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Full text of "Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle Volume 7"

DICTIONNAIRE 

RAISONNÉ 

D 

L'ARC HITE CT'U RE 

FRANÇAISE 

DU Xl" AU XVl" sIÈCLE 

Vil 

Droits de traduction et de reproduction rOerv 



DICTIONNAIRE RAISONNE 

DE 

L'ARCHITECTURE 

FRANÇAISE 

DU XI « AU XVI « 

sIÈCLE 

E • 

VIOLLET- LE-DUC 

ARCHITECTE 

TOME SEPTIÈME 

I 

PARIS 

LIBRAIRIES- IMPRIMERIES 

RÉUNIES 

MAISON 

5, RUE SAINT- BN'OIT 5 



DICTIONNAIRE 

RAISONNÉ 

L 

'3RC HITECTURE 

FRANÇAISE 

DU xr 

AU XVI « SIÈCLE 

PALAIS, s. Iii. (]',";I la t=ais«,n l'Clv;tl,' oU suze,'«,i,c. 1,. lio off !0 suzo- 
'ain 'o,(l la jufice. Aussi «. li li,ti,gu. lavti(.uli/..,.t,. l,  
«'est la bastDque, la gt'at[lo s:ll,- lui lltllJltHl'q Oll t';il I« l:tl'l, ' lrici - 

pale. Le Palais. au 
«lans la cal,,ilalo «lu suz.,'«il, 
cie. Celenlall 1o l'«,is n«,t'vitgi,s 

rnenls (les officiers (Iii ilaliii._,, .,_,»il ll;irl)al',.,, s,il i'Ol 
ci ceux dos chefs 1 Iaiido qui, selln la couluiiio 
laielil niis avec lours gui'i'ioi's iIins la fruste «lu roi, «'osl-à-«lii.o. otis 
un eilgag0liolil spécial do vassolag ,I le fidelile. D'aulros ii«ii,;olls 
de Illoindro app;ii'elliTo élaiolil oc(,Ultt;os .par lill gralill liiliilll'O do fa- 
Inills qui exoi'ç'aiolil, liOliinios ol t'êiiiiiios, loule. s«l-lo.¢, ] lil,lioi, s... 
La pluparl de ces fainilles élaielil gatlllJisos, rit;es sur la lili,-n du 
sol que le roi s'élail adjué COliiliiO llll'l Ilo conqut,l , ou lranspor- 
xi. --- t 



[ PALAIS ] __ o_ __. 
, |Cs viol.mon! dt. quelquê villes voisinos pour coloniser 1o 
, maille royal;mai, si l'on et juge par la plysionolnie des noms pro- 
« pi'es, il y avail aussi parmi elles des G«rnain et d'autros 
,, 1o1I les pères élaiei venus Pll G«tule, comme «»uvriors tt gens 
,< >evvi«., it i;t suit,. «les i,tlllos ««,nquévantes. D'aill«ut's, «luelle 
, l'fit leur origine, »u leur ë,t'o «l'iduslriê, ces familles étaient pla- 
tCs «tri lèlo v;tg ci 16sigbos par le »lème nOnl, par celui tic lires 

,, ,.,l laligUC tul,,squ«,, et cri la,gue l«ttine par celui de fiscalins, c'est- 
« it-dit'e alt«tcllées au fisc. D's blitnents tl'expl«ilalion ;tgricole, des 
,, ittv«ts, l.s 6lail«s, les levgeries 'l los gr;ttges, les nasures des 
,, «ttltiv;tt«,uvs 't les '«tl»«ttt's Jvs s rfs du «lott«tine cotpletaielt le vil- 
,, 1;,,,, t',,3;tl qui l,ss.tltllait lvt'tit«'tiietil qui(lue sur une plus 
,, gl';ttttlv .«lt«lio, «tux villages 1. l'al«ient' {;pl'llltliip t... » Des ltaies 
_ , t,rloui'aio[ Ce{ 
vives, l«-'s v> lo liel'r's ',«i,s los 
1, Ihli,l>, ci l»r«ienl «lu«'lluofois plusioul's eweillOs, suiv«tnl 
I us;te 1«,» l»,upl, l.u Novl. l'«v«litecluv«. «les lfili,/s pal.li«ipait 
tlt,s tlivpl'St' itllu,«es >,tlS l'sluelles on les ,tv;til elpx,,s; c'blair ttn 
x ,.s «tx«'«_ utt «,rl«titi ;ri'l, peintes de «oulouvs lt'ill«tntes._ I),,s gr;tn,, 's, 
tntttev ;tx't' l,ul'S l,ulos, lrsque loul elail vile, ils > It';tlspof 
l;tt'til l;ttis uit ;tutt'ê d,ztaie. Ces palais, lfitis sur la lisi,t'e les 
gwttl,,s fi,vèts, i',l,llliss;ti,lit les cri> dos chasseurs et lu ft';t«as d'of 
giês lui s, l»roin'«ti«tlt souvell I'nd«ttit Ilusieurs j)ul'», l.,s 
 ittgi,tls «tlserV/.l'ettl eticre c,l. us;tgp 1' vivre l;tts le>l«tlais tlp C;tll- 

vi' '!1 'O11!111_111 «,l«it reilla«b' par une s('le l'éliquettê; les palais 
t.,..,..,,:titll;ti,,tt «la+«ttll;tg+, h utl,' cour: ci," l,'aux jardils les elturaienl, 
çultivb., «tre« soin: le..; 'tlçeilt's bl;tiell tlieux iiacqu,es. Tttefiis la 

gt'antlo salit,, la l»a.,.ili«itto,/'t'tttai! loujout's la partie pt.in«il«tle ¢lu do- 
nttle. Voici (fig. t) u apevcu le l'ensentle de ces palais «arlovin- 
gicles. Clal'leage avait thil enli.renênl vel»àlir le palais de Vet'l»evie, 
prb, 1," C«znpi;,gn.. Il on restait ocoro de nolnl)reux fraglnêts dans 
le l,.rllior si/.«lo, si l'on en croit le P. Cal'lier s. D'aprbs cet auteur, 

Clttlo;gno aurait 
l)l,..s d(' s(-)i 

l,àli llt tour (.lu I»r:e,lium, ("est-à-(liro le donjon do- 
{()Ul- l()lt les soul)ass,nonls (;t;tie! otCOl'e visi- 
11 aui'ait ftit construire le pri)lcipal COrl)S de logis 

 léct ,/os te,)lS mérot.i»9ien.,,. , par Au;Ztlstin Tl,iorry, rScit 1"-". 
 Lharl,'ma;tne avait :us«i «les pak, is dans les villes, celui 

p:,ssait pour très-l_,eau. 

d'Aix entre atttres, ,lUi 

' ll,t ,lu duché (le 

« Karl,:s ste t,)rna pas à. :nnl--l%,lle martir 
« N'au son l,ais [,lt'tti,,r, ,ii fil ,l," [imrbre bis. » 
iLa Ghaason des Saœeo, ch. L.) 

|'Mots, par le P. Carlier, prieur d'Andrezy, 176t, t. 

I, liv 

II, p. 

lB9. 



« édifice immense ,,, ainsi que la chapelle du palais, qui, « conser'ait 
encore le nom de chapelle Charlemagne a xt  siècle._» 

I 

« Ce palais, di|r le P. Carlier, lnait a plusieurs dépendances, 
,, formaient comme autant d.ê cltàleaux larliculier.,, dont chacun 
,, avait sa destination... Le palais de Verl»eriê avait son aspect au 
,, les édifices qui le composaient s'élendaient de l'«,cci¢lent à l'orienl, 
,, sur une ligne de 210 toises. Un corps de logis très-vaste, oit se le- 
laiet les assembléê générales, les parlenênts, les conseils, elc., 
mallobertTium , têrminait il l'occident cette étendue de l,:timents, «le 
mëmè que la chapelle à l'orient. La chapelle et la salle d'assêntliée 
formaient comme deux aile.s, qui accompagnaient une longue suilê 
d'édifices de diflërentes formes et de diflërentes grandeurs. Au centre 
,, de toute cette ëtendue paraissait un magnifique corps de logis d'une 

(f 
(( 
(( 
(( 

,, hau.teur excessive, composé de deux gra.nds étages... J'ai tiré ces 
« nolces, ajoute Carlier, .de quelques reste de l'ancien palais et d'un 

' Maltobergîum, malber.qim, 
àa C, ange, 61ssutre.) 

maison 

des l,laids, lieu où l'on rendait la justice. 



« titre du règne de François I'", qui permel la démolition des diffé- 
,, renies parties de ce palais. Ces parlies de bhtiment aaient t6 in- 
« cendiées sous le .ègne inf«»l'tun6 de Charles VI, un siècle aupara- 
Ce. ne fut qu'ap'bs lê.s invasions des Sormand que ces vésidences 
se «otve'tient en fo..leresses, et consliluè'ent les p,eie's châteaux 
fi;,daux. Vcy. 
Let 'ésilet«o¢les 'oîs de F'ance, dans l'ile de la CilC h Paris, était 
«lésign»e Sots le n« du Palais pa- excelllence, tandis qu'on disait le 
«hàteau lu I.,ur«', le châloau de Vincennes. Tous les seigneut's suze- 
-ains pss6«ltiel un I,«tlais dans la capilale de lel- seigneurie. A 
Tl.«yes Cait I. lalai l's «mles le Cigare ane. à Poitiers celui des 
c¢!es do Poiliêrs, a Dijon celui des ducs «le Bourgogne. Cepenlanl, 
à later lu x" si;.cle, confo'mément aux haliludes des seigneu's du 
o3-,,c à.g, le palais «'lait ou fortili6 »u elou'6 d'une enceinte for- 
litiée ; mais géneralement il occupait une su'faee llus étendue que les 
t.ilêaux -le canl»agne, »e composait de se.vices plus vari6s, ci lais- 
sait qu,lques-ulêS de es déledances accessibles au public. Il en était 
lê ème lOUr les 'ésidenees u'baines des évèques, qui t,'onaient aussi 
le nom de palais, et qui n'étaient pas abs«lumont fevmées au publie, 
cone le chittêau tëodal. Plusieu's de n«s at«iens, palais épiscopaux 
le France conservent ainsi des se'vitudes qui datent ¢le l»lusieuvs 
siècles. Les cours, plaids, pal.lelents, le t'ilunaux cio l'«)fficialité, se 
t«,naienl lans les palais du suzrain ou de l'6v6que : il élait donc né- 
cessai', de pevmellre au public lp s'y ved'e en nainlos occasions. 
La l»a'tie essenlielle lu palai esl toujou's la grande salie, vate es- 
la«o euve't qui servait à lonir le cours llénières, ¢lans laquelle 
¢'v,»tltail Iês vassaux, on donnail dês banquels ol les foies. De lo- 
gues galorios :««cllagnai.nl Ioujouv la granle salle ; elles servaietl 
le lv«enoi.. Puis veail la clalelle, assez vaste pou' eonlenir une 
nonl»reuse asi»lac.; puis les appa'lemenls du seigneur', lps loge- 
enls les failiers, le t'éso-, le dép6t des eha-les: puis onfi les 
bàlienls pou" les homnes d'al'mes, des cuisines, des celliers, des 
ta6sins, «les pt'isons, des Cul, les, des p'éaux, et p'esque tou.i¢ut's 
un jarlin. Ue lou. l»-incipale ou donjon couronnail celle réunio 
de bfitimots, dislo»6s d'ailleurs irrégulièrement et suivant lês 
lesoins. 
La plularl de ¢.os palais n'avaient pas ét6 blis d'un seul jet, mais 
s'étaienl accrus peu à peu, en -aison de la richesse ou de l'impovlance 
des seigneur auxquel ils servaient de r6sidenee. 
Le palais des rois à Paris, dans lequel ces souvel-ains linvent leur 
cour, depuis les Capéliens jusqu'à Charles V, présentait ainsi, au con- 
mencement du x" siècle, une réunion de btiments dont les plus an- 
ciens remontaient à l'époque de saint Louis, et les de'niers dalaien du 
rbge de Philippe le Bel. Des fouilles récemment faites dans l'enceinle 
du palais le Pal'is ont mis au jour quelques resles «le const.uclions 



[ PALI,.q ] 

gallo-rotnaies, notan-rnett du c6té de larue de la Barillerie ; mais dans 
l'enspmblê des b;lin-'_ents il ne rele rien d'apparenl qui soit antérieur 
«tu t'ëgne de Loui IX. Depuis Charles V, le Palais fut exclusivement 
affecté au service de la justice, ê! les rois ne l'labitèren! plus. Ce ..«,u- 
verain y fil fair,e quelques Iravaux intérieurs, ainsi que Louis XI; 
mais Louis X, II l augmenla en conslruisant lê làlinênt destiné à la 

ctambre (les comptes, et qui se trouvai! occuper, place de la Sainte- 
Chapelle, l'emplacement afl'océ auj«ur(l'hui à l'i,;lel du préfet de po- 
lice. ous donnons ('fig. '2_) le plan du Palais [lr, Paris a rez-de-chaus- 
sée, tel qu'il êxisl«,it au commencement! du xv  i/.('ie. 

Des conslrucliots 

aujourl'hui ecorê, que 
conpri.s enlre les lieux leurs du quai 
du coin C, d»n[ I  ,ubs[l'uc[ios pa'aissotl bo all;tt'l,nir 

sainl Louis, il ,e r+,s[ail plu, al,,rs, comme 
la Sainle-Clt«tpell, t., le ««»,'i» !,, làlinent l 

à 11110 

époque plu ancienne. Le bgtlilnêtl D, affeclé aux 
• 
postérîêur au règne de saint Louis Peu-èlro 1' 
portes F, qui existaient sur la rue de la Barillerie 
donnaient encore sut" un fossé, avaient-.lles 
ainsi que le d,_,njon G, dil leur dt, Monlgonery ', 
vers le milieu du dernier siècle 
Philippe le Bel fit conslruire 

cuisiner, c, osl un peu 
t«einte E, avec 
, ol_ lui, «tu x,«'- si;.,'le, 
«l<,v,os par l.cuis I'" 
ci «lui suisis[a jus.que 

gl.ande salle I, les 

lortiques K et !o logis L, ,, lres-sunpleux ci nt:gnifiqu«s ouvrages », 
dit Corrozet s, qui les a encore vus tout onliers, là[is st, us la direclion 
de « messire Enguerrand de 3larign, eont[e de Longueville ci génfi- 
,, ral des finances, ci voyez (ajoule le lnèto au[eur) qu,!ls l,onmes o, 
« ernployoi[ jadis à tels étais pluslost quo clos affamez, o[ clos lomme.., 
,, qui ne demanden! que piller l'argent «lu prince. » Enguerrand 
5larigny n'en fut pas moins pendu, comme ctacun saît, ce «lui enlève 
quelque ellipse au sens toral de la renarque du l»ot l'ari»ien Cor- 
rozê[. 
Les Ià[inel d« la clt,tnlre des comples, conmencés lar Louis XI 
et ac]tevées Iar Louis XII, é[aie! en M. Eu N, Cai! ue l;oterne avec 
[ournelles, dont nous avons encore vn les rêslês inlëressanls il y a 
quatre ans. Celle po[êrne et l'enceinte O, avec quais, dataient du 
xp," siècle. Quant à l'enceinte E', ses traces étaient ,,isilles dans des 
maisons parliculières avan! la conslruc[ion du ]timent actuel de la 
police correctionnelle, ainsi que le cons[ate un plan relevé avec le 
plus grand soin par M. Bêrly, et accompagné de renseignements bien 

 ge fitt dans cette tour que Montgomery fut qui 

à Henri 11. 
i Ainsi que le constat+rit deux 
Palais avant la construction de la 

enfermé après le tournoi 

fut si fatal. 

dessins 
façade 

fort curiux, représentant les démolitions du 
actuelle sur la cour du 31ay. Ces dessins, qui 

appartenaient " 31. Lassus, ont été litho$'raphiés pour faire partie 
Palais qui n'a pas été publiée. 
" Antiquitës de Parts 

d'une 

monographie du 



précieux . E« P Cait une chap e placée sous le vocable de saint 5Ii- 

I 

« "¢o. l'llist, topo9r, et ar«hol (le l'an¢ Paris, par IM A. Lenoir et . Be¢ty (feuille ..). 



chel, «.n I| le pont aux Citagcur,, e! en S 1«. pott aux 
Grond-Po,t. En T, le jardi, les Ireilles du t'oi, Séla," : 

[ PLAIS 1 
Meunier, ou le 
«l'ue lelilo il,  

(ile aux Vaches) par u, ll'as (le la Seine. Lb 6tait le ltitlillel des étuves. 
Do ce vas[e ensemlle de logis ci mOltUltt«Is, il resle encore aujour- 
d'hui : la Sainle-Citalello. prixde eulont.nl le so anexc V h 
61ages, servant de SaCl'islie ci cio l'6sor ds ciarles; le rez-d 
s6e de la grande s;tlle, Ici qu. le donne noire plan; ue p;l'lie 
clos parties K;la p:rlie inl6ricuv, du l»itlittonl «les cuisios et (1. 
salle B, ainsi que los qu;tll'e Iours-sur !o quai (le l'licol.loge; le lagis 
«lans toule sa ltauleur. '6llait «lans la «'OHI' X «ju'dl«til Il«tltl6 le 
Cette réulliOll ,1," Itl,llu,lio,ts, te,us d'uno I,nl,. al'cliilectu,',-.. 
lait au «eilll'e ,Io la Cil6 l'«tspoct le llus stisiss«tlt. Nou IVOll 
1"« «ln,r u' ilée «l«tns it x. «avtli/.ro (tig. 3)lris , «1,, lt 
I;t cour «lu May, qui, o otlrattl lar la p,»rlo «lo«tnl sur let rue le 
plus lilloresquo, le graduel terrot, qui d«»nail ;tu lrCti,,r ,.1«,;,. «le la 
galori , d'Etguerranl; «.lui le lt'oilt', qui totl«til sur let l.rrass' 
connunitlu«tnl it It grale salle; les l:troi !  celle-ci ,tv« ,os 
s«til tu-lossus los conlles de, let gr;td' galerie, la S«tinl '-t 
«tveç s»t Ir6sor, fi3rtaionl rt;c, llet,nl un lel ensontble, qualifier, i 
syéll'iquo. Si l'on l»u'nail it g«tu«ite vers let «lttlcllo Saitl-31iclel, 
o ddcouvrail la façt«lc dl6gale «le let Citantlro los «Onlles avec 
graçioux escalier couvorl, puis l'osctlier de let S«til«.-Clt«tpolle lhli 
lmuis XII, puis 1o gros «l.n.io rol«;gu6 au fond 1o la «aut'. Et 
let Canci»re dos conplos, on passail «lans les jarlis lt l»«tl«tis, ,1 1", 
xovait., se ldveloppor la faqado mouxotoI«o lu l,,is . lnl il rosle ,t- 
co'e aujoul'l'lui foule u • l»t'lion. A ch«ttlUe pts, «'.l«til u 
ouvoau, ue surprise, «.I let varidl6 lo loulos «-, csl'«li«-s «t- 
lt'iluail h augttonler leur dlonluo. Il y et lie lain 1. «, i«tl«tis aux 
i«ilisses gl«t«'i«tlos ci euyeusos ptr leur montloie, «tuxqu.ll«s nous 
s»lnOS ltabilu6s lepuis le grand sibcle. 
(q'e V 1' 
st dans ce palais quo Cha'los re«:ul et logo«t omprelr 
;iatt'los IV prolallelnOnl lans les b,tlimenls qui o«ctlptiet 10nll«t- 
«otel «tflbeld plus lai'il it la Chambre tle comptes... ,, Lors, lisl 
« l'Oy lever l'empereur, h foui sa chayere, et, çonlrêlllolll les legrez 

,, porter en sa chalnbre (l'empereur éiait goulleux), et aloit le roy, 

' V,-yez le gran,! plan ,1,-' Pa,'is à vol d'oiseau, par Mériaq, et lac tapisserio 
,le ville; la Topoapllie ,le la C, aul,., par Mérian; Lin're troMëme «le ht Cosmogr. uni- 
'erselle, S,_:bastion .Munster et Bolleforest, 16t;5; le plan de Gombou-t; l'œeuvre d'lsrai:l 
S.lvestre; la Tap,-,;traphi,. ,le l:t F,'attce, Bibi. nat ; l'«-qvre ,le Pdr,-:llc (',m ,lu pont au 
(;hanee) ; l'llist. 1,trot. ,lu Palais ,le Justice, par Sauvan et Sclmit, 1825 ; l'ltin&at»"e arch. 
de l'cris, par M. 1,' baron de Guillermv. 



[ PALAIg ] 
,, d un col, et 

---8-- 
mnoit le I'OV les llolnlnaits it sa 

sënesl.re 

lnain, et 

8 

ai,ssv le convoya en sa chambre de boi d'lrlande, qui regarde sus- 
les ja'dins et vers la ,,ainete Chapelle, qu'il avait fait richement al,- 
pal'êiller, t toutes les autres chambres derrière, laissa pour l'em- 



,, pereur et son filz; e! il fu logiés ès chamlres el alalois que son. 

« lère le roy.Jeltan fit fair.e '. » 
Il e! certain que ces palais, ces grandes résidences seigneuriales, au 
moyen fige, s'élevaiel succossivemen. Suivat une hatiude que nous 
voyons ecore »l»sorvée en Orinl, cia(lue I»rice aj»ulail aux làti- 
lnenls qu'il lrouval [lebout, un logis, une salle, suivanl les gafil ou 
l,,s lesoi» du lllOllleBl. Il n'y avait pas de prç)jet /l'ensemble suixi 
mé[hodiquomonl, exéculé par fraclions, el, loin de se conformer 
h une tliposilion unique, les seigneurs qui faisaienl ajouler quelque 
logis à la dotncure (le leurs prédécesseurs, prelendaienl donner h 
lcuvre nouvelle un caraclèro parliculier; il, arquaiel ainsi leur 

passage, laissaient! l'epl'einto (le leur 
tout neuf, suivant le goùt lu j,»ur, plul 

|»hiimenis. (5es résidence prés«:nteni 
nent [las les pariics «lui les «mposo 

leur programtne es! le nème, la nanièl'e donl il 
dans chaque province. Ici la chapelle prend un itporlancê e,nsidé- 
table, là elle se rédui! aux proportions d'un oraloiro. Dans toi palais, 
le donjon est un ouvrage (lé défense impor!anl : 
consiste qu'en une lfiliso un peu llus épaisse 
que le reste du logis. Seule la grandi salle 
.,«trface, car c'es! là une pavlio ossonliollo, c',s! 1o 

tion seigneuriale, le lieu (les gr«tn,los 
chgtteaux, elle possède u, large perron 
tés. A Troyes, p:!r exemple, le palais ,les 

lans lé autre, il no 
un l,eU plu., ,lovée 
l(ll.iours Ulle va.,_te 
signe de la ju,'ili«- 

assomtléos; COIIIIIIP dan.., les. 
e! 'élève sur lês colliers voù- 
er, mles 1,' Chalpagno, accolé 

h l'église SainI-Etienne, qui lui servait (le chapelle, n'avait, relalie- 
ment à l'édifiee ïeligioux «t u' ' 
, une clen(lue assez reCiacre : ses logo- 
ments étaient peu nombreux, mais la grand salle avai! 52 mèlres (le 

longueur sut" 20 mètres environ .de 
au liane no,'d de l'église et dépenda 
de donjon. Les pieces destinées h 
premier étage sut" rez-de-chaussée 

largeur. Une tour carrée, accolée 
nl ¢10 colle-ci, servai! d trésor et 
l'l,:ti|alion, renfermées [lans un 
votifC é/aien! platées en ontilade 

sur l'un des llancs de la grand salle et (tevanl l'église du coté ouest; 
elles donnaient sur un bras de la Seine. Un jardin du e6té du midi et 
une place du cSlé septenrional bornaient le palais; c'éait sur cette 

place que s'étendait le large .perron servant d'entrée principale à la 
grand salle =. Du reste, le palais de Troyes cessa d'ètre la demeure des 
comtes (le Champagne dès t2:20 ; ceux-ci préférbrênt élablir leur rési- 

dence à Provins. 

Le palais des comtes de Poitiers est un de .ceux qui, o.n France,.ont 
eonserv6 peut-ëtre les plus beaux restes. Bâll sur des ruines romalnes 

par les Carlovingiens, puis détruit à plusieurs reprises, il fut réédifié 

' Christine de Pisan, le Litv'e des faicts et bonnes meurs du sage roy Charles, chap. xxxvm. 
' ¥oyez le plan de eo palais dans le Voyrtg,, archëol. &»s le département de l'Aube, 
par A. F. Arnaud (18ô;i. Ge palais est entierement rasé. 



!_ PçL-,IS .I 
l»ar Guillaume 
l'eeOltslruc|ic»r 

--- i(| 
le Grand au cotonne 
il ne re,le rien. On 

,lu xx' siècle; de eott,. 
à GtlV Geofl'roy, lils de 

.t;uillaume, la consll-uclion de la grandi salle que ous x.-»vons aujour- 
«l'hni ; m:,s eêl[e salle préso»[an[ [ols ]e earac[bres «!o ('arc]tileclut'e 
«.ivilo ]e la li, lu Xlt  sibcle, ci Gu Geofl'rov élan[ ol't el 1086, il fan[ 
lui t'<,xer un autre f«»(lleul'. 1, l)«tl«tis «" Pcitiers lht I)rfile en 13i 
i;tr ].s A,glais, l»uis l'Cf;ri'W011 13115 l)«,r Je«,, «lue de Berr) et COllllO 
«le l),i[«,u. 1;. pt'i«+,, ft';.l', du r«i Cltal'l's V, Iii relàlir le lign«»n d. i:t 
-el tt), ci I. «l,.]t qui 'xis[o en«cro, quoique [r;.s-nulile, et qui sert 
«ujul'(l'lui [1o «',ur l'assises . Celle n«gnitique eonslruction se cern- 

pose «l'u gros «,,VlS 
d qlalre I«rs 
neaux .I «o!,!... 
Nous donnons (fig. 

le, gis iml'l<ng, it lrois él;,ges vc, fllés, tlanqué 
aux anl,.s et COUl'onn6 de mfielicoulis, er6- 

1' l,lan !cs l,trlios en«c,'e exislanlps lu palais 

0\ 

lan[, (',>titto l'esl, l;tr exople, 
celui du cl'le«l le I»ierrêfi,ls. 
Lp l»jon du l»altis «le Poiliel.s 

es[ h lui seul un petit chûleau, 
l«»s«'«lanI une grand salle à cha- 
que élage et. des ehaml)res dans 

ment qu'un gros 
l>ropre à la 

les tours. Il affecte une apparence 
de forlerpsse, mais il n'esl réelle- 
logis ClairWpar de larges baies et n'éait nulleme I 
defene : il sê rappr««ho do l'a'«hiloeure civile, et les tour.-_ 

C'est lA, dit )I. :h. 

trouve la tour histori,lue 

,le Cherg,_:, dans s,;n G,ide du voyageur d Poitiers, qu' se 
de Maubergeon (Malhbory, audiences en lieux couverts, 31allo- 



les mfichicoulis, ne sont lit qu'un appareil Dadal t. Sous donnons 
(fig. 5).une élévation du donjon du palais .de Poiliers, faile sui" 
de.-, pelds cétés. Aujour«l'hut les construettans des tours snt déra- 
sées au niveau N; cel)enlanl les seize slaluos Ollt éi6 çOllSel'vées sui' 
leurs culs-do-lanipo, quoique firl nlulilbos. Ces 
de l'haiil civil du comnen«omonl itt xv' siècle. 
. c qu'il 
rept'ésenler les coles du l»oit«u ? C'est 
çtuoi qu'il en soit, elles sotl d'utt l,eau travail, l:«t 
du donjon, faile sur let ligne BG lu ll«ta ([ig. 6), nt<,,tlr« ls leax s«tlles 
itf6rieuros, avec leurs v,fites rel>OSatll sur utie él,ino le lt.,,is piliers, 
ptiis le socol dltgo to t'«rnianl plus qu'une graduel salle sans piliers. 
Xu-dessus se lrouenl le ,,alelas et les clentins rie rntle 
 - 
les mgt«iticoulis. Un esc«tlier à vis COmlris tl«ttls uto tour carrée,, 
attlrefois engl«leo dans les logis lfilis entre ce «lonjon el la grand 

s«lle, periiêl arriver aux 
qtie l'inliquo le 
l:es palais des seignenrs 

slalue_s sonl rov 
L'artiste et=l-il voulu 
est «li['lî«ilo le .;avoir. 
tt.«tsv ,,'sale 

trois étages par u couloir détourné, aitsi 

suzerains ltïques t'ortietl au ili,-.u de.; 
fii. f,,'litié ,.I 

villes oi ils sont silu ;s une sorte d'oppidu-,, le lieu h la 
sacré, comn,e étail l'acrop«le dos villes grecques. 
snzorain quo sot <.oservées les reliqnes le llus i, rb«ietts,'s et les llus 
veérées p;tr le leul>le ; est là que s«,l dbl»»sés les c]t;trle, les lt'6- 
sors; c _ sl lb que se liennenl les coeurs plénibros quo siég«'tl les l>arle- 
nenls, que se passent les files h l'oc«asio du liariaoo clos primates, 
des traités. Quant aux palais los évèque, ils «nt ut 
qui mérile de fixer l'attention des arcitéologues. ilués lans le v»isi- 
nage des catlédralos (ce qui est naturel), ils sonl lweque l,»ujous 
b;ttis le long des nurailles ou sur les mrailles ntèo le la cit6, 
peuvent cotLriluer à leur défense «tu lesi,. Ce rail esl tl'olt g«'llel';tl 
four qu'il n'ail pas une ,rigio COlinune. l';t ireti.l . liera, il l»rouv .- 
-ail ceci: c'esl que les cvè«llés se s«tl cl«tblis, lriiliellOl, sui' 
quelque castellum lenanl aux lnurs los ville «tll-I'+»nt«titto ; 
lieu, que la conslruction de cs lalais h dit pl'é«éder 1« «onstruclitl 
des calltéirales et. ldterminer leur O,nllaceltteltl. En ofll. n no s'ex- 
lliquerail pas COmlneltl la llupart le ,,«s llus «tttciettes catllddrales, 

bergium), lieu où, dès l'afin.il,e, et s««,s l;llavl,.i,i;t._,ll., l't,l'Cllt tenu,'s 1,_-' att,lionees i,u- 
bliques et rendue la justice, et dont rel,.v;.rc.t ,lcl,l,,s t,_,u- les fiefs capitaux de la l',ro- 
ince..... Ce fut dans le palais de Poitiers que le daul,l,il, lils ,le France, fut proclamé 
roi sous le nom de çharles ¥I| (oct. 122); ce fut. là e,,'ore qu,. ft int;.rro,ee, par les 

« docteurs les plus habiles, Jeanne d'Arc, la Puecll,. (mars 11"9); ce fut là que s'assetu- 
, blèrent les parlements de Paris et de B,r«leaux, at m,-,ment ,»', 1; France presqu, 
• entière était anglaise ..... » Si uu monument est histori,lu,-., «"est l,iou ,_-'eli-là. 
' En cilet, les saillies des ornements entourant les fen,:tres, le staloes décorant 
c31indres des tours, auraient ,,,.èu,: beaucoup le service des màcltic,»ulis, si l'on cùt vouht 
en faire usage en cas d'attaque. 3I de 31él'in«iol a bien voulu nous-communiquer l'excel- 
lent travail qu'il a fait sttr le l,alais de Poitiers, et c'est d'après ses rclcvés trè»-exacts quz 
nos dessins ont ,3té réduits. 



[ PALAIS ] -- |-- 
rebAties plusieurs fois, toujours sur lê mëme en-iplacement, depuis le,, 
vw et t si«cles, celles de Paris, de Meaux, de Bourges, d'Amiens, de 

,) 

I 

|J I'I I i 
 II, ',, I 
'.II l II , ' 

I 
il I -- i i 
I !,l 
! 11 

__ ! Il 

Soissons, de Beauvais,.de Laon, de Sênlis, d,e Noyon, de L.angres. 
d'Auxerre, du Mans, d'Evreux, de Narbonne, d Alby, d'Angouleme, de 

Poirier.., de Carcassonne, de Limoges, et tant d'autres, s'élèvent plut6t 



-- 13 -'--- _ 1' ,LAIS J 
près des anciens remparts qu'au milieu mëme dè l'enceinte dê. cilés. 
Les villes gallo-romaines possédaient, ou un calitole, ou au noins un 

tastellum, le long d'un des fronts des remparts, comme sont neore 
citadelles modernes; c' est au milieu de ce capilole gallo-romain, ou. 
dans un de ces réduits voisins des remparts, que s'implatent les pre- 

étaientmîers évëchéS.les chefsNnaturels°Ubl°ns d pas qu'à la fin dt xt'.si.ècle, « le, évèques 
es villes; qu'ils alnnstl-aient le pouple 



[ vAs ] -- ! l -- 
dans l'intérieur de chaque cilé; qu'ils le représentaient auprès des 
tarbares ; qu'ils étaient ses magiIrats en dedans, ses proleceurs au 
dehors . » 
Le palais épiseopal tâi, la eHëdrale s'éleve à e6é ;.o .cloaque fois 
quo la ealédralo ho robfii h neuf, il os raro que le palais eplseopal ne 
sait pai roeonsruit o ëo emps. Or il nous reste quelques plns 
d'évê«lé «lu xt  si;.clo o m.no du xl". Ces plans présentent une lts- 
posilio h peu pr;.» uifi,rto : une grand salle, une chapelle, une 
four ou lonjol. des lfil,onlali«,"s llixles enlre le palais et la cathé- 
dralo, et les lo,,i qui pr(balletnont «tvaiel lOU l'iporlance, puis- 

qu'on n'ot Irottxe i«t« +!o l'«t<'es. Le sit,e 
éliscopal, i la lbi religioux ol civil l«ns les 
go, c'+st la gratté sallê, «..u'io canonique 

l.e|tl.éSelalif du pouvoir 
l,t.eltti.rs siècles du moyen 
civile, au besoin forte- 

rel,àli lat" 51;,u,'ic,-, ,1,, >tlly, osl ,,n E; la s;tll - F 

S,'l'vail de trésor' au 
«tl,' le palais et le 

c|'ur, et ,l,' saçri.tie «tu rez-,le-claussée. La graul alLe au premier 
étagê forttait un soul vaisseau voùlé. Ici la muraille vallo-romaine de 
la cilA pas>e ên .M, sous la çalltédl'alê et au dolh <le son al»side, et en 

creusatt I«,s tbndatins de La o, ou,,,eLLe sacri-tie, n¢us avons retrouvé 

une 
quê les 
«h;t'enses de la cilC 

substru<'lian <le la lnèno fil,oque en G et en P. Il semllel'ait donc 
Paris aaien.t profité d'un saillanl forné par Ios 
ci'une «»t'te dê castellum, pur 3 enfermer le palais 
épiscop«l. Le ttlr n ;ridianal de la grand salle élail nëme bti sur les 
t',-ndêmenls dê l'eceile, gallo-romaine, ol fui oncoro crénelé par Mau- 
rite de Sully. Mors, «lit 1  P. Dubreul, « l'evesque et les siens alloiént 
« ,1 la grande salle à la ¢rande église (la cathédrale) par une gallerie 

' Guizot, Hist. de ht ci«ilis, tt en France, VIII" leqon. 
' Le Thëdtre des antiT,tes ,le P«r, 1612, p..13. 



--- ---  PALAIS  
« (l'ailo F), laquelle messieurs les Ponchers successeurs evesques (du 
« xv- siècle) ont depuis quiltée aux cltanoinês qui y mettent les reliques 

(i 

L 

i 

l 

« et les llus beaux orneinens. Deluis niessire Pierre d'Orgemoli[ (com- 
« ncelielil du xv  sii:cle), fit ]alir le second corp d'hostel qui a 
,, xeuë lani sui' le jal'diti qu' sut" le lieu dici (c'est le b','ltinlent It). 



[ r.I,.s ] -- lG -- " 
« Longtemps après messire Estienne de Pencher («Cmlencement lu 
« xv: iècle), cent deuxième evesque de Paris. fit aditier le bastiment 
« joignant le vieil, lequel est vis h vis de l'église, of est h présent la 
« geolle et au[t.es «lonleut.es (c'est le corps de logis doullé en K). Mes- 
« sire Franç.ois de Ponclier, son neveu et successeur, fit lastir le troi- 
« si,.me corps d'hostel, qui et derriere la chapelle (c'est le logis L). En 
« ce lieu auparavant estoient les écuries et quelques, maisonnettes oh 
« ,loneuroient les quatre chanoinos ,1o la l,asse cltapelle..... ,, La ct,a- 
lelle avait on etDt, cieux 6la.gos. comme celle de 3lpaux, et plus. tard 
celle de lteilis, l.es «onstru«tio» ft dataient seulement du XVl: sibcle, 
et en Il CI;tient los logis qui fureter cedés à l'tI6tel-Diou. Le pont aux 
Doubles S fut 610v6 plus la'l, après t«,u ces l)fitimonts. I.es évëques 
de Paris 'avaiont pas quo ces Ialai- ne renfortnant pon(lalt plusieur 
si;,cles qu'une gratdo salle, tluguos lo Bosancon, en 1326, avait son 
l,',tel rue les Alnanliel'S. 6uillauno lo Chanac, on successeur, lo- 
go;tir 
l'«-tt n.x' K 

rue loBièvre, et d.,,,,t ¢, le, gis four la fondalion lu 
.tanae ou dr. Saint-Michel. Piel'.. d'Orgemon, qui bfili! 
la gr«nl salle «lu paillis élisçc, pl, l6rila lo lh6tel des 
<|tri allÇtrl,.nait au cl,atc,.lior ;l'<'genonl, ..,on père, et 1o 

le Montagne 
.",aint-André- 
la calhé«lrale 

luc Io Borrv, l,-til il étai! le «ta,tceliel'. Gil'al'd 
IilaisoI1 FUt II¢_'S |al'llloll:.p| • t.| llflp aU|l'p l'tir' 
«le.;-Ars' l.e lng le la rivibre et lêt.,ibre l'absile le 
s'fileldaient l.s j«rlils tui tou«lai,.lt au 
vers le nor.l-esl. Ira graduel »aile r't.énêlee 

l'Orgemon! au 
à doux étag.s, 
1o fai! voil' la 

.lciiro lu «llapilre làii 
du xi  .,,ib«lo, avec S   l  

conmoncernenl lu xx  si;_,cle. 
avaient ri,rl granl air d,t c6lé 
porsoclivo (tig. 8'1 prise du 
;tljonçlions O et la ç«nsl,'u«lion «lu pont aux 

,:liS«olaux les plu. anciens, celui l'Anger., construit 
• .-ets 1,, li,l lu Xl  si;.çlo, conserve encore sa grand salle rotnane d'un 
i,eau >Ixle,. (1,,. • SLLF), et los l,:i, ond;ncos assez considérables qui 
clôt,c.,il 1« la mèl,te ép.que. Dos travaux récents, lirigés par l'archi- 
loti,. li,,'fisti. M. Joly l.êl,,r,,o, o,l fait ro],arailr,, une partie les 
logoll.lil ,'lllUl'an[ celle gra,l »aile s, qui pst ntiso en communiea- 
ti,,,l ti,'ec,e av,.« le bras «1o croix nard de la c;,,liédrale. On remarque 
èo ce'luin., l,»'lions de mur» ,le ce palais qui ont tout à Nit le 

t Sau,,al, livr. Vil. 
* Voyez la tapisserie ,le 
vol d'oiseau, de 31,;ria,J; 
de l'abbé Dolagrivo; les 
.t. Bortv a eu l',_,lli 

lois, pag,. 

,Notre-Dame, par L. a, 31,:rien, ,ti montre 
• oyez dan« le totilo 11 ,1,, l'.lrcbitecture 
01, le l,lan du palal: ,:l,isc,,i,al. 

l'llùtel ,le ville; le l'l,n de Gomboust; le grand Plan ,le Paris 
les ",ues d'Israël Sylvestre, celle de Për«.lle; 1,. l'lan de la Cité 
plans et coupes ,lépo:,:s aux .trcltives nationales, et dont 
;sean«e ,_lo n,-,us comnluni,luor des calques: tno gravure du parvts 
le «,-,ur,,nn,-'ment du bàtiment II. 
¢i'ile ci :lootesttque de 3131. Verdier et Cal- 



--17---- 

[ PXLçI ] 

caractère «l.v la structure gailo-ron«ine des bas lemp,,, e! «lui 
raient bien avoir apparlen, aisi qtte l'ol)serve M. 1o docl[;u." C«tlloi,;, 
à la demeure que l'ancien maire du palais de Ncuslrie, Raifroy, au- 

rait fait construire à Angers, sur l'emplacement (lu capil,_,le. A l'év,:«hé 
«le Meaux, il existe une chapelle à deux. elagês, de la sê«.ndo 
du x[m  sièclo, ayanl les l)lus grands_ l'appOl'lS avec c,llo de l'ancien 
Ovèché de Paris. et l'Arage intërieur de la grand sallo. Ce 'ez-doo 



[ r^r»as ] --- t8 ----- 
claussée, contrite celui de la gran_l alle du palai éliSeolal le Paris, 
se col»ose de ,leux nefs voûtée«. Le palai le Mêaux esl également 
bfiti à l»vaxinil6 des retnparls allo-romaîns. A oissons, 'ésëché re- 
poe sut. ue ptrlie le let turaille anlique, .m«tis des colruclions de 
l'ancien l)alai il I1" 
x" i6clc .t [ucllue 

qtt'une lourêl[e lu comleceent du 
_,ul»tructios de la .ènê époque. A Beauvais, 

I 

le lalais épiscapal j,,ignait 
I't¢'iee fortilicalio fo- 
ntaine, et une tourelle datant 
du x  siècle llanquail nëme 
le vieux mur roain '. A 
Reims, l'élage inférieur de 
la grand salle dale du con- 
necenent @ XlV  iècle, 
et la «lapêlle a leux el;tges, 
ltt nilieu du Xlt  siècle (v,,v. 
l'tît 
CIl.il'ELLE). A Auxerre, 
l,.s ligos d,' la granlo 

lu nilieu du Xl  siècle, 

,.,ttno 1,. clt,_,_'ur ,le la 
,l,',ie; ule galet'io du xt  
si,,çlo toit, se sur l'ancien 
nuv 1« la villo gallo-romaino. 
A ll,uon, an lrouve egale- 
tnel tlos l'OSles ltbsoZ COl-si- 
16'«ll's dtl Xllt e si/'«lo, ol 
olantn'ttl l'un des pignons 
1. 1« g'an! salle. A Lao, 
l'asaeblge des lâlimenls 

,le l'évëché (aujourd'l,ui pa- 
lais ,le juslic )est ,les plus 
il,.'oanl.,_ à éludier. Ce 

e..-." I )alais fu! l'(.con«l'uit après 
 l'ieon(li(' (lo 1119, ,lui dé- 

trui.,,il l'ancienne cathédrale 
effet, on rotrouvo dans l'évëché 
qui apparliennênt au :lyle de la pre- 

et les |çttitnêttt ettvit'ottzals En 
!,-' La,,t lo.; lartie.., de bàtiment- 
,,ibro ,,.,ttié lu xn  ..,ibcle. notamlnent la chapelle A (fig. 9) e| lê, 
«,rps ««. l,-,:,i B. (.juatt a la grand salle C, élovée sur un roz-de- 
«l,ausé,-. loul,le ,l'un pc, rtiquo du c,;té do la cathédr«lo..a construc- 
lion e.-t -lto à l'e'vë,luê Gal'ier (1.13). La grandi salle ,'Aclaire sut" la 
'otr t et -,tr la campa,,ne. Le portique iierieur fut relnanié à une 

 Gette t,»ur,:lle existe ente, re. ,.Voy. rArcitil, cir. et dom. de 313I. Verdier et Gattois, 
i:- 



_.. 19 m 

[ PALAIS ] 
les appuis des fe- 

probi homines. 

conseillers qui pre- 
Alors on les appela con- 

époque ancienne dejà. Les arcs furen! reconslruils, 
nètres baissës; on a la prouve de ce re,naniennl en otservant l'ar- 
cade unique de retour E dont la curburo et l'ornenêntation prilni- 
lires sont conservées. L'aspecl de ce grand corps de logis, sur l'exté- 
tdrieur, devait ëlre for beau avant les nu/ilalions qui en «nt altéré 
«'a'act/.'. Celle faç.ade, qui lomin la muraille le la ville pssant pa- 
ral!èlenenl h quelques n/,Irps de sa I»ase, st llanquée cio ir(is leu- 
relies pot't:os sur «les contre-fo'ts, .t entre lesquelles s'ouvrent les fe- 
n)[res de la gva! salle au prelior étage. Le couronnement. 
crénelé, pouvait au besoin servir !o o«otle léfel»e par-lessus les 
remparts lo I;t cil6, dottintlt tin .sCtl'pOlllonl airUl»l. V,ici (tig. 
une xue cio cette faç'ade extérieure prise du point P. Au xv  si;elo, les 
;x«»«[ues de Laon (voy. le pla, fig. 9 61evèrent les leux corps 
logis F et G. Une porte tbrtifiée 5lait ouvovle on K. 
l.o portique occupant ule n,»ili6 de la longueur le la grand salle 
Ilu e6lé dp la cour l,.>tne à ce lalais él!isccpal une pllysin«,uie par- 
li«tilihre. C.lle galeri,,, pxpos:o au nili sur un plaloau off la tenlé- 
I.;lul'e est li;tbiluellenlenl froilo, so.vait de pl'ono,,ir, ol çoni.iiuaii 
h l'agrénei lo l'habilali,»n. Le l»alais ëpiseopal de Laol, eollnle ceux 
que nous xen«»ns de d6evire lréc6demmenl, n'en 61aîl laS liioins un 
lieu fortifié ll'bS-Iiell silu;, facile il gai'clef et a l;fell«ll'o. Nous voyons 
,lle le palais archiépiseoI,ul cio Na'lolino, ,lans le L;ilguedoç, l,ien 
1 , '«l,:li  let fil du xi  siè«l,  et. pendal le xiv', osl ,n«ore 
l'il«lile place fol.le 61êvée probablement sur l'emplaceenl ,lu eapit,le 
le la ville rouiailie. 'est après lp palais des papes, en Fr;tilce, la col- 
slruclion la plus imporlanie qui nous reie des nonbveuses r6si- 
«loneos oecupées par les princes de l'Église. 
Le palais archiépiseopal de Na'l,one est réuni h la ealliélralo ae- 
luelle, fond6e e 12, par un cloilve blli par l'arcliev6qu' Pierl'e 
!« Jugée, lans la soeonle noilié du XlV' siècle. Déjà, en l:lcl, la gl'ose 
I,ur carl':e du palais, servant le do.i,,n, avail él6 conslrtiilo par l'ar- 
«iev«:quo 6îlles. Pierre de la Jug6e bleva enlre !e cloilre et cotte lotir 
les làliliiellts ernsiléral>les qui ul>sileni encore en gl'alle parlie, 
et qui coilprenllenl plusieu.s leurs ronles, des logis, une grand 
salle el une autre leur carrée lbrmanl pendant avec le do.ion. Cepen- 
lanl, au milieu de ces eonsiruciions du xlv" si6cle, on relrouve encore 
une tour romane fort ancienne, et une belle perle du comlleneement 
du xtt" siècle. 
po lacet upe,artie 
Les arehe)èques de 'arbonne furenl, il est vrai, 
du moyen age, des segnçurs puissants, et leur palais aequll, bs le 
xC siècle, une importance en rapport avec leur fo'iune. EII 1096, l'ar- 
chevèque Dalmalius prit le litre de primat des Gaules. La ville de Sar- 
lonne avait d'ailleurs eonservé en pariie, commp beaucoup de villes 
du Midi, son adminisiraiion municipale rolnaine. 
La commune poss6l«il jusqu'au x  siècle des 
halent le litre de nobiles viri ou 



PALAIS ] 

»ul«, ou plulAt :ossouls. Cotto conntune fit en 116 un traité de 
not.eo avoe la ].épu)»Jiquo do GènPs, PI p]us larl avec Piso, Marsoillo, 
Rhodes, t.l«. Etl 1212, Al-ittall] An}a]at'i«, légat «)tt papo et archevëqua 

I 

de Nai'll,itllie, se déçlara ,lui.-., et le 'rieolrlle lui l'olidil lioniniag, Aloi's 
la ville Ale,il sous la jui'idielion de lrnis soignoul's, l'arelvëquo, 1o 
vieoiille ol l'al»bWde S;tiil-Paul ; en 1232, eos lrois per-nnnages eon- 
tii'liibi'Olil les fi'ancllisos et OOtl{.tlllles ,le l;i t'Oliiilltllle, Cpponlanl, t,,I 
('OiiSul !le Nai'buliliê invoqtienl le s,-cours des çullStliS lit' 

t23i, les 



Nimos con{.ro l'arcle que, e! en 155 les nagislrats municipaux ordon- 
n,'t que l,,s coutunes de la ville seront Iraduiles du lalin en roman, 
atin de les nteltre h la portée de lou. Lês vicomtes, moins puissants 
que les archevëquos, inclient à protéger les l, rdrogative de Narbon- 
ais, et c'est en présence de cette lutle croissante contre le pouvoir 
des seigneurs archev.ques, que Gilles Ascelin construit, en 13t8, 
l'énorme tour encor intacte aujourd'hui, et que ses successeurs font, 
le leur résidence, ut véritable cheau-fort, se reliant h la cath6dral 
trtiti6e elle-thème '. 
Ce t61ange d'archileclure nilitaire, religieuse et civile. Ktit donc- 
tiu palais archiéliscol»al le Narbçnne un 6ditice des plu¢ iutéressants 
à «onnaitro. Disons d'abor«l qu'il e faut pas chercher lb des inlluences 
1, I' , 
' arl ilalie du v  siècle; tel édifice 
l'r«,,ç'aîs ei»lonlrional que lanuedocen. Ses comlles étaien aius, 
aisi que le I,rouse,l plusieurs de pignons eislants ; la construclion 
,les oflles, le seclions des piler, le cloilre et ses détail, la forme des 
/,.blres, les dispositions, défonives, el jusqu'à l'«,[pareil, apparlion- 
,et à l'archilecture du domaine royal: el le palais arc}ipisc,pal 
N,,I lonne pst d aulanl plus curieux h 61udiêr, qu Il dut ervir de loint 
le départ pour conslrui', le palais de papes à Avignn, lont nous 

,us occuperons tou! a l'heure. 
Voici (fig. 11)le [,!«, «lu palais 

«les arcl,ovëques de Nat lonnê 
«le-ehaussee. En A, est la cathédrale, conmoncéo, come ous 1" 
lil, en 127, sur un llan franç'ais (voy. C.tTÉ,.LE, fig. 18). Une place 
tbrt ancienne , el qui, très-vraisemblallemen/, occupe l'enplacomet 
du forum et de la ville romaine, esl en B. Les fçmdalions du capitole 
anlique commandèrent les dispositions des lfitimenls,qui se contour- 
,enl en parlanl de l'anglo C jusqu'i la calhedrale. En D, 't une leur 
vç, mane, et en E, des bfilinen/s dont quelques parties apparlienncn/ 
au xt" sibcle. La grosse leur carrée, lhlio par Gilles A»celit en 1318,. 
c»l en F. Ele êst planlée sur la place, en thce de la leur du vicotle, 
I««ucr, ul llus basse; elle lominait par cons6«luel la leu," (lu soi- 
gteur la/que et le canal se roliat au port, lequel passe h 1( mëtres 
,nviron du point G. De la place B au cloitre G, le terrait s'élève de 
5 nètres environ. On etrait dans la cour H du palais, en passant sous 

tlll arc I, en prenant une rue K bordée de b'liments forlifiés, et en 
franehiss.ant le grand porche vo6té L. En O, était la salle des gardes, 
communiquant au rez-dê-ehaussée de la tour dite Saint-Martial, U, 

par un emmarchement intérieur. Toutes ces dispositions sont à peu 
près intactes. En passant de la rue K, sous une arcade P fortitiée, on 
arrive à un degré Q qui monte au cloitre, lequel communique à la ca- 
t ltédrale par une porte R. 

I Nous devont ces renseignements historiques à M. 
de Narbonne. 
' Dite aujourd'hui la place aux Herbes. 

Tournal, conservateur du llus« 



--) __ 
[ PAL,tS ] -- -- 
De la cour tt, e.n descendant le degré S,, terminé par un ciel ouxert 
S', e! prenanl à gauche un ,outerrain pa«sant sous le grand_ :,l°gis V, 
on avrivail à une poterne T, lannan dans un h»ssé qui separa, 
tout 
le front ab d'un jardin, fi-,.nar, t «,vrae avance. I ran<l 
est 

A 

Il I I I 

I ..... l , , l 

à rez-de-claussée, 
salle. De la cour H, 
detruil aujourd'hui 

ment en 
Cette 

occupé pat- des cêlliers dispose sous la grand 
on montait aux appartements par un escalier X, 
. En d, d', ,:talent des portiques, et en Z un lâli- 
retraite qui réunissait la grosse tour à la tour Saint-Marlial. 
dêrttière partie, dont on ne voyait que des fragments en 184î, 

' (;et escalier fut détruit vers 1620, et remplacé pal" un bel escalier placé dans la tour Y. 
C'est de t6"20 à 1634 que furent éle,'ées de nouxelles façades dans La cour, et que furent 
arrangés les grands appartements actuellement occupés en partie par le musée de la ville, 
Nous avons retrouvé les traces des fondations de l'escalier X. 



,enclavée dans des constructions beaucoup plus rdcentes, a eté rasée 
w»ur faire place au nouveau liment de l'lt6tel de vill. Mais ayant 
t chargé de diriger celle dernière çonsiruclion, nous avons pu con- 
stater la disposition des grands con[re-forts avec mâchicoulis M, et du 
petit corps de garde N avec sa poterne n. Les btiments p, «lits de la 
Madeleine, sont les plus anciens. I1 se composenl l'un rez-de-chaus- 
s6e votif6 e d'une grade salle t, également VOîltde, ¢ous une 1*11 
chapelle disposée_ au prenier cta,,e ;_ cette salle t comuni«luait avec 
le passage lit de. l'Ancre  par deux portes VV'. Ces portes VV' levaient 
permettre au pullic d'entrer dans la salle t, qui servait ,le chapelle 
I»asse. Une cour «le comnuns était disposée en m avec un petit logis 
e t%rtifi6. L'eceite d l'archevèche allail se, joindre à celle «1 la 
«':ll.lrale par uu mur f, égalelnenl fortifié. En g, est ue grande salie 
«'alitulaire. L'«lil" de la calhédral cottiuait ls 
«'6td fpar un suile de Iourelles crdneldes rdunies par «!,s arcs su'- 
tonl6s de cr6neaux, aisi que les cur,»nnemenls 
palais prdsenlait donc un ensemlle de ddfnses formil«l»les 

par l'énorme fou," carrée F, f,,,'man! saillie. 
Examinons tainlenant le pla du premier élag,, de 
L'escalier X lel'mettaii d'arriver direclemel le la 

ce palais (fig. 
cour à la gran,l 

.lo,'esque de tous ces grands b'atiments se 
aulres, surmonlés d'un c6té par la grosse 
l'abside colossale de la cathédrale. 

salle V, possédant une vasle cletnin6o «l,:,nl on voil encore les traces 
.h l'oxlë,.iour. Celle grand salle ëtait ëclairée lar d,. lautos fênèl,.es 
locminéos de tiers-point, et couverlê au moyeu d'arcs llein cintre, 
lO,'tan! un solivage au-dessus duquel Cai! , élago lanbl'issé donnant 
su," le erénelage exlé,'ieur. De la grand .,_aile on l,ouvail arriver à lous 
les apparlements. Des esealiers i vis permellaient d« descendre au 
roz-de-ehaussée sur plusieurs points, ou de monter aux ëtags 
rieurs. On voit qu'o ne pouvail otlro," dans 1«, salle ,ctogonale lo la 
lour carrée quo par un passage délourn,;, ci le celle salle oclogonal," 
o deseendai! par une t,'appe dans la sali,, circulaire «lu rêz-«lo-claus- 
sec, laquelle servait de chartre ou tic «aclol. De larges nàcl,icoults 
s'ouvrant au seconl elago,, h la lauleur (lu cré, lage, défendaient !,. 
fronl ab. Ici on reconnai! l'ulililé des passages praliqués en I 
sur les deux arcades f,'anchissanl la rue K ; ils élablissaient une con- 
nunication enire le logis L e! celui T de la Madeleine, e! enl,'e la 
Saint.-Martia! U et la chapelle 5I. Le cloi(re, couvert en lerrasse, don- 
nai! une promenade d'oh l'on pouxail jouir «le la vue élrange,nent pil- 
découpant les uns sur les 
lour carrée, de l'aulre, par 

Ces conslruclions sont élevées en lelles pl_rrês de Sijean et de Be- 
.ziers ; elles couvrent une surface de -l,O00 mèlres environ, déduction 
faite des cours : et malgré les nolnlt.euses mutilations qu'elles ont 

' On d,;.iguait ailsi ce passage, parc,, que. 
.,comme signe des drits que les archexèue. 

s,»us l'arcad,  I, était suspendue une 
possédaictt sur le port de Narborme. 

ancre, 



su|,es, Ilen que des couverture» llates modernes e! san.s caracle.re 
;orll l.Olllplacé les anciennes loiltlrês à penles rai, idem, l,len,qu,e de. 
««[onrlions miséra|los ou l'abandon aient délruit plusieurs ae eur 
l»arios les plus in«;rossano, olles ne laissent pas d'en imposer par 
leur grandour et leur puissance.. 

Nous donn,,ns (fig. 13) une  ue cavalie'e de ce palais, prise du cSté 
oit' la grosse lour carrée (voy. g.oe, SaLL, 'I'0'1). Mais ce palais 
des arehevèquos do Narbonno os un pauvre logis, si on le compare 
au palais des papos i Avignon. Il es nécessaire, pour faire comprendre 
l'importance de eolo réidence des souverains ponifes, de donner un 
historique sommaire de leur séjour dans le eoma Yênaissin. 

Au xnl' sib_cle, le rocher d'Avignon, sur leq.uel devail s'élever le. pa- 
la¤s des papos, était par,le en pâlurages, partie eouverl d'habitations 
1' 
dominées par ancien eh'eau ou palais du podesa, non loin duquel 



__ 0__ [ PALAIS ] 
celui de l'évèque '. De ces consrucions anlérieures au séjour 

13 

des pontifes, l'église NotrelDane des Don)s, servant de cathedrale, 
existe seule aujourd'hui. 

Item civitas (,venionis) habet patuum quod est juxtà cimeterium Sancti Benedicti 
usque ad rupem castricum pertinentiis suis usque ad Rhodanum et usque ad domos que 



PALAIS 

--- 26 -- 

Le pape Clémen  vin à Avignon en 1308, et halila le couvenl des 
Frères pvëchêurs (Dominicains). Clément V etait Bel'lrand de Grotte, 
archevëque de Bordêaux; ce prélat passait pour ëtre l'ennemi du roi 
«le France, Pl,ilippe lo Bol. Ce prince eut avec lui une enlrevue : « Arche- 
« vëque, 

iomla h 

« quo 
« VOU]êL 1110 
Irarid 1 

Jt'all XXII hatita le palais, alors 
actuel des lapes (1316). 
C'est s.rniand de Via, son 

lui dit-il, je puis te faire lape si je ,.eux, pourvu que tu pro- 
de lil'««'tl'o.x.,êl" six gl'hCês que je le demanderai. » Bertrand 
s«,s gonoux, et lui répondit:,, 3l«»nsêign.ur, «.'e,t à présent 
v,i.., «lUe vous m'aimez plus qu'l,Jn-,o qui vivo, et que vous 
rendre le lien pour le nal. Co,tandez et j'-béirai. » 13ev- 
Jlle ful Alu, êl viril s'élablir on Fl'alicê à A,,ignon. 
1' 
silué sur emplaeênient du palais 

nexeu, 6vëque d'Avignoli, 

qui, n'ayanl 
aujourd'hui 

imiter «le palais, a«heia le terrain ou fui b;tii l'al'cheëché, 
,t, ççulë far le pelit séninaire. Jean XXII, x oulanl agrandir .le palais 
qu'il llallilail, fit dënioli' la paroisse de aint-Élienne, qu'il Iran:sféra 
à la «liapelle aillle--3lalel,iiio. 
Ilenoil /II, en 1.336, lit «leiliolir «lu palais loui eo quo son prédé- 
.coeur avail fait construire, et d'après les plains de l'a'cllileele Pierre 
l llreri , Iii lfilir la parlie seplenlrionale du palais aposloliqu, qu'il 
l,riilila lai - la lotir «le Trouillas. Sous ce pontife, 1«, «hanibre aposto- 
li,luè açti,-.ia le palais qu'avail fiiil lfilir Al'liland 1, Via pour servir 
«lhabitalio aux fiv;quos d Avig»on. t'léinenl VI lit construire la façade 
méridionale lu lalais des papas ci. les eneeinles du midi qui, dans la 
suil,, serviront à clllenir l'arsenal. 
C'osl en t37 seulonent que la ville d'Avignon ci le eonitat Venaissin 
«l»inren! la i,ropriélé «les lapes. Avignoti apparleliai/ à ,Jeanne de 
Se,pies, «lui «.rail cn,tesse de l'rovênee en mëmo lelp« que reine des 
D.ux-5iciles. Cliassé. de Salles coltinée -oupç'onnée «le coniplieilé avec 
le, asassins io scn nal'i, Alilré .le llongrio, Jeanne .-,e rëfugia en Pro- 
x e/lce, et ,,ilt se joler aux pieds «le Cléiiiei! VI. Lorqu'elle quilla 
oJJo Alai! déclarée inno- 
; elle ëtait munie d'une 

Avigion pOul'retourner dans ses Etals d'ltalio, 
cente du crime dont la voix publique l'accu.ail 
dispense pour épouser son cousin Louis de Tarente, le 
{.faleur de l'assassinat d'André. Avignon 
lenaiênl au pape. 13être cession avait été 
l'ills. 

principal insti- 

et le eonlat Venaissin appar- 
slipulée au prix de 80,000 flo- 

Innocent IV acheva la partie méridionale et la grande chapelle 
upérieure. Urbai V lit tailler das le roc l'enlt»lacomen! de la cour 

,, possidentur pro 
« et us,tue ad cime 
t llibl, d" ,vignon, 
fait en 1234 par 

.d,, la préfecture de , aucluse. 
i Ou Pierre ïbrier, selon les .tmale« 
.d'A,,ignon par SI. llequten; comm. 

Hugano Bertrando et sieut protenditur usque adstare Bertrandi Hugonis 
terium eccD.io ,ate 31arie et usque ad ecclesiam beate 31arie de astro. » 
fonds Requien, cartul, des stat,its, lavent des biens de la reptbl, d'Avignon 
le I»destat Parceval de Doria.)- Communiqué par I. Achard, archiviste 

d'.l«i/no»l, t. III. -- 31anuscrit donn, au musée 
par 31. Acharl, archiviste de la préfecture. 



--- 27 --- 

[ P,LAIS ] 

principa!e du palais, et y fil creuser un pulls; il fil 

des Anges, aux stx deja battes. 

scpi/.lnO leur, dilo 

Gt.égoire XI part p.o.ur Reine en 1376, etleut't en 13"78. Aitti le palais 
d'Avignon a été le stege de la papauté de 16 à 136, pen«l«tut soixante 
ans, sous six papes. La papauté était alors franç'aise, élue prittcipalomenl 
1,archi les l)r;lats gascons et limousins. Les papes franc'ai» 
«les canditlats de leur choix au sein du sacré (.ollége, t.l tain- 
lin'etl leur l»r6dominance pendant la durée du séjour des papcsh Avi- 
«not I! no faut pas oublier ce fail, qui eut, comme ous 1«* vorrons 
foui à l'lteure, une intluence sur la conslruclion du palais des l)al,s 
d'Avignon. 
Les allipapos, Clénent YII et Benoil XIII, occupèrent le perlais d'Avi- 
gno de 1379 h I t03 (mars). 
Benoit Xlll fut assiégé dans le palais par le maréclal B)ucicaul, 
8 soplelnbre 1398; le siëge fut converti en l»locusjusqu'aptbs le déparl 
de ce ponlife, en 103. Roderic de Luna, nexeu de Benoil XIlI, fui 
nouveau assiégé, ou plulSt bloqué, par les légals du papo de 
par Charles de Poi[iers, envoyé par le roi «le France en 1409. Il 
lo palais, ainsi que le château d'Opp(,(le, par capitulalion en lalo 
22 novembt'e I Il 1. 
Le cardinal ldgat (ca.dittal doClornonl) fil latir en 1513 l'alpartoment 
appelé la Ilirar, de, 'egat'dat le ni(li, «.I la galêt'io couvo'le qui mellait 
n eOtluHicalion ces appartements avec les tours l»nant sur le 
jardin : c'dlail lb que les vico-ldgals t'p«oaient leurs  isil. 
On a tenu dans le palais d'Avigno six eoclaves : 
Celui pour l'dl-«'liot «1o Bênoil XII, et 11335: de Cldmett VI ca 13 l ; 
d'Innocent VI, ,. 1352;d'Urlai V, et 1362: lo Gr6goit' ' XI, «. 1370, 
et de Benoit XIII, en 1391. 
A la suite d'un conflit qui cul lieu on[t,o les gens du pape 
duc de Gréquy, ambassadeur de Louis XIV près le saint-siege, 
facliolns demandées à la cour de Reine paraissant insuflisanlos, le ri 
de France fit occuper Avignon par ses troupes, et menaqa le souxorain 

t)onlifê d'envoyer un régiment à Rome .(1662). Le général Bonapartc, 
par le IraitWde Tolentino, obtint la cession de Romagnes et du comlat 

d'Avignon. 
Ainsi, en soixante années, les papes firent bâtir non-seulement celle 
résidence, donl la masse formidable couvre une surface de 6-1)0 melres 
environ, mais encore loule l'enceinle de la ville, donl le développement 
esl de.1800 mètres. . 
En 13"78, un incendie détruisit presque tous les combles du palais 
des papes . En 1-113, la grand salle du Consisloire, le quarlier des 

i On oit encore aujourd'hui les traces de ce sinistre dans les parties supérieures de 
l'édifice « L'an t378, à l'heure du trépas du pape Grégoire XI -,i Rome, selon les ieux 
documents de Provence, le palais d',ignon s'embrasa par telle ri:teur, qu'tl ne fut a- 



[ PALAIS ] 
cuisine» et celui 
«le Marc, neveu 
ville t. 

«le la 
d u !,a pe 

-- o_8 _- 
sc, tnmellerie furenl can,_.umés niaigré la diligeee 
3ea XXIll, ci qui commandait alors dalls cette 

L's dacumenl« éleniu.- lue 31. Ac]l:trd, 

arcltivi.-,le de la préfecture 

«le Vau«lu 
«[ll{ llOtl IIC 
al.c|il«.«le lans let (c»Iruclion 
«è'lail Pierre I lrori ou Pierre Oh 
,ais ce qui 1 esl elC«»,'e mains, 
lecture ilalienn" du xt" >iec.l', 
,u lats le nOl'l !," la Pé,iule, 

ptp .;. D,'pui- la 
l'«.tetlue de ce, 
lion, l,.s |,l',,fils, 
a|lllarliellliolil à 

a lioli votllu rétiliir pour llOtlD, aVi-'C Uli Olli]lv('SSt'iiiellt 
1 «110 o, uvre colossal : Cel tlll 
rier. t)li'ri li'el uî.i'e I1 liOili ilalioli ; 
1o liinuliilil lui-inèliio. L'arêtii- 
oit lue llCiUS la lll't'iliolis tlillS i0 
iie rallllt'lle Oll l'ieli celle du palais des 
[(lUl' lo Tl'ouillal, jusqu'il colle ios ttlges, dans loule 
àliiiionl. «lu lierai au til, de l'esl h l'ouest, Ici çonslrue- 
l,.s s,.i.lion tic lile, le» v«dles, les liiios, les défenses, 
l'al'cliile«lure fraliqaise du Midi, h cette architecture 

glllliilU,", 
IIl«lll'$. L'Cil'Il 

,Il'ail,' le Niirl 

,lui e lël/arrase lit:ti«il,llieiil le cet'taille-t.rallitions ro- 
(.liit.lll«llîoli, li.è._,-,oltl'o l'aill'lil's, raPl»elle «êlle de lli el]lé- 
oil liî dali çê- l,ailies li«t u l ês. lili dal èlil Iltl çoliiliiêliçeliielil 

Ilii xii," si/''l-'. Or. lit c«itllé¢lrale ¢1,' Nail'llOliliO esl l'!l,uvre d'tlli «lrchitecte 
l'r;ilil'ais, 1,-. liitlllO poul-ëlre qui làlil ««,!1o lê I]lol'lllOlll Pli Auvel'glle, 
.l ,''11,' lo l.iili(»,,-,,_ ailii quo leul le fail'ê o]lpl)ser la plil'faile COllfOr-. 
s Il'et> l»lains. Le seul» létails ltl lialais d'Aviglion, qui sonl 
Iii' lil'lVCIlallt't ' itali,iino, eo S(illl les leinlul'es aitritluées 
SiliiOii Meliiliii OU à ses Cèves "2. N oublions pas d ailleurs 

V, qui le prelnier élal»lit le siCe' apaslalique à Avignon, 

Borleaux ; que 
h Caliors; que 
çollle de Foix: 
l'Allel.l ne pi'es 
elai! Guillaune 

Oriiil,al,l, lit' à Grisac, dallS le Gévaudan, diocèse de Mende, et quo 
Gl'ég«,iro NI, neveu lu l,al, Cleent VI, élail, comme son oncle, nL à Mauln»lil. au «lio«'so lo Linio,,os.., _. Quo es papes, qui firenl enlror 
daiis le sacré oeilCo uii grand non-ilro de prélats fl'ançais, ol pal'lieu- 
lièrenenl de Gascons ci des Limolsins, eussent rail enir des archi- 

mais au pouvoir des hommes, quel secours qui de toute part y arrivàt, d,  l'Ateindre ni 
arreter, que la l, lus gran,l,- partie de ce grand et st, perbe é, lifice ne fùt a,-se dévorée et 
mise en consommation par les ff.mimes, ainsi que j'en ai moi-mère, • encore vu les mat- 

« ques et vestiges dans cette fière et ltautaine masse de pierre » (Nostradamus, tlit, de 
Provence, p. 437.) 
 Journal d ,n h«bia»t d" lvt.qatoti, cité par Gaufridi (Hist. de P»'ot'ece). 
: Il est bon d ooserver te, quo t;iotto était mort à l'époque où s'Alevait le palais des 
papes. Les seul,-s peintures qu'on pourrait lui attribuer sont ,'elles q,fon voyait, il . a 
quelques 
les papes 

annees, sous 1, • porche de Notre-Dame des Doms. Mais quand elles furent faites, 
n'étaient pas à Avignon. 



[. PALAIS 

toc!es italiens pour I,à, ir leur perlais, ceci n'est guère vraiseml,lable ; 
nalS les eussol-ils fai! voni,', qu'il serai! impossil»lo toutofoi de ne 

i«»in, consi,léror los con,ruc,i«,ns du palais dos lapos d'Avignon cone 
aplat.,enanl à l'architecture dos p,.ovinco n6,'ilionalo de la Fra,«o. 
Nous i,tsislons sur co p«,inl, parce quo «'est u préiugb çOlllllUlléllOll[ 
é,«,l)li que le pe,lais «lo q,l,OS os, tttle IÇ ce..c,ns[l't]«li»,l, gra,,li,s,' 
«,l»l«,t.,,.n«,n, «,ux a,.l «1,. I,ali,.. A celle "l,«-«l,O. «tu xt* si/.«l,', le g,»fil 

,.elativo,on! «ians u,, ,.let! 1 p«li: l,'ofl,nle. 
Midi, «tlol's i ,'i'|,--, e,I lllOl!LlillOIll.q, ,tlll 

i, la lin (lu xv" siècle, c'osi-h-,|iro al»V/'-, les con-irt'ii 
f«tilos tlcpuis Cl6t«i V jusqu'à Grbg«iro XI, ««tt' il sot.ait tlit'li«'ilo 
,l«n,or les llralisfol'lll«llioil. des livei's sol.vices qui le «ol,tl-«..,onl, ci 
lo nonlrer, lal ' exo,,tpio, le palais l»àli l«tl • Joa,i XXII. Ce 

à l'oppoite lu Rlt«o: ci« t.lle »(,t'l' que le rez«[e-citausséo 
lar[ie voisine «1o l'eglio N«»ll'o-Daino. «lui osl 1« l,lu« 
Il'olive «,Il ive;,u lll lrel]ier élage le la pal.lie des Iâlilenls 

en lerllier lient, d!! c6lé sud, par [l'liaill "V. Si lc, nc ne,us t,.acons le 
lu rez-d«.-«husde du lalais les pape., vers sa pat.tic infi:,'ioure. 
I«nl«n o pl.in«, roe],e, on n«u «,van'ant vers 1. Cl'! (tig. Il). 
l,'enlr,:e l'i(,,t,leut' A s'nUVl'e .ul" LIIIP es]lanade ,l,ltin«,,t lou- 

ci ault'et'cis livisée on l, lu.¢ieurs bailles, av,.c 

t',»lil'lillO«, 

,.I l«»rto.._.. Coite enir,'o A est dbfetduo par deux lorses, ,!o aniaux t 
un loulle ntàc]ti«oulis. Et awtnl, «lonnanl sur l'esllana«le, l'ouvrtge 
av,,noé t'ut l.Olplacb au XVil e sib(.le par ul llllll" CiO conlro-garle erénélé. 
Sous 1o voslibulo d'entrée, h dr«ilo, osl la l,c, rlo s'«,uvra,l tlan un 
ç«,vps de garde B. voùl6. De la coeur d'lonnur (] on l,eUl so diriger sur 
tous les points du palais. Du veslilule D Oli iii(liilo 
rieurs par ii la,go ol ltol oscillier 7i deux l'alii]io, ltl ]ieli ,,il lil'e 
IlaliS la gralidO salle bass  ol son anliexo F, ou oilei'o lili4 la salle G. 
Par le passago 11, on des«elid à l'epl«irlado oriênlalo l, i»!1 l'on l17iibli'e 
dans los sallês K, Sail la llir L êl Slli iilliOXO 1. Pal" le l,,lil l)a$sao.I i 
el «Oliiliiliiiqiiiil ax lél'('liSOs Sllpt;i'iolii'ês llar tin oscaliev 
lili ]lolOl'liO lefonllo ltlil" lill liiâçliicoulis ililél'itr, liliO ]ioi'»o 
VallliltI%. Efi , est lille sOO(llllP ptilt?l'llç tlé[,'lidUe ]l{il" le liià«lii««uli« 
ol IliiP lioi'e ; en T, llii 1loTi'; qui iliolilo ati rz«le-cliau-é,, 1, la parlie 
Ilii l«l«iis làlio Sili' 1 rocliêl'h lili iiivoa/l llus levé qtle le ol de la 



cour d'l,«,nneur. La partie la plus ancienne du palais, la tout' de Trouillas, 

i 

I 

en ,, llanquant le rocher et s'Cevant au-dessous de toutes les autres 



---31 

tours du perlais : c'es! le tlon.ion, do! nous ne voyons ici quê les 
soments. Un escalier X, desservant colle partie des bàlinents, 

soul)as- 
(lescend 

jusqu'au sol de l'esplanade I, et donne enlrëe sur le nur de défene Z 
n cimentier «le ronde. En N adossë a ce nur 
garni de ntiehieoulis et d'u , , 
et un fournil. 
Tout ce rez-de-chaussée esl vol'IlA et con.-:truit de maniere h déliev 
pli 1" H Il 

le lenps et la main des lo_tmes. I)u corps de garde B on monte 

ecalier 
escalier 

vis aux léfelisos ,upbvieures de la porte principaloA. UI autl'e 
monlo aux aipal'leonls «l»nnanl .ur l'e.,planade. 
lU'«,n peut 1 l'eCllllaill't , la disposilion du l'ez-¢lo-ehats.éï" 

est. bontie,_ cri ce que, tlê. la cour l'lonneu,', ol arrive dit.o«tontr«tt 
à fous los p»ils du palais. Obsorvons aussi quo les deux l»OlOl'nes II. , 
s»n! l.rcé('s lans dos .enlraIs, bien lcasque«.- ol ibt'en(lue, ; que les 

fi'ont. ,,nt tl;tques, ('t que les archilêctes ont l,rofité de la disposilio 
talul'elle du t'ocler pour el«tblir lêurs t)àtil .tltS. Des jardins s'éten- 
laien! «lu c;te lu sud, sur une sorte le protnontoire que fortno 

colline. D'u) c,;të (evs le ),)t.d); lê 
I{h6nê, et étail ,le l,lus defetdu pat- 

rocler (le D,)s est h pic SUI le 
un fot'[ (le fot't aint-Mat'tin). 

l'autre (Vel's le sud), il s'iml»lanlait au cenlrê de la ville, et let «,,upait 
pOUl' aisi dire e deux larls. Vers l'ouest, les bailles s'étendai,:nt 
jusqu'au pal;ris épi»copal, élaiênt at't'ètées par le rênpart d« la ville, 
qui dêscenlait jusqu'aux bords du llll,5ê et sê reliait au fort ait- 
3lat'li '. Des rtntl)eS ménagées le long (le ce fort lescen(laien! jusqu'i 

la pc,,.te (,u cl,àlelet (lonna,t enl'ée sut" le pont aaint-Bénézet, qui tt'a- 
versait le Rh6nc (voy. PONT). Vers l'est, l'esca,'p(-.lent et abrupt et 
(lomine les ruès (le la cilA. L'asi(.tte (le ce palais était (l,)nc me'vêil- 

leusement el()isie pour 
l)our suvveillel' les rives 
coude assez brusque, pour 
('eitte, et pour SOl'tir, aU l)esoi) 
Alin (le nê pas tulliplior les 

tenir la viii(, sous sit dépendance ou protection, 
du tleuvê précisbmenl au point ,-i il fOl'te un 
on eolnntlniea[ion avec le lllUl" d'('Il- 
de la file satts ètre vu. 
ti c-uros_, nous l)resentons le pl«tn (lu 

palais des papes à fez-de-chaussé« pour la partie la plus bioveê, êt au 
premier étage pour la partiê silueo au-dessus des b'atiment« enl,»urant 
la cour d'honneur. Par le fait, le niveau du rèz-lê-chausseê los l»àli- 
nenls supérieurs correspond au niveau d'un élagê entresolC dssposé 
« partiê sut' le plan de la figure 1 . 
En A (fig. 15), est l'église Notre-Dame des Dores, rétablie dans sa 
fos'e pvemiès'ê et a;'ant l'adjonclion des chapelles «lui ont altéré 
l»lan de ce bel édifice. Élevée pendant le XII e siècle, l'église Solre-I)an,- 
«les Dores, aujourd'hui êncorê cathedrale d'Avignon, fut eonsêrvéo 
les papes, et c'est dans son voisinage que les ponlifes élêvèv«nt l.s 
l)renlières constructions de leurs paltis, entre autres les lotrs B et les, 
corps de logis b. S'avançant peu à peu vers le sud et. suivan! la déclivité 
du rochw', les papes fermèrent d'abord la cour (3, entourée d'un large 

t C,e fort l'tir ,Iétruit, en 11550, par rexl,losion de la poudriëre qu'il contenait. 



