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Full text of "Annexe au Quarante-Troisieme Volume des Journaux de la Chambre des communes du Canada Session 1907-08 Partie 2"

\ 





ANNEXE 



AU . 



QUARANTE-TROISIEME VOLUME 



DBS 



JOORNAUX DE LA CHAMBRE DES COMMUNES 



DU 



CANADA 



SESSION 19O7-8 



PARTIE II 




OTTAWA 

1MPRIME PAR 0. H. PARMELEE, IMPRIMEUR DE SA TRES EXCELLENTE 

MAJESTE LE ROI 

1912 
1433 A 



A 



LISTE DES ANNEXES, 19O7-8 
PAKT I. 

1. Rapport du Comite special permanent des Comptes publics, comme il suit: 
Paiements a E. A. Wallberg; Kenneth Falconer; concernant les paiements se 
rattaehant aux agences des bois a Edmonton et a Calgary; concernant un 
paiement de $1,175 par C. F. Caldwell relati.cnicnt a 1 acimt mi aux de- 
maiides d achat des droits miniers ou de surface; concernant un paiement 
de $74,362 a L. S. Macoun ; concernant des paiements s elevaiit en tout a 
$235,272.61, chemin de fer Transcontinental, District "F", Terminus et em 
placement de de la voie; concernant des paiements se montant a $10,956.10 
a M. H. E. Vautelet pour services au sujet du barrage des rapides St. An 
drews, Riviere Rouge; concernant un paiement de $4,000 a M. IT. N. Cock- 
biwn, re prix d achat du remorqueur Catherine C.; concernant un paiement 
de $6,960.92 au St. John Sun pour impressions et lithographic ; au sujet de 
1 achat de 200 chevalets de pointage de la Ontario Suit-Target Gun Company; 
relativement a un paiement de $10 par la British American Fish Corporation 
et de $10 par Archibald McNee pour baux de peche; relativement a un paie 
ment de $3,250 a MM. John Birnie et J. J. Noble re commission des peche- 
ries de la Baie Georgienne; relativement a un paiement de $210,253.66 a A. 
F. Bowman; relativement a 1 appareil de sechage du poisson de Souris; rela 
tivement a un paiement de $10,021.90 a la Office Specialty Company; relati 
vement a un paiement de $1,077.25 pour un aide dans le bureau de M. Rio- 
pelle ; relativement aux paiements pour le steamer Speedy ; re regu de $12,120 
de E. Dussault et Cie, pour les services de la drague Progress ; relativement 
a un paiement a Lymburner, a resp. lim. ; relativement au paiement a Roth- 
well, Johnson & Stubbs. 

(Imprime.) 



PARTIE II. 

2. Rapport du Comite special permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation : 

Relativement a la production du tabac canadien.- Temoignage de Felix Charlan 
et autres. 

Relativement a 1 amelioration des conditions rurales. Temoignag de Jas. W. 
Robertson, C.M.G. 

Relativement au developpement de 1 industrie laitiere au Canada.- Temoignage 
de M. J. A. Ruddick. 

Semences et recoltes. Temoignage de M. G. H. Clark, commissaire des graines. 

Explorations dans le voisinage de la riviere Saskatchewan. Temoignage de M. 
William Mclnnis, geologiste. 

Terrains fertiles du Nord du Canada. Temoignage de M. R. E. Young. 
Avancement des experiences en agriculture. Temoignage du Dr Win Saunders, 
C.M.G. 



IV 

Recherches chimiques en agriculture Caiiadieune. Temoignage de M. F. T. 
Shutt, chimiste. 

Experiences dans la nourriture des bestiaux. Teuioignage de M. J. H. Grisdale, 
agriculteur. 

Abriter, elever et nourrir les volailles. Temoiguage de M. A. G. Gilbert. 
Arbres de forets dans les plantations, culture des fruits. Temoignage de M. W. 
T. Macoun, horticulteur. 

Immigration canadienne. Temoignage de M. W. D. Scott, surintendant. 
Examen medical et sante des immigrants. Temoignage du Dr P. H. Bryce. 

(Imprime.) 

N 3. Eapport du Comite special permanent de; Privileges et Elections, comme il 

suit : 

Enquete sur la perte dans le bureau du greffier de la Couronne en Chancellerie 
de certains documents relatifs a la recente election dans Stanstead. Voir 
Journaux pour les rapports du Comite a ce sujet; aussi Proces-verbaux, pp. 
1063 et 1111. 

(Imprime.) 

N 4. Eapport du Comite special permanent sur le bill n 12, Loi a 1 effet de modi 
fier la loi de la marine du Canada recommandant certaines modifications. 
Voir Journaux pour les rapports du Comite a ce sujet; aussi Proces-ver 
baux, pp. 479, 508, 1155. 

(Pas imprime.) 

N 5. Rapport du Comite special charge de s enquerir des accusations du Major Hod- 
gins, relativement a la classification excessive des materiaux dans la construc 
tion du chemin de fer National Transcontinental. Voir Journaux de la 
Chambre; aussi -Proces-verbaux, pp. 999, 1216-1218, 1307, 1310, 1311. 

(Imprime dans la Partie II.) 

1ST 6. Rapport du Comite special charge de faire une enquete sur les conditions et 
les garanties sous 1 empire desquelles le gouvernement du Dominion a verse 
des fonds a la Cornpagnie du Pont de Quebec. Voir Journaux de la Cham 
bre; aussi proces-verbaux, pp. 1443, 1446-1450. 

(Imprime dans la Partie II.) 



8 EDOUARD VI! ANNEXE No 2 A. 1908 

RAPPORT 



DU 



COMITE PERMANENT 



DE 



I/AGRICULTURE ET DE LA COLONISATION 



QUATRIEME SESSION, DIXIEME PARLEMENT 



19O7-O8 



IMPRIME PAR ORDRE DU PARLEMENT 




OTTAWA 

IMPRIME PAR C. H. PARMELEE, IMPRIMEUR UE SA TRES EXCELLENTE 

MAJESTE LE ROI 

1909 

[Annexe No 21908] 



8 EDOUARD V,l ANNEXE No 2 A. 1908 



TABLE DES MATIERES 

PAGE. 

LE COMITE is 

LE EAPPOET FINAL DTI COMITE sd 

TEMOIGNAGES 

PARTIE I. AGRICULTURE. 

MATIERES. 

PRODUITS DU TABAC CANADIEN, pp. 1-80. 

Temoignage des personnes suivantes : 

M. Felix Charlan 1-12 

" Darius Wiglc 32-26 

" Lewis Wigle 26-4:6 

" Jerry O Brien 46-51 

" Whitson Baldwin 51-57 

" Peter Lam arsh 58-62 

" Louis V. Labelle 63-76 

" J. B. Dugas 76-80 

JAS. W. KOBERTSON, LL.D., G.M.G., directeur du college Macdonald 81 

L AMELIORATION DES CONDITIONS RURALES, pp. 81-96. 

Laboratoires du College Macdonald 82 

Culture des cereale? 83 

La basse-cour 84 

Volailles nourries au ble avarie 85 

Trefle " bub " du College Macdonald 88 

Ret our a la vie des champs 89 

Allons-nous de 1 avant ou de 1 arriere ^ 89 

La prodigalite est-elle necessaire? 90 

Un bel heritage 91 

Augmentation de la recolte par acre 91 

Exemples des jardins-ecoles 92 

L organisation de demonstrations 94 

Exemple du Danemark 95 

Les grandes lignes du projet de demonstrations 95 



iv COMITE DE L AGRICULTURE ET DE LA COLONISATION 

8 EDOUARD VII, A. 1908 
PAGE. 

M. J. A. RUDDICK, commissaire de 1 industrie laitiere et des installations frigo- 

rifiques 97 

DEVELOPPEMENT DE L INDUSTRIE LAITIERE AU CANADA, pp. 97-109. 

Croissance de 1 industrie cooperative de la laiterie au Canada 97 

Eromagerie et beurreries en Canada en 1907 98 

Le systeme de fabrique n indique pas la croissance de 1 industrie 98 

Annees d exportation terminees le 30 juin 1903 et le 31 mars 1908 99 

Lait condense 100 

Importations et exportations de lait condense 101 

Estimation de la valeur totale de la production annuelle du lait et des produits 

du lait 102 

Valeur du beurre de cremeries et du fromage produits dans certains comtes en 

1907 103 

Associations constatant le rendement des vaches laitieres 104 

Experiences dans le soin du lait 104 

Marches pour les produits de la laiterie 104 

Expedition de fromage f rais 105 

Le troisieme congres international de la laiterie 107 



M. G. H. CLARK, commissaire des grains Ill 

ENSEMENCEMENT ET MOISSON, pp. 111-121. 

La recolte du ble dans 1 ouest du Canada en 1907 Ill 

Conceptions bornees 112 

La recolte de grain dans la Grande-Bretagne, en 1907 112 

Ensenaencement du sol 113 

Supplement d approvisionnement de semence pour 1908 116 

M. WILLIAM MC!NNES, geologue 123 

EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHE 
WAN, pp. 123-11$. 

Region arrosee par les rivieres Garotte et Pasquia 123 

La passe Sipanock 125 

La riviere Saskatchewan 126 

Nature de la region situee entre Norway-House et le lac Croche 133 

Tableau des temperatures 139 

Extraits des observations meteorologiques 141 

M. R. E. YOUNG, surintendant des terres des chemins de f er 143 

LES TERRES FERTILES DU CANADA SEPTENTRIONAL, pp. 11,3-192. 

Facilites de communication par voie ferree 143, 154 

Population 144 

Superficie de ble en culture 144 

Superficie des terres disponibles pour la colonisation 146 

Conditions climateriques 147 



TABLE DES MATIERES 

ANNEXE No 2 

PAGE. 

Statistiques relatives a la Siberie .......................... 

Sources de richesse du pays septentrional ................... 

Quantites enormes du poisson ................................... 

Superficie en acres des bonnes terres agricoles ........................ 

Bois marchand: 

La zone de bois marchand du Canada septentrional ..................... 

Terres steriles ................. 

Territoires du Nord-Ouest Nord du Manitoba ........................ 

Province de Saskatchewan ...................................... 

Province d Alberta ........................................... 171 

Region de la riviere La-Paix .................................. 1^6 

Lac Athabaska ..................................... 

Lac de 1 Esclave ............................................ 

Grand Lac de 1 Esclave ...................................... 1^1 

Fleuve Mackenzie ............................................ 

Observations generates ...................................... 

Grand Lac a 1 Ours .......................................... 188 

Rivieres du bassin Arctique ................. 

Dr. WM. SAUNDERS, C.M.G., directeur des fermes experimentales du Canada. . . . 193 
PEOGRE8 DES EXPERIMENTATIONS AGRICOLES, pp. 193-206. 

Ontario ................................................ 193 

Quebec .............................. \ .................... 193 

Nouvelle-Ecosse ........................................... 193 

Manitoba ................................................ 194 

Saskatchewan ............................................ 194 

Alberta ................................ .................. 194 

Colombie-Britannique ........................................ 194 

Manitoba ................................................ 198 

Rapports des Fermes experimentales ................... . ........ 193-197 

Pores nourris au ble gele .................................... 198 

Progres de la ferine experimentale de Lethbridge ...................... 201 

Distribution d echantillons de grain de semence ...................... 203 

Experiences faites a la Riviere-La-Paix ............................ 206 

M. FRANK T. SHUTT, chimiste ............................. : . . . . 209 

RECHERCHES CHIMIQUES AU SUJET DE L AGRICULTURE CANA- 

DIENNE, pp. 



Valeur probable des frais comme recolte propre a entretenir la fertilite du sol au 

Nord-Ouest ............................................. 210 

Pois des champs de la Ferme experimentale centrale ..................... 211 

Amelioration des sols vaseux ..................................... 215 

Sols alcalins ............................................... 217 

Influence de 1 humidite du sol sur la qualite du ble ...................... 218 

Composition de bles Saison 1905 ................................. 219 

Humidite dans des sols nouvellement defriches et dans ceux ayant subi une 

jachere d ete, a Valley-River, Man., 1906 ......................... 219 

Composition de bles Saison 1906 ................................. 219 

La gale des pommes de terre ..................................... 221 



Vi COMITE DE U AGRICULTURE ET DE LA COLONISATION 

8 EDOUARD VII, A. 1903 
PAGE. 

Valeur nutritive du ble gele 221 

Valeur nutritive des residus de triage 222 

Analyses de residus de triage 222 

Examen d aliments destines aux animaux 223 

Eacines et betteraves a sucre 224 

Betteraves f ourrageres 224 

Garottes 224 

Navets -. 224 

Betteraves a Sucre 225 

Insecticides et f ongicides 2-26 

Nouvelles formes d emulsion de petrole 226 

Bouillie bordelaise, emulsion de petrole et farine 226 

Eau de puits de fermes 227 

M. G. H. GRISDALE, agriculteur 229 

EXPERIENCES SUR LE NOURRISSAGE DES BESTIAUX, pp. 229-255. 

Observations generates 229 

L age requis 230 

La saison de 1 engrais 231 

Mise a 1 etable 232 

Preparation au nourrissage des bestiaux 232 

Farineux pour les boeufs de boucherie 232 

L engrais rapide compare au long engrais des bouvillons 234 

Periode de 1 engraissement termine a I herbe 235 

Le nourrissage en plein air 238 

Avantages des bonnes races 239 

Le ble gele pour la production du boeuf 240 

Nourrissage dans 1 etable durant 1 ete 244 

Boeuf en bas age 245 

Nourrissage des pores 246 

Le ble gele pour le nourrissage des bestiaux 247 

Eacines pour les pores 249 

M. A. G. GILBERT, directeur de la basse-cour, ferme experimental centrale. . . . 257 
LOGEMENT, ELEVAGE ET ALIMENTATION DE LA VOLAILLE, pp 857-885. 

Poulaillers d hiver 257 

Precieuses experiences dans le nord 258 

Di verses methodes d engraissement des poulets 262 

Conditions differentes dans les differentes provinces 265 

Changernent important dans la methode de lignage des oiseaux de basse-cour. . . . 266 

ISFids a trappe et cultivateurs 267 

Qualite des osufs 268 

Ohangements dans les methodes d alimentation 270 

Soin des oiseaux reproducteurs 272 

Viande comme aliment 272 

Ce que 1 experience a demontre etre les meilleures varietes pour les cultivateurs, 

aux points de vue des oeufs et de la chair 272 

Connaissance de 1 aviculture necessaire au succes 273 

Nombre de poules qu un cultivateur devrait garder 273 

Elevage des dindons 274 



1 TABLE DE8 MATIERES vii 

ANNEXE No 2 

PAGE. 

Les meilleures poules pour le cultivateur 

Les poules devraient pondre en hiver 

Varietes a la Ferme Experimentale 

Pourquoi ne pas nommer d autres varietes 

Bonne alimentation de la volaille 276 

Bonne ration d hiver 278 

A qui vendre les oeufs 

Alimentation et traiteraent des poussins 278 

Ration d engraissement 278 

Periode de la mue 279 

Interet plus grand dans 1 aviculture 280 

Quelques details du travail d experimentation 280 

Renseignements sur les dindons, les oies et les canards 2SO 

Dindons : 

Bonnes rations 281 

Pour Pengraissement 282 

Enlevement des plumes et habillage 282 

Emballage 282 

Expedition de dindons non plumes 282 

Canards : 

Rations 283 

Engraissement 283 

Abatage et enlevement des plumes 283 

Oies : 

Rations 284 

Abatage, enlevement des plumes et habillage 284 

Notes 284 

M. W. T. MACOUN, horticulteur 287 

CULTURE DES ARBRES FORESTIER8 EN PEPINIERE CULTURE DES 

FRUITS, pp. 2S7-S22. 

Experiences avec arbres forestiers a la station agronomique centrale. . . 287 

Espacement des arbres plantes. . . .- 

Grosseur des arbres que 1 on doit planter 288 

Croissance des arbres forestiers , 289 

Tableau indiquant la croissance des arbres dans les massifs forestiers, a la station 

agronomique centrale 

Influence des arbres forestiers les uns sur les autres 290 

(Brouissure des feuilles de marronniers, des poiriers et des pommiers 292 

Parties de la station favorables aux plantations 293 

Comment propager les pins et autres conif eres 294 

Epoque favorable a la plantation des arbres forestiers Soins requis 295 

Ameliorations des terrains 298 

Les gazons 298 

Les plantations 299 

Transplantation d arbres et d arbustes 302 

Les fleurs 303 

Experiences dans la culture des fruits a la station agronomique centrale, a 

Ottawa 305 

Pommes produites a la station agronomique centrale 306 

Varietes de pommes qu il convient de cultiver dans les meilleurs districts 

d Ontario. . 307 



Viii COMITE DE L AGRICULTURE ET DE LA COLONISATION 

8 EDOUARD VII, A. 1908 
PAGE. 

Espacement des pommiers Sol Cuture 307 

Exemple du registre descriptif des pommes produites a la station agronomique 

centrale 309 

Propagation par greffe et par bourgeons 311 

Sujets 311 

Scions 312 

Greffe des racines 313 

Greffe en couronne 314 

Greffe en tete 314 

Greffe des bourgeons 315 

Outils et appareils necessaires pour la taille et la greffe 316 

La pepiniere 317 

Amelioration des fruits 319 

Fecondation des pommes 321 



PARTIE II. IMMIGRATION ET COLONISATION. 

M. W. D. SCOTT, surintendant de 1 immigration 325 

IMMIGRATION AU CANADA. 

Methodes 325 

Nombre d immigrants pour lesquels il a ete paye une prime 326 

Immigration des lies Britanniques 327 

Primes a 1 egard des enfants 329 

Primes relatives aux immigrants islandais 329 

Primes aux agents du continent 329 

Primes relatives aux immigrants britanniques 331 

Paiements de primes aux recruteurs 8&3 

Systeme de verification des primes reclamees 336 

Reclamations de primes non admises 337 

Circulaires adressees aux agents et recruteurs dans le Royaume-Uni 338, 339-360 

Formes de certificate. 344 

Examen medical des immigrants 347 

Nombre de recruteurs produisant des reclamations 351 

Majorite des recruteurs dans les districts agricoles 352 

Systeme adopte pour le paiemeiit des primes 354 

Arrete du conseil augmentant le chiffre des primes 359-361 

Nombre d immigrants refuses 366 

Nombre des immigrants deportes 367 

Dr. P. H. BRYCE, medecin-surintendant 391 

EXAMEN MEDICAL ET SANTE DES IMMIGRANTS. 

Systeme d examen aux ports de mer 391 

Trachoma 396 

Procedure pour le renvoi d immigrants 407 

Formule de certificat employe dans la Grande-Bretagne pour toute emigration 

recevant de 1 aide 409 

RESOLUTIONS ADOPTEES PAR LE COMITE 414 

RAPPORTS INTERIM AIRES. . 415 



8 EDOUARD Vli 



ANNEXE No 2 



A. 1908 



LE COMITE. 
(M. P. H. McKENZiE, President.) 



Adamson, 

Archambault, 

Armstrong, 

Barr, 

Beauparlant, 

Beland, 

Bergeron, 

Black, 

Blain, 

Bourassa, 

Bourbonnais, 

Boyer, 

Brabazon, 

Broder, 

Brown, 

Bureau, 

Burrows, 

Caldwell, 

Calvert, 

Carney, 

Carrier, 

Carvell, 

Cash, 

Chisholm (Antigonish), 

Chisholm (Huron), 

Christie, 

Clare, 

Clarke, 

Clements, 

Conmee, 

Copp, 

Crawford, 

Crocket, 

Cyr, 

Delisle, 

Desjardins, 

Devlin, 

Dugas, 

Elson, 

Ethier, 

Finlay, 

Finlayson, 

Fisher, 

Gauvreau, 

Girard, 

Gordon, 



Messieurs : 

Greenway, 

Gunn, 

Henderson, 

Herron, 

Hughes (King, I.-P.-E.), 

Hughes (Victoria), 

Hunt, 

Jackson (Elgin), 

Jackson (Selkirk), 

Kennedy, 

Knowles, 

Lachance, 

Lake, 

Lalor, 

Lanctot 

(La prairie- Napierville) , 
Laurier (L Assomption), 
Lavergne 

(Drummond et Arth.), 
LeBlanc, 
Lennox, 
Leonard, 
Lewis, 
Lovell, 
Macdonald, 
MacLaren, 

Maclean (Lunenburg), 
McCarthy (Calgary), 
McColl, 
McCool, 
McCraney, 
Mclntyre (Perth), 
Mclntyre (StratTicond) , 
McKenzie, 

McLean (Queen, I.-P.-E.), 
McLean (York- centre), 
McLennan, 
Major, 

Marcile (Bagot), 
Marshall, 

Martin (Queen, I.-P.-E.), 
Martin ( Wellington) , 
Mayrand, 
Meigs, 
Miller, 
Monk, 



Morin, 

Oliver, 

Owen, 

Paquet, 

Parent, 

Pickup, 

Proulx, 

Ratz, 

Reid (Grenville), 

Roche (Marquette), 

Ross (Rimouski), 

Ross (Yale-Caribou), 

Rousseau, 

Savoie, 

Schaffner, 

Schell (Glengarry), 

Schell (Oxford), 

Seagram, 

Sinclair, 

Smith (Nanaimo), 

Smith (Oxford). 

Smith (Wentworth), 

Sproule, 

Stanfield, 

Staples, 

Talbot, 

Taylor, 

Telford, 

Templeman, 

Thompson, 

Tobin, 

Tolmie, 

Turcotte, 

Turgeon, 

Turriff, 

Walsh (Huntingdon), 

Ward, 

Watson, 

White, 

Wilmot, 

Wilson 

(Lennox et Addinqtori), 
Wilson (Russell), 
Worthington, 
Wright (MuskoJea), 
Wright (Renfrew). 



8 EDOUARD VII ANNEXE No 2 A. 1908 



PxAPPORT 

Le comite permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation, presente son troisieme 
et dernier rapport, lequel est comme suit: 

Pendant la presente session du Parlement, votre comite s est surtout occupe de 
questions concernant 1 agriculture pratique dans le Canada-est, et des regions ouvertes 
a la colonisation dans le Grand-Onest et les provinces et Territoires du Nord-Ouest du 
Canada. 

EXPLORATIONS EN 1907. 

M. William Mclnnes, I mi des membres de la ( i--i<>n geologique du minis- 

tere de 1 Interieur, a rendu compte des explorations scieutitiqurs dc 1 annee derniere 
et a donne ses vues personnelles relativement a la vaste region situee au sud de la 
riviere Saskatchewan et de rembranchement sur Prince-Albert du chemin de fer Cana 
dian-Northern, qni est drainee par les rivif-i-i-^ ( nmttc ri PM-IIIU;). et qui, au dire du 
temoin, renferme d excellentes terres pour les fins generales d agriculture. 

Le temoignage de M. Mclnnes est accompagne des notes importantes qu il a prises 
sur la temperature des regions qu il a explorees en 1906 et 1907 ; ces notes font voir 
qu a 1 egard des conditions climateriques, ces regions sont propices a la culture du ble. 

M. C. E. Young, arpenteur federal et surintendant des terres de chemins de fer, 
qui a passe vingt ans dans 1 ouest et le nord-ouest du Canada, a donne un temoignage 
important quant aux ressources agricoles et a la condition actuelle de cette partie du 
pays. II a fait observer que le ble est cultive avec succes a Fort-Simpson qui est a 
900 milles au nord de la frontiere Internationale et a distance de 500 milles d Edmon- 
ton. M. Young a termine son temoignage par cette remarque naive: "Nous sommes 
en etat de demontrer que le Canada a augmente considerablement depuis 20 ans ". 

M. Thompson, M.P., du Territoire du Yukon, a sounds a 1 examen du comite uu 
echantillon d avoine blanche, provenant de la recolte de 1907, cultivee sur une ferme 
par le 65e degre de latitude nord, dans la vallee de la riviere Yukon. Get echantillon 
a ete soumis, pour analyse, a M. Clark, commissaire des graines, du departement de 
I 7 Agriculture, qui a fait le rapport suivant: " Comme en m en a fait la demande, j ai 
mis tons mes soins a determiner le poids naturel de cette avoine, pour un volume 
donne, et j ai trouve qu elle pesait 40 livres au boisseau. Je considere cette avoine 
comme un . echantillon exceptionnellement beau, ay ant des qualites nutritives supe- 
rieures ". 

CANADA-EST. 

Votre comite a fait une enquete consciencieuse sur la culture du tabac en Canada. 
Cette culture se fait principalement dans la peninsule sud-ouest de 1 Ontario et dans 
la partie centrale de la province de Quebec. La preuve a ete faite devant le comite 
par des experts en fait de culture et de preparation des diverses especes de tabac dont 
chacune porte un nom specifique et se distingue par des qualites qui la rendent propre 
a la confection du tabac a fumer, a macher ou autrement. 

Les divers temoins qui ont ete appeles devant le comite sont unanimes a recon- 
naitre que ces differentes especes de tabac valent, comme qualite, les especes correspon- 
dantes de tabac en feuille importe de toute partie des Etats-Unis pour en fabriquer 
les produits ci-dessus mentionnes. 

La quantite totale de tabac en feuille, manufacture en Canada, est cote a 4,000,000 
de livres, et la quantite totale de tabac manufacture consomme en Canada est diverse- 



Xii COMITE DE L AGRICULTURE ET DE LA COLONISATION 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

ment evaluee a quinze ou vingt millions de livres, et 1 on pretend que toute cette quan 
tite, et plus, peut etre produite en sol canadien, laissant encore un surplus considerable 
pour les fins d exportation. Un trait special de la consommation de tabac natif cul- 
tive en Canada est qu une grande quantite en est consommee en f euille non preparee ; 
on n a ni evalue, ni tenu compte, de cette quantite speciale. 

La preuve faite a cette enquete presente beaucoup d interet a ceux qui cultivent 
actuellement, ou qui se proposeraient de cultiver le tabac, ainsi qu aux manuf acturiers ; 
et, au point de vue speculatif, quant a ce que la production du tabac en Canada peut 
valoir comme facteur parmi les produits agricoles du pays, dans un avenir rapproche. 

INDUSTRIE LAITIERE. 

M. J. A. Kuddick, commissaire de la laiterie et des installations frigorifiques, a 
rendu temoignage devant le comite sur le progres et la condition actuelle de 1 industrie 
laitiere en Canada. Cette Industrie est solidement etablie dans chaque province du 
Canada, mais celles de 1 Ontario et de Quebec continuent d etre le grand centre de 
cette division importante de 1 agriculture. Les colons du nord de 1 Alberta paraissent 
donner a cette Industrie des developpements plus rapides que ceux des autres pro 
vinces de 1 ouest, et cette region promet de devenir bientot un district tres important. 
Les produits laitiers des provinces de 1 ouest ne sont pas suffisants pour f aire face aux 
besoins monies de ces provinces, et celles-ci doivent en faire venir de larges quantites 
de 1 Ontario et de Quebec pour combler ce qui leur manque. 

Durant 1 annee derniere, le beurre et le fromage ont commande de bons prix et, 
sauf la secheresse dans certains districts et le manque de nourriture qui en a resulte, 
la saison de 1907 a ete tres favorable aux cultivateurs qui se livrent a 1 industrie lai 
tiere. Tout porte a esperer de bons resultats pour la saison actuelle. 

Le comite a appris avec satisfaction par le temoignage de M. Ruddick, que, bien 
que les exportations de produits de la laiterie, surtout le beurre et le fromage, ont subi 
une diminution de plus de sept millions de dollars depuis 1903, alors que nos exporta 
tions et iios produits laitiers ont atteint le maximum, I augmentation de la consomma 
tion, en Canada, du lait, du beurre, du fromage et du lait condense s eleve a plusieurs 
millions de dollars de plus que le chiffre de la diminution des exportations. D autres 
chiffres, tires du dernier recensement, montrent que la valeur seule du beurre de 
cremerie et du fromage, en 1907, a depasse de plus de cinq millions de dollars celle de 
1900, et font voir une augmentation de plus de deux millions de dollars depuis 1905. 

La valeur totale annuelle des produits laitiers en Canada est evaluee a $100,000,000, 
repartis comme suit: 

Beurre de cremerie et fromage $36,000,000 

Beurre de laiterie 22,000,000 

Lait condense 1,000,000 

Lait, consommation immediate 35,000,000 



Total $94,000,000 

Le comite a ete informe que 1 industrie du lait condense s accroit considerablement 
en Canada. 

PERSPECTIVE ENCOURAGEANTE. 

Le comite trouve raison de se feliciter dans le fait de I augmentation en nombre 
des ecoles et des colleges etablis pour 1 education technique et pratique des jeunes gens 
qui se livrent a 1 agriculture, et pour 1 education pratique des jeunes personnes en 
science domestique; en d autres termes, dans la connaissance de la bonne tenue d une 
maison dans ses multiples details. Fne telle education inculque chez les personnes 
des deux sexes le sentiment de dignite professionnelle dans I oauvre de procurer le bon- 
heur de 1 humanite, et de promouvoir tout ce qu il y a de desirable dans la vie phy- 



RAPPORT xiil 

ANNEXE No 2 

sique et morale de 1 humanite, et ceci est encore plus vrai en ce qui regarde 1 amelio- 
ration des conditions de la vie rurale. 

Le comite a eu le plaisir de constater de visu la place elevee que ces deux branches 
d education occupent dans 1 estime du peuple, alors que, le 13 juin dernier, en reponse 
a 1 invitation du Dr Robertson, C.M.G., directeur du college Macdonald, Sainte-Anne 
de Bellevue, le comite et tous ceux des membres du Parlement qui ont voulu profiter 
de 1 occasion, ont visite cette grande institution dont la mission est d enseigner 1 agri- 
culture et la science domestique. Ici les notes du jour furent accueillis cordialement 
et jouirent d une hospitalite magnifique, grace a 1 attention personnelle du Dr 
Robertson. Les terrains attaches au college sont spacieux; ils comprennent environ 
650 acres. Les batiments du college presentent une apparence quasi-royale par leur 
etendue magnifique, la solidite de leur construction, leur architecture, et leur adapta 
tion aux subdivisions de 1 oeuvre du college. L existence de cette institution ter 
rains, batiments et equipement, est due exclusivement a la munificence philanthro- 
pique de sir William G. Macdonald qui a depense deux millions et demi de dollars 
pour completer le college et ses dependances. En outre, sir William a confie aux 
syndics du college, en fideicommis, deux millions de dollars a titre de fondation. Sir 
William G. Macdonald a consacre cette partie de sa richesse, son temps et son energie, 
non en expectative d une recompense personnelle, mais seulement dans le but du pro- 
gres et de 1 amelioration constants des conditions de la vie rurale. 

En tenant compte de ces f aits et de 1 existence destitutions d une moindre echelle 
qui visent le meme but, le comite considere comme assuree la prosperite perpetuelle 
des cultivateurs du Canada. 

COLONISATION. 

Le comite a passe en revue 1 immigration en Canada et la colonisation de ce pays, 
quant a ce qui a ete accompli durant 1 annee, ainsi que les agences et les methodes 
suivies pour augmenter 1 immigration des classes agricoles et la preuve faite a cet 
egard constitue la seconde partie de 1 appendice de ce rapport. Cette preuve, ainsi 
que toute celle qui a ete faite devant le comite dans le cours de la presente session du 
Parlement, est annexee a ce rapport, dont elle forme partie essentielle. 



P. H. McKENZIE, 

President. 



CHAMBRE DES COMMUNES, 

18 juillet 1908. 



M. FELIX CHARLAN 
8 EDOUARD Vli ANNEXE No 2 A. 1908 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 

CHAMBRE DE COMITE N 34, 

MERCREDI, 25 mars 1908. 

Le comite special permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation se reunit ce 
jour, a 11 heures du matin, sous la presidence de M. Mackenzie. 

Le PRESIDENT. Le question soumise aujourd hui au comite est 1 examen des con 
ditions de 1 industrie du tabac dans notre pays. La culture et la fabrication du tabac 
au Canada constituent une Industrie relativement nouvelle et, selon totites les appa- 
rences, elle semble devoir reussir. C est ce que le ministere de 1 Agriculture a pense, 
et il lui a accorde une attention particuliere en confiant a M. Charlan la tache de 
travailler a son developpement, surtout au point de vue agricole. M. Charlan est 
ici present. Sont egalement presentes plusieurs personnes interessees dans 1 indus- 
trie du tabac, venues de 1 ouest de 1 Ontario et de la province de Quebec. Elles depo- 
seront devant vous, et diront ce que Ton a fait jusqu ici et ce qui reste encore a faire 
pour assurer le developpement de 1 industrie du tabac au Canada. 

J ai le plaisir de presenter au comite M. Felix Charlan, chef du service des 
tabacs au ministere federal de 1 Agriculture. II s adressera au comite en frangais, une 
traduction de ses observations sera faite, en anglais, par le traducteur oificiel du 
ministere de 1 Agriculture. 

Monsieur le President, Messieurs, 

J ai eu 1 honneur d exposer devant vous, 1 an dernier, la situation de la culture du 
tabac au Canada, et de vous donner une idee de 1 avenir sur lequel elle semble pouvoir 
compter. 

Le travail effectue depuis sur les differents champs d experience m a permis de 
determiner d une maniere plus precise, malgre les conditions de temperature peu 
favorables de 1 annee 1907, le programme que nous devons adopter, pour obtenir des 
resultats pratiques aussi rapides et aussi avantageux que possible. 

ISTous sommes evidemment limites, dans certaines parties du Canada, par des 
conditions climateriques qui nous empechent de cultiver des varietes de tabac dont la 
duree de vegetation sur la plantation depasse 90 jours. Mais ces conditions ne sont 
pas particulieres a notre pays ; elles rappellent seulement celles de certains centres de 
culture des Etats-Unis (le Wisconsin, par exemple), qui sont considered avec raison 
comme les plus prosperes parmi ceux de la republique voisine. 

ESSAIS EFFECTUES EN 1907, QUEBEC. 

Trois varietes de tabac ont ete essayees d une maniere speciale, en 1907, dans la 
province de Quebec. Ce sont : le Comstock Spanish, le Havana Seed Leaf, et le 
Connecticut Seed Leaf. Le premier de des tabacs a fait la fortune du Wisconsin, qui 
produit a 1 heure actuelle la plus grande partie des robes importers au Canada. II a 
parfaitemen reussi, et il n est plus douteux que nous puissions produire, dans le sud- 
est canadien, des tabacs capables de repondre au meme usage. 

La qualite du produit canadien est bonne ; la feuille resistante et elastique, d une 
forme avantageuse, est parfois plus fine que celle du Wisconsin, elle se rapprocherait 
davantage des produits du Connecticut, Ce qui nous reste a faire est d elever le rende- 

21 



2 M. FELIX CHASLAN 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

ment par acre afin de rendre la culture plus avantageuse et de classer et fermenter 
convenablement ces tabacs, aim de rendre leur ecoulement et leur emploi plus faciles, 
Nous sommes engages dans cette voie, nous verrons plus loin comment. 

Le Havana Seed Leaf a egalement donne de bons resultats. Dans la pratique, 
il est difficile d etablir une distinction bien nette entre cette variete et la precedente 
qui en est une amelioration. L aspect de la feuille, le rendement en poids sont presque 
identiques, et les qualites superieures de tissu, la facilite de fermentation, qui ont 
fait preferer le Comstock par certains preposes aux entrepots de fermentation du 
Wisconsin n ont pu etre suffisamment etablies au Canada, dans les conditions actuelles 
de notre industrie. En fait ces deux varietes tres voisines, et tres peu differenciees 
par les cultivateurs, sont considerees comme a peu pres identiques par les preposes 
aux entrepots de fermentation canadiens. 

Les conditions climateriques de 1 annee 1907 (printemps tardif et pluvieux, ete 
court et peu chaud, automne froid et humide), ont nui considerblement aux planta 
tions de Connecticut Seed Leaf etablies dans la province de Quebec. Tandis que les 
deux varietes precedentes effectuent leur evolution complete, sur le terrain, dans 75 ou 
80 jours, le Connecticut reclame, en annee normale, de 90 a 95 jours de plantation. 
Pendant les annees froides la culture du Connecticut devient done tout a fait risquee. 

La vegetation des plantations de Connecticut Seed Leaf etablies en 1907, dans la 
province de Quebec, a ete generalement languissante, le rendement presque nul et, 
jusqu a ce que nous ayons pu selectionner une variete de Connecticut plus precoce, 
les cultivateurs de Quebec ne devront entreprendre la culture de ce tabac qu avec la 
plus grande prudence. 

Les Connecticut Seed Leaf ont ete surtout recherches par nos cultivateurs a 
cause de la possibilite d obtenir de fortes recoltes pendant les annees favorables. 
Jusqu a ces dernieres annees on s etait bien plus occupe du poids que de la qualite de 
la feuille, et une variete qui, dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre, donne un tabac 
a cigares, ne donnait plus guere, au Canada, que des produits bons pour la pipe. 

Dans ces conditions la culture du Connecticut Seed Leaf cesse d etre avanta- 
geuse, car nous pouvons cultiver pour le meme usage, des tabacs plus precoces, et d un 
rendement egal, sinon superieur: General Grant, Blue Pryor, et certains Ohios ame- 
liores, ou meme le Grand Havane dont le gout est bien superieur a celui des Connec- 
ticuts. 

Dans 1 etat de la culture canadienne les meilleures recoltes de Connecticut ue 
fournissent qu une proportion insuffisante de robes. Cette proportion trop 
faible ne peut assurer un rendement suffisant au cultivateur, qui se trouve encombre 
par des produits epais et sans arome, d une utilisation et d un placement difficiles. 
Dans les memes conditions la culture du Comstock et celle du Havana Seed Leaf 
sont avantageuses, car les feuilles trop epaisses, ne pouvant etre utilisees comme 
robes peuvent, lorsqu elles sont convenablement fermentees, entrer dans la composition 
des poupees, en tout cas dans la fabrication d excellents tabacs a fumer. 

Nous avons essaye dans Quebec, en 1907, quelques petites plantations de General 
Grant ; elles ont donne de bons resultats au point de vue du rendement, de la qualite 
des produits et des facilites de culture; et aussi une culture d Ohio Seed Leaf, tres 
developpe, assez precoce., et qui conviendra peut-etre aux cultivateurs de cette pro 
vince qui veulent planter des tabacs a grand rendement. On a obtenu des graines de 
ce nouveau tabac, qui sera probablement essaye sur une etendue plus considerable 
en 1908, afin que nous puissions nous rendre plus exactement compte de son avenir. 
Peut-etre pourrons-nous, si la precocite de cette variete se maintient, la presenter 
au lieu et place de nos Connecticuts actuels. 

Quelques critiques que Ton puisse faire a certaines varietes actuellement cultivees 
au pays, il est cependant impossible, dans les conditions presentes de notre marche, 
conditions dont nous devons tenir compte. de chercher a les remplacer trop rapide- 
ment. II nous faut attendre que notre industrie soit bien etablie et ses besoins par- 



INDUSTRIE DV TAB AC AV CANADA 3 

ANNEXE No 2 

faitement connus. Nous pourrons, cependant, au moyen de champs de demonstration 
et en repandant des graines de varietes ameliorees entreprendre 1 amelioration de cer- 
taines varietes non desirables ou ne convenant pas aux besoins de 1 industrie a creer. 

En resume, les essais de Comstock Spanish, de Havana Seed Leaf et de Connec 
ticut semblent avoir demontre que ce sont les deux premieres varietes qui conviennent 
le mieux au climat de la province de Quebec. De plus, leur avenir est assure, car 
elles ont attire plus particulierement 1 attention de ceux des industriels qui envisagent 
la possibilite de s etablir au pays comme preposes a la fermentation. 

ONTARIO. 

Les memes varietes ont ete essayees dans la province d Ontario. Les resul- 
tats obtenus dans cette partie du Canada sont peu decisifs. L annee n a pas ete 
favorable et, d autre part, les cultivateurs du comte d Essex n etant pas accoutumes 
a la culture de ces tabacs, ont commis quelques erreurs, particulierement en ce qui 
concerne 1 ecimage et 1 epoque de la cueillette. Malgre toutes les instructions don- 
nees, les tabacs ont ete ecimes trop tard et recoltes generalement trop murs. Ces 
erreurs sont cependant de celles que 1 on rectifie facilement, et elles ne se reproduiront 
probablement plus. 

Les cultivateurs d Ontario qui se sont charges de 1 essai de ces varietes ont 
cependant reconnu que ces tabacs sont faciles a cultiver, la reprise est plus certaine 
que celle du Burley, ce qui rend moins couteux et moins laborieux 1 etablissement 
des plantations. 

II y a lieu de continuer ces essais, quoiqu il ne soit pas encore possible de dire 
si, au point de vue des qualites de tissu et d arome, les tabacs seed leaf d Ontario vau- 
dront ceux de certaines parties de Quebec. 

Une variete tres interessante, Grand Havane, importe de Cuba, a ete essayee par 
un planteur de Leamington. Le produit obtenu, quoique un peu epais, est tres beau 
et pourrait peut-etre convenir comme poupee, au cas ou 1 arome originel serait con 
serve. Nous serons a meme d en juger si, comme nous 1 esperons, nous pouvons faire 
fermenter une partie de cette recolte. 

OBSERVATIONS SUR LES RENDEMENTS EN POIDS. 

Le fait le plus saillant constate en 1907 a ete la variation considerable qui existe, 
dans certaines parties du Canada, dans les rendements en poids par acre de tabac de 
la meme variete. Les champs d experience etablis dans certaines regions ont donne 
un rendement d environ 1,000 livres ; dans d autres regions le rendement s est eleve 
de 1,400 a 1,500 livres par acre. 

Etant donnes les frais de culture assez considerables, et qui tombent rarement 
au-dessous de $40 a $45 par acre, un rendement de 1,000 livres de tabac, d un prix 
moyen de 8 cents la livre, est assez peu avantageux, si 1 on tient compte surtout des 
soins exigeants reclames par une plante dont la vegetation est rapide et des aleag 
inherents a la dessication du produit et a son placement. 

Devons nous mettre en cause, malgre Popinion des cultivateurs, la fertilite des 
terres, ou la maniere dont ces dernieres sont cultivees? La question est a resoudre, 
et nous avons devant nous un vaste champ d experimentation. Nous pensons nous y 
engager sans retard en entreprenant 1 essai methodique des divers engrais que 1 on peut 
se procurer au Canada, et celui de moyens de cultures plus energiques. 

Les essais de Comstock Spanish effectues a la ferme experimentale, sur une terre 
assez legere, fortement fumee, nous ont donne des rendements de 1,400 a 1,800 livres 
par acre, selon les distances auxquelles la plantation a ete faite. C est vers cea 
chiffres que devrait tendre la moyenne de production pour que la culture des tabacs 
des varietes seed leaf soit reellement avantageuse. Nous avons beaucoup de progres 
a faire sous ce rapport. 



4 J/. FELIX CHARLAN 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

UTILITE DE PRODUIRE LES GRAINES AU CANADA. 

line autre tache importante nous incombe, c est celle d habituer ks cultivateurs 
canadiens a n employer que des graines pures. Nos moyens de eontrole sur les four- 
nisseurs de graines de tabac sont absolument nuls et, une fois que la plantation est 
faite, on peut reconnaitre qu elle comprend le plus souvent des tabacs dont le type 
n est pas uniforme. 

C est un grand inconvenient pour 1 industriel, qui a beaucoup de peine a trouver, 
non melanges, des tabacs de la variete qu il desire; e en est un autre, non moms 
grave, pour le cultivateur, car, au cas ou il utilise les graines qu il a pu obtenir sur 
une pareille plantation, il est fatalement amene, dans un delai plus ou moins court, a 
la production de tabacs sans caractere defini et d un placement difficile. 

Ann de juger des garanties qu offrent aux cultivateurs canadiens les exploitations 
agricoles specialement etablies en vue de la production des graines de tabac, et chez 
lesquelles ils se sont approvisionnes jusqu a present, nous avons visite quelques-unes 
de ces exploitations au cours de 1 annee derniere. 

Ce n est pas a cette place qu il nous appartient de donner une idee exacte des 
conditions dans lesquelles elles operent, mais il nous a paru prudent d essayer de nous 
en passer, autant que possible, a 1 avenir. 

Nous avons appris a selectionner des tabacs des varietes les plus desirables, et 
des meilleurs types parmi ces varietes. II nous faut repandre cette pratique parmi 
les cultivateurs canadiens et leur enseigner les moyens de mettre les graines qu ils 
reservent pour leurs cultures des annees suivantes a 1 abri des croisements dangereux. 

Cet enseignenient a ete entrepris en 1907 sur quelques points du territoire, et 
nous serons a meine de juger, des 1908, de la fagon dont les cultivateurs 1 ont accepte, 
ainsi que des resultats qu il aura donnes. 

Nous pouvons murir aisement au Canada, les graines des varietes seed Leaf, et, 
apres avoir constate que les graines obtenues dans certaines parties de Quebec don- 
nent des sujets qu il est impossible de differencier, (au moins pendant les premieres 
generations), de ceux obtenus sur graines americaines, nous pensons qu il est prefe 
rable que le cultivateur canadien produise lui-meme la provision de graines dont il a 
besoin. II sera ainsi a 1 abri des surprises desagreables qui se produisent si souvent, 
soit par suite de melanges non intientionnels faits par des commergants peu soigneux, 
soit par suite d une mauvaise culture faite a 1 etranger et que nous ne pouvons sur- 
veiller. Nous aurons aussi 1 avantage d arriver peut-etre a etablir des varietes vrai- 
ment canadiennes et parfaitement adaptees a nos sols et a notre climat. 

Une tournee de conferences a ete effectuee dans ce but, au cours de laquelle les 
precedes de culture necessaires ont ete indiques aux cultivateurs. 

Ce qui precede, concernant les tabacs des varietes seed leaf cultives dans Quebec, 
est probablement plus exact encore pour les tabacs cultives dans la province d Ontario, 
particulierement le Burley. Partant de types ameliores, nous pourrons, grace aux 
conditions de climat particulierement favorables des comtes d Essex et de Kent, eta 
blir des types canadiens adaptes a ces dernieres qui, different probablement tres peu 
des meilleurs tabacs americains similaires, pourront se faire une belle place dans 
notre Industrie et peut-etre meme a 1 etranger. Nous devons ajouter que, etant don- 
nee la reputation deja acquise des Burley d Ontario, la tache semble devoir etre rela- 
tivement facile et le succes assure. 

TABACS DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

L attention du comite a ete appelee Tan dernier sur la culture du tabac dans la 
Colombie-Britannique. J ai eu 1 occasion de visiter pendant 1 automne la vallee de 
Kelowna, et de parcourir la region dans laquelle la culture du tabac y est a 1 essai. 

La qualite des tabac obtenus a Kelowna, sur graines importees du Cuba et renou- 
vellees tous les trois ans, est telle qu on peut, dans une juste mesure, les comparer a 



INDUSTRIE DV TAB AC AV CANADA 5 

ANNEXE No 2 

certains Havanes de seconds classe. Us paraissent convenir admirablement comme 
poupee dans des cigares domestiques d un prix relativement eleve, et si, comme 
pretendent certains adversaires des tabacs canadiens, les seed leaf de Quebec ne pou- 
vaient jamais entrer dans la composition des cigares, autrement que comme robe, 
on pourrait dire que les tabacs de la Colombie-Britannique, viennent heureusement 
combler une lacune, et que, desormais, a 1 exception des robes, generalement compo- 
sees de Sumatra ou de Java, nous avons dans le pays tous les elements necessaires a 
1 industrie du cigare ; c est-a-dire, poupee clans la Colombie-Britannique ; robes : 
Comstock et Havana Seed Leaf de Quebec. 

Cependant, etant donness les conditions de la main-d ceuvre dans la Colombie- 
Britannique, la question du prix de revient ne manque pas d interet et ne semble pas 
encore completement resolue. II est heureux qu une compagnie se soit constitute a 
Kelowna dans le but de developper la culture du tabac sur des bases rationnelles et 
vraiment commerciales. Grace a ses moyens d action relativement puissants, nous 
serons bientot en mesure de connaitre ce que le pays peut attendre des cultures de 
tabacs faites, soit dans la vallee d Okanagan proprement dite, soit sur les coteaux plus 
ou moins eleves qui entourent cette derniere, et sur lesquels on trouve de tres belles 
terres. L irrigation devra etre etudiee d une maniere speciale et pourra donner de 
tres bons resultats; peut-etre aussi pourrons nous fonder quelque espoir sur les essais 
de culture sous toiles que la Compagnie de Kelowna a 1 intention d entreprendre. 

LES TABACS INDIGENES ET I/INDUSTRIE CANADIENNE. 

La question des modifications a apporter dans la legislation qui regit 1 entree des 
tabacs au Canada et dans les manufactures du pays a fortement agite 1 opinion pen 
dant la derniere annee. 

Sans avoir a prendre part dans une question qui touche d aussi pres a des inte- 
rets industriels considerables, il nous semble qu on peut 1 envisager au point de vue 
purement canadien et purement agricole, ce qui n a pas ete fait. Nous plagant a ce 
point de vue, nous pouvons dire que la question n a pas ete envisagee sous son aspect 
le plus important. 

La production annuelle totale du tabac au Canada est evaluee, d une maniere 
assez peu precise, a 10,000,000 de livres environ, chiffre qui peut sembler un peu fort 
si nous y comprenons seulement les tabacs qui font 1 objet d un reel commerce, et 
negligeons la quantite incontrolable placee sur les marches de la province de Quebec 
par les cultivateurs qui vendent eux-memes leur recolte aux consommateurs. 

Jusqu a ce jour la production du tabac au Canada n a jamais ete 1 objet de sta- 
tistiques serieuses, et 1 on verra ce qu il faut penser de 1 exactitude de certaines evolua- 
tions quand nous aurons dit que la faible recolte de 1 Ontarip en 1907, representant 
a peine 75 pour 100 de celle de 1 annee precedente, (a cause des abandons de culture 
et des conditions atmospheriques def avorables) , a ete evaluee a 1,000,000 de livres de 
plus que celle de 1903. Nous pmsons etre en mesure, dans un avenir prochain, de 
rectifier de pareilles erreurs, M. le ministre de 1 Agriculture ayant reconnu la neces- 
site de faire dresser une statistique speciale dont les chiffres nous donneront une idee 
plus exacte de la production du tabac dans notre pays. 

Si cependant nous admettons le chiffre de 10,000,000 de livres, quelle sera la 
proportion des tabacs indigenes dont on a dit qu ils ne conviennent pas a 1 industrie 
canadienne et que tout encouragement supplementaire a leur culture, (sous forme de 
droits d entree ou de modifications dans le mode de perception des droits d accise), 
serait dangeraux, non seulement a cause des transformations a apporter dans le fonc- 
tionnement des manufactures, mais surtout a cause de la qualite inferieure du produit 
vise. 

II ne peut etre question des Burleys d Ontario, dont la reputation au Canada 
est desormais etablie, et qui representent au moins la moitie de la production totale; 
nj des tabacs a fabrication de la province de Quebec: tabacs developpes et pesants, 



6 M. FELIX CHARLAN 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

bons seulement pour la pipe ou pour la fabrication des palettes, et dont il n a jamais 
pu etre question pour la fabrication des cigares; non plus que des petits tabacs dits 
canadiens: Canelle, Petit Eouge, etc., qui repondent seulement, (leur production 
egalant a peine leur consommation), aux besoins d une clientele speciale. Keste done 
la faible proportion des tabacs dits a cigares qui, jusqu ici, n ont ete obtenus que 
dans les comtes de Rouville, de Montcalm et de Joliette et, a 1 heure actuelle, ne repre- 
sentent certainement pas 1,000,000 de livres. 

Ou bien ces tabacs sont de qualite tout a fait inferieure, et quel que soit le re 
gime adopte ils ne pourront jamais entrer en manufacture, si ce n est pour la fabrica 
tion de produits trop ordinaires que le public tres eduque du Canada rejetterait 
rapidement, et leur culture devra etre abandonnee, malgre tous les encouragements 
que 1 on puisse donner aux cultivateurs, oblige par les circonstances de revenir aux 
types a fabrication. 

Ou bien tout en ne representant peut-etre pas les premieres qualites des tabacs 
similaires etrangers, (et nous pouvons dire que 1 absence de chefs de salles de matu 
ration experimentes et convenablement outilles est jusqu a present responsable d un 
pareil etat de choses), ces produits sont en mesure de se faire une place respectable a 
cote de certains tabacs importes. Pourquoi alors abandonner nos planteurs et ceux de 
nos industriels qui cherchent a etablir au Canada 1 industrie qui seule permettra de 
mettre ces tabacs sous la forme convenable ? 

Mais nous savons qu une grande partie des seed leaf canadiens peut etre employee 
comme robe. Le desir de venir s etablir au Canada, manifesto par quelques manu- 
facturiers du Connecticut, qui ont ete frappes de la qualite de nos tabacs, en est la 
meilleure preuve. 

Quelques industriels canadiens ont ete rneme plus loin, ils affirment que certains 
Comstock Spanish et Havana Seed Leaf du Canada peuvent faire d excellents inte- 
rieurs, pour cigares ordinaires s entend. 

Question de gout mise a part, nous pensons que beaucoup de ces interieurs pour- 
raient bien etre de qualite equivalente a celles de ceux qui remplisseuc de nombreuses 
marques de cigares a 5 cents, fabriques avec des tabacs importes. Le gout du public 
canadien pourrait etre forme aussi facilement que 1 a ete celui du public americain, 
qui paie souvent 10 cents pour des cigares fabriques en tabacs de la Pensylvanie et du 
Connecticut, et ne contenant pas la plus petite trace de Havane. Quand les produits 
qui entrent dans la composition die ces cigares sont de bonne qualite et bien prepares, 
le gout, tout en etant different de celui des cigares de la Havane, ne laisse pas que 
d etre agreable et peut convenir a une certaine classe de consommateurs. 

Si cependant 1 on nous accuse d aller trop loin en suivant ces industriels, nous 
abandonnerons pour un moment, (laissant a la preuve le soin de se faire plus tard), 
1 idee que les tabacs de Quebec ne pourront jamais faire des interieurs convenables, et 
nous retiendrons seulement que les tabacs de cette provenance, ou tout au moins une 
certaine proportion d entre eux, peuvent faire d excellentes robes, comparables sous 
beaucoup de rapports aux tabacs du Wisconsin et de la Pensylvanie. 

Quant a la question des interieurs, la culture qui s etablit dans la Colombie- 
Britannique nous permettrait alors de la resoudre. Nous pensons meme pouvoir dire 
avec raison que nous aurions au Canada deux sortes de tabacs de cette categoric : une 
premiere qualite, tabacs de la Colombie-Britanniqule ; une deuxieme, d un gout diffe 
rent, tabacs de Quebec et peut-etre plus tard, de certaines parties d Ontario. 

Si les modifications proposees, discutees, et finalement presentees a la Chambre 
tout recemment, doivent avoir pour consequence de placer ces tabacs, dont les me- 
rites sont discutes, dans des conditions meilleures en face de leurs concurrents etran 
gers, il nous faudra bien admettre que les autres neuf dixiemes de la production cana- 
dienne, dont il semble n avoir pas ete question, beneficieront de la mesure commune. 

Or les services que rendent les tabacs qui representent la fraction de beaucoup la 
plus importante, n o7it jamais ete contestes, et il est certain que nous devons faire 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 1 

ANNEXE No 2 

quelque chose pour les porteger, et mettre a la disposition de nos cultivateurs un 
marche plus vaste, plus regulier et plus sur. Pourrait-on les sacrifier devant la frac 
tion presque insignifiante des producteurs de la feuille canadienne a cigares, par ce 
que les avis des industriels, sur la qualite de cette derniere, sont partages? 

On peut encore faire de nombreux reproches a notre tabac indigene, et ses parti 
sans les plus convaincus reconnaissent qu il reste beaucoup de progres a realiser. 
Mais, de meme que la fonction cree 1 organe, ou plutot le developpe, une plus large 
place sur notre marche interieur sera le meilleur stimulant pour une culture qui, 
apres bien des hesitations et des deboires, a donne pendant ces dernieres annees la 
mesure de ce dont elle est capable. 

Permettre a 1 industrie du tabac canadien de s etablir au pays sous toutes ses 
formes: salle de maturation et manufactures, c est donner 1 essor a une culture 
rationnelle et progressive, sure de ses debouches et capable de travailler dans un but 
determine : celui de f ournir des produits convenabfcs a une Industrie bien etablie. 
Fermer ou limiter 1 acees des~ tabacs indigenes dans les manufactures du pays, c est 
ruaintenir 1 etat de malaise qui, pendant les deux dernieres annees, a pese sur les 
cultivateurs places en face d un marche capricieux et peu sur, insuffisamment remu- 
nerateur et, dans quelques cas, a conduit a une congestion qui, nous 1 esperons, ne 
sera que momentanee. 

Nous avons dit, au debut de ce rapport, que 1 on travaille activement a. 1 ame- 
lioration de nos tabacs, et que nous sommes actuellement en bonne voie. 

Ce qui manquait surtout a nos produits etait la preparation speciale qui doit se 
faire en vue du triage et de la fermentation. Or, en 1907, d importants essais indus 
triels ont ete faits dans ctette direction. Nous pouvons dire que jusqu ici ils ont 
donne d excellents resultats et pleinement justifie les esperances que 1 on avait fondees 
sur certains de nos tabacs indigenes . 

Comme consequence de ces essais nous esperons voir s etablir bientot au Canada 
une industrie nouvelle let importante, celle des salles de maturation. Elle nous per- 
mettra de mettre nos tabacs en meilleur etat d utilisation, regularisera les conditions 
du marche et rendra plus avantageuse la situation du cultivateur. 

Le ministere de 1 Agriculture aura, de son cote, a developper la production de 
tabacs convenant exactement aux besoins de cette industrie. C est devant 1 impor- 
tance de cette tache, deja entreprise, que M. le ministre de 1 Agriculture a decide 
d augmenter le personnel du service des Tabacs, afin que ce dernier soit en mesure 
d agir avec toute 1 efficacite necessaire, sur les centres de culture un peu disperses de 
1 immense Dominion. 

J ai pense, messieurs, ne pouvoir mieux terminer qu en mettant sous vos yeux 
quelques echantillons de nos tabacs indigenes. Vous pourrez ainsi juger de la qualite 
des produits que fournit, a 1 heure actuelle, le Canada, si les experiences que nous 
fondons sur eux sont justifiees, si Fon peut negliger une pareille source de richessea, 
et si, vraiment, cette jeune branche de notre agriculture nationale ne merite pas les 
plus vifs encouragements. 

Par M. Armstrong: 

Q. Ai-je bien compris que 1 on peut obtenir, dans 1 ouest de 1 Ontario, un tabac 
de qualite egale a celui du Wisconsin? 

K. J ai dit dans 1 Est du Canada, dans la province de Quebec. 

Q. II seraif bon d indiquer d une maniere precise la valeur de ce tabac et 1 im- 
portance de sa culture au Canada, en admettant qu un tel tabac y soit produit? 

E. La variete de tabac dont nous parlons est le Comstock Spanish. C e-st celle 
qui donne les meilleurs resultats au Wisconsin, et elle a tres bien reussi au Canada. 

Q. Une personne presente m informe qu un demi-million de livres de ce tabac 
sont cultives dans Essex. Quels resultats a-t-il donnes dans les autres provinces 

R. C est une erreur, il n y a pas eu de Comstock Spanish cultive dans le comte 
d Essex, si ce n est sur de petites parcelles. 



8 M. FELIX CHARLAN 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. M. Wigle 1 a cultive dans Essex? 

E. Le tabac auquel il est fait allusion etait de la variete Havana seed leaf. La 
culture du Comstock Spanish n a ete essayee dans Essex que 1 annee derniere. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Qu appelez-vous un bon rendement par acre? 

E. De 1,200 a 1,400 livres environ. 

Q. Vous dites que les rendements ne sont pas assez eleves pour etre avantageux. 
XJue consideriez-vous comme un rendement satisf aisant ? 

E. Environ 1,400 livres. Nous avons obtenu 1 an dernier, a la ferme experimen- 
tale, sur une terre legere, bien fumee, des rendements de 1,400 a 1,800 livres par 
acre, selon les distances auxquelles la plantation a ete faite. 

Par M. Parmelee: 

Q. D ou proviennent les graines employees ? 

E. Nous n en savons rien. Elles sont achetees chez des commergants etablis dans 
les grandes villes, comme Montreal et Toronto. 

Q. La loi du controle de graines ne vous met-elle pas en mesure d empecher la 
vente de graines impures? 

E. La loi du controle de graines ne peut controler la production des graines dans 
les pays etrangers, surtout quand il s agit de la graine de tabac, qui est tres petite et 
tres difficile a reconnaitre. J ai visite quelques-unes des plantations des Etats-Unis 
ou la graine de tabac est produite, et j en ai conclu que nos cultivateurs devraient 
produire eux-memes leurs graines. En agissant ainsi, (a la condition de selection- 
ner les meilleures plantes), nous arriverons rapidem ent a ameliorer nos varietes de 
tabac. 

J ai apporte des echantillons de tabacs cultives dans les differentes parties du 
Canada, et je serai tres heureux de les soumettre a 1 inspection du comite. 

Par M. Clarke: 

Q. Vous avez dit que 1 on cultive au Canada 10,000,000 de livres de tabac. 

R. C est 1 estimation la plus exacte que nous puissions faire. 

Q. Quelle est sur ce chiffre la proportion fournie par la province de Quebec? 

E. Quebec en fournit environ la moitie, 1 Ontario 1 autre moitie. Nous ne pou- 
vons evaluer exactement la production de Quebec, parce que nombre de cultivateurs 
vendent, en feuilles non fermentees, une certaine quantite de tabac qui echappe a tout 
controle. 

Q. Quelle est la fraction de ces 10,000,000 de livres qui entre en manufacture? 

E. Les tabacs cultives dans Ontario entrent generalement en manufacture ou 
ils sont transformes surtout en tabacs a chiquer et en palettes ; la moitie environ de la 
production de Quebec doit etre egalement manufacturee. Je suppose qu environ les 
trois quarts de la production totale du Canada sont manufactures sous diverses 
formes. 

Q. Et le reste est vendu sous la forme brute? 

E. Oui, le reste est vendu sous la forme brute. 

* 

Par M. Armstrong: 

Q. Et ou est cultive ce tabac? 

E. Dans Quebec surtout, mais quelquefois aussi dans Ontario. 

Q. N y a-t-il pas de tabac brut en feuilles exporte du Canada, est-il tout manu 
facture dans le pays ? 

E. La quantite de tabacs en feuilles exportes est tres faible. Quelques exporta- 
tions ont ete faites, mais seulement sur des quantites sans importance. 



INDUSTRIE DV TAB AC AU CANADA 9 

ANNEXE No 2 

Par M. Clarke: 

Q. Vous dites, dans votre rapport, que Ie Comstock Spanish cultive dans Quebec 
est superieur a celui cultive au Wisconsin ? 

R. J ai visite le Wisconsin, 1 annee derniere, et je n y ai jamais vu un tabac 
semblable a celui-ci : (naontrant un echantillon de tabac cultive dans Quebec) . Ce 
tabac est plus fin que celui du Wisconsin. 

Q. Get echantillon provient-il du comte de Joliette? 

R. II a ete obtenu dans le comte de Rouville (Quebec). Nous pouvons cependant 
obtenir le meme produit dans les comtes de Montcalm et de Joliette. 

Q. Pourriez-vous dire si le produit d Ontario-Ouest est comparable a celui-ci? 

R. Nous n avons pas reussi a cultiver la meme qualite de tabac dans Ontario- 
Guest. Le produit que cette variete y donne est generalement plus epais. 

Q. Tabac de la meme variete? 

R. Oui, de la meme variete. I/an dernier, nous a/vons essaye le Oomstock 
Spanish dans le comte d Essex, mais il a donne un produit inferieur a celui-ci. 

Q. A quelle cause attribuez-vous ce resultat ? 

R. A la nature du sol. 

Par M. Armstrong: 

Q. Avez-vous dit que le tabac cultive dans Quebec est de beaucoup superieur a 
celui cultive dans Ontario-Quest? 

R. En parlant du Havana seed leaf, non du Burley. Les Burleys cultives dans 
Ontario ne peuvent etre obtenus pratiquement dans Quebec. J ai dit que les Havana 
seed leaf de Quebec sont meilleurs et plus beaux que les tabacs de la meme variete 
obtenus dans Ontario. 

Q; Je desirerais connaitre quels efforts ont ete faits pour amener les cultivateurs 
d Ontario-Ouest a cultiver des tabacs de meilleure qualite? 

R. Dix champs d experience, d une acre environ chacun, ont ete etablis 1 annee 
derniere, dans les comtes d Essex et de Kent. Quand le tabac fut sec et vendable, 
nous ne trouvames pas d acquereur. 

Q. Vous avez done etabli des champs d experience dans Ontario-Quest ? 

R. Oui. 

Q. Et essaye d amener les cultivateurs a cultiver des tabacs de meilleure qualite? 

R. C est-a-dire que nous avons essaye d autres varietes afin de voir ce qu elles 
pourraieiit donner dans cette partie du Canada. 

Q. Get essai n a pas reussi? 

R. Les resultats ne furent pas definitifs. Nous devons continuer ces experiences. 

Q. Pourquoi ces essais ne furent-ils pas plus concluants? 

R. L annee derniere ne fut pas favorable a la culture du tabac, les conditions 
atmospheriques furent tres mauvaises; dans de pareilles conditions il est impossible 
de reussir des experiences. 

Q. D apres votre rapport, j ai compris que la quantite du tabac cultive au Canada 
prete a de severes critiques? 

R. La qualite de certains de ces tabacs. 

Q. J ai compris que vous dites que la qualite prete a de serieuses critiques? 

R. J ai dit que, quelles que soient les critiques que 1 on peut faire a certaines 
varietes de tabac actuellement cultivees au Canada, nous ne pouvons pas, dans les 
conditions actuelles, essayer de les remplacer avant de connaitre les besoins exacts de 
notre Industrie. 

Q. J aimerais a savoir s il existe un grand nombre de ces varietes non avanta- 
geuses ? 

R. II existe un grand nombre de varietes non definies, qui ne devraient pas etre 
cultivees au Canada, paroe qii elles donnent des produits qui n ont pas d emploi deter 
mine et assure. 



10 M. FELIX CHARLAN 

8 EDOUARO VII, A. 1908 

Par M. Clarke: 

Q. Ou sont cultivees ces varietes et en quelle quantite? 

R. C est surtout dans Quebec que ces mauvais tabacs sont produits, mais je dois 
dire aussi que c est dans Quebec que se cultive, au Canada, le meilleur tabac a cigare. 

Par M. Clements: 

Q. Pouvez-vous dire, en toute conscience, en tenant compte des conditions clima- 
teriques, qu il se cultive dans Quebec un meilleur tabac que dans Ontajrio et la 
Colombie-Britannique ? Nous croyons pouvoir cultiver dans Ontario un tabac meil 
leur que partout ailleurs. Des 15,000,000 de livres de tabac que nous importons des 
Etats-Unis combien peuvent etre produites avec avantage par nos fermiers canadiens? 

R. Je crois qu un manufacturier repondrait mieux a cette question que je ne 
puis faire moi-meme. Mais nous pouvons obtenir dans Quebec des robes de meme 
qualite que celles cultivees au Wisconsin ; nous pouvons parfaitement utiliser au 
Canada les Burleys d Ontario ; nous pouvons aussi employer comme interieurs les 
tabacs de la Colombie-Britannique. 

Voici quelques cigares canadiens dont la tripe est en tabacs de la Colombie- 
Britannique. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. D apres ce que je comprends, voici un cigare fabrique avec du tabac de 
Kelowna (C.-B.). Le tabac a ete specialement choisi par M. Charlan, qui en a sur- 
veille la dessication et s est assure que les cigares etaient fabriques dans de bonnes 
conditions. En qualite de fumeur de cigares, (de nombreuses amiees d experience), 
je dois dire que le cigare de Kelowna est aussi bien fait, d aussi bonne qualite et 
d arome aussi agreable que le meilleur cigare de la Havane, peut-etre ne devrais-je 
pas dire le meilleur, mais quiconque examinera ce cigare conviendra qu il est aussi 
bien fait et d aiissi bonne qualite qu un cigare de la Havane. Et cependant ce cigare, 
(montrant un cigare), est, d apres ce que je comprends, fait de tabac canadien? 

