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Full text of "Annuaire historique du departement de l'Yonne"

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ANNUAIRE 

HISTORIQUE 

DU DÉPARTEMENT DE L'YONNE 

RECUEIL DE DOCIIIIBBTS AUTHENTIQUES 

«•un 

DESTINES A FORHen LA STATISTIQUE I>ËPAllTEHEKTALEj^ 

6, ^v» *«" 



30' ANNEE. 



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G. PERRIQUET, ÉDITEUR, RUE DE PARIS, 51. 



DC DBPiRTKBKMT 



Le' volume de VÂnniuiire historique et statistique de l'Yonne pour 186!^ 
contenait dans sa 5^ partie les travaux suivant» : ' 

io Etude sur )a division de la propriété foncière dans le département de 
l'Yonne, par M. Gimel, directeur des contributions directes. 

2° Les Escorclieurs de l'Avallonnais (4438-1444), par M. Ernest Petit. 

3® Souvenirs d'un Auxerrois. 

40 Rapport sur la situation, au I'' Juillet 1864, du service des rivières 
d'Yonne, de Cure et d'Armançon dans le dépn rtcment de l'Yonne, par M. 
Gambuzat. 

u<> Causerie sur Vauban, par M. Raudot, ancien représentant du peuple. 

60 L'Asile des aliénés à Auxerre, par M. Flan din, membre du conseil gé- 
néral de TYonne. 

7» Les sorciers de Montigny-le-Roi, par M. F. Pouy. 

8^ Recherchas historiques et statistiques sur les enfants assistés du dépar- 
tement de l'Yonne, par M. Duché, ancien membre du conseil général. 

90 Le palais synodal à Sens, par M. E. D. 

10^ Mouvement de la population dans l'Yonne en 1863. 

ii<^ Les maisons de bois au xvi* siècle. 

12^ Sommaire des travaux du conseil général de TYonne en 4864. 

Les dessins publiés dans V Annuaire 1865 sont : 

Portrait du maréchal Vaaban. 

Maisod de bois du xvi« siècle âi Joigny, dite maison de T Arbre de Jessé. 

Détail de l'Arbre de Jessé. 

Palais synodal de Sens, statae de Loais IX. 

Vao de rAsiic des Aliénés d'Aaxerre. 

(Voir à la fln du volume le classement des dessins dont il est illustré.) 



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TABLE PAR ORDRE DES MATIERES. 



Comité général de l'Annuaire 1 

Commission permanente . id. — 

Correspondants. . . . id. ^ 

PREMIÈRE PARTIE. — CALEXDiuEn. 

Eres et suppatatîons chronologiques 3 

C(»mput ecclésiastique 

Quatre-temps _ 

Fêtes mobiles _ 

Commencement des quatre saisons 4 

Eclipsés «» 
Position géographique du département — 

Population totale — — 

Calendrier civil 5 

Levpr et coucher du soleil — 

Cours de la lune — 

Foires de l'Yonne — 

Agenda municipal i7 

DEUXIÈME PARTIE. 

CHAP 1". Documents généraux. 

Puissances ^ 

Liste des souverains et des princes — 

Republiques 99 

Villes libres 1. 
Ambassadeurs et ministres français 

près les puissances étrangères 30 

Maison civ. de l'Empereur des Français — 

Maison militaire 32 

Cent-Gardes — 

Maison de rïmpératrice — 

;— <lif l'nnce impérial — 

Conseil des Ministres 33 

Sénat. _ 

Corps I^islatrf 34 

Conseil d'Etat 36 

Cour de cassation 37 

Haute-Cour de justice 38 

Cour des comptes 

Cour Impériale de Paris 39 

Cours impériales des départements 40 

Archevêques et Evêques français 41 

Division delà France en départements 42 

Conservations forestières 45 

Service forestier en Algérie — 

Nouvelles circonscriptions académiques 46 

Armée.— Maréchaux de France 47 

Divisions militaires — 

— — Algérie 48 



CHAP. 2. Dévarlement de l'Yonne. 

SECTION I«. ADMINISTRATION CIVILE. 

Préfecture de l'Vonne 

Conseil de prélecture 

Cabinet du Préfet 

Bureaux 

Archivent 

Sous-Préfectures 



49 



50 
53 



Communes composant chaque canton 54 
Conseil général de rvonne 56 

Conseils d'arrondissement par canton 57 
ConsMIs d'hjgiène.— Vaccme 58 

Commissions d'inspect. des pharmacies -^ 
Médecins des enfants assistés _ 

Comités de patronage des enfants assistés 59 
Tableau, par ordre alphabjétique, des 
483 communes du département dé 
l'Yonne, avec le chiffre de la su- 

f)eriicie , celui du revenu foncier, 
es distances judiciaires, le nom du 
canton et du bureau de poste aux- 
quels chaque commune appartient 60 
Tableau des communes par arrondisse- 
ment et i-ar ordre alphabétique, po- 
pulation, noms des maires, adjoints, 
curés, desservants et instituteurs du 
département 69 

Administrations municipales des prin* 

cipales villes du département 78 

Architectes départementaux 90 

Conseil dép. des bâtiments civils — 

Asile départemental des aliénés — 

Hospices. Comités gratuitsde consolt. 82 

Hospices communaux. Comm. adnf. 

Service des enfants assistés 83 

Prisons du département 84 

Pénitencier departementat -> 

Maison d'arrêt d'Auxerre 

Comm de surveillance des prisons — 

SECTION II, ADMINISTRATION ECCLÉSIASTIQUE. 

Diocèse de Sens 85 

Chapitre métropolitain -. 

Maison des prêtres auxiliaires, â Pon- 

tigQT> «^ succursale de Sens *- 

Grand séminaire diocésain 86 

SECTION Ht. AOuTNISTnATIONBE LA JOSTICB. 

Cour d' Assises 86 

Tribunaux de première instance — 

Avoués^ avocats, etc. 37 

Tribuaaux de commerce 88 

Justices de paix^ 89 

Suppléants 90 

Notaires — * 

Commissaires-priseurs 92 

Huissiers 93 

Bureaux d'assiitanee judiciaire 94 

SECIION IV. INSTRUCTION PUBLIQUE. 

Académie de Dijon 93 

Inspection de l'Yonne — 

Conseil départemental — 

Inspecteurs de l'Instruction primaire 96 

Délégués cantonaux — 

Comm. d'exauïen (instmc. second.) — 

Comm. d'examen (instroR;. primaire) — 

Etablissements d'instruction — 



SECTION V. ADMINISTRATION MILITAIBB. 

1'* division mil ilaire 101 

(iarnisons '— 

Gîtes d*élapes 102 

Gendarmerie 103 

Commissaires de police cantonaux — 

SECTION YI. ADMINISTR \TI0N FINANCIERE. 

Kecette générale 104 

Trésor — 
Direction des contributions directes et 

du cadastre — 
Vérificateurs des poids et mesures 1C5 
Percepteurs et perceptions 1(^6 
Direction générale des douanes et con- 
tributions indirectes 1 1 1 
Direction départementale, idem — 
Inspeciions et sous-inspections •— 
Déoits de tabacs. 113 
Débits de poudres. — 
Enregistrement et domaines — 
EauietforèU 114 
Administration des Postes 115 
Maîtres de poste 118 

SECTION VU. PCNTS KT CHAUSSÉES. 

Service ordinaire 
Routes impériales 

— départementales 119 

Service hydraulique — 

Bureaux de l'ingénieur en chef 120 

Seivice des ingénieurs ordinaires — 

Canal du Nivernais et rivière d'Yonne 122 

Canal de Bourgogne 123 

Service vicinal — Personnel 124 

Chemins de grande communication 125 

— de movcnne communication 127 

Chemin de fer de Paris à Lyon 129 

Embranch. de La Boche à Aaxerre 130 

Construction des «lignes d'Auierre à 

Clamecy et à Cercy-la-Tour et de 

Gravant aux Laumes, par Avalion. — 

Adminis<r. des lignes télégraphiques 131 

SECTION VIII. ÉTABLISSEMENTS DIVERS 

d'utilité publique. 

Bibliothèqaes publiques 132 

Inspection des monuments historiques — 
Architectes id. — 

Monuments classés 133 

Sociétés et établissements scientifiques 

et artistiques — 

Sociétés médicales 136 

Sociétés et établissements agricoles et 

industriels 1^6 

Sociétés et établissements charitables 

et de bienfaisance " 139 

Sociétés de Secours-mutuels 143 

TROISIÈME PAKTIE. 

5to(is(fgue, Sciences et Arts. 

yn ami de Henri IV, par M. Ernest 
Petit. 3 



Les élections municipales de la ville 
d'Auxerre, il y a 100 ans, par M A. 
Challe. 15 

Les Bourguignons et les Champenois 
àCoustanlmople et en Morée(suite) 
par Félicien Thierry. 27 

Mouvement de la population dans 
l'Yonne en 1864. 61 

Thibault aux chansons, comte palatin 
de Champagne et de Brie et roi de 
Navarre, par Félicien Thierry. 65 

Les exécrables impielez commises 
en l'église d'Espougny en 1614 
(collection de Bastard) . 1 00 

La Fontaine de Véron, poésie par J. 
du Bellay (biblibth. d Auxerre.) 101 

Relation de la chute d'une pluie de 
Sang à Sens enJ6l7 (Biblioth. 
d'Auxerre. K* 

Tableaux des mercuriales de l'Yonne 
de 186') à 1861. m 

Les statuts de la confrérie des pâtis- 
siers de Sens en 1517 (Bibl. de M. 
Quantin). , 131 

La nef romane de l'église Ste-Marie- 
Madeleine à Vézelay, par M. Aimé 
Chérest, 137 



118 Chérest, 

— L'administration du département de 

119 l'Yonne de 1790 à 1800, par M. 

— Baudot. 176 
Les Chevaliers de l'Arquebuse à Au- 
xerre en 1778. 215 

Arrêt fixant les droits respectifs du 
prévôt et du maire perpétuel de 
Chablis (Archives de TYonne). 216 

Deux chapitres des mémoires du com- 
mandant Savoie, (collection de M. 
Lorin. 243 

Journal d'un Auxerrois du 19 novem- 
bre 1796 au 7 septembre 1797. (Id.) 247 

Mémoire aux officiers municipaux de 
la ville d'Auxerre en 1766 (coll. de 
M. Lorin). 293 

Prix des vins de l'Abbaye de Saint- 
Germain d'Auxerre en 1780, 1781 
•et 1782.. (Id.). 304 

Nouveaux renseignement^tatistiques 
sur l'instruction primaire dans le 
département de l'Yonne, par M. le 
D' Duché. 305 

Notice sur l'Horloge d' Avalion. 322 

MÉLANGES. 

Faits généraux. 323 

Faits départementaux. 329 

Voituriers, messagers et commission- 
naires. 336 
Voitures publiques. 338 



ANNUAIRE 



STATISTIQUE 



DU DÉPARTEMENT DE L'YONNE. 



• COMITÉ GÉNÉRAL DE L'ANNUAIRE. 

M. le Préfet, Président; — MM. Badin-d'hurterise, Barry, Baudoin, 
Belgrand, Bonneyille, le comte de Bressieux, Brinquart, Challe, 
GouTURAT, Deligand, Dhumez, Camille Doucet, Dupont-Delporte, Du- 
rand-Desormabx, Dcsadtoy, Andoche Fëbvre, Flandin, Foacier, Frémy, 
GuÉRiN de Vaux, baron du Havelt, Houdaille, Eugène Le Comte, Le 
Comte aîné, Lefournier d'Yauvjlle, Eugène Lemaire, Martenot aîné, 
le baron Martineau des Chesnez, Rampont-Lechin, Précy, Rare, Rétif, 
le marquis de Tanlay, Textoris, de Virieu et Vuitry. 

COMMISSION permanente 

M. le Préfet, Président; MM. Badin-d'Hubtebise, Challe, Flandin, 
QuANTiN, membres. 

CORRESPONDANTS. 

MM. Belgrand, ingénieur en chef, membre du Conseil général de 

TYonne, à Paris. 
Billeau, instituteur communal, à Bracy. 
Challe, président de la Société scientifique de F Yonne, membre 

du Conseil général, à Auxerre. 
Cherest, avocat, vice-président de la Société des sciences de 

l'Yonne, à Auxerre. 
Dey, conservateur des hypothèques, à Laon. 
Duché, Dr en médecine, à Ouanne. 
CoTTEAU, juge au tribunal civil d'Auxerre. 
Desmaisons, conducteur principal des ponts et chaussées, faisant 

fonctions d'ingénieur ordinaire, à Auxerre. 
DuHANTON, juge de paix, à Bléneau. 
4866. 4 



2 

MM. Flandin, conseiller à la Cour impériale de Paris, membre du 

Conseil général de ITonne, à Paris. 
GiMEL, directeur des Contributions directes, à Grenoble. 
HoTTOT, ancien sous-préfet, à Avallon. 
Lambert, régisseur, à Tanlay. 
Lechat. chef de division à la Préfecture de l'Yonne. 
Leglerc, juge de paix, à Auxerre. 

Leglerg de Fourolles, président du Tribunal civil de Joigny. 
Le Maistre, ancien percepteur, à Tonnerre. 
LoRiN, archiviste de la Société des sciences de l'Yonne, à Auxerre. 
Bon Martineau DES Chesnez, ancicu sous-secrétaire d'Etat, et 

secrétaire général au Ministère de la guerre, maire d'Auxerre. 
Petit (Ernest), propriétaire à Vausse, près Châtel-Gérard. 
Petit (Victor), dessinateur, à Paris. 
Pinard, consei 1er à la Cour impériale de Paris, à Paris. 
Pou Y, commissaire-priseur, à Amiens. 
QuANTiN, archiviste du département de l'Yonne, à Auxerre. 
Raudot, ancien représentant, à Orbigny. 
Ravin, ancien professeur de philosophie, à Auxerre. 
RozE, propriétaire, à Tonnerre. 
Salomon, ancien avoué, à Saint-Florentin. 
Savatier-Laroche, ancien représentant, à Auxerre. 
Sonnié-Moret, à Glaihecy. 

Thierry (Félicien), au château de la Vieille-Ferté. 
Tonnelier, président du Tribunal civil d'Auxerre. 
VERROLtoT-D'AMBLY, propriétaire, à Ghaumançon, commune de 

Migennes. 



PREMIÈRE PARTIE. 



CALENDRIER. 



ERES ET SUPPUTATIONS CHRONOLOGIQUES* 

POUR L* ANNÉE 1866. 

Année 6579 de la période Julienne. 

26^9 de la fondation de Rome, selon Varron. 

2643 depuis Tère de Nabonassar, fixée au mercredi 26 février 
de Tan 3967 de la période Julienne, ou 747 ans avant 
J.-G. selon les chronologistes , et 746 suivant les 
astronomes. 

2642 des Olympiades, ou la 5<» année de la 660« Olympiade, 
commence en juillet 4865, en fixant l'ère des Olym- 
piades 775 4/2 ans avant J.-C. ou vers le 4 «r juillet de 
Tan 3938 de la période Julienne. 

1282 de THégyre ou ère des Turcs, commence le 9 juillet 
4864, et finit le 28 juin 4865, selon Tusage de Cons- 
tantinople, d'après l'Art de vérifier les Dates, 

4866 du Calendrier Grégorien établi en 4582, depuis 283 ans; 
elle commence le 4 er janvier. L'année 4866 du Calen- 
drier Julien commence 42 jours plus tard, le 4 3 janvier. 



Comput ecclésiastique. 

Nombre d'or en 4866. . . 5 

Epacte XIV 

Cycle solaire 27 

Indiction romaine. . . 9 

Lettres dominicales. G 



Quatre-Temps, 

Février . . . . 24 , 23 et 24 

Mai 23, 25 et 26. 

Septembre . . . 49, 24 et 22. 

Décembre. . . . 49, 24 et 22. 



Fêtes mobiles. 



Septuagésime, 28 janvier. 
Les Cendres, 44 février. 
Pâques, l«r avril. 
Les Rogations, 7, 8 et 9 mai. 
Ascension, 40 mai. 



Pentecôte, 20 mai. 
La Trinité, 27 mai. 
La Fête-Dieu, 31 mai. 
Premier Dimanche de l'A vent, 2 
décembre. 



* Ces différentes ères et supputations chronologiques ont été expliquées dans le 
tome I de la première série de l'Annuaire (année 4837). 



COMMENCEMENT DES QUATRE SAISONS. 



Printemps. 


. le 20 mars à 8b 4^ 


1 du soir. ' 


V 


ÉTÉ. . . 


. le 2\ Juin à 4 43 


du soir. 


1 Temps moyen* 


Automne. 


. le 24 septem. à 6 59 


du mat. 


i de Paris. 


HiVEB. 


. le 2\ décem. à ^9 

ECLIPSES. 


du mat. 


^ 



Il y aura cette année trois éclipses de soleil et deux éclipses de 
lune • 

Eclipse partielle de soleil, le 4 6 mars, invisible à Paris. 

Eclipse totale de lune, le 30 mars, en partie visible à Paris. (Com- 
mencement de Téclipse totale, 3 h. 58 m. 8 sec. du matin ; fin de Té- 
clipse totale, 5 h. 34 m. 6 sec.) 

Eclipse partielle de soleil, le 44 avril, invisible à Paris. 

Eclipse totale de lune, le 23-24 septembre, invisible à Paris. 

Eclipse partielle de soleil, le 8 octobre, en partie visible à Paris. 
(Cette éclipse ne sera visible à Paris que pendant 44 minutes avant le 
coucher du soleil, de 4 h. 43 m. du soir jusqu'à 5 h. 24 m.) 

POSITION GÉOGRAPHIQUE. 

Le département de ITonne est situé entre 0° 30* et 4© 56' de lon- 
gitude est et entre 47© 49' et 48° 22' de latitude nord, 

POSITION EXACTE DES CINQ VILLES PRINCIPALES DE l'yONNE. 



NOMS. 


LONGITUDE. 


LATITUDE 

septentrionale. 


HAUTEUR 

au dessus du niveau 
de la mer. 


Auxerre (cathédrale) 
Avallon (église) . . 
Joigny (St.-Jean). . 
Sens (cathédrale). . 
Tonnerre (St-Pierre) 


V 14' 10" E. 
1" 34' 17" id. 
1- 3' Zi3" 
0* 56' 49" 
!• 38' 6' 


AT 47' 54' 
47" 29' 12" 
47» 59' 0" 
48" 11' 54" 
47" 51' 23' 


122 " 

263 " 

117 » 

76 " 

179 » 



Population totale du département de l'Yonne d'après le dernier 
recensement quinquennal de 4864 : 370,305 habitants. 

• Voir aussi, dans le tome I de la première série de l'Annuaire (année 1837), les 
rapports entre le temps vrai et le temps moyen et des indications sur la conversion 
du temps vrai en temps moyen. 



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JANVIER. 



Les jours croissent pendant ce mois de ^ heure 4 minutes. 



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FOIRES. 

du département. 

Les petites foires d'Âuxerre du 
1er lundi de chaque mois et les 
marchés aux b«$t. deToucy du 
ler sam. sont indiqués ici. 



lundi 
mard 
merc 
jeudi 
vend 
sam. 
[Dm. 
lundi 
mard 
merc 
Ijeudi 
vend 
sam. 
Dm. 
lundi 
mard 
merc 
ijeudi 
Ivend 
sam. 

DlM. 

lundi 
mard 
merc 
iJeudi 
vend 
sam. 

DlM. 

lundi 
mard 
merc 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

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12 

13 

14 

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26 

27 

28 

29 

30 

31 



Circoncision, 
s Basile, év. 
ste Geneviève, 
s Higobert. 
s^Siméon S. 
Epiphanie. 
s Mélanie. 
s Lucien, m. 
s Pierre E. 
s Paul, l«' er. 
s Théodore. 
s Arcade. 
Bap, de N.-S. 
s Hilaire, p. 
s Maur. 
s Guillaume, 
s Antoine, ab. 
Ch. de s. P. 
s Sulpice. 
a Sébastien, m. 
ste Agnès, v. 
s Vincent, m. 
s Ildefonse. 
s Bâbylas. 
Conv. de s. P. 
ste Paule. 
s Jean Ghrys. 
Septuagés. 
s Franc, de S. 
ste Bathilde. 
s Pierre Nol. 



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56 
56 
56 
56 
55 
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9. Auxerre, Joigny, VermenloD. 
5. Tonnerre, Saint'F loren tin . 



L'Islr, SjintrBris, Toucy. 
Qu urc- es-Tombe» 



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i3. Sloniréai 

i5. Ncuilly 

16. Mailly-la-ViUe 

17. Ailla al, Cliéroy, Coul.-s-Y, 
Noyers 

30. Appoigny, 

91. Guillon 

M. Ch;«mpigneUe8,Cottl.-la-Vin. 

Dannemoine, Muligny 
sS. Chaioplos», V»llen.-s.-Yonn. 

a5. Brienon, Ch.irny, Migé, Son 

gères, Vézelay 
«6. Bléiu-aii, Cussy-K's-Forgn 
Verpicntor. 

ag. Ancyle-Franc, Auxerre, 
So. Gravant. Sainl-Sauveur 



P. L. le 4, à B h, bl m. du mat. P. Q. le;23, à 9 h. 3 m. du soir. 
D. Q. le 8, à 94h. 46 m. du soir. P. L. le 30, à 8 h. 38 du soir. . 
|N. L. le 16, à 8 h. 46 m. du soir. 



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FÉVRIER. 

Les jours croissent pendant ce mois de \ heure 34 minutes. 



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s Ignace. 
Purification. 

s Biaise 
Sexagésime. 
steÂgaibe. 
sle Dorothée, 
s Remua Id. 
s Jean de M. 
ste Apolline, 
s Scholast. 
Quinquagésime, 

ste Eulalie. 
M ardu Gras. 
Les Cendres. 
s Fauslin. 
ste Julienne, 
s Sylvain. 
Quadrajésime. 
s Conrad, 
s Eucher, p. 
s Pépin, 
ste Chair. 
s Mérault. 
s Mathias. 
Reminiscere- 
s Nestor, 
ste Honorine. 
s Romain. 



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53 



1. Villeneuve l'Ai-ch. 

S. Bavières, Sutnontron. Toucy. 

4. Druyes, 

5. Auierre , 

6. Bussy - en - Olhe. Gharny. 

8. ^vull'ii, Saint -Fargeau 

9. Treigny. 



11. Grandcbamp, I isle. Saint 
AJartin -dcs-Champs 

14. Chailley Neuvy-Saulour SI 

Julie n-du-Sault. 
i5. Leugny, 'ionnerri». 



ig Noyers St-FlorenUn Sëpaui 
to. Saint-Cyr-les-coluns 

tt. Ch^blig EUis 

«4. Cerisiers Véarlay 
•5. Seignelay 



s8 Ciourion, Pont-snr-Yonne 



|d. Q. le 7, à 7 h. 49 m. du soir. P. Q. le 22, à 4 h. 57 m. du mat. 
N. L. le 45, à 40 h. 22 m. du mat. 






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MARS. 



Les jours croissent pendant ce mois de 4 heure 51 minutes. 



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29 

30 

31 



s Onésime. 
s Simplice, p. 
ste Gunégonde. 
OculL 

s Thomas d'A. 
ste Colette, 
s Thomas if A. 
Mi- Carême. 
ste Françoise, 
s. Blanchard. 
Lœtare. 
ste Euphrasie. 
s Lubin 
H Zacharie. 
s Gyriaqae. 
ste Gertrude. 
s Alexandre. 
Passion 
s Joseph. 
s Vulfranc. 
s Benoit, ab. 
s Emile. 
s Vfjlfram, év. 
s Simon. 
Raheadx. 
s Ludger. 
s Romule a. 
s Sixte, p. 
s Gontran. 
Vendredis aini 
s Guy. ab. 



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5 44 



1. Joux-la-Vill«,St>Martin-d'0 
Sl-Jalien-du-Saul(, Sampuil^' 
Sergines. 

S Toucy. 

4. Druyes, Muilly>le-Ch., Qaarrt- 

Véroa 
)• Auierre 

G Gravant Kaviè'es 

8 Saint ^Sauveur Thnry 



10 Saint-Germain-dcs-C'itTips 

la Sens. 
i5 Chéroy 
i4> Vézclay 
i5. Ouaine 
16. Illontrèal, Perreux. 



19. AUXPrre, F.alnsocq, Ligny 

st. Bluntréal 

sa. A. vallon, Cheny Tonnerre Sl- 
jMauricc-aut-Hiehes-H ., 

«4- Chablis Toucy 

a5. Leugny 

36. Chauiitont Migé INuyers. 

«7. Neuvy-Sautour Vermenton 

98. Aacy-le-Fr . 
aij. Aillant Châlel-Ccnsoir St- 

Kargeau 
5o Brieuon Ville» uve-s-Yonne 

3j. Charny 



P L. le 4, à h. 2m. du soir. 
D. Q. le 9, à 4 h. 2 m. du soir. 
N. L. le 4 6, à 9 h. 46 m. du soir. 



P. Q le 23, à 4 h. 42 m. du soir. 
P. L. le 34, à 4 h. 41 m. du mat. 



AVRIL. 



Les Jours croissent pendant ce mois de 4 heure 38 minutes. 



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FÊTES. 







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FOIRES 

du Département. 



DiH. 1 Pâques. 

lundi 2 s Franc, de P. 

mard 3 s Uicbâid. 

merc 4 s Ambroise. 

jeudi Ô s Isidore év. 

vend 6 s Prudence,' 

sam . 7 s Hégésippe 

OlBI. 8 QUASIMODO 

lundi 9 Annonciation, 
mard 10 s Fulbert, 
merc 11 s Léon,p, d. 
jeudi 12 â Jules, 
vend 13 s Herménégil. 
sam. 14 s Tiburce. m- 
DiM. 15 s Théodore, 
lundi 16 t Palerne. 
mard 17 s Anicel, p. 
merc 18 s AppoUinaire. 5 6 
Ijeudi 19 s Timon, m. 5 4 
vend 20 s Marien. 5 2 

sam. 21 s Anselme 5 
DiBf. 22 s Léon, év. 4 58 
lundi 23 s Georges, m. 4 56 
mard 24 s Fidèle de S. 4 54 
merc 25 s Marc, évang. 4 52 
iJeudi 26 s Clet, p. m. 4 51 
vend 27 s Polycarpe 4 49 
sam. 28 s Vital, m. 4 47 
DiM. 29 s Pierre, m. 4 45 
lundi 30 steCather. de S 4 44 



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I. Flogoy. 

a. Auxerre, Arthonay, JoigDv 

• Msle, Villen.-la-Guvar-i 
5. Si Fargeau 
4- Orandrbamp. 



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g. Prunoy, Saitit-I.éG;er 

is. Seignclay, 
i3. GhevilloD, 
14. Champignellcs, 
i5. Lalusecq 
i6. Vézelay 



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SI. Saînl-Cyr-Ies-Colons 

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«3. L'Isle, Si'm»*nlroo. 

a4' (^nurré-lss TombtiS 

a5. Coulunges-s YouDc, Guillur 

a6. Ch.islellux, Sépaux. 

tH. Ste-Pallaye, Vinncuf. 
ag. SlFlorenlin, Villefranche 
3o. Sens, Venizy, Vermenton 



). Q. le 8, à 8 h. 51 m. du mat. P. Q. le 24, à 40 h. 40 m. du soir. 
f. L. le 15, à 7 h. 42 m, du mat. P. L. le 29, à 9 h. 32 m. du soir. 



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Mai. 



Les jours croissent pendant ce mois de 4 heure H minutes. 



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SS.Phil. etJac4 42 
s Amatre. 4 40 

Inv. sle Croix. 4 39 
ste Monique 4 37 
s Pie V. 4 35 

s Jean P. L. 4 34 
Rogations. 4 32 
s Désiré 4 31 

sGrég.deNaz. 4 29 
Ascension * 28 
8 Mamert. 4 26 
ste Nérée 4 25 

sHellade, év. 4 23 
s Boniface, p. 4 22 
s Isidore. 4 21 

s Pellerin, p. 4 l9 
s Pascal 4 18 

s Vincent 4 17 

8 Pierre Gél. 4 15 
Pentecôte. 4 14 
s Ubalde 4 13 

s Romain. 4 12 

s Didier 
s Michel 
s Urbain. 
s Pierre de N. 4 
Trinité. 4 



Prix, m. 
s Maximin, éy. 
8 Félix 

FÉTE-DiBU. 



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1. Chablis, Crazy. Saints eu 
Paisa}e, Thorigny. Neuvy- 
Sautour 

9. Avalion 

5. Ancy-le-Fr. Charny, Perrensf 

4> Champ]o-t 

5. Moairéal Toucy 

6. Bléueau. firienon» Courson, 
iVonilly 

7. Auxerre, ^oyers 

8. Dannemoiiic 

9. Ghâtel-G'^nsoir, Tanlav, St 
Sauveur, Laferié'l.oup ère 

lo- Appoigny 



lié Tonnerre 

14 Auxerre 

i5, Havières Vdz -lay 

16. Pcrreux,Ste-Pallayc 

ij. Seignclay, E gris elles- le-B . 



10. Gerisiers, 

fil. Chailley L'fste 

aa. Saint-Julien-du-Sauli 

t5. Grandchainp Arlhonnay, 

•4 Malicorne 

•5. Lainsccq, Sergines 

•8. Joignj Quarré-les-Tombes 



D. Q. le 7, à 9 h. 51 m. du soir. 
N. L. le 44, à 3 h. 7 m. du soir. 



P. Q. le 24, à 40 h. 7 m. du mat. 
P. L. le 29, à 4 b. 27 m. du soir. 






40 



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JUIN. 

Les jours croissent de 1 minute jus(iu'au 24 et décroissent ensuite 

de 43 minutes Jusqu'au 30. 



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8 Nicomède 4 3 
s Marcollin, m 4 2 
ste Glotilde 4 2 
s François. 4 1 
s fioniface, év. 4 1 
s Norbert, p. 4 o 
s Aldéric U 

s Médard 3 59 

8 Prime et F. 3 59 
ste Marguerite 3 59 
s Barnabe. 3 58 
ste Olympe 3 58 
s Antoine de P 3 58 
s Basile-leGr. 3 58 
s Modeste. 3 58 
s Censure, év. 3'58 
s Agrice, év. 3 58 
s Marc, m. 3 58 
ssGervaisetPr 3 58 
s Silvère, m. 3 58 
s. Louis de G. 3 58 
s Paulin, p. 3 58 
ste Christine 3 58 
Nativ. s J.-Bap 3 59 
s Guillaume 3 59 
ss Jean et Paul 3 59 
s Crescent 4 

s Irénée 4 

s Pierre et s P. 4 1 
Comm . 8 Paul 4 2 



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1. PoQligny, Saint-F'irg<>au 
«. Cha«tellux,Suinpui s, Neuvy, 
Toucy 

4. Auxcrre, 



6. Treigny. Noyers, 

8 Bus'-y-en-O , Sougèrrs 
g. Courgenay Sl-Valérieo Cham- 
ptgnellvs. 

11. Coulange-!a-Vîncu«e, Ligny 
Blunlrcal, Prunoy, 



i5 Thury, Vczelay 

16, Appoigny, Perreux 

17, Maill} -la-Ville 

18, La Celle-Sl-Cyr 
19 Leugay, Cravant, 

•o. Dixmonl, Sl-cyr-les- Colons 

««■ Saint-Florcntiu, St Sauveur 

s3. Avallun, 

94 Brienoti, Sens. 

a5 Juux-i;i-V.l., Sl-Marliii-d' .> 

Toniierr«.Vil-r.i rch. 
s6. Cussy-les-Forgos 

37. I.'lsle, 

fi8 Chcroy, Coursoii 

39. Chevanncs. Etais 

5o. Aucy lo-Franc. Guillon, Si 
Brb, Toucy Charny, 



D. Q. le 6, à 7 h. 22 m. du mat. 
N. L. le 42, à \0 h. 16 m. du soir, 



P. Q. le 49, à 41 h. 54 m. du soir. 
P. L. le 28, à 3 h. 45 m. du mat. 



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JUILLET. 



Les jours décroissent pendant ce mois de 58 minutes. 



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du soleil. 


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du Département. 



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s More. 4 

Visitalion ste ▼ 4 
s Anatole. 4 
s Martial, p. 4 
s Zoé 4 

Précieux sang 4 
s Albert. 4 

s^e Elisabeth 4 
3 Héracle, év. 4 8 
ste Félicité. 4 9 
s Pic, m. 4 10 

9 Gualbert, ab 4 11 
s Anaclet, p. 4 12 
s Bonaveoture 4 13 
s Henri, emp. 4 14 
N.D. duM.-C. 4 15 
8 Alexis 4 16 

s Camille de L. 4 17 
s Vincent de P. 4 18 
8 Jérôme Em. 4 19 
ste Praxède, v. 4 20 
ste Marie-Mad 4 21 
s Apollinaire 4 23 
s Urcisin, de S. 4 24 
s Jacques, ap. 4 25 
ste Anne 4 26 

s Pantaléon 4 28 
ste Colombe, y. 4 29 
ste Marthe, v. 4 âO 
s Ignace 4 32 

8 Germain, év. 14 33 



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B. Auxerra, Seignelay. 

4. Aillant, Mailly-Ch., 

5. lâiasecq 

b. Ravi ères, Ver m eu ton 
7. GhablU, Toucy 
f>. Ci'Han, No>crsg 

9. Sépaïu. 

10. B éiicau, Che\ illon, 

la. Villen.-l. -Genêts. ViUiers- 
St-Booil. 

14. Ligny 



17. GiiaMellux 

18. Trcigny 

ao. Entrains. 

sa. Auxcrre 
aS. Vézelay. 

a5. Saint-Fargra'i, 
b6. Ghâtel-Gcrisoir 



Si. Biéne(>,u, MIgr. 



D. Q. Ie5, à2h. >l3m. dusoir. 
N. L. le 12, à 5 h. 44 m. du mat. 



P. Q. le 49, à S h. 53 m. du sûtr. 
P. L. le 27, à 4 h. 22 m. du soir. 



42 



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AOUT. 



Les jours décroissent pendant ce mois de 4 heure 36 minutes. 



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29 

30 

31 



s Pierre-ès-L. 
8 Alphonse L. 
Inv, Si-Etienne 
s Dominique. 
Déd. ste Marie 
Trans. de iV. S. 
s Gaëtan. 
s Gyriaque, m. 
s Nazaire. 
s Laurent, m. 
Tr. sle cour, 
ste Glaire, v. 
sHippolyte, m. 
sEusèbep.V.J. 
Assomption 
s Roch. 
s Maxime, m. 
ste Hélène, 
s Louis, év. 
s Bernard, d. 
ste Jeanne Fr. 
s Symphorien 
Gœurste V. 
s Barlhélemi 
s Louis, roi 
s Eleuthère,év 
s Joseph G. 
s Augustin, év. 
Dec. des J.-B 
s Fiacre 
s Raymond N 



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8 28 


4 52 


7 16 4 


9 9 


8 54 


4 53 


7 14 5 


10 12 


9 21 


4 55 


712 6 


11 14 


9 49 


4 56 


7 11 


7 


0^4 


10 19 


4 58 


7 9 


8 


1 13 


10 53 


4^ 


7 7 


9 


2 9 


11 38 


5 


7 6 


10 


3 2 


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5 2 


7 3 


11 


3 51 


= 18 


5 3 


7 1 


12 


4 36 


1= 9 


5 5 


6 59 


13 


5 16 


2' 5 


5 6 


6 57 


14 


5 52 


3 7 


5 8 


6 55 


15 


6 25 


4 13 


5 9 


6 53 


16 


6 56 


5 22 


5 10 


6 51 


17 


7 27 


6 34 


5 11 


6 49 


18 


7 58 


7 48 


5 13 


6 47 


19 


8 30 


9 2 


5 15 


6 45 


20 9 4 


10 16 


5 16 


6 43 


21 


9 42 


11 28 



FOIRES 

du Département. 



!• Noyers, 

4' Toucy., 
6. 411 serre- 



10. cou!. -s- Yonne. Juiijny,Ver- 
menton. 

19. Pruiioy, St-Martin-des-Ch. 
i3. SaiQl-Floretitin, Qtttcré. 



16. Cfaeiiy, Conrson, N'eaidy, 

J'trreui. Voul , Bavière . 
Seignelay, Vil-s.-Y. 

17. Avf.y-siir Cure, 

18. Vézcliiy 



ao. Ligny Vincellus 
ti. Saint Cyr. 

aa. Hogriy, 

a4. L'isle, Ncuvy, IVrreuhe 

b5. Chàtel-C, Leugny. Muligoy 
Sl-Julien-du-S., VilIen-la-G 

37. Tonnerre 

b8. Cerisiers, Chablis, Tanlay, 

Vfnneaf 
89. Avallon, Chéruy 
5o AppoîgDy,Champlosl,Lafcrlé- 

Loupièr*». •Mailly-C,Venizy, 
5i, Cussy-lesoForges 



D. Q. le 3, à 7 h. 27 m. du soir. P. Q. Je 4 8, à § h. 25 m. du mat. 
N. L. le 10, à 2 h. 46 m. du soir. P. L. le 26, à 3 h. 43 ^». du mat. 



13 



SEPTEMBRE. 



Les jours décroissent pendant ce mois de 1 heure 42 minutes. 



'23 



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S 

»-9 



FÊTES. 









sam. 

DlM. 

lundi 
mard 
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lundi 
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sam. 

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sam. 

DlM. 

lundi 

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merc 

jeudi 

Vend 

sam. 

Dm. 



1 
2 
3 
4 

6 
7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
11$ 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 



s Loup, év. 
s Etienne, roi 
s Grégoire, p. 
s Honulpbe 
s Laurent-Just 
s Eugène, m. 
sle Béate, v. m. 
Nativité de la V. 
s Gorgon, m. 
s Nicolas de ï, 
s Hyacinthe. 
s Raphaël 
s Amat 
Ex. d. 1. 8te G. 
sNicomède,m. 
8 Cyprien, év. 
s Lambert 
s Joseph de C. 
s Janvier 
s Eustacbe 
s Mathieu 
s Thomas de V. 
s Lin, pape 
N. D. de la M. 
La 8. Rédempt. 
s Aunaire, év. 
ss Gôme et D 
sWences1as,ra. 
Dédicace 8 Mie. 
s Jérôme, pr. 



m 



h 

5 17 
5 19 
5 20 
5 22 
5 23 
5 25 
5 26 
5 27 
5 29 
5 30 
5 32 
5 33 
5 34 
5 36 
5 37 
5 39 
5 40 
5 42 
5 43 
5 44 
5 46 
5 47 
5 49 
5 50 
5 52 
5 53 
5 55 
5 56 
5 57 
5 59 



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35 



9 

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FOIRES 

du Département. 



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Il m 


6 41 


22 


101.26 


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6 39 


23 


11 17 


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6 37 


24 


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2 43 


6 35 


25 


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3 35 


6 33 


26 


1|17 


4 19 


6 31 


27 


2 24 


4 57 


6 29 


28 


3 32 


5 30 


6 27 


29 


4 40 


6 


6 25 


30 


5 47 


6 38 


6 23 


1 


6 53 


6 55 


6 21 


2 


7 58 


7 22 


6 18 


3 


9 1 


7 50 


6 16 


4 


10 2 


8 20 


6 14 


5 


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8 53 


6 12 


6 


11 58 


9 30 


6 10 


7 


0S52 


10 12 


6 8 


8 


1^42 


10 59 


6 6 


9 


2 28 


11 52 


6 4 


10 


3 10 


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6 2 


11 


3 48 


0360 


5 59 


12 


4 23 


li53 


5 57 


13 


4 55 


3 1 


5 55 


14 


5 25 


4 13 


5 53 


15 


5 56 


5 27 


5 51 


16 


6 28 


6 42 


5 49 


17 


7 3 


7 58 


5 47 


18 


7 41 


9 13 


5 44 


19 


8 24 


10 27 


5 42 


20 


9 13 


11 37 


5 40 


21 


10 9 


0?40 








** 



1. St-Sauveur, Sen« Toucy 
9. Brienon, 
5. Auxerr*:, 

5. Gravant, 



7, Cruzy. Piffunds Vermenton 

8. Bussy^en-Othe 

g. Anqr- le- Franc, Les Ormes 

10. Ma.Uy la-VUle.St-Cyr-les-C. 
Jonz.-la-Ville 

11. Arlbonnay Chailley. 

i«. CouIanges-l-Vio., Ravières, 
Thorigrjy 

i4' Joigny,Véz«!lay 
i6. Ferreux, S t Valérie o 



i8 Daaneraoine 
ig. Ârlhoonay 

fli. Noyers, Saint-Fargeau, St 
Marti a- d'OrdoD, Sens 



s6. Thury, Villefranche 
87. Chastellax 

sg. CiianipigneUes, Guilloo, Le 
Dedàad (Saints^, Neu>y-S. 
ViIleoeuve-rArcbevéqu3 

Sp. Tonnerre 



D Q. Ie2 à Oh. ^8m. du mat. 
N. L. le 9, è 2 h. 24 m. du mat. 



P. Q. le n, à 3 h. 38 m. du mat. 
P. L. Ie24, à 2 h. 45 m. du soir. 



OCTOBRE. 


Le. jonr» dteroisient pendant ee mole de 1 heure 5 mlmaet. 


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FÊTES. 







Il 


FOIRES 


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da Département. 


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3 Bémi, p. 


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.. luicrri-. Joisr.1, Ij. Cdle-S(- 




ssAnçes gard. 


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S 36 


23—'- 


2 20 




s Denis Aréop. 


6 3 


8 31 


24 = 16 


2 89 






s Franc. i'Xsa. 


6 5 


S 32 


as lé23 


3 3 






s Format, d. 


6 e 


8 26 


26 2^30 


U 31 


S. Qiurr* 




s Bruno 


6 8 


5 28 


27 3 36 


Il 38 






a Marc, pape 


6 


8 26 


28 4 42 


4 58 






sic Brigitte 


6 Jl 


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Q9 S 4« 


5 24 


B. Floenj, Fainli^-Pjlliijp 




sDenis, év. 


6 12 


s 22 


1 6 49 


3 51 


g. DnijTBi, GraiiJrlan.p. I.MI.^ 




s François B. 


6 1* 


3 20 


■2 7 H 


ti 20 






Maternité S. V. 


6 15 


SIS 


3 8 31 


6 32 






sWilfrii. 


8 17 


Sis 


4 9 49 


7 27 






8 ÉdonardiCon. 


6 18 


S13 


3 10.44 


8 6 






sCalixte, p. 


6 2(1 


3 il 


6 10-35 


8 30 






ste Thérèse, v 


6 il 


8 a 


7 22 


9 40 


.5. *ppûignj, Cerlilrrt, T«l- 




s Salve 


6 23 


3 7 


8 1 5 


10 88 


.i.lT,-'^^"""^' 




ste Hedwige 


6 28 


8 8 


g 1 44 


H S7 


.7. Et.le . 




s Luc, cvang 


6 26 


8 4 


10 2 19 




ig. BEéi.rau, minur. Vfclaj 




3 Savinien 


6 28 


a -2 


Il 2 SI 


0.41 


iï.Ché.ii,,Si-Juli.n,,SelgDcb> 


sJeandeKanty 


6 3t 


3 


12 3 22 


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s l'ierre d'Alc- 


6 32 


4 88 


13 3 63 


3' 






s Mellon, èv. 


8 34 


4 86 


14 4 24 


4 14 






sHitarinn 


6 3J 


4 81 


15 4 87 


3 31 






s Raphaël arc 


6 33 


4 32 


16 3 34 


C 86 


5 n n Po.il-.ur-ïlllM"i! 




Patronage s.V 


6 37 


4 81 


17 6 16 


8 7 


L im!itt " ' 




s Evraiste, p. 
sBomain.Ar. 


6 39 


4 49 


18 7 8 


9 20 






6 40 


4 47 


19 8 


10 28 


(«.' Buiiv-en-OIhc, CbiTDv 1 j 




ss Simon et Judes 


6 42 


4 48 


20 9 1 


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Ri.viè,.., SL-C,.-I«-C'!u... 




sie Eusébie, v 


6 43 


4 44 


21 10 7 


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„. ;v,ll«,., S-ini.FL«.nllu 






6 43 


4 43'22!11 13 


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s Qiientin,V.J, 


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4 40 23! 1 1 30' m=nlon j 


D lel i,6h.l8m,dunint. p. L. Ie2i, àO h.22i». dn mat. 
Sl1»8 i°5 1i. Sm.dn.olr. D. Q. le 30, à 2 h. 55 m. do Mr. 


P.Q 


.le 


16, à 9 h. 3î 


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II 



45 







NOVEMBRE. 



Les jours décroissent pendant ce mois de A heure 49 minutes. 



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FÊTES. 







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FOIRES 

du Dépaitement. 



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jeudi 
vend 
sam. 

DlM. 

lundi 
mard 
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ijeudi 
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DlM. 

lundi 
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Vend 
sam. 

DlM. 

lundi 
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vend 
sam. 

DlM. 

lundi 
mard 
merc 
Ijeudi 
vend 



1 Toussaint. 

2 Les Morts. 

3 s Hubert, év. 

4 s Charles Bor. 

5 ste Berthilde 

6 s Léonard, er. 

7 s Willebrod. 

8 s Godefroi 

9 Déd. Basilique 

10 sAndréAvellin 

11 s Martin, év. 

12 s Martin,pape. 

13 s Didacc 

14 ste Marie B/ 

15 sle Gerlrude 

16 s Ëdme, p. 

17 s Grégaire Th. 

18 Déd. Basil. S.P 

19 ste i:i sabeth ce H 

20 sFélix deValois 

21 Présentation V 

22 ste Cécile, v. 

23 s Clément, p. 

24 s Jean de la C. 

25 ste Catherine 

26 s Piene d'Al. 

27 s Siméon. 

28 s Sostbène 

29 s Saturnin 

30 s André, a p. 



in 



Il m 



7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 

7 



4 

6 
7 
9 
11 
12 
14 
15 
17 
18 
20 
21 
23 
24 
26 
27 
29 
30 
31 
33 



26 
27 
28 
29 
1 



6 48 4 39,24 
6 50^4 37 25 
6 5l|4 35 
6 53|4 34 
6 55 4 32 
6 56'4 31 

6 58'4 29 

7 0:4 28 
l|4 26 
3 4 25 

4 23 
4 22 
4 21 
4 20 
4 18 
4 17 
4 16 
4 15 
4 14 
4 13 
4 12 
4 11 
4 



4 
4 
4 
4 
4 
4 
4 



10 
9 

8 
7 
7 
6 
5 
5 



2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 



n m 

0122 
15 28 

2 33 

3 37 

4 40 

5 42 

6 43 

7 42 

8 38 

9 31 

10 20 

11 5 
11 44 

O5I9 
0-51 



n m 

25 7 
2*^35 
3 2 



3 
3 



28 
55 



1 
1 
2 
2 
3 
4 
4 



4 23 
4 51 



5 
6 



26 
3 



21 
50 
20 
51 
25 
4 
50 



5 44 
H 44 

7 50 

8 59 

10 9 

11 18 

Os25 



6 45 

7 33 

8 26 

9 24 

10 26 

11 31 



0?38 
1=48 

3 2 

4 19 
37 
53 

6 



1. Pontigoy 

«. Ncailly. ^feuvy, Villen.-s-Y 

S. Sergines Toucy. 

4. Cou 9vn, 

5. Auxerre, Noyers 



8 LMde, Sl-Fargeau. 
Jg. Coulanges-snr-Y. 

10. Aillant, Cussy-les-FoTges* 

11. Auxerre 
19. St-Martia-des-Gb., Sépaiu, 

Toanerre 
i3. Lainsecq 
14. Arcy -sur-Cure 
i5. Yézelay 

16. Ferreux 



18 vallon, Sougèrt* 



5 
6 
8 

9 12 
10 9 

10 57 

11 37 
O2.II 
0"40 
1 7 



«3. Champlost, Vermeaton 

aS. BricuoQ , Coula nges'la •Tin 
La Ferté-Loupière, Perreoie 

a/. Sl-FIoreutin 

ig. Chasiellus 

So. Champigndles , Maligny , 
Ouaine, Sens 



N. L. le 7, à iô h. 34 m. du mat. P. L. le 22, à 40 h. 24 m. du mat. 
P. Q. le 45, à 2 h. 16 m. du soir. D. Q. le 29, à 3 h. 44 m. du matin. 



DÉCEMBRE. 

Lesjonrs décroissent de 21 minutes jusqu'au ^8 etcroisBent ensuite 
de 5 minutes jusqu'au Zi . 


i! 


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FÊTES. 


^1 


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FOIRES 
du DéparUmenl. 


§am. 
Ln*di 


I 

2 
3 


s Ëtoi, év. 
sle Bibiane 
Àveni. 


7 34 
7 35 
7 37 


4 425 1 = 30 1S33 
4 4 26 2j33 1-89 
4 3 27 3 38 2 26 


a. AuMtte. Jpiii-l-v. vil[,.l G. 



In. L. le I, a 5 ti. 34 m. du mat. F. L. le 21 . à 8 b. 43 m. du sofr. Il 
P. Q. le <5, a 4 h. Bl m. du mat. D. Q. le 28, à 7 h. 33 m. du soir.i 



n 



AGENDA MUNICIPAL. 



JANVIER. 

Dan^ les premiers jours, publication des rôles des contributions directes. 

Le i''' Dimanche, séance des conseils de fabriques. (Décret du 90 déc. 1809). 

Dans le mois qui suit la publication des rôles de prestations pour les chemins 
vicinaux, les contribuables doivent déclarer au maire s'ils entendent s'acquitter en 
nature, faute de quoi ils seront obligés de payer en argent. (Loi du 24 mai f 836). 

Première dizaine. 

Le maire reçoit du receveur municipal et vise le bordereau détaillé présentant la 
situation de la caisse municipale à la fin du trimestre précédent. 

Délivrance du mandat de traitement de l'instituteur, de Tinstitutrice et des autres 
employés communaux. 

Présentation du répertoire des actes administratifs au receveur de l'enregistre- 
ment. (Loi du 22 frimaire an vu, et 15 mai 1818). 

Envoi par le Maire, au receveur de l'enregistrement, de la notice des décès arrivés 
dans la commune pendant le dernier trimestre. (Loi du 22 frimaire an vu). 

Délivrance des certificats de vie des enfants trouvés et abandonnés. 

Envoi par le maire, au çréfet et aux sous-préfets, des actes de décès survenus 
pendant le trimestre précédent parmi les membres de la Légion d'honneur, les dé- 
corés de la médaille miilitaire et les pensionnaires de l'État. 

Envoi, au préfet et aux sous-préfets, de la liste nominative des condamnés libérés 
assujettis à la surveillance, décédés pendant le trimestre précédent. 

Revision des listes électorales. 

Le maire envoie à la sous-préfecturé le certificat d'exercice de l'instituteur pour 
le semestre écoulé. 

Envoi par le percepteur à la sous -préfecture de la liste en double des presta- 
taires qui ont opté pour le travail en nature. Envoi du relevé sommaire de l'em- 
ploi des prestations soit en argent, soit en nature, définitif pour l'année précé- 
pente et provisoire pour l'année courante. 

Première quinzaine. 

Dépôt à la mairie des listes électorales révisées ; publication par voie d'affiches 
de ce dépôt. 

Envoi au sous-préfet des listes et des certificats constatant le dépôt et la publi- 
cation. 

Expiration du délai fixé pour la déclaration à faire par les possesseurs de 
chiens. 

Les percepteurs rédigent et déposent, à la sous-préfecture, les listes, en triple 
expédition, des plus imposés de chaque commune. 

Les administrations des établissements de bienfaisance envoient au préfet les 
états trimestriels de la population des hospices et du nombre des indigents secourus* 
(Instr. 8 février 1823). 

Recensement, 
année, 

Envoi an Sous-Préfet de l'un des doubles dii tableau de recensement dressé par 
le maire. Publication et affiches dans la commune du tableau de recensement. 

Dans le mois. 

Du 15 au 31 janvier, les maires et les répartiteurs, assistés dupercepteur des con- 
tributions directes, rédigent un état-matrice des personnes imposâmes pour les chiens. 

Le 20 janvier^ publication de la loi prescrivant Téchenillage. 

Les maires reaigent des tables alphabétiques pour chacun des registres des actes» 
de l'état civil de l^nnée précédente, puis ils envoient un des doubles registres au 
greffe du tribunal, avec le rejgistre de publications de mariage, et déposent l'autre 
double aux archives de la mairie. (C. N. 45). Ils doivent~y joindre le relevé du mou- 
vement de la population de leur commune pendant l'année précédente. 

1866. 3 




18 



Les maires des chefs-lieux de canton déposent au greffe un double du registre des 
engagements volontaires pendant Tannée expirée ; Tautre double est déposé aux 
archives de la mairie, (toi du 21 mars 1832). Ils envoient à l'intendant militaire un 
état nominatif des engagements volontaires qu'ils ont reçus pendant Tannée précé- 
dente. 

Les greffiers des tribunaux de police envoient aux receveurs de l'enregistrement 
l'extrait des jugements de police rendus dans le trimestre précédent (Ordonnance 
du 30 décembre 1823), et portant condamnation à l'amende seulement. 

Les greffiers des tribunaux de police correctionnelle et de simple police envoient 
au Prelètles extraits des jugements rendus pendant le semestre précèdent. (/40t||}. 

Enlèvement des neiges et glaces. 

Confection du tableau des mercuriales. — Chaque quinzaine, il doit être envoyé 
un de ces états au préfet. -— MM. les Maires doivent aussi, chaque mois, réunir et 
annoter tous les documents propres à éclairer la commission de statistique per- 
manente. 

Réunion et conservation en volumes des cahiers du Bulletin des lois et des» divers 
recueils administratifs appartenant à la commune. 

Convocation individuelle pour la session de février : l'époque en est &îiée par le 
Préfet. 

Envoi au Sous-Préfet des tableaux du mouvement de la population pendant Tan- 
née précédente. 

fiemise aux instituteurs communaux, des imprimés sur lesquels doivent ètredressés 
les rôles de la rétribution scolaire. Pareille remise est faite aux ifistitatrioes et aux 
directrices des salles d'asile pour les rétributions qui leur sont propt«s. 

Envoi au sous-préfet de la liste des répartiteurs. 

Le maire annote sur le tableau de recensement les décisions du conseil de révi- 
sion insérées dans la liste d'émargement, concernant les jeunes gens de la classe 
de 1864^ puis il affiche cette même liste. 

Arrête prescrivant Télagage et le récepage des arbres et des haies. 

Envoi de l'état certifié de vaccine pour Tannée écoulée. 

Publication d'un avis faisant connaître le jour fixé par le Préfet pour la vérification 
des poids et mesures. 

Le maire visite les prisons qui existent dans sa commune, dette visite se renou- 
velle tous les mois au moins une fois. 

Le facteur rural est tenu de prendre, au moins deux fois par an, en présenee 
du maire, Tempreinte du timbre qui est fixé à demeure dans la botte aux lettres de 
chaque commune. 



FÉVRIER. 

Première quinzaine. 

Première session ordinaire des conseils municipaux. (Loi du 15 mai 185&)* 

Les conseils municipaux doivent délibérer pendant cette session sur le taux de la 
rétribution à percevoir pendant Tannée suivante, dans les écoles publiques mixtes 
et de garçons et les salles d'asile, et sur chacune des q[>érations financières relatives 
à l'instruction primaire. Le conseil fixe en même temps, s'il y a lieu, le taux de la 
rétribution pour les écoles publiques de filles. 

Dans les huit premiers jours, rapport du maire au sous- préfet sur le service ad- 
ministratif et la surveillance des prisons, s'il en existe dans la ville. 

Le maire doit recevoir du receveur municipal le bordereau récapitulatif des re- 
cettes et des dépenses effectuées pendant le mois expiré. Cet envoi se renouvelle 
dans les dix premiers jours de chaque mois pour celui qui vient de finir. 

Dans cette quinzaine doit se faire Téchenulage des arbres, conformément à la 
loi du 26 ventôse an iv. 

Du 1** au 15 février, le percepteur adresse au directeur des contributions les 
états- matrices, pour servir ae base à la confection des rdies. 



19 

Dans le mois. 

lies maires publient l'arrêté de clôture de la chasse, dès qu'il leur est parvenu. 

Les percepteurs remettent au receveur des finances : 

f^ Les états, en double expédition^ des cotes irrécouvrables et les états des restes, 
à recouvrer sur les contributions directes et sur les frais de poursuites de l'année 
qui vient de s'écouler; 

2° Les comptes de gestion des recettes et dépenses municipales de l'année pré- 
cédentCj^ pour être vérifiés. 

EnYoï au préfet, chacpie quinzaine, du tableau des mercuriales. 

Arrêté prescrivant l'elagage des arbres et haies vives et le curage des fossés qui 
bordeiit les chemfns vicinaux. Il est utile que cet arrêté ne soit pas pris à une date 
postérieure. 

Avant le 28, les percepteurs déposent aux archives de la préfecture les rôles et les 
états de frais de poursuites qui ont plus de trois ans. 

Envoi par le maire au prélet ou sous-préfet, des résultats des travaux de la session 
trimestrielle. 

Lqs maires prescriventles mesures convenables dans l'intérêt des mœurs et de 
la sûreté publique pendant les divertissements du carnaval. 

Visite générale des fours et cheminées. Cette opération doit être faite avec le 
plus grand soin. 

J>ernier délai pour le paiement de la taxe d'affouage de l'année précédente, préa- 
lablement à la remise, par le receveur municipal, de la liste des habitants en retard 
de se libérer. 



MARS. 

Envoi par le receveur municipal au maire du bordereau récapitulalif des recettes 
et des dépenses pour le mois précédent. 

Le 15, clôture de l'ordonnancement des dépenses de l'exercice I8C5, pour' les com- 
munes et les établissements dé bienfaisance (Ordonnance du 24 janvier 1843). 

Le 31 , clôture du paiement des dépenses de l'exercice 186d, pour les communes et 
les établissements de bienfaisance (Ordonnance du 24 janvier 1843). 

Le percepteur dresse immédiatement, de concert avec le maire, l'état de situation 
devant servir de compte administratif ae l'exercice clos. Dans les communes impor- 




figurer à la première 
de l'exercice courant. 



Pendant le mois. 



Trois mois après la publication des rôles, le) percepteurss remettent au receveur 
des finances les états des cotes indûment imposées aux rôles de l'exercice courant. 

Echenillage'. Les maires visitent, le territoire et font procéder d'oKice à l'échenil- 
lage aux dépens de ceux qui l'ont négligé (Loi ventôse an vir), et prescrivent les 
mesures nécessaires pour favoriser, s'il y a lieu, l'écoulement des grandes eaux. 

Les percepteurs déposent aux sous-préfectures les rôles de 1864. 

Clôture définitive des listes électorales et envoi à la préfecture des tableaux de 
rectification. 

Remise à l'instituteur, au garde champêtre et aux divers agents salariés de la 
commune, de leur mandat de traitement pour le trimestre écoulé. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 

Le tableau des vaccinations pratiquées dans la commune pendant l'année der- 
nière est envoyé à la préfecture. 

Publication de Tépoque du travail des prestations. 

Envoi par les maires au sous-prétet, des mercuriales relatives aux fourrages, de la 
liste des contribuables les plus imposés et des propositions pour le choix des com- 
missaires-répartiteurs. 



20 

AVRIL. 




reunions 

attenant - . ^^ — , j^ ^ — 

fabrique. (Décret du 30 décembre 1809, art. vu). Nomination du président et du se- 
crétaire du conseil {idem, ix). Règlement des comptes de gestion de 1865, budget 
de 1867. Envoi de ces documents à la mairie et à l'archevêché. 

Terme de toute demande en décharges, réductions, remises et modérations, sur 
les contributions directes. 

Knvoi au maire, par le receveur municipal, du bordereau trimestriel de la situation 
de la caisse. 

Première dixaine. 

Présentation du répertoire des actes administratifs au receveur de l'enregistrement. 

ËuToi au receveur de Tenregistrement de la notice des décès survenus pendant 
le trimestre précédent. 

Délivrance des certificats de vie des enfants trouvés ou abandonnés. (Instruction 
du 8 février 1823). 

Envoi à la préfecture et dans les mairies, par les receveurs, d*un exemplaire de 
rétat de situation et de l'état des restes à recouTrer et des restes à payer de l'exer- 
cice clos. Ce dernier document 6st dressé de concert entre le receveur et le maire. 

Envoi, sur papier libre, par le maire au préfet et aux sous-préfets, des actes des 
décès survenus parmi les membres de la Légion -d'Honneur pendant le dernier tri- 
mestre. 

Envoi au Préfet et aux sous-préfets, de la liste nominative des condamnés libérés 
assujettis à la surveillance, décédés pendant le trimestre. 

Les commissions administratives des établissements de bienfaisance doivent se 
réunir dans les premiers jours d'avril dans une session annuelle qui a pour objet, 
en ce qui concerne les hospices et bureaux de bienfaisance: / 

1** L'examen du compte a ordre et d'administration rendu par l'ordonnateur des 
dépenses pour l'exercice précédent, clos le 31 mars de cette année. 

2" L'examen du compte en deniers, rendu par le receveur de l'établissement pour 
le môme exercice. 

3" La formation du budget de Tannée prochaine. 

Deuxième dizaine. 

Convocation des conseils municipaux pour la session de mai. 

Remise par le percepteur du compte de gestion de 1865. 

Avant le 15, appréciation parle maire ou par l'agent-voyer des dépenses à faire sur 
les chemins vicinaux de la commune. L'agent-voyer remet le tarif de conversion des 
prestations en tâches au maire, qui doit le communiquer ou conseil municipal. 

Troisième dizaine. 

Préparation du budget de 1866 et des chapitres additionnels au budget de 1865. 
Convocation (lorsqu'il y a lieu) des plus imposés pour la fin de la session de mai. 
Avis de l'époque du travail des mutations. 

Pendant le mois. 

Les greffiers des tribunaux de police envoient aux receveurs de l'enregistrement 
l'extrait des jugements rendus pendant le trimestre précédent et prononçant des 
amendes, pour qu'ils en fassent le recouvrement. (Ordonnance du 30 décembre 1823). 

Réunions du printemps des comités de vaccine. (Arrêté du Préfet du 23 oct. 1824). 

État trimestriel du mouvement de la population des hospices et des indigents 
secourus par les bureaux de bienfaisance. 

Envoi a la mairie du travail des commissions hospitalières et de bienfaisance pen- 
dant la session de ce mois. 

Les bacs et bateaux de passage existant dans la commune sont visités par lo 
maire, de concert avec l'ingénieur des ponts-et-chaussées. 

Nomination des cinq commissaires-répartiteurs dans chaque commune. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 



24 



OuTerture de la session de mai, aux époques déterminées par M. le préfet. La 
session dure 10 jours. 

Le premier jour, règlement du compte de gestion du percepteur pour 1865. Au- 
dition du compte administratif de l'exercice 1865. Règlement des chapitres addi- 
tionnels au budget de 1865. Exposé du budget de 1867. Examens par les conseils 
municipaux, s'il y a lieu, des comptes et budgets de fabriques, hospices et bureaux 
de bienfaisance, 

Le deuxième jour, continuation de la session. Formation du budget de 1H66. 
Fixation de la taxe anoua^ère et des autres taxes communales ou de police. Vote 
des prestations et des centimes pour les chemins. Vote de centimes pour l'instruc- 
tion primaire. 

Le troisième jour, fin de la session, vote d'impôts pour les dépenses ordinaires 
ou extraordinaires de 1867, etc. Clôture de la session. 

Le maire renvoie au conseil de fabrique un doub!e des budgets de l'établisse- 
ment religieux pour 1867 et des comptes de 1865, ainsi que les pièces à l'appui de 
ces comptes. Le conseil de fabrique les adresse à l'archevêque. 

Envoi au préfet et aux sous préfets des budgets et de toutes les pièces ^ui s'y 
rattachent ainsi que des votes d'impôts, faute de quoi il ne sera pas donne suite 
à ceux-ci. Cet envoi doit être fait avant le 20. 

Les percepteurs reprennent leurs comptes de gestion qu'ils avaient déposés à la 
mairie. 

Publication du règlement pour les mesuras à prendre contre les chiens^ errants. 

Le receveur municipal adresse au maire l'état récapitulatif sommaire de ses 
opérations pendant le mois écoulé. 

Pendant le mois. 

i 

Tournées des contrôleurs des contributions directes pour les mutations. 

Les maires doivent avoir soin d'en publier l'avis, sitôt qu'il leur est parvenu. 

Les maires des communes rurales dressent l'état des individus à vacciner. 

Les créanciers du département sont prévenus que c'est le 3f mai qu'expire le 
délai d'ordonnancemnt aes dépenses de l'exercice 1864, et que celui des paiements 
expire au 30 juin. (Ordonnance du 4 juin 1843). 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tibleau des mercuriales. 



JUIN. 

Première quinxaine. 

La récapitulation sommaire des opérations financières du mois écoulé est remise 
au maire par le receveur municipal. 

Les maires des communes et les administrateurs des établissements propriétaires 
de bois, doivent envoyer aux préfets lés propositions de coupes extraordinaires. Si 
cet envoi n'est pas fait avant le 15 ^uin, la proprosition et le décret, qui peut en 
être la suite, sont reculés d'une année. 

Prendre toutes les mesurée de sûreté pour qu'il n'arrive point d'accidents aux 
baigneurs. 

Surveiller la récolte des foins et prendre aussi à cet effet toutes les mesures de 
police jugées nécessaires. 

Dans le mois. 

Les receveurs municipaux envoient à la préfecture leur compte de gestion et les 
pièces à l'appui. 

Rédaction, par MM. les maires, de la liste des affouages. 

Les maires font connaître au préfet le nombre des feuilles de papier présumées 
nécessaires pour les registres de l'état civil de l'année suivante. 



22 

Les maires doivent prendre les arrêtés nécessaires pour que les habitants fassent 
arroser le devant de leors maisons, et pour que les chiens soient muselés ou tenns 
en laisse pendant la durée des grandes chaleurs. Autres mesures de salubrité et 
de sûreté, cniand elles sont jugées nécessaires. 

Remises des mandats de traitement à tous les agents salariés de la commune. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 

Dans les localités im[)ortantes, et lorsquMl y a lieu, le maire fait procéder dans 
ce mois et dans les mois suivants à Parrosement des rues et des places pubUques. 

Publication du règlement concernant les baigneurs en pleine rivière. 



JUILLET. 

Le premier dimanche, session trimestrielle des conseils de fabrique (Décret du 
28 décembre 1809). 

Ordonnancement des traitements des employés communaux pour le trimestre 
écoulé. 

Première dizaine. 

Les receveurs des communes et des hospices dressent l'état trimestriel de situa- 
tion de caisse. Ils doivent en remettre une copie aux maires ou ordonnateurs. 

Envoi au receveur de l'enregistrment de la notice des décès survenus pendant le 
trimestre. 

Visa du répertoire des actes soumis à l'enregistrement. 

Envoi sur papier libre, par le maire, aux préfets et aux sous-préfets, des actes 
des décès survenus parmi les membres de la légion d'honneur et les décorés de 
la médaille militaire pendant le dernier trimestre. 

Le maire envoie à la sous-préfecture le certificat d'exercice de Tinstituteur pour 
le trimestre écoulé. 

Pendant le moit. 

Les maires envoient aux sous-préfets les certificats de vie des enfants trouvés 
et abandonnés placés dans leur communes, et l'extrait des jugements de police por- 
tant peine d'emprisonnement et rendus dans le trimestre précédent. 

Les greffiers oes tribunaux de polii^ envoient aux receveurs de Tenregistrement 
l'état irimestriel des jugements rendus eu matière de police municipale, et portant 
condamnation à des amendes. 




Préfet. 

Envoi au préfet et aux sous-préfets de la liste nominative des condamnés libé- 
rés assujettis à la surveillance, décèdes pendant le trimestre. 

Envoi du rapport sur l'état des récoltes. 

Convocation, par lettres individuelles, des membres du conseil municipal pour 
la scision d'août, dès que l'époque en est fixée par le préfet. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 

Prise, par les facteurs ruraux, de l'empreinte du timbre qui est fixée à demeure 
dans la boite aux lettres de chaque» cQpijmuwe. Le maire doit être présent à cette 
opération. 

Publication de la liste des habitants ayant droit à l'affouage. 



23 

Première quinxainê. 

Session trimestrielle et légale des conseils municipaux. 

lj)s crédits restant à voter pour 1865 doivent l'être dans cette session. 

Les conseils municipaux arrêtent la liste des enfants qui doivent être reçus 
gratuitement dans les écoles communales. Sur cette liste doivent figurer tous les 
indigents en âge de fréquenter les écoles. Elle doit par conséquent comprendre 
les enfants trouvés ou aoandonnés placés dans la commune. La même opération 
doit avoir lieu pour les salles d'asile publiques, dans les communes où existent 
ces établissements. 

Approbation de la liste d'affouage et examen des réclamations. 

Remise au maire, par le receveur municipal, de la récapitulation mensuelle. 

Pendant le mois. 

Dépôt à la mairie de l'état nominatif de tous les contribuables, habitants assu- 
jettis à ia patente. Cet état, où doivent être consignées toutes les réclamations 
faites pendant les 10 jours de son dépôt, doit, à Texpiration de ce délai, être ren- 
voyé au contrôleur. 

Publication de l'arrêté du préfet (ixant l'ouverture de la chasse et des prescrip- 
tions locales. Les maires doivent prendre de leur côté, et faire exécuter sur leur 
territoire respectif, toutes mesures propres à assurer la sécurité publique et la 
conservation des récoltes sur pied. 

Envoi au Préfet, chaque qumzaine, du tableau des mercuriales. 

Envoi à la sous-préfecture de ia liste des afibuagistes. 



SEPTEIBRE. 

Première quinxaine. 

Le bordereau mensuel de la situation de la caisse est remis an maire par le 
percepteur. 

Avant le 10, le maire reçoit de la préfecture les procès-verbaux d'estimation 
des coupes affouagères de l'exercice. 

Pendant le mois. 

Ban de vendanges. Les maires, après avoir consulte les prud'hommes, prennent 
un arrêté pour fixer l'ouverture soit facultative, soit obligatoire des vendanges. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 

Remise à l'instituteur, au garde champêtre et aux autres agents salariés de la 
commune, de leur mandat de traitement pendant le trimestre. 

Soumettre à l'approbation du sous-prefet le projet d'adjudication de la coupe 
affouag^re. 

Fixer par un arrêté le jour où commencera le grappillage. 

Les maires rappelleront que le concours d'admission à l'école impériale d'agri- 
culture ouvre le 1er octobre, et que les demandes d'inscription doivent être adres- 
sées à la préléotnre avant le 15 septembre. 

Avant le âO, les observations des conseils municipaux et des commissions admi- 
nistratives sur l'estimation de la coupe afl'ouagère doivent parvenir à la préfecture. 



24 

OCTOBRE. 

L'état trimestriel des recouvrements du percepteur est visé et l'encaisse constaté 
par le maire du chef-lieu de perception. 

Le premier dimanche, session trimestrielle des conseils de fabrique. (Décret du 
30 décembre 1809). 

Première dizaine. 

Le bordereau trimestriel de la situation de la caisse est remis par le receveur 
municipal au maire. Ordonnnancement des traitements des employés communaux. 

Le répertoire des actes soumis à l'enregistrement est présenté au visa du receveur. 

Envoi sur papier libre, par le maire, au préfet et aux sous-préfets, des actes de 
décès survenus parmi les membres de la Légion d'honneur et des décollés de la 
médaille militaire pendant le dernier trimestre. 

Délivrance des certificats de vie des enfants assistés. 

Pendant le mois. 

Du 1er actobre de chaque année au 15 janvier de Tannée suivante, les posses- 
seurs de chiens devront faire a la mairie une déclaration Indiquant le nombre de 
chiens et les usages auxquels ils sont destinés, en se conformant aux distinctions 
établies en l'article premier du décret. 




judication. 

Les greffiers des tribunaux de simple police envoient aux receveurs de l'enregis- 
trement l'état des jugements rendus pendant le trimestre précédent, et portant con- 
damnation à l'amende. 

La notice des décès survenus pendant le trimestre est envoyée par les maires 
aux receveurs de l'enregistrement. 

Les percepteurs envoient au préfet le compte des impressions fournies aux 
communes et au receveur général leurs demandes d'imprimé s pour Tannée suivante. 

Envoi au préfet et aux sous-préi'ets de la liste nominative des condamnés libérés 
assujettis à la surveillance, décédés pendant le trimestre. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 

Le maire se prépare pour prendre part aux travaux de la commission, qui* sur 
la convocation du juge de paix, doit se réunir au chef-lieu de canton, dans la 
première huitaine du mai de novembre. 



ROVEMBRE. 

Pendant le mois. 



Le maire reçoit du percepteur la récapitulation sommaire des opérations finan- 
cièees effectuées pendant le mois d'octobre. 

Le 1er, terme de rigueur pour l'envoi au souspréfet ou au préfet des pro- 
positions de travaux à faire aux édifices diocésains, et portant demandes de 
secours à l'Etat. (Inst. min. du 10 juin 1853). 

Session trimestrielle et légale des conseils municipaux. Cette session étant la 
dernière de Tannée, c'est Toccassion de jeter un coup d'œil en arrière et de songer 
à régulariser les parties du service communal dont on n'aurait pu s'occuper pré- 
cédemment. 

Vote sur la vente ou la distribution des coupes ordinaires des bois communaux 
de Texercice suivant et sur la fixation du vingtième revenant au trésor sur le 
produit des coupes de bois délivrées en affouages. 

Réunion d'automne des comités de vaccine. 



25 

Les maires procèdent an renouvellement des baux qui sont près d'expirer. Us 
doivent faire laser les actes de vente ou de location par le receveur de Fenregis- 
trement, dans les vingt jours de l'approbation préfectorale. 

Les percepteurs procèdent au recouvrement des rôles d'affouages qui leur ont 
été envoyés aj^prouvés, Ils font parvenir des avertissements individuels à toutes 
les personnes inscrites sur les rôles, et, lorsque le délai de recouvrement est ex- 
piré, ils remettent au maire un état général des contribuables qui ont payé la taxe. 

Les états de situation des caisses d'épargne doivent être envoyés au préfet, au 
plus tard, dans la première dizaine de novembre. 

Visite générale des fours et cheminées pour s'assurer que le ramonage a été 
effectué et que toutes les précautions ont été prises pour éviter les incendies. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 

Publication des rôles de prestation en nature pour les chemins vicinaux. Le 
maire certifie cette publication sur lé rôle même. 

Adjudication de l'entreprise de la coupe affouagère, dernier délai. 

Avant le 30, envoi à la sous-préfecture des demandes de secours sur les fonds 
de rÉtat, formées en faveur des établissements de bienfaisance. 



DÉCEIBRE. 

Dans la première dizaine la situation mensuelle de la caisse municipale est 
remise au maire. 

Le 31, clôture des registres de l'état civil (Code Napoléon, 43), et des engage- 
ments volontaires reçus par les maiies des chef-lieux de canton. 

Clôture, par le maire du chef-lieu de la perception, des livres des percepteurs 
et des ^ceveurs municipaux pour l'année qui finit. Procès-verl>al en triple de 
cette opération. Vérification par le même maire de la caisse du percepteur. 

Pendant le mois. 

Les percepteurs préparent les registres nécessaires pour l'année qui va coiiamencer, 
et les font coter et parapher parlé maire du chef-lieu de la perception. 

Les maires préparent la révision des listes des électeurs communaux. 

Présentation des candidats pour la nomination des commissaires répartiteurs. 

Les maires signalent les changements qui surviennent dans la liste des vétéri- 
naires brevetés. 

Les maires des communes où se tiennent des marchés publics, assistés d'une 
commission spéciale, font procéder au pesage des grains de la dernière récolte 
amenés aux derniers marches de ce mois, pour déterminer le poids légal de l'hec- 
tolitre de chacun d'eux, et ils en dressent procès-verbal. 

Convocation des électeurs appelés à nommer les juges des tribunaux de commerce. 

Expiration du mois de délai accordé aux contribuables pour opter entre le paye- 
ment en nature ou en argent de leur cote de prestation. Communication au rece- 
veur municipd du registre des déclarations des contribuables. Avis aux contri- 
buables qu'ils ont jusqu'au premier mars pour réclamer contre leurs cotisations. 
Enlèvement, s'il y a lieu, des glaces et neiges. 

Avant le 31, les maires sont tenus de faire les quêtes au profit de la caisse des 
incendiés, et d'en assurer le versement avant cette époque entre les mains du receveur 
général ou des receveurs particuliers d'arrondissement. 

Envoi au préfet, chaque quinzaine, du tableau des mercuriales. 



DEUXIEME PARTIE. 



DOCUMENTS GÉNÉRAUX 



GHAPITM PREMIER* 



PUISSANCES. 



FRANGE. 

Napoléon III, Charles -Louis, empereur des Français, né le 20 avril 1808, du ma- 
riage de Louis-Napoléon, roi de Hollande, et de Hortense- Eugénie, reine de Hol- 
lande; marié le 29 Janvier 1658, à 

EUGÉNIE Marie de Guzman, comtesse de Téha, impératrice des Français, né le 5 
mai 1826. De ce mariage; 

Napoléon-Eupène-Louis-Jean-Joseph, prince impérial, né le 16 mars 1656. 

Mathilde-Laetitia Willelmine, fille de Jérôme Napoléon, ancien roi de Westphalie, 
oncle de l'Empereur, née le 27 mai 1820, marié en 1841 au prince Anatole-Demi- 
doff de San-Donato. 

Napoléon- Joseph-Gharles-Paul, fils de Jérôme Napoléon , né le septembre 1822, 
marié le dO janvier 1859 à 

Louise-Thérèse-Marie-Clotilde^ fille de Victor-Emmanuel II, roi de Sardaigne, née 
le 3 mars 1843. De ce mariage : 

Napoléon-VictoisTérÔme-Frédéric, né le 8 juillet 1862; 

Napoîéon-Lopis-Joseph-Jérôme, né le 17 juillet 1864. 

AUTRICHE. 

FRANçois-Joseph I'' Charles, empereur d'Autriche, roi de Hongrie et de Bohême, 
etc., né le 18 août 1830, marie à Ëlisabeih^Marie-Eugénie, née le 24 décembre 
1037, fille de Maximilien- Joseph , duc de Bavière. 

BADE. 

Frédéric Guillaume- Louis, né le 9 septembre 1826 , grand duc de Bade, duc de 
Zaehringhe&n, marié à Louise-Marie-Elisabeth, princesse de Prusse. 

BAVIÈRÇ. 

Louis Othon-Frédéric-Guillaume, roi de Bavière, le 10 mars 1864, né le 9^ aoQt 
1845. 

BELGIQUE. 

LÉOPOLD II, né le 9 avril 1834, marié à Maria-Henrica-Anna, fille de l'archiduc 
palatin Joseph. 

BRÉSIL. 

D. PEDRO II DE Alcantara Jean-Charles-Leopold-Salvador-RibiauoXavier-da-Paula 
Leocadio-Michel-Gabriei-Raphaél-Gonzaga, né le 2 décembre 1825. empereur du 
Brésil 7 avril 1831,pre(id loi-mrémeles rênes du gouvernement le 23 juillet 1840, 
marié le 30 mai t$43 à ' ^ ' 

Thérèse-Christine-Marie, fille de feu Ferdinand I", roi des deux-SicUes, n^e 14 
mars 1822. 



28 

DINEMÀRCK. 

Christian IX, né le 18 avril f818, marié en 1842 à Louiie-'Wilhelmine de Hessel- 
Cassel. 

ESPAGNE. 

Isabelle II Marie-Louise, né à Madrid le iO octobre i830, reine d'Espagne, mariée 

le 10 octobre 1846 à 
Dom François-d' Assise- Marie-Ferdinand, né le 13 mai 1822, infant d'Espagne. 
Marie- Christine, née le 27 avril 1806, fille defea François l'^^roi des Deux-Siciles, 

veuve du roi Ferdinand VII le29 septembre 1833, mère de la reine, reine douairière. 

ÉTATS-ROMAINS. 

Pie IX Mastai-Ferretti, né à Sinigaglia le 13 mai I792,évéque d'Imola le 17 décem- 
bre 1832, cardinal le 23 décembre 1839, élu pape à Rome le 16 juin 1846. 

GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE, 

Victoria 1'« Alexandrine, née le 24 mai 1819, reine de la Grande-Bretagne et de 
l'Irlande le 20 juin 1837, veuve de Albert-François-Auguste-Charles-Emmanuel, 
duc de Saxe- Cobourg- Gotha. » 

GRÈCE. 

Georges P', proclamé roi le 30 mars 1863. 

HANOVRE. 

Georges V, Frédéric-Alexandre- Charles- Ernest- Auguste, né le 27 mai 1819, roi de 

Hanovre, marié le 18 février 1843, à 
Marie- Alexandrine-Wilhelmine-Gatherine, née le 14 avril 1818, fllle de Joseph, duc 

de Saxe-Aitenbourg. 

HESSE-GRAND'DUCILE. 

Louis III, né le 9 juin 1816, grand-duc co-régent le 5 mars 18<8, marié le 26 dé- 
cembre 1833, à 

Mathilde Caroline-Frédérique-V^ilhelmine-Charlotte, née le 30 août 1813, fille de 
Louis, roi de Bavière, abdicataire. 

HESSË- ÉLECTORALE. 

Frédéric-Guillaume P', né le 20 août 1802, électeur, succède à son père Guillau- 
me II, le 20 novembre 1847. 

ITALIE. 

VicTOR-EmiANCEL II Marie-Albert-Eugène-Ferdinand-Thomas, né le 14 mars 1820, roi 
de Sardaigne le 23 mars t849, roi dltalie le 25 février 1861 ; veuf le 20 janvier i855 
de Marie-Adélaïde-Françoise-Reinière-Elisabeth-Clotilde, archiduchesse d'Autriche. 

MEXIQUE. 

Maximilien I', archiduc d'Autriche, Empereur du Mexique le 10 avril 1864, 
marié à la princesse Charlotte, fille du roi des Belges Léopold. 

PAYS-BAS. 

Guillaume III, Alexandre-Paul-Frédéric-Louis, né le 19 février 1817, roi des Pays- 
Bas, le 12 mai 1849. marié le 18 juin 1839. à 

Sophie-Frédérique-Matnilde, née le 17 juin 1818, fille de Guillaume I", roi de Wur- 
temberg. 

PERSE. 

Nasser-Ed-Din-Schaii, né le 10 du mois de sefer 1247 de Thégire (1829), monté sur 
le trône le 21 du mois de zil-ka'adé 1264 de l'hégire (1848). 

PORTUGAL. 

DoM Luiz I", fils de feue la reine Dona Maria II, et de Dom Fernando- Àugusto- 
Antonio, roi de Portugal et des Algarves le 14 novembre 1861, marié le 25 sep- 
tembre 1862, à 

Marie-Pie, fille de Victor-Emmanuel, roi d'Italie. 



29 

PRUSSE. 

Frédéric-Guillaume-Louis V, né le 12 mars 1797, roi de Prusse le 2 janvier 1861, 

marie le 16 novembre 1823, à 
Elisabeth-IiOaise de Bavière, née le 13 novembre 1801. ' 

RUSSIE. 

Alexandre II Nicolaievitsgh, né le 29 avril 1S18, empereur de toutes les Russies; 

marié le 28 avril 1841 à 
Marie-Alexandrowna Maximilienne-Wilhelmine-Auguste-Sophie-Marie, née le 8 août 

1824, fille de feu Louis II, grand'duc, duc de Hesse. 

SAXE (Royaume de). 

Jean Népomucène-Marie-Joseph, né le 12 décembre 1801, roi de Saxe, marié le 21 

novembre 1822, à 
Amélie- Auguste, née le 13 nov. 1801, fille du feu roi de Bavière Maximilien Joseph. 

SUÈDE ET NORWÉGE. 

Charles XV Louis-Eugène, né le 3 mai 1826, roi de Suède et de Norwége le 8 

juillet 1859, marié le 19 juin 1850, à 
Wilhelmine-Frédérique-Alexandrine-Anne-Louise, née le 5 août 1828. 

TURQUIE • 
Abdul-Aziz, né le 9 février 1830, sultan le 25 juin 1861. 

WURTEMBERG. 

GniiKLES, né en 1823, roi de Wurtemberg, le 25 juin 1864, marié à la grande 
dochesse Olga. 



RÉPUBLIQUES. 

BoLiYJA. — Le général Jorge Cordova, président constitutionnel. 

Chili. — Manuel Pehez, président. 

CoLOMRiE. — M. le docteur Mdrillo, président. 

CoNFÉoéRATiON ARGENTINE. — M. Ic général MitRE, président. 

Confédération grenadine. — M. Manuel Murille Toro, président. 

CosTA-RiCA. — M. le docteur J. Simenéz, président, 

Buenos- Ayres. — Le général B. Mitre, gouverneur de TEtat. 

RÉPUBLIQUE Dominicaine. — B. Baez, président. 

Equateur. — Jeronimo Carrion, président. 

États-Unis d'Amérique. — Johnson, président. 

Guatemala. — Le capitaine général Carrera. 

Haïti. — Le général Geffrard, président. 

Honduras. — Le général J. M. Médina, président, 

Libéria. — M. Warner, président. 

Ncaragua. — M. le général Thomas Martinez, président. 

Nouvelle-Grenade. — M. Manuel Murillo Toro, président. 

Paraguay. — L. Exe. Dom Carlos Antonio Lopez, président. 

PÉROU. — S. Exe. le général Pezet, président. 

San-Salvador. — M. DuENAS, président, 

Suisse. — M. Planta, président du Conseil fédéral. 

Uruguay. — Venancio Florès, président. 

Venezuela. — Le général Blanco, président. 

VILLES LIBRES. 

Brème (ville libre et ançéatique). — M. Duckwitz, sénateur, chargé du département 

des affaires étrangères; M. Mohr, bourguemestre. 
Francfort (ville libre). — M. Gwinner, bourguemestre-p résident. 



30 

Hambourg (ville libre et anséatique). -^M^Kiel{iiighasen (H), bourguemestre. 
LpBECK (ville libre et anséatique). — M. Roëck, sénateur, bourguemestre-président. 

AMBASSADEURS ET MINISTRES FRANÇAIS 
fHtomii^rr PKfcs iIsb pi;M8A<iliC]£« inAirotmiB. 

ÀDtRi<:tiË. — S. Exe. W. le duc de Gramment, amfoassademr à, Vienne. 

Bade. — M. le marquis de Cadore, envi extr. d; min. plén,, à'Carkrufeei 

Bavière. — M, le comte de Compainges-Guitaud, min. plén., à Munich. 

Beligque. — M. le vie. des Méloîz'éè-Fi'esnoy, enV. extr. et min. plén., à Bruxelles. 

di^ML. — M. te cheir. de Siaint-Geoi^, enr. extr. et min» pieb., à Rio*^aneiro. 

Brunswick. — M, le marquis de Perrière le Vayer, ministre plén., à Hanovre. 

Gntrttei — M. de Bourboufon, miolstre plénipotentiaire, à Shangrliaï. 

Confédération argentine. — M. Lefèvre de Bécour, min. plén., à Parana. 

Confédération germanique. — M. ie comte de Reculot, envoyé extraordinaire et 
ministre plénipotentiaire, à Francfort. 

Danlmargk. — M. Baudin, envoyé extr. et ministre plénip., à Copenhague. 

Espagne. — M. Mercier, ambassadeur, à Madrid. 

Etats-Rohains. — le comte de Sartiges, amb., à Rome. 

Etats-Unis (Amérique septentr.). — le marquis de Châteaurenard, envoyé ex- 
traordinaire et ministre plénipotentiaire, à ^Vhasington. 

Grande-Bretagne et Irlande. — M. le prince de la Tour d'Auvergne, ambassa- 
deur à Londres. 

Grâce. — M. de Gobineau, envoyé extraordinaire et ministre plénip., à Athènes. 

Hanovre. — M. le comte de Reiset, env. extr. et min. plén,, à Hanovre; 

Hesse-ëlegtorale. — M. le comte de Bondy, env. extr. et min. plénip., à Gassël. 

Hessb (Grand Duché). —M. le comte d'Aslorg, min. plénipotentiaire, a Darmstadt. 

Mecklenbourg et vlles libres. — M. Cintrât (Ed.), envoyé extraordinaire et 
ministre plénipotentiaire, à Hambourg. 

Mexique. — M. de Montholon, enfoyé eltmordlriaire et min. plénip., à Mexico. 

Nassau. — M. le comte d'Astorg, ministre plénipotentiaire, à Darmstadt. 

Nouvelle-Grenade. •— M*, le baron Gonry de Roslan, envoyé extraordiniaire el 
ministre plénipotentiaire, à Bogota. 

Pays-Bas. — M. Baudin, envoyé extraordinaire et ministre plén., à La Haye. 

Perse. — M. le comte de Massigjuac, ministre plénipotentiaire, à Téhéran. 

Portugal. — M. Bourée, envoyé extraordinaire, et ministre plénipotentiaire, à 
Lisbonne. 

Prusse. — M. Benedetti, ambassadeur, à Berlin. 

Russie. — S. Exe. le baron de Talleyrand-Périgord, ambassadeur à St-Pétersbourg. 

Italie. -- M. le baron de Malaret, envoyé extraordinaire et min. plénij»., à Turin. 

Saxe (Royale). — M. le baron Forlh-Rouen. envoyé extr. et min. plén., à Dresde. 

Saxe (Grand -Ducale). — - M. le baron de Belcastef, ministre plénip., à Weimar. 

Suéde etNoRwÈGE — M. Fournier, envoyé extraord. et min. plén., à Stôckoim. 

Suisse. — S. Exe. le marquis de Turgot, sénateur, ambassadeur près la confédé- 
ration helvétique, à Berne. 

Turquie. — S. Bxc. le marquis de Moustier, sénat., ambassadeur à Constantinople. 

Wurtemberg.— M. le comte de Damrémont, env. extr, et min. plénip., à Stuttgard. 



MAISON DE L'EMPEREUR. 

MAISON CIVILE. 

Grande Àumônerie. 

» 

Mgr. Georges Darboy, archevêque de Paris, grand-aumônier. 
Mgr. Tirmarche, évêqUe d'Arras, aumônier. 



3* 

Service du fmmiJmutMud^ du Palais. 

S. E. M. le xaar^ch^ Vailla9t, sénateur, me^ibiï^ du €»ii9eiL privév ^tndhiunréoiial! 

&a palais, minisl^e de la maison de PKm^euF et d0s Beaux- Arts, 
MM. le eénéral de division Rolin, adjudant général du Palais. 

leotpon de Montiirun, baron die Yaraigne, de- VaJsd^règnie. d^ liOWiWBtlne, le 
baron Mono de l'Isie, préfet du palais. 

le comte Le})ic, premier maréchal-des-logxs dn palais. 

le baron Emile Tasober de la Pagerie, Oppermann, marécb.-des-lo^. dn palais. 

le générai àe brigade Lechesne, gouv. des palais des Tuileries et dn Lonvre. 

le colonel Tbiérion, gouverneur du palais ae Saint-Cloud. 

Service du grand-chambellan, 

S. E. M. le due dlB Basaaiio^ sénateur, erand-chambellan. 

MM le comte Bacioccbi, premier ohamoellan, surintendant- des théâtres impériaux, 
le duc de Tarente^ le vicomte d'Arjuzon, le comte Olivier de WaUh, le mar- 
quis de Ck)neglidno, le barons de Bulacb, le vicomte de Lafierrière} le mar^ 
quis de Trévis&, te comte d'Aiguevives, le marquis d'Havrinconrt, cham- 
bellans. 

M. Conti. secrétaire de l'Empereur; M, Piétri, secrétaire particulier de rfiwpereur, 
chei du cabinet. 

M. Sacaley, sous-ch«f. 

M. Alfred Maury, membre de TÂcadémie des îikscriptions et belles-leitres, biblio- 
thécaire du palais des Tuileries. 

M. le docteur Conneau, directeur du service des dons et secours. 

M. Peupin, directeur-adjoint. 

Service du grand icuiger. 

N., grand-écuyer. 
MM. le général Fleury, aide-de-camp de l'Empereur, premier écuyer. 

le .baron de Bourgoing, de Grammoni, le baron Lcjeune, le comte de Cartel- 
bajac, Davillier, le marquis de Gaux, le marquis de la Tour du Fin Mon- 
tauban, le» prmce Stanislas Poniatowski, le comte Antonin du Bourg, 
M. Raimbeaux, écuyers. 

Seirvitedugrandvenmr, 

N..., ^rand-veneur. 
MM. le pnnce de la Moscowa, aide-de-camp de- l'Empecenr, premier veneur, 
le marquis de Toidongeon, commandant des chasses à tir. 
le baron Lambert et le marquis de Latour-Maubonrg, député, lien** de vénerie, 
le baron De Lage du Ghaillou, lieutenant des chasses à tir. 

Service du grand-mMlre des cérémonies* 

S. E. M. le duc de Cambacérès, sénateur, grand-mattre des cérémonies. 

MM. Feuillet de Conches et le baron de Lajus, introducteurs des ambassadeurs, 
maîtres des cérémonies. 
Jules Lecocq et le baron Sibuet, aides des cérémonies, secrétaires à l'intro- 
duction des ambassadeurs. 

Services divers, 

MM. de Bure, trésorier général de la couronne. 
Charles Thélin, trésorier de la caisse. 

Auber, memb. de l'Institut^ dir. de la musique de la chap. et de la chambre, 
le docteur Conneau, premier médecin de l'Empereur. 
Andral, Barrer, Jobert de Lamballe, le baron Hippolyte Larrey, Gorvisart et 

Arnal, médecins et chirurgiens ordinaires, 
le baron Paul Dubois, chirurgien-accoucheur. 
Leyy^ Bouillaud, Cloquet, Velpeau, Vernois, Mélier, Alquié^ Tardieu et Lhe- 

ntier, médecins et chirurgiens consultants. 
Delar ne fils, Tenain, Longet, Boulu, de Pietra Santa, Maffeï, Davaine et 

Berrier-Fontainc, médecins et chirurgiens par quartier. 



32 



MAISON MIUTilKB. 



S. B. M. ie Maréchal Vaillant, ministre de la maison militaire de l'Empefeur. 
M. le général de division Rolin, adjudant général du palais. 



Aides de camp de l'Empereur. 

MM. le comte Roguet, sénateur, général 

de division. ^ 

le comte de Goyon, gén. de divis. 
de Failly, id. 

le c(MUte de Montebello, id. 
Le Bœuf, id. 

Frossard, id. 

MoUard, id. 

le bar. Yvelin de Béville, id. 
le prince de la Moskowa, id. 
Fleury, 
vice-am., Jurien delà Gra- 

vière. id. 

de Waubert de Genlis, gén. de brig. 
Gastelnau, id. 

le marquis de Toulongeon, id. 
le comte Lepic, id. 



le comte Reille. gén. de brig. 
Favé, colonel dwillerle. 

Chef du cabinet iopograpkique 
de VEmpereur, 

le baron Yvelin de Béville, général 
de division. 

Officiers d'ordonnance. 

MM. Stoffel. chef d'esc. d'artillerie. 
Verchere de Reflfye, caç. d'artillerie. 
Lescot, cap. de cavalerie. 
Rolin, capitaine d'état-msjor. 
d'Aubigny, capitaine d'infanterie, 
de Ligniville, id. 

Duperré, lieutenant de vaisseau. 
Lamey, cap. du génie. 



ESCADRON DES GENT-GARDBS A CHEVAL. 

M. Verly, lieutenant -colonel, commandant. 

GARDE IMPÉRIALE. 

Etat-major général : S. E. M. le maréchal Regnauld de Saint-Jean-d'Angély, 
commandant en chef. 



MAISON DE L*IMPÉRATRIGE. 

M"<' la princesse d'Essling, grande maîtresse de la maison. 

la duchesse de Bassano, dame d'honneur. 

la comtesse de Montebello, la baronne de Pierres, la vicomtesse Aguado, la 

marquise de Latour-Maubourg, la comtesse de Labédoyère, la comtesse de La 

Poeze, la comtesse de Lourmel, la comtesse de Rayneval, de Sancy, de 

Saulcy, Ja baronne de Viry-Gohendier, dames du palais. 

la comtesse de Pons de Wagner, dame lectrice. 
MM. le duc Ch. de Tascher de la Pagerie, sénateur, premier chambellan. 

le comte de Lezay-Marnezia, le marquis de Piennes, le comte de Cossé Bris- 
sac, chambellans. 

le baron de Pierres, premier écuyer. 

le marquis de la Grange, écuyer. 

Damas-Hinard, secrétaire des commandements. 

De Saint-Albin, bibliothécaire particulier. 

MAISON DU PRINCE IMPÉRIAL. 

MM. Bachon, écuyer. 

Barthez, médecin. 

Monnier, précepteur. 
Mme l'amirale Bruat, gouvernante des enfants de France. 



33 

MINISTRES (par rang d'ancienneté). 

S. E. M. Ronher, sénateur, minisire d'Etat. 

— Baroche, Garde des Sceaux, minisire de la Justice. 

— le maréchal Vaillant, ministre de la Maison de l'Empereur et des 

Beaux-Arts. 

— Vuitry, ministre, présidant le Conseil d'Etat. 

— le maréchal comte Randon, ministre de la Guerre. 

— le comte de Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine et des Colonies. 

— Achille Fould, ministre des Finances. 

— Drouyn de Lhuys, ministre des Affaires étrangères. 

— La Valette, ministre de Tlntérieur. 

— Duruy, ministre de l'Instruction publique et des Cultes. 

— Armand Béhic, ministre de l'Agricult., du Comin. el des Travaux publics. 



CONSEIL PRIVÉ. 



S. H. I'Empereor. 
MM. Achille Fould. 

Troplong. 

Baroche. 



MM. duc de Persigny. 
maréchal Vaillant 
comte Colonna Walewskt. 
Magne. 



SÉNAT. 

S. E. M. Troplong, président du Sénat. 

M. Delangle, premier vice-président. 

MM. le marécnal comte Baraguay d'Hilliers, le maréchal comte Regnault de Saint- 
Jean d'Angely, Delanple, de Royer, vice-présidents. 
Thouvenel, grand-réf'erendaire. 
Boudet, secrétaire. 

Sénateurs de droit ; 

S. A. I. le général prince Napoléon, S. A. le prince Louis-Lucien Bonaparte, 
S. A. le prince Lucien Murât. 

LL. EË. les cardinaux de Bonâld, Mathieu, Gousset, Donnet, Billiet, de Bonne- 
chose. 




Canrobert 
Niel. 

Sénateurs nommés par VEmpereur, par ordre alphabétique : 

MM. marqnis d'Audiffret, Barbaroux, vicomte de Barrai, Baroche, Ferd. Barrot, 
Ad. Barrot, duc de Bassano, comte de Béarn , comte de Beaumoat, marquis de 
Belbœuf, Boinvilliers, marquis de Boissy, Bonjean, comte Joseph Boulay de la 
Meurthe, comte de Bourqueney, baron Brénier, Caignart de Sdulcy, duc de Cam 
bacérès, général Camou, général Carrelet, comte X. de Casablanca, vice-amira- 
comte Cécille, Chabrier, baron de Chapuys-Montlaville, Charon, gén. de Chasse- 
loup-Laubat, baron de Chassiron, Chevalier (Michel), comte Clary, Chevreau, 
comte Colonna Walewski, Corta, général Cousin-Montauban comte de Palikao, 
marquis de Croix, Darboy, Dariste, général Daumas, comte Delamarre, Devienne, 
Doret, Drouyn de Lhuys, Dumas, baron Ch. Dupin, Elle de Beaumont, marquis 
d'EspeoiUes, gén. Fleury, Favre, gén. comte de Flahaut, Achille Fould, marquis 
de Gabriac, général Gémeau, Germiny, marquis de Girardin, Godelle, de Goulhot 
de Saint-Germain, de Goyon, général comte de La Grange, marquis de La Grange, 
marquis de Gricourt, vice -amiral baron Grivel, baron Gros, comte de Grossolles- 
Flamarens, général Guesviller, baron Haussmann, gén. marq. d'Hautpoul« baron de 
Heeckeren, général Herbillon, Ibis de Butenval, Hubert-Delisle, général Uusson, 
Ingres, comte de la Labédoyère, baron de Ladoucette, duc de La Force, vicomte 
de La Guéronnière, général vicomte de Lahitte, Laity, gén. marq. de Laplace, 



34 

Larabil, comte de la Riboissière, marquis de La Roche-Jacquelein, gén. comte de 
La Rue, marquis de Lavaletle, gém^al marquis de Lawcstine, Lebrua, Lefebvre^ 
DuruOé, comte Lemarois, vice-amiral Le Prédour, baron Leroy, Ernesil Le Roy 
de Saint-Arnaud, comte de Lesscps, géu. Levasseur, Le Verrier, gén. Lyaiiley, 
?»Ia.G;ne, Mallct, ijén. de Marlimprey, Maupas, générai Mellinet, de Ikfentque, Méri- 
mée, de Mésonan, Mimerel, Monnier de la Sizcranne, duc de Montebelio, gén. de 
Montréal, duc de Mortemarl, général prince de la Moskowa, Nieuwerkerke, duc 
de Padoue, duc de Persigny, Persil» prince Poniatowski, gén. baron Renault, 
Réveil, baron d ; Richemont (Paul), général comte Roguet, Rouher, Roui and, 
Royer, Sainte-Beuve comte deSalia;nac-Fénélon, Saulcy, général comte de Scbramm, 
comte de Ségur d'Aguessean, comte Siméon, Suin, vicomte de Suleau, duc de 
Tascher de la Pagerie, Thayer (Amédce), Tbierry (Amédée), général Thiry, 
de ïborigny, ïhouvenel, Tourangin, vice-amiral Trébuard, duc de Trévise, mar- 
quis de Turgot, baron de V'arenne, duc de Vicence, Villemain, baron Vincent, 
Vuillefroy, prince de Wagram, gén. comte de AValdener. 



CORPS LÉGISLATIF. 

S. E. M. le comte Walewski, président, membre du Conseil privé. 
MM. Schneider et Leroux, vice-présidents. 

BussoN, comte Murât (Joachim), comte Lepeletier d'Aunay, marquis 
de ÏALBOUET, Séverin Abbatucci, Noubel secrétaires. 

HÉBERT, gén. de division, de Romecf, questeurs. 

DÉPUTÉS, MM. 

Ain. — Comte Léopold Lchon, N..., Bodin. 

Aisne. — Hébert, Vilcoq, Malé/ieux. 

Allier. — Baron de Veauce, Desmaroux de Gaulmin, Ed. Fould. 

Alpes (Basses), col. Réguis. 

Alpes (Hautes-). — Garnier. 

Alpes (Maritimes). — Lubonis, Masséna. 

Ardêche. — général Dautheville, comte deRochemure, marq. de la TouretCe. 

Ardennes. — De Montagnac, baron de Ladoucette, Sibuet. 

Ariège. — Didier, Busson. 

Aube. — Général vicomte de Rambourgt, de Plancy. 

Aude. — Roques-Salvaza, Peyrusse. 

AvEYRON. — Girou de Buzareingues, Calvet-Rogniat, Auguste Chevalier. 

Bouciies-du-Rhône. — Berryer, Bournat, de Charlouse, Marie. 

Calvados. — Bertrand, Douesnel-Dubosq, comte de Colbert-Chabannais. 

Cantal. -- De Parieu, Creuzet. 

Charente. — Ernest Gcllibert des Séguins, Planât, André. 

Charente-Inférieure. — baron Vast-Vimeux,Bpthmont, Roy de Loulay, baron 

Escbassériaux. 
Cher. — Comte de Nesle, Guillaumin. 
Gorrèze. — Lafon de Saint-Mur, Mathieu. 
Cor«:e. — Abbatucci (Séverin), Gavini. 
Côte-d'Or. — Magnin Philippon, Marcy-Monge, Rolle 
Cotes-du-Nord. — Glais-Bizoin, Le Gorrec, comte Paul de Champagny, comte 

de Latour, de Janzé. 
Creuse. — Delamarre, Sallandrouze de Lamornaix. 
DoRDOGNE. — Dupont (Paul), comte Boudet, De Lavalette, Taillefer. 
DouBs. — Marquis de Conegliano, Latour-Dumoulin. 
Drôme. — Lacroix de Saint-Pierre, de Luzy Pelissac, Morin. 
Eure. — Duc d'Albufera, Philémon Fouquet, comte d'Arjuzon, Petit. 
EuBE-ET-LoiR. — Vicomte Reille, général Lebrcton. 



35 

Finistère. •— Comte Du Couëdic, Conseil, Dein, Bols-Viel. 

Gard. — Talabot, Bravay, Fabre, André Edouard. 

Garonne. (Haute-). — Comte d'Aiguesvives, comte de Campaigno Piccioni, 

Diiplan. 
Gers. — Bclliard, comte de Lagrange (Frédéric), Granier de Gassagnac. 
Gironde. — Curé, baron Travot, Emile Pereire, baron David, Arman. 
HÉRAULT. — Pagézy, Roulleaux-Dugage, Cazelles. 
Ile-et-Vilâine. — Marquis de Pire, comte Gaffarelli, de Delmas, de la Guis- 

tière. 
Indre. — Charlemagne (Raoul), Delavau. 
Indre-et-Loire. — Gouin, de Guinemont, Mame. 
Isère. — Casimir Royer, Arnaud, de Voize, Flocard de Mépieu, Faugier. 
Jura. — Dalloz (Ed.), comte de Toulongeon. 
Landes. — De Guilloutet, Corta. 
LoiR-ET-CnER. — Vicomte Cjary, Crosnier. 

Loire. — Francisque Baiay , Dorian, Bouchetal-Laroche^ de Chastelus. 
Loire (Haute). — Marquis de Fay de Latour-Maubourg, de Romeuf. 
Loire-Inférieure. — Thoinel, Lanjuinais, Simon, Fleury. 
Loiret. — Nogent-Saint-Laurens, duc de Tarenle, vicomte de Grouchy. 
Lot. — Comte Murât, Deltbeil. 

Lot-et-Garonne. -— Noubel, Dolfus, vicomte de Ricbemont. 
Lozère. — Vicomte de Chambrun. 

Maine-et-Loire. — Segris, Bucber deChauvigné, Louvet, comte de Las Gazes. 
Manche. — Havin, de Saint-Germain, Brohyer de Littinière, général Meslin. 
Marne. — N.., général Parchappe, Werlé. 
Marne (Haute-). -.- Baron de Lespérut, Cbauchard. 
Mayenne. — Leclerc-d'Osmonville, baron Mercier, baron de Pierres. 
Meurtre. — Drouol, baron Buquet, Eugène Chevandier. 
Meuse. — Millon, baron de Uenoist, Chadenet. 

Morbihan. — Kercado, Le MelorcI de la Haichois, comte de Champagny. 
Moselle. — Le colonel Hennocque, de Wendel, baron de Geiger. 
Nièvre. — Boucaumont, Richard de Monfjoyenx, comte Lepeletier-d'Aunay. 
Nord. — Kolb-Bernard, Brame, Lambrecht, Plichon, d'Havrincourt, ds 

Rotours, Stiévenart-Béthune, Seydoux, Godard-Desmarets. 
Oise. — Baron de Corberon, vicomte de Plancy, Lemaire. 
Orne. — De Chasot, David Deschamp, comte de Torcy. 
Pas-de-Calais. — ■ Pierron-Leroy, Delebecque, Pinard, Jourdain, Martel, d'Her- 

I incourt. 
Puy-du Dôme. — Mège, N...., Christophe Andrieux, Dumiral. 
Pyrénées (B.) — N...., Larrabure, Elcheverry. 
Pyrénées (Hautes-). — Ed. Fould, Achille Jubinal. 
Pyrénées-Orientales. — Isaac Péreire. 
Rhin (Bas-). — Baron de Bussierre, Coulaux, comte Hallez-Claparè de, baron 

de Cœhorn. ^ 

Rhin (Haut-). — Lefébure, baron de Reinach, West, Aimé Gros. 
Rhône. — Perras, Hénon, Laurent Descours, Jules Favre, Terme. 
Saône (Haute-). — Marquis d'Andelarre, marquis de Grammonl, de Marmier. 
Saôn£-et-Loire. — Schneider, Chagot, de Chiseuil, de Chapuys-Montlaville, 

de Barbantanne. 
Sarthe. — Hàentjens, Leret-d'Aubigny, marquis deTalhouet, prince de Beau- 

vau (Marc). 
Savoie. — De Boigne, Palluel. 
.Savoie (Haute-). — Bartholoni, Pissard. 
Seine. — Ollivier, Ernest Picard, Pelletan, Darimon, Carnot, Thiers, Gué- 

roult, Garnicr-Pagès, Jules Simon. 



36 

Seine-Inférieure. — Pouyer-Quertier, Quesné, de Corneille, Lédier, Barbet, 
Ancel. 

Seine-et-Marne. — Baron de Beauverger, de Jeaucourt, Josseau. 

Seine- ET- Oise. — baron Caruelde Saint-Martin, Darbiay jeune, Dambry, Mau- 
rice Richard. 

Sèvres (Deux-). — David (Ferdinand), Eugène Lasnonnier, Leroux (Charleâ). 

Somme. — Cosserat, Conneau, de Morgan, Sénéca, Gressier. 

Tarn. — Eugène Péreire, Daguilhon-Pujol, général baron Gorse. 

Tarn et-Garonne. — Comte Janvier- Delamottc, Belmontet. 

Var. — - Lescuyer-d'Attainville, vicomte de Kervéguen. 

Vaucluse. — Millet, Pamard. 

Vendée. — - marquis de Ste-Hermine Leroux (Alfred), de la Poëze. 

Vienne. — De Soubeyran, Bourlon, Robert de Beauchamp. 

Vienne (Haute-). — Noualhier (Armand), Calley de Saint-Paul. 

Vosges. — Buffet, Aymé, baron de Ravinel. 

Yonne. — - N..., Javal (Léopold), Le Comte (Eugène). 



CONSEIL D'ÉTAT. 

L'Ëhpereur, 

S. A. L le Prince Napoléon. 
S. E. M. VuiTRY, ministre président. 
MM. de Pariel\ vice-président, président de la section de législation, justice et 
affaires étrangères. 
Quentin Beauchard, président de la section du contentieux. 
Chaix-dEst-Ange, président de la sect. des trav. publics et des beaux-arts, 
le général de division Alla.kd, président de la section de la g[uerre, de la 

marine, de l'Algérie et des colonies. 
De Forcade La Roquette, président de la section des finances, de l'agricul- 

iure et du commerce. 
TiiuiLLiER, président de la section de Tintérieur, de l'instruction publique 
et des cultes. 

Comeillen d'Etat en service ordinaire. 

MM. Lacaze, Cuvier, Marchand, Flandin, Boulatignier, Conti, Heurtier, vi- 
comte de Gormenin, Maigne, Comudet, comte Ë. Dubois, baron Quinette, Blon- 
del, comte de'Chantérac, baron Léon de Bussière, vicomte de Rougé, Gasc, Du- 
vergier, Lestiboudois, vicomte du Martroy, Le Play, Bréhier, A. Blanche, Man- 
ceaux, Langlais, Bavoux, Chassériau, Abbatucci, Bataille, Gomel, de Lavenay, 
Riche, Loyer, Besson, Merruau, Gandin, Gaslonde, Marchand, Yernier. Genteur, 
Jahau, Ozenne, Boilay, comte Treilhard, Bayle-Mouillard, Chamblaiu, Migneret, 
Pascalis. 

Conseillers d'Etat en service ordinaire, hors sections, 

MM. Darricau, de Boureiiille, de Franqueville, baron de Roujoux, Gauihieri 
Mercier-Lacombe, Dupuy de Lôme, Barbier, Yandal, Pelletier, Anselme PeUtinï 
gén, Blondel, Chamblain, Lcnormant, Haudrv de Janvry, Chabarnacy de Marnast 
Guillemot, Sigaut, de Saint-Paul, Charles Robert, de Bosrédont, Alfred Blanche. 

Secrétaire-général du Conseil d*Eiat, 
M. de la Noue-Billault, ayant titre et rang de conseiller d'Etat. 

Maîtres des Bequétes de première classe, 

MM. Pascalis, Pages, Léon Berger, Goupil, baron Ch. de Chassiron, vicomte 
Redon de Beaupréau. François, Lou^^er-Villermay, Du Berthier, vicomte Portalis 
(Ernest], comte d^Argout, comte de Ségur, baron ae Bernon, Grignon-de-Moutigny, 
Berthier. Aubernon, de Maupas, Leblanc (Ernest), C. Robert, & Cardon de San- 
drans, LHApital, vie. de Missiessy. 



37 

Maîtres des Requéies de deuxième classe. 

MM. baron de Montour, vicomte de Casablanca, Mesnard, Fouquier, Fortoul, Hu- 
dault, Ed. Boinyilliers, Faré, de Bosredon, Marbeau, Bordet, comte de Belbeuf, 
Aucoc, Baachart, Gottin, Le Roy, Ad. Moreau, Taigny, Bartholony, Bayard, de Ra- 
vignan, Perret, Brincard. 

Auditeurs. — i" classe. 

MM. Le Chanteur, Bartholony. comte de Renepont, Lefèvre-Pontalis, Bouard, 
Bessières, Walkenaer, Chadenet, baron de Lacoste du Vivier, d'Hauteserve, baron 
de Mackau, Godard de Rivocet, David, Flandin, Braùn, G llouher, de Lucay, 
Hély-d'Oissel, de Meynard, vicomte Dubois, Legrand (Arthur), Alcock, comte de 
Crévecœur, Kratz, Cohen, Ginoux de Fermon, de Guigné, Sauvage de Brante, 
Danyau, Pétiet, Jacquet, de Barthélémy, de Baulny, Lecomte, baron de Yau- 
freland, Monnier, comte de Reverseaux, Roussigné, Chauchat, Savoye, Plantier, 
Lombiffd de Buffières, Jonglez de Ligne, Grandidier. 

S* classe. 

MM. comte de Saint-Gilles, de Villeneuve, Bégé, baron de Vemeaux, vicomte 
des Roy s, Cordiei (Edgard), de Voyer-d'Argenson, Jolly de Bameville, de Raynal, 
de Franqueville, de L'Aigle. Pastoureau, Thureau-Dangin, Goupy, le Loup de 
Sancy, Gentcur, Darcy, Duclidussoy, Bérard de Chazelles, de JoinVille, Pclissier, 
de Feligonde, Regnault de Savigny, Join-Lanibert, Flourens, Foukl (Paul), Le- 
grand (Anatole),' Lefébure, Mage, Lachenal, Ramond, de Bonoist, de Frédy, de 
Cronsaz-Cretet, Le Marchant, Boselly, de Rougé, Vaïsse, Dutilleul, Thierry, Ar- 
taud-Haussmann, de Romeuit, 



COUR DE CASSATION. 

Premier Président . 
S. Ex. M. Troplong, président du Sénat. 

Présidents, 
MM. Vaïsse, Pascalis, Bonjean. 

Conseillers, 

MM. Renouard, Delapalme, Legagneur, Taillandier, Moreau (Auguste), Laborie, 
Glandaz, Faustin-Hélie, Quenault, Leroux de Bretagne, Foucher (Victor), Nou- 

tuier, d'Oms, Ayliès, Bresson, Leserurier, Férey, d'Esparbès de Lussan, Renaud - 
'Ubexi, baron Zangiacomi, Meynard de- Franc, Du Bodan, Sevin, Calraèles, iMer- 
cier, de Vergés, Pouillaude de Carnières, Lamy, Fauconneau Dufresncs, Woirhaye, 
de Peyramont, Perrot de Chezelles, Gaslambide, de Moulon, Guyo, Truchard-Du- 
molin, baron de Gaujal, de Vaulx, Pont, Lascoux, Hély d'Oissel, Salneuve, Boucly, 
Rieff, Henriot. 

Procureur général impérial, 
M. Delangle. 

Avocats généraux, 
MM. Blanche, Savary, Charreins, de Peyramont, Fabre, Bédarrides. 

Greffier en chef- 
M. Bernard. 



38 

HAUTE-COUR DE JUSTICE. 
Comnllers à la Cour de Cassation composant la Haute-Cour, 

CHÂHBRB DE MISE EN ACCUSATION. 

Juges, 
MM. Lcgagncur, Foucher, D'Oms, Laborie, Oelapalme. 

Juges-suppléants 
MM. Calmètes, Meynard de Francs. 

CHAMBRE DE JUGEMENT DE LA HAUTE-COUR. 

Juges, 
MM. Leroux de Bretagne, de Bresson, Quenault, Le Sernrier, Zangiacoini. 

Juges-suppléants, 
MM. Glandaz, Pouillaude de Carnières. 



COUR DES COMPTES. 

Premier Président, 
M. De Royer. 

Présidents de Chambres, 
MM. Pelletier, Grandet, Ribouet. 

Conseillers-maîtres» 

MM. Gaulthier de Lizoies, Gautbier d'Hauteserve, Passy (Félix), Adam, Musniei* 
de Pieinges, LavoUée, Martin, Thomas, Serveux. PetUjean, Arnault, Dusommerard, 
Reynaud de Barbarin, Morisot, Goussard, Âmédee Berger. 

Conseillers référendaires de première classe. 

MM. Hunout, David, Dumez, Barré, comte Ogier d'Ivry, Paris, Briatte, Dubois 
de l'Estang, baron Bartholdi. le comte de Mony-Colchen, de Montheau, Le Rat 
de iVIagnitot, baron Malouet, vicomte 0'D*onnell, Poinsinet de Sivry, Persil, Ber- 
ger, de Montheau, Huart de la Marre, de Taillac, baron de Guilhermy, baron 
Jara-Panvillier, Damainville, Dufresne, Hailoy, Dauchez. 

Conseillers référendaires de deuxième classe. 

MM. Salet de Chastanet, Le Brun de Sessevalle, de Pevre, de Loynes, Trubert> 
Boucher, Receveau, Bougrain, de Senneville, DerviIle-Malécnard,Rousset, Denis de 
Hansv, de Coral, de Saint-Paul-Laroche, l'Escalopier, Doyen, Picard (Adolphe), 
Gauthier d'Hauteserve, Bouchard, de Latena (Gustave), Pécour, Colmet-Dâage, 
Hennet de Bernoville, Lambert, de Riberolles, Picher de Grandchamps, Duseuil, 
Lafond de Laduye, Ducret, Lefebvre, Bœsse, Le Prieur de Blainvilliers, Lebas 
de Courmont, (A.-C), Paixhans, Lessori de Sainte-Foy, Sylvestre de Sacy, de La 
Chaussée, Golleau, de la Rozerie, BioUay, Jaillet de Saint-Cergues Delattre, Tria- 
non, Chevalier, A. de Guerny Costa, de Bounechose, Toutain, Uaincque de Saint- 
Senoch, Vallerand de Laf'osse, Dorré, Bazy, baron Hermand d'AbancOurt, Parent 
du Chàtellet, Ducasse, Bresson, Rouland, de Perthuis de Laillevault, Emile Magne, . 
Roger. 

Auditeurs des Comptes de première classe. 

MM. Gosset, Hémard, de Finfe, Nolleval, Ribouet, Pichault de Lamartinière, d® 
Berthois, Péghoux, de Roquefeuiile, Vincent. 

Auditeurs des Comptes de deuxième classe. 

MM. R^«ml, Fagniez, Féron, Donault, Hureau de Sénarmout, Féry d'Ësclands^ 
de Biily, #i Chamberet, Labordère, Denis de Senneville. 



39 



Procureur général impérial. 
M. le comte de Casablanca. 

Greffier en chef, 
M. Ficol-Lepagc. 



COUR IMPÉRIALE DE PARIS. 

Premier Président, 
M. Devienne, sénateur. 

Présidents de Chambres, 

MM. Casenavc, An^pach, Barbier, Haton de la Gouplllière, Filhon, Tardif, 
Massé. 

Conseillers, 

MM. vicomte de Bastard d'Ëstang, Le Gorrec, Mourre, Jurien, marquis de Ma- 
ieville, Salvaing de Boissieu, Monsarrat, Faget do Baure, Perrot de Chezelles 
(Claude), de Saint-AIbln, Pinard, Lenain, Fraissynaud, ïheveniii, Bonnevllle de 
Marsangy, d'Uerbelot, Le Peletier d'Aunay, Flandin, Marlel, Meizinger, Le Goni- 
dec, Brault, Berriat-Sainl-Prix, Du Barle, Saillard, Conchon, Pasquier, L Eves- 
que, Puîssun, Portier, Picot, Gallois, Beausirc, Mongis, Genreau. Berlhelin, Gouget, 
Gislain de Bontin, Camusat-Busscrolles, Guillemard, Puget, Falconnel, Rolland de 
Villargues, Moreau, Gautier de Charnacé, Labour» Estignard de la Faulolte, Bou- 
nefois, Desaulerais, La Caille, Dulour, Ilello, Clappier, Salomon, Crainail, Dela- 
borde, Page-Mai son fort, Maiie, Iloliault de Fleury, de Lalain Cliomcl, Bertrand, 
Nacqup.rt, Mahon, Valenlin Smith, Dobignie, Alexandre Daniel. 



M. Chabanay de Marnas. 



PARQUET. 

Procureur-Général impérial. 
Avocals-Géncraux. 



MM. De Vallée, Roussel, Salle, Dupré-Lasalc, Dcscouturcs, Senard, Briéro- 
Valigny. 

Substituts du Procureur-Général impérial. 

MM. Sallentin, Armet de Lisle, Ducreux, Genreau, Bondurand, Dumas, Try, 
Jousselin, Merveilieux-Duvigneau, Laplagne-Barris, Rousselle. 

Greffier en chef : M. Loi. 



40 
COURS IMPÉRIALES DES DÉPARTEMENTS. 



Agen. Gers, Lot, Lot-et-Garonne. 
M. Sorbier, premier président. 
M. Sigaudi , procureur -général impé- 
riaL 

Aix. Bass. Alpes, Bouch.-du-Bhône, Var. 

M. Bigaud, premier président. 

M. Merville, procureur-général impérial. 

Amiens. Aisne, Oise, Somme. 
M. deThorigny, sén., premier président. 
M. Saudbreuil , procur.-général impér. 

Anges. Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe. 
M. Métivier, premier président. 
M. Damis, procur.-général impér. 

Bastia. Corse. 
M. Germanes,premier président. 
M. Bécot, procureur-gen. imp. 

Besançon. Doubs, Jura, Haute-Saône. 
^ M. Loiseau, premier président. 
M. Blanc, procureur-général impérial. 

Bordeaux. Charente, Dordogne, Gironde. 
M. Raoul Duyal, premier président. 
M. Du Beux, procur.-géner. impér. 

Bourges. Cher, Indre, Nièvre. 
M . Corbin , premier président. 
M. Robert de Chenevière, proc.-gén. imp. 

f Caen. Calvados, Manche, Orne. 
M • Dagallier, premier président. 
M. Rabou, proc.-gén. impérial. 

Chahbéry. Savoie, Haute-Savoie. 
M. Girod, premier président. 
M. Mourier, proc.-gén. impérial. 

CoLMAR. Bas-Rhin, Haut-Rhin. 
M. deBiçorie de Laschamps, pr. présid. 
M.Levieil delaMarsonnière,pr.-gén. imp. 

DuoN. Côte-d'Or, Saône-et-Loire) 
Haute-Marne. 
M. Neveu-Lemaire, premier président. 
M. Lenormant, proc.-gén. impérial. 

Douai. Nord, Pas-de-Calais. 
M. Dimon, prem. présid. 
M. Pinard, proc.-gén. impér. 

Grenoble. Hautes-Alpes, Drôme, Isère. 
M. Bonafoux, premier président. 
M. Moisson, procur.-général impér. 

Limoges. Corrèze, Creuse, Haute-Vienne. 
M. St-Luc-Courborieu, premier pr. 
M. Olivier, proc. -général imp. 

Lyon. Ain, Loire, Rhône. 
M. Gilardin, premier président. 
M. Gaulot, proc.-général impér. 



Metz. Ardennes, Moselle 
M. le baron Alméras-Latour, premier pr. 
M. le baron de Gérando, proc.-gén. imp. 

Montpellier. Aude, Aveyron, Hérault, 

Pyrénées-Orientales. 
M. Goirand de la Baume, premier pr. 
M. Dessauret, proc.-gén. impér. 

Nancy. Meurthe, Meuse, Vosges. 
M. Lézaud, premier président. 
M. Leclerc, proc.-général impér. 

Nîmes. Ardèche, Gard, Lozère, 
Vaucluse. 
M. Goirand de Labaume, prem. présid. 
M. Paul, procureur-général impérisd. 

Orléans. Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, 

Loiret. 
M. Duboys(Ernest), premier présid. 
M. Granaperret, proc.-général impér. 

Paris. Aube, Eure-et-Loire, Marne, 

Seine, Seine-et-Marne, Seine-et- 

Oise, Yonne. 

M. Devienne, premier président, sénateur. 

M. Cordoèn, procureur-gén. imp. 

Pau. Landes, Basses-Pyrén., Hantes- 
Pyrénées. 
M. de Romeuf, premier président. 
M. Durand- Fornas, procureur-gén. imp. 

Poitiers. Charente-Inférieure, Deux- 
Sèvres, Vendée^ Vienne. 
M. Fortoul, premier président. 
M. Damay, procur.-général impérial. 

Rennes. Côtes-du-Nord, Finistère, Ilfr 

et-Vilaine, Loire-Infér., Morbihan. 
M. Camescasse, premier président. 
M. Bardou, procur.-général impér. 

RiOM. Allier, Cantal. Haute-Loire, 
Puy-de-Dome. 
M. Moisson, premier présid. 
M. Chevalier, procur.-général impér. 

Rouen, Seine-Inférieure, Eure. 
M. Massot-Regnier, premier présid. 
M. Millevoye, proc.-gén. impér. 

Toulouse. Ariége, Haute-Garonne, 
Tarn, Tarn-et-Garonne. 
M. Piou, premier président. 
M. Dupré, proc.-gen. impérial. 

Alger. Bône, Oran, Philippeville, 

Blidah, Constantine. 

M. Pierrey, président. 

M. Robinet de Cléry, procur.-général imp, 

chef du service juaiciaire en Algérie 



41 



ARCHETÊQUES ET ÉYÊQUES. 



^ 



METROPOLES 
et 

DOGlèSBS. 



ARCHEVÊQUES 

et 

ÉVÊQVES. 



Paris 
Chartres 
Meaux 
OrléaHt 
Blois 
Versailles 

Cambrai 
Arras 



MMgrs, 

J)arboy, arch. 

Regnault 

Allou 

Dupanloup 

Pallu Duparc 

Mabile 

Régnier, arch. 
Parisis 



Lyon et Vienne le card. de Bonald, ar. 



Autan 

Langres 

D^on 

Saini-CIaude 

Grenoble 

Chambéry 

Annecy 

Rouen 
Bayeux 
Eyrenx 
Séez 
Cootances 



De Margnerye 

Gnérrin 

Rivet 

Nogret 

Ginoulhiac 

caidinal Billiet 

Renda 

de Bonnechose^arch. 
Didiot 
Devouconx 
Rousselet (b.-Frédér.) 
Bravard 



Sens et Auxerre Jollt-Mellon, arch. 
Troyes Ravinet 

Nevers Forcade 

Moulins de Drenx-Brézé 



REns 
Soissons 
C>«^lons 
BeauYais 
Amiens 

TOORS 

Le Mans 
Angers 
Naates 
Layal 

Bourges 
Clennont 
Limoges 
Le Pny 
TuUe 
Saint Fiour 

Albt 
Rodez 
Cahors 
Monde 
Perpignan 

BORWAOX 

Afcn 



METROPOLES 
et 

DIOCÈSES. 



ARCHEVÊQUES 

et 
éyftQUES. 



Le card. Gousset, arch. 

Dours 

Meignun 

Gignoux 

Boudinet 

GuiBERT , arch. 

Fillion 

Angebault 

Jacquemet 

Wicart 

Menjaud, arcb. 

Féron 

Fruchaud 

Lebreton 

Berteaud 

De Pompignac 

N. 

Delalle 

N. 

Foulquier 

Ramadié 

le card. Donnbt, arch. 

Lt Let«z««i4e Vesins. 



MUiÇTê» 

Angoulême Gousseau 

Poitiers Pie 

Périgueux Dabert 
La Rochelle Landriot 

Luçon Colet 
Sain^penis (La 

Réunion). Mai4K)int 

Basse-Terre (Gnadeloupe). Bontoiinet 
S-Pierre et Fort 
de France Mouniq. 

AUGH 

Aire 
Tarbes 
Rayonne 
Toulouse et 
Narbonb 
Montauban 
Pamiers 
Carcassonne 



Del AH ARE, arch. 
Epivent 
Laurence 
Lacroix 

Desprez, arch. 
Doney 
Bélaval 
RouUet de la BoniUene 



Aix, Ales et 

Embrun Chalandon, arch. 

Marseille Cniice 

Fréjus et Toulon Jordany 



Digne 
Gap 

Ajaccio 

Alger 

Besançon 

Strasbourg 

Metz 

Verdun 

Belley 

SaintrDié 

Nancy 

Atignon 
Nîmes 
Valence 
Viviers 
Montpellier 

Rennes 
Quimper 
Vannes 
Saint-Brieuc 

GHAVBlblT 

Nice 
Annecy 






Meirieu 
Bemadou 
i CasanelU d'Istria 
Sarrebayronse 
Pavy 

le card. Mathieu, arch. 

Rœss 

Dupont des Loqbs 

Rossât 

Géraudde Langalerto 

Caverot 

Lavigerie 

Dubreuil, arch. 
Plantier 
Lyonnet 
Delcusy 
Le Courtier 

Brossats de ST*ftfARC,ar . 

Sergent 

Gazailhan 

David 

le card. Billiet, areb. 

Sola. 

Magnan. 



42 



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45 



CONSERVATIONS FORESTIERES. 



I" conservation. — Oise, Seine, Seine- 
et-Oise, Seine-eMVfarue. 
M. Becquet, conservateur à Paris. 

2. conservation. — Eure, Seine-Infér. 
M. de Suzanne, cons. à Rouen. 

3. conservation. — Côte-d'Or. 

M. Lerouyer-Lafosse, cons. à Dijon. 

4. conservation. — Meurthe. 

M. Houdouart, conservateur à Nancy. 

5. conservation. — Bas-Rhin. 

M. Barte de Ste-Fare, c, à Strasbourg. 

6. conservation. — Haut-Rhin. 

M. de Frawenberg, cons. à Colmar. 

7. conservation. — Aisne, Nord, Pas-de- 
Calais, Somme. 

M. Béraud, conservateur à Douai. 

8. conservation. — Aube, Yonne. 

M. Suremain de Missery, cons. à Troyes. 

9. conservation. — Vosges. 

M. Baudrillart, conservateur à Épinal. 
w. conservation. — Ardennes, Marne. 
M. Martin, conservateur à Chaions. 

11. conservation. — Moselle. 

M. de Mecquenem, cons. à Metz, 

12. conservation. — Doubs. 

M. Vouzeao, cons. à Bezançon. 
ià. conservation. — Jura. 

M. Virot, conservateur à Lons-le-Saul- 
nier. 

14. conservation.— Hautes-Alpes, Drôme, 
Isère. '^ ' ' 

M. Jacquot, cons. à Grenoble. 

15. conservation. — Calvados, Manche, 
Mayenne, Orne, Sarthe, Eure-et-Loire» 
M. Barbereux, cons. à Alençon. 

16. conservation. — Meuse. 

M. Hun, cons. à Bar-le-Duc. 

n. conservation.— Ain, Rhône, Saôneet- 
Loire. 

M. Fourmont-Tournay. cons. à Mâcbn. 

48. conservation. — Ariége, Lot, Haute- 
Garonne, Tarn-et-Garonne. 
M. Soubirane, cons. à Toulouse. 

19. conservation. — Indre - et - Loiret, 
Loir-et-Cher, Loiret. 
M. Trumeau, conserv. à Tours. 



20. conservation. — Cher, Indre, Nièvre. 
M. Des Méloizes, conserv. à Bourges. 

21 . conservation. — Allier, Creuse. Loire , 
Puy-de-Dôme. 

M. Desmercières, conserv. à Moulins. 

22. conservation. — Gers, Basses-Pyré- 
nées, Hautes-Pyrénées. 

M. N.... conservateur à Pau. 

23. conservation. — Côtes-du-Nord, Fi- 
nistère, Ille-et- Vilaine, Loire -Infé- 
rieure, Morbihan, Maine-et-Loire. 

M. de Bruchard, conserv. à Rennes. 

24. conservation. — Charente, Char.-In- 
iér., Deux- Sèvres, Vendée, Vienne. 
M. BeausirCj conserv. à Niort. 

25. conservation. — Aude, Pyrénées- 
Orientales, Tarn. 

M. Tallotte, cons. à Carcassonne. 

26. conservation. —Basses -Alpes, Bou- 
che s-du-Rhône, Var, Vaucluse. 

M. Labussière, cons. à Aix. 

27. conservation. — Ardèche, Gard, Hé- 
rault, Lozère. 

M. Canferia, conserv. à Nîmes. 

28. conservation. — Aveyron, Cantal, 
Corrèze, Haute-Loire, Haute-Vienne. 
M. Laurenceétu, conservateur à Au- 
rillac. 

29. conservation. ~ Dordogne, Gironde, 
Landes, Lot-et-Garonne. 

M. Dutemps du Grlc, conservateur à 
Bordeaux. 

30. conservation. — Corse. 

M. Tassy, conservateur à Ajaccio. 
3i. conservation. — Haute-Marne. 
M. Bigeon de Coursy, conservateur à 
Chaumont. 

32. conservation. — Haute-Saône. 

M. de Coucy, conservateur à Vesoul. 

33. conservation.. — Savoie. 

M Bramand • Boucheron, conservateur 
à Chambér^r. 

34. conservation. — Alpes Maritimes. 
M. Viney, conservateur à Nice. 

35. conservation.— Hautes-Alpes, Drôme. 
M. Duval. conserv. à Valence, 



SERVICE FORESTIER EN ALGÉRIE. 
Province d'Alger. — M Monnier, inspecteur, chef du service. 



— d'Oran. — M. Cherrier 



id. 



— de Constantine. ~ M. Lichilin, id. 



id. 
id. 



46 
NOUVELLES CIRCONSCRIPTIONS ACADÉMIQUES 

DÉTERMINÉES PAR LE DÉCRET ORGANIQUE DU 22 AOUT iSÔft. 

Académie d'Aix, comprenant les départements des Basses- Alpes, des Bouches dn- 

Hhône, de la Corse, du Var et de Vaucluse (M. Descoleaux, recteur). 

— de Besançon, comprenant les départements du Doubs, du Jura et de la 

Haute-baône (iM. Caresme, recteur). ^ 

— de Bordeaux, comprenant les départements de la Dordogne^ de la Gironde, des 

Landes, de Lot-et-Garonne, des Basses -Pyrénées (M. de Wailly, 
recteur). 

^ de Caen, comprenant les départemeuts du Calvados, de l'Eure, de la Man- 
che, de rOrne, de la Sarthe et de la Seine-Inférieure (M. Théry, 
recteur.) 

— de Clermont, comprenant les départements de TAllier, dn Cantal, de la Cor- 

rèze, de la Creuse, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme (M. Allou, 
recteur). 

— de Dijon, comfNrenant les départements de l'Aube, de la Côle-d'Or, de la 

Haute-Marne, de la Nièrre et de l'Yonne (M. Monty, recteur). 

— de Douai, comprenant les départements du Nord, de l'Aisne, des Ardenne>. 

du Pas-de-Calais et de la Somme (M. Fleury, recteur). 

— de Grenoble, comprenant les départements des Hautes-Alpes, de l'Ardèche, 

de la Dr6me, de l'Isère et de la Savoie (M. Courtade, recteur). 

— de Lyon, comprenant les départements de l'Ain, de la Loire, du Rhône et de 

la Saône-et-Loii'e (M. de la Saussaye, membre de l'institut, rect.) 

" de Montpellier, comprenant les départements de l'Aude, du Gard, de THérault, 
do la Lozère et des Pyrénées -Orientales (M. Donné, recteur). 

— de Nancy, comprenant les déparlements de la Meurlhe, de la Meuse, de la 

Moselle et des Vosges (M. Guillemoin, recteur). 

— de Paris, comprenant les départements du Cher, d'Eure et-Loir, de Loir-et- 

Cher, du Loiret, de la Marne, de l'Oise, delà Seine, et de Seine- 
et-Marne et de Seine-et-Oise (Son Ëxc. le ministre de l'instruc- 
tion publique, recteur: M. Mourier, vice- recteur). 

— de Poitiers, comprenant les départements de la Charente, de la Charente' 

Inférieure, de l'Indre, d'indre-et Loire, des beux-Sèvres, de l* 
Vendée, de la Vienne, de la Haute- Vienne (M. Desrosiers, recteur)- 

— de Rennes, comprenant les départements des Côtes-de-Nord, du Finistère, 

d'Ille-et- Vilaine, de la Loire- Inférieure, de Maine-et-Loire, de la 
Mayenne et du Morbihan (M. Mourier, recteur). 

— de Strasbourg, comprenant les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rbin 

(M. Delcasso, recteur). 

— de Toulouse, comprenant le^ départements de l'Ariège, de l'Aveyron, de la 

Haute-Garenne, du Gers, du Lot, des Hautes-Pyrénées, du Tarn, 
de Tarn-et-Garonne (M. Rocher, docteur en droit, conseiller ho- 
noraire à la Cour de cassation, recteur). 



47 
ARMÉE. 

ÉTAT-MAJOa GÉNÉRAL DE L*AR]VIÉE. 

MARÉCHAUX DE FRANCE. 

Leurs Excellences : MM. 

Vaillant, membre du Conseil privé, grand -maréchal du palais, ministre de la 
maison de l'Empereur. 

Canrobert, commandant du 1" corps d'armée, à Paris, grand veneur. 

Comte fiaraguey-d'Hillier.s, vice-président du Sénat, commandant du 5' corps 
d'armée, à Tours. 

Comte Randon, ministre de la guerre. 

Cousin-Montauban, comte de Palikao, commandant du 4" corps d'armée, à Lyon. 

Regnaud de Saint-Jean-d'Angély, vice-président du Sénat, commandant en chef 
la garde impériale. 

De Mac-Mahon. duc de Magenta, gouverneur général de l'Algérie. 

Niel, commandant du 6° corps d'armée, à Toulouse. 

Forey, commandant du 3* corps d'armée, à Nancy. 

Bazaine, commandant en chef l'expédition du Mexique. 



DIVISIONS MILITAIRES. 