[ PALAI  

t 

portique avec étage au-dessus, puis la cou]" d']}onneur b. I1 est à remar- 



-- 33 -- 

[ P,LAIS ] 

quer qu'en élevan! chaque tour or chaque corps «le logis, on les fi».ti- 
liait., lOUr mettre toujours les p»rtions terlninéos du palais à l'abri 
«l'uo aalUe. Ainsi, le bàtiment E, par exesple, «tait défendu par des 
8t«iiçoulis en e, parce qu'au oment de sa construction, i[ avait vue 
directe sur les dehors, la cour -i'lonneur D et la grande salle G ayant 
été construites en dernier lieu, ainsi quo la tour II. 
Sous Url)ai V, les apl)arteents (lu lale  tl'«)uvaielt au 
étage, autour de la cour d'loxneur. Ue gratl, 
'eent voletC, ervait 1 «l;pelle. Ces vo6Les 
belles peintu',s l«»nt il ; r,ste plu que 
ci'honneur I l;it nLrée «l;s ««,tf chapelle, 
nents dos «o.p> !o lgîs h l',ccide,at vt au lev;traf. 
vi«o l«g,' l's libcos «1 l'ailo ,t'«idestale, es lose'vi lar l',,s«ali.' K, 
;tloutit au-d«'ssus de la 

nicalion avec 
les chan]lres 
dehors. E F, 

ll'?lllil- 
salle (la salle G) eliè- 
ét«tieltl couver'tes de 
fragnents. L'.,c«lior 
ci dans les allartè- 

polernê P, et tet l'ail,, ,«','ilenlale en cotttu- 
le logis E. Un créne, lag«, avec lat'g,,s tttâc}ti«'«,tJis J,o'tlaif 
de l'aile o«cidentalo, au niveau du .prei," ctgo, su" !; 
étaîent plac6es, au p,',tnier etage, ls gt'atles çuisi.,, '. 

La salle des festins ét«tient au-dessus le la salle b, et 
rée des galeries du cloitre par une cour très-étroite ci tt'ès-longuc : - 
observera que des màclicoulis d6fendent le pied de lU«ttre 
qui entourent ce cloitre. Des Cloisons, dont nous 
cotpte d«,n:" :e flan, parce qu'elles ont ét6 clang6es llusieur« t-is 
de llace, divisaient les le»gis «lui entourett le cl«it,'e et laissaiet lês 
couloirs le service. Ge wtste palais était donc lrbs-italif«ll«', 
les pièces +;tant éclairAes au mois l'un c,)t6. On t.t.lllarquol'«t «tussi que 
das l'dpaisseur des tu's los t«»ul'S ,,lattttte,t, sonf ll'fiquds los 
couloirs cio service t des oc«tliors qui ttt,ltai,,,ti e 
les divers dfages entre eux, et pouvai.t ;u lesilt f««ilit.t' 
Une elévatiot prise sur Louto l'6lozlu-, le la t,',' ,.çi«lettale fiit 
il' l'onsentl.le lo ce najestueux palais (fig. 16)lti ,I.nine la ville 
«l'Avignon, le cours du Rh6ne et les «attlmgnes .lvit'-ztnanfos. Il 
autrefois riclement d6coré de peintur.s h l'intél'iour . Mais doux in«on- 

ont détruit la llus grande parliê des 
assez ricleml loils «lalol lu 
gratd osctlior, aujoul'd'ltui 
lè lièl't'o p»iio, sês vo61es étaiêttl 
sllonlide.-,_ et ««ntenait les 

lllOliti- 

dies, l'«tbandon et le vandalisme, 
«lécoralins. Quelques plafon¢ls 
XVl  sibcle. L'ênmarchêmênt «lu 
ci sovlide, élail fait de matière ou 
peinles. La clapêlle fail dês plus 

lUO furent lép,sé.-,_ les trolllee, Gastille, h la suite de la vicloit'e 

monts précieux: c'est (lans ce vaissoau 
envoyés au pape en .13il), par le 'oi lo 
de Tarifa. - 

t Ce sont ces cui.,i,es ,lU'On noldre comme étant ulte salle d'exdc.ution à huis clos et une 
chambre de torture. 
t 11 tac reste de ces peintur«.s q,te des traces dans la gran,le chap,:lle, et dans deux des 
salles ,te la tour dite aujour, l'hui de la Justi,:e, 3I 

a, lI- -- O 



lourelles 

-- 3 --- 
qui surll,Oll|e,l[ la pOl'[e 

l'etl'ée en forme d'co 

ehauguelles ne 

lu z'el | 

(iémoliês qu'en 1749, parce que (dit un l'aplurt 



du sieur Tl,iiaut, inzénieur, en tiare «lu °9 mars de la mëme année) 
elles enat:aien! ruine; un lableau dépos6 dans la billicll,que d'Ai- 
gnt el llusiêurs g,'avure nous en ont conservé la foc'me. Çuat aux 
««u,.on,telels dç, s tours, noiamttent ce,tx «le la tout" le Trouille,s, ils 
,,I solil dgalenenl reprdsenlbs dans le lalle;lux êl ë,'avures du 
xv' siècle. Le palais des papes possède sept fours, qui sorti 1  la 
[ur tlo Tt'ouillas .» de la Gact  3  lc SaitI-Jean l  le S;tittl-Lau- 
ve.tri, 5 lo la Cl«,«'lt+., b des Anges  7 lt. l'E[t'ap«t«le 
lcs légals lalilb'ol le palais «l'Avignon, a[rbs le 
l«ll«' Bêche, il XIII, ol y tirett[ queltlueS It'avaux, ottlt. tulr.s if » ««tlinal 
va[ le [et'ri ou l'rien[a[iot la l»lus itvoralle, suiva[ l,.s l,esoin» 
,.1 1' l,»«i[ h cltaque corps de l»gis la fi»l'me, l'apiavece qui con- 
Tus les palais épiscopaux n'avaient pas en Ft',n«e ce[ aspect de 
fi,'[.t'+.sse, l:e lalais arcli6piscopal de Roue, le pal«is épiscopal 
l'É'«ux, «olui le Beauvais, 'c]»t[is l>resluc etlièrentenl au xv + si/.clo. 
'esctllaien[ tbr[ a des h6[els lriciers s'ouvra[ sur les d,.lors par 
1o ial'ges tè[res, et ne p<,sséln[ lius le [our de ddfcne. uant 
aux rois de France, h dater de la fit du xv + sibcle, lorsqu'ils résidaient 
las les villes, ils iali[aien[ des l6[cls. A Paris, le t'oi possdlai[ plu= 
si,.u's l«[els, ci dans la l.lupal.[ les l«nnes villes ,» avait le l«,is du 
t'i, lui souven[ 'd[ait qu'une '6,il.nce [l't.s-ntoles[e. L .s «là[eaux 
fure[ lrdtë.és, t, y jouissai[ l'ue plus gratde li]et.[é. Le, lt'oul,le» 
qui retpliret[ la'capi[ale i>elat 
«;,,e[ le souverains à ne plu »e lier qu'à de bonnes urailles h dis= 
 - 
[a«e de la ville. 

L«.s «ltàlêaux <lu Louvre, de la Bas[ille, de Vinccnes, ceux dos lor«ls 
!,. !« l.,ire, dovinron[ la 'dsilonce lali[uello des rois de Franco, 
çleç,ttis les uerres de l'itlél,etdance ju,<lu'a u règne de Fratqois I +'. 

' C,-' nom lui venait de ce qu'elle servait de guette. Du haut d, • la tour ,le la C, ach,.. 
l ll l,ls voiino de la faeade de N,_,tre-Daue ;les D,ms et la plus élêx-ee, v,_,3ez sur la fa;a,le 
,1 ,l,,Ituait, à son [le trompe;" le signal du couxre-feu, on acrtissail les habitants eu cas 
,l'it,'.ndie 011 d'alarme. 

"- ¢;'est la tout" située entre la porte et la grande chapelle (voyez la 
 L'empereur Nal,oléon 111 avait donné l'ordre, lors de son passage 
de bàtir 

faça, le). 
5 Axignon, 

palais. 

en 1 
tne caserne dans la vill., afin de pouvoir debarrasser et réparer ce magnifi,ltte 
La caserne a etWbàtie, mais 1,-. palais n'en est pas moins occupé par la troupe. 



Les grands vassaux suivirent en cela lexemple du. souverain, et préD- 
raient leurs cbàloaux à leurs réidenees urbainê«, et le nom de palais 
»esla aux b'fitinenls occupes par le pa'letnents. 

d'un escalier (vv. 

PALISSADE, S. f. (palis, plas,'is, .pel, peus picois). Enceinte formée de 
l,iux ficlés e Ici're et aiguisé« à leur partie upérieure. 
B,'auc,,up d " ),u'g«,l«'s, de village., «.t ll)al)ilalions rtlralês, manoirs, 

nt,,yen àg,, fermés que de palis- 
.,sses-c,,urs, jardins, garennês, 
e l-,ali.sado avec haie vive. 

|1 
(( 
(I 

l.,'l ri Il (l'iU d," re«lmvrent ,I," plaseis 
Fu ml,Il fors li estors et durs li f,.reis'; 

Ne l'p,,.t  l'ir c,L.,_tiau., tal,t Slt ClOS de palis, 
F,,.,sés, ne murs enter, dgnans, ue l,las,,i,. . » 

Il ,:toit l'uage aus:i lo planter de palissad«.s 
,les villê..,. ,le tn«tièr, h lais..,or onll'e la nuraille 

an ],ied des relnparts 
el l'enceinle fie pieux 

!111 e.l,«t«o-,'rvatlll 1 çlJe)Jin lo ranci., de lice. ainsi qu .lors on appe- 
lait ces O,l»a«,-s. C'clair tn t,,yon d'empècher les assailianls de saper 
pied lo» 1.Oral,al.l, lorsqu'il ,'y aait de fosés, 

«l,fen:o. et lo lerine{tre aux assie7é» 
froupê involissail un clàloau ,u une 
le furieux (:'¢|lt[s livres pCtlr s'emparer de 
;tfin de pouv«}ir attaclter leb ll]ineurs aux 
galeries et leurs roula»les. 

pas de prolonger la 
le fiire des SOl'lies. Lorsqu'une 
ille fortifiée, il y avait d'abord 
palissales e! des lices, 
ou faire approcher les 

,, ,p«rtez mei cet pel dont cci chastel est clos, 
,, Cern ainz l'arez tolli, ainz sarez à repos'. » 
,, Li Dus a ttcrloin ntult bien as:eutC 
« )lomteroil a bien clos, enforchié ë fermé. 
«/3,- pêl à hérichon, de mur ë de fosse '. » 

poent pel ne ,mllF relneindre 5. » 

Ces ou:rages 
importattce ; ils 

«le boi« autour des places avaient souvent une grande 
formaient de vérilables barbaeanes, ou dëïendaient de 

' Li Boman d'.-|ltŒEaldre. : Comba! 
iiO. 
lbhl. : Message d Darius, p. 251. 
 Le Roman de Rou, vers 600. 
• Ibid., vers .,.,.,.,. 
 lbid., vers 735OE 

Perdicas 

et d'Akm. Eit. de Stuttgard, 18t.6, 



[ l'AN DE BOIS 

]onguos caponnieres. Les assi,.ge» faisaien! du nieux qu'ils 

Iour les conserver, cal" cps 
cendre leur conlrevallation, 
«les provisi,»ns, et. rendaient 
efficace en ce qu'elle déc«»uvrai! 
TECTUBE MILITAIRE, SIÉGE.) 

pouvaient 
palissades forçaient les assaillants à 
permettaient l'entrée des secours et 
la défense «lu itaul clos reml>arls plus 
un chatp plus eletidu. (Voy. AlCnl- 

égale, un l«tn le l«,is gara,lil llioux les llaiila 
varialions «lê la telnléralurê êxtérieure qu'un Il 

pierre. Il n'est pas le 
el plus légèrê. Aussi ompli-l-on 
de lois lans les intériours 

à la tbis llus sclile, llus dut'al,le 
encore l,al,i[uollolnenl les paris 
; seuletenl, au lieu le les laisser 

alparenls , COIIIiIIt' cela se lrali«luai[ toujours penlant le ,3-en hge, 
on les courê d'un enduit, qui n larde gt61"e h e«]ault'er les lois et à 
les pourrir; ais on shnule ainsi une <'os[ruc[io «le lierr, ou [out 
au m»ins le n,oellou eniuit. 

Ou no saurai[ «loer le om de pan de l_ois aux 

emlil;,ges It,t'iz«,n- 
laux, de. Il'elle d'arbres équarris ; telle so.le de sl.rllcltlle n'«tllarliont 
pas a l'art «lu clarpelie : on ne la voil onployée quo «lez <'orlains 
peuples, et jamais elle ne fui adliso Stlr le lorliloil,o de let France 

à dater de l'époque gall<-romaine. Les Gaulois, au dire de (]esar, 
Cevaient quelques conslruction, olammont dos ur» de léfnse, 
au moyen de ]ongrinos de lois allernées avec «!o pie,'l'e et des Ira- 
versos;mais il ne parail pas quo celle méli,olo ait élé elnplovêe, len- 
dan[ le noyen (ge, e[ elle n'a aucun rappol.[ avoc ce que nous appelons 
un pari 1o bois. 

difficile. Les 
peu de temps 

Le pan de bois, par la combinai«on des assemllages, exige en effet 
les connaissances élondues déjà «le l'art dt clarl>olier" e[ ne se ren- 
ccn[ro que clez les populations qui ont longtenps pra[iqué cet art 
Romains étaient d'habiles cllarpenliers, e savaient en 
elever des ouvrages de bois d'une grande importance. 



Lo l.oiplos (lu N,)r«l, oi particulièreneni des N«)rma«ls, oxcelle{s 
cliarlliers , OIbrel a ces iradilions antiques de nouveaux élé- 
menl, «,me Imr eXeml»lo l'emploi dos lois de randes longueurs 
et des iis courles, si fréquomnol u»ilés dlins li çlarpenlerie na- 
vale : ils ;ll¢pibl'enl cerlains «lenl»l;lg» donl les ccupos oi ue pui- 
san¢.o exlra«(linai'e, ('Oll]lllO [IOUI" r;»iste aux çlocs et aux Olranle- 
nonls auxquela sol sounis les navires, et jamais il n'eu'enl recours 
ail 1' ]llll' relier loul' OUVl'agos de lis. 
I»roligies d'une llallel'e qui !1 lilil ]as rare sur le sol l.» 
les «lt'«llilecl s l'Olllallq, lorsqu'ils Ol,vaiotll (les [)ans de lois, laisaietll 
peu 1. ll««'o ax rolli»aFe. et se servaiet vcl«lier ¢le 
sil,»l Iri«-ép;i5so, ; oi> très-larges, délilee ii«ns les Iroc 
;.n,.s. «.t ft l«r leur «»,,llago un, l«urde 
n'aya,l g6ro i'esp«ce villes olr' ,ilo que lo laiês n ;cessaires 
L'a,selllg-h i-I«is f,rlOllel «levill6 6tait un le ceux qu'on 
elloyait 1 1i uvet h «e 61«ques reçulées. Jn eonpo,ail ainsî 
le vdrilalls lattleaux rigi«les qli enl'aielll en rainure dan» les 
Iiib'es laul«s et Iasses. llarolOt, h cette eloque, plaç'aît-on des 
« - t les pans de boi «talent pris entre les 
]loatlX l'(l'iliOl'S aUX angles, o 
tèux .janlos-dlribres «le lUrs cio naç.onnerie qui formaient pîFnons 
llll'r;lool ; on un 11ol, 1o pal l« lois le face ri'une maison n'élail 
ll'un, dêvanlure rolaussée tic couleurs brillantes cernCs de larges 
Irais oi's. Bie entendu, çes consll'UClions, anlérieures au Xll  sïèc!e, 
oI depuis longlelnpS disparu, ol c'osl à peine si, ians quelques an- 
«ieo villes t'ranç;tises, on en I'ouvilil dos tlel'i il ) ci ue l'Olllliil!o 
d'ane s: eçore tlllail-il les chercler su «le» l«llli r6cenls, ou les 
ei I8:-l, l,ssier h Dreux, penlanl qu'tn la jelail, l«is, les fr«lgnels 
dune naiscn de lois qui paraissail daler du ilieu du xF iècle. 
Coite naison, exllaUS»ée au xv e siècle, no e COlposail. lriniliveienl 
qu« d'un rez-de-çlauss,o, ri'un l-remier étage en oCol'lellomell 
ci'un »«aiêlas_. L'ancien çolle, disposé avec egoul sur llt rue, n exs- 
lail llus. CI l'élage du Falelas avait élé surnonlO d'un laut pignon dë 
loi recouvert ilo lardeaux. Des fenèlres ançiennes, il ne reslail que 
les lilteaux avec enlailles iniérieures, indiquanl le passage, à ni-bois, 
des pied-dr«ils. 
Voici (fi. 1) une vue de ce curieux pan de bois, COlIpris enlre deux 

' Le cltarp,_.ntiets italien.-.-., notamment à Rom,-, ont COllStyl'¥t les traditions antiques, 

et élè,,ent al,jour, l'hui, en qt,'l,lu,-s heures, des echafauds au m,-,yon ,-I,- chevrons court« 
et d'un faible éq,tarrissagc. Il est impossible d,-, ne pas l'econnaitrc entre ces échafal,i.; 
et les charp,?ntcs ri;zutCs s,r- l,-s bas-relief ,le ilt colonne lr.«j«,te ua" l,a,'Kitc identite 



'(I !'I!] i'1 Il I 

-- 3']- [ p , os ] 
avec encorlcllemenls. Les sailières basses ci laules, 

les poleaux, étaient des l)ois de sepl pouces environ (19 centimbIres); 



t P.«:,+ D ++os ] --- lO --- 
les .iamt)ages des fe)ê!rêg, (les l)(-)i. ()e 13 --i-" 18 ce(ilb(rês. Le cintre 
de la porte +e compo.,il <.le (leux ro norcoaux (le clarl)ente assemblés 
h i-I)c)i entre eux et avec les (leu,;, 

jambagês. Le..., :-,olive des plan- 
ï'ltet's relosaiettt, conne les sa- 
i,lièrês l,asses des pans de bois, sur 
les tur I«lér«tux et sur unWpoulre 
]s6o, l«tt.ailèletetl h ces murs, 
"Foule celle clarpote élal coupée 
a,c se,in, orée de quelques 
gravures 

ci'un t«illo creux. On voyait, sou.,; 
i,«, apl,uis «les fenëlres «les galet;t., 
los l'eSle« le panneaux épais égal,,- 
t.l lec«'és pal" de gravures. I a 

<léclarg« 
,-_olive 

laléraux. 
lo, Sit 

le'au il+telltt6{liail'e et ,,ur le. lnut's 
cu.'i+.s, i+s(itl .lies s'asemllolt .-,_ou,, 
niilé< los lilvaux pvitlés tl+,s t'plèlres. 
La figure 3 fera saisir le- assottl»lagos 

élage. La vue (fig. t) fait voir co- 
taces <lu pari de lois 
les pêsanlêurs sut" lê po- 
au lnOyel de léclal'gês 
llibres et dan« les extré- 

des lol+.lels Ol'lll¢lllt jarnl,age: 

L 

I', <!onl le pied est as- 
tenon das la l, relière 
(lu planclter (lu prelnier 



-- 4| -- [ PAN DE B01S ! 
des fênëtres, e! «les décharges courbes. Nous montrons le lintêau A 
d'une de ces fenëtres à l'intérieur. Ls potelet interniéliaires B, for- 
ruant meneaux, s'a.,,,_<semblent h ni-bois dans ces linteatx, et portent, 
à leur extrémité supérieure b, un tenon «lui entre (lallS u,e tlortaise c, 

1." 

! iii' 
!1 ,, 

lnénagée 
lans 

SOU , 

sou lli ..«l,lièl'e. Ulie pelile languette e »'enibl'ève en outre 
le lintêau, ci énipèclie celui-ci «le désaflleurêr le poteau. Les lin- 
A l-)Ossbdett eUX-lllêllleS des languetles /" qui s'embrève[/t 
les sablières en g. La coupe E donne le geonétl-al de ces 

assenlllages, l'inlérieur du pan de lois étant en h. Le potelet G, 
t'ortnatl! jambage, s'assemlle de mëme à mi-bois dans l'e\trémilé 
«lu iinteau, et porto ,on tenon i tombant dans une mortaise j; mais la 
«léchargo E porto une coupe biaise l, qui l»ute le linteau, et un tenon 
m qui s'enfance, ,, dans la mortaise n. Ce tenon fi»rtne aussi" languette 
s'enbrêvant lans l'extrémit6 «lu linloau en p. 
Les assemblage de cette charpente rappellent ceux empl%és dans 
la menuiserie, et ceux aussi adoptés pour les ëonstructions navales. 
• ,,'li. --- 6 



[ PÀN DE BOIS ] 
La nain-d'oeuvre 

./. 
est conidéralle, comme dans loule struclure primi. 
tire; mais on olsorvora que les firrênenls nê oI adnis nulle pari. 
D'ailleurs le cule (le bois elilové, ost «norme. eu égard h la polite di- 
ensio de ce l»a de lois de litee ; les renplissag«s, on ttaç'onnorio 
au en to'çlis a pou irès uls. Au x  sibclo déj, an Ce, ail des l»ans 
do lis l,eaucoup plus légors, mieux col,in6s, 
d'.u.'e b«i é««nis»o, ol qui prée«ien unê parfaio solililé. 
S,uvo. h cosmo blalUO, les olives lês llanclers porol stir les paris 
d,. l,oi» le ficê ' bervo  les relipr aoe les l»ans dê bois inérieurs 
Nous raqs (fig.-) u 1o ces paris 1o bis, qui al»paHion, auan 
qu', l 'ul o J u'°re- I'af l's prolils, h la fi du Xl sie«'le '. Ici pas de 
nuvs pign, i. n«eonel'ie, ('onno 
««s'u«li os .ni'l'«'loll de ciarlolo, e les lisonnoes sonl 

!«  1,,urniss's. L' doux blages le pan lo l,i, do face sonl posés en 
encol'l,cll,nell l'ln sur I«Ull'e, ailli quo linlique 1,' prafil A. l.es po- 

leaux l«tgl,' ,.I i'axe le la 1"¢:«1o I ot! 2-2 .! l 'Olllil|Jb|l'Ob d'«quar- 
l'is',ag'; l,,u les «tul.ros, ainsi lue l;.s salli/..r«,s et ..«lives. tl'Oill que 

1"7 it l:t «enli/ti/.t/"-. l.,.s '.;olivPs 1- tl,S llal«ilel'S pOSallt SUI" les sa- 
l,li,.r,.s ll«tute asSelitl,16es ut" l;t 161' Clos l,,,leaux, sant soulag6es par 
de; g,u,.ts .t liett D t l'ltt,;'i'ul ' 't a l'oxt;riour, el p,.uvent ainsi 
t,.'«.voir a letlt' .xtr61it6 l;t stilib'o las,o le l'étago au-dessus. Ces 
s,lives «.tal -«pa«6c le lr;.s l'un lllblro, elles reç.oivenl le plus fai- 

b«,rdeaux av,« eIt'evu, ,iv' el carrelage. 

lJlailll,'ltl lar los «l+,«ltvgos E asse 
i'ass,ll«;«' l,s sal,lières a sur les palêaux 
ces l,,,l.aux, soli las les solives 

lesquolles sont posés le 
L. raulement du pan de 
z for[os, e[ de-s croix de 

Un lc[ail (lig. ô) exl)lique 
b, des gousse[,; et liens c, 
e. On voit en.r t c<nlnenl 

s',_'lttll'bv,',tl les sll,li/.rcs lasses h aux 
,'[llt'" ¢'llit«'tlliO le Ces salive on a pos 
1.,e ll.it.c lerslccl if [" lC[l'ê l'une les 
Ol'laises ; le [race perspec[if l figure le lilêau 
aSSêltllago avec le la[eau p, [o'mant, jambage. 
né[l'«l B, il explilue I assettl»l:tge avqué ci'un 

«tiou[s des solives, el (.c_mlnent 
des entre-[oises n]oulurees i. 
,olives desassenllée avec ses 
m de la porle et son 
iOuan! au Iraeé géo- 
bdans la figure 1. 

Ce pan de l»oi e,t lien tracé: les bois sont part'ailenent equarris, 

les loulues elletten[ coupée..s, 
était, bien ênlendu, apl>al-ett ; les 
lnor[ier et pelil noellot Cdui¤s. 

les asselntlages faits 
relnplissagês é[aienl 

avec soin. Il 
hourdés êll 

Nous avons signalé ailleurs : lhabilelé des charpen[iers du moye, 
àge, pl.incil)alelent_ [,endan! les XIII", XIV e P| XY e siècles. Il ne faulrait 
pas croire que les construc[ions so b,rnaiênt alors à employer les pans 

D'une tnaison ,le Chàteaudun. 
Voyez l'article (]HXRPEI'E. 



.-- 43-- 

[ PAN DE BOIS 

' L 

I I 

dz 3ois pour les ,aisons de l)ou,'geois : le pan de bois dlail, «tu 



Iraire, un geve do constl'uetiun.fiéquenmen t adopté, mëme. d.ans les 
édifices putlics, lês palai et ehaeau,. Dans beaucoup de resdene .- 
seigneuvialos, les logis avaien à l'iévieur, ou en guise do nuvs «- 
refend, des l,a de bois. Nous avons souvent constaté la présece de 

I 

,'/ O0 
, I 
, i 

ces OUVl'a,e. de clapenleHe, dell.uils l,ar (les incen]ir.s, das «les 
«h'teaux d'une certaine imporlance. On employait aussi les pans de 
lois comme moyen provisoire de clo.e de édifieês qu'on n'avail pas 
le temp d'achever, ou dont la construction demeurait suspendue. 



C'est ainsi qu'on voit, au somme! «lu mur SOl}tentri«,nal de la calhé- 
drale d'A , " 
niens un pignon en pan de bois qui dalê «lu x « .iècle 
Dans certaines conlrëes Oil le l}ois était al)rndanl o! la pierre rare, 
on btissait mème des églises tout eniiè.res (le lois. t -oit on«.,}ro 

D 

I. f , i I 

dans un des faubourgs de la -illê ,le Troyos t une cltl}ollo ,. plac,e 
sous le voeallo do saint Gillos, qui ost bàliê on pas de bois et. dale 
do la seconde moitié du xv  siècle. Cet édifiee, auluol dos adjonetions 
plus ré«enês ont enlevé une partie de son çaraelère, se composait 
(l'une seule nef, encore entière au.iourd'hui, torminéo par une al}side 
à qualre paris. Nous donnons (fig. 6) en A le plan, et «.n B la eoupo 

t Faub,t,r,, Cronceus. 



transver.-_ale de la chapelle le aint-Gilles . Tttt le ..,x.slb,e consiste 

attll-r.». La figure 5 l,»ntr, .n A le ,léltil gé,;»ttélral _!» l'asseml»lage des 
i,»l'atlX (lat.: les ,,l'ails avec le.,, liens «l,,ul,lês «lui le» soulagent, et 
e B le lracé le..peclitd'une dê lravées a l'illé'ieur, avec la 
la al,liè'e ltaule et l'ell-elnisê laule ln,»ulurees. On voit eollllt'. 
latt,, «| lunblê édifice, la çlarpenle ê.-.! lrai|ee avec soin, COllllllel 
lit déc,»rati,»l n'e...l, a loul l-,'èdre, qtle l'alparence de la s|UC|Ul'e. 
Sut' ces l,»i.:, pvin! d'êldUit ..,ur lallis ...inulalt une construction 
l,iel're: au.-si ce. cltarlenles laisséê., h l'air lil»'e sur deux faces se 
s,»tl tan et.vées llu. le qua|lè -iècles. On oh-errera que les liens C 
Il_. T) S,,l! l»iet n,»is de.linés h -oulager le enlraits des fermes 
qu'à a'l'ëlet' le d&ê's des pan de bois. Ils liennell lieu d'équerre-, 

« ?'I. Miht, t. architecte ,_li,»e.ésain d,_' Tr,.Qes, a bi,:n voulu nvus fournir les dessins de ce 
petit édifice. 



[ l'AN Dl.: l;OlS J 

«le gouss«.ls qui empèclent /out le .. 
»6Ié. :,oit de l'autre. 
Les bois eployés 
d' 
saut jamais un fort 

»vst:.me «le se couclor, soit d'ut 

Clairs les parts de l,,,is, h dater du xtP siècle, 
é«luavrisage; il.-, sorti sains et. cloisis parmi des 

am'lt'es «lui n'traient lins Ir,,l vieux. Ce .,,olt pre,lUe I,ujur.,, II l lois 
«le lritt, c'.st-a-diré «luarvi sut' utt ,'ul tt'onc, «l'ut assez l'«til,le 
tt&tre par «oscquel. C«'s l»t,,l's tl'alitiols s'elaiet c»tset.vées jus- 
I«is le cette élluc qui s,»t li«t laillds .1 Çtç',ltlléS tic l,is 
(;' 'si It'iciI»al'ttt'tl «l«tts les ll'ovices «1o lEsl, ,J se 
«lu lllti[t, tlu'o[t Iruv« le rel«s le «'«tslruclis « pans 
i«tt'l 1' «.ll.s titre l'c,i voyait tl«tns nos villes lu ¢l«ltaie rc, y«tl. 
C,,sla««,, il exisle l.s ««lili¢'es pul»liç, c«-,tsidcr/lles vt l,ans 
Beaucup de ces tttai»t» «!, SIl'aS]Ct£t'g, qui ltlotl <le let tit 
xtv + sibcle +t du xv , elaipnl tttunies 1+ i,t'elecltes :tux tgles: 
étaient xa+tes et lautes. Voici cotttlet sottt géndral«ntent 
,+les lig. 8) La face de 
les pa+ de boi» <le face avec l'etecles aux at+ . 
la lt'elècle fi»'ne avec la face lc la nai+o utt angle 1 + i5 + 
lrettière eIrayure A, lri+e au ivêau o). Ett B, e+l un [»Ipau 
lui oItte de tId, depui> la sal,lièt'e l»a,se S jusqtFa la +tl,lièt'. >u- 
ldrieure S'. A ce poleau comiêr esl accold !. pteau G, iliêu 
tt<'e le la bretècle. Les pleaux d'algle E tir lt lrel.cle +ott 
et veposet sur les solives bb' 1oI le p,rle h faux esl sulag,: l,av l.s 
lies e. Au lixpau de cloaque llal«lel • la bret;.cite e+t reliee h la <'o- 
slruclion principale par le solixag. (voy. la +êconde eIrayul'« I), pris. 
au tixeatt d'). Les t+tes ies lolotux cot'nie's de bretècle E r .ç'oivett 
Ios leux clapeaux lt<rizolattx h l«tts lesquels s'assetl»let les sa- 

I,libres g (voy. le plan F de 1 l«l.ibl.e en'ayur«,, pris au tiveau D" un 
l,'lil alpenlis tic ladl'ipl'S l'Ce ,UVel'ts d'al'd»ise ou «1 .ssenle_ , et l,,,s,'s. 
sur les coyaux i, garantil lu parliê infé'ieur« de la brelèclie et evl 
l',tiri. Celle sorlê de cosll'uclion dannuil leaucul l';grétetl aux 
taisons, en ce qu'elle permellait de voir h couerl das la longueur 
let rue. Les paris de bois latéraux porlaienl les poulves lraversales 
uv lesquelles relosaienl le solives des I>la«her. Celles-ci 

«isi le devet's du ian (le bois de fitce, leurs al_Jouis 
cieux sabli6res ou colombelles, come on appelait alors ces pièces liori- 
zolilales. 

l.'assenllage des poleaux C, milieux des faces des llre|ècltes conll'e 
le., grands poleaux corniers B, lnérile d'ère détaille. Le polêau corniêr 
B nonlant de f,od (tig. t) est largement chanfl'einé sur son arète for- 

' Le 7'tédlre de l'art du charpe,ter, enmchi de diverses figures 
d'ici'.lies, farci et dress par ,llathurin Jousse de la Flèche, 1627. 

l'tri l erpr(la t toîl 



" l'AN DL BOIS ] 

at 1 angle extetne, comme il es!. indiqué en O. UI -epos P sur cette 



 PAN IrE BOIS 

a ;to êst ménagé dans la masse, sous le chanfrein, «lui a comme lar- 
,out la largeur de l'une des ïaee. «lu pooau _1 • iliou t3 do la bretèeho. 
,Sur ce repos P es! posée à cul la elade|lo ! lonl les deux languett s 

viennent s'assembler dans les deux mortaises du poteau COl'nier. 
qur cette chandelle un bloehe[ N s'assemble à lenon et mortaise, e est 
lnainonu en outre par un tenon a tombant dans la mortaise n'. Ce 
1,1oche! N reçoi, dans une mortaise e, le ênon e' du poêau C, et dans 
leux moHaises laiCaies les Ienons des entreoies S. Lo bloehe N 
,i'le en outre la petite contre-fiche formant appentis. Des prisonnier 



-- 50 -- 

dans le l+»teau B cOrllit'r el dans le poleau 13 
rendent ces cieux patêaux s«,lidaires. Tous les 
loi.., sol faciles à comprendre et u'ont 

<i a«l+l»la un .sv»lc!11+" le palls de bois 

«lui l,,ésentail une. gt'itt,tl. 
s,,,,l lisposes l.s qualr" p«t+ Iii .+ 
i.ntes 1«. la caliédt'itle «1« lleitns, 

puissance, lnais lui exigeait une main- 
,tt un lreilli de lie',s a.-êmblées 

série dê lo+,atlg '+,. C'osl ainsi que- 
loi> «lui, alrè, l'incendie des, char- 
'l 1 i81, t'urent de.-linés à porter une 

II/'r'lt+ + le chatrl»enle qtt'<» tt'+.l+.va .ialnais. Vers le +lilieu du xv£ + siecle 
 tat+'a+a des pan+ 1. l,»i+ de t-tce d'ltalilalion.- prt.ée..+, ciaprès ce 

sy>l;,. +lui ful suivi jtsqte sou+ Louis XIlI. (+ constl'uisuil alpes aussi 
le- l»allS 1 + l»,»is lil» .l &'b,s de [ougè,'e, ail+si tlUe l'ildiqu, 51allu.jll 
Jous>e +l,tt£s >«jtt wuvr. itliido lOUt la l,t'etttièr« foi> +.ri 1627. Plusieurs 
t;tio, «le l{tl'll êl l'l )l'lé;tlS otlS tolrettl «,¢'t«, les fitçitdes 
i+;tt.. «le l,,is. «tic,si +'lttlités_ , ,l iui lvése[let une +,,t'ande +olidité en 
«lu'ils :t««iuii.t.«,ttl ur++, t'igi«litë lUt'ttil< ,. Si ott les «t+ttiave h ces 
,lUUt« ` lt'(.e It'/.<-lintil,;,.. 

PANNE, s. I'. l»tb+-'o d+" < l;tt'[,etl|<:' [osé+. l«,cizotlaleent sut" les arla- 
lVlt'i,'l'> «les C,lll's, «'1 l«.',Iitit;' fi 

ltll.t" les cllêvron-,. 

La plulatrI des 
d'une .-,uile de 

«l+,t',,ts po,'ta,«t [',,e. +lé.lOUt'vus «1+. l,;,nt+îs la/' conséquent (voy. 
{IIABPENTE). Cop'«latll les «lavleli,.s tic ('elle 61»,»<iuê faisaient, dans. 
«+.vlains c'as, ts:tgo le lit,+., l'elll<_,i <les l;tes <levint fréquent 
,lès lUO 1",» dul d,'on,»nis,., l,'s l,,_»is 1,- grale longueur. 

PARPAING, ..:,. II1. Se lil ,l'ue l»iet"vê fais;tl l'élais,,eur ri'un n=ur. 
,'+,,'e,,,ent les pà,'l,ai,,+s. P,'esque tk, u+ )  çl 
+.,i+,,, u+ C«l.,.+u, +, u,. ,,-,u,i++++. L++ 7 -" P+ , 
[+'rres A (+o'. ]a fig.) +,nl +le> foi'- 
,auzç les pîerPos B, d,s bo«t}ses;le iierre 1. des parpaD#s. 
CONSTRUCTION.) 

PARVIS, s. 111. /NOUS llO «li...«ttIêrons pas les ét'«mologies. plus ou moins 
ingénieuses qui ont pu lonor naissanêe à ce mot. On appolle parvis, un 
osace enclos, souven! roi,vé au-dossus «lu sol environnant, une. sorle 
de plae-forme qui peéeè10, la faeado do quelques églises françaiss. 
Notre-Dame de Paris, N,»I!'e-Darne de Reilns, possédaienl ]eu/'s par- 
vis. Ouelques églises cobaye»lut.lies onl parfois devant leur faç:ade des 
parvis, mais ces derniers avaienl un caractère parliculier. 
Le parvis est évidêlnment une tradition de l'antiquité : les temples 



[ PARVIS 

clos ç,'ocs ë[aien[ habiluellenel précédés d'une enceinle sacrée dont 
la c161ure n'était qu'ue larrièro à hauteur ci'appui. 

Les toains suivirenl cet exeple, et nous voyons sur une médaille 

frappeo à l'occasion de l'ércclion (lu lelle d'Anlonin el Faustine, à 
!lo , la ïaç.ade du nounonl, lovanl laquello ost figurée une bar- 
ricro avoc porto. Ces en<.oilos aj»u[aionl au respect qui doil entourer 
t,,ut éditice religioux, e isolal leur olrée, en la séparant du ou- 
venenl de la voio pullique. Un «les plus remarquables larvis de 
l'époque romaine est celui lu'Adrien Ceva en avant du teml)le (lu 
Soleil, à Ba:tllok. Ce parvis élail onlou'ë de portiquos avoc oxè(l'es 
cuverls, et était l)r6«é«lé d'une avant-cour a six c¢tés, avec péristyle 

ri l«ll'ge ear«henent. 
l,.s lroièros basiliquo 
««llr 'lilouré, «!o porliques, 

possé«laicnl ;gal«nnl une 
leur faç'ade, el au iliu lê 

colin cour étaient places quel«lues ouJt'ls «onsacrés, 
pulls, fonlainos, slalues. 
Le parvis de nos callédrales n'est, qu'un vosligo «le «os traditions; 
mais la ealh6drale fraç'aise, 
fo»te ('on,me un monunot a('cossiblo, fait pour la «.ilë, u'rl à loute 
réunîon ; aussi le parvis 
clos; ce n'esl, à prolreel l«trler, qu'ue plale-foro bornée Iar 

ne pouvatt «l[lloser u olslacle 
la juridiclion éliScolalo, 

pas 
«les ouvrages à claire-voie iwu élevés 
i I foule. C'esl un espace rée'vé à 

C'était lans l'enceinte du parvis que les évbquos t'aisai«l lresser 
ces écitolles sut" lesquelles on exposait lesclercs qui, par leur conduite, 
avaient scanlalisé la cilé; c'élait aussi sur les dallês du parvis que 

faire amende honorallo. G elal encore 
les reliques à certainos »ccasions, et quf', 
,rdre intërieur pondant quo le clapitre 

corlains coup«llos devaien! 
r le parvis qu'on apportail 
Inaiel los clercs (l'un 

Gloria du haut des galeries extérieures de'la façade 

la forme de l'ancien parvis «le Nolre-Dame «le Paris 

que des données assez vaguos. Au xvl" sibclo, il ne consistai! qu 
peli mur d'appui avec trois entrées, l'une en face du porlail, donnant 
à c6té de la chapelle de Saint-Christophe; celle de gaucho s'ouvrant 

près de la façade de Saint-Jean 1¢ Rond, et la lroisième en regard, des- 
('endant à la Seine"-. Ce ur d'appui n'avait pas plus (le qualre piols 
«le haut. Le soi du parvis de la cathédrale de Paris étai au niveau (lu 
sol intérieur de l'église, si ce n'esl du c5Ié gauche, au droil de la porle 

(le la Vierge, oit il s aoatssatt de 30 à ,0 cenlimètres 3. Du 
 1)ta,'A Fusttx. Sur le revers, A'r.cxl'r.s. Autour de rimage du temple, 

« Voyez le plan de Paris 
de Mérian, la tapisserie, de 
de Vart MerIen. 

gravé sur bois, joint aux Recherches (le Belleforest; le plan 
l'lit)tel de ville, et la gravure» de la façade de botre-l)ame 

ancien sol a étA découert en 1847. 



[_ envs ]  . -- 
descendait sut' la lerge de la rivibre, avant la consiruction du ponl, 
par un degré de roizo marches. C'est ce qui a fai supposer que devant 
la façade de l'églie s'eondai un perron de treize marches. Il e à 
croire quo du e6é du Marehé-Neuf, on deseendai égalemenl plusieurs 
narelo puur arriver à la vnio pulliquo qui passai onlro l'lt6el-Di.u, 
ci la chapelle Saint-Chrisiople : mai ce degré dut ëlre supprin.e lès 
bur le 

gens à cheva! poux'aie,l! arriver 
environ 30 mètres de 

le xi "¢ i/.çle, puisque al-rs 
s,l ètte lu pavvi.,. L'ênceintê aait 
ur attlan{ lo longueur '. 

l.e l:rvis «le lu cal]té]rale lo lleims, 
celui 1«' N'»Ire-Dao Io Pal'i, lmeura enlier jusqu'au 
Louis XVI. [;'elail une (.larnan[ê «16ture donl il resl une 
l,-,ng lu «ottirefc, ri extérieur a la gauclte de la faç'ado. Des 

largo 

leaucoup moins étendu que 

S,'tC l'O 

de 
le 
o| 

clos gravure 1,. celle cl61uro exislenl once,re, ci nus permeilenl 
l roliluer. Lo l,lan lu parvis le Noire-Dame de Reim ne présenlaii 
pas n. l»«ralléigranmo, mais un trapèze, aisi quo le fai[ oir le plan, 
iigur" 1. Il n'ét«i[ [mini relevé au-dessus du ol cio la voie publique, 
c,,te l'élail ]," parvis de la calhédralo de Paris, .t le grand degré 
],,»lnl au p,»rlail élail posé h l'inlçriourle l'eneeinle, devant les con- 
lrefl'l, le l»an cc, up,, A (voy. le llat) avait élé llléllagé afin de faci- 
lilel" l',«.bs  ets l'onlréo des cloilr's, silués sur le tlanc nord de la nef. 
L'en«oiIo se eolosail de lilollos portant un appui avec pina«los 
aux Otllrbes .I aux an,,los c'osl-à-liro e B Naus donnons en O le dé- 
lail ïlo .'olle «16tur ' à l'êxldrieur, ol on D sa eaupe, Les deux pinaelos B' 
,le «ltaque c6te de l'ettl'de pricipalo Araient surmontés de supporls 
avec écu,,ons ; des fleuron  atnorlissaienl les autres pinacles. 
Le pawis do la callddrale d'Amiens esl relov6; mais sa cl6ture, si 
jamais elle a 61," faile, n'exiblo ]lus depuis langlompsZ. 
Les parvis lo 6glises conentu,.llos d,nt les faç-ades lonnaienl sur 
to l,lace pulliqu" 6taient souvent élablis en conlro-las du sol exl6- 
teur :tel dlait le larvis de l'6glise allalialo de Saint-Dents 3. L'église 
«tl,lalialo lo ainte-Radegonde, h Poitiers, a c,nsorv6 encore colle 
lisl,osition ravi ancienne, mais rdlablie vers la fin du x  siècle. La 
tiguro £ lrdento une vue h vol d'oiseau de la nlaitid de ce parvis, 
l'axe étant en A. Doux desconles sorti ouvorlos sur la face. Le lorrain 
Cin«linail vers le portail de l'6glise : doux autres ont 
. e.» sonl prali- 
qu6os lat6ral,.ment de plain-pied Des fleur.es d'anges agenouillés 
lpnant des écussons arlnaV6s, surmontent les bahuts des deux enlréos 
le face vers l'exlérieur. Des animaux, cbiens et lions, amorlissenl 
angles des entrëes latérales et le revers desbahuts des entréesde face. 

' Nous avons pu, sur plusieurs 
r,-tes romains existent sous toute la surface de la place 
:' la',é : ce qui prouve que le sol du parvis était au ni;eau 
= Ce parvis, de'enu inabordable, a été restauré. 

.Sous a,,ons trouvé 
mt nt dès une époque 

point, retrouver les fondations de cette enceinte. Des 
actuelle, immédiatement sous 
du dallaêe de l'église. 

des traces du dallage de ce par,,is, auquel on descendait évidera- 
ancienne, c'est-à-dire du temps de Suger. 



I 

i 

I 
• 

B 

'1 1. 

' I 

Un ressau! avec écusson se présenle dans l'axe. Une coupe (fig. 3)faite- 



[ r.,,rn's ] -- :; l -- 
sur l'un des dêgres de face donne le (16ail de la di.-l)ositio 

de celle 

cl61ure. De.,; l:xc,; garnisel foui le I»alLul lu 
pl,:in du l,;,'vis ,',titil ,lallé, l,:s eaux 

c6té intérieur. Le terre- 
|»ar le is,,ues LaiAraies. 

il n'est pas besoin de faire res,.ortir leffet monumenlal de ces aires 
cl6lur6es en a'ant des dglises. çtuelquefois, cotnme ,lean/ le po.rlail 
de l'église abbatiale de Cluny, une croix de pierre clail plantee au 
milieu du pal'vi ; dës tombes étaienl élevées dans l'encêinle. Ces dis- 
positions, comme la plupart de celles qui tenaient à la dignité des 



[ Pçl,'AGE .I 

églisos cathe[ralês ou abbalialos, furett bouloversé«s par les allés ci 
lês «lapilrs-l»endant le dernier sibele.Co elplacements furent livrés, 
à les marchands, les jours de foire, puis 
moennanl uno redevance, 
binl6t se eouvrirenl d'6chopp% 
1 clêrgb des call6drales et les atlayes ali«.nait ainsi 
d« l'bgliso; le prênier il l»orlail le marteau str Joui 
spirer le rospocl pour les touonis sacrés. 

permanentes. Pour quelques renies, 
les d6pn«lancos 
ce qui «lev;til 

PATIENCE, s. f. (miséricorde). l'olit sit;go en 
placb sous la ta|lollo tt|ilo dos sl«dl .s, ci st.vv«nl 
l,r.«lU« celle-ci osl rel.vb.. (Voy. 

PAVAGE, S. m. Le pavage, 
«les palais, os! u Iravail qu'« ne vil enlrelrondro 
civilisé. Les Roumains allorltienl. «,e c|acun 

pl«tcos, dos cours 
qUO d/tlIS lll| ÉI.al 
sail, une gr«tndo 

allenli,t aux p«tvages los l'UOS dos villes, et parl«ul oi ils ont sb.iourt ; 
n .el.auvo do eos gra(Ios pierr« duros, gr«nil, grès, lave, basalto, 
poséos irrégulièroo! au «»3en (l'uo s;tlorollo, et formal, sur 
uno «.uçho do Iéton, une SUl'f«o 

lai. C,s pavagos, elahlis,lc 
en effet jusque pondanl 
n'Cabel [)«t l'en(uvelés i 
romblayés, afin de bouclier les ornibres les 
furent s,,us ue 6paisse couche de boue ou 
voies clos villes gallo-ronaines, pond«nl la 
eonsorvè'onl lalll bien lUO nal ls parages 
s'obslruaionl, les parés s',crasaieul, 
que des cloaquos imnondes. Copondanl, 
déjà au x" sic.oie, on pavail «erlaines 
places ou dos roi s 
Nous avons retrouvb lmrtbis 
¢le ces parages, faits halituollemenl 
petits cuhes de gros ou (1« pierre resi- 

tante' (lig. 1). 
Philipp-Augusle passe pour avoir lai! 

lani/,ro à durer plusieurs si«cles, sorvi,'ot 
prPnio,'s Ionl»S clôt osên fi,-., l»ou h pot, 

paver les rues de Paris au noyon (le 
grandes pierres :. Guillaune le Brelon 
prétend que ce pavage était fait de pierres 
earrées el assez grosses. Il 'êxislê pas 
trace de cè pavé. Lorsque, il y a quelques 
dations du pelit Châtelel pour' rel,'alir le Pelit-P,,nl, ot 
assez grande quantité dt' pavés de grès posés i 1 elre en 

années, on lécouvri! les f,n- 
enlova une 
cotlre-bas 

' Dans la cité, à Paris; à Vézelay, à Senlis, à t'rovins, 
' Guillaume de Nangis, Chronicon, I ISL édit. de la 
I, p. 78. 

à Go,ev-le-Clàteau. 
S,)ciété dt. l'histoire 

tic 

France, 



PEINTUEE ] -- ,6 ---- 
SOI acluol. Ces pavés avaient environ 0 m, l0 carrés et 0",20 d'epais- 
seuv. Tr;'-us6s sur leur face externe, ils avaient dî servir pendant 
a,.,oz long |enps, O| daaiênt probablement de, l'époque de la çonsru '- 
i.» lu t31àele (fin du x" siècle). Pendant les xv  e xv: siècles on 

«npl,»)ait fi'éluennent les cailloux pour paver les voies publiques, les. 

caurs et 1 
«insi que 

os placos, lles cailloux étaient damés sur un fond de sable, 
cela se lvalifluo encore dans quelques villes du midi de 1« 

Francë, l-t«tllllllPtll if Taul,usê. A Paris, la l'OP do la Juiverie avail Ce 
rol)«tvéc [1 alrbs ce syslt,lllO el Collllllt » essai, pendant la Ligue. 
uand les peuples :laiont roides, on pavail les voies au noyen d 
licl-res lurps p(eos de chanp. Nous avons (lécouvert des pavés 1 

crltsprval.iort, aux aletours 

du château 

'f' gPll l.'P, 
l»ièrrcfo[ls. 
l.'s elage it'érieurs des labila[ions étaient souvent parés, et 
,.,,)ait êncol'e dos aisons (lu moye «'tgê, il y a peu d'années, dont 
!. sol a rêz-le-ctaussée était c«uvêr! de i»elits cul,es (le pierl'e de(w;lO 
céte ênvil'al, l,,)._,és j,«intifs sui" une aire de m«rtiel' ou de ciinenl. 

PEINTURE, s, 
re««»nnait qu'il 

l»elt!uro. Te,us 
d'Et- ceux 
e! en dêl,rs. 

f. Plus on 
exislai! 
les editices 
lè la C, rèce, 
L'al'civil 

l'elllOrle vers les tenps antiques, plus 
alliance infiltre entre l'architecture et la 
de l'Illde, ceux de l'Asie .'.Mineure, ceux. 
étaient «,-uv«.rts ,le peintures en dedans 
êclure des Doriens, celles de l'Y.ttique, le la 

ç.rande-Grece 't de l'Etrurie étaient leintes. Les tan-ains pal-ais-et. 
avait éle les prêltiers qui aient elevé, sous l'empire,des lnonumenls de 
marbre blanc «»u dë piel've sans aucune eoloration; quant à leurs enduits 
cio stuc, ils élaienl «,,l,_l'éS à l'êxlérieur comme à l'intérieur. Les popu- 
laliots l««'tarcs «le l'EurolO septêntriolale et occidentale peignaient 
l«.urs ntaisos el leurs lênples de bois, pl les Scandinaves prodiguaient 
l's «,,uleu's lt'illatles et /es dorures dans leurs habitalions. 
Nous devons seulêtten! ici conslaler ces faits bien connus aujour- 
d'hui des arc.té«»loguës, ci ne nous occuper que de la peinlure appli- 
quée à l'arct,itecture française du moyen àgê. Alors, comme pendant 
la bonne anliquité, la peinture ne parait pas avoir élé jamais séparée 
de l'archileclure. Ces deux arts se prèlaient nuluêllement secours, et 
ce que nous appelons 1Wlalleau n'existait pas, ou du moins n'avait 
qu'ue imporlance Il'èS-Secondaire. Grégoire de Tours signale, à ptu- 

reprises, les peintures qui décoraient les édifices religieux et 
ais de son lênps. « Es-lu (disent, à Gondovald, les soldats qui 
siCent la ville de Gomminges), es-tu ce peintre qui, au temps du 
i Clotaire, lal'louillait ë Ireillis les murailles et les voùtês des 

sieurs 
les pal 

and ce prélat 
« peindre et 

aS 
,»ratoives ? ,, Ou 
Tours, il les ri! 

répara les basiliques de Saint-Perpétue, 
décorer par les ouvriers du pays avec 

Tune es pitor ille, qui, tempore Chlothacharii regis, per oratoria parietes at,tu,.; 
cameras caraxabas » tGreg Turon., Htt Franc., lib. VII, cap. xxx.) 



PEINTURE 

tout l'éclat qu'elles avaient anciennement  ,,. Cet usa-e de peindre 
les .diticos fut continue pendant toute la pêriode carlovingiene, et 
Frodoarl nous apprend «lUtî, l'évèque ttincn-,.ar, re«ontruial la catlé- 
¢lrale de Reims, « orna laxoOte de peintures, eclaira le tell»iê par des 
fonèlros vilrees, et le lit paver de marbre -,,. Les reclorctes faites sur 
l'archilecture'dile romane con|atent que la peinlure clair eoidéréê 
comme l'aclèvemenl necps»aire de leur édifice civil el religieux, et 
alors s'appliquait-elle le preférence à la sculpture d'ornenpit ou à la 
statuaicê, aux moulures et profils, comme pour en faire ressortir l'im- 
portancê et la valeur. Toutetbis, des que, celte arcliitêclure p'ênd un 
caractère original qu'.llê sê d,..-,-» dos traditions gallo-romain,s 
c'est-à-dire v,,rs la lin ,lu x" siècle, la peinture 'y appliquê suivant 

uo nç".llode particulière, 
porlins .l les foc'mes..No 
quel principe, la peinlure couvrait les 
Ocçident, et nous n'avons guère, pour 

como pour en faire ieux »aisir les pro- 
us ne savons pas lrop coet, suivant 
'-,iens 
nonunènts carlovin 
nous guider dans ces recher- 

chês, que certaines églises dItalie, cotonne Saint-Vital de Ravpnne 
, par 
exemple, quelques mosaiques existant encorê dans dos basiliques de 
Reine ou de Vênise; et dans ces restes l'ofl'ê.l dês colorali«)ns oble-- 
nues au moyen de ces millions de pelits cul»es de verre ou de piêrre 
dure juxlaposés, n'es! pas toujours d'accord avec les foresde l'archi-. 
loclure. D'ailleurs ce nodê de coloralion donnê aux parois, aux vottos, 
un aspecl nétallique qui ne s'harmonise ni avec le narbl'e, ni, à plus 
Ibvte raison, a',ee la pierre ou le stuc dês colonnos, des pilièrs, des 
landeaux, sc, ubassêm,nts, etc. La mosa/que dite t»yzanline a loujours 
quelque, chose de l»arbarê ; on est surpris, préoccupé; cês tons l'une 

intensilé extrardinaire, 
qui lélruisent les lignes, 
lesquelles l'archilecturê, 
conbinaisons dê lignes. 
cepen(lant regardaient la 

ces retlets Cranges qui modilient lês formes, 
ne peuvent convenir a dos l»opulatios p»ur 
avant tout, os! un art de l, ropon.ti,-,ns et de 
Il ost corlain que les Grec» de l'ali«luité , «lui 
eoloraion ('ondine néeossairo a l'areilo«uro, 

étaient trop 
fine dans 

comme une couverte unie, mate, fine, laissant 
les accenluant mème, exprimant les détails les 

amants de la form, pour avoir admis la mosalque dite t»yzan- 
leurs monuments. Ils ne connaissaient la poituv le 

La peinture appl 

aux lignes leur pureté, 
plus délicals. 

lllanleres : 

slructure ; 
parois, les 

iquée à l'architecture ne peut procéder quê de deux 
ou elle est soumise aux lignes, aux fornês, au dês.,in de la 
ou elle n'en tient compte, et 'étend indépendaatê sur les 
voùtes, les pilos et les profils. 

Dans le premier cas, elle fait essentiellement partie de l'archiec- 
turc;dans le second, elle devient une décoration mobili" • 
ee, si l'on 

t « tlasilicas sancti Perpetui adusta« incendie reperi, quas in iii,) nitore vol pingi, vel 
,, exornari, ut prius fueratat, artificum nostrorum opere, imperavi. » (Lib. X, cap. xxM,, 
, .) 
 Fro,loarl, llisl, de l'église de Reims. chap. v. 



peut ainsi s'exprimer, qui a se.s lais particulibres et dét,.uit souxent 
l'effet architectonique pour lu subsliluer un cffe! apparienant seulo- 
mont à l'art du peiro. Ouo les poinrês eonai«lèrent ce dernier genro 
de décoraio pieturalo comme lo seul lon, cela n'a tion qui doive 
surprendre; ais que l'art Y e..*,..,-.""'':', c'esl une queslion qui mérile dis- 
«ussion. La peinlu,'o no s'est séparéê de l'arcllile«lu,'e qu'à une épo- 
quo Ir;,s-reconlo, c'osl-h-diro au moment «1o la renaissance. Du jour, 
«,il le tallêau, la p,,inluro isolée, faile dans l'atelier «lu peilre, s osl 
substiluéo à la poinlure appliquéo sur 1o mur «lui dol! la çonservor, 
la décoralion arelilec'anique peinle a ciA porlue. L'arclilecle e! le 
loinlro ,,n! traaillé chacun de leur ««.;lé, cr«usanl chaque jour davat- 

tage l'al,ie qui les séparait, et 
reutir sur un lori'aih connlUn, 
naietl llu.',, o! lUe v«ulattl agir 

quand p 
il s',-'si 

af hasard ils on! essayé de s,, 
tl.aUVb qu'ils ê se comp,v- 

CI'l, il n'oxitatil plus de lie 

qui les |»ht feutrer. Le p ;i,lv' atccusail l'«l.eltitecte 1, ,o lui avoir pas 
111é!11"é «les llaços convoalles, ol l'ar«iile«lo se crovail en droil de 
déclarer quo le peinlre no lonail atuçun c,-mplo cio ses lisposilions 
ar«hile«l«litlu.b.C.llo sétarali«n de leux arls «tull'oR_,is frères est sen- 
sible, «lUt.i  j,elle les )'ux sur les essais qui 
jours pour le- aC«al'lot'. Il «si clair quo l:ns ces essais l'arehilecle t a 
pas çoç'u, n'a pas u l'efl?t quê dovail protlllir-, la leinluro appliquée 
sur les surthcos qu'il prcl,arail, et quo 1 peinlr," tic cnsidérail ces 
surfaces que COllllllO une Irdle len(luo dan, un alelie n,,is commole 
quo le SiPll, no s'inquiétant guère «l'ail[eurs ,le ce qu'il y aurait autour 
. . " on COmlr,-ait la peilUl'ê d6co- 
d," on/alleau Ce n ,.si pas ainsi que 1'_ 
ralive pendant le mayen ge, ni mème pendant la renaissance, 
51ictel-An«e en peignant la VOflle d, la «ltapvlle Sixlie ne s'isolait 
l»as, ci atil l»ien la ce,science du lieu, de lt l»lace «»fi il lravaillail, de 
1"olt},1 tl'«.nSelll  qu'il voulail produire. De ce «lu'an peinl sur un mur 
au lieu de peinlre stt une loile, il ne s'ensuit pas que l''uvre soil 
une peinture monunenlale, e! presque loules les peintures murales 
lr,,,luiles de noire lelnl, e sorti loujours, lalg;é la diflërence du 
pt'««éte, qu d *s laileaux; aussi voyons-nou lUe ces pe.inlures cher- 
cient u ecadremet, qu'elles se grouponl e scène ayanl chacune 
un point de vue, ue pers.pctive particulière, ou qu'«,lles se d6velop- 
pont en processioas enlre dux lignes lorizonlales. Ce n'esl pas ainsi 
non plus qu'onl procédé les anciens maitres mosaïstes, ni les peinlres 
occidenlaux du t,,yen âge. Ouant à la peinture l'ornement, le hasard, 
l'instinct, l'inilation, servent seuls aujourd'hui de guides, et neuf fois 
sur dix il serail bien ditcil de dire pourquoi Ici ornement prend 
cette forme plut6t que telle cuire, pourqu,,i il est rouge et non pas 
bleu. On a ce qu'on appelle du .qoat, et cela sui'fit, croit-on, pour déco- 
rer d'enluminures l'intérieur d'un vaisseau; ou bien on recueille par- 
tout des fraenls de peintures, et on les applique indiflëremmen/, 
çelui-ci qui était sur une colonne, h une surface plane, cet aure qu'on 
oyait sur un tympan, h un soubasseten/. Le public, eflhrouclte par 



ces bariolages, ne lrouo pas cela d'un bon effel, mais on lui démonlrê 
qua les dêcoraleurs du moyen àge ont Cé scrupuleusemênl consullés, 
et ce ntëme public en cnnclu/que lies décoralêurs du moyên fige étaient 
dês barbares, ce que d'ailleurs on lui accorde bien volonliers. 
Dans la décoration dê l'arcltilêclure, il faut convenir, il est vrai, qua 
la pêinluro est la parliê la plus «lit'fi«iiê pout-ètro ci cêlle qui demandê 
If, plus «le calculs ci l'lexpérioncê_ . Alors qu'on pêienait tos les inlé- 
rieurs «les éiiticos, les plus riches com,lê le plus pauvres, on aai! 
nécessairomont «les donn6os, des r;.gios qu'on suivait par tradition; 
les artisle les plus ordinaires e pou',aient ainsi s'égarer. Mais aujour- 

l'hi «ês. traliti<ns son! 
loi itconnuo ; il ne tut 
tonte.,, n'ont pr[luil que 
I  x  siècle alleinl l'apogée (le 
pendant le moyen àge en Franco: les 
s«rils ol les fragmonls de poinluros n 
un arl saanl, lrès-aançé, uo sigu 
tons, la ««incidoneo 1o celle harnon 

absolument perduo,, chacun cherche uni-' 
donc pas s'étonner si la plupart des essais 
dos resullals peu satisfaisants. 
l'art de la pointure archiloctonique 
vitraux, les vignettes los tttanu- 
urales «le colle époque accuserai 
libre entonle d l'harmonie clos 
le avoe les femmes 

lute. Il n'est 

pas al,tU|lOI.IX qtlt* l'PI arl s'ëlait dëvêlopp,, dans les cl,ilrês 
de l'art grec iyzanlin. Al's lês 6loti'o,; les plus !oll ,s, les 
(le nt«tnusç'ils 

procédait 
r, ulles, les usle_nsilr, s c,»l,rés, un grand nomtre 
nèno, rapprlds tl'Orionl., élaionl rent>rmés lans les Ir;,,rs el les 
Iiblilhb«lUeS des «ouvenls, ol servaiol de II-lOlleleS aux IllOillOS adon- 
llés aux Iravanx ci'art. Plus lard, vors la fill du NII e si6cle, lorsque l'ar- 
chitecture sorlil les monaslbros ol fut pratiquée pal" l'docile laïque, il 

se lit une ll'eVOltlliOtl «lans l'art de la peilure, qui, sans è[t.o aussi 
radicale que cêile opérée dans l'a'ciileclure, nolilia protbnlémenl 
cependanl le pricipes poses pat" l'école noacale. 
Sans parler ionguonot cio qu«lluO, fl'agments de lpeinlure h poino 

-isibles, de iinéalOnls inf,)t'nes qui aplaraissenl sur cerlains 
onls avant le Xl" siècle, nou.,_ c,-stalerons souleon! qc dbs l'6po- 
quo gallo-romaino, e'est-h-diro vers le tv" sièclo, lous los motun ,nts 
paraissent avoir Ale peints en dolans or en dehors. Celle pointure clair 
alpliquée , sail sur la piorl-'e tèmo, soit sur un enduit couvrant des 
murs le maç«nnerîe, e! elle ne. eonsi,lail, p,»ur les parlies élevées au- 
dessus «lu s«l, qu'en une s«rlo de ladigeon Ilanc, ou llane jaunfilre, 

dessins irès-délids en noir ou en oçro 
ont clos t«»ns soutenus, brun rouge, 
tilets jaunes, verdàtres ou [lancs. 

sur loquol étaiont lracés dês 
rouge. Prbs «lu sol apparaiss 
mème noirs, rolovés do quelques 

Les sculptures ellos-mèos étaient c:ouvertes de ce badigeon l'une 
faible épaissour, les ornemenls se (lélacitanl sur (les fonds rouges o! 
souvon! rehaussés de lraiis nirs ê! de loueitos jaunes '. Ce «ente de 
-  

I NOtlS aOllS Vil beaucoup de 
monuments ga]lo-romatns dos 
promptement au contact de rait 

traces ;le ces sortes ,le peintures str ,.les fragments de 
bas temps; malheureusement ces traces di:paraissent 



[ PEI'I"UIIE ] 

-- 60 --- 

décoralion peinle parait avoir été longtemps pratiqué dans les Gau!e 

or juqqu'au moment où Charlemagne lit x»nir des artistes d'Italie et 
d'Orient. Cette dernière intluence éranTèro ne fut pas la seule cepen- 
dant qui dut conduire à l'art de la poinure monumentale, Ici quê nous 
le voycns se développer au Xl « siècle. Les Saxons, les Norman«ls, cou- 
vraient d'ornements peints leurs maisons, leurs ustensiles, leurs urmes 
ci leurs barquês; et. il êxislê dans la l.ibliollbque du Musée Brilan- 
nique des vignettes de manuscrits saxons du x' sièclequi sont, commê 

dessi, «one tinosse oxeculion el comme enlenle 
lies tons, d'une l)eaulé ul'p.renanle t. Cet art venait 

de l'larmonio 
évidemment de 

l'I[tle Sel)tetlriotale, d" co lel'ceau commun h tous les peuples qui 
ont su ha'oni»er le» couleurs. La facililé avec laquelle les Nort»ands, 
à peine 6tablis ur le sol de la Gaule, oxercbrent et d6velopl)brent 
ëte l'art de l'arclitecture, la façon de vivre d6jà raflin6e h laquelle 
les Saxos 61aient arrivés en Anglotorre au momenl de l'invasion de 
GuiIlau,e le Bttard, idiluent assez quo ces peuples avaienlr e, eUX 
autre ch,,so que des ins/itets de l,illar,ts, et qu'ils provenaient de 
familles p,,e,lant depuis loglonps certaines oli,n d'art. Mais 
il est 6«essai'e 1o l,ie s'chien,Ire sur ce qu'êst l'art de la peinture 
apl,liqu6 à l'.trchilecture. De olrê lemp on a mi une si grande 
c,»nfusi,,n e l,ules ces quesliod'art, qu'il est lon de poser d'abord 
les l,rin('ips. Ce qu',,a enten«l lar ut peuple de coloristos (pc, ur me 
sevir d'ute expression casac.r6e i auv«fi»e qu'elle soli), c'est-à- 

par exol)le , ne sont pas (lu tout colo-. 
lu Til,el, des ttindous, les Clinois, 
e ([es Égyltiêns lc ['anliquilé'. Oble- 

«lire les Vénitiens, les Flamand.q 
,'istes à la façbn (les papulations 
,1 s Japo,ais, les Per»ans et ne- 

nir ut cil'et saisissan! dans un tal,leau, l,ar lè nt,,yen (le sacrifices habi- 
leme,l fait, l'une exagérati,n de ce'lains lonsl,,n»6s par la nalure, 
«l'une oltet.le trbs-delieal, des lemi-leintes, conme peuvenl le faire, 
,»u Tilie, ou Ronbl'andl, ou Melzu, ci faire un châle du Tilel, ce sont 
deux pél'alions lrès-dilincles de l'esprll. Il n'y a qu'un Tilien, il n'y 
a qtl't//l Renlr, tntt et qu'un 3le/au, et tous les liserands (le l'I,de 
arrivent h faire tle écharpes de laine qui, sans exceplion aucune, don- 
tont des assenblage laarnoniques de couleurs. Pour qu'un Titien ou 
qu'un Reml,randt se développe, il faut un ilieu social OXll'èmetnent 
civilisé de tous points; mais le Tiielain le plus ignorant, vivant dans 
une cabate de bois, au nilieu d'u , 
ne famille mis6rable comme lui 
lissera un c]âlo lonl le riche assenl»lago de couleurs charmera nos 
yeux et ne pourra être qu'inparfailement imité par nos fabriques les 
mieux «lirigées. L'état plus ou moins tarbare d'un peuple,, à notre 
point de vue, n'esl donc pas un obstacle au d6veloppementd une cer- 
taine partie de l'art de la peinture applicable à la décoration monu- 
nenlale; nais il ne faut pas conclure cependant de ce qu'un peuple- 
est très-civilisé, qu'il ne puisse arriver ou revenir à cet art monumen- 

1 Vo3.ez ' entre autres, I,- manuscr, de la bibliotl,. Cott. F, ero, I). II,, É,,ang. lat. sax. 



t l'LI.Vrtli.; l 

tl: témoin les Maures d Espagne, gens très-civilisés, qui ont produit 
.n rail dt. peinure appliquée à l'archileclure d'excellents modèles; et 
[I,, ce que l'art du peintre, comme on l'entend depuis le xv" siècle, 
«,''ive à un degré Iri.s-élevé de perfection, on ne puisse en mème lemps 
lossder une peinlure arclileclonique : témoin les Vé.niiens des xv ¢ 

('[ XVI  siècles. Une seule canclusion est h lirer des olset.valios pré- 
céde.nles: c'est que l'ar du peinlre de lal)loaux el l'arl du peinlre 
appliqu6 h l'archileclure pracedent diltë['enntenl ; que vouloir racler 
ces deux arls, e'esl lenler l'impossible. Quelques lignes sufti'aal pour 
kire rossiez'Iii" ('plie inimssilililé. Qu'êsl-«e qu'un lal,lê;u ? 
scèt, qu'«, fitit voir au spectateur h travers un cadre. 
ouverl«, l'tit6 de point de vue, util« de direclio de la lui;,re, unité 
l'eltl. l.»«ur Iie voir u lal)leau, il n'est qu'u ' 
n poinl, un s«.l, llaec 
sur la Iterp .ndiculaire dlevee du painl de l'itorizo qu'on tt«tlle loinl 
visuel, l»»ut • t«»ul wil lélical, regarder ut tableau en lellors ! celle 
(',ndilion unique est unp souffrance, ««-ttlte c'pst utle [(r[ttre 
lrauver levanl une déç«»rali«n de liéàl', au-lpssus cu at-(lossous 
1; ligne le l'horizon. Beauçup «le gens sulisse[l ee[Ip l,rluro sans 
s en l«uier, naus l'a(lnettans ; nais tê n  sl_ l)as ur la .«r(«si/,rel6 des 
» "s duplus grand nombre que nous pouvons élablir les rbgles !,, l'arl. 
Parlant donc de celle con(lilion rig,»ureuse imposde au lal»leatt., 
ne çOnl)renons pas un lableau, «'esl-à-lire ue s'è-, repr6s,.nl6,, 
suiv:tat l,'s_ r.«les le la persl,e«[ive , de .la lunière el le l'efl 
1,. lell« tiç'on que le spectateur se trauve à-I ,»u 5 tèlres «tu-(lessous 
,le son lorizon, et bien loin du point de vue h [l'aile «u à g;tuclo. Les 
,"p,,qucs l)l'illanles de l.'arl n',,nl pots admis cês énarnilés : ou lien 
teinll'eS (certaine penlanl le noyen àge)n'onl lenu (',,lle, (l.;ts l's 
;ujels leits h loutes Itauleu's stir les urs, ni [l'u. l,l'iZon, 
lieu réel, ni de l'etDl l,erspt.clif, ni (l'une luttibt'e unique; ,,u bi . ces 
peinlres (cnto ceux du xv" el «lu XVl ¢ si/.«le)[nl l'éS,-lfinen[ al)o'(l,. 
lt [lifticullë 'n lraçal les scènes qu'ils vaulaie[ relitAse.nier sur les 
l«tris ou saus le l)lafl»l d'une allo, (l.'apr/. une perspêcliv. ique, 
supposanl que fous les personnages «,u oljols qu« 1",» ,,l'ait au 
,leClaleur se Irouvaie.nl disposds réelletttenl ait at les figrail, 
présenlaiel par cotséquenl sous u aspect «ldlel.ntiné par «'el[e plat,. 
mème. Ainsi rail-an. ,lans des plafonds de celle éloque , des person- 
a,,es par la l)lanle des pie«ls, ce'laines fi _ 
 - cres donl les genoux cachent 
lu poilrine. Nalurellenenl cell-, faç.an de Iromper l'u'il cul un gra,! 
succès. Il esl clair cependanl «lue si, dans celle mani;,ve de décralion 
onumenlale, l'hrizon esl supposé placé à  mètres du sol, à la hauleu' 
'éelle de l'mil du spectateur, il ne peut y avoir sur loule celle surfaçe 
lorizon/ale supposde à  mètres du pavé, qu'un seul poinl d,-vue. Or, 
,lu momenl qu'on sorl de ce point unique, le lraeé perspeclif de loule 
la (léeoralion devient faux, toutes les lignes paraissent danser p[ doll- 
rient le mal (le mer aux gens qui anl pris l'labilude de vauloir se 
rendre COml)le de ce que leurs yeux leur font percevoir. Quand l'art 



[" PEINTURE] 
en vient à lomler dan 
lui est. assi«ne, il cesse 

 (»-) ._ 
ce, erreurs, à vouloir sortir lu domaine qui 
bient6t d'exister: c'est le saut périlleux qui 

remplace 1 eloquence, le jongleur qui prend la place de l'oralur..Mais 
encore les artistes qui ont adoplé ce genre de peinture «lécorative ont 
pu adn,eltre un point, un seul disons-n,us, (l'«,it le speclalêur pouvait, 
l,ensaient-ils, eprouver ute satisfacti,n complète; c'était peu, sur 
loul la surfac,-, d une salle, de donner un seul point d'où l'on pot en 
saisir parfaitement la décoration, mais enfin c'était quelque chose. Les 
s«bnès reprr.,enl.ees se trouxaicnt l'aillours encadrées au milieu 
' d' 
,1 une ,-t't,ltentation qui elle-mëte affeclait la réalité de reliefs, 
lres et «le lumièrês -e.i,»uant sur d,s c[:,rps saillants. C'était un sys- 
tèlnê dcc,,ratif posé,lant s,»n unité êt -a raison, tandis qu'on ne sau- 
rail lr-»tlxer la rai,,n [1é ce parti de pointure, par exemple, qui, à 
«1«, »cèncs.ttt'ctatt la t-éalit,» (les ,tt-*ts, des ont,t'es êt des lumières, de 
la t,êr-l,,_ctive, place l,-.s ortenents plais cop,_,sé. dr, tons juxtapo- 
ses. Al,,r- I,.., cene» qui atln.tt.nt l'elt'et réel produit par le relief et 
les difl'dr t«es de plans sont en diss,»nance ce, replète axe(' cete orne- 
,tentati,: l,lat,. C,-' ':lait donc pas sans raison que les peintres du 
,,.xe âze vo.xaiênt lans la peintul'e, soit qu'elle figurât des scènes, 
«oit qu'elle t. e COllal»»sâl tlU ' d',»rnements, une surface qi devait 
I«»ujour» l}al'aitrê l}lane, s«,lide. «lui était d«.stinée non à produire une 
illusi,n. a unê hartt,nie. Nou. almellons qu'on préfère la pein- 
lUl.e en It.»ltl}e-l'a.il de la x«»6lê lês Grands Jésuites à Rome à celle de 
la vohl« • de in[-3avin, pr,.s 1« • P,-,itiers; mais ce que nous ne saurions 
ttlmellt' -, c'ês! qu'}n prétende cocilier ce- deux principes opposée. 
Il faut «)l_»ter l}»ur l'un des doux. 
Si la l»ointur,- ,-t l'arcititccture sont unies dans une onlènte intime 
1, l'art l»en(lat le n(xt,n, a,,e¢ , a plus forte raison la peinture de figures 
et çell,:' d'orelonts ne, f,»nt-êll«'s qu'une seule et mëme couverte déco- 
rati e. Le n,:ll, esprit concevait la comp,sition de la scène et celle (te 
l'ornet :/[alion,la tttC'o main lessinait «.t c«,loriait l'une et l'autre,et 
le, peilltures Ill,nuntales ne pouvaient av,»ir l'apparence de tableaux 
encadl'é- ,_le 1-)al)iet" peint, comme cela n'arrive que trop souvent aujour- 
[l'l/ui, lorsqu'on fait ce qu'on ,,'eut appeler des peintures murales, les- 
quelles nê »ont. à vrai dire, que des tableaux collés sur un mur, enlou- 
rés dun cadre qui, au lieu de les isoler comme le fait le cadre banal 
te bois doré, leur nuit, les éteint, les réduit à l'etat de ache obscure 
ou claire lé'ange l'efl'e! occupe trop le regard et ,,,ne le spectateur 
Quand la pein/urê des scènes, sur les murs d'un édifice, n'est pas 
traitée c,»mmê l'(_,rnenentation elle-mëme, elle est forcément ruée par 
celle-ci: il faut, ou que l'ornêmentation soit traitee en tr(,mpê-l'a.il, si 
le sujet ê.nlr, [lans le domaine de la realité, ou que le sujet soit traité 
comme un desin enluminé, si 'ornementation est plaie. 
Ces principes posés, nous nous occuperons d'abord de la peinture 
monumentale des sujets. Nous avons dit que l'art grec avait élé la pre- 
mière école de nos peintres occidenlaux au point de vue de l'icono- 



-- 63 -- 

l- PEINTURE 

graphie et au point de vue de ['exécution. Cependant,'dbs 1 xt • siècle 
en France (et il ne nou.,s reste pas de peintut'e tnonumentale «le sujets 
antérieurs à cette époque), on reconnait, dans la ntanière dont est 
iraitA le dessin, un" itÏépen[lance, une ,briié d'expressian dans le 
goslo qu'on n'aperçoit point dans l,'s peintures ditês l»vzalines de la 
,ème époque. Pour retrouver cette indépondance dns la peinture 
grecque, il faut feuilleter le ltauscrits bvzantins des X'llff et 

«'les; plus tard cet at'! grec 
étroite dont il ne sort ilu-. 

s'itiniolilisé, el lomle dan.,, une .uline 
Non-seulenott tos arti.,tvs du x  sibcle 

prennent leurs o(l;_.,I«s d«,ts les .peinlures du slyle grec, tais ils 
l,arent ène «les . 
Pli ll'OU OllS 

5 Plll-- 
prcédés malériels adI»lês par les Bvzatlins ; nous 
la preuve évidente dans le f'aile du noine Theophilo qui 
vtvait aU Xii e ièele. L'ébauche des peintu.es d l'église de, Saint-Sa in"-- 
;t ;le. faite au pinceau; elle cotsiste en des traits lt'un rouge. « 
« couleurs ont etA appliquées par larges rejettes plales, sans marquer 
,, les onlres, au poit qu'il esl inpossil,l« de déle'niner le quel c6té 
,, rien! la lunibre. Cependant, en cénéral, les «aillies -«_t inliqué 
,, e» clair êl lès çonlours accusés l»ar les leitles fox,cées : nais il eln- 
,, |le que, l'al'liste n'ail ou en vue quo d'ot,lonir ainsi ue espèce de 

,, nodi.lo de convenliott, 
,, poinlure d" " 
ar,,l»esque.. 
,, par (les 

à pêu pres tel quo celui qu'on voit lan., tolt'e 
Dans les 

,, l'Coti'e. 