M. CLARKE. Completement ? 

M. Ross. Est-il fait enfierement en tabac canadien? 

M. CHARLAN. La tripe et la sous-cape sont en tabac canadien, la robe seule est 
etrangere; c est du Sumatra. 

Q. Puisque nous avons obtenu une fois ce resultat, pourquoi ne pourrions-nous 
pas 1 obtenir toujours? Les fabricants de cigares nous disent, tout au mo ins quel- 
ques-uns d entre eux, qu ils ne peuvent employer le tabac canadien; voici cependant 
un bon cigare fait en tabac canadien et, j en appelle a tout fumeur, ce cigare n est-il 
pas satisfaisant a tous les points de vue? Comment done avez-vous obtenu de si bons 
resultats ? 

R. En sechant le tabac convenablement et, surtout, en lui faisant subir la fermen 
tation necessaire. Tout ce qui manque au Canada, ce sont de bons entrepots de fer 
mentation. 

Q. Voulez-vous nous dire ou vous avez pris ce tabac, a quelle variete il appar- 
tient, dans quelles conditions il a ete cultive, ce que vous avez fait pour vous assurer 
qu il etait convenablement traite et, ensuite, ce qui entre dans la composition du 
cigare ? 

R. Le tabac a ete cultive a Kelowna (C.-B.). 

Q. Vous parlez de la tripe ? 

R. Oui, pour le moment. La sous-cape doit etre un Comstock Spanish cultive 
dans Quebec, et la robe une feuille de Sumatra. La tripe a ete obtenue dans la 
Colombie-Britannique, il y a 4 ou 5 ans, par M. Holman; le tabac fut fermente par 
lui, dans les meilleures conditions possibles et confie a un bon fabricant de cigares de 
Montreal. Le resultat est ce que vous fumez en ce moment. Le tabac est obtenu de 
grains de Cuba. La graine est importee par le planteur canadien et cultivee d abord 
dans le seul but de produire des graines pour les annees suivantes. La premiere 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 11 

ANNEXE No 2 

recolte donne une feuille tres petite et le rendement en poids et en argent seraient 
trop faible ; il vaut mieux planter seulement pour la production de la graine. Pour 
la culture proprement dite on utilise les graines des deuxieme et troisieme annees, 
qui donnent une feuille plus grande. Apres la premiere aniiee le planteur cultive 
done sur graines canadiennes, mais la graine doit etre renouvelee tous les trois ou 
quatre ans, car, a mesure que la feuille se developpe I arome diminue. 

Q. Dites-vous que la tripe du cigare que voici est obtenue de graine de Cuba ? 

R. Elle a ete obtenue de graine produite 1 annee precedente sur de la graine de 
Cuba. 

Q. La graine originelle provenait-elle de Cuba? 

E. Oui, de Cuba, directement. 

Q. Et la tripe a ete cultivee a Kelowna ? 

K. Parfaitement. 

Q. Vous avez envoye cette tripe a Montreal ? 

K. Oui. 

Q. D apres ce qne je comprends. la partie principale du cigare est la tripe. Et 
maintenant par qui le cigare a-t-il ete fabrique? 

R. II a ete fabrique par M. Cusson. 

Q. A Montreal? 

E. A Montreal meme. 

Q. II a employe une tripe canadienne, une sous-cape canadienne et une robe en 
Sumatra ? 

E. Exactement. 

Q. Et le resultat est que vous avez obtenu un cigare de qualite suffisante pour 
satisfaire le fumeur le plus exigeant. 

R. Oui, j estime que ce cigare vaut n importe quel cigare de 10 cents. 

Par M. Clarice : 

Q. La manufacture de M. Cusson est-elle une manufacture de tabac etranger? 

R. Oui, c est une manufacture de tabac etranger. 

Q. Je demande cela parce que je vois sur la boite une estampille noire ? 

E. La manufacture de M. Cusson est une manufacture de tabac etranger. La 
fabrication de ces cigares a ete confiee a M. Cusson parce que ce dernier a fait une 
etude pratique speciale du tabac canadien a cigares. A notre demande speciale il a 
bien voulu se charger de la fabrication de ces cigares, et le timbre appose sur les 
boites, pas plus d ailleurs que les etiquettes, n a aucune signification. Nous aurions 
pu, tout aussi bien, employer un timbre vert ou un timbre rouge. 

Voici d autres cigares (montrant ces derniers) dant la tripe est en Comstock 
Spanish cultive dans le comte de Montcalm. La tripe et les sous-capes proviiennent 
du comte de Montcalm; le seul tabac etranger qui entre dans la composition de ces 
cigares est la robe en Sumatra. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Vous dites que la boite n a aucune signification? 

E. Aucune. Elle sert seulement a contenir les cigares. 

Q. Elle n a done pas pour but d annoncer une marque de cigares? 

K. Pas le moins du monde. 

Par M. Clarice: 

Q. Quelle sorte de tabac avez-vous employe dans ces derniers cigares? 

E. Le Comstock Spanish. Ainsi que je 1 ai dit, il y a quelques instants, nous 
pouvons employer les Comstock Spanish, cultives au Canada, comnie interieurs et 
comme sous-capes. 



12 M. FELIX CHARLAN- 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Pannelee: 

Q. Ce tabac a-til un bon arome comme int!-rieur ? 

R. Oui. 

Q. Quelques sous-capes n ont pas d arome ? 

R. Oui, mais le Comstock possede un arome qui permet de 1 employer comme 
tripe et comme sous-cape. On recherche pour les sous-capes des tabacs neutres ou de 
bon gout; le Comstock entre, d apres certains fabricants, dans la derniere categorie. 

Par M. Clarke: 

(Montrant un cigare de la Colombie-Britannique.) 

Q. Avez-vous fume vous-meme ce cigare? 

R. Oui. 

Q. N a-t-il pas un gout quelque peu amer? 

R. Oui, mais nous constatons parfois la meme amertume dans les cigares de la 
Havane. 

Q. Vous avez ici quelques Comstock Spanish cultiyes dans Quebec. Je desire- 
rais que vous les compariez aux tabacs de la meme variete provenant des comtes 
d Essex et de Kent et que vous etablissiez la difference qu il y a entre eux ? 

R. Tres bien. (Un echantillon de Somstock Spanish, cultive dans le comte 
d Essex par M. Darius Wigle, est depose devant le temoin.) 

Q. M. Darius Wigle a montre du Comstock-Spanish cultive dans le comte 
d Essex. Voulez-vous, s il vous plait, 1 examiner et nous dire en quoi il differe de 
1 echantillon que vous avez vous-meme produit? 

R. (Apres examen de 1 echantillon.) Tout ce que je puis vous dire c est que la 
feuille est plus grande; le tissu n est pas meilleur que celui du tabac de Quebec.- 

Q. Est-il aussi bon? Quelle difference y a-t-il sous ce rapport? 

R. Je le crois moins gommeux. L inconvenient est que 03 tabac n est pas fer 
mente, et nous ne pouvons juger de sa qualite dans 1 etat actuel. L echantillon de 
Quebec est fermente et pret a entrer dans la fabrication des cigares, 1 autre est vert, 
et nous ne pouvons juger en ce moment que de sa texture. 

Q. Le premier echantillon que vous avez produit ce matin n avait pas ete 
fermente? 

R. Non, il est vert. 

Q. Que pourrlez-vous dire sur ce Comstock Spanish du comte d Essex ? 

R. Je repondrais qu il pourrait faire un bou tabac. 

Par M. Clements: 

Q. D apres une reponse que vous avez faite ce matin, je comprends que, autant 
que vous avez pu juger depuis que vous etes attache au ministere de 1 Agriculture, 
nous pouvons produire a uCanada, dans Ontario, Quebec ou la Colombie-Britannique, 
assez de tabac et d une qualite suffisante pour faire un bon cigare, qui convienne au 
public ordinaire du pays. 

R. Oui. 

M. CLARKE. Ou pour le public de n importe quel pays. 

Par M. Clements: 

Q. II n y a pas de doute a cela? 

R. Certainement non. 

Q. D apres votre temoignage je comprends qu un des plus grands embarras de 
1 industrie du tabac canadien est que nous ne possedons pas au Canada des etablisse- 
ments d emballage convenables? 

R. Oui, c est la toute la question. 

Q. Done vous recommanderiez fortement 1 etablissement au Canada d entrepots 
pour la fermentation convenable -du tabac? Naturellement, il nous faut pour cela 
obtenir quelque encouragement de la part du gouvernement ou de toute autre maniere ? 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 13 

ANNEXE No 2 

E. Je le pense. 

Q. Vous considerez qu a 1 heure actuelle c est le plus important besoin de nos 
cultivateurs ? 

E. Exactement. 

M. Eoss (Yale-Caribou). Je proposerais que la fin de la deposition de M. 
Charlan soit renvoyee a une autre seance ou nous pourrions le questionner plus lon- 
guement. II a appris 1 anglais tres rapidement, je dois le reconnaitre, m.ais il ne le 
parle pas encore tres facilement. Je pense done qu il devrait etre appele a une autre. 
seance du comite, afin que nous puissions obtenir de lui, pour les repandre dans le 
pays, quelques renseignemets sur les points faibles actuels de notre Industrie du tabac, 
(car vous admettrez tous qu il a des points faibles ainsi que des difficultes a sur- 
monter), afin que ces renseignements soient imprimes, et que les planteurs de tabac 
canadiens puissent en beneficier. 

M. ARMSTRONG. Je ne sais si 1 honorable depute de la Colombie-Britanuique est 
informe qu il y a parmi nous certaines personnes d Ontario venues pour nous donner 
leur opinion sur les mesures necessaires au developpement de I industrie du tabac. 
Elles se sont deplacees a grands frais, et je pense que nous devrions les entendre tout 
de suite. 

M. Eoss (Yale-Caribou). Entendons-les aujourd hui, je suis tout a fait de cet 
avis. 

Le PRESIDENT. Je pense que nous devrions prolonger la seance jusqu a 1 heure. 

M. CLEMENTS. Je suis parfaitement d accord avec M. Eoss, car la deposition de 
M. Charlan prendrait trop de temps en ce moment, et nous pouvons facilement 
1 appeler de nouveau. Je proposerais done que M. Darius Wigle soit immediatement 
admis a temoigner. 



Ayant lu la presente reproduction de mon temoignage, je la reconnais exacte. 

F. CHARLAN, 

Chef du service des Tabacs. 

Minister de 1 Agriculture. 



M. DARIUS WIGLE, Kingsville, Ontario. Je n ai pas prepare de discours ; j igno- 
rais que cela fut necessaire, supposant qu il me suffirait de repondre a des questions. 

Le PRESIDENT. Nous ne vous demaiidons pas un discours; faites vos observa 
tions aussi brievement que possible. Sans doute, les membres du comite vous ques- 
tionneront ensuite. 

* 

M. CLEMENTS. Peut-etre serait-il preferable que je pose quelques questions a M. 
Wigle. 

Q. Je comprends que vous etes un grand producteur de tabac et que vous possedez 
une grande ferme affectee a cette culture, dans le comte d Essex? 

E. Oui. 

Q. Combien d acres cultivez-vous ? 

E. Jusqu a 1 annee derniere, j ai cultive sur ma ferme 60 a 80 acres annuellement 

Q. Depuis combien d annees vous livrez-vous a la culture du tabac, M. Wigle? 

E. Onze ou douze ans ; je crois. 

Q. Et quelle quantite approximatitve recoltez-vous annuellement? 

E. Dans le comte? 



14 M. DARIUS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Non, vous-meme. 

R. J ai une moyenne d environ 70 acres en culture, dont le rendement est des- 
cendu entre 1,400 et 1,700 livres par acre. J ai recolte, autrefois, plus d une tonne a. 
1 acre, mais la recolte moyenne, je le repete, est d environ 1,400 a 1,700 livres par acre. 
Cela depend de la variete de tabac. 

Q. Quelles varietes produisez-vous ? 

R. J ai cultive plusieurs varietes, y compris le Burley et le Connecticut Seed. 
Ce sont des tabacs d une grande espece; ce sont ceux-la dont le rendement atteignit 
une tonne a 1 acre. J ai cultive le Comstock-Spanish, dont M. Charlan vient de par- 
ler, et voici un echantillon de cette variete, recolte dans mon voisinage (il remet 
I echantillon). Ce tabac est estime rapporter environ 1,000 livres a 1 acre, c est-a-dire 
une demi-tonne. 

Q. Est-ce la un echantillon du tabac dont M. Charlan dit qu il n est aucunement 
cultive ? 

R. Oui. 

Par M. Ross (Yale-Caribou): 
Q. Pas cultive en quantite suffisante? 
R. Pas suffisamment cultive. 

Q. Le rendement a 1 acre est trop minime pour que cette culture soit remune- 
ratrice ? 

R. Non; cela depend du prix. 

Far M. Clements: 

Q. Voulez-vous me donner votre opinion sur la quantite de cette variete cultivee 
dans les comtes d Essex et de Kent? 

R. Je ne puis le dire exactement, mais probablement 25,000 livres. 

Q. 25,000 livres? 

R. C est a peu pres ce qui a ete recolte dans Essex 1 annee derniere. 

Q. Si vous envisagez la condition des affaires des fermiers et des manufacturiers, 
quelle variete consideriez-vous comme la plus avantageuse? 

R. Quoique le Burley obtienne un bon prix a 8 centins, il est plus avantageux 
de cultiver les petits tabacs. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. C est du tabac a chiquer? 

R. C est du tabac a chiquer. Quant aux tabacs a cigares, j ai paye car je fais 
aussi 1 empaquetage neuf centins pour cette recolte. Ceci n est pas le meilleur choix ; 
il est destine a servir de sous-cape. La qualite inferieure de ce tabac est tmployee au 
remplissage, sous le nom de tripe. 

Par M. Clements: 

Q. D apres votre experience comme producteur de tabac, croyez-vous que tous 
les sols de votre district, dans 1 Ouest d Ontario, conviennent a la culture du tabac? 

R. Je le crois, et je suis bien renseigne. 

Q. Quelle quantite de tabac produit une acre dans ce district ? 

R. La recolte du tabac a chiquer est d environ 1,500 livres. 

Q. Et le tabac a fumer? 

R. Le tabac a fumer donne un rendement de 1,000 livres, en moyenne. 

Q. Que coute, en moyenne, la culture du tabac? 

R. Le cout de la culture des tabacs les moing chers, au prix actuel des salaires, 
est d environ 5 centins, et celui des tabacs a cigare, je 1 estimerai a 6 centins par livre. 

Q. Suivant vous, avez-vous toujours eu un marche, ou au moins un marche rai- 
sonriable a des prix raisonnables pour votre recolte de tabac, suffisant pour vous 
assurer un profit? 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 15 

ANNEXE No 2 

B. Non, nous ne 1 avons pas. Jusqu a 1 annee derniere, nous avons regu un prix 
remunerateur pour le tabac a chiquer, a 1 exception d une ou deux annees, qui avaient 
donne une surproduction. 

Q. Voulez-vous expliquer au contrite pourquoi vous n avez pas eu d encouragement 
et quel serait le remede a cette condition des affaires ? 

E. II me faut remonter a 1902. 

Q. Donnez-nous brievement les details. 

E. II y avait une grande quantite disons un million de livres, quoique quelques 
personnes 1 aient evaluee plus haut un million de livres, plus ou moins, de feuilles de 
cigare produites pour un nomme Ward. En outre, il en existait une quantite con 
siderable recoltee en dehors de cela. II y avait aussi, probablement, un million 
et demi de livres de tabac a fumer et de tabac a cigare. J achetai un entrepot ou 
j accumulai plus d un million de livres de ce tabac pour le commerce de cigares de 
notre pays, mais je constatai que, bien qu il n y eut pas de licence canadienne im- 
posee dans Ontario, j eprouvais une grande difficulte a vendre ces tabacs prepares. 
J ai vendu un grand nombre de caisses de ce tabac, qui m ont ete renvoyees parce 
que les fonctionnaires de 1 accise ne permettaient pas qu elles entrassent dans les 
manufactures. 

Par M. Boss (Yale-Caribou) : 

Q. Pourquoi? 

E. Elles n etaient pas pourvues d une licence canadienne, et pour cette raison, 
mon commerce etait entrave. . . . 

Q. Excusez-moi de vous interrompre. Vous dites que nos fonctionnaires de 
1 accise ne permettaient pas a ce tabac d entrer dans les manufactures ? 

E. Oui, dans les manufactures de feuilles de tabac etranger. 

M. PARMELEE. II y a trois licences. 

Par M. Clarice: 

Q. Us ne leur permettaient pas d entrer sans payer des droits d accise supple- 
mentaires ? 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. La difficulte ne reposait-elle pas sur le quantum des droits a payer? 
E. Je ne crois pas. Le fonctionnaire ignorait qu il etait permis de manufacturer 
ce tabac. 

Par M. Clarice: 

Q. C etait, sans doute, une chose nouvelle? 

E. Oui. 

M. PARMELEE. Us auraient pu 1 obliger a prendre une licence ou a payer les 
droits sur la feuille etrangere. S il avait consenti a payer les droits sur la feuille 
etrangere, la question se trouvait reglee. 

Par M. Clarice: 

Q. Je suppose- que le fonctionnaire ignorait cela; c etait la premiere fois que 
cette question se presentait? 

E. J ai voyage avec ces echantillons dans toutes les provinces d Ontario et de 
Quebec. Bien que j eusse vendu environ 200,000 livres de cette marchandise, ces dif- 
ficultes me decouragerent, et je vendis le surplus de ce tabac a cigare a The Empire 
Tobacco Company. 

Par M. Boss (Yale-Caribou) : 

Q. Nous avons regu ici, il y a peu de temps, une delegation de manufaturiers de 
cigares, et 1 un d eux, 1 expert de la maison Tuckett, de London, fit cette declaration : 
Ce tabac, d un caractere special, ne peut etre cultive que dans certains districts ; 



16 M. /MA /T.v WHILE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

ainsi, nos meilleurs robes de cigares (feuilles exterieures) viennent de Sumatra, notre 
tabac a cigarettes, d ailleurs ; notre tabac d interieurs des cigares (ou tripe) vient 
du Wisconsin, et bien qu Essex protduise du tabac, on ne peut y trou,ver aucun 
tabac pouvant etre employe soit oomme robe, soit meme comme tripe. En d autres 
termes, au lieu de faire une specialite de la culture d un certain tabac, ils essaient de 
produire toutes les varietes. Qu avez-vous a repondre a cet argument des manufac- 
turiers de cigares ? 

R. Je ne connais pas une seule variete qui n ait pas donne de bons resultats dans 
notre comte. 

Q. Voila ce dont ils se plaignent des producteurs du comte d Essex. 

K. C est moi qui ai produit cet echantillon de tabac Comstock- Spanish, qui a 
ete exhibe a votre commission. Je suis familier avec les precedes et methodes em 
ployes dans le Wisconsin, pour la culture du meme tabac, tout la consommation est 
considerable chez les manufacturers canadiens, et je defie les Etats-Unis ou L Etat 
de Wisconsin de produire un article egal a cet echantillon de provenance canadienne. 

Par M. Clarke : 

Q. Avez-vous voyage dans le Wisconsin? 

R. Non, mais j ai eu dans les mains de nombreux echantillons de sa production. 
Q. Est-il exact, comme ces gens le disent, qu au Wisconsin on fait une specialite 
de ce tabac pour la premiere enveloppe du cigare ? 
R. C est exact. 

Q. Ils ne cultivent pas le Burley? 
R. Non. 

Par M. Boss (Yale-Caribou) : 

Q. Permettez-moi de developper cet argument. A dmettons que vous puissiez 
produire dans le comte d Essex d aussi bonnes sous-capes que dans le Wisconsin ? 

Q. En concluez-vous que vous pouvez produire, dans Essex, du tabac a fumer 
aussi bon qu on puisse en produire ailleurs? Ne pensez-vous pas que votre sol soit, 
plus particulierement apte a produire une certaine classe de tabac? 

M. CLARKE. Nous avons toutes especes de sols dans le comte d Essex. 

Q. Mon experience m a demontre ceci : les precedes de manipulation et de pre 
paration du tabac influent plus sur la qualite que les conditions de sol ou de climat. 

Par M. Clarke: 

Q. N est-il pas vrai que 1 on trouve une grande variete de sols, que dans certaines 
parties le sol est beaucoup meilleur que dans d autres, 1 ile Pelee, par exemple? 
R. Oui. 

Par M. Clements: 

Q. Vous corroborez ce que dit M. Charlan, qu il est indubitable que vous pouvez 
produire des tabacs de toutes especes dans ce pays, a 1 exception des meilleurs tabacs 
a cigare, n est-il pas vrai? 

R. II n y a pas de raison qui puisse nous empecher de produire toutes les feuilles, 
si ce n est quelques-unes des plus belles robes de cigares. 

Q. Vous produisez maintenant 10,000,000 de livres. Combien de millions de 
livres pourriez-vous produire, si vous en aviez le placement? 

M. CLARKE. II n y a pas de limite. 

Q. Si c etait necessaire, vous pouvez produire, dans votre district, 25 ou 30, ou 
40 millions de livres ? 

R. Oui, monsieur, et nous le ferions, si les fermiers etaient proteges ou encou 
rages, et j ai la certitude qu ils obtiendraient un prix raisonnable pour leur tabac. 

Q. Partagez-vous 1 opinion de M. Charlan, que Ton devrait encourager la crea 
tion d etablissements de manipulation et de trituratioh ? 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 17 

ANNEXE No 2 

E. Oui, monsieur; leur absence est la principale raison qui fait rejeter par les 
manufacturiers canadiem une quantite considerable de tabac indigene. 

Q. Quel effet produit sur le sol la culture du tabac? 

E. J ai cultive, je crois, dix recoltes consecutives sur le meme terrain. Voici un 
echantillon de Gibhart (il remet 1 echantillon) qui est le produit de la onzieme recolte 
consecutive. J ai cultive cela moi-meme. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 
Q. A quoi ce tabac est-il bon? 

E. Principalement pour la pipe, s il etait convenablement prepare, mais il ne 
1 est pas. 

Par M. Clements: 

Q. Voulez-vous dire au comite, aussi brievement quie possible, quelle serait, 
a votre avis, la meilleure methode de manipuler et Ide murir le tabac dans votre 
district? 

E. Dans I ouest? Tout d abord, pour le tabac en tablettes, soit a chiquer, soit a 
fumer, ceci a ete prepare specialement a cette fin (il exhibe un echantillon). C est 
du Burley, el il est de la recolte 1906. Je 1 ai considerablement humeete; il pourra, 
dans cent ans, etre encore bon et doux. La meilleure methode de sechage est de le 
mettre dans un four a un certain degre de chaleur. Cette operation supprime toute 
1 humidite du tabac et le rend propre a etre presse en tablettes. 

Q. Voulez-vous dire au comite si les fermiers ont souffert des pertes en cul- 
tivant et en faisant secher leur tabac; par exemple, n y a-t-il pas eu de negligence 
commise, faute cles connaissances necessaires ? 

E. En ce qui concerne le fermier ou producteur de tabac, je ne vois pas qu il soit 
oblige de preparer le tabac pour le manuf acturier. II est suppose n avoir simplement 
qu a couper ce tabac, a 1 exception du tabac destine a etre fume dans la pipe. Celui-la 
doit etre mis au sechage peu de temps apres qu il a ete coupe, que ce soit par le pro 
ducteur ou par quelque autre personne, pour le mettre dans la condition ou il doit 
etre pour etre fume dans la pipe. Le fermier ne peut que couper son tabac et le sus- 
pendre, laissant 1 air agir seul sur lui. C est tout ce qu il a a faire, quant aux varie- 
tes pour cigares ou pour le tabac a chiquer. Ensuite le manufacturer ou empaque- 
teur doit faire subir au tabac le traitement convenant a 1 emploi auquel il est destine. 

Q. Expliquez-vous vos precedes de preparation d apres votre experience comme 
empaqueteur, M. Wigle? 

E. Cette feuille (il exhibe un echantillon de Havana Seed) a ete specialement pre- 
paree pour servir comme sous-cape de cigares. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Vous parlez comme un expert, et je ne vous en blame pas, mais ne perdez pas 
de vue que les manufacturiers affirment en toutes circonstances qu ils ne peuvent trou- 
ver au Canada le tabac dont ils ont besom; qu il n est pas convenablement prepare, 
ou que la graine est mauvaise; ou toutes sortes de raisons de cette nature. Etes-vous 
absolument certain qu aucune amelioration ne peut etre faite dans vos methodes de 
maturation du tabac ? 

E. Je ne puis dire cela, mais quelles ameliorations sont suggerees a ma methode? 

Q. Quant a moi, je ne connais rien de cette Industrie. 

E. J etais tres desireux d apprendre quelque chose de M. Charlan, parce qu il en 
connait probablement beaucoup plus que moi sur ce sujet. 

Par M. Clements: 

Q. Pour quelle raison la qualite du tabac canadien n a-t-elle pas ete developpee 
et portee a son maximum? Est-ce simplement a cause du manque d etablissements 
de maturation ? 
E. Oui. 

22 



18 M. DARIUS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Clarke: 

Q. N est-ee pas plutot la faute des manufacturiers ? Votis pouvez souvent cons- 
tater qu un manufacturier f abrique de meilleurs cigares que les autres avec le xneme 
tabac? 

R. Cela arrive quelquefois. 

Q. Est-ce a cause de leurs meilleures methodes de dessication ? 

R. Oui, et aussi en raison d une preparation mieux appropriee. Chaque manu 
facturier de cigares a une methode differente pour preparer son tabac avant de 1 em- 
ployer, quoique le tabac soit le meme. 

Par M. Parmelee: 

Q. Parlez-vous de la feuille etrangere? 
R. De la feuille etrangere, mais il la traitera probablement a sa maniere. 

Par M. Clarke: 

Q. C est 1 affaire du manufacturer? 
R. Oui. 

Par M. Carrier: 

Q. Dans les Etats de Virginie et du Kentucky il existe une categorie de gens, 
dans 1 industrie du tabac, qui sont connus sous le nom de " remanieurs " ou " manipu- 
lateurs ". Ces gens vont chez les fermiers ? 

R. C est vrai. 

Q. Une mauvaise reputation a ete faite a notre tabac et, suivant le vieux diction : 
" Faites une mauvaise reputation a un chien et on le pendra." Pendant des annees, 
notre tabac indigene a eu une mauvaise reputation, et les fermiers ont traite directe- 
ment avec les consommateurs. Nous voulons essayer d arranger cela et amener les 
fermiers a placer leur tabac dans les mains de manipulateurs qui lui donneront la 
preparation et les soins necessaires. 

R, Oui. 

Q. La manipulation du tabac, inte]ligemmeiit pratiquee, necessite des entrepots 
vastes et, dans nos climats, bien chauffes. Tres peu d hommes dans notre province 
ont consenti a faire la depense de telles constructions. Lorsque cette Industrie 
aura ete, petit a petit, placee sur un meilleur pied, vous trouverez des homines qui 
seront prets a depenser des milliers de dollars pour hiettre en pratique ce systeme de 
manipulation. Nous demandons a nos manufacturiers de s adresser directement au 
manipulateur intermediaire et non plus au fermier? 

R. Oui. 

M. CARRIER. Nous voulons essayer de detruire la mauvaise reputation faite au 
tabac canadien, parce qu il n a jamais encore ete convenablement scene et soigne. 
Nous devons avoir a Quebec, le 17 juin prochain, une assemblee de I Association des 
Epiciers en gros du Dominion. Je suis le president de cette association, pour la 
province de Quebec, et j ai correspondu avec M. Beckett, de Hamilton, president de 
1 organisation pour le Dominion. J ai I intention de lire, a la prochaine assemblee 
de cette association, un memoire sur le tabac canadien en feuille, et je voudrais que 
tout le monde sache, dans notre pays, que ce tabac est victime d un prejuge. 

M. ARMSTRONG. A-t-on demande aux manufacturiers de creer ces entrepots? 

M. CARRIER. Us se sont eux-memes livres a ces operations de maturation. 
The American To bacco^Gompany a construit une grande manufacture a Granby pour 
ses propres be soins et s efforce de supprimer 1 intermediaire des manipulateurs et 
preparateurs, en achetant son tabac directement chez les fermiers et en le preparant 
elle-meme. 

M. PARMELEE. L operation est mieux faite. 

M. CARRIER. Elle doit etre mieux faite. 

M. PARMELEE. Elle est mieux faite. 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 19 

ANNEXE No 2 

Par M. Clements: 

Q. Quel remede suggeriez-vous aux conditions existaiites, pour favoriser nos 
producteurs de tabac? 

R. Pour doiiner satisfaction a mon ami, 1 hoiiorable depute de Levis, je puis dire 
que je me considere moi-meme comme un manipulateur de ce tabac. Nous 
emmagasiiions ce tabac dans notre entrepot, ou il est trie et assorti par dimen 
sions et par qualites, et ensuite mis en caisse et soumis a la sudation. Alors, il est 
pret pour les manufacturiers. Nous en retirons quatre mains de chaque caisse pour 
former des echantillons, garantissaiit que chaque feuille contenue dans la caisse est 
conforme a cet echantillon. 

Par M. Boss (Yale-Caribou) : 

Q. A qui le vendez-vous? 

R. Aux manufacturiers de cigares. 

Q. Quelles plaintes formulent-ils centre la qualite de ce tabac? 

R. Quelques-uns ne s en plaignent pas et le considerent comme un tabac de 
bonne qualite; d autres pretendent qu il est de qualite inferieure. 

Q. J insiste pour faire ressortir autant que possible ceci Je comprends parfaite- 
ment pourquoi les manufacturiers de cigares, dans le but de voir se perpetuer 1 etat 
de choses actuel, essaient de faire croire qu ils ne peuvent se procurer au Canada le 
tabac dont ils out besoiu ; ils ont une raison egoiste pour agir ainsi. Je crois que, 
dans 1 interet des producteurs de tabac, il serait utile qu un expert, de la competence 
de M. Wigle, detruisit cette affirmation aux yeux du public, en etablissant qu elle ne 
repose sur rien et que nous pouvons prpduire, au Canada, le tabac necessaire a notre 
consommation. Je sais que certains manufacturiers de Montreal et de Hamilton pre 
tendent qu ils ne peuvent trouver au Canada le tabac qui leur est necessaire, et je 
voudrais faire etablir, d une maniere formelle, 1 inexactitude de cette pretention. 

R. A ce propos, je dirai que, lors de mon premier voyage pour vendre mon tabac 
prepare, en 1902, je me rendis a London et me presentai a la succursale de la maison 
Tuckett,, sachant qu on y manufacturait des feuilles etrangeres. Je demandai au 
contremaitre de rouler un cigare avec mon tabac et de le fumer. II le fit et me repon- 
dit qu il est equivalent au meilleur tabac de Havane qu ils employaient pour leurs 
meilleurs cigares Margree. II me fit cette declaration devant un temoin, mais il 
ajouta : " II ne nous est pas permis de 1 employer." 

Q. Le tabac que vous avez soumis a la maison Tuckett etait-il un echantillon 
special, ou representait-il la moyenne de votre production ? 

R. La moyenne de mon tabac prepare. Je me suis fait un plaisir de lui vendre 
200,000 livres, egal a 1 ehantillon qui lui avait servi pour faire ce cigare; j etais a 
faire cette vente. 

Par M. Carrier: 

Q. Pensez-vous que si les droits sur les feuilles etrangeres etaient augmeiites, il 
se creerait un plus grand nombre d etablissements de manipulateurs de tabac? 

R. Si les droits etaient suffisamment augmentes, les empaqueteurs ou manipula 
teurs, comme vous les nommez, seraient ici, des demain matin, venaiit des Etats-Unis. 

Q. En quantite? 

R. Pour acheter des entrepots dans lesquels ils mettraient nos tabacs au sechage, 
de la meme maniere qu ils le font de 1 autre cote de la frontiere. 

Q. Vous savez probablement que des pays etrangers, tels que la France, la Bel- 
gique et 1 Italie, qui importent leurs tabacs de la Virginie et du Kentucky, sont re- 
presentes aux Etats-Unis par des manipulateurs. Ces gens preparent le tabac de 
maniere a lui donner le parfum et le gout preferes par les consommateurs des pays 
qu ils representent. 

R. Ils le font dans quelques cas. 

2 2J 



20 M. DARIUS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Ces manipulateurs donnent au tabac un parfum special, recherche par lea 
consommateurs de chaque pays. Par exemple, le tabac consomme en France est pre 
pare d une maniere particuliere, pour satisfaire le gout des Frangais. 

R. Si le temps a ma disposition n etait pas aussi restreint, je vous aurais lu une 
correspondance avec un homme du Wisconsin, traitant de la manufacture de ce tabac, 
s il y avait un droit suffisant. 

Par M. Boss (Yale-Caribou) : 

Q. En ce qui concerne les droits, vous dites qu ils devraient etre augmentes? 

E. Oui. 

Q. Cependant, si je comprends bien, ce n est pas une question d augmentation 
des droits? 

R. Pas tout a fait. 

Q. II s agirait plutot d un remaniement du tarif. Si les droits de douane et 
les droits .d accise etaient les uns augmentes et les autres reduits, cela n y remedierait- 
il pas? 

R. Oui, cela serait excellent, s ils sont suffisamment augmentes dans un cas et 
suffisamment reduits dans 1 autre. 

Q. Posons la question autrement : Ne croyez-vous pas, en tant que producteur et 
marchand de tabac, qu en considerant dans 1 ensemble les droits de douane et les 
droits d accise, vous avez une protection raisonnable pourMe tabac dans ce pays? 

K. Elle n est pas suffisante, surtout sur le tabac a cigare. 

Q. Le remede ne consiste-t-il pas plutot dans une modification du tarif que dans 
1 augmentation du droit? 

R. Vous admettrez que les 10 centins par livre sur le tabac a cigares ne fait 
qu une difference de $2 sur 1,000 cigares. Cette difference ne serait plus que de la 
moitie si le droit n etait plus que de $1 par 1,000. 

Q. Le droit de douane sur la feuille importee est de 10 centins par livre? 

R. Oui. 

Q. De combien est le droit d accise? 

R. $6 par mille. 

Q. Supposons que nous elevions le droit de douane a 28 centins par livre, par 
exemple ? 

R. Je n estircerais pas cette argumentation suffisante. 

Q. Vraiment? 

R. Je crois qu il faudrait aller jusqu a 35 centins. 

Q. C est-a-dire 35 centins sur la feuille? 

R. Oui. 

Q. Vous croyez que c est assez? 

R. Oui. 

Q. Je suis oblige de reconnaitre que vous etes le plus raisonnable protectionniste 
que j aie rencontre depuis un certain temps. 

R. En demandant 35 centins par livre? 

Q. Oui. 

R. Droits de douane sur la feuille non ecotee. 

Par M, Clements: 

Q. Prenons la recolte de cette annee. Au moyen de vos precedes et methodes de 
maturation et manipulation, seriez-vous en etat de preparer cette recolte pour le 
manufacturer en douze mois ? 

R. Oui, monsieur, en six mois. 

Q. N y aurait-il pas a vantage a employer plus de temps? 

R. Pas beaucoup, en raison du procede de dessication. 

Q. Vous assurez que vous pourriez preparer la recolte de cette annee et la mettre 
entre les mains des manufacturiers en quelques mois? 



INDUSTRIE DU TABAC AU CAXAD 21 

ANNEXE No 2 

R. Oui, monsieur, nous aurions termine au mois d aout prochain. 
Q. Depuis combien de temps avez-vous ressenti la necessite d un changement^ 
par exemple au point de vue du timbre et des droits d accise? 

E. Dapuis 1902, epoque a laquelle je me suis occupe de maturation. 

Par M. Ross (Yale-Caribou): 
Q. Depuis que la remise a ete accordee? 
R. Je ne sais pas quand cette remise a ete mise en vigueur. 

Par M. Clements: 

Q. Pendant 8 ou 10 ans, vous avez eu une grande demande pour le tabac produit 
par le comte d Essex? 

E. Oui. 

Q. Voulez-vous nous dire pourquoi la meme demande n existe plus, depuis les 
trois ou quatre dernieres annees? 

E. II y a maintenant surproduction de tabac, je veux dire de tabac a chiquer. 

Q. Si bien que vous ne trouvez plus a le vendre? 

E. Oui. 

Par M. Clarice: 

Q. Ce phenomene est-il restreiiit au tabac a chiquer? 
E. Oui. 

Q. Y a-t-il une demande suffisante pour le tabac a fumer ? 
E. Oui, je le crois. 

Par M. Clements: 

Q. Vous croyez que si les droits de douane etaient plus equitablement fixes, vous 
trouveriez des acheteurs au Canada pour tout le tabac que vous pourriez produire? 

E. Oui, monsieur. 

Q. Dans quelle mesure cela affecterait-il les manufacturiers de cigares? II faut 
aussi prendre cela en consideration. 

E. Cela ne ferait aucune difference, ou tres peu, pour les manufacturiers de 
cigares, d augmenter les droits de douane et de diminuer les droits d accise. 

Q. Alors, pourquoi protestent-ils avec tant de force centre la legislation proposee? 

R. II en resulterait, pour eux, 1 obligation de changer les marques et types qu ils 
ont deja etablis, s ils usent des feuilles canadiennes. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Je suppose qu ils se sont cree des relations commerciales pour 1 achat de leur 
tabac et qu ils seraient contraints de les changer? 
R. Oui. 

Par M. Clements: 

Q. Quel effet cela aurait-il sur le consommateur ? 
E. Aucun. 

Q. Vous pensez que cela n aurait pas d effet sur le consommateur? 
E. Je ne vois aucun effet appreciable. 

Par M. Ross (Yale-Caribou): 

Q. Que vaudraient les cigares faits avec du tabac canadien? 

R. J en ai deja mis sur le marche; les personnes que les fument les trouvent tres 
satisfaisants. 

Q. Avez-vous essaye un des cigares produits aujourd hui? 

R. Je n ai pas eu le temps de le fumer completement, mais j ai deja fume un 
bon nombre de cigares faits avec du tabac canadien. 

La commission s ajourne. 



22 M. DARIUS 

8 EDOUARD VII, A. 1908 



CHAMBRE DES COMMUNES, 

SALLE DE COMITE N 30, 

JEUDI, 26 mars 1908. 

Le Comite special permanent d Agriculture et de Colonisation s est reuni ici, 
aujourd hui, a 10 heures du matin, sous la presidence de M. McKenzie, president. 

Le PRESIDENT. Comme les membres du Comite le savent, nous avons 1 in- 
tention de contiiiuer notre enquete sur la culture et la preparation du tabac. Hier. 
lors de 1 ajournement, M. Darius Wigle, du comte d Essex, Ontario, faisait sa deposi 
tion ; elle se continuera maintenant. 

Par M. Clements: 

Q. Vous avez examine le projet de loi propose par le gouvernement. Dans votre 
opinion, quel effet produira 1 unification de la licence et du timbre combinee avec uii 
tarif plus eleve sur 1 industrie du tabac dans votre district, aussi bien que dans les 
autres parties du pays? 

E. Ceci: elle aura pour consequence 1 adoption de meilleures methodes de matu 
ration et de preparation de notre tabac pour les manufaeturiers cana diens. 

Q. Elle fera adopter de meilleures methodes de maturation ? 

R. Elle fera adopter de meilleures methodes de maturation. Elle constituera 
aussi un encouragement pour les manufaeturiers a employer des tabacs recoltes au 
Canada. 

Q. Croyez-vous que les fermiers aient besoin d etre conseilles sur la culture du 
tabac ? Ne devrait-on pas les f aire instruire par des experts ? Pensez-vous que M . 
Charlan soit apte a cette mission et puisse s occuper de tous les districts producteurs 
de tabac? Ne trouvez-vous le territoire qui lui est confie trop etendu? 

K. En ce qui concerne M. Charlan, je ne puis repondre a la question concernant 
sa capacite, car je n ai jamais converse avec lui, et je n ai pas pu comprendre la cau- 
serie qu il fit hier, car il parlait franc.ais. Quant aux fermiers et producteurs de 
tabac de 1 ouest d Ontario, j ai la conviction qu ils s entendent parfaitement a ce genre 
de culture et aux soins a donner a leur recolte. II conviendrait, cependant, de les 
determiner a faire leur plantation plus tot, de maniere que la recolte puisse se faire 
des les premiers jours de Pautomne, lorsque le temps est plus chaud et plus sec. 

Q. Personnellement, j ai ressenti le besoin des changements que le gouvernement 
a 1 nitention de faire. Quand pensez-vous que ces changements devraient avoir lieu ? 
Je sais que les fermiers de mon district refuseront de continuer leur culture, si cette 
legislation nouvelle n est pas bientot rendue publique. Quelle est votre opinion a ce 
sujet? 

Le PRESIDENT. De quels changements voulez-vous parler? 

Par M. Clements: 

Q. De ceux qui resulteront de la nouvelle loi que le gouvernement a 1 intention 
de proposer. 

K. Je vous repondrai ceci : Etant donnees les conditions actuell.es, les fermiers 
sont decides a planter tres peu de tabac pendant la prochaine saison, parce qu ils out 
encore en main la plus grande partite de leur derniere recolte, a moins que le gouver 
nement ne leur garantisse un changement du tarif. 

Q. Quelle quantite de la derniere recolte croyez-vous etre dans les mains des 
fermiers ? 

R. Environ les quatre-cinquiemes, je crois. 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 23 

ANNEXE No 2 

Par M. Owen: 

Q. Combien coute le tabac americain rendu ici? 

E. Le tabac a cigare? 

Q. Oui. 

R. Droits payes? 

Q. Oui. 

R. Environ 17 centins pour le tabac de tripe. 

Q. Et quel prix demandez-vous pour le votre au Canada? 

R. Je le vendrais de 12 a 17 centins la livre, pour la tripe. 

Q. C est la meme qualitte de tabac que le tabac americain? 

R. II doit etre d une meilleure qualite. Voici ce que mon experience m a permis 
de constater, en ce qui concerne les tabacs seches et prepares. Les gens des Etats- 
Unis nous expedient habituellement leurs rebuts. J ai vu presque des centaines de 
factures indiquant qu ils introduisent ce tabac a 7 centins la livre dans les mains de 
nos manufacturiers de cigares. Lorsque ce tabac passe la frontiere, il paie 10 centins 
par livre, ce qui eleve son prix a 17 centins. Le tabac canadien produit par les fer- 
miers du pays ne couteraient pas plus de 8 a 10 centins la livre. 

Q. Y compris les droits? 

R. Non ; le producteur canadien le vendrait de 8 a 10 centins la livre. La mani 
pulation et la preparation de ce tabac coute environ 3 centins la livre; cela ferait i:> 
centins. II se produit un dechet d a peu pres un centin et demi a deux cents par 
livre, ce qui eleverait son prix a 15 centins environ. Malgre cela, nous estimons qu il 
resterait encore un profit pour le prepose a la maturation qui, cependant, doit sup 
porter d autres depenses accessoires. II nous est impossible a nous, proposes a la 
maturation, de livrer aux manufacturiers une belle qualite de feuille destinee a 
1 interieur des cigares a moins de 17 centins par livre, et de 20 a 25 centins pour la 
sous-cape du cigare ou la robe. 

Par M. Clements: 

Q. J ai une question a vous faire a ce sujet. Vous, qui etes tout a la fois un 
prepose a la maturation, un producteur et un acheteur de tabac, qui habitez un 
district oii le tabac est cultive, vous pretendez que la legislature doit intervenir pour 
modifier les conditions actnelles de cette Industrie ; mais vous placez-vous au point 
de vue de 1 interet du producteur ? 

R. Oui, monsieur, et le producteur desire ce changement. 

Q. Et cela immediatement ? 

R. Oui. 

Par M. McColl: 

Q. La modification projetee, telle qu annoncee par le ministre des Finances satis- 
ferait-elle le fermier ou producteur? 

R. Pas tout a fait, parce que la nouvelle legislation opere une reduction de 2 
centins sur le tabac a chiquer. 

Par M. Clements: 

Q. C est-a-dire que la situation du producteur de tabac a chiquer serait pire 
qu actuellement, de 2 centins par livre? 

R. Oui, monsieur. Le manufacturier beneficierait de ces deux centins. Les 
droits sont actuellement de 35 centins, et ils seraient reduits a 33 centins. Quant au 
tabac a cigare, il y aurait un benefice de 3 centins au profit du fermier et au detri 
ment du manufacturier de cigares. Le changement concernant la licence et le timbre 
profiterait certainement au producteur. 

Q. Quelle est, approximativement, la proportion entre le tabac a chiquer et le 
tabac a f timer dans votre district? 



24 M. DARIUS TTIGLE 

m 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

E. Je crois qu elle est de un quart de tabacs a cigare centre trois quarts de 
tabacs a chiquer. Peut-etre meme moins que cela. Pour preciser mes observations au 
sujet du tabac a sept centins, j ajoute ceci : J ai visite les etablissements de matu 
ration de 1 Ohio et d autres Etats, et je vais vous donner lecture d une lettre que 
j ai rec.ue 1 autre jour d un monsieur du Wisconsin, qui desire prendre un interet 
dans mon commerce, a la condition que la modification du tarif et de la licence soit 
suffisante pour donner la certitude d affaires remuneratrices. II m ecrit: 

" CHER MONSIEUR, J ai regu votre lettre datee du 25 fevrier. J ai sejourne pen 
dant deux semaines a la campagne, surveillant la recolte d un fermier; c est la raison 
de mon retard a vous repondre. 

" Je suis un homme sobre et industrieux. 

" Quant a mon experience au sujet de la recolte du tabac, voici comment nous 
procedons. Dans notre pays, nous commengons par 1 assortir en separant le bon tabac 
de celui qui est endommage, par exemple les feuilles brulees par le soleil, ou gelees, 
ou mouillees, ou dechirees, ou salies, etc. Ensuite, nous plagons les bonnes feuilles 
sur une table divisee en plusieurs cases graduees et numerotees un, deux, trois, quatre, 
cinq et ainsi de suite; puis nous mettons en caisse ces differentes feuilles et les sou- 
mettons au sechage. Alors, elles sont prete pour le manufacturer de cigare. Apres 
que la dessication est complete, nous en prelev ons quatre mains sur chaque caisse, a 
titre d echantillon, en mettant le numero de la caisse sur chaque echantillon. Le 
tabac endommage est mis de cote pour 1 exportation, et une grande quantite de ce 
tabac va dans votre pays. 

Notre recolte de 1906 a moisi, parce que le temps est reste froid et pluvieux pen 
dant la duree du sechage. Souvent les fermiers aspergent leur tabac pour en aug- 
menter le poids, ce qui nous cause beaucoup d inconvenients et de pertes, parce qu il 
en reste des traces apres." 

Q. Qu avez-vous a dire quant aux droits actuellement payes sur le tabac? 

E. Nous payons maintenant dix centins sur le tabac a cigares, et les manufac- 
turiers obtiennent une remise de droits sur leurs dechets. Us expedient ces dechets 
en Allemagne, ou on les leur paie a raison de 12 centins la livre, de telle sorte qu ils 
en retirent 2 cents par livre; la reduction est egale a la moitie des droits payes tout 
d abord, ou environ 5 centins par livre actuellement. 

Q. Au sujet de cette remise de droits, vous nous dites qu elle est de 5 centins 
par livre sur la moitie de la quantite importee, c est-a-dire qu il paie 10 centins par 
livre sur la moitie de son importation, et qu il est fait remise de 5 cents par livre sur 
la quantite exportee. Est-ce bien cela? 

E. Non, monsieur; le manufacturier paie un droit de 10 centins par livre sur la 
totalite de son importation, mais il a la faculte d exporter les coupures ou rognures 
de sa manufacture, et le gouvernement lui paie 10 cents par livre sur tout ce qu il 
exporte, et ces 10 centins sur son exportation est presque egal a la moitie des droits 
qu il a payes. 

Q. II est alloue une remise sur le tabac indigene? 

E. Non, je parle de la feuille etrangere. 

Q. Les droits d accise sont les memes dans les deux cas? 

E. Les memes dans les deux cas, ce qui m autorise a pretendre qu il n y a pas 
plus de $1.00 environ de difference de droits entre le cigare canadien et la feuille 
etrangere manufactured par le manufacturier de feuille etrangere. 

Par M. Owen: 

Q. J ai une question a faire. Au cours de vos voyages, avez-vous constate que 
nos fermiers cultivent leur sol de maniere a en obtenir autant de livres par acre qu il 
est susceptible d en produire ? 

E. Oui, monsieur. 

Q. Si je ne me trompe pas, la terre doit etre preparee de fagcn a en extirper 
toutes les mauvaises herbes, parce que la plante a besoin de toute la nourriture du 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 25 

ANNEXE No 2 

sol. Si le champ de tabac n est pas entretenu tres propre, la plante ne se developpe 
pas aussi bien, n est-ce pas ? 

B. Parfaitement. 

Q. Eos fermiers prennent-ils toutes les precautions necessaires, pendant la crois- 
sance de la plante, pour obtenir le maximum de rendement ? 

B. Oui, dans 1 ouest d Ontario. J ignore comment on precede dans la province 
de Quebec, mais je puis dire que si vous visitiez les champs de tabac dans 1 ouest 
d Ontario, vous n y trouveriez pas plus d une mauvaise herbe par acre, en moyenne et 
meme vous pourriez parcourir dix acres sans y trouver une seule herbe parasite. 

Dr BARR. C est bien pres de la perfection. 



Ayant examine la transcription de ma deposition, je 1 ai trouvee exactement 
reproduite. 

DAEIUS WIGLE, 

Prepose a I enfrepot de iabac. 



Le PRESIDENT. Nous aliens maintenant entendre M. Louis Wigle, qui est egale- 
ment du comte d Essex, dans 1 ouest d Ontario. 

M. Louis WIGLE est appele. 

Par M. Clements: 

Q. Vous cultivez et vous achetez du tabac depuis un grand nombre d annees? 

B. Oui, monsieur. J ai achete a peu pres tout le tabac produit par le comte 
d Esssx et une bonne partie du comte de Kent, depuis 1864 jusqu a. 1895. 

Q. Vous etes Tun des pionniers de la culture du tabac ? 

E. Oui. J ai recolte le premier tabac " Burley " en 1894 ou 1805, je ne suis pas 
tres sur. J ai produit le tabac " Burley " avec lequel la premiere tablette de tabac a 
chiquer fut manufacture dans le Dominion. Je puis vous dire comment je sais que 
c etait la premiere. La Empire Tobacco Company avait decide d essayer d introduire 
dans ce pays la culture du tabc " Burley " ; jusqu alors, elle 1 avait achete dans le 
Sud des Etats-Unis, mais elle avait compris que cette culture pouvait reussir dans la 
province d Ontario. M. Archibald, qui etait alors 1 un des associes de cette compagnie r 
vint dans le comte d Essex et s informa de la personne qui achetait le tabac dans cette 
region. On lui donna mon nom et il vint me voir, m apportant de la graine qu il 
avait achetee aux Etats-Unis et me demanda de planter moi-meme tout ce que je 
pourrais et de distribuer le surplus de la semence aux fermiers des alentours que je 
croirais aptes a faire cette culture et a preparer le tabac pour lui. II me paya ce 
tabac neuf centins la livre et j en couvris 18 acres. II etait tellement anxieux de 
1 essayer et de s assurer du resultat de cette tentative qu il me conseilla de placer un 
poele dans ma grange et d y adapter les tyaux conduisant le gaz naturel nous avions 
du gaz naturel dans la ville pour faire secher le tabac plus vite, afin d en faire plus 
tot 1 essai dans sa manufacture. Voila comment je sais que nion tabac a servi a 
manufacturer la premiere tablette de tabac a chiquer faite avec du tabac canadien, 
dans ce pays. 

Q. Vous avez achete pour The Empire Tobacco Company pendant un certain 
nombre d annees. Quelle est la duree de cette periode ? 

R. J ai achete pour cette compagnie depuis 1895. 



26 M. LEWIS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Quelle espece de tabac a chiquier recommandez-vous comnie la plus avaiita- 
geuse, pour nous, a cultiver ? 

R. Le " Burley " est le seul tabac employe a cet usage. 

Q. Pourquoi cela? 

R. Le " Burley " est 1 unique tabac destine a etre cinque a cause de ses qualites 
absorbantes. II absorbe les edulcorants, liquides, melasses et autrerf ingredients que 
1 on met dans le tabac. Aucun autre tabac ne ferait cela. 

Q. M. Charlan est-il de votre avis ? Vous dites que le " Burley " est le seul 
tabac qui puisse etre manufacture comme tabac a chiquer ? 

R. Le " Burley " est le seul tabac dont la conversion en tabac a chiquer soit 
satisfaisante et avantageuse. 

Q. II ressort de la deposition faite hier par M. Charlan qu il y a surproductiou 
de tabac " Burley ". Pourquoi cela ? 

R. Suivant moi, la surproduction resulte de ce que nous ne trouvons pas, dans 
notre pays, un ecoulement suffisant pour cette espece ; il en est importe beaucoup trop 
des Etats-Unis. J -ai vu das les statistiques publiees par le gouvernement en 1906, 
que pres de 10,000,000 de livres de tabac " Burley " avaient ete importees des Etats- 
Unis. Nous avons, a 1 epoque actuelle, au Canada, une demande pour 4 a 5 millions 
de livres. 

Q. C est tout ce que les producteurs canadiens recoltent? 

R. Les manufacturiers canadiens emploient de 4 a 5 millions de livres de tabac 
" Burley " par an. 

Par M. Broder: 

Q. Savez-vous quielle quantite de tabac est manufacturee, tant indigene qu im- 
porte ? 

R. Voulez-vous parler du tabac a chiquer, ou du tabac en feuilles importe des 
Etats-Unis ? 

Q. Je desire connaitre la quantite de feuilles des differentes especes de tabac 
employees ? 

R. Quinze millions et une fraction de livres ont ete importees, en 1906, dont 
douze millions environ sont de la meme espece q.ue celle que nous produisons et, sui- 
vant moi, pas meilleur. 

Par M. Clements: 

Q. Est-ce bien la meme espece? 

R. Oui, la meme espece. 

Q. Tout cela est convert! en tabac a chiquer? 

R. Les feuilles basses, les feuilles les plus legeres du " Burley " sont utilisees 
pour une certaine sorte de tabac a fumer. 

Q. A 1 heure qu il est, le producteur canadien a-t-il un droit sumsant sur son 
tabac, ou quelle protection de,vrait-on lui accorder ? Veuillez expliquer au comite 
comment il se fait, par exemple, que M. Macdonald puisse payer un droit de 20 cen- 
tins, je crois, sur le tabac qu il importe ? 

R. Le droit d accise est de 25 centins sur le tabac americain et de 5 centins sur 
le tabac canadien. II paie 20 centins de droits d accise de plus que le manufacturier 
de tabac canadien. 

Q. II paie 20 centins de plus par livre? 

R. 20 centins par livre d accise et 10 centins de douane. 

Q. Si le tabac qu il importe est de la meme sorte que celui que nous prodisons 
ici, et s il paie 20 centins de droits d accise de plus et 10 centins de droits de douane 
quelle est 1 explication de cela? 

R. La voici. Je crois que si M. Macdonald continue a fabriquer le tabac auqnel 
les gens de notre pays sont habitues, c est parce que sa clientele a ete habitue a sa 



INDUSTRIE DU TABAC AV CANADA 27 

ANNEXE No 2 

formule de fabrication. Cette clientele aime le gout de ce tabac, et la fabrication de 
M. Macdonald est protege par sa formule comme elle le serait par un brevet d inven- 
tion. Je pense que si M. Macdonald f aisait du tabac a chiquer avec du tabac Burley 
canadien, en employant la meme formule, il serait tout aussi bon que celui qu il fait 
actuellement avec du Burley americain, 

Par M. Broder: 

Q. N emploie-t-il pas de Burley canadien? 

E. Pas une livre. II prend une licence pour manufacturer la feuille americaine 
et n est pas autorise a manufacturer la feuille canadienne. J ai souvent pense que ce 
serait une bonne chose que le gouvernement donnat a M. Macdonald le droit d acheter 
50 on 100,000 livres, ou toute quantite qu il lui plairait et de le transformer en tabac 
a chiquer, avec sa formule, pour voir s il ne pourrait pas f aire d aussi bonne marchan- 
dise avec notre tabac qu avec le tabac americain. 

Par M. Gordon: 

Q. Le ferait-il? 

R. J ignore s il voudrait le faire. 

Q. Je comprends qu il a refuse absolument? 

R. II y a quelques annees, il fut appele a deposer comme temoin devant le 
comite d agriculture, dans cette chambre, sur 1 emploi du tabac canadien comme 
tabac a chiquer. II declara alors, m a-t-on dit, qu il avait essaye de faire du tabac a 
chiquer avec la feuille canadienne, au moyen de sa formule, qu il n avait pas reussi 
et qu il ne recommencerait jamais cet essai. Mais a cette epoque le tabac Burley 
n etait pas connu dans ce pays. II importait du tabac Burley pour le tranformer en 
tabac a chiquer et quand il prit la feuille de tabac que 1 ou produisait dans ce temps- 
la comme tabac a fumer, il s apergut qu elle n absorbait pas et, par consequent, il ne 
pouvait pas reussir. Je pretends que, s il etait contraint a manufacturer du Burley 
canadien, il ferait un tabac tout aussi bon que celui qu il manufacture avec le Burley 
americain. 

Q. Votre experience vous permet d affirmer cela? 

R. Je puis dire ceci : II m a ete declare plus d une f ois par un expert acheteur de 
tabac aux Etats-Unis qu il avait achete des millions de livres de tabac Burley ameri 
cain pour M. Macdonald, et qu il ne lui avait jamais expedie une livre de tabac meil- 
leur que celui que nous produisons dans notre pays. Voici du tabac Burley recolte 
dans le comte d Essex (il produit un echantillon) . On ne peut trouver mieux aux 
Etats-Unis. J ai passe une semaine au Kentucky il y avait deux ans en octobre der 
nier, dans le comte de Woodford, a un endroit nomme Midway, a 14 milles de Lexing 
ton. Un cousin de ma femme possede une ferme de 2,000 acres et y plante chaque 
annee 20 acres de tabac Burley. Lorsque je lui eus dit que j achetais du tabac pour 
The Empire Tobacco Company, il me demanda si je voulais venir dans ses granges et 
voir s il traitait son tabac de la meme maniere que nous. Je me reiidis dans ses 
granges; elles sont les memes que les notres. Les portes etaient fixees avec des char- 
nieres et des crochets pour les maintenir ouvertes et laisser passer 1 air. Le tabac etait 
du Burley semblable au notre, et il etait dispose sur les sechoirs comme il 1 est chez 
nous. En fait, il n y avait aucune difference, si ce n est que la feuille n etait pas 
aussi grande que la notre. C etait un tabac plus petit, mais la cote etait plus petite; 
la nervure ici (montrant sur 1 echantillon) etait egalement moms grosse et avait une 
plus belle apparence. Mais j ai trouve 1 explication de ce detail, en parcourant le 
pays. Us ne plantent pas leur tabac de la meme maniere que nous. Nous le plantons 
a intervalles d environ 3 pieds 8 pouces; ils plantent le leur a 30 pouces d intervalle 
sur chaque sens. Nous mettons un peu plus de 4,000 plants dans une acre, tandis 
qu ils en plantent pres de 7,000. Si bien qu il est facile de comprendre qu avec 7,000 
plants a 1 acre", la tige est nioins giosse et les feuilles moins grandes. 



28 M. LEWIS TT/GLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Broder: 

Q. La plante n a pas autant de soleil? 

E. Les plantes etant plus rapproches n ont pas assez d espace pour croitre. Si, 
dans notre pays, nous plantions de la meme maniere, nous obtiendrions le meme 
espece de " Burley ". Mais nous plantons a intervalles de 3 pieds 8 pouces et, neces- 
sairement, notre tabac est plus grand que celui de Kentucky. Quoi qu il en soit, le 
tabac que nous recoltons dans le comte d Essex n a pas de superieur dans aucun pays 
du monde. 

Q. Get echantillon a-t-il ete recolte Pete dernier? 

E. Non, il aura deux ans Pete prochain. L ile Pelee est dans le comte d Essex 
et a 16 milles de la rive du lac, a mi-chemin entre Essex et les Etats-TJnis, ou si vous 
preferez, PEtat de 1 Ohio. Elle a environ 5 milles dans un sens et peut-etre 12 milles 
dans 1 autre. Le sol est le meme que celui du Kentucky un fond de pierre a chaux 
et particulierement propice a la culture du tabac " Burley ". Non seulement le sol de 
Pile Pelee possede un fond de pierre a chaux, mais elle est protegee centre la gelee 
par Pair du lac ; de telle sorte que 1 on peut y commencer les plantations une semaine 
et, quelques fois, deux semaines plus tot que nous ne pouvons le faire 16 milles plus 
au nord et, a 1 automne, les froids ne s y fond sentir qu une semaine ou deux plus tard. 

Par M. Clarice: 

Q. Par consequent on peut y recolter un tabac de meilleure qualite ? 

E. Certainement. On peut y recolter du tabac " Burley " aussi bon que dans 
aucun autre pays au monde. Quelquefois les fermiers ne peuvent avoir les plants 
dont ils ont besoin. A ce sujet, M. Darius Wigle a dit que 1 on conseillait aux fer 
miers de planter beaucoup plus tot. C est exact. Ils avaient commence d abord par 
semer la graine dans les regions boisees, en plein air. Ils pouvaient bien le faire 
sortir de terre, mais ils ne pouvaient pas le transplanter plus tot. Ensuite, ils arri- 
verent a planter la graine sous du coton ; ils firent cela pendant quelque temps, mais 
maintenant ils ont des serres chauffees artificiellement et qui leur permettent une 
croissance plus native. Si leur tabac est sorti de terre au premier juin, ils sont 
certains d avoir une bonne recolte. Nous n avons jamais manque une seule recolte 
depuis onze ou douze ans que nous cultivons le tabac " Burley ". 

Par M. Clements: 

Q. Vous etes certain que nous pouvons produire au Canada de bon tabac, non 
eeulement pour chiquer, mais pour manufactures de bons cigares ordinaires ? 

E. Je ne suis pas aussi bien renseigne quant au tabac a cigares, mais je crois 
que nous pouvons cultiver avec succes le " Zimmer Spanish ", le gros " Havana " et le 
" Connecticut Seed Leaf ". Ces trois especes sont des tabacs a fumer auxquels je crois 
que notre pays conviendrait. Nous ne pouvons pas obtenir ici de tabac Cubain et 
1 on m a dit que ce tabac Cubain ne pouvait venir en Floride. Lss Etats-Unis impor- 
tent de grandes quantites de tabacs de Cuba et paient des droits dans ce pays. Ils 
paient des millions de dollars de droits sur le tabac qu ils ne peuvent produire chez 
eux, mais ils savent etablir leurs tarifs de telle maniere, qu ils ne paient pas de droits 
sur le tabac qui peut se recolter chez eux. Je crois que nous devrions les imiter. 
Nous pouvons produire assez de tabac pour suffire aux besoins de notre pays ; pour- 
quoi ne pas le cultiver ? 

Par M. Carrier: 

Q. Je suppose que vous savez que le tabac de Cuba dont vous parlez ne peut croitre 
que dans une certaine partie de cette ile, dont le sol est d une nature particuliere, qui 
lui communique un gout tout special? 

E. Je ne vois pas Putilite de discuter cette question du tabac de Cuba. 

Q. Vous venez de dire qu il n est recolte nulle part ailleurs qu a Cuba et j ajoute 
qu on ne le trouve meme pas dans toute cette ile? 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 29 

ANNEXE No 2 

Par M. Mclntyre (Strathcona) : 

Q. Connaissez-vous quelque chose sur le tabac produit dans les vallees du sud de la 
Colombie-Britannique ? 

R. Non, mais j ai entendu dire qu on cultive du tabac dans cette contree. Ma 
croyance est que 1 on peut cultiver le tabac partout ou se cultive le ble-d inde. 

Par M. Clements: 

Q. Vous croyez que le meme sol convient aux deux cultures? 

R. Oh! il y a des differences. 

Q. Combien de livres a 1 acre produit-il? 

R. Dans notre region, la moyenne est de 1,400 livres, quant au " Burley ". Vou- 
lez-vous une demonstration de la capacite de production du comte d Essex? II y a des 
entrepots a Harrow, dans le township de Colchester-Sud, a Kingsville, dans le township 
de Gosfield-Sud et a Leamington, dans le township de Mersea. II y eut 7,500,000 livres 
de tabac Burley recole en 1896 dans les comtes d Essex et de Kent. Sur cette quantite, 
plus de 4,000,000 de livres provenaient de ces trois townships, et les fermiers de ces con- 
tr.es beneficient de 1 avantage que leur procure 1 existence de ces entrepots, qui cons 
tituent un centre commercial pour cette marchandise. Les fermiers qui sont eloignes 
de ces trois localites n ont pas les memes chances de vendre leur recolte. II n y a de 
demande que pour une certaine quantite et, lorsque la recolte est trop abondante, les 
plus eloignes de ce centre souffrent de mevente. 

Eh bien, si notre pays etait reserve a la consommation de notre production, si 
nous avions notre propre marche pour les 14,000,000 de livres consommees, au lieu de 
4 a 5 millions de livres seulement, si nous avions notre propre marche pour notre tabac 
Burley canadien, je suis certain que les comtes d Essex et de Kent, a eux seuls, pro- 
duiraient de 14 a 15 millions de livres annuellement, sans effort. Si les fermiers 
etaient certains de vendre leur recolte, ils auraient avantage a se consacrer a cette 
culture et a construire des granges appropriees pour le sechage. Nous sommes obliges 
de limiter leur production. Je vais vov,s dire ce que la Empire Tobacco Company ra a 
fait faire un an avant le printemps. Elle m a d abord fait envoyer une circulaire dans 
le township de Colchester-Sud ou j achetais son tabac j en avais schete pour elle, en 
1906, 1,200,000 livres dans ce seul township recommandant aux fermiers de ne faire 
qu une petite quantite de tabac, parce que la compagnie craignait de ne pouvoir le 
leur acheter, son stock etant trop considerable. Et pour avoir la certitude que les 
fermiers se conformeraient a cette recommandation, la compagnie m envoya person- 
nellement, avec mon cheval et ma voiture, pour reiterer cet avis aux fermiers, en les 
informant que je ne viendrais pas leur faire d achats cette annee. Je n ai pas achete 
une livre de la recolte de 1907; elle est encore dans les mains des producteurs, a 1 ex- 
ception de quelques milliers de livres. 

Q. Uniquement, parce qu il n y a pas de demande? 

R. Effectivement, c est pourquoi la Empire Tobacco Company voulait empecher 
les fermiers de cultiver du tabac dont ils n auraient pas la vente. 

Par M. Carrier: 

Q. Vous dites que vous etes acheteur pour la Empire Tobacco Company? 

R. Oui. 

Q. Ne pensez-vous pas que les prix auxquels cette compagnie vend sa marchan 
dise au commerce sont disproportionnes avec son prix d achat de la matiere premiere? 

R. Quels prix de vente? 

Q. Excusez-moi. Que payez-vous aux producteurs? Quels sont les prix ordinai- 
rement payes par The Empire Tobacco Company au producteur ou manipulateur ? 

R. Nous achetons directement aux fermiers. 

Q. A raison de dix ou douze centins la livre? 

R. Pendant trois ou quatre ans, nous avons achete a dix, onze et meme douze 
centins la livre; puis est venue la periode de surproduction qui fit baisser les prix. 



30 M. LEWIS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

En 1907, nous avons achete la recolte de 1906 a 8 centins et 6 centins, et enfin 4: 
centins. 

Q. Ce tabac canadien coiite a la Empire Tobacco Company environ dix centins 
par livre, plus environ deux centins et demi de transport, c est-a-dire, en moyenne, 
12| centins par livre? 