1" division : Seine, Seine-et-Oise, Oise, 
Seine-et-Marne, Aube, Yonne, Loiret, 
Eure-et-Loire.— Maréchal Canrobert, 
commandant à Paris. 

2' div.: Seine-inférieure, Eure, Calvadoss 
Orne. — Général, baron Regnault, com- 
mandant à Rouen. 

3* div. : Nordj Pas-de-Calais, Somme.— 
Général Maissiat, comm. à Lille. 

4* div. : Marne, Aisne, Ardennes. — Gé- 
néral, marquis de Liniers. comm. à 
Châlon-^-sur- Marne. 

5* div. : Moselle, Meuse, Meurthe, Vosges. 
— Général de Martimprey, comm. à 
Motz. 

6" div. : Bas-Rhin, Haut-Rhin. — Gén. 
Ducrot, commandant à Strasbourg. 

7* div. : Doubs, Jura, Côte-d'Or, Haute- 
Marne, Haute-Saône .—Général Decaen, 
comm. à Besançon. 

8* div. : Rhône, Loire, Saône-el-Loire, 
Ain, Drôme, Ardèche. — Gén. Douay, 
comm. à Lyon. 

9« div. : Bouches-du-Rhône, Var^ Basses- 
Alpes, Vaucluse, Alpes-Maritimes. — 
Gen. d'Aurelle de Paladines, comm. à 
Marseille. 

10* div. : Hérault, Aveyron, Lozère, Gard. 
Gén. Jusuf, comm. à Montpellier. 

H' div. : Pyrénées-Orientales, Ariège, 
Aude. — Gén. Niol,com. à Perpignan. 



12 • div. : Haute-Garonne, Tarn-et-Ga- 
ronne, Lot, Tarn. — Gén. de Noue, 
comm. à Toulouse. 

I3'div.: Basses- Pyrénées, Landes, Gers. 

— Gén. Durrieu, comm. à Bayonne. 
i4« div. Gironde, Charente-Inférieure, 

Charente, Dordogne, Lot-et-Garonne. 

— Gén. Daumas, comm. à Bordeaux. 
15« div. : Loire -Inférieure, Maine-et- 
Loire, Deux-Sèvres, Vendée. — Gén. 
de la Motterouge, comm. à Nantes. 

16« div, : Ille-el-Vilaine, Morbihan, Finis- 
tère, Côles-du-Nord, Manche, Mayenne. 

— Gén.Courtot de Cissey, c. à Rennes. 
H" div. : Corse. — Gén. Marion, comm. 

à Bastia. 

18' div. ; Indre-et-Loire, Sarthe , Loir- 
et-Cher, Vienne. — Gén. de Gérandon, 
comm. à Tours. 

l'i» div. : Cher, Nièvre, Allier, Indre. — 
Gén. Sol, comm. à Bourges. 

20* div. : Pujr-de-Dôme, Haute-Loire. 
Cantal. —Gén. d'Exea, commandant a 
Clermont-Ferrand. 

21* div. : Haute-Vienne, Creuse, Corrèze. 

— Gén. Lafont de Villiers, comm. à 
Limoges. 

22' div. : Isère, Hautes-Alpes, Savoie, 
Haute-Savoie. — Gén. comte de Monet, 
com. à Grenoble. 



48 
ALGÉRIE 



f* dir. : Province d'Alger (quartier -gé- 
général à Blidah). — Gén. Wimpffen, 
eomm. à Alger. 



2* div. : Province d'Oran.— Gén. Deligny, 

comm. à Oran. 
3* div. : Province de Gonstantine. — Gén. 

Périgot, comm. à Gonstantine. 



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CHAPITRE II. 



DEPARTEMENT DE L'YONNE, 



SECTION I. ADMINISTRATION CIVILE. 



M. H. SOHIER, 0. i^, Préfet. 

CONSEIL DE PRÉFECTURE. 

M. Le PRÉFET, Président. 

MM. LËSCUYER ^, avocat ; BEHT ^, ancien avoué; BOUR. 
Secrétaire général de la Préfecture: M. LAURENT. 
Secrétaire-greffier, M. André. 

Jours de réception du Préfet et d*entrée dans les bureaux. 

M. le Préfet reçoit tous les jours, de une heure à trois heures de l'après-midi. 

Le public est admis dans les bureaux les lundi et vendredi de midi à trois 
heures. 

Les bureaux sont fermés au public tous les autres jours, à l'exception du bureau 
chargé spécialement des légalisations, du visa des passeports, des récépissés, de» 
états de contrainte, du colportage des imprimés et des permissions exigées parles 
lois et règlements de police. 

CABINET DU PRÉFET. 

MM. N..., chef du cabinet, secrétaire particulier. 

Réception,ouverture, classement, timbre et distribution des dépêches. — Notes 
sur le personnel des fonctionnaires de tout ordre. — Légion-d'honneur : Présentation, 
mouvement du personnel. — Questions politiques. — Rapports périodiques.— Rapports 
des commissaires de police. — Congés. — Imprimerie. — Librairie. — Journaux. — 
Théâtres. — Bureaux de tabac (nominations). — Postes : Bureaux de direction et de 
distribution, facteurs, courriers, service rural (nominations). — Percepteurs surnu- 
méraires (nominations). —Cérémonies publinues. — Demandes d'audience hors des 
jours et heures indiqués. — Affaires contiaentieiles et réservées. — Ar«hives du 
département. —Bibliothèque administrative : Achat et entretien des livres. — Con- 
grégations religieuses. — Commissaires de police — Personnel des receveurs, 
percepteurs, agents et employés des diverses administrations financières. 



50 

1" DIVISION. 

M. MIGHELON, chef. 

MM. N...., chef de bureau. 
Klobukowski, sous-chef. 
Blin, Balbon, Monne, Boullé, Olite, employés. 

SECRl^TÀRIAT GENISRAL ET AFFAIRES MILITAIRES. 

Police spéciale et administrative. — Grimes et délits. — Morts accidentelles. — 
Suicides. — Incendies et sinistres de toute nature. — Actes de dévouement. 
Récompenses honorifiques et autres. — Ghasse : ouverture et clôture, permis. — 
Destruction des animaux nuisibles. — Louveterie. — Loteries. — Passeports et 
permis de séjour. — Réfugiés politicjues. — Secours de route. — Surveillance 
des forçats et des condamnés libères. 

Commerce et industrie. — Tribunaux de commerce. — Ghambres consultatives 
des arts et manufactures. — Brevets d'invention. — Comptoirs d'escompte. — Foires 
et marchés. — Mercuriales. 

Elections. — Elections législatives et départementales. — Listes électorales. — 
Jury : Formation des listes, Assises. — Pensions — Naturalisation. 

Instruction publique. — Supérieure et secondaire. — Bourses dans les lycées. — 
Sociétés savantes. 

Beaux-arts. — Antiquités.' — Musées. 

Postes. — Bureaux de direction et de distribution. — Courriers. — Service rural 
(instruction). Vérification des caisses. 

Domaines» — Propriétés de l'Etat, îles et îlots.— Domaines engagés.— Aliénations. 

— Concessions. — Contentieux. — Vente d'objets appartenant à l'Etat. 

Eaux et forêts. — Pêche fluviale. — Bois domaniaux et particuliers. — Défri- 
chement. 

Affaires militaires. — Recrutement : tirage, conseil de révision, engagements vo- 
lontaires, déserteurs et insoumis. — Garnison. — Casernement, logement des troupes 
chez l'habitant. — Convois militaires. —Fournitures et prestations pour le compte 
du ministère de la guerre. — Ecole polytechnique. — Ecoles militaires. — Ecole 
navale. — Invalides.— Pensionnaires de l'Etat et de la marine. — Secours à d'anciens 
militaires. 

Garde nationale. — Organisation et administration, conseils de recensement, jurys 
de révision. — Tableaux annuels des citoyens mobilisables. — Inspection de rarme- 
ment. — Conseils de discipline. — Sapeurs-pompiers. 

Affaires diverses. — Recueil des actes administratifs. — Procès-verbal des déli- 
bérations du Conseil Général. — Dépôt du sceau de la Préfecture. — Enregistre * 
ment spécial des affaires soumises au Conseil de Préfecture et notamment des 
réclamations en matière de contributions directes. — Réception des déclarations de 
mémoires et pièces déposées dans les divers cas indi({ues par les lois et règle- 
ments, et délivrance de récépissés. — Légalisations et visas de pièces. — Contrôles 
des récépissés délivrés par les Receveurs des Finances. — Tenue des registres des 
arrêtés au Préfet et du Conseil de Préfecture. — Répertoire des actes soumis à Ten- 
registrement. 

COMPTABlLlTlé. 

Budgets et comptes départementaux. Vérification et visas des pièces de dq cnses 

— Impositions extraordinaires et réalisation des emprunts. — Menues dépenses des 
tribunaux et des justices de paix. — Dépenses relatives au casernement de la gendar- 
merie. — Répartition du produit du travail des condamnés. — Remboursement par 
l'Etat des dépenses des condamnés à plus d'un an. — Ordonnancement de tous les 
traitements, salaires, retraites, indemnités, subventions et généralement de toutes 
les dépenses à la charge du budget de l'Etat ou du budget du département sur états 
et pièces préalablement visés. — Rédactions des situations, états et comptes d'ordon- 
nancement à envoyer aux ministres. 

Poids et mesures. — Personnel, vérification annuelle et inventaire. 

Contributions directes. — Répartement et sous-répartement entre les arrondisse^ 
ments et les communes. — Nominations des commissaires répartiteurs. — Cadastre ^ 
confection et conservation des plans et matrices. — Recensement des valeurs mobi * 



m 

lièrcs et des portes et fenêtres. — Patentes : mjse en recouvrement des rôles. — Pour- 
suites, remises et modérations. — Recours pour pertes direrses. 

ContfitmtUms indirectes. — Inyeataires, exercices, abonnemei^ts. — Buneaiix de 
tabacs et de poudre à feu. 

Enreffistrement. — Attributions diverses sur les amendes de police. 

2« DIVISION. 

H. LECHAT, chef. 

Maingot et A?)DHé, sons -chefs. 
L. MicuÂUT, expéditionnaire. 
Rousseau, Tardivon, employés. 

Salvaire, inspecteur du service des enfants assistés. 
Beutèchë, employé. 

ADMINISTRATION G^N^RALE ET DEPARTEMENTALE. 

Statistique générale de France. — Dénombrement quinquennal et renouvelle- 
ment annuel de la population. — Commissions cantonales permanentes de statistique. 

Police administrative. — Ateliers dangereux, insalubres ou incommodes. ~ Ma- 
chines à vapeur.— Voitures publiques, roulage. 

Police sanitaire. — Jury médical. — Médecins.— Herboristes.— Sages-femmes. — 
Pharmacies et drogueries. — Epidémies et épizooties. — Vaccine. 

Prisons et dépôts de sûreté. — Administration : personnel de tous les services, 
régime disciplinaire, moral et religieux ; instruction élémentaire ; garde et surveillance; 
état sanitaire, service médical. — Service économique : en entreprise ou en régie : 
cahiers des charges, marchés et adjudications; service des transfèrements ; mobilier 
et matériel. — Travaux industriels: règlement des tarifs. — Budgets et comptes. — 
Jeunes détenus^ 

Agriculture. — Secours et encouragements. -^ Institut national agronomique. — 
Fermes régionales et fermes écoles. — Sociétés d'agriculture. — Oomices agricoles.— 
Commissions hippiques. — Dépôts d 'étalons. 

Affaires ecclésiastiques. — Edifices diocésains. — Mobilier de l'archevêché. — 
Maîtrise de la cathédrale. — Séminaire. 

Bâtiments départementaux. — Hôtels de Préfecture et de Sous-Préfectures. — 
Académie. — Tribunaux. — Casernes de gendarmerie. — Prisons et dépôts de sûreté. 

— Asile des aliénés. — Travaux d'entretien de grosses réparations et de construc- 
tions neuves. — Acquisitions, échanges. — Baux à loyer. — Assurance contre l'in- 
cendie. 

(kisernemjent de la gendarmerie. — Baux à loyer. 

Mobiliers départementaux. — Achat et entretien. 

Architectes de département et d'arrondissements. 

Aliénés. — Asile public d'Auxerre : commission de surveillance et personnel de 
Tasile; fixation du prix de pension; admission et sortie de pensionnaires; séques- 
trations d'oifice des aliénés dangereux ; places gratuites créées en faveur d es aliénés 
indigents non dangereux; répartition des dépenses entre le département et les 
communes; recours à exercer contre les familles et les départements étrangers : 
frais de transport et de séjour dans les établissements du dehors d'aliénés appar- 
tenant au département. — Administration et régime intérieur de l'asile ; budgets et 
comptes. 

Mnfan/tê trouvés ou (abandonnés ou orpheUns pauvres. — Bureaux d'admission. 

— Secours aux enfants nouveaux-nés. — Inspection et service médical. — Dépenses 
extérieures de toute nature. — Orphelinat départemental. 

Dépôt de mendicité. — Administration et régime intérieur ; budgets et comptes. 
Secours et encouragements de toute nature sur les fonds départementaux. — 
Caisse de retraites et pensions des employés de l'administration départementale. 
Affaires diverses. Sourds-muets.— Jeunes aveugles. — Ecole des arts et métiers. 

— Ecoles vétérinaires. —Caisses d'épargnes. —Sociétés de secours mutuels — • 
Compagnies d'assurances. — Caisse des incendiés. 



52 

TRAVAUX PUBLICS ET TiCINALlTlf. 

Voies naviffablei — Rivières d'Yonne, de Cure et d'Armançon; canaux de Bour 
gogne et du Nivernais; entretien; amélioration; navigation ; flottage. 

Ports. — Classement. — Bacs et bateaux. 

Service hydraulique, — Moulins et usines. — Irrigations. — Dessèchement de 
marais. — Drainage. 

Cours d'eau nonnaviga^les ni flottables. — Curage; redressement et élargisse- 
truction ; entretien ; ment. — Associations syndicales. 

Chemins de ter. — Achats de terrain s; travaux de construction et d'entretien. 

Ponls et chaussées^ Boutes impériales et départementales. — Classement; cons- 
truction, entretien, plantations. 

Grande voirie, — Aligoements; anticipations; contraventions. 

Vicinalité. — Chemins de grande, de moyenne et de petite communication, 
classement; fixation des limites; abornement; déclassement; aliénations. — Travaux 
de construction, de réparation et d'entretien. — Création et répartition des res- 
sources spéciales et des subventions du département; règlement des dépenses. — 
Chemins ruraux. ' 

Mines et carrières. 

Forges et hauts-lburneaux. 

3« DIVISION. 

M. BRODIER, chef. 

MM. Brun, chef de bureau. 
Soudais, sous-chef. 
Valot, Stempzinski, Burat de Gcrgy, employés. 

ADMINISTRATION ET CONTENTIEUX DES COMMUNES ET DES ETABLISSEMENTS COMMUNAUX. 

Questions diverses relatives à l'administration municipale. — Circonscriptions 
territoriales des communes. — Etablissement et suppression d'octrois; personnel, 
tarifs, amendes et transactions. — Abattoirs, personnel, tarifs, règlements. — Tarifs 
des droits de placage aux halles et marchés , de pesage et de mesurage publics. 

— Fixation des dépenses obligatoires; cotisations municipales; autorisations des 
dépenses facultatives. — Gestion des propriétés immobilières ; baux à ferme et 
à loyer ; acquisitions, aliénations, échanges et partages, constructions. — Actions 
judiciaires et à transactions sur procès. — Expropriations pour cause d'utilité pu- 
blique. — Dons et legs. 

Personnel municipal. — Maires, ad oints, élections municipales. 

Police municipale et rurale. — Garderie champêtre. — Règlements locaux : 
parcours et vaines pAtures. — Boulangerie : taxe du pain. 

Voirie urbaine. — Alignements, pians généraux d alignements ; établissement de 
trottoirs ; contraventions ; démolition des bAtimcnts menaçant ruines. 

lnstr%iction secondaire et primaire. — Collèges communaux : subventions muni- 
cipales, traités, bourses communales. — Ecole normale primaire, personnel; cons- 
tructions, administration ; distribution de bourses. — Ecoles communales : maisons 
et mobiliers d'école; instituteurs communaux; fixation du traitement des iiistitu- 
teursel du taux de la rétribution scolaire ; subventions départementales; listes des 
élèves gratuits. — Salles d'asiles, ouvroirs, classes d'adultes, écoles libres, etc. 

Affaires diverses.— Questions diverses spéciales à l'administration hospitalière. 

— Création et suppression d'hospices, d'hôpitaux et de bureaux de bienfaisance. — 
Services intérieur et extérieur ; traités avec les congrégations hospitalières. — Ad- 
mission de vieillards indigents. — Recours contre les communes et les membres des 
familles des indigents pour prix de journées. — Dons et legs. — Cession de biens. 
-— Remboursement de rentes et remplois de capitaux. -— Conversion d'une partie' 
des revenus en secours annuels à domicile. — Nominations de commissions adminis- 
tratives ; médecins, receveurs et économes. — Crèches. — Associations charitabU» 
de toute nature. 



53 

CMe paroiuial* -^ Onreê^ succursales, chapelles; fabriques, recours aux com- 
munes; persomiel; églises; presbytères, distraction des parties superflues de ces 
établissements; cimetières, translations, règlements et tarifs pour les concessions des 
terrains destines ci des sépultures privées. — Dons et legs. « 

Monuments historiqws. — Classement, réparation et entretien. — Subventions' 
Bois communaux et des établissements publics. — Soumission au régime fores' 
tier; distraction de ce même régime; coupes; affouages; reboisement et travaux 
d'améliorations ; constructions dans le rayon prohibé ; oncessions de servitudes. 

— Personnel des gardes ; formation et fusion de triage. 

COMPTABILITE DBS COMMUNES, DES HOSPICES ET HÔPITAUX COlfMUNAUX ET DBS 

BUREAUX DE BIBNF AISANCE . 

Règlements des budgets des communes, des hospices et hôpitaux et des bureaux 
de bienfaisance. — Comptes administratifs. — Recettes ordinaires et extraordinaires. 

— Placements de tonds. — Répartitions des amendes de police. —Revenus des 
propriétés immobilières, taxes locales de toute nature; impositions spéciales et ex- 
traordinaires; emprunts. — Comptes annuels des impositions.— Situation financière 
des communes, des hospices et hôpitaux et des bureaux de bienfaisance. — Trai- 
tement des gardes champêtres. — Remboursement à l'Etat des frais d'administration 
des bois soumis au régime forei>tier. 

Budgets des collèges communaux. 

Budgets des dépenses de rinstruction primaire à la charge du département; budget 
de l'école normale primaire, budget économique du même établissement. 

Cotisations municipales. — Mandatement des dépenses afférentes au personnel 
des commissaires de police et des gardes-forestiers. 



ARCHIVES. 

M. QUANTIN ^, archiviste, inspecteur des archives communales et hospi- 
talières du département. 
M. Routier, employé. 

Les archives de la Préfecture se composent : f <* de tous les titres des établissements 
religieux supprimés en 1790 dans le département, savoir : des anciens archevêchés 
de Sens et de l'évôché d'Auxerre, des chapitres^ abbayes et prieurés d'hommes et de 
femmes des deux diocèses; des titres et biens des émigrés, des cures et fabriques du dé- 
partement, des tribunaux consulaires, etc. Parmi ces nombreux documents, il en est de 
aifférentes valeurs : les uns sont précieux pour l'intérêt historique qu'ils présentent; 
les autres pour les droits de propriété, servitude, etc., sur les biens devenus natio- 
naux en 1790 et vendus comme tels. 

2° De tous les actes de l'administration depuis 1790 dans ses diverses parties, telles 
que les communes, la guerre, les linances, les élections, les biens nationaux, les 
contributions, l'état civil, le clergé, les travaux publics. 



P. Thomé, huissier de salle. 
Leu, concierge, garçon de bureau. 



SOUS-PREFECTURES. 

Le ^^épartement de l'Yonne comprend cinçi arrondissements ou sous-préfecture. 
Le Préfet remplit les fonctions de Sous-Préfet pour l'arrondissement d Auxerre. 
MM. PiCQCART, sous-préfet à Avallon. — Secrétaire : M. Maurice. 

Le Myre de Vilbrs *^, sous-préfet à Joigny. — Secrétaire : M. Manc het. 

De Gazes ^, sous-préiet à Sens. — Secrétaire : M. Desruissons. 

Vicomte oe MOiNiiEiRiBR, sous-préfet à Tonnerre. — Secrétaire: M. Sou- 

PAULT. 



54 

Indication des communes composant chaque cântâiu 

ARRONDISSEMENT d'ADXEREB. 

Atixerre (esl). — Augy, Champs. Qucimc, Saint- Br», Venoy. 

Àuxerre (ouest). ^Appoigny, Auxcrre, Gharbuy, Cheyannes, Blonélean, P é trlgBf, 

Saint- Georges, Tallan, Vaux, Yillefargean. 
CM6W5. — Aigremonl , Beine, Chablis, Chemilly-snr-Serein , Chichée, Ghftry, 

Courgis, Fontenay prés Chablis, Fyé, Licbéres, Milly,Poincby, Prchy, Saint*Cyr- 

les-CoIons. 
CùulangeS'la-Vineuse. — Charantenay , Coul anges-la- Vineuse , Coulangcron , Es- 
camps, Escolives, Gy-l'Evéque, Irancy, Jussy, Migé , Val-de-Mercy, VinceHes, 

Yincelottes. 
CoulangeS' sur 'Tonne, — Andrycs, Coul anges -sur-Yonne , Grain, Etais, Festigny, 

Fonlenay-sons-Fouronnes, Lucy-sur-Yonne, Mailly-Château , Merry-sor- Yonne, 

Trucy-sur- Yonne . 
Caurson — Ghaslenay, Courson, Druyes. Fontenailles, Fouronnek. Lain, Herry> 

Sec, Molesmes, Mouffy, Ouanne, Semenlron, Taingy. 
Ligny Bleigny-le-Carreau, La Chapelle- Vaupelleleif ne, LignoreUes, Ligny^le- 

Chàtel, Malîgny, Mérey, Moniigny-le Roi, Pontigny, Rouvray» Yarennes, Ve* 

nousc, Villeneuve-Saint-Salve, Villy. 
Saint-Florentin. — Ayrolles , Bouilly , Clïéu, Germigny , Jattlges . Reboorceauz , 

Saint Florentin, Vergigny. 
5ain*-5a«WMr. — Fonlenoy, Lainsecq , Mou tiers , Ferreuse , Sainpaits, Sainte- 
Colombe, Saiufs, Saint-Sauveur, Sougères, Thury, Treigny. 
Seignelay — Beaumont, Chemilly près Séigneïay. Cheny. Chichy, Gorgy, Haote- 

rive, Iléry, Mont-Saint Sulpice, Orinoy, Seignelay. 
roucj/. — Beauvoir, Diges, Dracy, Egiény. Laîaude, Leugny, Lévis, Lindry,Hoa- 

lins-sur-Ouanne, Parly, Pourrain, Toucy. 
Vermenlon. — Accolay, Arcy-sur-Coie, Bazarnes, Bessy, Bois d'Arcy, Gravant^ 

Essert, Lucy-sur-Gui-e, Maillyla-Yille, Prégilbert, Sainte-Pallaye, Sacy, Scry, 

Yermenton. 

ARRONDISSEMENT d'aYAIION. 

Avallon, -— Annay-la-Gôte , Annéot, Avallon, Domecy-sar-ie-Yaalt , Etaules, Gi- 
rolles, Island, Levanlt, Lucy-le-Bois^ Magny, Menades, Pontanbert, Sauyigay- 
le-Bois, Sermizelles, Tharot. 

Guillon. — Anstrudo , Cisery , Cussy-les-Forges , Guillou, Marmeaux, Montréal , 
Pizy, Saint-André, Santigny. Sauvigny le-Beoréal, Sauvigny-ea-Terre-Pieine , 
Sceaux, Tizy, Trévilly , Vassy, Vignes. 

L'isle-sur-le-Serein. — Angely, Annoox, Athie, Blacy, Civry, Goutarnoux , Dis- 
sangis, Joux, Tlsle, Massangis, Précy-Ie Sec, Provency, Sainte-Colombe, Talcy^ 

Quarré 'les- Tombes — Beauyillers, Bussiéres, Ghaslellux, Quarré-les-Tombes, Saint- 
Brancher, Sainte- Magnance, Saint- Gcrmain-dcs-Champs, Saint-Léger. 

Vézelay. — Asniéres, Asquins, Blannay, Brosses, Chamoux, Châtel-Censolr , Do- 
mecy sor-Gure, Foissy-les-Yézelay, Fontenay prés Yézeiay, Givry, Lichères, 
Montillot, Pierre-Perthuis, St.-Moré, St.-Pérc, Tharoiseau, Yézeiay, Yoatenay. 

ARRONDISSEMENT DE JOIGNT. 

Aillant. *- Aillant, Branches, Champvatlon, Gbassy, Flenry, Gnerchy, Ladai^ L« 
Yiilotte, les Ormes , Merry la- Vallée , Neuilly, Poilly, Saint- Aubin-Ghâteaa- 
Nenf, Saint-Martin-sur-Ocre, Saint-Mauricé-leYieil, Saint-Maurice Xizouiaille, 
Senan, Sommecaise, Yillemer, Yilliers-Sainl Benoit, Yiilie^s-iur-Tolon, Yolgréc 

SlénetHi. — Blénean, ebaitipoevrafs, ChafnpigneUe», Louesmes/ Rogny, SsùkU 
Privé, Xannerre, Villeneuve-les Genêts. 



8S 

Orienon — Belle- Chatiiîie, i)lig:iiy-èn>Othe, Rrienon, DtiKsy cn~Ûtbe Cballlcy, 
Champlofit, £$non, Mercy, Paroy-en Olhe, Tarny, Yénizy. 

Cerisiert, — Arces. Bœurs, C^riiiy, Cerisiers, Couleurs Dillot, Fournaiidin, Vau- 
dcurs, Ville-Chétive. 

Ckarny. — Chambeujçle, Charny, Chêne-Arnoult, Chevillon, Dicy, Fontcnouille^ 
GraDd-Champ, La Ferté-Loupiére, La Mofhe-aux-AuInais, Malicorno, Marchais- 
Béton . Ferreux, Pranoy, ^"^nt-Denis-sur-Ouanne , Sainl-Marlin-sur-Ouannet 
Villefranche. ^ 

Joigny. — Bassou, Béon, Bonnard, BrioD, Cézy, Champlay» Chamyres, Charmoy 
Chiche; y, Epineau-les-Voves, Joigny, Looze , Migennes, Paroy-sur-Tholon 
Saiiil-Aubiti- sur-Yonne, Saint-Cydroine^ ViUecien, Vilievallier. 

Saiiit-Fargeati. — Fontaines, Lavau, Méziiles, Konchéres, Saint-Fargeau , Saiot^ 
Alartin-des-Chanips, Sept-Fonds. 

Sainl'Julien^du-SauU. — Cudot , La Celle Saint-Cyr , Précy, Saint-Julien-du- 
Saull, Saint Loup-d'Ordon, Saint-Martio-d'Ordon , Saint-Romain-Ie-Preux , 
SépauXj Yerlin. 

Villeneuve- le Roi. — Armeau, Bnssy-le-Repos^ Chaumot. Dixmont, Les Bordes 
PiffonJs. Rousson, YilleneuTe le-Roi. 

iiItllOKDTSSlïMtNT DE SÉNB^* 

Chéro^i, r- Brannay, Chéroy, CouPtoin, Dollot, Domats, Fouchéres, Jouy, La 
Belliolîé, Montachep, Saint-Yalérien, Savîgny, Subligny,Vallery, Yernoy, Yille- 
bougîs,\ViUegardin, Villeneuve-la-Dondagre. Yilleroy. 

Poni'Siur 'Yonne. — Cbampigny. Chaumont, Guy, Evry, Gisy-Ies-Nobies. exyL* 
Jliichery. pQnt-sur-You ne, Saint- Agnan, Sî^int-Serotin, Vilieblevin, Villemanochei 

• Villenavolte, Villeneuve-la-Guyard, Villeperrot, yillethierpy. 

sens, (nord). — Fontaine-la-Gaillarde, Maillot . Malay-le-Roi, Malay-le-Vicomt » 

.^( é, i'assy, Kosoy, Saint élément, fcaiigoy, Soucy, Sens, vaumort, vcron. 
y..;, s (syd^^r-pollemiers, Cornant,, Courtois, Egjiseiles-le-Bocage , Etigny, Groo, 

Marsàngis, Nailly, Paron, Saint-Denis, Saint-Martin du-Tertre. 
^Vr(/i/j6'à'4— Conipigny, Courceaux. Courlon , Fleuiigiïy , Grange le-Boca^e, La 

Chapclle-sur-Oreuse, Pailly, inessis-Dumée, Plessi§:Saint Jean , Saint-Martin- 

«ur-Qreuse, Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes, Serbonnes. Sergines, Sogues, 

Vcrtiliy, Yilliers-Bonneux , Vinneuf. 
nUtin&Hve-l'Àrclievêqiie.'' Baig,neaiux, Chig^y, Courgenay. Flacy, Foissy, Lailly, 

La Po>tole, Les Sièges, JVloliuons, Pont sur-Yannes, Theil, Thorigny, Vareiiies, 

ViUeaeuve-r Archevêque, Yilliers-Louis^ Yoisines. 

ARRONDISSEMENT DE TONNERRE. 

Jncfl^te-Franc— Aisy, Ancy-le-Franc, Ancy-le-Serveux, Argentenay. Argenleuil, 

Chassignelle^, Cry, Cusj, Fulvy, Jully, Lézinnes, Nuits, Passy. Perrigny, Ra- 

Tières, Sambourg, Stigny, Yilliers-les Hauts. VireauX. 
Cruzy. - Artonnay, Baon, .Cominissey, Cruzy, Gigpy, Gland, Méli»ey, Pimelles, 

Quincerot, Rugny, Saint Martin, Saint-Yinnemer, Sennevoi-le-BiS; Sennevoi- 

)e-liaul, Tanlay, Thorey, TJîchey, Villon. 
fWffiiy — Bernouil, Beugtion, Butleaux, Cârisey , Dié , Flogny, L.> Ghapelk^ 

Vieille-Forêt, Lasson, Neuvy Sauteur, Percey, Rofiey, Sormery, Sou.Taaînlrai«. 

Tronchôy, Villiers-Vineux. 
Noyers. — Aiijnay, Censy, Châtel-Gérard, Elivey, Fresnes, GrimaUU, .^ooancy, 

Môlay, Wôulins, Nitry, Noyers, Passilly, Peflly, Saiiite- Vertu, Sarry. 
Tonnerre.— Béru, Cheney. Collan, Dannemoine, Epineuil, Fley. Junay. Molota? 

Serrigny, Tissé, Tonnerre, Vewinnes, Vezinnes, Viviers, Yrouerre. 



CONSEIL GÉNÉRAL DE LTONNE (*)• 



IfOMS. 



QUALIFICATIONS 



RESIDENCES. 



CANTONS 

que représentent 

les CcMiseillers. 



ABiOHnussaxiiT ft'Aoxnms. 



BACDonr atné 

Baron Mjiatiheau des Chbshez 
G 0. îBJ 

GoiHIN-DETAIJX 'it 

LsFouuim d^Taotillb ^. 

BaDIU-D'H URTEBISB 

Ddsautot 

Rakb^ 

Fb^mt g. 0. ^ 

N. 

Baron du Hâtelt ^ 

lUifPOirr-LBCHiif 

Eng. Lbhubb 



Pebtbb (Pierre- Andoche)^ 
Bblgraiid 0. ^ 
Comte DE YiBiEu 
HouDAiLLE Acbille ^ 
Flandin iff 



propriétaire 

aoc. s.-secr. <l*E*at. 
juge an tr. de la Seine 
propriétaire, 
juge de paix 
fournis, des armées 
juge de paix 
gonv.da Crédit fon. 

propr. et maire 
propriétaire 
propriét. et maire 



Anxerre 

Anxerre 

Paris. 

Tiocelles. 

Mailly-Châtean 

Paris. 

Maligny 

Paris 

aoxBarres^.deSiiiputs 

Lengny 

Vermenton 



Anxerre (est) 

Anxerre (onest) 

Cliablis 

Conlanges-la-Vin. 

Conlanges-8-Ton 

Conrson 

Ligny 

Seignelay 

Saint-Florentin 

Saint-SanYenr 

Toncy 

Yermenton 



ABBONDISSEMBlfT D'AYALLON. 



maire 

ingénieur en chef 

propiiétaire 

maire 

C.à la CI. de Paris 



Ayallon 

Paris 

Annoux 

Château de Railly 

Paris 



Pr]^ct 
Dupont-Delports 

D DEAND-DÉSOBHE AUX 

Bbincabt ^ 
Challb i^ 
coutubat 
Dhumbz 
Babbt 

BOBRETILLE DE MABSANGT 



Comte DE Bressieux jC 
Le Comte atné ^ 
Beligand ^ 

Ad. VUITBY G. 0. # 

Foacier ^ 

Camille Doucet 0. <^ 



Mabtbnot atnéjK 
Marquis de Tanlay 0. ^ 
Textoris ^ 
Le Comte Eugène 0. 4t 

RJBTIF ^ 



*1 



ARRONDISSRMENT DE JOIGNY. 

lanc. not. et maire Chassy 
propriéuire Saint-PriYé 

propriétaire Brienon 

aud.au Cons. d'Etat 
aYOcat 
maire 
maire 
maire 
C. à la CI. de Paris 



Paris 

Anxerre 

Joigny 

Ronchères 

Précy 

Paris 



ARROlfDISSBHElIT DE SERS. 

Sayigny 

VilleneuYe- la-Guy. 

Sens 

Paris 



I 



propr et maire 

maire 

maire 

Min. pr. le Gons. d*Etat 

propriétaire 

ch. de div.aamin. delà 

m. de TEmp. et des 

beaax^irts. 



Serbonnes 
Paris 



ARRONDISSEMENT DE TONNERRE. 

propriétaire 

maire 

maire 

député 

prés. hon.dutr.cîY. 



Ancy-le-Franc 

Taniay 

Cheney 

Paris 

Tonnerre 



lAYalIon 

jGuillon 

- L'Isle-snr-Serein 

Quarré-l.-Tombes 

Tézelay 



lAilIant-s.-Tholon 

Bléneau 

Brienon 

Cerisiers 

Chamy 

Joigny 

Saint-Fargeau 

St- Julien. d- Sault 

Villen .- sur-Tonne 



Chéroy 

Pont-sur-Tonne 
Sens (sud) 
Sens (nord) 
Sergines 
Villen-l'ArcheY. 



Ancy-ie-Franc 

Cruzy 

Flogny 

Noyers 

Tonnerre 



(*) Les élections pour le renouYellementdu tiers des membres du Conseil général ont eu 
lienlesl9et20juiDl864. 



5T 



CONSEILS D'ARRONDISSEMENT (*). 



NOMS 



QUALIFICATIONS. 



RÉSIDENCES. 



CANTONS 

qae représentent 

les Conseillers 



Flocard ^, 

Savatier- Laroche fils. 

JacauHlat. 

Baraont Eng. 

De Mangin. 

Prudent. 

Thérèse. 

Hermelin. 

Gonneau. 

N. 

Ribière. 

De Bonnaire. 



Couturat-Royer. 

Bierge. 

GuUUer Ch. 

Bidault. 

Delétang. 

Tripier. 

PéliUcr- Chomaille. 

Gotteau-Montauré. 

Regoanlt. 

Monssu. 

Houette. 

Moreau. 

Drugé. 

I^voUée. 

Levert. 

Givry. 

Pophilat. 

Blanquet dn Chayla. 

Pottssard. 

Esprit-Roch. 

Vacher. 

Gomisset Auguste. 

De Fontaine I«ouis. 

Gornisset-Lamotte. 

Pléau. 

Perrot. 

Lomé. 

Martenot (Auguste.) 

Bourçuignat. 

Boguier. 

Gostel. 

Pcrrin. 

Dionnet. 

Mariglier. 

Montreuil. 

Hardy. 



▲RROlfDISSBMBNT 

adjoint au maire, 
avocat. • 
maire, 
maire. 

Propriétaire, 
octeur-médecin. 
greffier, 
juge de paix, 
notaire. 



O'AUXBRRB. 

jAuxerre. 

Auxerre. 

Chemilly-s-Serein 

Vincelottes 

Andryes. 

Courson. 

Ligny. 

St-Florentin. 

Thury. 



avocat, 
maire. 

ARR0NDIS6BMENT 

banquier. 

propriétaire. 

maire. 

juge d'instruction. 

notaire. 

propriét. et maire. 

maire. 

propriétaire et maire. 

juge de paix. 

ARRONDISSEMENT 

maire. 

propriétaire. 

négociant. 

propriétaire. 

anc. juge de paix. 

propr. et maire. 

propriétaire. 

maire. 

propriétaire. 

ARRONDISSE ISNT 

anc. notaire et maire. 

propriét. et maire. 

notaire honoraire. 

néçoc., anc. maire. 

maire. 

juge de paix. 

anc.pr. du tr. de com. 

notaire. 

maire. 

ARRONDISSEMENT 

maire. 

propr. et maire. 

adjoint au maire. 

juge de paix. 

juge de paix. 

notaire. 

maire. 

maire. 

I propr. et anc. maire. 



Auxerre. 

Sainte-Pallaye. 

d'avallon. 

Avallon. 

Avallon. 

Sceaux. 

Avallon. 

Joux-la-Ville. 

Saint-iéger. 

Quarré. 
Châtel-Censoir. 

Vézelay. 

DE joignt. 

Senan. 

Bléneau. 

Brienon. 

Arces. 

Charny. 

Cézy. 

St-Fargeau. 

La Gelîe-St-Cyr. 

Villeneuve-s.-Y. 

DE SENS. 

Chéroy. 

Champigny. 

Pont-sur-Yonne. 

Sens. 

Fontaine-la-Cail. 

Sens. 

Sens 

Sergines. 

Lailly. 

DE TONNERRE. 

Ancy-le-Franc. 

Argenteuil. 

Tanlay. 

Ancy-le-Franc. 

Flogny. 

Neuvy-Sautour. 

Noyers. 

Tonnerre. 

Tonnerre. 



Auxerre (est). 

Auxerre (ouest). 

Chablis. 

Coul.-la-Yineuse. 

Coul.-sur-Yonne. 

Courson. 

Ligny. 

St. -Florentin. 

St.-Sauveur. 

Seignelay. 

Toucy. 

Yermenton. 



j Avallon. 
I Guillon. 
JL'Isle. 



I Quar.-I.-Tombes. 
JYézelay. 

Aillant. 

Bléneau. 

Brienon. 

Cerisiers 

Charny. 

Joigny. 

St-Fargeau. 

St-Julien. 

Yillen.-sur- Yonne. 

I Chéroy. 

{ Pont-sur-Yonne. 

jSens (nord). 

jSens (sud). 

I Sergines. 

I Villen.-l'Archev. 

l Ancy-le-Franc. 

j Cruzy. 

J Flogny. 
Noyers. 
Tonnerre. 






) 



(*) Les élections pour le renoaveUsment de la moitié des membres dei Conseils d'arroiidissemen ( 
•nt ea lieu les 19 et tO join 1864. 



58 

CONSEItS D'HTGIÊNE. ^ VlCCINE. 

Crééft en verta d'an arrêté du chef du pouvoir exécutif da 18 décembre 1848. 
Les préfets et les sous-préfets sont présidents de droit de ces conseils. 

CONSEIL DÉPARTEMENTAL A AUXERRE. 

a 



.,) 



docteurs méd. 
Auxerre. 



MM. Courot, 

Marie, 

Dionls des Carrières, , 

Ballon, ingénieur en chef, Auxerre. 

Boucheron, agent-voyer en cher, Auxerre. 

Sallé-Frémy, chimiste, Auxerre. 

Monceaux, pharmacien, id. 



Ravin fils, pharmacien, à Auxerre. 
Yigreux, med. yétér., id. 
Badin d'Hurteb.. j. de p. Coul.-s-Yon. 
Duché, doct. -médecin, Oaanne. 
Hélie, id. Saint-Florentin. 
Rampont-Lechin, cons. gen., Toucy. 



CONSEILS d'arrondissements. 



AVALLON. 



Poulin, médecin, Avallon. 

Quatrevaux, doct. - méd. , id . 

Febvre, conseiller gén., id. 

Thierry, pharmacien, fd. 

Renaud, yétérinaire, id. 

Leriche, doct.-méd. Cussy. 

Pruneau, id. L'islè. 

Jaubseau, pharmacien, Yezelay. 
Voisenet, médecin. Quarré-les-Tombes. 

Reuche, doct.-méd. Vézelay. 

JOflGNY. 

Courtois, docteur-médecin, Joigny. 
Précy. propriétaire, Chassy. 

Picard, doct.-médecin, id. 

Benoît, Dharmacien, ie. 

Robillara, méd, vétérinaire, id. 

Simonneau, doct. méd j Aillant. 

Ibled, propriétaire, Joigny. 

B°" Seguier, î Hautefeuile, c. Malicorne. 
Bally, doct. médecin, à W.-sur-Youne. 
Bridou, pharm., à Villen.-sur- Yonne. 



SENS. 



médecins. Sens. 



Hédiard %, 

De Chauveau, 

De Brouard. 

Moireau, 

Rolland, 

Audebert, pharm.. Sens. 

VioUet, vétérinaire, Sens, 

Deligand, maire. id. 

Pille, ingénieur, id. 

Guichard Victor, propr. à Soucy. 

TONNERRE. 

I 

Marquis, doct. méd.. Tonnerre. 

I^egris. pharmacien, id. 

Roy Charles, id. 

Héroguier 

Thierry, vétérinaire, 

Thierry, doct. méd., 

Langin, doct. méd.. 

Mouton, 

Roguier Félix, 

Audigé, doct. méd.. 



id. 
id. 
Ancy-le-Fr. 
Noyerç. 
Tanlay, 
id. 
Néuvy-Sautonr. 



COMMISSIONS D'INSPECTION DtS PHARMACIES, 

Les jurys médicaux sont remplacés par une ou plusieurs Commissions de trois 
membres pris dans les Conseils d'hygiène d'arrondissement, et composés d'un mé- 
decin et de deux pharmaciens, ou d'^un médecin, d'un pharmacien et d'un chimiste, . 
sous le titre de : Commissions d'inspection des Pharmacies. 



ARROimiSSEM. D'AUXI^RRR. 

MM. Gourot, doCt. méd., 
Marie, méd. chim.. Salle, 
chimiste, à Auxerre. 

ARROICDISSBH. D'AVALLON. 

MM. Quatrervarix, méd. chi- 
miste, Thierry, pharma- 
cien, à Avallpn, Leriche, 
doct méd., à Cussy. 



AHRONDISSBM. DB JOIGNT. 

MM. Courtois, doct. en mé- 
decine, à Joigny, Benoit 
iils, pharm., à Joigny. 
Bridou, pharm., à ViUe- 
neuve-sur-Yonne. 

ARRONDISSEM, DB SENS. 



chimiste, à Seis, et Aude- 
bert, pharm. à SeU^. 

ARRONDISS, DB TONNERRE.' 

MM. Marquis, d*^ médecin, à 
Tonnerre, Le^'s, pharm. 
à Tonnerre., Thierry, d.- 
m. à Ancy-le-Franc. 



MM. Moreau, médecin, à 
Sens, Rolland, médecin- 

Aux termes de la loi du 21 germinal an XI. une visite générale des officines de 
pharmacie et des magasins des épiciers et droguistes a lieu annuellement. L'époque 
en est fixée par le Préfet. < 

lilÉDEGINS DES ENFANTS ASSISTÉS. 

ARRONDumiH. D*ÀuxnLRB. Marie^LeëscTé, à Appoigny. Tournier, à Druyes. 
MM. Marie, à Auxerre. Rathier, à Chablis. tMOirache, id. 



Gniard, à Gy-l'ET^fie. 
De Jonchère, à Héry. 
Nayères. à IraBcy. 
Tassin, a Leugny. 
Vesperini , à Mail]y4arYille. 
Bernardin^ à Ouanne. 
Marquef , a Parlv. 
Héiie, à Saint-Fiorentin. 
Pommier, à St-Sauyeur. 
N., à Vermenton. 

ARRONDISSEM. D^AYALLON. 

Bert, à Avalloa. 
Petit, à Châtei-Censoir. 
Leriche, à Cussy. 
Pruneau, à L'Isle. 
Guignot, à Pizy. 



59 

CloUI«, à Roumj p« Onané 

N...,àSermizefles. 
Seureau, à YéEelay. 

ARRONDISSEM. DS J0IGN7. 

Courtois, à Joicat. 
Laurence, à Aillant. 
Baudoin , à Arces. 
Fontaine, à Brienon. 
Molieyeaux, à GhaiUey. 
Villepique, à Champignelles 
Renauli, à La Ferté-Loup. 
Larcher, à Mézilles. 
Bazot, à St-Julien-dn-Sault. 
Beulard, à Yillefranche. 
Trouvé, à Villeneuve-s.-Y. 



AMtOlimsniBNT DK IBICS. 

De Brouard, à' Sens. 
FiUemin, id. 
Roche, à Pontrsur- Yonne. 
CiaiMe, à 9t-Y^férien 
LebertoUj à. Sereines. 
Colomb, a Thorigny. 
Deville, à Vilîen.-rArchey. 

ARROMDISS. PB TOMNERRB. 

Marquis, à Tonnerre. 
Royef , a Ancy-Ié-Franc. 
Boùbet, à Ëiivey . 
N., p. le canton de Flagny. 
Léiaié, à Noyers. 
Thierry, à Ravières. 
N., àTanlay. 



Gagniard, médecin de la contre-visite des enfants assistés, à Avallon. 

COMITÉS DE PATRONAGE DES ENFANTS ASSISTÉS. 

Par arrêté de M. le préfet de l'Yonne, en date du 22 octobre 1862, des coknités 
de patronage ont été institués en faveur des enfants assistés. 

Ces comités se composent : dans les communes chefs-lieux de canton, I* du 
maire, président; 2"* du curé; 3" du juge de paix. 

Et, dans les communes rurales: l"* du maire, président; 2* du curé ott desser- 
vant ; 3* de rinstituteur ou de Tinstitutrice. Font partie, de droit, des comités, les 
médecins chargés dans la commune du service des Enfants assistés. Le comité 
entre de plein droit en fonctions dès qu'il exiiste dans la commune un élève de 
l'hospice ou un enfant secouru temporairement. Sa mission est dexercer nàe sur- 
veillance construite sur les mères, nourriciers ou patrons, ainsi ^ue sur les en- 
fants ; de donner aux uns et aux autres des conseils et des avertissements, et de 
porter à la connaissance de l'autorité supérieure tout ce oui importe au bien-être 
moral et physique des enfants de tout âge. Le comité s assemble tous les trois 
mois ou plus souvent, s'il en est besoin, et, autant que possible, à l'époque du 
passage de rins]^ecteur. 11 est convoqué par le président, soit d'omce, soit sur hi 
demande motivée d'un de ses membres. 11 pourra s'adjoindre des dames patronesses, 
qui seront chargées notamment de visiter les nourrices, de les surveiller et de 
s assurer qu'elles accordent à l'enfant tous les soins nécessaires. 



•0 



VABISAV PAS •HSBB AIiTHASénfinS 

DES 483 COMMUNES DU DÉPARTEMENT DE LTONNB 

Àvee le chiffre de la tuverjieie^ cehU du revenu foncier, les distanees judieiaires^ le 

nom du canton et au bureau de potte auxquels chaque commune appartient. 

Ce tableau est confonne, quant aux distances, à celui dressé par le Préfet de 

l'Yonne, le 6 septembre 186t, en exécution de Tart. 93 du règlement du f 8 juin 18f8. 

vNoTA. ~ Les distances jtuiiciaires sont exprimées en kilomètres. 



COMMUNES. 



9 S 




CANTONS. 



BUREAUX 

de 

POSTE. 



DISTANCE 

de la commune 

aa I il I an 
eantlrarr. cli.-l. 



Accolay 

Aigremont 

AiUant 

Aisy 

Ancynle-Franc 

Ancy-le-Libre 

Andries 

Angely 

Annay4a-Gôte . 

Annay-s-Serein 

Annéot 

Annoux 

Anstrudes 

Appoigny 

Arces 

Arcy-sur-Cure 

Argentenay 

Argenteuil 

Armeau 

Arthonay 

Asnièrea 

Asquins 

Atbie 

Augy 

Auxerre 

A vallon 

Avrolles 

Bagneaux 

Baon 

Bassou 

Bazames 

Beaumont 

Beauviiliers 

Beauvoir 

Beine 

Bellechaume 

Béon 

Bernouil 

Béru 

Bessy 

Beugnon 

Blacy 

Blannay 

Bleigny-le-Carreau 

Bléneau 



927 


21981 


681 


4607 


1820 


31515 


1797 


37565 


1471 


58760 


2165 


34363 


2979 


28581 


799 


21939 


1292 


37490 


2700 


24895 


2612 


18136 


613 


8653 


2678 


31688 


2208 


83254 


2351 


18939 


2632 


33815 


507 


15576 


3046 


67191 


1017 


16265 


3223 


15302 


1795 


20308 


2351 


24183 


490 


10312 


505 


15898 


4503 


534781 


2675 


107033 


1695 


76501 


1623 


22029 


857 


7160 


409 


11169 


1939 


25509 


654 


15456 


621 


6775 


672 


10514 


2517 


17267 


2452 


32010 


1540 


21141 


456 


4542 


516 


5135 


1053 


13892 


770 


1670 


790 


7033 


3726 


7098 


029 


12667 


1943 


50570 



Verracnton 
Chablis 
Aillant 
Ancy-le-Franc 

Id. 

Id. 
Coul.-sur.-Y. 
L'Isie-8ur-le-S. 
Avallon 
Noyers 
Avallon 
Llsle-sur-le-S. 
Guillon 
Auxerre 
Cerisiers 
Vermenton 
Ancy-le-Franc 

Id. 
W".-sur-Yonne 
Cruzy 
Vezelay 

Id. 
L'Isle-sur-le-S. 
Auxerre 

Id. 
Avallon 
St-Florentin 
W.-l'Archev. 
Cruzy 
Joigny 
Vermenton 
Seignelay 
Quarré 
Toucy 
Chablis 
Brienon 
Joigny 
Flogny 
Tonnerre 
Vermenton 
Flogny 

L'Isle-sur-le-S. 
Vèzelay 
Ligny 
Bleneau 



Vermenton 


2 


23 


Chablis 


14 


30 


Aillant 


» 


13 


Nuits 


16 


34 


Ancy-le-Franc 


» 


18 


Id. 


6 


14 


Coul.-sur^Y. 


4 


37 


Llsle 


3 


12 


Avallon 


6 


6 


Noyers 


5 


16 


Avallon 


A 


4 


L'Isle 


6 


21 


Guillon 


14 


27 


Appoigny 


10 


10 


Arces 


10 


30 


Arcy-sui^Cure 


7 


32 


Ancy-le>Franc 


8 


13 


id. 


6 


16 


W'-sur-Yonne. 


5 


11 


Cruzy 
Vezelay 


10 


25 


10 


25 


Id. 


2 


16 


Lisle 


6 


9 


Auxerre 


6 


6 


Id. 


> 


» 


Avallon 


» 


» 


St-Fiorentin 


4 


29 


W.-l'Archev. 


3 


27 


Tanlay 


8 


13 


Bassou 


12 


12 


Cravan 


9 


20 


Seignelay 


4 


15 


Quarré 


8 


17 


Pourrain 


10 


16 


Chablis 


7 


13 


Brienon 


6 


24 


Cézy 


6 


6 


Flogny 


8 


12 


Tonnerre 


11 


11 


Arcy-sur-Cure 


5 


29 


Neuvy 


13 


28 


L'Isle 


4 


18 


Avallon 


8 


11 


Liany 
Bleneau 


11 


11 


n 


54 



23 

30 
21 

58 
53 
49 
37 
52 
45 
35 
50 
52 
59 
10 
35 
32 
48 
60 
38 
60 
45 
48 
51 
6 
• 

52 

29 
58 
48 
16 
20 
15 
65 
16 
13 
29 
33 
33 
29 
29 
37 
55 
42 
11 
56 



64 



COMMUNES. 



4) 






UQ 



Qd 



> fc îS •« 

giSS 



CANTONS. 



BUREAUX 

de 

POSTE 



DISTANCE 

de la commane 

au I à I an 
cant. rarr.leh.-l. 



Bligay-en-Othe 

Bœurs 

Bois^iArcy 

Bonnard 

Bouilly 

Brancoes 

Brannay 

Brienon 

Brion 

Brosses 

Bussières 

Bussy-en-Othe 

Bussy-le-Repos 

Bulteaux 

Carisey 

Censy 

Cérilly 

Cerisiers 

Cézy 

Cbabiis 

Chailiey 

Cbamoux 

Champbeugle 

Champcevrais 

Champignelles 

Champigny 

Champlay 

Champlost 

Champs 

ChampvalloQ 

Chamyres 

Charbuy 

Charentenay 

Charmoy 

Charny 

Chassignelles 

rhassy 

Chastellux 

Chaslenay 

Cbâlel-Censoir 

Châtel-Gérard 

Ghaumont 

Ghaumot 

Ghemilly p. Seig. 

Ghemilly-s. -Serein 

Cbéne-Arnouit 

Cheney 

Cheny 

Chéroy 

Chéu 

Che vannes 

Chevillon 

Chichée 

Chicbcry 

Chichy 

Cbigy 



2563 
230 

348 



1606 

1998 

2125 

1023 

1650 

1997 

5162 

2649 

379 

755 

1129 

486 

729 

2578 

1603 

2033 

1125 

694 

7^8 

3272 

4292 

2188 

2108 

2336 

439 

683 

558 

2340 

1464 

698 

1762 

1300 

1645 

1055 

9t^3 

2463 

3066 

864 

1486 

572 

1294 

911 

595 

973 

1052 

748 

2350 

1306 

1870 

678 

232 

1554 



13238 

9442 

9179 

7774 

19154 

18166 

14269 

11969 

26720 

34906 

14001 

96424 

24961 

17953 

21013 

3805 

6380 

20491 

47527 

42512 

11942 

8400 

5557 

23448 

28798 

85715 

36018 

69982 

14349 

11490 

21774 

54672 

19056 

16204 

29243 

37997 

21401 

8722 

11344 

39306 

12902 

29139 

24207 

12091 

9745 

9707 

7978 

22058 

23320 

26690 

9H50 

15904 

33975 

16602 

4202 

19481 



Brienon 
Cerisiers 
Ver mouton 
Joigny 
Sl-Fiorenlin 
Aillant 
Chéroy 
Brienon 
Joigny 
Vézelay 
Quarré-l.-T. 
Brienon 
W. -sur- Yonne. 
Flogny 
Id. 
Noyers 
Cerisiers 
Cerisiers 




Chablis 
Brienon 
Vézelay 
Charny 
Bléneau 

Id. 
Pont-sur-Y. 
Joigny 
Brienon 
Auierre 
Aillant 
Joigny 
Auxerre 
Coul.-Ia-Vin. 
Joigny 
Charny 
Ancy-le-Franc 
Aillant 
Quarré 
Courson 
Vézelay 
Noyers 

Pont-s. -Yonne 
W.-s.-Yonne 
Seignelay 
Chablis 
Charny 
Tonnerre 
Seignelay 
Chéroy 
S^Florentin 
Auxerre 
Charny 
Chablis 
Joigny 
Seignelay 
W.4'ArcÉer. 



Brienon 
Arces 

Arcy-s.-Cure 
Bassou 
St.-Florentin 
Fleury-Vallée 
Pont-s.-Yonne 
Brienon 
Laroche 
Vézelay 
Cussy-l .-Forges 
Laroche 
W. -s .-Yonne 
Flogny 
Flogny 
Noyers 
Arces. 
Cerisiers. 
Cézy 
Chablis 
Chailiey 
Vézelay 
Charny 
Biéneau 
Champignelles 
W.-la-Guyard 
Bassou 
Brienon 
Coulang.-l.-V. 
Joigny 
Id. 
Auxerre 
Courson 
Bassou 
Charny 
Ancy-le-Franc 
Aillant 
Chastellux 
Courson» 
Ch.-Censoir 
Noyers 
W.-la-Guyard 
W.-s. -Yonne 
Seignelay 
Chablis 
Charny 
Tonnerre 
Laroche 
Chéroy 
St-Florentin 
Auxerre 
Charny 
Chablis 
Bassou 
Brienon 
W.-rArchcT. 



3 
27 
17 
13 

8 
11 
10 

n 

7 

12 

10 

11 

6 

7 

4 

4 

14 



15 
8 
5 
5 

15 
7 
7 
7 

10 
8 
4 

10 
8 
9 
» 

3 

3 

i2 

14 
16 
12 
9 
7 
3 
7 
3 
7 
9 
» 

6 
8 
8 
4 
15 
5 



21 
43 
35 
13 
23 
17 
15 
18 

7 
23 
17 
11 
23 
22 
15 
24 
38 
22 

6 



32 
23 
32 
47 
37 
19 

7 
25 
10 

7 

4 
10 
20 

9 
27 
21 
15 
13 
24 
28 
33 
21 
24 
12 
28 
30 

7 

19 
24 
27 

8 
19 



15 
18 
17 



27 
46 
35 
16 
23 
15 
73 
23 
34 
34 
68 
29 



31 
28 
41 
49 
44 
33 
44 
38 
49 
54 
56 
46 
75 
24 
30 
10 
29 
31 
10 
20 
19 
48 
56 



65 
24 
38 
51 
79 
51 
12 
28 
52 
42 
49 
81 
27 
8 
40 
24 
14 
«8 
il 



ChHTT 
Ciserr 
Givry 
CoIIan 

Commissey 

Compiga; 

Ooinant 

Coiilangeron 

CoDlMiges-la-ViB. 

Oonlanges-sui'T. 

Coulonri 

Gourceaut 

CouTgeuaï 

Courey 

Courlon 

CoDTSon 

Gourtoiq 

Courtois 

Coulanif>ux 

Craia 

bafant 

Cry 

Cudot 

Ousay4e8-Forges 

Cusy 

Cuy 

DanDcnoiDC 

Die y 

Digea 

Dillo 

Dissamgis 

DixToont 

DoHot 

DomaU 

UoBiecy-s.-Cure 

DomBCy-s.-Ie-V. 

Dracj 

Druyes 

Dyé 

EgléDy 

Egriseiles-le-Boc. 

Epineau-les- VoTe s 

EpiDeuil 

Etcamps 

£gcolives 

Eisert 

EUis 

Elaules 

Ktigny 

Eliïey 

Evry 

Fesligny 

Hacy 



mi 



9S72 
(0944 

14179 

5406 
6969 
34852 
21081 
12300 
216H 
2994T 
9063 



1872 29^3 
1362 i 34303 
23009 
27231 
13857 
12575 
45927 
2560 
16599 



25660 



ilhablis 
Guillon 
L'lEle-sar-8er. 
Tonaerre 

Sergines 

Coulanges-la-V. 
Coulangea-la-V, 
Coul.-aur-Yuo. 
Cerisiers 



Coutson 
Cbéroy 

L'lBle-3urle-S. 
Cou I. -sur-Ton. 

Vermcnlun 

Ancy-le-Franc 
Saint-Julien 

Âncyle-Franc 

PoQt-sur-Yon. 

Tounerre 

Chariiy 

Toucj 

Cerisiers 

L'Isle-sur-le-S 

Chéroy 
Id. 



22671 


Vézclay 




\Tallon 


22700 


Toucy 


29101 


Courson 


15243 


Flogny 


1078S 


Toucy 


20531 














Coukngeg-la-V 


197<I6 


Coulanges-I^-V 


29878 




8774 




21354 


□«uIaùBe.s.-Y. 


15496 


\Talloii 


11802 


Sens 


(8449 


Noyers 


19518 








20516 


V.-rArcheT. 



i.|.4JJ 



Siint-BrU 
Guillon 
L'isle 
ToDoerre 

Tanlay 

EgrisclIes-le-L 

Coulanges-la-V. 

Coul. -la-Vin. 

Coulanges-s.-y. 

Cerisier» 

Sergiiiea 

W.-T'Archeï. 

Gbablis 

Serbonnes 

Coursun 

St-\'alérien 

Sens 

L'Isle-s.-le-S. 

Couianges-s.-Y. 

Cravaii 

Cruïy 

Sainl-Julien 
Cussy-les-F. 
Anoy-le-Fianc 

P<IDt 

Tonnerre 

Chamy 
Ponrrain 

L'isle' 
W.-s.-Yonne 

Chérov 
Sl-Valericn 

Véïelay 

A vallon 

Toaty- 

CouL-sur-ïon. 

Fingny- 

Pourrain 

E(;risellR3-le-B 

llassuu 

Tonnerre 

Ci>ulanges-la V 

Coulanges-la-V. 

firiinou 

Vermenicn 

C cul- -s .-Yonne 

A vallon 

Sens 

Noyers 

Pont 

Coill.-SUT-Y. 

W.-lArchcï. 



Il 






Fléy 

Flogny 

Foissy-lea-Vézelay 

FonbiineJa-Gail. 

Ponlaines 

FonleDailles 

Fonlenay p. Chab. 

Fontenay p. VéK. 

FoBlenay-s.-Four. 

FoDteaonilleB 

Fontenoj 

Fouchëres 

Fourcaudin 

FouroDoes 

Fresnes 

FuKy 

Fyé 

Gennigny 

Gignv 

Girolles 

Gisy-les-Noble» 

Givry 

Grandchanip 
G range-le-Bocage 
Grimautt 

Guerchy 

GOillon 

Gorgy 

Gj-rÉTPque 

HaulerifS 

Jaaiges 
Joigny 
Joiianry 

Joui-Ib-VUIb 
JuUy 

La Belliole 
La Cclle-St-Cjr 
La ChapcUe-s.-Or. 
La CbapeUe~Vaup 
La Chapelle-V.-F. 
Laduz 

La Ferlé-Loup, 
Lailly 

LaioBecq 



4628 


20933 


1503 


284S9 


817 


1034S 


1266 


22838 


2458 


35771 


S53 


6537 


I06t 


8009 


2516 


89422 


275 


3194 


m 


3655 


1548 


12(52 


mi 


Ht33 


1646 


13635 


■1590 


19061 


U-2 


20850 


m 




1779 


15357 


497 


4876 


383 


13777 


695 


6827 


1167 


52695 


1077 


15692 


1634 


30527 


1092 


3Ï683 


843 


13824 


1667 


102*10 


282fl 


31491 


1290 


7158 


2376 


172(18 


1173 


17836 


1186 


275 i2 


1194 


36697 


2001 


27949 


I4lffi 


12038 


725 


13045 


2119 


48942 


1198 


33062 


2066 


33520 


12)4 


42554 


4667 


179853 


594 


23838 


4379 


83313 


1761 


66595 


1976 


50679 


363 


8133 


Î28 


14227 


849 


15025 


1857 


51965 


1792 


25718 


504 


11530 


409 


2I3T9 


754 


9627 


304S 


28679 


2248 


24546 


1018 


9691 


2S00 


76680 



Serckes 

AiUant 

Tonnerre 



SamI-Fqrgeau 

Courte n 
Chablis 
Vézelay 
Couianges-s-Y. 

Saial-SauTeur 

Chcroy 

Cerisiers 

C ourson 

Noyers 

Ancy-le-Franc 

Cbablis 

Si-Florentin 

ATaUon 

Ponl-a-Yontw 

Vézelay 

Cbarn; 

Sergines 
Noyers 

Aillant 
iiillon 

Seignelay 

C(iulangcs-la-V. 

Seignelay 

Jd 
Coulauges-la-V. 
AralloD 
St-Florenlin 
Joigny 
Noyers 
Chéroy 
L'l8le-8.-le-S. 
Ancy-le-Franc 
Tonnerre 
Caulanges-la-V. 
Chéroy 
Saint-J ulien 
Sergines 
LigB, 
Flogny 
Aillant 
Gharny 
W. l'ArcheT. 
Coursou 
St-BanTeuE 



Thorigny 

Cha^ï 

Flogny 

Véielay 

Sene 

Toucy 

Courson 

ChablU 

t'ézelay 

Courson 

Charny 

Saint-Sauveur 

" ,-Valériei 

C ourson 

Ancï-le-Franc 

Chablis 

Sl-Florenlin 

A val Ion 
Ponl-aur-Y. 
Id 



Noiers 

Guillun 

Seignelay 

Cou1anges-la-V. 

VincelTes 
Aval Ion 

-Florentin 
Joigny 
Noyers 
Chéroy 
Lu<y-le-Bois 
Ancy-le-Franc 
Tonnerre 
Coula nges-la-\' . 
Saint- Va iérien 
Céïy 
Thorigny 
Ligny 
Flogny 
Aillant 
Sépeaui 
W.-l'Arcbev. 
Coarsou 
iBt-Sauveur 



64 



COMMUNES. 






o « «: 

ST «■ <■ 00 
"^ s fl» « 



CANTONS. 



BUREAUX 

de 

POSTE. 



DISTANCE 

d e la commune 



Irlande 1013 
La Mothe aux-Aul. 1137 

La Postole 1460 

Lasson 707 

Layau 5506 

La y illotte 1217 

Les Bordes 1868 

Les Ormes 855 

Les Sièges 2360 

Leugny 1334 

Levis 1209 

Lézinnes 1596 

Lichères p . Aigr. 1 635 
Lichèresp. Ch-C. 1^31 

Lignorelles 1155 

Ligny 2714 

Lindry 1522 
Llsle-sur-le-Serein 400 

Lixy 1221 

Looze 636 

Louesme 1037 

Lucy-Ie-Bois 1884 

Lucy-sur-Cure 521 

Lucy-sur-Yonne 819 

Magny 3075 

Mafllot 616 

Maillv-laViUe 2378 

Mailly-le-Cbâteau 3717 

Mâlay-le-Grand 2181 

Mâlay-le-Petit 1 104 

Maiicorne 1592 

Mali^)r 2228 

Marcnais-Beton 1123 

Marmeaux 1076 

Marsangis 1468 

Massangis 2708 

Melisey 2217 

Meiiade!> 57 1 

Mercy 266 

Méré 1186 

Merry-la-Vallée 1832 

Merry-Sec 1419 

Méry-sur-Yonne 2363 

MéziUes 5245 

Michery 1705 

Migé 1462 

Migennes 1656 

Milly 549 

Môlay 1200 

Molesmes 950 

Moiinons 1191 

Molosmes 2451 

Monétean 1130 

Montacher 1847 

MonUgny 1619 

MontiUoi 2245 



16750 
2967 
14233 
13806 
45365 
11075 
17567 
8083 
29070 
30178 
15814 
40599 
14811 
20895 
14435 
52433 
15152 
9401 
21355 
19889 
11002 
38817 
10731 
13525 
51833 
115U9 
31060 
22086 
13410 
31439 
11163 
38136 
8755 
14918 

32699 

35032 

14585 

11996 
9188 

84805 

18696 

17290 

16835 

53594 

53003 

23789 

31852 

11813 

13896 
5638 

27316 

19594 

33140 

33090 

21446 



Toucy 
Charny 
W.-rArchev. 
Flogny 

Saint-Fargeau 
Aillant 
W.. sur-Yonne 
Aillant 
W.-1'Archev. 
Toucy 
Toucy 

Ancy-le-Franc 
Chablis 
Vézelay 
Ligny 
Id. 
Toucy 

L'Isle-s.-le-S. 
Pont-s.-Yonne. 
Joigny 
Bléneau 
Ayallon 
Vermenton 
Coulanges-s.-Y. 
Ayallon 
Sens 

Vermenton 
Goulanges-s.-Y. 
Sens 
Id. 
Oharny 
Ligny 
Charny 
Guiilon 
Sens 

Lléie-s.-le-Ser. 
Cruzy 
Ayallon 
Brienon 
Ligny 
Aillant 
Courson 
Coulanges-s-Y. 
Saint-Fargeau 
Pont-s.-Yonne 
Coulanges-la-V. 
Joigny 
Chablis 
Noyers 
Courson 
W.-l'Archev. 
Tonnerre 
Auxerre 
Chéroy 
Ligny 



Toucy 
Charny 
Thorigny 
Neuyy 
St-Fargeau 
Villiers-St-B. 
W.-sur-Yonne 
Aillant 
W.l'Archey. 
Toucy 
Toucy 
Tanlay 
Chablis 
Châlel-Censoir 
Ligny 
Id. 
Pourrain 
L'Isle 

Pont-s.-Youne 
Joigny 
VilIiers-St-B. 
Lucy-Ie-Bois 
Vermenton 
Coulanges-s-Y. 
Ayallon 
Sens 

Arcy-sur-Cure 
Coulanges-s-Y. 
Sens 
Id. 
Charny 
Ligny 
Charny 
Guiilon 
Sens 
L'Isle 
Tanlay 
Vézelay 



26358 [vézelay 



Brienon 

Ligny 

Aillant 

Courson 

Coulanges-s.-Y. 

Méziiles 

Pont 

Coulangcs-la-y. 

Laroche 

Chablis 

Noyers 

Courson 

W.-l'Archey. 

Tonnerre 

Auxerre 

Chéroy 

Ligny 

Vézelay 



1 



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cant 



I k I ao 
Jrarr.jch.-J. 



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3 

11 

17 

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15 

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8 

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11 
7 

11 

15 

5 

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13 



12 

6 
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8 
4 
4 
8 
4 

12 
12 
6 
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8 
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9 

11 
12 
6 
16 
11 
4 
6 
11 
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10 
4 
7 
11 
3 
7 
3 
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26 26 
3 51 



19 
32 
55 
28 
18 
21 
21 
22 
26 
11 
26 
30 
17 
21 
13 
15 
17 
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36 
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28 

37 
8 
4 

27 

27 
6 
8 

57 

20 

42 

19 

12 



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14 

11 

21 

26 

24 

18 

32 

39 

14 

16 

11 

18 

16 

26 

22 



6 6 



6 
4 

8 

7 



6 
21 
12 
18 



64 
40 
52 

29 

45 

28 

50 

22 

26 

46 

26 

42 

17 

21 

13 

52 

75 

52 

36 

43 

28 

37 

56 

57 

27 

27 

51 

55 

42 

20 

47 

61 

52 

48 

46 

55 

27 

26 

22 

18 

32 

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72 

16 
22 

18 
36 

26 

57 

41 

6 

78 
12 
38 



65 



COMMUNES. 



«fi * 







5 I 

S II I CANTONS. 



2 « 



BUREAUX 
de 

POSTE. 



OISTAMGB 

de la commune 

au I k I au 
cant. rarr.l cli-I. 



Montréal 

Mont-Saint-Sulp. 

Mouffy 

Moulins, p. Noy. 

Moulin$-8.-Ouanne 

Moutiers 

Nailly 

Neaiily 

Neuvy 

Nitry 

Noé 

Noyers 

Nuits 

Ormoy 

Ouanne 

Pacy-sur-Arm. 

PaUly 

Pari y 

paron 

Paroy-en-Olhe 

Paroy-sur-Tholon 

Pasilly 

Passy 

Percey 

Perreuse 

Perreux 

Perrigny 

Perrigny-s.-Arm. 

Picrre-Perlhuis 

Piffonds 

Pimelles 

Pizy 

Plessis-du-Mée 

Plessis-Saint-Jean 

Poilly 

Poilly-s.-le-Serein 

Poinchy 

Pontaubert 

Pontigny 

Pont-sur-Vanne 

Ponl-sur-Yonne 

Pourrain 

Précy 

Précy-le-Sec 

Précilber 

Préhy 

ProYency 

Prunoy 

Quarre-les-Tomb. 

Quenne 

Quincerot 

Ravières 

Rebourceaux 

Roffey 

RognyetSt-Eusogel 

Roncnères | 



742 

1962 

489 

1513 

1091 

3142 

2173 

1339 

1906 

3470 

854 

1566 

198 

1332 

2916 

1335 

1489 

2077 

1050 

532 

421 

999 

574 

957 

574 

2657 

1265 

1581 

734 

2456 

991 

1208 

777 

1103 

125C 

2128 

506 

391 

1192 

1047 

1389 

2585 

2116 

1674 

6S0 

1418 

1188 

2489 

4605 

872 

991 

2185 

479 

854 

3258 

1136 



30687 
31585 
14539 
10246 
15151 
29394 
32405 
38905 
47308 
34424 

8580 
34443 
3^003 
26342 
37737 
31219 
25297 
28591 
17854 
11914 
12540 

6007 

9308 
19243 

5544 
19461 
42453 
28836 

7853 
39187 
11251 
31873 
16459 
20672 
32983 
18953 
11663 
11907 
22457 
18640 
59281 
34256 
13484 
41113 
13179 

7703 
27353 
42060 
37524 
14592 

6813 
59699 
13691 
12293 
25290 

7321 



Guillon 

Seignelay 

Courson 

Noyers 

Toucy 

Saint-SauTeur 

Sens 

Aillant 

Flogny 

Noyers 

Sens 

Noyers 

Ancy-le-Franc 

Seignelay 

Courson 

Ancy-le-Franc 

Sergines 

Toucy 

Sens 

Brienon 

Joigny 

Noyers 

Sens 

Flogny 

St-Sauveur 

Charny 

Auxerre 

Ancy-le-Franc 

Vézelay 

W. -s. -Yonne 

Cruzy 

Guillon 

Sergines 

Id. 
Aillant 
Noyers 
Chablis 
Ayallon 
Ligny 

W.-l Archev. 
Ponl-s.-Yonne 
Toucy 
Saint- Julien 
Llsle-s.-le-Ser. 
Verraenton 
Chablis 
L'Isle-s.-le-Ser. 
Charny 
Quarre 
Auxerre 
Cruzy 

Ancy-le-Franc 
St-Florentin 
Flogny 
Bléneau 
Saint-Fargeau 



Guillon 

Brienon 

Courson 

Noyers 

Toucy 

Saint-Sauveur 

Sens 

Basson 

Neuvy 

Noyers 

i Theil 

Noyers 

j Nuits 

Brienon 

Courson 

■Ancy-le-Franc 

1 Sergines 

! Toucy 

ISens i 

: Brienon 

' Joigny 

I Noyers 

|\V. -sur- Yonne j 

I Flogny I 

I Saint-Sauveur | 

Charny 

! Auxerre 

Nuits 

Vezelay 

Villen.-sur-Y. 

Cruzy 

Guillon 

Sergines 

Id. 
Aillant 
Chablis 
Chablis 
Avallon 
Ligny 
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Pont 

I Pourrain 
Sépeaux 
'Lucy-le-Bois 
I Vermenton 
j Chablis 
LIsle-sur-le-Ser. 
j Charny 
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Auxerre 
Cruzy 
Nuits 

St-Florentin { 
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Saint-Fargeau i 



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12 


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19 


10 


43 


6 


31 


4 


4 


13 


32 





14 


12 


29 


4 


15 


7 


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9 


23 


5 


17 


6 


17 


14 


14 


2 


17 


4 


4 


4 


19 


12 


13 


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12 


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14 


13 


13 


17 


16 


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10 


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7 


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53 


5 


47 



59 
21 
19 
44 
26 
41 
65 
21 
35 
30 
54 
38 
58 
19 
24 
49 
74 
19 
61 
29 
61 
43 
49 
33 
43 
58 
14 
67 
55 
56 
50 
64 
70 
18 
17 
30 
17 
49 
19 
54 
69 
14 
40 

6 

23 
20 
47 
44 
70 

7 
59 
59 
25 
35 
64 



66 





.2 . 


na 

selon 
rice 
raie. 






DISTANCE 




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■ 


BUREAUX 


de la commune 


COMMUNES. 


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CANTONS. 


de 






§*« 


«*§«l 




POSTE. 


aa îi 1 an 




s Ci 


J-2 






cant. rarr.:ch-l. 


Rousson 


561 


76655 


W.-sur-Yonne 


Villen.-sur-Y. 


3 


ÎO 


47 


Rouvray 


759 


13552 


Ligny 


Ligny 


8 


17 


17 


Rozoy 


594 


8285 


Sens 


Sens 


6 


6 


54 


Rugny 


f389 


11552 


Cruzy 


Cruzy 


ê 


17 


52 


Sacy 


2771 


29175 


Vermenton 


Vermenton 


9 


33 


33 


Sainpuits 


2283 


17771 


Saint-Sauveur 


Entrains (Nièv) 


13 


43 


43 


Saint-Agnan 


1344 


25014 


Pont-s.-Yonne 


W.-la-Guyard 


15 


27 


79 


Saint-André 


1434 


43183 


Guillon 


Cussy-les-F. 


5 


13 


60 


St-Aubin-Ch.-Neuf 


2490 


25909 


Aillant 


Aillant 


8 


21 


23 


Sl-Aiibin-s.-Yonne 


887 


27203 


Joigny 


Cézy 


5 


5 


38 


Saint-Brancher 


2202 


1^272 


Quarré 


Cussy-les-F. 


6 


15 


67 


Saint-Bris 


3124 


107145 


Auxerre 


Saint-Bris 


9 


9 


9 


Saint-Clément 


847 


18174 


Sens 


Sens 


2 


2 


60 


Saint-Cydroine 


895 


32215 


Joigny 


Laroche 


6 


6 


25 


St-Cyr-les-Colons 


3459 


37228 


Chablis 


Chablis 


10 


18 


48 


Si-Denis p. Sens 


674 


13021 


Sens 


Sens 


4 


4 


61 


St-Denis-s-Ouanne 


1021 


7421 


Charny 


Charny 
Saint-Fargeau 


8 


29 


38 


Saint-Fargeau 


5080 


58208 


St-Fargeau 


t 


49 


44 


Saint-Florentin 


1102 


8904 S 


St-Florentin 


Saint -Florentin 


» 


31 


31 


Sainl-Georges 


960 


35603 


Auxerre 


Auxerre 


5 


5 


5 


St-Germain-d.-Ch. 


3592 


39327 


Quarré 


Chaslellux 


8 


11 


38 


St-Julien-«lu-Sault 


2381 


84489 


Saint-Julien 


Saint- Julien 


« 


10 


3T 


Saint-Léger 


3381 


33528 


Quarré 


Quarré 


4 


23 


75 


St-Loup-d'Ordon 


1767 


83539 


Saint-Julien 


Saint-Julien 


11 


21 


48 


St-Martin-des-€h. 


3422 


83438 


Saint-Fargeau 


Saint-Fargeau 


3 


53 


47 


St-Martin-d'Ordon 


1017 


17892 


Saint-Julien 


Saint- Julien 


10 


20 


41 


St-Marlin-du-Tert. 


692 


9561 


Sens 


Sens 


3 


3 


61 


St-Marlin-s.-Arm. 


1412 


25749 


Cruzy 


Tanlay 


15 


9 


44 


St-Martin-s.-Ocre 


458 


6205 


Aillant 


Aillant 


8 


21 


20 


St-Martin-s-Oreuse 


1591 


19320 


Sergines 


Thorigny 


12 


12 


68 


St-Martin-s.-Ouan. 


1536 


10171 


Charny 


Charny 


5 


30 


40 


St-Maurice-a.R.-H. 


3317 


33546 


Sergines 


Thorigny 


24 


26 


6T 


St-Maurice-le-Yiiîl 


493 


9894 


Aillant 


Aillant 


7 


20 


18 


St-Maurice-Thiz. 


195 


4785 


Aillant 


Id. 


5 


18 


18 


Saint-Moré 


1198 


14999 


Vézelay 


Arcy 


15 


17 


35 


Saint-Père 


1560 


20990 


Id. 


Vézelay 


2 


13 


51 


Saint-Privé 


4141 


35935 


Bléneau 


Bh'neau 


5 


56 


51 


Sl-Romaiii-Ie-Pr. 


1036 


16276 


Saint-Julien 


Sépeaux 


18 


13 


35 


Saint-Sauveur 


3087 


41035 


Saint-Sauveur 


Samt-Sauveur 


» 


39 


39 


Saint-Serotin 


1326 


» 


Pont-sur- Yonne 


Pont-sur-Yonne 


6 


18 


75 


Saint-Valérien 


2232 


47131 


Chéroy 


Saint-Valéricn 


8 


15 , 62 


Saint-Vinnemer 


1262 


25156 


Cruzy 


Tanlay 


14 


10 ! 4-) 


Ste-Colombe 


1848 


41389 


L'Isle-sur-le-S. 


L'Isle-sur-le-S. 


5 


11 : ^ 


Ste-CoIombe-s.-L. 


1476 


16879 


Saint-Sauveur 


Saint-Sauveur 


6 


41 I 41 


Ste-Magnance 


1937 


24*'30 Quarré 


Cussy-les-F. 


13 


14 ' 62 


Sainte- Pallaye 


407 


11^79 Vermenton 


Vermenton 


6 


23 23 


Sainle-Vertu 


1435 


16192 Noyers 


Noyers 


11 


14 34 


Saints 


2771 


33692 


Saint-Sauveur 


Saint-Sauveur 


5 


35 1 35 


Saliffny 
Sambourg 


999 


15037 


Sens 


Sens 


6 


6 


64 


1244 


16351 


Ancy-le-Franc 
Guillon 


Ancy-le-Franc 
Guillon 


12 


15 


43 


Santiguy 


935 


21150 


9 


20 62 


Sarry 


2564 


10047 


Noyers 


Noyers 


7 


27 45 


Sauvigny-le-Beur. 


483 


15672 


Guillon 


Cussy-les-F. 


4 


17 65 


Sauvigny-lc-Bois 


1534 


26823 


Avallon 


Avallon 


4 


4 ; :io 


Savigny 


1644 


23628 


Chéroy 


Egriselles-le-B. 


17 


22 59 


Savigny-en-T.-Pl. 


869 


35691 


Guillon 


Cussi-les-F. 


2 


15 


63 



mm 



COMMUNES. 



Sceaux 

Seignelay 

Sementron 

Senan 

Sennevoy-le-Bas 

SenneToy-Ie-ttaut 

Sens 

Sépeaux 

Septfonds 

Serbonnes 

Sergines 

Sermizellei 

Serrigny 

Sery 

Sûgnes 

SoTnmeeaise 

Sormery 

SOUCY 

Sougeres 

Soomain train 

Stigny 

SubJigny 

Taingy 

Talcy 

Tanlay 

Tannerre 

Tharoiseau 

Tharot 

Theil 

Thiiy 

Thorey 

Thorigny 

Thury 

Tissé 

Tonnerre 

Toucy 

Treigny 

Tré^ily 

Tricbey 

Tronchoy 

Trncy-sur-Yonne 

Turny 

Val-de-Mercy 

Yallan 

VaUcFT 

Vareiile 

Varennes 

Vassy 

Yaudeurs 

Vault de Lugny 

Vaumort 

Vaux 

Venizy 

Venouse 

Veno\ 

Vergfgny 



ce ^ 






4323 

1346 

H69 

n54 

869 

884 

2166 

1991 

1801 

993 

f ^fo 

701 

750 

425 

i043 

1552 

3160 

2162 

2650 

1061 

1786 

182 

2061 

ABC 

lâ9B 

2893 
343 
235 

H55 
554 
693 

1795 

596 

5827 

3186 

4696 

68B 

661 

649 

890 

2487 

1545 

1166 

1242 

1041 

1005 

744 

2744 

1519 

1452 

423 

4893 

7^2 

2274 

9735 






>• &; s 
■"'.2 8 



^ 



67 



CANTONS. 



8^92 
45189 
11616 
34490 
18790 
14835 
287774 
40714 

8413 
26504 
53786 

9466 

7594 

4869 

5618 
18109 
45328 
31176 
14348 
23633 
41120 

9683 
22166 

9541 
38830 
27822 

6321 

8630 
19897 
12176 

8319 
18375 
19280 

6756 
165112 
52276 
54089 
27477 
10425 
13516 
11039 
66100 
. 11292 
29198 
17658 
15583 

9941 
17353 
21052 
33512 

9858 
14330 
111103 
12069 
48007 
29218 



Id. 
Seignelay 
Courson 
Aillant 
Cruxy 

Sens 

Saint-Julien 
Saint-Fargeau 
Serttnes 

Avallon 

Tonnerre 

Vermenton 

Sergines 

Aillant 

Flogny 

Sens 

gaint-Saayenr 

Flogny 

Ancy-le*Franc 

Chéroy 

Courson 

LIste-sur-le-S. 

Crazy 

Bléneau 

Vézelay 

Avallon 

W.-l'Arcfeev. 

Guillon 

Cmzy 

W.-l'Archev. 

Saint-Sauveur 

Tonnerre 

Id. 
Toucy 

Saint-Sauveur 
Guillon 
Cruzy 
Flogny 

Oonlanges-s.-Y, 
Brienon 
Ooulanges-la-V. 
Auxerre 
Chéroy 
W.-1'Archev. 



BUREAUX 
de 

POSTE. 



Ligny 
Guillo 



Guillon 

Cerisiers 

Avallon 

Sens 

Auxerre 

Brienon 

Ligny 

Auxerre 

Saint-Florentin 



0I8TANCB 

de la commune 

aa I k I an 
çant. iTarr. Ich-I. 



Guillon 

Seignelay 

Courson 

Senan 

Cruzy 

Id. 
Sens 
Sépaux 
Samt-Fargeau 
Serbonnes 
Sergines 
Avallon 
Tonnerre 
Arcy-sur-Cure 
Thorigny 
Aillant 

Neuvy-Sautour 
Sens 

Saint-Sauveur 
Neuvy 

Ancy-le-Franc 
Sens 
Courson 
Llsle-suT-le-S. 
Tanlay 
Mézilles 
Vézelay 
Avallon 
Theil 

L'isle-s-Serein. 
Cruzy 
Thorigny 
Saint-Sauveur 
Tonnerre 

Id. 
Toucy 
Treigny 
Guillon 
Cruzy 
Tonnerre 
Vermenton 
Saint-Florentin 
Coulattge-la-V. 
Auxerre 
Vallery 
Theil 
Ligny 
Guillon 
Cerisiers 
Avallon 
Theil 
Auxerre 
Saint-Florentin 
Ligny 
Auxerre 
Saint-Florentin 



8 


11 


» 


13 


14 


26 


5 


8 


9 


28 


10 


27 


» 


1 


16 


15 


7 


46 


5 


16 


» 


19 


11 


11 


7 


7 


10 


26 


15. 


24 


11 


24 


15 


35 


7 


T 


13 


36 


13 


28 


6 


24 


15 


8 


8 


28 


6 


17 


12 


9 


16 


38 


7 


10 


6 


6 


14 


12 


8 


17 


10 


16 


16 


15 


8 


35 


7 


7 


» 


» 


n 


24 


9 


45 


4 


14 


9 


20 


7 


8 


15 


23 


12 


29 


4 


16 


6 


6 


6 


20 


12 


16 


2 


23 


10 


23 


6 


28 


6 


6 


14 


14 


6 


6 


10 


27 


7 


17 


6 


6 


4 


27 



57 
13 
26 
25 

63 
62 
57 
36 
40 
74 
76 
41 
29 
26 
77 
31 
42 
63 
36 
38 
59 
58 
28 
5K 
44 
38 
55 



51 
57 
51 
63 
35 
30 
35 
24 
45 
61 
55 
43 
23 
35 
16 

6 
77 
54 
23 
60 
40 
48 
49 

6 
33 
17 

2 
76 



68 



COMMUNES. 




BUREAUX 
de 

POSTE. 



DISTANCE 

de la commune 

au I à I an 
cant. Tarr. ch-1. 



Verlin 

Vermenton 

Vcrnoy 

Véron 

Verlilly 

Yezannes 

Vézelay 

Yézinnes 

Vignes 

Villeblevin 

Villebouçis 

Villechétive 

Villecien 

Villefargeau 

Villefranche 

Villegardin 

Yillemanoche 

Villemer 

Villenavolto 

VilleneuTB- la-Don. 

VilIeneuve-la-Guy. 

Vliieneuve-I.-Gen. 

Villen. St-Salvo 

Villeneuve-l'Arch. 

Villeneuve sur- Y. 

Villeperrot 

Yilleroy 

Villethierry 

Yillevallier 

Villiers-Bonneux 

Yilliers-les Hauts 

Yilliers-Louis 

Villiers-St-Benoîl 

Yiliiers-s.-Tholon 

Villiers-Yineux 

Villon 

\A\y 

Vincelles 

YinceloUcs 

Vin neuf 

Vireaux 

Viviers 

Voisines 

Yolgré 

Youtenay 

Yrouerre 



1410 

2564 

1433 

1591 

561 

900 

1983 

630 

HT7 

716 

1181 

942 

760 

1378 

2327 

1454 

1439 

6>S 

1074 

1658 
2468 

704 

695 
4014 

916 

710 
2088 

837 
1454 
1911 
1107 

290 
1550 
1118 

943 

585 
1253 

185 
1526 
1458 

918 
2715 

954 
1004 
4428 



25182 
84172 
20843 
24983 

4470 

9521 
27382 

6508 
33851 
45348 
16853 

7401 
13995 
48579 
22789 
26314 
45411 
10778 

4883 
24295 
99088 
17738 
12520 
46433 
853 
373 
08724 
37402 

998 
16761 



20590 
16629 
17440 
13561 
10553 

12774 
17980 
11016 
35945 
22404 

7553 
26893 
12725 
12982 
10101 



Saint- Julien 

Vermenton 

Chéroy 

Sens 

Sergines 

Tonnerre 

Vézelay 

Tonnerre 

Guillon 

Pont-sur-Yonne 

Chéroy 

Cerisiers 

Joigny 

Auxerre 

Cbarny 

Pont-sur-Yonne 

Pont-s. -Yonne 

Aillant 

Pont-sur- Yonne 

Chéroy 

Pont-sur-Yonne 

Bléneau 

Ligny 

W.-l'Archev. 

Villen. -sur-Y. 

Pont-sur-Yonne 

Chéroy 

Joigny 

Sergines 

Ancy-le-Franc 

W,-l'Archev. 

Aillant 

Id. 
Flogny 
Cruzy 
Ligny 
Coulanges-la-V. 

Id. 
Sergines 
Ancy-le-Franc 
Tonnerre 
W.-l'Archev. 
Aillant 
Vézelay 
Tonnerre 



Saint-Julien 

Vermenton 

Ëgriselles 

Sens 

Sergines 

Tonnerre 

Vézelay 

Tonnerre 

Gruillon 

>V.-la-Guyard. 

St-Valérien 

Arces 

Cézy 

Auxerre 

Charny 

Chéroy 

Pont 

Bassou 

Pont 

St-A'alérien 

W.-la-Guyard 

Mézilles 

Ligny 

W.-rAichev. 

VilIen.-sur-Y. 

Pont 

Sens 

Vallery 

Villevallier 

Thorigny 

Ancy-le-Franc 

Sens 

Villiers-St-Ben. 

Aillant 

Flogny 

Cruzy 

Ligny 

Vincelles 

Id. 
Serbonnes 
Ancy le-Franc 
Tonnerre 
Thorigny 
Senan 
Arcy 
Tonnerre 



20 

9 

fO 

10 

M 

5 

3 

H 

15 

4 

6 

6 

7 

6 

2 

11 

5 

17 

12 

12 

12 



15 

41 

9 

12 

7 

17 

16 

2 

5 

8 

5 

5 

5 

12 

10 

7 

14 

6 

13 

8 



15 
21 
18 

9 

27 
10 
15 

5 
18 
23 
14 
28 

6 

6 

22 
23 
14 
13 

8 
14 
24 
43 
11 
24 
17 

9 

9 
20 

9 
24 
24 
13 
39 
12 
16 
21 
19 
13 
14 
23 
13 

7 

12 

11 

15 

8 



24 
61 
42 
77 
35 
50 
39 
66 
78 
72 
42 
33 
6 
44 
68 
71 
20 
64 
72 
81 
43 
11 
55 
44 
19 
66 
76 
36 
82 
53 
56 
32 
22 
31 
56 
19 
13 
14 
86 
46 
30 
70 
28 
37 
38 



TABLE DES COMMUNES 

PAR ÂRRONDISSEMBNT ET PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE. 

Populaiion*, Noms des Maires, Adjoints, Curés"*, Desservants et Instituteurs, 



COMMUNES. 



Popula- 
tion. 



MAIRES. 



ADJOINTS. 




ARRONDISSEMENT D'AUXERRR. 



Accolay. 

Aigremont. 

And ries. 

Appoigny. 

Arcy-siir-Cure. 

Augy. 

AvxEaRE 

AvroUes. 
Bazames. 
Beaumont. 
BeauToir. 
Heine. 
Bessy. 

Bleigny-le- Carreau. 
Boib-dArcy. 
Bouillj. 
Chablis. 
Champs. 
Charbuy. 
Charentenay. 
Chastenay. 
Chemilly, p. Seign. 
Chemilly-s-Serein. 
Cheny. 
Chéu. 
Cberannes. 
Chichée. 
Chichy. 
. Chitry. 

Coulanges-la-Vin. 
Coulangeron. 
Coulanges-sur-Y. 
Courgis. 
Courson. 
Crain. 
Cravan. 
Diges. 
Dracy. 
Druyes. 
Egleny. 
Escamps. 
Escolives. 
Ëssert. 
Etais-la-Sauvin. 



H77 
155 
1146 
1834 
1554 
432 

15081 

649 
613 
427 
395 
683 
563 
394 
133 
356 

2335 
615 

1352 
668 
394 
583 
352 
800 
668 

1393 

688 

75 

667 

1353 
428 

1639 
631 

1418 
822 

1294 

1599 
650 
931 
568 

1067 
476 
176 

1832 



Momon Louis 
Heurley J. 
Laper t. 
Jeannecpiin. 
Lemaire Ch. 
Drouhin. 

A. Cballe ^. 

Regnard. 

C''' de Boury. 

Chavance. 

Ansault. 

Hardy. 

Grégoire. 

Truchy. 

Ravisy. 

Létang. 

Gounot. 

Regnauldin. 

Mocquot. 

Lapert. 

Gauthier J. 

Doré. 

Jacquillai. 

Albanel. 

Ciémendot. 

Gauchot. 

Picq. 

Sourdillat. 

Petit. 

Livras. 

Sonnet. 

PoulinOnd. 

Forgeot. 

Bouillie. 

Vincent. 

Boissard. 

Lechiche. 

Bertrand. 

Montassier. 

Bercier. 

Guinant. 

Briffaut. 

Rétif. 

Fabre. 



Momon Félix. 
Guerin Ed. 
Pinon 
Lemoux. 
Coppin L. 
Guyard. 

Flocard ^. 

N... 

Biot Aug. 

Melou Bern**. 

Vernassier. 

Mathié. 

lloblot. 

Bureau. 

Potherat. 

Thomas. 

Guillot. 

Chanvin. 

Belleveaux-B 

Bétagon. 

Paris. 

Devilaine. 

N... 

Villain. 

Jacob. 

Quignard. 

Mignerat. 

Nolton. 

Mangin. 

Hamelin. 

Dupuis. 

Goaard. 

Poulin Aug. 

FouUey. 

Loury. 

Têtard. 

Mal vin A. 

Deidt'aix. 

Chataigner. 

Patin. 

Viel Etienne. 

Cappon P. 

Renaudin. 

Barrault. 

Roux. 



Leblanc. 
Potin. 
Gibier, 
Plait. 
Chanvin. 
, Picq. 

Fou TIN. 

{ Bernard. 
f Larfeuil. 

Courtois. 

Pradenc. 

Richer. 

Verlot. 

Ja rant. 

Amoult. 

Roux. 

Colard. 

Roidot. 

Thomas. 

Regnard. 

Petiot 

Laurant. 

Fortin. 

Soupey. 

Thterriat. 

Carré. 

Husson. 

Hughard. 

Guierry. 

Laroche. 

CoUin. 

HUOT. 

Suisse. 

DOND NNE. 

Bruley. 
Mortassier. 
Bout lier. 

NiCOLLE (G.). 

Fouinai. 

Regnault. 

Communaux 

Verdier. 

Dumont. 

Foussat. 

Adam. 

Raveneau. 



Tachy. 
DriUon. 
Duchâtel (ils. 
Laurant. 
Bélherv 

Joffrain ms. 

Peltier, 

Lasnier, 

et Jussot. 

Cornu. 

Camus. 

Niel. 

Pompon. 

Ménétrier. 

Leblanc. 

Martin. 

Millot. 

Descaves. 

Plain. 

Hu&ot. 

Godard. 

Roche. 

Godard Ern. 

Moret. 

Vilain. 

Creveau. 

Robin. 

Guiilemain. 

Filleux. 

Gondon. 

Rémond. 

Poulain. 

Bellot. 

Leseur. 

Noirot. 

Deligne. 

Paumier. 

Espéron. 

BreuiUard. 

BtUeâu. 

Paris. 

Vigreux. 

Soret. 

Bourdillat. 

Guechot. 

Dufort. 



(') La population est indiquée d'après le dernier recensement quinquennal de (861 ' 
(**) Les noms des curés sont en lettres petites capitales, ceux des desservants en let~ 

très romaines, et ceux des desservants bineurs en lettres italiques. Un — indique le^ 

communes réunies à une autre pour le culte. 

Nota. Les dernières élections municipales ont en lien tes 93 et 33 jifillet 1866. 



FeBtigQj. 
FralenaiUes. 
Pontenay p.Chablis 
Fontenay-s.-Fon r". 
Fontenoy. 
FooToniieB. 
Fyé. 
Germign;. 

Gy-fEVeque. 

Hanlarive. 

Héry,. 

IraDCjr. 

JauIgM. 

Jussy. 

La Chapelle-Viup. 

Lain. 

LainMCq. 

Lalande. 

Leupny. 

Lichèresp. Aigrem. 

Ljgnorelleg. 

Ligay. 

Lucy-sur-Cure. 

Lncy-su^Yonne. 

Hailly-Ia-Vllle. 

HaUIy-le-Chàleau. 

Malifluy. 

Méré. 

Merry-Sec. 

Merry-sur-YDDne. 

HiRé. 

Mifly. 

Holesme. 

Honétean. 



Iloattj. 
Uonllna-B.-ODaDiie . 

Omwy. 

Quaoae. 

parly-Ies-Robins. 

perreuse. 

perrigny. 

poiochy. 

pontigny. 

pourrain. 

prégilbert. 

préHy. 

Quenne. 

Reboarseani. 

RoiiTray. 

Sacy. 

SainpuiU. 



Meunier. 
Godard. 

FèTM. 

Gantrot J. 
Gaanean. 
Sarouret. 

D au vissât. 
Chailley. 
Demeaui . 
Pelit. 

fianu! 
Bnry. 

Tremblay. 

Dwglas. 

UontasBier. 

Pilon. 

I.edoai. 

Bigé. 

Itemoine. 

Joly. 

Blonde. 

Bachelet. 

Brécbat. 

Robineau. 

Paris. 

Baizanté. 

Boucheron. 

Lordonnois. 
Millerol. 

Vildieu. 
Bonnet. 
Hillol. 
Petitjean. 

Chauvin. 
Moreau. 
Roblin. 

Bey.* 

Foudriat. 

Ragon. 

Boy. 

Coquard. 
Diiraaton. 
Bousautl. 
GuilTy V. 
Tabou ti. 
Troillé. 

HolbNë. 
Carrt. 



Potherat. 

Gazes, 

Gnnialdi, 

Durand. 

PiiiUet. 

Bablot. 

Galabert. 

Rossignol. 

Pélissier. 

Ducrot. 

Boucheron. 

Fmwat. 

N. 

Marsal. 

filoudel. 

Gunivpt. 

Ri bouleau. 

Dureaul. 

Potin. 

Raoul. 

Dupuls. 

Beau. 

BardoLil. 
Suiue. 

Gautherin. 

Paulrat. 

CarUut. 

V illier», 
■etil. 
N. 

Af6ouJeau. 
HiUut. 
Laroche. 

VerloL 

Soissons. 
Motheré. 
Gautherin, 

Hniùy. 

Ghampenoig. 

Gourniand. 

Petitjean. 

Hiehëlia. 

Bertrand. 



E. Badin. 

Lecbien. 

Tanniére. 

Poirson. 

Laniotte. 

RoblJD. 

Jsy. 

Hr^lon, Deais. 
Fiagst. 
Ravaire. 
FoumoU. 

Perreau fils. 
Vallet. 

Hérat. 

JUénËtrier. 

Godard. 

Badin A. 

Pichon. 

Breuillé. 

Laforest. 

Fmieui. 

Thevenol. 

Foin. 

HosBepied. 

Foin. 

PaiUot. 

Viei. 

Cbauveau. 

Louzon. 

Ôemogé. 
Barraud. 
Hugot. 

Thibault. 

Cameiio. 

Paulvé 

Barlou, 

Giliet. 

Hugnot, 

Dhfvert. 



Blin. 

De vi liât. 

Vosgien. 

Aineiln. 

Sonnuij. 

Vianll. 

Brillit. 

Renard. 

MiUine. 

Àil)iD*l. 



4 



f 

COMMUNES. 

• 


Popula- 
tion. 


MAIRES. 


ADJOINTS. 


CURÉS. 


Instituteurs. 


Sainte-Bris. 


1851 


Guenier. 


1 

N. 


Gutenepied. 
Mathieu. 


Prol. 


Sain^GTr-les-Gol. 


297 


Roget. 


Griffe. 


Roy. 


Sainte-C^oloube. 


695 


Huiard. 


Laurent. 


Grandjean. 


Paillot. 


Sainte- Pallaye. 


276 


de Bonnaire. 


Guillemeau. 


Bêcm. 


Hugot. 


Saint-Florentin. 


258Î) 


Hélie. 


Truflot,Vérollot 


VOIRIN. 


Guosnu. 


Saint-Georges. 


639 


Tungnaud. 
Thillière. 


Denis. 


Joachim. 


( liérest. 


Saints 


132U 


Morin. 


Méaume. 


Soupcy. 


Saint-Sauvear. 


1846 


Morisset. 


Labbé. 


SlGARD. 


Dezerville. 


Seignelay. 


4556 


Frottier. 


Vernassier. 


Vallot. 


Borain. 


Semenirun. 


434 


Magny. 


Puissant. 


Lucas. 


Poulin. 


Sery. 


21^ 


Chalmeau. 


Tairain. 


Grilletde Se- 


Rose. 


Sougères. 


1432 


Miliot. 


Cagnat. 


Drot. (ry 


Godard,Viaat. 


Taingy. 


095 


CoudroA. 


Moreau. 


Mocquot. 


Ducrot. 


Thury. 


1117 


Gonneau. 


Pascauit. 


Gaben. 


Lhoste. 


Toucy. 


2839 


l'aqueau. 


Sonnet. 
Lesire. 


MOREL. 

Lagrango. 


Poilout. 


Treiguy. 


2600 


de Guerchy. 


Moreau. 
Guiblin. 


Vie. 


Humbert. 


TrocY^aur- Yonne. 
Val-QQ-Mercy. 


401 


Guiliy. 


Dufour. 


Vesperini. 


Petit. 


515 


Joliy. 


Dupont. 


Servolle^. 


Goussot. 


Vallan. 


709 


Guy ou. 


Rocard. 


Ladrée. 


Berlin. 


Varennes. 


475 


Vueilliotle. 


Courtaut. 


AillauU. 


Ségainot. 


Vaux. 


401 


Courtet. 


Campenon. 


Troué. 


Michaut. 


Venouse. 


282 


Perrignon. 


Chardon. 


Bernard. 


Renard. 


Venoy. 


1220 


Naudet. 


paulvé. 


Moreau. 


1 Givaudin. 
' Joffrainpère 


Vergigny. 


469 


Chevreau. 


Rover. 


Bassier. 


1 Pourreau. 


Vermenton. 


2500 


Lemairc Eug. 


» Grison. 
ThoreL 


[ JOURDE. 


î Berault. 


Villetargeau. 


452 


Roy, 


Barlot L. 


Berger. 


Perreau. 


Villeneuye-S*-Salve 


241 


Rimbert. 


Robin. 


N. 


Berault. 


Villy. 


177 


Houtarde. 


Durup. 


Raoul. 


Vieil. 


Yinceiies. 


863 


Petit. 


Houdé. 


Fabvier. 


Mouchotte. 


Vioceioties. 


469 


Bardout. 


Bardout H ug. 


Clérin. 


Gauterot. 




ARRONDISSSM 


ENT D* AVALLON 


• 




Angely. 


312 


Joudner. 


Gros. 


Grossetéle. 


Gaze. 


Annay-ia*Oôte. 


455 


Guettard. 


Sussey. 


; Frénial. 


Rodot. 


Annéot. 


57 


GoupiUeau. 


Guyot. 


Frénial, j. 


N. 


Annoux. 


355 


d'Avoust. 


Bony. 


\ Gourlet. 


Adine. 


Anstrudes. 


736 


Bon d'Au^ndea 


Labour. 


Rémond L. 


Cuierry. 
Chevillotte. 


Asnîères. 


666 


Forestier. 


Bellanger. 


Voiainot. 


Asquins 


910 


Guiiiin. 


Perreau. 


Couard. 


Dizien fils. 


Atiiie. 


225 


Annequin. 


Chart«a. 


Grossbtéte. 


Quillaut. 


AVALLON. 


5538 


Fèbvre ^. 


Caillât. 
Leclerc. 


Darcy. 
Gally. 


1 Laporte. 
^ Lebas. 


BeauYÎUiers. 


223 


Morot de Grésl- 


Couhaull. 


Moreau. 


N. 


Biacy. 


274 


Verrier. | gny. 


Mithouard. 


Potin. 


Couturat. 


Blannay. 


272 


de Châteauvieux 


i Moiron. 


Dalbanne. 


Minard. 


Brosses. 


1108 


Berthoux. 


! Régobis . 


GautheronN. 


Château. 


Bussières. 


421 


Coilin J". 


î Camus. 


Naudin. 


Durlot. 


Chamoux. 


411 


Château. 


1 Cambuzat. 


Gally J.-B. 


Sonnois. 


Chastcllux. 


617 


Pe(itier-Ch. 


Guyard. 


1 Lairot, F. 


, Tanière. 


ChâlelCénsoir. 


1341 


Gotteau - Mont. 


Cafouge. 


' Auvray. 


Olivier. 


Cisery-Ies-G.-Onnes 


160 


Barbier J . 


Barbier Ed. 


, Vosgien. 


Carré. 


Civry. 


354 


Bonnaire. 


Hitier-Augé. 


1 Ravereau. 


Veaulin. 


Coutarnoux. 


319 


Josserand. 


Boursier. 


j Baudot. • 


RibouUot. 


Cussy-les-Forge*. 


619 


PeUetiçr. 


Ifoirot. 


! Carta^ilt. 


Pellier, Lé 



7« 



COMMUNES. 



Popula- 
tion. 



MAIRES. 



ADJOINTS. 



CURÉS. 



Institnteors. 



Dissangis. 

Domecy-sur-Ciire. 

Domecy-s-le-Vault. 

Etaules. 

Foissy-les-Vezelay. 

Fontenayp. Vézei. 

Girolles. 

Givry. 

Guillon. 

Island. 

Joux-la-Ville. 

Lichères. 

Llsle-sui^Serein. 

Lucy-le-Bois. 

Magny. 

Marmeaux. 

Massangis. 

Menades. 

Montillot. 

Montréal. 

Pierre-Perlhuis. 

Pizy. 

Pontaubert. 

Précy-le Sec. 

ProTCBcy. 

Quarré-le»-Toinbes. 

Saint-André. 

Saint-Brancher. 

Sainte-Colombe. 

Sainte-Magnance. 

St-Germain- des-Ch . 

Saint-Léger. 

Saint-Moré. 

Saint-Père. 

Santigny. 

Sauvigny-Ie-Beuréal 

SauYigny-le-Bois. 

Savigny-en-lerrc-P. 

Sceaux. 

Sermizelles. 

Talcy. 

Tharoiseau. 

Tharot. 

Thizy. 

TréviUy. 

Vassy. 

YaultdeLugny. 

Vézelay. 

Vignes 

Youtenay. 



Aillant. 

Arces. 

Armeaux. 

Basson. 

Bellechaume. 

Réon. 



489 
578 
343 
420 
8(»9 
45f 
H82 
223 
854 

937 



Millot. 

Gontard. 

De Domecy. 

Gariel. 

Monnot. 

Nolot. 

Cunault. 

Ratât. 

Lespagnol. 

Héraraot. 

Challan. 

Chavance. 

Chéru. 

Chauvelol. 



289 Millot. Naulot. 

832 Gontard. Thouard. 

382 De DomecT. Guignot. 

Leduc. 

Mercier. 

Lemeux. 

Barillot. 

Gourbeau. 

Lambert. 

Robin. 

Rétif. 

Boisseau. 

Guéneau. 

Oppeneau. 

Goujon. 

Garnier. 

Naudin. 

Deffert. 

Trémeau. 

Labbé. 

Droin. 

Goureau. 

Rolley. 

Baudot. 

Carillon. 

G II yard. 

Terrier. 

Chevillotte 

Boursier. 

Baudon. 

Barbier. 

Guyard. 

Joublin. 

Soliveau. 

Tupin. 

Colas. 

Bailly. 

Boudier. 

Bécard. 

Bourgeois. 

Riotte. 

Robot. 

Minard. 

Champenois. 

Gauthier. 

Ghaudot. 

Santigny. 

Haran. 

Cunault. 

Guyard. | 

ARRONDISSEMENT DE JOIGNY. 

Simonneau. 

Jobert. 

Gte de SéboTille 

Chambon. 

Dubois. 

Dupont. 



I f 05 Dizien. 
271 Halley. 
588 Gueno. 
225 Pannetrat. 
911 De Lenfema. 
550 Baudouin. 
235 Roglet. 

376 Garnier. 
482 Chevy. 
688 Coulbois. 
451 Thibault. 

2098 Petitier-Cho. 

370 Teurreau. 

780 Santigny. 

436 Montandon. 

800 Simon. 
1271 Houdaille^. 
1276 Tripier. ^ 

386 Lefeb.-Nailly. 
1069 Lairot. 

319 Boisselat. 

177 Larue. 
734 Cordier*. 

377 Morvand. 
302 Guillet. 
349 Paulard. 
284 Dion. 
347 d'Estattd'Assay 
201 Voiilereau. 
280 Montarlot. 

178 Santigny. 
349 Legast. 
756 Ravisy. 

1162 Borot. 
272 BarrauU. 
3181 Bourgeois. 



1468 
1003 
867 
677 
647 
569 



Bachelet. 

Polette. 

Séguin. 

Vallée. 

Jeanniot. 

Bourderon. 



Candras. 

Gadret. 

Moriet. 

Hilaire. 

Charles. 

Pion. 

Evrard. 

Troucin. 

Marçinot. 

Droit. 

Lairot. 

N. 

Senbquier. 

Fauvet. 

Gally. 

Bidault. 

Taquenet. 

Logerot. 

Gautheron. 

Paris. 

Crochet. 

Courtot. 

Minard. 

Bourrey. 

Virally. 

Heny. 

Durlot. 

Mathieu. 

Lebome. 

Delacoste. 

Cullin. 

Legast. 

Bouchot. 

Compère. 

Courtot. 

Breuillard. 

Cunault. 

Breuillard. 

Pari». 

Plagnard. 

Pitois. 

Barré. 

Mathieu. 

Pitois. 

Vosgieris 

Pensée. 

Girard. 

Sergent. 

Dutarfre. 

Balès. 

VlALA. 

Durand. 

Prôlre. 

Lapierre. 

Lemasson. 

Laur. 



Dondenne. 

Dizien. 

Darlet. 

Ronard. 

Roubier. 

Cullin. 

Mairrv. 

Bonnfillat. 

Lenief. 

Meunier. 

Caussard. 

Galette. 

Bureau. 
§ Cunault. 
t Gaumont fils. 
I Hérardot, Guet- 

Gézant. (tard. 

(^mus 

Dannoux. 

Labalte. 

Anceau. 

Gaulon, 

Breuillard. 

Bourgeot. 

MaisonneuTe 

Perdu. 

Chanlin. 

Thibault, 

Garnier. 

Tissier. 

Tavoillot. 

Garnier. 

Colas. 

Gaumont p. 

Peltier. 

Rouard. 

Poulet. 

Courtois. 

Riotte. 

Perdu. 

Bernasse. 

Prévost. 

Gerbeau. 

Bourdillat. 

Chaplost. 

Boivin. 

Nicolas. 

Lhuillier. 

Sommet. 
I Barbier. 
I Renaud. 

Michaut. 

Malecot . 

Gougenot. 

Ficatier. 

Dansin. 

Courtia. 



73 



COMMUNES. 



Popula- 
tion. 



MAIRES. 



ADJOINTS. 



CURES. 



Instituteurs. 



Blénean. 

Bligny-en-Othe. 

Bœurs. 

-Bonnard. 

Branches. 

Brienon. 

Brion. 

Bussy-en-Othe. 

Bassy-le-Repo8. 

Cerilly. 

Cerisiers. 

Cézy. 

ChaïUey. 

Chambeugle. 

Champceyrais. 

Champignelles. 

Champlay. 

Champlost. 

Champyallott. 

Gham?res. 

Charmoy. 

Charny. 

Chassy. 

Chaumot. 

Chéne-Amoult. 

CheTîilon. 

Chichery. 

Couleurs. 

Cudot. 

Dicy. 

Dillo. 

Dixmont. 

Epineaihles-Vosves. 

Esnon 

Fleury. 

Fontaines. 

Fontenouilles. 

Fournaudin. 

Grandchamp. 

Guerchy. 

JOIGNT. 

La Celle-Saint-Cyr. 

Laduz. 

La Ferté-Lonpière. 

La Mothe-aux-Auin. 

Lavau. 

La Yillotte. 

Les Bordes. 

Les Ormes. 

Looze. 

Louesme. 

Malicorne, 

Marchais-Beton. 

Mcrcy. 

Merry-larVallée. 



i802 Houette. 
454 Delagneau. 
918 Guerrey. 
186 Carré. 
587 Du val. 

2604 Guillot. 

890 Saflfroy. 
4250 Grandyilliers 

654 Valtat. 

241 Mizelle. 
1435 Moreau. 
1305 Levert. 
1238 Baudoin. 

218 Baratin. 
1000 Durand. 
1566 Pellegrin. 

901 Guillemain. 

1447 Giruit. 

536 BaretdeS.A.O 

620 Messager. [^ 

406 Bouilly. 
1472 Gauthier. 

947 Precy. 

795 Landrier. 

312 Rosse. 

580 Garuler. 

587 Capet. 

550 Foiry. 

690 Loitron. 

579 Du Châtelet. 

157 Coassé. 
1816 Soutin. 

470 Paillot. 

491 Grand d'Esn. 
1395 SoufQard. 
1022 Gruet. 

574 Rosse. 

438 Frottier. 
1081 Berthet. 

811 Ravin. 

5971 Couturat. 

1214 Pophilat. 
414 Thourigny. 
1406Thomas. 



( 



Châtaignier. 

Plumet. 

Raoult. 

Sourdillat. 

Jeannet. 

Pouillot 

Rozé. 

Jannon. 

N. 

Pathier. 

Gradot. 

Jorry. 

Nicaise. 

Appert. 

Boissarnier. 

Delaooire. 

Vicard 

Martin. 

Michaux. 



87 
1257 
262 
744 
523 
430 
236 
544 
342 
115 
1000 



Buisson. 

CtedeLe^tra- 

Faussé [de^ 

Jubin-Mond. 

De Bontin. 

Droit-Paillot. 

Nolot. 

Lagoguey. 

Berthet. 

Moreau. 

Bonjour. 



Colson. 

Jeannin. 

Bourlet. 

Roudauli. 

Montagne. 

Piat. 

Buisson. 

Saulin. 

Sapin. 

Legros. 

Vincent. 

Moreau. 

Boulley. 

Dubois. 

Duret. 

Desliens. 

Platard. 

Bréchot. 

Collon. 

Sellier. 

Delétang. 

(^hezjean. 

Lavollée. 

Franjou. 

Denis. 

Bablot. 

Jublot. 

Moreau. 

Bardot. 

Devoves. 

Ribière. 

Paillot. 

Breuillé. 

Pogé. 

Villermé. 

Gras. 

Davoise. 



Thomas. 

Vivien. 

Michel. 

Roy. 

Larbouiliat. 

Laurent. 

Garnier. 

Villain. 

Roy. 

Pigé. 

Langin. 

Julien. 

HoUette. 
Morel. 
Girault. 
' Bernard Juv. 
Renaud. 
Créneau. 
Fournier. 
Créneau. 
Tridon. 
Rodriguez. 
Brelet. 
&NeiU. 
Durand, 
Hariot. 
Roy 

Gomier. 
Roussel. 

Marcantoni. 

Guerbet. 

Nicole. 

Ricordean. 

Huchard. 

O'Neill. 

Jumn. 

Barrey. 

Niel. 

Calmus. Jay. 

Damien. 

Boyer. 

Niel. 

Millet. 



Pegorier. 

Moret. 

Boudioi. 

Delagneau. 

Marhac. 

Boulet. 

Demersay. 

Guillet. 

Roidot. 

Gazes. 



DessignoUes. 

N. 

Chevereau. 

Cassemiche. 

Guillon. 

Mouiliot. 

Mossot. 

Perdijon. 

Henry. 

Goberot. 

Méreau. 

Michaut. 

Giilet. 

Lhoste. 

Ladoué. 

Forgeron. 

Champrouz. 

Goudon. 

Bornât. 

Balzacq. 

Bourgom. 

Bernot. 

Ségnin.GilIet. 

Girard. 

Raliu. 

Javey. 

Brunat. 

Huot. 

Roux. 

Sarrasin. 

Chat, n 

Dosnon. 

Vallet. 

Jay. 

Gamard. 

Jeannest. 

Godard. 

Chéry. 

Gatouillat. 

Nolin. 

Leclerc. 

Jeubert. 

Nasse. 

Blanc. 

Constant. 

N. 

Berry. 

Pernot. 

Ansault. 

Coillier. 

Protat. 

Michaut. 

Jolibois. 

Bourgeois. 

Porcherot. 

Grimard. 



comniNEB. 


Usa. 


H.UIUIS. 


ADJOINTS. 


CCRÉ8. 


InsUtaleors. 


MézUlu. 


ISOS 


Ledioil. 


Çharboi.. 


Uenrlev. 


Coupinot. 


Migepiies. 


7»! 


Cloche. 


BaliTcau. 


Pinet. 


Girard. 


NemUj. 


8«a 


Pial E<I..Et. 


Marlin. 


Huré. 


Tercy. 


Puoy-en-OUM 


Mi 


Benunt. 


PraiiKan. 


Honod. 


Malluille. 


Paroj-farTholoa. 


401 


Perrean. 


Digard. 


Former. 


Perreau. 


Pemax. 


8^ 


Franchis. 


l'erreau. 


Berlin. 


Boucherai. 


PiffMds. 


I0T3 


Poisson. 


Velard. 


Rémoud. 


Hilachoa. 


Pdllï-wir-Hwlon. 


tOSJ 


Brooé. 


Billelaot. 


UouchoL 


Boulmeaa. 


Précy. 


951 


Barry. 




Oudot. 


Valléa. 


Pnmoj. 


730 


Ilouchon. 


BezanfoD. 


Golaudin. 


imberl. 


&«.. 


ueo 


Combe». 


Baudiu. 


\'edel. 


Gauthier. 


285 


Uchien. 


Rameau. 


Paltii. 






m 


Vaudou 1. 


Rétif. 


Vane. 


Relief. 


if. 


1171 


Léger. 


De:iraui. 


Caies ro. 


Perdiioi. 




111 


Fleur j. 


Coquibnt. 


Biulé (R., 


PelleOer. 




i)3(l 


ChaDienulle. 


Froment. 


Chnpiel. 


Carré. 




4U3 


Lebeau. 


Ribière. 


N. 


Bngont. 




25KÏ 


Dhomez. 


Missoa, ÇMil- 
Ltbeau. laud. 




Fèvre. 


i 


2331 


Prolal. 


Bllaut. 


Col son. 




592 


De Truchis. 


Frappin. 


Euierv. 


Comebise. 




66H 


Grossier 


Lesire. 


Darla'). 


Meilel. 




S72 


l'icouel. 


N. 


Ewii. 


Trabeaud. 




123 


Girard. 


Filliout. 


N^ 


N. 




ses 


Noyer. 


Bosse. 


DemcrsaT. 


Fuarrey. 


il. 


SBO 


Carriot. 


Hurtaul. 


Tachï_ 


Javs- 




337 


Gallel. 


Jolibois. 


Courlialt. 




lies 


Chocal, 


Chrétien. 


Collier. 


Brisedoui. 


St-Romiiihle Preai. 


178 


iâ:t-. 


Gardemboii. 


Crochût. 


Boniroeau. 


Senan. 


8i»i 


Malhée. 


Toulol. 


SÉpeau». 


833 


Oriache. 


Gauuot. 


Lenier. 


Honlagoe. 


S«pt-F0Bd*' 


aT3 


Toolée-Morwa. 


Botté. 


Bntfiu. 


Deschamps. 


Sommecaiie. 


597 


DiTid. 


Noei. 




Lorin. 


Tamwm. 




de Conflane. 


Charbuy. 


BoulFL 


Beanjean. 


Turay. 


1217 


Montachel. 


Besançon. 


Barbier. 


BOBdalé, Ve«. 


Vaudeuri. 


tl8l 


Liico. 


BoiL 


Chayy. 


Huchard. 


Veni»,. 


1515 


Marlin. 


Fourrey. 


Hanquest. 


TïnièreCawi n 


Verlip. 


eiu 


Moury. 


Horeau. 




Simonnel. 


Villecheli«c. 


313 


Uswald. 


Miche. 




TréUl. 


Vlllecien. 


443 


Noreau. 


Benard. 


Gaudet. 


Tiuler. 


Vlllerrapctw. 


losa 


Pelarue. 


Horeau. 


Jolly. 

Dupire. 

Brujas. 


Chaineau. 


Villemer. 


466 


Houchol. 


Vaché. 


«rbJDet. 


VilleDey»e-)e»-Gen. 


6M 


Pézier. 


Touppt. 
Bridou. 
Sauvegrain. 


Jorlin m. 


Villeaeave-B'YDBD. 


SUIS 


Bissonnicr. 


Deni-ot. 

l'aboi .CbtnTiD 


l'ouillot. 


VilleTallwr. 


48â 


picard 


Héreau. 


Poulain. 


Horeau. 


Villiers-Kl^eiiult. 
VillieTM-Ih^ii. 


10*2 


«.deltebeval 


Coffre. 


Uorel. 


Biiarrt. 


H5S 


Rennn. 


Guibert. 


Cormier. 


Besse. 


Volgré. 


438 


Billiault. 


Leau. 


Crochet. 


Ofdpj. 



AIIHONDIUBIIKNT m fRIfg. 



Champ! gn y. 
Cbaumotal. 



Col^mler*. 
Com^^iay. 
Comattl. 
Gonr««aux. 



Fûueher. 


Pellerin. 


Delmas. 


Letanier. 


Deïove. 


Lajoo. 


Maekéou». 


Finol. 


Bspril-Koch. 


Tonnelier.. 


Bicbet. 


ViviM.Evrsl 


Piesse. 


CoUon. 


Rem y. 


Hérisson. 


Poussa rd. 


Dubois. 


Pehson. 


Musset. 


Lhoate. 


Iinbert. 


GMlanl. 


Fauvel. 




Cochard. 


Potdevin. 


Henry. 


Laurain. 


Ducard. 


N. 


Veau' 


Crou. 


Thuiilard. 


Febtrre. 


Demwd. 


Soublot. 


Poullain. 


Surin, 


Fraudin. 



75 



COMMUNES. ^^f^n MAIRES. 



tion 



^1 



ADJOINTS. 



CUBÉS. 



iDftVUntQHrjB. 



Courgenay. 

Courlon. 

Courtoin. 

Courtois. 

Cuy 

Dollot. 

Domats. 

Egrisellea-Ie-Bocage 

Etigny. 

Evry. 

Flacy. 

Fleurigay. 

Foissy. 

Fontaine-la-Gaillar. 

FoQchères. 

Gisy-les-Nobles. 

Grange-le-Bocage. 

Gron. 

Jouy. 

La Belliole. 

La ChapeUe-sur-Or. 

LaiUy. 

La PostQlIe. 

Les Sièges 

Lixy. 

Maillot. 

Mâlay-ie Bai. 

Mâlay-le-Vie<)iDte. 

Marsaogis. 

Michery. 

Molinons. 

Montacher. 

Nailly. 

Noé. 

Pailly. 

Paron. 

Passer. 

Plessis-da-Mée. 

Plessis-Si-Jean. 

Pont-sar-Vaniw. 

Ponfrsur- YoBae . 

Rozoy. 

Saint-Agaan. 

Saint-Clément. 

SainfrDenis. 

St-Martin-du-Tertre 

St-Martin-s-Oieuse. 

St-Maurie64UXrA.-H 

Saint-Seratin. 

Saint-YaUnio. 

Sali^Dy. 

Savigny. 

Sens. 

Serbonaw. 
Sergines. 
Sognes. 
Soacy. 



806 
1185 

98 
202 

aeo 

522 
917 
1304 
511 
266 
357 

574 
712 



Simonnet. 

Acier J.-B. 

Louismet 

Denisot. 

Marteau. 

Nezondet. 

Lorillon. 

Roger. 

Chamillard. 

Viart. 

Gaudin. 

Prin. 

Vajou. 



405 de Fontaine. 
433 Baudoin. 
588 Roze. 
439 Poulain. 
736 Fouet J. 
455 Begnier. 

317 B°" de Sere- 
558 Collard [Tille 
523 Lorne. 

366 Saviniat: 
836 Chevreau. 
501 Potin. 
415 Mathieu. 

193 Masson. 
949 Godard. 
789 Martineau. 

1067 Tarlois. 
325 Petit. 
730 Bagard. 
972 Matignon. 
404 Onver^er. 
404 Bourcier. 
469 Lefort. 
536 Dechambre. 
259 Chesnauit. 
476 talande. 

318 Hesnault. 
1903LamydeBeauj. 

270 Rousseau. 
3^8 Masson. 
71^ Pouteau. 

194 Gâteau. 
63a (Sage. 
745 Payen. 

1066 Mousard. 
446 Louvrier. 
«0^ Claisse. 
392 Leriche. 
398 G*« de Bres- 1 
[sieux^/ 
110»^ Deligand ^. j 

5S5 Foapier. 
1317 Perrot. 
317 Gohry. 
730|Bouy. 



Grand. 

Acier L. F. 

Trahot. 

Gillet. 

Ramonet. 

Prieux. 

Berault. 

David. 

Duport. 

Denis. 

Nioré. 

Savignat. 

LegrandfLtisop 

Fayoile,Bone- 

Riché. [main. 

Champion. 

Venet. 

Carré. 

Grémy. 

Timbert. 

Delajon. 

Adam. 

Favot. 

Chenault. 

Boudard. 

Queudot. 

Morisson. 

Daubry. 

Delécolle. . 

Pouteau. 

Coçpé. 

Siriau. 

Anceiol. 

Brigeois. 

Motus. 

Rondeau. 

Gagé. 

Bertrand. 

Besnard. 

Bourgoin. 

L voué. 

Bisson. 

Gauihier. 

Blondeau. 

Goiuon d'Or. 

Billy. 

Mignard. 

Monpoix. 

Chrétien. 

Vincent. 

Berlin. 

Gothias. 

Cbampey. 

Dubois. 
Vaudoux. 



Fouard. 
Gervais. 
Mackeone. 
Goujrer. 

Rivrain. 

Rémond (m.j) 

Febvre. 

Paoli. 

Chauvois. 

Salmon. 

Darlot. 

Guillerivt. 

Lagranse. 

Rémond. 

Denavarre. 

Maître, 

Boullé. 

Mackeone p. 

d'Ëzerville. 

Fouqueau. , 

ThéveneU 

Maître. 

Guérin, 

Denavarre. 

Grandjean. 

Ponce. 

Beisson. 

Douine. 

Duranton. 

Salmon. 

Mackeone. 

Jean. 

Nadot. 

VUttlt. 

Lordereau. 

Aubert. 

ViauU. 

Pégorier. 

Gaumont. 

Perrot. 

Chenot 

Renault. 

Crété. 

Moreau. 

Gouyer. 

Deny. 

Neveu. 

Boycheron. 

DUBAN. 



Boulogne. 
Rameau. 
N. 
N. 

Devmat. 
Gourliau. 
Péreladas. 
Mouturat. 
Vérot. 
Fontai9e. 
Albaut, 
1 Fortin. 

( Heurtefeu. 
Gislaio, Miraif- 
Maugis [ehaa^ 
Bélletre. 
Aubert. 
Nottet. 
Besson. 
Vallet. 
Carré. 
Roger. 
Ducarruge. 
Poinsot. 
Boudard. 
Beau. 
Bernard. 
Vespy. 
Beau 
Paris. 
Jarry. 
Thierry. 
DenizQt. 
Higot. 
Carré. 

Chassonneaii 
Chalmeau. 

Dechambre. 

Leblanc. 

Chiganne. 

Rémy. 

Longuet. 

Bouy. 

Petit. ' 

Point. 

Joucherie. 

Lebas. 

Millet. 

Boudard. 

Jutigny. 

Vissuzaine. 

Laubry. 

Parist. 



Masson. 
Charpentier. 
Attl)prt. 
Viard. 



Robert. 
I Martin. 

(yiDOT,CA88BI|I- 
CHB, Barbier, Ricard. 
Bais^oT^YaudoU ( 
Boudard. { Cothias. 
DoANTTON. I Réçoby. 
BÉ$iar4. 1 Maille. 

Prunier. f Jutignf. 



76 



COMMUNES. 


Popula- 
tion. 


MAIRES. 


ADJOINTS. 


CURÉS. 


Instituteurs. 


Subligny. 


584 


Letoffé. 


Notté. 


Potdevin* 


Lethumier 


Theil. 


410 


Haudry. 


Agoust. 


Picquoin. 


Bonueau. 


Thorigny. 


856 


Vaillant. [G 


Durand. 


Laproste. 


Collin. 


Vallery. 
Vareilles. 


835 


deRockechouar^* 


Châtelain. 


Bruand. 


Brûlé. 


365 


Bourdon. 


Rigoureau. 


Guérin. 


Rallu. 


Vaumort. 


315 


Bouchereau. 


Lambert. 


N. 


Huchard. 


Vernoy. 


415 


Dumant. 


David. 


Rémond. 


Bessy. 


Véron. 


1254 


Grenet. 


Bertrand. 


Chenot. 


Prot. 


Vertilly. 


228 


Pleaii. 


Simonnet. 


Martin. 


Denizot. 


VilleblcTin. 


906 


Descourtis. 


Dumant. 


Croquet. 


Coquin. 
Callé. 


Villebousis. 
Villegardin. 


624 


Pouce. 


Bonneau. 


Champagne. 


289 


DuTeau. 


Charpentier. 


N. 


Lesourd. 


Villemanoche. 


836 


Perrier. 


Sadron. 


Lefèvre. 


Despradelle. 


Villenavolte. 


142 


Tesson. 


Ferrier. 


N. 


N. 


vaieneuve-l'Arch. 


1857 


Villiers. 


Juste. 


Mazuc. 


Crédé. 


Villeneuve-la-Dond. 


334 


Marteau. 


Vallon. 


Dupire. 


Robinet. 


Vilieneuve-ia-Guy. 


1881 


Lecomte. 


Jolibois. 


Séguin 


Heurlefeu. 


Villeperrot. 


198 


Mondemé. 


Sylvestre. 


NadoL 


Denis. 


Villeroy. 


246 


Tourlier. î 


Devoves. 


Champagne 


N. 


Villethierry. 


710 


Foucher. 


Dromigny. 


Labour 


' Cholat. 


Villiers-Bonneux. 


274 


Poyau. 


Prin. 


Martin. 


Legrand. 


Villiers-Louis. 


553 


Coihias. 


Pouthé. 


Garlin. 


ReiUe. 


Vinneuf. 


1464 


Roblot. 


Rigaud. 


Ballacey. 


Lallement. 


Voisines. 


801 


Maria. 


Boulot. 


Calmeau 


Sommet. 



ARHONDISSEUENT DE TONNERRE. 



Aisy. 


461 


Ancy-le-Franc. 


1839 


Ancy-le-Librc. 


373 


Annay-8-Serein. 


625 


Argentenay. 


232 


Argenteuil. 


628 


Arthonnay. 


668 


Baon. 


187 


Bernouil. 


211 


Béru. 


268 


Beugnon. 


368 


Butteaux. 


440 


Carisey. 


435 


Censy. 


104 


Chassignelles. 


406 


Châtel-Gérard. 


560 


Cheney. 


293 


CoUan. 


408 


Commissey. 


1376 


Cruzy. 


1009 


Cry. 


321 


Cusy. 


312 


Dannemoine. 


611 


Dyé. 


427 


Ëpineuil. 
Elivey. 


581 


590 


Féy 


374 


Flogny. 


418 


Fresnes. 


227 


Fulvy. 


190 


Gigny. 
Gland 


450 


3H 


Grimault. 


406 



Gallien. 


Béalé. 


Plisson. 


Martenot 


Rémond 


Labour. 


Balacé. 


Sylvestre. 


Forgeot. 


Gautherln A. 


Gautherin H. 


Fontanez. 


Marmignat. 


Houdot; 


N. 


Bourguignat. 


Portier. 


Tranchant. 


Léonard. 


BaiUot. 


Guichard. 


Ménétrier. 


Roguier. 


Vachez. 


Soupe. 


Rossignol. 


Darley. 


Heurley. 


Pagnier. 


Maget. 
Micnaut. 


Gillot. 


Fournier. 


Robert. 


Rousseau. 


Bassier. 


Chapoulade. 


Rafifat. 


N. 


Jullien. 


Lagoutte 


Coupechoux. 


Chavance. 


Déon. 


Demonperrenx. 


iiousselet. 


Bréon. 


Pussin. 


Texloris. 


Hélie 


Martin, 


Plait. 


Marion. 


Devinât J, 


Vaudeau 


Nancluse. 


Zominy. 


Martenot. 


Prunier. 


GUILLBMEAU. 


Mantelet. 


Gautherin. 


Chausfoin. 


Martenot. 


Veuillot. 


— . 


Sourd. 


Petit. 


Bertaut. 


Lejay. 


Joffrin. 


Bègue. 


Clémandot. 


Roze. 


Devinât P. 


Calmeau. 


Sainte-Croix. 


Monnot. 


Moine. 


Couperot. 


Montenot, 


Paris. 


Godret. 


Serré. 


Voisinot. 


Collin. 


Guyot. 


Nogent. 


Léger. 


Labour (c.) 


Roy. 


Flogny. 


Perrot. 


Camus. 


Carre. 


N. 


Barbier. 


BruUé. 


Coppin. 



1 Caillien. 
Montandon. 
Egeley. 
Regnanlt. 
Rigoiley. 
Chouet. 
Boulotte. 
Déon. 
Viault. 
Roy. 
Gibier. 
Jacquemier 
Batnereau. 
Poitout. 
Bussy. 
Lemaire. 
Monniot. 
Naudin. 
Paris. 
Dupas. 
Lorot. 
N. 

Bonnin. 
Cornât. 
Sagourin. 
Chevalier. 
Gaillot. 
Noél. 
Viardot. 
Brigodiot. 
Bessonnat. 
Noirot. 
Jacob 



77 



COMMUNES. 


Popula- 
tion. 


MAIRES. 


ADJOINTS. 


CURÉS. 


Instituteurs. 


Jouancy. 


123 


Pussin. 


Bethery. 


Coupechoux. 


Finot. 


Jully. 


540 


Marcoult. 


Chauvot. 


Adam. 


Montenot. 


Junay. 

La Chap -Vieille-F. 


194 


Coquard. 


Mandrot. 


N. 


Patou. 


673 


Drujon. 


Bcugnon. 


Roux. 


Lambert. 


Lasson. 


38.5 


Massin. 


Courtin. 


Michel. 


Dupressoir. 
Noaiot. 


Lézinnes. 


649 


Mantelet. 


Compérat. 


Guinot. 


Melisey. 


576 


Fournier. 


Godin. 


Michaut. 


Perruchon. 


MÔlay. 


359 


Landrier. 


Mantelet. 


Jobin. 


Fournerat. 


Molosmes. 


605 


Cbapotin. 
Marlot. 


TruflFot. 


Régnier. 
Pillon. 


Renaud. 


Moulins. 


329 


Maigrot. 


Mattrat. 


Neuvy-Sautour. 


1462 


Fournier 


Viault. 


Lemoine. 


Chatais. 


Nitry. 


848 


Carré. 


Ballacey. 


Poyard. 


Seurre. 


Noyers. 


1607 


Mariglier. 


Pichenot. 


Merlot. 


Ghamoin^Cbans. 


Naits-sur-Armançon 


457 


Berthon, 


Chevalier. 


Millot. 


Nieatin. [sefoin 


Pacy. 


478 


N. 


Beau. 


Gallien. 


Quillaut. 


Pasiily. 


103 


Bidault. 


Renard. 


Denis. 


N. 


Percey. 


407 


Maurey. 


Bouton. 


Letteron. 


Passey. 


Perrigny-sur-Arm . 
PimeUes. 


193 


Mignot. 


Gelez. 


Chausfoin. 


Paupy. 


215 


Manteau. 


Roguier. 


Ferrand. 


Seurre. 


Poilly-sur-Serein. 


635 


Boudré. 


Blin. 


Thierriat. 


Quillaut. 


Quincerot. 


318 


Lasnier. 


Richebourg. 


Chavance. 


Landres. 


Ravières. 


1283 


Rizier. 


Gauthier. 


Ducrot. 


Bralley. 
Picard. 


Roifey. 


384 


Babeuille. 


Himbert. 


Tremblay. 


Rugny. 


439 


Ménétrier. 


Simon. 


Vachez. 


Tayoillot. 


Sainte- Ver tu. 


244 


Boucherat. 


Dubois. 


Cordonnier. 


Quillaut. 


Saint-Martin>s-Arni . 


339 


Vaudeau. 


Brain. 


Zominy. 


Perrot. 


Saint-Vinnemer. 


562 


Milon 


Blanchot. 


Coilin. 


Séeuin. 
Ballacey. 


Sambourg. 


212 


Paris. 


Roy. 


Lallement. 


Sanry. 


486 


Mignot. 


Hivert. 


Denis. 


Farcy. 


Sennevoy-le-Bas. 


312 


Heurtefeu. 


Cornuelle. 


Thibault 


Sebillaut. 


Sennevoy-le-Haut. 


335 


Sebillaut. 


Déon. 


Thibault. 


Fouzat. 


Serrlgny. 


360 


Saussey. 


Casselin. 


Raverat. 


Cholat. 


Sormery. 


370 


Paget. 


Thomas. 


Giffaut. 


Lesire, Lespa- 


Soumain train. 


421 


Viault. 


Chailley. 


BONNETAT. 


Couturotrgnol 


SUgny. 