,, fondus 

draperies, l,»us les plis sont narqués 
trails sabt'e (brun rouge), quelle quo soit la couleur 
Les «aillies sont accu«ées par d'autres trails llancs assez 
avec la teinle générale. ,, (Ces traits ne sont pas fondus, mai.,, 

i«liqués en hachure, plus ou ttoin large p,-,in/es »ur le lori de 
I,,tre.) « Il n'v a nulle fart d'ombres projetéê.,,, et, quatt h la 

lire aérienne, ou-ntëto à la perspective lin«aire, il est évi«lont 
les artistes de Sainl-S;tvin ne s'en »ot ullement préoccupes. ,, 
Par le fait, dans ces peintures de sujets, cloaque figure présent,, 

perspoc- 
quê 

Ulle 

' La Bibli,_,thèque nationale en possède quelques-uns ,l'une rare beauté. 
-" çes peintures datent de la seconde moitié du xJ" siècle en grande partie. 
:' ,oyez la Notice sur les peintures de lëglise de S, it, t-Sat'in. --- M. M,:rimé,", auquel 
nous empruntons ce passage, ajo,te un peu plus loin ces observations, que nous devons 
si.....nal,_.r. « ...... Presque touj,,urs les figures se détaclwnt sur une couleur claire et tran- 
,, chante, mais 1 est difficile de deviner ce que le peintre a voulu representer. Sotvcnt 
,, tne suite de lignes parallèles de teintes différentes ollte l'apparence d'un tapis; mais 
,, cela n'est, je pense qu'une espèce d'ornementatio, capricieuse, sans aucune preten- 
,, tion à la vérité, et le seul but de l arttste semble a,,oir été de faire ressortir les per- 
et les accessoires essentiels à son sujet. A vrai dire, ces accessoires ne sont 
espèces d'hiëroglyphes ou des images purement conventionnelles. Ainsi les 

., ,uages, les arbres, les rocl,ers, les bàtiments, ne dënotent pas la moindre idée d'imi- 
,, ratio,a; ce sont plut6t, en quelque sorte, des explications graphiques ajoutëes aux 
,, groupes de figures pour rintelligence des compositions. 
,, Blasés aujourd'hui par la reclterche de la ,.érité dans les petits détails que l'art me- 
,, derne a poussée si loin, not,s avons peine à comprendre que les artistes d'autrefois aient 
« trou,,é un public qui adtnit de si grossières con,,entions. Rien cependant de plus facile 



PEINTURE 

-silhouele se détachant en vigueur sur un fond clair, ou en clair sur 
un fond sombre, et rehaussée seulement de lrails qui indiquenl les 
formes, les plis des draperies, les linéamens intérieurs. Le modelé 
n'es! obtenu que par ces trais plus ou moins accentués, tous du mène 
ton brun, et la couleur n'esl autre chose qu'une enluminure. Les pein- 
luves «les asesdils étvu«ques, celles qu'on a déçouverles dans les 
lonleaux d Corneto, proeèden! absolument de la nëme manière. 
Alors les accessoires sont raités comme des hiérogiyphes, la figure 
tunaino seule se devêloppo d'après sa forme réelle. Un plais esl rên¢lu 
par leux «i«nnos et un froll|»ll, un arl_re par une fige surmonlée le 
.quelques feuilles, un llouvê par un Irai! sorponlant, elc. Pout-on, lor- 
qu'il s'ai! de p,inture monuontaIe, produire sur le speelateur autant 
d'eflel par +'es n«,yens prililifà que par l'emploi des lrompe-l'«,il? 

ou, l,,ur parler plus vrai, (les lommes n 
elez laquelle on s'est labilub h eslinor 
»u noins cio réalilé nalfi'iollo «,ltonu, 
-des suj,'s traites cotonnée le s«,n ceux des tamboaux 
do eatla«amlos, ou ceux de l'Close de >ainl-Savin ? 
quesli,», qui n'ot autl'o qu'un, queslion d'éduealion. 

és au milieu d'une civilisalion 
la pointure en raison (lu plus 
peu el-il.¢, s'élnouv(ir devant 
«1o Corneo, ceux 
C'esl là foule la 

n entht est toul aulanl cllal'lllë sinon plu , devan! un lrail enlu- 
nié que «levant un [al.leau de Rul,en.«. Il 'est pas «lit lue ce Irai! 
soit larbatre, sans valeur comme alt. Folles au eanlraive que ce Irait 
no rop,',luise quo de tellos formes, qu'il sait ptlr le slylo ol que l'en- 
lulninure SI[ harnonieuse: si le spoçlaleur e.«t emu devanl celle 

interpr,:llalin ,I. la nature, n'es{-ce pas un bon, mage qu'il rend à 
arl ol 1 a'l no prouve-l-il pas ainsi qu'il est une puissance ? Quo pour 
la peiluro de «levalol on én soil arrivé peu à ]Otl {t Ul/e iitalion fine 

e! ç,)pl,,to le la nature «'l»iio, h 
ext'ële l«li«a[esse, h çoneenll'er 

proluire dos efl>ts de lulni.l-e l'une 
pour ainsi [ire l'altenlion du spec- 
sebno rænlue à l'ai¢le d'une observation scrupuleuse, 
le lislineion. çorles nous ne nau. en plaindrons pas, 
ce pr,,grès que ous dev»ns les clet's-d'oeuvvê qui ça,'- 

a à t,r,-.tuire quo l'illusion, m;.mo avec cette naïveté ,te moyens qui semblent l'éloign,'r. 
« ,s.,._ren».nt un mur de scène de marbre, avec sa décoration immobile, n'empëchait 
« i,:s 1,; #;rees ,, s'int,é_'resser à une action qui devait se passer dans une forët ou parmi 
,, les roch,.rs du Cauease; et le part,.rre de Shakspeare, en voyant deux lances croisées 
,, au f,,n,l de la ,-, ,-, , 
,:,_ran,e qui servait de théàtre, comprenait quune bataille a,,-ait lieu. 
« la péripéie l'agitait, et chacun frémissait aux cris de R'ictard offrant tout son royaume 
«, pour un cheval. " 

,, A c5t,_: d,-. cette indifférence pour les détails accessoires, ou, si l'on veut, de cette 
,, ignorance primilio, on remar, lue parfois une imitation très-juste et un sentiment 
,, ,i'ubservalion très-ff, dans les attitudes et /es gestes des personnes. Les tëtes, l:,ie, 
,, que dépourvues d'expression, se distinguent souvent par une noblesse singulière et une 
,, régularité ,te traits qui rappelle, de bien loin, il est rai, les types que nous admirons 
« dans l'art antique ..... . » 



--- 6.-3 -- 

[ PEINTUIE ] 

nissent nos galeries, et qui aont une des gloirês de la civilisation occi- 
lontale depuis le x,'' siècle..Mai l'art qui convient à la toile eneadrée, 
au tableau, quelle que soit sa dimension, n'a point de rapports avec 
-celui qui est destiné à couvrir les mur et les retires d'une salle. Dans 
lo lableau, nous ne voyons qu'une expreson isolée d'un seul arl, nous 
nous iolon» pour 1o règardor ; e'est, encore une fois, une fenbll'O qu'o 
nous ouvre sur une scène propre à nnus charmer ou nous émouvoir. En 
-est-il de mèmo dans une salle que l'on couro de peintures? N'y a t-il 
pas là le melango «les arts ? Doivent-ils alors procé¢ler iolémonl, ou pro- 
duire un efl'et l'en,,emtlo ? La réponse ne saurai! èlro douteuse. 
Si nous .xamions les e-ais qui ont élé renies pour concilier les 
deux principes opposés de la peinture prise isolénent et de la peinture 
purotont monulen/ale, n'apercevons-nous pas/,-,ut le suite l'écueil 
co,lt'e lequel les plus -rands lalents ont écloué ? Et la voùle de la 
clic,pelle Sixline elle-mèmo, malgré le génie prodigieux de l'artiste «lui 
l'a conçue et exécutée, n t-olle pas u hors-d'ueuvt'o qui epouwtnte 
plul,;t qu'il ne charme ? Cependanl Miclol-Ange, arehileele el peilre, 
a su, autant que le programno qu'il s'était inposé le lui permettait, 
_-,i bien souder ses sujols et ses fleures h l'ornemen/alion, à la place 
«,coupC, que l'unilé de la voftto es/eomplèlo. Mais que devient la sali ? 
Que devient mème, au point de vue dëeoratif, sous cette écrasante 
coneeption, la peinlure du Jugement dernier? 
Dans la chapelle Sixtine, il faut s'isoler pour regarder la ,oftte, s'iso- 
ler pour regarder le Jugement dernie,', oublier la salle. 0 se souvient 
de la voùte, on se souviendrait très-in,parfaitement de la pa_,-,e d u j u g 
mont, si on ne la connai,sait par dos gravures: quant à la salle, 
ne sait I,a, si elle exislo. Or, les arts ne sont pas fat|-, pour s'entre- 
détruire, mais pour s'aider, se faire valoir; c'e,l du n,»i ainsi qu'ils 
ont Cé ce, repris pondant les belles époquos. On parlonne lto h un 
génie cent,ne Michel-Ange (l'ét,,ufl'or ce qui l'entoure et ,_1o .-,o nuil'e au 
besoin à lui-mèmo, d'effacer quelques-unes de ses propr,:,., pages pour 
en faire resplendi,' une _eulo : cette fantaisie d'un géant 'es/que ridi- 
cule chez des hommes de taille ordinaire; elle a cependant lourné la 
tète de tous les peintres depuis le x.«t  siècle, tant il et vrai que l'exem- 
ple des item,nos de génie mè,ne es/ funes[e quand il ai»and,.,nne,t 
les principes vrais, et qu'il no fati/jamais se !ai«ser guider quo pal" les 
principes. De Michel-Ange aux Carraches il n y a qu'un pas; et que sont 
les successeurs des Carraches: 

Le.s peuples, artistes n'ont x u dans la pointure monumentale 
.dessin enluminé et t,'ès-légèrement modelé. Que le dessin soit 

qu un 

l'enluminure harmonieuse, la peinture monumen/alê dit leu! ce qu'elle 
• peut., dire; la difficultë et certes assez ,-rande., le ré,,ult'!._ ,. «»l»!onu con- 
sdérable, car c'est seuleme.nt à l'aide de ces moyens si si,nples en 
apparence qu'on peut produire ces grands effels de déeoralion coloriée 
-dont l'impression reste profondément gravée dans l'esprit. _ 
,Vous aven» dit que les peintres grecs avaient étWles premiers maî- 



r rEINTUBE ] 

--- 66 --- 

citant ut passa,,e_ d'tic, race : « Diversce historD tare 
] estame;.ti pro voluntate pictorum depinguntur: nain 

occilenlaux; mais en Grèce (IIOUb parlons de la 
l»eilurê a conservé une forme liératique dont chez 
afl'ranclti l.apilemenl. Au Xtl" siècle iéja Guillaume Du- 
de 3lende. ,:crivail dans s«n Rtionale divinorum o[ficio- 
Novi quam 

« ...... I, ictoribus at, lue poetis, 
,, lui,llil,et au,lendi smper fuit oequa peton-tas. 

Col l,,mta,'e .o[du à llt libet't;_" qui d,,il ;.Ire lais»ée h l'arlile fait 
1 611"ate contr«tsle «tx-ec la rigueur les tralition, de l'école l»vza-. 
c,,n»e'véê- l,r,'qt, inta,'/e jusqu'h tto- jout' "2. Dans le slyle 

line, 
aus.-i I,i,'n lU, - lt- 1o f«lire et le» l)roc6dés 
1  , 
o,seiëCnl,nt 1o Doni : l';tuteur ,,re(" (IL 

ltl 

l'P| I'« Il.IX Ollq 
(Iti lllOil]P 
«lu l'ilr« ' 
si le.-, a.ti.to, 

:i/,cle, .t nèllle ell('Ol' das l'ouvrage 

qui ivail au xtv' siccle; mais 
c,»n-êrv,'ren! lon-têlnp- les lrocédés 

' ! iv. 1 ç ¢hap. [tt. 
- X,,yez h ce ,ujet le .Il, in,ci l'tconogrw,hie chrétionlïe, traduit «lu manuscrit byzantin,. 
i," C, tH:l; de 1,« l;ei»hre, p'r !, • loctcur Pa,i Iuran,l, a,,ec une i»lroduclion et des notes 
d, M. Di,lr,_,n. L'aut,.ur d, • ce gui,I,., D,',i, vivait au xF si,-cle. 
,l e canon suivant ,,, ,lit )I. Di,lr, m dan-: ut» • de ses n,.des .Intro,tuction. p. %'III), 
« du sc'«:on,I concile 1, , Nie,:,-., comparé au l,assage d, - l'év;.que de 3l,-,mle, exprime à 
, ,_-','ellê la c,-,nditi,-,n d,. ,l,:peltdmce ,-,h vivai,:nt les artiste.- grecs .... «, Non est imagi- 
« »um .-tructura l,i,:t,»ru,,a invettio, se,! Ecclesice calholicoE l,rob, ta le9tsl,lio et t,'aditio. 
, Nain quod ",etustate ,-:xeellit veneran,lum est, ut inquit ,iivu Basilius. T,-.statur hec 
« il,.a rerum anliquita ,.t 1-,atrum n,-,,trorum, «lui Si,irîtu sancto f,runtur, doctrina. 
«, Eeat,n, cure has in sa«'i, t,.mplis consl,iccr,:nt, psi quoque anime propenso vcneranda 
< ferai,la exstruentes, in ci.- quid,,m ,._.ratas orationes sri3. ¢, et incruenta sacrificia Deo oto- 
,, nium rerum ,lomino otDrunt..tt,tui co,a.-_-ilium et tra,litio ista non est pictoris (ejus enim 
,., sola ars est,, verum ««',linatio et di.-.positio patrum nostrorum, qu,'e ,'-edificaveru»t. » 
t--". £gacil l'hil. Labbo, t. Vil. Syn,):l..Viccena 11, actio v, ¢ol. 831 et 839..) i»e fait, le con- 
cile de Nicde n'avait pas tott à fait tort, et l:'s plus blles peintures byzantines connues 
sont incomparablmcnt les l,lus anciennes. 
 Dirersarum artium Sche, lula, publ. par )I. 1 comte dz l'Escalopier, 18-1,3. 
 Voyez rdition de cet ouvrage donnée à Reine, en 1821, par le chevalier C, uiseppe 
îe.n:broni. 



-- 67 -- 

[ PEINTURE I 

ntodelé. Nos a.tisles en France, en ce qui louche au dessin, à l'obser- 
vali«)n jusle du geste, de la composilion, de l'expressio racine, s'éman- 
cipbrenl avanl les mailres le l'Ilalie; les peintures el les vignelles des 
nanuscrits qui nous reslnl du xl  siècle en s»nl la preuve, êl cin- 
quante ans avant ioilo ne»us pt)ssédions en France les l»einlures 
«lui avaient «16jà fitii faire à l'art les progrès qu'»n ailriluo h l'61ève 
Cinaiue . De la lin ¢lu x  au x ' siècl 1 ¢lsin sê nodifie. D'abord 
rivd aux traditions b3zatiues , li«ni6i il rejêllo cÇs dannées conven- 
lionollos l'école, il chercle dês principes d6rivanl CI'une observation 
«le la nature, sans toutefois abadonner le style; l'étude du geste 
aiieiat Ii,lSt tlllt, ddlicaiesse rare, puis vient la recltorclte de ce qu'on 
aplello l'«xp'essi«t. Le m«del6, soins at/eind'e à ledit s';l)llique à 
Jt:tl'qUOt' les llatJs. On t'ec«)nn;til des oflbr[s (le cottp(sifiott retnarqua- 
ll's «l;.s la s««»}le nioilié «lu xt' si/.«lê. L'idde drat}atique est adnise, 
les s«bnes [trentten[ i)at.fi>is un nouvouon[ (l'tttte dne'gie luissanle. 
Ve's le niliett du XlV + siècle, de fin, de délic«[, le dessin pe<'le déjà 
vers la tibre; les tyleS admis se per<lent pour )lre reni»lacds par 
l'iti[ali« n (le la a[ure individuelle: l'oxagératio de ce par[i est sert- 

sille au comnet('oent du xv" si/.cle, h ce point que le laid s'in['oduit 
das l'at.[ (le la poinluro, et arrive trop souve/h s'en,pat'er (le toute 
fol'e. En ttëe teps on reconnait que l'halilolé le la ain es[ 

exlrèc, quo les artistes possbden! (les procédCs excellenls, o[ qtt'ils 
pousso[ à lexcbs la recherche du dé[ail, la ninu[ie dans l'exécu[ion, 
dans l'éudo dos aeeossoires. 
La coloration subi[ lcs lransfornaiions nois ral)iles : l'laronie 
de la peinture nonumen[alo est t«njours sounise h u lricipe esseu- 
liellement décol'alif; celle haï.infinie change de tona]i[6, il es[ vrai, 
nais c'est toujours une larmonio al»pli«al»lo aux suj ,ls «oe au 
»rnenons. Ainsi, par exenplo, au x  siè«lo, eêe larnoie esl abso- 
lumon cello des peintures groeques, I»tl.s l'èS-Cl«i'«s das les fonds. 
Pçur les l"eures eonme pour les romens, lori local, qui osl la cou- 
leur o renilaeo ce que nous appolons a lemi-têile: rêtauls clairs, 
lrosquo llacs, sur loupes les saillies; modelé brun ég«l pour loupes 
les nuancês : finessos soi en clair ur les grandes parlies soml»res, soit 
eu b'uu sur les granlês arties clairos, afin d'évier, dans l'ensemble, 
les aeles. Couleurs rompuos, jamais absolues  au moins dans les 
grande parties; quelquetis emploi du noir comme rehaus. L'or 
almis comme broderio, «ommo points brillants, nimhes; jams, ou 
res-raremen, comme fond. Couleurs dominantes, l'ocre jaune, le brun 
rouge clair, le vorl de nuances diverses; eouiêurs socondaires, le rose 
pourpre, le vi«lel pourpre elair, le lleu clair. oujours un rai brun 

i Il a manqué 
cela diminue-t-il 
laissés ? 
' Cela provient 

à nos artistes un V asari, un apologiste exclusif. L'est un malheur; mai» 
leur merite? et est-ce à nous de leur reprocher l'oubli où nous les a-oa,t 

des procëdds employés, ainsi que nous l'indiquerons tout à lheure. 



[ PEINTUIE ] 

-- 68 -- 

entre ctaque couleur juxtaposée. Il est 
moie des peintures du Xlff siecle, qu'on 
valeur égale poséos l'uno h c6te 
une couleur d une valeur infé,'ie 

l'are, d'ailleurs, dans l'har- 
trouve deux couleurs d'une 

de l'attire, sans qu'il y ait entre elles 
tire. A.insi, par exenple, el[l'e tin i,rtln 

rougeet ut vorl le ,+alou,. egale, il vaura un jaune ou un bleu très-clair: 
:,))It'e un bleu .t un vel't (le valeùr (.gle, il y aur u)) '()-e pourpr. 
clair. A»I)ocl général loux, sans heuvl, clair, avec lo t>t'plés Irès- 
vives oll,uos par 1. {t'ail lrutt ou le l'el}laU[ blanc. Vers Io tiliou du 
XIII e sieclo, c'tic lalilé clange. Les coulour 

part ic uliè l'e nt. n i 
d ' ll'ansiti»n ; ! s 

s (lominent, 
1. l,leu et le rougê..Le VeI't ne sert plus qu+-, le nioyeti 
fotls deviênenl sonlres, brun l'OUgp, llou inlense, 

ol surlotll l' l»lane gris, 1o t,l«tne vpr, làlro, couvrenl los dvaperies.Gel- 
les-ci parfois s,nt p,,ly«h'otes, llanehos, p«Ir oxetl, le , avec des bandes 
transvecal  rougo lrodees de llanc, ou de noir, ,-,u l'or. Les elairs 
onl lre,quo llanctos. Au XlY" sicele, les lons gris, gri vert, vert clair, 
l'«-,e clair, loninenl ; le lleu esl loujours odifié : ,'il apparaît pur, 
"esl eulen,, l«ns de fonds, o il es enu clair. L'or es rare; le 
fi,ls oirs ou trun rouge, u «çro jaune, pol'sisen: 1o dssin brun 
obt ïol'lplllelll acCUSé et le m««lolé l'ès-passé. Le» rehauls blancs 
n'exislel plus, ai les relmuls noirs ou b'u» sorti fi'équenls; les 
ehairs son 'bs-«laires. L'âspoe génér! es fi'oid. L. dessin l'enpo.ro 
sur la eolraion, o il emlle quo le peinre ai erain d'en diminuer 
la valeur par l'(pposilion de os brillants. Vers la seconde moitié 
lu xv  sieelo, le finds se elargen do eoulours variéo, eanne uno mo- 
saïque, ou présenen des damasquinages ons ur un. Les draperies 
et les clairs roson claires;le noir dispara dês fonls, il ne ser plus 
que pour redêssiner les formes ; l'or se mële aux musaïques des fonds', 
les aceesoirês son clairs, en grisaillês rehausséo le ons légers ou 
d ornements d'or. L'aspêe général es dou, b'illanl : le couleurs sont 
Irès-divisées, andis qu'au conmeneenen du x  ièele elles apparais- 
sent par laques, chaudes, in,crises. Alors le modelé es rès-passé, 
ien que la direelion une de la lumière ne soi pas encore déterminee 
nete.mnt. Les parties saillantes sont les plus claires, e cela ient au 
proçede employé dans la enture déeorative. Mais dans les fond, les 

jau 

or, nais l;ts ce cas toujours gaufré. Le 
quo <'orange lilels, rehauts dblicals; l'ocre 
l+.,,uv «le,; acce,,soire+; le odelé se fond 

loi!s sorti toujour, 
L'or" apparail 
c,u g+tttfi-é, au aecompagé 
A,,pê«l gétéral cl!latld, I»t'illatt, 
s'il 'était réveillé par 1"1". Vêts 

,éParés par un 
e+ ittasse sut" 
t'eltaul> lruns. 
égalemênt 
la fi du 

Xlll + sic.cio, la t,nalile deie! llus lourlée; les fol., n»irs apparais- 
SelIlt >++uxet, <u tleu très-inlense, ,u lrun rouge, lellatUgSéS le 
xëtelents, ,n 'evacho, i, vetol les toits clairs, t'ose, Vpl.I 
ne rond, llou trè+-clair ; l'on+pl,,i d,, l'or est n+oin, fr6quenl ; le 

noir; 
clair, 
blanc 



l»àtiments, elc., son! dëjà lraiés d'une 

accessoiros, arbres, palais, 
lanière plus réelle:la perspective linéaire est quelquefois cherch6e ; 
«luant à la perspective aérienne, on n'y songe point encore. Les étotfes 
sont rendues avec alresse, les chairs très-delicatement modelées ; l'or 
se mêle un peu pavtr»ut, aux v6tements, aux ('h veux, aux d6lails des 
accessoires, et l'c, tt ne voil pa de ces sacrifices considérés cotonne 
n6cessaires, aveç raison, dans la peinture de tableaux. L'accessoire le 
plus insignifiant pst peint axec autant de soins, et tout autant dans 
la lumière que le porsonnage principal. C'est là une des conditions de 
la peinture noumonlale. Sur les parois d'une s«llp vues lolUOUr 
obliquemen, ce qu« l'ril demande, c'est une hat.tttoti« générale sou- 
tenue, une surface égalenet solide, égalenenl riche, n«,n point des 
percées el les llans dérobés par des tons sa«rifiés qui «lévagel les 
proporlions el les parlies de l'archileclure. Ces données genévai«s 
Cai»lies, ous passons  l'élude des slyles de la peinlure de suj«Is el h 

celle des procélés employés. 

cepen«lan une certaine 
une élude vraie du geste, une tendance rira- 
i,lus dans la peinture grecque du xt'- siècle, 
invaviables. Dans los fresques de Saint-Savin, 
représenté évidemment suivanl une lradilion 

Nous l'avons _li! plus haut, les peittut'os les l,lus att«.ionnos q. nous 
possédions en Frace, présentant un OlSOllltip p;tssallomont copl.l, 
sont celles de l'église de Sainl-Savin, près de l'oiliêrs. Dans cês lei- 
turcs, ainsi que ous l'avons encore avancé, bie qu'on rel'ouve les 
lradilions de l'ée«le bs'zanine, on observe 
liberl6 de composition, 
maiiquo, qui tFexistett 
rivée alors h des types 
à c616 d'un personnage 
hi6ratique, I a liste a donne à des groupes de figures des atlilutles 6tu- 
diées sur la nature. Quelques scèes ont mëne un mouvement dra- 
matique tr6s-énergiquement vendu, malgré l'imperfection et la gvos- 
sièrete du dessin. Nous citerons, etre autres, les sçènes de l'Apocalypse 
peintes sous le porche; dans l'église, sous la voùte, l'ofl'rande de Caïn 
et d'Abel, la fuite en Égyple, la construction le la tour de Babel, 

l'ivresse de Noé, les fun.érailles d'Abraham (fig. 1); OSOlh vendu par 
ses frères; Joseph accuse par la femme de PuipharDans ces eompo- 

sitions on remarque de la grandeur, un sentiment vrai, puissant, des 
hardiesses nème, qui f_nnt assez voir que eello école du Poiou no 
se bornai pas à la reproduction sèche des peintures byzanines. Plus 

tard cependant, au xt" siècle, nous retrouvons des peintures fran- 
çaises so soumêltanl sçrupuleusemen! aux tràditions grecques : telles 
son! celles de la chapelle du Lige!  dont le dessin, les ypes, les eom- 
posilions, le modelé, se rapproehen exaeemen de l'éeole de Byzance "-, 

au point qu'on les pourrait attribuer à un artiste de cette école. 
Bans les peintures de la chapelle du Liget, si fart est soumis à une 

Département d'[ndre-et-Loire. 
¢oyez les copies de ces peintures, faites avec un soin scrupuleux par 3I. Savinien Petit 
Ar¢hives des monuments historiques). 



 PEI,NTUBE ] -- 70--- 
sorle d'archaïsme, on sont la rechercle (lu beau, on aperçoit les der- 
nières luours do l'anliquilé, si brillanles encore dans les calacombes 
de la omo chrétienne. La figure , qui donne l'un des personnages 
peints sur les parois de la elaelle du Ligel, suffi pur faire ressortir 
les rapports oxisan en,re cet ar du x ' siècle et celui des époques 
pritnitivos cio la poinluro byzantine. Les lons de cs peintures sont 

, / 

doux, 1,. lessin lare et fet.iie. Les couleurs so : le jaune clair pour 
la «hasulle, aec crnemetis lruns le vert p,ur le capuclon rlaltu, 
I, llane pour la robe ; le brun ruge clair pour le manipule et le nimbe, 
ainsi qup pur le f,,l. Lo lessin est soutenu par un irait brun. 
Pen¢lal la l6vi.le lu oen fige ccmprise elre le x ¢ siècle el la 
fin du xt', il . avait lonc, laîs l'art le la peinlure plus encore que 
lans l'architecture en France, diversild d'écoles, tàtonnemen{s : ici 
ttt, soumission enlibt.'e aux ]tailt'ps t»yzanlins, là lenlalives d'émanci- 
pation, observation de la nature, 61ude du geste, rechercle de l'effet 
dramatique. En Auvergne, par exemple, au Xll' siècle, il exislait une 
puissante dcole I, pêinure, serrde dans son exéculion, belle par son 
style, autant que des fragments, rares aujourd'hui, nous permettent 
de l'apprécier. Mais alors (à la fin du x' sibcle), l'alrlention des popu- 
lations au nord le la Loire semblait se concentrer sur les d6veloppe- 
nen/s d'une architecture nouvelle, fn abandonnait les sujets peints 
,ur I,-s murailles pour se livrer h l'exdcution de ia peiniure translucide 
des vitraux. D'ailleurs l'architeclure nouvellement înaugur6e n'offrait 
plus aux artistes de ces randes surfaces nues propres h la peinture. 
I. peinure se bornait h la coloration de la sculplure et aux ddcora- 
tions obtenue par des combinaisons ornemente Mais dans les 
carions de leurs vitraux, les peintres avaient l'occasion de ddvelopper 



---71 --- 
largement leur talent, et l'art ne, re, slait pas 

stationnaire,, 

fièvre d'arcitecture qui s'empara des populalions du domaine royal 



[ PEINTURE 

rai tre sur 
1,,, pas iutnelses qu'elle aait 
1Wtic,Jure, {l;tl| la rocler«ie lu leau 
le .eeonnaill'e I,»ulef,is, elle «trait lerlu 1 
la nai;,re, l'exag6raliç)n l  l'expres>io 
le tesi s'élail bpuré, nai- la randeur 
l'u»e «e'laine grince (lbjh çoquetle. 
Villars de H«)nneec url. qui vivit «dors (le 

123 fitt un pu ealmee, on vil la peinlure de suiets repa- 
lê suv['a«,.s inlérieure des élifices, ci l'on pu[ reconnai[rê 

dans l:c, bservation attentive de 
et dan» 1 êxéculion. Il "faul bion 
e;tucoup au i«»int de vue lu 
l,.is; èlle l>èclait déjà ver 
: le ,,es[e é[ail Ioujours vrai 
faiai[ ldac à la rec]terche- 

1230h 1270), nous a laissé, 
son ternir:, <le=, l'ensoigloments pré- 
cieux '. L,  igne[les «le ce manu- 
.,ci'it repr,,duiles e [,tc-simile dans 

les llaneles XXXIV, XXXV, XXXYI O| 

xxxvl, nou.-_ l,nnel ('orlains pr(,- 
«Ct'- pl'atiques lour ol»lenir 
allilules ci le sles des figures, 
au n,von de ebinaisons de Il- 
-nos droi{es ,u ,l'arcs (le cêt'cl 
ci lê figures geon6lriques; nous- 
ne, us borneron à pre,eler ieî un 
s'ul les exe»l>l»s turni, afin de- 
tktire aiir les mé[hodes sur les- 
qu,.llC Vill«trs s'appuie. 
V<,i«i t[i/. 3) deux lulteurs que le- 
tlesinaleui' parait voul,ir montrer 

cotonne ("[tll| le tr('e ,'al,.--'. Le procede 1" Iract' 
Se, il tt lt'ia,,l' «.luilatcr«tl ABC, «loi la base AB, dix 
lio +'galet, 1' leux aulres trianles ;quilalérau 

e..,t celui-ci (fig. ). 
i,.e en deux par- 
x .econdaires. La 

li,...,n,, l'«xe DG;lal prolong-;e, sur ce prol)ngenel en E ous prenons 
u t>oil, cen[re d.e, arcs 1+, cercle, FG, tll. Sur l'arc FG, avant marqué 
deux lOils O, O, ces poinl., .,.o! .le centres des arcs KL. Ainsi les c6és 

du grand [riangle equila[éral et les c6lés 
¢l,=>et 1, lir 'clio les janie. des lul! 

(les deux petits triangles nous 
ours;les deux arcs FO, HI, le 

touvenen/des genoux e! «les lot'ses ; le.,, arcs KL, la li,-,no des dos dos 
cieux figures. D'off s'en,ui! la stabilité des personaages et la relalion 
de lêur attilude. Viil«trs, qui n'est pas un l>eintre, mais un archi.tecte, ne 
don»e qu'un certain honni»re de ces ligures obtenues au moyen de lracés. 
géOllélriquês, et principalement de trianglês; mais il nous fait suffi- 
sammont connailre ainsi quelles étaient les méllodês pratiques em- 
ployées par lês inagiers; méthodes qui obligetient les artistes les 
plus médiocrês à se renfermer dans l'observation de certaines lois très.- 

t Voyez r lbum de I'illars de llonnecourt, ms. publ. en [ac-simile, a,ee 
et commentaires pat" A. Darc,-l. Paris, 1858, chez I)elion. 
 Cette figure est copiée en fac-simile. 

notes par Lassus, 



-- 73 -- 

PEINTURE ] 

simples, d'uno application facile, h l'aide desquellos ils restaient dans 
desdonnéesjustes du noins, s'ils n'avaient un mérite assez élevd pour 
produire des chefs-d'oeuvre. 

O 

Dans les peinlures françaises du xt  si;cle qui nous restettt, l'art 
archaïque, encore conservë pendan! la période du xt  siècles, est al»an- 
donné; les artistes cherchent non-seulement la xérié dtns 1 
mais une souplesse dans les poses, «léjà éloignée de la rigidité du desi 
lyzantin. Le faire devient plus libre, l'obset'vation de la nature plus 
licate'. L'exemple que nous donnons ici (fig. ô), copié sur un fragtct! 
d'une peinlure de la fin du x  siècle ', explique en quoi «onsisle ce 
changement ou plut6t ce progrbs dans l'art. Ici le trois-quat.ts (le la 
de la Vierge est finêmcnt Iracé. La pose ne manqu, pas le souplesse, 
les draperies sont dessinées avec une liberté et ttttt , lalgeur remarqua- 
bles au moyen d'un Irai| l)run rouge . On voit que le peintre a dù opërer 
sur un décalque ne donnant qu'une masse générale, une silhoêtle et 
quelques linéaments principaux, et que les délails ont été rendus au 

bout de pinceau. Certains repentirs mème ont été la!ssés apparents, dans 
le bas du manteau du c6Ié gauche.Souvent ces peintures murales son! 

'I)u tombeau d'un abbé de Sifint-Philibert de Tournus. Vo)'ez les copies faites par 
1I i)enuelle sur l'ensemble «le cette peinture remarquable, représentant un couronnement 
de la Vierge (,lrchires des mort, ments histor,qt«es}. 
' La coloration de cette peinture a presque entièrement disparu 

vu. -- 10 



[ I'EI,NTUIE ] -- î-I- 
de véritables ilnprovisations; ces artistês ne faisaient des cartons que 
pour do s.u.jots étudiés avec un soin excoptionnel.Or, pour tracer comme 
un eroqu., uno figure do grandeur naturelle, il faut pr»sséder de rué- 

lltodp: sùres, t;'eg-arrëfees. 

± 

-I 

./ 

1, 

11 . 

. L'ZLçJ JT. 

Les peintres b)'zantins ne faisaient pas, et encore aujourd'lui n e lont 
lCa. de cartons;ils poigneni immédiatement sur le mur Pendant le 
moyen fige, en Occident, on procédai de la mëme manière : e'es ce qui 
.oxpliquo l'uilié absolue de ces recettes données dans lê Ç, uide de la 
l,,int«re eië plus haul, dans l'Essai du moine Théophile e dans le traité 



-" [ PEINTUII' J 

de Cennino Cenni,i. D'ailleurs cornmenl des arlisles qui couvraient en 
peu de temps des suvt'aces lrbs-élenduês au.aietl-ils eu le lemps de faire 
des cartons; leu! au llu.¢, pouvaiottl-il pvéparer des m«tquotto à une 
échelle réduile.Pendal l.s xii" et xtlt ¢ si/.cles, les Iraits gvaxés dans l'en- 
duit fi'ais ne se xoiet qu'êxceptionnelleneni, et ces traits indiquent 

toujours le décalque ci'un carton; on ap«rçoil 
Iraits légers faits au iiceau, couverls le let 
quelle le Irail d6titilif, qui est une faç'-»n de 

souvent au conlrairo des 
couche colorante sur la- 
modelé, vient s'apposer. 

Ce Il'ait d6tinitifcorvi_r , , , 
ce reclifie l'esquisse lrillilive la inOdifio 
parfois conplétenonl, et nous ne connaissons gubro de peintue 
x , xV et xt  sibclês sans reletb's. 
Les peinlves du xt si/.ele etl»loyaienl llusi.urs sorles de loitlures : 
la peiture h fresque, la peilut'e h la colle, à l'.uf, el la pêinluro 
h l'ltuile. Celle dernière, fitule «l'un siecalif, n'élail lcutefois omplo6e 
que pour (le pelils ouvvagcs, des lalleaux sui" i»anno«tx qu'on pouai[ 
facilement exposer au oleil. Poul' l'elnploi de la loitlure h fl'eS[lUe, 
«'est-à-(liro sur enduit de morliel, t'vais, l'avlisle cottenç'ait, ainsi quo 
nou venons «le le dire, par.lracer avec de l'oct'e rouge d61ayéo dans 
de l eau pur. les masses de ses personnages, puis il lasail le Io local 
qui faisait la demi-teinte, l)ar coucles successives, ¢.lal (le la chaux 
au ton; il mo«lolail les pat'lies saillanles, ajoul«tnt une plus gvanlc 
parlie de chaux à mesure qu'il attirail aux d,i'nières couches; luis, 
avec du brun rouge mèld de noir, il redessinail les «onlouvs, les plis, 
les creux, les lindanenls intdrieurs des nus ou des dvapevios. 
Cette op6rati,n «levait êlre faile vapidomenl,afin de ne pas laisser 
sdcher coinpldlenenl l'en(luil ci les prontibves coucles. Celle faç't,n 
«le peindre dans la paie donne une douceur ol un éclal parliculiovs ît ce 
genre (le Iravail, el un model6 qui, d'un l)ieu inlense, arrivant, 
exemple sur les parlies saillantes «u claires, au blanc presque pur, n'esl 
ni sec, ni criard; chaque lon SUl«vps6 s'eml)uvani dans le lori infdriour 
et y parlicilant. L'hal)iloié du pralicien consisle à connaîlre exaclomeni 
le degrd (le siccild qu'il faul laisser pvon(lve ît chaque couche avant d'on 
apposer une nouvelle. Si colle couclto est lrop laumide, le ton appos6 la 
d6trempe de nouveau ci rail avec elle une loue lacltde, sale : si elle 
lrop sèche, le ton opposé ne lient pas, ne s'onloil pas, el forne 
cerné sombre sur son contour. Le trait noir l»run, si ndcessaire, et [lti 
accuse les silhouolles et les formes inldvioures, les ombres, le plis,etc., 
61ait souvenl plac6 lorsque le modelé par coucltes successives dlai/soc, 
atin d'obtenir plus de vivaciid el de neiiold. Alors on le collail avec 
l'eufou de la colle de peau. Aussi voit-on souvc/, dans ces anciennes 
fresques, ce irait brun se ddiacler par 6cailles et ne pas faire cO.lS 
avec l'enduii. 
L'emploi de la chaux comme assiette et même comme alpoint lutai- 
neux dans chaque lon, ne permetlaii au peinlre que l'usage (le certaines 
couleurs, telles quo les terres, le cobalt bleu ou verl. Celle obligation 
de n'en,ployer que les terres et un lrès-pelil nombre de couleurs min6- 



/ PEINTURE ] 
raies, c¢,ntriluait 
pour ainsi {lir 
pàlê en l'êgavd 

à lonnêr et c,,,_ l»etlures une harmonie lrès-douce et 
xel«»ulee. Au x" siècle, cettê Iarmonie paraissait trop 
ls x itraux c«loré.;, qui donnent des tons d'une intensité 

prc(ligi,,ue ; ,,n tlut ren«-,nc,-r à la peinlure h fl'esque,afin de pouvoir 
emplt,yor les oxylos ci,, l,l«»tl), les x»rts de cuivre et mème dos laques, 
D'ailleut'» l'a.«.hite«lure adoplée ne pevlnettanl pas les enduite, il fallait 
tiott It.olX». u prc«''(l,  l pinlure qui facilitâl l'apposilion (iirecte- 
, és. Les plu 
tt, tl sur la pierre. En oltêl, div,.r, pt'ocCdés furent elnplo 
('«,nttttut» .cttl : la poinluv  h l'euf, so'le rie lélrempe légere et solide, 
let l,,iluvo h let «.»11o 1o ltu c,u à let colle 1'o, également très-durable 
l,,rqu',.ll,, n'esl l»«ts soutise h l'ttuttililc. La llus solide est la peinture 
à la r «io li.cu/e das u alcool:mais c  procéd6, assez dispendieux, 
n ;li[ oplox-6 lUe puv lê Ir«tv,tux lélicats. Quelquefois aussi on se 
«,zttl,.l«il l'ùn lait de cltaux al, pli,lub comme assietle, et sur lequel 
t,n l,oig:it a l'eau axa[ «_lUe cettê cc, ucle le chaux, mise h la brosse, 
t'fil ,/.c]o. La ieiluvo h l'huilê, lrb.-clairemenl d6crite par le moine 
Tltd,,l,lil', et «,l,l, t6, «v«tt lui, fui.qu'il no s'on dottne pas comme l'in- 
v,.t[.ut.', no ',lll«y;til, :insi quo ne, u» le tlisic, n plus laul, que sur des 
l,«,.tttx, h «au»ê du Ittl qu'il fall«it l;lisr à cloaque eouele pour 
itt ,.11. l,fil >b«lêr au s,,leil,lo» siccalifs n'6ant p:s oneore en usage . 
I. l,'tIttv' h la g,,tte, enlloyéo au Xl" sibçle, parait avoir élé fré- 
tltOtt«,l pl'ali«lu6O par les loinl.os du Xlll e IOHI' tlo nenus oljels tels 
[e l''[«tllo, loisovies, cte. ,, Si x-.u voulez aeeélérer voire lravail, dit 
,, TIt,:,,I,lilo . l,rOnêz «lê la colle qui d6c,»ule du covisier ou du prunier, 
,, ,.I 1« «,upanl on polilo p:tv«olles, placez-la lans un vaso de terre; 
,, versez ,le l'o«u al»onl;nmettl, puis exposez au s«leil,ou bien,en hiver, 
,, sur un l.t l«ux. jus[u'à ce [uo la gomme se liquéfie. Mbloz soigneu- 
,, ,.nenl au noyon d'une l,aguêlo, passoz h lravers un linge ; broyez 
,. I,-.- «,ttlours (.tve«)ci al»pliqu,.z-les. Tules les cculoul-s el leurs é- 
,, lango« feux enl blre ll'»)é ol l»sé» h l'aide de celle gomme, exeepl6 
,, !o titiun, la ce.u»o et 1o carmin, qui doivent se broyor et s'appli- 
,, quev avec «lu Ilanc t «.uf..,, Ces peinluros à la gomme, ou mëme 
t l'huile. élaiott taliluellemenl reeouverles d'un vernis composé de 
.,,tne «valiquo di»,,ulo a chaud dans l'huile de lin a; elles avaient 
ainsi un 6cla[ ex[raol'liaivo. 
Les al'listes du XIII e sibele, en poignanl des sujets dans des salles gar- 
nies de vitraux colorés, lonaient à leur donner un brillant ci une solidité 
de ton supérieurs à la peinture d'ornement et qui fussent lutter avec 

'« On peut, dit Tl,,:,,l, hile, broyer les couleurs de toute espèce avec la mème sorte 
, d'huile (l'huile de lin), et les pos,-r sur un ou,,Tage de bois, mais seulement pour les 
,, objets qui peuvent Otre séchés au soleil; car, chaque fois qu'une couleur est appliquée, 
,, vous ne pouvez en af, poser une aut, e, si la première n'est séchée : ce qui, dans les images 
o et autres peintures, est long et très-ennuyeux. » (Liv. I , chap. xxvtt.) 
' Liv. I «', cliap, xxvn. 
» Théoph, ehap. xx, De 9lutine vernttion. 



l'or, trè-fréquemmen t eployé alors. Pot" obleir ce{ écla{, il» tlex aieit 
faire usage des glacis, et en effet la coloralion des tigures, lorstu'elles 
sont peintes avec quelque soin, est obte.ue principalenent par des 
appositionsde couleurs transparentes sur une préparation en cauaieux 
lrès-modelés. Ces artistes, soit par tt'alili,, soli d'instinct, avairt le 
sentiment de l'harmonie (leurs vitraux et sont une preuve 
pour tout. le monde). Du jour que l'or ett.ait lans lt lécoralion l,our 
une forte part, il fallait n6cessairentet ttt«,dili«, l'itarttotir douce 

claire admise par les peintres «lu Xii e 
ute couleur, et sa présence e larges 
le p,intrê h changer toute 

surfaces lan: lt peinture force 
tic ses forts. L'or ca lrs vêllet.,, 

clairs très-vifs, ll'bS-éçlaIall|S, des leni-tcinles 't lcs ozbres d'une 
intensité el l'une clalour auprès lrsquellos loulê c«ul-.zr deviczt 
grise, si elle est claire, [ls«u''e el lourde, si flic rst soztzl)rr 
pouvoir lulteravec ces clairs si lrillanls el ces d 'zti-l.'izIrs si 
de l'or, il fallail clos tons Irbs-colon;s, ntai.,, qui, lOUz ' te laS laraîlz'e 
noirs, devaiet conserver la transparence «l'tto aqu,relle. C'esl at,si 
que les petils sujets décoranl l'arcalure tl.e lt sainle Cital),llo ttaule 
du Palais à Paris étaienl Irailés. Ces sujets, «lui se (lélacltenl allernati- 
vendent sut" un fi)nd de verre damasquiné (le loruro« ou l'or gaufré, 
avaiênl Cé peinls très-clairs, puis rêilau.,,sds ptr ue coloration t';ts- 
parente très-vive et (les Iraits bruns. Cêl-.ndant, avec l'or, tou, 
lons n'Catent pas Irailés «le la ngme maniè'c ; lps bleus, lps verls clait's 
('evts turquoise) son emp'tés, el, ainsi p,»sés, pvennenl une valêur 
lrès-coloranle ; landis que les rouges, les v«.ls s,»ctl.os, les l)OUrl)res, 
les jaunes, ont besoin, l)ur conserver un «('ltl i)ouv:nl lultrr avec les 
dcni-leinles de l'or, [l'èlre apposés en gl«tcis. (;,'s glacis sollent avoir 
élé «ollés au moyen d'un glulên ré.,,ineux, pcul-,lre seulelCl h l'aide 
de ce vernis composé d'huile (le lift êl «le goc a'al»ique. Quatt h la 
peinlurê (les dessous ou ep';tlée, elle esl fine, cl esl p¢»;ée sut' une 
assiette de chaux lrbs-nincê ; ce n'esl «epeudat pas de la fi'esque, c:r 
celle peinlure s'ëcaillo e! forme 
Il arrivait tène souenl aux at'lislos peign;t! (les sujets ou les or'ne- 

' Nous avons des exemples (le l'effet que produit l'or à c,)té, de tons à la fresq,te, à la 
cire ou mème à l'huile empàt,_:e. Des vèteme,ats blancs star tan fon,I d'or paraissent sales, 
gris et ternes, les chairs sont lourdes. Les seuls tons qui se s,)ut,.tan,nt star des fonds d',.,r, 
sont les tons transparents qu'on peut obtenir par des glacis. Et encore faut-il faire sur 
l'or, soit un travail de gaufrurc, soit un treillis puissa,t, une mosaïque. Les voùtes «les 
Slatz.e,, peintes par Rapl,aël, au Vatican, nous fourntssent «les observations i'un grand 
int¢:rt à cet ëgard, particulièrement celle de la .-:aile lc la Dispute du saint sacrement. 
Les fo,ds d'or sont craquelés comme des mosai'ques, et les suj,:ts à fresque sont d'une 
• "igueur de coloration qui n'a pu ètre obten«e qùe par des retouches, soit à l'oeuf, soit 
de toute autre manière, apposées en glacis. La mème observation peut titre faite dans la 
Librairie de la catl,édrale de Sienne, et en examinant la bùtc abs.idale de l'Cglise Santa- 
Maria del Popolo, à Rome, attribuëe à Pinturicchio. 



I'EINTUBE ] -- TM --- 
sur fi»nl d'or, de lorer le- deb,ous de ornements ou draperies 
• 
h ètro çolarés on rou-e en pourpre o,» en jaune nordore. 
coloraion n'éai! qu'un glacis lrès-lraspare! posé sur le 
os .bs-inlenses o évilai! le, |ourdeurs. Ces tons 
f,,n,! et con.,el'vaienl quoique ¢'l,»se de son éclat 

nltï('tx a l,in, 
oirs, brun 
lo]s ou (le 
nae trè-,-vigouveuse. (IIi llO 
Sl»ective, ai 

lês sutittl laV ! 's f,Itds très-violents, 
e, «'ltal'gé souvent do dessins tons sur 
('oulott's variées, nttis ll'6sentat une 
ogetil guère :lors aux folls de per- 
[ à t_I»IIPF aUX aECeSSoil'S, connle le 

.,,iége», 1,..; nt_,ul,los, u,' apparenco réélle. Peu h leu le cltamp de 
l'itilalio '«lendil ; ;tltl'bS avoir peint seulenel les ol»jels louchant 
i,xnéliatenenl ;ux iiu'ês suivanl lêur forme et leur dinnpnsic»n vraie, 
»v ll;tç«t uti 6lifi«e, un,' lrlo, tin tl'ltllp, SUI" UII plan secodail'e ; puis 
'tlin les f,,ls lo ««tv«,nli«n or lU'etext décor«ttif <lisl«tl'urelt, pour 
tkLin'e llace h ute inl«rlr'lalic» l'dolle ltz lieu oit la scène se lmssait. 
'l'out¢,t,is il faut t-ozl»l;tloz' quo si les l»ei»tros, avachi 1 xw" siècle, cher- 
chaiextl à lo,?r un," VelVésontation réello du lieu, ils tre songeaienl, 
«.,nltè nous l'.tvon iil ,léja, ni à la leL'peclive a6riee, ni h l'afin, t, 
«'esl-h-lire h la rél,«tvlili»n de la lultti/.'e sur un poinl pritcipal, ni h lro - 
«luire l'illusion, êl lUO l'ur loitlttl'e ¢.onservaiexl I«ujours l'aspect 
l'tno sun'f;t«e l»l«t, lê«réo, ce qui est, croyon-nou,, une des conli- 
Nous ne p,-,rrits t,u étendre davantage, sans ,ovlir lu cadre de 
cet article, ttl' let lèintttt'e de- s.iotsdans les editice. D'ailleurs nous 
avons l'occasio 1, 'evonir sur quelques points /oucltant la peinture, 
ltn» les artiçle Sxvcc 't VTa.Uc. Nou lasserons nainlenant à la pein- 
ture d'ornolnenl, h let lçç«ralion peiule proprenent dite. Il y a lieu de 
cr,ite quê sur ratio l:tt.lie importanlo de l'art, les arlisles du moyen 
âge n'avaienl que «1, Iradilions. une exp6rience journalière, nais peu 
ou point de théories. Les lrailés de peinlure ne s'occupent que de 
m.yen matériels, et n'êntrent pas dans des consid6rations sur l'art, 
sur les méliodes ît enpl«,yer dans tel ou tel cas. Pour nous, qui avons 



alsoluntent perdu ces traditions, êl qui ne possédons qu'une expé- 
l.ionce Irès-bornée de l'effet décoralif de la leintuv», nous levons 
«essairenent nous appuyer sur l'ol»servatio des exellles passés pour 
reconstituer certaines théories z'ésullant 1 • celle exl)6rience el de ces 
lraditiots. Il serait assez inulile h nos lecleu.rs de savoir quo tel orne- 
tnent est jaune ou bleu, si us 'expliqtons pas pourquoi il esl jaune 
i<'i et Ileu lit, et cotntnent il produil utt col'tain effet dans l'un ou l'aulre 
cas. La l»oijlure déçorative est avanl loul une qustion d'hal'tonio, el 
il 'y a l»aS de systl, tne lavnoiquo qtti ne pisse èlre expliqué. 
,tri lp l'tr- 
La pentul'o décoralive e+l <l'aillettl+S une des pat'lies de 1" 
«.litocture «lifficile h apI,iiquer, pr6eiséel l»ar«e que les lois sont 
+,ssenliellomol varîables on r;tiso du lieu et le l'ol»jel. La peinlur+- 
<l,;co'ative grtntlil «eu vapotisse u dliti«e, le rend clair ou s<ll+p, 
«,llèr' les pr«porlions ou les fiti/w, loir ; 61oige ou rapprocle, 
' ,,ue divise ou rassemble, dissinul,-, les 
1 no nanière agr6able ou furie , 
«lefauts ou les exagère. 'osl une fde qui prodigue le lie «tt le mal, 
ais qui ne leeul» jatais idiflërenle. A son gr6, elle gr,+s+il 
aincit les culonnes, elle allonge ou raecout'cit des piliers, élève 
vo6tes ou les rapprocle <le l'mil, élel tl,s surfaces ou les antoi+lvil : 
ciarme ou offense, concentre la pende ot u« intpression «tt <lislrail 
et préoccupe sans cause. D'uu coup de pinceau elle 16tvuil ue 
savamtent coç.ue, ais aussi, d'un ltnlle é<liliçe, elle fitil ue 
pleio d'allrails, d'ue salle froide et nue tt lieu llaisal oit 1'o 
t rt:ver et dont on arde un souvenir iueffaç.able. 
I+ui fallait-il, au noye itge, lour Olél'Or ces prodiges, des maitres 
«xçollenls, le cesartislos I'llllllP citaquo sibclp e foti'it un ou leux? 
Nott certes; elle ne dentandait que quelques ouvvievs leitves agissant 
«l'«tlrbs <les principes dérivés d'une longue ol»spl'v;tli« <les olt?ls qu- 
lettvel produire l'assemblage des Çoulotll+S pi l'6cttêlle des 
Alors la llus pauvre église le villag + I»a¢ligocttn6e t la clt;tttx, «txec tittei- 
titres l++tcies de peiture, 61ail ue ruvre d'art, lottt ct+ + la sainl,, 
<;lal«lle , et l'on e x oyail pas, au illîliotl de la n+:+e civilis;tli«, dos 
,,uvrag+s d'art d'une gl'andp valeur ou au noin» l'ute ri¢'ltosse 
lrenante, et  quelques pas de lb de ces désolanlos lointul.eS 
lires qui délmnorent les nurailles qu'elles couvrent et fot .r+ugir les 
gens de goùl qui les regarderai. 
Il n'y a, comme chacun sali, que lrois c,,uleurs, le jaune, le rottge 
le bleu, le blanc et le noir étant deux négalions : le llanc la 
on colorée, et le noir l'absence +le lu+i;.ro. De ces trois couleurs 

Ileu produisent les verls, le rouge et le lfleu les pourpres, ci le 
ci le jaune les orangés. Au ntilieu de ces couleurs et de lotlrs 
mélanges la présence du blanc et du noir ajoulo à la lumière «u 

• - - infin s. e e 
ciCivent tous les lons, c est-il-dire <les nél;tne i Le j;tu I I," 
divers 
uo. Précis61nenl parce que !e blanc et le noir sont deux n6galions 
et sont étrangers aux couleurs, ils sont destinés, dans la déçorali«t, 
 en fiim'e l'eSsaie'lit la valeur. Le blanç rayonne, 1« noir fail ressorlir io 



[ LT' ] -- 80- 
rayonnement et 1 limite. Les l)eintr's.décoateurs du. moyel age, soit 
par instinct, soit bien plut6t par tradition, n ont jamais coloré sans un 
appoint blanc ou noir, souvent avec lous les deux. Partan! lu simple 
au eomposé, nous allons expliquer leurs méhodes. Nous ne parlons 
que de la peinture dês in,érieurs, do eello éelairée par unê lumière. 
diffuso ; nous nous oecuporons on dernier liêu do la pointure exérieure, 
e'et-à-dire éelairée par la lumière directe. Pendan la période du 
moyen âge, off la peinture monumentale jouo un r61o inpol'tanl, nous 
observons quo l'arlislo adopte d'aborl une tonaliié dont il ne s"écarte 
pas dan un ème lieu. Or, «os tonaliés on peu nombrouses, ellos 
so réduisênt h roi- : la onalié olenuo par le jauno e! le rougo avec 
le jaune, le rouge et le bleu, «lui ontraine forcénon! los tons intermé- 
«liaires,c'ot-à-dire le' velt, le pourl,r et l'orangé, tou.i,,u,'s avec appoint 

llanc ci noir, cu noir seul;la lonalilé obtenue à l'aile de tous les 
lon, dc, nnés par l-s Iroi- couleurs, nais avec appoin! l'or et l'élément 
«,b.CUl'. le oir, les retlel- lunieux de l',»r relnpl«tçant dans ce cas 
blanc. 

En supposant que le jaunê vaille t., le rouge 2, le l)lou 3: mëlanl le 
jaune e! le v«,ugo, nous oblenons lorangé,valeur 3 ; 1o jauno e! le bleu, 
1 ver, valeur  ; 1o raugo et 1o l.lou, lê pourpre, valeur ô. Si nous me- 

tons des couleurs sur une suvfaco, pour quo l'effort laarmonieux ne soit 

l,as dépassé, [)osant soulement du jaunr, ou du rougo, il faudra que la 
surface occupéê parle jaune ,oit le double au moins de la surface occu- 
p,_',e par le rc)ugê. 3lais ci nous ajouton, du i)ieu, à l'instant l'harmonie 
devient l-)lus c«,npliquce; la présence sêulo du bleu nécessite, ou 
augm,.ntati«)n relativê considéral)lo les SUl'facês jaune ¢,t rouge, ou 
l'«,l,l,,,int dês los verts el pourpres, lêsquel, comme le. vert, no devrotlt 
l, as ëtrê au-dessous du quart e! le [«,urpre «lu cinquième de la surface 
l,,lale. Ce sont là des regle élémenaivos «te l'larmoniê de la peinlurê 
«i6«orative des artisles du mo,,en âge. Aussi ont-ils rarement admis 
toulos les coulour, et les lon lui dérivent «:le leur mélange, à cause 
do difficultbs innombl'allos «lui résultent de leur juxtaposition et de 
l'itnportance rclativê que doit prendre chacun de ces tons, comme sur- 
face. Dans le ca de l'adoption des lrois couleurs êt de leurs dérivés, 
l'or dévient, un appoint indispensable ; c'est lui qui est ctargé de com- 
pléter ou xn,»no cio rétablir l'ltarmoni. Rvenant aux principes les 
plus simples, on peut obtenir une harmonie parfaite avec le jaune et le 
rouge (ocre rouge), surtout à l'aide de l'appoint blanc; il est impos- 
sible d'obtenir une harmonie avec le jaune el le bleu, ni mème avec 
rouge et le bleu, sans l'appoint de tons intermédiaires. Voudriez-vous 
décorer une salle toute blanche comme fond, avec des ornements rou- 
ges et blêus ou jaunes et bleus, mëmê clair-semés, que l'harmonie 
sorai! impossible; le rouge (ocre rouge)et le jaune (ocre jaune)étant 
ls deux seules couleurs qui puissent, sans l'appoint d'autres tons, 
oe ;rouver onsemble. 
L'observation d'autres principes aussi élémentaires nëtait pas moins 



---81 --- 

"familière à ces arIislês. I1 axaienI 

exemple, 

[ PEI]TURE I 

]1.1 llllP llit'lllP 

forme d ornement l,lanc ou d'un lon clair sut" u fond noir, ou n)ir 
sur un fond clair, clangeait de limenion. Pour nous faire iien eotl-. 
prendre, soient {,fig. 6), en A, des billettes brun rouge sur fond blanc, 

B 

-ou B, blancles sur fond brun rouge : les billetIes 1)runes pat'ail.ot, 
plus on s'éloignera de la surf, tce pointê, plus pe/iiês quo les t,ille/!es 
blanches, êl la face occupée par le fond blanc parai/ra plus élonduê que 

celle occ.upée pal" le fond brun Soien! leux p.ilastres de mème largeur 
et de meme hauleur : si l'un les deux, colu G, est lécoré de lignes 



vêrticale, il paraira, à dilance, llus long el plus élroil que celui 
orné de bade» lorizonlale». EI pour en revenir aux observalions pr- 
celen[ês uv la valeur- larmoiquo lês coulêul', le rouge é[ant sup- 
pôt.W2 ri le bleu 3, 1o refuge de,an[ alors occuper unê surface plus 
gcanlo que le llou pour ol[ênir une ha-nonie en[eeces deux rouleurs, 
si (fig. ç;) les lillelles A sont lleues sur un fond rouge, il sera possible 
d'a c»i. une surfco har»onique; mais si au contraire e'esl lê t)»nd qui 
osl i,lou e[ les l,illolles [ui sonl vougos, l'oeil sora lellemenl 
quil no l»,Ul'ra s'attacler un istant sur celle surface : l'semblage des 
lottx «uleut's, «l;ttis«ollp lovibre condition, fera acller les contours 
:tu l,[,inl (le causer le verlig.. Ch;tcun lcul thire çelle expérience en 
,.tl,l,,y«tt le vo.tll,,t iur p,ut" le rouge et un bleu d'ouit'emer pour 
i,. i,l,.u. So-sêule,t,,,l les ««uleuvs nl une relieur ats«lue, mais aussi 
iu'olle «ouvvoil; de llu ello moditienl, o raison de la forme de 
l',rnomel q'.llos eoi,renl, l'élênlue réelle lo surfaces. Dans la lo- 
nalil,; ]t llus siplo, celle. , i,' jaune (,cro) o[ le rouge (ocre) sont 
«n,loy6s, il esl clair qu' l'une des deux couleurs, l'oc'o rouge, a plus 
1 inlensil6 que le juno; «is »i à ce, cieux couleurs nous ajoutons le 
lleu. 1 faul que la vale. «lu '«»lge et lu lleu soit lillëronle, que 
le rouge 1 • « .le au Il,.u, ,,u. çe «1 esl llus nalurel, que le l»lêu le cède 
au v,uge. Alors 'Ol 1. lvu rOtlge qu'il faut almellre ri le lleu clair; 
si c, ug a.j»ulons (presqu. fo'cém'nt d'ailleurs) dos tons alCirés à res 
l'ois ««,ul«u's. colae le ve.l ell 1« urpre, il thudra également Ca- 
Illis. t.o l,a pi ces «oul«.uts uival ue valeur diflërenle, c'est-à-dive 
',,,ir .i::is ,leux I,,s le valeur Agale. Il ne s'agit plus ici de surface 
,««Ul;ê. ai l'ileil;; »r celle inlensil6 esl facultalive. Si, quand 
«,us n'.nll,l3-«, qtl' l?s Irois «»uleu-», le roug doil èlre ]run rouge 
«I l,reir« l.t 1,1u 'it]. inle[silé, enplo3al avec ces trois couleurs 
I«a leviv6-, le .«,uge loil r.vonir f'ac, c'est-a-dire vornillon, parce que 
la l,'un rr, ug,. « pourruil s'l«'onisee niavec le v,rt ni avec le pour- 
lVO; l'alj,-»ncli«,n los lns d6rives exige que les çouleu's soient lures 
si o les onpl,,i,.. Tout»fois il e»l bo que la pronière valeur soit lais- 
6e à ue coulêur l»lul.61 qt'à un I»n; ç,lle première valeur ne pouvant 
être l,,nn6e au jaue, ce era 1«. Ion rouge (vermillon) ou le bleu qui 
la prescrira (laliluellol,.tl le llou). Supposons que ce soit le bleu in- 
lene qui soit la l,remière valeur: les poinlres du moyen âge se sorti 
gardës le donner la seçonde valeur à une autre couleur', c'est-à-dire 
au rouge; ils l'c, nl accordé, à un ton, le plus souvent au vert, parfois 
au pourpre. Vienl alors la lroisième valeur, qui sera le rouge (vermil- 
lon); puis entre cette coulêur ri le jaune, un aulre ton, habilùellement 

le t,ourpve, parf,-,is le verl. Aprbs le jaune, viennent les valeurs infé- 
riêures, les pourpres tt'ès-claivs (roses), les bleus clairs, les verts lur- 
quoise, les jaune-paille, blanc laieux e gris. Car u-dessous de la 
dèrnire valêur-eouleur, qui est foreëment le jaune ocre, il faut des 
ons, jamais la gammo dos valeurs ne finissan par une couleur,comme 



 83 -- 

PEINTURE ] 

rarement elle ne commence par un lori '. Ces principes connus, il resle 
encore une. tlualilé de rbgles d'un ordre secondaire que ces artistes 
du moyen age ont scrupuleusement observées. Nous en cilerons quel- 
quos-unes. Le lleu iense 6ant dur et froid, les pein{res l'ont souven[ 
un feu verdi, et l'ont relevé par (les senis d'or; puis ils y onl presque 
loujouvs aeeolé un rouge vif (vermillon), puis après le rouge un 
clair ou mèmo un blanc ileui ou verdi, des Iraits noirs sbparanl l'ail- 
leurs c]taque ton e[ cloaque couleur. Le bleu o contact direcl avec le 
jaune pv«,(lui/un effet loucle, le rouge ou le l)ourpre a Cé interpose. 
Le l)lu gris ar,loise peut seul se eoucler sur une surface jaune. Le vert 
osl sovenl ni e colacl direcl avêc le ]leu, et c'esl une di»sonance 
donl on a lit.Wparti avec une'adresse rare, mais alors le x o' inclito 
au jaune u au l,leu, il n'esl l)a fi'anclenot vert:; si le ve'l et en 
¢.«)a«[ avec le jaune, cette devnibve c«uleuv os[ orangée et le ve't est 
clair, «»u le jaune esl linpile et le vert est sçnl)re. Les pouvpves qui, 
««»e surf¢eo, ont 1« xaleurS, ci qui par conséquent [loivet occuper 
l,, oi)[lre elan, p dans la léeoration pointe, ne 'appvoclen 
du violet: ce Ion faux filant abs«lument oxelu, il icline vers l'ol'angé 
ou la garance. Nous avons souvenir olservé tout, bien la ature ei ing6- 
nieuse dans la comlinaison hal'motique dos lons de ilales : ainsi sur 
dix géraniums ou dix roses rénièros qui auront dos fleurs de rouges 
et de pourpres dilIërenls, nous vorrons dix lons vevls (liflërenls pur 
les feuilles, I«ns verls combinés clacun pour le rouge OU le pourpre 
qu'ils entourenl. Les poinlres [lu moyen âge avaienl-i]s éludié les e- 
c'els le l'harmonie des lons sur la nature ? Nous ne savon ; ais cern- 
menl se fait-il que ces secrels soient perdus, ou que les femnes seules 
s agit de leurs ioileIlcs? Jue s'il faut. 
les possètlenI encore lorsqu'i[ "' 
peindre une salle, nos arlisles soml»lcnl appliquer au hasard des 
leurs, des tons, produisant dans l'ensemble une laronie i)vesque 
loujours fausse ? est-ce défaut de principes, de lralilions, lo praliquo ? 
I[ est cevlain que dans l'art difficile de la décoration pei[Ic, l'inslinct 
e suftil pas, comme plusieurs le pensenl, et que dans celle i)arlie im- 
lorlanle [le l'arciiIeclure, le 'aisonnenent et le calcul inlerviennent 
conme dans lou[es les aulres, h (léfaul d'une longue suilc de Ivadilions. 
La peinlure décoralive la plus siml)le, celle qui demande le moins 
cio combinaisons, est celle qu'on ol»lienl avec l'«)çre jaune,l'ocre_ rou«e 

ou lrtn rouge, le noir, 1o llanc et le composé des deux, le gris. Celle 
peinture n'esl, pour ainsi dire, qu'un dessin, une grisaille chaude de 
lon, cependan! elle peulproduire des effels très-variés déjà. L'ocre 
jaune et l'ocre rouge sont deux couleurs de la mëme famille, p«»ur a;_nsi 

 La sainte Chapelle dt palais présente Le plus curieux exomple de cette échelle chro, 
matique. Malgré de nombreuses et larges traces des tous a:tcicns, lors de la restauratior 
«les peintures, les diffieultés ont été nombreuses; il est «les tons qu'il a fallu refaire biea 
des fois, et faute d'une expérinee consommëe. En couchant tin ton dont la trace éta: 
certaine, il a fallu souvent changer la valeur des to[is supérieurs ou inférie,,rs. 



dirê, qui s'harmonisenl tujours sans diflicullés. Que vous peigniez un 
ornement jaune sut. brun r,uge, ou brun l'/l[lgg sui" ffllld jaune, quelle 
quo se,if la fir«, u la dimension de l'ornettont, celui-ci no firajamais 
la«he : ais si v»us l'ohaussez l'ornemonl jaune ou Irun rouge de filots 
t,ivs «»tt ll;ttcs, vous otipoz alors dos effels «l'u exirème finesse et 
.i«les t]p IOll. C,.lle ol»se.vnlio peul èl'e f;ile lans les salles du don- 
.jt lt «ltSle,tu ci,, Coucy. Lt d-çc«ralil l«'il' le la salle du rez-de- 
¢'lt;Hsst;P llo «»nsisle gu;''e «lU'en un :tppareil I';tcé cil llanc avec fiiols 
bt'un refuge sur llll t'»nd l'ocre .j;ttne. J.es fi)çIIlfl'PlS IP la IOIIP 
p,-,snl (voyez leur secli,n elt A, fig. 7) d'u 'el¢ur «l'6quevve avec I 
d«,x et B, B', B", l.«î .... éclanlillon «1 ces 
les «l.ux ft«e e 'elou' l'6qerre. Celui B e»t i,'u .uge sur fol 
,cv,.. avec larges filêls irs sur les 'ives d«.s fi«illes, 
ute ,:g;le «list,ttt«o ltt t,t'tl, it ct«val sur lp til«t ,ir. Celui B' est jaute 
fi,nc,; (tçre .i:ue ,:1 ç l',c'p r«,lge) sur f,tl 
filels l'un rtt«e It';'s-stlre el l' Ir;ils Il«tn«s 
l»lan«s s»t 1' l»lts ;rl: sr le fi»l jau' : «,lti B" ê»l lrtil rouge 
redêssiné ¢1 u filel i,le sut'fi! j;tune avec li«es grisarloise. L'efl-t 
«le cett, ornenentali)t êl les l»ius Iriilanls.Ilvasans lire que le mème 
ornenenl e relr,ux. à clmtque t'rterel su' les leux faces oh, bc, ci se 
d«»ulle. Qulqes I,-x-.vls s. v,ienl str les «hal»iteaux de celle salle 
.I des IOllS ve'ill) sur les IIpt'vlll'es t]p voùles, tnais il 
dt, lleu, 1 gl'i l'«,ll«'anl lal'fois «'«,lle «ulpu'. Le ve.l I le gris ar- 
d,ise eirel, sans difli.culles lans celle iartonie signifie, el il semlle 
lUe les ,t'lisl ' lu xii" si/.«le el dt çlte«emet lt xiaient l'e«ul6 
«leval l'elnl.li du lleu, qui, ««tttte ous le dsicns foui à l'heure, 
exige itnté«lit«tenl 1'" ." 
r,uge »tt ! llett .t le .laUe I! «,xisle i«tns lelitiçe ««nnu h Poiliers 
stl le ,» de lentlle le S;tinl-,le;tt, «les leinlure lu xt ¢ siècle qui 
pr6sentenl les eonlinaisos les plts ricles de l'la'n¢iê simple. 
I "une les ttces te la salle, p.incipale p'6sete nvêc les figures çolo- 
vées «.n jaune, on lt'u 'uge clair, e ve.l, et gris vevl et gris ardoise, 
les lilres lnt nous donnons (fig. 8)cieux éclanlillos. Celle Af orme 
la fi.ise sup6rieure s¢us la charpenle, celle B lient lieu d'appui relevé 
sous les feël'es. L; ]il'e A esl composée tl'ttt méalre oblique, coloré 
en t»vun r,ugê, en oc.e .aune ci en verl str f_nl llan« laileux. Un filet 
llan« forme la 'ive anléripul,e lu mdanlre. Cloaque t»n ltl méandre est 
n«,del6 au _,yen d, ltaelul'eS laralli.les l'un lori llus somlre, et d'au- 
tanl plus larges qu'elles s'al»pcoehenl iu !o.1 posldrieur de chaque 
face ol,lique. Les toits onl tnarqués ainsi: le brun rouge par la leltt'e R, 
le jaune J, le verl V, le gris ardoise BG. Les oiseaux sonl brun rouge 
et jaune. Les poinls blancs sont piqu6s réulièremnl sur les bandes 
hovizontales sup6rieul'e el inférieure. A cette époque, au xn  siècle, les 
points blancs (perlés) sont Ivbs-fréquemment employés sur les tons 



absolus leur crudité. Il est bon d'observer que les bruns rouges sont 
d'un éclat remarquable, lransparenis et vifs, sans avoir la dureié du 
rouge(vermillon). La seconde lire que nous donnons en B est sur fond 



[ PZITURE  
gl.is ardoise clair; 
avec milieu brun 

--- 86 -- 
les paltnes sonl jaunes, les fleurons brun rouge clair 
rouge foncé ; ces ornements jaune et rouge sont bor- 

d6s d'un filet blanc harmonie des tons de cette litre est 
ir,'.ne finesse et en mëme tenps très-solide. On peignail à celle époque. 
c',t-h-dire pendanl le xtt siècle et le commencement du xttt", la plu- 
p«tt.l des 6litices non-seulement à l'intérieur, mais à l'exlériour, et le 
système larmonique ,le ces peinlures repose toujours, suï cio Iion 
rare exceptions, sur celle d,»née simple. Cependant on falriqtait 

8 

J 
 \.1  iN.r,' j 

alors une quanlilé de vitraux qui acquëraient d'autant plus de richesse 
comme couleur que les fenëlres devenaient plus grandes (voy. VITL). 
Si avec des fenë/.es d'une petite dimension, garnies de vitraux blancs 
ou très-clairs, sou, une lumière diffuse et peu élenduê, il élait nalurel 

et nécessaire mème de donner à la peinture décorative un aspect l)ril- 
lant et doux à la fois, lorsqu'on prit l'habitudé de placer des verrières 

très-colorées devant les baies destinées à éclairer les intérieurs, cette 
peinture claire, d'un ton Iransparent, était complétement éteinte par 
l'intensité des tons des nouveaux vitraux. Le bleu, le rouge, entran". 

po.ur une forte pai't dans la coloration translucide des vi!raux, d.on- 
naxent aux tons ocreux un aspec louche, les verts devenaient grs et 



ternes, les blancs disparaissaient ou s'irisaient. Avec les vilraux 
tés il fallait, nécessairement des tons bri!lanls sur les murs, e.t.encore 
ces lons, pour prendre leur valeur, devaient ëtre accontpagnes et cer- 
nés de noirs comme les erres colorés eux-mëmos. Aussi voyons-nous 
l'harmonie de la peinlure décorative (tes 
que pendant le x' si,cle, . 
intérieurs se modifie. Si par les raisons d'écononio on conserve 
cote de grandes surfaces claires, occupees souloont par des filêls, 
tes lilres, les nervures clos voùlcs, leurs lvmpan,;, se col»renl.vi,.enent, 
I)rllanle, qu elle s'éloigne de l',.ril 

le 
ve 
xV siècle. Coite eglise, 
Sainl-Doinique, 

et cette coloration es! d'aulan! plus 
Nous avons un exemple rentarqual 
larmonique de la peinture alCorail 
bins d'Agen, i)âtie vers 1o milieu.du 
ment à l'usage 6tabli par l'ordre de 

de celle l.a[tsilion du syslbme 
dansl'a»«iono église «.les Jaco- 
eol fortl¢- 

se compose de 

B 

deux nefs sëparées par une épine de piliers.Peine àvec simplicité,on 
voit cependant que l'arlisle a voulu soutenir l'effel éclatant des ver- 
rières qui autrefois garnissaient les tnëtres. Chacune des (raxéês de 
• cette salle (fig. 9) se compose d'une tapisserie bornée par les piliers 
engagés e! par le formeret (le la voùle. Une fenêtre, relalivement 
étroite, s'ouvre au milieu de la tapisserie. En A est couché un on uni 
sombre, avec filets;au-dessus est tracé un appareil bruQ rouge sur 
fond blanc, de B en C. Une litre est peinte en D: le i)'mpan au-dessus 
de cette litre est occupé par un fond blanc avec deux écussons ar- 
moyés: cette peinture est donc d'une extrème simplicitë. Les vertes 
sont plus riches;non-seulement les nervures sont celerAes ainsi que 



i.s clefs, mai.-, sous les inlrados dos Iriat.,_les «le renplissages,, de 1 
fief centval, a celle des fornprpls, de large» lande A (fig. t0) sont- 
couvêrtes d'Ol'nelitents potnts d'un beau 
O " - " /essin. Quant aux lrianles B, il ne sat,t 
,  _ B oceupé que par un appareil trace en brun . 
r«,ug" »ur fonl l,lanc. O1" i! est nécessaire 
i'olservev «lue let couleur Ileue n'aPlarait 
le- bCi 11'1}103-6. T«»ules les lapisserios ne 
   _ _ :'«,ç:oivent 1 atllres [lllS que le jaune ocre, 
1. l»t'u roug,', le oir el lp l»lae laileux. 

