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UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY 

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CANADA COUNCIL SPECIAL GRANT 



FOR 

ART *63 



SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS. 



REVUE 



DE 



L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 

PARAISSANT TOUS LES MOIS 



Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. — 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PREMIERE ANNÉE 
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PARIS 
HARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

.4, RUE DE FURSTENBERG 
1884 




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REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L^ART FRANÇAIS. 



REVUE 



DE 



L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 

PARAISSANT TOUS LKS MOIS 



Documents anciens et modernes. •— Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N° 1. — Janvier 1884. 

is au lecteur. — Partie ancienne ; Date du décès de François 
par M. J. Guirtrcy. — Jehan Cléret, peintre à Paris en iSaô'. — 
•" Evesfian-, maître sculpteur et peintre (1612). — Van Dyck en 
■641), par MM. A. de M. et J. G. — Mathieu Greuter, 
en taille-douce (i566-i638), par M. Natalis Rondot. 
' '' M. A. Darcel. — Vente de la collection 

>i Dubrunfaut : Lettres de De Marne, de 
*■ — ^ Partie moderne : Manufacture des Gobe- 
xécution. — Vente 'de tapisseries. — Exposi- 
... ..lècle, Manet, Jules Grenier, Meissonnier. — 

lyecrologi., ... ,^el, Lesueur, Chenavard. - Bibliographie. - 

Nouvelles archéologiques. — Nouvelles diverses 



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PARIS 
CHARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

4, RUE DE FURSTENBERG 
1884 



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SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS. 



REVUE 



DE 



L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 

PARAISSANT TOUS LES MOIS 



Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N° 2. — Février 1884. 

Sommaire : Avis. — Compte rendu de la réunion générale des membres 
fondateurs de la Société de l'Histoire de l'Art français du 22 mai i883. 

— Partie ancienne : Un tableau du XV' siècle, signé et daté, à sauver. 

— Les graveurs de la monnaie de Troyes, du xiV au xviir» siècle, par 
M. Natalis Rondot. — Les graveurs Wille et Baléchou. — Partie moderne : 
Musées nationaux et départementaux : Musée du Louvre, Musée d'An- 
gers. — Expositions : Nationale de 1886, de Lyon, de Tours, des Aqua- 
rellistes, du Cercle de la rue Volney, du Cercle de la place Vendôme, 
des dessins du xix° siècle. — Ventes : Buste de Houdon, tapisseries- 
portraits de Fragonard; tapisseries gothiques; porcelaines; vente Manet! 

— Nécrologie : Dumont, Louis Leloir. — Bibliographie. — Nouvelles 
archéologiques. — Nouvelles diverses. 



PARIS 
CHARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

4, RUE DE FURSTENBERG 
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L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



PARAISSANT TOUS LES MOIS 



Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



puix d'abonnement : 6 francs par an. 



N° 3. — Mars 1884. 

Sommaire. Partie ancienne : Quittances d'artistes peintres, sculpteurs, gra- 
veurs et architectes, tirées de diverses collections par M. J. Guift'rey. — 
Requête du peintre Jean-François Bérot, par M. Célestin Port. — Signa- 
tures et inscriptions des sculptures de l'exposition de l'art au xvni' siècle, 
par M. Anatole de Montaiglon. — Le peintre Antoine Giroust, par M. Jules 
Guiffrey. — Mathieu Greuter à Avignon, par M. Duhamel. — Un 
autographe de Falconet en Angleterre, par M. V. J. Vaillant. — Partie 
moderne : Réunion des Sociétés des beaux-arts des départements à la 
Sorbonne en 1884, par M. Henry Jouin. — Musées : Musée révolution- 
naire; musée des arts décoratifs. — Expositions : d'Amiens, de Besançon, 
de Londres. — Ventes : Vente Sellier. — Nécrologie : François-Auguste 
Bonheur, Benjamin Ulmann, Louis Jehotte. — — Bibliographie : Nou- 
velles archéologiques. — Nouvelles diverses. 



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ANCIEN ET MODERNE 



PARAISSANT TOUS LES MOIS 



Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N° 4. — Avril 1884. 

Sommaire : Avis. — Partie ancienne : Orfèvres parisiens et blésois du 
xvi" siècle, par M. Alfred Darcel. — Quittances d'artistes tirées de diverses 
collections par M. J. Guiffrey. — Buste de M"" Re'camier par Chinard 
par J. G. et A. de M. — Actes d'état civil d'artistes français : Acte de bap- 
tême de Claude Vignon, peintre, communiqué par M. Ch. de Grandmaison; 
Acte de naissance de Jean-Joseph Taillasson, peintre, communiqué par 
M. Charles Marionneau. — Jean Cousin, par M. Jules Guiffrey. — Partie 
moderne : Les portraits d'artistes français à la Villa Médicis, par M. Henry 
Jouin. — Musées : Musée du Louvre; musée de Rouen. — Expositions : 
des œuvres de Raffaelli, des œuvres d^Ulmann ; exposition de Carcas- 
sonne. — Ventes : Vente Louis Leloir. — Nécrologie : Amédée Jouandot. 
Hippolyte Maindron. Paul Bal^^e. Adolphe A'^e. — Bibliographie. — 
Nouvelles diverses. 



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ANCIEN ET MODERNE 



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Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N° 5. — Mai 1884. 

Sommaire : Partie ancienne : Bertinet, par M. A. de iMontaiglon. —Joseph 
Roettiers, par M. V.-J. Vaillant. — Actes d'état civil d'artistes fran- 
çais : Acte de naissance de Germain Boffrand, architecte, communiqué 
par M. Charles Marionneau. — Quittances d'artistes tirées de diverses 
collections par M. J. Guiffrey. — Partie moderne : Les portraits d'artistes 
français à la Villa Médicis, par M. Henry Jouin. — La statue d^Eugène 
Delacroix, J. G. — Musées : Musée de Cluny. — Expositions : Le 
Salon de 1884, l'Exposition internationale, l'Exposition des refusés, la 
Psyché de M. Paul Baudry. — Nécrologie : Paquet de Parvillier, Gilbert 
Randon, Eugène Vignèrcs, Louis Riquier. — Bibliographie. — Nouvelles 
archéologiques. — Nouvelles diverses. 



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SOCIETE DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS. 



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L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



PARAISSANT TOUS LES MOIS 



Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par ax. 



N" 6. — Juin 1884. 

Sommaire : Assemblée générale des membres fondateurs de la Société de 
l'Histoire de l'Art français, du i3 mai 1884. Discours de M. A. de Montai- 
glon, président. — Partie ancienne : Joseph Parrocel, par M. Etienne 
Parrocel. — Une lettre de Jacques- Louis David communiquée par M. J. 
Roman. — Erratum à l'étude sur Joseph Roettiers. — Partie moderne : 
Les portraits d'artistes français à la Veilla Médicis, par M. Henry Jouin. — 
Comité pour l'érection d'un monument à Eugène Delacroix, par M. J.-J. 
Guifl'rey. — Expositions : l'Exposition Meissonier; le Salon des artistes 
indépendants; les Diamants de la Couronne; le concours pour le monu- 
ment de Gambetta; les travaux des élèves des cours professionnels de la 
chambre syndicale des menuisiers du bâtiment. — Ventes : Collection 
Viardot; Bronzes de Barye. — Nécrologie : Henri Scott, Amédée Servin. 
— Bibliographie. — Nouvelles diverses. 



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CHARAVAY FRERES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

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ANCIEN ET MODERNE 



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Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N» 7. — Juillet 1884. 

Sommaire. — Partie ancienne : Jehan Langlois, sculpteur du duc d'Eper- 
non, par M. le marquis de Castelnau. — Maîtres sculpteurs parisiens, 
en 1641, par M. J.-J. Guiffrey. — Eustache Lesueur, par M. A. de Mon- 
taiglon. — Actes d'état civil d'artistes français : r' Acte de naissance de 
Carie Vernet; %' Acte de décès d'Antoine Lavau; 3° Acte de décès de Jean- 
Baptiste-Claude Robin, communiqués par M. Charles Marionneau. — 
Veniat ou Venjat, par M. A. de M. — François Girardon, par M. J, G. 
— Pigalle, peintre copiste, par M. J. G. — Partie moderne : Les portraits 
d'artistes français à la Villa Médicis, par M. Henry Jouin. — Ventes : 
Tableaux de M. Trouillebert. Argenterie ancienne de M. Paul Eudel. — 
Nécrologie : Hercule Catenacci, Gustave Jundt, Alfred- Pierre Richard, 
Paul Mercuri, Jean-Esprit Marcellin. — Bibliographie. — Nouvelles 
diverses. 



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GHARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

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Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N» 8. — Août 1884. 

Sommaire. — Partie ancienne : Le testament et les enfants de François 
Clouet, par M. J.-J. GuifFrey. — Partie moderne : Les portraits d'artistes 
français à la Villa Médicis, par M. Henry Jouin. — Les Prix de Rome 
en 1882, i883 et 1884, par M. H. J. — Nécrologie : Alexandre Piuchart, 
par M. J. G. — Nouvelles diverses. 



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Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



pRtx d'abonnement : 6 francs par an. 



N" 9. — Septembre 1884. 

Sommaire. — Partie ancienne : Philibert Delorme, par M. A. de Montai- 
glon. — Le testament et les enfants de François Clouet, par M. J.-J. 
Guiffrey. — Philippe de Champaigne, par M. A. de M. — Le sculpteur 
Foucoit, par M. J. G. — Veniat, par M. A. de M. — Partie moderne : 
Monteil et David d'Angers, par M. Victor Advielle. — Le miniaturiste 
Augustin, par M. V. A. — Nécrologie : — Frédéric-Charles-Félix Com- 
barieu, par M. Henry Jouin. — Ventes. — Nouvelles diverses. 



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Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N" 10. — Octobre 1884. 

Sommaire. — Partie ancienne : Que sont devenus les Mémoires du duc 
d'Antin? par M. Henry Jouin. — Guillaume Veniat, par M, Paul Mantz. 
— Le peintre Ferdinand Elle et le mariage de sa fille Catherine, par 
M. J.-J. Guiffrey. — Le graveur Jean-Baptiste Massard, par M. A. de 
Montaiglon. — Cochin et l'Académie de Saint-Luc, autographe communiqué 
par M. Etienne Parrocel. — Actes d'état civil concernant Houdon, commu- 
niqués par M. H. J. — Quelques peintres oubliés de l'ancienne France, 
Heudon, Lahogue, Desfossés, Lecœur, Chéret, Hodun, actes d'état civil 
communiqués par M. H. J. — Partie moderne : Epitaphes de peintres 
français relevées dans les cimetières de Paris : Greu^e, Vincent, Pithou, 
Michallon, par M. H. J. — Les portraits d'artistes français à la Villa 
Médicis, Appendice, par M. H. J. — Nécrologie : Paul Abadie, Joseph de 
Nittis. — Nouvelles diverses. 



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CHARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

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L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



PARAISSANT TOUS LES MOIS 



Documents anciens et modernes. — Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



■Rix d'abonnement : 6 francs par an. 



N" 11. — Novembre 1884. 

Sommaire. — Partie ancienne : Questions d'archéologie pratique, par M. J.-J. 
GuifFrey. — Le peintre verrier, parisien, Michel Le Brun, communiqué 
par M. Bruyerre. — Le peintre Justinar et le vœu de Louis XV à l'église 
Saint-Leu Saint-Gilles, communiqué par M. Henry de Chennevières. — 
Joseph Vernet, membre de l'Académie de Marseille, communiqué par 
M. Etienne Parrocel. — Œben, Riesner et Maugié aux Gobelins, commu- 
niqué par M, Alfred Darcel. — Le peintre de vaisseaux Gaspard Doumet, 
communiqué par M. Charles Ginoux. — Partie moderne : Jacques-Louis 
David, ses divers logements à Paris, par M. A. de Montaiglon. — Epitaphes 
de peintres relevées dans les cimetières de Paris : Van Spaendonck, 
Géricault, Girodet, Vivant-Denon, Jacques-Louis David, par M. Henry 
Jouin. — Nécrologie : Ducommun du Locle, Hippolyte Moulin, Madame 
Halévy. — Expositions. — Bibliographie. — Nouvelles diverses. 



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CHARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

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SOCIETE DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS. 



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DE 

LART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



PARAISSANT TOUS \.\:b MUI.s 



Documents anciens et modernes. — • Chronique. — Musées. 
Bibliographie. — Expositions. — Ventes. 



PRIX d'abonnement : 6 francs par an. 



N» 12. — Décembre 1884. 

Sommaire. —Partie ancienne : Les tableaux de Quintin Varin aux Andelys, 
par M. l'abbé Porée. — Espercieux chez Bridan, communiqué par 
M. Etienne Parrocel. — Election de Dejoux à l'Académie de Peinture et 
de Sculpture, communiqué par M. Etienne Parrocel. — Le graveur Ber- 
trand et l'état civil de Soisy-sous-Etiolles, par M. J.-J. Guiffrey. — Par- 
tie moderne : Picot et Delaroche, par M. A. de Montaiglon. — Inventaire 

• sommaire des œuvres d'artistes français conservées à la Villa Médicis, par 
M. Henry Jouin. — Epitaphes de peintres relevées dans les cimetières de 
Paris : Thibault, Bosio, Robert-Lefèvre , Guillemot, Augustin, Bourgeois, 
Meynier, par M. H. J. — Bibliographie. — Nouvelles diverses. — Table 
analytique et raisonnée de la première année, par M. H. J. 



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CHARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

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1884 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 



ANCIEN ET MODERN 



1. — Janvier 1884. 






AVIS AU LECTEUR. 

Dans la séance du 14 décembre i883, le Comité de la Société 
de rhistoire de VArt français a pris les résolutions suivantes : 

A partir du mois de Janvier 1884, la Société publiera un Bulle- 
tin ou Revue périodique. 

Cette revue paraîtra tous les mois, par fascicule in-8° d^une 
feuille au moins. 

Elle sera distribuée à la fin du mois entre le 2 5 et le 3o. 

Les membres de la Société la recevront gratuitement. 

L'abonnement pour les personnes étrangères à la Société sera 
de 6 fr. par an. 

Depuis quelques années, plusieurs membres de la Société 
avaient exprimé leur regret de la suppression du bulletin trimes- 
triel publié de 1876 à 1878 et leur désir de le voir rétablir. 

Le Comité, tout en désirant accéder à ce vœu, se heurtait à des 
difficultés financières et administratives. Ces obstacles ont pu être 
surmontés grâce à M. Henry Jouin, qui veut bien se charger de 
surveiller et de diriger la rédaction de cette Revue mensuelle. 

Quelques mots suffiront pour mettre le lecteur au courant du 
but que la Société se propose en créant ce nouvel organe. 

Chaque numéro contiendra au moins deux parties, trois s'il y 
a lieu. La première réservée à la publication de pièces anciennes 
sur l'art et les artistes français, contrats notariés, pièces judiciaires, 
actes d'état civil, inscriptions funéraires, lettres autographes, etc. 
Grâce à cette publicité fréquente, les communications de nos 
correspondants n'attendront plus, comme par le passé, des mois 
ou même une année entière, leur tour d'impression. Dans chaque 

BULL. ART FR. 1 



numéro, une large place sera consacrée à Phistoire rétrospective 
des artistes ou de leurs œuvres. 

Mais, en même temps, l'actualité s'impose en quelque sorte à 
un organe paraissant à époques rapprochées. Aussi, tout en restant 
fidèle à la devise de la Société, la. Revue de V Art français ancien 
et moderne tiendra ses lecteurs au courant de toutes les nouvelles 
rentrant dans le cadre de son programme : Acquisitions des 
musées, dons, expositions, ventes, découvertes, manufactures 
nationales, nécrologie et bibliographie. Pour qu'autant de matières 
puissent tenir dans un espace aussi resserré, les nouvelles seront 
présentées sous leur forme la plus concise, sans commentaires. 
La critique restera complètement bannie des publications de la 
Société. 

La Revue enregistrera les faits, sans les apprécier. 

La bibliographie annoncera tous les livres nouveaux, mais 
quelques lignes d'analyse seront consacrées aux ouvrages adressés 
à la rédaction de la Revue. 

Nous comptons beaucoup sur le concours de nos adhérents de 
province, sur celui des membres des sociétés de beaux-arts assidus 
aux réunions de la Sorbonne, sur les conservateurs des musées, 
des bibliothèques ou des archives de province, pour nous tenir au 
courant des découvertes locales, des expositions régionales, des 
travaux d'art récemment terminés, de tous les faits en un mot qui 
rentrent dans le cadre de cette revue ^ Nous voulons espérer que 
leur collaboration, à laquelle nous attachons un grand prix, ne 
nous fera pas défaut. Leurs communications seront accueillies 
avec empressement. Il sera répondu sans retard à leurs questions. 

Enfin, quand il y aura lieu, une place spéciale sera réservée, ^ 
en tête de la Revue, aux actes officiels de l'administration des 
Beaux-Arts, aux décisions importantes. Nous ne prétendons pas 
à l'honneur de devenir le Moniteur officiel des Beaux-Arts; nous 
préférons garder notre complète indépendance. Mais il nous 
paraît essentiel de recueillir, pour l'histoire future de l'art con- 
temporain, les pièces administratives concernant les concours, les 
expositions, les commissions, les manufactures nationales. 

Tous les numéros de la Revue ne contiendront pas une partie 
officielle, si nous pouvons employer ce terme ; mais tous auront 

I. Nous ne saurions trop les engager à user sans scrupule, pour adresser 
leurs communications, de la carte postale qui simplifie singulièrement les 
embarras de la correspondance. 



— 3 — 

une partie ancienne, réservée aux documents, à l'art rétrospectif, 
et une partie moderne, consacrée à Factualité, aux artistes, àTart 
vivant. 

En somme, beaucoup de faits, beaucoup de renseignements, 
point de longs articles, point de critique, point d'esthétique ; tel 
est le programme de cette Revue. 

Son succès dépend surtout du concours des savants, des artistes 
et des amateurs de province. A eux s'adresse tout particulièrement 
notre appel ; à eux il appartient d'assurer la vie, le succès de notre 
entreprise. 

Le présent numéro montre assez le plan et le but de la nouvelle 
Revue pour qu'il ne soit pas besoin d'entrer dans de plus longs 
développements. 

Le Comité de rédaction de la Société de VHistoire 
de V Art français. 

Adresser toutes les communications destinées a la Revue a 
M. Henry Jouin, 6, rue Garancière, a Paris. 



PARTIE ANCIENNE. 



DATE DU DÉCÈS DE FRANÇOIS GLOUET. 

Après avoir constaté que François Clouet peignit le portrait de 
la jeune reine Elisabeth d'Autriche en iSyi, lors de l'arrivée de 
cette princesse à Paris, et qu'il devait être mort avant 1574, 
M. L. de Laborde, dans sa Renaissance des Arts à la cour de 
France (I, 122), ajoute : « Il est à supposer qu'il mourut jeune, 
en 1572. » Nous sommes en mesure de confirmer l'exactitude de 
cette hypothèse, car un document inconnu jusqu'ici nous a révélé 
la date précise de la mort de François Clouet. Ce document paraî- 
tra bientôt; mais nous pouvons dès aujourd'hui annoncer que le 
décès de François Clouet doit être fixé au 22 septembre 1572. 

L'acte ne dit pas où mourut l'artiste; mais rien n'empêche de 
supposer qu'il habitait la maison dont il était propriétaire, rue 
Sainte-Avoye, et qui payait 1 2 deniers parisis de cens annuel à la 
Commanderie du Temple. (Voir sur cette propriété les Nouvelles 
Archives de V Art français, 1882, p. 77.) J.-J. G. 



— 4 — 
JEHAN CLERET 

PEINTRE A PARIS EN l526. 

Jeudi 22 mars i526 (n. st.). 
Note extraite des registres judiciaires du Bureau de la ville de Paris. 

«Jehan Cleret*, paintre, demeurant rue Sainct-Denis, en l'ostel de 
Jehan Cleret, son père, près la porte aux Paintres, amené prisonnier 
par le guect de Jehan Debus, pour ce qu'il fut trouvé couché en la 
chambre d'une jeune femme, nommée Jehanne, demeurant rue des 
Deux- Portes, luy oy, qui n'a sceu dire aucune chose vallable pour 
soy excuser, condempné a esté à jusner jusques à dimanche prochai- 
nement venant, en la prison de céans au pain et à l'eaue. 

« Et depuis, pour pitié et à la prière de sa mère, lad. amende luy à 
esté remise, et a esté mys hors desd. prisons et enjoinct de soy bien 
gouverner. » 



EPIPHANIUS EVESHAN 

MAÎTRE SCULPTEUR ET PEINTRE 

(1612). 

L'anecdote relevée dans les registres de la justice de Saint-Gerraain-des- 
Prés nous apprend un nom d'artiste nouveau. Le sieur Epiphanius Eveshan 
prend le titre ambitieux de sculpteur et de peintre, afin probablement de 
relever un mérite assez mince. II était très vraisemblablement d'origine 
étrangère, aussi la corporation des maîtres peintres parisiens ne lui eût pas 
permis d'exercer tranquillement son métier dans l'intérieur de la ville; c'est 
pour ce motif sans doute qu'il s'était établi dans le bourg de l'abbaye de 
Saint-Germain. Le vol qui donne lieu à ce procès-verbal, sans importance 
par lui-même, provoque un incident curieux. 

Le passage suivant est extrait d'un registre des Archives nationales coté 
Z2 3281. 

L'an mil six cent douze, le trente et ungiesme et dernier jour 
de mars après midy, à la requeste de Epiphanius Eveshan, maître 
sculteur et paintre, demeurant au faulbours Saint-Germain-des- 
Prés, où il a eslu son domicilie en la rue du Coulombier, j'ay, 
huissier des eaues et forest du Palais à Paris soubssigné, me suis 

1. M. de Laborde, dans sa Renaissance des Arts, ne cite pas le nom de 
Jean Cléret. L'artiste, victime de la piquante aventure rapportée dans cet 
article, est donc un nouveau venu dans l'histoire de l'Art. L'article est extrait 
d'un des registres judiciaires du bureau de la ville de Paris, conservé aux 
Archives nationales et portant la cote 6810, fol. 5i v°. 



— 5 — 

transporté à la porte de Bussy, devant le logis de monsieur Tam- 
bassadeur de Florance, auquel lieu j'auroys trouvé led. Eveshan 
qui avoit arresté une nommée Jeanne Le Rouge, trouvée saisye 
de quelques bardes apartenant aud. Eveshan, que lad. Lerouge 
auroit mal pris et dérobé, laquelle Le Rouge voyant que j'allois 
à elle, se seroit sauvée dans le logis dud. s' ambassadeur, et la 
voulant prendre dans led. logis, j'aurois esté repoussé par quel- 
ques gentilzhommes de la suitte dud. ambassadeur, sur quoy 
j'aurois esté contraint d'attendre Tespasse de trois heures et demye 
ou environ que on eust mis lad. Le Rouge hors de lad. maison, 
et estant hors, je Taurois prize et menée devant Monsieur le 
bailly de Saint-Germain-des-Prés avec ledit Eveshan, laquelle Le 
Rouge auroit recognu devant mond. s'' le bailly avoir esté trouvée 
saisye desd. bardes; sur quoy, de Fordonnance verballe de mond. 
s"" le bailly, J'aurois mené et conduit lad. Le Rouge es prisons 
dud. Saint-Germain et baillé en garde aud. geollier, parlant à sa 
personne, et d'elle faict escrou en la manière acoustumée, es pré- 
sence de Françoys Crosnier, Pierre du Mur et autres tesmoins. 

Signé : Desmarest. 
(Arch. nat., Z2 3 281.) 



VAN DYCK EN FRANCE. 

M, Benjamin Fillon a possédé une lettre de Van Dyck à M. de Chavigny, 
datée du 16 novembre 1641 ; elle a été publiée par M. Ltienne Charavay dans 
sa Revue des documents historiques (1. II, 1875, p. i5i-2), dans le catalogue 
de la vente des autographes de M. Fillon (séries IX et X, juillet 187g, n" 2207, 
p. 149-50) et par M. Jules Guiffrey dans sa belle histoire de Van Dyck (Paris, 
Quantin, 1882, in-folio, p. 214-5). Van Dyck, qui dicte la lettre, mélangée 
de mauvais français et d'italien, et la signe seulement, demande un passe- 
port pour retourner en Angleterre. 

Après un séjour de quelques mois dans les Pays-Bas, il semblerait qu'il 
fût certainement venu à Paris, puisque Mariette (Abecedario, V, 371) dit 
avoir vu un billet du peintre Claude Vignon, écrit en janvier 1641 à son 
ami François Langlois, dit Ciartres, un ami de Van Dyck, qui a peint 
son portrait dont la gravure est connue sous le nom du Joueur de musette, 
où Vignon lui demande d'être présenté par lui à Van Dyck « tout fraîche- 
ment arrivé à Paris. » 

S'agirait-il seulement d'une intention de venir à Paris, retardée par le mau- 
vais état de sa santé ? Toujours est-il que M. Kaulek vient de trouver dans 
les Archives des Affaires étrangères et me communique une lettre de M. de 
Béthune Charost, datée de Calais, le 4 octobre 1641, et adressée à M. de 
Chavigny, où il lui dit que Van Dyck va se rendre à Paris à petites journées 
pour être présenté à Sa Majesté et à Son Eminence, c'est-à-dire Richelieu, 



— 6 — 

qui ne mourut que le 4 décembre 1642, pour leur témoigner la passion qu'il 
a de faire quelque chose qui leur soit agréable. 

En rapprochant les deux lettres, il semble bien difficile que Van Dyck ait 
été à Paris dès le mois de janvier 1641, puisqu'au commencement d'octobre 
il sollicite pour lui un passeport pour venir à Paris présenter ses services à 
Louis XIII et à Richelieu. Le 16 novembre, il demande à M. de Chavigny, 
par une lettre dont le lieu n'est pas marqué, un autre passeport pour rentrer 
en Angleterre, sans avoir vu le Roi ni le Cardinal. S'il est venu à Paris, il ne 
peut l'avoir fait qu'à la fin d'octobre ou au commencement de novembre; 
peut-être n'y est-il pas venu, retenu à Calais par la maladie dont il devait 
mourir moins d'un mois après à Londres, le 9 décembre 1641, dans sa mai- 
son de Blackfriars. A. de M. 

La dernière année de la vie de Van Dyck reste malgré la pièce suivante 
entourée d'une profonde obscurité. Rappelons les dates et les faits certains, 
définitivement acquis. Le i3 septerqbre 1640, l'artiste demande un sauf- 
conduit pour quitter l'Angleterre et passer en Flandre, probablement dans le 
but de présenter sa jeune femme à ses sœurs et au reste de sa famille. 

En janvier 1641, Claude Vignon prie son ami François Langlois, dit 
Ciartres, de le mettre en rapport avec l'illustre peintre, alors à Paris. Nous 
ne connaissons cette lettre que par une citation de Mariette; nous n'en avons 
pas le texte. Nous ignorons donc si elle contenait la preuve positive de la 
présence de Van Dyck à Paris en janvier 1641. 

La lettre retrouvée tout dernièrement dans les papiers des Affaires étran- 
gères et datée du 4 octobre i54i indique qu'à ce moment l'artiste se dirigeait 
sur Paris. M. de Béthune Charost, qui écrit ce billet à M. de Chavigny, paraît 
avoir rencontré Van Dyck dans le Nord, mais ne dit pas en quel endroit. 

Dans la lettre du 16 novembre 1641, dictée et signée par Van Dyck, adres- 
sée à M. de Chavigny et annotée par lui, nous voyons le voyageur de plus 
en plus malade hâter son retour en Angleterre avec cette impatience fébrile 
propre aux affections de la nature de celle qui le minait. 

La mort arrive le 9 décembre 1641. 

Deux points sont hors de doute : la tournée en Flandre en septembre 1640 
et le départ pour Paris en octobre 1641 . Mais la présence de Van Dyck à Paris 
au mois de janvier de cette même année 1641 paraît bien invraisemblable, 
bien difficile à admettre. La lettre de Vignon, notre ami et confrère M. de 
Montaiglon vient de le démontrer, ne saurait être invoquée comme preuve 
décisive. La santé de l'artiste ne lui permettait pas ces déplacements inces- 
sants. D'autre part, d'excellents esprits se refusent à admettre le voyage de 
Van Dyck en Hollande, pendant lequel aurait été peint le portrait de Huy- 
ghens et de ses enfants du musée de La Haye, ce voyage que nous avions 
placé, sur la foi de plusieurs auteurs anciens, à la fin de l'année 1640. 

En résumé, on ne sait absolument pas, malgré la lettre de Claude Vignon, 
quelles ont été les occupations et la résidence de Van Dyck entre le mois de 
septembre 1640 et les premiers jours d'octobre 1641. Pour remplir l'inter- 
valle existant entre ces deux dates, rien de positif, rien de certain. Encore la 
lettre suivante présente-t-elle cet intérêt de ruiner à peu près complètement 
l'opinion d'après laquelle Van Dyck serait resté inactif et malade à Paris 
durant dix mois, la dernière année de sa vie. Qu'aurait-il fait pendant tout 



— 7 — 
ce temps dans une ville où il n'avait ni parents, ni relations ? Il est tout natu- 
rel au contraire qu'arrivé au début d'octobre, il soit reparti dans le courant 
de novembre, après avoir vu l'inutilité de sa démarche et la ruine de ses espé- 
rances. J-"J' G. 

Calais, 4 oct. 1641. 
Monsieur, 
M' Van Dyhk ayant veu le passeport et la lettre si obligeante 
que vous luy avez escrite, et appris encores par celle dont vous 
m'avez honoré en mesme temps le désir que le Roy et Monsei- 
gneur ont de le voir, n'a pas voulu, quoyque fort indisposé, dif- 
férer davantage à partir pour aller offrir son service à Sa Majesté 
et à Son Éminence. Il ne va pas à grandes journées, tant à cause 
de son indisposition que de celle de sa femme qu'il mène avec 
luy. Mais il espère qu'on ne le trouvera pas mauvais et que vous 
luy ferez l'honneur en le présentant à Sadite Majesté et à Son 
Éminence de leur tesmoigner la forte passion qu'il a de faire 
quelque chose qui leur soit agréable. La mienne est de trouver 
occasion de vous faire cognoistre par mes services qu'il n'y a 
personne au monde qui soit tant que moy, 
Monsieur, 
Vostre très humble, très obéissant et très obligé serviteur, 

L. DE Béthune-Charost. 
A Calais, le 4'"^ octobre 1641. 

A monsieur, monsieur de Chavigny, conseiller du Roy en ses 
conseils, secrétaire d'Estat et de ses Commandements. En cour. 

(Original avec cachet.) 

Affaires étrangères. France, Provinces; Picardie 257, in-fol. (Dernier quart 
du volume.) 



ARTISAN FRANÇAIS A PISE. 

Un candélabre de bronze à cinq lumières, dont la tige est formée 
d'un balustre allongé, et qui ne présente aucune sculpture, placé dans 
une chapelle latérale de la cathédrale de Pise, porte cette inscription 
gravée sur son pied : 

ALEXANDER TIBANTEVS | PISANVS JOANNI | PATRE 
NOBILI. 1 

PATRIA FRANCO 1 PIETATIS ERGO DEO 1 DEDICAVIT. 

A" 1600, 

(Note communiquée par M. A. Darcel.) 



— 8 — 
MATHIEU GREUTER 

TAILLEUR d'histoires EN TAILLE DOUCE. 

(i566-i638.) 

Mathieu ^ Greuter est un graveur peu connu, quoiqu'il ait 
montré une habileté peu commune. Son œuvre n'est pas sans 
importance; le cabinet des estampes ne possède pas moins de 
91 estampes de ce maître. 

Il était, dit M. Duplessis, « passionné pour l'allégorie et grand 
amateur de scènes compliquées ; » la remarque est juste. Il est 
difficile aujourd'hui de donner une interprétation satisfaisante de 
la plupart de ces ouvrages un peu étranges. 

Greuter est né à Strasbourg, en i566. Il a travaillé dans cette 
ville, ainsi qu'à Lyon et peut-être à Avignon. Il est allé s'établir 
à Rome, où il est mort en i638, à l'âge de 72 ans. C'est du moins 
ce que dit Baglione, son contemporain 2. 

Mathieu Greuter a signé presque toutes les planches qu'il a 
gravées. Voici quelles sont les signatures qu'on rencontre le plus 
souvent : Matthaeus Greuter, Mathieu Greuter, M. Greuter^ 
M. Greutre, M. G. 

Il a donné les dessins de plusieurs suites d'estampes qui ont été 
gravées par d'autres artistes, et entre autres par son fils Jean- 
Frédéric. 

La première pièce signée avec date que nous connaissons de 
Greuter est de i586. 

On dit qu'il a séjourné à Lyon, de iSqS à 1598. Il y a, en 
effet, une suite de six planches dédiées à Henry de Savoye, duc 
de Genevoys et de Nemours, suite faite à Lyon, qui porte la date 
de 1596. Les huit grandes planches de la suite intitulée : 
VII. petitiones orationis dominicae correspond entes ad . VII. 
sacramenta xpi ecclesiae necnon ad . VIL virtutes, sont aussi 
datées de Lyon en 1598. 

Mathieu Greuter aurait demeuré à Avignon, avant d'aller à 
Rome. On sait qu'il a dessiné et gravé les douze planches de 



1. M. Georges Duplessis lui a donné le prénom de Martin dans V Histoire 
de la gravure (pages 265, 268 et 495). Il n'y a pas d'incertitude sur le pré- 
nom de Mathieu. 

2. Le vite de' Pittori, Rome, 1642, page SgS. 



— 9 - 
l'Entrée de Marie de Médicis à Avignon en i6oo\ Cet ouvrage 
a été publié à Avignon en 1601. 

Il est certain que Greuter habitait encore Lyon à cette époque; 
il y était encore en 1602, et cette dernière date est fournie par 
Tacte de baptême qu'on trouvera ci-après, et que nous avons 
extrait du « Registre des baptizés des années 1600 à 16 12 à 
Téglise Saint-Paul à Lyon. » 

Le séjour de Mathieu Greuter à Lyon s'est prolongé depuis 
1594 jusqu'en 1602. 

Ce maître a daté des estampes de Rome en 1 604, 

a Du vendredi, 22® dudict mois (février 1602), a esté baptizé 
Pernete, file de M'' Claude du Cleron, orologier à Lyon, et de 
Margerite Bertolon, ses père et mère. Paren, honorable homme 
Mathieu Groutier. maistre talieur d'istoyre de talie douce; 
marène, Pernete Morelire; et demeure en la rue de Flandres. 

« (Signé :) Chappoton. » 
Natalis Rondot. 



VENTE DE LA COLLECTION D'AUTOGRAPHES 
DE M. DUBRUNFAUT. 

La collection de l'éminent chimiste, mort l'an dernier, était une des plus 
considérables de Paris, au moins par le nombre des pièces. La série des 
artistes, qui seule nous intéresse ici, et qui a été vendue les 18 et 19 janvier 
dernier par les soins de M. Etienne Charavay, comptait 404 numéros, et 
encore le rédacteur de l'excellent catalogue que nous avons sous les yeux 
avait-il été forcé de laisser nombre de pièces en lots. Sur ces 404 numéros, 
comprenant bien deux ou trois raille lettres ou documents, le plus grand- 
nombre des articles se rapportait à des peintres, sculpteurs, graveurs ou 
architectes français. Voici une lettre de Demarne empruntée à cette riche 
collection. Nous la donnons à cause de sa fantaisie orthographique, scrupu- 
leusement respectée dans notre transcription : 

Citoyen, 
Jeconsans delessé le tablaux répré santant lepeti chien au pri 



I . Cet ouvrage est intitulé : Labyrinthe royal de VHercvle gavlois triom- 
phant svr le sviect des Fortunes, Batailles, Victoires, Trophées, Triomphe, 
Mariage et avtres faicts héroïques et mémorables de... Henry IlII, Roy 
de France et de Navarre 



— 10 — 

que la Société des amie des art mofre. Jelesse montablaux repré- 
sentant une basse cour jusqua duodi prochien. Jesui avecque 

Considération 
Votre concitoyen, 

De Marne. 
Du i5 frimer. 
Adresse : Au citoyen Barbie léné peintre. 

Les circonstances présentes donnent quelque curiosité à la lettre suivante; 
elle n'a d'autre intérêt que de constater les relations amicales de Manet et 
de Baudelaire. 

Mon cher Asselineau , 

Si vous voyez notre ami Baudelaire, dites-lui de ne pas m'en 

vouloir. J'ai été malade moi-même et tellement occupé en ce 

moment que je remets tous les jours pour aller le voir. J'ai eu du 

reste de ses nouvelles de différents côtés. Elles me semblent 

bonnes. 

Tout à vous. 
Ed. Manet. 

Nous empruntons encore à la collection de M. Dubrunfaut la lettre sui- 
vante relative à un des meilleurs tableaux de son auteur. Dans son livre sur 
les trois Vernet, A. Durande raconte que Napoléon I", revoyant pendant 
les Cent-Jours le tableau de la Bataille de Marengo, ordonna de porter 
une gratification de 6,000 livres à Carie Vernet. Ce tableau est exposé dans 
les galeries de Versailles, au rez-de-chaussée, sous le n" i568. Il ne mesure 
pas moins de 4"'65 de haut sur g'^db de large. 

Paris, ce 2 1 fructidor an 8« de la République 
(8 septembre 1 800) ^ . 
Citoyen Ministre, 
J'ai reçu la [lettre par laquelle vous voulez bien m'annoncer 
que vous m'avez choisi pour faire un tableau représentant la 
bataille de Maringo. Pénétré de reconnoissance pour un témoi- 
gnage d'estime que je dois regarder comme la récompense la plus 
glorieuse de mes travaux, je vais chercher à y répondre en consa- 
crant toutes mes forces à ce grand ouvrage. Puissent-elles me 
permettre d'élever à la gloire de nos armées un monument qui 
ne soit pas tout à fait indigne d'elles et de leur célèbre chef. 

Salut et respect, 
Carie Vernet. 

i. La bataille de Marengo avait été livrée le 14 juin. 



»»- 1 1 — 



PARTIE MODERNE. 



MANUFACTURE DES GOBELINS. 

L'Apothéose d'Homère, qui était sur le métier depuis six ou sept 
années, est complètement terminée. Les artistes les plus habiles de la 
manufacture y ont travaillé. La composition de M. Ingres est entou- 
rée d'une bordure dessinée par M. Lameire. 

C'est aussi M. Lameire qui a donné la composition d'une grande 
portière destinée au Panthéon, et qui vient d'être achevée en travail 
de la Savonnerie. 

Dans ses dernières réunions, la Commission des Gobelins a accepté 
un modèle de M. Ehrmann, représentant allégoriquement l'Impri- 
merie, et destinée à être placée à la Bibliothèque nationale, dans le vesti- 
bule de la Galerie Mazarine. Une grande composition de M. Ehrmann, 
destinée à garnir le panneau du fond de la même salle, est déjà sur 
le métier. 

La Commission a aussi examiné un projet de M. Lavastre jeune, 
dans le genre Bérain, où la figure humaine tient peu de place. 
Ce modèle serait exécuté au point de la Savonnerie, pour l'anti- 
chambre du Cabinet de l'administrateur de la Bibliothèque. 

On voit que l'administration des Gobelins se préoccupe de mettre 
sur le métier des modèles nouveaux et aussi de substituer à la mode 
des copies de tableaux, qui a exercé une si déplorable influence sur la 
manufacture depuis un siècle, des modèles purement décoratifs et 
appropriés à leur destination. 



VENTES. 

Vente de tapisseries. — Le 22 décembre, on a vendu à l'hôtel 
Drouot le mobilier d'un hôtel de la rue Joubert, appartenant à 
M. Begoulet, et comprenant un certain nombre de tapisseries remar- 
quables. Voici les principaux prix : 

I' L'Eau, panneau de la suite des Éléments, par Le Brun, exécuté 
probablement aux Gobelins, mais sans bordure : 5,65o fr. — 2° Ren- 
dei{-vous de chasse, tapisserie de Beauvais ? du xvnF siècle, à bordure 
très étroite : 5,6oo fr. — 3° La bataille d'Arbelles, d'après Le Brun, avec 
l'inscription : « La vertu est digne de l'empire du monde, » tapisserie 
des Gobelins, bien conservée, à bordure de fleurs : 7,100 fr. — 4» Au 
loup ! Bergers courant après un loup qui emporte un mouton. Tapis- 
serie de Beauvais ou des Gobelins, du xviii^ siècle. Bordure de fleurs 



— 12 — 

d'une extrême vivacité de tons et d'une parfaite conservation : 7,600 fr. 
— S" Deux portières, garnies de bande en tapisserie de Bruxelles du 
temps de Louis XIV, avec la marque et la signature de Leefdael, 
représentant des attributs guerriers entremêlés de fleurs d'une belle 
exécution. Les bandes, de 40 à 46 c. de large, pouvaient mesurer 
22 ou 25 mètres de long : 4,55o fr. 



EXPOSITIONS. 



Exposition de l'œuvre de Sellier. — Ouverte le 10 décembre i883, 
dans les salles de l'École des beaux-arts, cette exposition posthume, 
peu nombreuse, mais point du tout banale, comptait plus de 3oo 
cadres, peintures ou dessins. La plus grande partie de l'œuvre de 
Charles Sellier, né à Nancy en i83o, mort dans la même ville le 
24 novembre 1882, se trouvait réunie et donnait une idée complète 
de ce talent très fin, avide de lumière et de clair obscur. Le cata- 
logue débute par une notice biographique due à la plume exercée de 
M. J. Claretie et contient un portrait de Sellier par Gaillard, avec 
neuf fac-similés de dessin. — Mais pourquoi publier les catalogues 
de cette nature dans un format aussi incommode ? 

Cette exposition sera suivie de la vente des œuvres de l'artiste fixée 
aux II et 12 février 1 884. 

Exposition de l'Art du XVIII^ siècle*. — Ouverte le i5 décembre 
dans la galerie Georges Petit, 8, rue de Sèze, au profit de la Société 
des Amis de l'enfance, et composée de tableaux, bustes, terres cuites, 
tabatières, miniatures et meubles précieux, prêtés par des amateurs, 
cette exhibition rétrospective a obtenu un légitime succès. Le cata- 
logue, qui devrait être mieux rédigé, comprend 298 no^ qu'il faudrait 
au moins doubler si on détaillait la riche collection de miniatures et 
de boîtes réunie dans les vitrines. Pourquoi les passer sous silence? 
Les peintures sont au nombre de i53, avec le portrait de M™« de 
Pompadour par Boucher^ celui de M^^ du Barry par Drouais, bien 
froid, des Largillière, des Watteau, des Nattier, des Lépicié, des 
Greuze, des Chardin ; Fragonard reste le roi de. la fête. Les aquarelles 
et les dessins sont au nombre de 78 et ne constituent pas la série la 
moins intéressante de l'exposition. Les objets prêtés par M. Edmond 
de Concourt, classés à part, sont l'objet de notices très complètes et 
très savantes. Voilà comment tout le catalogue devrait être rédigé. La 



I . Prix d'entrée : 2 fr. pendant la semaine, i fr. les jours de fête, 5 fr. le 
mercredi. Le catalogue se vend i fr. 5o. 



— i3 — 

division des sculptures (n" 23o à 298) renferme des œuvres bien inté- 
ressantes ; mais c'est surtout dans cette partie que la fantaisie des 
rédacteurs du catalogue s'est donné libre carrière. Je ne parle pas 
des fausses attributions ; en pareil cas on est tenu d'accepter le nom 
indiqué par le propriétaire de l'œuvre; mais cette condescendance doit- 
elle aller jusqu'à inscrire une médiocre statuette attribuée à Falconet 
et représentant une femme n'ayant pour tout vêtement que ses casta- 
gnettes, sous ce titre : « La du Barry dansant devant Louis XV? » Qui 
se moque ici du public? Le buste dit « de la petite Lise » est signé : 
Houdon f- jyyS^le catalogue n'indique pas cette signature. Un autre 
buste du même artiste (n° 2 5o) porte la date de l'année 1786 ; le cata- 
logue dit : signé et daté 1766, ce qui pourrait causer de graves inquié- 
tudes aux historiens de l'avenir. Beaucoup de ces marbres de Houdon, de 
Lemoyne, de Clodion, de Falconet ont été exposés au siècle dernier. 
Il eût été bon de le rappeler. Le buste de M. de Taitbout par Caffiéri, 
qui vient de la vente Laperlier en passant par la collection Febvre, 
nous paraît une des œuvres les plus saillantes de l'exposition. Il est 
pétillant d'esprit et de vie cet affreux bonhomme ! 

Exposition de l'œuvre d'Edouard Manet. — Ouverte du 5 au 
3o janvier, cette exposition sera suivie de la vente des œuvres de l'ar- 
tiste, vente fixée aux 4 et 5 février et dont le prospectus était encarté 
dans le catalogue d'exposition dès le premier jour. 

L'ouverture de l'exposition a eu lieu le 5 janvier avec une affluence 
de visiteurs telle que les salles de l'École des beaux-arts n'en ont sans 
doute jamais vu. Des milliers d'invitations lancées dans tout Paris, 
l'annonce de la visite de M. Grévy, beaucoup de réclames avaient 
préparé ce résultat. 

L'œuvre de l'artiste est là presque entière. Le catalogue, avec pré- 
face de M. Emile Zola naturellement (prix : i fr.), mais sans indica- 
tions biographiques, enregistre 116 peintures à l'huile, 7 aquarelles, 
3i pastels, surtout des portraits, 21 eaux- fortes, 5 lithographies, 
i3 dessins. Il se termine par la reproduction du discours prononcé 
par M. Antonin Proust sur la tombe de Manet. Le jour même de 
l'ouverture de l'exposition paraissait une biographie de l'artiste, par 
M. Bazin, sortie, comme le catalogue, des presses de Quantin. On 
voit que tout était admirablement organisé pour lancer l'affaire. 

Exposition Grenier. — Au boulevard de la Madeleine, vient d'avoir 
lieu en ce moment une exposition de paysages peints par Jules Gre- 
nier, né en 181 7, mort le 5 mars i883. L'entrée de cette exposition est 
gratuite. Ces aquarelles et pastels, dont M. Mantz a fait l'éloge dans 
le Temps du 9 janvier, ont été légués par l'artiste au musée de 
Besançon. 

Exposition Meissonnier. t— On annonce pour le mois de mai une 



— 14 — 

exposition des principales œuvres de M. Meissonnier, Cette exposi- 
tion, ouverte dans la salle de M. Petit, durerait deux mois. La reine 
d'Angleterre aurait promis une des œuvres les plus célèbres et les 
plus considérables de l'artiste : La Rixe. 



NECROLOGIE. 



BuT[N (Ulysse), peintre de scènes de genre empruntées à la vie des 
marins, né le i5 mai i838, à Saint-Quentin, mort le 9 décembre i883, 
à Paris. Elève de l'école de dessin fondée par Latour dans sa ville 
natale, puis de Picot et de Pils, Butin fut nommé en 1864 professeur 
des Écoles de la ville de Paris. En 1867, il exposait, pour la première 
fois, deux dessins; il reparaît au salon de 1870 avec deux portraits 
d'hommes et une peinture, Bouffon tenant un hibou. Plus tard, il 
trouva sa voie dans la représentation des scènes maritimes qui lui ont 
acquis une grande et solide réputation. C'est à des sujets de cette 
nature qu'il doit une troisième médaille (salon de 1875) et une deu- 
xième en 1878, avec l'Enterrement du marin à Villerville., qui appar- 
tient au musée du Luxembourg. L'Ex-Voto de 1880, récemment 
exposé au salon triennal, est au Musée de Lille. Butin avait été décoré 
à la suite du Salon de 1881. En dehors des scènes maritimes, il avait 
peint, en 1872, pour l'église de Sarçay, près Tours, une grande pein- 
ture murale, représentant la Foi., l'Espérance et la Charité', et, en 
1882, pour l'hôtel de ville de Saint-Quentin, une immense toile 
décorative, représentant le comte de Vermandois octroyant une charte 
à la ville ^. 

Sanzel (Félix), sculpteur, né à Paris, le 2 5 janvier 1829, mort en 
décembre i883, dans la même ville. Élève de MM. Fromanger et 
Dumont, il prit part à la plupart des Salons de 1849 à 1879, et obtint 
une médaille en 1868. L'Espiègle, statue de marbre, au Musée d'Or- 
léans, le buste en marbre de Fénélon à l'École normale, la Dignité, 
statue de plâtre pour le foyer du Nouvel Opéra, sont ses principaux 
ouvrages. Sanzel a laissé, dit-on, un legs de dix mille francs à l'École 
des beaux-arts, pour la fondation d'un concours d'esquisses, et cinq 
mille francs pour l'ouverture d'un cours de dessin à l'École philo- 
technique. 

Lesueur (Cicéron-Jean-Baptiste), architecte, né à Clairefontaine, 
près Rambouillet, le 5 octobre 1794, mort le 26 décembre i883, à 

I. Voyez sur Butin l'article du journal IMr^ dans le n° du 23 décembre i883, 
9° année, t. IV (XXXV de la collection), p. 232-7. Cet article, signé A. Hustin, 
est accompagné de fac-similés et d'un portrait. 



— i5 — 

Paris, doyen de la section d'architecture de l'Académie des beaux-arts. 

Élève de Percier, puis de Famin, il obtint le 2^ grand prix d'ar- 
chitecture en 1816, et le i" grand prix en 1819 (palais d'un souve- 
rain). Membre de l'Institut en 1846, en remplacement de Vaudoyer, 
décoré en 1847, nommé officier de la Légion d'honneur en 1870, il 
a construit l'église paroissiale de Vincennes, et agrandi, avec Godde, 
l'hôtel de ville de Paris détruit en 1870. Après i83o, il avait été 
nommé architecte commissaire-voyer de la ville de Paris, et profes- 
seur de théorie à l'École des beaux-arts en j852. Il a publié, en 1827 
et 1829, plusieurs ouvrages sur l'Italie ancienne, et, depuis, une his- 
toire et théorie de l'architecture et une chronologie des rois d'Egypte 
couronnée par l'Académie des inscriptions et belles-lettres. 

Chenavard (Antoine-Marie), architecte, né à Lyon, le 4 mars 1787, 
vient de mourir en janvier 1884. Il a beaucoup travaillé pour sa ville 
natale et les départements environnants; a construit le grand théâtre 
de Lyon (1826-32) et a publié de nombreux ouvrages archéologiques 
et historiques : Lyon antique sous la domination romaine ; Voyage 
en Grèce et dans le Levant; Recueil de compositions architecturales; 
Vues d'Italie et d'Istrie, etc., etc. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Valabrègue (Antony). Un maître fantaisiste du xvni° siècle. Claude Gillot, 
1673-1722. La vie et l'œuvre; les rapports avec Watteau ; la Comédie 
Italienne, etc. Paris, librairie de l'Artiste, 16, rue de la Grange-Batelière, 
i883, gr. in-8° de 54 p., i portrait et 2 grav. Prix : 3 fr. (Etude très cons- 
ciencieuse sur un artiste dont le nom est plus connu que l'histoire et qui 
comptera toujours pour son meilleur titre de gloire d'avoir été le maître de 
Watteau.) — J. G. 

JouiN (Henry). Antoine Coy^evox, sa vie, son œuvre et ses contemporains, 
précédé d'une étude sur l'Ecole française de sculpture avant le xvii^ siècle. 
Paris, Didier, i883, in-12 de 3i2 pages. Ouvrage couronné par l'Académie 
des beaux-arts. (Une des biographies les plus substantielles qui aient été 
écrites sur les maîtres français. Le récit de la vie est suivi d'un catalogue de 
l'œuvre, de pièces justificatives et d'une table alphabétique.) — J. G. 

NiCARD (Pol). Alexandre Hesse, sa vie et ses ouvrages. Paris, Renouard, 
1882, 234 p. in-S" carré et portrait. — Tiré à 5o exemplaires. (Tribut payé 
à la mémoire d'un artiste convaincu et consciencieux par un ami fidèle. 
Nombreux extraits de la correspondance de Hesse.) — J. G. 

Chennevières (Henri de). Pierre-Paul Sevin, dessinateur d'illustrations 
au xvii" siècle, avec un dessin de P. -P. Sevin. Paris, librairie de V Artiste, 
in-8'' colombier. Prix : i fr. 5o. 

Rousseau (Jean). Camille Corot, suivi d'un appendice par Alfred Robaut, 
portrait et 34 grav. sur bois. Paris, i883, librairie de VArt, in-4" écu. 
Prix : 2 fr. 5o. 



— i6 — 

SouHAUT (abbé). Les Richier et leurs œuvres. Se vend dans toutes les librai- 
ries catholiques. i883, in-S" de 408 p, avec 5 phototypies. (Œuvre de foi, 
mais non de critique, ce livre est écrit pour démontrer que Ligier Richier a 
toujours été un catholique fervent. Opinion complètement battue en brèche 
par la publication suivante.) 

Dannreuther, pasteur de l'église réformée de Bar-le-Duc. Ligier Richier 
et la Réforme à Saint-Mihiel, in-8°, 23 p. Bar-Ie-Duc, impr. Contant- 
Laguerre. (Extrait des Mémoires de la Société des lettres, etc., de Bar-le- 
Duc, i883.) 



NOUVELLES ARCHÉOLOGIQ.UES. 

Le palais des papes à Avignon . — La commission des monumentshistoriques, 
pour sauver les peintures murales qui existent encore dans le palais des 
papes à Avignon, occupé, comme on sait, par un régiment d'infanterie, a 
entamé avec le ministre de la guerre des négociations qui seraient sur le 
point d'aboutir. Le palais serait affecté à une autre destination. 

Les ruines de Sanxay. — Le Père de La Croix poursuit sa campagne pour la 
conservation des ruines gallo-romaines de Sanxay où on a découvert derniè- 
rement un petit Hermès en bronze d'une très bonne époque et d'une remar- 
quable conservation. Le 26 décembre dernier, l'infatigable archéologue faisait 
une conférence sur les ruines de Sanxay au cercle catholique du Luxembourg, 
à Paris. 

La tour du cimetière Montparnasse. — Dans une de ses dernières séances, 
le Comité des Inscriptions Parisiennes, consulté à ce sujet, a émis un vœu 
pour la conservation d'une ancienne tour de moulin remontant au xvi* siècle, 
existant dans le cimetière Montparnasse, comme présentant un réel intérêt 
au point de vue archéologique et topographique. Il était question de raser 
ce monument pour en affecter le terrain à des concessions à perpétuité. 

La Tour du Vert-Bois, rue Saint-Martin. La Tour du Vert-Bois, vestige 
intéressant de l'enceinte fortifiée de Saint-Martin-des-Champs, à la conserva- 
tion de laquelle de nombreuses Sociétés savantes s'étaient intéressées, vient 
d'être, non restaurée, mais reconstruite entièrement par l'architecte qui a 
même changé, assure-t-on, les proportions du monument. 



NOUVELLES DIVERSES. 

Michel Columb. La Société d'agriculture, sciences et belles-lettres d'Indre- 
et-Loire a décerné, dans sa séance publique du samedi 22 décembre, une 
récompense à une étude sur Michel Columb et son œuvre, due à M. Antony 
RouUiet. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



2. — Février 1884. 



AVIS. 

Les membres de la Société de V Histoire de VArt français 
qui n'auraient pas reçu le premier numéro de cette Revue, ou à 
qui elle ne parviendrait pas régulièrement à la fin de chaque 
mois, sont priés d'en informer M. Charavay, libraire de la Société, 
4, rue de Furstenberg. 

Le volume des Nouvelles Archives de VArt français pour 
l'année i883 (2^ série, tome IV, Inventaires et Scellés d'artistes) 
a été adressé aux membres de la Société dans la première quin- 
zaine de février. Les personnes qui ne l'auraient pas reçu sont 
priées d'adresser immédiatement leurs réclamations à MM. Cha- 
ravay frères. 

Les communications adressées à M. Henry Jouin, secrétaire 
de la Revue, 6, rue Garancière, seront immédiatement soumises 
au Comité de publication et insérées, après avis favorable du 
Comité, dans le plus prochain numéro de la Revue. 