E. Oui. 

Q. Je suppose que le prix de sa mise en tablettes s eleve a environ 5 cents par livre 
au maximum? 

E. Je 1 ignore absolument. 

Q. Ne savez-vous pas que le plus bas prix auquel la Empire Tobacco Company 
vend au commerce est 25 cents par livre. Que represente cela ? 200 pour 100 de profit ? 

E. Abordons une autre face de la question. M. Macdonald paie 10 cents, im- 
porte son tabac des Etats-TJnis et le vend a 25 cents la livre ou plus, et il faut 12 de 
ses tablettes pour faire une livre, au lieu de 8. Et bien, si le tabac americain etait 
exclu de notre pays et M. Macdonald oblige de manufacturer notre tabac avec sa 
formule, je crois qu il ferait d aussi bon tabac a chiquer que celui qu il fait mainte- 
nant. 

Un honorable membre: 

Q. M. Macdonald jomt d un monopole? 

E. C est exact, mais son monopole cesserait si ses agents voyageaient dans les 
comtes d Essex et de Kent, y achetant 10 millions de livres de tabac, au lieu d aller les 
chercher au Kentucky. II y aurait alors concurrence entre lui et tous les autres 
manufacturers. 

Q. Oui, mais vous savez que les tabacs de M. Macdonald sont repandus dans notre 
pays depuis 25 ou 30 ans, si bien que tout le monde croit, aujourd hui, qu on ne peut 
pas plus se passer des tabacs Macdonald que de sel ou de poivre. C est une sorte de 
prejuge, mais il ne vend pas de tabac au commerce au-dessous de 65 centins la livre 
et ce tabac lui coute de 25 a 30 centins pour lui faire traverser la frontiere. Dorena- 
vant il paiera un droit de douane de 28 centins par livre, ce qui avec les droits d accise, 
elevera le prix de revient de sa matiere premiere a 58 centins a peu pres. Ce tabac ne 
coute pas a M. Macdonald plus de 5 centins par livre pour le manufacturer et, malgre 
cela, il le vend a raison de 80 centins la livre, realisant, par consequent, un benefice 
de 50 a 100 pour 100. Chaque jour, M. Macdonald emploie un wagon de tabac et il 
fait un benefice quotidien de $3,000. En est-il de meme pour M. Tuckett, d Hamilton? 

E. Je vous comprends bien, mais je vous donnerai ma version. Dans le haut du 
comte d Essex, plusieurs annees avant que nous nous soyons livres a la culture du 
tabac, les gens croyaient qu ils ne pouvaient pas chiquer d autre tabac que celui de 
Macdonald. II fallut longtemps pour qu ils s habituassent a chiquer du tabac fait avec 
la feuille canadienne. A 1 heure actnelle, il ne se vend pas dans cette region une 
livre de tabac de Macdonald centre 100 livres de tabac fait avec la feuille canadienne. 
Je voudrais voir les droits de douane eleves suffisamment pour empecher les tabacs 
americains d entrer au Canada et je voudrais dire aux manufacturiers: Vous devez 
manufacturer votre tabac a chiquer avec la feuille canadienne ou fermer votre manu 
facture. Enfin, aux chiqueurs de ce pays, je voudrais dire : " Consommez du tabac 
canadien ou bien cessez de chiquer ". 

Par M. Zimmerman: 

Q. Oh non, vous ne pourriez pas proceder ainsi. 

E. Si M. Macdonald, avec sa formule, peut faire avec la feuille canadienne d aussi 
bon tabac a chiquer que celui qir il manufacture avec le tabac americain, pourquoi n en 
ferait-il pas? 

Q. II a base son Industrie sur les tabacs importes et sa clientele exige la meme 
merchandise. 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 31 

ANNEXE No 2 

R. Permettez-moi de vous citer Fanecdote suivante: Je discutais un jour cette 
question avec un monsieur de 1 ile Pelee, il y a environ six mois et voici ce qu il m a 
dit: " Jusqu a 1 ete dernier, je n avais, de ma vie, jamais chique d autre tabac que 
celui de Macdonald A cette epoque, le marchand qui me le fournissait a 1 ile Pelee 
s en trouva depourvu et je fus oblige d acheter une tablette de tabac fait avec la feuille " 
canadienne. Je chiquai ce tabac pendant trois semaines. Tout d abord, je regrettais 
beaueoup le tabac de Macdonald, mais je m accoutumai finalement au tabac canadien. 
A la fin de trois semaines, je revins au Macdonald mais je dus le cracher et, depuis 
lors, je n y suis jamais revenu ". 

Par M. Clarke : 

Q. En serait-il de meme pour le tabac a fumeH 

R. Je ne suis pas bien renseigne sur ce sujet. 

Q. Us peuvent aussi fumer notre tabac? 

R. Certainement. Je crois que nous devrions faire comme aux Etats-Unis. Us 
disent aux fermiers: Vous pouvez cultiver tout le tabac necessaire a notre consomma- 
tion et aucun pays etranger ne pourra en faire penetrer chez nous, a moins qu il ne 
paie 35 centins de droit. Ce droit est prohibitif. Personne n a jamais entendu parler 
d un fermier canadien exportant pour $1 de tabac aux Etats-Unis. Par contre, les 
fermiers americaiiis regoivent de nous un million et demi de dollars chaque annee pour 
nous fournir ce que nous pouvons parfaitement produire nous-memes. Nous devrions 
leur dire ceci : " Nous pouvons recolter chez nous tout le tabac qu il nous faut et vous 
ne nous en enverrez plus ". Elevez les droits de telle maniere qu il n en puisse plus 
entrer et, si vous avez besoin de revenus, compensez cette perte par 1 augmentation des 
droits d accise. C est ainsi qu ils font de 1 autre cote de la frontiere. 

Par M. Gordon: 

Q. Etes-vous partisan d appliquer ce principe a toutes choses ou simplement au 
tabac? 

R. Je parle du tabac. 

Q. Je me demande ou nous conduirait ce systeme? 

R. Je ne preconise pas de le generalises 

Par M. Clarke : 

Q. Vous ne conseillez pas cette politique pour toutes choses? 

R. Non; je parle du tabac. Si nous produisions toute autre marchandise au dela 
de notre cpnsommation, nous pourrions 1 exporter, mais nous ne pouvons pas exporter 
notre tabac. 

Par M. Broder: 

Q. Vous ne pouvez pas encourager resolument la culture du tabac, meme si nous 
avions notre marche? 

R. J ai ici un memorandum de la production du tabac dans ks townships que je 
connais. Prenons Colchester sud et nord, dans le sud d Essex. Us ont recolte en 1906 
environ 1,300,000 livres. Eh bien, je dis que si notre marche etait reserve a notre 
propre tabac, nous consommerions 14,000,000 de livres de " Burley " et la production 
de ces deux townships s eleverait a 2,000,000 de livres. II n y a rien d exagere daus 
cette affirmation. Dans les townships d Anderson et de Maldon, la production ne 
serait pas inferieure a 1,000,000 de livres. Le sol n est pas aussi propre a la croissance 
du tabac, mais le climat y est exceptioniiellement bon, oes townships etant sitxies sur la 
riviere Detroit et le lac Erie. 

Par M. Clarke : 

Q. Je crois que Ton peut soutenir que le conite d Essex produirait le double de sa 
consommation actuelle ? 



32 .]/. LEWIS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

E. Gosfield sud et nord recoltent maintenant un million et demi de livres; ils 
peuvent en dcnr.er 2,QCO,000. Le township de Mersea a produit 1,700,000 livres en 1906; 
il pent, sans effort, atteindre 2,000,000 de livres. Tilbury ouest et nord fourniraient 
1,COO,COO de livres, Ecchester et Maidstor.e 1,003,000 de livres, Sandwich sud et ouest, 
1,000,000. Cela ferait une production de 10,000,000 de livres de feuilles de tabac 
Burlej- pour le comte d Essex. Le eomte de Kent peut atteindre le meme chiffre. Je 
ne puis me tromper dans ces evaluations, car j ai achete dans tout ce comte, dont le 
sol est exceptionnellement bon. 

Par M. Carrier: 

Q. J ignorais ce detail; on y fait une bonne recolte de feves? 
E. Les cultivateurs preferent planter du tabac, s ils ont 1 espoir de le vendre. 
De plus, 1 Ile Pelee peut produire 2,000,000 de livres. 

Par M, Zimmerman: 

Q. Ne pensez-vous que si 1 on ameliore la qualite du tabac canadien, sa vente 
deviendra plus difficile? Je trouve dans Hamilton. .. . 

E. Vculez-vous, s il vous plait, attendre une minute, que je termine ce que j ai 
commence. L He Pelee donnera 2,000,000 de livres; ensuite, en dehors des comtes 
d Essex et de Kent, sur la rive nord du lac Erie jusqu au Niagara, on peut encore 
recolter 5,000,000 de livres. Cela ferait un total de 27,000,000 de livres, en addition- 
nant les estimes precedents. 

Par M. Clements: 

Q. Que feraient nos amis de Quebec? 

E. 11s cultivent du tabac a fumer et nous cultivons du tabac Burley pour chiquer. 
La culture de ce dernitr tebf.c re peut reussir chez etix. 

Par M. McCool: 

Q. Ces 27,000,000 de livres seraient-elles consommees ? 

E. Non, elles ne seraient pas consomrcees; la consommation actuelle ne depasse 
pas 14 a 15 millions de livres. 

Q. Que feriez-vous du surplus? 

E. Si nous avioris le marche canadien pour la totalite de notre consommation cela 
emploierait 15,000,000 de livres de tabac canadien, au lieu de 4,000,000 de livres. Et 
cette consommation augmenterait; il en est du tabac comme de toutes choses. Je vois 
ici M. Armstrong qui represente 1 une des divisions de Lambton. Ils produisent du 
ble-d inde dans Lambton, n est-ce pas, M. Armstrong? Eh bien, ils peuvent produire 
du tabac; il n y a pas d erreur possible. Maintenant, parlons du prix. J ai paye a 
Eobert Wigle, un fermier qui est mon cousin $1,975 pour la recolte de moins de 12 
acres, en tabac Burley, au prix de 11 centins par livre. Vous pouvez voir par la com- 
bien ce serait profitable au fermier. 

Par M. Clements: 

Q. Combien couterait la production? 

E. II coute environ $45 par acre, mais avec 1 elevation du prix de la main-d oauvre, 
on peut calculer sur $50 par acre. En ce qui concerne 1 appauvrissement de la terre: 
je me rendis, il y a quelques annees, pour acheter du tabac chez M. Abraham Bruner, 
de Olinda, et je lui dis : " Voici un champ de tabac que je n ai pas vu d aussi beau 
depuis des annees. Avez-vous fait beaucoup de recoltes de tabac sur cette terre ? " 
II me repcndit : " J y ai recolte du tabac pendant quatorze annees consecutives, a 
1 exception d une annee ou j y ai seme des pommes de terre, ce qui fait treize recoltes 
de tabac. Je considere ce tabac comme egal au meilleur que j ale jamais eu". 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 33 

ANNEXE No 2 

Par un honorable depute: 

Q. Ne trouvez-vous pas que ce soit trop dur pour la terre? 

E. Le sol a du etre fertilise. Quelqu un de ces messieurs demandait quelques 
instants auparavant si les fermiers devaient preparer specialement leur terre. Effec- 
tivement, ils doivent la preparer specialement. Us y mettent le fumier de leurs 
etables. On emploie aussi un engrais special apporte dans la region par 1 agent de 
la American Tobacco Company; il le vend aux fermiers et attend pour son paie- 
inent que ceux-ci vendent leur tabac. 

Q. La terre ainsi fertilisee donne-t-elle de bonnes recoltes ensuite? 

E. Oui, monsieur, la recolte est parfaite. Maintenant, je suis pret a repondre aux 
questions de M. Zimmerman. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Je disais que si la qualite du tabac canadien etait telle que les manufacturers 
de cigares et de tabac du pays puissent 1 employer. 

R. II est impossible que vous puissiez trouver dans la manufacture de M. Macdo- 
nald une main choisie dans son million de livres de " Burley " americain, qui soit 
meilleure que eelle-ci (il montre un echantillon de " Burley " canadien recolte dans le 
comte d Essex). 

Q. Ils admettent tous que 1 on peut tomber au hasard, ga et la, sur une main de 
premiere classe, mais que ce n est pas la regie. 

E. Je me plermets de dire que vous pouvez aller a 1 etablissement de la Empire 
Tobacco Company a Granby et vous y verrez des millions de livres de tabac canadien, 
qui est de meilleur tabac que celui de Macdonald. Si vous envoyiez un expert aux 
magasins et entrepots de Macdonald pour inspecter son tabac Burley qu il importe des 
Etats-Unis, et que vous envoyiez ensuite le meme expert a Granby pour voir le tabac 
de la Empire Tobacco Company, je parierais mon existence que cet expert se pro- 
noncerait en faveur du tabac de la Empire Tobacco Company. C est du tabac a, 
chiquer que j entends parler, du tabac Burley. 

Q. Ne serait-il pas avantageux pour le manufacturer d employer du tabac cana 
dien, s il est aussi bon? 

E. Oui. Je crois qu il serait avantageux pour M. Macdonald de le manufacturer 
aujourd hui. 

Q. Vous jouissez aujourd hui d mie protection de 32 centins par livre sur un 
article qui vous coute 5 centins a produire et il me semble que votre Industrie est la 
plus hautement protegee au Canada? 

E. Oui, je le sais, mais nous ne sommes cependant pas assez proteges pour em- 
pecher le tabac americain d entrer chez nous et c est ce que nous devons faire. 

Q. Votre argument s applique-t-il a toutes les marchandises ? 

E. Non, ce ne serait pas possible, mais nous pouvons produire suffisamment pour 
satisfaire aux besoins de notre pays. N ayant un marche que pour 4,000,000 seule- 
ment, nous pouvons produire trop et je vous dirai pourquoi. 

Q. C est 600 ou 700 pour 100. 

E. Je vais vous dire pourquoi il n est pas suffisamment protege, parce qu un 
homme qui est dispose a manufacturer de la feuille canadienne ne peut pas manufac 
turer une livre de feuille americaine dans la meme manufacture, s il veut beneficier de 
la remise des droits. C est 1 explication. Et les manufacturiers de feuille canadienne 
manufactured environ 4,000,000 de livres par an et les manufacturiers de feuille 
americaine en travaillent entre 9,000,000 et 10,000,000 de livres par an. Si vous pou 
vez modifier les reglements un certain jour, de maniere a permettre a celui qui manu 
facture la feuille americaine de manufacturer aussi la feuille canadienne, ce qui don- 
nerait a Macdonald une chance de 1 essayer, vous verrez qu il peut tout aussi bien 
f abriquer sa marchandise avec du " Burley " canadien qu avec du " Burley " americain. 

Q. Quelle est 1 objection de M. Macdonald a employer du tabac canadien ? 

23 



34 M. LEWIS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

E. M. Macdonald paie 20 centins de plus de droits d accise que le manufacturer 
de feuille canadienne. D apres les nouveaux arrangements, ces 2O centins d accise sont 
supprimes et remplaces par 18 centins sur les droits de douane, si bien qu il paie seule- 
ment 28 centins de douane et 5 centins d accise. 

Par M. Clarice : 

Q. Un autre avantage resultera de ce que la cote de la feuille de tabac qui, aupa- 
ravant, ne payait pas 1 accise, paie maintenant 18 cents par livre. IST est-ce pas vrai ? 

E. Oui, les cotes des feuilles ne paient pas 1 accise, mais ce droit se paie sur les 
melasses, edulcorants et autres ingredients melanges au tabac et qui sont beaucoup 
plus lourds que les cotes. 

Q. Oui, et les reglements exigent encore le paiement du droit sur les melasses et 
autres ingredients? 

B. Eh bien, je ne sais pas quant aux melasses et au tabac separement. 

Q. Quand vous parlez des 28 centins de droits de douane remplagant 1 ancien droit 
de 10 centins, de combien le nouveau droit sera-t-il augmente en raison de la cote, 
autrefois soustraite et maintenant sujette au droit? Quelle est la proportion des 
cotes ? 

R. Je ne sais pas. 

Q. N est-elle pas de un tiers ou un quart, je crois? 

E. Oui. 

Q. De telle sorte . que cela fait une difference sur une livre de quatre ou cinq 
centins? 

E. II ne paie pas 1 accise sur les melasses. 

Q. II est pourvu a cela? 

E. Entrait-elle en franchise auparavant? 

Q. II y avait des droits de douane auparavant et il en etait de meme qu aujour- 
d hui : cela ne change rien. 

E. Maintenant M. Macdonald paie 20 centins d accise de plus sur la feuille cana 
dienne manufactured, quant il importe sa melasse ne paie-t-il pas de droits sur cette 
marchandise? 

M. CARRIER. II n en paie pas lorsqu elle vient des iles anglaises. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Les conditions sont exactement les memes qu autrefois a cet egard? 
E. La melasse pesera tout autant que les cotes. 

Par M. Clarke : 

Q. Quelle proportion representent la melasse et autres ingredients dans une 
tablette? 

Q. Je ne puis vous repondre. 

Q. N y a-t-il pas de regie a ce sujet? 

E. Non, je suppose que les formules des manufacturiers different entre elles, les 
uns en mettent plus, les autrgs moins. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Je crois qu il en entre environ 40 pour 100 dans le tabac a chiquer? 

E. Us payaient 20 centins d accise sur ces 40 pour 100 qu rls ne paieront plus 
dorenavant. 

Q. Oui, mais ils paient un pourcentage d accise, si je comprends bien, sur les 
ingredients qui entrent dans la tablette? 

Par M. Clarice: 

Q. Oui, et ce systeme est continue par 1 s nouveaux reglements ? 
E. Je n ai jamais vu cela ? 



INDUSTRIE DU TABAG AV CANADA 35 

ANNEXE No 2 

Par M. Armstrong: 

Q. Pouvez-vous suggerer un remede a la situation actuelle? 

R. Quant a moi, il n y en a qu un seul. Le voici : les Americains imposent un 
droit suffisant pour empecher nos tabacs d entrer chez eux, eh bien, imposons un droit 
suffisant pour exclure les leurs. 

Q. Jusqu a quel chiffre nos droits devraient-ils s elever? 

R. Les Americains nous frappent d un droit de 35 centins. 

Q. Laissons de cote les droits americains? 

R. Je conseillerais 35 centins, et si ce n est pas suffisant, allons jusqu a 40. De 
toute fagon, que le droit soit suffisant pour assurer une complete exclusion du tabac 
americain. 

Par M. A very : 

Q. Vbus disiez, il y a quelques minutes, que M. Macdonald ne veut pas manufac 
turer de tabac canadien? 

R. II n en manufacture pas, et je comprends qu il refuse d en manufacturer. 
Q. Mais il le peut, d apres la loi nouvelle. 
R. Oh, non. 

Par M. Clarice: 

Q. Mais il peut le faire, aux termes de la loi proposee ? 
R. Non, il ne peut pas le faire ; je ne pense pas qu il le puisse. 
Q. Avec 1 uniformite du timbre, la meme licence pour tout le monde; auparavant, 
il ne le pouvait pas, mais il le pourra sous la loi nouvelle? 

Par M. Zimmerman: 

Q. En toute equite, il me semble que vous essayez deliberement de detruire 1 in- 
dustrie d un homme d affaires qui travaille depuis cinquante ans, qui a base son com 
merce sur certaines marques creees par lui. Vous nous demandez tout simplement de 
prohiber 1 importation du tabac indispensable a son commerce, et cela dans 1 interet 
du fermier? 

R. Je vous dis ce que je voudrais dire a Macdonald. 

Q. Je ne parle p;s de Macdonald particulierement, il y en a d autres? 

R. Eh bien, je voudrais dire a tout manufacturier de feuille americaine : " Coii- 
tinuez a manufacturer, mais achetez votre tabac en feuille dans notre pays. 

Q. Ce n est pas une reponse a ma question. II y a des hommes qui ont cree d im- 
portantes industries, basees sur certaines classes de tabac, leurs clients demandent ces 
tabacs et veulent en payer le prix, et malgre cela vous voudriez deliberement detruire 
leur commerce? 

R. Non, je ne demande pas la suppression de leur commerce. Je repete que je 
voudrais qu on leur tint le raisonnement suivant : " Nous croyons que nous pouvons 
produire dans notre pays d aussi bon Burley que celui que vous importez, et je vous 
demande de 1 essayer ". 

Q. Votre opinion n est autre chose qu une simple opinion ? 

R. Parfaitement. 

Q. Mais 1 opinion des manufacturers est differente? 

R. Assurement 

Par M. Armstrong: 

Q. M. Macdonald, comme 1 a dit M. Wigle, n a jamais essaye le Burley canadien. 
iEst-il deraisonnable de lui demander de 1 essayer? 
R. Je voudrais qu on lui demandat de 1 essayer. 

Par M. Knowles: 

Q. Je desire soulever un point d ordre, M. le president. Le temoin est trop enclin 
a argumenter et trop de parti pris. Je crois que ce serait un precedent dangereus que 

2 3 



-36 M. LEWIS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

de laisser un monsieur se prononcer de cette fagon sur une question aussi discutee 
que la protection. Je crois que, si nous continuons ainsi, nous entrerons sur un ter 
rain dangereux. Ceux qui favorisent le libre-echange ont tout autant le droit d ame- 
ner ici des gens qui exprinieront des opinions contraires. Sans vouloir blesser le 
temoin, je pense que ce precedent est dangereux et je ne crois pas que les membres 
du parlement aient de legons a recevoir sur la question de protection. Dieu sait que 
nous sommes tres proteges dans notre pays, en ce moment; c est, au moins, mon 
opinion personnelle. Je crois que le temoin devrait faire sa deposition sur les faits 
sans prendre parti sur les questions controversies. 

M. SPROULE. Le depute d PIamilton a pose au temoin cette question categorique : 
" Quel serait, suivant vous, le remede ? " 

M. KNOWLES. Alors mon reproche s adresse a M. Zimmerman. 

M. SPROULE. Et le temoin nous dit ce qu il considere etre le remede efficace. 
C est pour nous donner son opinion qu il a ete appele a comparaitr devant le comite. 
II vient de la region productrice du tabac. Assurement il est dans son droit en repon- 
dant aux questions qui lui sont posees. 

M. ARMSTRONG. M. Wigle a ete requis de comparaitre et de depoaer devant nous. 
Nous avons besoin de connaitre le sentiment de gens comme lui, qui sont depuis long- 
temps dans le commerce du tabac et qui comprennent les besoins de cette Industrie. 
J ai pose a M. Wigle une simple question pour suggerer un remede aux difficultes 
existantes. Ce remede, il le suggere. Y a-t-il quelque chose a redire a cela, meme s il 
preconise uue augmentation de protection? Y a-t-il quelque chose de deraisonnable ou 
de critiquable en cela ? 

M. CLARKE. Ne perdons pas notre temps a discuter. Je demande a poser quel- 
ques questions interessant les fermiers. 

M. GORDON. Je m interesse beaucoup au debat, mais je ne suis pas satisfait par 
les renseignements qui nous sont fournis. Ce que nous desirons, c est 1 augmentation 
de la consommation du tabac canadien et je comprends que ce que M. Wigle propose 
de faire, c est d obliger le consommateur a acheter du tabac canadien ou d y obliger 
le manufacturier, meme si le consommateur ne Pachete pas. Assurement, un pas en 
avant dans la bonne direction serait d encourager les fermiers a cultiver 1 espece de 
tabac qui leur donnera le plus de profit. 

Par M. Clarke : 

Q. Combien y a-t-il de temps que 1 on cultive le tabac dans Essex et dans Kent? 

E. Voulez-vous dire toutes especes de tabacs ? 

Q. Oui. Je desirerais que vous nous fassiez, brievement, 1 historique de cette 
culture ? 

Q. Je comprends qu il etait cultive 200 ans avant notre epoque par les Sauvages 
que 1 on appelait "Tobacco Nation"? 

B. Oui. - 

Q. Vous avez vecu toute votre vie dans Essex; voulez-vous nous dire ce qu etait 
la culture du tabac a ses debuts? 

E. Nous etions habitues a considerer comrne une bonne recolte une production 
de 100,000 livres pour toute la peninsule. 

Q. Jusqu a quelle date en fut-il ainsi? 

B. 1894 environ. 

Q. Jusqu a cette annee 1894, aucune tentative n avait ete faite de cultiver le tabnc 
dans les proportions ou on le cultive actuellemcnt ? 

E. Non. Ce fut ce tabac " Burley " qui amena le developpement de la culture du 
tabac dans cette region. 

Q. Vers 1894? 

E. Oui; la prenrere annee qu on le cultiva, environ 80.000 livres furent recoltees 

Q. J ai ici une statistique que je desire faire inserer; elle est tiree du Leamington 
Post. Elle indique qu en 1895 la production totale fut de 60,000 livres. 



INDUSTRIE DU TABAG AU CANADA 37 

ANNEXE No 2 

B. J ai dit 80,000 livres, je ne m eloigne pas de beaucoup. Je sais que, cette 
annee-la, j en ai achete quatre wagons de 20,000 livres chacun. 

Q. Je vais lire cette statistique (il lit) : 

Annee. Livres. 

1895 60,000 

1896 -.. .. 80,000 

1897 600,000 

1898 4,750,000 

1899 2,000,000 

1900 3,250,000 

1901 2,500,000 

1902 1,500,000 

1903 3,250,000 

, 1904 5,500,000 

1905 6,500,000 

1906 7,500,000 

Ces ehiffres sont-ils exacts? 

R. En quelle annea se place la recolte de 4,000,000 de livres ? 

Q. En 1898, 4,750,000 livres ? 

R. En 1898, la recolte d Essex et de Kent fut estimee a 8,000,000 de livres et je 
vous dirai quel fut 1 instigateur de cette culture. 

Q. Un moment. Vous pensez que les ehiffres pour 1898 sont errones ? 

R. Je le crois. 

Q. Et en ce qui concerne les autres annees, approximativement? 

R. Je pense qu il convient d elever un peu les ehiffres donnes. En 1897, les manu- 
facturiers de tabac ont paye environ 12 centins la livre. Tous les fermiers a 1 ouest de 
Saint-Thomas, jusqu a Windsor, s interessaient a la culture du tabac. Comrne j en 
avais fait ma specialite depuis 1864, ils m inviterent a faire des conferences sur cette 
culture aux reunions des societes agricoles. Je choisis et fis distribuer parmi les 
fermiers une circulaire que j intitulai: "Instructions pour la culture du tabac au 
Canada ". A 1 nne de ces sssemblees, on posa la question suivante : " IST etait-il pas 
utile de debarrssser le sol de toutes les herbes et plantes parasites?" Je developpai 
1 un des conseils contenus dans cette circulaire cela remonte a 1897 et qui se lit 
comme suit: " Sarclez le^ mauvais?s herbes, arrachez les plantes parasites, ne laissez 
que 14 feuilles sur la tige, detruisez les vers, car ils mangent toujours la meilleure 
partie de la feuille et detruiront la recolte. Vous ne pouvez accorder trop de soins a. 
ces details." 

Q. Maintenant, on emploie les dindes pour manger les vers? 

R. Les dindes remplacent les ouvriers ; cela coute moins cher. J ai fait une con 
ference aux fermiers dans presque toutes les societes agricoles depuis lona, pres de 
Saint-Thomas, en allant vers 1 ouest jusqu a Windsor et Amhersburg, traitant des pro- 
cedes de culture du tabac et leur ai dit, presque a chaque conference: " Le tabac vaut 
12 centins la livre, mais la demande est limitee a 3,000,000 de livres." C est a ce 
chiffre que je 1 estimais a cette epoque " N en plantez pas beaucoup, mais produisez 
le meilleur tabac que vous pourrez et Vous en obtiendrez un bon prix, mais s il y a 
surproduction les prix baisseront." La meme annee, les prix ont baisse parce que la 
recolte etait trop considerable. 

Q. Je vois que, pour cette annee, la moyenne est de 5f centins? 

R. Le prix etait d environ 10 centins et il descendit. .. . 

Q. D environ moitie? 

R. De pres de moitie. oui, parce qu on en avait recolte beaucoup plus qu il n en 
fallait pour suffire a la demande. 

Q. Je crains que vous ne soyez la cause de cette situation. Ne leur disiez-vous 
pas de cultiver du tabac? 



38 M. LEWIS WIOLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

E. Us en auraient produit le double, si je ne leur avals pas conseille de limiter 
leur culture. Je connaissans 1 importance de la demande et je le ]eur repetais a chaque 
conference. 

Q. Dans toutes ces annees, de 1895 a 1906, les prix ont subi une fluctuation consi 
derable ? 

E. Oui. 

Q. Variant de 6J a 5|? Quelques annees il oscillait entre 11 centins jusqu a 8 
ou 9 centins? 

E. C est a peu pres cela. 

Q. Suivant la productoin? 

E. Oui. 

Q. Cette annee, je crois, il ne se vend a aucun prix? 

E. Non. 

Q. Savez-vous quelles sont les intentions de votre compagnie quant a 1 achat de la 
recolte de tabac de la saison derniere? 

E. Le gerant de la division des feuilles de tabac a la Empire Tobacco Com 
pany est actuellement en Caroline du Nord, mais son frere a dit aux fermiers : " Nous 
n acheterons pas de tabac jusqu a ce que la nouvelle recolte ait ete rentree cett 
annee." Si elle n est pas trop considerable, a-t-il dit, ils acheteront la recolte de 
1 annee derniere, mais si les fermiers le cultivent en abondance, la compagnie n ache- 
tera rien. Ceci a pour effet de restreindre la culture du tabac. 

Q. Comme resultat, le fermier perdrait sa recolte, si sa culture etait trop exten 
sive? 

E. C est bien cela. 

* 

Par M. Zimmerman: 

Q. II ten est de meme aujourd hui dans le Connecticut. Je vois que le Ameri 
can Tobacco Trust a consenti a acheter la recolte de tabac de 1 annee derniere et de 
1 annee precedente, qui sont en mains, pourvu que les fermiers n en cultivent pas cette 
annee ? 

E. Ils paient un excellent prix, en moyenne, 15 centins par livre. 

Par M. Clarke: 

Q. Notre Burley est, je crois, aussi bon que celui qu ils nous envoient, d apres ce 
que tout le monde dit. 

E. Je suis absolument sur de cela. 

Q. J en suis sur egalement. 

E. Oui. 

Q. Quels prix sont payes aux fermiers des Etats-Unis pour la meme classe de 
Burley que nous produisons dans Essex et Kent? 

E. L annee ou j y etais il y a eu deux ans en octobre dernier M. Parish m a 
dit qu il avait vendu le meme a raison de 11 centins par livre. 

Q. On m a dit que c est a peu pres la moyenne des prix la-bas ? 

E. Oui. 

Q. Et pendant qu il se paie 11 centins la livre la-bas, le prix dans Essex. .. . 

E. Le prix en 1905? 

Q. Oui, en 1905; d apres ce journal, le prix dans Essex, a cette epoque, etait de 
8J centins? 

E. Cela a pu etre la moyenne; nous payions depuis 11 centins jusqu a 6 centins; 
la moyenne serait probablement de 8J. 

Q. Ce n est pas exact; si vous lisez ceci, vous verrez que le plus haut prix est 
place a 9 centins et la moyenne a 8| centins. 

E. De quelle annee s agit-il? 

Q. 1905. 

E. Ce devait etre pour la recolte de 1904. Que trouvez-vous pour 1 annee suivante? 



INDUSTRIE DF TAB AC lU CANADA 39 

ANNEXE No 2 

Q. La meme moyenne de 84 centins centre 11 centins payes an fermier des 
Etats-Unis. 

R. Oui. Je dois dire que les fermiers des Etats-Unis avaient 1 habitude d envoyer 
leur tabac a 1 entrepot ou salle de maturation comme nous disons ici. La il etait 
assorti. Par exemple, si le fermier apportait 10,000 livres, ils le divisaient en deux ou 
trois categories. Ils le mettaient sur le plancher, une pile ici, une pile plus loin et 
une autre encore plus loin, qui constituaient la premiere, la seconde et la troisieme 
categorie. Ensuite, ils le mettaient aux encheres en demandant : " Combien pour cette 
pile? Combien pour 1 autre? Combien pour la troisieme ?" II etait alors adjuge au 
plus haut encherisseur, puis empaquete et expedie a sa destination. C est ainsi qu ils 
avaient 1 habitude de ^aire. Mais au Kentucky, aujourd hui, ils ont leur principal ache- 
teur, exactement comme nous avons dans Essex, qui envoie dans le comte d autres 
acheteurs sous ses ordres, qui achetent du fermier directement, exactement comme cela 
se pratique dans Essex. Je sais cela parce que j ai ete presente a M. Zeigler, qui etait 
le representant pour ce comte. 

Q. Vous avez declare que nous importions 10,000,000 de livres de Burley? 

R. Oui. 

Q. Etes-vous sur de cette quantite? 

R. J ai compris que 1 importation etait de 15,000,000 pour toutes les especes. 

Q. M. Gerald, du Revemi de 1 Interieur, m a clonne des chitt ros qui sont tres 
loin des votres, et j aimerais a les verifier. 

R. Les chiffres sur lesquels je me base sont, je crois, dans le Hansard; ils ont ete 
fournis par 1 honorable M. Templeman en reponse a une question de M. Clements, que 
9,000,000 de livres, en chiffres ronds, sont entrees dans les manufactures. 

Q. Etait-ce du Burley? A-t-il dit que c etait du Burley? 

R. Pour tabac a chiquer. 

Q. Je crois que vous vous etes trompe. Les statistiques montrent que nous avons 
importe environ 14,000,000 de livres de tabac et qu un peu moins de 10,000.000 sont 
alles dans les autres manufactures, c est-a-dire a fumer aussi bien qu a chiquer. Ln 
totalite de 1 importation au Canada est de 14,000,000 de livres. 

R. Elle etait de 15,165,000 en 1906 et j ai compris par la reponse de M. Templeman 
que plus de 9,000.000 de livres etaient du Burley. 

Par M. Clements: 

Q. II s agit de savoir quelle quantite fut transformer en tablettes a fumer et a 
chiquer. 

Par M. Clarke: 

Q. Oui, je me suis informe de cela et M. Gerald m apprit que 10,000,000 de livres, 
en chiffres ronds, furent affectees au tabac en tablettes et 4,000,000 a la fabrication des 
cigares. Autant que je puisse 1 estimer, 3,000,000 de livres environ du tabac qui est 
entre dan? les manufactures etait destine a etre chique. Si cela est exact, il n y aurait 
eu qu? 3,000,000 de livres de feuille de Burley importees ? 

R. Je me suis base sur les statistiques, qui indiquaient 10-,000,000 de livres. Je 
pense que toutes les especes de tabac qui entrent dans les manufactures de tabac a 
chiquer sont celles que nous pouvons recolter; ce sont les memes especes que nous 
recoltons. 

Q. Vous representez la Empire Tobacco Company, comme acheteur, depuis un 
certains nombre d annees? 

R. Oui. 

Q. Cette compagnie achete une grande quantite de la production d Essex et de 
Kent et le manufacture a Granby? 

R. Oui. 

Q. Combien d autres grandes compagnies achetent du tabac dans 1 ouest d Ontario? 



40 M. LEWIS WIQLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

E. La Erie Tobacco Company, de Windsor, s y procure tout son tabac. Elle 
manufacture la feuille canadienne. II y a aussi la Dominion Tobacco Company, de 
Montreal, la Rock City Tobacco Company. 

Q. La Eock City Tobacco Company achete toute la recolte de M. Walker? 

E. Je ne sais pas, je sais qu il vend a un manufacturier de Quebec. 

Q. C est cette compagnie? 

E. Elle achete aussi ailleurs, dans Essex. 

Q. II y aussi la Compagnie McAlpine? 

E. Oui ; elle a un etablissement a Leamington, ou elle seche le tabac et le prepare 
avant de 1 expedier a Toronto. 

Q. Cinq ou six maisons font leurs achats dans cette region ? 

E. Oui. 

Q. Pendant les dernieres annees, ont-elles toutes paye le meme prix? J ai regu 
des plaintes de fermiers qui pretendent qu une " combine " existe entre tous les ache- 
teurs, si bien que le fermier ne retire aucun benefice de la protection; les manufac- 
turiers, seuls, en retirant le profit? 

E. Je suis tout a fait certain qu il n existe aucune entente de cette nature entre 
la Empire Tobacco Company et les autres acheteurs. Les plus petites manufactures 
ont toujours attendu que 1 Empire Company ait etabli le prix avant de commencer 
leurs achats. 

Q. Si je vous comprends bien, votre compagnie a fixe le prix? 

E. Oui. 

Q. Et elle paie au fermier le prix qu il lui plait d offrir? 

E. Je puis dire, en ce qui concerne la Empire Tobacco Company qu elle m a 
toujours recommande de payer au fermier le plus haut prix, sans marchander, lorsque 
je trouve un bon lot de tabac. 

Q. Comment ce prix est-il determine? Est-ce en divisant les 34 centins de pro 
duction ? 

E. Non. 

Q. On bien est-il tenu compte au fiermier du prix de revient de sa marchandise? 

E. Voici ce que je pense. La compagnie a eu besoin de 3,000.000 a 4,000,000 de 
livres, son commerce a augmente et elle a paye de bons prix pour induire les fermiers 
a cultiver le tabac et les fermiers ont continue leur culture. 

Q. Que voulez-vous dire? Aux Etats-Unis le tabac est paye 11 centins et ici les 
fermiers ne regoivent qu une moyenne de sept centins? 

E. C est tout ce qu il est necessaire de payer pour jnduire le fermier a produire 
4,000,000 de livres. S il y avait un marche pour 15,000,000 de livres, il faudrait alors 
payer 10 centins. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Cette protection n est pas donnee au fermier? 
E. Non, il n en profite pas. 

Par M. Clarke: 

Q. Selon vous, le seul moyen pour le fermier de beneficier de la protection serait 
de prohiber 1 importation entierement? 

E. On prohibe la notre; nous pouvous imposer un droit de 35 centins sur les 
tabacs etrangers et cela equivaudra presque a la prohibition. 

Q. Je pense que les chiffres donnes par, M. Carrier, concernant le bordereau 
de paie representent le prix paye a la Empire Manufacturing Company par les 
marchands moins 1 escompte, lequel prix, diminue d un droit d accise de 5 centins, 
laisse au manufacturier un profit de pres de 45 centins par livre sur le tabac canadien. 
Prenons le " Prince de Galles " qui est la marque favorite des clients de Macdonald, 
il est vendu aux marchands a 63 centins ; apres deduction de 39 centins de 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 41 

ANNEXE No 2 

drolls de douane et d accise, il ne reste plus qu un benefice de 24 centins au lieu de 45 
centins par livre que donne au manufacturier le tabac canadien. 

Q. Expliquez-nous la difference de ces benefices? 

E. Quel est le prix du tabac le meilleur marche vendu par la Empire Tobacco 
Company? Vous comparez son prix le plus eleve avec le plus bas prix de Macdonald. 
Le prix de M. Macdonald est au-dessus de 67 ou 68 centins. 

Q. Soixante-trois centins. 

K. II n est pas equitable de comparer le plus haut prix de la Empire Tobacco 
Company avec le plus bas prix de Macdonald. Tout le monde salt que Macdonald ne 
vend pas son meilleur tabac a 63 centins la livre. 

M. CLARKE. Je ne precede pas ainsi que vous le dites. 

Par M. Carrier: 

Q. C est son plus bas prix? 

E. C est son plus bas prix et vous le comparez avec le prix le plus eleve de la 
Empire Tobacco Company. Vous voudriez comparer les plus bas prix de ces deux 
manufacturers. 

Q. Le tabac le moins cher de la Empire Tobacco Company est de 46 centins. 
Ne pensez-vous pas, M. Wigle, que ce prix est outrageusement eleve et qu il est de 
nature a restreindre la consommation? 

E. Permettez-moi de vous dire ce que je sais la-dessus. 

Par M. Clarice : 

Q. Vous feriez bien d expliquer cela, car les fermiers ne peuvent pas comprendre 
pourquoi ces gens prelevent cet enorme benefice? 

E. Je ne sais pas ce que cela coute pour manufacturer le tabac, mais un certain 
nombre de fermiers du comte d Essex evaluaient ce cout exactement comme vous, 
c est-a-dire a 5 centins par livre dont la vente rapportait 40 centins, et ils ont ainsi 
raisonne : " Nous pouvons payer aux fermiers 10 centins par livre ". Ils fonderent 
la Erie Tobacco Company, exclusivement composee de fermiers, et cette compagnie 
etait obligee de payer a ses actionnaires 10 centins par livre de tabac qu elle leur ache- 
tait. Lorsque la Empire Company eleva le prix a, 12 centins, ils durent 1 imiter, mais 
chaque fois que la Empire Tobacco Company payait moins de 10 centins, 1 associa- 
tion des fermiers 1 imitait egalement. II f aut en conclure ceci : c est que le f ermier 
qui calculait de la meme maniere que vous fut oblige d abandonner les affaires aussitot 
*qu il le put. Peu de fermiers ayant originalement constitue cette societe sont encore 
detenteurs d actions; ils ne gagnaient pas d argent. 

Q. C etait dans la Erie Company ? 

E. Oui, dans la Erie Company. 

Par M. Carrier: 

Q. Mon opinion est que la American Tobacco Company est venue au Canada 
avec un gros baton ; etant maitresse du marche elle impose sa volonte a tous les 
autres manufacturiers et a tous les producteurs. 

E. De quelle maniere? 

Q. Vous avez dit vous-meme, il n y a qu un moment, que c est la compagnie de 
Granby qui fait les prix. Les autres manufacturiers n ont pas d autre alternative que 
de se conformer a ces prix ou a mourir? 

E. Je n en sais rien. 

Q. Je repete que le prix auquel est vendu la derniere qualite de tabac en tablette 
est reellement outrageant. Selon moi, 30 centins serait un prix raisonnable et, a ce 
prix, la consommation doublerait dans le pays. Quant a moi je ne crois pas, a 1 excep- 
tion peut-etre du Burley qui croit dans notre pays, que le tabac produit au Canada 
soit ce qu il devrait etre. Et meme si votre Burley est egal en qualite au Burley du 
Connecticut, pourquoi les fermiers d Essex et de Kent ne recoivent-ils que S centins 



42 M. LEWIS WIGLE 

S EDOUARD VII, A. 1903 

la livre tandis que le fermier du Connecticut regoit 11 centins par livre pour son tabac, 
qui est experte? 

R. Parce que les Americains imposent un droit de 35 centins par livre et empe- 
chent notre tabac d entrer chez eux. 

Q. Excusez-moi ; veuillez laissez parler les autres. Pourquoi n exportez-vous pas 
ce tabac en France ou en Belgique, s il e$t aussi bon que vous le dites ? Ces pays out 
des represent ants aux Etats-TJnis, qui achetent pour eux; pourquoi ne viennent-ils pas 
ici acheter- votre tabac, ou pourquoi ne 1 exportez-vous pas dans ces contrees ? 

R. Voulez-vous, naaintenant, me laisser parler une minute. J avais un cousin, 
aujourd hui decode, M. Jaduthan Wigle, qui a perdu sa ferme en essayant de vendre 
du tabac dans les vieux pays. II 1 avait hypothequee pour $2,000 et s etait rendu en 
Europe pour essayer d y creer un debouche a notre tabac Burley. II vit uu certain 
nombre de manufacturiers de la Grande-Bretagne et d ailleurs, pensant qu il allait 
revolutionner ce commerce. Ils achetaient leur Burley aux Etats-TJnis et lui repon- 
dirent: "Nous avons toujours achete aux Etats-Unis; le tabac nous arrive dans les 
niemes conditions que vous pourriez nous le procurer et nous continuerons a le faire 
venir des Etats-Unis ". 

Par M. Clarice: 

Q. Pourquoi n achetent-ils pas notre Burley, s ils le reconnaissent egal h celui des 
Etats-TJni* . 

R. Ils raisonnent exactement comme M. Macdonald. II achete aux Etats-Uuis 
et ue veut pas acheter ailleurs. Si nous ii obligeons pas nos manufacturiers a acheter 
chez nous, ils ne le feront pas. 

Q. Ceci est du Macdonald? (Montrant une tablette de tabac.) 

R. Laissez-moi terminer, s il vous plait. II existe en Angleterre un journal special, 
le Tobacco Journal qui contient les noms de tous les manufacturiers anglais. M. 
Cox, de Leamington, decida d envoyer des echantillons a ces manufacturiers et se mit 
en relations avec ceux dont les noms etaient publics par ce journal. II choisit un echan- 
til on de tabac aussi beau qu il soit possible d en trouver. Avant de 1 envoyer, il me 
le montra en me disant : " Vous coiinaissez le tabac, je vais vous en montrer du 
beau." Je 1 examinai et lui repondis: " II n y a pas sur la terre de tabac plus beau que 
celui-la; il serait impossible de trouver mieux, il doit etre assez bon pour n importe 
quel pays." II repartit : " Je le crois assez bon pour tous les pays de la terre. Alors 
je repris : " dans ce cas, il devrait etre bon pour le Canada." Fournissons d abord du 
tabac au Canada, et ensuite, si notre production depasse nos besoins, approvisionnons 
1 Angleterre et 1 Irlande. 

Q. Je voulais montrer la difference existant entre les deux marques de tabac. 
Voici le " Prince de Galles (il prend 1 echantillon dans sa main) qui est la marque 
favorite de Macdonald. Voici maintenant le " Black Watch." Vous connaissez ce 
qu est ce tabac? C est une des meilleures qualites de 1 Empire. Constatons la diffe 
rence. Pouvez-vous comprendre pourquoi les gens preferent payer 10 centins pour la 
plus petite tablette, de preference a la plus grande? 

R, Parce qu ils y sont habitues, comme 1 homme de 1 Ile Pelee dont je parlais 
tout a 1 heure. M. Mackenzie, de Leamington, m a dit qu il etait-, il y a quelque temps, 
dans le district d Owen-Sound et n y pouvait pas trouver une livre de tabac canadien 
a chiquer; il ne pouvait pas chiquer le tabac de Macdouald, parce qu il n y etait pas 
accoutume. 

M. CLARKE. Pendant une campagne electorate, on essaya de se servir centre nous 
de cet argument. Nos adversaires disaient : " Voici la tablette de Fielding " puis en- 
suite, montrant 1 autre tabac, ils ajoutaient: "Voici la vieille palette de Foster". 

M. CLEMENTS. Pour combattre ce que disait M. Zimmerman. . . . 

Le PRESIDENT. Laissez terminer M. Clarke. 

M. CLARKE. Je rencontrai un homine chiquant le "Prince de Galles", de Macdo 
nald, et je lui dis: "Vous pourriez avoir presque le double de cette quantite de tabac 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 43 

ANNEXE No 2 

pour le meme prix." II me repondit : " Pen m importe le prix, je veux chiquer du 
Prince de Galles. 7 

Le TEMOIN. J ai entendu un homme dire que, lorsqu il chique le tabac de Macdo- 
nald. son systeme devient tellement sature des liquides qu il contient qu il ne peut en 
chiquer d autre pendant un certain temps. 

Par M. Clarke: 

Q. Je voudrais rechercher comment les fermiei s peuvent obtenir un meilleur prix. 
Vous dites qu avec les droits actuels, ils ne retirent aucun benefice de la protection, 
qui ne profite qu au manufacturier. Supposons que nous adoptions vos vues et que 
nous exduions completement le tabac americain, comment feriez-vous pour proteger 
les fermiers, de maniere a ce qu ils tirent avantage de la situation mieux qu ils ne le 
font maintenant ? 

B. Le fermier sait qu il existe maintenant une demande pour 4,000,000 de livres 
et le manufacturier de cette qualite lui repete: " N en cultivez pas trop, car je ne 
pourrais pas 1 acheter ou je ne le paierais pas son prix." Mais si le tabac americain 
etait prohibe, le fermier saurait qu il aurait un marche jie 14,000,000 de livres au lieu 
de 4,000,000 et que le manufacturier serait oblige d acheter ces 14,000,000 de livres, et, 
cela etant, c e;t lui qui gouvernerait le prix. Ils diraient: "Vous nous paierez 10 
centins par livre ou nous ne cultivons pas pour vous; nous avons notre propre pays 
pour notre propre tabac et nous ne le cultiverons pas a m<>in.s que vous lie payiez uii prix 
equitable. Le? manufacturiers se verraient alors obliges de payer aux fermiers un 
prix raisonnable pour les amener a cultiver le tabac. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Vous concluez qu au jourd hui le fermier est dans les mains du manufacturier? 
R. Non, ma is il ne peut veudre que tant. .. . 

Par M. Clarl-e: 

Q. Si vous fermiez la porte au tabac americain, le consommateur serait a la merci 
du manufacturier, et le fermier aussi? 

E. Comment cela? 

Q. Au jourd hui, le fermier rst a la merci du manufacturier? 

E. Oui, s il produit plus de 4,000,000 de livres par an. 

Q. Si vous empechez le tabac americain d entrer, le consommateur serait aussi a 
la merci du manufacturier, parce qu il devrait chiquer du tabac canadien ou se priver 
de chiquer? 

R. Oui; il pourrait chiquer tout pe que nous produisoiis et s il preferait une qua- 
lite superieure, il aurait a payer les droits en consequence. 

Q. Comment pourriez-vous fixer, dans ce cas, d une part le prix que le manufac 
turier devrait payer au fermier et, d autre part, le prix qu il ferait payer au consom 
mateur ? 

E. La concurrence le determinerait. Les differents manufacturiers voudraient 
tons avoir une part des 14,000,000 de livres de Burley. Nous pretendons etre en me- 
sure de produire tout le Burley necessaire a notre consommation. 

Q. Je le pretends aussi, et meme beaucoup plus que cela? 

E. Eh bien, alors, pourquoi ne reserverions-nous pas notre propre marche spe- 
cialement pour lui, lorsque les Etats-L T nis ne nous permettent pas d exporter chez eux 
une settle livre de notre tabac? Si nous pouvioiis leur envoyer notre surplus, ce 
serait une affaire diffe rente. 

Q. Je voudrais trouver le moyen de faire quelque chose dont les fermiers retire 
ment un benefice certain ? 

E. Si le fermier avait a sa disposition uii marche de 14,000,000 de livres de tabac, 
ce serait plus avantageux pour lui qu uii marche restreiiit a 4,000,000 de livres. 

Q. tin -plus grand nombre de gens se livreraient a cette culture? 



44 M. LEWIS WIGLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Mais quelle garantie aurait le fermier, le droit est de 34 centins maiiitenant ? 

R. 28 centins. 

R. Non, 34; 20 sur 1 accise et 14 sur 1 autre? 

R. C est 2-0 centins de plus sur 1 accise et 10 centins de droit. 

Q. Et 14 sur le tabac ecote? 

R. Nous parlions des douanes. 

Q. Us ne mettent pas de cotes dans le tabac ? C est 14 centins sur ce qui va dans 
le tabac? 

R. Ils mettent des liquides pour remplacer le poids des cotes, ce qui revient an 
meme. 

Q. Mais ils ont une difference dans 1 accise de 20 centins? 

R. Oui. 

Q. Sur Particle manufacture? 

R. Liquide, melasse, etc. 

Q. Oui, si bien que cela fait reellement beaucoup plus que 20 centins par livre 
sur le tabac, plus 14 centins, total 34 centins. 

R. Non, vous tenez compte des cotes; nous les supprimons. On me dit qu une 
livre de tabac ecote donnera pres le deux livres de tabac manufacture. 

Q. Oui; c est ainsi que vous avez 40 centins par livre sur le tabac? 

R. II n y sont pas. 

Q. A 1 heure actuelle, la protection ne profite aucunement au fermier? 

R. Non. 

Q. Supposons que nous elevions le droit a 35 centins, comme vous le proposez, 
quelle garantie avons-nous que le fermier en retirera plus de benefices qu il n en a 
maintenant? 

R. Parce qu il evincera le tabac americain et aura un marche de 14,000,000 de 
livres au lieu de 4,000,000 de livres. 

Q. Noil pas 14,000,000 si les chiffres de M. Gerald sont exacts, mais seulement 
3,000,000 de plus? 

R. Ce doit etre superieur a 3,000,000 de plus, parce que je pretends que nous 
pouvons produire treize millions sur quinze. Sur la quantite qui entre au 
Canada, il se trouve provablement 2,000,000 de livres de tabac cubain que nous ne 
pouvons cultiver, mais quoiqu il en soit, nous pouvons recolter la majorite de ces 
15,000,000 de livres; les 2,000,000 de livres probablement, de la plus belle qualite, 
je crois. 

Q. Je crois qu environ 4,000,000 de livres viennent du Wisconsin et nous devond 
etre capables de les fournir, en employant les moyens necessaires? 

R. Oui. 

Q. Mais je ne puis me convaincre de 1 exactitude de votr j prevention que les fer- 
miers dicteraient leurs conditions aux manufacturiers si le tabac americain etait 
absolument evince. Je ne vois pas comment leur situation respective differerait de ce 
qu elle est aujourd hui? 

R. Ils beneficieraient d une concurrence plus forte ; les acheteurs qui vont mainte 
nant acheter aux Etats-Unis acheteraient chez nous, en concurrence avec les autres 
acheteurs et les fermiers encaisseraient les millions de dollars qui sont, aujourd hui, 
payes aux fermiers americains. 

Q. Quelle est votre propre opinion sur 1 abolition des differentes especes de timbres, 
qui permettraient aux manufacturiers de faire entrer dans leurs etablissements toutes 
sortes de tabacs? 

R. Je ne connais pas bien cette question; j ai entendu dire que les manufacturiers 
de cigares n etaient pas autant interesses dans les timbres que les manufacturiers de 
tabac a chiqxier. 

Q. Vous disiez a 1 instant que la diineulte actuellement provenait de ce que le 
manufacturer ne peut pas faire entrer le tabac canadien chez lui et s en servir. Serait- 
rl avantageux au commerce canadien de supprimer cette restriction? 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 45 

ANNEXE No 2 

K. Certainement. 

Q. Alors, s il existait un nombre uniforme qui pourrait etre employe partout, cela 
profiterait au commerce canadien? 

B. Je le crois, mais ce qui serait encore bien meilleur ce serait que nous eussions 
notre propre marehe pour notre propre tabac et un droit d accise uniforme, comme 
cela se pratique aux Etats-Unis, ou ils n ont pas de timbre. 

Q. Votre idee est que le droit d accise sur le tabac doit etre uniformise 

E. Oui. 

Q. C est ce qui est propose aujourd hui, et vous 1 approuvez? 

K. Oui. 

Q. Le gouvernement d Ontario annonce qu il a 1 intention de creer une ferme 
experimentale pour le tabac, dans le comte d Essex, savez-vous si quelque chose a deja 
ete fait dans ce sens ? 

K. Je crois que la graine a ete donnee a M. Peterson pour la semer, mais je ne 
sais pas quel resultat a ete obtenu. 

Q. J ai compris qu il s agissait de 1 etablissement d une ferme experimentale? 

E. Non, je ne connais rien de ce projet. 

Q. Est-il possible de faire quelque chose pour ameliorer la qualite du tabac cana 
dien? 

K. Je vais vous dire comment ce tabac Burley a ete amene au degre de haute qua- 
lite qu il a atteint. L ge^ant de la Empire Tobacco Company envoie tous les ans, 
dspuis un certain nombre d annees, une circulaire contenant des instructions aux 
fcrmiers sur la maniere de cultiver. II leur indique les meilleures methodes et leur 
explique qu ils obtiendront un prix d autant plus eleve que leur tabac sera meilleur. 
De plus, la compagnie a un fertilisant special pour le tabac, qu elle expedie dans le 
pays par wagons. 

Par M. Zimmerman: 

Q. II s est produit de grandes ameliorations dans le type de tabac recolte pendant 
les dix dernieres anness? 

E. Certainement, 1 amelioration est de 100 pour 100. 

Q. Et quoique la qualite du tabac se soit de beaucoup amelioree, les fermiers le 
vendent moins cher aujourd hui qu ils ne le vendaient lorsqu il etait inferieur? 

E. C est exact, parce que la merchandises americaine les concurrence. 

Par M. Caldwell: 

Q. N y a-t-il pas une difference au point de vue du sechage et de la maturation ? 
E. oSTon, nous le maturons tout aussi bien que qui ce soit. 

Par M. Sproule: 

Q. Je desirerais savoir de M. Wigle s il ne pense pas que la maniere dont le tabac 
est manufacture influe beaucoup sur la quantite qui est vendue? II convient mieux 
au gout. N est-il pas vrai, que dans certaines manufactures, on emploie une quantite 
appreciable de glycerine et de reglisse, tandis qu ailleurs on emploie de la melasse ? 

E. Chaque manufacture a une formule differente, il n y a pas de doute a cet egard ? 

Q. Un precede peut convenir mieux qu un autre au gout du consommateur ? 

E. Chaque manufacturier a sa propre formule. 

Par M. Clements: 

Q. M. Wigle ne pense-t-il pas qu un facheux prejuge s attache au tabac canadien, 
et je suis certain que mes amis de Quebec partageront mon opinion, basee sur 1 expe- 
rience. Je n avais jamais fume de tabac canadien, et chacun sait que je fume autana 
que qui que ce soit, mais j allai habiter ma ferme pendant quelques semaines ou 
j epuisai ma provision d autre tabac, si bien que je fus oblige de fumer du tabac cana- 



46 M. LEWIS WIOLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

dien. Je n en avais jamais fume auparavant et maintenant je ne veux plus en fumer 
d autre, et je dis que c est le raeilleur tabac que Ton puisse fumer. 

M. CALDWELL. Si je comprends bien, le grand succes de M. Macdoiiald reside dans 
1 arome de son tabc. Un fumeur s attache a un certain arome et aucuii autre ne lui 
convient. Je me suis souvent demande si cet arome ne produit pas les memes effets 
qu une drogue opiacee; j ai souvent p?nse qu il est possible que cet arome soit obtenu 
par 1 usage de 1 opium ou de quelque autre drogue qui lui communique son attrait, 
ce qui expliqu?rait I attachsment d un fumeur a une certaine espece de tabac et son 
dedain pour les autres. J ai essaye toutes les marques de tabac canadien et j ai cons 
tate qu apres la premiere tentative faite, il m est impossible d y revenir. Je ne sais 
pas si c est a cause de son odeur, ou de son gout ranee, ou de quelque autre chose, 
mais il y a quelque chose qui laisss a desirer. J en ai cultive moi-meme sur mon 
propre terrain, et je ne peux pas le supporter. 

R. J ai deja dit je crois que c etait avant votre arrivee que je crois que si M. 
Macdonald voulait manufacturer ce tabac avec sa formule, il ferait du tabac a chi- 
quer aussi bon qu avec le tabac americain. 

Par M. Ross (Yale-C<aribou) : 

Q. Alors, pourquoi ne le fait-il pas ? 

R. Parce qu il a declare depuis longtemps qu il ne le ferait jamais et aussi long- 
temps qu un homme ayant cree une marque de tabac peut continuer a vendre cette 
marque sans etre oglige de recourir a des essais sur une nouvelle espece de tabac, il 
continuera a le faire et a gagner des millions. 

Q. Nous sommes obliges d etudier la question sous toutes ses faces. L? consom- 
mateur du tabac de Macdonald a autant de droit dans ce pays que le consommateur de 
ce tabac. Vous dites: " Excluez le tabac americain". Eh bien, si nous faisons cela, 
que fera le consommateur qui veut chiquer la petite tablette? 

R. II peut faire ce que font les americains, qui sont contraints de chiquer leur 
propre tabac. 

Q. J ai lieu de croire que vous ne faites pas de politique active en ce moment ? 

R. Vous ne m avez pas entendu citer un anecdote, un moment auparavant, et 
vous n avez pas entendu, lion plus, M. Clements, parler de sa propre experience. L ex- 
bailli de 1 Ile Pelee m a dit, il y a six mois, qu il n avait jamais chique autre chose que 
le tabac de Macdonald pendant toute sa vie jusqu a ce que 1 approvisionnement de ce 
tabac vint a manquer dans File. Pendant trois semaines il fut oblige de chiquer une 
tablette faite avec du tabac canadien, ce qui le guerit de sa predilection pour le tabac 
de Macdonald. Ayant plus tard essaye d y revenir, il ne put en supporter le gout et 
dut le Jeter; le tabac canadien avait supplante 1 autre. 

Par M. Caldwell: 

Q. Pouvez-vous dire si ce tabac est drogue ? 

R. Je 1 ignore, mais je puis dire qu il n y a pas deux manufacturers qui eniploient 
la meme formule pour faire le tabac a chiquer ; cela, je le sais. 



Ayant examine ma deposition, telle que transcrite ci-dessus, je la reconnais exacte. 

LEWIS WIGLE 
Cultivateur de tabac, Leamington, Out. 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 47 

ANNEXE No 2 

M. JERRY O BRIEN, de Chatham, Ont., est appele et interroge. 

Par M. Clements: 

Q. A ma connaissance, vous etes un important manufacturier de cigares et vous 
avez aussi eu quelque experience comme acheteur de feuille canadienne recoltee dans 
Essex et Kent. Je vous prie de nous dire aussi brievement que possible quelles sont 
vos idees pour arriver a une amelioration de la condition de producteur canadien aussi 
bien que des manuf acturiers ? 

M. ZIMMERMAN. C est le point. . . . 

M. CLEMENTS. Us sont a considerer. 

JL Ross (Yale-Caribou). Jf. O Brien devrait nous dire ou se trouve sa manufac 
ture. 

Le TEMOIN J ai cultive du tabac et manufacture des cigares a Chatham. 

Par M. Clarke: 

Q. Chatham, dans Ontario? 

R. Oui, pendant nombre d annees. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Que manuf acturiez-vous ? 

R. Le tabac etranger en feuilles. 

Q. En quoi le transformiez-vous, M. O Brien? 

R. En cigares. Mon experience de producteur de tabac m autorise a dire que je 
crois que nous pouvons recolter du tabac qui prendrait la place du tabac du Wisconsin 
ou du Connecticut pour les cigares. 

Q. Pour 1 interieur ? 

R. Oui, et aussi pour sous-cape et robe. 

Par M. Clarke: 
Q. C est 1 usage qu on en fait? 

R. Oui. Au temps actuel, il convient a des marchandises moyennes et je crois 
que le droit propose est bon. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 
Q. Moyennes comme force, voulez-vous dire? 

R. Non, de prix moyen, c est-a-dire au-dessous des marchandises de qualite supe- 
rieure. 

Par M. Clarke : 

Q. Vous voulez dire, je suppose, de qualite moyenne? 

R. Oui. Les changements proposes dans les droits seraient, je crois, fort avan- 
tageux pour le fermier et pour le manufacturier aussi, parce que si le droit est eleve 
comme il est propose et le timbre uniforme adopte, chaque manufacturier aura la 
faculte d essayer le tabac canadien sur son merite. Sous les reg-lements actuels, si du 
tabac canadien entrait dans nos manufactures, nos remises en reductions de droits 
sur les rognures cesseraient. Le tabac canadien est si mal repute que beaucoup de 
gens n3 voudraient pas 1 essayer. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. D ou faites-vous venir votre tabac interieur, M. O Brien ? 
R. L T n.9 pnrtie du Wisconsin, d autre de Cuba, du Connecticut et aussi de 1 Ohio. 

Par M. Clarke : 

Q. Votre manufacture est-elle etrangere ou a conabinaison ? 
R. La mienne est etrangere. 



48 M. JERRY O BRIEN 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Vous n avez jamais essaye le tabac canadien dans votre manufacture? 

R. Non. 

Q. Rien n empeche un manufacturier d user du tabac canadien, maitenant, s il 
le veut, en payant la depense additionnelle? 

R. II perdra sa remise cm reduction de droits, qui cesse aussitot qu il entre du 
tabac canadien dans sa manufacture. 

Q. II paie le droit d accise additionnel de 25 centins? 

R. II paie exactement $6 par mille. 

Q. Sur les cigares? 

R. Oui, c est ce qu il paie s il veut employer du tabac canadien. 

Par M. Ross (Yale-Caribou): 

Q. Vous nous declarez, M. O Brien, que si les droits sont modifies, vous, qui etes 
manufacturier, vous emploieriez alors du tabac d Essex pour vos sous-capes, est-ce 
bien cela ? 

R. Oui. 

Q. Voulez-vous dire, en tant que manufacturier, si le comte d Essex peut pro- 
(luiro du bon tabac pour 1 interieur des cigares ? 

R. Oui ; je crois que si les droits sont arranges de la maniere proposee, tons les 
manufacturers canadiens, quand ils trouveront du tabac a cigares convenable 1 ache- 
tercnt ct 1 emploieront. 

Par M. Clarke : 

Q. Sur ses merites? 

R. Nous sommes un grand nombre de manufacturiers et si ehacun de nous con- 
sommait 5 tonnes par an, cela reduirait tellement la recolte de Burley que le f ermier 
pourrait obtenir du manufacturier le prix qu il voudrait pour le cultiver. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Je croyais que le tabac Burley ne convenait qu au tabac a chiquer? 

R. Parfaitement; mais si le fermier cultivait du tabac a cigares, le Burley de- 
viendrait rare. 

Q. Je comprends que differents Etats de 1 Union produisent des especes de tabac 
speciales. Par exemple, dai^s le Wisconsin ils font des robes, dans le Connecticut on 
trouve 1 interieur, mais non la robe, et ainsi de suite dans d autres Etats. Comment 
cela se f ait-il ? 

R. Ce n est pas tout a fait cela. Le Wisconsin produit la sous-cape et le Connec 
ticut la donne egalement et tres peu de tabac a robe. 

Par M. Clarke: 

Q. La tripe vient principalement de la Havane, n est-ce pas ? 

R. La tripe est du tabac Zimmer et Zimmer est semblable a celui que nous recol- 
tons dans Essex. 

Q. Les cigares Tucket, par exemple, leur tripe vient de la Havane ? 

R. Je ne sais pas. 

Q. Elle est reputee en provenir. 

R. Tous, nous manufacturons des tabacs de la Havane. 

Q. Mais je parle de la tripe. Si je comprends bien, on emploie comme tripe du 
Havana, du Wisconsin, pour la sous-cape et du Sumatra pour la robe ? 

R. Ou du Connecticut pour la sous-cape. 

Par M. Ross (Yale-Caribou): 
Q. N est-ce pas la regie? 
R. Oui. 

Q. Ce tabac est cultive pour des fins speciales dans differents pays? 
R. Oui. 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 49 

ANNEXE No 2 

Q. C est la regie? 
K. Oui. 

Q. Dans ce cas sans vouloir contredire les fermiers d Essex comment peuvent- 
ils pretendre qu ils sont mieux places qu aucun autre pays au monde pour cultiver du 
tabac a toutes fins? 

M. CtARKE. II n y a pas d endroit dans I univers tel qu Essex. 

E. En ce qui concerne Essex nous avons differentes especes de sol le long de cette 
rive du lac. J ai achete du tabac depuis Amherstburg en descendant jusqu a Saint- 
Thomas, je crois. Eh bien( il y a de la pierre a chaux dans cette region qui est la 
memo qu a Hartford, Connecticut). Ceci est du Connecticut ou Comstoclc Spanish 
(il designe un echantillon). Voici un tabac a cigare qui a ete recolte par ici (il de 
signe un autre echantillon)) c est un tabac qui brule bien. II fait une cendre blanche 
ct ne se boursouffle pas sous 1 action du feu ; il restera allume 5 a 7 minutes, autant 
que j en puisse juger, c est-a-dire qu il conserve son feu aussi longtemps que n im- 
porte quel tabac de la Ilavane importe ici. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Connaissez-vous le tabac Kelowna? 
E. Non. 

Par M. Ross (Yale- Caribou) : 

Q. Vous devez avoir de bon tabac dans votre manufacture? 
E. J ai entendu parler favorablement de ce tabac. 

Par M. Zimmerman: 
Q. J en ai fume, il est bon et fort; vous ne desirez pas fumer plus d un cigare. 

Par M. Blain: 

Q. Votre sol est favorable, mais votre climat est-il bon? 

E. Oui, monsieur, nous jouissons d un beau climat; notre printernps est hatif et 
1 automne prolonge, ce qui donne au tabac tout le temps necessaire a sa maturite et a 
son sechage. 

