitXtÇ oirJiaç jjLexà jwvîjç Tf|Ç [xiQTpbç, xat 
Tou ioxûtS Tou SSatoç. El 7;dvTa 6 6eb( ^pcYiv<i>ax£i, tcvoç 
êvexa tbv 'K6paà\k èiceipaasv» Ti âaxi, Oi; TfjV x^^P^ ^^^ 
uîïb Tbv jATQpév ixou. Aiati tôv xaiptap^wv ai ■Ywvatxsç 
cetpai, xat vàp lo^^a cetpa xai y) 'Pe6éxxa, ùçxùxtù^ %ai i^ 
'Pax^^^t ^( [jivTot xal fj Aeia, i3à)v ^ip ^r^at Kupioç Sti 
IJLtaeÎTat -^ Aeta, i^voiÇev aix^ç t^|V (A^xpav. Aià tivc^ 
(juxOeiv i^jOéXtjaev vj 'PeSéxxa Ta i:epi tûv xuofOpou(iiiy(i>v 
^atSiu)v (i). T{voç evexêv 6 'laoàx tô 'Haoûî îoDvai rr^v 
euXo^Cav t^ôouXeto. I166ey iî) 'Pe6éxxa T£Oa^^v)xey, CTt 
Te6Çexai tyjç e&Xo-)fCaç & 'laxà>6, xai cuto) TeOi^piQxev dç 
tiTztXv li: i\ki Y) xaxopa acu Téxvcv, (livov èicoxouaov tTiÇ 
9<i>vî)ç (liGu. T( Z'fyKOis. T$ 'Icroàx xb 3o6Xi;|i.a xb ctXcTcv 
eux dTTCxaXud'sv & Q&6ç, ëTta oà Scxei (^uSecOat ô ^IaxG)6 
e{i;<li)v, èY<i) eîii.1 'Haau ô 7:pu>TéTox6ç cou. Tfç Sa tt^ç 
eûXo^Caç ^1 épixTiveU. T( 8i^«ot« Tcaaùxaç euXo^îo^ Xaîwv 
i 'laxà>6, ài^SiSpdoxfit xbv ÂSeX^v, xai (jl^voç àiroSr^iJLer 
Tù>v àvar)fxat<dv èctepTjjJLévoç. AiaxI xbv X(6cv diXe(ç£i b 
'Iax(«>6. IIoXXoi lEp^^aciv ÂxoXacfoç xotouvxai xb xéxxapoç 
ioxtjxévai fuvaîxoç xbv 'Iaxii»6. T(voç x<V*v at ^wvaTxsç 
èÇtjXoxù^couv àXXi^Xaiç. Aiaxi <j YP^Ç'h l^âiAVifjxai x^x^jç. 
*AXXà xat auxbç & 'Iaxii>6 I^y) x$ Ai6av, eù>^^*pQff^ ^^ 
KOpio^ èicl x<^ TioSiiiLGU. T{voç ëv(xev xÀç paSSouç Xeiriva^ 
TuCvouatv lOiQxe xoïç wpoêixotç. T(ç cxoicbç xf|Ç xwv eîSà- 
Xo)v xXoirîjç. Ti èaxiv <0(jLû9ev 'Iaxi»6 xaxà xo3 ^6ou xou 
^axpb; oixoû ^Ivaix. TCvoç Svexev xaXaUi xi^ ^Iax(i>6 & 
aYYeXoç. '0 'Ià)6 x6Ô6V xaxdYsi fb Y^voç, Aiaxt içôivij- 
cav x(i) ^Icoor^o oi dSeXfol aixoiD. T( Si^icoxe ^ OijJLOp 
Êxatptxbv GX^[LOL '3C£p«.0e(iiviQ, xbv xiQSfoxfjV è^xÀXT;9S. 
Tivoç î|V {Af|VU|i.a xb xaxà xbv eSaiéctav etpyjxévâtt xb iJut6- 
X^ixa, i:wç 6 toxoptOYpifO^ xà xaxà xbv ^IcottiÇ cwyYP*?**^» 

(1) Add. marg. : Deest quœstio una. 



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Manuscrits grecs de pal.eocappa. :s?5y 

i;,iYeipo; y"^*^** s^X*« Tivoç evsxsv yupi'toD tcccùtou 
StîAYjXuôéxoç, ouTÊ 'IcoffYjç 'zH^ xdTpt TTiv SouXfiCav à*f;U)pt(;£V, 
ûDt£ 6 6£9{ Si' de::oxxXu''^sa)ç èSifiXoj^c touTO tû laxu)6. 
Oixouv cix è$r|[ji.apTov ol àîsXçol caovo(xia yàp OroOpYTiffav 
Ô6{a. Ttvoç y.iptv eiOù^ èfOsïçt toÏç àSsXçûTç ciiiiéTcpov 
zpOTft^it^^Ti. Tfva épji.TQV€{av l/st to ^o[f.^ 6o[Ji, çavsx. 
Tivoç Svsxev tcv SguTspov, >tai cù xcv «pûicv Ta>v dîsXçûv 
xaOeipxOfjvat ^rpcffé'^aÇs, AiaxC T(j^ 'Pcuftv eux èOi^pY](;e 
T^ 6£viaiJLV]v & TftTifjp. T{ i^Tiv c{(i)via[ji.(J> oi(i>v(!^£t iv auiÇ). 
T{ Srji^oTS tb xaxà Tb x6v§u xaTecxsOaae Spaii.a. TC Si^zote 
xal xà xTfjVY) Twv AÎ'Yw^'ctwv xat tïjv -piv -KpoCôX^pias tw 
^aoiXei ^CLpaùi, AiaïC 6 'faxù>6 tb (;(ii>[jLa auxGu eSç Ty)v 
Xe£p(i>v xeXeùet la^ïjvai. Tt âcTt icpocexuvtjjev 'IcparjX èxl 
xb àxpcv Ttjç ^a6Scu aJtoO. IIcoç eùXc^i^ai Xé^etai tcùç 
iratSoç *Iaxà)6 hfloiq IzoLpafjàyjs^oq. 

Elq TYjv "EÇoSôv. 

IIwç vor^téov Tb xoSatôi èYevovTO, T( içxiv e^etSt) âçc- 
édûvTO al |i.atai tbv 9ebv è-Kofr^çav éauTatç oixiaç. II66ev 
ÏYvw toO Oopûtù) -^ Oufi'Hîpi 5x1 'EJpaÏGv îjv xb î:aiS(ov. 
AtaxC iXXéfuXov '^^aX%a i^^pLev i Ha>uaiîç. Tivàç çadv 
^ffsXov èçOîîvan ir$ Ma>U<j^ èv xy) ^at^j). T( Sy;Xoï xb xV 
gixov y.a(eç6at xat \kri xaxaxaUaOai. Aiax( TïpoaexaxOiQ ô 
Um&f^^ xb &ic63ii3[ji.a Xucat. IIposiSà>ç b Qùç xcu <I>ap<3u)i) 
xb îuff^etOàç x( 8^X0X6 jAtj èÇapxtJç aJxbv èxiXaac Aiaxt 
icpuKTOv OTQiiLeîov SéSonie xî}ç f i68ou xijv elç ootv [/.sxaîeXifiv. 
*H Xéicpwcjiç xïjç %tipbç ir( StjXoï. 'rxoupY$ >t£XP^P^voç 
Umor^ xûv SXwv ô Kupwç x£ Bt^-scoxê Jjxv^Çwvôv aOxév 8ié- 
icXaas xal gpaBuYXwwGv, Tb èY<i) cxXr^puvu) xtjv xap8(av 
4>apaà) wôt voTixéov. Atax( Se <juvex<â)ptjc£v S 0£b; xaUxa 
zaôctv xbv Xa6v. Atax( i^jouXif^diQ 6 SytcXoç iveXfiïv xbv 
Mu>ii9fjy. T( e(rct xal xb Svoixi jiôu oix iSi^X(<»9a auxoîç. 
T( Sri-ïcoxfi xfjç xoy 'Aapwv Ywvaixbç oj xbv xaxépa jjLévov, 
àXXà xal xbv iSsX^v ByjXov -^[mv iTEiroCriXs. IIûç èY^^^*^^ 
TW <l>apa(i> 0£b; ô Motuovjç. Ti SiP^tzôxî cuv£Xwpr|5£V & Osb; 
xotç çapjjwtxoiç xauTx Spiîat X(^ Ma>'JcrYj. Tt oyjzôxî Tipo^xTiv 
ayxijv xfjv xou uSofXo; feiQYaY* xXtqy^^v. E{ 6Xov xb u$a)p 



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•260 HKNHI OMONT. 

tic aî[jLa [JLSTsS Aif;OY), tzîùç izolqcœf oi è;:aoiBci twv AtpzTiwv 
TOtç ©api;.ay.£[at(; œjtw wcaOTwç. Tt ByiItcts jjiAAwv 677.- 
oépîiv TGV xdXaÇav 7:apr^";fY6r,(7£V auTOÏç eJç -roùç ciy-su; Ta 
y.Tr|VYî ffuvaYavcïv. Auti ta twv At^uirT^cov dr/cDvS xptOTf- 
Toxa. AtTttovTat Ttvsç to xpocTeTa^évat ccv 6ecv -rct^ 
*E6pa{ot<; aiTfidat touç A?")fu:rr(ouç cy,£6rj yjpuaa %ai dtpvupî, 
xal ècôfjTa;, y.at cxuXeucjai toùç Ai^uittCouç, outw 'fàp 6 
Su[X|i.ay.oç xb oxsuaaaaOai •fipii.'/ivsuas. AtaTi o£Ù7Cu<r.v 
iziTsXécat TTpccjéTaçs tï;v tou Ilaaxa eopTifiv. Ttvéç çactv 
si; 3(jî)Scxa Biaipéffctç Sta'.p£Or,vat ty;v ôâXaŒGOv xa\ Ixarniv 
©uAYjv xaô' sauTTiV Btaôrivat, xat toOto voii.{Çcuffi tcv i^axapi^v 
sîpTixivai Aaut3 t(5 7.aTaot£A6vTi tï;v 'EpuÔpàv OiXascav 
£Îç otEpéffsiç. IlcTov TC ÇuXcv TO vXuxivav èv tt^ [xé^pa -rb 
uB(i)p. IIûç voYjTéov TO Otto 'zoj à-TroGiéXcu £tpY2iJtivcv 
7:àvT£ç £tç Tcv M{i)jcf|V £6axT(<jOT|aav âv vfi v£9éAt) %at iv 
Tï) ôaXaffffT), xai xavTEç to auTO Ppûjj^a xv£U[j^Ttxbv lipa^ov 
xai ^avT£<; Tb aO^b T6[JLa 7:v£U|JLaTtxcv Ittiov, fctvov ifàp £x 
7:v£'j[jLaTtxtjç àxoAouOoucn)ç iréxpaç, if; lï -rcéTpa r|V o XpiCTôç. 
AiaT( TTÉTpa h Xpi^siio:; wvcjJLaîJÔT). Aia^f optov dry-fSAwv tô 
[jLivva xpoaiQY^p£Uff£v b T:poçif;T7;<;. AiaxJ ii.awa èxXifjÔYj. 
AtaT^ Tb xaTaX£i<fÔ£V £Îç t^,v uGTepa(av tou piawa 8t£90apr4. 
AiaxC èv Toïç ffa66aff'.v où xapécxe -rb piawa. Iloioiç S-izXctç 
èXpwvTO Tw 'AjiaXf^x 7:oke[u&ùyt'Zzç. Aiaïf tôv Mo)uafJ 
X£ipwv £XT£TaiJLévo)v, £v(xa *I(jpaY)X, xaOi£(jLéva)v iï i^TTôtTO. 
Ti èîJTtv ëffcffOé jxci Xabç zfiptcjffioç àxb 'navTwv tôv èOvôv, 
ilJLY) fip ècTt xaaa •?) •pj. T{ 8if;zoT£ où [Jl^vov dcYViaOfjVat, 
àXXa xal zXuva». xà tiJLiTia"'î:po(j£TaxOr,Gav, tjvCxa tov vojwv 
iBéxcvTO. IIwç voriiécv to, c3x £(yovTa( çoi OcOt Ixepot 
rXtjv èjjLou. EtôtdXcv xal ô|iottoii.a 7:oiav l/et Siaipcpav. 
Ti Tb, 6 0£bç ÇyîX(0T7)ç è(JT(. IIwç tc SCxaicv cwÇcTat twv 
7:ai3(i)v bzïp xwv xaTépwv xoXaÇojjiivwv. T( èmv où Xf|^t] 
TÔ bvojxa Kuptou Tôu 0£ou cou èrl jJuzTatw. Ata-rt Tb ca66a- 
TGv T^ àpY£(a T£TCiJLy)X£. Kai BiaïC jjlyî èv aXXt) Tipipa 
TOUTO Y£véffOai 7:poa£Ta?£. Tt èdTiv, èav Se Buctaonlipiov 
ex X(6(i)v TConfjCT)? p^si, oix oixoSopi'/jceTe aÔTOÙç tijihîtoùç, 
T(o Yap £7X£',piBi(p w èxt666TQxaç It: aÙTtJ (i^jjitavTat. AiaTt 
TOJ *E6pa(cu Tou tîjv èXeuôepCav SéÇacôat ixt) PouXoiiivcu, 



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MANUSCPwITS GRECS DE PAL^OCAPPA. 261 

8t(iTpY)6f,vai 10 (Î)t(ov 'ripocéTaÇe. Aia-ci ;:p6ax£tTai xal 
SouAsuss». aùxû £tç Tov aiwva îifjXrjÇ oucyj; t^ç dvôpcoxfvYjç 
ÇwYJç. Tcv à>touaî(D<; ^EçoveuxoTa, oiait osuy^w xapaxs- 
XsusTat. Tt èdTtv â?£i>tovicriiivov. Aiaxt Tbv xtpaTiaTYîv 
Taupov àvaipsiGÔa'.îtsXsust. Aiaxi ô [lioxov ^xXoçwç îtsv- 
Ta-^rXacia èxisivstv èxsXsuffOy;, 6 Bè xp66aTOV TSTpaxXaata. 
IIw; voTjTéov TO, Bcoùç où y,ax^XGYif)CJ£tç. TCvoç êvsxsv 
ÔYipiaXwTa xpéa ècOtsiv àTraYOpîust. Ti èairiv, oôx è(pO'/;(rf] 
âvwziov Kupiou 6sou (jou îtsvéç. Iloîa àciiv bpT») t) tou 
^tpia\}joîj Twv -ÂpwTOfsvriji^axwv, y,al 7;o{a eopTtj auvieXeîaç 
stc' è§éS(^ Tou èv'.auToy. Tt eattv, ou Oudsiç hzi ^\)\uri alpia 
Ouaiadi^aT^ç [wu. Duc voiQTéov xb, où/ £?W)CJ£tç àpva èv 
YaXay.Ti [ATiTpcç auToIÎ. IIwç voY)Téov, tov àpiOiJi.bv twv èTwv 
cou àvaTXr;pu)(7(i). T{ àcxtv àT:offT£Xû xàç cçr^^ioç xpoTépaç 
cou. nûç èi:a'n£tXajJL£voç ô 0£bç iJi.£Xpt '^où EuçpaTOU 
xoTaji-ou T:apa5(î)C£tv aÙTCÎç tt;v f^v ouy. £':rXiljpo)C£ tyjv 
ux6o)rsciv. Ty-jV c*âiqvy;v tC STf;T:oT£ ^cvécOai 'ï:poc£i:aç£V. 
AiaTi 01 Σp£Ï; Tot^ Upciotç Ta; X^'^p*? £'::itiO£vt£ç outo); ' 
îépEucv. Tt ècTtv £tç 5ciJLT,v £ilo)8(a;, xapicwi^^a ècTt tw 

Kupl(i> (1). Tt £CTl TO Iv. Il£pi TÛV CaSéûtTCOV V0ii^6£T0)V 

Içr^, I^t: ^àp cr|[jL£tov àva|JL£cov è\koù vm tôv uiûv 'Icpa-Î^X, 
dq Ta; Y£V£à; ùpiûv, tcwç ouv touto. vofjCOiJLev. Tt oV)î:ot£ 
'Aapwv T(J Xacî) xbv |JLCC)ro'' 3t£YXu6£. IIûç voTjTéov to^ 
)wtt vuv lacév i;.£ y.al Oup^^Od; op^f^ £iç aj-roù; hL-çpi^iù 
a'jTOÙç xai xonfjco) c£ £iç lôvo; jjLéY<*« Aiaxt Tàç •^rXixaç 
cuvéTpt6£. Tt or|iJLaiv£i xb x.âXuii.jxa to è::iT£Olv tû ^po - 
cu)za> Toû vo[j.oO£TOu. néôev fiTy^ov xà ÇuXa xà acrj-rra. 
Iloiou xaptcjAaToç oî ^pt xbv B£C£X£rjX Itu/ov. Aiaxi 'nj 
voui;.r|V(a tou xpu)TOU [xr^vbç CTf^cat xyjv cxY)vr,v 7:pocéTaÇ£v 
ô 6£0(;. 

Eiç Tb Aeuit'.xov . 

Ttvo; £V£X£V -rà; Oujia; xpocéxa^E T:poc9£p£(î0ai ô Qtiq, 
Tt £3T'. '^J/Y) 9; èiv XaOf) a'jTr,v XyjOtj xal â;J.apTY) xxoustux; 
àxb TÔv àYto)v Kupicu. Aiatt tou hpitùq tyjv Ouciav ôXo- 
y.auT0uc6at 7;posÉTa;£. AiaTt èv tw tottw twv 6Xoy.auTO)- 

(1) A(3(l. marg. : D^^^f vna. 



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262 HENRI OMONT. 

|;.atwv xal xàç icepi àptaptCaç Ouafaç tépsusv. T£ è^xiv, o 
iTTT^iJt^voç Twv xpe(ov auTÛv àYtaa6/;c7î':«î. AiaTÎ iJLStà 
T>;v Tp(TT)v TjiAépav oô xsXcust tôv Upwv èaôtetv, tô 51 
zapa6a(vovTt Tbv vé^wv èriçépsi ÇrjiJLfav àOuTOv eivat Xé^wv 
T^,v 6ucj£av ixêCvr^v (1). Aia-ri aîjjwtTt xal iXa(b> x«t tTiV 
dlxo9;v Toy Upéo)ç Ty;v îeÇtàv ?xpi£, xal r)|v xeïpa tîjv SsÇiàv, 
xal xbv TTcSa axjautwç. IIwç voYjTéov Tè Tjp rb àXX^tpwv. 
AiaïC Tobç îepéa<; oïvou îwo7s6ct (jLSTaXa[jL6ivsiv. T( 9T;|jLaCvst 
tb 8iX''î^^^v ^*t [jnQpux6[Jievcv (2). AtaïC Tt;v Texouaav àf psv 
Tscraapaxovia -Jjjiipaç ày.àOaptov eTvat ^r^ai, ôi^Xu 81 clç 
TôcauTaç. T( PouXerat ô irspi tii(; Xé::paç vé|j.oç. AiaTi 
tbv 2Xov Xsirpbv Yevé[i*£vov, y.a6apcv èvoii.iÇst. Atatf ivj 
Xsrpou àxaXuxTov etvat xeXs'jsi t^^v xÊçaXrjv. Ilo); iv T^r^ 
îjjLaTiôiç Xérpa è^évETO. T( (JYjixatvei ti cuo èpvCôta Ta 
OTtlp TôJ xaOaptÇo[jivou ?:poarçtpé[/£va. AiaTi tov vovcf poiî} 
ixaOapTov èvo[jLaÇ£t. A'.ati tyjv ib repiTTbv tou atii.aTCç 
xaià çuciv èxxpÉvcuaav, àvaÔapTOv ivopLaÇei (3). Ttviç 
pifjLçovTat Taïç xspl tov y^IJ^ov vo[Ji.oO£cjiai(;, Xé^ovre^ à::»- 
YOpeuaai ibv 6ebv Ta [j,T)8a[ji.T5 jjLYjBaiiwç yê^^^H^^*» '^'^ ï*? 
ça^Jiv ilivécx^TO TYj lauTOu piiY^vat |i.Y)Tpl yJ Tti; -kcts ouvr^éveTo 
xTi/jvst. T( èoTtv, ixb Tou (TTripjjwtT^^ (jou où Bco(7£tç XaTps6£iv 
àpxovTi, xal o5 ÇttStîkùxsv.q xb SvojjLà i;.ou Tb ârf.ov XéY£i 
KOptoç (2). IIûç voYîTéov, Ta xt+^viq' crou eux à^ox£Û5£iç 
êTépo) Çu^w, xal àji.ZcXwva <you eu xaTaîr£p£T; S'.içspsv, 
xat {[j^àTtov èx 8ùo 6ça(yii.évGv x(68yj7vOv oôx £::t6aX£Tç Iouto». 
T£ èffTiv, où i:of/)(j£TS atffd)ifîv tt^jç xé|xr<^ T^jç xfiçaXTJç 6[jlôv, 
çOeipifiTT£ TÎjv î^l^'.v Tôu ::(i)Ywvoç ûijlwv, xat ivT0iJL£8aç âri 
i|/uXT^, où iîoiifj(j£Te tÇ) ffwfJiaTS ùjxôv, xac YP^P-l''*''^* (rrixTà 
où roiifîffSTî èv ujjlTv (4) . T(voç xiptv toTç tep£u<Ji Stasfip^Tw; 
^£pl Tbv Y*l^bv vopLo6£T£r. A'.aT£ Ta 'jrpwTéTOxa tôv Op£|i.- 
p.aTb>v j;.£Tà TY)v èY86Y;v YjiAépav 'j:po(Tçép£a8ai 8triYip£UC£v. 
T( è(JT(, ?:£9puYH'*£va véa x'^P* ^^ çdtY£a6s ïwç 5v irpodsvéY* 



(1) Add. inarg. : Decstuna. 

(2) Âdd. marg. : Desunt duœ. 

(3) Add. marg. : Desunt duœ, 

(4) Add. marg. : Deestuna, 



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MANUSCRITS GRECS DE PALvEOCAPPA. 263 

XY)TS ujut; ta îûpa Tw 6sw ujxwv. nûç voTQTéov Tb, bç âv 
xaTapàaTjTat ôsbv, à^iap^Cav 7.ifjd/£Ta'., ovojJiaÇwv Bk Tb cvoiJLa 
KupCou, OavaTw 6avaTo6(ï6(o, Atati èçOaXjjibv àvTt èçOaX- 
IJLOU èxxéicreaOai >cal è86vTa ivTi èBôvtoç, xai Sda TOtauia 
TfpoaéTaÇev. Aiatt tÇ e68éiA(«) Ixet cTreTpai Tt;v -^^v àra- 
Yopsuct. Tf iott ':ritpouGt 5éxa -foyatîtsç tobç àptoo; aÎTwv 
èx Xt6(fvG)v (4). Ti ècTTtv Sç 5v eyÇtjxat eù^V» ^^5 îoyvat 
Ttix^v Tijç eux^Ç aÙTOu tw Kup((i). 

Eîç toùç 'ApiOlJioù;. 

AtaT( xpoaéToÇev àpiO[jLrjva( tbv Xabv 6 ©ebç. Aia-ct èX- 
Xarcwv èffw 5 twv XeuÏTWv iptOpiéç. IIôç ouv ^ toO 'lo6Sa 
çuX^ 6i:epé6aXe iticraç Tbv ipiOixbv xafTOt o3aa PaaiXix*^. 
Ttva 9iv ta IpY» tôv tepewv xat Ttva xà tôv Xsuhôv. Tivoç 
ëvexev wpoaéTaÇsv 6 ôsbç àpiÔiJWQOtSvai -cou Xaou ta rpwxé- 
toxa (2). T(va xaXeT ixaOapTov irX ^\)yjfi. Kal t( W^xots 
xat toùç Xexpolx; xal toù; y^^®? f ^^*^Ç ^Ç<*> '^î wap£ii.6ôXY)<; 
îti^etv IxéXeucev. T( èativ dr/r)p t^ fuvt), sï xiç xoiiljffoi dxb 
waaûv TÛv àiiapTiiov tôv àvOpwrCvwv. A'.axC oXeupov xpi- 
Otvov b'xh vfi<; 6it07:T£UO[;ivY); [i-otxsuOiJvai xpoasxoixfÇsTo. 
Ti è^Ttv, oç âv [jL£YaX(i)ç £u§Y)Ta'. suxyjv àçaYvCffaaOai i'peiTt 
Tw Kuptc^) (3). AtatC ji^Tà icéiAirrov xa\ sîxcaTbv ïtoç \fjiyupi 
toD xsvnQxoffTOu , X£tTOup")f£tv Toùç Xeuftaç xfiXfiuEi (i ) . IIôç 
voTjTéov tb, OTQiJLa^Ca aaXwtfitTe h tyj èÇipÇfii ujaûv, xat oiav 
cuvoY^T'l''^* '^^ auvaifwf^,v (jaXzi£ÏTe xai ci cnf;[xaata (4). 
Tfvoç/ipiv eôôbç ii.àv icpo6XY)6évxeç oî èfiîofjnfjxovra î:p5£- 
çf|T£uov, [JisTà 81 tauta cixétt (1). T(va xp-îj voijcai Tr)v 
«Wtiiciccov Yuvatxa ^v IXaCs Mwuoiiç. T£ ît^xote twv î6o 
XeXotSopYjxiTtDv èxc(vir) BCxoç êttas iiivt) (i). T( SifiroTc Tbv 
NauYj •Jjvtxa xaTioxoirov fecp-^ev ô Mwucijç, 'Iy;(joî5v èxi- 
Xswv^ T(va Xé^fit -^v^tœf 'Evix. Tt èaTtv âii.xX'ftaEt if; 
8éÇa KupCou xaaav t^v -pîv (S). T( îiliTCOTe izzpi twv «utûv 
Ouaiôv woXXà vevoiJLoOsTiQxev. Tt è^rt, d/ox^ "îittç ronlja£t 

(1) Add. marg. : Dâôst una; et corr. èx À(6xvuv ia èv x/tSâvu. 

(2) Add. marg. : Deest una. 

(3) Add. marg. : Deest una. 

(4) Add. marg. : Desunt quatuor. 

(5) Add. marg. : Deest una. 



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264 HENRI OMONT. 

èv ytipi U7:epr,9dviav. Aia-cC Tbv èv Tîp <7a66àT(;> cuXXéÇx^tat 
Ç6Xa xaTaXeuaÔTjvai 'irpcasTaÇe. Tt Bt^iuots ^poreTatÇev 
a'JToTç 6 0£bç toïç xpaa::éBoiç twv t[i.aT{u)v xXûaixa OaxCv- 
Otvov èriôsïvai (1). AtatC xpofféTaÇev 6 ©se; -rà twv 6u(Jia- 
GTÛv ^opsta TÛ 6o<7ta(7TY3pi(o Yeveodai TrepiOsfjLa. IIwç vct)- 
Tsov Ta zspl Ttj^ iiuppâç Bap^àXecoç èirjvopeu^iiviQç (i). Ti 
oifi'ïvOTS cpYtaOv} TÛ Mwutnj xai tco 'Aapwv ô Bscixd'nQ^ 8sb; 
f,v(y.a tb u5o)p iy. 'cii; ::éTpaç èÇfjY*ïsv. T( 8Tf)icox£ Sià Tcii 
X^tXxcu co£o)^ 6£pax£'j£(j6at -jrpocéTaÇcv 6 0£b; xà tûv o^fcov 
ô-Zj^ii-aTa. Et jjLavTtç r|V ô BaXaà;/., t( $tqt:otc icv Kuptcv 
Viptî)Ta. Ti'voç Xapiv %£X£6ça; aÙTÔ [jl-Jj àxsXOcTv irdiXtv 
£>t£X£U(JcV àzâXOfitv. AiaT{ xfiXeuffaç àzeXOeTv, oià -rsu 
drfféXcu TfjV zopEtav x(i)X6£i. Kai 7:otav icy^j^ tiyvi ^ tcu 
ji.avT£(i); àpà p-Yj PouXo[xévou 0£oD. T{ icTiv, û; S^Çav 
(jLCvoxépcoTOç aiiô (2). T( 8ifjroT£ |jtapxupTiGaç 6 ôfioiréTT,; 
Bfibç TW 'Ir^aou 5ti iyti ':uv£uiJ.a 6£ou èv aix^ xpocsTxJs 
Mcouq) èwOfiTvat aÙTw xàç Xfiîpaç (3). T( Bifi^roTixc^ ày-su- 
atux; ir£çov£Ux6Ti, ii.£':à tyîv toD àpyjL&pitù^ t£X£'jty;v, opfÇst 
Trjv xàOoBcv. T^voç /.aptv Taç çuXàç Stax£xp&TaOa'. -rpo- 
aéxaÇe. 

EtÇ TO A£U'7£pOVCp.tOV. 

AtaxC xb zéiJLicTOv Pi6X£ov tou voixcÔitou AfiUTfipov^iJLiov 
èxXViOYj. IIôç voTQTéov Tb, axoue 'ïaparjX Kupioç 6 0£é<; ccu 
etç isTi. Ti èffTt TO, àYaTUTQfffiiç Kuptov tov 0£év cou èÇ 5Xrj<; 
Tijç xapSia; cou. T( SifjxoTe xai tou 0£Ou èjjLVuvai BtaYOp£U£i 
ô vépiûç. nû; voTQTéov To, oùx ixTCipajeiç Kuptov tôv 0£6v 
(jou. T{ 3ifji:oT£ àiuaYOpeùa 6 v^pioç xa; 'jcpb; xaç ôpipouç 
diXXof uXouç £ztYa[JL6pCaç. Tiva^ Xé^fii Otou; 'Evàx- Ilwç 
vorjxéov, 6 ^àp Kupioç 6 0cbç Oixûv ouxoç Osbç tûv ôsûv xat 
xùptoç TÛv xupCtov. nôç voYjTéov, ou '::otifja£TE Tîivia â 
Y;iJL£tç i:otouiJL£V o)5£ cTfijxepov, exacTOÇ xb dtpôaxbv ivavxtov 
ajxou. Tàç S£Xûtxaç toiç t£p£uct vo|i.oO£XTf;Gaç, t^îùç Içy;, gO 
8uvifj<JYj ça^Etv èv xatç iriXfiaC aou xà è^iSéxaxa xou g(xou cou. 



(1) Add. marg. : Besunt duœ» 

(2) Add. marg. : Desunt très. 

(3) Add. marg. : Desunt dxtoç. 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL^.OCAPPA. 265 

xat Tcu oîvou cou, xai tcu èXaiou gou. Tt ôifj7:0T£ auv&xûç 

6 xà èvavTta BtSacxwv irpo^ifiTiQç ôaujjLaTOupf ei. T( iaTtv, 
eu ço6il;a£T&, xal oi% èTwiOifjacTc 9aAdxp(i)ii.a àva^iiocv tûv 
àçOaX;ji.âv ujjlwv è::! vsxpco. Ataii to izsTrptojAévov -^rpwT^- 
Toy,ov à^raYops'jEt •jrpodçépetv (1). Tt ècTi Btxa^coçTO B(xaiov 
ot(î>;s':£. Ti Iîtiv, èàv àSuvarridY) ài:b cou pYJpLa iv xptcst 
àvajiiîjov at[JLaTo; xat àvafjiiarov xpCcswç, %at àvai^édov àçtiç 
y,al Ta é^fj;. Ti Stqtots )C£X£6ei tov ap/ovTa Tt^îcu^ jjly) 
•::)sYîôuv£tv. AiaTi rr,v aixiJi.aXci)TOv OprjV£Ïv tc'jç ciy.£{ouç 
xeX£U£t piQT^v f,i;.£pûv àpiBji^v, fiTô' ôutwç auva^Ofjvai tw 
Ta'JTTQv àvSpaTTooicavTC. AiaxC xotvtjv £Ïvat ^o6X£Tat tyjv 
Twv Yovéwv xaxYjYopiav xa-wà xaiSbç '^{•'pfo\>À'iTi'^. Tt SifiirôtE 

TOV V£OTTOÙÇ èpVtOÛV £UpY)x6Ta TOUTOU? [X£V y.£X£U£t Aa6£tv 

Toùç îè fS'YÊ'^îîîtéTaç àç£rvat. Ttvoç X^P'^ GTEçavYjv tw 
Bfa)[j^Tt Y£V£a6at '!:ap£X£X£u(;aTO. T( ècTiv, où xaTaa'a;£p£T<; 
TOV àjjLzsXûva Œou Stà^opov, ïva \ùi à-^icfs^f^ to "(tr^r^yt^ xat 
TO ffzépza S âv ffizîCpYjç jji^Tà tou •ycVVTlj[jLaTOç tou à[i.^£X(ovoç 
cou. Aia-t Tw |i.otxû T:apaT:Xr|Cttoî xoXâÇ£c6at x£A£U£i tov 
96£{povTa àXXw p!.£[JLVTr)CT£uiitivY)v. AtaTi tov OXaSiav xat 
'zbf iy.TO[Aiav £?csXO£Tv eIç èxxXyjcCav à7:aYop£usi. T( Stq- 
::oT£ Ttjv Ttphq M(»)a6{Taç xal 'ApLjxavtTa; £7:iixiÇtav xwXufit, 
eu y.aTà ptjTiv Ttva yjpàvo'f^ àXX'£a>; £iç tcv atûva H). 
Ttva écTt, Ta èx'ï;op£uo[i.£va Bià tûv /EiXéwv cou çuXaÇif). 
Tt îyj'kOtî tou 0£ou x£X£ucavTO? T£ccapaxovTa Xati.6av£iv Tbv 
::X£ii.iJL£XifîcavTa -rapà [JiCav ::XirîYY)v èrtçépouciv 'louSatoi. 
T{ icTtv où 9HJL(î!)C£t<; fouv àXXoûvTa. T( 8Tf;7:oT£ oxtXficOat 
xeXeusi Tbv TOU àîwaiSoç dl5£X90u tîjv ^uvaixa [jly) PouX6[ji£vov 
-p5^a'.. AiaTt xavtoXfiOpia x£X£U£t i:apaBouvat tov *AixaXi/)x. 
TC li^zoïz xaTapaiç aÙTOÙç xat fiùXo^Caiç u'7:£6aX£ (2). IIûç 
vor/T£Ov TC, oùx £âb>x£ Kuptoç b Ocbç Ojjiûv xapBiav £fôévai, 
xat à^SaXiJLOù? 6Xéx£tv« xat coTa dcxou£iv, ttùç vfiq r^iiipaç 
TauTTQç. lÏQ); vor,T£Ov Tb, èiv Ttç dixoucT) Ta fifj[jLaTa Tf<ç 
apaç TauTT^ç, xat èici©r,ii.[c73Tat èv Tf| xapoCqt auTOu XéYO)v 

(1) Add. marfr. : Deest ima. 

(2) Add. marg. : Desinit ditœ. 



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266 HENRI OMONT. 

::5psO(JO[jLat. Tt ôirj'HCts [/.sià gr-rà Ittq xçcaétaçsv b vojxs- 
Oénrjç TaÛTYjv ayToTç àva"/vw58Y;vat -rijv p{6Xov. AtaTt tcv 
cùpavbv y.ai tïjv -piv 8ia[i.a|:Tup£(y0at xpoaeTaxOTj. Dôç 
voY)Téov To, 6YÙ) 7:apaÎYjXa)(7ei) ujJLaç èr'cûx I6v£t, èx'l^ci 
iauvéTO) ^apopfto) &[xaç. IIwç voiQTéov tb, eilçpavTi^GSTat 

«ff^Xoi ©eou. T( Bi/jWOTS iià cjxtxpàv xXyjji-pLéXsiav -^cf- 
p(o6sv BsTv 6 Mw'Joijç îrpoasTaxOvj ty)v 'ffyfj M<xr(cr(zX^ 3k 
Tov Xabv èxo)X6ÔYj. IIwç voYjtéov Ta; twv çuXwv eùXo^iaç. 
T{voç x*P''' ^^.«'îov 5vTa TétapTOv ïtaÇs Tbv Bçvi«[i.(v. Ti 
ÏT^xote -cbv 2u[i.£wv oôx sùX^yiqm. 

Eîç Tbv 'lY)aouv Tbv Nauî}. 

T( îif)xote uxoox6|JL£vo; 6 Ôsbç xâvTa Téxov îuxretv «5toTç, 
o5 âv èxtSûai tû t/vei twv xoSwv ajTwv, xat tÎ)v lpr^ji.ov, 
xat Tbv ivTiXC^avov Iwçtoîi xoTa[Aoi3 tou [xc^*^^®^ EiçpaTCu, 
oôx èxXi^pwae t^v Oxi^^e^iv. IIôç vot)Téov Tb, xspiéTsji^v 
toùç 6iobç 'Icpa^X èx BsuTépou. Aiaxf jxaxafpatç aÎTOùç 
X6Tp(vatç x6piT|XY)09)vai xpoaéTaÇs. Ttva vor^Téov tbv àp- 
XtofTpatr^f ov Tîjç îuvafjieo); Kupfou (1). Ti îi^xcTe àXXéçuXoç 
cuffa 7) 'Paà6 xatôxiacv èv toïç yictç *Iffpa^X, 6ç t^Topta 
îiîaoxet. Ti èorriv, iv tw xpwTOTéxw aÙTOîS 6£{xsXi(i)a£i 
• aOTt)Vï ^«'i ^v '^M^ èXax^^'^ âxiOTljasi xàç xuXa; «utou. Ti 
87)xct£ Tou "Axap X£xXo(p6TOç, Sxaç ô Xabç eratBeuÔTQ. 
Aiatl xpocéTa^Ev 6 ôcbç xpoXox^^^Jai tY)v -^af . TCv£ç wjjlo- 
TY)Ta Tôu xpo^-ZiTOU xaTiQ^opôiJcrtv ÎTt xal xavTaç àpSiQV 
àv^pet, xai toùç pamXéaç èaTaupou (2). T( ècti to, cj^i 
airb ^i^poLfC'zoLi èxl pi6X(ov tb eupgBév (2). AtatC toïç jùv 
MtoUcrîjç 8iavé[JL£t toùç xXif)pouç fî5ç -pîç, toTç Be 'Itjwuç (2). 
T(voç îv£xa TOÏç àXXoiç StavsCixaç Ty)v -pjv 6 'Ivjaouç, oùx 
àxévenASv auTcS xXtjpov, àXXà xapà tou Xacu t^jV ©apada- 
Xàp èxo|A(<raTO. T{ Sil^xoTe to(ç Upeucnv èv tt) 'lo68a çuX'^, 
xai t9i B£Via|Aiv, xat vr^ 2uii£<i)v xàç xéXfiiç àxévetiuv. T{ 
î'/ixotg Tbv XiBov crt^fJOL^ giptjxev, 5 X(ôoç o3to<; ?ŒTai yjAiv 

(1) Add. marg. : Desunt duœ, 
{2} Add. marg. : Deest una. 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL^OCAPPA. 267 

£t; [jLapTtjpiov, Iv. cuTOç i>tY)y.O£ iravTa xà Xs^^évra ^apà 

Etç Toù; Kpixâ^;. 

Et xaT* èxsTvov tov xaipcv ivacTaTOç 'IspcuaaX-^jx b{e^6- 
v£i, -iTwç îs'jTspcv auT/jv padiXsutov ô Aautî eîXsv xoXiopxCa. 
Ti sîJTi 86ç [JLOi XuTpwffiv uSaTOç, xat XuTpwatv |X£Tsa)ptov, 
xai XuTpwcriv Taxeivûv. n6Xtvooiv(xa)Vî:o{avxaX6T. Qw? 
vcr^Téov TdSs Tb yjiipiov^ Tau-a xà IOvyj dt(pf|)C£V 'Iiqjou? wste 
TTâipSaai iv auTOÏç xbv 'IcrpaY|X Travxaç toùç [jlyj iY^w/ixaç, 
xavtaç Toùç xoXfiiJtfouç Xavaàv, xXtjV oià xàç y^''^*? '^*'^^ 
uiûv Icpa^X, Tou 8i8iÇai auTobç ic^XepLOv, icXi)v ot l|A«po- 
aO£v a'5t(5v oôx lYVwaav aùxa. Ti 8Tf;i:oT£ Ywvt) xpc^tjTeist. 
Kal ta èÇ^ç. 

Bi5X(ov xîo^ 

AY]|JLr^Tp{ou Aap,t5^axY)voy IÇ^y^|Gi; ziq xbv Atcv6(Jtov tov reptt)- 
YTQTÎiv, [UT' aÙTou Toy x£ii;ivou. 

Bt^XlOV X£<>''. 

Ma5(;i.0'j TOJ flXavouSou YpaiJUJLatix*/). 

Bi6Xicv y,^'^*^ 

SxoXCa £1^ Tp£T(; Tpa^wSCaç tcu Aic^uXeu, ^ifouv £?<; npo[JLif)Oéa 
8£9{À(i)TY]V9 eîç 'E^rçà eTcl Qii6oL\^^ xal £Îç Ilépcaç. 'Aito^Tj- 
{uia>7£tç etç TTjV '08ucc£(«v. 

TauTa KwvctavcTvoç IlaXai^xaTncoç 5 KuSwviaTTjç fé^pa^ev 
èv A£ux£Tia tûv HapiGiuiv. 



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INDEX 



Aeliani tactica. 14. 
^schyîum (Scholia iii), 26. 
Apollonii Pergœi conica, 1. 
Arati prognostica, 16. 
Aretœi de re medica, 17. 
Arisiarchi astronomica, 8. 
Barlaami Pythagorici arithrae- 

tica, 8. 
Basilii Ctesariensis scholia in 

S. Gregorium Naz., SI. 
Demetrii Lampsaceni comment. 

in Dionysium Perieg., 24. 
Dioclis epistola de conservanda 

valetudine, 16. 
Dionysii Alexandrin! periegesis, 

24. 
Diophanti arithmetica, 2. 
Gennadii apologia, 14. 
Georgii Pachymerse de IV. ma- 

themat. scientiis, 10. 
Georgii Sc\io\9lx\ï apologia, 14. 
Joannis grammatici Alexandrini, 

de astrolabio, 6; — comment. 

in Nicomachi arithmeticam, 7. 
Joannis Pediasimi comment, in 

Cieomedem, 9. 
Maximi Planudis comment, in 

Diophantum, 2; — gramma- 

tica, 25. 
Meletii de homine, 15. 
Michaelh Pselli comment, in 

Platonis (//uxoyoviav et de dœ- 



monum operatione, 14; — de 

diœta, 16 ; — de medicina, 18. 
Nemesii de natura hominis, 13. 
Nicepkori Gregorce, de astrola- 

bio, 6. 
Origenis philocalia, 20; >~ de 

recta fi de, 19. 
Porphyrii introductio in Ptole- 

msei apotelesmaticam, 5. 
Rufi Ëphesii nomenclatura par- 

tium corporis, 16. 
Stephani de urinis, 18. 
Synesii Cyrenœi introductio ad 

astronomiam, 8. 
Syriani Philoxeni comment, in 

Aristot. de physica et de pro- 

videntia, 11. 
Tkeodoreti Gyrensis qusestiones 

in Pentateuchum, etc , 23; — 

curatio Grœcarum affectionum, 

22. 
Theodori Metochitae comment. 

in Aristot. de physica ausculta- 

tione, 12. 
Theodosii Tripoli tae sphœrica, 4. 
Theonis Alexandrini scholia in 

expeditos canones, 3. 
Theophili Antiocheni liber III, 

ad Autoiycum, 19. 
Theophili Protospatharii de uri- 

nis et de pulsibus, 18. 
Zoroastri de ortu caniculœ, 5. 



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APPENDICE 



DÉDICACES DE CONSTANTIN PAL^OCAPPA 



Jllustrisstmo principi Carolo, cardinali Lotharingo S. (1). 

Gum frater meus e patria ad me venisset, Cardinale 
et princeps illustrissime, librum hune secum attulit, 
quem ego jam pridem Apterœ, qu» urbs est Creten- 
sium, ex quodam exemplari vetustissimo descripseram, 
usque adeo vetustate carioso putrique ut vix legi pos- 
set, mihique non humano, sed Apollinis plane ad divi- 
nandum ingenio opus esset. Verum cum certo scirem 
volumen rarissimum esse, nec usquam gentium facile 
inveniri posse, neque laboris neque pecuniœ rationem 
ullam habui dummodo describendi exemplaris mihi 
copia esset. Imo vero tanto magis ne cui rei parcerem 
me adhortabaturanimusut ejusmodi librum mihi com- 
pararem quanto majore eum rerum varietate, quce 
quidem homini christiano ex usu essent refertum esse 
viderem atque adeo esse veluti pharmacopolium omni 
remediorum et herbarum salubrium génère instructum, 

(1) Ms. Suppl. grec 143, fol. 1-2 \*, Recueil théologique. — Les 
premiers et les derniers mots de cette épUre ont été publiés par P. Pulch 
dans VHermes, 1882, p. 189. 



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rtO HKNRl OMONT. 

ex quo quisque cum ad œgritudines prœcavendas, tum 
ad jam œgros curandos sumere omnia queat. Eo etiam 
libentius mihi transcribendum putavi quod dignum 
esse judicarem, qui principî alicui christianœ religionis 
studioso, nec non magno antistiti, fideique nostrœ de- 
fensori aliquando ofTerretur, quod sane mihi ex animi 
sententia contingit. Nulli enim alii hsB res anliquœ 
tamque rarœ magis conveniunt quam tibi, Mecœnae il- 
lustrissime, quem nemo non liberalissimum, principem 
christianum, antistitem maximitm, custodem ecclesiœ 
vigilantissimum praîdicat idque ob tuas divinas vir- 
tutes» qui non modo omnibus natursB, animi, fortunes 
dotibus prsestantissimus es, verum etiam in omne 
mortalium genus incredibili benignitate ac munificen- 
tia. Huncigitur librum, princeps omnium humanissime 
principum, eo vultu accipe, quo soles omnia, qum ad 
rei christianas salutem pertinent, et quo facilius in 
posterum alios per quam raros ex locis abditissimis 
cruere possim me tibi commendatum habeas. 

Tuœ amplitudinis observantissimus 

CONSTANTINUS PAL^fiOCAPPA CyDONIUS. 



Ëtç TGV âTCtçfltvéGTlTOv y.4t aiSscipLàTiTôv KApcXcv, TTiXVtSpdl- 
T4T0V /.ipSiviXiv AoTûlpif)f{a;, Sso^réts fiiiitepov, K(idVGTayT(vou 

AcopstcOai ^iXixo); TrivTsaiv ^^vdavt. 

o Awpov b(iù ôk, i:âv5X6ts, Tiji^XçécJtEpov 1\l\i^ 
llavTwv if{o\i'^.T. 10 Ç'jvsffiv Tràpéy^ov, 
''O, (j/u^ûv xàiAïaiç jx£Y*>^y3sfftv àvSpifftv dtSs, 
Kai TOtç [JLU(JT07:oXoiç^ XptCTO^épov te ^{Xov. 



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MANUSCPatS GRECS DE PALKOCAPPA. 21iï 

Kai flpdoç ^làiZM xat xiîji^u I-kXsto KpY)i:tç, 

'û^ TO ::apbv ^i5X{ov TsXéOei, 5î:£p itpx /.sûOst 
Tijç BsopYjiJLoativr^ç o6YiJLaTa tûv xap(Twv. 

AéXto; [JLév Ys S'j(Js6(5£To; c3ca, Tavuv o' àvé-cetXsv 
'EXXûLÊsç ex Tcux'.vfi^, ÔsTa xo{i.i2^oijivv3 • 
15 "O^Ga Yap è^'^t Tpiçe^f/ôyç èÇîTiffat 5;spt ÔeiViÇ 
Mapfapxpjç TptaScç, îcavia Sir^Yietai. 