365 


Lemoine ^. 


Poitou. 


Laliemand. 


Bernasse. 


Tanlay. 


665 


deTanlayO^ 


Goulley. 


Marquot. 


Larue. 


Thorey. 


231 


Ferrand. 


Menegaut. 
NicolTe. 


Gogois, 


Georges. • 


Tissey. 


256 


Gueniot. 


— 


Berauit. 


TONKKHRE. 


4789 


Montreuil. 


Mar(]uis. 
Legns. 


, LeTTEROiX. 

Floy. 


Gauthier. 
Passey, 


Trichey. 


211 


Petit. 


Coguet. 


GogoU. 


Camusai. 


Tronchoy. 


310 


Quignard. 


Chadrin. 


Gouley. 


Robin. 


Yezannes. 


206 


Malaquin. 


Pacault. 


Devinât J. 


Collon.* 


Yezinnes. 


350 


Carre. 


Petit. 


Vautrin. 


Mercier. 


Villiersrles-Hauts. 


545 


Gougenot. 


Boucley. 


Monnot. 


Charton. 


Villiers- Vineux. 


375 


Boucheron. 


Genêt. 


Lefranc. 


Landre. 


ViUon. 


467 


Bertrand. 


Fays. 


Alépée. 


Heurtefeu 


Yireaux. 


340 


Queau. 


Jouault. 


N. 


Paillot. 


Viviers. 


420 


B. de Viviers. 


Rayer. 


N. 


Chassin. 


Yrouerre. 


390 


Dumet. 


Paquot. 


Ferrand. 


Babeuille. 



T8 
ÀDMINlStRÀttONâ HUNICtMLÈS DÈS PRlKCIPAtES VIttES. 



VILLE D'AUXERRB. 

M. A. Cbaixb ^, membre d« Conseil généra) de l'Yonae, Maire. 
Mm. Flocard ^, \ 



N... 



MM» 

lApèi^, àvécat. 

Loat^, {yrbpriétaire. 

Leroy. méfanicien-R ndeur. 

Baron Mariineau des Cbesnez. 6 0. fjji. 

Flocard ^, adjoint. 

Marie ^^ docteur médecin. 

Barbier, géomètre. 

Lefévre, doctear-méâecin. 

Gourot, docteur- médecin. 

Trutey-MafaBge« négociant. 

Baron de Madières, vice »ré*. du irib. 

Cballe ^, maire. 

Robin, greffier de la juttice de paix. 



idjotnit. 

Memhr9ê du Comeil municipal. 

Mérat-Beujction, anci«n négociant. 



Salle att»é, négociant. 

Platt, commissionnaire on vins. 

Lorin, architecte. 

Ribière. avocat 

Piétresson (Léon), notaire. 

Milliaux. nouire. 

Laurent-Lesseré ^, négociant, adjoint. 

Potenot, propriétaire. 

Baucher, propriétaire. 

Pelit-Augé. distillateur. 

Roger, propriétaire-vigneron. 

Ravin, pharmacien. 



Remy, dooie or-médecin. 

M. Charles Joly, receveur municipal, rue Martineau. 

Personnel de la Mairie tVAuœerre, 

MM. Nodot, secrétaire en chef. 

Trico. chargé de la comptabilité. 
Frontfer, empl(»yé. 

M. Métrai, architecte-voyer, con^cteur des travaux communaux 

Police admihistrative, municipale ei judiciaire. 
M. Gabriel (Léon-Prançols), commissaire cantonal de police. 



MM. Glergean, chefdebur. de l'état civil. 

ZincK, chef du bureau militaire, des 

contributions et des subsistances. 



Agents de police. 



MM. ftenard. 
Fournoux, 
• . Rémond. 



MM. Bouchard, 

N. 



Le bureau de police, à la mairie^ est ouvert au public, tous les jours, depuis 
8 heures du matin jusqu'à l'heure de la retraite. 

M. Babulaud, commissaire-ordonnateur des pompes fbnébres. 

Gardes ehampélres* 

MM Casse, 
Robert 



MM. Lemain, brigadier. 



Brissel, 



)" 



ardes. 



jAatioir puMt'c ; MM. Réméré, mspecteur ; Irr, receveur, et Couderc, concierge 

M. Vigreux, vétérinaire expert. 

VILLE DAVALLON 

MM. Febvre ejfc. Maire. 

MM. Membres du Conseil municipal, 

Febvre, membre du conseil général. 1 Brenot aîné, charpentier. 

Çouturat, banquier. I Desnoyers, conduc. faisant fonc. d'ingén 



79 



Quatrevaux. médecin. 
Tircuit, architecte. 



Richard, propriétaire. 

Bethery de La Brosse, prés. faon, du tr. e. 

Leclerc, avoué. 

Yisoureux, négociant. 

G^ly hls, marchand de bois. 

Ricard, prés, du trib. civ. 

Camus, propriétaire. 

Chevalier père, propriétaire. 

Caillât, ancien négociant. 

Thibault, juge. 

VILLE DE JOIGNY. 



Thierry, pharmacien. 
Thébault, propriétaire. 
Rousseau, juge de paix. 
Bidault, juge d'instructkkn. 
Brunet. avocat. 
Mathé, négociant. 
Degûix, vétérinaire. 



Radot, receveur municipal. 
Cu86ol, commissaire de police. 
Burlot, architecte- voyer. 



MM. 



MM. CouTDRAT, Maire. 

N. CHÊZJEAK I àAtrJ».f» 

Lavollkï, } Adjoints. 

Membres à» ConseU munieipcd. 



Benoit-Courtois, propriétaire. 
Feneux-Gailliout, entrepreneur, 
Epoigny, notaire. 
Courcter, banquier. 
Perrier-Godeau, vigneron. 
Lefebvre-Arrault, propriétaire. 
Jacob-Baillet, propriétaire. 
Emery, propriétaire. 
Leclerc de Fourolles, pr. du trib. civil. 
Pavillon-Foussé, propriétaire. 
Glaive, négociant. 
Frécault-Diirand, propriétaire. 
Toussaint-Moreau, négociant. 

VILLE DE SENS 



Gallois, percepteur. 
Barat-Gaillout, négociant. 
Durand Napol^n, propriétaire. 
Godefroy-Julitte, vigneron. 
Durand-Gailliout, propriétaire. 
Chailley-Lordereau, négociant. 
N. 



Ricard, secrétaire. 
Cochet, receveur municipal. 
Blond, commissaire de peltee. 
Lefort, architecte. 



MM. 



MM, Dbligand j}^, Maire. 

Membres du Conseil municipal. 



Mancel, propriétaire. 

Pleau, pr. du trib. de com. 

Dupechez, propriétaire. 

Agdenier, propriétaire. 

Perrin, juge au trib. de com. 

Leseur, architecte. 

Cornisset Aug., memb. du con». d'arron. 

Querelle, fabricant de rasoirs. 

Boucrand-Comperat, propriétaire. 

Provent, avocat-avoué. 

Giguet ^, propriétaire. 

Lamy, marchand épicier. 

Forest, md de rouenneries. 

Lallier, président du tribunal civil. 

Bonjean, juge suppi. au trib. de com. 



Petipas, ancien notaire. 
Billebault, propriétaire. 
Tourneur, architecte. 
Pollet, pharmacien. 
Lacaillè, cultivateur. 
Epoigny, md de vins en gtos. 
Poussé, md de bois. 
Bodier, cultivateer. 
Dnchemin, imprimeur. 

Laude, receveur municipal. 
Louvel, commissaire de police. 
Lanier, secrétaire en chef de La mairie. 
Larchevêque, architecte- voyer. 



VILLE DE TONNERRE. 
MM. MoNTRBUiL, Maire. 

MM. Membres du Conseil municipal. 

Diard Albert, mécanicicD. 1 Thierry, vétérinaire. 

Dormois Camille, économe de l'hospice. I Prévôt, banquier. 
Rathier, avocat. |PerrucJion Pierre, propriétaire. 



80 



Hardy, propriétaire. 
Colin, inspectear des écoles. 
Vebre, confiseur. 
Legris, pharmacien. 
Munier-Portier, propriétaire. 
Roze, juge d'instruction. 
Lemaire- Prieur^ fabricant de tan. 
Marquis Auguste, médecin. 
Montreuil, juge supjjléant. 
Roy Charles, propriétaire. 
Thomas- Chapput, propriétaire. 



I Y vert, hnissi er. 
Rétif, président honoraire. 
Delorme- Bourgeois, propriétaire. 
Pignon, agriculteur. 
Constant, notaire. 
Beurdeley père. 

Garre], receveur mnuicipal. 
Lorieul, commissaire de poliee. 
Ravaux, secrétaire de la mairie. 



MM. 

Bissonnier. 
Bridou, pharmacien. 
Sauvegram, marchand tanneur. 
Bally, médecin. 
Fontaine, maréchal. 
Bondoux, marchand de bois. 
Bachelet, maître tanneur. 
Lenfant, propriétaire. 
Caillou, cultivateur. 
Boudet, directeur des postes. 
Carré, vigneron. 
Baconnier, cultivateur. 
Bezançon, propriétaire. 



VILLE DE VILLENEUVE-SUR-YONNE. 
MM. Bissonnier, m aire, 

Bridou, . Adjoints. 

Sâuvbgrain. ( "^ 

Benoist, Secrétaire, 

Membre» du Conseil municipal, 

Durand, boucher. 



Baron de Perthuis, propriétaire. 

Besand Claude, propriétaire. 

Paillot, md de bois. 

Gallon, propriétaire. 

Roy, banquier. 

N. 

Trouvé, médecin. 

Bidault, banquier. 

Marquet, receveur municipal. 
Benoist, secrétaire de la mairie. 
Bourgogne, commissaire de police. 



Pichot, propriétaire. 

ARCHITECTES DÉPARTEMENTAUX. 



MM. Tourneur, à Sens. 

Perruchon, à Tonnerre. 



MM. Piéplu, à Auxerre. 
Tircuit, à Avallon. 
Grégoire Roux, à Joigny. 

CONSEIL DÉPARTEMENTAL DES BATIMENTS CIVILS. 

Réorganisé par délibération du conseil général de l'Yonne, dans sa ses'^ion de 1857. 

MM. Mondotde Lagorce, ingénieur en chef des ponts et chaussées en retraite, pré- 
sident. — N., secrétaire. — Dondenne, architecte, anc. professeur au collège 
d' Auxerre. — Piéplu, architecte du département. — Boucheron, agent-voyer 
central. — Desraaisons., conducteur principal des ponts et chaussées, fai- 
sant fonctions d'ingénieur ordinaire. •— Dantin, serrurier mécanicien. 

ASILE DÉPARTEMENTAL DES ALIÉNÉS. 

L'Asile départemental de l'Yonne, destiné au traitement des malades des deux 
sexes atteints d'affections mentales, nerveuses ou convulsives, e.U construit sur un 
plan et dans des proportions répondant aux iirincipales indications de la science. 




aeréable et exerce sur les malades l'inHuenre la plus favorable, l'administration ne 
néglige rien pour que l'organisation du service intérieur réponde à tous les besoins. 

Cet établissement renferme environ 450 malades, dont la plus grande partie 
appartient au département de l'Yonne aux frais duquel il a été construit. 

Des pavillons spéciaux offrant tout le confortable possible sont destinés aux pen- 
sionnaires qui, entièrement isolés des malades au régime commun, rencontrent 
les avantages des meilleures maisons de santé de la capitale unis aux sérieuses 
garanties légales d'une administration rép*'i ère. 



Si 

Commission de surveillance. 

MM. le Baron de Madières, vice -président du trib. civ., président, 
le Biron Martineau des Ghesnez. 

Mathieu, ancien avoué, administrateur provisoire des Aliénés. 
Laurent-Lesseré, adjoint au maire d'Auxerre. 
Bonneville, ancien conseiller de préfeclure, secrétaire. 

Administration. 

Directeur, médecin en chef : MM. Poret, doct. en médecine. 

Médecin-adjoint : Sizaret, doct. en médecine. 

Chirurgien : A. J.-B. Marie, docteur en médecine. 

Interne en médecine : Bertelot. 

Interne en pharmacie : Designolle 61s. 

Pharmacien honoraire: Sallé-Frémy. 

Receveur : Dautun aîné, rue Cochois, n" 19. 

Econome : Designolle, à l'Asile. 

Secrétaire : Langlade, rue Saint-(j[ermain, n» 2. 

Chapelain: M. Duru, rue de Paris, n*> 129. 

Commis d'économat . Chevallier. 

Surveillant en chef: Fournier; surveillante en chef : Mlle Brevelet. 

Garde-magasins : Larchevôque. 

Le service intérieur et les soias personnels à donner aux malade^; sont confiés à 
des employés éprouvés qui, sous Vimpulsion des chefs de service, assurent une 
surveillance permanente, active et intelligente en même temps qu'exclusive de 
toute coercition irritante. Une décision préfectorale du 5 novembre 1861 a tixé le 
cadre de ce personnel de manière à satisfaire à toutes les indications du service. 

Un règlement approuvé p.ir S. E. M. le Ministre de l'intérieur régit et détermine 
tous les détails du service administratif et médical. 



Placements d^ office. 




prix 

Préfet ^-. ^^., . . «.x..„« vicoiuui- 

gentsqui, sans être immédiatement dangereux, réclament cependiint un traitement 
spécial. (Art. 18 et 25 de la loi du 30 juin 1838.) Dans les deux cas, la demande de 
la famille ou du maire adressée au Préfet doit être accompagnée : 

1" De l'extrait de naissance. 

2» D'un certificat de médecin constatant l'opportunité ou la nécessité du pla- 
cement. 

Placements volontaires. 

Les malades dont le placement est demandé par les familles, à la condition de 
payer directement le prix de leur pension, sont admis par le Directeur de r^siie 
auquel doivent être préalablement remises les pièces ci-après indiquées, conformé- 
ment à l'article 8 de la loi du 30 juin 1838 : 

1" Une demande d'admission contenant les noms, prénoms, âge, profession et 
domicile tant de la personne qui la forme que de celle dont le placement est ré- 
clamé et l'indication du degré de parenté, ou à défaut, de la nature des relations 
qui existent entre elles. La demande sera écrite et signée par celui qui la formera 
et visée par le Maire. S'il ne sait pas écrire, elle sera reçue par le Maire qui en 
donnera acte. 




payer la pension , „ „„ „„^„ 

fait choix et d'acquitter tous autres frais en dehors du régime ordinaire, tels que 
tabac, fournitures diverses, chauffage et éclairage particuliers, entretien du trous- 
seau. 

2*> Un passeport on toute autre pièce destinée à consitater l'identité tant du malade 
que de la personne qui le place. 

3» L'extrait de naissance. 

6 



^ 



4» Un certificat d'un docteur en médecine constatant l'état mental de la personne 
à placer, indiquant les particularités de sa maladie et la nécessité de faire traiter 
la personne designée dans un établissement d'aliénés et de l'y tenir renfermée. 

Ce certificat, écrit ?ur papier timbré, doit contenir tous les renseignements pro- 
pres à éclairer sur l'origme, la marche et la nature de la maladie. 

Classes de pension. 

L'Asile d'aliénés de l'Vonne admet quatre classes de pensionnaires, dont le prix 
de journée est fixé ainsi qu'il suit : Première, 6 fr. 60 c.j Seconde, 3 fr.SOc; Troi- 
sième, 2 fr.; Quatrième, \ fr. 45 c. 

Le pensionnaire de première classe a constamment une personne spécialement 
chargée de tous les soins que réclament son état et les indications du traitement. 
Dans la 2' classe, les malades ont également une chambre particulière, mais sans 
fier\ice spécial (un surveillant pour quatre malades.) 

Le réeime alimentaire sain, varié et approprié aux besoins de chacun, varie 
suivant les classes de pension. 

La pen-^iion se paie d'avaijce par trimestre ou par mois entre les mains du Rece- 
veur de TAsile auoiiel on peut en faire parvenir le montant soit en un mandat sur 
la poste, soit en effets non sujets à l'escompte. 

Les malades peuvent être visités par leurs parents ou tuteurs, en présence d'un 
employé de la maison, si toutefois cette visite a été autorisée par le médecin. 




ou une attestation régulière des autorités locales constatant leur identité et leurs 
rapports de parenté avec les malades. 

HOSPICES. 

Comités gratuits de consultation. 
Créés en exécution du décret du 7 messidor, an IX, pour le s cinq arrondissements 

i Gœtschy. 



Arrondissement 
d'Auxerre, 



d'Avallon, 



MM. 

Chérest. 
Lepère. 

N. 



Houdaille. 

Malot. 

Giiillier. 



de Joigny, 



de Sens, 



de Tonnerre, 



Delamontagne. 

Beaujard. 

Pignon. 

Provent. 

Landry. 

Rathier. 
Hameiin. 



HOSPICES COMMUNAUX. 
L'orcani -ation et l'admini.lration des hospices ont été réglées par la loi du 7 août 
1851 et le décret du 23 mars 1852. Les commissions adnjinistratives sont composées 
de 5 membres nommés par le Préfet, non compris le Maire, qui est président de droit. 



COMMISSIONS ADMINISTRATIVES. 



AUXERRE. 



Charié, 

Mondot de Lagorce, 

Sauvalle, aîné, 

Larfeuil. 

Tambour. 

LeMuet, économe. 

Barbier, secrélaire. 

Puissant, receveur. 

Paradis et Courot, médecins. 

Marie, chirurgien. 

Rémy, chirurgien-adjoint. 

Salle-Frémy, pharmacien. 

Roguier, chapelain. 

Dondenne, architecte. 



administrateurs. 



AVALLON. 

Béthery de la Brosse, 

Baudenet, 

Rousseau, 

Darcy, % 

Ricard, 

Billardon, secrétaire. 

Radot, receveur. 

JOICNY. 

Damien. 

Chaudot, 

Ibled. 

I Lefebvre-ArrauU 
I Leclerc de FouroUes. 



administrate^Trs. 



administrateurs. 



83 



LefebTre, économe et secrétaire, 
Cochet, receveur. 



SENS. 



Leclair Simon , 

Cartier ^, 

Vérot Léonard. 

Lande, 

Darnay. 

Petipasi 

Garnier, cliapelain, 

Drouin, économe, 

Ribault, secrétaire, 

Leclerc, receveur. 



! 



admiiUi»tralcurs. 



VERMENTON. 



TONNERRE. 



Hardy, 

Navères, 

Rétif, 

Sirandm, 

Colin, 

Camille Dormois, économe. 

Rolland, receveur. 



^ administrateurs. 



CHABLIS. 



Dactié père, 

David, 

Âlbanel, 

Mottot, 

Miaulant, 

firansiet, receveur. 

COrRSON. 

Tanpin, 

Carré, 

Prudent, 

Ledoux, 

Querquelin, 

Cliquet, receveur. 

GRAVANT. 

NicoUe, 

Gharreau, 

Pougny, 

Nioré, 

Varet, 

Jousseaume, receveur. 



administrateurs. 



Chevallier, 

Mignot, 

Duchône, 

Boudard, 

Rigollet, 

Bauchart, receveur. 

VÉZELAY. 

Sergent, curé, 

Regnauit, 

Fourneron, 

Roglet, 

Girardot, 

Cardinal, receveur, 

BRIBNON. 

Grandvilliers, 

Roze. 

Hervey, 

Pouillot, 

Larbouillat, 

Chardon, receveur. 



administrateur». 



administrateurs. 



I 



administrateurs 



SAINT-FARGEAU. 



administrateurs. 



1 



administrateurs. 



SAINT-FLORBNTIN. 



Gallimard, 

Ëspinas, 

Rozé, 

Voirin, 

Blonville-Desbois, 

Jozon, receveur. 



) 



administrateurs. 



N.,., 

B. de la Jonquière. 

Toutée, 

Marquis de Boisgelin, 

Rémond, 

de Vathaire, receveur. 

SAINT- JULIEN-DU-SAULT. 

Biilault^ 

Bourgom-Robillard, 
Gillet, 
Cassemiche, 
Bezançon, 
Larcena, receveur. 

VILLBNEUVB-SUR-YONNE. 

Denizot, \ 

Guyon, 1 

Hesme, > 

Piat, ( 

Jubin, J 
Marquet, receveur. 

NOYERS. 



administrateurs. 



administrateurs. 



administrateurs. 



Maison, 
Dupêché, 
Merlot, 
Challan, 
Millot, 
I Petit, receveur. 



administrateurs 



SERVICE DES ENFANTS ASSISTÉS. 

Il existait autrefois quatre tours d'exposition, à Auxerre, Joigny, Sens et Tonnerre. 

En vertu de la décision prise par le Conseil Général de l'Yonne, dans sa session de 
1850, M. le ministre de l'ultérieur a ordonné la fermeture des tours de Sens, Joigny 
et Tonnerre, et la surveillance de celui d'Auxerre. Le même Conseil a décidé en 1851 
que des bureaux d'admission seraient créés dans tous les chefs-lieux de sous-préfcc- 



84 



tures. Dans sa session de 4857, le Conseil Général a demandé la suppression du tour 
surveillé d'Auxerre, le seul qui restât, à partir du 1"'' janvier 4858, et son remplace- 
ment par un bureau d'admission. 

M. S AL V AIRE, inspecteur du service pour le déparlement. 
Berlèche, employé. 

Bureaux d'admission. 
AuxERRE. •— MM. le baron Martineau des Chesnez, président; Mondot de Lagorce, 
vice-pr.; le Procureur impérial, le chapelain de l'Hôtel-Dieu; N...; l'inspec- 
teur départemental; Barbier, secrétaire. 

Ce bureau propose les admissions pour les arrondissements d'Auxerre, Avallon 

et Tonnerre. 

JoGNY. — Le Sous-Préfet, président ; Lefebvre-Arrault, vice-président; le Procureur 
Impérial ; Calmus. curé doyen de St-Jean ; Ragobert; Lefebvre-Mocquot, secrétaire. 

Sens.—- Le Sous-Préfet, président; le Procureur Impérial, vice-pr.; Taumônier de l'hos- 
pice ; Gretté, Darnay, Membres du bureau de bienfaisance ; Ribault, secrétaire. 

PRISONS DU DÉPARTEMENT. 
M. Dufresne 0. ^, ancien commandant de gendarmerie, directeur. 

PÉNITENCIER DÉPARTEMENTAL. 

MM. Lemoine, gardien chef. 

Bouvet et Lanne, gardiens ordinaires. 

Raysié, gardien-portier. 

Femmes Lemoine et Lanne, surveillantes. 
MM. labbé Duru, aumônier. 

Paradis et Courot, médecins. 

Monceaux, pharmacien, 

MAISON D'ARRÊT D'AUXERRE (Cour du Prétoire). 

MM Schilling, gardien chef | Courtois, gardien-portier. 

Mme Schilling, surveillante du quartier des femmes. 
M. Dionis des Carrières, médecin. 
M. Fortin, aumônier. 
M. Monceaux, pharmacien. 

COMMISSIONS DE SURVEILLANCE DES PRISONS 
Créées par ordonnances royales des 9 avril 1810 et 25 juin 1823. 

AUXRURE. 



du trib. civ 



MM. 

Le Préfet, président. 

Le Maire de la ville d'Auxerre, 

Le Président du Tribunal civil. 

Le Procureur impérial. 

Fortin, curé de Saint-Etienne. 

Flocard, propriétaire, adjoint au maire 

Bonnevilie, propriétaire. 

Bon Demadières, vice-prés. 

Chérest, avocat. 

AVALLON. 

Le Sous-Préfet. 

Le Président du Tribunal civil. 
Le Procureur impérial. 
Darcy, curé doyen. 
Rousseau, juge de paix. 
Malot, avocat. 

JOIGNY. 

Le Sous-Préfet. 

Le Trésident du Tribunal civil. 
Le Procureur impérial. 
Calmus, curé arcniprêlre. 

N. . 



Emery, père. 

Rivaille, receveur particulier. 

SENS. 

Le Sous-Préfet. 

Le Président du Tfibunal civil. 

Le Procureur impérial. 

L'abbé Carlier. 

Délions-Dufour. 

Deligand. 

Hermann. 

Dubois. 

Laroche. 

N. 

TONNERRE. 

Le Sous-Préfet. 

Le Président du Tribunal civil. 
Le Procureur impérial. 
Leiteron, curé doyen. 
Rendu, propriétaire. 
Roze, juge d'instruction. ' 
Mar<][uis, médecin. 
Martin, aumônier. 



83 



SECTION II. 



ADMINISTRATION BGGLÉSI ASTI QUE. 



DIOCÈSE DE SENS. 

Ce diocèse a été formé d'une partie des anciens diocèies de Sens, Auxerre, 
Langres et Autun. 

L'Archevêque de Sens porte le titre d'Evéque d'Auxerre, primat des Gaules et de 
Germanie. 

La métropole de Sens compte, depuis Saint-Savinien, H1 prélats, dont 19 sont 
révérés comme saints, 10 ont été cardinaux, et un, Pierre Roger, a été Pape, sous 
le nom de Clément VI. 

L'Archevêque de Sens a pour suffragants les évêques de Troye^ Nevers et 
Moulins. 

Mgr Mellon Jolly 0. ^, archevêque de Sens, évoque d'Auxerre. 

Vicaires généramt, MM. Lacroix, clerc consist. de France à Rome 



Titulair s : Roger, Sicardy, Pichenot. 

Honoraires : Lallier, Grapinet, Boyer, 
Moarrut, sup. du gr, sémmaire. 



Secrétariat général, M)I. 

Sicardy, vicaire général, secret, général 
Grandjean, pro-secrétaire. 



CHAPITRE MÉTROPOLITAIN. 



CHANOINJiS TITULAIRES. 

MM. 

Petiticr, Grapinet, Aubert, Lallier, 
Carlier ^, Morel, Michaut,Vidot, Gour- 
lot, Gourmant, Delaage. 

CHANOINES HONORAIRES. 

David, anc. curé de Fontenay-aux-Roses. 
Lalment, prêtre sacristain. 
Cassemiche, doyen de Siint Maurice. 
Bernard, curé doyen de S t-E a s. d'Auxerre. 
Sergent, doyen de Vézelay. 
Fortin, archiprêtre d'Auxerre. 
Calmus, archiprétre de Joigny. 
Grossot, do^en de Suint-Fargeaii. 
Millon, super, du petit sémin. d'Auxerre. 
Sicard, curé^oyen de Saint-Sauveur. 
Robin, ancien «tiré doyen de Vill.-i'Arch. 
Dondaine, cure doyen de Ooul.-s.-Yonne. 
Darcy, archiprétre de St.-Lazare d'Aval. 
Lidove, dess. de Cosnajc (diocèse de Tulle) 
Lacroix, clerc consistorial de France à 
Rome. 



Lebâcheur, vicaire général de Scez. 
Desloges, ancien curé, de Notre-Dame de 

Melun, diocèse de Meaux. 
Denizot, doyen de Villeneuve-sur-Yonne. 
Soulbieu, secret, ^cn. de Tévôché de Séez. 
Filleul, vicaire Çf^néral de Séez. 
Baugé, ancien vicaire général de Séez. 
Henry- Vaast, doyen de Quarré-les-Torabes 
Larfeuil, curé de St- Pierre à Auxerre. 
Delaage, doyen deChéroy. 
Jay, curé de Saint-Thibault (Joigny). 
Milieu, ancien curé doyen d'Aillaut. 
Laureau, directeur du petit-séminaire. 
Ferrey, professeur au ïNetil-séminaire. 
Duru, aumônier de l'Asile des aliénés. 
Lelteron, archiprétre de Tonnerre. 
Brissot, curé de Saint- Pierre de Sens. 
Choudey, auraftnier du Lycée. 
Voirin, doyen de Sninl-Florcnlin. 
Sennequier, doyen de ITsle. 
Huot, id. de Goulanges-la-Vin. 

Lirbouillat, doyen ' e Brienon. 
Fauvet, doyen de Lucv-IeBois. 
Leduc, professeur au Pelit-Sôm inaire. 



MAISON DES PRÊTRES AUXILIAIRES 

A PONTIGNT. 



MM, Boyer, supérieur. 
Massé. 

Bernard (Albert). 
Danjou. 
Bourbon. 
Potherot. 



MM. Robert. 
Labour. . 
Bernard (Théohald) 
Laproste. 
Brissot. 
Mémain. 



Succursale de Sens : MM. Gornat, Barbier. 



86 



GRAND SÉMINAIRE DIOCÉSAIN 
Dirigé par MM. de Saint-Laxafe, 



MM. Mourrut, supérieur, 

Valelle, professeur de morale. 
Allou, professeur de dogme. 



Credo, professeur de philosophie. 
Mailly, prof, d'hist. et d'éloq. sacrée. 
Aldebert, économe et prof. d'£crit. sainte. 



SECTION III. 



ADMINISTRATION DE LA JUSTICE. 



COUR D'ASSISES DE L'YONNE. 



La Cour d assises de l'Yonne, ainsi que celle de chaque département, est com- 
posée : 1» d'un Conseiller à la Cour Impériale de Paris, délégué pour la pré- 
sider ; 20 de deux Juges désignés parmi les présidenls et juges du Tribunal d'Au- 
xerre ; S* du Procureur impérial prés le Tribunal civil ; 4° du Greffier du môme 
Tribunal. 

Les sessions de la Cour d'assises sont trimesirielles. 

TRIBUNAUX DE PREMIÈRE INSTANCE. 



TRIBUNAL D'aUXERRE. 

MM. Tonnellier^. président. 

Baron Demadiéres^ vice-président. 
Rëtif, juge d'instruction. 
Marie ] 

Charié f 

Métoirie ( J"^««- 

Cotieau J 

Leblanc-Duvernojfils Juges sap. 
Leblanc-Duvernoy Jjjî vice-prés. honor. 

Parquet, 

MM. Courant» procureur impérial. 
Dubois. ï , . 

Blanquart des Salines) substituts. 

Greffe. 

MM, Léop. Lallemand, greCBer en chef. 
Ylhier ^ ^ 

Loche j conamw-grefflers. 

Ce tribunal se diyise en deo y chambres 
qi^l se renooyellent chaque année. 



DITJSIONDES CHAMBRES POUR l'aNNÉE 

1865-1866. 

Première chambre, 

(Affaires civiles, ordres et contriboUons.) 

Mardi et Mercredi à midi. 
A l'audience du mercredi, expédition 
des affaires sommuires. 

Les affaires de l'enregistrement et 
toutes autres dites de bnreaq ouvert sont 
jugées de quinzaine en quinzaine, à l'au- 
dience du mardi. 

MM. Tonnellier, président. 
Rétif, yuge d'instruc. 
Métairie, \ . ^^„ 

Lallemand, greffier en chef. 

Deuanème chambre» 

(Affaires de police corr.; appels de simple police' 
•ffiirf» aviles reiivi^ées par le président.) 



87 



Jeadi et vendredi à midi. 

Le jeadl : audience de police correc 
tonnelle pour les affaires à la requête 
du procoreor impérial, et des administra- 
tions publiques ; appels de simple police. 

Le vendredi : affaires civiles renvoyées. 
Audiences des criées et affaires de po- 
lice correctionnelle à requête de parties 
civiles. 

MM. B"*^ (le Madières, vice-président. 
Rétif, juge ci*instruction 
Marie, ^ • 
Chari^. } J"8"- 
Leblanc-Do vernoy fils, juge soppl. 
Ythier^ commis-grei&er. 

Avocats, 

Lepére 

Berthelot 

Savatier-Laroche fils. 
L. Remanie. 



Lescuyer 
Ribiére 
Ghérest 
Micheton 



CONSEIL DE l'ordre. 

Lescuyer, bâtonnier 

Michelon, secrétaire ^ 

Ribiére 

Ghérest 

Lepére. 

Avoués, 
Guiblin, rue Neuve 
Ghalle J., rue Soufflet 
Martin, rue de la Monnaie 
Mocquot, rue Soufflet 
Ravault^ rue du Temple 
Ledoux^ rue de la Monnaie 
Gabasson, rue Neuve 
Momon^ rue Fromenteau 
Marmottant, rue de Paris. 

CHAMBRE DES AVOUJÉS. 

Ledoux, président 
Guiblin, syndic 
Mocquot, rapporteur 
Ravault, secrétaire. 

TRIBUNAL d'aVALLON. 

Ricard^, président 
Bidault, juge d'instruction 
Thibault, juge 
D breuze, juge suppléant. 

Parquet, 
Braut, procureur Impérial 
Dodos, substitut. 

Greffe. 
Carmagnol, greffier 
De ?oh;adè, commis greffier 
Jours d'audience. Mardi, mercredi, jeudi 



Avocats. 

MM. Malot, bâton. Guillier 

Brunet Houdaille Paul 

Lottin, père Thibault 

Avoués. 

Héraiyiot Pinon 

Leclerc Poulin 

Febvre, avoué honoraire. 

chambre des Avouiés. 

Hérardot, président 
Poulin, syndic 
Pinon, rapporteur 
Leclerc, secrétaire. 

TRIBUNAL DE JOIGNY. 

Leclerc de FouroUes, président 
Gauné, juge d'instruction 
Percebois, juge 
Montarlot, juge suppléant. 

Parquet, 

Flogny, proc imp. 
Froidefonds d^ Farges, substitut 

Greffe, 

Hesme, greffier, 

Labaisseet Létoile, com. greffiers. 

Jours d'audience. Le Tribunal civil, le 

mercredi et jeudi, à midi. 
Le Tribunal de police correctionnelle, le 

vendredi^ à 11 heures du matin. 

Avoués. 

Beaujard Goestchy. 

Delamontagne Leclerc 

Fourier Saulin 

CHAMBRE des AVOUÉS. 

Beaujard, président 
Fourier, syndic 
Gœstchy, rapporteur 
Lecerf, trésorier secrétaire. 

TRIBUNAL DE SENS. 

La Hier, président 

Perrin, juge 

Fuzellier, juge d'instruction 

Berihelin | 

Libéra > juges suppl 

Pignon * J 

Parquet. 

Jules Jaàdin; procureur impérial . 
Mou, substitut. 



88 



Greffe, 

MM Feineux, greffier, 
Briot, commis greffier. 

Jours d'avdience. Tribunal civil, les jeudi 
et vendredi ^criées). 

Tribunal de police correct., le mercredi 



Deligand. 



Provent 

Landry 

Mollet 



Avocat, 

Avoués. 

Louvfl 
Pliilippon 
Ton ne Hier. 



CHAMBRE DES AVOUES. 

Proveni, président 
Philippon, syndic 
Mollet, rapporteur 
Landry, secrétaire. 

TRIBUNAL DE TONNERRE 

Prou, président 

Roze, juge d'instruction 

Chariot, juge 

Montreuil ] .' 

ly ] luges suppléants. 

Rétif ^, président honoraire. 



Parquet 

MM. Boudei,. procureur impérial 
Mercier, substitut. 

Greffe. 

Guillemot, greffier 
Ménétrier, commis greffier. 

Jours d'audience, 

Ordre.^ et convocations de créanciers, le 

lundi ordinairement. 
Référés le mercredi. 
Affaires commerciales et sommaires, le 

mercredi, 11 h du matin. 
Aff;iires ordinaires, le jeudi, U h. du m. 
Affaires correctionnelles, le vendredi, U 

h. du matin. 
Affaires de domaine, de régie et de criée 

le samedi, à *nidi 

Avoués. 



Denis 

Hamelin 

Caillot 



Navères 
GrenoD. 



CHAMBRE DES AVOUES. 

Navères, président 
Hamelin, syndic 
Caillot, rapporteur 
Grenon, secret,- tré>orler. 



TRIBUNAUX DE COMMERCE. 



AUIGRRE. 

MM. Pinard, président. 
Bardout-Gaillard\ 
A Rouillé I .„„^, 

Métrai J"«^^ 

Challe Jules ) 

MM. Ronsselet \ 

Laprosle (•„««„ i 

Milon. juges suppl. 

Uzan.-Chaulmet ' 
Félix Lethorre, greffier. 
Zincl(, commis greffier. 
Audience^ le samedi à midi. 



JOIGNY. 

MM. Bouron, président. 
Mersier fils 
Emery fils 
Boiloi-Bourianes 
. Bertin 
Bequet 



Pouillot, greffier 
Ablon, commis greffier. 

Audience, le mardi de chaque semaine, ik 
midi. 

SBNS 



juges 



juges, 
j juges sup. 



M\i. Fléau, président. 
Vaudoux. 
Gâignette 
Clément 
Perrin 

Forest ' 

Plicque f 

Bonjean ( 

Lamy 

Rémy, greffier. 

Audience, le mardi, à midi. 

(Les Tribunaux civils de Tonnerre 
ET D*AVALLo.N font foncUons de Tribu- 
naux de commerce) 



juges suppl. 



Le Tribunal de commerce d'Aval Ion a été supprimé par décret impérial du 25 
janvier 1860. 



RO 



JUSTICES DE PAIX. 



JUSTICI5S 






JOURS 


POPULA- 
TION 

par 

CANTON . 


de 


JUGES. 


GREFFIERS. 




PAfX. 






d'audience. 




Arrondissement d'Auxerre, 






Auxerre (E.) 


Tambour. 


Albanel. 


vend, à M h. 


12004 


Auxerre (0.) 


Leclerc. 


Robin. 


vend, à il- 


15935 


Chablis. 


Seurat. 


FoUiot. 


jeudi à II. 


78C2 


!Coul.-la-Vin. 


Testarl. 


Moreau. 


jeudi à 1 1 . 


.9032 


iCoul.-sur-Y. 


Badin d'Hurtebise. 


Bossu. 


samedi à 10. 


84H5 


jOourson. 


Dejust. 
Rabé ^. 


Berthault. 


samedi à midi. 


7718 


Ligny. 

jSl. -Florentin. 


Thérèse. 


samedi ù II. 


7188 


Ilermelin. 


Cosson. 


jeudi à 1 1 . 


6170 


;St.-Sauveur. 


Orançon. 


Bertrand. 


raerc. à 1 1 . 


15071 


iSeignelay. 


Lallemand. 


Frottier. 


jeudi à 1 1 . 


8750 


Toiicy. 


Layoilée-Parquin. 


Chartier. 


vend, à II. 


11965 


Verrnenton. 


Chevalier ^. 


Sourdeau. 


vend, à II. 


10802 








118922 


1 


Arrondissement d'Avallon. 






'Ayallon. 


Housseau . 


Pinard. 


sam. et lundi. 


12651 


Giiiilon. 


Renoult. 


Bauby. 


lundi à II h. 


6145 


:LIsle4.-le-S. 


Renault. 


Angib'out. 


lundi à II. 


6609 


Quarré-les-T. 


Montarlot. 


Léger. 


merc. à II. 


7586 


Vézelay. 


Regnault. | Brenot. 


lundi à i 1 . 


11681 


44672 




Arrondissement de Joigny. 






Aillant-s-Th. 


Allais. 


Gautard. 


mardi à 10 h. 


16363 


ifiléneau. 


Duranton. 


Forest. 


lundi à 10. 


893.) 


jBrienon. 


Ouguerrois, 


DelécoUe. 


mardi à 10. 


11172 


Cerisiers. 


Bertrand. 


Besnard. 


jeudi à midi. 


6036 


Cbarny. 


Durville. 


Roudault. 


jeudi à II. 


Il 103 


Joigny. 


Landry. 


Préau. 


merc. à 9. 


16392 


St.-Fargeau. 


B de là Jonquière. 


Roche. 


merc. à II. 


7697 


S-Julien-du-S. 


Cassemiche. 


Gerbeau. 


mardi à midi. 


8410 


W*-s. -Yonne. 


Brissaud. 


Fenard. 


rae.étve. à II. 


11423 




97535 




Arrondissement de Sens, 






Chéroy. 


Devanlay ^. 


Fenin. 


Di. et m. à 10 


9399 


Pont-8ur-Y. 


Michel. 


Jacqucsson. 


j. et d à midi. 


12346 


Sens (nord.) 


Laude. 


Lebel. 


samedi à II. 


12030 


Sens (sud.) 


Cornisset-Lamotte. 


Pelletier. 


i. et y. à midi. 


12316 


Sergines. 
WM'Arch. 


Bruoel de Serbonnes. ^ 


Lefranc. 


mardi à midi^ 


10369 


Bègue. 


Moreau. 


merc. à 10. 'i 


10187 








66647 




Arrondissmient de Tonnerre, 






Ancy-le-Fr. 


Costel. 


Baudier. 


jeudi à 10 h. 


9624 


Cruzy. 


Paillery. 


Martin. 


lundi à 10 


7671 


Flogny. 


Perrin. , 


Oevouges. 


mardi à 1 1 . 


7886 


Noyers. 


Challan. 


Millot. 


lun. etv. à II. 


7246 


Tonnerre. 


Heroguier. 


Barbenoire. 


mardi à II. 


10102 






42529 



90 



SUPPLÉANTS. 



ARBOICDI88BMBNT D^AUZB&RB. 

MM* 

Auxerre | q^^^^ Ravault, Chèrest. 
Chablis. Gharlier à Chablis , Raoul à 

Chitry. 
CouIanges-la-V. Mainferme à Irancy, La- 

pert a Charentenay. 
Coulanges- sur- Yonne. Prudot et Barrey. 
Courson. Depieyrc à Lain, Thérèse à 

O naine. 
Ligny. Perroche à Montigny, Pairabet à 

Ligny. 
Saint-Florentin. Denis et Espinas. 
St-Sauveur. Jarry et Gonneau à Thury. 
Seignelay. Brette à Seignelay, N...., à 

Héry. 
Toucy. Ansault à Beauvoir, Sonnet à 

Toucy. 
Vermenton Fosseyeux à Crayant. de 

Bonnaire à Sainte-Pallaye. 

ARRONDI88BMENT D'AVALLON. 

MM. 

Avallon. Paul Houdaille et Pinon. 
Guillon. Guillier Charles et N... 
Llsle. Delétanç Calixte et Montandon. 
Quarré. Régnier Vincent et Tripier 

Pierre Ëdme. 
Vézelay. Roglet C. J. et Fourneron Fr - 

Ph. Gab. 



ARRONDISSBMBNT DB rOIGHT. 

MM. 

Aillant. N... et Ravin. 
Bléneaa. Tenain et Convert. 
Brienon. Pouillot et Darnay. 
Charny. Moucbon et Lebret. 
Cerisiers. Paris et Largeot. 
Joigny. Ragobert et Chaudot. 
Saint -Julien. Protat et N. 
Saint- Fargeau. Gaudet et Mathieu. 
Villeneuve-«ur-Yonne. Lenfant et Piat 

ABRONDISSBMBNT DB 8BNS, 

MM. 

Chéroy. Claisse et Poussard. 
Pont-sur- Yonne. Brossard et Mou. 
Sens (Nord). Pelii)as et Landry fils. 
Sens (Sud). Poulain ci Levrat. 
Sergines. Charpentier et Guillon. 
YiUeneuve-rArchevèq. Souy et Régnier. 

AREONDISSBMBNT DB TONNERRE. 
MM. 

Tonnerre. Rendu Ad. et DormoisCamil. 
Ancy-le-Franc. Gourée à Ravières et 

Molllon à Ancy le-Franc. 
Cruzy. GouUey à Tanlay et Bertrand à 

Villon. 
Flogny. Millon à Carisey et Lespagnol à 

Sormery. 
Noyers. Rigout à Annay- sur-Serein et 

Royer à Étivey. 



NOTAIRES. 



ARUOiNDISSEHENT D'aUXERTE. 

MH. Cantons d'Àuxerre, 
Milliaux, . 

à Auxerre. 



Limosin, 

Piétresson, [ 

Tortera, \ 

fismelin, 

Thévenv, à Saint-Bris. 

Utnet} a Chevannes. 

Pipaut> à Charbu}r. 

ChiKMeltet, à Appoigny. 

Canton de Chablis, 

CbtfUer, à Chablis. 

Kaveiie«a> à Chablis. 

(JU>iuB> il S«iftt-Cyr-les-Colons. 

CftiHoA if Cc^ûnges-la-Vineuse. 

Piilitv ^i Coulanges. 
Th^^tMittl» ù Mig.é. 
Ci>jUê, ii Inincv. 



MH . Canton de Coula ng es-sur- Yonne , 

Fabvre, à Etais. 

Barrey, à Coulanges-sur-Yonne. 

Gillet, à Mailly-Château. 

Canton de Courson. 

Ledoux, à Courson. 
Montagne, à Druyes. 
Thérèse, à Ouanne. 

Canton de Ligny. 

Houzelot, à Ligny 
Chauvin, à Maligny. 
Perroche, à Montigny. 

Canton de Saint-Florentin. 

Julien, à Saint-Florentin. 
Hermelin, id. 

Guy, id. 

Canton de Saint-Sauveur. 

Jarry, à Saint-Sauveur. 



91 



Roslin de FouroUes, à Saint-Sauveur. 
Perreau, à Treigny. 
Gonneau, à Thury. 

Canton deSeignelay. 

Dejast, à Seignelay. 

N ..,à Héry. ^ . 

Sautumicr, au Monl-Saint-Sulpice. 

Canton de Toucy. 

Théroude, à Toucy. 
Carreau, id. 
Ansault, à Beauvoir. 
Percheron, à Leugny. 
Barrey, à Pourrain. 

Canton de Vermenion. 



Marquet, à Yermenton. 
Juventy, id. 
Renard, à Arcy-sur-Cure. 
Fosseyeux, à Cravan. 

CHAMBRE DES NOTAIRES. 

Milliaux, président. 
Barrey Ch., syndic. 
N..., rapporteur. 
Marquet, trésorier. 
Gillet, secrétaire. 
Esmelin et N..., membres. 

NOTAIRES HONORAIRES. 

Barrey, à Sain^Sauveu^. 
Charie, à Auxerre. 
Poulin, à Coulanges-sur-Yonne. 
Prudot, à Mailly-Ctiâteau. 
Roche, à Ouaine. 
Riquement, à Saint-Florentin. 

ARRONDISSMMENT d'AVALLON. 

Canton d^Avallon. 

Desmolins, 
Chrétien, 
Morio, 
Duchaillut, 

Canton de Guillon, 

Lespagnol, à Guillon. 
Baudoin, à Montréal. 
Boussard, à Santigny. 

Canton de Vlsle, 

Gautherin, à l'Isle. 
Guéneau, id. 
Clouzeau, à Joux-la-Ville. 

Canton de Quarré-les-Tomhes. 

Droin, à Quarré. 
Marchand, à SaintrLéger. 

Canton de Yêxelay. 

Destutt deBlannay, à Vézelay. 



h 



à Avallon. 



Gauthier, à Châlrf-Censolr. 
Sadon, à Voutenay. 

CHAMBRE DES NOTAIRES. 

Morio, président. 
Baudoin, syndic. 
Duchaillut, rapporteur. 
Gautherin, secrétaire et trésorier. 
Destutt de Blannay, membre. 

NOTAIRES HONORAIRES. 

Rameau, à Avallon. 
Régnier Vincent, à Quarré. 
Deîétang, à Joux-la-Ville. 

ARRONDISSEMENT DE JOIGNIT. 

Canton â^ Aillant, 

Grenet, à Aillant. 
Boulangé, àChassy. 
Florent, à Senan. 
Ravin fils, à Guerchy. 
Ravin, à Villiers-Saint-Benoît. 

Canton de Bléntau, 

Marie, à Bléneau. 
Quatresols, à Champignelles. 

Canton de Brienon. 

Brillié, à Brienon. 
Pouillot, id. 
N...,àBussy-en-Othe. 
Viaux, à Venizy. 

Canton de Cerisiers. 

Bourgeon, à Cerisiers. 
Lachapelle, à Fournaudin. 

Canton de Chamy. 

Pélegrin jeune, à Charny. 
Sagette, à La Ferté-Loupière. 
Lebret, à Villefranche. 
Fresneau, à Grandchamp. 

Canton de Joigny. 

Chaudot, à Joiguy. 
Epoigny, id. 
Pelletier, id. 
LoiseaU^àCézy. 
Baudèlocque, a Champlay. 

Canton de Saint-Fargeau, 

Mathieu, à Saint-Fargeau. 
Chouppe, id. 

Bègue, à Mézilles. 

Canton de Saint-Julien- du^Sault. 

Besançon, à Saint-Julien-du-Sault. 
Manieux, id. 

Montaigu, à La Celle-Saint-Cyr. 



92 



Canton de Villeneuve^sur- Yonne» 

Frécault, à Villeneuve-sur-Yonne. 
Lemoce de Vaudouard, id. 
Laffrat, id. 

Filiiau,]à Dixmont. 

CHAMBRE DES NOTAIRES. 

Epoigny, président. 

Laffrat, syndic. 

Briliié, rapporteur. 

Boulangé^ secrétaire. 

Bègue, trésorier. 

Pouillot et Grenet, membres 

NOTAIRES HONORAIRES. 

Courlillier, à Césy 

Genty, à Saint-Ji.lien-du-Saull. 

Lenfant, à Villeneuve-sur- Yonne. 

Ravin, à Guerchy. 

Gilbert, à Brienon. 

Pophilat, à Lacelle-Saint-Oyr. 

Thomas, à La Ferté-Lou]»ift3e. 

Lacroix, à Fournandin. 

i'clegria aîné, à Olîainpignelles. 

ARR0ND18SBMENT DB SENS, 

Canton de Chéroy. 
Brown, à Chéroy. 
A .relot, à Moutacher. 

Canton de Pont-sur Yonney 

Barj t, à Pont-sur- Yonne. 
Brossard, à Villeblevin.. 
JoliboiSj à Villeneuve-Ia Guyard. 

Canton le Sens. 

Boudard, i 

Froment, | 

Prou, ' . o 

RolliÀ, > » Sens. 

Coinaille, 

Gauthier, 

Boulin jeune^ à Egriselle-lc-Bocage. 

Baudouard, a Véron. 

Canton de fergines. 
Machavoine, à Sergines. 



V 

I 



Perrot , 



id. 



Charpentier, à Coiirlon. 

iJroraaiu, à Sl-Maurice-aux-Riches-Hom 

Canton de Villeneuve- 1^ Archevêque. 
Noguet, à Villeneuve. 
Bègue, id. 



Sou y, a Thorigny. 
Rcgnier, à Theil. 

CHAMBRE DES NOTAIRES 

Brossard, président. 
Froment, syndic. 
Charpentier, rapporteur. 
Rollin, secrétaire. 
Bègue, trésorier. 
Houlin et Brown, membres. 

NOTAIRES HONOU AIRES. 

Mou Pierre-Théodore, à Pont-sur Yonne. 

Vacher, id. 

Longuet, à Provins. 

Bègue, à Villeneuve-rArchevcque. 

Leclair, à Sens. 

Pougsard, à Chéroy. 

ARRONDISSEMENT DE TONNERRE. 

Canton d'Àncy le- Franc. 
Genetet, à Ancy-le-Franc. 
Kigollet id. 

Jacquemin, à Uavières. 

Canton de Cruzy. 

Prunier, à Cruzy. 
Gouliey. à Tanlay. 
Desramèe, à Villon. 

Canton de Flogny. 

Godret, à Flopny. 
Gaspard, â Carisey. 
Dionnet, à Neuvy-Sautour. 

Canton de Noyers. 

Rabasse, à Noyers. 

Bize, id. 

Rigout, à Annay-sur -Serein. 

Canton de Tonnerre. 

Paupert, à Tonnerre. 
Constant, à Tonnerre. 
Buchotte, à Dannemoine. 
Bernard, à Viviers. 

CHAMBRE DBS NOTAIRES. 

Dionnet, président. 
Prunier, syndic. 
Prunier, rapporteur. 
Paupert, secrétaire. 
Jacmiemin, trésorier. 
BucQotte et Rabassp, membres. 

NOTAIRES HONORAIRES. 

Cosson , à Dannemoine. 



COMMISSAlKES-PRISEURS. 

A Auxerre, MM. Duchemin. 

A Avallori, Robinet. 

A Joigny» Dajou. 

A Sens, Cretté. 

A Tonnerre, Gérard. 



93 
HUISSIERS. 



ARRONDISSBHENT d'ADXBRRK. 

Cantons d'Àuxerre» 

Gaillard Adolphe, audiencier au tribunal 
ciTil et à la justice de paix (est). 

Chocat, audiencier au tribunal civil et au 
tribunal de commerce. 



GHAMBBB DE DISClPLlNIt. 



Chocat, syndic-préf^idenl. 
N..., trésorier. 
Chérest, rapporteur. 
Corbay, i 

Foudriat, } m îiorts. 
Migoreau, 



Bertin , audiencier au tribunfl civil. ^^ 'secrélaire. 

Mai seau, audiencier au tribunal civil ei i » 



à la justice de paix (ouest). 
Villot, audiencier au Irib. civil et au trib. 

de commerce. 
Roy Charles. 

Boileau Prosper-Hubert. , 

Mosnier, aud. à la justice de paix (O.j et 

simple police. 

Tous résidant à Auxerre 
Rigoreau, à Saint-Bris. 

Canton de Couiang es-la Vineuse. 
Lachambre, à Goulanges-la-Vineuse. 
Morot, id. 

Canton de C ourson. 

Quignard, à Courson. 
Foudriat , à Ouanne. 

Canton de Coulanges-sur-Yonne. 

Denis, à Coulanges-sur-Yonne. 
Droin, id. 

Canton de Chablis. 

N..., à Chablis. 
Devaux, id. 

Canton deligny, 

Féret, à Li^ny. 
Pijory id. 

Canton de Saint-Florentin. 

Dauphin, à Saint-Florentin. 
Barat, id. 

Canton de Saint-Sauveur. 

Morisset , à Saint-Sauveur. 
L:)bbé, à Saint-Sauveur. 

Canton de Seignelay. 

Chérest, à Seignelay. 
Moreau, id. 

Canton de Toucy. 

Dejttst, à Toucy. 
Memain, à Pourii in. 

Canton de Vermenton, 

MM. 

Robin, à A'ermenl n. 
Corbay, id. 

Monin, id. 



ARRONDISSEMENT d'AVALLON. 

Canton d^Avallon. 



!' 



à Avallon. 



Noailles 

Seure 

Kolley 

Canton de Guillon, 

Gascard, à Guillon. 
Candras, id. 

Canton de Ciste. 
Rétif, àj Isle. 

Quarré'les Tombes. 

Bussy, à Quarré-les-Tombes. 

Véfelay. 

Morand et Gagneux, à Vézelay. 
Père, à Châtel-Censoir. 

CHAMBRE DE DISCIPLINE. 

Seure, syndic. 
Candras, rapporteur. 
RoUey, trésorier. 
Rétif, secrélaire. 
Gascard, membre. 

ARRONDISSEMENT DE JOIGNT. 

Canton d'Aillant, 

Paty et Girard, à Aillant. 

Uibière, à Saint-Aubin-Château-Neiii. 

Blcneau. 

Poirier, àBléneau. 
Gagnard, à Champignelle». 

Brisnofi. 

Rozé fils et Moreau, à Brientin. 
Tournelle, à Venisy. 

Cerisiers. 

Mocqiiol et Cotly, à Cerisiers. 

Charny. 

Gren' t et Darbois, à Charny. 
Griache, à la Ferté-Loupière. 

Joigny. 

Grenet, Garcet, Tirol, Bernot, Taitlefer, 
à Joigny. 



94 



MM. 



Saint-Fargeau, 



Serretet Chemioant, à Saint-Fargeau. 

Saint- Julien du ■ SauU. 

Fourrier el Renard, à Sain^JuIien. 

Villeneuve -sur- Yonne. 

Bidault , Levaux , à Villeneuve - sur - 
Yonne. 

CHAMBRE DE DISCIPLINE. 

Grenet, syndic. 
Darbois, rapporteur. 
Tirot, trésorier. 
Garcet, secrétaire. 
Gagnard, membre. 

ARRONDISSEMENT DE SENS. 

Canton de Chéroi/, 
Fau Villon, à Chéroy. 

Pont'Sur-Yonne. 

Lhuiliier, à Poni4ur-Yonne. 
Delaporte, à Villeneuve-la-Guyard 

Sens. ' 

Ranque , Baudoin. Martin Griot, Grou, 
et Raguet, à Sens 

Sergines, 
Moret, Protin, à Sergines. 

Villeneuve-V Archevêque, 
Darde, Matignon, à Villencuve-rArchev. 



CHAMBRE DE DISCIPLINE. 

MM. 

Baudoin, syndic. 
Martin, rapporteur. 
Morel, secrétaire. 
Crou, trésorier. 
Oelaporte, membre. 

ARRONDISSEMENT DE TONNERRE. 

Canton d'Àncy-le-Frane, 
Boucheron et Renard, à Àncy-le-Franc. 

Crujry. 
Anceau et Callabre, à Cruzy. 

Flogny. 

Baffat, à Flogny. 
Jay, à Neuvy-Sautour. 

Noyers. 

Bouron et Boivin, à Noyers. 

Tonnerre. 



Moreau 

Fontaine 

Yvert 

Rayer 

Letteron 



à Tonnerre. 



CHAMBRE DE DISCIPLINE. 



Fontaine, syndic. 
Boucheron, rapporteur. 
Yvert, trésorier. 
Callabre, secrétaire. 
Anceau, membre. 



BUREAUX D'ASSISTANCE JUDICIAIRE 



Gréés par la loi du 22 janvier 1851. 

Un bureau d'assistance judiciaire est établi près chaque tribunal. Il est chargé de 
statuer sur les demandes qui lui sont soumises par les personnes auxquelles leurs 
moyens ne permettent pas ae faire les frais des procès dans lesquels elles peuvent être 
engagées. Des officiers ministériels sont désignés pour faire gratuitement les actes 
nécessaires et soutenir les intérêts des assistés devant les tribunaux. Le personne! 
de ces bureaux est pour partie rééligible tous les ans. 



MM. 



AUXERRE. 



Capmas, directeur de l'enregistrement et 

aes domaines, président. 
halle père 
Bonnevilie 
Martin, avoué 

N. 

Lallemand, grcflier du ti ibûmil civil, se- 
crétaire. 



AVALI.ON. 

Bétiiery de La Brosse, pr. bon. du tr. c. 
Thébault, ancien avoué \ 
Febvre, maire ( ^g^bres 

Rameau, ancien notaire ( ™6™''^*- 

membres Destenave, rec. deTenreg. ' 

Çarmagnol, greiïier du tribun. , secrétaire. 



JOIGNY. 

i Epoigny, not .ire, président. 



95 



N..., 

Ragobert, ancien avoué r „,embres. 

Maugei8,r6ceTeurdel6nreg. ( 

Hesme, greHier du tribunal, secrétaire. 

SENS. 

Landry^ ancien aToué, président. 
Poullain, avocat \ 

Bouchage, recev. de l'enreg. ( ^^^hr^n 
Dubois, ancien notaire l «»«'"'>'«»• 

Vérot, anc. notaire. / 



Feineux, greffier, secrétaire. 

TONNEHRI. 

Belnet, avocat, président 
Bavoil, ancien contrôleur 
Rétif, ancien président 
Rendu, suppl. du juge de paix 
Fournerat, receveur de Tenregistrement. 
Le greffier du trib., secrétaire. 



SECTION IV. 

INSTRUCTION PUBLIQUE. 

L'iHstructioD publique a été organisée par les lois des 15 mars 1850 
9 mars, 10 avril 1852, 14 juin et 22 août 1854. 

ACADÉMIE DE DIJON. 

L'académie de Dijon comprend les départements de TAube, de la Côte- 
d'Or, de la Haute-Marne, de la Nièvre et de TYonne. 

MM. MoNTT O. ^, recteur. 

Leras, inspecteur à Auxerre. 
Pécout, id . à Dijon . 

Bourgeois, id. à Troyes. 
Le Béguâ, id. à Nevers. 
Ollitier, id. à Chaumont. 
Dbsrijbs, secrétaire. 

INSPECTION DE L'YONNE. 

M. Leras, inspecteur, en résidence à Auierre. 
M. Martin, secrétaire. 

Conseil départemental de l'Instruction publique. 

Ce conseil exerce, en ce qui concerna les affaires de l'instruction primaire et les 
affaires disciplinaires et contentieuses relatives aux établissements particuliers d'ins- 
truction secondaire, les attributions déférées au conseil académique par la loi du 
15 mars (850. Le Préfet exerce sous l'autorité du ministre et sur le rapport de l'Ins- 
pecteur de l'académie les attributions déférées au recteur par la loi du 15 mars 1850 
et par le décret organique du 9 mars 1852, en c^' qui concerne l'instruction primaire, 
puDlique ou libre. 

MM. Le Préfet, président. 

Le maire d'Attxerre, vice-président ; 

Leras, inspecteur d'académie ; 

Le Procureur Impérial ; 

ToNNBLLiER, président du trib. civil d'Auxerre ; 

pROT, inspecteur des écoles primaires ; 

MiLLON, supérieur du petit séminaire, délégué de Tarchevéque ; 

DuRU^ aumônier de Tasile desaliénés et du pénitencier départemental, 

désigné par Tarchevêque ; 
GouTDRAT , membre du Conseil Général ; 
N..., secrétaire; 
Chbrest, avocat. 



96 

Inspecteurs de l'instruction primaire. 

Prot inspecteur de l""* classe pour rarrondissemeni d*Auierre ; 
HoGOT, inspecteur de 3« classe pour l'inondisserncnl de Joigny. 
MM. FossEYEUX, *, inspecteur de !'• classe à Sens, officier de l'inslruc- 
lion publique; , a ^ 

Colin, inspecteur de !'• classe pour les arrondissements de lon- 
nerre et d'Avallon, officier de Tinslruclion publique; 
Mlle Geib, déléguée spéciale des salles d'asile, de rAcadémlc de Dijon, à Dijon. 

DÉLÉGUÉS CANTONAUX. 

T P Conseil départemenlai désigne UQ OU plusieurs délégués résidant dans chaque 
canton pour surveiller les écoles publiques et libres du canton; ils sont nommes pour 
trois ans, rééligibles et révocables. 

Instruction secondaihe. — Commission d'examen des aspirants aux bourses 

dans les Lycées et Collèges et au Prytanée impérial. 

MM. l'Inspecteur d'Académie, président; Blin, Vidal, N..., professeurs au col- 

lé&e. 

Commission d'examen pour l'instruction primaire, 

Fosseyeiix « Uugot et Prot, ins- 
pecteurs de» écoleti, 
OberLi, membre adjoint, pour l'exa- 



MM. Leclerc. juge 'e paix, 

Bonnolte, professeur au collège. 
Monceaux, professeur, id. 
taureau (rabbé), directeur du petit 
séminaire, 



men du cliaoï. 



ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION. 

Arrondissement d^Auxerre, 
COLLÈGE COMMUNAL D^AUXERRE. 




Grammaire 
Mathématique 



Smaue donné aux trois sections des sciences; et, dans le. classes du soir, un 
lilX«Il«Lt Hit Araire donné par les quatre professeurs de l ordre supérieur des 
leTef-En^^^^^^^^ ^^ celui des Lycées. Application 

rigoureuse et complète du nouveau plan d'études mmisteriel. 

BUREAU d'administration DU COLLÈGE d'AUXEBRE. 



MM. Mondot de Lagorce, 
Tambour, juge de paix. 



MM. rrn>pecieurd*ai-.Adérni^, président 
le Maire, 

Lescuyer, avocat, «,,.,. , 

Adminimotion - P.incipal : M Munier, licencié ès-leures. offic. de I .nst pub. 

Stujs-principal : M ' idal 

Mau'efdVtu'Ses;^^^^ 0«ier, Méret^ Berger. Chouet. 

Professeurs de l'ordre des sciences. Maître de dessin et des travaux gra- 



Physiqne et chimie, M. Guinault, licen- 
cié es- se. phys. 
Préparateur de physique et de chimie, 

M.N.... 
Mathématiques (1" chaire), M. BonnoMc, 

licencié é«-*c. math. 
Mathématiques (2* chaire), M. Bumbert 
MalbémaliquPS (5*^ chaire) et histoire na- 
turelle, M. Regnard. 



phiques, M. Passepont, 
Musique, MM. Chalmeau^ Brun, Her- 

mann, Lyon et Oberti. 
Escrime. M. Renaud. 

Professeurs de l'ordre des lettres. 

Histoire, M. Blin 

Pbiioiophie, M. Boutron^ lie. és-lettres. 
Rhétorique, M. Monceaux^ id. 
Secontlp, M Marchand» i i 



97 



Troi%iÀiKief M. Gamin, licencie cs-le(tres. Ënieignement spécial (sciences et fran- 



Qaatriénio M. Vidal. 

Ginqaième, M. Girard. 

Sixième, M. Rousseau. 

Langue a ngUise^ M. Milne. 

I aairae allemande, M. Klobukowski. 

Septième, M. HureL 

Huitième, M. Porret. 



pais) divise en quatre classes, dont les 
trois premières sont faites par les qua- 
tre professeurs des sciences et par les 
quatre professeurs de Tordre supé- 
rieur des lettres ; et dont la quatrième 
classe c3t faite par un professeur uni- 
que et spécial. 



PETIT SÉMINAIRE D'AUXERRE. 



MM. Millon^ supérieur. 
Lanreau, directeur. 
Ferrey, économe. 

LETTRES. 

Ferrey, rhétorique. 
Leduc, seconde. 
Labaisse, troisième. 
Pautrat, quatrième. 
Rance, cinquième. 
Simon, sixième. 
Letteron, septième. 
Rosne, huitième. 
Cre&citz, classe préparatoire. 



I 



Milne, langue anglaise. 

SCIENCES, 

A. Poulin, physique et chimie. 

A. Poulin, mathématiques 

Rance, arithmétique (2* cours). 

Simon (3* cours). 

Crescitz, arithmétique (4* cours). 

Passepont, cours de dessin. 

Grapin, Oberti, Lyon, Hermano, cours 

de musique. 
Maîtres d'études : MM. Messager, Lori- 

don, Monin. 



ÉTABLISSEMENTS LIBRES D'INSTRUCTION SECONDAIRE. 

I A Ligny, Pimbet. 



A Auxerre : MM. Breuillard, 

Fort et Gaulon. 



ÉCOLES PRIMAIRES SUPÉRIEURES. 



A Auxerre 



MM. Roger, gendre et successeur de M. Petit-Sigault. 
— Gohan-ViDcent. 

A Saint- Plorentia : Michou, gendre et successeur de M. Richard. 

ÉCOLE NORMALE PRIMAIRE. 

L'école normale primaire du département de T Yonne a été fondée en i834, et 
ouverte le 1" février 1835. Le prix de la pension est de 400 fr. 

Les frais de trousseau sont à la charge des élèves -maîtres. 

Les admissions s'effectuent conformément anx prescriptions du décret du 24 
mars 1851 de la circulaire ministérielle du 2 février 1855 et du règlement du 26 
décembre 1855. 

L'enseignement donné à l'Ecole normale comprend toutes les matières indiquées 
dans l'art. 23 de la loi du 15 mars 1850. 

Une école primaire annexée à l'Ecole sert à exercer les élève s -maîtres dans l'ap- 
plication des principes d'éducation et des méthodes d'enseignement qui leur sont 
enseignés théoriquement à l'école normale. Les exercices de ces écoles sont diri- 
gés par des élèves de deuxième et de troisième année, sous la surveillance du 
directeur de l'école normale et d'un maître-adjoint spécialement nommé à cet effet. 

Directeur-économe, M. Dorlhac de Borne^ officier de l'instruction publique. 



MM. 



COMMISSION DE SURVEILLANCE. 



Cbarié, juge, président. 

Quantin^ ordonnateur des dépenses. 

Tambour, juge de paix, membre. 



Ravaultt avoué, membre. 

Goupilleau. ing. des ponts et ch., secret. 

Le directeur de l'école. 



98 



L'ea^eignemenl (jcs diverses parties est confié à MM. 



Le direcleur de l'écoic. 

L'abbé Roguier. aumCnier. 

Robin, maître-adjoint. 

Moreau, id. 

l-auré, id. 

Giilet, directeur des écoles annexes sous 



U surveillance du directeur de l'école 

normale. 
M. Moreau, professeur d'agi iculture et 

d'horticulture pratiques. 
M. Robin, professeur de chant et de 

gymnastique. 



COURS NORMAL D'INSTITUTRICES. 

Ce cours destiné à former des institutrices communales, est établi dans les bâti- 
ments du couvent des Dames Augustines, rue Saint- Pèlerin. La durée du cours 
est de 3 ans. Les règlements des écoles normales de garçons pour les admissions 
sont applicables au amr^ normal d'institutrices. 

PENSIONNATS ET ÉCOLES PRiMAIRES 

POUH lES DEMOISELLES 

A ÀUXERRE : Mmes les Augustines — les Sceurs de la Providence — les Ursulines, 
Mme mcout'BourdoiSy — Mlles Mélanie Colin — Collin --Fèvre — M»« Rémy- 
Ralet— Virally. — A CHABLIS : Mlle Ravaire, — COU RSON : Mlle 5oms- 
sard — COULANGES-LA-VINEUSE : Mlle Perrotet.^ SAINT-FLORENTIN : 
Sœurs de la Présentation — Mlle Dehertogh. — SAINT-SAUVEUR : Mlle Des- 
leau — A SEIGNELAY: Dames de la Congrégnfinn de Nevers. — XTOVCY: 
Dame de Portieux. — VERMENTON : m\e Lucie Jbouché; Dames Ursulines, 

ÉCOLES COMMUNALES DE FILLES D'AUXERRE. 

M"» Manigot, directrice, Cour Saint-Pierre. (Quartier Saint-Pierre), 
Angèle Lesieur, directrice, rue de Pans. (Quartier Saint-Etienne). 
Léonie Ferrand, directrice, rue Haute-Perrière, 25. (Quartier Saint-Eusèbe) 

ÉCOLES CHRÉTIENNES GRATUITES D'AUXERRE. 

Pour les gajigo,\s : Frères des écoles chrétiennes ^ rue des Lombards. 

Société Saint-AntoinCy dite Saint-Charles y rue Haute-Perrière. 

Pour les filles : Sœurs de Saint-Vincent- de-Paul, place Lebeuf. 

Somrs de la Présentation de Tours, cour Saint-Pierre . 



Arrondissement d^Avallon. 

COLLÈGE COMMUNAL D'AVALLON. 

Collège de plein exercice : cours préparatoire aux écoles spéciales, classe supé 
rieure de français ; cabinet de physique et de chimie ; gymnase. 

MM. 
Janin, principal. 
Perroux, sous-principal. 
Michel Gally, aumônier. 

Professeurs, mm. 

Mathématiques, physique et chimie, 

Moreau, Thierry et Janin. 
Rhétorique et seconde, Foulon. 
Troisième. Verrier. 



Quatrième, Bardin. 
Cinquième, Peslier. 

ilpS. } p«— • 

Huitième, Roussot, 
Langues vivautes, Lepeut. 
Enseiguement spécial, les professeurs 

du collège. 
Musique, Raynaud et Lericho. 
Dessin, Schpelt. 



99 

PENS10NN4TS POUR LES DEMOISELLES. 
À Àvalioii : M»»» Bailly, Bourgeoi, Lefévre, M"' Morizot, les Ursulines. 



Arrondissement de Joigny. 
COLLÈGE COMMUNAL DE JOIGNY. 

Enseignement classique et professionnel. — Cabinet de physique et de chimie. — 
Classe préparatoire aux clas>^cs de iatin et de français. 



Huitième, M. Richard. 

Enseignement professionnel : MM. I«e- 

chartier et Blaisot. 
ClSsse préparatoire : M. Bouvret. 
Cours d'anglais : M. Richard. 
Dessin : M. Savy. 
Musique : M. Roville. 



M. Lecharlier, principal. 

Professeurs. 

Sciences : mathématiques et physiques, 

M. Vechartier. 
Quatrième et cinquième, M. Guisin. 
Sixième et septième, M. Sirot. 

'Ecole chrétienne des Frèrex : M. Frère Jean de Dieu, directeur. 

ÉTABLISSEMENT LIBRE D'INSTRUCTION SECONDAIRE. 
A Brienon : M. Gruson. . 

PENSIONNATS POUR LES DEMOISELLES. 

A Joigny ; M"*'' Les Sœurs de Tours. ' A Bassou : M»" les Sœurs de la Prot. 

id. M"" Decombard. A St.-Fargeau. Id. de hi Présentât 

A St-Julien-duSault: Mlle Viollel. A Villen.-s-Yonne : W^' Decourtive. 
A Brienon : Mlle Paris, id. M"e y Boulard. 



Arrondissement de Sens, 
LYCÉE IMPÉRIAL DE SENS. 

ADMINISTRATION. 

Proviseur : MM. £. Genouille ^, agrégé, officier de l'instruction publique. 
Censeur : Bocquené, licencié ès-leltres, officier d'académie. 
Aumônier : Tabbé Chondey, chanoine honoraire. 
Econome : Valentin; premier eommis d'économat, IIuol. 

PR0FES9E0RS : 

Enseignement. — Lettres. 

Philosophie : MM. Brémond, agrégé, officier de l'instruction publique. — Rhéto- 
rique : Frary, agrc^é. — Sccunde : Wallz, agr('g('*. — Troisième . Buzy, licencié 
ès-lettres. — Histoire : Filon, licencié ès-lettres 

Sciences. 

Mathématiques : MM. l^orchon, agrégé; Sommier, licencié èi-sciences; Arnaud, 
licencié es-sciences . 

Physique : MM. Raouit, docleor èft-sciences et Julliot, bachelier ès-sciencds et ès- 
lettres. 

Langues étrangères^ 

Anglais : Hardy, breveté. — Allemand : Dauphiné. 

Division de grammaire. 

Quatrième: Maçdelenat, licencié ès-leltres. — Cinquième; Dubreuil, Ijccirié ès- 
lettres. — Sixième : Gillet, licencié ès-lettres. 

Division élémentaire. 

Septième : Deshays. — Huitième : Jouflfroy. — Classe primaire : Prosl, 



100 

♦ 

ÉCOLE PROFESSIONNELLE. 

Lfingue f^^lH'ai^îft MM. Bouclier et Prêleux. — Hisloire : M. Filon. -- Mathémati- 
ques : jNîW. Arnaud et Sommier. — - Physique et chimie . M. Julliot. 

Arts. 

Dessin dimitalion : Challard. — Dessin graphique : Julliot. — Musique vocale et 
piano : Aforizot. 

Maîtres répétiteurs, 

MM. Léger, Denis, Salmon, Roos, Deshays E., Taupenot, Hanz, Humbert, Le- 
joune. 

SERVICE MÉDICAL. 

Médecins : M. Brouard, doct. en méd.* 

ÉTABLISSEMENTS LIBRES D'INSTRUCTION SECONDAIRE. 
A Sens : M. Roy. | A Villeneuve-Ia-Guyard : M. Benoisl. 

ÉCOLES PRIMAIRES LIBRES. 

n t r \ Les Frères de la doctrine chrétienne, 

i our les brarçons : j Guillon (pensionnat primaire). 

PENSIONNATS POUR LES DEMOISELLES. 

A Sens: Dames de Nevers, Sœurs de la Sainte- Enfance^ M^«' Huet, Cheminot, 

Boucrand. 
A Pont -sur-Yonne : Sœurs de la Providence. 
A Villeneuve-r Archevêque : Sœurs de la Sainte-Enfance. 

ÉCOLE COMMUNALE DE GARÇONS. 
M. Ricard, directeur, assisté de trois maîtres adjoints. 

ÉCOLE COMMUNALE DE FILLES. 
Mlle Moncourt, directrice, assistée de cinq maîtresses. 

SALLE D'ASILE COMMUNALE. 
Mlle Daulel, directrice. — Mlle Horsin, sous-directrice. 

SALLES D'ASILE LIBRE. 

Les sœurs de la Sainte-Enfance, rue du Lion d'Or, et les sœurs de Saint- Vin- 
cent de Paul, faubourg d'Yonne. 



Arrondissement de Tonnerre. 

COLLÈGE COMMUNAL DE TONNERRE. 

Collège de plein exercice : enseignement spécial, réparti en trois années, pré- 
para ni aux écoles ouvertes aux élèves de fiançai-, à celles deChàlon, d'Aifort, 
etc. — Cours (Je dessin linéaire et d'imitation. — Cours de musique. - Classe 
prépaialoire aux classer de latin et de fiançais, cours de chaut. — Cabinet de 
physique. Laboratoire de chimie. 

MM. Delesalle, licencié ès-lettres, officier d'académie, principal. 
L'abbé Loiseau, aumônier. 



404 



\f année, (cns^ig. spécial), RoDgier. 
Classe préparatoire, Mol lion. 
Allemand, Faget. 
Anglais, Louzier. 
Dessin. Bouton, Ferrant. 
Musique. Cornet. 

Maîtres d'études, Mollian, Roogier, Fer- 
let. 



ProfesseurSf mm. 
Philosophie et histoire, Delesaile. 
Sciences, l"" chaire, Mitaine. 
id. 2° chaire, Ferrant. 

Rhétorique et seconde, Hariot. 
Troisième et quatrième. Faget. 
Cinquième et sixième, Cestre. 
Septième et huitième, Mortagne. 
3* et 2' année, ^eoseig. spéc.}» Louzier. 

ÉTABLISSEMENTS LIBRES D'INSTRUCTION SECONDAIRE. 
A Tonnerre : M Leiarge. 

PENSIONNATS POUR LES DEMOISELLES. 
A Tonnerre Les Ursulines. | A Tonnerre : Mme Adine 

SECTION V. 
ADMINISTRATION MILITAIRE. 

• • * — - — 

l"^® DIVISION. — Quartier général : Paris. 

Cette division comprend les huit subdivisions suivantes : Seine, Seiue-et-Oise, 
Oise, Sein«-et-xMarne, Yonne, Loiret, Eure-et Loir. 

MM. Canhobeht g. C. ^ maréchal de France, commandant la i" divi- 
sion militaire et le V^ corps d^armée. 
Mellinbt, g. C. ^; général de division, commandant supérieur 

des gardes nationales de la Seine. 
Le Cauchois Féraud, C. ^, intendant militaire de la 1'* division. 

Sixième subdivision. 

MM. Arbellot ^, général de brigade, commandant l'Yonne, à Auxerre ; 
Blot, lieutenant au 31' de ligne, officier d'ordonnance. 

A dministration. 

Malet ^, sous-intendant militaire^ à Auxerre; 
Gachelin, officier d'adm., chef de bureau. 
Lbmarchand, officier d'adm. , adjoint. 
Delmas, commis aux écritures. 

Dépôt de Recrutement. 

MM. Letorsde Grécy ^, capitaine commandant le dépôt de recrutement 
à Auxerre ; 
Dagez ^, lieutenant adjoint au recrutement. 

Génie. 

MM. Péchot, %, chef de bataillon, chef du génie dans le département, 
à Melun ; 
Guerre- CuBTANCBON ^, garde du génie de V'' classe, à Auxerre. 

GARNISONS. 

Auxerre et Joigny sont les villes du département considérées comme places de 
station, dans lesquelles des garnisons sont entretenues. 

Auxerre a une caserne d'infanterie ; Joigny, deux quartiers de cavalerie. 



-102 

GARIfISON D'AUXBRRE. 

Le dépôt du 31" de ligne est à Auxerre, les bataillons actifs à Paris. 
Etat-major.— MM. Gustin >5J^, major commandant, major de la girnison ; 

Delavost ft, capitainc-lre-^orier; 

Montagne^, capitaine d'habillement; 

Bidot ^, capitaine adjudant major, 

Duboscq, médecin major. 
Capitaines : MM. Nourry, Ciiarièro, Chapu, Throncr. 
Lieutenants : MM. Prieur, Letierc, Fleur. Blancliot, Loubarie, lUot, officier 

l'ordonuanc.;* du gôn'!'ral. 
ScuslJeu'cnants : ^^. Glachanl, Moraux, Chassin, Gérard, Toreilles. 

GARNISON DE JOIGNY. 
{*' CHASSEURS A GHEYAL (dÉPÔt). 



KM. Âlleaume ^, maior comm. le dépôt, 
commanoant d'armes de la place. 

de Fénélon Salignac 0. )J$, chef 
d'escadrons. 

Venlurini ife, capitaine trésorier. 

Robineau ^, capit. d'kabillement. 



6' HUSSARDS (dLPÔt). 

MM. de Tin^eau ^, major, comman- 
dant le dépôt. 

N , chef d'e-cadrons. 

Legros, capitaine trésorier. 
Braconnier^, capit. d'habillement. 



GITES D'ÉTAPES 

CORRESPONDANT A LA PLACE d'aUIERRE, DANS LA DIRECTION DES CHEFS-LIEUX 
DE SUBDIVISIONS FORMANT LA i^'^ DIVISION MILITAIRE. 

Orléans (6 gîtes). — Toucy, Saint Fargcau, Bonny, Gien, Châteauneuf' 
Orléans. 

Blois (8 gites). — Les mêmes, Beaugency, Blois. 

Chartres (8 gîtes), — Joigny, Gourtenay, Monlargis^ Beaune, Pithiviers, 
Augerville, Outarvllle, Chartres. 

EwREV\ {9 gites). — Joigny, Sens, Montereau, Melun, Lonjumeau, Saint- 
Germain-en-Laye, Mantes, Passy, Évreux. 

RovEs {iO gites), -^ Joigny, Sens, Montereau, Melun, Villeneuve-Sainl- 
Georges, Saint-Denis, Pontoise, Magny, Ëcouen, Rouen. 

Beauvais (8 gîtes). — Les mêmes jusqu'à Saint-Denis, et Beaumonl-sur- 
Oise et Beauvais. 

Versailles (6 gîtes). — Les mêmes que pour Rouen jusqu'à Lonjumeau» 
et Versailles. 

Paris (6 gîtes). — Joigny, Sens, Montereau, Melun, Corbetl, Paris. 

Melun (4 gîtes). — Voir ci-dessus l'itinéraire pour Paris. 

Trotes (3 gites). — Saint-Florentin^ Ervy, Troyes. 

GITES d'étapes correspondant A LA PLACE d'AUXERRE, DANS LES DIRECTIONS 

CI-APRÈS : 

Dijon (5 gîtes). — Tonnerre, Ancy-le Franc, Montbard, Chanceaux, Dijon- 

Nevbrs (4 gites). — Coulanges-sur-Yonnc, Varzy, La Charité, Ncvers. 

Maçon {S gites). — Vermenton, Avallon, Saulieij^ Arnay-le-Duc, Chagn/» 
Chalon, Tournus, Mâcon. 

GITES QUI ne correspondent PAS A LA PLACE d' AUXERRE. 

D'Orléans à Troyes, — Sens, Villeneuve l'A rclïevcquc. 

De Chartres à Troyes. — Chéroy, Sens, Villeneuve rArchevêqtio. 



403 

GENDARMERIE. 

La gendarmerie du département de TYonae fait partie de la 20* légion de cette 
arme. Celte légion comprend, en outre^ les départements de la Côte- d'Or et de 
l'Aube. 

MM. Grand ^, lieut.-colonel, chef de lé<,M'on à Dijon. 

PiTAUx^, chef d'escadron, coramaiidanl la compagnie de TYonne. 
Banny ^, capitaine 

Laurbau, lieutenant*tré6orier de la compagnie de TYonne* 
HouDAiLLEy maréchal-dcs-iogi«, adjoint aa trésorier. 

Lieutenance d^Avxerre, 
M. Banny, capitaine. 

MM. 



Auxerrc, ircbrig., Defert, m.-il.-lo^.-chef 

— 2« •— Choillot, brigadier. 

— 3® — Vaulhier, id. 
Saint-Florentin, Têtard, id. 
Saiot-Saaveur, Menneret, m.-d. -logis. 
Vermenton, Coûtant, brigadier. 
Toucy, Horsot, id. 



Courson, 
Chablis, 
Vincelles, 
Seignelay, 



MM 

Poinsot, 

Callemaad 

Dègnc, 

Bressani, 



brigadier. 



Couianges s.-V. Rifaux, 



L'gny, 



Taillard. — 



Lieutenance d'Avallon. 

MM. Gaudiet, lieutenant. 
Avallon, t)ub.in, mar.-d.-log. |GuiUon, 

Yézelay, Fauchai, brigadier. 

Llsle-sur-Sercin, Denis, — 



Brouin, brigadier. 
Quarré-l-T. (à pied), Mougeard -— 



Lieutenance de Joigny* 
MM. De CiLLART DB Kbruaingut, capitaine à Joigny. 



Joigny^ Frontier, mar.-d.4og. 

Bléneau, Corderan, m.-des4og. 

Satnt-Fargeau, Pernot, brigadier. 
Villeneuve 8-Y., Voîsenat, mar.-d.-log. 
Charny, Moussot, — 

Lieutenance de Sens. 



Cerisiers (à pied), Le Laing^ brigadier. 
AiUant-5-Xholon, Hinot, — 

Brienon, Aubin, — 

St-Jnl.-du-Sautt, Lajoie, -- 



MM. V]^LAr ^, capitaine. 



VillenenYC-rArc. Rouhier,mar. d. brig. 



Sens-fur- Yonne, Lamy, mar.-des-log. 

à cheval. Chéroy, 

Vaillant brig. à pied. Sergines 
Pont-sur-Yoi!ne,Chalmeaii,m. d.-l.àch. 

Lieutenance de Tonnerre, 

MM. TiTBRCHBR, lieutenant. 
Tonnerre, Euvrard, mar.-d log. Tantay, 

Noyers (à pied), Bordet, — Flogny, 

Ancy-Ie-Franc, Blondot, brigadier, j 

COMMISSAIRES DE POLICE CANTONAUX. 



Bertholle, brigadier. 
Martin, — 



Poilerey, brigadier. 
Charles, — 



Canton d*Ail1ant, Jouan. 

— Bléneau, Fiers. 

— Brienon, Grosi^. 

— Chablis, Krempf. 
— • t^loulanges s-YonneBourgoin. 

— Cruzy, Bourgeois 

— Ligny, Gey. 

— Pont-sur- Yonne, N. 

— Vurmenton, CunauU. 



Canton de Toucy, Allons. 

— Saint Sauveur, Daboso. 

— Saint-Julien-du-S. Crépiat. 

— Saint-Fargeau BerthauU. 

— Vézolay, Legris. 

— Seignelay, Brillic. 

— Saint Florentin, Nacbon. 

— Villeneuve-sur Y. Bourgogne 



104 

SECTION VI. 

ADMINISTRATION FINANCIÈRE. 



RECETTE GÉNÉRALE (1). 
M. DB BoNALD ^, trésorier-payeur général pour l'Yonne. 

RECEVEURS PARTICILIEKS 

De Potier, à Avallon. 



MM. Eveoo, caissier. 

Clavclou, chef (le coniplabilité. 
Descaves, chargé de la recette parti ÏRiyâilîê7à Joi'gny. 
culiére de rarrondissement d'Aa- Qolle à' Sens. 
^®'*''®* De Forceville à Tonnerre. 



Percepteurs surnuméraires. 



MM. Mallet, à Auxerre. 
Mallly, à Joigny. 



Chalan, à Sens. 
Paillol, à Tonnerre. 



TRESOR. 
M. D0RAND, payeur du département. | M. Rocher, chef de comptabilité. 

DIRECTION DES CONTRIBUTIONS DIRECTES ET DU CADASTRE. 

Directeur, M. Amyot, rue de la Monnaie. 4. 
Inspecteur, M. Herbin, rue de la Monnaie, 14. 

CONTRÔLEURS. 

<" division. — MM. Potherat de Billy, contrôleur principal, à Auxerre. 

Perceptions d'Auxerre, Appoigny, Lindry, Mont-Saint-Sulpice, 
Seignelayet Viilefargeau. 
2' division. — Larfeuil, contrôleur de 1" classe, à Auxerre. 

Perceptions de Chablis, Coulanges-la-Vineuse, Ligny, Monti- 
gny, Saint-Cyr, Saint-Bris et &int-Florentin. 
3< division. — Dubois, contrôleur de 2*' classe, à Auxerre. 

Perceptions de Coulanges-sur-Yonne , Courson, Gravant, 
Maflly-le-Château Migé, Ouaine et Vermenton. 
4" division. — Rogé, contrôleur de V^ classe, à Saint-Fargeau. 

Perceptions de Bléneau, Champignelies, Lainsecq, Saint- 
Sauveur, Toucy et Villiers- Saint-Benoît. 
5* division. — Géhard, contrôleur de 3e classe, à Joigny. 

Perceptions d'Aillant. Cézy, Charny, La Ferté-Loupière, Saint- 
Julien-du-Sault et Villeneuve-sur-Yonne. 
0* division. — Gaillot, contrôleur de 3* classe, à Joigny. 

Perceptions de Joigny, Bassou, Brienon, Cerisiers, Guercliy 
et Venizy. 
7* division. — Champagne, contrôleur de tre classe, à Sens. 

Perceptions de Sens, Domats, Màlay-le-Grand, Paron, Theil 
et Villeneuve-l'Archevéque. 
8« division. — Dessus, contrôleur de ire classe, à Sens. 

Perceptions de Chéroy, Grange-le-Bocage , Pont-su r-Yonnr, 
Sergines, Thorigny et Villeneuve-la-Guyard. 
9« division. — Penard, contrôleur de 2e classe, à Tonnerre. 

Perceptions de Tonnerre, Cruzy, Fleys, Flogny, Neuvy- 
Sautour, Rugny ot Tanlay. 
<0« division. — Rouyer, contrôleur de 3e classe, à Tonnerre. 

Perceptions d'Aisy, Ancy-le-Franc, Joux-la- Ville, Lézinnes, 
L'IsIe-sur-Ie-Serein, Molay, Noyers et Santigny. 

( l) Par décret impérial de novembre 1865, les payeurs ont été supprimés et leurs fonctions 
transportées aux receveurs-géoéraux qut prendront le titre de trésoriers-payeurs généraux Le 
service des trésoriers-payeurs généraux ainsi que lé personnel des bureaux n'étant pas encore 
organisés, nous avons été dans la nécessité de maintenir les anciennes qualifications et les ancien^ 
nés divisions. 



405 

f l« division. — Cotte au, contrôleur de i" classe, à Avallon. 

Perceptions d'A vallon, Ghâtel-Gensoir, Guillon, Levault, 
Quarré-les-Tombes et Vézelay. 

MM. Chonez, Couettant et Bellanger de Reboiirseaux, surnuméraires. 

BUREAUX DE LA DIRECTION. 

M. Marty, contrôleur premier commis de Ire classe, rue du Bois. 

EMPLOYÉS . 

MM. Guimont, Parigot, AUard, J. Marty et Marchand. 
Les bureaux sont ouverts, rue de la Monnaie, de 8 h. du matin à 4 heures du soir 

CADASTRE. 

Les plans-minutes de tout le département sont dé ) osés ù la Direction des contribu- 
tions airectc«^; ils se composent de 6,745 plans parcellaires et de 465 tableaux d'as- 
semblage. 

La Direction délivre des extraits de ces plans aux personnes qui en font la demande. 
Le prix de ces extraits est réglé ainsi qu'il suit : 

Pour dix parcelles et au-dessous, réunies sur une même feuille. . . . 2 fr. » 

Pour tout nombre de parcelles excédant dix, réunies sur une même feuille, 
par parcelle 20 

Pour chaque parcelle sur une feuille séparée, avec indication des tenants 
et aboutissants 60 

Pour copie d'une section entière, par parcelle tO 

Pour copie du plan entier d'une commune, par parcelle i» 05 

Dans le cas ou le plan délivré ne présente pas une demi.parcelle par hectare, le 
prix des extraits est fixé à 5 centimes par hectare en sus des prix nxés ci-dessus, 
mais alors le prix par parcelle est de 15 centimes au lieu de 20. 

Les mêmes copies, en irait colorié^ moitié en sus du prix précédent. 

La Direction délivre rgalement des extraits des matrices cadastrales et des étals 
de section, d'après le tarif suivant : 

Pour e virait de une à quinze lignes 75 centimes. 
Pour chacjue ligne en sus .... 03 

Quand ils sont demandes, ces extraits sont délivrés immédiatement sur des for 
mules fournies par la Direction. 



VÉRIFICATEURS DES POIDS ET MESURES. 

Le système métrique décimal des poids et mesures posé en principe par l'Assem- 
blée constituante (lois des 8 mai et 8 octobre 1790), organisé par décrets de la Con- 
vention des 1er août 1793, 18 germinal et 1er vendémiaire an iv, par les lois des 
49 brumaire an vin, 13 brumaire an ix, par le décret impérial du 12 lévrier 1822, a 
été con^^acré en dernier Heu par la loi du 4 juillet 1837 qui abrogea le décret de 1822, 
prescrivit la stricte exécution des lois de l'an m, de Pan viii, et défendit d'insérer 
aaa^ les actes publics toutes dénominations de poids et mesures autres cjue celles 
exprimées dans ces lois. Une ordonnance du 1er mai 1839 a constitué définitivement 
tout le service. 



Arrond» d'Aiixerre, MM. Claude vérif. 

— id. Ficatier.v.adj. 

— d'Avallon, (îagneau. 



AiTond^ de Joignyï MM. Choin. 

— de Sens, Chenal. 

— de Tonnerre, Coutelas. 



106 



PERCEPTEURS ET COMMUNES DE LEURS PERCEPTIONS. 

La première commune Indiquée est le chef-lieu de la peicepUon el la résidence du percepteur. 



NOMS 

des 

PERCEPTEURS. 




COMMUNES. 



ARRONDlSSEMiNT D*AUXERRB. 



Durai) ton 
Ghallan 



Bransiet 



Messein 



Bidot 



Cliquet 



Jousseaume 



Loozon 



Prudot 



I Auxerre 
j Appoigny 
î Monéteau. 

Chablis 

Beine 

Cbichée 

Fontenay p. Chablis 

Fyé 

Miliy 

Poinchy 

Coulangesla-Vineuse 

Esï'olives 

Gy-i'Ëvêque 
jJussy 

Vincelles 

Irancy 
'Vincelottes 

Coulanges-sur-Yonn- 
I Andryes 
Crain 
Etais 
Festigny 
Lucy-sur-Yonne 

{C ourson 
Druyes 
Fontenailles 
Fouronnes 
Moiesmes 
Mouffy 

i Gravant 
Accolay 
Bazar nés 
Prégilbert 
Sainte-Pallaye 
Ligny 

La Chapelie-Vaup. 
Maligny 
Méré 
IVarennes 
Villy 

(Maiily-Je-Châleau 
Fontenay- sur- Four. 
Mailly. la-Ville 
\ Merry -sur-Yonne 
ISery 
^Trucy-sur- Yonne 



Gaillard 



Dorotte 



Dufeye 



Dumas 



Sauty 



Lechère 



Joachim 



Dauphin 



Migé 

Charentenay 

<'.oulangeron 

blscamps 

VaUde-Mercy 

Montigny 

Bleigny-le-Carreau 

Lignorelles 

Pontigny 
iRouvray 
(Venouze 

Villeneuve- St-Salve 

/ Mont-S Sulpice 
l Cheny 
{ Chichy 
1 Hauterive 
\ Ormoy 

Ôuanne 

Chastenay 

Lain 

Merry-Sec 

Sementron 

Taingy 

Lindry 

Beauvoir 

Diges 

Eglény 

Pourrain 

StCyr-les-Colons 

Préhy 

I Aigrement 

Chemillv-sur-Serein 

iChitry ' 

Courgis 

Lichères 

Saint-Bris 

Augy 

Champs 

Quenne 

Venoy 

Lâinsecq 

Sainte-Colombe 

Perreux 

Sainpuits 

Sougère 

Thury 



407 



NOMS 

des 

PERCEPTEURS. 



COMMUNES. 



NOMS 

des 

PERCEPTEURS. 



Jozon 



Colette ^ 



Defrancc 



Truiey 



Bauchai't 



, Saint-Floreotio 

[ Avrolles 

\ Bouilly 

jChéu 

\ Germigny 

iJaulges 

' Rebourceaux 

\Vergigny 

Saint-Sauveur 

Fontenoy 

Moutiers 

Saints 

Treîgny 

Seignelay 

iBeaumont 
Chemilly p. Seignel. 
Gurgy 
Héry 
)Toucy 
Dracy 
Lalande 
sLeugny 
JLevis 
/ Moulins 
( Parly 
/ Ver menton 
I Arc y-sur- Cure 
IBessy 
«/Boi i-d'Arcy 



Monnot 



Cbamoin 



JEseert 

ILucy-s 

f Sa(y 

/Villef 

i Charl 



sur-Cure 



/ Villefargeau 
rbuy 
« Destutt de Blan- j Cbc^vannes 
021 y 1 ] Pei pigny 

(à Auxerre.) / Saint-Georges 
' Vailun 
Vaux 



Piétresson 



Robert ^ 



ARRONDISSEMENT D'AVALLON. 

Availon 

/ Annay-la-Côij 
l Annéot 
) Etaules 
\ Lucy-le-Bois 
I Magny 

f Sauvigny-le-Bois 
r Châtel-Censoir 

Asnières 

Brosses 

Blannay 

Lichères 

M on lit lot 

Saint-Moré 

Voaienay 



Pineau d 



Pouiin Gis 



Dujon 



JuUien 
(à. Availon.) 



COMMUNES. 



Guillon 

Cisery 

Cussy-1 es-Forges 

St-André-en-T.-PI. 

Sauvigny-le-Beuréal 

Savigny-en-T.-Plaine 

Sceaux 

Trevilly 

Vignes 

Joux-la Ville 
Dissaagis 
Massangis 
Coutarnoux 
' Précy-le-Sec 



L'Isle-sur-Seiein 

Angely 

Aniioux 

Athie 

Blacy 

Civry 

Provency 

Sainte-Colombe 

Talcy 

Quarré 

Saint-Germain 

Cbastellux 

Saint- Brancher 

Bussières 

Beauvilliers 

Saint-Léger 

Sainte-Magnance 



Santigny 

Anstrudes 

Marmeaux 

Montréal 
iPisy 
[ Thisy 
\Vassy-sous-Pizy 



Vault de Lugny 

Domecy-sur-le Vault . 

Girolles 

Island 

Menades 

Ponlaubert 

Sermizelles 

Thtrot 



408 



NOMS 

des 

PBRCBPTBURS. 



COMMUNES 



NOMS 
des 

PERCEPTEURS. 



Cardinal 



Michon 



Lacam 
(à Joigny.) 



de Lafaige 



Chardon 



Tailhan 



Gallois 
à Joigny.) 



rVézelay 
Asquins 
Chamoux 

iDomecy-sur-Cure 
Foissy . 
Fontenay 
Givry 

Pierre-Perthuis 

Saint-Père 

Tharoiseau 

ARRONDISSEMENT Db JOIGNY. 

/Aillant 
( Cbampvallon 
I Chassy 
] Poilly 

< St-Maarice-le-Vieil 
ISt-Maurice-Thiz. 
I Seiian 

[ Villiers-sur-Tholon 
\ Volgré 

Bassou 

Bonnard 

Champlay 

Charmoy 

Chichery 

Ëpineau-les-Vosves 

iBténeau 
Chain pceyrais 
Rogny 
Saint-Privé 

Brienon 

Bellechaamc 

Bligny-en-Othe 

Bussy-en-Olhe 

Esnon 

Mercy 

Paroy-en-Othe 

Cerisiers 

Arces 

Bœurs 

Cérilly 

r.oulours 

IMllo 

Fournaudin 

Vaadeurs 

Villeché live 

Cézy 

Béon 

Chamvre» 

Paroy-siir-Tholon 

St.Aubin-t;ur- Yonne 

Viliecien 

Villevallier 



Boizanté 



Odoart de Bois- 
miloD 



Beooist 



Lesbros 

(à Joigny) 



Martin 



Hès 



De Valhaire. 



COMMUNES. 



Charupignelles 
Grand-Champ 
Louesme 
Ma licorne 
St-Denis s.-Ouanne 
Tannerre 
i Vilien.-Ies-Genets 

Charny 
Chambeugle 
Chéne-Arnoult 
CbeviiioQ 
jDicy 

TontenouilLes 
iLa Motbe-aux-AalQ 
Marcha is-Beton 
Terreux 
Prunoy 

St-Martin-s-Ouanne 
Yiilefranche 

Guerchy 

Fleury 

Branches 

Lndaz 

Neuiily 

Villemer 

Joigny 

Brion 

Looze 

Migennes 

Saint-Cydroine 

Villiers-St-Benoit 

La Villotte 

iLes Ormes 

Merry-Vaux 

I St-Martin-sur-Ocre 

Sommecaise 

St-Aubin-Chât.-N. 



!La Férté-Loupiére 
Cudot 
La Celle-Saint Cyr 
Précy 

i Sl-Romain-ie- Preux 
' Sépaux 

/ Saint-Fargeau 

I Lavau 

\ Ronçhères 

< St-Mariin-des-Ch. 

1 Mézilies 

[ Fontaines 

VSeplfonds 



409 



NOMS 
des 

PERCEPTEURS. 



COMMUNES. 



NOMS 
des 

PERCEPTEURS. 



COMMUNES 



Larcena 



Michaut 



JUarquet 



St-Julien-du-Saalt 
St-Loiip-d'Ordon 
St-Martin-d'Ordon 
Verlin 

Venisy 
Chailley 
Champlost 
.Turoy 

Villeneuve-i.-Yonne 
Armeaii 
Bussy le-Repo8 
Chaumot 
I Dixmont 
Les Bordes 
Piffonds 
Mousson 



ARRONDISSEMENT DE SENS. 

Chéroy 

Brannay 

Dollot 
jJouy 
Picon < Mon tacher 

Saint-Yalérien 

Vallery 

Villeboogis 
Willegardin 

'Domats 
Courtoin 
Fouchéres 
^La Belliole 
Goulei ] Sairigny 

Sabligoy 
Vernoy 

y illen . -la-Dondagre 
Ville roy 

Grange-le-Bocage. 

St-Maurice-a.-R.-H. 

Sognes 

Vertilly 

Villiers-Bonneux 

Coarceaax 

Plessis-Dumée 

rMâlay^le-Graiid 

Maillot 

Mâlay-le-Petit 
iNoé 

I Fon(aine-ia-Gaillar. 
iPassy 

Uosoy 

Saligny 

Vaumoil 

Véron 



Ponsard 

(à Sens) 



Lhermilte 



\ 



Paron 

GoUetniert 

Cornant 

I Courtois 

' Egriselles-le-Bocagc 

Etigny 
Gron 

iMarsangis 
Nailly 
Sl-Martin-du-Terlre 

Pont-sur-Yonne 

Cuy 

Evry 

Gisy-les-Nobles 

Lixy 

Michery 

Saint- Serotin 

Villemanoche 

Yillenavotte 

Yilleperrot 



Texier 



BruHëe 



iSens 
Soucy 

/ Sergines 
i Compigny 
iPailly 

<' Plessis-Saint-Jdan 
j Courlon 
/ Serbonnes 
Vinneuf 



Berthelin 



Cliandenier fils 
(à Sens) 



Charlre 



Légier 



Beauvallet 



Theil 

Pont-sur-Yanne 

Chigy 

Les Sièges 

Yareilles 

YilUers-Lonis 

( Thorigny 
,FleurigDy 
La Chapelle-s.-Or. 
La Postolle 
^St-Martln s.-Orense 
Voisines 

YiUen.-Ia-Guyard 

Champigny 

Cbaomont 

Saint-Agnand 

Viilebleviu 

Yiilethierry 



UQ 



NOMS 
des 

PERCEPTEURS. 



COMMUNES 




COMMUNES. 



Guerrier 



Villen.-rArcheT. 

Bagneaux 

Coargenay 

Flacy 

Lailly 

Molinons 

Foissy 



ARR0NDISS::M £NT DE TONNERBE. 

Aiicy-!e-Franc 
ArgeDleuil 
Chassiguelles 
Soupej /Cusy 

Falvy 
Sligny 
Villers-les-Hauti 



Dorneau 



I Gigny 

ÎGlanJ 

] Pimelles 

I Seniiuvoy-le-Bas 

f Sennevoy-le-IIaul 



( Béru 
\Collan 
Cadot jSeiTigny 

(àïoDUfre) Wissey 

I Vézannes 
r Viviers 
VVrowerre 



Goiumerj 



DoroUo 



Petîi Jules 



(Flogny 
Biiiteaax 
La Chap.-Vieillc-F. 
Percey 
Tronchoy 
ABerriouii 
à Cariée y 
f Dié 
( Roffey 
\Viliiers-Vineui 

Lézitines 

Ancy-le-Libre 

Argentenay 

Pacy 

Sambourg 

Vireaux 



/ Molay 
l Annay 

Nicolle l'f''''' 

jNilry 

f Poilly 

^ Sainte-Vertu 

Neuvy 
Sormery 
B ugnon 
Lasson 
Soumaintrain 

Noyers 
CeiisY 

ChÂtei-Gérard 
Elivey 
Petit <GrimauU 

iJouancy 
'Moulins 
Pasilly 
Sarry 

ÎAIsy 
Nuils 
Raviéres 
Perrfgiiy 
Jully 

Rugny 
Artbonnay 

GuyondeMont.\JÎ^I'^ey 
leveaux. (Quincerot 
Thorey 
Trichey 
Villon 



Roguier 



Garrel 



/Tanlay 

' Baon 
Coininissey 
Sa iiit- Martin 
Saint- VMineraer 

Tonnerre 

Cheney 

}>annen!ioino 

Epine uil 

Molosmes 

Juoay 

.Vézinncs 



mm 



iU 



DIRECTION GÉNÉRALE 
DES DOUANES ET CONTRIBUTIONS INDIRECTES. 



M. Barbier G. *, conseiller d'Kiar, directeur général, hôlel du MiDistérc des 

Fmances, roe du Mont-TJial or, 21, à Paris. 

ADMINrSTRATEURS. 

MM. Templeux, 0. ^, Provensal ^. 

DIRECTION DÉPARTEiMEN TA LE. 
Bureaux : rue des Templiers, n. 2. 

MM. Cabrol ^, directeur du département, rue de la Belle-Pierre 4 

1 uney, contrôleur, ^' commis de direction, me de la Marine 1 
CanoUe. 2« commis de direction. i^rme, i. 

reli!, surnuméraire de-direction. 



INSPECTION D'AUXERUE. 

x\l. George, inspecteur divisionnaire, chef de service delà DrinciDalitéd'A.i 
xerre, .jiiai Bourbon, ii. ^ ^ ^i^ « ^u 

PRINCIPALITÉ D'AUXERRE. 

Bureaux et entrepôt des tabacs : rue Ghaotepiuot, 8. 

n„..,«r . . 1 . 5emce de la Navigation. 

Durand, receveur principal, entrep., rue 

Chantepiuot, 8. 

Besnard, contrôleur, l**"^ commis de re* 
cette principale, rue Valentin. 

PoUier, surnujnéraire de recette princi- 
pale. 



Bureau • place S.iini-Nicolas. 
MM 



Service Aclif, 



MM. 



Grancher, contrôleur à Auxerre, rue 
de r Arquebuse. 8^ 

Pigelet, Chardon, Dupard , Piaubert. 
commis à Auxerre. 

Gomardy receveur de la banlieue d' Au- 
xerre. 

Geisweiller, commis principal à Auxerre. 

Morisset, Royer, surnuméraires du ser- 
vice actif à Auxerre. 

SérodiQ Berlin, recev. àchev. à Chablis. 

Ballot, com. princip. à cheval id. 

V'idal, rec. à ch. à Courson 

Qnéau, com. princ. à cheval id. 

Prince, receveur à cheval à St-FIorentin. 

Delécolle, com. principal à cheval Id. 

Girard, receveur à cheval à Toucy. 

Jacques, commis principal à cheval id. 

Hupel, rec. à cheval à Vermenton. 

BeauvoTS^ commis principal à cheval id. 



Dusuzeau, rec. de nav., place St-Nicolas. 
Vincent, commis surveillant de navig. 

Service de la garantie des matières d'or 
et d'argent, 

MM. 

Grancher, contrôleur de garantie, rue 

de l'Arquebuse, 8, 
Mérat, essayeur, place aux Liens, 5. 
Durand, receveur, rue Chantepinot, 8. 

Service des Octrois. 
Bureau central, rue Chantepinot, 8. 

MM. 

Martin, préposé en chef de l'octroi d'Au - 

xerre, rue du Saulce, 7. 
Bretin, brigadier. 
Caillaux, s.-brig. 
Boudin, f surveillant ambulant. 
Coudre, 2« id. 

\lrti8on,3* id. 

\fouchon, 4« id. 

ïrr, receveur h Tabattoir. 



412 



Courtois, receveur à la Porte du Ponl. 
Viault, id. du Temple. 

Cotte, id. de Paris. 

Tribaudeau, id. Chantepinot. 



Gérard, receveur a la porte d*Bg^lény. 
Pont, id. du Port. 

Bertrand, sorveillant Porte St-Pierre . 
Chatte» id. porte Saint-Vigile- 



INSPECTION DE JOIGNY. 

M. MiNARi, inspecteur divisionnaire, chef de service des principautés de Joigny 
et de Sens. 



PRINCIP ALITE DE JOIGNT. 



MM 



Lfîinaistre. rec. princ. entrep., à Joigny 
llérisé, ier com; de rec. princ. à Joigny. 
Hamel, Mirnuine'raire de ia recette prin- 
cipale. 

Service Actif- 

MM. 

Jaillet, receveur à chenal à Aillant. 
Fauvilion, com. princip. à cheval id. 
Dusaussoy, rec. à eh. à Brienon. 
Bonneau, com. princ. id. 
Laillet, receveur à cheval à Charny. 



1 



Bouzin, com m. princ. à cheval à Cliarny. 
Thénevcau, recev à cb. à St.-Fargeau. 
Demetz, commis princ. à ch. à St-Fargeau. 
Talleux, r. à ch. à V.-s-Yon. 
Bovet, commis princ. à cheval, id, 
Daranthon, com. principal à Joigny. 
Dubost, commis iJ- 

Ros.ipelly, surn. du service actif, iH. 

Service de la Navigation. 

MM. 

Jacquot, receveur de navig. à Laroche. 
Faucherit, vérifîcat. de navig. à Laroche* 



MM. 

De Gislain, re> ev. princ. entrep. à Sens. 
Jaquelin, coninns de recette principale 
à Sens. 

^ MM. Service Actif. 

Guépratte, contrôleur de2'clas., à Sens 

Pérosë, Raslidi;, Démanche, Crouzil, com- 
mis à Sens. 

Chalumeau, surnuméraire. 

Biillot, receveur à cheval de la banl. du 
Sens. 

Thomas, com. princ. à cheval à Sens. 



PRINCIP ALITé DE SBffS. 

Lhermitte, rec. achevai. àPont*8-Tonne. 
Auhry, commis princip. à cheval, id. 
Julien, rec. à cheval à Villen.-rÂrchev. 
Cloutier, commis princ. à cheval id. 

MM. Service de VOctroi. 
Boudrof, prép. en chef de Toct. de Sens , 
Vie, Dumout, Thévenin, Gromard; 
Dagnot, Leooir, Veau; recev. d^octroi, 
à Sens. 
E^. Bernier, Jean Bos, Thévenin, Blan- 
chet, surv.amb. à Sens. 



SOUS-INSPKCTiON DE TONNERRE. 

M. Brunkl, sous -inspecteur divisionnaire, chef de service des principalités 
d'Avallon et de Tonnerre, résidant à Tonnerre. 



MM. 



Berger, rec. princ. entrep. à Avallon. 
Grugeli, ier commis de recette princ. id. 
Bessette, commis principal à Avallon. 
Maitinet, commis à Avallon. 
Garnier, rec. à chev. à risle-s.-Ie-Sereiii. 



PRINCIPALITB D* A VALLON. 

Houard, commis pr. à ch. à l'Isle. 
Reysset, rec. à ch. à Quarré-l. -Tombes. 
Pous, commis princ. à cheval id. 
iiamel, receveur à cheval à Yézelay. 
Montsaiugeon, commis princ. à chev. '^d. 



443 

FElIfCIFALITtf Dl TOTflftmB«. 



MM. 



Qaatreyeaax, receveur princ. enlrepos.à 

Tonnerre. 
Reysset, commis de recette principale, 

à Tonnerre. 
Coste, commis chef de poste à Tonnerre. 
Pelit, commis à Tonnerre. 
Barillot, Gourioi^f surnuméraires du 

service actif à Tonnerre. 

Service Actif. 
MM 
Labouille, rec. à cheval à Ancy-le-Franc 



MM. 

Caillot, commis princ. à eheval id. 

de Maigne de Sarrazac, receveur à cher. 

à Flogny. 
Gouly, commis principal à cheval id. 
Chamoin, receveur à cheyal à Noyers. 
Barbotte, commis prino. à cheval id. 

Service de la Navigation, 

MM. 

Bicbery, recey. de nayig. à Tonnerre. 
Rachclot-Souligné, com. suryell. id. 
Denis, receveur de navig. à Raviéres. 



DÉBITS DE TABACS. — TITULAIRES. 

AuxERRE. — M"*'« veuves Pougnet, rue Joubert; Flogny, rue dti Temple; Sante- 
rean, rue du Pont; Teissonaier, rue du Temple; M"" Millot, rue des Belles-Filles ; 
Rokei, rue de l'Horloge ; M"" veuves Pérard, rue d'Eglen> ; Boileau, rue de Paris; 
Bailiy, rue de Paris; Carrier, rue Napoléon. 

AvALLOxN. — M"" Morand, Glachant, M'" Perrot, Demoussent; Mmes veuves 
Biot, Deulin, Finch. 

JoiGNY. — M"* veuve Louis; MM. Danjou, N... Lemoce de Vaudouard, Durand, 
veuve Jourdan, M"* de Maulmont, veuve Chabrolet à la gare de Laroche. 

Sens. — M""" veuve Guyard, Berger, Jacquemine. M"' Poteau, M. Berlin, 
M"" Saigne^ Simonet, Cohai, Dessailly, Braye, M"*^ Chauvet. 

Tonnerre. — M**« Gillon, Dumas, Vezien, Aurenzau, veuve Rolland. 

DÉBITS DE POUDRES. 

MM. Prevoteau, Dufour, Doflein et Frontier à Auxerre; Veyren à Chablis; Pou- 
lin à Coula nges-sur- Yonne ; Gilbert à M ailly- Château ; Loury à Courson; Moiset, 
Troncin à Saint-Florentin ; Guilloton a Saint-Sauveur; Le Lorrain à Seignelay; 




Brienon; Depoid à Cerisiers ; Clauss à Charny; Dagnau à Saint-Fargeau j Levert 
à Saint-Julien-du-Sault; Elie et Colly à Villeneuve-sur- Yonne ; Quatre a Arces; 
Pradeau, veuve Guyard, Mathieu, Guillon, Mlle Berger, Barreau, Simonet, Cécile, 
Dautel à Sens; Briaeron àChéroy; Landel à Pont-sur- Yonne : veuve Gcny à Vil- 
leneuve-l'Archevêque ; Duhat à Villeneuve-la-Gu ard ; Alphonse, Rigout et Parlange 
à Tonnerre ; Jaillot a Ancy-le-Franc ; Meunier à Noyers. 

ADMINISTRATION DE L ENREGISTREMENT 



ET DES DOMAINES. 
M. CAPMAS, directeur. 



INSPECTEUR. 
M. Saulnier, àAuxerre. 

VÉRIFICATEURS. 

MM. Lctanneur, à Auxerre. 
Lafont, à Sens. 
lMétrc>sson, à Joigny. 
Tixicr^ à Availon. 
Lacroix, à Tonnerre. 



Lacrelelle, 1er commis de direction, 

à Auxerre. 
N...., garde-magasin, contrôleur 

du timbre. 
Mauricart, timbreur. 

EUPLOY^S DE LA DIRECTION. 

Balbon, cbef de la compiabilité. 
Adam, expéditionnaire. 
Guillou, commis d'ordre. 



^u 



CONSERVATEURS DES HYPOTHÈQUES, 

Auxerre, Martin. 
Avallon, Esbrayat. 
Joigny, Daviaud. 
Seus, de Langle de Cary. 
Tonnerre, Guillaume. 

RECEVEURS. 

Arrondissement d'Auxerre. 

Auxerre, Dechampy, receveur de l'enreg- 
des actes civils, s.-s. privés et suc. 
— Rousseau, rec. de l'en regislrement des 
actes judiciaires et des domaines. 

Chablis, Gounot. 

Coulanges-la -Vineuse, Chalanson . 

Coulanges-sur-Yonne, Gandar. 

Courson, Tachon. 

Liffny, Bertucat. 

Saint-Florentin, Pancbar t. 

Saint-Sauveur, Dulac. 

Seignelay, Boulanger 

Toucy, Calvel. 

Vermenton, Mareschal. 

Arrondissement d^Avallon. 
Avallon, Destenave. 
L'IsIe, Jullien, 
Guilîon, Loiseau. 
Quarré-Ies-Tombes, Guyot. 
Vézelay, Girerd. 

Arrondissement de Joigny. 
Aillant, Mielot. 



Biéneau, Buisson. 
Brienon, Moreux. 
Cerisiers, Lambruschini. 
Charny, Chevalier. 
Joigny, Maugcis. 
Saint- Fardeau, Fouraut. 
Saint-Julien du Sault, Pâtenôlre. 
Villeneuve-sur-Yonnc, Golfier. 

Arrondissement de Sens. 
Chéroy, Tisserand. 
Pont-sur- Yonne, Pertrizot. 
Sens, Mouchet, receveur de l'enreg. des 

artes civils, s.-s. p. et suce. 
Bouchage, receveur de i*enregistrem. des 

actes judiciaires et des domaines. 
Sergines, Janniard. 
Villeneuve-rArchev., d'Espence de Railly. 

Arrondissement de Tonnerre, 
Ancy-lfc-Franc, Roy. 
Cruzy, Péri. 
Flogny, Bouyon. 
Noyers, Maison. 
Tonnerre, Fournerat (enreg* et domaines). 

SURNUiMÉRAIRES. 

AuxerrOj Capnias et Péchin. 
Avallon, N.. . 
Joigny, BoiiiiLt. 
Sens, Lefort et N... 
Tonnerre, Dorotle. 



EAUX ET FORÊTS. 

La France est divisée en 35 conservations forestières. Les départements de l'Aube et 
de l'Yonne forment la 8*^ dont Troyes est le chef-lieu. 

Le département de l'Yonne a 739,521 hect. d'étendue territoriale ; les forêts en 
occupent 172,696 hectares, c'est-à-dire le quart environ. Celles qui sont soumises au 
régime forestier et appartiennent aux communes et aux établissements publics sont 
d'une étendue de 154,927 hect. Celles de l'Etat ont une superticie de 17,769 hect. 

M. Laidbrair, directeur général, à Paris, nie du Luxembourg, n" 6. 
MM. SuREMAiN DE MissERY ^, conservatcur à Troyes. 

Cbâales des Etanes, sous-inspecteur sédentaire, à Troyes. 
Durey, garde général, chargé des travaux d'art, 

INSPECTION D'AUXERRE. 
MM. Gallot, inspecteur, à Auxerre, rue de Paris, 93 



DeThouzalein, sous -inspecteur à Auxerre 
Chanvin, brigadier sédentaire, et Fcvre, 

garde sédentaire, attachés au bureau de 

l'inspecteur. 
Odent, garde-général, à Courson. 
Leblanc, garde-général, à Tonnerre. 
Clément, garde général, à Ancy-le-Franc 
N...., garde général sUgiaire, à Auxerre. 

INSPECTION D'A VALLON. 

Guérard, inspecteur à Avallon. 
Gand, sous-ins( ecteur, à Avallon. 



Parison, brigadier sédentaire, attaché à 

l'inspection d'Avallon. 
de Montrichard, garde général, à Avallon. 

INSPECTION DE SENS. 

Maicotte, inspecteur, à Sens. 
Tonnellier s.^insuecteur, à Sens. 
Abbat, commis o'inspect. g. sédentaie 
Marland, garde-général, à Joigny. 
Dubois, garde général, à Brienon. 
Darnay, arpenteur-forestier, à Joigny. 



115 

ADMINISTRATION DES POSTES. 

Taxe des lettres. 

Les lettres échangées entre les bureaux de poste de l'intérieur de l'Empire, de la 
Corse et de l'Algérie et les lettres des et pour les militaires et marins en garnison 
ou en station dans les colonies françaises ou présents sous les drapeaux ou pavillons 
à l'étranger, paient jusqu'à 10 gram. inclus., 20 ou 30 c., selon qu'elles sont affran- 
chies ou non; au-dessus de 10 gram. jusqu'à 20 gr. inclus.; 40 ou 60 c. ; au-dessus de 
20 gr. jusqu'à 100 gr. inclus., 80 cent, ou 1 fr. 20 cent. ; au-dessus de 100 gr. jus- 
qu'à 200 gr. inclus., 1 fr. 60 c. ou 2 fr. 40 c. et ainsi de suite, en ajoutant par 100 gr. 
ou fraction de 100 gr. excédant, 80 c. en cas d'affranchissement, et 1 rr. 20 c. en 
cas de non-aûranchissement. — Les lettres de la ville pour la même ville (Paris 
excepté), qu'elles soient affranchies ou non, jusqu'à 15 gr. excl., 10 c; de 15 gr. 
à 30 gr., 20 c. ; de 30 gr. à 60 gr., 30 c. ; de 60 gr. à 90 gr., 40 c. ; de 90 à 120 gr., 
50 c. ; et ainsi de suite, en ajoutant 10 c. par chaque 30 gr. ou fraction de 30 gr. 
— Les lettres de la ville, siège du bureau, pour les autres localités de l'arron- 
dissement postai, les lettres d'un bureau de poste pour une distribution dépendant 
de ce bureau et réciproquement, affranchies, jusqu'à lOgram. inclus., 10 c, de 10 
gram. à 20 gr., 20 c. ; de 20 gr. à 100 gr., 40 c. ; de 100 gr. à 200 gr., 80 c; non af- 
franchies jusqu'à 10 gr. inclus., 15 c; de 10 gr. à 20 gr. inclus.^ 30 c.) de 20 gr. à 
100 gr. incl., 60 c; ae 100 gr. à 200 gr. incl., Ifr. 20 c. et ainsi de suite, en ajou- 
tant par chaque 100 gr. ou Traction de 100 gr. excédant, 40 c.,en cas d'affranchis- 
sement et 60 c, en cas de non affranchissement. 

TÂIB DES IMPRIMÉS, ÉCHANTILLONS, PAPIERS DE GOMMBRGE OU D'AFFàIRBS. 

(Loi du 25 juin 1856;. 

La taxe de ces objets est réglée à prix réduits , moyennant affranchissement en 
numéraire ou en timbres postes. Le poids des imprimés ne doit pas dépasser 3 kilog. 
et leur dimension 45 centimètres. Ils ne doivent renfermer aucune lettre ou note ma- 
nuscrite pouvant tenir lieu de correspondances sous peine d'une amende de 150 
francs à 300 francs, et, en cas de récidive, de 300 francs à 3,000 fr. — Les imprimés 
sont expédiés sous bandes mobiles couvrant au plus le tiers de la surface. Ils sont de 
trois classes : 1° Les journaux politiques^ taxe 4 centimes par exemplaire de 40 gr. 
et au-dessous ; au-dessous de 40 grammes,augmentation de 1 cent, par chaque 10 gr. 
ou fraction de 10 gr. excédant; moitié des prix ci-dessus, lorsque le journal est pour 
l'intérieur du département ou il est publie ou pour les départements limitrophes. 
(Les journaux publiés dans les départements de la Seine et de Seinc-et-Oise ne 
jouissent pas de la réduction pour les départements limitrophes). — 2° Les publi- 
cations périodiques uniquement consacrées aux letlres^ aux sciences^ aux arts^ 
à VagrieuUure et à Vindustrie, taxe 2 cent, par exemplaire de 20 grammes et au- 
dessous; au-dessus de 20 grammes, augmentation de 1 c. par chaque 10 gr. ou fraction 
de 10 gr. excédant; moitié de ces prix dans les cas indiqués au paragraphe ci-dessus. 
3" Les circulaires^ prospectus, catalogues , avis divers et prix courants, livres , 
gravures, lithographies en feuUles, brochés ou reliés, taxe 1 cent, par paquet ou 
exemplaire isole de 5 grammes et au-dessous pour tout l'Empire; 1 cent, en plus par 
chaque 5 grammes ou fraction de 5 grammes excédant jusqu^à 50 grammes; ae 50 gr. 
à 100 gr., 10 c. uniformément; au-dessus de 100 gr., 1 c. en sus par chaque 10 gr. ou 
fraction de 10 gr. — Les avis de naissance ^ mariage et décès, les prospectus, cata^ 
logues, circulaires, prix courants et avis aivers sont reçus sous forme de lettres ou 
sous enveloppes ouvertes d'un côté ; taxe 5 centimes par exemplaire de 10 grammes 
et au-dessous, pour l'arrondissement du bureau, et 10 cent, pour le reste de 1 Empire, 
augmentation : 5 c. ou 10 c. par chaque 10 gr. ou fraction de 10 grammes excédant. — 
Les cartes de visite sont reçues sous enveloppes non fermées aux conditions ci-dessus, 
La môme enveloppe peut renfermer deux cartes sans augmentation de prix. — Les 
échantilUms sont affranchis aux prix des imprimés de la 3* classe. Ils ne <levront pas 
dépasser un poids de 300 grammes. — Ils ne devront avoir, sur aucune de leurs faces, 
(longueur, hauteur ou largeur), une dimension supérieure à 25 centimètres, — Ils de- 
vront, au moment où ils seront présentés à i'auranchissement dans uu bureau de 
poste, porter une marque imprimée du fabricant ou du marchand expéditeur. — 
Quant à la confection oes paquets, il est permis de leur donner les formes les plus 



variées, pourvu qu'ils soient disposés de manière à ce que leur contenu puisse tou- 
jours être facilement et promptement vérifîé. Sont exclus comme échantillons les 
objets de nature à détériorer ou à salir les correspondances ou à en compromettre la 
sûreté. — Le port des papiers de commerce ou d'affaires est de 50 c. par paquet 
de SOÛ* grammes et au-dessous. Au-dessus de 500 grammes, 1 c. en sus par chaque 
40 grammes ou fraction de 10 grammes. Le poids des imprimés et papiers d'affaires 
ne doit pas dépasser 3 kilog. 

Lettres chargées en généi al. — Lettres chargées contenant des valeurs déclarées. 

Les lettres auxquelles le public attache une importance particulière peuvent être 
chargées. Les lettre^; à charger sont présentées au bureau de poste et affranchies. 
L'administration en donne reçu aux déposants et ne les livre que sur reçu aux desli 
nataires. Elles payent une surtaxe fixe de 20 centimes outre la taxe fixée ainsi qu'il 
suit : Jusqu'à lO grammes inclusivement, 20 centimes; au-dessus de 10 grammes 
jusqu'à 20 grammes inclusivement, 40 centimes; au-des>us de 20 grammes jusqu'à 
lOO grammes inclusivement, 80 centimes; au-dessus de 100 grammes et pour chaque 
100 grammes ou fraction de iOO grammes, 80 centimes en sus. 

Elles sont revêtues d'une enveloppe fermée au moins de deux cachets en cire fine 
et de même couleur, portant une empreinte spéciale à l'expéditeur, et placés de 
manière à réunir tous les plis de l'enveloppe. 

Le tarif des lettres chargées contenant aes valeurs déclarées est le même que celui 
des lettres chargées en général, si ce n'est qu'elles sont passibles d'un droit de 10 
centimes par 100 francs ou fraction de 100 francs déclarée. 

La déclaration ne doit pas excéder 2,000 f. Elle est portée en toutes lettres à l'angle 
gauche supérieur de la suscription de l'enveloppe, et énonce en francs et centimes le 
montant des valeurs insérées. 

L'expéditeur s'assure ainsi, en cas de perte, sauf le cas de force majeure, le rem- 
boursement des valeurs insérées. 

Valeurs cotées. 

Les valeurs cotées sont des objets précieux de petite dimension. Elles payent 2 "i» 
de la valeur estimée. L'estimation ne peut être inférieure à 30 francs ni supérieure à 
1,000 francs. Indépendammaut du droit de 1 p. «'i», les envoyeurs sont tenus d'ac- 
quitter pour une reconnaissance qui leur est donnée de la valeur cotée un droit 
de timbre qui, de 50 c, sera réduit à 20 c. à dater du 1«'jaavier 1865 



Les valeurs cotées sont renfermées, en présence des directeurs, dans des boites 




gramme 
Testimation. 



ARTICLES d'argent. 



La poste se charge, moyennant un droit de 1 0/0, du transport des sommes dar- 
gent déposées à découvert dans ses bureaux. En échange, il est rerois anx dépo- 
sants des mandats qui peuvent être payés aux ayants droit dans tou^ les bureaux 
de l'Empire el de l'Algérie. Les envois d'argent sont encore reçus pour les armées 
françaises en pays étrangers, pour les militaires et marins emjiloyés dans les co- 
lonies françaises ou sur Tes bâtiments de l'Etat, et pour les transportés à Cayenne« 
Il n'est pas reçu de dépôt d'argent au-dessous de 50 c. Au-dessus de 10 fr., les 
mandats supportent, en outre le droit de 1 p. 9)0, un droit de timbre qui, de 50 
c, sera réduit à 20 c. à dater du l" janvier 1865. 

TIMBRES-POSTBS. — DE LEUR VALEUR. — DE LEUR EMPLOI. 

Les timbres -postes sont de huit valeurs différentes; 1 c, 2 c, 4 c, 5 c, 10 c, 
20 c,, 40 c. et 80 c. Ces divers timbres-postes sont différenciés entre eux par leur 
couleur. Ils sont vendus dans les bureaux de poste, dans les débits de tabac et 
par les facteurs et les boîtiers des postes. 

Les particuliers doivent coller eux-mêmes les timbres-postes sur les objets à 
affranchir. 

Toute lettre pour l'intérieur revêtue d'un timbre-poste insuffisant est considérée 
comme non affranchie et taxée comme telle, sauf déduction du prix du timbre. 



U7 



Ainsi, par exemple, lorsqu'une lettre pesant plus de {0 gr. est affranchie avec un 
timbre-iH>ste de 20 c, elle est considérée comme aon affranchie; elle doit 60 c. : 
en déduisant 20 c. que représente le timbre bleu, il reste à payer 40 c. 

Le poids des timbres -postes est compris dans le poids des lettres sur lesquelles 
ils sont apposés. 




INSPECTION DE L'YONNE. 

MM. BcRAULT, directeur des postes du département, rue Cochois, n* 3. 
Dekrgille, contrôleur du département, rue des Belles-Filles, n* 8. 
Dreyfus, premier commis de direction du départ., rue des Lombards, 10. 
Pans, brigadier-facteur du département. 



BUREAUX. 

Arrondissement d'Auxerre, 

Appoigny, M. Porée, facteur-boitier. 
Arcy-sur-Cure, Mlle Leroux, receyeuse. 

!MM. Ri gai, receveur principal. 
Lanff, commis principal. 
Mallarmé, premier commis. 
Delahaye, second commis. 
d'Herbocourt, troisième commis. 
Chablis, Mlle Gauthier, receveuse. 
Chailiey, Mlle Ployer, distributrice. 
Coulanges-la-Vineuse, Mme Lamidé, rec. 
Coulanges-s.-Y , Mlle Laroque, receveuse. 
Courson, Mlle Carré, receveuse. 
Cravant, M. Lecœur, facteur- boîtier. 
Ligny, Mlle Précy, receveure. 
Pourrain, M Tamponnet, distributeur. 
Saint-Bris, Mme Hadery, receveuse. 
St-Florenlin, Mme Dubois, receveuse. 
St-Sauveur, M"*« Brunot, receveuse. 
Seignelay, Mlle Pougv, receveuse. 
Toucy, Mme v* Batbed.at, receveuse. 
Treigny, Mme Mousset, distributrice. 
Vermenton, Mlle Mansel, receveuse. 
Vincelles, Mme Mouchot, distributrice. 

Arrondissement d'Avallon. 
Avallon, M. Lebasteur, receveur. 
Châtel-Censoir, Mme Lamy, distribut. 
Lucy-le-Bois, M. Berthelot, receveur. 
Quarré-les-Tombes, Mlle Ragon, recev. 
Vé/elay, Mmo Laederich, receveuse. 
L'Isle-s-l-Serein.Mlle Barbotte, receveuse. 
Chastellux, M"' Tanière, distributrice. 
Cussy-les-Forges, Mlle Forestier, id. 
Guillon, Mme Soisson, receveuse. 

Arrondissement de Joigny. 

Aillant, Mlle Thomas, receveuse. 
Arces, Mme Mortier, distributrice. 
Bassou, Mme v Loisel, receveuse. 
Bléneau, Mlle Chastanet, receveuse. 
Brienon, Mlle Bonnard, receveuse. 



Cerisiers, Mlle Chardon, receveuse. 
Cezy, M»' Petit, distributrice, 
Champignelies, Mlle Denis, distributrice. 
Cnarny, Mlle, de la Jolive, receveuse. 
Fleury, M. Moreau, distributeur. 
Joigny, M. Bougaud, receveur. 
Laroche (Saint-Cydroine), Mme Viitard. 

receveuse. 
Mézilles, Mlle Roudault, distributrice. 
Kogny, Mme Crapeau, distributrice. 
S.-Fargeau, Mme Clayeux, receveuse. 
S.-Julien-du-S. , M°" v* Michel, receveuse. 
Senan, M. Robineau, facteur -boîtier. 
Villeneuve-sur- Yonne, M. Boudet, recev. 
Villevallier, M. Fortin, receveur. 
Villiers-S.-Benoît, Mme Goaeau, distr. 

An ondissement de Sens, 

Ohéroy. M"'= Dehail, receveuse. 
£fgriselie-lc-B. , Mme Cosset, distributrice. 
Pont-sur-Yonne, M""= Mantelet, receveuse. 
. . MM. Labarre, receveur. 
g 1 Paumier, premier commis. 
« I Bonnet, 2« commis. 

Blache, surnuméraire. 
Serbonnes, Mme Morin, distributrice. 
Sergines, M. Piaux, receveur. 
Saint- Valérien, Mme Fortin ^ distributrice. 
Theil, Mme Mirauchaux, distributrice. 
Thorigny-s.-Orcuse, M""^ Montgoiiiery,rec. 
Vallery, M. Lamy, distributeur. 
W-l'Archevêque, Mme Peyrol. receveuse. 
WMa-Guyard, Mme v* Sub> , receveuse. 

Arrondissement de Tonnerre, 

Ancy-le-Fr., Mme Bethfort, receveuse. 
Cruzy, Mme Vezien, receveuse. 
Flogny, Mme Giffard, receveuse. 
Neuvy-Sautour, Mme Boisseau, distrib. 
Noyers, Mme Leidié, receveuse. 
Nuits, Mme Paupert, receveuse. 
Tanlay, Mme Pesme, receveuse. 
Tonnerre, M. Boissaux, receveur. 



RELAIS ET MAITRES DE POSTES. 



ROUTI N* 4 Ï>E PARIS A GINÂTK. 

Villencuvc-la-Guyard, Lecomte. 
Pont-sur-Yonne, Délion» Henri. 
Sens. Délions Auguste. 
Theil, Brice-Foin. 
Arces, Gatelier. 
St-Florentin, N. 
Tonnerre, Bernard-Crevaut. 

RODTB AUXIL. N» 5 DE SENS A ST.-FLOR, 

Villevallier, Picard. 
Joigny, Arrault fils. 
Esnon, Gatelier. 

ROUTE n» 6 DE PARIS A CHAMBJ^RT. 

De WMa-Guyard à Joigny, v. plus haut. 

Auxerre, Pinard. 

Vincelles, Petit. 

Vermenton, Ronsselet. 

Lucy-le-Bois, Berthelot. 

ATallon, Barban. 

MÂlfS ROUTE PAR SBRHIZELLES. 

Sermizelles, Bertbelot. 



ROUTE N* 60, DR 11 AN CT A ORLIÉA N8 OV DS 
TROTES à 8BNS 

Villeneuve-l'ArcheTéque, N. 

ROUTE N* 77 DE NBVBRS A SEDAN, OU I» 
TROTES A SRXfS. 

Courson, Paysant. 

ROUTE DIÉPART. N« f , DE SENS A NEMOURS, 

Chéroy, Pierre. 

ROUTE DE CLAMECT A AVALLON PAR VEZEL AT 

Vézelay, Fosseyeux. 

ROUTE DE BRIARE A AUXERRE. 

Toucy, Coulon. 

ROUTE D' AUXERRE A MONTARGIS. 

Toucy, Coulon, 
Charny, Ghantereau. 

ROUTE D'AUXERRE A TONNERRB. 

Chablis, David-Gallereux. 



SECTION VIT. 

PONTS ET CHAUSSÉES. 
M. BALLON, Ingénieur en chef du Département , à Auxerre. 

§ !«'. SERVICE ORDINAIRE COMPRENANT : 

!• Les routes impériales dont voici la nomenclature et V itinéraire 



N» 5. D« Paris à Genève par Montereau, 

' Villeneuve-la-Guyard, Champigny, 
Villemanoche, Pont-sur Yonne, Saint- 
Denis, Sens, Mâlay-le-Roy, Theil, 
Vaumorl, Arces, AvroUes, Saint-Flo- 
rentin, Germigny, Percey, Flogny, 
Tronchoy, Gheney, Dannemoioe, Ton- 
nerre. Lézinnes, Ancy le-Franc, Ful- 
vy, Nuits, Aisy. Montbard et Dijon. 

N** 5 bis. De Sens à Saint- Florentin par 
Rosoy, Villeneuve-sur- Yonne, Armeau, 
Villevallier, Villecien, Saint-Aubin, 
Joigny, Laroche. Esnon et Brienon. 

N« 6. De Paris à Chambéry par Joigny, 
Epineau-les-Voves, Bassou, Ap- 
poigny, Auxerre, Champs, Vincelles, 
Cravau, Vermenton, Reigny, Lucy-s.- 
Cure, Arcy-sur-Cure, Voutenay, Ser- 
mizelles, Avallon, Cussy-les-Forges, 
Sainte -Magnance et Roiivray. 



N" 60. De Nancy à Orléans par Troyas , 
Villeneuve r Archevêque , Molinons, 
Foissy, Sens, Paron et Courtenay. 

No 65. De Neuf château à Bonny-sur-Loirt 
par Châtillon-sur Seine, Laignes, Pi- 
raolles, Tanlay, Tonnerre, Fléy, Cha- 
blis, Poinchy, Beines, Auxerre, Ville- 
fargeau, Pourrain, Toucy, Mézilles, 
Saint-Fargeau etLavau. 

N* 77. De Nevers à Sedan par Clamecy, 
Coulanges-sur- Yonne, Courson, Gy- 
Lévêque, Vallan, Auxerre^ Villeneuve, 
Saint-Salves, Montigny , Ponligny, 
Saint-Florentin, Neavy-Sautour et 
Troyes. 

N° 1 51 . De Poitiers à Àvallon par Clamecy, 
Dornecy, Chamoux, Vézélay, Asquins 
et Blannay. 