Q. II est egal a celui de certaines regions des Etats-Unis dont vous avez parle? 

E. II est semblisble a celui de 1 OhiO , d ou vient vine grande partie du tabac 
d interieur qui est employe dans les manufactures de cigares. 

Q. Est-il meilleur qute le Connecticut? 

E. Oui. 

Par M. Schell (Oxford): 

Q. Comment se fait-il que vous n employiez pas le tabac canadien dans les manu 
factures de cigares si sa qualite est bonne? 

Par M. Clarice : 

Q. Attribuez-vous cela au systeme actuel des trois manufactures distinctes? 

E. Oui; comme je vous le disais a 1 instant, vous pouvez le constater par les 
statistiques de la quantite de tabac canadien employe dans les manufactures etran- 
geres; ce qui, je 1 espere, vous satisfera, c est qu il peut etre melange plus intelli- 
gemment qu il ne 1 est aujourd hui. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Vous pretendez qu il en est fait usage en quantite assez importante? 
E. Oui. 

Q. Et cela, quoique vous ne 1 annonciez pas dans tout le monde? 
E. Oui. 

24 



50 M. JERRY 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. C est a cause du prejuge existant centre le tabac canadien. Si les consomma- 
teurs savaient que les manufacturiers de cigares se servent de tabac canadien, le com 
merce de ceux-ei pourrait en souffrir? 

R. Je le crois. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Vous pensez qu au moyen de la legislation proposee, la situation du manufac- 
turier serait beaucoup amelioree? 

R. Oui, je le pense. 

Q. Et qu il y aurait un avantage marque a n avoir qu uii droit d accise et qu un 
seul timbre ? 

R. Oui, un gros avantage. 

Q. Et un seul droit d accise? 

R. Oui: 

Par J/. Parent: 

Q. Pouvez-vous me dire si 1 on peut f aire de bonnes cigarettes avec du tabac cana 
dien? 

R. Je n ai jamais essaye. 

Q. Vous ne savez rien a ce sujet ? N avez-vous pas appris que des experiences 
out ete recemment faites par des. manufacturiers de cigarettes avec du tabac canadien? 

R. Je ne me suis jamais occupe du commerce des cigarettes. 

Par M. Clements: 

Q. Comme manufacturer et comme acheteur, vous approuveriez 1 encouragement 
donrie au commerce du tabac canadien et vous possedez la certitude que nous pouvons 
eultiver dans les corntes de Kent et d Essex, ou ailleurs dans le Dominion, la Colom- 
bie-Britannique et Quebec, par exemple, du tabac convenant au commerce en general, 
je ne veux pus dire apte a tons les usages, car j excepte les qualites de fantaisie ? 

R. Oui, j estime que nous pouvons recolter ici du tabac de toutes les categories, 
n 1 exclusion du type TJavana et Sumatra. 

Par M. Sproule: 

Q. En dehors des cigar;s, manufacturez-vous d autre tabac? 

R. Non. 

Q. Vous ne fabriquez pas le tabac en tablette? 

R. Non, pas a present. 

Par M. Caldwell: 

Q. Je repete la question qui a deja ete posee. Existe-t-il quelque arome melange 
au tabac, qui soit nocif ? 

R. Je ne suis pas dispose a le croire. 
Q. Vous ne le psnsez pas? 
R. Je ne le pense pas. 

Par M. Sproule : 

Q. Vous ne manufacturez ni cigarettes ni tabac a cigarettes? 

R. Non. 

M. DARIUS WIGI.E Je voudrais poser a M. O Brien deux ou trois questions. 

Le PRESIDENT. Soyez aussi bref que possible. 

Pa?- M. Darius Wigle: 

Q. M. O Brien, vous qui manufacturez des cigares sous la licence americaine 
vous avez du .employer des robes provenant du Wisconsin? 
R. Parfois, oui. 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 51 

ANNEXE No 2 

Q. Voici u n echantillon de Comstock Spanish. Pouvez-vous me dire si vous avez 
jamais trouve dans ce tabac de meilleures robes que celles que j ai dans cet echantillon? 
(II produit 1 echantillon.) 

M. Ross (Yale-Caribou). Vous feriez mieux d indentifier 1 echantillon. 

M. DARIUS WICLE. C est un echantillon de Comstock Spanish recolte a Kings- 
ville, comte d Essex, avec de la graine du Wisconsin. 

M. CLARKE. Sur quelle ferme? 

M. DARIUS WIGLE. II a ete recolte par M. T. Peace, de Kingsville. J ai paye 
cette recolte 9 centins la livre et je prie M. O Brien de me donner son opinion sur ce 
tabac comme robe? 

Le TEMOIN. J ai voyage en voiture cet hiver dans cette region, a plusieurs repri 
ses et j ai examine un lot de ce gros. tabac de la Havane produit de la semence que les 
experts ont envoye ici. 

Par M. Gordon: 

Q. Vous voulez parler de la comparaison avec ce gros tabac ? 
R. Du tabac semblable. 

Par M. Darius Wigle: 

Q. Est-il plus ou moins beau que celui que vous avez regu du Wisconsin? 

R. J ai examine un lot cet hiver et il fera des robes de cigares de premiere classe. 

Par M. Clarke: 

Q. Cet echantillon represente-t-il la moyenne? 
R. wui. 

Q. II y a d autre tabac aussi beau que celui-la ? 
R. II y en a meme qui est un peu plus beau. 

Par M. Darius Wigle: 

Q. En outre, je comprends que vous vous servez de " Connecticut seed " comme 
robe? 

R. Oui. 

Q. Voici du tabac de cette derniere espece qui a pousse dans le canton de Mersea. 
Voulez-vous nous donner votre opinion en ce qui regarde sa qualite pour le meme 
usage? 

R C est la qualite a laquelle je faisais allusion en parlant de ces deux classes de 
marchfmdises qui peuvent remplacer le tabac que nous import ons du Connecticut et 
du Wisconsin. 

Par M. Eoss (Yale-Caribou): 
Q. II est tout aussi bon? 
R Oui. 

Par M. Darius Wigle: 

Q. Avez-vous importe de meilleur tabac des Etats-Unis? 

R. Le tabac qui vient des Etats-TJnis ne sort pas des mains des ferrniers et sa pre 
paration est mieux f aite que chez nous. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Est-ce du tabac pour robe ou pour sous-cape? 
R. Pour la robe. 

Par M. Darius Wigle : 

Q. II est propre et sort directement de la fevme. De quelles varietes de tabac 
recommanderiez-vous la culture dans 1 ouest d Ontario comme tabac a cigares? 
R. Le "Comstock Spanish", le "Connecticut" et le "Big Havana". 

Ayant examine la transcription de ma deposition, je la reconnais exacte. 

JERRY O BRIEN, 

Manufacturier de cigares. 
2 4i 



52 M. WHITSON BALDWIN 

C EDOUARD VII, A. 1908 



M. WHITSOM BALDWIN est appele. 
Par M. Clarice: 

Q. Vous etes du canton de Colchester-sud, en descendant au lac Erie? 

E. Sur la rive nord du lac Erie ; c est le point considere comrne le plus meridional 
du Canada. 

Q. Depuis combien de temps cultivez-vous du tabac, ou vous interessez-vous a sa 
culture ? 

E. Je m en suis occupe toute ma vie. 

Par M. Zimmerman : 

Q. C est-a-dire depuis au moins vingt ans? 

E. Oui, et meme sensiblement plus. En fait, je cultive le " Burley " depuis dix 
ans environ et quelques autres varietes depuis plus longtemps. 

Q. II y a dix ou douze ans que 1 on a commence a cultiver le Burley? Avant cela, 
quelles varietes cultiviez-vous ? 

E. Ce que nous nommons le " Thick Set ", le " Blue Prior " et quelques autres 
varietes qu aujourd hui nous n oserions plus considerer comme du tabac; c etaient des- 
tabacs lourds, tres grossiers, qui suffisaient aux besoins de 1 epoque. 

Q. Quel usage en faisait-on alors? 

E. Au debut de ma culture, il etait envoye a Montreal, par un petit vaisseau. 

Q. De telle sorte que les varietes que vous cultiviez vingt ans auparavant ne sont 
plus employees maintenant? 

E. Plus du tout. 

Q. Les fermiers se plaignent beaucoup aujourd hui, parait-il, de n avoir pas fie 
debouches pour leurs produits? 

E. Je puis vous montrer des centaines de granges dans lesquelles le tabac est reste 
suspendu, comme il 1 etait 1 automne dernier; etant donnee I impossibilite de le veu- 
dre, on ne prend pas la peine de le travailler. 

Q. Qu avez-vous a dire de la qualite du tabac recolte ici ? 

E. Au point de vue de la qualite, il est de premiere classe. On nous a montre du 
tabac prepare et d autre qui ne 1 etait pas. Voila (il montre un echantillon) un echari- 
tillon de Comstock, preleve sur un stock pret a etre livre a 1 acheteur; c est de la 
feuille de " Connecticut seed ". 

Q. D ou provient-il? 

E. De Colchester-sud. 

Par M. Clements: 

Q. Dans 1 etat ou il se trouve apres avoir ete nettoye et epluche par le fermier? 
E. Oui, comme il a ete pris sur la perche. 

Par M. Clarice : 

Q. Quelles ameliorations ont ete apportees par les fermiers dans les quelques 
dernieres annees, dans les soins qu ils lui donnent? 

E. La culture et la manipulation ont ete faites avec plus de soin. En reahte, ils 
essaient de produire les varietes les plus nouve"lles et deviennent mieux outilles pour 
la preparation. Quand nous avons commence a nous livrer a cette culture, il etait 
presque impossible pour le simple fermier de le preparer, la manipulation etant alors 
tres defectueuse. 

Q. Je crois qu il y a des soins de differentes natures a lui olonner? A enlever le 
sable, par exemple? 

E. Qa, c est de la manipulation; evidemment, si vous le laissez sur le sol et qu il 
vienne a pleuvoir, le sable se collera aux feuilles. 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 53 

ANNEXE No 2 

Q. Et plus le fermier prend de precautions, plus il le vend cher? 

R. Certainement; 1 un des desagrements les plus serieux est cause par les vers 
qui s y mettent quelquefois, si on ne les detruit pas; c est aujourd hui le plus grand 
inconvenient de cette culture, mais le prix est fixe par 1 acheteur en consequence. 

Q. Ensuite, il faut le couper en temps opportun? 

R. Cela depend de sa maturite et de la saison, si le beau temps se prolonge. 

Q. Je voulais dire qu il doit etre dans la condition voulue? 

R. Oui ; le tabac le plus grossier, tel que le " Burley " ne cause pas d ennuis a ce 
sujet; il montre lui-meme quand on doit le couper, mais les tabacs plus fins presen- 
tent plus de difficultes pour determiner 1 epoque de leur recolte; par exemple, quant 
au " Connecticut Seedling " il est difficile de dire quand il est pret et certaines autres 
varietes soiit dans le meme cas. Prenons le " Kentucky Yellow " vous ne trouverez 
pas deux plants se touchant, ayant ete plantes le meme jour, qui soient murs le memo 
jour. Le " Seed Leaf" n est pas tout a fait aussi delicat; il presentera plus de diffe 
rences sur differents sols; le resultat sera tres variable, selon que vous aurez un ter 
rain fortement sablonneux ou une terre noire. 

Q. Quelle est votre opinion sur les varietes de sol de votre region et leur aptitude 
a produire differentes especes de tabac? 

R. Tous nos terrains sont susceptibles de faire croitre le tabac. Evidemment, les 
sols plus lourds donnent une qualite de tabac plus pesant. 

Q. Mais differentes qualites de sol peuvent convenir a differentes varietes de tabac? 

R. Oui. 

Q. Et, d une maniere generale, vous dites que les fermiers s entendent bien a la 
culture du tabac? 

R. Us ameliorent tout a la fois leur sol et leurs metbodes. 

Q. Les uns plus que les autres, je suppose ? 

R. Certainement. 

Par M. Clements: 

D. Que suggereriez-vous pour ameliorer encore ? 

R. J ai parle avec mes voisins a ce sujet et ils desirent vivement la creation d ime 
ferme experimentale parmi nous, dirigee par un specialiste. II a ete dit dans cette 
Chambre que nous ne produisons pas du tabac de premiere classe ; nous ne demandons 
qu a apprendre et a etre conseilles. Quand ils apprirent que je devais venir ici, un 
certain nombre de mes voisins sont venus me voir et m ont recommande de vous 
exprimer leurs vues qui tendent a 1 etablissement d une ferme experimentale affectee 
a cette culture sous la direction d un specialiste des Etats-TJnis ou les conditions sont 
les memes que chez nous, quelle que soit 1 importance de cette depense, et si le gou- 
vernement peut realiser cette idee, nous nous mettrions nous-memes sous la 
direction de cet expert pour faire construire un entrepot ou 1 on pratiquerait 1 eplu- 
chage et la manipulation du tabac, dans notre region oil se recolte la plus grande 
quantite et la meilleure qualite de tabac, qui serait apporte a notre entrepot pour y 
etre mis au point et d ou il serait pret a etre vendu soit sur notre marche, soit a 
1 etranger. Concurremment avec cela, nous desirons, en outre, que quelques-uns de 
nos jeunes gens, pami ceux qui ont regu une certaine education, soient places aupres 
de cet expert pour beneficier de ses legons et conseils et apprendre cette branche de 
1 agriculture dans tous ses details. De cette fagon, nous aurions parmi nous des gens 
de notre connaissance et en qui nous aurions confiance pour les charger de cette cul 
ture. II ne nous est pas toujours facile d engager un homme experimente, qui nous 
donne toute satisfaction. J ai remarque, dans la lettre que lisait M. Wigle un moment 
auparavant, qu il etait oblige de s enquerir particulierement aupres d un homme qu il 
avait 1 intention d engager s il avait des habitudes reguliere^ et s il etait sobre et 
industrieux, ce qui sont des qualites indispensables. Si nous trouvions chez nous ces 
homines experimentes, nous saurions ce qu ils valent et ce que Ton peut esperer d eux. 



54 M. WHITSON BALDWIN 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Beaucoup de nos jeunes gens frequentent nos colleges dans le but de s elever a une 
condition meilleure que celle du commun des mortels et je pense qu on pourrait les 
diriger dans cette voie. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Au college d agriculture, s occupe-t-on d enseigner la culture du tabac? 
R. Pas encore. 

Par M. Clarke : 

Q. Oui, mais Ton y enseigne la chimie et la composition du sol ? 
R. C est la que ces jeunes gens viendraient s instruire ; ce serait avantageiix 
pour eux. 

Par M. Clements: 

Q. En dehors de la surveillance de la croissance du plant et des soins donnes a la 
recolte, ne croyez-vous pas, M. Baldwin, que la qualite de notre tabac puisse etre 
amelioree si nos gens avaient des batiments mieux appropries qu ils ne le sont, pour 
la preparation ? 

R. Oui, je crois que cela se pourrait. 

Q. Et que, s ils recevaient un encouragement suffisant, les fermiers s empresse- 
raient de realiser cette amelioration, s ils etaient assures d un marche suffisant ? 

R. Certainement. 

Q. Vous n avez aucun doute a cet egard? 

R. J ai la conviction que notre comte peut doubler et au dela sa production 
actuelle, ce qui aurait lieu si le prix garantissait la possibilite d un benefice. 

Q. Alors, selon vous, M. Baldwin, une bonne quantite de notre tabac n est pas 
emmagasinee dans des batiments convenables, les cultivateurs n ont pas les facilites 
necessaires pour le conserver en bon etat et, quelquefois, il est place dans des hangars 
ou autres batiments ouverts ? 

R. II est certain que cela est arrive. 

Q. Avec des batiments appropries pour le conserver, sa qualite augmenterait 
considerablement ? 

R. Je le pense, certainement. 

Par M. Zimmerman: 

Q. M. Clarke a revele un etat de choses extraordinaire, quant a la difference de 
prix entre la feuille brute et le tabac manufacture en tablette ; je veux parler du 
tabac en tablette manufacture avec ce Burley ? 

R. II me semble qu il existe une anomalie entre le prix recu par le fermier et celui 
recu par le manufacturier. 

Q. Comment se fait-il que le fermier ne puisse realiser aucun profit de sa vente? 

R. C est une question bien difficile a resoudre ; si je me permettais d avancer 
qu il existe une combine entre les manufacturiers a ce sujet, il me serait impossible 
d en fournir la preuve. 

Par M. Clarice: 

Q. Mais c est votre impression? 

R. On le croit generalement, mais est-elle exacte ou non, je ne puis le dire, non 
plus que la division du territoire que les acheteurs se concederaient mutuellement. 
Q. Si cela se pratique, pourquoi est-ce rendu possible? 
R. II faut compter avec 1 importation de la marchandise de nos voisins. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Poursuivons cette idee. Si le tabac se vend, comme un temoin le dit onze 
cents de 1 autre cote de la frontiere, tandis que nos fermiers ne regoivent que huit 



INDUSTRIE DU TAB AC AF CANADA 55 

ANNEXE No 2 

centins et demi pour du tabac de merne qualite, comment expliquez-vous 1 impor- 
tation ? 

R. Les droits ne sont pas suffisants pour exclure la feuille americaine. 

Q. Mais il y a une si grande difference de prix? 

M. CLARKE. M. Zimmerman veut dire : " S ils peuvent 1 acheter ici meilleur 
marche qu aux Etats-Unis." 

R. Je ne puis repondre a cette question. 

M. Ross (Yale-Caribou): 

T). Vous devez y repondre. 

M. CLARKE : Si vous le pouvez. 

Le TEMOIN : Je dois ? 

M. Ross (Yale-Caribou) : Veuillez m excuser, mais vous ne pouvez meconnaitre 
ce fait : J ai demande a des manuf acturiers canadiens pour quelle raison ils payaient 
un prix plus eleve pour 1 article importe et ils m ont repondu que c etait parce qti ils 
ne pouvaient trouver dans le pays 1 article dont ils ont besoin. Vous devez repondre 
a cette prevention des manufacturiers. Ils ne sont pas insenses au point d acheter 
leur tabac plus cher de 1 autre cote, s ils peuvent en avoir ici, d egale qualite, a 
meilleur marche ? 

R. S ils ont de meilleur tabac a Petranger, ce n est pas du Burley mais seulement 
des varietes plus legeres. Des experts du Kentucky qui ont vu sur le marche de Saint- 
Louis du tabac recolte dans Essex m ont dit qu il avait ete paye le meme prix que la 
meilleure qualite provenant du Kentucky. Alors en quoi reside 1 inferiorite de notre 
tabac ? 

Q. Je ne puis repondre a cela ; je me borne a vous transmettre la prevention des 
manufacturiers. II devrait y avoir une explication possible? 

R. II y a quantite de choses auxquelles il n est pas de reponse. 

Par M. Parmelee: 

Q. ]STous ne parlons aucunement de la culture du tabac a cigares? 

R. Aucunement. Une raison doit etre dans le prix de ce tabac. On en a cultive 
tres pen. Ce n est que depuis 1 annee derniere que le tabac a cigares a ete cultive, et 
en tres petite quantite. 

Par M. Clarke: 

Q. Quelle quantite recolte-t-on de Comstock Spanish et de Zimmer? 
R. Huit ou dix mille livres, peut-etre moins, si 1 on ne compte pas le Seed Leaf, 
dont la production varie entre 50,000 et 100,000 livres. 

Par M. Zimmerman: 

Q. L introduction d un droit d accise sur tons les tabacs profiterait-elle, selon 
vous, au producteur? 

R. Pas directement, mais indirectement, parce que nos gens ne savent pas ce 
qu ils chiquent, a moins que le nom ne soit imprime dessus. Cela vous satisfait-il. 
M. Ross? 

Par M. Boss (Yale-Caribou) : 

Q. Assurement, il est absurde de dire que Macdonald n achetera pas de tabac 
canadien, uniquement parce qu il a eu, contre lui, une mauvaise opinion precongue. 
C est un homme tres riche et, probablement, il ne a arrete pas a un tel prejuge ? 

R. C est aussi moil avis, il ne refuserait pas de manufacturer notre tabac, a 
cause d un prejuge semblable. 

M. CLARKE. Je crois qu il a lance une marque et ne desire pas la changer. 

M. ZIMMERMAN. Personne ne fait plus pour le Canada, auourd hui, que M. 
Macdonald. 

Le TEMOIN. Personne ne le blame. 



56 M. WHITSOy BALDWIN 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Ross (Yale-Caribou): 

Q. Ne trouvez-vous pas etrange que les consommateurs persistent a acheter deux 
fois plus du tabac a, chiquer de Macdonald, dont les tablettes sont plus petites, que 
des tablettes plus volumineuses faites avec du tabac candien? 

R. Je ne puis convenir avec vous de cette proportion. Dans notre -comte, il ne 
se vend pas un dixieme de la quantite de tabac de Macdonald qui se vendait il y a 
trois ans. 

Par M. Clements: 
Q. Pas un dixieme, dites-vous? 
E. Moins d un dixieme de la quantite qui se vendait il y a trois ans. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

E. Je parle de la vente respective des tablettes de tabac a chiquer de Macdonald 
et de celle des autres manufactures canadiennes, dans tout le pays. Je ne suis pas cer 
tain de mes chiffres, mais je pense que la conaommation du tabac a chiquer de Mac 
donald atteint le double de celle d aucune autre variete, dans le pays entier. 

E. J admets que dans une grande partie du pays il ne se vend pas autre chose 
que du Macdonald, dans le Nord-Ouest, par exemple. Le Nord-Ouest exige du tabac 
Macdonald simplement parce qu ils en ont toujours chique et ne peuvent en avoir 
d autre. J ai un ami qui avait 1 habitude de chiquer dn tabac de Macdonald, mais a 
un certain moment, en etant depourvu, il essaya celui de The Erie Tobacco Company 
de Windsor; depuis lors, il n a plus jamais chique le Macdonald. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Vous devez avoir une mauvaise opinion du tabac de Macdonald. Je crois que 
M. Macdonald nourrit un prejuge centre le tabac recolte au- Canada. 

M. CLARKE. Considerez une marque de commerce quelconque, il faut du temps 
pour la faire adopter. 

E. Je ne vois pas que nous devions entretenir aucun prejuge particulier. Nous 
devrions essayer et developper ce qui est de nature a nous procurer le plus de bien. 
Nous demandons a encourager la consommation de notre tabac indigene et faire cesser 
1 importation. 

Par M. Carrier: 

Q. Vous avez souvent entendu dire que M. Macdonald possede un secret a lui 
pour la preparation de son tabac ? 

E. Je le crois. 

Q. Tons les autres manufacturers de ce pays ont essaye d imiter I arome que M. 
Macdonald donne a son " Prince of Wales Navy ", et ne sont jamais parvenus a 
1 approcher ou a faire mieux? 

B. Je le comprends. 

Q. Ceci a fait la fortune de M. Macdonald. Un seul homme au pays connaissait 
ce secret; il se nommait Campbell et doit etre mort maintenant. Ce secret a fait la 
fortune de Macdonald. 

E. Oui. 

Q. Personne n a jamais pu approcher I arome que M. Macdonald donne a son 
tabac, et ses clients preferent payer dix -centins sa marchandise plutot qu une autre. 

M. Eoss (Yale-Caribou). Pretendez-vous qu il ne pourrait pas donner le meme 
arome a d autre tabac de meme qualite? 

M. CARRIER. Ce n etait pas une question de tabac, mais d arome. 

E. Certainement, ce n est pas une question de tabac, mais d arome. 

Par M. Parmelee: 

Q. Vous avez parle de 8| centins par livre, comme d un prix exceptionnellement 
bas, ce n est done pas le prix ordinaire? 



INDUSTRIE DU TABAC AV CANADA 57 

ANNEXE No 2 

R. Non, ce n est pas le prix ordinaire. 

Q. Et ce prix est du, je suppose, a ce que les fermiers ont cultive plus de tabac 
qu ils n en pouvaient vendre; ils sont alles trop vite? 

R. Un peu trop vite. 

Q. II est deux choses sur lesquelles je veux appeler votre attention; vous devricv, 
vous consacrer a produire, peut-etre, une plus grande variete de feuille, de maniere 
a etre prets a repondre a la demande qu il y aura de feuille canadieiine pour cigares, 
laquelle vous ouvrira un debouche considerable. Ensuite, vous devriez ameliorer la 
qualite de votre tabac et limiter votre production a la demande. A coup sur, cette 
demande va en augmentant, mais ne precedez pas cette augmentation. 

R. Ce sont les conseils que je donnerais moi-meme. Je ne conseillerai pas aux 
fermiers de se lancer trop fort dans la culture du tabac. JSTaturellement, si les change- 
ments esperes se realisent et que nous ayons 35 centins de droits par livre de tabac, 
ce sera un encouragement. Je conseillerais aussi la nomination d un specialiste pour 
enseigner aux producteurs la manipulation de ce tabac, parce que nous ne connaissons 
pas les methodes particulieres aux tabacs a cigare. Ces tabacs sont plus couteux a cul- 
tiver et a soigner sous tous les rapports, et si nous entrcprenons lour culture, nous 
devrions en retirer le plus grand profit possible et produire la meilleure marchandise. 
Ces tabacs a cigares necessitent de grands soins, c est pourquoi nous devrions avoir 
des specialistes tant pour leur culture que pour leur manipulation. Je veux parler 
des varietes de 1 espece Zimmer et du Comstock. Le Connecticut ne s abime pas aussi 
facilement, mais ces autres tabacs, s ils sont manipules avec negligence ou rudesse 
perdent au mois un quart de leur produit. Les plants devraient etre coupes avec pre 
caution et suspendus, sans avoir touche le sol; les feuilles se salissent tres facilement 
et dans cette condition ne sont pas meme bonnes a faire des robes de cigares. Quant 
a la tripe, elle est moins delicate, mais pour arriver a obtenir un article de premiere 
classe, cela depend entierement de la manipulation. 

M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Je desire vous poser deux questions : Vous disiez il y a quelques instants, 
que, quelques annees auparavant, vous recoltiez clans le comte d Essex du tabac abomi- 
nablement mauvais, que 1 on se refuserait aujourd hui a designer sous le nom de 
tabac ? 

R. C est exact. 

Q. Savez-vous si c est a cette epoque que M. Macdonald a fait des experiences 
avec du tabac canadien ? 

R. Je ne pourrais dire a combien d annees remontent les experiences de M. Mac 
donald, mais j ai appris depuis que c etait a cette epoque. 

Q. Je comprends que c est alors que vous produisiez du tabac inferieur qu il a 
tente ces experiences qui ont fait naitre ses prejuges ? 

R. Je le suppose ; j ai appris que c etait dans ce temps. 

Q. Vous, qui cultivez du tabac de premiere classe, ou vos associes, avez-vous fait 
quelque effort pour faire penetrer ce tabac dans la manufacture de M. Macdonald et 
le convaincre que vous recoltez de bon tabac maintenant ? 

R. II lui a ete montre par 1 un de nos representants, M. Robinson, et par d autres, 
mais c est un homme qu il est difficile d approcher. En fait, comme producteurs nous 
ne connaissons pas M. Macdonald, nous n avons aucune communication avec lui ; 
nous habitons bien loin de lui et les fermiers n ont pas 1 habitude de voyager au loi 
souvent, si bien que je ne puis dire s il a jamais ete place devant lui. 

Q. Vous ne le blameriez pas de la mauvaise opinion qu il entretient sur le tabac 
canadien s il n en avait pas vu d autre que celui que vous recoltiez autrefois ? 

R. Non, nous ne le blamerions pas. 

Par M. Clarice: 

Q. Je suppose que la grande impopularite du timbre rouge et du timbre vert pro- 
venait de ce qu ils etaient appliques au tabac que vous cultiviez autrefois ? 



58 M. PETER LAMARSH 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

R. Non, il me semble que, depuis le debut, les trois timbres ont toujours existe. 
Je ne sais pas si c est parce qu ils etaient apposes sur le tabac canadien il y a des 
annees ; cela peut etre, mais je ne puis pas le dire. Je n ai pas vu beaucoup de timbre 
rouge, mais j en ai entendu parler souvent ; je ne frequente plus les fumeurs comme 
je le faisais autrefois, mais lorsque le timbre rouge se presentait, ils le rejetaient pour 
prendre le vert. 

M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Faroe que le timbre rouge indique au monde qu il est fait avec de pauvre 
tabac indigene ? 

R. C est votre idee, c est une enseigne dangereuse. 

Par M, Clarice: 

Q. Vous etes d avis que 1 uniformisation du timbre serait un progres? 
R. Oui. 



Ayant examine la transcription, qui precede, de ma deposition, je la reconnais 
exacte. 

W. G. BALDWIN. 



M. PETER LAMARSH, du canton de Mersea, est appele. 

Par M. Clarke : 
Q. Vous etes 1 assistant-bailli du township de Mersea, dans le comte d Essex? 

R. Oui. 

Q. C est le plus grand township du comte? 

R. Le plus grand township du comte. 

Q. Dans quelle proportion le tabac y est-il cultive ? 

R. Cette culture est extremement developpee dans le township de Mersea qui est 
1 un des plus grands producteurs de tabac que nous ayons, je pense, dans le Dominion. 

Q. Dites-nous quels echantillons vous avez apportes ? 

R. Celui-ci (produisant 1 echantillon) est un echantillon de White Bur ley prove- 
nant du township de Mei-sea; il est destine, je presume, a etre transforme en tabac a 
chiquer. 

Q. Qu avez-vous a dire stir sa qualite? 

R. Je doute que 1 on puisse trouver mieux au Kentucky ou nulle part ailleurs. 

Q. Get echantillon est prepare par les fermiers de la maniere ordinaire? 

R. C est la maniere dont les fermiers le travaillent ; il est pret pour 1 acheteur. 

Q. Les fermiers sont-ils devenus experimentes dans les soins a piendre du tabac ? 

R. Ils le deviennent de plus en plus. 

Q. Ils profitent de leur experience ? 

R. Oui. 

Q. Montrez les autres echantillons. 

R, Ceux-ci (produisant les echantillons) ont ete recoltes dans le voisinage et 
representent une magnifique qualite de tabac ; ce sont des White Burley. Je n ai pu 
me procurer aucun tabac a cigare, n ayant pas eu le temps necessaire, mais nous en 
avons cultive quelque peu dans notre region. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Ces tabacs sont-ils des tabacs a cigares? 
R. Non, a chiquer. 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 59 

ANNEXE No 2 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Get echantillon a-t-il ete coupe en temps opportun? 
E. Oui, je le crois. 
Q. N est-il pas un peu trop mur? 

K. Non, je ne le pense pas; il a un bel aspect et se trouve tres propre. Voici 
d autres echantillons pousses sur la pierre a chaux de 1 ile Pelee. 

Par M. Clarke: 

Q. Pouvez-vous me dire quelle difference vous trouvez entre ceux-ci et les autres ? 

E. Eh bien, je ne puis dire qu il soit plus grossier; il est plus resserre que ce 
tabac de 1 ile Pelee, et vous ne pouvez pas 1 ouvrir aussi bien que celui de 1 ile Pelee 
pour examiner sa qualite. 

Q. Est-il exact que le tabac de 1 ile Pelee a xme meilleure reputation que celui du 
continent ? 

E. II semble qu il en soit ainsi; vous voyez que les autres sont de tres belle 
qualite. 

Q. Les acheteurs le paieirt plus cher? 

E. Je crois que les acheteurs preferent le tabac de 1 ile Pelee. 

Q. Quel est cet autre echantillon de 1 ile Pelee? 

E. La meme chose, c est pour chiquer. 

Q. Ou f inner? 

E. Les gens d Essex le fument habituellement et le preferent a tout autre, mais 
ce n est pas un tabac a fumer. 

Par M. Carrier: 

Q. II n a pas un boil arome? 

E. II n a pas un aussi bon arome que le tabac cultive specialement pour etre 
fume. 

Par M. Clarke: 

Q. Les fermiers du pays 1 emploient toujours? 
E. Oui, ils le consomment. 
Q. C est du Burley qu ils consomment? 
E. Oui. 

Q. Et ils s en servent depuis nombre d annees? 

E. Les fermiers 1 emploient aux deux usages, ils le fument et le chiquent; quand 
ils y sont accoutumes. ils n en veulent pas d autre. 
Q. Le chiquent-ils a 1 etat brut? 
E. Oui, monsieur, beaucoup d entr eux. 

Par M. Zimmerman: 
Q. Meurent-ils jeunes ? 
E. Non, monsieur, ils atteignent un age tres avance. 

Par M. Clarke : 

Q. Quelle est votre opinion sur la difficulte entre les fermiers et 1 acheteur? 

E. La difficulte, la voici : nous savons qu une protection considerable est donnee 
a notre tabac, et nous savons aussi que les fermiers n en retirent, apparemment, aucun 
profit. 

Q. Comment expliquez-vous cela? 

E. Eh bien, la seule explication plausible, c est que les manufacturers doivent 
beneficier de toute cette protection. II doit en etre ainsi, parce que, apparemment, il 
n y a pas de concurrence, oe qu on pourrait appeler une concurrence reelle dans les 
achats. 



60 M. PETER LAMARSH 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M.. Zimmerman: 

Q. Je vous comprendrais si le prix du tabac etait aussi eleve ici qu il Test aux 
Etats-Unis. Mais vous pretendez recolter d aussi bon tabac qu aux Etats-Unis et, 
malgre cela, il est trois centins plus cher aux Etats-Unis, et ensuite il y a un droit 
adidtionnel de 34 centins? 

M. PARMELEE. Un instant. Je veux approfondir cette question. M. Clarke nous 
a dit, il y a quelques moments, que " The Empire " vend pour 10 centins une tablette 
de tabac a chiquer qui est deux fois plus grande que celle de Macdonald. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Les manufacturers peuvent-ils vous payer pour votre tabac autant qu ils 
paient pour le tabac amerieain lorsque, dans le but de faire concurrence a ce dernier, 
ils sont obliges de mettre deux fois autant de tabac canadien dans leur tablette? 

E. Demandez-vous a connaitre mon opinion la-dessus? 

Q. Oui. 

E. La seule reponse que je puisse vous donner est celle-ci: le manufacturier 
canadien est en concurrence avec un commerce etabli depuis 30 ou 40 ans, et vous 
savez qu un commerce etabli quelque part dans le monde est une chose difficile a 
abattre. 

Q. Je suis completenaent d accord avec vous, si c est la la reponse. La question 
qui se pose ensuite est celle-ci : S ils soiit obliges de faire cela, ils ne peuvent pas 
payer autant pour votre tabac que pour le tabac auquel ils font concurrence, n est-ce 
pas vrai? 

B. Naturellement, il semble qu ils ne peuvent pas le faire. 

Q. Ils ne pourraient pas le faire? 

E. Non. 

Q. S ils doivent mettre deux fois autant de tabac dans une tablette pour parvenir 
a la vendre, ils ne peuvent pas payer ce tabac aussi cher? 

E. Cela semble raisonnable, mais, d autre part, si les chiffres cites par M. Clarke 
sont exacts, les manufacturiers font un benefice certainement assez grand pour en 
laisser un peu au fermier. Ils ne devraient pas conserver pour eux tout le benefice, 
mais nous payer un prix raisonnable, au lieu de nous obliger a vendre notre tabac au 
prix coutant ou meme a perte. Je crois que les prix qui out ete indiques par M. 
Wigle et les chiffres publics par le Leamington Post sont reellement un peu plus 
eleves que ceux qui nous ont ete payes. 

Par M. Zimmerman: 

Q. C est un prix maximum ? 

E. Ce sont des prix maximums et la majorite des producteurs de tabac n a pas 
regu les montants qui ont e te cites aujourd hui. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Avant d arriver a obtenir le meme prix que regoivent les producteurs ameri- 
cains pour leur tabac, vous auriez a faire 1 educatioii des gens qui consominent le 
tabac americain, en faisant disparaitre leurs prejuges ? 

E. Je ne vois pas du tout ce que nous aurions a faire dans ce sens, mais le manu 
facturier aufsi aurait besoin d etre eduque. 

Par M. Clements: 

Q. Quelle legislation suggerez-vous pour empecher le tabac americain de venir 
au Canada ? 

E. Je ne suis pas partisan d un systeme de prohibition absolue en matiere de 
relations commerciales entre les nations, mais dans le monde entier, le tabac est con- 
sidere par les gouvernements comme un legitime objet de taxation. Dans quelques 
pays le tabac est un monopole d Etat et je crois que, dans la majorite des cas, le tabac 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 61 

ANNEXE No 2 

est taxe plus lourdement qu il ne Test par notre propre gouvernement. Eh bien, si le 
tabac est taxe plus lourdement qu il ne 1 est par notre propre gouvernement un 
tabac est un legitime objet de taxation, il n y a pas de raison qui puisse nous empe- 
cher de le taxer suffisamment pour favoriser la production de certaines varietes dans 
ce pays et approvisionner notre mai che domestique. 

Par M. Clarke : 

Q. II y a ceci a considerer : Supposons que vous prohibiez 1 importation du tabac 
et que vous eleviez la totalite du droit d accise, en autant qu il frappe le tabac cana- 
dien, vous n affecteriez pas le prix qui est paye au fermier ? 

R. Si le droit d accise etait augmente, cela dependrait principalement de la con 
currence que se feraient les manufacturiers. 

Q. Dans 1 hypothese de 1 exclusion du tabac americain, la totalite du droit d ac 
cise serait supporte par la feuille canadienne ? 

R. Oui, par la feuille canadienne. 

Par M. Carrier: 

Q. Pensez-vous qu il serait opportun pour le Gouvernement d envoyer un expert 
i 1 etranger, muni d echantillous de nos meilleurs tabacs pour tenter de 1 iiitroduire 
dans les pays europeens ? 

R. Oui, si le tabac etait convenablement prepare. 

Q. Nos tabacs de belle qualite pourraient etre exposes a 1 exposition anglo- 
francaise de Londres et un specialiste pourrait attirer 1 attention du public sur eux ? 

R. Sans aucun doute. 

Q. En faisant valoir les merites du tabac canadien ? 

R. Oui, cela pou rait se faire. II est une chose concernant le tabac que, person- 
nellement, je ne puis comprendre ; permettez-moi de vous citer un fait qui s cst 
produit au cours de mon experience. En 1898, j ai vendxi ma recolte de tabac ; elle 
etait considerable et me fut payee, je crois, 5 du 6 centins par livre. Mais quand j ai 
depouille mon tabac, j ai opere un triage. J enlevai les feuilles les moins belles f euilles 
ciechirees et feuilles basses du plant et les mis a part, tandis que je plagais sur les 
perches les feuilles les plus belles et les meilleures. Quand les acheteurs se preseii- 
terent, ils acheterent le bon tabac et laisserent 1 autre. J avais, je crois, 15 ou 20 balles 
de ce tabac inferieur, en balles de 50 livres environ et je le placai dans mon grenier, a 
un endroit ou il ne pouvait ni moisir, ni fermenter. Je le conservai ainsi pendant 
un an et demi. Mon beau-pere, qui consomme du tabac, vint et me dit : " Je voudrais 
une balle de ce tabac pour mon usage " et je lui en cedai une. Laissez-moi d abord 
vous dire que ce tabac etait un melange de Zimmer Spanish, Connecticut Seed Leaf 
et Burley. J avais pris la graine chez un voisin, qui avait completement melange ses 
plants. Je crois qu il y entrait aussi une ou deux autres varietes en outre de celles 
deja enumerees. Eh bien, mon beau-pere emporta ce tabac dans son village ou ses 
voisins le remarquerent. Un ou deux d entre eux lui demaiiderent un peu de ce tabac 
et, finalement, tous abandonnerent le tabac de Macdonald et les autres tabacs; ils ne 
voulaient plus que de la feuille canadienne et eurent vite fait de depouiller mon beau- 
pere, qui revint en chercher d autre. II m affirma que tous ces gens dsclaraient qu ils 
n avaient jamais eu de pareil tabac. 

Q. Peut-etre etes-vous extremement habile a le preparer ? 

R. Non, je pense que ce fut la nature qui s en chargea, d une maniere ou d une 
autre. 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. Ces gens-la pouvaient avoir ce tabac a bon marche ? 

R. Ce n etait pas la raison de leur preference, et cela n influait en rien sur leur 
appreciation. Ils revinrent bien vite et m acheterent le surplus de ce tabac de second 
choix a 3 centins par livre. 



62 M. PETER LAMARSH 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Carrier: 

Q. Ne pensez-vous pas que ce serait une bonne idee pour le gouvernement de 
delivrer des licences de manipulateurs conferant le privilege de preparer ce tabac? 

R. Je le crois. 

Q. Je parle de la province de Quebec, parce que nous n y avons pas eu 1 avantage 
d etre favorises du beau climat dont vous jouissez? 

R. Oui, nous avons un bon climat, et nous nous aidons nous-memes. 

Q. Malheureusement, pendant 20 ans, dans notre province, les fermiers ont vendu 
leur tabac, tel qu ils le recoltaient, n ayant aucune connaissance des methodes de pre 
paration, ni meme des soins les plus elementaires. Comme consequence, notre tabac 
s est acquis une mauvaise reputation. Ce qui me semble necessaire, c est de Conner 
ce tabac aux mains d experts, qui lui feront subir la preparation necessaire, avant de 
le livrer au commerce. 

R. Parfaitement. 

Q. Nous avons besoin de manipulateurs pour entreprendre cela, de gens parfaite- 
ment au courant et qui paieraient une licence au gouvernement. Je crois que le gou 
vernement pourrait imposer un droit d accise de un centin sur chaque livre de tabac 
entrant dans le commerce. 

M. ZIMMERMAN. Quelle est votre raison? 

M. CARRIER. Ma raison est que tout le tabac devrait passer par 1 intermediaire 
de ces manipulateurs; 1 acheteur aurait, alors, ce qu il achete. Le tabac serait divise 
en categories et vendu en proportion de sa qualite. A present, le tabac de qualite 
inferieure est vendu au commerce, tout comme le meilleur, et cree une mauvaise 
reputation a notre recolte. 

Le TEMOIN. C est tres vrai. 

Par M. Carrier: 

Q. Vous comprenez que, si le gouvernement delivrait judicieusenient ces licences 
aux manipulateurs, le commerce se trouverait place sur une base solide s 

R. Ou bien encore le gouvernement pourrait riommer des inspecteurs qui classi- 
fieraient le tabac, comme on le fait pour le grain dans le Nord-Ouest. J ai souvent 
pense a cela. A present, nous subissons les consequences de cette mauvaise reputation 
et les achetteurs, manipulateurs ou manufacturiers quel que soit le nom qu on leur 
donne ne donneront pas aux fermiers un prix raisonnable pour leur tabac. Que le 
gouvernement impose un droit d accise sur tout le tabac que ces gens achetent, moins 
un certain prix fixe, qui serait paye au fermier, cette methode assurerait au fermier 
un certain prix pour son tabac dans tous les cas. C est ma theorie. J ai souvent 
reflechi a cela. II existe une difficult! dans 1 achat du tabac du comte d Essex, c est 
que la meilleure qualite, telle que celle-ci (produisant un echantillon) n a ete payee 
qu un centin par livre, probablement, de plus qu un autre tabac qui ne vaut pas la 
moitie du prix de celui-la. 

Par M. Clements: 

Q. Si vous planter une acre en grand Burley, quelle quantite recolterez-vous de 
plus que si c etait du petit Burley? 

R. Je n ni jamais cu beaucoup d experience a ce sujet. Cela depend beaucoup de 
la faQon de planter, des intervalles entre les plants et du sol. Quelqu un je crois 
que c est M. Ross a parle de la difference de climat. II se rendra compte du climat 
flu comte d Essex, qnand je lui aurai dit que, lors de notre depart, mardi, les cultiva- 
teurs labouraient. II y a quelques annees, j ai rencontre un groupe de chasseurs se 
dirigeant vers les bois du nord du Michigan. II venaient d une localite situee a 
80 milles au sud de Sandusky, Ohio; c est beaucoup plus au sud qu Essex. Nous 
r. avions pas ressenti le moindre froid, nous etions au 22 octobre. et ils me dirent 
qu ils avaient subi des froids pendant trois semames, dans toute 1 etendue de 1 Ohio, 
qui avaient detrnit toute la vegetation. 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 63 

ANNEXE No 2 

Par M. Ross (Yale-Caribou) : 

Q. En parlant de Connecticut Yellow, il a ete dit que les plants de ce tabac ne 
miirissent pas en meme temps. Cette difference provient-elle de la fagon de planter, 
on de la condition du plant, ou du sol? Ce tabac est-il le meme que celui qui croit 
dans le Connecticut? 

K. Je n en ai pas fait d experience. Avant de terminer, j ajouterai ceci: J ai parle 
des prejuges de M. Macdonald centre le tabac canadien. J ai un frere qui fut un 
grand producteur de tabac, et lorsqu il commenga a cultiver le White Burley, il en 
envoya quelques echantillons a Macdonald, lui demandant de 1 essayer. M. Macdonald 
repondait qu il avait essaye le tabac canadien une fois et qu il n avait pas reussi. 
Son essai a ete fait il y a de longues annees, mais s il le repetait maintenant, il pour- 
rait changer d opinion. 



Ayaiit parcoxiru la transcription de ma deposition, je la reconnais exacte. 

PETER LAMAESH. 



CHAMBRE DES COMMUNES, 

SALLE DE COMITE N 34, 

VENDREDI, 27 mars 1908. 

Le comite special permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation s est reuni ici, 
ce jour, a deux heures p.m. 

M. Mackenzie, president, au fauteuil. 

M. Louis V. LABELLE, Joliette, est appele et examine. 

Par M. D-ubeau : 

Q. Depuis combien de temps etes-vous interesse dans 1 industrie du tabac? 

B. Environ 20 ans. 

Q. Vous avez visite les differentes parties de Quebec et d Ontario, ou le tabac est 
cultive ? 

E. Oui, monsieur. J ai fait plusieurs voyages a travers ces provinces, particu- 
lierement dans le but de me rendre compte de ce que l on y faisait et des possibilites 
relativement a 1 industrie du tabac, non seulement au point de vue agricole, mais 
aussi industriel. 

Q. Avez-vous remarque que le climat de ces deux provinces a un effet sur la cul 
ture du tabac? 

E. J ai remarque un effet general reconnu depuis longtemps par les resultats 
obtenus : ainsi dans la province d Ontario, a cause de certaines conditions climate- 
riques et aussi de la nature des sols affectes a cette culture, 1 on peut produire cer 
tains types de tabacs, avec une plus grande perfection que nous pouvons atteindre 
dans Quebec. J ai aussi remarque, et c est aussi un fait bien prouve que, dans Que 
bec, pour les memes raisons agissant inversement, je suppose, ou de quelque maniere 
qui n est pas claire a mon esprit ou meme pour la science nous pouvons produire 
certains types et varietes de tabacs avec une plus grande perfection qu ils ne le peuvent 
dans Ontario. Je puis aj outer, si vous voulez me le permettre, que 1 on oublie sou- 
vent ces fa its. II me paratt que par 1 oubli de ce fait dans une province, certains 



64 M. LOUIS Y. LABELLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

types de tabacs obtiennent un plus grand succes que dans 1 autre, et vice versa, a fait 
naitre sans necessite, une rivalite entre les producteurs d Ontario et de Quebec, qui 
ne devrait pas exister. Ces faits ne sont pas particuliers a notre pays, mais sont uni- 
versels, ainsi aux Etats-Unis, ou la culture du tabac est extremement etendue de fait, 
ils sont les plus grands producteurs de tabac du monde les districts au point de vue 
de cette Industrie agricole -sont clairement definis et divises. Dans certains Etats, ils 
produisent un certain type de tabac que Ton ne rencontre jamais dans les autres 
Etats, c est-a-dire que la culture de ce type particulier reste confinee dans les limites 
de ces Etats. Les regions affectees a la culture du tabac sont divisees en cinq grandes 
sections, par exemple, les Etats du centre produisent un certain type de tabac qui est 
entierement different de ceux produits par les Etats de 1 est. Dans les Etats du sud, 
ils produisent axissi un certain type de tabac qui differe completement de ceux des 
Etats du nord. Ceci est du a certaines conditions climateriques particulieres et ausai 
a la nature des sols ou 1 on cultive le tabac. J ai dit ceci pour montrer qu il n y a pas 
lieu de s etonner des differences dans les resultats obtenus dans chacune des provinces 
de Quebec et d Ontario, et, pour les fins de cette enquete, je crois qu il etait mieux de 
faire disparaitre 1 impression qu il pouvait exister vine rivalite entre les provinces de 
Quebec et d Ontario. Je crois que nous nous accordons sur ce point, que tons ensemble, 
nous recherchons des marches plus faciles pour nos produits respectifs. Je ne sais si 
ce que je viens d expliquer comporte 1 explication que vous desirez. Si ce n est pas 
suffisant, veuillez demander 1 explication de ce qui peut vous paraitre obscur. 

Q. Vous ne pouvez voir de raisons qu une rivalite existe entre les producteurs de 
tabac des provinces de Quebec et d Ontario ? 

E. Non, il ne devrait pas y en avoir, parce que dans Ontario, ils peuvent produirc 
certaines choses a un degre de perfection que nous ne pouvons pas atteindre, pendant 
que d un autre cote, nous produisons certaines varietes de tabacs dans Quebec, avec 
plus de succes qu ils ne le peuvent dans Ontario. 

Q. Dans votre opinion serait-ce uue bonne chose d augmenter les droits d accise 
sur les tabacs etrangers? Est-ce necessaire en vue de developper riiidustrie du tabac? 

E. Non, je ne crois pas que csla soit necessaire. J ai mentionne, i! y a quelques 
instants, que ce qu il nous faut, ce sont de plus grandes facilites pour 1 utilisation, 
dans 1 industrie manufacturiere de nos produits de Quebec et d Ontario; et que 
1 augmentation des droits sur les tabacs etrangers n aiderait pas beaucoup a flbtenir ce 
resultat, tant que les restrictions existmites demeureront. Je prefererais la disparition 
de telles restrictions a 1 elevation des droits sur les tabacs etrangers, meme si elle etait 
portee a un degre prohibitif. Je vais vous dire pourquoi: nous avons deja, je crois, 
assez de protection. II y a de fait une protection de 30 centins par livre, iconsiderant 
le droit total impose sur les tabacs etrangers, en faveur du tabac canadien. Nous 
avons connu 1 effet d une augmentation de droits en 1897. Cette augmentation de 
droits etait alors necessaire, afin d engager par un avantage considerable, les fabri- 
cants a se servir de tabac canadien dans leurs fabriques. Mais si un systeme de dispo 
sitions fiscales facilitant 1 usage du tabac canadien dans les fabriques n avait pas etc 
etabli, 1 augmentation du droit de 10 centins par livre n aurait eu aucun bon effet. 
Quoi qu il en soit, en 1897, les fabriques furent ouvertes au tabac canadien en feuille, 
jusqu a un certain point, et de fait, les moyens permettant aux fabricants, qui desirent 
se servir de tabac canadien, furent mis a leur disposition. Ils le furent sous 1 empire 
d un systeme de licences separees. Les resultats de cette augmentation de droits et les 
changements dans les reglements ont etc a 1 avantage des producteurs de tabac cana 
dien. Nous en avons la preuve dans le fait qu il s emploie pres de cinq millions de 
livres de tabac canadien dans la quantite totale de tabac fabrique, pendant que avant 
1897. la quantite totale de tabac ainsi utilisee etait presque nulle. Toutefois, ceci 
n etait pas suffisant, parce que nous pouvons produire d autres types de tabacs destines 
a une autre branche de 1 industrie mauufacturiere dans laquelle ils ne sont pas entres 
a cause de certaines restrictions. 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 65 

ANNEXE No 2 

Par M. Owen: 

Q. Quelles restrictions? 

R. II y a trois licences, et des timbres de differentes couleurs sont employes. 
Ceci, brievement, sont les restrictions dont je veux parler. Je n entrerai pas longue- 
ment dans ces details, parce qu il en a ete longuement parle dans les temoignages 
precedents. Je considere ces restrictions comme un empechement au developpement 
d une branche de 1 industrie manufacturiere, dont les producteurs de tabac pourraient 
tirer grand avantage. Mes raisons plus particulieres centre 1 augmentation des droits 
sont, en supposant que nous rendrions ce droit prohibitif, qu il y aurait de bonnes 
raisons de la part du fabricant de s en plaindre, parce que nous ne pouvons ici au 
Canada produire tous les types, varietes et sous-varietes, de meme que certaines 
classes de tabacs requises. Je comprends qu il nous faudra toujours importer de 
1 etranger certains types et classes de tabacs que nous ne pourrons jamais produire 
en Canada, et en ceci, il n y a rien d extraordinaire, parce que, meme aux Etats-Unis, 
ou ils produisent sept cents millions de livres de tabac par annee, et ou Ton rencontre 
toutes sortes de climats et de sols, ils doivent pourtant importer trente millions de 
livres de tabac de Sumatra annuellement. Leurs raisons pour cela sont d ordre indus- 
triel; c est que le tabac de Sumatra possede certaines particularites que 1 on ne peut 
reproduire meme dans les endroits les plus favorises des Etats-Unis. Pour les memes 
raisons, nous serons toujours obliges d importer certaine parties des tabacs pour nos 
fins industrielles dans toutes les branches; a cause de ceci les manufacturiers auront 
quelques raisons de se plaindre si les droits etaient eleves de nouveau. Au point de 
vue de ses producteurs, supposons que nous rendrons le droit prohibitif, le resultat 
serait que dans deux ans, nous accumulerions une si grande quantite de tabac que les 
prix tomberaient tres bas et se maintiendraient ainsi pendant 15 ans. 

Par M. Clarice: 

Q. Comment les prix chez le producteur seraient-ils affectes? 

R. La surproduction ferait descendre les prix comme resultat necessaire, et je 
crois que c est une erreur de la part des producteurs de demander une augmentation 
des droits. Je sais qu un grand nombre de producteurs sont en faveur d une telle 
augmentation, mais je sais que le premier effet serait de creer une surproduction, et 
comme consequence naturelle, de faire tomber les prix, ce dont nous avons deja la 
prenve que je vous montrerai dans un instant. 

Q. Puis-je vous demander si vous etes un producteur de tabac? 

R. Oui, monsieur, j ai ete un producteur pendant 17 annees. Je ne le suis plus 
a present, parce que je ne croyais pas vivre assez longtemps pour voir les changements 
qui sont a la veille de se faire, mais je crois que je le redeviendrai, a present que le 
changement attendu si longtemps va se faire. 

Par le President: 

Q. Vous faites allusion au changement dans la Loi du Revenu de 1 Interieur ? 

R. Exactement, et je dis que les planteurs se trompent en essayant de faire de 
terminer la valeur de leurs tabacs par une mesure fiscale, parce que cela ne peut avoir 
qu un effet momentane. II est impossible de fixer la valeur ou le prix d un produit 
tel que le tabac, ou de quelque produit agricole que ce soit, par de tels inoyens. Un 
produit industriel, peut peut-etre etre regularise quant au prix, jusqu a un certain 
point par une mesure fiscale, mais non un produit agricole. 

Par M. Clarice: 

Q. Cela n aura-t-il pas pour effet d augmenter les prix, en offrant un plus grand 
marche au Canada. 

R. Ici, au Canada, la consommation est de 20 millions de livres, sous toutes 
formes, comprenant toutes les importations de 1 etranger. Le Canada consomme a 
1 etat fabrique et a 1 etat brut environ 20 millions de livres, et j ai entendu quelqu un 

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66 M. LOUIS 7. LABELLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

dire, et 1 on avait raison, que le seul comte d Essex peut produire 20 millions do 
livres de tabac, et j ajoute que nous pourrions tout aussi aisement en produire 100 
millions de livres, et supposant que nous en produirions seulement 50 millions de 
livres, apres avoir eleve les droits, quel serait le resultat? D abord, le pays serai t 
inonde par la surproduction et les prix seraient avilis, de sorte que les producteurs 
n obtiendraient pas ce qu ils desirent, c est-a-dire une augmentation dans la valeur 
de leurs produits, mais supposant que nous ayons a nous seuls ce marche de 20 mil 
lions de livres, qu arrivera-t-il ? 

Par M. Owen: 

Q. L exporterions-nous ? 

R. C est tres bien, mais avant de pouvoir 1 exporter, nous devrons produire uii 
article qui devra d abord convenir a notre propre Industrie, et nous ne pourrons expor 
ter avec avantage que certains types de tabacs qui sont les types a cigares, et que 
nous ne pouvons produire que dans certaines conditions favorables qui n existent pas 
actuellement, mais qui vont se produire a la suite des changements proposes. C est 
tres bien, si ce que nous avons demande depuis tres longtemps, c est-a-dire un change- 
ment qui n est pas tant dans les droits comme dans les reglements concernant 1 indus- 
rite. Une industri intermediaire va naitre des nouvtelles conditions, et nous pour 
rons ensuite, je crois, beneficier de notre propre marche, et quand il y aura surpro 
duction, nous pourrons exporter en pays etranger. Ces nouvelles conditions vont 
aussi etre favorables aux producteurs de bons tabacs et les protegera centre les mau- 
vais producteurs, car alors on distinguera entre tabacs et tabacs. A present, il n y a 
pas de distinction. 

Par M. Owen: 

Q. Aucune? 

R. A peu pres. J admettrais qu on le fait un peu, mais tres peu, pas suffisani- 
ment pour atteindre le resultat desire, c est-a-dire encourager la production des bons 
tabacs. C est ce que je veux dire. 

Par M. Clarke: 

Q. Quelle est la quantite produite dans la province de Quebec, presentement ? 

R. Je ne puis faire qu une estimation peut-etre entierement erronee, mais en 
meme temps, je puis dire que tout ce que 1 on a indique a ce sujet n est pas beaucoup 
mieux fonde que ce que j offre moi-meme. J estime la production dans la province 
de Quebec a environ 5 millions de livres, comme maximum atteint jusqu a aujourd hui. 

Q. Pouvez-vous me dire combien de cette quantite est du tabac a cigares et com- 
bien est du tabac a chiquer? 

D. Dans mon estimation, presque tous les types appartiennent aux types a 
cigares, mais pour-le rendre convenable pour cette fin industrielle, ils doivent etre 
cultives dans certaines conditions particulieres dont on ne tient pas compte, parce 
que dans la province de Quebec, pas plus que dans Ontario, il n existe d industrie de 
cette nature. 

Q. Dans quelles branches de 1 industrie, ces 5 millions de livres vont-elles? 

E. Bien peu est converti en cigares, et la plus grande partie va directement du 
producteur au consommateur, sans recevoir de traitement autre qu un sechage incom- 
plet et la mise en balles. 

Q. Est-ce pour fumer? 

R. Pour fumer dans la pipe. 

Q. En produisez-vous pour la fabrication des tabacs a chiquer? 

R. Une certaine quantite est employee dans les fabriques pour cette fin, mais je 
dois reconnaitre que 1 ouest d Ontario produit le type Burley, qui est de beaucoup 
superieur pour les tabacs a chiquer a nos tabacs de la province de Quebec. Quelques 
fabriques emploient les notres apres s etre approvisionnees de ce qu elles requierent 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 67 

ANNEXE No 2 

du type Burley. Pour certaines fins qui sont des details de Pindustrie, ces fabriques 
trouvent avantageux d employer nos tabacs, mais ils se servent surtout des tabacs 
d Ontario. Nos tabacs sont surtout consommes a 1 etat brut, et c est pourquoi les- 
tabacs de Qv.ebec ont eu une mauvaise reputation pendant longtemps, justement 
parce que ces tabacs ont ete fournis au consommateur a 1 etat brut, pendant que les- 
tabacs ne devraient jamais etre consommes ainsi a 1 etat brut. Le tabac n est pas un 
produit naturel, c est un produit artificiel, et pour en faire ressortir toutes les qua- 
lites, il faut le traitor convenablement. L industrie intermediaire qui naitra des 
nouvelles conditions aura pour fin particuliere et specifique de traiter le tabac pour 
les fins industrielles et commerciales. Comprenez-vous ce que je vteux dire? 

Par M. Geoff rion: 

Q. Etes-vous en faveur des nouveaux arrangements fiscaux tels qu annonces par 
le ministre des Finances? 

B. Oui; monsieur. Je crois qu ils offriront exactement ce qui est necessaire pour 
developper 1 industrie en Canada. Partout en Canada, ou 1 on peut cultiver du tabac, 
de grands avantages resulteront de ces amendements. D abord, parce qu ils font dis- 
paraitre des difficultes dont souffrent certains fabricants. Ils permettront 1 usage de 
nos tabacs en feuille, que les fabricants pourront obtenir en parfait etat, de 1 industrie 
intermediaire, les relations directes entre industriels et producteurs dissemineront la 
connaissance de certaines choses, parmi les planteurs, que ces derniers ignorent 
absolument, et qu il n etait pas necessaire pour eux de connaitre dans 1 etat actuel. 
Ainsi, le resultat final sera qu apres avoir fourni a nos industriels les quantites re- 
quises par eux, nos planteurs pourront exporter le surplus de notre consommation. 
J ai dit, il y a un moment, que je crois qu une augmentation des droits et la restric 
tion des importations seraient plutot dommageables a nos planteurs, parce qu une 
telle mesurc n aurait qu un effet momentane, et j ai indique, en passant qu il en a 
ete ainsi a la suite du changement de 1898. 

Par M. Dugas: 

Q. Vouiez-vous expliquer comment 1 industrie intermediaire ameliorera la qualite 
des tabacs? 

E. Oui, monsieur. Cette amelioration se produira comme consequence du traite- 
ment que recevront ces tabacs par certains precedes dont les details sont comme suit: 
Cette Industrie intermediaire existe sous differents noms, aux Etats-Unis. Dans cer 
taines parties, ceux qui la pratiquent sont connus sous le nom de manipulateurs, et 
dans d autres parties sous le nom de empaqueteurs, mais le nom importe peu. Les 
manipulateurs pratiquent dans les regions ou 1 on produit les tabac a fumer et a 
chiquer,. pendant que les empaqueteurs se trouvent dans les regions ou les tabacs a 
cigares se eultivent. C est la seule difference qu il y a entre les deux industries. 

Ces manipulates rs sont pourvus d etablissements construits pour les fins speciales 
fin traitement a donner aux tabacs. De plus, il y a certains precedes qui sans etre 
des secrets ne peuvent etre acquis que par une longue experience. Nous sommes 
certains que ces manipulateurs et empaqueteturs viendraient s etablir ici. Ils sauront 
distinguer entre les types, les traiteront et les classifieront ; ils feront la fermentation 
et 1 empaquetage d une maniere convenable pour Is differentes branches de 1 industrie, 
dp meme que pour 1 exportation. La fermentation se fait surtout sur les tabacs a 
cigares. Les autres types de tabacs, soit pour fumer ou pour chiquer, ne sont pas 
fermentes au sens strict du mot. 

Par M. Parmelee: 

Q. Us subissent un precede? 

K. Ils subissent un precede, mais ce n est pas la fermentation, telle que pratiquee 
pour les tabacs a cigares. 

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68 M. LOUIS V. LABELLE 

2 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Mais c est un precede? 
R. Oui, c est un precede. 

Par M. Dugas: 

Q. Tout ce travail est fait par les empaqueteurs ? 

R. Ou les manipulalteurs. 

Q. Ou les manipulateurs ? 

R. Oui, aux Etats-Unis, et la meme chose serait faite ici, et c est ainsi que Ton 
developpera les qualites de nos tabacs, parce que ce sont ces traitements et ces pro- 
cedes qu il faut leur faire subir necessairement pour developper les qualites du tabac 
en feuille, qui existent a 1 etat latent dans une bonne recolte. 

Par M. Dugas: 

Q. Pensez-vous que nos tabacs canadiens peuvent etre exportes dans les pays 
etrangers, sans etre traites par ces empaqueteurs ou manipulateurs ? 

R. Non, monsieur; specialement pour la raison que les marches etrangers sont 
fournis de typos de tabacs speciaux pour chacun, absolument bien traites par -les pays 
exportateurs. Us n accepteraient pas les tabacs canadiens a 1 etat brut, dans lesquels 
toutes les qualites sont melees ou mal empaquetees. Us ne peuvent le recevoir ainsi. 
II nous faut absolument ces intermediaires pour en faire une preparation convenable 
avant que nous puissions faire de 1 exportation. 

Par M. Parmelee: 

Q. Quelle est la difficulte qui empeche 1 erection de pareils etablissements ? 

R. II y en a plusieurs. Des essais ont ete faits par des organisations de plau- 
teurs, mais il" a ete impossible de les amener a travailler collectivement. II n y avait 
pas suffisamment d interet a le faire. Prenons, par exemple, les types de tabacs a 
cigares qui doivent etre cultivees en vue de cette industrie, exclusivement. Or cette 
Industrie, telle qu flle existe n emploie pas la feuille canadienne, ou plutot, on ne le 
fait que sur nne echelle tres restreinte, et les fabriques qui 1 ont essayee ont pour la 
plupart commis 1 erreur de se servir de tabacs en feuille qui n etaient pas convenable- 
ment traites. Les manipulateurs ou empaqueteurs n ont aucune assurance de trouver 
un debouche pour leurs produits traites, qui necessairement leur coutent en plus du 
prix d achat, des debourses considerables, et sans 1 assurance d un tel debouche, aucun 
d eux n a voulu jusqu aujourd hui s y risquer. Us doivent d abord recevoir 1 assu- 
rance qu apres avoir ajoute a la valeur du tabac par 1 elimination, la selection et le 
traitement, ils trouveront un marche et un profit a le faire. La est justement la 
difficulte. 

Par M. Owen: 

Q. Votre opinion est que nos tabacs ne sont pas assez bons pour etre exportes? 

R. Je vous demande pardon, monsieur, je ne dis pas cela, et je ne veux pas dire 
cela. J ai ^implement dit qu il n etait pas condition convenable pour etre exporte. 

Q. Sont- ils en condition convenable pour notre consommation ? 

R. Non, monsieur. 

Q. C est vrai? 

R. Je m accorde avec vous la-dessus, et nous 1 avons consomme jusqu a present 
dans les plus mauvaises conditions possibles, mais nous nous y sommes habitues, et 
vous ne pouvez empecher un homme de fumer de la paille, s il le desire. 

Par M. Dugas: 

Q. Comme exemple de ce que vous avez dit, n avez-vous pas prepare du tabac en 
1901 comme echantillons envoyes en Belgique 1 ? 

R. Non seulement cette annee-la, mais a trois reprises differentes, j ai envoye 
des echantillons de tabac en Belgique et en Hollande; beaucoup de co rrespondance 
s est en suivie. Je n ai pas ces lettres, ici, mais presque toutes les lettres que j ai 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 69 

ANNEXE No 2 

replies etaient favorables, malgre que les echantillons soumis fussent dans un etat 
absolument brut Toutes ces lettres, je crois, sont ici au ministere, sinon toutes, du 
moins les plus importantes. Cette experience personnelle me permet de dire que nos 
tabacs ont ete hautement apprecies par les importateurs de Beligique et de Hollande, 
mais ils ont tous et toujours fait la remarque que ces tabacs n etaient pas dans un 
etat convenable pour leurs fins commerciales et industrielles. 

Q. Ils n etaient pas finis? 

R. Exactement, .Te les envoyes a 1 etat brut, parce que je voulais apprendre inoi- 
meme ce qu on desirait qu il fut fait. Ils m expliqueront qu ils manquaient de fer 
mentation, de selection et d empaquetage. 

Q. Quelle etait 1 opinion de ces gens relativement a la qualite de vos tabacs dans 
leur etat ? 

R. Ils dirent que ce tabac possedait des qualites qui en faisaient 1 egal au moins 
de certains types qu ils regoivent des Etats-Unis, en Belgique et en Hollande. Ceci 
est exactement ce qu ils dirent et ils ajouterent ensuite les remarques que je viens de 
citer, mais que si nous le rendions convenable, et que si nous nous conformions a 
leurs besoins particuliers, en le selectionnant et en le faisant fermenter, le resultat 
serait que notre produit deviendrait peut-etre superieur a cfe qu ils obtiennent du 
Wisconsin. 