'H 3' 5x1 àpioç 6 6u6|A6vçç toTç (xucTOzéXotvt 

Ka\ wç Bst Ttixav ir^itù'f îvSiXiJLaTa iîoIvtwv 
20 Aatpeiaç ix^bç, àXXa xatà ox^^t*» ' 

Kal vsx6(i)v 5iu£p ei>xsff6ai, iv(vt;9i Y<xp aÙTOù^, 

Kai & çtXsî ::{çTtç, Ssixvuffiv dtpexéa. 
TptxOà SiaipetTai, TpiaSoç [W(JTf,pta ç(x(v£i, 
Kal i;oXXa)v àY(<*>v lAâcpTupCaç i;po9çépet« 
25 Nuv BisTTOpOfjLeuÔT] Kpi^i^q \iÀ^% Y,^\t.% Xtrroiîja, 
'Hv yûp YP^'^s^ ^P'^ àxtépa ty) TréXei, 
"EvO' 'EXiy.(i)vii8£catv à^YiTTÎç ouvsy.' àoi87)ç, 

Kai c£ipf|î'. ii.ixiQ £7:X£-ô àiJLçoTépa'wÇ. 
2ctpf,v£ç vixy)8£Tcat S' à'rcé6aXXov SpaÇc 
30 Ta :îT£pà Twv w[JLa)v, xà'::r£<jôv èç ^éXa^oç. 

2£'.pT)V£ç Tb -KaXav WT£pi£ffcrai, vuv Se te vT/;x.Tai 

Bévôsat vaCouat toTç vex4B£caiv S|Aa. 
Tôyvcx' à7:(i)vU|A(T5v iriXiç "A^Epa iXXaxsv aiSTiQ, 
'Ûç x£Ï6i iTTépuYaç piXXov SpaÇc xépai. 
33 KeTÔc lAOt èYpa(pÔ7), voi^Cffav:' àp^ov-rt iae^wt^) 

XpXt£p£T SoÎJVÛU, T^i ^AGlkeX CrTa7((M)>) 

*H Ouaiaç TCéiAirovTi àvat[^axTôuç UpYjï 

"OvTWç oix dçaii.(}tpT0£77Î}^ Xifo? IîcXeÔ' *0[jnQpou. 
40 ''AXX* àd;£u3Y)ç IJv, w; èxi act y' ê^ivr, 

'ûç |jiv 5|jLOÎov aYet Qtbq iç tov 6[i^Tov dr/£TX£v 

Outu) JJtot Soxé£t y.ai 1^:1 toTç e-répoiç, 
Kal Yàp SjJLOi àTaXivTOiç xai Iti àÇta tcScci 
Totç èziTTjSECotç •?) vélxîci; T.dpiyv,. 
45 Eyce6éaç ^àp xpt; xoîç sJffséésaai xopetvai 



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272 HENRI OMONT. 

Kal 'î:i(JTobç i:i(jtoTç, vcuvex^aç çpcvCjjLCi;. 
Où OéjAiç oSv àXXto Ttvl, Y) (joi TôuTO BoOt^vai 

Tû xaOapô j/ikt'wïj Ttjç 0£spr|[Aca6vr|Ç. 
Soi àpsTtj? èSapxo), aot TtJ euxsï XpicTTOu 
50 'Hii.£5v atOTYJpoç, lepéwv 8i6t:(i), 

Sol xsvtxpûv Tpoçéï, crouSaCotç -nàîtv àpwYoi, 

Sot îraTpi |jLCu<Tio)v, çwtt èXeuOsptw * 
To> S^èpiéÔev BéEai [jlou<ju)v tsxiyov Sœtiç èaaisl 
MCiAVSi xai aoçdrjç aiiiJLa xai £'Jît6{r^ç • 
53 KaC piou ^àv xaOapàv euvoiav ]).i{^(t ::apiXOt)ç, 
'AX)và ji.' istxsXCo'j puso yrjTCsûvY)?. 
''H iJL£ xaxatpuxci xai côît àçtr^Ti xpoŒasat 
Tû Twv aûv àpsTôv xuBst àôavaTti) • 
Kat ^àp KaXXié-TCTQç, i^B' oîavpou çCXoç uibç 
60 "AxOsi ffùv x^Xeirû ou'::ot' Sv ^Çs Spuaç. 

KaiTwSp 'A'ï:éXX<i)vôç X^^^Ç ^^ > c("nîc' otv t8 ' auTr; 
0Xt5o|iivY) Sstvcoç 7:Tf;iwtTi yri'zoodrri^ (4). 



II 



lUustrissimo principi et cardinali amplissimo D, Carolo 
Lotharingo Comtantinm Palaeocappa 5.(2). 

Cum viderem Lutheranorum conspirationem hoc 
eliam in catholica et ab apostolis constituta ecclesia 
reprehendere, quod sacrificium ab antiquis patribus 
atque adeo ipsis apostolis tradilum nobis non sit (co- 
nantur enim omnibus velut machinis adhibitis persua- 
dere, ac demonstrare antiquam et apostolorum eccle- 
siam sacrificium illud corporis Ghristi ab ipso Ghristo 
traditum non accepisse, neque posteris tradidisse, sed 

(1) Publié ea partie par P. Pulch, l. c, p. 190. 
(î) Ms. Suppl. grec 303, fol. 1. Liturgies, 



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MANUSCRITS GRECS DE PAUEOCAPPA. 273 

recentiorum inventum esse), omni studio per literas 
conquirere per totam Grœciam desii fratris Ghristi 
XeiToup-f(av, ut quum in banc regionem perlata esset, pii 
homines banc velut medicinam animi baberent, impii 
vero et qui pervicaces sunt de peccato convincerentur, 
et bac velut scutica csBderentur. Etenim quod anti- 
quius, sanctius, majorisquo auctoritatis, divini illius 
sacri, quam divi Jacobi testimonium esse potest? qui 
et ipse apostolus, et primus Hierosolymis episcopus a 
Gbristo designatus esl, quemadmodum multi ex anti* 
quis scriptoribus et ipsis evangeliograpbis œquales, 
literarum monumentis tradiderunt : in quibus est Igna- 
tius Theophorus(Odictus in suis epistolis, Hegesippus 
item,-Giemens, Eusebius et Ghrysostomus, quinetiam 
liber canonicus de consecratione dist. I. in cap. Jaco- 
bu3 (2), Prœterea quintus ille ex omni orbe, qui inha- 
bitatur centum sexaginla sanctorum patrum conventus 
confirmât, divum Jacobum primum omnium missam 
ecclesiœ tradidisse, deinde Basilium et Gbrysostomum 
brevius, omitto prudens divum Glementem apostolum 
auYXpovov sacriQcium illud literis mandatum ecclesise 
catholicœ reliquisse. In cujus libri exemplum una cum 
reliquis scriptis celeberrimorum patrum (quos Augus- 
tinuB ecclesiœ lumina haud injuria appellat), non adeo 
diligenter ac nitide descriptum cum incidissem, nihil 
potius babui quam ut nitidioribus ac regiis notis trans- 
criberem, tuœque amplitudini dicarem. Addidi huic 
libro Procli archiepiscopi Gonstantinopolitani testimo*- 



(1) Hune Ignatium dicunt nostri theologi Theophorum appellatum 
esse proptorea quod Christus ipsum jam infantem cum amplezus fuis- 
set, benedixit, in medioque XII. discipulorum statuit, illis dicens : Qui 
acceperit laie puerum in meo nomine me accipit. (Matt. 18. Marc 10, 
Luc 18.) Hic postea Antiochiœ episcopus designatus est. 

(•2) Josephus lib. 5. Hegesippus lib. 6. Clemens lib. 6 et septimo 
Hypotyposeon. Eusebius lib. 2, cap. 23; lib. 3, cap. 2, 5, 11 ; lib. 4, 
cap. 5 ; lib. 7, cap. 19. Chrysostomus ex interpretatione prions epis- 
tolœ ad Corinthios. 

Annuairb 1886. 18 



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274 HENRI OMONT. 

nium, quod quia grave et maximî momenli est, in lali* 
num sermonem convertendum putavi, aique in ipsa 
libri fronte collocandum. Haud enim decebai, tantum 
principem, in cujus familia christianœ religionis laus 
semper floruit, tam raris scriptis carere, presertim 
quum divina providentia te ecclesiœ valut columen 
constiluerit, quod ut diu incolume sit, cum bonis om- 
nibus ac piis hominibus, tum mihi optandum est. Deum 
igitur omnipotentem oro, ut te nobis diu florentem 
serve t. 



III 



Illustrissimo principi et cardtnaU amplissimo D. Caroto 
Lotharingo S. (1). 

Cum primum mihi renuntiatum est/id quod maxime 
intelligere cupiebam, te ex Italia magna cum laude ac 
gloria salvum sospitemque rediisse, cum meum ofO- 
cium esse duxi, ut tibi gratularer, tum mihi statui 
gaudendum, quod te pro uno patrono optimo ac prin- 
cipe humanissimo utor^ Jam cum rege omnium maxime 
esse audierim. Itaque antiquorum auctorum scripta 
ad te afîero, ut întelligas nihil mihi antiquius esse 
quam ut quoquomodo tibi gratiflcer. Et vero librnm 
hune fore tibi gratum ex eo con^jicio quod nihil cupi- 
dius persequaris quam eam laudem quœ in vestra illa 
generosa stirpe iloruit. Nam ut tuœ familia columina 
omnia sibi pro fidei religionisque tutela ac propugna*^ 
tione et facienda semper et subeunda esse duxerunt, 
ita tu bis scriptis maxime delectaris, quœ ad religionis 
honorem et defensionem christianœ veritatis pertinenti 

(1) Ms. grec 1057, fol. 1 et v»; Recueil théûîogi^uei 



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MANUSClilTS GRECS DE PALJËOCAP9A. 275 

ctuadmodi sunt ea quibus Léo pontifex maximus ejus 
nominis primus Chris tianos olim erudivii aut potius 
Bic confirmavit ut libellus hic gravissimo quarto synodi 
judicio ct/jXy)<; t9)ç ipOoSéÇou icCorecd^ nomen invenerit, oui 
Coran, id est leges a Mahumeto constitutas ex arabico 
sermoue a Ghoniata in grœcum conversas a^jioiendas 
putavi ut Veritas falso adposito magis elucescat. 

TusB amplitudinis observantissimus 

CONSTANTINUS pALiEOCAPPA. 



IV 



lllustrissimo princtpt et amplissimo cardinali D. Carolo 
Lotharingo S. (1). 

Etsi eœ sunt curœ et occupationes tuœ in hoc tempore, 
ut magis tu votis precibusque nostris apud Deum ad- 
juvandus, quam litteris interpellandus esse videaris, 
propterea quod regni administratio tota tuffl lidei dili- 
gentiœque permissa in alias cogitationes minime de- 
rivanda est; tamen cum veniret mihi in mentem te 
eum esse qui summam nobilitatem tuam, quam a ma- 
joribus accepisti, virtute etiam et humanitate tua fe* 
ceris ampliorem; ingenii autem tui magnitudinem 
nossem : qua tu obire simul multa et conâcere paratus 
es, non putavi molestum tibi me facturum, si grœoa 
quœdam exemplaria^ ut rarissima inventu> ita utilis- 
sima» ad te afîerrem, cujusmodi Hieroclis philosophi, 
opus est de providentia, quo nemo Platonis mentem, 
doctorum hominum judicio, melius assequulus es. 

(1) Bibliothèque Sainte^Qéneviève, A^ 2 bis, in-fol., foU Ë V. Re* 
cueil t}véologique. 



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216 HENRI OMONT. 

Gui magni illius Origenis, et Nemesii pbilosophi de 
eadem re scripia apposui, ea autem hoc diligentius 
tibi conquisivi, quo majori studio concitaris ad ea le- 
genda qusB doctrina reconditiori animum inslituunt, et 
me jam dudum majoribus benefîciis ornas; ut nisi 
alienîgense mihi aura tuœ benignitalis aspiraret, jam 
in vita esse desinerem. Nam prasterquam quod magnis 
rei familiaris difficultatibus afTectus sum in morbum 
etiam ita gravenf et dîuturnum incidi, ut nullis reme- 
diis cedat. Oro te igitur, mi Domine illustrissime, per 
tuam pietatem ut servum benignitate tua anniversaria 
sustentare pergas. 

Illustrissimœ ac reverendissimœ D. T. servus 

CONSTANTINUS PaL-EOCAPPA. 



///*««> principi Carolo, cardtnalt Lotharingo, ampliss^ 
(V'cktepiscopo ac duci Remensi, S, (1). 

Mos est Persis, ill'"® Prînceps, et amplissime Cardi- 
ualis, Mœcenasque benignissime, qui etiamnum reti- 
netur, ut venienti Régi in urbem, singuli pro sua quis- 
que munus aliquod afferant, quo ejus benevolenliam 
conciliare student, suamque obedientiam testantur. 
Hune autem morem Romani et Grœci lubenter amplexi 
sunt, ut subjecli principibus et dominis donum ali- 
quod quotannis afferant. Videmus enim in multis Grœ- 

(1) Bibliothèque de la ville de Reims, xns. E, 291/252. Beciteil théo^ 
logique, — Je dois la communication de cette pièce à Tobligeance de 
mon confrère et ami M. Louis Demaison, archiviste de la ville de 
Reims. 



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MA^ÎUSCRITS GRECS DE PALiEOCAPPA. rû 

ciœ urbibus ad Domini Natalem famulos heris munera 
dare; Dimirum id veluli ab ipsis Per&arum Magis 
edocti, qui donis totius mundi imperatorem affecerunt. 
Ego vero, unus ex tuo famulatu, te munere eo colère 
decreveram quod tibi jucundum fore arbitrabar; sed 
in hoc tempus a magnitudine operis rejecbus sum (id 
enim nisi muUis diebus expoliri potuit). At non in- 
gratum tibi futurum, quocunque temporo ofTeratur, 
vel ex eo ipse auguror, quod pars sit libri illius, quem 
cum tibi superioribus annis obtulissem, eo maxime 
delectari mihi visus sis. Alia etiam mihi non minus 
justa et gravis causa fuit ad te afTerendi hune librum, 
quod nullum tibi munus convenientius esse judicarem. 
Nam quemadmodum in ea familia natus es in qua prin- 
cipes multi viri floruerunt, qui pro Ghristiana reli- 
gione vitam profuderunt, ita quœcumque sanctorum 
patrum monimenta alicubi extant, nuUi justius conse- 
crari quam tibi possunt. Si igitur hœc Theodoriti Cy- 
rensis atque aliorum beatorum patrum scripta eo vultu 
acceperis quo alia hujusce scriptoris monimenta : 

Suhlimi feriam aydera vertice, 

multoque alacrior ero ad alia hujus generis in ruderi* 
bus Grœciœ conquirenda. 

Dominum nostrum Jesum Ghristum precor, ut te 
nobis semper florentem reddat. 

Tuœ amplitudini deditissimus 

CONSTANTINUS PaL^EOCAPPA. 



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riS HENHI OMONT. 

VI 

Invictiss. ac chnstianiss, Galliarum régi Henrico II (i). 

Etai bellum principum mentes ad se derivareaocon- 
vertere solot, Rex chrislianiss. ao poteniissime, tamen 
cum in oa familia natus sis, quœ liierarum laude sic 
Cioruit, ut artium parens jure dici possit, non pulavi 
me tibi molestum facturum si gravioribus rébus occu- 
pato tibi opus antique doctrina refertum a Basilio illo 
magno religionis Ghristianœ ûrmissimo columine cons* 
criptum ofTerrem; quo quœ obscura sunt in Ethicis 
Nicomachiis illustrât, atque ita illustrât, ut multi bujus 
ope Aristotelis sensum intelligentes, multo meliores 
in imperio tuo evasuri sint. Sed ne notha hœo scripta 
aliqui existiment grave testimonium . Tbeophylacti 
adscripsi, in codice quodam admirandœ vetustatis a 
me inventum. Hœo igitur verba sunt Theophylacti : 

« $(i)T£tvû UpapXTî 6sof ûXaxto; iirtax6z(«>v èXi/ioroç. 

irpocraYopsùo) as tyîv [;.axap(av 4'UXï)v, *OTetvfe UptbTate, eixé- 
Tcoç Y*P ^*t ovT(i)ç, eiç to Tilç TpiçeYï^yç TptiSoç wavaYtov ovo^jliz 
çwTiÇ(5lx£voç, ^(ï)T£ivbç è7:a)V0TcdffÔr|Ç, èicei icoXXoùç fWTtÇeiv 
I{jiâXa£ç ctà TTJç afiÇ Upaç y.ai iJ.eXif puTOu '{k&xvf\c, • toÎç [xàv Ta 
tspà Xd^ia àvairc((7(j(i)v, toùç Se ta twv 2§o>0ev çiXocéçwv wat- 
îîOwv • TOUTOU xip'.v PouXéi^voç <JOi x*ptÇsc6at, îwti Tax<x pLtxpév 

(1) Bibliothèque nationale. Imprimés, réserve, 'E, 3. Constantin Pa- 
laeocappa a copié, dans les marges de l'édition de Venise (1498, in- 
fol.) des Ethiques âi Nicomaque d'Aristote, les scholies de S. Basile. 
Uexemplaireest enluminé aux armes de France et au chiffre de Henri II; 
c^est Tancien Codex Colbertinus 1955, et on lit sur le feuillet de 
garde, en tôte du volume : « Renvoyé des mss. aux imprimés, le 
20 octobre 1738. S[allier]. » 



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MANUSCRITS GRECS DE PAL.EOCAPPA. 279 

Tt devaxouçfÇetv ae, t^rfif}^ T:i\f*^xi aoi tou \Lsr(ako\i BaaiXeCcu dç 
zà Nixo[j.ix€ta xtvà cx^Xta, 5:î£p oùtoç elç àçéXeiav tûv wapà 
*Ioi>Xiavou 8e8ia)Y|i.év(»)v èÇéSwxsv. 'Axvjxoàii.£v Se xa\ T:apà 
âçioi;(aTO)V twôv Trpe^ôÛTtov tcv icavao^ov îcfluépa -iJiMiàv 'AOi^vtjct 
(yicouîûtÇovta xat dauTov èÇaoxeïv PouX6[jievov, T(£8e èxKjecnQjxeio)- 
xévai • ûç lï To rpa-YH»' ^X^^ '^^^ icaxp^ç èatt ^b T:6vY)|i.a, 8tb 
£ÙXa6ûç àajiLevo; aù-çb îé^ou, eôxéxiQÇ biàp ■îJtJi.ûv -ïwpbç ôsbv 

7£V0ll£V0Ç. 

• 
c Theophylactus opiscoporum minimus Photino 
€ sacerdolum primo. Saluto te, Photine» anime divi- 
c nissime, jure enim ac re ipsa Photinus cognominatus 
« es, ut qui sacro illo Triadis Domine triplici luce nos 
« iiTadiantis, illustratus es : quod multos dulci illa et 
c divina tua lingua illuminaturus esses, aliis sacras 
« literas explicans, alios vero in externa philosophia 
« instituons. Quamobrem quum tibi gratiâcari, et la- 
ce borem tibi aliqua ex parte levare cuperem, Basilii 
« illius magni scholia in Ethica Nicomachia ad te mit- 
« tenda putavi, quœ ipse ad eorum utilitatem, quos 
« Julianus infestissime persequebatur, edidit. Audi- 
« vimus autem a viris quibusdam doctissimis et pro- 
« vectffî œtatis omni exceptione majoribus, patrem illum 
c noslrum Âthenis literis operam dantem, ac sese 
flc exorccre volentem hœc annotasse. Ut ut res se habet, 
€ ego conQrmo tibi opus esse patris illius, quare reli- 
» giose lubenter accipe, votaque fac pro nobis Deo im- 
■ mortali. » Vale. 

Tuœ Majestatis servus 

CONSTANTINUS PALiEOGAPPA GRvISCUS. 



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LA FABLE DE PROMÉTHÉE 

DANS ESCHYLE 

PAR M. Henqi Weil 



Il est des œuvres d'art puissantes et profondes qui 
s'imposent à Tadmiration par la grandeur de la con- 
ception, et qui ont en même temps Tattrait de je ne 
sais quel mystère qui les entoure. Elles font rêver, 
elles donnent lieu aux interprétations les plus diver- 
ses, chacun les entend h sa fagon, mais tout le monde 
s'accorde sur un point, Tadmiration du génie qui les 
a créées. Tel est YHamlet de Shakspeare, tel est aussi 
le Prométhée d'Eschyle. 

Rien de plus extraordinaire que cette tragédie. Dès 
le début, le Titan est enchaîné à un rocher par les mi- 
nistres de Zeus; à la Qn, il est englouti dans les pro- 
fondeurs de la terre avec son rocher foudroyé. Dans 
l'intervalle, c'esUà-dire dans tout le cours de la pièce, 
le héros reste immobile et le drame est immobilisé 
avec lui. L'action ne peut faire un pas, elle semble en- 
chaînée avec le personnage principal : nous avons con- 
tinuellement sous les yeux un prisonnier. Il est vrai 
que sa prison est vaste comme le monde ; il salue l'é- 
ther céleste, et les vents aux ailes rapides, et les sour- 



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LA FABLE DE PKOMÉTHÉE DANS ESCHYLE. Z8\ 

ces des fleuves, et les flols innombrables de la mer 
souriante, et la terre, sa mère, la mère commune de 
tous les êtres, et enfin le soleil, ce grand œil qui voit 
tout et qui est témoin des souffrances qu*endure le 
Titan. 

Si on est étonné d'être ému par un drame en appa- 
rence si immobile, Tidée renfermée dans ce drame, la 
pensée du poète, est un problème bien plus difficile à 
résoudre et plus attachant. On peut se demander, en 
effet, si notre point de vue est le point de vue d'Es- 
chyle, si l'impression que reçoivent la plupart des lec- 
teurs modernes est conforme aux intentions du vieux 
poète. Prométhée nous touche, nous voyons en lui un 
dieu qui aime les hommes, qui est leur bienfaiteur et 
qui souffre pour eux. Il souffre avec une fermeté iné- 
branlable; sans défense contre les rigueurs du maître, 
il ne cède point à la menace; aux coups qui le frappent, 
il oppose une mâle résignation, la conscience de son 
droit et Tespérance d'un avenir meilleur. Il est comme 
le sage d'Horace : le monde en tombant en ruines peut 
s'écrouler sur lui, mais ne peut ébranler son âme. 
Nous prenons parti pour Prométhée contre Zeus, pour 
la victime contre le bourreau ; mais est-ce bien là le 
sentiment que le poète voulait nous inspirer? Ceux qui 
ont étudié Eschyle connaissent sa profonde piété, sa 
dévotion pour celui qu'il appelle € le Seigneur des Sei- 
gneurs, bienheureux entre tous les bienheureux, puis- 
sant au-dessus de tous les puissants. » Eschyle ne se 
lasse pas d'exalter Zeus, d'adorer les voies mystérieu- 
ses de sa providence, de proclamer qu* c il conduit les 
humains par la souffrance à la sagesse ». Et ce poète 
aurait, dans un de ses drames, présenté le même Zeus 
comme un despote haïssable? Plusieurs critiques mo- 
dernes, et des plus autorisés, se sont refusés à l'admet* 
tre, et, tandis que d'autres regardent Prométhée comme 
un martyr, ils sont disposés à le traiter de rebelle. De 
nos jours un homme très savant et, qui plus est, des 



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2S2 HENRI WEIL. 

plus sensés, est allé jusqu'à comparer le Prométhée 
d'Eschyle avec Tange déchu» le tentateur de l'huma- 
nité ; au contraire, un Père de TÉglise comparait son 
rocher avec la croix et voyait dans le dieu qui souffre 
pour l'humanité une figure du Christ. 

Eschyle, à la fois grand poète et penseur profond, 
appartient à un &ge où la pensée, au lieu de s'exprimer 
directement, se laisse entrevoir et deviner à travers le 
voile du mythe. Pour comprendre un tel poète, pour 
saisir ses conceptions religieuses, il faut examiner 
comment il a traité les vieux récits traditionnels, ce 
qu'il en a fidèlement conservé, ce qu'il a modifié, re- 
tranché, ajouté. De môme que la pensée d'un philoso- 
phe nous apparaît plus nettement quand nous connais* 
sons les points qui distinguent son système de ceux de 
ses devanciers, de môme nous connaîtrons mieux les 
conceptions religieuses d'Eschyle si nous pouvons 
constater ce qu'il a innové, ce qui lui appartient en pro« 
pre dans la fable de son drame. C'est là le seul moyen 
d'entrer dans la pensée d'un poète placé sur la limite 
de doux âges, au moment où s'éveillent la raison et la 
réflexion philosophique dans les esprits encore domi- 
nés par l'imagination et le langage mythologique. 

Examinons donc quelle part on peut faire dans le 
Prométhée à l'invention personnelle, et parlons des per- 
sonnages accessoires avant d'arriver au personnage 
principal et au fond de la pièce. Si plusieurs de ces in*- 
ventions sont purement dramatiques, quelques-unes, 
celles surtout que nous réservons pour la fin, pourront 
nous éclairer sur la pensée du poète; et les nouveautés 
dramatiques, en nous montrant avec quelle liberté Es- 
chyle a traité son sujet, nous prépareront aux nou- 
veautés religieuses et philosophiques. 

Les ministres de Zeus, Pouvoir et Force, sont char- 
gés de conduire Prométhée dans le désert de Scythie 
aux confins du monde et, sinon d'exécuter le supplice 
(ce triste devoir incombe à Hephœstos), du moins de 



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LA FABLE DE PROMÉTHÉE DANS ESCHYLE. 283 

le surveiller. Pouvoir et Force ilgux'ent déjà dans la 
Théogonie hésiodique : Styx, leur mère^ se rangea 
avec eux du côté de Zeus contre les Titans, et depuis 
ce jour, ils escortent le maître des dieux, en sont les 
compagnons inséparables. 

Le mot grec Styx signifie effroi ; traduit en langage 
ordinaire, ce mythe veut dire que le pouvoir et la force 
de Zeus sont Teffroi de tous les ôtres. Chez Hésiode, 
Pouvoir et Force ne sont encore que des personniûca* 
tions transparentes, des noms abstraits ; Eschyle sut 
leur donner un corps. Il prêta à ces satellites de Zeus 
la figure hideuse qui leur convient, et aussi des senti-» 
ments, des paroles en rapport avec cette figure. Sans 
pitié, rinjure et le sarcasme à la bouche, ils pressent 
Vulcain d'exécuter les ordres du maître. Vulcain, qui 
semble le plus directement lésé par le larcin de Pro- 
méthée, puisque le feu est son privilège, se montre 
cependant plein de respect et de compassion pour la 
victime, et cette noble attitude met en lumière tout ce 
qu'il y a d'odieux dans le langage de Pouvoir et Force, 
les deux représentants du maître. La manière dont la 
première scène est conduite ne nous prévient certaine- 
ment pas en faveur de Zeus, 

Le vieil Océan est une de ces divinités primitives 
que l'on dirait inséparables de leur élément naturel, et 
que la poésie épique aimait à laisser à l'ombre, dans 
un certain vague mystérieux. Dans l'Iliade, les deux 
assemblées, celle des dieux et celle des hommes, qui 
précèdent le dernier jour de bataille, doivent évidem- 
ment renchérir sur les assemblées que Ton a vues au 
début du poème, de môme que les combats d'Achille 
effaceront tous les combats antérieurs. Les dieux se 
rendent donc en foule à l'Olympe, non seulement les 
grands dieux, mais aussi les divinités inférieures, les 
Nymphes, les Fleuves, à l'exception toutefois du fleuve 
Océan. Eschyle, le premier, osa tirer ce dieu chenu de 
sa vénérable retraite : il le fit arriver sur la scène 



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284 HENRI WEIL. 

monté sur un bippogrifTe. Le vieillard a des sentiments 
affectueux pour Prométhée, son parent et son ami, il 
lui prêche la soumission, il voudrait le réconcilier avec 
Zeus, sans toutefois se compromettre lui-même. N'al- 
lez pas croire, sur la foi d'un vers altéré, qu'Océan 
avait été le confident et le complice de Prométhée ; il 
sortirait de son rôle et de son caractère. Ce vieillard, 
qui ne va pas aux assemblées des dieux, qui se tient 
prudemment à Técart, qui, d'après la tradition homéri- 
que, ne prit aucune part à la lutte entre les Titans et 
les dieux de l'Olympe, Eschyle lui conserva les traits 
faiblement indiqués dans les vieux récits, et en les 
marquant plus fortement, il sut lui donner une physio- 
nomie propre. 

Les filles d'Océan tiennent une plus grande place 
dans la pièce. Les Océanides sont de jeunes nymphes 
tendres et compatissantes. Oubliant leur réserve virgi- 
nale, elles ont, au bruit du marteau d*Héphœstos, quit- 
té les grottes qui leur servaient de demeure, en toute 
h&te, sans prendre le temps de se chausser : c'est 
qu'elles ont à consoler un ami. Rien n'est plus doux 
que leurs paroles, leurs chants, leurs sentiments, et un 
chœur pareil contraste bien avec la m&le figure de l'in- 
domptable Titan. Faibles femmes, elles ne compren- 
nent pas qu'on ose résister aux volontés d^un maître 
tout-puissant; mais si elles n'ont pas le courage d'a- 
gir, elles ont le courage de souffrir ; malgré les aver- 
tissements d'Hermès, malgré les indices de la tour- 
mente qui va se déchaîner, elles resteront près de Pro- 
méthée, elles n'abandonneront pas l'ami : ces femmes 
timides et soumises ont Théroïsme de la fidélité. C'est 
vraiment merveille de voir comment Eschyle sait nous 
intéresser au personnage collectif du chœur, en lui 
donnant des traits caractéristiques et, pour ainsi dire, 
individuels. 

Le personnage de ce drame le plus surprenant, le 
plus inattendu, est sans contredit celui d'Io. Devant 



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LA FABLE DE PUOMÉTHÉE DANS ESCHYLE. 285 

le héros cloué sur son rocher apparaît tout à coup une 
femme qui erre sans trêve ni repos, harcelée de fatigue 
et toujours poussée en avant par un taon invisible : lo 
vaga. C'est ici qu'on peut voir avec quelle liberté notre 
poète dispose des éléments que lui fournissent les tra- 
ditions. La fable d'Io est tout à fait indépendante de la 
fable de Prométhée ; c'est évidemment Eschyle qui eut 
le premier l'idée de les rapprocher, de diriger la course 
vagabonde de la victime de l'amour de Zeus vers les 
lieux où souffre la victime de la haine de Zeus. La 
preuve, s'il en faut une, c'est qu'Eschyle lui-même, 
quand il écrivit ses Suppliantes, ne se doutait pas en- 
core de cette combinaison. Dans cette tragédie, lo passe 
le Bosphore de Thrace et traverse l'Asie-Mineure et 
la Syrie pour venir en Egypte. C'est le chemin direct. 
Dans le Prométhée^ le Bosphore, ainsi appelé du passage 
de la femme aux cornes de vache, est le Bosphore Cim- 
mérien, et les lieux qu'elle parcourt se trouvent aux 
extrémités du monde : c'est qu'il fallait changer son 
itinéraire, l'étendre démesurément pour les besoins de 
la pièce. Il est vrai que plusieurs savants se sont ingé* 
niés pour accorder les deux itinéraires : ils ont recours 
aux interprétations forcées, ils supposent des sous- 
entendus, des lacunes du texte, ils se donnent enfin une 
peine infinie pour éluder l'évidence. On s'amuserait de 
leurs mémoires, s'ils n'étaient quelque peu ennuyeux. 
Ne nous y arrêtons pas. Eschyle innove pour mettre 
Prométhée en face de Taïeule de son libérateur. Après 
une longue série de générations, un des descendants 
d'Io, le grand Hercule, fera tomber les chaînes du Ti« 
tan. Prométhée le sait, il le prédit, et son courage, sa 
fermeté en redoublent. Tantôt il s'était plaint d'avoir à 
souffrir encore pendant des myriades d'années, il avait 
félicité lo d'être mortelle; maintenant, en voyant l'aïeule 
de son libérateur, il voit l'avenir que cette femme porte 
dans son sein, il le touche, il le tient; les siècles qui 
le séparent du jour de la délivrance ne lui semblent 



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286 HENRÎ WElL. 

qu*un court espace de temps ; il défle les rigueurs d'un 
maître qui tombera bientôt de son trône, s'il ne con^ 
sent à se réconcilier avec lui. Les paroles menaçantes 
qu'il prononce alors amènent le messager de Zeus, 
Taggravation du supplice, et le dénouement du drame* 
C'est ainsi que l'épisode dlo, en apparence un hors- 
d'œuvre dans la fable de Prométhée, fait marcher Tac* 
tion et prépare ce qu'on peut appeler la péripétie de la 
tragédie. lo ressemble à ces personnages prophéti- 
ques qu'Eschyle aime h introduire dans ses drames, ft 
Gassandre dans VAgamemnon, à l'ombre de Darius dans 
leê Perses; il est vrai qu'Io ne fait pas de prédictions^ 
mais elle en provoque, elle représente en sa personne 
les temps à venir. 

Mais il faut enfin parler de Prométhée lui-même et 
pénétrer au cœur de la fable. Le feu est le point de dé- 
part de la civilisation, c'est le feu qui humanise 
l'homme. Sans feu, l'homme se nourrirait de chairs 
crues comme les bêtes sauvages ; sans feu, point d'art) 
point d'industrie, point de foyer domestique* Ce bien 
inestimable est chose divine, le feu terrestre vient du 
feu céleste. Quelquefois on le considère comme un don 
de dieux bienfaisants, d'Héphfiestos, d'Athéné* Un 
hymne homérique et les cérémonies de certaines fêtes 
attestent cette croyance. Plus souvent^ les dieux gar^ 
dent jalousement l'étincelle, qui est leur privilège, et 
les hommes n'en Jouissent que par suite d'un larcin. 
Prométhée est le ravisseur du feu : h travers toutes les 
variations de sa fable, c'est là le trait constant et es* 
sentiel de son rôle ; et sur ce point, Eschyle s'accorde 
nécessairement avec Hésiode. Mais dans la Théogonie, 
t'rométhée veut ruser avec Zeus, le fils de Japet a 
l'ambition d'être plus fin que le fils de Kronos ; on sait 
que la querelle s'engage à propos de la part réservée 
aux dieux dans les sacrifices, et comment la fraude de 
Prométhée attire le ch&timent sur sa tête et de grands 
maux sur le genre humain. La conception d'Eschyle 



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LA FABLE DE t>ROMÉTHÉE DANS ESCHYLE. 2Ô7 

est plus haute, il ne s'occupe pas de savoir si les hom- 
mes font injure aux dieux en leur offrant les os des 
victimes enveloppés d*un peu de graisse, mais il in* 
siste sur le bienfait du feu et il fait voir comment toute 
culture humaine est sortie de l'étincelle apportée par 
Prométhée. Pour lui, Thomme primitif n'était pas tel 
que le dépeint le mythe de Tàge d'or : c'était un être 
voisin de la brute, plongé dans une lourde torpeur. Il 
avait des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour no 
pas entendre ; il vivait comme la fourmi au fond d'an« 
très obscurs, sans lumière et sans intelligence. C'est 
Prométhée qui lui enseigna tout art et toute science. 
C'est l'étincelle du feu qui alluma l'étincelle de l'esprit. 
Mais là ne s'arrôtent pas les services rendus par Pro- 
méthée à l'humanité* Si, dans Eschyle, il n'est pas 
l'auteur du genre humain, s'il n'a pas façonné avec de 
l'argile les premiers hommes, il leur donna tout ce qui 
constitue la civilisation. Ne pouvant en faire des êtres 
immortels, il détourna au moins leurs pensées de la 
mort et logea dans leurs cœurs d'aveugles espérances. 
Et en prenant ainsi hautement le parti des humains 
contre le nouveau maître du monde, il n'obéit pas aux 
sentiments d'amour-propre et de rivalité mesquine que 
lui prôte Hésiode } il a pour unique mobile la compas- 
sion pour l'état misérable où languissaient les mortels, 
Famour des hommes, la philanthropie^ qui lui est plus 
d'une fois reprochée par les ministres de Zeus. 11 
connaissait la puissance du dieu dont il contrariait les 
desseins, il savait à quel danger il s^exposait, et il se 
dévouait pour faire du bien aux hommes. 

Ces traits prêtés au patron, à l'ami de l'humanité 
agrandissent et ennoblissent la conception hésiodique^ 
sans altérer la donnée primitive. Mais il y a plus, le 
Prométhée d'Eschyle n'est pas seulementle défenseur de 
l'humanité, c'est un dieu plus ancien que Zeus, àquelques 
égards son égal, s'il ne lui est pas supérieur. Lorsque 
s'engagea la lutte entre les dieux antiques et les Olym* 



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288 HENRI WfîlL, 

pions, Prométhée seul, parmi les Titans, comprit que 
rissue ne dépendait pas de la force brutale, mais de la 
ruse et de Tintelligence ; et comme il ne put faire par- 
tager son avis aux autres Titans, il passa du côté de 
Zeus et contribua par ses conseils à lui procurer la 
victoire. Prométhée a donc été Tauxiliaire du nouveau 
maître et Ta aidé à fonder son pouvoir. Ce n'est pas 
assez» sans Prométhée ce pouvoir ne sera pas durable 
et Prométhée seul peut préserver Zeus de la chute. 
Zeus a détrôné son père Kronos, ]a malédiction pater- 
nelle pèse sur lui, il pourra être renversé à son tour 
par un fils plus fort que lui : tel est l'arrêt pro- 
noncé par la c triade des Parques et par les Furies 
qui n'oublient point ». Il y a donc un point noir dans 
l'avenir de Zeus, un danger que Zeus ignore et que 
Prométhée connaît. Il sait de quel hymen naîtra ce fils 
redoutable, mais il ne révélera ce secret que s'il est 
rendu à la liberté. On voit que la science de Prométhée 
est, sur un point, supérieure à celle de Zeus ; si le sort 
du Titan est entre les mains du dieu souverain, la du* 
rée môme de cette souveraineté dépend d'une révéla- 
tion de Prométhée. 

On aimerait à savoir si ces choses, qui ne se trouvent 
point dans Hésiode, ont été inventées par Eschyle ou 
s'il les a empruntées à un autre poète, à une autre ver* 
sion de la légende. Tant de poèmes anciens se sont 
perdus, nos connaissances en littérature grecque sont 
si fragmentaires, que cette question pourrait sembler 
insoluble. Cependant certains rapprochements, certai- 
nes inductions permettent d'y répondre assez nette- 
ment. 

Dans la Théogonie, Prométhée est fils de Japet et de 
la nymphe Klyméné ; Eschyle ne prononce pas le nom 
de son père, mais il lui donne pour mère Thémis. Ce ne 
sont pas là, comme on pourrait le croire, des différen- 
ces insignifiantes, des détails sans importance. Dès le 
début de la pièce, Héphœstos, en abordant Prométhée, 



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LA FABLE DE PROMÉTHÊE DANS ESCHYLE. 289 

rappelle « Dieu aux conseils profonds, âls de Tinfailli- 
ble Thémis ». Fils de Thémis — une filiation pareille 
a, dans le langage mythologique, une portée considé- 
rable, et grandit singulièrement un personnage : Thé* 
mis est Tantique et auguste divinité qui personnifie la 
loi du monde, la loi étemelle. Mais que faut-il penser 
d'un autre passage, dans lequel Prométhée donne à sa 
mère les deux noms de Thémis et de Géa, en confon- 
dant ainsi deux divinités qu'il distingue ailleurs. En 
effet, dans les premiers vers des Euménides, Thémis 
est donnée pour fille de Géa. Leur identification a cho- 
qué plusieurs commentateurs. Les poètes les plus 
graves se faisaient-ils donc un jeu de la mythologie? 
Croyaient-ils à l'existence de dieux qu'ils confondaient 
ou séparaient à leur gré ? On a soutenu que le pieux 
Eschyle ne pouvait se contredire ainsi, et que le vers 
du Prométhée auquel nous faisons allusion devait être 
interpolé. C'était là une supposition gratuite, et voici ce 
qui le prouve. Prométhée donne à sa mère le nom de 
Géa au moment où il raconte qu'il tenait d'elle la con- 
naissance des moyens qui procureraient la victoire dans 
la guerre des dieux anciens et des dieux nouveaux. Or, 
d'après la Théogonie, Zeus est victorieux dans cette 
guerre grâce aux conseils de Géa. On voit qu'Eschyle, 
tout en prêtant à Prométhée le rôle de conseiller et 
d'auxiliaire de Zeus, voulait respecter jusqu'à un cer- 
tain point la tradition hésiodique, et voilà pourquoi il 
fit de Géa la mère et l'inspiratrice du Titan. Si le poète 
est ainsi amené à identifier deux déesses qu'il distin- 
gue ailleurs, de pareilles variations, difficiles à admet- 
tre pour les dieux de l'Olympe, dont la personnalité 
bien accusée paraît en plein jour, s'expliquent aisément 
quand il s'agit de conceptions plus abstraites, d'êtres 
qui ressemblent à des personnifications plutôt qu'à des 
personnes. C'est ainsi que la mystérieuse puissance 
du Destin est représentée tantôt par trois personnes, 
tantôt par une seule, la Parque ou Moira par excel- 
Annuabib 1886. 19 



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290 HENRI WËIL. 

lence. Enfin le culte de sa patrie autorisait Eschyle h 
confondre Thémis avec la terre : les fouilles du thé&- 
tre de Dionysos ont mis à jour un siège d'honneur des* 
tiné à la prêtresse de Gé-Thémis.Mais il se conformait 
aux traditions de Delphes, quand, au début des £umé» 
nides, il faisait succéder Thémis à sa mère 6éa dans la 
présidence de Toracle. 

D*un autre côté, la révélation de Thymen fatal au 
maître des dieux était attribuée, dans les anciennes 
traditions, à la déesse Thémis. Ici encore Eschyle sui- 
vit la même voie. Pour s'accommoder à la tradition, 
dont il s'écartait par le fait, il voulut que son Promé- 
thée fût fils de Thémis. 

Mais, dira-t-on, Eschyle n'est peut-être pas l'auteur 
de cette nouveauté, il a pu l'emprunter à un poète plus 
ancien, aujourd'hui inconnu. 

Un contemporain d'Eschyle nous aidera à lever ce 
doute. Dans sa septième htkmique, Pindare rappelle la 
fable suivant laquelle Zeus et Poséidon se disputèrent 
la main de Thétis ; « alors, dit-il, la sage Thémis révéla 
dans l'assemblée des dieux l'arrêt du destin : unie à 
Zeus ou à un frère de Zeus, la déesse marine donnera 
le jour à un fils qui l'emportera sur son père, qui bran- 
dira une arme plus puissante que la foudre ou que le 
terrible trident 1 • Ala suite de cet oracle, Théiis fut 
donnée à l'heureux Pelée et devint la mère d'Achille. 
Voici maintenant la prédiction du Prométhée d'Es- 
chyle : c Le jour viendra où Zeus, malgré l'orgueil de 
tt son cœur, deviendra humble, car il médite un hymen 
(c qui, du haut de son trône souverain, le précipitera 
oc dans le néant. Alors enfin s'accomplira tout entière 
c l^imprécation que Kronos prononça en tombant de 
a son trône antique. Et cette fatalité, nul autre dieu 
a que moi ne peut la détourner de lui, seul je connais 
« ce danger mystérieux et le moyen de l'y soustraire* 
« Eh ! qu'il se prélasse sur son trône céleste, confiant 
« dans le bruit du tonnerre et dans le trait enflammé 



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LÀ FABLE DE PROMÉTHÉB DANS ESCHYLE. 291 

c que lance son bras : vain appareil, qui ne Tempéchera 
« pas de tomber ignominieusement, d'une chute irré- 
c parable. Tel est le rival qu'il se prépare lui-même, 
« adversaire irrésistible, qui trouvera une flamme plus 
<K puissante que la foudre et un bruit dont le fracas 
c remportera sur le tonnerre; et le trident marin, ce 
c fléau qui ébranle la terre, l'arme de Poséidon, il le 
c fera voler en éclats. » 

Que vient faire ici le trident de Neptune? Il s'expli- 
quait dans la version de la fable que Pindare a fidèle- 
ment conservée : on y voit, en efi*et, le dieu de la mer 
prétendre à la main de Thétis en même temps que le 
dieu du ciel. Dans Eschyle, ce détail est surabondant 
et aurait pu être supprimé sans inconvénient. N'est^il 
pas clair que les deux poètes ont eu sous les yeux le 
même texte poétique, et qu'Eschyle en a conservé la 
lettre tout en modifiant l'esprit? La fable avait été d'à- 
bord inventée pour glorifier la naissance d'Achille ; no<* 
tre poète, en la faisant entrer dans le mythe de Promé* 
thée, lui donne une portée qu'elle n'avait pas d'abord, 
et en substituant à Thémis le héros de son drame, il 
fait de ce dernier l'arbitre des destinées de Zeus. 

Eschyle a donc profondément modifié la tradition, 
on peut dire qu'il l'a transformée, et tous les change- 
ments qu'il y a introduits sont à l'avantage de Promé* 
thée, servent à grandir démesurément la noble figure 
du défenseur des hommes. Si nousi prenons parti pour 
Prométhée en lisant l'étonnante œuvre du vieux poète, 
si tous les arguments, tous les raisonnements contrai- 
res ne peuvent rien contre l'impression que ce drame 
laisse dans notre esprit; cette impression, la sympathie 
que nous ressentons pour la victime de Zeus, n'est donc 
pas contraire aux intentions du poète. Il Ta voulu ; il a 
introduit de propos délibéré dans sa fable des traits qui 
ne permettent pas de voir dans Prométhée la figure de 
l'humanité révoltée contre le dieu souverain. Le poète 
a fait de son Prométhée un grand dieu, admirable par 



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292 HENRI WEIL. 

la sagesse et la fermeté, ayant ses droits et ses titres 
et, sinon Tégal du maître, du moins son pair. 

Quel dommage que nous n'ayons plus le drame de la 
Délivrance de Promètkée, qui faisait, on ne saurait en 
douter, suite à celui qui est venu jusqu'à nous. Cet au- 
tre drame, très célèbre dans l'antiquité, est souvent 
cité par les auteurs anciens. Cicéron en a traduit une 
longue tirade dans ses Tusculanes; aussi pouvons-nous, 
grâce aux fragments et aux allusions éparses, entrevoir 
la marche de la pièce et ses principaux incidents. Pro- 
méthée, toujours attaché à son rocher, était rendu à la 
lumière; le lieu de la scène n'était cependant pas le 
môme, le décor ne représentait plus les déserts de la 
Scythie, mais le mont Caucase. Au lieu des jeunes 
Océanides, on voyait autour de lui les dieux les plus 
anciens, venus des confins méridionaux du monde pour 
consoler leur parent. En effet, le chœur était composé 
des Titans, tirés par Zeus du Tartare où ils avaient été 
enchaînés. Ce trait est h noter. Cependant le supplice 
de Prométhée dure toujours, il est môme devenu plus 
cruel par l'aggravation de peine déjà annoncée dans le 
drame précédent. L*aigle de Zeus fouille les entrailles 
du malheureux pour se repaître de son foie ; après un 
jour d'intervalle, le foie a eu le temps de se former de 
nouveau, et l'affreux repas recommence. C'est le jour 
où l'aigle doit revenir. Mais auparavant paraît le glo- 
rieux archer, ce descendant d'Io, ce libérateur promis 
par les destins, révélé dès longtemps par les prophé- 
ties. Comme son aïeule, Hercule parcourt la terre, mais 
il n'est pas, lui, aiguillonné par le délire, il dompte les 
monstres et laisse partout le souvenir de ses exploits. 
Prométhée lui enseigne la route à suivre, comme il 
avait fait à lo. L'itinéraire de cette dernière avait fait 
connaître Textrôme Orient, Hercule va explorer les 
pays d'Occident. C'est une occasion pour le poète de 
compléter en quelque sorte son tour du monde^ et d'en- 
tretenir encore son public de cette géographie fabu* 



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LA FABLE DE PROMÉTHËË DANS ESCHYLE. m 

leuse, qui avait autant d*attraits pour les hommes d*a* 
lors qu'ont pour nous aujourd'hui les récits de Tinté- 
rieur mystérieux de TAirique. Entre autres merveilles, 
Eschyle leur contait comme quoi Hercule, serré de tous 
les côtés par les belliqueux Liguriens, à bout de flèches 
et de ressources, fut secouru par une pluie de pierres 
que Zeus fit tomber à propos, afin qu'elles servissent 
de projectiles au héros. Et voilà Torigine de ces amas 
de cailloux qui couvrent encore aujourd'hui la plaine 
de la Grau près d'Arles, et qui occupaient déjà, on le 
voit, la vive imagination des Grecs. Ge conte assez 
enfantin inspira à Eschyle de beaux vers, qui ont été 
(Conservés et qui ont un tour, un son tout à fait tra- 
gique. 