Ait,si (|ig. 11) les litres itidiqu.e, 
col,»'ées «tu 1110"211 «le deu\ t,»ns, 

en lOd«tns la travée, figure 9, s,nt 
,,,.,.,, j;,to et l,,-u, rougê avec par- 

les blancles et. l'olds loil's. 
atiement jaunes et rugos, 

feuilles 
feuilles 
dedans, 

Le tigês de 
ainsi que les 

jaun,s sont, 
roug-:s sont 
ro 11 gP,¢,_ Pli 

l'enroulement sont airer- 
feuilles et les grappes. Les 
cel'nées de rouge et de. n«,îr sur fond llanc, 
coucitees à plat. Deux larges filets, jaunes eu 
delal'S, arrë|êll| le fi»nd noir. (;es litres varient 

comme dessin a cloaque lravée, roui en conservant la mëme harmo- 
nie. Les nervures dos voflles, donl la seclion esl donnée en S (fig. 
sont couverles chacune d'ornemenls variés donl nous donnons en 
e! en H deux échantillons. Ces ornonlents ne tiennent compte qu'it 

demi du profil, c'esl-à-dire que, pour le de,sin G, le miliAu a de 
la nervure étant en a' l'arête b tombe en b' e l'arête c en c' Pour la 



nervure 6, lps rosettes son! pourpre.s, lorl,os ti'u filet blanc 
rieur o! d'un file! noir exldripur; l'r.il es! jaup, !o rdé de noir;le 
esl bl-.t iI¢'nse (indigo). Pour la nervure H, les anandes sont jaunes, 
b,,,.db,,s l'u,, tile! l,lan« i l'ilérieur, noir 5 l'f,x|érieur; les rosett'.. 

I 

i 

son! blanches, avec ¢eil jaune l;ordé d'ut Iii,et t«ir ; les iids s,nl aller- 
nalivemenl bleu inlense ci, rouges; le vert apparall dans d'aulres ner- 
vures. Quant aux bandes des clefs de lriangles, nous en donneras ut 
éçhantillon dans la figure 13. Toutes ces bandes sol variées, nais 
foules détachent le dessin sur fond noir : les méandves sont brun rouge, 
bleu clair et blanc, avec filet blane sur la rive antérieure. Les palmelles 
sonl idanehes avec quelq6ols parlies bleu lrès-clair, odelées au moyen 
de iaehures brun rouge. Le syslème harmonique de «oloralion de 
celle a[lO,- car colleéglise n'est à propremenl parler qu'une salle 
w. -- l 



--" 90 --- 

est celui-ci: pour les parlies verticales, les murs, les 

I 

/3 

I! 

I 

lapisseries, ltarmouie la plus si,plê, celle qui est donnée par les tons 



jaune et rouge sut" fenil blanc avec rehaus noirs ; mais pour les voùtes, 
p!us éloignëes de l'oeil et qu'on ne voit qu'à travers l'atmosphère c,,lo- 
cee par la lumière passant h travers des vetrières brillantes de ton, 
harmonie dans laquelle le bleu clair et Io lleu inletse 
et par sqite le pourpre et le vert, le tout reluss6 par des f,nds 
filets noirs : fonds noirs pour les bandes des tt'iatigles des veilles, lilets 
noirs seulement pour redessier les orneme»s des et'vures. En 
le redessin6 noir devient n6cessaire dès qu'on passe h un, hat'noie 
compos6e de trois couleurs, jaune, rouge et lleu avec leurs ddrivés; 
car s'il y a une si gl'ande diflërence de valeurenlr«' loj«uo_ «,t le rou,,e 
brun, qu'il t'st pas né«essai'e de sdparer le lrun rouge tlt].]auno ocre 
par un trait noir, il n'» est pas aitsi quand on juxlapos, doux cou- 
leurs donl les valeurs sorti peu diflërenles, cmn !- pourpre et 
bleu, le bleu et le fou,,,, le bleu clair et le jaune le vet't et le pou'- 
pre, etc. ; le lilet noir devient alors absolumett nécessaire, pour éviter 
la bavure d un ton sur l'" ' 
' ,luire, et par suil.o la décomposilio {lo l ut 
deux. Ainsi, si vous coucltez lUn to t}leu imédialemonl h «,3t6 d'un 
lon pourpre, vous rendrez le pourpt'' gris ci louclte si 1«, l,lou est 
lense, ou le bleu clair azur e, lilas me.me, si le pourpre esl x-if. Plus 
s'cloignora de l'ol}jel peinl, plus cllo déeontl}osition de l'ut les 
lons, et quelquefois des deux, sera contplele. Mais si, enl'e tê l»leu et 
ce pourpre vous interposez, comtno das l'xptnple G (fig. 12), un lil«l 
noir et un filel l}lanc tbnte doublatl le noir, vous isoliez «iacul des 
ons, s'eus leur rendez leur valeur, ils intluent l'un su" l'ault'e sans se 
confondre el se nuire par conséquent ; ils conlribuonl h ue hartonie, 
' 'i 
précisCchi parc qu'ils gardent chacun leur qualil« l}r«»pre êl qu ls 
agissenl (qu'on nous l}tsse le mot) dans let pléniludo d. cello «lualité. 
En nusique, pou. qu'il y ait accord, il htut qu,«iacune les nols 
nées, devanl con«,urir à l'accord, soil juslo ; tais si une seule le ces 
noies est fausse, l'accord ne saurait exister. Elt l}ien  il en e, de 
dans la peinlure dé«oralive : pour qu'il y ait accord, ill ful quo cha{lue 
ton conserve, à pari lui, toute sa purelé ; pour qu'il la conserve, il 
faut pas que sa coloralion ou sa valeur soli tktussée par 1o nielange d'u 
Ion oisi, mélange qui se fait surloul h lislance, si l'on n'a pas pris 
zoin de circonscrire chaque ton par du noir, qui n'est pas un ton. Le 
blanc seul serait insuflisanl à produire cel. effel, parce que le I»lanc se 
colore et sui}il le rayonnement des lons voisins. Le noir esl al}solu, il 
peut seul circonscrire chaque tion. Il faul donc élablir enl'o les tons 
l'une peinture décoralive celle éclelle lamonique de valeurs dont 
nous avons parié plus haut, mais il faut aussi tenir compte du -ayon- 
nement plus ou moins prononcé de ces tons ; rayonnement qui aug- 
mente en raison de la dislance à laquelle l'oeil esl placé. Ainsi, par 
exemple, le bleu rayonne plus qu ucune autre couleur. Une louche 

bleue sur un fond jaune, près de l'oeil, n'altère presque pas le jaune; 
à distance, eelte meme louche bleuo rendra le jaune vert sale et le 

bleu paraitra gris. Si la touche bleue est cernée d'un trait noir, le jaune 



[ PEINTUBE ] 
sera moins altéré; si e;ifre la 
un trail nair ,-I un Irail lrun 

loucle lleue el le j«tune VOUS inlerpoez 
rouge, .Iê_ l'envi jaunie cc»nservera a valeur 
réell', le brun rouge cil'con,crira en{ièl'ellenl le lleu, qui detneUrel'a 

Les l».ill'eS dé«o,'aleurs 
l»O,sille cetle «onlaissance 

(lu moyen âge ont poussé aussi loin que 
«le la valeur des fous, le leur influence et 

ce._-, lêinl.es qu'il faul s'e» l».edt.ê, mais 
cotnll;'lo en ces ,alibres. Le syslème 
p«rli s v.rlicale plus lrès de l'oeil, eom- 

l,-Sé dé.ii , . 
.l;«al,i,-l'Ag,'t. ,;t:llil ut' Ii.:tn_-ilio le» plus 
xer. l.e- d.«.oraleurs le celle sll  ct 61é av,tl'e 
,,, l'ê,i[l{yat,tt qti'h Ires-I»elile> sut'fitce, il, o;ll 
1o l,,,ur!,l'e, le xe,'l ol les lil,.ls ;,oil.. I1 'at,l 

i,léressan!es à obse,.- 
,lo I1 "u, el eependal, 
it,édialee! admis 
ali que deux lons 
 ,»i azuré), ol le Iletl lin- 
au lourpre, il es[ lrillanl, 
,_' un glacis lo laque garace 
asielle lo ine-ol'ange posée 

celui -iu'o foui'rail ,llei" 
ê lin!-. ;le ll,.u llin,.t'al ,,ur u,e 

p,ur les v,,fil,' e,plox " _latns 1« lécoralin de l'ég!ise des 

«lir'. l.es I,_Jucles VOl'leS, ll't"S-l'ares l'atill,'urs, .-l,! vives el len(let 
«ttt .I«tUt'. Les lt.uns rouge» sl éçl«[an[s, il anl 1« val-'tll" du verlnillan 
ao,-llu> le [r,tsia',.t«e. l.,'s j«ltlll,'s SCll[ du llus lel ocre nélangé 
lrI,i» ci'tilde loinle ie «ini.+.. I)'" il 'en es[ p:ts Une parcelle; c'est 
ci{t« l'«,t" os{ <'«ttttaltlé pal" ilt lt',;«ttce «lu lleu en gcan«le surface. Nous 
l'tx-,t ,Iii I,,ut h li.ure, le lleu ol -te couleur lui rayonne plus 
qi'«ilieliliO ;ilili'o, c'osl-h-,lii'e Cille sit l'6sellce allèi'e jusqu'à Uli eel'laiii 
ll«iiil Icus les ailill'f's l.llis : aivt-'e lê llou,-lê l'OUïe t'haloie> 1o jalile ver- 
«iii, 1' I«liS iiiloriiit;iiiiil't, l'iSllilielil lu soil çriai'ds. L'or seul, llar 
s'- retlols liiél«illiques, loiil l'élallil' l'liariiiilie cuire les long,quand le 
ll,li all«r«it Cil grande sui't'al«o, l:'l' a celle qualilé singulièrê, bien 
qu'il dliilie llllO 71111ilile 1o llli .illUlieS, de ne pas ;ire vel'di par le 
]lieu ci le I10 liais allérer srl é«lal. Il preild, dans es ombres, des loiis 
cliiliils qiii lieliielil lieu du lruli l'lllle que liOUS inlerposioliS ci«les- 
SlI> oii'o le .iauno ocre et 1o l»leu; riions les d ,ini-leinles, il acquiert 
des retlêls verdAli'es qui rlil lllO vlllenr puissanle ol qui aznrelil le bleu; 
l',lli> le <'lilirs, il sçililille el lJi'elill un é«lal qui ne peul ëll'e allél'é par 
allCli lon,-si llrillalil qu'il sali. L'ar devinl ainsi COlllille nll lhèllle 
l,iilinaiil ls accords, lhbine assez puissanl pour lnainlenir l'liarmonie 
elre des lons si helirlés qu'ils soieill, Il einpëclie le rayonnenienl du 

lleu, e! l'azul'p lellelnenl, qu'il fitul le 
vi«lei: il éclaircil le rouge (verl,iillon) 

Vpl'lir pour qu'il lle paraisse pas 
pa,' la ctaleur exlraordinail"e de 
.e. onbres; il donne aux verts |111 éclat qu'ils ne pourraienl avoir à 
c61é de surfaces lleues; il ré«laufl'e le pau,'pre par ses demi-leinles 
verdfitl'es. Ce c'esl donc pas u, dbsir assêz vulgaire de donner de la ri- 
chesse à titio léçoralion i»oitl,, qui a lai! ênipioyer l'or en si grande 
quantité pendan! le Xlt* siècle. ç'es! un besoin d'harmonie imposé par 

(1,. leur lial'lllç)llio; o! si les es_-«i. qtl'()li ai lenlés (le no jours n'ont 



 93 --- 

l'ad«»plion lu bleu , gvanlo su,'faee, 
suvfacê ê.st «¢tntnattdée par lês vitraux 
d'ëlre exaninée. Au x[" siècle, aisi 

[ PEINTUBE ] 

l'adoplion du lleu e gl.;tdp 
celerAs. Cette tlueslio nérite 
que n¢-us l'avons vu, on avait 

adoplC ue iavmonie déeovaiive siml)le ci claire, composée de blanc, 
de lons jaunes, brun rr, uge, vei,làlros, gris, gris ardoise, gris ne.if. 
Lo squ'on et vint h poser (lês vet'ri;.t','s 1..;,s-viventent 
la lumibrp, 6clairanl les inl6vieurs, fut ,Ib«oposbe par l'ilerposili. 
de ces vilvaux, o  aperç'ul bienl61 que «'s lons clairs s alourdissaiet 
ci prenaient ut aspe¢l loucle. On nullilii«t les lt.«tilsnoivs pourfendre 
de l'6cl;t h ces peintures; ais le oiv lui-ë,e, sous le rayone- 
lt,t[ des vot't'i;.res c,,lorées, gt.isnait. , it los toucles i»leucs ; 
is il élail lifficile de les lal'oniser avec les .iautes ocres, el en pe- 
Iii(' sut'fa('p ces lleus faisai«nl la¢'ltos. Al(t's on prit un larli fl'«nc, on 
,st (.u«lev (les v«fites etibremenl en Ileu, tt(,n pas en l)lpu ple 
l)UV,  if, 6clalanl. Il ne fallul qu'un essai (le ce genre 
que celle hardiesse (levait faire modifier foui le syslbe larmoniqu • 
[le la peinture déeo'alive. D'abor[l les veilles lleues éclair5es par 
luière décomposée des vitraux pvivetl un aspect tellen,.nt azur6, 
q'elles paraissaient presque vîoleltes, d'un lon lou'(I lue rien ne lOU- 
rail soutenir. Sur ces oUtes l)leues on essaya, comique c_rrec/if 
p,_»ur rendre au bleu sa valeur réelle, de poser lies t[»u«les rouges, mais 
le «ltaloienent du rouge sur le lleu no faisail qu'azuver davanlag 
eel/e couleur. 0n essaya des Coiles i)lancles, itais les etoilos ilanchps 
paraissaienl grises. Puis enfin on appliqu,t «les dtoiles d'or. Ité[li«t- 
lement le l)leu pt'it sa vMeuv, et au lieu de pavaitve écraser le vaisseau, 
il s'dlea et acquit de la lvausparence. Soli que ces l«3ucles l'or pris- 
scout la lumière, soit qu'elles reslassent dans l'ol)re, l;ts le premier 
cas, leur éclat jaune, brillant, m6lallique, a[loucissail le Io I,lpu, dans 
Ip second leur valeur d'un iaune lrun Irès-elaul le lleuisait. Alors 
«t. pul modifier ce ton bleu sans iconv6nient, on le vel'dit un peu 
pour lui enlever tout aspect violel. Mais ce point [le déiarl si inlense, 
si lvillanl, si puissant, devail faire elanger toute la ganme des lons 
a[lnis j usqu'alors. Pour sou tenir des voù les lleues t'e hassdes de poin ts 
d'or, aucune couleur t'élail lrop l,rillanle ni IVOl» ill:es«: il fallut 

alnellve le verillon, et mène le vermillc, n gl;t-'é 1o laque, les verts 
lt'illaIs, les pourprPs transparents, et au nilieu ¢le tou! cela jeter l'or 
«onmp élément harmonique, saillant, domian! le toul. 0 alla mëme 
jusqu'à plaquer des fonds d'émail ou de xerre coloré et dote simulant 
un émail, (les gaufi'ures dotées, des applicalions de velTOlOliOs. C'est 
ainsi que fui comprise la e¢,loralion de la sainlo Chapelle du palais. Au- 
cun genre de décoration n'èsl plus entrainant que la peinl.uro. Si vous 
nontez un lon, il faul monlor lous lès autres pour conserver l'accord: 
la première eoucle de couleur que vous posez sur une pavlio est une 
srlo d'engagenon! quo vous vous imposez, qu'il fau! rigourouson,nt 
lenir jusqu'au i»oul, sous peine de ne produire qu'un barbouillage re- 



poussant. Depuis longlemps on se tire d'affaire avoe de l'or; quand 
l'harnonie ne peu se souonir, qu'ello n'a pas éé calculC, o pro- 
diguo l'nf. Mais l'af (qu'an nous permeo l'expression) es une épiee, 
ce n'est pas un mets:en jeter l,arl,,ul, loujours et ît leur prap,s, peut- 
ëlro n'osl-ço qu'un aou d'impuissance. Il est do pêiluro, d'un aspect 
ri.-riclo ns quo l'«r y on,fo pour la plus ïaiblo pareollo. L'or est 
l'alpoint presque «lligé du bleu;mais an peut produire un effet Irès- 
i)rillatt a, l)lou, et par ca)séquont sans or. Les peinturo du donjon 
do Cau«. ,i il '.Iro I " uno parcelle do blou ni d'af. »ont vives, 
gaio., lan-:ieuo». «t«ulo or ri«les. Cellesdu .e%eai'o «le ta eom- 
manlerie lu Telle, h M'z . sr d'un écla merveilleux, el l'or ni le 
l,leu ne '¥ rauve,. Cee loiur lao 1o la prenière moilié du 
x  sièclÇ: lle lé«,ro unob«ll," .on,»ée do leux rieN, avec une 
épino do..olan  l,'an u plaf«l en çtarpone (fig. 14, voy. le 
lla A). Sur-los c«l«nnos os l«see uno poulro mairosse qui reçoit un 

s«,livago, l:,t p,>u 
remenl 
nur.tille ,lonl le fanal 

les saliv's 'I 
pein!uro. En B, 
se 
(,tre). Enlro 

r,ugo «lai,', avec 
f'lllllê. /lll lais 

p:trai.., lo la nuraille .ant entiè- 
aus inli«luos la pêinture les 
comme lessin, à chaque lravée. 
quo lê llane pour les fonds, le 
chaque solive a est un lessin re- 

,'haque l:tis 
]. Sotll«ts.elllel 
inlêrvalle, 
lrail  noirs. 
l,sé d'un onlé 
I.es solives i 

l¢,s .l. llilll_-IIIX .%." l3lachanl e ll'un 1-auge  if ,ur fenil blanc. 
est uo l'rio b lanl l'a.nonenl est llac Stll" fond brun 
rolossié t'un rougo foncé. Puia, au drail do chaque 
r I'a«e ,le llllliO_ en l,run rau-o, . avec figure d. Entre 
f,nd e s,. coI«Senl d'un semis lrun rouge ur blanc. 
1/'çonsisle en !o largo denliculos ll'un rouge, aec 
o «cro 9 o fouillaos lrun rougo clair rolausss do 
lOtllre llltill'#SS , lal--lesscus. lanno le dessin h com- 
l,l'llll l',tl"e, =" sur le lllalie, avec large-- bordures jaunes. 
[ t_,»ut's V«tl'i,;es : les tlne tiguronl un airé l,lanc sur 
f,nd gris, av.c til.l Iru rougo: l'aulres, los «lov',n- allel-native-. 
o blacs, rouges o junos, séparé par los rais noirs. Sur ces 
faces, la »ul'e lllal'osso l l-'soo dos «lovaliers «largean, points 

el ro,lêssillé..; Oll FOtlr'e r-ueos. T,»ulê la décarali ,!o 
ton.-, le jaune (,C'O Pi le '.tlge 
_ crises. A l'ai,l,' de 

i'u Stll" f,n,l I,lanc, avec r,-olle également 
salle ne cansisle lae «lu'en deux 
aCl.O sur fenil llane, avec quelques ra- 
çes moyens si sinplès, l'arliste a eêpen- 

,lant ,tlenu un 
3lais ici le lleu 
On observera 
lute, 

,.flet trbs-l,rilla,t, très-vif et d'une lavmonie partaite. 
ni l'af n'inlorviennênt dans la poinlure. 
que les partiês qui figurent {les memlres «l'architee- 

ornemonlalion en relief. Cette 
venlion; c'esl u liéroal.vlhe. 

comme le dais c, par exemple, ne prélendenl pas simuler une 
architecture peinle et toute de con- 
On ne songeait pas alors, pas plus que 

t çe réfectoir,- est aujaurd'hti 
de magasin a fi»t,r,'ages. 

compris dan les 

ourags 

de la c:ta.lclle 

de Metz ; il sert 



--- 9.'-- [_ PEINTURE ] 
pendant la bonne antiquilé, à faire des trompe-l'oeil. Celte faç'on d'in- 
terprd'ler en peinture certaines formes architecloniques mérite quel- 

que attenti.on, c'est une partie impor!ante (le. c.et art I1 ne s'agit point 
de reproduire exactement les dimensions rolatves, 1 modelé, l'appa'- 

retce réelle des reliefs, des moulures, des colonnes et des chapitcaux. 



L PEINTURE 

quo illusion 
,,llilu,. 
ces qui 
let pa 
l,le. l.p tr,lip .-1'o. 
,l,,nne Io peintre à 

---- 96 --- 
formes et de les fitirê 

enlrer 

dans 

le domaine 

nais d'interpréter ces 
,le la peinlure. De rail, si l'on pré|rond modeler, par exemple, une ar- 
caiure de lierl'e pal' 1,' tans, adnottant qu'on puisse produire quel- 
sur un lii, il o»t certain qu'en rogardanl ce trampe-l'oeiI 
lnonl, lal-soulomol l'illusion êsl ilnl«»ssil»Io, nai ces sui'fa- 
F,,nl p«, 1,. s«illios, «os louluros ci profils qui ne se soumot- 
.» «tux le»i.. 1," lt l,OVSlO,'tio, pl.,,luisent l'effet le plusddsagréa- 
il, «lans ce cas, et uno satisfaçlion puérile quo se 
lui-nèo, çosidéran l'olot qu'il veu rendre sur 
n poin: il e fai la- uno loitUl'e déeoraive, naib seulemen un 
our d'adrose. L« l,,.llo i«luié e e oven figo font pas compris 
«le çelt,. maiè'e la loiture lé«o'alivo. los poil' du x  siècle 
oulaient-ils décorer un s(ulass.le lar uno areaure que l'arehi- 
octo n'avait pu ,lonir on réalil ;, ils_ inorlréaion les formes areli- 
I,.ctoniquosde celle nanibre (li,,». 15'). A l'ailo lo coutilC à plal en 
«,cre jauno et le lossis lrun rougo S/il' t'«111 lia«, ils ol»lenaiel uno 
l,coraio l.ès-ri«lo, lres-facilo à oxé«uter, lOtl lispendieuse, or qui, 
,. réalic, lro«lu u ofl'. 1 aucoup plus léçoraif que ne pourrai le 
t«iro uno leinuro (' rolnpo-l'œeil. Içilês ymlana orê les ares, e les 

J, s«nl cou«llés on ocre jittlllO; toul le 
les .edessinbs o! borduros des voilos, les 
ll'Un roug,-': le fnd e, blanc laiteux. 
peu! faire employer par les ouvriers 

les.llus ordinaires, Oxlliquon! ««lnnent la poinlure s'apl, liquait alors 
ausi bio t lo elili "s nalotos qu'à les cltapellos el à dos salles 
s,,ltueusos. <ulpos«»ns le f,,,d lo colle areatul"e en I»leu iiense,les 
voiles ci l.)pans pourpre clair 

fol.mes '!1 Cil" redessiléOs le ,il', le, ou ver! «lait avec datasqtlinage «l'«»r, 
d'une eXll'èP l'iches,o, qui coponlant 
l'exéçulloll. DiIII la peillUrO tlC»t_lesl«' 

O| ll(IUb ;tllrOIIS Ijrl sOU]aSSelllê'ill, 
ne presenlêra aucune difficullé 
cotonne dans la peinurê somp- 

lueuse, ,ub aUrOlls une do.;e bgale l'al't ; cola, on vérité, vaut mieux que 
les .marl,.os p il, el l'apparence grossière ol barbare de la richesse 
qu'on 'ler('le géél'alemênl dans la peinluro décoralivo, on esayanl, 
s:tns jallaib y larvenir, lion enlondu, à Ire, toper le speetaleur sur la 
1' 
valeur réell de oljot lé««rd. Naus avons conservé quelques restes 
de ces bonnes traditi,,ns dans nos papiers peints. Aussi se vendent-ils 
dans le monde entier COllllllO {lt'S (t't]Vl'eS l'art. 
On a vu précédemlnent quo les verrières très-eolorées avaienl i- 
posé une grande variété et une grande inlensil6 de teins dans la pein- 
lute lnurale,ainsi que l'appoint de l'or.Mais des raisons d'économie ne 
permelaienl pas taujaurs d'adop[or r6solfimonl cotlo harmonio coln- 
pliquée qU'Oll ne pouvait oblonir qu'avee des ressources élendues. Il 
est inéresan de voir conmenl les arlisles se sont lir6s d'affaire en 
pareil cas, en ne pouwtnt employer l'or, ni le bleu par conséquent, et ,.n 

: l'race« d une arcature peinte, abbaye de l:ontf,'oide. 



so !ornan! à l'harmonie simple, celle qui ne cml;rtê 
le jaune, le blanc, le noir, et quelques inermediaire,, 

-et. le vert.. 

 PEIHTUIIE ] 
quc 1 rc)uge, 
connte le gris 

Le chœur de l'église Saint-Nazaire (le Carcassonne, 
-drale, est une véritable lanlerne garnie de vitraux d'u eçl',tL 
richesse de ton incomparables. Pour soutenir la eoloralion 
• de ces verrières, on a cru devoir peindre ce ê|t,ur, 
Ios ressources ëtaient minimes, et l'on a visA à l'ë««,n,,ie. No p,»uvant 

lentés de lharmonie simple, et VOICI comment ils o! p,'oeé{ld LeS 

verrières formant la surface loi:aie des parois, il ne restait h peindre 
lue l'arca/urê du soubassement,les plies et la voùle. La figure 16, don- 
riant la projection horizontale de celle vofile, on a reser¥é le lriangle A. 
Vil. --- t 3 



four y tracer un suiel:le Christ dans sa gloire: leu,; les auires lrian- 
:les ont é6 «livisés aux el,f.- 1,ar des bandes b. Das lês qalre demi- 
trac 

16" 

des tigurès ci'anges ,ur renais l, lanes él.ailés 
«le rougê. Luatl «ux IlllFs fonds 
nenl couch6s en llanc ci en oçre 
rauge, ainsi que l'indique le irac6, 
let let tf B narquant les fa,ds blancs 
ol lt lellro R les fonds rouges. Cela 

Les llervures 

B   B 

Caul,.-, «,..,I-.11«, I,l,.t».. C',.s! 
l'.tut.éo[o exlortte. I.o t'»tti le ..,ér;tll,i,ts 

orge c e-I bi'un 

torsale allelativen«'l Joi'o, ocre jaune êt 
élab,épr : lar un lilo! llnc. La r'-'- '«"v«" d' e.-i 
lislel ê et lOlnpli par le peiils quall'efeuilles 
bi'un rouge )o'des l'un lile! bla«, avec fond 

brun rouge. Le .,_econd l,ou,lin po..-_sede sur sa parlie supérieure des 
cavrés vernillon bordés le lilols ll«n«s; 1, fond e-! ocre jaune: 
gorge au-des-ous est ocre jaunê. I" li.,_lel h se lée.,t"  par des quale- 

fouilles allernalivement 
,lés de filels Ilan«. 
Les arèles B ont leur 
l,rllll l'Otibe le boudin l 

brun l'Ot,,-' «,i ,,cre jaune SI]I" fonl noir et l, or- 

lislel i sonllalle 
lorsadé tOlllme le 

au lislel e. l.a ,m,-,,e k c, si 
Ioudn g. La 
c,,---,- m pos E 

it 
l-t.lées ]'ornenents 
111 é[é 1o lllèlllP cOUVêrles d'orle- 
Illell[ lllellllS (l'/ll-lP ex[l'èllle rira- 

cil,:. \',,ici (lig. 1) u IIi détail (le la 
i»«vlio de lat voùlo oceupée par. le 
Clvi.,,t. I.,  lersonnage divin est velu 
l'tt," l'Obe pourpl'e--e valpprocltanl 
,lu violel, avec doublure verl clair, 
s,,t ibe se,ri el or: aussi la 

«,nlo «tuvbole ,, peinlo del'rJèro ses 
s'u]P l»ut'}" )»]euê lê Ioule la VOl'Io. 

' ri I, ", /' u :le,il larli, ox en conviendra. Pour 
v, ....g, ul«_.nr" la valeur de ces tons llacés 
/   -,,us l,'s x,filos, on- seulement 
 " t ,','ll,',-«i ,)l ble COUl»bes far lys 
A :,l,l,'s ,lês cl,'t's, ]nai» elles Ont élé 
I Irès- vifs (le 



s_b]," des petits carres gris ardoise sur fond ocre jaune, avec filet blanc 
iléri«.ur. Le boudin exlrème n est couvert d  qualrefeuilles vermillon 
sur fond noir, avec tilel llancs. Le filet extrëme o esl également blanc. 

En C,, nous donnnns l'ue lPs I»nt'lures couchéos ur les v»tlos à c6té 
des arëles; cos lorlures satl l.ules a peu près semilables. Le fond 
du dessin est brun rouge vif; lês qualt»fêttillos verntiilon, avec carrés 
oir bleu; ils sonl cern6s d'un Irail lloir el d'un l»ord llanc; los carrés 
itlerttédiai'ês sol et ocre jaune ci lê plil Puroulmel llac. Un 
I«,,'ge tilel llanc lorde ces iandes ; il est d«uilé d'un ilUll'O fil+'t trun 
refuge clair, avec carr6s ëris arloise ci lrails n<irs. Ue des 6loiles 
est figurée en p. Ces 6loiles, qui son[ rouges sur los fonds llanç des 
voùles, sont llan«le: ur les fonls lrun rouêe. En D, )ous donnons 
une des battles de clefs les voù[es; leur colora[iou consisle en un or- 

)enenl blanc quelqu,, peu nodelé 
large filet bruu rouge les divise 

de lrails rouges, ur fod 
par le ilieu dans leur 

vermillon; 
longueur; 

(IPs filêls llancs arrèlett les fonds vermillon ,! sont bo'lés exlërieu- 
rement de filets .qoirs. Ces voùtes étant supporlées par des faisceaux de 



-- I00 -- 

fines colonnettes, celles-ci sonl silnplement col«»rées de tons alte.na- 



-- 101 -- [ .rr ] 
tivementjaunes et rouges, avec ,-,r,r-o,..._o.... noires ou rouges garnies de 
cart'és oirs e[ lile[s blancs;les cliapileaux onl leurs fcuillages peints 
en ocre jaune sur fond t)run sotnl»re. A l'entrée du ChœUr, des demi- 
colonnes G d'un assez fort ([iambtre,O , lO, sont dévot'ées de peintut'es 
donl nous donnons le delail développé en G'. Ce sont des çarrés h 
quatre lobes allernalivenent vert bleu et ocre jaune, ur les fi)nds 
desquels se dé{aclent des o'nenien[s jaune foncé sur le tleu verdfitre, 
blancs sur le jaune. Les intel'valles l sont ocre jaune, avec ornelients 
blancs, donl nous raç.onJ un fraglen h une plus grande échelle 

en S Les carrés lolés sont ('ernés d'un trai! brun rouge p! d'u 
• Il 
clamp llanc. Les filpts exlernê lp la deli-colonne sot tlancs, bru 
rouge et ocre j;tune. Sous les fonètres il règne une arcalut'o 
peinlo d'Cus a'ioyds sur (l,s fi,(ls verts, dos nit,'es sur 
écus. Les boudits sorti ortés de torsades llattcho, noit'e et rouge; 
les ,,orges, de Itns verls, avec «at't'éo set6s noirs. Des liit.l blancs et 
rouge bordetl les renais. Malgt'd l'dt'lai do vilt'aux, celle ««loralion 
se soutient ci s'ltarnonisc pat'fai[ette[ avec les lons lranlu«ides.Ce 
routes h triangles l)lancs ci rouges ailetteC, avec leurs bales de cl.fs 
d'un ton brillanl. êl leurs l»or[iures ri('lt«s, sot[ ci'un effet lt'bs-('itaul 
et lrès-solido. Les tetnires de l'arc]tit.«ture, vivottonl [Idlaclds lat ' 

très-riche  

des détails très-fins 
bien des 
s..ages, tout en paraissant 
du commencement du xv ' siècle, eomne 
Il était nécessaire de prendre un parli 
décorer de peintures l'architecture (lile gotliquo. Il fillait «lU. celle 

légers. Ces peiture.,; 
la ('onst'u«tio .ll.-x.ne. 
fr,inc lrsqu'on 

(les vif'aux c«»l,,t.és, ou 
t;iaiL ttnI)ori;tnt surtout 

peinture laissàt dottiner etibremen[ 
qu'elle pùt soutenir cet éclat et y l>«tr[iciper; il 

formes de 

cçnsll'ucliot, qui 
etlili('o«, 

,-,t une si grat«l,: ltlm'tanco 
s v«htes llee étçilées d'or, 
tervures des vofitos fusett assez l'il- 

que les la 
à dater «lu xtit' siècle lan*; 
le système de peinture. Si 
pal, exemple, il fallait que les 

les l.ê II- 

sut' |ês faisceaux coml«,- 
[le, couleurs (les vitraux 
lrès-inçes. Ce 
et très-sottre, 

Jan]ment colorées pour soutêir ces fotds puissnls 1o 
voser pour ainsi dire h un autre flan. l.'or était d'un 
en ces occasions, ainsi quo le noi' cernant des l»ns vifs, 
vermillon et le vert. La peinture des tet.fs de x«files «tinsi 
fallait,, pour la s.utenir, «les tons noins vifs 
sant les piles, d'autant que le rayonnem.el 
tendait à atténuer la coloralion «le ces piles, 
n'était alors que par des ....s,,-,',,» d'u to t e-rlaud 

comme le brun rouge glacé (le laque, ,_,u le pourpre très-puisatt, ou 
le noir brun, qu'on pouvait eonbattre le grisonnement que répandait 
le ra)'onnement des verrières sur ces surfaces voisines. Il fallait mème, 
pour donner à certaines couleurs, comme le vertnillon, tout leur éclat, 

t Voyez à l'article 

choeur. 

(]ONSTRUCTION 

la figure 111, qui donne une coupe de 

l'entrée de ca 



[ PEI.NfUBE j 

.,c-mer de louch . opposées. Ainsi sur la c«»loell' .,,uc]ée en 
Vel'nillon, o senaif do l,u«'les blou clair çel'née Iu.i«ur de noir; 
d' 
ou sur la colonnetle cou«llée en Ileu clair, «les touches un pourpre 
L" 
vif; ur cello couclde o bleu intense, destouches pourpre rose. or 
venait aussi, l,ien entenlu, prëter son éclat à ces faisceaux [le colon- 
npllps ¢lcvovée pat'la juxlalo,tion des coulput's lransluciles, lorsque 
le bleu enll'ail pour utie grande part dans lharnt«»nie générale. Les 
arcatures ou l.apisserie lipos6e au-dessous des fenëlres, moins 
lévorées par !' vitraux et llus pres de l'oeil, pouvaienl reprendre des 
lotis plu, lOUX «'I llUs çl«tirs, ri alors les faisceaux de c«lonneLtes pas- 
,ant devanl elles ,e lélacltaienl e vigueur et cil éclat. Ce parti elail 
parfaitem,'l «,»vl»ris laws la peinture de la sainle Chalello l;tute lu 
Palais . Etn ,fl'el, dans le syl/.tne de peinture adopl6 pour cci int6- 
'ieur, I«ul,' I« larties ¢lui povlenl, qui fon'n,.t l',ssature et les nerts 

éclat. Les fonds son! au 

p«ur çirccnsçrit'e le rayon- 
cerfs, in.,; m,xens d'un èffet 

c,_,nie celti ll'acd en 
de la 

It'tvpvs les vilt'aux «c_,l,.és, «n..,plwaieIll ;t.',sez dp vigueur et de netteté. 
l;ur l«l'lev le. pei,luves l'atsluciles, et ]l'Ollaipfll les tons Iarmo- 
i,ux lar le r;ty«_»ttt'ltael «le c,...; leintures. i les fonètl'eS, 

llulal.I tle celles qui ,o v«,ietl las les ,:lifi«ps du ilieu du XIII e 
siecle, se c-nposaiet lo llOiloaUX formal de ldgers t'aiseeaux 
«»])teltos, ,'elle«-«i se cuv';tiet de lots tr;.-v,»isins du noir, ainsi 
que !o_ Il'tlll ,'OU,,p t'll'é, lo Vt.l'l_ l,leu lrbs intense, 1 arlc, iso sombre, 
lOUVpV,. I,'u. Gês livê ,lseuvos faisaienl un oneadromonl a la VOl'- 
fil.re;  «elO,lanl les vilvaux çolorés éan oujauvs bordés d'un 
ica fllel de v,.vvo llanç, e«mme our los molro on marge 
eter la I,«vuro de s vaslueiles ,uv l'arelilo«uve, 1o long do 
ilèt blanc ran,laron n l,.ignai le solin e vovmill«n, an do nieux 

fai'o 'ossc, vlit. l'ceint de la ligne lumineuse (vox.. VITRAIL). 
In,lele«lan,ent de la c,-,I«ralic, n ci du syslème harmonique 
lon «le la poituro décorative, les arliste le XII e et XIII e sibcles 

I10- 

 Lorsque l'on commonça la restauration d,-.s peintures do la sainte (;lapelle, on n'avait 
pas d,;couvert le parti de coloration du fond des arcatures sous les fenètres. On fit de 
nombreux essais, tous sur une amme sombre, mais l'harmonie générale était déraqg,;e 

par celle de ces fon,ls obscurs. En lavant un mur, 
j,,ur, un fr.gq'nent de la tapisseri," claire qui forme le 
immédiatement, l'harmonie g,;u,'-rale fut rétablie. 

du c6té de l'entree, on trouva, un 
fon,l d,  cette arcature; reproduit 



 103 -- 

PEINTURE 

laminent donnaienl aux dessins des ornemets 
convenaient à la place qu'ils occupaient dans l'architecture. E vilVil, 
le dessin d'un ornement appliqué sut" une surface nodifie sen_il,le- 

ment celle-ci, 
figure 6. Le lilres, 
horizonlalemenl. Les liliors, los cc, l«n,.s, !,: ut'fa«,s v,,t'li«ale,, li 
porient el d«ivei ])aruilr • rigide-s, ont leur surfce 
Ol'nei¢l[ $ ascelanls. 
Voici quelques oxenples (fig. 20)«l'«-.,»,ts 
pbintures couvt'anl les col«,nnes des x  ,I xt  sibclc. L'ex,mille A 
povient de colonnes des chapclls al)silales de Sainl-Deni. 
»ente une lorsa(le verl clair sur fanal Ilanc jaue, lo'ldc l'un filet 
brun rouge, avec pet.ld llanc h (']toxal sut' lt rouge el 1,. vert '. Les 
ekemples B proviennet de c,-l,»es de l'6glise le Bons,ans (DrSme). 

li[II,lO;l[IX, SO t',,lIVl'OIl[ l]',,l'llOIllOIl|' 

Ces ornements do col,)nnes sont préscnt,;s ,I,:veloppds 



[ œeEIYTUBE ] 
Cêlui I; lonne un 
lui B«:. un lr, sagé 
c.lui Bb, un xaire 

ireilli «le feuillages rouge.s sur fond vert bleu; ce- 
vert bleu, avec dessins l»run rouge sur fond llanc : 
l»ru .,»tlre et x ert sur blanc; celui Bc, utt cite- 

,, t 

A 

I 

t 

I 

/ I 

I 

211 

vroné erl et rouge sur fond llanc, avec filet brun interposé. Le 
l«.ssi l_:, qui est Irace ur un fùl d'unê colonne de l'église Saint- 
Georges de Bo,cherville, est un «hevronne rouge laqueux et vert vif sur 
fond blanc, avec filet brun rouge vif interposé'. L'exemple D, très- 

fréquent au xul « siècle..donne aux colonnes de la finesse et de la rigi- 
dilé. Les resauts des lgne verticales ont l'avantage de faire sentir la 

sutface cyltndrique de la colonne, loujours délruite pal" les cannelure, 
su:l,-,,_t si ces colonnes son! grèles. C'est ce besoin de conformer l'orne- 

,.,v, e,,.et,-tples de voIonne« peintes appartiennent au xtI'- siëcle 



--- lOô --- 

[ PEI.NTURI ] 

ment peint à la structure, et d'appuyer mëm cell,-ci par le genre de 
peinture, «lui a lai! al«pler ces al,l,areils si fréquent.s dans la décora- 
tiou e«loréê «les Xii + pi Xlll + Si"("lps particulibretteLl. Ces appareils sont 
tr/s-simptês ou ricle«, aiusi que le fait voit' la figuv + or, l;tancs sut" 

• 

fond jaune ocre, ou, plus t'rt!tlU,.lienl , bl'tlll l'OI2e SttI' ïOlll l,lanc ou 

SUt" fo(l ja.une p'le; les lignes ainsi fildes au pinceau sur de gran,!es 
surfaces, Slnples, doublées, lriplées ou accompagnées «le certains- 
orèmenls, présentêl une décol-ation [rè.,,-ecooliquo, fiisan! par- 
faitemen! valir les lilres, les landeaux, les fiisceaux de eolonnes, les 
bordures eouvertes d'une ornenenlalio plus compliquéê et de cou- 
leurs brillanles. 
Dans les int,;rieurs, lorsque les 1)arois e! les piles son! pointes, la 
sculpture, naturellement, se couvre cio couleurs; car il es! à observer 
que les artistes du noyen age, çolnne ceux de l'aliquilé, n'ont pas 
admis la eolorali[_n partielle ; ou bien ils n'on! pas peit les intérieurs, 
ou ils les ont peints entièremenl. S'ils ne dispostient que de res- 
sources minines, quelquefois cette peinture n'Cail, sur une grande 
U' 
parlie des surfiees, q un badigeon; lnais ils pensaient que la pein- 
TII. --- :t : 



PENTURE ] --- 106--.- 
lute, appelait la peinture, et qu'une lilre coloree ne pouvai! ,,," poser 
fouie seulê sur u mur conservanl SOl ton de pierre. C'est là un set- 
tttnont d'harmani» trbs-juslo. S'il est parfois «les exceptions à celle 
rbgle, c'esl quand la peinlut» n'est consid6rdo que comme un redessiné 

1«. la forme. On roi! «êl.laipes sculplu'es de chapiteaux, pal. Xelnple, 
et des las-rcliefs, tl,»nl le «».nenel ou les figures sont redessin6s 
en noir ou en bt'un rouge: (.eraites .s,,a,o de nervures au de fais- 
«eau 1o «ol»nttelles remplies d'un 
ais cela t'el plu de la peinlure, c'est du desin, un lox'en d'insisler 
sur de formules qu'c,n vont fai'o lioux sai-i'. P«rfiis ui. 
«l:tt, lys IX«files lu «l-rr ,le la calltedrale de 3leaux, par êxenplo, o 

«l«it" tl j«tune ««re 
noir, elle .e col,.,r« I,lus viveenl 
penlan! 1«. xtv , «tii le se délacier 

a «.t l'idbê lê li«li,guor l's «lavê«ux des a'c ogives ou de. al'«'S-dOtl- 
I,l'«ux «tu tlOyOn rie leux I, liltërenls. Ce .oI là le. .X«eltions. 
A l';trli«lc T.XTUAE. t«S larlero dU nOie de. colol'aliot les ita- 
g,'ri,.- ol «lês slallo-, '«r le arli-les du oxen àge otl le pls -ouvel 
allttis. «'«,tt,t' 1' Grecs le l'atlitluil.é, «lte la slalt«,ix'e lexail Cire 
ç,»l,»'ee. çtu«ttl h la s«ul},lut'o l',»r,elnel des inlériours, lê,ue dates 
les l,»ns clairs ur fo,,ls s«,l»,'es pendanl l'dpoqu,' ronane el le 
xii" iè¢le, verl sur fi»tds l),'un, pourpre et mène 
pondant le x" sibcle, et surloul 
en vigueur ur les larlies sitples, 
que nous av,,n, signalWiltt« taut. Si l'at" appa- 
rail lat, lz, lé«oralia, les feuillages le «ltaliloaux s«,,tl «l«»vbs o 
l,ul «,u ],«,'lio sur fi,lds pourlro, l,leu, ou vermillo. i l'«v ,.st ex«lu, 

le_. OI'IIPIIiOII|S Sê çouvt'êrt de lotis 
feux, êl le jaune es! redêsiné de 

jauê, vert vif, sur l'nds I '/,s-vi,._,,»u- 
Irails noil', ç,tltttle l'or; «a' .i«tttais 

la «loruro n'est psée sans ëlre accopaguée d'épai,sêurs e! cio ,lessous 
rouges, avêc redêssine., noirs, afin le elloycr et d'éclaircir le, f«,rnos 

l,ll 
noirs S|)]|ll brillanls, pose:, 
i t,.tt'e vernis, et 011[ Ioujoul' un t_eil ll'Ull. 
prend! ut éclal ,I un relief lerveilleux, elle 
ise. Si la «l,l'ul.e e.,,l l»O.,ée ên grande- u,'- 

au sur dès l,'a]erics «lê talue-., le: 
un aspecl l»l':cieux "[ léger à son 

Ol 
111 

, Avile ainsi les retlels écrasant.,, 
ièi-o.., lrol larges et Il'Op unifa,'mén,et 
Terninons col aperçu de la décoration 

la coloratli,,t voisine, le lu- 
lrilla,lê,. 
peinte «les inlérieur par une 

reta,'que générale sUr le sylè,ne adoplé pat-le, artistes du lnoven 
âge. Tou! le montle a vu des tapis dits do Perse, des clt.ales de l'Inde; 
chacun ès! frappé do l'éclal doux et solide de ces étofl'es et de leur har- 
noniê incomparalle. Eh l,ien  qu" on examine le procédê de colora- 
li, adoplé par ces lisserands orienlaux. Ce procédé et au fond bien 
sinple. Mettan! de c6é le choix des logis, qui est toujours sobre et dé- 
licat, nous verrons que sur dix ton- huit ont rompus, et que la valeur 
de clacun d'eux résulle de la juxlai_osilîon d'un aulre ton. Défilêz un 
ch':tle de llnde, séparez les tons, e! vou serez surpris du peu d'éclat 



--- |07--" t PEIN'I'UII J 
de chacun d'eux pris isolbm,nl. Il n'y aura p;, u, dê ces plolons de 
l«ine qui no paraissê let'ne en i'egavd de ts Ioinluros, et «:,epedant, 
ivsqu'ils ont passé sur le mtier du Tilélain et «lu'ils sont devenus 
tissus, ils dépassent ott valeur ltavtttoniquo foules nos é[ofls. Or celle 
tualilb réside uniqueet dans la c»naissance du rappor les i.s, 
dans lever iusle division, on vaiso d,, leur intluênee les uns sur 1,.» u- 
[res, et surtout dans l'itnloriat«,, t''lalivo tlonteo aux Ions volUS. Il 
te s'agit pas en effet, ltour ol/enir u,c pointut'e «l'ul aspect éclatatt, 
de multiplier les couleurs fi-ancltes et de les fai'," crier les unes i 
des autres, mais de donner une valeur singulibre à u point par ut 
tourage oulro. Un ceniimèlre carr6 le iieu lUrluoise sur une 
surface bl'Utt ntot'dor6 acquerra une valeur el une finesse telles, 
dix pas cette t«u«le pavaiira bleue et Irattstrên/e. Quituplez 
surface, tton-souletottt elle soblera erte et loueio, ltais elle 
laraitve lourd et froid 1o ton lruu cltau«l qui l'enlauve. Il - a «l«,t« 
une science, sciece exlȎrienlale , il esl vrai, mais que nos 
leurs possOdaient h ntervcille pendanl le noyon àgê, ainsi qu'ils 
l,rOUVd dans la peitllut.e ,le leurs tttoumenls, «le leur vigtetios ,1o 
matiuscri[s et de leut.s vitraux; e;tr ces lois, itiipérieuses lejà latis 

«oloration ttonueiale, sorti Iie «tulven«! 
la coloraliot Iranslucil, d' vilraux, oi 'ltalue 
un si grade itnpovlaco. 

tyrani(lues el|C«l'e 
lou,'it-" de euleur 

Les pr«»célés el)loyés l_tr les peintres pour décorer les 
élaienl ddjà lrès-pevtclionnds au xtt  siècle, aisi «ltt'«» e 
en exatninanl les peintures ancientes d« l;t saillie (lttioli, ci <'v 
xev)is ol llltlllt ' 

de cel'lains relabies de la mëme ép,quo . Alrs le. 
pein!ureit l'ltuilê 6raient ett usage. Au xv" siècle, il 
faisait un emploi fi',quotl de ce «l«t'ti' • lt'oeddé en 
en AilemagteL M. Emeric Davitl, ls ses IDcou's histori,lueS 
turc nm(lerne 3, démonlre d'une nai;.ve dx i«lenl, quo «!;. 1o x 
peinlres employaient les couleurs lv,,yé,.s avec de l'luile 
el !e devis des peinlures ex.6eulbes I:r ,t'lre du luc cio 
(lepuis Giiarles V)dails le çliiileau 1' l';luli',uil, on 
Cosle, prouve que le lVO«dld de !« leilur« h iluilo 

ên France, et pratique non-+euleiiicll 
vragP+, niais aussi potli:la ilé+oralioli 
ainsi: 

iii lt;l'iOlli.4 
llotll j Ug",; r 

lit»..; 
cil! 

l,li'ail liièllle «iii 
Pl';i,ll'o, pli 

t  .si;'('l," !:'.,. 
il»- lili ilul't', 
.N" 0 l'iii iii i 
13.55, par Jê]l;ill 
élail alol'S ç_Oiilltl 

<sui' le iiitirs. C0 devis ColiililPll««' 

cil la maniere que elle 
parfaire l'ysloire le la vie 

« Premieremen! pour la salle assouvir 
commeneiée ou nieux ; c'es[ assavoir : 

Entre autres, le retable déposé dans 1o bas coté 
Wesi.minster (ouvrage «le l'École française). 
Voyez Eennino Cennini, déiA cité, et le devis de la 

sud du chœur de l'églis, abbalial , 

peinture faite dan l'ancien clJàt,-,au 
royal «le Xraudreuil, en Norman, lie, en 1356, publié dans les tomes I'-" et III de la 2" série 
d,. la Biblioth. «le l'Ecole des chartes, p 5ti et 33t 

Paris, 1812, in-8 



[ PEINTUBE ] 
,, C,-..,-»,,.. ,,! atu-de.;s«}uz_ «.n la 
« ci d'in«t.,_,e,, ein..,i «.,,,ne e,l commencée. 

te{ 

-- !0 --- 
l,,rl'eniere li»te (litre) une liste de bestes 

,, II«'n la galeriê h l',.t,tl'.e le lai alle en la, luellê 
faire, oi-_.i conllne est «otttnençéo. 

,, Et tout:'- 

;st la cltace par- 

« It,t,t lai gran! chai,elle fo, re des ystoires de N,_,tre Daine, de sainte 
Arme el do la Pa,si elll»tlr l'autel, ce «lui en y pourra e.,tre fer, etc. 
ces clto«'s l«,s.-,us «levisCs set'»nt fetes de fines couleurs 

,, h llttil,., -I les «lttntp.-lo fin o,' ,-.,lo 
l.o- glacis, lfl.éqUellllllelil elnl»lyes 
lal«r ,lu XlII' iècle, la fiesse lo ces 
XIY e ol XX' ,i,cles, ot Fl'allCO, 

«luello il entl'e, «c« glul«', u prin«ip 

travtl»«t.,-.n-l , «tivisi que 

ve (en reli,-,f).., etc. » 
(las la peillUl'e décorative, à 
peinlures, I,-,r solidilé et leui" 
ll-,-véle perteltant lotlles les délicatesses 
Avec la loinlul'e it l'liuile, !,, ;l.lisles des 
Olttployaienl aussi une lOitltil'e dans la- 
c l'ésiteux [l'ès-,lur et lrès- 

la g,,mtne Col»al« lar exeple. Peut-èl:-.e les deux 
r,sitie, «,l,tient-ils simullanément e,l>loyés, la 
aloi',, lo sicealif. L'atalysê le quelques-unes 
souvelil etl effet ue certaile quanlité de 

lignon-du lr«ns-epl de la 
él«ionl do'és «tv-,c t'»nd.> l'ouge sombre et 
_ ' xtérieur est 
l.«t ,'ol«t"ali,l «tllliquee i l'ê 

la,; :ouleliient aux parois des 
à l'extérieur les édifices. La 
le ttomlrc'ues traces de pein- 
lê._-, u., lê, nurs, nais sur les 

.li;.t. a l'«,\léri,.ur, la vivacilb le la lutilib,'e 
Il|CI _ile-tlur«.lés lo eol,-l'ali,ti lui te seraie 

dire«lo el des omlres per- 
tt l»as .,,ul,porlal)les sous la 

l..a -laluair*, uivant la 
té;ttll'lll.', llil" l,'un, qui 

néll«,l« anlique, est re..dossitéê pal-des li- 
«t«¢tlSett les traits des tètes, le» lordsdesdra- 

pol.ies, le lro,leries, les llis des vëtemonls. Les Ol'nements sont de 
nbme ll'è:-fi»rotien! ',.dessin6s pal'ces Il'ails noirs, soit sur les fonds, 
s,,it sur les rives. Quelluefois , sous les saillies des larniiers, des ban- 
,l.aux au corniches, les boudins eouchés d'un ton rouge ou vert 
étaienl r«hausé« le lel'lés tlancs ou jaunes qui donnaient une singu- 
lière finês»e aux Inoulurés. Nous sommes devenus si timides, en fait 
de peinture tl,nulnental,e, que nous ne comprenons guère aujour- 
d'ltui celle exlre«,ion de I art. Il en est de la peinture appliquée à l'ar- 
chitecture eotnlne d'une composition musicale qui, pour ëtre eom- 



 109 --- 
prise, dol! tre enten«lue plusiours fois. Et 

s'iii y a vingt ans. lersonue à 

Paris ne comprenait une synploniê de Belhove, «,t no .-au,'ail 
prondre àBeelhoven. L'ha,'nonie ês! u langage pouf les ot',eill,; «otlte 
pour les yeux; il faul se faniliariser avec lui pour e saisir le 
Quelques personnes éclairées adtnettonl volontiers que los ilérieurs 
pinlu,'es: t«is liléo de 

«les édificos peuvent bien è[ro décores 
décorer les extérieur« selle ivès-éirango, 

décorer, no!t point par quelques 
par un ensêl»io le co!oralion qui 

surl»tl .,,'il ,'a.,.,,it de les 
ty,Jpanb s»us los [orcl,os, 
s'etendrail sur prosqu,, l,ute 

façade. 

Cependant les at'lislt-s du moyen fige n'eu'ênl .iat«tis l'iii,:,, 1,, c,,u- 
vrir enlièremenl de couleur une faç'a(le 
de large, commo çelle (le Nolro-Dano de I)t'is. 3I«i r ces is.s 
surfaces ils a(lopl«tiel un p.arti de ('olora[iot. Aitti, a 
Paris, les Irois lt'los, «tve[" leurs voussur 
enlièremenl peilos ci «l«»rbes ; les (lualve ticlcs 
contenant qualre lalu.s ««lssales, elaienl égal«tnel peintres. Au- 
dessus, la galeriê los t.oi, t''llail une large lilt'o foule et i,,'«.e ol lo- 
rée. La peitlur«., au-«losu «!«, celle lilre, t. »'allacltail ilu»qu'aux 
deux granules arça«le avec fenèlves, s«)us 1o l[»urs, ol à 1; ,t)o 'e- 
irale, qui dineolail «1,. «l«»vt.es. La l)al.lie sui»érieure , perdu,' [l:s l'al- 
mospltèro, élail lai«o o I,» le pierre. Et oxtttitnf celle, f«t ';tle, il 
est aisé de so renl.o c«,tl»le !, l'i«lb, splelile «i, l,'v:til lrultniro 
ce parti si lien d'ae«ot'«l avec let «otttl»«»silitt ,trcltil,clotiluê. 

celle coloralian !o noir j,,uai! 
lutes, renplissai! dês l;»n«ls, «.ot.,,ait 
figures en Ivaits l,u'«os ol iosés avoc 

Le noir inlervenait là «c, nttto une l'Olouc/,e ltt aitt'e, pour lui otlever 
sa froideur et .-.a séchêress; il no faisaii què lcuilor s.ouv«tl 
trait brun rouge. Les 

la combinaiso dè luilos vot'tisséos, S,l| i«tl" 
appliquéos sut" les pl,,nts (vay. t»LOMEtE) 
plaques ,le verre lOSé,'s ,l«tts ,le» f,_,,ls sttt" 

un la'ge 

les l)oi,lut'e. 'I ¢iol.u'es 
. 12ueiquefais ,èno ,les 
u,t ;slie, «troc i,tle,/»o- 

llJj|le lo faïeees 

core au conmencein«.nl du XYIt" sièele-chorelail-«»n 
l'aide d'u . 
n mélage de. lriques et «le lierre l,«rt'ais 
appliquées. 

silion d'une Duille d'élai ,»u l'»r, ajoultio,l (les I,tlclles l'u éclat 
très-vif au nilieu lês lons lllals. Pourquoi u l-'ivo-ou de Iollles 
ces ressources fournie> lar l'art ? Pourquoi l'ëc,le lil, cltssiqu, lrë - 
lend-elle que la raideur, et la monotonie sont le compagnies in,cléa- 
tables de la beaulé, qual les Grecs, qu'on nou 
arlisles par excellence, ont toujours colot'd leurs bdili«,.s h l'inlérieur 
comme à l'extérieur, non pas linidelnenl, nais h l'aile de couleurs 
d'une exlrème vivacilé? 
A dater du xvt' iècle on a renoncé h la peinture exl.ériouro de l'ar- 
chileclure, et n'est-ce que peu à peu que la calaralion disparail: 
Io. eft>l.s eolorés à 



[ PE'DENTIF ] 

PENDENTIF, s. m. TrianglP ri'une voùle hémisphériquê laissé enlt'e 
lP pénétrations, dans eellP VOîlte, de (IPux l)ereeaux seni-«vlindri- 
ques, ou forntés d'une courl)e lrisée (dite ogive). Les pendeniifs !. 
plus at«ictls signalés dans l'arcliteclure du oyen âge en France suret 

i ! 

ceux (lui portent les coupole.s de l'église a.bbatiale de Saint-Front, 
à Périgueux (voyez COUPOLE, tg. 6). Ce systeme de construction 
guère éé employé que dans les localités voisines de ce monument 
inporlant. Mais, par extension, on a donné le nom de pendentifs  des 
t,'o,,,pe.s ou i, «les encorl,ellell.,enls poses.àdfâîleleS angles formés .par 
des at'cs portant .-ur plan carre et deslinés passer la construclton 
dut carre à l'octogone ou au plan circulaire. 



--- lit  
arozs (lazz l«.acol do provincs do l 

poles et des leurs «le ivanssep! portant sur pcnl,,tlif«. Ainsi, par 
exemple, la lanlet'ne centrale (le l'église de Nantua serail p«,vléo ,;uv les 
pendenlifs (tig. l). De rail, le triangle A n'es! qu'un cnc».l,,ilêêt/d»nt 
la section horizontale est d'oile o! non «ont'be, ainsi que [loir ètre loute 

sêciion horizontale de pênloIif. Les assises 
bellement ont lou's lil horizotlaux, et cn 
d'une sphère, comto «loivotl l'ëlvo los lits d 

qui eotttpasên[ col 
l»oinl Io,,!;! au 
es petdettl ifs. 

2 

/ 

- / 

I 
I 
I 

Afin de, rélablir la é'il;tllè sigtiti«ali,, ltt t,,! /,en,l,nlif, n,us prd- 
sentons dans la figure 2 u,o SOl'fO l'«t«tlyo l,t s} slèo 1o ('o)slt'uction 
auquel seul on doit. l'appliquer. Soit uc, loni-splè.o (Irréel 1« projection 
horizontale esl !a ligne pç)ncluéo ABCD. Si, sur cloaque face lu ca'r6 
ABCD inseri lav celle sl»lbre , nou» élovons des plans vorli.aux, nous 
ormons qualre seeions ABa, BCb, C«, Ad, lans la demi-splèro, qui 
donne 1o loni-ee.clos. Supposons quo, sou ces qualve domi-cev- 
çles, nou bandios quatre arcs, nous rolovons le loids de la ealol- 
supériou.o i. «oe spibro o dos quarto Irianglos sur los quatre points 
A. E, g, D. Coci fai, duoan qu'au-dossus «le la clefdê «os quatre ares, 
nou fassi«,ns une so 'lion horizonl«le dans a domi-splère, n.ou 
nos n eorçlo pavthi abcd. Sur eo corçlo ovo» une 
tique abcd«, nous «uvab uno e«-up«le lor,.e sur quarto vé'ilablos 



dentifs. Les coupes de l,»us les claveaux formanl ces pendenlifs(qui ne 
sot que des fragments d'uno premièro c«upole) enlr«,n au centre E, 
comme toutes les coupes dos claveaux cio la coupe»le supérieure acde 
tendront au centre /-Ainsi l'ensemble formulera une «veille homogène, 
dont le, pesanleurs ton,lront i presser les clavoaux vers l'inléviour et 
se roporterott en tolalité sur los quatre poinls A, B. C, D. Ce syli.te de 
voùe, êpl«»yé lour la pvo»il.r« fois dans la grnle égliso do bainle- 
Sidio le C«.sanioplo , fi, «ommo nous l'av«,ns di, appliqué à la 
eosruci do l'éxliso ait-Mavc de Venise, puis à çelio do l'église 
«1  ai-Fr« le I»briguoux, vov, la fin du 

«onstru«tcUl'S l,»ri,urli" cntrbrent une 
,.tll,,i los «,v.n, qui fore,il, cril'e h leur 
l'ot'ficacil6 le ce sxl/'n«, et urlottt h l'ur 

«ertaid, linidilé «lans 
l«u d, «.«ttiance lats 
ç«ll;.l" ign«»rançe de 

la ileorie des lWi«.llif. ; I«tn,li qu'a Stil-Mar« !,- Voli, , les cou- 
pols et leurs iêlolit's scl Ira«,, ci 'onduils uix«t,l le lprincipo 
lhéorique lui v,;git ce g,.o le sl.u .lui.e. A Saitl-31at'ç, l:t «c»urbo 
généralrico l,,s l,'l,nlifs ,.i ie ««,Ul,lo-esl le l,,ti-cov«lo p«trf«til" 
il n'en est l;ts lo til,o à ;til-F'otl 
voir quêllo fu'el los «.«nsequoncos bingulièves de la 
app«r o lar les t'clio«os français 

La tig,.tre 3 l«,ne en A la pl.ojê«ti«n lrizonlai,, de lute des cou- 
polvs 1, S«il-F'«nl. Les qualvo t»ilirs qui p«rlol les arcs-douiloaux 
receval les ioionlifs sct ,, B. Efl]'ay; peul-blro lu surllonb 
qu'allaiel fi,rlnOr les qualro pêndelifs. »'ils el;tit.l engendrés par 
un deli-«,'r«le, l'«tr,'liloclo ,le <aitl-Ft'oll oui l'idée l'engendrer 
ces le,,le,,lif au 111o3-Oll «l'ue c,,ut'le lm'isé abc (voy. la coupe C). 
Dès i,rs. ,;I,'v«tt log pltns xerti«'tux l's aglos clos qualre piliers pour 
former la i««'lt';tli«n les al''s-luile;tux la» la forne généralrice 
des lentlêtlil', t e i»uvail -llettit" ies lei-cerçles, ai» une 
couvle «lliililue ll';tc'o oI1 ¢q. l.'ellile prbsenlanl des dit'ticullés 
d'allav,.il, lat'cltil,«l«' lt'iclt .l rettpla«'«t celle 'ourbe elliptique par 
un arc l,ri»b efi. F;til itusil z l,»ur l'dpc»que, el qui settllo dtulanl 
plus elrtttgo, «luo, d;ttt» cet «ç«lili«o, fous les autres arç sonl plein 

cintre. Cci ar«'ilit,.«le, au liêu ,l'blover la coupole sur le« penlonlifs 
à l'apll h. la relraila en 1, .1 ltta ;I celle-ci un cou'le e ogive 

émoussé,-' lin, ainsi quo le lotit v,,ir la c,,upe. Si iion quo let se«lian 
faile sur la diagonale no l»o le lvace D. Il faul liro quo les petlen- 
fils, au lieu l'èlre coslruils au ntoyon de claveaux doigt les coupe 
tendraiont au ce,ire n, st fcrm6s d'assises «le gros moellons po,és 
horizonl:tlonent en ,.nçori,ellement, come on le voit en p. l.e» 
pendenlifs n'élaio,l lonc ici qu'une apparence, non point un pri«il,e 
de slvu«luro «cl»ris et admis. Ce fait seul semllerait indiquer que 
si l'e,dise le ail-Fronl fut élevée à l'instar de colle de Saint-Març 

' .c,.it,-'-Sopljie d" Constantinopl" présente, ,lu moins, 1: l,remier ex,mple connu de 
Ce r'nre ch » voùl«'. 



ainsi que l'a partYitement démotlt',' 31 I«elix 1,-' V 
"' erneilh ' la 
linn en aurai! élé confiée à quelque avclil.cle oe'ilenlal lui, n se 

/ 

3 

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rendat pas un compte exac! (lu sylènlo des coupoles sur pendentifs 
(puisque ces pendentifs ne sont, après fou|, que des encorbellements), 

cherchait par conséquent à diminuer leur. suq)lomb en ne faisant pas 

L'Architecture 

by:,anline en France, 1851. 



[ PÉNÉTRATION ] "--" | | I --- 
Cever les coupoles h l'aplolnl» «le la sction supérieure de ces pen- 
deifs. Plus lard nos arclfitectes occidentaux, mieux renseignés ou 
pls savats, elevbrent de x êrilalle coupoles sur pendentifs, ainsi 
q.tte le «ldnontrot les églises d'Angoulème, de Solignac, de Gahors, 
tc çouillac, olc. EI cependant , observera que la courbe g6nératrice 
,dnise pour les lon,leltifs de Saisit-Front de Périgueux demeura consa- 
cr6e, car lps arc-louldeaux le ces 6glises donnent tou des courbes 
i,risées, lien qu', las ces ¢Olllr6es, le plein cittre frit longtenps en 
]IO[I[IHI'. (',,)..RCIIITECTURE RELiGtESI, CONSTRUCTION, COUPOLE.) 

PÉNÉTRATION, . f. 5Iol on)ployé e ;rcliteclurê 
poills l'itereclion le doux corls ou de deux 

pour ,lésigner les 
formules. Ainsi, par 
oxemple, dans la fi- 
,,..,ure !3'J (voyez arti- 

gueur des ,luï.s goul- 
lerois .les archilectes du x,' siècle n aient pas llus souvent employé 
le systène de» pénétration, qui avait cet a,,an/age de répartir ces. 



--- tio-- 

poussées sur certains point. plus soli«l,', ou contre-buté:s. Dans l'églis«, 
de Fonl,onllaud , i»arcs et vofiles'son en plein ciboire. Celle lénétv«tli«»n 
seule, bien que de la nëme époque, présente une courier ett tiers- 
point: elle avail été pratique dans la premibro tt'av6e d's lras de 
croix, pour permettre l'ouverture l'un • fen;,Ire sup6ciêure «Xeel»lion- 
la voùte ¢le la ptito 

nelle. On voit clos fenëtros en pénétration «lan 
église de Chtpauneuf iSaSne-êI-Loire). 
On donne aussi le noni «e pénét»'at,bns à ces 
lui, dans l'architecture du xv* sibcle, 
et se retrouvent à des 

vet'ti«ai,s 
bande, aux 
Tf(AIT.) 

form,,s pvi.ttatiques 
passerai h l'av,,rs les 
laui«urs liitërentes. (Voy 1" 

PENTURE, s. f. Pi;.ce 
vantaux de povlos. (Voy. 

employ6e 

lour suspetdre les 

PERRON, S. m, Peadant 
munéen| pour désigner 

dans la salle principale 
aux pl«ids, aux gran]os assel»ies. 
Das la Chansondes So«ons 
chacu deniers, fait elt,'e la 

ceau : 

le ntoyen itg», le mot perrr,n s'omploio com- 
l'eln,.clpr, nt pxtérieur «lui (]()l|||O 
lieu 

quatre 

L'ellipol'«ur 

SOlllllle PFI 111oi1.-- 

,, karles l;.s a fait fondre à force «te charb,,ns. 
« D,.va,t la matstre s.«i,- an lu faiz .i. perrons, 
« Li baron de lterupe (Angers) i eseritrent lot noue; 
,, Pis i fu mis li Karle, si que bien i,:. sa,,ons, 
« Que jamais eo. I[erupo n'iort chevag,s setn,_,n.,' » 

Le po'ron est une de «' lraliticns des peuple.., du Ncrd l,,nt l'ori- 
gine remon!e bien loin dans les annales listoriques. C'est la liatp - 
forme des Sc,-thes, l'amoncellement (le lirres sur lequel s'asie,l le 
chef de la tvilu; l'enblène du lieu élevé oi se tionnent et l'oi des- 
rendent les rares conquérantes et supériêures. Il serait intévessant 

de rechercher et de réunir les origines de la plate-formp assise sur 
un emmarehêment, car C'oS| là on des nonuments qu'on lrouve 
sur la surface du globe partout o( une race upérieure s'est établie 
au milieu de peuplades eonquises. C'est du laut d'un perron que 
l'iraperator romain parle aux troupes sous ses ordres. Le tribunal de 

campagTne sur lequel s'assied le général pour recevoir la soumission 
les vaincus n'est qu'un am«,ncellement de pierres avec emmar- 

' Ghmson des Saxons, 
 Ghap. XLV. 

de Jean Bodel, poëte 

artésien du xitl" 

iècle. 



«}terri»ni t. C'o.s! sur un povvol que l'auleur de la Çlmn, ol de ]toland 
f«it tiiouriv son il6r«», ««nme «ur un lieu sacré : 

« Prist l'olifan, qtl, ' r,proce n'ett ait, 
« E Dtlran,lal s'e.,;pbe en l'altre main; 
,, D'un arbal,_.«te n," po,..,t traire un quarr,A; 
« D,,vecs Esl,,ti«e ett ,.ait ,t ut tarct, 
« .Muntet sur un t,rtre «lesuz un arbr," bele; 
,, .uatre l-,,-'rrun i a,I ,!,. tnarbre faite; 
« Sttr l'erb, v,rt, si c,t ca,.it ettver-;, 
« Là s'est pasm,:t ; kar I;t inort Il ,-st l,tq.s . » 

Dans les rolllan« l'e« \11  ol xllt * sibcle., il est Salis cesso que.-,liolt 1,, 
p,'/'i'lls au llaul lv.-,lli«,ls se lie/lnv/ll !». ,;êignurs pour l.cov«,ir leurs 

x as,;«tl.lX : 

« Li lnx s'a.,ist sus tn peroll «1,' marbre, s. » 

C'est au bas lu 
«irai vietlnênt visit,r le tlZél'aln ; C','t lb 
leur faire ltonneUl'. 

qt',_n le. req«»it, si l'on veut 

,, be joiat, s, ,le ri,'l,.,.ses trest,u« l'art« res[,I,.nt • 
,, ,u perron ,1,: la s,d,- la r(,ijn,- ,l:scent. 
,, xl,i,»t Ira,tf baronl'a,lestrcnl m,,,tlt 
« Car d, li It«,[,«rer a Ch;LsCUtt btt tal,.tt' » 

L,rsquê Guillauliie d'Or«tge se l'êllll ;|lll'l't-" lll Foi lv France 
la ll'ise d'Oratige, il arrive itcognito : 

,, l.i cttcn., l;tillaum,-s d,«çêu,li au 
,, M,:s n,. tr,:va ,.seulet no 
,, Q,,i li t,'i,.t .o, aufi-'rrant gascon (on «t, eval}. 
,, Li b,:rs l'ata,'lw à l'olivier reon 5. » 

M,,NTOII) : 

chàtêaux étaien! aç«,,mpagnés 

de tllOtltOirS (voy. 