Q. Y a-t-il quelque autre endroit du monde ou le tabac est employe sans prepara 
tion? 

R. Non, monsieur, il n y a pas un seul pays civilise ou le tabac est consomme a 
1 etat brut et je puis dire, M. Dugas, en supposant que nous allions dans 1 Amerique 
Centrale, au Mexique, dans la Colombie ou au Bresil je laisserai Cuba de cote parce 
que nous ne pouvons pas nous comparer a Cuba mais parlant de 1 Amerique du 
Sud ou 1 on croit generalement que les conditions sont ideales pour la production du 
tabac, supposons que nous allions au Bresil et que nous en rapportions du tabac a 
1 etat brut, comme nous en recevons de nos producteurs et comme nous le consommons 
ici, et que nous demandions a un fabricant de le convertir en cigares, supposons 
encore que j aie ces cigares ici dans ma poche et que je vous en offre, vous et les 
messieurs qui sont ici, diriez certainement : " Ceci est la plus mauvaise drogue 
que j aie jamais fumee encore . II s agirait pourtant la, de tabac bresilien dont la 
reputation est tres grande sur les marches et pourtant c est un fait que nous consom 
mons nos tabacs a 1 etat brut. 

Par M. Par melee: 

Q. Un moment, s il vous plait. Comme je le sais moi-meme, dans la province de 
Quebec, une quantite enorme de tabac est consommee a 1 etat brut? 

R. Oui, monsieur. 

Q. Pouvez-vous me dire pourquoi un homme qui a une fois acquis le gout pour 
ce tabac n en veiit pas d autre? 

R. Je ne puis 1 expliquer. 

Q. Mais c est vrai, n est-ce pas ? 

R. C est vrai, mais cela veut dire que 1 on doit eviter de donner son opinion per 
sonnelle en matiere de gout, que nous ne devons pas en discuter, parce que c est une 
question de gout acquis. 

Q. Je veux dire ceci, que si un homme a 1 habitude de fumer du tabac a 1 etat 
brut et que si je lui offre du tabac prepare, il le refusera poliment ? 

R. C est tres vrai, mais ceci est limite a la province de Quebec. Nous avons un 
marche dans la province de Quebec pour ce tabac. 

Par M. Geoff rion: 

Q. Vous voulez dire que dans quelques parties de la province de Quebec, surtout 
dans les comtes d en bas, on ne peut obtenir de tabac a fumer, pour la pipe, qui soit 
bon, et que ce tabac n est reellement pas bon ? 



70 M. LOUIS V. LABELLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

R. Bien, bon, j admets qu il est bon, parce que je le trouve bon moi-meme, mais 
vous ne pourrez faire admettre ceci par tout le monde. 

Q. II est aussi bon que n importe quel autre tabac que vous pouvez acheter pour 
un dollar la livre, n importe ou ? 

R. Oui, cela peut etre vrai, mais je dois dire que je n ai jamais employe cet argu 
ment, parce que mon gout personnel peut n etre pas d accord avec 1 opinion generale. 

Q. Je suppose que votre argument est que nous devrions avoir des entrepots ou il 
sera convenablement prepare ? 

R. Exactement. 

Q. Que proposeriez-vous a ce sujet? Pensez-vous que les reglements prpposes 
auront 1 effet de grouper les producteurs ensemble ? 

R. Je ne sais pas exactement ce qui se produira. Je suppose qu il arrivera sim- 
plement ceci : que des gens ayant de 1 argent a placer trouveront avantageux d en- 
trer dans cette nouvelle branche industrielle au Canada ; et je crois que les nouveaux 
reglements proposes vont creer les conditions necessaires pour engager ces gens dans 
une Industrie profitable. J ai deja la preuve de cela, parce que j ai ete consulte, il 
y a deja quelques annees, par des hommes desireux d entrer dans cette Industrie, mais 
qui ont depuis attendu la creation de nouvelles conditions pour le faire. 

Q. Vous pensez qu ils entreront maintenant tres certainement dans cette indus- 
trio ? 

R. Us y entreront certainement et 1 un d eux a deja fait les arrangements neces 
saires. 

Par M. Broder: 

Q. Si vous augmentez la production de beaucoup, il en resultera un surplus dont 
vous ne pourrez disposer, meme si vous avez tout votre votre marche ? 

R. Je viens justement d expliquer que le nouvel etat de choses donnera naissance 
& une nouvelle Industrie qui nous aidera a disposer de nos surplus en pays etrangers. 

Par M. Dugas: 

Q. Je desirerais connaitre votre opinion relativement aux nouveaux reglements ? 
Quelques-.uns des temoins qui ont ete entendus devant ce comite ont dit que les nou 
veaux reglements abaisseraient le droit sur les tabacs etrangexs en feuille de 35 a 
33 centins. 

R. Je ne le comprends pas ainsi. 

Q. Quel sera 1 effet par rapport aux droits ? 

R. J ai examine la question avec soin, afin de juger si ce que j en lisais dans les 
journaux etait correct ou non. M. Fielding a dit que c etait une refonte, sans aug 
mentation, ni diminution des droits. 

Par M. Parmelee: 

Q. Oui, il a dit cela pratiquement ? 

R. II n a pas dit cela d une maniere absolue, mais d une maniere generale. II 
peut y avoir quelques legeres differences causees par 1 impossibilite, en faisant les 
calculs, d inclure quelques minimes fractions decimales, mais pratiquement, il n y a ni 
augmentation, ni diminution dans la somme de droits dont seront frappes les pro- 
duits etrangers. 

Par M. Dugas: 

Q. Je vois que les nouveaux reglements pqurvoient "sur les tabacs etrangers en 
f euilles non ecotes, 28 centins la livre ". Ce droit sera pergu avant que les f abriquea 
utilisent leurs tabacs, et elles paieront ensuite 5 centins par livre de droits en mettant 
leurs tabacs sur le marche. Ceci porte le droit a 35 centins ? 

R. Oui, mais il y a quelque chose que 1 on oublie dans ce calcul ; c est ceci : k 
droit de 10 centing est pergu sur le tabac en feuille sortant de I entrepot et entrant 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 71 

ANNEXE No 2 

dans la fabrique pour y etre convert! en produits fabriques. Quand ce produit sort 
de nouveau de 1 entrepot pour la consommation, il paie un droit de 25 centins. Le 
droit total se trouve alors etre 35 centins. Mais on ne doit pas oublier ce fait, que 
le 10 centins de droits sur la feuille est aussi pergu sur la cote qui est enlevee dans It* 
precede de fabrication et plus particulierement dans le cas des tabacs a chiquer, parce 
que ces derniers ne contiennent aucune partie de la cote. Dans le cas d une fabrique 
produisant exclusivement des tabacs a chiquer, cette cote represente un tiers du poids 
et cette difference apparente de 2 centins par livre est due a 1 omission de ce fait dans 
le calcul que vous en faites. Le droit de 28 centins par livre sur les tabacs en feuille 
frappe aussi les cotes qui sont ensuite enlevees dans le precede de fabrication, et ceci 
explique cette difference apparente de 2 centins dans le droit total: 28 et 5 font 33, 
et 25 et 10 font 35, mais je viens d indiquer ou la parite se retablit. Prenons 100 livres 
de tabac qui paie 28 centins. Enlevons-en les cotes et il se produira une diminution 
dans le poids, disons de 25 pour 100. Cela represente une difference de 7 centins. Le 
quart de 28 est 7 centins, et 28 centins et 7 centins font 35 centins. Ensuite, apres que 
ce tabac a etc converti en tabac a chiquer, il y aura en plus 5 centins de droits a payer, 
faisant un total de 40 centins. Mais non ce n est pas cela. La reglisse et les autres 
ingredients qui entrent dans la composition du tabac a chiquer, remplacent approxi- 
mativement les cotes qui ont ete enlevees dans le precede de fabrication du tabac a 
chiquer. Or, sous 1 empire des nouveaux reglements, ces dernieres matieres ne sont 
plus frappes que du droit de 5 centins par livre au lieu de 25 centins qu elles 1 etaient 
auparavant, et voila ou se retablit la parite des deux droits; ainsi, 100 livres de tabac 
en feuille apres avoir ete ecotees produisent 100 livres de tabac fabrique, parce que 
les cotes ont ete replacees par la reglisse, le sucre, la melasse, etc., dans une pro 
portion a peu pres egale au poids des cotes. 

Par M. Broder: 

Q. Les fabriques emploient-elles les cotes pour quelque objet? 
R. II n y a pratiquement aucun usage pour les cotes, dans ce pays. 

Par M. Clarke: 

Q. N emploient-ils pas les cotes pour faire les tabacs a priser? 

E. Tres peu. II n y a pas de tabac a priser dans ce pays ou a peine. 

Par M. Dugas: 

Q. II a ete dit par quelques temoins que par les anciens reglements le gouverne- 
ment pergoit 25 centins par livre, disons, sur le tabac a chiquer, et pergoit ce montant 
sur tous les ingedients qui entrent dans ces tabacs. Je vois que, par les nouveaux 
reglements, quand moins de 50 pour 100 de tabac en feuille canadien et que 10 pour 
100 ou plus d autres matieres sont employes, telles matieres seront assujetties alors a 
un droit de 16 centins par livre? 

E. Ceci est entierement en faveur du tabac canadien. C est un encouragement 
direct aux fabricants pour les engager a employer le tabac canadien en melange avec 
le tabac etranger. 

Q. Ainsi, le droit ne sera pas diminue? 

E. II sera augmente chaque fois que cet article s appliquera. 

Q. Savez-vous quel est le montant de la remise accordee aux fabricants pour les 
coupures produites dans la fabrication des cigares et cigarettes ? 

E. Non, pas exactement. 

Q. J ai pose une question a la Chambre dernierement, et j ai eu cette reponse: 
La quantite des tabacs exportes sur lesquels une remise a ete faite a ete de 112,891 
livres. Le montant de cette remise a ete de $10,737.70. En outre de ceci, 363,518 
coupures de cigares ont ete reexportees, sur lesquels une remise de $36,311.80 a 
ete faite. D apres les nouveaux reglements, nulle semblable remise ne sera faite a 
1 avenir? 



72 M. LOUIS V. LABELLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

R. C est ce que je comprends. Cette remise ne pourra se faire sous la nouvelle 
loi, parce que le tabac canadien et le tabac etraanger en feuille etant meles ,il sera 
impossible de distinguer Fun de Fautre. Ainsi, le gouvernement doit supprimer 
entierement la remise, et ceci est en notre faveur. Ce n est pas tant la somme 
d argent, dans laquelle je vois un gain pour nous, mais parce que cet article per- 
mettait la remise de droits sur les coupures de tabacs etrangers re^xportes, fer- 
mait les fabriques de cigares aux tabacs canadiens en feuille. C est la tout ce que 
j y vois, mais ces remises paraissent avoir reellement empeche beaucoup de fabriques 
d utiliser la feuille canadienne. 

Q. J ai regu une lettre de M. Joseph Picard, de la Bock City Tobacco Company, 
se plaignant des nouveaux reglements relativement aux cigarettes Voulez-vous lire 
cette lettre (passant une lettre au temoin) et dire si les nouveaux reglements nuirout 
a 1 industrie des cigarettes? 

R. Apres avoir lu la lettre). Je crois que M. Picard est dans 1 erreur. En fai- 
sant son calcul, il a ornis certaines choses, comme je 1 ai fait moi-meme, lors d un 
premier examen de la question. J ai devant moi un calcul fort simple, par lequel je 
constate que le droit total qui sera impose sur la feuille etrangere dans le cas des 
cigarettes, sera le meme qu actuellement. Ainsi, sous les nouveaux reglements, la 
protection en faveur de la feuille canadienne en melange dans les cigarettes se trouve 
etre la meme. C est ce que j ai compris par le calcul que j ai devant moi, et qui me 
montre ma premiere erreur. II y a apparemrnent une legere difference 6 ceutin* 
par cigarettes, mais je crois que ceci est du a certaines compensations que recevaieut 
les fabricants, mais qu ils ne recevront plus sous 1 empire des nouveaux reglements. 
Ainsi, il me semble que le montant total du droit reste ce qu il etait auparavant. Us 
m expliquerent qu ils manquaient de fermentation, de selection et d empaquetage. 

Q. Savez-vous quel est le nombre de cigarettes qui sont faites, actuellement, de 
tabac canadien ? 

R. Non, je ne connais pas le nombre ou la quantite de tabacs employes pour 
cette fin, mais je ne crois pas qu elle soit considerable. 

Par M. Dubeau: 

Q. Quel sera 1 effet des reglements proposes ? Induiriez-vous les fabricants a 
etablir au milieu des planteurs des entrepots de maturation et de manipulation? 

R. Oui, sans doute, et je crois avoir repondu a cette question, il y a quelques 
minutes. Je dirai de nouveau, comme je 1 ai dit deja, que des personnes de grande 
importance dans 1 industrie du tabac, attendent depuis longtemps que des change- 
ments soient faits, leur permettant d etablir cette Industrie particuliere. II me 
parait que ce temps est arrive et pas plus tard qu il y a quatre ou cinq jours, j ai ren 
contre 1 un de ces messieurs, qui m a dit qu au cas ou les changements se produiraient, 
aussitot il s etablira parmi les planteurs memes. De sorte que s il ne se produit pas 
de retard dans la mise en force de ces reglements, cette Industrie s etablira immedia- 
tement. Mais s ils sont retardes jusqu apres la saison de fermentation, il sera trop 
tard pour commencer cette annee. 

Par M. Dugas: 

Q. Ne savez-vous pas que 1 annee derniere, M. Cusson, un fabricant de Montreal, 
a achete pres de un demi-million de livres de tabac pour la fabrication des cigares, et 
qu il a fait venir un expert du Connecticut pour preparer ce tabac, et qu il a fait 
cela dans 1 expectative que ces reglements seraient adoptes 1 annee derniere ? 

R. Oui, je le sais, parce que M. Cusson m a demande plusieurs fois ce que je pen- 
sais au sujet de ce? changements, et je lui ai dit que dans un temps rapproche, ils se 
produiraient. Alors, un jour 1 annee derniere, il me dit " je commence immediate- 
ment", et il acheta, comme vous le dites, M. Dugas, de cinq cent a six cent mille 
livres qui doivent etre diminuees depuis, mais je crois que le poids originaire devait 
etre de cinq a six cent mille livres, et je sais qu il a fait venir un homme des Etats- 



INDUSTRIE DV TAB AC AU CANADA 73 

ANNEXE No 2 

TJnis qui est un expert dans le traitement de ces tabacs. J ai visite moi-meme son 
entrepot et j ai cause avec ce monsieur du Connecticut, qui m a paru etre tres surpris 
de la qualite de ces tabacs. 

Q. N est-ce pas un fait que ces cigares que nous f unions ont ete faits des tabacs 
achetes par M. Cusson ? 

E. Je ne sais si ces cigares particuliers ont ete faits de ce tabac, mais j ai moi- 
meme fume differents cigares faits de ces tabacs et que M. Cusson m a donnes. Nous 
en avons converse plusieurs fois. Quant a ces cigares-ci, je ne pourrais garantir leur 
origine, mais j en ai fume que je savais etre faits de ces tabacs, et je crois que ceux-ci 
sont faits de tabac canadien recouvert de Sumatra. 

Q. Etes-vous fabricant de cigares ? 

E. Non, j etais dans la fabrication du tabac, quand je suis devenu planteur. 

Par M. Clarke: 

Q. Pouvez-vous me dire quelle est la proportion de la cote dans la feuille ? quelle 
proportion du poids total represente-t-elle ? 

E. Nous devons distinguer, en ceci, M. Clarke, parce que dans les fabriques de 
tabacs a fumer, par exemple, dans la fabrique de sir William MacDonald, ou 1 on ne 
fabrique que des tabacs a fumer et a chiquer en tablettes, j estime que dans une telle 
fabrique, la proportion de cotes est d environ 25 pour 100 du poids original de la 
feuille, en moyenne, parce que dans une telle fabrique, tout le tabac est ecote, mais 
dans les fabriques de 1 American Tobacco Company, ou 1 on fait des tabacs coupes, la 
plus grande partie des tabacs qu ils mettent sur le marche contiennent les cotes, con- 
sequemment, la proportion des cotes pour le poids total de leur production doit etre de 
beaucoup au-dessous de 25 pour 100. 

Q. Je pensais que 1 American Tobacco Company importait ses tabacs ecotes ? 

E. C est possible, je n en sais trop rien, mais je ne crois pas qu elle le fasse, car 
je ne vois pas quel avantage elle aurait a le faire. 

Q. Pouvez-vous me dire combien de varietes de tabacs a fumer vous produisez 
dans la province de Quebec ? Vous avez le Comstock Spanish. 

K. Bien, je ne puis dire que nous produisons les types de tabacs a fumer connus 
comme tels aux Etats-Unis. Nous ne le faisons, non plus que les planteurs d Ontario. 
Les types de tabacs a fumer son produits aux Etats-Unis, dans les deux Caroline, les 
Virginie, le Delaware et aussi dans le Kentucky et 1 Ohio, cet Etat produisaiit plus par- 
ticulierement les tabacs a fumer connus comme tels, mais nous ne produisons pas ces 
varietes au Canada. Nous produisons les types a cigares, dont nous faisons usage 
pour la pipe et pour lesquels il existe un gout acquis. Mais si vous me demandez, 
produisez-vous les tabacs a fumer pour la pipe, je ne puis dire que nous le faisons. 

Q. Je ne veux pas parler particulierement du tabac a fumer pour la pipe, mais 
je parle du Comstock Spanich, du Connecticut Seed Leaf ? 

E. Ce sont des varietes a cigares. 

Q. Mais vous les produisez toutes ? 
R. Oui. 

Q. Est-ce que vous produisez le -Havana Seed Leaf dont il a ete parle ? 

E. Les differences dans les varietes ne sont pas aussi considerables qu il peut 
paraitre, mais ce sont les types qu il faut considerer, parce qu apres tout, les varietes 
ne different que peu. J ai lu les noms de 121 varietes de Seed Leaf. Elles sont 
presque toutes semblables dans leur croissance et vous pourriez difficilement distin 
guer entre elles. 

Q. Quel est le type le plus profitable que vous produisez ? 

R. Je ne puis trouver f acilement une base pour etablir le coiit et le profit compa- 
ratifs, je ne puis dire. 

Q. Quel -est le type favori des planteurs? Qu est-ee que 1 on produit le plus? 



74 M. LOUIS V. LABELLE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

R. Je crois que le Havana Seed Leaf, comprenant le Comstock et le Zimmer 
Spanish, qui appartiennent au type Havana Seed, sont ceux qui conviennent le 
mieux a la province de Quebec. Nos possibilites de productions sont limitees, et nous 
devons eviter de depasser ces possibilites. Beaucoup commettent cette erreur. Us 
essaient toutes sortes de tabacs. J ai vu essayer de produire du Sumatra dans la 
province de Quebec, ce qui est impossible. Nos possibilites, comme les votres, sont 
limitees et si, dans 1 ouest d Ontario, ils essaient de produire un grand nombre de 
varietes, " ils casseront leur pipe ", comme nous disons dans la province de Quebec. 
Les types Havana Seed sont les plus avantageux, parce qu ils croissent rapidement 
et s adaptent parfaitement a nos conditions climateriques. Nous avons certains sols 
qui, a cause de leur composition chimique, dans nos conditions climateriques parti- 
culieres, produisent un resultat quelquefois surprenant. Nous produisons parfois un 
article superieur memes aux plantes d origine provenant du Wisconsin. Ceci peut 
etre surprenant, mais c est un fait. II n y a pas lieu de trop s en etonner, quand on 
sait que le tabac peut s adapter aux conditions les plus diverses et les plus curieuses. 

Par M. Dubeau: 

Q. Si je ne me trompe, vous avez dit, il y a quelques minutes, que la consomma- 
tion du tabac canadien a augmente considerablement. Ne voyez-vous pas dans ce fait 
que le tabac canadien a une valeur industrielle? 

E. Sans doute, ceci est evident pour moi. II me semble que 1 augmentation de 
la consommation du tabac fabrique avec la feuille canadienne qui s est produite 
depuis 1897, prouve en toute evidence qu il a une valeur industrielle et commerciale, 
et c est pour moi la preuve absolue que le public 1 apprecie. Je crois que cela est 
absolument evident. Les fabricants ont dit, ici, a Ottawa, avant 1 augmentation du 
droit, avant 1897, qu ils ne pourraient jamais employer de tabac en feuille canadien 
pour les fins industrielles, sur une grande echelle. Je me rappelle cela parfaitement, 
parce que je suis venu ici, plusieurs fois, discuter cette question, et j ai eu 1 occasion 
de dire aux grands fabricants que 1 avenir demontrerait s ils avaient tort ou raison; 
que leur opinion personnelle, tout en etant tres respectable, etait quelque peu in- 
fluencee par 1 interet qu ils avaient a s opposer aux changements proposes par nous. 
L augmentation du droit etait alors demandee afin de promouvoir la fabrication et 
1 amelioration de la feuille cannadienne; puis la preuve est venue et nous 1 avons 
devant nous. Cette preuve est dans le fait que nous employons maintenant pres de 
cinq millions de livres de tabac canadien en feuille, dans la fabrication de tabacs a 
fumer et a chiquer, qu elle soit de provenance d Ontario ou de Quebec. On dit 
aujourd hui que le tabac canadien ne sera jamais convenable pour la fabrication des 
cigares. J admets qu ils ne peuvent faire un bon cigare de la feuille qu ils obtiennent 
des planteurs, telle que produite. Mais ce que nous esperons des nouveaux reglements, 
c est qu une attention particuliere va etre donnee aux besoins de cette branche de 
1 industrie et qu ils nous permettront de prouver la valeur des tabacs a cigares pro- 
duits en Canada. Et c est sur les resultats deja obtenus dans les autres branches de 
1 industrie que nous fondons 1 espoir d obtenir le meme succes pour 1 industrie des 
cigares. Je crois avoir repondu a votre question et demontre que le tabac canadien 
a une valeur industrielle. 

Par M. Lewis: 

Q. Eelativement a 1 adaptabilite des sols, je de&irerais savoir si ce monsieur peut 
me donner une opinion sur la possibilite de cultiver le tabac dans le comte de Huron. 
Le climat la n est peut-etre pas aussi chaud que dans Quebec ? 

E. Je crois que 1 on peut produire du tabac presque partout, et quelques autorites 
pretendent que le tabac peut s adapter a n importe quelles conditions climateriques, et 
de fait du tabac a ete produit sous le 60e degre de latitude. C est une autre question 
de savoir s il avait une valeur industrielle. Quant a pouvoir le cultiver, il n y a aucun 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 75 

ANNEXE No 2 

doute que tous Ies sols peuvent le produire, mais evidemment il y a des sols qui con- 
viennent mieux que d autres. 

Q. Quelle est la meilleure espece de sol, sablonneux, glaiseux ou franc? 

R. Cela depend; Ies sols sablonneux et legers produisent Ies varietes de couleur 
pale. 

Par M. Clarice : 

:Q. Les sols noirs produisent aussi du bon tabac? 

R. Oui, Ies sols legers produisent Ies varietes de coloration pale, et Ies sols francs 
produisent Ies tabacs a cigares a fine texture; Ies terres fortes produisent Ies types Ies 
plus pesants de tabacs a chiquer, non pas le Burley, mais Ies sortes plus foncees da 
couleur. 

Par M. Lewis: 

Q. Est-ce que la proximite de 1 eau a une influence dans la culture du tabac? 

R. II est possible, mais cette influence est si eloignee et si difficile a saisir et a 
definir que je ne puis la considerer, excepte que pres de 1 ocean, ou certains vents 
apportent le salin de la mer, le produit peut etre affecte dans sa combustion, a cause 
du sel. 

Q. En combien de temps le tabac murit-il? 

R. 60 jours pour Ies varietes Ies plus natives et 100 jours pour Ies plus tardives. 

Par M. Clarke: 

Q. Quelle est la signification du mot " Cavendish " ? Je ne le comprends paa 
bien. 

R. " Cavendish " est le nom sous lequel, pour Ies fins administratives, on designe 
Ies tabacs fabriques et adulteres, soit pour fumer ou pour chiquer, en tablettes. 

Q. Une autre question : Sous la loi actuelle, il y a une remise pour Ies cou- 
pures, mais sous Ies reglements proposes cette remise ne se fera plus. Pouvez-vous 
me dire quel effet ce changement aura? 

R. Oui, monsieur, je parle au point de vue du producteur canadien ; ils auront 
cet effet que dans toutes Ies fabriques employant du tabac etranger, s ils desirent 
employer du tabac canadien en melange, ils y trouveront avantage et ne le rejette- 
ront pas a cause de la remise. 

Q. Cette remise se fait quand Ies coupures sont reexpediees? 

R. Exactement, reexpediees. 

Q. Savez-vous quelle proportion ces coupures representent par rapport au poids 
total ? 

R. M. Dugas a donne Ies chiffres. II dit que c est quelque chose comme 300,000 
livres de coupures de cigares, exclusivement. II y a d autres remises sur Ies tables 
fabriques, mais la quantite que je viens d indiquer se rapporte aux coupures de cigares. 

Q. Ainsi cela devient un sujet d importance, parce que I emploi du tabac cana 
dien Ies empechait de recevoir cette remise ? 

R. Oui, monsieur. 

Q. De sorte que la disparition de cette difficulte sera decidement un avantage 
pour Ies producteurs canadiens ? 

R. Oui, monsieur, cela ouvrira Ies portes de toutes Ies fabriques aux tabacs 
canadiens. 

Par M. Dugas: 

Q. D apres votre experience, M. Labelle, n est-ce pas un fait que la valeur com- 
merciale, la valeur reelle du tabac, reside plus dans sa preparation que dans sa culture? 

R. Oui, monsieur ; je me suis exprime sur ce point quand j ai dit que le tabac 
n etait pas un produit naturel, mais plutot un produit artificiel ; il y a des qualites 
latentes dans une recolte de tabac, que 1 or (* )it degager. Naturellement, pour le 



76 M. J. B. DUG AS 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

cultiver avec succes on doit choisir un sol qui convient le mieux pour un type donne, 
et on doit le cultiver en vue d obtenir certaines qualites pour des fins definies. Quand 
toutes ces conditions ont ete observees, la recolte possedera des qualites a 1 etat latent 
qui permettront de produire par la preparation et certains procedes, un article de 
haute valeuT pour certaines fins industrielles definies, mais ces qualites particulieres 
ne seront obtenues que comme resultat du traitement particulier que Ton aura fait 
subir a la feuille brute, et ce n est qu alors que telle recolte deviendra convenable pour 
les fins industrielles et commerciales. C est pourquoi je dis que le tabac est plutot un 
produit artificiel, et il en est de meme du vin. Le vin est simplement le jus des rai 
sins, mais si 1 on n a que le jus des raisins non fermentes, il n est pas potable. Dans 
cette partie de la France qui produit les premiers vins, un bon vigneron peut extraire 
le jus de ses grappes, mais s il ignore 1 art des fermentations, des melanges et des 
coupages, il ne produira que du jus de raisin, mais ce ne sera pas du vin. 

Ayant examine la transcription qui precede mon temoignage, je la declare fidele. 

LOUIS V. LABELLE. 

Joliette, 31 mars 1908. 



M. J. B. Dugas, Saint-Jacques, comte de Montcalm, est appele et interroge. 

Par M. Dugas: 

Q. Vous cultivez le tabac ? 

E. Oui. 

Q. Vous avez une longue experience de cette culture ? 

E. Environ 16 ou 17 ans. 

Q. Vous avez ete charge par le ministere de 1 Agriculture de la province de pre- 
parer des echantillons de tabac pour envoyer a Londres et en Belgique, pour y etre 
examines par des experts. Etes-vous alle vous-meme dans ces pays et voulez-vous 
dire au comite quel rapport vous avez fait de votre voyage ? 

E. C est en 1902 ou 1903 que je regus 1 ordre du ministere de 1 Agriculture de 
preparer une certaine quantite de notre tabac canadien, tel que nous le produisons et 
le preparons, et de partir avec ces echantillons pour essayer de placer cette marchan- 
dise sur les marches anglais et beige, apres qu ils auraient constate sa valeur. Inva- 
riablement, nous recumes la meme reponse de tous ceux a qui nous montrames nos 
echantillons. Us nous disaient : Le produit brut est bon mais dans sa condition natu- 
relle il n est pas vendable sur nos marches, pour la raison qu il n est pas fini. Ce tabac 
devrait etre assorti et fermente, puis reassorti ensuite, afin de pouvoir etre accepte sur 
tous nos marches pour differents usages. II existe quelque difference dans la demande, 
selon les marches. En Angleterre, on prefere un tabac plus noir, ou plutot, comme ils 
le qualifient, passe au feu, fermente jusqu au degre qui lui donne un teint plus 
fence, excepte le marche de Bristol ou 1 on prefere un tabac moms colore. Sur le 
marche beige, partout, le tabac legerement colore est prefere; mais on nous y opposa 
les memes objections qui nous avaient ete faites en Angleterre, c est-a-dire que notre 
tabac n etait pas fini. La feuille brute, disaient-ils, leur paraissait etre de bonne qua- 
lite, mais dans sa condition actuelle, ils ne pouvaient en apprecier exactement la valeur. 
Pendant que nous etions a 1 etranger, en Belgique et ailleurs, on nous disait : C est 
singulier, nous faisons un commerce considerable avec les Etats-Unis. Vous etes 
dans leur voisinage, pourquoi ne preparez-vous pas votre tabac comme eux? Si votre 
tabac est prepare comme il 1 est aux Etats-Unis, nous ne doutons pas que vous fassiez 
un bon commerce avec nous, Beiges. En Angleterre, ou nous disait la metme chose : 
" Si votre tabac est aussi bon que le tabac americain, nous vous donnerons indubita- 
blement la preference. Nous sommes concitoyens et si vous nous donnez un article 



INDUSTRIE DU TABAC AU CANADA 77 

ANNEXE No 2 

aussi bon que celui que nous pouvons acheter aux Etats, vous aurez notre clientele." 
Les marchands de tabac d Angleterre et de Belgique ont fait un rapport a cet effet. 
En consequence, le ministere 1 Agriculture jugea a propos d envoyer quelqu un dans 
le Wisconsin, qui se trouve a peu pres sous notre latitude et qui convient le mieux 
a des observations de cette nature. 

Q. Ne vous a-t-on pas conseille, en Belgique ou en Angleterre, de recommander 
au ministere de 1 Agricluture 1 envoi d un specialiste au Wisconsin pour etudier les 
methodes de culture de ce pays ? 

R. Oui, monsieur. 

Q. Et n etait-ce pas dans le meme but que des echantillons de tabac furent 
importes du Wisconsin ? 

R. Oui, monsieur. 

Q. C etait a la suggestion des marchands de tabac d Angleterre et de Belgique 
que vous avez fait ce rapport au ministre de 1 Agriculture? 

R. Oui, monsieur. 

Q. Et alors, vous avez ete envoye au Wisconsin ? 

R. Je desirais etre bref, peut-etre l ai-je ete trop, en negligeant de vous parler 
de cela. 

Par M. Clarke: 

Q. Avant de quitter le sujet de la Belgique, dites-moi si, dans ce pays, on cultive 
le tabac ? 

R. Un peu. 

Q Savez-vous combien il est paye aux cultivateurs ? 

R. Cela varie. Je crois que M. Charlan saurait mieux que moi le prix paye en 
Belgique pour la feuille brute. 

Par M. Dugas: 

Q. La Belgique est-elle un marche important pour le tabac? 

R. Un marche immense. 

Q. Et 1 Angleterre aussi? 

R. L Angleterre aussi. 

Q. Si bien que, si notre tabac etait prepare a leur gout, nous trouverions un bon 
marche en Angleterre et en Belgique pour notre produit? 

R. Oui. D apres ce que j ai appris pendant que j y etais, la demande est presque 
illimitee, parce que la consommation en Angleterre est de deux livres par habitant, 
y compris les femmes et les enfants, et qu on y fait un grand commerce d importation 
et d exportation de tabac. 

Par M. Clarke: 

Q. Combien paie-t-on le tabac en Belgique? Je suppose que nous y exportions 
le notre. Combien nous l acheterait-on ? 

R. Pour du tabac en bon etat, 15 centins de notre monnaie caandienne par livre, 
m a-t-on dit. 

Q. Serait-ce 15 centins pris ici ou y compris les droits de douane a payer en 
Belgique ? 

R. 15 centins, f .0 b. 

Q. Ici? 

R. Ici; nous le chargerions. 

Par M. Dugas: 

Q. II n y a pas de droits de douane ? 
R. Non. 

Par M. Clarke: 

Q. Je crois que les restrictions en Belgique sont moindres que dans d autres pays? 
R. C est precisement a cause de cela qu on nous y envoya. 



78 M. J. B. DUGAS 

EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Dugas: 

Q. Quant au transport, vous nous avez dit que vous aviez exporte du tabac de 
Canada en Belgique, le transport est-il couteux ? Combien avez-vous paye ? 

B. 1,840 livres de tabac. 

Q. C est ce que vous avez envoye en Belgique, a combien s est eleve le transport? 

E. Je crois que j ai calcule qu il s elevait a un quart de centin par livre. 

Q. Maintenant, veuillez nous dire ce que vous avez fait en Wisconsin quand 
vous y futes envoye par le ministre de 1 Agriculture. Avez-vous emporte quelques 
echantillons de notre tabac de Quebec, et les avez-vous montres aux gens du 
Wisconsin ? 

K. Oui, monsieur. Sur le rapport favorable que nous avions fait de la reception 
de notre tabac sur le marche europeen, le ministre de 1 Agriculture pensa qu il serait 
sage d envoyer quelqu un de nos fermiers canadiens pour se renseigner sur les me- 
thodes de culture, etc., dans 1 Etat du Wisconsin, cet Etat le plus rapproche de 
notre latitude et le plus favorable a une enquete de cette nature. C est ainsi que je 
fus envoye la-bas avec M. Denis, du comte de Eouville, dans ce but. Nous avons 
constate que le climat est a peu pres semblable au notre; etant partis dans les der- 
niers jours d avril, si je ne me trompe, nous remarquames en arrivant a notre destina 
tion, qu ils n etaient pas plus avances, au point de vue de la vegetation, que nous ne 
Petions ici. On y faisait justement les sentences, et nous y sejournames jusqu a ce 
que la plantation fut sur le point de commencer, mais nous repartimes avant qu elle 
commengat. Nous avons parcouru le pays pour voir comment le travail se faisait dans 
les entrepots et la condition des differentes recoltes, etc. Nous avons trouve que le 
tabac du Wisconsin ressemble beaucoup a notre propre tabac canadien, mais nous n en 
avons jamais rien dit jusqu a la fin. J avais apporte avec moi du tabac recolte dans le 
comte de Montcalm et que j avais moi-meme prepare; je n etais pas bien fixe sur sa 
qualite. Je suppose que j avais emporte a peu pres la meilleure qualite, et apres avoir 
examine une grande quantite de tabac du Wisconsin dans les entrepots, ca et la, j ex- 
hibai mon echantillon de tabac canadien et je demandai a 1 un des principaux mar- 
chands de Jamesville, M. S. B. Heddles c est un important producteur et marchnd 
de tabac ce qu il en pensait. II 1 examina et dit que le tabc etait apparemment tres 
bonne condition pour etre mis en fermentation. Apres qu il eut parle quelques ins 
tants sur les qualites de ce taba, il me demanda d ou il provenait, et me declara plus 
tard qu il etait persuade que je me 1 etais procure dans 1 un des entrepots du voisinage. 
Apres qu il sut qu il avait ete recolte au Canada, il 1 examina a nouveau et dit : " C est 
reellement un magnifique article en feuille brute, seulement la forme de la feuille est 
defectueuse, elle ne devrait pas etre aussi pointue, mais plus large et plus arrondie ", 
et il ajouta que toute cette variete de tabac qui etait empaquetee avait une tendance 
a 1 allongement de la feuille et a sa terminaison en pointe et presentait toujours un 
etroit espace entre les fibres. II appela son contremaitre, qui corrobora c qu avait dit 
le patron quant aux qualites du tabac. Cela m encouragea et je montrai les memes 
echantillons de tabac a diverses autres personnes, qui, invariablement, firent les memes 
commentaires et repondirent a mes questions de la meme maniere, qu il etait reelle 
ment de bonne qualite, mais non fini, c est-a-dire brut et non assorti. 

Q. Et avez-vous rapporte des graines de cet Etat pour semer dans votre region ? 
E. Oui, j ai rapporte une petite quantite de graines produites dans le Wisconsin 
et, ce que j avais vu m autorisa a recommander ce type de tabac a 1 honorable ministre 
de 1 Agriculture, et il envoya de ces graines de tabac du Wisconsin qui porte le nom 
de Comstock. On m a dit que M. Comstock avait introduit cette variete de tabac, 
environ 40 ans auparavant, et qu il avait conserve son nom depuis lors, mais c est 
reellement du tabac du Wisconsin, et nous supposons que M. Comstock est mort depuis 
longtemps. 

Q. Quel fut le resultat de vos experiences avec la graine rapportee du Wisconsin? 

E. Cette graine a ete distribute dans notre district par quantites de cinq a dix 
livres et, invariablement, elle a donne satisfaction. La recolte de la premiere annee 



INDUSTRIE DU TAB AC AU CANADA 79 

ANNEXE No 2 

fut considered d excellente qualite. A notre convention annuelle de 1 Association des 
Producteurs de Tabac, je rencontrai plusieurs manufacturiers et leur fis examiner les 
echantillons qui etaient exposes du tabac recolte directement de cette semence et de 
celui provenant de la deuxieme recolte, c est-a-dire produit par la graine prelevee sur 
la premiere recolte et enfin du tabac provenant de la troisieme recolte. Tandis qu il 
n y avait aucune difference entre la recolte de la deuxieme annee et celle de la troi 
sieme annee, les experts ont estime qu une difference marquee existait entre la recolte 
de la premiere annee, et cela en faveur de cette deuxieme annee. Us declarerent que 
la production de la seconde annee etait superieure a celle provenant directement de la 
graine importee. 

Q. De telle fagon que, d apres votre experience, cette graine de tabac du Wiscon 
sin vous donne un bon produit ? 

E. Oui. 

Q. Vous savez que M. Cusson, de Montreal, a achete de ces tabacs 1 annee der- 
niere, les a convenablemnt prepares et fait f ermenter et en a fait de bons cigares ? 

R. Oui ; je connais tres bien M. Cusson. Je le vois frequemment et je lui parle 
de ce tabac. J ai vu ce tabac en feuille, je 1 ai revu transforme en cigares et j ai eu 
le plaisir de fumer un grand nombre de ces bons cigares. 

Q. Savez-vous que M. Cusson est pret sous 1 empire de la nouvelle legislation 
a construire des entrepots pour 1 empaquetage du tabac dans votre comte, ou il se 
livrera a 1 industrie de la preparation du tabac ? 

R. Je ne puis dire cela, parce que je n ai pas vu M. Cusson depuis que le projet 
de loi a ete annonce. Environ une semaine avant qu on 1 eut annonce, j ai rencontre 
ce monsieur et nous nous sommes entretenus des nouvelles qui circulaient de ce chan- 
gement et il me dit que si cela se realisait, il etait a peu pres decide a s etablir dans le 
comte de Montcalm ou celui de L Assomption pour y faire de la manipulation. Le 
comite sait, evidemment, ce qu on entend par manipulation. 

Q. Comme consequence de la loi projetee, les manufacturiers etrangers auront a 
payer 28 centins de droit avant de se servir de leur tabac ? Cela. determinera des 
commergants a se lancer dans 1 industrie de cette manipulation? 

R. Oui, il me semble. 

Q. Us y feront de gros benefices? 

R. Je ne vois pas que ce soit necessaire. Le monsieur a qui j ai exhibe mes 
echantillons de tabac canadien. .. . 

Q. Dans le Wisconsin. 

R. Dans le Wisconsin.... remarqua qu avec la protection dont nous jouissions 
alors c etait il y a deux ans et la qualite du tabac que nous pouvions produire au 
Canada, il voyait un moyen sur et certain de faire de 1 argent et que s il n etait pas 
etabli a sa satisfaction au Wisconsin, il ne verrait pas de meilleure place pour s etablir 
et faire de 1 argent qu au Canada. 

Q. II aurait ete pret a le faire sous 1 ancienne loi? 

R. Oui, sous 1 ancienne loi. 

Q. Et il serait encore mieux decide a venir maintenant, apres les changements 
operes ? 

R. Oui, monsieur. J ai pense qu il etait bon de dire cela; j avais oublie de le 
dire plus tot. 

Par le President: 

Q. II voulait avoir sa part du gateau? 
R. Oui, il disait que c etait Tin vrai gateau. 

Par M. Clarice: 

Q. Vous avez dit deux ou trois fois qu en Angleterre et en Belgique on jugeait 
que notre tabac n etait pas fini? 
R. Pas fini. 



80 M. J. B. DUG AS 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Qu eiitendez-vous par la? 

R. II n est pas fermente ni assort! d une maniere convenant aux manufacturiers. 
Les Anglais emploient la methode suivante : Le negociant anglais envoie sa commando 
a un marchand americain, lui demandant tel et tel tabac, pret pour sa branche de com 
merce, juste comme il le lui faut. 

Q. Ce qui manque a notre tabac c est le travail du manipulateur? 

R. Exactement. 

Q. Et vous pensez que la nouvelle reglementation comb.lera cette lacune? 

R. C est mon opinion. 

Par M. Dugas: 

Q. Vous avez voyage aux Etats-Unis pendant plusieurs annees et vous etes egale- 
ment alle en Angleterre et en Belgique. Avez-vous vu dans ces pays du tabac mis en 
vente dans la meme condition ou se troutve le notre quand nous le placons sur le 
marche ? 

R. J ai vu du tabac dans des conditions bien variees. J en ai vu en tout aussi 
pauvre et meme plus pauvre condition que le notre, dans le centre de 1 Amerique du 
Sud, ou 1 on devrait produire les plus beaux et les meilleurs tabacs. La cause reside, 
je suppose, comme ici, dans 1 absence des connaissances necessaires a une preparation 
convenable. 

Q. Mais nulle part ailleurs le tabac n est place sur le marche regulier sans avoir 
ete convenablement prepare, fermente et soumis a la sudation? 

R. Non. 

Q. Dans aucun marche du monde, si ce n est au Canada? 

R. Non; et j en ai conclu que, dans sa condition actuelle, notre tabac est inven- 
dable. 

Q. Et le seul moyen de mettre notre tabac dans une condition convenable serait 
de le faire assortir et empaqueter par les manipulateurs? 

R. Par quelqu un d experimente. 

Q. Savez-vous qu aux Etats-Unis les manufacturiers n achetent jamais leur tabac 
directement des producteurs, mais des empaqueteurs ou preposes aux entrepots? 

R. II arrive quelquefois que le prix courant est juge insuffisant par le cultiva- 
teur j ai vu cela au Wisconsin alors il ne vend pas sa recolte, mais il 1 assortit et 
la met lui-meme en fermentation, attendant qu on lui en offre son prix; mais cela 
arrive rarement. 

Q. Ce n est pas la maniere de faire habituelle? 

R. Cela se produit rarement; dans ce cas, le manufacturier achete directement 
du fermier qu-i a prepare son tabac. 

Q. Selon votre experience, vous avez rarement vu les fermiers preparant eux- 
memes leur tabac? 

R. Rarement. 

Par M. Clarice: 

Q. J aurais deux questions a vous poser. On emploie dans le projet de loi 1 ex- 
pression "Cavendish". Savez-vous ce que c est? 

R. Je ne sais pas exactement ce que c est. 

Q. II est autre chose que je voudrais apprendre de vous ou de M. Labelle, c est 
1 importance de la remise ou reduction payee sur les rognures? 

R. M. Labelle vous dira cela. 

Ayant examine la transcription de ma deposition, je la reconnais exacte. 

J. B. DTTGAS, 

Cultivateur de tabac. 



DR J. \V. ROBERTSON, LL.D., C.M.G., DIRECTEUR, COLLEGE MACDONALD 
8 EDOUARD VII ANNEXE No 2 A. 1908 



MELIORATION DES CONDITIONS RURALES. 



CHAMBRE DES COMMUNES. 

SALLE DE COMITE N 62, 

MERCREDI, 27 mai 1908. 

Le comite special permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation se reunit a 
11 heures a.m. M. Mackenzie, le president au fauteuil. 

Le PRESIDENT. Messieurs, il me fait grand plaisir de vous presenter aujourd hui 
le docteur James W. Robertson, C.M.G., directeur du college Macdonald, a Sainte- 
Anne, qui va nous parler d un sujet tres interessant. Le docteur Robertson ne nous est 
nullement etranger et la seule mention de son nom est pour nous la promesse d un 
discours dhin interet plus qu ordinaire. Le comite, du reste, a toujours ete heureux de 
1 entendre et, encore une fois, je vous le presente avec infiniment de plaisir. 

DR ROBERTSON. Monsieur le President, messieurs. II m a toujours fait plaisir de 
venir devant ce comite, dont j apprecie le travail a toute sa valour. Ses rapports ont 
permis de repandre par tout le pays des renseignements siirs touchant les conditions 
de la ferine. Je soumets les rapports de ce comite a nos eleves du college Macdonald, 
comme la meilleure preuve du progres de 1 agriculture au Canada c est le vrai record 
des developpements importants, de 1 expansion des industries de la ferme. Ce comite a 
aussi ete, toujours grace a ses rapports, un agent puissant pour former dans le public 
une opinion sure touchant 1 agriculture au Canada. On a beaucoup parle, souvent avec 
ostentation, de la noblesse ancienne de 1 agriculture et de la condition elevee du culti- 
vateur, comme de la somme de richesses qu elle produit. (j est la, en grande partie, 
ce qu on appelle, en style de college, une force motrice qui, cependant, ne saurait 
faire marcher une machine. Tandis que les rapports de ce comite ont puissamment 
contribue a former dans le public une opinion fondee quant aux rapports de 1 agricul 
ture avec la prosperite du Canada, comme a indiquer aux compagnies de chemins de 
fer et a la marine marchande 1 attitude a prndre en ce qui regarde 1 agriculture. Je 
suis sur que mes faibles efforts, quand j etais commissaire de 1 agriculture et de la 
laiterie, n auraient pas aussi bien reussi a ameliorer les moyens de transport des pro- 
duits laitiers, des viandes, des fruits et des produits de la basse-cour, adoptes par la 
Chambre politique et propositions bieiiveillamment appuyees par le ministre de 
1 Agriculture s ils n avaient eu 1 approbation et 1 appui de ce comite. J aime temoi- 
gner de la haute valeur des rapports de ce comite, rediges avec tant de soin, et grace 
auxquels le public a pu etre renseigne, ainsi que les compagnies de chemins de fer et de 
navigation oceanique, en un mot, tous ceux qui tirent des richesses du sol. Je suis 
heureux de venir vous soumettre quelques suggestions qui sont, chez moi, des convic 
tions, touchant ce qu il reste a faire pour ameliorer la condition des populations rurales, 
comme pour le progres de 1 agriculture. C est la un des buts de ma visite, mais je tiena 
surtout a renouveler au comite. de la fagon la plus respectueuse et la plus pressante, 
1 invitation que j ai eu 1 honneur de faire a votre president. II ferait enormement de 
plaisir au personnel du college Macdonald de voir ce comite venir en corps visiter cette 
institution, voir 1 activite qui y regne, voir ses fermes, ses animaux et ses recoltes, voir 
ses edifices et son outillage ; en un mot, constater 1 utilite d une telle institution au 
pays. Je ne connais pas d institution, au Canada, que les membres de ce comite, 

2 C 



82 DR JAMES W. ROBERTSON 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

soient comme deputes ou senateurs, auraient plus de plaisir et d avantage a visiter. 
C est, pour le Canada, un de ses xnoyens modernes de rendre plus facile le travail des 
champs, de faire aller de 1 avant les populations rurales. Ce college ne doit porter 
ombrage a aucune autre institution du genre, parce qu il n y en a pas d autre au 
pays. II opere dans un champ jusqu ici non exploite, il faut dire. Ce qui n empeche 
qu il travaille de cooperation avec toute autre institution ayant pour but P amelioration 
du sort de la classe agricole du Canada et il fait vraiment beau de voir comment il 
travaille a la tache qu il a entreprise. 

II serait superflu de vous dire 1 espace qu occupe le college et ce qu il a coute. 
Sir William C. Macdonald y a depense plus de deux millions et demi et le college n est 
pas encore fini. Sir William a aussi donne a nos ndeicommissaires les gouverneurs 
de Puniversite McGill deux millions de dollars comme dotation. Pas un seul sou n a 
ete gaspille, que le sache ; nous avons construit ce qu il y a de mieux et 1 avons outille de 
meme, pour atteindre le but propose. Je ne connais pas a autre citoyen qui ait donne 
autant de son temps, de son energie et de sa fortune, que sir William C. Macdonald, 
dans un but philanthropique et sans viser au gain, a la renommee ou aux honneurs. 

LABORATOIRES DU COLLEGE MACDONALD. 

Le college Macdonald n a pas pour seul but d instruire la jeunesse en classe ou au 
laboratoire. Je n ai pas 1 intention de traiter ce cote de la question aujourd hui, parce 
j ai parle assez au long du college Macdonald comme institution enseignant les travaux 
des champs, la vie a la campagne, quand j eus Phonneur de venir devant vous, 1 an 
dernier. Mais le college Macdonald a de grands departements de recherches, 
illustrant les diverses activites de la vie rurale. II a ete fonde pour obtenir de 
nouvelles connaissances applicables a la vie des champs, pour la rendre moins dure au 
peuple. Et Ton peut dire qu il n y a, au Canada, aucune autre institution pourvue de 
laboratoires pour la bacteriologie agricole que 1 on puisse comparer a ceux du college 
Macdonald. Et nous en sommes venus a la conclusion que, en culture comme en 
medecine, la cormaissance de la bacteriologie est indispensable pour bien comprendre 
ses principes et ses methodes. Le laboratoire de biologic, de physique et de chimie sont 
egalement pourvus de tout ce qu il leur faut respectivement, et les professeurs ont, 
a la fois, tout le zele necessaire, les connaissances requises et la pratique voulue. Le 
plus important, en agriculture, n est pas le nombre de boisseaux a Parpent recoltes dans 
un an. II est essentiel a la prosperite constante du Canada que les professeurs, les 
maitres, les instructeurs en agriculture en sachent, a 1 avenir, plus long que n importe 
qui, sur ce que le sol contient d elements vitaux. Un homme d Etat aussi sage et aussi 
distingue que lord Salisbury disait, dans un de ses meilleurs discours, que le grand 
probleme, non seulement pour 1 Angleterre, mais pour toute Phumanite, est d entretenir 
la fertilite du sol, tant par Pactivite des plantes que par celle des bacteries. C est la le 
probleme de Phumanite; sans cela, la vie humaine disparait de la face du globe, et il 
s ensuit que la pauvrete prevaut la ou le sol s appauvrit. Lese laboratoires ne consti 
tuent qu une partie de ce que 1 on veut pour le college Macdonaid. Vous ne perdriez 
flssurement pas votre temps a venir voir ce que nous avons dans ces laboratoires et ail- 
leurs. 

Mais laissez-moi vous parler d un autre departement. De pair avec notre departe- 
ment de bacteriologie (qui, vous le savez tous, est sous la direction du professeur 
Harrison, ci-devant du college d Agriculture de POntario), on fait aussi des recherches 
dans ce que nous appelons la parasitologie. II y a plusieurs maladies qui font beaucoup 
de mal aux animaux, au Canada, maladie dont nul ne connait la cause, ni le remede. 
Le Dr John L. Todd travaille dans notre laboratoire. H a ete nomme comme profes 
seur agrege de Puniversite McGill. II est canadien de naissance, gradue du McGill, 
et a appartenu, pendant un certain temps, a la School of Tropical Medicine, a Liver 
pool. II a passe trois ans en Af rique, ou il f aisait des etudes. U va etudier les maladies 



L AMELIORATION DES CONDITIONS RURALES 83 

ANNEXE No 2 

causees par les parasites des animaux. On s attend a ce que, tout en se consacrant a 
1 etude des maladies humaines a la Faculte de medecine de McGill, il s occupe aussi 
serieusement d etudier les maladies des animaux domestiques. J aimerais a faire con- 
naitre un memoire du Dr Todd, dans lequel il demands aux medecins veterinaires, aux 
grands eleveurs de 1 Ouest et aux cultivateurs de partout de 1 inf ormer de toute maladie 
inconnue dont ils pourraient avoir connaissance et de lui envoyer des specimens, pour 
qu il puisse, par notre entremise, rendre de bons services au Canada. Le Dr Todd dit: 

" 1. La plupart des agents connus comme causant des maladies sont des parasites 
vegetaux bacteries, x;.-a,-d., Ic bacille de la tuberculose, de la typhoide et de la diphterie ; 
on a recemment decouvert que ce sont de petits animaux parasites qui causent beau- 
coup de maladies des climats chauds et quelques-unes de celles des zones temperees 
protoza, c.-a-d., les parasites causant la malaria, la maladie du sommeil, la syphilis et 
probablement la fievre scarlatine et la petite verole, chez 1 homme, ainsi que -ceux qui 
causant la dourine et le fievre du betail au Texas, ou eau rousse et diverses maladies 
des volailles, chez les animaux domestiques. 

"2. Vu 1 importance de cette categorie de maladies, 1 universite McGill a etabli 
une chaire agregee de la parasitologie dans le but de rechercher les rooyens de prevenir 
et de guerir les maladies causees par des parasites. 

" 3. Tout en etudiant soigneusement les maladies humaines, on se propose de con- 
sacrer beaucoup de temps a 1 etude des maladies des animaux domestiques. 

"4. On ne connait encore que peu de maladies des animaux et des volailles du 
Canada, causees par le protozoa, mais il est bien probable que quelques-unes des 
maladies de nature inconnue, exerc,ant actuellement leurs ravages parmi les animaux 
domestiques, en ce pays, sont dues a ces parasites. On croit que les etudes faites de 
ces differentes maladies produiront de bons resultats. 

" 5. On ne saurait entreprendre ces etudes avec chance de succes sans la coope 
ration de ceux qui sont en contact avec ces maladies des animaux, tels que les vete 
rinaires, les cultivateurs et les grands eleveurs. Cest par eux seuls que le departement 
de la parasitologie peut etre informe de 1 existence de la maladie. 

" 6. C est pourquoi Ton demande a ceux qui ont connaissance de quelqtue maladie 
d une nature inconnue, quelle qu elle soit, chez les animaux domestiques, de le faire 
savoir, en en donnant la description, a 1 adresse ci-apres. 

7. On voudrait surtout avoir des renseignements sur le "loco" et la fievre des ma- 
rais du betail et des chevaux, et sur la tete-noire des dindons ; specialement sur 1 appa- 
rition, la gravite et le frequence de ces maladies. 

" 8. II est a esperer que ces eiForts pour combattre la maladie du betail canadien 
seront apprecies et secondes par ceux a qui la reussite doit profiter." 

9. Adresse: 

Dr JOHN L. TODD, 

College Macdonald, 
Que. 

CULTURE DES CEREALES. 

Laissez-moi dire quelques mots d une ou deux questions qui vous feront peut-etre 
davantage desirer nous faire une visite. Dans la division de la culture des cereales, 
nous tachons de fournir des graines de semence de choix a la province de Quebec et 
meme aux provinces maritimes. C est ce que font le College d Agriculture de 
Guelph pour la province d Ontario et la Ferme Experimentale Centrale, en grande 
partie pour I est de cette province. Nous avons constate, par des experiences et par 
des recherches que, dans toutes localites, si l -on ameliore le grain, qui pousse, en faisant 
un bon choix des graines de semence, il donne les plus aboiidantes et les meilleures 
recoltes. J avais emis cette idee devant le comite, il y a quelques dix ans, et je me suis 
relu dernierement pour voir si je ne devais pas modifier mes opinions. Apres dix an- 

2 6 



84 DR JAMES W. ROBERTSON 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

neVs ^ observations, de recherches et de reflexion, je les trouve aussi bien fondees 
qu alors, relativement a 1 amelioration que 1 on pent, que 1 on doit apporter dans la 
culture du grain au Canada. Une des methodes recommandees etait 1 amelioration des 
grains de semence, en choisissant les meilleures graines de la meilleure recolte, dans 
chaque localite, comme semence de la recolte suivante et ainsi de suite d annee en 
annee. On peut dire que cette methode est en voie de se repandre par tout le Canada. 

Mais nous tentoiis encore d autres experiences et d autres demonstrations, au Col 
lege Macdonald. Pour 1 avoine, par exemple, on a trouve, 1 annee dernidre, que le poids 
rnoyen de la bale, par rapport a la pesanteur totale du grain, variait de 48 pour 100, 
pour de 1 avoine recoltee avant maturite, jusqu a 28 pour 100 pour de 1 avoine de la 
meme variete, mais recoltee tout a fait mure, dans un meme champ. On voit la diffe 
rence comme nourriture, entre un boisseau d avoine ayant 48 pour 100 de bale (iiife- 
rieure a la paille meme), et un boisseau d avoine qui n en a que 28 pour 100. 

D autres experiences ont fait voir combien la date des semailles influe sur le ren de 
ment et la qualite du ble. Sur notre ferme, 1 an dernier, la premiere semence de ble a 
produit 25 boisseaux a 1 acre et, avec une meme variete de grain, dans un meme sol et 
dans plus d uiie autre condition analogue, la derniere semence, quatre semaines plus 
tard, ne nous a donne que 10 boisseaux. II a ete ainsi recolte enormement de ble de dix 
boisseaux a 1 acre, dans 1 est du Canada, 1 annee derniere, faute de semailles faites de 
bonne heure. La question est que, pour le ble, le plus tot on peut le semer dans un sol 
bien prepare, meilleure est la recolte. De toutes les cereales, ceci s applique principale- 
ment au ble. 

Les travaux se font sous la direction du professeur L. S. Klinck, directeur de la 
culture des cereales. Comparant le rendement de diverses varietes de grains choisis 
pour notre localite, parcc qu il paraissait promettre plus, le professeur Klinck dit que 
la meilleure variete de ble a farine (Ked Fife) a produit 34 boisseaux a 1 acre et la 
moins bonne (Huron) 19 boisseaux. La meilleure variete d avoine (Early Triumph) 
a produit 84 boisseaux a 1 acre et la moins bonne (Fifty Pound Black), 39 boisseaux. 
La meilleure variete d orge (Mandscheuri) a produit 67 boisseaux a 1 acre et la moins 
bonne (Success), 31 boisseaux. 

Nous avons aussi une division d elevage des animaux, sous la direction du pro 
fesseur H. S. Arkell. II ne fait que eommencer, a GJIUSC du desastreux incendie allume 
par la foudre, en septembre dernier, et qui consuma nos granges, nos etables et notre 
1 porcherie. II nous a fallu construire des batiments temporaires, pour 1 hiver, mais nous 
sommes a ref aire nos constructions permanentes, et autant que possible, a 1 epreuve du 
feu, pour les animaux, les grains et les instruments aratoires. 

LA BASSE-tOUR. 

Dans la division des volailles, sous la direction de M. F. C. Elford, nous avons fait 
des etudes et des experimentations, depuis octobre 1906, et sous ce rapport, nous avons 
de quoi vous interesser. J ai beaucoup de renseignements pour ce que je disais, 1 an 
dernier, devant ce comite, a propos des poules qui pondent 1 hiver dans les poulaillers 
en planches a une temperature parfois de 17 degres au-dessous de zero. Des incredules 
des sceptiques, devrais-je dire, dans le sens strict du mot ont dit que les ceufs de- 
vaient geler. II appert que les ceufs n onl; pas gele, parce que, avec nos nids a trappe, 
la poule ne peut en sortir avant 1 arrivee de I homme qui y va au moins deux fois 
1 avant-midi, sortir les poules. Je dirai maintenant comment se comportent les poules. 
Je puis dire que, d apres les rapports de 1 hiver dernier, la production des ceufs, dont 
je parlai alors, n etait pas aussi reguliere que les hivers precedents. Nous avons mis 
les memes poules dans les rnemes poulaillers, durant 1 hiver qui vient de finir et elles 
ont pondu depuis dece,mbre. En 1906, c etaient des poulettes et elles commencerent a 

pondre en novembre. Pour vous montrer le pen d effet qu ont les grands froids et ceci 

est surtout precieux pour le Manitoba et le Nord-Ouest ou 1 on a pretendu qu on ne 
; pouvait profitablement garder des volailles en hiver, ni les nourrir avec du ble gele ou 



L AMELIORATION DES CONDITIONS RURALES 85 

ANNEXE No 2 

du ble avarit je citerai le cas de 125 poules pondeuses dans cos poulaillers si simples, 
une planche d epaisseur, sans chaleur artifieielle aucune, si ce n est la ehaleur des 
poules elles-memes durant tout 1 hiver. Les poules n out jamais eu de patee, sous forme 
de melange, ni decoctions pernicieuses d aucune sorte. Elles n ont jamais eu d eau, 
depuis 1 epoque des gelees, en novexnbre, jusqu aux temps chauds de mars ou d avril. A 
la place de 1 eau, elles mangeaient do la neige et, quand elles ne pouvaient sortir, on 
leur en portait. En somme, elles n ont pas pondu autant 1 hiver dernier (1907-1908) 
que 1 hiver precedent. Je n ennuierai pas le cornite avec trop de statistiques. Le 26 
Janvier, elles donnaient 49 osufs; le 27, 56; le 28, 46; le 29, avec 1"8 degres au-dessous 
de zero dans le poulailler, elles donnaient 52 oeufs; le lendemain, 56, et le jour suivant, 
56 ; il n y a pas eu de ralentissement avec cette temperature de 18 en bas de zero dans 
le poulailler. Puis le 4 fevrier, elles donnaient 58 oeufs; le 5, 35; le 6, avec 20 degres 
en bas de zero dans le poulailler, elles donnaient 48 oaufs ; le 7, 26, et le 8, 43 oeufs. Je 
donne ces chiffres pour faire voir la difference de ces deux jours de grand froid. Apres 
une baisse subite de la temperature, il y eut diminution dans la production des oeufs, le 
jour suivant, mais le lendemain, il y eut augmentation proportionnelle. 

Par M. Crawford: 

Q. De quoi nourrissez-voxis les poules? 
E. On les nourrit surtout de ble gele du Manitoba; c est tres bon. 

Par M. Telford: 

Q. Ces poulnillers sont-ils reconverts de papier? 

E. Us n ont qu une planche d epaisseur; mais on met du papier goudronne sur le 
toit, pour les preserver centre la pluie. II n y a rieii sur les cotes, si ce n est la planche 
d un pouce d epaisseur, embouvetee et parfaitement ctanche. 

Par M. Lewis: 

Q. Employez-vous la chaleur artificielle? 

E. Non; les poulaillers sont en plein champ sans aucun abri. A 1 extremite ou 
sont les juchoirs, on met deux planches, avec du papier entre les deux pour eviter 
les courants d air. Pour les miits trop froides, on met un rideau de coton devant les 
perchoirs. 

VOLAILLES NOURRIES AU BLE AVARIE. 

Parlons maintenant du ble gele. Je fais beaucoup de fond sur ce grain, non ven- 
dable autrement que pour nourrir les volailles. Je ne suis pas de ceux qui pretendent 
qu un cultivateur-laitier ou un eleveur d animaux de boucherie ne devrait pas vendre 
de grain. II est souvent avantageux pour la laiterie comme pour 1 elevage des bestiaux, 
des pores et des volailles, que le cultivateur vende son meilleur grain, vu qu il peut 
disposer du reste pour nourrir ses animaux. L hiver dernier, nous avons fait venir du 
Nrod-Ouest un char de ble gele. II nous coutait 26c le boisseau, la-bas, prix peu eleve, et 
environ 60c rendu a Sainte-Anne de Bellevue. Ce n est pas que nous tenions a acheter 
une nourriture specialement bon marche, mais nous voulions donner du ble gele aux 
volailles, pour voir ce qu on pourrait en tirer. Voici quelques resultats : Pendant les 
mois de mars et d avril, et jusqu au 24 mai, nos 680 poules ont consomme 177 boisseaux 
de ble gele; Puis on leur donna aussi 1,700 livres de son de ble, au cout de $21.25. 
On leur a donne de plus 850 livres de dechets de viandes achetes aux entrepots de 
conserves. Ce qui nous couta $21.25. Elles ont aussi eu du gravier et des ecailles 
d huitres au cout de $21.25. Nous avons eu de nos poules 27,211 oeufs plus de 2,267 
douzaines, que nous aurions pu vendre de 25c a 50c la douzaine. Chaque boisseau de ble 
gele nous a valu 8 douzaines d oeufs; et voila. Cela, dans un climat ou il y avait 
parfois jusqu a 22 degres en bas de zero dans les poulaillers. C est pourquoi, dans ces 
conditions, je ne craindrais pas le climat du Manitoba et du Nord-Ouest. Cela prouve 



86 DR JAMES W. ROBERTSON 

8 EDQUARD VII, A. 1908 

qu il est plus profitable de donner le ble gele aux volailles qu aux gros animaux, tola 
que les bestiaux et les pores. 

Q. Vous dites done que la production a ete superieure a ce que le cultivateur tire 
ordinairement de ses poules? 

E Mais pas superieure a celle qu il pourrait ordinairement en retirer. 

Q. A quoi attribuez-vous ce gros rendement? 

R. En grande partie a deux causes. Tout d abord au choix des poules pour un bon 
nombre de races parmi celles qui vivent au froid et pendant tout I hiver. Puis a une 
basse temperature, a 1 air froid avec du soleil, a une nourriture seche et a 1 exercice 
voulu de la part des poules . Elles ne peuvent trouver de quoi manger sans gratter 
pour 1 avoir. 

Q. Une nourriture seche? 

R. Oui, une nourriture seche. Puis le travail necessaire, preferable a 1 exercice 
artificiel. Pour trouver de quoi manger, il faut que les poules grattent dans quatre 
pouces de litiere. Ce sont la des conditions naturelles, rien que ce qu a le cultivateur 
et dont il peut disposer. S il s agissait de construire a grands frais et de faire de 
grands travaux, le cultivateur serait excusable de ne pas adopter cette methode, mais 
nous 1 avons simplified de facon a ce que tout cultivateur puisse aisement 1 employer. 
Mais il lui faut apporter du soin et de 1 intelligence dans son travail. 

Q. Avez-vous quelques races particulieres ? 

E. Nous avoris six races. Un mot pour vous montrer qu il n y a pas de degene- 
rescence chez les sujets. Les poules que nous avons gardees dans ces conditions 
rigoureuses, durant I hiver de 1906-07, ont pondu des ceufs donnant de 87 a 93 pour 
100 de fertilite. Ainsi les poulettes provenant de ces poules sont aussi bonnes que 
leurs meres. II n y a pas de degenerescence. Les poules avaient donne, en 1906-07, 
28 ceufs chacune, en moyenne, dans les plus gros froids, avant la fin de fevrier. En 
1907-08, annee tres froide, les poulettes donnerent une moyenne de 25 ceufs chacune. 
avant la fin de fevrier. 

Q. Quelles etaient les races? 

E. Des Plymouth Eocks barrees, des Wyandottes blanches, des Orpingtons f auves 
et des Rhode Islands rouges. Nous avons encore deux autres races les Minorques 
noires et les Leghorns blanches mais elles n ont pas pondu autant pendant I hiver. 

Par M. Monk : 

Q. Combien de poules gardez-vous dans chaque poulailler? 

E. On en met de 50 a 25, selon la grandeur du poulailler. Les plus grands ont 
20 x 14 x 7 pds ; les plus petits, 12 x 8 pds et 7 pds de hauteur. 