. On entend des battements d'ailes, le redoutable oi* 
seau se montre dans les airs. Hercule tend son arc, in- 
voque le secours d'Apollon, l'arober divin, la flèche vole 
et l'aigle est abattu. Prométhée remercie son libéra«- 
teur, « ce fils très cher d'un père ennemi ». Mais la dé- 
livrance n'est pas encore complète, les chaînes du pri- 
sonnier ne sont pas encore tombées. Il faut qu*il révèle 
le terrible secret qui menace le règne de Zeus ; c'esi à 
cette condition qu'il pourra être rendu à la liberté. 

Gette partie de Faction est obscure pour nous, mais 
nous savons qu'un accord fut conclu entre les dieux. 
Le centaure Ghiron, atteint par une flèche d'Hercule et 
souffrant d'une blessure incurable, renonce à son pri* 
vilège divin et endure volontairement la mort, afin de 
sauver Prométhée, 

Ge détail peut sembler peu nécessaire dans l'éco- 
nomie du drame : car Prométhée s^est déjà racheté par 
la révélation du grand secret. Il y a plus : Ghiron des- 
cend à la place de Prométhée dans les lieux souterrains 
où règne la mort. Gela ne se. comprend bien que si le 
Titan s'y trouve et que le Gentaure y prend en effet sa 
place. Dans Eschyle, Prométhée. avait été, il est vrni, 
précipité dans le Tartare, mais il.est déjà rendu à la 



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d94 HENRI WfilL. 

lumière quand la substitution a lieu. Si je ne m'abuse, 
il y a ici contamination de deux versions distinctes. Où 
notre poète prit-il le rachat de Prométhée par Ghiron? 
Peut-être dans la vieille Titanomachie. Nous savons 
peu de chose de cette épopée, mais on en cite un frag- 
ment dans lequel Ghiron se trouve mentionné, et Welc* 
ker a jugé que, vu le sujet de ce poème, Ghiron ne 
pouvait guère y être introduit qu'à propos de la fable 
de Prométhée. 

Dans Eschyle, Prométhée continuait, après sa dé]i« 
vrance, à porter des chaînes, mais des chaînes symboli- 
ques et inoiTensives; il ceint ou, comme disaient les an- 
ciens, il lie sa tête d'une couronne d'osier, peut-être met-il 
aussi (cela est moins sûr) un anneau fait du métal de ses 
chaînes, autre liencommémoratif de son long supplice. 
On pourrait être tenté de donner à la couronne une 
autre signification qu'à l'anneau. En effet, quelques 
critiques prétendent que Prométhée, avant de se sou- 
mettre, se déclarait vainqueur dans sa lutte contre 
Zeus et se couronnait en signe de triomphe. Mais ce 
système est en contradiction avec les témoignages pré- 
cis de plusieurs auteurs anciens et d'Eschyle lui-même. 
Ajoutons qu'il méconnaît le symbolisme antique. Les 
couronnes que portaient les victimes, les prêtres, les 
pèlerins, les suppliants, n'étaient d'abord autre chose 
que des liens qui les consacraient, les vouaient aux 
dieux; et la couronne de Prométhée était aussi une 
chaîne, c la meilleure des chaînes », comme disait le 
poète. Cette chaîne, qui ne serre point, qui n'est qu'une 
simple formalité symbolique, n'en constitue pas moins 
un acte de soumission, un hommage à la souveraineté 
de Zeus. En revanche, le Titan réconcilié avec le maître 
de rOlympe, reprend son rang et ses honneurs parmi 
les dieux. On sait que les Athéniens célébraient des 
fêtes et des jeux consacrés à Prométhée : l'établisse- 
ment de ce culte n'était sans doute pas oublié par lo 
poète qui, à la fin de ses Euménides^ fait conduire ces 



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J 



LA FABLE DE PROBfÉTHÉB DANS ESCHYLE. 295 

déesses, en solennelle procession, à leur sanctuaire 
souterrain. 

L'inauguration du culte de Prométhée dans FÂttique 
faisait^elle le sujet d*un troisième drame? ou faut*il 
croire, au contraire, que le Prométhée enchaîné était 
précédé d*un drame roulant sur le larcin du feu ? ou 
bien encore, la fable se déroulait*elle en deux drames, 
une dilogie au lieu d'une trilogie? Les trois thèses ont 
été soutenues. Avouons que les données dont nous 
disposons ne suffisent pas pour résoudre cette question 
secondaire. La pensée d*Eschyle, la conception reli- 
gieuse qu'exprime ou que cache son œuvre, voilà ce que 
nous aimerions surtout à connaître. Cette pensée, cette 
conception, est-elle la môme dans le drame de TEn* 
chalnement et dans celui de la Délivrance? Prométhée 
et Zeus sont, à proprement dire, les deux acteurs en 
présence, quoique Tun des deux ne paraisse point, ne 
parle et n'agisse que par l'intermédiaire de ses minis- 
tres. On dirait que, d'un drame à l'autre, un change- 
ment s'opère dans ces deux personnages. L'aggravation 
du supplice, le foie dévoré et toujours renaissant, est 
l'image des désirs inassouvis, des ambitions impuis- 
santes, des rébellions qui trouvent leur châtiment en 
elles-mêmes* C'est en ce sens que la même peine est 
infligée è Tityos, un des criminels typiques châtiés 
dans les Enfers de l'Odyssée. Cette peine semble ran- 
ger Prométhée parmi les impies qui oublient les limi- 
tes de la condition humaine : en effet, une ode d'Horace 
nous montre Prométhée dans cette société, avec Tan- 
tale et Orion. Eschyle pensait-il de même à ce sujet? Il 
faut dire, qu'il n'inventa pas ce châtiment : il le trouva 
dans Hésiode et dans la tradition populaire : de très 
anciennes pierres gravées représentent déjà Prométhée 
et l'aigle. Le poète était obligé de conserver un trait 
de la fable qui se trouvait établi dans toutes les imagi- 
nations, et il convient peut-être d'y attacher moins 
d'importance : ce trait pouvait ne pas avoir dans son 



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296 HENRI WEIL. 

esprit la même portée que ceux qu'il inventa lui-même 
et qui sont l'expression la plus directe de ses idées. 
Âbstenons-nous donc d'interpréter le foie dévoré, c'é- 
tait, aux yeux du poète, un supplice cruel, rien de plus. 
Mais on ne saurait méconnaître un certain changement 
survenu dans la conduite et même dans les sentiments 
du fier Titan. Qu'il consente à révéler le fatal secret, 
cela n'est pas en contradiction avec les paroles mena- 
çantes qu'il prononça jadis : il avait toujours regardé 
ce secret comme sa rançon future et le gage de sa dé- 
livrance ; il n'en est pas de môme du lien symbolique 
qui rappellera à tout jamais son long enchaînement. En 
l'acceptant, Prométhée avoue qu'il a été trop loin dans 
sa résistance aux ordres de Zeus, il se lie lui-môme, il 
s'incline devant le pouvoir dont il prédisait autrefois 
et souhaitait si ardemment la chute. D'un autre côté» 
ce pouvoir ne s'exerce plus de la môme manière, Zeus 
a changé de conduite, lui aussi. Les chaînes des autres 
Titans sont déjà tombées avant celles de Prométhée, 
les combats^ les violences d'autrefois sont oubliés. 
L'imprécation de Kronos est rachetée. Zeus voulait 
jadis détruire le genre humain, les progrès de l'huma- 
nité se sont faits malgré lui ; maintenant, il protège le 
plus grand des mortels, qui est son fils chéri ; il per- 
met à Hercule de répandre ses bienfaits sur les hom- 
mes, de mettre fin au supplice du dieu ami des hom- 
mes, de triompher un jour de la mort et de franchir 
l'abîme qui sépare les mortels des immortels. 

Nous élions-nous donc trompés sur les intentions et 
183 sentiments de Zeus? Gela n'est pas admissible, 
l'impression que la lecture du Prométhée enchaîné fait 
sur tout esprit non prévenu, n'est pas de celles qui 
cèdent à des raisonnements. Aussi n'est-il nullement 
besoin de nous donner un démenti. La conduite de 
Zeus a naturellement changé avec les circonstances; 
ses principes de gouvernement ne sont plus les mômes. 
Pour nous, sans doute. Dieu a toujours été ce qu'il 



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LA FABLE DE PROMÉTHÉE DANS ESCHYLE. 297 

sera de toute éternité; il est immuable, parce qu'il est 
parfait. Gardons-nous bien de prêter cette idée à un 
poète hellénique, à quelque hauteur de conception re- 
ligieuse qu'il ait pu s'élever. Les dieux des Grecs, 
après avoir été d*abord les éléments et les forces du 
monde visible , se séparèrent insensiblement de la 
nature pour devenir des personnes, semblables à 
l'homme, tout en lui étant très supérieurs. Ces dieux 
sont nés, ils ont grandi, ils ont lutté, ils ont eu leurs 
aventures, leur histoire enfin. C'est assez dire qu'ils 
ne peuvent pas toujours être identiques à eux-mâmes. 
Zeus est arrivé au pouvoir après des combats, par 
une révolution violente. Les puissances qu'il a renver- 
sées par la force, il faut qu'il les contienne et les 
dompte par la force. C'est la condition de tout régime 
nouveau ; il ne lui est pas loisible d'être doux ; il .faut 
qu'il réprime avec la dernière rigueur toute tentative 
de résistance, eût-elle les plus nobles motifs, comme 
celle de Prométhée. Ajoutez que Prométhée, tout en 
ayant secondé l'entreprise de Zeus, appartenait à la 
race détrônée, et était par là môme suspect. Enfin, 
comme le poète le dit lui-même par la bouche d'Hé- 
phœstos « tout pouvoir nouveau est rigoureux >. On 
a beau être dieu, on n'échappe pas à cette loi des ré- 
volutions. Zeus était donc d'abord dur et lyrannique; 
des bourreaux implacables. Pouvoir et Force, étaient 
les exécuteurs de sa volonté ; il ne pouvait en être au- 
trement. Mais quand une longue domination a conso- 
lidé son pouvoir, quand l'ordre de choses introduit 
par lui se trouve définitivement établi, les conditions 
ne sont plus les mêmes et les principes de gouverne- 
ment peuvent changer. Il est si fort qu'il peut être 
doux; les dieux de l'ancien régime sont pardonnes et, 
à leur tour, ils pardonnent et oublient; une ère de paix 
succède à l'ère de violence, et Zeus est devenu le 
maître bon et sage qu'adorent les Pindare et les Es- 
chyle, 



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298 HENRI WEIL. 

On pourrait croire, en isolant quelques vers du Pro- 
méthée enchaîné, et on cru, en effet, qu'Eschyle prédisait 
la chute de Zeus. Il faut le dire, cette chute, à voir les 
choses d*une manière générale, n*a rien d'impossible : 
un règne qui a commencé peut finir. Mais hÀtons-nous 
d'ajouter qu'aux yeux d'Eschyle cette possibilité ne se 
réalisera pas : pour lui Zeus est bien le dieu définitif. 
Déjà avant Eschyle, d'autres poètes, en obéissant à la 
logique des fables traditionnelles, avaient envisagé 
la possibilité de la chute de Zeus, non pour affirmer 
cette éventualité, mais pour la contester. Voici, en 
effet, ce qu'on lit dans la Théogonie. La première épouse 
de Zeus, Métis (sagesse), doit enfanter un fils plus fort 
que son père ; mais ce fils ne naîtra pas, Zeus prévient 
ce malheur en s'incorporant Métis : évidemment il de* 
vient ainsi le dieu aux sages conseils, le dieu éminem- 
ment sage {[Lf^'iUia Ze6ç). De même, dans Eschyle, Zeus, 
après avoir gr&cié les Titans et conjuré ainsi l'Erinyg 
de l'imprécation paternelle, détourne à jamais le dan- 
ger d'une chute en se réconciliant avec le fils de Thé- 
mis, dépositaire du secret de sa destinée. La sagesse 
du Dieu du feu, du dieu prévoyant entre tous, ainsi 
que l'indique son nom de Prométhée, redevient l'auxi- 
liaire de Zeus, se soumet à son pouvoir souverain, et 
rend ainsi à jamais inébranlable le trône qu'elle avait 
aidé à fonder par ses conseils. Les deux fables, celle 
de Métis, et celle de Prométhée, ont le môme sens; 
elles servent à concilier les deux notions de Zeus, no- 
tions contradictoires et coexistantes. D'un côté Zeus 
est un dieu qui a son mythe, son histoire, qui n'a pas 
toujours régné, ni môme toujours existé, qui a triom- 
phé un jour, qui pourrait succomber un auire jour; 
d'un autre côté Zeus est « le seigneur des seigneurs », 
le dieu des dieux, enfin le dieu par excellence. 

Cependant les querelles des dieux, ainsi que leur ac- 
cord final, nous intéresseraient médiocrement, si les 
intérêts des hommes ne s'y trouvaient pas engagés. 



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LA FABLE DE PROMÉTHÉE DANS ESCHYLE. 299 

Sous les noms de Zeus, de Prométhée, d'Héraclès, le 
poète nous parle du bien et du mal de rhumanitë, de 
ses progrès, de ses douloureuses épreuves. D^abord il 
nous transporte aux origines du genre humain et du 
monde. Nous sommes au lendemain des< batailles des 
dieux, les grandes convulsions cosmiques viennent à 
peine de s'apaiser. Typhon, le monstre aux cent têtes, 
le géant des volcanSi rebelle à Tordre harmonieux du 
monde, vient d'être précipité dans les profondeurs de la 
terre. Mais tout vaincu qu'il est, il fait encore sentir par- 
fois sa rage destructrice en s'agitant dans sa prison, té- 
moin la grande éruption de l'Etna qui terrifia les contem- 
porains d'Eschyle et que le poète rappelle dans ses vers. 
C'est là un écho des révolutions du monde primitif évo* 
quées par le poète. L'humanité végétait dans une triste 
torpeur et faillit y périr, quand brilla sur la terre, dans 
les demeures des hommes, la première étincelle de feu. 
Ce don d'un dieu bienfaisant devient le germe des arts, 
des sciences, le point de départ de la culture intellec* 
tuelle et d'une existence vraiment humaine. Mais le 
bienfaiteur de l'humanité, son patron, son représen- 
tant et comme son image divinisée, est condamné à de 
longues et cruelles souffrances : tout progrès s'achète, 
s'expie par la douleur. Enfin cependant les temps s'ac* 
complissent, l'humanité s'exalte en s'inclinant, la paix 
est conclue entre la terre et le ciel. L'amour des dieux 
pour les filles des mortels est le signal de ce rappro* 
chement ; de leur union naissent des héros aimés des 
dieux et dignes de partager leur immortalité. Promé- 
thée, délivré par Hercule, est à jamais réconcilié avec 
Zeus. 



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LA LOI DE GORTYNE 

TEXTE, TRADUCTION ET COMMENTAIRE 
PAn M. B. Oarbste 



Le fragment le plus anciennement connu de la loi de 
Gortyne a été rapporté de Crète et publié dans la Revue 
archéologique, en 1863, par M. Pabbé Thenon. Il con- 
tient quelques lignes qui font partie des §§ 58-60. La 
pierre est déposée au Musée du Louvre. On peut voir, 
sur ce fragment, les travaux de M. Bréal (Retme ar- 
chéologique, 1878) et de M. Roehl (Inscriptiones grxcx 
antiquissîmx, 1882). Il est reproduit dans le recueil de 
Gauer (Delectus mscriptionum grœcarum, 1883) et dans 
celui de Dittenberger (Sylloge inscriptionum grœcarum, 
1883). 

En 1880, M. HaussouUier a publié dans le Bulletin 
de correspondance hellénique deux nouveaux fragments 
dont Tun, très mutilé, fait partie de l'article 39 et Tau* 
tre forme l'article 48. Ces fragments ont été publiés de 
nouveau par Roehl, dans le recueil précité, avec un 
essai de restitution par Blass. On les trouve également 
dans les recueils de Gauer et de Dittenberger. 

Enfin, au mois de septembre 1884, Tinscription en- 
tière dont ces fragments avaient été détachés, a été 



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LA LOI DE GORTi'NE. 301 

découverte et copiée par MM. Halbherr et Pabricius. 
Elle a été publiée en 1885 par M. Comparetti dans le 
deuxième fascicule du Museo ttab'ano ,dt antichita classica, 
et par M. Pabricius, dans le quatrième cahier des 
Mittheilungen des deutscken arckxologtschen Instituts in 
Athen. 

Dès le mois de mai 4885, nous avons publié dans le 
Bulletin de correspondance hellénique un premier essai de 
traduction en français. M. Comparetti publiait en 
même temps une traduction en italien. Depuis lors, il 
a déjà paru cinq traductions en allemand, dont voici les 
titres : 

BUcheler et Zitelmann, Dos Recht von Gortyn; 

J. et Th. Baunack, Die Inschrift von Gortyn; 

H. Lewy, Altes Stradtrecht von Gortyn; 

Bernhôft, Die Inschrift von Gortyn ; 

Simon, Die Inschrift von Gortyn. 

Grâce à ces travaux, le texte de Tinscription parait 
être à peu près définitivement constitué, et le sens fixé 
autant qu'il peut Tôtre. Il ne reste plus qu'un très 
petit nombre de passages dont l'interprétation soit 
encore douteuse. Les lacunes mômes, à l'exception de 
deux, Tune de sept lignes, entre les §§ 52 et 53, l'autre 
de huit lignes, entre les §§ 67 et 68, ont pu être en 
grande partie comblées par des restitutions qui, à 
défaut de certitude, offrent du moins une grande pro- 
babilité. Les philologues ont fait leur œuvre. C'est 
maintenant aux jurisconsultes qu'il appartient de par* 
1er. Le moment parait venu de les convier à cette étude 
en leur fournissant la base indispensable, à savoir un 
texte lisible et une traduction aussi exacte que pos- 
sible. A cet effet, nous avons soumis notre premier 
travail à une révision attentive, en profitant des re^ 
marquables travaux de Comparetti et des éditeurs al- 
lemands. Nous rappelons ici, par forme d'introduction, 
quelques notions historiques. 

Gortyne était, avec Gnosse et Lyctos, une des trois 



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302 R. DARËSTE. 

principales villes de la Crète. Gomme toutes les villes 
doriennes, elle avait une constitution aristocratique. 
Le pouvoir était cpnfié à certaines familles nobles qui 
Texerçaient tour à tour. Les magistrats portaient le 
nom de Cosmes, L'autorité législative résidait dans 
rassemblée du peuple. Quant au pouvoir judiciaire, il 
appartenait, du moins en matière civile, à un juge uni- 
que. Il semble résulter de notre texte que le territoire 
de Gortyne était divisé en plusieurs circonscriptions 
dont chacune avait son juge. 

La loi distingue quatre classes de personnes, à sa- 
voir les hommes libres (âXeuOepot), les hommes de con- 
dition inférieure (diue^atpoi), les colons (Focxfjeç), et les 
esclaves (i&Xot). La différence entre les deux premières 
classes tient à ce que les hommes libres, proprement 
dits, font seuls partie des confréries ou hétairies. Les 
autres, comme leur nom Tindique, en sont exclus. Les 
colons se rapprochent des esclaves en ce qu'ils ont un 
maître, et sont attachés à la glèbe, mais ils ont des 
droits sur la terre qu'ils cultivent. Le cheptel, les objets 
mobiliers leur appartiennent. Ils font en quelque sorte 
partie de la famille. Quant aux esclaves, le maître n'a 
pas sur eux un pouvoir illimité, et la loi les protège, 
au moins dans certains cas déterminés. 

Ce qu'il y a de plus remarquable dans la loi de Gor* 
tyne, c'est le système des preuves. Devant le juge la 
preuve se fait de trois manières : 

Le premier mode est le témoignage. Les témoins 
doivent être majeurs et libres, et leur nombre est fixé 
suivant les cas. Leur déposition lie le juge. Lorsqu'il 
y a des témoignages en sens contraire, ils se détruisent 
réciproquement et l'on a recours alors aux autres modes 
de preuve, à moins que la loi n'établisse une présomp* 
tion, telle que la présomption de liberté en faveur de 
l'homme qui est revendiqué comme esclave. 

Le second modo de preuve est le serment. Il ne s'agit 
pas ici d'un serment déféré par la partie adverse. C'est 



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Là loi de QORTYNË. 303 

le juge ou plutôt la loi elle^-même qui impose le ser- 
ment, soit au demandeur, soit au défendeur, suivant 
les cas. Elle exige même, dans certaines circonstances, 
que la partie qui doit prêter serment soit assistée d'un 
certain nombre de cojureurs. Ainsi, pour prouver 
l'adultère de la femme, l'homme libre jure lui cin- 
quième; rhomme de condition inférieure, lui troi- 
sième ; le colon, lui second. C'est le système des lois 
barbares. 

Mais la preuve par témoins ou par serments n'est 
pas toujours possible. Elle n*est même pas toujours 
admissible. Alors la loi a recours à un troisième moyen. 
C'est le juge qui prête serment et statue d'après les 
débats, comme juré; xpiveT, dit la loi. Dans les deux 
premiers cas, elle emploie une autre expression, Stxdîet. 

Pour bien se rendre compte de ce système de preu- 
ves, il faut se placer au point de vue du droit primitif. 
Le serment est un mode de preuve. Il a remplacé les 
ordalies. G^est pour cette raison qu'il n'est prêté ni 
par les témoins, ni par le juge. Le témoin qui prêterait 
serment cesserait d'être un témoin et deviendrait un 
cojureur. Le juge ne prête serment que lorsqu'il n'y a 
pas de preuve, et alors c'est lui qui fait la preuve par 
son serment. Plus tard, les cojureurs disparurent. 
C'est alors que se répandit l'usage de faire prêter ser- 
ment aux témoins pour donner plus de force à leur dé* 
position, aux juges pour leur faire promettre Timpar- 
tialité. 

Ces seules dispositions suffiraient pour faire assi- 
gner à la loi de Gortyne une date très ancienne. Mais 
la forme des lettres, et la direction des lignes, qui vont 
alternativement de gauche à droite et de droite à gau- 
che ne permettent pas d'assigner à Tinscription une 
date plus récente que celle du vi« siècle avant notre 
ère. La loi de Gortyne est donc contemporaine de celle 
de Solon, et ce n'est pas la plus ancienne. Elle pro* 
clame elle-même qu'elle n'a pas d'efTet rétroactif et 



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304 LA LOI DE GORTYNE. 

renvoie pour le passé à une loi antérieure qui parait 
avoir été plus rigoureuse, surtout en ce qui concerne 
la situation des adoptés, et celle des filles. Elle ne 
comprend d'ailleurs ni le droit politique, ni certaines 
parties du droit civil et criminel, comme tout ce qui 
touche à la propriété et au meurtre. Il existait donc 
sur ces matières une loi antérieure que la loi nouvelle 
a laissé subsister en cette partie, comme Solon a con- 
servé les lois de Dracon. 

Nous n'avons pas besoin de signaler Timportance de 
ce monument législatif. G*est peut-être la plus belle 
découverte qui ait été faite depuis longtemps et la plus 
féconde en résultats pour l'histoire du droit dans Tan- 
tiquité. 



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LA LOI DE GORTYNE 



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306 n. DARESTE. 

(!) c; y/èXsuOépwi t% S(Ji)Xfa)t [jidXX-^t àv- 
7:'.[i.(ji)Xev, i:po Btxaç ixi) «y^v • ai 8- 
é y.' aYTi'., y.aTa3'.xax(;aTCi) tû è7v£uOép- 
(i) 0£y.a CTanfjpavç, -ww S(ji>X(i) TiévT- 
s Sr. aYTQi, y.3tl B'/itay.(7aT0} Xa^a^at 
£v Taîç Tpict àjJLepat;. a? ci xa 
^.Ti Xa^aor^t, xaTaoïy-aoSÉTw tû ji-sv 
èXsuOépo) (JTaTtipa, tw StbXu) Bapy.v- 
àv Tô; àjxépa; FexacTa; -irptv xa Xa* 
Yacr^t • TÛ lï îcpovo) tov Baaa-- 
àv i;j.v6vTa xptvsv. ai o'ivviciTO 
jjLY) àf£v, TGV ct>taGTàv è[;.v6vT- 

(2) a? o£ 'AOL p-toXf^t 6 IJ.SV èXsuOépov 
ô 8s SûXov, /.apTsvavç r^fjisv 

CTTCtx' £X£uO£pOV àTCOXWvfwV- 

(1) Suivant Platon (Xo», xi, 2), un maître p«nt emmener son esclave, 
ou Tesclave d'un de ses parents ou amis. Mais toute personne peut 
revendiquer comme libre celui qui est emmené comme esclave, et 
l'arracher & celui qui Temmène, ù la condition de fournir trois cautions. 

Celui qui arrache un esclave sans fournir ces cautions s'expose à 
une action de violence et peut être condamné, par cette action, an 
double du dommage, d'après l'évaluation faite par le demandeur. De 
môme, à Athènes, dans le plaidoyer de Ljsias contre Pancléon, nous 
voyons Nicomède emmener Pancléon qu'il prétend être son esclave. 
Les amis de Pancléon interviennent et se portent cautions pour lui. 
Le lendemain, un tiers se présente et revendique Pancléon comme son 
esclave. Lysias reproche à Pancléon de n'avoir pas intenté contre 
Nicomède une action en dommages-intérêts. Les actes d'affranchis- 
sement recueillis à Delphes, et publiés par M&C. Wescher et Foucart, 
portent tous que si quelqu'un veut emmener l'affranchi, prétendant 
que c'est son esclave, toute personne pourra intervenir et s'opposer, 
même par la force, sans s'exposer ni à. une amende ni à un procès. 

Il y avait, en effet, une action en dommages-intérêts, ouverte à la 
partie qui avait commencé à emmener le prétendu esclave, contre la 
partie qui, à tort, s'était opposée à cette main-mise. Dans le plaidoyer 
de Démosthèns contre Nééra (§45), nous voyons Phrynion intentera 
Stéphanos une action de ce genre, pour lui avoir indûment arraché 
Nééra. V. aussi dans les fragments d'Isée le plaidoyer ponr Eumathés. 

A Home, les choses se passaient de même. On connaît l'histoire de 



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LA LOI bE GORTVNliî. 30Î 

I 

1. Celui qui voudra revendiquer comme sien un 
homme libre ou un esclave ne pourra l'emmener avant 
jugement. S'il Temmène, il sera condamné à payer dix 
statères pour un homme libre, et cinq pour un esclave, 
pour le fait de l^avoir emmené, et il lui sera enjoint do 
mettre cet homme en liberté, dans les trois jours. S'il 
ne le met pas en liberté, il sera condamné à payer pour 
un homme libre un statère, pour un esclave une dra- 
chme, par chaque jour de retard. Pour le calcul du 
temps le juge prononcera comme juré. Si le revendi- 
quant nie avoir emmené Thomme, le juge prononcera 
comme juré, à moins qu'il n'y ait déclaration faite par 
un témoin. 

2. Si les parties prétendent Tune que le revendiqué 
est libre, l'autre qu'il est esclave, les témoins qui l'au- 
ront déclaré libre seront préférés. Si les parties se 
disputent un esclave que chacune des deux prétend être 
à elle, en ce cas, s'il y a déclaration faite par un témoin^ 
le jugement sera rendu conformément au témoignage. 

Virginie (Liv. III, 44) : « Virglni venienti in forum... manumiujecit... 
sequi se jubebat. » Le premier venu pouvait «"opposer à cette voie de 
fait, libérait causa manu adserere. Il y avait provision en laveur de 
la liberté, vindiciœ secxindvm libertatem. Enfin, le procès s'enga- 
geait par la legis actio sacramento. Les situations de ce genre se 
rencontrent fréquemment dans les comédies de Plaute et de Térence, 
et se trouvaient sans doute déjà, dans les pièces de Ménandre et de 
Dîphile qui leur ont servi de modèle. 

La loi de Gortyne ne dit pas, mais elle suppose évidemment que la 
personne arrêtée comme esclave ne peut se défendre elle-même. Le 
procès ne peut être engagé que par un tiers intervenant. 11 n'y a pas, 
comme à. Home, provision en faveur de la liberté. 

Il faut explique^ ici le système des monnaies de Oortyne. I/unité est 
la drachme, qui vaut à peu près un franc. Le statère est une monnaie 
d'argent qui vaut deux drachmes. La drachme se divise en sis oboles» 

fi(aA&l fiiyjrxt, xai ècvrtfiOiUx ot/.yj, Hesychius. 

ixyâïffat ifsîvxi^ Hesychios. 



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308 R. DAliESTE. 

Ti. ad ce x' vfizi SwXtot p^wAtwvr. 
::u)v(ovT£ç Fcv FsxdtTspoç r,iJL£v, 
ai [Uv %CL tJLaiTu; à7ro'î:(i)vf,t, x- 
axà Tbv (;.a(Tupa StxàSSev • aï 

tI^ {ji.Y;daTép(oi, tbv otxacTàv ô- 
[xvuvTa xptvsv. 

(3) -^ 8é xa vixaetjt o 
Ixwv, TC|x [iiv iXeyOépov Xa^* 
iffott Tav T£vt' àjAspav, iiv Se oû- 
Xov iç xêpavç droScjxev. aï Se 
xa jjLYj Xa^aot)». t^ jx-î) àiroSôi, Stxax- 
caTù) vtxèv TU) (i.èv èXeuOéph) 
ir6VTif;xovTa ffTanfipavç xat c- 
Tat^pa Toç à*i.spaç Fsxacrt- 
aq TpJv xa Xa-Yaor^i, tw Se Swaw 
Séxa oran^po'/ç xat Sapxvàv 
taç di[iipaç Fexaataç -îrpCv x' à- 
i:GS(5t èç xépov^. i^ H %ol xataSt- 
xixvTjt ô Sixa^Taç, èviauToît •::- 
paSSéSOai Ta Tpttpà ^ [jLeTov 
iwXfov iï jjLiQ • t(5 Se xpovu) Tbv St- 
xacrràv èjxvùvta xpCvev. 

(4) al Se 
xa vae^Yjt 6 SôXo; 5xa vixaOïi- 
t, xaX((i)v àvTt (i^tTup(i)v Suûv S- 
poiiicdv iXeuOépcdv Âi:oSetx9iT- 
« lia tôt vaôi oirij xa vaeurji ti a- 
ÔTOÇ Y^ àXoç Tzph TOÛTCi). aï Se 
xa jjLtj xaXfji ifi jjLYj SeCxoTjt, xaTic- 
TiTco Ta èYpajJLéva, a! Se xa (xiqS ^ 
ai^bv axoSût èv Tâe eveauTÛt 
• Tavç àxXéovç TtpLàvç ixtxat- 
a^acret. a? Se x' droOavTjt [a- 
(i>XtC[Jiévaç TaS Stxaç xàv àxX- 
6ov Tiixàv xaTacTaaeT. 

(5)aîS- 



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LA LOI DE GORTYNE. 309 

Si les témoignages sont également favorables ou éga- 
lement défavorables à Tun et à Tautre, le juge pronon- 
cera comme juré. 

3. Si celui qui succombe est en possession^ il mettra 
Thomme libre en liberté dans les cinq ^ours, et il re« 
mettra Tesclave entre les mains de Tadversaire. S*il 
n'effectue pas cette mise en liberté ou cette remise, il 
sera contraint > par jugement « à payer à raison de 
rbomme libre cinquante statères, plus un statère par 
chaque jour de retard, et à raison de Tesclave dix sta- 
tères, plus une drachme par chaque jour de retard. Si 
le juge prononce une condamnation de ce genre, il ne 
pourra être exigé pour une année que trois fois Ta- 
mende, ou moins, mais pas plus. 

4. Si, au moment où le défendeur est vaincu, l'es- 
clave a cherché un asile dans un temple, le vaincu fera 
sommation au vainqueur devant deux témoins majeurs 
et libres et lui fera voir Tesclave dans le temple où il 
est réfugié, et il fora cela lui-même, ou un autre pour 
lui. A défaut par lui de faire cette sommation ou cette 
montrée, il payera la somme ci-dessus 8xée. S'il ne livre 
pas l'esclave dans l'année, il payera en outre une fois la 
valeur de cet esclave. Si l'esclave meurt pendant le pro- 
cès, le vaincu payera une fois la valeur de cet esclave. 

5. Si c'est un cosme qui emmène un homme ou si 

(3) Cette disposition impose oae limite à raccumulation des dom- 
mages-intérêts. L*amende pour un homme libre ne pourra dépasser 
150 statères, et pour un essiave 30 statères. Autrement elle pourrait 
8*élever, dans le premier cas, à 360 statères, dans le second à. 180. — 
Suivant Baunack, il s*agit non de trois fois Tamende, mais de trois 
fois la valeur de Tesclave. Tsc rpcrpsc peut aussi signifier le tiers, mais 
il est alors plus difficile de comprendre la disposition. 

(4) vxùicjy i/.iTsûscv. Hésychius. Il s*agit ici du droit d*asile. 

Les témoins doivent être $po/iiiij c'est-À-dire majeurs de dix-sept 
ans. A cet âge, en effet, les jeunes gens étaient enrôlés dans les à/s- 
iat, et exercés & la chasse ou à la course, sttI Oiôpxv xal dpô/Aov, dit 
Éphore, cité par Strabon, liv. X. — 'ATâyt Ao,-, dit Hésychius, é /«>îoi7r« 



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310 R. DARESTE. 

<; àX7.o; îj %' iTroTîa'., |xo)Xev, y,àt x- 
avtxaOy)'. xaiioTàixîv i::* à; 

?bv 3s lfevaaii.év(i) xat tcv y.a- 
Taxsiji.svov à-^^ûvTt à7;aTCV 

(6) at Ka Tb^; èXsuOspcv % 
xàv âXsuOépav xap-csi gït^îi, éxa- 
tcv c-rarripavi; xaxasTa^ET, a- 
i B's •/.' àrsTatpo), céxa, ai ce •/.' 5 2wXô- 
ç Tbv èXeuOspov îj -ràv èXsuÔépa- 
V, îtrAYît xaT(XC7Ta7£t, ai Si y.' èXe- 
uôepo; Fotxéa r^ /''oaif;av, ^évTS 
îapxvàvr, a? Se xa rs'.y.îù; Foivia 
Y^ FciXY;av, 'ïtévTc CTa-nf^pav;. 
èvÎ5Ôt8(av B(î)Xav al y.âpT£i Sapi.- 
aaaiTO, cuo CTar/ipav; xaTa^r- 
Taffsï, aJ 5é y.a 8î8a[j!.vajxéva'; ^£- 
5' àjjipav, iScXév, a? 8é y,' èv vut- 
Ti c'j' èîs^vév; • opy.tu)Tépav 5* ^- 
|X£v Tàv 8(5)Xav. 

(Ijaîxa Tàv è- 
XsuOspav l^i:n)pif;Tat oï^sv oxs- 
OovTOç xaSscTa, 8éxa GTa-rij- 
pavç xaTaffTaçeT, a{ àzoTwvCo- 

(8).at xa xav èXeuOépor/ 

(5) L'action à intenter par le magistrat ou contre lui est Bu^pendue 
jusqu*au jour où cessent les fonctions de ce magistrat. Ces fonctions 
étaient annuelles (Aristote, Politique, ii, 7, 5, et Polybe, vi, 43). — De 
même, & Rome, le magistrat en fonctions ne pouvait être appelle eu 
justice, l. 2, D. De in Jus vocando (ii, 4). — Bàunack cite ici, avec 
raison, un passage parallèle d^un décret de Dréros (Cauer, Delectits 
vucriptionum grœcaritm, n^ 121) où chacun des citoyens s^engago 
par serment à pourauivre les cosmes, 8*ils manquent à leui*s devoirs, 
(levant le Sénat, dans les deux mois qui suivront la démission de ces 
magistrats, aî /.x'àr.ovrStvTt. 



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LA LOI DE GORTYNE. 311 

toute autre personne emmène un homme qu*un cosme 
prétend lui appartenir, l'action sera intentée lorsque 
les fonctions du cosme auront cessé. La partie qui suc* 
combera payera au vainqueur tout ce qui est porté par 
la loi, à partir du jour où l'homme a été emmené. Si 
rhomme emmené a été adjugé ou donné en gage, il nV 
aura aucune action contre celui qui Temmëne. 



II 



6. Celui qui, par violence, aura commerce avec un 
homme libre, ou une femme libre, payera cent stalères, 
et avec (le fils ou) la fille d^un homme de condition in- 
férieure, dix s tatères. L'esclave qui commettra le môme 
fait sur un homme libre ou yne femme libre payera le 
double. L'homme libre qui le commettra sur un homme 
ou une femme de la classe des colons payera cinq 
drachmes ; le colon qui le commettra sur un homme ou 
une femme de la classe des colons, cinq statères. Celui 
qui fera violence à sa propre esclave domestique payera 
deux statères. Dans le cas ob elle n'était pas vierge, il 
payera, si c'est de jour, une obole; si c'est de nuit, 
deux oboles. L'esclave en sera crue sur son serment. 

7. Celui qui aura tenté d'avoir commerce avec une 
fille libre qui est sous la garde d'un parent, payera dix 
statères, s'il y a un témoin qui déclare le fait. 

8. Celui qui sera. pris en adultère avec une femme li- 
bre dans la maison du père, ou du frère, ou du mari de 

(6) ùfirxtpoi est rhomme de condition libre, mais inférieure, exclu 
des cT«<>f MCI ou corporations politiques, dont il est parlé dans le traité 
entre Dreros et Gnossos (Cauer, n^ IZl). V. PoUuz, 111, 58, iiTtoUrcn 
sLxi ifiratpot xcù kK*0nv9il9t, 

La raison de la différence est facile h comprendre. La nuit, il est 
plus difficile a la femme de se défendre et d*appeler au secours. 

(7) èutivit wic, Kwffpio(. Hésychius. 

(8) D*après Ëlien, xn, 12, la loi de Oortyne instituait en outre une 



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31? R. DARESTB. 

p!.oix((i)v aiXeOtJi ev Tuaxpbç ^ âv i- 
SsXicico i!^ èv TO àvBpbç, èxaTiv 
oTaTi^pavç xaTaaTaaeï, ai 8é x'i- 

V âXd), TCevTi^xoYTa, ai 8é xa Tàv 

'70) d^xaCpu) Séxa, a{ Se x* 6 iîùkoq Ta* 

V èXeuOspav, 8t7;X^t xaTa^ia^s- 
ï, aï îé xa 3a>Xo), ?:év- 

(9) icpcFeiicâtu) 8à àvT{ |ji.aiT- 
upiov Tp((i)v Tatç xaSeataï- 
ç TÛ evatXeOévTOç dXXuéO- 
6at iv TaTç ?cévT^ à[i.épatç, 
Tu> Sa S(i)Xu) Tu>i narrât àvil 
(jLaiTupu>v Su(ov. a{ 3é xa pi- 
•ïj ÂXXuGTiTat, iiA TOtç éX6v- 
(71 ^ii£v xpf|66ai 6i?at xaXe* 

CWVTl. 

(10) al Se xa 9:fa)viîi SoXc- 
caOOai» Sp.6aat tov èX6- 
vxa TÛ îusvTrjxovTaoTaTTfî 
p(o xal iwXiovoç TcévTOV au- 
Tov Fiv aÙTÛt Féxa^TOv èi:- 
apt6{ji.evcv, tu) 2* àiztxaipiù 
TpiTOv ai-rév, tw 81 Fotxé- 
oç Tbv îciaxav axepov aO^- 
bv, jjwtxtov:' èXév, SoXoaaO- 
6ai 8k {i-if). 

(il) at x' dWjp xal ^u- 

peine pour Thomme pris en adultère. Il était exposé en public avec 
une couronne de laine, frappé d*atimie et condamné à une amende 
de 50 statères au profit du trésor public. 

(9) La loi de Dracon, à Athènes, permettait aussi de tuer Tadultère 
pris en flagrant délit, et les mœurs autorisaient à accepter une répa- 
ration pécuniaire. V. le plaidoyer de Lysias pour le meurtre dlûra- 
losthône, et Démos thène contre Aristocrate (§ 53), contre Nééra(§66}. 
La loi de Gortyne a cela de particulier qu'elle fixe elle-même le taux 
de rindemnité, suivant le cas, et oblige Toffensé k recevoir cette in- 
demnité pourvu qu'elle soit payée dans les cinq jours. 



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LA LOI DE GORTYNE. 313 

celle-ci, payera cent statères, et dans la maison de toulo 
autre personne, cinquante; si c'est avec la femme d'un 
homme do condition inférieure, dix. Si c^est un esclave 
qui est pris en adultère avec une femme libre, il 
payera le double ; avec la femme d^un esclave, il payera 
cinq. 

9. L'offensé déclarera, en présence de trois témoins, 
aux parents de Thpmme pris en flagrant délit, qu'ils 
peuvent le racheter dans les cinq jours. Si c'est un es- 
clave, la déclaration faite h son maître pourra Tôtre en 
présence de deux témoins. Si le coupable n'est pas ra- 
cheté, ceux qui l'auront pris pourront en faire leur vo- 
lonté. 

10. Si l'homme pris en flagrant délit prétend avoir 
été attiré dans un piège, en ce cas celui qui a pris en 
flagrant délit prêtera serment, à savoir : celui qui a 
droit à cinquante statères ou plus, lui cinquième, cha- 
cun d'eux jurant avec imprécation sur lui-môme, 
l'homme de condition inférieure, lui troisième, le maî- 
tre d'un colon lui second. Les termes du serment se- 
ront qu'il a pris l'homme en flagrant délit d'adultère, 
et qu'il n'a tendu aucun piège. 

III 

11. Si un mari et une femme divorcent, la femme 
emporte les biens apportés par elle en mariage à son 

Ld droit romain et le droit germanique permettaient aussi au mari 
ou au père de tuer Tadultère pris en flagrant délit. La loi des Visigoths 
ajoute qu'il faut que le crime ait été commis dans la maison. « Si 
fiUam in adulterio pater in dotno sua occideriti^(L, Visig., m, 4, 5). 

(10) Conune exemple de guet-à-pens de ce genre, on peut voir le 
plaidoyer de Démosthène contre Nééra (§§ 41 et 64 et suiv.). 

(11) Ainsi la femme, en se mariant, reçoit une dot qu'elle reprend 
lors de la dissolution du mariage. De plus, entre époux libres, il y a 
une sorte de communauté d'acquêts qui se partage par moitié entre 
le mari et la femme. — A Rome, la femme avait pour l'exercice de 
ses reprises l'action rei uxoriœ» 



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314 11. DARIvSTË. 

va c'.axpivwvTat Ta Fà a- 
UTa^ £y,sv 5 ti Ixova' rjs ?:- 
ap ' Tbv àvcpa y.al tû xap::w t- 
àv -Jiji'ivav a ti y,' y;i y.ai 
zivTS GTaTifjpav; a? y.' o à- 
vy;p aiT'.o? r,i Tac -Âspcûcicç. 
ai ce 7:ii)vict S àvtjp aiTicç jjly] 
y;[x«v, tcv Sivca^Tàv 
î;/.vuvTa y.p(v£v. 

(i2)a?S£':iàAX- 
TTspot Tw àvopc;, zévic ct- 
aTifjpavç "AaTa^ta^îT y.' cti 
xa 7:ép'/)t aJTCV y.' cTt y,a -rrap- 
6AT)'. aTTCOîTO) auTcv • (i)v os y. 
£xaavviQrr)Tai, Sixay.sat t- 
àv YovaT'A* à7:o;jica'. tàv "Ap- 
Tîi;.iv îrap' 'Aii.'jy.7xa((ov xap' Tàv 
TC*Â7(av • Sti Zi Ttç %* (x::c|j.o- 
ffâvffat ^rapeXf/., tsvtc CTai- 
Y;pav; xaTaGTacsT y.at tb xp- 
éo; au-rév. al Se x' àXXdTxpi- 
oç c7UV£GaoS?;i, oéy.a CTaTT^j- 
pavç xaTaaTaGct, to 51 xp£- 
îo; 3i::Xfjt Stix* ô Sixa^Tà; 
è[i,C(j£Ï cuvc^ffaxcat. 
(13) al db^Y)p fecOavot Texva xaT- 
a7v'.r(A)V, aï xa X^jt à ^uvà, cà Fà 
auTa; êxovcav èiw.éôOa- 
t* x' aTi ô àvTjS eût xafà Ta è^- 
païA^iiva dvTi {jLa(Tupoi)v Tp- 
tûv SpoiJLé(i)v èXeuOép(i>v. a? 
8é Tt Twv Téxvœv xépoi, Ivîi- 
xov YJH-sv. 

(U) ai Si xa aTexvov 

(U) Le droit romain prévoyait aussi las dëtouraemente oommis par 
la femme. Le mari, ou ses représentants, avait de ce chef Faction rtf- 



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LA LOI DE QORTYNE. 315 

époux, la moitié des fruits, s'il y en a, provenus des 
biens qui lui appartiennent, et la moitié des étoiTen 
qu'elle a tissées, sMl y en a, et en outre cinq statères 
si le divorce est imputable au mari. Si le mari soutient 
que le divorce ne lui est pas imputable, le juge statue 
comme juré. 

12. Si la femme emporte quelque autre chose, appar- 
tenant à son mari, elle payera cinq statères et elle res- 
tituera en nature ce qu'elle aura emporté ou soustrait. 
Si elle nie à Tégard de certains objets, le juge lui en- 
joindra de se justiQer en jurant par Artémîs, la déesse 
d*Amyclœ, qui porte Tare, et si, après qu'elle se sera 
justiBée par serment, quelqu'un lui enlève ces objets, 
il payera cinq statères et restituera lesdits objets en 
nature. Si un tiers se rend complice du détournement, 
il payera dix statères et restituera au double l'objet 
qu'il sera reconnu avoir aidé à emporter. Le juge sta- 
tuera comme juré. 

13. Si le mari meurt laissant des enfants, la femme 
peut, si elle veut, se remarier, en emportant tout ce 
qui lui appartient, et ce que son mari lui a donné con- 
formément à la loi, devant trois témoins majeurs et li- 
bres. Si elle emporte quelque objet appartenant aux 
enfants, il y aura action contre elle. 