ASSEMBLEE GENERALE 

DES MEMBRES FONDATEURS DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE l'aRT FRANÇAIS 

du 2 2 mai i883. 

L'Assemblée annuelle des membres fondateurs de la Société a eu lieu le 
22 mai i883, dans la Salle des cours, à la Bibliothèque nationale. 

La séance est ouverte à quatre heures et demie, sous la présidence de 
M. Anatole de Montaiglon. Sont présents : MM. A. de Montaiglon, G. 
Duplessis, H. Jouin, membres du Comité, M. Badin, trésorier, M. J. Guiffrey, 



I 



REV. ART FR. 



— IS — 

secrétaire, et MM. Jules David, Eudoxe Marcille, Gaston Le Breton, Antony 
Valabrègue, Ernest Bosc, Charles Mercier, Dumoulin, Fidière des Prinveaux, 
Heiss, membres fondateurs de la Société. Plusieurs membres du Comité s'ex- 
cusent par lettre de ne pouvoir assister à la réunion. M. de Montaiglon pré- 
sente le rapport sur les travaux et les publications de la Société. Il rappelle 
le souvenir des confrères morts dans le courant de l'exercice 1882 et depuis 
le commencement de i883 : MM. Tripier le Franc, H. Lavigne et le baron 
Davillier. L'assemblée s'associe aux regrets exprimés par son président. La 
parole est ensuite donnée au trésorier de la Société, M. Jules Badin, qui pré- 
sente, en ces termes, le rapport sur l'état des finances : 

Messieurs, 

Pendant l'année 1882, 18 cotisations antérieures, soit 36o francs, 
ont été encaissées; 141 afférentes à 1882, soit 2,820 fr., ont été per- 
çues, en tout 3 , 1 80 fr. de cotisations. Nous avons reçu du ministère de 
l'Instruction publique et des beaux-arts i ,600 fr. pour les subventions 
de 1880 et 1882, et la maison Charavaynous a versé pour livres ven- 
dus une somme de 347 fr. Nos recettes ont donc été de 5,127 fr- 
Cette somme, ajoutée à celle de 2,087 fr. o5, restant en caisse au 
1^" janvier 1882, porte notre total de recettes à 7,214 fr. o5. 

Il reste à recouvrer 17 cotisations, soit 340 fr. Ici, Messieurs, je 
dois ouvrir une parenthèse. 

L'ancien libraire de notre Société, qui était chargé jusqu'en 1878 
du recouvrement de nos cotisations, vient d'être obligé de cesser ses 
paiements, restant notre débiteur d'une somme de 480 fr. représentée 
1° par 9 cotisations que quelques-uns de nos confrères avaient con- 
tinué de verser entre ses mains; 2° par le prix de divers volumes 
livrés à des libraires, et dont le montant avait été également versé 
entre ses mains. Nous nous sommes mis en règle auprès du syndic 
de la faillite, mais il est à craindre qu'une forte partie de ces 480 fr., 
sinon le tout, ne puisse rentrer dans notre caisse. C'est la première 
perte faite par notre Société. Elle est relativement faible, mais regret- 
table pour une Société à ressources aussi limitées que la Société de 
l'Histoire de l'Art français. 

Nos dépenses ont atteint en 1882 un chiffre plus élevé que les 
années précédentes. Les frais de timbres-poste, de timbres-quittances 
et de recouvrements se sont élevés à 147 fr. i5; les dépenses diverses, 
impressions administratives, etc., montent à 93 fr. 55, et les frais 
d'impression de nos volumes ont atteint le chiffre de 5, 081 fr. 80. Ce 
chiffre se décompose ainsi : Nouvelles Archives, année 1880- 1881, 
2,463 fr. 60; la Stromatourgie 912 fr. 85, et les Nouvelles Archives, 
année 1882, 1,705 fr. 35. Total des dépenses : 5,322 fr. 5o. L'année 
dernière, notre président avait annoncé que le volume des Nouvelles 
Archives serait publié en une seule fois au lieu de paraître en fasci- 
cules et faisait prévoir l'économie qui devait résulter de ce mode 



— 19 — 

nouveau. Cette économie, Messieurs, a été sensible : le volume de 
1882 a coûté 758 fr. 25 de moins que le précédent. Les frais de distri- 
bution ont également subi une notable diminution. 

En résumé. Messieurs, l'excédent de nos recettes nous permet de 
reporter sur i883 une somme de 1,891 fr. 55 qui est entièrement 
libre, la Société ayant payé toutes ses dépenses. / 

Recettes. 

Solde en caisse au i»'' janvier 1882 2,087 fr.oS 

1 8 cotisations arriérées 36o »» 

141 cotisations de 1882 2,820 »» 

Subvention du ministère de l'Instruction publique 

et des beaux-arts, 1880 800 »» 

Id. année 1882 800 »» 

Livres vendus par la maison Charavay 347 »» 

Total des recettes 7,2[4fr.o5 

DÉPENSES. 

Timbres-poste, timbres-quittances et frais de recou- 
vrements i47fr.i5 

Dépenses diverses (impressions administratives, papier 

timbré, enregistrement), etc 93 55 

Impressions ^rc/?2Ve5 année 1880-81 . 2,463 fr. 60 % 
Impressions Archives année 1882. . . i,7o5 35 ( 5,o8i 80 

Stromatourgie 912 85 ; 

Total des dépenses 5,322fr.5o 

Balance. 

Recettes 7,2i4fr.o5 

Dépenses 5,322 5o 

Excédent à reporter sur i883 . i,89ifr.55 



A la suite de ce rapport, les comptes présentés par M. J. Badin sont 
approuvés par l'assemblée, qui vote des remercîments au trésorier pour le 
zèle et le soin avec lesquels il remplit les fonctions qu'il a bien voulu 
accepter. 

Ensuite l'assemblée procède au remplacement des membres sortants du 
Comité. 11 renouvelle pour une période de six années le mandat de MM. Lafe- 
nestre, A. de Montaiglon, P. Mantz, E. Corroyer et H. Jouin. 

La séance est levée à cinq heures et demie. 



— 20 



PARTIE ANCIENNE. 



UN TABLEAU DU QUINZIÈME SIÈCLE, 

SIGNÉ Colin de Cotter. 

Il y a tantôt trente-trois ans, c'était en i85i,M. le marquis 
Léon de Laborde signalait, dans sa belle publication sur les 
ducs de Bourgogne (t, II, p. li), un tableau du milieu du xv® s., 
représentant saint Luc peignant la Vierge et portant cette pré- 
cieuse inscription sur la bordure du manteau de la Vierge : 
Colin de Cotter pingit me in Brabantia. Bruselle VII... Ce 
tableau se trouvait alors dans la petite église délabrée du village 
de Vieure, à quelques lieues de Moulins, dans un coin que jamais 
touriste n'a visité. Cependant un savant de Belgique, connais- 
sant Texistence de cette peinture par la mention des Ducs de 
Bourgogne^ se rendit, non sans peine, il y a quelques années, 
au village de Vieure et put constater que le tableau se trouvait 
encore en place. Il mesure i™35 sur i™o8 de large. Il aurait 
besoin de restaurations qui ne seraient pas bien coûteuses ; il 
faudrait d'abord faire disparaître les repeints qui couvrent une 
partie de la peinture primitive. Un pareil tableau, perdu dans un 
pays d'un difficile accès et que personne ne visite, ne devrait-il 
pas trouver un asile définitif dans le Musée du Louvre où ceux 
qu'il intéresse le verraient et l'étudieraient à leur aise? 

J.-J. G. 



LES GRAVEURS DE LA MONNAIE DE TROYES 

DU XIV° AU XVIII^ SIÈCLE. 

L'atelier monétaire de Troyes est un des plus anciens, mais aucun 
document relatif à cet atelier n'est antérieur au xii" siècle. 

On connaît les noms de plusieurs monnoyers ou monétaires qui ont 
été à la tête de cet atelier au xn^ siècle. 

Les voici : 

Vers l'an iioo. Gaufridus. 

— Faulcon. 

— Thibaut. 



— 21 



II22. 


Lécelin. 


I 140. 


Hatton. 


II 54- 


Amateur, 


I iSy. 


Ébrald. 


I i6o. 


Etienne. 



Au xiv" siècle, l'atelier de Troyes était un des huit ateliers royaux. 

Les pièces qui sont conservées aux Archives nationales et aux Archives 

du département de l'Aube nous ont permis d'établir à peu près la suite 

des maîtres de la monnaie de Troyes à partir de l'année iSog. Nous 

ne donnerons ici les noms de ces maîtres que pour le xiv" siècle. 

1 309-1 3 10. Vanne Guy. 

i3io-i3ri. Vanne Guy et Pierre La Coste. 

i33o-+dei335 

à 1337. Girard le Flamand. 

i338. Pierre Le Mareschal, maître de la monnaie pour l'or. 

i338. Nicolas Ysbarre, maître de la monnaie pour l'argent. 

i338. Guillaume de Hametel, maître de la monnaie pour 

l'argent. 

1339, Nicolas Croissant, maître de la monnaie pour l'ar- 

gent. 

1342. Pierre de Forme. 

1 354-1 355. Jean Baillet le jeune. 

i355-i356. Robert Castelle. 
, i356. Colin Dorin. 

i356-i357. Pierre de Noyers. 

1357. Renaut Fontement. 

1 357-1 358. Pierre de Noyers. 

i357-i358. Jean de Lesclat. 

i358. Renaut Fontement. 

i358-i359. Pierre Domino. 

i359-i36o. Jean Hasart le jeune. 

i36o. Pierre de Noyers. 

i36o. Jean ou Janin de Gisors. 

i36o-i36i. Guillaume Espinel ou Hospinel. 

i36i-i363. Renaut Fontement. 

I 363-1 364. Jean de Savoye. 

1364. Jean de Lesclat. 

I 364-1 365. Jean de Savoye. 

i365. Renaut Fontement. 

1 367-1374. Jean de Lesclat. 

1374-1395. Pierre Plaisance. 

1395- 141 7. Pierre de la Garmoise. 
La Monnaie de Troyes occupait au xiv« siècle l'hôtel de Pontigny : 
« Messire Robert de Rouvoy, célerier de l'église de Pontigny, pour 



— 22 — 

le loyer de l'ostel, au fuer de xxvj livres xiij sols iiij deniers l'an, pour 
trois ans (de iSyo à iSyS). » 

« A l'abbé de Pontigny, pour le louage de l'ostel ouquel l'on fait 
l'ouvrage de ladicte monnoye, c'est assavoir depuis le xj' jour de may 
l'an mil cccc xviij jusques au xviij« jour d'avril exclus mil cccc xix, 
au feur de xxvj livres xiij sols iiij deniers tournois l'an''. » 

Nous n'avons que peu d'indications sur les points secrets et les 
différents propres à la Monnaie de Troyes. 

Au xiv« siècle et pendant la première moitié du xv« siècle, le point 
secret était placé sous la quatorzième lettre. 

En i399 et pendant le reste du temps de sa maîtrise, Pierre de la 
Garmoise mit un point secret entre V et I de VINCIT et un autre 
point secret entre V et S de KAROLVS. En 141 3, le même Pierre de 
la Garmoise plaça, sur le gros d'argent, un point secret sous la qua- 
torzième lettre et un point ouvert en forme d'O entre S de TVRO- 
NVS et la couronne. 

La lettre S fut attribuée à la Monnaie de Troyes par l'ordonnance 
du 14 janvier 1540. 

Nous ne connaissons qu'un petit nombre de différents de maître : 

1422. Différent du maître de la Monnaie de Troyes agissant au 
nom de Henri VI : une rosette. 

1495. Différent de Guillaume Griveau, maître : deux anneaux 
entrelacés. 

1534. Différent de Edmond Griveau, maître : un cœur. 

1540. Différent de Jacques Le Tartier, commis à la maîtrise : une 
hure de sanglier. 

1 544. Différent de Jean Hue, commis à la maîtrise : un cor de chasse. 

Albert Barre n'a donné les noms que de huit graveurs particuliers 
de la Monnaie de Troyes^, et de Saulcy n'en a découvert que quatre 
de plus 3. 

On trouvera ci-après les noms de vingt-quatre graveurs. 

Nous nous bornerons à faire une brève mention de chacun d'eux, 
les extraits des pièces originales ne nous ont pas paru présenter assez 
d'intérêt pour que nous en donnions même seulement quelques-uns. 
Ces pièces sont conservées aux Archives nationales, aux Archives 
du département de l'Aube et aux Archives de la ville de Troyes. Elles 
n'auraient pas suffi pour nous permettre de dresser une suite de gra- 
veurs aussi étendue ; mais, quatre de nos ascendants en ligne directe 



1. Archives nationales. 

2. Albert Barre, Graveurs généraux et particuliers des monnaies de France, 
1867, page 23. 

3. De Saulcy, Éléments de l'histoire des ateliers monétaires du royaume 
de France , 1878, pages loi à io5, iSg et 160. 



— 23 — 

ayant été graveurs particuliers de la Monnaie de Troyes, les papiers 
qui nous restent d'eux nous ont fourni des renseignements très pré- 
cis, et nous avons comblé une partie des lacunes. 

Michelet de Lens^ (..i 362-1376 2). Tailleur de la Monnaie de Troyes 
de i362 à l'i'jb. Nommé le i^r février iSyS (1376) tailleur de la Mon- 
naie de Saint-Lô. 

Mahieu de Luchieu (..i375- f 1376). Tailleur de la Monnaie de 
Troyes en 1375 et en 1376. Décédé en 1376. Remplacé le 20 décembre 
1376 par Pierre des Mesmey. 

Pierre des Mesmey (..i375-i388). Tailleur de la Monnaie de Troyes 
de 1376 à i388, « au fcur de 1 livres tournois l'an. » 

Jean Muteau (..i38o- f de 141 5 à 1417). Maître orfèvre ; commis à 
l'office de tailleur de la Monnaie de Troyes en i 3g9, et plus tard tail- 
leur en titre. Démissionnaire de sa charge en 1414, et remplacé le 
8 octobre 1414 par Benoît Rémi. Commis à la taille à la Monnaie de 
Lyon en 1414, et peut-être en 141 5. Décédé à Troyes de 141 5 à 1417. 

Benoît Rémi (..1414-1422). Nommé, le 8 octobre 1414, tailleur delà 
Monnaie de Troyes, Benoît Rémi a exercé ces fonctions jusqu'en 1422. 
Son salaire était de 5o livres tournois par an. Rémi grava, en 1417 : 
sur le gros de 20 deniers tournois, deux couronnes dans la croix ; sur 
les blancs, un point au bas de la croix et un autre point entre les deux 
fleurs de lis du haut. Rémi demeurait à Troyes, dans le quartier de 
la Madeleine ou de Comporté. 

Jean de Goiirnay (. .1419-1428). Maître orfèvre. Commis à l'exer- 
cice de l'office de tailleur de la Monnaie de Troyes en 1423. 

Nicolas Dampricart (..1402- f 1452). Maître orfèvre. Tailleur par- 
ticulier de la Monnaie de Troyes de 1440 à 1446. 

Geoffroy Ligier (..i48o-i5i5)3. Maître orfèvre. Tailleur de la Mon- 
naie de Troyes de 1482 à i5i5. 

Nicolas Payne^ dit de Bar ou L'Anglois (..i5i3-i527). Maître 
orfèvre. Tailleur particulier de la Monnaie de Troyes en 1527. 

Henryet Boulanger (..i520-iSj2). Maître orfèvre. Il signait H an- 
riet Boulanger. Commis à la taille à la Monnaie de Troyes en 1 540 
et en 1541. 

Claude Le May (.. 1 548). Tailleur de la Monnaie de Troyes en 1 548. 

Jean de Chevry (..i535- f de 1687 à rSgi). Maître orfèvre. Il signait 

1. Nous avons rangé les graveurs suivant l'ordre dans lequel ils ont occupé 
l'office de graveur de la Monnaie de Troyes. 

2. Ces deux dates indiquent la période pendant laquelle il est fait mention 
de chaque personnage dans les documents, du moins d'après les notes que 
nous avons prises. Quand la première date n'est pas précédée de deux 
points, cette date est l'année de la naissance; quand la seconde date est pré- 
cédée d'une croix, cette date est l'année du décès. 

3. Le nom est écrit Ligier, Légier et Léger. 



- 24 ~ 

/. de Cheury. Tailleur particulier de la Monnaie de Troyes de i55o 
à i582, aux gages de 62 livres tournois par an. 

On connaît de lui un jeton daté de i55o. Au droit : IN ^TER- 
NVM INVOCABO, écusson aux armes de Champagne; au revers : 
MISERICORDIA DOMINÎ, un croissant et un H couronné. 

Alain Lespeiivrier (..iSSô-iSyS). Maître orfèvre. Commis à l'exer- 
cice de l'office de tailleur de la Monnaie de Troyes en i558. 

Claude de Chevry (..i583- f de i636 à 1641). Maître orfèvre. Tail- 
leur particulier, « graveur pour le Roy en la Monnoie » et essayeur de 
la Monnaie de Troyes de i584 à i636. Les gages de tailleur étaient 
alors de 62 livres 10 sols tournois par an. Claude de Chevry habitait 
à Troyes le quartier de Comporté. 

Parothe Semillard (.. i Sgg). Nommé tailleur à la Monnaie de Troyes 
par édit du roi de décembre 1699. 

Nicolas Domino (1573-1654). Maître orfèvre. Tailleur particulier 
de la Monnaie de Troyes en i638, aux gages de 62 livres 10 sols tour- 
nois par an. 

Claude Domino (..1639-1641). Maître orfèvre. Tailleur particulier 
et essayeur de la Monnaie de Troyes de 1639 à 1641. 
Jean Bourgeois (..i652). Tailleur à la Monnaie de Troyes en i652. 
Edme Rondot l'aîné (t6i3- f 1697). Fils de Nicolas, orfèvre. Maître 
orfèvre, garde de la communauté des orfèvres. Nommé le 24 février 
i653 graveur particulier de la Monnaie de Troyes. Reçu par la Cour 
des Monnaies le 16 mai i653. 

Edme Rondot l'aîné remplit les fonctions de graveur jusqu'en 1680, 
époque de la translation de la Monnaie à Reims. Quand la Monnaie 
fut rétablie à Troyes en 1690, Edme Rondot fut commis à la taille 
par la Cour, le 17 juillet 1690, et fut pourvu quelque temps après de 
l'office par le Roi. 
Son fils Paul lui succéda en 1693. 

Paul Rondot (i652- f 1710). Fils de Edme l'aîné. Maître orfèvre^ 
garde de la communauté des orfèvres. Graveur particulier delà Mon- 
naie de Troyes de 1693 à 17 10. 

Nicolas- Jean-Baptiste Rondot (i683- f 1740). Fils de Paul. Maître 
orfèvre. Graveur particulier de la Monnaie de Troyes de 17 10 à 1726. 
Nicolas-Jcan-Baptiste Rondot avait un annelet pour différent, 
Guillaume Fagnier (..1726-1739). Nommé graveur particulier delà 
Monnaie de Troyes par arrêt du Conseil du Roi du 4 juin 1726. Ins- 
tallé le 27 juillet 1726, Guillaume Fagnier a exercé ses fonctions jus- 
qu'au 28 février 1739. 

Il avait un lis pour différent. 

Jean-Baptiste-Edme Alexandre (1699- f '780). Graveur par com- 
mission à la Monnaie de Troyes, du mois de mars 1739 au mois de 
mars 1760. 



— 25 — 

Alexandre avait un aigle éployé pour différent. 

Jacques Rondot dit le Romain (lySo- f 1808). Fils de Nicolas-Jean- 
Baptiste. Maître orfèvre, graveur du Roi, dessinateur et peintre de 
fleurs, graveur particulier et essayeur de la Monnaie de Troyes de 

1760 à 1772, 

Natalis Rondot. 



LES GRAVEURS WILLE ET BALECHOU. 

Accusé d'avoir fait tirer, pour les vendre à son profit, un certain nombre 
d'épreuves du portrait d'Auguste III, roi de Pologne, le graveur Baléchou 
fut l'objet d'une plainte et d'une poursuite qui entraîna son bannissement, 
sinon officiel, du moins virtuel de l'Académie. Pour sa défense, il alléguait 
qu'un graveur est toujours obligé, pendant le cours du travail, de faire 
tirer un certain nombre d'épreuves afin de se rendre compte de l'état de 
la planche. La question fut soumise à l'Académie de peinture par l'ambassa- 
deur du roi de Pologne, et renvoyée par l'Académie à une commission compo- 
sée surtout des graveurs de la Compagnie. Un rapport, signé de tous les com- 
missaires et de Lépicié, répondant à treize questions posées par le comte de Loss, 
ambassadeur de Pologne, fixait à 5o ou 60 en moyenne, à 100 au maximum, 
le nombre d'épreuves nécessaires à l'artiste pour se rendre compte de l'état 
du travail (Voy. Nouvelles Archives de l'Art frg.nçais, t. IX, p. 207-210). C'est 
sans doute à cette occasion, c'est-à-dire au début de l'année 1732, que le graveur 
Wille, sollicité par Baléchou, donnait le certificat suivant. Wille ne faisait 
pas encore partie de l'Académie de peinture; il n'y fut admis qu'en 1761. 
Ceci explique comment Baléchou songea à invoquer son opinion pour 
contrebalancer l'effet du rapport des graveurs de l'Académie. On remarquera 
que, tout en se montrant favorable à la thèse soutenue par Baléchou, Wille 
ne se compromet guère et évite de heurter trop directement les opinions 
de ses contradicteurs. 

J.-J. G. 

A la réquisition du sieur Balchou, je trouve raisonnable d'exposer 
que l'art de la gravure exige indispensabletnent que l'on fasse tirer 
autant d'épreuves d'une planche en travaille qu'il en faut, et ce pour 
pouser l'ouvrage à la perfection. Un cuivre plus ou moins dur, ses 
défaut non prévu, les retouches du peintre, ses changements quell- 
quefois à la finition de l'ouvrage, les mauvaises impressions et autres 
circonstanses peuvent obliger le graweur nécessairement jaloux de sa 
réputation de faire tirer nombre d'épreuve pour se condevirc dans la 
perfection de son ouvrage, evennement inséparable de l'art et connue 
de tout les gens du tallant. 

Will. 

(Cette pièce, entièrement de l'écriture de Wille, se trouvait dans la col- 
lection Dubrunfaut, n° 874 du Catalogue.) 



I 



— 26 — 

PARTIE MODERNE. 



MUSEES NATIONAUX ET DEPARTEMENTAUX. 

Musée du Louvre. — Les collections du Louvre viennent de s'en- 
richir d'une belle suite de peintures, d'aquarelles et de dessins ayant 
appartenu à M. Coutan et légués par M. Milliet. La liste de ces 
œuvres d'art suffira pour donner une idée de l'importance de ce legs. 
Il comprend dix tableaux et vingt-huit dessins ou aquarelles, dont 
voici rénumération sommaire : 

Tableaux. — Ingres : la Chapelle Sixtine ; Gros : le général Bona- 
parte; Prudhon : le Christ en croix (esquisse du tableau du Musée); 
le mariage d'Hercule (frise) ; Géricault : Chevaux et postillons; course 
de chevaux ; chevaux de course à l'entraînement ; cheval gris à l'écurie ; 
Bonington : Anne d'Autriche et Mazarin ; vue de Venise. 

Dessins. — Douze dessins ou études au crayon de Ingres, dont un 
chef-d'œuvre, le portrait de la famille Forestier portant la date de 
1806; un dessin et une aquarelle de Paul Delaroche; deux dessins de 
Prudhon; trois de Géricault et une aquarelle; deux fusains et une 
aquarelle de Decamps; deux aquarelles de Bonington ; deux aquarelles 
de Charlet; une charmante miniature d'Augustin (portrait de M. Cou- 
tan). — Les objets composant le legs Coutan sont exposés au Louvre, 
dans la première salle derrière la colonnade du côté de la Seine. 

Musée d'Angers. — Le Musée de peinture de la ville d'Angers va 
recevoir plusieurs peintures léguées par M. Léon Drouin. On y 
remarque surtout un beau portrait par Gro5, représentant M. Léonor 
Drouin, avoué à Paris, père du donateur, et le portrait du grand-père 
du donateur par Bouchot. 



EXPOSITIONS. 



Exposition nationale. — Dans une séance tenue dans les derniers 
jours de décembre, le Conseil supérieur des beaux-arts a décidé que 
la prochaine exposition nationale aurait lieu dans trois ans, s'ouvrirait 
au Palais de l'Industrie, le i*"" mai 1886; que le nombre des tableaux 
admis serait réduit à six cents, et que toutes les œuvres destinées à 
cette exposition seraient soumises à l'examen du jury. 

Exposition de Lyon. — La Société dés Amis des Arts de Lyon a 
ouvert, le 25 janvier, son quarante-septième salon de peinture, sculp- 



— 27 — 

ture et gravure ; elle a eu l'heureuse idée de réunir en même temps 
une exposition des arts décoratifs modernes occupant quatre salles 
réservées exclusivement aux productions lyonnaises. La soierie y tient 
naturellement une place d'honneur. 

Au salon de peinture on remarque les œuvres de MM. Appian, 
Apvril, Bail, Détanger, Simon Durand, Jeannin, Raynaud, Saintin 
et Auguste de la Brely. 

Exposition de Tours. — On annonce l'ouverture d'une exposition 
d'arts décoratifs à Tours pour le i"" juin. Elle durera jusqu'au i5 juil- 
let et se composera exclusivement d'œuvres anciennes ou modernes 
empruntées à la région dont Tours est le centre. 

Exposition des Aquarellistes. — La sixième exposition des Aqua- 
rellistes français, la troisième depuis la translation de la Société dans 
la salle Petit, vient de s'ouvrir le i^' février pour durer jusqu'au 
3 1 mars. Depuis son origine, la Société s'est sensiblement modifiée et 
semble actuellement dévier de son but primitif. Au début, en 1879, 
elle comptait dix-sept membres titulaires ; trois sont morts, Jules 
Jacquemart, Gustave Doré et Louis Leloir ; un membre admis depuis 
la fondation, M. Jacquet, est démissionnaire. La Société, malgré 
ces pertes sensibles, se compose aujourd'hui de trente-un membres 
titulaires, dont huit ont été admis depuis la dernière exposition, ce 
sont MM. Emile Adan, Max Claude, Charles Delort , Guillaume 
Dubufe, J.-P. Laurens, Albert Maignan, O. de Penne, Henri Zuber. 
Plusieurs de ces nouveaux venus font grand honneur à la Société. 
Les envois de MM. Zuber, Adan, Dubufe, Laurens sont particulière- 
ment remarqués. Mais comment se fait-il qu'un nouveau venu, comme 
M. Maignan, suivant d'ailleurs l'exemple d'un trop grand nombre 
d'anciens sociétaires, ne prenne pas part à la première exposition 
ouverte après sa réception ? En effet, cette année, on remarque et on 
regrette l'abstention complète de M.^^ Lemaire et de MM. Bastien 
Lepage, Baron, Cazin, Heilbuth et A. de Neuville. Plusieurs des 
exposants n'envoient que des dessins ou des pastels. La Société ne 
justifie plus dès lors son titre de Société des Aquarellistes. Notons 
encore que les trois œuvres du pauvre Louis Leloir, promises proba- 
blement avant sa mort, ne figurent pas dans la salle de la rue de Sèze. 
L'exposition se compose de cent quarante aquarelles environ et d'une 
cinquantaine de dessins. Le catalogue est comme d'habitude un recueil 
de fac-similés de dessins édité avec beaucoup de goût. — J. G. 

Exposition du cercle de la rue Volney (27 janvier-24 février). — 
Trop nombreuse, elle compte deux cent cinquante-six toiles, et trop 
mélangée, elle contient des œuvres signées de noms célèbres tout à 
fait indignes de- leurs auteurs, cette exposition prouve une fois de 
plus les dangers de l'excès d'une bonne chose. On abuse décidément 



— 2« — 

de ces expositions partielles, et l'artiste en vue, obligé de suffire à trop 
de demandes, ne sachant plus auquel entendre, cherche à donner 
satisfaction à chacun en montrant des pochades qui compromettent 
sa réputation. Le public se fatiguera bien vite de ces exhibitions trop 
multipliées et trop peu choisies. 

Exposition du cercle de l'Union artistique (place Vendôme). — 
Ouverte du 4 février au 10 mars, de 1 1 heures à 4 heures (le dimanche 
24 février excepté), cette exposition compte 169 numéros, soit 1 58 pein- 
tures et II sculptures. Les Portraits de MM. Baudry, Boulanger, 
Cabanel, Carolus Duran, Chartran, Jacquet, Jalabert (M. Emile 
Augier), Machard, Mazerolle, Meissonier, la manœuvre du \2<^ Chas- 
seurs de M. A. de Neuville, le combat d'artillerie de M. Détaille, les 
toiles de MM. Berne-Bellecour, Béraud, Gérôme, Le Blant, E. Levy, 
Protais, Ph. Rousseau, Thirion, Worms, les paysages de MM. Ber- 
nier, BogolubofF, Français, Segé, les marbres et terres cuites de 
MM. Bartholdi, Saint-Marceaux et Franceschi font de cette exposi- 
tion une des plus brillantes que le cercle de l'Union artistique ait 
ouvertes. 

Exposition de dessins du X7X« siècle. — Organisée à l'Ecole des 
Beaux-Arts par l'association des artistes peintres, cette exposition, 
ouverte le lundi 4 février, durera jusqu'au !«■■ mars ; le cata- 
logue comprend gSo numéros; encore a-t-on dû refuser beaucoup 
d'offres, faute de place, et plusieurs croquis sont-ils souvent inscrits 
sous le même numéro. Tous nos plus glorieux artistes depuis un 
siècle, à commencer par David, Prudhon, jusqu'à MM. Détaille et 
Meissonier, sont admirablement représentés. Millet, Ingres, Dela- 
croix, Baudry, Géricault, Regnault, occupent chacun un ou deux pan- 
neaux couverts d'admirables dessins. Cette exposition formée d'œuvres 
peu connues offre le plus grand intérêt ; elle donnera naissance à une 
publication comprenant la reproduction des plus beaux croquis expo- 
sés. Cette publication, formée de soixante planches et coûtant 
3o francs, est accompagnée d'un texte de M. Roger Ballu. 

Nouvelle exposition des portraits du siècle. — La Société de bien- 
faisance, qui avait obtenu l'an dernier un si vif succès avec son 
exposition de portraits, avait l'intention de renouveler sa tentative 
en 1884. Mais elle a dû remettre son projet à l'année prochaine, 
n'ayant pas trouvé de local disponible et gratuit. On assure que la 
galerie de l'Ecole des beaux-arts sera désormais exclusivement réservée 
aux expositions officielles de l'Ecole. 




- 29 — 



VENTES. 



Tapisseries. Buste de Houdon (Vente du baron Ury de Gunz- 
bourg, 3o janvier, à la salle Petit). Buste en marbre de Houdon., 
signé et daté 1776, représentant Marie-Adélaïde Girault Servat, vendu 
44,000 fr. pour M'n« la vicomtesse de Gourval. — Cinq tapisseries de 
l'histoire de don Quichotte, quatre sont signées Colette 1 7^8, Audran 
lySy, Audran ijSo et Colette iy64. Vendues 140,000 fr. (à 
jVlme struys). — Les dou^e mois de l'année., douze panneaux d'après 
Cl. Audran., à fond chamois. Vendus 62,5oo fr. (M. Boucheron). — 
Les sources apportant leur tribut à un fleuve, tapisserie de la manu- 
facture de Fontainebleau, xvi« siècle. Vendue 7,5oo fr. 

La même collection comprenait aussi plusieurs tapisseries de 
Bruxelles, deux pièces des Gobelins représentant des sujets de l'His- 
toire de Don Quichotte (i2,5oo et 6,000 fr.), des bronzes d'art et 
d'ameublement, trois paires de flambeaux d'argent Louis XV et 
Louis XVI (i,5o5, 2,800 et i,6o5 fr.), des faïences, des porcelaines de 
Chine, des panneaux en vernis Martin, enfin des meubles en bois 
sculpté ou doré. Une commode Louis XV a atteint 23, 100 fr. Le 
total de la vente s'est élevé à 468,162 fr. 

Portraits de Fragonard. — Deux portraits de Fragonard., l'un de 
femme, l'autre d'homme, ont atteint les prix de 26,000 et de i6,5oo fr. 
à la vente de la collection Vallet. 

Tapisseries gothiques. — Un certain nombre de tapisseries gothiques 
ont été récemment vendues; la plus belle et la mieux conservée a 
atteint 3, 100 fr. ; sept autres ont été adjugées 160, 980, 400, 1,480, 
400, 485 fr. On est loin, comme on voit, des prix de la vente de la 
salle Petit dont on a parlé plus haut. 

Porcelaines. — La vente de la collection de porcelaines du marquis 
d'Osmond a donné les résultats suivants : Deux vases Louis XV, 
forme ovoïde, fond vert céladon de 40 cent, de haut. (n° i du cat.), 
86,100 fr. — Un autre vase de 45 cent, de haut, (n" 2), 5 1,100 fr. — 
Une paire de vases Louis XVI, de forme cylindrique, gros bleu (n° 3), 
65,ooo fr. — Une jardinière Louis XV à fond rose (n° 4), 59,100 fr. 
Soit pour ces quatre numéros : 26i,3oo fr. Le total de la vente a 
atteint 415,730 fr. A la même vente, un meuble d'appui en marque- 
terie de Boule a été payé 45,000 fr. pour le duc de Northumberland. 

Vente Manet. — Le catalogue compte 168 numéros, avec préface 
de Théodore Duret (32 p., in-8). Parmi les tableaux connus, on 
remarque : Olympia (salon de i865), vendue 10,000 fr.; le Balcon 
(1869), 3,000 fr. ; la Leçon de musique (1870), 4,400 fr. ; Argenteuil 
(1875), 125,000 fr,; Hamlet (1877), 3,5oo fr.; Che^ le père Lathuille 
(1880), 5,000 fr.; Un bar aux Folies-Bergère (1882), 5,85o fr. En tout 



^ 3o — 

93 tableaux, études ou esquisses, 3o pastels représentant surtout des 
têtes de femmes, 14 aquarelles, 23 dessins, 9 eaux-fortes ou lithogra- 
phies. La vente a eu lieu les 4 et 5 février. Elle a produit 120, 652 fr. 
La plupart des œuvres importantes ont été reprises par la famille ou 
des amis. 



NECROLOGIE. 



DuMONT (Augustin- Alexandre), sculpteur, membre de l'Institut, né 
à Paris, le 4 août 1801, vient de mourir le 28 janvier. C'était le repré- 
sentant d'une vieille dynastie de sculpteurs remontant au commen- 
cement du xvii^ siècle, qui s'allia aux Coypel et dont plusieurs 
membres furent admis à l'Académie royale. Elève de son père, Jacques- 
Edme Dumont et de Cartellier, Augustin-Alexandre obtint le 2° prix 
au concours de Rome en 1821 et le premier en 1823. En i83i, il 
obtenait une médaille de F" classe, était décoré en i836 pour la sta- 
tue du génie de la Liberté qui surmonte la colonne de Juillet et 
entrait à l'Institut en i838. Depuis longtemps, M. Dumont était le 
doyen de la classe des beaux-arts. Il prit part aux salons jusqu'en 1844, 
reparut à l'exposition universelle de i855, où ses œuvres lui valurent 
une grande médaille d'honneur et la croix d'officier. Il fut nommé 
commandeur en 1870. Nommé professeur à l'Ecole des beaux-arts, 
en i863, cet artiste a formé beaucoup d'élèves devenus célèbres. Trois 
d'entre eux sont devenus ses collègues à l'Institut : MM. Perraud, 
Bonnassieux et Thomas. Il a exécuté beaucoup de statues de bronze ou 
de marbre pour des monuments publics : Philippe-Auguste (bronze) 
à la barrière du Trône ; Napoléon I»"" en César (bronze) à la colonne 
Vendôme ; le pape Urbain V (bronze) pour Mende ; le prince Eugène, 
aujourd'hui aux Invalides; le maréchal Bugeaud, pour Alger. Toute 
la sculpture du pavillon de Lesdiguières, au Louvre, est de lui. Le 
musée de Semur possède une collection presque complète des œuvres 
de M. Dumont, en modèles originaux ou en moulages, collection 
donnée par l'auteur. Un catalogue du musée de Semur a paru il y a 
deux ou trois ans. 

Leloir (Alexandre-Louis), peintre de genre, né â Paris, le 14 mars 
1843, mort le 28 janvier. Elève de son père, J.-B. -Auguste Leloir, 
ayant pour mère une artiste fort distinguée, née Héloïse Colin, Louis 
Leloir obtint, en 1861, le 2« prix de Rome; son âge surtout l'empê- 
cha d'être classé premier. Il exposa pour la première fois en i863 un 
épisode du Massacre des Innocents. L'année suivante son Daniel dans 
la fosse aux lions lui valait une médaille suivie de rappels en 1868 
(M. de Bettencourt faisant baptiser les sauvages des îles Canaries) et 
en iSjo (le Ralliement). Depuis i870,ilaexposéle.Bapflme(i873),peut- 



— 3i — 

être son chef-d'œuvre, la Fête du grand-père (187 5); les Fiançailles 
(1878), la Pêche (1880). Depuis une dizaine d'années, il s'était consa- 
cre à l'aquarelle et avait atteint dans ce genre une habileté singulière. 
Il fut un des fondateurs de la Société des Aquarellistes français, aux 
expositions de laquelle ses oeuvres obtenaient toujours un succès très 
vif et très mérité. Il a dessiné pour l'éditeur Jouaust une illustration 
des œuvres de Molière qui figurait récemment à l'exposition natio- 
nale de i883. Son frère et élève M. Maurice Leloir expose depuis 1876 
et envoie depuis plusieurs années au Salon des aquarellistes des 
compositions très remarquées. J.-J. G. 



BIBLIOGRAPHIE. 

L'Hôtel Drouot et la Curiosité en 18 83, par M. Paul Eudel. Paris, Char- 
pentier, 1884, in-i8, 406 p. Prix : 3 fr. 5o. — Revue animée, vivante, 
exacte et spirituelle par-dessus le marché, des principales ventes de l'année 
dans tous les genres. Autographes, tableaux, dessins, livres, estampes, anti- 
quités, faïences, porcelaines, tout ce qui entre dans les goûts si multiples 
des collectionneurs figure à sa date dans le volume. Cette collection en est à 
sa troisième année; elle forme en quelque sorte l'annuaire de l'hôtel Drouot. 
Si la série est continuée avec persévérance, elle sera un jour d'un prix ines- 
timable pour les curieux et les travailleurs de l'avenir. Dès maintenant elle 
offre une lecture des plus attrayantes à tous ceux qu'intéresse le monde de 
la curiosité. 

Réunions des Sociétés des beaux-arts des départements à la Sorbonne, du 
28 au 3o mars i883. Septième session. Paris, Pion, i883, in-8°, 262 p. — 
Ces réunions des membres des Sociétés de beaux-arts des départements ont 
donné naissance à d'excellents travaux sur l'Art français. La collection des 
comptes-rendus où ces travaux sont imprimés compte aujourd'hui sept 
volumes. Parmi les monographies ou notices publiées dans le compte-rendu 
de la septième session, on remarque : une note sur une ancienne copie de 
la Cène de Léonard de Vinci, par M. J. Roman; le groupe de Tuby de 
l'église paroissiale de Sceaux, par M. J. Advielle; Auguste Martin, archi- 
tecte, par M. E. Parrocel; une pièce capitale sur Michel Colomb, par 
M. Célestin Port; le portrait du président Richardot, au Musée du Louvre 
restitué à Rubens, par M. Aug. Castan; une note de M. Le Breton sur des 
peintures murales de l'Ecole de Fontainebleau, récemment découvertes à 
Gisors ; des documents inédits sur les travaux des sculpteurs Verberckt et 
Francin à Bordeaux, par M. Marionneau-, enfin des travaux de MM. A. 
Durieux, Albert Jacquot, Emile Letellier, Francis Jacquier, Léon Vidal, Del- 
humeau, l'abbé P. Guillaume, Tancrède Abraham, Th. Lhuillier et Faucon- 
neau Dufresne, soit dix-sept monographies très différentes, toutes d'un très 
réel intérêt. 

Le Musée céramique de Rouen, par Gaston Lebreton, 20 planches par 
Ch. Goutzwiller, héliogravure Dujardin. Rouen, Auge, i883, in-8° de 62 p. 
tiré à 35o exemplaires. — Résumé sommaire de l'histoire de la faïence de 



— 32 — 

Rouen, par un connaisseur des plus compétents qui prend tous ses exemples 
dans le Musée confié à ses soins. M. Goutzwiller a illustré ces volumes de 
vingt dessins d'assiettes, de plats ou de vases qui sont des merveilles de finesse 
et d'exactitude. L'héliogravure Dujardin a fourni une vue de la vitrine du 
Musée céramique de Rouen à l'exposition rétrospective du Trocadéro. 



NOUVELLES ARCHÉOLOGIQUES. 

Arènes de la rue Monge. — La ville de Paris a acquis, pour la somme de 
douze cent mille francs, le terrain sur lequel se trouve une partie des fonda- 
tions des anciennes arènes de Lutèce, rue Monge. 

Tour de l'enceinte de Philippe- Auguste. — La tour de l'enceinte de Paris, 
construite sous Philippe-Auguste, vers 1200, que les travaux exécutés pour 
le Mont-de- Piété avaient dégagée, paraît définitivement condamnée. On 
assure que les murs n'ont aucune solidité et que la consolidation entraîne- 
rait une grosse dépense. Traduisez : sa présence gêne les plans de l'architecte. 

Mosaïque découverte à Nîmes. — Une importante mosaïque romaine vient 
d'être découverte à Nîmes. Autour d'un sujet central représentant un person- 
nage qui amène un sanglier et un tigre enchaînés aux pieds d'un prince 
assis sur un trône, sont des compartiments formés de dessins réguliers. Le 
tout est encadré dans une bordure à rinceaux du plus charmant dessin. Il 
a été rendu compte de cette découverte à la séance de l'Académie des ins- 
criptions du 8 février. 

Association des Amis des Arts parisiens. — Sous ce titre, une Société, 
composée d'artistes, d'architectes, d'érudits, de littérateurs et de conseillers 
municipaux, vient de se former pour la protection des monuments de l'ancien 
Paris, menacés soit par la voirie, soit par les architectes. Tous nos vœux 
accompagnent la tentative faite par cette jeune Société dont nous suivrons 
avec le plus vif intérêt les travaux. La première réunion d'organisation a eu 
lieu le jeudi 7 février au Cercle Saint-Simon, boulevard Saint-Germain. 



NOUVELLES DIVERSES. 

Agrandissement de l'École des Beaux-Arts. — L'État vient d'acquérir pour 
un peu plus de quatre millions l'hôtel de Chimay, i5, quai Malaquais, pour 
agrandir l'Kcole des Beaux-Arts. Quand songera-t-on à l'utile Ecole des Arts 
décoratifs qui va se trouver sans domicile par suite de l'extension de l'Ecole 
de Médecine? 

Un groupe du sculpteur San:{el. — Les exécuteurs testamentaires du sculp- 
teur Sanzel ont offert à la ville de Paris un groupe en plâtre de cet artiste, 
représentant « l'Invasion, » à la condition que cette œuvre serait exécutée en 
bronze (Bulletin municipal du samedi 2 février). 

V 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 
3. — Mars 1884. 

PARTIE ANCIENNE. 



QUITTANCES D'ARTISTES 

TIRÉES DE DIVERSES COLLECTIONS. 

L'intérêt des quittances d'artistes n'a pas besoin d'être démontré. Com- 
bien de faits, de dates, de renseignements sur des œuvres perdues ne ren- 
contre-t-on pas dans ces petits carrés de papier ou de parchemin longtemps 
dédaignés! Parfois, c'est l'existence même d'un peintre ou d'un sculpteur 
tombé dans le plus profond oubli qui nous est ainsi révélée. Aussi, malgré 
l'importance majeure qui s'attache aux quittances de sommes payées pour 
des travaux d'art, ne faut-il pas négliger les quittances d'arrérages de rente, 
bien que la qualité d'artiste ne soit, dans ce cas, que très secondaire. 

On a pu juger des détails de toute nature que pouvait offrir au besoin cette 
catégorie de documents par les séries déjà publiées à deux reprises différentes 
dans les Nouvelles Archives de VArt français : la première, due presque 
entièrement aux découvertes de M. Ulysse Robert dans la collection des 
pièces originales conservées au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque 
nationale, ne comprenant pas moins de 252 n°' (Année 1876, p. i-8i); la 
seconde, formée des débris de plusieurs cabinets d'autographes aujourd'hui 
dispersés, comptant 46 articles (Année 1882, p. i-33). La nouvelle série que 
nous mettons aujourd'hui sous les yeux du lecteur se compose de pièces 
recueillies un peu partout depuis une quinzaine d'années; plusieurs sont 
entre nos mains, d'autres nous ont été communiquées par M. Charavay ou 
par des amateurs. Aucune ne se trouve dans un dépôt public. Raison de plus 
pour les publier et empêcher ainsi leur perte. 

Les pièces sont classées dans l'ordre chronologique, suivant le système 
déjà suivi dans les précédentes publications. C'est le système le plus logique, 
et en même temps le plus commode pour le chercheur. 

J.-J. G. 

REV. ART FR. 3 



- 34- 

I. — Quittance donnée par André Le Nostre, premier jardinier de 
Monseigneur filz de France, frère unicque du Roy, de la somme de 
i5o livres pour ses gages, à cause de sad. charge, d'une demie année 
échue le dernier juin 1640. — 27 juillet 1640. — Signé : Le Nostre 
avec paraphe. 

(Collection particulière.) 

II. — Quittance donnée par Estienne Le Hongre^ sculpteur ordi- 
naire du Roy en son Académie Royale de Peinture et sculpture, de 
la somme de 336 livres, pour reste et parfait payement de celle de 
636 livres pour ouvrages de sculpture par luy faits pour le service de 
Sa Majesté en l'année 1669, pour un des grands modèles du troisième 
ordre fait en place pour l'exhaussement du dedans du Louvre. — 
[2 juin 1671^. — Signature accompagnée d'un paraphe analogue à 
celui d'un notaire. 

(Collection Dubrunfaut, 278.) 

III. — Quittance donnée par Pierre Thevenot &t Pierre Le Maistre, 
entrepreneurs des Bastimens du Roy, de i ,000 livres à eux ordonnées 
à compte des ouvrages de maçonnerie qu'ils font à la construction du 
quay le long du Cours la Reyne. — 4 septembre 1671. — Signé : Le 
Maistre. — Thevenot. 

IV. — Quittance donnée par François Girardon^ sculpteur ordinaire 
du Roy, d'une somme de « mil livres à luy ordonnée à compte des 
ouvrages de sculpture de la fontaine et piramide qu'il fait pour le 
château de Versailles^. » — 27 juin 1672. 

(Collection Dubrunfaut, 272.) 

V. — Quittance donnée par Jean Butay, peintre ordinaire du Roi, 
de 141 liv. 19 s. 6d, pour le second quartier de l'année 1672 à cause 
de 567 liv. 18 s. de rente constituée le i5 octobre i635 sur les 
Gabelles. — 16 juillet 1672. — Signé : J. Butay^. 

VI. — Quittance d'une somme de cinquante livres payée à « Daniel 
Dupré, peintre et doreur ordinaire des meubles du Roy, » par Mes- 
sire Pierre OUivier, sieur de Prelabbé, trésorier général de l'Argente- 
rie de S. M., pour payement d'avoir peint et doré un grand fauteuil 
et six sièges ployans en l'appartement de la Royne, au chasteau de 



1. Voy. Nouvelles Archives, 1876, p. 45, 47, 5i (Louis Lehongre), 52, 64. 

2. Sur Girardon et ses quittances, voy. Nouvelles Archives, 1876, p. 56, 
57. 64, 74, 77, 80. 

3. Voy. Nouvelles Archives, 1876, p. 5i, n° CXXVI, la quittance pour le 
premier quartier de 1672 et non de 1673, comme on a imprimé par erreur. 



— 35 — 

Saint-Germain-en-Laye, pour le service du Roy. — Le 1 1 novembre 
1675. — Signé : Daniel Dupré. 
(Communiqué par M. Et. Charavay.) 

VII. — Quittance donnée par Charles Mollet, dessinateur ordinaire 
de tous les plants, jardins et parterres des maisons Royalles, de la 
somme de cinq cens livres pour ses gages de l'année précédente. — 
17 mars 1678. — Signé : Ch. Mollet. 

(Collection particulière.) 

VIII. — Quittance donnée par François Bourli&ç^ peintre ordinaire 
du Roy, de ibo liv. pour le second quartier de l'année 1679 à cause 
de 1,000 liv. de rente à luy constituée sur les Aydes et Gabelles le 
3o janvier 1670. — 20 septembre 1679. — Signé : Bourliez. 

IX. — Quittance de sept cent cinquante livres pour le 2^ quartier 
de l'année 1680, à cause de 3, 000 livres de rente constituée le 
!«■• septembre i635 sur le sel, donnée par dame Elisabeth Dubois, 
veuve de Jacques Remy, brodeur et valet de chambre ordinaire du 
Roy, demeurant rue d'Orléans, paroisse Saint-Eustache, assistée de 
Michel Anguier, sculpteur ordinaire du Roy, son neveu. — 10 juillet 
1682. — Signé : M. Anguier. 

X. — Quittance donnée le 19 février 1682 par Jean-Baptiste Mon- 
noyer^ peintre ordinaire du Roi pour les fleurs, demeurant aux Gobe- 
lins, de la somme de 100 liv. pour ses appointements en lad. qualité 
pendant les six derniers mois de l'année dernière 1681. — 19 février 
1682 ^ — Signée : J. Baptiste Monnoyer. 

XI. — Quittance donnée par Simon Thomassin^ maître graveur à 
Paris, de la somme de 112 liv. 10 s. pour six mois sur 225 livres de 
rente constituée le 19 mars 1682 sur les Aydes et Gabelles. — 
20 novembre 1682. — Signé : Simon Thomassin. 

(Collection particulière.) 

XII. — Quittance donnée par René-Anthoine Houasse, peintre 
ordinaire du Roy, au nom et comme procureur d'Estienne Wowuer- 
mans, peintre à Paris, de la somme de 100 livres pour les six pre- 
miers mois 1686, de 600 liv. de rente constituée sur les Aydes et 
Gabelles le 29 mars i683. — 9 novembre i685. — Signé : Houasse. 

XIII. — Quittance de 5o livres pour les six premiers mois de 1689 
de cent livres de rente constituées sur les Aides et Gabelles le 
16 décembre i683, donnée par Nicolas de Poilly^ marchant graveur 
à Paris. — 4 avril 1689. — Signé : de Poilly. 

XIV. — « Je soubssigné Nicolas de Poilly^ marchand graveur à Paris, 
I. Voy. Nouvelles Archives, 1876, p. 74. 



1 



— 36 — 

confesse avoir reçeu de noble homme M'^... la somme de deux cent 
cinquante livres pour les derniers six mois de la présente année 
1692, à cause de cinq cents livres de rente constituée surles Aydes et 
Gabelles, le cinquiesme jour de juillet i683, dont je quite led. sieur 
paieur et tous autres. Faict à Paris le 28 octobre 1692. — N. de 

POILLY. » 
(Collection Dubrunfaut, 35g.) 

XV. — « J'ay reçu de Son Altesse Madame la Duchesse de Bouillon 
la somme de cent vingt et six livres à valoir sur les peintures et 
doreures de son cabinet des glaces. A Paris, le dernier février 1694. 
— Signé : C.-L. Audran. » 

(Collection Coste à Lyon.) 

(A suivre.) 



REQ.UÊTE DU PEINTRE JEAN-FRANÇOIS BEROT. 

Document communiqué par Al. Célestin Port., archiviste du 
département de Maine-et-Loire. 

Citoyen Representans 

Je te prie de prendre mon veridique exposée en considération, 
je me nomme Jean François Berot, né à Paris cidevant paroise 
Paul, de mon Etat peintre pour le portrait enseignant le dessein, 
qui me procurait un bien être gracieux; à la solicitation de mon 
Epouse je quite Saumur, ou jetait fort estimez, pour métablir a 
Angers, ou je fut fort occupée ; la Révolution arrivas, j'engagée 
par mes discours le jeunne gens que jenseignaits à prendres les 
armes pour la défence de la patrie sans considérer que je navais 
ni bien ni rentes et que je parlais contre les intérais qui soutenait 
mon existance et celle de mon épouse ; je sacrifiez tous pour le bien 
général ; en moins de dix huit mois je consoméz le numéraire que 
javaits devant moy ; après cela je vendit tout ce que javaits de plus 
précieux pour me procurer les besoins de la vie les plus urgents; 
on eut besoint au Comité révolutionnaire d'Angers d'un patriotte 
dans lequelle on put avoire une entière confiénce dans ces temps 
fâcheux et dificile, ji fut admie en qualitee d'adjoint et de com- 
misaire, dont je peut me flater de mètre comporté et fait mon 
devoire en vrais républicains; quelque temp après je fut nommé 
gardiens provisoire de la maison des comte et comtesse Corregio, 
où après l'apposision des scellée je fit des recherche et je trouvez 
une malle pesant plus de cents livres qui fut portez au comité par 



-37- 

l'ordre de quelque membres; ni le représentant Bourbotte, ni moy 
nous navont pu savoire au Juste ce quelle contenait, et comme le 
citoyen Bourbotte vit que l'altercation quavait occasionné cette 
malle pourait me faire avoire quelque disgrase il me nomma 
membre du Comité Révolutionnaire de Saumur, ou je mi suis 
comportez à la connaisance de toute la ville avec la probitée d'un, 
franc patriotte ; en fin un surcroit de penne devait marivée sans 
la voire méritée. On surprend un décrets de la convention qui 
nous croyant coupable, nous traduis au tribunal Révolutionnaire 
de Paris, oU, par le raport de Turreau, la Convention a raporté 
son décrets, qui nous a rendu la liberté; tans de penne et de cha- 
grain que je suporte depuis longtemp et qui serait trop long à 
détaillé mon occasionné après mon arrivé de Paris à Saumur, une 
maladie dangereuse et discentrique dont je sort; juge, républicain, 
de la situation où je me trouve ; croyant ma place plus solide je 
fait revenire mon épouse à Saumur ; il men a coûté deux cent livres 
pour le transports de mes effets d'Angers à Saumur, près de septs 
cents livres que me coûte le voyages de Paris ; je me trouve sans 
place aujourdhuit, mon état est totalement perdu ; jatent de ta 
sagesse et de ta justice quelque secour pour me faire subsister, et 
une place; tu ne peut regarder avec indiférence les juste demende 
dun républicain dont tu est a même de te faire informer de sa 
conduite patriotique tant à Angers qu'à Saumur, Je tavertis quils 
y a trois cidevant prêtres employés à la manutention de Saumur, 
Vilneau, Beselle, et Quinvrotte; ces places serais d'un grand 
secours pour des patriottes perre de famille et qui ont tout sacrifié 
pour la patrie, je te prie citoyen de venire a mon secoure, tu obli- 
gera ton concitoyen 

Berot 
Ex-membre du Comité révolutionnaire de Saumur. 

Ma demeur, rue Epurée ci devant du Temple, à Saumur, ce 
trente vendémiaire an troisième de la République française, une, 
indivisible et impérissable. 

(Archives départementales de Maine-et-Loire, série L, Requêtes aux repré- 
sentants du peuple.) 

Nous appelons l'attention de nos correspondants sur Jean-François Bérot, 
dont le nom ne se trouve mentionné dans aucune biographie générale pos- 
térieure à la Révolution. 

H. J. 



— 38 — 
SIGNATURES ET INSCRIPTIONS 

DES SCULPTURES DE l'expOSITION DE l'arT AU XVIII' SIECLE. 

(Décembre 1 883 et Janvier 1884.) 