Par M. Schell (Oxford) : 

Q. Les Plymouth Rocks se sont-elles montrees des volailles de bonne race? 

E. De premier ordre. Les Plymouth Rocks ont donne, en moyenne, I hiver dernier, 
$4.27 d ceufs chacune. La nourriture a coute $1.44 par poule. Ce qui laisse, on le voit, 
une bonne marge pour le trouble. Je n insisterais pas sur cet elevage des poules, s il 
rapportait peu, mais la civilisation avancee recherche les plus fins aliments, non les 
plus grossiers. Les produits de la ferine qui tendent a gagner de plus en plus en valeur 
sont les pores et les volailles le bacon et le poulet gele. Ce sont la des animaux que 
nous tenons a ameliorer. Nous esperons pouvoir fournir a Quebec et aux autres pro 
vinces nos races de volailles de choix. Nous aurons un grand nombre de jeunes coqs a 
$1.00 la piece, provenant de ces races. Je n entends pas vous entretenir longuement de 
toutes les divisions du college Macdonald, car cela prendrait plusieurs seances du 
comite. 

Par M. Lewis: 

Q. Laissez-vous sortir vos volailles, I hiver ? 

E. Chaque poulailler a une petite porte par ou les poules peuvent entrer et sortir ii 
leur guise. 



L AMELIORATION DE8 CONDITIONS RURALES 87 

ANNEXE No 2 

Q. Souffrent-elles de I humidite ou du f roid aux pattes ? 

E. Pas le moins du monde. Nous n avons eu aucune maladie serieuse. Nous 
avons perdu quelques poules par accident. Je ne dis pas que nous avons trouve une 
panacee; nous sommes retournes a la vie simple, pour les volailles temperature peu 
elevee, de 1 air frais, du soleil, une nourriture seche de bonne qualite et 1 exercice neces- 
saire. 

Q. Quand les volailles sont dehors, la crete ne leur gele-t-elle pas? 

E. II fait presqu aussi froid en-dedans qu en dehors. Le thermometre a marque 
jusqu a 22 degres en bas de zero dans les poulaillers, 1 hiver dernier. Le moineau ne 
gele pas, bien qu il sorte 1 hiver, par des froids de 30 degres au-dessous de zero. Les 
Minorques noires et les Leghorns blanches, a grandes cretes, passent 1 hiver au chaud. 
Leurs cretes auraient trop a souffrir du froid. 

Par M. Mclnfyre ( StratTicona) : 

Q. Comment faites-vous faire aux volailles 1 exercice necessaire? 

E. En jetant leur nourriture sur un plancher reconvert de quatre ponces de litiere 
formee de paille hachee et de bale. II faut que la poule gratte pour trouver sa nour 
riture. 

Q. Changez-vous la paille de temps a autre? 

E. On enleve la paille d en-dessous du juchoir, on la met de cote, puis on la renou- 
velle de la meme fagon sur tout le plancher, a peu pros une fois par mois ce qui I em- 
peche de pourrir. 

Par M. Lewis: 

Q. Les journaux ont publie des rapports sur la valeur des produits de la basse- 
cour, disant qu ils paient autant que le grain; est-ce le cas, oui ou non? 

E. Je ne sais. c est difficile a dire. La valeur totale de la production des oeufs et 
des volailles, dans le Eoyaume-Uiii, est d apres les derniers rapports, de $57,000,000; 
en France, $85,000,000; au Canada, $16,000,000; et aux Etats-Unis, $295,000,000. On 
estime a $990,000,000 la valeur totale annuelle de la production des reufs et des 
volailles par tout le monde. J ai etudie comparativement cette question dans une cer- 
taine mesure. Par exemple la province de la Nouvelle-Ecosse ou 1 on recolte un grand 
nombre de barils de pommes chaque annee est cotee presque partout ou 1 on parle du 
Canada, comme une province produisant beaucoup de fruits. Eh bien! les produits 
annuels de la basse-cour, dans la Nouvelle-Ecosse, depassent la production des pom- 
miers. Si 1 on pouvait employer par tout le Canada, les meilleures methodes et aug- 
menter ainsi la production de la basse-cour jusqu a la somme minimum de $25 par 
ferme, on aurait fait beaucoup pour augmenter la prosperite nationale. 

Par M. Scliell (Oxford) : 

Q. Quel grain conseillez-vous d employer? 

E. II n y a rien de meilleur qu un melange de ble, d orge, d avoine, de ble-d inde et 
d un peu de sarrasin. Une des pires coutumes chez le cnltivateur canadien, c est de 
vendre le grain que le crible n a pu bien nettoyer. On passe au crible et on en enleve 
un quart plus ou moins. Ce qui donne un grain net et franc dont on peut disposer au 
pi us haut prix et le quart restant forme une tres bonne nourriture pour les volailles. 
Le choix des meilleures graines produit les meilleures recoltes et 1 emploi du grain 
inferieur pour nourrir les animaux constitue une vraie economie en agriculture. 

Par M. Lake : 

Q. Combien les volailles mangent-elles de ble chacune? 

E. Nos poules -en ont consomme 19 livres chacune pour les trois mois de mars, 
avril et mai ; 68 poules ont consomme 177 boisseaux de ble, du ler mars au 24 mai, et 
comme je 1 ai dit tout a 1 heure, le produit a atteint le taux de huit douzaines d oeufs 
par boisseau de ble consomme. 



88 DR JAMES W. ROBERTSON 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Monk : 

Q. Avez-vous 1 intention de parler des legumes ou bien en cultivez-vous ? 

E. Nous en cultivons beaucoup, mais je n ai pas le temps d entrer dans les details. 
D abord, nous avons les jardins de 1 ecole, pour les eleves et leurs professeurs, afin qu on 
leur apprenne, non seulement la production des plantes, mais qu on leur fasse com- 
prendre les principes du choix des graines, de la culture du sol, de la rotation des 
recoltes et de la protection centre les mauvaises herbes, les maladies des plantes et les 
insectes. Puis il y a le jardin potager, pour les fexmnes qui suivent nos cours d ecole 
menagere. Et nous consacrons environ 70 acres de terre aux petits fruits, aux gros 
fruits et aux legumes. Dans nos champs de demontration, nous recoltons ce qu il faut 
pour la table du college. La ferme horticole couvre une superficie d environ 70 acres. 
Trente acres sont en verger dont 20 pour les varietes de pommes rustiques, le but 
etant de trouver. le meilleur moyen non seulement d activer le developpement des pom- 
miers, mais de leur assurer un bon rendement et de les conserver. C est dans ce but 
qu on a commence cette saison, une serie d experiences. Cliaque rang plante du nord 
au sud, represente une variete et le verger est divise en pieces comptant trois rangs a 
1 est et a 1 ouest, pour essais de culture ou d engrais, selon le cas. 

Le verger des pommes variees couvre cinq acres ayant quatre arbres de chaque 
variete. Le verger aux poires et aux prunes occupe environ trois acres. Les prunes y 
sont surtout d origine americaine. Les prunes d origine europeenne, ainsi que les 
cerises sont plantees dans des espaces libres d une partie du verger de rapport. 

L etendue consacree aux petits fruits et aux vignes comprend environ cinq acres, 
dont une acre en fraisiers d un an et une demi-acre en plantes de 1 annee ; trois quarts 
d acre en vignes, et le reste en petits arbres fruitiers. On ^ultive ces fruits pour le 
commerce et 1 on fait des experiences pour trouver le meilleur moyen d en faire payer 
la culture. 

On cultive aussi des legumes de varietes differentes. Quatre acres sont consacrees 
aux tubercules tels que carottes, navets, betteraves et panais, une acre en melons, en 
concombres, courges, citrouilles et une acre en tomates. 

II y a trois acres pour les oignons et environ une demi-acre pour le celeri. Environ 
30 acres sont en patates. L espace compris entre les arbres fruitiers est surtout consa- 
cre a ces tubercules, moins quatre pieds autour de chaque arbre. Les pois et les feves 
de jardin occupent quatre acres. Deux acres sont destinees aux asperges. Une acre 
est consacree a une petite pepiniere d arbres d ornementation pour planter sur le ter 
rain du college. L etendue en culture comprend environ soixante acres. 

Les laboratoires et les serres permettent aux eleves d acquerir des connaissaces pra 
tiques en horticulture, durant les mois d hiver. Une serre est entierement consacree a 
des essais par les eleves, de semis, plantations, soins aux arbres, aux petits fruits et 
aux legumes. Les autres serres sont utilisees pour la culture des fleurs et des legumes 
pour le commerce. Des experiences sont aussi faites dans le but de retirer de ces cul 
tures le plus de profits possible. 

La division de 1 horticulture est sous les soins du professeur Saxby Blain. Son 
experience comme horticulteur de la ^uccursale de la Ferme Experimental a Nappan, 
N.-E., a ete d un tres grand avantage pour 1 horticulture des provinces maritimes. 

On fait au College Macdonald, des etudes et des experimentations dans trois bran 
ches importantes de 1 agriculture. L emploi de graines de choix pour semer en un sol 
bien prepare, une rotation appropriee des recoltes (ce que 1 on comprend a peine et 
qu on ne pratique assurement pas dans 1 Est du Canada, excepte dans certaines parties 
de 1 Ontario), et la protection des recoltes centre les mauvaices herbes, les insectes et 
les maladies. Chacune de ces trois branches pourrait augmenter la moyenne des recoltes 
jusqu a 25 pour 100 en dix ans avec une culture intelligente et soigneuse. Le College 
Macdonald ne tient pas seulement a faire des etudes de ces matieres mais a donner des 
demonstrations partout ou iront nos eleves et nous esperons faire avant longtemps, de 
chaque gradue de notre college, un maitre qui puisse appliquer notre mode de culture 
a sa ferme sous la direction du college. LL aura des graines choisies, (fournies au be- 



V AMELIORATION DBS CONDITIONS RURALES 89 

ANNEXE No 2 

soin par le college qu il semera dans un sol bien prepare ; il f era suivre a ses recolt.es 
une rotation appropriee a sa localite, et il sera en etat de combattre les mauvaises 
herbes, les insectes et les maladies. De telles demonstrations pratiques sur sa ferme 
seront comme un phare pour toute la localite, de sorte qu il apportera chez lui des 
legons tres profitables a tons. 

Grace a nos etudes et avec les moyens et les hommes a notre disposition, nous 
voulons que les bienfaits du college Macdonald se repandent aussi loin que possible, 
pour les populations rurales. Le college opere dans trois divisions ou ecoles. De 
concert avec 1 ecole d agriculture marche la division des etudes et de demonstra 
tions dont j ai parle tout a 1 heure. Puis nous avons la science menagere avec expe 
riences, et 1 instruction domestique. Cette branche traite de trois grandes necessites 
de la vie nourriture, vetement et logement. II est aussi important que la femme soit 
instruite sur ce qu elle a a faire, que 1 homme. A 1 ecole pour les professeurs, 1 instruc- 
tion et 1 entrainement sont pour ceux qui se destinent aux" ecoles des villes et des cam- 
pagnes. II importe que 1 ecole rurale et son professeur soient a la hauteur de ces deux 
autres necessites savoir : 1 occupation et la maison des parents, et que les enf ants 
soient bien entraines pour pouvoir bien faire, en meme temps que le comprendre, ce 
qu on attend d eux aux champs et a la maison. .Cette triple caracteristique du college 
Macdonald le met en mesure de faire des maitres en 1 art pour les populations rurales. 

RETOUB A LA VIE DES CHAMPS. 

Nous sommes a une epoque de 1 histoire du Canada ou non seulement 1 agriculture 
doit progresser, mais ou elle en a la plus grande chance qu on ait encore vue. Ce n est 
que depuis peu qu on a acquis cette connaissance intime de la nature qui permet a 
1 homme d appliquer avec profit ses plus belles qualites a 1 agriculture. Jusqu a la fin 
du siecle dernier, cultiver n etait pour ainsi dire qu une question de travail inanuel 
avec bien peu de travail intellectual. Aujourd hui, grace aux grands progres accomplis 
dans le controle des forces naturelles, il y a une heureuse tendance a la vie des champs 
chez les gens instruits. Ce qui demande de nouvelles modifications dans leur education 
pour qu ils soient eux et leurs enfants, plus en etat de profiter de 1 experience des 
maitres et puissent mieux jouir de la vie et de ses chances, dans 1 avenir. Une vague 
d impatience, de changements des conditions actuelles passe chez nos gens. Ce n est 
rien d absolument neuf, mais il y a du nouveau quand meme dans cette agitation. 
Au lieu de la poussee vers les villes, c est une tendance, un besoin, un imperieux desir 
de retourner a la campagne, d aller y vivre pour le bien-etre de la f amille, pour la con 
servation de la sante, la garantie d un bon travail et surtout pour 1 avancement d une 
saine education. Ameliorer 1 enseignement agricole et industriel du peuple canadien 
est une oeuvre privilegiee comme c est xm des premiers devoirs de 1 homme d Etat. 
De toute 1 aide qu un gouvernement qui represente tout le monde puisse surement et 
avantageusement accorder aux gens, il n en est pas de meilleure que celle qui a pour 
but de developper Fintelligence, la force, les aptitudes, le talent, la cooperation et la 

bonne volonte. 

\ 

ALLONS-NOUS DE I/AVANT OU DE I/ARRIERE ? 

II est d une importance capitale pour tous de voir s il n y a pas une degenerescence 
particuliere des populations rurales de langue anglaise habitant les terres du Canada, 
a Test des grands lacs. II ne ferait pas bon, pour un homme public sollicitant les 
suffrages du peuple de discuter cette question. On en verrait pourtant la realite. II 
n y a pas de raison, en tout cas, pour un Ecossais, de ne pas parler comme il 1 entend, 
rappelant le mot sacre "dire la verite en amour". L est du Canada ne saurait perdre 
plus qu en voyant diminuer sa population rurale, car une population rurale intelligente, 
prospere et satisfaite est le meilleur actif de tout Etat. Les jeunes gens quittent les 
campagnes en grand nombre, chaque annee. Je ne veux pas medire de ce qui les attire 



90 DR JAMES W. ROBERTSON 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

ailleurs, mais la ou la jeunesse des deux sexes, forte, robuste, entreprenante et ambi- 
tieuse, cherche a s eloigner, depuis vingt ou trente ans, la vie humaine decroit beau- 
coup. Les monceaux de cranes de Frangais, dans le Nord-Ouest de I ltalie, et les 
ossements blanchis epars ga et la des soldats de Napoleon, lors de la fameuse retraite 
des steppes glacees de la Russie, n ont laisse que la degenerescence en France. Quand 
Napoleon eut enleve a sa patrie ses meilleurs enfants pour laisser leurs os dans les 
etapes de 1 Egypte, a Waterloo, on ne pouvait s a-ttendre a autre chose qu un Sedan et 
a la decadence dont la France ne fait que commencer a se relever. Les jeunes gens 
bien nes, bien eleves et bien instruits sont notre meilleur actif. Si 1 enseignement des 
ecoles les porte a quitter le sol natal en trop grand nombre, il faut le changer. Si 
1 Ouest les fascine trop, il faut leur montrer le danger et leur faire bien voir la 
richesse de 1 Est. On devrait renseigner systematiquement et suffisamment le peuple 
de la Grande-Bretagne sur 1 est du lac Huron au Canada. 

II est bon d envisager les conditions de la vie dans les campagnes de 1 Est du 
Canada et de voir ce qu il faut faire pour les ameliorer. On peut ameliorer les choses 
de deux manieres: (1) En rendant le travail plus attrayant et plus remunerateur pour 
ceux qui se livrent a la culture. Ce qu on peut faire en repandant les connaissances 
pratiques et en founissant par des demonstrations faciles et economiques les moyens 
d adapter ces connaissances aux conditions locales. (2) Au moyen d ecoles et d un 
entrainement tels que le travail des champs plaise au xenfants et qu ils soient en etat 
d y reussir. Le meilleur actif que nous ayons est une population intelligente, prospere 
ot heureuse dont les enfants se contenteront de vivre de la vie de leurs peres. 

LA PRODIGALITE EST-ELLE NECESSAIRE. 

On a beaucoup parle du developpement de 1 Ouest, mais nous n avons guere de 
preuve de ce developpement. II n y a pas de doute que des contrees de 1 Ouest ont ete 
occupees, mais 1 occupation d un pays n est pas la meme chose que son developpement 
par 1 exploitation de ses ressources et la formation de sa population ou de son organi 
sation sociale. Je voudrais voir ce comite envoyer dans 1 Ouest des hommes d initiative, 
des agronomes pour constater la fertilite et la beaute des champs, en ce moment ou 
la recolte sur pied fait 1 espoir du cultivateur. On dit en maints endroits que la pro- 
digalite des colons doit aller de pair avec celle de la nature et que le colon a le droit 
de gaspiller les ressources naturelles pourvu qu il ameliore par la son sort et assure 
1 avenir de sa famille. Prenons par exemple le liberal usage qu on fait du charbon. H 
.a lallu des millions d annees pour le preparer et 1 emmagsiner dans la terre, disons 
pour 1 usage de 1 homme. Et nous en avons fait un prodigue usage, nous ventant des 
millions de tonnes que nous en extrayons chaque annee. Or voila que les meilleures 
autorites declarent que probablement dans 75 ans, les mines de charbon des Etats-Unis 
seront joliement epuisees, a 1 exception des couches inferieures ou 1 extraction est a la 
fois plus difficile et plus couteuse. II, par ait juste, a premiere vue, que la civilisation 
fasse un usage liberal du charbon qui a permis a l homme d exploiter les metaux et 
d etudier et controler 1 electricite. C est ainsi qu il a pu utiliser les ressources inepui- 
sables des pouvoirs hydrauliques, de la force du vent, et qu il pourra peut-etre bientot 
utiliser la force du soleil. Nous pouvons utiliser aujourd hui les forces hydrauliques 
du pays et en tirer de la chaleur, de la lumiere et de la force motrice, ce que l homme, 
ce semble, n aurait jamais pu faire sans 1 usage liberal qu il a fait du charbon durant 
les aimees d cxperimentation. Cela peut, on 1 avouera, justifier 1 usage extravagant 
qu on a fait de cette grande ressource naturelle, c est-a-dire a cause du resultat qui est 
le controle d autres ressources encore plus precieuses. Mais que fait-on en epuisant le 
sol ? On rend les gens moins soigneux et moins capables ; on leur ote la force pour ne 
leur laisser que la pauvrete, sous tout rapport. Si d un autre cote, on conserve et 
augmente la fertilite du sol, le peuple devient proportionnellement plus fort et plus 
capable. Les deux marchent de pair. A nous, done, de voir a conserver a notre sol 



L AM ELI OR AT I ON DE8 CONDITIONS RURALES 91 

ANNEXE No 2 

toute sa fertilite et a ameliorer sans cesse les conditions de la vie a la campagne. La 
fertilite du sol du Canada, si 1 on tient compte de sa recente decouverte, est si epuisee 
que la moyenne de la recolte du ble au Canada depasse a peine de la moitie par acre, 
celle de la vieille Angleterre. Voila ce qu a fait, par ces methodes abusives, 1 occupa- 
tion de ce grand heritage, qui est le notre. 

UN BEL HERITAGE. 

Pour quon ne m accuse pas de vouloir deprecier 1 Ouest ou de douter de 1 avenir 
du Canada, aujourd hui si intimement lie au progres de 1 Ouest, je vais repasser brieve- 
ment la situation. Nous avons au Canada comme ressources naturelles pour 1 agri- 
culture, deux vastes etendues. Nous avons, de 1 Atlantique en venant vers Pest, mille 
milles de terre ou les pommiers croissent en abondance et ou les champs, 1 ete, fleurent 
le trefle odorant. Ce qui indique que la nature peut y faire la vie et la civilisation eter- 
nellement belles et heureuses. Je ne sais rien de mieux que les fleurs du pommier et du 
trefle pour donner une idee d un climat et d un sol plus propices au bonheur en meme 
temps qu aux gouts a la fois simples et eleves. 

Puis nous avons, au nord du lac Superieur, un region a coup sur remplie de mine- 
rais, de forets et de cours d eau propices a la production de la pulpe et du papier. 
Cette etendue qui va jusqu a la baie James et a la Baie-d Hudson, possede d autrea 
ressources et il y a du cote sud, de bonnes terres arables. 

Plus haut que cette region, du cote du couchant, nous avons encore mille milles de 
prairies, pour des milliers d annees fertiles et propres a la culture du ble. La comme 
ailleurs 1 agriculture n est pas des plus difficiles. Le soleil semble s y plaire a dorer les 
moissons et a faire surgir tout ce qui fait le bonheur de 1 homme 

Au dela de ces prairies, nous avons 500 milles du plus pittoresque paysage au 
monde. De hautes montagnes dont les flancs regorgent a en eclater d or, de plomb, 
d argent et d autrcs minerals; puis des bles et des pechers croissent dans leurs vallees. 
J espere beaucoup du Canada, mais encore faut-il nous occuper de la valeur respective 
de ses grandes plaines et de leur developpement possible. II n est pas, que je sache, 
une contree du Canada qu on ait trop vantee comme partie de 1 heritage national, mais 
ce que je veux bien faire ressortir, ce matin, c est que dans tout 1 Est du Canada, ou 
habite le gros de la population, il y a de vastes etendues de terre qu on a jusqu ici 
negligees et appauvries a leur prejudice, ou plutot au grand .prejudice de la nation, 
et il faut faire cesser ce triste etat de chosea. 

Jouons serieusement ce grand jeu national du developpement du Canada, avec la 
conviction bien arretee que nous le jouons en fideles gardiens de la posterite. 

AUGMENTATION DE LA RECOLTE PAR ACRE. 

En 1906, 611,493 personnes ont vecu sur des terres comme occupants, au Canada, 
et la valeur de la propriete agricole etait estimee a $2,300,000,000. La valeur moyenne 
annuelle de tous les produits agricoles, pour ces dernieres annees est d environ $250,- 
000,000, par tout le Dominion. Mais je ne veux pas faire de statistique latdessus. 
Je veux en venir a un point d un interet plus direct. Pour les quatre principales 
recoltes: le ble de printemps, le ble d autonme, 1 avoine et 1 orge, 14,757,118 acres ont 
etc ensemences au Canada, en 1907. Pour la province d Ontario, je compare les dix 
annees de 1887 a 1896 avec les dix annees de 1897 a 1906. Je compare la recolte 
moyenne par acre de ces deux decades. Vous pourrez ainsi vous faire une idee du 
progres ou vice versa. Dans la province d Ontario, ou 1 on a fait le plus pour repandre 
les connaissances agricoles, il y a eu une augmentation notable de la recolte par acre 
des dix dernieres annees sur les dix precedentes. Pour le ble d automne, 1 augmentation 
a ete en moyenne de 13 pour 100. L augmentation, pour 1 avoine, a ete de 18-9 pour 
100, et celle de 1 orge, de 23-4 pour 100. La plupart des cultivateurs sur les terres 



92 DR JAMES TF. ROBERTSON 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

desquels il y a eu augmentation vous diront : " Nous employons de meilleures graines, 
nous faisons une rotation sensible, etendant d u fumier sur les recoltes sarclees ou 
vertes et nous detruisons autant que possible les mauvaises herbes. Ce sont la trois 
choses importantes. II y a encore des cultivateurs que le progres laisse indifferents, 
mais comme on le voit par I augmentation de la recolte par toute la province, les plus 
intelligents suivent la marche du progres. Si 1 on pouvait constater la meme augmen 
tation des recoltes de ble, d avoine et d orge, dans toutes les parties du Canada, la 
recolte totale de 1 annee derniere acuserait une augmentation de 52,000,000 de bois 
seaux. II faudrait bien entendu, la meme etendue ensemencee, la meme temperature 
et les memes marches. Cinquante-deux millions de boisseaux de grain, ga vaut la peine 
d y penser. 

Prenons maintenant les pommes de terre. Les terres ensemencees 1 annee derniere, 
soit 503,546 acres, ont rapporte 66,704,595 boisseaux. Peut-etre devrais-je mentionner 
]< s n ^nl tats d experiences tentees a quelques-uns des vingt-neuf jardins-ecoles etablis 
avec 1 aide du Macdonald Rural School Fund? 

EXEMPLE DES JARDINS-ECOLES. 

Dans la plupart des jardins-ecoles, deux pieces furent ensemencees en pommes de 
terre, cote-a-cote et dans les memes conditions. La culture etait la meme, si ce n est 
qu on en arrosait une avec du vert de Paris pour detruire les mouches a pommes de 
terre et avec de la bouillie bordelaise pour prevenir la rouille. On 1 arrosait de trois 
a cinq fois, selon qu il etait necessaire, tandis que 1 autre etait laissee sans arrosage. 
Partant, la recolte de la piece arrosee a ete plus abondante que 1 autre. Les chiffres 
suivants montrent I augmentation de la recolte grace au traitement dans six jardins: 
a Knowlton, Que., Ill pour 100; a Richmond, Ont., 100 pour 100; a Carp, Ont., 85 
pour 100; a March, Ont., 81 pour 100; a Guelph, Ont., 43 pour 100, et a Brome, Que., 
41 pour 100. Si 1 on pouvait obtenir une augmentation de 40 pour 100 (ce qui est in- 
ferieur a la plus petite augmentation des jardins-ecoles), songeons a 1 importaiice de 
ce qu on ajouterait a la recolte du Canada. Et 1 on a constate en grande partie, un 
aussi beau resultat a Bowesville, dans Ontario. Dans cette localite, on a fait subir a 
la culture des pommes de terre, grace au jardin-ecole Macdonald qui y est etabli, des 
modificationc qui lui font rapporter beaucoup plus. J extrais les chiffres suivants du 
rapport du directeur de cette ecole, non seulement pour les pommes de terre, mais pour 
toutes les recoltes ordinaires des f ermes : 

" Bowesville, Ont., situe a six milles au sud de la capitale du Canada, est depuis 
longtemps considered comme une des parties les plus prosperes de I important comte de 
Carleton, et le succes du mouvement est en grande partie du au grand interet que la 
population porte a son ecole. On ne travaille qu a aider a son succes. On a achete un 
terrain de deux acres et demie, puis on 1 a entoure d une cloture avec des poteaux 
tournes et de tres jolies barrieres. 

^ Le nombre d enf ants qui assistent aux cours de 1 ecole de Bowesville est de pres 
de cinquante par jour, 1 age variant de six a seize ans. On a adopte le mode d une 
piece de terre pour deux eleves, im jeune et un vieux, qui travaillent de concert sur 
cette piece (dix pieds par vingt) et partagent egalement dans les pertes au temps de la 
moisson. Ce mode a tranche la difficulte qui existait quand les jeunes avaient a 
prendre toute la responsabilite d une piece sans nuire au droit de propriete qui fait 
tant de plaisir au jeune jardinier. Quant a la culture des pieces, a 1 exception du 
labour, tout le travail est fait par les enfants et bien fait. Les premiers voisins 
apportent le fumier pour le jardin et labourent le sol. 

"Les pieces experimentales de la classe des plus vieux meritent une mention 
speciale. On a fait des experiences de rotation des recoltes pour la culture du trefle et 
1 arrosage des pommes de terre et obtenu d excellents resultats. Bowesville est le cen 
tre de la contree produisant le plus de pommes de terre de Test du Canada, et c est 



L AMELIORATION DES CONDITIONS RU RALES 93 

ANNEXE No 2 

pourquoi on soigne tant 1 arrosage. Outre la classe des pieces experimentales mention- 
nees, trois des plus vieux eleves ont une experimentation speciale d arrosage. Ils ont 
vu a ce que la recolte ne regoive ni plus ni moins de soins, a part 1 arrosage, que celle 
des pieces -\ oisiiif-s. On a cultive des rangs de pommes de terre arroses de bouillie bor- 
delaise, a cote de rangs ne recevant que les soins ordinaires. Une fois les recoltes 
mises cote a cote, dans la batisse a cette fin, montrant une augmentation de plus de 
ciuquante boisseaux a 1 acre des recoltes arrosees sur les autres, ainsi qu une ameliora 
tion de la grosseur et de la qualite, nos cultivateurs se prirent a songer a ce qu ils au- 
raient dit, s ils avaient lu les memes resultats obtenus dans chaque revue agricole. Et 
ce resultat eest peu de chose compare a la legon qui en decoule." 

II serait avantageux pour plusieurs d entre vous d aller passer quelques jours a 
Bowesville et y constater de visu le progres de cette contree. L augmentation de la 
recolte des pommes de terre sur deux pieces voisines ou les enf ants les avaient arrosees, 
a varie de 111 a 41 pour 100, comparee a celle des pieces non arrosees, et cela, non seu- 
lement dans un jardin, mais dans tous, Paugmentation fut de 111 a 41 pour 100. 
Quarante pour cent de la recolte des pommes de terre au Canada, veut dire plus de 
26,000,000 de boisseaux. Songeons a ce que cela represente! Ce n est pas un raison- 
nement abstrait, ce n est pas compter les poulets dans la coquille. Je ne pense pas que 
vous puissiez plus avantageusement consacrer quelques heures qu en allant visitor 
Bowesville. Si vous causez avec les cultivateurs, ils vous diront que depuis 1 etablis- 
sement de ce jardin-ecole, on a augmente la recolte par toute la contree. Ces cultiva 
teurs ont cloture leurs dependances comme le jardin-ecole. On peut tirer de ces faits 
des conclusions de ce champ d experimentation. 

On vient jusque des Etats-Unis, pour voir les resultats du travail qui se fait a 
Bowesville. 

Par M. Monk: 

Q. Y a-t-il des jardins-ecoles dans la province de Quebec? 
R. II y en a une dizaine, jusqu a present. 

Par M. Telford: 

Q. Avez-vous 1 intention de nous parler de la culture des pommes de terre? 

R. On trouvera tous les renseignements voulus dans un excellent bulletin redige 
par M. William T. Macoun, de la ferine experimentale. Ce que je tiens a demontrer 
est ceci : Bien qu on ait fait imprimer ces excellences informations et qu on en ait 
parle aux assemblees et aux conventions d institutions agricoles, on ne cherche pas 
systematiquement et d une fagon definie a representer ce qui a ete fait de mieux en 
agriculture et a donner des demontrations pratiques qui serviraient d exemples ailleurs. 
C est la le but prochain qu on se propose dans 1 organisation de 1 agriculture faire une 
etude serieuse et apres de soigneuses et completes recherches des endroits ou 1 on fait 
le mieux et de la maniere dont on s y prend en donner des demonstrations pour stimuler 
les cultivateurs des localites voisines a faire egalement bien, en leur en donnant les 
moyens. Je pourrais done, a la rigueur, vous citer des exemples des ameliorations 
apportees clans Sexploitation et la direction des fermes mais ce ne serait pas la bien 
employer notre temps precieux. Je pourrais vous donner les noms d hommes qui m ont 
declare que, en dix ans, depuis qu ils ont mis en pratique ce mode d agriculture 
graines de choix semees dans un sol bien prepare, rotation appropriee des recoltes et 
protection centre les insectes, les maladies et les mauvaises herbes ils ont double leurs 
recoltes et en ont ameliore la qualite. Oui, en dix ans, et sans une plus grande 
etendue de terre ensemencee. Ce que quelques cultivateurs ont reussi a faire, tout 
autre peut le faire, qui voudra adopter pour sa ferme les memes methodes intelligentes. 



94 DR JAMES W. ROBERTSON 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

I/ORGANISATION DE DEMONSTRATIONS. 

II y a manque et besoin d amelioration dans 1 organisation de 1 agriculture, tant au 
point de vue de 1 industrie sur chaque ferme qu a celui de 1 interet national. Je veux 
dire qu il devrait se trouvor dans chaque canton un homme employant des graines de 
choix, propres a sa localite, suivant une bonne rotation des recoltes et possedant les 
connaissances et 1 habilete voulues pour la destruction des mauvaises herbes et des 
insectes et la prevention des maladies. Ce mode est d autant plus avantageux qu on 
le met mieux en pratique. Et 1 on pourrait etendre davantage son influence. Quo 
fait-on pour que les meilleures methodes adoptees par le bon cultivateur soient a la 
disposition de tout autre dans la contree? Et non seulement pour qu elles soient a la 
disposition de tous, mais qu on les offre de telle fagon que tous puissent mettre en 
pratique ces excellentes methodes. Les societes d agriculture font beaucoup. Les con 
ferences sont d un grand secours et les articles de journaux attirent 1 attention et 
encouragent a 1 etude, mais il faut aussi des legons ayant un but defini, de preference 
sur des fermes choisies a cette fin, legons qui comple teraient pour ainsi dire 1 ensei- 
gnement de tous les autres moyens d organiser la vie a la campagne de fagon a ce que 
les bons exemples d une culture methodique soient efficacement mis devant les yeux de 
tous. II est d une importance capitale de donner en agriculture cette instruction pra 
tique a ceux qui travaillent aux champs; elle est essentielle au maiiitien de la pros- 
perite, du bien-etre et du progress. 

Par M. Lewis: 

Q. Ou le cultivateur se procure-t-il ordinairement des graines de choix? 

R. H peut les cultiver lui-meme. II y a, depuis quelques annees, la Canadian 
Seed Growers Association dont les membres choisissent a la main, d annee en annee, 
les meilleurs epis de grains provenant d une semence de choix. Par un choix continu, 
ils ameliorent sans cesse le choix de la semence. Le grain ainsi recolte est a la 
semence ce que 1 enregistrernent est a 1 elevage. 

Les fermes experimentales ont fait beaucoup de bien, en distribuant des graines 
de choix et de plusieurs autres manieres, mais on comprend qu elles ont plutot pour 
but de faire des experiences et des etudes que des demonstrations.. II m a toujours 
semble que nous n avons pas assez de demontrations, en plus des experimentations, 
pour 1 avantage du cultivateur qui lie peut saisir tout ce qu il lit et mettre en pratique, 
vu les conditions dans lesquelles il se trouve, ce qu on public des resultats des expe 
riences faites, mais qui suivraient 1 exemple s ils avaient 1 occasion de voir, dans leur 
localite, comment il faut s y prendre. Que vous dirai-je encore. II n est pas, que je 
sache, de corps plus apte que ce comite a rechercher d une maniere savante par une 
observation serieuse, ardue, soigneuse 1 endroit ou les endroits ou, dans chaque pro 
vince 1 agriculture la vie des champs est la meilleure, et pour le volume des recoltes, 
et leur disposition, et les bonnes relations des cultivateurs entre eux et leur propre 
satisfaction. Et nombreux, pourtant, sont ces endroits, au Canada. 

II serait important d avoir une ferme de demontration procurant de toute facon le 
plus grand bien-etre dans un district rural. line telle ferme produirait immanquable- 
ment ses fruits et Ton verrait ses principes fondamentaux, preuves de sa valeur copies 
et appliques sans cesse et partout. Partout ou il en existerait une, ce serait comme 
partie d un nouveau monde. II vaut la peine qu on travaille a avoir une ferme de 
demontration, la meilleure possible, quant au personnel, a ses operations et a son esprit 
II est important qu on aide a 1 etablissement d une veritable bonne ferme-modele sous 
tout rapport appropriee aux besoins de la population du lieu. II faut s efforcer de 
fonder de ces ecoles, d en fonder encore, jusqu a ce que tout le pays puisse se transfer 
mer, sous leur influence. La ou est 1 ecole, la ferme et le foyer seront au mieux quand 
on suivra les cours en nombre suffisant dans une localite, on aura une veritable ferme- 
modele, digne d etre etudiee par tous ceux qui ont a cceur le bien de leurs concitoyens 



L AHELIORATION DE8 CONDITIONS EUR ALES 95 

ANNEXE No 2 

La ou prevaudrait cette ferine, ce serait comme un nouveau paradis, comme un nou- 
veau monde, ou regnerait la droiture. Voir de telles places, en connaitre les reels 
merites, donnerait a tout homme travaillant intelligemment a 1 amelioration des con 
ditions de la vie, au bien-etre, un nouveau courage et plus d enthousiasme pour 1 ins- 
truction et pour la vie a la campagne. Laissez-moi vous en parler encore et 1 etudier 
davantage. 

EXEMPLE DU DANEMAEK. 

II y a une vingtaine d annees, je fis une courte visite au petit royaume de 
Danemark qui venait d entrer dans une nouvelle voie de developpement en ameliorant 
son mode d agriculture. Le Danemark etait devenu une des nations les plus pauvres de 
1 Europe. Deux de ses plus riches provinces avaient ete prises par 1 Allemagne, mais 
les courageux et tenaces Danois ne s etaient pas laisse abattre pour cela. Sous la 
direction d hommes publics bien inspires, ils commencerent par ameliorer 1 agriculture, 
comme moyen de sauver Ja nation de la ruine. Sur les conseils de la Societe Royale 
d Agriculture, on choisit un certain nombre des meilleurs cultivateurs, comme des 
meilleures fermes qu on put trouver, puis on clecida d envoyer des jeunes gens instruits 
passer trois mois et plus sur quelques-unes de ces fermes. Ces jeunes gens, qu on 
pourrait appeler des etudiants, des apprentis, publiereiit des articles sur ce qu ils 
avaient observe, fait et appris. De retour chez eux, ils aiderent les autres a mettre 
en pratique les connaissances qu ils avaient acquises. Peu de temps apres, la connais- 
sance des meilleurs modes de culture du royaume etait a la portee des cultivateurs de 
chaque ocalite. Ils apporterent en meme temps une amelioration systematique dans 
1 enseignement de leurs ecoles rurales, tendant a donner aux jeunes gens les aptitudes 
requises pour jouir du plus grand bien-etre possible chez eux. 

Le petit royaume de Danemark exploite en Angleterre quelques-uns des memes 
produits que le Canada. Et le Danemark a regu, en 1903, $8,400,000 de plus que 
d autres sur les memes marches pour une meme quantite des trois produits suivants : 
le beurre, le bacon et les oeufs. C est la prime obtenue par les Danois pour la supe- 
riorite de leurs produits, tant pour la qualite que pour la conservation. Le Danemark 
a des fermes de demontration et des ecoles depuis trente ans. On a enseigne a sa 
population rurale a travailler habilement et intelligemment et on leur a inculque cet 
esprit public qui assure le succes de la cooperation. Ce petit royaume regoit de 
1 Angleterre, pour une meme quantite de ses produits, enormement plus que tout autre 
pays. C est la recompense de 1 cducatioii superieure qu il procure a sa oppulation 
rurale. C est du en grande partie a ses ecoles rurales. Cela pousse a la cooperation 
dans plusieurs industries de la campagne. Les cremeries cooperatives, les etablisse- 
ments cooperatifs de preparation du bacon, les associations de concours de vaches 
laitieres en sont des exemples. 

LES GRANDES LIGNES DU PROJET DE DEMONSTRATION. 

Je crois qu il est possible de faire progresser 1 agriculture autant, sinon plus, au 
Canada. Des recherches systematiques conduites par ce comite ou par une commission 
faciliteraient 1 organisation de ces demonstrations. On ne s etonnerait pas, dans 
cinquante ans, ni plus ni moiiis de ces fermes de demontration qu on ne s etonne 
aujourd hui des ecoles publiques. II n y a pas si longtemps que les enfants devaient 
etre envoyes au loin pour obtenir une bonne instruction. Aujourd hui, 1 instruction est, 
il faut dire, a la portee de chacun. Je crois en un semblable developpement de 1 agri 
culture, c est-a-dire qu elle est appelee a deven-ir 1 occxipation principale du peuple. 
Et que de bien on ferait par 1 etablissement de quelques fermes de demontration dans 
chaque province ! Comme apergu de ce que 1 on pourrait entreprendre, je propose, 
disons cinq fermes de demontration, ayant chacune sa specialite ainsi qu une bonne 
agriculture en general. Pour une ferme de demontration laitiere, je prendrais un 
jeune cultivateur intelligent et anime de 1 esprit public. Les cultivateurs auraient 



98 DR JAMES W. ROBERTSON 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

libre acces chez lui. Puis on pcmrrait au besoin 1 aider financierement pour lui per- 
mettre de mettre ses bA.timents et ses troupeaux sur un bon pied. On pourrait, a cette 
cette fin, lui preter jusqu a $1,000, sous la tutelle d un comite aviseur. II pourrait 
ainsi exploiter sa ferme, sur les conseils et d apres les idees du comite et laisser les 
autres cultivateurs venir observer et s instruire. Pour ce service, on pourrait lui faire 
remise de $200 de 1 emprunt par annee. II fournirait aussi chaque annee, pour publi 
cation, un rapport des progres accomplis. S il manquait de se conformer a ces justes 
conditions, il n y aurait pas d annulation du pret. Avec de tels bons conseils et sous 
une aussi bonne surveillance, je croirais bien facile, pour ce jeune cultivateur, de 
doubler en cinq ans le revenu de sa ferme, et si on lui faisait ainsi don des $1,000, 
pour ses cinq annees de travail, comme il aurait aide a 1 introduction du nouveau mode 
de culture, montre aux visiteurs comment s y prendre et fait encore beaucoup de bien, 
par les rapports fideles de ses progres, ce serait de 1 argent bien place. Si bon nombre 
de cultivateurs etaient temoins de son succes et si on le pronait justement, il ne man- 
querait pas de porter partout ses fruits; des milliers d autres vondraient faire comme 
lui, c est-a-dire ameliorer leurs etables, leurs vaches et leurs produits. 

Tin autre jeune homme pourrait se livrer a de semblables demontrations, disons 
pour la culture des fruits; un troisieme s occuperait de la basse-cour et de 1 elevage du 
cochon; un quatrieme verrait a 1 amelioration des instruments aratoires et au choix 
des graines de semence. Enfin, il y aurait une ferme enseignant comment se procurer 
de la bonne viande de boeuf et comment faire 1 elevage des chevaux. Quelques milliers 
de dollars ainsi depenses avec de bons cultivateurs, dans des endroits propices a ces 
utiles demontrations, amelioreraient infiniment les conditions du travail des champs 
par tout le Canada. J en agirais ainsi, si je le pouvais, avec les fermes et les ecoles 
rurales. Ces demontrations seraient d un tres grand secours. Mais je ne saurais 
entretenir le comite de trop longs details, bien que ce soit la, en tout cas, des choses du 
domaine des sujets que le comite a a traiter. 

Excepte pour le travail de recherches et pour 1 instruction des eleves, les operations 
en agriculture peuvent etre conduite avec beaucoup d economie, surtout si 1 on tient 
a en retirer des profits. 

Mais on peut aider ces memes hommes des conseils de 1 experience et par une sage 
direction, et au besoin moyennant un peu d argent, pour mieux demontrer ce que 
peuvent faire les conseils d hommes d une grande experience, la connaissance des condi 
tions locales et 1 energie desinteressee, le tout joint a 1 economie, dans le seul but de 
rendre service au public. Avec des demonstrations du meilleur travail, de la meilleure 
ferme et de la meilleure ecole pour les enfants, nous serions en etat d accomplir de 
reels progres, dignes de notre heritage comme de nos obligations. S il a pu m echapper 
quelque chose d anthipathique a quelque partie du Canada, je ne 1 avais assurement 
pas dans 1 idee, mais je voulais plutot exprimer en prose ce conseil de Goldsmith : 

" I ll fares the land to hastening ills a prey, 
Where wealth accumulates and men decay." 

Apres avoir visite les foyers, les ecoles et les fermes du Canada et avoir vu les 
foules debarquer des transatlantiques, je me sens pris de plus de gout pour travailler a 
1 amelioration des conditions de la vie des champs au Canada. 

Monsieur le President, je vous reitere cordialement mon invitation de venir avec 
le comite au college Macdonald, constater ce que nous voulons faire encore. Je vous 
remercie, monsieur le President et messieurs, de m avoir ecoute aussi attentivement et 
aussi longtemps. 

Sur proposition de M. Lewis appuyee par M. Monk, on vote cordialement des 
remerciements au Dr Eobertson pour son interessante et instructive conference 

Apres avoir relu ce qui precede, je certifie que tout est exact. 

JAS. W. KOBEKSON. 

Directeur, College Macdon.ald 



M. J. A. RUDDICK, COMMISSAIRE DE LA LAITERIE, ETC. 
8 EDOUARD VI! ANNEXE No 2 A. 1908 



DEVELOPPEMENT DE INDUSTRIE LAITIERE AU CANADA 



CHAMBRE DES COMMUNES, 

SALLE DE COMITE N 34, 

MERCREDI, 8 juillet 190S. 

Le comite special permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation s est reuni ici 
ce jour a 10 heures du matin, sous la presidence de M. McKenzie. 

Le PRESIDENT. J ai le plaisir d inforiner le comite que M. J. A. Ruddick, com- 
missaire de la laiterie et des installations frigorifiques est venu aujourd hui pour nous 
adresser la parole, ainsi que vous le coiistaterez par les avis de convocation de cette 
assemblee, sur le sujet des " Conditions preserves de 1 industrie laitiere en Canada." 

M. J. A. EUDDICK.- M. le President et Messieurs du comite, je suis heureux d a- 
voir 1 occasion d exposer devant vous quelques faits concernant 1 industrie laitiere. 
On m a laisse entendre qu en cette occasion je pourrais restreindre mon temoignage a 
la condition presente de 1 industrie laitiere en Canada. Dans les annees precedente.3 
j ai dit a peu pres tout ce qu il fallait au sujet de 1 ouvrage fait par cette division du 
ministere de 1 Agriculture, dont j ai 1 honneur d etre le chef. 

CROISSANCE DE I/INDUSTRIE COOPERATIVE DE LA LAITERIE AU CANADA. 

En premier lieu, je desirerais attirer 1 attention du comite sur 1 etendue de la 
croissance du systeme de fabrication dans 1 industrie laitiere dans ce pays. Si vous 
consultez cette carte (indiquant la carte sur le mur), publiee avec le rapport du com- 
missaire de la laiterie et des installations frigorifiques pour 1907, vous remarquerez 
qu elle est presque couverte en certains endroits de points rouges, verts et bleus. Les 
points rouges representent les cremeries, les bleus les fromageries et les fabriqu.es 
combinees sont indiquees par des points verts. 

En commengant a Test nous voyons un certain nombre de fabriques dans l He-du- 
Prince-Edouard, quelques-unes dans la Nouvelle-Ecosse et un peu plus encore dans 
le Nouveau-Brunswick. 

Passant dans la province de Quebec, les fabriques sont tres nombreuses dans la 
vallee du Saint-Laurent et dans les townships de 1 Est. J attirerai aussi votre atten 
tion sur le grand nombre de fabriques de fromage dans la region du lac Saint-Jean 
Vous remarquerez egalement qu il y a un grand nombre de beurreries dans la province 
de Quebec, surtout dans les townships de 1 Est et sur la rive nord du Saint-Laurent 
immediatement en aval de Montreal. Un grand nombre des fabriques dans Quebec 
font et du beurre et du fromage selon que 1 exigent les circonstances. 

Passant a 1 Ouest vers 1 Ontario, la partie est est presque entierement couverte de 
fabriques de fromage. II y a quelques fabriques combinees et seulement quelques 
beurreries. 

Les fabriques d industries laitieres ne se sont pas beaucoup developpees dans les 
oomtes immediatement autour de Toronto, mais dans le sud-ouest de 1 Ontario, le 
foyer de la fabrication du fromage, nous trouvons un grand nombre des plus grandes 
fabriques du Canada. Les eomtes du nord-ouest de 1 Ontario, y compris Lambton, 
Grey et Bruce, constituent les principaux districts de fabrication de beurre de 1 On 
tario, bien qu il v ait des beurreries dans tous les eomtes de la peninsule occidentale. 



98 COMMIS8AIRE DE LA LAITERIE ET DES INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES 



8 EDOUARD VII, A. 1903 

Le systeme de fabrique a ete bien etabli dans le Manitoba, ou il y a un grand 
nombre de f abriques de fromage et de beurre qui reussissent bien. 

Les cultivateurs de la province de la Saskatchewan ne se sont pas encore montres 
enclins a entreprendre 1 industrie de la laiterie, rnais la partie nord de 1 Alberta de- 
vient rapidement 1 un des districts laitiers les plus importants du Canada, et il y a 
aujourd hui plus de 50 beurreries dans cette partie de la province. 

Dans la Colombie-Britannique il y a un bon nombre de beurreries bien organisees 
qui font de bonnes affaires. De fait les beurreries de la Colombie-Britannique donnent 
une aussi forte moyenne que celles de toutes les autres parties du pays. 

Le nombre total des fromageries et des beurreries du Canada, par province est 
le suivant: 

FROMAGERIES ET BEURRERIES EN CANADA, 1907. 



Provinces. 


Fro 
mageries. 


Fromagerie? 
et 
beurreries 
combiners 


Beurreries. 


Cremeries. 


Total. 


Ontario 


1,006 


86 


102 




1,284 


Quebec 


1 :-!92 


736 


627 


51 


2,806 


Ile-du-Prince-Edouard . . 


23 


16 


8 




47 


Nouvelle-Ecosse 






10 




]7 


Nonveau-Brunswick . 


33 




35 




68 


Manitoba 


36 




21 




57 


Saskatchewan 


1 




6 




7 


Alberta 


8 




45 




53 


Colombie-Britannique 






16 




16 
















2,596 


838 


870 


51 


4,355 



La premiere fabrique de fromage, ainsi que quelques-uns de vous le savent, a ete 
fondee en 1864 dans le comte de M. Schell, (Oxford-sud). Une autre a ete fondee 
dans le comte de Hastings en 1866, et Ton pretend que la premiere fromagerie ouverte 
dans le district de Brockville a ete fondee vers la meme epoque. Le systeme de fa 
brique a grandi rapidement des le debut dans 1 ouest le le centre de 1 Ontario. Une 
fromagerie a ete foudee dans le comte de Missisquoi, Quebec, aussi en 1864, mais les 
progres de cette Industrie ont ete tres lents jusqu apres 1880, alors que le systeme s est 
rapidement repandu dans les parties colonisees de toute la province. 

LE SYSTEME DB FABRIQUE N lNDIQUE PAS LA CROISSANOE DE L lNDDUSTRIE. 

Nous avons eu 1 habitude d evaluer les progres de 1 industrie laitiere en partie 
d apres les resultats de la fabrication et en partie d apres le commerce d exportation du 
beurre et du fromage. Tandis que 1 augmentation de la population etait faible et que 
la consommation locale etait en consequence a peu pres la meme d annee en annee, les 
chiffres de 1 exportation indiquaient assez exactement 1 augmentation de production 
d annee en annee, mais dans ces dernieres annees la grande augmentation annuelle de 
population et 1 augmentation de la capacite d achat de la population ont tellement 
accru la consommation locale que 1 ancienne base de calcul ne peut plus servir a indi- 
quer les progres de 1 industrie. De fait, les exportation de beurre et de fromage du 
Canada ont diminue dans ces dernieres annees, le maximum ayant ete atteint en 1903. 
Quelques-uns ont pense que cette diminution du commerce d exportation indiquait que 
1 industrie, en somme, declinait. Je veux, cependant, faire voir au comite aujourd hui 
que cette conclusion n est pas justifiee. Pour elucider ce point je desire soumettre ces 
chiffres qui suivent: 



DEVELOPPEHENT DE L INDUSTRIE L AIT I ERE EN CANADA 99 

ANNEXE No 2 

ANNEES D J EXPORTATION TERMINEES LE 30 JUIN 1903 ET LE 31 MARS 1908. 

Livres Valeurs. 

Fromage, 1903 229,099,925 $24,712,943 

1908 189,987,365 22,887,237 

Beurre, 1903 34,128,944 6,954,618 

1908 4,858,276 1,068,703 

Lait condense, 1903 3,083,870 242,539 

" 1908.. . .. 472,824 43,874 



Valeur totale de tous produits, 1903 $31,910,154 

" " 1908. . ... 23,999,814 



Diminution $ 7,910,340 

II est vrai que ces chiffres indiquent qu il y a eu une diminution, en cinq ans, dans 
la valeur des produits agricoles exportes, de $7,910,340, mais a 1 encontre de cette di 
minution il faut donner credit a cette Industrie de 1 augmentation de consommation 
suivante : 

Augmentation de consommation de: 

Lait $4,500,000 

Beurre (20 livres par tete) 4,000,000 

Fromage 200,000 

Lait condense. . 300,000 



$ 9,000,000 

Les estimations de consommation qui precedent sont basees sur 1 augmentation de 
la population seulement. 

Par M. Schell (Oxford) : 

Q. Ce calcul est base entierement sur 1 augmentation de la population ? 

E. Oui, et ne tient aucun compte de la capacite d achat croissante de la population 
en general qui, si le chiffre en etait connu, serait trouve etonnamment eleve. 

Q. Je crois que cela s eleverait a au moins 100 pour 100, c est-a-dire raugmenta- 
tion de la capacite d achat, et la tendence d acheter davantage. 

E. Et la tendence d acheter plus de beurre parce qu il est de meilleure qualite, est 
un facteur important. 

Par M. McColl: 

Q. II se peut que relativement au beurre cela ne soit pas absolument exaet. Lors- 
qu une beurrerie est etablie dans le voisinage les femmes des cultvateurs qui autrefois 
faisaient le beurre et 1 apportaient elles-memes au marche local, envoient leur creme 
a la cremerie, et la il en est tenu compte, mais vous ne sauriez pas la quantite de 
beurre fabrique dans les circonstances ordinaires? 

E. Les chiffres que je vous ai donnes representent 1 exportation seulement et ils 
comprennent tres peu de beurre de laiterie. 

Par M. Brown: 

Q. Quant a la cueillette de la creme, croyez-vous qu elle depasse 1 ancien systeme? 

E. Je ne crois qu elle soit en avance sur le systeme du separateur, mais il y a un 
grand nombre de districts en Canada ou c est le seul systeme pratique. II a ete adopte 
et il reussit bien dans ces districts. La ou le systeme du separateur est praticable, je 
conseillerais de le mettre en pratique. 

2 7i 



100 COHMISSAIRE DE LA LAITERIE ET DES INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. McColl: 

Q. II a ete etabli recemment dans mon comte une beurrerie ou Ton separe le iait 
sur les fermes, chaque cultivateur possede un separateur, et la raison pour laqueile^ ils 
ont adopte ce systeme c est qu ils peuvent ainsi garder chez eux le Iait separe et s en 
servir pendant qu il est frais; il parait que lorsqu il est envoye a la fabrique pour y 
etre separe, et qu il y reste quelque temps, il se deteriore et ne peut plus servir a 
nourrir les veaux? 

K. Grace a la courtoisie de M. Blue, le chef de la division du Kecensement et de 
la Statistique, je peux donner au comite quelques chiffres nouveaux au sujet de la pro 
duction de la laiterie. La division du Eecensement vient justement de completer un 
rapport sur 1 industrie laitiere en Canada pour 190T, et pour etablir la comparaisoii il 
donne les chiffres du recensement de 1900, et aussi les chiffres de 1905. Les chiffres 
fournis par la division de Eecensement, ainsi que je viens de le dire, sont les suivants : 

Valeur du beurre de cremerie et 

du fromage $29,462,402 $32,402,265 $34,546,701 

Valeur du Iait condense 269,520 855,409 910,842 



Totaux $29,731,922 $33,257,674 $35,457,543 

Augmentation en sept ans $5,725,621 

Augmentation dans les deux dernieres annees.. . $2,199,869 

Ce tableau ne comprend pas le Iait pour la consommation directe, et il ne com- 
prend pas non plus le beurre de laiterie, dont la valeur s eleve a environ $22,000,000. 
Par consequent, je ne crois pas qu il y ait un doute quelconque que 1 industrie de la 
laiterie ait augmente depuis 1900, jusqu a concurrence d au moins $10,000,000 ou 
$12,000,000, ce qui est considcrablement plus que la diminution dans les exportations. 
Calculez connne vous voudrez et vous trouverez que la production augmente encore. 

J ai vu des ecrits dans la presse deplorant la diminution dans le commerce d ex 
portation et en deduisant que le pays eprouvait des pertes de ce fait. Je ne partage 
pas du tout cette opinion, il me semble qu il y a tout autant d argent a faire et tout 
autant de profits a fournir le public canadien de produits de la laiterie qu il y en a a 
fournir tout autre pays etranger. Prenez 1 experience des Etats-Unis. A une cer- 
taine epoque ils exportaient beaucoup plus de beurre et de fromage que nous, bien que 
leur maximum n ait jamais ete aussi eleve que le notre. A present, leur commerce 
d exportatioii est presque nul, et cependant nous trouvons qu ils continuent a aug- 
menter tres considerablement leur production. L augmentation dans la valeur an- 
nuelle des produits de la laiterie aux Etats-Unis entre 1900 et 1905 a ete de 28 pour 
cent ; la valeur totale en 1900 a ete de $130,783,349, et en 1905 cette valeur totale etait 
de $168,182,789. Une des augmentations les plus marquees est dans la croissance de 
la production du Iait condense; la valeur totale du Iait condense produit dans les 
Etats-Unis en 1905 a ete de $20,149,282, soit en cinq ans une augmentation de 69.5 
pour cent. Ceci me porte a dire un mot ou deux sur 1 industrie du Iait condense dans 
ce pays. Je crois qu il deviendra probablement un facteur beaucoup plus important 
dans notre Industrie laitiere qu il 1 a ete jusqu a present. Ce facteur a ete si faible 
dans le passe que nous ne lui avons pas accorde une grande attention, et nous n en 
avons tenu aucun compte dans nos calculs sur notre Industrie laitiere. 

LAIT CONDENSE. 

Par M. Smith (Oxford) : 

Q. Voulez-vous indiquer ce que c est que le Iait condense et comment il est fait? 

E. II s en fait de deux sortes en Canada, " sucre " et " non sucre ". En f aisant 
1 article sucre, 400 livres de Iait sont condensees par evaporation jusqu a 100 livres, 
et 1 on ajoute 75 livres de sucre, de sorte que pour 400 livres de Iait vous avez 175 



DETELOPPEUENT DE L INDUSTRIE LAITIERE EX CANADA 



101 



ANNEXE No 2 

livres de lait condense sucre. Le lait non sucre est simplement condense a peu pres 
la nieme proportion, peut-etre un peu plus epais parce que le sucre ajoute conside- 
rablement a la consistance du lait sucre. On fait aussi du cafe condense, du cocoa 
condense et autres breuvages. En 1900 il n y avait que quatre etablissements en Ca 
nada qui produisaient du lait condense pour une valeur de $269,000. Cette Industrie 
s est graduellement augmentee et en 1908 il y avait neuf ou dix f abriques de lait con 
dense en operation et une fabriqxie de lait en poudre. On dit que ces fabriques 
feront pour plus d un million de dollars de lait condense cette artnee. 

Par M. Schell (Oxford) : 

Q. II y a a Ingersoll une fabrique qui prend 10,000 gallons de lait valant $1,000 
par jour. 

R. L etablissement d Aylmer rapporte qu il en fabriquera cette annee pour une 
valeur de $400,000. 

Les cliiffres suivants indiquent l accroissement de 1 industrie du lait condense: 

Lait condense. 





IQAA 


IOAF, 


-|Qd7 


IQfiQ 












Etablissements. . , , 


4 


5 




9 


Valeur des prod nits . ~ 


$269,520 


$855,409 


$910,842 


Plus d un mil 










lion. 



Importations et exportations de lait condense. 






1900. 


1905. 


1908. 


Importations . - . 


s 

254 176 


$ 
11,955 


$ 
268 




Neant. 


268 899 


43 874 


Consomme en Canada., . . . ... . 


523,696 


598,465 


866, 700 











Ces cliiffres nous donnent une excellente idee du developpement de cette Industrie. 
En 1900 il a ete consomme du lait condense en Canada pour une valeur de $523,696 
et en 1905 la consommation s etait augmentee a $598,465, mais en 1 annee termineo 
le 31 mars 1908, la consommation s etait augmentee a $866,700, ce qui montre com- 
bien s est augmentee notre consommation domestique. Si nous avions les chiffrea 
reels de la consommation domestique, et de la production du lait et des produits du 
lait dans les fermes du Canada, nous trouverions que le volume total du commerce est 
beaucoup plus considerable que la plupart d entre nous ne le suppose. II me fait 
plaisir de dire que le bureau de la statistique a entrepris de recueillir des statistiquea 
completes sur cette question. J ai fait une estimation de la valeur totale de toute 
la production annuelle du lait et des produits du lait en Canada et je suis arrive a 
ce resultat: 



102 COMMISSAIRE DE LA LAITERIE ET DES INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES 

8 EDOUARD VII, A. 1903 

ESTIMATION DE LA VALEUR TOTALE DE LA PRODUCTION ANNUELLE DU LAIT ET DES PRODUITS 

DU LAIT EN CANADA. 

Beurre de cremerie et fromage $36,000,000 

Beurre de laiterie 22,000,000 

Lait condense 1,000,000 

Lait pour la consommation directe 35,000,000 



$94,000,000 

Par M. MacLaren: 

Q. A combien evaluez vous le lait? Pour la consommation directe? 

E. A vingt cents le gallon. 

Q. S eleverait-il a autant dans tout le pays? 

E. Je le crois, hiver et ete. Naturellement il est tres difficile de connaitre le total 
de la consommation du lait en Canada; j ai essaye d y arriver de deux ou trois ma- 
nieres differentes. En premier lieu nous la prendrons sur la base de la consommatiou 
par tete, et j ai calcule que la moyenne de la consommation de lait serait d environ une 
demi-chopine par tete par jour. Je trouve que dans la ville de Londres, Angle- 
terre, avec une population presque rgale a la population du Canada, la consomma 
tion totale du lait est de 112,000,000 de gallons par annee. Us ont les chiffres de tout 
le lait qui est apporte dans la ville chaque jour. 

Q. Quelle est le chiffre moyen de production par vache ? 

Q. II a ete calcule a environ 3,000 livres, mais je crois que c est un peu au-dessus 
de ce chiffre. Nos registres montreraient que c est cela. 

Par M. McColl: 

Q. Vous dites que vous avez pris le lait a 20 cents le gallon, ce sera le nrix moyen 
pour le consommateur, non pour le producteur. 
. E. Pour le producteur. 

Q. Pour le cultivateur? 

E. Je crois que c est la moyenne. Naturellement ce n est pas cette moyenne si 
le lait est vendu a la fabrique, mais ce serait ce chiffre pour le lait employe pour la 
consommation directe. Un grand nombre de producteurs le vendent, et je crois que 
c est un prix assez raisonnable. Dans certaines parties du pays les consommateurs 
paient des prix beaucoup plus eleves. 

Par M. MacLaren: 

Q. Alors une vache est une assez bonne machine a avoir d apres ces chiffres? 

E. II n y a rien a dire centre la vache. 

J ai quelques chiffres que j ai pris dans le recent recensement : 



DEVELOPPEMENT DE L INDUSTRIE LAITIERE EN CANADA 



103 



ANNEXE No 2 

VALEUR DU BEURRE DE CREMERIE ET DU FROMAGE PRODUITS DANS CERTAINS COMTES EN 1907. 



Comtes. 


Nombre 
de fabriques. 


Valfur du 
beurre de creme- 
rie et du 
fromage pro- 
duits. 


Etendue 
des comtes en 
acres. 


Production du 
beurre de 
cremerie et du 
fromage par 
acre. 


Ontario. 
Oxford 


50 


$ 
I 401 333 


489 300 


$ c. 
2 98 


Hastings 


91 


1 266 421 


1 486,700 


85 


Leeds 


90 


1 262 548 


576 000 


2 19 


Dundas 


70 


1 034 798 


245 200 


4 22 


Russell 


74 


590 159 


260,600 


2 26 


Prescott 


69 


546 809 


316 350 


1 72 


Quebec. 
Beauce 


lf>4 


750 362 


1 210 266 


G2 


Sbefford 


52 


653 374 


363 008 


1 79 













Nous voyons ainsi qu il y a quatre comtes dans 1 Ontario qui produisent plus d un 
million en valeur de beurre de cremerie et de fromage en une annee. En tete de la 
liste se trouve le comte d Oxford qui a produit une valeur de $1,461,333 de beurre et 
de fromage, ce dernier surtout, 1 an dernier. Je crois que c est un record pour ce 
comte et aussi pour un compte quelconque en Canada. Sous un rapport important 
le comte de Dundas les precede tons, et c est dans la forte production par acre. J ai 
cite 1 etendue entiere dans chaque cas. Oxford et Dundas sont d assez bons comtes 
ayant tres peu, s il en est, de terres perdues. Le comtes de Hastings, d un autre cote 
renferme beaucoup de terres inutiles, et de nappes d eau et il y a dans le nord une eteii- 
due considerable de terres ou il n y a pas de fabriques. Le rendement pour ce comte 
n est que de 85 cents par acre. Le comte de Dundas, qui est probablement le plus grand 
district pour la production du lait, a produit du fromage et du beurre de cremerie pour 
une valeur de $4.22 par acre. Le comte de Eussell n a produit que $2.26 par acre. Puis 
dans la province de Quebec, le comte de Shefford, un des meilleurs comtes, a produit 
$1.75 par acre. II y a egalement une grande quantite de terres perdues dans Shefford. 

Par M. MacLaren (Perth) : 

Q. Que devient le lait dans ce comte, les cultivateurs le convertissent-ils en beurre 
et en fromage ou 1 envoient-ils a la ville ? 

K. Us font du beurre et du fromage, plus de beurre que de fromage. C est ce 
qu ils font cette annee. L an dernier il est probable qu ils ont produit plus de fromage 
que de beurre. 

Q. Existe-t-il quelques fabriques de lait condense dans cette partie de la province ? 

E. Pas dans Sbefford. II y a deux fabriques de lait condense dans la province de 
Quebec, une a Huntingdon et 1 autre a L Assomption. 

Q. Quel effet produisent ces fabriques de lait condense sur les fabriques de fro 
mage et de beurre dans les differentes parties du Canada ? 

E. Les fabriques de lait condense paient plus cher pour le lait que ne peuvent IP 
faire les fabriques de fromage, et elles enlevent tout le lait la ou elles sont etablies. 

Q. Elles forcent les fabriques de fromage et de beurre a fermer leurs portes 2 

E. Oui, jusqu a un certain point. 

Q. Lorsque les cultivateurs ont 1 occasion de vendre aux fabriques de lait con 
dense cela augmente la valeur du lait 2 

E. Cela 1 augmente, mais ce n est que dans une tres petite proportion relativemeiit 
a la totalite. 



104 COHMISSA1RE DE LA. LA1TERIE ET DBS INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES 

8 EDOUARD VII, A. 1903 

Q. Cela aide a placer ]e comte d Oxford en tete de la liste ? 

R. Je crois qu il le serait meme si tout le lait etait converti en fromage. 

ASSOCIATIONS CONSTATANT LE RENDEMENT DES VACHES LAITffiRES. 

II me reste tres peu de temps et je voudrais dire quelques mots sur une phase de 
1 ouvrage que fait presentement ma division du ministere. J ai cite certains chiffres 
pour vous montrer la difference de production dans les differentes parties du pays. Je 
pourrais aller plus loin et citer les records des associations constatant le rendement des 
vaches laitieres et demontrer qu il y a une difference enorme dans le rendement par 
vache dans les differentes parties du Canada. Nous recevons les records les plus satis- 
faisants du comte d Oxford, ou est organises une de ces associations. Nous nous effor- 
gons de porter ces renseignements a la connaissance des cultivateurs dans les autres par 
ties du pays, ou ils ne produisent pas autant qu ils le devraient, afin de leur montrer 
comment ils peuvent augmenter les profits de la laiterie en portant plus d attention a 
1 amelioration de leurs troupeaux. Dans les quatre ou cinq dernieres annees nous 
avons organise les cultivateurs qui s occupent de la laiterie en associations dans le but 
de peser et d eprouver le rendement individuel de chaque vache de leurs troupeaux et 
je crois que nous avons assez bien reussi dans ce sens. Je ne vous donnerai pas de 
details ce matin sur cet ouvrage, mais je vous dirai simplement jusqu a quel point 
nous 1 avons organise. II y a cette aimee 82 associations qui fonctionnent et sont 
reparties comrne suit: Dans 1 Ontario, 31; Quebec, 31; Nouveau-Brunswick, 10 ; Ile- 
du-Prince-Edouard, 2; Colombie-Britannique, 7; Nouvelle-Ecosse, 1. Nous n avons 
rien fait dans les trois provinces des prairies parce que les gouvernements provinciaux 
s occupent de ce travail. Nous leur avons cependant aide un peu. 

Q. Combien y en a-t-il en tout ? 

E. Quatre-vingt-deux. Le nombre total de vaches qui ont subi 1 epreuve en juin 
a ete de 7,817. Nous constatons qu en outre des membres de ces associations, un tres 
grand nombre de cultivateurs dans tout le pays ont entrepris la chose pour leur propre 
compte, et j ai confiance que dans tres peu de temps elle aura un effet tres prononce 
sur la production du lait dans ce pays. 