14. Si la femme reste veuve sans enfants, elle aura 

mm amotarum (Dig. xxv» 2). La pi'6uve se faisait aussi, du moins en 
général, par le serment de Tëpoux auquel un détournement était im- 
puté. « De rébus amotis, dit Paul (l. 14, h. t.) permittendum marito 
vel uxori de quibusdam rébus jusjurandum déferre, de quibusdam 
probare. » 
Amyclœ, ville de Crète, voisine de Gortyne. 

(13) La donation faite par le mari & sa femme au moment du mariage 
est subordonnée à. la condition que la femme survivra au mari» Il ne 
parait pas qu*elle produisit effet en cas de divorce. C'était du reste 
une institution très répandue dans tout FOrient et qui apparaît même 
dans le droit romain du m* siècle ap. J.-C. sous le nom de donatio 
propter mtptias, 

(14) Les ayants-droit, oî *îrt/98iiAovT«,-. Nous «séaierons d'expliquer 
ce terme au § 27. 



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âl<> R. DARESTE. 

vtaTaXimji, la xe Fà odiTàç exs- 

ûtv, xal TÛ 7,apx()j TÛ ïvîoôev ?:• 

V Xaxsv, )t* ai -et %' 6 irtfi Sût aï è-jf- 
paTTat • al 8é Tt aXXo i:épot, 2v- 

OWtOV î)|Jl£V, 

(15) al Sè-^vaaTSx- 
vo<; àzoOavot, tûc ts Fà 
aitàç Toîç 67:t6àXXovct àr^- 
oo6[i,£V, X* 8xt èvuxavs tàv fj- 
jjLivav xat TÛ xapiîû at x' f,i eç 
Twv Fûv aÙTa; Tiv -Jj^^Cva- 

V. 

(16) xipitaTpa aï xa Xfjt o6i;^v 
àvTjp 1% Yuvà, 1% FY5|i.a if^ 8u^0cx- 
a (jTaT/jpavç, î^ Sudâsxa axarfi- 
p(i)v xpéoç, ::Xtov 8è [x-^. 

(17) aï X- 
a Fotxéoî Foixi^ia xpiOf,i 5wû 
■îj aTîoOavévTOç, xà Fà auia- 
ç Ixev. àXXo o' aï Tt ::épot, evS- 
uov t)ll.£V. 

(18) at xéxot Y'^và x- 
Y)peuôvaa, eTreXêûaat xwt à- 
v8pl It:\ cré^av àvTt p-aix- 
ùpcov xpiûv. Oil iï {AT] 8éx9at- 
xo, èxi xat [/.axpt tjixsv xb xéx- 



La femmô restée veuve sans enfants prend, non pas la moitié des 
fruits, comme lorsqu'il y a des enfants, mais une part qui peut varier 
suivant le nombre des copartageants. Au fond la règle est la même, 
car les enfants, quel que soit leur nombre, représentent le mari et 
ne comptent que pour une tête. Zitelmann incline à penser que, dans 
un cas, il s*agit des fruits des biens de la femme, et, dans Fautre cas, 
des fruits de tous les biens. Mais nous ne croyons pas qa*on puisse 
donner ce sens aux mots rû xo:p:tùi rû ivMiv, 

(16) Cet article règle la quotité disponible, mais est-ce entre époux 



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LA LOI DE GORTYNE. 317 

tout ce qui lui appartient, et en outre la moitié de ce 
qu*elie a tissé. Elle prendra, en concours avec les ayants- 
droit, une part des fruits trouvés dans la maison, et ce 
que son mari lui a donné conformément à la loi. Si elle 
emporte quelque autre chose, il y aura action contre 
elle. 

i&. Si la femme meurt sans enfants, les ayants-droit 
prendront ses biens personnels, la moitié de ce qu*elle 
a tissé et la moitié des fruits provenant de ses biens 
personnels. 

16. Un mari ou une femme pourront léguer, s'ils le 
veulent, des aliments, ou un vêtement, ou douze statè- 
res, ou un objet valant douze statères, mais pas plus. 

17. Si la femme colone d'un mari colon fait valoir 
ses droits, du vivant ou après la mort de son mari, elle 
aura ses biens personnels, mais si elle emporte autre 
chose, il y aura action contre elle. 



IV 

18. Si une femme divorcée accouche d'un enfant, il 
sera présenté à l'homme qui a été l'époux, devant la 
demeure de celui-ci, en présence de trois témoins. Si 
cet homme refuse de recevoir l'enfant, la femme pourra, 

seulement, ou d'une manière générale, entre toutes personnes f Nous 
croyons qu'il s'agit ici des dons ou legs fait par un mari ou une femme 
à des tiers. Autre chose est le legs fait par un mari t sa iemme à 
titre de gain de survie» legs qui doit être fait en présence de trois 
témoins, et dont il est question aux articles 13 et 14. 

(17) Cette différence entre le ménage des colons et le ménage libre 
est remarquable. Si la loi restreint ici les reprises de la femme, c'est 
sans doute dans l'intérêt du domaine auquel le ménage colon est at- 
taché, et pour prévenir les soustractions. 

(18) Lewy cite avec raison tm passage d'Andocide (sur les Mystères, 
124 et s.). La concubine de l'Athénien Callias accouche après le di- 
vorce. Ses parents portent l'enfant devant l'autel & la fSte des Apa- 
ttiries. Callias est obligé de reconnaître Tenfant. 



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318 ti. DAKEStÈ. 

V5V ^ TpaTTsv ^ aTwoOéixsv • opy, • 
t(ûT£pu)o o' ?,ij^v Tw; y.acscT- 
àv^ xal TO)^ j;.atrjpav; at 

(19) aJ Ss Foty.'^a ti 
xot )t'/)p£uov(ja, è-ireXeuffat 
Twt xiff-cat TÛ àvBpbç ôç «5- 
■ruie àvTt [JuxiT'jpwv Soûv. 
at 8é y.a jjltj Béx^rixai, £7:1 tw: 
::a(jTai ^^juv Tb tsxvov twi ':- 
a^ FoiXYiaç. at Zï Twt auTÛi au- 
Tiç èîuubt TÛ TCpàTU) âvtauT- 
ô, TO îratSiov èict Ttot ziaTat 
^IJLSV TÛt TÛ Foixéo;, y/ ôpxid)- 
Tspov Tjti.£V Tbv èxsXeùaxi»- 
Ta xat T<i)ç iJLatwpav^. 

(20) T 
uvà xYipsucva' a? àTZoSdikoi 
7:at8(ov -îrptv £7:£X£6aai xaT- 
à Ta èvpap-ijiva, èX£uôipw i;*- 
àv xaTaîTacEt X£VTYiy.ovTa 
ciaxiQpavç, Su)X<o i:£VX£ xal F- 
(xa-ct, aï xa vixaO^t. &t 8i xa {h- 
if)ttç r,t cti^a 8wut l7:tkçMGfr 
i, ï^ aÛTôv i;.ti op^t, al à^icO- 
sCtq Tb iratSiov, à::aTcv f<[;.£v* 
(21) al xuffaiTo xai Téxot Fcix- 
if)a i*"}) o'::uioii.éva, Izl twi tw 
îraTpbç TaaTai r,iJL8y tb t- 
éxvov, al 0* 6 -iraTriP (xr, owôt, â- 
•::i ToT? Twv àSiX-rutcov -rraî- 

(22) TGV tJaTÉpa twv 

A Rome, le S. C. Plancianum, qui paraît avoir été émis sous Ves* 
pasien, prescrit une mesure analogue. V. au Digeste le titre De agnos- 
cmdis et aîendU liberU («v, 3). < Permittit mulieri parentive in 
cujus potestate est, vel ei cui mandatum ab eis est, si se putet prœg* 



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LA LOI DE GORTYNE. 319 

à son choix, nourrir Tenrant ou Texposer. La preuve 
do la présentation sera faite parle serment des parents 
(de la femme) et des témoins. 

19. Si une femme de la classe des colons, étant di- 
vorcée, accouche d'un enfant, il sera présenté au maî- 
tre de rhomme qui a été Tépoux, en présence de deux 
témoins. S'il refuse de recevoir Tenfant, cet enfant ap- 
partiendra au maître de la femme. Mais si la femme 
épouse de nouveau le môme homme, dans Tannée, Ten- 
fant appartiendra au maître de ce colon. La preuve sera 
faite par le serment de celui qui aura fait la présenta- 
tion, et des témoins. 

20. La femme divorcée qui exposera son enfant avant 
de ravoir présenté suivant la loi, payera, si elle y est 
condamnée, cinquante statères si l'enfant était libre, 
et vingt-cinq statères s'il était esclave. Si Thomme n'a 
pas do maison où la présentation puisse ôtre faite, ou 
si on ne le trouve pas, la femme aura le droit d'exposer 
l'enfant. 

21. Si une femme de la classe des colons devient en- 
ceinte et accouche n'étant pas mariée, l'enfant appar- 
tiendra au maître du père (de la femme). Si le père n*cst 
pas vivant, l'enfant appartiendra au maître des frères 
(de la femme). 

V 

22. Le père sera le maître des enfants et des biens, 
et il dépendra de lui de faire un partage. La mère sera 

nantem, denuntiare ante diâfl triginta post divortium connumerandos 
ipti marito vel pareati ia oïljus potestate est, aut domuln denuntiare 
si nallius eorum copiam habeat. » L. 1, § 1, /». t, 

(21) L*enfant d'une fille colone non xnariée appartient au maître du 
père ou des frères de cette fille. La reconnaissance faite par le père 
naturel ne peut rien changer & la condition de Tenfant. C'est encore 
Ut une disposition particulière au régime du colonat, c>st-ft^dire & 
la servitude de la glèbe. L^enfant doit rester attaché & rbabitation 
dans laquelle il est ne. 

(22) Le maître des enfantSi /.ùfiùn II ne s'agit point îdj bien entcndoi 



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320 R. DARESTK. 

Tsxvwv y.al tûv y.pr|ii.aT(«)V x- 
apiepbv r^îASV toS Saiatoç, 
xai Tàv [AATépa tûv Fûv a5- 
Taç xpr^jjLaTOJV. iq -*,% Btbwvxt 
[JI.YJ èi:ava"ptov r^pLev Sauf;- 

aTTiOôai Tôt iTaiiivw. a- 

i ÈYpiTTat. 

(23) \ Se x' àzoOavr/. Ttç 

\sYav; jji.àv xàvç èv w6Xt x,' fi- 

Tt 7.' èv Taïç \£Y*^Ç ^^^^ *^* 

ç xa jjL-J) Fotxsbç èvFotxfjt è^- 

t xdipat Fc'.x((i)v, xat ta -irpiSaxa xa- 

l xaptateoSa & xa [i^tj Foixéoç r^t 

èzl Toïç utàat tîiJi.sv, Ta S* àX- 

Xa îtpTf)[i,aT' Szavua SaTi^ôOa- 

t xaXwç, xal Xavxavev tu)? p.- 

kv ul'jvç izéTTOt x' tovTt 86- 

jxoCpavç FéxaffTOv, xàS S • 

è OuYaTépavç ôw^TTat x' twv- 

Tt [ji.(av pLotpav Fsxaarav. 

(24) s- 
atTf;60ai Se xat ta [jt.aTp(î>ia, iq 



de la puissancd paternelle du droit romain. Les lois grecques, et en 
particulier la loi de Gortyne, ne reconnaissent au père qu'un pouToir 
de tutelle et de protection, qui cesse à la majorité des enfants. 

Ainsi, chacun des èpouz administre ses biens personnels, et en dis* 
pose librement, sans que la femme ait besoin de Tautorisation du 
mari. 

Tant que vivent le père et la mère, le partage ne peut pas être 
exige. Pour comprendre cette disposition, il faut se figurer la famille 
comme vivant en communauté. Dans ce régime, les enfants sont en 
quelque sorte copropriétaires avec le père et la mère, du moins pour 
les biens qui ont le caractère de propres à. Tezclusion de» acquêts. 
Primitivement, le fils pouvait quitter la communauté et se retirer en 
emportant sa part, comme on le voit dans la parabole de Tenika^ 
prodigue : c Et le fils dit à son père : Mon père, donnez-moi la part 
qui me revient dans les biens» hhi /lot rb impdiXXov ftipoi x^s ovaCçti. » 



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LA LOI DE GORTYNE. 321 

la maîtresse de ses biens personnels. Tant qu'ils vi- 
vront, le partage ne pourra pas ôtre exigé, mais si Tun 
des coparçonniers est condamné à une amende, il fau^ 
dralui donner sa part, conformément à la loi. 

23. Si une personne meurt, les maisons de ville et 
tout ce qui se trouve dans ces maisons, et les habita- 
tions rurales qui ne sont pas occupées par un colon, 
ainsi que les moutons et le gros bétail qui ne seront 
pas la propriété d'un colon, appartiendront aux &ls. 
Tous les autres biens seront équitablement partagés. 
Les fils, quel que soit leur nombre, prendront chacun 
deux parts ; les filles, quel que soit leur nombre, pren- 
dront chacune une part. 

24. Les biens maternels, si la mère vient à mourir, 
seront partagés comme les biens paternels. S'il n'y a 



Uae disposition semblable existe encore aujourd'hui dans les coutu- 
mes des Slaves méridionaux, et même dans quelques-unes de leurs 
lois. Comme on le voit, la loi de Gortyne supprime ce droit, et ne 
permet plus de demander le partage qu^au décès de Tun des époux. 
Elle maintient cependant l'ancien droit pour un cas, celui où un des 
coparçonniers vient à être condamné à une amende pour un délit. 
En eifet, la communauté ne peut être obligée, par le délit d'un de ses 
membres, au del& de la part qui revient & celui-ci. 

Quant & la dot, elle peut être fournie, soit par le père, soit par le 
frère, c*e8t-à,-dire par le chef de la maison, ayant pouvoir et autorité 
pour donner la fille & un mari. Elle peut être donnée actuellement 
on promise, comme en droit romain. Dos, disait Ulpien, Beg,, vi, 1, 
aut daturt atit dicitur, aut promUtitur. Enfin, la quantité est fixée. 
G*est la part héréditaire de la fille, ni plus ni moins ; c'est pourquoi 
la fille dotée ne vient pas & partage : elle a déjà reçu sa part en avan- 
cement d'hoirie. 

Cette règle existait encore en Crète au temps d'Éphore, et même au 
temps de Strabon, qui cite Ëphore : f^tpvii S'i^rlv, âv àBsXfol U9c, rb 
^fit9vxvîç rov kSiXfov fisplh;. Strab., Geogr,, x, 4, § 20. 

(23) Cet article donne aux fils un précîput. Ils prennent seuls, à Tex- 
clttsion des filles, les maisons de ville, et hors de la ville tout ce qui 
n'est pas occupé par un colon, ou propriété d'un colon. En consé- 
quence, la masse à partager entre les fils et les filles ne comprend en 
réalité que les meubles et les rentes ou redevances dues par les colons, 
sauf le cas prévu à l'article suivant. 

ÂNNUAIRB lb'86. 21 



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322 11. DARESTE. 

^YpaxTat ' at Se xpi^{JuxTa jjly) et- 

paç aï èYpâ'T'cai» 

.(25)aîSi-xaXfr 
t xaxYip 0(1)0^ {ù)v 8o|A£y Ta* 
t èwio|iivai, Siro) xaTa t- 
à èYpa[i.[Aiva, "icXCova 3à [ay]. 
çT3iat 8è -ïcpéee' l8<i)X5 5^ èicéa- 
■nev^e TauT' !xev, àXXa 8« [Atj 
àxoXavxavsv, f uva ^TCta x- 
pil^liaTa ii.ï) IxTîi t^ icaTpbS 84- 

cavToç , îj àîcoXaxovcrâ 5- 
t Sx' AWaXeùç 'TdpToç, 6x6^- 
[xtov ot aùv K6XX(oi, TauT- 
aç [aIv dîioXavxdtvsv, Taî- 
8 8k ^pcÔOa \l^ iv8ixov t<[jl- 
ev. 

(26) Y) x' dîco8dtvt)i dW|p i^ f^- 
a, af |iiv x' Tjt Tixva 9j èç Té- 
xvwv Téxva ?i èç toutwv ts- 

XVa, TOÛTCi)? lx£V Ta Xpl^ilM- 

Ta • a? 81 xa jatIiti^ Sîi toutci)* 
V, d8€Xî:io\ 8à tû dwoôavév- 
TOC X* èxç dSsXriwv Téxv- 

(^5) Cet article est un des plus importants de la loi. D^abord, aiasi 
q^e nous Tayons vu, il en donne la date. Kn second lieu, il neutre 
clairement en quoi consiste Tinnovation résultant de cette loi. IVaprà 
le droit «intérieur, laiille pouvait bien recevoir une dot, mais, dotée on 
noii, elle n*avait aucun droit dans la succession de ^n pèr», oo plutôt • 
dans les biens communs de la famille. C'est la loi nouvelle qui appelle 
les filles au partage et leur donne une part égale à la.Buùtié de celle 
des fils. Mais U est expressément déclaré que cette disposition n'aura 
pas d'effet rétroactif, 

vrâprot * ai tkIci; toD 'nXviOouç^ Hésych. — Les iËtkalées étaient une 
des familles qui exerçaient le pouvoir t tour de rôle. Les magistrati 
ou cosme?, étalent choisis dans leur sein. Le terme de triprùi sere^ 



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LA LOI DE GOKTYNE. 323 

pas d'autres biens qu'une maison, les ûlies y auront 
part, conformément à la loi. 

25. Si le père veut, de son vivant, faire un don à sa 
fille en la mariant, il donnera conformément à la loi, 
mais pas plus. Les dons ou promesses faits par un père 
à sa fille avant la présente loi sont maintenus ; mais, 
en ce cas, la fille ne viendra pas au partage des autres 
biens. Lorsqu'une femme n'aura pas de biens à elle 
donnés ou promis par son père ou par son frère, ou re- 
cueillis par elle dans un partage, si le mariage a eu lieu 
depuis Tannée où, la famille des iËihaléens étant au 
pouvoir, Kyllos et ses collègues furent cosmes, elle 
viendra à partage; si le mariage est antérieur, elle 
n'aura pas droit à partage. 

26. En cas de décès du mari ou de la femme, s'il y a 
des enfants, ou des enfants des enfants, ou des enfants 
de ces derniers, ceux-là auront les biens. Â leur dé- 
trouve dans plusieurs inscriptioas Cretoises dont Comparetti annonce 
la publication prochaine . 

(26) La loi de Gortyne ne nomme ici que trois générations, soit en 
ligne directe, soit en ligne collatérale. Kn effet, le premier cercle de 
la parenté, Vàyxtvnia. du droit athénien s*arrâtait k ces trois généra- 
tions. C*est d*ailleurs une idée qui se retrouve jusque dans Tlnde brah- 
manique. Faut-il conclure de là que la quatrième génération était 
exclue? Il semble que oui, mais il faut ajouter que le cas est extrême- 
ment rai'e, et que d*ailleurs on pouvait y pourvoir par une adoption. 

En général, le droit grec n*admet les filles à succéder qu'à défaut 
de fils. Ici la loi de Gortyne, modifiant la législation antérieure, admet 
les filles concurremment avec les fils, seulement elle ne -leur donne 
que demi-part. 

Les ayants-droit, oi âittêa/Aovrs;. Ce terme sert à désigner : 1* les 
parents appelés à succéder en seconde ligne; S^ les parents appelés à 
épouser la fille patrôloque; 3* les témoins qui ont assisté à un acte ou 
qui ont déposé dans un procès. 

Dans le premier cas, les ayants-droit ne recueillent la succession 
qu*à défaut de descendants et de frères ou soeurs, ou descendants 
d'eux. Ainsi, la ligne directe et la première ligne collatérale n'appar- 
tiennent pas à la classe des ayants-droit. Il faut en dire autant des 
ascendants qui ne sont pas nommés dans la loi de Qortyne, pas plus 
que dans la loi athénienne, parce que les anciens ne comprenaient pas 



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324 R. DAUIiSTE. 

a 73 èç TOUTWv Téxva, tout- 

coç exev xà xpYjp-aTa. a? oé xa 

[j.iQTtç fi\ TouTwv, àBcXTriat S- 

à Tw izoSavdvTOç x' èç Taux- 
^ôv Téxva t!) èç twv -réxvwv Té- 

xva, TOUTtoç exsv Ta xpif;;;^- 

Ta. at Se xa [A-f^Tiç r,c toutwv, 

oïç x' liziSiWTii bi:6%^ r^t xà xp- 

fjlxaTa TOUTWç àvatXi^ôOa- 

t • aï 8k [jlï; etev èiwiéaXXovTe- 

ç, Tàç FoixCaç oTtivsç x' 

iwvTt 5 xXapoç TOUTOvç e- 

X£v Ta xp-^piaTa. 

(27)ai8éx'-ct 
è7:t6(3tXXovTcÇ ot jxev XeE- 
(i)VTi Sar^ôOat Ta xp'^p^'^" 
«, oî 8k iJL-^, 8txax(7ae Tbv St- 
xauTàv èxt TctX XeCcvat 8- 
arfiôOat r<|xev Ta xpTfJixaT'Sw- 
avTaxpfv xa SaTTwvTai. 
(28) a? 8s xa 8ixixcavT0<; tw 8- 
xauTôc xapTsi evaeiTQt y^ a- 
YT^t Tfj xépY)t, 8éxa GTaTi^pav- 
ç xaTaGTaffst xai to xpeï- 
oç SiTXtjt. TvaTÛv 8k xai xap- 
Tztù xal Fi%[Ji.aç x' àv7:iSé[i.a(; x' 
èici77oXa((i)v xpt)iJi.àT(ji)v aï xa [jl- 
^ Xe((i)VTt 8aTi^j66at Tivi, Tb- 

que la succession pût remonter. Quant à la ligne directe et à la pre- 
mière ligne collatérale, elles ne succèdent pas non plus. Elles pren- 
nent les biens Jure non decrescendi, a raison de la communauté qui 
comprenait primitivement toute la famille, jusqu'aux cousins inclusi- 
vement. Les pai*ents plus éloignés ne font pas partie de la commu- 
nauté. Ils viennent d*une autre maison et recueillent les biens du dé- 
funt à, titre de successeurs, non & titre de communistes. 

Lorsqu'il s'agit d'épouser la fille patroloque, l'oncle et le cousin sont 
désignés comme ayants-droit, quoiqu'ils ne le soient pas au point de 



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LA LOI DE GORTYNE. 325 

faut, les frères du défunt et les enfants des frères, et 
les enfants de ces enfants, ceux-là auront les biens. A 
leur défaut encore, les sœurs du défunt et les enfants 
de leurs enfants, et les enfants de ces enfants, ceux-là 
auront les biens. A leur défaut encore, les ayants-droit, 
quels qu'ils soient, recueilleront les biens. S*il n*y a pas 
d'ayant-droit, les tenanciers du domaine, quels qu'ils 
soient, ceux-là auront les biens. 

27. Si parmi les ayants-droit les uns veulent parta- 
ger les biens et les autres non, le juge décidera que 
tous les biens seront à la disposition de ceux qui veu- 
lent partager, jusqu'à ce qu'ils partagent. 

28. Si, après la décision du juge, une des parties, 
employant la force, déplace, enlève ou emporte quelque 
chose, elle paiera dix statères et restituera Tobjet au 
double. Si quelques-uns des héritiers ne veulent pas 
partager un cheptel, ou des fruits, ou des vêtements 
ou des joyaux ou d'autres meubles, le juge statuera 
comme juré, après avoir entendu les parties. 

vue de droit de successioa. Ea effet, ce n'est pas à, titre de commu- 
nistes qu'ils sont appelés & épouser. C*est uniquement à. raison de leur 
parenté. C*est pourquoi, à ce point de vue particulier, ils deviennent 
des sTtt^iXXovTii. V. les §§ 36-40. 

Enfin, les témoins qui ont assisté à. un acte ou qui ont déposé dans 
un procès sont naturellement, nécessairement, appelés â, fournir la 
preuve de Tacte ou du jugement auquels ils ont assisté. Ce sont donc 
aussi des «ntSâ/ÀovTs^. V. §50. 

Après les sTrtSâÂAovTi;, la loi appelle à la succession les tenanciers 
qui sont attachés au domaine, 6 aXûpoi riiç oûtoc;, c'est-à-dire, oi xÀa- 
puTac, les serfs ou vassaux, c'est-à-dire les descendants des anciens 
iiabitants du pays, les paysans, dont un certain nombre avait été attri- 
bué lors de la conquête dorienne à chacune des maisons de Gortyne. 
Ce droit de succession donné aux paysans est très remarquable. Rap- 
pelons toutefois qu'à Rome les clients faisaient partie de la gens, or, 
la loi des XII Tables portait : Si agnatus nec escii, gentile* fami" 
liant habento, 

(27) Cette mesure, comme le fait observer Zitelmann, est un moyen 
de contrainte pour forcer les récalcitrants & partager. Le juge ne peut 
pas faire lui-môme le partage, ni intervenir directement dans les opé- 
rations, sauf dans le cas de Tarticlo suivant. 



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326 R. DARESTÊ. 

(29) al 8. 
é %ct xp-^ixata caTiwjiivci 
îx^ cu'r/tYV(i)(yxovTt av- 
wt tàv îaîatv, wvsv Ta xpif;iJt- 
ata, x' 5ç xa icXsiaTOv 8i8- 
wi àTvcSciJivot, Tav Tt^xav 
îtaXay.ivT(i)v tàv èica6o- 
Xàv Féxaaxoç, 8aTio|ji.é- 
voi3 8e xp-Zjjjt^Ta jxatTÙpa- 
v; 7:apf|[j«£v SpojAsavç èXc- 
uOépov; Tpdvç îj T:X(avç. 
Ouf aTpi 95 8t8ti>t xaTà -rà aÎT* 
d. 

(30) 5; x' ô ::aTYi3 Bwrit tôv tô z- 
atpcç xpY)(i.dLT(i)v xap ' Oiéo; 
|;.r; ûvf|08ai i;.r|8l 7.aTaT{- 
OsOOat. fi Ti 8é x' autbç TriTr^t- 
at 7^ àizoXii^'qi àTToBiocOôo) 
AÏ xa Xtjt, iJLTiSà Tov TcocTépa là tû- 
V îixvwv a Tt x' aÎTOi toijwv- 
Tai Y| àxoXaxwvTi. \»x^ï xà t- 
Stç f '^vaixbç xbv àvSpa iro- 

ulùv Ta Taç [j.aTpbç. 

(31)at5- 
é Tiç rpCaiTO ^ xaTaOsïTO ifj è- 
iriTicévaaiTo, aXXai 6' i-^^âx^ 
Ta; ai TaSç Ta '^pd^\kciLXOi. è^- 
piTTai, Ta \ikf 
xpYjixaTa èiA tai [xaTpi ijîx- 
£v x' âicl Tôtt -pvaixt, 5 8* àTTO- 
c5p.£voç ^ xaTaOév; y^ èT:».- 
czévîavç TÛi zpia^^évwi 
y) xaTaOsii-évwi ^ âiT'.GZsv* 
7a;Aév(i)i SiTrXYjt xata^Ta- 



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LA LOI DE aORTYNE. 3«7 

29. Si les héritiers partageanl les biens ne sont pas 
d*accord sur ropéralioa du partage, les biens seront 
mis en vente. Ils seront adjuges au plus offrant et les 
héritiers se partageront le prix, chacun suivant ses 
droits. Au partage des biens assisteront des témoins 
majeurs et libres au nombre de trois ou plus. Les 
dons faits par un père h se, âUe seront faits dans la 
môme forme. 



VI 



30. Tant que le père est vivant, les biens paternels 
ne peuvent être ni vendus ni donnés en hypothèque 
par le lils. Mais ce que le fils aura acquis par lui-môme 
ou par l'effet d'un partage, il pourra le vendre s'il veut. 
Le père ne pourra ni vendre ni promettre les biens que 
ses enfants auront acquis par eux-mêmes ou par Teflet 
d'un partage. Le mari n'aura pas plus de droit sur les 
biens de sa femme, ni le fils sur les biens de sa mère. 

31. Si quelqu'un achète ou prend en hypothèque ou 
se Tait promettre Jesdits biens, contrairement à ce qui 
est écrit dans la présente loi, les biens resteront la 
propriété de la mère ou de la femme. Celui qui aura 
vendu, donné en hypothèque ou promis payera le dou- 
ble à l'acheteur, au créancier hypothécaire ou au sti- 
pulant, et s'il y A quelque autre dommage il. en payera 
la valeur simple. Pour ce qui s'est passé antérieure- 
ment, il n'y aura point d'action. Si l'adversaire se dé- 
fend au sujet de la chose litigieuse, et soutient qu'elle 
n'appartient pas à la mère, ou h la femme, on plaidera 

(29) Les dons faits par un père A sa fiUo sont assirnîtës âOK partages 
quant à la forme. En eflfet. ils tiennent lieu de partage. Dans le droit 
antérieur, la fille dotée était exclue de la succession. D'après .la loi 
nouvelle elle y vient, mais sans doute à charge de rapport. Le rapport 
ocvaoopi existait dans les lois athéniennes, et, quoique la loi de Oortyne 
n'^en parle pas, on doit supposer qu'elle l'admet. 



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328 R. DARKSTE. 

i7:>^cv, Twv ce i:pcOOa jjlij ev- 
3txov tit^i£y« ai ce x^ ô ivTii&- 
(i)>x^ ii;c|Mi>Af|i dcvTi Tc xp- 
éoç u>i X* ivTijMoXddVTt (x* 

çYuvatx5ç, {Mi>>v^ oirij x' èi:- 
i6(xXXr|t î:ap' xût StxaaTÎ'. 
y) FexaaTwt è^paTTat. 

(32) at 5é x' i- 
iroOovYjt iJLflt-nfîp xéxva xaxaXCxo- 
vaa, T^v zaTépa xapTepcv ?<iJLr; 
tûv (;.aTp(i)t(i)v, àzoBé6ai Se |;.t] 
i;.r|îe xaTaôé|i-ev at xa pitj là téx- 
va èicaiv^GTii cpciiieç iovtsç. 
a? Se Tiç aXXai xpCaiTO tj xaïa- 
Ostxo, Ta IJL6V xpifjiJLaTa èwi toï- 
ç xéxvotç tjjjLev, TÔi 8à ::pta(jL- 
évwi Y^ xaTa6e{jiév(i>i tov àxoc- 
éiJLSVov ^ Tcv xaTaOévTa xàv 
BtxXrjtav xaTaotdcai taç x- 
i[i.aç, xai xt x' àXX' àxaç f^i xb à- 
icXéov. a? 8é x' àXXav èiruirit, xà x- 
éxva xwv T:axp(î)to)v xapxspbv- 

(33) af x^èSBu tts- 

pa 6XÇ dlXXoxoXCa; ux' àv- 

dvxa^ èx4ii£voç, x' éXo[JLéva) xt- 
ç XuaY)xat, àxi xûi ÂXXuGa[jiv- 
*ti)i vipiev wpiv x' àiroSwt xb èxi6i- 
XXov. a? Se xa [xt) b|wXof twvx- 
t à^'îii xàv îïXvjOùv f< i;.yj eXcjJis- 
vu) oùxû XucaOOai, xbv Sixac- 

(23) Zitelmami rapproche de ce texte une constitution de Constantin 
de Tan 319, au Code de Justinien, 1. De bonis mat€j'nis (vi, 60) : c Res, 
quse ex matris successione fuerint ad filios devolutœ, ita sint in pa- 



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LA LOI DE GORÏYNE. 329 

devant le juge compétent et ainsi quUl est écrit dans 
la loi pour chaque cas. 

32. Si la mère meurt laissant des enfants, le père 
sera le maître des biens maternels, mais il ne pourra 
ni les vendre ni les donner en hypothèque, à moins 
que ses enfants ne ratifient, étant devenus mcgeurs. Si 
quelqu'un achète ou prend en hypothèque, contraire- 
ment à cette loi, les biens resteront la propriété des 
enfants; celui qui aura vendu ou donné en hypothèque 
payera à Tacheteur ou au créancier hypothécaire le 
double du prix, et pour tout autre dommage la valeur 
simple. Si le père épouse une autre femme, les enfants 
seront maîtres des biens maternels. 



VII 



33 de l'étranger où il était retenu 

par force, et si, de son consentement, il est racheté 
par quelqu'un, il appartiendra à celui qui Taura racheté 
jusqu'à ce qu'il ait payé ce qu'il faut. S'ils ne sont pas 
d'accord sur la somme, ou sur le consentement de la 

rentnm potestate, ut fruendi duntaxat habeant facultatem, dominio 

Tidelicet earum ad liberos pertinente Si quando rem alienare vo- 

iuerint, emptor, yel is cui res donatur, observet ne quam partem ea- 
rum rerum, quas alienari prohibitum est, sciensacoipîatvdignorans. 
Docere enim pater débet proprii juns eam rem esse, quam donat aut 
distrahit; et emptori, si velit, lidejussorem licebit accipere^ quia nul- 
lam poterit preescriptionem opponere fîliis quandoque rem vindican- 
libus. » 

(33) U s^agit ici d*un homme libre qui a été fait esclave & Tétranger 
et qui est racheté par un Gortynien. Il est question d*un cas semblable 
dans le plaidoyer de Dém osthène contre Nicostrate. « Tu sais bien, 
dit Torateur, qu*aux termes des lois le captif délivré des mains de 
Tennemi appartient A. son libérateur s*il ne rembourse pas la rançon 
payée. « U en était de même à Rome. Cicéron, De officiU, ii, 18 > 
Ulpien caractérise le droit du libérateur comme un droit de rétention, 
L 3, § 3., D., De homine libero exhibendo (xuii, 29). Paul en fait un 
droit de gage, 1. 19, § 9, D., De captiviset de postliminto (xlix, 15j 



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330 U. DARESTE. 

' Tàv è;j.vùvta xptvsv zopVt xà 

|j!.a)Aiô|;,£va. 

(34) 5 s 6£pa)T0. . ai Jt' 

fccl Tàv eXsuOépav iXOwv cru{Y)t, 
èXsuôsp' 9î[ji^v Ta TÉKva, a? 8é X* 

* à èXeuOépa àiti tôv ÏôXov, 8c5X* îS^x- 
£v Ta Téxva. aï Ss v/ èç tî; aÙT- 

$ç [/.OTpbç èXsuOspa y.al SwXa 
Tlxva Y£VY)Tai, y^ y.' aTToSdtvyjt à 
i;.dTY]p, ai x' ?|i xp-ZnAara, tcvç èX- 
suOépovç lx£.v. ai S' èXsuôépoi 

• - ^^ èxastev, Tbvç i:ci6aXX6;- 

Tavç dcvatXifj^i. 

(35) ai y.' èx; à^- 
opaç xpta;j.£voç BwXov \i<ri x- 
spatoxJYji Tav FcxaiQy.ovT' à;j.- 
spav, ai Ttva xa xpcO' àSixT,- 
y,^i, ^ uaT£pûv, TÔi ::£■::«[;,£¥• • 

Wt 2v8tXOV.YÎ|JI.£V. 

(36) xà\j. ^a- 
Tp(i)i<i)xov 07cuté6ai àSêXxt- 

wi T(5 Traxpbç twv iovtwv twi 
xpEiY^TWi. aï 8é xa 7:X(£Ç xaT- 
p<i)t(I)xot ï<j)VTi x' àSEX-irici tw xa- 
Tpbç, TÛi iià zpejY^ff'cwi iiruf 
éôai. ai 3é xa (jl^ ifa)VTi ÂgsXTTto* 
\ Tw waTpbi;, uléeB 5à èxç àîcX- 
w6W, èxuiéÔat ÎÔt èxç tô tt- 
pEi-IftcTwi. a? Se xa tuXUç î(«)vt- 



(34) Lorsqii^un esclave a commis ua délit, le possesseur de cet es- 
èlave est responsable, et non pas celui qui possédait an moment où 
le délit a été commis, mais le possesseur actuel au moment où Taction 
est intentée. L'obligation de réparer le dommage ou de faire l'abandon 
noxal se transmet avec la possession. C*est ce que les Romains expri- 
maient par Tadage noxa caput sequiticr. La loi de Gortyne proclame 
le même principe, à la condition, toutefois, que la possession 'ait duré 
plus de soixante jours. Celui qui achète un esclave au marché a ce 



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LA LOI DE GORTYNE. 331 

personne rachetée, le juge Btatuera comme juré, après 
avoir entendu les parties. 

VIII 

34. Si un . • : . . vient à une femme libre et l'épouse 
les enfants seront libres. Si une femme libre vient à 
un esclave, les enfants seront esclaves. Si de la même 
mère naissent des enfants dont les uns soient libres et 
les autres esclaves, si la mère vient à mourir et qu'il y 
ait des biens, les enfants libres auront les biens. A dé- 
faut d'enfants libres les ayants-droit recueilleront les 
biens. 

» 

35. Si quelqu'un ayant acheté un esclave au marché 
ne l'a pas revendu dans les soixante Jours, et si l'es- 
clave a fait quelque tort avant ou depuis (l'achat au 
marché) il y aura action contre le détenteur. 



36. La fille patroïquo épousera le frère de son père, 



délai pour s^enquérir du passé de C6t esclave et pour se décharger de 
toute responsabilité, en mettant Tesclave hors de ses mains si celui-ci 
n*est pas noxa solutus. Tel est du moins le sens le plus probable. 
Zitelmann entend Trspacéu dans le sens de fixer un délai. 

(36) La fille patroïoque, qu*Hérodote appelle varpoO^ot, est Tépiclère 
du droit athénien. LHnstitution, dont les plus anciens vestiges remon- 
tent à rinde brahmanique, se retrouve dans toute la Qrèce. Nous 
nous contentons de renvoyer & Fustel de Coulanges : La cité antique, 
2» éd. (1878), p. 81. 

c Un ayant-droit recevia une fiUe patroXoque, mais pas plus. » Il 
ne s*agit pas ici d*une interdiction de la polygamie. Le législateur a 
sans doute voulu dire que le droit de Vtm&dXÀ^iv ne pourrait être exercé 
plus d'une fois. On ne lui permet pas d'épouser successivement plu- 
sieurs filles patroYoques, afin de ne pas accumuler toutes les succes- 
sions sur une même tête. 



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li. DARESTE. 
t ;TaTpo)'.(î»tot y/ uîisç ixç à8sX- 

i Twt sç TU) lupeiftaTU). ji.(av 8' 
6%£v raxpa)t(0X9v tov èxt6aX- 
XovTa, 7:A(a8 8s [it]. 

(37)â3 6ex'av. 
u)pôç f,t eirt^âXXwv èxufev.t^ 
à zaTpwiûxo;, cTSYav jasv, otf 
%' yJi, êîcev xàv xatpwtwxov, TâS 
8'£7uaapi:(a; xavTcç fàv -îijjL- . 
(vav dzoXav%av£v tcv è7:'.6- 
dXXovTa 57:ui£v. 

(38) dl 6é x' d-é- 
SpojjLo; 60)7 ô èrt6aXX(i)y èiw- 
fsv f<6i(i)v f<6iovaav jJLt) Xf,t è?:- 
utev, èxi Tai 7:aTp(«)ib»ui>i ?,iJLS- 

V Ta xpifiji-aT* àicavxa xal tcv /.- 
apTubv icpétv y.' èroifiijt. ai 8é xa 
8pO[;£'j; Jœv o èxtîaXXwv •})- 
6{ovaav Xsiovaav èxuis- 

ôa». [jLi) XYjt èxufev, {jicoXàv tw; 
xa8£CTàvç Twç tgIç xaTpwi- 
u>x(i), 6 8à 8'.xa(;Tàç 8txac8£- 
T(i) è7:ut£v èv TOtç 8uoTç ijly;- 
vci ' aï 8e xa pLtj è^uCr,! ai èifpa- 
Tat là xpTQjAaT* à7:avT' Ixsvaa- 
V, aï x' r^t àXXoç, xûi £T:t6iXXovT- 
i. ai 8 '£T:i6àXX(i)v jjly) €Îy), Ta; 

TCuXo; TÛV aiTtOVTWV OTti;.- 

(xaXtji cTcuiéOai. 

(39) aï 8e xa tw- 
t èzt6aXXovTi fj6iov(ja [it] Xyj- 
i iicuiéBat, ^ ovcdpoç Y]t ^ Itti- 
6aXX(a>v xai (jly] XYJt ;i.£V£v 

& XaTpWlÛXOÇ, GTSYajJL [i.£V, 

aï x' r/. èv 7:6X1, Taii. 7:aTpu)iûxo- 

V £X£v, x' â t( x' èvYJt èv Tai aTéY- 



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LA LOI DE GORTYNE, 333 

le plus âgé de ceux qui existent. S'il y a plusieurs filles 
patroîoques et plusieurs frères du père, la seconde 
épousera celui qui vient après le plus âgé. S'il n'y a 
pas de frère du père, et qu'il y ait des fils de frère, la 
Qlle épousera celui qui est issu du frère aîné. S'il y a 
plusieurs filles patroîoques et plusieurs fils issus de 
frères, la seconde fille épousera celui qui vient après le 
fils du frère aîné. Un ayant-droit recevra une fille pa- 
troîoque, mais pas plus. 



37. Si Tayant-droit n'est pas en âge d'épouser, ou si 
la fille palroîoque n'a pas l'âge requis, la fille patroîo* 
que aura la maison, s'il y en a une, et l'ayant-droit qui 
est appelé à épouser prendra la moitié de tous les re- 
venus. 



38. Si l'ayant-droit, qui était mineur quand son droit 
s'est ouvert, refuse d'épouser lorsque tous deux sont 
en âge, la fille patroîoque aura tous les biens et tous 
les fruits jusqu'à ce qu'il épouse. Si l'ayant-droit étant 
majeur ne veut pas épouser, alors que la fille patroîo- 
que est majeure et consent au mariage, les parents de 
la fille patroîoque intenteront une action et le juge or- 
donnera par jugement que le mariage ait lieu dans les 
deux mois. Si le mariage n'a pas lieu comme il est écrit 
dans la loi, la fille, ayant tous les biens, épousera celui 
qui vient après, s'il y en a un. S'il n'y en a pas, elle 
épousera qui elle voudra parmi ceux de la tribu qui la 
demanderont. 



39. Si étant en âge la fille patroîoque refuse d'épou- 
ser l'ayant-droit, ou si, ce dernier étant encore en bas- 
âge, elle ne veut pas attendre, elle aura la maison, s'il 
y en a une dans la ville, et tout ce qu'il y a dans la 



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334 R. DARESTE. 

iaXa>wvffav âXX(i)i èxutéO- 
ai Taî iwXai; tûv aîxt^vxwv 
0Ttii.( xa'Xrii, àxoBotTTjOai S- 
k T<^v x.pr|(ji.aT(i)v 1(01. 

. (40)aJ8kixt3 
elev iTaÔdXXevTSç xai z- 
aTpu)iu>X(i)i aT èYpiiTac, toi xp « 
if)|i.aT' àiravx' Ixovaav Ta; iîu- 
Xaç èxuiéOai STtjxi xa Xf^i. 

(41) al Zï Toç îwXâ; lAT/j^iç Xe- 
Coe ii:uisv, to>ç xaSs^xàv; 
TÙ)^ xaç 7:aTp(i>i<«>x(0 F&izai x- 
axà Tàv iwXâv axi oi Xfji ixu- 
(sv Tiç; xaï j/iv T^; x' èî:u(v]t, è- 
V Tatç TptdxovTa ^ xa Fc(x(i)v- 
Ti. a? 8à [jLt], àXXwi 57n>ié6at Sti- 
(jLt xa v6v(ZTa(. 

(4â) (zi §é xa TcaTpb- 
ç Uvtcç ^ ÂSsXTnu) zatpcixu)- 
xoç fi^jf^^ aî.XcîovTOç ii:- 
uUv b)i 28u)xav {jl^ Xsloi à^cu- 
léOatf ai x^ èffTeTéxvh^tae^ Sia- 
Xixdvcav T&v xpv]tAaT(i>y al é- 
YP^'^** âXXwi ômnéûat tîç z- 
uXaç * a{ 81 Téxva (Ai] cIiq, z<cvt^ 
IxGvvav Tb>( â^6dXXovTt im^* 
lé&ai al X* ^5t • ai 8k [a-îj, aï iypixx- 

(43) dtvtjp a? fco6dvot ::aTpoJt- 
(bxœt Téxva xaTaXti:(i)v, aï xa Xyj- 
i, èwitéOu) Taç ?n>Xaç OTt|i.{ xa v- 
uvaxai, àvivxai oï (jlV]. ai 8k Té* 
xva jxtj xataXiiroi b d?coOavu)v^ 
è^iéOat TÛi è^(6aXXoyii a- 
î èYpaxTat. 



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LA LOI DE GORTYNE. 335, 

maison, et la moitié du reste. Elle épousera un autre, 
celui qu'elle voudra, parmi ceux de la tribu qui la de- 
manderont, et elle partagera les biens avec le premier. 



40. S'il n'y a point d'ayant-droit à la iille palroïoque 
conformément à la loi, elle aura tous les biens et épou- 
sera qui elle voudra dans la tribu. 



Ai. Si personne dans la tribu ne veut Tépouser, les 
parents de la fille patroïoque diront dans la tribu : 
« Personne ne veut-il épouser? > Si quelqu'un se pré- 
sente pour épouser, il faut que le mariage ait lieu dans 
les trente jours qui suivront la déclaration des^ parents, 
sinon la fîlle épousera qui elle pourra. 



42. Lorsqu'une fille, après avoir été donnée, en ma- 
riage par son père ou son frère, devient fille .patroïo- 
que, si celui à qui la fille a été donnée veut rester ma- 
rié mais que la fille ne le veuille pas, en ce cas, si elle 
a des enfants, elle partagera les biens conformément à 
la loi, et épousera un autre de la tribu ; s'il n'y a pas 
d'enfants, elle aura tous les bien» et épousera l'ayant- 
droit s'il y en a un; sinon on suivra la loi. 



43. Si le mari meurt laissant à la fille patroïoque des 
enfants, celle>-ci épousera si elle veut un hointne de la 
tribu, mais elle n'y sera pas contrainte. Si le défunt ne 
laisse pas d'enfants» elle épousera l'ayant-droit, con* 
fermement à la loi. 



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336 U. DAUE8TK. 

(44) ait' èxtSiXXwv t- 

tSa{i.a>(7et£, a Bk xocTpcotûxo^ 
(Sî)pC[ji.a £ÏY], Twi èxi5aXXovTt è- 
zuié6a'. aï èYpifTai. 

(4o) -natpwiw- 
%ov 8 ' îipLsv aï XX ';:aTr)p jAt; ijt ^ à" 
BsXTibç è; TÛ aÔTÛ xatpbç. 

(46) TÛv 
ol xpr^ii.dTb)v xapTSpbv; t^jasv t- 
aç FepvaaCoç tov^ xaTp(li>avç, 
Taç 8' iirtxopirCaç StaXavxav- 
ev xàv -^[xCvav aç x' àvwpoç Tjt. 

(47) aï 8' àvti)p(i)i lattat jjlyj ettj èxi- 
6aXX(i)V, Tàv ?:aTp(i)twxov xap- 
xepàv 7][i.ev tôv tê xpT](ji.aT(i>v x- 

at TÛ xap7;b), x5ç x' avwpoç ^i x- 
pa:;ê6ai 7:ap ' xai pLaîp( * cd iï 
(jkaxYjp pLYi Tji, xap' TOÏÇ [JIATpwat 
TpaicéOat. al hé tiç owjbt xà- 
V xaxpwiôxov àXXat 8' b{pa'Z':ai^ 
te 

(48) xbvç èict5a [XXovxavç]. . . 