Une des parties les plus nouvelles et les plus intéressantes de cette 
exposition était certainement la sculpture. Le livret a signalé un cer- 
tain nombre de signatures et de dates; je les donne plus complètes 
d'après le relevé que j'en ai fait sur les originaux, sans avoir pu les 
vérifier toutes, parce qu'un certain nombre de morceaux n'étaient plus 
exposés et que dans les vitrines, qui contenaient les petites sculptures, 
il était naturellement impossible de voir les signatures et les ins- 
criptions. 

230. Claude-François Attiret, neveu du peintre et élève de Pigalle. 
Né et mort à Dole (1728-1804). Buste de jeune fille, en marbre bis. 

Signé derrière en grandes capitales : F. ATTIRET. 

23 1. Bouchardon. Réduction en marbre (3 pieds à peu près) non 
pas de l'Amour tendant son arc, mais de l'Amour taillant, avec les 
armes de Mars, un arc dans la massue d'Hercule. La grande statue, 
exécutée de 1747 à 1750, après avoir été à Versailles et dans l'Oran- 
gerie de Choisy, est maintenant au musée du Louvre. L'artiste en 
avait, comme Agréé, exposé un petit modèle en terre cuite au Salon 
de 1739 et, comme Académicien, un autre grand modèle au Salon 
de 1746 (no 57). L'exécution de cette jolie réduction est entre ces 
deux dates, puisqu'elle est signée : BOUCHARDON, 1744. 

233. Caffieri. Buste de M. Taitbout, terre cuite. Par derrière, en 
trois lignes : 

M^ Taitbout, écuyer^ chevalier de l'orde (sic) de 
S* La!(are consule de France à Naples Fait 
par Caffieri en i y 62. 
Jean-Baptiste-Julien Taitbout, né à Paris en 1690, était Greffier de 
la Ville de Paris, lorsque fut ouverte, en 1775, la rue qui continue de 
porter son nom. 

239. Falconet. L'Amour assis; sur le piédestal, à cannelures en 5, 
le joli distique de Voltaire : Qiii que tu sois, voici ton maître; — // 
l'est, le fut, ou le doit être. — Volt. 

248. Falconet. Pygmalion et Galathée. Petit groupe en marbre; le 
livret ajoute : « Signé 1761. » 

249. Houdon (Antoine). Buste de M''^ Raucourt. 

On y lit le nom : Af"" de Raucourt et la signature Houdon, 1783. 
La tête désolée est levée vers le ciel. Il est possible qu'elle soit ici 
représentée dans le rôle de Didon de la tragédie de Le Franc de 
Pompignan, qui a été le plus grand succès de M''^ Raucourt. 

250. Houdon. Buste d'homme ; en robe de chambre ; gilet ; chemise 



- 39- 

à jabot et ouverte. Le livret donne par erreur d'impression la date 1766, 
moment où Houdon était encore en Italie, d'où il ne revint qu'en 176g. 
Il est signé en trois lignes : Houdon — /. — ij86. 

25 1. Houdon. Buste de Sophie Arnould. La tête au ciel; sur son 
baudrier une alternance d'étoiles et de croissants, attributs de Diane, 
ce qui est naturel puisqu'elle est ici représentée dans le rôle de l'Iphi- 
génie en Tauride de Gluck ; Iphigénie y était prêtresse du temple de 
Diane. Signé : Houdon F. 177S. Exposé au Salon de 1775, n» 257. 

2 56. Houdon. Buste de M™" de Jaucourt, en Bacchante, avec, en 
écharpe, une guirlande de feuilles de vigne. Signé : A. HOUDON F. 
AN. 1777. — Comme ce charmant buste n'est pas sorti de la famille, 
puisqu'il est indiqué comme appartenant à M. le Marquis de Jaucourt, 
il doit pouvoir résoudre la difficulté qui se soulève forcément à son 
propos quand on se reporte, en même temps qu'aux vieux livrets du 
Salon, aux critiques du temps. 

Au Salon de 1775, avant « Le buste en marbre de M''^ Arnould, dans 
le rôle d'Iphigénie, » qui en est le n" 257, et se trouve réexposé cette 
année, comme on vient de le voir, Houdon expose : t 255. Le buste 
de M™8 la comtesse du Caila. » Il semble, puisqu'il n'y a pas de men- 
tion de matière, que ce soit le modèle de plâtre ou de terre, d'autant 
plus qu'au Salon suivant, en 1777, on trouve au livret, immédiate- 
ment à la suite de l'indication Bustes en marbre : 

« 239. Portrait de la Comtesse de Cayla. 

« 240. Portrait de M">« la Comtesse de Jaucourt, sa mère. » 

Le buste de l'exposition de la rue de Sèze, étant daté de 1777, peut 
être aussi bien le n" 240 que le n* 239. Seulement la tête est d'une 
toute jeune femme, et si jeune que puisse être encore une mère, M. de 
la Palice dirait qu'une mère est moins jeune que sa fille, surtout 
quand celle-ci est mariée, puisqu'elle a changé de nom. 

De plus, on trouve dans les Lettres sur le Salon de 177S, où il n'y 
avait que le buste de M™^ de Cayla, lettres imprimées dans la collec- 
tion du Journal de Bachaumont (XIII, 194), cette description : « On 
« voit, dans le buste de Madame la Comtesse du Cayla, la douce ivresse, 
« la gaîté vive, l'abandon folâtre d'une Bacchante, au commencement 
« d'une orgie, dans les premiers accès du plaisir, comme cela devait 
« être pour lui accorder quelque noblesse et quelque décence. » 

Le sculpteur doit en avoir fait une Bacchante, pour montrer l'ha- 
bileté de sa main à sculpter les nervures et les pointes dentelées des 
feuilles de vigne. Il en aurait tout aussi bien fait une Naïade coiffée de 
roseaux, une Néréide avec une couronne d'algues et de coraux, une 
Hamadryade avec une couronne de feuilles de chêne, comme Nattier 
avait fait de ses modèles des Dianes, des Vénus et des Minerves pou- 
drées, de sorte que la description de l'écrivain doit être plus vive que 
de raison ; mais enfin la guirlande de feuilles de vigne montre bien 



— 40 — 

que le buste, réexposé en i883, est une Bacchante. D'où le doute et 
la question : 

Les bustes de la mère et de la fille étaient-ils tous deux en Bac- 
chantes, ou le numéro 2 56 de l'exposition de la rue de Sèze ne 
serait-il pas, au lieu de celui de M°»e de Jaucourt, celui de M™^ du 
Cayla ? 

Il paraît bien s'agir — pour la première — d'Elisabeth-Sophie Gilly, 
mariée en lySa à Louis- Pierre, comte de Jaucourt, puisqu'Houdon 
l'appelle la Comtesse de Jaucourt et que leur fils a porté le titre de 
Marquis de Jaucourt; elle est morte en mai 1774; —pour la seconde, 
d'Elisabeth-Suzanne, née en 1755, mariée le 8 septembre 1772 à 
Hercule, comte de Baschi Du Cayla. (LaChesnaye des Bois, XI, 1867, 
col. 61.) En 1775 elle avait vingt ans. 

267. Houdon. Buste de la petite Lise. Signé : HOUDON F. 1775. 
Petit buste en marbre. L'artiste en avait un, probablement plus grand, 
au Salon de 1778. Bachaumont, à la date du 19 avril 1778, a raconté 
l'amusante histoire de Lison, Lorsqu'en 1774, la ville de Paris maria 
des filles en l'honneur du mariage du Comte d'Artois, Lise se présenta 
sans amoureux, croyant que la Ville fournissait de tout, et la Ville, en 
effet, lui choisit un mari. 

2 58. Houdon. Buste en marbre de petite fille en cheveux frisés. 
Signé par derrière : houdon f. ijgi. 

259. Houdon. Buste de M™« Récamicr. Sur la base antérieure du 
buste M. RECAMIE. Terre cuite où l'inscription a l'air d'être posté- 
rieure à la cuisson. Elle n'est pas signée, et sa dimension plus petite, 
surtout son exécution, d'une habileté sèche et froide, la ferait prendre 
plutôt pour l'œuvre d'un plus jeune sculpteur, de l'École de Chaudet. 

260. Lemoyne. Buste en marbre de M™» de Pompadour. Signé : 
Par J. B. Lemoyne ij56. 

261. Lemoyne. Réduction en marbre de la baigneuse debout qui va 
descendre dans l'eau. Signé : J. B. Lemoyne ijSS. 

263. Lemoyne jeune., ce qui doit se rapporter à Jean-Baptiste 
Lemoyne, fils cadet du précédent. Terre cuite sans signature. On lit, 
écrit à la main sur un carton collé sur la base du buste, ce quatrain, 
qui se trouve être en même temps une question à nos lecteurs : 

En lui formant un cœur sensible et tendre, 
Le ciel y réunit l'esprit et la beauté; 

Qui veut garder sa liberté 

Ne doit ni la voir ni l'entendre. 

par M. Sireuil. 

264. Lemoyne. Tête d'enfant. Comme il n'y a pas moins de cinq 
sculpteurs du nom de Lemoyne, ce que nous dit le livret : « Signé 
des initiales et daté » pourrait se mettre dans le tiroir du bon billet 
qu'avait La Châtre. 



_ 41 — 

268. Pajou. Deux statuettes, groupes en marbre. L'un, un père 
Faune à pieds de chèvre, assis et apprenant à son gamin à souffler 
dans une flûte de Pan, est signé : Pajou fe. ijjz. Le second, une 
Faunesse à pieds de chèvre, assise et embrassant son bébé, est signé 
de la même date : Pajou f. 1772. 

Sans numéro. Po/oM. Buste de la jeune Duchesse de Mouchy. Signé : 
Pajou f. 178g. 

276. Pigalle. Petite fillette toute nue assise par terre, tenant un 
oiseau dans sa main gauche, et dans sa main droite une pomme. 
Signé, en deux lignes : Pigalle : F. — 1784. 

Ce charmant marbre est la dernière œuvre de son auteur, mort à 
la fin de sa soixante et onzième année, le 8 janvier 1785. (Voir sa vie 
par M. Tarbé, 1859, in-8'', p. 216 et 233.) Il y en a deux exemplaires; 
l'un appartenait en iSSg à M"" veuve Devismes, sa petite nièce ; l'autre 
a figuré dans une vente de 1810. Nous ne savons lequel des deux est 
le numéro 276 de l'Exposition des arts du xvni" siècle. 

278. Roland. Buste en marbre de Pajou, en habit lâche et en che- 
mise ouverte; les cheveux sont séparés au milieu. Au bas du socle : 
PAJOU — STATUAIRE. Signé, en trois lignes : Rolant. F'— L'An 8 
de la Rqie — 1800 v. s. (c'est-à-dire : vieux style). 

280. Xavery. Amours moissonneurs. Terre cuite. Le livret dit : 
« Signé et daté 1776. » Nom bien peu connu, qui manque aussi bien 
aux livrets de l'Académie de Saint-Luc qu'à ceux de l'Académie royale. 

A. DE M. 



LE PEINTRE ANTOINE GIROUST. 

Un parent de cet artiste, oublié aujourd'hui, mais qui jadis a joui 
d'une réputation honorable, nous communique, sur certains articles 
parus dans les Nouvelles Archives de l'Art français., des observations 
dont nous allons présenter une brève analyse. Jean- Antoine-Théodore 
Giroust obtint le grand prix aux concours de l'Académie de peinture 
de 1778. Il retrouva donc à Rome Louis David couronné en 1774. 

On reconnaît difficilement le lauréat de 1778 dans le brevet d'élève 
peintre de l'Académie de Rome, délivré, le 29 août de la même année, à 
Antoine-Théodore Giroux du Paris ^ de Bussy-Saint-Georges, en Brie, 
âgé de vingt-quatre ans, élève de Lépicié (Nouvelles Archives, 1879, 
p. 367-8). M. E. Salles, notre correspondant, suppose que ce nom 
bizarre — Giroux du Paris — que l'artiste n'a jamais porté, aurait 
pu être pris par son père Antoine Giroust, à l'occasion de sa nomina- 
tion au titre de Conseiller du Roi en l'hôtel de ville de Paris, en 1773 
(voir Almanach Royal). 

C'est à Rome, semble-t-il, et sous l'œil de Vien, que Giroust aurait 



— 42 — 

fait l'esquisse de son morceau de réception : Œdipe à Colone, tableau 
gravé plus tard, comme pendant du Bélisaire de David (celui du 
musée de Lille), par Morel. 

Dansun volume déjà ancien des A^OMve//e5^rc/7/ve5 (1874-75, p. 364) 
avait paru la copie d'une note curieuse de la main du roi Louis-Phi- 
lippe sur un tableau de Giroiist où était peint le martyre de sainte 
Félicité et de sa famille; d'après cette note, la sainte était le portrait 
de M™» de Geniis; les enfants représentaient le comte de Beaujolais, 
le duc de Chartres et le duc de Montpensier. Or, ce martyre de sainte 
Félicité ne serait autre chose qu'un martyre des Machabées, dont le 
peintre se serait empressé de changer le titre après les événem.ents de 
1790. Au Salon de 1791, parut le dessin de la composition, sous la 
nouvelle désignation qui lui a été conservée dans toutes les biogra- 
phies de l'artiste et aussi dans les Annales du musée (tome V) , de 
Landon, où elle se trouve reproduite. Comme sainte Félicité et la 
mère des Machabées avaient l'une et l'autre sept enfants, la substitu- 
tion de nom ne présentait pas de difficulté sérieuse. 

D'après la note de M. Elie Petit qui nous avait communiqué jadis la 
copie de l'autographe du roi Louis-Philippe, le tableau du martyre 
de sainte Félicité ou des Machabées se serait trouvé au château 
de Randan. D'autre part, suivant une liste de tableaux distribués à 
divers établissements publics sous la Restauration [Nouvelles Archives^ 
1878, p. 387), le Martyre des Machabées, par Girou, fut attribué, le 
3i août 1820, à l'église de Blaringheim (Nord) et remis, le le^ décembre 
suivant, à l'abbé Lefebvre de Palme. 

Nagler, de son côté, place le Martyre des Machabées au musée de 
Versailles, où il resta peut-être jusqu'en 1820, bien qu'il ne figure pas 
sur le Catalogue du musée spécial de l'école française qui occupait, 
au commencement de ce siècle, le palais. Mais comment ce tableau, 
envoyé à l'église de Blaringheim, se trouve-t-il aujourd'hui au châ- 
teau de Randan ? 

C'est ainsi que l'histoire des œuvres d'art dans notre pays se heurte 
à chaque instant à de perpétuelles contradictions. UInventaire des 
Richesses d'art de la France fera disparaître bien des incertitudes, 
aplanira les obstacles que rencontre sans cesse l'étude, à la condition 
que sa publication soit poursuivie avec rapidité et sans interruption. 

J. G. 



MATHIEU GREUTER A AVIGNON. 

Dans le premier numéro de la Revue, page 8, M. Natalis Rondot 
écrit sous forme dubitative : « Mathieu Greuter aurait demeuré à 
Avignon avant d'aller à Rome. » La supposition de M. Natalis Ron- 



-43 - 

dot est exacte. Mathieu Grenier était â Avignon en i6o3, ou, du 
moins, il travaillait en i6o3, pour la confrérie du Pont-Saint-Benezet, 
à une image où on lit : Matheus Greter sculpsit 1 6o3 en toutes 
lettres. Il ne reste de cette image de Greuter que deux exemplaires : 
l'un qui était connu et qui se trouve à la Bibliothèque nationale ; 
l'autre que j'ai été assez heureux pour signaler le premier à l'attention 
des chercheurs et qui se trouve aux Archives de Vaucluse, fonds 
de l'archevêché d'Avignon. 

Duhamel, 
Archiviste du département de Vaucluse. 



UN AUTOGRAPHE DE FALCONET EN ANGLETERRE. 

Il y a des recherches à faire et des renseignements précieux à 
découvrir dans les Rapports présentés, aux deux Chambres du Parle- 
ment anglais, par la Commission royale des Manuscrits historiques 
(Reports of the Royal Commission on historical manuscrits). 

Voici un exemple de ce que l'on peut y découvrir : parmi les 
manuscrits appartenant au R. H. the Earl of Cathcart et composant 
son cabinet au château de Thornton-le-Street, comté d'York, on 
signale une lettre autographe de Falconet. Le sculpteur s'y plaint de 
certaines critiques qui lui ont été adressées au sujet du cou du cheval 
de Pierre le Grand, dans le fameux groupe de Saint-Pétersbourg 
(2« Rapport. Appendix. P. 29, 1871). 

V.-J. Vaillant. 



PARTIE MODERNE. 



REUNION 

DES 

Sociétés des beaux-arts des départements a la Sorbonne en 1884. 

Le 1 5 octobre dernier, la direction des beaux-arts faisait parvenir 
aux présidents de toutes les Sociétés des beaux-arts établies en 
France une circulaire préparatoire annonçant la session d'avril 1884. 
Ce document avait en outre pour objet de préciser le caractère des 
communications qui doivent être faites à la Sorbonne. 

« C'est à compléter l'histoire de notre art national, écrivait le direc- 
teur des beaux -arts, que les Sociétés des départements doivent être 
fières de concourir par la mise au jour des pièces d'archives, comptes, 
marchés, autographes, etc., que les érudits de nos provinces peuvent 



— 44 — 
découvrir dans leurs patientes recherches. Mes prédécesseurs, en insti- 
tuant le Comité des Sociétés de beaux-arts et en lui donnant mission 
d'examiner les manuscrits, ont voulu provoquer un mouvement d'étude 
parallèle à celui qui est né de l'Inventaire des richesses d'art de la 
France. Les collaborateurs de l'Inventaire recherchent et décrivent 
l'œuvre d'art, les correspondants du Comité s'occupent de l'artiste ou 
des institutions qui ont influé sur le progrès de l'art dans telles régions 
de la France. » 

Par arrêté en -date du lo janvier 1884, M. Fallières, ministre de 
l'instruction publique et des beaux-arts, a fixé l'époque de la prochaine 
session qui aura lieu, dans le grand amphithéâtre Gerson, du mer- 
credi 16 au samedi ig avril. 

En conséquence, toutes les Sociétés ont été invitées, par une circu- 
laire datée du 18 janvier, à faire parvenir avant le j8 février les 
mémoires qu'elles destinent à être lus en séances publiques et à faire 
connaître le nom de leurs délégués. 

Au moment où paraît ce numéro, le Comité des Sociétés des beaux- 
arts procède à l'examen de nombreux travaux envoyés par ses 
correspondants accoutumés. La plupart se sont occupés de questions 
intéressant l'art français, plusieurs traitent d'artistes étrangers. Notre 
cadre nous oblige â passer sous silence les travaux de cet ordre. Voici 
quelques-uns des sujets sur lesquels les délégués des Sociétés des Beaux- 
Arts se proposent défaire des lectures à la Sorbonne le mois prochain : 

Les Peintures du chœur de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, et 
un tableau d'autel de Charles Errard. 1618-1622, par M. Marionneau. 

Documents inédits sur les sculpteurs Mimerel et Chabry, par 
M. Advielle. 

Note sur V orfèvre Gervais Tressard, par M. T. Abraham. 

La famille des Dannole, artistes cambrésiens, par M. Durieux. 

Les arts décoratifs à bord des vaisseaux dans le port de Toulon, par 
M. Ginoux. 

Le portrait de Robert Soyer, par le peintre Perronneau, par M. Eu- 
doxe Marcille. 

L'École académique de Tours à la fin du XVIIP siècle, par 
M. Félix Laurent. 

Documents sur l'Académie de peinture et de sculpture de Marseille, 
par M. Parrocel. 

L'ancien château royal de Montceau en Brie, par M. Th. Lhuillier. 

Influence de l'art italien dans les Alpes françaises, par M. J. Roman. 

Un carrelage en faïence de Rouen du temps de Henri II dans la 
cathédrale de Langres, par M. G. Le Breton. 

Origine du Saint Ildefonse de Rubens, par M. A. Castan. 

Etude sur deux bas-reliefs provenant du tombeau des Guise, par 
M. Letellier. 



-45 - 

Ces titres suffisent pour donner une idée de l'intérêt que présentera 
la huitième session des Sociétés des Beaux-Arts. On sait, au surplus, 
que le Comité propose annuellement au ministre l'impression des 
meilleurs mémoires lus en séance publique. Sept volumes ont ainsi 
paru depuis 1877 et leur ensemble est un frappant témoignage de 
l'activité des amis de l'art français dans nos départements. 

Henry Jouin. 



MUSEES. 

Musée Révolutionnaire. — Le Musée Révolutionnaire, réuni dans les 
salles de l'hôtel Carnavalet et dont la riche collection généreusement donnée 
à la ville de Paris par M. de Liesville a formé le noyau, vient de s'enrichir 
d'une vingtaine de portraits de Mirabeau, Danton, Robespierre, Marat, 
G. Desmoulins, Voltaire. Ces portraits, conservés dans la collection bien 
connue de M. Philippe de Saint-Albin, ont été cédés par M"« Achille Jubinal 
à la ville de Paris, avec une très curieuse figure en cire représentant Voltaire 
presque réduit à l'état de squelette, assis devant son bureau et écrivant. Ces 
peintures et cire, sans grande valeur au point de vue de l'art, présentent un 
haut intérêt historique. 

Musée des Arts décoratifs. — Le Musée, installé provisoirement à l'angle 
sud-est du palais des Champs-Elysées, a rouvert ses portes le i" mars. Peu 
de changements dans sa composition. Le principal attrait consiste dans l'ex- 
position des dessins et esquisses récemment acquis de M. Galland; ils 
occupent toute une salle. Trop de japonisme; depuis quelques années, le 
public en est saturé. On voit et on revoit toujours avec grand plaisir la belle 
suite de bronzes antiques de M. Julien Gréau. On se demande de quelle uti- 
lité vont être pour nos ouvriers les grossières poteries rapportées d'une 
expédition caucasienne. Il faut enfin sortir de cette période de préparation 
et d'incertitude, ou c'en est fait du Musée des Arts décoratifs. Quant à l'ins- 
taller sur l'emplacement de l'ancien Conseil d'État, c'est le vouer à une mort 
certaine. 11 faut que le centre principal soit fixé aux environs de la place 
des Vosges, et non ailleurs. — J. G. 



EXPOSITIONS. 



Amiens. — Une exposition d'œuvres d'art modernes, organisée par 
la Société des Amis des Arts du département de la Somme, s'ouvrira 
le i«' juin à Amiens, pour durer jusqu'au 20 juillet. Les exposants 
peuvent envoyer directement leurs œuvres au Musée de Picardie, à 
Amiens, avant le i5 mai, ou les déposer à Paris, du 20 avril au 
10 mai, 1 1, rue Lepic, place Blanche, chez M™e veuve Guinchard et 
Fourniret. La Société se charge des frais de transport des œuvres 
des artistes invités par elle. 

Besançon. — Du 26 juillet au 18 août aura lieu à Besançon, dans 



-46 - 

le palais Granvelle, une exposition de Beaux-Arts, d'horlogerie et des 
arts qui s'y rattachent. 

Londres.— Le 23 avril s'ouvre à Londres, au palais de Cristal, une 
exposition internationale et universelle. Le jury français sera com- 
posé de MM. de Neuville, Détaille, de Vuillefroy, G. Dubufe, Ger- 
vex, Lansyer, Alf. Stevens. Jusqu'ici M. Stevens, dans toutes les 
expositions internationales, était réputé pour Belge. 



VENTES. 



Vente Sellier. — Voici les principaux prix obtenus par les œuvres 
de l'artiste lorrain qui avaient été exposées à l'École des beaux-arts 
au mois de décembre (voir notre numéro de janvier) : Une forge aux 
Andelys (n" 2 du cat.), 7,200 fr. ; Les pensionnaires de la villa Médi- 
cis, goofr. ; Intérieur d'alchimiste^ 4^000 ït.\ Vénus écoutant l'Amour, 
i,65o fr. ; Une cigale^ i ,020 fr. ; Dernières années de Tibère à Caprée, 
i,i5o fr. ; Boucherie près du Tibre^ Ij45o fr. ; Léda.^ i,65o fr. L'en- 
semble des peintures a produit 33,53o francs. 



NECROLOGIE. 



Bonheur (François- Auguste) est décédé subitement le 20 février, 
en chemin de fer, à Bellevue. Frère cadet de M""» Rosa Bonheur, 
il était né à Bordeaux, le 3 novembre 1824. Il avait obtenu des 
médailles et divers rappels aux salons de i852, iSSy, 1859, 1861 et 
i863; il était décoré depuis 1867. On voit de lui, au musée d'Amiens : 
Les bords du Rhin. 

Ulmann (Benjamin) est mort le 2 5 février. Elève de Drolling et 
de Picot, Ulmann était né le 24 mai 1829, à Blotzheim (Alsace). Il 
s'occupa d'abord de travaux d'art industriel, puis se livra à la 
grande peinture et obtint, en i858, le second grand prix de Rome, 
avec Adam et Eve trouvant le corps d'Abel, et le premier grand prix 
en 1859, avec Coriolan che^ Tullus., roi des Volsques. Il avait 
obtenu des médailles aux salons de i85g, 1866, 1872 et la croix de 
la Légion d'honneur cette même année. 

JÉHOTTE (Louis), sculpteur, né à Liège, en i8o5, est mort le mois dernier 
après avoir été professeur pendant près de trente ans à l'Académie des 
Beaux- Arts de Bruxelles. Son père, Léonard Jéhotte, avait été graveur des 
monnaies du prince-évêque. Louis Jéhotte reçut à Rome les leçons de Thor- 
waldsen. Il est l'auteur de la statue du prince Charles de Lorraine, érigée à 
Bruxelles en 1848; son œuvre la plus connue est le Monument des Cario- 
vingiens à Liège. C'est en i855 que l'artiste se mit en devoir d'ériger ce 



— 47 — 
monument dont la pensée l'occupait depuis i823. L'exécution de cette oeuvre 
n'a pas exigé moins de douze années. On doit en outre à Jéhotte le monu- 
ment du prince de Méan; les bustes du roi Léopold, de l'archevêque Charles 
d'Argenteau, du baron de Stassart, du général Despre^; et une Baigneuse 
qui fait partie du Musée particulier du duc d'Arenberg. Une statue en bronze 
de Caïn, par Jéhotte, a figuré à l'Exposition Universelle de i855 à Paris. 
L'artiste avait obtenu une médaille de 3° classe au Salon de 1844. 

H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Inventaire général des richesses d'art de la France. Province : Monuments 
religieux, tome I". — Paris, Pion, 1884, in-8° à deux colonnes, i" fasci- 
cule. — Cette livraison de dix feuilles comprend l'inventaire et la descrip- 
tion des objets d'art qui se trouvent dans les édifices suivants : l'église de 
Notre-Dame de Granvilie (Manche), par M. Jules Guiffrey; les Archives de 
l'Hérault, par M. de la Cour de la Pijardière, archiviste du département; 
l'église Saint-Marcel (Saône-et-Loire), par M. Lucien Pâté; l'église de Notre- 
Dame d'Embrun, et toutes les églises du département des Hautes-Alpes, ainsi 
que l'hôtel de la Préfecture de Gap, par M. Jules Roman, correspondant du 
ministère pour les travaux historiques ; l'église de Saint-Samson, à Cler- 
mont (Oise), par M. Boufflet, curé archiprêtre de Clermont; l'église de Saint- 
Louis (cathédrale) à Versailles, par M. Clément de Ris, et le commencement 
de l'église de Notre-Dame, de la même ville, également par M. Clément 
de Ris. 

Une modification dans le plan de la publication sépare dorénavant les 
monuments civils et les monuments religieux. 

Guiffrey (Jules). Fragment du monument de Gilles Malet, conservé à 
Soisy-sous-Etiolles . Paris, 1884, in-8" de 8 p. avec pi. (Extrait du Bulletin 
du Comité d'archéologie). — Notice sur une pierre décorée d'intailles repré- 
sentant deux personnages agenouillés, au-dessous desquels des inscriptions 
permettent de ressaisir la trace de divers membres de la famille de Gilles 
Malet, garde des livres du roi Charles V. — H. J, 

Marionneau (Charles), correspondant de l'Institut. Les Salons bordelais 
ou Expositions des Beaux- Arts à Bordeaux au XVIII' siècle (1771-1787), 
avec des notes biographiques sur les artistes qui figurèrent à ces expositions. 
Bordeaux, Y" Moquet, libraire, 1884, in-8°. — Extrait du 111° volume des 
Mélanges de la Société des Bibliophiles de Guyenne. 

Stein (Henri). Inventaire du mobilier de M" Guillaume As Feives, bour- 
geois de Paris, i3o2, publié et annoté par M. Henri Stein. Paris, 1884, in-8" 
de 10 p. — Extrait du Bulletin de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 
novembre-décembre i883. 



NOUVELLES ARCHÉOLOGIQUES. 

Les tapisseries de Pontoise. — Dans son numéro du 3 janvier, le Courrier 
de l'Art annonce, sous la signature de M. Henri Stein, qu'une tapisserie 



-48 - 

appartenant à la ville de Pontoise et représentant l'entrée d'Alexandre à 
Babylone a disparu récemment. Elle était encore à l'hôtel de ville de Pon- 
toise il y a six ans. Qu'est-elle devenue? 

Quand donc terminera-t-on l'élaboration de la loi annoncée depuis si long- 
temps pour empêcher les communes de détruire ou d'aliéner leur patrimoine 
artistique? — J. G. 

Les tapisseries de Saint-Mammès à Langres. — Une note de M. Henri 
Beaurepaire, parue dans le même journal l'an dernier (6 septembre, p. 434), 
constatait la disparition de six pièces faisant partie d'une suite de huit tapis- 
series représentant des scènes de la légende de Saint-Mammès. La cathédrale 
n'a conservé que deux panneaux, encore sont-ils dans le plus lamentable 
état. Comment un troisième sujet se trouve-t-il chez M. Lereuil, président du 
tribunal de Chaumont ? Enfin que sont devenues les cinq autres pièces? 

Le tissu de laine et de soie est rehaussé d'or. — J. G. 



NOUVELLES DIVERSES. 

Election a l'Académie des Beaux-Arts. — Une élection à l'Académie des 
Beaux- Arts (section d'architecture) a eu lieu le samedi i^'mars. Les candi- 
dats avaient été classés dans l'ordre suivant : MM. Diet, Daumet, André, 
Normand ; ont été ajoutés par l'Académie sur la liste de présentation les 
noms de MM. Magne et Hénard. A été élu, au troisième tour, M. André, 
par 17 voix contre i3 données à M. Daumet et 2 à M. Diet. 

Comité des travaux d'art. — Ce comité, ayant voix consultative au sujet 
des commandes et acquisitions faites par le ministère de l'Instruction publique 
et des beaux-arts, vient d'être institué près la Direction des beaux-arts. 

Il est ainsi composé : Présidant : M. le ministre de l'instruction publique 
et des beaux-arts. — Vice-président : M. A. Kaempfen, directeur des beaux- 
arts. — Membres : MM. Ballue, Ph. Burty, G. Lafenestre, Ch. Yriarte, ins- 
pecteurs des beaux-arts, et M. A. Dayot, inspecteur adjoint; M. P. Mantz, 
ancien directeur; A. de Ronchaud, directeur des musées nationaux; Poulain, 
directeur des bâtiments civils ; Etienne Arago, conservateur des musées du 
Luxembourg. — Secrétaires : M. Baumgart, chef du bureau des travaux 
d'art, et M. Bigard-Fabre, sous-chef. — Pour les achats au Salon, M. G. 
Ollendorf, chef du bureau des musées et expositions, sera adjoint au Comité 
en qualité de deuxième secrétaire. 

Statue de Delacroix. — A la suite d'un article intitulé « La vérité sur 
l'affaire Meissonnier, » un rédacteur du Courrier de l'Art émet une proposi- 
tion à laquelle nous nous associons pleinement, sans partager d'ailleurs 
toutes les opinions de l'auteur sur l'affaire Mackay-Meissonnier. M. G. Dar- 
genty demande qu'on élève une statue à Eugène Delacroix. C'est de toute 
justice. Gageons que M. Meissonnier tiendra à honneur de figurer sur la 
première liste de souscription. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



Avril 1884. 



AVIS. 

Les quatre premiers numéros de la Revue de l'Art français 
ont été distribués à titre de spécimen à un grand nombre de per- 
sonnes. Le numéro de mai et ceux qui suivront ne seront adressés 
qu'à nos Abonnés, et aux membres de la Société de l'Histoire de 
VArt. On est donc prié de se faire inscrire chez M. Charavay, 
4, rue de Furstenberg, si Ton désire recevoir les prochaines 
livraisons. 

On est prié d'adresser les documents de toute nature à M, Henry 
Jouin, 6, rue Garancière. 

La Rédaction. 



PARTIE ANCIENNE.. 



ORFEVRES PARISIENS ET BLESOIS 

DU XVre SIÈCLE. 

En cherchant, dans les deux volumes du recueil de Clairam- 
bault consacrés aux chevaliers de Saint-Michel, le nom d'un 
membre de TOrdre dont les armes sont tissées dans une tapisserie, 
naturellement je n'ai point trouvé ce que j'espérais y trouver, 
mais j'ai rencontré les pièces suivantes que j'ai copiées à tout 
hasard afin, en bon Normand, de ne point rentrer au logis les 
mains nettes. Il est possible qu'il y en ait d'autres. Je crois 
qu'elles peuvent convenir à la Revue de VArt français, puis- 
qu'on y trouve les noms d'orfèvres de Paris et de Blois au 
XVI* siècle. 

REV. ART FR. 4 



— 5o — 

Ces pièces s'expliquent d'elles-mêmes et peuvent se passer de 
tout commentaire. On y voit de quelles précautions s'entourait la 
comptabilité dès ce temps-là pour payer à leur juste valeur les 
colliers que le roi donnait, en usufruit, aux chevaliers de son 
ordre, et pour s'assurer que lesdits colliers étaient parvenus à des- 
tination. 

Ceci est peut-être un peu étranger à la question d'art et de 
fabrication, mais le tout se lie si intimement que j'ai cru ne point 
devoir le diviser. 

La pièce n" III, qui est la quittance de l'orfèvre Gilles de Sura- 
rhond, et celle n° V, qui est une ordonnance de Charles IX pour 
la mise en état d'un ancien collier à un nouveau chevalier, con- 
tenant les répétitions de la description du collier et de l'étui don- 
nées dans les pièces n°* I et II, j'ai supprimé ces passages. 

Alfred Darcel. 

le. — Certiffication de deux M«s orfèvres de Paris, des poids, prix, et 
valleur d'un grand collier neuf de l'Ordre. 

Nous, Pierre Marcel et Jean de Septen^ M^^ orfeures demeurans 
en cette ville de Paris, certiffions à tous qu'il appartiendra qu'à la 
requeste de M. Nicolas le Gendre chevalier, s. de Villeroy, conseiller 
du Roy, secrétaire de ses finances et trésorier de son Ordre, auons 
veu, visité, touché et pesé un grand collier neuf de l'ordre dud. sei- 
gneur, contenant 24 neuds et autant de doubles coquilles, avec un 
saint Michel garny de son rocher pendant à jceluy à deux petites che- 
nettes, lequel auons trouvé peser le tout ensemble 3 marcs, 6 onces, 
2 gros d'or d'escu qui valent à raison de 184 liv. le marc, la somme 
de 662 liv. i5 s. tz., la façon duquel collier et pièces susd. nous auons 
en nos jugements et conscience privée et estimée ayant égard ausd. 
24 neuds, et autant de doubles coquilles émaillées de blanc et rouge, 
et compris le saint Michel garny de son rocher et chenettes, à 
100 1. tz. En témoin de quoy et aprobation de vérité auons signé la 
pnte certiffication de nos seings manuels le 9« jour de novembre l'an 
i562. 

(Clairambault, n« 1243.) (Page 21 15.) 

Ile. — Ordonnance pour la délivrance dud. Colher et payement 

d'jceluy. 

M. de Villeroy, M« Nicolas le Gendre, trésorier de l'Ordre, baillez 
et délivrez au s. de la Mothe-Gondrain, que le Roy de naguieres a 
fait et créé chevalier de son ordre, un grand collier neuf dud, ordre, 
contenant 24 neuds et autant de doubles coquilles auec une jmage 



— 5'i — 

de saint Michel pendante à jceluy à deux petites chesnettes, poids de 
3 marcs, 6 onces, 2 gros d'or d'escu, duquel led. seigneur luy a fait 
don et présent en le faisant et créant chevalier de son ordre, et outre 
vous mandons paier, bailler et deslivrer comptant des deniers qu'avez 
cy-devant receus à l'Espargne à Gilles de Suramond^ orfeuvre d'iceluy 
seigneur, la somme de 781 liv. tz. pour son payement di l'or et façon 
dud. grand collier et d'un étuy fait en façon doûalle, doublé par 
dedans de velours noir, et couvert par dehors de cuir de Turquie, 
enrichy de compartiments et moresques dorées, fermant à 6 crochets 
et 6 annelets d'argent, avec un bourlet de taffetas vert plein de cot- 
ton, et en raportant la pnte (patente) que nous auons pour ce signée 
de notre main avec quittance dud. de Suramond de la somme sur ce 
suffisante seulement, et reconnoissance dud, s. de Gondrain, de la 
réception d'jceluy collier, jcelle somme de 781 liv. i5 s. tz. vous sera 
passée et allouée en vos États, et rabattue de votre recette partout ou 
jl appartiendra sans difficulté. Fait le 6^ jour de décembre i56i. 

(Page 21 17.) 

III«. — Quittance de la somme à quoy monte l'or, façon et étuy dud. 

collier. 

En la présence de moy,... notaire et secrétaire du Roy, Gilles de 
Suramond, M" orfeure dud. s., a confessé auoir eu et receu comptant 
de M^ Nicolas le Gendre, s. de Villeroy... la somme de 781 liv. i5s. tz., 
à sçavoir 166 liv. i5 s. tz. pour l'or d'un grand collier de l'Ordre... et 
20 liv. pour l'estuy..., le 7 décembre i562. 

(Page 2119.) 

IV*. — Quittance de la réception d'jceluy collier. 

Nous, Biaise de Pardaillan, s. de la Mothe-Gondrin, chevalier de 
l'ordre du Roy, et capitaine de 5o hommes d'armes des ordonnances 
dud. seigneur, et l'ieutenant-général pour S. M. au pays de Daufiné 
en l'apsence de Monseigneur le duc de Guise, confessons avoir eu et 
receu de M. Nicolas le Gendre, chevalier, s. de Villeroy, conseiller 
d'jceluy, sous-secrétaire de ses finances, et trésorier de son ordre, un 
grand collier dudit ordre, contenant 24 neuds, et autant de doubles 
coquilles avec une jmage saint Michel pendant à jceluy à deux petites 
chenettes, du poids de 3 marcs, 6 onces, 2 gros d'or d'escu, du grand 
collier, led. s. nous auroit fait don et présent en nous faisant et créant 
chevalier de son ordre, et dont nous nous tenons pour content et en 
avons quitté et quittons led. le Gendre, trésorier susd. et tous autres, 
par la pnte que nous avons pour ce signée de notre main, et jcell fait 
sceller du scel de nos armes, à... le... jour de. 

(Page 2 121.) 

V«. — Charles, par la grâce de Dieu Roy de France, mande â Vil- 



— 52 — 

leroy de bailler au s. de Kernevenoy, chevalier de l'Ordre et gouver- 
neur de son frère le duc d'Orléans, un grand collier de son Ordre 
(même désignation que dessus) rapporté par les héritiers du feu 
vicomte de Gourdon, et de délivrer comptant à/e^îM Rolant, M^Orfeure 
demeurant à Paris, la somme de 29 liv. tz. que nous lui auons ordon- 
née et ordonnons par ces pentes, à sçavoir 20 liv. pour son payement 
d'un grand estuy (comme le précédent) et 9 liv. pour auoir esmaillé, 
soudé, dressé et mis en couleur les neuds et doubles coquilles dud. 
collier, avec led. saint Michel qui estoient rompus et brisez. Donné 
à Chartres, le ii« jour de janvier, l'an de grâce i562, et de notre 
règne le 2«. 

(Page 2124.) 

Vie. — £)u compte de l'Épargne, i526. 
A Pierre Mangot, orfeure à Blois, 602 liv. 3.-3 par lettres à Saint- 
Germain-en-Laye, le 8 décembre i526, pour un collier de l'Ordre, 
pesant 3 marcs, 4 onces, i gros, 8 grains d'or d'escu et l'estuy lequel 
le Roy a led. jour donné à son cher et amé cousin Jean Stuart, duc 
d'Albanie, chevalier de l'ordre au lieu de celuy qui lui fut baillé, 
lequel il a esté contraint de vendre avec autres meubles au voyage 
naguières par luy fait coè (comme) lieutenant-général au pays de la 
Romagne, à la conqueste du royaume de Naples, pour subvenir à la 
nécessité de luy et des gens de guerre du Roy estans sous sa charge 
après la route devant Pavie. 

(Clairambault, n" 1246, p. 47S1. Fabrication et restauration de colliers 
de l'ordre de Saint-Michel au XVI' siècle.) 



QUITTANCES D'ARTISTES 

TIRÉES DE DIVERSES COLLECTIONS. 

[Suite.) 

XVI. — Quittance donnée par Françoise Renault, femme de Phi- 
lippes Caffiery^ sculpteur ordinaire des Bastimens du Roy, demeurant 
à Paris, rue Saint- Victor, paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet, de 
91 liv. pour six mois d'arrérages sur 182 liv. de rente viagère sur 
les Aides et Gabelles, par contrat du i6 mars 1696. — i^"" juillet 1704. 
— Signé : P. Caffiéri. — Françoise Renault <. 

(Collection particulière.) 



I. Voy. dans les Nouvelles Archives, 1876, p. 5i, 55, 56, 57, 69, un cer- 
tain nombre de quittances de Philippe Caffieri pour les travaux de Versailles 
et de Trianon. 



— 53 — 

XVII. — Quittance donnée par Jean Perrault, architecte, bourgeois 
de Paris, demeurant rue du Mail, paroisse Sainte-Eustache, de 
635 liv. pour les six premiers mois de 1697 d'une rente viagère de 
1,270 liv. constituée à son profit par les prévost des marchands et 
échevins de Paris sur les Aides et Gabelles, par contrat du 2 sep- 
tembre 1695. — 10 octobre 1697. — Signé : Perrault. 

XVIII. — « J'ai reçeu de Mons"" Nouasse, directeur de La Cadémic 
de Rome, la some de 1 20 liv. tournois pour la gratification que le 
Roy m'a accordé pour mon retour en France, plus la somé de 8 liv. 
10 s. 3 d. pour 21 jour de ma pension. 

Fait à Rome, ce 22 juilliet 1699. — Signé : Fremin. » 
(Quittance autographe. — Collection du comte Borromée de Milan.) 

XIX. — Quittance donnée par Claude Audran, peintre du Roi, de 
la somme de 5oo livres à compte sur ses ouvrages de peinture dans 
les appartements de la Ménagerie à Versailles. — 9 avril 1700. 

(Collection Dubrunfaut, n" 5.) 

XX. — Quittance donnée par André Le Goupil, sculpteur des 
Bâtimens du Roy, de 100 liv. pour les six premiers mois de l'année 
1703, de 200 liv. de rente constituée sur les Aydes et Gabelles le 
18 mai 1700. — 4 janvier 1703. — Signé : André Le Goupil. 

XXI. — Quittance donnée par maître Pierre Nicolas de l'Espine, 
architecte des Bastimens du Roi, de i25 liv. pour les six derniers mois 
de 25o liv. de rente constituées sur les Aides et Gabelles, le 6 août 
1689. — 27 juillet 1703. — Signé : P. de Lespine. 

XXII. — Quittance donnée par Pierre Montallier, peintre ordinaire 
du Roy, comme procureur d'un gendarme de la garde du Roy, de 
1 14 liv. 10 s. pour les six premiers mois de 1697. — 27 mars 1704. 
— Signé : Montallié. 

XXIII. — « Je soussigné, maître sculpteur des galères, confesse avoir 
reçu comptant de maître Jean- Baptiste Henry, conseiller du Roy, 
trésorier général desdites galères, par les mains dp son commis en ce 
port, la somme de cinq cens livres pour mes appointemens en ladite 
qualité d'avril et may et juin de la présente année, à raison de 
CLxvi liv. xm s. nn d. par mois, de laquelle somme de v« liv. content 
et payé je quitte ledit sieur trésorier général, sondit commis et tous 
autres. Fait à Marseille, le dernier juin 1705. — Signé : J. Mathias^. » 

XXIV. — Quittance donnée par d"e Marie Le Paultre, femme du 
s. Pierre Le Gros, sculteur ordinaire du Roy, autorisée à cet effet, 
demeurant rue Sainte-Marie, paroisse Saint-Eustache, de 167 liv. 

I. Voy. une quittance du même J. Mathias pour le même objet, en date 
du 3i mars 1704, publiée dans les Nouvelles Archives, 1882, p. 24, n° XXII. 



- 54 — 

10 s. pour les six premiers mois de 1706, de 335 liv. de rente viagère, 
constituée à son profit sur les Aides et Gabelles de France au denier 
dix le 22 novembre 1694. — 2 juillet 1705. — Signé : Le Gros. — 
Marie Le Paultre. 

XXV. — Quittance de 70 livres pour les six derniers mois de l'an- 
née 1705, de 140 livres de rente sur les Aydes et Gabelles, par 
« Jacques Grignon, cy-devant graveur en taille douce, » qui signe : 
J. Grignon avec paraphe. — 21 août 1705. 

(Collection Dubrunfaut, 336.) 

(A suivre.) 



BUSTE DE M'-e RÉCAMIER, PAR CHINARD. 

Dans le dernier numéro de la Revue (page 40), M. de Montaiglon 
contestait l'attribution au sculpteur Houdon d'un buste de M™« Réca- 
mier qu'on voyait récemment à l'exposition de l'art du xviri* siècle à 
la salle Petit. Un correspondant de V Intermédiaire^ de cet excellent 
organe des chercheurs et des curieux qui vient de renaître de ses 
cendres grâce à M. Lucien Faucou, tranche la question dans un des 
derniers numéros de ce journal (25 mars, col. i65). « Ce buste n'est 
pas de Houdon, mais de Chinard, » dit M. G. B., le correspondant en 
question. Ceci s'accorde parfaitement avec les conclusions de M. de 
Montaiglon, qui terminait ainsi : « L'exécution de cette terre cuite, 
d'une habileté sèche et froide, la ferait prendre plutôt pour l'œuvre 
d'un plus jeune sculpteur de l'école de Chaudet. » C'était, on le voit, 
se rapprocher beaucoup de la vérité. Mais comment M. G. B., le 
chercheur de V Intermédiaire , sait-il d'une manière si certaine que 
l'œuvre est de Chinard, surtout quand il ne connaît pas l'original, 
puisqu'il pose aux lecteurs du journal cette question énigmatique : 
« L'original a été légué par Chinard dans son testament à un de ses 
parents dont le fils habite aux environs de la Madeleine, à Paris; ce 
serait actuellement l'heureux propriétaire du portrait de M"e Réca- 
mier, par Chinard; sait-on le nom de cet amateur et son adresse? » 
Et le questionneur termine par cette phrase inquiétante : « Il existe 
un grand nombre de contrefaçons de ce buste. » — J. G. 

Je reçois, au sujet du même ouvrage, de M. Eudoxe Marcille, la 
lettre suivante : « Vous avez raison de concevoir des doutes à propos 
du buste de M"'^ Récamier par Houdon. Le buste a été modelé par 
Chinard, de Lyon. M™« Aubry-Vitet, sœur de M. Vitet, m'a commu- 
niqué ce renseignement qui vous offrira de l'intérêt. M'"^ Aubry 
possède de ce buste un moulage, et le marbre, sur lequel on ne voit 
pas le sein, appartient à M"»" Lenormant, femme et mère des anciens 
membres de l'Institut. » — A. de M. 



— 55 — 

ACTES D'ÉTAT CIVIL D'ARTISTES FRANÇAIS. 

Acte de baptême de Claude Vignon^ peintre. 

Claude Vignon, peintre du roi et membre de PAcadémie de 
peinture et de sculpture, a eu, au xwf siècle, une assez grande 
célébrité ; on vantait surtout sa prodigieuse fécondité, ce dont on 
ne se douterait guère aujourd'hui, car ses tableaux sont devenus 
fort rares. Tous les biographes le font bien naître à Tours, mais 
ils ne sont pas d'accord sur la date de sa naissance. Chalmel, dans 
le quatrième volume de son Histoire de Touraine, le dit né à 
Tours, sur la paroisse de Saint-Saturnin, le 24 juin iSyB, et lui 
donne quatre-vingt-dix-sept ans à l'époque de son décès, en 1670. 

Ces dates ont été adoptées par la plupart des écrivains venus 
après Chalmel et je les ai moi-même reproduites en tête de l'ar- 
ticle sur Claude Vignon dans mes Documents inédits pour servir 
à Vhistoire des arts en Touraine. Guillet de Saint-Georges avait 
bien donné pour la naissance la date de 1594, qui était plus en 
rapport avec la durée habituelle de la vie humaine, mais cette 
date passa comme inaperçue et, jusqu'à ces derniers temps, on 
s'en est tenu généralement à celle avancée par Chalmel. Cepen- 
dant, Guillet de Saint-Georges, sans être tout à fait dans le vrai, 
en approchait beaucoup, comme on va le voir. 

En parcourant l'intéressante publication de M. Octave Fidière 
sur l'état civil des peintres et sculpteurs, je fus frappé de voir que 
le billet d'enterrement de Claude Vignon, mort en 1670, ne lui 
donnait que soixante-dix-sept ans, ce qui était loin de la lon- 
gévité attribuée à cet artiste par Chalmel, et qui m'avait toujours 
semblé un peu extraordinaire. 

Voulant en avoir le cœur net, je finis par où j'aurais dû com- 
mencer, et je feuilletai aux archives de la ville de Tours les regis- 
tres de la paroisse de Saint-Saturnin. Au 24 juin 1572, point de 
Claude Vignon, et je commençais à craindre que Chalmel ne se 
fût trompé de paroisse. Cependant, guidé par l'indication fournie 
par le billet d'enterrement, je poussai mes recherches jusqu'à 
l'année iSpS, et là je trouvai l'acte que je cherchais et qui prouve 
que Guillet de Saint-Georges ne s'était pas trop éloigné de la 
vérité. Voici cet acte que Jal, dans son dictionnaire, regrette de 
n'avoir pu se procurer à Tours. Il est, non du 24 juin 1573, 
comme le disait Chalmel avec un luxe de précision bien capable 
de faire illusion, mais du 19 mai i5g3. 



- 56 — 

Claude Vignon, fils de Monsieur Vignon, fournissant l'argenterie 
du roy, et de dame Elisabeth Papillon, sa femme, a esté baptisé le 
dix neufiesme jour de may mil V^ IIIIxx XIII ; le parrain, monsieur 
Claude Nau, conseiller du roy et controlleur général des vivres de 
munition des camps et armées de France; et la marraine, damoiselle 
Jacqueline Forget, vefve de defFunct noble M* André Legrand, con- 
seiller-notaire et secrétaire du roy et de ses finances. 

L'acte est signé Nau, Forget, Vignon et de deux témoins, Leblanc, 
et Baugeard ou Rangeard. 

On voit que la famille de Claude Vignon appartenait à la 
bonne bourgeoisie de la ville de Tours. 

Ch. DE Grandmatson, 
Archiviste d'Indre-et-Loire. 

Acte de naissance de Jean-Joseph Taillasson, peintre. 

L'origine' de Jean-Joseph Taillasson a été l'objet de différentes 
versions; les uns l'ont fait naître à Blaye (Gironde) et les autres 
à Bordeaux; parmi les premiers se trouve M. Frédéric Villot, 
l'auteur des Notices des tableaux exposés dans les galeries du 
Musée du Louvre, et MM. Lacour fils et Jules Delpit, à qui l'on 
doit le Catalogue des tableaux^ statues^ etc., du Musée de Bor- 
deaux ., édition de i855; parmi les seconds, MM. Laboubée 
(Notices manuscrites, t. XII, p. 6) ; Ponce [Mélanges sur les 
Beaux-Arts^ 1825) et Bernardau [Histoire de Bordeaux^ iSSq^ 
p. 38g). Suivant ces divers annalistes, Taillasson serait né en 1746 
ou en 1748. — Laboubée dit, bien à tort, qu' « il était fils d'un 
nommé Le Blond, peintre bordelais, assez distingué de son 
temps ^ » — L'acte de naissance ci-après fera cesser toutes les 
incertitudes et toutes les erreurs reproduites, d'après les ouvrages 
cités, dans tous les dictionnaires biographiques : 

Dudit jour (9 juillet 1745), a été baptisé Jean-Joseph, fils légitime 
de Jean-Joseph Taillasson, négociant, et de Jeanne Sermansan, pa- 
roisse Saint-Syméon ; parrain, sieur Jean-Joseph Taillasson, grand- 
père ; marraine, demoiselle Charlotte Renard, veuve Le Blond ; naquif 
le 6 du courant, à 8 heures du soir. (Archives municipales de Bor- 
deaux. Registre de Saint-André, n» 87, acte n° 322.) 

(Communiqué par M. Charles Marionneau.) 

I. Deux anciens peintres de l'Hôtel de ville de Bordeaux ont porté ce 
nom : Antoine Le Blond de Latour et son fils, Marc Le Blond de Latour, 
qui eut pour successeur, en 1742, François-Nicolas de Bazemont. 



- 57- 

JEAN COUSIN. 

Signalons à nos lecteurs un très curieux article de M. Henri Mon- 
ceaux, publié dans les plus récents numéros du journal l'Art (i5 mars 
et i^"" avril). L'auteur tient pour l'attribution du tombeau de l'amiral 
Chabot au célèbre peintre verrier sénonais. Nous n'aborderons pas 
ici cette question brûlante ; la discussion des preuves invoquées par 
M. Monceaux exigerait beaucoup de place et de temps. Ce problème 
historique a, selon nous, été mal posé jusqu'ici et incomplètement 
étudié. Nous comptons bien le traiter à fond quelque jour, si un de 
nos amis, à qui le sujet est familier depuis longtemps, ne prend les 
devants. M. Monceaux nous fait connaître l'existence de plusieurs 
habitants de Sens, contemporains du peintre verrier, et portant les 
mêmes nom et prénom que l'artiste. Le premier est un modeste bro- 
cheur et chasublier que l'auteur suit, à l'aide des textes authentiques 
de i523, jusqu'à l'époque de sa mort qui se place entre 1540 et 1544. 
L'autre est le chanoine de Sens qu'on a confondu parfois avec le 
célèbre dessinateur. Les mentions retrouvées par M. Monceaux lui 
permettent de retracer l'histoire du bon chanoine presque du jour de 
son entrée dans les ordres jusqu'à sa mort arrivée en 1572. Ce per- 
sonnage était-il parent du peintre? M. Monceaux incline à l'admettre, 
sans pouvoir déterminer le degré de parenté et sans fournir de preuve 
positive. Ainsi le jour se fait peu à peu, grâce aux recherches qui se 
poursuivent sur plusieurs points à la fois, et la légende s'évanouit 
faisant place aux faits précis. C'est aux minutes du tabellionage séno- 
nais qu'il faudrait demander, sinon le dernier mot de la question, au 
moins les informations nécessaires pour avancer sa solution. Plusieurs 
textes encore inédits, récemment découverts parnous, nous confirment 
dans l'opinion que Jean Cousin n'a jamais été que peintre et verrier. 

M. Monceaux nous fournit lui-même un argument sérieux. S'il 
s'est trouvé dans la même ville, en même temps, autant d'individus 
différents ayant eu même nom et même prénom, si la personnalité 
de l'artiste lui-même, grâce à une découverte que nous avons récem- 
ment fait connaître, vient en quelque sorte de se dédoubler, quand 
bien même on citerait un Jean Cousin sculpteur ou tailleur de marbre 
au xvi« siècle, il n'en faudrait pas conclure, à moins de texte formel, 
que ce sculpteur et le peintre verrier ne font qu'un seul et même 
artiste. Or, dans tous les textes oîi il est bien certainement question 
de Jean Cousin, né à Soucy, près Sens, notre homme est qualifié 
maître peintre, peintre, peintre verrier, quelquefois marchand peintre, 
et cela de i53o à i555. Je mets nos contradicteurs au défi de produire 
un texte, un seul texte, où notre Jean Cousin reçoive la qualité de 
sculpteur ou d'imagier, selon la locution du temps. 