419 
S** Les routes départementales dont voici les dénominations' et V itinéraire ; 



No 1. De Sens à Nemours par Saint-Yalé- 
rien et Chéroy. 

N® 1 bis. De Subfigny à Villeroy. 

No 2. De Chéroy à Bray-sur- Seine par 
Dollot, Braiiiiay, Ponlsur-Yoane. 

N*» 3. De Joigny à Toucy par Paroy, Se- 
nan, Ailla nt~s.-Tholon et Saint- Aubin. 

No 4. D'Àuxerre à Nogent -sur -Seine par 
Monéteau, Seignelay, Hauleriye, Drie- 
non , Bligny , Bellechaume , Àrces , 
Vaudeurs, Les Sièges et Villeneuve- 
TArchevêque. 

N*» 5. De Saint Farg eau à Vincelles par 
Saiot-Sauveur, Ouaine, Merry>Sec et 
Goulauges 'la-Vineuse. 

N" 6. De Tonnerre à Àvallon par Yrouerre. 
Noyers, Massangis, Dissangis, Tlle-siir- 
Serein, Provency et Sauvigny-le-Bois, 

No 7. D' Àvallon à Lormes par Chastellux. 

N 8. De Cussy-leS'Forges à Semur par 
St-André-en-Terre-Pleiuc et Epoisses. 

N» 9, D'Àisy à Montargis, par Etivey, 
SauYÎgny, Pasilly, Censy, Noyers, Ai- 
gremont, Lichéres, Saint- Cyr-les-Co- 
lons, Saint-Bris, Auxerre, Saint-Geor- 
ges, Aillanl-sur-Tholon, Senan,Volgré, 
Saint-Romain-le-Preux, Villefranche, 
Dicy et Ghâleau-Renard. 

N« 9 bis. De la porte d^Eglény à la porte de 
Paris autour d'Auxerre. 

N*» 10. De Saint-Fargeau à Montargis 
par Saint-Privé, Blèneaa et Rogny. 

No 11 . De Joigny à Avallon par la Belle- 
Idée, Cheny, Hauterive, Ligny-le-Châ- 
tel, Maligny. Chablis, Lichéres, Nitry, 
Joux-la-Ville, Lucy-le-Bois. 



No 14. De Germigny aux Croûtes. 

N<> 15. D' Avallon à Montbard par Sauvi- 

gny, Santigny, Vassy-sous-Pizy, Ans- 

Irudes et Aisy. 
N* 1 6. De Tonnerre à Bar-sur Seine par 

Saint-Martin, Rugny, Villon, Arthon- 

uay et les Riceys. 
N° 17. iîe Courson à Dicy par Fontenail- 

les, Ouaine. Moulins, Toucy, Villiers- 

Saint-Benoît et Gharny. 
N» 18. De Nuits à Laignes, par Raviéres, 

JuUy, Senne voy et Gigny. 
N"* 19. De Saint-Aubin-Château-Neuf à 

Mézilles par Villiers-Saint-Benoit. 
No 20. D'Auxerreà Véxelay par Vincelles, 

Bazarnes, Trucy>sur- Yonne, Mailly- 

la-Ville, Châtel -Cfnsoir et Asniéres. 
No 20 Annexe de Chamoux à la limite 

de la Nièvre. 
N** 21. D'Awcerre à Semur par Noyers, 

Soulangis, Sarry , Châlel-Gérard, Vassy- 
sous-Pizy et Montiers Saint- Jean. 
N" 22. DeCosneà Auxerre par St>Amand, 

Saint-Sauveur, Fontaines et Toucy. 
N° 23. De Courtenay à Misy par Domats, 

Moutacher, Chéroy, Vallery, Ville- 
Thierry et Saint- Agnau. 
No 24. D'Auxerre à Donzy par Courson, 

Druyes et Etais. 
No 25. De Lucy-le-Bois à Cussy -les Forges 

par Sauvigny-le-Bois. 
N° 26. De Tonnerre à Chaource par 

Coussegrey. 
N»» 27. De Joigny à Courtenay par Ville- 

vallier, Sainl-Julien-du Sault, Verlin, 

et Saint Martin-d'Ordon. 



No 12. De Joigny à Montargis par Béon. No 28. De Saint-Bris à Lucy-le-Bois par 
N° 13 De Sens à Nogent- sur-Seine par ; Vermentou. 
Saint-Clément, Thoriguy et Sognes. I 

§ 2. SERVICE HYDRAULIQUE COMPRENANT : 

1* La surveillance et la réglementation des rivières, ruisseaux et tous autres cours 
d'eau non navigables ni flottables. — 2° La surveillance et la réglementation de 
toutes les usines établies sur ces cours d'eau. — 3° Les irrigations et les drainages. 
— 4*>Leséturleà pourrassainissement des terrains com/iiunaui à mettre en valeur. 
(La police, If* curage et ramélioratiou d^^s cours d eau non navigables, ni flotla- 
Mes, ont éiépl&cës par décret impérial du 8 mai 1861 dans les aitribuiions spé- 
cialejs du Ministère de l'agriculture, du commerce el des travaux publics.) 

Un décret du 29 avril 1862 place également la surveillance et la police de la 

Sèche dans les attributions du service ordinaire pour ce qui concerne les cours 
'•au non navigables ni flottables. 

S 3. 

Service des appareils à vapeur, des établissements insalubres ou dangereux, et 
enfin des usines métallurgiques, hauts -fourneaux, patouillets, fonderies, etc. 

MM. les ingénieurs des Ponts et Chaussées du service ordinaire remplissent, 
dans le département, les fonctioni d'ingénieurs des mines. 



420 



BURBAUZ DB L'IRGÉNIBUR BN CHBF. 

MM Ficatier Virgile, condacteur embrigadé, chef de bareaa. 
Petit Charles, condacteur embrigadé. 
Chailiey, Hés et Sanglé, employés fecondaires. 

Le département est partagé en quatre arrondissements d'Ingénieurs ordinaires, 
ainsi qu'il suit : 

ARRONDIS SBUBNT D'AUXBRRB. 

M. Dbsmai&ors ^j conducteur prineipal, faisant fonctions d'ingénieur ordinaire, 

à Âuxerre. 

2* Les routes départementales. 



Bureau. 

MM. Guillier^ conducteur embrigadé. 
Aniaolt, Petit Emile, Moreau et 
Renvoizé» employés secondaires. 

Service actif. 

MM. Bertin, conducteur embrigadé, à 
Auxerre, 
Suchey, conducteur embrigadé déta- 
ché àSaint-Fargeau. 
« Jalouzot, conducteur embrigadé, à 
Auxerre 
Bobowicz, employé secondaire dé- 
taché à Toucy. 
Cet arrondissement comprend : 

l*" Les routes impériales, 

N"6, depuis Joigny jusqu'à la borne kilo- 
métriqu(% u9 168, près la gare de 
^embranchement d'Auxerre. 

N* 65. Du pont d^Auxerre à la limite du 
département du Loiret. 

N** 77. De la limite du département de 
la Nièvre à la roule impériale n^ 65, à 
Auxerre. 



No* 3,5,9 bis,10,17,i9,22 et 34 entières. 
N'' 9. D'Auxerre ï la limite du Loiret. 

5** Service hydraulique. 

Démarcation du côté de Tarrondiase- 
ment de Sens : 

Du point d'intersection des cantons de 
Charny et de Saint Juiien~do-Ssult 
avec le département du Loiret, ii la 
rencoBtre du Saint- Vraiu, par la route 
départementale a^ 9. 

Le Saint -Vrain depuis la route n** 9 jus- 
qu'à son en boncfiure dans (Yonne 
exclu«ivemont. 

L'Yonne jusqu'à Laroche exclusivement. 

Démarcation du côté de l'arrondissement 
de Tonnerre. 

L Yonne de Laroche à Auxerre inclasi- 
vement. 

Démarcation de l'arrondissement d'A val- 
lon. 

L'Yonne et ses affluents de qrancho depuis 
Auxerre jusqu'à Gonianges snr Yonnr^ 
inclusivement. 



ARROIfDISSBMENT d'AYALLON. 

M. Desnotbrs, conducteur principal, faisant fonctions d'ingénienr ordinaire 
à A vallon. 

Bureau. 

MM. Clommunaudat, condacteur embri» 
gadé. 



Labalte, conducteur auxiliaire. 
Farcy, employé secondaire. 

Service actif. 

I. Brenot, conducteur embrigadé, dé- 
taché à Vermeoton. 
Arbouin , conducteur embrig., 

détaché à Noy^rs. 
Gaulon, conducteur embtig , à 

Avallon. 
Levallois, employé secondaire^ à 
Avallon. 
Cet arrondissement^ comprend : 

. 1« Les routes impériales 

N' 6. De la borne k. 5 au-delà du 



pont d' Auxerre à la limite de la Côte- 
d'Or. 
N* 151 . De Poitiers à Avallon, entière. 



2« Les roules départementales. 

N«« 7, 8, 15, 20, 20 annexe, 24, 25 et 28 

entières. 
N« 6. De la borne kilométri<|ue n* 25, à 

la route impériale n" 6, près Avallon. 
N<> 9. De la route d'Aisy à la route im 

périale n" 6, prés Tauberge neuve 
N** 1 1. De la roule départementale n<* 9, 

préi Lichères, à la route impériale 

n" 6, près Avallon. 

S* Service hydraulique. 

Démarcation du côté de l'arrondissement 
d' Auxerre : 



124 



La rire droite de T Yod ne, depuis Coo- 
langes-sar-Youne jusqu'à Auxerre. 

Démarcation du côté de l'arrondissement 
de Tonnerre : 



Lig^ne parallèle à la loute départemen- 
tale n° 9, et passant par Auxerre, 
Quennes, Ghilry, Préhy, Noyers et 
Aisy. 



ARROlfDlSSBMENT DB SBNS. 

M. HuMBLOT, ingénieur ordinaire, à Sens. 



MM. 



Bureau . 

Schneider, conducteur emhrigadé. 
Demboswki, conducteur auxiliaire. 
Lespagnol, employé secondaire J 
Boniiean et Largeot, id. 

Service actif. 

Vincent, conduct.embrig., à Sens. 
Smorczewski. id, 

J^'"a'^, id. à Sens. 

Ficalier Anicet , conducteur em- 
bri<j:adé, détaché à Joigny. 
Gel arrondissement comprend : 

i'* Les routes impérialea, 
N. 5 Delà limite de Scine-et-JVlarue à la 
borne kilométrique n» 150 , près 
Ayrolles. 
IV. 5. bis. De Sens àSl-1' iorenlin, entière 
N. 60. De Nancy à Orlé ins, entière. 
2« Les routes départementales^ 
Nom, 1 bis, 2, 12, 13 et 23 entières, n« 4. 
partie comprise entre iirienon et 



Yilleneuye-r Archevêque, et Tl de Joi- 
gny à Goartenay. 

S** Service hydraulique. 

Démarcation du côté de l'arrondissement 
d*Auxerre ; 

Du point d'intersection des cantons de 
Gharny et de Saint-Jolien-du-Sault 
avec le département du Loiret, à la 
rencontre du Saint- Yraia avec la route 
départementale n" 9, près St-Romain. 

Le Saiiit-Yrain jusqu'à son embouchure 
dans rVonne inclusivement. 

La rivièred'Yonne, depuis Tembouchure 
du Saint- Yrain jusqu'à Laroche exclu- 
sivement. 

Démarcation du côté de l'arrondissement 
de Tonnerre : 

L'Armançou, depuis son embouchure 
dans TYonne jusqu'à Tembouchure du 
Créanton exclusivement. 

Le Créanton et ses a£Quents c'ciusive- 



ment. 

ARRONniSSEMBNT 1>B TORNBBRE. 

M. Rbhisb, ingénieo!- ordinaire, à Tonnerre. 

Bureau. . périale n» 77, près d' Auxerre, cl la 



MM. (iOurtine et Duniont, conducteurs 
embrigadés. 
Giraud jeune, employé secondaire. 
Tiiéyeau, id. 

Service actif, 
Huot, condnct. embrig. à Tonnerre. 
Dujardin , conducteur embrigadé 

détaché à Auxerre. 
Pinard, conducteur embrigadé déta- 
ché à Fulvy. 
Miilon, conducteur embrigadé, dé- 
tacfiéàSaint* lorenlîn. 
Cet arrondissement comprend : 
l« Les routes impérialesy 
N" 5. De la borne kilométrique n« 150 à 

la limite de la Côte-d'Or. 
N. 65. De la limite de la Côte-d'Or à la 

roule imp. n<> 6, près Auxerre. 
N. 77. Du Pont d'Auxerre, à la limite du 
département de PAube. 

20 Les rouies départementales^ 
^°* 14, 16, 17 et 18, entières. 
N. 4, Partie comprise entre la roule im- 



n' 

route impériale n° 5 bis à Brienon. 
N'J f>. De la route impériale n» 65, à la 

borne kilométrique n<^ 25 , près 

Noyers. 
N. 11, De la route impériale n^ 5 bis, (à 

la Belle-Idée^, à la ferme de Yauchar- 

mes, près Lichères. 

Service hydraulique , 

Démarcation du côté de l'arrondissement 
de Sens: 

L'Armançon depuis Laroche jusqu'à 
l'embouchure du Créanton inclusive, 
ment. 

Le Créanton et ses affluents inclusive- 
ment. 

IJémarcation du côté de rarrondlssemeut 
d'Auxerre. 

L'Yonne, de Laroche à Auxerre exclusi- 
vement. 

Démarcation du côté de Tarroudissement 
d'Ayallou : 

Ligne parallèle à la route départem. n.^ 
et passant par Auxerre. Quenaes^ Chi- 
try, Préhy, Noyers et Aisy. 



422 

SERVICE DU CANAL DU NIVERNAIS ET DE LA RIVIÈRE D'YONNE. 

Ce service comprend les travaux d'entretien, de réparation et de perfec • 
iionnemcnt des rivières d'Yonne, de Cure et d'Armançon et du canal du Ni- 
vernais, tout ce qui concerne le mouvement de la navigation et du flottage 
sur ces cours d'eau, la police des ports qui en dépendent et Tinstruction des 
affaires concernant les usines c|ui y sont situées. Il a aussi pour objet les tra- 
vaux d'amélioration de la navigation de T Yonne au-dessous d'Auxerre. 

Il s'étend, dans son ensemble, depuis l'origine du canal du Nivernais dans 
la Loire à Decize (Nièvre) jusqu'au conQuent de l'Yonne et de la Seine à 
Alontereau (Seine-et-Marne). 

M. Cambuzat ^, ingénieur en chef à Auxerre. 

Bureau de Vingénieur en chef. 

MM. Ficatier Henri,conduc. embrig., MM. Guillemain, Finat, Motberé, 
chef de bureau. Renoult et Rétif, employés se- 



A. Raoul, conducteur embrig. 
E. Lin, conducteur auxiliaire. 



condaires. 



4** ARBONDISSEMENT D'ADXERHB. 

M. DE Dartein, ingénieur ordinaire à Auxerre. 
Cet ingénieur est chargé du service : 

1° De la partie de la rivière d'Yonne, comprise entre Coula nges-sur- 
Yonne et Laroche ; 

2« De la rivière de Cure, depuisle pont du tunnel d'Arcy ; 

3° Du canal du Nivernais, depuis la l'imite du département de TYonne 
jusqu'à sou embouchure dans l'Yonne à Auxerre. 

^ Bureau de M. de Dartein 



MM. Azière, Ménisselle et Prévost, em- 
ployés secondaires. 



MM. Prévost, conducteur embrig., chef 
de bureau. 
Boidot, conducteur auxiliaire. 

SERVICE ACTIF. 

M. Petit, conducteur embrigadé à Mailly-la-Ville, surveillance des rivièlres 
d'Yoï^ne de Cure et canal du Nivernais, entre Coulanges-sur- Yonne et 
le pont de Cravant. 

M. Millon, conducteur principal h Auxerre, surveillance du canal du Ni- 
vernais et de la rivière d'Yonne, entre le pont de Cravant et les Du- 
monts, 3 kilomètres environ en aval d'Auxerre. 

M. Prévost, conducteur embrigadé à Auxerre, surveillance de la rivière 
d'Yonne entre les Dumonts et Laroche. 

2* ARRONDISSEMENT DE SENS. 

M. liuMRLOT, ingénieur ordinaire à Sens. 

Cet ingénieur est chargé du service de la rivière d'Yonne, depuis Laroche 
jusqu'à 500 mètres en aval du barrage de Saint-Martin, et de l'Armançon 
au-dessous de Brienon. 

Bureau de M. Humblot, 
MM. Roalier Jean, Cornu, Gourdon et Beauvallet, empl. secondaires. 

SERVICE ACTIF. 

MM. Piedzicki, conducteur embrigadé à Joigny, surveillance des travaux du bar- 
^ rage de Joigny et de la rivière d'Yonne entre Laroche et Saint-Aubin et de 

la rivière d'Armançon. 



423 



MM. Salmon, conducteur embrig. à Villeneuve-sur- Yonne, surveil. de la rivière 
d'Yonne entre Saiut- Aubin et Etigny (travaux neufs du pont de Villeneuve - 
sur-Yonne). 
Desmolièrcs, eonducteur embrig. à Sens, surveil. des travaux du barrage de 
Saint-Boud et de la rivière d^onne entre Etigny et Saint-Martin. 

TRAVAUX NBDPS. 

Bernasse, conducteur embrig. à Joigny, surveil. des travaux de Pécluse de 
Saint-Aubin et de la dérivation de Joign^^ sur le territoire de Saint-Aubin. 

Marchand, conducteur embrig. à Villevallier, surveil. des travaux des barra- 
ges de Villevallier et d'Armeau. 

Pomte, conducteur auxiliaire à Etigny, surveillance des travaux du barrage 
d'Etigny. 

Boulier, conducteur auxiliaire à Sens, surveillance des travaux du barrage de 
Rosoy. 

3** ARB0NDI8SEMBNT DE MONTBRBAU. 

M. Pille ^, ingénieur ordinaire à Montereau. 

Cet ingénieur est chargé du service de la rivière d'Yonne, partie comprise 
entre le barrage de Saint-Martin et le pont de Montereau. 

Bureau de M. Pille. 

MM. Picard, conducteur auxiliaire. 

Courtois, Desmblières fils, Oudin Moreau et Jobert, empl. sec". 

SERVICE ACTIF. 

MM. Maitre-Regnault, conducteur embrig. à Pont-sur-Yonne, surveil. des travaux 
du barrage de Champfleury et de la rivière d'Yonne entre Sens et la limite 
du département de 1 ïonne. 
Dauguet, conducteur principal à Cannes (près Montereau), surveil. de la ri- 
vière d'Yonne dans le département de Seine-et-Marne et des travaux du 
barrage de Cannes. 

TRAVAUX NBUFS. 

Leau, conducteur embrig., surveil. des travaux du barrage de Labrosse. 
Puiplat, conducteur embrig., surveil. des travaux du barrage de Barbey. 
Girard, conducteur embrig., surveil. des travaux du barrage de Villeperot. 

CANAL DE BOURGOGNE. * 

PARTIR COHPRISR RNTRB LA R0CHE-8UR-T01fIfB ET LA LIMITR DR LA CÔTR-D'OR. 

MM. Cberot ^, ingénieur en chef, à Dijon. 
Remise, ingénieur ordinaire, à Tonnerre. 



BUREAU. 

MM. Naudin, conducteur embrig. 

Adine, Valdant, agents secondaires. 



CONDUCTEURS SUBDIVfSlQNNAIRES. 

MM. Valdant, cond. embrig., à Brienon. 
Gotlerot, cond. ppal., à Tonnerre. 
Auret, cond. embr., à Montbard. 

Ce canal commence à Laroche-sur- Yonne, s'élève par les vallées de l'Armançon el 
de laBrenne, en passant à Brienon, Saint-Florentin, Tonnerre, Taulay, Ancy-le-Franc, 
Kavières, Montbard, Venarrey,airive à Pouilly-en-Auxois et débouche dans la Saône, 
à Saint-Jean-de-Losne. Sa longueur totale est de 2^2,044 mètres; sa longueur dans le 
département est de 91 kilomètres 36 m. 11 a été commencé en 1775. Les travaux 
interrompus pendant la Révolution ont été repris en l'an ii. 

Les écluses sont au nombre de 191, savoir : 115 sur le versant de l'Yonne et 76 sur 
celui delà Saône. Chaque écluse a une chute moyenne de 2 m. 61. 

Le biez culminant est composé de deux parties'en tranchées et d'un souterrain de 
3,333 mètres de longueur. Ce biez culminant est plus élevé que la Saône, à Saint- 
Jean de-Losne, de 199 mètres; que l'Yonne, à Laroche, de 300 mètres. 



424 

SERVICE VICINAL. 

PERSONNEL. — 4' service central. 

MM. Boucheron, agent-voyer en chef, à Auxerre, quai Condé, 46. 
Michaut, agent-voyer de 4'« classe, détaché à la Préfecture. 
Guyard, id. de 2* classe, comptable. 

Boucheron Isidore, Defosse et Quignard, agents secondaires. 

2° ARRONDISSEMENT D'AUXERRE. 

MM. Môntarlot, agent-voyer principal, à Auxerre. 
Labosse, agent-voyer de 2^ classe, à Chablis. 
Loury, id. 5* classe, à Gravant. 

Neveux, id. de U* classe, à Courson. 

Mathieu, id. de 5« classe, à Saint-Sauveur. 

Moine, agent-voyer, de 5® classe, à Saint-Florentin. 
Blond, id. id. à Toucy. 

Michaut, id. de 6* classe, à Auxerre. 

Bertrandjeune, agent secondaire de <'• classe, à Auxerre. 

3* ARRONDISSEMENT D'AVALLON. 

MM. Ragon, agent-voyer de 4>^' classe, à Avallon. 
Garnier, id. de 4* classe, à Montréal. 
Dessignolle, id. id. à Vézelay. 

Bertrand aine, id. de 6' classe, à Avallon. 

Colas, id. de 6^ classe, id. 

Mignard, agent secondaire de !'• classe, à Avallon. 

i^ ARRONDISSEMENT DE JOIfiNY. 

MM. Gibier, agent-voyer principal, à Joigny. 

Viault, id. de 4' classe, à Saint-Fargeau. 

Charles Er. id. de 4* classe, à Villeneuve-sur-Yonnc. 

Vallel, id. de 5* classe, à Arces. 

Barbier, id. de 4* classe, à Cliarny. 

Saint-André, agcnt-voy., 4« classe, à Aillant. 
Loury, * id. 6* classe, à Joigny. 

Ghampeaux, agent secondaire de !'• classe, id. 

5<> ARRONDISSEMENT DE SENS. 

MM. Carré, agent-voyer principal, à Sens. 

Charles, id. de 2^* classe, à Pont-sur-Yonnc. 

Huchard, id. de 3" classe, à Villencuve-l'Archevèque. 

Putéau, id. de 4' classe, à Sens. 

Renard, id. de 5* classe, à Saint-Valérien. 
Sonnet, agent secondaire de i^ classe, à Sens. 
Manson, id. de !'« id. 

6" ARRONDISSEMENT DE TONNERRE. 

MM. Chenal, agent-voyer de 4'^« classe, à Tonnerre. 
Roy, id. de 4' classe, à Flogny. 

Boussard, id. id. à Ancy-le-Franc. 

Grandrup, id. 4* classe, à Cruzy. 

Letur, id. 6" classe, à Noyers. 

Lhuillier, id. 6« classe, à Tonnerre. 

Leconte, agent secondaire de 1'* elasse, id. 



425 



CBËMINS DE GRANDB GûaiMCNICATION. 

Ce service comprend les chemins doni voici la désignation ei IHlinéraire : 



N ' 1 ^ d'Auxerre à Cosnc, par Che- 
vannes, Escamps, Volvant, Leu- 
gny, la Bruyère, Levis, Fontenoy, 
les Guillores, les Uobineaux, les 
Cueillis , Saints, Sainte-Colombe, 
Treigny, Lt Folie et les Cbailloux. 

2, de Chablis à Vermenton, par Préby 
et Saint-Cyr-les-Colons. 

3, de Saint-JuIien-iJu-Saultà Entrains 
par Thèmes, la petite Celle, Précy, 
Sépaux, Saint-ttomain. La Ferté, 
Sommccaisse» La Villolle, Toucy, 
Fontenoy, Le Deffand, Thury, Lain- 
secq, Sainpuits. 

4, d'Aillant à Entrains, par Chassy, 
Saint- Maurice-le - Jeune , Egleny , 
Beauvoir, Nanlou, Pourrain, Diges, 
Leugny, Semenlron, Lain, Thury. 

5, de Ligny au port du Crot-aux-Moi- 
nes, par la Rue-Feuillée, Pontigny, 
Venouse, Uouvray, Héry, Scignelay 
et Beaumont. 

6, de Saint-Sauveur à Clamecy, par le 
Jarlois, Lainsecq, le Vaurimbert, 
Champ-Martin, le Galois, Etais, la 
Fontaine et le Tremblay, 



Sarry , Villiers-l^s Hauts , Fulvy, 
Gusy , Ancy-le-Franc, Piailles, 
Cruzy, Maulnes et Arthonuay. 

13, de Montréal à Sainte-Magnance, 
par Tréviselot, Trévilly, Cisery, S»- 
vigny, Chevaones et Sainte-Ma- 
gnance. 

14, de Bassou à Briare, par Bassou, 
Villemer, Neuilly, Champloiseau, 

• Lalaye, Aillant, I^amotte, les Or- 
mes^ le château de Bontin, les petits 
bois de Courgoin, la Mouillère, les 
petits et les grands Brossards, Bel- 
Air, le Singe-Vert , Grandchamp, 
les fermes de la tuilerie Saint-Val, 
la Bonde et la Gilbardière, Champi- 
gnelles, la V^ellerie, la ferme des 
Bosses, Champcevrais, la ferme de 
Prix, de la Maison-Tardive, les Pe- 
tites-Maisons, Bogny, passe près de 
l'écluse et du pont du Rondeau. 

15, de Cerisiers à Courtenay, par Dix- 
mont, les Bordes, Tallouan, Ville- 
neuve-le-Koi, Bussy-le-Repos, les 
Fourneaux, la Herse, les Chétifs, 
Pitfonds et les Guimbault. 



T, de Chàlillon à Entrains par Cham- 16, de la route départementale n» 9 à 



pignelleSjTannerre, Béon, Mézilles, 
les Matignon.i, Saint-Sauveur, les 
Renards, TOrme-du-Pont, les Tho- 
mas, Sainte-Colombe, la Breuille et 
Sainpuits. 



Châtillon, par Laborde, Cbevillon, 
Prunoy , Lafontaine , Charny, le 
Clos, la Haute-Cave, les Siméons, 
les Journets, les Roseaux, Cham- 
beugle. 



8, de la route impériale n« 77 à Mai- 17, d'Ancy-le Franc à la route dépar- 



zières, par la Mouillère, Ligny, Va 
rennes, Carisey, Flogny. 

9, de Saint-Sauveur à risle-s.-Serein, 
parle Deiïand, Lain, Taingy, Mo- 
iesmes, Courson, Fouronnes, Fon- 
tenay,Mailly-le-Château, Mailly-la- 
Ville, Avigny, Voutenay, Lucy-le- j 
Bois etProvencY. 

10, d'Avallon à Quarré-les-Tombes, 



tementale n° 18, par Stigny et JuUj. 
18, de Saint-Amand à Saint-Julien du 
Sault et Villeneuve-sur- Yonne, par 
• Saint-Martin-sttr-Ouanne, Malicor- 
ne, ferme de Janvier, Champi^nel- 
les , château et ferme de Crosilles , 
Villeneuve-les-Genets, Septfonds, 
les Nan tiers, Saint-Fargeau, les Gi- 
rauds et Breuillambert. 



par Cousin-la-Roche, Marault, Au- ; 19^ de Senan à Appoigny, par Lalaye, 
xon, Villers, la Gorge et les Breuil- 1 Champloiseau, Guerchy et Bran- 
lottes. I ches. 

11, de Vermenton à Guillon,par Sacy, i 20, de Joigny à Nogent-sur-Seine et à 
Joux-la- Ville , Dissangis , l'Isle , ': Chigy, par les Sièges, Cerisiers, la 
Pancy, les moulins Chouard et Salé, ' Grange-Bertin, Dixmont, la Tuile- 
les fermes de Chérisy, St-Bernard, ! rie, Beauregard. 

Perrigny, CourteroUes et Guillon. ' 21, d'Avallon à Coulange-sur-Yonne, 

12, de ITsle àChaource, par Annoux, ! s'embranche sur la route impériale 



126 



n« 151, Yis-à-vis le moulin dit le 
Gué-Pavé, passe sous le hameau du 
Vaudonjon, traverse Monlillot, le 
hameau de Fontenilles, passe près 
de la ferme de la Forêt et de la 
Maison-Rouge, Châtel-Ccnsoir, Lu- 
cy-sur-Yonne. 

22, d'Auxerre à Briare, par Saint- 
Georges, Lindry, Beauvoir, Ëglenv, 
Merry-la.Va\lée, La Villotle, Vil- 
liers-Saint'Benoit, les Usages, les 
Béatrix, les François, Tannerre , 
Villeneuve-les- Genêts, la Falquerie, 
le Grand-Chemin, le Charme-Rond, 
Bléneau. 

23, de Sens à Monter^au et à Bray, 
par Saint-Clément, Cuy, Evry, Gisy- 
les-Nobles , Michery , Serbonnes, 
Gourion, Vinneuf, Sergines et Com- 
pigny. 

24, de la route impériale n<» 60 a 
Yilleneuve-sur-Yonne, par Serbois, 
les Brins, Egriselle-leBoc.,Bracsy, 
le bas de Marsangis et Rousson. 

25 , de Saint-Maurice-aux-Riches- 
Hommes à Pont-sur-Yonne, par 
Mauny, Thorigny, Fleurigny, Saint 
Marlin-sur-Oreuse , la Chapelle- 
surOreuse et Gisy-les-Nobles. 

26; de Sens à Voulx, part du pont de 
Sens, passe près Saint-Martin-du- 
Tertre, à NaïUy, Brannay, Lixy et 
Vallery. 

27, de Theil à Villeneuve-sur-Yonne, 
par la Folie, les Bordes. 

28, de Villeneuve-l' Archevêque à Bray, 
par Lailly, La Postoile, Thorigny, 
Barreaux, Servins,Pailly et Plessis- 
Saint-Jean, etCompigny. 

29, de Sergines à Montereau, et à 
Saint-Maurice par Serbonnes, Cour- 
Ion et Vinneuf. 

30, de Saint-Florentin à Rigny-le- 
Ferron, par Vcnizy, le Rué, Chail- 
ley, la grande Jaronnée, les Gai- 
beaux, Fournaudin, les Cormiers et 
les Vallées. 

31, d'Auxerre à Champlay, par Perri- 
gny, le Buisson-Pouilleux, Fleury, 
Guerchy, Champloiseau, Neuilly, la 
ferme d'Arblay. 

32, de Tonnerre à Corbigny, par 
Yrouerre, Sainte- Vertu, Nitry, Joux- 
la-Ville , Précy-le-Sec, Voulenay, 
emprunte la route impériale n. 6 



jusqu'à la courbe de Girry, puis 
la route impériale n. 151 jusqu'à 
Vézelay, passe à St-Père, Asquins 
et Pierre-Pertuis. 

33, de Cussy-les-Forges à Quarré-les- 
Tombes, par Villers-Nonains. 

34, de Ligny à Saint-Mards-en-Othe, 
par Ligny, Chéu, Germigny, Beu- 
gnon, Neuvy-Sautour et Sormery. 

35, de Tonnerre à Montfort, par Tis- 
sey, CoUan, Maligny, Villy, Ligno- 
relles et Souilly. 

36, de Quarré-les-Tombes à Châtel- 
Censoir, par Velars, Latreville, 
Saint-Germain- des-Champs, ?erée- 
le-Châteâu, Usy, Saint-Père, les bois 
de la Madeleine, les Tremblats et 
Asnières où il s'embranche sur la 
route départementale n" 20. 

37, de Villeneuve-la-Guyard à Voulx, 
par Saint- Aignan. 

38, de Courson à Chablis, par Charen- 
tenay, Val-de -Mery, Vincelles, Vin- 
celottes, Irancy, St.-Cyr et Préhy. 

39, de Vermenton à Entrains , par 
Accolay, Sainte-Pallaye, Prégilbert, 
Sery, Mailly-la-Ville , Mailly-Châ- 
teau-le-Bas, le Paumier, Misery, 
CouIanges-sur-Yonne, Andries, Fer- 
rières. Etais. 

/iO, de Theil à Thorigny,par Voisines, 
Fontaines et Villiers-Louis. 

kif de Chéroy à Ferrière, par les 
Morteaux, les Jacquins, Jouy et les 
Bordes. 

Û2, de Saint -Valérien à Jouy , par 
Moniacher et Villegardin. 

63, de Laroche à Tonnerre, par Che- 
ny , Ormoy, Mont-Saint-Sulpice , 
Bouilly, Bas-Rebourseaux,Vergigny 
Chéu, Jaulges, Villiers- Vineux, Rof- 
fey, Vézinnes etJunay. 

hà, de Savigny à Anstrudes, par Guil- 
lon, Vignes, Pisy et Vassy. 

45, de Chablis à Noyers par Ghichée, 
Ghemilly,Poilly, Molay et Perrigny. 

/i6,de Sens à VilJeneuve-rArchevê- 
que, par Saligny , Fontaines, les 
Clérimoiset Foissy. 

1x7 y deJoigny à Fournaudin, par Brion, 

Bussy-en-Othe et Arces. 
/|8, de Toucy à Seignelay par Parly, 

Lindry, Charbuy, Appoigny et Che- 

milly. 



427 



A9, de Vermenton à Noyers, par Sacy, 
Nitry. 

50, d'Avallon à Guillon par Maison- 
Dieu. 

51, de Saint-Florentin à Noyers par 
Villiers-Vineux, Carisey, i>yé, Ve- 
zannes, Serrigny et Yrouerre. 

52, de Leugny à Bléneau par Lalande 
Fontaines, Mézilles , Septfonds et 
Saint-Privé. 

53, d'A vallon à Tannay par Pontau- 
b(»rt, Island, Menades et Foissy. 

5Zi, de Cerisiers à Rigny-leFeron, 
par Vaudeurs, Couleurs et Cérilly. 

55, de Ouarré-les-TombesàRouvray, 
par Saint- Léger. 

56, de Tonnerre à Laignes, par Com- 
missey, Tanlay, Baon et Crusy. 



57, d^Auxerre à Ghfttillon-sur-Loing et 
et à Saint-Aubin-Chàteau-Neuf, par 
Chassy,Saint-Maurice-Thlzouai!les, 
Los Orraes, Saint-Aubin-Cbâteau- 
Neuf, BIeury,Sommecaise, Perreux, 
Saint-Martin-sur- Ouanne et Mar- 
chais- Béton. 

58, de Sens à Pont-sur- Yonne, par 
Courtois et Villeperrot. 

59, d'Auxerre à Pontigny, par Ville- 
neuve-Saint-Salve, Venouse et Mon- 
tigny. 

60, de Cussy -les -Forges à St.- Léger, 
par Beauvilliers. 

61, de Saint-Florentin à Ervy, par 
Soumaintrain et Beuguon. 

62, de Champs k Chablis, par Saint- 
Bris, Chitry, Courgis et Chablis. 



CHEMINS DE MOYENNE COMMUNICATION. 

Ce service comprend les chemins dont voici la désignation et V itinéraire : 



N» 1", d'Ancy-le-Franc à Noyers, par 
Cusy , Argenteuil et Moulins. 

2, de Bonny-sur-Loire à Courtenay 
par Bléneau, Champcevrais, Mar- 
chais-Beton, Champbeugle et Fon- 
tenouilles. 

3, d'Aillant à Vermenton, par le Ma- 
rais, Lindry, Pourrain, Eseamps, les 
Huiliers, Avigneau, la Grilletière, 
Migé, val de Mercy, Bazarnes et 
Accolay. 

4, de Domats à Vallery, par Domats. 
la Belliole et Saint-Valérien, 

5, d*Aroes à Ervy, par Chailley, le 
Rué, Courchamp, Boullay, Neuvy- 
Sautour et la Vallée. 

6, de Vermenton à Joux-laVille, par 
Essert. 

7, de Cézy aux Ormes, par Béon, la 
route départem^" n°9, Saint-Romain- 
le-Preux et la Ferté-Loupière. 

8, de risleà Talcy,parBlacy et Thizy. 

9, de Mont-Réal à Nuits-s.-Ravlères, 
par les moulins de Talcy, Mon- 
triant et Marmeaux,Eti vey et Nuits. 

10, deRouvray à Lormes,parQuarré- 
les-Tombes. 

11, de SaintFargeau àClamecy, par 
les hameaux de la Chaux, delaMar- 
cînerie et du Chesneau, Treigny, 
Diancy,Perreuse,Sainpuits et Etais. 

12, de Tonnerre à Gigoy, par Gom- 
roissey, Baon^ Gland et Gigny. 



13, de Sarry à Yrouerre, par Moulins, 
Fresnes, Yrouerre. 

ili, de risle à Chaource, par Argen- 
teuil, Pacy, Lézinnes, Saint-Vinne- 
mer, Tanlay, St-Martin et Mélisey. 

15, de St-Fargeau à Château Renard, 
par Chainpignelles et Marchais*B. 

16, de Charny à Perreux. 

17, de Seignelay à Ervy, par Ponti- 
gny et les Prés-du-Bois. 

18, de Rogny à Gien. 

19, de Saint-Julien à Cerisiers, par 
Armeau et les Brûleries. 

20, de Vézelay à Mailly-la-Ville, par 
Asq'iin et Brosses. 

21, d'Auxerre à Ervy, par Venoy , Blei- 
gny-ie- Carreau, Lignorelles, Ligny, 
Jaulges, Butteaux et Percey. 

22, de Joiguy à Laferté-Loupière, par 
Chamvres, Champvallon, Volgré et 
les Tuileries. 

23, de Champlemy h Ouanne et à 
Leugny, par Etals ,Sougères,Taingy, 
Ouanne, Chastenay et Leugny. 

2Zi, de Vaudeurs à Villeohétive. 

25, de l'Isle à Aisy, par Armeaux, 
Châtei-Gi'rard et vausse. 

26, d'Avallon à Corbigny, par les 
Grandes-Châtelaines, le. hameau de 
Cure et Domecy-sur-Cure. 

27, de Vézelay à L'Isle, par Pontau- 
bert, Le Vault de Lugny, Annéot 
Vassy et Provency. 



428 



28, de Brieoon àTroyes,par Chatton, 
Champlost, Venizy,Torny et Neuvy- 
Sautour. 

29, de Gourson à Vézelay, par Anus et 
Mailly-le-Ghàteau-le-Bas. 

30, de Toucy à Eglény, par Parly et 
l'Epine, commune de Beauvoir, 

34, de Saint-Florentin à Cerisiers, 
par Ghamplost, Mercy, Belle- 
chaume, Dillo et Villechétive. 

32, de Poinchy à Villy, par Lachapelle. 

33, de Villiers-S*-Benoît à Louesme, 
par les hameaux des Tricottets et 
des Bergers. 

34, de Gussy-les-Forges à Montréal, 
par les hameaux de Maison-Dieu, 
le Vellerot et Sceaux. 

35, de Champigny à la route impériale 
no 60 et à Viileneuve-ia-Dondagre, 
par Saint-Sérotin, ViUebougis,Ville 
roy et Fouchères. 

36, de Saint-Aubin-sur- Yonne à Tou- 
cy,. par Gézy et le hanie u de la Pe- 
tite Celle, s'embranchant ^ur le 
chemin n® 32. 

37, de Lixy à Villethierry, par les 
Buissons et le hameau de Tros. 

38, de Soucy à Foissy, par Voisines et 
la Chappelle-Saint-Léonard. 

39, de Chailley à St.-Mards-en-Othe, 
par Chailley et les hameaux de 
Bœurs et Sormery. 

liO, de Lailly à Pouy. par Vauluisant- 

/il, de Sermizellcs à la route impé- 
riale no 15i, par Givry et Domecy- 
sur-le-Vault. 

i2, de la route impériale n" 6 à Gour- 
taoult par Soumaintrain , 

Zi3, de Sens à Piffonds, par Paron, 
Gron, Etigny, Chaumot et Piflfonds. 

liUy de Voulx à Champigny, par Saint- 
Agnan, Villeblevin, Chaumont et 
Champigny. 

Û5, de Saint-Denis à Marchais-Beton, 
par Malicorne. 

Û6, de Gravant à Tonnerre, par Ghe- 
milly, le Poits de Gourson, la croix 
Pilale,Ghemillys-Serein et Viviers. 

Û7, de St Fargeau à Coulange-s-Yon„ 
par Saint-Sauveur, le hameau de la 
Malerue, (commune de Saints), 
Thury, Sougères, le hameau des 
Billards et les fermes de Mauper- 
tuis et des Martins. 



/i8, de Sens à Brienon, par Yeron, La 
Grange-au-Doyen, Les Bordes, Dix- 
mont, Bussy-en-Otho, Vorvigny et 
Brienon. 

Zi9, d'Arquian (Nièvre) à Aillant-sur- 
Milleron (Loiret), par Lavau, Blé- 
neau et Champcevrais. 

50, de Villeneuve-l'Archevêque à Ar- 
ces, par le hameau des Hauts-de- 
Flâcy et Couleurs. 

51, d'Usy à la route impériale n° 6, 
par Monades, Island, Pont-Aubert, 
Le Vault. 

52, de Pont-sur-Yonne à Nemours, 
par Villethierry. 

53, de Vermenton à Tonnerre, par la 
ferme de la Loge, Lichères, Poilly 
et Yrouerre. 

5/i, de Chastellux à Villiers-Nonains, 
par la Uivière (hameau de Chastel- 
lux), Saint-Germain, Le Meix, ha- 
meau de Saint-Germain et Marrault, 
hameau de Magny. 

55, d'Aillant à Gharny, par Villiers- 
surTholon, la Tuilerie, la Ferté- 
Loupière, laGaulerie, les Garterons, 
Chopinot et le hameau de la Borde. 

56, de Theil à Fournaudin. par Va- 
reilles, Vaudeurs, Les Loges et 
Villefroide. 

57, de Sergines à Nogent-s*S., par 
Pailly^PJessis-du-MéeetGourceaux. 

58, de Varzy i\ Toucy, par Druyes, 
Taiiigy et Ounnne. 

59, de Saint-Julien à Chéroy, part de 
St.-Julten, passe à Bussy, à Piffonds, 
traverse le climat du chemin de 
Courtenay et entre sur le territoire 
de Savigny, puis aboutit sur la rou- 
te impériale n" 60 au point de jonc- 
tion de l'ancien chemin de Pifionds 
à Savigny. 

60, de Cerisiers à Laroche^ part de 
la route impériale n*" 5 Ma sortie de 
Cerisiers, traverse le village de 
Villechétive, puis se dirige sur le 
territoire de Bussy-en-Othe, traver- 
se les bois de M. Lebrun de Plai- 
sance, puis ceux de cette dernière 
commune et aboutit sur le chemin 
de moyenne communication n** 25 
au rond point de la Ramée. 

61, de Chéroy h Bazoches, par les ha* 
meauxdes Jacquins et des Broutes. 



429 



62, de Chablis à Tonnerre, par Fyé et 
Golian. 

63, de Brienon à Ligny, par Grécy, 
Bouilly et Rebourseaux. 

6U9 de la Mancharde à Meugnes, par 

Treigny. 
65, de Rjgny-le-FerroD à Ervy, par 

Bœurs, Sorroery et Lassoo* 
66^ d'Egriselles-le-Bocage à Cour- 

toiiiy par le Bâtardeau. 

67, deNeuilly àLaferté LoupIère,par 
Senan et Ghailleuse. 

68, de Saint-Julien-du-SauIt à Ville- 
neuve-sur- Yonne, par St-Julien-du- 
Sault et ViJleneuve-sur-Yonne. 

69, de Saint-Âubin-Chàteauneuf aux 
Ormes, par Froviile. 

70, de St-Maurice-le-Vieil à Merry- 
la-Vallée, par St-Martin-sur-Ocre. 

71, de Rigny-le-Ferron à Nogent sur- 



Seine, par Fiacy, Bagneaux, Cour- 
geaay, Saint-Maurice-au\ -Riches- 
Hommes et Sognes. 

72, d'Auxerre à Brienon et à Laroche, 
par Gurgy, Chemilly-près-Seigne- 
lay, Beaumont, Ormoy, Brienon et 
Gheny. 

73, de Chaumont à Flagy. par Villc- 
blevin et Villeneuve-la-Guyard. 

76, de SensàEgriselles-le-Bocage, par 

Gron, Gollemlers et Gornant. 
75, de Léteau à Viliefargeau, par 
Perrigny et St- Georges. 
Le service général comprend en ou- 
tre tous les chemins vicinaux ordi- 
naires du département, au nombre de 
2,060, désignés ordinairement sous le 
titre de chemins de petite communica- 
tion. 



GHEMIN DE FER DE PARIS A LYON ET A LA MÉDITERRANÉE. 

Ministère des Travaux publics. 

CONTROLE ET SORVEILLANCE ADMINISTRATIVE. 

MM. Thotot, ingénieur en chef des Ponts-et-Ghaussées, ingénieur en chef 

du Contrôle, rue d'Amsterdam, 21, à Paris, 
comte de Vassart d'Hozier, ingénieur ordinaire des Mines, chargé du 

Contrôle, rue de Grenelle-Saint-Germain, 128, à Paris. 
Monestier, ingénieur ordinaire des Ponts-et-C haussées, chargé du 

contrôle, rue de l'Université, 7, à Paris. 
Moussette, inspecteur principal de l'exploitation commerciale du 

3°" arrondissement des chemins de fer, rue de la Ghaussée-d'An- 

tîn, 26, à Paris. 
Ladistas Ghodckiewicz, 32, rue Gabrielle, à Charenton-le-Pont. 
Jame, inspecteur particulier de l'Exploitation commerciale du môme 

arrondissement. 
Duformanoir et Gombey, commissaires de surveillance administrative 

(section de Moret à Sens) en résidence à Montereau. 
Bertrou, commissaire de surveillance administrative (section de Sens 

à Laroche et embranchement d'Auxerre) en résidence à Auxerre. 
Dillon, commissaire de surveillance administrative (section de La- 
roche à Nuits-sous-Ravière) en résidence à Tonnerre. 

Directeur de la Compagnie : M. Talabot, inspecteur général de>' Ponts- 
Gt-Ghausséos. 

Directeur général des travaux de construction et d'entretien : M. Chape- 
ron «ingénieur en chef des Ponts-et-Ghaussées, rue de la Ghaussée-d'Antin, 
7, à Paris. 

Chef d'Exploitation générale : M. Audibert, ingénieur en chef. 

Chef d^ Exploitation (nord) : M. Bidermann, ingénieur ordinaire des Ponts- 
et-Chaussées, à la Gare. 

Chef de trafic : M. Pfeiffer, rue de Bercy Saint-Antoine, U ; 

9 



130 

M. OstrowskI, ch( f de contrôle (grande vîtf^sse). 

M. Boulanger, chef du contrôle de comptabilité, rue de Bercy St.-Aotoine, U; 

M. Morel, chef du contentieux, ^ id. 

Agent générai du mouvement : M. Dennery, à la gare de Paris. 

Inspecteur principal du mouvement (2* section) : M. Vielle, à la gare de 
Tonnerre. 

EMBRANCHEMENT DE .LAROCHE A AUXERRE. 

GARE d'AUXBRRB. 

Chef de g^are : M. Mallard. | Souscbef : M. Bftltot. 

Bureau de la grande vitesse, — Facteur- chef : M. N 

Bureau de la petite xHlesse. — Chef de bureau : M. Piochard. 
Bureau de ville, — Chef: Mme Tea\e Thadée-Jaczinski. 

SERVICB HÉDICÀL. 

Médecin de V embranchement de Laroche à Àuxerre : M le docteur Dioois de 

Carrières. 
Pharmacien : M. Glaise. 

BlfTRBTIBlf BT SDRYBILLAlfCB DB LA TOIB. 

MM. Delerue ijf^, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées , ingénieur en chef 
à Paris, rue de Berry-Saint-Antoine, 4. 
De Boys, ingénieur ordinaire des pouts-et-chaussées, chargé du service de 
la première section, rue de Lyon, 71, à Paris. 

CHEFS DB SECTION. 

MM. Chandenier, conducteur des pon(s-et-chaussées, à Sens. 

Durlot, id. id. Tonnerre 

Giraud, id. id. Tonnerre. 

PIQUEORS : 

Ville neuve-la-6uyard, MM. Ferré j Sens, Grillet; Villeneuve-sur-Yonne, Bille- 
beau; Joigny, Merlet; Auxerre, Cortot; Brienon, Gauthier; Tonnerre, Morin et 
Jeannin. 

GHBFS DE QARBS DANS LA TRAVERSÉE DE l'TONNB. 

Villeneuve-la-Guyard, MM. Virot; Pont-sur- Yonne, Raimband; Sen<î, Dubois; 
Villeneuve-sur- Yonne, Lescurain ; Saint - Julien - du - Sault, Grillot ; Cézy, Thomas ; 
Joigny, Pommeau ^; Laroche, Berthelemot; Bonnard, Gâteau; Chemilly, Gros- 
borne; Monéteau, Hosdez; Auxerre, Mallard ; Brienon, Bertet; Saint-Florentin, 
Michaut; Flogny. Bentayoux ^ ; Tonnerre, Hotriiial^ Tanlay, Legav; Lézinnes, 
Roltanger; Ancy- le -Franc, Bigarme; Nuits-sous- Ravieres, Olraelat; Aisy, Gaillard 
de Laroche. 

Employés comptables : MM. Gaudada, à Villeneuve - sur - Yonne ; N... à Joigny ; 
Bonnet, a Brienon; Naulin, à Saint-Florentin; Reye, à Nuits; Rottanger, à Aisy, 

Chefs de bureau (petite vitesse) : MM. Perron, à Sens; Piochard, à Auxerre; 
Bez, à Tonnerre. 

GARE DE TONNERRE. 

Agent principal: MM. VioUe; — chef de gaie: Hotrinal; — sous-chefs : Bonis 
et Maréchal; — chef de dépôt: Robert; ~ sous-chef: Pellerin. 



CONSTRUCTION DES LIGNES D' AUXERRE A CLAMECY £T A CE RCT-LA TOUR BT DB 

GRAVANT AUX LAUMES, PAR AVALLON. 

M. Raison J^, ingénieur des ponts et chaussées et de la compagnie, rue du Pont, 
106, à Auxerre. 



434 

BUREAUX DJI M. RAISON. 

MM. fiauzon, chef de bureau; Clerc, chef de comptabilité; Faivre, payeur; Fran- 
cez, Vezin, Bardier, Ruelle, Pélissier, employés. 

1° LIGNE d'aUXERRE A GL4MECY. 

Première section d'Auxerre à Bazames, 

MM. Démonet, chef de section, à Auxerre ; Dombrowolski, Auclerc, Jacquelin, 
conducteurs. 

^^ Section de Baxarnes 4 Magny, 
MM. Perdu, cbef de section, à Mailly-le-Ghâteau ; Jacob, CoUenot, conducteurs. 

3* Section de Magny à Clamecy. 
MM. Truchot, chef de section, à Clamecy; Aubry, conducteur; Febvret, piqueur. 

2° LIGNE DE GRAVANT A AYALLON. 

1'* Section de Gravant à Avallon: 

MM. Brugnot. chef de section, à Avallon; Besançon, conducteur; Jodelet, Clavey, 
piqucurs. 

2^' Section d' Avallon aux Lautnes, 

MM. ïnnocehti, chef de section, à Semur ; Cornemillot, sous-chef de section. 



ADMINISTRATION DES LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES. 

BUREAU GENtRAL : Ruc de Grenelle-Saint-Geriuaiii, 103, à Paris. 
INSPECTION DEPARTEMENTALE : Rue Neuve. 43, à Auxcrre 

M. DE SAGHY, inspecteur. 
Direction d'Auxerre^ rue Cochois^ 2. 

MM. Lair^ directeur des transmissions. 
Grenet et Larzillière, stationnaires. 
Gastex, surnuméraire. 

Thibault Claude, facteur; Paris, chef-surveillant, Thibault Jacques, 
surveillant. 

Les bureaux sont ouverts au public, pour la corresj) > dance des dépêches privées , 
tous les jours, y compris fêtes et dimanches, de Tlieures du matin à 9 heures du 
soir, depuis le fer avril Jusqu'au 1er octobre, et de 8 heures du matin à 9 heures du 
soir depuis le 1er octobre jusqu'au 1er avril. 

N. B. Le bureau d' Auxerre n'accepte pas les dépêches de nuit. 

AILLANT-SUR- TBOLON . 

M. Broué, chargé du service. 

AVALLON. 

M. Denizot, employé chargé du service. 

BLËNEAU. 

Madame Paupardin, employé chargé du service. 

JOI6NY. 

MM . Rougeot, employé chargé du service. -< Blanchard, surveillant. 

SAINT-FA RGEAU. 

M. Saurage, employé chargé du service. 

SENS. 

MM. Bourdillon, employé chargé du service; Leduc, surveillant de V' classe. 



432 



TONNERRE. 



MM. La vergne-Lavéche, employé chargé | Sœar, Carillon, Dion, stationnaires. 



Berthier, surveillant. 
Collot, facteur. 



I du service. 

Desvigne, contrôleur. 

VERHENTON. 

M. Leroy, chargé du service. 

VILLENRUVE-SCR-VONINE. 

M. Larible, employé chargé du service. 

En vertu de la loi du 3 juillet 1861, 

Les dépêches télégraphi((ues de 1 à 20 mots^ adresse et signature comprises, 
sont soumises aux taxes suivantes perçues au département, savoir : 

Les dépêches échangées entre deux bureaux d'un même département, à une 
taxe lixe d'un franc, ainsi on percevra pour : 

Aillant, i fr., — Avallon, 1 fr. — Chemilly, I fr. — Joigny, I fr. — La gare de 
Laroche, i fr. — Sens. \ fr. — Tonnerre, 1 r. -- Vermenton, i Ir. 

N. B. Pour le village de Laroche, éloigné de 3 kilomètres de la gare, qui porte 
ie même nom, on perçoit 2 francs pour exprès. 

Les dépêches échangées entre deux bureaux auelconques du territoire de l'em" 
pire, hors le cas précèdent, à une taxe fixe de deux francs. 

Au-dessus de 20 mots, ces taxes sont augmentées de moitié pour chaque dizaine 
des mots ou fraction de dizaine excédante. 

L'indication de la date^ de l'heure de dépôt et du lieu de départ est transmise 
d'office : sauf ces indications tous les mots inscrits par l'expéditeur sur la minute 
de sa dépêche sont comptés et taxes. 

Le port des dépî'ches à domicilo ou au bureau de la poste dans le liev d'arri- 
vée est gratuit. 




coUationnec 

La taxe de l'accusé de réception, avec mention de l'heure de la remise à domi- 
cile, est égale à celle d'une dépêche simple pour le même parcours télégraphique. 



SECTION VIII. 

ÉTABLISSEMEINTS DIVERS d'uTILITÉ PUBLIQUE. 

BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES. 

Bibliothèque d'Àuxeire {bâtiments de V ancienne gendarmerie), 

La bibliothèque d'Auxerre, fondée en 1796, par le P. Laire, savant Minime, 
pour le service de l'école Centrale^ échut à la ville par un arrêté du 
premier Consul du 8 pluviôse an XI. Elle renferme 150 manuscrits dont 
quelques-UDSSont très-précieux pour l'histoire y et environ 35,000 volumes. 
On y remarque beaucoup de bonnes éditions. — Musée et collection de 
géologie, d'histoire naturelle et d'antiques du département. 

M. QuANTiN ^, archiviste du département, bibliothécaire. 

Bibliothèque d'Àvallon, à V Hôtel- de- Ville. 

La bibliothèque d' Avallon, coaiposée de 3,000 à 4,000 volumes, provient 
surtout de l'ancienne maison des Doctrinaires du collège. 
M. Chausson, bibliothécaire. 



133 



Bibliothèque de Joigny^ à l'Hôtel^de-Ville. 

La bibliothèque de Joigny se compose surtout d'ouvrages de litttérature et 
de voyages. Elle compte environ 5,800 volumes. 

MM. Ghezjeàn et DossÀUSsoT^bibliothécaires. 

Bibliothèque de Sens, à PHÔtel-de-Ville, 

Ce dépôt renferme 10,500 volumes et quelques manuscrits, parmi lesquels 
est le célèbre Missel original de la Messe de TAne. Cabinet d*bîstoire 
naturelle et curiosités, musée de sculptures et d'antiques dans la cour de la 
mairie. 

M. Boudin, bibliothécaire. 

Bibliothèque de Tonnerre. 
M. Hariot, bibliothécaire. 

Cabinet d* antiquités et d'histoire naturelle. 
M. Camille Dormois, conservateur. 

INSPECTION DES MONUMENTS HISTORIQUES DU DÉPARTEMENT 

Ce service comprend la surveillance des monuments importants que ren- 
ferme notre département et qui sont classés comme historiques par décision 
du Ministre de l'intérieur. La reconnaissance d'un édifice comme historique 
n'entraîne pas de droit Tallocation de fonds de la part du gouvernement; ce 
n'est qu'une appréciation scientifique oui, cependant, est prise en considé- 
ration dans les distributions annuelles des secours. 

ARCHITECTES DES MONUMENTS HISTORIQUES. 

MM. Viollel-Leduc^, à Paris, rue des Saints-Pères. 
Piéplu, architecte du département, à Auxerre. 

Monuments classés provisoirement, 

NoU. — Les astérisques indiquent que les monuments à la suite desquels se trouTe cesi^ne ont reçu de« 
• llocations. 



ÀRHONDISSEMENT d'aUXERRE. 

Eglise Saint-Etienne, à Auxerre.* 

Eglise Saint-Germain, cryptes et tour, 
à Auxerre. 

Eglise Saint- Pierre, à Auxerre. 

Ancien palais épiscopal servant d'hô- 
tel de préfecture, à Auxerre.* 

Tour de l'Horloge, à Auxerre. 

Eglise St-Eusèbe, tour, à Auxerre. 

Eglise dePontigny. 

Eglise de Chablis.* 

Clochers de Vermenlon.* 

Eglise de Saint-Florentin. 

Eglise de Chitry-le-Fort. 

Eglise de Mailly-Château. 

Tour du château de Saint-Sauveur, 
(propriété particulière). 

ARRONDISSEMENT d'AVALLON. 

Eglise d'Avallon. 

Eglise de Saint-Père-sous-Vézelay.* 

Eglise de Vézelay.* 



Eglise de Montréal.* 

Eglise de Civry.* 

Tombeau de Sainte-Magnance. 

(Château de Chastellux. 

ARRONDISSEMENT DE JOIGNY. 

Sépulcre de TEglise Saint-Jean de 

Joigny. 
Eglise St-Julien-du-Sault (vilraux). 
Eglise de Villeneuve-sur- Yonne. 
Portes de Vitleneuve-sur-Yonne. 
Château de Saint-Fa rgeau (propriété 

particulière). 
ËglidC de Saint-Fargeau. 

ARRONDISSEMENT DE SENS. 

Cathédrale de Sens et bâtim. synodal. 
Fragments de monuments romains. 
Eglise de Thôpital de Sens. 
Eglise Saint-3avinien, à Sens. 
Eglise de Vallery (Tombeau des 
Condés dans P). 



^34 

ARRONDISSEMENT DE TONNERRE. 



Eglise de rhospice de Tonnerre.* 
Portail de )*Eglise Saint- Pierre de 
Tonnerre. 



Crypte de Saînte-Gatherine sous la 

Halle de Tonnerre. 
Château de Tanlay, (propr. particul.) 
Château d'Ancy-le-Franc, id 
Portails de PEglise de Neuvy-Sautour 

Comité des travaux historiques et des Sociétés savantes au Ministère 

de l'Instruction publique. 

MM. Gotteau, vice -président de la Société des science.^ historiques et natu" 
relies de 1 Yonne; Quantin, archiviste du département de TYonne ; Salmon 
Philippe, avocat , noembres correspondants nommés par arrêté de S. 
£xc. M. le Ministre de l'Instruction publique, en date du 26 août 1858. 



SOCIÉTÉS ET ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES 

ET ARTISTIQUES. 

SOCIÉTÉ DES SCIENCES HISTOBIQU£S ET ^NATURELLES DE L'YONNE. 

Fondée au mois de janvier 1847^ la Société a son 8ié|?e à Aaxerre. Elle étend son 
action sur tout le département. Elle se cou pose de membres (itolaires, de raem 
bres libres ayant domicile dans le département et de membres correspondants. 

Le but de la société embrasse t'élude de rarohéolo<7iR et de Thistoire proprement 
dite du département^ ainsi que celle de Thistoire naturelle dans toutes ses branches. 

Elle publie chaque trimestre un bulletin de ses travaux. Ses léunions sont 
mensuelles. 

Cette Société a été déclarée établissement d'utilité publique par décret impérial 
du 14 janvier 1861. 

Sun bureau est composé de la maaiére suivante : 

Président : M. Challe père. 
Vice-Présidents : MM. G. Cotteau et Cbérbst. 
Vice-l'résident honoraire: M. Quantin. 
Secrétaires : MM. Lepèrr et Monghavx. 
Archiviste : M. Lorin. 
Trésorier : M. C. Dallbhagnb. 

Classlficateurs : MM. Ravin (Botanique), Monceaux (Entomologie); Bbrt fiU 
(Zoologie); Laurbau (numismatique) 

M. le baron Ghaillou des Barres, qui fut Pun dos fondateurs de la Société et qa ^ 
Ta présidée jusqu'à sa mort, a légué à la Société ane rente de deux cents frann^ 
affectée par le testateur à laTondation d*un prix bisannuel de quatre cents francs* 
pour les meilleurs travaux statistiques sur le département, ou les plu» impor- 
tantes recherches sur Phistoire locale. 

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE SENS. 

La Société archéologique de Sens a été instituée par arrêté de M. le Ministre de 
rintérieur en date do !24 juin 1844. 
L'archéologie, les sciences et les arts sont Pol^et de ses travaux. 

Membres d'honneur : Mgr TArchevéque, M. le Préfet, MM. le Sous-préfet 
et le Maire de Sens. 

Président : M. Lallibr; Vice-président : M. Buzr, professeur au Lycée; Se- 
crétaire : M. JuLLioT, professeur au Lycée ; Yice-seorétaîre : M. Phil- 
LiPPON; Archiviste : M. MAt/RiCB: Trésorier : M. JiCQUBaiDS. 

SOCIÉTÉ D'ÉTUDES A AVALLON. 
('•Ite so'*iété, fondée le 5 avril 1859, pour but de faire des recherches sur ce 



U5 

3ui concerae l'histoire, les sciences, les arts, spécialement dans TarrondUsemen 
'A vallon. 

Président d'honneur : M. le Sous- Préfet. 

Président : M. Gally Michel ; vice-président, M. Moreau François ; secré- 
taires, MM. Ga^niard et Jordan; trésorier, M. Baudenet-Robert; archi- 
viste, M. Baudoin. 
Membres de la commission d'examen: MM. Poulin Frédéric, Gontard Joseph, 
Schmitt Stanislas. 

SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARTS DU DÉPARTEMENT DE LTONNE. 

Cette société, fondée en 1858, a pour but de favoriser dans le département le pro- 
grès des beaux-arts et d'en propager le goût par des expo -itions publiques de pein- 
ture, sculpture, architecture, gravure, lithographie et photographie. 

Cette Société est établie soun le patronage de M. le Préfet de l'Yonne et de M. le 
Maire de la ville d'Auxerre, qui en sont les membres fondateurs honoraire >. 

Tous les ans, cette société organisera une exposition publique d'ouvrajçe? d'art. 

La Société a son siège àAuxerre; elle se compose de membres fondateurs, de 
membres titulaires, de membres correspondants et de souscripteurs. 




pour 
ciété, 

La commission administrative, dan > le but de faciliter ses travaux, se divise en 
plusieurs comités, savoir : 

1» Comité d'Expo Ution, chargé des détails matériels de l'exposition, du placement 
des tableaux, etc. 

2* Comité de souscription pour ce qui concern.? le ^ souscriptions d'action ^ le pla- 
cement des billets, l'organisation des tirages, etc. 

3* Comité du Jury d'Examen, chargé de statuer sur le rejet ou l'admi'sion des 
ouvrages adressés à la Société pour être exijosés. 

M. le Préfet de l'Yonne, président honoraire. 

MEMBRES DE LA COMMISSION ADMLMSTRATIVE : 

MM. le Maire d'Auxerre, président; Larabit, vice-président; Marquis de Tanlay, 
vice-président; Passepont, secrétaire; Baron du Havelt, Challe, Laurent- 
Les3eré, Chérest, Victor Petit. 

MEMBRE cohSESPONDAN'T A PARIS : M. A. Dauzats, ruc Olivier, 14. 
TRÉSORIER : M. C. Dallemagne. 

Les statuts de cette Société ont été approuvés par M. le Préfet de l'Yonne, le 28 
juiUet 4858. 

JARDIN BOTANIQUE DÉPARTEMENTAL. 

Ce jardin est formé spécialement pour Tétude de la Flore du département de 
rVonne. 

Dans oe jarJin .situé à Auxerre, rue du Cham[), on voit li statue de Jean -Joseph 
Fo^urier, secrétaire perpétuel de Tacadémie des sciences, membre de Tacadéinie 
française, ancien préfet de l'Isère, né à Auxarre le "21 mars 1768, décédé à 
Paris le 16 mai 1850 

Directeur: M. Eug. Ravin, à Aux erre. 

COURS GRATUIT DE DESSIN D'AUXERRE. 

Ce cours, dont l'organisation définitive remonte à 1851, est profess 
par M. Passepont, peintre d'histoire à Auxerre. 

11 a pour objet renseignement: 1** du dessin linéaire appliqaé aux arts io 
dustriels et aux beaux-arts; 2** de la figure, du dessin d'après la bosse, du 
paysage et de Tornement. 

Les jeunes gens qui désirent suivre le cours de dessin, doivent se faire 
inscrire à la mairie; justiOer qu'ils sont âgés d'au moins 14 ans; qu'ils sont 



436 

domiciliés à Auxerre ; qu'ils ont des parents on, à défaut de parents, des per* 
sonnes honorables pour répondants. 

Le cours est ouvert pendant dix mois, depuis le premier novembre de 
chaque année jusques et y compris le 31 août de l'année suivante. 

Il a lieu, à Texception des jours fériés, tous les lundi, mercredi et vendredi 
de chaque semaine, de 7 heures 1/2 à 9 heures 1/2 du soir. 

A la fin de chaque année scolaire, des prix sont décernés aux élèves qui se 
sont le plus distingués dans chaque spécialité, ainsi qu^unprix d'honneur fon- 
dé par M. le Maire d'Auxerre. 

Les œuvres des élèves du cours sont exposées publiquement, pendant toute 
la durée des vacances, dans une des salles de la bibliothèque de la ville. 

COURS GRATUIT DE DESSIN DE SENS. 

Ce cours, fondé en 1861, a pour objet l'enseignement gratuit et public du 
dessin linéaire et d'ornement. 

MM. RicARD, directeur de l'école des garçons et Chalard, professeur 
de dessin, sont chargés de ce cours. 



SOCIETES MEDICALES. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DE L'YONNE. 

ASSOCIATION SCIENTIFIQUE ET DE BlkNFAISANCB DES Ml^DECINS, PHARMACIENS 
ET VÉTÉRINAIRES DU DEPARTEMENT. — FONDÉE EN 1858. 

Président : M. le docteur Bally, médecin des hôpitaux, membre de l'académie de 
médecine : vice-présidents : MM. Paradis et Marie; secrétaire-général : M. Du- 
ché; secrétaires des 'séances: MM. Rémy et Courtois; trésorier : M. Salle; ar- 
chiviste : M. Vigreux. 

SOCIÉTÉ DE PRÉVOYANCE ET DE SECOURS MUTUELS 

DBS MÉDECINS DU DÉPARTEMENT DE I/TONNE. 

Association générale des Médecins de France, 

Cette Société a été autorisée par décret impérial du 31 mars 1860. 

Président : M. Rolland , h Sens ; Vice-pré âdents : MM. Ricordeau, médecin à Sei- 
gnclay, et Toutée, médecin à Saint-Fargeau ; Secrétaire : M. Dionis des Carriè- 
res; Secrétaire-adjoint: M. Lefèvre ; Trésorier: M. Chavance, docteur-méde- 
cin, à Appoigny. 

Membres d'arrondissement pour faire partie du bureau : 
Auxerre, MM. Rathier et Delisle; — Avallon, M. Hélie; — Joigny, MM. Fontaine 
et Trouvé; —Sens, MM. Moreau et Regnoult fils; — Tonnerre, MM. Royer et 
Audigé. 



SOCIETES ET ETABLISSEMENTS AGRICOLES ET INDUSTRIELS. 

CHAMBRES CONSULTATIVES D'AGRICULTURE, 

Un décret du 25 mars 1852 a créé, dans chaque département, une chambre 
consultative d^agriculture par arrondissement, dont les membres sont nom- 
més par le Préfet. 

Ils sont nommés pour trois ans ; ils sont toujours rééligibles. 

Un arrêté préfectoral fixe, chaque année, l'époque delà session des cham- 
bres d'agricultiire du département. Il en détermine la durée- et arrête le 
programme des travaux. 



437 

Les chambres consultatives d'agriculture présentent leurs vues sur les 
questions qui intéressent Tagriculture. Leur avis peut être demandé sur les 
changements à opérer dans la législation , en ce qui touche les intérêts agri- 
coles, et notamment en ce qui concerne les contributions indirectes, les 
douanes, les octrois, la police et remploi des eaux. 

Elles peuvent aussi être consultées sur rétablissement des foires et mar- 
chés, sur la destination à donner aux subventions de Pétat et du départe- 
ment, enfin sur l'établissement des écoles régionales et des fermes-écoles. 

Voici la composition de ces chambres pour les cinq arrondissements d 
département : 

Arrondissement éfAuMerre. 

Canton de : Auxerre ^est), M. Pinard, maître de poste, agriculteur à Auxerre. 

— Auxerre (ouest), M. Baudoin aîné, propriétaire à Auxerre; 

— Chablis, M. Coissieu, propriétaire a Chablis ; 

— Couianges-la-Vineuse, M. Larabit, sénateur, propriétaire à Irancv ; 

— >Coulanges-8ur- Yonne, M. Badin d'Hurtebise, juge de paix, propriétaire 

à Crain; 

— Courson, M. Duché, médecin, à Ouaine. 

— Li^ny, M. Rabé, juge de paix, propriétaire à Maligny ; 

— Seignelay, M. Frottier, propriétaire à Seignelay ; 

— Saint-Florentin, M. Flermelin; 

— Saint-Sauveur, M. le baron du Havelt ; 

— Toucy, M. Lechiche, fabr. d'ocrés à Diges; 

— Vennenton, M. N..., à Vermenton. 

Arrondissement d'Àvallon. 

Canton de : Avallon, M.Cordier, propriétaire à Montjdlin ; 

— Guillon, VI. Charles de La Brosse, prop"^" à Guillon. 

-— L'Isle-sur-Serein, M. GuilUer, propriétaire à Vassy, com. d'Etaulcs ; 

— Quarré-le vTombes, M. Houdaille, maire de St-Germain-des-Charaps ; 
Vézelay, M. Gontard, maire de Domecy=8ur-Cure. 

Arrondissement de Joigny. 

Canton de : Aillant, M. Précy, propriétaire et maire à Chassy; 

— Bléneau, M. Convert, propriétaire à Bléneau ; 

— - Brienon, AI. Verroîlot d'Ambly, propriétaire à Brienon ; 

— Cerisiers, M. Bertrand, juge de paix du canton de Cerisiers ; 

— Charny, M. Perdu, propriétaire à Charny; 

— Joigny, M. Arrault fils, propriétaire à Joigny ; 

— Sain^Fa^geau, M, Eugène de Yathaire, à Sept-Fonds ; 

— Saint-Juliôn-du-Sault, M. Protat, maire ; 

— Villeneuve-sur- Yonne, M. Brissaud, juge de paix du canton de Ville- 

neuve-sur- Yonne 

Arrondissement de Sens. 

Canton de : Chéroy, M. Claisse, médecin à Saint-Valérien ; 

— Pont-sur- Yonne , M. Le Comte , propriétaire et maître de poste à 

Villeneuve-la-Guyard ; 

— Sens (nord), M. Leriche, propriétaire à Saliyny ; 

— Sens (sud), M. Ilarly-Perraua, propriétaire et maire à Paron; 

— Sergines, M. de Serbonnes, propr. à Serboones et juge de paix du 

canton de Sergines ; 

— Villeneuve-l' Archevêque, .M. Javal, député, propriétaire à Vauluisant. 

Arrondissement de Tonnerre, 

Canton de : Ancy-le-Franc, M Martenot ; 

— Cruzy, M. de Tanlay, propriétaire et maire à Tanlay ; 

— Flogny, M. Brivois; 

— Noyers, M. Challauj 

— Tonnerre, M. Textons , propriétaire à Cheney. 



49S 

COMMISSIONS CANTONALES DE STATISTIQUE 

AGRICOLE ET INDUSTRIELLE. 

Ces Commissions ont été instituées par décret du 10 juillet 1852. Il en existe une 
par chef-lieu de canton. Elles ont pour mission de réunir les éléments de statistique 
agricole et industrielle que le gouvernement peut avoir intérêt à connaître. Ces 
commissions ont commencé à fonctionner le \" janvier 1853, elles présentent un état 
annuel de leurs travaux. Les membres en sont nommés parle Préfet. 

SOCIÉTÉ CENTRALE DU DÉPARTEMENT DE L'YONNE 

POUR l'encouragement de l'agriculture. 

Cette société a pour objet d'encourager et de perfectionner les diverses branches 
de la culture du sol dans le département, et en même temps d'encourager et 
développer l'industrie et le commerce de celte contrée, dans leurs rapports avec 
l'agriculture 

La fondation de cette société, qui remontée 1856. est due à l'initiative d'un 
comité composé de MM. le baron Chaillou des Barres, Challe, Cordier, Lecomte, 
Précy et le marquis de Tanlay 

Cette société publie chaque année un Bulletin. Ses réunions sont trimestrielles, 
elle a chaque année une session publique et un concours dans un des cinq arron- 
dissements. 

Président d'honneur : M. le Préfet de l'Yonne. 

Président : IM. Victor Guichard, propriétaire à Soucy près Sens ; — vice - 

E résident, M. Challe; — secrétaire, M. A. Rouillé; —• secrétaire-adjoint et 
ibliothécaire, M. Ribière, avocat; — trésorier, M. Ch "^allemagne. 

MEMBRES DU CONSEIL d' ADMINISTRATION : 

Pour l'arrondissement d'Auxerre, MM. Rampont-Lechin et David-Gallereux. 

— d" A vallon, Cordier et Raudot. 

— de Joigny, Précy aîné et Ravin, de Guerchy. 

— de Sens, Délions père et Deligand. 

— de Tonnerre, De Clermont-Tonnerre et Textoris. 

SOCIÉTÉS D'AGRICULTURE ET COMICES AGRICOLES 

d'arrondissements et de gantons. 

Ancy-le-Franc. — MM' le sous-préfet, président honoraipe ; fiourgaignat fils* 
président, Marteu«t Auguste, vice-président ; Mon^andon, secrétaire; Thierry A » 
vî ce-secrétaire; Soupey, trésorier. 

Auxerre. — MM. Rampont-Lechin, président; Laurent -Lesseré ^ et Salgues, 
vice-présidents ;Lepère, secrétaire; Savalier-Laroche, secrétaire-adjoint ; Yver, tré- 
sorier. 

Avallon. — MM Cordier, président; Raudot,![vice-prési(l. ; Gontard, secrétaire' 
Guillier Charles, vice-secrétaire; Couturat-Royer , trésorier. 

Chablis. — MM. Jacquillat, président ; Gautherin-Rampont, vice-président ; 
Pinin, secrétaire ; Mol le yen ux, trésorier. 

Plognt. — MM. N... , président; Perrin, vice -président; Conrad de Malessye, 
secrétaire ; Bazile, vice-secrétaire ; Fournicr, trésorier. 

JoGNY, — MiM. Précy, président; Ravin aîné et Beauvais, vice présidents ; Benoît 
fils, secrétaire - archiviste ; Lecerf, vice- secrétaire ; Vigreux, trésorier ; Sirot, 
secrétdire-adjoint ; Picard, Baudelocque, Pruneau, Roche, Poupard et Grenet, scru- 
tateurs. 

Noyers. — MM. Lecomte, député, président honoraire ; Mariglier, président ; 
Cballan, vice-président; Chiinoin, secrétaire; Langin. vice-secrétaire ; Boivin, 
trésorier. 

Sens. — MM. Délions Isidore, président; Guichard , vice-président ; de Fon- 
taine, secrétiiire; Délions Auguste, trésorier 

Tonnerre. — MM. le duc dt Glerfiioat-Tounerre, pfésidôiit; Rélif ot Ra- 



139 

t)iicr, vice-prësiilenU; Hamelin , secrel Jre ; Rogaier ot Colin, Tioe-s-ecré-- 
taires ; Charles Roy, trésorier. 

Les sociétés de Saint -Fargeau et deBléneau se sont réunis à la Société de Jcigny. 

FERME- ÉCOLE DÉPARTEMENTALE. 

La ferme-école du département de l'Yonne est située à L'Orme-du-Pont, près 
Saint-Sauveur en-Puisaye. Propriété de M. le Gouverneur du Crédit Foncier. 

MM Lefour, ^, inspecteur général de l'agriculture, inspecteur de l'Ecole; 
Jaluzot, directeur 

Membres du Jury d'Examen nommés par S. E. Jf. le Ministre de l'agriculture 

du commerce et des travaux publics, 

MM, Textoris >)è, membre du Conseil général de l'Yonne, président j 

Dbumez, membre du Conseil général de TYonne, maire de Saint-Fargeau 
secrétaire ; 

Petit, ancien président du comice agricole d'Auxerrc; 
Guudrille, propriétaire, à Saint-Sauveur. 
Le Directeur de la Ferme-Ecole, membre de droit. 
Préodot, surveillant - comptable ; Cavoix, chef de pratique; Marlot, pro* 
{"esseur, vétérinaire; Guillat, jardinier; M. l'abbé N., aumônier. 

Pour être admis à la Ferme-Ecole, il faut savoir lire, écrire et connaître les qua- 
tre premières règles. 

La rentrée a lieu chaque année à la fm d'octobre. Les candidats doivent adresser 
au moins 15 jours à l'av -iice, par l'intermédiaire du maire de leur commune, à la 
préfecture, une demande d'admission et joindre à cette demande : i" L'extrait de 
naissance constatant que le candidat a 16 ans accomplis; 2*" Un certificat de vac- 
cine La durée des études est de 3 ans. 

Trois médailles d'argent grand module sont accordées par MM. les membres du 
Conseil général aux trois premiers élèves sortants, obtenant leur brevet de capacité, 
et en outre une prime d honneur de 400 francs est décernée à l'élève obtenant le 
i*' rang au Concours de la 3" année. 

L'apprentissage est gratuit L'élève apporte les linges et les bardes à son usage 
personnel; le linge est blanchi et entretenu aux frais de l'établissement 

HARAS. 

Le département de TYonne et les départements de la Haute-Marne, de l'Aube et 
de la Côie-d'Or forment la circonscription d'un Haras dont le chef-lieu est à 
Moniiers-en-Der (Haute-Marne). 

COMMISSIONS HIPPIQUES. 

Ces commissions ne fonctionnent plus, aux ternies des instructions préfectorales 
du 31 décembre 1862 et c'est sur la proposition de MM. les Inspecteurs des 
Haras que doivent avoir lieu l'approbation et l'autorisation des étalons particuliers. 

CHAMBRE CONSULTATIVE DES ARTS ET MANUFACTURES, A SENS. 

MM Pléau, président; MaiUot, Déon (Ulysse), Pollet, Forest, Querelle, Duchemin 
Clément (Gabriel), Dupëchez, Mancel, Leseur, secrétaire. 



SOCIETES ET ETABLISSEMENTS CHARITABLES 

ET DE BIENFAISANCE. 

SOCIÉTÉ DU PRINCE IMPÉRIAL 

Prêts de V Enfance au travail, 

I le 26 avril 1862, a pour but i 
tinés à faciliter l'achat des instruments, outils, ustensiles et autres objets mobi< 



Cette association, fondée le 26 avril 1862, a pour but soit de faire des prêts des* 
nés à faciliter l'achat des instruments, outils , ustensiles 



440 

liers ou matières premières nécessaires au travail, soit de venir en aide pour des 
besoins accidentels et temporaires à des familles laborieuses 

L'administration en est confiée : <'» à unconseil supérieur de 20 membres ; 2® à 
des comités locaux; 3** et à des dames patronesses 

COMITÉ LOCAL D AUXERRE. 



MM. 

Le Maire d'Auxerre, président; 
Fortin, archiprétre. 
Pinard, maître de poste, à Auxerre. 
Cbambard. fabricant de roues, à Auxerre. 
Bonnevilte, propriétaire, à Auxerre. 
Regnauldin, maire de Champs. 
Gravereau, j)ropriataire, à Venoy. 
Guyard, maire de Quennes. 
Guénier, maire de Saint-Bris. 
Boutillié, agriculteur, à Augy. 



Dantin, serrurier, à Auxerre. 
Roux, agriculteur, à Monéteau. 
Blain, agriculteur, à Charbuy 
Bourgeon, fermier, à Villefargeau 
Guyou, maire de Vallan. 
Courtet, maire de Vaux. 
Bonneau, cultivateur, à Chevannes. 
Chambon, cultivateur, à Appoigny. 
De Bourste, maire de Perrigny. 
Limosin^ notaire a Auxerre, secrétaire du 
comité. 



ORPHELINAT DÉPARTEMENTAL ÉTABLI A SENS. 

Le conseil d'administration et de patronage de l'œuvre des enfants trouvés et de 
rOrphelinat départemental de Sens est ainsi composé, par arrêté préfectoral, sur la 
présentation de Mgr l'Archevêque : 

Mgr Mellon Jolly ^, Archevêque de Sens, président ; MM. De Cazes ^, sous- 
préfet de Sens, vice-président; Perrin, ju^e au tribunal civil, secrétaire; 
Longuet, propriétaire, vice-secrétaire; Petilpas, anc, notaire, trésorier; De- 
li§and, maire; Darnay jeune, propriétaire; Tonnellier, ancien greffier du 
tribunal civil; Oppenot, banquier ; Humblot, ingénieur; Lambert, médecin: 
Membres : MM. les londateurs-direcleurs de l'Orphelinat, Grappinet et Vau- 
doit, font partie du conseil. 

DÉPÔT DÉPARTEMENTAL DE MENDICITÉ. 

{Ancien Hôtel-Dieu de la Madeleine^ à Auxerre,) 

Personnel : MM. Pinard 0. ^, chef d'escad. de f^end. en retraite, directeur; 
Nolot, agent comptable; Marie, médecin; Monceaux, pharmacien; Pons, aumônier; 
Trois sœurs de la congrégation de St-Viacent de Paul; Cusin, gardien portier ; 
Perrin, gardien-jardinier. 

COMMISSION DE SURVEILLANCE : 

MM. le Préfet, président; Challe père, vice-président; Bonnevilte, secrétaire: 
Baudoin, Flocard et Thomas-Malvin, membres. 

Le dépôt, qui a été ouvert le fjuln 1853, renferme des individus divisés en 
deux catégories distinctes : les mendiants et les indigents. 

La première comprend les individus arrêtés en flagrant délit de vagabon- 
cage et séquestrés par jugement du tribunal de police correctionnelle ; la 
seconde se compose des indigents invalides domiciliés dans le département, 
secourus précédemment par la charité publique et admis au dépôt par arrêté 
de M. le Préfet de l'Yonne. 

BUREAUX DE BIENFAISANCE. 

Les commissions administratives stni composées de cinq membres, non corn- 
oris le Maire, qui est le président de droit. 

AUXERRE . 

MM. le Maire, président; Marie, juge au tribunal civil; Fortin, archiprdtre 



441 

caré de la cathédrale Saint-Etienne; Larfeail, caré de Saint>Pierre 
Goupilleau, ingënieuren retraite ;Lepère fils, avocat, administrateurs; 
N...., receveur; Âugé Charles, secrétaire. 

Ce bureau tient ses séances à THôtel -de-Ville, le dernier jeudi de chaque mois; 
i deoz heures. 

AYALLON. 

MM. le Maire, président'; Thibaut, Béthery de La Brosse, Baudenet, Darcy 
curé, et Quatrevaux, administrateurs, Radot, receTeur. 

JOIGNT. 

MM. le Maire, président; Ibled, Lefebvre fils,Leclero de FouroUes, Dusaus- 

soy St., Dusaiissoy*DenO(ih, administrateurs, Cochet, receveur. 

SBNS. 

MM le Maire, président; Pompon, Lomé, Dubois, l'abbé Pichenot, Longuet, 
administrateurs, Leclerc, receveur, 

TONNERRE. 

MM. le Maire, président : Siraudin, Rendu, Gérard, Bazile, Caillot, adminis- 
iratenrs; Rolland, receveur. 

CAISSE D'ÉPARGNE D'AUXERRE. 

La Caisse d'Epargne d'Auxerre a été fondée en 1835. Elle est administrée, sous 
la présidence du maire, par un conseil composé de douze membres, dont neuf sont 
élus par l'assemblée des fondateurs et trois par le conseil muuicipal. Ils sont nom- 
més pour trois ans et peuvent être réélus indéfiniment. 

L'mlérêl des fonds qui y sont versés est, à partir du 1" jander 1864, de 3 fr 75 
p. cent, la caisse faisant une retenue de demi pour cent pour frais d'administration. 

Les dépôts peuvent être de 1 franc jusqu'à 300 francs par semaine, sans fraction 
de franc, et aucun déposant ne peut avoir à son compte une somme supérieure à 
1 ,500 francs ou 2,000 francs par la capitalisation des intérêts. Les demandes de 
remboursement doivent être déposées quinze jours d'avance et peuvent être faites 
par la personne elle-même ou par un fondé de pouvoirs muni d'une procuration 
souâ-seing privé légalisée par le maire de sa commune et visée par le sous-préfet. 

Les dépôts sont reçues à la mairie, le dimanche et le lundi de chaque semaine 
de H heures du matin à 2 heures après-midi. 

Administrateurs : MM. le Maire, président; Boullay, Martinet, Ravin, Gouffier, 
Roblot, de Bourste, Mondot de Lagorce, Petit-Mignot, Desmaisons, Milon, N... 

Caissier : M. Quéru, à Auxerrc. 

CAISSES d'épargne DES ARRONDISSEMENTS. 

MM. Chausson, caissier à Avallon; — Courcier, caissier à Joigny; — Gâteau, 

caissier à Sens; — Ravaux, caissier à Tonnerre. 
La caisse de Sens a une succursale à Chéroy, Pont-sur- Yonne, Sergines, Ville- 
neuve-l'Archevêque, Villeneuve-la- Guyard et Thorigny. 
La caisse de Joigny a des succursales à Brienon-l'Archevôque. 
La caisse de Tonnerre en a une à Kavières. 

CAISSES d'épargne DES CANTONS. 

Saint-Florentin, caissier : M. Dubois. Villeneuve- sur- Yonne, caissier : M. Benoit* 

ASSOCIATION POUR L'EXTINCTION DE LA MENDICITÉ A AUXERRE. 

Cette institution, fondée en 1841, a pour but la distribution de secours à 
domicile aux familles indigentes. 

Indépendamment des revenus du bureau de bienfaisance, ses ressources 
consistent dans une allocation municipale qui s'est élevée quelquefois jus- 
qu'à 6,000 fr., et surtout dans les souscriptions annuelles consenties volon- 
ttairement par les habitants qui veulent bien s'associer à cette œuvre chari- 
table. Les souscripteurs sont au nombre d'environ -sept cents, et les soub- 
criptions se montent, année moyenne, à près de 9,000 fr. 



442 

Comité : le Maire, président; MM. Marie, jugp, Blln, Sauvalle aîné, Lar- 
feuil, trésorier, N..., secrétaire. 

Ce comité tient ses séances le dernier jeudi de chaque mois, à PHÔtel de 
ville. 

Cet établissement, qui a déjà 24 années d'existence, a produit jusqu'ici 
les résultats les plus satisfaisants. Son organisation, qui est très-simple, pour- 
rait conséquemment être facilement imitée dans beaucoup de localités. Elle 
offre le moyen le plus sûr de distribuer les secours avec discernement et sou- 
vent d'aller en porter au pauvre honteux, qui cache sa misère et reste ainsi 
exposé aux plus cruelles privations. 

ATELIER DE CHARITÉ D'AUXERRE. 

Cet établissement, fondé il y a quelques années, est dû à la générosité de 
M. Laurent-Lesseré, qui a fait don, pour sa création, d'une somme de 2,000 f. 

Il est destiné à donner, pendant la mauvaise saison, du travail aux ouvriers 
de certaines professions qui peuvent en manquer à cette époque de l'année, 
ou à de pauvres femmes âgées et même infirmes qui n'en trouveraient pas 
ailleurs. 

On y confectionne du fil, des toiles, des souliers, des bas de laine et des 
chaussons de tresse. La plus grande partie de ces objets est vendue à THôtel- 
Dieu et à l'Asile des aliénés , l'administration supérieure ayant sagement 
autorisé ces deux établissements à traiter, à cet effet, à l'amiable avec la 
commission de l'atelier de charité. 

L'établissement est dirigé par une commission composée de : 

MM. Sauvalle, président ; Blin, professeur au collège ; 



Larfeuil; 



N... 



SALLES D'ASILE, 

Une salle d'asile est établie à Auxerre dans les bâtiments de l'ancienne 
gendarmerie, sur la paroisse de Saint-Etienne, et reçoit environ 150 enfants 
des deux sexes. La direction en est confiée à une des sœurs de la Présentation 
de Tours. 

Il existe aussi une salle d'asile sur la paroisse Saint-Eusèbe, rue Basse- 
Perrière, et une autre salle d'asile, cour Saint-Pierre, tenues toutes deux 
par les sœurs de If; présentation de Tours. 

Ces établissements sont sous le patronage d i Conseil municipal. 

A Sens, salle d'asile communale et salle d'asile tenue par les dames de 

Saint-Vincent de Paul. 
A Joigny, — les sœars Saint-Aude et Saint-Mesmin. 

A Tonnerre, — les sœurs de la Présentation . 

ORPHELINATS D'AUXERRR. 

Orphelinat sur la paroisse Saint-Pierre, tenu par les sœurs de la Présen- 
tation de Tours. 

Cet Orphelinat estpatroné par M. le curé de cette paroisse et par une ré- 
union de demoiselles, dont Mlle L. de Billy est présidente, et Mlle M. de 
Bourste vice-présidente. Dans cet établissement sont placées à l'âge de neuf 
ans les enfants abandonnées et les orphelines. Ces enfants suivent les cours 
de l'école gratuite et sont exercées aux travaux à Taiguille. 

Orphelinat tenu par les dames religieuses de Saint-Vincent-de-Paul, place 
Lebeuf, ayant le même but. 



443 

SOCIÉTÉ DE CHARITÉ MATERNELLE D'AUXERRE. 

Cette Sooiété a pour but de fournir des secours aux femmes en couches 
dans rindigence. 

Madame Sohibr, présidente de l'œuvre, hôtel de préfecture. 
Membres de droit du Comité : M. le Curé de la cathédrale et M. le Maire. 
Conseil d'administration : Mmes Sauvalle, Chérest, Ri bière et Marey, et 
Mlles Duché et Lefèvre, 

Trésorier-secrétaire : M. de Bonàld, receveur général. 

CONFÉRENCES 08 SAINT VINCENT DE PAUL. 

Il existe plusieurs de ces Sociétés de biéftfaisance tant aux chefs-lieux d'arrondis- 
sement que danr> quelques chefs-lieux des cantons. Ces sociétés ont été approu- 
vées par arrêtés préfectoraux en exécution de la Circulaire ministérielle du 16 oc- 
tobre 1861. 



SOCIETES DE SECOURS MUTUELS. 

ARRONDISSEMENT D'AUXERRE 

Société de Prévoyance et de Secours mutuels d'Auxerre, président : M. Laurent- 
Lesfieré. 

Société de Saint-François Xavier, président : M. Mondot de Lagorce. 
Société de Secours mutuels d'Accolay, président : M. Momon. 
— — de Vermenton, président : M. E. Lemaire. 

ARRONDISSEMENT D'AVALLON. 

Société d'Assistance mutuelle d'Avallon, président : M. Béthery de la Brosse. 
Société de Secours mutuels de Sauvigny-le-Bois, président : M. de Bertier de 
Sauviçuy. 
Société de Secours mutuels de Vézelay, président : M. RegnauU. 

ARRONDISSEMENT DE J0I6NY. 

Société de Secours mutuels de Joigny, président : M. Lavollée. 

— — de Brienon, président : M. Delécolle. 

— — et des Amis de l'Ordre de Césy, présid. : M. Beadlt. 

— — des sapeurs-pompiers de Mi^ennes, président: N... 

— — de MUeneuve-sur- Yonne, président : M. Bissofinier. 

ARRONDISSEMENT DE SENS. 

Socif'té d'Union et de Secours mutuels, président : M. Cornisset-Lamotte. 
Sociflé ' e Saint-François-Xavier, prési^tent : M. Duchemin. 
Société de Secours mutuels de Cliéroy, président: M. Fauvillon. 

— — des Sièges, président : M. Boudard. 

— — des sapeurs- pompiers de Ponl-sut- Yonne, président : 

M. Vacher. 

— — de Soucy, président : M. Guichard. 

— — de Montacher, président : M. Ancelot. 

— — de Sl-Maurice-aux-R.-H., président: M. Dromain. 

— — de Paron, président : M. Harly-Perraud. 

— — de Saint- Valérien, président : M. Claisse. 

— — de St-Thomas de Cantorbéry à Vallery, président : 

M. le comte de Rochechouart. 

— — de Villeblevin, président : M. Gallois 

— — de Villeneuve-l' Archevêque, président : M. Juste. 

— — de Voisines, président : M. Lhoste. 

— — de Saint-Paul, à Thorigny, président : M. Souy. 



444 

IRRONDISSEMENT DE TONNERRE. 

Société de Secours mutuels des sapeurs-pompiers de Tonnerre, président : M. Rol- 
land. 
— . — des ouvriers réunis de Tonnerre, prés. : M. Ravaux. 

!•• — — desvignerons de Tonnerre, présid.: M. Lemaire-Berton. 

2' — — — — présid. : M. Mu nier- Portier. 

— —de Noyers, président : M. N .. 
_ _ de Serrigny, président: M. N... 

- — d'Arthonnay. président : M. N... 

SOCIÉTÉ DE SECOURS MUTUELS ENTRE LES INSTITUTEURS PUBLICS 

DU DEPARTEMENT. 

Autorisée îe 25 novembre 1842. 

Président, M. Lerafï, inspecteur de l'Académie ; trésorier, M. Peltier, insti- 
tuteur communal; secrétaire, M. Dorlhac de Borne, directeur de l'E- 
cole normale. — La commission se compose, en outre, de MM. Colin 
et Prot, inspecteurs d'arrondissement, et de cinq instituteurs délé- 
gués. 

ASSOCIATION FRATERNELLE DES ANCIENS ÉLÈVES 

DU COLLEGE D'AUXBRRE. 

Fondée en 1859, cette association a pour but d'établir, entre les anciens élèves 
du collège d'Auxerre, un centre commun de relations amicales et d'assistance fra- 
ternelle et de coopérer en même temps, dans la mesure des ressources de la so- 
ciété, au maintien de la haute réputation du vieux collège fondé par Jacques Amyot. 

Membres du Comité : MM. le docteur Flandin, à Paris, président : Salle, avocat 
général à la Cour impériale de Paris; Tbouard, notaire, secrétaire -tréso- 
rier; Tambour, avocat; Duplan, négociant; Binoche, avocat; Ghalle, mem- 
bre du Conseil générai de l'Yonne, délégué général de l'association; Don- 
denne, délégué du trésorier; Munier, principal du collège d'Auxerre; Perri- 
quet, imprimeur à Auxerre. 

ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DU COLLÈGE DE SENS. 

Président : M. Amédée Decbambre, à Paris ; 

Trésorier: M. Pinard 0. ^, directeur du comptoir d'escompte, rue Bergère, <4, 

à Paris; 
Membres : MM. Jarry (Louis-Frédéric), lîègue (Paul) et Trinqussee aîné, à Paris; 
Mancel et Alfred Salleron, à Sens. 

ASSOCIATION DES DEMOISELLES ÉCONOMES A SENS. 

Cette association, fondée à Sen?, a pour but de secourir les ieunes filles 
pauvres, de leur apprendre à travailler et de les placer convenablement. 

Elle est placée sous la surveillance des sœurs de la Sainte-Enfance. 

Les moyens d'action de cette Société sont dus à la charité publique 
et aux versements réguliers des associés. Cette association, toute philanthro- 
pique, a été fondée en 1827 par Mlle Chalambert. Les demandes doivent 
être adressées aux demoiselles conseillères de l'œuvre, MM"'^ Guyot, 
présidente ; Giguet, secrétaire ; Lequeux, trésorier; Aucher, Ce Bonnaire, 
Chaney, Dulphy, Jalleton sœurs, JuUiot, Mancel, Prieur, Roze, de Séré- 
Tille, Simon, Sottier et Vignon. 



TROISIEME PARTIE. 



• STATISTIQUE, SCIENCES & ARTS. 



1866. 



TROISIÈME PARTIE 



STATISTIQUE, SCIENCES & ARTS. 



UN AMI DE HENRI IV. 



S*il vous arrive jamais de passer à Savigny-en-Terre-Ptaine, 
n'oubliez pas d'entrer dans la modeste église située au mi- 
lieu du village. Parmi les tombes seigneuriales qu'elle ren- 
ferme, vous remarquerez deux grandes statues en pierre, 
représentant un chevalier et une dame à genoux, les mains 
jointes, devant un prie-Dieu. Le chevalier porte au cou les 
insignes de plusieurs ordres, et son épouse annonce, par sa 
coiffure et ses vertugadins, une dame de la Cour sous 
Louis XIII. 

Ces statues, remarquables par leurs dimensions^, sinon 
par leur exécution, représentent François de La Magdelaine, 
marquis de Ragny, l'homme le plus considérable de l'Aval^ 
lonnais au xvi* siècle, et Catherine de Uarcilly-Cypierre, son 
épouse. 

La noble figure de ce seignear, dont la biographie ii*â 
jamais été faite, mérite d'éire placée au méjne rang que les 
maréchaux de France de l'Avallonnais, bien qu'il n'ait oe*- 
cupéque les fonctions de maréchal de <)amp (i). 

François de La Magdelaine, fils de Girard de La Hagde- 
laitte 6t de Claudine de Damas, est né à Ragny, le 33 aoftt 



(1) Gourtepée fait mourir Ragny avec le bâton de maréchal de 
France : c'est une erreur que nous avions jrepofoduite aUlearâ* 



1543 (1). Son père fut tué la même année au siège de Lan- 
drecies, sous les ordres du duc d'Orléans. 

Epouse infortunée et mère malheureuse, Claudine de Da- 
mas eut, deux ans après, la douleur de perdre un de ses fils 
à la bataille de Saint-Quentin. Laissée veuve avec trois en- 
fants, dont le plus jeune, François, était âgé de quelques 
mois seulement, elle épousa, pour lui donner un protecteur, 
Humbert de la Platière, seigneur d'Epoisse, plus connu sous 
le nom de maréchal de Bourdillon. 

François de La Magdelaine fit ses premières armes sous 
les ordres de ce capitaine, qui avait la réputation d'être un 
des plus braves de la cour ; car on disait alors : 

u Ghasteigneraye, Vieilleville et Bourdillon 
n Sont les trois hardys compaignons. h 

La Magdelaine n'avait que quinze ans au décès de sa 
mère, et ne prit possession de la terre de Ragny que quel- 
ques années plus tard, par suite d'arrangements entre son 
tuteur et son beau-père, arrangements qui lui valurent de 
longs procès avec Françoise de La Platière, femme tracas- 
sière et acariâtre, nièce et héritière du maréchal de Bour- 
dillon. 

Avant d'avoir été seulement nommé écuyer, François de 
La Magdelaine avait été, par la protection de son beau-père, 
reçu page de Henri II : il fut, après ta mort du maréchal de 
Bourdillon, en 1567, pourvu de la charge de bailli d'Âuxois. 
Il se lia alors étroitement avec le jeune Cypierre, dont le 
père, gouverneur du futur roi Charles IX, était, au dire de 
Brantôme, « le plus brave seigneur qui fut jamais ; loyal, 
« franc, ouvert et du cœur et de la bouche, il n'avait jamais 
f( fait étudier son élève dans les chapitres de dissimulation.» 
Au reste la réputation du brave Cypierre n'eut jamais à souf- 
frir de la dissimulation de son élève. 

Brantôme ajoute ailleurs : « Cette race des Cypierre est 
4( très-bonne, et les greffes en doivent être très-soigneuse- 
« ment conservées, comme de bons fruits en un jardin. » 

Cypierre et Ragny avaient acquis une réputation de force 
et d'adresse dans les tournois, où on les vit souvent figurer. 
Le protestant Agrippa d'Aubigné cite surtout Ragny comme 

(i) Sainte-Folz, t Vil, p. 891. 



le plus rude jouteur de son temps. Ce dernier voulant res- 
serrer les liens de Taffection qui l'unissaient à Cypierre, 
épousa, à Tàge de vingt-cinq ans, la sœur de son ami (93 dé- 
cembre 1572) (i). 

La Magdelaine rendit de grands services à Charles IX et 
Henri II, et se fit remarquer toujours par un zèle pour le 
catholicisme que la politique ou les intérêts personnels ne 
firent jamais varier. Il déploya un grand courage sous les 
ordres du duc d*Anjou au siège de La Rochelle, son premier 
fait d'armes, et en revint grièvement blessé, en repoussant 
une sortie (2). 

Pendant les guerres de la Ligue, Ragny fut en Bourgogne 
l'un des plus ardents défenseurs de la cause royale. 

Après la révolte de Paris et la journée des barricades, il 
fut envoyé par Henri III pour maintenir dans l'obéissance les 
habitants d'Auxerre, auxquels le roi écrivait : 

« Chers et bien aimés, 

« Envoyant présentement en nostre pays de Bourgogne le 
sieur de Ragny, chevalier de nos ordres, capitaine de cin- 

Juante hommes d'armes de nos ordonnances, nous lui avons 
onné charge de vous voir et de vous dire de nostre part, 
qu'estant asseurés que vous aurez un grand regret aux cho- 
ses qui sont advenues en nostre ville de Paris, ainsi que tous 
les gens de bien, nous nous promettons que cela ne nous fera 
pas penser à cesser ce que requie^rt le devoir des bons et 
loyaux sujets; mais que plustôt résistant aux mauvaises im- 
pressions que Ton pourrait essaier de vous donner, vous de- 

(1) De son aUianceavec Catherine de Marcilly-Cypierre Ragny eut 
dix enfants : 

1° Léonor de La Magdelaine, après lui marquis de Ragny. 

2* Jacques, comte de Ragny. 

3" Claude, évèque d'Autun. 

4* Anne, abbesse de Saint- Jean d'Autun. 

5"* Louise, abbesse de Saint-Julien d'Auxerre. 

6" Gabrielle, abbesse de Saint-Julien d'Auxerre, après sa sœur. 

7» Jeanne, abbesse de Reconfort. 

8° Françoise, femme de Jacques de Vienne, comte de Gommartin, 
lieutenant du roi en Bourgogne. 

9* Marguerite, mariée à Louis de La Rivière, et en secondes noces 
à François de Rabutin. 

10* Magdelaine, morte sans alliance. 

(2) Histoire de de Tho^, t. ill, p. 849. 



6 

naeureroz fermes et CQ&stants en la révéraiice et TobëisftaQee 
que vous devez Batnrellement à vostre Roy, et vous tenant 
toujours joints et bien unis avec lui, qui n'a aucune volonté 
ni intencion que de vous faire sentir, comme à tous ses autres 
sujets, un bon et favorable traitement selon que les promesses 
par effet. 

« Chartres, vingtième jour de mai 4588. 

« Henhy. » 

Après la mort de Benri III, Ragny fut un des premiers à 
reeonnattre Henri IV : il agit en cela contrairement à un 
grand nombre de seigneurs catholiques, qui soutenaient les 
droits du peuple à choisir son gouverneur, pour ne pas se 
rattacher au principe d'hérédité, qui devait mettre la cou- 
ronne sur la tête d'un prince protestant. 

On n'a pas à raconter ici la part active que Ragny prit aux 
événements du pays. On rappellera seulement que ce seigneur 
attaqua, avec le comte de Tavannes, la ville de Montbard, dé- 
fendue par le duc de Nemours, frère de Mayenne, et qu'il fut 
blessé au siège d'Âutun. Il défendit ta ville de Noyers contre 
les forces du vicomte de Tavannes, réunies à celle de Joa- 
chim de Rye, marquis de Treffort, et les battit complètement 
près de Joigny. 

Trois ans après, il fut rappelé par les habitants de Noyers, 
qui voulaient chasser du château la garnison d'Antoine 
Duprat, baron de Yilteaux, dont la tyrannie et les exactions 
étaient incroyables : mais Ragny fut encore blessé dans un 
des assauts. Nous omettons de citer tous les bourgs et villa* 
ges dont ce courageux chevalier fit le siège, et dont il s'em- 
para. On voit aussi, dans la Satyre Ménippée (1), qu'il fut fait 
prisonnier dans une sortie, et qu'il ne fut élargi que sous la 
caution de Sully. 

Ce n'est point sans surprise que Ton vit madame de Ragny 
donner des ordres en l'absence de son mari, et diriger un 
siège comme celui de Montréal, dont les royalistes s'empa- 
rèrent en 1590. Etant accouchée au plus fort de la guerre 
civile, elle secondait encore son mari dans son rôle de chef 
de parti, et écrivait, quatre jours après ses couches, au4uc 
de Nevers, pour lui donner avis des projets de l'ennemi et 
trouver moyen de les combattre. 

(1) Dialogue du Maheustre «t du Maaapt. 



Celte pai^licipation des femmes au commandement était 
une tradition des mœurs du xv* siècle, et se lie à Thistoirede 
beaucoup de châteaux. Cette mission donnait aux femmes 
un caractère particulier d'énergie, qui doublait la force du 
pays. 

Toutes les correspondances de Ragny et du duc de Nevers, 
conservées à la Bibliothèque impériale dans le fonds Béthuqe, 
sont fort curieuses. Les archives d*Avallon et du château de 
Ragny contiennent aussi des lettres fort intéressantes pour 
rhisloire du pays et dont la plupart méritent d'être con- 
servées. 

Sans cesse Ragny s'efforçait de ramener par de pressantes 
sollicitations les Avallonnais an parti royaliste; mais les 
têtes étaient trop exallées. Ayant été chargé de faire payer 
les tailles aux habitants, qui trouvaient toujours de nouveaux 
prétextes pour éluder la question, il leur écrivit le troisième 
jour d'août 4 593 : 

« Messieurs, par la réponse que vous fltes dimanche à 
celle que je vous avais écrite par mon tambour, vous me de- 
mandâtes qu'éiiez si occupés à vos dévotions, que vous n'a- 
viez psis pu vous assembler ce jour-là pour prendre une réso- 
lution sur l'objet duquel je vous donnais avis. Et parce que je 
n'ai point eu depuis de vos nouvelles, je vous ai bien voulu 
faire cette recharge, par laquelle je continuerai de vous faire 
toujours prière de ne vouloir tant être ennemis de vous 
mêmes, que de vous attirer des maulx, où, à mon grand re- 
gret, je vous vois préparés, si par vos prudences vous ne té- 
moignez que vous ne voulez point être perturbateurs d.e 
l'Etat. Ce que je vous en dis. Messieurs, n'est que pour votre 
utilité ; car vous remettant en l'Qbéissançe du Roy, le bien 
vous en demeurera, et fesant autrement, c'est le gain de vos 
garnisons qui ne demandent que d'avoir de l'exercice aux 
dépens des pauvres mal avisés. Je vous supplie d'y bien pen- 
ser et vous dépouiller tellement de vos passions, que la rai- 
son vous ramène plutôt en ce beau chemin que la nécessité : 
ce $era le moyen de convier le Roy de vous faire quelque 
grâce des tailles que vous lui devez du passé ; à quoi je m'of- 
fre, si vous voulez biep suivre mon conseil, 4^ vous y servir 
au voyage que je dois faire, de tout mon pouvoir. Et si cela 
n'est, vous aviserez, s'il yous plaît, de satisfaire à yous en 
acquitter, et, poiir n'être point surpris, j^aî pensé vQus eu 



8 

envoyer par cette occasion les huit derniers billets qui ont 
été déportés par messieurs les Eslus à la garnison de Mont- 
Béai ; qui est tout ce que je puis vous dire, me recomman- 
dant affectionnement à vos bonnes grâces, et veulx demeurer, 
Messieurs, votre affectionné voisin à vous servir. 

« Troisième jour d'août i 593, 

« Ragny (1).» 

Toutes les réponses qui furent faites par les Àvallonnais au 
sujet de ces tailles furent peu favorables, et Ton se vit dans 
la nécessité de continuer une guerre dont les habitants de la 
campagne avaient à supporter les principaux frais. 

Ragny, qui ne craignait rien tant que de faire souffrir le 
pauvre peuple, et dont le seul désir était de ramener par voie 
de douceur et de persuasion les forcenés ligueurs, profita de 
la conversion de Henri IV pour tenter d'ébranler par d'affec- 
tueuses exhortations les bourgeois de la ville d'Â vallon : 

« Messieurs, 

« Je ne puis oublier le voisinage qui est entre nous, et par 
conséquent ne pas vous souhaiter du bien, lequel ne peut 
vous fuir, si vouis voulez penser en vous et vous ressouvenir 
de l'obéissance que doibvent tous bons Français à leur roi, 
laquelle n'a été plus légitimement due à nos cy-devant qu'elle 
est à celui qui est de présent régnant, l'ayant Dieu appelé à 
cette couronne pour y succéder, comme les autres prédéces- 
seurs, l'en ayant rendu encore plus digne par sa conversion 
en la vraye religion catholique, apostolique et romaine, en 
continuant l'exercice d'icelle avec telle sincérité et dévotion, 
qu'un tel'grand prince doit tant pour ce qui est de son salut 
qu'exemple à son peuple. Je crois. Messieurs, que c'est tout 
ce que les bons Français catholiques pouvaient désirer. Que 
peut-on donc plus alléguer, que ce qui lui soit du ne lui soit 
rendu comme il a été rendu à César? Ne soyez des dernières 
villes à lui montrer que vous lui voulez obéir, afin qu'en soyez 
tant plus reconnus et estimés, et ne vous rendez point parti- 
sans ni associés d'autres qu'auraient quelque damnable opi- 
nion contraire. L'on m'a adverti queMeaux s'est déclaré pour 
son service et obéissance, dont les étrangers qui sont dans 

(1) Mémoires historiques de Tabbé Breuiilard, (f après les archives 
de Ragny. 



Paris et .quelques uns de ceulx qui n'ayment le repos sont 
extrêmement Àchés. Ceux du dit Meaux disent que le prétexte- 
qu'on avait pris pour n'obéir est levé par sa conversion, et 
qu'ils ne peuvent rendre obéissance à un plus grand roi, et 
s'asseurent que la pluspartdes bonnes villes qui aymerpntle 
repos feront de même. Il désire, Messieurs, que me fassiez 
quelque bonne réponse selon le sujet que dessus, afin que, 
vous étant résolus d'obéir à ce brave et valeureux roi, que je 
ferai entendre à sa majesté ; m'étant advis que pour la charge 
que j'ai en cette province, je vous ay du faire la présente ; 
vour êtes assez saiges pour considérer que ne vous peut ar- 
river que toutes infortunes, voulant prendre quelque conseil 
au contraire. Je serais très- aise que quelqu'un de vous me 
vint trouver en ce lieu, ce que pourriez faire avec telle seureté 
que pourriez désirer, afin que plus particulièrement je vous 
fasse entendre les raisons pour lesquelles je vous persuade de 
ce que dessus. Vous jugerez que je ne vous vante que tout 
bien, Sa Majesté ne demande que la paix avec ses sujets; 
ceux qui ne la désirent, je ne fais pas double que Dieu ne les 
punisse. Je le supplie, après m'étre recommandé aflFectueu- 
sement à vos bonnes grâces, vous avoir, Messieurs, en sa 
sainte et digne garde. 
« A Ragny, le 25 janvier 1594. 

« Votre affectionné et meilleur ami, 

« Ragny (1). » 

Si ces lettres n'avaient pour nous /l'autre intérêt que la 
simplicité du style, il serait inutile de les citer ici ; mais ne 
nous peignent-elles pas aussi le caractère franc et loyal du 
personnage, son amour du bien public? Et si l'homme se 
trahit par son style, comme l'a dit Buffon, n'admirerons-nous 
pas cette grandeur d'âme, cette politesse exquise, cette fer- 
meté voilée sous les termes les plus respectueux, ce senti- 
ment de piété profonde I Nous honorerons la mémoire de ce 
noble chevalier avec un respect d'autant plus grand que les 
hommes de cette trempe furent rares, et jusqu'ici nous n'a- 
vons rien trouvé contre Ragny qui pût infirmer son éloge. 

Bientôt on apprit que Lyon avait ouvert ses portes à 

(i) Mémoires historiques de Pabbé Breuillard, d'après les archives 
de Ragny. 



10 

Henri lY. François de La Magdelaioe essaya de tirer pfirti de 
cet incident pour ébranler de nouveau la résolution des 
Avallonnais; mais ceux-ci, soutenus par le vicomte de Tavan- 
nés, qui leur promettait appui et protection, résistèrent en- 
core. Ragny eut du moins la satisfaction de gagner à sa cause 
le gouverneur de Vézelay, Rochefort Pleuviaut, son neveu. 
La lettre que Henri IV lui écrivit pour lui apprendre son en- 
trée à Paris n'CwSt pas sans intérêt, et a de plus le mérite d'être 
inédite (1) : 

« IHonsieur de Ragny, je ne veux plus longuement vous 
celer que, par la prudente et saige conduite de mon cousin le 
maréchal de Brissac, je suis entré ce matin au point du jour 
dans ma bonne ville de Paris. Il n'y a pas eu une seule mai- 
son pillée, ni presque aucune effusion de sang, à l'exception 
de vingt ou treate, tant lansquenets que des plus séditieux 
habitants, qui voulaient s'opposer à ce que j'avais déjà fait 
entrer de noblesse et de troupes. J*ai été receu à U commune 
volonté et franchise de tous les autres, qui me sont venus re- 
cevoir les bras estendus et les portes ouvertes, avec la plus 
grande allégresse et démonstration de joie; ce que les gens 
de guerre étrangers ayant reconnu, ils se sont retirés dans 
leurs quartiers, et m'ayant requis de leur permettre de sortir 
de la ville, je leur ai volontairement accprdé cetle grâce, 
ainsi qu'au duc de Feria et à dom Diego Dybarret. Il ne reste 
plus que la Bastille dont je me promets la prise^ dès que 
j'aurai de Tartillerie et des munitions auprès de moi, qui 
sera dans deux ou trois jours, quelque démonstration que 
Bourg qui est dedans fasse de vouloir tenir bon, qui n'a tou- 
tefois que sa garnison ordinaire, désespérée de toute ayde et 
de tout secours, ce que je vous ai voulu faire entendre, afin 
que vous en faciez rendre grâces publiques à Dieu, en ce qui 
peut dépendre de vostre charge, comme je l'ai fait ici en la 
grande église de cette ville, quatre heures après mon entrée 
en icelle, en laquelle s'est trouvé une grande multitude des 
dits habitants, si privés et si familiers avec nous qu'il sem- 
ble que mon amitié y a été toujours recogneue, ce que je 
vous prie faire profiter à Tendroict de vos voisins, qui ne 



(1) Cette lettre manque à la volumineuse pu)}licalion des lettres 
iDVQ^ye^ de Ijenri IV,. par ^erger de X,ivrey. Elle est aux archives 
d'A vallon, chap. LU, guerres et (roubles, n" 25. 



44 

peuvent plus désormiU s'exeiiser de leur rébellioD, emnt 
couviez à me recognattre par exemples si signalés. Et sur ce 
je prieray Dieu qu'il vous ayt, Monsieur de Ragny, eu sa 
sainte et digne garde. 
» Eseript à Paris, le SS» jour de mars 4 594. 

« Henry. » 

Le langage affectueux de cette lettre prouve assez quelle 
estime le roi avait pour un sujet auquel il devait bien une 

()ortion de sa couronne. Aussi, dès que Ragny eut transféré 
e bailliage de Mont-Réal à Avallon, et qu'il vint à Dijon fé- 
liciter Henri IV sur son installation, fut-il appelé avec 
Cypierre, Rochefort et plusieurs autres, le père de la patrie. 

Quelques mois après, François de La Magdelaine rendait 
un autre service à son maitre, en empêchant la tentative 
d'assassinat de Jean Châtel dans l'hôtel de la belle Gabrielle 
d'Estrée, connu plus tard sous le nom d'hôtel du Bou- 
chage (4). 

Henri IV donnait alors audience aux sires de Ragny et de 
Montigny, avec lesquels était entré un monde considérable : 
au moment oii il se baissait pour embrasser Ragny, il re- 
çut dans le visage un coup de couteau, que le meurtrier laissa 
tomber pour prendre la fuite. Le roi, étourdi par la rapidité 
avec laquelle le coup avait été porté, se crut frappé par ce 
gentilhomme : « iA/ Cousin, tu m'as blessé, » s*écria-t-il. 
Mais Ragny se jetant à ses pieds, répondit : « A Dieu ne 
plaise. Sire, que f aie eu la pensée de toucher ni blesser votre 
Majesté ; je n'ai sur moi que Vépée qui est à mon côté (2).» 

Sully était présent à cette scène et craignit tout d'abord 
que le coup n'eut porté dans la gorge, en voyant le roi couvert 
de sang : mais Henri IV les rassura, et l'on vit bientôt qu'il 
n'avait d'autre blessure qu'une lèvre fendue. Le poignard de 
l'assassin avait été arrêté par une dent qui s'était cassée. Le 
meurtrier, aussitôt arrêté, déclara se nommer Jean Châtel : 
il sortait du collège des Jésuites et chargea assez gravement 
ces pères. 

Le roi, devant qui se faisait la première interrogation, dit 
avec une gatté et un sang-froid extraordinaire en pareille cir- 
constance, qu'il savait d^à par la bouche de beaucoup de 

« 

(1) Piganiole, t. III, DescrîpUon de Paris. 

(3) Bibliothèque impériale, manuscrits, voi. 9053. 



4S 

Sens que les Jésuites ne Taimaient point, mais qu'il venait 
'en être convaincu parla sienne propre (1). 

Quinze jours après cet événement, Bagny et Hontigny fu- 
rent nommés chevaliers du Saint-Esprit, dans la même pro- 
motion que le cfuc de Bellegarde, Cossé-Brissac, Humbert de 
Marcilly-Cypierre, etc. 

Henri IV récompensait ainsi les services de quelques gen- 
tilshommes, auxquels il ne pouvait accorder que des hon- 
neurs. Bagny depuis longtemps ne touchait pas ses gages de 
bailli d'Auxois, attendu qu'il n'y avait plus de fonds, et cette 
fonction lui était plus à charge qu'à profit. Bien plus, il four- 
nissait au roi des secours d'hommes et d'importantes som- 
mes d'argent, pour lui faciliter la prise d'Amiens, que les 
ennemis venaient de lui enlever. 

Cette amitié profonde, ce zélé désintéressement^ ce dévoue- 
ment sans bornes, méritaient une récompense éclatante. Du 
camp même de cette ville d'Amiens, qu'il devait à la généro- 
sité de François de la Magdelaine, Henri IV, par une ordon- 
nance du mois de juin 4 597, érigea en marquisat la terre de 
Bagny, les châtellenies de Mont-Béal et de Beauvoir, avec 
vingt-huit bourgs, villages ei hameaux circonvoisins. 

Les termes flatteurs de ces lettres patentes, et les glorieu- 
ses prérogatives qui y sont attachées méritent d'être cités. 

La charte dit que, « pour récompenser les fidèles, assidus, 
grands et importants services que François de La Magde- 
laine, son amé et féal chevalier, conseiller d'Etat, bailli 
d'Auxois, gouverneur et lieutenant général du Nivernais, avait 
rendus aux rois ses prédécesseurs, ainsi qu'à Sa Majesté 
elle-même, sans compter ceux qu'elle comptait encore en re- 
cevoir en la conservation de l'Etat, de l'obéissance duquel il 
ne s'était jamais départi, mais avait constamment persévéré 
parmi les tumultes et rébellions les plus débordées, qui 
avaient eu cours pendant lés derniers troubles, n'ayant épar- 
gné ni soins, ni moyen pour assister le feu frère de sa Majesté 
en occasions si périlleuses, auxquelles il avait été employé, 
il érigeait en nom, titre, dignité et prééminence de marquisat 
les terres de Bagny, Cisery,^ Trevilly, Beauvoir, Mont- 
Béal, etc. » 

Il faut croire que l'adjonction de la châtellenie de Mont- 
Béal au marquisat de Bagny ne plut pas à Messieurs du 

(i) Sully, mémoires, liv. IV. 



43 

Parlement de Dijon ; car un arrêt de la même année por- 
tait que cette chatellenie, faisant partie du domaine du roi à 
cause du duché de Bourgogne, ne pouvait et ne serait pas 
comprise dans le marquisat. 

Ragny n'était du reste que seigneur engagiste de ces der- 
nières terres ; mais il racheta plus tard, moyennant dix- 
sept mille écus, sans autre réserve que le droit et homr 
mage, la chatellenie de Mont-Réal, et on annexa à son mar- 
quisat, par ordre du roi, les bourgs et villages de Guillon et de 
Saint-André. 

On voit aux archives d'Avallon diverses pièces attestant 
l'opposition faite par les officiers du bailliage, à qui ces dis- 
positions préjudiciaient", mais le roi, par arrêt de 1609, 
maintint les clauses précédentes et en ordonna l'exécution 
selon leur forme et teneur, sans préjudice du dommage causé 
au bailliage d'Avallon. 

Le marquis de Ragny occupait depuis longtemps la charge 
de gouverneur du Nivernais, quand il fut nommé maréchal 
de camp. 

On peut juger de Testimeque Henri IV portait à son fidèle 
I^âgny» par l6 trait que raconte Sully dans ses mémoires. Ce 
dernier, auquel le roi avait cependant voué une affection pro- 
fonde, réclamait pour son propre frère la charge du baron de 
Lux, c'est-à-dire la lieutenance du gouvernement de Bresse, 
de Gex et de Charollais. Mais Henri IV la lui refusa, préten- 
dant que cet emploi convenait beaucoup mieux à Ragny, qui 
lui pouvait rendre de plus grands services. Sully témoigna le 
grand mécontentement qu'il éprouva de ce refus (1). 

Après l'assassinat de H^enri IV, Ragny ressentit un tel 
chagrin qu'il se retira rians ses terres, et ne reparut que ra- 
rement à la coar de Louis XIII. D'ailleurs il avait besoin de 
repos. Il conserva cependant quelque temps encore son gou- 
vernement de Nivernais et la lieutenance du Charollais, de 
Bresse et de Gex; mais il se démit de cette dernière fonction 
en 4614, en faveur de son fils aîné, Léonor de La Magdelaine. 
Il conserva également sa charge au bailliage d'Auxois, où il 
était représenté par un lieutenant. Il fut à diverses reprises 
envoyé comme député anx Etats de Bourgogne, honneur dû 
à son expérience et à ses longs services. 

(1) Voir les Mémoires de Sully et les lettres missives de Henri IV, 
publiées par Berger de Xivrey. 



41 

Ce B^est point saRd étonnement que Ton admire le caradère 
de ce noble personnage, né sous François I«% qui avait suc- 
cessiTcment servi de ses conseils et de son épée six rois : 
Henri II, François II, Charles IX, Henri III, H«nri lY et 
Louis XIII. Il avait assisté à plusieurs batailles, dirigé une 
foule de sièges, reçu onze blessures, occupé pendant soixante 
ans les fonctions de hailli d*Auxois. Et chose étrange I pen- 
dant ces longues luttes, où la couronne vermoulue des der- 
niers Talois avait failli être brisée, et pour laquelle il avait 
généreusement versé son sang; pendant cette c^amiteuse 
époque ou tant de seigneurs, à commencer par Henri IV, 
avaient si souvent changé de parti, Ragny était resté sans 
cesse fidèle à ses opinions et à sa conscience. 

Nous n'avons pas fait Téloge de Ragny pour en tirer des 
conclusions de principe, ni pour faire Tapologie d'une époque 
qui fut la plus malheureuse de notre histoire ; nous citons au 
contraire le caractère de ce personnage comme l'une des plus 
remarquables exceptions du xvie siècle. Et quand nous ren- 
controns de semblables hommes,pleins de cœur, amis de Tin- 
dépendance, dévoué par conviction, saluons-les, saluons-les 
bien bas, car ces nobles qualités se rencontrent rarement. 

Ce n'est point sans émotion que Ton parcourt à Ragny le 
manoir de ce seigneur, et les diverses constructions dont il 
embellit cette résidence qui l'avait vu naître et où devaient se 
terminer ses jours. 

Bien que le parc ait été en partie détruit, on peut encore 
admirer les beaux arbres qu'il avait plantés et sous lesquels 
il venait lire Plutarque penidant les loisirs de sa vieillesse. 

Ces chariinilles ont aussi abrité les ducs de Gondi de Retz, 
les ducs de Lesdiguières, le cardinal de Retz, et nous rappel- 
lent le souvenir plus modeste et plus touchant de saint Vincent 
de Paul. 

Le marquis de Ragny mourut en 4 628, âgé de quatre-vingt- 
trois ans. Son corps fut enterré dans l'église de Savigny-en- 
Terre-Plaine et déposé à côté de son épouse. Mais en .4789 
les tombeaux eurent aussi leur révolution, et tandis que l'on 
fondait les cercueils pour faire des balles, on jetait au vent 
les oendres de quelques braves qui, mieux que beaucoup 
d'autres, avaient mérité de la patrie. 

Ernest Petit. 



LES ÉLECTIONS MUNICIPALES D'AUXERRE 

IL Y A CENT ANS. 



(Ce travail a été In à la Société des Soiences historiques et natnrelles de rVonne, 

dans sa séance do 13 octobre 1865). 



Depuis la charte de franchise que le comte Pierre de Cour- 
tenay avait donnée en 1214 aux habitants d'Auxerre et qui 
fut confirmée en 1223 pour la comtesse Mathilde, sa fille, 
l'administration des affaires municipales avait été exercée 
souverainement dans cette ville par douze d'entr'eux, élus 
chaque année au suffrage universel, et que l'on nomma suc- 
cessivement jurés et échevins. Ceux-ci, dans l'origine, choi- 
sissaient un prévôt pour exécuter leurs résolutions, et trois 
bourgeois pour avoir soin des affaires du dehors concernant 
la ville. A une époque qu'on ne connaît pas bien, le prévôt et 
les trois bourgeois, chargés seulement des affaires du dehors, 
furent remplacés par trois gouverneurs du fait commun, élus 
directement comme les échevins eux-mêmes. Ce fonctionnaire 
en trois personnes n'opérait sans doute pas sans des tiraille- 
ments parfois fâcheux, car en 1561, pour ramener Tunité 
dans l'administration, les habitants sollicitèrent et obtinrent 
une ordonnance royale qui leur permettait de remplacer l'un 
des gouverneurs par un maire élu pour deux ans. 

Pour prendre part à ces élections il fallait payer la taille ; 
ceux qui en étaient exempts comme indigents n'avaient pas 
droit de suffrage. Quand venait le jour du comice, les élec- 
teurs étaient convoqués à son de trompe et à cri public dans 
les carrefours. Il ne nous reste aucun document qui nous 
indique comment on procédait. C'était sans doute comme on 



16 

le fait aujourd'hui en Angleterre en pleine place publique et 
au moyen d'un vote par mains levées, à moins qu'après cette 
épreuve l'un des candidats ou ses amis ne demandent le 
scrutin, qui consiste à faire passer chaque électeur devant 
l'estrade du magistrat, lequel reçoit et fait écrire les votes 
qui sont donnés à haute voix et publiquement. 

Ces modes d'élection et d'administration ne donnaient pas 
toujours des résultats irréprochables. On peut lire dans le 
président Chardon et dans la suite que nous avons publiée 
aux Hémoires historiques de Lebeuf, les abus monstrueux 
qu'ils avaient parfois enfantés, les exactions, les dilapida- 
tions, les procès sans nombre, et les emprunts sans mesure. 
En 1637, la ville n'avait pas moins de quarante-quatre 
procès à la fois, portés à Paris, un aux requêtes du palais, 
huit à la cour des aides, dix-sept au conseil du roi et dix- 
huit au parlement. En 1666, Auxerre ne devait pas moins 
de 450,000 francs, quand Colberl crut devoir intervenir 
pour opérer une liquidation qui n'était et ne pouvait 
être qu'une demi-banqueroute. C'est à cette occasion que ce 
grand ministre fit rendre un arrêt du Conseil, portant que 
dorénavant nos oflSciers municipaux ne pourraient faire d'em- 
prunts, pour quelque cause que ce fût, qu'en vertu d'une déci- 
sion prise en assemblée générale des habitants, approuvée 
par les Etats-généraux de la province, et autorisée par le roi. 
Cette mesure fut généralisée trois ans après par une ordon- 
nance de 1669 et entra dès lors dans le droit commun du 
royaume. Colbert crut aussi pouvoir apporter un autre remède 
à ces désordres financiers, en resserrant la responsabilité 
des administrateurs, par une réduction du nombre des éche- 
vins à quatre seulement. 

S'il en était ainsi chez nous, le mal n'était souvent pas 
moindre ailleurs, et peut-être était-il pire encore, quand» au 
lieu d'être données par l'élection, les fonctions municipales 
étaient directement conférées par le roi, et surtout quand elles 
constituaient des offices héréditaires qui se transmettaient 
par succession. 

Est-ce pour mettre un terme aux abus et aux gaspillages 
des administrations municipales de tant de villes, ou est-ce 
aussi et surtout, par l'effet de la tendance constante de la 
monarchie des deux derniers siècles à restreindre et mutiler, 
au profit du despotisme royal, les privilèges particuliers et 



17 

les libertés françaises, que furent rendus par le roi Louis XY 
les édits de 1 764 et 1 765 ? Les histori«n^ sont nauets sur ce 
point. Cho^e singulière I aucun d'eux n*a même mentionné 
ces édits» dont l'effet était pourtant d'opérer une véritable ré- 
valution dans l'administration des villes, en abolissant, à la 
fois, et les offices municipaux et le suffrage universel direct 
qui, eu nombre de provinces, était en possession de nommer 
les municipalités des villes, pour substituer à ces institutions 
on régime bâtard, mi-^parti de privilège et de liberté, et une 
élection à deux et trois degrés par certaines catégories des 
habitants. ide la commune. 

Yoki ce que disposaient ces édits : 

Dans les villes de :4,500 habitants et au-dessus, comme 
dans toutes les villes et bourgs oii pouvaient exister aupara- 
vant ées charges municipales en titres d'office, charges et 
titres qni étaient et demeuraient supprimés, l'administration 
serait à l'avenir exercée par un maire, quatre échevins et six 
conseillers de ville, qui devraient, lorsqu'il s'agirait de procès, 
d'impositions extraordinaires, d'emprunts, d'acquisitions ou 
d'iiliénations, délibérer avec le concours de quatorze notables. 
Ces officiers municipaux et ces notables devraient être élus 
.par les habitants de la manière suivante : « Chacune des ju- 
ridictions et corporations ecclésiastiques, militaires ou ci- 
viles de la ville devait d'abord nommer, en réunion panicu- 
lière, un député. Ces députés réunis à rHôteUde-Ville devaient 
ensuite nommer. quatorze notables, dont la mission était, à la 
fois, et de présenter une liste triple au roi ou aux Etats de la 
province pour le choix d'un maire, et de nommer les éche- 
vins, qui devaient être pris exclusivement parmi les conseil- 
lers de ville, et les conseillers de ville qui devaient aupara- 
vant avoir été nommés notables ; et enfin.de concourir, dans 
les cas qui ont été indiqués plus haut, aux délibérations mu- 
nicipales. 

Il y a tout juste cent ans que cette combinaison si com- 
pliquée était mise à exécution pour la première feis, et cette 
première application suscita à Auxerre une violente explosion 
de querelles, de divisions, de troubles, de procès, de haines 
et de rancunes, qui n'étaient pas encore amorties vingt-cinq 
ans après, et à qui put seule imposer silence et oubli la 
grande révolution politique dont le premier acte s'accomplit 
en 4 789. 

1866. U 



18 

Pour saisir les causes de ces violentes agitations, il faut 
remontera quelques années plus haut. 

En 1754, quand, après cinquante ans d*épiscopat, mourut 
M. de Caylus, Tun des plus persévérants adversaires de la 
bulle Unigenitus, son diocèse, docile à ses enseignements, 
était presque tout janséniste. La génération actuelle ne con- 
nait guère, même de nom, ces querelles théologiques, qui 
avaient divisé l'église et la société française tout entière en 
jansénistes et en molinistes. Je n'ai certainement pas la pré- 
tention de les lui apprendre. Le seul souvenir au'il suffit d'en 
rappeler, c'est que les premiers, qui se signalaient par plus 
d'austérité, une austérité peut-être trop rigoriste, niaient 
l'infaillibilité du pape qui s'était prononcé contre eux par la 
fameuse bulle que je viens de citer, et accusaient de doc- 
trines trop relâchées et d'ambitions trop mondaines les 
jésuites qui étaient l'âme du parti contraire. Le prélat qui 
succéda à M. de Caylus, M. de Cordorcet, voulant de haute 
lutte abattre cet esprit, s'y brisa, et fut forcé, après six ans 
de combat, de résigner son siège. Son successeur, M. de Cicé, 
un méridional habile et rusé, qui voulait arriver aux mêmes 
fins, comprit qu'il fallait agir autrement. Il montra des 
dehors polis et gracieux, il parla de conciliation et de paix, 
et, en tournant sans cesse autour de l'ennemi pour l'en- 
dormir, il employa son esprit qui était plein de ressources et 
de séduction, son crédit qui était grand, ses revenus qui 
étaient considérables, son droit de disposer de toutes les 
cures et de tous les canonicats de la ville, à s'y créer un 
parti qui pût balancer, et, à un jour donné, renverser l'in- 
fluence du vieux parti janséniste. 

L'administration municipale était au pouvoir de ce parti, 
qui comprenait d'ailleurs presque toute la portion riche et 
éclairée de la ville. Il n'entrait dans la pensée d'aucun de ses 
membres qu'on pût l'en déposséder. Etant propriétaire de la 
presque totalité du territoire d'Auxerre, la bourgeoisie domi- 
nait le suffrage universel par la classe nombreuse des vigne- 
rons, qui étaient en quelque sorte ses serviteurs et eu 
presque totalité ses débiteurs. Chaque parcelle de terrain 
possédée par les vignerons était grevée de renies foncières et 
constituées, que le droit d'alors ne permettait pas de rache- 
ter sans l'aveu du créanci r, et dont le total montait à une 
somme énorme. Le rachat, permis par les lois de la révolu- 



19 

tioD, s'est effectué pour la plus grande partie en assignats. 
Aujourd'hui il n'en reste presque plus. Mais quand survin- 
rent les édits de 1764 et 1765, Toccasion parut favorable au 
parti de l'évéque, pour renverser une domination séculaire et 
s'emparer du poste avancé de l'Hôtel-de-Ville. En efiFet, ces 
édits n'accordaient pas le droit de suffrage à tous les habi- 
tants, ils ne le concédaient qu'aux juridictions et corpora- 
tions. Il suffisait donc d'avoir la majorité parmi les députés 
de ces deux catégories. Aujourd'hui, sous notre régime d'éga- 
lité et en quelque sorte de promiscuité sociale, il nous est 
difficile de nous faire une juste idée de la façon rigoureuse 
dont la société était alors classée hiérarchiquement et en 
quelque sorte immobilisée. Chacun naissait et mourait dans 
la condition de ses parents. Les fils prenaient l'état de leurs 
pères. Une tentative pour en sortir eût été partout repoussée 
comme un scandale. Devant la puissance des corps privilé- 
giés nulle individualité n'avait la moindre force. De là était 
venue la nécessité, pour protéger la faiblesse de chacun, de 
réunir en corporations toutes les industries, tous les intérêts 
similaires. De ces corporations il y en avait d'humbles dont 
un personnage aussi puissant que l'évéque pouvait facile- 
ment accaparer les voix. Il y eu avait d'autres un peu plus 
relevées, dont il était facile d'exploiter la jalousie contre la 
noblesse, la haute bourgeoisie et la magistrature, qui tenaient 
alors le commerce en grand mépris et ne perdaient aucune 
occasion de l'accabler de leurs dédains. Enfin il y avait des 
juridictions peu importantes et dont le personnel ne se com- 
posait que de deux ou trois magistrats ou agents d'un ordre 
modeste, et qu'il n'était pas difficile d'entraînei^. Selon un 
curieux document judiciaire que je possède (1), il y avait 
alors à Âuxerre trente-quatre juridictions et corporations 
reconnues, auxquelles les édits donnaient exclusivement le 
droit de suffrage. C'était : 



(4) Mémoire pour les officiers municipanx de la ville d*Auxerre, 
contre les prétendus chapitre de Péglise cathédrale, officiers du 
bailliage, des eaux et forêts et grenier à sel, avocats, procureurs, 
notaires, épiciers, merciers de la ville d'Auxerre, appelant des élec- 
tions faites en ladite ville des officiers municipaux et notables. Paris, 
1870. 



20 

Le chapitre de St-£tienne, Les nobles et militaires, 

Celui de la Cité, Les avocats, 

L*ordre ecclésiastique, Les médecins, 

Le bailliage, Les notaires, 

La juridiction consulaire, Les commensaux (4), 

Celle de la maréchaussée, Les procureurs, 

Celle de la police. Les chirurgiens, 

Celle du grenier à sel. Les bourgeois (2), 

Celle des eaux et forêts. Les orfèvres. 