EXPERIENCES DANS LE SOIN DU LAIT. 

II y a une autre maniere dont nous esperons augmenter les profits dans la produc 
tion du lait, relativement aux fabriques de fromage en obtenant des renseignements 
plus exacts et plus definis quant a la manutention du lait dans les fermes afin de pro- 
duire le plus de fromage de la meilleure qualite. J ai done pris des arrangements avec 
les proprietaires d une f abrique de fromage a Smith s-Falls, qui permettront a des mem 
bres de mon personnel de faire une serie d experiences sur la manutention du lait sur 
les fermes; manutentionner le lait comme la chose se fait tres souvent, trop souvent, 
et ensuite comme elle devrait se faire, afin de determiner la difference dans la qualite 
et dans 1 augmentation du montant de fromage fait d apres la maniere convenable de 
manutentionner le lait. Je crois que ces renseignements, qui seront distribues parmi 
les cultivateurs, seront vraiment tres avantageux. Je dois avouer que dans le passe 
il y a eu beaucoup de tatonnements quant aux conseils a donner aux proprietaires de 
laiteries sur la maniere de prendre soin du lait. Ce n est que dans ces dernieres annees 
que la science a eu un certain poids sur la question grace a 1 etude de la bacteriologie. 
Avant cela il n y avait aucune regie, on suivait la vieille routine et nous n avions au- 
cun renseignement exact sur le sujet. 

MARCHES POUR LES PRODUITS DE LA LAITERIE. 

Je desirerais dire un mot au sujet des marches pour les produits de la laiterie du 
Canada. La Grande-Bretagne sera toujours notre principal marche. Nous avons un 
tres bon marche dans les Antilles pour une quantite relativement f aible. Nos amis des 



DEVELOPPEMENT DE L INDUSTRIE LAITIERE EN CANADA 105 

ANNEXE No 2 

Provinces maritimes ont profile de ce marche et lui fournissent un bon article. Us 
controlent virtuellement le marche dans phisieurs des iles et dans les pays voisins. II 
y a un autre debouche pour de petites quantites en Orient, et les provinces de 1 Ouest 
envoient un peu de beurre sur ce marche. Mais la Grande-Bretagne doit necessaire- 
ment etre notre principal marche, et comme c est le meilleur du monde il.n y a aucune 
raison qui nous empeche de porter toute notre attention a satisfaire aux demandes de 
ce marche. 

EXPEDITION DE FROMAGE FRAIS. 

Q. Vous fournissez du fromage frais a ce marche. Pourquoi ne pas mettre fin a 
cette pratique 2 

R. Je crois que nous avons reussi a arreter cela cette annee. 

Q. Existe-t-il quelque moyen sous 1 empire duquel le gouvernement peut intervenir, 
de maniere a empecher les gens d expedier leur fromage des f abriques avant un certain 
age, ou bien a-t-il etc fait quelque chose a ce sujet 2 Je crois que c est une question 
tres grave. Quelques-uns d entre nous ont passe leur vie a s eft orcer d ameliorer la 
qualite et d augmenter la reputation du fromage canadien, et lorsque le succes a cou- 
ronne leurs efforts des gens negligents mettent cette reputation en danger et ruinent 
le marche en y envoyant des produits a 1 etat frais. Je pense qu il devrait etre fait 
quelque chose pour arreter cela 2 

R. Je conviens parfaitemenf avec M. MacLaren qu il devrait etre fait quelque 
chose. Je ne vois pas tres bien comment on pourrait en faire le sujet d une loi directe. 
II est impossible pour qui que ce soit de dire combien de temps le fromage devrait 
rester dans la fabrique. 

Q. Le fromage devrait certainement rester plus d un jour dans la fabrique. 

R. Quelques fromages murissent plus rapidement que d autres, cela depend de la 
temperature et de la maniere dont le fromage est fait. Certain fromage serait plus 
pret a etre expedie en 10 jours que d autres en trois semames. Je crois que la chose 
pourrait etre controlee si une loi forgait le fabricant de fromage a inscrire le jour et 
le mois de la fabrication sur le fromage. 

Q. Cette loi existe deja n est-ce pas? 

R. Elle n est que permissible, elle n est pas obligatoire. La loi defend de faire 
de fausses representations quant a la date de la fabrication mais il n y a rien qui 
oblige d inscrire la date sur tous les fromages. Si tous les fromages et tous les colis 
portaient une date, alors la personne qui les regoit de 1 autre cote de 1 Atlantique sau- 
rait a quoi s en tenir s ils etaient trop nouveaux. Si une pareille loi etait edictee elle 
causerait assez de difficultes dans le commerce pendant un an ou deux, mais je crois 
qu en fin de compte elle fonctionnerait bien et mettrait fin a la pratique d expedier le 
fromage dans un etat trop frais. L inscription de la date sur le fromage a ete deman- 
dee pour d autres motifs pour lesquels je n ai aucune sympathie, mais cela presente 
la question sous un autre aspect. Je pourrais dire que cette annee on a trouve pres- 
qu autant a redire centre les expeditions de fromage frais que dans les deux dernieres 
annees. Les producteurs de lait eux-memes, les patrons des fabriques, commencerit 
a voir qu il est de leur interet de s occuper de ces choses. Us commencent a s apper- 
cevoir qu ils seront les perdants en definitive s il se fait quelque chose qui nuise au 
marche. J ai discute au long cette question dans tous mes rapports et j ai pris tous 
les moyens possibles pour premunir les producteurs contre la continuation de cette 
pratique. Je demande la permission de deposer la derniere circulaire emise sur cette 
question. 



106 COMMI8SAIRE DE LA LA1TER1E ET DBS INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

(Circulaire.) 

MINISTERE DE I/AGRICULTURE, 
DIVISION DU COMMISSAIRE DE LA LAITERIE ET DBS INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES. 

L EXPEDITION DU FROMAGE FRAIS. 
A tous les interesses : 

Le soussigne n a perdu aucune occasion dans le cours des deux dernieres annees 
d attirer 1 attention sur le danger de nuire au commerce du fromage canadien par la 
pratique d expedier le fromage trop frais. J ai traite la question assez au long dans 
mon dernier rapport annuel, dans lequel j ai pu citer les opinions des principaux mar- 
chands de la Grande-Bretagne, qui s opposent tous a cette pratique. 

Je suis aujourd hui en etat de citer, sur le sujet, des extraits de recentes commu 
nications adressees a 1 honorable M. Fisher, ministre de 1 Agriculture, par la Home 
and Foreign Exchange of London, Angleterre, et par la Bristol Provision Trade Asso 
ciation, dans des termes qui indiquent le mal qui a deja ete fait au commerce du fro 
mage par cette pratique irreflechie. 

La premiere des associations mentionnees ecrit ce qui suit: 

"Londres, 2 mai 1908. 

" Les importateurs de fromage canadien a Londres se reunirent en conference 
pour etudier quelles mesures pourraient etre prises pour signaler le dommage qui est 
fait a la reputation du fromage canadien par la pratique constants de la part des 
f abricants d envoyer leurs produits avant que leur fromage ait eu le temps de murir, 
et j ai recu instruction de vous exposer la chose dans 1 espoir que vous prendrez des 
mesures promptes et efficaces pour y porter remede. 

II n y a aucun doute qu il y a une tendance croissante de la part des fabricants de 
se debarrasser de leur fromage aussi promptement que possible. Dans un grand nom- 
bre de cas les marchandises sont expedites beaucoup trop tot, dans certains cas meme 
apres deux ou trois jours de leur fabrication. II en resulte que le precede naturel de 
maturite a ete arrete et que ce fromage arrive ici avec un gout insipide et dans un 
etat qui est loin de faire honneur au produit. En outre, 1 humidite excessive nuit 
beaucoup a la vente. Le fromage ne devrait en aucune circonstance sortir de la fa- 
brique avant dix jours a compter de sa fabrication. C est le minimum du temps qui 
devrait s ecouler avant de deplacer les marchandises, et si des mesures severes ne sont 
pas prises pour empecher les fabricants d expedier leur fromage trop tot, la position du 
produit canadien sur le marche de Londres deviendra depreciee." 

" La lettre qui precede vient d un corps de marchands qui vend presque la moitie 
du fromage exporte du Canada. 

" La lettre de la Bristol Provision Trade Association contient la phrase qui suit : 

"Ceci signifie que forcer la consommation de fromage insuffisamment miiri, ou 
en d autres mots, d un fromage inferieur, a pour resultat un mecontentement qui se 
repand au loin. Inutile de dire que la tendance de cela est de mettre le fromage cana 
dien en def aveur, et si Ton persiste a agir ainsi elle devra necessairement diminuer de 
beaucoup la consommation." 

II semblerait inutile d ajouter quoi que ce soit a ces declarations faites par des 
personnes qui sont le mieux en etat de parler avec autorite sur cette question. 

" Je dirai seulement que pendant que j etais en Angleterre 1 automne dernier, j ai 
trouve d abondantes preuves demontrant que le commerce avait deja souffert conside- 
rablement par cette fausse politique d expedier le fromage avant qu il soit propre a 
manger. Chaque fois que cette question se discute parmi les marchands de lait, ils 
paraissent portes a jeter le blame sur 1 acheteur, et la chose en reste la. Les acheteurs 
sont certainement responsables de 1 encouragement qu ils donnent au mouvement du 



DEVELOPPEMENT DE L INDUSTRIE LAITIERE EN CANADA 107 

ANNEXE No 2 

fromage frais, mais les marchands de lait qui ont ete les perdants et qui seront encore 
les perdants, ne devraient pas permettre qu on nuise ainsi a leurs operations. 

J. A. KUDDICK, 

Commissaire de la laiterie et des installations frigorifiques. 
Ottawa, Ont., 19 mai 1908." 

Maintenant pour revenir a la question des marches. Je remarque qu il y a tres sou- 
vent une tendance a discuter un grand, nombre de choses relatives a la mise sur le mar- 
che du fromage et du beurre, mais plus j acquiere d experience sur la question, et plus 
j obtiens de renseignements a ce sujet, plus je me convaincs qu il n y a qu une chose 
qui ait une reelle importance. Les voies du commerce sont bien organisees, il n y a 
aucune difficulte a expedier les produits, les moyens de transport sont excellents, et 
tous les rouages pour 1 exportation et le commerce des produits de la laiterie sont bien 
organises entre ce pays et la Grande-Bretagne splendidement organises. II n y a 
qu une chose a laquelle les producteurs doivent accorder une attention speciale, et c est 
de faire un article de qualite superieure. S ils le font, il n y aura aucune difficulte a 
vendre au plus haut prix du marche en tout temps. Les gens se tourmentent pour 
savoir si nous aurons des chambres de commerce pour le fromage ou des echanges pour 
les cultivateurs, ou si 1 inspection se fera ici ou se fera la; cela ne signifie absolument 
rien en comparaison de ce que j ai mentionne. 

Que sert-il de faire du fromage de la plus haute qualite possible lorsque les gens 
expedient du fromage qui n est vieux que d un jour ? 

K. Nous mettons fin a cela. 

Maintenant, comme je n ai plus qu environ dix minutes, je voudrais dire quel- 
ques mots au comite sur le Congres international de la laiterie, qui a ete tenu a La 
Haye en septembre dernier et auquel j ai assiste en qualite de representant de ce pays. 

LE TROISIEME CONGRES INTERNATIONNAL DE LA LAITERIE. 

J ai prepare pour mon rapport annuel, qui est maintenant sous presse, un compte 
rendu complet de cette assembled contenant toutes les deliberations prises par les di- 
verses sections. 

Q. Quand ce rapport sera-t-il publie ? 

K. Je ne sais pas. II est presentement entre les mains de I Imprimeur du roi. Je 
dois dire que ce fut une tres interessante reunion. Environ 26 pays differents etaient 
represented par des delegues officiels, et il y avait des delegues volontaires envoyes par 
des societes et des corps differents formant un total d environ 600. Le langage officiel 
etait le frangais, mais la discussion se fit en anglais, en hollandais, en allemand et en 
frangais. Pour vous donner une idee du caractere international de la reunion laissez- 
moi vous dire qu au banquet du Congres 22 nationalites etaient representees et le pre 
sident a parle en sept langues. Le trait caracteristique le plus interessant et le plus 
utile pour moi de ce Congres, a ete de rencontrer un si grand nombre d hommes venus 
des differentes parties du monde et s occupant du meme genre d ouvrage que moi. Je 
crois que c est la principale valeur de ces reunions. Les deliberations reelles sont sou- 
vent sans importance et j ai remarque dans ce cas que les resolutions avant d etre defi- 
nitivement adoptees etaient generalement amendees de maniere a repondre aux opinions 
diverses et a la fin il n en restait pas grand chose. Les discussions etaient assez breves 
et seches en ce qui concernait le programme; mais la reunion des delegues les uns 
avec les autres, les discussions dans les hotels, et les excursions faites en compagnie de 
personnes venues des diverses parties du monde civilise, toutes ces choses etaient inte- 
ressantes et tres precieuses. Le comite de reception avait organise un certain nombre 
d excursions dans toute la Hollande. Naturellement, a cause de la petite etendue du 
pays, ce n etait pas une tres grosse entreprise, mais nous avons passe des journees tres 
interessantes a visitor les differents districts laitiers. La laiterie est 1 industrie na- 



108 COMMISSAIRE DE LA LA1TERIE ET DBS INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

tionale de la Hollande et bien que le pays soit a peine aussi grand que la partie de 
1 Ontario situe a 1 ouest et au sud d une ligne tiree de Southampton a Toronto, elle 
exports a peu pres juste autant de produits de la laiterie que nous et elle a nourri plus 
de cinq millions d habitants, soit une population presque aussi forte que la notre. En 
1906, elle a exporte pour une valeur de $27,042,432 de beurre et de fromage. Naturelle- 
ment le peuple hollandais ne mange pas autant de beurre que nous, parce qu il con 
somme une grande quantite de margarine, dont la fabrication constitue une grosse 
Industrie dans ce pays. Nous avons visite quelques-unes des grandes fermes et des 
cremeries. Je voudrais que chaque proprietaire d une fromagerie et d une cremerie du 
Canada vit quelques-uns des batiments de ce pays. J ai vu dans la Frise des bati- 
ments qui coutent $50,000, des cremeries erigees par les cultivateurs eux-memes. Us 
organisent des associations cooperatives et ils empruntent 1 argent pour payer ces bati 
ments et ensuite ils remboursent le pret au taux d environ un-cinquantieme chaque 
annee jusqu a parfait remboursement. Ils n ont pas de capital-actions mais ils sont 
chacuu d eux et conjointement responsables du pret et le remboursement a meme les 
benefices de la cremerie. 

Par M. Mclntyre (Perth) : 

Q. Je suppose que la proprete est tres remarquable? 

Q. Tres remarquable. J ai visite des fermes ou les vaches sont gardees dans una 
des chambres de la maison, animaux et famille tous sous le meme toit. C est durant 
1 hiver, naturellement, en 6te elles sont au paturage. La chambre reservee aux vache.s 
se trouvait juste a cote de la cuisine et la porte de cette derniere s ouvrait sur 1 autre. 
En ete lorsqu ils font leur fromage ils se servent de 1 etable comme chambre de matu 
ration du fromage, et ils font le fromage dans une petite chambre a cote de la cuisine. 
L etable etait garnie de poterie vernissee et etait aussi propre qu eHe pouvait 1 etre. 
II y avait des rideaux en dentelle dans les fenetres et tout etait aussi net qu il est pos 
sible de 1 imaginer. Ce sont les vieilles fermes hollandaises. J ai vu pres d Amster- 
dam une etable moderne dans laquelle on gardait 200 vaches pour fournir le lait a 
cette ville. Comme proprete, commodite et apparence, je n ai jamais rien vu de mieux 
que cette etable. Les vaches etaient de race hollandaise semblable aux Holsteins, mais 
plus communes. Les Hollandais disent que les vaches blanches et noires en Amerique 
sont hollandaises et non pas holsteins. Les Holsteins viennent de cette partie de 
1 Allemagne qui est contigue a la terre ferme du Danemark. Ja i vu le registre a une 
cremerie ou 1,150 vaches avaient donne en moyenne 8,000 livres de lait par annee. 
Naturellement ils ont de merveilleux paturages dans ce pays de terres basses ou 1 eau 
se trouve seulement a environ deux pieds en contre-bas de la surface. 

Q. Les animaux sont-ils renfermes dans une certaine partie du paturage ou bien 
errent-ils dans tout le champ? 

R. En Hollande les animaux errent dans tout le champ. Dans certaines parties 
de 1 Europe ils sont attaches, particulierement au Danemark, ou il n y a pas de clo- 
tures, mais en Hollande les canaux et les fosses tiennent lieu de clotures. Le pays 
est de cette maniere divise en petits morceaux. 

Par M. Telford: 

Q. Une partie quelconque du pays est-elle irriguee? 

E. II n y en a pas que vous pourriez appeler irriguee. II y a de grands districts 
conmis sous le nom de polders ou terrains bas entoures de digues, qui sont reellement 
au-dessous du niveau de la mer. Ces etonnants Hollandais travaillent maintenant a 
racheter le Zuider Zee de cette maniere. Ces regions basses ne sont egouttees qu au 
nioyen d un systeme de pompes qui gardent 1 eau a un certain niveau environ deux 
pieds au-dessous de la surface. Vous comprendrez par consequent que la secheresse 
y est inconnue. Je ne crois pas qu il y ait grand chose dans les methodes ou les pra 
tiques d aucun de ces pays qui puisse etre aveuglement copie en Canada, mais nous 



DEVELOPPEUENT DE L INDUSTRIE LAITIERE EN CANADA 109 

ANNEXE No 2 

pouvons apprendre beaucoup de choses des cultivateurs hollandais. L etonnante eco- 
nomie qu ils pratiquent de bien des manieres serait une tres bonne legon de choses 
pour quelques-uns de nos cultivateurs canadieiis. Je ne veux pas dire I economie de se 
priver des choses necessaires, mais plutot I economie d utiliser les espaces et les matieres 
qui se gaspillent. Leurs conditions de travail sont tout a fait differentes et il f aut tou- 
jours tenir compte de cela. La main-d ceuvre est tres bon marche la-bas et les femmes 
font beaucoup d ouvrage sur la ferme, de sorte que nous ne pouvons appliquer leurs 
methodes a nos conditions dans ce pays. Je pourrais dire pour I information dn 
comite, parce que je crois que vous portez quelque interet aux questions d iminigration, 
qu un bon nombre de cultivateurs hollandais desirent venir dans notre pays. J ai 
trouve qu on s interessait beaucoup au Canada. Partout ou j etais presente comme le 
representant du Canada je pouvais voir que les gens devenaient de suite interesses. 
J ai regu 1 autre jour une lettre d un de mes amis en Hollande me demandant si je 
croyais qu il serait justifiable d accepter une commission du gouvernement hollandais 
pour venir ici et visiter les terres du Nord-Ouest, parce qu il y avait un tres grand 
nombre de leurs cultivateurs des hommes possedant de I argent et qui ne pouvaient 
pas acheter des terres en Hollande parce qu il n y a pas de terres disponibles et qui 
aimeraient a venir au Canada. Je crois que nous ne pourrions rien faire de mieux 
que d encourager ces cultivateurs hollandais a venir ici. 

M. MACLAREN (Perth). II y a de la place en abondance dans Ontario et dans 
Quebec pour des cultivateurs s occupant de laiterie. 

M. RUDDICK. Je ne sache pas avoir grand chose de plus a dire, a moins que les 
membres du comite ne desirent me poser des questions. 

M. MACLAREN (Perth). II y a ici un monsieur de la Nouvelle-Zelande. Dans 
ce pays, il se produit beaucoup de fromage. Voiit-ils nous englober? 

M. RUDDICK. Je lie le crois pas. On a beaucoup parle de 1 approvisionnement 
que la Nouvelle-Zelande a envoye sur le marche anglais 1 hiver dernier et certainement 
^augmentation pour cent est tres considerable. Je crois qu elle s eleve a environ 70 
pour cent de plus que leur chiffre de I annee precedente. Cela se chiffre par environ 
160,000 boites, mais la diminution du beurre contrebalance plus que les expeditions 
supplementaires de fromage. II y a tendance maintenant a revenir au beurre. Un 
grand nombre de fabriques ont trouve qu elles avaient commis une erreur en etablis- 
sant des fromageries et en f aisant du fromage 1 an dernier et elles se remettent a faire 
du beurre parce qu ils en obtiennent relativement un meilleur prix maintenant. Je 
ne pense pas qu il soit probable que les exportations de fromage de la Nouvelle-Zelande 
demeurent en augmentation permaiiente. II n y a aucuii doutc qu elles ont eu une 
certaine influence sur le marche 1 an dernier, et je crois qu il en a coute des sommes 
considerables d argent aux gros marchands de Londres pour acheter le fromage de ]a 
Nouvelle-Zelande qui se trouvait sur le marche afin d en maintenir le prix. 



Ayant lu la transcription qui precede de inon temoignage, je certifie qu elle est 
exacte. 

J. A. RUDDICK, 
Commissaire de la laiterie et des installations frigorifiques. 




M. G. n. CLARK, COMMISSAIRE DES SEMENCES 
8 EDOUARD 7,1 ANNEXE No 2 A. 1908 



ENSEMENCEMENT ET MOISSON 

CHAMBRE DES COMMUTES, 

SALLE DE COMITE N 34. 

MERCREDI, 19 fevrier 1908. 

Le comite special permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation s est reuni, ici 
ce jour, a 11 heures du matin, M. McTCenzie, president au fauteuil. 

Le PRESIDENT. J aime a informer le comite, aujourd hui, que M. G. H. Clark 
commissaire des sentences, est present, et qu il nous entretiendra de la vitalite An ble, 
de 1 avoine et de 1 orge, au Manitoba, a la Saskatchewan et a 1 Alberta, relativement 
aux recoltes de 1 annee 1907. Ce sera la, je crois, un sujet tres interessant. M. Clark 
fait un excellent travail dans sa division, et je n ai aucun doute que son entretien 
sera aussi interessant qu iiistructif. J ai ete particulierement frappe des investigations 
de M. Clark, lorsque j ai visite son departement, la semaine derniere, et ce serait, a 
mon avis, une excellente idee, que le plus grand nombre possible des membres du co 
mite visitat sa division, dans 1 Edifice Canadien, rue Slater, et vit la nature de 
1 ouvrage qu il fait. Je ne connais rien de plus important concernant 1 agricul- 
ture que 1 epreuve et 1 amelioration des grairies et grains de semence. J aimerais 
a dire un mot ou deux sur un autre sujet. Mon attention a ete attiree par des lecteurs 
de nos rapports sur le fait que 1 interruption par des questions, pendant qu un orateur 
s adresse au comite, detruit la continuite de son recit et 1 entraine sur un terrain un 
peu etranger a la question qu il traite, dans le moment. Je demanderai done aux mem 
bres du comite de borner leurs questions a des sujets ayant une portee directs sur le 
sujet en discussion, et de poser leurs questions en temps opportun, de maniere a ne pas 
alterer la suite ou la force du recit. Les rapports de nos assemblies seront ainsi lus 
d une maniere plus intelligible et plus profitable. Je sais que je.n ai qu a attirer 
votre attention sur le sujet, et le but desire sera attertit. 

LA RECOLTE DU BLE DE 1907, DANS LE CANADA-QUEST. 

M. CLARK. M. le President, honorable M. Fisher et messieurs. C est toujours un 
plaisir, pour moi, de repondre a 1 invitation qui m est faite d adresser la parole de- 
vant ce comite. C est un sujet de regret, pour moi, ce matin, de porter a votre con- 
naissance un mecompte qui est arrive a une partie, comparativement peu nombreuse 
de notre population, dans 1 Ouest du Canada. Je dis, comparativement peu nombreu 
se. J ai calcule que le nombre des cultivateurs qui ont subi des dommages, a 1 ouest 
du lac Superieur et a 1 est des Montagnes-Eocheuses, n excede pas 12 par 100 de la 
population et encore faut-il compter seulement dans ces 12 pour 100, ceux qui, sui- 
vant le proverbe des ceufs dans le meme panier. Us sont occupes exclusivement de la 
culture du grain. Vous pouvez vous rappeler qu il y a quelques annees, le professeui 
Robertson a fait beaucoup, pour etablir des beurreries dans 1 Ouest de ce pays. J ai 
entendu des commentaires defavorables par plusieurs, concernant ces beurreries dans 
les districts a grains, mais j ose dire que les cultivateurs qui sont etablis dans un rayon 
de 20 milles de ces beurreries et qui out maintenu leurs troupeaux laitiers, n auront 
pas lieu de regretter le ur etablissement, cette annee. II me semble que la prosperite 
de 1 Ouest, dependra, en definitive, coiisiderablement de sa tendance a faire une cul 
ture mixte iou variee, bien que, sans aucun doute, la culture du grain predominera. 



12 M. O. H. CLARK, COUMISSAIRE DBS 8EMENCES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 
Par M. S chaff ner : 

Q. J aimerais a vous demander ce que vous entendez par ces 12 pour 100. 
E. En comptant le nombre total des cultivateurs, entre W innipeg et les montagnes 
Eocheuses, je suis bien certain que le nombre de ceux qui out souffert des dommages. 
cette annee, n excedera pas 12 pour 100. 
Q. Voulez-vous dire par la gelee? 
E. Par la gelee et des conditions climateriques defavorables. 

CONCEPTIONS BORNEES. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Vous dites entre Winnipeg et les montagnes Eocheuses. Les 100 milles, a 1 est 
ue Winnipeg ne devraient-ils pas etre considered, de meme? 

E. Je devrais dire entre Port- Arthur et les montagnes Eocheuses. Je desire men- 
tionner ce fait, en particulier, parce que vous savez tous que, lorsque quelques cultiva- 
teurs soufi rent des dommages, par la gelee ou toute autre cause, nous entendons beau- 
coup parler de leurs malheurs. C est ce qui est arrive, cette annee. Nous avons en- 
tendu parler, cette annee, beaucoup plus de ces 12 pour 100, que des 88 pour 100, qui 
ont etc, reellement favorises de recoltes satisfaisantes. Plusieurs de ces 88 pour 100, 

ont eu des recoltes, peut-etre, plus avantageuses, qu en aucun autre temps, pendant les 
cinq dernieres annees. Pendant un voyage recent, de Minneapolis a Chicago, je fus 

oblige d entendre une conversation tenue par un certain nombre d americains, hommes 
d affaires qui pretendaient tout savoir, sur les conditions de notre pays et ils s accor- 

daient tous a dire que toute notre recolte de grain, dans 1 ouest, etait endommagee par 

la gelee, et que le grand probleme auquel les gouvernements du Canada avaient a faire 
face, etait de savoir comment nourrir notre population, jusqu a 1 annee prochaine. Je 
ne fis aucune remarque, mais, je pensai a 1 adage: "Que ces gens sont fous." Je trouve 
qu en general les citoyens des Etats-Unis ont vine idee tres limitee et tres etroite des 
conditions au Canada, et je soutiens, ici, devant ce comite, qu a mon avis, ayant voyage 
bien des fois, et en tout etat de climat, dans 1 ouest du Canada, une saison de malheui" 

general, dans 1 ouest n est pas possible, du moms est tres improbable, meme avec une 
temperature aussi defavorable que celle que nous avons eue, 1 annee derniere. Je con- 
sidere qu il n y a pas plus de danger d une disette generale, entre Port-Arthur et les 

montagnes Eocheuses dans notre ouest canadien, qu eatre la riviere Missouri et les 

montagnes Eocheuses, aux Etats-Unis, ou au nord de 1 Europe. Au nord de 1 Europe, 
les cultivateurs, 1 annee derniere, ont plus souifert que les cultivateurs de notre Ouest 

Canadien, meme, dans les districts qui ont ete le plus eprouves. 

LA RECOLTE DE GRAIN DANS LA GRANDE-BRETAGNE, EN 1907. 

J ai eu 1 occasion, il y a quelques jours, de lire une lettre du mois de novembre, 
ecrite par la femme de 1 un de mes bons freres ecossais, en Ecosse, dans laquelle. elle 
disait, en ecrivant un dimanche soir, qu elle etait allee a Peglise le matin, que le predi- 
cateur avait commence le service par une courte priere, et avait ensuite dit a sa con 
gregation de retourner a la maison et d engr anger la moisson. II se rendit lui-mems 
sur sa terre et entra son grain un homme tres sense, a mon avis. L auteur de la 
lettre continuait en disant, que le grain valait a peine le temps occupe a 1 engranger, 
parce qu il etait presque gate par 1 humidite. D apres le proverbe que la misere n aime 
pas a faire bande a part, il serait bon pour nos cultivateurs de 1 Ouest, qui ont souffert 
quelque peu de la gelee, dans certains districts, de renechir sur la condition des culti 
vateurs de 1 Europe, qui ont eprouve des miseres encore plus grandes, grace a des pluies 
continues. 

C est le 11 septembre que je regus une communication de mon assistant de dis 
trict, place a Calgary. J ai trois assistants de district, un a Winnipeg, pour la pro- 



LE8 RECOLTE S DE 1907 DANS L QUEST DU CANADA 113 

ANNEXE No 2 

vince de Manitoba, un a Kegina, pour la province de Saskatchewan, et un a Calgary, 
pour la province de 1 Alberta, qui donnent tout leur temps a leurs districts respectifs. 
J ai regu une communication de mon agent, a Calgary, disant qu on avait eu une 
legere gelee, vers le 21 aout, une forte gelee dans quelques districts le 31 aout et 
une autre encore plus forte en septembre. Malgre les belles apparences d une grande 
partie de la recolte, sur les terres legeres et dans les districts ou il n y avait pas eu 
trop de pluie, il me fit comprendre qu il serait necessaire, cette annee, de chercher a 
savoir exactement ou en etaient les cultivateurs par rapport a leur grain de semence, 
pour le printemps de 1908. Je fus alors autorise de donner ordre a chacun de mes 
assistants, d employer cinq semaines a voyager dans son district particulier, pour se 
procurer des echantillons du meilleur grain, ainsi que du grain qui avait ete endom- 
mage, et de 1 expedier a Ottawa, pour en faire eprouver la vitalite. Nous avons regu 
plus de 4,800 echantillons jusqu a ce jour. Nous avions eprouve, le ler Janvier, pres 
de 2,000 echantillons et avons fait le rapport de ces experiences sous forme de bulle 
tin. Nous avons distribue 60,000 copies de ce bulletin aux cultivateurs dans toutes 
les parties de 1 Ouest. Dans ce but, nous nous sommes servis des cedules du recense- 
ment, en prenant les cultivateurs dans les districts ou le grain gele etait dominant. 

Par M. Broder: 

Q. Les conditions dans 1 Ouest, je suppose, etaient dues, en grande partie, au re 
tard du printemps? 

K. Le printemps a ete exceptionnellement tardif, cette annee. Depuis 1888, je 
pense, il n y a pas eu de saison ou les conditions de temperature aient le plus ressem- 
ble au climat qui, 1 annee derniere, a regne dans 1 Ouest. Le printemps fut tardif, 
1 ete frais et nuageux, et il y eut trop de pluie dans quelques districts, ce qui a main- 
tenu le grain vert et en croissance. Puis, les gelees hatives ou precoces qui survin- 
rent plus tot et furent plus fortes que de coutume, firent le reste. La partie nord-est 
de la province de Manitoba est comparativement basse, et dans le district Dauphin, 
nous avons trouve de 1 avoine de la recolte de cette annee sur un sol leger, dont 99 
pour 100 germera, tandis que sur un sol plus argileux, il n y a pas plus de 10 ou 15 
pour 100 qui germera. Une ligne quelque part pres de Dauphin, descendant vers le 
milieu de Marquette, puis dans la Saskatchewan, pres de Moosomin, s etendant au 
sud de la ligne principale du chemin de fer du Pacifique-Canadien, et traversant par 
une ligne irreguliere, a ou vers Alcola, a environ 50 milles de ce qu on appelle la zone 
semi-aride, puis au nord-ouest, pour inclure la terre d argile et de glaise, pres de 
Eegina, renfermerait, a peu pres, la plus grande partie de la surface de territoire qui 
a souffert par les gelees d automne. 

ENSEMENCEMENT DU SOL. 

Au nord de Calgary, dans 1 Alberta, les conditions par rapport a la gelee sont 
variables. Autour de Clover Bar, dans 1 Alberta-central, il y a, cette annee, de tres 
bons ensemencements d avoine. Nous avons entrepris, cette annee, de bien faire com 
prendre aux cultivateurs de ces provinces de 1 ouest, la necessite de faire eprouver la 
vitalite de leur grain de semence, de maniere a leur permettre de mieux estimer la 
quantite de grain a semer, en prenant en consideration le pourcentage de vitalite. Je 
suis porte a croire que les cultivateurs de 1 Ouest qui out des terres nettes, agiraien* 
avec sagesse, en ensemengant leur propre avoine gelee, et en la semant a raison de 
quatre boisseaux a 1 acre, si cette avoine peut donner un pourcentage de 50 pour 100 de 
croissance vigoureuse. Quelque chose que 1 on fasse, il est tres difficile d avoir de la 
semence completement exempte de graines de manvaise herbe. En semant a raisor 
de quatre a cinq boisseaux 1 acre, de 1 avoine ou de 1 orge, qui levera dans la proportion 
de 50 pour 100 ou plus, la recolte sera satisfaisaiite, a moins que le printemps ne soit 
tres froid et tardif. 

28 



114 M. 0. E. CLARK, COMMISSAIRE DES SEMENCES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Blain: 

Q Croyez-vous que cinq boisseaux 1 acre seraient suffisants? 

K. Oui, d avoine ou d orge qui donnera 50 pour 100 de croissance vigoureuse 
dans des conditions de serre-chaude, et pendant les six premiers jours. 

Par M. Wilson (Lennox) : 

Q. Pour obtenir une apparence reellement bonne, combien vous faut-il de semence 
saine, par acre. 

R. Deux boisseaux. 

Hon. M. FISHER. C est-a-dire d avoine. 

Par M. Wilson (Lennox) : 

Q. Et pour le ble, combien en fait-il? . _ 

R. Un boisseau et demi, environ, de bon ble Red Fife, serait suffisant. J ai base 
mon estime du deficit de semence sur le territoire actuel, tel qu il m a ete fourni par le 
commissaire du recensement. Ses chiffres etaient bases sur 1 etendue actuelle_du re- 
censement de 1901 et 1906, et ils furent augmented en proportion geometrique jusqu a 
1908. J ai pris les chiffres du commissaire du recensement et j ai fait, le mieux que 




1 pour 
on aurait besoin, dans le Nord-Ouest, cette arniee. 

Par I hon. M. Derbyshire: 

Q. Sur les 12 pour 100 qui n ont pas reussi, de combien de temps les semences ont- 
elles ete en retard? 

R. D un mois, au moms. 

Par M. Mclntyre (Strathcona) : 

Q. L insucces n a-t-il pas ete cause par les conditions climateriques qui ont regne 
apres les semences? 

R. Les conditions climateriques, apres les semences, ont plus contribue a retrder la 
maturite, que la date de 1 ensemencement. 

Q. Les semences auraient du etre f aites plus tot ? 

R. Assez de bonne heure. L avoine ne devrait pas etre semee plus tard que le 
milieu d avril. L avoine semee au milieu de mai, murira, a quelques jours pres, comme 
1 avoine semee vers le milieu d avril, parce que la croissance rapide ne commence que 
vers le ler juin. 

Par M. Crawford: 

Q. N en est-il pas ainsi de toute espece de grain? 
R. Oui, mais il n en est pas ainsi, dans tous les climats. 

Par M. Perley: 

Q. Le grain ensemence de bonne heure, murit le premier? 

R. Oui, mais il n y a pas autant de difference, dans la maturite qu il peut y en 
avoir dans le temps de 1 ensemencement. Vous pouvez semer du ble en mars et ensuite 
en mai, mais il n y aurait pas un mois de difference dans la date de la maturite. 

Par M. S chaff ner: 
Q. Parlez-vous du ble maintenant? 
R. Le ble, 1 avoine et 1 orge. 

Q. II est plus important d ensemencer le ble que 1 avoine, de bonne heure? 
R. C est plus important, mais je ne pense pas qu il soit prudent de semer le ble, 
bien avant le lor avril, je dirais plutot le 7 avril. II devrait etre sem^, aussitot que pos- 



LEX RECOLTES DE 1907 DANS L OUEST DU CANADA 115 

ANNEXE No 2 

sible, apres cette date. Je ne pense pas qu il soit prudent de seiner 1 avoine, apres le 
milieu d avril, disons le 20 avril, pour les provinces de 1 Ouest. 

Q. II y a eu une certaine quantite d avoine semee en juin dernier, dans 1 Ouest ? 

K. Probablement. 

Par M. Owen: 

Q. Dites-nous dans quelle proportion la gelee des recoltes a endommage le ble, 
1 avoine et Forge ? 

K. H y a eu des dommages a divers degres. J estime a pas plus de 10 pour 100 
le grain endommage, au point d etre impropre a la semence. II faut, tous les ans, ile 
dix a onze millions de boisseaux de ble de semence pour les provinces de Manitoba, de 
Saskatchewan et d Alberta. 

Q. Ainsi, d apres vous, il y aurait, aujourd hui, une quantite suffisante de grain 
dans le Nord-Ouest ? 

R. L Ouest a tout le ble dont il a besoin, pour les semences. Tout le ble que i ^n 
demande s eleve, je pense, a 1,300,000 boisseaux et 1 estimation en est a raison de deux 
boisseaux 1 acre. 

Par M. Wilson (Lennox) : 

Q. Vous dites que les cultivateurs dans 1 Ouest, out, aujourd hui, assez de semence? 

R. Us ont assez de ble, mais pas assez d avoine. 

M. WILSON (Lennox). C est du nouveau, pour moi. 

Par M. Owens: 

Q. Est-ce qu on ne peut pas acheter la, tout le ble dont on a besoin, pour la se 
mence ? 

R. Je ne voudrais pas etre trop positif a ce sujet. Laissez-moi vous dire que, 
bien que les achats soient dans le moment assez avances, il est de 1 interet des culti 
vateurs de ne pas donner un etat trop detaille concernant 1 approvisionnement des 
grains de semence. 

Par I hon. M. Perley: 

Q. Combien paie-t-on le ble, aujourd hui? 
R. Je ne le sais pas. 

Par M. Lake: 

Q. Lorsque vous parlez du Nord-Ouest, voulez-vous parler du pays de 1 Ouest, ou 
du pays a 1 ouest de Winnipeg? 

R. Je veux parler du pays entre Port-Arthur et les montagnes Rocheuses. Le 
principal et le seul risque a semer 1 avoine, legerement gelee, ce sont les conditions de 
temperature, qui peuvent survenir pendant les trois premieres semaines apres les se 
mences. Si les conditions de temperature sont favorables a une croissance rapide. 
pendant cette periode, il n y aurait pas autant de risque a semer de 1 avoine qui ger- 
mera plus de 50 pour 100 et qui n est pas lente a germer. La rapidite de la germi 
nations, ou ce qu on appelle, en termes techniques, 1 energie vitale de la semence de 
pend beaucoup des conditions de tempeature, qui regnent le premier mois apres 1 en- 
semencement. J ai apporte, aujourd hui, pour les montrer, des grains d avoine en 
voie de germination dans le sol. Us ont une croissance d environ quatorze jours. Ilr 
vous feront voir la difference entre une croissance faible et une croissance vigoureuse. 
Voici cent plants d une croissance relativement forte. En voici un certain nombre 
qui n ont donne qu environ 30 pour 100 de croissance forte. Vous pouvez voir une 
forte proportion de plants faibles dans le dernier echantillon. Meme dans les echan- 
tillons les plus pauvres, nous trouvons, communement quelques bons grains et quel- 
ques grains inferieurs. 

2 8J 



US J/. G. E. CLARK, COMMISKAIRE DES SEMENCES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Owen: 

Q. Ou faites-vous pousser ces plants? 

E. Nous les avons fait pousser, dans des serres-chaudes, au laboratoire des se- 
mences. 

Q. A quelle temperature? 

K. Entre 64 et 68 degres. 

Q. Us n ont pas la meme apparence de vigueur que ceux qui croissent en plein air? 

E. Non, la coulenr n est pas auasi bonne, mais nous obtenons une croissance plus 
prompte, dans une serre-chaude qu en plein champ, parce que nous avons une meilleure 
humidite et que nous controlons la chaleur. 

Par M. Broder: 

Q. Elle est plus uniforme? 

E. Oui. Voici un exemple (montrant des specimens) de 1 energie vitale relative 
de la semence. L un montre environ 98 pour 100 de germination dans six jours 
Sur 100 grains de 1 autre, trois seulement germerent en six jours. Avec le dernier 
s il est seme en plein champ, on ne pourrait pas compter sur une bien bonne recolte 
vu la moyenne d humidite dans le sol et le climat dans 1 ouest. Si le sol est suffisam- 
ment humide, si le temps est chaud et continue a etre chaud, trois semaines apre? 
1 ensemencement, il n y a pas autant de risque a semer du grain comparativement faible, 
mais par un temps froid et un sol sec, 1 ensemencement de cette avoine faible ou de 
ce ble avarie, bien que le ble donne un degre assez eleve de germination, serait desas- 
treux, en vue d une recolte satisf aisante. 

J aimerais a dire quelques mots, sur le principe de faire des epreuves de germi 
nation. 

SUPPLEMENT o APPROVISIONNEMENT DE SEMENCE POUR 1908. 

Par M. Owen: 

Q. J ai compris, d apres ce que vous avez dit, qu il y avait amplement de ble, dans 
1 : Nord-Ouest, pour les semences de 1 annee, amplement de bon ble qui germera, apres 
avoir ete seme? 

E. Oui. 

Q. Combien y a-t-il de deficit en avoine? Combien en faudrait-il acheter de bois- 
seaux ailleurs? 

R. Les provinces rapportent qu l faut du grain de semence, absolument exempt 
de graines de mauvaises herbes. M. Castle qui, ainsi que je le comprends, en fait 
1 achat, doit se conformer aux conditions demandees par les provinces qui ont a payei 
cette semence. Pour se procuer la quantite totale d avoine de semence dont elles 
peuvent avoir besoin, avec la qualite qu elles desirent, ce qui est important, elles peu- 
vent, peut-etre, avoir a se procurer les deux tiers de la quantite, en dehors des pro 
vinces de Manitoba, de la Saskatchewan et de 1 Alberta. Si les provinces modi- 
fiaient .... 

Par I Tion. J/. Perley : 

Q. A-t-on besoin de semence, au Manitoba? 

R. On aura besoin d avoine de semence dans le nord du Manitoba. Pour avoir la 
quantite d avoine de semence requise dans 1 Ouest, il serait necessaire que les provinces 
modifiassent leurs conditions pour le melange de 1 avoine sauvage avec 1 avoine de 
semence. Vous comprenez qu aujourd hui une grande quantite d avoine a ete expedite 
et est melee avec de 1 avoine de commerce dans les elevateurs, a Fort- William. Je ne 
pense pas qu il soit a propos de discuter 1 affaire, maintenant. Sans doute, je repon- 
drai a toute question que ce comit 5 peut approuver, mais, je n ai pas a intervenir dans 
les operations de M. Castle. 



LE8 RECOLTES DE 1907 DAN8 L QUEST DU CANADA 117 

ANNEXE No 2 

Par M. Wilson (Lennox) : 

Q. J ai compris que cet arrangement ne s etendait pas au Manitoba? 
R. Le Manitoba, d apres ce que je comprends, cherche a obtenir son grain de se- 
mence, sous 1 autorite provinciale. C est-a-dire que ce sont les autorites provinciales 
qui font 1 ouvrage. 

Q. Et nous n avons rien a f aire avec cela ? 

R. Quand il s agit de chercher des approvsionnements de semence, je peux dire 
d une maniere generale, que c est une question de savoir, s il est a propos de se procurer 
du grain de semence des pays situes sur les cotes de la mer. II est possible que I Angle- 
terre et l Ile-du-Prince-Edouard envoient cette annee dans 1 Ouest une quantite consi 
derable de grain de semence, de qualite vraiment superieure. Cette avoine, sous notre 
climat de 1 Ouest, ne reussira pas tout a fait aussi bien la premiere annee. Elle 
n atteindra pas sa valeur normale, meme la seconde et la troisieme annee, elle 
fera aussi bien dans 1 Ouest que dans le pays de provenance, et comme resultat de cette 
importation, les cultivateurs de 1 Ouest peuvent compter sur un bon rendement pendant 
les vingt ans a venir. La difficulte avec 1 avoine, le ble et 1 orge, dans 1 Ouest, est pro- 
venue de ce que le grain, d annee en annee a ete coupe un peu vert. Cela amene natu- 
rellement la deterioration de 1 endurance et de la fecondite de la plante. Le grain qui 
sera importe dans 1 Ouest, cette annee, sera d une qualite exceptionnellement bonne, 
parce que, pendant des generations, il a atteint sa pleine maturite, avant d etre mois- 
sonne. Bien que, pendant une annee ou deux, il puisse ne pas donner, ainsi que je 
1 ai deja dit, une recolte aussi satisfaisante que dans le pays de provenance, trois ans 
apres, il donnera et continuera a donner d excellents resultats dans 1 Ouest. 

Par M. Martin (Winnipeg): 

R. Elle est parfaitement mure et peut etre plus nourrie que 1 avoine qui a pousse 
dans 1 Ouest . II est possible que la culture, en Angleterre, d apres un systeme plus 
soigne, produise une avoine de variete plus pure et meilleure, je pense, que la notre. 

Par I lion. M. Derbyshire : 

Q. Est-elle beaucoup plus lourde? 

R. Oui, au boisseau. 

Q. Combien pese-t-elle, au boisseau? 

R. De quarante a cinquante livres. 

II y a ordinaireir.ent beaucoup de grains d avoine, dans des echantillons geles, dont 
le gerrce dans 1 amande n est pas eteint, mais il est incapable de s approprier la nourri- 
ture que la plante regoit dans 1 amende. Les cotyledons de 1 amende agissent comme 
un fluide digestif sur les qualites nutritives dans 1 amande elle-meme lorsque le germe 
entre en activite. Le germe doit dependre, pour sa subsistance, pendant les quatre ou 
cinq premiers jours, sur la nourriture contenue dans 1 amande. Maintenant, dans cette 
avoine gelee ou le germe est encore vivant, les cotyledons sont en partie detruits. 
Plante dans un bon sol, le germe de 1 avoine gele peut retirer une tres legere nourriture 
de 1 enveloppe vegetale et pour cette raison peut se developper, un peu plus vite, dans 
le sol, en serre-chaude, que d apres des methodes regulieres de semence en voie de ger 
mination. Nous avons 1 autorite de Noble, Hartz et de plusieurs autres qui ont con- 
sacre beaucoup de temps a 1 etude des precedes de la germination des sentences, pour 
dire que pour donner au cultivateur une mesure exacte de la valeur vitale qu il retirera 
de la semence, 1 epreuve s opere mieux dans 1 appareil a faire germer les grains On de- 
vrait faire rapport dans quelle proportion le grain germera, en quatre, cinq ou six jours, 
ainsi qu au bout de dix jours. Les experiences faites dans un eserre-chaude, sur du 
grain, font connaitre, en partie, jusqu a quel point tel terrain peut nourrir un germe, 
qui ne peut plus se nourrir naturellement. 

Nous pouvons voir ce que fera ce sol, pour nourrir des germes d avoine gelee, in- 
capables de se nourrir par eux-memes, mais je n irai pas jusqu a dire si cette avoine 



118 M. a. H. CLARK, COMMISSURE DBS SEMENCES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

qui germerai croitra dans ce sol, d une ruaniere satisfaisante, germera et se deve- 
loppera aussi vite, dans le sol de 1 ouest. Pour cette raison, je desire insister aupres 
de tous les cultivateurs de 1 ouest, sur la necessite d eprouver leur avoine et leur orge, 
dans leur propre sol, chez eux, et sous leur propre observation. Si les cultivateurs 
pouvaient venir a notre laboratoire, ils verraient pousser leur semence dans des boites, 
-conime j en ai, ici, aujourd hui et ils obtiendraient sur la condition de cette semence, 
plus de renseignements qu ils peuvent en avoir au rnoyen du germinateur en usage. 
Nous nous servons des germinateurs-types a semences parce qu ils donnent au culti- 
vateur une mesure plus exacte de la vitalite et de la force de croissance de la semence, 
que 1 epreuve du sol et parce que les resultats s obtiennent alors plus promptement et 
avec moms de travail. 

L examen que nous avons fait de la condition ou se trouve 1 approvisionnement de 
semence me permet de dire, sans aucune hesitation au sujet de la recolte future de 
1908, que malgre lea petites etendues de territoire auxquelles le gouvernement s effor- 
cent de procurer de la semence, 1 etat actuel de 1 approvisionnement des semences, 
dans 1 Ouest, avec ce qui sera ajoute, ne s oppose nullement a la perspective d une 
bonne recolte. 

x 

Par M. Broder: 

Q. Vous ne conseillerez pas de semer de la semence douteuse? 

E. Je conseille fortement a tous les cultivateurs, qu ils soient au sud du Mani 
toba ou dans le nord de la Saskatchewan de ne semer de 1 avoine et de 1 orge, cette 
annee, qu apres avoir eux-memes eprouve le grain dans le sol chez eux, de maniere ? 
en etablir la vitalite. 

Par M. Schaffner: 

Q. Lorsque le cultivateur seme un boisseau et demi de ble, c est la proportion gene- 
ralement en usage dans 1 Ouest, il n est pas probable que toute cette semence germera. 
Mais en prenant la quantite de cette semence ordinaire semee chaque annee, combien 
de cette semence germera? 

K. Je pense que ce qui donnerait 100 pour 100, en quatre jours, dans le labora 
toire de semence, donnera peut-etre 85 plants, dans le sol de 1 Ouest, en plein champ. 

Q. S il y a une germination de 85 pour 100, de ble, ce sera parfait? 

E. C est-a-dire, en prenant une semence de premier choix, Northern n 1. 

Q. Les 85 pour 100 germeraient? 

E. Oui. 

_ Q. Dans ce cas, pour ce qui concerne 1 avoine, vous dites que si le pourcentage 
etait de 50 pour 100, il vaudrait mieux semer quatre boisseaux a 1 acre? 

E. Oui. Semer quatre ou cinq et meme six boisseaux de semence, qui donneront 
cinquante, quarante ou meme trente pour 100 de croissance relativement forte, apres 
avoir passe par 1 epreuve dans son propre terrain. 

Par I hon. M. Perley : 

Q. Cela se ferait a cause du prix. S il seme quatre boisseaux a 1 acre, qu il peut 
acheter en payant de 25 a 30 cents, ce sera mieux-que de semer deux boisseaux qui lui 
couteront plus cher? 

K. Ce n est pas tant a cause du prix, que de la difficulte a se procurer une semence 
pure. our avoir une semence nette c est ce qui est demande je doute fort qu il 
soit possible de se procurer toute la semence qui est demandee. 

Par M. Slain : 

Q. Votre division s occupe-t-elle particulierement d enseigner aux cultivateurs 
du JNord-Ouest, la maniere de faire ces epreuves speciales chez eux? 

E. Oui, nous avons publie pour cela 60,000 bulletins, et j en ai apporte deux r,a- 
quets ce matin. 



LE8 RECOLTES DE 1907 DAN8 L OUEST DU CANADA 119 

ANNEXE No 2 

Q. Je comprends cela, mais la division a-t-elle fait une liste des cultivateurs 
dans FOuest et a-t-elle adresse un bulletin a chacun d eux? 

R. Nous avons pris les cedules du recensement et nous avons adresse le bulletin 
par la malle aux cultivateurs dont les noms y apparaissent. 

Q. II me serable que ce serait de 1 argent bien employe par le gouvernement d en- 
voyer cinquante ou soixante homines dans 1 Ouest pour donner des instructions spe 
ciales aux cultivateurs, sur ce point. Je pense que Fidee de faire de semblables expe 
riences n entrera pas dans 1 esprit de la moyenne des cultivateurs? 

E. Nous avons tenu, cette annee, dans la province de F Alberta, trente-quatre as- 
semblees speciales sur la semence, dans la province de la Saskatchewan trente-six ex 
positions speciales de semence, et dans la province de Manitoba, la division des semen- 
ces a assiste a onze de ces expositions. Le departement provincial de Manitoba a eu 
aussi, un certain nombre d expositions de semence, dans cette province. 

Par M. Broder: 

Q. Ces expositions ont-elles ete bien suivies? 

R. Oui, et cette annee, a raison des circonstances, elles ont ete mieux suivies que 
d habitude. 

Par M. Blain: 

Q. Nous pouvons done conclure, je pense, que la recommandation de faire, a domi 
cile, les epreuves suggerees, est assez generalement repandue parmi les cultivateurs du 
Nord-Ouest? 

R. Je suis bien certain qu il en eest ainsi. Nous avons fait tout notre possible, pour 
faire connaitre aux cultivateurs le danger de semer, sans epreuve. Si les cultivateurs 
veulent eprouver leur semence et s assurer de la proportion qui germera et semer en 
consequence, ils feront beaucoup pour ecarter toute possibilite d une disette de recolte. 

Q. Les cultivateurs de 1 ouest, ont-ils, avant aujourd hui, adopte cette ligne de 
conduite ? 

R. Ils ont eu souvent des disettes de recolte partielles, dans 1 Alberta et la Saskat 
chewan, probablement parce qu il n y avait pas de laboratoire pour les aviser, aucune 
organisation speciale, dans 1 ouest, ne s occupant du grain de semence et leur suggerant 
de faire ce travail. 

L initiative de ces recherches speciales fut prise, ainsi que je Far dit, il y a quel- 
ques minutes, par mes aides, dans FAlberta, la Saskatchewan et le Manitoba, aussitot 
apres les premieres gelees et depuis, ils ont ete continuellement a Foeuvre. 

Q. Cette annee? 

R. L annee derniere. Comme vous le savez, nous n avons un laboratoire de semen- 
ces que depuis 1902. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Le departement a-t-il fait des epreuves a des endroits convenables dans FOuest ? 

R. Nous avons, a Calgary, un laboratoire considerable de semences etabli Fannee 
derniere. J ai du etablir, aussi, a Winnipeg, un bureau temporaire, non pas pour faire 
des epreuves de semence, pour les cultivateurs en general, mais pour M. Castle, qui fait 
les achats, a Winnipeg. 

Par M. Mclntyre (Winnipeg): 

Q. Nous avons eu des expositions de semences, depuis quelques annees ? R. II y a 
quatre ans qu on a commence a faire des expositions de semences. Elles ont ete tres 
utiles et tres instructives pour les cultivateurs; il y avait une journee speciale pour 
le grain de semence. Les concours en grain de semence, sur pied, ont eu, aussi, 
tres bonne influence. 



120 -V. G. H. CLARK, COMMISSAIRE DBS SEMENCES 

8 EDOUARD VII, A. 1908 
Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Quels sont les arrangements adoptes par vos agents, pour avoir des echantillons 
ae grain? 

R. Les premiers voyages d inspectioii, a partir de leurs quartiers generaux de dis 
trict, furent faits, vers le milieu de septembre. A cette date, la moisson n etait pas 
tres avancee, mais ils recueillirent des echantillons de grain et les expedierent au labo- 
ratoire des semences. Ils adresserent aussi des lettres aux secretaires des societes 
d agriculture et a des persoiines qui avaient assiste a des expositions de semence les 
annees precedentes, leur demandant d expedier des echantillons de leur grain, au labo- 
ratoire, afin d en faire 1 epreuve. 

Q. Je remarque que vous n avez pas eu d echantillons du nord-est du Manitoba, 
disons des environs de Selkirk? 

R. Nous en avons regu un grand nombre de Selkirk, depuis le ler Janvier. 

Q. Votre bulletin ne le demontre pas? 

K. Jusqu au 20 ou 25 decembre, nous n avons pas regu d echantillons de Selkirk. 
Les lettres ordinaires avaient ete envoyees au district electoral de Selkirk, mais aucune 
reponse n en etait venue. Je suppose, ainsi que pour d autres comtes, dans le sud de 
Manitoba . . . 

Par M. Schaffner: 

Q. En i ealite, il n y en a pas eu du sud-ouest de Manitoba ? 

R. Je suppose que les cultivateurs de ces endroits orit considere que le grain n etait 
pas tres gele et qu il n y avait pas de necessite d une action immediate. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 
Q. II n y a pas eu de gelee, dans notre district ? 
R. Je n aimerais pas a dire qu il n y eut aucune gelee. 
Q. II n y en eut aucune dont nous ayons entendu parler? 
R. Je pense que dans le comte de Selkirk, il n y a pas eu de dommage important. 

Par M. Christie: 

Q. Avez-vous fait des experiences avec du grain de la province d Ontario ? R. 
Cette annee? 

Q. Oui. 

R. Pas un tres grand nombre, pour la vitalite. Je ne pense pas que ce grain en 
nit besoin. 

Q. Je pense que la recolte d avoine a manque, ces dernieres annees, dans un tres 
grand nombre de localites, dans Ontario ? 

R. Comme rendement? 

Q. En quantite et en poids. 

R. II y a eu un deficit d environ 83,000,000 de boisseaux, 1 annee derniere, sur la 
moyenne, dans la province d Ontario. C est pour cela que le prix de 1 avoine et de 
1 orge, dans la province, est eleve. Je crois que le pourcentage de vitalite du grain 
d Ontario, est satisfaisant. 

Q. Je pense que la recolte a manque, depuis deux ou trois ans, dans quelques par 
ties de la province? 

R. A raison de la temperature. 

Par M. Crawford: 

Q. Nos echantillons ont-ils ete bien nettoyes? 

R. Les echantillons sont soumis a 1 epreuve dans 1 etat ou nous les recevons de la 
part des cultivateurs qui nous les envoient. 

Q. Le cultivateur ne pourrait peut-etre pas les nettoyer, mais le type en serait plus 
eleve, si les echantillons etaient parfaitement nets? 



LES RECOLTE8 DE 1901 DANS L OUEST DU CANADA 121 

ANNEXE No 2 

R. Nous lui faisons rapport que le degre do vitalite serait plus eleve, par un net- 
toyage pari ait. 

Q. Cela s applique plutot a 1 avoine? 
K. Oui, a 1 avoine. 



Apres avoir lu le temoignage ci-dessus, je le trouve exact. 

GEO. H. CLARK, 

Commissaire des sentences. 



M. W. McINNiUS, GEOLOOUE 
8 EDOUARD VI. ANNEXE No 2 A. 1908 

EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 



CHAMBRE DES COMMUNES, 

SALLE DE COMITE N 34, 

26 fevrier 1908. 

Le comite special permanent de 1 Agriculture et de la Commission s est reuni ici, 
ce jour, a 11 heures a.m., sous la presidence de M. McKenzie. 

Le PRESIDENT. Nous avons a etudier aujourd hui un rapport de M. W. Mclnnea. 
gcologue, du Bureau geologique du Canada, traitant de ses explorations dans la legion 

sise an sud de la riviere Saskatchewan et arrosee par les rivieres Garotte et Pasquia; 

aussi dans le district au nord du flac Winnipeg et a 1 est de la province de Saskatche 
wan. 

M. MC!NNES. M. le President et Messieurs : Le district que j ai explore 1 ete der 
nier et dont je veux vous entretenir, ce matin, comprend 1 eten due de terre au sud de 

la Saskatchewan entre cette riviere et I embranchernent Prince- Albert de la compagnie 
de chemin de fer Canadian-Northern; surtout la region immediatement au sud de la 
Saskatchewan et s egouttant dans les rivieres Garotte et Pasquia. Cette grande region 
pourrait, peut-etre, au besoin, etre divisee en deux parties; la premiere, la plus basse, 

a 900 p eds au-dessus du niveau de la mer, comprenant une vaste plaine non egouttee ; 

la plus elevee, de 1,000 a 1,200 au-dessus du niveau de la mer et comprenant une excel- 

lente region pour les fins generates de 1 agriculture. 

Par M. Lewis : 

Q. Quelle est la distance entre le chemin de fer et la riviere ? 

R. La region est de forme triangulaire. A Prince-Albert la distance est nulle, 
rnais il y a pres de 80 milles quand vous descendez a 1 embouchure de la riviere Garotte 
qui se jette dans la Saskatchewan a Pas-Mission, un peu plus de 100 milles de 1 embou- 
chure de la riviere au lac Winnipeg. Cette vaste plaine dont j ai parle s etend de la 
base des monts Pasquia, vers 1 est, le nord-est et le nord, a une distance considerable en 
haut de la Saskatchewan. Le sol est a base de calcaire silurien avec une douce ondula- 
tion vers le sud-ouest. A differents endroits le calcaire est recouvert par de la "boue 
glaciale" (boulder clay) de formation irreguliere venant a la surface. Mais en general 
il est recouvert par des depots lacustres plus recents, formes d argile deposee au fond 
d un ancien lac. Le sous-sol de la region plus elevee, dont j ai parle, est compose des 
sediments cretaces de formation identique a celle des grandes plaines. Recouvrant 
ces sediments cretaces, se trouve cette " boue glaciale " de formation irregu 
liere, et au-dessus de cela, encore les memes depots d argile lacustre avec, en 
plus, de 1 humus vegetal, sol profond et noir, d urie epaisseur de deux pieds, en 
montant, exactement semblable au sol des plaines, en general. la " boue glaciale " 
s etend jusqu au sommet meme des monts Pasquia. On ne trouve pas au sommet 
meme des monts Pasquia, 1 argile de surface qui est, en realite le principal element du 
sol des plaines. On en trouve plus a 1 ouest et a une altitude aussi elevee, mais comma 
question de fait, au sommet est des monts Pasquia on ne trouve que la "boue glaciale." 

Par M. Lewis: 

Q. Qu appelez-vous "boue glaciale" ? 

R. On suppose que c est la moraine profonde du glacier. C est-a-dire, que c est 
un conglomerat d elements entraines par le grand glacier, et de detritus tritures par lui 



124 M. W. JldXyES, GEOLOGUE 



8 EDOUARD VII, A. 1908 

sur les roches et cailloux de fond (de roches et de cailloux de fond) ramasses lors du 
passage du glacier et deposes en masse sans stratification ou disposition reguliere, les 
cailloux etant epars et non par couches, comme nous trouvoiis les depots de lac ou 
depots sous 1 eau. 

Q. Cette argile contient-elle des cailloux? 

R. La boue glaciale que je viens de decrire en contient, mais cette argile n est 
pas celle de la region. 

Par M. Mclntyre (Strathcona) : 

Q. Alors, pour les fins d agriculture, 1 humus vegetal qui recouvre les monts, en 
general, n est pas rocheux et la surface est partout aisement cultivable? 

R. Oui, je pourrais dire que 1 extrem.e nord-est des monts Pasquia est a une alti 
tude d environ 2,100 pieds. L altitude de la plaine situee, au pied de ces monts, n est 
que d environ 900 pieds. La rampe de ces monts qui est d abord graduelle sur une dis 
tance d environ trois cents pieds au-dessus de la terre basse, devient ensuite raide el 
souvent escarpee. 

Quelques-unes de ces rampes sont a base de "boue glaciale" et quelques-unes de 
gneiss cretace, tres escarpees et tres a pic. Les depots sont tres facilement entrames 
par les torrents descendant des collines et y creusant de profonds ravins, faisant de 
cette region une region de vallees escarpees et a surface inegale. Le cote nord est 
tres accidente et on y trouverait tres peu de terre aisement cultivable. Je veux dire 
que la surface est moutonnee et striee. Plus a 1 ouest, les rampes deviennent p*lus 
graduelles et les collines se perdent graduellement dans les grandes plaines, leur ni- 
veau devenant approximativement le meme. Le sommet ou passe le Canadian-North 
ern est a une altitude d environ 1,600 pieds. La voie ferree traverse le sommet par 
rampes moderees, montant simplement une colline large et basse ou ondulee a la sur 
face. 

Q. Y a-t-il du bois sur ces collines? 

Pi. Oui, du tres bon bois. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. A quelle altitude se trouve Prince-Albert? 

R. Environ 1,400 pieds, je pense. 

Q. Ainsi la surface ondulee descend jusqu a Prince-Albert? 

R. Oui. Le sommet se trouve, a peu pres, a la station Peesane, 100 milles a Test 
de Prince- Albert et, de la, la region est en pente jusqu a Prince- Albert. 

Q. Et ou est situee la Saskatchewan? 

R. A Prince-Albert, la Saskatchewan est tout pres de la voie ferree, et, a la haut 
teur de la terre dont on vient de parler, elle est a 40 milles au nord. 

Q. La Saskatchewan est-elle navigable a 1 eau haute? 

R. Elle est navigable sur tout le parcours, jusqu a Prince-Albert, excepte aux 
rapides appeles Grands-Rapi(ies, prss de 1 embouchure de la riviere. 

Par M. Sinclair: 

Q. Pourriez-vous aller a Edmonton par eau? 

R. Oui, a 1 eau haute. L an dernier je suis parti de Prince-Albert, et je suis 
descendu par un bateau de la baie d Hudson. C est comme cela que je me suis rendu 
dans cette region 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Les pilotes de cette region doivent apprendre les conditions de chaque annee 
vu 1 existence de banes de sable. 

R. Jusqu a un certain point. II y a un certain nombre de banes de sable mou- 
vants, mais il n y a pas a s en occuper quand 1 eau est moderement haute. Une per- 
sonne peut descendre la riviere facilement. II arrive tres souvent, qu en juillet 1 eau 



EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 125 

ANNEXE No 2 

est tres haute et il ii est pas rare qu elle reste assez haute, pratiquement durant tout 
1 ete. 

Par M. Lewis: 

Q. Pourriez-vous dire que la region est bien boisee? 

R. Je pourrais peut-etre decrire le trajet que j ai suivi 1 ete dernier. En entrant 
clans cette region, je descendis la Saskatchewan, depuis Prince-Albert, par un bateau 
de la compagnie de la baie d Hudson, et, avec mes caiiots, j atteignis 1 embouchure de 
la passe Sipanok, distance approximative de 140 a 150 mittles. Nous mimes nos canots 
a 1 eau, a 1 embouchure de la passe Sipanok qui est une curiosite de la topo- 
graphie de cette region. C est une passe sinueuse que coule de la Saskachewan 
a la riviere Garotte. A 1 eau basse la Saskatchewan ne deborde pas, mais a 1 eau haute, 
la passe est une riviere considerable, assez large pour les grands bateaux plats, dont so 
servent les compagnies de fourrure; pour apporter leurs provisions. 

Q. A quelle distance est-ce du Pas ? 

R. Par la Saskatchewan, il y a un peu plus de 100 milles et par la riviere Garotte 
environ 60 milles. 

Q. II n y a pas de terre propre aux fins d agriculture ? 

R. Non. J allais dire que ce bane plus eleve qui est a la limite est des sediments 
cretaces, traverse la riviere Garotte, en amont de 1 endroit appele Montague du Pas, re 
serve sauvage, ou juste au pied du premier gros rapide de la riviere Garotte et traverse 
la Saskatchewan a 1 ile Birch. Plus haut, la terre de toute cette region est excellente 
pour 1 agriculture. Plus bas, la terre n est pas une terre a culture, a cause du drainage 
imparfait. Sur le sommet des montagnes du Pas, en regardant au nord, au nord-est 
st a Test, on voit une vaste plaine de trente a quarante milles dans chaque direction, 
absolument de niveau, - couverte presqu entierement de foin de marais. On y voit de 
nombreux lacs grands et petits et quelques rares petits bois de sanies et de trembles. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Voulez-vous iiidiquer cette plaine sur la carte? 

R. Elle couvre toute Pla region s etendant du pied des Monts, au nord-ouest, au 
nord et au nord-est, jusqu aux collines basses, au dela de la Saskatchewan (il indique 
sur la carte). Du haut de 1 escarpemeiit, si on regarde dans les directions indiquees. 
la premiere terre haute qu on apergoive est celle sise ici, an dela de la Saskatchewan, 
et elle n est pas bien haute. 