Jules GuiFFREY. 



— 58 — 
PARTIE MODERNE. 



LES PORTRAITS D'ARTISTES FRANÇAIS 

A LA VILLA MÉDICrS. 

Le 22 juillet 1882, un arrêté ministériel, rendu sur la propo- 
sition de M. Paul Mantz, directeur général des Beaux- Arts, nous 
confiait la mission de recueillir les éléments d'une Histoire de 
r Art français en Italie. Le sujet était séduisant. Rechercher la 
trace de nos maîtres depuis Venise jusqu'à Naples , étudier les 
œuvres nombreuses qu'ils ont laissées dans la plupart des villes 
de la Péninsule et surtout à Rome, pénétrer leur histoire intime 
à Paide des documents de toute nature qu'il nous serait donné 
de nous procurer, tel a été le but incessamment poursuivi par 
nous pendant le séjour prolongé que nous avons fait au delà des 
Alpes. 

Il n'est pas douteux que les amateurs et les artistes ont mieux 
à faire en Italie que de regarder obstinément des œuvres sorties 
de mains françaises. Les écoles italiennes n'bnt pas besoin qu'on 
les défende. Elles comptent chez nous d'éminents historiens. 
Ceux-ci ont moissonné où je n'allais chercher que des glanes. 
Toutefois, il ne faudrait pas croire que nos architectes, nos 
peintres, nos sculpteurs, nos verriers n'ont laissé en Italie que 
des œuvres d'un mérite secondaire. Nous pourrions rappeler ici, 
à l'honneur de nos nationaux, plusieurs ouvrages très remar- 
quables. Nous essaierons de les bien mettre en lumière, sans 
passer sous silence les pages de moindre valeur. Tout ce qui 
porte la signature de la France doit nous être précieux. 

Nous détachons de notre livre, avant qu'il soit achevé, un 
document qui a sa place marquée dans cette Revue. C'est la liste 
des portraits de la Villa Médicis. 

Ces portraits, dont une partie ne sont malheureusement pas 
signés, ont été peints sur des toiles de huit., à l'exception de ceux 
de David d'Angers et d'Henri Régnault. Ils sont suspendus sur 
six ou huit rangs autour du réfectoire des pensionnaires. Tous les 
personnages sont représentés en buste. La date dont nous faisons 
suivre chaque nom d'artiste est celle de son entrée à la Villa Médicis. 
Cette date permet donc de fixer approximativement l'époque à 



- 59- 

laquelle remonte le portrait, puisqu'il a été exécuté, sauf de rares 
exceptions, pendant le séjour des artistes à PAcadémie de France. 
La durée de ce séjour, on le sait, fixée en 1677 à trois années, 
après avoir été modifiée à diverses reprises, est, aux termes du 
décret du i3 novembre 1871, de quatre années pour les peintres, 
les sculpteurs, les architectes, les graveurs en taille-douce et les 
compositeurs musiciens. Les graveurs en médailles et sur pierres 
fines résident à Rome pendant trois années seulement. 

Nous ferons suivre ce premier document d'une autre liste com- 
prenant les noms des artistes dont les portraits manquent à la 
collection de la Villa Médicis et que cet établissement serait heu- 
reux de posséder. Enfin, l'inventaire sommaire des œuvres d'art 
dispersées dans les appartements et les jardins de l'Académie 
de France complétera cet ensemble de pièces. C'est à Rome 
que nous devons chercher la collection la plus riche et la plus 
authentique des portraits de nos artistes pendant le xix"^ siècle. 
Les membres de l'ancienne Académie ont leurs portraits à Paris, 
mais ils sont répartis dans plus d'un musée. Il serait à sou- 
haiter qu'ils fussent réunis dans des galeries claires, vastes, d'un 
accès facile. L'art du portrait est un art éminemment français. 

Henry Jouin. 

CoRTOT (Jean-Pierre), sculpteur. Prix de Rome en 1809. Auteur 
inconnu. 

David (Pierre-Jean), sculpteur (iSii), par Antoine-Auguste- 
Ernest Hébert ^ . 

Heuold (Louis-Joseph-Ferdinand), compositeur (18 12), par An- 
toine-Auguste-Ernest Hébert. 

Pallière (Louis- Vincent-Léon), peintre (181 2), par Henri-Joseph 
Forestier. 

Bourgeois (Benjamin-Eugène), graveur en taille-douce (18 12). 
Inconnu. 

Forestier (Henri -Joseph), peintre (i8i3), par Jean-Baptiste 
Vinchon. 



I. Le portrait de David d'Angers a été exécuté sous le directorat de 
M. Hébert (1867-1873) et par cet artiste, ancien élève de David, d'après le 
portrait au crayon dessiné par Ingres^ à Rome, en 181 5, et reproduit en 
tête du tome II de notre ouvrage : David d'Angers, sa vie, son œuvre, ses 
écrits et ses contemporains. C'est également pendant son directorat que 
M. Hébert a peint le portrait d'Herold. — H. J. 



— 6o — 

Picot (François-Edouard), peintre (i8i3). Inconnu. 

Panseron (Auguste-Mathieu), compositeur (i8i3). Inconnu. 

Pradier (James), sculpteur (i8i3). Inconnu. 

RoLL (Pierre-Gaspar) , compositeur (1814), par Léon Cogniet. 

ViNCHON (Jean-Baptiste), peintre (1814), par Jean Alaux. 

Desbœufs (Antoine), graveur sur pierres fines (18 14), par Henri- 
Joseph Forestier. 

Petitot (Louis), sculpteur (18 14), par Jean-Baptiste Vinchon. 

Destouches (Louis-Nicolas-Marie), architecte (18 14). Inconnu. 

Alaux (Jean), peintre (181 5), par Léon Cogniet. 

Ramey fils (Jules-Étienne), sculpteur (181 5), par Paul-Amable 
Coutan. 

Benoist (François), compositeur (181 5), par Jean Alaux. 

Dedreux (Pierre-Anne), architecte (181 5). Inconnu. 

Roman (Jean-Baptiste-Louis), sculpteur (18 16). Inconnu. 

Thomas (Antoine -Jean- Baptiste) , peintre (1816), par Léon 

Cogniet. 
^,CoiNY (Joseph), graveur en taille-douce (18 16), par Nicolas- 
Auguste Hesse. 

Van Cléemputte jeune (Lucien-Tirtée), architecte (i 8 1 6). Inconnu. 

MrcHALLON (Achille-Etna), peintre (18 17). Inconnu. 

Batton (Désiré- Alexandre), compositeur (1817). Inconnu. 

Brun (Joseph-Sylvestre), graveur sur pierres fines (18 17). Inconnu. 

Garnaud (Antoine-Martin), architecte (1817). Inconnu. 

Cogniet (Léon), peintre (18 17). Inconnu. 

Nanteuil (Charles-François Lebœuf, dit), sculpteur (1817), par 
Joseph-Désiré Court. 

Taurel (André-Benoit), graveur en taille-douce (18 18). Inconnu. 

Hesse (Nicolas-Auguste), peintre (18 18), par François Bouchot. 

Callet (Félix), architecte (18 19). Inconnu. 

Halévy (Jacques-François-Fromental-Élie), compositeur (18 19), 
par François Dubois. 

Lesueur (Jean-Baptiste), architecte (18 19). Inconnu. 

Dubois (François), peintre (18 19), par François Bouchot. 

D1MIER (Abel), sculpteur (18 19). Inconnu. 

Massin-Turina (Pierre), compositeur (i 819), par François Dubois. 

[A suivre.) 



— 6r — 

MUSÉES. 

Musée du Louvre. — Par suite d'un échange entre les Musées du 
Louvre et de Saint-Germain, les fameuses armures de gladiateurs 
romains, achetées par l'État à la vente Pourtalès-Gorgier, vont ren- 
trer définitivement au Louvre. 

Musée de Rouen. — M. Le Breton, conservateur du Musée céra- 
mique de Rouen, vient de faire une importante découverte artis- 
tique. C'est celle de l'Hercule terrassant l'hydre de Lerne^ groupe 
de Puget, qui avait été fait pour le château de Vaudreuil, sur la 
demande du marquis de Girardin, et qui avait disparu depuis la Révo- 
lution. Une partie du bras, tenant une massue, manque, ainsi que le 
genou gauche. Ce groupe passa du château de Vaudreuil à celui de 
la Londe, qui appartenait au marquis du même nom, l'un des plus 
riches propriétaires de la Normandie. Le château fut saccage en 1792 
et le groupe très maltraité. L'Hercule fut arraché de son socle, brisé, 
la tête fut séparée du tronc et cassée en cinq morceaux. Ses débris 
sont restés, pendant près de cent ans, gisants à terre, couverts d'herbes 
et de mousse. M. Le Breton a fini par découvrir ce chef-d'œuvre 
après de bien longues recherches. On en a réuni tous les morceaux. 
Ils sont actuellement rassemblés au Musée de Rouen. L'un des plus 
habiles praticiens du Louvre va procéder à la restauration de ce 
groupe. Puget avait fait comme pendant, pour le même château de 
Vaudreuil, un second groupe qui a disparu : la Terre couronnant 
Vénus. 



EXPOSITIONS. 



Exposition des œuvres de Jean-François Raffaelli. — Ouverte du 
i5 mars au j5 avril, dans une boutique vide, au n" 28 bis de l'avenue 
de l'Opéra, l'exposition que nous signalons, composée de i53 numéros 
de peinture et de deux sculptures, offre une particularité curieuse ; 
c'est un chapitre d'esthétique consacré par l'auteur à « l'étude des 
mouvements de l'art moderne et du beau caractériste. » Écoutez l'au- 
teur lui-même : « Le caractère est le beau essentiel, à une époque 
positiviste. Le beau caractériste doit être en même temps le beau 
naturel, le beau intellectuel et le beau artistique, menant comme fin 
au beau moral. Le beau caractériste doit être un mode d'action judi- 
ciaire de toutes les manifestations de la liberté. » Avez- vous compris? 
Heureusement M. Raffaelli peint mieux qu'il n'écrit; son pinceau est 
plus intelligible que sa plume, sans offrir beaucoup plus d'agrément. 
M. RafFaeUi voit tout en laid, sans doute par infirmité de l'œil; c'est 
là probablement ce qui s'appelle le beau caractériste. Comme il a 



— 62 — 

raison de s'écrier quelque part, dans le cours de sa profession de foi : 
« Pour moi, je ne vois qu'une nature, laide en soi... » 

Des natures mortes, d'une exécution franche et vigoureuse, prouvent 
qu'avec moins de prétention l'artiste aurait du talent tout comme un 
autre. — J.-J. G. 

Exposition des œuvres d'Ulmann. — On va organiser à l'École des 
Beaux-Arts une exposition des œuvres de Benjamin Ulmann, dont 
nous avons annoncé la mort. Ces œuvres comprennent les tableaux 
et une grande partie des dessins très nombreux et très intéressants 
qui remplissent les cartons laissés par l'artiste, notamment une série 
de dessins presque achevés qu'Ulmann avait composée pour servir à 
l'illustration de Shakespeare. 

Exposition d'art à Carcassonne. — La Société des arts et sciences 
de Carcassonne a décidé, à l'occasion du concours régional qui aura 
lieu en mai et juin prochain, d'ouvrir dans cette ville une exposition 
artistique, archéologique, d'art rétrospectif et de photographie artis- 
tique. L'ouverture est fixée au 24 mai et la clôture au 3o juin, sauf 
prorogation. 



VENTES. 



Vente Louis Leloir. — On a procédé à la vente des œuvres de Louis 
Leloir, dont nous avons annoncé la mort il y a deux mois.. Cet artiste 
délicat, qui avait su porter la miniature sous le nom d'aquarelle à un 
si haut degré de perfection, ne laissait que des études pour ses illus- 
trations de Molière, quelques ébauches, deux panneaux décoratifs et un 
éventail terminé. L'engouement du public pour ce talent fin, distingué, ne 
s'est pas démenti en cette circonstance. La vente des croquis et études a 
produit la somme de 1 25, 000 francs environ. Cette fois, comme dans 
toutes les occasions semblables, le public des amateurs a montré un oubli 
absolu de toute mesure et de toute proportion. Il paye six, sept, huit cents 
francs des croquis à peine saisissables, mais il ne donnera que i,g5o francs 
d'un superbe dessin à la plume, le plus complet de la vente, représentant la 
Muse de Molière. Un éventail, fort joli sans doute, mais dont le sujet ne 
convenait qu'à moitié aux aptitudes de l'artiste, se paye 10,200 francs, tandis 
que l'illustration de la première page du Roman comique, une des œuvres 
les plus exquises et les plus caractéristiques de son auteur, ne dépasse pas 
3,000 fr. Ceci posé, voici les principaux prix de cette vente, celle peut-être 
de tout l'hiver où les œuvres d'un artiste moderne ont atteint les plus hauts 
prix, vu leur nature et leur qualité : Les murs de ville à Nuremberg (éven- 
tail), 10,200 fr., à M. Vibert; le Char d'Apollon, page du Roman comique, 
3,000 fr., à M. Vibert; la Muse de Molière, 1,950 fr.; Alcantor, dessin à la 
plume gouache, i,35o fr. ; un Drame dans une carafe, i,35o fr. ; un Duel- 
liste, dessin à la mine de plomb et à la gouache, i,o5o fr. ; le Bourgeois 
gentilhomme, portrait de Berthelier, dessin, 1,080 fr.; \&& Fiancés, i,o5o fr. 



— 63 — 

Peintures à l'huile : la Chasse et la Pèche, grands panneaux allégoriques, 
6,000 fr. chacun ; V Arrivée du Printemps, 3,6oo fr,; Intérieur de harem, 
5,000 fr. ; la Confidence, 2,3oo fr.; Fête du grand-père, 2,600 fr. ; Jeune 
comédienne sur un âne, 1,460 fr. ; Route près de Rambouillet, i,35o fr. 

Vingt-quatre dessins à la sanguine, attribués à Watteau et qui sont plus 
vraisemblablement de Pater, ont atteint 1,480 fr. — J.-J. G. 



NECROLOGIE. 



JouANDOT (Amédée). — Le 9 mars est décédé, à Saint-Maurice (Seine), 
le sculpteur Amédée Jouandot, né à Bordeaux le 2 septembre i833. 
Entré à l'École des Beaux-Arts le 8 octobre iSSy, il y reçut les leçons 
de Duret et de JoufFroy. Les principales œuvres de cet artiste sont 
le Fronton de la Bourse de Bordeaux, le Tympan de la porte prin- 
cipale de l'église Saint-Baudile de Nîmes , plusieurs Caryatides à 
Cognac, la statue de l'architecte Gabriel à l'Hôtel-de- Ville de Paris, 
celle de l'architecte Victor Louis au théâtre de Bordeaux. Jouandot 
a été inhumé le i3 mars à Bordeaux. Le Courrier de la Gironde 
du 1 5 rend compte de la cérémonie des obsèques' et renferme le dis- 
cours prononcé en cette circonstance par M. Marionneau, correspon- 
dant de l'Institut. — H. J. 

Maindron (Hippolyte). — Le 21 mars est mort à Paris, à l'âge de 
82 ans, le sculpteur Maindron, né à Champtoceaux (Maine-et-Loire) 
et élève de David d'Angers, L'œuvre la plus populaire de cet artiste 
est la statue de Velléda placée dans le jardin du Luxembourg. On 
lui doit encore un Jeune berger mordu par un serpent^ La Fraternité, 
deux marbres qui sont au Musée d'Angers, sainte Geneviève désar- 
mant Attila, sous le péristyle du Panthéon, le Christ en croix du 
banc d'œuvre de l'église Saint-Sulpice, etc. Maindron avait été fait 
chevalier de la Légion d'honneur en 1874. — H. J. 

Balze (Paul). — Le 24 mars est mort à Paris, dans la maison des 
Frères de Saint-Jean-de-Dieu, le peintre d'histoire Paul Balze, décédé 
à l'âge de 68 ans. Élève de Ingres, Paul Balze a exécuté, en collabo- 
ration avec son frère, sous la direction de Ingres, la copie des fresques 
de Raphaël au Vatican. Cette copie est à l'École des Beaux-Arts de 
Paris. Diverses œuvres de Raphaël ont en outre été reproduites sur 
faïence par Paul Balze. On les voit également à l'École des E*eaux- 
Arts. L'hôtel de la Banque de France, la chapelle de l'ancienne abbaye 
de Chaalis, près Senlis, renferment des pages importantes de cet artiste. 
Un article très étudié sur Paul Balze, signé des initiales H. D. (Henri 
Delaborde), a paru dans le Français du 27 mars. — H. J. 

AzE (Adolphe). — Un peintre qui a joui sous le dernier empire 
d'une certaine célébrité, Adolphe Aze, est mort à Paris, le 20 mars. 



-64- 

Né le 6 mars 1822, il était élève de Robert-Fleury. On doit à Adolphe 
Aze Diane surprise par Endymion^ Jean Goujon recevant l'Ordre du 
Saint-Esprit des mains du duc d'Anjou dans l'église Saint-Eustache, 
Corne de Médicis assassinant son fils dans le vieux palais à Venise, 
Jean Belin dessinant dans les rues de Venise^ l'Entrevue de Philippe II 
d'Espagne avec don Carlos. Adolphe Aze avait obtenu une médaille 
de 3« classe en i85i, une mention honorable en i855 et un rappel de 
médaille en i863. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Commission d'enquête sur la situation des ouvriers et des industries d'art, 
instituée par décret, en date du 24 décembre 1881. Paris, A. Quantin, 1884, 
in-4» de 5i7 p. 

Dépositions des délégués lyonnais à l'enquête sur la situation des Indus- 
tries d'art. Lyon, Pitrat aîné, 1884, gr. in-S" de 60 p. 

JouBERT (André). Recherches épigraphiques : Le Mausolée de Catherine 
de Chivré; l'Enfeu des Gaultier de Brullon, avec 5 dessins de Tancrède 
Abraham et un portrait inédit du voyageur Le Gouz de la Boullaye. 2* édi- 
tion. Lavai, Léon Moreau, i883, gr. in-8° de 55 p. 

Duhamel (L.). Les architectes du palais des papes. Avignon, Seguin frères, 
1882, gr. in-8° de Sg p. 

Duhamel (L.). Les origines du palais des papes. Tours, Paul Bousrez, s. 
d. in-8° de 78 p. (Extrait du Compte- rendu du Congrès archéologique de 
France, session de 1882.) 

Duhamel (L.). Un neveu de Jean XXII. Le cardinal Arnaud de Via. 
Tours, Paul Bousrez, s. d.'in-8»>de Sg p. (Extrait du Bulletin monumental, 
i883.) 



NOUVELLES DIVERSES. 

Élections à l'Académie des Beaux-Arts. — Dans sa séance du 22 mars, 
l'Académie des Beaux-Arts a élu M. Duphot, architecte à Bordeaux, corres- 
pondant pour la section d'architecture, en remplacement de M. Chenavard, 
de Lyon, décédé. 

Le 2g mars il s'agissait de donner un remplaçant à M, Aug. Dumont, 
dans la section de sculpture. Le dépouillement du scrutin accuse 36 votants. 
Majorité, ig. Au premier tour de scrutin, M. Barrias, candidat présenté 
en première ligne, a obtenu 18 voix; M. Mercié, candidat présenté en 
seconde ligne, a obtenu aussi 18 suffrages. Au deuxième et troisième tour 
de scrutin, le résultat est resté le même. Une proposition est faite alors, 
demandant le renvoi à huitaine de l'élection. Mise aux voix, la proposition 
obtient 18 voix; mais elle a 18 voix contre elle. En conséquence l'Académie 
continue le vote. M. Barrias est élu au quatrième tour de scrutin, par 
ig voix contre 17 voix données à M. Mercié. 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 
5. — Mai 1884, 

PARTIE ANCIENNE. 



BERTINET. 

Dans la première série des Anciennes Archives de VArt 
français (tome V, p. ii-i3), sur un médaillon d'origine ita- 
lienne, attaché à la fortune du surintendant Fouquet, et, à la 
suite du procès de celui-ci, enfermé à la Conciergerie, dont il ne 
sortit, au bout de huit ans, que pour avoir fait de souvenir un 
petit médaillon de Louis XIV, de la grandeur de l'ongle. Il con- 
tinua de faire des portraits de Louis XIV. Celui que je possède, 
où le profil du roi en longue perruque et en cuirasse à l'antique, 
avec le soleil sur. la poitrine et tourné à gauche, est, malgré son 
relief un peu trop fort, d'un modelé et d'une fonte extrêmement 
habiles. Par derrière une plaque distincte, jointe à la précédente 
par un cercle de métal, présente un relief très plat, deux L enla- 
cées et sommées de la couronne de France fermée en avant d'un 
rideau fleurdelisé en forme de pavillon. Ce revers n'a ni légende 
ni date, mais la face, qui n'a pas de description, est signée sous 
la saillie de la coupure : Bertinet Sculp. cïï Privilégia ; au-des- 
sus du nom de Bertinet un poinçon assez indistinct, où l'on croit 
voir deux L romaines adossées et surmontées de la couronne 
royale ^ 

Le numéro 1 98 de la vente de la collection du comte de Les- 



I. Ce médaillon a été exposé en 1878 dans les galeries des Portraits 
nationaux. Voy. n" i32 du Catalogue de cette exposition, — H. J, 

REV, ART FR. 5 



— 66 — 

tang- Parade d'Aix-en-Provence, faite à Paris en mai 1882, était 
un autre médaillon du roi par Bertinet : 

« Médaille en bronze. Buste de Louis XIV de profil à droite : 
LuDOVicvs MAGNVS Fr. ET Na. Rex ct la signature : Bertinet, 
Régis privilégia 1684. Au revers, l'inscription suivante, gravée 
en creux : Benedictvs Dominvs Devs mevs qvi praecinxit me vir- 

TUTE AD BELLUM 1687. » 

Ceci vient du psaume ly, mais les dates sont plus intéres- 
santes. On voit que Bertinet est retourné à Rome, où il serait 
mort. On voit qu'il était encore en France en 1684 et sans doute 
aussi en 1687. 

A. DE MONTAIGLON. 



JOSEPH ROETTIERS, 

GRAVEUR EN MÉDAILLES ET EN MONNAIES. 

L'article que Jal consacre aux Roettiers dans son Dictionnaire cri- 
tique porte sur neuf membres de cette famille de graveurs de médailles 
et de monnaies. 

Les documents français, les seuls qu'il ait été en mesure de consul- 
ter, lui ont fourni des renseignements sur la période parisienne de la 
vie et des travaux de Joseph Roettiers., cet Anversois francisé en 
juillet 1674; mais il n'a rien découvert sur la période antérieure à la 
date des lettres de naturalité, non plus que sur ses frères Jean et 
Robert. 

Avant de venir s'établir en France où il reçut le titre de tailleur et 
graveur général des monnaies et médailles du Roy, Joseph Roettiers 
avait fait un long stage d'au moins dix ans en Angleterre : on le trouve 
en effet en 1662 travaillant à la Tour de Londres, à la gravure des 
nouveaux types monétaires de la Restauration, avec ses deux frères 
et leurs enfants. Remonté sur le trône, Charles II voulut effacer et 
faire, autant que possible, oublier le Parlement, Cromwell, la Répu- 
blique et toute cette époque. Il fit donc frapper à son effigie. John 
Evelyn raconte dans son Journal, à la date du 10 janvier 1662, com- 
nient il tint la chandelle pour éclairer convenablement le profil de 
Charles II, pendant que le miniaturiste Samuel Cooper en faisait le 
dessin qui devait servir aux graveurs de la monnaie de Sa Majesté, 
gravée sur des poinçons nouveaux, « son trésor qui venait de rentrer 
de France » et sans nul doute les suborations que lui prodigua 
Louis XIV. 

C'est ainsi que, d'après les papiers appartenant au Cabinet de 



-67^ 

Sir Reginald Graham, analysés dans le vr rapport de la Commission 
royale des Manuscrits historiques, p. 332, fut employée, entre autres, 
une somme de 5o,ooo écus de France dont Sir Henry Slingsby, Mas- 
ter of the Mint, prend livraison le i"»" janvier 1662. 

Par un rescrit daté de Tohitehall, le 14 avril i665, le roi, révoquant 
un autre warrant d\\ 21 septembre précédent, ordonnance le paiement 
de 2,808 livres 9 shillings et 8 pence et demi sterling (plus de 
52,000 francs), dont partie était due à Jean et à Joseph Roettiers qui 
y sont désignés comme graveurs généraux de Sa Majesté pour les 
poinçons, contre-coins et matrices de ses monnaies et médailles, the 
King's chief Graver s for Puncheons, Corenter-Puncheons and Matrices. 

L'analyse fort sommaire que M. Alfred J. Horwod a donnée des 
manuscrits de ce Cabinet contient un assez grand nombre de détails 
intéressants. Mais il serait indispensable de consulter les pièces origi- 
nales pour savoir auquel des membres de cette nombreuse famille ils 
doivent être appliqués ; les noms de baptême manquent en effet dans 
presque tous les extraits, et l'on n'y trouve le plus souvent que le nom 
de famille, assez mal accommodé du reste. 

Ainsi, le 17 septembre i663, James Hoare, beau-frère de Sir H. 
Slingsby, lui écrit : « M. Rotee a recuit ses deux poinçons pour la 
« pièce d'or de 20 shillings et pour la pièce d'argent de 12 sh. ; ils 
« sont l'un et l'autre sortis du feu en parfait état. Il a fini le creux 
« d'une quarantaine de faces pour l'argent et quelques-unes pour 
« l'or... Entre temps, son frère va préparer quelques poinçons. » 

Duquel des Roettiers s'agit-il au premier lieu, et de quel autre dans 
le second ? L'hésitation est forcée, vu que Jean, ses deux frères cadets 
Joseph et Philippe, et plusieurs de ses enfants ont été employés simul- 
tanément dans les ateliers de la Tour. 

Huit jours plus tard, le 24, Ja^ Hoare écrit au Directeur de la Mon- 
naie que « Lundi., Roteer a fait recuire ses petits poinçons et les 
« légendes; la harpe [de l'EcussonJ est manquée, ainsi que trois lettres 
« [de la Légende], parce qu'il y avait une paille^ mais il a fait les 
« matrices., et ce petit malheur sera facilement réparé. » 

Puis le 26 et le 29 septembre, le 3, le 10 et le 16 octobre, cette 
correspondance officielle fournit de nouveaux détails sur les travaux 
en voie d'exécution ; mais aucun prénom n'autorise à attribuer à 
l'aîné, à Roettiers le vieux, Old Rotteer comme le désignent divers 
documents, plutôt que ses collaborateurs Joseph et Philippe, les opé- 
rations décrites. 

Semblable incertitude se présente du reste dans le Journal de John 
Evelyn qui, en sa qualité de membre de la Société Royale délégué 
comme commissaire à l'organisation et à la surveillance de la Mon- 
naie, visita fréquemment les ateliers et les artistes de la Tour; par 
exemple, le 9 mars 1664. Mais nulle part il n'inscrit de désignation 



— 68 — 

qui permette de distinguer entre les frères, ni même entre les neveux. 

On en est donc réduit provisoirement à constater la présence de 
Joseph Roettiers et celle de son puîné Philippe aux côtés de leur frère 
aîné Jean à Londres, dès 1662, et sa participation active aux multiples 
opérations du nouveau monnayage. Il convient d'ajourner, Jusqu'à 
des recherches directes dans les pièces originales de la collection de 
Sir Reg. Graham, le détail des travaux exécutés par Joseph que son 
établissement définitif à l'Hôtel des Monnaies de Paris désigne plus 
particulièrement à notre attention. 

Peut-être faudra-t-il un jour faire figurer avec Joseph la famille 
entière dans nos Archives de l'Art français, et ce en dépit des lettres 
de naturalité citées par Jal. Elles font naître Joseph à Anvers ; pour 
être né à Anvers, il n'en était pas moins fils de l'orfèvre -banquier de 
Paris, qui prêta de l'argent à Charles II pendant son exil, et dont les 
enfants furent appelés de France en Angleterre par le Gai monarque 
dès qu'il eut repris le chemin de Tohitehall et de Windsor ; et ce fut 
à Paris, dans les ateliers, et peut-être à l'École de nos graveurs fran- 
çais, que se fit leur éducation première. 

V.-J. Vaillant. 



ACTES D'ÉTAT CIVIL D^ARTISTES FRANÇAIS. 

Acte de naissance de Germain Boffrand, architecte. 

Le septième jour de may mil six cent soixante-sept a été baptisé 
Germain, fils de Jan Baufrand^, M^ sculpteur, et de Barbe Qui- 
neaud^, ses père et mère; a été parain h. h. Germain Ysambert, et 
marraine h. femme Françoise Bodet, par moi recteur soub signé. 

A. Grassineau pour le parrain; Françoise Bodet pour marraine; 

B. Forestier, J. Papin, René Serraud, P. Grassineau et M. Gerouard, 
recteur. (Archives de l'état civil de Nantes, registre de la paroisse 
Saint-Léonard, f<> 47 v°.) 

Communiqué par M. Charles Marionneau. 



1. Le nom de BofFrand se trouve parfois écrit dans des papiers de son 
temps : Boisfrant, Boîsfranc, Braufranc. 

2. M. Morey de Nancy, ancien pensionnaire de Rome, correspondant de 
l'Institut, dit dans une notice sur Boffrand, publiée en 1866, que la mérc 
de l'architecte BofFrand était sœur du poète Philippe Quinault. 



-69- 
QUITTANCES D'ARTISTES 

TIRÉES DE DIVERSES COLLECTIONS. 

(Suite et fin.) 

XXVI. — Quittance donnée par François Desportes., peintre ordi- 
naire du Roy, de i5o liv. pour les six derniers mois de l'année 1706 
à cause de 600 liv. de rente sur les Aydes et Gabelles constituée le 
9 février 1700. — 18 juillet 1706. — Signé : F. Desportes. 

XXVII. — Quittance donnée par Ancelme Flamen, sculpteur du 
Roy et professeur en son Académie de sculpture et peinture, tuteur 
naturel de Marie Flamen, sa fille, de la somme de 68 liv. pour les 
six derniers mois de 1706, de i36 liv. de rente viagère constituée sur 
les Aides et Gabelles au denier quatorze le 18 novembre 1694. — 
4 janvier 1707. — Signé : Flamen. — Mari Flamen. 

XXVIII. — « Julles Degoulon, sculteur ordinaire des Bastimens du 
Roy^, confesse avoir reçeu de... la somme de cent vingt cinq livres 
pour les six premiers mois de la présente année, à cause de deux cens 
cinquante livres de rente constituées sur les Aydes et Gabelles, par 
contrat passé devant les notaires soussignez ajourd'huy, dont quittance 
faite et passée à Paris es estudes. — 10 février 1707. — Signé : 
Jules Degoulon. » 

(Autre quittance donnée par le même, le 22 janvier 1707, de la 
somme de 5o livres pour les six derniers mois de l'année 1706, à 
cause de cent livres de rente sur les Aydes et Gabelles, constituées le 
23 avril 1705.) 

(Collection Dubrunfaut, 257.) 

XXIX. — Quittance donnée par Rolland Leproust., architèque des 
Bâtimens du Roy, de 3oo liv. pour une année (1706) d'une rente 
constituée sur les postes le 17 septembre 1700. — i5 février 1707. 

— Signé : Lé Proust. 

XXX. — Quittance donnée par Charles Simonneau., graveur des 
médailles du Roy, de 37 liv. lo s. pour les six derniers mois de 1709, 
pour 75 liv. à prendre sur i5o liv. de rente constituées à Henri de 
Cressé, bourgeois de Paris, le 28 février 1707. — 20 décembre 1709. 

— Signé : G. Simonneau. 

XXXI. — Quittance donnée par Lotiis Anglart^ architecte et entre- 

1. Dugoullon est surtout connu par la sculpture des stalles du chœur de 
Notre-Dame de Paris. Fort habile sculpteur en bois, il taillait aussi la pierre, 
comme Iç prouve un marché passé pour une statue destinée à la ville d'An- 
goulême et récemment publiée par M. E. de Fleury. 



— 70 — 

preneur des Bâtimens du Roy, de 1 5o liv. pour les six derniers mois 
de la présente année de 3oo liv. de rente constituées sur les Aides et 
Gabelles, le 7 may 1700. — 8 novembre 1709. — Signé : Anglart. 

XXXII. — Quittance donnée par Charles Baco, peintre du Roy ^, 
demeurant rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, 
de i5o livres pour les six derniers mois de l'année 17 10, à cause de 
3oo liv. de rente viagère au denier dix, constituée sur les Aides et 
Gabelles, le 10 septembre 1698. — 12 août 171 1. — Signé : Baco. 

XXXIII. — Quittance de io5 livres pour les six derniers mois de 
l'année 17 10, à cause de deux cent dix livres de rente perpétuelle au 
denier vingt, constituée sur les Aides et Gabelles de France, au s. de 
Largillière^ le 20 mars 1708. — 10 mars 1712. — Signé : N. de Lar- 

GILLIÈRE^. 

(Collection Borromée de Milan.) 

XXXIV. — Quittance donnée par Charles Beiiille, peintre ordinaire 
du Roy en son Académie royale de peinture et sculpture, de 54 liv. 
pour les six derniers mois 171 1, à cause de 108 liv. de rente consti- 
tuée sur les Aides et Gabelles de France, le 26 janvier 1700. — 21 jan- 
vier 1713. — Signé : G. Beuille. 

XXXV. — « M. de Boze m'a remis trois nouveaux desseins des 
médailles du Roy, sçavoir le Combat de Malaga, la Prise de Vemie et 
la bataille de Cassano. A Paris, ce 3« avril 1719. — Signé : B. 

AUDRAN. » 

(Collection Coste, à Lyon.) 

XXXVI. — ff Je soussigné, Edme Boiichardon^ sculpteur ordiliaire du 
Roy et de son Académie royale de peinture et sculpture, demeurant 
à Paris, rue Traversière, paroisse Saint-Roch, reconnois avoir reçu 
comptant de M^ François David Bollioud de Saint-Jullien, receveur 
général du Clergé de France, la somme de cinq cens livres pour six 
mois échus au ler octobre de l'année 1759, à cause de mil livres de 
rente constituée par nos seigneurs du Clergé de France, sur led. 
emprunt, dont quittance. A Paris, le 10 octobre 1759. — E. Bou- 

CHARDON. » 

(Collection J. Boilly, n" 5i6du catalogue.) 

XXXVII. — « Je reconnois avoir reçu de Messieurs les ProfFeseur 
de l'Écol de Droits, la somme de sis cent livre pour parfait paye- 



1. Jal cite un Philippe Baccot, peintre et valet de chambre de Henri II de 
Bourbon, prince de Condé. Ce Philippe eut en 161 5 un fils auquel il donna 
le nom de Charles. Il est peu probable que ce çoit lui qui figure ici; car il 
aurait eu, en 171 1, cent six ans. 

2. Voy. Nouvelles Archives , 1876, p. 78, n"> CCXLL 



— 71 — 

ment de celle de trois millivre, prix convenu du buste en marbre 
portray de Monsieur de Thrudaine. A Paris, ce 26 févrié mil sep cent 
soisant huit. — J. B. Lemoyne. » 

(Quittance entièrement autographe de la collection de M. le comte Bor- 
romée, de Milan.) 

XXXVIII. — Quittance donnée par Jean-Baptiste Pigalle, écuyer, 
sculpteur du Roy et de son Académie Royale, chevalier de l'ordre de 
Saint-Michel, demeurant à Paris, à la Barrière Blanche, rue Blanche, 
paroisse Montmartre, de la somme de 3,ooo livres, pour les six pre- 
miers mois de la présente année, à cause de 6,000 livres de pension 
viagère, à lui accordée par acte du Bureau de la Ville du 17 février 
dernier. — 9 octobre 1769. — Signé : Pigalle. 

XXXIX. — Quittance notariée de i35 liv. de rente, pour les six der- 
niers mois 1771, de 270 liv. dont, aux termes de l'arrêt du Conseil, 
du i5 juin 1771, il est fait fonds dans l'état du Roi pour les neuf 
dixièmes, de 3oo liv. de rente viagère assignée sur les revenus du Roi 
et constituée le ii juillet 1758; dont quittance au nom de Pierre 
Delorme, peintre de S. A. S. Monseigneur le duc d'Orléans, demeu- 
rant au Palais-Royal, près Saint-Eustache, né le 3 octobre 1716. — 
i" mars 1775. — Signée : De Lorme. 

(Pièce communiquée par M. Et. Charavay.) 

XL. — J'ai reçu de M. de Lagrenée, directeur de l'Académie de 
France à Rome, quatorze écus romains et trois pour le quartier de 
ma pension échue. Ce 3o septembre 1785. 

Taunay. 

XLI. — Quittance donnée par Richard Mique^ directenv de l'Aca- 
démie d'architecture de Paris, de la somme de 1,200 livres, pour ses 
appointemens pendant les six premiers mois de l'année 1791. — 
16 septembre 1791. — Signé : Mique. 

(Collection particulière.) 

XLII. — Je soussigné reconnois avoir reçu du citoyen Didot la 
somme de dix mille livres pour les y^^, 8™«, 9«>e et lo'"^ tableaux de 
la suitte de l'Arioste. A Paris, ce 3o thermidor, l'an troisième de la 
République (17 août 1795). 

Taunay. 

XLIII. — « Paris, ce 3o frimaire an 6* de la République française 
(20 décembre 1797), état du citoyen Michallon, sculpteur, pour la 
garniture de la cheminée en marbre blanc pour le citoyen Ovrard, 
en sa maisson rue Taitbout, exécuté sous les ordres du citoyen Hubert^ 
architecte. 

Sçavoir : deux Chimères allez en bronze, servant à soutenir la 
bende de ladite cheminée, plus une tête ornée avec des ailes servant 



— 72 — 

à orner comme frise la bende de ladite cheminée, le tout an vert 

antique. Somme de 800 liv. 

Réduit et modéré le présent mémoire montant en demande à huit 

cent livres et en règlement à six cent cinquante francs, cy 65o fr. 

Paris, ce 24 nivôse an VI (i3 janvier 1798). 

Hubert. 
Reçu à compte du présent, cent cinquante livres. 
Paris, 22 pluviôse an VI (10 février 1798). 

. MiCHALLON. 

Compte cy dessus soldé. 

MiCHALLON. » 

XLIV. — Reçu six louis pour payement du tems que j'ai travaillé 
chez M. Roland. 

Paris, ce 21 novembre 1807. 

RUTCHIEL. 

XLV. « Madame, 

Je vous prie de vouloir bien remettre à ma femme de ménage le 
billet de mille francs que votre mari met à ma disposition. Et je pro- 
fite de cette circonstance pour vous exprimer, Madame, mes senti- 
ments les plus distingués. 

R. S. V. P. Thomas Couture. 

Je reconnois avoir reçu de Madame Baroilhet la somme de mille 
francs à compte sur le tableau du Fou. 

Paris, ce 28 février i85i. Thomas Couture. » 

(Communiqué par M. J. Guiffrey.) 



PARTIE MODERNE. 



LES PORTRAITS D'ARTISTES FRANÇAIS 

A LA VILLA MÉDICrS. 

[Suite.) 

CouTAN (Paul-Amable), peintre (1820). Inconnu. 
Jacquot (Georges), sculpteur (1820). Inconnu. 
ViLLAiN (François), architecte (1820). Inconnu. 
Leborne (Aimé-Ambroise-Simon), compositeur (1820), par Paul- 
Amable Coutan. 
Blouet (Abel), architecte (1821), par Joseph-Désiré Court. 



-73- 

RiFAUT (Louis-Victor-Étienne), compositeur (1821), par Joseph- 
Désiré Court. 

Lemaire (Philippe-Jean-Henri), sculpteur (1821), par Joseph- 
Désiré Court. 

RÉMOND (Jean-Charles-Joseph), peintre de paysage (1821). Inconnu. 

Court (Joseph-Désiré), peintre (1821). Inconnu. 

Gilbert (Emile), architecte (1822). Inconnu. 

Lebourgeois (Pierre-Auguste), compositeur (1822). Inconnu. 

De Bay (Auguste- Hyacinthe), peintre (1823). Inconnu. 

Bouchot (François), peintre (i823). Inconnu. 

DuMONT (Augustin- Alexandre), sculpteur (1828), par Auguste- 
Hyacinthe De Bay (?). 

DuBAN (Jacques-Félix), architecte (,1823). Inconnu. 

BoiLLY (Edouard), compositeur (1823). Inconnu. 

Ermel (Louis-Constant), compositeur (1823), par François Bou- 
chot. 

Larivière (Charles-Philippe), peintre (1824). Inconnu. 

Seurre jeune (Charles-Marie-Emile), sculpteur (1824). Inconnu. 

Labrouste (Henri), architecte (1824). Inconnu. 

Barbereau (Mathurin-Auguste-Baltasar), compositeur (1824). 
Inconnu. 

NoRBLiN (Sébastien- Louis-Wilhem), peintre (1825). Inconnu. 

Duc (Louis), architecte (1825), par M. Emile Signol. 

GiROux (Alphonse), peintre de paysage (1825). Inconnu. 

GuiLLON (Albert), compositeur (i825). Inconnu. 

Féron (Éloi-Firmin), peintre (1826). Inconnu. 

Desprez (Louis), sculpteur (1826). Inconnu. 

Paris (Claude), compositeur (1826). Inconnu. 

Guiraud (Jean-Baptiste), compositeur (1826). Inconnu. 

Labrouste (François), architecte (1827). Inconnu. 

DupRÉ (François-Xavier), peintre (1827). Inconnu. 

Lanno (François-Gaspard-Aimé), sculpteur (1827). Inconnu. 

Jaley (Jean-Louis-Nicolas), sculpteur (1827). Inconnu. 

Dantan aîné (Antoine-Laurent), sculpteur (1828). Inconnu. 

Delannoy hls (Marie), architecte (1828). Inconnu. 

ViBERT (Joseph-Victor), graveur en taille-douce (1828). Inconnu. 

Ross-Despréaux (Guillaume), compositeur (1828). Inconnu. 

De Bay (Jean-Baptiste-Joseph), sculpteur (1829). Inconnu. 

CoNSTANT-DuFEux (Simou-Claude) , architecte (1829). Inconnu. 



— 74 — 
GiBERT (Jean-Bapiiste), peintre de paysage (1829), par Gust. Bou- 

langer. 
SiGNOL (Emile), peintre (i83o). Inconnu. 
HussoN (Honoré- Jean- Aristide), sculpteur (i83o). Inconnu. 
Garrez (Pierre-Joseph), architecte (i83o). Inconnu. 
Martinet (Achille- Louis) , graveur en taille-douce ( 1 8 3o) . Inconnu. 
Berlioz (Hector), compositeur (i83o). Inconnu. 
MoNTFORT (Alexandre), compositeur (i83o). Inconnu. 
Prévost (Eugène-Prosper), compositeur (i83o), par M. Emile 

Signol. 
MoREY (Prosper), architecte (i83i). Inconnu. 
OuDiNÉ (Eugène-André), graveur en médailles (i83i), par Hip- 

polyte Flandrin. 
Flandrin (Jean-Hippolyte), peintre (i832). Inconnu. 
Brian jeune (Louis), sculpteur (i832). Inconnu. 
Leveil (Jean-Arnould), architecte (i832). Inconnu. 
Thomas (Charles- Louis-Ambroise) , compositeur (i832), par Hip- 

polyte Flandrin. 
JouFFROY (François), sculpteur (i832). Inconnu. 
Roger (Eugène), peintre (i833). Inconnu. 
Simart (Pierre-Charles), sculpteur (i835). Inconnu. 
Baltard (Victor), architecte (i833), par Eugène Roger. 
Prieur (Romain- Etienne-Gabriel), peintre de paysage (i833). 

Inconnu. 
Salmon (Louis-Adolphe), graveur en taille-douce (1834). Inconnu. 
Elwart (Antoine), compositeur (1834). Inconnu. 
Famin (Charles), architecte (i835), par M. Antoine- Auguste- 
Ernest Hébert. 
Boulanger ( Ernest- Henri- Alexandre) , compositeur (i835). 

Inconnu. 
Farochon (Eugène), graveur en médailles (i835), par Charles 

Blanchard. 

[A suivre.) 



LA STATUE D'EUGENE DELACROIX. 

Quand nous terminions le numéro du mois de mars en nous asso- 
ciant au vœu du rédacteur du Courrier de l'Art qui avait proposé 
l'ouverture d'une souscription publique pour élever une statue à 




-75 - 

Eugène Delacroix, nous ne supposions pas que la réalisation de ce 
projet dût être si prochaine. 

Ainsi certaines idées restent longtemps à l'état latent, faisant lente- 
ment leur chemin dans la foule, et, quand une seule personne les 
exprime à haute voix, elles rencontrent une approbation unanime, 
car chacun était sur le point d'émettre la même proposition. 

Le projet de souscription pour la statue de Delacroix a donc fait 
déjà le tour de la presse. Les artistes l'ont accueilli avec enthou- 
siasme. Un emplacement est déjà désigné, une objection aussi s'est 
produite. Nous mettrons en quelques mots nos lecteurs au courant 
de la question. 

Le Rappel a le premier lancé la proposition dans le public par la 
plume d'un de ses plus vaillants rédacteurs. Mais alors fut invoqué 
un article du testament de l'artiste interdisant expressément la repro- 
duction de ses traits, ou l'érection d'une statue quelconque sur son 
tombeau. Au surplus voici le texte de ce passage : 

« Mon tombeau sera au cimetière du Père-Lachaise, sur la hauteur, 
« dans un endroit un peu écarté. Il n'y sera placé ni emblème, ni 
« buste, ni statue; mon tombeau sera copié très exactement sur l'an- 
« tique, ou Vignole ou Palladio, avec des saillies très prononcées, 
« contrairement à tout ce qui se fait aujourd'hui en architecture. 

« Après ma mort, il ne sera fait aucune reproduction de mes traits, 
« soit par le moulage, soit par dessin ou photographie ; je le défends 
« expressément. » 

Le sens de ces phrases ne donne place à aucune ambiguïté. Le 
mourant indique la décoration qu'il désire *pour son tombeau et 
défend d'y placer une statue quelconque. Il interdit de plus la repro- 
duction de ses traits après sa mort, d'après son cadavre. Quant à 
l'interdiction d'élever un monument à sa mémoire, il n'en est pas 
question, et il ne pouvait en être question. Une pareille préoccupation 
eût été contraire à toutes les habitudes, à toute la vie de Delacroix, 
car elle eût dénoté une singulière vanité. Ainsi rien, dans les der- 
nières prescriptions de l'artiste mourant, ne s'oppose à l'érection de 
la statue. 

On a songé à la placer au milieu de la place Furstenberg. Nul 
endroit ne serait plus rapproché de cette maison où l'artiste a vécu 
ses dernières et ses plus glorieuses années. Si les nécessités de la 
circulation s'opposaient au choix de cet emplacement, le monument 
pourrait s'élever dans le petit square placé sur le flanc nord de Saint- 
Germain-des-Prés. On ne s'éloignerait pas beaucoup de l'atelier 
du maître. 

Mais n'existe-t-il pas d'autre moyen d'honorer la mémoire d'un 
grand homme que de lui élever une statue de marbre ou de bronze? 
L'hommage est devenu terriblement banai depuis quelques années; 




-76- 

on en abuse tellement qu'il y aurait quelque délicatesse à inventer 
autre chose. Le monument de Regnault à l'École des beaux-arts 
n'est-il pas supérieur à toutes les effigies qu'on aurait pu faire de la 
victime de Buzenval ? C'est ainsi que nous voudrions voir honorer 
la mémoire de Delacroix, non par une statue en pied de l'artiste lui- 
même, mais par une sorte d'apothéose, une figure de l'Immortalité 
couronnant le buste ou le médaillon du maître, ou tout autre 
emblème que l'admiration pourrait inspirer à nos sculpteurs. 

D'ailleurs toutes ces questions vont être abordées et discutées pro- 
chainement. Le Comité est en voie de formation ; il se compose déjà de 
MM. Vacquerie, Claretie, Robaut, Calmettes, Tourneux, de Montai- 
glon, etc. ; il doit se réunir pendant le mois de mai et arrêter les 
bases du projet. 

Les adhésions seront reçues par la Revue de l'Art français ancien 
et moderne. Elles peuvent être adressées soit à M. Jouin, soit à 
MM. Gharavay, éditeurs de la Revue. 

J. G. 



MUSEES. 

Musée de Cluny. — On a commencé les travaux d'agrandissement du 
musée de Cluny, qui nécessiteront une dépense évaluée à 60,000 francs. Une 
grande salle couverte occupera l'emplacement de la cour donnant accès sur 
le frigidarium des Thermes et le square. Le portail Saint-Benoît sera orienté 
d'une façon différente et la salle de bains de l'empereur Julien sera garnie 
de portes. Dans une des dépendances des Thermes, M. du Sommerard vient 
de créer une salle destinée aux sculptures du moyen âge. 



EXPOSITIONS. 



Le Salon de 1884 a été ouvert officiellement le i" mai, après avoir admis 
la presse plusieurs jours à l'avance. La veille de l'ouverture, jour dit du 
vernissage, trente mille visiteurs se sont bousculés dans les salles du palais 
de l'Industrie. Malgré le nombre toujours croissant des expositions de pein- 
tures ouvertes de toutes parts, le public reste fidèle au Salon annuel. On 
n'attend pas de nous un examen même sommaire des œuvres exposées. Nous 
donnons à la Bibliographie un aperçu de la composition du livret et du 
nombre d'oeuvres comprises dans chaque catégorie. 

Le 1 5 mai, a été ouverte place du Carrousel l'exposition des refusés. 

Exposition internationale. — Pendant le mois d'avril, la salle Georges Petit 
a été occupée par un certain nombre d'artistes choisis parmi les peintres les 
plus en vue des différents pays d'Europe, à l'instar de l'exposition qui avait 
eu lieu au même endroit l'année dernière. Celle de 1884 a compris les 
œuvres de MM. Carolus Duran, Duez, Béraud, Alfred Stevens, Pasini, Cazin, 



— 11 — 

Liebermann, Roll, Bastien Lepage, En somme, cette collection d'oeuvres 
d'artistes parisiens ne répond guère aux promesses de son titre. — J. G. 

La Psyché de M. Paul Baudry. — Dans un autre salon dépendant du local 
appartenant à M. Petit, a été exposée pendant les derniers jours du mois 
d'avril une Psyché de M. Paul Baudry. — J.-J. G. 



NECROLOGIE. 

Paquot de Parvillier (Louis-Henri). — Le 1 1 mars est décédé, à 
Abbeville, à l'âge de 92 ans, M. Louis-Henri Paquot de Parvillier, 
artiste-peintre. M. Paquot de Parvillier était père et beau-père de 
M. et M""® Ris-Paquot, artistes et écrivains d'art. 

Randon (Gilbert). — Le 28 mars est mort à Paris, dans la maison 
Dubois, le caricaturiste Randon, décédé des suites d'une attaque de 
paralysie compliquée d'une maladie de cœur. Né à Lyon le 8 octobre 
181 1, Randon a principalement collaboré au Journal pour rire et au 
Journal amusant. 

ViGNÈRES (Jean-Eugène). — Le 17 février, est mort à Hyères Jean- 
Eugène Vignères, marchand d'estampes. Il était né à Paris, le 24 juil- 
let 181 2, et s'occupait du commerce des estampes et particulière- 
ment des portraits anciens. Il est l'éditeur des portraits en bistre, 
reproduction de portraits rares ou trop grands de format pour 
illustrer les livres; des portraits pour illustrer l'Art au XVIII'' siècle, 
de MM. de Concourt; des Dessinateurs d'illustration; des Graveurs 
du XVIII^ siècle, de MM. Portalis et Beraldi, etc. 

RiQUiER (Louis). — Le peintre Louis Riquier, dont les obsèques 
ont eu lieu, le 21 avril, à l'église Saint-Augustin, était élève de 
Mathieu Van Brée, peintre flamand. Louis Riquier est mort à l'âge 
de quatre-vingt-douze ans. Il y a quelques années, il s'était particu- 
lièrement attaché à mettre en lumière les meilleures œuvres de Bras- 
cassat et de Léopold Robert. Louis Riquier est inhumé au cimetière 
Montmartre. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Livret du Salon de 1884. — Le catalogue du Salon de 1884 ouvert le 
1" mai (102" exposition depuis l'année 1673^ renseignement inexact, puisque 
le livret de i883 portait le n" d'ordre loo) compte 441 pages et 4,658 numé- 
ros de peinture, sculpture, gravure, architecture, etc. Le jury avait fixé la 
limite extrême des peintures à admettre à 2,600; il est resté au-dessous de 
ce chiffre, la peinture ne compte que 2,488 numéros. Les dessins, miniatures, 
faïences, vitraux vont du n° 2489 à 3287. La sculpture compte 745 œuvres 
exposées (de 3238 à 3983). La gravure en médailles occupe 36 numéros. 



-78- 

L'architecture va de 4020 à 4184. Enfin la gravure commence à 4185 pour 
finir au n° 4658. Une page et demie est consacrée aux œuvres d'art exécu- 
tées dans les monuments publics. 

La Société des artistes français, Société éminemment commerciale, vend 
son catalogue à un imprimeur; rien à redire à cela; mais au moins devrait- 
elle exiger un papier et une impression à peu près convenables. Il est éga- 
lement regrettable que bon nombre d'omissions soient relevées sur le cata- 
logue de 1884 par les visiteurs du Salon. — J. G. 

Catalogue illustré du Salon de 1884 publié par F. G. Dumas. — C'est 
la sixième année de la collection commencée en 1879, à la suite du succès 
du catalogue illustré de l'Ecole anglaise publié â l'occasion de l'exposition 
universelle de 1878. La collection des catalogues illustrés de M. Dumas 
compte actuellement quatorze volumes, parce qu'à côté du catalogue illustré 
annuel (6 volumes) ont paru divers suppléments pour les années 1880 et 188 1, 
i883 et 1884. Le supplément de la présente année était mis en vente le 
même jour que le catalogue lui-même, dès le i" mai. Rentrent aussi dans 
cette collection le Catalogue illustré de l'art belge de i83o à 1880, le Cata- 
logue de l'exposition d'Amsterdam en i883, le Catalogue illustré du musée 
du Luxembourg, l'Annuaire illustré des beaux-arts pour 1882, enfin le Cata- 
logue illustré de l'exposition nationale et Annuaire illustré dçg beaux-arts 
en i883. 

Les publications illustrées de M. Henry Blackburne qui ont donné l'idée 
du Catalogue illustré à M, Dumas ont pris naissance en 1875. Les Academy 
notes comptent en 1884 dix livraisons, tandis que les Grosvenor notes, com- 
mencées en 1878, n'en sont qu'à leur septième fascicule. L'éditeur anglais a 
consacré en outre un volume ililustré aux peintures du musée de Kensing- 
ton et un autre volume à la National Gallery. Ces livrets, très soigneusement 
imprimés sur du papier fort et ornés de dessins, exécutés pour la plupart 
avec soin et fort nets, coûtent i sh. ou i fr. 25, chacun. — J. G. 

Claretie (Jules). — Peintres et sculpteurs contemporains {2" série). Artistes 
vivants au i" janvier i88i. Portraits gravés à l'eau-forte par L. Massart. 
9" livraison, A. Vollon; 10° livraison, Louis Leloir. Paris, imp. Jouaust, 
1884, in-8°. 

Bulletin des Beaux- Arts, journal mensuel orné de nombreuses gravures, 
planches hors texte. — Texte par MM. V. Ad vielle, Baré, A. Bouvenne, Paul 
d'Air, Z. Marcas, Saint-Denis, Valentin, etc. i" année 1883-1884. Paris, 
Fabré^ quai des Grands-Augustins, 41, gr. in-4'', 192 p. 