Les arls libéraux. Les vinaigriers, 

Les. épiciers et apothicaires, Les tailleurs* 

Les perruquiers, Les cordonniers, 

Les pâtissiers. Les serruriers, . 

Les bouchers, Les menuisiers. 

Les aubergistes. Les tisserands. 

Les mariniers. Les vanniers, 

Les boulangers. Les savetiers. 

Les industries ou commerces non classés en termes ex- 
près dans ce tableau étaient réunis, pour la formation en 
corporations, à ceux qui en étaient rapprochés par quelque 
analogie. Quant aux vignerons et cultivateurs, ils en étaient 
rigoureusement exclus. L'agriculture se plaint quelquefois 
encore aujourd'hui d'être négligée et oubliée, quand toutes 
les faveurs sont pour l'industrie, sa rivale. C'était bien autre 
chose alors. Les vignerons ne formaient pas une corporation. 
Ils étaient chez nous la vile multitude, tenue dédaigneuse- 
ment en dehors de la loi, lorsque, même à côté de la corpo- 
ration des cordonniers en neuf, il y avait place encore pour 
celle des cordonniers en vieux. Etonnez-vous, après cela, 
que bien qu'il se soit écoulé 75 ans depuis l'abolition de 
ces lois d'iniquité et d'humiliation, le souvenir de cette ab- 
jection fermente encore au cœur de plus d'un de leurs des- 
cendants, et que le nom générique de bourgeois, dans lequel 



(1) C'étaient ceux qui avaient acheté de ces titres qui exemptaient 
de la taille, dont une partie donnait la noblesse aux enfants des titu- 
laires, et que pour cela on avait plaisamment surnommés des savoîi- 
nettes à vilains, 

(2) On ne comprenait dans cette catégorie que les gen« qui vivaient 
de leurs revenus et sans rien faire. C*est ce qu'on appelait alors pivre 
noblement. 



34 

il comprend tous les privilégiés d'autrefois, soit encore pour 
lui synonyme d'eonemi. 

Telle était la matière électorale que les agents actifs des 
deux partis avarent à faire mouvoir. Ils le faisaient sans 
doate avec la même ardeur, quoique avec des moyens d'in- 
fluence inégaux, mais aussi avec la même conviction de la 
bonté de leur cause. Nous pouvons, à la distance où nous 
sommes, leur rendre ce témoignage, que les contemporains 
ne se rendent pas toujours entre eux. Il y a, de part et 
d'autre, plus de bonne foi dans les querelles de partis qu'on 
ne le dit d'ordinaire. Quand des deux côtés on se crut prêt, 
on leva le masque ; la guerre fut déclarée et, selon l'expres- 
sioni du président Chardon, qui nous a laissé un récit vif et 
spirituel' de cette campagne, on eouriit aux armes. Il a 
nommé ^elques-uns des acteurs les plus ardents de cette 
lutte. J'en pourrais nommer d'autres, les arrière-grands- * 
pères de. plusieurs d'entre nous ; je les ai retrouvés dans 
le document judiciaire que j'ai cité plus haut et qui va nie 
fournir encore d'autres révélations. Mais, quoiqu'un siècle 
entier se soit écoulé depuis ces faits, je crois qu'il faut en- 
core glisser sur les noms propres. 

La guerre commença par des sarcasmes, des épigrammes 
et des quolibets. Gela était dans le vieux caractère auxerrois. 
Les sobriquets s'en mêlèrent. Comme les chefs du parti jan- 
séniste étaient des chanoines, des hommes d'église, lettrés 
et savants, on les affiibla du nom de Latins. Ils ripostèrent 
par celui de Grecs qu'ils infligeaient à leurs adversaires. 
Puis, selon le récit du pi^sident Chardon, « la ville fut inon- 
de dée de chansons, de pamphlets, de médisances et de ca- 
« lomnies, d'où naquirent dans les familles des haines per- 
« sonneilesi qui, à la révolution de 1789; n'étaient pas encore 
<( éteintes. » 

Nous venons de revoir un tant soit peu de tout cela, aux 
noms de guerre près, qui nous ont manqué. Mais il parait que 
le reste a assez bien répondu à l'appel, et tfue les chansons 
surtout ne nous ont pas fait défaut. Je ne pui^ guère parler 
de la valeur de toutes ces choses, car je n'en ai pas lu une 
seule ligne. Je suppose pourtant que les plaies qu'elles ont 
faites dureront moins longtemps, et que ndu^ n'aurons pas 
besoin' d'une révolution nouvelle pour les oublier. 

La lutte^avait un autrecaractère et des incidents que nous 



1 



22 

ne revoyons plus dans le temps actuel ; c'était l'esprit de chi- 
cane et les procès. Que voulez-vous? Il n'y avait pas alors 
à Àuxerre moins de dix-sept avocats et quinze procureurs au 
bailliage, non compris cinq autres procureurs aux consuls. Et, 
parmi les soixante-cinq chanoines des deux chapitres, et une 
quarantaine de magistrats des diverses juridictions de la 
ville, il s'en pouvait trouver qui auraient su en remontrer au 
plus habile praticien. Le bailliage et son parquet apparte- 
naient presque tout entiers au vieux parti janséniste. Cepen- 
dant son président, que l'on appelait le lieutenant-général, 
était entièrement dévoué à l'évéque, et c'est lui qui tenait de 
l'édit le droit de statuer sur les incidents qui se présente- 
raient ^ l'élection. Les incidents ne manquaient pas, et j'en 
pourrais citer d'assez piquants. Chacun d'eux était invaria- 
blement jugé par le lieutenant-général en faveur du parti 
nouveau. Sur le champ l'autre parti se pourvoyait devant le 
bailliage, qui annulait la décision de son président et pro- 
nonçait en sens contraire. Mais aussitôt on allait en appel 
devant le parlement, où l'évéque avait du crédit, et qui infir- 
mait inexorablement la sentence. Il y eut trois sentences du 
bailliage avant l'élection^ rien qu'au sujet de la nomination 
des députés, et trois arrêts du parlement qui mirent à néant 
chacune de ces sentences. Enfin, le 3 octobre 1765> on pro- 
céda à Télection des notables et la majorité se prononça 
contre les latins. Dès le surlendemain le bailliage annule 
l'élection comme irrégulière. Mais le 27 janvier suivant le 
parlement casse cette nouvelle sentence, maintient l'élection 
malgré l'opposition du maire et des échevins anciens, et les 
condamne en 1 50 fr. d'amende. Alors les notables, irrévoca- 
blement confirmés, élisent une municipalité nouvelle, tout 
entière hostile aux jansénistes, et les grecs rentrèrent triom- 
phants à l'Hôtel-de- Ville. Néanmoins le vieux parti restait 
puissant dans le clergé, la magistrature et les hautes classes 
de la société. Exilé de rHôtel-de-Ville, il resta quatre ans 
sans essayer d'y rentrer. En 1770 il se décida à tenter une 
nouvelle épreuve. Le cas était grave et il s'agissait en effet 
d'un grand intérêt public. Les jésuites qui, pendant cent qua- 
rante ans, avaient dirigé le collège d' Auxerre, avaient dû 
obéir, en 1 763, à l'arrêt du parlement qui les expulsait de tous 
les établissements d'éducation. On leur avait donné pour suc- 
cesseurs dans cette ville des professeurs séculiers ou laïcs 



d3 

qni, par leur mérite éminent et leur bonne discipline, avaient 
élevé cette institution à un degré de prospérité qu'elle n'avait 
jamais connu. Les élèves y affluaient de toutes parts en tel 
nombre que les bâtiments ne pouvaient plus les loger tous. 
L'évéque, à qui appartenait la présidence du bureau du col- 
lège, n'y avait pas la majorité, mais une nouvelle municipa- 
lité, prise encore dans son parti, pouvait la lui donner aux 
élections prochaines, parce que c'était à ce terme qu'expi- 
raient les pouvoirs des membres que l'ancienne municipa- 
lité avait, avant 1765, fournis au bureau ; et, s'il réussissait 
à l'obtenir, il pouvait écraser et ruiner le malheureux collège, 
coupable de mieux enseigner que les jésuites; ce qu'il fit en 
effet plus tard avec une hardiesse inexorable et un déplorable 
succès. La guerre recommença donc. Elle offrait des chances 
de retour au vieux parti, car la majorité des corporations 
semblait cette fois pencher pour lui. Un tour d'adresse ren- 
versa ses chances. Le jour de l'élection fut devancé et arrêté 
dans le plus grand secret, et quand, peut-être, quelques-uns des 
députés nouveaux étaient absents, la municipalité fit distri- 
buer, la veille seulement et à nuit close, des lettres de convoca- 
tion pour le lendemain matin. Nous avons pu entendre parler 
récemment de quelque chose d*approchant. Mais ses auteurs 
n'ont pas droit au brevet d'invention. Leur procédé est, 
comme on le voit, renouvelé des grecs. Il réussit mieux à 
ceux-ci. D'ailleurs il se complétait par une autre manœuvre 
des plus hardies. Les anciens notables étaient convoqués à 
huit heures pour élire maire, échevins et conseillers de ville ; 
les députés, n'entrant en fonction que quelques jours après, 
l'étaient à dix heures pour élire de nouveaux notables qui 
n'avaient rien à faire qu'à Télection ultérieure, c'est-à-dire, 
deux ans plus tard ; et c'était pour cela que l'on avait de- 
vancé l'époque ordinaire. En vain, dès huit heures du matin, 
le premier échevin, qui devait présider le bureau, recevait 
douze significations par huissier, au nom d'autant de députés. 
Il les faisait immédiatement annuler par le lieutenant-général 
et passait outre à Pélection. On faisait voter à huit heures 
les anciens notables présents et le tour était fait. Les pauvres 
latins eurent beau crier, imprimer, appeler, plaider. Trois 
arrêts successifs du parlement donnèrent gain de cause aux 
habiles. Le vent soufflait en ce ntoment du côté des jésuites, 
car le duc d'Aiguillon, leur ami, avait renvei*sé le duc de 



34 

Choiseul, ei, par la fareur de M"^ du Barry^ pris possession 
du ministère. 

Leur rancune sut profiter de ^a victoire. On se hâta de re* 
nouveler le bureau du collège, de manière à donner la ntajo- 
rité aux amis des jésuites; puis une décision de ce bureau 
expulsa cinq des plus renommés d'entre les professeurs soos 
le prétexte qu'ils n'étaient pas maîtres ès^-arts de l'Université, 
et se débarrassa d'un sixième en supprimant sa chaire. Les 
cinq autres, dont les titres étaient inattaquables, au nombre 
desquels étaient le principal et le sous-prindpal, tenant bon 
et ne laissant prise à aucun moyen légal de les débusquer, 
on résolut d'en venir à bout par un procès criminel. Le 
chancelier Maupeou venait de briser le parlement de Paris, 
et de le remplacer par une nouvelle cour, dépouillée de toute 
attribution politique et composée de nouveaux magistrats. 
Les bailliages du ressort avaient subi le contrecoup de cette 
mesure, et, dans celui d'Auxerre, le nombre des sièges 
ayant été réduit de 29 à 47, on avait pu se débarrasser 
des douze plus récalcitrants. Le parti de l'évéque y ayant 
dorénavant la majorité, une dénonciation en règle, pour 
enseignement pernicieux, fut immédiatement portée contre 
les professeurs jansénistes. Des témoins furent habilement 
préparés ; une information, conduite avec autant de célérité 
que d'adresse, donna un corps à des ombres, fit ressortir 
des griefs qui peuvent nous sembler aujourd'hui incroya- 
blement chimériques, et entre autres d'avoir fait lire aux 
élèves Balduc et Nicole et d'avoir donné en prix les opus- 
cules de RoIIin. Après quoi une sentence définitive du 
bailliage « déclare les accusés véhémentement suspects 
« d'avoir, par une association criminelle, combiné un plan 
<( d'éducation dangereuse et pernicieuse^ tendant à former 
« dans la jeunesse confiée a leurs soins un esprit d'in- 
« subordination et de révolte contre toute autorité; con- 
« damne deux des mattres au fouet, à la marque et aux ga* 
« 1ères à perpétuité, comme convaincus d'avoir tenu aux 
« élèves des discours injurieux à la personne du roi, et de 
« leur avoir enseigné les principes les plus séditieux ; deux 
« autres au bannissement perpétuel, l'un pouf avoir eu 
a connaissance de ces discours et les avoir tolérés, après 
« avoir laissé dans la main des jeunes gens des li- 
« belles contre le gouvernement et avoir laissé les pension^ 



2t( 

« natres s'entretenir des affaires de TEglise et de TEtat ; 
« l'autre pour avoir dicté des thèmes (Contenant deè maximes 
4( séditieuses, et avoir fait lire à ses écoliers les^ Correspon- 
a dances (journal janséniste) ; et un dernier enfin au blâtne' 
a public, » pour quelques griefs plus insignifiante encore. Il 
était enfin ordonné que la sentence serait attachée à un po- 
teau' planté sur la principale place publique d^A'uxerrè par la- 
mafn du bourreau. 

La vengeance des bons pères était, comme on le voit, ausài' 
éclatante que complète. 

Malheureusement la sentence n^était que par contumafee. 
Il y eut appel au parlement, d'abord pair un des professeurs 
qui fit casser sa .condamnation par le parlement Maupeou, 
puis par tous les autres , qui demandèrent^ non seule- 
ment que leur innocence fût proclamée, mais qu'ils fussent 
atitorisés à poursuivre leur dénonciateur et à prendre les 
juges à partie. Avant que la cause fût en état, le roi 
Louis XV était mort, et l'ancien parlement avait été réintégré 
dans ses fondions. L'affaire y fut débattue avec une rare 
énergie, les jésuites fort maltraités, M. de Cicé, leur prolec- 
teur, très peu ménagé, et les juges eux-mêmes stygmatisés 
pour ce que l'on appelait trop justement leurs basses corn-- 
plaisances. J'ai dans ma collection les mémoires pour et 
contre, et c'est peut-être le seul exemplaire qui en reste au- 
jourd'hui. J'ai aussi le premier arrêt du parlement, timide 
encore, car c'est le parlement Maupeou. M. Chardon donne 
dans son histoire (1) l'analyse du second. « La cour in- 
« firma (2) la sentence dans toutes ses dispositions, et en 
« outre autorisa les accusés à prendre à partie le procureur 
« du roi pour avoir donné les conclusions adoptées par la 
« sentence et les sept conseillers signataires de cette sen- 
« tence inique, et renvoya les maîtres reprendre leurs fonc- 
ée tiens dans le collège, "h 

Ils ne purent le faire. Le collège était ruiné; sa perte irré- 
vocablement consommée. Et avant qu'ils ne pussent le rele- 
ver, M. de Cicé eut assez de crédit pour obtenir du gouverne- 
ment qu'on remplaçât cet établissement par une école militaire 

(1) T. ir, p. 574. 

(2) Le texte dit, par erreur d'impression : confirma. Mais cette 
coquille est redressée par ce qui suit. 



26 

confiée aux bénédictiBs de l'abbaye de Saint-Germain, et qui 
a subsisté jusqu'en 1790. 

Voilà quelles furent les suites des élections municipales à 
Auxerreen 1765. 

Si nous avons vu récemment chez nous la fièvre électorale 
agiter presque tous les esprits comme il y a cent ans, grâce 
à Dieu la cause et les conséquences en sont moins graves. 
On peut donc espérer que l'accès sera plus tôt calmé. Nous 
avons bien pu voir se reproduire aussi certaines choses qui 
rappelaient quelques-unes de celles dont s'étaient émus nos 
grands-pères, et, à l'occasion de ces petites manœuvres, on 
pourrait dire avec le fabuliste : 

Quid rides ? de te fabula narratur. 

Espérons pourtant que ces incidents seront bien vite 
oubliés, ou que, s'il en reste quelque chose, il n'en restera 
que des chansons. 

A. GHALLE. 



LES BOURGUIGNONS ET LES CHAMPENOIS 

À GONSTANTINOPLE ET EN MORÉE. 

(suite). 



(Voir rAiiNUAiBi de 1868). 



Les Francs et les Latins (par ce nom on désignait commu- 
nément les Vénitiens, ceux d'Italie et ftiême toute Tarmée ca- 
tholique romaine, en opposition aux catholiques du rite grec], 
après avoir passé Thiver à Zara, dans le voisinage hostile du 
roi de Hongrie, toujours aussi peu d*accord, les uns voulant, 
à chaque occasion, faire rompre le camp pour leurs intérêts 
personnels, les autres s'efforçant à le maintenir, par désir de 
voir réussir la croisade, avec le printemps songèrent enfin à 
faire voile pour la Terre-Sainte. Néanmoins, Tarmée était 
fort affaiblie, car, durant ce long repos, les plus impatients 
s'étaient échappés au moyen de vaisseaux marchands en par- 
tance. Un jour, même, il y en eut cinq cents montés sur le 
même bâtiment, lequel coula bas, et tous y périrent. Une au- 
tre troupe, qui avait voulu s'enfuir par terre du côté de TEs- 
clavonie, fut presque entièrement dévalisée et mise à mort 
par les paysans, ceux qui purent se sauver de leurs mains 
réjoignirent le camp ; encore ces pèlerins-là n'étaient-ils que 
de menus gens, pauvres et sans influence. Hais de grands 
et puissants seigneurs, entraînant à leur suite tous les che- 
valiers et les hommes de leurs terres, firent aussi défaut, ce 
qui était un malheur plus considérable pour Tentreprise. Tels 
furent Garnier de Borlande, puissant seigneur d'Allemagne, 
qui s'embarqua sur un navire cherchant Regnault de Hont- 
mirail, grand baron de France (1), qui, par Tentremise du 

(1) Il était frère de Hervé de Doniy, comte de NeverS; qui avait 
épousé MathildOy comtesse d'Auxerre. 



28 

• 

comte de Blois, était parvenu à se faire députer en Syrie et à 
se faire donner un vaisseau de la flotte pour le transport, en 
jurant sur rËvangile qu'il se rembarquerait au bout de quinze 
jours, après avoir rempli sa mission, lui et les chevaliers qui 
raccompagnaient. Parmi ceux-ci comptaient Henri de CasleU 
son neveu (lisez Hervé) ; Guillaume, vidame de Chartres, 
Geoffroy de Beaumont, Jean Froeville ou- Frauville, Pierre son 
frère; mais, malgré tout ce qui leur faisait un devoir de te- 
nir leur parole, ils ne retournèrent pourtant pas au camp et 
cette conduite obscurcit quelque peu l'éclat de leur re- 
nommée. 

D'où Ton peut conclure, comme le chevalier de Ville-Har- 
doin : «que si Dieu n'eut aimé cette Ost, elle n'eût pu tenir 
ensemble, puisque tant de gens lui querroient mal. » 

La croisade devant entrer dans une nouvelle phase, avant 
de pousser plus loin il est nécessaire de revenir en arrière, 
pour connaitre un incident antérieur qui devait avoir des 
suites considérables, relativement au sort de nos pèlerins 
comme à celui d'un grand empire. 

Tandis que les croisés se trouvaient encore à Venise, il 
était arrivé une des plus merveilleuses et des plus extraor- 
dinaires aventures que oncques on ait jamais ouïe. Il y avait 
en ce teipps un empereur d'Orient nommé Isaac l'Ange; 
c'est-à-dire, qui monté sur le trône en 4 1 85 . et ayant dé- 
buté assez heureusement comme souverain, s'était rendu 
odieux, dit l'histoire, par ses débauches et ses cruautés; 
son frère, Alexis TAnge Comnène, jaloux de sa puissance et 
jugeant qu'il serait aisé de la lui enlever, sans remords comme 
sans reconnaissance, car Isaac Tavait tiré de la captivité des 
Turcs, par une de ces révolutions de cour si fréquentes dans 
le bas empire, put facilement usurper le pouvoir et faire en- 
fermer l'infortuné monarque après qu'on lui eut crevé lés 
yeux. Cet événement s'accomplit en 1195. Isaac, marié deuK 
fois, avait plusieurs enfants ; son fils aîné subissait comme 
lui la prison, Irène sa fille était la femme de Philippe de 
Souabe, roi altalie. 

Alexis, dit le jeune, le fils aîné de l'empereur dépossédé, 
s'étant évadé avec l'aide de quelques Latins qui faisaient le 
commerce à Constantinople, se sauva d'abord en Sicile, d'où 
il écrivit à sa sœur, qui lui envoya une escorte pour l'amener 
auprès d'elle. Comme il traversait l'Italie où il entra par An- 



89 

cdne, il alla fajre entendre ses doléances au pape, lui deman- 
dant sa protection auprès des princes chrétien3, promettant 
en retour de soumettre ap Saint-Siège Téglise d'Orient. Inno- 
eeot III, tout occupé de la Terre-Sainte et connaissant sans 
doute la valeur de pareilles promesses , ne lui prêta pas 
grande attention et le prince continua sa route. Rencontrant 
tous les pèlerins qui se rendaient alors à Venise, il lui vint à 
Tesprit, comme il était à Vérone, ou plutôt les conseillers le 
pressèrent de s'adresser à quelques seigneurs, pour les in- 
téresser à sa fortune. « Sire, dirent-ils, voici une armée à 
Venise, composée des plus braves soldats et des meilleurs 
ohevaliers du monde, qui va outre mer ; si vous alliez les prier 
de prendre pitié de votre malheur et de celui de TEmpereur 
votre père, en leur promettant de leur accorder en retour tout 
ce qu'ils vous demanderont. Nous sommes assurés qu'ils 
vous porteraient volontiers secours, i^ Dans l'abandon où il 
se trouvait, le jeune prince, ayant trouvé le conseil précieux, 
consentit à faire la démarche. 

Alexis^ envoya donc des siens porter son message au 
marquis de Montferrat, sire de VOst. Philippe de Souabe 
avait déjà parlé de son neveu et posé semblable requête au 
marquis lors du pa^sajge-fécent de celui-ci en Allemagne, le- 
quel, en retournant en Italie, s'étant aussi adressé au Pape 
et n'ayant pas trouvé d'appui de ce côté, ne poussa pas 1^ 
choses plus loin. Les hauts barons, tout émerveillés de\l'avea^ 
lure et surpris par l'ambassade, se concertèrent pour Fépon- 
dre aux envoyés; dans l'embarras d'argent où les avait 
plongés l'abandon des autres croisés et les engagements pris 
avec la république, la proposition était de grande importance, 
il pouvait leur arriver par ces conjonctures un soulagement 
inespéré. Après en avoir mûrement délibéré : « Voici nos 
propositions, dirent-ils, nous enverrons des nôtres vers le 
roy Philippe avec le prince qui s'en va près de lui; si ce ,roy 
veut nous aider dans notre entreprise d'outre mer, nous ai- 
derons votre jeune maître à reconquérir ses Etats que Ton a 
usurpés à tort sur son père. » Ainsi fut envoyé le message 
en Allemagne au Valet de Constantinople et au roy Philippe 
d'Allemagne, 'dit Ville-Hardoin. (Ce mot de Valet équivalait 
alors à celui d'enfant de mineur qui n'était pas encore che- 
valier d'héritier présomptif.) 

Le lendemain de la fête de Pâques, 4203, les croisés, qui 



30 

avaienf fait préalablement garnir et appareiller leurs vais- 
seaux, allèrent donc se loger hors de Zara, sur le port. Les 
Vénitiens firent, pendant ce temps, démanteler la yille ; mais 
encore à ce moment s'accomplit une nouvelle disgrâce pour 
l'expédition, car un des plus grands seigneurs de l'armée, et 
qui devait être bientôt l'un des plus fameux au pays de France, 
Simon de Montfort, aventureux et entreprenant, toujours mé- 
content et ne voulant pas poursuivre, comme l'armée, la 
conquête de Constantinople, avait fait un traité avec le roi 
de Hongrie, c'est-à-dire, s'était mis au service de ce prince, 
pour se faire conduire en Syrie, où il voulait accomplir son 
vœu; il quittait donc le camp afin d'aller rejoindre cet allié(4), 
entrainant à sa suite Guy de Montfort et son frère, Simon de 
Naufle (bourg du Yexin), Robert de Honvoisin et Dreux de 
Cressonessart. Fait plus extraordinaire, l'abbé de Yaulx- 
Cernay, l'implacable moine de Citeaux qui, lié étroitement 
avec Simon, devait se rendre également fameux à côté de lui 
par la' guerre des Albigeois, le suivit dans cette fuite, et il se 
trouvait ainsi en opposition aux ordres du pape, car Pierre 
de Capoue, légat, avait été envoyé au camp pour absoudre 
l'expédition de Zara, pour autoriser celle sur Constantinople 
en négligeant les affaires de Jérusalem, puisqu'il s'agissait de 
rendre à Rome l'immense quantité d'âmes vouées au rite grec, 
rêve non encore réalisé, mais sans doute que les promesses 
des barons francs, l'engagement de l'empereur d'Allemagne 
avaient enfin donné à Innocent III plus de confiance a ce grand 
projet que la parole du jeune Alexis. Plusieurs chevaliers 
suivirent encore Montfort et peu après aussi partirent deux 
hauts personnages : Enguerrand de Boves et Hugues, son 
frère, avec tous ceux de leur pays qu'ils purent entraîner, au 
grand dommage de la croisade et à la honte de ceux qui 
abandonnèrent l'Ost, ajoute l'historien. 

Or, la flotte commença à se mettre en marche ; il fut con- 
venu que les premiers vaisseaux partis iraient prendre port 
à Corfou, la plus importante des Iles Ioniennes et qui appar- 



(I) Ce roi mourut la même année, et Simon passa en Palestine 
avec ceux qui l'avaient suivi ; il y resta cinq ans, accomplissant des 
exploits plus brillants qu'utiles. Il avait épousé une Montmorency, 
Tune de ses filles, Amicie. 



34 

tenait à Tempire d'Orient, afin d'y séjourner iasqu'à ce que 
tous les autres eussent rejoint. Le Doge et le marquis de 
Motttferrat, présidant à l'embarquement, restaient des der- 
niers; d'ailleurs, ils avaient promis d'attendre le fils de l'Em- 
pereur grec tant que la quinzaine d'après Pâques ne serait pas 
écoulée. Mais, ils n'étaient pas encore partis de Zara que le 
prince Alexis, fidèle au rendez-vous, arrivait, envoyé par son 
beau-père l'empereur d'Allemagne, qui le remettait avec 
bonne escorte de seigneurs allemands sous la garde spéciale 
du marquis, en acceptant, sans conteste, les conditions très 
élevées faites par les Francs pour lui recouvrer l'héritage de 
l'empire d'Orient. 

Il fut reçu avec beaucoup de démonstrations de joie et de 
grands honneurs. Le duc de Venise mit à sa disposition au- 
tant de galères et de vaisseaux qu'il lui convint d'en pren- 
dre, d'oii l'on peut conclure qu'il amenait un personnel assez 
nombreux avec lui ; et enfin le reste de la flotte quitta le 
port de Zara par un bon vent, faisant voile vers Duraz (Dn- 
razzo), où l'on entra, car les habitants, comme ceux de Zara, 
s'étaient mis hors de l'obéissance de la république,et l'occasion 
de reprendre celte ville se montrait trop favorable pour la 
laisser échapper. Effectivement, dès que ces sujets révoltés 
eurent vu le Doge, « leur seigneur, » ils firent, sans aucune 
résistance, acte de soumission et de féalté. Aussi, ne sé- 
journa-t-on pas en ce lieu et gagna-t-on Corfou. Là, il se 
trouva que Tarmée était logée devant la ville, les tentes et les 
pavillons dressés et les chevaux tirés des vaisseaux pour les 
rafraîchir. 

Les premiers d'entre les chevaliers et les plus vaillants sol- 
dats eux-mêmes, en apprenant l'arrivée du fils de l'empereur 
de Constantinople, par un sentiment spontané d'enthou- 
siasme, allèrent au-devant de lui avec leurs chevaux 
de bataille en main, ce qui était apparemment le plus grand 
signe d'honneur et de respect que l'on pût donner alors, et le 
reçurent aussi avec les démonstrations les plus chaleureuses. 
Le prince fit donc tendre son pavillon au milieu du camp et 
le marquis plaça le sien tout auprès, suivant la recomman- 
dation de l'empereur Philippe. 

L'tle était riche et « plantureuse ; » aussi les croisés y sé- 
journèrent-ils trois semaines. Hais voilà que durant ce 
temps, ceux qui avaient toujours eu dans 1 esprit de depecier 



*1S 

i;05/, B'ô|)oiicbèreDt 4e /ni»uivQau .pour se .communiquer .les 
secrets sentiments q.uHeur faisaient voir Vexpéàiiion^^comme 
alte se trouvait désormais engagée, trop incertaine, trop 
longue, et trop périlleuse, d'ailleurs, détournée de son but .re- 
ligieux. Puisque leur opinion ne pouvait prévaloir, il conve- 
nait donc bien mieux de laisser partir l'armée et de tester 
dans Tile; après le départ de la flotte, on enverrait. un mes- 
sage au comte Gauthier.de Brienne, qui alors tenait .Brandis 
(Briodes, place maritime du royaume de Naples), pour .qu'il 
envoyât des vaisseaux afin de pouvoir l'aller rejoindre, de là, 
ensuite, en partirait par quelque occasion pour la Syrie. 

C'était donc, évidemment, toujours cette première rencon- 
tre du cpmte de Brienne, allant à la conquête de la terre de 
sa femme, qui occupait l'imagination de nos croisés iBour- 
guignons et Champenois et qui tenait leur ambition en éveil ; 
en ^et, le comte Gauthier avait eu des succès dont le bruit 
était venu jusqu'à eux. Sans qu'ils se Tavouassent, peut-rétre, 
dans leur pénurie et dans l'obligation de mettre leurs lances 
au service de quelque entreprise, le royaume de Naples sem- 
blait une proie. plus proche, plus focile et plus agréable à 
pi'endre, que le lointain et vaste empire d'Orient, possédé 
par de perfides et nombreuses populations, et l'on couvrait 
ces ambitieuses convoitises d'un voile de persévérance et de 
fermeté pour accomplir le saint vœu. 

A la tête de ce complot et comme les chefs.les plus in- 
fluents se trouvaienttsaut l'inébranlable cl loyal Yille-fHardoin, 
des noips déjà bien connus de nous et considérés parmi les 
plus braves chevaliers tels que : Eudes le Champenois de 
ChampUlte, Jacques d' Avenues, Pierre d'Amiens, Guy, xhâ- 
telain de Coucy, Oger de Saint-Chérôn, Guy de Chappes 
Clérambault de Metz, son neveu, Guillaume. d'Aulnay, Pierre 
Cuisseau, Guy de Pesmes, Aymon, son frère,'Guy de Conflans, 
Richard de Dampierre,. Eudes son frère, et maints autres qui, 
étant en secret de leur parti, ne le faisaient point paraître ; 
mais,. à ces nobles chasseurs d'aventures, la providence ré- 
servait des hauts faits à accomplir endos lieux différents, des 
destinées plus extraordinaires encore que celles rêvées 
par eux, et on les aurait sans doute trouvés incrédules, si 
on leurrât annoncé qu'ils allaient. conquérir, pour leur^pro- 
>pre , compte, le riche empire. des fils de Constantin et recon- 
stituer avec éclat, sous le nom de nouvelle France, les pro- 
vinces libres de l'antique Grèce. 



33 

Toutefois, plus de la moitié du camp, selon Ville-Hardoin, 
était de leur faction, et la position devenait critique pour les 
commandants en chef de la croisade ainsi que pour ceux restés 
de leur parti. Heureusement qu'ils découvrirent à temps ces 
projets de disjonction. Lorsque le marquis de Montferrat, le 
comte Baudoin de Flandres, le comte Louis de Blois, le comte 
de Saint-Paul et les barons apprirent ce qui se tramait, ils en 
furent très péniblement surpris. « Nous sommes en mauvaise 
passe, seigneurs, se dirent-ils, si ces gens-ci se séparent de 
nous après ceux qui déjà, par maintes fois, s'en sont départis ; 
l'expédition sera manquée et nous ne pourrons faire nulle 
conquête. Mais allons à eux leur crier merci, qu'ils aient pour 
Dieu pitié d'eux et de nous, qu'ils ne se couvrent pas de 
honte et qu'ils ne fassent point défaut à la rescousse d'outre 
mer. » 

Le Conseil, d'un commun accord, convint donc de faire 
prompt appel à l'honneur, à la loyauté des chevaliers mécon- 
tents, et les barons, sans plus attendre» s'en allèrent tous 
habilement les trouver, alors qu'ils étaient assemblés en 
parlement dans une vallée, car c'était les prendre sur le fait, 
et non pi^évenus ni préparés à la résistance, résistance mo- 
rale s'entend. Les chefs menaient avec eux, pour donner plus 
de force à leur supplique, le fils de l'empereur de Constanti- 
nople, tous les évéques et tous les abbés de l'armée. 

Etant arrivés en vue des factieux, ils mirent pied à terre, 
et ceux-là les ayant aperçus, descendirent aussi de leurs 
chevaux, car les parlements se tenaient ainsi, en selle. Puis 
ils vinrent à la rencontre des arrivants, soupçonnant bien, 
sans doute, ce qui les amenait. « Alors, les barons churent 
à leurs pieds, muli plorant, et dirent qu'ils ne se relèveraient 
point jusqu'à ce qu'ils eurent leur promesse de ne pas se sé- 
parer d'eux. Et les chevaliers, saisis à ce spectacle, eurent 
mult grand pitié, et plorèrent mult durement. 

Ils voyaient courbés, suppliants, dans la poussière, leurs 
seigneurs, leurs parents, leurs amis ; comment ne pas se 
sentir véritablement ébranlé, surtout dans une résolution 
qui, chez la plupart, n'avait que l'intérêt personnel pour mo- 
bile ?Ils répondirent qu'ils allaient en concerter et se retirèrent 
à l'écart. Le résultat de la conférence fut qu'ils resteraient 
encore avec Tarmée jusqu'à la Saint-Michel (29 septembre), 
si on leur jurait loyalement, sur les Evangiles, qu'à dater de 

4866. 3 



34 

cette époque, quinze jours après la réquisition qu'ils en fe- 
raient, on leur fournirait de bonne foi, sans aucune fraude, 
des navires pour aller en Syrie. 

Ainsi fut octroyé et juré ; alors il y eut grande joie partout 
Tost, puis on se rembarqua bientôt, et la flotte entière 
quitta Corfou la veille de la Pentecôte de Tan 4203, palan- 
dries, nefs et galères en bon ordre, sans compter nombre 
de vaisseaux marchands qui voguaient de conserve avec 
l'armée navale. Le jour était clair et beau, le vent doux et 
propice, l'on mit toutes les voiles dehors. « Eh bien I tesmoi- 
gne Jeoffroy, le mareschal de Champagne qui cette œuvre 
dicta, qu'il ne ment d'un mot à son escient, comme celui 
qui fust de tous les conseils, que jamais si belle chose ne 
fust vue que cette armée navale, » et qu'il semblait à ceux qui 
la voyaient qu'elle dut conquérir la terre, car tant que l'œil 
pouvait embrasser, on ne pouvait voir que voiles, nefs et 
vaisseaux; si bien que la Cour s'en réjouissait on ne peut 
davantage. L'aspect, en effet, devait être imposant, puisque 
la flotte se composait alors, dit-on, de près de cinq cents 
bâtiments de grandeurs et de formes diverses. 

Mais, celte Odyssée était loin encore de toucher à son 
terme, non que le but sembla précisément s'éloigner des pè- 
lerins ; plutôt, et malgré tout, parce que ceux-ci semblaient 
peu empressés de l'atteindre : ils saisissaient chaque occasion 
offerte sur leur passage de se signaler par quelques prouesses; 
il est vrai de dire que celles-ci n'étaient pas sans fruits pour 
eux, recueillant des grecs surpris de bonnes rançons, le plus 
souvent sans coup férir. Ainsi, de Corfou ils cinglèrent en 
pleine mer jusqu'au cap Malée (cap Matapan, à Textrémité 
sud de la Chorée, près l'ancienne Cytère ou Cérigo) ; là ils 
firent rencontre de deux vaisseaux chargés de pèlerins et de 
chevaliers avec leurs gens, qui revenaient de Syrie. C'étaient 
ceux mêmes dont on se rappelle l'embarquement à Marseille, 
parce qu'ils ne voulaient pas passer par Venise. Quand ils vi- 
rent une si magnifique escadre, ils eurent honte de se mon- 
trer dans un état si peu glorieux, n'ayantpu rien faire en Pales- 
tine ; mais le comte Baudoin les fit reconnaître, et un homme 
se jeta dans la barque qu'ils avaient envoyée à cet effet, en 
disant que ces gens là lui semblaient bien en état de 
conquérir et qu'il voulait aller avec eux, ce qui le fit très bien 
recevoir de l'armée. 



35 

Conlournant toute la Morée, la flotte vogua jusqu'à Nègre- 
pont, ou iie d*Eubée, qui est une très bonne île, où il y a une 
très bonne citée, dit Tauteur, car on y prit pied ; il s'y tint 
même un conseil dans lequel on arrêta que le marquis de 
Montferrat, le comte Baudoin et le comte Alexis, accompagnés 
d'une notable partie des galères et des vaisseaux, feraient une 
course sur l'île d'Andros (aujourd'hui Andra), pour la re- 
mettre dans robéissancc de l'empereur Isaae. Arrivés en 
effet vers l'île, ils débarquent, les chevaliers s'arment aus- 
sitôt et, montant à cheval, ils coururent en la terre. Les 
gens du pays, surpris et sans défense, viennent crier merci 
au fils de l'empereur et ils donnèrent tant du leur que la 
paix leur fut accordée. Lors, les chevaliers satisfaits, rentrant 
dans leurs vaisseaux, partirent de là; mais une disgrâce 
nouvelle leur arriva en ce temps où l'un des hauts et puis- 
sants barons qui les accompagnaient, Guy, châtelain deCoucy, 
mourut; lequel fut jeté à la mer comme il serait arrivé à un 
simple hommed'armes. 

L'autre partie de la flotte, qui avait poursuivi sa route sans 
se détourner, était arrivée « en boque d'Avie (1) » (détroit des 
Dardanelles), et ce est là où le bras de Saint-Georges choit 
en la grand'mer, la mer Egée. Les croisés coururent en 
amont le bras (2), jusqu'à une cité qu'on appelle Avie (l'an- 
cienne Abydos), qui est située sur le bras de Saint-Georges du 
côté de la Turquie, c'est-à-dire de l'Anatolie dont les villes 
maritimes appartenaient encore aux Grecs, mais qui était 
occupée déjà par les Turcs à l'intérieur, ce qui la fait nom- 
mer Turquie par Ville-Hardoin. Cette ville, entièrement dé- 
truite aujourd'hui, qu'ils trouvèrent très belle et très bien 
assise, leur sembla bonne pour y prendre port. Ils descendi- 
rent à terre, ce que voyant les habitants, qui n'osaient la dé- 
fendre, ils se hâtèrent de venir au-devant d'eux pour la leur 
rendre^ Aussi, les croisés la firent-ils si bien garder que ceux 
de la cité n'y perdirent pas un denier. Les troupes y séjour- 

(4) Bocca avidiy délroit de Sestos et d'Abydos, ainsi nommé au 
moyen-âge. 

(2) L'flellespont et même la Propontide (mer de Marmara) sont 
appelés par les auteurs du moyen-âge Bras-de-Saint-Georges, à 
cause d'un monastère de ce nom que fit bâtir Constantin Monoma- 
que, à Tendroit où se voit aujourd'hui le sérail des sultans do Cons- 
tantinople. (Micliaud et Poujoulat). 



36 

nèrent huit jours, attendant que le reste de la flotte les eut 
rejointes. Nais elles mirent ce temps à profit en se fournis- 
sant de blé, car c'était l'époque de la moisson, et on en avait 
grand besoin, les provisions de l'armée étant épuisées. Du- 
rant cette station, tous les vaisseaux et les barons arrivaient, 
Dieu leur ayant donné bon temps. 

Alors, ils partirent tous ensemble d'Abydos, remontant le 
canal ; « et Ton peut voir à ce moment le bras de Saint- 
Georges flori de nefs, de galères et de palandries, ce qui 
était un spectacle grand et d'une merveilleuse beauté. » A 
force de rames, ils arrivèrent à Saint-Etienne, qui était une 
abbaye située à trois lieues seulement de Constantinople; au- 
jourd'hui le village de San-Stéphano, à sept milles du châ- 
teau des Sept-Tours, sur le rivage de la Propontide, d'où ils 
virent tout en plein l'incomparable ville. Les matelots prirent 
port en ce lieu et ancrèrent leurs vaisseaux. « Or, sachez 
que ceux qui n'avaient jamais vu Constanlinople, la contem- 
plèrent fort, car ils n'avaient pu croire jamais que si riche 
cité pût exister en tout le monde, surtout quand ils virent les 
hautes murailles et les superbes tours qui gardaient son en- 
ceinte, et ces riches palais et ces hautes églises dont il y avait 
tant que seul ne le pourrait croire si il ne le voyait de 
l'œil (1); et la longueur et la largeur de cette ville qui de 
toutes les autres est la souveraine. Il n'y eut homme si hardi 
à qui le cœur ne frémit, et ceci n'a pas de quoi surprendre, 
car oncques ne fut entreprise une si grande affaire par moins 
de gens depuis la création du monde. » On voit que les ré- 
flexions et les préoccupations de nos conquérants sont tou- 
jours personnelles, ou du moins toutes actuelles ; les mers 
célèbres, ces lieux consacrés par la poésie ou par la religion, 
ces noms historiques, cette antiquité palpitante encore, rien 
chez eux n'éveille une curiosité ni un souvenir ; à peine dans 
leur ignorance native, savent-ils qu'il y a eu un passé et, 
d'ailleurs, que leur importe? le présent appartient aux forts 
et l'avenir est à leurs descendants. 



(1) Un auteur prétend qu'il y en avait autant que de jours dans 
l'année. Les empereurs, à la An, firent défense de les augmenter el 
interdirent aux moines l'acquisition d'aucun fonds de terre. Tout 
Teropire aurait fini par leur appartenir. (Buchon.) 



37 

Un conseil lenu au moustier (1) de Saint-Etienne par tous 
les chefs, décida, par ofiesure de sûreté et d'après Tavis de 
Dandolo qui, ayant déjà habité Constantinople, connaissait le 
pays, que l'on devait aller d'abord se ravitailler dans des îles 
situées près de là (2]« abondantes en toutes choses : la raison 
en était que, si on laissait les soldats courir la terre ferme, 
comme on serait obligé de le faire, et s'éparpiller pour cher- 
cher des vivres, la contrée étant très habitée, ils y rencontre- 
raient de graves dangers dans lesquels on ne pouvait man- 
quer de perdre beaucoup d'hommes. Et comme l'entreprise de 
l'armée était d'ailleurs l'une des plus grandes et des plus pé- 
rilleuses, vu son peu de monde, il fallait donc agir de pru- 
dence. En conséquence, il fut convenu que les provisions une 
fois faites aux îles, on remonterait dans les vaisseaux et que 
l'on irait camper devant la ville, attendant de Dieu l'inspira- 
tion sur ce qui restait à faire. 

Les barons, ayant applaudi à ces sages conseils, remon- 
tèrent dans leurs nefs pour reposer la nuit et repartir le len- 
demain matin. Ce jour-là était « la feste de monseigneur 
Saint-Jean-Baptiste en juin ; » les bannières et les goufanons 
furent arborés au château de poupe, aux mâts et les écus ou 
boucliers dressés au bord des nefs, non-seulement pour en 
faire un ornement martial et signaler à l'ennemi que les vais- 
seaux contenaient nombre d'illustres chevaliers, mais encore 
pour servir de remparts aux combattants, l'usage ayant fait 
de ces pavois rangés des sortes de créneaux imitant une des 
murailles des villes, qui mettaient à l'abri des traits et per- 
mettaient de tirer entre deux, à ce moment solennel où 
rhommç doit payer de sa personne et va compter de près avec 
la mort, « chascun, dit Ville-Hardoin, regardait ses armes 
comme à lui convenait, car ils savaient bien qu'avant peu ils 
en auraient besoin. » 

Une ardeur impatiente, et que le maréchal nous laisse seu- 
lement supposer, s'élant sans doute emparée ce matin-là de 
l'armée, aussitôt que les matelots eurent levé les ancres et 



(1) Un Kiosque, propriété du Sultan, a remplacé l'église ou Je 
moustler dont parle Vllie-Hardoin. (Michaud.) 

(â) Les îles des l^rinces, au nombre de neuf, entre Constantinople 
et la Chalcédoine; la plus importante de ces îles se nomme t'rin- 
kipos. 



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38 

laissé les voiles aller aa veat, « que Dieu donnait aussi favo- 
rable qu'on eut pu le désirer » on suivit la côte d'Europe au 
lieu de pousser vers les tles des Princes et l'on fut en vue de 
Constantinople comme sans y avoir songé; nos chevaliers pas- 
sèrent même si près des murailles, que maintes de leurs nefs 
reçurent des traits et des pierres lancés des remparts ; il y 
avait tant de soldats sur les (ours et sur les murs » qu'il sem- 
blait qu'il n'y eut rien autre chose, » et cette vue électrisant 
Tarmée franque, loin de l'eflfrayer, nulle autre pensée ne l'oc- 
cupa plus que le débarquement sur la terre ferme, puis le 
combat, « car, remarque laconiquement Geoffroy le maréchal, 
au sujet de cet imprudent empressement, qu'il ne se permet 
point de blâmer, ainsi Dieu notre sire détourna la résolution 
qui avait été prise le soir de tourner sur les tles, comme si 
chacun n'en eut oncques ouï parler. » Ils prirent donc port 
au plus près, devant un palais de l'empereur Alexis, en un 
lieu Siiffelé Chalcédoine (^), vis à vis de Constantinople, au 
delà du détroit, sur la côte d'Asie. Ce palais était « l'un des 
plus beaux et des plus délectables que jamais œil put regar- 
der, offrant toutes les délices dans lesquelles l'homme se plait 
et que peut contenir une maison de prince. » 

Les comtes et les barons descendirent à terre et se logèrent 
dans ce beau palais, dans la ville, aux alentours même où 
plusieurs firent tendre leurs pavillons. La cavalerie et l'infan- 
terie prirent également terre avec chevaux, armes et matériel 
de campement, en sorte qu'il ne resta que les matelots à bord. 
La contrée était belle, riche et ^ plantureuse en toutes sortes 
de biens ; y^ le blé, que l'on venait de moissonner, reposait eu 
meules dans les champs ; il y en avait tant que chacun pou- 
vait en prendre, aussi en prirent-ils, « comme gens qui en 
avaient grand besoin. » Selon l'usage parmi les gens de 
guerre, d'ailleurs, ils étaient autorisés par le pape Innocent, 
comme armée du Christ, à prendre ce qui leur serait néces- 
saire, si les Grecs ne leur fournissaient pas des vivres et au- 
tres provisions (S). Cependant, le troisièmejour, les vaisseaux 
levèrent l'ancre et ils allèrent se placer à une lieue au-dessus 

(i) Ghalcédoîne était une ville située de Pautre côté du Bospliore, 
où les empereurs avaient leur maison de plaisance. Ce n*est plus 
qu'un village. (Bouchon.) 

(2) Lettres d^Innocent lli. (Regnaldi.) 



39 

de ConstaDtioople, vers un autre palais de l'empereur, appelé 
Scutari (1) et où ils jetèrent Tancre de nouveau. Pendant ce 
temps, la cavalerie, logée au château de Chalcédoine, partait 
aussi, côtoyant la mer, en vue de Constantinople, pour aller 
s'établir sur la rive du détroit à Scutarie^ au-dessus de la 
flotte qui amenait Tarmée des croisés. 

L'empereur Alexis, apercevant ces mouvements, crut enfin 
devoir.faire une démonstration : l'on vit les troupes impéria- 
les sortir de Constantinople et venir se camper à Tautre rive 
du détroit, vis à vis de l'armée française , pour empêcher 
celle-ci de prendre terre de vive force ; les tentes de l'empe- 
reur y furent même dressées. On demeura de la sorte en ob- 
servation l'espace de neuf jours, les croisés fourrageant seu- 
lement pour des vivres. Durant ce temps, néanmoins, une 
compagnie des plus braves alla à la découverte pour battre la 
campagne et empêcher les surprises ' des fourriers suivaient 
sous leur escorte, en quête de ce qu'ils pouvaient recueillir. 
Cette troupe, principalement composée de Bourguignons et de 
Champenois, toujours volontiers en avant, avait à sa tête 
Eudes le Champenois de Charaplitte et son frère Guillaume, 
Oger de Saint-Cliéron, Manassès de l'Isle, puis un seigneur 
nommé le comte Gras (d'après Ducange), lequel était deLom- 
hardie; ils menaient quatre-vingts chevaliers avec eux, 
tous solides. A trois lieues du camp, au pied d'une monta- 
gne, ils aperçurent de loin des pavillons et des tentes qui si- 
gnalaient un campement ennemi. C'était Michael Stryphus, 
beau-frère de l'Impératrice et chéga-dux, l'une des princi- 
pales charges et dignités de l'Empire, puisqu'elle donnait la 
direction des armées de mer; il avait avec lui au moins cinq 
cents chevaliers grecs, suivant le maréchal. Cette première 
rencontre était comme un essai de la valeur respective des 
deux peuples ; nos barons francs le comprenaient. Sans hé- 
siter et sans se compter, car ils ;étaient moins d'un contre 
six, ils partagèrent aussitôt leurs hommes en quatre esca- 
drons pour marcher à Tattaqué-j/Les Gtecs, de leur côté, se 
rangèrent en bataille devant les»fentes, attendant une agres- 
sion pour s'ébranler, malgré leur supériorité de nombre ; 



(l) Scutari, sur la rive asîatique,;.jrenferme aujourd'hui plus de 
30,000 hfabttanis musulmans et chtélieos. Les croisés campèrent 
sur remplacement de son cimetière actuel. (Michaud.) 



iO 

elle ne fut pas longue à se produire : poussés par cette furia 
francese si redoutée de l'étranger, notre poignée de braves 
fondit sur Tennemi et le ferit mult vigueroisement. Avec 
Taide de Dieu la mêlée dura peu, les Grecs ayant tourné le 
dos aussitôt; ils furent donc déconfis au premier choc et les 
nôtres leur donnèrent la chasse une bonne lieue au-delà. De 
plus, Tévénement tourna encore en excellente aubaine, nos 
chevaliers ayant trouvé sur le lieu du campement quantité 
de chevaux, roncins et palefrois, de mules et mulets, de tentes, 
pavillons, et tout ce qu*on peut recueillir en pareille rencon- 
tre. Alors, retournant au camp, ils y furent, comme on le 
croit, très bien reçus et partagèrent leur butin ainsi qu'ils le 
devaient. 

L'empereur Alexis, suffisamment éclairé, sans doute, sur 
la valeur de ses ennemis (des barbares aux yeux de ce grec 
si raffiné), comme sur la résistance que pouvaient offrir ses 
propres troupes, pusillanimes descendants des héroïques Hel- 
lènes (1), envoya, le jour qui suivit cette rencontre, vers les 
comtes et barons un ambassadeur chargé de négocier le dé- 
part des croisés. Cet envoyé, qui était natif de Lombardie et 
se nommait Nicolas Bosse ou Rossi (Ducange), après maints 
compliments adressés à la valeur des Francs, et de longues 
vanteries touchant la force des armées grecques (en effet for- 
midables quant au chiffre), « venait, disait-il, de la part de 
son maitre, qui ne comprenait pas l'agression de chrétiens 
envers des chrétiens, surtout lorsque ceux-là étaient croisés 
contre les infidèles, et venait offrir de donner, s'ils en avaient 
besoin, soit des vivres, soit tout autre secours nécessaire 
pour achever leur entreprise en Terre-Sainte, les priant de 
vider seulement ses terres au plus tôt, sinon ils seraient 
contraints aie faire, car la crainte n'entrait pour rien dans 



(1) Les Grecs de cette époque appelaient les Francs les Diables 
d'Occident ; la terreur qu'ils en avaient paralysait leurs forces. Nice- 
tas prétend que les chefs croisés étaient presque aussi hauts que les 
piques dont Ils se servaient, peut-être d'après ce phénomène de la 
peur qui grandit et grossit les objets, ou pour faire mieux excuser le 
peu de bravoure de ses compatriotes. Les commandants grecs, dit il 
encore, étaient plus timides que des cerfs, et n'osaient combattre des 
hommes qu'il appelaient des anges exterminateurs, des statues de 
bronze (à cause de leurs armures), qui répandaient la terreur et la 
mort. (Micbaud.) 



41 

ces propositions pacifiques, TEmpereur étant assez puissant 
pour détruire une armée, fut-elle vingt fois plus forte que la 
leur. » 

Les chefs des croisés, blessés du ton de la harangue, à la 
fois basse et insolente, après s'être consultés un moment, 
donnèrent à Conon de Béthune la charge d'y répondre. Celui- 
ci, dit Ville-Hardoin, « était un bon chevalier, sage et bien 
éloquent; » il eut pu ajouter : « et poète distingué, » car les 
clvansons du sage Béthune ont passé à la postérité, mais la 
poésie était alors un hors-d'œuvre qui ne dépréciait ni ne re- 
haussait son homme. Conon le prit sur un ton fort élevé, sans 
paraître soit ébloui, soit ébranlé parles offres et les menaces. 
S'adressant à l'envoyé grec, il lui dit « qu'il devait bien sa- 
voir que l'armée franque n'occupait pas des terres apparte- 
nant à son maitre, puisque celui-ci avait usurpé l'Empire, 
revenant, par droit d'héritage, au jeune prince, son neveu, 
là présent; cependant que, s'il voulait solliciter le pardon de 
ce prince en restituant son trône, peut-être, à la prière des 
croisés, lui ferait-il grâce et lui donnerait-il de quoi vivre 
richement. Puis, s'attaquant à l'ambassadeur même, il lui 
signifia, quant à se présenter de nouveau porteur d'un pareil 
message^ de n'être pas assez hardi pour le faire. » 

Les Francs, voyanl bien que le moment était arrivé d'enga- 
ger définitivement Taction, voulurent montrer d'abord aux 
yeux du peuple grec le prince légitime pour lequel on allait 
combattre, afin de ramener à lui le cœur de ses sujets ou du 
moins afin d'essayer de les toucher en sa faveur. On le con- 
duisit donc sur une galère, accompagné des autres vaisseaux 
de haut rang et de tous les principaux chevaliers, en vue des 
remparts, aussi près que possible des murailles de Constan- 
tinople. On fit même haranguer la foule des soldats et des 
curieux bordant les remparts, ainsi que les habitants du plat 
pays placés sur les rives, qui contemplaient ce spectacle ; 
mais la frayeur qu'inspirait l'usurpateur, dit l'historien, em- 
pêcha la moindre manifestation en faveur du jeune prince. 
Et d'ailleurs, ces hommes passant si souvent du joug des 
tyrans à celui d'usurpateurs sans autres droits que ceux de 
la force et de l'audace, pouvaient-ils connaitre l'attachemen t 
dû à un souverain légitime et paternel ? 

Ainsi donc, on s'en retourna au camp après cette démons- 
tration stérile, et chacun rentra dans son quartier particulier. 



42 

Le moment suprême de Tattaque devait être fixé le lendemain 
en assemblée. Après avoir entenda la messe, on se réonit au 
milieu de la campagne, à cheval, en parlement. Et là, vous 
eussiez pu voir maint belestrier, et maints bons chevaliers 
dessus, dit le maréchal, qui saisit Toccasion de témoigner 
son admiration pour Tarmée sainte et l'estime qu'il en fait. 

Le point le plus débattu de ce conseil fut l'ordonnance 
des batailles, car, encore qu'on soit également brave et que 
tous devaient arriver des premiers à l'ennemi, Tamour-pro- 
pre et le droit de préséance entre princes souverains ou issus 
du sang royal, cèdent moins volontiers le pas, s'il est possi- 
ble, que l'ardeur guerrière. On arrêta enfin que Tavant-garde 
appartiendrait au comte Baudoin de Flandres, parce qu'il 
avait mult grant plenté de bone gent, et d'archiers et d'ar- 
ballestiers plus que nuls en Vost fust. 

La seconde bataille devait être conduite par Henry, son 
frère, accompagné des bons chevaliers de ses terres et de 
son pays. 

La troisième, par Hugues, comte de Saint-Paul, Pierre 
^'Amiens son neveu, et autres de leurs chevaliers (maison de 
Trance). 

La quatrième, par le comte Louis de Blois, riche, redouté 
et puissant seigneur (maison de Champagne). 

La cinquième, par Mathieu de Montmorency, et de celle-là 
étaient des braves en renom tels que Geoffroy, le maréchal de 
de Champagne, Oger de Saint-Chéron, Manassès de l'Isle, 
Miles de Brabans, Machaire de Saint-Menehould, Jean Sois- 
sons, Guy de Chappes, Clérarabaut, son neveu, Robert de 
Roncey et nombre d'autres bons chevaliers champenois. 

La sixième bataille fut composée de solides Bourguignons, 
en tête desquels se trouvèrent Eudes le champenois de Cham- 
plitte et Guillaume son frère, Guy de Pesmes, Aymon son 
frère, Othon de La Roche, Richard et Eudes de Dampierre, 
Guy de Conflans et ceux de leurs terres et de leur pays. 

Le chef désigné pour la septième et dernière division était 
le marquis de Montferrat. Celle-ci devait former l'arrière- 
garde, étant très nombreuse et bien fournie, parce qu'elle se 
trouvait composée des Lombards, des Toscans, des Alle- 
mands venus à la croisade et généralement de tous ceux du 
pays enclavé depuis le Mont-Cenis jusqu'à Lyon. 

Le jour fut aussi fixé auquel l'armée devait remonter dans 



43 

les vaisseaux pour aller prendre terre et por vivre et por 
morir^ et sacnez « que c'était une des plus douteuses choses 
à faire qui oncques fust. » Sans nul doute, rien de plus sim- 
plement vrai que Taposirophe de Yille-Hardoin ; devant cette 
ville immense, hérissée de tours, ceinte de remparts, remplie 
de soldats par centaines de mille, dans un pays qui lui était 
si complètement étranger, que devait sembler la petite armée 
de nos braves chevaliers européens? Quel juge désintéresséjde 
la lutt« eut pu supposer, sans être taxé de folie, qu'ils allassent 
la conquérir d'emblée? Mais ils avaient pour eux Tiotrépidité, 
Ténergie, la vaillance et le renom, c'était déjà beaucoup, 
tandis que leurs adversaires, énervés la dans mollesse, endor- 
mis par une trompeuse confiance en eux-mêmes, déshabitués 
des combats, terrifiés par rapproche de ces guerriers bardés 
de fer, devaient plier et fuir, vaincus moralement avant 
d'avoir affronté le premier choc. Il régnait d'ailleurs parmi 
les croisés, malgré des écarts déplorables, un vif sentiment 
religieux qui, pour n'être pas toujours bien éclairé et bien 
pur, n'en avait pas moins de réalité et qui leur prêtait une 
force, une constance admirable dans les guerres saintes. 

Les évêques et le clergé parlèrent alors aux soldats, les 
exhortant à confesser leurs fautes et à faire chacun sa devise 
(son testament) car ils ne pouvaient savoir quand Dieu dis- 
poserait d'eux. « Ainsi firent-ils par toute l'armée très vo- 
lontiers et très pieusement » 

Ce fut un beau moment que celui où les chevaliers et les 
troupes s'embarquèrent pour aller prendre terre du côté de 
Gonstantinople. Un soleil resplendissant qui se levait éclairait 
la scène: chacun luttait d'empressement et d'ardeur, ne cher- 
chant qu'à devancer ses compagnons. L'empereur Alexis les 
attendait dans la plaine avec d'immenses bataillons,savammefit 
ordonnés, faisant sonner leurs clairons (buccines) de toutes 
parts; il put donc voir avec quelle impétuosité les Français 
sortaient de leurs vaisseaux, les chevaliers, dans ieur impa- 
tience, se jetant tout armés à la mer, où ils avaient de l'eau 
jusqu'à la ceinture, le heaume en tête et le glaive à la main. 
Et les bons archers, les bons arbaltriers, les bons sergents 
firent de même, là où les vaisseaux de chaque compagnie 
abordèrent (i). 

(I) («e d^rqu^mept s'opéra 8ur la rive qui s'étend eoftlre le fau- 
bourg de Rechitktach et la pointe de Tophana. ()lichaud). 



44 

Les Grecs, durant ce temps, faisaient de grandes démons- 
trations et de grand mouvements, comme pour empêcher la 
descente. Mais, qoand vint Tinstant de croiser les lances, ils 
s'enfuirent, laissant le rivage aux assaillants. « Oncques plus 
orgueilleusement nul part ne fut pris, » s'écrie le maréchal. 
Lors, les matelots jetèrent les ponts, on fit sortir les chevaux 
des vaisseaux, et les chevaliers étant montés en selle ils se 
rangèrent en bataille, selon l'ordonnance convenue. 

Aussitôt ils se mirent en marche vers le campement grec, 
croyant bien au retour de l'ennemi sur eux. Toutefois, il se 
trouva que l'Empereur avait déjà tourné le dos et qu'il était 
rentré dans Constantinople, laissant ses tentes, ses pavil- 
lons, tout son attirail sur place. Ce fut une très bonne prise 
pour l'armée, et ce début dut l'encourager en voyant la 
mollesse de la résistance, ou plutôt la nullité de l'adversaire. 

Le conseil des barons décida alors de se loger sur la terre 
ferme, devant la tour de Galatha, point où la chaîne qui par- 
tait d'une porte de la ville, appelée jadis porta Catena (1), 
venait s'attacher et fermer l'entrée du bras de mer formant 
port. Comme il fallait franchir cet obstacle pour faire péné- 
trer la flotte dans le port, les barons voyaient bien que s'ils 
ne prenaient pas la tour et ne rompaient la chaîne, ils ne se- 
raient pas en sûreté et courraient danger de mort par sur- 
prise. Ils se logèrent donc cette nuit-là au plus près, dans le 
quartier juif, fort riche et fort bonne ville, et firent un guet 
très actif. 

Le lendemain, à l'heure de tierce, les Grecs de la tour de 
Galatha cependant,aidés de ceux de Constantinople qui, dans 
des barques, traversaient le bras de mer pour leur venir en 
aide, firent une sortie afin de surprendre les croisés. Ceux-ci 
coururent aux armes. Le premier chevalier qui arriva à la 
mêlée fut Jacques d'Avenues avec sa compagnie de pied, le- 
quel faillit être tué par un coup de lance reçu en plein visage, 
et il l'eut ^té sans doute sans le secours que lui porta très 
bravement l'un de ses chevaliers, Nicolas de Jaulin, qui, 
ayant pu monter assez promptement à cheval, courut le dé- 
gager, et toute l'armée le loua fort de cette vaillante action. 
1 Le cri d'alarme avait été jeté au camp, les hommes d'ar- 

I mes arrivaient de toutes parts; ils repoussèrent si vivement 



I 

i 



(4) Aujourd'hui Bab-ouk-Bazar, ou porte du marché aux poissons. 



45 

les Grecs que beaucoup périrent en ce combat et qu'il y eut 
aussi des prisonniers faits en grand nombre. Quant à ceux 
qui ne furent ni pri% ni tués, la plupart ne purent regagner 
le fort et, ayant sauté à la hâte dans les barques, quan- 
tité se noyèrent. Les impériaux, repliés sur la tour, pensant 
se mettre en sûreté à Tabri de ses verroux, furent aussi tenus 
de si près par les Francs, qu'ils n*en purent fermer la porte. 
Là, le combat devint très chaud, même acharné, la place fut 
enlevée et il y eut encore beaucoup de Grecs mis à mort ou 
pris. 

La tour de Galatha conquise, le port était comme livré à 
la flotte alliée ; aussi, par ce coup de maître, « mult en fu- 
rent réconfortés cil de TOst en louèrent Dame-Dieu (la sainte 
Vierge sans doute?). y> Par contre, la perte de Galatha et celle 
du port déconfortèrent grandement ceux de la ville, car toute 
la flotte pénétrait le lendemain dans la Corne-d'Or, ce qui sem- 
blerait dénoncer une absence complète de forces maritimes, 
fait au moins extraordinaire dans un si grand Etat. 

D'une telle incurie on pouvait conclure et Ton peut croire 
que l'empereur Alexis n'avait si criminellement usurpé l'Em- 
pire sur son frère,que pour satisfaire à un goût effréné de plai- 
sir et de dépenses. En effet, coulant son temps dans de folles 
ivresses, dans d'incroyables débauches, il ne les interrompait 
que pour des occupations pires encore, puisqu'elles ne tour- 
naient qu'au détriment des peuples, en les accablant de nou- 
veaux impôts; enfin, se livrant aux plus honteuses exactions, 
il avait même été jusqu'à soudoyer, dans la mer Noire, des 
écumeurs de mer pour courir sus aux nombreux vaisseaux 
marchands des nations ses alliées; ce qui prouve sa basse cu- 
pidité comme son mépris du droit, car leurs dépouilles lui 
étaient réservées. 

Bien que ce prince eût appris l'évasion de son neveu, dès 
l'înstant où elle avait eu lieu ; quoiqu'il sût l'expédition des 
croisés et l'espoir fondé par le jeune Alexis sur leur coopéra- 
tion, il ne s'était nullement mis en mesure pour remonter sa 
marine, ni pour se procurer des moyens de défense. On pré- 
tend même qu'il riait de l'audace des Latins et que leurs pro- 
grès, car il n'ignorait pas la perte de Duras et celle de Corfou, 
faisaient Tamusement de ses soupers, au milieu de ses cour- 
tisans. Il se fiait sans doute aux hautes murailles de Constan- 
tinople et aux innombrables armées qu'il menait souvent en 



46 

marche, mais qui en étaient quittes, a Tordinaire» pour des 
promenades pénibles, car il se lassait bientôt des fatigues de 
campagne et tournait bride avant d'avoir entrevu Tennemi. 
Il regagnait alors ses jardins et ses palais où tout dévoilait 
ses habitudes voluptueuses et affichait un luxe insolent. Là, 
un emploi de son temps dont il tirait vanité, c'était de se 
créer de fraiches promenades, ornées de points de vue agréa- 
bles, de remuer du terrain, défaire aplanir, combler, niveler, 
et de faire transporter des forêts pour en former des avenues 
autour de scs-ixiaisons de plaisance. 

En revanche, il avait peu de vaisseaux de guerre en port, 
comme l'événement le prouvait, et encore étaient-ils dépour- 
vus d'agrès et de mâture ; s'il faut en croire les historiens, 
les gardiens de ses parcs et de ses forêts ne permettaient pas 
qu'on y coupât un arbre (1); la conservation d'un lieu de 
chasse paraissant à ces âmes dégénérées d'un intérêt plus 
important que toute la marine de l'Empire. Le grand amiral, 
Michel Slryphus, que l'on a vu fuir devant nos braves croisés, 
insatiable pillard, comme la plupart des fonctionnaires ad- 
mis sans contrôle par un souverain aussi faible que cruel, 
avait vendu à son profit (ce qui nous paraîtrait incroyable, si 
le bas-empire n'eut tout osé en fait de turpitudes), les an- 
cres, les voiles, les cordages et jusqu'aux clous des navires I 
Alexis savait ces choses, et ses faveurs n'en tombaient pas 
moins sur les misérables courtisans capables de dilapidations 
aussi efirontées. 

Ce ne fut qu'à la vue des nombreuses voiles des Vénitiens 
rangées devant Scutari, qu'il sortit enfin de son apathie. Il 
ordonna qu'on fit radouber une vingtaine de galères criblées 
de vers, pourries, et qu'on abattît les maisons construites en 
dehors des murailles et lui paraissant d'un voisinage trop 
dangereux dans la circonstance; puis, Agra fit sortir ce 
qu'il avait de troupes en état de combattre, elles allèrent 
camper au bord du Bosphore au-dessus du golfe de Cirus 
et il s'y établit avec elles, ainsi que Lascaris, son gendre, 
pour s'opposer à la descente. Ces troupes étaient au nombre 
de soixante-dix mille. On sait quelle fut leur résistance. 

Pour comprendre le succès des croisés, il faut regarder la 



(i) Lebeau, Hist. du Bas-Empire. 



47 

carte deConstantinopIe. La cité forme un triangle dont deux 
côtés avanceoi dans la Q)er, le troisième étant borné par la 
campagne. Cette ville était alors gardée par des fossés pro- 
fonds, de nombreuses tours et de hauts remparts. Le port est 
un golfe naturel, le Cirus, ou la Corne-d'Or; il baigne un des 
côtés du triangle dont plusieurs portes donnent accès sur son 
bord et, par le secours de barques, on communique avec les 
faubourgs qui bordent l'autre rive du golfe. La pointe de To- 
phana correspond à Tangle de Constantinople qui s*avance 
dans la mer et la tour de Galatha n'était pas loin de cette 
pointe. Le quartier des juifs tourne du côté du Bosphore de 
Thrace;Péra, où les puissances européennes logent leurs 
représentants, s'étend derrière ces localités, vers la terre- 
plaine, entre la Corne-d'Or et le lieu de campement qu'avait 
choisi l'Empereur pour ses troupes. Tenir le port, c'était 
donc commander à la fois sur les faubourgs et sur la vilk. 

La chaîne qui servait de barrière, fort grosse, très difficile 
à rompre, était supportée par des pieux enfoncés dans la mer 
de distance en distance et défendue, d'ailleurs, par les vingt 
galères, chargées de soldats et de machines, d'oii partaient 
quantité de pierres et de javelots. Mais, tandis que les Francs 
prenaient Galatha, les Vénitiens, animés d'une ardeur impa- 
tiente, laisaient Voguer la flotte contre cet obstacle et, malgré 
la pluie de projectiles qui les assaillaient, sautaient sur la 
chaîne; ils s'y tenaient à cheval pour combattre de plus près. 
Ils envahirent même les vaisseaux grecs et s'en rendirent 
maîtres en précipitant dans la mer tous ceux qui leur faisaient 
obstacle. Mais la chaîne n'était pas encore rompue, et l'on 
prétend qu'un gros navire vénitien, poussé alors par un vent 
furieux, donnant violemment contre cette barrière, vint à bout 
de la rompre à l'aide de prodigieux ciseaux d'acier mus par 
une machine. Ces ciseaux nous paraissent difficiles à admettre ; 
il est plus croyable, selon nous, que les Français, tenant la 
tour oii aboutissait la chaîne, l'aient simplement détachée. 
C'est, du reste, ce que permet de croire le récit de Yille-Har- 
doin, présent à l'affaire, et qui ne donne point de détails sur 
l'entrée de la flotte dans le port, n'ayant pas suivi son action. 

Il fallait prendre la ville cependant; œuvre formidable, en 
considérant la vaste étendue qu'elle occupait, en comptant 
sa population, qui était d'un million d'âmes I Les barons pu- 
rent facilement se faire une idée de la difficulté à la vue de 



48 

toutes ces hautes tours, de tous ces palais somptueux, de 
toutes ces grandes églises qui, lorsqu'on avait franchi les 
remparts, formeraient comme autant de citadelles pleines 
de défenseurs et seraient peut-être des écueils successifs oii 
tomberait Tarmée. 

Constantinople, en effet, située en amphithéâtre, ainsi que 
Péra et Scutari, se laisse voir dès le port ; du côté de la terre- 
ferme, elle a trois lieues de front. (1) Que paraissait Parmée 
franque, forte de quarante mille hommes seulement, au milieu 
de ce panorama imposant, devant les forces grecques compo- 
sées de nationaux et de troupes étrangères à la solde, qui 
comptaient des Danois, des Anglais nommés Varangues , et des 
Pisans, soldats moins énervés, beaucoup plus vaillants que 
les Grecs?... mais elle était composée de héros au cœur de 
lion, car les Vénitiens ne le cédaient point en bravoure aux 
plus intrépides, et ils étaient prudents, habiles, qualités qui 
ne se rencontraient pas souvent chez Thomme de guerre du 
moyen-âge. Celui qui les commandait, Dandolo, bien qu'âgé 
de quatre-vingt-quinze ans et aveugle, avait surtout une 
énergie à ne reculer devant aucun obstacle, et une expérience 
consommée. Nommé Doge à quatre-vingt-quatre ans, alors 
que tant d'autres ne sont plus propres aux affaires, ni publi- 
ques, ni privées, il avait conduit la République dans une voie 
de prospérité constante, sur terre et sur mer. On croit que 
dans un séjour précédent à Constantinople il eut les yeux 
crevés par ordre de l'un de ces empereurs d'Orient, avilis et 
corrompus et plus barbares dans leur despotisme que les 
barbares mêmes ; quoi qu'il en soit, les Vénitiens gardaient 
à Alexis une rancune qu'ils voulaient satisfaire, car, spoliés 
dans leur commerce par lui, malgré ses promesses ils n'en 
avaient reçu aucune réparation pour ses injures ni pour ses 
fraudes. 

La flotte entrée dans le port, ceux des vaisseaux descendi- 
rent à terre afin de conférer sur le plan d'attaque. Après un 
mûr délibéré il fût convenu que les barons débuteraient du 
côté de la terre, tandis que les Latins tenteraient l'escalade 
du côté de la mer. On passa quatorze jours à préparer les 
machines, puis le quinzième, toute l'armée se mit en marche 
pour tourner le golfe et gagner la porte de Blakernes, qui 

(4) Ville-Hardoin. Lebeau dit deux lieues. 



49 

était située à l'angle de la ville dooDant au fond de ce golfe. 
La flotte la suivait le long du rivage ; étant arrivée en même 
temps k Tembouchure du fleuve Barbysès qui se décharge à 
la pointe de la Corne-d'Or, on jeta l'ancre et les troupes de 
terre firent halle. Ici commençaient les grandes difficultés ; 
les Grecs avaient rompu un pont de pierre par où Ton aurait 
eu accès dans la plaine de Constantinople et ils se tenaient en 
armes sur l'autre rive du fleuve comme pour en défendre Ta- 
bord. Tout en les tenant à distance par une grêle de pierres 
et de traits ; avec le travail opiniâtre d*un jour et d'une nuit, 
on rétablit le passage. Les troupes impériales, massées dans 
la plaine, avaient contemplé de loin les efi'orts des Francs, au 
lieu de s'opposer à leurs progrès; dès qu'ils les virent s'é- 
branler et les cavaliers s'aventurer seulement trois à trois 
sur ce pont improvisé, elle se sauvèrent derrière leurs rem- 
parts. 

L'armée campa entre la porte de Blakernes et un monas- 
tère défendu de murs dit de Saint-Cômeet Saint-Damien, que 
les Français appelaient la Tour de Boëmond, parce que ce 
prince y avait séjourné du temps de la première croisade ; les 
barons y tendirent leurs pavillons (1). Dans l'étendue des 
murs de la ville, du côté de la terre, se trouvaient six portes. 
Les Croisés ne pouvaient en attaquer qu'une seule, et les cinq 
autres s'ouvraient aux sorties des assiégés, qui en faisaient 
même par celle qu'on attaquait; de sorte que les assiégeants 
étaient obligés d'avoir toujours l'une des batailles tout armée 
devant cette porte pour garder les engins et veiller aux sorties 
de l'ennemi; elles devenaient si fréquentes que les troupes 
ne pouvaient reposer ni le jour ni la nuit, étant toujours en 
armes et ne pouvant même prendre leurs repas sans quel- 
qu'alerte ; la famine commençait aussi à menacer, car on 
pouvait à peine s'écarter pour aller fourrager et pour cher- 
cher des vivres; on n'avait de chair fraîche que celle des che- 
vaux tués dans les mêlées, on possédait de la farine, mais 
pour trois semaines seulement, et d'ailleurs, l'armée était en 
grand péril, vu que jamais tant de gens ne furent assiégés en 
une ville par tant peu de gent t 

On avisa et l'on résolut de clore le camp ; on mit de fortes 

(4) Le camp des croisés occupait l'espace aujourd'hui rempli par 
le faubourg d'Eyoub, à Textrémité méridionale du port. (Mlchaud). 

1866. 4 



so 

barrières et des palissades au moyen de qaoi on se fortifia» 
ce qui donna quelque répit et quelque sûreté contre une sur^ 
prise, quoique les attaques continuassent et qu'elles fussent 
repoussées mult durement. 

Un jour que les Bourguignons étaient de garde, les Grecs 
ayant fait une sortie avec une partie de leurs meilleurs 
hommes, ils furent reçus si rudement et repoussés si près de 
la porte, que les pierres lancées de la ville tombaient sur les 
poursuivants à grand faix. Mais leur ardeur était sans égale 
et Constantin Lascarls, Tun des plus grands seigneurs de la 
Grèce, bien que sur son cheval, fut pris par Gauthier de 
Neuiily. Guillaume de Champlitte y eut le bras brisé par une 
pierre, ce qui fut grand dommage, car il était mult preux 
et mult vaillant. On perdit beaucoup de monde de part et 
d'autre en cette rencontre, sans compter les blessés. Eusta- 
che le Markis, chevalier du corps de Beaudoin^ n'écoutant 
que sa valeur et son désir de se distinguer, accourut vers la 
fin de la mêlée, armé seulement d'un chapelde fer, sans cui- 
rasse, n'ayant qu'un gamboison pour vêtement (1), l'écu au 
col, et fit des prodiges qui lui acquirent beaucoup d'honneur. 
Enfin, tous ceux qui se trouvaient à cette afi'aire se montrè- 
rent fort bien, d'où l'on peut juger si les Bourguignons et les 
Champenois s'épargnaient et s'ils ne comptaient pas parmi 
les plus braves. Quant à Ville-Hardoin, trop modeste pour 
parler de lui-même, on ne peut que deviner ses prouesses. 

Il fallait être constamment armé de pied en cap, même 
pour les repas, car les Grecs s'enhardissaient et ne laissaient 
plus respirer par leurs nombreuses sorties ; entre autres, ils 
en firent une par une de leurs portes, en laquelle ils perdi- 
rent beaucoup de monde. Mais en revanche un de nos che- 
valiers, Guillaume Delgé (de Gy?) (2) y demeura sur place. 
Mathieu de Valincourt se montra fort bien et eut son cheval 
tué sous lui sur le pont-levis de la porte. 

Au bout de dix jours d'une vie aussi fatigante et d'escar- 



(1) Gamboison, c'était un plastron en forme de pourpoint pour 
empêcher que l'armure ne blessât. 

(2) Ce nom : Delgi ne semble pas français. Gy, qui est un bourg de 
Franche Comté à quelques lieues de Grey, paraîtrait plus vraisem- 
blable, en compagnie de G. de Champlitte cl autres Bourguignons. 
L'édition Buchon porte del Gi. 



51 

mouches aussi aorubreasea, ou comprit que celto manière de 
guerroyer deveuait trop désastreuse pour l'aroaée, qui se lais- 
sait emporter à la poursuite de renueDai, dont elle faisait 
carnage, mais qui y perdait toujo^urs aussi de $u plus bra- 
ves. D*ailleur&, toutes choses étant disposées pour donner 
l'assaut, ou résolut une attaque générale, les Vénitiens agis- 
sant du côté de la mer, et Tarmée des Barons battant eu 
brèohe les tours du point où elle s'était; logée. 

Les échelles étaient dressées ; des sept batailles ou divi- 
sions composant les forces franques, trois devaient demeurer 
à la garde du camp, en dehors, tandis que les quatre autres 
iraient à Tassaut. Le marquis de Montferrat avec la bataille 
des Champenois et des Bourguignons, ainsi que Mathieu de 
Montn)orency, eurentcette charge de tenir la campagne contre 
les surprises et les sorties; Beaudoin de Flandres, Henry son 
frère, Louis de Blois, le comte de Saint-Paul et leurs gens 
respectifs durent commencer Tatlaque; ils donnèrent un rude 
assaut; on avait comblé le fossé, ils firent avancer les béliers 
et deux cent cinquante autres machines destructives. On ou- 
vrit la brèche par une des tours, mais les échelles étaient 
successivement renversées ou brisées par les Pisans, on en 
plaça deux à un avant-mur dit barbacane, situé près de la 
mer et du Palais de ^lakemes et qui était garni fortement 
des troupes étrangères à la solde de TEmpereur. Cinq cheva- 
liers seulement, suivie de deux servants chacun, purent mon- 
ter par vive force, et quoiqu'au petit nombre de quinze 
hommes environ., ils prirent pied sur le mur et conquirent la 
position, combattant main à main, à coups de hache et d*é- 
pée. Mais ceux du dedans, un instant ébranlés, reprirent 
courage en voyant leur supériorité numérique et les repous- 
sèrent avec rigueur ; ils en gardèrent même deux comme pri- 
sonniers qu'ils conduisirent sur le champ i l'Empereur. Celui- 
ci, qui contemplait le combat, tranquillement assis à une 
fenêtre du Palais de Blakernes, sans donner aucun ordre, 
témoigna de cette prise autant de joie que si Ton eût remporté 
sur les Francs une victoire éclatante. L'assaut fut donc sans 
effet et causa des pertes très sensibles aux barons. 
' Mais les Vénitiens, Dandolo en tête, dans un bel ordre 

naval, alignaient leurs vaisseaux de guerre au plus près des 
murs, les uns préparés pour lancer des pierres et des javelots, 
les îuitres, avec des tours plus hautes que celles de la ville 



52 

chargées d'hommes et de ponts mobiles, qui devaient s'abat* 
tre sur les murailles. Le front de bataille était de plus de 
trois jets d'arc. Les machines de guerre engagèrent vivement 
le combat, bord à bord, et les Grecs se défendirent avec cou- 
rage; tout ce mouvement et les cris, les clameurs jetées parles 
combattants , accompagnés de la grande voix des vagues 
furieuses refoulées par tant de vaisseaux pressés (la flotte en 
comptait quatre cent) formaient un bruit si formidable qu'il 
semolait, au dire du maréchal, que terre et mer fondist. 

Toutefois, les galères proprement dites semblaient hésiter 
pour aborder, ne sachant où prendre terre sous une pluie de 
toutes sortes de matériaux et de matières enflammées, sur- 
tout sous le feu grégeois qui ne lâchait point ses victimes. 
Alors, on vit le Doge, cet amiral incomparable, malgré sa 
cécité et ses quatre-vingt-quinze ans, se présenter tout armé, 
avec le gonfanon de Saint-Marc devant lui, à la proue de sa 
galère. L'âme ferme et le cœur calme, comprenant à ce mo- 
ment que, malgré ses prières et ses promesses, ses ordres 
risquent d'être méconnus, il crie à haute voix à ses gens de 
le mettre à terre, sinon qu'il en fera justice et les punira. 
On lui obéit ; ou le porte à bras sur le rivage, Tétendard de 
Saint-Marc le précédant. Cette vue fait honte anx capitaines 
des galères et les électrise à la fois ; pour réparer la brèche 
qu'ils ont faite à leur honneur ils courent le couvrir de leurs 
corps, tous se mettent à l'unisson ; on plante des échelles, 
on se bat au haut des tours, sur les ponts-levis, sur les murs. 
Puis, tout à coup, sans qu'on sache par quel moyen il y est 
arrivé, on voit flotter l'étendard de Saint-Marc au haut d*une 
tour de la ville; une main invisible semble lavoir porté là; 
on est près de crier au miracle, sans doute le brave qui l'y a 
planté a déjà payé cet acte héroïque de sa vie et la mort cèle 
pour jamais son nom à la postérité. Il s'élève de part et 
d'autre un grand houra. Ceux de la ville voyant cet étendard, 
entendant ces cris, croient la tour prise, ils quittent les mu- 
railles précipitamment, en sorte que les Vénitiens peuvent 
sauter en foule sur les murs. En un moment, ils se sont 
emparés de vingt-cinq tours. Dandolo envoie sur le champ 
dire aux barons son incroyable succès; ils n'y peuvent donner 
créance qu'en voyant un vaisseau qu'on leur expédie chargé 
de butin et de chevaux de luxe pris dans Constantinople. 

Les Vénitiens commençaient à se répandre dans la ville. 



53 

Cependant, ayant vu accourir un nombre considérable de 
troupes qui venaient pour les refouler et par lesquelles ils 
devaient, vu leur infériorité numérique, être écrasés infailli- 
blement, ils prirent un parti violent et prompt, pressés par le 
besoin de conserver leiir position : le vent leur était favorable 
et poussait avec impétuosité du côté intérieur de la ville et 
de l*armée impériale ; ils mirent le feu aux maisons, se reti- 
rant dans les vingt-cinq tours envahies qu'ils comptaient 
garder. En effet, rincendie fit de rapides progrès dans ce 
quartier (depuis Blakernes jusqu'à la porte Dorée), et la fumée 
donnant au visage des Grecs ils ne purent avancer jusqu'à 
eux. 

Mais la frayeur gagnait tout Constantinople. Alexis, jugeant 
qu'il fallait se décider à fuir ou à combattre, ordonna, tandis 
que les Croisés attendaient le résultat de l'incendie, une 
imposante démonstration commandée par Théodore Lascaris; 
son gendre. Celui-ci sortit avec tant de troupes qu'on pouvait 
croire qu'elles y fussent toutes. Les portes par lesquelles 
elles se répandirent dans la plaine étaient la porte Délivrée, 
la porte Dorée, et la porte Bouchée, situées à environ une 
lieue de celle de Blakernes où les Français battaient en brè- 
che. L'Empereur lui-même, harcelé par le peuple, dut monter 
à cheval et se montrer dans toute la pompe impériale : robe 
de pourpre, bonnet de soie brodé d*or et terminé en pointe, 
Tépée au poing, il courait de rang en rang, vx)uiant animer 
les soldats, mais ceux-ci étaient trop habitués à ses défail- 
lances pour se sentir électrisés par tant de mouvement. Il 
les fit ranger en bel ordre de bataille avec sa cavalerie sur les 
ailes, afin de marcher contre les Croisés qui, à cette vue, cou- 
rurent aux armes de toutes parts. 

Henri, frère du comte de Fandres, était de garde ce jour- 
là, ainsi que Mathieu de Valincourt, Beaudoin de Beauvoir 
et leurs gens. L'Empereur avait concentré toutes ses forces 
pour attaquer de front ce petit groupe de braves et les écra- 
ser. Par trois portes rapprochées, d'autres troupes devaient 
sortir encore, les prendre en flanc et leur couper toute 
retraite (1). 

(I) Ces trois portes, dont l'une était ia porte Sainte, l'autre cello 
de Petrion, la troisième la porte Impériale, existent encore sous les 
noms 1** de Aia-Kapoussi, T Pétri -Kapoussi, 5** Dab-Balart. 



54 

Daraftt ce temps, les six batailles (4) dont il a été quesiioa 
et qui étaient retranchées dans le eamp» sortaient et se ran- 
geaient devant les palissades, ayant leurs sergens et leurs 
écuyers à pied joignant la croupe des chevaux et devant eux 
les archers et les arbalétriers. Ils formèrent égalemmit un 
petit bataillon d'au moins deux cents chevaliers à pied qui 
avaient été démontés» et se tinrent ainsi immobiles et fermes 
contre leur retranchement; disposition fort sage, attendu que 
s'ils s'étaient lancés dans la plaine peur charger Tennemi, 
ils eussent probablement été environnés, divisés et écrasés 
par la multitude des Grecs. 

En effet, ceux-ci avaient plus de soixante batailles, dont la 
moindre surpassait en nomore chaque division française. « Il 
semblait que tote la campagne fust coverte de batailles, et 
elles venoient au petit pas , en bonne ordonnance, bien 
semblait perilose chose I » mais les nôtres étaient ordonnés 
en telle manière qu'on ne pouvait les aborder ni les changer ; 

que par devant. Enfin, Alexis, avec son armée, se trouva si j 

près d'eux, que l'on tirait les uns sur les autres.La nouvelle en 
étant venue au Doge, par un mouvement de droiture héroïque 
et spontané tout aussi bien que par le calcul d'un prudent 
général, il fit à l'instant retirer ses gens de la ville et aban- I 

donner les tours qu'ils avaient prises, disant qu*il voulait 
vivre et mourir avec les Pèlerins, et étant remonté dans sa 
galère avec ce qu'il put rassembler de ses gens, il alla droit 
au camp et descendit à terre Tun des premiers, amenant 
d'hommes tout ce qu'il en pouvait distraire des vaisseaux. 

Les Grecs restèrent assez longtemps vis-à-vis des Croisés, 
ne voulant ou n'osant pas donner la charge, mais espérant 
sans doute que la patience les abandonnerait et qu'une fois 
ébranlés ils pourraient les tailler en pièces. Ceux-ci restant 
inébranlables comme des rocs, l'Empereur commença à faire 
sonner la retraite, malgré Lascâris, dit-on, qui brûlait d'en 
venir aux mains, et, après avoir rallié les siens, il leur fit 
rebrousser chemin. L^armée franque, dès lors, les suivit au | 

petit pas, en tuant quelques-uns sans qu'ils eussent tourné 
le visage. Elle les conduisit ainsi jusqu'à un palais appelé I 

Philopas (ou Philopatrium), maison impériale bâtie au milieu 
d'une vaste promenade hom la ville, près h porte Délivrée, 

(i) Escadrons, selon bucange. i 

i 
I 



88 

par laquelle les Grecs reolrèrest bientôt dans Con&tantinople, 
couverts de honte ainsi que leur Souverain. Toutefois, les 
croisés, même les pks hardis, louèrent Dieu de grand cœur 
eu se voyant délivrés du plus imminent péril que jamais 
homme ail pu affronter ; car, avec un pareil déploiement de 
forces, si les Grecs l'eussent seulement voulu, ils n'avaient 
qu*à faire veUe-face , et bientôt la petite armée française 
était anéantie. Au surplus, nos vaillants preux se sentaient 
si las de toutes les alertes, si affaiblis par les blessures reçues 
en ses rencontres, et cette dernière journée les fatigua tant, 
qu'ils revinrent au camp comme l'Empereur rentrait dans la 
ville et se d^armèrent. Pourtant ils mangèrent peu, et peu 
burent, car peu de vivres ils avaient ; aussi leurs forces com- 
mençaient tellement à décliner par la disette, qu'ils n'au- 
raient pu faire encore une longue résistance. 

Donc, ils ne croyaient l'engagement que simplement 
ajourné, et ils voyaient Tassaut de la ville à recommencer ; 
or, « oyez les miracles de Nostre-Seignor come eles sont bêles 
tôt par tôt là où li plaist I » Quelle ne fut pas la surprise, la 
joie, le lendemain avant le jour, quand la rumeur vint faire 
circuler dans le camp cette grande nouvelle, qu'Alexis Com- 
nène, l'empereur des Grecs» craignant Tabandon, trop mé- 
rité, ée ses sujets (1), n'écoutant que sa peur changée en 
terreur, en panique, venait de s'enfuir la nuit même, empor> 
tant du trésor tout ce qu'il avait pu prendre de précieux, 
emmenant avec lui sa fflle Irène, des femmes, et ceux de ses 
courtisans qui avaient bien voulu suivre sa fortune, mais 
laissant dans Constantinople Tlmpératrice Eupbrosine, beau- 
coup plus énergique que lui, et deux de ses filles. 

Tandis qu'il fuyait vers Zagora en Bulgarie', la ville, réveil- 
lée en sursaut par une voix qui criait dans les rues : plus de 
tyran I plus d'Alexis Comnènel il a pris la fuile I était livrée 
k la stupeur et pleine de découragement. Le mépris du peu- 
ple se répandait en malédiction, mais on ne savait à quoi 
s'arrêter ; en de si pressantes conjonctures, la pensée d'un 
autre souverain , pour diriger l'Empire et surtout pour 
s'opposer à l'envahissement des Francs (des barbares I) qui 
amènerait la dévastation de Constantinople, vint à quelques; 
uns. Isaac,]e faible, l'aveugle Isaac, toujours dans sa prison, 

(i) 11 avait ocoupé le trône S ans, 3 mots et 10 Joms. 



56 ' 

ne se trouvait-il pas là, sous leur main? D'ailleurs, son fils, 
protégé des Français, au milieu de leur camp, n'était-il pas 
la cause de tous ces événements T Isaac replacé sur le trône, 
rien n'empêcherait plus les Croisés de continuer leur chemin 
vers la Palestine, et les Grecs, ces Grecs efféminés, rendus à 
leurs délices, à leur vie molle et facile par la sécurité, ou- 
bliant aussitôt les révolutions de cour, les exactions, les 
vengeances, les fantaisies et les perfidies des maîtres qu'ils 
ont dû souffrir, comme celles de leurs vils courtisans, veulent 
délivrer l'ancien Empereur. 

Constantin, grand trésorier d'Alexis, distribue de l'argent 
aux Varangues au nom dlsaac ; les principaux seigneurs, de 
concert avec lui, ayant réuni leurs clients, leurs domesti- 
ques, courent se saisir d'abord d'Euphrosine, qui pourrait se 
faire un parti ; car elle a déjà rassemblé ses amis et leur offre 
en vain une couronne trop difficile à porter ; de là, ils vont à 
la prison dlsaac, l'en retirent, et renferment à sa place l'Im- 
pératrice et ses parents. 

Isaac, tout ignorant, tout surpris, se laisse faire, sans y 
rien comprendre; à la lueur de mille flambeaux on le mène, 
acclamé par le peuple, dans le palais de Blakernes ; arrivé 
là, on le revêt des insignes impériaux, on le place sur le 
trône en le comblant de bénédictions, ainsi que l'Impéra- 
trice sa femme qui, durant le temps de sa prison, languissait 
obscure dans la ville où jadis elle avait régné. Puis, une 
foule de seigneurs grecs volent au camp français ; ils vont se 
prosterner aux pieds du jeune Alexis et lui demandent de 
venir partager la puissance et les honneurs rendus à son 
père. 

Ce prince, qui n'oubliait pas ce qu*il devait à l'armée des 
croisés et qui se sentait lié envers eux, fit de suite appeler le 
marquis de Hontferrat auprès de lui, lequel, jugeant l'affaire 
de trop de conséquence pour en décider, envoya quérir Beau- 
doin, Dandolo et les principaux comtes et barons pour les 
faire assembler sous le pavillon du Valet de Constantinople. 
On leur conta l'heureuse nouvelle et Alexis finit par leur 
demander ce qu'il devait répondre. Les barons l'embrassè- 
rent et le félicitèrent d*abord d'un aussi heureux retour de la 
fortune, puis ils donnèrent surtout louange à Dieu, notre 
sire, de ce que, sauvant Constantinople comme malgré elle 
et leur épargnant les rudes travaux d'une difficile conquête, il 



57 

eût permis que, sans effusion de sang, le prince fût replacé 
sur le trône oii rappelait sa naissance. Et Ton peut bien 
dire à cette occasion, ajoute Ville - Hardoin, en songeant 
que de si bas oii étaient leurs affaires la Providence venait 
de les placer si haut, « qu'à qui Dieu veut aider, nul ne peut 
nuire. » 

Toutefois, comme il était encore nuit, et connaissant la 
mauvaise foi, la perfidie habituelle des Grecs, les barons ne 
se laissèrent pas entraîner ; ils décidèrent qu'il y fallait mettre 
de la prudence, attendre le jour et veiller sous les armes, de 
crainte de quelque surprise. On devait envoyer à la ville dès 
qu'il ferait clair, pour se renseigner positivement. 

Ils se tinrent donc prêts à tout ce qui pourrait survenir, 
et, le jour arrivé, l'armée se mit en état de défense; mais 
diverses personnes étant venues au camp, séparément, les- 
quelles racontèrent et aflSrmèrent les mêmes nouvelles, on 
avisa d'envoyer Mathieu de Montmorency, Geoffroy de Ville- 
Hardoin et deux patrices vénitiens pour s'assurer de la 
vérité. Ils devaient,, du reste, requérir Isaac de ratifier le 
traité et les promesses du prince son fils> sans quoi les pèle- 
rins le garderaient comme otage. 

On les conduisit en cortège jusqu'à la porte de la ville, 
qui leur fut ouverte aussitôt ; étant descendus de cheval, ils 
furent menés à pied jusqu'au palais de Blakernes, à travers 
une haie d'Anglais et de Danois armés de leurs haches. Là, 
ils trouvèrent l'empereur Isaac si richement vêtu «qu'en 
vain en demanderait-on un qui le fût davantage », et l'Impé- 
ratrice sa femme assise à côté de lui, « qui était mult belle 
dame », et sœur du roi de Hongrie, (Isaac était marié en 
secondes noces). Il y avait autour d'eux tant de hauts person- 
nages et de grandes dames dans les plus brillants costumes 
que, pressé par cette foule éblouissante, on ne pouvait mou- 
voir le pied, et tout ces gens-là, qui, le jour avant, avaient 
été contre Isaac, à ce moment étaient tout à sa volonté. 

Les ambassadeurs, après avoir salné TEmpereur,. furent 
comblés d'honneurs par l'Impératrice et tous les personnages 
qui l'entouraient. Ils dirent alors à Isaac qu'ils avaient à lui 
parler en particulier de la part du prince son fils et de celle 
des barons de l'armée. Isaac passa immédiatement dans une 
chambre voisine, n emmenant avec lui que l'Impératrice, son 
chambellan, son interprète et les quatre envoyés. Ce fut le 



58 

maréchal qui, du consentement des autres, porta la parole. 

« Sire, dit-il, tu toIs le service que nous avons rendu 
à Ion fils, et comment nous avons tenu nos engagements. 
Mais, lui, d'après ses conventions propres, ne peut entrer 
céans jusqu'à ce qu'il ait accompli ses engagements envers 
nous. C'est pourquoi, comme ton fils, il te demande de vou- 
loir bien confirmer les traités en la même forme et manière 
qu'il les a faits avec nous. » 

Naturellement, l'Empereur demande à connattre les con- 
ventions et il lui fut répondu par le maréchal que le prince 
s'était engagé, étant replacé sur le trône impérial : 

1o A remettre tout l'empire de Remanie (d'Orient) sous 
l'obédience de Rome de laquelle il s'était départi depuis 
longtemps déjà ; 

t^ A solder à l'armée deux cent mille marcs d'argent, et à 
la fournir de vivres pendant un an, petits et grands ; 

3° A mener en Terre-Sainte, sur ses propres vaisseaux et 
à entretenir pendant un an dix mille hommes; 

i*" A entretenir, sa vie durant, cinq cents chevaliers en la 
terre d'Outre-Mer. 

Et le maréchal montra incontinent les chartes pendantes 
signées par le prince et munies de son scel, ainsi que de 
celui du roi d'Italie, Philippe d'Allemagne, gendre d'Isaac, 
demandant à celui-ci de vouloir bien les ratifier. 

« Certes, répondit l'Empereur, ces traités sont de haute 
conséquence, et je ne vois pas comment on les pourra tenir ; 
toutefois, vous avez tant fait, et pour mon fils, et pour moi, 
que, vous donnât-on tout l'Empire, vous l'auriez bien mérité.)^ 
Ainsi donc, les conventions du prince eurent leur sanction à 
l'instant, par serment et par les bulles d'or d'Isaac, qui 
forent délivrées aux ambassadeur^^:: séance tenante. Puis, 
ceux-ci ^'en retournèrent au campisans tarder, pour appren- 
dre aux barons le résultat de leur négociation. 

Aussitôt, les chevaliers résolurent de conduire le jeune 
Alexis auprès de son père, et pour lui faire cortège, ils 
revêtirent leurs plus riches armures, plaçant le prince parmi 
les pins considérables, c'est-àniire au milieu des barons, 
entre le comte Beandoin de Flandres et le duc de Venise, 
Dandolo. La joie du peuple, ses acclamations, en revoyant 
l'héritier de l'Empire , l'émotion, la tendresse dnpèiNe et du 
fils en se retrouvant, après un si long exil pmv l'iin, et tiint 



80 

de malheurs pour Tautre, terminés si providentiellement, 
firent une fête de famille de cet événement politique. Des 
tables chargées de viandes avaient été préparées dans les 
rues pour ceux de Tarmée qui faisaient escorte aux barons. 
Enfin, au camp, parmi les pèlerins et dans Constantinople, 
Tallégresse était à son comble. 

Le lendemain, cependant, l'Empereur et son fils, par une 
prudence prévoyante, prièrent les chefs de l'armée franque 
de vouloir bien faire prendre d'autres logements à leurs trou- 
pes, parce que, si elles restaient dans la ville, il pourrait s'en 
suivre avec le peuple quelque collision qui deviendrait aisé- 
ment préjudiciable aux uns et aux autres. Les barons accé- 
dèrent volontiers à ce désir et, ayant fait lever le camp, ils 
allèrent prendre leurs quartiers au-delà du port, vers le Ste- 
non, où on leur fournit avec abondance toutes sortes de vivres 
et ils y séjournèrent en paix et en repos. 

II est facile de croire que, durant cette halte, beaucoup de 
nos croisés eurent la curiosité d*aller visiter Constantinople 
la grande et la belle, ses splendides palais, ses hautes et 
nombreuses églises, et ses richesses accumulées « qui onc- 
ques en nule ville tant ri'enot, » sans parler des reliques 
(si précieuses aux yeux des pèlerins, que plus tard ils les 
dérobèrent en grande partie] et dont alors l'antique Bysance 
possédait à elle seule « autant que toute le reste du monde.» 
Les Français et les Grecs demeurèrent fort unis en ce temps , 
échangeant, par le commerce, les marchandises et autres 
biens. 

Nous verrons plus tard les difficultés et les grands orages 
qui devaient trop tôt succéder aux déploiements de luxe, aux 
pompes et aux réjouissances d'un couronnement impérial, 
car, les Croisés, consciencieux dans leurs promesses, tout 
en attendant l'accomplissement des traités conclus avec le 
prince Alexis, avaient obtenu dlsaac qu'il fit parliciper son 
fils au pouvoir en partageant le trône avec lui; événement qui 
eut lieu le premier jour du mois d'août 1203 (1). 

Lors le jeune empereur commença ses premiers payements 



(i) Les Français étaient entrés dans Constantinople le jeudi 18 
juillet. 



60 

aux barons, promettant d'acquitter promptement le reste et 
aussitôt, avec la loyauté qui présidait aux transactions des 
chefs français ; on commença aussi à régler les avances faites 
par des particuliers, marchands vénitiens, pour l'embarque- 
ment de Tarmée. 

PÉLIGIBN THIEBRT. 

(La fin à tannée prochaine). 



84 



MOUVEMENT DE LÀ POPULATION DANS L'YONNE EN 1884. 



NAISSANCBS, MARIAGES, DÉCÈS. 

1® Répartition par sexe et par état civil. 



AUXERRE. 



ETAT CIVIL. 




NAISSANCES. 



Enf. légit. Garçons. 279 
- Filles. . 300 



Totaux. ! S7d 



Enf. nat. rec. Garç. 

— Filles. 

— non rec. Garç.. 
— Filles. 

Totaux. 



Totaux. 



Totaux. 



Filles 

Femmes mariées. . . 
Veuves 



4 

8 

11 

12 

35 



940 
834 



1824 



19 
19 
11 
12 



61 



A VALLON. JOIGNY. 



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12 



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26 
33 
20 
32 



111 



100 
94 



194 



5 

4 

3 

11 



23 



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614 
579 



1193 



12 
14 
17 
23 



66 



Tonnerre 



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48 
71 



119 



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Totaux. 



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361 
378 



739 



6 

11 

3 

2 



22 



747 
813 



1560 



27 
28 
22 
39 



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o 

ii 



3122 

3072 



6191 




116 271 



MARIAGES. ' 

Entre garç. et tilles. I 157 

- garç. et veuv.' 5 

- veufs et filles.: 19 

- veufs et Yeuv. ' 8 



189 



665 

3 

29 

14 



721 



41 
1 
2 

4 



48 



254 

7 

15 

13 



289 



182 

9 

12 

9 



212 



484 

9 

53 

14 



560 



67 
1 
1 
7 



85 



418 
13 
26 
15 



474 



37 
3 
6 
2 



48 



280 

5 

18 

12 



315 



485 
24 
47 
26 



2143i 

51 

141 

54 



582 2359 



DÉCÈS. 

Garçons 132 

Hommes mariés. . .' 115 

Veufs 1 51 



298 



121 
95 
93 



359 
359 
164 



882 



Totaux. 309 



385 
289 
229 



903 



19 
23 
16 



58 



22 

12 

18 



52 



220 

152 

72 



444 



194 
151 
135 



480 



166 

105 

53 



324 



137 
75 
92 



304 



395 
247 
120 



762 



364 
184 
204 



752 



44 
56 
20 



120 



55 
49 
54 



158 



322 

192 

92 



606 



299 
155 
148 



602 



33 
21 
16 



70 



28 
13 
20 



61 



153 

165 

94 



412 

130 
137 
138 



405 



378 
334 
158 



870 

354 
248 
282 



884 



1448 

11(9 

539 



3106 

1368 
932 
842 



3142 



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2o Répartition par mois. 



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THIBAULT AUX CHANSONS 



GOIfTÇ PALATIN DE CHAMPAGNE ET ^E BEIIÇ ET ROI D^ NAVARRE. 



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Se reporter à près de sept siècles en arrière, meHre son 
esprit dans le milieu où vivait, s'agitait et se plaisait la so- 
cieté d'alors, c*est le léger effort que nous devons faire, avant 
de nous occuper de Thibault aux Chansons, poètQ, prince, 
jadis très-célèbre à ces deux titres et dont la renoiiimée et l^s 
œuvres ont porté la réputation jusqu'à nous. 

Joigny, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement et faisant 
partie d'un département composé de portioiois détachées 
de diverses provinces, s'associaoi aux efforts communs 
pour entrer dans le réveil intellectuel que nous voyons se 
propager de tous les points, Joîgny, qui n'était pas sans quel- 
que importance au temps dont nous voulons parler, devait 
bien connaître Thibault aux Chansons, ne fût-ce qu'en qua- 
lité de suzerain, car Joigny était de Champagne. 

La Champagne! contrée riche! et puissante! et célèbre! 
mais que les malheurs de la guerre et son annexion trop 
prompte au domaine royal firent tomber dans l'obscurité !... 
en plongeant les regards dans ce lointain passé, quelle diffé- 
rence de constitution, de coutumes, de mœurs, de plaisirs 
n'y voyons-nous pas? Des comtes de Champagne balançant le 
pouvoir des rois de France ; ces fiers et somptueux suzerains 
tenant cours pléoières où se rassemblaient leurs grands offi- 
ciers, toute leur chevalerie et leurs vassaux appelés à remplir, 
en cette occasion, les devoirs de leurs cl^arges en personne ; 
comnie à festoyer, entendre gentils déduits su la gare 

i866. » 



66 

science ; à prendre part aux belles passes d'armes accomplies 
dans la lice» en présence des nobles châtelaines, et à la féo- 
dale chasse au faucon dans les plaines champenoises, ou à 
courre le cerf dans la vaste forêt d'Othe I 

La châtellenie de Joigny qui, très-anciennement, comme 
celle de Saiot-Florentin, faisait partie du Sénonais, et qui 
avait été démembrée du comté de Sens par partage de fa- 
mille, passa, ainsi que cette ville, sous la suzeraineté des 
comtes de Champagne, en vertu des droits de la guerre, 
lorsque le Sénonais tombait définitivement dans le domaine 
royal, au règne d'Henry I«^ par la mort du dernier de ses 
suzerains. En effet, Eudes II, comte de Champagne, conqué- 
rant d'une ambition insatiable, qui convoitait le beau comté 
de Sens comme complément naturel de ses vastes terres, 
l'avait envahi, sous prétexte de porter secours au comte Rai- 
naud assiégé dans sa ville par le roi Robert père d'Henry 1er 
et, suivant un accommodement fait entre ce roi et Eudes en 
1034, Joigny et Saint-Florentin, ainsi que d'autres fiefs, en- 
trèrent désormais dans sa mouvance. 

Joigny suivit, en consé'juence, à compter de ce temps, les 
destinées de la Champagne, car il n'avait fait partie de la 
Bourgogne que sous la domination des d'ucs, durant une 
soixantaine d'années, du ix« au x* siècle. Aussi voyons-nous 
ses seigneurs liés intimement à ceux de Champagne dès Tori- 
gine, soit par les nœuds du sang, soit par la politique, et 
tenir la première place parmi leurs pairs sous le titre de 
Doyen; leur histoire se mêle donc ; lois, coutumes sont iden- 
tiques pour les deux comtés. 

Nous voudrions avoir la puissance de faire aimer et re- 
gretter ici ce nom de Champenois qui a pris, nous ignorons 
pourquoi, une défaveur trop proverbiale. Nation des plus 
braves que la nation champenoise, et la plus lettrée, la plus 
artistique de nos temps féodaux, comme la plus commer- 
çante ; l'une de celles qui, ayant porté au loin le renom 
Franc, ont le plus laissé de traces de leurs conquêtes I Que 
de beaux noms sont acquis à la gloire militaire par la Cham- 
pagne à côté de la Bourgogne aux croisades ! et, combien 
Joigny ne doit-il pas s'enorgueillir de cet Etienne-de-Vaux 
qui, par son mariage avec la petite fille des comtes de Sens, 
devint son comte titulaire et fit construire le château de Join- 
ville, car ce fut lui qui donna naissance, non-seulement à la 



67 

longue suite de ses seigneurs, mais encore à cette illustre 
race descendant également des anciens sires de Courtenay, 
alliée aux grandes maisons royales et qui fut immortalisée 
par le bon sénéchal de Champagne, Joinville, rhislorien du 
pieux roi Louis IX et de ses croisades. Oui I Joinville, Ville- 
Hardoin, chroniqueurs précieux et toujours consultés, Thi- 
bault IV, poète tendre ou satirique, hommes d'élite, créateurs 
ou plutôt révélateurs de notre langue, voilà ce que la Cham- 
pagne des temps anciens a produit et ce dont nous allons 
essayer de donner un aperçu. 

II 

Si nous venons réveiller les cendres de Thibault aux chan- 
sons, comte de Champagne et roi de Navarre, plus pour son 
œuvre de chansonnier que pour les actions du prince, ce 
D*est pas qu'il fût le orenaier des suzerains de Joii^ny ayant 
cultivé les lettres ; Etienne, mort en 4402, avait la réputa- 
tion, suivant l'expression d'un archevêque de Tours lui écri- 
vant, d'être un autre César; et, quoique rien ne soit resté 
des compositions de ce comte, il est également honoré par le 
prélat du titre d'un autre Virgile, Thibault IV, né juste un 
siècle après la mort d'Etienne, n'étant sans doute pas plus 
que lui Virgile ni César, a cependant obtenu le nom de Grand 
après sa carrière et, sMl ne nous semble pas tout à fait grand 
homme relativement à nos vues modernes, il n'était certes pas 
un homme ordinaire, pris au milieu de son époque. 

Peut-être le moyen-âge est-il bien en défaveur aujourd'hui 
pour en venir faire une sorte de panégyrique? Aux yeux de 
certains adorateurs de la perfectibilité indéfinie n'est-il pas, 
pour ainsi dire, synonyme d'enfance, d'ignorance, de sottise, 
de cruauté, enfin, de barbarie? Un sourire de pitié, voilà 
souvent toute l'indulgence qu'on lui accorde. Trop de pré- 
somption dana le présent, trop de dédain pour un passé d'où 
l'on tire son origine trompent un peu, croyons-nous, le juge- 
ment de ces progressistes. Pour notre part, nous ne saurions 
trouver le siècle de Philippe-Auguste, de Saint-Louis, abso- 
lument dénué, caria civilisation matérielle ne représente pas 
tout à nos yeux. Mais, afin de ne pas entrer dans le sérieux et 
dans le vif d'une telle question, qu'il suffit d'effleurer, et, 
tout en reconnaissant bien que les gouvernements sont au- 



68 

t)*ement fort et modérés aujourd'hai, les lois autrement 
justes et répressives, les écrivains autrement nombreux, 
nous avouerons, avec madame de Sévigné, notre faiblesse 
pour les grands coups d*épée.Oui I ils nous plaisent, les an- 
ciens paladins de la vieille France, ces redresseurs de torts, 
avec leur franche gaieté, leur naïveté spirituelle, e( les ro- 
mances et d<^.duits de leurs troubadours et trouvères I 

Thibault n'était donc pas, à notre appréciation, un bar- 
bare. Nous lui reprocherions plus volontiers d'avoir été trop 
homme du monde, si cette expression ne cadrait pas singu- 
lièrement avec son temps. 11 fut un peu... comment dire?., 
casuiste en amour. C'était avant l'époque où l'on subtilisait 
les sentiments jusqu'à la quintessence; mais déjà on ne de- 
vait se permettre d'espérer un regard favorable de la dame de 
ses pensées que selon les règles, après avoir subi toutes les 
rigueurs des épreuves, de même qu'un bon chevalier et 
prud'homme n'était reçu à prendre ces titres qu'avec toute 
approbation de ses juges, ayant fourni loyalement sa car- 
rière. Thibault, à sa cour de Provins, tenait de ces assemblées 
galantes oii les questions de tendre controverse s'approfon- 
dissaient, et sur le mur d'une salle du château était inscrit 
un couplet de l'une de ses pièces de vers dont le refrain dit 
que : 

Nul ne peut trop acheter 

Les biens qu'amour sait donner. 

Thibault, d'ailleurs, naquit dans des circonstances excep- 
tionnelles, desquelles l'influence devait se faire fortement 
sentir sur sa vie et sur son caractère. 

Son père, Thibault III, était devenu comte de Champagne 
en 1 197, à l'âge de 20 ans, à défaut d'un frère aîné Henry II, 
parti en 1190 pour la croisade et qui lui avait fait donation 
préalable de ses comtés de Champagne et de Brie dans le cas 
où il ne reviendrait pas de ce pèlerinage. Placé à la tête de 
l'armée puis nommé roi de Jérusalem, souverain estimé, il 
mit, par malheur, bientôt fin à sa carrière, en se jetant, par 
inadvertance, d'une fenêtre sans appui située au haut d'une 
tour de son palais d'Acre. 

Cette succession, qui élevait la branche cadette de la mai- 
son de Champagne, allait lui valoir dans la suite plus d'une 
tribulation, car Henry II avait laissé des filles en Palestine 



69 

qui, une fois mariées et sollicitées par des ennemis de Thi- 
bault IV, vinrent lui contester rhéritage des comtés de Cham- 
pagne ei de Brie. 

Mais, avant cette époque, un triste événement s'était déjà 
accompli: Thibault III, Tan \ 199, plein de santé et de ferveur, 
encour plénière, au milieu de brillantes fêtes, de tournois 
auxquels il avait convié toute sa chevalerie et grand nombre 
de nobles étrangers, incité par le pape et par le fameux pré- 
dicateur Foulques de Neuilly, avait pris la croix, ainsi que 
ceux là présents, pour aller secourir les gens d'Outre-Mer en 
grand danger de Turcs. Il était nommé généralissime, Texpé- 
diiion s'organisait et les premières conventions de passage 
étaient à peine conclues avec les Vénitiens, lorsque son fondé 
de pouvoirs Ville-Hardoin, maréchal de Champagne, reve- 
nant lui apprendre Theureux résultat de ses négociations, 
trouva son jeune suzerain malade et dans une langueur mor- 
telle dont il ne releva pas. 

Il s'éteignit à 23 ans, saintement, car il était très-pieux ; 
ayant distribué son trésor amassé pour la croisade à tous ses 
liorames en leur faisant jurer sur les évangiles de ne pas 
rompre la croisade à cause de sa mort, chargeant même Re- 
naud de Dampierre, l'un de ses plus fidèles, d'accomplir son 
voeu personnel. 

Thibault III laissait ses terres sans seigneur et une jeune 
princesse. Blanche de Navarre, qu'il avait épousée en 1195, 
près de lui donner un héritier, seule pour faire face à une po- 
sition contestée, par conséquent précaire. Fille de Sanche le 
Sage, elle se trouvait heureusement de trempe à supporter la 
charge qu'il lui léguait. Malgré son extrême douleur, elle sut, 
conseillée par l'habile Ville-Hardoin, avant qu'il partît pour 
rOrient, sauvegarder le litre et les possessions de son fils. 
Et ce fils, qui compta dans la succession des comtes, même 
avant sa naissance, dès 1201, qui fut surnommé le pos- 
thume, c'était Thibault aux chansons, 

La comtesse, livrée d'abord exclusivement à son chagrin, 
fit rendre lés derniers honneurs au comte par de magnifiques 
obsèques oii se trouvaient tout son lignage et ses vassaux 
assemblés ; si magnifiques, suivant le maréchal, « que onc- 
ques plus graat ne fut faiz par home » puis elle ordonna un 
tombeau merveilleusement beau, pour être placé dans l'église 
de Saint-Etienne de Troyes, à côté de celui du comte 



70 

Henry P^ mais plus riche et plus travaillé. Ce monumeot, 
chef-d*œuvre d^orfèvrerie, était tout d'argent, orné de dorures, 
filigranes, pierreries et émaux ; on voyait autour 34 colonnes 
et auantité d'anges; puis, toute la royale parenté de Thi- 
bault III était représentée en statuettes d'argent depuis 
Louis VU roi de France, jusqu'à Blanche elle-même, ainsi que 
ses deux enfants, car elle avait une fille. Quant au comte 
défunt, il figurait de grandeur naturelle et couché, les yeux 
ouverts, émaillés de blanc et de bleu, les cheveux dorés, cou- 
ronne en tête, mais avec la robe, le bâton et l'escarcelle 
(armoriés) du pèlerin, à cause de son vœu non accompli. Et 
le tout garni de grenats, d'amétystes, d'éméraudes, etc. Des 
légendes latines se lisaient de chaque côté pour indiquer les 
personnages, leurs liens du sang et les vertus du comte. 
Celle relative à Blanche parlait du monument élevé à la mé- 
moire de son époux chérie et sa statuette portait le dit monu- 
ment, représente en miniature, sur l'une de ses mains (1). 

Ces pieux devoirs remplis, la comtesse songea à réclamer 
la garde du puissant monarque Philippe- Auguste selon que 
l'exigeait la loi féodale. Malgré cette démarche, le roi, crai- 
gnant que Blanche ne vint à prendre de nouveaux engage- 
ments qui fussent contraires à ses intérêts personnels, l'o- 
bligea à lui promettre, par une convention écrite et solennelle : 
1° de ne point se remarier sans son consentement; 2* de 
livrer entre ses mains l'enfant qu'elle mettrait au monde, et 
même, pour sûreté de sa parole, Blanche de Navarre en fit 
jurer la garantie par Guillaume, comte de Sancerre, cousin 
du défunt comte de Champagne, par Gufllaume, comte de 
Joigny, Guy de Dampierre, Gaucher de Châtillon, Geoffroy de 
Joinville, Hugues, comte de Réihel, Henry, comte de Grand- 
pré, Anseau deTrainel et Garnierde Marrigny, pairs ou grands 
vassaux de Champagne. 

Selon le droit féodal, le jeune sire et son fief tombaient 
sous la garde et tutelle du roi ; mais, d'après la charte con- 
sentie entre la comtesse Palatine et Philippe, celui-ci devait 
retenir Tenfant jusqu'à l'âge de quatre ans seulement, époque 



(i) La description faite par Grosiey de ce spécimen de l'industrie 
du xiii** siècle unie aux arts, rappeUe, par la mulUtude des person- 
nages, plus le métal et la richesse, lacomposiUon des beaux tombeaux 
des ducs de Bourgogne conservés au musée de Dijon 



71 

à laquelle sa mère en deviendrait tutrice, et la majorité étant 
fixée à vingt et un ans, à ce moment d'émancipation le sou- 
verain devait recevoir Thoramage du nouveau chevalier et lui 
donner l'investiture. Le pape Innocent écrivit lui-même une 
lettre spéciale d'approbation apostolique à ce sujet par rap- 
port aux intérêts du mineur, ce qui était d'usage selon les 
règles du droit canon. 

III 

Ainsi donc, notre jeune comte fut bercé à la cour chevale- 
resque et brillante de Philippe-Auguste; il y reçut Téduca- 
lion, les lumières dont la science disposait alors, il vécut 
dans les grandeurs, les fêtes, passant alternativement du 
logis du roi aux divers palais de ses aïeux, plus somptueux 
peut-être que ceux des souverains même, car les comtes de 
Champagne se montraient amis des plaisirs, de la représen- 
tation, du faste, comme des arts et de la littérature ; ils 
avaient la main libérale jusqu'à la prodigalité, ne refusant 
jamais à qui demandait avec besoin : c*était presque un signe 
héréditaire chez eux. 

D'ailleurs, ce qui justifiait cette grande largesse c'est que 
la Champagne jouissait d'une prospérité sans pareille, due à 
son commerce comme à son organisation particulière. 

Celte province possédait de célèbres foires, dont l'origine 
se perdait dans la nuit des temps puisqu'elle remontait, 
d'après des documents connus, avant rétablissement des 
Francs dans les Gaules. Au xu^ siècle le comte Thibault II 
dit le Grand, U tuteur des pauvres, 1$ grand justicier, 
aïeul de Thibault le posthume, protecteur des arts et du 
commerce, avait beaucoup favorisé Troyes par les privilèges 
accordés à ses foires ; il avait fait construire et circuler dans 
cette ville de nombreux canaux pour servir à l'alimentation 
des fabriques que les siècles postérieurs admiraient encore 
sous le rapport de leur habile distribution ; les marchands 
de toutes les nations y possédaient leurs halles et leurs ma- 
gasins. Dans l'antique ville de Provins, séjour de plaisance 
des comtes , il y avait , d'après le dire des habitants , 
3,200 métiers occu-pés à tisser draps et laines et remarquons 
que les droits levés aux foires étaient le fond de la plupart 
des pieuses libéralités de ces puissants seigneurs. 



72 

Aussi, la coutume deTroyes fut établie sur des bases autres 
que celles des provinces en général ; En 841 , à la trop fa- 
meuse bataille de Fontenoy, la chevalerie champenoise avait 
été presqu'entièrement détruite, et cet événement, dit le sa- 
vant Grosley, donna naissance à une convention réglemen- 
taire d'après laquelle la mère noble transmettrait à Tavenir la 
noblesse à Tenfant issu d'un père roturier. L'origine ne fut- 
elle pas bien prouvée, la loi en démontrerait mieux encore 
ce qu'elle avait de libéral. De même, par une institution su- 
périeure aux préjugés du temps, pour réparer les pertes de 
fortuné, il était permis aux nol)les de vivre mar chaudement^ 
c'est-à-dire, d'entrer dans la classe bourgeoise, d'en prendre 
les droits et les charges, comme d'être exempts du service 
militaire^ de faire le commerce, mais avec l'obligation de 
payer les impôts. Il était également facultatif de revenir à 
vivre noblement, en reprenant sou blason et le service des 
armes (impôt du sang I] le commerce de nouveau interdit^ 
Ton rentrait dans la franchise d'impôts pécuniers. 

De cet état de choses découlait ce principe que les titres 
et privilèges de la noblesse étaient communs à tout homme 
né de père ou de mère noble; car la vie marchande condui- 
sait forcément à des alliances de roture, c'était comme une 
incorporation^ une fusion incessante de l'aristocratie et de la 
bourgeoisie. Et, en effet, cette organisation devait établir 
entre les deux classes une perpétuité de richesse, de bonne 
éducation, de principes, de sentiments élevés, une émulation 
en toutes choses propre, selon les vues des comtes, à soutenir 
la haute prospérité du pays. Ajoutons que ces larges insti- 
tutions remédiaient encore admirablement à la gène jetée 
dans les maisons nobles par l'égalité de partage entre les en- 
fants, car la coutume de Troyes, contrairement à celle de 
presque toutes les autres contrées, n'admettait pas le droit 
d'atnesse. Enfin, dernier point de dissemblance avec les insti- 
tutions de l'époque, où la base fondamentale de la féodalité 
étaft cette maxime passée en loi : nulle terre sans seigneur^ 
la coutume de Champagne disait, à l'inverse : nul seigneur 
sans titre, ce qui établissait une large indépendance dans le 
droit allodial. 

Tout nous prouve donc que la Champagne fut l'une des 
provinces les plus prospères d'alors, jouissant des plus 
grandes franchises. De même ïa cour de ses comtes était des 



73 

plus lettrées et des plus agréables. Blanche de Navarre, quoi- 
que veuve, continua à la tenir suivant ces errements, elle 
avait le goût littéraire ; elle attira Auboin de Sézanne, un 
poète, l'un de ceux auxquels s'adresse Thibault dans ses 
chansons, et ce fut peut-être celui qui lui donna le sentiment 
delà poésie en rjnstruisant. Quittant sa retraite, il reprit ses 
chants abandonnés : « Je pensais bien avoir renoncé pour la 
vie à la gaieté et à la poésie, dit-il, mais, la comtesse de 
Brie, que je n'oserais désobliger, m'a demandé des vers, et il 
est bien juste que je lui obéisse quand il lui plaît de com- 
mander (1). » 

On ne sait sur quelle autorité il a été dit que cet Auboin 
de Sézanne, qui ne devait pas être bien jeune quand la com- 
tesse l'appela auprès d'elle, fut son amant ; si c'est d'après 
ces quelques vers, la preuve serait bien faible pour étayer 
une si grosse attaque ; peut-être lui prêla-t-on des admira- 
teurs simplement^parce que la renommée la proclamait char- 
mante. Au reste, la réputation de la noble veuve reçut encore 
une atteinte, lancée bien à la légère, que le temps nous a 
transmise, caries auteurs, en se succédant, admettent sou- 
vent sans contrôle les assertions de leurs devanciers. Miles 
de Brabans ou Breban, illustre chevalier, seigneur du Plessis 
près Provins et qui avait apparemment fait voir son dé- 
vouement à la comtesse lors de la mort de son mari et de la 
grande entreprise de la croisade, reçut d'elle, en 1201, une 
donation dont le titre porte Dilecto et fideli meo Miloni de 
Brebano. Sur ce simple énoncé la voici convaincue d'une 
vive passion pour Miles de Brabans, tandis qu'elle faisait 
ériger le beau monument que Ton sait à la mémoire d'un 
époux chéri et qu'elle mettait au monde Thibault le pos- 
thume; d'ailleurs, chose beaucoup plus probatoire, Miles de 
Brabans, engagé dans la croisade, était parti l'un des pre- 
miers, en 1^00, ayant d'abord été envoyé avec le maréchal 
de Yille-Hardoin comme fondé de pouvoirs du comte de 

(1) Bien quidai toute ma vie. 
Joie et cançoDs oublier ; 
Mais la comtesse de Brie, 
Qui conaans, Je n'ose veer, 
M'a comandé à cbanter, 
Si est bien drois ke je die, 
Quant li pfait à comander. 



74 

Champagne auprès du doge de Venise. II suivit ensuite les 
fortunes diverses du principal corps d'armée; en tête avec les 
chefs, les prud'hommes et les bons chevaliers ; homme de 
conseil, d'exécution, négociateur, il pénétra dans Constant!- 
noplc, y demeura, fut de toutes les expéditions en Grèce jus- 
qu'à 1207 où s'arrêtent les mémoires du maréchal. Et il était 
parti de France en 1200 1 Ceci prouve avec quel peu de cri- 
tique on admettait autrefois les témoignages dont se compose 
en partie l'histoire. 

Ce qui eut peut-être rapproché Miles de Brabans de la com- 
tesse, c'était, avec une éducation soignée, ses aptitudes de 
lettré; il protégeait les poètes aussi et, par conséquent, il 
aimait la poésie, car il mena à sa suite, en partant pour la 
croisade, Guyot, de Provins, l'un des rimeurs de la fin du 
xn« siècle, connu pour une œuvre intitulée : « La Bible » 
satire contre les vices de l'époque ; il y a encore des vers de 
lui qui prouvent que la boussole était connue de son temps. 

On a dit que l'histoire est un roman convenu ; sans nul 
doute, la vérité parfois se laisse diflScilement apercevoir au 
milieu des affirmations intéressées des différents partis. En 
ne parlant pas du siècle qui nous occupej où, à cause de Tin- 
suffisance des documents, beaucoup de champ est donné à 
Fhypothèse, nous trouvons encore bien des points obscurs 
dans l'histoire moderne sur lesquels régnent des opinions 
contradictoires. Combien n'a-t-on pas recherché, par exemple, 
la vie la plus intime de Mazarin, afin d'en faire ressortir,* les 
uns quelque honteuse anecdote de boudoir, d'autres une in- 
tégrité relative. Mais, en réalité, ceci importe beaucoup plus 
à la chronique scandaleuse qu'à l'histoire, qui ne se compose 
pas absolument de ces choses. 

Si la mère de Thibault aux Chansons, veuve isolée, dans 
une position difficile à maintenir, jeune, belle et séduisante, 
fut attaquée et vraisemblablement calomniée, nous allons 
voir que la réputation du fils et même celle de la reine de 
France eurent à subir des atteintes bien autrement pro- 
fondes, sans les mériter, il est probable, en aucune façon. 

Pressé par de nombreux ennemis et dépeint sous diverses^ 
couleurs, le jeune comte de Champagne, selon qu'on peut se 
rendre juge d'une telle situation, dut les principaux échecs 
de sa carrière et un certain courant d'opinions très-défavo- 
rables qui circulaient contre lui, à divers accidents auxquels 



75 

son existence fut soumise et dont le gros du public ne tient 
janoais compte. Le premier était sa naissance posthume, qui 
le laissait faible, à la merci des ambitieux vassaux ; le se- 
cond, celte position d'héritier de terres revendiquées par des 
cousines venues d'Outre-mer ; en outre, la tutelle de Philippe- 
Auguste, qui le mit en rapports obligés et en devoirs plus 
directs avec la cour de France. On peut en ajouter un der- 
nier, le pire de tous peut-être, qui fut sa fortune royale, 
prévue longtemps à Tavance, enviée par tous les gramls vas- 
saux, et surtout par les frères du roi Louis IX, moins bien 
partagés que lui. Mais nul n'a tenu compte des éléments par- 
ticuliers de celte vie agitée ; chroniqueurs ou historiens n*ont 
voulu voir en Thibault IV qu'un étourdi brouillon, un trop 
hardi galant, un dissipateur et un ambitieux. Il faut, en effet, 
un peu planer sur les événements pour le pouvoir apprécier 
avec justice. 

Qui veut juger le moyen-âge et embrasser d*un coup-d'œil 
général les phases de son histoire se trouve, il est vrai, bien 
vite ébloui, fatigué, découragé par le cliquetis incessant 
d'armes qui s'entremêlent de province à province, de vas- 
saux à suzerain, du roi à ses sujets. Comment reconnaître 
un sens de politique générale à tout ce mouvement? Com- 
ment même trouver la clé de la vérité dans le monceau de 
nos vieilles chroniques, si brèves souvent, si crédules tou- 
jours, si incomplètes et si particulières dans leur objet? Com- 
parer, confronter les faits, les dates, les individus, c'est là, 
selon nous, ce qui rapproche le plus du probable et ce qui 
éloigne le mieux le roman ou l'invention. 

IV 

Thibault, né en 1202, d'abord élevé à la cour de France, 
connut donc, dès le berceau, Blanche de Castille, princesse 
mariée en 1200 à l'héritier présomptif de la couronne, ce 
Louis VIII qui, plus tard, eut à peine le temps de régner. 
Maintes fois, sans doute, le petit comte fut admiré, caressé, 
porté par cette princesse, dont le premier enfant naquit en 
1209 seulement, et à laquelle Tardeur de son caractère devait 
faire ambitionner une maternité qu'elle était destinée à con- 
naître si passionnément et si complètement. Quoi de plus na- 
turel que l'orphelin, entre deux jeunes femmes également 



76 

belles, également distinguées, toutes deux du nom de Blan- 
che, toutes deux de ce même langage doux et étranger, et 
presque de même origine, seules de leur pays, qui eurent 
presque même destinée, éprouvât pour elles une tendresse 
analogue et une admiration instinctive? De ce début, dans la 
vie de Thibault, peu d'imaginations trouveraient à constituer 
l'échafaudage d'une passion irrésistible, orageuse et durable, 
aussi romanesques qu'elles fussent, car la reine avait au 
moins 15 ans lorsque Thibault vint au monde; c*est pourtant 
là le roman prêté à sa vie entière. 

Blanche de Navarre, disions-nous, quand l'enfant fut remis 
h sa seule tutelle, appela à sa cour, comme par le passé, les 
gens de sapience, les rimeurs, les musiciens, les artistes cé- 
lèbres ; on y devisait, on y discutait, on y chantait les poésies, 
on faisait peindre sur les vitraux des chapelles les belles 
actions des paladins en terre sainte; on suivait en cela la 
grande impulsion donnée par Philippe-Auguste. La comtesse 
s'appliqua d'abord à préparer en son fils les sentiments 
élevés et le savoir qui devaient en faire un bon chevaliery un 
pruiïhomme, enfin un seigneur accompli. 

Celui-ci entra merveilleusement, paraît-il, dans les vues 
de sa docte mère : il s'adonna à toutes sortes d'exercices 
comme à l'étude des sciences, curieux de tout connaître, am- 
bitieux de tout exécuter. Il était beau et bien fait, plein de 
grâces, d'élégance, et maniait la lance comme la plume, aux 
applaudissements de chacun. C'était encore un aimable et 
joyeux chevalier, ainsi que doit être l'élève d'une noble et 
gracieuse dame, car les femmes ont toujours su adoucir le 
caractère masculin, lui inspirer quelque chose de leur tendre 
charité, lui ôter de cette rudesse qu'il contracte dans les 
camps, parmi les vétérans de la guerre, mais sans lui enlever 
la bravoure, car elles n'aiment guère les trembleurs et elles 
savent admirer les grands faits d'armes. 

Blanche de Castllle, avant la mort de Louis VIII, n'avait 
montré son caractère que dans ses préoccupations mater- 
nelles ; elle était jalouse, même des soins qu'une autre don- 
nait à son fils (Louis n'était pourtant pas le premier qu'elle eût 
eu]. La passion qu'elle y mit d*abord dut s'amortir à la lon- 
gue, car elle eut onze enfants, mais l'héritier du tr^ne reçut 
toujours ses soms de prédilection, et l'on sait quel prince fut 
Louis IX I 



77 

En 1226, quand elle prit la tutelle et la régence tout en' 
semble, la mère devint alors une sorte d*héroïne, assistant 
aux assants des places, excitant le zèle des soldats par Tbi- 
ver le plus rigoureux et faisant abattre les remparts qui se 
dressaient devant Tenfant-roi. Louis avait 12 ou 14 ans (1), 
car les chroniqueurs ne s'accordent pas à ce sujet. Le per- 
sonnage un peu de convention que les panégyristes de saint 
Louis nous ont donné de sa mère, n'est pas d'une ressem- 
blance très-exacte; les contemporains ne montraient pas 
pour elle cet amour, ce pieux respect sans^ aucun mélange 
que nos auteurs se plaisent à répandre à ses pieds comme un 
encens de bonne odeur. Son caractère hautain envers les 
grands, sa méchante humeur vis-à-vis de sa belIe-fîUe, sa 
domination prolongée sur son fils, jetèrent des nuages entre 
elle et l'admiration de ses sujets. Son habileté à régner, « en 
divisant, » la manière supérieure dont elle conduisit l'éduca- 
tion du roi ne^lui furent guère comptées que par la postérité I 
toutefois, nous la préférons avec cette figure aux humaines 
faiblesses cachée sous sa sainte et froide enveloppe légen- 
daire. 

Un cardinal du nom de Romain de Saint-Ange, envoyé en 
France avec le titre de légat, en 1 224, pour inciter Louis VIII 
à soutenir la croisade préchée contre les Albigeois, souleva 
fortement la médisance vis-à-vis de la reine; ce prélat, 
« homme de distinction grande, agréable à Dieu et aux hom- 
mes, » dit Puy-Laurens, propre aux affaires du genre de celle 
qu'il avait entreprise, devint, à la mort du roi, arrivée au 
ménie temps, le conseiller très-empressé de sa veuve ; « elle 
souffrait par intérêt plutôt que par amour les assiduités <lu 
cardinal, homme poli, galant, et bien fait et d'un si bon con- 
seil qu'elle avait une entière confiance en lui y> (c'est le Dic- 
tionnaire historique qui parle I) 

Quoique fût le confident italien, toujours est-il que sa pré- 
sence auprès de Blanche de Castille indisposa fort les grands 

(1) Puy-Laurens, auteur de la fin du xiii« siècle, prétend que Louis IX 
avait 14 ans à la mort de son père et il n^est pas le seul ; sa magorité 
n'eut donc eu lieu qu'à 25 ans, car elle fut proclamée en 1236. Rien 
de bien fixe n'existait encore à cet égard et la régente se montrait 
fort jalouse de son autorité. Au reste, le père Anselme,, dans son im- 
portant ouvrage généalogique, place la naissance de saint Louis 
en 1315. 



78 

vassaux, surtout ceux qui prétendaient à la régenee, et devint 
pour eux un heureux prétexte de révolte, ne voulant pas, ré- 
pétaient-ils, obéir à des « étrangers, » ou être conduits par 
« l'Enfant. > 

La reine avait au moins 39 ans à celte époque (1226) 
d'autres disent plus de 40. Thibault IV en comptait seule- 
ment 24. // en devint amoureux et raima jusqu'à la folie j 
alors, au dire des faiseurs de biographies qui, en cela, n*ODt 
répété que les assertions de Mathieu Paris, moine chroni- 
queur appartenant au souverain anglais avec lequel la France 
était en guerre. Mais celui qui répandait tant de mauvais pro- 
pos contre la régente, ce fut Pierre de Dreux, dit Mauclerc 
(mauvais clerc, parce qu'ayant pris la tonsure dans sa jeu- 
nesse, il avait ensuite quitté un état pour lequel il n'était pas 
né) ; descendant de Louis le Gros et duc de Bretagne, l'un des 
plus influents et des plus incommodes parmi les hauts ba- 
rons, il s'était déclaré l'ennemi de Blanche et du roi son 
fils. 

V. 

Thibault, en 1220, prêtait serment à Philippe-Auguste son 
seigneur, de le servir bien et fidèlement comme homme lige, 
tant qu'il lui ferait droit en sa cour, selon les lois féodales. 
Mais depuis 1215, la Champagne était en des troubles qui 
devaient retenir Blanche de Navarre et le jeune comte sur 
leur territoire, pour le défendre. Une des filles de Henri II, 
née en Palestine et mariée à Erard de Brienne, seigneur de 
Rameru, venait revendiquer le comté légué par son père à 
Thibault III son oncle. Appuyés sur Erard, ils avaient atta- 
qué Thibault IV devant la cour des pairs ; en se voyant re- 
poussés dans leur prétention, ils feignirent de se soumettre, 
mais ce n'était que pour attiser sourdement la révolte parmi 
les vassaux de Champagne. Ils formèrent ainsi une puissante 
ligue et déclarèrent bientôt la guerre à leur cousin. Blanche 
défendant avec courage et persévérance le patrimoine de son 
fils, réduisit à la fin Erard à se désister de ses prétentions par 
un traité fait en 1221. Ce fut alors que pour les bons ser- 
vices de Simon de Joinville elle donna la charge de sénéchal 
à lui et à ses héritiers; toutefois, cette guerre de cinq ans 
n'était qu'un prélude. 