« Sot los ,'ltevax mont,.r,:nt c'on lor tiret au pêrron : 

«. F;,r d: l:l :ail,. ;ill,'il--iIn mis, 
,, l'il grant [,OrOll d,  mm'bre t,i», 
,, U li i,,,isant Itlm,-, mintei,_-.nt, 
 12li ,1» la /;art le Roi es/»ien! ;. » 

 "o3-ez les bas-reliefs de la colonne Trajane.--- « Ipse in munitio e pro 
edit : eo d,tces iro,htcuntur. , (De bello 9,tll., lib. VIl, re, M/tion d'Mise.,) 
 Chattson :le Bol«wl, st. CLX,-. 
 09ier rA rdetois, ,»rs 8.31 ;. 
,s Lt Bomas de flerte aus grans l,id., chap. xx 
 Gutllaume d'On»t9e : bt llat«ille ,F.|lesch«s. vers 068 et suiv. 
" Chatsott des Se.tons, clap, xxn. 
 Ee lut de Lut'al (l'oéstes d,-' Marie do France} 

castm con- 



-- liT---- 

[ PERRO"I ] 

Le perron, comme nous l'avons vu déjà ci-dessus, est quelquefois. 
un monumet detiné à perpétuer une victoire. Tel est celui que 
Clarlemane fait élever à Trénoigne : 

« An la cit de Tr,-.m,.,igue fist .i. perron I,'0'r 
,, Large et gros ,"t qarré an i,aut plus d'u,, estC 
« Sa ict,,ire i fist mette, escrire et sceler, 
« ., l)elcs i(_.tr«.s ,for dou m,'iilor ,l'outre-mcr . 
,, C,: fi-;t-il q,c li Sais,te s'i l,,,ïss,.,,t t,tirer; 
, .'q,,va»lcs f,_)iz :,',,_)ictt t,'la,tt ,I," rcw.I,_'r '. ,, 

COIIIillt' 

Le perron ,-,.-,I don' une martlu  
l61els le Yille ,oe si«ne de l«.urs 
iue lrlue Clarles, «luc de Bourgogte, a 
ille le LiCgo, en 1.167, pour p,' le... loure,>is 
narque le IPur luilia[iot : 

de nol»les.,,e, un signe 
aussi 

,le 

lerril,,ire d' llt 
leur 'dv,>ll,-. et 

« L,.s turs, les murs, 1« imrtes, 
« Fist le duc mettre jus 
 E toutes plaches fort,_'s, 
« Encoiro fist-il plus : 
« Cur l.»ur porter eu Flalt«lres 
t. Fiat hoster 1,. perron, 
« A,Iliu que de Dur escl«,n,h'c 
,, Puit cstre mentir>ri'. » 

Ce passage fait compr .udre |oLI[_(, l'itl)()r[atcê qu'ot allaclai/ au 
perron pendal le oyen fige, et cotnetl ces dcgrés ,xlérieurs étaiêt 
considérés cottte la ar«lue visible ¢l'ut pouvoir seigneurial. Le sire 

Palais, il ,'-'cc)ntra 

(lépouillé de se.,, vî, leents. Sot'lanl de sa ('l)apell«, le roi « al«t au 
,, l)erron l)OUr veoir les )nets, el (lemanla au prevosl de t)«ris 
('c)ntlon| cê avoir estW)). Le fait ,('lairci, et le clerc ayal agi l)rave- 
ne)l. (laus uit cas (le légitime (léfense : « Sire clors, fist Il roys, le 
« rapl)ort o)le)(lu, vous avez p(.r(lu h êslrê prestre par vo_,Ire proe:-,cê, 

,, el l)our vos[t'e [)roesce je vous t'oslioing a trio» gaige.s,e[ o vent'ez avec 
« I110' oulro-tlel'. E[ cesle chosP ",',),s faiz-.ie encore a savoir', p,)ur ce que 
« je vueil lion lUO na gent voient que je ne les souslen'ai e ulles 
« de leurs niauvesliOs 3. » 

' Chanson des Sa.tons, 
' ChanIs POl)ulaires ,lu 
de Lin%,. Aubry, 1857, 

chap. ccxcv. 
tenl)S ,le Charles ¥11 et ,te L,_')uis X1, publiés par 31. 

) lldmotres du sire de Joinvtlle publ. par M. N. de 'Vailly, p. 13. 

Ler,»u% 



[ r, Ettrto ] --- 118- 
Voilà donc' un ju-ement rendu par le suzerain, en plein air du haut 
du perron de son palais. 
es perr¢n», par l'itportance mème qu'ils prenaient dans les palais 
et cateaux, étaient richement bàlis, ornés de baluslrales et de figures 
sculptées. .)uelquos seigneurs, d'après un usage qui enl»lê fort ancien, 
atta«ltaietl t6me parfois des aninaux s;tuvagos ;tu I»as dos perrons, 
««gue l»«»u" en ddfendre l'approche. Un fabliau du xtt ¢ siècle  ral- 
l»O'te qtFt certain s6uéchal de la villo le lit»me, honme riche et 
luissanl, avail atlaclé un ou' au perron de son palais. En haut lu 
lerron du ']àleau de Coucy, h l'elr6o do let grand salle, était une 
lat.le I»Orlant u lion de pierre, souleue lmr qu«ttre autres lions '. 
f tous la'donorala lo,zueuvlo ces citations; elles 6taient néces- 
sai'es pour exl»liquo.r l'inp ,france des perrons pendant le InOyen àge. 
Nous all,n xainer ai,letant quelques-uns de cês monunents. 
l'n d. llus 'otla'«lual»les, iie qu'il e fùl pas d'une époque Irès- 
ancieo, Alait le lOrl'o c«,slruit ¢levant l'aile qui r6unissail la sainte 
t;hapolle ¢lu Palais h Itt'i h la grand salle. Ce perrot datait du règne 
«le t»ltilippo 1o Bel, t aait cl; élevé par les soins «l'Enguerrand de 
3Iat'igty. A l'adnonett !o Loui- le tlutin, Enguerrand ayant élé 
«.onl;ttttné au gilel, s elti,,io fut « jetlée du haut en bas des grands 
« «legt'ez «lu Palais 3 ,,. Go  tut qu,.,  ers la fin du dernier siècle que le 

gl'a,l,l degré; du Palais ful lé,ruil, lour èlre 
;,cluvl (y. P.L.,JS, lig. 1). C'o.,I lêvanl tel 
v,'rs la -«tuclte qu'étail l»lanlc lê mav. Nous 

fenil»lacWpar le pêrron 
êmmarchement, un peu 
donnons (fig. 1) une vue 

i.t'leclixe lt lêrron t;levé au «'otmencement du XlV e siècle . Lors- 
,lu'il fut de/fuit, des échoppes encc,tbraient ses deux nurs d'échiffre 
et veaient s'accoler a la belle galerie tl'Eguerrand : ais la porte 
lU'«»tl voil lans notre figure subsistait encore presque entière, avec 
»os l'ois -lalues. Une route pra|iquée sous le grand palier supérieur 
l»êrtellait le eotnmuniquer d'un c61é à l'aulre de la cour. Le perron 
tin palais cio« ('ontes de Clampagne, à Troyes. présentait une dispo- 
:iliot s.tl»lable, et dalait «lu commencement du Xllt" siècle. 11 donnait 
li'ectetne! ctlrce sut. l'un des tlancs «le la grand salle. Au bas des 
«lêrés, h quelques mctres en avant, était placé un socle sur lequel on 
COOl»ait le poing aux criminels, après qu'on lour avait lu la sentence 
«lui les condannail au dernier supplice . Quelquefois ces perrons 

Le 
" .uelques 
donjon. 
' Corrozet, Antiquiies de Pari«. 
' Restauree à l'aide des anciens 

Chien et le Serpent Ivoy. Legrand d'Aussy). 
fragments da ce monument existent 

encore. Ils ont été déposés dans le. 

plans du palais et des deux dessins de la collection 

l'niais. 
 Voyez le 
t837. 

Voyage archéologique dars le département de I Aube, par Arnaud. Troyes 

Lassus, qui ont été lithographiés en fac-simile pour faire partie d'une monographie du 



voOle en arcs ogives, avec terrasse au-dessus. Nous donnons (t,. _,)1, . 
plan (le ce perrOll. L'escalier B perllle[ d'arriver aux gl'alldl?s sali ,s ,lu 
doujon situées onA;i! «lébouche vers lacour , sur un degré à trois 
Les leux montoirs sont en C ; Irois voùtes d'arête recouvrent l'em;r- 
chemenl. Une vue de ce perron, prise du poinl P (tig. 3), nous dispe.,.'a 
,d'enrer dans de plus amples déails. Il est peu de dispositions adopëes 

Voyez le plan joint à la Xottce sur le chateatt de Pierre[ottds, Vioilet-|e-I)u¢. 



120 --- 

-- Il 
.......... \j ' 

I 



dans la consiruclion des chàteaux du movn ge «lui se soio.t pe,-- 
péluëe. plus Ionglemps, puisque nous la vôyons consê'vCe encore do 

I10» j OI11"$. 
Lo 4ratd escalier en 
o, all,.ilu la con,truc 
l.e pen'u, ,.le, il u signe 
uslice «.t ll.i «ir. «lu haul 

f,"r à ci,oral (lu chàteau 

Fonlain,..ll.at,, 
un -' l,'adili«» los 

,1«. juri,li«lion. «.1 les p'év6ts re,l;,i,.l I, 
!o leu," p ,.ro,'-': aussi 1o. i,«'lel le -ili, • 

i.»ssé, laiê,,I-ils I,alituêlle,,ol u. pe,.l.«»,t, .I l'enl.vo,,enl de «o ,l,'.,'6 
avail lient l»t'»lU'«» xc»ul,til luir une cité lo set l.éhellio et,Ol'S I," 
suzerain, c«tte o(ts l'avo vu ('i-iesus, à i,,'«I«, ,!o i'insurc'('li,»n 

lès gons lt, Liége. 

PIERRE (A BATIll), 
rateul', «le cart'i/,l'O,; qui 
qu'ils 

• f. les l/o,riains ont élé les l)lus inlelligotls -,xllo- 
aiottl .i:,,«,is êxi-lé. Les ('on.-,ll.,lclio,i« le 
;lev,;os fou.jours avec les mêilleur.; ;tlét-iau'( 

que l'n pouvail se l-rçcurer las le voisinage (le leu¢.s tc, ttttte[,t. Il 
'exile pas l'elili«o ronain lont les piovves s,»i.onl le 6li.ro qua- 
litë : lot.sqtio «olle»-«i faisaiotl alo]uno,tl 16faul tlall,S tlll lily«,ll étenlu, 
ils enployaienl le caillou ou la lriquo, llul6l qu, rie nellt'e en oeuv,'" 
de la piorro à Iilir l'uo lualité infi.rieuro : ,t i 1" veu! avoir de ho.- 

iiiliitiilit'ills, il rie s'agil que 
règlo Iii)ilS il éié S«illVt"lil d'tlll rllld soç-itli'_-, lor.-que ilOIl. av I1 etl il 
collsli'llir lails !o I,»r«llii, oîl l'il-a,o II'iiilil.lyPr 1' pi'l'i's lè iaill > 
élait allalldo[lllt; l,l»,li._ lll«lt>lll|l.¢, . 31t1110 _1_11" lês lorraill.¢, i'iches 011_ 

llialél'iaux l-lrçt|lrt.-: à 
llienl le<, 1)filissours rc)iliaill" 
nloill,,lir.-: oiidroils, quê_lquo 
ëlr," ,l,sel'vé en 
(e,vil',-lns i'Aulun). tans le 
de la 

çcl/.ti'urlili, il et inlél'e:_alil (l'«,l».-cl'ver coin- 
rnl su «-xplr, il l" a'O " tlliç" s«le«çilé i';ire 
difticilo quo fiil l'êxlra¢lioli. ç,o hii peul 
, lans le pays dê, Éiluen.,s 
>ainlongo, et sur 
par exottlle, sut" la route rc,aie de Sire 

7"«,'bie, iille 
élevO col édifice. t;elle carrière, au 
.,.iluéo sut" uit e('arpêmenl lrê¢,quo 
ille de 3lonaco ; c'est qu'en efl'et il 
ilêl'«ches ealcaires d'une qualilé, ll'èS-supériouro. 
serrèrent pendant le noyon àge; oli eonnaissail 
I la pierre qu'on employait élaii généralemenl 

('ari'ièi'e roiiialilie leiiipui';e iiilirlo lepui: l'él-J««[u r, il ftil 
pêlilp 
épais 
lê« l«tHHeS carrleres, 
cloisie avec soins. 
11 n'est pas de contrée.on Europe qui fournisse unê quantité de pierres 
à b.atir aussi variées et aussi bonnes que la France. 

,nilieu dê niun,lagnos c;tl«ail'ês, 
iliaccessihlo au-des.-.u «le la 
,e trouve sur çe poi u lsaae 

t Voyez D,,cerceau-, Les lltts e.rcellels b,ltim,'ls de l"rat»ce. 
" 'o}ez le conte du Sacrista, (Legra,id d'.X.uss.Ct. 



f Eav ] "--- 12-»-- 
SI 101| .il'|[( lO$ yeUX sur la carie géologique de la France, on obser- 
vera que «lepuis 5Iézières, ôn vemonlant la Meuse e en se dirigeant 
vers le sul-ouesl par Chaunont, Chàlillon-sur-Seine, Clamecy, la Cha- 
rité, Nevers, la Chàire, Poitiers et Niort, puis descendant vers le sud- 
" Viilêfranche, 
est par Rutile, Nonron, Excideuil, Souillac, Figeac, 
51etde, Millau, puis remontant par Anduze, Alais, Largcntière e Pri- 
vas, (, suit uno ('laie o inierronpue de calcaire jurassiquo qu'on 
relvouv," encore après aoir traversWle RhSne, en remontant l'Aih 
l»ui Be!ley jusqu' Salis, ,,I le Doubs (l,l»uis Ponlarlier iusqu'h la 

limaille «le la fi,ve'i Noire. 
de l'Orne, s'allonge ue 

. ml)ouclture 
Vers le norl, de Sdlé jusqu'à, l'e _ 
branclte de, celle eltaie qui senlle :voir 61é 

disl»oée pur rblrlir sur ioules les provinces de la France les mai& 
riaux les plus fitvorallos h la «»slvu('lin. Dan les cinq grandes divi- 
sions que fortto celle cl;tilo, o1 lrtto latls la l)relni6re, au nord, la 
craie h Tt'oves, it At'cis, h Gltàlotts-sut'-Seite t,t t Iteitts ; les calcaires 
grosiers lans le lassins de la Seio, le l'Aise el de la Marne ; les 
gr5 vers l',»uest ; tic l';tulrc c,3t6 de la I,ra«lt..lur;tssique se dirigoant 
vers la M«mcle, [las let soconlo division, le grail, «les calcaires gros- 
siers ; ,lans la Iroisi/.tte, sur la rive g;u('ic (le la 6«r,)nne, les grèsverls 
et les grbs «io Fonlainel[eau, jusques ;tu pied des Pyréndes; dans la 
«[uatcibtne, au cet[t'o, les gt'anits, les t«»rt.ains «rist;tllisds ; vt enfin, dans 
la cinquième, qui çompt'on/l If  ]»as bssin du Bb5»e, les gt'bs et le cal- 
caire ail»in..Ajoulon a ('etle collecliot les lerrains volcatiques, laves 
et basallos au cenlre, ci nous aurons un aperçu des richesses que pos- 
s(de la Franco ên nateriaux propres a lât.ir. 
Jusqu'it la lin lu xff i'«l', les construcleurs onl dvi«[omnent reculé 
dovatt l'ettlploi des m;tl«viaux t'uno gvanle «lureté, eomtne le granit; 
ils cherchaietl lês liovres d'une dut'old ma)ente, ci les eniployaient, 
autat que faire se pouvait, en potits e('hanlillons : ci telle est la répar- 
tilion «les tcrr:ins sur la surface (le la France, qu'il n'clair jamais 
besoin d'aller cltercherdes maléri«tux calcaires, ou des «raies, ou des 
grbs tendres lvès-loin, si ce n'est (las quelques eonlrées, eollne la Bre- 

tagne, la ttaute-Garane, êl 
élallissements onasliques 

le Cênlre, vers Guéret et Aubusson. Les 
exploilèven! les cavrières avec adresse et 

oin: la maison mère de Clun), élabliê sut" let'tain jurassique, ainsi 
que celle de Clairvaux, sêblèrent imposer à leurs tilles l'obligation 
-de se fonder à proximité de riches carrieros. Nous voyons en. off'et que lâ 
plus grande partie des couvents (iépenlants de ces deux abbayes sont 
btis, en France, sur celle chaine jurassique qui eoupo le terriloire 
-en cinq grandes pa,'ts, et l'ârcititee/ure de ces deux ordres, celle parti- 
culièrenent (le l'orlt'e de Gluny, robuste, grande d'échelle, reçoit une 
influence marquée de l'emploi des matériaux, landis que dans les 
eontrées où les pierres à bâlir sont fines, basses ou tendres, comme 
dans les bassins de la Seine ot de l'Oise, pat" exemple, nous voyons que 
l'architecture ronane s'empreint de la nature même de la lnaliève 
employée. 



Lorsque l'arcl,ilôclur gothiiuê 
vêilleux parti les natériaux divers 

fuL ad,ptéo, ell sul tirer un mer- 
fou'is lar le sol. X l«ilev du xi 

cio', on ,,-ail en,ployer sinul/néent «les pierres de qualit,;s très-di- 
verses, suiwnt I» besoin, ainsi qu'il est ais6 de s'en apercevoir en lisant 
nolro a'licle CONSTRUCTI05"..loFs Ot tre recule pas devat[ des liffi«ullds 
de Irattsporl. «lui «lt, x«tiotl ,:Ire c»nsild'ables lorsqu'il s'agissait le se 
procurer cêrlaines l»i.t'r«.s l,nt la qu«tli/d était lrop'o h un 
spécial. C'est ainsi, par ox'tnil' , que tous voyons otpl«yer, lour 
co!onnes monolilhes du choeur de Vézelav, lâti vers 1 190, «les l)ierres 
dures de Coutartoux, doll let c«trribre el h 3 kil/.l.«,s 
bi'n qu'on poss6dâl ,les l-»irres propres il la t.ottslr«li,t h ut' fail,l,, 
distatce; qu'h Semur en Auxois, nous voyons tellt'«. «t 
«dmirable pierr de Pouillenay, qui lretd 1 lt.li ; «lu'it S.t>, ott fait 
venir de la piert'e dê Pa'is p«urbàlir la salle sytt«l;tl,. ; iu'h 
fin du xItt  sibcle, nous vayans les conslru«'leut's «tll,,. «.le.,'lp' lu liais 
à Tonnerre pour bàtir lëglise Sainl-Urlain, qu'il t, ùl ciWittl,«,ssiltl 
dëlever avec d'- , ' 
,tutres taté.iaux ; que lien plus lat.l h Pat is, tous 
voyons les architectes demander de la pierre à Ve'not p,»ur t'êsl 
la rose de la sainle Chapelle el pour dlevercêrtains p;vtiès !o 1 i61el 
de la Trémoille.Ces exettples, que nus pouvrions ntultiplier à l'infini, 
prouvent conl, ien les «oslvuceut's {le la l.;vie.Iv ¢lilê 
raient une atlenlion scrupuleuse tlans le «.ire»ix ries l,ierres qu'il 
laient en œuvre. Lorsquê lê slyle gollique ful détiniliven-tl alis sur 
foule la surface d la Franc, vers la fin du xtt" siècle, les 
n'h6silbrent pas, pour se «onfi»rner au goùl du lemps, h etlloy,'r des 
pierres qui certes, par leur nature, ne se l»rlaient  
formes. 'est ainsi que, vers 120, on élève le «l:ur 1o 
de Limoges en grait, celui le la caihédrale de C[e.l 
Volvic; que, vers 1 • milieu lu xv  sihçle, on c»nri 
l'église abbatiale du ou 5aini-Michel en ner 1 e 
sans se préoccuper des diffi«ulés de laille que lr6see cette 
qu'au comnencenel lu xv  sibcle, on conslru en grl, s 
sanctuMre et le lraussel-t de l'ancienne callédrale le 

(Saint-Nazaire). 
A l'inspection des nonum,-,nts élevés penlanl le oyên âge, il est aisé 
de reconnailre qu'alors, plus oncore quo pendanl la période gallo-fo-- 

main.e, on exploitait une quatitë considërable de «'at'rières qui depuis 
on.t e!é aba»donnëes ; qu'on savait emp, loyer l.es pie,.,.s exl,l,»ilées e,, 
raison de leur quai}tA, tais avec une econome scrupuleu,e : c'est-à-- 
dire qu'on ne plaç-'att pab dans un parontent, pat" exenpio, une pierre do 
qualilé supérieure convenable pour faire des colonnos 
corniches, des chéneaux ou clos moneaux. Ce fait est l'êlllal'qtlable l,ns 
un de nos édifices b'ti ave'c un luxe do matériaux exceptionnel : tous 
oulons parler de 1« ealiédrale de Paris. Là les eonsrueleur. 
eédéavee aulant de soin que d'économie dans l'emploi 
Les pierres employées dans la êalhédrale de Paris proviennet 



I l'll-;lilll: J 
les ri,'hes 

qui s'étendent sous la l»iai[le de .|,-}lt|rotlëe 
Arcueil. 

_ l-»l_ 
carrières qui exi,laiên! aut/-êlhis sous la bulte Saint-Jacques, 
jusqu'a Bagneux el 

l.a façade est enlièrenini conslruile Cil roche el cil Daut bmc polir le 
pareneIs, en liais ten&'e pour les grandes s«.ulpluros (lau« lui av:il 
ju,llu'à ll.gfl do hauloill'), oi en cliquart pour Io l«lliiliors, clieliO«iltX, 
colonlell's (NiliC de Ij',13 de lauteur au plus). I_' liais leiidi'e «ie 
cal-i'iel'os Slilil-J,tcque, o comporte bien en délit, aussi est-ce avec('e. 
i,icrres l!f,l élé failê 1o arcaiuro à jour le la granle galerie sous 
es ,urs. Les çliquar, o «loné do, maé'iaux i»ç»mparables pour 
I« roso ci lur 1o gr«ldo»«(,l«unoes le la galerie, ainsi que pour ous 
los larier» les Ièrrases. Parerai çes maériaux, on roneonlre aussi 
laa los iaromens, e l,,ur !o« .ouronolens des eonlre-fors des 
our. I'««.i« bo« rogal 1o Bgneux, qui porte 0 , 70, or le 9rosSant de 

M«lili'otlze, qui l,>rlê 0",0ô : ce.-_ lernières pierres se sont admirable- 

lllt;lll 

SillI-Jacqli e. 

elilllo),; 1« picl're l,ujtur.-_ eil c,ll,el'vanl la hauleur lu liane de car- 
riëre, sê ««nlelil«tiil le lai l-llirgei' clililléleinenl du liouiii ou desdélils 
lliai'llex, lil,ii Salis f«i» le l,'ve> à la «ie h grès'. D plus, ils 
aieill ç, iiialéi'iati -tir leur 1ii le cari'icre, lors<tu'ils ne prenaienl pas 
le parli le lês lt,>ei" friiliClitliielil eli 1élil comme élai (voy. Coxsitt:c- 
TION', lliellanl eli ]essou le Iii de ilesous. Celle l,t,écaulion est sur- 
l- CllSll'uçletll' rOlilali, ainsi qlle liOtl l'avon iil, ckrchaienl 
silrl«ul ] pii'l's dou«s, ls l«mDord«s, iOS 'ergêlés, ]os bancs[ronvs. 
1.,- cireur «1 Mauric¢de Sully, sauf los piliers oi les«olonnils. 
iils. Mai dès le oilllnoliionl (l II1' ibcle, la nouvell école laïqu 
que dans la conslruclion de la calh6dralo de Eharlres on emploie ce 
calcaire de Berçhblês, l'un aspect si rugie, niais si solide, e[ qui donne 
d,s lancs d'un mblre rie hauteur sur des longueurs de 3 à i mèlres; 

t tlors la scie à grès n'était pas employée, et il est bon nombre de départements, en 
France, où on ne l'emploie pas encore. Ce sont ceux (il faut le dire)où l'on btit le mieux. 



qu'h la çatl,d'«,i, 
li,.,'e infrauvall 
(lU'Ol el)loio los liais et ]s clirlua'ts ls plus durs 
ios pul'g't' des lits l.e]res ; «lU'ot repousse, 
I.s ban«s frial»les, l,s lierres 'r,,ues et sans 
La tin lu x' si/.el, allrlo .eore plus de s«i dans le cloix 
iiovros. Il sui'Iii l'exai«. les «oslvuetions do l'0glise S«il-U'lain 
1. Troyes, «lu cloeuv de Narbonne, dos pignons lu IrassoIt 
lrales de Paris et de Rouen, do l'églisê allaliale de S«il-u,. 
Iouen, lu château le Vine»os, pour vooailre élue les 
leurs «anaissaiont parfai[onol I.s «lualilés clés atéviaux c'clic'aires, 
éi qu'ils los cloisissaie[ avec u« all.lio qui lOUl'l'ail nus se'vir 
d'exenple. Au xv' sie«le, o iclie a enployov de Irefér««e les 
pierres douces, ais «eponlat c ,lies-ci sonl scrului "use't t'i',s. 
Au x" siècle, IrOl souvel 'el.le parité ilOrl«l« le 1'«'1 ie 
négligée; les nat6uiau sont i¢égaux, pris «u Ia«'d ci ,1«»3-6s sans 
tenir eomple de leu.s propriél6s. . 
MPLOI DES PIERRES A BATIR SUIVANT LEURS çUALITÉS.]I[IsiIil'C;IHses 
eonlviluet i létvuil.e ls l,ierr's «alcai''s lrolr.s h la «olruclion, 
el ee'laines causes qui agissel ur lés uo» '»1 I«s l'««'li, ur les 
aulres. De plus I';sella,,. ..... ([, Ii«rres (l' qualités (li,..s,, ,.st 
nuisiJlo i «lu.lles«r.s i'«I'' e]i's. Les ll'i«ile ]'sll'll'l'lr 
plus énergiques »zl j,s s.ls qui se léve]l»]ell, par ]'eit)'l d« llui- 
ditC das ]'izllérieur lène dos ]ierros, éI les «]le.n«livos lu «];ul éI 
du froid Toulos les pierros ,,,';' ils _ I ca « ie- 
. , e.,.S, l';Lli IlIbilIP e l(';il'es, 
net ue quatité olalle d'eau, et s'«.lare Ç «!e l'luiditb lu sol 
et ie l'atllosplère l»rsqu''lle via,riaient h e«lo.. Cefle lrlrief6, «lui 

--- 125--- [ vtE.tE ] 
le Reims oll lose ces assises de 1",20 de lauleur e 
aujourd'iui lans les earvièros qui les onl fournies, 

, on ayant soin de 
que t'i',-, se, poul, 

'i;,uxporlent «l'aill.urs, (I;,s leurs tl;«s. 
plérique el sars cosse ,, ll'avail. T'II' 
le sol, ne se lb(')p(»sera jan;is, »'ali;-,r. ;l)rès . ;,t,é. i, sbj,)tr ;, 
dité, mais de fat,'(, o,t S()l'lO. pOHr les 

u,te aclion du deltOl'S ;tu ,led;,]s éi ,-,t du (le,latts au 
qu'elles eonliene,tl strierai toujours h l'él«l de (li,s»lufiot, '1 qu'il» 
lendentjamais h ventis' se ct'islalliser h l,ul' surt'aco ou qu'il reslenl à l 
ialent. Supp6sons une pierre calcaire, lav exenple, l»»é, e A (iig.. I) 
sur une assise de libages, el ue fondalion e lélon ou el no-.llo : 
par l'effet de la capillarilé, c'e ' _ 
t-h-dire par »uile lê l'a li,l aspiral. 
celle pierre, l'lui(lilé sera l}lus ('onsilénll« o, a, u «,uv  
la pierre qu'à sa surfice exlot.e sdclëv par l'ait" :d6» lors les sel 

l'effet cio la sécltot.ess 
gen! les ttoléculos lu gl'bs, lu 

ési tteeessait'. à 
la c«tu.;e lo leur 
élbvliot, eliês tonltl scouts ««s». « l,l'r ]'itilil«; 1« 1 I.rr., .! 
celle lumililé ;ll»rle are," 



dront 
faces 
cet t. pierre 
une l«tle 

à veni" se erislalli«er suial la lireelion des flèches sur ces sur- 
exern;'s, et les déaré«,.,,êvont peu à peu. Sul»poson qu'ontre 
de soubasspnent B o! l'a«ise de libaos t3 est inlerposee 
pl,mb ou un Iii inpêrméal»le, eonle du litume, l'eau de 

pluie, qui i,:titve'a les l«tr.menl-, fe'a qu ces paremonls êont plus 
luilo, at tonenl lèllO IP léis.icn a«|upusp que le ct.ur : d'ail- 
leurs «oit« ,.au s-,l"a -éché iv,nite.let par l'air; les sels qui pour- 

I 

B 

raient ,e développor et venir à la surfaco .eron! lavés, dissous et en- 
trainC pat'cette al,ondanced'eau exlernê, et ne pourron! se développer 
en crislaux, par eonéquênl faire leve, lê parêments. Dans le cas d'un 
isolement complet de la pierre soustrait. à l'hunidité du sol, plus elle 
sera poreuse, plus ses parelnents seront facilement lavés et séchés 



"I 
ei ieux ils ,«, çonserveroni. [«'l.ournons la figure; supposons (fig. 
en A, qu'uc pierre a esl posée sous n «l,;eau. Si «anlaCte que soit 
la i»iet''e cio,ri est fail ce chdneau, oll,, letl a ;tl,»o'lol' Ino corlaino 
quanlild (i' l'eau qui coule (l;ts ;t c«ncavil«.. !.:« l)icrro n, se«l.e 
llus al(lale, oits ralil(.tol scclce au «.ur d. la l)i.rr . n 
sa surface, elle liss«uIr; l's sels iIdrieurs qui  ivIr«nt sp çrisl:llispr 
sur Ips p«tr('totils el l's ïci'oil Icvc' [l'itl'd on li, l»atssi«re, lis 

Sainl-3Iaxittit, qui 

,ticilo ,le pi,,rr«' «lut'o qui l'('ç,)llOIl| l'c,tt ,!,, l)iui, . ,'I #l ;tl),ot'iel une 
parlio. Biet que (l;tts «. c.'as l;t piorrvdure reste itacte, la pierre 
,lss,-,us est rapi(lemenl 
les sc, l qui llt I.raversetl ,.I vie,» .' 

peuvent traverser, et produisent (les rava«,.s¢, d,t ,)u os'al)ert..oit_ 

què quand la ('rofile tombe. Les pr,,tils Onll,y,)., l«,lal la l,ério[le 
du moyen àgo pour los corniclês êl bandeaux av:i«nl l'avanlge do e 
point èonserver l'tuni(lité et de la reuvoyer au cnnlraire rapideenl. 

Aussi les pierres «lui recouvrenl ces »aillies sont-elle« réellenenl l»l-O - 
légées, et ne présenlen! pas les alléralions qu'o. observe sous les 
ableau× dos eornieles de la renaissance ou de l'époque moderne. Les 
c,nslructeurs «lu lllO)'ell «'ge avaie,ll I si bien observé cs phénomènes 
de d6composilion des pierres, qu'ils onl souvênl isolé les ehéneaux, 



««tl'.s. Ainsi les grès, 
litA «i'«.«u, alsri«.,t 

;lli)èll'l.lll| ;ts.s»z ['a,«il 'lllt»llll. Illl x oil 
lui,'. ]rbs 16 leur Iii Iuc]atil au grèm, 
ies «ssi»«.- d'une rocle calcaire i'«tl»sorl«tnt 

._.mit en les porlanl ur des corleaux ou sut' des arcs, soil e» lais.-tnt 
¢aus leur Iii un espacO vide ,u bien relnlli d'une lalibre impermdalle- 
Ici qu'un m:tslic à lluile au à la rdine. Ils n'avaieni pas lloins (lserv. 
lê ,.tti.l qe «'e'laines pierres juxl«tpasée pro(luisenl les unes ,ur les 
ayal let lr,lriélé de coleir u 
i';lI,i,leliiolll ,'elle du sol ci de 

Iii 
l;O«o ,les pierl'e,; iui e 
llit'ill51 la ,lécoiiilIOSilioil s,; pro- 
et celle deçoliiposilion iii-, 
liièllieS Iii 'i'l't?_S> ilosées silr 
l-ils ulie lu,si ërilile qUali- 

lilt' 
AilSi, ,lllaiiit| los eOlltl'oclt'ilrs ,lti lil,,)eli ;'iëe rilil |)osé des 
gès t'il S»llimssolliêiil Stll'iilf»iilt;es ,l'a..ises «al«aires, ils onl 
de clioiir celles-ci |»al'liii 
b l'iiclioli [iii ;llltëlre, girl llit,li ils f»ill iiilt'rposé 
cail" Ilil Iii l'arl,»i.,«s ('s('lii»l,'). t]ell," iiiClic»de a 
êlll[)loyée liêli¢lllil ]o.,, 
Tauies l«,s liel'ros e«l«aire.-, au sal'lir «le la carrièl.e, 
«lualilild d'eau «onsidél'alle ; sil6i e.xp«séos à l'air, une 

,l'eau ,lUe le gr,.s, ,,e se sel'«iie,ll leul-ëlr; jaiiiais déeoiilllOSée.,,. 

i,,sises dP 
eu le soil 
sellsibit.s 
elili'e lt" gl'ès et le cal- 
C,; I l'bs-fréq uênilllêll t 

«oillielllieiil lilie 
7i'alile llai.lio oit, 

celle e.itl lo,i(l à s'éva[iore.r, 
t"act. E[i faisalii ce ll'«ljei, «,,li, 
Iilé do trlitlliale iii, «'li;iUX t?li 

al'i'ivo sll('eessivêiiiêiil ,iii e,,til'{l Ici stlr- 
Ottl e[ilrai[ie axe« elle tl,iê cerlaino,[tiali- 
ili-stluliii qui se crislallise sui' le, llare- 

lilen|, ci f»i, llie !i!10 (-.l:,.(il.e h'I'I/IP, r,:sîsianle, «lui llnll-Setl[ellllll pi'ést'i'vo 
Ici pierrê los agelll êxl,:riêurs, lnais lui lonlie une paline, uie cnuvel'le 
qlio rien ne pêul l'eliillalçer. Lê «nslrueleurs du lioyen alge a)anl 
ltilll" llallillile le lailler ,lefiniliveineiil la pierre til' Il' ,'ilaliliel' avalil. 
i. liinlllaiTt, el Iii la>, ii ,l resullail lUe celle laliiie s' ilriiiail sur 
iil«lllllOs ,1 ilr l, nçillpli'os CliiliiO stlr let pal'elilllls, .1 llle 1"é!i- 
ti«, çtlisll'ilil éliil /iiiifoi'iiiéliieiil i't.,l'ciuverl de celle l'roùle pi'oluile 
[t;ir ç qll'Clll :illelio I'«o, ,le «,..,,.,..ière, . C'c,' I ail U Ii douille avalllago_ : paro- 
iiiêlil l''islalil_ iliiO/lX ;lux i"'lll_ ;iliii,lsl/liéi'iquês , ol lelle 'oult'ur lilii- 
forlllp el ('liati,le qiie ilOllllO celle l-t;iline ilaltll'ollo, l.'tirage lllOllol'nO 
iliniller le elili«os élaliilieles seultmenl el le faii't' les ravlilelilellls 
li't's-lo71eln]s sotiv.lil lpi's quo la lle il fié ac]ievé', iI'elllever silr 

,'eS iiialériatix lili_-, (,li,i,llVl'e I cio 2 t't?lilililelre ,l'épai 
foi, plu>, ci pnUl' ,'oil-tq ut-'iiçê ,1,' ,lélruirê à lotil jailiiiiis 

,llieque - 
çroùle pré- 
que la 

servatrice, lui,(lu'ell . iii' .-e f(irllle sui' les pa.rel/lelil.-, 
pierre esl fr;ii('lienieiil 'xlrailê de lai ('i,rriere. Gel ll.-;ig lil,»d,'i'ne el, 
lrarticulièrènienl t'uneslê hlai con-ervalion dos l»iêrrês lêndres, lelles qui' 
]ê bano royal de l'f_lise, le. vergele» ; les calcaires [1  >ailllr»ngi,,de Caeil ; 
les calcai'ez, alpins de Beaucaire, les calcair«s lendr,',s de Bourg«>gne: 
les pierres ,le Molène». de Mailly-la-Ville, d« Cour»on, lo Tonnerre:le» 
çraies. Mais que dire de cet aulre usage de gra/ler à vif des paremenls 
anciens ? On leur enlève ainsi l'eléttenl c«,nserva/eur qui les a p,'6srvds 
p»ndanl plusieurs siecles; on tue la pierre, pour nous servi," (l'une 



--- -. --- PIERRE 
,expression du méier. Aussi, après celle opCation barbarê , voit-on 
souvent des matériaux qui n pvésrtttaient aucun igne d'altération, 
st, décomposêr rapidpmpnt it let surface, s'efll,r,-,r, puis se creuser, 
sans que la maladiê qui les atteint puisse lre al'rètée'. Les pierres 
tendres ne sont pas, d'ailleurs, les seules qui se recouvrent d'une po- 
line résistanle nalurêlle, étant fraichemênt tailiés. Des pierres dut'es, 
r'omme les liais, les cliquarts, prêsenlen! les mèches plténomènes, ,.! 

nous avons vu des liais en oeuvre depuis cinq ou six cents ans qui avaienl 
pris à la surface une couverle à peine altaqual»lê vec 1,-, ciseau, landis 
qu'à un demi-centimètre de profon(leuv le calcaire ...e rayait avêc l'ongle. 
].es pierres diles froide,¢, comme celles dês carvi,'r,s d," çlhleau-Lanl,,, 
par exemple, »ont les seules qui nê p,,rdvn! riè it ètr«. taillé«,s lo,,,- 
temps après leur exlraclion. Quant aux grbs, lottl la me, ri,la soi! qu'ils 
ne peuvent èlre lailles quê l'raichemênI sot'ris cio la «at'i/,t.e. Ced'laines 
grès rouges de« osges sont inaI/aquallos à 1 oulil au lou! de plusieurs 
années, l»ien qu'au sovlir lu sol ils soi,nl maniable. 
Il es! une prc('aulio qu'il est touj,»urs l,«»t «le l»t.en/lro lovsqu'on 
élève des élilices sans caves : c'est [l'intevposov s,us un lit. d'as,ise 
au-dessus du sol une coucl, d'une alibro imporn,;al»le, con-tee 
tume ou un mastic gras, un papiov fort«,nê! gou«lt.ote, un Iii d'ar- 
doises. Cette précaut4on artère l'lumi¢lilé qui venontê (lu sol (las l's 
murs, et ellê èmpèche les l)ievres (le se »alpèlt'er. Tous les 
«lu Poitou, l_oaucoup de ceux le la x,'end,.e êt do la Sain/onge, préson- 
iênl, it 2 mèlros environ au-dessus du soi, à l'«'xlérieur, unê zot," pro- 
fondëment altëvée pa.r l'acion des sels. Ceci pvcuve l'oxac/ilude le 
l'observation faite précédemment, savoir, quo l,s sêls n'agissent sur les 
pierres cal(aires que là où ils ne sol plus l«,nu ,-,n diss,,lulion 
ils se crislallisenl. En enet, les assises inlëriouros dês murs, lan., les 
monuments «le ces conlrées, tous làlis avec un calcaire l-.lr, «,I «lui 
résisle parfa lement h l'action tic l'air, sont. irnpl','gneesl'ltumidile, 
no se léc,mposen! pas; ce n'êst lu'à la hauteur oit cesse l'actic, u 

Calillavilé, que l:t piêrt'e, élant plus sèche, per.me! aux sels de se «vts- 

lallisev, que «ontttence la lecotposilion de pal'ements exlérieu.s. Lps 
maç-ns prélendenl que cette decomposition, qui se pr,duit lav u 
'ertticulage d'aiord peu prononcé, puis très-profond if la logue, est 
prduite par l'acti,,n de la lune. Lefait et qtlp tpgpnt.'ê «le décompo- 
sillon ne st, manifeslê guère qu'à l'exposilion lu midi, un peu à l'est 
et à l'ouest, jamais au nord;on comprend qtlp la chaleur des rayons 
solaires hàte la cvisallisalicn «les sels au-dessus |p la zone humide où 
ils sont tenus en dissolution. D'ailleurs le midi est l'exposition la plus 

« Dans ce cas, la silicati'tian bien faite est 1,-. seltl mae, à emplo.er pour rendre à 
la pierre cette co'tverte àpre et resistant,, qui en assure la dltree. La silicatisation d,vrait 
«j,;rs ètre empl,,.-,'ér- lors,ln'on a eu l'i,lée malh,-.ureue de gratter ls parements des 
mnnuments, et mème lorsque les ràalements sont faits après que la pierre a jeté son eau 
tic carrière. 



I, parce que dans notre climat: le xêl du m¢.tt apporle la plue, (lUt 
rouelle les paremonts ; 2" parce que les diflëreces de lempéralure sont 
lvusquês el violentes h cette exp«,silion en livor. La nui, s'il gèle g 
l'oxpobiion du nord à 8 degvés, il gèle   à l'êxposiian du midi par 
les emp clairs; mais le our, si la lenpérauro reste à l'oxposiion du 
nord h t; ,legvés au-de»ous de zér,-,, elle lnonte s«,uvent à lq degvés 
au-dessus de zéro en l»loin oleil. Les nta/driaux plus ou moins per- 

méalles qui ..,ulissen! dans espace de quelques leures ces différences 
do lettp6r«tlure, s'all/,renI plus vile que ceux expo.sés h une tempéra- 
lute h leU lri's «,gale, fùt-êlle très-froide. 3lais la lune, pensons-nous, 
»'a .io» h xoi. lb lol;tn«, si ce n'oql qu'elle e pvéenle précisément, 
qual elle est pleie, du ètne c'lé «le l'lto.rizon que le soleil. 

PIGNON, s. n}. 
c,nble à deux 6gouts et tbrmant 
pnto. Un tàtimel inl)le se 
doux piglions. Suivant que le l}hiiiiiêiil 
fa .ade, s»il uli 
lonlle grec o>t tin el'iiablo pignon. 
elii dê la calhedr,tle de Paris onl 
naison ,;levbes lodant l'epoque romane 

I]'ianrlo suivant la pente d'un 
dealt les tevlnes de la char- 
de deux murs goullerots et de 
e»l Iourné, il p'ésenle sur »a 
es nuvs goullerols. Le fi'otlon du 
Les l»ortails nord et sud du Irans- 
/et.ninés par deux uignons. Les 
en France présenlaienl hal»i- 

luellont.tl un le murs g-ullerols uv la rue, les muv pignons 6talent 
al,rs mil,,yens ; tai» llu, lard, vers le ilieu lu Xtl  siècle, les tabi- 
tali«ns loniraienl quelquefois l'un des lign,ns sur la vue. Celle m6- 
lhode levint Iaiiluelle l»ond,tnl les x  I xv' sibcles, et alors ces 
pignons blaiotl .frdquonlnont dlov,ç .n ln lo I,,,is (v«,y. 3IAON, PAy 

I»E BOIS). 
La for 
»l|t forl 
«lui ,ot't 
IiiWque 
pigno 

tt,' ol la sll'ucltlro qui convicttott ;tux liglt»tl lo inaç.onerio 
l»'6«jC«Ulé les av«litectos du n,»ye fige. Et ottçl, u l»gno 
des ditnetsiot ot'dinait'ês n'acquiêt'l et e onsere sa slabi- 
tla cevtainês c,»lilions qu'il osl l,»n de n laS t6gliger. Si 
tt ost ntilo3en enlve doux lStilenls ; s'il n'el, if propremenl 

sortent très-facilement du plan vertical, pour peu qu'une force les 
sollicite. 

Llll 
parler, qu'un llll_II' de refend nlaitt/etitt «1«,., deux c«'tés par les cltav- 
pontes de deux combles bgaux, il est clair que l«Ur le rêndre stable, il 
n'est besoin que de lelever dans un plan vevlical, eti lui donnant une 
epaiseur proportionnée à »a ltauteur ; niai, si ce pignon est isolé d'un 
c6lé, chargé de l'aulre par des chemineAe.,, poussé ou liré par une 
charpênte dont la fixité n'est jamais alsoluo, il est nécessaire, si l'on 
prélend le mainlenir dans un plan vevlical, de prondve cerlaines pré- 
c'tulions propres à assurer sa stal»ilité. Si les pi«nons isolés sont très- 
éi,"vé.. ils donnent une large prise au vent; lour exlvémité supérieure. 
l''lanl i,a chargée, peut s'incliner .-ous une faii»le pression, soit en 
dedans, ,oi! en dehors, et ces grand.- /rian..,le, oscillant sur leur base, 



-- t31 -- 
Lorsque, pendant la période romane, les 

combles 

avaient 

[ PIC, SO ] 
une incli- 

naison qui atteignait bien. rarement 1,5 degrés, llt conslruclio des pi- 
gn.ons ne demandail pas. dis précalioas pariculières ; 1, pignon n'ëtait 
guere qu'un mur termine par deux pentes..Xlais quand on en vint à 
donner aux charpentes de combles une inclinaison de plus de "" 
..9 degrés, 
et que ces charpentes curent jusqu'à 12 et 1.3 nèlres d'ouverlure, il 
fallut bien adopter des moyens extraor,liairês p«,ur nailonir dans un 

plan vertical ces énormes maçonneries 
sommet des é([itices, aux coup de ',et 
des bois. 

triangulai.o, «tl»an,lonnéos, au 
et aux m,,u'«eaent inex ilalles 

Déjit copendanl, vers les tlorniors lenps le la l)dviode ronane. «,n 
avait senli la nécesilé le fai.o les pignr»ns aut.o clo:e qu'u nur 
simple terrainWà son sonne! par un an«loe obu.. On cro)ait dovoir 
assurer lour sabilib au moyon d'arcs qui ropo'taiont les clarges sur 
quelques points. Nous trou ons ut exemple d une de ces entatives sut' 

1 

le mur de face «le lëglise Saint-[lonorat, d:tns l'il,  d, L,t.in '. La pi«ton 
de cette façade, présenlédans la figuro 1, 
au commencenênt du xt  siècle, se comp,»so en .éalité de quatre 
larges pieds-droit avoc l»aie cenl.alo ol at'es-lotlanls : ainsi la charg" 
de la maçonnerie Cait repartie sur qualro p,it/s. Celle r'onlruc- 
lion était la conséquence d'une obervalion judiciu»e. En 
maçonneries acquièrent une grande partie de leur" ailié en rai- 
son du oids plu6t .qu'en raison de 
(g. ) nous élevons un pignon A plein, de 4 nère» d hauteur ur 
8 mètres de base, et 0 ,50_ d épai»seur. nous aurons, on élévation, une 
surl3ce bàlie de 16 mètres et un cube de 8 mèlro,. Mollant le poids du 
cube de ierre de aille à 2000 kilogrammes, 
ilogr., el la surface chargée (seelion horizontale D, du pignon à la base) 
aura  mèlres. Or, la chargo sera ainsi réario sur cette surface de 
- meres : un mèlre de surface horizenale b recevra 0o0 Mlor. ; 

« L'tic de Lérins, qui possédait une belle et ancienne abba.',e, est 
ainte-.larguerite, ca face de La rade de Cannes (),lpes-3l,u'itim._,,). 

situde levant file de 



un mètre oc, bd, 5000 kiloçr.; ut nètl'ê ce, dr, 3000 kiiogr.; un mS!re 
e.q,/'/, 1000 kilogr.: l,»tal egal, 16 000 kilogramnes. lais si, sans rien 
«hango" ni ux dimensions, ni à l'épaisseur, ni par eonséquenl au poids 
(]t I)igl()l), l()U.- I" ç()llStl'lli(_)lla avec arcs de décharge IrlOlyéS dans la 

, I 
I 
.-- --4 I 

d 

' I 

B 

!/  c 

maeonnerie, comme il est idi.lué e B, )oU-..atirOlS Ul )llè[re de sur- 
tktce l),),'iz,))llale ab cla'gé d,. 38(_)() kilogran))es ; un n/,Ire ec, bd, Çt]ll'gé 
de 820(_) kilogr.: t)n ni.lro ce, d/, chai-ge (le lt,)() kilogr., et O!1 llièll'e 
ej, [h, clargé (le 10() kil,)gr. : total egal, 1(; 11011 kilogrammes. Dans le 
premier cas, A, la parlio la plus clareo est la parlie oh, qui ne reç'oit 
que o01 kiloranmes, andis que dans le soeond, B, la partie ac, bd, 
égale conme sur'laco a ch, reç'oit 800 kilo« "e.. ans l'exemple A, les 
surfaces eg, [1, ne re¢oivent ensemble que 1000 ilogramme, andis 
qte dans le second ces mëmes surfaces reçoivent 100 kilogrammes. 

Ainsi, dans ce second exemple, les pesanleul-s tendent à s'équilibrer 
ou à -e l'éparlir l»lu egalement sur l'ensemble de la base; le poids lê 



plus fort n'est plus au milieu de la base, mais reporté sur deux points. 
Une force comme le vent, ou une poussée, trouve donc une résistance 
plus solidement appuyée sur sa base, opposée à son acion. Tout le 
s)slème de la consrucion des grands pignons «le l'époque savane du 
moyen àge est établi ur colle observation trb-sinplo «le la réparlition 
des pesanteurs, non pas conformément à la gra(latian (l,»nnéê par la 
configuration du pignon, mais conlrairenont à etllo gradation, aulant 
quo faire se peul. I.at dëcoraion de ces pignons derive du ,,)si, ne «le 
construction a(]op[e. Lorsque 1 l)àliment ne çattli,n! qu'un vaisseau, 
les points d'aplmi sott reportés aux deux extréiié-;l, Iriangle «lu 
pignon est lerinc par deux epaulemênls : nai lor_,qu ce l/iliment 
est divisé dans -a longueur pat" un nur ou une epite (le piliers, le 
pignon accuse la construc[ion intérieure, et son milieu ,:,st tttaintenu 
pat' un contre-fit't ,lui s'Cb,,» jusqu'au sontmet <lu triangle. Si c'est 
une cheminée qui est ado»sée à l'luiCieur clan.; l'axe de la salle, son 
luvau, apparent à l'extérieur, s'élève jusqu'h lit. p,,ittle lu Iriagle ¢lans 
les meilleures conditions de tirage, et set:t d epaulemênt a la c,»- 
struction. 
Ces principes dans la cons[ruci-n les lignons ne fureni admis loulè- 
fois qu'assez lard, vers le milieu (lu x* sbcle, el avanl celle ép,,q 
nous voons élever des pignons qui ne sont que de.., nut. lrianglairos 
pleine, (]écorés de mOlb.os peu sailla,ls, (l'arcaluros, d'in,lt'icali,,ns, 
de compartiments qui ne contribuent en rien à la soli(Iild. 
L'égli»e lalite dê Sainl-Fronl, anlévieuve à l'égli-e actuelle, qui (lai,', 

de la fin du x' siècle, po:,sédait 
encore quelques traces, et qui 
éiémentàires, apparentes déjà à. 
connu sous le nom de lemple de 

a l'occident un pi.,..,non dont ,, ait 
était con-truit d net'ès ces donn,;p, 
l'extérieur du monument de Poitiers 
aint-Jean'. 

Les églises le la Bas»e-fEuvre à Boauvais et. de Montmillo préson- 
lent leurs pignons occidentatux simplement arnés (le (',',)ix et de quel- 
ques imbric«ttions'-'. 5lais un des plus riches parmi ces pignon» 
Beauvaisis est celui qui Drme le bras de croix septentrional le l'eg|i,e 
Saint Étienne de Beauvai. Ce pignon, dont quelques auleurs font 
remonter la construction au e,»mmeneement du xt" siècle, ne peut 
antérieur au eommeneenent du xt". Il couronne une rose entourée 
d'une suite de figures représentant ttne tette de fivt,ne s. La srucure 
du parement extérieur du pignon est. entièremenl composée de Iré..- 
pelites pierres taillées, formant, par la manière dont elles sont posee«, 
un treillis de bfitons, entre les inlervalles de«quels sont incrustées des 
rosaces sculptées sur le parement dutt noellon carré (tig. 3). Ce treillis 

'" Voyez, dans 
tion du pignon 
page :3. 

l'Architect.re byz.antine en Fro.ce par M. F. ,le Verneilh, la descrip- 
,le la ,,-ieiil basi|ique de Saint-Front, et la gravure qui s'" troue jointe, 

'%'oyez les Monuments de l'ancien 
' ¥o)'ez Rost:. ¥oez aussi l'album de ,lliars 

Be.aut, oîsis, par )I Woiilez, 1819. 
de H,.nnecourt, pl. XLI. 



es! coupé horizontalement par une !ig,ne de bàton.s rompu. et par une 
tres-petite baie reclangulaire termnee par un cntre prts dans une 
seule pierre. Les angles latéraux et du sommo! «1o ce riangle on! éé 
resaurés au x'«' siçlo, o leurs amorissomen primiifs remplaeés 
par lrois piaçlos. Nous avons o_ saé de suppléor à eole lacune on nous 

appuyan! sur des vignelte« de manu«crits du lemps. L"imbricalion de 
pelils nocllons laillés formanl décoration extérieure es! appareillée 
ainsi que l'i,lique le délail A, et n'a qu'une faible épaisseur; ce n'est 
qu'un reètetn«'nt posé devant un mur d, maç.onnerie ordinaire. Les 
lablêlles de ranpant couvraient le 'tout e! formaiênt file! sur la tulle. 
Un peu avant la construclion de ce pignon, ên Auvergn,, à Clt, rmonl, 
o, Cevait l'église dt, Xolre-Dame du Port, dont les pignons étaient 
richement décorés d'imbrications de billettes et d'incrustalions de 
pierres de deux couleurs (blanches et noires). Nous donnons (fig. 

un géonétr'.al du pigon méridional de celle église. Ici la cons, truction 
est plus rationnelle. La corniche des murs goutterots passe a la base 

du pignon et est. adroilement arrêtée par les deux contre-forts A et B. 
Cette corniche accuse le couronnement de l'édifice, et le triangle da 



L L'LGNO _..J 

pignon n'est que le masque de la couvevluro qu'il recouvre au noyen 
de la lablete saillanle ïormant le rampant supvëme. Ces deux exenples 
et ceux de Saint-Front et «le 3Ionlille font voir que les arelieetes 
romans cherchaient àdonnev une certaine riehessse relative aux pignons 
des édifiees. Ces lympans trianeulaires couronnant les murs, apevçus 

I i_I 
I t, 

I 

de loin, à cause de leur hauteur, leur paraissaient COllllpOl'|el ' une déco- 
talion loule spéeiaie, rappelan! la conslru('lion de Iois des combles 
qu'ils Catent destinés à masquer. A Nolre-Dae du l'ovt, les lignes de 
billetles incruslc _sço dans 'la llaçonnoll'io, et SOl'X'attl d'encadrement aux 
mosaïques, ail?et .ni. les disposiliotts d'une «ttavpenle. A Saint-Etienne 
de Beauvais, c'es un lreillis de rondins qui semlle posé devanl 
comble. Mais les allol'lissools ltl6raux, c)posés ,le deux anglos 
plus ou moins aigus, sans épaulenonts, «tn» relours et souvent 
sans acrotè.es, ëlaienl maigl'es ol faisaietl tailve la crainle d'un glisse- 
men[ des tablelles. Il fallail à çes doux angles un avrët, un poids, ou 
lout au moins u retour do prol. La eanguraion des charpentes et 
combles que masquaien les pignans néeessiail d'ailleurs un arran- 

gement particulier. En effet, les llltll's goutterots d'un édifice (fig. 5) 



la t;,l»lettê..X, lai, cette tatlette, pour ne pas 
tl'iaFulaire, de, ait nécessair«nent flaire 
l'a»»»' b, ;t]ts-i lUe l'ilique le detail éométral A. Alors 
é;ti assez lnurd pour arrèter le  -lisemen des ailete 
E laiat tailler cette liorre dans un bloc, les maitre 
l'ellotient «lligé de faire tomber 10 triangle 9-Bienl.6l, 
ils laissèrent la pierre entière et profitèrent de ce triangle.q 
re»latlL, pour x" çotlsovver un petit àile, comme nous l'aons traeë 
dans le létail . Cette ré»erve avait l'a antago de laisser plus de poids 
h la pierre, déxiter un évidement, et de donner à l'oeil plus de soliditë 
ît cotte a-ise d'arrët. 
Dan, (le- «on»tructions élêvép avec éconon)ie )))#mê nous voyonsque 
le, al.ciite«tes al)portent ut)e attention toute particuli;.re a (',)uronnerles 
l)iVnon, afin (l',:vitor le pas,age des eaux pluviales entre la couverture et 
Ip mac«)nnerie. <an, avoir jamais recours à ces solins de ltortier ou de 

'ehaussé«,s 
|tire et a la ccurir 

jeter bas. 

plàtre qut :e 
santês et ont 
rampants du 

détachent facilelnent, nécessitent des reparations inces- 
un a«te('l miséralle. Quelquofois la luile  ient recouvrir les 
li[_.,notl, mais au otnmet e»t poee une pierre d'amortisse- 

clisser sur 
çorps avec 
le orçeau d 
rampantes e. 
étaienl natu- 
au lieu de le 

i", 
étattt d»nné,-, ces IlItiI'S goulterots etaient couronnés d'une tablette 
eorniclo A recovan le- eoyaux el 1 égout du oi! B 
pas en .-.age ,u xn ' bièele) : elevant un pignon devan eee projections, 



--- 137 -- 

[ PIGNON 

ment t.ecouvranL lesdeux pentes de la tuile et les faiti;.res le t-'rre cuite, 
ainsi que le fait ,oir la liguve î'. En A, l'amortissemen! ¢l'êxtrémité su- 
pêrieure du pignon est présenté en profil, et en B e perspective. Ainsi 

,i I 

| 
! 
I I 

(, 

i 

le lur ost pal'failemell pl.Asel'v(' pat' l,s tulles du eouvei'l, ci la jonc- 
tion de celles-ci à la loinle (lu thilage est gal'aniie paf la pit'i'i'i' l'a[lior- 
tissement fovnialit filet sur les c«tes, sur la face et par (let'vi6t''. 
Le syslène de charpenle et de couverlure adopté au comltencenient 
du xlii  siècle donnant habituellement un triangle équilaiéral et mênte 
quelquefois plus aigu, les pignons prennent, de l'iml/i,rlance ; les Ct- 
fices étant élevés sur une plus grande échelle que dans les siècles pré- 
cédents, il devient nécessaire, pour donner une assiette convenable à 
ces ouvrages de maçonnerie, de les combiner avec plus d'art. Présen- 
tant une très-grande surface, il faul en même temps les décorer et le 

alléger, d'autant que souvent ils s'élèvént sur de grands ajours, roses, 

| 
 i)'une chapelle de la petite église. d,; Flavigny (C6tê-d'Or), xv ' siècle. Nous avons 
trouv des amortissements de ce genre sur des pignons bourguignons de maisons dit 
liJi ® siècle, • 

vti. --- t8 



[ r;.,,'o.,," ] --- ! 38 -- 
larges fenëlres, éclairani l'inté-ieur des vaisseaux. Les conslruceurs 
cherclent alors à roidir ces grand. murs alandonnes à êux-mèmes par 
des conl)indisons de plies et de vides habilement Vél)at.tis. On élea en 

OUl'gO,2"ll¢  (provinç, tic« lt;rdis conslrucleurs), pendant la première 
moiti6 lu xt  sibcle, «les pigerons singulièremei audacieux comme 
structure, et d'un êflei 16coratif tout à fail remarquable. Nous en 
voyons deux, l'/tii vn nèmo temps, devan! lê porche de l'église abba- 
tiale de Vézelay et ,lêvant la nef de la petite église de Saint-Père 
sous Vézelax", lui pvd-enlen! à la fois un construclion hardie et une 
-décoration 'we extdme richesse. Le pignon de la face occidentale 

Saint-Père pour 6ai;;t-Ptcrre. . 



de l'église de Saini-Père avait Cé construit en prévisio,n ,l.'une ur.élé- 
valion de la nof qui ne fut pas êffecluée, do sorle qu aujourd hu ce 

l ignon s'élbve beaucoup au-dessus des combles. Il devait ,'_.Ire Ilanqué 
de deux hauls clochers ; celui du nord soul fut conslruil (voy. CLOChEra, 
fig. 70). Un grand arc (fig. 8) Cait desliné ,à racer la pénélralion de la 
vo6te sur la face. Sous cet arc s'ouvre une rose qui surm¢nle une baie 
à meneaux. Toule la décoration au-dessus de l'archivollo «levait mas- 
querla charpenle, et présente, dans une arcalure, uno série do slaluos de 
grande dimension. Au sommet est assis le Clrisl bénissant, couronn6 
par deux anges.agenouillés. Sous le Christ est placë, doboul sur un 
piédeslal, saint Elienne, puis à la droite du Chrisl ht Vierge, t ht gau«tte 
sainle Anne. A la droile de la Vierge s'échelonnent los slaluos de saint 
Pierre, de saint Andvé et d'un Iroisi/,mo ap6tre. A la gau«.l de ainle 
Arme, sainl Paul, saint Jea, et un ap6tro. Sous les slaluos ,le saillie 
Arme et de la Vierge ou voil deux tëtes de d6tons ; les autres slaluos 
sont porl.ées sur ,les piloltes et dos culs-de-lampe. Dos deux côlés de 
la rose sont sculptés le lion et le dragon. L'iconograpli • ,10 ce pignon 
est donc complète et n'a subi aucune "nutilalion grave. Quanl h la 
construction de cet important morceau (l'archilec(ure, elle consiste on 
un mur bli en assises basses, roidi à l'exl6rieuv par l'avcaluve «ot- 
posée d'assez grandes assises. Les deux eloehers deaiel l'dpaulor à 
ses deux exlrémilés : celui du nord ayanl éé seul élevé, le pignon avait 
gauchi du e616 sud; mais il a élë facile d'arrè[ev ce nouvenenl au 
moyen d'un eonlre-fort bti à l'intérieur sur le ntuv de la nef, «lont 
la vohle actuelle ne dépasse pas le nivoau A. Il 'esl pas nécessair 
de faire ressorlirla valeur de celle eontposilion vraitel tagislralo, et 
il faut dire que la saluaire ainsi que la sculplure tl'ornemenl sonl irai- 
lées de main de mailre. Les figurês, un pou longues ch gbonblral, 
prennent en perspective leur proportion réello, et fornênl un onsobl 
surprenanl par sa richesse el la belle enlenle des lignes. 
_  ezelay, 
Le pignon de la face occidentale de l'église abbalialo de ";  ' dfi 
irès-probablement au mëme artiste, présente une disposilion diflë- 
renie et plus originale encore. Il sert de lympan aux vofiles du porche 
qui dalent du xtt" siècle; l'areature est à jour, Claire le porche, et les 
figures sont plaeées au droit des piles. Mais, fait unique-peul-blre, les 

rampants de ce pignon, a.u lieu d'èlre rectilignes, sont, formés pa dêux 
courbes donnant une ogtve (fig. 9 ). Les statues qui decorent ce. pgnon 
présentenl, comme à!'église de Saint-Père, au sommet, le Ghrist assis, 
tenant le livre des Evangiles et bénissant;deux anges portent une 

large couronne au-dessus de sa lèle. A la droile du Christ esl la Vierge, 
à sa gauche sainle Arme. Deux anges lhuriféraires terminent la sërie. 
Au'dessous on voit, au droil (les piliers : saint Jean-Baplisle. saint Pierre, 

saint Paul et saint Jean, un évèque et un saint que nous n'avons pu 

Aujourd'hui cette rose s'ouvre sous le 
A l'échelle de 0",01 pour mètre. 

comble 

de la riel 



[ I:'IGNO.N "] 

I 

| i I 

désigner. La section des piles formant claire-voie est donnée par le 



PIGNON 

• détail A. Les vitraux étant placés en B, il existe ul passage entre l'ar- 



[ P1GNO.N ]_ "--" |-l'-') -- 
(.ature ',itrée et l'arcature interîeure un peu moins élevée (fig. t0). La 

con-truction de ce lignon est à éùdier ét. s explique par le géométral 



inlérieur. La courbe A es/celle donnée pat-1o formeret fait au x  »iècle 
sous la voùte B du xt'. Un arc de décharge (1 renforce le formeret, et 
passe au-dessus de la galerie (voy. la coupe D, ên C'). Un second arc 

de décharge EE' supporte le poids de l'extrémité supé,i,-,uv,, du pignon ; 
la trace du comble est en ab. Des liles F, F, maittiennent le placage 
6G' formant le fond de la décoraIion «,xtévieure. Lês colonnettes tI, 
isolées et qui sont indiquées dans la section torizontale d l'une des 
plies de la figure 9, sot donc dé«-'largées par le fovnêret, par l'arc C' 
e! par celui E'. De plus, h pat.tir du ni eau I, «,lle,, sont velié«s h la pot'-. 
tion des plies donant à l'exlét.ieut • pat" «les laguettes K, s'elevant 
jusque sous l'a'c de decharge C'. Le passage L comunique par quel- 
ques marches aux salles du premier élae lês deux tours qui flanquent 
la façade. De l'inlerieur cotonne de l'extet'ieuv cette grande claire-voie 
produit beaucoup d'elt'et, et sa double at.cature e»t di,posée d'apr;'s 
une donnée perspective très-bien enten«lue : la lalustt'a(le 5l n'ctat 
pas assez élevée pour nasquer l'appui N des l»aie, ,,itt'ees. Les arca- 
turcs 0 laissent voir dans tout leur dé»loppetnent les découpuve de 

celle P, et le peu de diamètre des 
que les vitraux. Tout cela est bàti 

colonnette II interieures démas- 
en beaux nateriaux; la bculptut '- 

est traitée de main de maitre et date du milieu 
luaire est en-preinte d'un grad caractère, et appat'tiert 
à la belle école bourguignoe (voy. ST.tTC.Utr:). 
A la mênte époque, dans l'lle-de-Frace, on élêvait ds 
çus pet/t-ètre avec moins de hardiesse, d'une disposition 

du xt' siclê. L;« sta- 
ft.anc|lene,t 

pignons co- 

hale, mais dans la con-tposition desquêls on ob»erve un eoùt plus cl'tié, 
plus de dëlicatesse et une meilleure entendre de la destination. On retnal'- 
quera que le pignon de Vézelay est un masque du comble, nais e 
se combine guère avec sa forme. Dans nos bons élitices gotltiques 
du xm  siècle, ceux de l'Ile-de-Francê, ceux auxquel« i| faut toujours 
recourir comme ëtant la véritable exl)ressian classique de cet art. les 
pignons sont bien faits pour fertner le contlle, ils l'éclaiven! fl'anctic- 
ment et le recouvrent. Nous ne saut.ions tr,,uvet' un meilleur exemple 
que celui fourni pat" l'un dês pignons 
Pat'is (IR5î). Ge pignon s'élèvê Stll' tlllê rose (le 13 mètt'es de diambtl.e, 
et est percé lui-mëme d'un teil en partie avêugle, qui éclaire le comlle. 
Cette belle composition (fig. 11)est autant décovalive que sagmelt 
raisonnée. Sur le grand arc qui fait le formeret de la voîtte et l'arclt- 
"coite de la rose, est posé un entablement portant balustrade, et qui 
permet de communiquer des galeries supérieures de l'est à celles le 
l'ouest. Le pignon propl'entent dit s'élève en retraite sut" l'arc de la 
rose et porte principalement sur le form,ret ; i! est de plus supportA 
par un are de alAcharge no,,Wdans la construction. Ce pignon, qui a 
0 eentimètres d'épaisseur, "est allégë par la rose.qui éclaire le comble, 
dont les parties aveugles ne sont que des dallês portant sculpture, 
par des rosaces et Coinçons. DCx grands pyramidions le flanquent, 
forment les têtes des contre-forts contre-butant la rose, et per- 



 i6'o. ] --- 1 l  --- 
mettent h un-scalier postérieur de se déelopper-et de passer au- 
dessus du comble qu'il recouvre, et sur la jonction duquel il forme un 

large solin, ainsi que le font voir le profil A et la iPsOrlion du pignon 
postérieur B, la section ., étant faite sur ab. Tro statues décorent 

I 

'I 

le sommet et les deux angles inférieurs du pignon. Celle du sommet 
représente le Christ apparaissant on songe à saint Mal'lin, revètu de 
la maiié du manteau donné au pauvro; les deux au,res figurent 
le memo saint Martin e saint EIienne -. Eclair.é par le soleil, ce 
p]g, no, produi! un merveilleux effet. D'ailleur ]1 accuse parfaite- 
ment le comble qu'il es destiné à fevmor; la sculpluve en esl large, 
sobre, bien à l'échelle et admirablement traitée. L'oeil du comble est 

« En bas du portail est représentée, à droite et à gauch, la légnde de saint 
 La legènde de satnt Etienne est représentée dans le t)mpan (le la porte, 

)Iartim 



[- PIGNON 

d'une proportion partaitemenl e» rap 
su," le Icanssept. Clle contposilion 
méridiomtl «le la ealltédralê d'Anciens 
p,'ésenle copendanl unè disposilion 

per! avec la gran«/e rose qui s'ouvre 
ne ful pas surpassbo. Le pigno 
, élevé vers 1o milieu du 
originale qui ce r;tl-)pr(»cltê de la 

composition «lu pignon de  ezolay. Le grand triangle osl «livisd vertica- 
lement par des piles formanl c)mm« une suilo de ('ontr«-fo'Is ornés de 
tatuos ci. de pinaelos, et onlro lesquels s',»uvrvn[ d,s .i«,urs qui éelai- 
,.enl 1o eoml»lo. Mais là les dblails, lrol» pêlil.s d'é«bollv, seuil c,fus 
n'otti'onl plus celle+inpli«it,; <le lignes que n+t£s a<l,irous h I»a,.is 
]nèe h V,zelay. Pour no pa l«isser is»ler ces grandis lriagl«s, o 
qu«lquolbis l'idep, ,tu xv" et au xv" s«.cle, lo l.s epaulor par d.s 
ries à jour ou «tveuglos qui rbuis,onl loyers rapals aux 
ou toute]les d'épaulenonl. Un des pig«s ]oS iex «'«,poss o ce 
qui dale de la fin du x  siOele «»u du coen .oenl lu xv'. Nous 
pr6senlons (fig. 12)une vue l»orspeclive. V,»ulanl de»ner u,», 
imporlance aux deux [ourellos ilanlUalos , l';,'etil.clê a spli quo 
pignon enlro ces deux eloelol»ns lmrailrail aigrê ; aussi fa-l-il aec«- 
pagn6 d'une galerie aveugle «li lornie ainsi, eomo nasse, earré- 
ment le portail, ci eepêndanl il 'a p:s voulu e!ir at l»ri«il»e , ci a 

fait repa,'ailre la Iraee «lu «onll 
Un pêu avant la coslruelon 

archi[eele Libergier, pendanl la soe,nde l«,ilié du xa  siècle, avait 
élevé su:" io portail 
auk doux leurs de la faç'ado par une galerie h jour, ce «lui Cail liet llt 

vrai que le parli adoplé à Saint-Marlin 
d'ailleurs en eontnunicalion les étage 
pignon dê Sainl-Nicaisê de Reis clail 

de Laon. Colle galerie 
s sui»érieurs los «-'l««'h«rs'. 
porc,; -l » l'is 'ils ci'«ulai'es 

les colonnet/es supporan( llt galerie 
l'épaisseur nécessaire au passage 
en coupe A). 

éclairant le comble, et son t]u élail <lec«t.« d'utto ittiri«:tli«tt, «l«rttier 
xeslige de celle lradilion roano que nous v<»y«»s ;«<'«l,léo ft'ancle- 
menl dans I pign<,n de l'église Sai[-É[ien,. d,. B<'«tuvtis. «loté l, lus 
haut, et ]ans les pigerons des provinces du Cenlt.e 
à la calh.drale «le Reims, le pignon occidental d,. l'église .tt,l-Nic,tise'" ' 
Cait. double, se rép61ait au droil des faces i«slérieures 
second pignon était, comme celui a[ll'riou[', relie tttx tours l;tr utle 
galerie h jour semblable h celle de la 
claire-voie doublee devait produire d'effet 
nons (fig. 13) un géométral du pignon de Saint-NicaiseL I1 faul dire que 
étaient junelles, afin de donner 
courant sur l'arcalttre (voy. le détail 

t 'o'ez C, LOCItER, .  O. 

 Voyez la gravure précipu«e de de Son, Rémois (165). Cette belle et unictue église 
dans son genre a été d6truite an raisoa comme sans m:cessite, au commencement du 
iècle. 



11ne faut pas croire que l architecure religieuse seule éle,,'ait des 



pignons d'une grande imlartace et rielesse. 1,, p i g |] (-) |] O0 l'| salle du 
palais à Poiliers est un «les plus ricles q on puis.-«, agi,r et «les 

plus singuliers comme compo.iiion. A sa base, à l'intérieur, e,! établie 
une cheminée qui embrasse l()ule sa lungeur ; les tuyaux de cette che- 



[ ,,,.o' ] -- I IS -- 
minée traversen! hardimn! les fend.lres qui s'ouvren| dans le pignoa. 
On peut pendre une idée de cette composition en examinan! la figurê 10 

it l'a ticlo CrlE.',II3"ÉE (X¥ e siècle). Le pignon d.e la grand alle du.chateau 
le Coucy était aussi très-richemênt déeore sur le dehors 
et surmonté d'une tatue colossale. Une baie immense s'oufrait sous 



[ I'ILASTRE ] 

son Irianglo 0! éclairait largmenl la salle dans sa lcngueur. Ce pignon 
appartenait aux eons/ructions élevées par Louis d'Orléans pendanl les 
premières années du xv' siècle. Pat'mi les pignons d'a'«ltil«.«lu'e civile, 
plu simplement trailés, il faut cilovcouxdu donjondu cloUte;tu cio Pierre- 
fonds. Nous on présentons (fig. l-l)dèux spbcinons. Ils se ««,nbinol 
avec les er6nelagos du château, aisi qu'oa peul le voir on A. Derrière 
le crénelage rosulanl, uivant le vampal du «oral»le, est posé l'oea- 
lier (le set'vice pour les couvreurs, et p,uvanl ènte au losoin lt'e garni 
de défonseuvs. En B, esl donnée_ la eoupê de ce pi,mort , l'entntat'«lt- 
ment étant prolil ; en a et le laitage lu «ottiIe on b. 
Le pignon t;, iui aPlarienl au b«, «]hloau, sl uni l'un Iviple 

tuyau ,1- chemité, d qui inlot'ronp! l. ,leré, lequel alors se continue 
au moyen. «1- ,'chos do plonl» »ur 1o e« nllo. En D, nous donnons 
l'un «1 «o pigtons de grange «lu x" siècle, a oe on «nl'e-fort d'axe 
de,linA h coll'ê-buler la pousée des a'es po'lant ur une épinè de 
eolounes et. soulageant les pot'tées d« la cltavlonte. Les archilêcles du 
moyên âge no se fais«tient pas faut  de ui' les pignons de contre- 
forts uiwtnt les distvilutions intéviouros, soit pour accuser des 

de t'ofênd, soil pour contt'e-i»ulel" (les arcs. Ils faisaien! pt'otve, dans 
celle pavlie impovlante de leurs édifice,, de la libêv[é quo_ nous ainons 
à Iwuvev dans leurs wuvres les plus modesle,; «.one les plus riches. 
Le pignon accuse la coupe transversale d'un édifice, c'e.,,t doc la partie 
qui indique le plus clairênen/sa construclion e! sa deslinalion; les 
architectes ont compris ainsi sa fonction, et ils se sont lieu gavdés «le 

la cacher. A voir un pignon 
divisions du iatienl et sa 
po.,.sèlo qu'un rez-de-chaus 

du dehors, on saisit facileont les diverses 
siruclure, s'il est xofilé ou lalrissé, s'il ne 
séê, ou s'il se compose de pluieur« étagos. 

Haliluellomenl, les cheminëes sonl platées dans l'axe (le.; lignons, 
afin l'amener fa«ilêment leurs tuyaux jusqu'au faile du tenable et d'6- 
virer leur isolemenl. Ces lu,aux forment alors de véritalle, conire-fovIs 
creux qui roi(lissent les grands triangle» de naç'onnorie 'et leur (lorgnent 
plus d'assiette,. L'etablissenon| ies pignons dans les edifices civils 
arai! encore l'avantage d'Avirer les croupês on charpenle, d'une 
slruclion ci l'un ,ntr'lien di..,penli,-ux, êt de l'«urnir de bêaux de 
de cotttbles biet l'crottes, aet'ë- et sains. 

COll-- 

SSOtlS 

Ill.aSTl:l£, s. m. (ante). Pendan! l'antiquité; grecque, 1o lilaslre, ou plu- 
16I l'c:;te, esl, ainsi que, le nçl l'indique a,sez, une iète de mur ou 
une, chaine saillante évéo au relour déquot'ro 
d'un mur. Sur le mur d'unê ce//o_, l'ante est le 4 
renfort ëlevë en A ou on B (t,,. 1) lequel ren- 
- & 
for! perle un chapiteau et s'appuie quelquefois l A 
sur une base. Dans l'a¢chitecture romaine, ce 
qu'on appelle pil,.stre, est la projection d'une colonne senlie sur le nu 

d'un mur pat" une faible saillie. A ,fig. 2) étant une colonne, B est son 



[ rtxsrtaz ] --- 150-- 
pilastre. Qu,lqu,fois la colonne isolée ou engagée disparail comme 
par exemple autour de l'Aloge, supérieur du C, olisée à Rome, ël le 
i, ilasl,.o ,.esle seul. Les Grecs .n'.onl jamais, l,e.ndan! la b. elle époque, 
donne a l'ante 1o nlcme chaploau qu'à la 

d'uno colonne 
corinttiie o 

, il possble le 

colonne; mais, ous l'empire, le chapiteau 
du pilastre rt'esl que la projeclion du chapi- 
|eau de la colonn., comme le pilastre lui- 
mème n'est que la projection du frit. Si le 
pilastre est seul, s'il n'est pas la projection 
chapiteau d'un ordre dorique, ionique, 

u coposit.e, 

Dans l s pretiers tenp du rn 
pa la pein ¢le projeter la 
is ils placent parfois 
«l'ut lnur. Ot ,»it lo potit 
S;till-j+,at et l»,itiors; on 

nai n'est la surnnte d'un ciapiteau spëcial. 
oen àge, l.s arclitectes ne prenent 
l,,n ne a«lossée, sur le mur d adosemen 
pila»tres çOlllllP décoration ou rettort 
pilaslres a l'extérieur du nonument de 
relrouxo sur le pgn«n ocilettal de la 
t'ont ]e t»érigueux, accompagne»l, deux 
tarl, vers la lin du x" ,iècle, h l'itérieur 

I,a.ilique lalio «le Sainl-F 
' ta,ç ...(l'arcature« . , et, llus 

,t,:tit,-' (le ,'et eliti«e. Ces lilastres, couronnés par les «lapite;,ux 
ls«'ud»-('ritlir, l,Ol'lett une arcature ltaute (dates les tytpans ri-r- 
all l-s granl«.s Irav.os des çoupole,) qui lorgne un passage conliu 
Ioul autour le 1' ;lili¢'e. De l'enOlres -ont «uvertes dans l'arcature, au 
lr«it lu ¢'lt.ut' et lu Irait,sept. Mais cet eXelple qu'on trauve 
datts la l,trtie anciettne do l'dglise «le la eiló (cathédrale) a Perigueux, 
Fesl l«ts »uivi g6néralenent lans les édifices de l'Ouest. La colonne 
egtgéo t'ella('e le pile,Ire, tandis que, (ltns la haute Bourgogne., 
le Mrva et la laule Clapagno, le pilastre romain persise fort 
larl, jU«lU'au «otnoncenent du x  si/.clo. Il xistê ecore h ulun 
loux l,artes ,lu x ill, 1, i'6pque gallo-rcnain, les portes d'Arroux et 
Sail-Andrc, qui sol e»ut-tttées par un citemin (le ronde consilant 
.n une uiI d'attables entre l¢«quelle" sont disposés des pilaslres, 
caelcs a la porl, d'Arroux, lisses h la porle Sainl-Andr6. Celle arca- 

servit évidemment. de type aux arcttitectes qui, 
los caltêdralos d'Autun o! do Langres, ci 
Beaune. Mai .ait qu'il existà! encore à cee 
grands monunons romains avec pilastre., soil quê les gale- 

¢l'Autun aient inspiré'aux, architectes l'idée 
du pilastre cannelé, dans la composition des 

aU XII e 

égli,es 
éloque de 

pilastres 
sieclê, cle èrent 
de Saulieu et {le 

ries des portes romaines 
de se servir du pilastre, et 

piles nènes ¢le édifices précilés, nou- voyons le pilastre appliqué 
grandi h Langrês, à Aulun el dans quêlquês aues monumênts de cas 
«o,trée. A Langres, le gr«,,l., pilastre pseudo-corinthiens formen! 
la tëte des c«»nl,'e--fort de l'aisidê à l'exterieur. A la cathédrale d'Auun, 
les piliers intérieurs sont cantonné» de pilastres canneles (yo). Pu.eu). 