NOUVELLES ARCHÉOLOGICIUES. 

Encore les tapisseries de Pantoise. — Si le Triomphe d^ Alexandre dont 
nous parlions dans notre dernier numéro paraît définitivement perdu pour 
la ville de Pontoise, la municipalité vient par un vote récent d'assurer la 
conservation et la restauration de cinq pièces de la dernière moitié du 
xvir' siècle, provenant d'une église et appartenant aujourd'hui à la ville. 
Cette suite qui sort probablement des ateliers d'Aubusson ou de Felletin 
représente les épisodes de l'histoire d'un roi, hébreu ou romain, qu'il est 



— 79 — 

fort difficile de déterminer. Les compositions sont encadrées dans des 
colonnes torses décorées de guirlandes; d'autres guirlandes forment bordure 
par le haut. Pas de marque ; la lisière est brune. Il est question de créer à 
Pontoise un Musée où ces tentures seraient déposées sous la garde de la 
Société d'archéologie. Si ce Musée existait depuis quelques années, il aurait 
recueilli les collections de plusieurs membres de la Société, récemment décé- 
dés, qui étaient tous disposés à laisser ces collections à leur ville natale; 
mais elle n'aurait su où les mettre, ni comment les conserver. Il importe 
donc beaucoup, comme on voit, que chaque ville ait son Musée, fût-il des 
plus modestes. — J. G. 



NOUVELLES DIVERSES. 

Académie de France à Rome. — Le ministre de l'instruction publique et 
des beaux-arts vient d'accroître de 5oo francs la pension des dix-neuf élèves 
de l'Académie de France à Rome, ce qui portera à 4,000 francs leur traite- 
ment annuel qui se divise en indemnités de table, frais d'étude et d'entre- 
tien. Les pensionnaires reçoivent, en outre, à la fin de chaque année une 
indemnité de menus frais réglée dans les proportions suivantes : les peintres, 
187 fr. 5o par an; les sculpteurs, 112 fr. 5o; les architectes, 25o francs; les 
graveurs en médailles, 3o francs; les graveurs en taille-douce, 3o francs; 
les musiciens, 75 francs. Les architectes se rendant en Grèce recevront une 
indemnité spéciale de 800 francs; et, quand les pensionnaires voyagent, 
leur traitement est payé à raison de 267 fr. 5o par mois. 

Monument de Gambetta. — Le i3 avril a eu lieu à Cahors l'inauguration 
du monument de Gambetta, sculpté par M. Falguière, membre de l'Institut. 
Sur un socle de 1 1 mètres de côtés, le monument en bronze s'élève à une 
hauteur de lo^So. Gambetta, en redingote, avec un pardessus flottant, appuie 
l'une de ses mains sur un canon. A ses pieds, un immense drapeau à moi- 
tié déplié s'étend sur la façade extérieure du socle. A gauche et à droite du 
drapeau se tiennent un marin combattant et un mobile blessé. Afin de rendre 
plus saisissant l'aspect de la statue, la municipalité a fait enlever provisoire- 
ment du cours Fénelon, où elles figuraient, la statue de Jean-Baptiste Bes- 
sière, duc d'Istrie, maréchal de l'empire, né à Playssac en 1768, mort en 
181 3, et celle de Joachim Murât, né à la Bastide en 1767, mort en 181 5. 
Ces deux statues ont été reléguées à la mairie. On a laissé, au cours Fénelon, 
le buste de Fénelon, sur une colonne perdue parmi la verdure des arbres, 
derrière l'image de Gambetta. Le maire de Cahors et M. Jules Ferry, prési- 
dent du Conseil, ont pris la parole devant la statue. 

Monument de Millet et de Théodore Rousseau. — On a inauguré le 
21 avril, à Barbizon, le petit monument rustique que quelques amis des 
peintres J.-F. Millet et Th. Rousseau avaient, depuis deux ans, projeté d'éle- 
ver à la mémoire des deux maîtres regrettés, à l'endroit même où la plus 
grande partie de leur vie s'est écoulée. Ce monument est une simple roche 
de la forêt, dans laquelle une plaque de bronze est incrustée ; et sur cette 
plaque se trouvent les portraits des deux artistes, taillés en bas-relief. C'est 
M. Chapu qui a exécuté ces médaillons. Le rocher est situé à l'entrée du 



— 8o — 

village de Barbizon, en venant de Fontainebleau, à droite de la route, presque 
en face de la maison qui fut, tour à tour, habitée par Ziem et par Charles 
Jacque et que le peintre Paris a transformée récemment en un élégant chalet. 
L'inauguration a eu lieu à deux heures, sans grande pompe, mais au milieu 
d'un assez grand concours d'amis et de curieux venus à Barbizon pour fêter 
Millet et Rousseau. Les membres du comité, MM. Camille Paris, René 
Ménard, Gerspach, Tillot, Henri Trouville, etc., avaient réglé la cérémonie. 
M. Paris a commencé par raconter comment était née l'idée du monument; 
puis divers orateurs ont pris la parole. Enfin, M"° Élise Petit, de l'Odéon, 
a récité un pièce de poésie de M. André Lemoyne. 

Monument de Chan^y. — M. Crauk et M. Croisy, statuaires, collaborent 
en ce moment au monument à élever sur la place des Halles, au Mans, à la 
mémoire du général Chanzy. Les souscriptions recueillies s'élèvent à 
126,000 francs. La dépense relative à la construction du monument est éva- 
luée à 23,000 francs pour la statue, 20,000 francs pour le piédestal et 
86,000 francs pour les groupes en haut-relief qui orneront ce piédestal sur 
les quatre faces. Les frais de publicité ont atteint 9,000 francs. Le général 
Chanzy est représenté par M. Crauk, debout, en costume de campagne, le 
képi sur la tête, la main gauche appuyée sur la garde du sabre. La statue, 
en bronze, aura trois mètres de hauteur. Sur les deux côtés du piédestal, 
M. Croisy a groupé une douzaine de soldats, de mobiles, de marins, de cava- 
liers, personnifiant les uns la « Défense du Drapeau, » les autres « l'Attaque 
en avant. » Sur les faces antérieure et postérieure, des cavaliers démontés, 
un affût brisé, un blessé qui se relève pour brûler une dernière cartouche. 
Les modèles ne sont encore qu'à l'état de maquettes. M. Croisy est chargé, 
par l'administration des beaux-arts, d'un buste en marbre du général- 
ambassadeur, pour les galeries historiques de Versailles. 

Statue de Beaurepaire. — On a pu voir au Salon la statue du comman- 
dant Beaurepaire par M. Maximilien Bourgeois. Le général Campenon, 
ministre de la guerre, vient d'adresser à tous les généraux de corps d'armée 
une circulaire au sujet de la souscription ouverte pour l'érection de cette 
statue à Couloramiers. Le conseil municipal de Coulommiers ayant demandé 
au ministre l'autorisation de recevoir les souscriptions des militaires qui 
voudraient honorer la mémoire de Beaurepaire, le ministre a accordé l'auto- 
risation demandée. 

Statue du marquis de Jouffroy. — M. Charles Gauthier achève en ce 
moment la statue de Claude-François Dorothée, marquis de Jouffroy d'Al- 
bans, ingénieur-mécanicien qui chercha le premier l'application de la vapeur 
à la navigation. Cette statue ne sera pas exposée à Paris. Il va être de suite 
procédé à la fonte et le bronze sera dirigé sur la Franche-Comté où il doit 
être inauguré très prochainement. La ville de Besançon organise à cette 
occasion de grandes fêtes qui auront lieu, du samedi 26 juillet au lundi 
18 août, à l'occasion de l'inauguration de la statue de Jouffroy et de l'ouver- 
ture du chemin de fer de Besançon à la frontière suisse. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



6. — Juin 1884. 



ASSEMBLEE GENERALE 

DES MEMBRES FONDATEURS DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE l'arT FRANÇAIS 

Du i3 Mai 1884. 

L'assemblée annuelle des membres fondateurs de la Société a eu lieu, le 
mardi i3 mai 1884, dans une des salles du Cercle historique, 2, rue Saint- 
Simon, obligeamment mise à la disposition de la Société par le Conseil 
d'administration du Cercle. 

Etaient présents : MM. A. de Montaiglon, président; M. J. Badin, tréso- 
rier ; MM. Henry Havard, Jules Guiflrey, membres du Comité; MM. Pol 
Nicard, Edouard Meaume; J. David, de Brugière, Charles Lucas, Alexandre 
Tuetey, Antony Valabrègue, Olivier Merson, Amédée Lopinot, membres 
fondateurs de la Société. 

Plusieurs absents s'excusent de ne pouvoir assister à la réunion. 

M. de Montaiglon, Président du Comité, présente le rapport sur les tra- 
vaux et les publications de la Société pendant l'exercice i883 : 

Messieurs, 

Le rapport que je me trouve avoir à vous présenter tous les ans 
s'occupe toujours de la même chose, de l'état de nos publications. 
S'il est bon de commencer, il est encore meilleur de suivre et de 
continuer. 

En i883, nous avons publié le premier volume des Scellés d'artistes. 
Il en renferme cent, depuis 1643 jusqu'en 1741, que M. Guiffrey a 
pu relever, extraire, imprimer en totalité ou analyser d'après la 
table complète des scellés faits pour le travail d'inventaire des Archives 
nationales par l'Archiviste de la Section, M. Campardon. C'est, à ce 
que disent certaines gens, ennuyeux comme tous les documents. Il y 
a pourtant là l'inventaire de Le Brun ; comme il était Garde des 
tableaux du Cabinet du Roi, c'est un des textes les plus précieux et 
les plus authentiques sur la formation, bien postérieure, du Musée 

REV. ART FR. 6 



— 82 — 

du Louvre. Sur des artistes de second ordre, sur des artistes presque 
inconnus, il y a là des choses très nouvelles et bien curieuses. On 
s'en servira, sans nous citer, nous y sommes habitués depuis long- 
temps, ce qui ne doit pas nous empêcher de continuer. Aussi je suis 
heureux de vous dire que le second volume, dont la copie est com- 
plète, en est aujourd'hui à sa septième feuille tirée ; il sera imprimé 
et distribué avant la fin de l'année; un troisième volume, qui paraîtra 
en i885, terminera les scellés d'artistes. Il faudra bien convenir que 
tous les renseignements qui pourront en sortir seront dus au dévoue- 
ment, fort mal récompensé, de notre Société. 

Quant aux Procès-verbaux de l'Académie de Peinture et de Sculp- 
ture, qui auraient dû être depuis longtemps imprimés par l'État ou 
par l'Académie des Beaux-Arts, — c'est vous qui l'imprimez à vos 
frais; — le cinquième volume, qui va de 1726 à 1744, a paru en i883. 
Le sixième volume en est comme impression, — j'en reçois réguliè- 
rement une feuille à corriger toutes les trois semaines, parce qu'on, 
imprime la suivante en décomposant la précédente, — au tirage delà 
feuille i3,qui arrive au mois d'avril 1750. Par conséquent, en conti- 
nuant comme à l'ordinaire, le sixième volume des Procès-verbaux 
sera terminé dans les derniers mois de 1884 ou les premiers mois 
de i885 et sera affecté soit à l'exercice 1884, soit à l'exercice prochain. 
La date où nous arrivons montre, comme nous en sommes au com- 
mencement du 7e registre du manuscrit et qu'il y en a dix, que nous 
en avons encore au moins pour trois volumes, peut-être pour quatre, 
c'est-à-dire pour trois ou quatre ans. 

Ces collections, longues et utiles, que personne ne fait que vous, 
avec vos souscriptions personnelles, puisque tout passe en papier et en 
impressions, sans que personne de vous demande quelque chose pour 
son temps et sa compétence, qui est pourtant considérable, sont arri- 
vées, par la pauvreté de notre budget, à faire que des articles courts, 
des documents précieux ne pouvaient pas s'imprimer. C'est pour cela, 
qu'après avoir fait de 1875 à 1878 un Bulletin, qui est rare, on a 
pensé à faire une Revue, très courte, pour pouvoir imprimer, aussitôt 
que possible, les documents découverts qu'on nous envoie et qu'il 
convient d'imprimer le plus tôt qu'on peut. 

Notre collection s'est augmentée cette année d'un volume spécial 
dont l'importance et l'utilité sont incontestables. A la suite du 
Dictionnaire de Jal et du volume de MM. Harduin et Herluison, 
qui fait partie de notre collection annexe, notre regretté confrère, 
M. Hubert Lavigne, avait imprimé pour nous, en 1881, un gros 
volume de billets d'enterrement et de décès d'artistes français 
depuis 1823 jusqu'à nos jours. Dans notre Bulletin de 1876, M. Guif- 
frey avait imprimé, en les extrayant du fonds de la Maison du 
Roi aux Archives, où sont réunies les pièces justificatives deraan- 



- 83 — 

dées en 1780 aux titulaires des pensions royales, cent dix actes 
de baptême ou de décès d'artistes du xvrri« siècle. Il nous manquait 
encore le xvii". Notre confrère, M. Octave Fidière, a comblé cette 
lacune, la plus importante puisqu'elle était la plus ancienne, en impri- 
mant, d'après un volume conservé à la Bibliothèque de l'École des 
Beaux-Arts et signalé pour la première fois par M. Etienne Arago, les 
cent quatre-vingt-un « Billets d'enterrement et de service de MM. de 
l'Académie de Peinture et de Sculpture qui sont morts depuis l'établis- 
sement d'icelle en 1648 jusqu'à l'année courante, recueillis et mis en' 
ordre par Antoine Reynès, Concierge de l'Académie. » Les pre- 
miers sont ceux des deux Lenain, morts en 1648, le dernier celui du 
peintre de fleurs François Baudesson, mort en 171 3. 

Les trois publications, qui s'ajoutent les unes aux autres, sont excel- 
lentes, mais, malgré leur richesse, pleines de lacunes. Si nous ren- 
contrions une quatrième cachette, une quatrième réunion, et d'autres 
ensuite, qui permissent des volumes complémentaires, nous ne man- 
querions pas de les imprimer; mais, jusqu'à cette rencontre, toujours 
possible et toujours douteuse, nous serions bien reconnaissants à nos 
collaborateurs d'envoyer à notre Revue, c'est-à-dire à la leur, les actes 
de ce genre qu'ils se trouveront découvrir. Ils ne paraîtront qu'un à 
un, mais ils seront utiles, parce qu'ils seront imprimés. 

Depuis que nous avons imprimé les quatre premières feuilles, c'est- 
à-dire les quatre premiers numéros de la Revue de l'Art français, on 
peut voir qu'il y avait intérêt à le faire. Il s'y trouve, enti-'autres, la 
date de la mort de François Glouet, une liste des graveurs de la Mon- 
naie de Troyes du xiv° au xviii' siècle, une lettre de Van Dyck écrite en 
France, et bien d'autres choses. Nos confrères et souscripteurs nous en 
demandent plus, d'ajouter feuilles sur feuilles, et ce n'est certes pas la 
matière qui manque ; mais le marchand de papier et l'imprimeur ne 
se paient qu'en argent comptant. Depuis quinze ans, non pas avec les 
démissions, mais avec la disparition des morts, l'entrée de nouveaux 
adhérents ne nous fait pas changer entre le nombre de 140 à 
1 5o membres. Avec cela nous parvenons à faire par an de deux 
volumes à deux volumes et demi. Avec cent membres de plus, nous 
ferions de quatre à cinq volumes, et vous pouvez être sûrs que pen- 
dant bien des années, longtemps même après que nous ne serons plus, 
la matière ne manquera pas. 

Dans notre collection annexe, qui ne s'augmente pas autant qu'il se 
pourrait, je n'ai, pour cette année, pas de volume à vous signaler, mais 
nous en attendons un bien curieux. Notre confrère, M. Natalis Rondot, 
fait paraître, dans la Revue Lyonnaise, un de ses dépouillements des 
Archives de Lyon, le relevé sommaire des imagiers et sculpteurs; il 
sera bientôt terminé, et nous aurons le plaisir de mettre notre marque 
sur ce tirage à part et d'en enrichir notre seconde série. Les volumes 



-84- 

publiés par des éditeurs et les gros livres n'ont pas à venir à nous, mais 
les tirages à part de Revues devraient y venir plus souvent ; ils y 
gagneraient d'être plus connus et par là plus utiles. Ce qui s'éparpille 
dans les Revues s'ignore ou est trop difficile à retrouver, même quand 
on en connaît l'existence. Aussi, vous signalerai-je, en dehors, mais 
bien à côté de nous et dans le même sens, un effort qui se commence 
pour la réimpression des livrets des Salons provinciaux du xviii« siècle^ 
suite de l'établissement des Académies de Peinture et des Écoles de 
dessin provinciales dans la France du xviir siècle. 

Dès 1870, M. Beauchet-Filleau, dans ses Pièces inédites^ rares ou 
curieuses, concernant le Poitou et les Poitevins (Paris, Académie des 
Bibliophiles, in-S», p. 29-43), a republié en résumé le livret de l'expo- 
sition de Poitiers de 1777, en disant n'avoir pu trouver un exemplaire 
de celui de 1776, et il y a eu d'autres salons de Poitiers dont la date 
même est perdue. 

En 1882, M. Léon Lefebvre a fait paraître à Lille, en un élégant 
volume, le recueil des seize livrets des Salons de Lille, de 1773 à 1788. 
En i883, notre confrère M. Charles Marionneau vient d'imprimer, 
pour la Société des Bibliophiles de Guyenne, les livrets des Salons" 
bordelais ou des expositions de Beaux-Arts à Bordeaux, de 1771 à 
1787, et vraiment il ne pouvait les faire connaître qu'en les réimpri- 
mant. Le Salon de 1771 n'existe qu'à deux exemplaires; il n'y a pas 
d'exemplaire connu de celui de 1772, quoique l'on sache que le livret 
en a été imprimé; celui de 1774 n'existait qu'à trois exemplaires; on 
n'en a pas trouvé de celui de 1776; celui de 1782 n'existe qu'à un seul 
exemplaire, et, si celui de 1787 est moins rare, il ne peut pourtant pas- 
ser pour un livre commun. Je n'ai pas à insister ici sur les notes bio- 
graphiques, très locales et très nouvelles, sur les artistes bordelais, mais 
nous devons donner comme un exemple les publications de MM. Beau- 
chet-Filleau, Lefebvre et Marionneau. Il y a eu au xvnr* siècle d'autres 
Salons provinciaux ; il y a eu des livrets imprimés à Lyon, à Marseille, 
à Dijon, à Rouen et à Toulouse. Nous ne les connaissons pas et la 
recherche n'en est pas facile, ce qui est une raison de plus pour la 
faire et pour sauver ces épaves, en les réunissant dans des publications 
que la Province est seule capable de faire. 

Pour en revenir à ce qui nous concerne particulièrement, vous 
trouverez tout naturel de remercier le cercle Saint-Simon, où nous 
sommes réunis, d'avoir bien voulu nous donner une hospitalité durable. 
Quelques-uns de nous en faisons partie, mais, y en eût-il moins, ou 
même aucun, le Cercle de la Société historique eût encore eu la bonne 
grâce de nous accueillir ; pour les séances régulières et irrégulières 
d'une Société désintéressée, rien n'est meilleur que la stabilité et la 
possibilité de convoquer et de se réunir au même endroit. 

Permettez-moi aussi de nous féliciter ensemble d'un honneur où 



— 85 — 

nous pouvons nous permettre de prendre quelque part. A la dernière 
séance des réunions de la Sorbonne, notre Secrétaire, M. Guiffrey, 
celui qui a fait renaître les anciennes Archives de l'Art français, qui a 
été le véritable créateur de notre Société, a été, sur la demande de la 
Commission de l'Inventaire des richesses d'art de la France et des 
Sociétés des Beaux-Arts, décoré de la Légion d'honneur. Pour ne 
parler que de quelques-uns de ses travaux, son Van Dyck, l'énorme 
et difficile publication des Comptes des bâtiments du roi, son histoire 
de la tapisserie française, qui a commencé avant les autres pays, y 
sont bien pour quelque chose ; mais il a fait, il prépare, il fera encore 
beaucoup de choses pour nous. Nous pouvons donc trouver que sa 
décoration, qu'il méritait plus tôt, — si nous n'y avons pas beaucoup 
contribué, — nous fait à la fois plaisir et honneur. 

Enfin, je n'ai pas à vous proposer pour votre Comité de nouvelles 
propositions de nominations. Nous avons eu l'année dernière assez 
de nouvelles nominations à vous proposer pour qu'il se trouve demeu- 
rer complet jusqu'à l'année prochaine. 

Cependant, par le fait d'une démission, nous nous trouvons avoir à 
remplacer notre Trésorier; c'est l'un des rouages les plus importants 
et les plus délicats de l'administration, de la vie même d'une Société. 

M. Badin, lorsque nous nous sommes trouvés dans les mains d'un 
libraire au moins négligent, a bien voulu se charger de la besogne 
bien difficile de l'apurement de nos comptes, de la remise en état de 
notre comptabilité et de la rentrée de nos souscriptions. Je n'ai pas 
besoin de vous dire, vous le savez depuis des années, l'excellent état 
de régularité où M. Badin a mis notre budget. Il a donné sa démission, 
nous l'avons refusée ; il l'a redonnée, nous l'avons refusée encore ; il 
insiste pour qu'on finisse par l'accepter. S'il en faisait un peu moins, 
je vous réponds qu'il en ferait encore assez; mais, comme il continue 
à y revenir et que nous ne serons pas privés pour cela de son amitié 
dévouée et de ses conseils, il faut bien en passer par ce qu'il veut. 

Dans cette difficulté, qui est réelle, nous avons pensé à nous adres- 
ser, pour lui donner un successeur, à M. Tuetey, Archiviste aux 
Archives nationales et depuis des années le Trésorier de la Société des 
anciens élèves de l'École des Chartes, heureusement pour elle beau- 
coup moins pauvre que nous. Comme M. Tuetey a l'habitude et le 
maniement de fonds importants, qu'il est rompu aux recouvrements 
de cotisations et aux comptes de dépenses, ce ne sera pour lui qu'un 
surcroît de besogne; comme il veut bien en accepter la charge, je 
crois que nous ne pouvons mieux faire que de le remercier de vouloir 
bien l'accepter, et votre Comité le propose unanimement à votre 
élection. 

Permettez-moi encore, pour un instant, d'émettre un autre vœu, 
que nous changerions facilement en injonction. Quand notre confrère 



— 86 — 

M. Eudoxe Marcille, qui nous a promis la correspondance de Prud'hon, 
à laquelle les anciennes Archives de l'Art français n'auront pas été inu- 
tiles, nous donnera-t-il la copie des lettres de Prud'hon ? Il est, dit-il, 
presque prêt, mais pas assez prêt ; il espère encore d'autres lettres. Ne 
serez-vous pas d'avis que, pour partir et faire quelque chose, il y a 
un moment où il faut au besoin couper le câble ? Disons à M. Marcille 
qu'au besoin nous arriverons chez lui avec des haches. 

A la suite de ce discours, M. J. Badin, Trésorier, présente le rapport sui- 
vant sur l'état des finances : 
^ Messieurs, 

Cette année, la Société a touché : 
3 cotisations de 1 88 1 6o fr. » » 

5 — de 1882 100 »» 

i35 — de i883 2,700 »» 

6 fr. 93 0/0 de la faillite Baur. 

La faillite comprenait 480 fr., représentant le montant 
des sommes perçues pour la Société et non payées 
par M. Baur 33 26 

Ces différentes sommes, ajoutées au reliquat de 1882 
reporté à i883 c 1,891 55 

Portent le total des recettes de 188 3 à .... 4,784 fr. 81 

Les dépenses comportent : 

Timbres-quittances i4fr. 60 

Timbres-poste 5 75 

Recouvrement des cotisations io5 25 

Impression des Lettres d'enterrement des membres de 

l'Académie royale de peinture, sculpture, gravure, etc. 528 90 
Impression des Procès-verbaux de l'Académie royale de 

peinture, sculpture et gravure, tome V 1,825 25 

Impression du tome X des Nouvelles Archives . . . 2,240 »» 

Total des dépenses de i883 4,7i9fr. 75 

BALANCE. 

Recettes 4,784 fr. 81 

Dépenses 4i7^9 7^ 

A reporter au compte de 1884 65fr. 06 

La Société n'a pas encore reçu les 800 fr. de souscription du Minis- 
tère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts; il reste encore à 
recevoir 740 fr. de cotisations de i883 et années antérieures, et le 
montant des ouvrages vendus par la maison Charavay, montant non 
encore réglé. 



-87- 

Messieurs, 
Avant de terminer, j'ai le regret de vous annoncer que j'ai demandé 
à être relevé de mes fonctions de Trésorier de votre Société, L'altéra- 
tion qui, depuis deux ans, s'est produite dans ma santé, m'a forcé à 
prendre cette détermination. La Société de l'Histoire de l'Art français, 
à laquelle j'appartiens depuis sa fondation, va me donner un succes- 
seur, mais je ne me retire pas et j'espère lui rendre encore des ser- 
vices. Je suis prêt à rendre des comptes et je me tiendrai à la dispo- 
sition de mon successeur pour tous les renseignements dont il pourra 
avoir besoin. 

A la suite de la lecture de ce rapport, les comptes présentés par M. Badin 
sont approuvés, et l'Assemblée, tout en exprimant à son Trésorier ses regrets 
de le voir persister dans ses projets de retraite, lui vote des remerciements 
pour les soins qu'il a consacrés aux intérêts de la Société, et nomme à 
l'unanimité M. Alexandre Tuetey Trésorier en remplacement de M. Badin. 



PARTIE ANCIENNE. 



JOSEPH PARROCEL. 
Extrait des registres des Bâtiments du Roi. — Années i685-i68j. 

Il a été payé à Joseph Parrocel, peintre du Roi, pour travaux exé- 
cutés par lui pour le service de Sa Majesté, savoir : 

i» 55o livres, le i5 avril i685, pour le prix d'un grand tableau qu'il 
a fait et posé dans la salle des Gardes et qui représente une Bataille. 

2° 1,400 livres, pour avec 2,3oo livres, qui lui ont été ordonnées, 
savoir : 1,000 livres le 26 août i685, 5oo livres le 10 mars i686, 
5oo livres le 7 juillet, 3oo livres le 2 mars 1687, faire le paiement de 
3,750 livres à quoi montent 1 1 tableaux qu'il a faits et posés dans 
l'antichambre du Roi, à Versailles*. 

3° 1 5o livres pour avoir nettoyé et repeint la frise de l'antichambre 
du Roi à Vincennes. 

La Bataille dont il est question plus haut est le Combat de Leu^e 
(Catal. du musée de Versailles, par Eud. Soulié, n" 160). Le nom de 
Joseph Parrocel figure au bas dans un cartouche; mais les onze 
tableaux, que l'on retrouve encore dans l'antichambre, ne fournissent 
aucune indication sur leur auteur. Seuls, ceux de Vander Meulen 

I . Cette somme de 3,75o livres n'est pas exacte ; l'addition sur les registres 
donne le chiffre de 3,700 livres. 



- 88 - 

portent le nom de ce maître. La note ci-dessus doit lever tous les 
doutes à ce sujet. 

Joseph Parrocel a beaucoup travaillé pour Versailles. Il avait peint 
un certain nombre de tableaux pour la salle à manger dont cinq : 
La foire de Bedons et les Qtiatre parties du monde furent donnés par 
Louis XIV au comte de Toulouse. — Que sont devenus les premiers? 
— Son tableau de réception à l'Académie Une sortie de Maestricht, 
repoussée par les Français, fait partie des collections de Versailles 
selon Villot, et cependant la notice du musée par E. Soulié n'en fait 
nulle mention. 

Le Passage du Rhin et quatre Dessus de porte commandés à Joseph 
Parrocel pour le château de Marly avaient été, par ordre de Louis XIV, 
placés dans la salle du Conseil, à Versailles. — Ici encore même silence. 

A chacune de mes visites dans ce château historique, j'ai parfaite- 
ment reconnu la main de mon aïeul dans les peintures de l'anti- 
chambre, mais, des tableaux précédemment nommés, je n'ai retrouvé 
aucune trace marquante. Seules, quelques toiles de moyenne dimen- 
sion, sans nom d'auteur, m'ont rappelé le faire et le coloris de Joseph 
Parrocel, mais ici je ne puis rien préciser. Les toiles anonymes dont 
je parle seraient-elles des peintures provenant de la salle à manger? 

Etienne Parrocel. 



UNE LETTRE DE JACQUES-LOUIS DAVID. 

Paris, ce i8 frimaire, an 5' de la République. 
Il m'est actuellement de toute impossibilité, citoyen, de donner gra- 
tuitement mes soins à l'éducation des jeunes gens qui fréquentent mon 
atellier; des raisons impérieuses m'obligent de moins consulter les 
sentiments de mon cœur que l'état de ma fortune. Si vous désirez 
continuer à recevoir mes leçons, vous voudrez bien vous conformer à 
payer par mois la somme de 12 liv., prix ordinaire des autres atelliers. 
Salut, fraternité, 

David. 
P. -S. — Le mois commencé du i^r décembre (vieux style). 
Au citoyen La Fraye, rue Saint-Honoré, n» 282, à Paris. 

Ce Laffrey, et non La Fraye, était de Tallard (Hautes-Alpes) ; il possédait 
une certaine fortune et il vint à Paris apprendre la peinture pour laquelle il 
n'avait du reste aucune disposition, et qu'il abandonna après son retour dans 
les Alpes. 

J. Roman. 




-89- 
JOSEPH ROETTIERS 

GRAVEUR EN MÉDAILLES ET EN MONNAIES. 

Erratum. 

Plusieurs fautes typographiques assez graves se sont glissées dans 
l'article de notre collaborateur M. Vaillant, paru le mois dernier. 
Nous rétablissons ici le texte exact de M. Vaillant. 

Page 66, lignes 3i à 38, le texte doit être rétabli ainsi : « Il fit donc 
frapper à son effigie « son trésor qui venait de rentrer de France » et 
sans nul doute les subventions que lui prodigua Louis XIV. John 
Evelyn raconte, etc. » 

Page 67, ligne 5, au lieu de : Tohitehall, lise!( : Whitehall; lig. 11, 
au lieu de : Corenter, lise^ : Counter ; — lig. 12, au lieu de : Horwod, 
lise:{ : Horwood. 

Page 68, ligne 16, au lieu de : Tohitehall, lise:^ : Whitehall. 



PARTIE MODERNE. 



LES PORTRAITS D'ARTISTES FRANÇAIS 

A LA VILLA MÉDICrS. 

{Suite.) 

Blanchard (Charles-Octave), peintre (i836). Inconnu. 

Papety (Dominique-Louis-Féréol), peintre (i836). Inconnu. 

Ottin (Auguste-Louis-Marie), sculpteur (i836), par Isidore- 
Alexandre-Auguste Pils. 

Clerget (Jacques-Jean), architecte (i836), par Paul Jourdy. 

BoissELOT (Xavier), musicien (i836). Inconnu. 

MuRAT (Jean), peintre (1837), par Pierre-Nicolas Brisset. 

BuTTURA (Eugène-Ferdinand), peintre d'histoire (1837). /nconnzf. 

Chambard (Louis- Léopold), sculpteur (1837), par Jean Murât. 

GuÉNEPiN (Jean- François- Jean- Baptiste ) , architecte (1837). 
Inconnu . 

Besozzi (Louis- Désiré), musicien (1837), par Dominique-Louis- 
Féréol Papety, 

PiLS (Isidore-Alexandre-Auguste), peintre (i838). Inconnu. 

Vilain (Nicolas- Victor) , sculpteur (i 838), par Eugène-Jean Da- 
mer;^, d'après Isidore-Alexandre- Auguste Pils. 



— 90 — 

, UcHARD (Toussaint-François- J oseph) , architecte ( 1 8 3 8) , par Isidore- 
Alexandre-Auguste Pils. 

PoLLET (Victor), graveur en taille-douce (i838), par Isidore- 
Alexandre-Auguste Pils. 

Normand (Charles-Victor), graveur en taille-douce (i838), par 
Isidore- Alexandre- Auguste Pils. 

Bousquet (Georges), musicien (i838), par Isidore- Alexandre- 
Auguste Pils. 

Hébert (Antoine-Auguste-Ernest), peintre (1839), par M. An- 
toine-Auguste-Ernest Hébert. 

Gruyère (Théodore-Charles), sculpteur (1839), par M. Antoine- 
Auguste-Ernest Hébert. 

Lefuel (Hector-Martin), architecte (1839), par M. Antoine- 
Auguste-Ernest Hébert. 

Vauthier (André), graveur en médailles (1839), par Eugène-Jean 
Damery. 

GouNOD (Charles-François), musicien (1839), par M. Antoine- 
Auguste-Ernest Hébert. 

Brisset (Pierre-Nicolas), peintre (1840), par Félix-Joseph -Bam'a^. 

Ballu (Théodore), architecte (1840), par Pierre-Nicolas Brisset. 

Saint- Eve (Jean), graveur en taille-douce (1840), par Pierre- 
Nicolas Brisset. 

Bazin (François-Emmanuel-Joseph), musicien (1840), par Pierre- 
Nicolas Brisset. 

Lebouy (Auguste), peintre (1841), par Victor- François-Éloy. 
Biennourrjr. 

Langue (Félix-Hippolyte), peintre de paysage (1841). Inconnu. 

Diéboldt (Georges), sculpteur (1841). Inconnu. 

Godde (Charles-Joseph), sculpteur (1841). Inconnu. 

Paccard (Alexis), architecte (1841). Inconnu. 

Maillard (Louis), musicien (1841). Inconnu. 

Biennourry (Victor- François-Éloy), peintre (1842), par M. Vic- 
tor- François-Éloy Biennoury. 

Cavelier (Pierre-Jules), sculpteur (1842), par M. Victor-François- 
Éloy Biennourry. 

Titeux (Philippe-Auguste), architecte (1842), par M. Victor- 
François-Éloy Biennoury. 

Delemer (Louis-Désiré-Joseph), graveur en taille-douce (1842), 
par Félix-Joseph Barrias. 

Roger (Alexis-André), musicien (1842), par M. Victor-François- 
Éloy Biennoury. 



— 91 — 

Damery (Eugène-Jean), peintre (1843). Inconnu. 

Maréchal (René-Ambroise), sculpteur (1843). Inconnu. 

TÉTAZ (Jacques-Martin), architecte (1843), par M. Félix-Joseph 
Bar ri as. 

Merley (Louis), graveur en médailles (1843), par Eugène-Jean 
Damery. 

Barrias (Félix-Joseph), peintre (1844), P^'' ^- Félix-Joseph 
Barrias. 

Lequesne (Eugène- Louis), sculpteur (1844), par M. Félix-Joseph 
Barrias. 

Desbuisson (Prosper), architecte (1844), par M. Félix-Joseph 
Barrias. 

AuBERT (Jean-Ernest), graveur en taille-douce (1844), par M. Fé- 
lix-Joseph Barrias. 

Massé (Félix-Marie-Victor), musicien (1844), par M. Félix- 
Joseph Barrias. 

Benouville (François- Léon), peintre (1845), par Jean-Achille 
Benouville. 

Cabanel (Alexandre), peintre (1845), par M. Alexandre Cabanel. 

Benouville (Jean- Achille), peintre paysagiste (1845), par Fran- 
çois-Léon Benouville. 

Guillaume (Jean- Baptiste-Claude-Eugène), sculpteur (1845), par 
François-Léon Benouville. 

Thomas (Félix), architecte (1845), par Gustave-Clarence-Rodolphe 
Boulanger. 

Normand (Alfred - Nicolas) , architecte (1846), par M. Alexandre 
Cabanel. 

TouRNY (Joseph-Gabriel), graveur en taille-douce (1846), par 
Adolphe-Williams Bouguereau. 

Gastinel (Léon-Gustave-Cyprien), musicien (1846), par M. Ale- 
xandre Cabanel. 

Lenepveu (Jules-Eugène), peintre (1847), par M. Jules-Eugène 
Lenepveu. 

Perraud (Jean- Joseph), sculpteur (1847), P^'^ Jules-Eugène 
Lenepveu. 

Maillet (Jacques-Léonard), sculpteur (1847), par M. Jules- 
Eugène Lenepveu. 

André (Louis- Jacques) , architecte (1847), par M. Jules-Eugène 
Lenepveu. 

Deffès (Pierre- Louis), musicien (1C47), par M. Jules-Eugène 
Lenepveu. 



— 92 — 

Thomas (Gabriel-Jules), sculpteur (1848), par M. Adolphe-Wil- 
liams Bouguereau. 

Garnier (Jean-Louis-Charles), architecte (1848), par M. Gustave- 
Clarence- Rodolphe Boulanger. 

Devaux (Jacques-Martial), graveur en taille-douce (1848), par 
M. Adolphe- Williams Bouguereau. 

Chabaud (Louis- Félix), graveur en médailles (1848), par M. Adol- 
phe-Williams Bouguereau. 

DuPRATo (Jules- Laurent), musicien (1848), par M. Gustave-Cla- 
rence-Rodolphe Boulanger. 

Boulanger (Gustave-Clarence- Rodolphe), peintre (1849), par 
M. Gustave-Clarence- Rodolphe Boulanger. 

Le Cointe (Charles-Joseph), peintre paysagiste (1849), commencé 
par M. Gustave-Clarence- Rodolphe Boulanger, terminé par 
M. Antoine -Auguste- Ernest Hébert. Signé des initiales 
B. H. 

CuRzoN (Marie-Alfred de), peintre paysagiste (1849), P^^ ^- Gus- 
tave-Clarence- Rodolphe Boulanger. 

RoGUET (Louis), sculpteur (1849). Inconnu. 

[A suivre.) 



COMITÉ POUR L'ÉRECTION D'UN MONUMENT 



EUGENE DELACROIX. 

La Revue de l'Art français a publié dans son numéro du mois de 
mai [p. 74-76) une note sur le projet de monument à la mémoire 
d'Eugène Delacroix. Depuis un mois le Comité s'est définitivement 
constitué et, dans la séance du 28 mai, tenue dans une des salles de la 
mairie du sixième arrondissement, il a pris les résolutions suivantes : 

Le monument d'Eugène Delacroix, dont la nature et l'emplacement 
seront ultérieurement déterminés, sera érigé au moyen des ressources 
suivantes : 

1° Une souscription publique, ouverte dans tous les journaux; les 
fonds seront déposés au Comptoir d'escompte; 

2° Une exposition générale de l'œuvre du maître qui aura lieu à 
l'École des Beaux- Arts en février et mars 1884. Des démarches faites 
auprès du ministre et du directeur de l'Ecole, dans ce but, ont été cou- 
ronnées d'un plein succès. 



- 93 - 

Un certain nombre d'artistes avaient spontanément offert d'orga- 
niser une vente de leurs œuvres ; cette proposition a été accueillie avec 
une grande faveur ; mais il n'a pas été pris de résolution définitive. 

Les pouvoirs de la commission d'initiative ont été confirmés par 
l'assemblée générale du Comité, et M. Etienne Gharavay a été nommé 
caissier pour centraliser les souscriptions qui seront déposées au 
Comptoir d'escompte. 

Le Comité compte plus de cent membres, parmi lesquels on remarque 
nombre de peintres français et plusieurs artistes anglais, belges, hol- 
landais. La Commission d'initiative, définitivement constituée, se 
compose de M. Auguste Vacquerie, président, Alfred Robant, secré- 
taire, et de MM. Burty, Calmettes, Castagnary, Champfleury, Etienne 
Charavay, Dalligny, Darcy, Falguière, Fantin-Latour, Jean Gigoux, 
Philippe Cille, Léon Glaize, J. Guiffrey, Roger Marx, Paul Meurice, 
A. de Montaiglon, Alfred Stevens, Arthur Stevens et Maurice Tourneux. 

Les souscriptions peuvent être adressées aux journaux ou directe- 
ment à M. Etienne Charavay, 4, rue de Furstenberg. 

Les souscriptions dépassent déjà le chiffre de 6,000 francs. Parmi 
les premiers souscripteurs, on remarque les noms de M. Vacquerie 
pour 1,000 fr., M. Victor Hugo pour 5oo fr., MM. de Rothschild 
pour 5oo fr., M. Haro pour 5oo fr., et de M. Faure, pour loo fr. Le 
Conseil municipal de Paris vient de voter 2,000 fr., ce qui porte à 
plus de 8,000 fr. le total des sommes déjà versées. 

J.-J. Guiffrey. 



EXPOSITIONS. 



Les expositions d'œuvres d'art se multiplient chaque jour. Bien- 
tôt celui qui passera ses journées entières à courir de l'une à l'autre 
ne pourra plus tout voir, en y consacrant toutes ses après-midi. Est- 
ce un bien, est-ce un mal? Nous nous contentons de constater le fait. 

Exposition Meissonier. — Annoncée depuis deux mois, cette exhi- 
bition a tenu ce qu'on attendait, c'est tout dire. Le premier tableau 
peint par le maître en 1834 s'y trouve. Le dernier portant une date 
est le portrait du docteur Guyon, terminé en 1884. Soit un demi-siècle 
de labeur et d'efforts. Le catalogue mentionne 146 tableaux, la plu- 
part sur panneau. Or il paraît que c'est à peine le tiers de l'œuvre du 
maître qui s'élèverait ainsi à cinq cents peintures. En cinquante ans 
c'est une moyenne de dix par an, sans compter les dessins pour la 
Chaumière indienne^ les Contes Rémois, etc., dont il n'y a malheu- 
reusement pas trace ici. Cela compte pourtant dans l'œuvre de l'artiste. 

M. Charles Pillet, chargé du Catalogue, s'est tiré à son honneur de 
cette tâche difficile. Il a fait preuve d'écrivain. Je lui reprocherai 



— 94 — 
même de s'être trop préoccupé du style et pas assez de la précision. 
Un document de cette nature qui restera et sera souvent consulté 
devrait être d'une précision photographique dans ses descriptions. 
Comment n'a-t-on pas assigné une date, au moins approximative, aux 
œuvres reléguées à la fin du catalogue ? N'avait-on pas là le meilleur 
témoin pour fixer l'époque de leur exécution ? 

Le Catalogue se termine par une bien étrange pièce de vers 
signée ***. Est-ce le peintre qui se cache par modestie sous ce voile? 

L'exposition ouverte le 24 mai durera jusqu'au 24 juillet, au profit 
de la Société de bienfaisance, dite de l'Hospitalité de nuit^.— J. G. 

Salon des artistes indépendants. — Ouvert du 18 mai au 20 juin, 
dans les anciennes salles de la préfecture de la Seine, près du pavillon 
de Flore, cette exposition prouve une fois de plus que le jury du 
Salon annuel n'est coupable d'aucune rigueur exagérée. Parmi les 
huit cents peintures, sculptures, aquarelles, gravures et dessins des 
artistes indépendants, c'est à peine s'il est un seul article qui paraisse 
déplacé dans ce milieu. On s'étonnera peut-être de rencontrer ici 
M. Van Beers; mais sa plaisanterie paraîtra d'un goût douteux. 

Les Diamants de la Couronne^. — Le bruit qui s'est fait récemment 
autour de ces diamants a suggéré à la Chambre syndicale des indus- 
tries du bronze et de la joaillerie l'idée d'attirer le public par leur 
exhibition au profit des écoles professionnelles. Les industries d'art 
ont toutes été conviées à cette exposition qui offre aussi quelques 
vitrines de vieille argenterie et d'objets anciens. Les fameux diamants . 
sont peut-être la moindre curiosité de ce petit musée disposé avee 
goût; mais ils attireront la foule, et c'est l'essentiel, car on commence 
à être singulièrement fatigué de ces expositions en miniature qui se 
ressemblent toutes. 

Concours pour le monument de Gambetta. — Dans les premiers 
jours de juin a eu lieu à l'École des beaux-arts, dans la salle Melpo- 
mène, l'exhibition des nombreuses maquettes envoyées pour le con- 
cours du monument à la mémoire de Gambetta. La plupart des sculp- 
teurs arrivés à la réputation s'étaient comme d'habitude abstenus. Le 
jury a désigné six concurrents admis à l'épreuve définitive. Les pro- 
jets ainsi choisis sont ceux de MM. AUar et Dutert, Aube et Boileau, 
Coutan et Lambert, Dalou et Faure-Dujarrie, Falguière et Pujol, 
Injalbert et Laloux. Le concours sera jugé du le"" au i5 novembre. 



1. Prix d'entrée : 2 fr. pendant la semaine, sauf le vendredi où l'entrée 
est portée à 5 fr. ; i fr. le dimanche. Prix du Catalogue, 3 fr. L'exposition 
est ouverte de g heures du matin à 6 heures. 

2. Prix d'entrée : 5 fr. le mercredi, 2 fr. le vendredi et i fr. les autres 
jours de la semaine. 



- 95 - 
L'auteur du projet classé premier recevra 6,000 francs ; le second, 
4,000 fr. 

Travaux des élèves des cours professionnels de la chambre syndi- 
cale des menuisiers du bâtiment. — Installée à côté du Salon des 
artistes indépendants, cette exposition modeste mérite de ne pas être 
oubliée. Elle témoigne des efforts sérieux tentés par les chambres 
syndicales pour donner à leurs apprentis une instruction profession- 
nelle en rapport avec les exigences de notre temps. — J. G. 



VENTES. 

La place dont nous disposons nous empêche de suivre de près, sur- 
tout en ce moment, le mouvement de la curiosité. Les ventes se succèdent 
sans interruption. L'hôtel Drouot est en pleine effervescence. Ses nom- 
breuses salles ne suffisent pas à tous les besoins. La salle Petit va bientôt 
lui faire, pour les grandes ventes, une sérieuse concurrence. 

Contentons-nous de signaler en passant la vente de la bibliothèque de 
M. Henri Lambert, ancien membre du Comité de la Société de l'histoire de 
l'Art français. Le catalogue formé de quatre parties, comprenait des collec- 
tions fort importantes ; une partie tout entière était réservée aux livres 
d'art, parmi lesquels figuraient toutes les grandes galeries d'Europe, tous les 
Catalogues de graveurs, le Bartsch, le Robert Dumesnil, etc., etc. 

Collection Viardot. — Vingt numéros seulement, tableaux, sculptures ou 
dessins composaient la collection de M. Louis Viardot vendue le 3o avril. 
La préface du Catalogue est signée Emile Augier. A côté d'un Goya et des 
Ruysdael, on remarque un portrait de Voltaire par Largillière, et un buste 
en terre cuite aussi de Voltaire, attribué à Houdon. 

Brom^es de Barye [modèles). — Le 24 avril, ont été vendus 78 modèles 
provenant de la vente de Barye, figures, animaux et ornements. Bien que 
dépourvus de patine, ces bronzes, admirablement ciselés, ont atteint des prix 
élevés : Lion au serpent, 4,000 fr. ; Angélique et Roger sur l'hippogriphe, 
3,700 fr,; Tigre dévorant un glavial, 5, 200 fr.; Cheval surpris par un 
lion, 3,3oo fr. ; Cerf dix-cors terrassé par deux lévriers, 3, 000 fr. Les 
78 n°' ont atteint le chiffre de y6,j6b fr. Quel malheur qu'on n'ait pas 
songé à placer dans un de nos musées publics une suite complète des bronzes 
de ce grand artiste! Il est déjà bien tard pour former une pareille collection 
et elle coûterait aujourd'hui quatre ou cinq fois le prix qu'on l'eût payée 
il y a quelques années. J. G. 



NECROLOGIE. 

Scott (Henri). — Le 3o avril, pendant qu'il assistait au vernissage, 
Henri Scott, dessinateur et peintre de talent, a été frappé de conges- 
tion et a succombé. Il n'était âgé que de trente-huit ans. L'un des 
journaux auxquels il a le plus collaboré comme dessinateur est le 
Monde illustré. Peu de jours avant de mourir, dit l'Événement, il 



-96- 

envoyait à la Vie moderne son dernier dessin, avec cette légende : 
Mon tombeau, et son dessin, gravé juste le jour de sa mort, a paru 
dans le journal le lendemain. — H. J. 

Servin (Amédée). — Le i3 mai est décédé à Villiers-sur-Morin, à 
la suite d'une attaque de paralysie, le paysagiste Amédée Servin. 
U Abreuvoir et le Moulin de Nazareth sont ses œuvres les plus popu- 
laires. Hors concours depuis 1872, il a pris part au Salon de 1884. 

H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 



JouiN (Henry).— La sculpture aux salons de 188 1, 1882, 18 83 et à l'Expo- 
sition nationale de i883 (Pion et C"). — Depuis 1873, l'auteur de ce travail 
consacre chaque année une étude spéciale aux sculptures du Salon annuel. Si 
celte publication portait un numéro d'ordre, le volume qui vient de paraître 
aurait donc le numéro g. Chaque fascicule est précédé d'une étude sur une 
des parties de la sculpture, le marbre, la statue, le groupe, le bas-relief, le 
buste, les pierres gravées, etc. Dans un certain nombre d'années ces mono- 
graphies seront précieuses à consulter pour les biographes et les critiques. 
Il nous est interdit de louer ici l'œuvre de notre collaborateur et de dire le 
bien que nous en pensons. Contentons-nous de signaler le curieux rappro- 
chement établi entre le fameux bas-relief de M. Dalou, les États généraux, 
et certain dessin de Raffet qui a paru dans VHistoire chronologique de la 
Révolution française, par Thiers, Mignet et Lacretelle, publiée en 1834. 
Nous avons vu la gravure et pu constater que l'identité est complète, sous 
le rapport de la composition, entre le dessin de Raffet et le bas-relief de 
M. Dalou. J. G. 



NOUVELLES DIVERSES. 

La fête de Corot à Ville-d^Avray. — Le mardi 27 mai a eu lieu la fête 
anniversaire de l'inauguration du monument de Corot. M. Lemerre, éditeur, 
propriétaire de la maison de l'artiste, l'avait ouverte aux visiteurs. Les 
félibres, qui avaient célébré leur fête le dimanche précédent à Sceaux, étaient 
revenus là en grand nombre. Dans l'après-midi, MM. Paul Arène et Phi- 
lippe Burty ont prononcé devant le monument des allocutions applaudies. 
M. Coppée a dit la pièce qu'il avait composée pour l'inauguration du monu- 
ment. La musique a pris aussi une part importante à cette cérémonie 
familière, qui s'est terminée par un banquet. 

Statue de Laprade. — Sur la proposition de M. le vicomte de Meaux, 
ancien ministre, on s'occupe à Montbrison (Loire) d'élever un monument à 
la mémoire du poète Victor de Laprade. L'artiste auquel la commission de 
souscription se propose de confier la statue du poète est M. Bonnassieux, 
membre de l'Institut. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gooverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



7. — Juillet 1884. 



PARTIE ANCIENNE. 



JEHAN LANGLOIS 

SCULPTEUR DU DUC d'ÉPERNON (xVI* ET XVII® SIÈCLES). 

On lit, dans V Essai sur V Histoire de Cadillac par M. P. Del- 
cros aîné, Bordeaux-Balarac j"^, 1845, p. 5, que ce fut un « archi- 
« tecte sculpteur nommé Langlois qui dirigea la construction de 
« la chapelle des ducs d^Épernon à Cadilhac, bâtie au commen- 
« cément du xvii® siècle, ainsi que Tannonce le millésime 1606, 
a gravé sur une plaque de marbre noir, au-dessus de l'entrée. » 

La quittance qui suit, trouvée dans le livre des « Recettes et 
a Dépenses faites pour le compte du duc Depernon, w par Honoré 
de Mauroy, secrétaire du Roy, justifie le fait avancé par 
M. Delcros. 

M's DE Castelnau. 

Pour la somme de trois cens quarante cinq livres que je, Jehan 
Langlois.) maistre sculpteur, confesse avoir receu de Maistre Pierre 
Bentyac, commis par Monseigneur le duc d'Espernon à la Recepte 
et Despance de son bastiment de Cadilhac, laquelle dicte somme jay 
receue dudict Bentyac en cinq divers payemens, durant le présent 
mois sur les ouvrages par moy entreprins de mon art audict basti- 
ment, dont un tiers quicte ledict sieur Bentyac audict nom et tous 
autres. 

Fait à Cadilhac ce dernier jour de novembre mil six cens cinq. 

Signé : J. Langloays. 
Au dos est écrit : 

Quictance de Jehan Langlois M* Sculpteur pour le mois de 
novembre M VI<: V de la somme de me xlv 1. 

REV. ART FR. 7 



- 98 - 
MAITRES SCULPTEURS PARISIENS 

EN 164I. 

Le principal intérêt de la pièce que nous publions est de faire 
connaître les noms de plusieurs sculpteurs parisiens complète- 
ment oubliés. Un seul d'entre eux a laissé quelques !traces de sa 
vie dans les ouvrages spéciaux, c'est le florentin Francesco Bor- 
doni, le gendre de Francheville. On voit que ce n'est pas tout à 
fait le premier venu. Jal a retrouvé et publié plusieurs actes 
d'état-civil le concernant et a pu ainsi reconstituer en partie sa 
biographie. Il le dit âgé de soixante-cinq ans en 1641 ; la date de 
sa naissance remonte donc à l'année 1576. 

Jean Blanchard^ pas plus c{vCÈÛQnnQDelaporte, n'est connu des 
biographes. Nous avons vainement cherché quelques détails sur 
l'affaire ayant motivé cette enquête. La nature des questions 
adressées aux déposants permet de supposer qu'il s'agit d'un vol 
de tuyaux de plomb livrés par le s. Menard aux différents sculp- 
teurs cités ici et dont notre acte nous apprend le nom, le prénom, 
l'adresse et l'âge. 

J.-J. GUIFFREY. 

Information f aide d'office par nous Louis de Fontenay, bailly et juge 
ordinaire civil et criminel de Sainct Germain des Prei^, à la requête 
du procureur fiscal aud. bailliage, demandeur et complaignant. 

Du XXVI aoust 1641. 

Jean Blanchard, maistre sculpteur à Paris, demeurant au faulx- 
bourg Saint-Honoré, en la maison où est pour enseigne les Trois 
Corneilles, aagé de quarente cinq ans ou environ, 

A dict que, au temps et en Tannée que nasquit monseigneur le 
Dauphin, il y a tantost trois ans, faisant une figure appellée nriQ Amphi' 
tritte, ayant besoing de plomb il achepta de Pierre Menard, mercier, 
demeurant près les Quinze Vingtz, environ la quantitté de cent ou 
deux cens de plomb vieil qui estoit des boutz de thuiaux et autres 
petitz morceaux, à raison de deux solz la livre qu'il luy paya incon- 
tinant lad. livraison. Qui est tout ce qu'il a dict scavoir et a signé. 

(Signé :) J. Blanchard. 

Estienne Delaporte, maistre sculpteur à Paris, y demeurant rue 
Sainct Honoré, en la maison où est pour enseigne comme et au 
dessus de la porte l'Adventure, aagé de cinquante ans ou environ, 

A dict enquis, que, six ans sont ou environ, il achepta de Pierre 
Menard, marchand mercjer, environ trois cens poizant de plomb en 



— 99 ~ 

morceaux vieils persez et battus, à raison de huict ou neuf livres le 
cent. Scayt aussi que led. Menard en a vendu depuis peu au nommé 
Bourdon^ sculpteur du Roy, demeurant dans le pallais des Thuileries, 
environ pour unze ou quatorze livres, comme aussi aux nommés 
Blanchard et Thouroulde, sculpteurs, n'en scayt la quantitté. Qui est 
tout ce qu'il a dict scavoir. 

(Signé :) Estienne de la Porte. 

François Bourdonni, sculpteur ordinaire du Roy, aagé de soixante 
et cinq ans, ou environ, demeurant au Pallais des Thuilleries, 

A dict, enquis sur le contenu des faictz qui luy ont esté communic- 
quez, que, deux ans sont ou environ, il a achepté de Menard, mercier, 
demeurant proche les Quinze Vingtz, du plomb ressèment fondu 
estant en lingotz amassé, quoy que ce soit ses serviteurs pour luy, le 
prix de neuf livres t., et que depuis trois sepmaines en ça il en a payé 
au nommé Vincent Venturi, porteur du mandement dud. Menard, et 
duquel Menard le depposant avoit achepté de pareil plomb, pour le 
prix de unze livres ou environ et que les gentz de luy depposant qui 
ont receu led. plomb diront plus particulièrement en quelle forme 
estoit led. plomb. Qui est tout ce qu'il a dict scavoir, et a signé. 