[T:a] xpb)ib)xov xa- 

xaXhnQi, t^ au 

[to] vç [xaxp(î>av' 

çxaxaOé[JLev 

8(xaiav T)iJLêv x- 

àv ûvàv xat xàv xa[xi6s(Jtv] 

(49) [ai 8 
aXXai zpl] aix6 xiç xpifiji^axa tJ 
xaxaSeixo xwv xaç xa[xpb)t(Si)X(o x-J 
à iJLàv xpi^iJi.axa èicl xai xaxpwic&x- 
(d( îiixsv, 5 8'àTCo8oii^voç t^ xax- 
aOévç xûi zpiapiiv<)i)t ^ xaxa6e» 



? ft» 



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LA LOI DE GORTYNE. 337 

44. Si l'ayant-droit à la fille patroïoque n'est pas dans 
le pays, et que la flllesoit en âge, elle épousera Payant- 
droit qui vient après, comme il est écrit. 

45. La Ûlle patroïoque est celle qui n'a ni père ni 
frère issu du môme père. 

46. La gestion des biens appartiendra aux oncles par 
le père, et en ce cas la QUe aura la moitié des fruits 
jusqu'à ce qu'elle soit en âge. 

47. Si la fille est mineure et qu'il n'y ait pas d'ayant- 
droit, elle aura les biens et les fruits, et jusqu'à ce 
qu^elle soit en âge elle sera nourrie auprès de sa mère. 
Si elle n'a pas de mère, elle sera nourrie auprès des 
oncles maternels. Si quelqu'un épouse une fille patroïo- 
que contrairement à ce qui est écrit dans la loi 

48 

49. Mais si quelqu*un achète ou prend en hypothèque 
de toute autre manière les biens de la fille patroïoque, 
ces biens resteront la propriété de celle-ci, et celui qui 
aura vendu ou donné en hypothèque sera tenu, s'il perd 
son procès, au double, envers celui qui aura acheté ou 
pris en hypothèque ; et s'il y a quelque autre dommage, 
il en paiera la valeur au simple, ainsi qu'il est écrit 
dans la présente loi. Mais il n'y aura pas d'action pour 
les conventions faites avant la présente loi. Si la partie 



(46 et 47) La personne et les biens de la fille patroïoque sont con- 
fiés par la loi à Yim^xUw qui doit Tépouser quand elle sera en Age. 
A défaut àUm^âXXtaVj la tutelle appartient & la mère pour Tëducation 
et aux oncles maternels pour la gestion des biens. 

La loi de Charondas donnait la garde de la mineure aux parents 
maternels, et la tutelle des biens aux parents paternels. V. Diodore, 
XII, 15. 

(48) Cette partie de Finscription est trop mutilée pour qu*on puisse 
la restituer avec certitude. Nous ne croyons pas utile de reproduire 
ici les conjectures de Blass et de Comparetti. Tout ce qu'on peut 
afBrmer, c'est qu'il s'agit des biens de la fille patroïoque et des cas 
dans lesquels ces biens peuvent être vendus ou hypothéqués, ^/asv tàv 
wvàv X9Ù ràv xa[racO«atv. 

Annuaire 1886. 22 



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•33a H. DâHESTE. 

(^éva>(, ai iM, vtxaOfît, h%kfy xa« 
TacTaaeï, k' a? el x' àXX' axaç ^i, t- 
h àiîXçov imxaiTa^Tawt à- 

oï8 8à ::p60a ji.^ IvBixov 9i(j*v • 
a{ S '6 âvt((m»Xo^ diTCO|i.(âX(o« 
\.i\fm Tb xpéoç &i %^ iyTi(MdX{« 
(i)VTt j;.^ Taç xaTp(i>t(JI>x(0 îili.£V, 
& SixajTÀç b\ksihç xpiviTbi) . a{ 
Se vtxi^at \i^ tSç '::ixpu)t(S>x- 
(Il ?jIi.2v» (AtikXjJv 6^ x' imtiXXr^i ^ 
F9,%iTzm iYpocTTai. 

(50) a{ iv)tx(7* 
i|i«voç v^ v(vixaiJLévoç ^ ivx* 
otOTàvç iiteXo)v t^ StaîaXéii^- 
voç ^ StaFetica|JLevoç àwoôi- 
voi, fj to6tuh âXXoç, iin(ji.(i>X* 
i}v. . . 7p(î)Tfai> iviauTÛ, & $s 3txa- 
cTaç Stxa9SéT(i) iropTt xà iiwî:- 
(i>vt6(jLeva * ai [jl£v xa v(xaç â;ri« 
(;.(«)X^i, 6 Bixa^TO^ x' 6 [AviiMov 
ai xa S(!>Y2i xal TcoXiaTeurjt, et 8s [jl- 
aC-cupcç 01 èiwtfiaXXovTeç • avSox- 
â Bk xivxoioxâv, xai 3ia$oXS^ x- 
al Sipi^9io; ixadupeç oE i7:t6-* 
aXXovieç dt-KOicwviivxwv. ifi 8é x' à- 
7CoF£(î:wvti, SixoSSéxti) èjx^aavTa 
auxiv xat îbv; [laiTup- 
avç yixàv xb itrX^oy. 

(SDutb^a- 
i X* db8£Xtff<xat J;x* S ::axTQ5 Sc&r^t, 
aixcv àvéôai xal xà xpY2[ji.axa 

(50) Oa n'ett pu encore absolument Axé sur U mus de tous les ter- 
mes employés dans cet article. Au lieu dé oiàravç que Comparetti tra- 
duit par « obligation écrite sur une peau de mouton » je lis svec 
Baunack et les autres éditeurs allemands f/xoiôr0tv«. Ce mot vient de 
Miov, qui sigaiûe gage d'après Hésychius. xoTov, hix^f^v • Mi:àitt, m- 



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LA LOI DE GORTYNE. 339 

adverse soutient, à Tégard d'un objet litigieux, que cet 
objet n'appartient pas à la fille patroîoque, le juge sta- 
tuera comme juré. Si la partie adverse obtient gain de 
cause par un jugement déclarant que Tobjet n'appar- 
tient pas à la fille patroîoque, il y aura action de la ma- 
nière prescrite, ainsi qu'il est écrit pour choque cas. 

XI. 

50. Si quelqu'un meurt s'étant porté caution, ou ayant 
été condamné par jugement, ou étant obligé de resti- 
tuer un gage, ou en retard de rendre un dépôt, ou 
ayant pris jour pour payer, ou réciproquement si l'au- 
tre partie vient à mourir, l'action sera intentée dans 
rannée. Le juge statuera d'après les déclarations faites 
devant lui. Ces déclarations seront faites, lorsqu'il s'a- 
gira d'une condamnation prononcée, par le juge et le 
mnémon s'ils sont encore vivants et habitant le pays, 
et parles témoins de l'aiFaire, et s'il s'agit d'un cau- 
tionnement, ou d'un gage à restituer ou d'un dépôt à 
rendre, ou d'une promesse de payer à jour fixe, par les 
témoins du contrat. S'ils font ces déclarations, le juge 
donnera gain de cause au demandeur, au simple, à 
condition qu'il prêtera serment, lui et les témoins. 

Si. Si un fils se porte caution, du vivant de son père 
on ne pourra saisir que sa personne et les biens acquis 
par lui. 

^ùft&u. On peut aussi ràttaciiei' ce mot à kbfv}»*, U^tûç ilâéi^/s^v 6 x«- 
Bxiptav fùvioL. H s'agirait alors d*uiie cotnpositioQ pour meurtre. 

La condamnation est prononcée au simple parce que la bonne foi 
de rhéritiei* ne permet pas de lui appliquer la règle Lis infiUcUione 
in duplum crescit. 

Au lieu dé ofiàcu? rk àùrâv, il fkut ëvidessinent lire 6fiùa«vru «ùrôv. 

(51) L*ob1igation résultant du cautionnement est considérée dans les 
anciennes législations comme la plus rigoureuse de toutes. Le cau- 
tionnement est toujours un acte judiciaire, ou tout au moins sblennel» 
emportant exécution parée. Le défaut d*exécutibn volontaire de la 
part de la caution entraîne généralement contre elle *une peine pécu- 



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340 R. DARIiSTIi:. 

a II y,a rézair.. 

t cuvaXXixcY)'. -^j èc riîpav èzi- 
OévTt [jLt] di^StBûi, a? jjiiv y/ à- 
^OTrwvCwvTt iJwxtTyps; fj6tov':- 
e; Tio exa-ro'^îîTa-Yîpd) xat ::X{3- 

ç tb 8sxa5'îa'n;pov, ouo, tw jjlsi- 
ovo8 V £v^, SiKaBSéto) xopTi Ta 
àrc::(i)vtéj;^va. aï $k (xatTupe- 
ç Iat; iiccTTWviotev fj y.' ?XOr|t ô ffu- 
vaXXdxsovç wTspov [/.y; X^i, aï ô 

(53) [jLaTpi 

B ut'j; éxa- 

Tov cTar^pav; y^i |ji.£ïov, ::• 
a(ov Ss [i.Y) • a? Bè rXia co(tq, aï 
xa XsiwvT ' o{ èriêaXXovTftÇ x- 
bv apYupcv àTToSivTsç, Ta xp- 
rji;.aT* èxévTWv. 

(54) aï 8s Tt; hizt- 
X(i)V àpYupcv ^, dlTaj;.£vo; Yj |a- 
(oXiopiévaç 8txa^ coiiq, al 
jJLYj eÎY] Ta Xot'::à âx^ia t5; a- 
Ta^, iJ.rj8sv èç y.péo; yji;.£v Tav 
Sisiv. 

(55) àvTpwKOV [J.Ï3 àvffioL' 
t xaTay.£(ii.£VOV Trplv x' àpTua- 
TfjTai xaTaOévç, jj-rjo' àiJi.Ttfji.w- 



niaire, par exemple, une condamnation au double. Dès lors, il aurait 
pu paraître naturel de dire que si le fils est poursuivi comme caution, 
il y aura lieu à partage, comme dans le cas où le fils a encouru quel- 
que amende. Mais c'est précisément ce que la loi ne permet pas. Le 
fils poursuivi comme caution n'engage que sa personne et ses acquêts, 
mais non sa part des propres. 
(52) Comparetli lit at xsc m ni^xt swxaXxIih ^ iç rzipxy mOivri /cis 



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LA LOI DE GORTYNE 341 

52. Lorsque quelqu'un , si dos témoins ma- 
jeurs viennent faire leur déclaration, à savoir s'il s*agit 
de cent statères ou plus trois témoins, s'il s'agit do 
moins de cent jusqu'à dix statères deux témoins, et s'il 
s'agit de moins de dix slatëros un seul témoin, le jugo 
décidera conformément aux déclarations. Mais s'il n'y 
a pas de témoins qui déclarent le fait 

53. Z« /t& pourra donner à sa mère ou le mari à sa femme 
cent statères ou moins, mais pas plus. Si le don est de 
plus forte somme, les ayants-droit pourront, s'ils le 
veulent, prendre les biens en payant la somme entière. 

54. Si quelqu'un, devant de l'argent, ou condamné à 
payer, ou dans le cours d'un procès, fait une donation, 
et que les biens qui lui restent ne soient pas suffisants 
pour acquitter la dette, la donation n'aura aucun eflet. 

55. Un homme donné en gage ne pourra être acheté 
avant que celui qui l'a donné en gage se soit arrangé 
avec son créancier. De môme pour un esclave litigieux, 
on ne pourra ni on recevoir ni en stipuler la livraison, 

oTtootoùi. Mais la leçon est loia d*être certaine, et les interprétât* ons 
données par les différents traducteurs sont tellement divergentes que, 
provisoirement, il parait prudent de s'abstenir. Un seul point est cer- 
tain, c*e8t qu'il s'agit d'un débiteur qui ne rend pas, mais on ne sait 
de quelle dette il s'agit. Au surplus, ce qu'il y a d'intéressant dans 
cet article, c'est surtout la forme du serment. — Le mot iittOifiyrt se 
retrouve dans une loi éphésienne (Dittenberger, n» 253, ligne 52}. On 
trouve dans Hésjchius la glose èTziBnxri tftpvr,. Dans ce cas, il s'agirait 
de ce que les Athéniens appelaient k-KOTifjLr.juLx. 

(03) Le maximum introduit par cet article est une disposition nou- 
velle, dérogeant à la loi antérieure (V. § 68). Toutefois, la donation 
qui dépasse ce maximum n'est pas absolument nulle. Elle n'est pas 
obligatoire pour les héritiers du mari ou du fils donateur, mais elle 
peut être ratifiée par eux. Tel est, du moins, le sens que nous croyons 
devoir donner à ce passage. Suivant Zitelmann, les héritiers peuvent 
s'affranchir de la charge en payant le maximum. 

La donation faite par le fils à sa mère, à titre de gain de survie, 
est rapprochée ici de la donation faite par le mari à sa femme parce 
qu'elle remplit la même fonction. On suppose, sans doute, que la femme 
veuve est restée dans la maison dont son fils est le chef. A la mort 
du fils, elle sera peut-être obligée d'en sortir. 



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342 n. DARESTE. 

-îTSvcrdlôai [ir^îl xataOéOat. a? 
Se Ttç Toyxwv Tt Fépicffat, p.TQ8- 
b i; xpéoi; r^^îv a? àrorwvio* 
(îv 86ô ixattupsç. 
(56) àv^avaiv î^l^sv iréxa xtX X* 
Y)i, à[i.7catvé6ai 8k xat' di^opàv 
xataFeXi/ivwv tô[j« ^roXiatSt- 
V, àTTo tfi) Xaw & àrarfopeuôvci • 
6 8'à[i.xava|i.£vo^ S^tw t*- 
t ètaipetai xai Fât aiÎTw îaps- 
Tov y,at ::pôx6cv Foivw. 

(57) xaî 
|iiv x' àviXtjOat Trivia ti xpr;- 

éxva, xéXXeiJL [xb ta Orva y.ai 
Ti àvTpti)::iva ta tw dlvi:ava|ii- 
v(i), x' àvaiX^/jOat afep toTç 7- 

Xfjt TèXXîv aï i-^paTTa'., xa xp-rj- 
[xaTOt Tbv; è'ï;i6aXXivTav; Ixs- 

V. 

(88) a{ 8é y." f^i Y^ifjdta xéKva tu>t iv 
':i:ava;jivti)t, ^sBà ti.lv tûv èpî* 
évwv Tcv àp.'iîavTôv aJiizip aï 6- 
if)X3iai iirb tûv iSsXiîiwv Xavxa- 
vcvTu ai Sa x' êpcxâve; [aï; iwv- 
tt 0/;X£tai Se, FtaFéfixipov f,- 
j;.£v TCV àvravibv, y,al \>x^ l- 
zdvavxov fji;.sv téXXev xà t- 
w àvî:ava|iiv(»),xai Ta xpifi^^a- 
t' dlv«tXYJ6ai (k Tt xa xaTaXtir- 
y;i 6 ivxavii^.svo; • '::X(ut 5k Tbv 



I 



(56) A Athènes, Tadoptlon se faisait paf déclapâtion k la phratrie et 
inscription sur le registre. Les membres de la phratrie recevaient à 
cette occasion la chair de la victime et une distribution de vin. V. Isée, 



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LA LOI DE QORTYNE. 343 

ni le prendre en gage. Si l'on fait quelqu'une de ces 
choses, TacLe sera sans effet, si la preuve est faite par 
la déclaration de deux témoins. 



XIII 

56. On adoptera qui on voudra. L'adoption se fera 
dans Tagora, en présence des citoyens assemblés, du 
haut de la pierre où Ton monte pour parler au peuple. 
L'adoptant donnera à sa confrérie la chair d'une vic- 
time et une mesure de vin. 

57. Si l'adopté recueille tous les biens, et qu'il n'y 
ait pas avec lui d'enfant légitime, il acquittera les 
obligations de l'adoptant envers les dieux et envers les 
hommes et recueillera les biens comme il est écrit 
pour les enfants légitimes. S'il ne veut pas acquitter 
ces obligations comme il est écrit, les biens passeront 
aux ayants-droit, 

58. Lorsqu'il y a des enfants légitimes de l'adoptant, 
si ce sont des enfants mâles, l'adopté prendra parmi 
eux une part égale à celle que prennent des sœurs en 
concours avec des frères. Si ce sont des fllles, l'adopté 
partagera également avec elles. Il ne sera pas tenu 
d'acquitter les obligations de l'adoptant, et recueillera 
néanmoins les biens que l'adoptant lui aura laissés, 
sans pouvoir prendre davantage. 



Sur la succession d'Apollodore, § 15. Sur la succession d^Astyphile, 
§ 33, et PoUux aa mot oèvicT^ia (vi, 22), 

(57) L'adopté n'est pas hépitier nécessaire. W peut renoncer à la suc- 
cession et s^affranchir ainsi de Tobligation d*acquitter les dettes et 
charges. — Les biens passent alors aux ayants-droit, c'est-à-dire ici aux 
collatéraux. Ainsi les oncles, neveux et cousins sont compris ici parmi 
les ayants-droit, tandis qu'ils en étaient exclus ù Tarticle 26. Nouvelle 
preuve du sens relatif qu'il faut attribuer au mot 87rt««/>év?i;. 

(58) Lorsque Tadopté est en concours avec des enfants légitimes, la 
pnrt qu'il prend est affranchie de toutes dettes et charges. 



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344 R. DARESTE. 

(59) aï X 
àxoOavot b àv^avTOç ^viQaia 
xéxva (AT) xaTaXtxwv, 7:ap tcvç t- 

ç dvxopî)v Ta ^ptiiiaTa. 

(60) ai 5è piY) 
Aijt 6 àvi;ava(i«vûç, aTToFei^- 
aOÔo) xat' ayopàv izb tû Xaw w 
iza'YopsuovTi xaTaFeXjiiv- 
(i)v TÛv xoXtaTav, àvOéiJLsv..* 
... ataTifipavç èS îixaaT- 
ilipiov, 6 8à ii.va(i.t«)v wpc xœsv- 
(w iicoScTO) TÛt dicoppr^OévTU 

(61) Yuvà oè jj-Yj d4J.7:a'.vé00ci) ii.î;o' 
àvY;6cç. 

(62) xpiiOat Zï toT^Ss a- 
t TiSs Ta Ypap.iJt.aT' t(pi'::<rri^ 
TÛv oe TwpiôOa 67:ai tiç èx/;t fj à- 
[xi:âvTJi f^ xap àji.7:avTÛ [i-rj et' e- 

vStXOV fi[ASV. 

(63) avTpwxov 5ç x' ifiji ::pc Sixa; 
ai fil èziosxéôai, 

(64) Tcv BixaaTàv 5 ti [liv xaTa 
IJLaiT'jpavç è^paTTat SixaSS- 

ev Y^ dl7co|JLOTbv oixicSsv a* e- 
YpaTTat, Twv 8* àXXtov C|i.vuvT- 
a xpivsv îcopTi Ta i;.o)Xi5;j.îv- 
a. 

(60) A Athènes, Tadopiioa ne pouvait être rétractée que d^un com- 
mun accord. Mais le père pouvait chasser son fils par mesure disci- 
plinaire prise en la forme d*une déclaration publique, ànoxiipvliç. V. Pla- 
ton, Lois, IX, 9, et un rescrit de Diocléden de Tan 28$, 1. 5 au Code, 
VIII, 46, De patrij potestate. 



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LA LOI DE GORTYNE. 345 

59. Si Tadopté meurt sans laisser d*enfunls légi- 
times, les biens reviendront aux ayants-droit de 
Tadoptant. 

60. Si l'adoptant veut rétracter l'adoption, il procla- 
mera sa volonté dans l'agora, du haut de la pierre où 
l'on monte pour parler au peuple, en présence des 

citoyens assemblés, et il déposera au tribunal sta- 

tères. Le mnémon, qui siège devant le cosme des 
étrangers, remettra cette somme à Tadopté congédié. 

61. Une femme ne pourra pas adopter, non plus 
qu*un mineur. 

62. Ces dispositions seront observées telles qu'elles 
sont écrites dans la présente loi. Quant aux actes an- 
térieurs, pour tous les droits constitués au profit d'un 
adopté ou contre lui, il n'y aura pas d*action. 

XIV 

63. Lorsqu'un homme sera emmené avant jugement, 
toute personne pourra lui donner asile. 

64. Le juge sera tenu déjuger suivant la déclaration 
des témoins, comme il est écrit, ou selon le serment de 
la partie, comme il est écrit. En tout autre cas, il sta- 
tuera comme juré sur les points en litige. 

Le sens que nous donnons à ces mots ô /Ava.ucjv Ttpb xvcvtu résulte 
d*une inscription qui Tient d^être publiée par Comparetti dans la der- 
nière livraison du Museo italiano ( 1886), p. 2^. 

(61) De même à Rome : Feminœ yero nullo modo adoptare possunt, 
dit Gaius (i, 104). — Minorem natu majorem non posse adoptare 
placet (Just., Inst,, I, tit. xi^ § 4, et Gàius, i, 106), p. 227. 

(63) Il faut lire, avec Fabricius. ac //àyTst et non aî xx Afii. Quant au 
mot iTZiZiy.iOoLi^ j*en trouve Texplication dans un passage de Démos- 
tbène {contre Nééra, § 45), où Ton voit Phrynion intenter une action 
en dommages-intérêts contre Stéphanos, pour lui avoir arraché Nééra 
et ravoir reçue chez lui, orc aùroD à^ciÀcro Nsxtpav rauDjvi ci; cJlcu5«- 
piav xac ôrc â ti-ftAÛiv c^^ov^a na^* «Oroû aunif OnsoiÇacro. — Baunack 
cite un décret relatif à Tasile de Téos (Cauer, n* 123), où on lit : HiTTta 

Ttî xa 5t'/>J, 



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346 H. DARESTE. 

(65) a? y.' i7ro6a'»y<t àpYupov 
fcî:£>và)V ?i vsviîcaiiivoç, a? i^é- 
V >ta XeiwvTi oTç %' £;n6aXXr|t 
4vdiiXif)6at ta xp-fiiiAta, Tàv «- 
Tdiv uic6p)iaTiffT(zp*cv xri tb 
àpYÛpiov oîç x' èxsXïjt, èx6vt- 
wv Ta xpifiiiara, a? 8ç xa jAt; Xe(* 
wvTt, ta |xb xpif;[i-aTa iict tôî- 
^ vixiffdtvcri TijAsv, ^ o7<; x' 4* 
1:tkf^\ rb àp^uptov, JXXov tï 
[lîjSeiACav àtav tiii^v toï- 
ç è^6aXXov(Jt • 

(66) àY^eat tï 0- 
^èp ii.àv tô ratpbç ta jjia* 
tp(bt«, CnAî 8k tft; [j.atpbç ta txatpû- 
ta. 

(67) Yuvà àvSpbç a xa xp(vY)tai, 
i Sixacrtà; 6pX(ï)V al xa Sixdcx- 
CTtt. sv taïç Ftxatt àj^épatç, à- 
î:o[i.a)ffat(«) xaptivtoç tû 8txa- 
ffta, 5t( x' èxixaXîSt 'rtpoFei'ïcat- 
(i) ô ÛTuapxwv taS 8(xaç tat f^va- 
ixi xai tût Sixactai xat twi 
pà[;.ôvi TTpotétaptov àvtl p.- 
aitupwv 



(68) [juxtpt ui6ç ^ à^rlfip ^uvaixt 
xpif;|i.ata at I8wxs aî i^pcf.':- 
to "Apo tûvîs twv YP^^i^'lAatwv, 

JA^i IVÇ'.XOV '}\\f.V4, tb S'jcts- 

pov Si8^[i£v AÏ fevpattat. 

(69) tat; ::atptotu)xciç at xa (x^ 



(65) De même ft Rome, diaprés Véàit du prêteur. « Sêd his (suis et 
necessariis) prsetor permittit abstinere ne ab hereditate, ut potius pa- 
rentis bona veneant. » Gaius, n, 158. « Mortuorum hona veneunt, 
dit le même Oaius, valut eorum quibus certum est neque heredes neqtfe 



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LA LOI DB GORTYNE. 347 

65. Lorsqu*un homme meurt étant débiteur d'une 
somme d'argent, ou condamné dans un procès, si les 
ayants-droit veulent prendre les biena, ils so charge- 
ront de payer au créancier Famende prononcée et la 
somme due, et à ce prix ils garderont les biens. S*ils 
ne veulent pas le faire, les biens seront à la disposition 
de ceux qui ont obtenu la condamnation ou à qui l'ar- 
gent est dû, et les ayants«droit n'auront aucune autre 
charge à supporter. 

66. Pour les dettes du père, on saisira les biens pa- 
ternels, et pour celles de la mère les biens maternels. 

67. Lorsqu'une femme plaide contre son mari, si le 
juge ordonne une prest&tioa de serment, la femme 
prêtera serment dans les vingt jours, en présence du 
juge. Le demandeur fera connaître ses griefs> à la 
femme, au juge et au mnémon quatre jours à l'avance^ 
devant témoins. 

XV 

-• 

68. Si le flls a donné à la mère ou le mari à la femme, 
comme il était écrit dans la loi qui a précédé la pré- 
sente loi, il n'y aura pas d'action; mais, à Tavenir, on 
se conformera pour ces donations à ce qui est écrit 
dans la présente loi. 

69. Pour les filles patroïoques, s'il n'y a pas de juges 

bonorum possessores, neque ullum alium justam successorem existere » 
(III. 78). 

(67) Il 8*agit non du divorce, qui est ua acte extrajudiciaire, dépen- 
dant exclusivement de la volonté des époux, mais des conséquences 
du divorce, c'est-à-dire de la restitution de la dot et de la peine de 
cinq statères pour celui des époux qui a commis une faute. V. Tar* 
ticlo 11. 

Pour le terme 6 xpy/ji^j t:Ç; o(xr,ç, v. l'inscription d*Éphèse citée par 
Comparetti (Dittenberger, n® 344, lignes 53, 97). 

68. Il n*y aura pas d'action, sans doute, en répétition des sommes 
données sousTempire de Tancienne loi. C'est le principe déjà souvent 
exprimé. La loi nouvelle n'a pas d'effet rétroactif. 

69. Les juges des orphelins étaient sans doute une magistrature 



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348 K. DARESTE. 

ïtovTt ipirotvoBiKajTai, 5- 

ç x' àv(i)pci twvTt xpYiOai xaxà 

Ta èYpap-iiiva. 

(70) ô^rij 8é xot 
?;aTpG>ia>xo{, |xv) i6vT0Ç â7;t- 
PaXXovTOç [jiy;8' ipT:avo8tx- 
ajTôtv, i:ap Tai {xaTpi Tpain;- 
Tat, Tcv :;aTp(i)à xat tojjl ji.a- 
Tpwa Tovç èYpa[ji.iiivovç x- 
à xpvjp.aTa xai tàv eT^ixapri- 
op/ àpTuev i'Ka xa vuvaviat xi- 
XXicTa icptv x' èicuCr^Ta». • èirvi- 
éôai oà gyoSexaFeTta il^ TrpsC- 

chargée, & certains moments et d*une façon intermittente, de la sur- 
veillance des tutelles. On trouve, à Athènes, des èpfonofùXsaii^ & 
Éphèse, des awopi^avKnoii; V. Xénophon, De vectig., ii, 7, 7, et Tins- 
cription ëphësienne (Dittenberger, no 344, ligne 29). Cf. Suidas et Pho- 
tius au mot op-^avi^rac. Suivant Lewy, les opfotvooiy.xTrai seraient des 
tuteurs testamentaires. 



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LA LOI DE GOHTYNE. 349 

des orphelins, jusqu^à ce qu'elles soient en âge, elles 
seront traitées d'après la présente loi. 

70. Lorsqu'une fllle patroïoque, à défaut d'ayant- 
droit et de juge des orphelins, est nourrie auprès de 
sa mère, Toncle du côté paternel, et Toncle du côté 
maternel, tels qu'ils sont désignés dans la présente loi, 
prendront soin des biens et des fruits, le mieux qu'ils 
pourront, jusqu'à ce que la fille soit mariée. Elle sera 
mariée à douze ans, ou plus. 

70. Dans les lois de Platon (xi, 7), à défaut de tuteurs testamen- 
taires, la tutelle appartient à un conseil de cinq personnes, k savoir 
deux parents du côté maternel, deux du côté paternel et un ami. 

De même à Rome, la puberté pour les femmes était fixée à T&ge de 
douze ans. A cet âge, la femme pouvait être mariée et la tutelle pre- 
nait fin. Just., Inst., i, 32, pr. 



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èv 'Aôiivatç, 1865-1874. 5 vol. 

5. Mamoucas. — Ta xarà tVjv àvacyivvïîffcv rÇ« 'E;.Aâ6ô;, îjTOt ffu/)loy4 

Twv TTf^l TT^v àv3cysvv&)//^y>;v 'E>/àôa ffuvrax^ivTWV iTO^cTfv/ezTUVf 
vô/*wy, xai a//uv «Tttr-^awv îrpaÇswv uîth toû êrov^ 1821 jwixp* **" 
/ou; 1832, û:tô "Avopio-j Z. Ma/;.oûxa. 'Exd. êv Ilsi/^atcl, 1839. 3 vol. 

6. Goudas. — B{0( 7:apiÀ).r,).oi rûv ini tÇ$ snsr/ivvr,7t^i Tr,ç '£il/zôo{ 

otaTrp«'fâvTWv àvop &»v, ûirà 'Ayarraçiou N. Fouoâ. 'Exo. èv \\^yac{« 
1872-1875. 8 vol. • 

7. Damalas. — 'Epiirrjiix «î; tviv Katv^v A(â9-/,x>;y, OrrèNcx. M. Astusy^j 

èzo. èy 'A0>5yats, 1876. Tome I*^ 

(1) Lfes articles dont le format n*e$t pas indiqué sont in-S. 



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CATALOaUE D'EICHTHAL. 351 

:ipou. 'A9r,v>5î(, 1868. Toraa I»' : 'Ayvo;*éffJva »tal irspa ivi/oora. 
9. PapaWUOOPOUW». — Irropix toù é/iwvixûu l^vow;. (Cp, n** 4.) T. I 

et î!. „ , 

10. KODRICA. — Msi^r^î Hi Mu^,i i/inv«;5i 5(îMi«T0v, ««jp* HecvaytwTsr/ïj 
iayxti«pf«v tp5pecâ, W. 4» ««pwCou AQIK (TuTroy^. M. 'ES*- 
pifn^v). T. l". 

vr/xiv àîTÔ Tûv >ar^vwv (c*€ t^iV 'Ki/iSa ywvÀv MxÇi^as O/scvoySiSf, 
«0. èv nviûïî, 1S71 (tutt. Garey, frères). 
U, IcoHOMoa. — Ta ff«5()M«v« <fùo),Qyuk a^j-r/pit^ff-^r» K»v»ravTfv«'j 
TrpwewT^pov zaî Oc/.ov<>;*ou toO èi 0(X«v4/*«v. 'A^vîVîjai AQOA. T. I. 

13. SoUTZO. — Ta XowT^ai^e iroi é xûpioç Ilavayt^iTvjs SowtÇo,- iv ypa^- 

/iiaTtxors, iv ytaoA«yot«, èv •;(oJlâpx««i «v /*«t^«oI< xai fiv .TOtvjTat,- 
4«iTÇKÇé/«vo^ 'Ev 'A^ïSvîXtî, J853 (rviïotî »««i iva/'^a^i S. K^, 

14. BANaABÉ. — 'UvUvjbç à HapaUTT.f, Otcô K.aiwvo« 'P. 'Pay;{a6^. Atfa.- 

v/jat, 1877. . 

15. Satha» et Lborand. éditeuw. - Les exploiU de Digénis Akntos 

(épopée bywntine du x' siècle, publiée pour la première fois 
d'après le manuscrit unique de Trébizonde), par C, Sathas et 
Em. Legrand. Paris, Maisonneuve, 1875. 

16. 0. MttLLBR, trad. par KYPauwos. - 'laropfa -rts U).r,vocv5ç ^ùo/o- 

yî«5, /xmffitfOiï^oL « T?ii rip/*«v«i|f wîTè A. K^TtstavoD. 'Ev 'Aôvj- 
vatf, 1867. I vol. en un. 

17. Garnieb, trad. par BEaKAROOS. — II^oy/taTita mpi t»v ^uvi/nm 

pilOtpuLntvOMa, intuv^rtOttgai «i Jtà 'Irropixwv m^i^ndivif^v ûm X. 
Bi,5vip2ov. 'Ex5. «V ï/AJ/îvyii 1857, T. I. 

18. Dantb, trad. par Musuaus. — AâvTou ô Atovjî^ i^iriffpttfui Kwvff- 

T«vWvouMou7ovpov. '£x«. 4v A«vS^v^. Williams andNorgate, 1882. 

19. ByzikenoS. — "kxOi^i awpac {9'j)j.oyii Ttotvj/iâTWv) Tiwpy. M. BiÇwxïJ- 

vow. "Ek^. 2, iv Aov3£v« (TrUbner), 1884. 
<0. Parasyrakis. -^ Il«»a)r,v£xiv nfis,ooiéyt«v 1880, «5o«àv Ond Sw- 

xpirovi llapMvpTMvi, Aovoivov, Williams and Norgate, 
tL MoLiteB, trad. par Skylissw. -^ MoXUpôJ ipiTra î«/a, i|îîi/>îv(»- 

divra. xj'Ttb I. 'I«8«pf5«u £x'ji<»v»î. (K.6»ytt«i^tôv : Mc7âv(>p«7ro«, T«p- 

T«vf t»5 xai *ù'Jip'/upoi.) 'Ex3. tv T«pyiîT»ï 1871 (ti/tt. \xiTzpwx9û 

AÔU6). 
tK# VALBtTAS. — 'Eitt7T0/i/A«i« oiarpiS;^ xarà twv /r/<iv?«v on «wonriov 

irrt itipl TOO ô' otpOpàM toû «w^êé^ov tï}ç ir^çfiwj rè pfjua « rrtï- 

Tsvw w, Otcô 'leiavvou N, BaA^rra. 'Exo. èv Aovoîvw (Clayton), 1871. 
fô. RoNDlRis, — 'H xarà <TÛVTay/fca opyxyùtçii ftfy xpir9Vij vuk 'AOoLvxiioj 

X. 'Pov5ï7p*î. 'Ev 'A*î5v«i€, 1876. T. 1". 
24. Virgile, trad. par Rangabé. — DtpyuAiôv Atvs^a,-, fursifpxyeiïist 



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352 CATALOGUE D'EICHTHAL. 

èx. ro'J iarivcxoD ytisrà çxjjnidtvsuv^ ûttô Msa. 'P^Çou Vsc/xuSri, 'Eito. 
£v Kwv^ovTtvou^riAst, 1863. T. I*» (i-vi). 

25. Raxoabé, traducteur. — Usrafpxçuç i/.Xr,vtx6}V ôpa^oiscruv xtro 'A. 'P. 

*p9cyza6rl (So»ox).eoy5 • 'AvTtyôvvj. 'AptTTOjsâvoyç • Ns|ps).9ce, Eèp^gv);, 
-OpvcOes). 'Exo. 'A^ijvîîfftv, 1860. 

26. Rangabè. — 'O xa6' "OfiTjpov oùcxxô; efoç. Kyiwv 'PoyzaS^ç. ^EzS. «v 

As(|i5C (tutt. r. Apayou/iv). 

27. TÉPHARiKis, éditeur. — Uctpvxi'sbç ti àr:ûvOiv/ia r&v ixÀsxrorépaiv 

Tî/JiGtx*^(av rr,i v^a? ij.ÀVivtxf,i 7cotr,vio»ç^ ixSiSôvroi K. Tiuoiplxr,, 'A9r,' 
v>;<ïi, 1868. 

28. Paparrigopoulos. — \apocxr9,pi{f ûttô A. n9C7;«pjDiyo:ro'J}tov. 'A^îî- 

vïjçi, 1870. {Z exemplaires.) 

29. Vretos. — Mapivo'j O, Bjssroî; 'ECvtzôy Y,iiipoUyiov roû Sfrov; 18fô, 

1866, 1867, 1868. \\Or,vr,iji. 5 vol. 

30. loANNOU. — ♦ùiTOTOu 'Iwstvvoy diTTa>0ttâyv>5T0î ♦c/oAoyccâ. 'A5r>>;çt, 

1865. 'E/.5. 2, 1874. 

31. — Aiyoç oiu^ttTTtaitôs ir^OTjJftivvj^slj év t>î 6' ioprfi ro& 'jopvroD roû 

'0/y,«7rfou. 

32. — 'O ^v K&jvsravTtvouTrô/st si/vjvtxè? ^ùo/oytxè; Sv/).oyo;, £yy- 

ypu/JL'xx TtipioBtxbv 1863-1882, 10 vol. in-4o et 7 « TracapTr^ymara ». 

33. Photius; Valettas, éditeur. — ♦wt^ou roD aoyoKiroM xal ér/iwrx- 

Tow Tzxrptipy^ov K«vffTavTivouîrôA«w« eTrwro/ai, «!« 5vo toO «vtoO 
iiapi7fT>3Tat 7rovy,/iiT(a • A. 'EjSWTiô/AaTa o«a aOv c^ais rats antox^f- 
ffSffiv. B. %.phsiç xal È7ci/.'<j<5%ii nivri xsya/afwv rtfi ÔeoptiltaTarw 
Ô9ia>TSCTM àp;(is:rc7X07rai Ka/aSj9^a;, /itTst izpoXiyoïJiivQtv ttipiroït 6tou 
xal vv'/ypoifjLjiiiTWif 4ojt^ou, ûrrô Measévvou N. Ba/^Tta, 'ExS. iv Aovo^vfti 
(tuît. a. Nutt), 1864, in-4. 

34. AsTRACHANios. — NtxTj^ôpov BeoTÔxou Toîi 'AçT/saxovwu zal Zra'jpO' 

rcôXîffii ctp'j^^tiTztTXOTtov Kupiaxo^pé/A(oy, ijroi ipfirivtioL xal ^sr' acvr^v 
Yiduri OfAiiXix tîç Ta xaTà nâffav xupcaxi^v èv rac^ sc/lxtç râv opdo^ôÇoiv 
;(0t9r(avâv èxx).7?7^«($ àvoyivuTXÔ/ASva svayyOïa. 'Exd. sv TpcTTS^-cc, 
1871. 'Ex5. 5.111-4. 

35. — 'nOuii ojjiviXisi di 7Xi Twv à7ro9ré/&)v :rpâç8t5, rà; èv txU i'/lxtç 

Tôiv ;fptTTtavâv e*xx/>;7/a(; àvaycvuTxo/Atfvag xal ràç àrrà roû Ui^x» 
fJt-ixp^ TTÎî IlgvTsxOffTiîç xuptaxiç, xai et$ rà^ toD aTroarô/ou llaûAou 
ÈTciffToAàç, ràî àvaytvwffxo/Aïvaç xarà ràj Aocnàs xjpiaxà; row oj.oj 
èvtauToO. *Ex5. èv Tptrfô/si. "Exo. 4. Tome I"", iii-4. 

36. Rangabé. -" 6soocipa KXimvoi 'PayxaSyj. 'ExS. tv \u'l>ix (twtt. Apo-J- 

you/tvo'j), 1884. 

37. Raptarchis. — Ta rJ/Awav, îj rà OxujJLxaix ?o& ù'srspàvjTOi ©ypavoS, 

wTTÔ 'Iwâvvoy M. 'PaTiTap^jou. 'Ex5. èv KwvTravrcvouTté/si, 1866. 

38. Stbphanos. — La Grèce au point de vue naturel, ethnologique, 

anthropologique, démographique et médical, par le D' Clon 
Stéphanos (extrait du Dictionnaire encyclopédique des sciences 
médicales), Paris, Masson, 1884. 



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CATALOGUE D'EICHTHAL. 353 

39. PsiGHARi. -^ La Balladd de Lénord en Grèce, par Jean Psichari 

(extr. de la Revue de r histoire des religions), Paris, E. Le- 
roux, 1884. 

40. POLITIS. ~ M-iXirn «îti tov Blou twv viorré/jaiv *EXl^vtav onb N. P. 

poç «'. (NsoîAAijvtxiQ /jL\t$oXT/i<x.) *Ex5. é'v 'A^>5vatç, 1871, in-16. 

41. Zdros. — 'H7r8tpa»T«al ^usA^rac. Apo/AO/ôycov riii kXXvivtxijç x^p^ov^itJO'j, 

ùnb B. A. Zeirou. 'Ex5. cv 'A^v«t«, 1878 ÇTôjti, 8', tsOxos a ). 
4S. QuBUX DB Saint-Hilaire. ~ Notice sur la comédie intitulée Kopa- 
xeerrcxsé, de Rizos Nerouloa, par le marquis de Queux de Saint- 
Hilaire. Paris, 1870. 

43. CoROMiLAS. — Avj.ttvjrpwy KopofJuXx BiSXioypoifutôv BtXriov t-^« kXXri~ 

vcxtSç fùoXor/lxi. "Eroç «'. *ExS. iv 'A0>}vacs xal iv Koiv^ravrcvou 
iré;.«t, 1872, in-16. 

44. GiDBL. — Etude sur une apocalypse de la Vierge Marie (manus* 

crit grecs de la Bibliothèque nationale de Paris, n<» 330 et 1631), 
par M. Ch. Gidel (extr. de V Annuaire de r Association, année 
1874). Paris, Ad. Laine, 187J. 

45. DoHAS, trad. par Goaos. — 'EXXiSoç iyxtâfAiov iiroi Iôyo$ 'Exf uvvjdiU 

Tv] 6 aOyouoTOu 1868 inï tî} Stocvofi:^ tûv SpaSf^uv roO uùroxpacropt» 
xoû Xwilou Ma?7aAii;, uttô E. T. àxifutç. Trad. en grec par M. G. 
Gogos. Paris, Laine et Havard, 1863. 

46. Valaoritis. — 'H tUonii Ttifntrri fiaprloM toO 1872 koprii riiç iXXri' 

v«fJ5 f:TavaTrâae«5 xai aauXapTirialaç iv ^iêpaiXa rni *P»/*a«faç éop- 
?9C90sc9a. 'H ev 'A^vacç QCROxâJlu^<$ roO ocv^p^ayroç rpinyopiov toC 
iOvOftiprupoç TCOLxpidpxov KtavvrGotrtyouizàXiuçy 6 rtpbi aùzbv tavoi 
Toû iOvuoû noiriroïj 'ApiT^oriXotjç BccXccapiroVf nai ^ 23 «.TzpiXlo\j 
tTtCovv/JLOi iopr-^ ToD BccviXiotç r&v 'EXXr,vtùv Ve^p'/iou roO A'. 'Exo. 
BpacAoc (TWîTOyp. « rb Tpfywvov »), 1872. 2 ex. 

47. RHiiLLi. — Aéyoi Ufavr^StU r^ KT' voi/iSp(ou 1863 ^/*tpa ttJî f/x«- 

OiSpûatUi TÛv viuv àp;(ûv toû iOvuoD UxviiztTetifiiov ûitb toO irptâinv 
rrpuTsévsws K. P. A. TecAAvj, 7capa8i5évTOÇ T^v irpurocvsfov rtâ Ka> II. 
KaAAiyâ. Exo. o 'AdÂvart^, 1870. 

48. RÔOOS. — Aàyoç TSipl *EA/>7v{5«v yuvacxûv 'P. Pdiyou. àpxtftecvBpirov, 

JicX^si; <nl T|} «irsTs^u sopr^ roû èv 'I6pai/a fiA>y;vtxeû 4c^o/<oûffOV 
auAAôyou. 'Ex5. Bpaêxa (tutt. « rô Tpfywvov »), 1372. 

49. Papasopoulos ; Anqelopoulos, éditeur. — Ta xarà tôv nocTptapx>iv 

Tpriyôpiov Toy £' Cmà T. F. IlaiiadoiroûJlou cxoo^cvroi imb P. H. 'Ay- 
ycÀoicoûAou. 'Ex2. iv 'A^vaif, 1865. T. I. 

50. MoLiÈRB (trad. par Wyndham). — MoXiipo^ 6 itpbç 6tev tarpé^ (ô 

/Aera^paar^^ ô[yva>9T0$). 'Ev Ilapiv^oc;,, Maisonneuve, 1875. 

51. Co&OMILAS. — 'H K.E' fiacrpio'j AûKA', Tcoirt/Aai Artfi, A. Ropo/iriXôL 

cxo6iVY]0<U <''' Ta ^c^oÀoycxô» SuAÀôyu Docpvaffrà iitl r^ Ttgvr sxovrxi' 
rtiplSi T^s 'EXXnvufii idviytpviaç, 'Ex5. 'Aôi^vïjffcv, 1872, in-16. 

52. Albzand&b. — Aéyoç i-KirAftoi ixftavriOiXç (jnb toû àpj^mtiaxàitou 

Annuaire 1886. 23 



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354 CATALOGUE D'EICHTHAL. 

Sû^ov xsd Tr/iou %.9'J ^AMixyifO'j^ /sera rk9 x^itix9 roîf 'AdccMcsûv 
MixoùXn T^ 3 fLOiou 1867. 'Eit^. <v 'A^iwm, 1867. 

53. 'O 9co(0(/AO{ /ir,TponoÀirriÇ ^xvpoitôXtbii KuvorovT^Mv • Tirnuos;. 

Ex^. 'A0iâv«(«, 1868. 

54. GLioBUUB. — A^/o« c(; TO uf^y >«pi}/»^yoy t^û ^^c^/tov Ncxe^v roD 

KftlVffTKVTCVffWÔlciy 1866. 

fô. VuTos. -^ ttograpbie de rircSàovAque fimgèao Bulguia, par An- 
dré Pai>adopottlo8 VreUm. Atbènes, 1860, 

yJlâ»77ay t;^v xpxccCocv. ^cbts/oc A', B', V, Uu^90i, UMJÊOOJkewve, 
1873. 

57. Papaiuhoqs. — n<^l Tdû oxox«G rHç ixKathv99»èç t^f 'EAi^ivcx^c 

vcoJla^af. Upoc/fJLKTtla Trac^oyor/ixi^ incà Xa|^c9Ϋv Ocua/ucpxov. '£x2. 
|y K.i^vp^ 1885. 

58. MAGGASé •* A^«< TtMpyUv A. MmxmI, intp«S^vt03 t«» jr^uroviter 

ii( T0V 2idMx«v aÙT«v UaMcyiè^y 'P«/fti«tr)|v r^ 17 vot^Sf <•» 1874. 
'£x5. <v 'A^i^vaef, 1875. 

69. Bi«4K0ARii.^ Le grec modem* enaeigaé à Taid* de la gnuunaire 
grecque de Boraoaf, par Jules BUneaid. UaneiUe (imp. Ca- 
moin), 1868. 

60. BxCK, trad. par Ltvada»« •* Aeyw«, v«^ A. L BuaU«u, ttùiinrev^xrffx 

iiuà 64«cyiy«tfc A%&aiâ, À. ♦. '£»i« fv Tc^^y^vr^i, 1861 (rvx, Avorpi» 
ic«v A^ûd). 

61. Matroooroato, édité par LnrAAAe. --* 'AiL«{iy«p«u McMptMpiaérou 

T«^ëflTï2, 1873, in»4, 

62. SOOIBTB A&CBSOUMiQUB S'AlHÈN». — Op«Mt«K4 t4c t« 'A^,vat« 

àpx«(o^ov(x^« cTaf/>(«< X. T. i. Années 1870*71, Uf3V, 1880, 
1881, 188S. 

63. Pahtasdes. <— A4Sf ^iMtc« ««6 Mcxttîl Tflirov Xfwsyfitftey mm Iwshr- 

vsv novraÇ^^v. Mi^f B'. *Exi. 'A^ir;i«cy, 1883. 

64. -• nsp{ Tiîs Ag(pvaxo« TOD KuflA«u, voè 1o)dbr»ou DcvrMC<^ (»srv« 

KtKic & TftM ^. t4^«v rsy *Ad«»«Uu. *£><. *A0<ii|B9<> IttO. 