 Vayoz, dan« l'.lrchitecture biffe»line en France, par 31. Felix de Verqeilh t1851,, la 
description dz régli»e latine de aint-Front, page 93. 



" meme, 
A Veze|ay : dans la nef, au-dessus des avçhivoltes des bas c6tës, 
des pilastres portent les formerets le la grandie voùte, tandis qu'on no 

• ,'oit jatnais de pilastres employés dans les edifices roman ,1, l'lle-de- 
France. Le pilastre est quelquefois ompl,)yb aussi dans cêrlains monu- 
ments romans de la Provencê, or il est hahituellemon! «annol;. De 

fait, dans l'architecture française iu moyen 
exception;son emploi est dù à la présence 
voisins. 

àge, le pila,tre est une 
«le monuttents romains 

PILE, s. f.-- Voy. PILLER. 

PILLER, s. In. SUl»pr, vt vêriical 1,', pierre; i«lé, cie.,tin6, à porter les 
¢harlonl«s ou le veilles dos ëditiçes. Le pilier appavlient t l'av«lile«- 
lute du no'en «ge. Les Grecs ni les Romains n'élevaiett, 
ment parlor de piliers, car ce non ne peut 

plus qu'à ces lnassês épaisses et 
grands ;difiee.« rotnains, COIIllllP, 
supparlont et eonlro-bulenl les 

C,)lllpaf'|t c-, ,le l»locage. qui, l:t, les 
le sallo ,les Tle',e>, laV exêmple, 
voOtes. Le pilier est lr,,l» grëlo t lui 

seul pour résister à «les poussées obliques; il faut, pour.qu'il puisse 
conserver la lign vertical,', lu'il soit clarg,; ve'li«aletnêl,ou quo les 
r6sullantes des poussées des vo(ttes agissant sut' lui se ,ut,.alisêl 
dè naneve à se résaud'e èn une pressi,,n VOl'lit'aie. L,,v,ie les 
d'eglises, les salles, élaiont eoupt'les pac des «itacleules. il ';ait i}ats 
besoin de donner aux piliers une f,rçe exl.ac, v«linai.ê, ol le 
par la combinaison lè leur se«ti,»n lrizcntale, à re;sillet aUX ll'es- 
siens olliques des voùtos; ltis dès quo l'on prëtondit sullituo' l;t 
voùle aux charpenlos ptuv t'et'ttêv lt.s vaisseaux, les 
s'ingéniëvent pour lonne" «ttx l-»liors dês forlies pV,,ll'O il rotilplir 
celle nouvelle doslinali,»n Ils ;tu,.l-nl;.t'enl d'al»«vd 
le diambtre de la c«l,ntio c31indviquo, puis ils gcolp"w'nl l, lusiouv- 
eolonnes ; puis ils «alonnerent l,s l»iliers à se'lion .;tr'éo de ci»lorgnes 
n-n-aps :ils checcltbront aiusi des cantinais«ns t'e,islalojusqu'au 
monent oi l'arclitecluve alopta,vevs le milieu «Iii x" si;.cle, ul sy»l.l • 
«le structure entièvemont nouveau. Alors le liliêl' no fut plu 
dérivë de la veille ou de la pression agissant »uv lui. 
Mieux que fOUI autre ltetli'e de l'archilêcture, lê lilipr, pendant 
le nioyen age, exprine les essais, les ofl',-,rls tes ar«'ltiloctes et les 
résultals logiquos des principe« qu'ils atlmêllent au m,-ment où fart 
vient aux mains des écoles laïques: aussi lovrons-nous entrer dans 
des xp!icati,ns assez Cendues à propo d. curieuses transformations 
quo sui,il le ptioc lu x" au x'" siècle. 
Dans la basilique l'omaine, le pilier n'êsl tulre que la colonne poc- 
tant un mur vertical, soit au moyen de plates-bandes, soit au 
q ar«:. Sur leux rangs de colones s'Cevaient deux murs : sur ces deux 
murs, de l'un à l'autre, une charpente. Pression verticale asez 



[ PILLER ] 
d'aillours ; par 

les colonnes élaient 
«le lrique lien fiits 

l,Set guel'V; le> clarpente.s, s larges qu'elle soieni, n'exercent 

lU't ' l,.essi,t as._,oz faillie. 51ais quan! à l'arl de la c«nslruclio pra- 
liqu' l«,r les tlais, an I«»1;, l;ts uno grossière inila{io ie cet 

t,»rlier «xç.l[otl, l'Ov«:lus ,l'oltlils ideslruclilles ou l»àlis cio ]iêl'reg 
,l'all;l',il p,s«.,s i ._loils vifs, ,l's urs «le noellans smillés, al liai- 

lors il fallait néepssairell,ell[ 
i, uisqu'ils partaietl! un poids 

l,t,'l't ,'os ,l|U,'s t,p llus f(,rlP bp;tisseur, 

i»lus «»siler«,ll,'; a,ux ,',»la,n«.s «»u l»i[iors, une plus lat'ge 
l)'ailleurs les ctllSll'llt'l.tll'> l'alllals, l,lal la p.ri«»le earlvigiene, 
,, louvaiont ni extraire ni tailler ios çalon,'s le arlre, le gl'allî[ 
,,u',!  ltierre dure n«,-lilies ; ils ealpa;tiel celles-ci par assises 
pierres [t«tsSoS [ rit :nt' quelquefi-is le tn«.llons, lws piliers l'eltbl'çes 
ne résisl«ti-[ l;ts Ioujour aux charges qtt'o l«.u' ittp»sail, ils e g.r- 
«;tient, se I;zarlaienl; ! en vi[ h augelller lLlleSUl'eltel lel. 
l)l't't' ltoUr t;vilel" ces ac«idetl,, ot alopla le eclilS rectangulaire., : 
lpUl'S ;lssisos :laienl ainsi llus facile à l,»> '1' CI llus l'éisf;t!ob ; SOII- 
enl «» leur {l«nnt utte él,aisseur llus f»rle tlue celle des nturs lonl 
ils ;IV;lit'III it SUl»l,,r[er let charge. 
Bo«t««»ttl !« ttoUlneIs des x' t.I x: sibcle «,[ canservé d«s'l»iliors 
«la/s let «ot{'uc[i»t «lO>lUls an olsel'Ve les lfilon!tenels, lt's essais 
clos eanslr«leul's, raroetl sali»fails lu n;bullal «bleu, car ces piliers 
é[aiett ,ot-oul«not «lisgr:t«ioux, ntal l't.li;> aUX parties supdrieures, 
mais et«'ore ils lV.naiot ue llaee «ottsilbl'«llo, t'ncomiraienl les 
i/[dt'it.ut's et g«:/;liont l.t cirçu[a/i,»t, tussi '«s-il laS rare alors de voir 

dans ,,, ,,,,,,-, ,,lili'e ,l's l»iliel'S l,,li. e,, lllPlllP lenl»S afli, clanl des 
t,rttt,.s ,lilt,;t'enlo. «ot,tttt, si les a'«l,iloclt.> iussenl les essayer foules, 
d«,,s l'i,,l,,ssililil; ,i ils s. II'l»tivait'lll «i'Oll lrouvor une îlui lfil l's 
les l»ili«l'S it se«[it, carrée, car'e;e avec al'è[OS ab;t[[ues, çirculairos, 

labée, «at't':o eat/«,tttt:« «le detli-cer«los, lal'|}ngue, circulaire, en- 
louréo l'tlno b}l'io 1' seetions de cci'cio, etc.; lais riel ,'esl al'rOtC 

rien tt',st «l,-;finitit, ,ucut ,ystènê lle pvevaul. 
Dans la petit bglise 1,. Vig,tor 3 (ttaulo-3lare)', les lllllrS de la nef 
sonl supporlbs l,at' un« suite de pilie.s a section lat'longue ; puis la der- 
nero ravée près du el«.ur préselo dos piliors t seclion circulaire 
(fig. 1). Au-dosus du piliov à »ecion ei-eulairo A esf posé, pour former 
le faux ribriua B, un pilier à section earréê 1o1I los angles son arron- 
di . L areieeo, so déan do la petitesse de bos malériaux, 'a pas osé 
.l.v.r le ple de la ne[ usqu'à la hautem • du lambris de combles 

« Du x" au Xl'- sii, cle. 
"- Vnvez. la nv»nnzr,l,bie de l'église de IÏgnarv donnée d'après les do.sins d,, 3I. Boes,- 
wilwal,l ( Irclttt" d,« »otu.ets htor, publ. o'ts les ausl,icês da linistère "Etat  



--- |ô;---- [_ PILIER 
des bas côtés ; il les a ëlrésillonn6ês dans 1 sens de la longueurpar des 
arcs G (voy. la coupe) qui portent une claire-voie n'avutl d'uutcp del.i- 
ha!ton que de vendre le mur «le la l!pf moins lourd" et {lp décorer cet 
inl/','ieuv. Dtns l église de Bonneuil e France (Sêine-et-Oise), nouz 

F 

coup e 

I 

I 
I 

vo.ons des piliers «lu xl" i'èçlo, diul la seeli,{ e-,_t donée on A, 
figure o_, l»Orla ! les arciivol.tes à l,»ul»les elaveaux; mais ici l',.,,prit 
méthodique des artites «le l'Ile-de-F'ance apparail :la seelio d« ces 
pilie's esl moliveê par la construclion supéripure; on sont la l'i- 
tlueneo d'une école ¢lont les principes sont dejà raisonnes. Ces pilleras 
sonl. liën construits pli assise l'égulib.es. Les profils sous les arcs 
se rêlournenl pas sut-les faces, ce qui et parfaitement,n! juslilit: 
la construction. 

Dans la nef le, l'église, Saint-J.emi de lleims, élevée 
siècle (nous parlons «!;.,: constructions primitives), _» 

vers la fi lu 

x' v»i[ des piliovs 
dont, la forme singulière ne parait moliée en aucunp naière. Ces 
piliers (fig. 3 et 3 6is) se composent d'un faisceau de segments l,- 
colonnelles dont la section horizontale donne le tracé reproduit, dans 
la figure a. Un cercle ayant été tracé avec le rayon AB, ce cercle est le 



[ rr.Ea ] . -- 13-1 -- 
socle de la pile.; ayanl élé d.ivisé en sept parties égaies, on. a oblenu 
n pol)gone qu donn« le plinthe des bases de colonnelle. Le rayon 
AB avanl été divise en deux parties égaies, AC, BC, les points C on 

donn: let cetllve."- des sept grosse,-_ colonnetles. La rencnntre clos .seg- 
snents de ces g_,t.«-sses col.onnettes a donne le centre des sept auires««- 
lonnettes dont les fores des bases ont tangents aux c6tés du polygone. 

| 

Les archioltes ItH, II, lê nu du mur FG, [,osent assez gauchement sur 
cette pile, comme il est facil, de le i'êconnaitrê pal- le tracé. L'arc- 
«loubleau KL du collatéral prend sa naissance au-dessous de celle des 
archivoltes, ce qui fait que le tailloir des chapiteaux sous cet arc-dou- 
bleau vient buter contre les fùts de la pile, et que lês tailloirs des cha-- 



piteaux portant 

i 

i| 

.'pective de cette pile (fig. 3 bis) explique d'ailleurs ces bizarreries, et; 



i PILIER ,] 
comment 
inscrits das 
la proje('tio 
obtenir ici une puissante 
(livi,,ion« «lu êros fht en 1) 

-- lô6 -- 

tous les chapileaux, sauf ceux parlant 1 arc-doul)leau, sont 
un cercle qui «t dè mëmo diamètro que celui donnan! 
lorizontale (lu .,.,,«lè. Il senblerait que l'architecte a voulu 
l'b..,i,tance -t une apparence légère par ces 
»'lion- de cylindres se pénélral. 

DallS 
claie 
lU,'s et 

l'églisê Saint-Aul,in lè Gubrando, la nef, dant la «onslrucion 
l13t ,,viron, tel,i,-,- Ul" de, l»iliers altornalivemenl cylindri- 
«,,np,sés. Voici (lig. ) un «le ce_. dornier. La seeli.on lorizon- 

devrai-colonne» de 60 centi- 
colannes sont cil'culairoa, ci 
, envel«,p|)t! l,.s }uit 
horîzonlale ,le ce l»la - 
chapileaux et portant 

laie Irai'c.« en A [|onne qlla|l'O gI'OSSP_S 
i,l['os le liam5tre. Les la»ps de ces 
t,,,.l» irculai _ 
r«[,ason[ sur un plateau .. nont c re 
lae partielle» or fot'manl socle. La projeclion 
leau donno 'cello du lailloi" conmun aux luit 
sur la face, un pilier G lont la eclio est 
h doul,le r«tng E. D, et un at.c-loulleau G 
(vos. l'élévation F) ne portail que le entraits de 
n'ayat laS 61é v,-fit6e pviitiv,,m,,nt. La tonal 
e,t leau('ou[» nieux otenduo que celle des piliers (1 
ei ,le R,.is, car ici chaque colanne engagée a dejà 
tinctp et bien ctivée. Le tract; perspectif B fait comprendl'ê la dispo- 
siti» les luit çtapitêaux gvaupés sou., le tailloir circulaire 
L'église cio Lons-le-aultiev tou, monlre une nef du xt' sièçle 
i«,l'tée sur les piliev allerativenet (.ylinlrique et à. section poly- 
gonal,, lerines par des aortissênent» carres fornanl chal)iteaux 
«.t l'e(.«.vant en plein le sonniel's des avchivoltes (fig. 5). 
Le xl' siècle lrbente u, grande vavielé de piliers. Les 
leurs, ('lerclant les l[ycls d'élever lies v,fite sur les efs 

qui JU.qtl'ltl[,rs en élaienl 
vis,ces lu .X,,I.«I lu 
,,a('yli,lrilue à la ..,e('ti 

un tl'apèzê, les arehioltes 
sui' le las c6té. Le pilier C 
la clal'pênte, cette ef 
ructi»n de ces piliel' 
l'é-lie 'aint- 
sa fonction dis- 

«Ollg| l'lit- 

laliluelleent dél«urvuès(dans le.., pro- 
passaient le la fi.l'lel»l'iitive [le la colonne 
 «'arrée, au croupe de cylindros, aux 

C;.tl'l'éS <'alllllll+'S tic c,»la£nes pgagée.., san_, trouver la for'rite qui 
coxenait letitiliveet a ce.,; SUl»l»l'tS ; car cla<lue jour atenait un 
,-»uxeau m»le dans la S|I'UClUI'e |p vofitps, et bipll +ouvent, pendat 

qu'on eleait les piliers, il Ul-'vonait u pêrfpclionèlnênt lans la ma- 

(le la derniere période romane, 
sur des piliers qui évidemment 
la farlê de ces VOl)tes. 

ni/:re de disposer les »oniers qui ne trouai! que difficilement son 
emploi sui" dê_- piles pl"eparéês anlériéurêlnênt à la connaissance de 
ce l»vogrès. C'est ce qui explique commenl, dans beaucoup d'édifices 
on voit des arcs reposant gauchelnent 
n'avaient pas Cé tracés en prévision de 

Il e,t une école cependant qui lâtonne peu, c'est l'école bourgui- 
gnonne, au plutSt l'école de l.,lun 3. Aussi est-ce dans les édifices dus 

à cet ol-dre qu'on voit déjà, des le commencement du .x3.t' siècle, appa- 

« ç, es dessins nous ont été fournis par 3I. Gaueherel. 



f P/LIER ] 

I 

,'aitre des piles très-franchement disposées pour recexoir les routes 



telles qu'on le« concêvai! à cette epaque. Les piles de la nef de l'église 
abbatiale do Vézelav, élevée à la lin du xt' siècle et pondant les pre- 
mières annéos lu x, sont déjà raeées sur un plan eoïnedan par- 
taitemont avec la contruclion des railles. Elles sonl formees par la 
1,6n;tratic, n do doux parallélogrammos rectangles canlonnés de qualre 
eolunes «ylindriques engagées. 

La ligut'e 6 dotino en A la so('tion 
ab, el ri B leur ,ection au niveau cd. 
le la ot', et D la coupe de la travee 

ltorizontale de ces piles au niveau 
C donne la face de la pile du c6té 
sur le milieu des archivoltes. On 

oit qu'au-dessus du bandeau G, le lllUr de la nef se retraile pour dé- 
gager dês pilastres H qui sont destinés a porter déjà des formerets I, 

ur lesquels s'appuient le, vohtes d'arête sans arcs ogives. Des contre- 
forts K etaient seuls dêstinés primiti,, emênt à contre-buter les grandes 
robres, et reposaient sur les sommiêrs L des arcs-doubleaux des bas 
c6lés. Ici les chapiteaux sont placés aux naissances des archivoles 
et des arcs-doubleaux, de sorte qu'ayant les mêmes diamètre», les 



tô9 d 

[ PILIEB "] 

Il 

Il 

I 

I 

cololne: engag,3cs aillërieures X sont beaucoup plus longues que les 



colonn's M e N. Ainsi, 
lauleurs des colonne« aux 
,_,fltêS qui conmandênt 1 
que d'un tiers, afin de la 
est un point 
s III epaisetlr 
I,rle a su, dbs 
:tt.«s-dulleaux FPpOSPill 
}.s d«ssc'pls auxquel 

-- 160 -- 

celle époque, lê principe de .soumeltre les 
naîsanee.- des arcs est admis. Ce sont les 
ordonnance. Les colon»es np_ sonl 
sser et leur dianèlre foule sa purplé, ce qui 
bnpol-'lanl ; car, taule colanne_ en«,,,:».., de la molliA de 
par 1 eflk»t te la lerspoctive no lar«il jaais lOSs«'de, ' 
réelle. Il est dvidetl que lan, la nef lp Vëzela 5, I archi- 
la lae lo l'édifice, connenl il le pourrait veiller; les 
en Il .in sur les saillios tos chapileaux el sur 
les colannes sont ad,,sséos: les forlnerets 

cio la granle volute trouvent leurs p«int d'appui, 
()t'lt,.-, leur plaço dans les angles l'enlranls, 

C()lllnlê 

et les arèles des 

dans la sructure 

r()lll3iflo. 
Lês pili,,r-(le la «;ilh6(lralo (l'Autun. (l'une (;poque 
envil'o)t), nais apl)al'le)a))! à celle t)êlle ecolo tic la 
))tt;)'iton! égalet)),-'nl de fixer l))lrp alle))lion. I1 se coml),)sonl, suivant 
la seclion h(,rizon!al(', (1,, (leux parallelograme-e penelran[, can- 

plus récele(11 l0 
Iattte Bourg«,gn 

/or.nés. non «1« c«,lonnes ,-ngagéps, mais de [)ila,/rts catnêl :s. Il faul 
obel'Ver que la ne principalo «le cello égliso es! vofrtcc on b rceaux, 
non pain/ par (le.,;  où(es (l'arète, cotonne à Vezola}. Ses pilier sorti, 

(l'ailleul's, parfailemen! (lispc)sé. paul" Ce genre de consll'uclion. La 
socli,,n  esl fai[ sur ab (lig. 7), la se«lion B sur cd, la section C sur 
e[ Les arcs-dulloaux D l'lO»enl ur la lële l.u pilaslre nonlanl de 
f,nl, ci le nerf qui les cerne à l'exlrados, su les eolonneltes E. Les 
lila,rs laleraux i 'arrëlent à la naissance dos archivolles des calla- 
I ;vaux, ci celui toslérieur .req«il, atl llèmp niveau, l'al'ç-doubleau de la 
ve)hic (ltl l)as estA. C'pst (loic, c',)titane à Vézelay, la naissance des ,IFCS 
(io Voflles qui (lélernine la hauleur (le calc)nnes c)u pilastres en-,-s. ; 
:is l,»ur ne las donn,.r au ptlalre anlérieul, une proporlion dëme- 
:;t'(;)etl all()n,,(;(,o _, i'a.('ttileele a pu le ()in (1 le couper par les ban- 
(leaux  el m. 11 n').>t pas nécessaire de faire )'ossorlir l'ëtude des pro- 
l)Ol.lions ci des (lélails qui perce dans cet exemple d'arehiteelure. On 
croirait voir là un fragmen[ de ces monunonls grb«o-romains si dbli- 
çats que M. le comte Melchior de Vogné a découverls dans les environs 

(l'An/ioche of d'Alop. 
('erre ecolp orienlale  
,,allo-romainês d'Aulun 

I! n'est pas ju«qu'a la seulpturê qui no rappelle 
"brillante au ,«' ièclê; et bien que les perles 
aient pu inspirer aux architêctes dê la cathé- 

(lrale (lu XII' siècle le motif de l'arcaturpdu triforium, ceux-ci ont élé 
«'ertainement prt, n(lre ailleurs leurs profils et leur ornêmentalion, ces 
profils e! ornements élant d'un leu! autre syle que ceux des édifices 
gallo-romains et d'une exécution bien supérieure. 
Ce motif de piliers a élé s,ivi dans la construction des églisesNotre- 
Dame de Bêaune, Saint-Andoche de Saulieu et de la cathédrale de Lan- 
gres, car la cathédral, d'Autun a lai! école. 
L'école dt, l'lledê-Franeê, au moment où l'architecture passait aux 
mains des archilêcles laïques,devait rompre avec ces traditions qui sera- 



blaient si bien 

lablies 

dans les contrées de la bourgogne et de la haute 
v. --- 21 



Champagne. Vers ! 160, ces arehiteetos de l'I!e]de-France tendaient d'as- 
socier les anciennes données romanos au nouveau ssème, de sru«- 
ure qu'ils inauguraiên; ils conservaient eneare la colonne mon»- 
cylindrique o ne eommentaient l'ordonnance inpoée par les vofio» 
«l'arëlo on arcb ogives qu'au-dessus de ces colonnes. 
Ce pvilcil est fi-anchomonl accusé dans l'intel'ieuv le la cthédt'.« 
de Pat-i,. Lo piliers du ciu.ur de cette église, élevés vers 116, et ceux 
!o la nef vers 10], pl.bselenl à pou prës les mënlos disposilions. Los 
i»iliors du c!,ruc, d,_,nl nou, donnons la section horizontale (gg. 8), e 
eOnl»osen l'un gros cylidre de l,a de diamère ( pieds), pov- 

I 

l,nt un large «tapileau à taillcir 
x,,ll«.s pc, l.tanl !«., tuvs ab, cd, le 

carré, sut" lequel reposent des areli- 
s avcs-(loul)lêaux du collaléval e et les 

:,,'s ,givo /". Les tros ('(,lonnêttes 9, h, h, s'élancet jusqu'aux nai.s- 
sateos (10¢, gralos vofltes pour p«l'tel" les arcs-doubleaux et les arcs 
,»gives ou les lç»verols. A la lauteur du Iriforium, la seclion nonc,- 
« 51indri«luo lu lilier-p divise, "onte l'ilique la figure, en autant 
d,, iteltbvp qu'il y a de erfs lo VO¢ltes à potier. Dans la nef (fig. 
la section de la pile du trifoviu e implifie; la pile, con,truîle par 
aies, ne préséIo que des retour «l'équerre, des pilastres, et les 
colonnottes ottt dé/«tchdo on nolloli[l.,s. Plus tard, aux piles avoi- 
siat le. tt, uvs, vers 1210, les constructeurs ont mëme acte»lWapr,.s 
coup, à la grosse colonne monocylinlvique du rez-de-claussee, une 
('O]OI]I]P - " ¢'' " 
enacee A pour upporlv 1 apparence de pot'le à faux 
colonotte antérieures assise sur lo lailloir, ou plut6t pour épauler 
le gros cylindre et rèter son déversement. C'était une transition; 

Voici (li.3. 10) quelle est la conslruction dos piles de la nef de Notre- 
'D;,ne de Paris en éléxation . Il e-t clair que l'ordonnance propre ,u 
nouveau ,yslèmê de structure adoplè alors ne commence qu'à partir 

du niveau A, c'est-à-dire au-deu du tailloir des chapiteaux des 

t Coycz ç,':'ru:t,n.,LE, fi.. "-et_ 



--- 163 

[ PILIER 

colonnes du rez-de-chaussée. Cell,s-ci constituent une ordc, nnance 
séparée, un quillage inférieur. Ce principe per.,iste plus longtemps dans 
l'Ile-de-France que partout ailleurs, ce n'/st qu'avo p,ine que les 
architectes l'abandonnent. Déjà cependant, a paris, dat.., la construc- 
tion de la cathédral«' ntème, ils avaient élevé, dans les collateraux de la 
nef, des colonnes monocylindriques cantonnées dê colc, nnês mono- 

st)'les (voy. ÇONSTIIUCTION, fig. 92 et 93); mais ce parti leur avait été 

imposé par la nécessité de donner à ces points d'appui une 
exceptionnelle. Nous voyons qu'à la calliédral, + (le Laon, sans 
raison apparontê, vers la mène époque, c'ost-à-dir-' vers 120 
chilecles ajoulenl aux. gros c 3 li(lres lu rez-de-chaussée «le la 

colonnes monoslyles détachëes, cotm, un essai,,une tentative, un 
minemPnt vers un nouveau syslbme de struclure des pile».._u 
pilt, s qui portent le triïorium et les vofites (le, la nef d, \'otr-Dan, 
Laon. qualre s«.ulemen! présenlen! cetle parlicularité de co|onellcs 
posées aux angles du tailloir et sur la V, rtie antérieur', aii que 
dique la seclion horizonlal«' (fie , , , 
«. 11). Les tr«iscolontvlles a b b 
lagent le tailloir du gros chapiteau, et reç'ivent les cinq 
«lui portent l'arc-doubleau, les arcs ogives et les fornerets (le grand,s 
vc6tes. Quant aux colonnet|es c, elles reç'oivent les sommiers des arc 
ogives des vofites des bas c6tës. En perspective, ces piliers présente,t 
dnc l'aspect reproduit dans la figure 12. Ces quatr piliers sorti, il 
vrai, posés sous les retombées d,s vofites, qui, à Laon comm, * a Notre- 
ûame de Paris, embrassent deux travées; mais on ne s'explique pas 
pourquoi ce système, qui est très-bon, n'a pas été suivi tout le long 
d, la nef. Les bagues A forment une assise qui relie les fùts supé- 
ri'urs B aux fùts inférieurs C. Les constructeurs de la cathédrale de 
La,-,n n'avaient pas le beau liais cliquart de Paris. et ils ne pouvaient 
tailler de colonnettes mozostyles d'une grande longueur. Aussi re-- 



0 

I_ 

liaient-ils les fùts par ces assises de bagues qui se répétaient plusieurs 



 165 -- 

lois dans la iautour des piliers, commue on 1o roi! 
quo le «laplêau de la grosse colonne comprend 
quo les cl,api/êaux des colotelles en délil sont 
«ssise faisant corps avec la louxiètne 
principe est suivi assez vigourêusotenl 
du n' siècle (voy. CUAVtTZAt.). 

17 PILIER -] 
en D. On observera 
deux assises, tandis 
pris dans unê seule 
assise du gros cltapiloau. Ce 
pendan! les premières années 

• 

Quelques até«s ;tvatl| laçnnslruçli.n 1o la calhé«lrale (1o 
c'êsl-h-diro v'rs'1170, on Cevait ¢lans la tème ville la nef et 1o 
de l'église Saitl-Marlin, e! l'arclilocle «onservail le corps de 
,.omanê, fol'ttée, ,t section ltorizonlalo, de iavallélogramos 

,élranl avec colonise engagée du c'lé de la g,'an 

l'al'c-lul>leau; ais da[ls les qua[re angles ren 
l)arallélog,'«es, cet arcli[ecto l,sai[ (le.ih les 
pour 'ecevoir l,s arcs «gives dos ]aulos 

colore[tes, çot]osée, de plusieurs lo'coau\, 
l,aguos, ai,;i lUe 1o rail voir llt vuê lorspê«livo. 31ai 
l'in('onvéiel tic (|oor u-' section 

le l>lace, gêat 1« 'irculalio ol masquanl la vue 
iwnlal ces lu«tlro «olneiles, lisposées pour 
«gives, aaienl irlallemenl fait naiIre aux arclil 

lralo de Laou l'i(lee de cant(u.v leur pilier cylilt'i( 
eltos, l'ue (lcliéo ci porl'r l'are-loullea d« " 
qualro aulros h lorl.or les arcs ogives. Biet6t on 
radical, on calona la grosse <'alole cylindrique 
en---ae,.eos, recevan[ les leux arcs-<loublêaux ci les 

les arcs ogives clos collaléraux relotlJet _ni alors sur le gv<,s «ltal»i- 
leau du cylinire principal, el ceux des vofi[es tlê la grande ef sur «les 
colonnel[es e déli[ porlan[ sur 1 saillîo du lailloir. C'os[ suivan[ ce 
sysl" 
eme que furen! ëlêvés les piliêrs de la cathédrale de ltêis (lig. t). 
EnA, nous donnons la seclion de ces piliers au niveau du rez-lo- 
chaussée, la grande nef étant du c6té N. l,es gros c.lindres ont 

t',gO de diamètre (5 pieds); dans le sens de la coupe en travers, les 



[" r.Er ] --- 166 --- 
I»iliers, compris les colonnes engagées, ont ..o',4S, et dans le sens de 

la nef "2",.10 eulement. C'êlait un précaution prise pour donner à ces 



L 

I 

piliers un peu plus d'assiette dans le sens de la poussée des vofites.L'ap- 



I 

pareil de ces piliers est donn6 par Villars de Honnecourt et est repro- 



PILIER 

«luit dans noire figure. Villars de Ilonec«,uvl a l)ien le soit le nous 
di,'e que cet apparoil «vait éi; col»iné afi de cacltor les .ioinl 
lanbours ; il n'est pas losoin d'ajoulor quo l'appar,.il so «ltovau«l. 1. 
,leux en doux assises. Au niveau du lriforiut, enab(voy, l'd.l;vali 
le pilier ad«ll, let soclio_ l. La coloo on;,,,.4o,,,, d rail «'Ot'l»S avec 
bàtisse, c'cst-it-dit'e qu'elle est dlevde par assises, tat«lis que les 
neltes e re('evanl les arcs ogives les granules v(61es, .I les «l«n.iies f 
recevanl los forcrols, st,ni rai»lo'l,;o c d61il, «ilonues par l,.s 
banleaux g, h, qui fotl tagues, ol les elapilo:tux  ol /. L'areltil,.elo 
de Sol'o-Date 1, llêitts tt'avail pas on«l.e tin» ll;«rio liott 
sur l'équililro lies v-files tl;tns les grandis 6[lifi«os golltiquos, ol il awtit 
cru tlovoir [l»ttov il ces liliers ue lres-forle socli«n; il avail, au ti- 
voau «lu lt'i[riut, ('ru levir elevor on('ore u gros ('(»lrc-fovt ou 
h faux l)()ur asso)ir les l»ilos recevat les avcs-l)«)ulaIs (v»)'ez GATIf:- 
Oa.tL, tig. l l). l:ar('ltil't'lê de la callt6drtle d'Ani«ts t'ul " 
il don«t une soclio ! .aucoup plus faillie h ses liliors, 

les ai,le,tir d«tns leur plat vê,'lical que 
tanls (voy. CaTtɻR.Lr:, lig. 20). 
D'auIt'os cottslrt£«lout's a,«aiott! essaxd 
les catlélrtles le Se.s .t l'Arras (v« S. 

pRl" le SOCOUI'S 

plu |ar+li . 
des al'es-l»ou- 

lard des 
ou encro clos 

los colotttes juttellos lttts 
la secliou D) (I ltl)), «-u 

al,ssée (v,,y. soctio 
<l«,t, 1« +_'lt«,ut" +!-, la 

callë<lralo d+. Së,.s (til <lu x + sibcl,.) (x,)y. s,.clion F). +lo,.,ids ,lu'ils 
élaienl par colle 
de place possil»lo, le e pas oll'uer la vu, los 
luaires. 

LtlIC- 

Les exemi)les 1o l)iliers eml)rUlés 
d'Amions nou t'onl ïoi' seuleol u,, 
«+,«5les 
tonnée de quitl'e «olonnes o..e.es ; 
lesarçs givês el les t'[l't.l'els 
ehapileau ifi;rieur. Vers le ilieu du 
cendre les colotnelles (les ar('s «,gives (les 

aux «'alhélr«lcs le lteins et 
«'ol«n«'llos l«slit;+'s h lorler 
I;tssaco qu'atl-l'ssus lti 
siècle ,lejit ,» f«is«,il les- 
et'affoles x«,itlos .]us<iu'{t llt 

hase m«me (lu pilier; l»uis liei«'t o voulut p«)rler les arcs ç)gives 
(les vofiles |os collaléraux sur lè.., «olonellos Sl;cialès ; l,.s lili«,'s lri - 
renl donc la soclio (1é« p«v lt tigure 15 : _ él;tll! ]o ('51; faisat 
f«ce h la grande nef, el B la lal'lie du pilier en rêg«rl [lu e,llalé'l. Dbs 
l'instan! qu'on a(lmetlail que les arc ogives, c[n+, les a'+'i,ivolles 
e! lês ares-loullêaux, devaient possé¢ler leur «,»l,uelto nltl[«tttt [- 
fond, il était logiluê l'admellre que l«,s fornerets eux-nnes poss,- 
dassent leurs suppovls vêvtieaux, el mëmê quê les 

nerfs de vofites oussenl CllaCUll tll poinl d'appui spécial. (In nultiplia 
donc les colonnellos autour du cylindre cenlral, el les noulures el!ès- 
mèmês des arcs vinre! ourir sur la base du pilier. Co pari têndai 
à fairo supprimer les chapileaux ; car à quoi bon un clapileau dès que 
la mnulure formant l'arc se con|inue le long du pilier? Vovs 1230déjà, 
les colonnettes cattonant les piliers ne sonl plus délacléos, mono-- 



[ ruE ] -- 1o -- 
six los, mais lîonnon! aux assî-es mèmes do la pile. Lo. colonnellos, en 
so nuliplian, dovênaien rop gre|es pour qu'il ffl possille do los 
aillor dans uno pierro po,éo en déli, e m?me alors, comme il devo- 
n«i rès-difficile, sans risquer de faire casser les perres, de fouiller 

• au ci-eau le «l l) {l e.,, l'e,tra,ts, .io,cti,,s ries colonnetles avec le noyau, 
on advucissail ces a,gl,'s, ai,,si que 1. faill V,ȕr la seclion tg. t6). Il 
.e.,,ullait 1,, coite néc«-'sile pr;tlique une succession d, surfaces cour- 
bes, nolles, lui ne lolaiel «lUt, des otbrês indecises; il fallait 

trouver sur ces surfaces des arrêts de lumière qui pussent accuser les 
nerfs principaux. Les architectes eurent alors l'idée de réserver sur le 
devant de chaque colonnete une arête qui accrochât la lumière ci fil 
ressortir la saillie du nerf cylindrique (voy. en A, fig. 16). Il résulai! 
«le l'adoption de ce principe, que la colonnetie, mariée au noyau prin- 
cipal par une gorge e! armée d'un nerf saillant, passait de "la form'. 
«.xlindrique à la forme prismatique. 



PILIER 

Dès la fin du xm « siècle, l'école champenoise, qui, à partir de.î230, 
.avait pris les devants sur les autres ecoles got|tiques, chercha des 

seciions de pilier qui fussent rigourou«ement logiques, c'esl-h-dire 

qui ne fussent que la section, réunie en faisceau, des arcs que por- 
latent ces piliers. Alors le,; profils tle, s arcs c«,ttnanlaient intpdrieu- 
setenl les eclions des piles, ci, pour Iracer un i»iliêr, il fallail 
nencer par cnnailre el trac'er les livérs mênbres dos vofites. 
Les gens qui 61e/.ronl l'dglise Sainl-rl)ain 1, Troye,, vers 190, 

prironl, «l;.s celle époque, le pat.li ra(lical 
nais o COml»VOlra t'acileenl qu«, 
cylindrique ('olt'al no devaii plus 
veau, la réunio ch f;tis(.e;tu cio le,us ces 
rés«»u,lro on un eylit(lro, marne on y joig» 

qu«, n«us venons d'indiquer ; 
re «.«s;t«[.«e lu grns pilier 

rlor ,troc ce syslbte nu- 
net'fs [[';tres tto pnuva[( se 
anl los al»l»C,lice,, , cotne 

« l'arc(i! fait pré«é¢lentnel «[ çOllllllt' l.'it,liqu«l les figures 13 
Il fallail aban[lonner ai)solunenl la !raliliç» de 1; gr»so 'ol,»e 
Ir«tio, [ui l»ersislail encore vers 1" iliou du x[" iècl,.. EIvainds 
 saini-Urlain n e- 
la mareio logique do leur art, les cotslvuctcurs de "" '! 
sitèrent pas, et nous voyons que dans le èo ë,liiic, ,.I [,e,,I«,n u 
• espace de temps très-court (dix ans au plus), ils abç,'d,,t fra,cie,nent 
le pilier prismalique, et supprimant les «ltapiteaux. 
La ri, 
cure 17 présente en A une ¢les quatre l)ile «lu transsept. 
pile porte d, oux arc-doubleaux B (1o gran«los voùtes, deux archiv«l- 
les C de bas carC, la lranche l'«trc ogive D «le la voète de ia cr«isd.. 
deux branches d'arcs ogives E des vofites laules, et la bra('he d'a'« 
ogive F de la voùte du collatdval. Son plan aflc[e la ff»fine lonndo 
les profils dê ces huil arcs, et place les l»«»inls l'al»l)ui verlicaleot 
sous la trace des sonmiers de ces arcs. La l)t'otibre lilo 1« la of, 
la seclion esl donnèe en G, inlique 1- ,:o la prc».}''lio l,»riz,)nlal, 
.des son}miers des arcltiv,)ilos B', ,les arcs ,,giv,, E' ,les gt';tndos v(filos, 
.et des arcs ogives E" dès voùles des las cètés, ainsi que colle 
ares-doubleaux H des grandes vofilos et I des l,ases voùtes. Ces plies 
portent encore des etapiloaux lrès-las d'assise, parce que le lrnfil des 
arcs des voùles n'es/pas idonliquo avec la .seclinn de ces piliers. Mais 
la seconde pile de la nef ,larme la seclion K, et est Ivacée de telle 
façon, que les arçhivolles l,. los «,,'es-,loulleaux 
M, viennent pénal[ter exa«le,tent cette 
bant en a' les neml,res b en b' les menti,res e 
 ç - 
.en d', etc. Mais, pour ne pas affail,liv la pilo par des dvidoments, les 

• cavels, gorges et profils e viennont retconlrer 
les arètes vives f «les loudins s'accusant sur la 
lors les chapiteaux sonl supprimerAs. Une 

1I et l, les arcs ogives 
les mêmbros a tont- 
on e', los membres d 

des dernières années du xttt  siècle, ne laisse pa d'Cire d'un grand 
intérël., quand on voit que pendant le xv ' core, dans la province (le 
l'lle-de-France et en Normandie, on s'en ten;it i des sec/tons de piles 
n'accusant pas entièrèment la section des arcs des voùies, et nécessi- 

les surfaces pleines a'e', 
piiê par lês arèles f. Dbs 
l)lal)le ionlalive, dalanl 



PILIER 

/ i ' ! I 
I 
! i 
/ .' I ,I I,' I I 
,I' l" ' 

I 
I 
I 
l 
I 
l I 

I 

tant par eoliséq.uenl l'«'lilpioi du Chapileal.l 
de faisceaux de colonnelles des piliers. 

pour séparer les sonimiers 



-- 1 73 -- I l,Ll.t¢ ] 
L'église Saint-Ouên de Rouen, don! le choetlr date du xv" siècle, lré - 
sente des piliers qui sont tracés confornëment à la section G, c'et- 

à-dire qui pro.jetten! avec quelques modifications les arcs-doubleaux 
et les arcs ogives des voûtes, et possèdent enco,-o des chapiteaux ; ce 
n'êst qu'à la fin du xtv ' siècle êt au commencement du xx* que la don- 
née déjà adoptée à la fin «lu xttt  siècle par l'architecte de Saint-Urlain 
de Troyes est définitivement acceptée, et que les plies nê sont que la 

projection réunie en faisceau des différents profils lies arcs. Mais 
contme celle méthode, loule ralionnelle qu'elle clair, exigeait une 
main-al'rouvre et par con«équent (les (lépenses consi(léral,les, SOtlVenl 
àcel[eépoque on en revint au pilier monocylindrique, dan» lequel alors 
péne/raienl les profils des divers arcs des veilles. C'esl ainsi que 
eonslrui/s les piliers ¢_lt' l',:,,lise,e basse (lu Mon/-Sainl-5licltel on 
e! d'un grand nolbre d'éditiees eonstruiis de 
remênt dans les constructions civiles, oh l'on prétenlail n. pas 
de.lépenses inutiles. Toutefois il n faut pas perlre le vue ce 
,; 
savoir, qu a daler de 12o, les arcltilecles franç'ais, rên«»ncanl 
colonne nonocvlind,'ique pour porter les v{tl«,s, clerch;,rent 
interruption à iransfi»'mer celle colonne en 
soillants constituant la roc;te, et par sui le en un 
membres. Le pilier tendait ainsi chaque jour a n'ëtre que la canlinua- 
lion des arcs des relies, et nous x o}on.,_ que dès llt fi lu xt' siècle 
on était dejà arrivé à ce résultat. Le pilier n'btant que 1+. faisceau ver- 
lical des arcs des vo6ies, ce n'est plus, à propremêt l,arler, un l,ilier, 
matis un groupe de noulures l'ares descen|anl verlical,mr.nl ju-qu'au 
sol, c'est le Iracé lu Iii inférieur des sonmiers qui c,nslitue la :eeli,n 
horizonlale de la pile; et en effet ce tracé est si itlOVl«tnl la» les 
édiliees voùlés, si inpérieux, dirons-n,»us, qu'il devai! téeessair,-.met 
conduire à ce résullal. Dès l::?.l-I, les arcltilectes golhiques tê pouvaient 

h 1500, pat'ti«'uli/.- 
faire 
fait, 
à la 
Sall S 
1.111 support des ;,tembres 
faisceau vertical «le ces 

la base de sa eonslruction : e'élail un mox» I, faire 
d'épures, el surloul d'éviler des erreurs de plâtlalion. 
Les piliers, dans l'aretileelurê ei,ile, alteclen/ dês formes qui no 
son! pas moins l'expression des nécssilésdê la «onslruelion, se, il qu'ils 
parlent des veilles, soit qu'ils souliennênt des planchers. Ainsi, dans 
les étages infévieurs de.l'évëeté de 5loaux, élages qui da[on! de la fin 
du xtt* iècle, naus voyons des piliers posés on épine qui portent 
voùtes doubles,et dont la structure est assez remarquable. Voici (fig. 18) 
leur section horizonlalê en A, ci en B leur élévalion l)ersl,,clive. Les 
veilles sonl privées d'ares-doubleaux. Ce sonl des voùes d'avète cons- 
Iruiles comme les veilles romaines, avec un «imple boudin en relief 
sur les arêtes et un angle obtus à la place occupée ordinail ement par 
l'are-doubleau (voy. la section C faite sut" «:b). Le pilier se compose d'un 
corps principal c)lindrique, eantonné de quatre boudins également 

élever un monuent vofi/é sans, au pré«lalle, ll'aOt'r 
voùtes et de leurs sommiers; il était assez ttaturel 
tracé comme le Iracê lu plan par terre, et «le planler ces 



PILLER ] --- |'î-I--- 
-'ylindriques (voy. la section A); les piles sont monolitles, du des- 
»ls de la base à l'aslragale du chapieau. 

I 

Des maisons de la ville de Dol possèdent encore des piliers mono- 



1-5 

[ PILLER 

lithes de granit et qui datent du XIII e siècle. Ils porlent des poilraux 
de bois et formaient, porliques ou pieds-droits de boutiques. Voici 
(hg. t9) deux de ces piliers. Ea A, est la sectio.n du pilier A', en B celle- 

\t 

du pilier B'. Les architectes cherchaien! toujours, axec raison, k éri- 

ter, dans la imite de ce plies sole ou adosses, le arête vives, qui 
s'épautrent facilement ct sont for gènantes. Il suffit de s'ètrc prmené 



[ PINACLE ] 
"an iouv de foule, dans la rue de Rivoli 
inco«enients de.s arble» ives lai..,seês 
autant de lames l»lt.ssanles 
que cela soit. monumental, 
Les arclilêcto-lo la lin 

à Paris, pour l'oconnaîlre les 
sut-les pilier.; isolés : ce sont 
placees au devanl (lês l)assa,Is. Admeltant 
ço n'on est pas moinslrcs-incommod«,. 
du xv" sibcio ont non-seulement rail «les- 

vendre le long d s pile,; le prOt}lS pt:isttatiqu's de,; arèlesdes 
mais encore il, se ,_,nt plu parfois it Iovtlre ces pv«lils en spirale, pt 
ît decrer l'arnonenl« sculpl .,, lPS ilet'x«tllo-, laissé,; ênlre les 
On v,_,it un 'urioux lilier aii litillë au f«nd du cleel de l'église 
Saint-Sév«vin, :d l»aris. (t on ',oit un +'otla,;é <le gros loudins «t spi- 

ral, «lan. l':"«,..lise S«tinl,-Cl,oix de l'l'ovin,, te," .ant lit ,les f;.tntaisi¢.s 
«lui n,. s;turtien! sol.vif l'ox,,ttll!p.; ci «lUe l'iê,t no juslifi. La province 
«]p N(l'lit:tlldiO f,-ul',il l,lus tltl'atlCUtle aulrp cps 61rangetés «iuos au 
ali,» clos c,.»nlt»inais,.,n, pv,,pros h SUVl»r.nl,'' le l»ul»lic, l.,os lllaill'p.g 

«lu IIIOypll îldP ,'olll.iamais eu l'P('(,lll'-', il t'P" l,izarrel'ies. Ce ,'..,I «lU'On 
Anglelorre que «ie, le xr'-si;.elo liait ce dosir -Ie pl'«luire ries efl'els 
surprenant|s. D:jit, _lans la c«/l,.ll'al-' le Lincal, n voil clos piliers 
,l,. cetlê époque «,,np,,sés t-.« ue 'pclercl ", ,1 "s I' lils ofl'ols qu'on 
te iruxe dan« I,:. école t]liP l»otucoui llus la'l. I)es êxemples le 

IJRALE, 

sont prbsenlés ials le., articles ARClIITECTUBL RELIGIEUSE, (ATIIE- 
{ONSTRUCTI,;N et TRS, YE 

PINACLE, s. 1. Cauronnêtrenl. fi,oison, c(nnlê on {il»ail au xiv e siècle, 
d'uti c,ntt'o-frt, ci'un llttl l'al)lt]i vovli«;tl, llus u ntoitis orne et 
Se IPl'llitlalll Vl «'«'llO ttl pli pyranilo. D;tt lc ltOnUlnenl d'une 
h' i,Io,s .t ,le ,'c,r,lcl.es qlii -onl dp xél'ilall,.s piacles '. La plupart 
cio, lllOflUlll lll ,le llOIl'P l6ri((le rctlianp ,»ni ler,lu pl'eSqup tous CeS 
««urot-tnellenl, Ul»évieur, qui raplelaioll ¢'lle tradition antique. 

Toul«,roi les orlleliion{s en 
les lal,''n,-» de l'église de 
l,apr p,,uv de x6vitablê 
l'anovlissêl.nl ». A 
ear'és if la basê des 
apl,araissenl au-dessus des 
Dabarl peu développ6 
la fin du Xl  sibcle, une 
siècle, 
lou les lnemlre de 

pinaclps. 
signaler des 

('{::'lll('Irl[ du Xlll e 

ilents. Gomme 

forme (le pomme (le pin, «lui tertninent 
gainl-Fron! lê Périgueux, peuvent bien 
Ce n'osl gui're qu'au xt" siècle 
[.pst.os nclllreux de ce« «orles 
lot, ils surlontent les angles «les elocher 
e,'nes ou de p.vramides forn}an! la flèche;ils 
contre-lotis aux angles des pignons. 

s, ou on forme d'édicules, ils prennent, dès 
assez grande importance: puis, au COlnmon- 
ils deviennent ,oux ont dp v6rilables monu- 
l'architoclurê de ce emps, les 

' IVoy(Z la médaille frappée sous le règnp ,IP Caracalla, donnant au revers le templ,- 
de Vénus à Paphos t bronze); celle donnant au revers l,s propyl,;es du temple du Soleil 
à Baalbek -- Consulter r lrchitectura umi.»ralica, recueillie par Donaldson, architecte 
(Londres, 1859). 



[ PINACLK  

courbé à la pointe. 
mortisetnetts relroduil 

r¢inac[ês remplissent une fonction : ils sont des/inés à assurer la sta- 
bililé des points d'appui verticaux par leur poids; ils maintiennent la 
i«tscule des gargouilles et corniches supérieures ; ils arrëtent le glisse- 
nent des tablettes des pignons; ils servent d'attache aux balustradcs: 
ais aussi leur silhouette, toujours composée avec un art infini, con- 
Iribue à donner aux ddificês une élégance particulière. Quelquefbis, 
l,edant la période romane, ce sont «les amortissetnents très-simples. 
Les contre-forts des xt  et xt" siècles, dans le Bêauvaisis, par exemple, 
h leur extrémité, sup6riêure, far un cSne re- 
contve-fl»rts cylin«lriquos présentent donc l,'s 

da,is les liguv': 1 «I 2'. 

L'église collégiale de Poissy c»nserve <.',»'e. sur l'un ries angles de 

l'escalier de l'abside lermié par une 
du commencement du x ¢ siècle, lont 
perspectif. Ce pinacle se compose «le 

p.Vraltti,le oçl(,gone, un lia«lo 
n,»u: ltlllo (fig. 3)un d-'ssin 
quall'e ('ol»nneltes povlatl un 

groupe de chapileaux lai 
p«tr un tleuron couronne 
«_le haut environ;il se trouve fréquemment 
de cette époque à la Iase dos pyramides des 
de Chartres possède aux angle.,,dê la loue. 
des pinacles d'une belle conposition, q 
lucarnês (voy. FLÈCIIE, fig..l) ; ceux-ci 

llés dans une riiellr' :tssiso; ul c»ne leriiiili6 
les cliapileaux. Cp piliaclê .,I ïorl pelil, lm,3t 

ad«plé dans los e¢lili«e, 
Iii.elles. Le clocller vieux 
la nai.,,saneo de la 
ni sovvonl on tnènio lOntlS 
Ionl tlu milieu du xil  siè«lo. 

Les donjons d,es c|làloaux possédaient ;tussi pre.-:que toujours leurs 
' n rapporte 
ldnaclês, probablement dès une epoquo /'eclde, si l'on s'e 

' Le pînacle de la figure 1 provient des 
C, ermer (t" siècle). Celui de la figure 2 se 
de la fin du xl" siècle. Les pinacles couronnant les contre-forts eylindriques 
Saint-Remi de Reims étaient terminés par des pinacles analogues (xl ¢ siècle). 
l. -- 23 

contre-fort» de la gran,le église de Sain/-- 
retrouxc dans quelques édifices du Beaux'aisi, 
de l'église 



aux vgnelles des manuserils et a.ux représentations gravees qui 
resenl de ces édifices. Au x" sèele, nous en trouvons encore qu.el- 
ques-uns en place ou en fragmenI. Quelq.uefois même, comme 
tour de Montbard, ils sont directement poses sur les merlons des 

5 

neaux. Au dajan de C,-,ucy, ils étaient au nombre de quatre, élevés 
sur l'épais lalus «lui çouvrait la corniche de la défense supérieure 
(voy. DoNJoN, li«. 3_). Mais 1 époque lvillanle des pinaeles est celle o/1 les 
arehilecles contmeneerenl à élever des ares-boutanls, afin de eonlre- 
lutel-les grandes vofiles des nefs de leurs églises. Il fallai! néeessai- 
l'enterit, sur les eonlrê-forts recevanl ces ares-boutanls, ajouter u 
l,oid, une pression verlieale destinée à neutraliser la poussée oblique 
,le ces arcs el permêilanl de diminuer d'autant la section horizonlale 
,le« piliors butants (voy. CO'STIt'CTt0.X'). Si puissanls que fussent d'ail- 
leurs ces piliers, les ares-boutants exerçaient leur action de poussée 
l-,z'è de leur sommet, et pouvaient, si ces sommets n'élaienl pas 

,'hargés, faire glisser les. dernières assises. II..fallait donc .au-dessus 
du départ de l'arc un pods vertical, une pression. Les arch/ocles ,1o 

l'école laïquê comprirent bien vite le parti qu'ils pourraient lirer dt, 
cette nécessité, au point de vue de la décoration des édifices, et ils 



fardèrent pas h imaginer les plus belles et les plus graeiêuses 
naisons pour salisfaire à êetlp parlie du progranme lOSé aux 
struêteuvs. I[ surent donc conpnsevdês pinacles lan[6! lvOs-simplos, 

pour les édificës élevés à pêu de 
jours entendus, comme silhoueltr, 
remarquable. 

fi'ais, lalS! tv/.s-t'iches. t,ai.,; leu- 

Parmi les plus l)eaux pinacles que nous possédons «lans 
français du x, « siècle, il faut ciler en première li,,no ceux 
nent les contre-forts de la cattédralo (io l{oi,s. Ce sorti 
tables chefs-l'wuvve de composition et d'exéculiot. 0 
bien il est diflicile de poser des édicules au so,mêl d'un 
et de les soumettre a l'dchelle adoptée pour l'enseveli)le, de o 
tomber dans la recherche et le ,,squi,. Tout en don,aBt à ces 
ronne,nents une extrëmo 61bgance, l'arcl, itecto ,1. Notve-Dao 
Reims a su les netlre en larmonie parfaite avpc les ,,asses énorn.es 
qui. les ;voisinenl, ci cola en les accompagnant tic statu s col»ssales 
qui pr6sentent, leur le long lo la nef et du cio.ur, une ,'ie on in.ter- 
rompue de grands motifs occupant le rpgard et luisant lisparailve er 
qu'il pourrait y avoir de grêle dans ces pyramides à jour et 
Voici (fig. ) un dessin perspectif de ces pinacles. Le calme et la sitt- 
plieil6 de la conposilion n'onl pas lesoi de eomaenlaires pour ëlre 
appvéciés ; le croquis que nous donnons, si loin qu'il soit de l'ovigial, 
fait ressortir les qualités essentielles de l'oeuvre. Ol»serons comme, 
archîlocte a su 6virer les tanalilés. 
dans ce délail purement décoratif, 1' _ 
ans les parties décoratives de l'architecture, depuis l'époque de la 
renaissance, et plus particulièrement de nos jours,  a su si bien fami- 
liariser nos yeux avec ce que nous nonmerons les chevilles de notre 
art, que nous avons perdu le sentinent de ce qui est vrai, de ce qui 
est à sa place, cio ce qui est orné, en raison du lieu et de l'oljet. Que 

nns ,:,litl«os 
qui lori- 
lit «iê veri- 
,)il 

agil avec plus d'énergie que celle du second; 2 ° de B en U, une l»ilo 
évidée, suffisante pour eonre-buter la poussée du second arc-boulan, 
à la eondilion que cette pile évidée sera chargée d'un poids considé- 
rable, celui de la pyramide CD; 3 ° en avant dt, la partie du conlre-fort 
éidé, deux eolonnes monolithes qui roidissent tout le système de la 
structure, et sous cet évidement destiné à donner de la légèreté ,à cette 
pilê Corme, une stalue abritée, eonposée de lelle façon que les lignes 
des ailes viennenl rompre l'uniformilé de» lignes verlieales ; 4 ° le poids 
de la pyramide, accusé aux .,,'eux par les quatre pyramidions d'angle en 
encorbellement. En tou! ceci, rien de superflu, rien qui ne soil justifié 
ou calculé. Dans toutes les parties, la eonslruêtion parfaitement d'accord 
avec la décoration cri'objet; eonslrueion sa',ante et n'étant nulle pari; 
en contradiction avec la forme. 

voyons-nous ici dans cet, in,mense appendice décoratif qui n'a pas 
moins de 2-t mblres depuis la gargouille jusqu'au llêuron supérieur? 
l ° Une pile ou culée puissante, pleie de A en B, destinée.à c(ntvo- 
bulev la poussée de l'are-boulant inférieuv, dont la pression ol,lique 



PINACLE 

--- t80 -- 

Les arclitectes ne pouvaient pas toujours disposer de ressources 



---- |lsl _1_ [ I'Jb'.xCLE ] 

aussi considérables, ni se pevmellre d'ciover devant les contre-forts, 
ou sur leur sommel, des 6diculês do ectlo imporlance relative. Souvent, 
au contraire, nous voyons qu'ils s»t lvivés do mo3ens de compléter 

I 

leur œuvre. A la cathédrale de Ctt'lorts-.-i.ur-5larre, dont la construc- 
lion est contemporaine de celle de Roims, l'architecte procédait avec 
une économie évidente. Aussi les pinacles qui terminent les contre- 
forls de la nef(fig. 5) sont-ils bien loin de présenler la richesse et 



l'arc-boutant. Ici les 
ni,, eau B ; rê pinacle 
à çouvrir ('o pilier el 
tr+,i,t él,l 

[ PINACLI+: ] .--- 1872 -- 
l'abondance de composition de ceux de Notre-Dame de Reilns. Ils con- 
sistenl on un pyrani«lon it set.lion octogonale, surmonlant la tète du 
cole-lbt'l let'tiné par Irois gàlles au-dessus de la gargouille recevant 
les eaux des cambles coulant dans le caniveau A fo,.mant eiape,'on sur 
piliers Iutat s'élbxent «l'u,o venue jusqu'au 
n'est plus qu'un sitnple cC»tll'Ollllelllenl «lesli,+é 
a alléger son SOlllllle[, ['[11 l»rgramnte a, usi ]"s- 
lontte. ces pinarcles sont encore lalilelnenl «,gencés, ci il 
est ,lillicii «1 d'une base assive et ull çOUl'Ollllnettt gl'èle 

passer 
av .t llus l'alrese. 
l.es ¢',,ttt'e-f+»rls <le 1 catléll'«tle le ltouen, au-dessus les ch«pel!es 
«le lat Jt+'f, lu <'chié Seltentl.iot«tl, lontt'ent le leaux linacles <lal«ttl le 
12t;11 e,ivii'o,. I1» s,. «,,ttll,,sent (fig. G) <l'un e<licule alyatl en 61»«lisseur 

!,. d,ull,-. «le set l«trgeur ; la p«tt'l:ie l,,,stc,'i,-'ure -'st Irleite e! .',el'l (le culée 

at l'a'c-lJ,ut«tnl; let pa'li, alerieul'  +,si 
«',,l<,rell.s.."-ct.s 1' dais quc' ft'tletl les 

tt.i()tll.;+, et rel»OSe stlr deux 
gàlles allt'l'i++tll'S est lla«ee 

ttre slalue <1<' t'oi; l,.s IlItlI'S 1. çl6lul'e <les <'l,alelles sot en A. Sùl+S 
«1 + la qt£;tlil; <1  lt;tlériaux <lu'ils cltisiss:ti,+l, et s«tçhant les 
l»loyex • e tai>,tt ttt,tt' !. c.tl.+ + qu;lit,;, les ;,'«lil'<'les <le celle époque 
e reculatiettl l;t, l'vatt ''s lal'+liess+s. Ces li«t<'les. <lui ont aujour- 
«llrui tJt,+ ats, ci lui t',l Cel'l.> pas .té .nlt'elentts avec leaucoup de 
>,)iii, s«,tl +ll+',,l'e lel,ul, el leurs fites <'ilJJ'lles SUll)«l'tent leurs 
,',,ut'otinet,ts ;ts «tx,il' suivi d'all«raliot, t_) voit ut piacle ana- 
<1" l,t <'«tlltéll'ati' i' Paris, reconslruit ex«eplioellelnent vers 
,.I c«,tetl+tnt les +tatues ¢les t'«is l',+i+ tag +- group ;-. t;eux <le l'église 
«i+l,:tlil' tic qait-l)ettis, eleve+ ;t let tële de, atl'çs-loulalts sous 
t.bgtte ci+, s«titl l.ouis, l'atll'laiell ll'ititivetttel cette 
ils ottt ci' lellenetl détigurés, 1,»' les 'eslatut'tlios .tlrep'ises, il y 
:t vitgl.-«'itq ;tir-, qu'o e s«tut'atil les rec«llllaill'e. Ull clocltel 
g,t,' srt,,lail l:t douil • Ir;tvée l's 
I.' xv" siè«l alla plus_ loi etç,re ' til le l,;":'.e, rel6 tlallS la eom- 

I,sili,»t ,1,' li,:,cl's. Ceux de la cl,a,lellê de Ici Vierge <le la calltédrale 
<l,, lc,u,+ stl ! un,, Iéuilé l.ui les fait x'essoml»lor it +les«l.iets cl'al'D- 
x 1-Prie, el seilet plul,',l èlre oxéeul6s en lt,étatl qu''n pif, ri'e; il esl 
«le el'no+ »o ll'ète norve,illeusement 

vrai que let li'l'l'e cl,isie, celle 
h ces délicatesses. 
COIIIIIIe dans laus les autres men£1res de 
pinacle- adoplent les 
l atles, à mesux'e qu'ils 

l'archileclure gothique, les 
liches Vel'licales le préférence aux lignes horizon- 
s'eloi- 
...nent du connencelnent du xt' siècle. Ainsi 

. lig. 7) le, .pinacle qui terninent les conlre-forts de la sainte Chapelle 

«lu Palais à l»aris, tracés en A, repo+,ent sur la corniche qui fait tout le 
taur lu lât.itenl, et leurs gàbles prennent naissance sut" ttte tabletle 
horizontale a placée sur un dé cubique orné de refouillements. Ceux de 
la salle synodal de Sens, élevés à la mème époque, e'est-à-lîre vers 
t250, et tous variés, accusent encore des lignes horizontales qui coupent 



IB3 

les ,..erticales. 

nous d 

OllnOllS 

celui qui accompagne la statue du 



-oi saint Louis, et qui représente un donjon avec porte fermée d'ule 



herse, fenètresgrilléêset tourelles. La ecion horizontale de ce pinacle, 
prise au niveau cd, est figurée en 13'. Les pinacles qui couronnent les 
c,,ntre-,forts du chœur de l'église Saint-Urbain «le Troyês, fiurés en C, 
et dont la section lorizontale, faite au ivPau Rb, est racee en 
n'ont, en fait de ruerai»re horizontal, qu'une bague dissimulée der'ière 
les py'ramidions inférieurs. Ces pinacles datent tic 1290. Entin, les 
grands pinaclês qui s'appuient sur les culees des arc-l»oulanls lu chœur 
de la cathédrale de Paris, reproluils en D, qui latent de 1300, n'accu- 
sent, qu'à peine la ligne horizonlale. Lb liène l'arclitecte a évide- 
tnent x oulu donner à ce mebre ilporlan! de l'architecture une appa- 
rence élancée. Les clocherons ['accolés au corps principal du pinacle, 
et «lui l'épaulent, conduisent l'oeil du point e au sommet, par une ligne 
ittclinée à peine ittterroto.pue. Ces pinaclos sont très-ltalilement 
posés et produisent un grandi o_flet. Le caniveau qui sert tic chaperon 
à l'arc-boutant conduit les eaux, il travers les leux .iou6es du clocheton 
supérieur, dans une grande o'-"":'""""iller,'-"-'" placée h sa base. Ces quatre 
pinacles sont figurés à la mème écltelle. 
Au xv' siècle, la ligne horizontale, non-seulement n'entre plus 
la compositi»n les pinacles, tiiais elcore ceux-ci forniel! liuliluoilo- 
ment des faisceaux «le prisnes qui se l«rniinelt en pyranidos,.se 
trènt et s'élancent les uns au-dessus les aulres. P'arlii les lilacles 
cette époque, dont l'exécution est bonne, nous citerons ceux des cet|Il'O- 
forts du chœur de l'église d'Eu (fig. 8. En A, nous eu «ionn«ns la sec- 
lion failo sur oh, et en B, quelques détails assez relnarqual»lo: par leur 

exécution. 
La silhouetle 
ces conceptions 

a évilenment préoccupé les arclitectes auteurs «le 
, et il est certain que, sauf de rares exceptions, elle e.t 
leureuse. Eês membres d'archilecture se découpent presque loujours 
sur le ciel, et nous avons signalé dans d'aulres arlicles (voy. Ct.ocnzr, 
FlX:Cn) les lifticultés que présento la eompoilion de couronemont 
ayant l'atmospière pour fond. En voulant éviter la maigreur, faci- 
l' - 
lement on tombe dans excès opposé; le moindre défaut de propor 
lion ou d'harmonie entre les délails et l'ensemble choque les yeux les 
moins exercés, détruit l'échelle, fait tache;car le ciel est, pour les 
oeuvres d'architecture, un fond redoutable : aussi faut-il voir avec 
soin les ar«hilecles du moyen fige ont étudié les parties de leurs éli- 
lices dont la silhouelle est libre de tout voisinage, et comme les arcli- 

tectes (le notre temps craignent d'exposer le.urs œuvres en déco.upure 
sut' l'tmosphère. Plusieurs ont été jusqu'à declarer que ces hardtesse3 
étaient de mout, ais goût : c'é!ait un moyen aisé de tourner la difficullé ; 
etcependant, neuf fois sur dtx, les monuments se détachent en silhouetto 

sur le ciel, car ils s'Cèvent au-dessus des constructions privées, et sont 
rarement en pleine lumière, surtout dans notre climat. Il faut consi- 

lérer, en effet, que c'est particulièremet dans les régio.ns situées «tu 
ord de la Loire que les pinacles prennet une grande mportance et 

ont étudiés avec une recherche nitutieuse. 

• ,'tf.-- 24 



[ PI.NACLE ] 

Le xvr siècle composa encore d'assez beaux pinacles, mais qu'on ne 



peut comparer à ceux du xv • comme hardiesse, ni comme onlPnle de 
l'harmon£e des délais avec l'e . 
nsemble ci des proporlions Lo Iiaçles 
du xw' siècle son habituellement mal soutlés à la partie q'ils cou- 
ronnenl, ils ne s'y lient pas avec celte merveilleuse adresse que nous 
admirons, par exemple, dans la composilion le ceux du leur du cl,'ur 
de Notre-Dame de Paris. Ce sorti des hors-l'œeuvre qui ne liennent plus 

àrarchileclure, des édicules planlés sur dos cotlre 
avec la bâtisse. Ils ne renpliset plus d'ailleurs le 
lielle, qui es d'assurer la slabililé l'un loil l'aplui 
sant verticalement; ce son! l,-,s «l)pen(licos 16coralifs, le 
lradition dont on ne saisii llus le oil'. 

-forls, sa,s liaison 
ur fonc[in ossen- 
un loi(ls agis- 
s restes (l'une 

PISCINE, S. f. Cuvelles praliquées ordinaironont h la g;uel,o de 
l'autel (c6té (le l'élitre), dans lesquelles le ('élel)ral faisai 
lions apl'bsla conmuicn. Le locleur Grancol«s  s'exprino aisi u sujet 

«les pisci»es : « Il y a leux sot.les l'ablulions après la con,uni,, 1 
« première esl du calice e,t la seconle est «-les mains ou l.s l.igls |u 

célébrant. (3'était le (iiacro lui faisoi! colle (lu calice, crémone il p«rois! 
par plusieurs anciens nissels ; et le prostro lavoir ses mai, ol «'dlcit 
pour la troisième fois qu'il le faisoil, avant lUO lo venir h l'aulol, 

« après l'offrande, et en suile (le la communion, coe le di! Ralolde, 
« lotis manibus tertid..... Dans l'Ordre romai de 
. preslre n'avaloil pas le vin avec lequel il lavoil 
« jeloit dans la piseine. Yves de Clarlres raplorle quo le pr«slre 
« lavoir ses mains après la conmunion..... Jean d'Avran('los 
,, qu'il  ait un vase particulier dns lequel lê prolre lave ses l,ils 
« apes la communion .... Dans les us«ges de Cileau, 
« dans le calice pour le purifier, PI le l)reslre alloil laver ses d«,igls 

« dans la piscine, puis il aval(,it le vin «lui Atoit lats le calice et o lre - 
« noir une seconde fiis pour l)uri|ier encre le calice..... 
,, J'ajouleray que Léon IV, dans une oraiso svolalo aux curez, 
« ordonne qu'il y ait deux pis«inos dans eltaquo église, ou lans les 
« saêrislies, ou prochê los aulols : ,, L,cus i secrêtario a«t juxta allare 

,, sit preparatus, ubi aqua eff»ndi possit quandd casa socra abluuntur, et 
« ibi linteum nitidum cure aqua dei)e(leat , ut ibi sacerdos man.s lacet post 
,,om,n.»ionem.» C'étoit pour laver les ains après la c)munion. 
« Ralherius, évèque de Rayonne, dans ses instructions, ordonne la 
« mème chose. Sainl Uldarie (ou Udalrie), dans les anciennes cou- 

on purifioit 
ifiee " 
Stcr ....  
n...... » 

propos (le ce qui se prati- 

« ruines de Gluny, parle de deux piscies : (lais l'ulo 
,, le calice, et dans l'aulre on lavoi! les mains après le 
,, le diacre et le soudiaere lavoient aussi leut's nai 
l)êsmarettes, dans ses |'oja9es liturgiquês , 

Les aciennes litur9ieç. Paris, 1697, t. I% p. 
l'oyages liturgtques, far le sieur de Mauléon 

69. 
( Le brun- De sma re t tes). 

Paris, 



« pendant que les 
,, acolyte ,pporoit 

[ rJsc.r; J -- l,'4t -- 
quait à la cathédrale de Rouen après la cottlniunion, (lit : ,,Le prêlt'e, 
« après la communion, ne prenoit aucune ablution ; mais seulement 
ministres de l'autel communioienl du calice, un 
un aulr • va»e p,-»ur laver les nains du prèlre, 
,, cotonne on fait eneo.e ai,,u'l'lui à Lyoa, à çbarlres et chez les 

,, Chartreux, et como o» faisoil encore h louen avanl le dernier siècle, 
,, alin qu'il ne ffil pas ol»ligé le prescrire la rint'ure de ses doigts t.» Et 
l,lu loin: « La lornibre allulion avec l'eau et le vin ne s'y tsoit 
,, l,,int alors (atl XYII e sib«l,,), ,1 l'on ',,lligeoit point le prêtre de boire 
,, la rinç'ure d. ses loigts. 11 all,il laver ses mains à la piscine ou lavoir 
qui vloii procl, le l'aul,l, sace.dos radar ad lavatorium. La mène 
ct«,se est n;trque l«tns !o ltis»el les Carènes «le l'an 15i. Et le rituel 

(( 
« êut lu'il y 
Durands (lit qu'auprbs 

Oll ait lr«'le (le tous lies autels .... ,, Guillaume 
lies aulel» c,[ de»il llacor une piscine ou un 

l,assi lals le.quel on se lav. les ains. 5I. l'al»l6 Crosnier, dans une 
n,ti¢'e l»ul,li6e • dans le Bulletin monumental , pose ce diverses questions 
qtt'il cie'«.le a '.s,udre : « 1  Le prèlre a-t-il loujours pris le al,lulions 
ît La li de la ,'s-,'? 2  La liscil,lio tic l'Eglis- sur ce poil a-folle 

« eld utilb'tc juslu'tt XIII' ic«lê ? 3  A-l-elle Clé todiliée h celle 
,, ,,poque', «.l qui ,-'l l'auleur le celle «,tlilicali<tV? o Quellê est 
,, l'ori"in«.e 1o I,t l»ulle l»isci, qu'ot remarqu lans presque 
,, les dglises lu tt' si;.«.lo ? 5" L'usage 1o pt'etlre les allulions a-fil 
,, tnivorsol et sans ex<'op{ion «i.luis le x' i¢'le ?,, Jusqu'au x' sibcle 
1« l,t.è[t.e lavait ,s ttains, à la fit «les sainls nyslbres, dans la piscine. 
N«»ts venons «le voir citée, d'«tprbs utt ancien Ordinaire <1o Rouen, le 
l>t';It'e no pt'onai[ automne allu[it ; colle-ci 6lail vevs.e lans la piscine 
Yves 1- Cba'l'es s'Xl»'ime ai»i au sujel les al»lulions : « Après avoir 
,, l,,u«ic el l»vi» les sl;.«es a«rênl.ellos, le l»rël:re, avant de e 
,, retourner er !o ieu/lo, loil se laver les nains, et l'eau est jêl6e 
,, l;t, u li.u ,a«..ç lo,lie h cci usage.» « Copondanl, lil M. l'all6 
« Crosior 5, l;tr resl,e«t, pour les Sailes Epbces, 16.i«t aValll le Xllff 
« «le, t Iruve lan le ot'lres religi ux l'u;tge de prendre les allu- 
« lilS ; il paraissail iuc»tveal de verser dans la nbme piscine l'ea 
,, qui ;tvtil ,rvi h l;tvr les ntains avalll la ll'dface, et le liquide 
,, ll,y6 l«Ur la l»urifi«atio du calice et des doigls aprbs les Sainls 
,, Mysleros; ;tust on Irouve dans les anciennes coulumes de Cluny 
,, Irois allulions lrises par le prèlre après la communion, une pour le 
,, calice ci deux [«ur les lnains ..... » 
Le pape locent III ayant décidé que les ablulions devaient êlre 

Cette rinçure 
Page 315. 
Ilati,mnl des 
18 I9, tome ', 
Loc. c. 

était probablement j,-'tée da,s la piscine. 