(Signé :) Franc» Bordoni. 

(Archives Nationaffes, Z^. 3332.) 



EUSTACHE LESUEUR. 

Quittance d'Eustache Lesueur. — On trouve dans Vlsogra- 
phie le fac-similé d'une quittance de Lesueur, qui était alors dans 
la collection de M. Adolphe Dupéret de Rouen. Elle est d'une 
très bonne écriture, et, comme on va voir, d'une orthographe 
parfaite. 

Je, soubzsigné, confesse avoir reçeu de Dom Anselme la somme 
de cent livres tz,, pour le tableau de l'autel de la chapelle de S. Mag- 
delaine que j'ay fait. Fait à Paris, ce dernier jour de Décembre mil 
six cens cinquante un. — E. Le Sueur. 

Florent le Comte, en 1699, indique : « Une Madeleine pour 
un particulier Carme, » ce qui a été relevé dans les Nouvelles 
recherches sur la vie de Lesueur (Anciennes Archives de l'Art 
français, tome II, i852, p. 116); où l'on trouve aussi (page 121) 
que la Galerie du Château de Schleissheim a eu de la Galerie de 
Munich une sainte Madeleine en contemplation attribuée à 
Lesueur. 



— 100 — 

M. Feuillet de Conches, dans sa Notice sur Lesueur, a repro- 
duit cette quittance, et supposait que le tableau avait été fait pour 
l'abbaye de Marmoutiers. Le Musée de Tours, qui a recueilli de 
Marmoutiers un saint Sébastien, une répétition réduite de la 
Messe de saint Martin^ et un saint Louis pansant les malades^ 
n'a pas de sainte Madeleine. 

Mais Guillet de Saint-Georges dans sa Vie de Lesueur [Archives^ 
II, 25, ti Mémoires inédits des Académiciens^ I, [63) a écrit : 
« On voit aussi aux Chartreux (de Paris), dans une de leurs cha- 
pelles qu'on n'ouvre que le matin pour célébrer la messe, un 
tableau de M. Le Sueur, oîi il a représenté V Apparition du Sau- 
veur à la Madeleine, quand il lui dit « Ne me touchés pas ^ » d'où 
vient qu'on appelle ordinairement cette sorte de tableau un Noli 
me tangere. Le sujet en est pris du 20« chapitre de saint Jean. » 

Frédéric Villot, dans son livret du Musée du Louvre de i855, 
Ecole française^ n° Sig, page 338, cite la quittance de i65i et 
demande, avec toute raison, s'il ne s'agit pas du tableau des Char- 
treux. Sa question est absolument judicieuse. Le Prieur des Char- 
treux de Paris de 1648 à i665 a été Dom Pierre Flogny qui 
avait remplacé, après 1644, dom Augustin Joyeulx et qui eut 
lui-même pqur successeur dom Paul Jouenne. 

A. DE MONTAIGLON. 



ACTES D'ETAT CIVIL D'ARTISTES FRANÇAIS. 
I. 

Acte de naissance de Carie Vernet. 

Léon Lagrange, dans sa Notice sur « Joseph Vernet, sa vie, sa 
famille et son siècle, d'après des documents inédits, » a publié, p. 76, 
ce qui suit : « Voici, constatant sa naissance ^, le document authen- 
« tique qu'a bien voulu m'adresser, sur ma simple demande, l'hono- 
« rable archiviste de la mairie de Bordeaux 2 : 

« Copie de l'acte de naissance de Charles-Horace, fils légitime de 
« sieur Joseph Vernet, peintre du Roi, et de dame Virginie Parker; 
« paroisse Saint-Rémy ; parrain, sieur Louis-François Vernet, frère 
« du baptisé; marraine, Rose Lombelli ; né le 14 août 1758. » 

1. De Carie, fils de Joseph. 

2. Alors M. Arnaud Detcheverry, mort vers i865. 



— lOI — 

Le fond de cette note est vrai, mais le texte de l'acte n'est pas 
rigoureusement exact ; le voici, lettre pour lettre : 

N" 745 Du lundy 14 aoust [lySS]^ 

A été baptisé Antoyne. Charles, horace fils légitime de sieur Joseph 
Vernet, peintre du Roy et de d}^" virginie Parker, parroisse S* Remy. 
Parrein S' Louis. François Vernet , frère du baptisé. Marreine d"« 
Anne. Rose Lombelli. né ce matin à une heure. 

Louis Vernet. Vernet père. 

5< Martin, curé^. 
Communiqué par M. Charles Marionneau. 

IL 

Acte de décès d'Antoine Lavau, graveur en médailles et pierres fines, 
né à Bordeaux en IJ22. 

L'an mil huit cent huit, le vingt-huit février, il a été remis au 
bureau de l'état civil un verbal fait par le commissaire aux décès, 
duquel il résulte que André Lavau, âgé de quatre-vingt-six ans, natif 
de Bordeaux, graveur, veuf en premières noces de Marie Couvreau 
et en dernières de Marie-Anne Lafitte, demeurant rue du Parle- 
ment, n» 6, fils de feu René Lavau et de feue Gabrielle Jamin, est 
décédé ce matin à six heures; sur la déclaration de Pierre Chabret, 
âgé de cinquante-six ans, professeur au Lycée, même maison, et de 
Jacques Laurent, âgé de soixante ans, journalier, rue du Poisson- 
Salé, n» i3; et ont signé audit verbal qui est déposé aux archives 
dudit bureau. 

(Extrait des registres de l'état civil de la ville de Bordeaux.) 

Communiqué par M. Charles Marionneau. 

IIL 
Acte de décès de Jean-Baptiste-Claude Robin, peintre. 

L'an mil huit cent dix-huit, le vingt-trois du mois de novembre à 
huit heures du matin, par devant nous Julien Rétif, maire, officier de 
l'état-civil de la commune de Chouzy, canton d'Herbault, départe- 
ment de Loir-et-Cher, sont comparus M. Parfait-Louis Rimoneau, 
propriétaire, demeurant à Chouzy, âgé de quarante-sept ans, et 
Joseph Alliot, vigneron, demeurant à Chouzy, âgé de cinquante- 
neuf ans. Lesquels nous ont déclaré que le vingt-trois du mois de 

1. Mis en tête des baptêmes du jour. — Le millésime est en tête du 
Registre. 

2. La signature du curé est mise au bas de la page. — Le conventionnel 
Gensonné naquit quatre jours avant G. Vernet. Arch. municipales. Registre 
Saint-André. 



— 102 — 

novembre, à trois heures du matin, monsieur Jean- Baptiste-Claude 
Robin, âgé de quatre-vingt-quatre ans, profession d'ancien peintre du 
roi, ancien censeur royal de l'Académie des Beaux-Arts, membre de 
l'ancienne Académie de peinture de Paris, demeurant à Chouzy, 
département de Loir-et-Cher, est décédé en notre commune, en la 
maison de M. Rimoneau, 

Le premier témoin nous a déclaré être neveu, à cause de son 
épouse, et le second témoin être voisin du décédé ; et les déclarants 
ont signé avec nous le présent acte, après que lecture leur en a été 
faite, à l'exception de Joseph AUiot qui a déclaré ne le savoir. 

Le Registre est signé : Rimoneau et Rétif, maire. 

Pour copie conforme au registre et délivrée à titre de simple ren- 
seignement historique. 

A Chouzy, ce 19 août 1881. 

Pour le maire, 
Le conseiller municipal : G. Monieu. 
(Extrait du registre des décès de la commune de Chouzy pour 
l'année 1818.) 
Communiqué par M. Charles Marionneau. 



VENIAT ou VENJAT. 

Dans la démolition des restes du couvent de l'Ave-Maria, qui était 
à côté de l'Hôtel de Sens, et qui est maintenant remplacé par un 
marché, on a trouvé et, comme il conviait, transporté au Musée 
Carnavalet, une plaque de cuivre sur laquelle on lit, en caractères 
capitaux, ce sixain, auquel j'ajoute la ponctuation : 
Icy gist Veniat, cet ouvrier fameux, 
Dont l'esprit excellent, par un meslange heureux. 
Joignit la théorie à la noble pratique; 
Ses ouvrages de prix relèvent son renom, 
Et, quand les envieux voudront tenir son nom, 
Chacun de ses travaux vaut un panégyrique. 
i65g. 
Qu'était-ce Veniat ou Venjat? Ce n'était pas un artiste; puisqu'on 
l'appelle ouvrier^ c'est un artisan. Il n'a pas logé au Louvre, puisqu'il 
est inhumé à l'Ave-Maria; il n'est pas cité dans MaroUes, et Jal ne l'a 
pas rencontré. Etait-ce un ébéniste, un mosaïste, un fondeur, un ser- 
rurier habile à repousser le fer, un faiseur de globes et d'instruments 
de mathématique? Le rimeur de son épitaphe a oublié d'éclairer sa 
lanterne et ne nous donne pas même un indice pour arriver à déter- 
miner le talent de cet illustre inconnu. Il se pourrait que quelqu'un 
de nos lecteurs connût le nom et sût quelque chose sur l'homme. 

A. DE M. 



— io3 — 

FRANÇOIS GIRARDON. 

Minute d'un bail passé le ii mars 1698 devant Legrand et Moufle, 
notaires à Paris, par François Girardon, sculpteur ordinaire du Roy, 
chancellier de l'Académie royale de sculture et peinture, demeurant 
aux Galleries du Louvre, à Jean Le Vacher le fils, marchand joaillier 
bourgeois de Paris, demeurant sur le quai de l'Horloge du Palais, 
pour sept années à commencer du jour de la Saint-Jean- Baptiste de 
la présente année, d'une maison size sur le quay de l'Horloge, atte- 
nante à celle où led. Le Vacher demeure actuellement, moyennant 
la somme de douze cens livres par an, payable par quartiers ; laquelle 
maison à deux boutiques, arrière boutiques, petite court, plusieurs 
estages de chambre au-dessus, grenier et autres dépendances, led. Le 
Vacher a dit bien connaître pour l'avoir vue et visittée. 

(Suivent les clauses ordinaires.) 

(Signé :) Girardon. — J. Le Vacker. — Legrand. — Mou/le. 

(Dubrunfaut, 271.) 

Communiqué par M. J. G. 



PIGALLE 

PEINTRE COPISTE. 

(Document non daté.) 



Tableaux que le s. Pigalle a fait pour le Roy sous M. Portail, garde 
des tableaux du Roy, cavoire : 

Un tableau représentant le portrais du Roy en pié d'après M. Rigeaux 
duquel le s"" Pigalle a ut sou M. Orris de M. Portail la somme de 

55o liv. 

Plus deux tableaux, l'un le même portrais du Roy de M. Rigeaux, 
et l'autre le portrais de la Raine d'après M. Toquet, les deux en pié, 
dons le s' Pigalle a ut de M. Portail pour les deux (finis et livré sou 
M. de Tournehem), la somme de 900 liv. 

Un autre tableau représentans Chefale et l'Orore d'après M. Le 
Moine, en avoir reçue de M. Portail (sous M. Orris) la somme de 

60 liv. 

Un portrais de M. le Dauphin d'après M. Toquet, reçue de M. Por- 
tail (sou M. Orris) la somme de 100 liv. 

Sous M.\X)rris : Deux tableaux de paysage, d'après le Gaspe, reçu 
des deux de M. Portail la somme de 60 liv. 

Sous M. Orris : Plus avoire ralongé des tableaux d'animaux de 



— 104 — 

M. Desporte, en avoire reçus six livre de quarante cinq livres que 
cela a été réglé 6 liv. 

Plus, avoire remis sur toille et ralongé quatre tableaux copis du 
Carache et un autre tableau copis de Michel Ange de Caravage par- 
railement remis sur toille et ralongé, en avoire reçus des cinq (sou 
M. Or ris) la somme de 8 liv. 

Sou M. Orris : Plus avoire ragrandi deux tableaux représentans 
deux dame de cour conjointemens avec le s"" de Ganse, duquel n'avoir 
rien reçue de vingt cinq livre que cela a été réglé o. 

Sou M. Orris : Avoire faite un deménagemens qui a duré vint setp 
jour y compris l'époustage des apartemens de Roy, duquel le 
S"" Pigalle n'a ut que quelque diné de M. Portail qui lui faisois la 
grâce de l'ademaitre à sa table comme un oyseaux qu'il voulois plu- 
mer, mais le s»" Pigalle ne pouvans plus i résister a été obligé de lui 
faire ces représentacion et a obtenue par grâce d'aitre payé comme les 
crocheteur quand il ferais lesdit deménagemens. 

Sou M. Orris : De plus lui avoire fait une vierge d'après M. Mignare 
qu'il prétens s'aproprié atandu les diné mencioné si desus. 

Sou M. de Tournehem : Avoire faite un tableau d'après le Fetis 
dons le suget est Lot et ces fille pour M. de Vandière que M. Portail 
lui retien pour retribucion d'un tableaux portrais de Monsieur le Dau- 
phin envoyez en Saxe que le s"" Pigalle a faite et reçue entié à cette 
condicion, ne pouvens faire autremens, afin que M. Portail ne lui fit 
point de tore dans son pailemens comme il l'en menaçois, fecans 
entandre qu'il ferais telle qu'il lui plairais, Monsieur de Tournehem 
l'ayans laisez le maître absolus de réglé cela telle qu'il le voudrois, 
sans que qui que se sois puis i trouvez à redire, et qu'il falois qu'il 
gania sur tous les ouvrage qui ce ferois au magasin des tableaux 
que Monsieur de Thournehem sans étoit espliqué et prétendoit que 
cela fût. 

Ledit M. Portail ayant encore au s"^ Pigalle un portrais du Roy 
d'après M. de Latour (sou M. de Thournehem) et un tableaux de la 
Continance de Sipion d'après M. Le Moine (sou M. Orris) qui n'es 
encore que desinés de la même grandeur de l'original que M. Portail 
lui retien. 

Je sertifie le présens mémoire conforme à la vérité. En fois de quoi 
je signé. 

Pigalle. 

Communiqué par M. J. G. 



— io5 — 
PARTIE MODERNE. 



LES PORTRAITS D'ARTISTES FRANÇAIS 

A LA VILLA MÉDICrS. 

{Suite.) 

Lebouteux (Denis), architecte (1849), par M. Gustave-Clarence- 
Rodolphe Boulanger. 

Baudry (Paul-Jacques-Aimé), peintre (i85o), par M. Paul- 
Jacques-Aimé Baudry. 

BouGUEREAU (Adolphe- Williams) , peintre (i85o), par M. Adolphe- 
Williams Bouguereau. 

GuMERY (Charles- Adolphe), sculpteur (i85o), par M. Paul-Jacques- 
Aimé Baudry. 

LouvET (Louis- Victor), architecte (i85o), par M. Paul-Jacques- 
Aimé Baudry. 

Bertinot (Gustave-Nicolas), graveur en taille-douce (i85o), par 
M. Emile Lévy. 

Bonnardel (Pierre-Antoine-Hippolyte), sculpteur (i85 1). Inconnu. 

Crauk (Adolphe-Désiré), sculpteur (i85i), par M. Gustave-Cla- 
rence- Rodolphe Boulanger. 

Ancelet (Gabriel-Auguste) , architecte (i85i), par M. Emile Z-ei^. 

Delehelle (Jean-Charles-Alfred), musicien (i85i),parM. Fran- 
çois-Nicolas Chifflard. 

Le Père (Alfred- Adolphe-Edouard), sculpteur (i852). Inconnu. 

GiNAiN (Paul- René-Léon), architecte (i852), par M. Emile Lévy. 

Bellay (Paul- Alphonse), graveur en taille-douce (i852), par 
M. Théodore-Pierre-Nicolas Maillot. 

Cohen (Jules), musicien (i852)\ par M. Emile Lévy. 

Galibert (Pierre-Christophe-Charles), musicien (i853). Inconnu. 

Bernard (Jean-François-Armand-Félix), peintre paysagiste (1854), 
par M. Théodore-Pierre-Nicolas Maillot. 

GiACOMOTTY (Félix-Henri), peintre (1854), par M. Félix-Henri 
Giacomotty. 



I. M. Cohen obtint en i852 le premier prix d'orgue. Il eut le projet de 
concourir pour le prix de Rome, mais sur les conseils d'Halévy il s'abstint. 
Comment et à quel titre son portrait se trouve-t-il à la Villa Médicis? — H. J. 



— io6 — 

Maillot (Théodore- Pierre-Nicolas), peintre (1854), par M. Félix- 
Henri Giacomotty. 

Lévy (Emile), peintre (1854), par M. Félix-Henri Giacomotty. 

Garpeaux (Jean-Baptiste), sculpteur (1854), par M. Félix-Henri 
Giacomotty. 

Bonnet (Paul-Emile), architecte (1854), par M. Félix-Henri Gia- 
comotty. 

Vaudremer (Joseph-Auguste-Émile),architecte(i854), parM. Théo- 
dore-Pierre-Nicolas Maillot. 

SouMY (Joseph-Paul-Marius) , graveur en taille-douce (1854), 
par M. Félix- Auguste Clément. 

Barthe (Grat. -Norbert), musicien (1854). Inconnu. 

GoNiNCK (Pierre-Louis-Joseph de), peintre (i855). (Deuxième prix 
ex œquo avec Clère Jacques-François-Gamille.) Inconnu. 

Ghapu (Henri-Michel-Antoine), sculpteur (i855), par M. Jules- 
Élie Delaunay. 

Doublemard (Amédée-Donatien) , sculpteur (i855),par M. Félix- 
Henri Giacomotty. 

Daumet (Pierre-Gérôme-Honoré), architecte (i855), parM. Jules- 
Élie Delaunay. 

Dubois (Aphée), graveur en médailles, par M. Jules-ÈïiQ Delaunay . 

Gonte (Jean), musicien (i855), par M. Jules-Élie Delaunay. 

Delaunay (Jules-Élie), peintre (i856), par M. Jules-Élie 
Delaunay. 

Maniglier (Henri-Gharles) , sculpteur (i856), par M, Félix- 
Auguste Clément. 

Guillaume (Edmond-Jean-Baptiste), architecte (i856), par 
M. Félix- Auguste Clément. 

Gaillard (Glaude-Ferdinand) , graveur en taille-douce (i856), 
par M. Glaude-Ferdinand Gaillard. 

Didier (Jules), peintre paysagiste (1857), par Gharles-François 
Sellier. 

Tournois (Joseph), sculpteur ( 1 857), par Gharles-François 5'e//zer. 

GoLiN (Gharles), musicien (1857), par M. Féhx-Auguste Clément. 

BizET (Alexandre), musicien (1857). Inconnu. 

Henner (Jean-Jacques), peintre (i858), par M. Pierre-Louis- 
Joseph De Coninck. 

Goquart (Ernest-Georges), architecte (i858),par M. Jean-Jacques 
Henner. 

David (Samuel), musicien (i 858), par M. Jean- Jacques Henner. 



— loy — 

Ulmann (Benjamin), peintre (iSSg), par Benjamin Ultnann. 

Falguière (Jean-Alexandre-Joseph), sculpteur (iSSq), par Ben- 
jamin Ulmann. 

CuGNOT (Louis-Léon), sculpteur (iSSg), par Benjamin Ulmann. 

BorrTE (François-Philippe), architecte (iSSg), par Benjamin 
Ulmann. 

Thierry (Charles- Alphonse) , architecte (iSSg), par Benjamin 
Ulmann. 

GuiRAUD (Ernest), musicien (iSSg), par Benjamin Ulmann. 

Michel (Ernest- Barthélémy), peintre (1860), par M. Ernest-Bar- 
thélemy Michel. 

Barthélémy (Raymond), sculpteur (i 860), par M. Ernest- Barthé- 
lémy Michel. 

Joyau (Joseph- Louis-Achille), architecte (1860), par M. Ernest- 

Barthélemy Michel. 

(La fin au prochain numéro.) 



VENTES. 

Tableaux de M. Trouillebert. — M, Trouillebert, profitant du bruit qu'a 
fait dernièrement autour de son nom la vente d'un faux Corot, a mis en 
vente, le 25 avril, une quarantaine de tableaux ; le total s'est élevé à 
18,616 fr., soit 45o fr. en moyenne. M. Trouillebert en aurait-il trouvé ce 
prix avant l'affaire du faux Corot ? C'est douteux. — J. G. 

Argenterie ancienne de M. Paul Eudel. — Inférieure sans doute à l'ar- 
genterie du baron Jérôme Pichon, la collection de M. Paul Eudel jouissait 
d'une légitime réputation dans le monde de la curiosité. L'auteur est un fin 
lettré et un aimable homme, ce qui ne nuit jamais. M. Pichon s'est chargé 
dans la préface de recommander au public les plus belles pièces de la vente. 
D'autre part, un album de soixante planches, édité par Quantin, conservera 
le souvenir des morceaux les plus remarquables. 

Le catalogue, savamment rédigé par le propriétaire, restera comme un 
modèle du genre. 

Il mentionne après la description de chaque article le nom de l'orfèvre 
auteur de la pièce, celui du fermier chargé de percevoir la taxe alors en 
exercice, le différent et le poinçon de décharge. 

La collection comprenait un certain nombre de pièces en or, d'une extrême 
rareté, et de la vaisselle, écuelles, flambeaux, gobelets, huiliers, plats et pla- 
teaux, saucières, huiliers, sucriers, tasses à déguster en argent; en tout 174 nu- 
méros, avec un certain nombre d'objets divers, tels que montres, bagues, dés, 
éperons, coupes, fermoirs d'aumonière. Presque toute la vaisselle avait une 
origine française et parisienne. La vente a produit 206,296 francs. Voici les 
principaux prix : Une paire de girandoles (1743), i5,200 fr. ; deux flam- 
bleaux Louis XV, à trois faces (n° 61 du Cat.), 7,700 fr. ; écuelle en vermeil , 
de Thomas Germain, aux armes du cardinal Farnèse, i8,5oo fr., pour le 



V _ io8 — 

prince Paul Demidoff ; deux saucières (1745) pour le même, 9,400 fr. ; une 
aiguière et son bassin, dans le goût de Bérain, 7,000 fr., à M, Mannheim; 
autre aiguière et son plateau (1727), 6,2 5o fr. ; deux soupières ovales avec 
plateaux (n" 122 et i23) ont atteint 7,5oo et i3,ooo fr. ; enfin la chocola- 
tière en or, avec sa lampe à esprit de vin, le clou de la vente, adjugée 
16,000 fr. à M. Mannheim qui en avait demandé 20,000, Cette pièce avait 
passé récemment à la vente du baron Pichon (17,500 fr.), puis à celle de 
San Donato (10,000 fr.). — J. G. 



NECROLOGIE. 



Catenacci (Hercule). — Le i5 mai est mort, à Paris, Hercule Cate- 
nacci, né à Ferrare en 18 16. Paysagiste et dessinateur habile, il a 
illustré, avec MM. Français et Girardet, le livre la Touraine^ publié 
par la librairie Marne (i855), et, depuis, les Trésors de l'Art et les 
Galeries publiques de l'Europe (iSSS-Sg), édités par M. Armengaud; 
le Virgile et l'Horace, chez Firmin Didot. Il a en outre illustré de 
nombreuses publications pour les maisons Pion, Didier, Renouard, 
etc. L'œuvre qu'il laisse est considérable. La plupart de ses composi- 
tions attestent à la fois la science du dessin et la facilité d'une imagi- 
nation féconde ; dans leur variété, elles témoignent d'un talent très 
personnel. Catenacci ne fut pas seulement un maître ornemaniste du 
premier rang; il avait abordé la peinture avec succès, et ses aquarelles 
étaient justement appréciées. C'est lui qui fut chargé de peindre les 
pages principales de la bulle Ineffabilis, pour l'ouvrage le Concile 
œcuménique; il avait été nommé, pour ce travail, commandeur de 
l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. — H. J. 

JuNDT (Gustave). — Le i5 mai, est mort le peintre Gustave Jundt, 
élève de Guérin et de Drolling. Parmi ses tableaux, l'Arbre de 
Noël, présenté au Salon de 1872, ne fut pas exposé par mesure 
administrative. Médaillé en 1868 et en 1873, M. Jundt a été 
décoré de la Légion d'honneur en 1880. Une cruelle maladie, qui 
l'empêchait de travailler depuis cette époque, vient de l'enlever à 
l'âge de cinquante-quatre ans. Une foule considérable d'artistes 
et de gens de lettres a assisté aux obsèques de Jundt qui ont eu lieu 
le 16 mai. Le deuil était conduit par le frère du défunt, ingé- 
nieur des ponts et chaussées, assisté de MM. Jules Ferry, président 
du conseil, Charles Ferry, Bouguereau. membre de l'Institut, Busson 
et Guillemet, représentant la Société des artistes français. Le Cercle 
des Arts libéraux et le Cercle artistique de la Seine, dont le défunt était 
membre, avaient chacun envoyé une immense couronne. Après le ser- 
vice religieux, célébré à l'église évangélique de la rue Tournefort, le 
cortège s'est dirigé vers le cimetière de Montparnasse, où a eu lieu 
l'inhumation. Trois discours ont été prononcés sur la tombe : par 
M. Bapst au nom d'un groupe d'artistes, par M. Boetzel au nom des 



— 109 — 

nombreux amis du défunt, et par le secrétaire' de l'Association des 
artistes et littérateurs de l'Est. — H. J. 

Richard (Alfred- Pierre). — Le sculpteur Richard est mort, par 
suicide, dans les derniers jours du mois de mai. La cause de sa 
fatale détermination devrait être attribuée, paraît-il, au chagrin 
d'avoir vu cette année l'une de ses œuvres refusée au Salon. Richard 
exposait depuis 1868,. et jusqu'alors il avait toujours été reçu, par- 
fois même avec succès. La statuette dont le refus a causé sa mort 
a trouvé asile à l'Exposition des artistes indépendants ; le socle a été 
orné d'une couronne d'immortelles offertes au nom du comité des 
artistes indépendants. Richard avait au Salon de 1884 un buste en 
bronze, Portrait de M. Z)..., appartenant à M. Debertrand. — H. J. 

Mercuri (Paul). — Le célèbre graveur Mercuri, né à Rome le 
20 avril 1804, est mort à Bucharest à la fin du mois de mai. Mercuri 
a résidé à Paris de 1834 à 1847. I^ ^^^iï chevalier de la Légion 
d'honneur, associé étranger de l'Académie des beaux-arts ; il avait 
remporté une deuxième médaille au Salon de 1834 et une première au 
Salon de i838. — H. J. 

Marcellin (Jean-Esprit). — Le 24 juin est mort à Paris le sculp- 
teur Marcellin, né à Gap le 24 mai 1821. Il était entré à l'école des 
Beaux-Arts le 2 octobre 1844, et, après avoir reçu les leçons de Rude, 
avait débuté au Salon de 1847, Une statue en marbre, le Berger 
Cyparisse^ exposé au Salon de i85o-i85i, lui valut une deuxième 
médaille. Cypris allaitant l'Amour^ groupe en marbre (Salon de i853), 
et le Retour du printemps^ une élégante figure, également en marbre, 
exposés en i855, obtinrent une nouvelle deuxième médaille à leur 
auteur. En 1857, avec le groupe Zénobie retirée de l'Araxe, en iSSg 
avec le même groupe, réexposé en marbre et acquis par le Ministère 
d'État, Marcellin se vit honoré de deux rappels de médailles. Il fut 
décoré de la Légion d'honneur en 1862 et ne cessa de prendre part 
aux Salons jusqu'à cette année même où on a pu voir de lui un 
marbre, qui n'était pas tout à fait exempt de recherche, la Poupée de 
Jeanne. — H. J. 



I 



BIBLIOGRAPHIE. 



ORÉE (L'abbé). — L'Hercule terrassant l'hydre de Lerne, de Puget. — 
Bernay, imp. Lefèvre, 1884, 20 p. (tirage à part du Bulletin des séances de 
la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure). — 
L'auteur raconte l'histoire de la découverte de la statue de Puget retrouvée 
récemment par lui près de l'ancien château de la Londe, à six lieues du 
château de Vaudreuil, pour lequel elle avait été commandée. Refusée par la 
commission administrative du musée d'Évreux, à qui M. l'abbé Porée avait 
voulu en ménager l'acquisition, achetée le 2 3 juillet i883 par M. l'abbé De 
La Balle, l'œuvre du grand sculpteur a été offerte généreusement par son 



— IIO — 

propriétaire au musée de Rouen. On sait que les démarches de M. Gaston 
Le Breton, l'actif conservateur du Musée céramique, n'ont pas été étran- 
gères au succès de cette négociation et que M. Le Breton a retrouvé dans 
des fouilles faites autour du château de la Londe la tête en morceaux, mais 
complète, de la statue. Cette brochure semble délimiter fort impartialement 
la part de chacun en cette affaire. Qui aura maintenant l'heureuse chance 
de nous rendre la Cybèle qui faisait face à YHercule dans la décoration du 
château de Vaudreuil? — J. G. 

GivELET (Charles). — I.es toiles brodées, anciennes mantes ou courtes-pointes 
conservées à l'Hôtel-Dieu de Reims, rapport lu à l'Académie de Reims dans 
la séance du 3o juin 1882. — Reims, i883, in-8°, 34 p. et 6 planches. — 
L'auteur du Mémoire a retrouvé dans les greniers de l'Hôtel-Dieu de Reims 
un certain nombre de courtes-pointes en toile blanche, ornées de scènes 
religieuses ou de compartiments réguliers brodées en fil bleu ; elles servaient 
autrefois à parer les lits des malades les jours de fête seulement ; depuis 
plusieurs années elles étaient employées à couvrir les malades pendant l'été. 
Dès que l'intérêt archéologique de ces broderies a été signalé par l'Académie, 
la supérieure de l'hôpital s'est empressée d'acheter des couvertures d'été pour 
remplacer ces curieuses étoffes dont la plus ancienne remonterait au xiv" ou 
peut-être au xiii'^ siècle; les cinq autres datent de la fin du xvi' ou du com- 
mencement du xvu° siècle. Deux portent le millésime 1623, une troisième 
est datée de 1626. Un dessin de chacune de ces six pièces accompagne la 
description de M. Givelet. Le Mémoire est suivi d'une note intitulée : 
« Etude comparée, faite par M. L. Demaison, entre les toiles de Reims et 
celles des Musées de Suisse et d'Allemagne. » 

L'exploration des greniers ou garde-meubles des anciens hôpitaux ménage 
aux chercheurs de curieuses découvertes. L'exemple de l'Hôtel-Dieu de 
Reims doit attirer l'attention des savants de province et provoquer des inves- 
tigations dans toutes les villes qui possèdent des établissements hospitaliers 
dont la fondation remonte à plusieurs siècles. — J. G. 

Vaillant (V.-J.). — Deux peintres Boulonnais : Baudren Yvart et Joseph 
Yvart (1610-1728). — Boulogne-sur-Mer, typog. Simonnaire, 1884; in-8°de 
IIO pages, tiré à 100 ex. — Étude très consciencieuse et au courant des 
publications les plus récentes sur deux artistes, élèves et collaborateurs 
actifs de Charles Le Brun. Baudren Yvart et son fils, dont les noms 
paraissent fréquemment sur les Comptes du temps, ont pris part à presque 
tous les grands travaux qui s'exécutèrent aux Gobelins pendant la période 
la plus brillante du règne de Louis XIV. Ils ont notamment travaillé aux 
cartons de la plupart des tentures célèbres dues à Le Brun, et notamment 
à V Histoire de Constantin, Méléagre et Atalante, les Mois ou les Maisons 
Royales, VHistoire de Moïse, les Saisons, les Éléments, l'Histoire du Roi, 
etc. En résumé, cette monographie, consacrée à deux artistes provinciaux 
d'un incontestable mérite, présente un réel intérêt. — J. G. 

GuiFFREY (J.-J.). — Nicolas Bataille, tapissier parisien du xiv' siècle. — 
Sa vie, son œuvre, sa famille. — Paris, 1884, in-8° de 56 p. (Extrait du 
tome X des Mémoires de la Société de Paris et de l'Ile-de-France, tiré à 
100 ex. non mis dans le commerce.) — Notice faite sur les articles des 
Comptes royaux dont le texte est reproduit à la suite de l'étude sur Nicolas 
Bataille. L'auteur s'est étudié à prouver que Bataille, à la fois fabricant et 



— III — 

marchand, devait figurer au premier rang des plus célèbres artisans du 
XIV* siècle. — H. J. 

Michel (Edmond). — Les Audran, peintres et graveurs. — Orléans, Her- 
luison, 1884, in-S", 24 p. — Extrait des Annales de la Société historique 
et archéologique du Gâtinais, cette Notice fait connaître quelques actes d'état- 
civil tirés des Archives de la paroisse de Louzouer, près Montargis, qui rec- 
tifient un certain nombre de dates du Dictionnaire critique de Jal. Ces rec- 
tifications sont suivies d'un essai généalogique de la famille Audran, dans 
lequel l'auteur met en œuvre les nouveaux éléments découverts par lui, 
relatifs surtout à Benoît Audran, mort à Louzouer et enterré dans l'église 
de cette petite paroisse. — J. G. 

Pattison (M"' Mark). — Claude Lorrain, sa vie et ses œuvres, d'après 
des documents inédits. — Suivi d'un catalogue des oeuvres de Claude Lor- 
rain, conservées dans les musées et dans les collections particulières de 
l'Europe. In-4", 32op. avec36grav. dont 4 hors texte. Paris, libr. Rouam. 3ofr. 

PoNsoNAiLHE (Charles). — Sébastien Bourdon^ sa vie et son œuvre, d'après 
des documents inédits tirés des archives de Montpellier. Eaux-fortes par 
J. Hanriot, E. Marsal et G. Boutet, dessins et autographe. Grand in-8°, 
33 1 p. Paris, aux bureaux de V Artiste. 

Rousseau (J.) et A. Robaut. — Camillo Corot. In-4'', 64 p. avec le portrait 
de Corot et 34 gravures sur bois et dessins reproduisant des œuvres du 
maître. Paris, libr. Rouam. 2 fr. 5o. 

RiBEYRE (Félix). — Cham, sa vie et son œuvre. Préface par Alexandre 
Dumas fils, de l'Académie française. In-i8 jésus, xvi-291 p. avec portrait 
à l'eau -forte de Le Rat d'après Yvon, héliogravure d'après Gustave Doré 
et fac-similé d'aquarelles et de dessins. Paris, libr. Pion et 0°. 5 fr. 

ViNGTRiNiER (A.) et R. DE Cazenove. — Montessuy, peintre lyonnais. 
Suivi de lettres complémentaires par Raoul de Cazenove et Léonce de S... 
In-8% 40 p. avec vignette. Lyon, impr. Waltener et C^ — Extrait de Lyon- 
Revue. 

Bazire (Edmond). — Manet. Illustrations d'après les originaux et gravures 
de Guérard. In-8% i55 p. Paris, libr. Quantin. 10 fr. 

Richard-Desaix (Ulric). — François- Auguste Charodeau, peintre et sculp- 
teur (1840- 1882). Avec deux fac-similés d'autographes. In-8°, 52 p. Château- 
roux, impr. Majesté. 

Perret de La Menue (C.-E.). — Biographie de Tony Desjardins, archi- 
tecte. ln-8°, 46 p. et portrait. Lyon, impr. Perrin. 

Pétroz (Pierre). — Un critique d'art au XIX' siècle (Thoré). In-i8 jésus, 
84 p. Paris, libr. Alcan. 

Hymans (Henri). — 3/arm le Zélandais,de Romerswael. Bruxelles, F. Hayez, 
s. d., in-S" de 11 p. (Extrait du Bulletin de V Académie royale de Belgique, 
n" de février 1884.) 

Castan (Auguste). — Contribution à la Biographie du portraitiste A. De 
Vries. In-8'' de 4 p. — Les Relations du peintre Théodore Van Loon avec 
la citadelle de Pallas, à Louvain. In-8" de 7 p. — L'un des peintres du nom 
de Coxcie aux prises avec l'Inquisition. In-8° de 8 p. — Ces trois notices sont 
extraites du Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 3* série, tome VII, 
n"" de janvier et février 1884 H. J, 



ri2 



NOUVELLES DIVERSES. 

Les ateliers de tapisserie d'Aubusson. — Parmi les dépositions insérées 
dans l'enquête administrative sur les ouvriers et les industries d'art, on 
remarque un très curieux exposé de l'état actuel des manufactures de tapis- 
series d'Aubusson, présenté par le sous-préfet de cette ville, M. Léopold 
Gravier. Actuellement les ateliers de basse lisse comptent 38o ouvriers, 
i35 ouvrières, i5 apprentis garçons et i6 jeunes filles. Ce qui nuit surtout 
à la prospérité de cette industrie, c'est l'absence d'une bonne école de dessin 
et le manque de modèles. L'achat des modèles constitue une charge très 
lourde pour le fabricant. C'est sur ce point que l'intervention de l'Etat pour- 
rait exercer une influence efficace et contribuer à relever une vieille industrie 
nationale sérieusement menacée. — J. G. 

Monument d'Eugène Delacroix. — La deuxième liste de souscription, 
arrêtée à la fin de juin, dépassait le total de dix mille francs, y compris les 
mille francs (et non deux mille) votés par le Conseil municipal de Paris. 

Statue de Berlio^, — Un comité, dont font partie MM. Delaborde, secré- 
taire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, Ambroise Thomas, Massenet, 
Bapst, Weber, Réty, Vaucorbei!, Alexandre, Brandus, etc., s'est formé pour 
élever un monument à la mémoire de Berlioz. L'administration municipale 
vient d'autoriser ce comité à faire placer la statue en bronze de l'auteur de 
la Damnation de Faust au centre du square Vintimilie et tout à côté, par 
conséquent, de la rue de Calais où il a rendu le dernier soupir. 

Statue de Broca. — Le préfet de la Seine vient de prendre un arrêté auto- 
risant la Société d'anthropologie à élever une statue au docteur Paul Broca 
sur le terre-plein situé devant l'Ecole de médecine, à l'angle de la rue de ce 
nom et du boulevard Saint-Germain. Toutefois l'arrêté préfectoral stipule 
que, dans le cas où l'élargissement de la rue de l'Ecole-de-Médecine néces- 
siterait la modification de ce terre- plein, la Société d'anthropologie serait tenue 
de déplacer à ses frais la statue de son fondateur. 

Statue d'Etienne Bolet. — Le conseil municipal de la ville de Paris a 
décidé qu'un concours serait ouvert entre les sculpteurs français pour l'érec- 
tion d'une statue d'Etienne Dolet sur la place Maubert. Cette statue, en bronze, 
doit avoir S^ôo de hauteur, plinthe non comprise. 

La collection de gravures de M. Schœlcher. — M. Schœlcher a offert à la 
bibliothèque de l'École des beaux-arts sa collection de gravures, qui se com- 
pose de neuf mille pièces environ. C'est l'histoire complète de la gravure, 
depuis son origine jusqu'à nos jours. Cette collection est estimée 200,000 fr. 
Une salle spéciale lui sera affectée. 

Buste de Mignet. — M"" la comtesse Daffry a offert, en avril dernier, à 
l'Académie des sciences morales et politiques le buste de Mignet, par Mar- 
cello. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



8. — Août 1884. 



PARTIE ANCIENNE. 



LE TESTAMENT ET LES ENFANTS 

DE 

FRANÇOIS CLOUET 

PEINTRE DES ROIS FRANÇOIS I*"", HENRI II ET CHARLES IX. 

Nous avons annoncé, dans le premier numéro de la Revue 
de r Art français, que des documents récemment découverts fai- 
saient connaître la date précise de la mort de François Clouet. 
Nous donnons ci-après le texte de ces documents, au nombre de 
trois : 

i" le testament du peintre, portant la date du 2 1 septembre 1572, 
rédigé la veille de la mort du testateur ; 

2° un arrêt du Parlement, du i3 février i588, condamnant la 
sœur de Clouet à rendre aux deux filles naturelles de son frère la 
succession de leur père qu'elle leur disputait. C'est dans cet 
arrêt que se trouve indiqué le jour précis de la mort du dernier 
des Clouet ; 

3° une donation de six cents livres de rente faite par Diane 
Clouet, fille de François^ à l'hôpital de Sainte-Anastase où la 
donatrice est admise comme religieuse. 

Avant de présenter un résumé succinct des particularités con- 
tenues dans ces différentes pièces, il convient d'indiquer en 
quelques mots l'état de la question. 

M. de Laborde, qui a tant fait pour éclaircir la biographie des 
Clouet dans son beau livre sur la Renaissance en France, qui a 

REV. ART FR. 8 



— 114 — 

dégagé le premier la personnalité des différents artistes ayant 
illustré ce nom, a constaté que François avait pris, dès 1541, la 
place de son père Jehan, comme peintre en titre d'office du roi 
François I*"". Il le suit sur les comptes jusqu'en iSyo, année 
oïl son nom paraît pour la dernière fois sur les livres des dépenses 
royales. En iSyr, François Clouet exécute une de ses plus 
célèbres peintures, le portrait d'Elisabeth d'Autriche, femme de 
Charles IX, au moment de Tarrivée de cette princesse. En 1574, 
François est remplacé dans sa charge de peintre du Roi. Du 
rapprochement de ces différentes dates, M. de Laborde tire la 
conclusion que François Clouet mourut jeune, en plein succès, 
dans le cours de Tannée 1572, Les actes récemment découverts 
confirment de tous points les conjectures du savant historien 
auxquelles avait manqué jusqu'ici la preuve positive. 

Le 21 septembre 1572, François Clouet^ se sentant en danger 
de mort, — en effet, il succombera dès le lendemain, — prend ses 
dernières dispositions pour laisser à deux filles naturelles et pro- 
bablement jumelles , — car elles ont été baptisées le même jour, 
28 novembre 1 563, à l'église Saint-Leu-Saint-Gilles, — une partie 
suffisante de sa fortune pour assurer leur subsistance. A la date 
du décès de leur père, ces filles ont à peine neuf ans. On peut 
donc dire, avec M. de Laborde, que François Clouet mourut 
jeune encore, bien qu'il occupât depuis plus de trente ans l'office 
de peintre du Roi. 

Le testateur possédait dix-huit cents livres de rente sur l'Hôtel 
de Ville de Paris ; cette petite fortune est divisée par lui en trois 
parts égales, la première pour sa sœur Catherine Clouet, veuve 
du s. Abel Foulon ^, les deux autres pour « ses filles bâtardes, » 
comme les désigne le testament, Diane et Lucrèce. Le surplus de 



I. Ce nom de Foulon a été porté par un artiste qui a joui de quelque répu- 
tation. Si on ignore la profession d'Abel Foulon, le mari de Catherine Clouet, 
mort bien avant i588, on possède sur leur fils Benjamin Foulon quelques 
détails intéressants. « Benjamin Foulon, nepveu de feu M. Jamet, » figure 
sur l'état des officiers de la Reine pour l'année 1586-87; il reçoit i33 livres 
tournois de gages. M. de Laborde, qui a cité le premier ce texte, et Jal, qui 
l'a ensuite reproduit, ont bien compris l'un et l'autre qu'il fallait lire Janet; 
mais Jal a cru qu'il s'agissait de Jean Clouet, tandis que Benjamin Foulon 
est rédlement le neveu de François et le petit-fils de Jean par sa mère. 
C'est un point maintenant établi. 

Jusqu'au commencement du xvii' siècle, Foulon figure sur les états des 



— ii5 — 

Pacte n'offre aucune particularité à noter, si ce n'est peut-être la 
présence de ce Scipion Bruisbal^ peintre de Catherine de Médicis, 
complètement inconnu aujourd'hui. 

La sœur de François Clouet avait probablement espéré recueil- 
lir la succession entière de son frère. Elle se trouvait frustrée, aussi 
employa-t-elle tous les moyens pour dépouiller ses nièces de l'hé- 
ritage paternel. Mais, si celles-ci étaient trop jeunes pour se défendre, 
leur tuteur,- maître Hector Gedouyn, nommé par justice, veillait 
à leurs intérêts. Il fit si bien qu'après avoir épuisé toutes les juri- 
dictions, après avoir obtenu, par un premier arrêt du 1 3 février 1 684, 
l'allocation d'une provision de trois cents livres de rente pour 
chacune de ses deux pupilles, il leur fit enfin restituer la totalité 
de l'héritage paternel. L'arrêt du Parlement du i3 février i588, 
qui mit un terme à cette longue procédure, contient deux rensei- 
gnements de première importance : la date exacte de la mort de 
François Clouet^ celle de la naissance de ses filles. 

Voici donc Diane et Lucrèce en possession des six cents livres 
de rente sur THôtel de Ville de Paris à elles léguées par leur père. 
Que vont-elles devenir après cet arrêt du i3 février i588? La 
seconde nous échappe complètement. Nous perdons sa trace à la 
suite d'une démarche, n'ayant pas eu de suites, pour entrer, en 
compagnie de sa sœur, au couvent des dames religieuses de Mont- 



peintres en titre d'office avec Pierre Dumonstier, Jean Doué et Marin Le 
Bourgeois, les artistes les plus habiles et les plus célèbres du temps. 

M. de Laborde a signalé un portrait de César, duc de Vendôme, conservé 
au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, exécuté vers lôgô, 
portant au crayon la signature : Fulonius fecit. D'après cette œuvre, M. de 
Laborde n'hésite pas à ranger Benjamin Foulon parmi les bons élèves de 
Clouet. 

Jal a retrouvé la date du mariage de l'artiste. Il épousait en i6o5 ou 1606 
Marie Michel qui eut une fille le i5 mars 1607. D'un acte de naissance publié 
autrefois dans les Archives de l'Art français (III, 161), il résulte que Foulon 
avait eu, le ib novembre 1604, c'est-à-dire avant son mariage, avec Marie 
Michel, un fils, nommé Pierre, d'une certaine Françoise Nicole; or, Jal prétend 
avoir lu à la suite du nom de Nicole, non « sa femme, » mais « la mère », ce 
qui indiquerait une naissance illégitime, d'après la rédaction ordinaire des 
registres de Saint-Eustache. 

Voyez aussi un article de M. E. de Fréville dans le même volume des 
Archives (III, io3), qui donne pour père à Benjamin Foulon un certain 
Pierre Foulon, naturalisé en i538. L'hypothèse de M. de Fréville tombe 
devant les pièces que nous publions ici et qui complètent, on le voit, la 
biographie de Benjamin Foulon. 



\y 



— ii6 — 

martre. Les choses avaient été assez loin, paraît-il; car les deux 
sœurs avaient déjà fait, en date du 2 1 avril 1 588, donation de leurs 
biens en faveur du couvent où elles sollicitaient leur admission. 
Mais leur résolution ne tint pas longtemps. Quelles qu'aient été 
les causes de ce revirement, Diane Clouet, révoquant la donation 
faite aux religieuses de Montmartre, « parce qu'en la faisant, elle 
« auroit été circonvenue et deçeue, et son intention n'a jamais esté 
« de faire tel contract, » dispose, par acte du 21 juillet i Sgo, des six 
cents livres de rente à elle laissées par son père en faveur des 
dames religieuses de l'hôpital de Sainte-Anastase en raison des 
soins qu'elle a reçus d'elles, ainsi qu'elle le déclare en rappelant 
a que après le décedz dud. deffunct Clouet, son père, estant des- 
a nuée de tous moiens et dellaissée de tous parents et amis, elle 
« auroit esté mise aud. hospital par autorité de justice, où elle 
« auroict esté bien reçeue, instruite, nourrie et entretenue, comme 
« elle y est encores à présent depuis quinze ans ou environ, dont 
« elle se sent infiniment tenue à iceulx de l'hospital... » Nous 
n'entrerons pas dans les clauses particulières de ce contrât, comme 
la réserve faite de cinquante liv. par an pour les menus plaisirs de 
la donatrice ou la restitution d'une partie de la somme dans le cas 
où Diane serait envoyée dans une autre maison ou quitterait d'elle- 
même l'hôpital de Sainte-Anastase. Il semble bien résulter de cer- 
tains passages de cet acte, de ceux notamment qui sont reproduits 
ci-dessus, que la pauvre fille naturelle, abandonnée de tous ses 
parents, sans amis, sans protecteurs, n'avait trouvé d'autre refuge 
que le couvent et s'était résignée en fin de compte à ce pis-aller. 
Elle n'était plus toute jeune quand elle signait l'abandon de ses 
biens pour entrer en religion, puisqu'elle allait atteindre sa vingt- 
septième année. 

A la suite de ces trois pièces, on trouvera l'analyse de deux 
actes du milieu du xvi* siècle, où sont nommés deux personnages 
portant le nom de Clouet, sans qu'il soit possible de dire s'ils 
appartenaient ou non à la famille des peintres du Roi. Jal a déjà 
fait observer que ce nom était assez répandu à la fin du xvi'' et 
au commencement du xvri* siècle; or, aucun argument, aucun 
indice ne permet de rattacher le Thomas Clouet, prêtre, chanoine 
de Montmorency, de 1546, le Jean Clouet, tapissier du sieur 
d'Albit, de i55i, et le Claude Clouet, secrétaire de M. de 
Fervacques, qui se marie en i5j5, à la dynastie des célèbres 
peintres en titre d'office qui ont illustré le nom de Clouet. 

J. J. GUIFFREY. 



— 117 — 

I. 

Testament de François Clouet, peintre du Roi. 

(21 septembre 1572.) 

Jhesus Maria. 

Au nom du Père et du Filz et du benoist Sainct Esprit, Amen. Le 
vmgt ungiesme septembre mil cinq cens soixante douze, honorable 
homme m" Francoys Clouet, painctre et varlet de chambre du Roy, 
malade en son lict, sain toutesfois de pensée et de bon entendement 
par la grâce de Dieu, devant moy soubzsigné curé de l'église mon- 
sieur Sainct Mederic à Paris, faict son testament et ordonnance de 
dernière volunté, comme s'ensuict : 

Asscavoir, recommande son ame à Dieu, son créateur, à la Saincte 
Trinité de Paradis, à la glorieuse Vierge Marie, à messieurs Sainct 
Pierre et Sainct Paul et Sainct Mederic, son patron, etc. 

Item, veult et entend vivre et proteste morir en la foy de ilostre 
mère Saincte Eglise apostolique et romaine, et comme enfant d'icelle 
veult son corps estre inhumé en terre saincte au cymetiere de Sainct 
Innocent avec ses feuz père et mère. 

Item, à son convoy veult son curé et les prebstres habituez de sa 
paroisse pour conduire son corps à sépulture, et veult ung service 
complaict pour le remède de son ame, et du reste de ses funérailles 
le remect en la volunté de ses exécuteurs. 

Item, declaire avoir dix-huict cens livres de rente sur l'hostel de 
ville de ceste ville de Paris, desquelles il en donne six cens livres à 
Catherine Clouet, sa seur, et les autres douze cens livres à Dyane 
et Lucresse, ses filles bastardes, lesquelz douze cens livres demeure- 
ront en l'administration de sadicte seur jusques que lesd. filles soient 
en aage pour estre pourveues, et au cas que lesd. filles ne vécussent 
aage pour joir du présent don et lé, veult led. testateur que lesd. douze 
cens livres retournent à sad. seur ou ses enflfans, et sy l'une mouroit 
devant l'autre, veult que sad. seur joisse de la moictié de lad. donna- 
tion par egalle portion avec l'autre fille qui demeurra, et du reste de 
ses biens laisse tout à sad. seur après son testament accomply. 

Item, donne et laisse cent livres tournois, pour une fois paier, à estre 
distribué, scavoir est, vingt livres à l'œuvre et fabricque de l'église 
monsieur Sainct Mederic, sa paroisse, et quatre vingtz livres pour 
distribuer à des pauvres filles à marier ou autres personnes indigentes, 
telles que congnoistra son exécuteur l'aumosne estre bien employée. 

Item, donne et laisse cent escus à Nicolas, son serviteur, pour les 
bons et agréables services qu'il luy a faictz et afin qu'il prye Dieu 
pour son ame. 



— II« — 

Item, eslict pour faire l'exécution de son présent testament honno- 
rable homme, m" Jehan Monvarlet, procureur gênerai des Comptes 
de Monsieur, frère du Roy, auquel donne pouvoir et puissance sur 
tous et chascuns ses biens pour icelluy testament parfaire et acom- 
plir, et de icelluy croistre et augmenter, ainsy qu'il le trouverra bon, 
et sans riens diminuer du dessusdict, vouUant ainsy sortir son plain 
et entier effect. Duquel testament a esté faict lecture aud. testateur, 
presens m« Scipion Bruisbal, painctre de la Royne mère du Roy, Jehan 
le Sueur, Marie Mougeoys, Françoise Bourgoing, et autres à ce tes- 
moings requis et appeliez devant led. testateur, lequel par luy oy et 
entendu a declairé estre ainsy sa volunté. En tesmoing de ce m'a 
requis avec lesd. tesmoings signer led. testament les an et jour que 
dessus. Ainsy signé Luyche (?) Et à la fin dud. testament a esté mis et 
escript l'insinuation ainsy qu'il s'ensuict : 

L'an mil cinq cens soixante seize, le samedy, quatorziesme jour d'avril, 
le présent testament portant donnation a esté apporté au greffe du Chas- 
telet de Paris, et icelluy insinué, accepté et eupour agréable aux charges 
et conditions, et selon que contenu est par icelluy, par noble homme 
m° Hector Gedoyn, ou nom et comme tuteur de Dyane et Lucresse, 
légataires dénommez en ced. présent testament, lequel a esté enregistré 
au présent registre, trente deuxiesme volume des Insinuations dud. 
Chastellet, suivant l'ordonnance, ce requérant led. Gedoyn oud. nom, 
qui de ce a requis et demandé acte à luy octroyé et baillé ces pré- 
sentes, pour servir et valloir ausd. légataires en temps et lieu ce que 
de raison. Et, après ce, a esté led. testament rendu à m^ Nicolas du 
Bourg, leur procureur. 

(Arch. nat., Y 117, fol. i83.) 

(La suite au prochain numéro.) 



PARTIE MODERNE. 



LES PORTRAITS D'ARTISTES FRANÇAIS 

A LA VILLA MÉDICrS. 

{Fin.) 

Lagrange (Jean), graveur en médailles (1860), par Benjamin 

Ulmann. 
DuBOucHET (Henri-Joseph), graveur en taille-douce (1860). 

Inconnu. 
MicioL (Pierre), graveur en taille-douce (i86o). Inconnu. 



^ 119 — 

Paladilhe (Emile), musicien (1860), par M. Ernest-Barihélemy 
Michel. 

Lefebvre (Jules-Joseph), peintre (1861), par M. Jules-Joseph 
Lefebvre. 

Girard (Paul-Albert), peintre paysagiste (1861), par M. Jules- 
Joseph Lefebvre. 

Sanson (Justin-Chrysostôme), sculpteur (1861), par M. Jules- 
Joseph Lefebvre. 

MoYAux (Constant), architecte (1861), par M. Jules-Joseph Le- 
febvre. 

Dubois (Clément- François -Théodore) , musicien (1861), par 
M. Jules-Joseph Lefebvre. 

HiOLLE (Ernest-Eugène), sculpteur (1862), par M. Xavier- 
Alphonse Monchablon. 

Chabrol (François-Wilbrod), architecte (1862), par M. Xavier- 
Alphonse Monchablon. 

HuoT ( Adolphe- Joseph ) , graveur en taille-douce (1862), par 
M. Xavier-Alphonse Monchablon. 

Bourgault-Ducoudray (Louis-Albert), musicien (1862). Inconnu. 

Layrault (Fortuné-Joseph-Séraphin), peintre (i863), par M. For- 
tuné-Joseph-Séraphin Layrault. 

Monchablon (Xavier-Alphonse), peintre (186 3). Inconnu. 

Brune (Emmanuel), architecte (i863), par M. Fortuné-Joseph- 
Séraphin Layrault. 

Bourgeois (Charles-Arthur), sculpteur (i863), par M. Fortuné- 
Joseph-Séraphin Layrault. 