79 

En 1224, Louis VIII, régnant, appela Thibault avenir 
attaquer l'Anglais sous la Rochelle. Le comte, déjà vaillant 
homme d'armes, contribua à la prise de cette place, qui se 
rendit par capitulation. Il se pourrait qu'à cette époque il eût 
ressenti quelques sentiments plus vifs pour la reine régente, 
mais rien ne le dénonce dans ses poésies qui, du reste, sem- 
blent, en grande partie, n'avoir été composées que plus 
tard. 

L'année suivante il fut encore mandé de par le roi pour 
poser le siège devant Avignon ; il dut se rendre à son devoir 
de vassal; néanmoins, cette cruelle entreprise blessait ses 
opinions comme son cœur, car Raymond de Toulouse était 
son parent et son ami, et le fanatisme de l'orthodoxie n'allait 
pas alors chez lui jusqu'à vouloir exterminer tous ceux qu'on 
disait Albigeois, ir fit même en ce temps une satire sur 
les prêtres et sur Honoré III, provocateur de cette croisade, 
car on voyait dans l'armée force évéques, légats et simples 
clercs : 

Qui tant aiment noises et tançons (querelles), 
Ce sont des clercs qui ont laissé sermons, 
Pour guerroyer et pour tuer les gens ; 

Notre chef (le pape) fait tous les membres doloir, 
Pour c'est bien droit qu'à Dieu nous en plaignions. 
Papelarts font le siècle chanceler 
Ils ont tolus joie et solas et paix 
S'en porteront en enfer le grand fair. 

D'autres chevaliers, animés, paraît-il, des mêmes senti- 
ments que lui, entretenaient des intelligences avec ceux delà 
place, en sorte que le camp du roi ne pressait pas l'assaut. 
Thibault se trouvant dans son droit, au bout de ses quarante 
jours de service accomplis, bien que la ville tînt encore, vint 
trouver son suzerain et lui dit : — Selon la coutume, je ne 
dois pas un plus long service. Je vous demande, Sire, la 
licence de partir. — Je ne puis, comte, répliqua Louis, 
qui avait besoin de son secours pour achever le siège. — J'ai 
servi pendant quarante jours et je ne dois rien au-delà I — 
Pardieu, Thibault, si je retourne, je mettrai ta terre à feu et 
à sang I s'écria le roi en grande colère. 

Thibault ne s'effraya pas de ces menaces, et ne voulant pas 
prêter un plus long appui à cette guerre impie, il s'en re- 



tourna avec ses gens d'armes dans son. comté de Champagne. 
Mais Louis n'était pas seul à lui vouloir mal : de méchantes 
langues (1), toujours suivant Mathieu Paris, répandirent le 
bruit que le comte s'en était allé pour rejoindre Blanche de 
CastiUe à Paris. Par triste aventure, deux à trois mois plus 
tard, après la reddition d'Avignon (2J, le roi, comme pour 
justifier la prédiction dé Philippe-Auguste, « qu'avec sa de- 
bile santé il lui en arriverait malheur s'il se laissait engager 
par le clergé dans cette croisade, et qu'alors le royaume, 
gardé par les faibles mains d'une femme, tomberait au pou- 
voir des ambitieux, » le roi, disons-nous, quitta l'armée avec 
le légal pour visiter plusieurs villes du Jfidi ; mais, s étant, 
au bout de quelques jours, trouvé malade, les uns disent de 
la dyssenterie qui régnait au camp, les autres d'un mal in- 
connu qu'il tenait caché, et ne pouvant poursuivre son 
voyage, il fut obligé de s'arrêter dans la petite ville de Moni- 
pensieroù bientôt il trépassa (3). Les mêmes ennemis du 
comte et de la reine firent circuler sourdement, sans ombre 
de vérité ni apparence possible, que Louis avait succombé au 

poison administré par TWHvU. ,1 . 

Celui-ci, déjà en froid avec la cour et que, depuis la mort 
de Phili^e- Auguste, le duc de Bretagne cherchait à entraî- 
ner dans le parti des grands feudataires ligués pour revendi- 
quer les terres et franchises enlevées par ce roi et retenues 
par Louis, en apprenant la mort de ce derniei* et les bruits 
injurieux répandus sur son propre compte, sentit soi| éloigne- 
ment pour le parti royal redoubler. Ayant été mande par une 
charte spéciale afin d'assister au sacre de Louis IX à Reims, 
que la régente pressait pour plus de sûreté (il eut lieu le rd 
novembre) sommé par douze prélats et vassaux de s'y trouver 
en personne, il refusa absolument de se rendre à l'invitation 
(dans la crainte, est-il dit, que ceux qui l'accusaient d empoi- 

(1) La chronique de Saint-Denis reproduit aussi ces attaques, mais 
elle n'a été écrite que bien longtemps après ies événements et elle 
ne parut qu'en 4470 Quant à Joinville, sénéchal de Champagne, élevé 
à la cour du comte et, plus tard, ami de saint Louis qui lui fit de sa 
propre bouche le récit des tribulations de sa jeunesse, il ne par e 
d'aucun fait qui pourrait induire à croire Thibault amoureux de la 
reine et celle-ci profitant de cette faiblesse. 

(2) iS septembre. 

(5) S novembre 1^36. 



81 

sonnement ne lui fissent un mauvais parti.] La comtesse 
Agnès de Beaujeu, sa femme, seule y fut présente et disputa 
même à la comtesse de Flandre, dont le mari était retenu 
prisonnier au Châtelet, Thonneur de porter Tépée de Charle- 
magne devant le roi. Les barons appelés en arbitrage déci- 
dèrent que le droit en devait revenir au comte de Boulogne, 
oncle de Louis. 

Au surplus, le comte de Champagne ne fut pas le seul à 
refuser d*étre présent au sacre, bon nombre de vassaux s'en 
dispensèrent sous différents prétextes, alléguant, par exem- 
ple, le deuil du bon roi défunt, trop récent pour leur per- 
mettre d'assister aux fêtes; ou déclarant qu'ils n'obéiraient 
pas tant que le comte de Flandre et le comte de Boulogne, 
qui étaient détenus misérablement depuis la bataille de Bou- 
vines, ayant leurs terres confisquées, ne seraient pas délivrés. 
Cette feinte, à telle fin de pouvoir protester contre la consé- 
cration du sacre et même contester plus tard à Louis une 
légitimité qu'ils ne reconnaîtraient que suivant la satisfaction 
de leurs exigences. Ce qui froissait d'ailleurs Torgueil des 
hauts barons, totit en excitant leur audace, c'était d'être dé- 
sormais gouvernés par une femme qui n avait point de pa- 
rents dans le pays, car les parents, en ces- temps de féoda- 
lité, faisaient la force, en l'appuyant, par une étrangère, 
ayant pour conseiller intime un étranger aussi, un cardinal, 
Romain de Saint-Ange. 

La régente, sentant le danger qui menaçait son pouvoir, sut 
aussitôt faire des concessions aux comtes de Boulogne (1) et 
de Flandres, et à d'autres seigneurs parmi les plus dangereux, 
espérant, en les détachant de cette ligue formidable, apaiser 
le mécontentement. Mais les comtes de la Marche et de Bre- 
tagne, qui avaient engagé Thibault dans la résistance aux 
ordres de l'enfant et à tous hommes qui voudraient attenter 
à leurs droits, fortifièrent diverses places, tandis que celui- 
ci réunissait ses hommes. Alors, toute la politique de 
Blanche, bien conseillée, fut de les presser si vivement qu'ils 



(1) Fils de Philippe-Auguste, gendre de celui qui était détenu. 11 se 
tourna contre le roi parce qu'on ne lui avait pas donné la régence. 
Les barons se Tétaient engagé en lui promettant la couronne dont ils 
flattèrent ensuite Ënguerrand de Coucy, auquel ils envoyèrent par 
avance les insignes de la royauté. 

1806. 6 



82 

ne pussent réunir leurs forces et, en effet, elle était entrée à 
Coursay en Champagne avec une forte armée avant que les 
confédérés fussent en état de défense. Puis elle parlementa 
avec Thibault de façon quMl revint à son devoir. Elle sut 
même Tentrainer dans son parti, qui était celui delà droi- 
ture. « Elle alla le trouver, la nuit venue, dans un petit castel 
où ii gisait, toujours épris, dit la chronique de Saint-Denis, 
dans un style bien singulier, et le regarda si tendremeDt, 
que le comte s'écria : « Par ma foi, Madame, mon cœur et 
ma terre sont à votre commandement, il n'est rien qui vous 
pût plaire que je ne fisse volontiers, et jamais, s'il plaità Dieu, 
contre vous et les vôtres m'unirais. » De là, il repartit donc 
tout pensif, et lui venait souvent à sa remembrànce le doux 
regard de la reine et sa belle contenance ; lors entrait dans 
son cœur la douceur amoureuse. D'après ce récit, qui tient 
plus du fabliau que de l'histoire, il semblerait que le comte 
Thibault eut pris le rédacteur de la chronique pour confident 
de ses peines de cœur ; mais rien ne nous paraît moins sé- 
rieux que l'anecdote et moins vraisemblable. Joinville n'en 
parle pas, bien qu'il tint les faits de la bouche du roi, et il 
aurait pu la relater sans penser à mal; car le comte de 
Champagne, descendant de la maison de France par ligne 
paternelle, était parent du souverain. Quoi de plus naturel 
donc à une reine de quarante-et-un ans d'entrer en pour- 
parlers avec un jeune étourdi disposant de forces considé- 
rables, qu'elle avait autrefois bercé, grondé, pour lui faire 
des remontrances, le remettre dans le chemin du devoir et 
pour lui donner l'assurance qn'elle ne croyait point aux ca- 
lomnies répandues sur son compte, relativement à la mort de 
Louis VÏII? 

Cette première- entreprise déjouée ne découragea pas les 
barons ; malgré leur soumission momentannée et un traité 
d'alliance et de mariage fait par la régente avec le comte de 
Bretagne (la fille de Pierre devait épouser Jean de France, 
frère du roi), renouvelant leurs prétentions, le comte de Bou- 
logne à leur tête, ils s'assemblèrent à Corbeil pour tenir un 
parlement et convenir de quelle manière ils commenceraient 
Tattaque. Ils voulurent enlever le roi qui se trouvait à Mon- 
thléry avec sa mère et très peu de son monde. Mais la reine et 
son fils, prévenus par les soins de Thibault, firent aussitôt 
avertir leurs gens à Paris pour qu'ils vinssent les cherchep en 



88 

armes, et les habitants de cette ville, en apprenant la posi- 
tion du jeune Sire qu'ils aimaient, se portèrent également en 
fouk sur le chemin de Monthléry pour lui faire escorte. Les 
barons, trompés dans leur espoir, non abattus, se déclarèrent 
en hostilités. Leur mécontentement donnait cours à bien dos 
prdpos touchant la reine et le cardinal Romain, ou le pouvoir 
qu'elle exerçait sur Thibault, retiré de leur parti. Toutefois, 
ils firent de nouveau leur possible pour l'attirer à eux, car 
c'était un fier homme de guerre. « Il fut convenu donc, dit 
Joinville, que le bon chevalier, le comte Pierron de Bre- 
tagne se rebellerait contre le roi ; et les barons convinrent 
encore qu'ils iraient au mandement que le roi ferait contre 
le comte, mais que chacun n'aurait avec lui que deux cheva- 
liers ; et cela pour que le comte de Bretagne pût vaincre le 
bon roi et la reine qui était du pays étranger. — Le comte 
de Bretagne et Robert de Dreux, son frère, descendaient de 
Louis-le-Gros. — Et moult de gens disent que le comte au- 
rait fouslé (battu) la reine et le roi si Dieu n'eût aidé le roi 
en ce besoin qui oncques ne lui faillit. L'aide que Dieu lui 
donna fut que le comte Thibault de Champagne vint servir le 
roi avec trois cents chevaliers ; ce qui fit que le comte de 
Bretagne se rendit à la merci du roi auquel il laissa, par la 
paix qu'il fit, la comté d'Angers et la comté de Perche. 

Pour obtenir un secours d'une telle importance il fallut que 
la régente usât d'adresse et de diplomatie, car Thibault était 
déjà rengagé dans la ligue. Mais le malheureux comte, pressé 
des deux côtés pour acquérir ses forces imposantes, inces- 
samment e^^posé aux fluctuations que la guerre amenait entre 
les partis, fût de rechef attaqué en 1227 par Erard de Brienne 
et Philippine sa femme, excités par les confédérés; ils recom- 
mencèrent leur procès; Thibault, protégé par la cour, les 
obligea une seconde fois à se désister de leurs prétentions, 
non cependant sans avoir été obligé de leur concéder cer- 
taines terres et rentes. 

VI. 

Lorsque le roi eut vaincu le comte Pierre, les barons se 
trouvaient si courroucés contre Ti^ibault, leur plus fort et 
vaillant allié, qui les abandonnait toujours, qu'ils avaient eu 
dessein d'envoyer quérir sa cousine la reine de Chypre, sœur 



8i 

a!né de Philippine, pour reprendre le procès et dépouiller le 
comte de sa terre. Quelques-uns ayant Tair de s'entremettre 
pour apaiser le comte de Bretagne qui dirigeait toute cette 
ligue, mais plus sûrement pour acquérir Thibault avec certi- 
tude à leurs intérêts, proposèrent un accommodement dans 
lequel celui-ci s'engagea, sans réflexion comme sans arrière 
pensée. Il était séparé d'Agnès de Beaujeu, qui ne mourut 
qu'en 4231. On parvint à lui faire promettre qu'il prendrait 
pour femme la fille de Pierre de Bretagne. Le jour fut même 
fixé pour le mariage qui devait se faire à une abbaye de Pré- 
'montré, située près de Château-Thierry, laquelle se nommait 
Valserre (ou Val-Secret) oîi la demoiselle serait conduite. « Les 
barons de France, presque tous parents du «omte Pierre, 
dit Joinville, eurent peine à faire amener la demoiselle à 
Valserre pour épouser, et ils mandèrent le comte de Cham- 
pagne qui était à Château-Thierry. Et pendant que Thibault 
venait pour épouser, monseigneur Geoffroy de la Chapelle, 
panetier du roy, vint, de la part de son sire, avec une lettre de 
créance (cette lettre était de la régente, contenant en sub- 
stance le dire du panetier.) « Sire, comte de Champagne, dit- 
il, le roy a appris que vous avez promis au comte Perron de 
Bretagne que vous prendriez sa fille en mariage ; et le roy 
vous mande que si ne voulez perdre tout ce que vous avez au 
royaume de France, vous ne le fassiez, car vous savez que 
le comte de Bretagne a fait pis au roy que nul homme qui 
vive. » Le comte, après s'être consulté avec Geoffroy de la 
Chapelle, s'en retourna à Château-Thierry. 

Quand le comte Pierre et les barons de France qui l'atten- 
daient à Valserre apprirent cette retraite et l'affront fait h la 
demoiselle^ ils furent tous comme enragés de dépit. Pour se 
venger et pour empêcher qu'aucun secours ne vint désormais 
de Thibault au suzerain, incontinent ils envoyèrent qué- 
rir la reine de Chypre. Et les tribulations qu'avait subies déjà 
le comte allaient être surpassées de beaucoup, car aussitôt 
cette reine arrivée, voici la résolution que prit la féodalité 
conjurée : avec tout ce qu'ils pourraient réunir de gens armés, 
ils entreraient en Brie et en Champagne du côté de France ; 
le duc de Bourgogne devait en même temps pénétrer du côté 
de ses terres, et ils fixèrent un jour pour s'assembler tous 
devant Troyes et la prendre. 

Les confédérés, dont les principaux chefs étaient les 



88 

comtes de Boulogne, de Gaines, de Saint-Pol, d'une part (1), 

Eénétrèrent en Champagne comme ils Tavaient comploté, 
rûlant, détruisant tout, tandis que celui de Nevers vint se 
joindre au duc de Bourgogne (2) et au comte de Bar auprès 
de Saint-Florentin. Et le roi, cause de ce grand dommage, 
de son c^té arrivait pour les combattre avec ses gens. Ce fut 
là que le jeune Louis IX fit ses premières armes. Thibault, 
outre son suzerain, avait pour alliés deux puissants seigneurs, 
le duc de Lorraine et le comte de Flandres (3). Sans doute 
qu'il rapprocha ses troupes des leurs lorsqu'ils entraient en 
Champagne, et l'action la plus dévastatrice dut donc se passer 
sur le point de jonction, là où s'avançait aussi la masse des 
barons ; en efiet, ce qu'en dit Joinville confirme cette suppo- 
sition : « le déconfort fut tel pour le comte de Champagne, 
écrit-il, que lui-môme brûlait ses villes avant Tarrivée des 
barons, pour qu'ils ne les trouvassent pas garnies. Entre 
autres, le comte brûla Epernay, Vertus et Sézannes. » Et 
ces villes se trouvaient près de la ligne suivie par le comte 
de Boulogne et ses alliés. Il faut aussi noter que les bour- 
geois et vassaux eux-mêmes, entrainés dans cette grande et 
injuste ligue par la fille ainée de leur ancien comte Henry, la 
reine de Chypre, livraient les places aux ennemis de leur 
seigneur plutôt que d'essayer de les défendre. 

Les bourgeois de Troyes, cependant, voyant la résolution 
désespérée de Thibault et les troupes s'approcher de toutes 
parts, mandèrent à Simon de Joinville (père de l'historien, 
car celui-ci était encore enfant), de vouloir bien venir à leur 
secours. Le sire de Joinville, sénéchal de Champagne, homme 
de grande valeur, à l'ouïe de l'envoyé, fit aussitôt appeler 
tous ses gens d'armes et partit à l'entrée de la nuit en grande 



(1) Il faut y ajouter Robert, comte de Dreux, frère du comte de 
Bretagne, le comte de Brienne, Enguerrand de Goucy et son frère. 

(3) Ce duc avait épousé la fille du comte de Dreux, Tennemi 
de Thibault, malgré une promesse contraire faite à celui-ci et le 
comte deBar-ie-Duc avait porté aide à Hugues en cette circonstance ; 
mais Hugues IV, âgé de 47 ans alors. n*agissait que par les conseils 
de sa mère. 

(3) M. de Bury, dans son histoire de saint Louis, dit que, sur la 
prière de la régente, le comte de Flandres fit une diversion dans le 
comté de Boulogne et que Toncle de saint Louis, possesseur de ce 
comté; fut obligé de quitter le camp pour aller défendre ses terres. 



86 

diligence. Aussi fot-il à Troyes avant le jour, et par là les 
barons manquèrent le dessein qu'ils avaient de prendre la 
ville, qu'ils n'osèrent attaquer, car ils passèrent devant et 
allèrent se loger en la prairie dlsle, là où se trouvait le duc 
de Bourgogne qui venait leur prêter renfort. 

Le roi de France, qui s'approchait aussi, infornoé de leur 
campement, alla droit à eux. Les barons, devant le suzerain 
en armes, ne montrèrent plus autant d'audace ei voulurent 
parlementer. Ils prièrent Louis de se retirer de sa personne, 
assurant qu'ils iraient combattre le comte de Champagne et 
ses alliés le duc de Lorraine et le comte de Flandres avec 
trois cents chevaliers de moins que n'auraient Thibault. Mais 
le jeune souverain répondit : « qu'ils (les barons) ne se com- 
battraient point à sa gent s'il n'y était en personne. » Les 
barons revinrent à lui avec une autre proposition : ils offraient 
de faire entendre à la reine de Chypre qu'elle fit la paix, s'il 
lui plaisait. Louis répliqua en vaillant chevalier et en jioble 
prince, ^ qu'il n'entendrait à aucune paix et ne souffrirait que 
le comte de Champagne y entendit tant qu'il n'auraient pas 
évacué la comté de Champagne. » Cette fière notification fit son 
effet sur les rebelles ; ils voulaient bien écraser Thibault pour 
le punir de sa défection et de son vilain procédé envers la 
noble demoiselle, mais ils redoutaient autrement un combat 
avec leur suzerain, car, vaincus ou vainqueurs, ils auraient 
toujours payé les frais de la guerre plus tard, soit de leurs 
biens, soit de leur vie. En conséquence, il évacuèrent, 
poussés de poste en poste par les troupes royales, et s'allè- 
rent loger à Laignes du comté de Tonnerre, qui appartenait 
au comte de iSevers, leur allié (1SI28). 

Quelques-uns des confédérés, au nombre desquels le dit 
comte de Nevers (1), firent la paix avec Thibault. D'autres 
mirent le sujet de leur querelle en arbitrage. Assisté du duc 



(i) Ce comte de Nevers était Guignes V, comte de Forez, deuxième 
mari de la célèbre Mathilde de Courtenay, comtesse d'Auxerre, de 
Tonnerre et de Nevers. Il avait épousé Alathilde en 1226 et en 4337 
il était en contestation et même en guerre avec Thibault pour des 
forteresses qu'ils avaient fait bâtir respectivement sur les frontières 
de la Champagne, de KAuxerrois, du Tonnerrois et du Nivernais. 
Après quelques hostilités ils firent, en 1229, un compromis entre les 
mains du cardinal légat de Saint- Ange qui les avait accordés. (Art de 
vérifier les dates). 



87 

de Lorraine, le comte prit sa revanche sur le comte de Saint- 
Pol, dont il ravagea le pays comme celai-ci avait ravagé le 
sien à k suite du comte de Boulogne, et, Tannée suivante, il 
dut suivre le roi dans une nouvelle expédition contre le bon 
dîieàe Bretagne, ce qui ne pouvait lui déplaire puisqu'il lui 
devait tout son malheur. 

Louis IX ne s'en tint pas là. Il accorda Thibault avec la reine 
de Chypre : celui-ci dut donner 2,000 livres de rentes en 
fonds de terre à sa cousine, et 40,000 livres que le roi four- 
nit, moyennant quoi le comte lui vendit les fiefs des comtés 
de Blois, de Chartres, de Sancerre et de la vicomte de Châ- 
teaudun. Ces bons comtés, donnés autrefois par Thibault 
le grand, deufxième du nom, à ses fils, toujours dans la 
même descendance, avaient aussi continué à relever de Cham- 
pagne. Ce traité onéreux fut conclu en 1234. Ajoutons que 
les terres de Thibault, adjugées à la reine de Chypre, devin- 
rent plus tard^ comme héritage, la propriété des comtes de 
Brienne et de ceux de Joigny. 

Toutefois, Thibault n'avait pas plustôt joui de la paix qu'il 
s'était occupé à cicatriser les plaies de son pays, à récom- 
penser la fidélité et à se refaire des vassaux amis ; en 1229, 
il octroyait la coutume de Lorris à Chaumont-en-Bassigny et 
à Ecueille près de Reims. En 1230, il accordait à la ville de 
Provins, son lieu de prédilection, une charte de commune 
par laquelle un maire et douze échevins furent créés, et il 
donna à ces magistrats, avec sa libéralité ordinaire, un 
palais, ancienne demeure des comtes. Il appela en cette ville 
une foule d'ouvriers les plus habiles de l'Europe; on y comp- 
tait 20,000 feux, 60,000 habitants, et l'on aurait peine au- 
jourd'hui à se faire une idée de ce qu'elle était, car ses suze- 
rains prodiguaient tout pour l'embellir, la rendre prospère et 
agréable. Il s'y tenait une des foires les plus considérables, 
semblable à celle de Beaucaire. Thibault attira aussi à grands 
frais à Provins des trouvères de Provence, avec lesquels il 
lutta poétiquement au milieu de ses fêtes pour varier les plai- 
sirs des joutes chevaleresques. 

VIL 

En s'arrêtant un instant à contempler cette existence si 
agitée, si pleine d'événements, du comte Thibault, il devient 



88 

difficile de voir en lui un langoureux soupirant, qui, pendant 
une période d'au moins dix années, n*aura fait la guerre et 
mis tous les grands vassaux de France en mouvement» (y 
compris le roi], qui n'aura laissé saccager ses biens, prendre 
une notable partie de son avoir, ruiner son comté, que pour 
les intérêts de sa jalouse passion I et quelle passiofi ? passion 
pour une reine, belle sans doute, très-capable, trè;-habile, 
mais dont il eut pu être le fils, car elle avait au moins qua- 
rante-neuf ans à la fin de ses batailles 1 Les romans et fa- 
bliers eux-mêmes ne nous ont jamais présenté de Galaor, 
d'Amadis semblable; au moins les reines de beauté de ces 
chevaliers parfaits réunissaient-elles à toutes leurs séduc- 
tions celle de la jeunesse. Voyons les choses un peu plus 
prosaïquement, et plus réellement ce qu'elles devaient être. 

Le comte Thibault, joyeux et galant compagnon, étourdi, 
batailleur, un peu vaniteux peut-être, un peu trop sûr de 
lui-même, suivant la devise de sa maison : « Passe avant 
le meillorl » se montrait fier aussi, susceptible, ambitieux» 
généreux et téméraire. Il s'engagea souvent à la légère dans 
des situations difiiciles, tout simplement parce qu'il s'était 
laissé entraîne'r à l'éloquence de celui qui voulaiule persuader, 
revenant de même, pressé par d'autres raisonnements. 
Mauvais politique, du reste, comme sont tous les poètes que 
l'imagination conduit, et il l'était autant que prince puisse 
l'être. 

La vie de ces temps anciens n*a plus guère d'analogie avec 
la nôtre : On se mettait en campagne à la belle saison, 
lorsque la terre était bien raffermie ; on appelait les vassaux 
qui étaient tenus à venir venger les querelles de leur sei- 
gneur, puis la durée du service obligatoire passée, on ren- 
trait ordinairement dans son château-fort, ou dans sa bonne 
ville ceinte de hautes murailles et de fossés profonds pour y 
passer les frairics d'hiver, et n'en sortir que par un temps 
convenable aux belles chasses à courre. C'était alors qu'on se 
divertissait à table avec des amis, et que l'on passait les 
heures de la veillée soit en joyeux déduits, soit à rimer en 
l'honneur des dames. C'était aussi l'époque des mariages, et 
les grands vassaux se mariaient beaucoup, parce que les 
fiancées amenaient de bonnes terres et de bonnes finances 
avec elles, comme d'utiles alliances politiques, quitte à se 
faire séparer d'une femme trop peu agréable. Thibault, en 



80 

12S0, lorsqu'il n'avait que dix*huit ans, avait ëpousé la fille 
du comte de Metz, Gertrude d'Apsbourg; il en fut séparé 
presqu'aussitôt par sentence ecclésiastique^ comme il arrivait 
si souvent alors, et, en 4222, il prenait Agnès de Beauieu. 
Celle-ci, qui lui donna une fille, mourut en 4231, mais il en 
était séparé déjà, lorsqu'il allait s*unir par impromptu à la 
fille du duc de Bretagne. Il épousa, en 4232, Marguerite de 
Bourbon, fille d'Archambaud IX, bien que ces unions se fis* 
sent par convenance et non par sentiment, celle-ci dut être 
plus heureuse que les précédentes; il lui naquit six enfants 
dont trois fils. Sa postérité ne s'arrêta même pas là ; devenu 
roi de Wavarre, il eut encore dans ce pays trois enfants re- 
connus, ce qui prouve beaucoup d'inconstance d'une part, 
quand on lui reproche trop de constance de l'autre. 

Dans ses chansons ou romances, comme nous disons à 
présent, il se félicite de n'avoir jamais forfait à l'amour : 

Amour m^a fait grand bien en jusqu'ici, 
Elle m*a fait aimer sans vilenie ; 

Et ce sentiment semble pour le poète comme un stimulant 
aux nobles choses, aux grandes entreprises ; 

Sens et honneur nul ne peut maintenir. 

S'il n*a en soi senti les maux d'aimer, 

A grand valeur ne peut pour rien monter. 

Ne devons-nous peut-être voir, en effet, dans les poésies à 
l'adresse de la belle inconnue, rien autrfî chose que ce pro- 
duit particulier au moyen-âge, à cette époqlie où la chevalerie 
avait tout son éclat, toute sa perfection : le culte de Tidéal si 
fort en vogue alors, c'est-à-dire, un amour platonique, à part 
de la vie réelle, et qui, parfois bien négligé, pour de trop ter- 
restres amours, élevait et tenait pourtant la cour de la vaill- 
lante noblesse au-dessus des sentiments vulgaires. 

En étudiant les poésies du comte Thibault on croit y voir 
que la beauté dont il est épris est jeune et jolie : la blonde 
eoulorée; lapins belle qui soit au monde. vivant. Il parle 
souvent de sa fraîche couleur. Il n'y a rien en elle qui ne l'ait 
navré (blessé) d'un coup profond de très-douce lance ; fronts 
bouche, nez, yeux, visage frais, coloré, mains, tête et corps ^ 
et belle contenance, La dame est douce, il le répète, et la 
meilleure qui soit en tout le monde. Elle a grand sens, et il 



90 

la dit courtoise et sage, de très-haute seignetkrie, elle habite 
loin de lai, à la coar. Il n'ose se présenter à son hôtel ; mais 
il la rassure sur sa discrétion. Nul au monde ne connaît 
l'objet de son amour, que Nanteuil, celui de ses amis qui lui 
remet ses chansons. Il se doute que les méchantes gens qui 
ont deviné ses sentiments lui conteront de mauvauses choses 
sur lui ; elle ne doit pas y donner créance. S'il fait semblant 
d'aimer ailleurs, c'est sans que le cœur et la volonté y pren- 
nent part, mais pour détourner les soupçons. Il n'espère 
rien, que la contempler des yeux, du cœur, et de pensée. Ce- 
pendant, il crie merci vers elle et lui demande un pea d^es- 
péranee de joie avoir. 

On peut juger sur quel peu de fond on s'appuie en prenant 
les vers de Thibault comme une révélation de son amour 
pour la régente, puisque voici le couplet qui l'accuse le 
plus : 

Gele que j^aime est de tel seignorie 
Que sa beauté me fist outrequidier ; 
Quand je la voi Je ne sai que j'en die, 
Si sui soupris que jon ne l'os proler ; 
Las ! je mourrai s'ele ne m'assouage (soulage) 
S*ele m'ocit (tue) trop fera grand outrage. 
Plus sens por li de niaus qui me guerroie 
K*onc n*ot Paris par Elène de Troie. 

Il n'est question, en aucune manière, de jalousie dans 
toutes ces pièces, qui ne semblent, à de rares exceptions près, 
chanter qu'une grande personne, quelque grande danse atta- 
chée à la cour, quelque princesse royale peut-être. Il y est 
dit, au contraire, que nul homme n'a puissance sur cetle fière 
et ^aste beauté qui ne se laisse point fléchir ; comment donc 
croire qu'elles s'adressaient à Blanche de Castiile, et que 
tomes les passes, tontes les révoltes où Thibault se laissa 
entraîner n'aient eu pour cause que sa jalousie envers la 
reine attachée ailleurs I De deux choses Tune : si les attaques 
^sent vrai contre Blanche et le comte de Champagne, les 
chansons mentent, elles sont de pure fantaisie, et Ton ne doit 
pas en faire état ^historiquement parlante ; mais, en repm- 
dnisant les attaques, si on leur donne pour base les poésies, 
une chose d^à en elle-même de si peu de consistance, on 
commet un non sens et l'on pronve qu'on ne les a pas seu- 
lement lues. 



Il est bien plus naturel, selon nous, de voir dans les phases 
de la vie du comte et dans ce qui se passait alors le produit 
des événenaents journaliers. Une reine veuve, avide et habile 
jusqu'à rintrigue, qui veut garder, élargir le patrimoine de 
ses enfants ; des vassaux ambitieux et mécontenta, enhardis 
par hi faiblesse d'une régence de femme, voulant reprendre des 
terres et des droits que les rois précédents ont amoindris. Il 
est d'ailleurs aisé d'apercevoir ici encore le mouvement régu* 
lier de la royauté qui ne se laisse jamais détourner de ses 
vues d'agrandissement, d'homogénéité, d'absorption, et qui 
s'en revient toujours allègrement de ces batailles intérieures, 
car, chaque révolte de ses féaux lui vaut quelque bon comté, 
chaque mariage des siens est calculé pour faire entrer dans 
le domaine royal quelque vaste province. Le bon roi Louis, 
tout saint qu'il était, ne manque pas à ces errements. 

Ce roi établit ses jeunes frères de son mieux dans leurs apa- 
nages, mais il s'en fallait qu'ils fussent d'abord riches et 
poissants comme les ducs de Bretagne, de Boufgogne, le 
comte de Champagne, et qu'ils fissent aussi grande figure 
durant leur minorité. Si Thibault venait de subir un bien 
cruel édiiec pour sa fortune, une circonstance arrivée cette 
même année de i 234 la relevait brillamment, car il trouva 
ufte bonne épargne de quinze millions, de notre monnaie ac* 
tuelle (qu 1,700,000 livres d'alors), dans le trésor du roi de 
Navarre qui venait de trépasser, et dont le royaume lui échut, 
comme à son neveu et plus proche héritier. Il fut donc, au 
grand enaui de ses ennemis, de ses envieux, proclamé roi 
dans la ville de Pampelune le 8 de mai, tandis que Louis IX, 
pfesqu'au même temps, se mariait à Sens [SI avril). 

Hélas f cette phase de calme et de relèvement ne devait 
pas dorer. De nouvelles agressions, attendaient le comte à son^ 
retour dans la patrie, agressions dont on ne peiit bien dis- 
cerner l'origine, à moins qu*en réalité il ne les dût à sa haute 
position nouvellement acquise, et que sa manie de soupi- 
rant poète, jugée indigne d'un prince, en fax le prétexte. 
Bientôt après avoir reçu la couronne fermée qui le laissait 
toujours vassal du suzerain comme comte de Champagne, 
mais qui le mettait au-dessus de tout autre feudataire ou 
membre de la famille royale comme roi, il se présentait à la 
cour de France ; peut^tre son attitude y fut-elle un peu su- 
perbe, peut*-éire l'outrage était-il prémédité déjà par la jalon- 



92 

sie des jeunes prioces, frères de Louis (le plus àgë pou- 
vait avoir vingt ans, Pierre-Anselme) ; toujours est-il, d'a- 
près l'assertion de divers chroniqueurs, que Robert, comte 
d'Artois, comme le roi de Navarre entrait dans la salle où se 
tenait la reine Blanche, lui fit jeter,., oh honte I.. Oui I lui 
fit jeter au visage, par des valets, un fromage mol !.. d'autres 
ajoutent même que Ton coupa la queue à son cheval resté 
dans la cour du palais ; qu'on attacha des haillons à ses ha- 
bits tandis qu'il montait les degrés; quoi encore?., on ne 
saurait renchérir sur ces signes d'infamie quand il s'agis- 
sait d'un aussi haut personnage et d'un chevalier. Les pro- 
[sortions deviennent fabuleuses lorsque la renommée popu- 
aire se mêle de publier des faits semblables. Ce serait 
ignorer de quelle suite nombreuse les princes et surtout les 
rois étaient toujours accompagnés alors, et supposer du reste 
que Thibault souffrit patiemment de telles indignités sans 
tirer l'épée; que de les croire praticables. 

Quel que fût le degré et le genre de l'injure, Thibault se 
retira furieux et fit demander le combat à outrance. La reine 
mère et Louis, qui n*avaient aucune part dans ce qui s'était 
fait et qui ignoraient ou feignaient d'ignorer à quelle instiga- 
tion ils le devaient attribuer, voulurent qu'on instruisit le 
procès des gens du comte d'Artois, lesquels furent con- 
damnés à mort. Mais Robert ayant avoué que c'était par son 
ordre qu'ils avaient agi et demandant grâce peureux la sen- 
tence n'eut point d'effet. 

Ce procès, de pure forme, ne donna pas satisfaction au roi 
de Navarre, pour lequel il restait à laver un affront. Thibault 
s'était arrêté, paraît-il, à Vincennes, attendant qu'on lui fît 
réponse, et l'on prétend que la régente lui ordonna de s'éloi- 
gner. Depuis son élévation à la royauté, il avait demandé à 
Louis IX, moyennant finance, de reprendre les fiefs qu'il 
disait lui avoir engagés, mais que Louis tenait pour bien 
acquis. Thibault se mit en armes afin d'appuyer sa réclama- 
tion, puis il renoua ses relations avec Pierre de Bretagne; il 
accorda même sa fille Blanche au fils du duc, sans avoir de- 
mandé l'assentiment du roi, bien entendu, comme il était 
d'obligation pour les grands vassaux. Blanche de Castille et 
son fils, à leur tour fort courroucés de ce mariage et des ces 
marques d'indépendance, rassemblèrent à la hâte, suivant 
leur politique accoutumée, des forces pour pénétrer en Cham- 



1 ' 



93 

pagne, car la vie, en ces temps féodaux, n*était que disputes et 
guerres. Thibault, instruit tout d'abord de ces préparatifs, en 
ressentit quelqu'alarme ; seul il n'était pas en mesure de ré- 
sister aux troupes royales ; puis, il se souvenait trop bien, 
sans doute, des ravages encore récents exercés par la solda- 
tesque dans les bonnes plaines delà Brie ; il eut donc recours 
à un terme moyen, qui fut de solliciter Tentremise du pape 
auprès du roi de France. Il s'était croisé dès Tannée présente 
(1335) en se déclarant chef de la croisade, et, à cette occasion, 
il avait même fondé une abbaye. Il se trouvait par consé- 
quent sous Tégide papale qui garantissait les pèlerins en Pa- 
lestine de toute atteinte, à peine des foudres de l'Eglise, 
pour qu'ils ne fussent pas empêchés dans leur pieuse expédi- 
tion. Cependant, la lettre de Grégoire IX, venue aussitôt au 
secours du noble croisé, fut de peu d'effet sur le roi, qui n'a-, 
bandonnait pas plus ses droits devant le clergé que devant la 
chevalerie et qui, reconnaissant là d'ailleurs Tinfluence de 
son remuant vassal, ne laissa point de rassembler ses hommes 
d'armes àVincennes, ayant l'intention d'entrer en Champagne 
par la Brie. 

Le roi de Navarre, dans cette extrémité, se vit obligé à de- 
mander la paix et à remettre momentanément au souverain, 
pour garantie de sa parole, deux places importantes : Bray- 
sur-Seine et Chantereau ; de plus, il dut renoncer à ses pré- 
tentions sur les fiefs qu'il réclamait, partir pour accomplir 
son vœu et ne revenir en France qu'au [bout de sept ans^ 
prétend un auteur, mais ce point est démenti par les faits. 
Tout ceci, qui était peut-être de bonne guerre de la part du 
suzerain, devait être rude à supporter pour le galant seigneur 
et la majorité de Louis n'étant pas encore déclarée, il en ré- 
sulte que d'aussi dures menées lui venaient de la régente en 
guise de satisfaction à l'insulte reçue. Comment expliquer de 
telles marques de tendresse ? 

VIII 

Le gai faiseur de chansons, toujours à l'humeur guer- 
royante, mais désanchanté des intrigues et des mœurs de la 
cour, attristé par les vices du siècle, par sa félonie, poussé 
du reste par le zèle de Grégoire IX, qui voulait ardemment 
une expédition en Palestine, renonça dès lors à l'amour (il le 



94 

dit du moios en jolis vers à sa dame, à laquelle il annonçait 
sa résolution.) 

L'on me tiendrait désormais pour enfant 
Car chaque temps doit sa saison attendre ; 

(Il avait 33 ans.) 

On a même cru voir dans quelques vers de eette pièce que 
le roi de Navarre était exilé par la reine Blanche après Taf- 
front reçu de Robert : 

Amour le veut et ma dame m'en prie 
Que je m^en parte, et moult I^en merci 
Quand par le gré ma dame m'en chasti 
Meillor raison n'en ai de ma partie. 

Tant de calme résignation et de tendresse encore devant 
rinsulte, est-ce bien probable d'une tête aussi vive? D'ail- 
leurs ces adieux à Tamour se reportent naturellement à la 
prise de la croix pour Texpédition sainte. 

Thibault avait prêché lui-même cette croisade dans une 
pieuse chanson : 

Seigneurs, sachez, qui hors ne s'en ira 
En cette terre où Dieu fut mort et vif 
Et qui la croix d'outre-mer ne prendra 
A peint mais (jamais) ira en paradis. 

Il fit alors aussi des satires sur les vices du temps . 

De grand travail et de petit exploit, 

Vois ce siècle chargé et encombré 

Que tous sommes pleins de maleurté (méchante) 

Que nul ne pense à faire ce qu'ail doit... 

Par malheur, un si beau zèle fut poussé trop loin, car à 
rencontre de ce qu'il avait fait jadis, c'est-à-dire, de ce qu'il 
n'avait pas voulu faire, poursuivre à outrance les Albigeois, 
il advint qu'on découvrit en Champagne cent quatre-vingt- 
trois de ces malheureux accusés d'hérésie et que le comte 
souffrit qu'ils y fussent bi*ûlésvifs sur un mont près de Vertus, 
spectacle sans pareil auquel il assista avec toute sa cour, 
grand nombre de prélats et un peuple innombrable. Holo- 
causte très-grand et très-agréable à Dieu, dit Albéric de Trois- 
Foataines, qui s'avanee un peu dans son appréciation des 
r^ouissances célestes . 



96 



Thibaait pressait ces préparatifs» excitait ses compagnons 
de la croix, mais de nombreux oI»tacles retardaient indéfi- \ 

niment le départ ; le pape, d'abord très-jaloux de former la \ 

croisade, menaçant de 1 anathème quiconque y mettrait en- \ 

trave, changea de sentiment comme de politique, car il vou^ \ 

lait maintenant retenir les chevaliers pour qu'ils vinssent à \' 

son secours contre les entreprises de l'empereur Frédéric. *^ 

Durant ces alternatives Thibault s'occupa de son royaume oit iii 

il séjourna jusqu'en 1238; enfin, perdant toute patience, il j| 

repassa en France jurant qu'il accomplirait son vœu, dât*il il 

partir seul pour la terre sainte et, malgré les censures ecclé- '| 

siastiqnes, malgré tous les empêchements suscités par le chef ^! 

de l'Eglise, il alla s'embarquer à Marseille en 4239 le joar i 

de la Saint-Jean avec sa chevalerie et ses ennemis d'autrefois si 

les comtes de Bretagne, de Bar, de Forez, de Hâcon ; ceux 
de Joigny, de Sancerre; le comte de Nevers, le duc de Bour- 
gogne^ Gauthier de Brienne, Àmaury de Montfort, André de 
Vitry, Geoffroy d'Àncenis et une foule d'autres barons, pres- 
que tous condamnés par le roi Louis au bannissement tem- 
poraire pour peine de leurs révoltes. 

Il nous reste la chanson d'adieu du roi de Navarre à sa 
dame lorsqu'il s'embarquait, et les tendres plaintes qui lui 
échappent au départ ne sont pas un signe de sérieux re- 
noncement à l'amour. Mais il y aurait folie à croire, en aucun 
temps, les poètes sur parole. « Dieul pourquoi la terre 
d'outremer existe-t-elle, qui tant d'amants aura fait désunir, 
s'écrie-t-il dans sa douleur, dont l'amour ne fut jamais récon- 
forté depuis leur séparation et qui ne purent retrouver leur 
bonheur I » 

Hais d'autres pensées le tiennent : « Beau sire Dieu, vers 
vous me suis tourné, j'ai délaissé pour vous ce que j'aimais 
tant, la récompense en doit être fleurie. » 

Il s'adresse aussi à la Dame des deux : « Grande reine 
puissante I quand dame perd, que dame me soit aidant. » 

Il envoie même des vers d'Outre la mer salée, à la dame 
laquelle est sa grand' désirée : 

Les doux pensers et les doux souvenirs 
Pressent mon cœur de chanter.. . 

On le sent, les hauts faits n'étaient pas absolument sa 
préoccupation alors ; on sent aussi qu'il y avait chez le comte 



96 

mélange de sang naYarrois et que le midi aox vives et poéti- 
ques impressions, aux chants amoureux, était sa seconde 
patrie. ^ 

Cette croisade ne fut ni brillante ni heureuse ; la ferveur des 
premiers temps manquait alors, et trop de chevaliers s'étaient 
laissé détourner du but, les uns, pour aller au secours de 
Tempire Franc de Constantinople, de plus en plus menacé, 
les autres, par Frédéric II ou le Pape. Néanmoins, les croisés 
se trouvèrent devant la ville d'Acre au nombre de 1 ,500 che- 
valiers et 40,000 hommes tant cavalerie qu'infanterie, et ils 
eussent pu faire encore de grandes choses, si l'esprit de dis- 
cipline et d'obéissance avait régné parmi eux. Bien au con- 
traire, chacun allait en Palestine, non pas appelé par son su- 
zerain, mais voloQtairement, pour son compte, prétendant 
agir de son chef lui et sa gent ; on ne voit nulle part l'action, 
Tautorité du généralissime de la Croisade. 

Les auteurs ne s'accordent pas sur la cause des revers des 
Francs. Nangis dit que Pierre de Bretagne, ))eu soucieux de 
leur commune entreprise, alla, dès l'abord, piller quelque 
terre vers Damas et, comme il réussit à enlever beaucoup de 
riche butin, que les comtes de Montfort et de Bar ainsi que 
d'autres fameux chevaliers, excités par la jalousie et la cupi- 
dité, sans égard pour la cause générale, tentèrent d'en faire 
autant du côté de Gaza. Mais, les habitants de la ville, ins- 
truits d'avance de ce coup de main, tombèrent sur la troupe 
épuisée de fatigue, qui fut prise et presque tout entière livrée 
à la mort; entre autres le comte de Bar, lequel ne reparut 
plus. Quant au comte de Montfort, il paya sa rançon. 

Bernard le trésorier, tout en racontant l'expédition beau- 
coup plus en détail, ne parle pas de la pillerie de Mauclere ; 
il prétend que d'un commun accord les croisés étaient partis 
d'Acre pour aller fortifier Ascalon ; qu'ils avancèrent jusqu'à 
Jaffa, où un espion leur paria de la course à faire sur Gaza. 
Quatre cents chevaliers, templiers en majorité, s'y rendirent; 
mais les hommes, épuisés de fatigue par les sables de la 
contrée, supportèrent si mal le choc des Turcs tenus en 
éveil, que la déroute fut générale, le massacre fort grand et 
les pertes de matériel considérables. Ceux qui échappèrent 
revinrent à Ascalon où se trouvaient le roi de Navarre, le duc 
de Bretagne et toute l'armée. A la nouvelle de l'événement 
Teffroi se mit si fort parmi les troupes i^ui croyaient avoir les 



97 

Sarrasins sur leurs traces les venant tous prendre, que, sitôl 
la nuit venue, chacun se mit en marche pour gagner Jaffa 
sans s'attendre les uns les autres, laissant vivres et bagages 
en abondance. A Ja£fa ils restèrent peu et ne s'arrêtèrent qu'a 
Acre, où ils demeurèrent longtemps enfermés sans rien 
faire. 

Quelques chroniqueurs, de moins d'autorité sur ces faits, 
préiendent que la première expédition de pilleriefut accom- 
plie paf le comte de Champagne et Mauclère, et la seconde, 
cause du revers arrivé, par le duc de Bourgogne; mais il est 
beaucoup plus probable qu'elles ne furent exécutées, l'une et 
l'autre, que par des chevaliers leurs vassaux. 

Cet échec ne fit pas cesser la division parmi les Francs, 
au contraire, ils se séparèrent en deux camps et traitèrent 
sans accord: les uns, d'un côté, dont furent le comte de 
Nevers et les Templiers, conclurent un arrangement avec le 
sultan de Damas et obtinrent la restitution des Saint-lieux; 
les autres, desquels étaient le comte de Champagne, les ducs 
de Bourgogne et de Bretagne et les Hospitaliers, s'accommo- 
dèrent avec le soudan d'Egypte, s'engageant k le défendre 
des Sarrasins qui venaient de rendre Jérusalem. 

Mais, comprenant qu'ils ne pouvaient faire là aucune ac- 
tion considérable, les croisés s'en retournèrent bientôt en 
France, où ils étaient déjà arrivés l'an 1241, puisque nous 
voyons figurer grandement Thibault dans une magnifique et 
nombreuse cour plenière, tenue à Saumur parle roi Louis, 
appelée la non pareille, « car il y eut bien trois mille cheva- 
liers », dit Joinville. Le bon duc de Bretagne et quelques-uns 
de ceux qui avaient été envoyés hors du pays pour sept ans 
s'y trouvèrent également, ce qui prouve qu'ils étaient graciés 
par le fait de leur pèlerinage d'outre-mer. « Devant la table 
du roi — dit encore Joinville qui n'était que page alors — 
mangeait monseigneur le roi de Navarre en robe et en man- 
teau de samit, bien paré d'une ceinture à agrafe et de cha- 
pel d'or, et je tranchais devant lui. — Ce fut peut-être là 
que le jeune page plut si bien à Louis IX que ce roi songea 
dès lors à se l'attacher. 

Ce que Thibault rapporta déplus remarquable de Palestine 
si ce n'était la gloire, se fut une belle fleur, digne d'un 
poète, une rose, conquise en vue de son comté et de sa chère 
Provins. Cette rose, cultivée en grand, étaitpropre à faire des 

4866. 7 



9<S 

conserves qui bientôt devinrent célèbres et contribuèrent à 
augmenter la prospérité de cette ville. Mais, par une fortune 
singulière, la rose de Provins, venue des sanglants pèleri- 
nages en Palestine, devait avoir encore, malgré sa douceur, 
une non moins sanglante renommée, puisque, quarante ans 
plus tard environ, un comte Edmond, fils du roi d'Angle- 
terre, étant devenu, par mariage, seigneur de la firie, ajouta 
à ses armoiries la rose rouge des Provinois. Elle devint ainsi 
rembléme de la maison de Lancastre, à laquelle la maison 
d*Yorck, dans leurs guerres intestines, opposa une rose 
blanche pour s*en distinguer. 

Ici, nous conclurons sur les faits et gestes du roi de Na- 
varre, car sa carrière, qui se termina en 4253, ne parait pas 
avoir rien eu de saillant à partir de la croisade; il semble- 
rait même que Thibault, dès lors, eût renoncé à la poésie, 
ou du moins à faire des vers. Du reste, il s'occupait de son 
royaume de Navarre, et ce fut à Pampelune que parvenu au 
faite d'une vie trop agitée, il mourut âgé seulement de cin- 
quante-un ans. 

Le monument littéraire qu'il nous a laissé méi*iterait sans 
doute une appréciation consciencieuse et motivée ; ses pièces 
ou chansons, qni sont au nombre de 64, forment un recueil 
assez complet pour être digne des commentateurs. Elles 
appelleraient tout un travail de linguiste, desavant, de poète 
et de penseur. Ce travail très intéressant à plusieurs points de 
vue, soit qu'il traitât de la formation et du progrès des lan- 
gues, soit qu'il s'occupât de l'art de traduire sa pensée et de 
la filiation, de la diffusion, du progrès des idées, serait con- 
sidérable et bien au dessus de nos forces. Nous n^avons voulu 
qu'indiquer une mine féconde, riche à exploiter pour de bons 
entendeurs^ ear nous croyons que ce travail est encore à faire. 

L'évéque de la Ravailière, un champenois aussi, mort il y 
a cent ans, publia les chansons avec un pieux respect d'éru- 
dit, en les accompagnant du glossaire des mots hors de notre 
idiome actuel, employés dans les vers de Thibault, pour en 
faciliter la lecture, puis d'une courte notice snr la vie de ce 
comte dont il prend la défense en ce qui concerne Blanche de 
Castille, mais sans autre commentaire. 

Un fait qui doitrelever notre poète aux yeux de la postérité, 
c'est le cas qu'en faisait l'immortel Dante : dans son livre 
devulgari Eloquentia il le cite comme un excellent maître 



99 

CD poésie. Il a prétendu que la chanson Vl^ dont il trans- 
crit le premier vers, était hendecasyllabe : 

De-fine amour vient séance et beauté. 

C'est un grand honneur d*êire commenté par un tel 
génie I 

Et, pour qu'il ne lui manque aucune consécration, un 
autre poète illustre, Victor Hugo, dans la relation de son 
voyage sur le Rhin, en même temps qu'il énumère en passant 
tous les titres de la Champagne, puissante et robuste pro- 
vince, parle aussi de ses comtes et de ses hommes célèbres, 
en nommant Thibault IV poète presque roi. Exhumant de 
la poussière des siècles un nom presque oublié pour le re- 
mettre un instant en lumière, il est difficile de le placer à 
l'abri de deux plus grandes renommées. Elles seront noire 
excuse aujourd'hui, nous osons l'espérer. 

FEIJCiEN THIERRY. 



Nous croyons intéressant de publier certains documents 
bisioriques devenus rares et d'autres pièces inédites. L'An- 
nuaire doit recueillir avec soin tout ce qui peut être utile à 
rbistoire du département. 



LES EXÉCRABLES IMPIETEZ 

Commises en l'Eglise de Espougny en Auxerrois, par 
quelques soldais de l'armée de Messieurs les Princes, 

Lesquels ont esté exécutez pour avoir méchamment foulé le sainct 
Sacrement aux pieds, et tiré au crucifix à coups de mousquets. 

Suivant la copie imprimée à Paris. 
Par Jean Bouriquant, au Mont-Saint- Hilaire près le Puis Certain. 

MDC.XV. 



Après la mort de Henri IV, la noblesse, ayant à sa tête le 
prince de Condé, recommença à donner des embarras au 
gouvernement de la régente, veuve du roi. Ce prince prit les 
armes sous prétexte de demander la réforme des abus et la 
convocation des Etats généraux (16t4). La cour ayant acheté 
les mécontents et les Etats généraux ayant été convoqués, la 
pacification sembla renaître. 

Mais bientôt le parlement adressa à la reine des remon- 
trances très-hardies qui furent mal reçues. Condé en prit pré- 
texte pour reprendre les armes> et c'est un incident de la 
marche de son armée que relate la pièce ci<dessous. Cette 
armée venait de la Champagne et se dirigeait sur la Loire. 
Après avoir passé l'Yonne à Bonnard, le 21 octobre, elle s'em- 



401 

para du château de Régennes et du bourg d'Appoigny qu'elle 
saccagea ainsi que les villages voisins. 

L'auteur anonyme de celle relation dont nous conservons 
Torthographe, assaisonne e-on style d'une érudition classique 
fort à la mode à cette époque, mais qui nous paraîtrait par- 
faitement ridicule aujourd'hui. 

LES EXÉCRABLES IMPIÉTEZ 

coyMisBS EN l'eglise d'espougny en auxbrrois, par quel- 
ques SOLDATS DE l'armée DE MESSIEURS LES PRINCES. 

« Il ne faut s'étonner si le tonneau du grand et vray Ju* 
piter, où il puise les justes peines des forfaits commis, n'est 
encor vuide ; car la malice des hommes d'aujourd'hui est si 
grande qu'elle le remplit tous les jours, à toute heure, et à 
tous momens. 

« Le vingt-deuxiesme jour du mois d'octobre de la pré- 
sente année, l'armée de Messieurs les Princes ayant prins par 
force Espougny, petite ville appartenant à monsieur l'évesque 
d'Auxerre, distante dudit Auxerre de deux lieues, les soldats 
commencèrent à piller et à ravager partout, et entre autres 
de leurs actes plus remarquables et vitupérables est que 
quelques-uns desdits soldats estans entrez dans l'église, com- 
mirent des actes du tout exécrables, et qui par les guerres 
passées aucun soldat, pour insolent et meschant qu'il ait esté, 
n'a voulu perpétrer. 

« Hélas I qui sera celui qui aura le cœur si adamantin, 
qu'entendant raconter ces détestables actes, ne l'ait tout 
amoiy et fondu tout en larmes : Pour moy voulant les coucher 
sur ce papier, je ne puis qu'à tout coup le courage ne me 
défaille, et la plume ne me tombe de la main. Mais puisque 
je me suis obligé de vous en faire le récit, encor faut-il que 
je m'en acquite, et vous dise que ces impies furent si osez 
que de mettre la main sur la couppe où estoit la Sainte- 
Hostie et la fouler indignement aux pieds. 

« Le premier eschellon du vice franchy Ton monte facile- 
ment par tous les autres. Ces malheureux ayans commis ceste 
impiété, ils n'y mirent la fin de leur tragédie, ains passèrent 
bien plus outre, tirans plusieurs coups de mousquets aux cru- 
cifix, et violaus quelques filles dedans l'église mesme. Mon- 



102 

sieur de Frouille, de l'illuslre maison de Couricnay, empescha 
le violernent de deux qu'il sauva à Chichery, petite ville dis- 
tante dudit Espougny d'une lieue. Quels actes plus exécrables 
çue ceux-là peui-on excogiier en des hontimes endiablez 
comme ils estoienl. 

« Les payensquin'estoient couverts que de ténèbres, d'er- 
reurs, n'eussent voulu commettre tels actes en leurs temples, 
ny seullement en quelque lieu que ce soit du public. 

« Sylla, au siège d'Athènes, nonobstant les rigueurs de la 
guerre, et la nécessité de son armée, alors raesme que l'en- 
nemi avoit ja bruslé la plupart de ses machines, ne voulu 
prendre seulement des arbres de l'Académie et du Lycé, pour 
en dresser de nouvelles, sinon après qu'il n'eut plus moyen 
d'en recouvrer d'ailleurs, tant il craignoit que cela ne don- 
nast occasion de l'accuser d'impiété. 

« Ces détestables n'eurent en considération l'impiété : 
mais sans aucune révérance ny de lieu, ny de personne, co- 
mettent les impiétez susnommées. 

« Ils dévoient considérer que les églises sont des lieux 
saincts, où Dieu commande et préside, et qu'il n'en faut faire 
comme des théâtres, ou d'autres moindres lieux, esquels 
partie de leurs forfaicts eust encor trouvé quelque espèce de 
tollérence. 

« Ce sont des lieux que ceux qui permettent qu'il s'y com- 
raeilent de telles impiétez en respondent souventes fois en 
leurs propres noms. 

« Aule-Gelleau neuvième chapitre de son troisiesme livre, 
rapporte que Quintus Scipio, consul romain, fust vaincu et 
luy et son armée perdue pour avoir permis que ses soldats 
eussent desrobél'or du temple de Thouloze, d'où est venu ce 
proverbe latin : Aunim Tholosanum habere. 

« La peste aussi ne se mit-elle pas parmy l'armée des 
Grecs, parce que les chèvres dédiées à Diane furent tuées. 

« A la vérité nous ne pouvons pas dire que Messieurs les 
Princes ayent comme ce Scipio endurez que telles impiétez 
demeurassent sans punition, car en estans adverliz ils en 
furent inliniment desplaisants, et en jeiterent des larmes en 
très-grande abondance, et en mesme temps voulurent que la 
peine de tels crimes soit attachée à leurs auteurs. 

« C'est pourquoy Monsieur le Prince commanda que ceux 
qui avoient foulé le Sainct-Sacrement eux fussent penduz, et 



1 03 

monsieur le duc de Mayenne commanda que les deux qui 
avoient tiré au crucifix à coups de mousquets subissent la 
raesme peine. Ce qui fut exécuté dans les halles d'Espongny 
le mesme jour qu'ils avoient commis ces exécrables forfaits. 
Le Tout-Puissant vueillo, par sa divine bonté et infinie misé- 
ricorde, remettre au plustot messieurs les Princes en bonne 
intelligence avec Sa Majesté, afin que n'entendions parler 
davantage de telles impiélez, et puissions tous ensemble re- 
pousser ceux qui voudront entreprendre sur sa grandeur et 
troubler le bonheur de la France. » 

(Collect. de Bastard.) 



U FONTAINE DE VÉRON 



Poésie par J. du Billat. 



(Sens 1558.) 



Véron est un gros village du canton de Sens (nord), qui 
possède une fontaine sortant d'une montagne élevée à Test du 
pays et qui est pourvue d'un large bassin circulaire toujours 
plein. Ses eaux à leur naissance alimentent un moulin. On 
attribue la construction de ce bassin à Spifame, évéque de 
Nevers et seigneur de Passy, au milieu du xvf siècle. 

La fontaine de Véron est dédiée à saint Gorgon et à saint 
Dorothée. On s'y rend en pèlerinage de très-loin et surtout le 
jour de la fête de ces saints, le 9 septembre. Ses eaux pas- 
sent pour guérir certaines maladies, elles sont en outre pé- 
trifiantes. 

Au xvi« siècle, le poète Joachim Du Bellay, surnommé 
rOvide français (1), venait quelquefois passer ses loisirs au 
château de Passy, qui est voisin de Véron et qui appartenait 
au fameux Spifame, évéque de Nevers, qui plus tard embrassa 
la Réforme. C'est là qu'il composa sur la fontaine de Véron la 
pièce mythologique que nous allons publier. 

L'auteur feint que la nymphe de la fontaine est fille de 
Vérone et de Phœbus, et qu'elle est née sur les bords de 
Bènacus, autrement dit du lac de Garde. 

Le père Benacus la vit de son antre vitreux et s'enflamma 
pour elle. Il la poursuit comme Alphée fit de la nymphe 
Aréthuse ; elle s'enfuit et arrive au pays Sénonais. Puis vient 
une poétique description de ce beau pays. Les nymphes de 
Passy, les Satyres, les Dryades chantent en chœur la gloire 
de la fontaine et portent aux nues le nom de Spifame. 

{i) Né en 1534, mort en i»60. 



408 

Du Bellay ayant composé sa pièce de vers sur la fontaine 
de Véron la donna à Jean Penon, Sénonais, qui la fit impri- 
mer et la dédia à J. Spifame. — A la suite est un second 
homoiage d'un autre Sénonais, J. Berger, à Du fieliay (1). 

VERONIS IN FONTEM SVI NOMINIS. 

A. D. lÂGOBUM SPIFAMtM EPISGOPUM NIVERNENSEM. 

Yerona génitrice olim, Phœbeque parente, 

Benaci ad ripas sedita Nympha fui. 
Nympha decus Latii, qua non formosior vlla 

Formosas visa est inter Hamadryadas. 
Yeronfs mihi nomen erat, Veronidis ardor 

Siluestres vssit, capripedesqae Beos. 
Quos tamen elusi connubia nostra petentes, 

Nec mea lasciuus pectora l%sit amor. 
Nam mihi virginei placuit laus vna pudoris, 

Solaque quam colui, casta Diana fuit. 
Multa meis iaculis prseda est deiecta, meumque 

Inscriptum spoliis robora nomen habent. 
Sed dum forte sequor céleris vestigia ceruse, 

Dumque leuis crines ventilât aura meos, 
Me pater aspexit vitreo Benacus ab antro, 

Continue flammis incaluitque nouis. 
Ergo Deus visamque cupit, sequiturque cupitam, 

Praecipiti fugio nota per arua pede. 
Non amnes, montesqve fugam, non saxa morantur, 

Tardius e neruo missa sagitta volât. 
Nec minus ille volât, magnum est certamen vtrinqve 

Me timor, ast illum feruidus vrget amor. 
Quem fugis? ah démens I sseuumic cerua leonem, 

Crudelem mitis sic fugit agna lupum. '^ 
Non ego cornigeri natus de sanguine Fauni, 

Nec sum lasciuo de grege capripedum. 
Me quodam Hesperiis genuii pater Adria campis, 

Cui genitrix Tethys, Oceanusque parens, 



(1) On a conservé ^Orthographe ancienne de Vu pour le v et de 
l'i pour le / . 



106 

Hune tibi do socerum, non est leue numen aquarum : 

Benacus coniux nec tibi lurpis eril. 
Sic ail, et rapidis praeceps volât ocyor Eurîs, 

Effugio céleri per iuga summa gradu. 
Jamque per aerios colles, caroposque patentes 

Ventum erat yndosi liltus ad Eridaoi. 
Tum mihi decurrii toto de corpore sudor, 

Spiritus et grauior tum mibi membra quatil. 
Et iain iamqve magis fessam prerait improbis hoslis, 

Jamque meas afflat proximus ore comas 
Virginis o miserere tuîe, Lalonia virgo, 

Si celui numen îlympha pudica tuura. 
Vix ea finieram, totumque liquescere corpus 

Cœpit, et ex Nympha lympha repente fui. 
Me tamen ille capit, votoque politus inani 

Stringit, at ex manibus prolinus effugio. 
In venasque abeo magnae per viscera terra : 

Lusit amatorem sic Arethusa suum. 
Non tamen effugies [dixil) liquidusque repente, 

Perseqiiitur nostram saeuus vt ante fugam. 
Scd grauior, cursumque trahens maioribus vndis 

Inuitus fonteis reppelit ipse sues. 
Nec minus inlerea (vires timor addit eunti) 

Sub terrara céleri labimur vnda pede. 
Quaque licet, patrios tuto iam tramite campos 

Linquimus, et lalii rura inimica soli. 

Linquimus Allobrogun montes, Alpesqve niuosas, 
Tangimus et fines, Gallia pulchra, tuos. 

Finibus et Senonvm fessée requieuimus, itlic, 
Illic tum longa3 meta reperta fugsB. 

Paruus erat molli deictus tramite cliuus, 
Hune subter viridi gramine floret ager. 

llIic herboso paulatim cespite campus 
In tumulum surgit, bac via aperta mihi est. 

Hinc nouus egredior salientis riuulus vnd», 
Hic caelum nobis contigit, atque solum. 

Quin mirere magis, late porrecius in orbem 
Fons scatet, afque imo vortice torquet aquas. 

Hinc furit emissus siauoso e gurgite riuus, 
Limosusque fluit, duraque saxa créât. 



107 

Trita Ceres silicis crebro decuiril ab orbe, 

Quodqve opus est amnîs, hoc quoqve fonlis opus. 
Inde per herhosum trepidanii murmure callem 

Nostra suum timide lympha recurrit iler. 
Atque iterum liquido sub terram roergitur amne, 

Nunc quoque virginei cura pudoris inesl. 
Aureus est fundus nobis, argenlea lympha, 

Purpureo circum flore renidel humus. 
Et circum io viridi crepilantis margine riui 

Inlexunt densas lenta salicla comas. 
Hic volucres liquidas mulcent concenlibus auras, 

Hic faciunt somnos murmura blanda eues. 
Hic cantant niuei per prata receniia Cycni, 

Hinc pasli referunt vbera tenta grèges. 
Pacciades Nymphae, Salyri, Driadesqve puellae 

Hic agitant laetos nocte silenle choros. 
Alternisque canunt diuini fonlis honores, 

Spifamiqve sui nomen in astra ferunt. 
Qui pecus immundun noslris procul arcet ab vndis, 

Et sacri fontis me iubel esse Deara. 

(Bibliothèque d'Auxerrc). 



RELATION 

DE 

\A CHUTE D'UNE PLUIE DE SANG 

TOMBÉE A SENS EN 1617. 



Il n*est pas rare de rencontrer dans les chroniques et les 
éphémérides du moyen-âge la relation de pluies de sang , de 
pierres, de grenouilles, etc. Ces phénomènes paraissaient mer- 
veilleux à nos pères qui ne pouvaient les expliquer naturelle- 
ment. Thomas Mont-Sainct, qui annonce dans la lettre 
ci-dessous qu'une pluie de sang est tombée à Sens, ne met 
pas en doute que ce ne soit un étrange phénomène, mais il 
n'en donne pas Texplicaiion. 

Le progrès des sciences naturelles a permis de trouver la 
clef de ces faits. Et quant aux pluies de sang, notamment, on 
sait que dans certaines circonstances des trombes emportent 
au loin des neiges de montagnes sur lesquelles végète un 
cryptogame microscopique et rouge qui en tombant colore 
Teau et peut lui donner l'apparence de sang. 

Lettre missive escrite par M. Thomas Mant-sainct, Maistre 
Chirurgien à Sens,[à\ vn sien amy de ceste ville de PariSy 
sur le subiect du faict prodigieux aduenu le iour de 
la Feste-Dieu dernière en ladicte ville de Sens, où il est 
tombé grandi quantité de pluye rouge comme sang. 

Monsievr, 

Je n'ay voulu passer soubs silence à vous qui estes cu- 
rieux, de vous donner aduis d'vne merueille assez prodi- 



109 

r;.v..ise et extraordinaire, qui est arriuee à Sens et aux 
fauxbourgs Saint-Maurice principalement le iour de la Feste 
Dieu dernière après les Vespres, cnuiron les cinq à six 
heures du soir. Il paroissoit desia auparauant vne disposition 
d'orages, qui nous menaçoit de loin au delà de nos monta- 
gnes, du costé d'Occident et Septentrion, occupant de Fair 
toutes ces deux parties auec grondements sans cesse et 
esclairs, si que la nuée n'approcha pas beaucoup de nous, 
sinon qu'il pleut si peu que ie n'en daignay quitter mon iar- 
din de la ville, dans lequel i'estoy auec mes voisins. Telle- 
ment que cest nuée fondit en gresie deuers Pont- sur-Yonne, 
Cheroy, Corlon, et autres villages qui sont à nostre Septen- 
trion. Cependant en ce peu de pluye qui cheut à Sens, il 
pleut aussi quantité d'eau rouge comme sang, qui en l'acte 
marquoit comme sang. Et quelques femmes de nostre 
fauxbourg s'en apperceurent, pource qu'elles ont des couure- 
chefs de toile blanche la plus part. Quelques autres estans 
vu peu esloignez en remarquèrent dans un pré prèsdeParon. 
Mais le matin que chacun alloit en son iardin pour cueillir 
des herbages, cela s'apperceut facilement sur la porte qui 
est blanche, et que les marques n'estoyent encor seichées : 
tellement qu'on prit garde par tout et en trouuoit-on sur les 
fueilles des vignes, ou treilles et des herbages de quelque 
espèce qu'elles fussent, et chacun croit que ce fut sang : de 
vray la vraye couleur de sang y est, mais, à la destrempe auec 
le doigt et la saliue, il se trouuera que c'est comme vermil- 
lon fort rouge. Vous en pourrez faire l'exiiérience. le voen 
enuoye (d'entre plusieurs fueilles que ie garde) vne. C'est© 
pluye rouge n'est pas tombée à flac, ains seulement par in- 
lerualles en plusieurs endroicts, veu qui i'ay deux grands 
iardins, Ivn desquels, comme i'ay dit, i'estoy pendant l'orage, 
toutefois il ne s'y en est point veu. I'ay cueilly celles que 
i'ay dans le cloistre au logis de M, Bouquot, où il s'en est 
trouué quantité^ tant sur le paué de sa court, que dans son 
iardin sur les fueilles des herbes, et en cent autres lieux. le 
vous aduise seulement que pour cognoistre le sang d'auec 
ceste matière semblable, cela est maintenant facile estant sec 
pource que le sang qui est sec ne se dissoult pas si aisément 
que font lesdictes taches et marques : qui se delauent à la 
moindre humidité et s'effacent. Or le sang desséché, bien 
qu'il rougisse, premièrement il ne garde pas sa couleur ver- 



1 1 

meille : et^ qui plus esl, il le faudroit laisser tremper longue- 
raenl. Bref c'est vne vraye couleur de vermillon ou de lacque. 
Si vos scauants veulent méditer sur ce sujet vous leur 
pouuvez communiquer la pure vérité. Et si quelqv'un y ad- 
iouste, ceste missiue et Tauilieur le démentiront auec iuste 
occasion, estant le fait selon le vray comme il s'est passé. 
Celle-cy n'estant à autre fin, ie ne vous parleray point de mes 
affaires, ioinl que les auez en assez grande recommandation. 
De vostre maison à Sens, le samedy 27 may 46i7. Par voslre 
seruiteur et meilleur ami, 

MOiNT-SAINfT. 

(Bibliothèque d'Auxcrre). 



TABLEAUX DES MERCURIALES DE L'YONNE 



de 1860 à 1864. 



(Voir VÀnnuaire année 1862.) 



L'édileur poursuit la statistique entreprise dès 18 i9 sur 
les quantités et les prix des grains, denrées et comestibles 
vendus sur les marchés du département; ce travail est divisé 
en deux parties : 

L'une consiste dans le relevé, par mois, des quantités et 
prix moyens des céréales, comestibles, fourrages et combus- 
tibles vendus en totalité sur les marchés publics du départe- 
ment pendant les années 1861, 1862, 1863 et 1864. 

L'autre se compose de onze tableaux indiquant les quan- 
tités et prix moyens, par quinzaine, des grains, comestibles 
et autres denrées vendus, pendant le cours de Tannée 1864, 
sur chacune des onze principales places du département qui 
sont : Auxerre, Avallon, Joigny, Sens, Tonnerre, Chéroy, 
Saint-Florentin, Toucy, Vermenton, Villeneuve-rArchevêque 
et Villeneuve-sur- Yonne. 

Ainsi qu'il a été fait jusqu'à présent, un résumé analytique 
mettra en relief les résultats les plus intéressants et les plus 
utiles à constater au point de vue tant des fluctuations des 
cours que de l'importance des marchés régulateurs du dé- 
parlement. 



l'éditeur. 



(Voir Its tableaux d'autre par L) 













412 












SES. 








SRAINS. 




FROMENT. 


MÉTEIL. 


SEIGLE. 1 once. 


AVOIlNE. 


>»i4 












1 1 ^ 




1 


JgJ 


MOIS. 






















^ 




Quan- 


Prix 


Quan- 


Prix 


Quan- 


Prix 


Quan- 


Prix 


Quan- 


Pria 






tités. 


moy. 


tités. 


moyen 


tités. 


moyen tités. 


moyen 


tités. 


moy« 


...... 


Janv. . 


17375 


20 64 


726 


16 52 


2672 


13 12 


4670! 11 15 


4867 


8 1 




Févr... 


14530 


21 52 


1267 


16 73 


2550 


13 37 


4584 


Il 27 


5368 


9 C 


- 


Mars. . 


12434 


22 73 


1326 


17 85 


1698 


13 03 


4638 


12 27 


7411 


9 â 




Avril. . 


H9I7 


23 52 


1404 


18 34 


1475 


13 01 


4629 


12 23 


4292 


9 a 




Mai.... 


M226 


24 13 


1458 


19 07 


1190 


13 45 


2594 


12 68 


3651 


10 S 


■ 


JuiQ... 


14093 


23 85 


1514 


19 18 


1585 


13 42 


2945 


11 68 


4607 


11 C 


00 


Juill. . 


13747 


21 36 


1395 


19 11 


899 


12 75 


2438 


Il 38 


4069 


10 7 


Août. . 


6506 


26 95 


964 


19 84 


1060 


15 96 


1215 


11 81 


2926 


9 7 




Sept... 


10374 


28 18 


1142 


21 16 


2735 


17 78 


2824 


12 26 


5630 


8 9 




Octob. 


9315 


27 35 


892 


20 79 


1643 


17 23 


3362 


12 37 


4305 


9 




Nov.. . 


8728 


26 73 


1088 


20 53 


1601 


16 12 


7306 


11 74 


6364 


8 6 




Dec. .. 
Totau. 


10187 


26 22 


1342 


20 08 


2134 


16 36 


6740 


11 38 


5818 


S 4 


140522 




U548 




21242 




47975 




59208 






Moy... 




24 68 




19 10 




14 63 




11 85 




9 6i 




Janv. . 


9710 


24 77 


1203 


19 52 


1030 


15 29 


4010 


10 77 


4303 


8 41 




Févr... 


8041 


24 » 


1420 


18 83 


1274 


14 50 


5484 


10 40 


5261 


9 » 




Mars .. 


9510 


23 32 


1599 


17 90 


1599 


13 74 


6850 


10 38 


8499 


8 V 




Avril .. 


8850 


21 81 


1259 


16 87 


973 


13 54 


5054 


9 69 


3841 


8 ÂJi 




Mai. .«. 


12426 


21 02 


1591 


16 53 


1575 


13 28 


5151 


9 45 


5571 


8 42 


• 


Juin... 


11821 


19 94 


1346 


15 30 


1034 


12 17 


5116 


8 58 


5076 


7 9î 


99 

00 


Juill... 


10266 


20 89 


1017 


16 41 


925 


12 59 


2099 


8 49 


. 4722 


8 12 


Août... 


9447 


22 31 


923 


15 80 


2031 


12 12 


2023 


8 67 


i 5441 


7 34 


•^ 


Sept... 


M 303 


21 45 


858 


15 34 


3337 


12 16 


2003 


9 ■ 


6802 


7 27 




Octob 


12876 


21 22 


655 


15 49 


1804 


12 75 


4989 


8 67 


4752 


7 51 




Nov.... 


13376 


20 50 


1015 


15 02 


2615 


11 95 


8065 


8 8u 


6243 


6 63 




ucc. • . . 


16508 


19 60 


959 


14 50 


2216 


11 73 


3824 


8 32 


6827 


6 52 




Totau. 


134134 




13845 




20413 




52668 




67313 






Moy . . . 




21 74 




16 44 


1 12 99 




9 27 




7 83 




Janv .. 


13711 


19 93 


1102 


14 62 


2311 


11 77 


5104 


7 96 


4859 


6 48 




Févr... 


13779 


19 92 


1258 


14 81 


2250 


Il 59 


4705 


8 51 


6049 


6 77 




Mars.. 


12778 


20 46 


1240 


14 60 


1730 


11 62 


4243 


8 55 


8361 


6 89 




Avril.. 


10299 


20 31 


1232 


14 28 


1685 


11 54 


3369 


8 4'' 


4534 


6 72 




Mai. .. 


9330 


19 98 


1449 


14 23 


1683 


11 42 


3026 


8 31 


4101 


5 92 


• 


Juin... 


8865 


20 94 


1609 


14 76 


1046 


11 41 


2097 


8 59 


4721 


6 83 


CO 


Juillet 


7456 


20 36 


973 


14 60 


909 


10 96 


1770 


8 34 


3350 


7 08 


00 


Août.. 


11257 


18 35 


875 


13 55 


2203 


10 27 


3200 


8 51 


468H 


6 82 


^" 


Sept... 


15359 


18 34 


791 


13 46 


3121 


10 65 


4291 


8 82 


6053 


6 75 




Octob. 


12797 


17 52 


415 


13 36 


1231 


9 74 


3755 


9 03 


3829 


8 79 




Nov... 


15793 


16 39 


635 


12 79 


2068 


9 87 


8110 


9 02 


6138 


6 67 




Dec... 
Totau. 


16572 


16 50 


735 


12 99 


2414 


10 71 


4017 


9 03 


5052 


6 59 


147875 




12320 




22651 




47691 




61737 




Moy...l 




19 10 


f3 >>' • 


10 96 




8 59 




6 78 




Janv.. 


14158 


16 66 


794 


12 66 


1957 


9 81 


3578 9 61 


3594 


6 62 




Fév.... 


13212 


16 93 


881 


12 48 


1989 


9 53 


38481 8 98 


4007 


6 76 




Mars . . 


10503 


16 65 


1258 12 531 


1230 


9 40 


3280 9 19 


7004 


6 99 




Avril.. 


11244 


17 22 


1219 


13 06 


1789 


9 75 


3261 9 95 


3079 


7 17 




Mai.... 


9907 


17 40 


1852 


13 >» 


1381 


10 25 


2326 


38 


3547 


7 75 


• 


Juin... 


10460 


18 15 


1437 


13 56 


1248 


10 45 


2094 


9 85 


5d48 


7 83 


CO 
00 


Juillet 


10701 


17 31 


1379 


18 29 


1541 


9 89 


1232 


9 79 


4262 


7 66 


Août.. 


7850 


17 14 


520 


13 35 


1315 


9 15 


2134 9 07 


2421 


7 65 




Sept,.. 


11177 


16 67! 


673 


11 37 


2389 


9 57 


2792 8 78 


3192 


6 92 




Octob. 


11727 


16 42| 


543 


15 29 


1260 


9 74 


3289 


9 11 


3851 


6 95 




Nov ... 


13506 


16 2o; 


543 


12 58 


1462 


9 43 


7130 


8 14 


4357 


6 66 




Dec... 
Totau. 


14627 
139072 


15 571 

ï 


653 1 


12 81 


1804 


9 28 


4065 


8 38 


3427 


6 43 




11253; 


• 


% 


39629 




47589 






Moy... 




16 86 


1 




•î»66 


9 69 




9 10 




7 12 

















113 


















COMESTIBLES. 




POURRAGB 


COMBUSTIBLES. || 


PAIN. I 


TIANDB8. 


BOIS. 1 


CHARBON. Il 


Blanc. 


B.-b 


Bis. 

1 


i 

PQ 


1 
> 


i 

> 


S 


1 


• 


i_ 


1 


• 

% 

CQ 


1 


1 


34 l;2 




29 1)2 


1 14 


1 07 


i 17 


1 34 


1 26 


5 87 


4 84 


12 71 


12 25 


2 99 


3 46 


^ 1t2 




29 1;2 


1 14 


1 06 


1 25 


1 32 


1 28 


5 66. 


4 49 


12 17 


11 51 


2 83 


3 10 


36 ifi 




31 1}2 


1 12 


1 07 


1 24 


1 32 


1 27 


4 60 


4 41 


11 72 


10 87 


3 » 


3 11 


38 




32 1}2 


1 12 


1 08 


1 24 


1 36 


1 28 


5 63 


4 76 


12 17 


11 50 


2 83 


2 83 


39 




31 


1 15 


1 09 


1 26 


1 36 


1 30 


6 52 


5 28 


11 66 


10 75 


2 83 


2 72 


38 4ï2 




33 1^2 


1 15 


1 08 


1 18 


1 31 


1 28 


7 43 


5 31 


12 » 


11 64 


2 67 


2 70 


38 




33 


1 1> 


1 08 


1 20 


1 36 


1 29 


8 31 


5 36 


12 50 


12 » 


2 70 


2 65 


41 




36 


1 15 


1 07 


1 20 


1 26 


1 30 


7 21 


6 17 


12 33 


12 » 


2 83 


2 65 


43 f22 




38 1;2 


1 14 


1 07 


1 20 


1 35 


1 31 


8 90 


7 65 


12 50 


11 75 


2 83 


2 65 


44 




39 


1 13 


1 06 


1 14 


1 32 


1 31 


8 38 


7 2<> 


12 59 


12 » 


2 83 


2 65 


43 




38 


1 13 


1 06 


1 19 


1 30 


1 30 


8 48 


6 71 


12 20 


11 50 


2 n 


2 72 


42 




37 


1 14 


1 05 


1 18 


1 35 


1 29 


8 33 


7 04 


12 16 


11 50 


2 76 


2 65 


39 




31 


1 13 


1 07 


1 20 


1 32 


1 29 


7 03 


5 78 


12 22 


Il 64 


2 83 


2 84 


40 




35 


1 14 


1 06 


1 19 


1 23 


1 30 


8 10 


7 25 


12 15 


11 50 


3 62 


2 '*2 


39 




35 


1 15 


1 06 


1 23 


1 25 


1 31 


7 45 


7 10 


12 50 


12 ■ 


3 37 


2 65 


73 




33 


1 14 


1 08 


1 22 


1 27 


1 28 


6 69 


7 81 


12 50 


11 50 


2 91 


2 72 


35 




31 


1 15 


1 09 


1 2-2 


1 29 


1 35 


6 45 


7 02 


12 50 


11 90 


2 83 


2 65 


35 




30 


1 15 


1 08 


1 22 


1 35 


1 35 


6 95 


6 94 


11 37 


11 » 


3 » 


2 80 


33 




28 


1 13 


1 07 


1 21 


1 35 


1 33 


7 32 


6 98 


11 75 


Il 50 


2 69 


2 72 


3i 




29 


1 13 


1 06 


1 19 


1 35 


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'125 

Les tableaux de la première partie comprennent une pé* 
riode de quatre années : 1861, 1862, 1863 et 1864. Naturel- 
lement c'est à ceux-là que nous nous arrêterons tout d'abord 
en portant nos observations successivement sur chacun des 
objets qui les composent. 



GRAINS. 

Froment. — Ce qui frappe tout d'abord c'est la décrois- 
sance constante du prix de cette céréale pendant notre pé- 
riode. Ainsi en 1861 le prix moyen était de 24 fr. 68 c. 
l'hectolitre; en 1862 il n'est que de 21 fr. 74 c; en 1863 il 
descend à 19 fr. 10 c; enfin en 1864 il n'est plus que de 
16 fr. 86 c, c'est donc un écart de 7.82 entre 1861 et 
1864. On sait que cet avilissement persistant du prix du blé 
est aujourd'hui l'objet des plaintes de l'agriculture et la pré- 
occupation la plus sérieuse des agronomes et des écono- 
mistes. On sait encore que les uns l'attribuent au système de 
liberté commerciale qui nous régit depuis cette époque et à la 
suppression de Téchelle mobile, d'autres à l'abondance de 
la récolte pendant cette série d'années et à l'importance du 
stock. Nous n'avons point ici à nous prononcer entre la pro- 
tection et le libre-échange, nous n'avons point à rechercher 
lee causes de ce phénomène, nous devons nous borner à 
constater le fait matériel qui résulte des chifi'res de notre 
statistique. 

Il est bon de noter que dans les années 1850, 1851, 
1852, 1858 et 1859 le prix moyen est descendu beaucoup 
plus bas que dans la période qui nous occupe. 

Il esta remarquer que les quantités vendues, à l'exception 
de Tannée 1863, ont varié peu sensiblement pendant cette 
période. 

En 1861 elles se sont élevées à 140,522 hectolitres; en 
1862 elles ne sont que de 134,134 ; en 1863 elles ont atteint 
147,872 hectolitres et en 1864 elles ont été de 139,071 hec- 
tolitres. C*est en 1863, on le voit que les quantités vendues 
ont été le plus importantes et cependant le prix moyen y est 
encore plus élevé qu'en 1864. 

En 1861 le prix le plus élevé a été de 27 fr. 35 c; le plus 
bas de 20.64 ; en 1862 les deux extrêmes sont de 24.79 et 

1866. 9 



426 

19.60; en 1863 de 20.46 et 16.39; enfin en 1864 de 48.15 

et 15.57. 

Méleil. — Le prix moyen de cette céréale, qui était en 
1861 de 19.10, est descendu à 16.44 en 186S; il est resté 
stationnaire en 1863 et1864 puisqu'il a été dans la première 
de ces années de 13fr. et dans la seconde de 13.02. 

Quant aux quantités livrées à la vente elles ont constam- 
ment décru. De 14,518 hectolitres en 1861, elles sont des- 
cendues à 13,845 en 1862, à 12,318 en 1863 et à 11,252 
en 1864. 

Il peut être utile de constater que dans la période décen- 
nale de 1850 à 1860, les quantités vendues furent bien plus 
considérables puisque la plus faible année (1859) est de 
15,668 hectolitres, et que la vente s'est élevée en 1858 à 
32,804. 

Nous ferons le même rapprochement pour le froment dont 
les quantités vendues en 1859 ont été de 208,923 hectolitres, 
et ont varié entre 163 mille hectolitres et 200 mille dans les 
quatre années précédentes, années durant lesquelles cepen- 
dant le prix moyen s'est maintenu à un taux plus élevé que 
dans notre période. 

Seigle. — On ne fait pas la même remarque sur les quan- 
tités vendues de cette céréale. La différence est, en effet, peu 
importante, sauf pour l'année 1864: 21,242hect. en 1861, 
20,413 en 1862, 22,651 hect. 50 en 1863 et seulement 
19,366 hect. 20 en 1864. 

Quant au prix il a été aussi en décroissant : de 1 4 fr. 63 c. 
en 1861, il n'est plus que de 12.99 en 1862, de 10.96 en 
1863 et enfin de 9.69 en 1864. 

Les prix extrêmes ont été de 17.78 et 12.75 en 1861, de 
15.29 et 11.73 en 1862, de 11. 77 £t 9.74 en 1863 et de 
10.45 et 9.15 en 1864. 

Orge. — Nous avions constaté dans la période décennale 
de 1850 à 1860, que les prix s'étaient maintenus au-dessus 
de 6 fr. l'hectolitre et avaient rarement franchi 15 fr. Dans le 
laps de temps qui nous occupe, le cours de cette céréale s'est 
également tenu au-dessus de 6 fr., mais n'a pas dépassé 
11 .85, prix moyen de 1861. 



127 

Ed 1862, il est descendu à 9.27; en 1863, à 8.59 et il 
s'est relevé, en 1864, à 9.10. 

Il est utile de ne pas oublier que la culture de ces deux 
dernières céréales, le seigle et Torge, tend chaque jour à di- 
minuer, par suite des progrès agricoles et des modifications 
apportées dans les assolements. On remarquera aussi un 
écart assez notable dans les quantités livrées à la vente qui 
ont été de 47,975 hect. en 1861, de 52,668 en 1862, de 
47,691.09 en 1863 et enfin seulement de 39,029.30 en 
1864. 

Avoine. — Les quantités vendues ont beaucoup varié dans 
cette période : 59,208 bect. en 1861, 67,343 en 1862, 
61,737.40 en 1863, et seulement 47,588.90 en 1864. 
L'année 1861 présente le cours le plus élevé 9 fr. 63 c, vient 
ensuite Tannée 1862, 7.85, puis 1864, 7.12 ; le cours le 
plus bas appartient à Tannée 1863, 6.78. 

On peut remarquer que les deux extrêmes entre lesquels 
oscillent les cours sont plus élevés que dans la période dé- 
cennale précédente oii ils étaient de 5.40 et de 9.31, tandis 
que dans notre période ils sont de 6.78 et 9.63. 



COMESTIBLES. 

Pain. — Les chiffres relatifs à cet objet offriront d'autant 
plus d'intérêt aux statisticiens, que c'est pendant la période 
qui nous occupe que la liberté de la boulangerie a été pro- 
clamée etque la taxe officielle sur le pain a été supprimée. Nous 
avons cru devoir signaler cette circonstance qui, aux yeux des 
économistes, aura peut-être exercé quelque influence sur les 
cours de cet objet de première nécessité. 

On peut remarquer sans étonnement que le prix du pain a 
suivi la même progression décroissante que celui du fro- 
ment. 

Ainsi, en 1861, pain blanc 39 c. lekil. 

— 1862 — 35 — bis blanc 32 c. bis 30 

— 1863 — 32 — — 23 — 26 

— 1864 _ 29 — ~ 26 — 23 



428 

Si nous rapprochons de ces prix la taxe de 1854 à 1859 
nous remarquerons, à Texception des deux dernières années 
1858 et 1859, une notable différence, puisque la taxe a été 
pendant cette période, pour le pain blanc et le pain bis, de 
43 et 39, 45 et 40, 46 et 41 , 37 et 32, 26 et SI , 25 et 21 . 

Viande. — Il nous faut constater la persistance de l'aug- 
mentation du prix de la viande que nous avions déjà signalée 
dans nos résumés de 1862. 

INous rapporterons ici les deux points extrêmes de la pé- 
riode précédente, 1850 et 1860, et on pourra ainsi plus faci- 
lement constater la marche constamment ascendante du prix 
de la viande jusqu'à la fin de la période qui nous occupe : 





Bœuf. 


Vache. 


Vean. 


Mouton. 


Porc. 


1850 


90 


85 


92 


90 


99 


4860 


4.09 


1.05 


1.18 


1.32 


1.25 


1861 


4.13 


1.07 


4.20 


4.32 


1.29 


4862 


4.14 


1.07 


4.24 


1.31 


1.35 


1863 


1.44 


1.08 


4.24 


1.34 


1.35 


1864 


1.47 


1.10 


4.26 


1.35 


1.29 



Il ressort de ce tableau une augmentation, de 1850 à 1864, 
sur le bœuf de 27 c. parkil.; sur la vache de 25 c.; sur le veau 
de 33 c; sur le mouton de 45 c; sur le porc de 30 c. 



FOURRAGES. 

Foin. — Le prix moyen des foins a peu varié dans le cours 
des quatre années qui nous occupent; il est de 7 fr. 03 c. le 
quintal métrique en 1 861 , de 7 fr. 63 c. en 1 862, de 7 . 25 en 
1863 et de 7.71 en 1864. L'augmentation est peu impor- 
tante en somme, puisqu'entre le prix le plus bas et le prix le 
plus élevé on ne constate qu'un écart de 68 c. par quintal 
métrique. Néanmoins, si nous en exceptons les années 1857^ 
1858 et 1859 dont la grande sécheresse a amené la cherté de 
ce fourrage, nos moyennes sont sensiblement au-dessus de 
celles des années de la période décennale antérieure. 

Paille. — L'écart est plus grand sur ce fourrage : de 
5 fr. 78 c, prix moyen de 1861 , la paille a fait 6.27 en 1862 



129 

pour redescendre à 4.48 en 1863 et à 4.02 en 1864. Ici en- 
core il y a augmentation sur la période de 1850 à 1860, puis- 
que dans ce laps de temps le prix n'a pas dépassé 5.04 et 
est descendu à 3.09. 



COMBUSTIBLES. 

Bois. — Nous avons à faire, en ce qui concerne les bois, 
une remarque contraire à celle que nous avons faite sur la 
période de 1850 à 1860, c'est-à-dire que, s'il y a eu peu de 
variations, elles ont eu lieu dans le sens de la baisse, tant 
surle chêne que sur les bois blancs. 

Ainsi 1861 nous donne les moyennes suivantes : 

Bois de chêne. Le stère de bois blanc. 



1861 


12.22 


- 11.64 


1862 


12.12 


11.56 


1863 


11.53 


10.86 


1864 


11.29 


10 » 



En ce qui concerne les charbons nous répéterons ce que 
nous avons dit en 1862 : les fluctuations en sont insigni- 
fiantes et il ne s'attache que peu d'intérêt aux rapprochements 
qu'on pourrait faire sur ce chapitre. 



2^ Partie. 



Pour cette seconde partie de notre statistique, nous nous 
bornerons à rapprocher les quantités vendues et prix moyens 
des grains en 1860, sur chacun des onze marchés princi- 
paux du département, avec les chiffres s'appliquant aux mêmes 
objets en 1864. Ce résumé synoptique nous semble le meil- 
leur moyen de faciliter les observations et les déductions sur 
cette division de notre travail : 



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7309 


1644 
2926 



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LES STATUTS 



DE U CONFRÉRIE DES PÂTISSIERS DE SENS 



EN 4»i7. 



Au moyen-âge, les corporations de métiers avaient, outre 
leur but positif et temporel, un but religieux. L*association 
n'aurait pas été complète si elle n'eut été été animée par les 
sentiments et les pratiques religieuses. Bien plus elle prenait 
alors un aspect particulier et étendait sa protection et son 
action sur ses membres, même après leur mort. Les prières 
pour les confrères trépassés sont en eflfetun des points princi- 
paux des statuts. L'élément religieux a dû être une des 
grandes causes de la conservation des anciennes confréries, 
et, tant qu'il a été vivace, elles y ont puisé une force considé- 
rable. 

On connaît beaucoup de statuts des métiers industriels ; il 
y en a moins des professions de bouche. Nous devons à 
Tobligeance de M. Quantin la communication d'un document 
de ce genre contenant les statuts de la confrérie des pâtis- 
siers de Sens, en 4517; ils sont inédits, et nous croyons 
qu'ils méritent d'être publiés. Le manuscrit en parchemin 
qui renferme ces statuts est suivi d'une liste des adhérents à 
la confrérie au moment de sa fondation, au nombre de quinze. 
Sur une autre page sont des mentions d'élections de procu- 
reurs de la confrérie, et au-dessous les marques des confrères 
empêchés dans l'art d'écrire, et figurant des pelles à enfour- 
ner, des brioches, des tranche-lard, etc. On y voit ensuite 
les engagements successifs des nouveaux confrères pendant 
le cours des xviie et xviii* siècles, jusqu'en 1750. Ainsi, ce 
registre a servi plus de deux cents ans à une honnête corpo- 



132 

ration de citoyens, et la charte qu'il contient n'a pas été mo-- 
difiée. Les événements généraux ont passé sur l'association 
sans Taffecter, et il est probable que si ce registre n'avait pas 
été à sa fin, il nous aurait conduit à 1789. — Nous reprodui- 
sons par la chromo-lithographie TeflSgie de saint Honoré, 
patron de la confrérie, qui est peint au commencement du 
manuscrit. [Note de r Editeur). 

Statuts de la confrérie des Pâtissiers de Sens en 151*7. 

L'an mil cinq cens et dix-sept, le xviii* jour de may, par- 
devant moy, Loys Fusée, notaire de la court de Sens, furent 
présens en leurs personnes honnorables hommes Estienne 
Solene, Didier Diry, Estienne Mignon, Claude Vincent, Jehan 
Pandart, dit David, Guillaume Gemelles, Estienne Blenon, 
Alexis Germain, Estienne Mathieu Jehan Dutour, marchands 
pâtissiers, demourans à Sens, lesquels en l'honneur de Dieu, 
de la glorieuse Vierge Marie et de monsieur sainct Honnoré, 
ont faict, ordonné et institué, font, ordonnent et instituent 
une confrairie dudict sainct en l'église des Frères-Prescheurs 
de Sens, par chascun an, le sixième jour de may, en la ma- 
nière qui s'en suit : 

Et premièrement seront tenus et ont promis les dits con- 
frères avoir ung baston oii sera l'image de monseigneur 
sainct Honnoré qui sera porté par chascun le jour de et 
veille de la feste dudit sainct, par celui qui aura le baston, 
qui sera tenu mettre deux petites poinctes de cire audit bas> 
ton. Lequel seront tenuz accompagner les dits confrères avec 
deux pointes sur l'autel ou sera l'image, et une torche pour 
conduire le baston. 

Item sera dict, chanté et célébré en l'église desdits Frères- 
Prescheurs une grande messe à notte le jour de la feste, avec 
vespres qui se chanteront cedit jour et veille, auquel service 
seront tenus estre et assister chacun confrère, à peine de 
cinq deniers tournois s'il n'y a excusacion légitime. 

Item ont ordonné les dictz confrères, et dict chanté et célé- 
bré en l'église des dits Frères-Prêcheurs par chacun mois, le 
premier vendredy du raoys, une messe basse à laquelle sera et 
bruslera le luminaire. 

Item ont aussi ordonné estre dict et célébré une messe des 
trespassez le lendemain de la féste dudict sainct, à laquelle 



1S3 

sera tenu le bastonnier offrir pain et vin ainsi que Ton a cou- 
tume faire aux aultres confrairies. 

Item veullent et ordonnent iceulx confrères, pour entrete- 
nir le luminaire des dicts services, avoir et estre faict par 
chacun quatre cierges pesant chacun quatre livres de cyre, 
trois pointes pesant ensemble livre et demie, avec deux tor- 
ches pesant chacune deux livres. 

Item et si aucun veut estre ou soy mettre en ladicte con- 
frairie, pour son entrée sera tenu payer et bailler comtent au 
procureur d'icelle confrairie qui sera eslu par les dicts con- 
frères, pour Une fois, la somme de quarante solz tournois qui 
seront employez pour Tentretenement de la dicte confrairie. 

Item sera aussi tenu ledit confrère payer et bailler audit 
procureur, pour ladicte entrée, la somme de cent solz tour- 
nois qui seront employez au proufflt des dicts confrères. 

Item et quant aucun filz de maistre pasticier de la ville de 
Sens vouidra entrer en la dite confrairie, sera tenu payer la 
somme de vingt solz tournois pour et au prouffit d'icelle con- 
frairie. 

Item sera aussi tenu payer ledict fils de maistre aux com- 
pagnons confrères la somme de cinq sols tournois, avec deux 
pastez vallant les deux cinq solz tournois, qui se mangeront 
le lendemain de la feste avec les confrères. 

Item sera tenu le procureur des dictz confrères payer et 
bailler par chacun aux religieux et couvent des Frères-Pres- 
cheurs , des deniers de la dicte confrairie , pour les services 
dont cy-dessus est faict mention, la somme de vingt-cinq 
solz tournois. 

Item sera aussi tenu ledit procureur bailler aux dictz reli- 
gieux des deniers d'icelle confrairie, la somme de cinq solz 
tournois pour la pitence des dictz religieux, avec trois pains 
blans de chappitre et six pintes de vin. 

Item quant aucun des dictz confrères yra de vye à trespas, 
ledit procureur sera tenu porter ou faire porter et rapporter le 
luminaire de ladicte confrairie qui bruslera le long du service 
du deffunt et au convoy du corps d'icellui deffunt. Et pour 
lequel luminaire sera le deffunt tenu laisser pour une fois à 
la dicte confrairie la somme de cinq solz tournois pour les 
confraires de lad. confrairie, ensemble une livre de cire pour 
Fentretenement du luminaire. 
Item et quant aucun des enfants des-diclz confrères yra de 



43i 

vye à (trespas), luy sera pareillement porté le luminaire, pour 
lequel sera tenu par le père du deffunct, pour une fois, demye 
livre de cyre. 

Item et quant aussi aucun serviteur d'un des maistres yra 
de vye à trespas, sera porté à son enterrage ledit luminaire, 
pour lequel sera tenu payer son maistre demye livre de cyre. 

Item et seront tenuz chacun des dictz. confrères faire dire 
et célébrer une messe des trespassez pour le remedde de 
1-âme du confrère ou seur qui sera décédé. Et avec seront 
tenuz chacun des dictz confrères faire apparoir deuement au 
procureur d'icelle confrairie coment il aura fait chanter et 
dire ladicte messe. 

Item et se aucun des dictz confrères estoit vefve et se rama- 
rioit à une femme qu'il ne fust ou n'eust esté de ladicte con- 
frairie, son dit mai7 sera tenu payer pour rentrée de ladicte 
femme sept solz six deniers tournois. 

Item seront tenus et obligez iceulx confrères, ou leur pro- 
cureur, quant (Pun) d*eulx yra de vye à trespas, faire dire, 
chanter et célébrer en Téglise des dictz Frères-Prescheurs 
une haulte messe de Requiem, avec vigilles, le premier jour 
de vendredy du moys après le décès dudit confrère. 

Item et auquel service seront tenuz assister les ditz confrè- 
res, à peine de cinq deniers tournois. 

Item aussy seront tenuz d'estre et assister à chacune messe 
du moys, et ce à peine de deux deniers tournois. 

Item et si la femme d'un des dictz confrères estoit vesve, 
et se remarioit à ung quil ne fust confrère en ce cas sondit 
mary, pour son entrée, sera tenu payer quarente solz tour- 
nois au procureur de la dicte confrairie. 

Item pour les confrères la somme de cinq solz tournois. 

Item et pour entretenir icelle confrairie faire et accomplir 
les choses dessus dictes, iceulx confrères ont ordonné avoir 
une boiste fermant à deux clefz qui sera mise es mains de leur 
procureur, et de laquelle auront les clefz deux confrères 
esleuz et commis pour ce faire. 

Item et sera tenu ledit procureur porter par chacune sep- 
maine la dicte boiste et hoslelz et maisons des dictz confrè- 
res, en laquelle seront tenuz chacun d'eulx de mettre en la 
dicte boiste deux deniers tournois. 

Item es liront lesdiciz confrères, par chacun an, le lende- 
main de ladicte feste, ung procureur. 



135 

Item et lequel procureur sera tenu faire faire le luminaire, 
ainsy que cy dessus est dit, le porter es maisons des deffunctz, 
annoncer les messes et services aux confrères. 

Item sera aussi tenu ledit procureur faire ou faire faire 
ung livre ou papier des receptes et mises des deniers d'icelle 
confrairie, et d'iceulx rendre bon cotnpte et reliqua par cha- 
cun an, avec ces présentes ordonnances qui seront mises es 
mains du procureur. 

Item aura ledit procureur pour ses peines sallaires et vac- 
cations, par chacun an, la somme de cinq solz tournois des 
deniers de ladicte confrairie. ' ' 

Item sera tenu chacun confrère qui décédera, laisser audit 
procureur, pour une fois, et pour la peine de porter le lumi- 
naire, semondre les confrères et faire ce quil apartient, la 
somme de deux solz six deniers tournois. 

Item seront tenuz lesdictz confrères prandre le baslon, 
et le faire par tour selon leurs noms cy-après escriptz et 
nommez. 

Item sera tenu le Bastonnier faire le gouster bien et hon- 
nestement, administrer pain, vin, tartres, gasteaulx et aul- 
tres choses, ainsy qu'on a acoustumé faire. 

Item sera aussi tenu ledit bastonnier, apareiller la viende 
qui luy sera envoyée par les confrères, fournir et amministrer 
boys, sel, linge, verjus et aultres ustencilles, et aussy bailler 
aux dictz confrères deux tartrelettes, avec ung gasteau de deux 
pintes (?). 

Item seront tenuz ceulx qui vouldront entrer en ladite con- 
frairie eulx obliger de faire, entretenir et accomplir de point 
en point les choses dessus dictes, et eulx faire inscrire en ce 
présent papier. 

Toutes lesquelles choses les dessus nommés ont promis et 
promettent tenir, entretenir, fournir et faire valoir sans venir au 
contraire en aucune manière, sur peine de rendre tous coutz, 
despens, interestz et domages qui en deffault de ce pourroient 
ensuir, si comme, etc., et dont, etc., obligeant, etc., renun- 
çant, etc. 

Présens Aulbîn Villers et Pierre Diry, demourans à Sens, 
fait audit Sens ledit 4 8" jour de may oudit an 1 51 7. 

Signé Fusée. 



136 

S'ensuivent les noms des confrères tenus à faire le baston 
de monseigneur saint Honnoré, par ordre. 

Et premièrement : 



Didier Diry. 
Claude Vincent. 
Loys Chamillard. 
Jehan Diry. 
Estienne Mignon. 
Estiènne Mathieu. 
Jehan Poindart dit David. 
Âlexfs Germain. 



Guillaume Gentelles. 
Estienne Blenon. 
Philippe Robert. 
Jehan Du Thour. 
Estienne Solène. 
Didier Froyes. 
Bâstian Legoux. 

(Bibliothèque de M. Quantin). 



I - 



LA NEF ROMANE 

DE l'Église sainte-marie-madeleîné 

A vézelay. 



La Madeleine de Vézelay est un monument d'une trop haute 
importance ponr qu'il suffise de l'examiner en elle-même ou 
isolément. Il faut encore rechercher quelle place elle occupe 
parmi les chefs-d'œuvre de l'architecture religieuse au moyen- 
âge : ou en d'autres termes, il faut chercher de quelles ori- 
gines elle procède, à quelle école elle appartient, par quels 
caractères elle se distingue des églises analogues, quels pro- 
grès spéciaux elle révèle, quelle influence, à son tour^ elle a 
exercée sur les constructions plus récentes. On ne juge bien 
que par comparaison. Pour apprécier exactement la valeur 
d'un édifice, le plus sûr moyen est de le rapprocher par la 
pensée de ceux qui l'ont précédé, comme de ceux qui l'ont 
suivi. Et inversement ce système d'appréciation compara- 
tive élargit le cadre d'uue étude archéologique, féconde en 
quelque sorte des observations qui, si elles étaient restreintes 
à un seul objet, risqueraient d'être stériles, et permet de 
puiser dans une simple monographie des matériaux utiles 
pour l'histoire générale de l'art. 

Quelques mots d'abord sur la grande période à laquelle se 
rattache la construction de la Madeleine, et qu'à tort ou à 
raison les archéologues sont convenus de désigner sous le 
nom de période romane (2). 

(1) Ce fragment est extrait d'une Monographie complète de Téglise 
Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, dont l'auteur à déjà lu plusieurs 
chapitres à la Société des sciences historiques et naturelles de PYonne, 
mais qui n'a pas encore été publiée. 

(2) Je comprends les critiques que cette désignation peut soûle- 



138 

Personne n'ignore que Tan mil, après avoir été. le pré- 
texte de terreurs chimériques, devint ensuite dans l'Europe 
occidentale le signal d'une véritable renaissance. Un témoin 
oculaire, un de nos compatriotes, a constaté Tardeur fié- 
vreuse qui s'empara des esprits à cette époque mémorable, 
et qui, se combinant avec les inspirations de la foi, couvrit 
notre sol d'une foule innombrable de monuments religieux. 
« Vers l'an 1003, dit le moine Raoul Glaber, (1] il arriva que 
« dans presque tout Tonivers, et surtout en Italie et dans les 
« Gaules, on se mit à reconstruire les basiliques chrétiennes, 
« bien que la plupart fussent en bon état et n'eussent pas 
« besoin de réparations. Les populations rivalisaient en- 
« tr'elles à qui aurait les plus somptueuses. On eut dit que le 
« monde, secouant la poussière de son antiquité, voulait se 
« couvrir de monuments nouveaux, comme d'une robe écla- 
« tante de blancheur. Les fidèles ne se contentèrent pas de 
« réédifier les cathédrales; ils étendirent les reconstructions 
« jusqu'aux églises des monastères et même aux humbles 
« oratoires des villages. » Malheureusement, le goût et le 
savoir n'étaient pas en proportion du zèle et de l'activité. On 
sortait d'une crise exceptionnelle, où la civilisation avait 
failli périr tout entière. Comment renouer la chaiàe des tra- 
ditions artistiques? Comment retrouver les anciens procédés? 
Comment les appliquer aux besoins nouveaux et les rajeunir 
en les appliquant? Malgré les difficultés d'une tâche aussi 
louixle, les constructeurs du xi^ siècle ne se découragèrent 
pas, et la grande nef de Vézelay montre que leurs efforts 
furent bientôt couronnés de succès. 

Ils commencèrent, comme on commence toujours, dans les 
sciences et dans les arts, en étudiant ce qui avait été fait 
avant eux, et en cherchant dans le passé les germes de l'a- 
venir. Sansàortir des limites de Tancienne Gaule, ils avaient 
sous les yeux des monuments qui pouvaient leur fournir 
quelques leçons utiles. Les vallées du Rhône et de la Sâone, 
Autun, Langres et beaucoup d'autres villes avaient conservé 
de nombreux débris de l'art gallo-romain. D'un autre côté, 



'. Mais elle présente l'avantage incontestable d'être courte, gêné- 
îment acceptée, et parfaitement comprise de ceux-là môme qui 



ver 

ralement 
la critiquent. 
(4) Chron., liv. III, ch. IV. 









i V 



439 

les princes de la dynastie Carlovingienne avaient im|>orté 
dans les provinces rhénanes, avec le secours d'artistes, d'ou- 
vriers, parfois même de matériaux étrangers, un genre d'ar- 
chitecture plus ou moins dérivé de rarchitecture bysantiae. 
Et, plus tard, vers la fin du x® siècle, par suite de circons- 
tances encore mal expliquées (1), Perrigueux avait vu s'élever 
l'église abbatiale de Saint-Front, construite sur les mêmes 
données que Saint-Marc de Venise. Mais au moment ou com- 
mença la renaissauce de l'an mil, Saint-Front n'était pas en- 
core achevé ; les provinces qui composent la France actuelle 
n'avaient plus guère de relations avec celles où jadis Charle- 
magne avait établi le siège de son vaste empire; construits 
dans d'autres temps, appropriés à d'autres besoins, les monu- 
ments gallo-romains ne pouvaient servir de types aux cons- 
tructions nouvelles que pour l'exécution de certains détails 
et notamment des détails d'ornementation. Quant aux 
églises bâties durant la période anté-romaue (2) Timmense ma- 
jorité portait l'empreinte si profonde de la décadence, au sein 
de laquelle elles avaient surgi, qu'elles étaient peu propres 
à guider les novateurs dans leur courageuse entreprise. 
Tout au plus, en jetant sur elles un coup d'œil d'ensemble, 
ils y auraient démêlé cette pensée que l'art nouveau devait 
naître d'une combinaison entre l'élément latin et l'élément 
oriental; pensée jusqu'alors vague, et surtout pauvrement 
appliquée, mais du moins entrevue, et qui avait reçu chez 



(1)11 me semble, en effet, que si les remarquables travaux de M. de 
Verneilh constatent d'une manière irréfragable la parenté de Saint- 
Front de Perigueux avec Saint-Marc de Venise, ils laissent encore 
bien douteuse la question de savoir pourquoi et comment cette parenté 
singulière existe. Quelque probables que soienî les hypothèses du 
savant archéologue, ce ne sont après tout que des hypothèses et non 
pas des certitudes scientifiques. 

(2) On nous excusera d'employer, brevUatis causât cette expres- 
sion, pour désigner la période qui suit l'ère gallo-romaine et précède 
la renaissance de l'an mil. 

(3) Il y avait pourtant dans les églises antérieures à l'an mille une 
chose que je regrette dans les édifices de la période romane: c'est 
l'emploi de la mosaïque de verre pour couvrir la nudité des parois ou 
des voûtes, emploi dont Saint-Marc de Venise fournit l'exemple le 
plus remarquable. Des documents authentiques prouvent que la mo- 
saïque de verre était très répandue dans nos pays avant le xi* siècle. 
Pourquoi disparaît elle complètement après cette époque ? 



140 

nous un commencement d'exécution. Pour donner au mouve- 
ment général une impulsion décisive, il fallait des exemples plus 
saillants, des inspirations plus sûres, un enseignement plus 
complet : et, puisque la France ne les trouvait pas en elle, elle 
fut obligée de les emprunter à d'autres, sauf à montrer plus 
tard qu'elle savait à son tour créer et enseigner (1). 

Les architectes qui bâtissaient alors nos églises, et les 
sculpteurs qui les décoraient, appartenaient presque tous au 
clergé. C'est assez dire qu'ils avaient avec l'Italie des relations 
incessantes. L'histoire ecclésiastique du xi« siècle nous mon 
tre à chaque instant les évéques et les abbés franchissant 
les monts, soit pour solliciter l'intervention du Souverain- 
Pontife, soit pour répondre à son appel, soit pour assister à 
la réunion si fréquente des conciles. Ils voyageaient escortés 
d^une suite considérable. Ils emmenaient avec eux des prêtres 
et des moines, déjà formés à la pratique des arts et qui pro- 
fitaient du voyage pour se perfectionner. Souvent ils rame- 
naient d'Italie des artistes plus savants que les nôtres ou des 
ouvriers plus habiles. Quant aux abbés, ils n'avaient même 
pas besoin de quitter leurs monastères pour recueillir le bé- 
néfice de l'influence italienne. Les ordres religieux, auxquels 
ils appartenaient, couvraient l'Europe occidentale du réseau 
de leurs établissements, et maintenaient un perpétuel échange 
d'idées, de notions, de goûts, entre les provinces les plus 
éloignées l'une de l'autre, des bords de l'Adriatique à ceux de 
Fpcéan. 

' Ce n'est pas, il est vrai, qu'au point de vue de la civilisa- 
tion générale, l'Italie fut alors beaucoup plus favorisée que la 
France. Elle avait eu sa part d'invasions, d'anarchie et de ter- 
reurs insensées. Mais elle avait l'avantage de posséder à peu 
près intacts les monuments les plus considérables, les spé- 
cimens le& plus purs de l'art romain. Dès les premiers temps 
de l'ère c|irelienne, avant les invasions barbares, elle avait 
converti 6n églises les anciennes basiliques. Pks tard, elle 
avait édifié, avec des fragments aatjques, des basiliques 



(4) Voir, sut les influences étrangères qui ont présidé à la renais- 
sance de l'an mil, les articles si remarquables de M. Vitet, dans le 
Journal des Sat^ènts (janvier, février et mars 1855); articles consa- 
crés à rexamen du livre de M. de Verneilti sur V architecture bymn- 
Une en France. 



141 

nouvelles, dont le plan remanié, perfectionné, se prétait à 
tous les besoins du culte catholique. Enfin, quand les jours 
de calamités se furent levés pour elle, et que les arts, chassés 
par le malheur des temps, se furent réfugiés à Constantinople 
auprès des empereurs, elle eut encore la consolation de les 
voir, à plusieurs reprises, revenir à elle et doter ses grandes 
villes d'édifices remarquables. « Trois fois, dit M. Charles 
« Blanc (1), Tartde Bysance fait invasion sur le sol romain, 
« et y apporte ses conceptions brillantes, son architecture 
« rajeunie. Au vi" siècle, il arrive à la suite de Belizaire, et 
« c'est le génie grec qui bâtit Saint-Vital de Ravenne. Au 
« viii* siècle, il se répand sur Tltalie comme un fleuve qui 
« roule des paillettes d*or; mais cette alluvion ne féconde que 
K la sculpture et rornementation. Auxe siècle Tarchitec- 
« ture bysantine élève Saint-Marc de Venise, pénètre en 
« France/ bâtit Saint-Front de Perrigueux et bientôt toutes 
« ces églises à coupoles de TAngoumois et de la Saintonge. 
« qui ont été si bien décrites et mises en lumière par 
« M. de Verneilh. » 

Ainsi les architectes delà période romane trouvaient réunis 
sur le même sol les deux éléments principaux qu'ils allaient 
combiner pour créer un style nouveau, l'élément oriental 
à côté de l'élément latin (2). Us les trouvaient l'un et l'autre 
manifestés à leurs regards par des édifices, qui devaient ex- 
citer leur admiration, car ils font encore la nôtre ; et c'est là, 
en face d'un passé riche de productions diverses, qu'ils oui 
su découvrir les germes d'un avenir également fécond. 

Faut-il ajouter que certaines populations de la Gaule, no- 
tamment celles qui habitent les bords de la Méditerranée, en- 
tretenaient avee l'Orient des relations fréquentes? Doit-on en 
conclure, avec des archéologues éminents (3), que ces popu- 
lations ont étudié l'art de Byzance directement, à sa source, 
et sans se préoccuper des monuments pseudo-bysantins 



(4) Voir Gazelle des Beaux-Arls., t. XV, p. 226. Extrait d'un arti- 
cle ou d'une série d'articles intitulés : Grammaire des arls du 
dessin. 

(2) H Ce mélange de nouveautés et de rajeunissements, n a dit avec 
raison M. Vitet, « la France en faisait à peine l'essai lorsque l'Italie 
u en possédait déjà de brillants modèles. » 

(3) Viollet-Leduc, Dicl. d'ArchU.; v» architecture, 1. 1, p. 135. 

1866. 10 



142 

dllalie pas plus que de ceux des bords du Hhin. Il est c^ 
tain qu*au xi* siècle un raouvcment général et presqu'incro- 
yable, mouvement précurseur des croisades, entraîna vers 
rOrient non-seulement les Provençaux, mais leshabilants 
des provinces les plus reculées de la Gaule. « Dans le 
« même temps, dit Raoul Glaber (1), ( c'est-à-dire Tan 1000 
« après la passion du Christ), une foule innombrable venant 
« des extrémités du monde voulut voir le Saiut-Sépulere du 
« Sauveur à Jérusalem. Jamais on aurait cru qu'il pût attirer 
« une affluence si prodigieuse. D*abord la basse classe du 
« peuple, puis la classe moyenne, puis les rois les plus puis- 
« sants, les comtes, les marquis, les prélats : enfin ce qui ne 
« s'était jamais vu, beaucoup de femmes nobles ou pauvres 
« entreprirent ce pèlerinage. Il y en eut même plusieurs qui 
« témoignèrent le plus ardent désir d'y mourir plutôt que 
« de rentrer dans leur pays. Ceux-là ne faisaient pas le 
« voyage de Jérusalem par vanité comme tai^ d'autres qui 
« ne l'entreprenaient qu^ pour s'en faire honneur à leur retour. 
« Quelques personnes conçurent môme des alarmes à ce 
« concours prodigieux des peuples au Saint-Sépulcre de 
« Jérusalem, et toutes les fois qu'on leur demandait leur 
« avis sur cet empressement jusqu'alors inoui, elles répon- 
« daient sagement que c'était le signe avant-coureur de l'in- 
« famé Antéchrist.... Au reste nous ne prétendons pas nier 
« pour cela que les fidèles ne doivent recevoir du souverain 
«juge le prix et la récompense de ce pieux pèlerinage...» 
Raoul Glaber rapporte ensuite que le comte Foulques d'An- 
jou, qui mourut à Metz en 1040, avait fait trois fois le voyage 
de Jérusalem. 

On voit que, bien avant les croisades, la France tout entière 
avait avecl Orientdesrelationsbeaucoupplusfréquentes qu'on 
ne serait tenté de le supposer parmi nous, qui considérons la 
passion des voyages comme une nouveauté sans exemple. 
Assurément ces pérégrinations lointaines, ce mouvement 
général de la population contribua à développer dans les es- 
prits un goût prononcé pour certains détails de l'architecture 
bysanline, goût qui se traduit et se manifeste dans tous nos 
édifices de la période romane. On doit supposer aussi que 

(4) Chron., liv. IV, chap. VI, 
(2) Eodem, Uv. IV, chap. IV. 



i '» 

lia 

parmi tant depèlerîns, entraînés sur le sol de la Terre-Sainte, 
il se rencontra des architectes, des sculpteurs, qui eurent 
Toccasion d'étudier les monuments gréco-syriaques, cons- 
truits dans les environs d'Anlioche au v» siècle, et sur les- 
quels M. le comte M. de Vogué vient d'attirer l'attention des 
érudits. Pour s'en convaincre, il sufiSt d'examiner avec soin 
nos églises romanes et de comparer leurs ornements, leurs 
profils, avec les parties correspondantes des églises orientales. 

A nos yeux, plusieurs points capitaux semblent désormais 
acquis à la science. Le premier, c'estque la renaissance artisti- 
que de Tan mil, envisagée dans les limites de l'ancienne Gaule, 
porte à son début la marque évidente d'influences étrangères. 
Le second, c'est que ces influences sont de natures diverses : 
on y reconnaît à première vue le vieil élément romain ou 
latin et l'élément nôiiveau, l'élément régénérateur, comme 
dit M. Vitet, c'est-à-dire l'élément bysantin, oriental. Le troi- 
sième, c'est que l'influence bysantine est arrivée jusqu'à 
nous par une double voie, la voie directe de Bysance et de la 
Syrie; la voie indirecte, celle de l'Italie, Ravenne ou Venise. 
Il ne resterait guère à résoudre qu'une question secondaire, 
et dont la solution peut varier suivant les lieux étudiés ; à 
savoir si, dans ce double courant, l'Orient nous a fourni plus 
que l'Italie, en d'autres termes si notre art roman se ratta- 
che plus à l'art italien ou italo-bysantin qu'il ne se ratta- 
che à l'art bysantin pur ou gréco-syriaque. 

Quoiqu'il en soit, et pour nous rapprocher de l'objet spé- 
cial qui nous occupe, essayons de constater d'une manière 
précise d'oii procèdent les monuments édifiés, pendant Tère 
romane, dans la ?ône de pays, au milieu de laquelle s'élève 
la Madeleine de Vézelay. 

En 1001, Guillaume, abbé de Saint-Beuigne de Dijon, pro- 
jeta de reconstruire l'église de son monastère. C'était un des 
hommes les plus actifs et les plus distingués de l'époque. 
Instruit, comme l'étaient alors ceux que leur naissance ou 
leur mérite prédestinaient aux grandes fonctions ecclésias- 
tiques, il avait en architecture des connaissances assez éten- 
dues pour diriger lui-même les travaux qu'il avait entrepris. 
Son abbaye comptait parmi les plus riches et les plus puis- 
santes, au temp^ où la puissance et les richesses de l'Eglise 
semblaient se concentrer dans les mains désordres religieux» 
Il disposait d'immenses ressources. Quatorze ans lui suffi- 



rent pour exécuter ses projets, et pour achever une basilique 
que les contemporaiDs proclamèrent la plus belle de toutes 
les basiliques gauloises, omnibus gallieB basilicis mirabilio^ 
rem (1). Kaguère il était diflBcile de contrôler cette apprécia- 
tion enthousiaste, ou même de savoir au juste en quoi consis- 
tait Téglise de l'abbé Guillaume, et quels étaient ses princi- 
paux caractères. Car elle ne tarda pas à subir des modifica- 
tions profondes, et dès la fin du xni« siècle elle fut pres- 
qu'entièrement rebâtie. Il ne resta des constructions primiti- 
ves que la crypte, ou plutôt un fragment de la crypte, la- 
quelle était la plus vaste de celles que Ton connût en France, 
et, par une disposition exceptionnelle, s'étendait bien au-delà 
de l'extrémité orientale du chœur. Le fragment conservé 
comprenait notamment une partie circulaire non voûtée, 
qui laissait voir, au-dessus de l'étage inférieur et souterrain, 
deux étages de galeries éclairées, s'élevant derrière le chevet 
de l'église et se terminant par une coupole. C'est là ce qu'on 
appelait la rotonde, et, suivant les contemporains, la rotonde 
était le morceau le plus remarquable de l'édifice. Elle 
était encore debout vers la fin du siècle dernier, lorsque la 
commune de Dijon, que la Révolution française en avait 
rendu propriétaire, imagina d'en vendre les matériaux à des 
entrepreneurs de démolition. Ceux-ci rasèrent tout ce qui dé- 
passait le niveau du sol, et se bornèrent à remblayer la par- 
lie souterraine, en sorte que la crypte échappa à la destruc- 
tion dont elle était menacée. Des fouilles intelligentes vien- 
nent de la rendre à la lumière : exhumation tardive qui a 
produit parmi les archéologues un mouvement bien naturel 
de curiosité. Ils ont recueilli tous les documents relatifs à la 
vieille basilique; ils en ont rapproché les descriptions four- 
nies par les chroniqueurs duxi® siècle; ils se sont rappelé 
qu'il existait des dessins représentant la crypte et la coupole 
avant les dernières mutilations ; enfin ils sont parvenus à re- 
constituer, d'une manière satisfaisante, l'œuvre de l'abbé 
Guillaume. Nous citerons entr'autres, parmi ceux qui ont le 
mieux réussi, M. l'abbé Bougaut, dans son livre intitulé, 
Etude historique et critique sur Saint-Benigne^ apôtre de 
Bourgogne (2). 

(1) Raoul Glaber, vie de saint Guillaume, chap. VII. 

(2) Autun, 1859, un vol. in-8. Ce volume fait partie des publica- 
tion de la Société Eduenne. 



1 

Aujourd'hui Ton n'en saurait douter: l'église construite par 
l'abbé Guillaume trahissait par des signes évidents une 
origine étrangère. Son plan était celui des basiliques latines, 
avec les modifications que Tltalie chrétienne lui avait fait 
subir pour l'approprier aux besoins du culte. L'immense dé- 
veloppement donné à ses cryptes rappelait les catacombes 
romaines, et permettait d'imiter, autour de reliques vénérées, 
les pieuses cérémonnies que les premiers fidèles célébraient 
auprès des tombeaux des martyrs. La rotonde, charmant 
édicule d'un genre inusité dans les Gaules , semble une 
imitation plus ou moins libre de certains monuments de 
Ravenne ; dans tous les détails, l'architecture et la sculpture 
montrent comme un reflet de l'art italo-bysantin. Et l'histoire 
vient ici confirmer les données de l'archéologie. L'abbé 
Guillaume était italien ; il était né près de Novare, dans le 
diocèse de Verceil. Il avait conservé des relations journalières 
avec son pays natal, et avec les grandes villes du voisinage, 
Gênes, Milan, Ravenne, Ravenne surtout, déjà si riche en 
monuments chrétiens. (1) 

Lorsqu'il fut décidé à reconstruire son église, il s'y pré- 
para par un voyage en Italie, et il en ramena ou il en fit 
venir des maîtres habiles dans les différentes branches 
de l'art, diversorum operum magisterio doctos (2). « Est-il 
« donc étonnant, conclut avec raison M. l'abbé Bougaut, si 
« un édifice construit dans de telles conditions par un archi- 
« tecte italien, employant des ouvriers venus d'Italie, lo- 
« géant dans son monastère, pendant toute la durée des 
* travaux, des évêques grecs, génois, milannais, des abbés, 
« des moines, des ouvriers de Ravenne : est-il étonnant, dis- 
« je, si cet édifice ressemble si peu à ceux que l'on construi- 
« sait alors dans les Gaules, si par ses grandes lignes comme 
« par ses moindres détails il semble se rattacher aux raonu- 
« ments de Rome ou de Ravenne. » 

Il y a là, suivant nous, quelque chose de très important 
et de très-digne de remarque pour quiconque tient à consta- 
ter la filiation de l'art moderne, et spécialement l'origine de 
l'architecture bourguignonne au moyen-âge. L'une des plus 



(Ij Voir l'ouvrage de M. Tabbé Bougaut, p. 277 et suiv. 
(2) Raoul Glaber, eodem. 



U6 

grandes églises, bâties en France après l'an mil, celle qui 
dans la Bourgogne inaugure en quelque sorte la période 
ronoane, est une imitation manifeste des monuments italiens. 
Sans répudier les traditions de la Rome antique, elle se con- 
forme encore plus fidèlement à celles de la Rome chrétienne; 
et c'est par l'intermédiaire de Ravenne, cette grande étape 
de Part au moyen-âge, qu'elle se rattache à Constantinople(l). 
Il est vrai, le génie français, après avoir accepté des modèles 
étrangers, va bientôt les modifier, les transformer, et de pro- 
grès en progrès marcher à la conquête d'une ardhitecture na- 
tionale, bien à nous cette fois! Mais les premiers germes sont 
venus d'au-delà des Alpes. Ce fait curieux, que la vue seule 
des monuments et la comparaison de leurs principaux carac- 
tères faisait déjà pressentir, est pleinement confirmé par 
l'histoire et par l'étude de la vieille basilique dijonnaise (2). 
L'abbé Guillaume ne se borna pas à enrichir son monas- 
tère d'un monument qui produisit parmi les contemporains 
une sensation profonde. Sous sa direction, et avec le concours 
des artistes qu'il avait ramenés d'Italie, Saint-Bénigne devint 
une pépinière de jeunes hommes capables à leur tour de faire 
école. Parmi ces derniers, les chroniqueurs citent particu- 
lièrement le moine Hunald (3), sculpteur habile en même 
temps que savant distingué. Il fut d'abord chargé de l'orne- 
mentation de la rotonde, et il remplit sa mission avec tant de 
succès, qu'il mérita de présider à la décoration de tout l'édi- 



(1) N'oublions pas qu'au ix* siècle, c'est aussi d'Italie et de Raven- 
ne que Charlemagne fit venir les architectes qui construisirent pour 
\u\ des éâifices Bpsantins ou pseudoBysantins. Batissier, éléments 
(Parchéologie, p. 407. 

(3) « Que les Glunisiens, dit à ce propos iVI. VioIIet-Leduc, aient fait 
« venir de Byzance, ou qu*ils aient pris, parmi les artistes grecs réfu- 
u giés en IlaUe, des sculpteurs et des peintres pour orner leurs édi- 
« fices, je l'admets si Ton veut. Mais qui donc en Italie à la fin du xi* 
M siècle construisait un monument comme l'église de Vézelay ? » En- 
tretiens sur V/lrchii., t. I, p 259. — Nous dirons à notre lour qu'il 
ne s'agit pas de savoir si, à la fin du x»® siècle, la France était encore 
réduite à suivre les traditions italiennes. Tout le monde sait que 
non. Mais cent ans plus tôt, au début de la période romane, d'ouest 
venu l'exemple, la première inspiration? L'histoire de Saint-Benigne 
tend à établir que c'est d'Italie. 

(5) « Inter monachos in hoc ioco degentes fuit quidam juvencu- 
« lus vocatur Hunaldus..., etc. .» Raoul Glaber, Vie de saint Guil- 
laume. 



147 

fice. Beauiîoup d'autres, dont les noms ne sont pas venus 
jusqu'à nous, marchèrent sur les traces d'Hunald. Ensuite, 
Taboé Guillaume prit soin de répandre, aussi loin qu'il lui 
fut possible, les lumières dont il avait su raviver le foyer. 
« De son humble cellule de Saint-Bénigne, il gouverna 
« Bèze, Saint'Jean de Reoraé, Saint-Michel-Archange près 
« Tonnerre, Molomes et une foule d'autres abbayes. Il les 
« gouvernait et les bâtissait ; car c'était à qui réparerait alors 
« et reconstruirait avec plus de zèle les cloîtres et les églises. 
« Voyageur infatigable, il allait sans cesse de l'une à l'autre, 
« apportant des règles pour réformer les mœurs, des plans 
« pour rebâtir les églises. Là où il ne pouvait demeurer aussi 
« longtemps qu'il eût fallu, il envoyait ses disciples : à Bèze, 
« Raoul-le-Blanc de Dijon, à Saint-Michel-Archange près 
« Tonnerre, Hunald, l'illustre sculpteur de la rotonde (1). » 

N'oublions pas non plus que l'abbé Guillaume était un en- 
fant de Cluny. Saint Maieul l'avait amenéjeune encore d'Italie 
et plus tard l'avait envoyé à Dijon avec une colonie de cluni- 
siens pour réformer Saint-Bénigne. L'abbé Guillaume a 
même été l'un des agents les plus actifs de la propagande 
clunisienne au commencement du xi« siècle. Il a essayé» 
quoiqu'en vain, d'en assurer le triomphe à Vézelay; et, dans 
tous les pays voisins, il a préparé les voies à saint Hugues. 
Ses œuvres sont donc à vrai dire les œuvres de Cluny. Son 
école n'est qu'un rameau de l'école clunisienne, dans laquelle 
elle vint se fondre, en y apportant la plupart des traditions 
qu'elle avait recueillies et des principes qu'elle avait mis 
en pratique. 

Or à cette époque, en Bourgogne surtout, il est certain que 
Cluny ne tarda pas à prendre la direction suprême du grand 
mouvement de rénovation qui suivit l'an mil. Cette abbaye 
célèbre, au comble de la puissance et de la prospérité, entre- 
tenait dans l'esprit de son ordre un véritable culte pour l'ar- 
chitecture et les arts qui s'y rattachent. Partout où les cluni- 
siens s'installent, même où ils ne font que passer, ils 
se mettent aussitôt à l'œuvre, et, si les circonstances ou les 
res'sources du lieu le permettent, ils accumulent constructions 
sur constructions. On dirait que leur mission spéciale est de 
bâtir, comme celle d'autres établissements religieux a été 

(1) L'abbé Bougaut, p. 235. 



U8 

de défricher. C'est parmi eux une ardeur fiévreuse, une lutte 
à qui fera mieux ou à qui fera plus. Leurs efforts redoublent 
quand il s'agit d'embellir le siège principal de Tordre, Tab- 
baye-mère, et ils entreprennent d*y construire une église qui 
par Tamplitude de ses proportions devait dépasser toutes les 
les églises connues. Cluny devint alors un centre d'études 
scientifiques et artistiques, d'où il sortait des constructeurs, 
des architectes, des sculpteurs, comme il en sortait aussi des 
théologiens, des réformateurs, des prélats et des papes! 
Tous ces enfants, issus du même sein, nourris dans les 
mêmes principes, allaient ensuite répandre dans l'Europe 
occidentale l'infinie variété de leurs productions. Mais partout 
et toujours, malgré la diversité de leurs talents, ils laissaient 
dans leurs œuvres l'empreinte de leur commune origine. 

Un des plus anciens spécimens qui nous restent de cette 
école existe à Saint-Benoit-sur-Loire, là où s'élevait jadis 
une abbaye célèbre peu éloignée de Vézelay et qui entre- 
tenait avec cette dernière des relations fréquentes. C'est 
une construction singulière, qui tient à la fois du porche, 
du clocher et du donjon. Les opinions les plus contra- 
dictoires ont été émises sur sa date. Les uns Pont reculée 
jusqu'au vu* siècle (1), les autres l'ont rapprochée jusqu'au 
xii« (2). Aujourd'hui les archéologues s'accordent à y recon- 
naître les caractères de Tarchilecture romane au milieu du 
xie siècle (3). Faudrait-il lui appliquer le texte d'un chroni- 
queur d'après lequel, vers l'année 1030, un abbé de Saint- 
Benoit, Gauzelin, fils naturel de Hugues Capel, construisit à 
l'extrémité occidentale de son église une tour désignée sous le 
nom de tour Saint-Michel, nom que le porche lui-même a 
conservé longtemps î Vaut-il mieux supposer que ce porche a 
été bâti un peu plus tard, lorsque l'abbé Guillaume (1067- 
1080) entreprit de substituer une église nouvelle à celle que 
lui avaient léguée ses prédécesseurs? L'examen de ces questions 
délicates nous entraînerait trop loin. Nous nous bornerons à 



(4) M. Vergnaud-Romagnesi,daRS s«s différentes notices sur l'église 
de Saint-Benoit, et M. Marchand, dans ses Souvenirs historiques sur 
l'ancienne abbaye de Saint-Benoît 

(2) M. Grosnier, Bulletin de la Soc. Nivernaise, t. I, p. 49. 

(3) M. ViolletLeduc, Dict. d*Archit. et M. Gailhabaud, Architecture 
du Y* au xri* siècle^ etc. 



U9 

constater ici que le porche de Saint-Benoit se (attache par 
ses caractères archéologiques au début de la période romane 
et se range parmi les premiers édifices qu'ait produits alors 
l'école clunisienne. 

On y trouve déjà réunis les traits distinctifs du style 
roman : la prédominance des pleins sur les vides ; les ouver- 
tures étroites» surmontées d'une ou plusieurs archivoltes à 
plein cintre; les piles épaisses affectant les formes rectangu- 
laires ; les colonnes engagées aux quatre côtés des piles et 
supportant les voussoirs des arcs sur des tailloirs énormes ; 
les chapiteaux variés et historiés ; les bandeaux accentués 
fortement et fixant les regards sur une série de lignes hori- 
zontales ; les moulures rondes, enflées, protubérantes ; un 
système général d'ornementation où les souvenirs de l'anti- 
quité romaine se mêlent à l'imitation des productions bysan- 
tines et aux fantaisies capricieuses de l'époque (1). Assu- 
rément il reste bien des progrès à faire. Les irrégularités 
frappantes dn plan trahissent Tinhabileté ou même l'inatten- 
tion des constructeurs. L'étage inférieur de l'édifice a quelque 
chose de lourd, de trapu, qui rappelle, dans un porche élevé 
en pleine lumière, les cryptes obscures destinées à souteiiir 
sur leurs voûtes la masse entière d'une basilique. L'ensemble 
présente une physionomie quelque peu rude et grossière. 
Néanmoins on sent que l'architecture romane a trouvé sa 
voie et qu'elle s'achemine rapidement vers l'époque où, par- 
venue à son entier développement, elle va produire ses chefs- 
d*œuvres les plus purs, notamment la grande nef de Vézelay. 