,livins o[fices, liv. I «', chap. xxx[x. 

de la 2" sèrie, p. 55. 



prises par le prëtre, « on a voulu, ajoule M. l'abbé Crosnier, lout à la. 
« fois conserver les anciens u.ages ci lavoir compte, sinon de la déei- 
,, sion du pape, du moins des molifs qui l'avaienl suseiee. 0 élallit 
,, cieux piscines, lune resel'Véo aux «llulious lrCll'elnel dites, 
« l'autre deslinée à recevoir les eaux ol'dinaires ..... » 
G'est en effet h dater de la fi du Xl" sibcle, qu'on v«il les lis«i»es 
géminées adoptées dans les ehapolles des églises ealhédrales ci. con- 
venluelles, plus rarement dans les églises taroissiales. Les piscines 
géminées ou simples disparaissent vers le xv  siè«'le, alcrs que l'usage 
de prendre les allulions est a(lmis «ians lçules les bglises. 
Peu[-ë[re avant le x[ + siccle avait-o des liscies [raspor[a]los, clos 

Iassins de n]é[al qu'on plaç'ait aul>ri's «le 1'" ' 
_ ,tu[ci, car ce n êsl qu'à «levier 
«le celle époque qu'on voit la piscie faire p:rlie de l'élifice, qu'elle 

est prévue clairs la construcliou ; encore les lroIni;,res piscines larai. - 
seul-elles ë[re les hors-d'oeuvre, «les appendices qui ne s'acc<r«lent 
l>:s avec I atchi[ec[ure, [audis qu au Xll + siècle la piscite es[ Cn,lice 
«t vue de concourir à l'elsenl,le d. l; s[vn<'[ui'e. 
Les chapelles absidalps de l'église abba[iale 

de Suger, possèdent des piscines 
l'un des piliers. A la fin du XII + 
alba[iale de Vézelay, nous voyo 

[-Denis, qui da[et 
simples Pli 'Ol'lll  ¢le cuvette accolée 
siècle, dans les ciapelles le l'6«lise 
us des piscine con«ues ci'après ce 

lnènle principe et qui foui un itol'S-d'o_'uvre. Voici (fig. 1)l'une d'cil s, 
quî se compose d'une cuvelle lolée avec u orifice au «enlre. La 
cuvelle por[e sur un faisceau le col,e[les lercé Vel.licaleent, le 
aière à perdre les eaux das les folations.  c,«it un usa,,»._ 6talli 
g6,éralement, lors de l'établissement des lrenti6res piscines, de perdre 
les eaux sous le s¢d mëme «le l'6glise. Plus t;trd, les 
tnunies de gargouilles rejetant les eaux à l'ex[érieur, 
qui environnait les églises. Cette piscine de Vézelay 

liscies furent 
sur 1« le're sacrée 
pose sur le I,anc 
cuvelle esl aller= 

qtli fait le tout" de la ciapelle et reç.oi[ l'arca[ure ; sa 
alivelnent ornée à l'ex[érieur de «anelures creuses et godronnées; 
la lase, le faisceau des qua[rê col,>nne[[es et la cuvelle son! [ail]és 
dans un seul morceau de pierre. Dans l'église de Mon[ré«tl ,Yonne), 
qui da[e de la mëme époque, derrière le inaitre autel et dans le lanc 
ème qui reç'oi[ l'arca[ure, est creusée une cuvelle de piscie "(fig. 
«le forme carrée. Le ]anc servait ainsi de crédence p,_,ur déposer les 
vases nécessaires aux allu[ions. Plus lard, les piscines priren! une 
eer[aine ilnpor[auce e[ fui'en[ fai[es en forlne de nicles pratiquées dans 
les parois des cl¢eurs ou des chapelles. L'usage de la piscine était 
désormais consacré ; de plus la cuvelle simple était remplacée par deux 
cuvelles jumelles. On retrouve leaucoup de piscines de ce genre 
la fin du xn ° siècle. Elles afl'ecten[ la forme de niches doubles séparées 
iar un petit pilier, et dans la table[le desquelles sont creusées deux 
cuvettes de forme carrée, ou plus habituellement circulaires, a,,'ec un 
<rifice au een[l'e pénétrant dans la fondation, • 
Beaucoup d'églises abl>atiales de ce[te époque, des ordres de Eluny et 



[ pI¢,CINE ] -- l O0- 
de Cit'aux, conservent dans leurs 
sées. Colle que nous donnons (fig. 

clapelles des piscines ainsi dispo- 
3) provient de l'abbaye de ,aint-Jean 

les Bon.-,-Hommes. Une pilelte isolée reçoit un sommier portant deux 
arcs plein cintre. On voit en A une entaille praliquée pour poser une 
iablelte de bois ; en C, est une entaille terminée à. son extrémité droite 
par uit orifice. Peut-être celle entaille était-elle destinée à recevoir le 



chalumeau. En effe! Lebrun-Dêsmarettes, dans ses Voyages liturgigues ', 
rppore que de son emps encore il y avail, dans l'église abbatiale d, 
l;uny, un pei| autel au e6é gauche du grand autel; quo 1o poli! autel 
servait h la con.nunion sous les doux ospbeos, qui s' pvatiluait les 

U 

fèles el dimanclies à l'égard de qu,.lques ninislres de lautel. « Aprbs 
,, que le e61éi,rant, ajoulo-t-il a pris la sile Ioslie et une partie du 
,, sang, et qu'il a eonuni6 de l'ltoslie.les tiistres de l'autel, ils vonl 
,, au pelil autel h eSlé; ol le diacre ayant porté le calice, acconpage 
« de deux clandelievs, tient le clalue;tu d'avge,l par le milieu, l'ex- 
,, Ix'éraitA élall au fo,,! du ctli('e; et les nilislves de 1'. 
autel, ayant un 
,, genou sut' un peli[ I}an(' lapissé, lirenl et boivent le précieux sang 
,, par ce çlaluneau. La nèe ('lioso se praliquo h Sainl-Denys enFranoe, 
« les jauvs solennels et les diaeles. Ce petit autel s'appelle la pro- 
« thèse. ,, 
Apr6s la conimuiin, dil Bcquillol, on renfevmail le chaluleau dans 
l'armo'e avec le calice : or, des lraces de s«ollenenls, visibles dans 
noire tigure 3, en B, indiqueraient qu'une fermelure Cail disposée d 
façon h clot'e cette piscine, qui (levenat{ ainsi une vérilahle armoire; 
le calice cri{ l)U 6lre dépos6 sur la lablelle don{ l'enlille e voil en A. 
Un peu plus lard, près de la piscine, ol lvaliqua ouvent une arnioir, 
(voyez ce mol). Dès lors il ne fut plus nëcessaire de fernev les piscines; 
aussi voyons-nous que dès le commencement du xui  siècle, celles-ci 
sonl dispos6es pour ètre ouvertes, bien qu'elles soienl le plus souvent 
ménagées dans des niches jumelles. . 

La jolie église de Villeneuve-le-C.omle (Seine-el-M.arne).conserve 
dans la chapelle méridionale une piscine de ce genre tres-deleatement 

composée. Ette consiste en une niche séparée en deux par une pilette 

* |'o,j,19,'s hl,rgiq,es, par le sieur de Mauléon (1718), p. 1t9. 



[ t,scne ]  192  
laillée, ainsi que chacun des cieux jamDages, ,lans un seul morceau de 
pierre (fig. l). L'arcature jumelle est évidée dans deux dallos de pierre, 
la construction venan! se bloquer à l'ênlour. Les cuvelles son cireu- 
laires tvoy. le plan), e nulle trace n'indique que cee piscine ai iamais 
été close. Les eolonnetes evidées n'ont pas plus de  centinètres de 

C 

'11 

I 

,liarnbtre On voil pat-cet r, xemplc lé.ià,que les am, clitectes du XIII e siècle, 
t,-. fois I,- l»'ogram' le la piscine adnis, en faisaient un molif de 
«l::..rali«>n; «',sl qu',' «.fiel ils n'admettaient pas qu'une n6cessité, 
«itt'uti I,,-s,,in ne l,.vinl i «,l,ict l'une 6lude sp6ciale, et par suite un 
t«,ven l',t'ner l'dlifi«'. N«,u chercherions aujc, urdhui, pour ne pas 
«.,.ntrari,,r les lignes de la llle architecture, à dissimuler cet appen- 
«lice:nos dvanci-rs, au contraire, le faisaient franchenent paraitre, 
Iin qu'il ne fùt .iamais dans un axe, et le d6coraient avec recherche. 
Les chapelles tl- la calh6lrale d'Anciens, dlevdes vers 10, possbdent 
,le lell's piscines prises entre l'arcalure formant le soubassement; trai- 
ls avec un soin parliculier, ces piscines sont placées h la gauche 
de l'aull (côlé de l'Citre), suivant l'usage. De l'autre c6Ié, en regard, 
esl pratiquée une armoire. 



--- 1»3 -- 

Naus donnons (fig..5) un esel,l,, l,ersl,,''lif 
inos, avec l'arcalure qui l'acconp«lgo «1 lui 
on,me on le vdit par ce il«tn, inl}l)Ct+<lales (le 

[ PISCINE 

I 

I l 

, I 
° I 
I 
I 
! 
I0 
| 

i, 18 

prise aux (lél)')s (le l'61)aiç.-_euv (lu 

les budalivns, cos piscines 

orifices 

pas (le gargouilles exlbrieure,;. 
La sainte Cll;,pell(, (lu Palais, à Paris, présenie également àla gauclte 
du nalre aulei uno fort lolle piscine i douille cuvelle, avoc çrél.«e. 
au-dessus diviséo e quarto coparlinens. Celo pisçino ,-' grasce 
dans la monographie de la sainle Chapelle, publiée par M. (;ail|al '; êlle 

Bano'. Pa,'i., 1858. 



se çombine, COlllllle celle que nous ve[lon (le dunner, avec l'arcature 



qui t'orme la dé«oralion du soubassolnon! de la chapelle. En regard 
à la droite de l'aulel, el uc_. a.oive loulle. 

Qtt'lquefois, mais fort rltr«ttetll, 
celles <le V6z+'la)'. SoUs cloi',ii celle» 
calll6drale le Sées (lil iti lli 
croquis. Ici le cieux 
ll«llls, l'atill'o «irctllaive; elles 
feuillus, ci +lil ila+b++s dans 
bi'«iii+iagos l>renn+tt iiai++ail<'e 
l«lss+lil+t à colle arçalur+, . 
Les piscillPs d+s chapelles des xli + 

les égli,«.«_ «iii 

i'elos«ltl sur lllt l'ai.-_«e«u i," li':tlicliages 
l,'-,v,',e,:,,, , _ 1, l'll>t'«iltir >. Lês faisceaux_ 
sur le lati« «'olliti sel'va,il lê u- 

ci xiv  sii, cl,,,,.le la ctli,;ll.«tle 

Paris sont d'ue grande sinl)licilé , _ _ _ _ _ _ 
pelile nielle lobée perlée sur leux 
par uli clianfrein sur 
,,-,'-ouilles l l'exl61.ieur. Les piscine» les «iiap«lles lu clic.iii' 

lhédrale lo Reilns élaient fcrées par des voici» 
en tnène leps d'armoires. 
Le xv  sibclo fil des piscines lvb-délica[,s et ri«te, «!o ,,:ulllut.o. 
Nous citevon p«tJ'llli les plus J'et,[tabl.es «oilo lu ('llteur d' l'église 
Saint-Url»ain de TroyesoE. Elle conliel loux euxello parl;gb,s 

u,.ne lilette cenlrale et lerninées par leux g/'tlles «léçorés l'ut cou- 
ronnenenl de la sainte Vierge et cio cieux figut'ino de» loux dona- 
leurs, le pape Urbain IV el le cardinal Aueler. QHtll'o d«tis 'ef,uillé 
aec «ri rocouvrenl ces figurines ci soI surnonlé» de ,,'los eil.re 

' 11 3' : t,,t,lours un banc devant les pisci,es ,It Xlll ç siècle 
 t;,.tte piscine late des d,'rqi;.res années dn XUl" siècle, mais l,parliet, p;tr SOll 
ornementation, au xIv" siccle. Sous avons eu plusieurs fiis l'«,:ea,i,»tt ,l',_-,berv,'.r que 
l'église Saint-Urbai,a de "l'ro.ves est en avaoce ae vitgt-cinq ans au m,in.; sur l'arcllitce- 
lute de File-de-France. 



«quels alparai:sel des archers paraissant défêndr.e l'édicule. Celle 
/,i.cine e..l Irès-li«'n gvavee dans les Anna#s arehéologtqtes t, d après un 
d,-ssin de 31. B«_.,wilxxald, et nous croyons n'avoir mieux à faire qe 
do renvoyer nos i,cteurs à celle reproduction et à.la l)otice de M. Dt- 
dt'on qui l'accoI, agnc. La ptcine, de Saint-Urbain n est pas la eulo 
I 
_ :ç- ,.,. . , ,, -î,,-_.. - 
 --..: " ' ,, . .'''I!II' " - 

qui oit couvonnéc fat" un cvbnlago; nous çilêrons u-, celles de» 
cltapeiles absidale., de l'églis, de Semuv e Auxois, qui. lien qu'an- 
térieures de soixanle ans à celle «le SainI-Urbain, sorti de mërne cré- 
elées à leur S, llltllel ". Les piscines deviennent rar,s tu x'," siècle, 
probablement l»aVce que l'u.,_«,..,'o cio prend.Ire les ablulions ét:dt géné- 
ralement admis. Cependant ous en Irouvons quelques exemples, 
mais les cuvetles douiles ne sont plus pvaliquées. Dans l'une des cha- 
pêlles latérales de l'église :le Semur en Auxois il exisle une jolie pis- 

' Tome t'Il, p. 36. 
 L'une de ces piscines 
piscines sont à une seule 
Saint-Thibaut C6te-d0r), 
un dais eréncl,. 

a été gra,,ée dans les Annales archéolo9que.¢, t. IV, p. 87. tes 
cuvette. On oit ausi, dans la chapelle latérale de i'eglise de 
une piscine du m', siècle, à cu,,ette unique, couro,mée par 



eine du x siècle, que nous donnons ici Lfig. 7). La cuvette est portee 

I 

I I "I I l 
.;, 

_d 

sur une colonnelle, et dans la niche praliquée au-dessus est une 
rite erCente paur poser les vases. Un dais très-riche surmonte le 



Ln A. nous donnons la soeti de c l,i..eino sur ab; en B, sur cd. 
n v«-,it l'aillours dans les églisos françaises los x' et xv ' siècles un 

l,,,sili,n elarlnanlo. 
i:t fi,'tililé sitguli«,rè 

piscine.,, 
C'est lans 
«lê arclti! 

ioules v«triéês le ri,fine et d une con- 
ces accessoirês qu'c,n peut observer 
-,«les tic celle bl»r»que. Bien rarême»t 

collection dos 
compositions 

PLAFOND, ',. l|t. (lamb,'ts). Ce que ne, us appêlc, n !lafi,nl au.jourd'ltui 
«l«ttt-t»s «o,lm'u¢'li,tts. «.'vsl-«t-lire «o s,-,livago le nive,:u laité et 
luil l,«r lpss«us, ,le m«tni/,'' à lr6sentor une sut'fitce ilanc, n'exislail 
l»a«. pa' la rai»o q,e I. llaf«,tt«l n'blail que l'appert'ente de la çOllll'uc- 
li, vt':tie ,lu llan«lor, lui se «onposail cio p,llll' S ,'i de solivesappa- 

l,lu» ,u lt,,its ri«lwnenl nioulul''-'s ci tèe seulpl6es. Ces 
ll«f,,»t«l ligul'aiel aitsi «les pa'lies 
Itêlluefi»i {les çaisson ou 
peintun,». Il n  n,»us reste pas 
sie«l,,, l»ien lUO nous sachions p«,t.faitometl 
ell,, ,:p,»que, l,uislu'On faisail des lla«her» 
,l'pnluire pat" d.»,,us. Los enluil p«»és sur lallis 

saillattles ci ci'autres renfoncées, 
qu'on ldcc, vait de pro»fils 
Fl'ac' do plaf«nls anldrieurs 
qu'il en existait 
qU'3l S gardait 
ous les planchers 

,,,I, en eItel, l'i««,nvéienI 
t«.v.s«tit'o à leur 

ci'une eltliero :cc]eres-e, ils 
poussier.e. Nus no çl'OyOllS 
I,i«tt ««nnu des lrali«ien '. 
l.e plalbn«l tt'«lai/«l,nc, pondant 

priver les lois lè l'ail- qui est 
'v«tli,,, le les écltault'er et do provoquer leur 
D,,s I,ois laisé a l'air soc leUVpnl se cnsel'ver l,endant 
enfel'ttés tlans une c,,u«lto le l,làtl'e, surlout s'ils ne sont 
travaillent, l'erenlenl et se rbduisenl 
pa-necestire d'in»isler ur ce fait 

le mo3en "figp, que le plancher. 
«lonntit la t're et l'apparence 
1  tailres le celle époqup de 
Ilacler ,le vussures, dê <'onparlients et 
'«txal aucun rapport avec lu eonli- 

Il _,et'ail 

difficile de Ir;,i- 
pl;tnchers, 
aussi nous 

1+'' «l+'s ll«ti',td lu 111,13Pli fige illls tt'ailer egalemenl le 
tlisqtto les UIIS Ile S,,lll iu'une c,,teluence de aulre. ; 
«lifutidt'»tls ce+ <loux at'licle» en un seul. 

Si les pi;,cos btaiênl étrc, itos, si en[re le.,,, murs n'exi-lail qu'un es- 
pace de œee ou 3 n-èlres, on se contontai! d'un simple solivage donl les 
oxrémiés paraiênl sur uno .,aillio le pierre, ou lan., «les rous, ou 
sur les lamtourdos : mais si la pibce était large, on po:-ait d'abord des 
t,outres d'une force capailo cio 'ési,tor au poid« <lu pl,ncher, puis sut" 
çe. poutres un solivage. Cello etlcde étai! admiso «lans l'aniquité 
romaine e elle fut suivie jusqu'au x¥  siècle. Lorsque los poudres 

et 

« L, usaff e dos 
en,tuites 

planchers de fer justifie au contraire l'adoption 

des sous-surfaces planei 



-- 19.9 --- 

[ PLAFOND ] 

aaeat de trbs-grande. porée., les 
ule de les armer pour leur do)n»r 
«.r sou, 1 poids des solivages. Il 
prenaien! beaucoup de ltauteur: 
pas les saillies produites 
,.(,mm,-. un moyen dé('oralif. 
Les poulres (tig. 1) avaient 

c«tls|ruçlotlrs ne so f,isPiO/l[; 
(lu r,)i{lo et le el,è('her de fié- 
osl clair que cos _»arl os !o planct,r 
mais nos (lovanciers ne craiffnaien 
pou/res, et les «rnsidéraienl nêtt ' 

«,;néral pou (lo porico dans les n]urs 

mais élaiP! soulagées par dos corloaux (le piPrro l_lus ou moins sail- 
lants. Si ces l-,Outres étaient ornéos cio profils sur leurs ara}tes, eoux-ci 
n apparaissaient qu'au delà do la po.téo sur les corleaux. Dans les plan- 
chers ls plus anciens, les solives po,ett d u bout seulomont sur ces 
l,OUtres, ainsi q il est fleurC_., en B; de l'autre, dans une rainure pra- 
tiquée dans la muraille, dans des trous ou su" une lamlourde C. comme 
on le vol! en D, laquelle lambourde est posee ollo-mèmo sur clos cor- 
belets ou un profil continu. Comme il an'irait assez fréquemmon! que 



[ vL«ro3"n ] -- ,.tO-- 
ces solive» se contournaient, n'étant nainlenues ni par des ienon. 
par des clevilles, o po»ait alors entre leurs pot-tées, sur le« pout!'e 

les lalnbourdes, les en 
lelt. Ces 111()%IiS 
L-os enlvevou- de- 
ou étaiott enduits 
tlp e,lre-joinl 1t, 
IIi1» caissns. Sur 
do mcrlter I, pui le 

et 
tretci-es E t;l.mant clefs ci cleilléês ollique- 
r«,idi-'aient l,eaueoup les .,,livaos «.t les poutres. 
s,,lies posée_, anciennettett t«tl pleins que rides, 
.,,,ur bal'leax, «u l»ien gavnis :1," evl'ains G posés 

l.es joint» de 
qui formaient 
CeS ItlPrF,'Iill S 
Ç.L L'l', [.c 

ce,, 
entre les oliv.s ctnmp autant 
o ételi! u,-t[l'p «le plàlre 
K. Le..; I¢i« le ces l)lafonis restaient 

mer'ains élaient masqués par 
«le 

x'Plllt'llt a[ i 
(lel,.eml»e «lU'On pour,fil 
nc,nlrê dê ce-, plaff, nds 

a'cnts; il-braient labilu«'llelient çouvêrts de peinturp en 
,'e,»uvelev facile,,e,)l. On ,,oit encore l)on 
lê.-. x" et xiv  iècles sous de lattis plus 

le long ,les murs ur (les corbeau_x I, 
1;»: u»e rainure remplissaient les 
recevaient le, about..,, dos solives. Lps 

aselltl,lages ,les pièce. ,le ce plafond .,ont tracés en L. La poutre est 
profilée Pli P, :troc l.s repos 1o l,,utrelles en M. Celles-ci, N, possè- 
dent un tenon h queue d'aronde qui s'êmbrève dans le repos M, et 
d s repos Il qui reçoiven! les tenon, , de» solives égalemen! taillées 
à queue d'aronde. Des planelês d'un puuco_ et demi étaient posées en 
long ur le: ,olive:, et maintenue_- pal" les languettes T. Ct, svslème 
d'êmbrèvement à queue d'aronde donnai! l,eaucoup de rigidité au 
I»lanehe, ", empëehait l'éeartemert et le chantournomer! des bois. Les 
pièces moulurées formaiont une suite de caissons ,:l'une apparence 
Irès-riehe e! Irès-agréable. Nous avons vu des plafonds ainsi construits 
dans des maisons des petites villes de Sainl-ntonin et de Cordes, qui 

,'avaient souffert aucune altération. Ces plafonds, de beau chène ou 
:,ème de sapin, n'avaient jamais élé décorés de peintures et présen- 
taient un lambris d'une belle couleur. Non conents de les decorer de 
,,oulures, les arclfitectês les enrichirent encore de sculplures. Il exlsle- 



fond de bois sculplé du x « siècle, conçu suivant ce principe, et qu 
"«i. -- _"26 



1 aulanl une. a«vr« «le n«.nuierie qu  1 charpenterie '. I| 
une «ail« 1,' 15 tètl'es de longuour .,«," 6m,,51 de ]areeur. or 

cinq IFa,'êS .',éltai'ét"S par ..;ix l«,ulr -, lês deux l'exl,'élltilés ri»r- 
ll|«tll |:tllt|,,tlrl ,s. l.a figure 3 donne une parlie d'une de ces tracées, 
l'nsemll,, du llafl él«tl lr««6 en A. Enlra le» loulres P sanl 
»ée les uliw's S «ve« len,- h leurs eXll'étilé. Les s,»liv.s gal 'oi- 
«liê par 1- ,.lr,.I,i>es E. Ile-pauneaux B rentldissel les inlervalles. 
.;es pane:tux s,nt «léc,,',:s le pal.Clelni» llié . l.,,s p»Ull'e sont 
.uillées l;tlét'aleett el sts leur laretel ; les cui-de-lalttpe sont 
I1., s ¢lélails >,ttl t,;«osaire, lOUr exlliquer i'aSSeltll«.ge êl la tlé- 
iti; clôt lrtil lc puutro; la li,,ne lotteltéo a i«lique 
1,' la s,,li' 1. I.,' «uls-le-lalO ; ,1 l'ur tailloir pinç' en b 

«oralio, 
Ira ''-' llt 

celle pol,e. 
[itz«[i«lue 
«lilzé, z'.««it l'ztr alaul, l'z G, zous l«nnon uzz" occupe sur les solives, 
l';ti,,tzl le la lOUtr -. lrès 1,, s;t l,l'lée. En -uplosatnl le olivage 
ezz[.e, la p«utr« prds,,nle I  Ir«z«é I[. çz oil aizi qzze les eui,-de- 
]aztpe sorti inl,'lenlattl» ci laissel passer del'tib'e leur exlrémild in- 
ff;rieur,, les tz»tzlures >eulllb' »ur le, paulres. Ce delail explique 
c,-,ttlie c ' l»l;tf,ll, pal'lie «larp,lel'ie, lat'lie menuiserie, pré- 
«.le 1,. r,jileuz'; s,,lt apecl e»l ;tgt'ea]lo sas trop préoccuper le 
r«g;trl, ce «lui êsl itztl»,rlaztl, '«tr lo ar«ltilocles du zzz«3ez «ge el mëme 
tic let z.et«ti>att«,, t, ponsaiezt pas enc,re h ce,composilibns 
t:tje,luêuse «tux yeux ls tzt, gralesquos aux yeux d.e leaucoup 
:tztlt'os, dl ,zt a «,uv«,rl ls liat'oi» dOlui« le XVlP sibele, compo- 
sili,-,zz lttZ. h l,,ztl lr,.nlr ,, n,  s«,zl «lttO d,. ilàlrago ioizls et dords 
!,, I:tllis. a'«l',«]tds atv»« !,'- «ratZttl,,n- «le ff'r, los apparentes 
I;,,,,', .ra[l,,rl,'s, .ittulatzl l,,s zz;tz'lt'e» et «l,,s lranzes, voire quelque-_ 

I l'ai,-'tit et 
.O11 .¢,-11 ll , flll'à 

«,.«l.u«lin le Iours plan«lors, êl par con.-,«]ur.nl ,le leur« 
1,. laîlros lu ,a.ven fige élaionl lct.iotlrs vrais; ils mon- 
pa,'ati,.,l l:t :lrliC[tlrê. Il y a;til llu. lo ne'ile h cola, pen- 

t,'nlir sans v«.rg;.,..,.ne aux l,rincipes elélnenlaires de la 
t t se l»l.é,»çcupail 1" 
«l)ord des çaml)inaisons des pièces 

«1,  cltarl,,*nl,, puis 
Dans le, 
les plafonds 

cl,e«hait à 

l)rovillce- 
rapporlé- 

le solivage on clouail «les p[ancles, 
fol'man| {les compartiments léCOl-'é 

decorer en raison mëme de celle 

«le la Frallce, Oll employait aussi 
l,s solives: c'esl-à-(lire que sou 
et sur ces planches des moulures 
s de peinlures. Ces sot.les de pla- 

Thiérot, architecte à B.eim, a bien ,ottl« 
soin.. 

relexer pour 

nous ce plafond avec le plus 



-- "203 -- 

[ PL FOND ] 

fonds élaient d'une grande richesse, et en mëme iemps présentaient 

1- 

légèreté que l'oeiI aine à trouver dan les parties supérieures d'un« 



[ rt,,'o-t ] -- 20,-1-- 
pièce. Ce procédé a été encore employé pendanl la renaissance,; et le 

t I 

I 

I 

I 
! I 

plafond de la galerie de François 
charnanl exenple . 

Fontainebleau, en 

donne un 

' Ce plafond a été malheureusement remanié. Ious parlons de celui qui existait avant 1813. 
A Venise, on ,,'oit encore de beaux plafonds exécutés d'après ce s.vstème. On en trouve aussi 
en Espagne, et notamment à Tolède. Les ht)tels de Toulouse en presentaient encore quel- 
ques-uns il " a peu d'années. 



Notre siècle,, qui est un peu trop pénétré de la conviction qu'il in- 
ve.nte chaq.ue jour, ne doute pas que les plafonds composés de vo- 
tan.s de brqu.es, poséos sur (les solivages d bois ou 
fer 
son! 
inno- 
Ilile 
vatmn; or, voc (fig. 3, en A) un plafond potA dans 
une maison de la 

£. ç 

fin du xv' siècle, à Chartres, rue Saitt-P,te qui 
binai,on de ce genre. Les solives B sot 
dans les murs ; sur leurs plats b s,_,nl llouvdc» 
posées en épi. Ces briques ont 3 cenli,nèlres 
mètres de cèté. Les teins G sont r«'tllis 
pose le carrelage 13. Les solives cnt 32 centim/'tt'es «_le «té (un pied) 
et placées sur la d.iagoaalt, ; elle» offrent une grande roileur. Ce pla- 
frnd, d'une portée assez faillie, pt'«duit un tt'b-l»on effet, et peut faci- 
lement ëlre décoré et maitlt'nu propre. A Troves, dans l'lètêl «te 
}'Aigle, dit de Mauroy, rue «le la Tritiilé, il exisl" uî ll«tt'otd du x  siè- 
cle, entièrement de bois (voyez le tracé ), qui présent l-s solives 

IIOII.S dOllllP tlll - CI-Il[l- 
' ,,1 • ,! sc,,IlCs 
SUI" l ;iii e 
,les vo61ails le lriques 
l'cpaisseur ur 10 cenli- 
açonn,,rie sui' la,lulle 



suiatil leur «lia._gonale, .I pôsées comme le çait voir la 
l'agle rotlrant fi,rné par la juxlaposilion le ces solive 
do clanlattes I, fuis sur le tout des n,atlriêrs K. en t,':,- 

i:l,;i,.u,i ,I,, <.+,s inl,'i'x;tlle,, Alotit i.e,lli l»at ' u l)al+tlpau 
l,.i«,+ qt,_' r_,u !«..-_es vioux é+lilicês (ce <lui 
+.1 \xt e -i;'«l,..;, +n lais t,iottlut'. +1 s.ull»l+. Si 

s+'ulll,; l'ara- 
p! LI S çonsevva- 
l''p,:cltê pas l'ël'  h la 
i,oaux plafod des xs" 
les p,»rlées dos loulres 

dates de.-, viëoltes d,, 

par le gaùl, t(us pcuxotts 
lattt'l< lI«tfot+Is h Vt-Usstll'OS of 

-t I'.,t'l ,', v,gtt," ,lel,ui., I," t';'gl' ,le l.,,_,uis XIV 
<l,,ll let l',,fine sêt'ail inliquée par llt slru«luro, 
<1' I,','. 

Il laut t,|).,,Ol«.or ici qllo dès le xv' sièclê, entrô les solives 
('itol'S, C,rl t'ais;il souvo,t des onlrevous en plàtre onduils sur 

,les plan- 
t)ardeaux, 

l,u-és sur las_,eaux clou's aux doux tiers de l'épaisseur «le la solive, 
ltl pouf ot I, :-'ier la poussibro de tami.er enl,'e les la,guoltes dês 
placles de rvcouvrement que pour évitel' la sono,'ilé des llanchel'S 
entièrêent le lais. Ces entl'evous étaient points et nën£e quplquêf,i-., 
décorés de reliefs on plàtrê. On voil quelques plafonds ,le ,'ê ,genre 
dans d_o vieilles ntaisons d'Orléans. Au-dessus des entre,,(,u,,, ott lais- 



ait un isalement, pui on pasait «le. lar«leaux sut" le..s «o[ivês, et l'on 
lormait de.,, augets, ,.galemen! en plàlve, latis lesquêl« ol las¢,ait le 
cran, la narne ou mëmo la terre lestinés it l-ecevoit' le carrelage. 

PLATE-BANDE, . f. On appellP aih -i Ul lil,.; «,l)l,;i'Pill-' ('! l'l;t,,eaux. 
l.a ilate-ban(IP, ¢»u l'eunioll de, [)iel'l'O> ]lol'[ZOlll«tlelllPIlt [i+;Ps Sll" 
(lex iieds-droits, etant, eu principe iê 'çlvu«{i,t un apl)«tr+.il i- 
(.ieux, les ar«iilecles (lu t«)5«t àgê ê l'«l g/.r,, llus ,.ll,v,:e (1, . 
i,'s Grecs. Les Gt'ecs n'adteltai«tl l»«ts l'aic, ol s'ils a«iit.ttl à 
uu esla('e enlre lieux pilier's, {leux pi.ls-(lt',ils u «l{.ux ««,i«,tttt,s, ii 
p«)saienl »uv les puinls d'apl»ui verticaux ut l),lilll,. li,)viz,)llai. 
llotais It'océ(let'etl dt' ttëtte lan let l)luprl i,'s ««s, l,i.t lt'il 
eussett déjà all«treilié des litleaux ci «lu'ils ,,t ai,.tl làil ai,i 1o 
lai)les l)[a{es-lali(les Les arclilecles (lu tttuvêti a,,,. s;tttt'([' 
exceplions lelionnées dans l'arlicle I.LN-s'r}t'CON et IZFNgTt¢, 
Ioujour t''poUS6 le linleau cotnlOé 1 • claveaux. S'ils crtigai,.l 
fui)lute, ils Iatlaiet{ au-dessus ut arc do leclt«tt'g«. Nous 
lltOitlS scruIuI'ux, et nous l(sOUs. <lait» 11«> é(liiic+'s lulli«» +u 
aulanl ile l,l:l+'+-l+a+le> +lu'il y at 1+" Iaie-,-u d+ + Iravées te'} ;., 
zlal+,et; >el]l+,+,nl us «x<ns .le >oi d+. -ottteir cet 
xii'Jeux au oxe le fl)l.IP> l«t.'es (le fer. 
_ " . rl" 1% 
leiï«. 1o l»allé,,, ,lo[lt los «laveaux ,,[{ etlilés (laits de barre- 

l.r su..,lellues ]);ri" ,|t-'s liv«llls à l-s al'fs ...u])évieuvs. 
eo{Iê s'l, aux lrçi[,s 1o., llu., v'«i.s ê! lo..; llu..s 
s[t'uc[it, «1 ("«sl pouf cela (lUO llu-i«u' les 
des gens naïfs. 

PLA'I'FIE, s. . GYlS(' cuil ;tt four, b'oy ;, ,e 
;t'{' l'eaLI (le nalere àt fot.t}tet, titt e,»t.ps olile, lWe 
lr/'»-tauvais (ondu('[eut" (lu 
g',,-I un 1,.éiugé. _ rie «roi'o que les «OllSIl'uClours lu 

«tssez ltlr, ci 

. 11011 - 
,eul,,,«nt l;t]s les ç«st.u,_.lions pt-iv,.,es, mais aussi ,lans les é(litic«. 
lullic,. G'e»l qfen eflbl le plàlro est une excellenle mali6'e,-la ques- 
ti«) est (le l'o)lployer h propos. 
Le plà[l'o puP, radianteWavec la quanlild d'eau convenable, di, s qu'il 
««ntnteuee {t ¢lurci" (ce qui a lieu presque immélialenenl après le 

InCange), g,)nllo .t p-end tin v«lue plus consi!léralle que (.,,Iti qu'il 
av;,il à l'elal liquido. A )esti'o que l',au 'évpo,'e ci l,-)'»«l'il so (les- 
sael+o, il (ord au eottrai'o cio 'O[l voluttio, l',e l'oit'ail, (11 le «(,tnpvetd, 
l)eul ètre (l;tngereux dans noml)re de cas; ii pl't)(luil (les 



[ PLATBE ] 

-- "_'68 -- 

.« r '( 
s l m,.))''-_,:,., n »t-ils janais enplo)d l 
r«»o ltiaç'«»ittiel'iê, ,[at ce que lou apêlols la hmou- 
}+our l.ont]lir tes lit, ou jottllS des 

• 
.Assi les COll»ll'LIv[ctlr 
plht,'ê (|ail la 

s,,,e'io, ni (auf ,les ca', très-raves) 
pi.rres. Ils p,,,aiet toujours leurs «ssios do pierres à bai de mortier, 
o p,uv leur l»locagos enlvo los l»al',e, ils n'enl»loyaie jamais 
«itl' le n,.li,.r :txee lu gros al»lê. Il arrivait cependant l)aVfi»is qu'il 
lier, l«rsqu' los eilros avaiol uê lr«s-grado I»orlée el lue les arcs 

;_.tai,,tt tri'..;-,:lais; alors 
C'est ai,,si ,i,l'«,v;tienl êté 
• '. Oal' 
l,ltlv,' êi,,pl,,v," ,'lait ,'x«, lient, 

on «,,ulait, das les joints, de l,on plglre. 
I«tn[l«,s pl.ii[ivêct les cl«tveaux (les a,'es 
let (.«tllê,lvatle le Paris; e! i! faut dire que le 

(]',;tait i'icil-a.lvt,et,t d«s les 
al, 
IIIOVt'II .,«,',- 
• "e'- e'nll'»yaietit 1o l»làll'e, 

les laliies (lo culis 
centiltèlrê 

s'enlevaient 

(l'él)ai.-.seur, sans se 

les al'cititectes du 
OlI[I'OVOUS et ,les 
l)ois, des cloisatis, 

ait'('s Stll' le» l)laiclter», l),)ur loul'(le.r (les l)ans 
lu-)ur fai'e des en(luits. D plul)arl (le l):ts (le l)ois (le refend des nai- 
sons (les xtv' ,.I w e si;,cles «))I lcur(lés e plàtre. Nous avoues vu mèche 
parf,._)i, des baies, (loital (lu)e l)ièce davis l'aulre, (lécoup6es dans 
(lit l)làtve. Dotal« l'arclt .vëcl6 (I(' Narl»)lme. ous le passage (](. la i)orle 
(l'e)llt'6o, il ('xil(" u)lo l)(,tite v()se du XIV e si/.('le, (.ml l)làtre, nioulurée 
 . « isi ('. 
SUI' (l('s f,'ii[()llS (le fer pi II()llll tllt (l;tns l,t l'¢llJ(]P . ,tll(" vo n OIl fai- 
s;tir :tusi à ('(.llo (;l), )q t(" (les tlattlleatux (le clteniitl6e en plàlre mou- 
lut'Wol seuil)lW(v()y. C)tEMxÉ), (les «Ol'tticllos (l'apparlêmonls, des 
clotets , (les (l()ttl)le< l)ai(.> (lU'C)tt fertnait (l'61ofl>s. Trbs-aneieuuoment, 
fait des ('elcueila de plàlt'e, ,,I. (l«ttiS 1(' tbuillos (les vieux r.inlolières 
«)tt oti relt'()tixe «le nontl)vottx (Ici)vis. On enl)loyait aussi le plaire la- 
liis(, It.(.s-li)i p,)ul" faire (l(.s eliduil sur la pierre et nièe sur le bois, 
alin (1(. p,-)ttvoir y appliquer (les l)einluros. Le )ioie Théoplile parle 
de n,)ml)reux ouvra,,es (le l)c)is (i:tns l,,s(iu(.Is lè l)làlre j,)uo un rSle 
itll)orl«tnl. I.(' l)làlro l)ur non falsifié acquierl une grande durelé, il 
e,t brillat)l (lattis la caSUl'O, Ir;.s-l)l«tne et 'ésislanl. Or, les gens du 
t,)ye) 5ge, )«tifs ('oltiio «ltaeun sail, n'av,tio)l pas d6couvert lous les 
l)V,)cé(16s l()(l-rne à l'ai(le desquels «)l falsifie celte excellente ma- 
li;.t'o, (,l leurs en(laits de plàtre ont (l'une boaul8 remarquable. Tou- 
t(,l',-)i le l)l;ill.O, lième bon, no r6sislo l)aS aux agents atmosph8riques, 
êt il rie peut el ne doit être employé qu'à l'int6rieur ou dans des lieux 
l)ion abrilés. 

t Le dotet était u,e séparation établie à demeure ou provisoirement dans une grande 
salle. Beaucoup de grandes salles de chàteaux avaient ainsi «les clotets qui formaie,t 
autant de cabinets où l'on pouvait se retirer. Ces clotets n'avaient gui.re que :2 mètres 
de hauteur, sans plafond. On les rêmplaça plus tard par des paravents, cmprunt6 
dë,isions que les Chinois établissent insta,itanement dans leurs logis. 



09 -- 
lat(u cu 

[ PLO3IBElqlI3 ] 
d,s «.larpeles êxpo- 

PLOMBERIE, s. f. Ouvrages le |tioiill 
vrir les édifices, à conluiro les eaux, 
sbes à l'air. La plomberie remplit un .,',1o ittporlatl dans 
! oyon ge; c'elait d'ailleurs un Iradilion antique, t l'on n petit 
fi»uiller un édifice gall«-rotnain sans riCouvrir, dans les ddcomt,res, 
quelques dëbris de lames de plomb employëos pour le rev I«tent 
. - ,tiens 011 
cbéneaux et mème dos total»les qous le» roi» brovin _ 
vrait de ploml de, é«lifices entiers, églises ou palais. Saint Éloi 
pour avoir fait couvrir l'«:glise Saint-paul les Gitamps de lanos 
ilolb arlisteinent t'availlbes. Eginhard t ficril, dan, une «le .cs loltros, 
qu'ils'occupe le la çouverluro de la l)ailique des artyrs 31areellin 
et Pierre: « Un acliat de llomb, dit-il, nto3-etal[ une solatlo le oin- 
,, «luante livres, ful alors convenu eIre Otl. Quoique les Iravatlx 
,, le l'édifice, ajoule-l-il, ne soicnl pas encore assez avancés pour 
,,je doive n'occuper le la couverlure, «epelant la lurdo in«e'lain 
,, le cette vie semble nou faire un «lovoir de loujours nous ttàter, afin 
,, lerminer, avec l'aide le Dieu, ce «le ou avons pu enlreprondro 
,, d'ulile. e m'adresse lon« h vol.e l»ionveillt«e das l'êsl»oir quo 
« vou voudrez l»ien no l-,n«r des renseign,enls sur cet achal 
« plomb... ». Fro«loavd, dans son Htoç.e de l'/glse de Refi,s , rap- 
perle que l'arçlovèqhe Ilin«ar fil couvrir le iionl» le toil de 
3olre-Dame. Plus larl, à lt tin lu x  sihr.lo, l'6xèqu ! Pais, Mau- 
riee de $ullv, laisse par leslaent çinq nille livres pour couvrir 
plotnl le c[tmur de l'églio eathélralo aç[uelle. L'induslrie du 
hier reonto donc aux l»reniiers »i;.cles lu ] ] l 0  [ O III. he, et se 
iusqus h l'dpoque de la »aissance sans decloir. Celle itluslrieco- 

difticuités sérieuses «lont 
fail'o connaitre les divers 

pendanl présente dans l'exéculi«,n certaines 
nous devoirs entro{enir no ]e«lotirs 

moyens qui ont Alé eployés pour les l.fi«ou,l.e. Le i, lomb, comme 
chacun sail, es u filal lrès-lourd, iri, s-malleal,lo, lou, o prlant 
larfailetnenl au martelago; mais par cela m:me qu'il est mailCl,le 
lourd, il est disposë toujours à s'aflhissor ou h déchirer les attac]o 
qui le reliennent it la forme le bois qu'il esl d,stiné it eou rit. Le 
rail du plombier doit donc tendre à maintenir les lames 
qu'il emploie d'une faç'o assez c,mll/,te pour résislevh l'affadissement 
causé par la pesanteur. A ce poinl de vue, les ançionnes coverluros 
sonl trbszudicieusemenl combinées. De plus, la chaleur fait singulib- 
rement dilater ce reCai, de même que l'aclion lu froil le rélr6cit. 
S'il n'est pas laissé libre, s'il est attaclé d'une manibro fixe, il se lour- 
soutle au soleil el arrache les attacles pendant les grandis fi'oil. 11 
faul donc: 1" qu'en raison de son poids, il soil mainlenu bnergique- 
ment pour ne pas s'affaisser; 2" qu'il soit libre de se dilalev ou le 
resserrer, suivant les changements de tempévalure. D'autres diffi«ullés 

' Eginhardi 
 Lhap. v. 

epistolte, XLVb 

aa abOttle». 

vi.  27 



[ et.o»ttcttt. ] -- 210 -- 
se présentenl lors de l'emploi ,lu .plomb dans les couv-erlures. Aulre- 
fois on n'employait que 1o plomb coulé sur able en faibles plus ou 
moins épaisse,s; ce proêédé a l'vango de laisser au méal oue sa 

fureté e! ,le te point dissimuler les défauls qui peuven! se manifester, 
mais il a l'inconvénient de donner aux lables des épaisseurs qui ne 
so»l pas parfaitement égalês, de sorte que la dilatalion agil inégale- 
et ou que les pesanteurs ne sont pas partout les mëmes. Le pionl 
lainé qu'« el,lOie a.sez géttéralenent aujourd'hui est d'une épais- 
seur uniforme, :is le !alninage dissinule des brisure ou des défauls 
qui se anifeslet bie161 sous l'acli de l'air, et qui occasionnent 
des infillralios. De plus, le l»lonl la»in6 esl sujet à se piçuer, ce qui 
n'arrive l»aS iabiluel!etenl au l»lomb coulé. Ces piqùres sont faites par 
«les insecles qui ierforet le il,nl de pari en part, et forment ainsi 
aulanl ,te It',us l'un nilliètre pnVil'O de diamèlre, à travers les- 

,lu»l-; l'eau ,le pluie se 
• es pot'fr»t'ali.n.s dans 
lrès-fréquples (lans le,,, 

fat! jour. Nous n'avons jamais eu h. signaler 
des vi;-.ux l»l,-»nl»s coulé:s, landis q elles sont 
plantl»s laminés. Nous laissons aux savants le 

trefois les 
longlemp.,; 

de ,lécouvrir la cause dê ce lhenol«ne singulier, n autre phé- 
produit avec lêlnllai «lu ploml pour revèlir du bois. Au- 
lois êmployé lans la charpenle et le voli,:,e%e avaient 
séjr, ut'nb dan. l'eau et éaien! pat.faionot! lurgés de leur 

..,ëve; attj,ur,t'hui, ces lois (de chëne) sont sauvenl Illal purgés ou ne 
le son! la. ,, lu lou[ : il en résulle qu'ils eonliennenl une quantité con= 
sideral»le d'acile pyroligneux (parlieuli6repnl le bois de Bourgogne), 
qui femme avec le i»loml un oxyde, de la cbrue, d6s que le métal est 
et cotla«/avec lui. L'axydatiott ,lu plomb est si rapide dans ce cas, 
iti., quelques senaines aprbs que le ln61al a ét6 pos6 sur le l,ois, il 
,.1 r6,1uil it l'61«tt «le I,lanc de c6ruse, et esl bienll percé. Nous avons 

vu ries 

<'ouvet'lure:-,, faites dans ces <-'on,lilions, qu'il a fallu refaire plu- 
fi»is et peu de ênps, jusqu'à ce que le ploml efll atsol'lé leur 
çtttlenu lans le... fibres du lais. Des coucles de peinture ou de 
[lerp,sées etre le bois et 

sieurs 
l'acilo 
b'ai " 

d;»s le elbne., Les eonstruelêurs «lu moyen 
n,,'.n,-, dê ..,ig,alèr ce phénalnene chimiquê, 

suffisent tlëme pas pour 
avite «le l'acide contenu 
a_,:,',,e n'avaien! pas élé à 
luisque leurs boîs n'é- 

laien! janais mis en wuvre que purgé complé[ernent de leur séve, et 
leurs couvertures ne p,-é.enten! que peu de traces «le blanc de cëruse 
lorsqu'on en soulevê lps lables. 
!1 et est de la eouverlure de plomb comme de beaucoup d'aulres 
par[ies de la construclion IlPs b'alilnents; nous sommes un peu trop 
1,Ol'tés à croire à la perfection de nos procédés modernes, et trop peu 

' .utrefois tous 
qu'après avoir flotté; aujourd'hui, les 
qlfi n'ont pas séjourné du tout dans 
inconvénients trbs-graxes. 

les bois, outre leur séjour dans l'eau, n'arrivaient sur les chantiers 
transports ar chemins de fer nous am6nent des bois 
l'eau et qui conti,nnent toute leur séve. De là des 



---- 211 --- 

PLOMBERIE 

soucieux de nous enquérir de l'expérience acquise par nt, devn- 
ciers. La plomberie es! d'ailleurs si intimemonl IlAe, à l'a'! de let ciar- 

penerie, que si l'on veut couvrir en planches, il es! nécesaire, 
four, de s'enquérir d  la qualité et. (le la provenance (tu bois h 
ployer. Les gens du moyen âge, peul-0tre par suilo les lradilions le 
l'anliquié, apportaientïn soin minutieux dans l'alprovisionn.êmenf. 
et la mise en œuvre du bois; ils n'éprouvaient pas, par canséquen,, 
les désappointements que. nous éprouvons aujourd'hui en mItant 
levage des bois verts et qui n'ont jamais dtd laigné dans l'eau cou- 
rante. On reconnaitl'a du ttoins que celle exp,rionce, raisotnée ou non, 

est bonne et qu'il fau! en leniv contpte. 
Les p!onbs ernployés pendan! le moyen fige c,)nliennen un 
nolable quatlité d'argent et d'arsenic; les n5tres, parfaitemenl 
r6s, n'onl pasla qualil6 quo leur donnaitcel alliage nalurel 
Ore ainsi plus sujels à se piquer ol h s'oxslor. Nous 
vu en place, en 1833, avant l'incendie les coml)le al,- 
de Charlres, les plombs qui en formaient la cçuverluvo 

, et sont 
avons encore 
la caihédralo 
datant (lu xt - 

siècle. Ces plombs étaient parfaitement sains, coul6s en tailles d'une 
ëpaisseur (le 0",001 environ, reve{us extérieurêment par le lemps 
d'une patine brune, (luve, rugueuse, l,ril[antê au s,-,[ei[. Ces plotbs étaient posés sur volige (le chëne, et les /al,les n'axaiont pas plus (le 
0",60 de largeur. Elles étaie, ni d'une longuour «le 2".50onvivon, ëlouees 
à leur lë[e sur la volige avec des clous de for élancé à lr/,s-largos lèto.s; 
les bords la[éaux (lo chacune (le ces/alles s'eroulaion! avoe 
des tables voisines, de façon à former des bourrolels de plus de 

tic diamblre; leur bord inférieur 
de fer, afin d'onpèchor le ven! do le 
de eelte plomberie. 

étai/ mainlenu par doux agrafes 
«. 1) un lracé 
relroussor. Voici (fi_ 

Ainsi les tables éiaient fixées invariallonnt à la lëto, on A; lêurs 
lords, relevés perpendiculairomenl atl plan, ainsi qu'on le x oit t B, 
Catent ênroulés l'un avec l'autre et très-solidenent maintenus latéra- 
'é 
lemenl par les bourrolets C. Ces bourl»lets enroulés n raient pas loi- 
lement sertC, qu'ils enpëchassent la dilatation ou le retrait de cltaque 
feuille. Le bord inférieur «les tailles élait arrëté par les agrafes 13, dont 
la queue ëtait clouée sut" la volige. Au droit de chaque recouvrement 
de feuilles, l'ourlet Cait doublë, bien entendu, et formait un renfle- 
ment I. En D, nous donnons, au quart de l'exëcution, la section d'un 
bourrelet. (]'est suivant ce principe que le contblê de l'ëglise Notre- 
Dame de Ehâlons-sur-Marne est couvert, et. cette couverture date, dans 
ses parties anciennes, de la fin du Xl" siècle. Ici les feuilles de plomb 
étaient gravées de traits remplis d'une malière noire formant des 
dessins de figures et d'ornements; on voit encore quelques traces de 
celle décoration. Des peintures et dos dorures rehaussaient les parties 
plates enlre ces lraits noirs; car il faut observer que presque toutes 
les plom.beries du moyen âge élaienl décorées d.e peinlures appliquéea 
sur le ruerai au me)en d'un mordant trbs-énergque. 



Les «ténoaux 
tatio libre, sans s«udures 
toujour« malnteltU, 

de plontl lu Ill«,yèll ;'ng Se,lit é,alomett posés h dila- 
et à vossauts. Leur l_ord ,xlériour n'es! pas 
eomnne cola se I)ratiquo de ]os ju,'s, par clos 

I) 

trier¢ le clène, mais il ,'apluio sur los Ivingles lorizontales de fer. 
rond, l»arléos à di.,_laces assez .rappro«tées par de._, équew'es à tiges 
forgéos. Voici (fig. ), en A, le lrofil d'une de ces armatures, et, en B, 
sa face xue sur la corniche de c._,uvonnement. Les équerrês (3 sont 
sce!lées dans la tablette ,le eorniele, sous la sablière S du comble ;les 
tigettês sont rivéès sur la tringle. La feuille de plonïb du chéneau fixée 
en a suit le contour a'a", et vient s'en'oulor en b, laissant voir exté- 
rieurement le équerres qui lui ,ervet de ,outien. 



[ PLO',IBEIIE ] 

[;es feuilles de plomb de chéneau sont d'une forte ëpaisseur, d'une 

longueur qui n'excède guère 1",30 (- pieds), et sont réunies par des 
ourles, ainsi que le fait voir le fracWpov.,:peclif G. A cloaque ourle|, au. 

fond du chéneau, et un ves«aui, afin d'empë«lor les eaux de paser- 
entre les joints des feuilles, ou d'ètre avrètées par les saillies des ouf 
les. D'ailleurs les -.-""«» _ u iIles d'éco u le,ne n t su n I t o uj(  urs t vès-rappvo- 
chées : de d'ux en deux feuilles, par exei)le. Le eostvueteurs du 
moyen fige avaient probablement obsevvé que 1o bois enli6vement en- 
fermé dans les lames de plonb, sans air, ne tarde pas à s'échauffer et 
à se réduire en poussière. S'ils faisaient, dasdes latitalions, des 
neaux de bois, ils laissaient apparente la face exIévieure (lu chéneau 
en la recouvrant seulement d'un ff)rl relief, ainsi que l'indique la 
tic.,.,,, , 3, pour 1« préserver de l'aclion (livecto (le la pluie. Le._ faces des 
chénoux (le b,is ëlaienl habiluellelnent moulurée, quelquefois mëme 
seulpl6es et coUVel'les (le peinlul'e 

' .Notes a',ons ",',a ,l«s restes d,. ehéneaux de ce genre dans dos m3ii5o!15 de Iouen,. 
d'Orléans, de Bourges. 



[ PLOMBERII:: ]  21 I ---. 
Si les plonbiersdu moyen fige apportaient une attention scrupuleuse 
dans la façon des couvertures, ils excellaient à revètir les bois d'ouvra- 
ges de.plomb.crie, à ropousser los plombs au marteau, e faisaient de 
cette industrie une des déeoralions principales des eouronnemenls 

5 

dl'edifices. Le, aricles Ée et ÇRÈTE (lonnent quelques exemples de ces 
«,uvage» le plonl)erie rêpou,sée, qui rappollent les lneilleurs modèles 
l'(,vfévreriê de l'époque. Il est facile «le voir, par l'irrégularié nëme 
ces se»ries d'ou,;vages, qu'ils étaient exécutés sans nodèles ; on les 
¢oposai! en découpat les ornenenls dans des lables de plomb d'une 
lonno élaissour, ê en donnan u modelé à eês déeoupures plates, au 
(»xo (le lolils nartoaux de boi de lifférentes formules. Des ornements 

anciens, [.I.Ue nous a', ons exan-tinés 
ur les traces de cctle fal'icalio, 
ci'un ariiste et la conaissace dos 

t,',ulan I, 
llput'ot ou 
figure l, il 

avec le plus grand soin, nf)us ont mis 
ll.ès-sill)le , ltais «lui exige le goùt 
dévvloppêments de surfaces. 

par exelple, exéculer en llnl repoussé un ornement de 
l'él»i, Ici lUO celui qui o,t présenlé aeievé, en A, dans la 
fallait se re,lve COlnpte du développelnent de ses surfaces 

sur pla lvoit, tvac,'r leul" «ottour >ur une feuille de ploInb, le décou- 

ler, ainsi que 
facp l,.coupée, plane, le 
se ralportaient agi"afCs 
las la 

la tigurê i bis, êt donner peu à peu à celte sur- 
lodelé convenable. C.es feuilles (voy. la fig. l) 
et »oudées ur une aine de plomb, indiquée 
section B faile sur ab. Des loueles de plomb, soudéês à l'in- 

ié,'ieur de la livê (voy. lle dét.ai| ç),dntraient dans des goujons dou- 
bles D soudés h 1'50 e places en Des ligeltes de fer rond e, sou- 
lées en dehors dans le canal formé par le modelé des figes des feuilles, 
donnaient à celles-ci de la solidité et se terminaient en flêurettes 
«le plomb, eomlne on le voit en E. L'épi présenté ici ayant une section 
triangulaire, le déeloppêment de elaeune des trois feuilles devait se 
re.nfèrmer dans l'angle BGH. Dès lors les trois feuilles étant présen- 

fées agrafées et soudées à la .base de leur tige de 9' en h, on écartait 
les feuilles K, de manière qu elles se touchasse,nt par le bout, et on 
les réunissai! par un poin! de soudure, ce qui do,nnait de la solidié e 

du roide à la partie supérieure. I1 fallait une grande habitude des dé- 



-- 21- [ ».or ] 
eloppements (le surfaces et des effets qu'on pouvait obtenir par le 

m.odelé d'un objet plan, pour découper ces feuilles à coupsfir et .sans 
gacher ,lu plomb. M;tis jamais gens de bâliment ne sesont mieux 

E 

rendu comple des développements que les artisans (lu moyen 
Ces travaux, qui nous semblent si diftieiles à nous «lui n'a'ons acquis 

h aucune école l'habitude de ces effets, étaient un jeu pour eux et un 
-- 
jeu attray,anl, cal" ils cherchatent sans cesse de nouvelles difficultés à 
• ° I C¢ " " " • " 
ancre . Eparnant le soudu;e dans ces sortes de travaux, ils mode- 

t Sans trop de ,'anité, nous pou,ons dire que nous a,'ons été des premiers, ds 18.t7, 
à essayer de faire revivre cette industrie, complétement abandonndc depuis le xw  siè.cle, 
car les plomberies de Versailles, par exemple, sont fondues. Nous avons été second, pat 
un homme intelligent et, chose plus rare, disposé à laisser de c6té les routines, lq. I)u- 
rand, mort depuis, après aoir le premier rendu à cette belle industrie une partie de sa 
tptendeur, 



[ rt.o.tcr,-: ] -- °16 -- 
laiet,! 1«, fi.uille cit. nétal aec un gofit clarmant, comme on m«,d,'.- 
levail de l'argile, o! lui laissaion! l'apparence qui convient à celle 
naièvo, s«,», pr.ondre simulor de la l»ievre ou du bois sculpl, . 
.vaie-il., par oxeple, un chapiteau à faire, ils formaien la cor- 

| 
I 
I 
i 
| 
I 
! 
! 
| 
! 
, 
, 
| 
. 

I 
I 

bêille A t.fig- 5x. puis la revël,.tiênt «le cvochel., d feuillages modeiés 

a i,avl, .-,oudé.-, et agrafés au corp, principal, ainsi qu'on le ;oit dan l;t 
sectic, B..Mais lOU! cela léger, vif, délaclé, COmlnè il convient à du mé- 
té, l. La COl.beille était alors déprimée i sa partie moyenne, et présên- 
tuit un dianètvê moindre que celui de la colonne, afin que les tiges ral»- 
lortées, pal" leur épaisseur sur l'ame, n'excédassent pas le diamètre du 



frit. Souven! ces ornements 'é|aient qu'agrafSs, ce qui l)ermeltait 
d'éviier foule l)risuve el faeililait les rbparalions. De pelilos ligos de 
ti.r soudees à l'in6vieur (les f,uilles, ou cr«»chets, leur donnaient 
du roide ci les enl«laiol lo s'«lttissov. 

-> 
tî...L LZ/,L " 

Dans tous les ouvl'ages «le, plomberie, il esl nécessaire de pl'év,-,ir 
les cas de réparalion, e! de dispasev los alaclos, les gva6s, los our- 
les, de olle faç.on qu'il soi oujours lossiblo enlevov fçileme 
une parlie ilélél'ioi-ée et do la reliiplaeer. La dilalalion dti plolilt, tin 
défaut dans une fouille, les eOllps de bec dos çul'lleilles, «lui parfois 
s acharnent à percr une lable, pouvent néeesilov 1o renllacenol 
d'un morceau de plomb. Les plonll»iers du moyen tige avaient prévu 
ces accidents, car ous lours plombs son dispoés de lelle faç.on qu'o 
les peut enlever par lanes ou par fragmenls, eonme on elèvc dos 

vl. -- 98 



[ rLOttEIE ] --- _.9. 18 --- 
tuiles, des faitières ou «les arëtiers d'une 
sans attaquer les portions en bon état. Si 

couverture de terre cuite, 
les plombs revëtent immé- 

che, les lames ne sont jamais reunles par des soudures, mas pat" «les 

ourlets adroite'ment placés, par des recouvrements et (les agrafes. 

Une colonne, pat" exemple, sera. reyèt.ue ,ainsi qu.e l'indique, en A, la 
figure 6 ; des profils seront garns alns qu on le vot en B B'. Le plomb, 

sui,.ant les contours, prendra du roide par suite de ces retours Dé- 
«luênts; il sera attact,6 à la tète seulement, en b, recouvert par les 
feuilles superieures, avec agrafures, et recouvrant de la mème façon 
les feuilles inferieures. Si des ornements doivent ëtre adaptés à ces 
noulurês, ils seront attachés par-dessus la feuille, comtne on le voit 
en B, c'est-à-dire pal" des agrafes c et par «les points de soudure d. 
S'il s'agit de poser des feuilles sur des plans verticaux, comme des 
jouées de lucares, des souches de l!èches, etc., afin que leur poids 
'arl'aci,e pas les clous de tète, ces feuilles s'agraferont obliquemet! 
les unes avec les autres, ainsi qu'on le ,.'oit en D. Des agrafes de fer ou 
«le cuivre ç, maintiendront la table à sa partie inferieure et l'empè- 
cher,-)nt de sc. soulever. Des agrafures de plomb, clouCs sur le bois, 
ser,,t prises pal" les ourlets et empëcheront les tables de flotter. Dê 
grandis poinçons d;cores se composeront d'une suite de cylindres ou 

de priniês, qui e 
Ainsi ces poinçons 
Une tarre de fer 
pente maintiendra 

I'PCOLIVI'iI'« II 
pourront ëtre 
emmanchee à 
verticalement 
decoralion, la 
rotle bosse, ou pour 

! les uns les autres sans soudures. 
démontés et rênon/é sans difficulté. 
fourclêlle sur le poinçon de chat'- 
les divers membres. Dans les plombs 

soudure ne sera employée que pour 
deux coquiilês, conme des bagues, 
attacher de feuilles, des iigeltes, des 

repoussés format 
réunir !e 
des fleurs 
tleuros. 

Vers l;t fin lu xv" siècle, on remplaça quelquefois les ornements de 
plomb repoussé par «les ornemenls de plonb coulé dans des moules 
de pierre ou le plàtre'. Mais ces ornements coulés sont très-petits 
«l'écleilê et sont loin d'avoir l'aspect décorutif des plombs repoussés. 
Les repousseurs de ploml» faisaient des statues de roules dimensions: 
on en voit encore sur les combles des cathédrales d'Alniens et de 
Rouen, qui datent du commencement du xw  siècle. Ces ligures Catent 
presque toujour embouties, c'est-à-dire frappées sur un modèle de 
bois ou de me/al par parties, puis soudées. On avait le soin alors de 
tenir le modèle lrès-maigre et sec, pour que l'épaisseur de la feuille 
de plomb lui rendit le gras qui lui manquait. 

Ce qui donne à la ploml)erie du mo),'en âge un charme particu!ier, 
c'est que les moyens de fabrication qu elle emploie, les formes qu elle 
adopte, sont exaêlemen appropriés à la maière. Comme la charpente, 

' Il existe encore plusieurs de ces moules; on en voyait quelques-uns dans l'Httel-Dieu 
ne Beaune, qui avaient servi h couler les ornements des ëpis des combles. 



---- 219---- [ PLO31BERIE,  
comme la menuiserie, la plomberie est un art à part, qui n'emprunte 

ni à la pierre, ni au bois, les appa'ences qu'il revët. La plomberie du 
moïen àge est traitée comme une orfévrerie colossale, et nous avons 



[ PO'T ] --22( 
tx'ouvfi des l'apl))n'ls t,'al-pants pnlrp 
».x-o l';ll«tcl. lu i,oins quant 

ces deux arts, sinon quan! aux 
aux for.mes adnises. L'or o! les 
a fait encore de lelle 
lion quo les moroses d'al laclê, de 
6tudi6, et soignes que pendant les 
calitédrale d'Anciens, en parlie re- 
xvt  siècle, on pat'fie r6paréê 
le col arl pondalt l'espace 

POINÇON,  III. l)ibc , !le clarl,,le Vel'lic;de <lui 
ilés SUléri'ltr's les ;It'l;léll'iet', l'u' Dl'le ou 
l,avill(l pi (l'ltt" llb('lo. (,V«)y. Ct.tm'F:xE, FL:CltE.) 

reç(,it les extré- 
les al'eliel'S d'un 

POITI:I,IL, ",. ll. Pi/',',' lê loi,; (l'tlt f,,r[ eq.uar'issage posée horizon= 
lai,la.nl .,,Ul' «If.. l,ile. ,,u ,les i,(,leaux, -,t l,Ol'tat une façade de maison. 
Vt, y. BOUTI,2UE, 31Als«N, l'AN I,E BOIS.) 

PONT, S. 11. (pvn:, ])on:). N,-,us diviserc, ns ce/arlicle en plusieurs par- 
ties :il 3: a le- ponls do l»iorro ,>u do loi tixes, lês ponts torneïs (mobiles), 
l,.s pons-levi., .! 1-'» los le bateaux, floans, de clarrees. 

Les Romains ont etc grands 
soil de cltai'lenterio , et dans 
p,,t.- qu'il..; tvaient étal,lis sur 
Grégoire de Tour,; rapiorte 

conslrucleurs 
les Gaules on 
les l'ivi;res. 
que le 

de ponts, 
se servit 

soit de pierre, 
longlemps des 

roi Gontran (( envoya une ambas- 

« Les plomberies de la il/.*che de la cathé,trale d'Evreux ont été lrès-naladroitement 
restaurées à diverses époques; on no deeou,,re au milieu de ces reprises que des frag- 
ments, exécutés d'ailleurs avec finesse. 



s«,,l«' à l]l,il,l,le'l, .,,rn ,,,,veu, l,**l" lui ,le**,;,,i,l,l. 1«, l:,ix. ,,I 1' pl'i«,r 
le veîr le voir. Clildel»eri xinl le Irouver ;tre« es ';,ls, ,'I i,s 
leux, s'dlall réu,is pr;.s lu lOl! aplel6 1, po,t «l:p[err,', s' salu;'',n! 
,, ci s'e,l'assbrent . » Ce 1«11 él,i! l-i polt iifili par le.,; ll;ins. To- 
lefiis ceux-ci, e 'aison le l'aiollac. l,s Iis «l;s le.., I-;;ll's, l- 
re,l Cabile' un 

IIUIIIelII{IIPs, 
gueur. Ces 
suivi'e! l;t 

de déc,),'«tir que clos lfiFo,s,-,s. 5l;is 
portes ful','ttl tttui('s 1(' «'t'dt«l«tges, et 

le.-,_ Irm',s sr 

Le plilil ([t' ([éllai'l (le ces cliAIt'Lt'ls «lu l'(ll'l,'i''ssos 
jours ifs ll¢ilils lu liiOVPil i'it  lu'ils l'tl..t'lll it' lliei'i' ' lll lt' Iis 
!1 ne litliS rt'$1t' liais 1o poiils le lliOi'i' ' lli Ilil,%OII àt' illlt;l'it'lll', ;ill 
.xl  siècle -, liitis à colle dlqtip li Pli «iisli'liisil liii 
iiiinllro I laliS des «,,lililiols t,xll't;liit,liit,iil iilli«il«,s. l'il lt,. lllll..; 

|leatix ol (les pltis e,llisilléi'allll,s t,.-.I lt' p,,iil Il,' S;iilil-]l,;iiezï"l, il Avi- 
gllOli, lai légelidp l)i'dlt'iill tlli'Uli jt'UliO_ it'i't'l', iltliiiliié I>'1il llt'iilil, 
Iié !1 l16;ï IlaliS lt' ViVal'ais, iliSllii;' d't-'ii li;lul, .g'Oli viiil a AVilitlli t'Il 
t1"/8, ci ftil l'ilisliiilelir ol 1 iil'eliilt,('lo ilti ltliil llli li';iver«iil !o lllidii' 
if Iii li;illlt,ul' Iltl rtl¢_'iii,I. ios l)tiiiis, l)t, l'i-' ll(llil, il i't'Dl(' t:liclll'e {ili;ill'¢ ' 

al'clips et quelques l)il,-,. II'LillO li';'s-i'oiii;il'llllillp slrli'lui'«. GOli-llliPIIl'; 
eri 1178, il 61«iil ,'i«liev; fil | 1 si lOlig¢il'ili' i,sl lt, #1.jll liit"lrt,s, t-,I ];i 

(les parapels. ])otir i'ésisl'l' ;ltl (')tll'azil 
glaces, les lilps Olil 31t iii'li'os (l'illi' 
niinenl en anioill ('oniine on aval l;ir 
sel'verque SUi' ('t' poiiil le llliSlio 

ol iux l:i)il,'l«s l,s 
i l';ilill't', t'l Si' I,'l'- 
II';'S-liigti. Il l';i/Il 
ol se liviso Oli lt-'liX 

|)ras : l'un beiucoup 
le roc]ler (les Doigts, 
tés d'établisseniel 

,Iii llli6iiO 
oxll't;liiill; 
1111 t;lit'l'(lll 

llus l:li'ge qui" l'allli'e çle plus éll'oil, qui 
osl l'ulie ;i$St' i'illllt-' lti'l'ntletir, Los lil'li«ul- 
lit, t'e pOIllL elaielil ilcllle çlisillel'alles, d'atllalll 

qu'au nioiis une tbis l'ali, les çi'UeS (Iii t|li]iio alloi',ilenl c't lil,VellliO 
 111èI1'05 atl-(loSSilS lo l'fili;ige. S;illS di.,,.clller SUI' le plus Otl lll¢iiliS (lO 
réalilé le la légende r«,lalivo aU IOl'g'r l»«lil lleoil, il p:ri! çorl;il 

« Lib. V, cap. XVIll. thlit-pi,_.rre, auj,)ur, l'hui ]'t,iZllti,'rr,:, est III1 xillae, slir i,- 3l,l, iZ,lll, 

près d(' lli Meuse 
 Dafls sou Otlvz'aëe $ilF 
9othique «ht xr siècle, d,:penlat 
ce pofl, c,,nne le chàteau ,I«t 
reproduction qi en est «loln,;e 
l'imaginatioa de cet auteur. 

Droits et usoges, )I. A. (;li;iliipolliull-l"i,,.,',;'al" cite lin I,IJIIl, 
«tu cltSteau l,'s ç_Oilllps l,' Iœellanlpagiie, à lro)-es; niais 
il lfipendait, est d,:nt,,li ,;,.puis lioli l,_.s anlées, et la 
dans le lar.le archdohgique le 31. Arnaud cst due à 



[ POST ]  o-»-»___  
que ce personnage fut le chef de la confrérie des Hospitaliers ponti[ès 
qui ontroprit la construction du pont d'Avignon. Celle confrérie, 
au Xtl ¢ sibcle, 6tait institu6e pour l)tttir des ponts, 6tablir des bacs, et 
donner assistance aux voyag urs sur le.s bords des rivibres t. Quoi 
qu'il en soit, le pont de Saint-Bdnezet, savamment construit, existerait 
encore, n'6laionl les guerres et l'incurie les gens d'Avignon. 
Cl6ment VI on fit reconstruire quatre arches. Les Catalans et les Ara- 
gonais le coupbrent en 135, penlant le si6ge du palais des Papes. 
En 1118, les Avignonais firent r6tablir l'arche coup6e; mais, soit 
que l'ouvrage «lit d16 nal fait, soit que les autres parties du pont ne 
fussent pas entretenues, une arcle s'aflhissa et enlraina la chute de 
trois nuit'os oti 1602. En 1633, il en tomba deux autres, et pendant 
l'hiver [Io 16.), sur ! gran[! l,ras, on constate encore la chute de deux 
ar«h,,s . Ces «trches fut.ent tant l)ion que mal r6par6e par des ouvra- 
gês !o clarponlorie, mais depuisplu d'un siècle ce beau monument 
et reluil aux quatre avclos qui liênnent au châtelet du c6td de la 
x ille. Ce pont 6tail la seule voie permanente de communication qui 
existàt enlve le territoire papal d'Avignon et le territoire h'ançais du 
Latlguei»c. Dans «les t.vmp recul6, la ville avail 61endu sa juridiction 
dans le, iles tlu Rh6ne et en face de son territoire, sur tout le litloral 
de la rive droite du lleuve. Se juticiers avaient fait dresser leurs four- 
ches palibulaires, les unes dorant la fontaine de 3lonlaud, les autres sur 
le t'ocher au nord du lieu des Angles, qu'on appelle encore la Justice. 
Tant que les rois de France lOSs6li, rent la ville d'Avignon indivisdment 
avec les comtes de Provence, ils n'apportèrent aucun obstacle h cette 
extension de la juridicti,,n do la cil6; mais lorsqu'au mois de septem- 
bre 121t0, Pllilippe le Bel, lar suite lu mariage de Charles, son cousin, 
avec Marguerite, fille du roi 1o Sicile, comte de Provence, lui eut c6d6 
les droils (le suzevainotd qu'il avait sur Avignon, il lr6tendit faire res- 
pocter dans l'avoir ses linsites lerritoriales ; en conséquençe, ses offi- 
ciers li'ont jeter, on 1307, les t?ndalions de la lour de Villeneuve, qui 

fe[ne l.e pont du c6lé de la rive droite. Charles II, ro! .de Sicile, se plai- 
gn! d cet acte, qu'il cc, nsid,;rait comme un empêtement sur sês- 
droits consacrés par l'usago, en alléguant que le territoire d'Avignon 
s'étendaitau littoral de la rive droite du Rh6ne. Le roi de France com- 
tnit son sënéchal de Beaucaire pour faire une enquëte au sujet de cette 
réclanation ; celui-ci se transporta sur les lieux, et se disposait à en- 
tendre des témoins, lorsque les magistrats d'Avignon intervinrent, dt- 

1La confrérie religîou¢,e dos Frêres hospitaliers ponti[es prit naissance et s'établit 
d'abord à Maopas, au diocèse ,le 'availlon, dës l'année 1161, d'aprb.s les Recherches 
histortques de l'abbé ç_,régoire. Petit Benoit, ou saint Bénezet, fut le chef de cette insti- 
tution, et aurait commencé ses travaux à 3laupas; ce serait après cette première œuvre 

qu'il aurait entrepris la construction du pont d'Avignon. 
i Dans le rcueil de Plans et profils des principales 
France, par le sieur Tassin 1.165"2, est donnée une vue 
Bénezet. 

villes et lieux considérables de 
d'Avignon avec le pont Saint- 

D.'u: arche» manquent dan« l'ilç et trois sur le grand bras. 



-- _02:3 -- _ [ vo.st ] 
sant : 0.ue le sénéellal no pouvait agit" au non «lu roi de Franc  dans u 
lieu qu était du donaine de la juridiction du roi de Sicile, cotte de 

Provence. Rodolphe de Mêruel, al'chitêete de la tour de Villeneuve, 
la'en poussa qu'avee plus d'activité la construction «le cette défense, 
il ne pat, ail pas que le roi dt, France, une fois bien assis sur ce poil, 
ail toléré sur la rive droite du fleuve l'exercice de la juridiction avi- 
gnonaise. Celle juridiction fut xprcée néanmoins pondant quelque 
lemps dans les lies; mais aprbs avoir si bien étai»li ce qu'il,; consid('- 
raient comme un droit, les officiers du roi «le France n'euven! gavdê 
s'arrêter en si beau çhemitt, et s'opposbren! it toul acte l«..iuriliciti 
. ,, celle listc»il.e dtt 
dans les iles Si nous avoues rappel'tA leu! au 1,n_r, 
pont d'Avignon el des bàlintenls qui 10 fol'maienl «lu célb 1o la Fl'anee, 
c'est afin de faire connailre quo les iiflicul[és opps«s pal. la nalul'O 
n'étaient pas les seules qu'il y avait h surlonlêr l«,ns les temps 
daux, s'il s'agissait de llàl, ir ul ponl. En cil'et, les tleuves, ci 
niëmede minces vivièros, forniaienl lai liniito enlr,, des Iol'l'iloires al- 
parlenant à divers seigneurs, ol l'élaiilissenlenl l'un ponl (l«lvuisail 
celle liliiite; chacun alors chereliail h fernier celle conlnllli«alian 
d'un lerriloire à l'suite par un châlolol, ou l»ion s'oppasail simple- 
ment à son élablisseinenl. La division féodille, lien plus olleOl'O quo 
l'impuissance des consirueleurs, devenail un obslacle à l'elallissemeut 
des ponls. 
On ne pouvait élablir (les forlorosses sui" les pnl quo sur l'aulo- 
risalion des fondaleurs ; niais il faul croire quo lai nécesilb Iil souvent 
enfreindre celle condilion, eav nous no connaissons pas de l,»nl ili- 
porlanl du moyen âge qui ne soli défendu. On no pouvail liol plus y 

élablir des péages que du consentement-des fondaleurs . Guillaue 

le Grand, duc d'Aquitaine, par une chavle de 99, défend l)OUV lou- 
jours de percevoir (les péages «tu passage du pont ro!lal. « Eu(le.-, eomle 

« de Chttrtres, de Tours et de Blois, lit une défense analogue, ê 1036. 