Chaplain (Jules -Clément), graveur en médailles (i863), par 
M. Fortuné-Joseph-Séraphin Layrault. 

Massenet (Jules-Émile-Frédéric), musicien (i863), par M. For- 
tuné-Joseph-Séraphin Layrault. 

Maillard (Diogène-UIysse-Napoléon), peintre (1864), par M. Dio- 
gène-Ulysse-Napoléon Maillard. 

Delaplanche (Eugène), sculpteur (1864), par M. Diogène-UIysse- 
Napoléon Maillard. 

Deschamps (Jean-Baptiste), sculpteur (1864), par M. Diogène- 
UIysse-Napoléon Maillard. 

GuADET (Julien), architecte (1864), par M. Diogène-UIysse-Napo- 
léon Maillard. 

DuTERT (Arthur-Victor-Fleury), architecte (1864), par M. Dio- 
gène-UIysse-Napoléon Maillard. 



I 



, — 120 — 

SiEG (Charles-Victor), musicien (1864), par M. Diogène-Ulysse- 
Napoléon Maillard. 

Machard (Jules -Louis), peintre (i865), par M. Jules-Louis 
Machard. 

Barrias (Louis-Ernest), sculpteur (i865), par M. Jules-Louis 
Machard. 

NoGUET (Louis), architecte (i865), par M. }\i\ts,-hon\s Machard. 

Gerhardt (Gustave- Adolphe), architecte (i865), par M. Jules- 
Louis Machard. 

Lenepveu (Charles-Ferdinand), musicien (186 5). Inconnu. 

Regnault ( Alexandre -Georges- Henri ) , peintre (1866), par 
MM. Jules-Louis Machard et Paul-Joseph Blanc. 

Pascal (Jean-Louis), architecte (1866). Inconnu. 

Degeorge (Charles-Jean-Marie), graveur en médailles (1866). 
Inconnu. 

Jacquet (Jules), graveur en taille-douce (1866). Inconnu. 

Laguillermie (Auguste-Frédéric), graveur en taille-douce (1866). 
Inconnu. 

Pessard (Émile-Louis-Fortuné), musicien (1866). Inconnu. 

Blanc (Paul-Joseph), peintre (1867), par M. Paul-Joseph 5/(2nc. 

Bénard (Henri-Jean-Émile), architecte (1867), par M. Jacques- 
François-Ferdinand Lematte. 

Blanchard (Edouard-Théophile), peintre (1868), par M. Joseph- 
Marie-Augustin-Gabriel Ferrier. 

NoEL (Edme-Antony-Paul), sculpteur (1868). Inconnu. 

Mercié (Marius-Jean- Antoine), sculpteur (1868). Inconnu. 

Leclerc (Charles- Alfred) , architecte (1868). Inconnu. 

Rabuteau (Victor-Alfred Pelletier), musicien (1868). Inconnu. 

WiNTZWEiLLER (Eugèue), musicien (r868). Inconnu. 

Allar (André-Joseph), sculpteur (1869), par M. Jacques-Fran- 
çois-Ferdinand Lematte. 

DuTERT (Charles- Louis-Ferdinand), architecte (1869), par M. Jac- 
ques-François-Ferdinand Lematte. 

SoLDi (Emile- Arthur), graveur en médailles (1869). Inconnu. 

Lematte (Jacques-François-Ferdinand) ,pei ntre ( r 870) , par M . Paul- 
Albert Besnard. 

Lafrance (Jules-Isidore), sculpteur (1870), par M. Jacques-Fran- 
çois-Ferdinand Lematte. 

Thomas (Albert-Félix-Théophile), architecte (1870), par M. Jac- 
ques-François-Ferdinand Lematte. 



— 121 — 

Jacquet (Achille), graveur en taille-douce (1870), par M. Jacques- 
François-Ferdinand Lematte. 

Maréchal (Charles-Henri), musicien (1870), par M. Jacques- 
François-Ferdinand Lematte. 

Lefebvre (Charles-Edouard), musicien (1870), par M. Jacques- 
François-Ferdinand Lematte. 

TouDOuzE (Edouard), peintre (1871), par M. Edouard Toudou:{e. 

Marqueste (Laurent-Honoré), sculpteur (1871), par M. Edouard 
Toudou\e. 

Ulmann (Samuel-ÉmileJames), architecte (1871), par M. Edouard 
Toudou\e. 

Serpette ( Henri -Charles- Antoine) , musicien (1871), par 
M. Edouard Toudou{e. 

Ferrier (Joseph -Marie -Augustin -Gabriel) , peintre (1872), 
par M. Joseph Wencker. 

CouTAN (Jules-Félix), sculpteur (1872), par M. Joseph-Marie- 
Augustin-Gabriel Ferrier. 

Dernier (Stanislas-Louis), architecte (1872), par M. Joseph- 
Marie- Augustin-Gabriel Ferrier. 

Dupuis (Jean-Baptiste-Daniel), graveur en médailles (1872), par 
M. Joseph-Marie-Augustin-Gabriel Ferrier. 

Salvayre (Gervais-Bernard) , musicien (1872), par M. Joseph- 
Marie-Augustin-Gabriel Ferrier. 

Morot (Aimé-Nicolas), peintre (1878), par M. Paul-Albert Bes- 
nard. 

Idrac (Jean-Antoine-Marie), sculpteur (1873), par M. Aimé-Ni- 
colas Morot. 

Lambert (Marcel-Noël), architecte (1873), par M. Aimé-Nicolas 
Morot. 

PuGET (Paul-Charles-Marie Curet), musicien (1873). Inconnu. 

Besnard (Paul- Albert), peintre (1874), P^'^ M- Théobald Char- 
tran. 

Injalbert (Jean- Antoine), sculpteur (1874), par M, Léon-François 
Comerre. 

LovroT (Benoît- Edouard), architecte (1874), par M. Léon-Fran- 
çois Comerre. 

Comerre (Léon-François), peintre (1875), par M. Théobald 
Chartran. 

Hugues (Dominique-Jean-Baptiste), sculpteur (1875), parM. Léon- 
François Comerre. 



122 — 



Paulin (Edmond-Jean-Baptiste), architecte (1875), par M. Léon- 
François Comerre. 

RoTY (Louis-Oscar), graveur en médailles (1875), par M. Léon- 
François Comerre. 

WoRMSER (André- Adolphe-Toussaint), musicien (1875), par 
M. Léon-François Comerre. 

Wencker (Joseph), peintre (1876), par M. Henri-Lucien DoMcef. 

Lanson (Alfred-Désiré)^ sculpteur (1876), par M. François 
Schommer. 

Blondel (Paul), architecte (1876), par M. Alfred-Henri Bramtot. 

Boisson (Léon- Louis), graveur en taille-douce (1876), par 
M. Théobald Chartran. 

HiLLEMACHER ( Paul-Joseph-Wilhelm) , musicien (1876), par 
M. Aimé-Nicolas Morot. 

Chartran (Théobald), peintre (1877), par M. Théobald Chartran. 

Cordonnier (Alphonse-Amédée), sculpteur (1877), par M. Théo- 
bald Chartran. 

Nénot (Paul), architecte (1877), P^^ M. Théobald Chartran. 

Schommer (François), peintre (1878), par M. Gustave Poj?e//«. 

Grasset (Edmond), sculpteur (1878), par M. François Schommer. 

Laloux (Victor -Alexandre- Frédéric), architecte (1878), par 
M. François Schommer. 

Bottée (Louis- Alexandre) , graveur en médailles (1878), par 
M. Théobald Chartran. 

Deblois (Charles), graveur en taille-douce (1878), par M. Fran- 
çois Schommer. 

Broutin (Clément), musicien (1878), par M. François Schom- 
mer. 

Rousseau (Samuel), musicien (1878), par M. François Schom- 
mer. 

Fagel (Léon), sculpteur (1879), par M. Alfred-Henri Bramtot. 

Blavette (Victor-Auguste), architecte (1879), par M. Alfred- 
Henri Bramtot. 

Hue (Georges), musicien (1879), par M. Alfred-Henri Bramtot. 

Henry Jouin. 
3o juin 1884. 



— 123 — 

LES PRIX DE ROME 

EN 1882, l883 ET 1884. 

La liste des Prix de Rome que nous avons donnée dans les 
Nouvelles Archives de l'Art français {2^ série, t. II, p. 45i) 
comprend les lauréats du concours de 1881. Nous avons pensé 
qu'il ne convenait pas de faire connaître les lauréats du Prix de 
Rome de 1884 sans revenir sur nos pas, jusqu'au point où nous 
en étions resté de la publication d'une liste périodique, qui est, 
à tout prendre, un utile document. 

H. J. 

1882. 

PEINTURE. 

Mathathias refusant de sacrifier aux idoles. 

Grand prix : Popelin^ (Gustave-Léon-Antoine-Marie), né à Paris, 
le 3o juillet iSSg. 

1" second grand prix : Pinta^ (Henri-Louis-Marius), né à Mar- 
seille, le i5 juin 18^56. 

2« — Leroy^ (Paul), né à Paris, le 29 décembre 

1860. 

sculpture. 
Saint Sébastien percé de flèches (ronde-bosse). 

Grand prix : Ferrary"* (Désiré-Maurice), né à Embrun (Hautes- 
Alpes)^ le 8 août i852. 

I " second grand prix : Pépin ^ (Edouard-Félicien- Alexis) , né à 

Paris, le 21 novembre i853. 

2* — Lombard^ (Henri-Edouard), né à Mar- 

seille (Bouches-du- Rhône), le 22 jan- 
vier i855. 



I. 


Professeurs ; 


: MM. 


, Giraudet-Ferrier. 


2. 


— 




Cabanel. 


3. 


— 




Cabanel. 


4- 


— 




Cavelier. 


5. 


— 




Cavelier. 


6. 


— 




Cavelier. 



' — 124 — 
ARCHITECTURE. 

Un Palais pour le Conseil d'État. 

Grand prix : Esquié^ (Pierre- Joseph) , né à Toulouse (Haute- 
Garonne), le 24 mai i853. 
1^'' second grand prix : Tournaire^ (Joseph-Albert), né à Nice 

(Alpes-Maritimes), le 1 1 mars 1862. 
2» — CouRTors-SuFFiT ^ (Louis-Albcrt-Octave), 

né à Paris, le 12 juillet i856. 

GRAVURE EN TAILLE-DOUCE. 

Académie gravée d'^après nature. 

Pas de grand prix. 

i" second grand prix : Sulpis'' (Emile- Jean) , né à Paris, le 

22 mai i856. 

2*^ — Barbotin^ (Joseph), né à Pîle de Ré (Cha- 

rente-Inférieure), le 25 août 1861. 

1883. 

PEINTURE. 

Œdipe, ayant à ses côtés ses filles Ismène et Antigone, maudit 
son fils Polynice. 

Grand prix : Baschet^ (Marcel-André) , né à Gagny (Seine-et- 

Oise), le 5 août 1862. 
I" second grand prix : Priant^ (Emile), né à Dieuze (Meurthe), 

le 16 avril i863. 
2° — Lambert^ (Albert-Antoine), né à Paris, le 

10 avril 1854. 



I. Professeurs : MM. Daumet. 

2» — André. 

3. r- Pascal. 

4. — Henriquel-Dupont. 

5. — Bouguereau et Annedouche. 

6. — J. Lefeb\^re et Boulanger. 

7. — Gabanel. 

8. — Gabanel, Bin et Lequien. 



— 125 — 
SCULPTURE. 

La mort de Diagoras de Rhodes (bas-relief) . 

Grand prix : Lombard ^ (Henri-Edouard), né à Marseille (Bouches- 

du-Rhône), le 22 janvier i855. 
i" second grand prix : Pirech^ (Pierre-Denis) , né à Gavernac 

(Aveyron), le 2 décembre 1854. 
20 — Verlet^ (Raoul-Charles), né à Angou- 

lême (Charente), le 5 septembre iBSy. 

architecture. 
Une Nécropole. 

Grand prix : Redon' (Fernand) , né à Bordeaux (Gironde), 

le 28 octobre i853. 
I*'' second grand prix : Quatesous^ (Léon-Eugène), né à Paris, 

le 4 décembre i855. 
2e — Defrasse*"' ( Alphonse- Alexandre) , né à 

Paris, le 3o septembre 1860. 

1884. 

peinture. 
Le Serment de Brutus. 

Grand prix : Pinta'^ (Henri- Louis-Marius), né à Marseille, le 
i5 juin i856. 

I*'" second grand prix : Leroy^ (Paul), né à Paris, le 29 décembre 

1860. 

2° — Cabane^ (Edouard), né à Paris, le 8 jan- 

vier 1857. 



1. Professeurs : MM. Cavelier. 

2. — Jouffroy, Falguière et Chapu. 

3. — Cavelier. 

4. — André. 

5. — Pascal. 

6. — André. 

7. — Cabanel. 

8. — Cabanel. 

9. — Bouguereau et Tony Robert-Fleury. 



-* 126 — 



SCULPTURE^ 



Mé^ence, blessé à la cuisse, et anche le sang de sa blessure. Il 
écoute avec angoisse le bruit du combat où son fils s'est préci- 
pité pour le sauver (ronde-bosse). 

Grand prix : Puech' (Pierre-Denis), né à Gavernac (Aveyron), 

le 2 décembre 1854. 
i" second grand prix : Gasq^ (Paul-Jean-Baptiste), né à Dijon 

(Côte-d'Or), le 3o mars 1860. 
2» — Gardet^ (Joseph-Antoine), né à Paris, le 

32 février 1861. 

GRAVURE EN MEDAILLES. 

Oreste, poursuivi par les Euménides après le meurtre de sa mère 
Clytemnestre, se réfugie aux pieds de la statue d'' Apollon 
(bas-relief). 

Grand prix : Naudé^ (Henri), né à Brenier-Cordou (Ain), le 8 dé- 
cembre 1859. 
Mention : Lancelot^ (Paulin-Camille), né à Paris, le r8 août 
■ 1864. 

gravure en taille-douce. 
Académie gravée diaprés nature. 

jer grand prix : Sulpis*' (Emile-Jean), né à Paris le 22 mai i856. 
2e i»' grand prix : Barbotin'^ (Joseph), né à l'île de Ré (Charente- 
Inférieure), le 25 août 1861. 
i" second grand prix : Patricot^ (Auguste- François-Jean), né à 

Lyon (Rhône), le 11 mars i865. 
Mention : Mignon" (Justin- Abel- François) , né à Bordeaux 
(Gironde), le 2 décembre 1861, 



I. 


Professeurs 


MM. Jouffroy, Falguière et Chapu. 




2. 


— 


Jouffroy, Falguière. 




3. 


— 


Cavalier, Aimé Millet. 




4- 


— 


Ponscarme, Paul Dubois et Thomas. 




5. 


— 


Ponscarme et Thomas. 




6. 


— 


Henriquel-Dupont et Cabanel. 




7- 


— 


Bouguereau et Tony Robert-Fleury. 




8. 


— 


Henriquel-Dupont et Danguin. 




9- 


— 


Henriquel-Dupont, Gérôme et Loudet. 





— 127 — 
ARCHITECTURE. 

Un établissement d'eaux thermales au milieu des montagnes. 
Grand prix : D'Espouy^ (Marie-Désiré-Hector-Jean-Bapiiste), né 
à Salles-Adour (Hautes- Pyrénées), le 8 mai 1854. 
i" second grand prix : Debrie^ (Eugène-Georges), né à Paris le 

7 Juin i856. 
2^ — Devienne 3 (Albert), né à Cléry (Somme), 

le 20 octobre i855. 



NECROLOGIE. 



ALEXANDRE PINCHART. 

Alexandre Pinchart, chef de section aux Archives du royaume à 
Bruxelles, vient de mourir à la suite d'une longue et pénible maladie, 
le 23 juillet dernier, à l'âge de soixante-un ans. 

Bien que de nationalité étrangère, bien qu'appartenant â une 
administration belge, Pinchart se rattachait à la France par ses tra- 
vaux et par de nombreuses sympathies. Aussi, ne laisserons-nous pas 
disparaître, sans payer à sa mémoire un juste tribut d'éloges et de 
regrets, ce collègue éminent qui a été souvent pour nous un précieux 
collaborateur, et toujours un excellent ami. 

Après avoir étudié la peinture dans un des ateliers les plus fréquentés 
de Bruxelles, Pinchart se voua de bonne heure à l'érudition ; ses 
rares qualités, une remarquable sagacité, une grande puissance de 
travail, devaient lui conquérir une des premières places parmi ses 
émules. Il débuta par des études sur la numismatique belge et les 
graveurs de sceaux, études qu'il ne cessa de poursuivre jusqu'à la fin 
de sa vie. Un concours ouvert à l'Académie de Belgique sur l'histoire 
de la tapisserie flamande ouvrit à son activité de nouvelles voies. Il 
obtint le prix, et depuis lors s'occupa très activement d'une ques- 
tion qui le passionnait. Personne n'a fait faire autant de progrès que 
lui, depuis une trentaine d'années, à l'histoire de la haute et de la 
basse lisse ; aussi fut-ce une bonne fortune pour moi d'obtenir sa 
collaboration à l'histoire générale de la tapisserie publiée par la 
maison Dalloz. Une importante découverte, datant à peine de quelques 
mois, lui permit, dans ces derniers temps, de déterminer les proprié- 

1. Professeurs : MM. Daumet. 

2. — Guadet. 

3. ^— Coquart et Gerhardt. 



— 128 — 

taires d'un grand nombre de marques jusqu'ici sans attribution cer- 
taine. L'histoire de la tapisserie flamande restera son œuvre maîtresse. 

Pour dire tout ce qu'il a entassé de découvertes heureuses, de fines 
observations, de recherches persévérantes dans les trois volumes 
intitulés : Archives des arts, sciences et lettres, il faudrait bien des 
pages. Cet ouvrage oflfre la réunion des nombreux, articles parus 
dans le Messager des sciences historiques de Gand pendant plus de 
trente années. Beaucoup de ces notices, d'une érudition toujours très 
sûre, intéressent au premier chef l'histoire de la littérature et des arts 
en France. Pinchart avait un discernement tout particulier pour 
choisir les pièces vraiment curieuses, pour mettre en relief le passage 
capital; il lui suffisait de faire connaître sa découverte au public spé- 
cial qu'elle pouvait intéresser, sans chercher à attirer par de vulgaires 
artifices de réclames, trop communs aujourd'hui, l'attention de la foule. 
Aussi était-il prisé à sa valeur par les érudits qui connaissaient ses 
travaux et appréciaient son mérite autant que sa modestie '. 

Depuis de longues années, notre ami promettait à la Société de 
l'histoire de l'Art français un livre de la plus haute importance sur 
les artistes qui ont été occupés à Dijon par les ducs de Bourgogne 
pendant la seconde moitié du xiv° siècle. Les matériaux étaient réunis, 
la rédaction fort avancée ; mais d'autres travaux plus pressés vinrent 
à la traverse, et la mort a empêché notre savant confrère de mettre 
la dernière main à une œuvre qu'il cai'essait avec amour depuis si 
longtemps. Espérons que ce grand labeur ne sera pas perdu, que les 
amis de Pinchart rendront à sa mémoire l'hommage le plus digne de 
lui en sauvant et en publiant les fragments qu'il a laissés inachevés, 
mais encore en état d'être imprimés. 

J.-J. GuiFFREY. 



NOUVELLES DIVERSES. 

Un monument à Gambetta en Cochinchine. — On annonce que la colonie 
française de Cochinchine, ayant fait une souscription pour élever un monu- 
ment à la mémoire de Gambetta sur la place principale de Saïgon, vient de 
charger M. Thabard, statuaire, de l'exécution de ce travail. 

I. Nous ne saurions rappeler ici tous les titres de Pinchart. La bibliogra- 
phie de ses travaux demanderait de longues recherches, toutefois il convient 
de rappeler la traduction de VHistoire de la peinture flamande par Crowe 
et Cavalcaselle, que l'éditeur a enrichie de nombreuses notes, résultat de 
ses découvertes dans les archives de la Belgique. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 
9. — Septembre 1884. 

PARTIE ANCIENNE. 



PHILIBERT DELORME. 

On s'est fort trompé sur la date de la mort de Philibert Delorme ; 
fixée dans les Biographies courantes à iSyy, avec la circonstance 
aggravante; tantôt le 3o mai d'après Callet; tantôt le 9 février 
comme le répète Jal en en doutant, puisqu'il le donne encore comme 
aumônier du Roi en iSyS [Dict., p. 798), en l'appelant de plus 
abbé d'Ivqy, ce qui est une faute d'impression ou de lecture pour 
Ivry, Pabbaye du diocèse d'Évreux, voisine du château d'Anet. 
Le Gallia Christiana, qui le rencontrait deux fois dans ses listes 
d'abbés (VII, col. 1119; IX, col, 1073), disait sans détails la date 
de 1570, et, comme il cite forcément les noms de ses successeurs, 
il y avait plus que des chances pour qu'ils eussent raison. 
M, Berty, dans ses Grands Architectes de la Renaissance (1860, 
p. 43-5) , a donné pour la première fois la vraie d'après les registres, 
capitulaires de Notre-Dame de Paris : 

a Lune, nonâ Januarii 1 570... Viso codicillo testamenti Domini 
Reverendi Philiberti de Lorme, — dum viveret Canonici Pari- 
siensis, Abbatis Sancti Eligii Novionis (Saint-Éloi lès Noyon) et 
Sancti Eligii Andegavensis (c'est-à-dire Saint-Serge lès Angers), 
heri , horâ septimâ sero, aut eo circa, in suâ domo claustrali, 
prout per hodie Dominis relatum, decessi, cujus anima requiescat 
in pace, amen, — ordinatum est, juxta dictum testamentum, 
corpus dicti defuncti inhumari in Ecclesiâ Parisiensi, cum solem- 
nitatibus assuetis pro Canonico Parisiensi decesso, loco ab execu- 
toribus dicti testamenti eligendo in navi aut alio commodiori, 

REV. ART FR. 9 



— i3o — 

prout viderint, ac die crastinâ dici Vigilias ; die vero Mercurii 
proximâ, présente corpore, missam et funeralia celebrari , ac 
propter recipi centum scuta ab colegatâ. f> 

Rien de plus précis ; Philibert de Lorme est mort vers sept 
heures du soir, dans sa maison canoniale du cloître Notre-Dame, 
le dimanche 8 Janvier iSyo ; le 9 janvier, le Chapitre prend ses 
dispositions en conséquence; le mardi lo, on dira pour lui les 
Vigiles des morts, et le mercredi 12 on dira la messe et le service 
funéraire. 

En 1862, j'ai publié, dans la seconde série des anciennes 
Archives de V Art français, II, 318-27, d'après une copie nota- 
riée de 157 1, le testament de Philibert Delorme, « gisant au lict 
malade, » en date du jour de la Saint-Thomas, 21 décembre i56g, 
par conséquent un mois seulement avant sa mort. 

Un des articles portait : « Item, je laisse à THôtel-Dieu de Paris 
la somme de quatre cens livres tournois. » 

Notre confrère M. Brièle, l'excellent archiviste de PAssistance 
publique, vient de découvrir dans un Compte de FHôtel-Dieu, et 
nous fait l'amitié de donner au Bulletin de notre Société la men- 
tion suivante, qui se trouve au Chapitre des Dons et Legs : 

« De Messieurs le Premier Président Tambonneau et Maistre 
Jehan de Bredas, Prebtre, Chanoyne en l'Eglise Nostre-Dame de 
Paris, ou non et comme exécuteurs du testament de feu Révérand 
Père en Dieu Messire Phillebart de Lorme, luy vivant Abbé de 
Sainct-Siergue et Chanoyne en ladicte Esglisede Paris, la somme 
de riii cens livres tournois, laigée par ledict defîunct pour aider 
à noury et subtenter les pores malades d'icelluy Hostel-Dieu. » 

Ce sont les exécuteurs nommés par Delorme, d'abord le cha- 
noine de Bréda (et non Bredas) ; comme il y a eu deux Tam- 
bonneau Présidents en la Chambre des comptes, il s'agit proba- 
blement de Jean Tambonneau, fils de Michel, Président par la 
démission de son père, de i563 jusqu'en i6o5. 

Si la mention relevée par M. Brièle avait été trouvée la pre- 
mière, elle aurait suffi à nous apprendre que Delorme était mort 
en 1570. Les registres capitulaires sont plus explicites, puisqu'ils 
donnent la date précise ; mais la mention du Compte de l'Hôtel- 
Dieu a encore son prix. En effet, puisque l'une des dispositions a 
été exactement exécutée, c'est que les autres l'ont été aussi et que 
le testament de Delorme a sorti son plein et entier effet, ce qui 
comporte que ses affaires étaient en bon ordre. Un testament 



— i3i — 

peut n'être que Texpression des dernières volontés ; il y en a tant 
qui sont réduits et ne s'exécutent qu'en partie, ou même pas du 
tout. 

Enfin Ton peut remarquer dans ce testament que Delorme 
prend des dispositions en faveur d'un fils naturel^ encore mineur; 
il lui lègue 200 livres tournois de rente annuelle « pour ses ali- 
ments et aultre son entretenement, » auxquelles il en ajoute plus 
loin i5o autres, en faisant remarquer que « c'est bien peu desd. 
deux cens livres tournois de rente, mesmement quand il sera 
en aage de perfection. » Ce fils s'appelle Philibert Delorme 
comme son père; serait-ce lui qui serait mort en iSyy, et que 
l'identité du nom aurait fait prendre pour l'architecte ? 

A. DE MONTAIGLON. 



LE TESTAMENT ET LES ENFANTS 

DE 

FRANÇOIS CLOUET 

PEINTRE DES ROIS FRANÇOIS I®"", HENRI II ET CHARLES IX. 

{Suite et fin.) 

IL 

Arrêt du Parlement de Paris rendu contre Catherine Clouet, veuve 
d'Abel Foulon, sœur et héritière de François Clouet, adjugeant à 
Diane et à Lucrèce Clouet, filles naturelles dudit François Clouet, 
la somme de 600 livres tournois léguée à chacune d'elles par leur 
père. 

(i3 février i588.) 

Entre maistre Hector Gedouyn, tuteur ordonné par justice à Diane 
et Lucresse Clouet, filles naturelles de deflfunct François Clouet, 
vivant paintre et vallet de chambre du Roy, et Jehanne le Borgne, et 
ladicte Jehanne le Borgne joincte avecq led. Gedouyn, demandeurs 
d'une part, contre Catherine Clouet, veufve de feu Abel Foulon, sœur 
et seuUe héritière dud. deffunct Clouet, d'autre. 

Veu par la Court la demande desd. demandeurs, defîences de lad. 
deffenderesse, sentence du trentiesme mars mil cinq cens soixante 
et dix sept, par lequel lad. Leborgne auroict esté receue partye 
joincte avecq led. Gedouyn contre lad. Clouet, arrest du treiziesme 
febrief mil cinq cens quatre vingtz quatre, par lequel, entre autres 
choses, lad. Court auroict évocqué le procès principal pendant entre 



— l32 — 

les partyes par devant les gens tenans les Requestes du Pallais, et avant 
y faire droict ordonné qu'elles articulleront leurs faictz et informeront 
sur iceulz dans quinzaine, produiroient à la quinzaine ensuivant, 
seroient les productions communiquées pour y bailler contredictz et 
salvations dans le temps de l'ordonnance, et demeureroient au procès, 
les enquestes cy-devant faites par ordonnance d'icelle, pour en icel- 
luy jugeant y avoir tel esgard que de raison ; et ce pendant, par pro- 
vision, auroict adjugé à chascune desd. deux filles naturelles la somme 
de trois cens livres tournois de rente à prendre sur les rentes deues 
aud. deflFunct sur l'hostel de ceste ville de Paris ; requeste du dix huic- 
tiesme décembre aud. an mil cinq cens quatre vingtz quatre, par 
lequel lad. Le Borgne auroict renoncé à plus articuller aulcuns 
faictz ny informer de sa part ; forclusion de satisfaire aud. arrest par 
led. Gedouin, faictz et articles de lad. Le Borgne, et enqueste faicte 
à sa requeste par ordonnance de lad. Court auparavant led. arrest 
par m^ de Therouenne, Conseillier en icelle, le vingt cinquiesme 
mars mil cinq cens soixante dix huict ; procès-verbal dud. de The- 
rouenne; faictz et articles de lad. defFenderesse ; et enqueste par elle- 
faicte suivant ledict arrest du treiziesme febvrier receue pour juger, 
avec l'enqueste faicte par ordonnance desd. gens des Requestes à la 
requeste de lad. Clouet le neufviesme mars mil cinq cens soixante 
dix sept ; productions desd. Leborgne et Catherine Clouet respecti- 
vement ; forclusion de produire de la part dud. Gedouin ; contredict 
de lad. Le Borgne contre la production de lad. defFenderesse; forclu- 
sion de fournir de contredictz par lesd. Gedouin et deffence contre 
lad. Le Borgne; reproches d'icelle deffendresse contre les tesmoings 
oiz en l'enqueste de lad. Le Borgne ; testament dud. feu François 
Clouet du vingt ugniesme septembre mil cinq cens soixante douze, 
par lequel led. Clouet auroict légué ausd. Dianne et Lucresse, ses 
filles naturelles, la somme de douze cens livres de rente, faisant 
partie de dix huict cent livres à luy deue sur l'hostel de ceste ville de 
Paris; extraict du registre baptistaire de l'église Saint-Leu et Saint- 
Gilles, contenant le baptesme desd. filles, du vingt huictiesme novembre 
mil cinq cens soixante trois ; interrogatoire faict à lad. deffendresse 
le vingt ugniesme aoust mil cinq cens soixante seize ; et tout ce que 
par lesd. Le Borgne et defFenderesse a esté mis et produict; tout 
considéré. 

Il sera dict que lad. Cour a condampné et condampne lad. deffen- 
dresse, faire délivrance à chacune desd. Lucresse et Dianne Clouet, 
filles naturelles dud. deflfunct François Clouet, de la somme de six 
cens livres tournois de rente, suivant le testament dud. defFunct Clouet, 
à prendre sur les dix huit cens livres tournois de rente appartenant 
aud. deflFunct sur l'hostel de ceste ville de Paris, et à paier à chascune 
desd. filles la somme de cent escus sol. pour chascune des années 



— i33 — 

escheues puis le jour du decedz dud. François Clouet advenu le 
vingt deuxiesme septembre mil cinq cens soixante douze jusques aud. 
jour treiziesme febvrier mil cinq cens quatre vingtz quatre, ensemble 
leur rendre et paier tous les arriérages desd. douze cens livres tour- 
nois de rente par icelle deffendresse prins et perceuz puis led. jour 
treiziesme febvrier mil cinq cens quatre vingtz quatre sur iceulx, 
desduictes les sommes que lad. deffendresse fera aparoir avoir paiée 
ausd. filles depuis la provision adjugée par le susd. arrest du trei- 
ziesme febvrier, et pour le regard des arrérages desd. douze cens 
livres tournois de rente escheuz et quy restent à paier par le recep- 
veur dud. hostel de ville et quy escheront cy après, ordonne lad. 
Cour que lesd. Diane et Lucresse Clouetz en jouiront et les recep- 
vront par les mains du recepveur dud. Hostel de ville ; et a con- 
dampné et condampne icelle deffendresse ez despens de l'instance 
telz que de raison. 
(Arch. nat., Xla 1708, fol. io3v».) 

III. 

Donation de six cens livres tournois de rente à l'hôpital de Sainte^ 
Anastase par Diane Clouet, fille de feu François Clouet, à l'occasion 
de son admission comme religieuse professe audit hôpital. 

Aujourdhuy, en la présence des notaires soubsignez, Dianne Clouet, 
fille de feu François Clouet, en son vivant paintre et vallet de chambre 
du Roy, qui s'est dict age'e de vingt six ans ou environ, auroict 
remonstré à nobles personnes M^ Jehan Hatton, chanoine et soubz 
chantre en l'église Nostre-Dame de Paris et visiteur général des hos- 
pitaux de ceste ville de Paris, M° Michel Michon, prebstre, chanoine 
en l'église de Poitiers, maistre et administrateur de l'hospital Saincte 
Anastaize fondé près l'église Sainct-Gervais, sœur dame Jehanne 
Girard , mère des filles religieuses professes dudit hospital , sœurs 
Denise Dupuis, Perrette Pellerin, Jacqueline Soly, Anastaize de la 
Barre, Geneviefve Pacot, Geneviefve de Villiers, Magdaleine Boucher, 
Catherine Ratoire et Anne Calot, toutes relligieuses professes dud. 
hospital, assemblées et congregées en leur oratoire où elles ont 
acoustumé eulx assembler pour traicter les affaires dudit hospital, que, 
après le decedz dud. deffunct Clouet son père, estant desnuée de tous 
moïens et dellaissée de tous parens et amis, elle auroict esté mise 
aud. hospital par autorité de justice, où elle auroict esté bien receue, 
instruicte, nourrie et entretenue, comme elle y est encores à présent 
depuis quinze ans ou environ, dont elle se sent infiniment tenue à 
iceulx de l'hospital, depuis lequel temps elle auroict toujours eu 
dévotion et affection d'estre relligieuse aud. hospital, faire profession 
et y user sa vie au service de Dieu, comme elle a encores à présent 



— i34 — 

soubz le bon plaisir de Dieu, de monsieur l'evesque de Paris et desd. 
maistres, mère et relligieuses, aux charges que lesd. relligieuses ont 
à supporter aud. hospital , au moien de quoy auroict lad. Dianne 
Clouet, dès le cinquiesme jour d'apvril mil cinq cens quatre vingtz et 
huict, humblement supplié lesd. sieurs Hatton et Michon, mère et 
relligieuses dud. hospital, que leur bon plaisir fût de la vouUoyr 
recepvoyr relligieuse et à ceste fin luy bailler l'habit de rélligion, et 
qu'en ce faisant elle donneroit du tout à tousjours aud. hospital six 
cens livres tournois de rente en plusieurs parties , à elle appartenant 
par donnation faicte desd. douze cens livres tournois de rente, tant à 
elle que à Lucresse Clouet, sa sœur, par led. François Clouet, leur 
père naturel, par son testament et ordonnance de dernière volunté, 
avec tous les arreraiges et despens à elle adjugez par arrest de la 
court de Parlement du treiziesme febvrier mil cinq cens quatre vingtz 
huict, de laquelle donnation elle auroict différé de passer contract 
jusques à présent à cause que contre led. arrest on avoict obtenu 
requeste civille qui est jugé à présent, néantmoins lesd. de l'hospital 
assurez de lad. promesse n'auroient différé de la recepvoyr relligieuse 
et luy bailler l'habit, comme de faict ilz le luy ont baillé dès led. 
temps et auroient fourny à tous les fraiz qu'il auroict convenu faire, 
tant pour lad. vesture que autres. Et pour ce que icelle Dianne Clouet 
auroict tousjours persévéré, comme elle persévère encores aud. estât 
de relligieuse, elle auroict derechef supplié et requis lesd. sieurs 
Hatton et Michon, mère et relligieuses dud. hospital, la recepvoyr à 
l'acte de profession et de fournir pareillement aux fraiz qu'il convient 
faire pour cest efifect, et que, en considération de ce et des biens et 
faveurs qu'elle a receuz dud, hospital, où elle a esté, comme dict est, 
receue quinze ans sont ou environ, estant délaissée de père et mère, 
parens et amis, destituée de tous moiens de noriture, et entretenue, 
de la bonne instruction qu'elle y auroict aprinse, et que lesd. de 
l'hospital auroient fournis aux fraiz du procez qu'il a convenu intenter 
et faire juger pour la conservation des droictz de lad. Dianne, et 
avoir dellivrance de lad. donnation à elle faicte par sondict deffunct 
père, elle donnoit, comme de faict elle donne, cedde et transporte 
par ces présentes en pur don du tout à tousjours, irrévocablement, 
ausd. hospital, leurs successeurs et ayans cause, lesd. six cens livres 
tournois de rente faisant; partie desd. douze cens livres tournoiz de 
rente en plusieurs parties, à elle appartenant par donnation faicte 
desd. douze cens livres tournoiz de rente, tant à elle que à lad. 
Lucresse Clouet, sa sœur, par led. deffunct Clouet, leur père naturel, 
par son testament et ordonnance de dernière volunté, avec tous les 
arreraiges et despens à elle adjugez par plusieurs arrestz de lad. court 
de Parlement, à la reserve toutesfois de cinquante livres tournoiz de 
rente qui seront prinse et receue par lad. Dianne par chacun an, aux 



— i35 — 

quatre termes, sur lesd. six cens livres tournoiz de rente, sur sa qui- 
tance, pour ses menus plaisirs et affaires, sa vie durant seullement. 

Déclarant icelle Dianne qu'elle revocque derechef, comme elle 
auroict cy devant faict, le contract que elle et lad. Lucresse Clouet, 
sa sœur, avoient faict et passé avec les relligieuses, abbesse et couvent 
de Montmartre, le vingt ungniesme jour d'apvril mil cinq cens quatre 
vingtz et huict, parce que en icelluy faisant elle auroict esté circon- 
venue et deceue et que son intention n'a jamais esté de faire tel con- 
tract, ains a tousjours esté sadicte intention d'estre relligieuse aud. 
hospital et de y finir ses jours, et à la charge que lesd. maistres, 
mère et relligieuses dud. hospital seront tenus de nourir et entretenir 
lad. Dianne, comme les autres relligieuses dud. hospital, et fournir à 
tous autres fraiz générallement qu'il conviendra faire, et outre à la 
charge que lad. Dianne sera et demeurera quicte de toutes pensions, 
fraiz de procès, noritures et entretiens du passé, dont on luy pour- 
royt faire demande. 

Oye laquelle requeste par lesd. sieurs Hatton et Michon, mère et 
relligieuses dud. hospital, ilz auroient incliné à icelle, et en ce faisant 
auroient promis et prometent icelle recepvoir à l'acte de profession, 
fournir aux fraiz qu'il conviendra faire et la faire jouir des privilèges 
telz et semblables que les autres relligieuses dud. hospital, icelle 
nourrir et entretenir comme les autres relligieuses dud. hospital. 
Plus, ont quicté et quictent lad. Dianne Clouet de toutes pensions, 
noritures et entretien du passé, fraiz de vesture et autres fraiz de 
procez par eulx faictz et advancez pour lad. Dianne, à la charge de 
repeter lesd. fraiz de procès contre les condempnez par les arrestz de 
la Court sur ce donnez, moiennant et considération des six cens livres 
tournoiz de rente cy devant mentionnez, par lad. Dianne Clouet 
donnez, ceddez et transportés présentement ausd. de l'hospital, arre- 
raiges d'icelle et despens de procez. Laquelle donnation iceux de 
l'hospital ont accepté et acceptent pour eulx, leurs successeurs et 
ayans cause, à lad. réserve desd. cinquante livres tournoiz de rente 
viagère par chacun an que lad. Dianne poura recepvoyr par ses mains 
et par sa quitance, sa vye durant seullement. Et outre a esté convenu 
et stipulé entre eulx que, ou cas que lad. Dianne Clouet fust envolée 
à autre lieu par ses supérieurs, en ce cas, elle aura pour sa pension 
en icelluy lieu, pendent le temps qu'elle y sera, cent livres tournoiz 
de rente à prendre en la partie desd. six cens livres tournoiz de rente, 
outre et par dessus lesd. cinquante livres tournoiz de rente cy dessus ; 
et ou cas que l'on luy permist de sa propre volunté sortir dud. hos- 
pital pour aller en autre lieu, en ce cas, ne luy sera baillé et fourny 
par led. hospital que pareille rente de cinquante livres taurnoiz, 
lesquelz cinquante livres tournoiz retourneront au proffict dud. hos- 
pital après le decedz de lad. Clouet. Et pour faire insinuer le présent 
contract 



— i36 — 

Faict et passé aud. hospital, le vingt ungiesme jour de juillet mil 
cinq cens quatre vingtz dix. Et ont lesd. s^^^ Hatton et Michon, mère 
et relligieuses signé la minutte des présentes estant par devers de 
Monthenault, l'un des notaires soubzsignez. Signé : Depoche et de 
Monthenault. 

L'an mil vc quatre vingt dix, le vendredy, troisiesme aoust, le pré- 
sent contrat de donnation a esté apporté au greffe du Chastellet de 
Paris et icelluy insinué, accepté et eu pour agréable aux charges et 
conditions y apposées, selon que contenu est par icelluy, par 
m« Pierre Gondard, procureur de Chastellet de Paris, porteur dud. 
contract et procureur de Dianne Clouet, fille de feu François Clouet, 
en son vivant paintre et varlet de chambre du Roy, donnatrice, et 
encores procureur de l'hospital Saincte Anastaize, fondé prez l'église 
Sainct Gervais, donnataire desnommez aud. présent contract, lequel 
a esté enregistré au présent registre, 47* volume des Insinuations dud. 
Chastellet 

(Arch. nat., Y i32, fol. 5i v°.) 

IV. 

3o juin 1546. 

Confirmation de la donation faite en novembre i53o par Thomas 
Clouet, prêtre, chanoine de Montmorency, à Mahiette Le Vacher, sa 
nièce, à l'occasion de son mariage avec Jean Gilbert, laboureur de 
vignes. 

(Arch. nat., Y 92, fol. 8 r°.) 

V. 

23 février i55i (n. st.). 

Donation par Jean Clouet, tapissier de mons"" d'Albit, se portant 
fort de Jeanne Cornette, sa femme, à Claude Clcfuet, son fils, écolier 
étudiant en l'Université de Paris, d'un demi arpent de vigne à 
Andilly ', d'une maison et d'un petit jardin à Andilly. 

(Arch. nat., Y 96, fol. 326 t°.) 

VL 

19 mai iSyS. 

Contrat de mariage de Claude Clouet, secrétaire de M. de Fer- 
vacques, et de Marie Regnault, veuve de m' Jacques Le Voyer, en 
son vivant suivant les finances. 

(Arch. nat., Y 116, fol. 422 r'.) 

J.-J. GUIFFREY. 



I. Le village d'Andilly est situé, comme on sait, à une très petite dis- 
tance de Montmorency où le Thomas Clouet nommé dans l'acte précédent 
était chanoine. Ne faut il voir dans ce rapprochement qu'une coïncidence 
fortuite? Peut-être y aurait-il lieu de tenter des recherches dans les vieux 
registres des paroisses de Montmorency et d'Andilly, s'il en existe encore. 



p 



• — iSy — 

PHILIPPE DE CHAMPAIGNE. 

M. Gustave Saige vient de faire paraître à Monaco le premier 
fascicule d'un livre intitulé Les Beaux-Arts au Palais de Monaco 
avant la Révolution; le second fascicule doit se rapporter au 
détail des anciennes collections. Dans le premier, auquel il manque 
peut-être un plan qui éclaircirait la description des salles et des 
galeries, notre Bulletin doit relever une mention curieuse. 

Le compte des dépenses du voyage d'Honoré II à la Cour de 
France en i65i, arrêté au mois d'octobre par le Fermier général 
des Domaines, Aymé Lenfant, renferme cet article : 

« Du dernier Aoust... Baillé à M' Champaigne, le peintre, pour 
les portraicts qu'il a faicts à S. A,, 25 pistoUes Espaigne. . . 

277 1. 10 s. » 

A. DE M. 



LE SCULPTEUR FOUCOU. 

En conséquence de la procuration qui nous a été demandé, je sou- 
signé donne plain pouvoir au sieur Desmarets de recevoir tel somme 
qui plaira à Monsieur le comte d'Angevilier, directeur des Bâtiments, 
pour la paussion et tems que j'ai passé à l'écoles de Paris. 
Fait à Rome, le ig juillet lyyS. 

Foucou. 
(Dubrunfaut, 269.) 
(Communiqué par M. Jules Guiffrey.) 



VENIAT. 

M. Tourneux me signale qu'il a été question de Veniat dans l'/w- 
termédiaire. En décembre 1878, col. 355, M"". B. D. y a imprimé 
l'épitaphe maintenant à Carnavalet, et comme moi il demandait ce 
qu'était « cet ouvrier fameux. » En mars 1869, col. i22-3^ M'". B. J. 
répondait à la question par cette épitaphe, conservée aux manuscrits 
de la Bibliothèque de l'Arsenal dans le Nécrologe de l'Ave Maria : 

« Vir probœ ingenuitatis D. Carolus Veniat, huic Monasterio tanto 
amoris vinculo nexus ut, in excitandis vetustate collabentibus œdi- 
ficiis casterisque rébus agendis, plurimum propria negotia seposuerit 



— r38 — 

nostris, inde Sanctimonialibus ex multiplici exhibitâ charitate de 
meliori nota commendatus, morti immatura prasventus die i6 Maii 
i663, in earum ecclesiâ corpus suum tumulari et charissimi fratris 
cadaveri adjungi curavit. Oretur pro eo. » 

M. de Guilhermy avait déjà en 1873, dans le premier volume des 
Inscriptions du diocèse de Paris, pages 55o-i, donné l'épitaphe, décou- 
verte en 1867 en démolissant la caserne de l'Ave Maria, et le passage 
du Nécrologe manuscrit, que lui avait signalé et communiqué M. Paul 
Lacroix. Quelqu'un a dit qu'à propos de tout il faudrait lire ce qu'on 
n'a pas lu et relire ce qu'on a lu ; j'étais dans le second cas, et j'avais 
sous la main V Intermédiaire et le livre de M. de Guilhermy. 

On voyait bien par le Nécrologe que Charles Veniat, emporté par 
une mort prématurée le 16 mai i663, s'était charitablement dévoué 
aux soins des affaires des Filles de l'Ave Maria, qu'il s'était en parti- 
culier occupé de la réédification des vieilles constructions de leur 
couvent, et qu'il avait voulu être enterré dans leur église à côté de 
son frère. 

Mais cela ne disait ni ce qu'il était lui-même, ni ce qu'était ce frère, 
mort quatre ans avant, en lôSg. Mon confrère et ami, M. Charles de 
Beaurepaire, le savant archiviste de la Seine-Inférieure, nous l'ap- 
prend dans une lettre qu'il m'a adressée et que je transcris : 

«Je suis heureux de pouvoir vous renseigner sur Veniat, qui 
paraît n'être plus connu que par l'inscription dont vous rapportez le 
texte. 

« Guillaume Veniat était menuisier ordinaire de la Maison du Roi, 
et demeurait à Paris, rue Saint-Louis, en l'île Notre-Dame. 
'« Il mourut le dernier avril lôSg et fut enterré à l'Ave Maria. 

« Son testament, vrai ou supposé, donna lieu à un très long procès 
qui fut terminé par un arrêt du Parlement, analysé dans un manus- 
crit que j'ai acheté pour nos archives il y a trois ans : 

Testament déclaré nul à cause de grandes présomptions de faux. 

« Le samedi matin, 14 de mars 1671, en la Grand-Chambre, prési- 
dant Monsieur le Premier Président, y eust Arrest, au Raport de 
M. Guérpult qui le jugea ainsi. Il estoit question du testament et du 
codicille de Guillaume Veniat, fameux Menuisier de Paris, qui avoit 
laissé plus de 200,000 livres de bien. M^ Jean Desmoulins, Commis- 
saire ordinaire de l'Artillerie de France, ayant espousé Catherine 
Veniat, sa seur et héritière ab intestat dudit Guillaume, s'estoit rendu 
inscrivant en faux contre les deux actes, qui avoient esté reçus chez 
Gury Guichard et Pierre Gaudion, Notaires de Paris. Le procès avoit 
duré onze ou douze années depuis lôSg. Il n'y avoit point de nul- 
lités. Il n'en estoit pas même allégué ; mais il y avoit de grandes pré- 
somptions de faux, qui résultoient d'informations qui avoient esté 



— i3g — 

faites, de raportz de Greffiers et de Maistres Escrivains sur pièces de 
comparaison, et de plusieurs circonstances, remarquées sur le procèz, 
qui rendoient les présomptions de faux que les deux Notaires furent 
devestus de leurs robes et interrogez sur la sellette. Ne'antmoins, la 
Cour n'ayant pas trouvé qu'il y eust tant de preuves au procedz pour 
déclarer les actes faux et condamner les deux Notaires comme faus- 
saires, il fust prononcé par la nullité des actes qui estoient suspects 
de faux, et, par l'Arrest de ce jour, le testament et les codicilles dudit 
Guillaume Veniat furent déclarez nuls ; lesdits Guichart et Gaudion, 
Notaires, qui les avoient reçeus et qui estoient accusez de faux, furent 
envoyez hors de procès, despends compensez, et la veuve de Charles 
Veniat, Marie Le Grand, qui souztenoit le testament et codicille de 
Guillaume, son beau-frère, fust condamnée au raport. 

« Charles Veniat, mentionné ci-dessus, étoit aussi Menuisier du 
Roi. » 

Comme il était mort en 1673, il ne vit pas la fin du procès, mais 
c'était évidemment en sa faveur qu'était le testament contesté, et l'on 
en comprend mieux qu'il ait tenu à être enterré à côté du frère par 
le testament duquel il était avantagé au détriment de leur sœur 
M"e Desmoulins. 

A. DE M. 



PARTIE MODERNE. 



MONTEIL ET DAVID D'ANGERS. 

Monteil, malgré sa vaste érudition, demandait volontiers l'avis des 
uns et des autres, pour rendre plus parfaite son Histoire des Français 
des divers États. 

Il fut ainsi amené à soumettre à David d'Angers les épreuves des 
placards du chapitre de ce livre qui traite des Beaux-Arts. 

En les lui envoyant rue d'Assas, n» 14, fin novembre 1843, Monteil 
lui disait : 

« L'auteur prie M. David de vouloir bien faire sur ce chapitre les 
« corrections, les radiations, les additions qu'il jugera convenables; 
« il le prie aussi de vouloir bien remplir les noms de grands artistes 
« laissés en blanc. » 

Nous ignorons quelle fut la part de David dans la révision de ces 
épreuves; nous ne retrouvons dans les papiers de Monteil, que nous 
possédons, que le texte de la note ci-dessus; mais nous constatons 



— 140 — 

que ces communications d'épreuves déplaisaient à l'éditeur Coquebert, 
qui se plaignait qu'elles retardaient l'impression du volume. 

Monteil, toujours aimable, s'excusait du mieux possible, en écri- 
vant de Cély, le 23 décembre, à son « bouillant t> éditeur : 

« Diable ! Comme vous avez bien combiné le moment de vous 
« plaindre de mon retard. Demain, mon neveu devait partir pour vous 
« porter le reste du manuscrit... Vous êtes l'éditeur que j'ai le plus 
« rapidement servi... Examinons le retard qu'éprouve l'imprimerie 
« par le tableau des envois que j'ai fait. Premier volume : tout est 
« complet, imprimé, si ce n'est les feuilles 3i et 82 que M. David n'a 
« renvoyées qu'hier, bien que je les ai demandées et redemandées. 
« Vous voilà bien malheureux d'avoir été retardé de quelques jours 
« pour avoir la sanction de notre premier statuaire sur le chapitre 
« des Beaux- Arts... » 

En réalité ces quelques jours représentaient un mois entier de 
retard. 

Victor Advielle. 



LE MINIATURISTE AUGUSTIN. 

Il y a quelques années le journal l'Art acheta un album de portraits 
au crayon noir, fort remarquables. 

Plusieurs, cédés au Musée de la ville de Lille, y figurent sous le 
nom d'Augustin. 

Deux autres portraits du même recueil, donnés par le journal r.4rf, 
sont exposés dans les galeries du Louvre, mais avec ces mots, attri- 
bués à Augustin : 

Où est l'erreur? — Est-ce à Paris, est-ce à Lille? 

En d'autres termes, les beaux dessins de Paris et de Lille, bien 
dignes d'Augustin, sont-ils ou ne sont-ils pas d'Augustin ? 

Enfin, de qui provenait le Recueil en question et que savait-on au 
juste sur son origine ? 

V. A. 



NECROLOGIE. 



CoMBARiEu (Fréderic-Cha ries-Félix). — « Tous nos encouragements 
à M, Combarieu pour sa statue de Juvénal, dont il faut louer le 
caractère, les formes choisies et impersonnelles; M. Combarieu s'est 
rendu compte de l'idéalité qui sied à l'effigie du poète; cependant 



— 141 — 

le jeune artiste ne s'est pas encore familiarisé avec le vrai type romain. » 
Ainsi parlions-nous en 1878, — il y a six ans — dans notre étude sur 
la Sculpture au Salon. Le i" juillet 1884, Combarieu s'est suicidé. 
La statue de Juvénal a été la cause déterminante de sa mort. Le plâtre 
exposé en 1878 avait valu à son auteur une mention honorable. Le 
marbre, caressé pendant six années, fut envoyé par Combarieu au 
Salon de 1884. Lors de la répartition des récompenses, le jury ne crut 
pas pouvoir adjuger au sculpteur autre chose qu'une nouvelle men- 
tion honorable. Combarieu avait espéré davantage. Le Salon fermé, 
se retrouvant en face de son œuvre mal jugée et invendue, l'artiste 
qu'un mal opiniâtre minait depuis plusieurs années n'a pas su tenir 
tète aux difficultés d'une situation précaire. C'est le 3 juillet qu'on a 
découvert son cadavre dans son atelier du boulevard Montparnasse. 
Il avait le crâne fracassé par plusieurs balles et la mort remontait 
à trois jours. 

Il était né à Paris, le 9 octobre 1884. Très jeune encore, il avait 
appris à sculpter le bois chez les frères Guéret, industriels. Vers l'âge 
de vingt-deux ans, il entra dans l'atelier de Lequien, et, le 9 octobre 
1861, Combarieu se fit inscrire, comme élève de Lequien, à l'École des 
beaux-arts. Il habitait alors au numéro 5, rue des Fossés-du-Temple. 
A peine l'ouvrier de la veille avait-il passé quelques mois à l'École des 
beaux-arts, qu'il fut l'objet, de la part de ses anciens camarades, les 
sculpteurs sur bois, d'une préférence flatteuse dont il se sentit très 
honoré. L'exposition universelle de Londres allait ouvrir, et ce fut Com- 
barieu que les sculpteurs industriels choisirent pour leur délégué comme 
étant le plus habile d'eux tous dans le travail du bois. Combarieu se 
rendit à Londres. M. Levillain, sculpteur, qui est resté l'ami de Com- 
barieu jusqu'à son dernier jour, nous écrit que cet honneur imprévu 
qui vint surprendre Combarieu sur le seuil de sa vie d'artiste a été 
son plus grand triomphe. Pourquoi le sculpteur ne comprit-il pas que 
l'art industriel se réclamait de lui, qu'il était assuré d'en obtenir un 
gain suffisant, tandis que l'art pur, le grand art, selon l'expression 
consacrée, lui serait peut-être funeste comme à tant d'autres. 

Il revint de Londres, reçut les leçons de Dumont et de M. Bonnas- 
sieux, entra en loges lors du concours de 1864 et remporta le second 
grand prix qui, cette année, fut appelé « premier accessit. » Les con- 
currents heureux de Combarieu avaient été Deschamps et M. Dela- 
planche. Le sujet du concours était une ronde-bosse représentant 
Ulysse bandant l'arc que les prétendants n'ont pu ployer. Il s'en fallut 
de quelques voix que Combarieu l'emportât sur M. Delaplanche, 
toutefois on trouva que le modelé de sa statue n'était pas exempt 
d'une certaine dureté. Le sculpteur sur bois se trahissait dans le tra- 
vail de l'argile. L'Ulysse, honoré du premier accessit, fut acquis par 
l'Etat, selon la coutume, et, pour ce travail, Combarieu reçut une 



— 142 — 

somme de quinze cents francs. Qui oserait dire que ce ne soit pas là 
l'œuvre unique vendue par l'artiste au Gouvernement? Lorsque Gom- 
barieu obtint son « premier accessit » il avait trente ans. Les con- 
cours cessant de lui être ouverts il quitta l'école et travailla, sans 
grand courage, pour des industriels, puis, peu à peu ce dévoyé, qui 
s'était promis de devenir un maître, délaissa l'industrie pour se vouer 
à la composition de quelque grande œuvre. La statue de Juvénal fut 
exposée par lui, nous l'avons dit, en 1878. La mention que lui valut 
ce plâtre fit naître en lui l'espérance d'un succès plus grand. Le 
marbre, trop longuement travaillé, s'est naturellement ressenti d'un 
labeur excessif. Ge que le modèle du Juvénal avait de personnel, de 
vigoureux, d'élevé, se trouve atténué sinon tout à fait effacé sur le 
marbre amolli et trop souvent remanié que nous avons eu sous les yeux 
au Salon de 1884. Le jury n'a pu disposer d'une médaille en faveur 
de Gombarieu et lui a fait l'aumône d'une mention. G'est un tort. 
Mieux eût valu ne rien offrir au sculpteur que de lui décerner une 
récompense dérisoire déjà gagnée par lui. On ne devrait pas honorer 
un même artiste de deux mentions. La première peut être un encou- 
ragement, la seconde n'est rien moins que flatteuse. 