Les chapiteaux de Saint-Benoit méritent d'être étudiés 
avec une attention spéciale, parce qu'ils fournissent l'occasion 
de relever certains caractères, qui, dans la période romane, 
appartiennent plutôt à l'école clunisienne qu'à toute autre, 
et que nous voyons se reproduire, se «développer dans une 
foule de constructions postérieures. Rappelons d'abord qu'une 
chose entre toutes, dans l'église construite à Saint-Benigne 
par l'abbé Guillaume, avaii excité l'admiration des contempo- 
rains. C'est la beauté relative des sculptures dont elle était 
ornée. Ils en furent tellement frappés qu'ils ont pris soin, 
contrairement à leurs habitudes malheureusement trop con- 



(1) Charles Blanc, Gazette des Beaux-Ârts, t. XV, p. 335. 



stântes, de conserver le nam du moin^-artisie, qui exécuta ou 
dirigea la décoration de l'édifice. Le succès d'Hunald, ses 
exemples et ses leçons, exercèrent en Bourgogne une influence 
considérable. Le goût de la sculpture, encouragé déjà par 
roxcellence des matériaux, se développa dans la région, se 
répandit de proche en proche, et bientôt imprima à toutes 
les églises bâties sous Tinspiration directe ou indirecte 
de Cluny un cachet qu'il est impossible de méconnaître. 
« Les clunistes, dit U. Viollet- Leduc (1), avaient formé 
m une école de sculpteurs habiles dont les œuvres sont em- 
« preinles d'un style remarquable : c'est quelque chose de 
a grand, d'élevé, de vrai, qui frappe vivement l'imagination 
4( et se grave dans le souvenir. L'école de statuaire des du- 
« nistes possède une supériorité incontestable sur les écoles 
« contemporaines du Poitou et de la Saintonge, de la Pro- 
« vence, de l'Aquitaine, de la Normandie, de l'Alsace et 
« même de l'Ile-de-France. Quand on compare la statuaire 
« et l'ornementation de Vézelay aux xi'^ et xii^ siècles, de 
€ Dijon, de Souvigny, de la Charité-sur-Loire, de Charlieu, 
« avec celles des provinces de l'Ouest et du Nord, on de- 
« meure convaincu de la puissance de ces artistes, de l'unité 
« d'école à laquelle ils s'étaient formés. » Désireux de saisir 
toutes les occasions qui se prétentaient à eux d'exercer leur 
talent, ils couvrirent de sculptures les tympans et les linteaux 
des portes. Au lieu de modeler leurs chapiteaux d'après le 
même type, comme il arrivé dans les monuments antiques, 
ils prirent à tâche d'en varier à l'infini, sinon le galbe, au 
moins les détails, en sorte que, dans un même monument, il 
est impossible de rencontrer deux chapiteaux identiques. Ils 
ne se contentèrent pas non plus d'entourer la corbeille de 
feuillages ou d'ornements capricieux. Ils imaginèrent d'y re- 
présenter des animaux, des personnages, des scènes tout 
entières. Vers la fin du xi^ siècle ou au commencemefit du 
siècle suivant, ils multiplièrent les productions de leur ci- 
seau, et l'on pourrait sans peine ajouter une foule de noms 
à ceux énumérés par M. Viollet-Leduc. Mais le porche de 
Saint-Benoit est de beaucoup antérieur. Il constate les pre* 
miers progrès de Técole el sert de transition naturelle enire 
les sculptures de Saint-Benigne et celles de la Madeleine. 

(i} DicL i^ÀHh.f V architecture, t. I, p. 



151 

Les chapiteaux de Saint-Benoit se divisent en deux caté- 
gories distinctes, les chapiteaux à feuillage et les chapiteaux 
historiés. Non-seulement ils diffèrent entr*eux par la nature, 
mais encore et surtout par le caractère, par le mérite des or- 
nements qui les couvrent. « Si Ton établit un parallèle entre 
« ces deux espèces de chapiteaux, dit<M. Gailhabaud (1), on 
« acquiert bientôt cette notion importante que leur sculpture 
« parati avoir été traitée dans des conditions bien diverses. 
« Ainsi, tandis que la partie artistique des figures accuse de 
« la part de Tartisle une ignorance presque complète des 
« lois du dessin, des proportions et de la technique ; celle 
« de Tornementation végétale indique, au contraire, une vé- 
« rite, un goût et un faire qui tranchent à côté de scènes 
« composées d'aussi effroyables magots. » Parmi les chapi- 
teaux à feuillage, il y en a dont la composition offre Tana- 
logie la plus manifeste avec les chapiteaux antiques, et 
notamment avec ceux de Tordre corintliien ou de Tordre com- 
posite. Il en est d'autres où s'étale la végétation capricieuse 
imaginée par les artistes bysantins. Tous indiqueat un art 
avancé, déjà sûr de lui-même, sachant, lorsqu'il imite des 
types étrangers, imprimer à ses imitations une véritable ori- 
ginalité et le cachet d'une élégance incontestable. Quant 
aux chapiteaux historiés, « on y voit, » dit encore M. Gail- 
habaud, « des figures bizarres et fantastiques, des monstres, 
« des chimères, des animaux d'une nature étrange ; on dirait 
« que les artistes, en les composant, se plurent à y retracer 
<i comme nous le montrerons ailleurs, des scènes terribles et 
« capables de produire une impression profonde. Ce qui 
« frappe surtout, c'est la disproportion des figures, et la 
« grosseur assez générale des têtes comparée à celle des 
« autres parties du corps. » Chose singulière I Ce que 
M. Gailhabaud observe ici à propos des chapiteaux de Saint- 
Benoît, s'applique ou peu s'en faut à toutes les productions 
de la sculpture romane. Assurément les chapiteaux historiés 
de Yézelay sont moins grossiers et moins barbares. Hais 
quand on les compare avec les chapiteaux à feuillage placés 
à côté d'eux, on est surpris de leur infériorité relative. Jusque 
vers la fin du xii» siècle, jusqu'à la naissance de l'art gothi* 

(1) Ârch. du V" au xvii« siècle, 1. 1. Monographie du porche de 
Sainf'BenoU. 



452 

que, nous retrouvons le même choix étrange dans les com- 

[ positions, la même recherche des effets dramatiques dans 
'exécution des scènes, les mêmes imperfections choquantes 
dans le dessin, et Taffeclation perpétuelle d'un symbolisme 
mystérieux. 

0n a prétendu expliquer ces caractères persistants de la 
sculpture romane, tels qu'ils apparaissent surtout dans les 
chapiteaux historiés, en rappelant que les moines ne pou- 
vaient étudier la nature d*après le modèle vivant et nu. Cette 
explication ne paraît pas décisive; car les sculpteurs du 
XIII* siècle ne recevaient pas une éducation plus complète que 
les moines du xi« ; et, dans leurs statues drapées, dans les 
bas-reliefs où ils n^avaient à figurer que des personnagse 
costumés, ils ont atteint parfois un degré de perfection extra- 
ordinaire pour répoque. Les imperfections qui frappent dans 
la sculpture romane tiennent à des causes plus complexes. 
D'abord il est évident que la sculpture historique, la véritable 
sculpture, bas-relief ou ronde bosse, présente beaucoup plus 
de difficultés que la sculpture d'ornementation pure et simple. 
Il suffit d'examiner les façades du nouveau Louvre pour s'as- 
surer que même aujourd'hui les ornemanistes sont plus nom- 
breux et relativement plus habiles que les sculpteurs propre- 
ment dits. La difficulté se complique lorsqu'il s'agit de 
grouper et de modeler une composition tout entière sur une 
surface étroite, curviligne, inégale comme la corbeille d'un 
chapiteau. Dans ce genre de travail, les moines n'avaient 
guère de modèle à imiter : ils ne trouvaient rien d'analogue 
dans les débris de Part antique et dans les nouveaux essais 
de l'art bysantin. Livrés à leurs propres forces, engagés dans 
une voie encore inexplorée, ils ne pouvaient réussir qu'après 
de longs efforts et de nombreux tâtonnements. Voilà déjà 
qui indique pourquoi, dans le cours du xi« siècle, à Saint- 
Benoît, par exemple, les chapiteaux historiés sont de beau- 
coup inférieurs aux chapiteaux à feuillages. 

Pourquoi maintenant les années qui suivirent amenèrent- 
elles des progrès si peu sensibles ? L'époque n'est pas de 
celles où l'art reste si longtemps stationnaire. Op se forme 
par la pratique, et les sculpteurs d'alors ne manquaient 
pas d'occasions pour étudier, sur le fait, les lois de la sculp- 
ture monumentale. Jamais dans l'histoire dn monde, si ce 
n'est peut-être vers le début du xin« siècle, on ne vit surgir 



453 

à la fois, sur tous les coins du sol, autant d'édifices religieux. 
Comment admettre que des hommes, appelés si souvent à 
manier le ciseau, ne se soient pas aperçus d'incorrections 
de dessin qui sautent aux yeux d'un enfant? Ils ont prouvé 
dans leurs œuvres qu'ils avaient un sentiment très-vif et très- 
sûr de la composition, du mouvement, de l'effet. C'étaient, 
en leur genre, de véritables artistes, et leurs magots, quoi- 
qu'on dise, ont souvent plus de style qu'une foule d'œuvres 
banales couronnées à l'école des Beaux-Arts. S'ils ont fermé 
les yeux sur des défauts si choquants, nous n'hésitons pas à 
y voir le résultat de traditions invétérées qu'il importe de 
constater. 

Pour les artistes de l'ère romane, la sculpture en général, 
et en particulier la sculpture des chapiteaux historiés, ne 
cesse jamais d'être une sculpture d'ornementation. Le dessin 
des personnages leur semble quelque chose d'accessoire et 
de secondaire : l'effet général, l'impression à produire ou 
l'enseignement à transmettre sont les seuls objets de leurs 
recherches. Ils n'étudient pas la nature, parce qu'à la diffé- 
rence des artistes, presque tous laïques, de la période ogi- 
vale^ ils aiment à vivre dans un monde conventionnel, idéal, 
hiératique. Leurs feuillages, après tout, n'appartiennent pas 
plus à la flore que leurs animaux à la faune indigène. On 
comprend dès lors, pourquoi^ dans les chapiteaux historiés, 
ils ne craignent pas d'exagérer systématiquement la grosseur 
des têtes et de réduire la proportion des autres membres. Ils 
veulent à la fois grouper une scène complexe dans un cadre 
étroit, et de loin attirer les regards sur les figures qui tra- 
duisent le mieux leur pensée ou leur sentiment. Aucune règle 
technique n'enchaîne leur caprice parce qu'ils se posent ré- 
solument en dehors des règles. S'ils ne progressent pas, aux 
yeux de certains observateurs, c'est parce qu'ils travaillent 
sous l'empire de traditions impérieuses, et non parce que 
leurs mains infatigables s'engourdissent dans une routine 
grossière. 

De même pour le choix de leurs compositions et la nature 
spéciale de l'effet qu'ils recherchent, il est évident qu'ils su- 
bissent tous le joug des mêmes habitudes et des mêmes ten- 
dances. Les terreurs de l'an mil avaient laissé dans les 
esprits une impression qui ne s'effaça jamais durant le moyen- 
âge, entretenue qu'elle était par l'ignorance^ le malheur des 



454 

temps, les contes populaires, les légiendes apOerypbes, et ces 
ouvrages singuliers, connus sous le nom de bestiaires, qui 
circulaient partout comme plus tard les romans de chevalerie. 
L'Egliseelleméme était entratnéeparlecourant universel. Elle 
demandait à la religion dogmatique ses inspirations les plus 
tristes, ses enseignements les plus terribles. D'ailleurs elle 
était obligée de parler aux hommes de Tépoque* le langage 
qui répondait à leurs mœurs, et qu'ils étaient, le mieux dis- 
posés à comprendre. Ils étaient agités de craintes chiméri- 
ques, elle cherchait à leur inspirer des craintes salutaires. De 
là, pour les artistes de la période romane, un programme 
uniforme et dont ils ne se sont pas départis. De là les sculp- 
tures bizarres, étranges, pleines de tristes préoc([;upations, et 
visant à produire sur des natures naïves une impression qui 
approche de Teffroi. De là ces légions d'animaux, qui dérou- 
tent nos regards, et qui vivaient alors dans l'imagination po- 
pulaire d'une vie tellement connue, tellement décrite, qu'ils 
finissaient par servir de symboles à la portée de tous les con- 
temporains. 

Ces derniers mots nous conduisent à relever un dernier 
caractère des chapiteaux de Saint-Benoît, le caractère symbo- 
lique. Encore un résultat des mœurs de l'époqne I Encore un 
trait distinclif de l'école clunisienne, et dans lequel on re- 
trouve la marque de sa première origine, la trace de l'in- 
fluence que l'abbé Guillaume exerça sur ses débuts. «Le goût 
« du temps, dit M.' Bougaud à propos de la construction 
« de Saint-Benigne, inclinait alors tous los esprits à ce genre 
« de beauté. On vivait de symbolisme, on le mettait dans les 
« faits autant que dans les monuments. Il remplit l'histoire 
« civile guère moins que l'histoire ecclésiastique. Prêtre ou' 
« roi, peuple ou seigneur, on n'aimait que ce qui présentait 
« à la fois un dedanà et un dehors, ce qui cachait un esprit 
« sous une forme. Le vénérable Guillaume eut la gloire de 
a creuser profondément cette veine et d'en faire à l'églîse 
« qu'il construisait des applications inusitées alors et très- 
« remarquables. » L'exemple qu'il avait donné fut suivi, 
sinon par les architectes, au moins par les sculpteurs romans. 
Si le symbolisme influa faiblement sur la disposition des 
églises, leurs proportions, le nombre des colonnes, etc.', en 
revanche il présida souver'ainement à la composition des 
sculptures et notaotment des chapiteaux historiés. 



455 

Mais il est temps d'observer s&m un autre aspeist les pro- 
grès de récote' clunisienue jusqu'à la cCHJStruction'deVézeiày; 
Pour les suivre pas à pas, il serait nécessaire d'avoir sou^ les 
yeux la célèbre basilique dont saint -Hugues le Grand pô^a^ 
les fondations à Cluny en 1088 (1). On sait qu^eile était bâtie 
dans des proportions gigantesques (2). Latief qui cotUf^tait' 
douze travées successives, était flanquée d'un double bas 
côté. Par une disposition exceptionnelle, les transepts étaient 
également doubles^ en sorte que le plan affectait la fortiie de 
la croix papale, la croix à double croisillon. Jamais les ar* 
cbilectes de Tère romane n'appliquèrent leur talent < à la 
construction d'un aussi vaste édifice. Pourquoi faut-il qu<è leur 
chef-d'œuvre ait disparu, au commencement de ce siècle, 
sous le marteau des démolisseurs. Il n'en reste aujourd'hui 
qu'un souvenir imparfait, et pour constater la marche de l'art 
à la fin du xi® siècle, nous sommes contraints d*étudier de^ 
monuments plus humbles, que le temps et les liommes ont 
épargnés, et dont les détails sont encore présents à nos 
regards. ^ 

En 1068, le prieuré de Saint-Etienne de Nevers fut rangé 
sous l'obédience de Cluny. Là, comme partout, les clunisieas 
ne tardèrent pas à signaler leur administration par des entre- 
prises considérables. Ils élevèrent notamment une église qui 
s'est conservée jusqu'à nous, et qui est curieuse à plus d'un 
titre : car elle a été bâtie d'un seul jet, et à une date! qu-il est 
facile de préciser. Elle fut tout à la fois dédiée et consacrée 
aux Ides de décembre de l'année 1097 (3). Les documents 
authentiques qui mentionnent cette double cérémonie, cons- 



(1) « 1088, fundatio hujus basilicœ, II kal. octobris... » Recueil 
des hist. de France^ t. XII, p. 313 ; ex Gliron. Cluniac. Sept ans 
après, les travaux commencés du côté du ctiœur étaient déjà assez 
avancés pour que le pape consacrât le grand autel, mais pas assez 
pour que réglise entière fût consacrée, u Anno 1095. summus 
M pontifex majus aitare consecra\it, prœcipiens ut hâcipsâdie basi- 
« lica opportun© tempore consecraretur. « — Eodem, p 11S2. " — 
Cette consécration définitive n'eut lieu qu^en 1131. Le narthex ne fut 
achevé qu?en lâ^. 

(2) Voir le plan de l'église de Cluny et quelques détails sur sa con- 
struction, dans le Dicl. d^Arch. de M. Viollet-Leduc, v° architecture, 
t. I, p. 257 et suiv. 

(3) Poursuivre la filiation de l'art roman, il importe de préciser les 



456 

latent implicitement qu*alors les travaux étaient achevés ou 
peu s*en faut (1). Saint-Etienne de Nevers est donc le prédé- 
cesseur immédiat de la Madeleine de Yezelay commencée par 
rabbé Artaud (1 096-1106). 

Son plan comporte des dispositions sans cesse reproduites 
en Bourgogne et en Auvergne pendant la période romane. La 
nef est flanquée de bas côtés simples. Les transsepts sont 
peu développés et chacune de leurs parois orientales doune 
ouverture à des chapelles semi-circulaires, espèces d'absi- 
dioles, accompagnant la grande et véritable abside. Le 
chœur est entouré d'un collatéral, dans lequel s'ouvrent aussi 
des chapelles analogues à celles des transsepts, groupées 
autour du chevet. Quant aux caractères généraux de Tarchitec- 
ture, ils ne difi'èrent pas beaucoup de ceux que nous avons 
signalés au porche de Saint-Benoil-sur-Loire ; c'est le roman 
primitif, aux piles épaisses, aux colonnes trapues, aux ouver- 
tures étroites et rares, aux sculptures grossières, à la physio- 
nomie austère, sombre, monacale. Néanmoios Saint-Etienne 
révèle à l'œil exercé d'un architecte certains perfectionne- 
ments de l'art de bâtir, qui sont de la plus haute impor- 
tance. 

Dans les églises antérieures à l'an mil, les nefs étaient le 
plus souvent couvertes de charpentes apparentes, ce qui 
augmentait la fréquence ou la gravité des incendies, et pré- 
sentait à l'intérieur de l'édifice un aspect peu monumental. 
Dès le commencement du xi« siècle, les constructeurs ro- 
mans, et surtout ceux de l'école clunisienne, cherchèrent à 



dates, et non de se contenter d^àpeu près. Quant à Péglise de Saint- 
Etienne de Nevers, voir GaZ/sacAr/^/iana, t. XII. Instr.p. 332. — Dans 
une charte intitulée : Garta donationis seu fundationis S.- Stephani 
Nivernensis^ on lit ces mots : u In dedicalione quoque hujus eccle- 
« siœ, quœ Id. Decembris factaest, acta est solemniter hœc dona- 
n tio... et ante altare gloriosœ semper Virginis Mariœ gloriosi que 
M protomartyris Stephani lecta est hsec charta et confirmata in 
« conventu..* Igitur ego Yvo, Garnotensis episcopus hujus sanctœ 
u ecclesise consecralor indignus, cum sodalibus mais dominis su- 
« pradictis episcopis., excommunicamus.. . horum donorum calum- 
« niatores... Âctum est hoc anno incarnationis dominicœ millesimo 
u nonagesimo septinio. » 

(1) La consécration, à la différence de la dédicace, suppose Tachè- 
vement pre«que complet des travaux. D'ailleurs Tensembie de la 
charte mentionnée ci-dessus ne laisse aucun doute sur ce point. 



157 

combiner le système des voûtes en maçonnerie avec le plan 
de la basilique latine. Or, il n*est pas besoin de connaissances 
spéciales pour comprendre combien rencontrait d'obstacles 
rétablissement durable de voûtes placées à des hauteurs 
énormes, destinées à couvrir des surfaces considérables, et 
n'ayant pour appuis apparents que des parois criblées, pour 
ainsi dire, d'un double et même d'un triple rang d'ouver- 
tures. Les architectes d'alors avaient bien, pour se guider, 
l'exemple de la voûte d'arêtes telle que la pratiquaient les Ro- 
mains, et ils n'ignoraient pas que cette voûte offre l'avantage 
précieux de n'exercer que des pressions et des poussées à peu 
près verticales sur les quatre points d'appui qui reçoivent 
leurs sommiers. Mais la voûte d'arêtes romaine engendrée 
par la pénétration de deux demi-cylindres égaux ne peut s'éta- 
blir que sur plan carré. Elle ne convenait qu'aux travées des 
bas côtés, qui sont généralement aussi longues que larges, 
ou encore à celles des cryptes et des porches, dont les piles 
sont disposées en quinconce régulier (1). 

Pour les travées des grandes nefs, construites sur plan 
rectangulaire ou barlong, il fallait recourir à d'autres procé- 
dés. Les clunisiens commencèrent par employer la voûte en 
berceau continu, dont Tantiquité fournissait quelques modè- 
les, mais dont les poussées obliques et continues, s'exerçant, 
d'un bout à l'autre, sur le sommet des murs goutlerots, finis- 
saient par les déverser, et occasionnaient les désordres les 
plus graves. Afin de remédier aux inconvénients de leur pre- 
mier système, les architectes romans eurent l'idée de renfor- 
cer leurs berceaux, au droit des piles, par des arcs doubleaux 
en pierre appareillée, et les piles elles-mêmes par des contre- 
forts. « Les arcs doubleaux, » dit M. Viollet-Leduc, qui le pre- 
mier a donné l'analyse scientifique et raisonnée de la cons- 
truction des églises au moyen-âge, et que nous tenons à citer 
textuellement dans des matières aussi ardues : « les arcs 
» doubleaux, sorte de cintres permanents, élastiques, comme 
» tout arc composé d'une certaine quantité de claveaux, sui- 
» valent les mouvements des piles, se prêtaient à leur tasse- 



Ci) Dans ces circonstances, on trouve la voûte d'arêtes romaine 
employée même dans la période anté-romane. Le commencement du 
xi« siècle en offre aussi de nombreux exemples. Voir notamment le 
porche de Saint -Benoît, dont nous nous sommes occupé ci-dessus. 

4866. M 



458 

» ment, à leur écariement, et maintenaient, comtnc Tanfâit 
» fait un cintre en bois, les concavités en maçonnerie bSties 
» au-dessus d'eux (1).... Si des voûtes ainsi conçues étaient 
» bandées sur des piles assez solidement construites, avec 
1^ des matériaux bien liés ou très-lourds, si les murs étaient 
» épais et pleins du bas en haut, si les contreforts avaient 
» une saillie suffisante, et si les arcs doubleaux et par con- 
» séquent les piles n'étaient pas trop {espacés, ces berceatlx 
» renforcés de sous-arcs pouvaient être maintenus. Mais si, 
» comme il arrivait dans les nefs bordées de collatéraux, les 
» murs portaient sur des archivoltes ou des piles isolées ; 
» si ces piles isolées, que Ton essayait toujours de faire aussi 
» peu épaisses que possible pour ne pas gêner la circulation 
» et la vue, ne présentaient pas une assiette suffisante pour 
» recevoir des contreforts extérieurs saillants au-dessus des 
» voûtes des bas-côtés : alors le berceau supérieur, malgré 
» ses arcs doubleaux on avec ses arcs doubleaux, déversait 
» peu à peu les murs et les piles en dehors, et toute la cons- 
» iruction s'écroulait. Vers la fin du xi« siècle, déjà beaucoup 
y> d'églises et de salles ainsi voûtées, bâties depuis un demi- 
» siècle, tombaient en ruines, et il fallait les recons- 
» iruire (2). » Avant d'arriver à un système plus parfait, les 
architectes employèrent une foule d'expédients. « Ainsi, par 
» exemple, ils maçonnaient les remplissages de ces voûtes 
» en tuf, en matériaux légers, afin de diminuer les effets des 
» poussées : ils les réduisaient d'épaisseur autant que possi- 
» ble : ils bloquaient des maçonneries sous les combles des 
» collatéraux, au droit de ces poussées, dans Tespoir d'em- 
» pêcher le déversement des piles : ils posaient des chaînages 
» en bois transversaux à la base des contreforts masqués par 
» la pente des combles, pour rendre les piles solidaires des 
» murs extérieurs. Ces expédients étaient suffisants dans les 
» petites constructions : ils ne faisaient dans les grandes 
» que ralentir Teffet des poussées sans les détruire complète- 
» ment (3). » 

A Saint-Etienne de Nevers, les clunisiens imaginèrent une 
combinaison nouvelle, qui fut très-souvent reproduite dans 



(1) Viollet Leduc, Dict. d'Arch.; v" construction, p. li. 

(2) Viollet-Leduc, eodem, p. 15. 
(5) VioHet-Leduc, eodem, p. 25. 



169 

les églises^ d'Auvergne bâties postérieurement. Ils disposè- 
rent^ par-dessus la voûte des bas-côtés, des demi-bereeaax, 
sous lesquels ils ménagèrent des galeries intérieures, et qui, 
s*élevant jusqu'à la naissance de la voûte centrale, servirent 
à la contrebutter. Comme solidité, c'était là un véritable per- 
fectionneftient, et dont les conséquences un jour devaient être 
fécondes. Car Tadoption de ces demi-berceaux conduisit peu 
à peu à l'invention aes arcs boutants, ou plutôt les demi-ber- 
ceaux n'étaient autre chose qu'un arc boutant continu. Mais 
ils avaient l'inconvénient grave de supprimer, ou tout au 
moins d'entraver la faculté d'ouvrir des jours directs dans la 
nref principale, au-dessous de hautes voûtes. Ils donnaient aux 
constructions ronHanes une physionomie de plus en plus 
sombre, et ne convenaient pas à de vastes églises, dans les- 
quelles on sentait le besoin d'introduire une large dose d'air 
et de lumière. On voit par combien de tâtonnements les du- 
nisiens avaient déjà pa^sé, lorsque l'abbé Artaud entreprit de 
reconstruire la Madeleine, et quelle énorme distance ils 
avaient eflcore à franchir pour atteindre la perfection techni- 
que de l'époque ogivale. 

Pourtant il ne faudrait pas croire que les ordres religieux 
eussent alors le privilège exclusif des constructions hardies, 
des études opiniâtres et des essais ingénieux. Le clergé sécu- 
lier les suivait activement dans la voie du progrès, et|si, parmi 
les monuments religieux de la fin du xi° et du commence- 
ment du xii"" siècle, il nous reste plus d'églises abbatiales 
que de cathédrales proprement dites, cela ne signifie pas qu'à 
celte époque les évêques bâtissaient peu, mais que plus tard, 
a l'époque ogivale, ils ont refait leurs églises dans le nouveau 
style, alors que les ordres monastiques, atteints par une dé- 
cadence prématurée, n'avaient plus ni les ressources ni l'éner- 
gie suffisante pour modifier les leurs. Nous n'en citerons 
qu'un exemple, que nous choisirons dans un lieu voisin de 
Yézelay, dans une cité bourguignonne, qui a suivi longtemps 
les mêmes traditions artistiques. 

A la fin du ix' siècle, l'antique et primitive cathédrale 
d'Auxerre, consacrée à saint Etienne par saint Amatre, périt 
complètement dans un incendie. Reconstruite par l'évéque 
fléréfrid et par ses successeurs, elle fut détruite une seconde 
fois par un désastre analogue, arrivé Tan 1023. Hugues de 
Challons résolut alors d'élever une église en matériaux assez 



160 

solides pour résister aux ravages du feu. C'est à lui^ sans 
aucun doute, que nous devons les cryptes qui subsistent 
encore (1), et nous avons peine à comprendre comment 
M. VioUet-Leduc, malgré los termes positifs des docu- 
ments contemporains, a pu leur assigner une date beau- 
coup plus reculée. L'auteur de la vie d'Hugues de Ghallons, 
insérée au Gesta Pontificum Autissiodorensium [2], déclare 
que cet évéque reconstruisit de fond en comble l'église 
Saint -Etienne tout entière, y compris les cryptes, en 
agrandit le périmètre et substitua des pierres de taille 
aux moellons employés dans les constructions antérieures, 
afin d'assurer la solidité de son œuvre. Or, on peut voir dans 
les cryptes actuelles les pierres dont il est ici parlé comme 
d'une innovation caractéristique. En fouillant le sol, on re- 
trouve les débris des anciennes cryptes et les vestiges de 
leurs matériaux imparfaits. D'ailleurs les détails de l'archi- 
tecture, quelqu'anaiogie qu'ils offrent parfois avec ceux de 
répoque carlovingienne, trahissent une parenté encore plus 
intime avec certains monuments, élevés au début de la 
période romane, dans les villes voisines, telles que les 
cryptes de Saint-Savinien, à Sens, et celles de Saint-Cyr, 
à Nevers, bâties vers 1030. On remarque, notamment, dans 
les unes comme dans les autres, autour des chapiteaux 
et des bases, une espèce de baguette qui les encadre et 
les divise en compartiments , grossière imitation d'orne- 
ments analogues, mais plus délicats, employés à Saint-Vital 
de Ravenne. En un mot, tout concourt à démontrer que les 
cryptes de Saint-Etienne d'Auxerre sont bien une production 
de l'art roman, dans la première moitié du xi^ siècle. 

Elles ont à nos yeux une haute importance, parce qu'elles 
donnent une idée de l'église bâtie en même temps qu'elles, et, 
en général, des constructions élevées à cette époque par le 
clergé séculier. Ainsi elles révèlent le plan du chœur auquel 
elles servaient de fondation avant qu'il n'eut été remplacé par 
le chœur actuel. Evidemment ce chœur primitif était allongé, 



(1) Cette question, du reste, et toutes celles qui se rattachent à 
Saint-Etienne d'Auxerre, seront traitées par nous avec beaucoup plus 
de détails, dans une monographie spéciale, que nous préparons en 
ce moment. 

(2) V. Bibl. M8l. de l'Yonne, U I, p. 389. 



161 

profond, entouré d'un collatéral, avec une chapelle unique 
dans Taxe du sanctuaire à Textrémité orientale du chevet. 
Pareille disposition se rencontre dans les cathédrales plus 
récentes d'Autun, de Langres, de Sens et même de Cantor- 
béry, ce qui prouve que Texemple d'Auxerre avait été accepté 
comme tradition dans les diocèses voisins, et transplanté 
partout où travaillaient les architectes élevés dans notre 
région. Mais ce qui nous frappe surtout, c'est que les cryptes 
de Saint-Etienne, par leurs proportions, supposent une égliée 
presqu'aussi grande, presqu'aussi vaste que les cathédrales 
entreprises à Tépoque ogivale avec les ressources d'un art 
beaucoup plus avancé. 

Il est probable que dans cette église, si elle était encore 
debout, on retrouverait les mêmes caractères archéologiques 
que dans les cryptes, qui seules ont survécu aux démolitions 
successives. Là, le pîincipal mérite est dans Theureuse dis- 
position du plan et dans la solidité de la construction maté- 
rielle. Les ornements répandus avec une extrême parcimonie 
semblent, par leur rudesse, appartenir à la période anté- 
romane. C'est qu'aussi Saint-Etienne d'Auxerre a été rebâti 
presqu'en entier et d'un seul jet, après Tincendie de 1023. 
L'exemple donné par l'abbé Guillaume de Dijon n'avait pas 
encore porté ses fruits, surtout en dehors de l'école cluni- 
sienne proprement dite. Nous sommes ici en face d'une œu- 
vre entreprise par le clergé séculier dès les premières années 
du xi« siècle. Si l'évêque Hugues de Challons n'a pas fait 
venir son architecte et ses sculpteurs d'Italie, comment 
s'étonner que son église paraisse encore plus ancienne que 
son âge ? comment y trouver les caractères d'une rénovation 
artistique, qui n'était chez nous qu'à Tétat d^' germe? 

Mais le prélat capable d'entreprendre un aussi vaste édi- 
fice, n'était pas homme à rester longtemps en arrière. Il part 
pour la Terre-Sainte, et, à son retour, son prtmier soin est 
d'orner sa cathédrale. On peut affirmer, sans crainte, que, 
cette fois, il mêla aux traditions anciennes de la Gaule quel- 
que chose des traditions bysantines, au vieil élément quelque 
part de l'élément régénérateur. Et puis, tous ses successeurs 
s'efforcent, à l'envi l'un de l'autre, de terminer, de compléter 
son œuvre. Le récit de leur vie est rempli de mentions rela- 
tives aux travaux qu'ils font exécuter à Saint-Etienne. L'un 
d'eux va plus loin. Il crée des canonicats, exclusivement des- 



462 

tinés à des artistes, peintres, sculpteurs, orfèvres (1). Voilà 
une série d*ateliers, et en même temps uae école, constituée 
par le clergé séculier, et installée, pour ainsi dire, dans l'en- 
ceinte du temple. Evidemment il y eut là, comme dans les 
abbayes clunisiennrs, une longue suite d'essais, de combi- 
naisons, de progrès, qui dut contribuer dans une large mesure 
au développement de Tarchitecture romane, et l'amener vers 
la fin du xi*" siècle au degré de perfection dont la grande nef 
de Yézelay va maintenant nous fournir le typ^e. 

Considérée dans son ensemble, au point de vue de l'effet 
pittoresque, elle montre réunies toutes les qualités distincti- 
ves du style roman, sans conserver les défauts qui le dépa- 
raient à l'origine. Elle a Taustérité sans rudesse, la majesté 
sans lourdeur. En empruntant une comparaison ingén!e,^se 
de M. Charles Blanc {2), nous pourrons dire que le roman de 
la Madeleine est en quelque sorte Tordre dorique du christia- 
nisme, mais non le dorique épais des temples de Pestum ; ce 
serait plutôt, toutes proportions gardées, la sobre et fière élé- 
gance du dorique employé par Ictinus et ses émules au plus 
beau temps du siècle de Périclès. A Yézelay, la largeur et la 
hauteur du vaisseau principal, bien minimes quand on la 
rapproche des heureuses témérités de Tart gothique, mai.) bien 
considérables quand on songe à la timidité des constructions 
antérieures, sont déjà calculées de manière à produire une 
impression profonde et voisine de la surprise. Du pavé jus- 
qu'aux voûtes, les parois latérales ne sont divi$^s qu'en 
deux étages distincts, mais la suppression dek galerie inter- 
médiaire ou triforium a permis de donner à chacun de ces 
deux étages un large développement qui augmente l'effet de 
l'élévation générale. Ici les lignes verticales des colonnes en- 
gagées se combinent heureusement avec les lignes horizon- 
tales des bandeaux. Les piles, encore robustes et formées de 
larges assises ont abandonné la forme carrée qu'elles avaient 
autrefois, pour s'amincir et s'évider en forme de croix grec- 
que. De l'une à l'autre, des archivoltes hardies laissent le 
regard pénétrer librement dans la profondeur des bas-côtés. 
Les fenêtres sont étroites, mais elles s'ouvrent dans toutes les 



(1) V. Bibl. Mst. de t Yonne, i, I, p. 396: Vie de Geoffroy deCliam- 
palleman. 
(3) Revue des Ueaui-Arts, t. XV, p. 336. 



f63 

parties àe Tédificfi, et répandent du bas nu haut une lumière 
égale et tranquille. La nudité des surfaces planes est corrigée 
par la finesse des profils, Télégance des rosaces qui décorent 
le bandeau principal, Toriginalité des festons qui se déroulent 
à la naissance des voûtes, la profusion et la variété des chapi- 
teaux. De même, ralternance de couleur des pierres, employées 
dans la composition des grands arcs doubleaux, pallie ce que 
rëpaisseur des claveaux pourait avoir de massif, de grossier, 
et contribue à donner au monument une physionomie impo- 
sante. Enfin, la longueur immense de ces dix travées succes- 
sives, a^i bout desquelles apparaissent, éclairés d'un jour plus 
vif et plus cru, les transepts et le chœur, impriment à la nef 
de Yézelay un cachet incomparable de grandeur sévère, qui 
frappe les visiteurs vulgaires autant que les artistes et les 
arclïéologues. 

Au premier coup d'œil, il est facile de reconnaître une pro- 
duction de l'école clunisienne, de cette école à qui saint 
Bernard allait bientôt reprocher Tamour des constructions 
démesurées, des ornements trop mondains, des sculptures 
trop capricieuses. On sait par les documents historiques que 
Tabbé Artaud, le fondateur de la Madeleine, était un enfant 
deCtuny(l), et quand même ces documents seraient muets, 
on le devinerait en voyant son œuvre, et en la comparant 
d'abord au porche de Saint-Benoit ou à Saint-Etienne de 
Revers, qui l'ont précédée, ensuite aux églises abbatiales de 
la Charité-sur-Loire, de Souvigny, de Paray-le-Monial, qui 
l'ont inom.édiatetnent suivie. Seulement elle témoigne d'une 
sûreté de goût qui prouve que les traditions clunisiennes 
s'étaient épurées avec le temps. Elle annonce un sentiment 
exquis de l'effet et du style qui dénote du progrès extraordi- 
naire pour l'époque. 

La science n'avait pas marché aussi rapidement que Tart. 
Quelques hardis qu'ils fussent dans l'ampleur de leurs con- 
ceptions, les constructeurs de la Madeleine, lorsqu'il s'agissait 
de voûter une nef aussi large et aussi haute que celle de 
Vézelay, avec des points d'^^ppui relativement faibles^ étaient 
enco^^ réduits à des tâtonnements, qui montrent à la fois 
réA^rgie4^ leurs efforts et 1 insuffisance de leurs notions 
scientifiques. ]\fais, pour n^ pas nous exposer nous-méme à 

(1) Eiude hi8iQriq%e sur Vézelay, 1. 1, p. 17 et 55. 



164 

commettre des erreurs dans un sujet en dehors de nos études 
habituelles , invoquons de nouveau l'autorité de l'éminent 
architecte, qui, en restaurant la Madeleine, a si bien appris, à 

la connattre. 

« A Vézelay, dit M. Yiollet-Leduc, Tarchiiecture religieuse 

« allait faire un grand pas. Sans abandonner le plein cin- 

« tre, les constructeurs établirent des voûtes d'arêtes sur la 

« nef principale aussi bien que sur les bas-cotés. Seulement 

^ pour faire arriver la pénétration des portions de voûtes 

« cintrées suivant les formerets plein-cintre jusqu'à la clef 

« du grand berceau également plein-cintre de la nef, ils 

« eurent recours à des tâtonnements curieux à étudier... 

« redoublions pas que cette nef était élevée au commence- 

« ment du xiie siècle, peu de temps après celle de Cluny, et 

« que par conséquent Teffort était considérable, le progrès 

« bien marqué, puisque la nef de l'église de Cluny était 

« encore voûtée en berceau plein-cintre, et que même après 

« la construction de la nef de Yézelay, vers 1150, à Autun, à 

« Beaune, à Saulieu, on construisait encore des voûtes en 

« berceau (ogival, il est vrai) sur les grandes nefs... L'in- 

« novation tentée à Vézelay n'eut pas cependant de bien 

« brillants résultats. Car, si ces voûtes reportaient leurs 

« poussées sur des points isolés au droit des piles, elles n'é- 

« taient épaulées que par des contreforts peu saillants. Elles 

« firent dévier les murs, déformer les voûtes du bas-cotés, 

« et il fallut, après que quelques-unes se furent écroulées et 

« toutes les autres aplaties, construire à la fin du kii<^ siècle, 

m des arcs-boutants pour arrêter l'effet de cette poussée. A 

^ Cluny comme à Beaune, comme à la cathédrale d'Autun, il 

« a fallu de même jeter des arcs-boutants contre les murs des 

<i nefs pendant les xiii« et xive siècles pour arrêter l'écarte- 

« ment des voûtes. 

« Il est certain que les effets qui se manifestèrent dans la 

« nef de Vézelay durent surprendre les constructeurs, qui 

« croyaient avoir paré à Fécartement des grandes voûtes 

« d'arêtes, non-seulement par l'établissement des contreforts 

« extérieurs, mais bien plus sûrement encore par la pose de 

« tirants en fer, qui venaient s'accrocher au-dessus des cha- 

« piteaux, vers la naissance des arcs doubleaux, à de forts 

« gonds chevillés sur des longrines en bois placées en long 

« dans l'épaisseur des murs. Ces tirants, qui remplissaient 



46B 

« la fonction d'une corde à la base de l'arc doubleau cassè- 
« rent ou brisèrent leurs gonds ; car à cette époque les fers 
« d'une grande longueur devaient être fort inégaux et mal 
« forgés » (1). 

M. Viollet-Leduc revient à plusieurs reprisés sur la nature 
et la portée des essais tentés par les constructeurs de la 
Madeleine, et nous croyons utile de grouper ici ses savantes 
observations, en n'y naélant, pour notre part, que des 
réflexions courtes et toujours réservées. 

« C'est, dit-il, dans la nef de l'église de Vézelay qu'il faut 
« constater l'abandon du système romain. Là les voûtes 
« hautes d'arêtes, sur plan barlong, sont déjà des pénétra- 
<( tions d'ellipsoïdes, avec arcs doubleaux saillants et for- 
« merets (2).... Reconnaissant que les berceaux exerçaient 
« une poussée continue sur la tête des murs, les construc- 
4( teurs romans cherchèrent à les supprimer et à les rempla- 
< cer, même dans les nefs composées de travées sur plan 
« barlong, par des voûtes d'arêtes, afin de reporter toute 
« leur charge et leur poussée sur les piles qu'ils espéraient 
« rendre stables. Mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, 
^ la voûte d'arêtes romaines ne peut se bâtir que sur un plan 
« carré : il fallait donc trouver une nouvelle combinaison de 
« voûtes d'arêtes se prêtant aux plans parallélogrammes. 
« Géométriquement ces voûtes ne pouvaient se tracer, et ce 
« n'était que par des tâtonnements qu'on arrivait à la cons- 
« truire » (3). 

A Vézelay, on imagina un système de voûtes qui tient à 
la fois de la coupole et de la voûte d'arêtes, « en ce que ces 
« voûtes, au lieu d'être engendrées par deux demi-cylindres 
« se pénétrant à angle droit, sont formées par quatre arcs 
« plein-cintre réunissant les quatre piles, et par deux arcs 
« diagonaux, qui sont eux-mêmes des plein-cintres et par 
« conséquent présentent un rayon plus grand que ceux des 
« quatre premiers » (4). Quelques mots d'explication feront 
mieux comprendre les formules abstraites dont se sert ici 
M. Viollet-Leduc. 



(4) Viollet-Leduc, Dicl. d^Ârch.^ v* architecture, t, I, p. 182 et suiv» 

(2) Viollet-Leduc, eodeni; y" construction, t. IV. p. 21. 

(3) Viollet-Leduc, eodem; v* construction, t. IV. p. 16. 

(4) Viollet-Leduc, eodem; v" construction, p. 16. 



466 

Dans la voûie d'arêtes romaine, les clefs 'des quatre arcs 
générateurs de la voûte et la clef de rencontre des arcs dia- 
gonaux sont toutes au même niveau, de telle sorte que l'en- 
semble de la voûte plafonne malgré ses nervures. Cela tient 
à deux causes : d'abord à ce que les arcs générateurs se dé- 
veloppent sur plan carré, et que, leur diamètre ou leur rayon 
étant égal, leurs clefs s'élèvent à la même hauteur; ensuite à 
ce que les Romains, au lieu de donner la forme d'un demi- 
cercle à leur arcs diagonaux, dont le diamètre ou le rayon 
est nécessairement plus étendu que celui des arc$ généra- 
teurs, avaient appris à leur donner une forme elliptique, et 
compensaient ainsi l'agrandissement du diamètre par Tapla- 
tissen^ent de la courbe. A Tépoque ogivale, proprement dite, 
les voûtes d'arétés ont aussi toutes leurs clefs au même 
ikiveau, bien que les arcs générateur^, élevés sur plan 
barlong, ou en d'autres termes sur des piles inégalement 
espacées, et à plus forte raison les arcs diagonaux, encore 
pl,|is développés, offrent tous des différences considérables de 
rayofî. Mais c'est qu'alors on a complètement abandonné le 
pl€in-cintre, et que l'arc brisé, soumis à des lois moins rigou- 
reuses, pouvant s'élever ou s'abaisser, quelque soit Técarte- 
mient des pieds-droits sur lesquels il repose, permet de main- 
tenir à la même hauteur les clefs des arcs générateurs et la 
clef de rencontre des arcs diagonaux, en variant l'acuité de 
jces divers arcs. Les constructeurs de la Mîadeleiiie n'avaient 
à leur disposition que le plein-cintre. D'un autre côté, ils 
trouvaient trop de complication daçs la méthode scientifique 
suivie par les Romains pour le tracé des arcs diagonaux: ou 
plutôt, en appliquant cette méthode si^r plan barlong, ils 
craignaient, non sans raison, d'établir des voûtas trop plates, 
ils se décidèrent alors à maintenir la ^lef de rencontre de ces 
arcs diagonaux à un niveau plus élevé que les clefs des arcs 
générate.ur^, d'où il résulta que leur voûte d'arêtes fut un 
fcomposé de surfaces sans nom se rapprochant de la coupole. 

Remarquons ici q(,Le la construction des coupoles n'était 
pas, comme on paraît le croire aujourd'hui, étrangère aux 
traditions et aux habitudes de l'école clunisienne. Dès le 
commencement du xi® siècle, nous avons vu l'abbé Guillaume 
élever à Saint-Benigme une de ces rotondes, sur plan circu- 
laire, dont l'antiquité romaine avait fourni les premiers types 
et qui devinrent ui g^eruoe de la vérita)^le coupole bysa^tine. 



«67 

Bientôt les clunisiens s'habituèrent à placer sur la croisée de 
leurs églises, c'est-à-dire sur plan carré, tantôji des voû.tes 
hémisphériques, tantôt des calottes à pans, soutenues par 
des encorbellements, des trompes ou des niches. Saint- 
Etienne de Nevers, qu'ils venaient d'achev,er au moment où 
Tabbé Artaud commença la Madeleine, en offre un exemple 
remarquable. Seulement, à la différence de Técple italo- 
bysantine, les clunisiens n'élevaient pas d*ordinaire leurs 
coupoles sur pendentifs réguliers, sur pendentifs e^n section 
de sphère. Ils n'accentuaient pas non plus à Textérieiir par 
un dôme la formjC bombée de la voûte, qu'ils dissimulaient 
en la surmontant d'un clocher central analogue aux clochers 
de façade. Le même système, légèreipent modifié par l'em- 
ploi de l'ogive et des formes ogivales, prévalut en Bourgogne, 
dans le ISivernais, le Bourbonnais, le Charollais et l'Auver- 
gne, durant le cour entier du xii^ siècle. On peut s'en con- 
vaincre en examinant les grandes églises de Saint-Benoit- 
sur-Loire, de La Charité, de Paray-le-Monial, de Tournas, et 
tant d'autres parnai lesquelles nous pourrions même citer des 
églises de village, comme Saint-Cydroine, modestes imita- 
tions d'édifices plus importants. C'est pour cela que 9^. de 
Yerneilh a dit avec raison (1) : « Le trait le plus saillant, le 
a caractère le plus sûr de l'architecture bysanti.ne en tout 
« pays, c'est la coupole : et la coupole bysantine par excel- 
le lence, c'est celle qui s'élève sur un plan carré au moyen 
« de pendentifs en portion de sphère. Mais un seul trait, 
<< aussi important qu'il soit, ne constitue pas une ressem- 
« blance complète. Pour qu'un édifice soit d'architecture 
« bysantine, à mes yeux, il faut que la coupole y joue un 
a certain role^ y serve de base aux autres combinaisons ar- 
« chitecturales, et en général, surtout en France, qu'elle y 
fi soit multipliée, qu'elle y forme une série. » Le fait est que 
la coupole unique, plus ou moins bysantine, se rencontre 
parmi les œuvres les mieux caractérisées de l'école cluni^ 
sienne. Il est donc naturel que les clunisiens aient cherché 
dans ce système de voûtes des procédés de construction, des 
principes de stabilité qu'ils essayèrent d'appliquer à l'étfi- 
plissement des voûtes d'arêtes. 
Une fois engagés dans cette voie, ils s'écartèrent de plus 

(1) Des influences bysanlines, leltre à M. Vitet, p. il. 



168 

en plus des traditions romaines. Les voûtes d'arêtes anti- 
ques n'avaient ni arcs doubleaux, ni formerets, et portaient 
sur les angles saillants des piles ou des colonnes. Mais les 
architectes romans, qui venaient de renforcer les voûtes en 
berceau par des arcs flexibles, élastiques, habilement dispo- 
sés, les conservèrent sous leurs voûtes d'arêtes, dont ils mar- 
quèrent plus nettement la division en travées et auxquelles 
ils apportèrent un nouvel élément de solidité. « Dès lors les 
« arêtes diagonales durent prendre leur point de départ en 
a retraite de la saillie des piles des colonnes, celles-ci étant 
« uniquement destinées à porter les arcs doubleaux (1). » 

« Si les constructeurs admettaient que ces cintres perma- 
« nents fussent utiles transversalement, ils devaient admet- 
« tre de même leur utilité longiludinalement. Ne considè- 
re rant plus les voûtes comme une croûte homogène, concrète, 
« mais comme une sorte de panneaux à surfaces courbes, 
« libres, reposant sur des arcs flexibles : la rigidité des 
« murs latéraux contrastait avec le nouveau système : il fal- 
« lait que ces panneaux fussent libres dans tous ,les sens, 
« autrement les brisures, les déchirements eussent été d'au- 
« tant plus dangereux que les voûtes eussent été portées sur 
« des arcs flexibles dans un sens et sur des murs rigides 
« dans l'autre. Ils bandèrent des formerets d'une pile àl'au- 
« tre, sur les murs, dans le sens longitudinal. Ces formerets 
« ne sont que des demi-arcs doubleaux noyés en partie dans 
« le mur, mais ne dépendant pas de sa construction. Par ce 
« moyen, les voûtes reposaient uniquement sur les piles, et 
« les mors ne devenaient que des clôtures, qu'à la rigueur 
« ont pouvait bâtir après coup ou supprimer. II fallait une 
« assiette à ces formerets, un point d'appui particulier : les 
« constructeurs romans, ajoutèrent, à cet effet, un nouveau 
« membre à leurs piles, et la voûte d'arêtes prit naissance 
« dans l'angle rentrant formé par le sommier de l'arc 

« doubleau et celui du forraeret Ainsi donc déjà 

« les membres des voûtes donnent la section horizontale 
« des piles; leur forme dérive de ces membres » (2). A 
Vézelay, les formerets des hautes voûtes de la nef ne mar- 
quent pas leur trace dans la section des piles prise à 

(4) Viollet-Leduc, Dicl. d'ArchiL;\o construction, t. IV, p. 20. 
(2) Viollet-Leduc, eodem.; y construction, t. I\ , p. SI. 



169 

niveau de rez-de-chaussée. Leur appui spécial ne prend nais- 
sance qu'à l'étage supérieur. C'est un pilastre, établi dans la 
retraite du mur, et qui s'appuie sur la saillie du grand ban- 
deau. 

Tant d'innovations, si en dehors des principes acceptés 
jusque là, inspirèrent à ceux mêmes qui les avaient conçues 
un sentiment profond de doute et d'incertitude. Les construc- 
teurs de la Madeleine semblent n'avoir agi qu'avec la crainte 
toujours présente de voir leurs efforts aboutir à quelque 
désastre honteux. Non-seulement ils accumulèrent, pour 
assurer la solidité de leurs voûtes, les expédients de toute 
sorte que leurs prédécesseurs avaient mis en pratique. Ils 
en imaginèrent un que personne ne songea depuis à imiter 
en France, et qui révèle l'anxiété de leurs esprits. Nous vou- 
lons parler de ces tirants en fer, établis à la naissance des 
arcs doubleaux, et sur l'existence desquels nous croyons 
devoir insister,comme sur un fait exceptionnel dans l'histoire 
de l'art français au moyen-âge. 

Voici à ce prppos un nouvel extrait du Dictionnaire rai- 
sonné d'Architecture : « Du temps de César, les Gaulois 
« posaient dans leurs murailles de défense des longrines et 
« des traverses de bois assemblées entre les rangs de pierre. 
< Peut être cet usage avait-il laissé des traces même après 
« rintroduction des arts romains dans les Gaules. Ce que 
« nous pouvons donner comme certain, c'est que Ton trouve 
« dans presque toutes 4es constructions mérovingiennes et 
« carlovingiennes, des pièces de bois noyées longitudinale- 
4( ment dans l'épaisseur des murs, en élévation et même en 
« fondation. Jusqu'à la iSn du xii^ siècle, cette habitude per- 
« siste, et ces chaînages sont posés, comme nos chaînages 
« modernes à la hauteur des bandeaux indiquant les étages, 
« à la naissance des voûtes et au-dessous des couronne- 
« ments supérieurs. Les travaux de restauration que nous 
« eûmes l'occasion de faire exécuter dans les édifices des 
« xie et xii« siècles nous ont permis de retrouver un grand 
<( nombre de ces chaînages en bois, assez bien conservés 
« pour ne pas laisser douter de leur emploi. Dans la nef de 
« l'église abbatiale de Vézelay, qui date de la fin du xi* siè- 
« cle, il existe un premier chaînage de bois au-dessus des 
« archivoltes donnant dans les collatéraux, et un second 
« chaînage, interrompu par les fenêtres» an niveau du des- 



<70 

« sus des tailloirs des chapiteaux, à la naissante des g^aâdes 
« vofttes. Ce second chaîriage offre cette f^artieularité qti^H 
« sert d\iitaehe à des crampofïs en fer destinés à redevoir des 
« tirants transversaux, d'un mur de la nef à Tautre» à la base 
« des arcs dôubleaux » (4). 

Dans l'ouvrage, auquel nous empruntons ces lignes, un 
dessin, accompagnant le texte (2), rend encore plus sensible 
la disposition adoptée par les constructeurs de la Madeleine. 
Iftiaginez une barre de fer horizontale, s'enfonçant dans le 
mur goutteroi à la naissance des hautes voûtes, passait sous 
une longrine, et se retournant derrière elle pour s'y attacher 
plus fortement. A l'autre extrémité, cette barre s'ap'pUie sur 
le tailloir des grandes colonnes engagées, rampe sons le 
sommier de l'arc doubleau, s'en dégage, et projette en avant 
de la pile, un peu au-delà du cbafpiteau qui la couronne, une 
pointe recourbée, une espèce de gond, snr lequel s'adap- 
taient les tirants, posés d'une pile à l'autre, en travers de la 
nef. M. Viollet Leduc ajoute : « Ces tirants étaient-ils desti- 
« nés à demeurer toujours en place pour éviter l'écartement 
« des grandes voûtes ? nous ne te pensons pas. Il est à croire 
«t qu'ils ne devaient rester posés que pendant la construction, 
« jusqu'à ce que les murs goullerots fussent chargés, oùjus- 
« qu'à ce que les mortiers des voûtes eussent acquis toute 
« leur dureté, c'est-à-dire jusqu'au décintrage.» Cette hypo- 
thèse a lieu de surprendre. Car, dans un autre passage, que 
rîous avons déjà reproduit (3), l'éminent architecte suppose, 
au contraire, que les tirants, ainsi disposés, restèrent en 
place après l'achèvement des travaux, et ne se rompirent 
qu'à la longue, sous l'effort de poussées qu'ils ne purent 
maintenir, parce qu'ils étaient mal forgés. Eft effet, les gonds, 
encore visibles aujourd'hui, au bord supérieur des grands 
chapiteaux de la nef, ont été placés d'une manière trop ap- 
parente pour ne jouer qu'un rôle éphémère. Leur saillie, 
qu'il était facile de dissimuler, inHique un parti pris bien 
franc et bien radical. Elle tend à prouver qtie les consiruc- 
teui^s de la Madeleine, désireux d'éviter à tout prix l'écarle- 
ttient des piles, poussèreM la prudence jusqu'à combiner un 



(i) Viollel-Leduc. Did. U'Àrchil,; v" Chaînage, t. H, p. 397. 

(2) Eodeni, p. 398. 

(3) V. ci-dessus, p. 16:4-165. 



171 

système d^armâlure transversale, appareille, à pô^te fixe, ^i 
analogue à celles dont oiuvoit tant d'exetnples en Italie, dans 
les monuments bâtis au moyen-âge ou même pendant la 
renaissance (1). 

Quoi qu*il en soit, les voûtes de Vézelay, étudiées avec une 
attention scrupuleuse, révèlent un singulier mélange de har- 
diesse et de timidité, de progrès et d'impuissance. L'impuis- 
sance, la timidité iie sont que trop justifiées par Tétat encore 
précaire de l'art au temps de l'abbé Artaud, et par la diffi- 
culté du programme imposé à cet art. à peine sorti de l'en- 
fance. La hardiesse, le progrès, inouïs pour répoqiie, font lé 
plus grand honneur aux constructeurs de la Madeleine. Ce- 
pendant leurs essais eurent des résultats peu satisfaisants. 
L'édifice ne tarda pas à se déformer, et pour empêcher sa 
ruine, il fallut bientôt recourir à des procédés que les archi- 
tectes du xi« siècle ne connaissaient pas, c'est-à-dire â 
l'emploi des arcs boutants. Serait-ce par ce motif que les 
constructeurs delà Madeleine n'eurent pas d'imitateurs en 
Bourgogne? Il semble tneme que l'insuccès de rexpérience 
qu'ils avaient tenlée retarda dans nos pays l'avènement de 
la voûte d'arêtes, puisqu'on revînt au vieux système des 
voûtes en berceau, et qu'on le conserva jusqu'à la fin du 
xii® siècle, sans tenir compte des progrès décisifs, accomplis 
dans l'intervalle, soit au narthex de Vézelay, soit dans l'Ile 
de France. Une seule chose frappa l'école Bourguignonne 
dans la construction de la Madeleine, c'est que <i tout le mal 
« était produit par la poussée des arcs plein-cintre, et des 
« voûtes qu'ils supportent en partie» (2). L'adoption de Tare 
brisé fut le résultat de cette observation féconde. Nous le 
voyons déjà paraître à la Charité-sur-Loire, vaste église éle- 
vée par les clunisiens peu après la Madeleine. II se glisse 
d'abord sous les berceaux, dont il modifie la forme et les 
appuis. Il s'empare ensuite des archivoltes, et peu à peu il 
prépare une véritable révolution dans l'art de bâtir. 

Mais sans anticiper sur la marche progressive des faits, 
rappelons en quelques mots les détails d'ornementation que 



(1) Comparez, à propos de ce système, ce que dit iM. Viollet-Leduc, 
dans une note, v" construction, t. IV, p. 241. 

(2) Vioilet-Leduc, DicL d*ÀrchiL, y* construction, p. S7. 



472 

présente la nef de Yézelay, et qui la rapprochent ou qui la 
distinguent des autres églises antérieures. 

Sauf une perfection plus achevée» on y remarque les 
mêmes caractèresqu*à Saint-Benoit, à Saint-EtiennedeNevers, 
et dans les principaux édifices bâtis dans le cours du xi^ siè- 
cle, savoir : le mélange de Tinfluence latine et de Tiofluence 
bysanline, la supériorité frappante de la sculpture décorative 
sur la sculpture appliquée à la représentation des scènes ou 
des personnages, la 'recherche des combinaisons gracieuses 
dans Tune et des effets dramatiques dans l'autre, l'affectation 
persistante d'un symbolisme mystérieux et bizarre. 

L'influence latine apparaît dans l'emploi fréquent des 
pilastres cannelés^ dans les chapiteaux quasi-corinthiens 
de ces pilastres et dans ceux de quelques colonnes enga- 
gées, dans le dessin de certaines rosaces, dans les pro- 
fils des bases, des bandeaux, dts moulures. L'influence 
de l'art bysantin perce dans les proportions et dans le 
'galbe des grands chapiteaux historiés, dans la disposition 
utile et monumentale des tailloirs, dans la composition des 
guirlandes capricieuses qui ornent le cordon des arcs 
doubleaux et des archivoltes, dans le style de certaines 
sculptures et entr'auires de celles qui couvrent le tympan 
des portes, dans l'attitude des personnages, dans les dra- 
peries qui se plissent autour d'eux. Seulement, à Vézelay, 
les sculpteurs sont trop habiles, ont trop d'imagination et de 
verve pour se borner à des imitations plus ou moins heureu- 
ses : même quand ils imitent ils donnent à leurs œuvres un 
cachet remarquable d'originalité. Ce n'est plus le pâle reflet 
d'un art vieilli, c'est déjà l'éclat séduisant d'un art renou- 
velé, lumen juventœ purpureum. D'ailleurs ils n'imitent pas 
toujours. Ils fouillent des rosaces, ils découpent des festons, 
qui n'appartiennent qu'à eux, et lorsqu'ils restent dans le 
champ de la sculplure décorative, ils arrivent à des résultats 
nouveaux, vraiment dignes d'admiration et de surprise. 
Pour n'en rappeler qu'un exemple, oii trouver une corniche 
à la fois plus belle et plus simple que celle dont ils ont orné 
les murs extérieurs des bas-côtés? Et si les fragments de ce 
petit chef-d'œuvre, détachés du monument auquel ils se lient, 
se montraient pour la première fois dans un musée, qui 
penserait jamais à en attribuer la suprême élégance aux ar- 
tistes, si longtemps réputés barbares, de la fin du xi- siècle ? 



173 

Ils commenceDt même à s'engager dans la voie où leurs suc- 
cesseurs marcheront presqu'exclusivement ; pour leurs chapi- 
teaux à feuillages» ils se risquent à chercher des modèles 
dans la flore indigène. Ils enlremêlent des imitations d'aroï- 
des et de nénuphars aux feuillages plus ou moins dérivés de 
ceux que les sculpteurs antiques ciselaient autour des chapi- 
teaux corinthiens (')). 

Quant aux chapiteaux historiés, tout en respectant les tra- 
ditions romanes qui nuisent à Tessor de leur talent, tout en 
recherchant Teffet par l'exagération des figures et des gestes, 
tout en négligeant systématiquement la correction du des- 
sin et en abusant des sujets effrayants, monstrueux, ils s'élè- . 
vent de beaucoup au-dessus du niveau de leur époque. Les 
bas-reliefs, dont ils ont couvert la façade primitive, sont par- 
tout cités comme une des meilleurs productions du temps. 
Là les incorrections de dessin sont peut-être moins choquan- 
tes. Elles trahissent plutôt Tignorance des lois de la perspec- 
tive et une certaine gaucherie archaïque^ que le système et le 
parti pris. En tous cas, l'aspect général a quelque chose de 
grandiose et d'énergique. Aussi les sculptures de Vézelay, tel 
est l'avis des juges les plus compétents, ne sauraient trouver 
de rivales dans les débris qui nous restent de la sculpture 
romane. Elles annoncent une école particulière d'artistes, 
qui fit sentir son influence dans tous les lieux voisins de la 
célèbre abbaye. 

Cependant, il ne faudrait pas croire que la Madeleine pré- 
sente l'excès d'ornementation qu'on remarque souvent dans le 
style roman-bourguignon du xii® siècle. Si, par exemple, on 
compare la façade primitive, malgré son importance et son 
développement, avec la façade beaucoup moins considérable 
de l'église Saint-Lazare d'Avallon, église construite peu après 
et probablement décorée par les mêmes artistes, quelle diffé- 
rence de luxe et de reôherche ! A Vézelay, runifo"mité des 
murs goutterots, dont le développement est immense, n'est 
rompue que par la saillie de contreforts sans ornements, 
par l'ouverture de fenêtres sans archivoltes, sans colon- 
nettes, et par les deux corniches qui régnent l'une sous le 
toit des bas-côtés, l'autre sous celui de la haute nef. Si l'on 
pénètre àTinlérieur, dans les collatéraux, même simplicité. 

(1) Cpr. Viollet- Leduc, Dicl. raisonné (PJrch.; v FJore. 

12 



174 

On n'y voit que des parois presque nues, et non tapissées de 
ces charmantes arcatures que bientôt les architectes romans 
se plurent à multiplier. La nef elle-même, privée de triforium, 
se distingue des constructions romanes postérieures en 
date, par une sobriété générale d'ornementation, aussi éloi- 
gnée de la sécheresse que de la surabondance. 

Un dernier trait imprime à la physionomie de la Madeleine 
un caractère spécial : c'est l'emploi de pierres de couleurs 
différentes dans la composition des grands arcs doubleaux, 
et des archivoltes s'ouvrant sur les bas-côtés. Cet usage 
exceptionnel en Bourgogne, où la nature des matériaux ne 
s'y prête guère, est au contraire très-répandu dans les égli- 
ses romanes de l'Auvergne, province où Ton trouve aisément 
un mélange de laves noires et grisâtres. Quelle en est l'ori- 
gine? Doit-on la chercher dans certains monuments élevés 
en Italie dès le xi« siècle, et dans ces traditions lombardes, 
dont les cathédrales de Gênes, de Pise, de Lucques, toutes 
bariolées de marbre blanc et noir, présentent les exemples 
les plus fameux î Ce serait une nouvelle trace de l'influence 
italienne sur notre architecture. 

En résumé, la nef construite par l'abbé Artaud, de 1096 
à 1106, et dont la dédicace eut lieu en 1104, est le plus im- 
portant, le plus curieux, le plus beau fragment qui nous 
reste des œuvres exécutées vers ce temps par l'école cluni- 
nisienne ou plus généralement par l'école bourguignonne. 
Elle marque le terme des progrès accomplis au xie siècle 
par l'architecture et les arts qui en dépendent, la sculpture 
surtout. Elle mérite d'être considérée comme le type du style 
roman dans nos contrées. Chez nous (j'espère que la suite 
de cette étude le prouvera), les premières années du xii® siè- 
cle virent poindre le germe d'une transformation nouvelle. 
C'en est fini du roman pur et de la prédominance exclusive 
du plein-cintre : Tare brisé va paraître et déjà la transition 
commence. A la même époque, l'ornementation se compli- 
que, et parfois, en visant au luxe, s'expose à tomber dans In 
recherche. Ainsi s'expliquent les sacrifices énormes, devant 
lesquels l'administration n'a pas reculé pour assurer la restau- 
ration complète de Yézelay. Ainsi se justifient les paroles de 
la Commission des monuments historiques, lorsqu'on 1837 
elle sollicitait cette restauration nécessaire : « Sans un 
« crédit spécial, disait-elle, peut-on espérer de voir encore 



I 
I 

I 
I 



«75 

« longtemps subsister l'immense basilique de Vézelay, qui, 
« parmi les églises bysantines tient le même rang que Saint- 
« Ouen parmi les églises gothiques. Les théâtres d'Orange 
« et d'Arles, Téglise de Vézelay, celle de Saint-Ouen oflfrent 
« des types parfaits de trois époques brillantes de Tarchi- 
« lecture. Conserver de pareils chefs-d'œuvre est un devoir 
« pour nous. C'est un héritage dont nous devons compte à 
« la postérité. » Qu'il me soit permis à mon tour, sans alté- 
rer le fond de la pensée émise par la commission des monu- 
ments historiques, d'en modifier légèrement l'expression et 
de dire : La nef de Vézelay est à l'art roman ce que la nef 
d'Amiens (i) est à l'art ogival. 

AIMÉ GHBREST. 



(1) En effet, Saint-Ouen est généralement considéré comme le chef- 
d'œuvre de rarchitecture religieuse au xiv' siècle. Mais on ne saurait 
comparer les productions de ce siècle à celles du précédent, parmi 
lesquelles il faut chercher les types les plus purs de Tari ogival, 
Amiens, Reims, Beauvais, la Sainte-Chapelle de Paris, efc 



L'ADMINISTRATION DU DEPARTEMENT DE L'YONNE 



DE 1790 A 1800. 



I. 

II y a quelques années je commençais ainsi une notice sur 
les états de Bourgogne: 

« Il est des savants qui connaissent très-bien, je n'en 
doute pas, les institutions des Egyptiens et des Perses, mais 
qui ne savent pas le premier mot de cette institution de nos 
pères qui a joué un grand rôle dans une des plus anciennes 
et çles plus vastes provinces de France : les états...» 

Après avoir fait connaître l'administration des états de 
Bourgogne et cité une délibération des élus du 30 mai 4782, 
je disais : 

« Cette délibération si patriotique, si noble, si désinté- 
ressée, qui ferait l'admiration de tous les érudits s'ils avaient 
le bonheur d'en trouver une pareille dans les ruines de Sparte 
et de Rome, quelqu'un de nos lecteurs la connaissait-il ? Elle 
fit battre le cœur de nos pères, elle n'est plus connue que de 
quelques chercheurs de vieilles choses. 

« Il semble, en vérité, à voir l'ignorance des enfants sur 
l'histoire de leurs pères, que des milliers d'années nous en 
séparent, que nous habitons un autre monde, que nous 
sommes d'un autre sang. » 

Je pourrais dire quelque chose de semblable sur une ins- 
titution plus récente encore, sur les administrations qui, 
succédant immédiatement à l'ancien régime, régirent pen- 
dant dix ans nos départements jusqu'à l'avènement du pou- 
voir absolu, consulaire et impérial. 



177 

Presque toutes les personnes qui ont un culte pour la 
révolution française s'imaginent que la centralisation, telle 
qu'elle existe aujourd'hui en France, a été créée par l'assem- 
blée constituante et beaucoup d'autres qui, au contraire, ne 
sont nullement révolutionnaires, partagent la même idée ; 
c'est ainsi que nous venons de lire dans une lettre, très- 
remarquable du reste, de M. Andral, un des jurisconsultes les 
plus distingués du barreau de Paris, que la centralisation a 
été V erreur de Rassemblée constituante. 

Voilà cependant une des plus grandes contre-vérités his- 
toriques que l'on puisse imaginer. 

La constituante a commencé pour ainsi dire ses travaux 
par la suppression des intendants et des subdélégués, c'est- 
à-dire des préfets et des sous-préfets de l'époque, agents 
principaux et nécessaires du système de centralisation qui 
avait dominé la France depuis Richelieu. Il est vrai que vou- 
lant, à tort selon moi, mais je ne discute pas ici cette ques- 
tion, faire une France entièrement nouvelle et craignant de 
trouver dans les provinces des souvenirs, des habitudes, des 
forces contraires aux changements radicaux qu'elle méditait, 
la constituante supprima les provinces et divisa avec le com- 
pas le territoire en départements ; mais lorsqu'elle voulut 
reconstituer l'administration, que fit-elle? Est-ce qu'elle éta- 
blit à la tête de chaque département, ou district, des fonc- 
tionnaires étrangers aux localités, nommés par le pouvoir 
central, révocables à sa volonté, chargés de surveiller les 
communes, de diriger, d'entraver, d'empêcher toute action 
indépendante ou collective, et de tout exécuter par eux- 
mêmes ou par leurs agents, des'fonctionnaires tout puissants 
sur le public, et irresponsables envers le public, mais n'é- 
tant que des atomes vis-à-vis du pouvoir central, des fonc- 
tionnaires faisant avant tout et surtout de la politique? Est- 
ce qu'elle fit nommer par le pouvoir central tous les maires 
révocables à sa volonté? 

Elle adopta un système absolument contraire, elle fit nom- 
mer non-seulement les conseils municipaux, mais les maires 
et les procureurs syndics, c'est-à-dire le pouvoir exécutant 
des communes, par la population des communes (décret du 
i novembre 1789). Pour la nomination d'administrateurs 
plus élevés et des députés elle créa un corps d'électeurs 
nommés par tous les citoyens payant un impôt égal à' trois 



178 

journées de travail, âgés de 25 ans et non domestiques. A la 
tête des districts elle plaça un conseil nommé par les élec- 
teurs et un directoire, remplaçant pour ainsi dire le subdélé- 
gué, et dont les membres furent choisis par le conseil de 
district. 

Pour Tadministration départementale, la Constituante, 
s'inspirant, sans le dire, de Texemple des états et des as- 
semblées provinciales, de leurs élus et commissions perma- 
nentes, exagérant môme ce système d'administrations libres, 
fit nommer par les électeurs du département les membres 
d'un conseil général qui choisit ensuite son président, son 
secrétaire et les membres du directoire du département 
chargés d'exécuter les votes et décisions dii conseil général, 
de surveiller, de diriger les administrations inférieures des 
districts et des communes. Ce directoire permanent qui était 
présidé de droit par le président du conseil général et assisté 
par son secrétaire, avait des attributions bien plus étendues 
encore, il était chargé, « soils l'autorité et l'inspection du 
roi comme chef suprême de la nation et de V administration 
générale du royaume, de toutes les parties de cette admi- 
nistration (décret du 2SI décembre 1789) ; » il avait toutes 
les attributions de l'intendant d'autrefois dans les pays sans 
états, et du préfet actuel, et une grande partie de celles des 
conseils de préfecture. 

Les membres de ce directoire, nommés pour quatre ans 
par leurs concitoyens , étaient dpnc nécessairement des 
hommes du pays, ayant leurs intérêts dans le pays, ne de- 
vant pas le quitter après l'exercice de leurs fonctions, ne 
dépendant du pouvoir central que dans la limite de leurs 
fonctions et de leurs devoirs réglés par la loi, et encore bien 
peu, car l'article 1 1 du décret disait : « Les membres des 
administrations de district et de département et les représen- 
tants à rassemblée nationale ne peuvent jamais être révoqués 
et leur destitution ne pourra être que la suite d'une forfai- 
ture jugée. » 

Près du Conseil général et de ce directoire l'assemblée 
constituante établit un procureur général syndic, sorte de 
ministère public ; il semblait assez naturel que ce procureur 
syndic fût nommé par le roi, et l'homme du pouvoir central. 
Mais rassemblée^ tant elle craignait apparemment le retour 
du pouvoir des intendants, fit nommer ce procureur syndic 
lui-même par les électeurs. 



179 

Voilà, en fait d'administration et d'administrateurs» les 
principes de 1789, dont on parle tant et que Ton connaît si 
peu. 

Mais rassemblée constituante alla plus loin encore; après 
avoir mis à néant toute Tancienne organisation judiciaire, 
elle fit nommer tous les juges nouveaux par les électeurs, 
elle créa le jury pour les affaires criminelles et voulait l'orga- 
niser pour certaines affaires civiles ; elle fit nommer par les 
électeurs jusqu'aux membres du ministère public lui-même, 
de sorte que d'après les lois on vit l'administration entière 
et la justice entière du pays émanant du pays lui-même. 

Si la constituante mérite un reproche ce n'est donc pas, 
comme on le croit généralement, d'avoir créé la centralisation «. 
actuelle, ce serait plutôt d'avoir dépassé le but et annulé 
pour ainsi dire l'action du pouvoir central. ^ 

Il est vrai que l'assemblée constituante, dans son instruc- ^* 

tion sur les fonctions des assemblées administratives du 20 
août 1790, sanctionnée par le roi, maintenait les principes 
de l'unité : 

« Les assemblées administratives considéreront attentive- 
ment ce qu'elles sont dans l'ordre de la constitution, pour ne 
jamais sortir des bornes de leurs fonctions et pour les rem- 
plir toutes avec exactitude. 

a Elles observeront d'abord qu'ellesne sont chargées que de 
Fadministration, qu'aucune fonction législative ou judiciaire 
ne leur appartient. 

4c Des jonctions déléguées aux assemblées administratives, 
les unes doivent être exercées sousrinsj)ection du corps légis- 
latif ; celles-là sont relatives à la déte^rnination des qualités 
civiques, au maintien des règles des élections et de celles 
qui seront établies pour la répartition et le recouvrement de 
rimpôt ; les autres, qui comprennent toutes les parties de 
l'administration générale du royaume, doivent être exercées 
sous la direction et l'autorité immédiate du roi, chef de la * 
nation et dépositaire suprême du pouvoir exécutif. Toute 
résistance à ces deux autorités serait le plus grand des délits 
politiques, puisqu'elle briserait les liens de l'unité monar- 
chique. 

<cLes administrations de département ne peuvent faire ni 
décrets, ni ordonnances, ni règlements : elles ne peuvent agir 
que par les voies, ou de simples délibérations sur les matiè- 



180 

res générales, ou d'arrêtés sur les affaires particulières ou 
de correspondance avec les administrations de district et par 
elles avec les municipalités. Leurs délibérations prises en 
assemblée générale ou de conseil sur les objets particuliers 
qui concerneront leur département, mais qui intéresseront 
le régime de radrainistration générale du royaume, ne pour- 
ront être exécutées qu'après qu'elles auront été présentées au 
roi et qu'elles auront reçu son approbation. 

« Les administrations de district sont entièrement subor- 
données à celles de département ; elles ne peuvent prendre 
aucunes délibérations en matière d'administration générale ; 
et si quelques circonstances extraordinaires les avaient por- 
tées à s'écarter de cette règle essentielle, leurs délibérations 
ne pourraient être mises à exécution, même par leurs direc- 
toires, qu'après avoir été présentées à l'administration de 
département et autorisées par elle. 

« Les fonctions des administrateurs de district se bornent 
à recueillir toutes les connaissances et à former toutes les 
demandes qui peuvent intéresser le district, à exécuter sous 
la direction et l'autorité de l'administration du département, 
toutes les dispositions annotées parcelle-ci ; à faire toutes les 
vérifftations et à donner tous les avis qui leur seront deman- 
dés sur les affaires relatives à leur district ; enfin à recevoir 
les pétitions des municipalités et à les faire parvenir, avec 
leurs propres observations, à l'administration de départe- 
ment. 

« Les fonctions des conseils de département sont de délibé- 
rer sur tout ce qui intéresse l'ensemble du département; de 
fixer d'une manière générale, tant les régies de l'administra- 
tion que les moyens d'exécution ; enfin d'ordonner les tra- 
vaux et les dépenses de chaque année et d'en recevoir les 
comptes. 

« Les fonctions des directoires sont d'exécuter tout ce qui a 
été prescrit pour les conseils et d'expédier toutes les affaires 
particulières. 

« Après la séparation des assemblées de conseil, les direc- 
toires seuls restent en activité ; seuls ils représentent Tadmi- 
nisiration qui les a commis et ont un caractère public à cet 
effet. La correspondance, soit ministérielle, soit dans l'inté- 
rieur du département, ne peut être tenue qu'avec et par 
eux. 



481 

«Ces régies s'appliquent également aux directoires de dis- 
trict. Ceux-ci sont chargés de Texécution, non-seulement de 
ce qui leur aura été prescrit par le conseil, mais encore de 
tout ce qui leur sera ordonné par le directoire du départe- 
ment. Ils doivent attendre les ordres de ce directoire pour 
agir dans tout ce qui intéresse l'administration générale et 
s'y conformer exactement. Toutes les fois cependant qu'ils 
agiront conformément aux principes établis et dans l'esprit 
des ordres qu'ils auront reçus, ils n'auront pas besoin, pour 
chaque acte de détail, ni pour l'expédition de chaque affaire 
particulière, d'une autorisation spéciale. 

« Les municipalités, dans les fonctions qui sont propres au 
conseil municipal, sont soumises à l'inspection et à la sur- 
veillance des corps administratifs; et elles sont entièrement 
dépendantes de leur autorité dans les fonctions propres à 
l'administration générale qu'elles ne tiennent que par dé- 
légation. » 

Mais comment, nous dira-t-on, cette administration dépar- 
tementale dépendante en droit sur certains points du pou- 
voir central, mais composée d'hommes parfaitement indépen- 
dants en fait, et d'iiommes inexpérimentés aux affaires 
publiques administratives, pouvait-elle fonctionner? Je répon- 
drai en montrant comment s'est formée, de quels éléments 
était composée, comment agissait l'administration de notre 
département de l'Yonne. 

II. 

Conseil général et directoire de l'Yonne, 

An mois de mai 1790 les électeurs de l'Yonne réunis à 
Auxerre nommèrent les administrateurs du département, 
c'était leur nom légal, qui devaient former le conseil géné- 
ral ; 

Pour le district d'Auxerre : 

MM. Marie d'Avigneau, lieutenant général au bailliage et 
siège présidial d'Auxerre, qui, l'année précédente, avait pré- 
sidé comme grand bailly la noblesse du bailliage pour 
l'élection de son député aux états-généraux; 

Dejust, lieutenant de Beauvoir; 

Letors, prévôt de Chablis ; 



482 

Maujot, avocat à Yermeuton ; 
Paradis, avocat à Auxerre ; 
Tenaille, bourgeois à Mailly-Chàteau. 
Pour le district d'Avallon : 
HM. Bethery de la Brosse, secrétaire du roi, à Montréal ; . 
Laureau, avocat à Saint-André; 
Legrand, avocat à Avallon ; 
Malot, procureur du roi à Avallon ; 
Petit, bourgeois à Châtel-Censoir ; 

Pour le district de Joigny : 
MM. Basin, bourgeois à Saint-Julien-du-Sault ; 

Chamaillard, prévôt des maréchaux de France à Dicy ; 
Malus, receveur particulier des finances à Joigny ; 
Précy, bailly de Chassy ; 
Soret, négociant à Villeneuve-le-Roi. 

Pour le district de Saint-Fargeau : 

Mltt. Decourt, bourgeois à Saint-Fargeau ; 

Lemaigre, capitaine de cavalerie , chevalier de Saint- 
Louis à Saint-Fargeau ; 

Lepeletier de Saint-Fargeau, président à mortier au 
parloment de Paris, député; 

Paultre, bourgeois à Saint-Sauveur ; 

Teigny, bourgeois à Mézilles. 

Pour le district de Saint-Florentin : 
MM. Bavoil, notaire et contrôleur des actes à Ligny-le-Châtel ; 
Bernard, avocat à Venouse : 
Chaillot, avocat à Brienon ; 
Fernel, avocat à Brienon ; 
Potier, bailly de Saint-Florentin. 
Pour le district de Sens : 
WM. Bègue, bourgeois à Villeneuve-FArchevêque ; 
Bonnerot, avocat à Sens ; 
Desmaisons, conseiller au bailliage et siège présidial dre 

Sens; 
Despommiers, gouverneur de Chéroy ; 
Lamy, bourgeois à Gourion ; 

Pour le district de Tonnerre : 
MM. de Barbuat à Tonnerre ; 

FayoUe, bourgeois à Tonnerre ; 
Lauxerrois, avocat à Vassy ; 



i83 

Nenier, avocat bailly de Noyers ; 
Tureau, bourgeois àRavières (1). 
Les électeurs nommèrent comme procureur général syndic 
M. Campenon, avocat à Sens. 

Les membres du conseil général se réunirent à Auxerre. 

«Cejourd'bui, 2 juin 1790, avant midi, dit le procès-verbal, 
nous membres composant Tadministration du département 
de TYonne, soussignés, assemblés en la chambre synodale du 
palais épiscopal d'Auxerre, après avoir assisté à la messe 
solennelle du Saint-Esprit dite et célébrée aujourd^huy par 
MM. les chanoines de ta cathédrale sur le vœu qu^leur a été 
manifesté par une députation de quatre de nous , avons pro- 
cédé à la nomination de notre président et de notre secré- 
taire (2). » 

Le procureur général syndic fit ensuite un discours qui in- 
diquait bien l'esprit <le rassemblée ; il commençait par faire 
réloge des sages et dignes représentants de la nation la 
plus généreuse, puis il ajoutait : « et toi, sous les auspices 
duquel s'opère la régénération, monarque chéri et si bien fait 
pour l'être ; toi qu'un sentiment unanime a qualifié le plus 
honnête homme de ton royaume, vertu si rare chez les sou- 
verains, que l'adulation même n'a pas encore osé en faire la 
matière de son éloge ; toi dont l'âme noble et sensible a, sans 
regrets, multiplié les sacrifices, tant qu'ils ont pu concourir 
à Tavantage de tes sujets; toi sous le règne duquel, à l'aide 
d'une sage constitution, nous pourrons vérifier cette belle 
maxime, tout citoyen est roi sous un roi citoyen; 6 Louis, 



(1) On voit onze avocats dans cette liste ; mais je dois faire observer 
que ce titre d'avocat ne voulait pas dire qu'on exerçait cette profes- 
sion. II y avait, en dehors du collège des avocats plaidants, les avocats 
en Parlement, c'est-à-dire ceux qui avaient prêté serment au Parle- 
ment, mais qui n'exerçaient pas. Très-souvent un propriétaire qui vivait 
chez lui de ses rentes et de ses domaines prenait ce titre parce qu^il 
avait fait son droit dans sa jeunesse, et que c^était la marque d^une 
éducation libérale. 

(3) M. Lepeletier de Saint-Fargeau fut nommé président par vingt- 
cinq suffrages, et M. d'Avigneau président par intérim jusqu'à l'arrivée 
de M. de Saint-Fargeau. 

M. Foacier, ancien secrétaire du roi à Sens, fut nommé secrétaire. 

M. LepeleUerdeSaint-Fargeau refusa la présidence, et, lelft juin, 
M. d' A vigneau fut nommé président. 



484 

A mon roi, roi des Français, monte avec orgueil sur les débris 
encore fumants du despotisme et de la féodalité, regarde au- 
tour de toi et vois de toutes parts le bonheur marcher sur 
les pas de la liberté. La liberté ne détruira point ton empire, 
elle ne fera qu'en relever l'éclat ; tes ministres peut être ins- 
pireront moins de crainte, mais tu seras plus aimé, plus 
chéri, plus respecté. 

« Entends du fond des provinces, du sein des villes, du mi- 
lieu des campagnes les nombreuses bénédictions qui t'entou- 
rent ; partages-en la satisfaction avec notre auguste reine et 
jouis délieieusement de la félicité d'avoir créé celle d'un 
grand peuple. 

« Que nos vœux, exaucés de l'Eternel, nous conservent 
longtemps le meilleur des rois. 

Veille sur lui, grand Dieu! Veille sur ton image, 
La vertu sur le trône est ton plus digne ouvrage. 

«La constitution, Messieurs, est le germe de la félicité de ce 
vaste empire, et ce germe va se développer entre vos mains ; 
vous allez le seconder, le vivifier, le propager dans toutes les 
parties de l'administration qui vous est confiée, et vos efforts 
perpétuels, dignes de vous, dignes de la nation, justifieront 
les vœux et le choix honorable de vos concitoyens. 

« Ah I combien ils ont du compter sur votre zèle, sur votre 
patriotisme, sur votre dévouement sans réserve à la chose 
publique, sur votre attachement inébranlable aux principes 
essentiellement vrais consacrés parles décrets de l'assenàblée 
nationale, lorsque, justes dans leurs opinions et libres dans 
leurs suffrages, ils ont déposé en vos mains les pouvoirs 
étendus et pour ainsi dire souverains d'une administration 
importante dont les fonctions bien ou mal remplies vont pro- 
duire le bonheur ou le malheur de 400,000 individus. 

« C'est un hommage bien flatteur que leur confiance, leur 
estime, leur respect ont rendu à vos vertus, à vos talents, à 
vos lumières; et la sagesse de vos opérations va ajouter en- 
core à ces premiers sentiments celui de la plus vive recon- 
naissance. y> 

L'assemblée, dès le M juin, fit la division des objets rela- 
tifs à ses fonctions et régla leur partage entre différents bu- 
reaux dans Tordre suivant : 



485 

Premier bureau. 
Administration générale ; 
Districts, cantons et municipalités ; 
Affaires extraordinaires ; 
Règlements de police de l'assemblée ; 
Emplacements des administrations de département et de 
districts. 

Deuxième bureau. 
Impositions de toutes natures ; 
Contributions patriotiques ; 
Recouvrement des impositions ; 
Comptabilité ; 
Frais de perception. 

Troisième bureau. 
Domaines nationaux ; 
Ponts-et-chaussées ; 
Grandes routes ; 
Canaux navigables ; 
Presbytères ; 
Eglises ; 

Exécution des travaux de charité, etc. 
Prisons et maisons d*arrét. 

Quatrième bureau. 
Travaux publics ; 
Ponts et chaussées ; " 
Grandes routes ; 
Canaux navigables ; 
Presbytères ; 
Eglises ; 

Exécution des travaux de charité et toutes réparations et 
constructions de travaux publics ; 
Prisons et maisons d'arrêt. 

Cinquième bureau. 
Bien public et police ; 
Commerce ; 
Agriculture ; 
Commerce des grains ; 
Mendicité ; 
Vagabonds ; 

Régime et administ. des hôpitaux, collèges et séminaires ; 
Education publique ; 



m 

Casernements ; 
Maréchaussées ; 
Fonds des ateliers de charité ; 
Gardes nationales ; 
Grande police ; 
Destruction des loups. 

Le 7 juillet 4790, le conseil général nomma les membres 
du directoire qui devaient être le véritable pouvoir exécutif 
du département. 

Pour le district d'Âuxerre, MM. Maujot; 

— d*Avallon, Laureau; 

— de Joigny, Malus; 

— de Saint-Fargeau, Decourt; 

— de Saint-Florentin, Bernard ; 

— de Sens, - Bonnerot ; 

— de Tonnerre, Menier; 
Le huitième membre fut choisi sur la 

totalité de rassemblée. Paradis (1 ) . 

Le directoire commença ses séances le 15 juillet 1790. 
M. d*Avigneau, comme président du conseil général, étant 
président de droit du directoire, divisa les différents objets de 
ses travaux en bureaux et décida que : 
MM. Maujot et Paradis suivraient la partie des domaines ; 

Menier et Laureau, celle des travaux publics ; 

Bonnerot et Bernard, celle de l'administration générale 
et du bien public; 

Malus et Decourt, celle des impositions. 

Le directoire procéda le même jour à l'élection d'un vice- 
président; M. Laureau fut nommé. 

Le 3 août 1790, le directoire nomma et répartit le person- 
nel des bureaux (ï). 



(1) Malgré Timportance et le grand nombre d'attributions confé- 
rées au directoire, on peut trouver qu'il était trop nombreux ; neuf 
membres, non compris le procureur-général syndic et le secrétaire 
général; plus tard il fut réduit à cinq, comme nous le verrons plus 
loin. 

(2) Voici les noms des employés : Administration générale : 
MM. Lenoble, chef de bureau. 

Guitton, 4^' commis. 
Gallois, id. 



487 

Combien coûtaient ces bareaux do directoire. Dans nne 
délibération du conseil général du 9 décembre 1790, ce con- 
seil propose à rassemblée nationale de l'autoriser à employer 
au travail de ses bureaux et à ceux du procureur général syn- 
dic, 37 commis non compris six surnuméraires. 

Cinq chefs de bureau à 1,200 fr 6,000 

Cinq premiers commis à 1 ,000 fr. . . . 5,000 
Quatre premiers expéditionnaires à 900 fr. . 3,600 
Quatre seconds expéditionnaires à 700 fr. . 3,800 

Trois autres à 600 fr 1 ,800 

Six surnuméraires ........ 1 ,200 

Et pour les bureaux de M. le procureur gé-* 

néral, un chef de bureau 1,200 

Premier commis 1,000 

Premier expéditionnaire 900 

Et trois autres expéditionnaires 2,000 

Bachelet, 1*' expéditionnaire. 
Ravet, 2* id. 

Monot Taîné, surnuméraire. 

Travaux publics : 
MM. Layné, chef de bureau 
Bazin, 1" commis. 
Cadet, i^^ expéditionnaire. 
. Lescuyer, 2* id. 
Bègue, 5* id. 

Villetard, surnuméraire. 

Domaines nationaux : 
MM. Bonnevilie, chef de bureau. 
Antoine Chardon, 1"^ commis. 
Gautier, 1*' expéditionnaire. 
Dejust, ^ id. 

Maujeot, 5» id. 

Quatrevaux, surnuméraire. 

Impositions : 
MM. Cécile, chef de bureau. 

Malus, i*' commis. 

Deschamps, V^ expéditionnaire. 

Rousselet, S<> id. 

Peupler, 3* id. 

Hay, faisant fonctions de surnuméraire. 
Au mois de décembre i790, le bureau du procureur-général syndic 
était composé ainsi : 
MM. Bachelet, chef de bureau. 

Rose, !«' commis. 



488 

£t à trois surDuméraires (gratifications) . . 400 

Frais d'impression 16,000 

Frais de bureaux, dépenses d'inventaire, ports 

de lettres et deux garçons de bureau . . 13,200 
Cette administration, en ajoutant à ce chiffre les indemni- 
tés données aux membres du directoire, coûtait assez cher, 
mais il ne faut pas oublier deux choses : les membres de 
rassemblée constituante et la majorité des Français avaient pu 
faire ou subir une révolution; mais ils ne s'étaient pas séparés 
d'une foule d'idées et de préjugés ; grands partisans de la 
liberté, ils avaient conservé Tamour de l'unité absolue, de 
l'uniformité, de la réglementation, qui dominait les adminis- 
trateurs de l'ancien régime et les esprits spéculatifs et tran- 
chants des novateurs. Dès lors, on croyait Tadministration 
obligée à une tutelle continuelle sur les communes, pour 
leurs délibérations, leurs travaux, leurs budgets, sur les éta- 
blissements d'instruction, d'utilité publique ou de charité, à 
une réglementation [tutélaire du commerce des grains notam- 
ment, à la surveillance du culte et de certaines industries. La 
Constituante avait supprimé les intendants, mais n'avait pas 
supprimé leur esprit (1). De là nécessité de beaucoup d'écri- 



Sauvaile, 1^>^ expéditionnaire. 
Chapotin, . id. 

Rouard, id. 

Martineau, id. 

Et trois surnuméraires. 

(I) Voici un exemple de cet esprit ancien et formaliste conservé 
dans les nouvelles administrations : 

Délibération du directoire de l'Yonne du 9 août 4790 ; 

tt 11 a été fait rapport par un de messieurs de l'extrait du procès- 
verbal dressé par la municipalité de Vergigny du 20 mai dernier, 
contenant qu'à la réquisition du sieur Curé elle s'est transportée en la 
maison presbytériale pour constater les réparations urgentes qui 
étaient à y faire, et a ciiargé le procureur de la commune de les faire 
constater par experts ; 

u Du devis dressé par Pierre Duthin et Beaudoin, à la diligence du 
procureur de la commune le 21 dudit mois, duquel il résulte que les- 
dits ouvrages montent à 393 fr. ; 

(t De l'adjudication tranchée par lesdits officiers municipaux le 26 
dudit mois de mai, à Jacob Beaudoin, pour la somme de 380 fr. ; 

u Vu lesdites pièces ensemble Tavis du district deSaint«FIorenlin et 
M. Paradis, substituant M. le général syndic, entendu ; 

u Le directoire du département, considérant que les officiers munici- 



189 

tures et de commis. Ensuite, l'Assemblée constiluante ayant 
décrété la vente des biens du clergé qui fut suivie ensuite 
de la vente des biens confisqués sur les émigrés et les con- 
damnés révolutionnairement, et chargé les directoires de 
toutes ces ventes, ce service exigea des écritures à Tinfini. 

Tous ces commis étaient employés et très-activement, et les 
membres du directoire eux-mêmes, attachés chacun à des 
bureaux, travaillaient beaucoup ; plus de cent gros volumes 
sont remplis des délibérations et arrêtés du conseil général 
et du directoire de 1790 à 180U. 

L'administration départementale inspira sur-le-champ une 
grande confiance à la majorité des habitants du département ; 
elle était composée à peu près des mêmes éléments dont se- 
rait composé de pos jours le conseil général de TYonne, et 
presque tous seS -membres étaient des hommes entraînés, 
pour la plupart, par l'exaltation du moment, mais qui dési- 
raient vivement maintenir non pas seulement la liberté nou- 
velle, mais Tordre public et l'harmonie. 

Une cérémonie curieuse, qui eut lieu quelques jours après 
l'installation du directoire, montre bien cette confiance que 
l'on avait dans la nouvelle administration, et les sentiments 
d'exaltation généreuse et naïve qui animaient alors la majorité 
des Français. 

« Le 25 juillet 1790, dit le procès-verbal, après le Te Deum 
chanté en l'église cathédrale d'Auxerre, en action de grâces 
de la fédération générale des gardes nationales, troupes de 



paux de Vergigny se sont écartés essentiellement des formalités à ob- 
server pour les travaux qui intéressent une commune, que les répé- 
tions à faire au presbytère ne pouvaient et ne devaient être exécutées 
que sur une requête présentée par le curé aux administrations alors 
en activité, communiquée à la municipalité à la suite de laquelle aurait 
été formé le devis estimatif desdites réparations, et enfin sur une 
adjudication faite après publication et affiches, et avec une authenti- 
cité telle qu'elle écartât tout soupçon; 

tt Arrête que les officiers municipaux de Vergigny convoqueront le 
conseil général de la commune pour ordonner une assemblée de 
citoyens actifs de la paroisse à laquelle seront soumises les délibéra- 
tions, devis et acijudications des réparations qui étaient à faire au pres- 
bytère et qui aujourd'hui sont exécutées, pour par lesdits citoyens 
délibérer sur la nécessité desdites réparations; laquelle délibération 
sera renvoyée au district pour sur son avis être statué par Tadminis- 
tration ce qu'il appartiendra, n 

1866. 18 



190 

ligne et autres corps militaires du royaume, le directoire du 
département de l'Yonne, extraordinairement assemblé dans 
la salle ordinaire des séances du conseil général,' présidé par 
M. Alexandre-Marie ci-devant d'Avigneau ; ' 

'' « Se sont présentés les commissaires de la garde nationale 
des sept districts du déparlenâent de TYonne, nommés pour, 
en exécution du décret de rassemblée nationale du 19 de ce 
mois, apporter, dans la salle des séances du conseil gétiéral, 
la bannière qui a été donnée aux députés de la garde natio- 
nale de ce départemeiit, par la ville de Paris, lors de là fédé- 
ration générale qui a eu lieu dans cette capitale le 1i de ce 
mois. 

« M. Bourdois , major de la garde nationale de la ville 
d'Auxerre, au nom des députés des gardes nationales du dé- 
partement, a dit : 

« Messieurs, 

« Nous vous apportons le signe d'alliance qui doit servir 
de ralliement à toutes les gardes nationales de ce vaste dé- 
partement. 

« En vous remettant ce dépôt honorable, nous déposons 
entre vos mains le gage de notre union et le serment de Hotre 
obéissance. 

« Liés désormais par les mêmes intérêts et les mêmes sen- 
timents, nous ne formons plus qu'un peuple de frères dont 
vous serez Tami, le guide et le conseil. Une famille si nom- 
breuse pourra peut-être dans quelques circonstances être di- 
visée par des intérêts locaux; votre sagesse saura les préve- 
nir, notre confiance vous secondera, et lorsqu'enfin vous 
voudrez que nous ne formions qu'un même sentiment, qu'une 
même pensée, vous nous rappellerez notre serment' fédéra tif; 
vous nous représenterez le traité d'alliance que nous avons 
juré, et, à la vue de cette bannière, toute rivalité disparaîtra, 
toute idée étrangère au bonheur s'évanouira et ne formera 
plus qu'un accent ; ce sera. Messieurs, celui d'une reconnais- 
sance qui sera le garant de notre soumission à la nation, à la 
loi et au roi. » 

Après deux discours de M. Charier, commissaire-adjoint de 
la garde nationale de Jôigny, et de M. Villetard, maire 
d'Auxerre, le président du directoire répondit : 



i?,< 



.« Messieurs, 



:« L'Assemblée reçoit, avec Tenthousiasme qu'inspire 
.raniourfle la patrie, des citoy^rvs qui s'avancQût au milieu 
d^elle le.s^mbole.de la paix à.l^ «lain ; :elle s'honore d'être le 
dépositaire de. ce onoaumeut d'une alliance éterqiQlIe .entre tous 
les Français. 

« Voua Lui pafialâa^z, Messieurs, j^ev^ir de Ja ao^quéte 
des, préjugés, et .das usages tyranniques. Cette bannière sem- 
ble. être rhoAorable dépouille.de^ ennemis de Ja constitution, 
,C^Ue bannii&re, autrefois le signe de la servitude, est dans 
xps.m,aips Ie.9igne de larliberté.^Vous l'avez pour ainsi dire 
;arraiQhéê à la barbarie de3 çiècles de)féQdalitépour en faire 
•yQtre. ornjçpaent et.le.gage.de yotre patriotis^me. /Cette bannière 
ne s'élevait autrefois que :pour annoncer la ^terreur et la 
gi^^rre, aujourd'hui elle annonce le boaheuret^l'union. 

« Xe directoire du. département, s'honorant de recevoir. en 
.dépOtle gage de la confraternité éternelle que se sont jurée 
tQus.les Français à la face des autels, en présence.de la diète 
auguste et du Roi, est persuadé que cette bannière sera dans 
tous.les temps le centre du ralliement des citoyens de ce dé- 
partement, rétendard de la liberté à laquelle elle est spéciale- 
ment Qon$acréei la terreur du despotisme et des «ennemis. de 
^ FiÉtat, le garant in\;ioIable de la .Constitution décrétée .par 
.l'A^sepblée .nationale et acceptée par le jRoi ; il est assuré 
qu'à $a vueje patriotisme enflamoiera tous les coeuj[*s,en leur 
rappelant l'époque à jamais méqaorable qui a cimenté la ,ré- 
yplution fortunée, qui d'up peuple d'esclaves fait un peuple 
de frères et d'amis ^résolus de .sacrifier ieur vie pour la main- 
tenir. 

« I^çs.citoyens de ce département .n'oublieront jamais que la 
prospérité du plus vaste empire n'a de ba&es ,&oUdes que la 
loi, et que leur amour pour la personne sacrée. du roi doit en 
assurer l'exécution. » 

Ces vœux, ces protestations d'union, de concorde, de fra- 
ternité éternelle ne furent pas, hélas! exaucés. La révolution, 
qui avait déjà fait des ruines et des victimes, trouvait de la 
résistance dans les idées et les intérêts ; la constitution civile 
du clergé créa au nouveau régime des embarras et des enne- 
mis qu'il ne pouvait vaincre, car on ne tue pas les cons- 
ciences ; l'hostilité contre la noblesse et le clergé écarta des 



192 

affaires publiques des hommes honorables, instruits, et dont 
le concours aurait été si utile; de fausses idées économiques, 
la crainte et la haine des soi-disant accapareurs de grains, 
firent naitre ou accrurent la disette ; les idées et les actes du 
jacobinisme effrayèrent les cœurs honnêtes et les esprits mo- 
dérés. 

L'union parut cependant à peu près complète dans des circon- 
stances bien graves. En 1791, lorsque la guerre avec l'Empe- 
reur d'Allemagne et le roi de Prusse parut imminente, l'Assem- 
blée législative convoqua des bataillons de volontaires, et il 
se produisit sans doute alors un mouvement remarquable de 

r patriotisme et d'union dans le département de l'Yonne; 
'Assemblée avait demandé deux bataillons au département ; 
par un élan de patriotisme guerrier, il s'en forma trois. C'est 
alors que le jeune Davout, qui depuis devait être un des pre- 
miers généraux de l'Empire, fut nommé par les volontaires, 
qui choisissaient leurs officiers, lieutenant-colonel en second 
du troisième bataillon» qui se rendit bientôt en Champagne, 
près de la frontière. 

Ces bataillons avaient été formés et habillés aux frais des 
départements qui devaient veiller à leur recrutement et les 
tenir au complet. Le directoire du département de l'Yonne 
remplit ce devoir avec une grande activité et une grande sol- . 
-licitude. Il avait aussi, pour exciter l'émulation, décidé qu'il 
serait établi un registre où seraient inscrits les noms des 
volontaires de l'Yonne qui se distingueraient par des actions 
d'éclat. Les archives de l'Yonne contiennent un grand nom- 
bre de lettres de Davout au directoire pour lui rendre compte 
des besoins et des services de son bataillon. Dans ma notice 
sur les maréchaux de France de TAvallonnais, j'ai fait con- 
naître les plus curieuses de ces lettres ; je n'en citerai ici 
qu'une seule : 

Au camp retranché sous Sedan le 12 juillet, 
Tan IV de la Liberté. 

« Messieurs, 

« Le conseil d'administration me charge de vous faire 
passer les états ci-joints et devons témoigner en même temps 
sa reconnaissance de votre sollicitude paternelle pour notre 
bataillon. Le meilleur moyen est de nous mettre à même de 
vous l'aire couvrir le registre des marques de notre dévoue- 



193 

ment non équivoque à la cause de la liberté. Nous espérons 
que sous peu nous aurons ce bonheur et que la manière dont 
nous nous montrerons ne sera pas faite pour faire rougir nos 
parents, nos connaissances, nos frères et nos administra- 
teurs. » LOUIS DAVOUT. » 

Il peut paraître étrange avec nos idées actuelles d'unité et 
de commandement absolus , que des départements aient 
formé, soldé, habillé des bataillons de volontaires, que des 
administrateurs élus par leurs concitoyens aient été chargés 
de ce soin, et qu'ils aient correspondu avec des chefs de 
corps nommés par leurs soldats et exercé une influence sur 
eux, même au milieu des camps. Mais, s'il n'y avait eu alors 
que le préfet et le ministre de la guerre pour tout ordonner, 
tout faire et tout nommer, si les populations n'avaient eu qu'à 
obéir, l'action aurait pu gagner sans doute à l'unité de volonté 
et de commandement, mais l'enthousiasme qui soulevait des 
montagnes n'aurait-il pas disparu? 

Il vient de se passer en Amérique quelque chose d'analogue 
à ce que Ton vit en 1791 et 1792. 

Les Etats-Unis du Nord ont fait dernièrement une guerre 
gigantesque aux Etats du Sud avec des volontaires qui en 
grande majorité étaient recrutés, soldés, habillés parles Etats 
particuliers; sans doute cet éparpillement des forces et des 
influences a eu bien des inconvénients, et ces armées ne res- 
semblaient guère à nos armées d'Europe ou tout est réglé, 
nommé, ordonné par le ministre de la guerre, et marche avec 
une stricte obéissance et un ensemble parfait ; mais le prési- 
dent et ses ministres auraient-ils pu, s'ils avaient été omnipo- 
tents, faire naître et maintenir cet enthousiasme qu'avait en- 
tretenu la participation de toutes les volontés à une grande 
œuvre? La perfection militaire n'aurait-elle pas affaibli, énervé 
le patriotisme et cette passion populaire qui seuls pouvaient 
soutenir une telle guerre? 

Mais revenons à la France et au département de TYonne. 

III. 

La guerre causa donc dans presque tous les départements, 
et surtout dans le nôtre, une explosion de patriotisme et de 
passion guerrière ; mais elle fut pour la politique intérieure 



194 

de la France un grand malheur; la crainte de l'invasion^ 
arine terrible dans les mains du parti exalté, fut la cause de 
ses funestes triomphes à l'intérieur. Deux documents feront 
connaître quels effets elle produisit dans notre département. 

Le8 juillet 1792, l'assemblée législative avait déclaré la 
patrie en danger, et la journée du 10 août avait renversé les 
derniers débris du trône de Louis XYI; c'était en accusant le 
roi de complicité avec l'ennemi que la commune de Paris 
avait poussé les bandes populaires contre le palais des Tui- 
leries. Ce triomphe du parti exalté eut partout les consé- 
quences les plus funestes, et fut la cause d'un grand crime 
commis à Auxerre. 

L'assemblée nationale, sous la pression de ce parti triom- 
phant, s'était emparée du p<)iivoir exécutif et avait ordonné à 
tous les fonctionnaires et citoyens de prêter le sermebt de 
vivre pour la liberté et l'égalité ot de mourir en les défen- 
dant. 

Le 19 août, la garde nationale d'Auxerre était réunie suHe 
champ de la Fédération. Le serment avait été prêté et la gar- 
de nationale était sur le point de rentrer à Auxerre, lorsqu'un 
des gardes nationaux, M. Duché, quitta les rangs. Des enfants 
qui le virent se retirer^ lui adressèrent des injures; il fit un 
geste peu décent qui, dit-il un peu plus tard dans son inter- 
rogatoire, voulait exprimer l'idée que ces enfants tapageurs 
méritarent le fouet. Ces enfants crièrent : A l'aristocrate ! Quel- 
ques personnes survenant crurent, d'a(>rès ce que l'on leur 
dit, que Duché venait d'inàulter le peuple et crièrent aussi: A 
Taristocratel Duché, effrayé, se sauva et la foule grossissante 
se mit à courir pour Tarréter. MM. Poterat et Royneau 
avaient aussi quitté les rangs à peu près dans le même mo- 
ment pour satisfaire un besoin; la foule cria aussi contre eux : 
Aux aristocrates I les poursuivit et les arrêta ainsi que H. Du- 
ché. Tous trois furent conduits à l'hôtel de ville où un juge 
de paix commença à huit heures an soir à les interroger 
comme prévenus de s'être permis des gestes indécents qui 
annonçaient leur mépris pour le serment que la garde natio- 
nale venait de prêter. Ce bruit devint une vérité pour une mul- 
titude égarée parla passion et qui voyait partout des traîtres; 
plusieurs volontaires de passage à Auxerre partageaient l'exas- 
pération de la populace et l'augmentaient. Avant quel'interror 
gatoirefût terminé, la garde qui avait été placée à la porte de 



195 

rhôlel de ville fut forcée; des hommes furieux se précipitèrent 
dans la grande salle où épient les prévenus. H. Royneau, qui 
s'était réfugié dans rinlérieui!i de la cheminée, fut sauvé grâce 
au courage et à la force de M. Mérat-Vauluisant, pharmacien, 
qui, s^émparant d'une bûche, s'était placé devant la che- 
minée et au péril de sa vie parait les x^oups de sabre qui 
étaient destinés à M. Royneau ; mais MU. Duché et Pothe- 
rat, saisis au milieu de la salle par ces furieux, furent, mas- 
sacrés et on promeiia dans les rues de la ville leurs têtes pla- 
cées sur des piques. 

Le conseil général du département était alors à Auxerre en 
sessipn sous la présidence de Lçpeletier de Saint-Fargeau. 

Le lendemain 20 août, le conseil, pro fondement consterné 
des mai4x gui ont frappé la commune d' Auxerre et dont 
elle pajraît de nouveau menacée , 

Arrête : 

« â® Quç le conseil général de la commune requerra 
sur-le-chaqap toutes les gardes nationales d' Auxerre ; 

% 3^ Que les membres 4u conseil général se porteront à 
la tête des patrouilles pour exhorter les, citoyens qui s'écar- 
teraient de Tordre à y rentrer, à cesser tous attroupements 
qui, contraires à la loi, répandent l'inquiétude dans tous les 
cœurs; , 

« 4o Qu'il sera fait une adresse aux citoyens d^ la com- 
mune d'Auxerre et volontaires qui se trouvent actuellement 
dans son sein dont lecture sera faite par MM. les officiers 
municipaux dans les différent^ quartiers de la ville ; 

« ^^ Que dans le cas oii la garde nationale ne .serait pas 
en force suffisante, les officiers municipaux ^en inslrujraieni 
surrle-champ l'administration, qui requerra à l'instant tous 
les frères d'armes des communes voisines. » 

Voici la proclamation du conseil général à ses conci- 
toyens : 

« Un malheureux événement vient d'affliger la ville 
d'Auxerre; deux victimes ont été Immolées; 

« Cette vengeance est terrible, elle est indigne d'un peu- 
ple ^ffli des lois et de la liberté ; si la loi perd son empire, si 
l'on n'attend pas qu* elle ait prononcé, la liberté, la sûreté des 
persQane$ nlexislent plus ; ie% proscriptions populaires au- 
ront bientôt enveloppé et le bon et le mauvais citoyen; 



196 

« Nous vous en conjurons, au nom de la patrie en danger, 
vous tous amis de la liberté, de Tégalité, braves citoyens, 
ramenez à Tobéissance des lois vos frères égarés. Dites leur 
qu'ils se reposent sur leurs magistrats, qu'ils sont dignes 
de toute leur confiance^ qu'ils feront parler la loi, que pas un 
coupable n'échappera à sa juste sévérité; mais qu'il n'y ait 
que sa voix qui se fasse entendre ; 

« Tout autre cri est un cri de sang et porte atteinte à la 
majesté du peuple; 

« Notre unique souverain est la loi, aucune main aujour- 
d'hui n'en peut suspendre le glaive vengeur; 

« Tous les forfaits seront expiés, tous les crimes punis. 
Mais attendons avec le calme qui convient à une nation libre 
que ses organes aient prononcé ; 

« Plusieurs de vous conçoivent dans ce moment des in- 
quiétudes sur les subsistances; comment voulez-vous qu'elles 
arrivent au milieu d'une ville où l'effroi et la terreur sub- 
sistent ; 

« Allons, citoyens, que les liens de la liberté, de l'égalité 
nous unissent; armons-nous, mais que ce soit pour voler à la 
défense de la patrie ; que tout trouble intérieur, que toute 
proscription disparaissent ; 

« Songez bien que nos ennemis extérieurs trouvent un 
sujet de joie dans chacune des atteintes qu'ils vous voient 
porter à la loi ; 

« Sachons mourir s'il le faut pour assurer son empire. » 

Le 22 août, la garde nationale de Villeneuve-le-Roi arrêtait 
un volontaire nommé Gallard, bourrelier à Auxerre ; il avait 
du sang sur ses manches et on lui demanda d'où il provenait. 
Gallard répondit : qu'il était celui qui avait coupé les têtes 
des deux aristocrates à Auxerre et que, s'il y en avait dans 
ce pays à couper, il n'y avait qu'à le lui dire, qu'il était prêt 
à les couper. 

Le conseil général est immédiatement prévenu et le 24 il 
prend l'arrêté suivant : 

a Considérant qu'il a été, dans la soirée du dimanche 19 
de ce mois, en l'une des salles de la maison commune de la 
ville d'Auxerre, commis un meurtre dans les personnes des 
sieurs Duché et Potherat dont les circonstances ont été mises 
sous les yeux dé l'assemblée nationale par sa lettre du 20 ; 

« Qu'il parait résulter tant de la déclaration du comman- 



197 

dant de poste de Villeneuve-le-Roi que des interrogatoires 
subis par ledit Gallard, qu'il est un des auteurs de ce crime ; 

« Que s'il est intéressant que des coupables n'échappent 
pas au glaive de la justice, il est en même temps du devoir 
de l'administration de concilier Texécution de la loi avec le 
maintien de l'ordre et de la tranquillité publique ; 

« Que le transport et la détention dudit Gallard dans la 
maison d'arrêt et de justice du district et du tribunal crimi- 
nel du département, séant à Auxerre, lieu du délit, pourraient 
donner lieu à des manœuvres sourdes de la part de ceux qui 
ont coopéré au crime et porter le peuple à Tinsurrection ; 

« Que le conseil général de la commune d' Auxerre a for- 
mellement déclaré à l'administra tion que la présence dudit 
Gallard dans cette ville serait extrêmement dangereuse et 
pourrait donner lieu à de nouveaux malheurs ; 

« Arrête: I^Que l'assemblée nationale est instamment 
priée, attendu la gravité des circonstances, d'appuyer de son 
autorité la sollicitude de l'administration; 

« En conséquence de décréter que l'instruction du crime 
commis dans les personnes des sieurs Duché etPotheratsera 
attribuée au directeur du jury du tribunal du district de Joi- 
gny, que l'acte d'accusation tant contre ledit Gallard que 
contre tous autres qui pourraient être prévenus dudit crime 
sera soumis au jury dadit tribunal et qu'en cas de déclara- 
tion par le jury qu'il y a lieu à accusation, les prévenus 
seront tranférés dans la maison de justice du tribunal cri- 
minel du département de Seine-et-Marne, qui sera également 
commis, pour y être jugé en la forme prescrite par la loi ; 

« 2^ Que le tribunal du district de Joigny demeure invité 
à surseoir à prononcer sur le mandat d'arrêt décerné par le 
juge de paix de Villeneuve-le-Roi, contre ledit Gallard, jus- 
qu'à ce qu'il ait été statué par l'assemblée nationale sur la 
demande en attributions; 

« S*' Que dans le cas où le tribunal ne croirait pas devoir 
déférer à 1 invitation qui lui est faite, le conseil arrête provi- 
soirement et comme mesure de police et sûreté générale, que 
ledit Gallard sera retenu dans la maison d'arrêt du district 
de Joigny jusqu'à ce qu'il ait été prononcé par l'assemblée 
nationale sur l'attribution demandée. » 

Le conseil général, en envoyant cet arrêté à l'assemblée na- 
tionale par un courrier extraordinaire, écrivit à un des dépu- 



198 

tés du département pour le prier de presser la décision de 
rassemblée sur une affaire si urgente et si grav^. 

JL*assemblée nationale rendit, le 25 août, la loi d'attribu- 
tion qu'on lui demandait. Gallard fut-il jugé et condamné? 
je ne sais, et j'en doute. Les massacres de septembre allaient 
ensanglanter Paris et on ne dut pas condamBer Gallard qui 
avait fait ce que la conamune de Paris allait ordonner et 
payer. 

Auprès la chute de Robespierre, uqc pétition adressée à la 
Convention demanda la punition des hommes qui avaient 
assassiné Duché et Potherat ; mais on passa à Tordre 4u jour 
sous prétexte qu'il y avait une amnistie pour les faits révo- 
lutionnaires. 

L'excitation venue de Paris avait fait coqamett'rG le çirinae,. 
l'iippunité vint encore de Paris. L^ crainte de l'invasion et 
Taçcusation de complicité avec l'ennemi justifiaient tous les 
crimes. 

L'administration départementale fut bientôt renouvelée 
sous la pression de cette terr.eur de l'invasion .. 

Le 2 septembre <792, les électeur^ du département de 
l'Tonne se réunirent à Sens pour nommer les députés à la 
Convention. . 

Ils choisirent d'abord comme président dç leur assemblée 
Lepeletier de Saii^t-Fargeau, et le 5 septembre ils le nommè- 
rent, député à la Cpnveption natipnalQ. 

Le 6 septenibre, lorsqu^on procédait à l'élection d'autres 
députés, un électeur,, dit le procès-verbal, « ^ demandé Ja^ 
parole et a dit que des commissaires venaol. d.c la comn^une 
de Paris, annonçaient que Ips ennemis, aprks a^voir pris la 
villç de yer4un, s'avançaient sur celle de Châlons et. il .a 
demandé que l'assemblée a'açsur^t par un courrier. expédié à 
Châlons de l'authenticité de ces nouvelles. Ç^tt^e paotioQ a é^é 
amendée par la proposition d'envoyer préalablement ,dt^s 
commissaires à la municipalité et au district où^étaieqt d^qs. 
ce fpoment ceux de la commune de Paris. Cette mptiojQ.^ été 
adoptée et à l'instant ]M(. le président a,.non[imé ,un commis- 
saire dans chaque district pour cette députation. 

« Les commissaires de l'a^sQmblée, dépu,tés aiiprès de ceux, 
de la commune de Paris, sont entrée 4ans. l'enceipte. et un 
d'eux est iiion.té^à la tn,buj[;e.ppur rendre cojiip^e du résultat . 
de leur coniférence avec les commissaires de Paris. Il a dit 



499 

que ces derniers leur avs^ient appris que Tarmée du général 
Luckner se repliait sur Meaux et que les ennemis devaient 
s'être emparés de Châlons ; qu'ils étaient envoyés par la com> 
mune de Paris pour apprendre ceit^ nouvelle à toutes le§ 
municipalités et aux citoyens pour les inviter à doubler de 
courage et d'ardeur pour le maintien de l'indépendance 
nationale. À l'instant un cri de : Vive la Nation! s'est fait en; 
tendre dans toutes les parties de la salle. Tous les électeurs 
ont juré aussitôt de mourir mille fois plutôt que de survivre 
à la perte de la liberté et de l'égalité. Un courrier a sur-le- 
champ été expédié par l'assemblée pour aller à Châlons s'in- 
former de la situation de nos frontières. Un officier de la 
garde nationale, électeur du canton d*ÂilIant, a prévenu 
l'assemblée qu'une compagnie de citoyens volontaires était 
prête à partir pour aller à l^nnemi, si la municipalité vou- 
lait lui accoHec les canons de la ville et autres armes néces-, 
saires, et que lai-méme offrait deux chevaux pour transport 
de vivres et fourrages! L'assemblée applaudit au généreux 
dévouement de l'orateur et de ses frères d'armes. Un de 
messieurs les commissaires de la députalion' est monté à la 
tribune et a fait lect^ure d'une adresse dç la commune de 
Paris aux citoyens dont le but était d'enflammer les cœurs 
par^toute l'énergie d'un style patriotique. Le cri de : Vive la 
Nation I a été répété avec entnousiasiàe. 

« On est venu annoncer à l'assemblée que les commissaires 
de la commune de Paris étaient dans la disposition de se 
présenter, et M. le président a député quatre commissaires 
pour aller au-devant d'eux et les introduire. Ils sont entrés 
au milieu des cris de : Vive la nation, la liberté et l'égalité I 
il$ ont été placés sur le bureau à côté de M. le président. 
Après avoir exhibé les pouvoirs dont ils étaient revêtus, un 
d'eux a dit que ce n'était que les dangers éminents de la pa- 
trie qui les avait amenés au sein de l'assemblée, que la ville 
de Paris, trompée par toutes les autorités constituées, avait 
résolu de se sauver encore une fois elle-même, que tandis que 
le'peuple s'occupait à faire justice lui-même de tous les traî- 
tres à la patrie, détenus ou non détenus, pour éviter la lenteur 
des tribunaux, il avait été détourné de ce soin pour se livrer 
tout entier à celui de repousser 1^ ennemis extérieurs dont la 
marche vers. la capitale étail^ d'une rapidité inquiétante, que 
les ministres consultés sur la nature et l'étendue de nos for- 



200 

ces, n'ayant pas répondu d'une manière rassurante, on s'était 
déterminé à tenir un conseil composé des ministres et de tous 
les membres de la commune, qu'il y avait été arrêté que des 
commissaires seraient envoyés dans toutes les parties de 
l'Empire pour engager tous les citoyens à voler au secours 
de la patrie. En outre, le commissaire-orateur a dit qu'ils 
avaient pour objet de requérir toutes les gardes nationales 
armées pour voler au combat, et que les citoyens qui ne 
pourraient satisfaire à cette réquisition seraient obligés de 
remettre leurs armes et leurs uniformes à ceux qui se dispo- 
seraient à les remplacer, que le dernier objet de leur mission 
était la fabrication prompte d'une quantité de piques pour 
armer la masse entière du peuple. Le président a répondu aux 
commissaires qu'au moment où le danger de la patrie deve- 
nait plus menaçant, c'était celui où tous les citoyens redou- 
bleraient de courage, et que l'Assemblée espérait que le peu- 
ple de Paris sauverait encore une fois la chose publique. Le 
commissaire a invité l'Assemblée à continuer le cours des 
opérations importantes auxquelles elle se livrait, et lui a sur- 
tout parlé du danger qu'il y aurait à envoyer à la Convention 
nationale des nobles, des prêtres et des hommes de loi. Le 
président a sur-le-champ demandé la parole et a dit qu'il avait 
eu le malheur de naître noble, qu'il avait eu le bonheur d'être 
honoré de la confiance de ses concitoyens par le choix qu'ils 
venaient de faire de sa personne pour un de leurs représen- 
tants, que cependant il était prêt à rendre cette marque hono- 
rable de leur confiance si rAssemblée jugeait, d'après l'invita- 
tion du commissaire, devoir s'en dessaisir. A l'instant un vœu 
négatif et général a été prononcé dans toute l'Assemblée, et 
mention honorable au procès-verbal de la proposition du pré- 
sident a été demandée et arrêtée. Le commissaire a déclaré à 
l'Assemblée qu'il n'avait pas entendu ne pas faire d'exception 
à l'égard des individus, et que le patriotisme de M. le prési- 
dent dont il connaissait toute l'énergie, lui donnait avec plai- 
sir l'occasion d'en faire une en sa faveur ; il a ensuite annoncé 
que l'objet de leur mission exigeant la plus grande célérité, 
ils allaient en continuer l'exécution. Us se sont retirés au 
milieu des applaudissements de l'Assemblée. » 

IV. 

Ces mêmes électeurs, qui avaient été si violemment agités 



301 

par la crainte de l'invasioD, se réunirent le 41 novembre 4792 
à Joigny pour nomnaer les administrateurs du département. 
Aux premières élections, en 1790, les électeurs avaient 
nommé seulement les membres du conseil général qui avait 
nommé ensuite le directoire; mais cette fois lesélecleurs nom- 
mèrent les membres du directoire lui-même, ce qui présen- 
tait moins de garantie de bons choix. 

Parmi les nouveaux membres du conseil général et du di- 
rectoire, on ne voit plus que quelques noms des anciens 
administrateurs, et on remarque trois prêtres assermen- 
tés (1). 



(1) Sont nommés : 

Procureur-général, le citoyen Delaporte, maife de Villeneuve-la- 
Guyard. 

Directoire : 

Les citoyens Housset, procureur de la commune d'Auxerre. 
Brotot le jeune, maire de Vézelay. 
Decourt, administrateur du département. 
Jeannet, administrateur du district de Saint-Florentin. 
Legros, de Branches. 
Bègue, administrateur du département. 
Simonet, juge du district de Tonnerre. 
Cbaslin Duvivier, administrateur du district de Ton- 
nerre. 

Conseil général : 

Les citoyens Beau, maire de Goulange*la-Yineuse« 
Bethery-Labrosse, de- Montréal. 
Bourgoin, juge de paix de Mezilles. 
Salmon, notaire à Cerisiers. 
Borot, homme de loi à Vézelay. 
Berger, curé de Nuits. 
Desprey, propriétaire à Quincy. 
Duplan, architecte à Villeneuve-sur-Vannes. 
Tenaille-Vaulabelle, administrateur du district d* A vallon. 
Besson, maire de Champs, 
Balme, professeur du collège d'Auxerre. 
Evrard, citoyen, à Tonnerre. 
Bourgis, aubergiste à Sens et notable. 
Bavoil, administrateur du district de Saint-Florentin. 
Vandouz, cultivateur à Passy. 
J.-B. Boileau, administrateur du district d'Avallon. 
Bardet Chaillou, citoyen de Saint-Puits. 
Paultre, député à l'Assemblée constituante. 
Houard, administrateur du district de Tonnerre. 
Prignot, juge de paix. 



202 



I /. 



Mais plusieurs des membres du directoire, nommés cepen- 
dant sous l'influence de cette terreur qui donnait tant de 
force au parti exalté, ne parurent bientôt plus assez avancés aux 
députés de la montagne'qui, après le supplice des GîrondiAs, 
dominaient la Conyeîotion. L'Assemblée décréta sa propre dic- 
tature et donna tout pouvoir à ses représentants en mission 
dans les départements. 

Le 19 nivôse an II de la république, le citoyen Maure, re- 
présentant du peuple en mission dans le département, publia 
Tarrété suivant : . 

«Vu la délibération tlu 14 frimaire concernant4e mode de 
gouvernement provisoire et révolutionnaire ; 

« Après avoir consulté plusieurs excellents citoyens pris 
dans la société populaire d'Auxerre pour parvenir à l'épura- 
tion de l'administration du çléparlément oe rïQnne, et après 
avoir mûrement discuté les membres qui la composent et 
ceux qui peuvent être admis en remplaçerp^ent; 

a En yeJTtu/lps po,uvpi;'s qui jlqjus 'sx)nt dolj^gjiés .p^r J^ 
Convention, il est arrêté ce qui suit : 

« L'administration actuelle du département de l'Tonne est 
dissoute; 

« Elle sera rétablijB .^pr-le-chaORp et.cofflppsée des citoyens 
dont les noms sùivemt : 

« Decourt, de Saint-Fargeau, membre de l'anc. administr. 

« Housset fils, d'Auxerre, — 

« Brotot, de Vézelay, — 

« Simonnet, de Noyers, — 

« Chaslin, de Ma,illy-Èhâte/^v«> — 

« Balme, d'Auxerre, — 

« Monteix, ci-devant prêtre, curé de Vaux, marié ; 
« Hébert, chef de burea^i des contributions :' 
« Sauvalle, s^i^t^i^dyp gépi^ral, cî-d,ev^nt a^dipjnt au secré- 
tariat. » ' 



Charier fils, gendre .Baril Ion. 
Boisseau, administrateur du département. 
Laporte, curé de Toucy . 
Ragon Beauchesne, marchand de bois. 
MaglD,admini8traleiu* du district de Sens. 
Fouet, administrateur du département. 
Leoauet, administrateur du département, 
t'incot, vicaire de Champlost. 



903 



»*• 



Les membres eux-mêmes de Tancienne administration, 
renommés |)ar le représentant du peu[)le, ne dépendaient plus 
de leurs électeurs^ mais de la Convention qui pouvait les des- 
tituer comme elle les avait nommés. 

Il est remarquable que les partis exaltés ne purent établir 
leur domination qu'en violant le choix des électeurs, qu'em 
jetant dans les prisons ou sur Téchafaud les députés qui leur 
faisaient obstacle, qu'en expulsant les administrateui's éllis 
du peuple. 

Mais, après la chute de Robespierre, il y eut une espèce de 
réaction. Le représentant du peuple Guillemardet, délégué 
dans les départements de Seine-et-Marne, TYonne, la IVIèvre, 
prit, le 9 nivôse an III, l'arrêté suivant : 

« Considérant qu'il est intéressant de renouveler à de cer- 
taines époques les représentants de l'autorité, 

« Le département de l'Yonne sera composé ainsi qu'il 
suit : 

» Decourt, 
» Simonnet, 

» Roullier, de Villeneuve-sur-Yonne, 
» Brotot, 
» Jossey, 

» Paradis, homme de loi à Âuxerre, 
» Femelle, du canton de Brienon ; 
^ Secrétaire général, Sauvalle. » 
Puis, six jours après, le 15 nivôse, nouvel arrêté du repré- 
sentant Guillemardet/daté de Nevers : 

« Voulant organiser l'administration du département de 
l'Yonne, conformément à la loi du l^r du courant, qui réduit 
à cinq le nombre des administrateurs, 
« Arrête : 
« Qu'elle sera composée des citoyens dont les noms sui- 
vent : 
« Les citoyens Jossey^ déjà administrateur. 

— Devery, — 

— Decourt, — 

— Paradis, -r- 

— Housset. — 

D'après tous ces arrêtés que devenaient les droits des élec- 
teurs? Ils étaient foulés aux pieds. C'était une émulation 
d'arbitraire, et chaque parti triomphant enseignait au peuple 



204 

par ses exemples le mépris de la loi. La CoDveQtioQ cepen- 
dant ne prétendait pas s'attribuer la nomination des adminis- 
trateurs comme un principe. 

Elle fit une nouvelle constitution, dite de Tan III ; d'après 
cette constitution, les électeurs continuèrent à nommer les 
membres de l'administration du département, dont le 
nombre fut réduit à cinq, et le directoire exécutif de la répu- 
blique nomma le procureur général syndic. 

Le 20 vendémiaire an lY, l'Assemblée des électeurs du 
département de l'Yonne se réunit à Auxerre et nomma d'abord 
les huit députés de l'Yonne (1), puis ensuite les cinq admi- 
nistrateurs du département, dont voici les noms : 

Moriset, procureur-syndic du district de Saint-Florentin, 

Besanger, administrateur actuel du département, 

Chalajs, — — 

Chasteau, — — 

Morillon, propriétaire à Avallon. 

Hais le citoyen Chasteau ayant refusé, le citoyen Meslier, 
maire d'Avallon, fut nommé à sa place le 25 vendémiaire. 

Celte administration du département fonctionna régulière- 
ment jus']u'au coup d'Etat du 18 brumaire; ses membres se 
renouvelèrent successivement d'après la loi nouvelle, toujours 
nommés par les électeurs, et, au moment où elle fut rempla- 
cée par les préfets, instruments passifs et énergiques du pou- 
voir absolu d'un seul, qui allait gouverner et administrer la 
France, cette administration était composée de : 
MM. Rathier, 
Balme, 
Moriset, 
Challaye, 
Langlet. 

Mais, s'il y avait encore une administration déparlemen- 



(i) La Convention, en défiance contre les électeurs et voulant se 
survivre à elle-rmême, avait ordonné qne les deux tiers des députés 
nouveaux seraient pris parmi les membres de la Convention. 

L'Assemblée des élecleurs de TYonne ne renomma qu'un seul des 
députés de l'Yonne à la Convention, Ciiasteliain, qui avait refusé de 
voter la mort du roi, et quatre autres députés étrangers au départe- 
ment de r Yonne, mais de la partie modérée de la Convention, et en 
tête Lanjuinais ; le premier des suppléants fut Boissy d'Anglas. C'était 
une protestation contre la terreur et les terroristes. 



805 

taie élue, il n'y avait plus, d'après la Constitution de Tan III, 
de conseil général, et c'était une faute et un malheur; Tadmi- 
nistration du département n'étant plus appuyée sur une nom- 
breuse assemblée élue, perdait de sa force, et il n'y avait plus 
qn'un trop petit nombre de personnes s'occupant dans chaque 
département des affaires du pays. 

Lorsque le premier consul supprima les administrations 
élues du département, il donna une sorte de satisfaction aux 
regrets publics en rétablissant le conseil général, mais il lui 
ôta la vie et l'influence en se réservant en réalité le choix de 
ses membres, et en les réduisant à peu près au rôle de co- 
mité consultatif. 

L'abolition de ces administrations libres, composées des 
élus du pays, ne causa que peu de sensation. La France, fati- 
guée des agitations, des désordres, effrayé,e des crimes de la 
révolution, révoltée des orgies du directoire, épuisée morale- 
ment par ses grands efforts, aspirait au repos à tout prix; elle 
était disposée à se jeter dans les bras d'un héros qui s'an- 
nonçait comme un génie réparateur, et lui donnerait encore 
plus de gloire militaire en échange d'une liberté orageuse. 
Le silence se fit bientôt sur ces administrations créées par 
l'Assemblée constituante, et celle de notre département 
n'échappa pas plus que les autres à l'oubli. 

V. 

Ces administrations du département de l'Yonne, si tour- 
mentées par la politique et ses révolutions de 4790 à 1800, 
croit-on cependant qu'elles étaient stériles et ne formaient pas 
des hommes? Je pourrais apporter ici plus d'un document qui 
prouverait le contraire, je n'en citerai que deux et sur l'épo- 
que la plus terrible de la révolution dans notre départe- 
ment. Ils contiennent d'ailleurs plus d'un fait intéressant et 
montrent que l'administration départementale, même nommée 
en 4792, était plus tyrannisée que tyrannique. 

On a vu plus haut qu'aux élections de 4792 Housset, pro- 
cureur syndic de la commune d'Auxerre, fut nommé adminis- 
trateur et membre du directoire, le représentant Maure le 
renomma à ces fonctions au plus fort de la terreur. Le 42 flo- 
réal an III, il donna sa démission. On serait tenté de croire 
que c'était un énergumène ignorant. Voici le compte-rendu 

4866. u 



206 

qu'il adressa à radministration du dëpàrteiâ^ut dé TYonne le 
jour de sa démission: 

« Honoré de la confiance de mes concîioyeûs, j'ai été porlé 
aux fondions administratives le 14 novembre 1792. 

« Le 24 ont commencé mes premiers travaux. 

« Mes collègues me confièrent le bureau d'administration 
générale et bien public, et le bureau militaire. Conjointement 
avec le citoyen Brotot ; je les ai conduits jusqu'à ce jour. 

« Plus de 4,000 arrêtés justifieront de l'activité donnée à 
la partie conlentieuse. 

« Quelques détails sur la partie administrative feront con- 
naître qu'elle n'a pas été négligée. 

« Depuis 1792, vous avez particulièrement donné vos 
soins aux subsistances; leur libre circulation s^est trouvée 
plus d'une fois entravée par les efforts de la malveillance, et, 
malgré votre répugnance à employer les voies d'autorité, 
vous avez été souvent forcés de les opposer à l'égoïste qui 
profite toujours des moments de révolution pour établir sa 
fortune sur la misère du peuple. 

« Des recensements successifs, des réquisitions, un maxi- 
mum désastreux, portaient partout l'épouvante et la terreur; 
ils faisaient hausser considérablement le prix des denrées de 
première nécessité, ils parvinrent à rendre le prix supérieur 
aux fortunes privées ; de ces opérations contraires aux prin- 
cipes d'un bon gouvernement naquit le désordre et l'anar- 
chie qui ont accablé la France pendant dix-huit mois et l'ont 
conduite à deux doigts de sa perte. 

« La loi vous faisait un devoir d'exécuter et de vous livrer 
à des mesure^ inquisitoriales qui répugnaient à votre sensi- 
bilité autant qu'à votre justice. 

« Dans cette crise violente, vos efforts n'ont pas été inu- 
tiles, la dissémination des subsistances a toujours entretenu 
vos administrés dans une honnête aisance, et s'ils ont payé 
un prix supérieur à celui fixé par la loi, ils en ont été dédom- 
magés par celui qu'ils retiraient de leurs revenus fonciers, 
ressource dont étaient malheureusement privés le rentier et le 
pensionnaire de l'Etat. 

« A l'époque où nous sommes, les subsistances sont en- 
core plus recensées; dans les grandes communes de votre 
ressort, on est réduit à une demie livre de pain, et le prix 
excessif des grains s'oppose à ce que les districts nécessiteux 



«97 

puissent s'en procufier par la voie du dommerce ; cette disette 
factice cessera nécessairement lorsque le numéraire reparaî- 
tra, lorsque la paix avec les puissances coalisées aura assuré 
la (ranqaillité de Tintérieur. 

« La partie des secours publics, celle qui intéresse le plus 
la sensibilité de l'homme public et privé, qui porte la conso- 
Utiofli dans la retraite de l'indigent, qui indemnise le cultiva- 
teur de ses pertes, qm récompense dans la personne de leurs 
pâreits le zèle des généreux défenseurs de la patrie, est au 
commi pour toutes les opérations de détail, elle n'est arriérée 
qie pour Texécii^ion des lois générales qui ne pourront être 
mises en activité que lorsque les secours publics seront défi- 
nitivemeat organisés. 

t( L'agriculture et le commerce, ces deux branches impor- 
tantes de l'ordre social, ces deux sources fécondes de prospé- 
rité, ont particulièrement fixé votre attention. 

fc Le commerce en général est peu étendu dans le départe- 
ment de l'Yonne ; il consiste principalement dans la vente du 
produit des vignobles et dans celle des produits des manufac- 
iures qui ont peine à se sontenir faute de fonds et de matières 
premières. 

« L'administration forestière, en donnant tous ses soins à 
la conservation des propriétés nationales, n'a pu jusqu'à ce 
jour opposer que des efforts impuissants h la malveillance et 

au brigandage Les peines sont si peu proporiionnées aux 

délits que les habitants de la campagne font un commerce de 
leur brigandage. 

« Les différents changements que Tinstruction publique a 
éprouvés depuis quelque temps, les difficultés que le législa- 
teur a éprouvées pour l'organiser ont entravé votre marche. 
Vous avez cru néanmoins ^ue, dans le moment oii la nation 
était subrogée aux droits actifs et passifs des collèges et 
maisons d'instruction, vous deviez porter un œil attentif sur 
leur conservation provisoire. 

« L'organisation et la surveillance des écoles primaires a 
été donnée aux districts qui ne doivent compte de leurs opé- 
rations en cette partie qu'au comité d'instruction publique, 
sans votre intermédiaire ; mais un des beaux établissements, 
un de ceux qui feront le plus d'honneur à la révolution, l'école 
centrale, est fixée dans la commune oii vous tenez vos séances, 
la loi d'organisation vous donne le droit de confirmer les ins- 
tituteurs cnoisis par le jury. 



208 

« Votre administration a fait sur les bibliothèques et jar- 
dins publics tout ce qui était en son pouvoir. 

« La loi fait passer par votre intermédiaire au comité d'ins- 
truction publique les observations et arrêtés relatifs à l'em- 
placement des bibliothèques dans chaque chef-liea de dis- 
trict, 

« Le district de Sens est le plus riche en livres et en mo- 
numents ; le vandalisme n'a pas exercé ses ravages sur le 
département de TYonne; la conservation de ses richesses 
littéraires a été confiée par les districts à d'excellents citoyens 
remplis de zèle et de lumières qui ont empêché les atteintes 
que la malveillance aurait tenté d'y porter. 

« L'établissement des écoles centrales donnera sans doute 
de l'activité aux arts, aux sciences et à la littérature. Vous 
était-il possible de les encourager au milieu des orages de la 
révolution ? 