« II.déclara qu'ayant fait bâtir un pont. h Tours .dans le ._,cul b.ut ¢1  
« faire une action méritoire pour le salut de son aine, il ne vulal! pas 
« qu'il y fftt perçu des droits d'aucune espèce s. ,, 11 n'ent,'ail vraisen- 
blablement pas dans la pensée des fondateurs du pont d'Avigon d'y 
établir des déïenses, au moins du eGté de la rive droite, e! cependant 
nous voyons qu'un siècle après sa construclio, le roi de France planle 

Archives 

municipales d'Avignon ; proces du 

Rhdne, t. I', p. 65. Nous devons ces rn- 
Vaucluse, M. Acllard, ,lui possède sur 
dont il a bien oulu nous l,ermettre 

seignements au savant archiviste de la préfecture (le 
Avignon et le comtat Venaissin des notes précieuses 
de faire usage. 
 « Une charte », dit M. A. Champollion-Figeae dans son recueil intitulé 
usages (Paris, 1860), « une charte de l'empereur Frédéric, de l'année 1158, 

: Droits et 

« relatif à 
« sur la Loire, constatent encore ces deux faits » 
les ponts ou d'y percevoir u,a péage quelconque sans 
 Ibid., p. 125. 

et un acte 
l'abbaye de Saint-Florent (coll. de Camps), de l'année 1162, pour un pont bàti 

défense d'élever des forteresses sur 
autorisation des fondateurs)... 



t PONT 
que le 

cinluanle ats 

.) 

gau«lto. Ain«i «- p,»t, l'ulilite 
t«,t'ttSes far les cieux seigneur_, «lui occupaienl 
lfia-os prç'us au laSsage, cie. l»«»nts Caie 
leur entrelien: nai, on col'e¢l que 
ouvet detourne«s l« lur elloi, ,usi l 

sso «lui el «léfel l'onl,'ée (- la-orlio, et 
al»r;. , bàtissent un clàlclcl sur la rixe 
pullique s'il  l'ul, vil es cieux issues 
«.laçune «les rives 
nl ordinai'eenl atD«- 
'e l'oSSOtll'COS éIaienl 

lluparl lo ces 

,;laiel mal entrelenu-. La Ilupall cio ¢''ux qui rictus roslenl a«çusenl 
«l's l,gradalion profijlês, el qui lalenl ¢1, llusieurs ¢iè«los. « En 
« ltps tlo guerre. 1o seigneur d'fil,,;o avail, lan lion los lrovinces 
,, le France. le lr,il !,' fi,i,'e (lfi,,li,' le ponls, ,ëtno ceux et la con- 
,, ll'uclion ,l,«,lu,'ls il t'av;til l-,as «,-,nlvi],ufi; ttai il lhllail u, ças de 

,, salut ««nitttutt. C«,pevlanI 
« xtnli |«t un bu| l'ulililé 

t(-'t ,l'on 

il fil«it écossairo d'olt«.ni' ue permis- 
l'fip«,«, l,,ur pottvoir .éétlilier ce ponl dé- 
llltlllêll|,lllt'P t. ,, [;'t,,| ain.-i I u, 

¢10 21.)a 25 ètre«  «uvet'lur(' ci 51aiol au 

l'il" «lui -61are les 
«l'al'('|te.;, aussi iien 
I,. lonl, lu «'6tri de 

llllt'tlX l'CI»lOI' à l''li'(rl du çurant. 
lt;,ure ur çêlte dilo»ilion gdnéralo. 
irai l'n d,s arclos, aveç «leux dê pilos. Il 
«lU,tire piles «lui existent en« re enlibr, il en 
-lruiles suivant le Iracd B ,.I loux suivant celui 

' il f() 1"1110 
«lal-«,lle  

lu ttc).en fige fur,-'l coup,;-.. «,1 ' furonl 'ép«rés «lue pl'O- 
I, «. qui «oIt'ilua encore if l,,ur 'uine. Le lonl Sainl-Bé- 
roux-ail lrd«iétio,tt lttt ce ca. Ce' lu'il en I'OSlO lltHq pOl'- 
,luliel cl l'el ,l,;«'t.iro It c,,tt»l'ucli«l. Les a«lo avaient 
nolre 1o «lix-luil. Dan, 
loux l't-,1, Iiit6n', let «lt;tus,;o élail percée 
que sur l's ,l,ux cours l'oau. Sur le-rand Iras, 
Villon.uxe, f«t'l«til ut angle 
3lais nou revien«lrons 
Voici (li,,. 1), en A., le geoc- 
à remarquer que sur 
el loux qui sorti con- 
L. ur lune «le celle 
. tu prlil C. lu l,lu rappro«léo 1  la ville, e.l lfilie la pelilo 
l,;liéo h sainl Ni«,la,, lan, la«lu'lle éltienl lepo-éer les ro- 
ainl Bénozel. I.o sol de celle cltal»elle 0I placé à l,Sfl au- 
par un esçalier praliqu6 
le l'épaisseur du ponl, 

do.,.,ou« lu lallier ,lu lont, et l',»n y 
l,trlio e encorl,,llolnenl, pal.lio aux 

ai.-,i qu- le fait voil' le 
l'élail laissé au lai,lier, 
l"épai-,_seur «lu laiul. Dar 

plan D . Por l)asser (levanl la chap,ll ", il 
en E. qu' une largou de :2 tn;_,lres, tOtal)ris 
une at-'ale (-)n pouvait oiv du talliev l'in- 

lérioul. 
celi,,-('i 
ave(' 
StlU 

(le la «l):tl-)ell,,, et une autre arca(le +,n conlre-I)as ouvrait 
vers l'aval, sur l'él)êron. L'aulre l)il( -, conslruilo de mème 
(!,-,... trc)ml)(-'s, n(. s(,nl)lo pa.,. avoir élfi deslinde à l'eCevoir un 
8ili(.ulê3: l)),ul-blre ne ff)nnail-elle qu'une gare bien nécessaire 
.... «. (:e.¢ piles avec IrOlnpes aller- 
un 1)ont aussi élroil et aussi l,,n¢ 

que 

t.I. A. Champ,-,llion-Figeac, Droitç et usa9'.'¢, p. 131. 
Ce I, IL, n est fait à la fois, et sur 1,- tablier, et sl,r la «lap,-.llo en contre-bas. 
11 n'est fait mention que d'une chapelle sut" le pont d'Avignon datts tous les docum.'nt» 
nous avers» [,u consulter. 



I 

L 

I I 

III 

riaient probablement avec celles qui n'en possédaient. 

Vil. 

pas, ci qui son 
--- .o9 



[ PONT ]  06- 
enformes au profil B. Le arche ne oni pas tracées suivan un arc 
«le cercle, mais formeni une ellip»e, ainsi que le montre la figure, 
,,ltenue au noven de rois centres. C'Cait un moyen de àonner plus 
cio puissance aux teins des arc,,, ot de pormottre l'élablisselnent «les 
t.ontpe., avr, c ê»calier.,,. Lê: pile,, qui pos»èden! des Irompes étaient 
iêvcb,,;, do tl'«i :veades, au lieu d'une seule, au-dessu des éperons 
la clal»ellë bouchant l'arcadê centrale dans- la pile C). Celle pl'eeau- 
ti,n Cait bien nécessaire pour donner une issue aux crues du fleuve, 
car le,; eaux s'bl/.v,.nt parfois jusqu'au niveau G 
En II, i«,u,, lon«,ns la section d'une avcle, avec le prcfil en tl'aver 
1,' la lile B. Ces arehe.cnt construilês au lllOypll 
le çlaveaux «le 70 eentimèlrê_, de Iauteur juxlaposés. Ce sont de veri- 

lai,le, az'c,-doulleaux parfaitempnt appareillés, dont le» lits se suivènt, 
mai, qui ne " liaisonnent point entre ex. Ils ne sont rendus soli- 
laiz'e,, que par le na.,sif de zzaç.onnoripqui les surmonte et les charge. 
Il e.,,t ,t croire qu les mailt'es p,,tlifos avaiênt voulu en cela copier 
uz zzonuznont vonzain assez oisin, l'aqueduc lu Gard, dont les arehes 
nailrês-es »ont con-lruilps suivanl ço.systèmo_En K. nous préenlons 
un tracé perspectif dos lVlnpe.-, p,»ee,- àen a deux des quall-e plies 
exi.-,tantes, avec l'arz'agemont de l'e,ealier en encorbellement qui per- 
met «_le de..,_cenll'p dans la chappllo. 
.Xc, us no .,rayons- aujouz'dhui comment le pont d'Avignon se termi- 
nait du c61é dê la ville, lorsqu'il fut ccn.,tz'uit à la fin du xn' sieclê. 
Tl'es-elevé au-dessu lu »ol des rues. il aboutissait déjà probable- 
ment à uze défon»e d'cfi l'on descendait dans la cité. Au xzv" siècle, les 
palPS le lel-zzzint.vent par un nouveau ehàtêlet très-fort qui défendait 
l'eirée de la ville ; nais ¢,i l',»n ne voulait pa entrer dans la cité, ou 
s lo portes lu chàtelê! ,e trouvaient fprmées, on pouvait, du lablier 
,lu l,Ont, d-.scendre sur le quai qui long le remparl, par un large êm- 
av«lelnont placé on anonl . 
Du c,;té du Lan,-uedoe, ,_,n se heurtait, en traversant le pont, contre 
la lotir fc, vmidablo do Villeneuve et ses défpnses accessoires ; on en- 
trait dan l'enceinte de la forteresse, ou bien, lourna/at à droile et 
pas-ant par une porte, on entrait dans l'enceinte extérieure de , ille- 
euve. La |îurP  présenlê un aspect .énéral du pont d'Avignon, avec 
le coude qu'il fo'mait vers le mîlieu «lu grand bras. Au bas de la 
ligul'e est lo ch';ttelet actuel bàti par le- papes. En A, est l'ile traversée 
pal" le pont et souvent inondeê; à l'extrémité supérieure, la tour de 
Villoneuvo. Toute la construction du pont, sauf les revëtements des 
eper,,s e! le_, arcles, e.,t faite en trè:-pe.it appareil assez semblable 
a celui qui vevèt le, tympans de l'étage supérieur de l'aqueduc du 
6ard. Les massif sont bien pleins et maç'onnés avec soin, le morlier 
oxeellent. I.a pierre provient des earrières de Villeneuve et n'est pas 
dune très-bonne qualité. Il est à croire que si ce pont eùt été entre- 

.Notamment en 1856. 



tenu comme le pont Saint-Esprit, biti peu aprc», if se t'Ctt conset,+.e 



[ ro. ] ---- 2-8-- 
jusqu'h nos jours, car il é,ai! é,,l[i l,,s «Foxçel]en,os çondi,ions, 
presque toutes se pile. poaie,l s,t,' le roc vif; ,ais. ainsi qu on 
vu plus haul. les hommes enlrilul.rol aulal que les eaux terribles 
1 Rlt6ne à le [letruire. Depuis l'bloqu« o l'on lul renancer à. se ser- 
vir de ce moyen de traverser le lieuxo, on « 51alli on aval un pont de 
bois souvent endonmag6 p«tr los crues lu 1l,6,e. e, -ur le poli, Iras, 
depuis lre,,le ,,s, un l,onl suspe,,du ,le, ni let lu,',;,' o,1 firl compro- 
ntsê En j,[ttl le yOlX sur olro figtre 2. o ol»''VOl'a qlte le 
«1" kvign«, l'O-s'tlilo asez à une p:tsserelle deplan«les l«Sée sur des 
l«le;x. Les frèl'Os plifes, pour résisler t l'a«liat puissanle lu eau- 
ranl lu lll,e st' ce loinl. ,urloul lelatl les crleS, n'avaienl rien 
iltagi«' lo ti.ux lte d'el«tlir e liorre ci à tlonpurp ce «lUe le sons 
vulgaire itliquo le t)tiro lrstltt'»t é[al,lil u I«n[ lo Ia[eaux, ol ce 
n'élail pas Irop n;tl 
Dan le lavs le Sainl-Savul'in du Parl. sur le IIlt6e, alparleant 
à l'al,l,av-de Clutv. u al,lé le col ordre. Jean lo T'ange, Iii cm- 
t,.«,r e 12t35 le p,tl >aint-Elril. SIII' l.qu«l «, laSSe encore 
jourlltui. Trente attéo» fut'e[ ,lttploydes it a «ot«l'tlelion. l.a l;tr- 
geur le son lallier os[ Il' .î 'Ires, ci sa l,,nguour«l, IIl(l(I tt0[res 
viro : le nonbre ie ses ar«les ,st le vi«l-«loux. Colle -ci sol llein 
ciboire, el 'olt't'el pas la parli«ulari[é l«tns leur Irat'é qu'o olorvo au 
potl de Sail-Bétezel. Elle« »I «el»«nlanl 'OllS[l'lli[O aU lllOyPll de 
ras le «l;tv'ax jx[:tl«'-. D;tts les 15ttpa, le, ;trcales permet- 
letl aux crues lu lieuse le lruvêr l,assagê, l.e pttl Saint-Esprit fut la 
derni;.le «.uvro de ri+res l«l)ilaliors pon[ifos. Dès lors le relà«hement 

de cet. ,_)cdre contril)ua à st ,'Olllète de«'tden,'e. 11 t'«,u! lil'e qu'à l:tler 
«lu Xll" .,.ib«lo. lans los ços[rucli n.., 'ivile.; r,! l'oligious('s, les écoules 
do ,:,itr(-'s l(-s It'IIII'-S l;(lue, ax;tiet I',ll,l;,('é l;tt't,ut les e«)rpo- 

r/tlius l'-.ligieus..;, les 
<le l'OCOu'ir aux fi+,,ves 

villes t.,_)ne le.-, 
C c_)  s | ruc | oUr. 

pont.; 'l ttttro.<. Le pon! Sainl- 

E.pri! t'Ol'llle till «oulê à l'opl,sile lu ««,tt,'a, SIII" !o graduel lras ,lu 
[II«llP, «'«lllllllt" le ioI l'Axignon. Il Cail Pll(',)l't' t]'rlllé à Ses deux 
exlt'ézil6s p:tr 1' l,)I,' au xs'z  si;.çlo, ci ;l)atli«sait lu c6Ié (lUl 

l,,»urg it tt,o léfi.,sê a»ï'z i,li-)o,'[at[,. ,111 x,v ' siècle, qli. plus tard, 
Iil crl,s tvêc l;t «iladoll(-. lui «om,andai! lp cours ,Iii tlouvo (-'n amorti. 
,), l),'ut l),'o,(l'o une i(léo (le ces (léfon...o en jotan! les yeux .,,ur la 

t'-'fax uro (l,,n))é(- (ltn, let 7poqroi»h;e de la Gaule'_ . 
I)a'i les l),.))ls (lu xii' -i;.clê qUO nous pc).sédons encore 

en Frallçe, 
il ltut çitpr lê vieux pont tlp Carcas»onnp, làli par lo. soins (lp la ville 
en 118. Le l,eae dpce pont était de»linWà son enlrelien. Ses arches 
sont plein «inlre, bàties par «lavêaux rêliés, mais non .juxtapoés 

« Édit. de Francfrt, gravures de Mérian.  D,.ux arches ,t,, pont .C, aint-Esprit ont été 
détruites depuis [,eu pour ètre remplacéos par une arche «le fonte «1,-, fer, afin de faciliter 
le passage des bateaux. Il a fallu arracher ;, grand'peine la pile SUl-,primée, dont la ma- 
çonnzrie était exeel|ente. 



C)llllll 
en d,,ont, 'él,v«lt .jusqu'au tablier, or fOrlnoit do 
ce lllir n'ayant l»a, plus le 3 nètro le largeur'. 
défendu du c616 ol»posd h la cité (rive gauche) lar 

toUX lll i,o! ,l'Avignon. Sos éperon:,, aigus o aval comno 

gares fort utiles, 
Il était autrel'ois 

u, fêle ,le pont 

t'o,'nidall' qui e0tvêl<,l»p;,il i ppu lr;,s l«ul 1,' thulourg acluel. Une 
clap'lle du xv  siècl, o,I ,t«coldo h st p'enièl.e culée, o anonl de ce 
c6Ié. Sur la rivp 1, la cilC il se reli«til ;tux ldt',,nses le celle tbt.leresse 
par une ligne 1,, c,urli,t,,s II«tllqUées. Co pottl serl en«o.« auiour«l'hui, 
bien qu'il s,)il l,,l,is I,»,,gle,,ps firl ,t;l 'fl','l't. 
l.o l)ottl vi,'ux tlo B,'ziet's l:tlt' a l»,-'u ll','s !,' l;t ,i,,,no di)oqte. 
arcles serai plein «inlre, celle «lu nilieu plu «lêve, ¢lUe les ;tulres, 
SOl'Il' qu' le I«tlli'r fi)'ne leux lenles i»eu lrC, ntçé,s, l.ps lytl«ns 
1  c, lonl sçl 6villes lur les arcades en .prévisio les crues 
l'Iléraull, _ , 
ci ses liles plalês lu ç6ld d'aval, sonl et .l»eron «lu 
ponl, 

d'amont. Nous 
pl;t on A, or u, let«til B, iliit«tnl let «'ottstru«li<tt 
ci los al'Cites lu 

tabliers 
qu'explique d'ailleurs 
du moyen âge, ci'un,. 

l,,s avatl-loes 
10 la,'geut'. 

de niveau, eo 
mais les l«nls 
o'linairenol 

5,tlnt Espri[ se, ni 
¢les l»o,ls d'Avignon et (le "'" - 
l'énOrle lolgueul' «le ces p,-,nts ; 
lon_-ueur ordin«ti.e. , 

deux pen[es 1" , ' 
, ,trclte cetralo etanl, plus ,,Iovéo et plus l;t.ge que les 
ar«ios l;lérales, alin le t'tcilitor la navigation, êl le l«isser : ilieu 

des l'ivieres ut lel}ucl+; plu.,s larg of plu Pl,,vé aux crues. Cel}oltdant 
il es[ clair que les arcttitêctos ehercltaien/, autant «luo faire se l«uvait, 
i't évi[er ces lenles, e! leaucoup 1« leu's [ablio's sonl prosquo de 
iveau du reAment que la siluation les lieux leur l»ernel|ai| d élablir 
des quais ol lies culée.; clercs. Toulefoi..s, «tlr.., lu'il.« 'élaiot[ pas 

for«ésl'6viler les lytpas en pr',visio le t'or'les cru,,», ils se ser- 
vaien[ les éperons des liles pour t'orl,er les gro i ,, il 'lll,'lll, et Ce 
progran,, leur a fourni ,1,, l,»s ,lil's l'at''lile,'ltt,'.. l.,'s ,'x,'l,'es 
du l»oll-Neui'h l.»«tt'is olt ue lraditiol de cett, dispositiott, lui, du 
res[e, lale le 1" 
,tiqui[é. 

« Il étail pourvu it l'ent'etien des ponts, «lit 5I. le laron lo Girardot. , 
au noye des p6;tges appelés pontage, pontonage,/+,mte,age, ]rmtonatge , 
enfin biflette ou branchtte, h cause du lillol u le let ll'an«lo l'ar- 

a l>ayer. Lo 
pcur le passage e lessus, ou l-«ur le laSsage en 
sui" le sel [ranspor[b ltr la[eaux fournissai[ il 

(( 

« bre oit l'on allaclait la pancal'te itlicalive des l.,ils 

« péage se percevai! 
« dessous. Un droit 

enroc}]omol)ls sans 
afl'ouillenen[s à 'e- 

« très-anciens avaient élé établis (le 
« lorsque lo pouvoir royal eut avancé 

l'entrelien eoflieux du pon! Sainl-Espri! t_,| de,, 
cesse renouvelés, qui pl'éserv:t«l les iiles «l,s 
douler, à cause le la rapidité du lleuve. I:cs iéae- sur les ponts 

l'tul«,t'ilé les seigneurs: nais, 
son oeuvre le centralisalion, le 

' Voyez i'arlicle s,tbstan[iel s,r les ponts, 
Annales archéologque., t. , [!, p. 17 et suix. 

publié par ce savant archeologue, dans les 



»ot ] -- t30-- 
• _ -'agisles du 
roi seul put en élablir a son profit ou à clui des ene 
domaine, soit do cessionnaires à lilre d'inféodalian ou d'octroi. 
seigneurs lmuts ju,ticiers ne furent naintenu dans leur droit, à cet 
éal'«l, qu'en julitiant d'une lrès-anciene I»oS«ssion. ,, 

A 

Le seignêuv 
mais souvent le lC, nt delruit, 
sur le 1»o1. «lu ntc»in uv la 
'uine qui devenaienl déjà u 

était tenu, moyennant le péage, d'entretenir lo ponts; 
on conlinuait à percevoir le (leail. sno 
navigation; de sorte que ce» l)ozit cri 
c)t)stacle pour les mariniers, élionl 

cov.e pour eux une occasion de p.ayer un droit de passage. « Dans l'ol.i- 
,, gne, ajoute 31. le baron de Glrardo/, le «lroi/ de péage emporti! 
,, l'olsli,.zali«)n d'assul'eV aux  o.va,'..'ours la sùreté de leurs pez'sonnes .l 
,, ip leur_, e'êts ; en c'a, de vol ou de meurlvo, le seigneur élail têu 

,, lilde[iser la 
,, lu dans ce >ens 

iclime ou _.-os aSa}|s droit. On cite le-, al-eëts rel- 

conlre le sire de Cz'èvec,_t, ur en 125-1, le seigneur de 



, Vicilon en t2f;9, o! d'autres de 

231 -- f t,o'r t' 
celle nême 6poque; quelques-uns 

«ê tcurs et chlelets 
quefois leur milieu, sont 
péage. Gepndanl, 1o plus h 
véritables défenxes, si, par 
«l«'s bourgs ou villes alCondus. 

« ème coq, tre le roi, pour (les vols comis sut. sa jus[ice (125). Tou- 
,, [efois cette responsabililé n'avail lieu quo pour le jour ci non pour 
« I;t nuit. » Ceci explique cotnment Ious les l«,n/s du moyen ?tg sont 
tu,is de postes qui perme[laien[ l'abord de percevoir le l»é«t,o , l»uis_ 
«le maintenir la police sur leur parcours ci dans les environs. Beaucoup 
qui munissent les is»ues «les pçnls, ci quel- 
¢1oc lo ve'ilallos «-rps «1o gawlê ci luroaux 
aliluellononl, il faut v«ir dans ces logis 
exo]lo, les ponls d»enl ac«bs dan 
C'ost ainsi que le viox pcnl cio S«inos, 
«lémoli aujourd']ui, mai que nous avo6s vu à peu pvbs enlier il y t 
xingt-einq ans, fornail, sur la l;harele, un olta«l fovmilallo, se»il 
«.n[re les ba[oaux arrivanl avec ue ilon[in ]olile, soil conlre des 

partis se présefi/ant pat' la rive dt'oi{o. Ce pont étai/ bati sut" dos pilos 

romaines, et présentait mèmo encore 
.dt'«ite, une porte antique formant arc 
La vue, figure , donne une idée de 

ur l'uno d'elles, vers la l'ire, 
tvionpttal a d«,ux ouvevluves '. 
la disposition générale 

pont défendu par une suite d'ouvrages imporlant». D'abord, du c6t(. 
du faubourg des l)ames, situé sur la rive droite de la Charenle, se pré- 
semblait une prenière perle ; puis venai! l'arc romain, crénelé dans sa 

pavlie supériêure pendant le moyen âge; puis, lu t.,'lé (1o la ville, 
une leur à êcli ovale, à travers laquell« il f«llil passer':; puis, 
otin, la perle de let ville l!anquée tic, lourollos. De la porte sut' le fau- 
bourg des Dames à l'arc anlique, le pl était construit en bois, aittsi 
que de la grosse leur h la perle de la ville; de sorle que le tablier de 
ces fragmenls de ponl pouvant ëlro facilonont enlevé, toute comnu- 

.talion entre la ville et le faubourg, ou la ville ci la gr,-sso tour, Alai! 
interrompue. Les arcltos «lu pont reconslruil ail lil»yOll âge sur des 
piles romaines Alatent en tiers point, et le talliov lu p«n! peu volerA au 
contre. La grosse leur, non-seulonenl ddt'onlail le pol, nais comman- 

dait la perle de la ville en cas qu'elle frit loto 
débarquant sur la rive gaucle, et dominait 
lèl. du pont A1ait autrefois crénlé, afin «le 
leur dt' larrer ab«oluntent la naigalion. 
pas au delà de la fin du x]v" siècle. Quanl au 
plusieurs époques, autant que les reprises 
«tl'ctes pevneltaient de le reconnailre 3. Le 

héè au p,uvoir d'un ênnêmi 
le c«}uvs lu fleuve. L para- 
permollro a la garnison de la 
Ces d6fensos n' remontaient 
ponl lui-mëme, il dalait 
sucçosivos f;tiles lans les 
pont de Sainles, bien que 

' Cet arc de 

triomphe, déposé pièce à pièce, lorsque 

la démolition du pont fut défini- 
la Cern- 

tivëment résolue, a été remonté sur les bords mèmes du flcux,_', par les soins de 
mission des monuments historiques et sous la direction d," M Cl,.rg,.t, architecte. 
t tSette tour, à la fin du xvI" siècle, servait de prison municipale. 
' La grosse tour et la porte de la ville furent démolies après l,s guerres de religion; 
.elles sont parfaitement indiquées dans une vue cavalière du recueil de 157$:Civitates 
OEbis terr. 



deîeiles I 

vel.s 

ne 

laissail 



il v a vingt ans, de présenter un vérital)le inlérèt: il a Cé démoli sans 
raison sérieuse et renplacé par un pot suspodu qui, lien entedu, 
dov'it tionl6t: ètre refait, la durée de ce ortes de pot n,, dél)assal 
guère un doti-sibcle. 
Nos vieilles x:illes 
de temps, un carac 
'6s ecore dWleurs 
d'un engoucmenl passager, Iien 
leurs conseils nunicipaux, nieux 
«onseweront veligi«.usemcnt 
respeclds par le letttls, «lt_tattl ces 
cunP faqot vtl'axe£' 
sur le ponl, fitit «tuj«»ul'l'lui sur ': 
ëlrê un filiti¢-'e é«i»uv là l;tt" Itsat'l. 
La ville de Ç,l«»rs  a I,,ureuseent pas encore délruit son ne veil- 
leuxpont de la C«landt'ê, 1 un des llus beaux et lês plus ¢'rI»l«,Is qu • 
nous ait légu6s le xl  siècle. La «onstruclio du font de la Ial,ndre 
remonte h l'an6e 12ôl, et n6rite une étude spéeialp. Ce pot se reliail 

fl'ant'aises, «lui la plupart l)rësontaient, il va peu 
tère particulier, et qu'on ailttait h visiter ainsi 
ont lai,,,A détruire, ,,«)us l'inllu«n 
de précieux dél»ris. E,,p6rons lU,  
inslruits de l,'urs véritables 
restes de lur ancienne splen«lour, 
restes <1" 
<aill+t£cs ne petlVettt en att- 
t'ottaitt de aitlvs, si prd«ietx 
la plus étrange ligurv, et se,llc- 

Calandre est celui 
six arcles pricipales en tiers-l,»int 
Sut' la pile ceinte'aie et les deux plies 
tours: celle du cenll'e c«rl'Vê 

ntieux ccnset'v. Il se ('«lll|«se «le 
fort cicrCs au-Ilêssus .1«. l'Citige. 
+-'xlt'ët,es (lig. 5), '+,'él;'vêl lrois 

Du lablier du lOnt, de +sc«tliet's c'cleles l)et'etlett <le lllOlllt+r 
prpmier étage <le ces tours. La ville 'st situee e A. Sut" la rive 
sfie en B se dressent, ai»tuf»tes , des collines çalcaires assez ltaules. Ol 

arrivait au pl lalér,tlette,t, en suivant le cours (lu I..ol, soit 
soit en aval, ;tilsi qu'ot le voit et C. Il fallait alot'+ francltir 
défondu+, l)ar ut clfilelot D, qui cott,ttt;,ttdait llt l')ult, et les 
menls inférieurs de llt colline B. Uell. l»orle loulle |onnail 

angle droit sur le tablier du pont, en avant de la l-)remiere tour E. 
parapets de cette l»rêmièvê tvavée étaient créelés, et couniquaiet, 

d'un c6të, far uit èscalier égalemen 
pdrieures «lu citàtelêt, tl fitllait alors 
lans sa partie upériêure par des 
nàehieoulis intérieur. La porte E 
moitié du pont commandee par la 

t crénelé F, avec les defonses su- 
franchir la tout" E, lion «lefêrtdue 
nà«hieoulis, et par une pe)rte avec 
franchie, on enlrai! Sl.lr la premiere 
tout" cenlralè <3, à laquelle 

lait par un escalier con.tenu dans un 
avattl-becs. Cette totlr centrale était 
Celle-ci fi'anehie, on entrait sur la 
mandée par la troisième tour H, mu 
Du e6té de la ville, une dernière p 
cette troisième tout', à laquelle on 

ouvrage conslruit sui" l'un des 
de mème fermée par une per|e. 
seconde moitié du talliêr, cent- 
nie à son somme! de mfichicoulis. 
erre I dëfendait les approches de 
notait par un escalier crénelé 
vit.- 30 

aux murailles <le la ville, «»n,nandait le cours du Lot, el lattail 1,., 
collines qui s,+»nl siluees sur la vive Ol»losée. La ville lê Cal,rs posse- 
dait trois polts il l»eU pt'es l»àtis sur le mètne ,,-,dèlo; 1«. pi+rit 1+' llt 



are-l,oul«nl. 

,ervaient de gares d'Avite-- 

1 

:ment, et étaient crénelt!s de manière à flanquer le pont et à battre la 



[ PONT 

ri:'ièt'e. Tous ('es ouvrages, sauf le chàtêlet D t et. les crëtes crénelées 
parapel «les avant-becs, sont encore intacts, êtprésenlênl. cotonne. «,n 

l.e oit, un fort l,el ensemble. La construction est faite 
,taux ; les clave«tux des arches sont exlradossés, ce qui 
lion de solidité «>t d'elasticité. Nous ferons observer, à 

est 

ce proloS, que 
I,.s ponts votnains, aussi l»ien que ceux du moyen 'tge, présen[enl leu- 
jours des arcs extradossés, et ce n'est las sans raison. En effet, lor,:«lue 
de lourds favdeaux passent sut" les avcltês, pour peu qu'elles ai 
assez grande portée, il se produit dans les reins un tnouvnl,.t st,sille 
de It'élitlt[ion : si les claveaux sont indépendan[s «le la constt'u«'[i«n 
des tytttpatt.,,, ils conservent leur élas[ici!Wet no peuvent Vél,.vculov 
au loin l'ébt'anletnent ; niais si au conlrait'e ces cla;'eaux s«)tl 
selles ou inég«tux, c'est-h-dire s'ils sotlt llus épais davis les vc, ils qu'à 
la clef, le ttlu;'erlient oscillaioire se lvoluil sut" roule la longueur «lu 
ponl, et fatigue sin_gulibvenioril les piles. On peut oler;er cê fail sur le 
pont de la Concorde, à Paris, làii par 1 célèl»re ingénieur Perr«,nt. 
Lorsqu'un chariol lourdetent chargé passe sur l'arche cenlralo, ,n en 
ressent, un élranlenletit sensii»le sut" loule la Iotguour du lonl. Pour 

oscillalion, l'ing6nieuv Perronel avait pur 
en fer les queues des claveaux: llais 'il 
de toutes les parties du lOll, il lla«ai! un 

obvier au dangor «le ceite 
habitude de cvamponêr 
assurait ainsi la solidarilé 

qui t,'! ou 
suivan! la 

agent destructeur très-actif lans la niaç"onne.rie, agent 
causera des désordres notalles. Les arcs exlradossés, 
thode romaine et du moyen ige, ont au contraire l'avantage 
chaque arche indépendanlo, d'en faire un cerceau elasilu 
se mouvoir et osciller entre deux piles sans répercuter celle 

«lui 
«s«ill 

modertles, mieux avisAs, en sont 
pt.ouvo quo les consIvuçlouvs lu 11103"11 
tvaivll acquis l'oxpevienco de ces sct'los de làtissos, i)n pcuvva 

]lus loin. Nos ingénieuvs 
celle méthode;niais cela 

!11 é- 
n(ll'e 
lui 
licn 
u.à 

repro«lier d'avoir 
navigation; mais 
étaion! 

l¢,ur 
les ve, te, le 
ili»)'èll ;11¢«? 

niullillié los pilo. el I'OSSOI'I't d'autant 
il faut eolisid6vêr quo si les ponts du 

faiis pour élablir (les çoinniuniçalions d'une rive d'un lleuve 
il l'auiro, ils étaient aussi clos lnoveiis de défense, soit sui" la roi,, le 
terre, soil sur la voie lluviale, ci" que la muliiplicité de ces piles 
ciliiait singulièrenient cette défense. D'ailleurs ces ponts no s'élo- 
;'aient pas, conime les n6ires, dans l'espace de cieux ou trois ans. La 
pénuvie des ressources faisail qu'on niellait dix el vingt ans à. les 
construire; dès lors il ne fallail pas que la ferniei.uro d'une arche prit 
renverser les piles voisines, ci celles-ci «levaient èire assez f«-,rtes 
relativement et assez rapprochées, pour résislor aux. poussées. C'est la 
nécessité où l'on se lrouvail de lttir ces ponts par parties qui faisait 
adopter dans quelques cas la courbe en tiers-point pour les al'cites, 
cette courbe poussant moins que la courbe plein cintre. 
Le ront de la Calandre, à Cahors, possède des avant-becs en aval 

t De ce ch;ttclct il tic reste que les parties baes. 



[ POT ] 

et pat" con,équênt des gares tlaluantes et 
c61és du tal_lier, est encore une ,.oison «le 

l,ile r, ilii;iilit's liuliS »iil li','s'iilé i;! lii"liiO ll;l,'li'lil;il'ilt'. |.t-,s ;iV;ilII-|P/'s 
!, iitlsi£'ui'> li iii.'; lli J.iliiOI.i',ili loliiit'iil t'Il st'clilli lili'izill', iilll 
ll«Jilil 1111 lli,«'lt' li'_'ll, l li'il_ , lliiis_ Illit" I'llll'llt' t'Il Ii'l'.,-lilil, «, 
;_i'iiil l'ii.ilila7ç" iIï, litriiit, llrt- Il - ëii,spliif'lil iii, l't';lli ««llii'ilill¢' ¢'I 
d«llilipl' ilus 1 flli.l.t, à .t,s t_',llt,l,lii.  ',il" il «,:i t'lail" (1i. tlJ llil -' l;i spe- 
lirii < pi'é.-olile lili, lllll. 7l'iililt - Sili'facp que la seçlioi li, par OiiSé- 
que,l l;lu. ci. loils ,I 1, 

ll,','litii.', ;iii l»,»iil 1, ('alioi'». i_iii i't>Jlltl'qUel'il tlig. 5) que les esea- 
liê'._, .,xlé.l'ir.tirs «oiiiltiiiilil iiUX Iotirs sniil ouverts du pt»lé de la ville, 
lilg Ilu I«il'al-iel, d  It'llp .',)l'le que Si It  cliâlelel D éiaii pris, ft'rinalll. 
]i l«,rl, 1«, iii Itil" E, lt'. iél:t'iisptii's potiviipiil accalllpl-' ]e assaiilllil, 
i-l le« .llii. le rt.iifoil. lp la ville. Deul l'esêalier dp ili loui" çenli'ale 

e,t l,ralilué 
|'riiiail 

(i:ili.-; Lili t'xll;lll.';sPlllllll ilê l'aal]l-lpc; son entrée é1;1111 
le l,ssage, lll;is lll«quée, bien énlplldu, par la porte qi 
«- l,:.,sa,,- l.'eseali.r i|p la dprnibre lour tt f'.-_l ên eommuni- 

¢'ailiri av'l' fo ¢i'enllag¢ ' 111 
ville. Ca, il «l'.lili' il pieseiilpr I11i 

I, êt le laslP, fPrliié du «6té «le llt 
li'piiiipi ' obstacle aux ;,s.,«,ill;llls qui 

auraioil l,U f;lil',-, Ulit- le.._«enie sui' la rive de ce c6té. Nous ,lotinolis 
tlig. 7)tin,-, x u. le.l'<peclive a ol l'oiseau «le la lour E .-,ur la rive 
ol,po.,_éê a l;t ville et de :-,es depeldancês. Oull.'ê le clr, âlelei exlérieur A. 
ute det.se l»asse formait lèle de pont su,' ceile rive, empëch;til de 

Tome X X, page lidO. 



débarquer pr/'s de la lour, ,t 
I'01.11 . |-)11 l-'('lll«ll'qllPl';l (I;IiI.S 

pl'sentail un 
tel I« lillll'e 

[ PONT ] 
prenier »l,.l;«l,' sur la 
IL ll.lO.',itio 1'» llficl,i- 

coulis avec pelils arcs plein cintre. Chacun de ces arcs est porté l>ar 
une console composée de qualre assises en enc«rbellemen! qui reç.i- 
v.nt une languelle (te maçonnerie dans la hauteur lu clt'rê, le S,,l'le 
que chaque arc fait un assommoir séparé s'ouvrant par une l,aie das 



l'Cage supévieur. Au-dessus des ]âchicoulis, cc, uerls par de grandes 
dallo,., con! percés quatre créneaux irbs-rapproche«, p+rmottant le lit 

,-, .+ oin ou,+-erl Le premier 
de l',l»alèle suivant un ancle plus uu n  . 
se««,ttl éiaê sottt chacun prcés ci'une seul arcttbre sur chaque face. 
l.'vani-l,vc qu'on v,,it «lats notre tigUl'e indique le »y»lbtnp mloptepar 
Io m«itt' lp l'u:uv'p pour élever la «'onsl'uction. Cos avant-ipcs s,,nt 
t,,'r«bs parallblptvnt au tallier, h la hauteur de la naissance les 
vit,.., 1o passa,,o, au-dessous desquels on voil lrois l.«»u dptinds h 
p«er lês sapinês en travers, et un .petit plancier f,vant passerelle. 
L.> citl.ps des arclos étaienl eux-mëmps p,,sês dan, des Ire»us 
>:ellenent vast6s apparents. Ainsi le service de maçons. e faisait iar 
cette per»et'elle à lrvers les avan/-lp«. Sur cette passerelle le 
t6'iaux élti,tt ia'16, enlpvés par le grues toliles et l»s6s 

,)«+-,.sit.m. «u<_:u au|fo echafaudage. I"lO.lllll|e le rail obse'vor M. 
«laiett ujel h èlre e«)Ul)és l)o«latl l++s gu+,rre, c«)nlinuelle de <. s 
IPJtl»»; «:";lait là Pnc«lrP uHP l'aisoll qui l,lige,it les constructeurs 
donner aux l»iI-s un. fuvto bpaisPut', car il t+, fallttit l,aS, si l'«,n 
clan» la ndce>itc <te c»uper une a.«lê, qu+ + I«, aulres vinssent à llé- 
cltiv. Mais aussi, en p'eviion dè <'ctlo «onlualité, l»oaucc»ttp do pottts 
<tè pierre avaient des tt'avdPs t+t,l»ilo+ en lr»is.. Nou+, avons vu tout 
llêut.o «lU le pot do Sainls poss+,lait dttx l+ortion+ te tabl.ivrs. 
«1o «.lt+rl,+nlo : l'un +tu c,te du thub+urg, l'autt'o lu «'3lc «le la ville. 
Lo.tins ponts <le pierre+ .laient t+ui, le vdvitalles pol,-levis: 
tel, btai+,ttt «êux do I»+,issy, «1' I)t'lbans, dê l'ltavctl,n, de la Guill«»tibt'+ + 
t l+y,»t, I M,+nterPau, ,,te'., ++lc. Pat'foi> au,-i le, p,»nts ne >e comp«- 

tut<';li,n et CIj||].l|+le <lefense. Ce'lains l»+-,tl-; plalé.,. 

1,, l;'ttx 'ivi/,res s+ l.eli;tiolt it <le vëritallos fi,,'lel'C..es : 
êxetttll«. lo |«t «If + M»ttt,,veau. Vers l'an 10_6, un 
fait eot..,+t.uit.o uv l'«xlrétttite do la langue+ dr, lêrt.e [ui 
colluetl «le l:Y'otttt et dê la Seine utt «lonjot carre 

ser'it dè point d'appui h un va>te clàtêlet, auquel al,,-,utisait le 
vaw_.rsant lea doux vivièves. C. lç«-[ était en outvo tçrmé a ses dou 
,»xtt'étités par dos portes fortifiéés. Cot on+embl ,le ,léfon>es existait 
«t««,vo au xv ' siècle, ainsi que lo lénonl.e la gravure de Mérian'. 
Lo punt d'rléans, sur la disposiiu duquol il 'o,e de eurioux doeu- 
et>. e»l, au puit de vue de la defenso, un exenplo à consulter. Tc»ut 
le ,ndo sail do çombien de fai d'armos il fui lê léoin lors du ibg« 
envopri, on 1-8 par les Anglais. Or voici, au momen de ce 
«luol» étaiont les ouvrages qui faisaient de ce on une défene inl»r- 

t Topographi a Gallice. 



tante. Placé sut' la route qui 

reliait le nord au nidi de la France à la 

I 

distance la plus rapproclee de Paris, il était essentiel de le bien munir. 



A l'époque lonc ou les Anglais vinren! a i;gol • O.lbans, ceux-ci, 
suivat! la rive gauche, se présenlèrenl, le 12 «»ctobro I 128, par la So- 
l,r,e , devant le boulêvard des Toute!les (fig. f';, situé en A). Ce laule- 
$ 
vard n'étail alors qu'un ouvrage de terre ol «1o Iais. Le 22, ils s on 
empar/'renl, o! !0.¢ halilar[s d'Orléan.¢, «bandonn/.rbnl le t'o't dos T»u- 
relies B, l»,»ur se l'e[irer da."s la l»aslillo .',aint-Antoino F, bilué,: {lans 
.trc]lO I le celle parlio «tu 
la pre«aUllOn de couper 1" 
de leur ç'»lb, c»upbt'on| l'arche K. Les gen, dOf 
tfito un l,uloval'l de lois à la Belle-Croix, en C. 
aco ét.rc, it qu'ouront lieu quelques-uns dos fails 
énarailo. La lastillo Sail-Anl-ine F Ale,il pré- 

l'ile, apri's avoir eu 
pont. Los Anglais, 
léans étallironl à la 
Ce fui dans cet esp 
d'armes i,, ço siCo 
célèo ,l'une 
aun6no'io 

le v«calle_ de ç. saint, et d'une 
les l,,'lorin, et v,»yagours atlat'(lés. 
on G le clfilelel. Alrb» la levée du 
t"ul ét»a'é, aii quo le tulevardA. 
lu 1,. liorre. «tic, si (lU, , le fait conaill'o 
Fleur5. ;rl-)Ontour , on 1313, 
dans s,) Histoi'e du si};ge 

«tt;l»«llo D placé« sous 
1'; l,slinéo it l'O«ovtir 

En ,I|, Cait la I'Io de la, ville, e 
siege, l'auvrage des Turollo, 
l'elle fis, ce lculeval'l fui leVë 
un p|att .¢,ur pal'ehotnin dro,,sé p«r I111 .,tour 
o! roi»re,dut| en fac-simile lar .Xl. J,ll,,is, 
d t),.le',t,-s " 

U second pont-levis ,.lait 
I',,. vu-' per.l,'ctiv" i, ,,! ,l',,i 

[,raliqu, on «tvanl lo lt parte Il le la ville. 

1" Irleatn.,, avec son l»oulêvarl sur la rive gau«to, lu çfl«; «le la Soln- 
gn., ap'i. les rél»aralins failês lopuis le siego cio .l-12S. l.lus lard, on 
l.;il .1 15il! e,  ro«,nsll'ui>it ce l«ulev«.d A avec eas,alos en forlne 
, nt fait 
d,. t'av,.lin h doul,le lonaillos ainsi que dos t?»uillos 'é«enles 1'o 
',«,nail'e. lais al,»l's la pal'l ' des T»uroll  oxi,lail on "a.o. Le bou- 
IêVal'l rOl'aluit dans nol'o figure  Cait oI« uré l'un t'assé rempli par 
l,.s .aux 1o la L,»ïre, ,.I uni  u pont-levi s alatlat parallèlement 
à l,t rivi'ro. 
['!1 so(',»nd lol-l,'vis Sélal'«til (cone au lemps lu iego) le t,ulovard 
t[ll t'Ol'l les T,,urell's. C,. fui o ofl>l on voulant let>nlro ce pont-levis, 

ar le: ge,s d' }rléas, apl'èS la 
anglai.., et quolluos lolne. 

lit ellz'e le fou au no-ên l'un bateau chargé de 
L'exi,tece de ce pon-lovis en 1128 e saurail 

«lu'on appelait la 
du i, ont, étai! un 
str un piéd,.stal -,rné de bas-reliefs 
Pic, ri'e, sainl Paul, saint Jacques, 
Aigna o! sain Euverle. Il Cail en 

prise lu l,oulevard, que périt le 
d'armes avec lui. Jeanne d'Arc y 
]nalieros combustibles. 
donc »tre douleuse. Ce 

Belle-t;,»ix située on C SUI" l'avant-bec d'une des piles 
monumen! de bronze, consistant on un crucitix érigé 

représetanl la bainlo Vierge, saint 
.ain! l:;lionne, et les evèques saint 
effet dun usage ....-,;nérai de placer 

une crox sut' le milieu des ponts, pendant le mo?en âge. En avant du 

' lhsloire ,lu siele d'Orléan., par 31. Jollois, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 
1833, petit in-folio, avec la Lettre d JIJl. l,,s membres de la Sociétë des antiquaires de 
France, 1831. 
: çom»t.-: de la ville 



/_ 11 -- [ fONT ] 

habitanls d'Orléans jetèrent bas à l'arrivée des Anglais, pour débar- 
rasser les abords du ch'atelet. Cependant ce monastère Alait lui-ëe 
• etouré d'une cl6ture et d'un fossé, et pouvait, sera'if de défesc 
TII. --" 31 



avancée. On n'arrivait donc devant l'entrée du pont d'Oriéans, comme 
devant l'entrée du pont de la C, alandvê h Cahot's, que latéralement. 
On conçoit quêlle difficuit6s le r6gime féodal levail apporter dans 
la conslruclio des lOtl. Ce fétail ti la science praliquo, ni la har- 
tiese, ni nëo les ressources qui manquaient, lovsqtfil Cail question 
«l'dlal,lir un pont sur un large ccul's d'eau, mais i,ion plut6t le lbon 
»ul,ir «l'aulovil6s inl6cos»dp scuvpnt a rendre les «otttunications 
tl'utt pay» h l'aulre lit'liçlle». 011 ce«',,nnail, par les ex'nlles déjh don- 
nés, ,lUe si lês pols réunissaient teux rives d'un tleuve, on cherchait 
h a««tlttuler sur l,.ur larcaurs le l,lus d'obtacles possiile. On possède 
sur la «otru«li« tlu l»«»nl le Montaul»at ¢les do¢ultenls complets 
el éleldus qui lctonlrptl «tssez quels élaiel les olstacles de foule 
nalure ,l,p,sés a ces SOl'I«s l'elttrepcises. Dès 1 l.li, le çomle de Tou- 
Il,use, AIll,»tse J,-,ut'lait, e[t lontanl aux bourg'ois de Montauriol 
l'«tt,,risali«,n le fi,ttler la ville le 51,-tlauban sur les Ij«»l'(ls iu Tarn, 
ils.re l«ns la clll'le de fondaliç celle clause : « Les iatilants du(lit 
,, lieu cjn,tru.il'onl un p,»tt sui" la 'ivièro du Tarn, et quand le pont 
« Sel'a igli, iv seigle.eut cote 'enlendra avec six pru[l'ltommes, des 
,, leilleurs conseillers, llal,ilatls ludil lieu, sur les droil qu'ils de- 
« Vl',l S établir, atit que le[Iii l)nt luisse être etrelenu et répar6 .» 
51ati la ville laissale 6tait lt'r,l-» lauvre p«,ur pouvoir tetlre à ex6cu- 
li,,t utte l;tveille AIligeois, 
q u'e n 1261 

etlrêpl'i.,,e. Puis vinren! les guerres lês 
l;ty. ,, h let l»lu affreuse delresse. Ce I''>I 
rie Mo,laul»an prennent des npSUl.O. 

lui réluisil.ett 
que le 
l»ropres h assuvï-,r 

tinancières 
129.1, la ville 

la construclion du [«nt sur lê Tavn. En 
«tclelo l'ile des talili«ns ,u de la Pissollo [«ut" v asspoir plusieurs 
tes piles le 1 elili«e. G'elait a l'un «le, rois qui o;t le plus fait pour 
dlaliit luil; du l»uvoir ett Fraco, qu'il clair réservé do commencer 
l.liilive.t çetle enlreprie . Pllilil»pe le Bol, 6tanl venu a Tou- 
l,use l,,,urt,rt,itev le» ,iittëren«ls qui existaient entre le conte de 
F«ix et les «jtntê «l'Artagac 'I le Cotinge, chargea de la con- 
truction du pot de Mottlaul,an deux maitres, Etienne de Ferrières, 
cilî«lelain royal de la ville, et Malitieu de  erdun, bourgeois, en sou- 

nettalt tous les étrangers passant à 31ontauban à un péage dont le 
produit devait êle exclusiveent ré,e'vé au payement des frais de 
construclion, el et aceordanl aux consuls, aux mëmês fins, une sub- 

votlion (130-1. Le roi toutefi»i, imposa comme condilion de bâtir sur 
pont lroi.q bonnes et fortes tours « dont il se réservait la propriété 
! la garde ». Deux dê cês lour devaient s'éleverà chaque extrémité, 
troisième au milieu . Ce ne fui cependant qu'après des vicissitudes 

' Article '2 i. de la charte de fondation de 3lontauban (Archtves de Montauban, livre Rouge, 
fol. versn 1051. 
' Voyez l'excellente notice sur le pont de 3lontauban, donnée par M. Devais ainé dans 
les Annales archéolo9iques, t. XVI, p. 39. 
' Archit, es de Jlontaubano liasse D, n ° 16, liv. des Serments, folio 102. 



 213  

de toutes sortes que l'entreprise put ëtre 
tées à la construction ayant éle, et diverses 
consuls. Les lravaux furent lerminés sêulomon 

.niërement bâti de br 
«uiées. Son tablier est 

achevée; 
'oprisos, 

ique; sa longueur es! de 
parfaitement horizonlal 

[ PONT ] 
sommes des, i- 

(létouvnées pat" les 
! vers 1335. Ce pont est 
2.';()m,.O enirê les deux 
et s'él.ve de 18 mbres 
sept arrhes et 
six plies lont 
en aval, 

au-dessus des eaux moyennes du Tat'n. Il se 
tiers-point de 2 bires d',uverlure en nc)onne, ci de 
i cpatsseur est de 8 ,oo, nunios 

et pel.cées au-dessus ilê ces épevons de longues laies en liors-loitt 
pour faciliter le passage des eaux pondan lês crues. Les tviques qui 

ont servi ,:t la cotstruclio lo ce lon! sot 
et perlent ; cet[itèlres ci'épaisseur" sur lO 
et 28 eonlin,clves tic l;trgour . 

l'une qualité excellenle, 
«enlinètle._- • s .le logueuv 

La tour la llus t'rte é[ail siluéo (lu cSlé oppcsé h la ville; ces loum 
exlrëtes étaient carrées et ('ouv,»nnées de plales-fol'mes avec màcl,i- 

coulis o[ créneaux. I.,a tout" cotralo, l»àtio sut' l'avri/,r,.-lo« ci'aval, Alait 
triangulaire, e! posséd«til u escalier i vis descendan! jtisqu'à une 
let'ne percée au niveau le la rivière lu c6lb «le la ville. Cet escalier 

donnait en outre acc,.s sut" a,ant-boc de la n-tPm, lile, au niveau du 
seuil des baies ogivales porcCs h travers les aulros l»iles. Lb était dis- 
posée une bascule qui porlail une cage de fer. destinée à plonger 
Iiasplémateurs dans le Tarn. Suivant l'usage, une chapelle avail 
lisposée au niveau du tablier dans la tour cenlrale, ci était plaeéo sous 
le rocaille de sainle Calhorine. 
Nous ne ferons que ciler ici un certain nombre de ponts de pierre 
lu moyen ge qui méritent (.le tixer l'attenlion. Ce sont les ponts : 
louen, rebfili hplusieurs reprises, ol dcnoli pendanl le lernier sieele ; 
de lA, che, démoli depuis peu, et qui tlalail rie la lin lu xt sibçi. 
bien qu'il eùt été COUl6 et r«lare llusieurs fois pondant les XlV' et 
x" siècles; de Poiliers, avec deux perles fort iplles à ciacune de ses 
extrémitds, et dont on possbde de bones gravuros ; de Nevers, ddnoli 
  uxerre, qui p,)ssddait une belle tour 
1 - a pe d'années: e Tours; d'A 
a  une ce ses extr6mlés, et que l'abbé Lebeuf a encore vue; de Bl)is, 
«le Tonnerre;de Sens, terrainWdu cSté d la ille par une leur consi- 
dérable; de Mfieon, elc. Il est certain que le syslète tëodal élail le 
plus grand obslaele à l'établissement des p¢)ts, au moins sur les 
larges cours d'eau; mais que le cas dchéan[, les maitres lu toye 
savaient parfaitement se tirer d'aflhire lorsqtFune volonlé souveraine 

et que des ressources suffisantes les mellaien h mëme (le construire 
ces édifices d'utilité publique. L'éablissemên! des grands ponls êait 
ltabiluellement dft à l'intervention directe du suzerain, et c'était en effet 

un des moyens matériels propres à rendre effective l'autorilé r%'ale 
«lans les provinces. Ainsi voyons-nous qu'à Montauban, le roi Philippe 
le Bel, en accordant des subsides pour la construction du pont, met 

Nous devons ces d(itails à 3I. Oli;ier, architecte du département, 



[ PONT ] 
pour co»dition 
Bien ênlendu. 
l,l.-,ieu,'s ponls 
l'hi:loire 
l,,-,is, soit 

-- 214 l 

que 

t'ois tours demeureronl en la possession «le 

les villes «lu royaume, Paris posselait 

F, ilos I le,, «rcles. 1.0« l,lts ancies 

entre loutes 
,lbs uno ,;poqu' très-reculC. Dult''ul' nous a laisse 
«e ponls olifiés, «lélruils, refaits i»in des tbis, soil en 
pierre, l'no do causes lo la ruine «les i«nl de Paris, etait 
• t c's t»ttli lc»nt »n portpl.lait l'elalliseenl sur les 

FI 
IlS 

'ltatge ol l,-' P«'lil-t)«»al. le l)t'otier aanl une laslille vers la rue Saint- 
l)oi.. :tll».l;o le gt':tl Clàtolol. l'aulre x ors la rue :il-.lacques, 
«tlpol,;o !. lelit I?.ltàlolel. Bien quo les doux chhlolels oxisl;tssetl léjh 
,! t,.l, cio t)llil,po-Au,,-te.,... . l, uique les conle. 1, Flandre ci ie 
B,ul«-g«" 3 furent le,Iris lrioniot's apres la l,ataille de B»uvies, 
«,polattl cê loux ddfinsos avaient ele rebîtlie en grale parlie, 
»inn . t«lalil 
les 

le,; 

le r6c(litier e 
font reltonler 

xx" -i/_'«l, . l'ul rof«it «ux fi'ai tic 1, x illê e, 1-113. Cett  r .cotrtcti,_,», 
• --,,O. pttique. 1,  1:1 fév'i,,r 
lr«l,,tl,l lllOll| Pli It(. ,ton;tçail ruine en 1"". 

.tli;,r ,t,tl r;I«lli. Ce lr«jel te fui l«,it suivi d'ex6«uli«»tt. 
1' I«¢1 N,»ll'e-D:tmè s'écroula av. l«uls les ttai ots qui i' 
eur '1 ,'slil s,utonu sur (lix-svll t.agdos (1 lil,tis, clt«tt.un 
, l.t l»ls «l'ttt, l,iol, et av)iettl  It«tttlotlr qttaranllO-l«,ux l»i,.ls. 
• . ltt la¢srivn/ l:tr«lossus ce i«I, p,»ur ne poinl oir d'u «oslé 
I':tul'e let riire. "rovoiet martinet'sur lof're t'ot'ne, et senl»loiet 
'l'e :tt tili'u «l'ute rue le marclands, c«tr il y avoir si gran¢l 
.. «..:tl,. , ioauld. ,,t «.x«ollotco_ «les ouvra-es «l'i«elle, qu'ot p«uvoit 
,li'e are," vdrild que «'e l,Ol nériloit avoir le lrettier lieu etre les 
.k la suile ¢lu «ini»-e lu 13 octol»re 198, la peuple de Paris accusa 
.» agi»tral« l'icut'ie et le alversalion. et «'eux-ci furêtt me»6s 
pvi«,n : aprb qttoi la plupart furent condanné- h los anende l»iUS 
ois fortes. Il thllut songer h reconstruire le i,ot Noire-Dame. Les 

" L; 7hddtre de antiquitës de Paris, |6ll p. ]35 et sui',. 
 C,.;zuin, De 9estis Francorum. Pari..,, 15.2, in-8 °, folio 3133, 
p. "21! des .|nnales 9énér«les de la ville de Paris, 161.0, in-folio. 

verso. -- C. 31alin,'re, 



deux maîlres des ,euvres de l'i,61el de ville, Coli, d- la CI,es,aye pour 
la taç'on,e,'ie, ê! Gauier Hubê't pour la cltarpenle, l'u'c,,l ciargés dê 
l'entreprisê, et o,, lu,. aljoigttit Jean dê Doyac, Didiêr rie Féli**, C,lin 
Biart, André de Sai,l-Marlin, ainsi que deux religieux, Jean, l'l:;s«uilait 
et Jean Joconde. Ces deux derttie.s éiaien! çl,at'gés du c«»tlr61, «le I, 
pierre de aille. Toulefois ci conlrai'emc»! i, l'olittiott le Sau al. Colin 
de la Chosnavc el Jean de Dovac avaiet étd co,tis à la sqerinten- 
datte cio l'«'u'vrê. « Seize l,onnïês, pris da,s les différets quartiers le 

la ville, Iravaillaie! sous leurs ordres, 
souverain qu'ils exerç'aiènt, Ge»lift de 
porl«tion| un bàl«}tt Ilan« . » 

P| C}1111112 ltiarque lu pouvoir 
la Eiestave el Joat «le Dovac 

Le :28 ttars I 199, les l»renibres pierres du lOn! de, Ntre-D«,,,o fu- 
renl poséês par le g»uverteur de l»aris el les tagisll'als tui«ipax. 
Les Iravaux fuçenl lermiés au ois de se]leinli-e lâl. Deux 
de maisons régulières d'aspect gartissaient les deux c61és de ve 

et.celles-ci nê fureter démolies qu'en t'îg6. 
Beau«-up irOl» «le gens a,,aiet été appel6s à 
lio dtt l«ttl Notre-Dartre ; il en résulta des eha 

particiler à 
i|g'lltolltS dlt.lls 
li<tt <lê t't:ttxr, et des avis ditt'éretts qui retat'lbrettt L'ettlr 
faut lir. h ce sujet la curieuse n«tice lubliée lar 5I. Le lt«ttx d 
laquell • «logette Ioul au long les avis demandés par l-s ttagistra 
cipaux à diverse personnes consid :rées co,ttt ; contlélet 
u»es son! pour les pilotis, les autres les cotsidere»t co,ttte i 
nalurellenent les cltarpênliers penehen! pour les pile»ris, les 
pour les blocages. Cependatt ce pott élail fort l,t et 
encore quelques années, e! il e s«tible laS qu'il 

de le t'ecotslruirê . 

Au ,ot«tt ]e la i'oconstrucliott du p«}tl. 
au c}tt,,encenent du xv" siècle, on l}rettai{ 
I,o,neur aujourd'hui, de cotsulter quatli/e 

la e»llSl 
la lir«c- 
,frise. Il 
' l.itcy, 
ls ttutti- 
les:les 
ttulil¢'s ; 
II1 {11'O II.S 
I'o'1 leau, il y :t 
trcs-écessai 

N}Iro-Datto, c'est-h-dire 
«cite ial}ilule, si fl»i'l  
_ d' 
le gos le ,elier ,u et- 

llaleurs officieux en nalières-de travaux I»ublics ; o1 accunulait ailsi 
«les avis, des procès-verl»aux, «lui ottt cerlos un grand itlérël lour 
ous aujourd'hui, mais qui, au lolal, tt'élaient guère prolitables h 
UVl'e ol êlt'ainaient souvotl en dos délOnsês itulilos Et cela l'lis- 
loil.e de la construction du pont Noll'e-Date rappelle l»assableltel 

celle de beaucoup de nos ëdifices totleros. On 
ois de l»ruit et l'on noircissait moins de papier 
I}O,Is du os"en âge, commences presque lous 

faisait évidenttêl 
aulour de os vieux 
avec des l'P5SOHl'Ces 

' Registres «le l'lldtel de ville, !I, 1778, fid. 28, r". (Voyez l,-'s ltecherches historiques 
sur la chute et la reconstr, c'tion du pont Notre-Da»te (t l'aris, par 31. Le lI,_,ux de Line.-,', 
Bblioth. «le l'école des chartes, 2  série, t. I1, p. 32.) 
' S'il f;mt s'ert rapporter . une note eerite sur la cou',.rture dtt li,,re Roua lu ç.hî- 
telet dë Paris, la dépense du pont Notre-Dame à Paris se serait éle,,'éc à °_05380 livres 
4 sous I dcnie,-s t,,,rn«is. Saual. c,,ntestant ce chiffre, sans d'ailleurs donner ses treues, 
prétead que la dëpense s'elea à t 160681, li,,res 



l'oNT .I 
infines et eontinubs 
+.nient. 
]tlisque 

sans lt'uil, axee ier,;i-tatice, ju-lU'h leur aclb- 
Copenlanl <.v., l»»tlts blai,tit soli{les et larl'»i.  Irbs-l«trdis, 
llu«ieurs l'.tt'o eux, ç»lltlte «'+'lui le Saitit-Est»vtt p«tr exeliple, 
n<l.ro 

I+os l»ile» ios pnts +lu lio.x «+ri àge dl+tielt élovéos au tlloyeti <lo Iftlar- 
doaux ol r;t'eenl uP l,iloti>. Ot clel'<'lail au fand du II,uve un lit 
s,,lil+', et l'»t l,àtissait lesu. Si 1', ofincait <les l)iloti. «'61ail ,+n 
at»nt liOS «txttl-l.«s. lur-lU« los t'«,ls el«tient salltettx t,I lur 
«il'r l« ;tlt),uillett .nls. t]'.,I aittl luo »ottl çonslruilos les pilos ltt 
l,,»nl 1,' la Guilloli;.l'" a l.y«,. lu'blaiotll f,nléo celles du Pelil-Pottt 

B'- r, 3 ;, L 'v,- +. 

h Pat'i.-, du 
IIOUb aX'Oll VU 
{'otl[}osée 
a,'cte. {lu pon 
sont construit 
rempli par un 

la ti.gul'e 10. Ces arcs-daullaux 
piles et conservent une parfaite 

l,nt 10 l'Y.l'cl,ê et 
qUO celles de+ pnls çaillt-elPze[ 
l'ang- de elaveaux juxtaposés, non liai»,}titt.s. Quelques 
t, d'une ouvvrlure medioere, notatlne.l «l«ts lo Poilou, 
es au nioyen d'ares-doulleaux séparés l:tl" tlll intel'vatlle 
#pai+ dallagê au-dessous «lu tablier', ainsi que l'il«ii+lue 
sont alo's l}}bs en raittre dans les 
élastieité. Les eaux pluviules, qui s'it- 



filtrent toujours à lravers 1o pavago, 
«les dalles, et ne salpêtl'ent pas les 
que lrop souvent lieu lorsque 

,'oi,s lês «tr«ic's, 

PONT 

entre lt.s.iainls 

COIIIIIIP ('PI;t ll'a 
Ce sx+l.èn, d'ar- 

ches a encore l'avantagê d'»l.o léer, 
d'êlre économique, puisqu'il 
rlavés. Les lyltpans au-dossu «le «ês 

1o ltioins «ttargof ls plies, or 
un tiers do nt,is do tiatériaux 
a'('s-«lotlle«ttx s«nl élevés en 

ltoell.n ou en pierre têulro, et [ou,ent ètrv tr;,s-fit«il,tn,tt rottlplac6s, 
sans qu'il soit necossaire l'inlorrtitpre let «it'cul«tlin. les exolples 
«le po,tls «'otslt'uils d'affres «.e s3-sl.o l:triss«nl all«n.lenir au cont- 
mencoott (lu x  sib(.ié, ,u l)oul-èlt'v tjbj. h l;t li iu x[ . 
Pour (]itiluer la (léletse 'cnsi(lérabit. Cille tt,.('essile 
slruit avec les a'clies 
lever que des l,iles de ttaç',ttcriê 

CO lq-- 
l','n«til «ltel«iel,,i, 1,' l)«trli (le 'é- 
.,ut" lc»qucllv» Jt lJOsail un tablier 

11 

.de bois. Tel avait ëlé conslruit le lotit traversant la Loire h Nanl 
(fig. 11). Sur les avant-l)êcs de ce pnt s'Cevaient de petites 
Iouées h des marchands è.. Enlre quelques-unes des plies avaielil elé éla- 
blisdes moulins; car il .-st il ol»ol'Vêr que prêS(lUe tous les lolls bàlis 
lrès-proclies dos cil.és pOl»ulêuses , ou colllris dans leur eceile, 
étaient garnis de tnai,ons, lo boutiques êt dê moulins. La place clair 
rare dans les villes du n,»3-e àge, presque toutes enclo»es de nurs et 

fondes dans les c|aveaux intermédiatres, tartdis que ceux de 

'On remarquera que. la plupart «tes vieux ponts presentent dès altérations très-pro- 
tète sont intacts, parce qu'ilz 

état vers 1 miliou ,lu XVll  siècle; nous ne savon 
,été Ce',C tVocz la Topogral»hie de la Gaule, $rav. 

sont plus facilement séchés par rair. 
' Ce pont existait enco,-c ,;:s cet 
précisément à quelle époque il aait 
de lérian.) 



dP tours e! le. panl étant nal'«'llollent les passages lrè frequentés 
,"elait à qui clerchait a se placer «ur ces parcour». Le ponts de Paris 
élaient arnis (le nai,ons. el fi»rmaient de vérilables rues traversanl le 
l].xe. Ce fut g.m. l'élallisemenl de ces maisons, donl la voirie 
. l,re«,ccpail I,a asez, qui conlribua à la ruine de ces ponls. S'il 
Ill,it se ail.ir »r l'lignenenl «les deux e6te de la voie:sur 
m' i/'l'O «,u p,,sail «l-s l,filises en ecorl»elletent, on creuail ries 
,.I les 'éltils las les plies, _ 
.I les pavois le ces ponts d«vaietl Iienl«t 
s,. «l,;x..s.l'. l,«,rStli, la l,;l-iilion des maisons qui gari«saienl le 
I»,»1» N»II.''-D;. ci Saitl-51icltel à I»al'is fui efle«luée, il fal!ul réparer 
h.s lal,.iels exlbl'i«.urs .I les lytpans «les arches jusqu'au dt'oil des 
i,ile, «l;lt,. I«lilatl «yaJl l»eU a feu ereue ces lytJlans ou ailC6 
ces 

èlcore la tradition dos 

Les ponts de ioisj,,u,,,ll tin r6lo iiiiporlant dan l'architecture (lu moyen 
élat facile et peu di.sponlieux. Nous trouvos 
p,nts de boi. "aulois en Savoie. Dans cette eot,- 
Iree, pour traverser un torrent, ur lê pentes escarpées qui ïormetlt 
»,,n encaissemenl, o,l amasse quelques blocs (le ,,..,.rs,,e.. lie'res en Ia- 
nière de culAes; puis (lig. 12)ur cet enrochement on pose des troncs. 



d'arbres, Menaivemen! pependicuaie e! paalIè 5 la «lieciou 
du aiu, en eucobe|lemeut, on garnir le inervaIes laissés rides 
entre ces troncs d'arbres, de pierres, de faç-on à former une pile lourde, 
homogène, présentant une résistance suffisante. D'une de ces pile à 
l'autre on jette deux, trois, quatre sapines, ou plus, suivant la largeur 
qu'on veut donner au tablier, et sur ces sapinps on cloue des traverses 
de bois. Cetle construclion primilive, dont chaque jour on fait 
usage en Savoie, rappelle singulièretet ces ouvrages .gaulois 
parle César, et qui st, composaient 1 lroncs d'arbres posés à angle 
droit par rangées, entre lesquelles on I)lotlu«til les quarliers «le roches. 
Ce procédé, qui n'et qu'un empilage, et ne peul filre considéré come 
une eUVl'e de charpenlerie, (loit remonter a la plus laute antiquite; 
n,,us le signalons ici pour faire connaitre cotonnent certaines tradi-. 
li,,ns se perpétuent à travers les siècles, talgre les perfectionnenons 
apportés par la-civilisation, et cotbien elles doivent toujours lixer 

l'attention de l'archéologue. 
Ces sortes d'ouvrages devaien! 
m«dns, si excellents charpentiers, 

selnbler barbares aux vêux 
et nous les voyons encore 

lo nos jours au milieu (le populations en contacl avec notre çivili.,,:t- 
lion. ¢;'est que les travaux des honnes conservent louj«urs quel«luO 
ci,ose de leur point «le départ, et que dans l'âge tarir les peulles ,,1 
peut encore retrouver la trace des premiers essais de lotir enftnce. 
;'est ainsi, par exemple, que, dans un ordre beaucoup plus élevé, nous 
voyons les eharpentiers à Reine exécuter des chavpente eonsidérable« à 
l'tide de bois très-courts. 13'était là une méthode adoptée parles afinAes 
romaines. Ne pouvant en campagne se procurer des engins propres 
mettre au levage de Il'ès-grandes pièces de bois, ils avaient adopte dès 
combinaisons de charpenterie qui leur pernettaient de construire 
peu de temps des ouvrages d'une grande hauteur ou d'un grandi deê-- 
l«,ppement. 13es traditions romainês s'étaient pll¢ore COllServé?s clez 
nous pendant les premiers siècles du moyen âge, où les difticultes de 
lransport et de levage faisaient qu'on employait des fouis courts pour 
oxéeuler des lravaux de charpentê, surtout en campagne. Villars de 
Hnnecourt donne le croquis d'un pont fait avec tien, bois de vingt 
l,ieds . «Af clou,,. écrit-il au bas de son croquis, « fait oto ou p,,nt 
« lesor one aive «le fus de xx pies d'lonc -. » Le rnovên indiqué lac 
Villars de Honneeourt est très-simple, et rappelle les oùvrages de char- 
penterie que nous voyons exprimés dans les bas-reliefs de la colonne 
Tl'ajane et de l'arc de Septilne-Sevère. Villars élève deux culées de 
naçonnerie (fig. 13), auxquelles il scelle d'abord les chapeaux B des 
deux potences A. Les contre-fiche, de ces potences assemblées dans 

t Album de l'illar. de ilonnecourt, manuscrit publié en [ac-simile. J.-B. Lassus et 
A. Darcel, 1858, pl. XXXViII. 
i « Par ce mo)'en fait-on un pont par-dessus une eau avec ds bois d, vingt pieds 
« de long. » 



[ rox:r ] -- 950-- 
les poteaux D sont roidies pat. les tnoises E. Sur les cltap,aux de ces 
polencPs, il élève les pot«aux .G, tt, naintenus «tans fous les sens par 
«les croix «1 Saint-André. Das eçands clapeaux K r«uni,;,;en! la 
fel 1' cés p,lPaux et sont st»ulag6» [)«tn" ie «'onfn'e-li«'lte.,, l, toisdes 
«o,' «.elles du dessous; ptis, sut" ces tl'.niers «Irai»eaux, il los« des 

/3 

«tttl,èclt,t !,' i,e" du «z. Il uffisail le clouer «les adriers sur 
les long'ines, lC ne p'enanl, pour exdcuter cci ,,uv'age, comme le dit 
Villars. qu des bois de vingt pieds, on petit a «it' facilèment un lablier 
de cintl, UaIlle pieds de long. l,atrfailement l'igiie. C,'la parait être pour 
notre auteur un ouvrage de camlagne, qu'il >urmonte d'une porte 
à chaque bout. 
tuant aux ponts de bois plantés en travers de grands cours d'eau, 
ls se composaient de rangCs de pieux, or,tinairemenl simples, moisés 
et armés de fortes contre-fiches en avM et en mont. Sur ces pieux, 



---oi -- [ o. ] 

on .posait des .chapeaux qui réunissaie,nl.leur l:.te, pu!s le lablier.sou- 
I,gê par ds lens. Les piles, composee» de rang.; »mples de pex, 

«,raient cet avantage de n'opposer aucun ot}stacle dU courant. Des 
gardes triangu!aires fichues en a,lo,l faisaient dévier les glaqons ou 
Iês corps Ilollant qui auraient pu etanev les piles. 
Concilie les afinCs romainôs, «.elles du moyen /'tge ne se faisaient 
pas faute d'établir des l)onts fixés sur les l'iviè.'es pour passer leurs 
gen et leur arroi. Dans la Canson des Sctxos, Charlenagno fait fai'e 
un pont sur le Rh6ne. « Barons, dit-il, aux chef asenl»lé, 

,, Trop e«t Rune parfi»n,te por 
,, N'i porroient pass,r pal,'froi 
,, .Mes .i. choe osgart an mon 

« Par coi de nostre guPrre 
,, .I. l, ont ferons sot Rune 

mener tel hustin : 
IIt 

et destin, 

trarrons ançois à fin 
par force et par an3in 
,. Les estaches de chasn,s, ls planches le sapi,t, 
,, .xxx. tois«.s aura an travers de chemin. 
,, l'uie, passerons outre tuit ansambl« à .i. brin, 
,, Et f,_'r,»ns la bataillo c'on le erra clou lin. 
« Et conquerrons Soissoigne sot la gent Guiteclin 

(;'est un poët qui parle, et nous ne citons sês vers que«,tr, l'ox- 
pression l'un thit gddral, adnis dans les a'm;os lu tt,.,, 
Les ponls de l,ois n'ayant jamais qu'une dutéo ¢t»ez litttil,.o, il 
nous reslo aucun ouvrage de ce genre qui soit antd'ieur au x¥1" siccle, 
et nous ne pouvons en prendre une id6e que par le vigellos de 
nuscrils ou de gravures des xx't  et XVll' sib¢.le. <i 1'o veut dlablir 
des ponts de boi,, ou il faut ral, proctter beaucup les piles, ali de 
ne donner aux portdes des travées du fablier qu'une longueur très- 
réduite, et 6viler ainsi leur ll6chisement : ou il iut arltt(.u' ce, tabliers 
de contre-fiches assez inclinée- pour résister à la llexio,, et al,rs dlevor 
beaucoup les lètes des piles au-dessus du niveau le l'eau; ou il faut 
suspendre les labliers h un systcne de fernê. Co dernier parli 
avoir 616 ad,opt6 fréquenament penl«tt le «,yen «ge. Soiel (lig. I l) 
des piles de trois rangs de pieux espacds de 12 nctres d'axe en axe; 
lète de ces pieux, ne s'dlevant pa à plu» de 2 m'.Ire, au-dessus du iveau 
de l'eau, o posait sur ce, të/es de pieux des l«»ngt'ines, ,oulagés 
ç par dos f¢lqlles B. Ces ferlllêS ld«brenenl inclinces l'une ve's l'autre, 
- ç 
6taient rendue solidaires au moyen dê Iraverses superieures C et de 
croix de Sain/-Andt'd D. Sur ce longt'inos E on posait de fol'tos solives 
F, puis les nadt'iers formant le tallier. Ces ,uvrages presentaient une 
grande rigidité, mais ne pouvaient suisister fort longtemps sans se 
détëriorer, et n'étaient gu6re jetds que sur des cours l'eau dont les 
crues n'étaient pas considdrables. 

' Chanson «les Sa.tons, chap cx,,. 



Dubreul . parlan! «lu port! ail-Mi«hel à Paris, dit qu'il était de l,is 
el avait .lé c,nsl'uit en 13 par ltuguos Aul»vi.t, alors prév6t de 
Ce p«nl clair qri da plusieurs tais»s. Le I«,,1 N«lre-D«nte, lfili 
III l, .uiva, 1-, ,tène auleur , d'apres le 'at)p,»rt de Robert Gaguin,. 

,, n'Coit que ,le bois, avanl en longueur 70 pa, . pieds, el en largeur 
« t8 pas : do deux eosiêz o! sur lequel êsoie! balio 60 maisons 
« esgales en svuçure e! haulouv, lequel, après avoir ,ubsisé 92 ans 
« seulettent, tumla (I! la riviore l'an |-19,, le ven,lredi 26 ocloi)re..., 

Ainsi que 

nous l'avons vu pvéce,lolnetl, certains pont de l,iorr 
des travëes do l,»is t,l,iles, soit pour intercet)ler la (.ol- 
d'une rive à l'aulre, soli pour laid, ser pasêr les baleaux- 

des «ntiq.ites ,le l'cris, p. :ll. 



Cês porlions de tabliers-de charpenlo 
cltàssis à contre-poids, ainsi quo cela 

sP 

[ lqtNT i 
pra[iquê en('ore aujour«l']tui, 

ou bien roulaient sur (les langrines :on appolait 
t,,r,teïs, et les seconds, des l,o;ts i,osti. t. Ls 
vérilables ponts-levis. Il est a romarquer que le 
l'entend aujoui-d'hui, adapté a uno porto dr, ville 

1o.,, prottiers, los ponts 
l»reiers élaiê»t 
p,,nt-lovis, tel qu'en 

nis en pratique que vers le, conmncenont «lu xtv" sibcle ; jusqu'alors 
les ponts torneïs élaient disposés en manib'ê ¢1 lascule . 
Si, vers la fin du xt • sibcl, on 6tablissail «lëja des ponts-levis, 
ceux-ci étaient iolés 1 ne letaient pas aux pot.les nt»ttês, aisi 
cela s'est pratiqué ¢lepuis. Ils faisaient lavtie «les ouvrages 
en bois, tonaient h la barrière, mais 'elaiol loinl ,lipsés tiens 
maç'onnerio de portes. Cependanl, les uno '[oqu" ro«ulée, o e- 
ployait souvent Ios ponts ou passoreilos roulatt Stll' Ilt'S l,,,'i., par- 
liculibremenl dans le» provinces mérilianal,,s. Ce s,-,.les «1o lOlls, 
de deu