65. CoifTOSTATLOB et KoKKiNift. -> A^c iMftnn$ivrtt ULTà «i«» àiroxx' 

).ut^iv T0& Mp^Kvrs^ TSv 'A^0cvT<«v KApont ûicà A. A, KMrroTrav-» 
À0V xffi £. KswUy^u. 'ExS. ^ *Atf>3MU«, 1875. 

66. GoNTOPOULOe. — 'Afto^ieite rî}« 'Ell)9y«i9« y)4«ni« (^ mttùptatç rHç 

'OfjLVipuilç yXdtfinii Iv roctfi étftéUn itaUxtêH rM§ wfxpimôv Tii- 
id^sc, iw^ X. KovrtMiUsu (ànoamiafunu H àMxd6r«u «vyypi^MâCTOf); 
'Exa. ^v 'O^vMi 1880. (Tim. EvAcp^xAV.) 

67. Doaaios. — Xo^TSf vAcmoy rfi» «at^ixâv /cou xP^v&iv ^ cM^véacc^ vMi 

vmAiwJlt jM}» viuUmç^ uxi Nwtiscsu Am£«u A. «. '£x2. tv Kfpxûpszj 
1880, ia-12. 
68« ST. — 'O C«ul7«cpc7/ft«f «pè ToD ivr«pat&) rsi; c^^icslcrosû xst -rofl 



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CATALOGUE D'EIGHTHAL. 355 

ixxXnttaLniMû ^vi/iUTOi, vnà E. (A. A. ^.) 'Extf. tv Kw^sravrevou- 
tréAsc, 1864. 
60. Le BnlgarifliiM et PhilippopoU. Constantinople, 1869. 

70. Réponse du patriurehe œcuménique à la récente communication 

da la Sublime-Porte (question bulgare). Constantinople, novem- 
bre 1868. 

71. AROT&UDtt. «M UtpuùHt (i^cxiv fiv9i9T6pin/M)y initUyfî K. 'Apyv- 

pcaôou. Mipos A xal B. Tv *Ad4««($, 1863. 
79. RanOab^. — 0< TpcÔKOvra, ipStfioi tU nivrt fiipriy vnà A. P. *P«7X0((i|. 
'Exô. fV 'A^ijvaiç, 1867. 

73. PaluoloOM. '«• A. Ilaiftcoiiôyot^ 'U/;c>7/901^/tov rY}« 'Avaroi^c noAi* 

TScoAoycxàv, ^(AoJioycxèv xal circTni/AOvix^y toû ireuc 1884. '£xd. iv 
K.«yaT«vT(vouir^icc, 1883. 3 exemplaires. 

74. Waoner, éditeur. — IVois poàmee grecs du moyen Age inédits, 

rtoneillia par feu le professeur W. Wagner. Berlin, 1881 (S. 
Galvary). 

75. DahÂla. -^ n«^i rHi ^xéct^i t4< 'AyyJicx4( tmtXnvi^ii npkt rnv 'Opdô- 

oolov, vnà NtxoJlséou M. àx/ixXû. 'Exd. iv A«yo^vu, 1867 (tuit. Clayton 
ACo). 

76. Grégoire. — 'H foivii rijç cp9oBoU»ç vtà Vpi^yopUtà UnTp^itoXhoi) 

Xiw toû BuÇicvr^ov. Mip. A\ 'ExÀ, ^v X£ai, 1868. 

77. Gblon. «» Le Russisme grec ou nouvelle lumière sur la question 

d'Orient, par Cléon Gélon. Paris. 1867 (Dentu). 

78. Waovbr, éditeur. — The Philologieal 6oeiety*s extra volume 1863* 

72, Medieral greek Texte e being a Collection o( the earliest 
Compositions in vulgar greek pripr te tbe year 1500, edited 
with Prolegomena and critical notes by Wilhehn Wagner. Ph. 
D. Part. I, Berlin, 1870, Asker & O. 

79. ConoMlLA0. •** Atifii^rplou A. K.0po/A>7Îi«, n«yMc«ni, Apàfia èxo. ev 

'XOtivociç, 1878 (Ixoofft; Bivripa)^ in«19. 

80. Ift* Ha QuBUx ps SaintwHujure. ^ Notice sur Aristote Valaoritis, 

Sa vie et ses œuvres, par le marquis de Queux de Saini*Hilaire. 
Paris, Leroux, 1880 (non mis dans le commerce). 

81. VnROone. «— 'lufpotgLh fitUvou mpi «y«»yi(c Kxl vatitimt vicàMfcp^vov 

A. Bipyùvn. To/i. A' {i^px^^9t xpàvi). 'Ek9. iv 'A^i^vaif, 1877. 

82. Chiotis. — Ilgpl BrifioiTixilç iv 'Eilioi yXdvTiiti AtarpcCii, v:rô II. 

Xu:»T«v. 'CkI. «y ZçoU^et»^ 1859, i&»l6. 

83. Triyolis. — 'laropla roD Tec/iccniipx (noévifjia) *Ifltx«i6ou raw Tp(6^).Y7s. 

'Exa. tv 'A0i;y«ic, 1860. 

84. Bbtub ÉooKo^taan^ *-« Oixmo^ixiô ^vc^supi^vc;. Septembre 1874. 

(5* année, n» 55.) 'ABvivyimv, 
^« CvAsaioris. -- r. X. X«9U^«v mpi AttjS6^«. 'A$iw,'jn, 1867. 

86. PETRiDtS. — KpcTtxal ^cffrav^at Ta ^rspl Awoîuyïji ày^pôisai, 'AOa- 

v«a{«v UsrpiÔsu. '£xd. cy Uirpaiç, 1866, 

87. Aristartis. — "ExOsyti im riiv oix-/uvia/j.xr(a'J iùz^7x).ixi xxl 'Hâii' 



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356 CATALOGUE D'EUÎHTHAL. 

pou, àvoyvaiffdttaa bitb ^Apiariprov rfi 9 /i»lov 1885. *Exi, cv 
KcDvoravTcveuTréAic, 1865. In-16. 

88. Pbtridis, éditeur. — Nsos//»]V(xà àvsUcxra ixitià/inx imb roû fiXo» 

Jloycxoû JivXXàyov IlapvaffveO (Tà/iou A' /utipo$ B'. ^ uilÀ. A'). Xpevcxàv 
Apuo?r^2o« ixd. vit6 'AS. Uirpiiov, '£v 'A^i^vaiç, 1871. 

89. Saksllaropoulos. — Aôyo; cio-ct^pio^ sc^ rà fidâri/ia. r^ç Tw/taûc^s 

ypafi/iaroXoylaç xmb S. K.. SoxiAAapoTrovilov (onréoTrao/uc «x roû I*'. 
T6/A0U napvaff(re&). '£xS. 'A^i^vai;, 1879. 

90. Bbrnardakis. — Symbolae criticae in Strabonem. Scripsit Grego- 

rius N. Bernardakis. Lipsiœ, 1876 (Tjrp. B.-G. Teubneri). 

91. Nbroulos. — 'loxoiCocÇs] 'Pl^ou HtpouXoù knoxottptrta/iéi tc« IraXia», 

Uoiphiot, 1871 (rûfr. A. Aatvc^ou). 

92. Drihoticos. — *U tùfiôpfri Boux^ou/ec (irotig/ta) Nu. A^ec/ftwrcxoû. lia- 

pcfffocç, 1869 ('£x8. A. Aaypad.). In-lô. 

93. Lborand. — Le Physiologxus, poème publié pour la première fois 

d'après deux manuscrits de la Bibliothèque nationale, par Emile 
Legrand, et précédé d*une Étude littéraire par Ch. Gidel. Paris, 
Maisonneuve et C^*, 1873. 

94. LeoeuinD/ éditeur. — Aijfcoruà rpayoûSiK ixS. Al/ivXlou Aiypxv^tov. 

Paris, 1870 (Maisonneuve). 

95. Tblfy. — 'loMévvou B. TiXfv vw/ypafifiArta iXXinvoM, Joannis Telfy 

opuscula graeca. 'Ex5. hf Bovdsni<9^ (rurc. Oùyypuou tKSiXaeofi 
IIaviR(aTV}/ii^ou), 1880. 

96. Ntfo$ iSrtyéç vtonipùtv nootlXwv BtaXéyùiv tlç yX^twctç rinttpai 'EJlAifvcxsgy, 

raXXixiiv, 'A'/yXuiiv kolï 'Irodcx^y. (Chez Wilberg.) *A$^vrivi, 1818. 

97. Pantazidis. — 'EépxUii ypafifACtrtxii imà Ttù»py. HavroÇ^oev. *£x{. cv 

A«tt^te, 1880. T. I*. 

98. Lhomond, trad. par Zeyaras. «- rpa/i/uiruiii roû Ae/t^ /uBtpfiv^ftv- 

dccffa irttb Kaivaravr^vou Zcv«p£. 'Exd. 'OS^avA, 1832 (rvir* roû rfiv 
'EAAiivoov ifiitopuLOîJ Sx^^'^^^}« 

99. Gennadios. — rpcififLeertnii riii *EXXyivtx9ii yXùoayit TnvaSlùv, 'ExS. h 

'Aôiivaiç, 1853. 

100. — Joint au n» 62. 

101. Papadopoulos Ksramhus. — JLecTkXcyoi rfiv x'ipoypà^ wv riS$ cv 

^fivpvvi tùayytXtxijç c^oÀi);, û)r6 A. IIoc?ra5o?rovAeu rou titpa/Uoèç» 
*Exo. ^y £/ttwpv>j, 1877. 

102. Kavovi9/A6{ Tvîs ^y KwyoravTcvouirdAtc t^tXipyov 'Eratpia^, K.MV9r«y 

revoviT^Ait, 1873. 

103. — Tiiç iv AovStvu 'EXXyivoOIç <JxoXiiç Bayswater. 

104. — Teû Iv ^ftûpvri fiXsxK«t$t\ntxoïi ZvXXàyov 'Oytti^pou. '£xS. I» 

^fiùpvvi^ 1872. 

105. — ToO iv *A8|9iavou7réA(c fiXotnatitvrtxo^ ZuAAéyou. Koivorayrcyou- 

7t6A«c, 1877. 

106. «- Toû «V KwvffTavTivouicôîiic 'Upatuiou txiraidcvrtxoû Suxîlôyou, JMcf. 

1873. 



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CATALOGUE D'EICHTHAL. 357 

107. — Tou cv £Taupooo.u8^ou 'EXXvivoioû Auxtiorj, Ibid, 1871. 

108. Carapanos. — "Exôtffcç Té5v xarx 1871-72 ntxpayftivoèv, orvayvw»- 

Ott9a èv rii rrcre^oi topri} toû tv K.aiV9ravT(vov?r6Jiii 'EAAv]vixoû 
fùoXoytxoû ^uXXàyov, Cnrà K. Kapacndcvou, 1873. 

109. Kavovi9fibç*TOV cv Els^ccAAviv^ fiXoizpoiBivruoû J^vXXàyou -^ ^EXvlç. 

110. CoNDOS. — A^ytoç 'Epfiijç, Û7td K. S. K.ô»tow. To/a, F. tôx. A'. 'Exî. 

'A^V1]9C. 

111. Protodioos. — De Aedibas Homericis scripsit Joannes Protodicos, 

Lipsiae (Typis Walteri Wigand), 1876. 

112. MinoIdb-Minas. — 'EXtyxoi r&v xanjy^poiv r^s ces TcptaSc^ov àÇ(é«- 

atui roû K. S^va, ÛTcd Mi^vatliov MrivSt. Uatptvica, ÂÛNH'. 
118. Rallis. — Aô-/o« ixftavviOiiç ri^v KT votfiBpiou 1869 ûtto 'PàAJlc ?ca- 
pad(5ôvT0$ Ti^v npuToyt^av râ H. K.aJlAr/gc. 

114. VouSAKIS. — Aô'/o$ èx^oivYj^eif t>} KF vos/a6/?(^u 1871 viré K.(ov9t9cv- 

T^vou Bouoix)} Ttpttt^v TrpurivtOi»; tû 5eoc9^;(6i aùrov £ù0û/au Ko(9- 
TKTcipx*^, *A^v>îfft, 1872. 

115. ScoRzis; RoMANOs, éditeur. — r^arcovô; Sx^pÇi^ (AùtfivDjc Acvxi- 

Sa;} cffTopixi^ Ttpay/iaxtix rov xotOriy. HjxpôXou Xéùtf^ fuOtp/inivtvOtJoix 
irxb 'lusbvov 'Po/Aivou. KtpxùpUt 1870. 
116* Stephanos. — 'Av^xSora îyypKfa htoaruXivrot izpbi roùç xocroCxovs 
TÛv K.uxAâi5uy xflcrà r^qv xmb rûv 'Pcaffffwv xecTO;()Qy aùréSv. '£x5c5^- 
/uvov ûirô K.Jlûvo$ Sts^ocvou. 'A^viiac, 1878. f A?r6«ir0t9yiA0c ex toD 
*Afli7va(ou Tôfi, 2r, 

117. BanoabÉ. — K.A<fijv T0cyxa6;Q(. *Hpâx^teos. Asi^ia {S, ApouyouA^vou], 

1885. 3 ex. 

118. Satbas, éditeur. — Mwi/uïx kXXYtvuiiç ÎTFOpiaç. Documents inédits 

relatifs à Thistoire de la Grèce au moyen &ge. Par C. N. Sathas. 
Première série. (Documents tirés des Archives de Venise» 1400- 
1500.) T. I*'. Paris, Maisonneuve ; Londres, Quaritch ; Athènes, 
Coromilas; Leipzig & Vienne (Brockhaus)* 1880. ln-4. 

119. — ^Efnfupii T/ii ILxjSipvrtmoi roij BecvtXelov r^jç 'EXXiùoç Regie- 

rungs-Blatt des Kœnigreichs Griechenland. HaùnXiov, 'ApiO/ioi 1 
(1 ixvovxplov 1834) — 42 (25 Btxi/i&plou, xxï à/a. 1(11 îccfovatplou 
1835) — 10 (7 6xr^€plo\t), — Uap%prr,fioL roû kpiO. 3 to& îtou§ 
1834 {no(v6ceo$ vôftoç). In-4. 4 volumes. 

120. — *Apx««« "ï^Ç 'EXXvivtx^ç UuXtyyntçioLç f^ixp^ tj^s f/xaT«ffTâff«wç Tr,ç 

€u7iX€loLi, 'Exo. 'Aôi^vîîfft, 1857, in^. 

121. Sakbllarios. — Ta Kvirpcscxà, iiroi "n èv Kvxrpw yXStavx bub AO, A. 

^axiXXaplorj, To/*. t/s^toç. 'A^iîvjjfft, 1860. 

122. IcoNOMOS. — Ilipl rfiç '/VTiffloiç TtpofOpâLç riiç 'EXXnvtxiii yXdtsmii wtto 

OUoyàfiOM KotivoTOvr^vou wpe^wrrfpou. 'Ex5. sv IlaTdoirôAec AÛAI'. 

123. — UoXirtxii OîxovofiloL (noipApTYifix roû 22 àptO, rriç ^EfvifiiplSoi Qe- 

seubuch ttber das Civil-Verfahren). 'Ex9. NaunJltu, 1834. 

124. — Uotvtxifi Oîxovùfilu (UxpAprvfiu rov 16. àptO, t^$ 'Efrj/ntpiBoç Ge- 

setzbuch ûber das Staf-Verfahren. Jbid. 1834. 



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358 CATALOGDE D'EICHTHAL, 

125. — 'Opyavtff/AÔî Tôv BtxxçTn pitav xal vu/ifou/acaypdl^wv (tïgtpdprr,fUL 

roû ISàptS. r^? 'E^T]/fcepC$o$Genehts-undNotariatfrOrdnun^. "Sxi. 
iv ^xvitXià 1834. 

126. Paranicas. — MfltT^afffu K. ÎI«pav(x«, ittpï t^ç év tô 'EiAjjvcxâ 

ZBvii xocmarAnoiç rôSv ypotftfiAxmv kitb AX^tioç HtavvrxrtvrttvniXtmf 
(1493 /A. X.) ftixpt f d5v àpx**^ rfl? ii»«Trti«îç iiatTûvTatvnpl^ (e*'.) 
'£xô. £v Keay9T0(VTcvou;r^A<c 1867. 

127. — Kavovtff,ttà« ToO èv Kwv»T«vrivoo7téite ^ (>oA9y(xo& Zul>^/«tf, Kwv^ 

TavrcvouTciiet, 1871. 

128. Asopios. — 'Attwôv rifitpoXàytov rdO 1874, wr6 E^|n}v. 'Amnrciou. 

'Aôï7v»j(7e, 1878. 

129. — Joint au n» 32. 

130. Sathas. — K. N. I,<i9a. Kprjrtxbv Oiarp^v, Urot suXXoyii hfn^w 

y.al &yv<Sj^uv ipKudrav. 

131. — ToC aùroC *l9T0f ix6v 9ox(>(oy iztpl roO ^«ârpou x«t Tff$ /louvix^ç 

T&v BuÇavTivûv. Paris, Maisonneuve, 1873. 

132. Chateaubriand, trad. par Draooumis. — ïaTw/twpiàv oc NaTcacloc. 

Mtrftf pa»^èv ex toO 7xl>.exo& vffÔ KwvffTKvrevou 'I, ^payoùfiy], 'A^- 
vv;<rc 1864. 

133. — trad. par Vouttras. — Mrfprupi$, itsKoypafixii «ro^toefet rô5 K. 

u7roxi/«>jToç £ar6>)/«ffpiàv, fitrafp, Otcô Sraû^ou I. Bôvrupa. Tc&;(oî 
A', 'Exî. ^v KûivorTovTcvduftôAei 1864. 

134. Saripolos. — NtxoA. I. SapiTriAou UoXirtxfi /itXérvi ix tiiç Ivzopia.^ 

'lou)iou K.a(vupoç intb roO auToxpiro/^oç rûv Fd^XAuv NantoAcovroç roO 
r* auyypxfsÎToç. 'Aô>5v>3ffc, 17 aOyousTou 1868. 

135. MéLAS. — Ilatoaywyexèv iy^upt^tov 'rtpbç xpfîffiv rÛv Trae^ayuyoûvrcdv 

èz5ioé^8vov VTTÔ ArfovTOs Ms>â. 'A^j^vyjfft^ l87l . 

136. — 'O Xptarôfopoç ^ rb vavxyioy xal i^ Stivjivtç. Xupbypxfov cx^iod- 

/ttîvov ÙTtô Aiovroç MtXi, 'A^iîvTjffe, 1869. 

137. Stéphanos. — *Eniyp<xfxl -ttJç vi^wu Supou, wffô KAéSvoj Srs^ivov* 

'Aôiîvijac, 1875. 

138. KAPTANZoaLOU. — 'E7rt(rro).ittaia ^larpt^ii Ttpbç Ê. ^pii/iav -mpï viiç 

xati^afCveuç toD iv rfj htportàXti 'AOïjvwv TovpxtxoD ;cûpy9V, wwà 
Au»âv5pou KaUTavÇôy).ow. 'A^i^vïjtft, 1878. 

139. — Aéyoç èiil TTiV dtfisXl^isiv foû vaoO toO oy/ou KwvcrravT^yow, ixfti- 

vndiïç Tff 19 fixpTlOM 1871 ôffô Au^4v5pou KawTovÇôyAou, 'A0r^vv;9c, 
1871. 2 ex. 

140. — 'Ayav^^ntTj, irspioîtxév. Moiîvtof 1867 fui. 7 xal 8. ZcotùvOa, 1867. 

141. Cyrillos. — YvxfàftXkç Sapavript, ^youv i|i6yn^«$ twx**?*^^S ^'* 

capxvrx crf^wv «fç tô ÏIATEP 'HMON, wovujÔèv wapà tiuplXXou 
UpoBixKÔvou Xiou, Uapivioty Maisonneuve, 1863. 

142. Rouyrav. ^ Discours prononcé par M. Rouvray À la distribution 

solennelle des pris du collège municipal de RoUin le mardi 
10 avril 1869. Paris, impr. E. Donnaud, 1869. 

143. Euripide, trad. par Argyrtadis. — EvpeTrfSoy 'l7r:riiuToç, fii-zacp. 



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CATALOGUE D'EICHTHAL. 359 

t({ Triv xx$ofiil9vjmivTfiv v7r6 N, \ipyrjpti$ûv. 1865. *£v Kmvvtxvtc*- 
TtormàXiiy 1883. 

144. Arotriadis. -^ 'H y^v^ iij^ Uvfp(9oi, N. 'A^/up(4S«v. Xftl<f. 1868. 

145. — Uxpv9i99bi, mptoéoiév, TsO;^; 6^, 30 9Cim/Afp/ou 1880. *A0!4vv}«c. 

146. CoUONY. — Upoy^fivgt9fiit(ay it»p9tUiyfiêtta t<w«o«, par B, Cou- 

gny. Pftris, A. Daftind, 1868. 

147. — Liturgie de saint Jean-Chrysostôme. Paris, 1862, & IMgUse russe. 

148. — 'H $iU ).tiro'jpy(x. 1863. 

149. Launcblot Dowdoll. — 'Aito,uv>îvov«0^a«Ta Utpvatà, PiTSia, by 

Launcelot Dowdoll, M. A. Ch. Ch. Oxon. Cambridge, 1681. in-16. 

150. — '0/A)}po;, Treptootxôv roD Ôftoivû/Aou fùtxKKiituztxoû SuA^ôyou. ^uA- 

>à9(0v &itptA<ou. tfi^pvvi^ 1876. 

151. Palasca. — AtwABx UsrXànLOij ta vu/xSdtvra rov ênxùèîpiou 1862 <7cl 

Toû 6a7Ùo(oO à.T/io^pô/JLO'jOi Ai/iiUcc. 1882. 'A0i^vy]9(. 

152. Vassiadis. -<- \6yoi *HpoaiXio\)ç Ba^ci^ou &vavvw99il$ ri} 5 fiot^ou 1874 

iv Tfi *£A>>jv(xa ^(>oAoycxâ SuAAéyu KwvffTfln^tcvouit^Asuç. '£x$. 
Kwv9ravr(vouirôii«i , 1 874 . 

153. loozfoifos. — Afltûptov, vnb *kpt9Uliov Oùtov^/AOu. *A0^yï79t, 1872. 

154. Carapan08 et Vamiadw. — 'EXXvivixbç ftXoXoyixbç lùXXtyoç, "ExOtvti 

KapxTràvou ittpl rfiv ireir/poy/Aivuv xsTà t& troi 1872-73, xal IdyO{ 
•HpoxA. B«7f«^ou. 'Exî. iv K.wvaT«vTtvouiti>n, 1873. 2 ex. 

155. SoPHRONiDTS. — Xptrrôucfii Z^ypétfo^. Bto*/pa^(x6v tf;(t5fa9/Aa Oirô A. 

Sâi^pov(9ou. *£v Kuv^ravrtvouit^Aci, 1831. 

156. — Revue des Deux-Mondes, 15 janvier 1867. « La Crète et la 

question d*Orient. » 

157. Rbnieri. — Uspl àvj/iT/wy&v, 'A^y/iA^n vitb K. M. 'Psvc^p>7 iv t& 

158. Mouffsrov x«l B(6A(o^y,xy) r^ç jùayyîhx^ç S;çoA^ç, TttploSoç B'. 1876-78. 

TExî. £/iwpvvj 1878. 

159. 'O «V *A.OYiVXtç Ttpbç 5ta3o»iv tSv ^EÀAvjvixûv ypafifiArùtv SûA/oyoç, 

cx6<9Ci$ ToD TtCTrpay/xtfvuv ànd r^; auvrd^ffcw; 17 ecTrpeJl^ou 1869. 1871- 
72 ; 1875-76 ; 1876-77. 'Aevivrict. 3 volumes. 

160. SuRfA. — A^o; ixf^vTuBàiç vnb F. Coupla xgcrà i^y ivapXiv r&v è|i- 

raffsoiy rov èv X^oi Tuyuvaff^ou. 30 couv^ou 1870 xal 1871. 2 pièces. 

161. Vassiadis. — 'UpcatXiovç Bavtxoou Qpàxriy ^îrot Trepl nf^î àp^a^scç 

Opséxv]; xal râv Jlaâv aùrffç. Aéyo; èx^wvvj^^sî; <v r/} auvsSpiaasi râv 
c^puTûv TOÛ OpoxixoD f (Acxnx(9svT(xo& SuHôyou. K«)V9ravT(vou7r6>isef 
1872. 

162. — ♦fA«po5 'ETatpia. "Ez^jatç epya<T(ô3v, 187Î-73. 

163. — 'Eît«T>îplj 6poexixoD ^(AsxTrae^s'jrixoû Sui/ôyou, 1872-73. 

164. CoNDOS. — rAûKTïtxai wapaTJfjpi^ffit» KwvffTavrtvou S. Kivrou Tispl 

Tf,i vûv '£A>l);vcx:Ç; y/îJTffvjç. 'AîrorrâyuaTa rra iyr,/jnpio0i « KAsfo) ». 

165. — 'OfiYjpoiy TTipioSexôv èv £,avpy>î. 5 fascicules. 

166. Joannou. — Tx/AViXioi wo^ ié« tôv yijuo'j Viupyioj tow A\ Ci:rô ♦(- 
/(TiTTOw 'IwsSvvov. 'A<?^va(, 1867, in-4. 



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^ ^r.^^ '^'''''^'% %X' Oo<noXéotai. 'Ae/iSvyj^c, 1865, m-4. 
168, — '^^^'^^y i^jfvflf'f» 1868, in-4 ('ïwoupysîov «Swrtpcxûv). 

...irA.0 >- Atovuff^ou Ocpicscvou ^cAo^ovcxal 0;roru;Tfl^9S{$. *£v 
J70. 2^^ ,005 

^ j>ocuzDaats diplomatiques sur U conflit gréoo-turc. Décembre 

pf ShaKBSPBArBj trad. par Damalas. — Sa^Çinjp^ *Ayrcâvioc xai RAso- 

^recr^eci opâ/tia f ci 5 7rpâÇ<i$f /xeTa^p«90èv virô M. N. Âa/mâAo, *A^» 

ya(, 1882. 
173. GoROMiLAS. — Catalogue des livres publiés en Grèce depuis 1868 

jusqu'en 187iS, rédigé par Démétrius A. Coromilas. Athènes, 

1873. 
J74. XiAMBKOS» — ^otxôixoyo^ aitaviMv €i6A^wv rîS( NiosÀJtigvcxîis ^cÀexoy^a^ 

iTuAouyuiévuv jv *Atfiiva(s napà II. Aà/titota. 'AOffvaif 1870. 

175. CoRAT. — Damala, éditeur. — 'ETCtffroilac 'A^a/Ascvrcou Kopaiq iiti/it^ 

Xilcç N. A. àotfjLskXoi £xdc9é/uva(. '£v 'Adijyaiç, 1885. 4 vol. (un 
double du premier volume). 

176. MoLOSSOs. — UpôSpofioç rSii MXtQBrixtiç roD iv KwverreorivovirôÀcc 

"Httsxjswtmov ZuXXéyo'j, ^Hmcpurcxal /asA^tsc B. A. Ze^rou MoAô^vov. 
Tome !•'. 'Atfijvat, 1875. 



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CATALOGUE 

DB 

PUBLICATIONS RELATIVES AUX ÉTUDES GRECQUES 

(1885-86) 

DRBSSi PAR LB DIBLIOTHéCAIRB DE l' ASSOCIATION (1) 



I. PÉRIODIQUES. 



ABHANDLTJNaEN der phUos.-phil. Classe der kgl. bayer. Aka- 
demie der Wissenscliaften. 17. Bd. 1. Abth. (Denkschr. 59. Bd.) 
Mflnchen, 1884, Verl. d. k. Akad. In Gomxn. bel Franz. 364 S. m. 
1 Stemtaf. 4. 

W. Meyer. ûber die Beobachtang des 'Wortaccentea in der altlateln^ 
Poésie. — W, ChrUt, Homer oder Homeriden. — F. Ohletuchlager^ die 
romischen Oranslager za Passaa, Kûnzing, 'Wieohelbarg und Straa- 
hing. 

ACADÉMIE des inscriptions et belles-lettres. Comptes rendus des 
séances de Tannée 188d. 4. Sér. t. XIII. Avr.-Juin. 

Lagneau, des anesthésiqaes chirurgicaux dans Tantiquité et le moyen- 
âge. 

Juillet-décembre. L. Heuzey, Une prêtresse grecqoe à AntipoliB. -^ 
Oaspard'René Grègory^ Les Cahiers deg manuscrits grecs. — Salomon 
Beiaaeh, Snr un témoignage de Suida» relatif i Muronius Rufns. — 

(1) Voir, comme complément de ce catalogue, la liste d*onTrage8 insérée 

5 âge xcix de ce Yolume, le Polybiblion, la Revue critique^ la Bévue de 
Philologie fRevue de$ RevuegJ, ]a Bihliotheea philologica eUusica de 
Calvary, ]es Bulletins bibliographiques des Revues d^Athènes 'Earîa et 
Bulletin de la Société historico' ethnologique de la Grèce, 

Lres auteurs et les éditeurs de toutes publications relatives à la Grèce an- 
cienne et moderne sont invités à faire connaître à la Société Texistence de 
ces publications. Cet avis aura pour conséquence la mention assurée de Ton-* 
VRige ou de Tarticle dans le présent catalogue. — Lorsque la date de la pu- 
blication n^estpas indiquée, le millésime est 1885. C.-B. R. 



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3(32 BIliUOGRAPHIE. 

G. Schlumbertjcr, Trois joyaux byzantins sur lesquels sont inscrits les 
noms de personnages historiaues du ix* sièclo. — H. ValUm, Notice sur 
la vie et les travaux de M. Uenri-Àdrien Prévost de Longpèrier. 

ACADÉMIE des sciences morales et politiques. Séances et trayaux 
de rAcadémie. Compte rendu par M. A. Vergé. & année, 1865. 
T. 123. 

Barthélémy Saint^Hilairâ, Mémoire sur la physiologie comparée d*A- 
ristote (Traite des Parties des animaux). ^ PéliK Ravaitson^ Rapport 
sur le prix Victor Cousin (le scepticisme dans Tantiquité grecque;. — 
a. Dareste, La loi de Gortyne en Crète. 

ANNALES de la faculté des lettres de Bordeaux. 2. sér. 1884. No. 8. 
Paris» Leroux, gr. 8. 

P. Tannery^ sur les Mss. de Diophante & Paris. — /d., Sur la langue 
mathématique de Platon. 

ANNUAIKE de TAssociation pour Tencouragement des études grec- 
ques en France. 19» année, 1885. Paris, Maisonneuve et Ch. Le- 
clerc ; in-8. 

Assemblée générale du 9 avril 18S5. — Discours de M. Glachant, pré- 
sident — Rapport de M. Alfred Croiset, secrétaire général, sur les tra- 
vaux et les concours de l'année 18R4-85. — Publications reçues par TA»- 
socialion dans les séances d'avril 1884 à mars ISfô. ~ Mémoires et noti- 
ces. » Jean Psichari, Essais de grammaire historique néo-grecque. — 
Queux de Saint-Hilaire (M" de). Notice sur M. Emile Egger. — Biblio- 
graphie. — Catalogue de publications relatives aux études grecques (1884- 
vô)^ dressé par le Bibliothécaire de TAssociation. — Jf** veuve Égger, 
Bibliographie des travaux de M. Egger. 

AKCHAEOLOaiCAL Inslitute of America. Papers of the Ame- 
rican school of classical studios at AUiens. V. 1, 188^1883. Boston, 
Cupples, Upham & Co. 7. 262 p. 8. 2 DoU. 

J. B, S, Sterreî, Intorlptioas of Assos. — Id., lasorlptiona of TValltls. 
•- /. B. Wheéhr^ the théâtre of Dionysus, -« JC. Bnisr^ tha Olvmpiston 
at Athens. •* H. N, Fo¥fier, the Ereobtbeion at Atlieni. •«• W, W* ÔvocT- 

tcm, the battle of Salamis. 

BBRIOHTB tibtr dit Vtrhandlnngea dar kgl. sttchs, Qm. d. Wis- 
«enaohanea tu Uipog. PhiloL-hist. Gl. 86. Bd. 1884. lU. IV, Leip- 

rig, Hirxel. gr. 8. 

Heinze^ ûber Prodikos aus Eeos. 
- 1885. I. II. 

HuU»eh, ûb. d. Bpbftrik des Theodosim iind eiaige untdirte mathe- 

mat. Texte. 

BLASTT£R fur das bayer. Oymnasialsehulweseni râd. yon A, Deuer- 
Hng. 21. Bd. 1-8. Hfl. Mttncben. Lindauer. 8. À 64. 6 M. 

J. JViiMer, textkritische Erbrterungen zu Platos Protagoras. — S» 
Rœckly Studien su by2.antin. Geschichtsschreibem. -~ Bemerkung su 
Uom. Od. B. 15-34. — A. Steiaberger, die Oedipuasage im Epos. -^ 6\ 
ZcI^etmayVf su loclusaro Panaan terris aënoa. ^ L* ScnmidUtvi Oidipva 
auf Kolonos. — J. A*iMMr, krli. Erbrttrungen zu Platos Phadoo. — A, 
Jiœmer^ su Aristarch u. den AristonicuisoholiaB. — A. Sêeinhergert die 
Oedîpussage in der Lyrik. — K* MeUger^ Aeschylea, — A, BcBmtr, SQ 
Arisurch u, den AristonicusschoUen qer Odys»ee, U, «^ C. Heiter^ yar 
Poetik des Aristoteles (o. 1 u. 0), 

BULLETIN de correspondance hellénique. Ae/T(ov UAijvuif; àÀiiii^t* 
ypafioi^, 8. année. VIU, Dec, 1884. 'A^>îv>j«, Uippr,. Paris, Thorin. 
gr. 8. ' Abonn. 25 fr 



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d*Axo8 et de Lyttos. *» Conventions entre villes. — Dédicaces. — Ins- 
criptions fonéraire». — Ch. Diehl, la pierre de Cana. -~ M. ColHgnon, 
bronae grec du Matée de Tchinli-Kiosk à ConstanUnople. — G, Cousin 
et F. Durrb€Lehj inscriptions de Lemnos. — V, Blavette^ légende du plan 
d^Bleusis. — P. Paris et M. Holleaux, inscriptions de Carie. I. Âpnro- 
disias. — 3/. Holleaux et Ch. Dishl, inscriptions de Tile de Rhodes. — 
M. Clerc, inscr, de Njsa. — S. Miller, inscriptions ffrecques de TE- 
gypte. ^ P. Paris, inscr. ohoragique de Délos. -* E. Pottier et S. Mei- 
nachj Niké et Psyohé. — O. Coustn, inscr. du Musée de Constantinople. 

— S. Pottier et S. ReifMùh, fouilles dant la nécropole de Blyrina. — Ch, 
J>iehl, peintures Byzantines de l'Italie méridionale. — P. FctKMrt^ ins- 
criptions de Thessalie. — P. Paris^ fouilles d^Klatèe. — Nouveau fragm. 
de rEdit de Dioclétien. — J. JUartha, Castor et Pollux. — JT. J>, Mylo^ 
nas^ inscriptions de Laconie. — M, Collignon^ miroir grec du Musée du 
Louvre. — Th. Homolle, notes sur trois tètes de marbre trouvées à Dé- 
los. -^ S, Reinach^ les arétalogues dans Tantiquité. — B. Laiyeheio, la 
constitution de Chersonésos en Tauride d*après des documents épigraptii» 
ques. — R. Dareste^ la loi de Gortyné — F» Durrbach, inscriptions d*Ae- 
gosthènes et de Pagae. — • M. Collignon, miroir grec à relief. ~ P. Pa^ 
ris et M. Holleansf^ insoriptiont de Carie. ^ Bdit d'Antiochvs II. — 
Inscriptions de Héracléa Salbaoée, ApoUonia Salbacée, Bébastopolit. 

V. Mai-Nov. 1885. 

G. Cousin et F. Durrbachy inscriptions de Némôe. — B. Earusoul" 
Uer^ inscription de Thèbes. — E. Pottier ^ fouilles dans la nécropole de 
Myrina Ikltes par A. Yeyret. — E. Bgger, inscr. de Tile de Leucé. ~ 
S. Reinach, Serv. Corn. Lentulus, préteur proconsul à Délos. — P. Fou- 
carty inscriptions d^Asie Mineure. I. Clazoméne. •— Décret des Villes io- 
niennes en l'honneur d*Antiochus I. -» II. Magnésie du Sipvle. — lll. Ins- 
criptions de Rhodes. ^ Note sur le sénatus-consulte d*Aaramyttium. — 
P. Foucarl, insoriptiotis de Béotie. — Thesples. -* Platées. -~ Haliarte. 
Coronée. «-* Hiéron d'Atbéna Itonia. — G, Radet et P. Paris, deux nou- 
veaux gouverneurs de provinces. — Ch. I>iehl et G. Couêin, sénatus- 
consulte de Lagina de Tan 81 avant notre ère. Décret relatif au droit d'a- 
sile. — M. Holleaux, fouilles au temple d* Apollon Ptoos. 

VI. Décembre 1885. E, Pottier et S. Reinach, Fouilles dans la nécro- 

fiole de Myrina : Eléphant foulant aux pieds un Oalate. — Jules Martha^ 
ascriptlons de Naxos. — Jli. Clerc, Fouilles ft l'Héraion. — F. Durrhaeh, 
Inscriptions du Péloponèse. 1. Tégée» II. Laconie. — M. HoUeauœj 
Fouilles au temple d*ApoUon Ptooa. ^ Variétés. — Bibliographie : tf. R. 
les Stratèges atoènieni, par Am. Hauvette-Basnault. 

BULLETIN ëpigraphique fondé p. F, Vallentin, dir. p. 72. Moioat. 
5. aanée. No. 4. Vienne, Sa vigne. Paris, Champion. 8. Abonn. 
13 fr. 

Rochetiii, les inscriptions gallo^grecque* de Golliai (Oard) et de Ma- 
laucéne (Vaucluse). 

CHRONICLE, the numismatic^ and journal of the numîsmatio So- 
ciety. Ed. by /. Evans, W. S. W. Vaux and B. V, Head. 1885. 
P. L (3. ser. vol. 5. No. 17.) Londôn, Smith. 8. 5 sh. 

C W. Greenwell, on soùie rare Qreek coins. — J, P. Six, SInope. — 
T. W. Greene, renaissance medals in relation to antique gems and coins. 

— Miscellanea. 

— P. II. 

Gardner, Zncynthus. 

BNSEiaNEMBNT CHRÉTIEN (!') (bimensuel), 4* année, 1885. 
A. Maunouri/, Sur un texte do saint Jean Chrysostome, n.4. 



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^EoYifAiplç àpyotto^iùytxvit ixS. vitb t^ç év 'Adi^vac^ ctp^euoiiOytxfiÇ ireupiai 
Utp. III. 1885. Ttûxoç. 1. 2. 'Ev 'A6r,vatç, Uippri. 4. 



"Apyovç. — I, navTaÇcSi?;, wspl voO 'ÏTCsprtAsâTOu. — A. étXtoç, 
rb Ttxpcc riiv Ziav iv Utipocitl diœrpov. — >£. A. Kou/iavouônv, àva- 



iittypOLfal ix Msyip«v. 

- T«Ox. 3. 

Kp. A, Tffouvra;, iittypoLfol tÇ oxpo^riAsuç. «^ A. 6 e > i o $ , Ittc- 
ypaoflcl ÎÇ '£}.suff?vo$. — B. 1. Acovap$o(, 'A/ut^iccpsiou cirr/pa^stî. 

— £. N. ApayoufiTT) (, âiriypaf>ai ex Mc/apidoç. — £. A. Kou/eks- 
V u £ >} $ , 'Arrcxocl jn cypsc^aL — A. O c Jl c o $ , sOpi^/uiaTa cv '£jlsu«(vc. -— 
£. N. Apayou/A9]g, 7T«par«7p:99SC$ iitl dv]/AOTCxo& t(vo$ ^rifiafiaroç, 

— A. £. Ko uyu a V û ^«7 ç, dsxiAcrpov èraAcxôv. 

- T£wx. 4. 

U. KaBBxStaÇf 'Eittypocfaï èx rfiv cv 'Encôaup^a àvaTxa^fiy. — 
Sm. Loetoy, ^Eniypafij «^virâv è^ 'AraAiiyTïïS (avec vignette). — £r, 
A. Kouyuiavoûo>}$, 'ETrcypa^pal ex r^$ jv oc/ôpa 'A^ijvdSv ècvavxa^ç 
(1 pi. et 3 vign.). -— Kp. A.Tffouvra, Rpocri^p <C *AxpoTr6AeMç (2 pi.). 

— K. A. MuJloya$ 4*^ ^v r^ £uilAoy«I 'Im. Aij/iyjrpcou ^^^^^ £9cruco{ 
(1 pi.)* — II. K.a66aS(0E(, Koptvdtaxôv xiovoxpccvov (1 pi.).— JT. P«r> 
gold^ ^Apxatxôv lUxtafia. ix. r^f 'AxpoTcôAswf (2 viffn.). -«>6. £o^oxJli}ç, 
KuA(Ç éx Kop^vdou. — • Z.|A. TagaAas. 'Av£x«ero$ hfuBufLOxtxii i^t- 
ypafii ^oXv/dvSpou. 

G-AZETTE archéologique. Recueil de monuments pour servir à la 
connaissance et A Thistoire de Tart dans Tantiquité et le moyen-âge, 
fondé par J, de Witte et Fr. Lenortnant, jp. p. J. de tVitte et 
R. de Lasteyrie. 9. année. No. 9-12. 1884. Pans, Lévy, 4. 
S, Babelon, terres coites grecques de la coUectioii Bellon. 

10. année. No. 1-6. 1885. 

S, Babelony tète d*aveagle du Musée d'Orléans. — S. Reinaeh, tètes 
chypriotes du Musée de Constantinople. — ffauser^ note sur un miroir 
grec du cabinet des Médailleg. — Mavai$8on^ THercule Bpitrapàzios, de 
Lysippe. — De Witte^ Venus génitrix en bronze. — O, Perrot, figurines 
sardes du Cabinet des médailles. 

10. Année. No. 7-10. Paris, Lévy, 4. 

P. MoneeaueCj fouilles et recherches archéol. au sanctuaire des jeux 
isthmiques (suite). — S. Reinach, enfant criophore. — E. fiabeton, sar- 
cophage romain trouvé à Antioche. — E. Pottier, lécythes à fond blanc 
et a fond bistre du Cabinet des médailles. 

HEHMATHENA. No. XI. 

On two fragments of a Oreek Papyrus. <— On the elision of vords of 
Pyrrhic value in the Greek tragics. — The cross références in the « Phi- 
losophumena ». — Oreek geometry from Thaïes to Euclîd. VI. 



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BIBLIOGRAPHIE 365 

HERMES, Zeitschr. f. class. Philologie hrsg. y. (?. Kaibel u. C. Ro- 
bert. 20. Bd. 1-3. Hft. BerUn, Weidmann. gr. 8. k Bd. 12 M. 

I. Heft : W. Dittenb0rger, die eleusiniscben Keryken. — £. «. Sybel^ 
Toxaris. ~- U, v, WilamowitX'Mœllendorffi e. altattisches Epigramm. 

— M. Mayer, der Proteaîlaos des Eoripides — Miscellen : A. Kirchhoff, 
6. altthessalische Grabschrift. — 2. Heft : A. Koppf Apios Homeriexicon. 

— H. KHhlewein, der Text des Hippokratlschen Bâches ûb. die Kopf- 
vunden u. der Medic. B. — JR, Thommen^ iib. die Abfassongszeit aer 
Geschichten des Polybias. — J. Beloch, das VolkArermogen v. AUika. — 
TK Kock^ emendationes Aeschyleae. — O. Hinricfis, Nauaexâa. ^ 
3. Heft : C. de Boor^ za Johannes Antiochenus. — B. Ketl, zu den Si- 
monideischen Earymedonepigrammen. — C. Robert, Athena Skiras u. 
die Skirophorien. — H. Schrader^ Nachtragliches u. Erganzendes zur 
Beurtbeilung der handschriftlicben UeberliefernoR der Porphyrianiscben 
Homer-Zetemata. — U. Wilcken, Arsinoitische Tempelrechnungen aus 
d. J. 215 n. Chr. — 17. v. Wilamowitz-Mœllendorff, Tbukydideische Da- 
ten. — Miscelien : W. SchuUe, zum Dialekt der âltesten ioniscben Ins- 
chriften. — O, Schroeder, Memnon^s Tod bel Lesches. — R, Sllii, Euri- 
pideum. 

— 4H. 

Kaibel, Dionysios v. Halikamass n. die Sopbistik. -* JDittenbergeTf 
zum Gesetz v. Gortyn. — Kaibel, antike 'Windrosen. — Keil, ad epi- 
grammata Eleusinia *Bf. ocpx- 1883, 143 et 79. 

INSTRUCTION PUBLIQUE (L*), Revue des lettres, sciences et 
arts (hebdomadaire), 14« année, 1885. 

C. Huit, Le Mènexène de Platon, n. 1 et 2. —A. Croiset (Sommaire 
d*un cours professé à la Sorbonne) : L*éloquence en Grèce, n. I, 3, 5, 7, 




C, Suit, le VI* livre de la République de Platon, n. 42, 43, 44, 45 et 46. 
— A. Fouillée, Tidée du Bien dans le Philèbe de Platon, n. 47.— E. Chai- 
anet, le caractère d'Antigone dans Sophocle, n. 44 et 45. — A . Croiset, 
la philosophie en Grèce, n. 52.— Id., les manuscrits de Thucydide, n. 52. 

JAHRBUEGHER, neue, f. Philologie u. Pœdagqgik. Hrsg. v. A, 
Fieckeisen u. H, Masius. 129. u. 130. Bd. 12. Hft. 1884. 131. u. 
132. Bd. 1-7. HA. Leipzig, Teubner. gr. 8. pro Jahrg. 30 M. 

129. a. 130. Bd. 12. Hft. I. Abth. : S, JDûntJser, des Odysseus sendung 
nach Chryse im ersten bûche des Ilias. — J. Rost u. K. Lugebil, zu So- 
Ions fragmenten. — A. Weitke, zur griech. syntax. — H. Flaeh, zum 
Prometheus des Aischylos. — A. Breitung, zur schiacht bei Salamis. 

131. u. 132. Bd. 1. Hft. I. Abth. : H, Qelxer, Anz. v. Ed. Meyer : Ges- 
chichte des Alterthums. I. Bd. — M. Soroff, ûber die kncc/oyjf-ii im att. 
gerichtsverfahren. — A. Rœmer, Anz. v. H. Schrader : Porpnyrii quies- 
tionum Homeric. ad Iliad. pertinentium reliquiœ. Fasc. II. — M, Zucker, 
Homerisches (vôra Sivivtxia), — 0. Roaabach, ylfiatpoc — aXytf, — 
M, Schmidt, zu Antiphon. — F. L» Lentz, lu Phitarchos. — A. Ztm- 
mermann, zu des Qiuntus Smymaeus Posthomerica. — P. Stengel^ die 
sagen von der geburt der Athene u. Aphrodite. — Id,, noch einmal die 
aigis bei Homeros. 

2. Heft. I. Abth. : A. Breusing, nautisches zu Homeros 1-4. — P. Sten^ 
gel, Homerisches I-IV. 

3. HefL I. Abth. : W. Schrader, die psychologie des altem griech. 
epos. — 0. Keller, zu Artemidoros (II, 16). — L, v. Sybel, Pausanias u, 
Strabon. — C. Stegmann u. F. L. Lentx, zu Plutarchos. — Ch. Ziegler, 
au Theokritos. 