« Vous n'avez pas perdu de vue les soins qu'une admi- 
nistration paternelle doit aux maladies épidémiques et épi- 
zootiques. 

« Vous avez constamment entretenu des élèves à l'école 
vétérinaire d'Alfort. 

« Vous avez eu peu de fléaux à combattre ; le plus terri- 
ble, c'est l'épidémie de Cerisiers qui a étendu ses ravages sur 
trois cantons, a enlevé la vie à 500 citoyens, et a cédé enfin 
aux soins du docteur Gastellier, que vous avez chargé de sui- 
vre le traitement. 

« Le gouvernement n'a pas encore déterminé si cette partie 
d'ordre public sera confiée au département ou aux districts ; 
en attendant vous êtes chargé de tous ces détails. 

« Une loi rigoureuse, une loi commandée par les circons- 
tances les plus impérieuses a mis plus d'une fois votre sensi- 
bilité à l'épreuve, c'est la loi de déportation. Vous ne l'avez 
jamais appliquée qu'avec les plus grandes précautions, et, 
quoique la loi vous rendit juges souverains, vous avez le plus 
souvent soumis vos arrêtés à Tapprobation du conseil exécutif 
particulièrement pour la déportation des dix ecclésiastiques 
de Vézelay. Ce département a été peu agité par les troubles 
religieux, et peu d'ecclésiastiques ont été soumis à la dépor- 
tation. 

« La suppression du conseil général du département et les 
affaires de circonstances dont les conseils généraux des dis- 



309 

iricts ont été surchargés pendant leur permanence, ont inter- 
rompu la tenue des sessions ; leurs procès-verbaux présentent 
des vues importantes auxquelles il n'a pas été possible de 
donner suite dans des temps d'orage. 

« Quant à la partie militaire, elle a été plus particulière- 
ment suivie par le citoyen Brotot. Depuis le gouvernement 
révolutionnaire, Torganisation et le mouvement des troupes 
ont été exclusivement confiés aux administrations de dis- 
tricts. 

« Vous êtes encore chargés du logement et du payement 
de la gendarmerie nationale ainsi que de la nomination aux 
places vacantes de gendarmes. 

« Enfin, citoyens, dans tout le cours de mon administra- 
tion, mes efforts se sont dirigés vers le bonheur public, vers 
la gloire et la prospérité du gouvernement ; l'amour de la 
patrie conduisait ma plume, dirigeait toutes mes actions; 
chargé d'une partie difficile et dans laquelle il a fallu montrer 
de l'énergie dans des moments d'orage, je n'ai jamais fait 
de propositions ni de démarches qui puissent déplaire soit à 
mes collègues, soit au public ; mon attachement à la loi m'a 
attiré des désagréments, mais le sentiment d'une conscience 
pure en adoucissait l'amertume ; ce sentiment m'accompa- 
gnera dans ma retraite, et j'aime à croire que j*y joindrai la 
satisfaction de voir mes travaux administratifs et ma con- 
duite politique couronnés par votre témoignage. » 

Voici maintenant une partie du compte-rendu, en date 
du 19 germinal an III, du citoyen Brotot, collègue de 
Housset : 

« Des troubles s'étaient élevés dans la commune de Ton- 
nerre sur l'exécution de l'arrêté des représentants du peuple, 
Garnier de I Aube et Tureau, en date du 33 avril 4793, qui 
avait ordonné le renouvellement provisoire des officiers muni- 
cipaux et notables de cette commune, suspendus par les 
mêmes commissaires. 

« Le département, inquiet sur les suites de ces mou- 
vements, qui d'ailleurs avaient été exagérés par le procu- 
reur syndic du district, qui s'était rendu dans le sein de l'ad- 
ministration pour y réclamer la force armée, se détermina, 
par arrêté du 4 mai, à y envoyer deux commissaires pris dans 
ses membres pour veiller au maintien de l'ordre et de la 
tranquillité dans la commune de Tonnerre; lors de Tassem- 



240 

blëe générale des. citoyens indiquée au 5 mai, même année, 
par Tarrété des représentants, je fus chargé, avec le citoyen 
Decour, de rexécution de cet arrêté ; en conséqaence, nons 
nous sommes rendus, accompagnés de la force armée, au 
jour indiqué pour assister à l'élection de la municipalité pro- 
visoire. 

« Vous avez approuvé toutes les mesures que nous avions 
prises en considérant qu'elles avaient dû contribuer à ramener 
la tranquillité. 

« Il paraît néanmoins que les nouvelles nominations 
n*avaient pas reçu l'assentiment général, et le mécontente- 
ment de quelques individus donna lieu à de nouvelles agita- 
tions. Dans l'intervalle du 5 au 23 mai, Tonnerre se trouve 
dans une insurrection ouverte. Le déparlement se détermine 
à me renvoyer avec le citoyen Decour. 

« Rendus dans cette commune, nbus nous empressons de 
remplir notre mission, nous cherchons à connaître les vérita- 
bles causes des événements, nous conférons en conséquence 
avec la municipalité, le comité de surveillance ; mais le ré- 
sultat de nos premières négociations ne nous donne que de 
faibles renseignements; nous nous apercevons même que notre 
présence gênait les membres du comité de surveillance et 
qu'ils paraissaient décidés à méconnaître notre caractère. 

« Cependant, nous voyons que dans l'intérieur des domi- 
ciles régnaient l'alarme et l'effroi, qu'un rien agitait, que la 
terreur s'était emparée des esprits, et nous apprenons enfin 
par la municipalité que les inquiétudes et les déchirements 
dont plusieurs citoyens étaient tourmentés provenaient des 
arrestations domiciliaires et arbitraires dirigées par le comité 
de surveillance. 

« Nous nous rendons, en conséquence, auprès du comité 
qui nous exhibe aussitôt les pouvoirs qu'il tenait du comité 
de sûreté générale de la Convention. Ils étaient de nature à 
paralyser ceux dont nous étions investis ; nous nous bornâ- 
mes donc à proposer des voies de conciliation en lui faisant 
prendre en considération les vives alarmes auxquelles étaient 
en proie plusieurs familles, et les besoins que les citoyens 
détenus avaient de jouir de leur liberié, les uns pour pour- 
voir à leur subsis^nce, les autres po4ir leur santé. 

« Ces premières démarches rendirent à trente citoyens la 
liberté, c*est4*dire qu'ils obtinrent la faculté de circuler dans 



2M 

r4lep4ue 4e 1^ mniucipalité de Taonerre, mais cette liberté, 
toute étroite qu'elle était, fut encore assujettie à des forma- 
lités rigoureuses et à des cautionaements éno.rmes ; c'était 
Toeuvre du comité. 

<i II restait encore sept détenus destinés à être renfermés 
dans la maison de sûreté, nous obtenons qu'ils seront seule- 
ment consignés dans leurs domiciles, après avoir fait consi- 
dérer que cette position serait moins rigoureuse pour eux 
et pour leurs fomilles, puisqu'ils n'en seraient point sé- 
parés. 

« La malveillance veillait néanmoins dans cette commune. 
Les anarchistes, ceux qu'à bon droit on a qualifiés depuis de 
terroristes, crurent voir dans ces opérations pacifiques leurs 
projets reiïversés ; ils agitent de nouveau, les arrestations se 
continuent, et les citoyens, devenus presque libres pendant 
un instant, se voient encore incarcérés ; enfin le trouble est 
général. 

« Noms somifies encore envoyés, avec le citoyen Decour, 
à l'effet de faire qesser ces nouvelles agitations ; on nous 
adjoint des commissaires de la commune d'Âuxerre et de la 
soiOiété populaire, vous nous chargez de consulter le peuple 
sur les 4él^nus et de prononcer d'après son vœu. A notre arri- 
vée d^ns la commune de Tonnerre, nous nous empressons de 
faire connaître l'objet de notre mission ; nous rappelons, par 
une adresse, ses citoyens à la concorde ; nous leur faisons 
connaître les dispositions de votre arrêté» nous visitons la 
société populaire, nous y découvrons les projets tyranniques 
d'un parti de factieux, on nous y reproche d'avoir des inten- 
tions modérées , on blâme enfin la tenue de l'assemblée 
générale des citoyens que nous avions indiquée au SI juin 
1793, heure de 7 du matin. 

<( Â l'ouverture de cette assemblée, nous présentons l'oli- 
vier de la paix aux deux partis : celui des opprimés l'accepte 
avep empressement, le parti coi^traire en devient plus furieux ; 
des scènes scandaleuses, des diatribes violentes, des propos 
iQKJécents nous conduisent jusqu'à neuf heures du soir sans 
désemparer, nous y remarquons que les passions particuliè- 
res, le désir de vengeances personnelles, étaient le seul mo- 
bile d'un parti ; nous obtenons après une vigoureuse résis- 
tance au comité et des protestations de sa part, une délibération 
de l'assemblée qui convertissait les incarcérations et arresta- 



lions en une simple dénonciation sur laquelle chaque citoyen 
serait consulté; les détenus sont mandés, leur arrivée dans 
rassemblée occasionne une vive émotion, enfin on procède à 
l'appel nominal sur ces citoyens, et il est décidé à la majorité 
la plus absolue qu'ils ne sont point suspects; en conséquence 
ils sont mis en liberté après une séance de dix huit heures. 

« Il est inutile d'entrer dans de plus amples détails sur 
cette aiTaire.^os procès-verbaux contiennent d'ailleurs toutes 
les particularités et les observations dont les événements nous 
ont paru susceptibles; ils serviront sans doute à établir que 
la paix que nous avons ramenée dans le sein de cette com- 
mune n'a pu être interrompue que par des hommes atroces 
qui ont inventé les calomnies les plus grossières pour exercer 
de nouvelles persécutions contre les citoyens les plus hon- 
nêtes ; ils prouveront aussi que l'administration du départe- 
ment, ainsi que les membres en qui elle mettait sa confiance, 
n'ont jamais partagé les principes des pervers dont l'unique 
objet était de corrompre la morale publique en tyranisant les 
opinions et livrant aux échafauds et aux assassins les hommes 
vertueux qui osaient les combattre. 

« Ces trois missions terminées, rendu au sein de l'admi- 
nistration, je fus délégué le 29 juin 1793 par le citoyen 
Méaule, représentant du peuple dans le district de Joigny, 
pour activer la levée des hommes qui devaient contribuer 
à la formation du bataillon destiné à marcher sur la 
Vendée. 

« La formation de la compagnie de canonniers ordonnée 
par une loi est encore une de ces opérations importantes que 
j'ai suivies jusqu'à son organisation, à laquelle j'ai procédé 
conjointement avec le sieur Housset. Le choix des comman- 
dants^ la bonne conduite des citoyens qui la composent, et 
enfin le témoignage avantageux qu'on en a rendu, est une 
sorte de récompense pour nous. 

« La situation sur les recouvrements n'est pas aussi satis- 
faisante; il résulte des bordereaux adressés par les difi^érents 
receveurs de districts qu'au moment actuel, les sommes qui 
restent à recouvrer s'élèvent, savoir : 

Sur la contribution foncière, 1 791 21 0,687 f. 90 c. 

HBobilière, 1791 77,972 21 

Foncière, 1792 641,116 27 

Mobilière, 1793 166,490 41 



243 

Foncière, 4793 3,2*6,676 03 

Mobilière, 1793 328,471 53 

Foncière, 1794 3,027,893 47 



6,679,306 f. 71 c. 

« Le résultat est effrayant lorsqu'on considère que la loi 
du 23 nivôse veut que toutes les contributions soient acquit- 
tées au 15 floréal prochain. 

« C'est à vous maintenant, citoyens administrateurs, à 
déclarer franchement si j'ai rempli utilement les fonctions 
qui m'ont été confiées, si j'ai fait l'usage convenable des 
pouvoirs que vous m'avez donnés dans différentes circonstan- 
ces; je demande que vous en délibériez, qu'il soit nommé des 
commissaires pour examiner les différents travaux dont j'ai 
été chargé, je demande aussi que vous vous expliquiez sur mes 
opinions politiques, vous le devez à un citoyen qui n'a rien à 
redouter du jugement de sa conscience. » 

Au milieu des phases révolutionnaires, des passions du 
jour, des idées fausses, ne reconnatt-on pas dans ces deux do- 
cuments des plus mauvais temps delà révolution un souffle de 
dévouement et de patriotisme, le désir d'atténuer les crimes 
et les folies qui nous venaient de la Capitale, la crainte de 
perdre l'estime de ses collègues et de ses concitoyens. Dans 
un temps ordinaire, combien d'autres hommes plus modérés, 
à vues plus justes, ces administrations libres auraient formés 
et maintenus dans les sentiments de dévouement au bien 
public, de désintéressement, d'honneur et de dignité I 

Si le changement profond de 1789 n'avait pas été suivi de 
révolutions sanglantes et impies, toutes accomplies à Paris, 
et jetant la perturbation dans les départements ; si tous 
les Français, sans distinction d'origine, avaient pu honorable- 
ment donner à leur pays leur contingent de lumières, d'hon- 
neur et de dévouement, les administrations libres créées par 
l'Assemblée constituante auraient eu une vie féconde, elles 
seraient entrées profondément dans les mœurs et les idées de 
la France, elles vivraient encore et porteraient sans cesse des 
fruits abondants. Excitant sur tous les points du territoire 
une généreuse émulation du bien public, elles auraient formé 
partout une foule d'hommes distingués au maniement et à 
l'exécution des affaires publiques, fixé dans leur pays ces 
hommes d'élite, multiplié à l'infini ces améliorations, con- 



serve de$ mœurs et des idées de dévouement, de QoUe indé- 
pendance, de dignité ; elles auraient donné à la liberté publi- 
que ce qui lui manque, une base large et solide ; et personne 
n'aurait eu Tidée d'imiter l'administration de la décadence 
rcunaine et celle ée la Chine. 

Ancien ReprésetUanl, 



i M l MUM '* '"1 I T n >■ l> ■* I II I ilf I II i ]| il'l l l ■ »" I IW' t f » . »■ ■■! ^ 



LES CHEVALIERS DE L'ARQUEBUSE 4 AUXERI^E 



EN 47T8. 



Couptëpée fait suivre sa Relation du grand prix rendu à 
Beaune en août 1778 parles Chevaliers de TArquebuse, d'une 
notice sur quelques compagnies de la Bourgogne qui u'ont 
point pris part à cette solennité. Parmi ces dernières figure 
celle d'Auxerre. La notice de Courtépée sur la compagnie de 
TArquebuse d'Auxerre en 1778, en nous faisant connaître sa 
composition, ses dignitaires d'alors, complète utileptient ce 
qui a été déjà écrit dans l'Annuaire sur cette institution. 

AUXERRE. 

« 

« Cette ville celtique, distinguée par son antiquité, par la 
sainteté des ses évéques, par ses abbayes, par ses comtes 
illustres, par les savants qu'elle a produits, par ses vins 
renommés et son heureuse situation sur l'Yonne, avait des 
Arbalétriers au xiv« siècle. Elle en envoya, en 1383, à Char- 
les Yl cinquante-un, qui furent conduits à Rheims pour le 
service du roi, par J. de Nourry, écuyer; autant en 4412 à 
Paris et ailleurs, pour résister à rencontre de& ducs de Berri , 
d'Orléans et autres leurs alliés. 

« Cette compagnie, qui tirait Toiseau aux Buttes en 1400, 
subsistait encore en 1596, et la ville lui payait 10 livres 
pour l'entretien de son pavillon. Elle rendit en 1605 un prix 
général auquel toutes les compagnies de Bourgogne furent 
invitées. Jean Matherat était empereur du jeu de l'arbalète 
en 1609. Celui de l'arquebuse lui succéda en 1614, et Jean- 
Baptiste Duval en fut le premier capitaine. Il fut i:étab]i en 
1729, et patenté par Louis XY. 



216 

Le pavillon est orné de plus de deux cents tableaux des 
rois de France, princes, cardinaux, et hommes illustres. De- 
puis 1730 ses capitaines ont été iMH. le comte de la Tour- 
nelle, Marie d'Avigneau; André-Thomas d*Avigoeau, Grand 
Bailli d'Epée , premier président et lieutenant - général 
d*Auxerre; Jacques-Armand de Rogre de Lusignan de Cham- 
pignelles, commandeur d'Auxerre, brigadier des armées du 
roi, capitaine actuel depuis 1765. 

« Pour chevaliers d'honneur, MM. de Simiane de Maligny ; 
Jacques-Bernard Durey de Noinville, président au grand 
conseil ; Jean-Baptiste Preaudeau des Baudières ; Alexandre- 
Cyr-Hyacinte RosUn de Fourolle, chevalier de Saint-Louis ; 
Jean-Baptiste Thomas de la Rupelle; Joseph Deschamps de 
Charmelieu ; Joseph-Ignace comte d'Espare, cordon rouge, 
maréchalde-camp, commandeur des ordres militaires de 
Saint-Louis et de TEpée; Guy de Drouare de Curly. 

« Depuis le rétablissement, quatre empereurs, dont deux 
sont morts. 

« La compagnie est de trente chevaliers, dont voici les 
officiers : 
MM. de Champienelle, capitaine; 

le comte d Espare, inspecteur; 

de Chenu, lieutenant ; ^ 

de Fentenelle, major ; 

de Curly, enseigne. 
Deux chevaliers d'honneur ci-dessus nommés ; 

Veot et Mérat, empereurs ; 

Yeot de Vaumartaise, roi ; 

Liégeard, connétable : 

Deschamps de Yallière, trésorier ; 

Desbordes, secrétaire ; 

Parisot; chanoine de la cathédrale, aumônier. 

« La devise de l'étendard est prmsidium et decus. a^ 



ARRÊT FIXANT 

LES 

DROITS RESPECTIFS DU PREVOT DE CH4BLIS 

SEIGKBUR DB CE LIED 

ET DU MAIRE PERPÉTDEL 

EN 1695. 



La ville de Chablis était, au ixe siècle, une terre dépen- 
dant du fisc royal, qui fut donnée en 867 par Charles-le- 
Chauve à Tabbaye de Saint-Martin, de Tours. Elle fut attri- 
buée dans la suite à Tun des dignitaires de cette maison, 
appelé le grand prévôt, qui y exerçait tous les droits seigneu- 
riaux. 

Au XI* ou xii"" siècle, Tintervention des comtes de Cham- 
pagne, puis celle des sires de Noyers à titre d'avoués ou de 
protecteurs des biens de Saint-Martin amena la présence de 
deux seigneurs à Chablis, et par conséquent Tantagonisme. 
En 1274, la réunion de la Champagne à la France fit rentrer 
aussi Tavouerie de Chablis sous la suzeraineté royale ; depuis 
ce temps, il y eut réunion des deux justices, celle du prévôt 
de Saint-Martin, de Tours, et celle du roi qui racheta le fief 
des sires de Noyers, et leurs ofiiciers exerçaient tour à tour la 
justice. 

Au xvii*" siècle, les ofiiciers de justice se qualifiaient ofii- 
ciers royaux et alternatifs de la prévôté royale de Chablis. 
Mais, en exécution de Tédit royal du mois d'août 1692, 
Chablis avait été pourvu d*un maire perpétuel. Ce nouveau 
personnage prétendait bien faire valoir ses droits vis-à-vis des 
officiers de la prévôté qui Tavaient vu d'un œil jaloux entrer 
en fonctions. 

Les deux autorités vivaient trop côte à côte pour ne pas 



248 

être exposées souvent à des conflits. C'est la relation de ces 
débats que nous fournit l'arrêt que nous publions ci*dessous. 
Le nomore en est considérable et on peut croire que les par- 
ties adverses devaient avoir une existence agitée pendant ces 
formidables querelles. 

En effet, tantôt le maire Chamon veut convoquer les 
assemblées de ville, fait des règlements pour la taxe du pain 
et le taux des denrées ; fait battre le tambour, visite les caba- 
rets, é^cnie devait le juge royal le plus voisin, ses procès ; 
Camelin, le procureur du roi, renchérit sur son maire et tra- 
casse les boulangers. Hais le prévôl royal Bérillon défend 
aux tripiers de jeter de l'eau et des ordures par les fenêtres, 
défend le grappillage avant le jour fixé, et lorsque le sergent 
. Colas publie cette ordonnance, le maire accourt et crève son 
tambour d'un coup de canne, avec menace de prison. 

Le maire rend à son tour un arrêté pour défendre aux caba- 
retiers de vendre vin après 8 heures du soir, selon l'usage ; 
Ttaaîs le prévôt s'y oppose et Colas, le tambour, refuse au 
fù3L\ve de battre de la caisse, attendu que Bérillon Ta menacé 
de \â prison. Le lieutehant Jullrot ,exaspéré, va plus loin, 
dans une cérémonie il repousse le maire de son rang avec 
violence. D'autre part, Camelin veut passer devant Grillot, le 
procureur fiscal, qui allait à l'offrande à la messe. Enfin, le 
maire, exaspéré, étant aux vêpres en l'église Saint-Hartin, 
saisit violemment le isieur Julliot, lieutenant en la prévôté, 
par la perruque et le rabat pour le faire sortir du banc où se 
mettaient les ofiiciers du bailliage. 

En présence d'une telle situation, le recours au roi était 
indispensable, et le conseil d'Ëtat mit les holas en!re les 
parties en accordant à chacune une part de prérogatives, 
comme on pourra le voir à la fin de l'arrêt ci-après : 

Entre les officiers royaux et alternatifs de la prevosté 
royale de Chablys, demandeurs aux fins de la commission 
obtenue au grand sceau le 3 décembre 1695 et de l'exploit 
d'assignation donnée en conséquence le 40 dudit mois d'une 
part, et maistre Jean Chamon conseiller du roy, maire per- 
pétuel de la ville de Chablys, et maistre François Camelin 
avocat à la cour, procureur du roy de Thostel de ville dudit 
Ghabiys d'autre part, «t entre lesdits Clmmtyn et Camelin de- 



»49 

fnatidèirrs atec Ût^ de la reqtiidsrie' itifierée eti l^af rest ds edii- 
seil du 37 jaîn 1697, d'une ptfW, e< lefi Mfleiers royaux et 
alternatifs dé ladite VïHe de Ghablys déffendeurs d'autre f^ï, 
et messirè Henry Jules de Bourbon, prîûôe de Cotidë, pme^ 
dû sang, sëigtieor par ehgageMent du domaine de Cnabiy^ 
reçu partie intervenante par ordbiinàne^ du Oonséil estant an 
bas de sa rëqueste dû 29 àodst 1666, srans que les quolitez 
puissent ntiire ny prejddi^ier aux parties: 

Yéu au cbnsefl du roy lesdités lettres du gmnd sceau 4ifdlt 
jour 3 décembre 1695*, obtenues par tesdîts offieit^r» myaux 
et alternaii^à de la prevo^té royale de Ghabij^s^, pair lesquelles 
il leur auroit estépértnis défaire assigner au eotiseil l«($d. 
Maii'e e^t procureur du roy de i'bostel de ville de Ctaffbly^, 
pour voit dirie qne tesdits ofBeîefs seront maititetits «t gardez 
en la possession en laquelle ils sont de fBlnâ et exercer la 
police audit Heu de Chablys, etdeconuoistn» de toutes dctibns 
et contestations cot)cernans icelle, ainsi que de toutes autres 
causes et actions réelles et personnelles eotnme officiers de 
la jurisdiétion ordinaire avee deffenses ausdits maire et pro- 
cureur du roy de les y troubler, et pour ravoir fait coudamnez 
en leurs dommages, interests et dépens; 

Exploit de significalidii desdites lettres, et Tasisignacidh 
donnée en conséquence au conseil ausdits maire et procu*- 
reur du roy de ladite ville, du 10 décembre 16d5. Appoiute"- 
ment de règlement de Tinstauce, signé le 8 févrieir 1^96> lèdtt 
arrest du conseil dudit jour S7 juin 1 696 intervenu 'sur ladite 
rëqueste desdits Chamon et €amelin, tendante à ce qu'il 
plusi à Sa Majesté ordonner que les ëdits de cfreation des 
maire et procureur du roy dans les hostels de ville en titre 
d'office, ensemble les déclarations arrêts et rêglemens con- 
cernans les mesmes offices, et notament celui du 5 décembre 
1693, seront exécutez selon leur forme et teneur; ce faisam 
maintenir et garder ledit Chamon maire de €hablys dans le 
droit de faire conjointement avec les escbevifis et autres offl^ 
ciers de Thostel de ville les reglemens généraux de police, et 
taux des danrées, et de connottre de rexéention d'iceux ; , 

Le maintenir, de convoquer seul à l'exclusion de tous 
autres les assemblées de ville, y présider, et en cas d'absence 
du maire ordonner que les assemblées seront convoquées par 
le plus ancien eschevin qui y présidera, sauf aux officiers de 
la prevosté à y assister comme principaux habitaus et àotables 



320 

bourgeois, mainteoir ledit Chamoa dans le droit de décerner 
seul et a rexclusion de tous autres les mandats sur les re- 
venus de rhospital de Chablys, dont lés comptes seront 
rendus dans les assemblées de ville, examinez, clos et arrestez 
par le maire sur les débats qui seront formez par le procu- 
reur du roy en Thostel de ville ; 

Comme aussi dans le droit de faire battre le tambour, de 
nommer des vigniers, et de connoistre de la déclaration de 
1669 concernant les arts et mestiers, ordonner que dans les 
assemblées et processions générales ou les officiers de la pre- 
vosté et le corps de ville se trouveront, les officiers de la 
prevosté occuperont le costé droit, et Thostel de ville le costé 
gauche, en sorte que le maire ne soit précédé que par le pre- 
mier des officiers qui se trouvera dans les assemblées et pro- 
cessions solemnelles ; 

Que conformément à Tarrest du conseil du 30 juin 1693, 
il sera permis audit Chamon d'évoquer si bon luy semble par- 
devant le plus prochain juge royal des lieux de sa résidence 
tous les procès civils et criminels qu'il a ou aura cy après, 
sans que les officiers de la prevosté en puissent connoistre 
sous quelque prétexte que ce soit ou puisse eslre, et main- 
tenir ledit Camelin en qualité de Procureur du Roy en Thostel 
de ville de Chablys dans le droit et possession de précéder 
dans toutes les assemblées publiques et particulières, le pro- 
cureur fiscal de la mesme ville ; 

Faire tres-expresses inhibitions et deffenses aux officiers 
de la prevosté de donner aucun trouble ausdits Chamon et 
Camelin dans leurs fonctions, droits, sceances et privilèges, 
ny de s'immisser mesme en leur absence dans les fonctions 
de leurs charges, et pour les contraventions commises par 
lesdits officiers de la prevosté les condamner chacun en 
500 liv. d'amande, en tous les dommages et interests pour 
lesquels ils se restraignent à la somme de 3000 liv. et aux 
dépens ; par lequel arrest Sa Majesté auroit ordonné que sur 
les fins de ladite requeste les parties se communiqueroient 
respectivement leurs pièces, écriroient et produiroient dans 
les délais ordinaires; 

Et joint à rinstance, sauf à disjoindre s'il y echet au bas 
est l'assignation du 10 dudit mois de juillet, imprimé d'edit 
du moisd'aoust 4692, portant création des maires et afles- 
seurs dans les villes et communautez du royaume, portanf 



221 

que les maires jouiront des mêmes honneurs, droits, émolu- 
mens> privilèges, prérogatives, rangs, et sceances, dont les 
maires cy-devant establis, et tous les officiers qui en ont fait 
les fonctions, ont joui tant es hestels de ville, assemblées, 
et cérémonies publiques, qu'autres lieux, sous le titre de 
maires, jurats, consuls, capitouls, prieurs, premiers esche- 
vins ou autrement, ils convoqueront les assemblées générales 
et particulières ésdits hostels de ville, où il s'agira de Futilité 
publique, du bien, du service et des affaires de Sa Majesté, 
qu'ils présideront à l'examen, audition et clostures des 
comptes des deniers patrimoniaux et autre nature, qui seront 
par les receveurs et autres officiers de l'administration qu'ils 
ont eue des deniers et affaires de villes et communautés, 
seront lesd. Maires créez par ledit edit, tout ce qui a esté 
fait jusques alors par les anciens maires, ou par les autres 
officiers qui ont exercé les fondions dans les villes et lieux 
où il n'y a point eu de Maire, soit que lesdites fonctions ayent 
esté faites par des premiers eschevins, capitouls, jurats, con- 
suls, et sindics, ou par d'autres officiers, sous quelque titre 
et dénomination que ce puisse être, que les maires connois- 
tront avec les eschevins de l'exécution de l'ordonnance en 
forme de règlement du mois d'aoust 1669 concernant les ma- 
nufactures, et de toutes les autres matières généralement 
dont les maires et les eschevins, capitouls, jurats et consuls, 
et autres officiers qui en ont fait les fonctions ont droit de 
connoistre et ont connu jusqu'au jour dudit édit; 

Trois requesles présentées au prevost royal de Chablys par 
les boulangers dudit lieu, aux fins de mettre le taux aux pains 
blancs et bis, au bas sont les conclusions dudit Camelin, 
procureur fiscal, et l'ordonnance dudit prevost portant règle- 
ment pour lesdits pains des 10 mars et avril, et 14 septem- 
bre 1674; 

Deux procès-verbaux dudit prevost royal de Chablys inter- 
venus sur les réquisitions des procureur du roy et procureur 
fiscal, portant condamnations d'amande contre lesdits bou- 
langers pour avoir contrevenu aux ordonnances de police des 
2 juin 1676 et 1677; 

Dix requestes présentées au prevost de Chablys par lesdits 

boulangers, aux fins de mettre le taux au pain, au bas sont 

les conclusions du procureur fiscal et l'ordonnance dudit 

prevost, portant le taux des 9 juillet 1677, 3 et 27 may, et 

1866. 15 



ii2 

5 juillet 1679, 4 7 et 24 may, 6 juillet et 24 septembre 4684, 
20juin1685et 14 juin 4686; 

Billet signé dudit Canaelin, procureur fiscal, du 9 janvier 
1678, portant que par ordonnance dudit prevost de Chablys 
il fait deffenses aux habitans de souffrir que les bestiaux ail- 
lent dans les vignes ; comme aussi qu'il leur est enjoint de 
nettoyer les rues et ester les fumiers, à peine d'estre condam* 
nez en des amandes qui seront exécutées sur-le-champ; au 
dos est une publication au prosne par le curé de ladite ville 
du 9 janvier 1678; 

Ordonnance dudit prevost royal de Chablys, du 15 may 
1685> portant deffenses aux boulangers de vendre le pain à 
plus haut prix que la taxe ; fait deffenses aux tripiers de jet- 
ter Teau et les ordures par les fenestres, et mettre Teau devant 
les portes à peine de dix livres d'amande ; 

Extraits de quatre jugemens rendus en la police de la pre- 
vosté royale de Chablys es années 1675, 1681, 4682 et 1683, 
tant par le sieur Berillon, prevost royal, que par ledit Came- 
lin, prevost alternatif, sur les réquisitions du procureur du 
roy et du procureur fiscal ; 

Extrait tiré des minuttes du greffe delà prevosté de Cha- 
blys de plusieurs requestes audit prevost royal es années 
1693, 1694 et 1695, par les boulangers dudit lieu, aux fins 
d'augmentation du prix du pain; 

Ensuite sont les conclusions du procureur du roy et du 
procureur fiscal, el les ordonnances portant augmentation 
dudit pain ; 

Requeste présentée audit prevost par le nommé Gaignard, 
boucher, afin de permission de vendre seul de la viande pen- 
dant le Caresme, au bas est l'ordonnance qui lui accorde la- 
dite permission, du 21 février 1665; 

Exploit d'assignation donnée à la requeste du procureur 
du roy et de ladite ville de Chablys Denis Rossignol, boulan- 
ger, à comparoir devant le maire pour assister au règlement 
que ledit procureur du roy entend faire faire par ledit maire 
pour le taux du pain blanc et bis, conformément à l'arrest du 
conseil du 5 décembre 1692, qu'il sera condamné à prendre 
ledit taux avec deffenses d'y contrevenir, à peine de 50 livres 
d'amande, du 3 octobre 1695 ; 

Copie d'arrest du parlement de Paris portant qu'il sera 
nommé dans chaque paroisse du ressort tel nombre d'habi- 



223 

tans qu'il sera trouvé à propos, suivant retendue du terri- 
toire, pour faire les fonctions ordinaires de messiers, veiller 
à la conservation des fruits et vignes : enjoint aux juges et 
oflBiciers de leur donner le secours, et punir sévèrement ceux 
qui prendront des grains et fruits ; et au bas est écrit copie 
pour le procureur du roy de Chablys ; 

Ensuite est la publication dudit arresi, et avertissement 
aux habitans qu'il y auroit le lendemain audiance extraordi- 
naire pour la nomination des messiers à ce qu'ils eussent à 
s'y trouver, sinon en seroit nommé d'office par le prevost 
royal de Chablys, du 13 juin <694; 

Sentence dudit prevost du 22 dudit mois, portant nomina- 
tion d'office desdits messiers, et leur prestation de serment, 
copie d'ordonnance dudit prevost royal du 15 octobre 1695, 
intervenue sur le réquisitoire desd. procureur du roy et fiscal, 
par laquelle il est fait deffenses d'entrer dans les vignes pour 
grapiller auparavant le lundy lors prochain, à peine de dix 
livres d'amande ; 

Copie du procès-verbal de Jean Colas, sergent de police à 
Chablys, dudit jour 10 octobre 1695, contenant qu'en fai- 
sant publication de ladite ordonnance au devant de la grande 
place dudit Chablys, seroit survenu ledit Chamon, maire, 
qui luy auroit dit qu'il n'y avoit point d'autre juge de police 
que luy, et auroit crevé son tambour d'un coup de canne, et 
que s'il y retournoit il le mettroit en prison dont il ne sorti-, 
roit que par arrest ; 

Extrait d'acte d'assemblée dudil hostel de ville de Chablys, 
portant nomination des personnes de Noël Gogois et Edme 
Brision, vignerons, pour la fonction des messiers, du 10 sep- 
tembre 1695, ensuite est l'assignation à eux donnée à la re- 
queste dudit procureur du roy pour prester; le serment, copie 
d'ordonnance dudit maire du 24 septembre 1695, portant 
deffenses à toutes personnes d'aller cueillir du verjus et faire 
des tavillons sans la permission dudit maire ou du procu- 
reur du roy, à peine de dix livres d'amande ; au bas est un acte 
portant que ladite ordonnance sera leuë, publiée à son du 
tambour par la ville de Chablys, du 29 septemcre 1695 ; 

Deux exploits d'assignations donnés à la requeste du pro- 
cureur du roy de ladite ville par devant le maire, à Claude 
Raby et Claude Gaignard, pour estre condamnez en trois 
livres d'amande pour avoir esté pris en cueillant des raisins, 
du 27 septembre 1695; 



324 

OrdoDDance dadit maire à Jacques Renard, sergent, de 
donner les assignations à la requeste du procureur du roy, 
et de faire ce dont il sera par lui requis, à peine de cent livres 
d'amande ; 

Procès verbal dudit prevost de Chablys du 3 décembre 
4695, contenant que les maire et procureur du roy de la ville, 
en continuant le trouble à lui fait à la police, ont ledit jour 
esté en police chez les cabaretiers ; 

Sentence rendue par ledit maire de Chablys qualifié maire 
de rhostel de ville, et maire de la ville et communauté de 
Chablys, du Si may 1 693, entre Pierre Pinson et autres, es- 
chevins de la ville et communauté d'une part, et André Vin- 
cent, laboureur, demeurant à Preys. d'autre, par laquelle après 
avoir veu les pièces lesdits Vincent et Pierre Guyon sont ren- 
voyez de Tassignation, dépens compensez ; 

Autre sentence dudit maire du 6 septembre 1695, par la- 
quelle Antoine Colombat, eschevin, tant pour luy que pour 
consors, ont esté condamnez de payer au nommé Ramelet 
25 livres, et au nommé Rigault dix livres pour demie année 
de leurs gages, et aux dépens taxez à douze sols ; 

Relief d'appel obtenu en la grande chancellerie, à Paris, le 
22 juin 1675, parEdme Berillon, prevost royal à Chablys, 
par lequel luy auroit esté permis d'assigner au conseil ledit 
Camelin pour y procéder sur l'appel interjette par ledit Beril- 
lon de l'ordonnance' du sieur Intendant en la généralité de 
Paris, du 18 mars 1675, ce faisant, voir dire qu'il seroit 
maintenu en la qualité de maire né et perpétuel de ladite 
ville de Chablys, à cause de sadite charge de prevost royal, 
et ledit Camelin, condamné à lui rendre 16 livres par luy 
payées en vertu d'autre ordonnance dudit sieur Intendant du 
1 9® dudit mois et aux dépens ; au dos est reconnoissance dudit 
Betillon du 24 aoust 1675, qu'il ne s'est point présenté au 
conseil sur l'assignation, et qu'il ne se présentera point non 
plus que ledit Camelin ; 

Imprimé d'arrest du conseil d'Etat du 5 décembre 1693, 
portant règlement gênerai pour les fonctions, rangs et scean- 
ces des maires, assesseurs et commissaires aux reveuës et 
logemens de gens de guerre des généralités de Bordeaux, 
Toulouze et Montauban ; 

Quatre actes d'assemblées des habitans de Chablys, par- 
devant ledit Berillon pour l'absence dudit Chamon, maire, sur 



225 

les réquisitions des eschevins qui étoienl presens et avoient 
convoqué lesd. assemblées, des 9«, 12®, 26« juillet et 9 aoust 
1693; 

Quatorze mandats ou ordres dudit Berillon au directeur de 
rhopital de Chablys de payer les sommes y portées pour les 
pauvres, des années 1 693, 1 694 et 1 695 ; 

Procès verbal dudit Chamon contenant qu'ayant ordonné 
au nommé Cerveau, sergent de la prevosté de Chablys, de 
battre le tambour pour faire deffenses aux cabaretiers et ven- 
deurs de vin, de vin, de bailler à boire et à manger passé 
huit heures du soir suivent l'usage de la police, de laquelle 
ordonnance ledit Berillon auroit empêché l'exécution, disant 
qu'il n'apartenoit audit maire de faire aucune ordonnance de 
police, ains à luy prevost, du 14 février 1693; 

Autre procès verbal dudit maire du 28 juin 1695, conte- 
nant que le nommé Colas, sergent et tambour de ladite 
ville, luy ayant refusé de battre le tambour pour assembler 
les habitans au sujet du franc-aleu qui estoit demandé à 
ladite ville, sous prétexte que ledit Berillon luy avoit défendu, 
et ayant voulu constituer prisonnier ledit Colas, il en avoit 
été empêché par ledit Berillon, prevost; 

Deux autres procès verbaux dudit maire des 19 et 30 oc- 
tobre 1695, contenant le refus dudit Colas de battre le tam- 
bour par ordonnance dudit maire, attendu les deffenses à luy 
faites par ledit Berillon, acte d'assemblée des habitants de 
Chablys, par devant ledit maire, du 11 septembre 1695, par 
lequel ils ont nommez des vigniers pour la garde des vignes, 
ensemble est l'acte d'acceptation et prestation du serment 
desdits vigniers du 29 dudit mois ; 

Procès-verbal desdits maire et procureur du roy de Cha- 
blys du 31 décembre 1695, contenant la visite par eux faite 
des étoffes de draps et ratines des marchands forains à la 
foire audit Chablys, après la visite faite par ledit prevost et 
oflBciers de la prevosté ; 

Deux procès-verbaux dudit maire des 2 juin 1695 et 6 jan- 
vier 1696, contenant le trouble à luy fait par le sieur lulliot, 
lieutenant, dans son rang et place avec force et violence ; 

Imprimé d'arrest du conseil d'Estat du 30 iuin 1695, qui 
permet à tous ceux qui sont pourvus des offices de maire, 
d'évoquer si bon leur semble pardevant le plus prochain iuge 
royal des lieux de leur résidence, tous les procès civils et cri- 



226 

minels qu'ils ont actuellement ou auront, pour y estre ins- 
truits et jugez en première ou dernière instance, selon Texi- 
gence des cas, jusques à ce que Sa Majesté en ait autrement 
ordonné ; 

Procés-verbal dudit Camelin , procureur du roy et dudit 
hostel de-ville, du trouble à luy fait en allant à Tofferte de la 
messe parroissialle, le jour de saint Ives, par lacques Grillot, 
procureur fiscal, du 19 may 1696 ; 

L'exploit d'assignation dudit procès-verbal audit procureur 
fiscal du 20 may 1696, écritures et productions des par- 
ties ; 

Requeste présentée au conseil par les officiers de la pre- 
vosté de Chablys par eux emploiée pour satisfaire au règle- 
ment porté par l'arrest du conseil du 27 iuin 1696, tendante 
a ce que sans avoir égard aux demandes portées par la re- 
queste sur laquelle ledit arrest est intervenu, dont les officiers 
de la maison de ville de Chablys seront déboutez, il plust à 
Sa Majesté maintenir et garder les officiers de la prevosté 
royalle en tout droit de iurisdiction sur le fait de la police en 
la ville de Chablys, au droit de précéder en toutes assemblées 
publiques et particulières lesdits maire et procureur du fait 
commun en la maison de ville de Chablys, en la possession de 
convoquer, présider aux assemblées convoquées en la salle 
d'andiance au siège de la prevosté royalle à Telection des ad- 
ministrateurs ;' 

Redition de comptes du receveur de THositel-Dieu de Cha- 
blys, et d'autoriser et signer les mandats et ordonnances, 
maintenir et garder le substitut du procureur général audit 
siège, au droit de précéder en toutes assemblées publiques et 
particulières le pourveu en titre de la charge de procureur du 
fait commun de la maison de ville de Chablys, avec deffences 
de le troubler à l'avenir, et pour réparation du trouble à luy 
fait le condamner aux dommages interests, et pour réparation 
du scandai par luy commis pendant le service divin, en telle 
aumosne envers les pauvres ou Fabrique de la parroisse qu'il 
plaira à Sa Majesté arbitrer, et au surplus leur adjuger leurs 
autres fins et conclusions par eux prises, et condamner lesd. 
maire et procureur du roy de la maison de ville en tous 
les dommages et interests des officiers de la prevosté, et 
aux dépens ; au bas est Tordonnance portant acte de l'em- 
ploy, et au surplus en jugeant, et l'assignation du 17 iuillet 



227 

4696, à la requeste esloient attachées les pièces qui ensui- 
vent ; 

Copie du compte rendu le 4 3 aoust 4660, par devant le 
prevost royal de Chablys, en présence des procureurs du roy 
et fiscal de Chablys, par M« lean Lelors et autres administra- 
teurs de Thopital et maladerie dudit lieu, aux echevins de 
ladite communauté ; 

Requeste présentée au prevost par lean Foynat et Estieune 
luliot, administrateurs de Thopital et maladerie, afin de con- 
trainte contre les adjudicataires des revenus^ du 26 ianvier 
4664; 

Deux comptes rendus par les administrateurs de Thopital 
dudit Chablys, par devant le prevost, en présence des procu- 
reurs du roy et fiscal du 48 avril 4696 ; 

Quatre exploits d'assignations données à la requeste des- 
dits administrateurs ausdits administrateurs lors en charge, 
pardevant le prevost, en présence des procureurs du roy et 
fiscal pour rendre leurs comptes, des 24 février, premier avril, 
4 4 iuillet 4 666 et 4 2 mars 4 677 ; 

Mandemens des officiers de ladite prévosté des années 
4676, 4677 et 4678, aux administrateurs dudit hôpital, de 
payer les sommes y portées sur les revenus dudit hospital ; 
extrait d'arrest du conseil d'Estat du 44 iuillet 4694 , portant 
règlement pour les fonctions rangs etsceances des procureurs 
du roy des villes et communautez, au bas est un exploit d'as- 
signation donnée à la requeste du procureur dn roy de ladite 
ville de Chablys, pardevant ledit maire, à damoiselle Renée 
Girault, veuve de Verain Gentit, administrateur de Thopital 
dudit lieu, pour estre condamnée à rendre compte ausd. ha- 
bitans de Tadministration que son mari a eue des biens et 
revenus dudit hospital pendant les années 4684, 85, 86 et 
4 687, du dernier janvier 4 696 ; 

Exploit d'assignation donné à la requeste du procureur du 
roy de ladite ville, pardevant le maire, à François Berillon, cy- 
devant administrateur dudit hôpital, pour se voir condamner; 

Compter ausdits habitans de son administration du 16 jan- 
vier 4697, procès-verbal fait par ledit Grillot, procureur fis- 
cal, du 49 may 4696, du trouble a luy fait par ledit 
Camelin, procureur du roy et de ladite ville, allant à Tof- 
frande ; 

Contredits desd. maires et procureur du roy et de ladite 



228 

ville contre la production des officiers de la prevosté ; au bas 
est la signification du 22 octobre 4696 ; 

Requeste desdils officiers de la prevosté employée pour 
contredits contre la production desdits maire et procureur du 
roy et de ladite ville, contenant production nouvelle des pièces 
y énoncées, aubas est Tordonnance portant acte de Temploy, 
les pièces receus et communiquées par copies et du surplus 
en jugeant, et la signification du 23 aoust 1696, lesdites pie* 
ces qui sont : 

Imprimé d'arrest du conseil d*£stat du 15 septembre 
1693, portant règlement pour les fonctions, rangs et sceances 
du procureur du roy, du greffier de Thostel de ville d'Orléans, 
et des officiers du bailliage et de la prevosté, et les maires et 
echevins de ladite ville; 

Imprimé d'autre arrest du conseil du 22 iuin 1694, portant 
règlement entre les officiers du bailliage et payrie de Nevers, 
et les maire et echevins de lad. ville; trois actes d'assemblées 
et nominations faites par les echevins de Chablys, des admi- 
nistrateurs de l'hospital el maladerie dudit lieu pardevant le 
prevost royal et alternatif en l'auditoire dudit lieu, des 33 dé- 
cembre 1663, 31 ianvier 1688, et 23 février 1692, provisions 
accordées par M» Antoine Sanguin, prevost de Chablys (1), 
seigneur dudit lieu par indivis avec Sa Majesté, à Jean Colas, 
de l'office de sergent proclamateur, garde des poids et mesu- 
res de la prevosté et iustice de Chablys, vacant par le deces 
de lean Moret, du 29 décembre 1679 ; 

Imprimé d'arrest du. conseil d'Estat du 2 octobre l69i, 
portant réunion aux corps et communauté des marchands et 
artisans des villes et bourgs de la généralité de Paris, des of- 
fices d'auditeurs examinateurs des comptes des marchands et 
communautez d'arts et métiers, en payant la somme de 
280,000 livres, et qu'en cas de contestations sur la reparti- 
tion de ladite somme, elles seront réglées sommairement et 
sans frais par les juges de police souz la jurisdiction desquels 
se trouveront les corps et communautez, le procureur de Sa 
Majesté ouy ou appelle ; 

Procès verbal dudit lulliot, lieutenant particulier assesseur 
en ladite prevosté, du 6 ianvier 1696, contenant que le maire 

(1) Ce prévôt était le grand prévôt du chapitre de Saint^Martin 
de Tours. 



229 

de lad. ville Tauroit pris par la perruque et au rabat, et l'au- 
roit voulut faire sortir du banc où se metent les officiers où 
led. lulliot estoit pour entendre les vespres ; 

Acte de notoriété desdits habitants de Chablys du 7 iuillet 
4696; que les officiers delà prevosté ont entous actes particu- 
liers et publics mémo aux processions, précédé les sindicts 
et echevins; autre acte de notoriété desdits habitants, du 
21 juillet 1696, que les officiers ont toujours pris place en 
Teglise de la paroisse de Chablys à Tendroit proche l'œuvre 
où siègent les fahriciens au dessus d'iceux ; 

Requeste desdits maire et procureur du roy afin de produc- 
tion nouvelle des pièces y énoncées, au bas est Tordonnance 
portant réception desdites pièces, et l'assignation du 23 octo- 
bre 1 696 ; 

Lesdites pièces qui sont : imprimé d'arrest du conseil d'Estat 
du 14 décembre 1691, portant règlement pour les fonctions, 
rangs et sceances des procureurs du roy des hostels de viHe; 

Imprimé d'autre arrest du conseil d'Ëstat du 17 octobre 
1693, interyenu sur la requeste des maires et eschevins et 
procureur du roy de la ville de Reims, et sur l'avis du sr. Lar- 
cher, intendant en Champagne, par lequel entr'autres choses 
est ordonné que TEdit du mois de juillet 1690, et arrest 
du 14 juillet 1691 seront exécutez selon leur forme et 
teneur ; 

Acte d'assemblée des habitans de Chablys pafdevant le 
maire, du 6 janvier 1696, au sujet de la réunion de la charité 
dudit lieu à l'hospital de ladite ville, acte d'assemblée desdits 
habitans du 15 dudit mois, par lequel, en exécution du pré- 
cèdent, ils ont nommé deux administrateurs receveurs dudit 
hospital ; 

Quatre billets ou ordres signez dudit Bertillon prevost et 
de trois autres aux directeurs de l'hospital, de payer les som- 
mes y contenues, des 22 juillet, 9 et 18 aoust et 24 septem- 
bre 1 693 ; 

Extrait d'un jugement rendu en la prevosté de Chablys, du 
5 février 1695, entre maistre Estienne de la Goûte, curé du- 
dit lieu, et ledit Chamon, maire d'autre, ledit Chamon pré- 
sent, par lequel, ouy le procureur fiscal, auroit esté ordonné 
que dans trois jours ledit Chamon feroit sa déclaration de ce 
qu'il doit à la Fabrique de Chablys pardevant ledit Prevost, 
autrement réputé detteur; 



S30 

Requeste des officiers de la prévosié employée ponr les 
salvatioDs contre les contredits des maires et procurear da 
roy, du U octobre 4696; 

Autre requeste desdits officiers de la prevosté, du 35 dudit 
mois d'octobre, employée pour contredits à la production 
nouvelle desdits maire et procureur du roy; 

Requeste de production nouvelle desdits officiers de la pre- 
vosté, du 2 juin 1697, des pièces y énoncées qui sont cinq 
sentences rendues par ledit prevost de Cbablys des 9 et 
45 février 1678, 18 décembre 1675, 30 décembre 1681, et 
23 décembre 1687, sur les comptes de Thospital, hostel- 
Dieu et maladerie de Cbablys; compte rendu pardevant le 
prevost de Cbablys par maistre Claude Hillon, administrateur 
de la maladerie de Cbablys, ledit compte arresté en l'auditoire 
de la prevosté royale de Cbablys le 10 octibre 1655; 

Sentence du prevost alternatif de Cbablys du 18 décembre 
1675, sur veu des pièces portant clôture d'un compte rendu 
pour la maladerie de Cbablys ; 

Requeste desdits maire et procureur du roy de l'bostel de 
ville dudit Chablis, employée pour réponses et contredits à la 
production nouvelle des officiers de la prevosté, contenant 
production nouvelle des pièces y énoncées ; au bas est l'or- 
donnance portant acte de Femploy, les pièces reçilës et com- 
muniquées par copies, et au surplus en jugeant du S8 juin 
1667, au bas est l'assignation du 2 juillet audit an, lesdites 
pièces qui sont transaction passée le 17 janvier 1661, entre 
Loiiis de la Bonde, pourvu par Sa Majesté de la maladerie de 
Cbablys, et Claude le Tors, administrateur et receveur de la 
maladerie, par laquelle ledit de la Bonde s'est désisté de ses 
prétentions moyennant 400 liv, qui lui ont esté payées par 
ledit le Tors, de l'avis des officiers de la prevosté de Chablis 
et des eschevins ; 

Acte du 10 aoust 1691 par lequel le prevost royal de Cha- 
blis, à la réquisition des eschevins, a ordonné que les habi- 
tans seront assemblez pour avoir leur sentiment sur plusieurs 
propositions qu'ils avoient a leur faire louchant les vins, et 
i'enlevemenl des bois taillis et lattes qui servoient de couver- 
ture aux murs de ladite ville; 

Ensuite est la délibération desdits habitans, ordonnance 
dudil Bertillon, prevost royal de Chablis, du 30 octobre 1696, 
portant règlement gênerai pour la police pour le taux et sa- 
laires des vignerons et manouvriers ; 



231 

Requeste présentée au Conseil par messire Henry Julles de 
Bourbon, prince de Condé, prince du sang, seigneur par en- 
gagement du domaine de Chablis, tendante à ce qu'il plust à 
Sa Majesté le recevoir partie intervenante en Tinstance entre 
lesdits officiers royaux de la prevosté de Chablis, d'une part, 
et lesdits maire et procureur du roy de Thostel de ville de 
Chablis d'autre, faisant droit sur son intervention, maintenir 
et garder les qfficiers de lad. prevosté royale de Chablis dans 
le droit de connoistre de la police et des affaires ordinaires, 
réelles et personnelles, et autres dont ils ont toujours connu 
comme juges de prevosté royale, et à ce qu'il luy fust donné 
acte de ce que pour moyens d'intervention, écritures et pro- 
duction, il employé le contenu en ladite requeste, et, en cas 
de contestation, condamner le maire et le procureur du roy 
de l'hostel de ville de Chablis; aux dépens, au bas est l'or- 
donnance portant le suppliant ^stre receu partie interve- 
nante ; 

Acte de l'emploi, et an surplus en jugeant et soit signifié 
sans retardation, du 29 aoust 1696, au bas est la signification 
du 3 septembre audit an ; 

Requeste présentée au Conseil par lesdits maire et procu- 
reur du roy de lad. ville de Chablis de la pièce y énoncée ; au 
bas est Tordonnance qui reçoit ladite pièce et la signification 
du 27 juillet 1697, ladite pièce qui est copie collationnée de 
déclaration du roy sur les fonctions, droits et privilèges attri- 
buez aux maires des villes et communautez du royaume, et 
particulièrement en la province du duché de Bourgogne, 
comté et pais en dépendans, du 12 mars 1697 ; 

Factum pour lesdits officiers signifié le 19 juillet 4698, et 
tout ce que par lesd. parties a esté mis et produit par devers 
le sieur Quantin de Richebourg, conseiller du roy en ses con- 
seils, maistre des requestes ordinaire de son hostel, com- 
missaire à ce député ; 

Oiïi son rapport après en avoir communiqué aux sieurs 
Courtin de Marillac, de Fourcy, Chauveiin et Philippeaux, 
conseillers d'Etat ordinaires suivant l'ordonnance du conseil 
du 5 juin 1697, signifié le 7 dudit mois et jour; 

Considéré : le Rgy en son conseil, faisant droit sur le tout, 
et ayant aucunement égard à l'intervention, a ordonné et or- 
donne que les edits de création des offices de maires et pro- 
cureurs de Sa Majesté dans les hostels des villes, 



238 

Ensemble les déclarations, arrests et reglemens sur ce in- 
tervenas, seront exécutez selon leur forme et teneur ; ce fai- 
sant a maintenu et maintient le maire de ladite ville de Cba- 
blis dans le droit de convoquer et présider seul aux assemblées 
de Thostel-de-ville ; et en cas d'absence du maire^ le plus 
ancien des eschevins, dans lesquelles assemblées les oiBciers 
de ladite prevosté de Chablis ne pourront y assister qu'en 
qualité de principaux habitants ; et sur la demande du maire 
afin de faire les reglemens généraux de la police^ mettre le 
taux aux danrées, et de connoistre de l'exécution d'iceux. Sa 
Majesté a mis et met les parties hors de cour et de procès, 
et en conséquence a maintenu et maintient les prevostet offi- 
ciers de ladite prevosté de Chablis au droit de faire la police, 
les règlements sur icelle, et de connoistre seuls de l'exécution 
d'iceux ; 

A pareillement maintenu et maintient lesdits prevost et 
officiers de Chablis en la possession d'ouïr, examiner, clore 
et arrester les comptes de l'hospital de ladite ville, et^ en cas 
d'absence du prevost, ils seront oiiis, examinez, clos et arres- 
tez par le plus ancien des officiers de ladite prevosté; 

Permet Sa Majesté audit maire et audit prevost et ofQciers 
de ladite prevosté de Chablis ; de faire battre le tambour de 
lad. ville dans les fonctions qui regardent de leurs charges ; 

Ordonne Sa Majesté que lesdits prevost et officiers de Cha- 
blis nommeront seuls les vigniers, connoistront seuls de leurs 
fonctions ; ordonne en outre Sa Majesté que le maire de ladite 
ville de Chablis connoistra des manufactures, et les officiers 
de ladite prevosté des arts et mestiers, ainsi qu'ils ont fait par 
le passé et avant l'edit de création desdits maires ; 

Comme aussi ordonne Sa Majesté que dans toutes les as- 
semblées publiques et particulières où les officiers de ladile 
prevosté et les officiers de ladite ville se trouveront, les offi- 
ciers de la prevosté marcheront les premiers, et que led. maire 
ne pourra marcher ni se placer qu'après le dernier officier de 
judicature sans aucun raeslange ; 

Permet Sa Majesté audit maire es causes qu'il aura en de- 
mandant, de faire assigner ses redevables pardevant le plus 
prochain juge royal de ladite ville de Chablis ; et es causes 
en deffendant, ledit prevost de Chablis sera tenu de les ren- 
voyer pardevant le plus prochain juge royal, toutes fois et 
quantes qu'il en sera requis; 



233 

Ordonne en outre Sa Majesté que le procureur fiscal de la- 
dite prevosté précédera en toutes cérémonies publiques et par- 
ticulières le procureur du roy de ladite, ville et sur le surplus 
des autres demandes et prétentions respectives des parties, 
Sa Majesté les a mis hors de Cour et de procès, condamne 
lesdits maire Qt procureur du roy en la moitié des dépens 
envers lesdits prevost et officiers de ladite prevosté, l'autre 
moitié ensemble ceux de Tintervention compensée : 

Fait au conseil d'Estat du Roy, tenu à Versailles, le 1 7 sep- 
tembre 1697; 

Signé, Ranchin, avec paraphe et collationné. 

Louis, par la grâce de Dieu,- roi de France et de Navarre : 
Au premier nostre huissier ou sergent sur ce requis, nous te 
mandons et commandons que l'arrest dont l'extrait est cy- 
attaché sous le contre-scel de nostre chancellerie ce jour- 
d'huy donné en nostre conseil d'Estat entre les y dénommez 
pour les causes y contenCies, tu le signifies à maistre Jean 
Chamon, nostre conseiller, maire perpétuel de nostre ville de 
Chablis, et maistre François Camelin, nostre procureur en 
Thostel de ladite ville, et à tous autres qu'il appartiendra, à 
ce qu'aucun n'en ignore, et fasse en outre pour l'entière exé- 
cution d'iceluy, à la requeste des prevosts et officiers de nos- 
tre prevosté de ladite ville de Chablys, tpus exploits, somma- 
tions et actes nécessaires, sans autre permission : car tel est 
nostre plaisir. 

Donné à Versailles, le 17 septembre 1697, et de nostre 
règne le cinquante-cinquième. Par le roy en son conseil, si- 
gné, Ranchin, avec paraphe, et scellé en grand sceau de cire 
jaune. 

{^rcMves de H* Yonne), 



DEUX CHAPITKES 

DES MÉMOIRES DU COMMANDANT SAVOIE (1) 



Le commandant Savoie avait clé chargé en 1815 de Torga- 
nisation des compagnies franches de Tarrondissement de 
Tonnerre. 

C'était un homme fièrement trempé el dans sa commune de 
Colian, où il s'était relire dès 1809 auprès de sa mère, après 
avoir quitté Tarraée, il était devenu la terreur des Alliés, aux- 
quels il avait tué et pris un certain nombre d'hommes ; aussi 
fut-il signalé et traqué de la belle façon. 

A la seconde invasion il fut arrêté et conduit à Auxerre, 
sous bonne escorte, pour y être interrogé et jugé par le 
conseil de guerre. 

Lorsque revinrent des temps plus calmes, il entrepril 
d'écrire le récit de ses aventures avec les détachements autri- 
chiens, de ce qui lui en advint, des souffrances qu'il endura, 
enfin du dénouement de toutes ses vicissitudes. 

Malheureusement sa relation est restée inachevée. Les deux 
seuls chapitres qui en existent n'en oflFrent pas moins un vif 
intérêt, et nous devons à l'obligeance de M. Lorin de pouvoir 
les faire connaître aux lecteurs de l'Annuaire. 

INFORTUNES D'UN FRANÇAIS. 

Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. 
AVANT-PROPOS. 

Dans la relation que je fais au public des malheurs dont 
j'ai été la victime par suite des invasions do 1814 et 1815, 
je me suis moins proposé une triste célébrité que le désir de 
répondre d'une manière victorieuse aux inculpations de mes 
ennemis. Cinq années se sont écoulées depuis cette époque 

(1) Voir les notes à la un du mémoire. 



235 

fatale, plusieurs de mes calomniateurs ont payé le tribut à la 
nature, mon cœur a cessé de saigner et Ton ne peut me sup- 
poser aucune idée de ressentiment. Je couvrirai du voile de 
Fanonyme ces vils détracteurs afin de les mettre à Tabri de 
rindignation de leurs concitoyens, 

M Laissant à leurs remords le soin de ma vengeance, a 

Si je suissouvent obligé de parler de moi, de quelques faits 
d'armes honorables, le lecteur se rappellera qu'il m'importe 
de prouver que j'ai commandé en officier français et non en 
chef de brigands. D'ailleurs, c'est une partie de ma vie que je 
rends publique et je dois entrer dans des détails, insigni- 
fiants dans un roman, mais indispensables ici. Je serai peut- 
être incorrect, j'ai plus l'habitude de me servir d'une épéeque 
d'une plume ; celui qui aime les descripiions où règne le délire 
de l'imagination, peut, dès à présent, fermer ce livre ; la nar- 
ration est simple et rapide ; la vérité et l'intérêt feront, sans 
doute, excuser le défaut d'éloquence. 



A ma respectable Mère, 

Acceptez, ô ma tendre mère, l'hommage de ce triste exposé. 
Qui plus que vous a des droits à ma reconnaissance? Si dans 
les cachots, où je souffrais mille horreurs, un cœur courageux 
bravait tous les dangers pour porter quelque consolation 
dans mon àme^ si une main bienfaisante allégeait le poids de 
mes fers, si une voix chérie me rappelait à moi-même, sou- 
levant alors ma tête appesantie, j'apercevais ma mère 

et mes bras retenus ne pouvaient la presser sur mon sein !.., 

Le courage, la résignation, les sentiments d'horreur qui 
obligèrent mes ennemis mêmes à me rendre justice, tout est 
votre ouvrage. C'est dans votre propre cœur que je puisai cette 
force d'âme qui me fit mépriser et supporter tous mes maux. 
Que de larmes d'attendrissement mes souvenirs m'ont arra- 
chées!... 

ma mère, exemple de votre sexe, puissé-je longtemps 
encore vous prouver 

Tout mon amour et mes respects, 

SAVOIE. 



236 



CHAPITRE P^ 

Je sors d*UDe famille connue de la Bourgogne ; je perdis 
mon père à Tâge de 3 ans et ma mère, restée avec plusieurs 
enfants, s'attacha plutôt à nous former le cœur qu'à nous 
donner une brillante éducation, d'ailleurs au-dessus de la 
modique fortune que les effets de la Révolution lui avaient 
laissée. J'entrai de bonne heure au service et en 1809 je revins 
dans ma famille. Mes sœurs étaient mariées et ma mère, seule 
alors, réclamait tous mes soins. Je me fixai près d'elle et, 
m'armant du soc de la charrue, je fis fructifier l'héritage de 
mes pères. 

J'avais servi avec distinction. Je jouissais de l'estime de 
mes chefs, j'acquis bientôt l'amitié de mes concitoyens. J'ac- 
ceptai la charge de maire de ma commune; c'est de cette 
époque que datent tous mes malheurs. Un fait très-simple en 
lui-même éveilla cependant l'envie et la jalousie. 

Le feu se manifesta dans un village voisin de celui que 
j'administrais, j'accours avec les habitants de ma commune; 
emporté par une impétuosité naturelle, mon premier soin fut 
d'arrêter les progrès de l'incendie. J'eus le bonheur de péné- 
trer dans une cave embrasée ei d'en retirer une femme as- 
phyxiée. J'étais trempé de sueur, je changeai de vêtemens et 
retournai au lieu de la scène diriger les secours et veiller sur 
les jours des malheureuses victimes. Les autorités des villes 
et villages environnants arrivèrent lorsqu'il n'y avait plus rien 
à craindre. Sans se rendre compte des motifs de ma conduite, 
on me prêta le désir d'avoir voulu me réserver l'avantage de 
cette action : J'aimais à obliger, non à briller, je me tus. 

L'ennemi entrait en France, je regrettais de n'être plus 
sous les drapeaux, mais je résolus de rendre encore à ma 
patrie tous les services qui pouvaient dépendre de moi. Le 
27 janvier.1814, un gros de cosaques irréguliers se présenta 
à la hauteur de ma commune ; craignant pour elle les horreurs 
de la guerre, je fus, contre mon gré, près du chef, qui me fit 
demander, et j'eus soin que tout ce qui leur était nécessaire 
fût mis sans retard à leur disposition. Cette prévenance n'em- 
pêcha pas que ces troupes indisciplinées ne se livrassent à 
tous les excès ; enfin elles partent aprèfe 5 jours, laissant les 
habitants dans la désolation. Une colonne de 5,000 hommes 



237 

se dirigeait encore sur nous ; nous jugeâmes donc prudent de 
nous retirer dans les bois» oii j'emportai ma mère. L*ennemi 
s*étant éloigné, nous rentrâmes, les esprits étaient montés, 
on voulait se défendre; je n'avais pas d'ordres et n'osais rien 
tenter. Cependant un détachement de 80 à 100 hommes, 
poursuivi par la division Alix, ayant, sur son passage, tiré 
sur les habitants, on s'arma; je me portai en avant, on en vint 
aux mains, l'ennemi fut repoussé emportant ses morts et ses 
blessés ; au nombre de ceux-ci se trouvait un major qui, vou- 
lant me sabrer, reçut de moi un coup de feu dont il mourut à 
Troyes. Des chevaux étaient restés en notre pouvoir, je les 
conduisis au général Alix, commandant la 18« division mili- 
taire. Ce général me nomma aussitôt commandant de la garde 
nationale de l'arrondissement de Tonnerre. 

Il fallait organiser cette garde dans un pays occupé par 
l'ennemi; ni les obstacles ni les dangers ne me rebutèrent; 
allant dans les communes voisines, tantôt armé, tantôt dé- 
guisé, quelquefois de jour, souvent de nuit, je vins à bout de 
réunir quelques anciens militaires, des habitants de bonne 
volonté, et en peu de temps je me trouvai en état d'inquiéter 
et de harceler l'ennemi. 

Une fois, à l'entrée de la nuit, comme je me disposais à 
faire une tournée, j'appris que trente hommes se dirigeaient 
d'Auxerre à Tonnerre et devaient passer par Collan. Je profi- 
tai de l'obscurité, de la localité, et seul dans un chemin étroit 
je les sommai de mettre bas les armes ; quelques-uns se sau< 
vèrent par les champs, les autres se constituèrent mes pri- 
sonniers ; quelquefois, me posant en vedette, je les obligeais 
d'être sur pied toute la nuit, de ne pas s'écarter, épargnant 
par ces ruses les fermes et les villages; j'étais redouté d'eux ; 
les dénonciations commençaient, déjà ils avaient mon signa- 
lement. 

Allant organiser aux Vaux-de-Juilly, on me désigna un 
nommé Breteuille (1), homme intrépide et qui seul avait déjà 
fait beaucoup de mal à Tennemi; je le reçus comme un frère 
d'armes au nombre des braves qui composaient mes compa- 
gnies. En revenant par Tanlay, je vis BI. R*^*, qui me pré- 
vient qu'un détachement d'une vingtaine d'hommes devait 
passer dans quelques heures, regrettant, disait-il, de ne pou- 
voir les attaquer. Rien d'impossible à des gens de cœur. Je 
trouve bientôt une douzaine d'hommes résolus, nous nous 

4866. 16 



238 

f 

metiODs en embuscade dans un petit bois, Tennemi essuie 
notre feu et se retire avec six blessés. 

Quelques jours après, étant encore dans la mémeposition, 
un détachement des dragons de la Tour passe près de nous, 
nous faisons feu, ToiBcier estfrippé à mort ; un blessé qui ne 
peut fuir avec les autres, tombe en notre pouvoir, je le fais 
conduire à Tonnerre (2), avec défense de toucher à ce qui lui 
appartenait. Je donne ordre d'enterrer dans le bois le cada- 
vre de Tofficier. Malheureusement cet ordre ne fut pas bien 
exécuté; des oiseaux de proie ayant découvert la tête, arra- 
chèrent les yeux et mutilèrent toute la face. De cette circons- 
tance, indépendante de ma volonté, mes ennemis surent tirer 
un cruel parti: ils me représentèrent comme un monstre q^ii 
martyrisait ceux que le sort des armes faisait tomber sous ses 
coups ; c'est par de semblables traits qu'ils cherchaient à me 
perdre. * 

Le dimanche des Rameaux, étant à Tonnerre chez la gref- 
fier du tribunal, on vint me prévenir que l'ennemi était à la 
ferme de la Grange, distante de la ville de deux portées de 
fusil. Seul et craignant d'être arrêté par suite des dénoncia- 
tions faites, je montai à cheval pour m'éloigner ; sur la route 
je rencontrai quatre chasseurs français, je les engageai à ne 
pas entrer à Tonnerre, l'ennemi étant sur le point de l'occu- 
per. Hn d'eux, ivre, eut l'imprudence d'y pénétrer, courant 
dans les rues en s'écriant : « Il est honteux pour des bour- 
geois de laisser prendre leur ville. » On s'arme aussitôt et on 
sort dans l'intention de bien recevoir les troupes, j'en fus de 
suite averti, mais prévoyant le triste sort qu'éprouverait la 
ville si l'ennemi s'apercevait de l'intention des habitants, je 
commandai a ces chasseurs de me su'vre, et, prenant un sen- 
tier détourné, je courus attendre le détachement en question. 
Nous le rencontrons, il s'était trop avancé, avait reçu tout le 
feu des bourgeois et battait en retraite ; nous l'attaquons sur 
ses derrières, lui faisons cinq prisonniers, dont deux blessés, 
et lui tuons trois chevaux. 

Je rentrais en ville enjoignant aux habitants de dire que 
c'était le commandant des gardes nationales, avec de la 
troupe de ligne, qui avait repoussé l'ennemi, j'emmenai chez 
moi, à Collan, les cinq prisonniers, fis panser les blessés et 
les envoyai à Joigny où était la division Alix. 

J'eus la douleur d'apprendre le lendemain que Paris avait 



239 

ouvert ses portes et que le prince Lichieostein était venu bom- 
barder Tonnerre, parce que la veille, à mon insu, la mairie 
avait envoyé un bataillon de ses gardes nationales sédentaires 
au devant du détachement autrichien. Quatre maisons furent 
brûlées et le prince ne se retira que lorsqu'on Teut assuré que 
c'était moi, avec mes troupes qui avaisfrepoussé les siennes. 
Néanmoins il frappa une réquisition de 120,000 fr. sur la 
ville; on ne put trouver que 30,000 fr., il faisait grâce du 
reste si on me livrait mort ou vif. Mon action de la veille est 
méconnue. Des ordres sont donnés pour ma recherche. Ayant 
tout à craindre de ceux que j'avais préservés du pillage et de 
riacendie, je me trouvais forcé de n'être jamais deux jours 
de suite dans la même place et de prendre, pour ma sûreté, 
les mesures les plus secrètes. Quelques individus, guidant des 
hussards hongrois, battirent les bois où ils pensaient que je 
m'étaij retiré après avoir congédié mes compagnies. Fati- 
gués de voir leurs efforts inutiles, ils ne cessaient de faire 
des perquisitions chez moi, d'envoyer des espions dans ma 
commune ; j'échappais comme par miracle. 

Un matin ils vinrent à Collan au nombre de i 5, un officier à 
leur tête ; on les avait assurés que j'avais passé la nuit dans 
ma maison. Je fus averti à leur entrée dans le village par la 
.femme d'un de mes administrés, qui escalada le mur de mon 
jardin pour m'éveiller, je n'eus que le temps de prendre mes 
vêtements sous mon bras et de courir à récurieob mon cheval, 
toujours sellé, protégea ma retraite. Désespérant de m'avoir 
manqué et trouvant mon lit encore chaud, ils le percèrent à 
coup de sabres et d'épées, brisèrent, pillèrent le peu que leurs 
prédécesseurs avaient laissé et partirent en oubliant des clous 
de 7 pouces de long qu'ils avaient apportés pour me cru- 
cifier. 

Ainsi, toutes les hostilités avaient cessé en France, moi 
seul étais poursuivi, moi seul ne pouvais goûter un instant 
de repos, redoutant plus mes ennemis personnels que ceux 
de mon pays. 

CHAPITRE II. 

Je sentais la nécessité de réparer les pertes que j'avais 
éprouvées, de ramener à la tête de la maison une mère qui. 



no 

dans un âge déjà avancé, avait passé au milieu des bois un 
hiver rigoureux; l'ennemi s'éloignait de notre territoire et 
cessant de craindre pour ma liberté je repris mes occupations 
ordinaires. 

Dans le mois de décembre, je reçus ma révocation de maire, 
fondée sur ce que je ne pouvais plus faire le bien. Si quel- 
que chose me dédommagea de ne pouvoir plus faire à mes 
administrés le bien que Tautorilé reconnaissait par acte et 
qu'ils avaient reçu de moi, ce furent les regrets et le dépit 
qu'ils firent éclater à la lecture de cette singulière pièce. Leurs 
représentations, leurs efforts, leurs demandes réitérées pour 
ma révocation n'eurent aucun effet sur la volonté du préfet 
du département: persuadé de l'opinion de ce fonctionnaire 
public, je les engageai à ne pas s'exposer à des refus, ils ne 
ra'écoulèrent que lorsqu'ils en eurent trop essuyés. 

Je commençais à trouver dans mes occupations agricoles 
la consolation de mes maux, lorsque l'empereur Napoléon 
débarque en France ; peu après, au mois de mai, je reçus du 
Ministre de la guerre l'autorisation d'organiser les corps 
francs du département de l'Yonne. Le caractère faible et le 
peu de bonne volonté du préfet pour moi apportèrent quel- 
qu'obstacle à mes opérations, je lui en fis des reproches ; le 
général Balatier, commandant la 18» division militaire, se 
rendit à mes raisons et m'aida de son côté; déjà mes ordres 
étaient donnés, je partais pour Tonnerre prendre le comman- 
dement des corps organisés, lorsque j'appris le résultat de la 
journée du 18 juin. Les têtes étaient exaltées, les désastres 
de la précédente invasion se représentaient à toutes les ima- 
ginations, je sus calmer les esprits; je renvoyai tous mes 
corps, avant d'avoir eu connaissance de l'ordonnance qui 
prononçait leur licenciement, et prévoyant de nouveaux 
malheurs pour la France, je rentrai chez moi attendre la suite 
des événements. 

Loin de croire que la haine de mes ennemis veillait tou- 
jours pour ma perte, cette imprudence me coula cher: pou- 
vais-je supposer tant de perfidie dans des parents, dans des 
compatriotes. 

Des cuirassiers étrangers prirent leur logement au château 
de Collan;on me pria d'aller vers ces hommes, qui se livraient 
à des excès. Je restai longtemps avec l'officier pour l'engager 
à ramener l'ordre, et toute la journée je ne fus occupé qu'à 



241 

leur éviter la difficulté de se faire comprendre dans un pays 
dont ils ignoraient le langage. 

Le lendemain, 9 juillet, je fus prévenu à 7 heures du matin 
que je devais être arrêté dans la matinée; je fis part à ma 
mère de cet avis, rengageant à se retirer chez des amis, 
tandis que de mon côté je pourvoirais à ma sûreté; elle m'ob- 
jecta que l'avis était faux, que je n'avais rien à craindre, 
qu'il ne fallait pas de nouveau laisser à l'abandon ce que nous 
avions conservé, que nous devions ajouter foi aux manifestes 
des étrangers, que l'on ne pouvait m'imputer à crime mon 
amour pour ma patrie ; elle fit tant que je pensai comme 
elle. A 9 heures, l'officier autrichien que j'avais entretenu la 
veille vint avec six hommes devant ma maison où j'étais ; je 
fus à lui m'informer de ses intentions; j'étais en habit du 
matin, sans armes comme sans défiance. Aussitôt je me trouve 
entouré, on me déclare que l'on venait m'arrêter, on me 
fouille, on me demande mes pistolets: je répondis que je les 
suivrais et que je n'avais pas d'armes. Ils m'emmènent. Lors- 
que je fus au bas du village, j'eus dessein de regagner mon 
logis, de faire cacher ma mère dans une maison voisine et de 
m'évader par des chemins détournés. Comme je m'élançais 
pour exécuter ce projet, je fus retenu par les basques de ma 
veste, on me lia fortement les mains par derrière, on me con- 
duisit à Ligny où on me desserra un peu pour me donner la 
facilité de manger; on poussa jusqu'à- Seignelay où je passai 
la nuit. Le matin je parus sur la place, où les troupes étaient 
assemblées; je restai là en avant, un peu éloigné d'elles, et 
de manière à n'être vu qu'en face. J'étais parvenu à prendre 
dans ma poche un couteau et j'allais essayer de me débar- 
rasser de mes liens, ma position pouvait faciliter mon évasion 
puisque j'avais de l'avance sur eux; je me retournai pour 
voir si j'étais observé, j'aperçois un homme, que je pris à sa 
casquette bleue pour être un étranger. Il me dit en faisant la 
grimace: « Hein ! tu voudrais bien les couper, mais cela ne se 
peut pas. » 

Je sus après que cet homme s'appelait L****. 

Craignant d'être découvert, je cachai mon couteau. 

On se met en marche^ je fus attaché aux deux côtés d'une 
charrette et les Autrichiens, fiers de leur capture, me condui- 
sirent à Auxerre, à la maison de M. de F*^^^ où logeait un 
prince que je crois être le prince Lichtenstein. A ma vue, une 



242 

joie féroce éclata dans ses yeux ; sans paraître y faire atten- 
tion, je lui dis: 

— Général, j'ignore le motif démon arrestation. 

— Pourquoi vous étes-vous mis à la tête de brigands? 

— Je commandais des Français pour la défense de notre 
pays. 

— On vous accuse de mille atrocités ? 

— J'ai été calomnié, Tinstraction le prouvera, si je ne 
suis pas entre les mains de monstres, je demande un peu plus 
d'humanité. 

— Vous avez tenté de vous échapper? 

— Je désirais aller embrasser ma mère, ensuite me cons* 
tituer prisonnier; je rougissais de me voir emmener de la 
sorte.... Mes liens me fatiguent beaucoup, donnez ordre qu'on 
les desserre. 

— Je ne puis. 

— Je le quittai brusquement; il me rappelle et me dit : Il 
est un moyen d'adoucir votre sort. 

— Lequel? 

— Donnez le nom de tous ceux qui composaient vos com- 
pagnies et vos corps francs? 

— Dussé-je souffrir davantage, jamais je ne ferai rien 
d'indigne d'un homme d'honneur. 

— Vous refusez? 

— Toujours. 

— Qu'on l'emmène, s'écria le chef, exaspéré. 

Nous fûmes à la mairie; un jeune officier de dragons de la 
tour, sachant que je m'étais déjà plaint de mes liens, les serra 
davantage; lui-même, appuyant mes poignets sur ses genoux, 
il tira le nœud coulant le plus qu'il lui fut possible. Ce n'était 
pas encore assez ; il fit presque joindre mes coudes l'un contre 
l'autre par une seconde corde qui me prenait aux avant-bras. 
Celte position était terrible; mes épaules étaient renversées, 
mon estomac pressé des deux côtés. 

En ce moment, un bourgeois nommé L**^, étant avec des 
officiers, leur dit : « Vous ne lui en faites pas encore assez, 
vous pourriez Técorcher vif, vous ne lui rendriez pas en- 
core ce qu'il vous a prêté; il ne vous ménageait pas. » 

J'ignorais le sort qui m'était réservé; à leurs manières je 
jugeai que je serais mis à mort sous peu de moments: ne 
voulant cependant pas me laisser abattre, ni montrer de la 



243 

fâibtesse, je m'efforçais de résister aux douleurs que j'endu* 
rais; mais j'étais avec des tigres. 

On me mit dans une saile basse, sur le carreau, avec une 
garde nombreuse et un homme de planton près de moi. Le 
peu que je faisais venir pour me soutenir était souvent pris 
par eux; par grâce, on me coupait par petits morceaux du 
mauvais pain en échange de celui que j'achetais ; j'étais obligé 
de les prendre avec ma bouche. 

Insulté à chaque instant par nombre d'officiers qui entraient 
par curiosité, j'opposais le calme et la résignation à tant 
d'infortune. Mou sang circulait à peine, ma poitriue se gon- 
flait, tes bras et la figure étaient gros et bleus. Un bourg- 
mestre, moins barbare que les autres, parut prendre pitié de 
mes souffrances, il me pfocura du vin que je partageai avec 
lui. 

Un jour, un ofiScier enira avec un particulier habitant Au- 
xerre^ nonaimé B***, que je ne connaissais pas alors, ei me 
reprocha d'avoir mutilé un autrichien. 

^-- Toutes les dénonciatiotts le portent, me dit-il? 

— Rien de plus faux, répondi«-je ; on m'accable dans mon 
malheur, et s'il est un seul homme qui m'ait vu, je marche à 
la mort sans me plaindre. 

— Cet homme le soutient, dit l'officier en montrant B***. 

Transporté d«; fureur, je reproche à cet imposteur la bas- 
sesse de sa conduite; il balbo>tiâ et finit par avouer que seu- 
lement il l'avait entendu dire. L'officier le regarda d'un air de 
mépris et se retira. 

Ainsi mes calomniateurs se couvrirent de mépris m\ yeux 
mêmes des étrangers. 

Une autre fois, un colonel vint me voir et, après avoir ri de 
démon état, il dit: 

— Tu seras fusillé dans une demi-heure. 

— Le plus tôt sera le meilleur. 

Après son départ, un soldat dit à un de ses camarades : 

— Ce Français a de bonnes bottes, on va le fusiller, je vais 
les» pren<ire. 

Il s'approche, je lui enjoins de se retirer et d'attendre que 
je sois exécuté. 

— Mais alors je serai dans les rangs, dit-il, il me les faut 
de suite. 

Il revint, j'étais couché sur le carreau, privé de l'usage de 



244 

mes bras et souffrant horriblement. Cependant» j'ai encore 
assez de force pour lui donner dans l'estomac un coup de 
talon qui le fit tombera l'autre bout delà salle: il ne me fut 
rien fait. 

Un soir, un homme de garde s'approche de moi, com- 
mence par me plaindre, se dit Polonais, et me propose de 
favoriser mon évasion dès la nuit suivante. 

Je refusai, soupçonnant sa bonne foi. Dès ce motnent, on 
cessa de me traiter aussi rigoureusement. 

Cependant mes jambes s'enflaient ; le sang, arrêté dans 
tant de parties de mon corps, refluait sur la poitrine; ne pou- 
vant plus y résister, je tombai, attendant la suffocation. Un 
jeune soldat, de planton à ce moment, ne put s'empêcher de 
verser des larmes. Le chef du poste sort et rentre un instant 
après avec le commandant de la place ; on m'ôle mes cordes ; 
on les avait serrées avec tant de force qu'elles étaient recou- 
vertes de bourrelets de chairs. On usa de précaution pour ne 
pas me déchirer les bras, je ne pouvais plus les soulever, mes 
mains étaient monstrueuses, mais je me sentais soulagé. 
Pour la première fois on me dx)nna un siège et je goûtai un 
instant de sommeil. 

Deux heures après, on me conduisit devant le major-au- 
diteur du prince Ferdinand, pour y être interrogé. En entrant 
dans son cabinet, je vis sur son bureau tous mes papiers et 
plus en évidenceune proclamation quej'avais faite contreeux. 
Il avait à ses côtés un interprète et Tofficier qui m'avait arrêté 
à Collsn. J'étais debout et sans fers. A cet appareil, je pensai 
qu'il voulait observer encore l'apparence de justice. L'espoir 
luit à mes yeux et je rappelai mon courage. 

Je rends ici mon interrogatoire. Plus que tout ce que je 
pourrai dire, il fera connaître la nature des crimes dont on 
m'accusait. 

— Vous allez répondre aux questions que je vais vous 
adresser? 

— Moi, je répondrai avec vérité. 

— Vous avez commis des excès avec les brigands que vous 
commandiez? 

— Je ne commandais pas de brigands; avec l'autorisation 
du ministre de la guerre, j'ai organisé des corps francs com- 
posés d'anciens militaires, animés comme moi du désir d'être 
utiles à leur patrie. 



246 

— Ce n'est pas une manière de faire la guerre. Avons- 
nous des corps francs, nous? 

— J'ai fait la guerre dans votre pays, j'ai connu vos corps 
francs, j'ai ioinhé entre leurs mains et certes je n'avais pas 
été bien traité. 

— Mais au coin d'un bois vous avez assassiné un de mes 
ofSciers, vous lui avez arraché les yeux, coupé le nez, les 
oreilles ? 

— J'étais avec quelques hommes en embuscade, j'ai tiré 
sur l'ofiBcier qui commandait un détachement de volro trou- 
pes, je l'ai tué et je l'ai fait enterrer ; s'il a été ensuite mutilé 
par les bétes fauves, je n'en suis pas cause. Le même jour, 
je fis panser deux de vos soldats, et ces deux actions sont 
trop incompatibles pour que vous puissiez me croire coupable 
de la première. 

— Vous dites avoir pansé un de ces blessés ; oii est la 
preuve de ce fait? 

Ces soldais appartenaientau corps d'armée du prince Lich- 
tenstein, ils vivent peut-être encore. Au surplus, ils ont été 
traités à l'hôpital de cette ville. 

— Est-ce vous qui avez fait cette proclamation ? 

— Moi-même. 

— Ahl sommes-nous donc des incendiaires, des pillards, 
des voleurs? 

— Hors l'incendie, tous ces excès ont été commis. 

— Les Français en ont fait bien d'autres chez nous. 

— Il se peut, mais nous allions chez vous en ennemis 
déclarés et non comme alliés et amis. 

— Vous êtes dénoncé par votre propre compatriote ? 

— L'esprit de parti n'est pas l'esprit de justice. 

— Votre intention était de faire tuer le détachement qui 
était dans votre commune la veille de votre arrestation ? 

— L'exécution était facile si telle avait été mon intention ; 
je n'étais pas assez imprudent pour détruire des hommes après 
une suspension d'hostilités. 

— Vous l'avez dit vous-même à l'officier ici présent? 

— L'officier est dans l'erreur. 

— Vous vous êtes même expliqué en allemand? 

— L'idiome de cette langue ne m'est pas familier et il 
était aisé de se méprendre sur le sens de mes paroles. 

— Cet officier n'est pas le seul qui vous ait entendu : 
les six cuirassiers qui l'accompagnaient déposent comme lui ~ 



246 

— Ils ont pu également mal éompfeîïdre. 

Je répétai alors ce que j'avais dit; ils se regardèrent tous 
trois en sHence. 

— Pourquoi teniez -voos ce langage? 

— VoflScier qui m'arrêta me dit : « Vous vouliez nous 
faire tuer? » Je répondis : cela m'était facile si je l'avais 
vouliT. 

— Vous entendrez la déposition des six cuirassiers ; vous 
jugerez, à la formule du^^serment qu'ils prêteront, qu'ils dépo- 
seront ce qu'ils vous ont entendu dire. 

H me fit retirer et donna ordre que l'on me mît à la Mari- 
nerie oii on m'avait fait préparer iine chambre. Je restai sans 
chaînes, mais j'avais un factionnaire en dedan», en dehors du 
poste et à chaque fenêtre. On me servit corame j.e ne l'avais 
pas été depuis longtemps et je pus enfin étendre nfïes membres 
meurtris sur deux mauvais matelas. 

Le lendemain, je parus de nouveau devant le major-audi- 
teur pour y continuer mon interrogatoire. On fit entrer aussi 
les six, cuirassiers; ils étaient pâles, tremblants; de grosses 
gouttes de sueur leur tombaient du front; leur ofiicier était 
assis à leurs côtés, les yeux fixés sur eux 

{Collection de M, Lorin), 



(1) BreteuiMe, étant porte-aigle dans un régiment, sauta le pre- 
mier dans une redoute que nos grenadiers n'osaient attaquer. Par 
son intrépidité il intimide l'ennemi, ouvre un passage à nos troupes 
et la redoute est emportée. 

(2) Ce blessé fut traité à Thospice de Tonnerre. 

(Notes du manuscrit ) 



■ *> I htm 



JOURNAL D'UN AUXERROIS 



du 40 novembre 1706 au 7 septembre 4707. 



Les dacuments sur l'histoire d*Auxerre à la fin du xviii® 
siècle sont des plus rares. On peut dire qu'ils manquent 
à peu près complètement sur cette périodCi fort troublée 
encore, de Texistence de la vieille cité. Nous trouvons dans la 
précieuse collection que M. Lorin a bien voulu mettre à notre 
disposition une pièce dont Tauteur nous est inconnu, mais 
qui présente, croyons-nous, un sérieux intérêt. 

C*est une sorte de journal dans lequel un Auxerrois ano- 
oyme, animé d'une grande ardeur religieuse, a consigné jour 
par jour, presque heure par heure, tous les faits qui se sont 
passés à Auxerre depuis le 29 brumaire an Y jusqu'au 17 
fructidor de la même année, dans Tordre civil, religieux, 
administratif et politique. 

Nous avons pensé que cette pièce, en raison surtouli die la 
rareté ou plutôt de Tabsence des renseignements sur l'histoire 
d'Auxerre à cette époque, méritait d'être conservée et qu'elle 
pourrait utilement venir en aide à ceux qui aiment à fouiller 
et à étudier nos annales. 

Nous avons cru devoir remplacer par des initiales quel- 
ques-uns des noms propres cités dans le manuscrit. 

29 brumaire an V. — Arrêté du département de l'Yonne 
qui ordonne le rétablissement du service de la garde nationale 
en 16 articles morivés sur ce que des déserteurs, de» émi- 
grés, des brigands armés circulent dans l'intérieur de h Ré- 
publique, se livrent au vol et au meurtre. Publié et pro<;laméen 
la manière ordinaire les 5, 6 frimaire suivants. GNans la ville 
d'Auxerre, on a commencé à monter la garde à l'hôtel-de-ville 
le 8 ; il n'y a point eu déconsigne les six premiers jours. 

7 frimaire an Y. — <«' dimanche dte l'Aveat, Tofflee à l'or- 



248 

dinaire ; grand concours de peuple; la plus grande partie des 
boutiques fermées ; on a fait pendant cet Avent les prières, 
instructions et catéchisme tous les jours de la semaine. 

10. — Décadi sans cérémonie. 

On a planté des réverbères dans tous les différents quar- 
tiers de la ville ; la frayeur des jacobins a contribué à faire 
sortir ces instruments du dépôt où on les avait enfouis depuis 
quelques années. 

<4. — Les offices à l'ordinaire; le grand froid a éloigné 
plusieurs personnes de Tassistance aux offices ; la plus 
grande partie des boutiques fermées. 

Fête de la Conception de la Sainte-Vierge; les offices so- 
lennels à Tordinaire ; il y a eu grand concours et fermeture 
de la plus grande partie des boutiques. 

21. — Les offices à Tordinaire, le grand froid a été cause 
que le concours du peuple n'a pas été considérable ; les bou- 
tiques des catholiques fermées. 

En exécution de la loi de frimaire, les citoyens Housset, 
Lonnier, Morel, Defrance, commissaires du pouvoir exécutif 
auprès du tribunal de district, de la police correctionnelle et 
de la municipalité, ont cessé l'exercice desd. fonctions et ont 
été remplacés provisoirement. 

28. — Les offices à l'ordinaire ; l'affluence du peuple a 
doublé le dimanche précédent; fermeture des boutiques 
comme à Tordinaire. 

Le 15 décembre et jours suivants, on a chanté solennelle- 
ment, en l'église de Saint-Etienne, les antiennes appelées v. de 
Noël, avec le cantique Magnificat et l'oraison; à 1 issue, des 
prières et catéchisme. 

30. — Décadi sans chômage ; les prêtres enfermés dans 
la maison du Séminaire, en exécution de la loi du 3 brumaire 
an IV, ont été mis en liberté. 

Au commencement de frimaire, les habitants de Notre- 
dame-la-d'Hors ont été remis en possession de leur église par 
arrêté du département; les officiers municipaux leur en ont 
remis les clefs ; ils l'ont trouvée dans le plus grand désastre ; on 
a fait une quête dans la paroisse pour son rétablissement. Dès 
le 22 frimaire, les cultivateurs se sont empressés de la nettoyer 
et de porter les terres et charroyer les matériaux et effets ; le 
11 nivôse, la réconciliation de l'Eglise a été faite parle curé 
de la paroisse ; et le 1 2 nivôse on a célébré dans cette église 



249 

rofBce solennel par le curé seul qui a fait un prône touchant 
sur ravantagede cette réintégration. 

5. — Fêle de Noël ; Toffice a été célébré à Tordinaire, 
l'office de la nuit à 5 heures du matin, entre vêpres et corn- 
plies procession autour de Téglise en chappes et cierges. 

6. — Fête de Saint-Etienne ; les offices à Tordinaire ; Taf- 
fluence du peuple à Téglise pendant ces deux fêtes a été 
extraordinaire ; depuis Touverture jusqu'à la fermeture des 
églises, malgré la pluie continuelle, les boutiques ont été 
presque toutes fermées. 

Dans la semaine de Noël, on a fait dans la ville la quête 
de l'aumône générale; ce sont les officiers municipaux et des 
notables habitants qui l'ont faite. 

12. — Fête de la Circoncision ; il y a eu grande affluence 
de peuple dans les trois églises paroissiales, Saint-Etienne, 
Sainl-Eusèbe et Notre-Dame-la-d'Hors; les boutiques ont été 
presque toutes fermées. 

47. — Fêle de l'Epiphanie; les offices solennels à l'ordi- 
naire; grand concours de peuple; les boutiques des catholi- 
ques fermées; les mécréants se proposaient une partie de 
masque qui a échoué; dès six heures du matin, huit d'entre 
eux ont battu dans la ville l'assemblée avec tambours ; mais 
la partie a échoué ; on a vu quelques personnes déguisées 
courir les rues avec et sans tambours, en très-petit nombre, 
ils représentaient des costumes religieux; il y a eu deux bals 
masqués dans le cours de cette semaine. Le nommé X. . . 
a écrit au déparlement de l'Yonne et a marqué que, la paix 
générale était sur le point d'être conclue ; que le Grand-Turc 
avait déclaré la guerre à l'Empereur, contre lequel il envoyait 
une armée de 60,000 hommes. Celte nouvelle s'est débitée 
dans la ville où elle a été démentie la semaine suivante. Quel 
a pu être le but de ce représentant d'induire en erreur ses 
concitoyens? On connaît son attachement au jacobinisme et 
ses vues hostiles contre ses concitoyens, bien différent de 
Paradis, qui, depuis qu'il est en place, a fait tout ce qui a 
dépendu de lui pour leur parer les coups que X. . . a tâché 
de leur porter. Paradis, membre du conseil des anciens, a été 
nommé président de cette chambre pour le mois de nivôse. 

19. — Les offices à l'ordinaire; concours, et les bouti- 
ques fermées à l'ordinaire; partie de masques l'après-midi, 
proclamation de la loi du 915 fructidor an lY, concernant les 
élections. 



»50 

20. -^ Oéeadi sans chômage, partie de masques à cheval 
et à pied au nombre de trente ou environ* 

36. — Les offices à Tordinaire, dans les quatre paroisses, 
le concours du peuple le même, boutiqties fermées. 

28 et 29. — Parties de masques pendant toute la journée, 
c'était une espèce de frénésie et d'insulie à la misère pu- 
blique. 

30. — Il n*y a eu autre chose de distinction que des masca- 
rades. 

2 pluviôse. — Deux fêles anniversaires du supplice de 
Louis ÏVI, célébrées de la même manière que Tannée der- 
nière en l'église de Saint-Etienne. On y a fait prêter à tous 
les fonctionnaires publics et personnes dépendant du gouver- 
nement le sermeni de haine à la royauté et à l'anarchie. 

A l'occasion de cette fête, on a planté un nouvel arbre de 
la liberté sur le boulevard de la porte du Temple, au même 
emplacement que l'ancien qui était mort. Cette plantation a 
été faite en présence des autorités constituées et judiciaires, 
de la gendarmerie, des invalides et d'un petit nombre de 
gardes nationaux jacobins qui ont chanté la Marseillaise 
qui est leur symbole. Il y a eu plusieurs salves d'ariillerie 
tirées la veille et le jour pendant le serment et la plan- 
tation. 

Il ne s'est trouvé à ces opérations que les personnes man- 
dées et quelques jacobins; la nef de l'église Saint-Eiienne 
était plus que suffisante ; des mascarades et bals. 

28 nivôse an Y. — Résolution du conseil des Anciens qui 
rejette celle du conseil des Cinq-Cents, relative au paye- 
ment des rentes, pensions et intérêts dus de citoyens à 
citoyens. 

3 pluviôse. — On a célébré dans l'église de Saint-Etienne 
la fête de l'exposition et vénération des Sainles-Reliques (Voir 
la relation historique imprimée chez Fournier en -1797); 
cette fête a été des plus solennelles ; on a chanté l'ofiice 
du iS novembre à l'issue des compiles; on a fait la proces- 
sion des reliques ; tout le clergé était en chappes, après 
quoi le clergé et ensuite le peuple ont été vénérer et bai- 
ser les châsse^ où elles sont renfermées ; ensuite on a chanté 
le Te Deum; cette cérémonie a été des plus augustes ; il y a 
eu grand concours toute la journée à Saint-Etienne. 

La nuit du dimanche au lundi, des impies ont posé au-* 



854 

devant de TéglUe des libeli^^ diffaaiatoires coiitre les saintes 
reliques dont ils tâchent de déaiontrer la fausseté ; ils ont 
môme osé avancer que c'était des ossements de cbevaux et 
animaux domestiques. 

4. — Fête de la confrérie de Saint-Vincept; l'office a été 
fait comme l'année dernière. 

6. — Fêle de la confrérie de la conversion de saint Paul à 
Saint-Eusèbe, faite à l'ordinaire. 

Ce jour, le nommé Rimbault, âgé de dix-sept ans, fils de 
François Rimbault, entrepreneur de bâtiments, fameux jaco- 
bin, l'un des entrepreneurs de la démolition de l'église de 
Saint-Regnobert, travaillant à la démolition de la tour de 
cette église, est tombé de la hauteur d'environ vingt-cinq 
pieds sur un tas de terre; on Ta cru mort à Tinstant, on l'a 
transporté dans la maison presbytériale pour lui administrer 
les secours nécessaires; si on parvient à le rétablir, ce sera 
pour lui un bonheur de reconnaître que la même main qui l'a 
conduit aux portes de la mort ne l'en a retiré que pour en 
profiter et reconnaître combien il est dur de résister à Dieu 
en commettant Timpiété. 

Dans le courant de cette décade, on a monté la grille de la 
façade du chœur de l'église de Saint-Etienne. — 10. Les 
offices ont été célébrés à l'ordinaire et avec le même con- 
cours. 

Les officiers municipaux en corps, précédés de deux tam- 
bours, de partie de la musique de la garde et d'une douzaine 
de gapdes nationaux jacobins en armes, ont proclamé dans 
toute la ville la signalée victoire remportée les ,23, 24, 26 et 
27 uivôse sur les Autrichiens près ftianioue, où on leur a tué 
7.000 hommes et fait 23,000 prisonniers, pris 60 canons et 
24 drapeaux. Le matin à huit heures, à midi et le soir, on a 
tiré deux coups de canon en réjouissance après vêpres ; on a 
chanté le Te Deum à l'oratoire de Saint-Pierre seulement. 

44. — Fête de la Chandeleur; l'office et la procession à 
l'ordinaire; l'afiluence du peuple était considérable; partie 
de masques le soir: ce sont pour la plus grande partie des 
gens du commun; il n'y a qu'eux qui puissent avoir envie de 
rire. 

45. — Office à Saint-Etienne de la confrérie de Saint- 
Blaize. 

17. — Les offices à l'ordinaire ; même afiluence et la plus 



252 

grande partie des boutiques fermées ; parties de masques. 

48. — Brillante partie de masques ; partie à cheval, à pied, 
en voiture; ils étaient habillés en orientaux et en sauvages; 
bals la nuit. 

Pluviôse an Y. — 20. Décadi sans distinction, sinon une 
douzaine de masques qui ont couru la ville. 

Dimanche de la septuagésime ; les offices à l'ordinaire; 
même concours ; boutiques en grande partie fermées. 

Proclamation par la municipalité de la conjuration de Ber- 
thelot de Villeharnais et adhérents royalistes et anarchistes. 
Assemblée ou club des citoyens pour aviser au parti à pren- 
dre, à 4 heures après midi. 

Tous les jacobins et jacobines se sont empressés d'y assister 
avec des habits élégants ; ils se sont imaginés voir la résur- 
rection du Club; la séance a duré jusqu'à plus de 8 heures; 
on a fait lecture des pièces concernant la conspiration et des 
nouvelles. 

Inhumation de Thomas Boux, cultivateur, l'un des com- 
missaires de la fabrique Saint-Etienne, en cette église, dé- 
cédé le 22 subitement à Jonches ; on lui a rendu les honneurs 
funèbres, il était l'un des huit qui s'étaient emparés de cette 

église ; le service célébré le lendemain a été 

des plus solennels; le chœur était tendu en noir. — Belle 
partie de masques à pied et à cheval. — Proclamation de la 
reddition de Mantoue et autres villes de TEiat ecélésiastique, 
faite par les officiers municipaux précédés de tambours, de la 
musique de la garde et de six ou huit gardes nationaux en 
armes. Ce jour il y a eu assemblée au club pour la lecture 
des nouvelles qui se fait par les officiers municipaux, mem- 
bres de l'ancienne société populaire. 

La municipalité a fait retirer les clefs du club ; on n*y 
tiendra plus les assemblées de la société; on a prétendu que la 
proclamation du 2i et l'assemblée du club ont été faites sans 
ordres; il est résulté de ces assemblées illicites une affiche 
en forme de placard posée sur toutes les places publiques, 
signée Buleau, dans laquelle on exagère la conspiration de 
Villeharnais, et on répand des soupçons contre les personnes 
de probité que les Jacobins ont intérêt à faire exclure des 
fonctions pour s'y perpétuer eux-mêmes. 

Décadi sans appareil ; ce jour on a arraché Tarbre de la 
fraternité, mort depuis deux ans, et la balustrade qui Tontou- 
tourait. 



253 

4«r veniôse. — Les offices à l'ordinaire; afiluence de peu- 
ple aux églises ; boutiques en partie feimées. 

2 et 3. — Parties de masques ; la dernière non complétée ; 
ils se sont battus le soir sur la place des Fontaines. 

4 et 5. — Des nouvelles fausses ont couru : défense de 
courir en masques la ville ; elle est fondée sur une lettre du 
Ministre ; pareilles défenses ont été faites à Paris. 

30 pluviôse. — Vol fait chez Eesseré le jeune, marchand de 
merceries, évalué de 10 à 12,000 fr. On s'est introduit chez 
lui en levant deux marches sous la porte d*entr<^e; on a 
couru après les voleurs ; deux femmes et un homme ont été 
arrêtés. Deux d'entr*eux s'évadent le 10 ventôse suivant à l'oc- 
casion du bal masqué qui s'est donné à la prison. 

8 ventôse. — Prières de 40 heures à Saint-Etienne ; elles 
avaient été demandées et non accordées ; grande affluence du 
peuple; boutiques fermées à l'ordinaire. 

Décadi. —- Il y a eu nombre de parties de masque mal or- 
données. 

Mercredi des ceodres ; on en a fait l'imposition dans les 
quatre paroisses ; le concours a été très-considérable ; peu 
de personnes se sont dispensées de cette cérémonie lu- 
gubre. 

I»** dimanche de carême; les offices a l'ordinaire ; il y a eu 
affluence de peuple dans les églises; boutiques fermées à 
l'ordinaire ; les folies du carnaval ont recommencé ; il y a eu 
difi'érentes parties de masques et l'enterrement du carnaval 
aux flambeaux. 

Il y a longtemps qu'on ne s'est autant diverti à Auxerre 
qu'à ce carnaval, il semble que plus la misère est grande, plus 
on s'endurcit contre la main qui nous frappe; les calamités 
que nous avons éprouvées et celles dont nous sommes mena- 
cés, nous avertissent continuellement que le jour des ven- 
geances approche ; prévenons-le si nous voulons nous en 
garantir. 

Décadi sans appareil. 

2« dimanche de carême. — 22. Les offices à l'ordinaire ; 
moins de peuple que le dimanche précédent; partie des bou* 
tiques fermée. 

24. — On a recommencé à monter la garde au nom de 
la loi. 

25. — Proclamation pour l'inscription civique. 

4866 17 



354 

29 ventôse an V. — 3"* dimanche de carêtne ; les offices à 
Tordinaire; concours de peuple aux églises; feiHueture d«s 
boutiques des catholiques. 

Proclanoaiion faite par le président de la munieipalité, 
étant les officiers municipaux précédés de deux tambours 
et de cinq ou six gardes nationaux, (fes assemblées primaires 
pour le 1«>^ germinal; ils ont engagé les citoyens à se readre 
exactement à leurs sections, leur faisant envisager que c*était 
Tunique moyen de prévenir la guerre civile en faisant de 
bons choix. 

Depuis environ un mois, il y a une furieuse fermentation 
dans les esprits, les factions se réveillent ; aux écrits répan- 
dus de part et d'autre dans la ville ont succédé les chansoBS 
et les invectives par écrit, quelques particuliers ayant fait affi- 
cher au-devant de leurs maisons et de leur«^ églises la procla- 
mation du département de TAube, à Toccasion de ces assem- 
blées et autres avis importants au peuple. 

29. — Les placards ont été arrachés à Tinstant par le 
commissaire de police, de l'ordre des officiers municipaux. 

Les administrateurs du département de l'Yonne, tous jaco- 
bins, ont rendu le 25 dudit mois un arrêté qui réduit à trois 
sections l'assemblée primaire, ce qui retranche trois élec- 
teurs ; leur but a été de dérouter les opérations. Cet arrêté a 
été publié à son de tambour dans la ville et les faubourgs par 
un commissaire de police le 29 au soir, et a fait murmurer la 
plus saine partie des habitants ; la nuit suivante, une troupe 
de polissons ont parcouru la ville, chantant des chansons 
qui ont troublé le repos. 

On a fait des prières publiques dans Péglise de Saint- 
Etienne pour demander la bénédiction de Dieu sur les assem- 
blées primaires et électorales deux fois la semaine, et le 30 
une messe basse du Saint-Esprit; depuis la fêle de la Quin- 
quagésime, elles avaient été demandées pour tous les jours, 
et une messe solennelle pour le 30; les prêtres, avares de 
leur temps et de leurs prières, les ont réduites comme dessus 
sous prétexte qu'on pourrait arguer [sic) leur conduite, quoi- 
qu'ils fussent certains du contraire; c'est ainsi qu'ils savent 
temporiser avec Dieu et les hommes. 

i^*" germinal. — Ouverture des assemblées à onze heures 
du matin dans les trois sections, aux Consuls, à l'Hôtel- 
Dieu et dans la salle du Club par des officiers munkipaux. 



S55 

Elles onl été présidées: la preraièt^, parM. Meuhier, âgé de 87 
ans ; la deuxième, par M. Uzanne, marchand, âgédeSi ans; 
et la troisième, par M. Mérat, ex-professeur, âgé de 82 ans ; 
les deux premiers s'étaient adjoints des citoyens; elles n'ont 
pas été annoncées au son de la cloché civique. Les jacobins 
avec leurs suppôts s'y sont rendus non dans la vue d'opérer 
avec cet esprit de paix et de fraternité dont la loi de ventôse 
an Y faisait un devoir, mais dans la vue de troubler l'ordre 
et de répandre la eonfiisiôn et la terreur. 

A l'Hôtel-Dieu, ils otit ûOtnmencé par prétendre qu'on de- 
vait sonnet* la (kocht civique, ils y ont réussi ; elle a sonné 
vers m!<!i, entre trois et t|ualre, et enfin à si% heures du soir ; 
ils ont ensuite soutenu qne le bureau des officiers était mal 
placé, se sont mis en devoir de le déplacer. X...., avec 
«on médaillon, était à la tête des séditieux, ce qui n'a 
surpris personne; environ vingt personnes en ont empê- 
ché, de manière qu'ils ont échoué dans leur entreprise ; les 
efficiers du bureau provisoire s'étant placés, on a commencé 
l'appel nominal et le scrutin pour la formation du bureau 
définitif, qui s'est fait assez tranquillement, jusqu'à ce qu'« n 
ail éié à l'article de Cuillier, ex-boulanger. Les jacobins, par 
le truchement de M. . ., sous prétexte d'une prétendue diffa- 
mation, ont prétetidu que ce particulier ne devait pas être 
admis au scrutin, appuyé de M. Decourt, administrateur 
du département, SI. . . s'y est même opposé en son nom per- 
sonnel. Inutilement on lui a représenté qu'on ne pouvait 
entendre sa demande qu'après la formation du bureau; il 
s'est élevé des clameurs entre les jacobins et les partisans de 
Cuillier, qui ont été suivis d'une rixe considérable, dans la- 
quelle un nombre de personnes se sont culbutées ; il y a eu 
des coups de lancés de part et d'autre. M. . . en a reçu plu- 
sieurs, et, sans l'intervention d'hommes honnêtes, les choses 
auraient été portées plus loin. Le calme rétabli, on a continué 
l'appel nominal jusqu'à la fin. Les jacobins, vers les trois 
heures, Ont été au-devant des vignerons et journaliers, pour 
les amener voter en leur faveur; l'argent n'a pas été épargné 
dans les trois sections ; le scrutin achevé, les boîtes qui les 
enfermaient ont été scellées et portées chez l'un des scruta- 
teurs à neuf heures de relevée. 

A l'hôtel du Commerce, les choses ont été poussées plus 
loin ; les jacobins ont prétendu que le local était trop res- 



256 

serré pour contenir les citoyens ; ils avaient raison ; il en était 
de même des autres lieux d'assemblées. On a envoyé une 
députation au gouvernement pour obtenir un autre lieu sans 
avoir pu y parvenir; une députation de jacobins avait obte- 
nue la salle du prétoire, et en faisaient mystère au reste de 
rassemblée ; ils se réunirent et enlevèrent brusquement les 
tables, chaisf^s et bancs, sans aucun égard pour le président, 
son adjoint, M. Leclerc, président du tribunal criminel, les 
scrutateurs, vénérables vieillards et s'efforcèrent d'arracher des 
mains de M. Leclerc les papiers dont il était muni, Tinvecli- 
vèrent de toutes manières, et frappaient à droite et à gauche 
sur ceux qu*ils rencontraient. A la tête du complot étaient un 
fils M. . ., un nommé D. . ., gendre M. .., G. . . L. . .; ces 
deux derniers ne peuvent voter, le premier n'ayant pas six 
mois de séjour à Auxerre, le second étant depuis plus d*un 
an domicilié à Chitry. 

Les habitants ayant gagné le palais, les jacobins et leurs 
adhérents entourent le bureau, et s'emparent des places d'où 
ils chassent les honnêtes citoyens. M..., prêtre apostat 
marié, et L. .., ex-moine, marié, l'un et l'autre jacobins, 
applaudissent à ces horreurs; on a assuré que X..., qui 
a séjourné pendant plus de huit heures à Saint- Georges, 
les a commandées et a remis à ses émissaires une grosse 
somme d'argent pour corrompre les vignerons journaliers 
et petits artisans, qui ont reçu chacun 18 livres; le bruit 
et la confusion ont régné pendant presque toute la séance, 
quf a été prolongée contre la teneur de la loi jusqu'à plus 
d'une heure après minuit; il en est résulté que le scrutin, 
lors du recensement, a été trouvé contenir un plus grand 
nombre de votes que de votants. 

A la chambre du Club, les jacobins se sont bornés à trou- 
bler l'assemblée par des chicanes, de.; cris énormes ; l'ordre 
s'est rétabli : on a fait l'appel nominatif, déposé les scrutins; 
les boîtes qui les contenaient, portées d'abord chez un des 
scrutateurs, en ont été retirées par un nommé Calandre, par 
lui portées à la Maison commune et dans d'autres maisons, 
et ont été rapportées ensuite chez le scrutateur qui a refusé 
de les recevoir ; il était plus de onze heures du soir lorsque 
l'assemblée s'est ajournée au lendemain quatre heures de 
relevée. 

Le S germinal, continuation de l'assemblée primaire dans 



257 

la chapelle de THAtel-Dieu. On a fait le dépouillement du 
scrutin de la veille qui a duré jusqu'à près de sept heures 
de relevée; le résultat a été la nomination de cinq officiers 
agréables à la saine partie de l'assemblée. 

Au Palais, on a recommencé le scrutin au milieu du bruit 
et du tumulte; le résultat a été la nomination d'un président 
agréable à la saine partie de l'assemblée, les autres ofSciers 
étaient jacobins. 

Lorsque le président s'est mis en possession du fauteuil, 
tous les jacobins et leurs adhérents se sont levés et s'y sont 
opposés, et ont tenté de l'en retirer, ce qui a causé une grande 
émotion dans l'assemblée qui s'est ajournée au lendemain. 

Au Club, on a traité du déplacement des scrutins ; il y a eu 
un bruit épouvantable pendant le cours de l'assemblée ; on a 
agréé le scrutin et fait le réappel, ce qui a duré jusqu'à huit 
heures de relevée, puis l'assemblée s'est ajournée au lende- 
demain à quatro heures de relevée. 

Le 3 dudit mois, continuation de l'assemblée primaire à 
l'Hôtel-Dieu. Les jacobins prétendent qu'il y a eu erreur dans 
le scrutin vérifié ; il est reconnu qu'il est juste ; les officiers 
du bureau en sont mis en possession ; on recommence l'appel 
nominal pour reconnaître ceux qui ont droit de voter; à 
l'article de Cuiller, M... réitère sa prétention du pre- 
mier jour. Après différents débats, il est attesté que Cuiller 
est citoyen actif; plusieurs citoyens qui ne peuvent justifier 
d'un an de domicile et de payement de contributions, et qui 
sont domestiques, sont retranchés du nombre des votants. 
Celte opération occupe l'assemblée jusqu'à sept heures de 
relevée et on se sépare. 

Au Palais, le président ouvre la séance par un discours 
pathétique qui couvre les jacobins de confusion ; on nomme 
des commissaires pour veiller à la police de l'assemblée, le 
calme règne, on fait un nouvel appel nominal pour connaître 
ceux qui ont droit de vole; il se continue et est achevé à six 
heures de relevée. 

Au Club, on procède au dépouillement du scrutin de la 
veille ; le résultat donne pour officiers des personnes agréa- 
bles aux membres sains de l'assemblée; celte opération a 
duré jusqu'à 9 heures de relevée. La paix a régné dans l'as- 
semblée. 

4. — Continuation de l'assemblée primaire à l'Hôtel- 



2â8 

Dieu; on écoute les réclamalions de plusi^rs citoyens qui 
sont réintégrés sur la liste; on coatioue l'examen de cette 
même liste et la division en bureaux : le premier bureau est 
formé. 

Au Prétoire, on continue Topération commencée la veille ; 
les brouhaha et disputes recommencent, on ne peut achever 
jusqu'au soir, on fait nombre de motions. 

Au Club, mêmes opérations, point de tranquillité, on ne 
peut rien achever. 

5. — Continuation de rassemblée primaire à THôtel- 
Dieu ; formation des deux derniers bureaux ; nomination des 
officiers : on procède dans les trois bureaux à Tappel nomi- 
nal et à la réception des scrutins pour la nomination des 
électeurs ; cette opération a été achevée à six heures de re- 
levée. 

Dans les deux autres sections, beaucoup de bruit et peu de 
besogne. 

6. — Continuation de l'assemblée primaire à TAôtel- 
Dieu ; dépouillement et recensement des scrutins, achevé à 
midi ; il en est résulté que les citoyens Lacour, commandant 
de la garde, Delingette, cabaretier, Robin gendre Rou, culti- 
vateur, et Charles Félix, tonnelier, ont, été nommés électeurs 
du canton du Pont, et on a sursis les autres opérations jus- 
qu'après la nomination des électeurs des autres cantons. 

Les deux autres cantons ont continué leurs opérations pré- 
paratoires au milieu des disputes; elles ont été achevées au 
Prétoire. 

5. — Les offices à l'ordinaire; le concours du peuple 
a été le même aux églises; les boutiques des catholiques 
fermées. 

6. — Comme la veille. 

7. — Continuation de l'assemblée primaire au prétoire ; on 
a procédé à Tappel nominal et à la réception des scrutins pour 
la nomination d'électeurs. On a commencé à sept heures dû 
matin et fini à midi; on a fait de suite le dépouillement des- 

\ dits scrutins, duquel il est résulté que MM. Oeschamps, 

^ notaire, Guenot et Guilben Latour^ hommes de loi, et Mon- 

not, juge au tribunal, ont été nommés électeurs à la très- 
grande pluralité, et on a sursis les autres opérations jus- 
qu'au 9. 

Au Clji2b, on a achevé les opérations prélimnairiCs et formé 



i 



tes deux derniers bureaux ; à six heures, on a efos la séance. 

8. — ■' CoQti&uatiou de rassemblée au Club ; appel nominal 
et réception des scruHns pour la nomination des électeurs ; ù 
sept heures du malin, dépouillement d'iceux jusqu'à midi ; il 
ea est fés-ulté que MM. Pasqueau, juge au tribunal, Frauçois, 
libraire, Leblanc, forestier, et Pertuis fils, ont éié nommés 
électeurs ; rassemblée est continuée au lendemain. 

9. — Continuation de rassemblée dans les trois sections 
a dix heures du matin, pour la nofninatioB de six assesseurs 
de juges de paix; réception des scrutins; dépouillement et 
recensement h la maison commune. MM. Duru, gendre Le- 
gueux. Frémi, apothicaire, Gascoiu, propriétaire, Dumas, 
aussi propriétaire, Robin, apothicaire, et Malvin, ci-devant 
l^ofesâeur, ont obtenu la pluralité absolue de chacun phis de 
8Ô0 voix, et ont été proclamés. 

A quatre henres de relevée, le même jour, on a procédé 
dans les trois sectious au remplacement de quatre offieiers 
municipaux; les scrutins déposés, o» en a fait le dépouille- 
menti et le receDSôment à la Marsott commutie ; le résultat : 
AJfM. VattUier, prêtre, Chambercy du Désert, Bamponeau et 
Boulâge, défenseurs officieux, ant obtenu la pluralité, et ont 
été proclamés officiers municipaux; rassemblée primaire a 
été close ; les présidents des sections du Temple et de Paris 
ont prononcé des discours pa4)hétiques capables de faire ren- 
trer en eux-mêmes les factieux s'ils étaient susceptibles de 
raison et d'humanité. 

Depuis la Révolution il n'y a pas eu d'assemblées plus ora< 
geuses, les passions s'y sont déployées avec furie; les peu- 
pies les moins policés auraient rougi de se montrer tels. 

40. — Décadi dont il n'a été fait nul cas. 

H. — Installation des quatre nouveaux officiers munici- 
paux: M. Vaultier, président; M. Poussard, vice-président ; 
M. Roulage, faisant les fonctions de sous-commissaire natio-» 
nal provisoirement. 

Douze comédiens ayant présenté une pétition pour jouer la 
comédie, y ont été admis; ils commenceront le 43. 

43t — Passion; les offices; même concours et fermeture 
des boutiques. 

20. — Rameaux ; les offices ; grande affluence du peuple ; 
fermeture des boutiques. 

Ce jour, ouverture de l'assemblée électorale dans la salle 






860 

du Club, après beaucoup de clameurs de la part des jacobins 
qui étaient au nombre d'environ 100 sur 337 ; on a fait l'appel 
nominal et fait le scrutin pour la nomination des officiers du 
bureau. 

2i. — Continuation de rassemblée; dépouillement des 
scrutins ; M. Gùenot a réuni la très-grande pluralité pour la 
présidence. Placé sur le fauteuil, il a prononcé un discours 
applaudi ; on a nommé pour commissaires pour Texamen des 
pouvoirs les doyens des cantons. 

22. — Continuation de l'assemblée; continuation de 
de Texamen des pouvoirs et de ceux des électeurs qui doi- 
vent voter ; discussion sur la double élection du canton de 
Ligny. Les électeurs nommés à Haligny sont renvoyés; plu- 
sieurs autres électeurs subissent le même sort; mémoire des 
habitants de Ligny; autre de ceux de Lignorelles sur un 
arrêté du département; formation des bureaux particuliers. 

23. — Continuation de la même assemblée; scrutin 
pour la nomination de deux députés ; dépouillement des scru- 
tins; MM. Leclerc, président du tribunal criminel du départe- 
ment, et Tarbé, de Sens, ont été élus députés à la très-grande 
majorité à la satisfaction du public ; l'assemblée lui a délégué 
50 électeurs pour lui annoncer sa nomination, précédés des 
tambours et musique de la garde qui jouait cet air : Qu'il 
est beau d'être au sein de sa famille. Ils l'ont joué au pré- 
toire ; il les a accueillis et, préférant son devoir à l'honneur 
qu'on lui faisait, leur a répondu qu'il ne pouvait se rendre à 
l'assemblée électorale que vers les quatre heures ; il s'y est 
effectivement rendu à cette heure^ y a prononcé un discours 
élégant qui a été goûté et approuvé de la presque unanimité 
des électeurs qui se sont applaudis de leur ahoix. Le prési- 
dent lui a répondu en peu de mots ; il a été arrêté que les 
deux discours seraient imprimés et qu'il en serait fourni six 
exemplaires à chaque électeur. 

La séance de relevée a été employée à la nomination d'un 
haut juré. 

24 germinal an V. — Continuation de l'assemblée ; on a 
fait les scrutins pour la nomination des cinq membres du dé- 
partement. 

. A la séance de relevée, on a fait les scrutins pour la nomi- 
nation d'un président du tribunal criminel pour en exercer 
les fonctions pendant l'absence de M. Leclerc. 



j 



261 

Ce jour et les deux suivants, on a célébré les offices dans 
les quatre paroisses à Tordinaire. 

25. — Continuation de rassemblée dans la séance du 
malin; élection d'un juge et de cinq suppléants. 

26. — M. Tarbé de Sens, arrivé de la veille, a prononcé 
un discours qui a été très-applaudi ; Timpression en a été 
arrêtée. 

27. — Clôture de l'assemblée électorale, lecture des actes, 
discours du président» installation du département. 

Pâques. Les offices comme Tannée dernière. On a supprimé 
la procession avant la messe pour y substituer un prône à 
Saint-Etienne. Fermeture générale des boutiques; affluence 
prodigieuse de peuple aux églises. 

28 et 29. — Aux offices, le concours du peuple a été 
moindre ; une partie des boutiques seulement sont fermées. 

i floréal. — Les offices comme à l'ordinaire ; on a célébré 
ce jour, en l'église de Saint-Etienne, Tanniversaire de la dé- 
livrance de la ville en 1568 d'entre les mains des Calvinistes 
et de la rentrée en possession de cette église par les Catholi- 
ques le 9 germinal an III, sur les athées et payens jacobias, 
par une procession solennelle du Saint-Sacrement, trois tours 
autour de l'église et deux stations : l'une à la chapelle de la 
Vierge, derrière le chœur, et l'autre au reposoir adossé à la 
grande porte de l'église, et par la messe solennelle propre à 
cette fête. M. Devillard, ex-pénitencier, a officié; il a fait à la 
messe une courte instruction sur l'objet de cette cérémonie 
qui a charmé tous les auditeurs. La joie et la piété éclataient 
sur les visages de tous les assistants qui étaient en grand 
nombre comme le jour de Pâques. 

Cette fête, arrêtée le 28 germinal, en faveur de tous les 
catholiques d'Auxerre, qui y avaient le même intérêt, fut 
annoncée le même jour par H. Devillard aux curés de Saint- 
Ëusèbe et de Notre-Dame-la-d^Hors, avec invitation d'aviser 
au parti qu'ils prendraient ; le lendemain, les commissaires 
de la fabrique leur firent passer, ainsi qu'au curé de Saint- 
Pierre, des annonces pour avertir leurs paroissiens de cette 
solennité } ils n'en firent aucun cas et ne les publièrent pas 
à leurs prônes. L*après-midi, les commissaires de la fabrique 
de Saint-Etienne firent inviter les curés de Saint-Eusèbe et 
de Notre-Dame d'assister à la procession ; ils en reçurent 
des réponses peu satisfaisantes. Bref, non-seulement ils ont 



caché à leurs ptaroissiens eette soleonké', ma» iU n'ont point 
avancé leurs messes paroissiales ni assisté à Fa procession à 
laquelle peu de leurs paroissiens oat paru. 

Quels que soient ks molils faisant agir ces cnrés, qu*on ne 
croit pas devoir approfondir, ils ne pourront pas faire foiflune 
devant Dieu; c'était la plus bcille occasion qui pftt se pré- 
senter de manifester cet esprit d'union et de paix dont tes 
pasteurs doivent donner l'exemple à leurs troupeaux, et quelle 
occasion cet év^ement n'est-il pas^ capable de donner aux 
incrédttlos et impies, d'insulier à une religion qu'ils n'ont 
abandonnée que parce qu'ils n'en connaissaient pas la gran- 
deur et l'importance ou qu'ils en redoutaient les principes I 

Il n'est pas étonnant que le curé de.Saint^Pierre et son 
eliergé ne se soient pas réunis aa> clergé de Saint-Etienne 
pour ceti^ céfémonie ; on ne Im a fait aucune invitation ; le 
schisme qu'on fait avec lui aurait pu l'exposer, s'il s'était 
présenté, à quelques insuites qu'il était de sa prudence 
d'éviter. 

A l'issue des vêpres de Saint^Ëtienne, on a chanté le salut 
du Saint*Sacrement, qui est demeuré exposé toute la journée, 
après lequel on a chanté te Te Deum avec l'orgue, le' verset 
et la collecte d'actions de grâces. 

6 floréal an V, -— Fête de Saint-Manc ; les processions or- 
dinaires. 

Le 9. — Anno«ee des préliminaires de la paix conclue avec 
l'empereur, par le son en volée de la grosse clociie de Saint- 
Etienne pendant deux heures, depuis cinq jusqu'à sept heures 
du soir, et par douze coups de canon tirés sur la place de la 
Fraternilé. Les jacobins se sont donné à cette occasion 
beaucoup de mouvement et ont fait plusieurs rassemblements. 

10. — Fête des Epoux faite en cette forme à trois heures : 
un piquet de gendarmes à cheval ouvrait la marche; cinq 
tambourss la musique et vingt gardes nationaux en armes, 
ayant à. leur tête le commandant et deux officiers, le présâden t 
et les officiers municipaux, le commissaire du pouvoir exé- 
cutif, deux commissaires de police, les membres du départe- 
ment eti des tribunaux, les maîtres de l*école centrale, les 
maicpes de pension, viogi autres gai*d6s nationaux et- un 
piqtiet de la> gendarmerie aussi à cheval, fonmaieat le cortège. 
Premièpe station devani l'arbre de la liberté : on a chanté 
aivec la musiquades airs d'hymnesdela liberté; après enavoir 



963 

fait le toitfi oa est alté rentrer par la brèche de ta porte 
d'Ëgleny, d'où on s'est rendu à la salle du Glub. Deuxième 
station : K. Vaultier, président de la municipalité, a la un 
discours sur la paix et l'union conjugale où il a établi les 
avantages de l'un et de l'autre. Il a été joué sur les instru- 
ments de n)usique plusieurs airs de symphonie. On est rev^u 
à la Mai'Son commune dans le même ordre; il était quatre 
heures et demie du soir lorsqu'on s*est séparé. Les danses 
au Jardin national ont achevé la fête ; les boutiques étaient 
ouvertes. 

Deuxième dimanche après Pâques. Les offices à l'ordi- 
naire ; même concours (le peuple ; une partie des boutiques 
fermées. 

18. — Troisième dimanche après Pâques. Les offices à l'or* 
dinaire , même concours ; une partie des boutiques fermées. 
20. — Décadi. Sans fête. 

Ce jour, on a fait à Saint-Etienne Toifice solennel de saint 
Nicolas, patron des mariniers; il y a bu prédication et expo- 
sition du Saint-Sacrement Outre les confrères, ont assisté 
aux offi^ses bon nombre de citoyens ; au salut, l'église était 
pleine de monde ; les confrères ont fait remonter dans sa 
niche^ suv le port, la statue de leur saint palron. 

Ce même jour, on a tenu à Thôtel du Commierce Rassem- 
blée des commerçants pour la rénovation des juges du tribu- 
nal de commerce; les jacobins ont été également frustrés 
dans leurs espérances ; MM. Cochois, voiturier, Pareau, et 
François, libraire, ont été nommés juges; et MM. Salle, mar- 
chand de fers, et Legueux Paulevé, marchand, suppléants ; ils 
sont; anti-jacobins. 

Le ^f la riviène a débordé; on a commeneé le même 
jour des prières à Saint-Eusèbe pour avoir du beau temps. 

Les oaembres du tribunal civil ont nommé pour présider 
le tribunal criminel, au lieu de M. Leclerc, représentant, 
M. I>es«hamps, juge. H. Bussière, premier suppléant^ est 
devenu- juge, et M. Guéron premier suppléant. Qs ont été 
installés le 23. 

25. — Quatrième dimanche après Pâques. Les offices à 
Tordinaire ; 

30. — Décadi. On ne s'en aperçoit pas. 
27 gûKrainal. — Saint Pèlerin ; les offices à Tordinaiire; expo*-> 
sitioade l)a<fdiq)ue de ce sainte â> Saint^Etienm ; le Te\Denm^ 



264 

entre vêpres et compiles; grande afflluence de peaple aux 
églises ; les jacobins ont travaillé et fait travailler publique- 
ment chez eux. Les maçons, charpentiers et couvreurs sem- 
blent enchérir pour Tinfraction des fêtes. 

2 prairial. — Les offices à Tordinaire; beaucoup de. bou- 
tiques fermées ; même concours de peuple. 

Les 3, 4 et 5. — Aux Rogations, les processions et céré- 
monies usitées autour des églises et en dedans. 

6. — Fête de TAscension. Les offices à l'ordinaire ; 
grande afiluence de peuple ; la plus grande partie des bouti- 
ques fermées. On a eu la douleur de voir une partie des ci- 
toyens de tous états travailler publiquement. La procession 
des reliques, usitée dans la paroisse de Saint-Etienne en ce 
jour, a été remise au dimanche suivant pour se conformer à 
Tusage de l'ancienne cathédrale. 

5. — Rénovation des officiers de la garde nationale. 

9. — Les offices à l'ordinaire; on a fait à Saint-Etienne 
la procession des reliques (il y avait quatre châsses) tout 
autour de Téglise, avec station à la chapelle de la Vierge. 

La plus grande partie des boutiques étaient fermées, peu 
de personnes ont travaillé. 

Ce jour, il a été fait dans la ville une proclamation, par 
deux officiers naunicipaux, précédés de deux tambours et huit 
ou dix gardes nationaux, de la fête civique des Victoires. 

\0. — Fête des Victoires, annoncée le 9 au soir et le 10, à 
cinq heures du matin, au son de la cloche civique, pendant 
une heure et par une décharge do quatre canons tirés sur la 
place de la Fraternité. A cette occasion, il s'est élevé une 
contestation très-vive entre les anciens canonniers jacobins 
et les nouveaux. Les premiers prétendaient devoir faire le tir, 
les autres soutenaient que c'était à eux à le faire. Pour les 
mettre d'accord, le président et deux membres de la munici- 
palité, se rendirent sur la place de la Fraternité, où il a été 
décidé au nom de la loi en faveur des nouveaux. Les jacobins 
avaient à leur tête C. . ., menuisier, un des plus fougueux, 
dont le regard farouche fait trembler. Les canons ayant été 
mal posés^ un citoyen a été blessé à la tête par un des 
canons. ^ 

Dans celte fête, on a sonné l'assemblée avec la cloche civi- 
que à quatre heures de relevée jusqu'à cinq heures. On s'est 
rassemblé devant la maison commune ; à cinq heures, ou en 



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est sorti dans Tordre suivant : brigade de gendarmerie avec 
la trompette; trois compagnies de la garde, à leur tête trois 
tambours et la musique» le commandant et plusieurs officiers, 
dont au moins deux compagnies composées de jacobins dans 
un accoutrement de forçats et de manœuvres ; suivaient les 
membres do la municipalité du département et des corps ju- 
diciaires en costume de cérémonie ; les vétérans avec leur 
tambour ; un piquet de gendarmerie à cheval formait la clô-* 
ture. On s'est rendu d'abord dans la salle des électeurs ci- 
devant Club (1); le président de la municipalité, M. Yaultier, 
a prononcé un discours où il a fait l'énumération des victoires 
remportées par les troupes de la République depuis cinq 
ans ; a dit un mot des préliminaires de la paix, et a établi les 
avantages qui en devaient résulter et pour la République et 
pour la religion. Tous les honnêtes gens ont applaudi à ce 
discours ; les jacobins ont été les seuls qui l'ont iroprouvé 
par leur contenance et leurs gestes ; ils aiment trop le sang, 
la discorde et le pillage pour donner les mains à ce qui peut 
remplir les vues pacifiques et rétablir l'ordre. Leurs visages, 
en annonçant leur mécontentement, témoignaient qu'ils n'au- 
raient pas été fâchés de trouver une occasion de s'en venger 
sur quelques-uns des assistants par un coup d'éclat, mais 
leurs adversaires étaient trop prudents ; ils n'ont pu s'en dé- 
dommager que par leurs chants à gorge déployée de la Mar- 
ôcillaise. La municipalité, par sa contenance, désapprouvait 
ce chant. 

Le président a couronné quatre militaires avec des branches 
de chêne en les complimentant. Cette fonction achevée, on 
s'est transporté de cette salle, par la porte d'Egleny, sur les 
boulevards, dans le même ordre, en chantant la Marseillaise, 
au-devant de l'arbre de la Liberté, dont on a fait le tour. 
Les jacobins ont chanté la chanson marseillaise, pendant 
laquelle le cortège a défilé pour se rendre à la maison com- 
mune, où on s'est séparé vers les sept heures du soir; on 
avait exposé le drapeau de cérémonie au balcon du milieu ; 
peu de monde a assisté à cette fête. 

(1) La municipalité avait depuis peu subsUtué cette dénomination 
à l'ancienne, aujourd'hui odieuse aux personnes qui savent apprécier 
les choses. 

(Note du manuscrit.) 



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lors de Tannons de cette féie, H avait éié tiré quaitre 
a>f]p& -ée canon la Teille; la pi^éreuoe doDuëe par cette opé- 
ratiott i4i)portunte aux ean^aniers actuels sar les canomiers 
amciQiis jacobios, a p\^ué Defrance, commissaire natioflal 
auprès de la municipalité; pour s'en teug^r et priver les 
nouveaux de Tavantage du tirage, il a requisse même î^nr, 
au matiiD) un arrêté portant qu'on ne tirerait plus le canon ce 
jour-là. Cet arrêté a été rendu et a reçu son exécution. 

Il n'y a eu que les canonniers jacobins qui ont murmuré 
contre cet arrêté; ils ont fait Taprès-midi tout ce qu'ils ont 
pu pour se procurer les canons ; il y a eu grand bruit pour y 
parvenir, on a même assuré qu'il y avait eu des coup^ de 
lancés ; le citoyen Tenaille, officier municipal, s*étani pré- 
senté pour arrêter le bruit, a eu le pied écrasé. La fermeté 
de la municipalité a mis à la raison ces brutaux ; on a marché 
sans canon; ils s'en sont dédommagés en exprimant leurs 
sentiments destructifs par le chant de h' Marseillaise, 

Les habitants de la place de la Fraternité ont présenté, le 
«12 prairial, à la municipalité, une demande tendant à ce 
qu'elle indiquât un autre emplacement pourletir descanorrs, 
qui occasionnaient à leurs maisons des dégradations coûteu- 
ses. Le 15, arrêté de la municipalité portant que les canons 
ne seront plus tirés sur ladite place de la Fraternité, mais sur 
les boulevards. 

Ce jour, assemblée des officiers de la garde pour la nomi- 
nation des commandant et adjudant. MM. Lacour et Marli- 
neau ont été continués. 

Le 15, on a fait la bénédiction des fonts baptismaux et de 
Teau bénite, et on a chanté les grand'messes; il a été fait 
pendant celle de Saint-Etienne un baptême d'un enfant de 
trois ans. 

Les premières vêpres ont été chantées à Saint-Etienne 
avec la plus grande solennité; on a touché de Torgae. 

16. — Les offices à Fordinaire ; Taffluence du peuple a été 
des plus grandes; ils ont été célébrés à Saint-Etienne avec 
exposition du Saint-Sacrement; les boutiques ont été presque 
toutes fermées : quelques jacobins, en petit nombre, n'ont pas 
inm dievoîr imiter leiirs concitoyens. Entre couk-^Iâ, on a re- 
nftarqiré X..., cet homme bien fait, fils et petit-filïi de 
Tua des bedeaux de la cathédrale, élevé et nourri des gains 



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qu'ils avaient faits autour du chapitre. La religion n'a point 
de plus grands ennemis que les élèves des ministres des 
églises ; il sfcnble qu'ils leur reprochent ce mauvais emploi 
de deniers qu'on aurait plus utilement employés à d'autres 
usages. C'est une bonne leçon pour l'avenir. 

Quoique depuis plus de quinze mois la méchanceté des ja- 
cobins ait privé les catholiques de l'usage des cloches, ils 
n'en ont pas été moins diligents à se rendre exactement aux 
offices, prévenant Theure, quoiqu'à Saint-Etienne on com- 
mence au premier coup de l'heurs; ils ont montré à leurs ad- 
versaires une ferveur digne des cinq premiers siècles de 
l'Eglise, où Tusage des cloches n'était pas introduit, ce qui 
serait capable de les couvrir de confusion s'il leur restait 
quelque pudeur. 

Ce même jour, entre onze heures et midi, la garde a fait la 
reconnaissance de ses officiers qui ont prêté serment entre les 
mains de la municipalité, sur la place de la commune, avec 
les formalités de coutume, 

17 prairial an V. — Lundi de la Pentecôte. Les offices à 
l'ordinaire ; le concours aux solennités a été moins considé- 
rable que la veille; la plus grande partie des boutiques fer- 
mées. 

23. — Les offices