Q. C est la frontiere est de Saskatchewan? 

R. Oui, de la frontiere est a 1 ouest pour environ 50 milles et a Test pour au dela 
ie cent milles. 

Q. Comment est draine le territoire que vous venez de decrire? 

R. II n est draine que par la riviere Saskatchewan et ses tributaires. 

Q. Pourrait-on adopter quelque systeme de drainage qui rendraient ces terres cul- 
tivables ? 

R. J allais suggerer c est une question tres importante et qui, je le crois, merite 
une seriense consideration qu il serait peut-etre possible de donner un drainage suffi- 
sant, en travaillant les rapides qui sont a I embouchure de la riviere Saskatchewan, et 
en abaissant leur niveau. II y a une chute d environ 100 pieds. Le lac Winnipeg est 
a environ cent pieds plus bas que la Saskatchewan, en amont des rapides. Le principal 
rapide, qui est situe a trois ou quatre milles de 1 embouchure de la riviere, ii a que trois 
milles de long. Toute la chute se trouve dans cet espace. S il etait possible de faire 
ce drainage, on rendrait cultivables 5,000 milles carres ou plus, ce qui veut dire plus, 
de trois millions d acres. Je presume que le sol de ce territoire serait semblable a 
Thumus vegetal qui couvre les plaines. Les depots se font sur ce territoire, exactement 
de la meme maniere que nous pensoiis, que s accumulerent ceux qui ont forme le sol de 
surface des plaines. 



126 M. W. McrXXES, GEOLOGUE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Staples : 

Q. Quelle est la profondeur de la riviere, en amont des rapides? 

R. Juste en amont des rapides? Je ne le sais pas. Je n y suis pas alle. Je sui? 
monte par le lac Winnipegosis, et je ne suis passe par cette partie de la region. La 
riviere, en general, est assez profonde, environ 30 pieds, et ga et la, il y a des banes 
de sable. C est une rirviere tres rapide. 

Q. Ce territoire est situe dans la province de Saskatchewan, n est-ce pas? 

R. La frontiere est le traverse. Une partie est situee au nord de la frontiere du 
Manitoba dans le district non divise qui fait encore partie des territoires du Nord- 
Quest. 

Q. Quelle est la partie de cette region qui serait situee dans les territoires du 
Nord-Ouest? 

A. A peu pres la moitie. Voici la ligne frontiere (il indique sur la carte). Cette 
partie de cette region serait dans la Saskatchewan et cette autre partie dans le Mani 
toba. 

Par M. Eatz: 

Q. Le fond des rapides de la riviere est-il de roc? 

R. Oui, c est un calcaire dur de magnesie, un dolomite. II est tres possible et 
meme ttres probable qu il y avait, a 1 origine, un debouche pre-glacial ou coulait la 
riviere, et qui est maintenant rempli d amas et de debris. Les Grands-Rapides de la 
Saskatchewan, actuellement, sont creuses dans une gorge de formation calcaire sem- 
blable, sur une petite echelle, a la gorge du Niagara et dans beaucoup de cas, nous 
constatons que la riviere s est creuse un lit dans le roc de cette sorte, parce que le 
vieux lit avait ete comble, a la fin de la periode glaciale, par des accumulations de 
debris et restes glacials, sables et argiles, et, qu elle devait se trouver un nouveau lit 
Le vieux lit, s il pouvait etre trouve et s il y en a un, dans ce cas-ci, serait probable- 
ment assez bas pour permettre un drainage suffisant. 

Q. Mon idee etait que, si 1 eau etait assez profonde en amont des rapides, il seraii 
peu difficile de les faire sauter, mais si le fond est un roc, sur tout le parcours 
cela serait bien different? 

R. On n est pas certain . Nous savons qu a deux endroits, il y a du roc. Entre 
le lac Cedar et les Grands-Rapides, il y a deux endroits ou on trouve des rapides plus 
petits coulant aussi sur du calcaire. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Alors, d apres vous, il se pourrait que, juste entre la frontiere des Territoires 
du Nord-Ouest et de la Saskatchewan, il y eut un vieux lit qui a ete comble, a 1 endroit 
ou la Saskatchewan incline vers le sud? 

R. A cet endroit? Non, je ne pense pas que ce soit a cet endroit, parce que j ai 
traverse la region et je n ai vu nulle part, d endroit ou il pourrait y avoir eu un lit. 

Q. Juste a la frontiere, il semble y avoir un cour d eau naturel vers le nord? 

R. Cette region est beaucoup plus elevee. 

Par M. Lewis: 

Q. Indiquez, sur la carte, 1 endroit ou, d apres vous, il pourrait y avoir eu un lit 
de riviere? 

R. Je pensais qu il pourrait y avoir eu un lit se jetant dans le lac Winnipeg. Pas 
tres loin du lit actuel, coulant probablement, du lac Moose aux rives du lac Winni 
peg, ou, au nord-est par la riviere Minago jusqu a la Nelson. Mais c est une region 
que je n ai pas exploree. Elle n etait pas comprise dans le territoire que j ai explore 
1 ete dernier et je ne 1 ai jamais vue. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 
Q. Avez-vous descendu la riviere Nelson? 
R. Oui. 



EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 127 

ANNEXE No 2 

Q. Jusqu au lac Cross? 
R. Oui, Jusqu au lac Split, 140 milles au dela du lac Cross. 

Par M. Zimmerman: 

Q. La Saskatchewan se discharge actuelleraent dans le lac Cedar et de la dans le 
lac Winnipeg. Le lac Cedar est, en realite, un elargissement de la riviere? 

R. Oui, mais un elargissement tres considerable, ayant jusqu a vingt milles da 
large et une etendue justifiant son nom de lac. 

Par M. Sinclair : 

Q. Vous avez dit qu il se produisait, dans cette region, une transformation sembla- 
ble a. celle qui avait rendu les plaines fertiles. Quelle est cette transformation? 

R. Je suppose que cette transformation provient de 1 accumulation de toutes sortes 
de vegetation de marais, d herbes aquatiques et de matiere vegetale ; le vegetation etant 
tres abondante, 1 accumulation est relativement rapide, et elle est protegee centre le 
feu, par la nature humide du pays. Cette matiere vegetale, en decomposition, est, tres 
probablement, melee en partie avec de 1 argile et du limon fins, deposee par alluvion 

Par M. Zimmerman: 

Q. C est ce qui a forme les bords de la Saskatchewan, n est-ce pas? 

R. Oui, et je pourrais en parler. Avant d avoir examine bien attentivement les 
conditions de formation, je ne voyais pas comment il se faisait que les bords memes 
de la riviere etaient de beaucoup plus eleves que les terres basses, situees en arriere de 
ces bords. L ete dernier, par experience pratique, j ai constate que, durant 1 eau haute, 
alors que la riviere Garotte, par exemple, deborde, descendant une quantite considerable 
de sediments, 1 eau claire qui, ordinairement, se jette dans la riviere Garotte, est refou- 
lee et couvre toute la plaine; que 1 eau bourbeuse, pouvant deposer des sediments, ne 
s etend reellement qu a trois ou quatre chaines des bords de la riviere. La elle rencon 
tre 1 eau claire ou de 1 interieur, et en empeche son ecoulement, de telle sorte que 
toute cette grande plaine, dont j ai parle, ne regoit que tres peu ou pas de sediments, 
par suite de la crue des eaux. Durant la crue, 1 eau couvrant la plaine est claire et ne 
depose aucun sediment, pas meme a une tres courte distance des bords; mais tout prea 
de la riviere, 1 alluvion se fait et les rives se forment.- 

Q. Cette plaine basse est pratiquement au meme niveau que la riviere, et les rives 
de la riviere ont ete pratiquement formees par 1 accumulation de sable et de limon? 

R. Parfaitement. 

Par M. Jackson (Selkirk}: 

Q. Toute cette etendue de pays dont vous avez parle, 5,000 milles carres, n est-elle 
qu a 900 pieds au-dessus du niveau du lac Winnipeg? 

R. Neuf cents pieds ou environ. 

Q. Quelle est 1 elevation du lac Winnipeg au-dessus du niveau de la mer ? 

R. Je crois que les derniers calculs donnent sept cent dix pieds. Au lac Cedar, 
en haut de la tete des Grande-Rapides, 1 elevation est de 840 pieds, mais dans cette par- 
tie, il y a une elevation generale du cote de 1 ouest, la Saskatchewan etant une riviere 
a courant rapide ; a cent milles en amont du courant, meme au xeiidroit ou il n y a pas 
de rapides, 1 elevation serait d environ 100 pieds. 

Par M. Lewis: 

Q. Quelle est la hauteur des bords de la Saskatchewan? 

R. Les rives de cette partie de la riviere qui traverse la region dont je viens de 
parler, sont tres basses, elles n ont que quatre ou cinq pieds d elevation, et sont toujours 
inondees a 1 eau haute. A un peu plus de cent milles de 1 embouchure de la riviere du 
Pas, il y a une colline dont se sert le chemin de fer pour traverser une partie de ces ter 
rains bas. 



128 If. TF. McINNES, OEOLOGUE 

8 EDOUARD VII, A. 1903 

Q. Qu est-ce que le Pas ? 

R. Le Pas est une vieille mission de 1 eglise d Angleterre et, en meme temps, un 
poste de la Baie d Hudson. Le Pas a maintenant uelque importance, principalement 
parce que le chemin. de fer Canadian-Northern a choisi cet endroit, pour faire traverser 
la Saskatchewan par leur embranchement de la Baie-d Hudson. 

Par M. Sinclair: 

Q. Combien faudrait-il de temps au courant pour descendre d Edmontoii au lac 
Winnipeg. Supposons qu a un jour donne en juin, 1 eau monte de quatre pieds, a Ed 
monton, quand cette crue se ferait-elle sentir a 1 embouchure de la riviere? 

R. Voici les donnees que j ai a ce sujet: Avant de quitter Prince- Albert, nous 
avions regu un telegramme nous annongant que, durant la nuit du dimanche, 1 eau 
etait excessivement haute a Edmonton. Dans Tapres-midi et la nuit du vendredi, le 
courant etait tres rapide dans la passe Sipanok. En prenant le cours de la riviere, 
la distance, parcourue par le courant, serait d environ 600 milles en cinq jours, ou 
peut-etre un peu plus longtemps que cela, parce que bien que 1 avis regu iiidiquait que 
la crue s etait produite, a Edmonton, dans la nuit du dimanche, il est possible qu elle 
s y soit produite avant. 

Par M. Zimmerman: 

Q. H ii y a pas de bois de construction dans les environs du lac Cedar et de Cum 
berland-House sur la Saskatchewan-nord? 

R. Pendant mon sejour dans la region nord de la Saskatchewan, durant 1 ete qui 
a precede 1 ete dernier, j y trouvai plusieurs etendues couvertes de bon bois. La 
region de la passe Sipanok et de la riviere Garotte, que nous avons exploree 1 ete der- 
iiier, contient du tres bon bois, clans la partie longeant les rives des rivieres et, a cer 
tains endroits, s etendant a 1 interieur sur une certaine distance. II y a aussi, entre 
les deux principales branches de la riviere Pasquia, une etendue d epinette pouvant 
fournir du bois de construction. 

Q. C est de 1 autre cote du Pas? 

R. C est plus haiit que le Pas. Je ne crois pas qu il y ait du bois de construction 
plus has. 

Q. II y a du petit bouleau noir, mais pas de terre a bois de construction? 

R. C est une partie de ces terrains bas que nous avons etudies. 

Q. II y a, entre Pas et le lac Moose, une colline, et, sur cette colline, on trouve un 
peu de bois de construction? 

R. Oui, cette etendue fait partie de 1 autre region, la plus elevee et est couverte 
de calcaire. 

Par M. Staples: 

Q. Vous avez dit que cette region etait couverte d herbe probablement du foin de 
marais ? 

R. C est, en grande partie, du foin court des marecages, les herbes poussant sou- 
vent dans 1 eau ou sur des terrains tres humides. 

M. Zimmerman. C est du tres beau foin des pres, il n y en a pas de plus beau au 
monde. 

Par M. Sharpies: 

Q. Qu est-ce une espece de foin bleu? 

R. II y a du foin bleu. II y a une couple de sortes d herbes des marais dont je 
ne me rappelle reellement pas les noms, mais qui sont d excellentes herbes. 

Q. Quelle est la temperature de la region ? Avez-vous quelque idee, si elle serait 
propice a 1 elevage des chevaux ou du betail, sans qu il soit necessaire de construire 
de spacieux batiments? 

M. Zimmerman. Si vous pouviez trouver une terre qui n engloutirait pas les che 
vaux, vous y pourriez recolter une immense quantite de foin. 



EXPLORATIONS DANS LE8 ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 129 

ANNEXE No 2 

R. Les hivers sont plutot longs, mais les etes sont chauds, et, durant la saison de 
culture, il y a environ dix-sept heures de soleil par jour. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Les gens de la bale d Hudson vous ont-ils donne quelques renseignements. a ce 
sujet? La terre est-elle tou jours couverte d eau? 

R. Elle est toujours trop humide pour etre d aucune grande valeur, dans son etat 
actuel, mais il y a, ga et la, quelques endroits cultivables. 

Par M. Sinclair: 

Q. C est une prairie marecageuse impossible a traverser. Un cheval pourrait-il y 
passer ? 

R. II y a certaines parties ou, durant une saison excessivement seche, on pourrait 
trouver des etendues de terrains de cette nature, plus particulierement, pres des bords 
des rivieres. Au Pas et dans les reserves indiennes, sur la riviere Garotte, on coupe 
une bonne quantite de foin. Les sauvages de 1 endroit ont 80 tetes de betail, et un 
certain nombre de chevaux dont ils sont proprietaires, et ils coupent une quantite de 
foin pour nourrir ces animaux. 

Q. L herbe peut etre coupee sur les bords des rivieres et transported ailleurs? 

R. Les sauvages coupent leur foin dans leur propre reserve. Ils ont, a 1 arriere 
partie de leur reserve, une grande etendue assez elevee pour permettre cette culture. 
Les rives memes des rivieres, et les plus hautes collines sont, en grande partie, boisees 

Par M. McCraney: 

Q. Ces marecages sont-ils produits par les eaux de la riviere? 

R. Oui, ils sont causes par 1 absence de drainage suffisant. L eau qui les couvrent 
ne vient pas de la riviere, mais elle est empechee de s y egoutter, par suite du niveau 
relativement haut de la riviere et de ses rives. 

Q. Quelle est la superficie marecageuse de cette region? 

R. J ai evalue que la superficie basse de cette region etait d environ 5,000 milles 
carres. 

Q. Quel serait le resultat du creusage du chenal de la riviere a certains endroits? 

R. Si la chose pouvait etre faite, on pourrait probablement egoutter cette region 
et en faire une excellente region agricole. 

Q. Avez-vous remarque quelques endroits particuliers de la riviere qui sembleraient 
propices au creusage du canal? 

R. II y a quelques instants, j ai parle des Grands-Rapides situes a 1 embouchure 
de la riviere. II serait peut-etre possible de reussir, si on pouvait faire un meilleur 
chenal a cet endroit. Naturellement, il y a, p?lus haut, certains endroits ou la riviere 
coule sur du roc plus dur et ou il faudrait aussi creuser le chenal. 

Par M. Lewis : 

Q. II n y a pas de question que si cette region pouvait etre egouttee, elle f ourni- 
rait une bonne terre a culture. 

R. Pas dans mon opinion. La terre pres des rives est souvent joliment sablon- 
neuse, mais cela est du au depot fait par les eaux de la riviere lorsque le courant est 
tres rapide et entraine un depot quelque pen sablonneux. Des que vous vous eloigne.: 
de cette bande, vous trouvez une sorte de boue noire. 

Par M. Sinclair: 

Q. Y a-t-il de 1 or dans cette region? 
R. Je n en ai pas trouve. 

Par M. Zimmerman : 

Q. On m a dit qu on pourrait recolter d immenses quantites de foin au Pas, si le 
chemin de fer Canadian-Northern construisait sa voie ferree jusque-la? 

29 



130 M. W. McINNES, GEOLOGUE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

K. J en suis certain. 

Q. II y a, entre le lac L Orignal et le Pas, un colon qui a commence 1 elevage des 
chevaux. II m a lui-meme dit, qu en certains endroits, il coupe son foin avec une fau- 
cheuse ? 

R. Je sais qu ils ont une faucheuse, au Pas. J ai vu fonctionner la faucheuse sur 
un des terrains plats. 

Par M. Staples : 

Q. Vous n entendez pas dire qu il est impossible de se servir d une faucheuse dans 
ces marecages? 

R. La plus grande partie est trop humide, il serait possible de s en servir sur cer- 
taines etendues limitees. 

Q. Alors, c est pratiquement sans valeur? 

Q. Naturellement, la region dont je viens de parler, cette region basse, ne doit pas 
etre confondue avec celle, beaucoup plus elevee situee a 1 ouest des premiers rapieds de 
la riviere Garotte. Je ne pense pas qu on puisse trouver de meilleure terre que celle de 
toute la region qui s etend a 1 ouest des rapides dont je viens de parler, jusqu aux terres 
cultivees du haut de la rivier Garotte. Cette terre est la meme que celle des plaines. 

Par M. Lewis: 

Q. C est de la terre de prairies? 

K. Oui, de prairies. 

Q. Ou trouve-t-on cette terre, au sud? 

R. Non, c est a 1 est de cette etendue de terre qui est deja subdivisee (indiquant 
la carte) plus bas en suivant la riviere Carotte. 

Q. C est borne au nord, par la riviere Carotte, n est-ce pas? 

Q. Cette etendue s etend des deux cotes de la riviere Carotte, au nord vers la Sas 
katchewan, et, de 1 autre cote, vers les montagnes du Pas. 

Par M. Staples: 

Q. Combien y a-t-il de ces terres elevees qui sont bonnes? 

R. Naturellement, une certaine etendue ici (il indique sur la carte la partie supe- 
rieure de la riviere Carotte) a ete subdivisee et quelques colons s y sont etablis. La 
bonne partie qui n est pas divisee couvrirait une superficie d environ 1,000 milles 
carres. 

Par M. Lewis: 

O. ette terre est-elle de la meme sorte que celle qui a ete defrichee dans la valleo 
de la riviere Carotte. 

R. De la meme sorte. 

Q. Le sol est-il aussi bon? 

R. II est aussi bon. En remontant la riviere, j ai reellement pense qu au sud du 
district colonise, la region etait plus belle. Le sol etait plus pesant. La surface es1 
exactement la meme, sans etre aussi sablonneuse, mais le sous-sol est d une argile un 
peu plus pesante. 

Q. Quelle est 1 elevation des rives de la riviere Carotte? 

R. Les rives elles-memes ont de dix a quinze pieds d elevation et, dans une espace 
de 200 a 300 verges, cette elevation s accentue doucement jusqu a 70 pieds. 

Q. Est-ce la partie boisee de la region dont vous avez parle? 

R. Cette partie est couverte par une seconde vegetation, surtout de peuplier. Les 
arbres sont tres petits et la region pourrait etre decrite comme a demi-boisee, parce 
qu il y a, ga et la, des morceaux de prairie et que la vegetation forestiere y est petite 
et clair semee, de telle sorte que la terre pourrait etre defrichee sans trop de travail. 

Q. Le feu a-t-il brule cette region? 

R. Oui, tres souvent. 



EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 131 

ANNEXE No 2 

Par M. Staples: 

Q. Y trouve-t-on de 1 epinette? 

E. Pas dans la partie superieure. II y a de la tres bonne epinette le long de cette 
partie-ci de la riviere Garotte, (il indique sur la carte cette partie de la riviere 
qui se trouve immediatement en haut du premier long rapide.) 

Q. Quelle est 1 apparence du terrain autour du lac Cedar, quelle qualite de boi. 
y trouve-t-on? 

B. Je n ai pas explore ?le tour du lac Cedar, mais je doute qu il y ait beaucoup 
dd bois, la plus grande partie des terres est trop basse pour cela. 

Par M. Lewis: 

Q. Vous avez parle d "une partie de la region ou il y avait du bois. Ou est-ce, et 
quelle sorte de bois y trouve-t-on? 

E. Le bois de cette region est de 1 epinette blanche. II y a des deux cotes de la 
passe Sipanok, sur les terrains les plus eleves des rives memes, un cordon etroit d epi- 
nette blanche et de deux sortes de peuplier, le tremble et le baximier. Tous les ar- 
bres sont gros et droits. On y trouve de plus, de 1 orme, du chene, du frene et de 
1 erable aux feuilles de frene, croissant assez gros, mais sans atteindre la grosseur des 
arbres mentionnes en premier lieu. 

Q. Quelle est la grosseur de 1 epinette a la souche? 

E. Jusqu a deux pieds, pas en moyenne, naturellement, mais quinze pouces se- 
raient la grosseur moyenne de ces arbres qui sont longs et droits. 

Q. Quelle est la superficie en epinette blanche? 

E. Je ne saurais le dire; je ne pense pas que la superficie soit considerable. J ai 
explore les terrains plats avoisinant la passe Sipanok, et j ai constate que la largeui 
du cordon de bonne epinette variait, entre quelques chaines et unue demi-mille, ou a 
peu pres cela. La partie inferieure de ces terrains est trop basse et marecageuse, 
pour qu il y pousse du tres bon bois. J ai vu du tres bon bois sur les collines Pasquia. 
A 500 pieds d altitude, j y ai vu le meilleur bois que j aie remarque dans ce district. 
C etait de la grosse epinette, tres longue et tres droite. 

Par M. Jackson (Selkirk): 
Q. A 500 pieds d altitude? 
E. J entends au-dessus de la plaine. 
Q. Y a-t-il de 1 epinette rouge dans cette region? 
E .11 y a de 1 epinette rouge. J y ai vu des epinetes, mais pas en grande quantite. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Pas en quantite suffisante pour justifier le commerce de coupe de bois? 

E. Pas quant a 1 epinette rouge. Les terrains situes juste en bas du Pas ont ete 
acquis par la compagnie "Pigeon Eiver Lumber", et je comprends que cette compagnie 
a 1 intention d y installer une scierie, durant Pete prochain. On y ferait principale- 
ment le sciage du bois d epinette blanche. 

Par M. Sinclair: 

Q. Ou cette compagnie livrera-t-elle son bois? 

E. II sera transporte par 1 embranchement de la Baie-d Hudson du chemin de fer 
Canadian-Northern, qui est ballaste jusqu au Pas. L automne dernier, on a place les 
rails jusqu a vingt milles de cet endroit. 

Q. Quelle distance y a-t-il du Pas a Prince- Albert ? 

E. II y a un peu plus de 200 milles. 

Par M. Staples: 

Q. Quelle distance y a-t-il du Pas a Fort-Churchill, sur la bale d Hudson? 
K. II y a environ 500 milles de 1 embouchure de la Churchill a la baie d Hudson, 

29J 



132 M. W. McINNES, OEOLOGUE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

et environ 250 milles jusqu au premier point, ou commence 1 egouttement par la riviere 
Churchill. 

Q. C est a mi-chemin, environ, n est-ce pas ? 

R. Environ, j ai parcouru cette region en 1906. 

Par M. Sinclair: 

Q. Voulez-vous dire a mi-chemin de Prince- Albert a Churchill? Cela n est pas ce 
que vous voulez dire? 

R. Comme question de fait, le chemin de fer projete ne part pas de Prince- Albert, 
mais d un point, sur le chemin de fer Canadian-Northern, situe a environ 150 milles a 
Test de Prince- Albert. 

Q. Le Canadian-Northern se rend a Prince- Albert? 

R. Oui, 1 embranchement de la baie d Hudson part d un point sur cette ligne, se 
dirige vers le nord-est, traversant la Saskatchewan au Pas, et suit a peu pres la meme 
direction jusqu a la baie d Hudson, a 1 embouchure de la riviere Churchill. 

Par M. Lewis: 

Q. Comment s appelle 1 endroit d ou part le chemin de fer? 

R. Etiamami est le nom de la station du Canadian-Northern, pres de laquelle se 
trouve la jonction de la baie d Hudson, point de depart. Le Canadian-Northern est 
maintenant rendu a environ 250 milles de la riviere Churchill, et a environ 500 milles 
du Fort-Churchill sur la baie d Hudson. 

Par M. Zimmerman: 

Q. Quelle distance y a-t-il de la station du Canadian-Northern qui s appelle Etia 
mami, au Pas? 

R. Environ 80 milles dont 50 milles sont construits. II se pourrait que cette 
partie soit entierement terminee, parce que lors de mon depart, a 1 automne, la voie 
avait ete pratiquement regalee jusqu a la Saskatchewan, et les rails places sur une dis 
tance de pres de 60 milles. II n y avait pas de ballast sur la partie ferree lorsque je 
1 ai vue. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Je suppose qu il serait difficile de f aire passer un chemin de fer a travers cette 
region basse? 

R. Bien, la ligne part d Etiamami situe sur les flancs des collines Pasquia qu elle 
suit en descendant jusqu a la riviere de ce nom. Elle touche alors une etendue argi- 
leuse qui s etend, tout en etant coupee par des marecages, jusqu au Pas, sur la Sas 
katchewan. 

Par M Lewis: 

Q. Le chemin de fer ne passe pas dans cette region basse, alors? 

R. La compagnie a eu beaucoup de difficultes a localiser un trace praticable dans 
cette region. Les arpenteurs ont travaille durant plusieurs annees et ont fait beau- 
coup d explorations avant de trouver une route praticable, a travers cette region, jus 
qu au Pas. Durant longtemps ils crurent qu ils ne reussiraient pas a en trouver une. 
Meme alors, par endroits, il n y avait qu un espace qui fut comparativement sec, et, 
s ils s eloignaient a une faible distance a Test ou a 1 ouest, ils se trouvaient dans cette 
region basse. 

Q. Les marecages? 

R. Oui, sur une distance considerable, ils traversent des terres marecageuses. Le 
long de ce plateau ou plutot de ces parties qui sont sur les flancs des collines Pasquia, 
il y a une certaine region qui pourrait etre habitee, mais elle est peu considerable. 



EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 133 

ANNEXE No 2 

Par M. Sinclair: 

Q. Le chemin de fer est-il en operation durant 1 hiver? 

R. On avait 1 intention de 1 inaugurer le ler Janvier, parce que quelques compa- 
gnies de peche voulaient expedier leur poisson, mais je n ai pas su si la chose a ete 
faite. 

Par M. Lewis: 

Q. Ou trouve-t-on du poisson? 

R. Dans tous les grands lacs situes au nord de la Saskatchewan, dans les envi 
rons du Pas et au-dela. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Je voudrais connaitre votre opinion sur la region situee entre Norway-House 
et le lac Cross. 

K. C est une partie a laquelle j arrive maintenant. 

Q. Je suppose que cette region est loin a Test du chemin de fer ? 

R. Oui, mais voici le trajet que j ai suivi pour aller dans cette region. Pour 
atteindre le territoire que traversera le chemin de fer de la Baie d Hudson, je descend!* 
le lac Winnipeg jusqu a Norway-House, et ensuite la riviere Nelson, situee 
a la liniite d un grand Lassin de depots lacustres qui en rendent quelques 
parties cultivables. La plus grande partie de cette region est f ormee de roc archefen- 
denude, de granit, de gneis et de schiste. Le territoire que traversera le chemin de fer, 
au nord du Pas, peut etre sommairement divise en trois regions differentes. La pre 
miere, qui est de formation calcaire et qui s etend du Pas vers le nord, sur une distance 
d environ 40 milles, est recouverte de calcaire reposant a plat sur le sol et de dolomite 
dur de la periode Cambro-Silurienne. Sur les terres plus elevees, le calcaire se trouve 
presqu a la surface. II y a tres pen de terre et le sol est absolument denude sur de 
longues distances. Sur le sommet de quelques collines, 011 peut marcher sur du cal 
caire absolument vif. Plus au nord, les 100 milles suivants sont de formation arjji- 
leuse, par suite des sediments accumules dans le bassin d un lac glacial, lac qui, a la 
fin de la periode glaciale, fut retenu au nord par un haut barrage de glace, et a 1 ouest 
par des terres plus elevees. La plus grande epaisseur de cette argile est d nviron 100 
pieds, et elle devient de moins en moins epaisse au fur et a mesure, que la terre devient 
plus elevee, jusqu a environ un contour de 950 pieds, alors que 1 argile disparait et que 
nous retrouvons des sables et des graviers, depots des rives du vieux lac. La superficie 
de cette region ayant cette formation est d environ 10,000 milles carres ou approxima- 
tivement. Je ne veux pas dire que toute la region, comprenant ces 10,000 milles 
carres, est excellente, mais cette superficie est celle du territoire reconvert de depots 
lacustres. Ce territoire borne, a la limite est par la riviere Nelson, s etend a 1 ouest 
jusqu a la decharge du lac Bois-Brule, au nord jusqu a la riviere Churchill, et au sud 
jusqu a un peu au sud de la riviere a 1 Herbe. II y a un escarpement calcaire qui indi- 
que approximativement la limite sud du bassin argileux, et qui suit, de pres, une 
ligne qui, allant de 1 est a 1 ouest, touche la partie sud des lacs Reed et Wekusko. 

Par M. McCraney: 

Q. Je comprends qu il y a le bassin d un vieux lac, dont Paltitude est inferieure a 
celle de la region environnante ? 

R. Je veux dire que les sediments, qui composent maintenant la surface de cetts 
region, furent accumules dans le bassin d un ancien lac. Leur epaisseur est maintt- 
nant de 100 a 150 pieds, a certains endroits dans les vallees, couvrant juste le somm<it 
de ces collines faisant presqu une plaine, de cette region qui, avant la periode glaciale, 
etait montueuse en remplissant les vallees presqu au niveau des collines. C est une 
region absolument depourvue de roc ou de cailloux. On peut remonter la riviere 
Bois-Brule. par exemple, sur une distance de 100 milles sans voir de roc. 



134 M. W. MclNNES, GEOLOGDE 

8 EDOUARD VII, A. 1903 
Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Y a-t-ildu bois? 

E. Tres peu, mais il y en a eu. Je peux dire que la riviere tire son nom du fait 
que la region a ete si souvent ravagee par le feu. J ai vu des traces indiquant qu il ^y 
a eu trois feux differents en 60 ans, un vieux, un plus recent, et un autre, il y a envi-i 
ron 10 ans. Quelques-unes des souches demontrent que, si la region pouvait etre pro 
tegee centre le feu, il pourrait y croitre du tres bon bois. II y a actuellement de tres 
bons arbres sur quelques iles ou peninsules separees par les marecages environnants. 

Q. Je suppose qu il y a surtout du bouleau et du peuplier? 

E. Je parle d epinette blanche, qui est le seul bois de qualite marchande que nous 
trouvions dans cette region. On dit qu au nord du lac L Orignal, il y a une tres bonne 
superficie en bois. Au nord du lac Cormorant, j ai vu une certaine etendue ou il y 
avait du -tres bon bois, mais en quantite limitee. II y a aussi du bois a 1 ouest du lac 
Atikameg, mais je n ai vu que les bords de ce lac. Tous ces espaces boises sont situes 
au sud des bons terrains argileux. 

Par M. Staples: 

Q. Prenons 1 espace situe entre la Nelson et la Churchill, jusqu a la baie d Hud- 
son, quelle est la nature du sol? 

E. En autant que je peux juger, 1 ancien lac dont je parlais fut retenu au nord 
et a Test par un barrage de glace et s etendait au nord, a peu pres jusqu a la vallee de 
la Churchill, car d apres la description des sauvages, cette region argileuse s etend au 
nord u. peu pres jusqu a la riviere Churchill. Au nord de cela, sur une etendue con 
siderable, le sol redevient sablonneux, marquant probablement le rivage de ce vieux 
lac.. 

Q. Quelle distance y a-t-il entre les deux rivieres? 

E. Au lac Split, ou elles son* le plus rapprochees Tune de 1 autre, la distance est 
d environ 50 milles. Le chemin de fer apres avoir traverse la Saskatchewan au Pas, 
et suivi les plateaux de la rive nord de la Saskatchewan vers 1 ouest, jusqu aux lacs 
Atikameg et Cormorant, traverse ce dernier lac dans les detroits et se dirige vers le 
.nord, en traversant la contree argileuse, jusqu a ce qu il atteigne un tributaire de la 
riviere Nelson, connu sous le nom de riviere Bois-Brule, qu il suit, en descendant, 
jusqu aux environs du lac Split. En laissant les environs du lac Split, le chemin de 
fer, en passant sur un prolongement des memes terrains argileux, traverse a un lac 
situe a la tete de la petite riviere Churchill, pour suivre alors, en descendant, la petite 
riviere Churchill jusqu a un endroit, pres de la source de la riviere au Daim, qui est un 
autre tributaire de la Churchill, et continue adescendre la vallee de la riviere au Daim 
jusqu au port Churchill, sur la baie d Hudson. C est le trace projete. 

Par M. Lewis: 

Q. Avez-vous trouve dans cette region, des traces de charbon ou de mineraux? 

E. Mon exploration aux collines Pasquia, avait pour entre autre objet celui de 
de couvrir s il y avait quelque probabilite d existence de charbon dans cette region. 
eLs collines Pasquia sont formees de schistes cretaces moux, bitumineux et argileux 
qui brulent tres facilement dans un feu de camp, mais qui ne contiennent pas assez 
d hydro-carbures pour etre de quelque valeur pratique, comme combustible. Ce 
schiste appartient a ce qui est connu comme categorie niobrara des cretaces. C est 
a peu pres le milieu des cretaces superieurs. Les superficies carboniques, dans 
?l ouest, se trouvent dans les cretaces inferieurs qui ne se trouvent pas dans la region 
exploree, dans les series de cretaces superieurs de la riviere du V entre, et dans les lits en 
core plus eleves de Laramie et d Edmonton. Ici (dans la region des collines Pasquia) 
les souches sont trop basses dans 1 echelle geologique pour les couches carboniferes des 
plaines de 1 ouest, et les lits cretaces inferieurs, qui tiennent le charbon dans les col 
lines basses sont aussi absents, n ayant jamais ete deposes. 



EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 135 

ANNEXE No 2 

Q. Entre les deux? 

K. Juste entre les deux. Naturellement en allant a 1 ouest, disons a Prince- 
Albert et dans la region de la Saskatchewan superieure et un peu plus a 1 ouest, vous 
atteignez une region ou les couches carboniferes de la riviere du Ventre devraient com- 
mencer a paraitre. 

Q. C est plus haut? 

R. Encore plus haut. II y a une pente douce dans la direction sud-ouest montant 
vers toutes ces couches, de telle sorte que, en allant a 1 oiiest et au sud vous trouvez 
les couches de plus en plus elevees a la surface. Sur les monts Pasquia j ai trouve 
des lits de la serie niobrara qui etaient a 500 pieds au-dessus de la plaine; et par 
1 inclinaison des couches, la profondeur serait probablement de 1,200 pieds plus basse, 
a 1 ouest de la longitude, a Prince- Albert. Vous auriez ainsi jusqu a la surface du 
sol, une profondeur de 1,200 pieds, qui serait presque suffisante, sans 1 etre tout a fait, 
pour atteindre les couches carboniferes de la serie de la riviere du Ventre. C est pour- 
quoi je dis qu on pent s attendre a trouver des houilles superieures plus a 1 oust. 

Par M. Sinclair: 

Q. A 1 ouest de quel endroit? 

R. A 1 ouest d une ligne partant des environs de Prince- Albert et se dirigeant vers 
le sud. 

Q. Vous ne trouveriez pas de charbon a 1 est? 

R. Non. Je ne m y attendrais pas. Personne ne peut etre dogmatique. On n y 
rencontre pas les couches reconnues comme carboniferes. 

Par M. McCraney: 

Q. On a trouve du charbon dans le district du lac de 1 Aigle, a 1 ouest et au sud- 
ouest de Prince- Albert ? 

R. Oui. Je croirais que cet endroit en est a peu pres la limite. 



Par le President: 

Considereriez-vous que la construction d une voie ferree, qui partirait du Pas 
pour traverser cette region vers le nord serait dispendieuse ? 

R. Non, pas en comparaison de nos voies ferrees, en general. La region 
n est mi llement montagneuse, ni raboteuse, et la terre est en grande partie argileuse, 
de telle sorte qu il serait relativement facile d y faire passer une voie ferree. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Que pensez-vous des rivieres et des lacs? 
R. II n y en a pas beaucoup et il y f audrait peu de ponts considerables. 

Par M. Cash: 

Q. N y a-t-il pas beaucoup de marais dans cette region? 

R. Dans certaines parties, mais, apres le Pas, on ne trouve pas de ces terrains bas, 
qui se trouvent sur la Saskatchewan, et dont j ai parle. II n y a pas de marais qui ne 
pourraient etre draines. 

Q. Je crois que vous avez dit que cette region etait a peu pres la meme, sur uns 
distance d environ 50 milles au nord du Pas ? 

R. Sur une etendue d environ 40 milles au nord du Pas, la region est de formation 
?alcaire silurienne, et les pierres calcaires en forment pratiquement la surface. 

Q. C est a 1 endroit ou il y a elevation. Mais, en autant que je peux voir, il n y 
a que des marecages entre ces deux plateaux? 

R. L etendue de marecages est considerable, mais je ne crois pas qu elle soit plus 
considerable que les autres regions du nord du pays. 



136 M. W. McINNES, GEOLOGUE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Par M. Jackson (Se IJcirJc) : 

Q. Est-ce semblable a ces inarecages de Judas a 1 est de Winnipeg ? 

R. On pourrait trouver les memes etendues marecageuses dans n importe quelle 
region du nord. En autant que j ai pu voir, cette region ne fait pas exception ; de fait, 
?onsiderant la superficie argileuse de la region, il y a moins de marecages que dans la 
moyenne des regions du nord. 

Par M. Cash: 

Q. Vous pensez que cette voie ferree ne serait pas dispendieuse, comparee aux 
autres voies f errees. 

R. Mon impression est que la construction de cette ligne ne serait pas dispendieuse, 
comparee a celle d autres voies ferrees. Vous devez considerer que son point de depart, 
a la Saskatchewan, n est qu a 830 pieds ou environ au-dessus du niveau de la mer, et 
que la distance de 13. a la baie d Hudson est de 500 milles. Cela ne fait qu une diffe 
rence de 800 pieds, sur une distance de 500 milles et il n y a pas de terres elevees a tra- 
rerser dans le territoire intermediaire. C est une pente graduelle sur tout le parcours. 

Q. N est-il pas vrai qu en arrivant aux montagnes du Pas, ou la ligne suit le pla 
teau du_Pas, depuis Etiamami, sur un parcours de 15 ou 20 milles, il y a une region 
difficile. 

R. II y aurait la une mauvaise region a traverser. 

Q. II me semble qu on rencontrerait partout la meme difficulte, quelle que soit la 
direction. 

R. Cela s applique a la region sise au sxid de la Saskatchewan, entre leur ligns 
actuelle et le Pas. Cela ne s applique pas du tout a la region situee au nord qui est 
sntierement differente. 

Q. Je croyais que c etait la meme chose. 

R. Non, les conditions ne sont nullement les memes. Sur le parcours projete, lea 
terrains bas fmissent a la Saskatchewan. 

Q. Que dites-vous de la ligne projetee du.Pas? se dirige-t-elle a Touest du lac 
L Orignal? 

R. II y a un plateau, de gravier qui s etend depuis le Pas jusqu en haut du lac 
Atikameg, qui se trouve environ 90 pieds au-dessus de la Saskatchewan et qui fourni- 
rait un excellent fond. 

Q. La ligne passe-t-elle a 1 ouest du lac Cormorant? 

R. Elle passe a 1 ouest du lac Cormorant et, de la, se dirige au nord-est jusqu au 
lac Reed, traversant une terre ferine et rocheuse. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. J ai souvent ete interesse par la formation granitique et calcaire des bords du 
lac Winnipeg. Quelle explication en donnez-vous au point de vue geologique? 

R. La pierre calcaire est formee par une serie de sediments deposes sur le gneiss 
archeen. 

Q. Sur le granit? 

R. Sur le vieux granit. Le vieux granit appartient a Page archeen. II est 
connu sous le nom de formation Laurentienne et constitue la partie la plus ancieiine 
du continent. Sur ce granit ont ete deposees les differentes couches sedimentaires. 
Dans ce cas-ci, nous savons, par les fossiles, que les sediments sont des calcaires du 
silurien inferieur. Ces couches, composees de sediments accumules au fond d un lac, 
sont deposees a plat sur le vieil axe archeen. Nous ne pouvons pas dire jusqu a 
quelle distance au nord s etendaient a 1 origine, ces couches en travers de 1 axe ar 
cheen. Nous avons d autres couches sedimentaires semblables venant du cote de la 
baie d Hudson et composees du meme calcaire plat silurien. Elles s etendent de la 
baie d Hudson a 50 ou 60 milles a Pinterieur, et a environ 100 milles au sud de la 
baie James; chacun de ces bassins sedimentaires recouvre le vieil archeen qui sort de 



EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 137 

ANNEXE No 2 

ces couches et forme cet axe qui traverse le nord du Canada. Nous ne pouvons pas 
dire positivement que les sediments ont, jadis, couvert tout ce territoirre. 

Nous savons par la rencontre d etendues isolees, loin a 1 interieur, que ces sedi 
ments se sont etendus a 40 ou 50 milles plus loin qu ils ne sont actuellement, et qu ils 
furent ronges par la seule erosion ordinaire du temps. 

Q. Prenez les rives du lac Winnipeg. Celles qui sont a base de calcaire ont 30 a 
50 pieds de hauteur et il en est de meme pour les rives granitiques, de 1 autre cote du 
lac. II n apparait pas que les rives a base de calcaire soient en aucune fagon, plus 
elevees que les rives granitiques? 

E. Je ne me rappelle pas Pendroit dont vous parlez, mais quant au point sou- 
leve, cela indiquerait qu il s est produit un leger affaissement, que le calcair,e a quel- 
que peu baisse, et qu il y a eu une crevasse ou coule actuellement la riviere. 
Par M. Cash: 

Q. Pretendez-vous que le bassin argileux, dont vous avez parle, est propre aux 
fins d agriculture? 

E. Oui, en grande partie. 

Q. Est-ce assez plat? 

E. Oui, il va en moritant des bords de la riviere, en rampe douce, quelqyefois 
par ta^s, quelquefois par rampes graduelles, jusqu a des hauteurs de 70 a 80 pieds, 
s ele\e tres graduellement jusqu a un peu plus de 100 pieds, sur une distance de trois 
ou quatre milles, et reste alors, au meme niveau, sur une etendue de plusieurs milles. 
A plusieurs endroits, dans cette region, on peut parcourir plusieurs milles j en ai 
parcouru moi-meme sept ou huit sans voir une roche. 

Q. Y a-t-il des rivieres et de petits lacs? 

E. Oui, il s y trouve des lacs et des cours d eau, pas autant, naturellement, que 
dans une region aussi rocheuse que le sont ordinairement les regions du nord. Les 
meilleures terres a culture seraient celles que traverserait, en les divisant presque par 
la moitie, le chemin de fer de la baie d Hudson. Dans tous ces lacs et cours d eau du 
nord, 1 eau y est bonne, excellente meme. Elle ne contient pas du tout d alcali. Quant 
a la region des monts Pasquia, j ai omis de dire que, juste aux pieds de ces collines, 
il y a une etendue d environ un mille de large, remarquable par ses sources salees. 
La vegetation est une vegetation d eau salee, et 1 eau est salee partout. L eau d une 
source, que j avais trouvee pres de la riviere Garotte et que j avais analysee, contenait 
environ un quart de livre de chlorure de sodium du sel ordinaire, au gallon. Cette 
proportion de sel est un peu moins forte que celle de beaucoup de sources exploiters 
commercialement, aux environs du lac Winnipegosis, et un peu plus forte que celle de 
plusieurs d entre elles. 

Par M. Lewis: 

Q. Comment expliquez-vous la presence du sel? 

E. Nous considerons qu il provient des dolomites inferieures du Silurien qui, nous 
le savons, contiennent des cristaux intercales de sel comrnun. Quelquefois nous 
avons pu trouver les cristaux de sel dans celles de ces roches qui se trouvent a la sur 
face. Nous considerons que la saumure est produite par 1 eau qui filtre a travers ces 
cristaux. 

Par M. Cash: 

Q. Vous avez parle de ce bassin argileux inclinant dans certaines directions. Quelle 
est la tendance generale de 1 inclinaisoii ? 

E. Je dirais qu il suit la pente actuelle des rivieres, 1 inclinaison generale de cette 
region argileuse est vers 1 est, mais, naturellement il y a des pentes plus legeres vers les 
lacs et les rivieres. 

Q. Je n ai pas bien saisi ce que vous avez dit a propos du bois. Avez-vous dit qu il 
a y en avait pas beaucoup ? 

E. II n y en a a peu pres pas dans cette region argileuse. Presque tout le bois est 
d une seconde vegetation tres recente. 



138 M. W. McINNES, GEOLOGUE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

Q. Apres avoir traverse cette region argileuse, y a-t-il encore de la terre a culture 
entre cet endroit et la baie d Hudson? 

K. Je ne pense pas. Cette region est de formation archeenne. C est-a-dire de 
vieux granit, et il n y aurait que de petites etendues cultivables. 

Q. J ai. lu quelque part qu il y avait de la bonne terre a culture, le long d un pla 
teau sis entre les rivieres Nelson et Churchill ? 

E. A 1 endroit; meme ou cette voie ferree doit passer pour aller a 1 ouest du lac 
Split, il y a un plateau d une meme 1 ormation argileuse. Mais quand vous atteignez 
une altitude aussi elevee que celle du lac Split, le climat est, en realite, un peu trop 
froid pour les fins generales d agriculture. C est a peu pres la limite nord. 

Par M. Martin (Wellington) : 

Q. Quelle chaleur fait-il dans cette region argileuse dont vous avez parle? 
E. J ai ete tres surpris de la chaleur de 1 ete que j ai passe la, 1 ete de 1906 ; il n y 
cut pas de gelee destructive avant le 29 septembre. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. A quelle date vous etes-vous trouve la? 

E. J y ai passe un ete. 

Q. Y etiez-vous a la fin d aout? 

E. Oui. 

Q. Y a-t-il eu quelque gelee assez forte pour detruire les patates ? 
E. Nous n avons pas eu de gelee avant le,29 septembre. Vous vous rappellerez que 
c etait durant 1 ete precedent 1 ete dernier. 

Q. Aucune gelee? 

E. L ete dernier, alors que j etais dans la region plus au sud, il a gele le 16 sep 
tembre. II n y eut pas de gelee durant juillet ou aout. Le 26 aout le thermometre 
marqua le point de congelation. L eau dans un plat peu profond, forma une petite 
couche de glace, mais ce froid n etait pas meme suffisant pour geler les plantes les plus 
sensibles au froid. 

Par M. Martin (Wellington): 

Q. Que dites-vous des gelees du printemps? 

E. Le 24 mai 1906, au Pas, tous les jardins etaient assez avances et n eurent pas a 
souffrir de la gelee, apres cette date. Le 24 mai dernier, il y avait environ trois pieds 
de neige aux endroit ou se trouvaient precedemment les jardins. Ce qui ne veut pas 
dire que toute la region etait couverte de neige, mais que ce jardin etait encore couvert 
de neige. Cependant, on ne saurait, en realite, se baser sur 1 ete dernier. La temperature 
t ut tres froide par toute la region, et le printemps tres tardif. 

Par M. Cash: 

Q. Durant votre sejour dans cette region argileuse, quelle vegetation y avez-vous 
remarquee, des vesces, des pois et ainsi de suite? 

E. Les verces, les pois, le foin bleu et le seigle sauvage croissaient abondamment 
sur la terre plus basse et sur les pentes des plateaux bas. A certains endroits, on en 
Irouvait sur les sommets des collines, mais, iiaturellement, croissant plus spars. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Trouve-t-on sur cette plaine les memes fleurs de prairies que celles que nous 
avons au Manitoba? 

E. La plupart, pas toutes. 

Q. Y avez-vous remarque le concombre sauvage et quelque espece de liseron? 

E. On y trouve le liseron et deux ou trois sortes de vesces, mele a un grand nom- 
bre d autres plantes fleurissant, dont je ne peux me rappeler les noms, dans le moment. 
En general la vegetation y est tres abondante. 

J ai ici les rapports meteorologiques que j ai tenus durant 1 ete, et, pour comparai- 
son, les rapports du bureau meteorologique pris a differents endroits, durant 1 ete, dans 



EXPLORATIONS DANS LES ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 139 

ANNEXE No 2 

le centre et le nord du Manitoba. Ces rapports m ont ete fournia par M. Stupart, le 
directeur du service meteorologique canadien. 

Par M. Jackson (Selkirk) : 

Q. Je propose que ces rapports soient inseres dans le rapport. Ont-ils ete prepares 
par les fonctionnaires de la baie d Hudson? 

R. Non, je les ai prepares moi-meme, les instruments dont je me suis servi, etant 
des tbermometres de 10 pouces maximum et minimum du modele en usage au bureau 
meteorologique des Etats-Ums. On remarquera que les rapports de cette region du nord 
peuvent etre favorablement compares aux rapports, pour la meme date, de beaucoup 
d endroits reconnus comme districts a ble. 

TABLEAU DES TEMPERATURES. 
D apres un rapport prepaie par W. Mclnnes dans la region N.O. du lac Winnipeg durant 1 ete de!906. 



Endroit. 


Lat. N. 


Date. 


6-30 
A.M. 


Midi. 


6 P.M. 





Vallee de la riviere Nelson. 

11 M 

Lac Cross. 


O \ 

54 15 
54 30 
54 45 


1906. 

19 juin. . . . 
20 
21 




50 
50 
46 


56 
55 

48 


54 
52 
46 


Fort vent du N.O. et phiii;. 




54 45 


22 


46 


48 


46 




Vallee de la riviere Nelson. 
Lac Sipiwesk 


54 45 
54 45 
54 45 
55 .. 


23 
24 
25 
26 


46 

58 
52 

58 


61 
68 
68 
70 


86 
64 

72 
72 




Vallee de la riviere Nelson. 

11 M 

Lac Split . ... 


55 30 
56 .. 
56 .. 


27 
28 
29 


64 
60 
66 


76 

78 
70 


71) 
76 
65 


Fort vor.t du S.E. 




56 


30 


58 


64 


61 
























54^ 


63 


614 




Lac Split .... 


56 lo 


ler iuillet. 


54 


76 








56 15 


2 .. 


61 










56 15 


3 .. 


60 


72 


70 




Vallee Bois-Brftle, en bas. . 

M . . 

Tt . . 

Lac \Vusk\vatim . 


56 .. 
56 .. 
56 .. 
56 .. 
55 45 
55 45 
55 30 


4 .. 

5 .. 
6 .. 

rl 
1 II .. 

8 .. 
9 . . 
10 . . 


62 
63 
64 
62 
64 
54 
50 


84 
82 
74 
64 
72 
78 
80 


80 
82 
72 
72 
72 
74 
82 


Pluie de 7 A.M. a midi. 




55 30 


11 . . 


66 


84 


76 




Vallee Bois-Brule, en bas. . 
Lac Footprint 


55 45 
55 45 


12 , .. 
13 , .. 


52 
47 


52 
52 


52 
50 


Vent du N.E. toute 1 A M. 
Vent du N.E. et pluie. 




55 45 


14 , .. 


52 


56 


60 


Vent du N.E. et pluie jus- 


Vallee Bois-Brule, en haut. 
11 . . 
ii . . 

Lac du Bois-Brftle 


55 45 
55 30 
55 30 
55 30 
55 30 
55 30 
55 30 
55 30 
55 30 
55 30 


15 , .. 
16 , .. 
17 i .. 
18 , .. 
19 , .. 
20 , .. 
21 , .. 
22 ... 
23 , . 
24 , . . 


46 
56 
60 
64 
60 
61 
57 
57 
60 
58 


66 
70 

76 
72 
72 
74 
67 
74 
74 
78 


62 
72 
74 
74 
74 
76 
66 
74 
76 
78 


qu a mkli. 

Deux heures de pluie apres 
raidi. 

Pluie toute la journee. 


Vallee de la riviere La-Lime 


55 15 
55 


25 , .. 
26 , .. 


64 
58 


80 

84 


76 

78 






55 . . 


27 i .. 


65 


78 


77 






55 .. 


28 , .. 


62 


76 


76 






55 .. 


29 , .. 


60 


69 


68 






55 .. 
55 .. 


30 , .. 
31 , .. 


58 
58 


66 
80 


73 
76 










584 


73 


72 



















140 



M. W. McINNES, OEOLOGUE 

8 EDOUARD VII, A. 1908 
TABLEAU DE TEMPERATURES-*^. 



Endroit. 


Lat. N. 


Dat-. 


6 30 
A.M. 


Midi. 


6P.M. 


Min. 
pour 
24 hres. 





Lac IVIethy . . 


/ 

54 45 

54 45 
54 45 
54 30 
54 30 
54 30 
54 45 
54 45 
54 45 
54 45 
54 45 
55 .. 
55 .. 
55 .. 
54 45 
54 45 
54 45 
54 45 
54 45 
54 45 
54 30 
54 30 
54 30 
54 30 
54 30 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 


1906. 
ler aout . . 

2 M 

3 .. 

4 n .. 

5 .. 
6 " . 
7 ,i .. 
8 n .. 
9 ,. 
10 .. . 
11 . . 
12 . . 
13 . . 
14 .. 
15 . . 

16 M . . 

17 , .. 
18 , .. 
19 , .. 
20 
21 , .. 
22 , .. 
23 , . . 
24 
25 , .. 
26 , .. 
27 , .. 
28 
29 , .. 
30 , .. 
31 , .. 




60 

59 
55 
55 
65 
65 
64 
62 
60 
60 
40 
60 
56 
60 
65 
60 
49 
66 
57 
45 
36 
47 
50 
54 
57 
52 
44 
43 
44 
44 
56 




75 

68 
72 
72 
73 
73 
82 
86 
76 
72 
60 
78 
62 
91 
78 
68 
78 
88 
55 
62 
68 
78 
78 
78 
66 
62 
65 
49 
50 
58 
63 

70 




78 

66 
68 
70 
72 
72 
80 
80 
76 
68 
68 
76 
59 
83 
81 
74 
78 
66 
52 
68 
67 
63 
71 
72 
56 
60 
58 
53 
54 
59 
64 





Legere gelee du- 
rant la unit. 

90 jusqu a 5 P.M. 
vent S.E. Ther. 
au-dessus. 

Pluie toute 1 apres- 
raidi. 

Pluie legere 5 4 10 
P.M. 

Vent S.E. Pluie 
durant la nuit. 
Min. movenne de 
12" a 31". 

Pluie legere durant 
toute la journee. 

Premier froid. 


Entre les lacs Methy et 
Reed 




Lac Reed . . 














Vallee de la riviere a 1 Herbe 
Lac Wekusko 
















Vallee de la riviere a 1 Herbe 

M II 

Lac Wekusko 


54 
62 
54 
56 
58 
47 
62 
56 
42 
32 
38 
34 
44 
52 
40 
38 
42 
40 
43 
46 

46*. 

46 
42 
54 
49 
38 
37 
57 
48 
55 
55 
58 
44 
36 
45 
47 
44 
55 
40 
50 
40 
47 
42 
43 
51 
44 

42 
32 
41 
26 
41 






Vallee de la riviere a 1 Herbe 

M It 

Lac Reed . . . 




Sud du lac Reed 




Vallee de la riviere Cowan. . 

ii n 

Lac Yawningstone 




Lac Cormorant , . . 
Moyennes pour aout 


54J 

56 
56 
57 
52 
42 
59 
60 
50 
60 
56 
51 
45 
37 
48 
51 
47 
56 
45 
51 
43 
48 
43 
48 
53 
45 

43 
44 
44 
30 

46 

48 


684 


Lac Cormorant 


54 15 
54 15 
54 15 
54 
54 
53 45 
54 .. 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 15 
54 .. 
54 


lersept. . . 
2 .. 

3 M .. 

4 .. 

5 II .. 

6 .. 

7 IT .. 

8 .. 
9 ,, .. 

10 M . . 
11 M .. 

12 . . 
13 . . 
14 
15 . . 
16 ,i . . 
17 .. 
18 ,, .. 
19 n . . 
20 M . . 
21 . . 
22 . . 
23 . . 
24 . . 
25 . . 

26 n .. 

27 M . . 
28 ,, . . 
29 . . 
30 . . 


64 
61 
72 
72 
64 
70 
76 
70 
67 
66 
54 
50 
51 
50 
50 
55 
64 
60 
68 
54 
49 
56 
52 
58 
66 

56 
68 
42 
46 

52 


64 
61 
68 
63 
5H 
64 
72 
72 
67 
64 
48 
54 
54 
50 
50 
58 
60 
58 
60 
54 
46 
46 
56 
60 
55 

46 
60 
46 
48 
4, 




Lac Atikameg 




Le Pas, Saskatchewan . ... 


Lac Atikameg 




Lac Cormorant 




















Lac Atikampg 






54 .. 
54 .. 
54 .. 

54 
54 .. 
53 45 
53 45 
53 45 




Eutre les lacs Atikameg et 
Reed 


Lac Reeder . ... 


Le Pas Saskatchewan 




Moyennes pour septembre 


594 


57| 


43J 







EXPLORATIONS DANS LE8 ENVIRONS DE LA RIVIERE SASKATCHEWAN 141 

ANNEXE No 2 

TABLEAU DES TEMPERATURES-J m. 



Endroit. 


Lat. N. 


Date. 


6-30 
A.M. 


Midi. 


6P.M. 


Min. 
pour 
24 lirs. 





Le Pas, Saskatchewan . 


54 45 


1906. 
Oct. 1 


34 


48 


42 




34 






53 45 


2 


45 


56 


48 


42 






53 45 


3 


45 


50 


4<; 


42 






53 45 


4 


34 


48 


42 


30 




Riviere Saskatchewan 


53 45 


5 


35 


53 


46 




Neige dur. la nuit. 


Lac Portage 


53 15 


6 


40 


42 


44 




Gresil ,i 


High Portage 


53 15 


7 


38 


46 


4G 




Gelee n 



















EXTRAITS DES OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES, 1906. 



MINNEDOSA. 



1906. 


TEMPERATURE. 


TEMPERATURE MAXIMA ET MINIMA. 


7 a.m. 


2 p.m. 


7 p.m. 


Moy . 
max. 


Moy . 
min . 


Max. 


Min. 


Moyenno 
mensuelle. 


Juillet 


58-3 
55 
46 5 


77 4 
72 6 
70-4 


72 2 
70 3 
04 


77 4 
76 4 
73-7 


54 5 
51 
43-5 


87 5 
95-5 
97-0 


41 
33 2 
28-5 


63-8. 


Aout 


Septembre 





STONY MOUNTAIN. 


Juillet 


9 a. m. 

68-9 
65 6 


2 p.m. 

76 3 
75 2 




78-0 
77 


54-6 
51 9 


91 
95 


46 
33-0 


66 3 
64 4 


Aout 




Septembre 






















HILLVIEW. 


Juillet . 


7 a.m. 

56 3 
55-1 
47-3 


2 p.m. 

75 9 
75-4 
73-1 


9 p.m. 

63-4 
62 5 
58-2 


76-1 

75 8 
74-1 


53-2 
50 6 
44-1 


87 
97 
98 


43 

35 
28-0 


64-6 
63-2 
59 1 


Aout 


Septembre. 


BRANDON. 


Juillet . 


60-8 
57 4 
47 5 


76-6 

74-6 

72-7 


67 8 
65-6 
59-1 


79-5 

78 5 
75.1 


51-7 
49-1 
41-9 


91-3 
95 
100 


38-5 
35-0 
26-0 


65-6 
63 8 
58-5 


Aoflt 


Septeaibre 





142 



M. W. McINNES, GEOLOOUE 



8 EDOUARD VII, A. 1908 





Mois. 


MOT 
Max. 


JNNE. 

Min. 


EXTREMES. 




Max. 


Min. 


Juillet . 


79 3 

78-1 
78-3 
75 8 
73 
84 4 
80-8 
77-8 
76-4 
74-4 
73 7 


55-4 
61-1 

53 3 
49-0 
41 7 
54 9 
53 
45 5 
53-0 
52 2 
47 1 


91-0 
94-0 
86-0 
94-0 
93 
97-0 
103-0 
101-5 
87-0 
94 
96-0 


41-0 
35-0 
40-0 
34 
28 
42-5 
35-0 
29-0 
41-0 
36 
28-0 


Birtle 


Aout 


Juillet 




Aout 


Septembre 


Juillet 


Oakdale Park 


Aout 


Septembre . . . . 


Juillet . 




Aout 


Septembre 





Apres avoir examine la precedente transcription de mon temoignage, je la trouve 
exacte. 

WILLIAM McINNES, 
Oeologue, Bureau Geologique du Canada. 



M. R. E. YOUNG, A.T.F., SURINTENDANT DES TERRES DE CHEMIN DE PER 
8 EDOUARD VI! ANNEXE No 2 A. 1908 



LES TERRES FERTILES DU CANADA SEPTENTRIONAL 

CHAMBRE DES COMMUNES, 

SALLE DU COMITE N 34, 

MERCREDI, 11 mars 1908. 

Le comite special permanent de 1 Agriculture et de la Colonisation s est reuni ici, 
ce matin a heures, sous la presidence de M. McKenzie King, president. 

Le PRESIDENT. Nous avons ici avec nous aujourd hui M. R. E. Young, A.T.F., 
surintendant des terres de chemin de fer au ministere de 1 Interieur qui va parler des 
"Terres federates du Canada au nord de la riviere Saskatchewan". 

M. YOUNG. "Monsieur le President, messieurs: Je crois devoir, des le debut, vous 
informer que je dispose de preuves nombreuses a 1 appui de toutes les assertions que j ai 
1 intention de faire devant vous. Je vais d abord vous expliquer la grande carte du 
Canada deroulee sur le mur a ma droite et sur laquelle j ai peint en rouge Jes townships 
qui etaient arpentes au ler Janvier dernier, townships dont les plans ont ete publics. 
La colonisation est naturellement limitee aux espaces peints en rouge. Vous remar- 
querez un petit endroit d un rouge plus fonce autour da la cite de Winnipeg. C est 
le terrain qui etait arpente d apres une carte officielle publiee en 1873. J ai cette 
carte ici et je crois qu il vous interessera d y jeter un coup d ceil parce que, si Ton sort 
des limites des townships arpentes, la representation topographique de terrain doit 
nous paraitre aujourd hui bien excessivement incorrecte. Cette carte montre parfai- 
tement que les indications possedees, en dehors de 1 etendue arpentee etaient certaine- 
ment tres limitees. Cette piece de terre arpentee en 1873 embrasse a peu pres 
4,500,000 acres. 

J ai 1 intention de m occuper aujourd hui de la partie du nord-ouest situee au nord 
de 1 etendue coloriee. Je vous prierai maintenant de regarder la carte deroulee de 
1 autre cote de la salle, celle qui porte le nom de carte des Homesteads et qui est 
publiee par le ministere de 1 Interieur. Avec votre permission je consacrerai 
quelques instants a vous expliquer les progres de la portion coloriee qui figure sur 
la grande carte. Je tiens a vous donner cette explication pour trois raisons. Je 
crois que lorsque je vous aurai expose, comme je compte le faire, les faits dont je 
Idispose aujourd hui, les progres de cette partie colonisee vous paraitront surprenants 
et interessants ; et les esperances de croissance future que nous sommes en droit de conce- 
voir vous prouveront qu il est de la plus haute importance d elargir nos connaissances, 
et de pousser nos investigations sur la region au nord de la portion coloriee. Si cette 
region est aussi bonne que je le crois, une investigation precise est tres necessaire et 
si elle est aussi pauvre que quelques personnes se le figurent, il est tout aussi utile pour 
nous de savoir comment en disposer. II y a encore une autre raison pour laquelle je 
desire vous expliquer un peu cette portion coloriee de la carte et c est ce que je crois 
etre a memo de vous demontrer brievement et avec tres peu de chiffres que le terrain 
disponible dans la partie arpentee du Nord-Ouest, est beaucoup plus limitee que plu- 
sieurs ne se le figurent. II y a aussi une troisieme raison que vous me permettrez de 
vous enoncer, c est que j ai habite le Nord-Ouest durant vingt ans et que j y ai passe 
toutes les annees sombres au cours desquelles nous attendions vainement les choses qui 
se sont realisees depuis. J aime a m etendre sur le progres realise et a vous dire ce que 
nous esperons voir se produire dans 1 avenir. II est assez difficile de donner ces expli- 



144 SURINTENDANT DE8 TERRES DE CHEMIN DE PER 

8 EDOUARD VII, A. 1908 

cations et d enoncer des chiffres sans risquer de devenir ennuyeux aussi vais-je essayer 
de vous faire saisir quelques-uns de mes arguments au moyen d un graphique. 

Je vous signalerai d abord les chemins de fer sur la carte des homesteads 
qui en comporte a peu pres 7,000 milles. Le chiffre exact etait, je crois, 6,400 
"au ler juin de 1 annee derniere et Ton peut done dire sans crainte 7,000 milles de voie 
ferree a present. Quand je debarquai au Nord-Ouest, le ler mai 1880, il n y avait pas 
un seul mille de chemin de fer dans tout le Nord-Ouest, sauf une ligne a demi- 
.achevee entre Emmerson et Saint-Boniface. II nous fallait passer la riviere en bac 
pour arriver a Winnipeg. La ligne etait construite en posant simplement des traverses 
sur la prairie et en y clouant des rails : voila tout le chemin de fer que nous possedions. 

La population des parties colonisees de ces trois provinces peut etre, en toute 
surete, je crois, evaluee a 1,000,000 d habitants. Je me suis un peu occupe de faire 
etablir le chiffre exact et je crois que celui-ci est assez juste. Le Bureau du recense- 
ment m a donne d un autre cote une evaluation de 6,800,000 pour la population totale 
du Canada le ler Janvier dernier, de sorte que 1 on peut compter qu a cette epoque, 
il residait dans les provinces de 1 Ouest sans compter la Colombie-Britannique, un 
septieme de la population totale du Canada. 

Je vais maintenant vous faire ressortir au moyens de graphiques quelques-uns 
des chiffres sur lesquels je tiens a attirer votre attention. La partie coloriee de la 
fcarte qui est a ma droite contient 120 millions d acres et j ai convert! cette superficie 
en un carre a la meme echelle. Je ne connais pas de meilleure fac,on de me faire 
bien comprendre. Voici done un carre, proportionnel, representant la superficie 
coloriee sur la carte (il knontre un carre). La superficie de terrain aliene est de 86 
millions d acres, qui est represented par le carre un peu plus petit que je place en 
aivant du grand. Ce qui reste visible de celui-ci, au-dessus des bords du petit carre, 
est la superficie restant de la partie arpentee du nord-ouest. Je vous ai donne les 
superficies en chiffres ronds bien que j ai, par devers moi, les chiffres precis. Mainte 
nant comparons la superficie alienee avec la superficie en culture qui embrasse 
8,500,000 acres et qui est representee par ce tout petit carre. L etendue en ble est de 
5 millions d acres et est representee a la meme echelle par le plus petit de tous les 
carres. 

Le plus petit des carres represente, oomme je 1 ai dit 5 millions d acres de terre, mais 
il signifiait aussi 100 millions de boisseaux de ble en 1906. Les chiffres du ministere de 
1 Interieur sont 110 et quelques millions. Ceux de la Halle au Ble de Winnipeg sont de 
92,000,000 ou 93,000,000, si bien que je crois etre dans le vrai en disant qu il a etc re- 
colte a peu pres 100 millions de boisseaux de ble dans le Nord-Ouest en 1906. Supposons 
maintenant que je prenne les 86 millions d acres de terre et que j en deduise un quart 
pour arriver a un calciil qui ne paraisse pas d un optimisme exagere. Si je reduis du 
quart les 86 millions d acres, j arrive a 65 millions d acres et en les divisant par 5 mil 
lions d acres, on trouve que ce chiffre y est contenu 13 fois. N est-il pas raisonnable 
de supposer que nous pouvons multiplier 100 millions par 1