4. Heft. I. Abth. : H, Siebeck, zur chronologie der Platonischen dia- 



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360 BIBLIOORAPHIE. 

loge. — P. W. Forehhammer^ Anz. v. W. H. Roscher : Lesicon d. grMI». 
u. rom. Mythologie 1-6 lief. — A, Seotland^ Honierisches (2^ 4Sê. Mf). — 
R. Bûngêr, zu Xenophon» anabaiis. -* H. Abtb. : Q, A. Saalfelé, wehr 
U. vaffen der Bomert nfuck ihrer ftbhftugigkeit Ton griechisçben mastern 
gesohildert (spri^obwisMQsçbaftlieh-cuUurhiBtov. eluEse), 

S. «. 6. HeA. I. Abtb. ! S, MélUr^^Si^ùking, die gianbwiiidigkeit des 
-. , ,., ..-. . , . » . .^ . ^ PUtaia, 

I Tbeokri- 



7. Heft. I. Abtb. ; B, Lupus, sur lopograpbie des âptiken Syrakns. — 
O. Kelter, su Pindaros (Isthm. 4, 80). -» F. JITarfmanii, HomerUcbos. — 
F, IFffoA, Domeriscbe problème. — J. Oberdiek, jm Mscbvl^s. -^ F. 5^a"t 
zu den gesetstafeln y. Oortyn. ^ H, BlUmner, za Tb^opbrasio* cbtrak- 
teren. -* Id,, za PaueantM (I. 27. 1). 

-n 8. 9. Reft, 

WwneTt sra Sopbokle** Antlgone (v. 976). «^ 4faiif/fu«, zu Oeminos. — 
^pettj die stoiscben Deflnîtionen der Affecte u. Poseidonios. — Oraffun- 
der, iib. d. Ausgang dea « Kônig Oedipus » y. Sopbokles. — Liera, z. 
Geschicbte der rhotor. Ideenlehre. » Amoldt^ zu Athenaios ; Zur cbro- 
nolog. Bestimmung y. Euripides* loo. — Peppmullert HomerlBcbes 
(A 99^. ,- Zieghr, iu den Theokiit0Mob«llen* — Sommerbrodi, va Lu- 
kianos. 

- 14. Suppl.-Bd. 2, Hft. Leipzig, Teubner. HI u. S. 339^781. g?, 8- 

8 11. (14. Sui^l^-Bd. cpU. : 14 If.) 

Brachmann ^QumBÛone» Pseudo-Diogenianeie. » Jlfelberj ûb. die 
4|«ellen «. den werth dev StrategemenBammlg. PelyftnB. — Gêrekêy Cbry- 
aippea. 

JAHRSiSSBRIO^T <ib«r die Forteehritte der claMÎsehen Alter- 
Uiumswissenschafl begr. v, 0- Buwiwi, br»g. ▼. /. MûH^» 12. 
JahPg. 1884. N. P. 4, Jahrg. 30-41. M. 4-9. Hfl. Berlin, Calvary A 
Co. gr. 8« pio J»brg. 30 M. 

4. u. 6. Hft« : A. jesatf A. Berfeht flb. d. Uttarar, BrschaSnungeo anf dem 
Gebiete des griecb. nachnomer. Bpos f. d. Jahre 188? u. IttS. *— P. Sp<>- 
nolff, Bericht ûb. die griech. Grammatiker, — Bibliothçç» pbilçiogica 
ciaaaMa. I. Quart. 18S5. ^ Nakvologd. 

6. u. 7.*ÏIfl. : P. Egenolff, Bericht iib* d. grlecb. Grammfittker. -^ JV. 
WeokUii^, Jahresber. iib. die die grieoh. Tvagiker betreff. Ldtt. d. Jahre 
188? U. 1884, r- A»«eigebUtt. — Nekrologe. 

8. u. •. Hft. : N, WechUin, Jahreaber. Abi dU dfa gifieeh. THgiker be- 
treff. LiU. d. Jabva 1883 v. 1884. (SchlsM). ~ K. Behmkl, Jahresber. ub. 
dia aptttem griech. Geschiehtascbreiber. •*• Bifoliotheea philoK elaw. II 

Quart. 1885. — I«ekrologe« 

- 10-11 und W. Hft. 1. H»lfte, Berlin, Cfelvioy q, Cq. gr* 8. 

JT. Ëchenhl, JahresUv. ëb. dU spftteMii gvlech. GMofaiohieaehreiber. 
•<*• N. Wecklsiu.J&httvkBw. iib. die die (np<Uch. scen. Arehaolegla betreff. 
LiU. fôr l9i^l»U.'^0, Keller, Jahresber* Abav Natnsg^soh. for 1883^ 
1884. « Id., Jabresbaf . ttb. Haturgessh. 1 188ft»1884. ^ Mekiwldga. 

- XIII. Jahrg. N. F. V. Jahrg. 42-45 Bd. 1. H. Bbd. gr. 8. 

30 M. |ffO Jahrg. 

Fi Susemihlj Bcr. ûb. Aristoteles u. die Utesten PeripatetSker fur 
1884. -« S. Q^^^ra^^, Ber. ûb. die Bva9haino«gen anf d. Geblals der an- 
tifce» Ifusik Y. 1881-1884. 

JOURNAL des savants. Année 1885. Janv.-Juin 1885. Paris, impr. 
nat. 4. Abonu. ann. 36 fr. 



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inicripUonf grecques du iJritisli MoMum. — • M, Var§fte, lef Miiquités 
du droit grec. — O. Perrof^ les couimencementi de Vwi en Qrèoe. — 
g. MiUmr^ «igiUogr^pbia de rcSmpir» bjMMtin. — S, $gg^^ eut U poé- 
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JOUKNAXi* the American, of Archaeolo^ for th^ atudy of the mo- 
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Vol. V. 3. 4. (WhoU No. 19. fiO.) Baîdmom. 8. pro Jahrg. 8 DoU. 

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B. Perrinj Lucan as historical source for Appian. — B. L. Oilderaleeve, 
Friedr. Ritscbl. — W, A. iMtnberton, on a p^asuga in tbe Gorgias et 
Plato. — Ch. ShorUthé ne\r revision of King James revision of tbe Ne'«r 
Testament IV. — W. S. BimeooB, collation of tbe Britisb Mosenm liS. 
Evan 401. «^ C, D. MorrU, tbe relation of a Oreek oolony te its mother 
eity. •» Notes : M. Warren^ on tbe etymology of Hybrid. » Bjftoater 
and Th. Vavidson, Herakleitos, Frag. XXXYl. aO, 87 (MoUacb.). 

— Vol. VI, 2. (21). 

A. C. Merriamy the Bpbebic inscription of C. I. G. 282. Lebas, Attique 
t>ûD and C, L A. lU, 107k -* J. R. JUtrH*^ u>vM9Umépm^^B hW 
l'estament. —if. BloomfUld, four etymolegical nAtes. l, Latb» usqae : 
Vedîc. accb&. 2. Triwwv, »ripe' and iriTtwv, *mild, vreak*. 8. On a proba- 
ble eqnivalenl In Sanskr, ef tbe Oreek article àpt pdi. 4, &/ft6Aaxirv : 
Slir. mlecebaH. — B. X. Oilderaleeve^ tbe Anal sentence In Greek. — 
W. A. Lamherton^ on tbe Tbealtetos of Plate. 

-^ No. 2. fft)t pro JaliiT^. 3 DoU. 

KiMTMifre, amMininr anong «ba OMaks. m- Aile; Oreek ané Latin 
inaoriptioBs ft«in Paleawie. 

JOURM Ali of haUenie Stndies Sooiet/ for tha promotion of liellenic 
Stndies. Vol. V|. London, MaemUlan, 1865. 8. 

BÂ. Gardn^r^ A 8tata«tte representing a Boy aad a GnOM <l pt.). -^ 
G. Baléteim^ Eepulcbral Belief fram AUm», at WInton Castla (l al.). — 
Janâ E. HarrisoOf Odysseus and tbe Sirens. DifOA^siaa. A C^lix ay Ni- 
costbenes (2 pl.^. » A. jl/jc/ir/<>;i«, Ancient Marbles m Great Britain. Sup* 
plement II (3 pi.). "— F. Imhoof-Blumer and P. Qardnêr^ Numisnatic 
Commentary on Pausanias : jMegarica, Corinthiaca (2 pi.). — L. R. Far^ 
n#l<, Tbe Pargameae Frieze (centinued), -^ B- A. Qardmmr^ Inscriptions 
aepiad by Ceckerell in Greeoe. I. •* L^t^U Cam^U^ Tbe Aescbylean 
TreatMaai of Mytb and Leg«nd. *« /. B. Bury, Nates an <1) Tbe Trflogy, 
i9) Certain fermai artifices of AaeebyWs.'^ Çe^i Smith, Early Painting 
of Aaia Miner. '^ P^roy aaixlner, Anpbara Aadlea (tpm Anitparos. — 
/. Théodo^ B4mU On Ifca Goid and Silver Minée ef gipbnas •* Warwick 
Wroth^ A Tana of Hadriaa in tba Britisb Maaewn. '- W. M. Flimders 
Ptbrie, Tba Dlscovery af Nauknrtie. — Jamei JVtytiMO», Tbe Tamb of 
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driek, on certain difficultés vith regard to the Greek tetralogy. 

MITTHEILXJNG-EN, archaeologisch-âpigraphische , au8 Oe$târ- 
reich-Ungarn hrsg. v. 0. Bennàorf u. 0. Hirschfeld. 8. Jahrg. 
(1884) Hft. a. 9. Jahrg. Hft. 1. Wien, Gepold's Sohn. gr. 8. 

pro Jahrg. 9 M. 

VIII, 2. Hft. : Mordtmann, griech. Inschriflen aua dem Hauran In»- 
chriften aus Kleinasien. Zur Èpigraphik ▼. Thracien. — Domassevoski, 
Inschriften aus Kleinasien. 

MITTHEILITNQEN des deutschen archseolog. Institutes in A&en. 
. 9. Bd. 3. u. 4. Hft. Athen, Wilbepg, 1884. gr. 8. pro Bd. 15 M. 

3. Hft. : B. Latischew, die in Russland befindlichen Griech. Inschrif- 
ten. — Th, Schreiber, der altattische Krobylos. H. Kallimachos u. Pa- 
siteles. — E. FabriciuSf Alterthûmer auf d. Insel Samos (Forts.). — 
a, Koldetoey, die Halle der Athener zu Delphi. — U. Koehler, Proxe- 
nenliste v. Keos. — W. Doerpfeîd, e. antikes Bauverk im Piraeus« — 
Miscellen. Th Schreiber, der alttatische Krobylos (Naehtr.), — H. G. 
Lolling^ Inschriften aus Gonnos. — XT. Koehler, Grabstein einer Polias- 
priesterm. — Id., bilingue Grabschr. aus Athen. — Litt. a. Funde. «- 4. 
Hft. : H. G. LoUinpt z. Topographie v. Doris. — F. Halbherr, sopraun 
catalogo inédite di Keos. — wi Doerpfeld, d. Tempel v. Sunion. — B» 
Fabrieius, die Skulpturen vom Tempel in Sunion. — U. Koehler, numia- 
mat. Beitrâge 1. 2. — E. Fabrieius, Alterthiimer auf Kreta. I. GeseU v. 
Gt>rtyn« — Miscellen. H. F. ZspXivrri ç, iitiypafai éx TôSou. — U. 
Koehler, att. Inschriften auf Muta. Att. Thiasoten-decret. Zu C. I. A. I, 
441. — Litt. u. Funde. 

— 9. Bd. 1. u. 2. Hft. 

1. Petersen. zum Erechtheion. — J. H. Mordtmann, YordexaBiat. Got- 
theiten ; Inschriften aus dem TschlnUi Kiosck. — Marœ, Bronxemûnse 
von Elaia.— Du0mm2«r,Marmorstatue in Beirut. — U. Koehler, laschrift 
Y. Samos. — Doerpfeld, die Propylaen der Akropolis Ton Athen. 1. Das 
ursprQagl. Project des Mnesikles. -^ Nikitsky, au C. I. A. II, 141. -> Fa-^ 
brtcitu, Altertûmer auf Kreta. H. Die Idaiscne Zeusgrotte. — S. Marx, 
Diotkurenartige Gottheiten. — FabricitM. Altertûmer auf Kreta. Itl. Ar- 
chaische Inschriften. — L. v. Sybel, Asklepios u. Alkon. — NikUsky, 
zu den delphischen Proxenenlisten. — U. Koehler, Potamos. E» Beitrag 



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BIBLlOGIt\PHIE. 369 

z. Oeschichte u. 'fopograpbie der Mt. Demen. — Laiiteheto, die in Rus- 
slaad beândl. griecn. laschriften II. — Doerpfeld^ die Propylâen der 
Akropolis y. Atnen. II. Ueber die Gestalt des Sud westflugels. — É, Loetoy, 
Kûnstlerinschr. aus Megara. — V. Koehler, numiainat. Beîtrage III. Die 
selon Mûnzreform. -~ Fabricius^ e. bemaltes Grab aus Tanagra..— > J, Jf. 
Movdtmanni laschriften aus Syrien. 

HNEMOSTNB. Bibliotheca philol. Batava. CoUegerunt C. O. Co^ 
bel. H, W. V. d. Mey, N. S. Vol. XIII. P. 1-3. Lugduni-Bat., Brill. 
8. &Bd.9M. 

P. K : C. G, Cobetj ad Galenum (cent.). — H, v. Berwerden^ Herodo- 
tea (cent.). — H. W. v. d. Mey, ad Diodorum Siculum. — Id., ad Diodo- 
rum Siculum. — S, A, Naher, Observationes crit. in Herodotum. — H. 
V. Hencerden, monendum de Herodoti editionis meae yoI. 1.—-K. Q. P. 
Schwartz, ad Lucianum. — H. W. v. d, Mey, ad Diodorum Siculum. — 
K, G. P. SchicariZt ad Dionysii Halicarn. Autiquitatum Rom. librum I. 

— Jtf. «. Herrjoerden, Herodotea. — J. «. Leeuwen Jr.^ Disquisitiones de 
Pronominum Personal, formis Homerlcis. — /. /. Hartman, ad Sophoclis 
Antigonam. — P. III. ; C O. Cobel, ad Galenum (cent.). — S. A. Naber, 
Observatt. crit. in Flavium Josephum.— H. v. Herwerden^ Epigraphica. 

— XT. Ph. Boissevin, de Casii Dionis libris manuscriptis. 

- P. 4. 8. 

Cobet, ad Galenum (cont.). — Naber, observationes criticae in Flavium 
Josephum (cont.). — Kan Leeuwen, disquisitiones de pronominum perso- 
nalium formis homericis (cont.). — Schtoartz, ad Lucianum (cont.). — Ad 
Dionysii Halicarnassensis Antiqcit. rom. librum I. ~ Boissevain^ ad- 
denda ad pag. 345. 

MONUMENTS G-RECS publies par rAssociation pour Tencoura- 

fement dea études grecques en France. N<» 11-13, Années 1882-84. 
pi. et 16 dessins dans le texte. Paris, Maisonneuve, 1886. 10 fr. 

Ant. Héron de Villefosse, Tête du Parthénon appartenant au musée du 
Louvre. — E. Pottier, Lécythe blanc du musée du Louvre représentant 
une scène de combat. — Maxime CoUignon^ Tablettes votives de terre 
cuite peinte, trouvées à Corinthe (musée du Louvre). — A. CartauU, De 
quelques représentations de navires, empruntés à des vases primitifs pro« 
venant d'Atnènes (musée du Louvre). 

MOÏSEION KAI BlBAlOeHKH tvj« rJa'/yjJitx^ç f^X^Hi^ Utpioùoç rté/iitrri, 
1884-1885. Smyme, 1885. 

'Eîrcypa^al iyaizo/al/iivoLt iv tw Mov«f<u. (Inscriptions recueillies pen- 
dant les années 1881-1883.) N" 1*95-262. *'E7tc/pafal èirtara^efcat èv àv- 
xv/pirfQii. (Inscriptions publiées de 1880 À 1883 dans les journaux 
'A^a/0sia et 'Aâjuov^a.) N** 396-491. — 'Eîttyp. èvorr. «v tû Moum^w. 
N" 263-278. r . . . 

MUSEO italiano di Antichità classica, diretto da D. Comparetti. 
Vol. I, punt. lî. Torino, Loescher. p. 141 a 252, con tav. 4. 10 L. 

D. Comparetti, iscricion» Cretese scoperta in Venezia, con 1 tav. — 
Jd.j su di una iscrizione di Allcarnasso. — Id., Tiscrizione del vaso Dres- 
sel. — F. HalbherTy iscrizione di Koos, con 1 tav. — D. Comparetti, va- 
rietù epi^raflche : Koos, Amorgos ; iscrizioni di vasi. — Id., iscri^ioni ar- 
caiche di Gortyna, con 1 tav. 

— puntata III. Firenze, Loescher. p. 253 à 382. 4. 15 L. 

Comparetti, 2)., iscrizioni arcaiche di Gortyna (con tin.). — Intcrpreta- 
zione délia iscriz. del rauro circolare. — Commente. — Iscrizione del 
muro settentrionale. ~~ £tà délia iscrizioni. — Indice di voci e nomi, 

MXJSÉON. Revue internationale, publ. par la Société des lettres et 

ANNUAias 1887. 24 



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que. 

MUSEUM, Rheinisches, iUr Philologie. Hng. v. 0. Rihheck u. F. 

Buechèler. N. F. 40. Bd. 2. 8. tt. £rg»nz.-Hef>. Frankfort a. M., 

. Sauerlsender. 8. à Bd. 14 M. (Erg.-H. 4 M.} 

2. Hft. : E. Hillerj Beltrage sur griech. Litteratargeschichte ni. — E» 
SehtçartJKf Hekataeot von Teos. — C. Waclutnuth^ ofTeatUcher Crédit in 
der helion. Welt viLbrend der Diadochenzeit. — Miseellen. — R, Kekuié, 
ttochmals der Ostgîebel des Zeuatempels sa Olympia. <— .P. S., oc :cspl 
Axfion», ^ H, Roêêovi^ sa Aristoteles. — O, Cruêiut, X^P^ âcTtiîç- 

3. Hft. : K. NUten, Ûber Tempel-Orlentirang IV. — A. Kopp^ vas Qael- 
lenkunde des Etymologicum M. -^ J E, Kirchner^ sar Ôlauowflrdigkeit 
der in die (Detnosthen.TRede vider Neaira eiogelegten Zeugeaaassagen. 
^ Buermannf HandschrifUiches so den klelneren att. Rednem. — • L. O. 
Braxker, die Methoden Galens in der literar. Kritik. — > J, M. Stahl^ 
âipguovrtBr,^ At<ayôpo\j QopKtiùi — Jff. ©. Hervcerden^ ad Jamblichi de 
vita Pythagorica librum. ~- R. Foerstei', sur Quellenkunde a. Oeschichte 
der Philologie III. — Miseellen. R. Peppmuller^ Hesiodea. — 0. Cru^ 
sius^ *Xenophanes* bei Galen. — R, Muenxel^ Aristotelis Eth. Nie. I. 9. 
(?. Butolt^ Bemerkunffen ilber die Qrûndungsdau der griech. Colonien 
in Sicilien a. Unteritalien. — C. Waehimuth^ Ëridanos nnd lUsses. — 
F, B., Spraehformeln in italischem u. griech. Recbt. 

ErgUnz.-Hft. : Das Recht von Oortyn hrsg. a. erl. t. F, Bùchelêr n. 
E, ZUelmann, 180 S. 

«^4. H. 

Ssanto, sur atUscben Phratrten- u. Gescblecbtsverfassang. — Suse^ 
mihU su den soolog. Schriften des Arlstoteles. — Gardthausen, sut Oe- 
schichte des griech. Alphabets. 

-» - N. F. 41. Bd. 4 Hfte. Ebd. (1. Hit. 160 S.) gr. 8. 14 M. 

NACHRICRTBK ▼. d. kgl. Gea. d. Wi». ti. d. Georg-Aagasts- 
UniversiUet zu Gœttingen. 1885. No. 1-6. Gœttingen, Dieterich. 
gp. 8. 

H. Wagner, Patrokles am Kara Bugasf ^ C. WMhsmuiht einîga an- 
tiquarische Bemerkungen su dem Codex des PriYatrechts TOn Oor^'n. 

NOTICSS ET EXTRAITS des xnanascrita de la BiblioihtoM na-» 
tionale et autres bibliothèques publiés par Tlnstitut cm France. 
Tome XXXI, 2« partie, 188Ô, iiL-4. 

Miller^ Catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque royale de 
Madrid (Supplément au Catalogue d'Iriarte). 

— Tome XXXIf, 1» partie. 

Paul Tarmery, Notice sur les deux lettres arithmétiques de Nicolas 
Rhabdas (texte grec et traduction). 

1IAPXAS£0£, le Parncusoê, organe du Syllogue philologique d'Athè- 
nes ô WoLpéOL-jiài, Tome 8, 1884. (Traduction des titres.) 

Condoê^ Variétés philologiques et littéraires. 4 art. — George» CremH^ 
Rectifications historiques, z art. — Archéologie : Travaux de la Société 
archéologique. — Monnaie d'argent inédite d'Epidaure. — D. Bikélas, 
La Qrèoe avant 1821. — Archéologie : Antiquités du Pirée: de Siphnoa. 
— Tombeaux antiques de Céphallenie. — /. A. Typaîdo9y Le comnat de 
Marathon. 4 aru — I. UidoridU Skilizai, La guerre sacrée (1827). — 
Journal autographe de Stephanos Petroirits Chmetsioskie (1770-1773). — 



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n»yy.à^f^to9 izccvnyvplç, 3 articles. - Analeetes néo-helléniqnes : MoicoXo^ 
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1 Italien), monument antique chrétien (grec) à Venise — TaitÈelix édi- 
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Juliette Lambert, les Poètes contemporaiils do la Grèce i5 articlea? - 
y. Pétris, sur Nlcopolis. - Communications et Mélanges : PaulLkfZ 
6ro«, Curieuse monnaie mconnue de Chio. — Les collerions numi«m*fU 
ques d'Athènes. - Travaux du^SylIogue PiimZ^n Tp^Gz^f^r 
Documents sur les communautés et églises occidentales de la mer Effée 
• ;:;.nTcf «^Ï'%Tp V '"fl*°ees : Haut-relief en orichalque d'Athènes 
avec fig. par M, P. Lambros. - Lettre inédite de Coray, par Philadel- 
Dhcus,- Les études sur le néo-grec, par Chattidahie. -Analeetes néo- 
îielleniques : Légendes Cretoises. - travaux du Svllogue Parnassos 1 
P. O. irer/endw, La flotte grecque à Livourne (\m^\hï), - S KPa^ 
pageorgis, Linguistique - Anaïectes nôo-hellèn. : Ugeides de Thôra 

Tn^^V^x^A^l' ^T*"* ^.V ^y"^«"* Parnasse?. - B.A,Myt 
fafttdw, L lie de Sikmos. Sceau d'un monastère de cette Snorade L 
Jean fietzie, La notation musicale au moyen âge dans les manuscrite 
liturgiques et hjmnologîques des églises orienSes.^^Y. f^îAï îSï 
principaux monastères de Leucade. - Travaux du Syllogue ParniiMs 
K S. Condoa, Vanétes philologiques et littéraires. ^K A. Pahol^^s 
Documents russes concernant la Grèce, trad. pour la mem^rofoifon 
grec. -Travaux du Syllogue Pamassoi. ^ première fois en 

PHILOLOGUS. Zeitschr. f. d. class. Alterthum. Hrsff. v. E. V 
Leutsch. 44. Bd. 2. Heft. Gœttingen, Dieterich. 8. • ^- »- • 

c.^; ^H^^^K' '*^*' S- liif'schriftsvstem des 4. vorcbrisU. jahrh. - /f. 
Stttl, die Griechen im Troerlando u. daa homer. epos. - F Âanseen Ûb 
die unprosodlschen hymnen des Greçor v. Naïlkns. - R. Peppmûner' 
"Ji5*^î»S'*--u^- ^f !*:«?«:♦ "e'*cli3ea. E. beitrag s. beurihl^hSg dl; 
sçbrlftstellerischen that.gkeit des (iiltern) Pontikew Herakleides u. del 
Hcraklwdes Lerabos. - Miscellen ; J. L Heiberg, e. pallmpsest derEle- 
mente Eukhds. — Th. Braun, su Sophocl. TraX. OT-SIS. 

- 3. H. 

Seotland, krit. Untersuchungen sur Odyssée, — Hinrichs. Ilelena- 
Kassandra u. Skamandros-Xanthos. 2ur Onomatologie der griech, Hel- 
densage. — Peppmiiller, Heracl. Pont. II. r.oXiru&v J. — Jiaunt Dio 
Cassius. «•«|/»j uio 

QUARTAIiSCHKIFT, theologische. Jahrg. 67. 1885. H. 3. 4. 

Klasent Pelagianîstisohe Commentare su 18 Briefen des heU. Pnulus. 

ÎIE VtJB archëojogîqtte (antiquité et moyen âge), publiée sons la di- 
i-ection de A. Bertrand et G, Perrot, 3. sër. t. IV. Paris. Leroux* 
Nor.-Dec. 1884. gr. 8. Abonn. an. 25 <r., bez. 28 fr., bez. J8 fr. 

-— -^ t. V. Jan.-Juin 1885-. 

A. Sorlifi^Dorigny, timbres d'amphores trouvé» à Mytilène. — Cler-^ 



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ractères généraux do Tarchaïsme grec. 

— Juillet-Oct. 

Reinach^ chronique d^Orient. -^ Batiffoî^ Canones Nicaeni pseadepi- 

Jraphi. — I^omxandy l'architecture métallique antique, ou rôle du métal 
ans les constructions antiques. 

HEVU£ de philologie, de littérature et d'histoire anciennes. N. S. 
continuée sous la dir. de 0. Riemann et Em, Châtelain, A. et 
t. IX. 1» et 2' Livr. Paris, Klincksieck. gr. 8. 

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la vie d'Esope. — A.-M. DesrousseauXj notes crit. sur les Dialogues des 
Morts de Lucien. — /d., Aristote, do la divination par les songes, ch. 1. 
— > O. Riemann, le dialecte attique diaprés les Inscriptions. — P. Tan- 
nery* notes critiques sur Domninos. — R, Cagnal, sur un passage inad- 
missible de Ptolémée. 

— 3» Livr. 

Weil, rUiade et le droit des gens dans la vieille Grèce. 

— 2«, 3e et 4o Livraison (entière). Revue des Revues et publications 
d'Académies relatives à Tantiquité classique (Année 1885). 

REVUE numismatique dir, p. A. de Barthélémy, G. Scfilumèer- 
ffer, E. Bahelon, 3. Sér. t. IIL 1. 2. trim. ISfe. Paris. Rollin et 
Feuardent. gr. 8. Abonn. an 20 fr. 

A. Kngeîy notes sur les collections numismatiques d^Athènes. — E. 
Babelon, une monnaie d*or d'Alexandria Troas. — P. Ch. Robert, les 
phases du mythe de Cybèle et d'Atys, rappelées par les médaillons oon- 
torniates. 

RI VIST A di filologia e d'istruzione classîca. Direttori : D. Compa- 
rettiy G. MiXller, G. Flechia, Anno XIIL Fasc. 3-10. Sett. 1884- 
Apr. 1885. Torino, Loescher. 8. pro anno 12 L. 50 c; bez. 15 L. 

L. Cerrato^ i canti popolari délia Orecia anttca. — Id., i canti popo- 
lari délia Orecia antica (contin. e fine). — G. BertoUoto, appnnti Lucia- 
nei. ^ L. Cerrato, postille ai canti popolari délia Grecia antica illoa* 
trati. 

— Fasc. 11.12. 

Cantarelli, sut processo di Frine. — Setti^ de litterata atque critica 
Athcnaei industria. — Fraccaroli^ emendamenti ed osservazioni al primo 
cantico deirAgamemnono. — Chiappelli, de Diogenis Laertii loco que- 
dam restituendo. 

Anno XIV. Fasc. 1-4. 

Cerraio^ questione di variant! in un luogo contre verso di Pindaro 
(Olimp. I, 2S sq.). — Merlo, cenni sullo stato présente délia grammatica 
ariana, storica e preistorica, a proposito di un libro di G. Ourtius. 

SITZUNGSBEBICHTE d. kgl. preuss. Akademie der Wiasena- 
chaflen zu Berlin. 1885. No. 28-52. 

Ticllmann, ûber Pithom, Ilero, Klysma nach Navîlle. — Foerster, 
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STUBIEK* Berliner, ftir class. Philologie u. Archaeologie. Hrsg. v. 
F. Ascherson. II. Bd. 2. Haelfte. Berlin. Calvary & Co. S. 269-490. 
8. 9 M. 

C. B. IllinÇf de antidosi, — J, Schmidtt Ulixcs Posthomèricus. 

- II. Bd. 1. u. 2. H. 

X* Steiiif Die Psychologie der Stoa. 

- 8. Bd. 1. Hft. Leipzig, Hirzel. 8. 4M 

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bus quibus Athenaeus io rébus musicis lyricisque enarrandis usus sit. -* 
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Y. ThwmscTy Untersachungen Ub. die att. Metbken. — J. Zycha^ Qe- 
brauch v. è:csi, inilTzip^ «niiOïî, tTiuQ-fiTtip . — A'. WeMely^^x^ Faijum- 
reste einer Thukydides-Hs. — /d., neue griecb. Papyri aus This u. Pa- 
nopolis.— W, Martel, Analecta. — C. Wachsmvth, z, -Gesch. des aU. 
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Xti i).lr,vtxbi çt/o/ovtxo; livXXo'joç) Eûyvpautta Ttiptooixôv, T. XVI, 188l- 
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M. Ilapav cxa$, 'O^uwptxaè /j.iXir%v Ttipl ryfç xacô' "Oavjjsov r,Otxiiç, 
^IXiaxi. — 'Hp, Bavcscov;;, EtVaywyiî 8(; -n^v ieroplav toû i/ir^vt- 
y.oû TtoMTivpLO^ y.xi èota rrii ijJ.YiVixiii Ttutotlx^, — A, Uai^xo ôtzov- 
Xoç Ktpscfisùçj Zw/pi^%ioç àyùv Tttpi c'jJi^Àoyfii Z>filîvTov /avij/as^ojv 
r?ç apyoLioLi «//ïjvtxïllç y/fiiïST}^. "Ê/ôîfftj. — Kapanâvsto; àyoiv rxtoi èx- 
0993w^ fi.iOoùUMV dcooxTixûy /3{6>^cov -xpo^ -^piioiv Tûv 017/jiorcxcâv eyroJ.iiwj , 
lïpoypifjLfAOLtx. — Upcoivixù. toD Swi/ôyou* ff'jvsîptiffciç y}i'X!^i ' '^ 
Kxrx/oyoi tûv îr/sojâvîx^evTwv tô S-j^/ôyoi «ttô /xceéou 1880 /u^xP'^ iîroe- 
;iOs; 188L 

— Même recueil. Appendice. {Trapâ^r/j/xa). 'Apx»»*^^/*^^ È^npo':tr„ 

C. G. CurtiB et 5. Aristarchis, 'AvixooTOc irxiypnL^aX BvÇavr^ov 
(151 inscriptions), 5 planches. 

►- Autre appendice. Mavpoyop^iTseo; ^i6y.tofir<x>î ^rot yfjubi Tzipiypxt^i^ 
x6; xarâ/oyo; rûv iv tscÎ^ àvà ti^v scvaroAi^v j9(6/to6;^xa(; sûp(^o//^i/uv 
éî^Aïjvixâv ;(S(poyp9(^a)v xarapTCffÔscça xal çuvTa;(Ôit7a xar' tvTO>r,v toD «v 
K. II. kXAr,vixoiJ ç>c>.o/oytxoù ffv/^oyov, Owà A. Il atra ooito v/o w toO 
Kgpafjiicùç, Série des notices des mss. (suite), (în du n** 27. — 
N*» 103. — Série des textes inédits (suite) ; 



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374 BIDLIOaRAPHIE. 

éLUiOiîxicn imTTOÀxi, — ^EitioroXxi roû fjLriTptysvoMTOj Mr,ii(xç, — 
*Ifii»«vvov /lyiTOfmoXiTou £ûx0c(?ov âyioÀO'/uii ffv*/ypa&^, (*£yxe(i/Aiov ses 
riv 07eov xat Oiofôpov Ttxripa r,fi&v iipxv.) «• ^do^tou S>}ilu6pi«; fiio^ 
ypxfix Mxxocpio'j rov èv *Edix,„ /uoyv} âvxi^vayroç (i continuer}. 

— Autre appendice. UoLXutoypxfixbv BsÀriov. £uvo:rrix^ ixOtuç 'xaÂOHO- 




«ASirvfr /.Mfc r.j»» k *#v>»»» v'«^M>«'w>«»'f ^...» «&■ •••«<*««vv<*ww«>vv »vv a». • jv «t.- 
^CA ^ » $ . — A.t€xvlo\J i-nivToXai, Ahtânsioi fiûOoi x*i w^éypoifoi i-iitvroXaii 
NtxoÀâou KaSavé^a, uTrè A. UaizaSoitoùXoij roû Kapfle/ACM$. »- 
'AvTcSoJtiQ Toû Oirà W. Wagner cxdo0<yTO$ IIouAoAéyou irpd« /C9€caxiv 
T(vsc xfl&dcxa, vnè A. Il aTradouoû A o u t9û Ke.oa/A^Uf. — £;(éAtx i($ 
A(9;((V)!V. A. n. K« 

TIDSKIRIFT, Nordisk, for Pilologi. Ny Raekke. VU. Bd. 1. Haefte. 
Kjobenhavn, Oyldendal. 8. a Bd. 8 Kr, 

a. X. Selehau, de aeUie Xenophontia. 

^ 9, Haefte. 

ijunctU 
ike be- 
[ etynologien 
af scvMyx* 

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ger, 0. Seyffert u. K, Thiemann. 5. Jahrg. No. 27-32, 33^. 

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funde in Griecbeoland u. der dor Tempel. 

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Jf. J. Millier, 39. Jahrg., N. F. 19. Jahrg. 1-6. Hft. Jan.-Juni. Ber- 
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Kieaaling (Schl.). — SchrcBdn', grieoh. Lyriker (Schl). — Zetnial^ Ta^ 
oitua' Gerroania, 

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K. Schenkl. %. Jahrg. 1884. 11. u. 12. Hft. Wien, Oerold*s Sohn. 8. 

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Walaer^ iîb. d. Tragveite der caeaura poat qcartum troehaeam im an* 
tiken u. im deutaohen Hexameter. 

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Sehicars, aur Krltik d. Ootterreden dea Âeliua Ariatidea. 

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& Co. Subscr.-Pr. à 1 M. 50 Pf. ; Einzelpr. ft 2 M.). 

WILSIEN, U., observatîones ad historiam Aegjrptî provinciae ro- 
manae depromptae e papyris graecis Berolinensitus meditis. Bero- 
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IV. ARCHÉOLOGIE. — NUMISMATIQUE. — ÉPIORAPHIE. 
SCIENCES ANCIENNES. 



ABHANDLUNG-EN d. archœologisch-epigraphischen Seminars 
der Universitaet Wien, hrsg. v. 0. Benndorf u. JS. Bortnann, 6. 
Hft. 1. Thl. Ebend. 1886. gr. 8. 6 M. 

Bettriige 2ur Geschichte der altgriecbischen Tracht v. F. Stv4,nicska. 
M. 46. 

ANTHES, E. G., de emptione venditione Graecorum quaestiones 
epigraphicae. Halis Sax. 46 S. 8. (Leipziger Diss.) 

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Gœttingen 1^84, Dieterich. 3-2 S. gr. 4. tM 

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BOHN, R., der Tempel d. Dionysos za Pergamon# Mit 1 Taf. u. % 
Vign. Berlin, Dûmmler. Il S. gr. 4. cart. 2 M. 50 Pf. 

GATALOGrUE d'une collection de médailles grecques, romaines et 
du moyen âge. Rome, imp. de TÀcad. roy. des Lîncei. 216 p. 8. 

COLLECTION Cam. Lécuyer. Terres cuites antiques trouvées en 
Grèce et en Asie -Mineure. Notices de Fr. Lenonhant, J. de Witte, 
A. Cartault, G. Schlumberffer, K. Babelon, C. Lécuyer. Livr. M. 
Paris, RoUin et Feuardent. 156 p. et 84 pi. en photot. Fol. 

COLLECTION Sabouroff, la. Monuments de Tart grec. Publiés jjar 
A. Furttcaengler. 9 et 10 livr. (À 10 Taf. m. 10 BU TexL) Berlin, 
Asher & C. Fol. à 25 M. 

COLLIG-NON, M», caractères généraux de Tarchalsme grec. Paris, 
Leroux. 22 p. 8. (Extr.) 

BICTIONNAIHE des antiquités grecques et romaines diaprés les 
textes et les monuments, cont. l'explication des termes qui se rap- 
portent aux mœurs, aux institutions, à la religion, aux arts, aux 
sciences, etc., et en général à. ia vie publique et privée des anciens. 
Ouvrage réd. sous la direction de Cn. Darember^ et Edm. Saglio. 
Avec 3,000 iig. d'après l'antique, dess, p. P. Sallier et grsY. p. M. 
Rapine. Fasc. 10 : Coe-Ck>n. Paris, Hachette, p. 1281 A. 1440. 4. 

FUMAG-ALLI, C. nozioni elementari suite antichit& private greehe 
e romane, ad uso della classe III dei ginnasii. Verona, Drucker e 
Tedeschi. VIII, 105 p. 15. 1 L. 

FURTW^BNaLEA, A., Beschreibonff der Vasensammlung im 
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Halliscl 



lyer. 
:hes)i 



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Hft. Berlin, Grote. 4. (Mit« Beil. Der Kunstfreund. 1. Jahrg. No. 1- 
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Berlin (Dttmmier's Verl.). 52 S. gr. 4. (Sep.-Abdr.) cart. G M. 

HOLWXHBA, A. E. J., die alten Kvprier in Knnst u. Cultus. Stu« 

dien. Mit mehren lith. Abbildgn. (7 Taf.) u. 1 iichtdr.-Taf. Leiden. 

. BriU. XII* 61 S. gr. 8. 4 M. 50 Pf- 

IMHOOF-BLUMER. F., Portrœtkœpfe aufantiken Mûnzen belle- 
nischer u. hellenisierter Vœlker. M. Zeittafeln der Dynastien d. 
Aitertums nach ihren MOnzen. Mit 206Bildn. in Lichtdr. (auf 8 Taf.). 
Leipzig, Teubner. IV, V5 S. gr. 4. cart. 10 M. 

IKSGRIPTIONI18 antiquae orae septentrionalis Ponti Euxini 
graecae et latinae. Jussu et impcnsis societatis archaeologicae imr 

gerii russici éd. M, B. Latyêchev, Vol. J, inscriptiones Tyrae^ 
Ibiae, Chersonesi tauricae, aliorum locorum a Danubio usque ad 
regnum bosporanum continens. Ace. tabulae 2 lith. St. Petersburg. 
(Leipzig, Voss.) VIII, 243 S. Imp..4. 20 M. 

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and archaeological description Transi, from the Greek by A. Smith. 
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Abbildgn. Wien, Gerold's Sohn. 35 S. Lez.^. 70 Pi. 

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chen, Leipzig, Teubner, 1884, in-8, 92 p. (Extr. des Jahrhilcher fur 
class, PhiloU, t. suppl. XIV.) 

liAMBROS) Paul, Mc^xcoivcxà vofiivfAoxx râv BwMr&v riii X^ou. Athènes. 

LANGhL, A., e A. LABRIOLA, i principali monument! architet- 
tonici di tutte le civiltà. antiche e moderne ! scella di 61 eliotipie, 
con testo illustrativo. Torino, Loescher. 8. leg. alla bod. S5 L. 

•— J., Griechische Gœtteiv u. Heldengestalten. Nach antiken Bild' 
werken gezeichnet u. erlseutert. Mit kunstgesehichtl. Ëinleitg. von 
C, t>. Liltzoto, 2-6. Lfg. Wien. Hœlder. S. 17-72 m. eingedr. 
lUustr. u. je 3 Lichtdr.-Taf. Fol. à 2 M. 50 Pf. 

Z1E88ING-, J., Waa ist e. altes Kunstwerk werthf (ZéitfraMn, volks^ 
wirthschafUiche. 50. u. 51. Hft. 7. Jahrg. 2. u. 3. Hft.) Berlin. Si- 
mion. 55 S. gr. 8. 1 M. 

LOSSCHGKS, g., Vermutungen zur griechiscben Kunstgeschichte 
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IjOEWY, e., Inscriften griechischer Bildhauer, m. Pacsimiles hrsg. 
Oedrucktm. UnterstUtzg. der kaiserl. Akademie der W'issenschaften 
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Gold-. Silber- u. Farbendr. Antik. u. asiat. Kuast, Mittelalter- 
Renaissance, XVI. u. XVII. Jahrh. Historisch-prakt. Sammlimg mit 
erklœr. Text. Deutsche Ausg. v. C. Vogel, (In 40 Lfgn.) i. Lfg. 
Stuttgart, Neff. (4. Taf. m. 4 Bl. Text.) Fol. 4 M. 

— 2-15 Lfg. (41 Taf. mit 42 Bl. Text.) 

^ Geschichte d. Costûms in 600 Taf. in Gold-. Silber- u. Farbendr. 
Mit erlœut. Text. Deutsche Ausg. bearb. v. A, Rosenberg. 3. Bd. 
1. u. 2. Lfg. (20 Taf. m. 18 Bl. Text). 4. Berlin, Wasmuth. à 4 M. 

3E11IINAGH, S. deux moules asiatiques en serpentine. (Musée du 
Louvre et Cabinet des médailles). Paris, lib. Leroux. 8 p. avec des- 
sins. 8. (Extr.) 

— La seconde stèle des guérisons miraculeuses découverte à Epidaure. 
Paris, Leroux. 6 p. 8. (Extr.) 

RIEPENHAU8EN, F., u. J. Gemœlde d. Polygnot zu Delphi (die 
Ëinnahme v. Troja u. die Abfahrt der Gnechen darstellend). Gez, u. 
gest. nach der iMschreibg. d. Pausanias. 18 PhotoUth. qu. gr. Fol. 
Mit Text. Leipzig, Hesse. 4 S. 4. geb. 15 M. 

SAMMLUNG der griechischen Dialekt-Inschriften v. F. BechteU A. 
Bezzenberger, F. Blass, H. Collitz, W. Deecke, A. Fick, 0. Hinrichs, 
R. Meister. Hrsg. r. H, Collitz. 2. Bd. 1. Hft. Gœttingen, Vanden- 
hoeck & Ruprecht. gr. 8. 3 M. 60 Pf. ; (I. u. II. 1 : 17 M. 60 Pf.) 

Die epirotischen, akamanischen, aetolischen, aenianischen u. phthto-» 
tischen Inschriften «. A. Fick,T)\e lokrischen u. phokischeo Inscbriften 
«. F. Bechtel, 80 S. 

SCHLIEMANN, H., Uios, ville et pays des Troyens; Résultat des 
fouilles sur remplacement de Troie et des explorations faites en 
Troade de 1871 à. 1882, avec une autobiographie de Fauteur. Trad. 
de l'anglais par M"»* E, Egger. Paris. Firmin-Didot. XII, 1038 p. 
avec 2 cartes, 8 plans et env. 2000 grav. 4. • 30 fr. 

— Tiryns. Der prœhistor. Palast der Kœnige y. Tiryns. Ergebnisse 
der neuesten Âusgrabgn. Mit Vorrede r. F, Àdler u. Beitrsegen c?» 
W, Bœrpfeld. Mit 188 Abbildgn., 24 Taf. in Chromolith., 1 Karte 
u. 4 Plœnen. Leipzig 1886, Brockhaus. LXVIII, 487 S. Lex.-8. 

32 M.; geb. 35 M, 

— Tiryns : the prehistoric palace of the kings of Tiryns. The results 
of the latest excavations. Préface by F, Adler ^ and contributions by 
W, Dorpfield. With 188 woodcuts, 24 plates in chromolith., one 
map and four plans. Murray. 440 p. 8. 42 sh.: 

— Tirynthe ; le palais préhistorique des rois de Tirynthe ; résultat des 



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dernières fouilles. Avec une préface de F, Adler et des contributions 
de W, Dœrpfeld. Paris, Reinwald. LXVI, 409 p. avec 4 plans^ 
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of the life, customs, and habits of the Greeks, dnring the Homeric 
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mer. 60 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 20 Pf. 



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M. Schanz. Bd. II. (Hft. 4). 1884. Wttrzburg, Stuber. gr. 8. 3 M. 
Ph. Weber. EntwicklungsgeBchichte der Absichtsssetze. 1. Abth. Von 
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Annuairb 1886. 2d 



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precht 1876-1886; 10 vol. et un supplément. Prix des 10 premiers 
vol. 70 M. 

Contenu de matière hellénique : 
T. I. A. Fick Die sufflxlosen noroina der ^ech. sprache. I. Zam log. 
a-sufflz im Oriechischen. Léo Meyer Ueber die griech., insbesondere die 
homerischon nomina auf eu. Oust. Meyer Ueber den ûbergang von ce in 
i im Oriechischen. A, Fick nnd A. PUhrer Die suiBxloBen nomina der 
griech. iprache II. Zura sogenannten ja-auffix im Griechisohen. Qu»t, 
Meyer Die priUentia auf -cjvvuyuK. Qvat, ^^^ Analogiebildangen der 
neugriech. declination. A. Fick Zum s-sumx im Oriechischen. A147. 
MûHer Semit. Lehnworter im âlteren Oriechisch. Léo Meyer &}/&( nnd 
fs/xat. A. Fick Die suiBxlosen nomina der griech. sprache. m und lY. 

T. II. H. Flach Das nachhesiod. digamma. W. Deeeke Etrusk. lautlehre 
au griech. lehnwôrtem. A. Bezzenberger '£vt^ =r iori. K. Brugman 
Ueber einige griech. praeteritalformen mit « vor der pertonalendung. 
Léo Meyer 'Hj0o>{. Id. Atcd^yarai, Sttxxviofiat und BttSlijxofian bei 
Homer. N. Dossiua Beispiele der volkeetymologie im Neugriechischen. 
T. III. F, Froehde Zur homer. -vortforscnung. N, Dotsiua und A. Ftek 
Miscellen. Rud. Pepmûller Anzeige von Konradus, Zacher De nominibus 
graecis in «toç A. Fick Die siegessaule des Damonon. F. Froehde Ueber 
den homer. comparativus BpAavùtv. A. Fick und A. Bezzenberger Mis- 
cellen. A. Fick Die epirot. inschriften von Dodona. R. MeisterZw sie- 
gessaule des Damonon. H. Rœhl Zur inschrift des Damonon. A. Bez- 
zenberger Zur beurteilung der attischen reduplication. Léo Meyer \xaç 
— altind. grâ'van und criech yA im anlaut. 

T. IV. Léo Meyer Die homer. vatemamen u. einige vervandte bil- 
dungen. A. Fick Zum aorist- und perfecUblaut im Oriechischen. A. Bez- 
zenberger Homer. etymologien. 

T. V. A. Fick Die quellen des nordthesaal. dialekts. A. Bezzenber^ 
ger Das griech. superlativsuffix -tocto- und die lett. gradationsfcrmen 
auf -âx«. H. Collitz Skr. car, cira-m, gr. t«><-6«, TcotAai. Léo Meyer 
Ktxcc'v<a « erreichen > und die sugehor. formen bei Homer. JP. Beehtet 
Die inschriftl. denkm&ler des aol. malekte. A. Fiek Zum schvri Im Orie^ 
chischen. A. Fick àoûpoç : doûparof . R. Meister Die inschriftl. quellen 
des boot. dialekts. I. A. Fick Vertretung von r und / durch ee im Griech. 
A. Fick Die neu aufgefund. inschriften von Dyme (Achaja). A. Bezzen- 
berger Zur beurteilung d. pamphyl. dialekts. C. Foy Anseige von N. 
Dosstus Beitriige s. neugriech. vrortbildungslehre. P, N. Papageorg 
Anxeige von C. Foy Lautsystem der griech. vulg&rsprache. 

r. VI. R, Meister. Die inschriftl . quellen des boot. dialeku. II. W. 
Deeeke Nachtr. z« lesung der epichor. kyprischen inschriften. O, Weite 
Ist anlautendes y vor X abgefallen f F. Beehtel Noch drei aol. inscriften. 
Léo Meyer Sitvo; (Çivo;). Léo Meyer 6Û8cv (u long) « sich heftig bevre- 
j^en » und Oùttv (u bref) « opfern ». W. Deeeke Forts, des nachtrags sur 
lesung der epichor. kyprischen inschriften. A. Fick Zur lehre vom 
griech. ^* Karl Foy Beitrage zur kenntn. d. Yulg&rgriechischen. iV. 
Dossiuê Alt- und neugriech. volksetymologien. (7. Dani^^ Die inschriften 
des elischen dialekts. A. Fdhrer Ueb. d.stellung des Lesbischen su deà 
verwandten dialekten. A. Fick Die dialektischen inscbr. der Piithiotis. 
a. Hatzidakis Ans. von M. Deffner Archiv fiir mittel- und neugriech. 
philologie. 

T. Yll. A. Fick Die entetehung des homer. dialektes. H, Collitz An- 
zeige von Oust. Meyer Oriech. grammatik und von Charles R. Lanman 
On noun-inflection in the Veda. A. Fick Inschr. von Larisa in Thesa. 
Léo Meyer 'Of iXXta und zugehoriges bei Homer. F, Froehde Griech. 
•wort- und formenerklàrungen. AdolfErman Aegypt. lehnvrorte im Orie- 
chischen 1 G. Saalfeld Anz. von O "Weise Die griech. worter in Latein. 
Supplément : A. Fick Die homerische Odyssée in der ursprAnglichen 
sprachform viederbergestellt. 

T. VIII. A. F. Pou 'Ast, aisiv u. das ampliativsufflx «v, lat on, sowie 
vbrter auf -go, -do im nominativ. W» Deeeke Zweiter nachtr. sur lesung 
epischorischcr kyprischer inschr. Otat. Meyer Die stollg. des Albane- 
sischen im kreiae der indogerm. sprachen. A. Bezzenberger Theodor 



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der homer. hymnen. A. Bezzenberger Tlva — Tavww. W. PreïïicUx 
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Lugebil Eine œltere form des griech. nainens der Karier. Const. Anger" 
mann Oeorg Curtius (nekrolog). 

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diées universas, ut 3150 censas, jucundissime discendas in versibus 
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dum Gyrodi perfecit artificium J. F. Leipzig 1886, Màtthes. XII, 
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(Progr.) 

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& Ruprecht. 63 S. gr. 8. 1 M. 40 Pf. 

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historisch-kritisches Wœrterbuch der griechischen Lehn- und Fremd- 
wœrter im Lateinischen. Wien, Cari Gerold^s Sohn. 1884. IV, li84 
S. Lez, 8. - geh. 10 fl. 20 Mk., geb. 11 fl. 20 kr. 22 Mk. 

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attischen Inschriften. 2. Teil. Steltin. S. 1-20. i. (Progr.) 

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24 p. 16. «0 c. 

SICYTH (Herbert Weir), Der diphtong bi im Griechischen unter 
Beracksichtigung seiner Entsprechungen in yerwandten Sprachen. 
Gœttingen, Vandenhoeck & Ruprecht. 82 S. gr. 8. 1 M. 60 Pf. 

SPITZER, J.| Lautlehre des akadischen Dialektes. Kiel, lipsius & 
Tischer. VIII, 60 S. gr. 8. 1 M. 60 PL 

SOMUERFELDT, £., Bemerkungen zum latein. und griech. Un- 
terrichte in der Gymnasial-Secunda. Lauenborg i. Pomm. 18 S. 4. 

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THOMPSON, F. E., an elementary Greek syataz. Rivingtons. 
88 p. 8. 2 sh. 

TRATJT, G., Lezikon Qb. die Formen der griechischen Verba. 
• Nebst 2 Beilagen : I. Verzeichniss der Declinations- u. Conjugations- 

Ëndgn. H. Grammat. Schlussel. 2. (Titel-)Ausg. Giessen, Rotfa. 

VIII, 718 u. 44 Sp. u. S. gr. 8. 2 M. 



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WEBER, H., griechische Ëlementar-Grammatik. Gotha, F. A. Per- 
thes. X, 202 S. gr. 8. 3 M. 40 Pf. 

WHEELEHi B. I., der griechische Nominalaccent M. Wœrter- 
Yerzeichniss. Strassburg. TrObner. VIII, 146 S. gr. 8. 3 M. 50 Pf. 

WHITON, J. Morris and Whiton, Mary Bartlett Three month^s 
préparation for reading Xenophon ; adapted to be used in connection 
witn Hadley and Aliènes and Goodwin s c Grammar ». New York, 
Appleton. iip.n. 60 c. 

TOUNQ-, A. W., proemia graeca. A book of easy and entertaining 
extracts in Attic Greek. Introductory to the fuller study of the Greek 
authors. With notes and complète vocabularies. Simpkin. 124 p. 
8. 2 sh. 6 d. 



V bis. MUSIQUE. — RYTHMIQUE. — MÉTRIQUE. 



BOU VT, Poètes et Mélodes. Etude sur les origines du rythme toni- 
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FRITZ SCHE, E. V., de numeris dochmiads particula III-V. (Ros- 
tochii 1884. 85). S. 3-8; 3-8; 3-10. 4. (Ind. lect.). 

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Klassen der Gymnasien u. angeh. Studenten der Philologie bearb. 
Mit e. anh. : Éntwicklungsgang der antiken Metrik. 2, Ausg. Leip- 
zig. Teubner. XH, gô S. gr. 8. geb. 1 M. 50 Pf. 

RAMOBJNO, F., letteratura romana. Milano, Hoepli. 290 p. 32. 

2L. 

REI8CH. E., de musicis Graecorum certaminibus capita IV. Wien, 
Gerold*s Sohn. 124 S. gr. 8. 4 M. 

REIMANN, H., Studien zur griechischea Musik-Geschichte. B. Die 
Prosodien und die denselben verwandten Gesœnge der Griechen. 
Glatz. 23 S. 4. (Progr.) 

ROSSBAGH, A., u. R. WESTPHAL, Théorie der musischen 
Kunste der Hellenen. Als 3. Aufl. der Rossbach-Westphalschen 
Metrik. 1. Bd. Leipzig, Teubner. gr. 8. 1 Si, 20 Pf. 

Griechische RhTtbmik. Von iZ. Wettphal, Als 3. Âufl. der griecb. 
Rb}-thinik u. der Fragmente u. Lehrsœtze der griech. Rhytbmiker. XL. 
305 S. 

SBLIGER, M., de versibus creticis sive paeonicis poetarum grae- 
corum. Kœnigsberg (Grœfe <& Unzer). 5^ S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 

TICSHELMANN, L., de versibus ionicis a minore apud poetas 



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390 BIBLIOGRAPHIE. 

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(Diss.) l M. 

— Voir Section VII, Philodàme et Section VIII, Anerdota Taria* 



VI. PHILOLOGIE. — HISTOIRE LITTÉRAIRE. 



ALDEN*8 cjclopedia of uni versai literature, preseating biographical 
and critical notices, and spécimens from the writings of eminent 
authors of ail âges and ail nations. Pt. I. New- York, Alden, 160 p. 
12. 15 c. 

ALTHAU8, G., warum erlemtman die alten Sprachen? Eine Zeit- 
frage, erœrtert. Spandau, Neugebauer. 20 S. gr. 8. 40 Pf. 

ANDHEOLIt E-t storia délia scrittura dai geroglifici Ano ai nostri 
giorni ; ill. da 24 tav. di fac-simili, specialmente dei caratteri jpec. 
e romani. Si vendo presso Tau tore, Milano, via Bocchetto, 5. oè p. 
4. 15 L. 

ARNAUD, E., précis historique et critique des littératures célèbres, 
anciennes et modernes, depuis leurs origines jusqu'à nos jours. 
(Littérature hébraïque, grec<^ue, latine, arabe, italienne, espagnole, 
portugaise, française, anglaise et allemande.) Paris, V« Beua ei 
lils. 419 p. y2. 

BATIFFOL (Pierre), Les manuscrits grecs de Bérat d'Albanie et le 
codex purpureus 4. Paris, E. Leroux, 18ii(5, in-8 ; planches. 4 fr. 

BIBLIOTHECA philologica od. geordnete Uebersicht aller auf 
dem Gebiete d. class. Alterthumswissenschaft wie d. œlteren u. 
neueren Sprachwissenschafl in Deutschland u. dem AusIand neu 
erschienenen BUcher. Hrsg. t>. M. Heyse, 37. Jahrg. 2. Hf\. Juii> 
Dec. 1884. Gœttingen, Vandenhoeck à, Ruprecht. S. 171-400. gr. 8. 

— Classica. Verzeichniss d. auf dem Gebiete d. class. Alterthbuma- 
wissenschaft erschienenen Bûcher, Zeitschrilten, Dissertationen, Pro- 
gramm- Abhandlgn . , Aufsœtze in Zeitschriften u. Recensionem. 
Beiblatt z. Jahresber. tib. d. Fortschritte d. class. Alterthumswiss. 
12 Jahrg. 1885. 4 HAe. Berlin, Calvary & Go. (1. Hft. 114 S.) 
gr. 8. 6 M. 

BIBLIOTHECA Apostolica Vaticana, codicibus manuscriptis, re- 
censita, jubente Leone XIII Pont. max. édita. Tom. I : Godices 
Mss. Palatini graeci Bibliothecae Vaticanae descripti, praeside J. B. 
Pitra, rec. et dig. H. Stevenson. Romae, ex typ. vaticana. 

BliANGABD, J., études sur la Grèce contemnoraine. Aiexaiidr« 
MaTrocordato. Montpellier, impr. Hamelin fr. 4/ p. 8. (Extr.) 



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Sophokles, Euripide. Minden, Bruns. IV, 178 S. 8. 

3 M. ;geb. 4M. 25 Pî. 

CATALOGUE des dissertations et écrits académiques provenant 
des échangea avec les universités étrangères et reçus par la Biblio- 
thèque Nationale en 1884. 

CANTU, C. y storia délia letteratura greca. 6. impr. Firenze, suce. 
Le Monnier. XII, 585 p. 16. 4 L. 

GERBATO, L., la questione délie origini nella storia della lirica e 
melica greca. Genova, tip. del R. Istituto Sordomuti. 36 p. 8. 



imp. Daupeiey-Gouvemeur. 17 p. 8. (Extr.j 

FLACH, H., Geschichte der griechischen Lyrik, nach den Quellen 

-^ *• ' "- ■" es. XIII u. S. 395-6"- 

6 M. 60 Pf. (oplt. 



dargestellt. 2. Abth. Tttbingen 1884, Fues. XIII u. S. 395-698. gr. 8. 

■^' ' 't. : 13 M.) 



— Peisistratos u. seine litterarische Tbsetigkeit. Tttbingen, Fues. 
42 S. gr. 8. IM. 20Pf. 

FKEPPEL, les Pères apostoliques et leur époque. 4* éd. Paris, 
Bray et Retauz. 492 p. 8. 

FUHRER, A., die Sprache und die Entwicklung der griechischen 
Lyrik. Mttnster. S. 1-13. 4. (Progr.) 

GRAF, H. E., ad aureae aetatÎB fabulam symbola. Lipsiae 1884. 
47 S. 8. (Diss.) 

GRBGORY, C. R., les cahiers des manuscrits grecs. Paris, imp. 
nat. 12 p. 8. (Extr.) 

HANDBTJCH der klassischen Alterthums-Wissenschafl in systeroa- 
tischer Darstellung m. besond. Rttcksicht auf Geschichte u. Metho- 
dik der einzelnen Disziplinen. In Verbindg. v. Autenrieth, Bauer, 
Blass, etc. hrsg. t>. Iwan Millier. 2. Halbbd. Nœrdiingen, Beck. 
(2. Bd. XIIl-XX u. S. 289-624.) gr. 8. à 5 M. 50 Pf. 

— HIMLT, HATJRÉAU et JOURDAIN, discours prononcés aux 
funérailles de M. Egger. de TAcadémie des inscriptions et belles- 
lettres. Paris, Ûidot. 19 p. 4. 

JIÏBB, R. C, Richard Bentley. Eine Biographie. Autoris. Ueber- 
setsg. V. E, Wœhler. Beriin, Gaertner. XII, 224 S. gr. 4. 4 M. 

XiETRONNE, A. J., œuvres choisies mises en ordre et augmentées 
d*un index par E, Fagnan, 3« série. Archéologie et philologie. 
T. 2. Paris, Leroux. VII, 600 p. et 6 pi. 8. (Les deux vol. 25 fr.) 

SiERLET, G., études littéraires sur les grands classiques grecs et 
extraits empruntés aux meilleures traductions. Paris, Hachette, 
XVI, 687 p. 18. 4 fr. 



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tionale, 1883-1885. Nogent-le-Rotrou, imp. Daupeley-Gouvemeur. 
4 p. 8. (Bxtr.) 

— alphabets £p*ec8 et hébreux publiés & Parie au xvi* siècle ; Nogent- 
le-Rotrou, imp. Daupeley-Qouverneur ; Paris. 15 p. & 2 col. 8. 
(Extr.) 

— Catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque royale de 
Bruxelles et des autres bibliothèques publiques de la Belgique. Pa- 
ris, lib. Picard. 62 p. 8. (Ertr.) 2 fr. ; Papier vergé 4 fr . 

— Inventaire sommaire des manuscrits ff^cn de la Bibliothèque natio- 
nale. 1'* partie, ancien fonds grec. Théologie (n<» 1-13^). Paris. 
Alph. Picard. 1886, in-8. lO f 

— Georges Hermon^e de Sparte, maître de grec à Paris et copiste 
de mltnuscrits; suivi d^une notice sur les collections de manuscrits 
de Jean et Guillaume Budé, et de notes sur leur famille. Nogent- 
le-Rotrou, imp. Daupeley-Gouvemeur ; Paris. 57 p. 8. (Extr.) 

— Catalogue des manuscrits grecs des bibliothèques de Suisse fBàle. 
Berne, Einsiedeln, Genève, Saint-Gall, Schaffhouse et Zurich). Leip- 
zig, 0. HarrassowitE, 1886, in-8. 

— Catalogue de manuscrits grecs copiés à Paris au xvi* siècle, par 
Constantin Paleocappa. Le Puy, typogr. Marchessou. (Extrait de 
TAnnuairo.) In-8. 

PAPAG-EORQ-IOS (P. N.). K>i>Tai^»5ffTp« , oùx( HXurat/tvitttrpx. 
Constaptinople, 1886. 

PICGOLOMINI, E., studii di fllologia greca. Volume I. Torino, 
Loescher. VIII, 340 p. 8. 6 Lv 

BAMAG-E, C. T., great thoughts from Greek authors. Elxevir ed 
New York, Alden, 1884. 455 p. 16. 50 c. 

BJEMANN, 0„ notice sur Alb. Dumont. Paris, Klincksieck. 18 p. 
8. (Extr.) 

BJESE, A., ridéal de justice et de bonheur de la vie primitive des 
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• de Tallem. par F. Gâche et J, Sully Piquet, auffm. de notes par 
Tauteur et les traducteurs. Paris, Klincksieck. IV, iSO p. 8. 

SAAVEDRA, G., il estado de las ciencias en tiempo de Aristoteles. 
Conferencia. Madrid, impr. de Fortanet. 37 p. 8, (Extr.) 8 r. 

8ITTL, K., Gesch. d. griech. Literat. bis auf Alezander d. Grossen. 
2. Tl. MUnchen 1886, Ackermann. X, 494 S. gr. 8. 

6 M. 50 Pf. (1. u. 2. : 11 M. 30 Pf.) 

STEKNBACH, S. L., meletemata graeca. Pars I. Wien 1886, Ge- 
rold*s sSohn. 226 S. gr. 8. 6 M. 



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diae. XVIII S. 4. (Ind. schol.) 

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seit ihrer Réorganisation im J. 1835. Programm zur Rektoratsfeier. 
Basel, Georg. 119 S. 4. 3 M. 

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Schimpflf. V, 387 S. 8. 5 M. 

WITT, C, the wanderings of Ulysses : a sequel to « The Trojan 
War. > Transi, from the German by F. Younghusband. Longmans. 
240 p. 8. 3 sh. 6 d. 

ZIELIN8KI, Th., die Gllederung der altattischen Komoedie. Leip- 
zig, Teubner. VIII, 398 S. m. 1 Chromolith. gr. 8. 10 M. 

-^ Die Mœrchenkomœdie in Athen. St. Petersburg (Kranz). 72 S. 
Lez. 8. 2 M. 50 Pf. 

ZUR 80 jœhrigen Geschichte der griechischen Elementarbttcher v. 
Fr. Jacobs in Auszttgen v. psedagog. Intéresse aus seinen u. seiner 
Nachfolger Vorreden zu den verscbiedenen Theilen u. Auflagen, 
sowie aus seiner ËrœfTnungsrede der Philologenversammlung in 
Gotha 1840. Jena, Frommann. 48 S. gr. 8. 60 Pf. 



VII. AUTEURS GRECS ANCIENS. 



ALEXANDRE D'APHRODISIAS. 

VreadeBthal) jr.j Die dnrch Averroes erfaaitenen Fragmente Alexan- 
ders sur Metaphysik d. Âristoteles, untersucht u. ûbers. Mit Beitragen 
zur Erlâuterung d. arab. Textes v. S. Frœnhel. Berlin, Dilmmler. 134 S. 
gr. 4. 3 M. 

ANACREON, Anacreonteorum sylloge Palatina recensetar et expli- 
catur {Hanssen, Fr,, Corporis carm. Anacreonticorum spec). 
Leipzig 1884. 37 S. 8. 

— Poésies d*Anacréon, nouvellement trad. et accomp. d*une préface 

gar M. Albert. Compositions d'Emile Lévy gravées à Teau forte par 
hampollion; dessins de Giacomelli gravés sur bois par Rouget. 
Paris, lib. des bibUophiles. XXXII. 184 p. 18. 20 fr. 

ANDOGIDE. Andocides de mysteriis. Ed. with critical and expia- 
natory notes, by W, J, Hiekie, Macmillan. 190 p. 8. 2 sh. (> d. 

APHTHONIUS. 

0«taa|tej CI., Quibus auctoribus Aelius Festus Aphtbonius de re me- 
trica usus sit. Breêlau^ Kuh. 55 S. gr. 8. iDiss.) 1 M. 



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394 BIBLIOGRAPHIE. 

APOLLONIUS DE RHODE. 

Iliade, II.4 De diversis recensionibus Apollonii Rhodii Argonauticon. 
Hannover, Schulze. 51 S. gr 8 ^Diss.) 1 M. 50 Pf. 

APOLLONIUS LE SOPHISTE. 

I<eyde, I<., De Apollonii Sophistae lexico homerico. Leipzig, Pock. 
33 S. gr. 8. (DiM.) 80 Pf 

ABISTARQUE. 

Iiadwleh, A«, Aristarchs bomerische Textkritik, nacb don Frag- 
menten d. Didymos dargestellt a. beurtheilt. Nebst Beilagen. 2. Thl. 
Bbd. VI, 774 S. gr. 8. 16 M. (cplt. : 28 M.) 

ARISTOPHANE. Âristophanis comoediae. Aimotatione critira, 
commentario exegetico, et scholiis graecis instr. F, H, M. Blaydes. 
Para XII. Halle, Buohh. d. Waisenhauses. gr. 8. 

9 M. (I-V et XII : 40 M.) 

Aristophanis deperditarum comoediarum fragmenta. Auxit, novo or- 
dine digessit, recenatiit et annotatione partim aliorum seiecta instruxit 
F. H. M. B. XIV, 491 S. 

Banliers, A. t., Exercitationes criticae in Ariatophanis Ptntum 
novae. Gotha. S. 1-23 4. (Progr.) 

DeBla. #., Esprit et constitation ^b la comédie aristophaBoaqae. 
Caen, Le Blanc-Hardel. 86 p. 8. 

Tester, Zur draraatischen Technik des Aristophanes. (Schlnss). Stet- 
tin. 38 S. 4. (Progr.) ^ ^ 

VahleB, #., Observationum Aristophanearum capita quaedam. Ind. 
lect. V. Berlin 1884/5. Berolini. S. 3-30. 4. 

ARISTOTE. Aristotelis de arte poetica liber» tertiis curis recogn. 
et adnot. crit. auxit /. Vahlen, Leipzifir. Hirzel. XXIX, 298 S. 
gr. 8. 5 M. 

— Traités des parties des animaux et de la marche des animaux d*A- 
ristote. Tradfuits en français pour la première fois et accomp. de 
notes perpétuelles par /. Barthélémy Saint-Hilaire. 2 yoI. Paris, 
Hachette. T. 1 : CCXXV, 205 p. ; t. 2 : 539 p. 8. 

— Politica, Yeraion castellana de A, Zozaya, T. I, II. Madrid, impr. 
de M. Minuesa de los Bios. 190 y 206 p. 7. à 2 y 2,50 rs. 

— Poli tics. Transi, into English. With introd., marginal analysis, 
essays, notes, and indices by B. Jowett, 2 vols. Frowde. 766 p. 
8. 31 sn. 

^ Ars rhetorica. Cum nova codicis Ae et vetuslae translationis colla- 
tione éd. -4. Roemer, Leipzig, Teubner. XXXVI, 237 S. 8. 2 M. 10 Pf. 

— Commentaria in Aristotelem graeca, édita cons. et auctor. acad. 
litt. reg. bor. Vol. XVIII pars 3. Berlin, Reimer. gr. 8. 4 M. 

Stephani in librum Aristotelis de interpretatione commeotarium, éd. 
M. Uayduck. VIII, fi2S. 

— Supplementum Aristotelicum, editum consilio et auctoritate aca- 
demiae litt. reg. boruss. Vol. I pars 1. Ëbd. gr. 8. 10 M. 

Excerptorum Constantini de natura animalium libri II. AriitophanU 
historiae animalium epitome, snbiunotis Aeliani, Timothei alioramque 
eclogis. Ed. Spyridon P. Lambros. XX, 282 S. 



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BIBLIOGRAPHIE. 395 

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christlichen, natorwissenschaftlichen Weltanscfaaaung. Oottingen, Van- 
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car t. 4 M. 

Heekf I1.9 Die Hauptgroppen des ThîersystAins bei Aristoteles n. 
seinen Nachfolgem, ein Beitrag zur Geschichte der zoolog. Systematik. 
Leipzig. 1V,70S. 8.(Di88.) 

#er««aleiii9 B.9 Ub. die aristotelischen Einheiten im Drama. E. Bei- 
trag zur Poetik. Leipzig (Fock). 103 S. gr. 8. (Diss.) 3 M. 60 Pf. 

MBBawelM, ntpi yw^Mftiç, etc. — Voir Platon. 

VaverBif B., Délia educazione secondo Aristotile. Torioo^F. B. Pa- 

ravia e C. di I. Vigliardi, 1884. 80 p. 8. (Estr.) 

Vaesnt, J. M. A.9 Les versions latines de la Morale À Nicomaque 
antérieures au xv* siècle, leur emploi, leurs caractères, leur parenté, leur 
date, leurs auteurs. Amiens, Rousseau- Leroy j Paris^ Taranne. 65 p. 8. 

ARRIEN. Aman*8 Werke. Ueben. u. erlœutert v, C. Cless. 3 Lfg. 
Berlin. Langenscheidt. 8. A, 35 Pf. 

Anabasis od. Feidzûge Alexanders. 3 Lfg. 9 Aufl. S. g7-144j 

— Scripta minora, R, Hereher iterum recognovit, edenda curavit A . 
Eberàard. Leipzig, Teubner. LXXVI, 156 S. 8, 1 M. 80 Pf. 

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BrvB*, H., Quaestiones Asclepiadeae de vinoram diversis generi- 
bus. Parcbimi 1884. 52 S. 8. (Diss. ▼. Rostock.) 

ATHÉNÉB. 

Bapp, C« A., De fontibus quibus Athenaeus in rébus musicis lyrlcis- 
que enarrandis usus sit. Upsiae. S. 87-125. (Diss.) 

AUTOLYGUS. Autolyci de sphaera quae movetur liber, de ortibus 
et occasibus libri dao, «na cum scholiis antiquis e libris manu scrip- 
lis éd., latina interpretatione et commentariis instruxit F. Hultsch, 
Leipzig, Teubner. LXIV, 231 S. 8. 3 M. 60 Pf. 

CEBÉS. 

jpraeebter, M..^ Cebetis tabula quanam aetato conscripta esse vi- 
deatur. Marburgi. (Karlsruhe, Braun.) 130 S. gr. 8. (Diss.) 2 M. 

CHRYSIPPE. 

AronU, Ch., XpwacTCTroi rpxfi/^xTuéi. Jena (Pohle). 38 S. gr. 8. 
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dereko, Jk , Chrysippea. Leipzig, Teubner. 91 S. gr. 8. (Sep.-Abdr.). 

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Mayer & Muller.) 52 S. gr. 8. (Dias.), 1 M. 20 Pf. 

Nevpert, Aj De Demosthenicarum quae feruntur epistularum flde 
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DENTS D'HALICARNASSK Atevuff^ou âXtxmaixétàç tH^ pu/ixïxnç 
àpxacioXoylaf rà awÇô/Afva. Dionysii Halicamassensis romanorum an- 
tiquitatum quae supersunt. Grsece et latine ex rec. Adolphi Kiess- 
ling et Victoris Prou. Paris, F. Didot, 1886, gr. in-8. 

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Lipsiœ, Teubner. VIII, 403 S. 8. 3 M. 60 Pf. 

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Zeit V. Tbebens Aufachwung u. Groatie. (379-S62.) Kaaael, Kessler. 84 S. 
gr. 8. (Dise.) 2 M. 

DIOGhÊNIEN. 

BraehniaBiia V., Quaeationea Paeudo-Diogenianeae. Leipzig, Teob- 
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liOwiimkl, A.., De emeadando prologo qui est in Aeschyli Septem 
adyersuB Thebas. Deutsch-Krone. S. 3-17. 4. (Progr.) 

EUCIilDE. Euclidis opéra omnia. Fdd. I, L, Ueiberg et H. Menge, 
(Vol. IV.) Elementa. Ed. et latine interpretatus est /. L, Heiberg. 
Vol. IV. Libros XI-XIII continens. Leipzig, Teubner. VI, 423 S. m. 
eingedr. Fig. 8. 4 M. 50 p/. ^I. II et IV : 12 M. 60 Pf.) 

— Euclid. Books 1, 2, 3, éd. Dedgson. London, Macmillan. 116 p. 
12. 2 sh. 

— The text of Euclid's geometr^. Book I. Uniformljr and systemati- 
cally arranged with a discussion nf Euclid's application of logical 

Erinciples, copious notes, exercises, and a figure book by J. D. Paul, 
ondon, Bell and Son. 182 p. 8. 7 sh. 6 d. 

EURIPIDE. Euripides, ausgewsehlte Tragsedien. Fur den Schulg[e- 
braubh erkl. v. N. Wecklein, 4. Bdchn. : Hippolytos Leipzig, 
Teubner. 129 S. m. 1 Taf. gr. 8. 1 M. 50 Pf. (1-4 : 6 M. 30 Pi) 

~~ Théâtre et fragments. Trad. nouv., av. introduction, notices et 
notes, p. G, Hinatin, 2 vol. T. 1. XV, 455 p. ; t. 2, 453 p.. Paris, 
Hachette. 18. 7 fr. 

— Trad. nouv. par Leconte de Lisle. T. 2. Paris. Lemerre, 671 p. 
8. 10 fr. 

— Alcestis. With introduction and notes by C. A. Jerram. 2. éd., 
revised. Frowde. 112 p. 12. 2 sh. 6 d. 



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Mit e. Anh., enth. neue Vergleichgn. d. codez Laurentianus 32, 
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Mohp. VI, 74 S. gp. 8. 1 M. 

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appendix for upper and middle forms by C, S. Jerram, Frowde, 
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LX, 152 p. 8. 1 fr. 50 c. 

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Tleteel* H., De conjunctionum temporalum usu Euripideo. Bonn, 
Behrendt. 73 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 20 Pf. 

^•sel) S.i Scenen Boripldeischer Tragodien in grieehischen Vasen- 
gemalaen. Archaologische Beitrage s. ûeschichte d. griech. Dramas. 
Leipzig 1886, Veit & Co. VI, 156 S. gr. 8. 4 M. 

ECJSTATHE (S.). Des H. Eustathius erzbischofs von Antiodiien 
Beurtheilung des Ongenes betreffend die Auffassun|^ der Warhsage- 
rin I. Kœn. (Sam.) z8, und die Bezûgliche UomiUe des Ori^enes, 
aus der Manchner Handschrift 331 , ergœnzt und verbessert mit kri- 
tischen und exegetischen Anmerkungen von Albert Jahn, Leipzig, 
Hinrichs, 1886. in-8. 

GhRÉGhOIRE DE NAZIAKZE. 

Benoit) A., Saint Grégoire de Nasianze, archevêque de Constanti- 

nople et docteur de TEglise, sa vie, ses œuvres et son époque. 2 éd., 
revue. 2 vol. T. I^ 408 p. ; t. 2, 400 p. Paria, Pousaielgue (r. 18. 

HANNON. 

Mer, A.) Mémoire sur le Périple d'Hannon. Paria, Perrio. 100 p. et 
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Haamileller, #., De veraionibus Pastoris Hermae latinis. P. prior. 
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HERODOTE. ISTOPIAI praesertim in usum scholarum recogn. et 
brevi annot. instr. H» van Hertcerden, Vol. II continens libroa 
Uh IV et V. Traiecti and Rh., Kemink et fil. X en 347 bl. 8. 

lÉniteher. Der Gebrauch der Casus bei Hérodot. Halberstadt. S. 1* 
2i.A. (Progr.) 

Briill, #., Herodots babylonische Nachrichten. II. Zur Geschichte 
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14 S. 4. (Progr. v. Aachen ) 80 Pf. (1 u. 2 : 2 M. 30 Pf.) 

HellLel, jr. A*) De participiorum apud Herodotum usu. Helsingfor- 
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— Libro secondo, travestita alla florentina da M. Ricci, Firenze, 
lip. Galasaaziana. 11^ p. 16. 1 L. 

— Ilias. 1. Gesang. Wortgetreu ia deutsche Prosa Ubers. y. G. N. 1. 
Ha. Berlin, Mecklenburg. 32 S. 32. 2b Pf. 

— Books 21-22. With English notes and literal translation, by a Gra- 
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— Odyssée, morceaux choisis (texte grec), prëc. d*une étude, sur 
Homère et ace. de résumés analytiques et de notes philolog., litt. 
et grammat en français, par P. A. Brach. Paris, V« Belin et fils. 
XXI. 227 p. 12. 

— - Odysseae praecipua, cur. H, Ottino, Torino, G. B. Paravia e C. di 
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der homer. Dicbtgn. systematisch dargestellt. Leipzig, Engelmann. XVI, 
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K.«hl, #., Beitrfige sur grlechischen Etymologie. I. Aiâ bei Homer. 
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Iiexle«B homericum, composuerunt F. Aîbreeht^ C, CapeUe, A. 
Eherhard, E. Sberhard, B. Giseke, V. H. Koch, C. Mutsbauér, Fr, 
Schnorr de CaroUfeîd. Ed. H, Ebeling, Vol. I. Faac. 17-21. Leipzig, 
Teubner. (1. Bd. IV, u. S. 913-1148.) Lex.-8. à 2 M. 

nasIuS) Ueber den Gebrauch des Konjunctiv in anabhangigen Satxen 
bei Homer. Qlogau. 30 S. 4. (Progr.) 

Ilttiiier, JL.* Ub. die Homerrecension d. Zenodot. Miinchen, Franz. 
84 S. gr. 4. (Sep.Abdr.) 2 M. 40 Pf. 

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IVIIIe, Auf velche Weise stellt Homer eine Verbindung swischen 
der directen Rede einer Person und dem Folgenden faer? Neustettin. 
S. 1-10. fProgr.) 

IRENÉE et JUSTIN. 

Boberto, A., and 9. II«Bald««B, The ante-nicene fathersj trans- 
lations of the writings of the fathers down to A. D. 8S5; Amencan re- 
prlnt of the Edinbur^h éd., rev. and chronologicallv arranged, vith brief 
préfaces and occasional notes, by A. C. Coxe. V. I. The apostolic fa- 
thers, Justin Martyr, Ironœus. BuflTalo, the Christian Literature Pub. 
Co. 602 p. 8. 

I8ÉE. 

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S. 5-18. 4. (Progr.) 

ISIDORE DE PÉLUSE. 

B«a¥y, B. li. A., De S. Jsidoro Pelusiota libri très, scribebat atque 
operœ œstimationem deferebat Parisiens! litterarum facultati. Nîmes, 
imp. Lafare. IV, 120 p. 8. 

ISOCBATE. II panegirico, e Torazione per la pace; ediz. ad uso 
délie scuole, con introduz. e vocabol. di G, Millier, Torino, Loes- 
cher. VIII, 85 p. 8. 1 L. 50 c. 

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Teubner. VIII. 125 S. gr. 8. 18 M. S) Pf. (I. u. II, 1 : 80 M. 80 Pf.); 

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délia s'^.uola; con prefaz. e vocabolario di G, Millier, TorinO| Loes- 
cher. VIII, 45 p. 8. 80 c, 

Sehaltxe, Paul, de Lysiae oratione XXX. Berlin 1883 (Mayer & 
MûUerj. A2 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 

MAKC-AUHÉLE. Ix)s doce libros del emperador Marco-Aurelio, 
traducidos del griego por J. Diaz de Miranda, corregidos nueva- 
mente. Madrid, Minuesa. 208 p. 8. 2 rs». 

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Imprimerie nationale, 1886, in-S. 

OLYMPIODORUS. Voyez, dans la section VIII, Auctop Heerenîi. 

ORIGÈNE. — Voir Eustathe (S.). 

PANETIUS. Panaetii et Hecatonis librorum fragmenta, coll., prae- 
fationibus illustr. H, iV. Fowler, Bonn (Cohen ^ Sohn). 63 2S. 
gr. 8, 1 AI. 50 Pf. 

Annuaiïie 1886. 26 



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PHILODÊMB. PhilodemL GadarensU eplgrammaU ab G. Kaibel 
édita. Gryphiawaldiae. XXVII S. 4. (Ind. 9chol.) 

dompers^Tli., Zn Philodem's Biichem v. der Musik. Ein krit. B«i- 
trag. Wien, Hblder. 40 S. gr. 8. [1 M. 20 Pf. 

PHILOSTRATE. 

'#eaaeB« #.« Apollonius v. Tyana n. sein Biograph Philostratus. 
Hamburg, Nolto. 36 S. gr. 4. (Progr.) S M. 50 Pf. 

PHOTIUS. 

SacharlaB ▼. Iitacenlhal, E., ub. d. Vorfoaser n. d. Qaellen d. 
(pseudo-Photianigchen) Nomokanon in XIV Titeln. St. Peteraburg ; 
Leipzig, Voss. 41 S. Inip.-4. (Mémoires de Tacad. imp. d. se. de St.-Pè- 
terebourg. VII. Sér. T. XXXII. No. 16.) 1 M. 20 Pf. 

PINDARB. The Olympian and Pythian odes. With an introductory 
essay, notes, and indxees by B, L. Gildersîeeve. Macmillan. 510 p. 
8. 7 sh. 6 d. 

— New York, Harpep. 113, 395 p. il. 12. 

Holmer, A.. Studia pindarica. Àkad. afliandl. Lnnd, Gleerap. 
148 S. 4. 2Ivr. 

Iioebberl, S., Comm. de poesis Pindaricae in archa et sphragide 
componendis arte. Bonnae. XXVI S. 4. (Ind. scbol.) 

— > Comm. de priscae cniusdam epiniciorum formae apud Pindarom 
vestigiis. Bonn, Cohen & Sohn. 22 S. gr. 4. (Ind. scbol.) 1 M. 

— Meletemata de Pindaro nomorum Terpandri imitatore. Ebd. 23 S. 
gr. 4. 1 M. 

PLATON. Opéra omnia. Rec, prolegomenis et commenlariis înstr. 
G. Statlbaum. Vol. VI sect. II. Ed. II. B. s. t. : Platonia Meno et 
Eutvphro. Incerti scriptoris Theages, Erastae, Hipparchus. Rec, 

Çrolegomenis et commentariis instr. A, R, Fritzsche, Leipzig, 
eubner. VIII, 317 S. gr. 8. 6 M. 



— bîalogbi, trad. da R, Bonjghi, Vol. V : Cratilo. Roma, frat. Bocca« 
XXXIX. 412 p. 16. 5 L. 80 c. 

— Dialogos socraticos, traduccion de J, de Vargas, Seg. edic. T. I. 
Madrid, Impr. de M. M. de los Rios. 185 p. 8. ) n. 

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Madrid, Impr. de R. Angulo ; Impr. de M. Minuesa. 185 u. 208 p. 
8. à 2 rs. 

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nation questions. Oxford, Vincent; Simpkin. 24 p. 12. X sh» 

— versât og oplyst ved anmœrkninger af F, C. B, Dahî, Reitzel. 
120 S. 8. 1 Kr. 50 ore. 

— . Protagoras. Fur den Schulgebraucîi erkl, ». H. Beriram. Ausg. 
A. Kommontar untenn Text. Gotha, F. A. Perthes. III, 93 S. 
gr. 8. 1 M.; Ausg. B. Text u. Kommentar getrennt in 2 Hftn.III, 
51 u. 41 S. IM, 

Chriat, ir«, PlatonUche Studian. Munchen, Frai)x,60 S. gr. 4.(Sep.« 
Abdr.) IM.80R 

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K.iiaawella, A., "tif^l yvtiutai xscl 9x6ff0u ry|« liùlirUtu M/tk IIÀsc* 

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tadt. S. 1-26. 4. (Progr.) 

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SehmelBer, C, E. Vetteidigung Platos. Studie. fionn.Oohen & 
Sohn. 34 S. gr. 8. 60 Pf. 

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chreibung des Camillas. Ilalberstadt. 16 S. 4. (Progr.) 

Iiealoa. #Ofl.. Die PluUrchi in Galba et Othone fbntibus. Dbrpati 
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a Plutarcho in vita Ciceronis expresso. Jena, Deistunff. 44 S. gr. 8. 
(Diss.) ^ 60 PL 

— Plutarchs Dericht tiber dîo Càtilinarische Verschwôrung In saineih 
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POLTCARPE DE SMYRNE. PoLycarpi Smyrnaei epistola ge- 
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Scbrœter. 12 S. gr. 4. 80 Pf. 

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8. 1 M. 20 Pf. 

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ÔVI, 305 S. ^. 8. 1 M. 50 Pf. 

— Erkl. r. C. Schmeher. 3. u. 4. Ed. Berlin, Habel. gr. 8. 

& 1 M. 80 Pf. ; Schulbd. à 30 Pf.; Leinw.-Bd. & 1 M. 
3. Antigone. 130 S. — 4. Electra. 149 S. 

•^ Tragoediae. Scholarum in usum éd. /. KraL L Aiax. Prag (Kytka). 
48 S. gr. 8. 30 Pf. 

—1 Erkl. t?» C. SchmeUer. 1. Bd. Koenig Oedipus. Berlin, Habel. 152 S. 
gr. 8. 1 M. 80 Pf.; Schulbd. 30 Pf ; Leinw.-Bd. 1 M. 

— Dasselbe. 2. Bd. Ajax. Ebd. 132 S. gr. 8. 1 M. 80 Pf. 

— Elektra. F. d. Schulgebr. erkl. v. G. H. Mûîler, Ausg. A. Kom- 
raentar unterm Text. Gotha, Perthes. IV. 92 S. gr. 8. 1 M. 20 Pf.; 
Ausg. B., Text und Kommentar getrennt in 3 Hfln. (IV, 51 u. 40 S.) 

IM. 20Pf. 

— Oedipus Tyrannus, Ed« by iJ. C. Jehb, Cambridge Warehouse. 
204 p. 12. 4sh.6d. 

— — B}r B. //. Kennedy, With a commentary, containing a laiye num 
ber of notes, selected from the manuscript of the la te T. Jtf. Steel, 
Bell and Sons. 818 p. 8. 8 sh. 

— — Ed. for the use of schools hy B. H. Kennedy. With a commentary 
' containing a large nuraber of notes selected from tite manuscript of 

the tate T. H. Steel^ Bell and Sons. 209 p. 8. 



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gr. 4. (Sep.-Abdr.) 2 M, 70 Pf. 

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liani da S, Bentini, Faenza, tip. Conti. 12 p. 8. 

nrlnkcr, 1L.« De Theocriti vita carminibttsque subditiciis. Rosto- 

ohii \^i. (Leipzifcf, Fock.) 77 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 80 Pf. 

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jrordaD; H., Quacstiones Theoguideac. Rcgimontli. S. 3-10. 4. (Ind. 
lect.) 

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Theophanîs vitas, Anastasii bibliothecarii historiara, tripertitam, 
dissertationem de codicibus opcris Theophanei. indices continens. 
Leipzig. ïeubner. 788 S. gr. é. 30 M. ; (cplt. : 50 M.) 

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cessori vulgo tribnta, ad fldem librorum manu scriptorum rec, pro- 
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Harper, 1884. £0, 324 p. 12. l DoU. 50 c. 

v<- £28ay «eleotiont firom Thucydide. By E, //. Moore, With Maps. 
Rivingtoas. 190 p. 8, 3 sh. d. 

— Ubers. r. A. Wahrmund, 13. Lfg. 2. Aufl. Berlin 1884, Lan- 
genscheidi. (0. Bd. S. 107-156.) 8. à 25 Pf. 

«-« Book 1, Uterally translated by H. Owgan. Comisb. 78 p. U* 2 sh. 

p^eopki./ôW, aOp, B. Ish. 

-- Bûok 3. Jàid, 62 p. 12. 1 sh. 6 d. 

Coeppera^ #. T., De octavo ThuoydiAis libro non perpolito, Mona- 
sterii Guestf. 1884. (Leipzig, Fock.) 67 S. gr. 8. (Diss.) 1 M. 50 Pf. 

Vaber, jr., Quaestiones Thucydideae. Marburgi. 48 S. 8. (Dtss.) 

IWleaehke, A.^ De Thucydide Antlphontis discipalo et Honeri inii- 
tatore. Mûnden. 73 S. 8. (Progr.) 

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tionem (Thucyd. VI, 33, 31). Homburg v. d. Hœhe. S. 3-13. 4. (Progr.) 

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didem et Herodotum. Vratislaviae (1884;. 60 S. 8. (Diss.) 

Sl«iip, #., Thakydideische Studien. S. Hft. Freiburg i/Dr. 1880, Mohr. 
VII, 100 S. gr. 8. 4 M. (1. a. 2 : 6 M. 40 Pf. 

Wllll«l«wlip*llloell^lldor0, v. v<, Curae Thucydideaç. QÔttin- 
gep (Dieterich). 20 S. gr. 4. (ïud. bc)io1.} 8p Pf. 

XÉNOPHON. Xenophon*8 Werjce. 17, ÎO u. 21. Lfg, Berlin, Lan- 
genscheidt. S. à 35 Pf. 

Cyropfidie. Uebers. u. durch. Anraerkgn. erl. v. Ch, B, Dœrner, 1. Lfg. 
3. Aufl. 48 S. — 4 u. 5. Lfg. S. Aufl. 3. Bd. S. 49-123. 

— Anabasis. Book. 1. Ed., for the use of junior classes and private 
students, with introduction, notes, and index, by /. Marshall. 
Frowde. 140 p. 12. 2 sh. 6 d, 

— Il primo libro dell'Anabasi, ann.^ con riguardo spéciale alla sm- 
tassi, da E. Ferraro. Vol. I. Tonno, G. B. Paravia e G, di I. Vi- 
gUai'di, E. Loôscher, 0. Scioldo, L, Fenocchio. VIII, 51 p. IG. IL. 

— La spedizione di Ciro, comm. da A, Ba^si, Libro ppn^o e seconda* 
con una carta. Torino, Loescher. XXXIV, 155 p. 5. 2 L 50 c. 

— Anabasis : books IIÎ and IV; with the modem Greek version of 



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^ Récits extraits de TAnabase (texte £rec], contenant des sommaires 
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par Af. A, Jacquet. Paris, V«Belin et fils. XiV, 173 p. 13. 



.*-* Hellenika. Fur 4en Schulgebrauoh erkU c. /. 0ro$9er, %, Bdchn. 
Buch 111 u. IV, Ausg, A. Kommentar unterm Text. Ootba, F, A. 
Perthes. VIII u. S. 87-186. gr. 8. 1 M. 20 Pf. ; Ausg, B. Text u. 
Kommentar getrennt in 3 Hftn. VIII, 60 u. 40 S. 

1 M. 20 Pf. (1 u. 3 1 3 M. SU pg 

mm Oconomica or, treatise on household management Transi, into 
literal Ëngtish by A. Stewaru Cambridge, Hall; Simpkin. iO p, 13. 

3 sh. 

«* MemorabiliaofSocrates, Books 1, 3. 4. Anranged for interleavipg 
with tbe Oxford Text. Shhmpton (Oxford), Simpkin. 8. 8 sli, 6 d. 

-^ Mémoires sur Socrate (Entretiens mémorables). Livre T. Texte grec 
d'après )es éditions les plus récentes, ace. de notes litt. et philos., 
prèc. d*une introduction sur le caractère de Socrate et suivi de quel- 
gnes éclaircissements par ^. Maillet. Paris, V» Belln et îils. 

• XXXVIII, 63 p. 12. 

noIdS, p., Xenophontla vit&e snseiineB. PosnaalaQ. 3Q 9. 8, piss. 

V. Kostock.) 

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of Cae8ar*s « Oallio war» and Xenophen'a « Ani^basis»; wHh gramma- 
tical refcrencea. Boston, Ginn & Co. i, 143, HO p. 1?. 1 ÛoU. ^ c. 

Ciraebcr. G., Die Attraktiop des Relativuins bei Xenophon. £|ber^ 

felU. 24 S. 4. (Progr.) 

HubBeriH,, C. G. Cobeti en^.endationes in Xenophontis Commenta- 
rio8 recenauit. Pars prior. Belgardiae. 16 S, 4. (Progr.) 

XENOPHON DÉPHËfiB. ^ Voyea Longus. 



VIII. AUTEUIiS DIYEI\S. — ANONYMES, 



AîCECDOTA BBKKERI. 

liocrf c. Z; de, De tertio lexico Bekkeri. Lugduni-Bat. (Prill). p2 S. 
8. iDiss.) 

ANECDOTA varia çraeca et latina. Edicienint Rud. Srhoell et Guil- 
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