Le suicide de Gombarieu a été l'objet de nombreux articles dans la 
presse de Paris. Le plus virulent a paru dans le Matin^ du 9 juillet, 
sous la signature de Jules Vallès. G'est un plaidoyer plein de fiel contre 
l'École, l'Institut, le Prix de Rome. Il y a plus de parti pris que de 
raison dans la phraséologie de Vallès. La Liberté du 10 juillet, le Soleil 
du 8, ont apporté plus de mesure dans leurs réflexions devant le 
cadavre de ce bon ouvrier qui a eu l'ambition fâcheuse de se faire 
une place dans l'école contemporaine, sans tenir compte des obstacles, 
sans écouter surtout les conseils de la prudence. 

Peu s'en est fallu qu'une sorte de fatalité pesât sur l'œuvre non 
moins que sur l'homme. En dehors des travaux d'art industriel 
laissés par Gombarieu et dont il nous est impossible de ressaisir la 
trace, on ne peut guère citer de lui que le Fronton du Théâtre de 
Tours, obtenu au concours par l'artiste. MM. Morice et Louis-Noël 
s'étaient mis sur les rangs pour exécuter ce travail. L'un et l'autre 
exigeaient environ 7,000 fr. pour prix du fronton. L'architecte Léon 
Rohart hésitait. Gombarieu se chargea du fronton pour 5, 000 fr. Il 
l'obtint. Au cours de l'exécution, l'imprudent artiste s'aperçut que ses 
débours dépassaient le chiffre fixé par lui. Trois mille francs durent 
lui être alloués pour l'indemniser de pertes trop visibles. Ge travail, 
récemment achevé, a failli être entièrement détruit par le feu dans 
l'incendie du théâtre, le i5 août i883. 

Henry Joum. 



— 143 — 

VENTES. 

Éventails peints par Watteau, Boucher, Le Brun. — On vient de 
vendre, en Espagne, une collection très précieuse d'éventails. Le 
catalogue, qui était illustré par d'habiles artistes, coûtait i25 francs. 
Parmi les éventails qui ont atteint les prix les plus élevés, citons : 
celui de la princesse Adélaïde de Savoie peint par Watteau sur ivoire 
et représentant : Une fête à Cythère, 3,675 francs; un éventail ayant 
appartenu au duc de Medina-Cœli, représentant Phryné devant ses 
juges, peint par Le Brun, 2,2 5o francs ; et un éventail avec une 
peinture de fiowc/îeA représentant la Foire aux baisers, 4,728 francs. 
On se rappelle qu'une vente semblable eut lieu, il y a quelque temps, 
à Londres, et que, parmi les éventails vendus, il s'en trouvait un 
représentant les Fêtes de Versailles, peint par Watteau, qui a été 
vendu i2,5oo francs. 



NOUVELLES DIVERSES. 

Les récentes décorations. — A l'occasion de la fête nationale du 14 juillet, 
ont été nommés ou promus dans l'ordre de la Légion d'honneur : 

Au grade de commandeur, M. Cabanel (Alexandre), artiste peintre, 
membre de l'Institut. Officier depuis 1864. 

Au grade d'officier, MM. Robert-Fleury (Tony), artiste peintre, hors con- 
cours. Chevalier depuis 1873. — Constant (Benjamin), artiste peintre, hors 
concours. Chevalier depuis 1878. 

Au grade de chevalier, MM. Rapin (Alexandre), artiste peintre; médailles : 
3" classe 1875, 2" classe 1877, hors concours. — Weerts (Jean-Joseph), 
artiste peintre; médaille : 2" classe 1875, hors concours. — Claude (Jean- 
Maxime), artiste peintre; médailles : 1866 et i86g, 2° classe 1872, hors con- 
cours. — CoLLiN (Louis-Joseph-Raphaël), artiste peintre ; médaille : 2* classe 
1873, hors concours. — Thabard (Adolphe), artiste sculpteur; médailles : 
1868 et 2' classe 1873, hors concours. — Boitte (Louis-François-Philippe), 
architecte; prix de Rome iSSg, médailles : 2' classe E. U. 1867, i" classe 
1872, hors concours. — Dumas (Michel), directeur de l'Ecole nationale des 
beaux-arts de Lyon, artiste peintre; médaille: 3* classe 1857, rappel i86i, 
i" classe i863, hors concours. — Cousin (Jules), conservateur en chef du 
Musée et de la Bibliothèque de l'hôtel Carnavalet, membre de la Commis- 
sion de l'Inventaire des richesses d'art de la France. 

Le Conseil supérieur des beaux-arts. — Par décret du 18 juillet, le Con- 
seil supérieur des beaux-arts est constitué comme suit : 

Président : M. Fallières, ministre de l'instruction publique et des beaux-arts. 

Vice-présidents : MM, Durand, sous- secrétaire d'État au ministère de 
l'instruction publique et des beaux-arts ; Kaempfen, directeur des beaux-arts. 

Membres de droit : MM. Poubelle, préfet de la Seine; vicomte H. Dela- 
borde, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts; de Ronchaud, 



— 144 — 

directeur des musées nationaux; Poulin, directeur des bâtiments civils; Guil- 
laume, membre de l'Institut, inspecteur général de l'enseignement du dessin ; 
Paul Dubois, membre de l'Institut, directeur de l'École nationale des beaux- 
arts ; Ambroise Thomas, membre de l'Institut, directeur du Conservatoire 
national de musique; Antonin Proust, vice-président de la commission des 
monuments historiques; A. Louvrier de Lajolais, directeur de l'école natio- 
nale des arts décoratifs; Etienne Arago, conservateur du musée du Luxem- 
bourg; Georges Lafenestre, inspecteur des beaux-arts, commissaire général 
des expositions. 

Membres nommés : MM. Bonnat, Breton (Jules), Cabanel, Gérome, Puvis 
de Chavannes, Meissonier, Barrias, Chapu, Boeswilwald, Garnier, Flameng, 
Massenet, Renan, Heuzey, Berthelot, Perrot, Charton, Schérer, Hémon, Spul- 
1er, Castagnary, Galland, Laurens (J. P.), Bouchet, Fannières, Burty, About, 
Cernuschi, Clément (Ch.), Dumas (Alex.), Gruyer, Hébrard, Legrand (L.), 
Mantz (Paul), Roche (Jules), Véron. 

Secrétaires : MM. Hecq et Ollendorff. 

Peintures décoratives dans trois mairies de Paris. — Le jury chargé de 
juger le concours des décorations des mairies des IV°, XV* et XX'' arron- 
dissements de la ville de Paris s'est réuni le 22 juillet, à deux heures, à 
l'Hôtel-de-Ville, salle Saint-Jean, et a rendu son jugement, à trois heures de 
l'après-midi. Voici les noms des lauréats : 

Mairie du IV» arrondissement, salle des fêtes (5o,ooo francs), M. Léon 
Comerre, deux panneaux représentant le Jour et V Automne. 

Mairie du XV* arrondissement, salle des mariages (5o,ooo francs), 
MM. Humbert et Pierre Lagarde, deux panneaux représentant un mobile 
blessé couché sur une civière, et une scène de printemps et d'amour. 

Mairie du XX" arrondissement, salle des mariages (64,000 francs), M. Léon 
Glaize. Un panneau intitulé : Triomphe, et représentant la Révolution qui 
s'avance sur son char triomphal, en appelant à elle tous ses enfants. 

L'exposition est restée ouverte au public jusqu'au dimanche 3 août. 

Sculptures de l'Hôtel-de- Ville. —• On vient de placer aux portes d'entrée 
de l'Hôtel-de- Ville, place Lobau, deux lions de M. Cain, et deux autres lions 
de M. Jacquemard. 

Du côté du quai, on se prépare à faire disparaître la bicoque de l'agence 
des travaux, et l'on prépare le jardin où doit être placée la statue équestre 
d'Etienne Marcel ; dans l'intérieur de l'hôtel on achève les deux bas-reliefs 
d'archivolte, adossés à la salle des Pas-Perdus; enfin, on refait la patine du 
Gloria Victis de M. A. Mercié, qui a été détériorée pendant le séjour de ce 
groupe au square Montholon. 

La statue de Niepce. — On élève en ce moment le piédestal qui doit 
recevoir la statue de Nicéphore Niepce à Chalon-sur-Saône. Seulement, les 
fêtes d'inauguration, qui devaient avoir lieu fin septembre, ont dû être 
remises au mois de mai i885, le statuaire, M. Guillaume, n'ayant pas ter- 
miné son œuvre. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



10. — Octobre 1884. 



PARTIE ANCIENNE. 



QUE SONT DEVENUS 

LES 

MÉMOIRES DU DUC D'ANTIN? 

On connaît le portrait du duc d'Antin laissé par Saint-Simon : 
« Personne n^avait plus d'esprit, ni de toutes sortes d'esprit, et, 
avec un art tout grossier et tout naturel, plus d'art, de tour, de 
persuasion, de finesse, de souplesse; il était et il disait tout ce 
qu^il voulait et comme il le voulait. » Voilà qui donne à penser 
que les Mémoires de ce fin courtisan, qui occupa les importantes 
fonctions de directeur général, puis de surintendant des Bâtiments 
du Roi, seraient de nature à intéresser les historiens d'art. Or, 
selon toute apparence, ces Mémoires existent. Ils doivent être très 
étendus, car Lemontey, dont on connaît V Essai sur rétablisse- 
ment monarchique de Louis XIV (1818) et Touvrage posthume. 
Histoire de la Régence et de la minorité de Louis JSTF (r832), 
ayant eu occasion de parler à maintes reprises du duc d'Antin_, 
dit avoir puisé certaines notes dans le tome VIII des Mémoires 
manuscrits de cet homme d'État. Lemontey est mort en 1826. 
Son Histoire de la Régence fait suite à VEssai sur rétablisse- 
ment monarchique de Louis XIV et doit avoir été composée 
vers 1820. Depuis lors, aucune trace des précieux Mémoires. 
En i858, Louvet publiait une notice sur le duc d^Antin et regret- 
tait que Lemontey n^eût pas dit entre quelles mains il avait con- 
sulté les papiers originaux du fils de M'"*" de M'ontespan. Deux 

REV. ART FR. lO 



— 146 — 

ans plus tard, Sainte-Beuve, parlant des Mémoires du duc de 
Luynes édités par MM. Dussieux et E, Soulié, écrivait : « L'his- 
toire de la première moitié du règne de Louis XV sera encore 
mieux pourvue de ses éléments et instruments essentiels, quant à 
répoque de la Régence, lorsqu^on aura donné les Mémoires du 
duc d'Antin qu'a connus Lemontey, et qui sont rentrés depuis 
dans de jalouses ténèbres. » Si nous ouvrons l'Introduction aux 
Mémoires de Saint-Simon^ également écrite par Sainte-Beuve 
(édition Hachette, i856), nous y voyons que l'auteur des Cause- 
ries du Lundi suppose les « Mémoires politiques du duc d'Antin, 
et d'autres encore, dans les Archives de l'État. » Mais ce ne sont 
là que des hypothèses. Tant que personne ne répond, la question 
n'est pas oiseuse. Que sont devenus les Mémoires du duc d'Antin ? 
Car le Discours de sa vie et de ses pensées écrit par le célèbre 
duc, en cent cinquante pages, et imprimé en 1822 dans le volume 
des Mélanges de la Société des Bibliophiles, tiré à trente exem- 
plaires, pour introuvable qu'il soit, est connu et ne doit pas être 
confondu avec les Mémoires proprement dits de l'ancien surinten- 
dant. C'est probablement le manuscrit autographe de ce Discours 
qui, possédé par M. de Boissy, passa en vente publique à la mort 
de cet amateur d'autographes, le 28 germinal an XI (18 avril i8o3), 
et que nous trouvons signalé en ces termes à la page 178 du cata- 
logue (n° 14 des manuscrits) dressé par Alexandre, commissaire- 
priseur, et imprimé par Barrois l'aîné et fils (i8o3, in-8°) : 

« Réflexions sur Vhomme, et en particulier sur moi-même, et Mémoires de 
€ ma vie commencés en ijoy, par le duc d'Antin (Louis-Antoine de Par- 
€ daillan de Gondrin), in-fol. m. r. 

« Manuscrit autographe. » 

Nous n'avons pu connaître le nom de l'acquéreur de ce 
manuscrit. Ce détail, au reste, importe peu si, comme nous le 
supposons, les Réflexions sur Vhomme ne sont autre chose que 
le Discours dont les éditeurs de 1822 auraient changé le titre. 
De quelle collection, de quelles archives privées ou publiques 
sortiront un jour les Mémoires complets et définitifs ? 

Henry Jouin. 



GUILLAUME VENIAT. 

Je demande la permission d'ajouter un mot à ce qui a été dit 
par M. de Montaiglon sur Guillaume Veniat, « l'ouvrier fameux » 



— 147 — 

dont le nom, oublié pendant deux siècles_, vient de reparaître 
avec honneur dans la Revue de l'Art français. 

D'après les heureuses recherches de M. de Beaurepaire, Veniat, 
mort le 3o avril i656, était menuisier de la maison du roi. 

Ces indications sont exactes, car, au xvii* siècle, certains menui- 
siers faisaient des meubles et pouvaient être considérés comme de 
véritables ébénistes ; mais la profession de Veniat et son aptitude 
spéciale sont plus strictement précisées par un texte. Je vois en 
effet, en relisant la liste des artistes de la maison du roi, impri- 
mée dans les Nouvelles Archives de T Art français (1872, p. 88), 
que Guillaume Veniat figure parmi les coffretiers et que, pendant 
la période comprise entre i63i et 1648, il reçoit un salaire 
annuel de 3 00 livres. 

Un mot resterait à expliquer : l'inscription conservée au musée 
Carnavalet nous représente Veniat comme un ouvrier 
Dont l'esprit excellent, par un meslange heureux, 
Joignit la théorie à la noble pratique. 

Enseignait-il à faire des coffres? Il connaissait du moins l'art 
de les remplir, puisqu'il laissa « plus de 200,000 livres de bien. » 

Paul Mantz. 



LE PEINTRE FERDINAND ELLE 

ET LE MARIAGE DE SA FILLE CATHERINE. 

Un apprenti qui en conte à la fille de son patron et qui se voit 
ensuite obligé de l'épouser, l'aventure est vulgaire ; elle ne méri- 
terait pas d'être racontée, si les noms des acteurs et les circons- 
tances n'ajoutaient quelque intérêt aux faits pris en eux-mêmes. 

Il s'agit ici de la fille du peintre Ferdinand Elle^ originaire de 
Malines, dont Mariette a dit : « L'un des plus excellents peintres 
de portraits qui aient paru en France, il vint s'établir à Paris et 
laissa deux fils : Louis (1612-1689) et Pierre, qui suivirent la 
même profession. Comme leur père avait acquis une grande répu- 
tation sous le nom de Ferdinand^ ils se firent pareillement nom- 
mer Ferdinand préférablement à leur nom de famille. » 

Louis-Ferdinand Elle et son fils furent de l'Académie. On con- 
naît la scène touchante du vieux protestant, obligé de s'expatrier 
après la révocation de l'édit de Nantes et faisant ses adieux à ses 



I 



— 148 — 

confrères. Quelques mois après, il abjurait et reprenait sa place à 
l'Académie. Il ne faut pas oublier, à sa décharge, qu'il était alors 
septuagénaire. 

Revenons à Ferdinand Elle et à sa fille. Jal, qui a retrouvé la 
date de la naissance de plusieurs des filles du célèbre artiste^ ne 
parle pas de Catherine et ne connaît pas son existence. 

Ferdinand Elle vivait tranquillement à Paris, où il avait obtenu 
par son talent le titre de peintre du Roi, quand une nouvelle ter- 
rible viejit le frapper au cœur. Un apprenti, qu'il a reçu sous son 
toit, qu'il considérait presque comme de la famille, a profité de 
cette intimité pour séduire sa fille par une promesse de mariage. 
Bientôt, la faute de la malheureuse ne se pourra plus cacher. On 
conçoit la colère et le désespoir du pauvre père. La mort seule 
était capable d'expier un pareil forfait. Et, de fait, cette phrase se 
trouve dans la plainte de Ferdinand Elle. 

Mais des violences n'eussent servi à rien ; notre homme prend 
donc un parti plus pratique. Le 18 août 1627, il porte plainte 
devant le bailli de Saint-Germain-des-Prés ; le coupable, Jean 
Gaspin ou Caspin, est interrogé le 19; il avoue tous les faits dont 
il est accusé. Séance tenante, il est condamné à épouser sa victime 
ou à rester en prison. Il n'a pas besoin de longues réflexions pour 
faire son choix et, le jour, rapporte le certificat de son mariage avec 
Catherine Elle, délivré par le ministre protestant du temple de 
Charenton, les. Drelincourt. Le drame finissait en vaudeville. Il 
faut avouer que le s. Ferdinand Elle était expéditif en affaires. 

J.-J. GUIFFREY. 

18 août 1627. 

Plainte de Ferdinand Elle, peintre ordinaire du Roi, an bailli de 
Saint-Germain-des-Prés, au sujet de la séduction de sa fille. 

A Monsieur le bailly de Saint-Germain-des-Prez, 
Supplie humblement Ferdinand Elle, peintre ordinaire du Roy, 
disant que le nommé Jehan Caspin, compagnon peintre, demeurant 
en la maison dud. suppliant, auroit par artifice et blandices, attiré à 
soy Catherine Elle, sa fille, et icelle deceue et trompée de telle sorte 
que, soubz les feintes promesses que lui faisoit led. Caspin de l'espou- 
zer, il auroit eu sa compagnie charnelle, et seroit à présent devenue 
grosse de ses œuvres ; c'est pourquoy, le suppliant auroit esté con- 
seillé de nous présenter sa requeste, afin de luy estre par nous sur ce 
pourveu. Ce considéré, Monsieur, et que tel acte ainsy commis par 



— 149 — 
led. Caspin à rencontre du suppliant et de sa fille est ung pur rapt 
qui mérite une punition extraordinaire, même le dernier supplice, il 
vous plaise luy permettre d'en faire appréhender et mettre en arrest 
led. Caspin^ pour ce faict estre contre luy proceddé, ainsy qu'il appar- 
tiendra par raison et vous ferez bien. 

Soit led. Caspin mis en arrest aux perilz et fortunes du suppliant. 
Le xviii« aoust 1627. 

(Signé :) Plantin. 

Interrogatoire de Jean Gaspin, compagnon peintre. 
Du xix« aoust 1627. 

Par devant nous avons mandé Jehan Gaspin^ compagnon peintre, 
demeurant aud. S. Germain, rue de Seinne, aagé de xxv ans ou envi- 
ron, natif de la Haye, en Hollande, lequel, après serment, 

Pourquoy il est prisonnier : 

Dict que c'est pour avoir eu affaire avecq une fille et sa compagnie 
charnelle ; 

S'il congnoist Catherine Eille, fille de Ferdinand, peintre ordinaire 
du Roy, et s'y c'est pas d'elle qu'il a eu sa compagnie charnelle, 

Dict qu'ouy ; 

S'il n'a pas promis d'espouzer lad. fille et soubz ceste promesse il 
a abuzé de sa personne, 

Dict qu'ouy ; 

S'il scayt pas que c'est contre les loix et ordonnances de Dieu et 
de la police humaine d'abuzer ainsy d'une fille de maison auparavant 
que de l'espouzer, 

Dict qu'il n'a pas eu ceste considération ; 

S'il entend pas l'espouzer quand il plaira au père de lad. fille, 

Dict qu'ouy ; 

Depuis quel temps il a eu la compagnie charnelle de lad. fille, 

Dict qu'il a deux ou trois moys ; 

Sy elle est enceinte et sy ce n'est pas de son faict, 

Dict qu'ouy. 

Lecture faicte de son interrogatoire de mot à mot, a dict ses responces 
estre véritables, et a signé. 

(Signé :) Jean Gaspyn. — Plantin. 

Ce faict, avons ordonné que le présent interrogatoire et requeste 
présentée par le s"" Ferdinan seront communicquées au procureur 
fiscal pour, ce faict, estre ordonné ce qu'il appartiendra pour raison. 

(Signé :) Plantin. 

Veu la requeste présentée par Ferdinand, me paintre, le xvme jour 
du présent mois d'aoust, contenant sa plainte avec l'interrogatoire, 
confession de Jehan Gaspin, compaignon peintre, prisonnier, deffen- 



— i5o — 

deur et accusé, confessant et promettant d'espouser la fille dud. 
demandeur; 

Je requiers qu'il ayt à solempniser le mariaige ce jourd'huy avec 
lad. Catherine Elle, fille dud. Ferdinand, et, pour cest efFect, qu'il soit 
eslargy en la garde d'un sergent, lequel sera tenu dans vingt-quatre 
heures de nous rapporter certifficat dud. mariage, sinon de réintégrer 
led. Gaspin esd. prisons, et pour avoir abusé de lad. Catherine avant 
led. mariage, "qu'il soit condamné à aulmosner xvi livres parisis à 
l'hospital de la Charité. Faict le xix^ jour d'aoust mil VI^ XXVII. 

(Signé :) Germain. 

19 août 1627. 

Certificat du mariage de Jean Gaspin , compagnon peintre, et de 
Catherine Elle, fille de Ferdinand Elle, peintre ordinaire du Roi, 
célébré par Charles Drelincourt, ministre du temple protestant de 
Charenton. 

Je soussigné, ministre de la parole de Dieu en l'église reformée de 
Paris, qui a son exercice à Charenton par permission du Roy, certifie 
qu'en vertu de certaine sentence rendue par Mons' le bailli de S. Ger- 
main des Prés en datte de ce jour, signée Gaudin et scelée, j'ay célé- 
bré le mariage de Jean Gaspin, compagnon peintre, et de Catherine 
Elle, fille de Ferdinand Elle, maitre peintre ordinaire du Roy, et de 
Marie Ferdinand, et ce en présence d'Hubert d'Herbe, commis au 
greffe dud. S. Germain, Toussainct Pochet et Estienne Regnaud, ser- 
gens aud. S. Germain. Fait ce dix-neufviesme aoust mil six cent 
vingt sept. 

Drelincourt. 

(Archives nationales : Justice seigneuriale de Saint-Germain-des-Prés, 
Z2 3304.) 



LE GRAVEUR JEAN-BAPTISTE MASSARD. 

On sait de reste que la Bibliothèque du Théâtre-Français, publiée 
en 1768 sous l'indication « Dresde, Michel Groell, » mais imprimée 
à Paris, n'est pas l'œuvre personnelle du Duc de La Vallière. Il n'en 
est pas moins bon de recueillir ici cette note manuscrite de Mercier 
de Saint-Léger, imprimée dans un catalogue de livres à prix mar- 
qués, parce qu'elle dit de l'auteur des gravures : 

« Le Duc de Lavallière, qui se disait auteur de cette Bibliothèque, 
« faite par Marin, Capperonnier, moi et d'autres gens de lettres, 
« vendit le manuscrit au libraire J.-B.-G. Bauche, qui le fit impri- 
« mer à ses frais avec une permission tacite et chez qui l'ouvrage se 



— i5i — 

« vendait. Les planches ont été gravées d'après Cochin par J.-B. 
« Massard^ devenu depuis très célèbre graveur en taille-douce, qui, 
« arrivé de son village, fut placé tout jeune chez Bauche, où il 
« était garçon de magasin et d'où il allait, dans ses moments de loisir, 
« apprendre la gravure chez un voisin de ce libraire, mort en 1777. » 
Le village est la ville normande de Bellême, où Massard est né 
en 1740, et le voisin graveur était Martinet. La Bibliothèque du 
Théâtre français a six planches. Les trois entêtes des volumes sont 
de Massard d'après Eisen ,• des trois frontispices, gravés sur les des- 
sins de Cochin le fils, le premier est gravé par De Launay elles deux 
autres le sont par Massard, qui avait alors vingt-sept ans. 

A. DE MONTAIGLON. 



COCHIN ET L'ACADEMIE DE SAINT-LUC. 

M. Etienne Parrocel prépare une histoire de l'Académie de pein- 
ture de Marseille. Au cours d'une communication faite devant la sec- 
tion des Sociétés des Beaux-Arts à la Sorbonne, en avril 1884, 
M. Parrocel a résumé les nombreux documents qu'il se propose de 
mettre en œuvre, et, comme appendice à sa brève communication, 
il a bien voulu permettre l'insertion au compte-rendu de la session 
de divers autographes d'artistes dont il a réservé toutefois la primeur 
à la Revue de l'Art français. 

L'une des lettres que nous devons à l'obligeance de M. Parrocel 
est de Charles-Nicolas Cochin, secrétaire de l'Académie de peinture 
de Paris. Elle est adressée au secrétaire de l'Académie de Marseille 
et porte la date du 27 janvier 1777. Notre confrère, M. Jules Guiffrey, 
au cours de sa préface des Livrets de l'Académie de Saint-Luc, écrit : 
« Dans une lettre qui a passé sous nos yeux, Cochin se plaint avec 
assez de vivacité que des cours utiles institués par l'Académie de 
Saint-Luc pour l'instruction des jeunes artistes manquent à l'Acadé- 
mie royale. » Nous n'avons pas lu la lettre dont parle M. Guiffrey, 
mais celle qu'on va lire ne la contredit pas. Cochin laisse échapper 
la joie que lui fait éprouver la suppression de l'Académie de Saint- 
Luc, rivale en plus d'un cas de l'Académie royale. Et, comme l'in- 
terdiction d'ouvrir le Salon du Colysée, en août 1777, fut certaine- 
ment provoquée par l'Académie royale, ayant à cœur d'empêcher 
une solennité à laquelle aurait pris part plus d'un académicien de 
Saint-Luc, la lettre de Cochin est une sorte de préface aux prohibi- 
tions qui seront édictées six mois plus tard. 

H. J. 



— l52 — . 

Monsieur, 

J'ay l'honneur de vous adresser la lettre que J'écris à MM. de 
l'Académie de Marseille, de la part de la nôtre de Paris, en même 
temps J'ay l'honneur de vous remercier des politesses dont est 
remplie celle que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser et de 
vous demander la continuation de votre amitié, en vous assurant 
de la réciprocité. 

Je fais mention dans ma lettre à l'Académie d'un fait dont peut- 
être on n'est pas instruit à Marseille, ou peut-être qui n'y fait 
pas une si grande sensation, soit parce que vojiis n'avés pas de 
maîtrises, ou peut-être parce qu'elles ne sont pas aussi persécu- 
trices que l'était à Paris la maîtrise des Peintres de Saint-Luc. Mais 
c'est pour nous, à Paris, un très grand événement que la liberté 
des arts, et la destruction du droit de saisie qu'avait sur eux la 
communauté de Saint- Luc. Vous y avés aussi un très grand 
intérêt en ce que, si aucun des artistes de votre corps fut venu à 
Paris, il ne lui aurait pas été permis d'exercer ses talens sans être 
auparavant entré à prix d'argent dans cette funeste communauté : 
tyrannie cruelle et qui n'existoiten aucun autre pays de l'Europe. 
Partout, les arts étoient libres, excepté dans celui qui passe pour 
le mieux policé ; Je n'ay pu résister au plaisir de vous faire part 
de notre Joye. 

J'ay l'honneur d'être, avec la plus parfaite estime et le plus sin- 
cère attachement, Monsieur, 

Votre très humble et très obéissant serviteur, 

COCHIN. 

Ce 27 Janvier 1777. 
(Communiqué par M. Etienne Parrocel.) 



ACTES D'ETAT CIVIL CONCERNANT HOUDON. ' 

L'acte de naissance de Houdon a été intégralement publié, sauf 
quelques légères fautes d'impression, par MM. Anatole de Montai- 
glon et Georges Duplessis dans l'étude qu'ils ont donnée sur ce sta- 
tuaire à la Revue universelle des Arts il y a bientôt trente ans (i855). 
Mais l'utile recueil fondé par le bibliophile Jacob est aujourd'hui 
peu consulté. Une autre source, plus récente, est à la portée de tous, 
et, lorsqu'il s'agit d'actes d'état civil sur nos artistes, c'est ordinaire- 
ment à cette source qu'on a recours. Nous voulons parler du Die- 



— i53 — 

tionnaire critique d'Auguste Jal. Or, dans cet ouvrage, l'acte de 
naissance de Houdon n'a été que partiellement reproduit (p. 689). De 
plus, l'extrait est fautif en ce qui concerne le parrain du statuaire 
dont le nom se trouve altéré. Enfin, la date de la naissance de Hen- 
riette-Suzanne Houdon et la date du décès d'Anne-Julie, l'une et 
l'autre soeurs de l'artiste, sont erronées dans le Dictionnaire critique. 
Nous croyons utile de rétablir le texte de ces trois documents d'après 
le « Registre de l'église royale et paroissiale de Saint-Louis de Ver- 
sailles, années 1788 et 1741. » 

ACTE DE NAISSANCE DU SCULPTEUR. 

L'an mil sept cent quarante-un, le vingt-troisième jour de mars, Jean- 
Antoine, né le vingt du même mois, fils de Jacque Houdon, domestique 
chez M. de Lamotte, et de Anne Rabâche, son épouse, a etté baptisé par nous 
soussigné prêtre de la Missions faisant les fonctions curialles, le parrain a 
etté Jean-Antoine Lemire, officié de la Raine, et la maraine a etté Magde- 
leine Légère, épouse de s' Jean Coquelin, laquelle avec le parain et le père 
presant ont signé avec nous : Lemire, Houdon, Madeleine Léger, Prunier, 
prêtre. 

Sœurs du statuaire. 

Naissance (extrait). — 22 janvier lySS. — Acte de baptême de Henriette- 
Suzanne, fille de Jacques Oudon (pas de profession indiquée) et de Anne 
Rabâche. 

DÉCÈS (extrait). — 28 octobre 1741. — Acte de décès de Anne-Julie Hou- 
don, fille de Jacques Houdon, marchand de vin, et de Anne Rabâche. 

Ainsi, au commencement de 1741, le père de Houdon est domes- 
tique de M. de Lamotte, et, à la fin de la même année, il est mar- 
chand de vin. 

(Notes tirées des papiers inédits d'Auguste Jal.) 

Henry Jouin. 



QUELQUES PEINTRES OUBLIES 

DE l'ancienne FRANCE : 

HEUDON, LAHOGUE, DESFOSSÉS, LECŒUR, CHERET, HODUN. 

Aucun des peintres que nous venons de nommer ne se trouve cité 
dans le Livre de MaroUes, bien que tous aient été ses contemporains. 
Faut-il en conclure qu'ils ont vécu dans une obscurité trop grande 
pour obtenir une mention de l'historien-poète qui a tiré de l'oubli 
tant d'inconnus, ou devons-nous croire à des éliminations dictées par 
les exigences de l'alexandrin? Quoi qu'il en soit, les extraits d'actes 
publiés ici ont été recueillis par Auguste Jal, qui ne leur a pas donné 



— i54 — 

place dans son Dictionnaire critique^ sans doute parce qu'il manquait 
de renseignements plus amples sur ces maîtres peintres. Nos lecteurs 
nous permettront peut-être d'ajouter aux notes trop concises four- 
nies par les registres paroissiaux du xyii^ siècle. 

Heudon (Barthélémy), peintre. 

Le 25 avril i635, baptême à Saint-Eustache de Magdeleine, fille de Bar- 
thélémy Heudon, maître peintre, et de Jeanne Duvaulx, sa femme, demeu- 
rant rue de Grenelle. 

(Registre de Saint-Eustache.) 

Lahogue (Claude), peintre. 

Le i6 mars 1643 a lieu en l'église de Saint-Eustache le baptême de 
François, fils de Claude de Lahogue, maître peintre, et d'Anne Caquier, sa 
femme, demeurant rue Saint-Honoré. Le parrain, M. Fr. Quatresols de Mon- 
tanclos, conseiller du Roy en ses conseils de parlement. La marraine, Mag- 
deleine Le Brigois, femme de Charles Leroi, aussi conseiller au parlement. 

Le I" juillet 1643 a lieu l'enterrement en l'église de Saint-Eustache de 
Claude Lahogue, peintre, demeurant rue Saint-Honoré. Enterré aux Innocents. 

(Registre de Saint-Eustache.) 

Desfossés (François), peintre. 

Le 21 avril i65o a lieu en l'église de Saint-Sulpice l'enterrement de Fran' 
çois Desfossés, maître peintre, pris rue Sainte-Marguerite au Roy d'An- 
gleterre. 

(Registre de Saint-Sulpice.) 

Lecœur (Jacques), peintre. 

Le 4 septembre 1674 a lieu en l'église de Saint-Sulpice le baptême d'Anne- 
Marguerite, fille née le premier du mois de Jacques Lecœur, maître peintre, 
et de Marguerite Simon, sa femme. 

(Registre de Saint-Sulpice.) 

Cheret (Jean), peintre. 

Le 28 juillet 1676 a lieu en l'église de Saint-Sauveur le baptême de 
Françoise-Madeleine, née le 26, fille de Jean Cherret (sic), peintre, et de 
Marguerite Le Sage, sa femme, demeurant rue Saint-Denis... La marraine, 
Madelaine Cheret, femme de Louis Dubois, peintre, paroisse Saint-Eustache. 

Au registre ont été apposées les signatures Magdelaine Cherret, Jean Cheret. 

(Registre de Saint-Sauveur.) 

HoDUN (François), peintre. 

Le 9 mai 1677 a lieu en l'église de Saint-Sulpice le baptême d'Antoinette, 
fille de François Hodun, peintre, et de Marguerite Fornier, sa femme. 
François Hodun signe au registre, en lettres d'une parfaite netteté. 
(Registre de Saint-Sulpice.) 
(Notes tirées des papiers inédits d'Auguste Jal.) 

Henry Jouin. 



~ i55 — 
PARTIE MODERNE. 



ÉPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

GREUZE, VINCENT, PITHOU, MICHALLON. 

I. Greuze. — i8o5. 

ICI REPOSENT 

JEAN-BAPTISTE GREUZE 

décédé le 21 MARS l8o5. 

RIVAL DE LA NATURE, ORGUEIL DE NOTRE FRANCE, 

IL GARDA TOUJOURS PUR l'hONNEUR DE SES PINCEAUX. 

IL PEIGNIT LA VERTU, l' AMITIÉ, l'iNNOCENCE, 

ET SON AME RESPIRE A TRAVERS SES TABLEAUX. 

LOUISE-GABRIELLE GREUZE 

DÉCÉDÉE LE 10 AVRIL l8l2 

ET 

ANNE-GENEVIÈVE GREUZE 

DÉCÉDÉE LE 5 NOVEMBRE 1842 

SES filles! 
(Cimetière de Montmartre, 27" division.) 

II. Vincent. — 181 6. 

Face antérieure : 

ICI REPOSE 

FRANÇOIS-ANDRÉ VINCENT, 

PEINTRE d'histoire, 

MEMBRE DE l'iNSTITUT ; 

DE l'académie des BEAUX-ARTS DE PARIS, 

DE CELLES DE ROUEN, DE DIJON 

ET DE PLUSIEURS AUTRES ACADÉMIES 

ET SOCIÉTÉS SAVANTES, 

EN FRANCE ET A l'ÉTRANGER. 

MEMBRE DE LA LÉGION d'hONNEUR, 

DÉCÉDÉ A PARIS LE 4 AOUT 1816, 

A l'aGE de 70 ANS. 

MONUMENT ÉRIGÉ PAR SA FAMILLE. 



— i56 — 
Face postérieure : 

A FRANÇOIS-ANDRÉ VINCENT. 

SES ÉLÈVES, AUTORISÉS PAR SA FAMILLE, 

ET A JAMAIS RECONNAISSANTS, 

DES UTILES CONSEILS, 

DES SAVANTES LEÇONS 

DE l'affection TENDRE 

DE LEUR AMI 

DE LEUR MAÎTRE 

DE LEUR PÈRE, 

ONT FAIT EXÉCUTER SON IMAGE SUR CE MONUMENT ^. 

(Cimetière du Père-Lachaise, ii' division.) 

III. Pithou. — 1818. 

NICOLAS-PIERRE PITHOU PÈRE, 

PEINTRE. 

NÉ LE 16 JUIN 1750, 

DÉCÉDÉ LE 7 FÉVRIER l8r8, 

DANS SA 68^™* ANNÉE. 

NICOLAS-FRANÇOIS PITHOU FILS, 

NÉ LE 20 NOVEMBRE IjSS, 

DÉCÉDÉ LE 1 1 JUIN 1 849, 

DANS SA 64«™e aNNÉE. 

HONNEUR ET DEVOIR 
TELLE FUT LEUR DEVISE. 

(Père-Lachaise, ii'^ division.) 

IV. Michallon. — 1822. 

Face antérieure : 

ICI REPOSE 

ACHILLE-ETNA MICHALLON, 

PEINTRE EN PAYSAGE HISTORIQUE, 

PENSIONNAIRE DU ROI, 

DÉCÉDÉ LE 24 SEPTEMBRE 1822, 

A 25 ANS I I MOIS. 

LES ARTS ET l'aMITIÉ CONSERVENT SA MÉMOIRE. 

DE PROFUNDIS. 

I. Allusion au médaillon sculpté par Guichard qui décore le monument. 



- i57- 
Face postérieure : 

RÉINHUMÉ EN CE LIEU 

PAR LES SOINS DE SES AMIS 

LE 23 ybre 1837. 

(Cimetière de Montparnasse, i" division.) 

Henry Joum. 



LES PORTRAITS D'ARTISTES FRANÇAIS 

A LA VILLA MÉDICIS. 

(Appendice.) 

I. 

Omissions. 
JouRDY (Paul), peintre (1834), par Isidore-Alexandre-Auguste Pils. 
Bridoux (François-Augustin), graveur en taille-douce (i 834). Inconnu. 

II. 

Corrections. 
Au cours de la publication faite dans cette Revue (livraisons d'avril 
à août 1884) de la liste des Portraits d'artistes qui de'corent le réfec- 
toire de l'Académie de France, des notes complémentaires, vivement 
sollicitées, nous sont parvenues. Nous donnons ici le nom d'auteur 
d'un certain nombre de portraits que nous avions dû faire suivre de 
la mention « Inconnu, » faute de renseignements. 

Livraison de mai 1884. 

Page 73. 
Jaley (Jean-Louis-Nicolas), sculpteur, par Hippolyte Flandrin. 
Delannoy fils (Marie), architecte, par Hippolyte Flandrin. 
De Bay (Jean-Baptiste-Joseph), sculpteur, par Hippolyte Flandrin. 
Constant-Dufeux (Simon-Claude),architecte, par Hippolyte F/awirm. 

Page 74. 
Signol (Emile), peintre, par Hippolyte Flandrin. 
Flandrin (Hippolyte), peintre, par Hippolyte Flandrin. 
JouFFROY (François), sculpteur, par Hippolyte Flandrin. 
Salmon (Louis-Adolphe) , graveur en taille-douce , par Hippolyte 

Flandrin. 
Elwart (Antoine), compositeur, par Hippolyte Flandrin. 
MoNTFORT (Alexandre), compositeur, par M. Emile Signol. 
HussoN (Honoré-Jean-Aristide), sculpteur, par M. Emile Signol (?) 
Garrez (Pierre-Joseph), architecte, par M. Emile Signol (?) 



— i58 — 

Berlioz (Hector), compositeur, par M. Emile Signal^ (?) 
Boulanger (Ernest-Henri- Alexandre) , compositeur, par Charles- 
Octave Blanchard. 

Livraison de juillet. 
Page io5. 
Le Père (Alfred- Adolphe-Edouard), sculpteur, par M. Alfred- Adolphe- 
Edouard Le Père. 



III. 

ARTISTES 

AYANT HABITÉ LA VILLA MEDICIS ET DONT LE PORTRAIT NE FIGURE PAS 
DANS LA COLLECTION DE l'aCADÉMIE DE FRANCE. 

A quoi bon publier cette liste ? Il n'est pas utile de constater le 
vide. — Nous donnons le relevé des portraits d'artistes qui ne se 
trouvent pas à la villa Médicis et qu'on serait en droit d'y chercher, 
d'abord parce que nous l'avons promis (livraison d'avril 1884, p. Sg), 
ensuite parce que le directeur de l'Académie de France nous a 
exprimé le désir de voir publier ce document, enfin parce que la 
simple annonce de cette table a déjà provoqué, ainsi qu'on le verra 
plus loin, deux promesses d'envoi de portraits à l'Académie. 

M. Ernest Hébert pendant son premier directorat (1867- 1873) a 
peint, à l'aide de documents, les portraits de David d'Angers et de 
Herold., prix de Rome en 181 1 et en 1812. Il ne serait donc pas 
impossible de poursuivre la tâche indiquée par M. Hébert et de com- 
pléter la curieuse galerie iconographique de la villa Médicis, soit par 
des copies de portraits du temps, soit par l'envoi à Rome d'esquisses 
composées par des pensionnaires et oubliées aujourd'hui dans les 
recoins de quelque atelier. Nous signalerons avec empressement les 
artistes qui auront contribué à enrichir le musée français dont nous 
venons de dresser l'inventaire. 

1801 2, Ingres (Jean-Augustin), p.— Marin (Joseph-Charles), se— Milhomme 
(François-Dominique-Aimé), se. — Famin (A.), arch. 

1802. Menjaud (Alexandre), p. — Esgenswiller (Pancrace), se. — Bartolini 
(Laurent), se. — Rohault de Fleiiry (Hubert), arch. 

i8o3. Blondel (Méry-Joseph), p. — Gaulle (Edme), se. — Pagot (François- 
Narcisse), arch. 

1. M. Signol, membre de l'Institut, a bien voulu nous écrire qu'il croyait 
avoir peint les portraits de Hitsson, Garre^ et Berlio^, mais qu'il n'osait 
l'affirmer. 

2. Cette date est celle du concours. L'arrivée des pensionnaires à Rome n'a 
lieu qu'au mois de janvier de l'année suivante. 



— iSg — 

1804. Odevaere (Joseph-Denis), p. — Laitié (Charles-Rémy), se. — Lesueur 

(J.), arch. — Masquelier (Claude-Louis), gr. 
i8o5. Boisselier (Félix), p. — Giraud (Pierre-François-Grégoire), se. — Gué- 

nepin, oncle (Jean-Marie-Auguste), arch. — Tiollier (Nicolas-Pierre), 

gr. en méd. — Gasse (Ferdinand), mus. 

1806. Dedéban (Jean-Baptiste), arch. — Richomme (Joseph-Théodore), gr. 
— Dourlen (Victor), mus. 

1807. Heim (François-Joseph), p. — Caloigne (Jean), se. — Hiiyot (Jean- 
Nicolas), arch. 

1808. Guillemot (Alexandre-Charles), p. — Ruthxiel (Henri-Joseph), se. — 
Leclère (Achille), arch. — Blondeau (Pierre-Auguste-Louis), mus. 

1809. Langlois (Jérôme-Martin), p. — Chatillon (André-Marie), arch. — 
Gatteaux (Jacques-Edouard), gr. en méd. — Dien (Claude-Marie-Fran- 
çois), gr. — Daussoigne-Mehul (Joseph), mus. 

i8io. Drolling (Michel-Martin), p. — Auguste (Jules-Robert), se. — Gau- 
thier (Martin-Pierre), arch. — Durand (Amédée), gr. en méd. 

i8n. Abel (Alexandre-Denis- Joseph), p., — Provost (Jean-Louis), arch. — 
Corot (Amand), gr. — Chelard (Hippolyte-André-Je^n-Baptiste), mus. 

181 2. Rude (François), se. — Suys (T.-F.), arch. 

i8x3. Caristie (Auguste), arch. — Brandi (Henri-François), gr. en méd. 

1814. Landon (Charles-Henri), arch. — Forster (François), gr. 

1818. Seurre aîné (Bernard-Gabriel), se. 

18 19. Vatinelle (Ursin-Jules), gr. en méd. 

1820. Lorichon (Constantin-Louis-Antoine), gr. 

1823. Duret (François-Joseph), se. 

1824. Ge/ée (François), gr. 

1825. Brascassat (Jacques), p. 

1826. Vaudoyer fils (Léon), arch.— Giraud (Pierre-François-Eugène), gr. 
182g. Be:{ard (Jean-Louis), p. — Vauchelet (Théophile), p. 

i83i. Schopin (Henri-Frédéric), p. 

1834. Le^-MeuA- (Paul-Eugène), arch. 

i836. Bonnassieux (Jean), se. *. — Boulanger (François-Louis-Florimond), 

arch. 
1844. Vilback (Alphonse-Zoé-Charles Renaud de), mus. 
i85o. Chariot (Joseph-Auguste), mus. 
i85i. Chifflard (François-Nicolas), p. 
i856. Clément (Félix-Auguste), p. 
1857. Sellier (Charles-François), p. — Heim (Joseph-Eugène), arch. 

1868. Waltner (Charles-Albert), gr. 

1869. Merson (Nicolas-Luc-Olivier), p. — Taudou (Antoine-Antonin-Barthé- 
lemy), mus. 

1872. Boutelié (Louis-Abdon), gr. 



I. Le portrait de M. Bonnassieux, exécuté par Papety, ne.se trouva pas 
complètement terminé lorsque les deux pensionnaires durent quitter Rome. 
Papety rapporta sa toile et la conserva. Que devint-elle à la mort du 
peintre? M. Bonnassieux se propose d'envoyer un autre de ses portraits à la 
villa Médicis. 



— i6o — 

1874. Ehrhard (Léon), mus. 

1876. La Niix (Paul Véronge de), mus. 

1879. Bramtot (Alfred -Henri), p.i. 



Henry Jouin. 



NECROLOGIE. 

Abadie (Paul). — Le 2 août est mort subitement, frappé d'apo- 
plexie à la gare de Chatou, Paul Abadie, architecte, membre de 
l'Institut depuis 187 5, officier de la Légion d'honneur (1869). Il était 
né à Paris, le 9 novembre 18 12, et avait reçu les leçons d'Achille Le 
Clère. Son buste en marbre a été exposé par M. Jules Thomas au 
Salon de 1881. 

NiTTis (Joseph de). — Le 22 août est mort à Saint- Germain-en- 
Laye, à l'âge de trente-huit ans, Joseph de Nittis, peintre de genre, 
né à Barletta (Italie). Nittis avait obtenu une première médaille à 
l'exposition universelle de 1878 et la croix de la Légion d'honneur. 



NOUVELLES DIVERSES. 

La gravure de la Cène et de la Joconde. — Par arrêté en date du 8 mai 
dernier, le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a confié à 
M. Ferdinand Gaillard l'exécution de deux planches pour la chalcographie 
du Louvre. L'une sera la reproduction de la Cène, qui est à Milan, et l'autre 
la gravure de la Joconde, conservée au Louvre. Ces deux chefs-d'œuvre de 
Léonard de Vinci devront être gravés dans l'espace de dix années. Cent mille 
francs sont attribués à M. Gaillard pour cet important travail, et se répar- 
tissent ainsi : 3o,ooo 'fr. sur le crédit des Musées nationaux et 70,000 fr. sur 
le crédit des Travaux d'art. 

Médaille de la Défense de Paris. — M. Chaplain, membre de l'Institut, 
achève en ce moment le double coin de la médaille commémorative de la 
Défense de Paris, qui lui a été commandée par l'Etat. 

Peintures de l'église de V Immaculée-Conception. — L'église de l'Imma- 
culée-Conception, élevée dans le quartier de Bel-Air, au delà de la place du 
Trône, en 1875, a été, depuis cette date, entièrement décorée de peintures 
murales qui viennent d'être achevées. Elles sont dues au pinceau de M. Victor 
Zier, mort récemment. Les peintures décoratives du chœur et de la grande 
nef sont de M. Alphonse Jacquier, frère de M. Francis Jacquier, l'habile 
sculpteur industriel de Caen qui a lu en i883, à la Sorbonne, devanj la sec- 
tion des Beaux-Arts, une intéressante étude sur l'Initiative individuelle dans 
la formation des ouvriers d'art. 

i. M. Bramtot, rentré de l'Académie de France il y a quelques mois, et à 
qui nous devons plus d'un renseignement sur les portraits exécutés pendant 
son séjour à Rome, se propose de confier le sien, peint par lui-même, à l'un 
des lauréats du dernier concours qui se rendront en Italie pour le i'^'" jan- 
vier 188 5. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



11. — Novembre 1884. 



PARTIE ANCIENNE. 



QUESTIONS D'ARCHÉOLOGIE PRATIQUE. 

Depuis quelques années le public le plus étranger aux choses de 
la science s'est pris d'une belle passion pour l'archéologie et les 
-ruines antiques. Grâce à une agitation habilement entretenue dans la 
presse, la ville de Paris vient de voter une somme considérable pour 
conserver et restaurer quelques fondations informes d'un amphithéâtre 
romain, dont les frustes débris seront bientôt dissous par la pluie et 
la gelée. Il eût suffi de relever soigneusement le plan et les détails 
des substructions mises au jour à grands frais. De bonnes photo- 
graphies auraient permis d'étudier ces vestiges sous tous leurs aspects. 
On va dépenser des millions, et on se lance dans cette aventure, sans 
en connaître, sans en fixer à l'avance le terme. 

Même histoire à Sanxay. Un très honorable et très passionné 
archéologue remue ciel et terre pour attirer sur sa découverte l'atten- 
tion du monde savant. Un inspecteur des monuments historiques 
tente le voyage; un journaliste écrit une brochure qui le pose en 
connaisseur émérite ; le public est gagné par la persévérance, le cou- 
rage, la ténacité d'un chercheur digne d'intérêt. On ouvre des sous- 
criptions , les Sociétés savantes forment une nouvelle ligue du bien 
public, la commission des monuments historiques vote des fonds sur 
son maigre budget : les ruines de Sanxay seront sauvées. C'est fort 
bien ! nous applaudissons des deux mains au succès de l'intrépide 
explorateur, au triomphe de ceux qui ont pris sous leur haute protec- 
tion les arènes de la rue Monge. A vrai dire, nous ne sommes pas 
sans quelque inquiétude sur la façon dont vont s'opérer les restaura- 
tions projetées. Ou nous nous trompons fort, ou, après le passage de 
l'architecte, il ne restera pas grand'chose des ruines romaines si 

REV. ART FR. I I 



— 102 — 

vantées. Nous ne dirons encore trop rien sur la dépense; mais nous 
voudrions bien attirer un moment l'attention de nos édiles, des 
savants, des journalistes sur des monuments qui méritent bien leur 
sollicitude au même degré que les moellons romains de la rue Monge 
. ou de Sanxay. 

Voici des années déjà que la porte Saint-Denis présente le plus 
lamentable aspect ; son état devient même dangereux pour le passant. 
Dernièrement, c'était le bras du Fleuve faisant face à la rue Saint-Denis 
qui s'écrasait sur le trottoir. Heureusement, personne ne se trouvait 
là pour le moment; un bœuf eût été assommé du coup. 

La figuré de femme éplorée qui fait face au Rhin est aussi dans un 
affligeant état; une lèpre hideuse a rongé son visage ; le nez a disparu; 
la tête n'aura bientôt plus aspect humain. Le monument, il est vrai, 
n'a que deux siècles d'existence; mais c'est un des plus glorieux sou- 
venirs de l'histoire de Paris. Il mériterait bien d'obtenir une petite 
part des libéralités dont on se montre si prodigue pour les pierres 
sans sculpture, sans inscription de la rue Monge. Faut-il parler des 
déUcats bas-reliefs qui décorent le soubassement ? Protégés autrefois 
par une grille qui tenait le passant à distance respectueuse, ils sont 
en butte aujourd'hui à toutes les insultes des promeneurs ou des affi. 
cheurs, et bientôt il ne restera plus de ces charmantes sculptures que 
des reliefs frustes à peine reconnaissables. 

Quelques milliers de francs sagement dépensés suffiraient à réparer 
ces honteuses dégradations. La ville ne les trouvera pas, et enfouira 
des millions dans les tranchées de ces fameuses arènes de Lutèce. 
O puissance des mots et de la badauderie humaine ! 

Mais voici bien une autre affaire. Les savants, les architectes ont 
la prétention de conserver des pierres enfouies depuis quinze siècles, 
saturées d'humidité, de salpêtre, et ces mêmes juges infaillibles con- 
damnent sans rémission un bâtiment qui, depuis quinze ans, défie 
toutes les intempéries des saisons, a bravé des températures excep- 
tionnelles, a résisté aux gelées les plus terribles que notre pays ait 
mémoire d'avoir subies. Consultez un architecte ; le premier venu 
vous dira que les murailles encore debout du Conseil d'État ne 
peuvent servir à rien; qu'il faut raser ces murs si solides; que ces 
colonnes encore intactes sont bonnes tout au plus à être jetées à bas 
et converties en moellons. Ainsi, voici des pierres pourries d'humi- 
dité qu'on se charge de conserver à l'admiration de la postérité, tan- 
dis que des murailles d'une résistance à toute épreuve ne sauraient 
être employées au moins comme enveloppe, comme point d'appui 
pour une construction nouvelle. La contradiction saute aux yeux ; 
elle est choquante. Vous verrez cependant qu'on démolira les murs 
du Conseil d'État, tandis qu'on présentera comme les vestiges 
restaurés des arènes romaines les constructions sorties tout entières 



— i63 — 

de l'imagination de nos architectes archéologues. Et le bon public 
qui paye n'y verra que du feu, en applaudissant des deux mains. 

Que de ruines barbares accumulées en quelques années 1 II serait 
trop long de les énumérer toutes. Espérons qu'il se trouvera quelque 
historien bien informé pour raconter la lamentable aventure de l'an- 
cienne chapelle du collège de Lisieux, que quelqu'un aura le cou- 
rage de dire la vérité, toute la vérité sur la restauration de la tour du 
Vert-Bois. Nous nous contenterons, afin de donner en terminant une 
idée du respect des architectes pour le caractère et le style des monu- 
ments dont la garde et la conservation leur sont confiées, de citer une 
anecdote que nous n'avons encore vu raconter nulle part. 

En 1870, comme on sait, toutes les parties délicates des monuments 
publics de Paris furent garnies d'une couche de plâtre, de crainte 
du bombardement. On dissimula par le même procédé certains 
emblèmes monarchiques qui s'étalaient sur la façade des édifices 
publics. Ainsi, on cacha sous un enduit d'une certaine épaisseur les 
fleurs de lis garnissant les charmants écussons ovales du style Louis XVI 
placés entre les arcades du pavillon central de l'Hôtel des Monnaies. 
Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1878 et 1879. On pouvait 
s'étonner que les scrupules de l'architecte, au sujet des trois fleurs de 
lis de l'écusson de France, persistassent aussi longtemps, alors que le 
conseil municipal de Paris avait voté la conservation des anciennes 
armes de la ville et de leur chef fleurdelisé. On se creuserait vaine- 
ment la tête pour imaginer le parti baroque auquel s'arrêta l'architecte, 
quand il dut enlever la couche de plâtre recouvrant les écussons 
armoriés. Gratter les fleurs de lis, c'était trop simple; leur enlèvement 
eût laissé, d'ailleurs, un vide d'un effet fâcheux. Que faire ? Notre 
homme n'eut-il pas l'ingénieuse idée de substituer aux fleurs de lis 
royales les initiales R. F., en s'effbrçant de donner à ces lettres un 
caractère fleuri, se rapprochant le plus possible du style Louis XVI. 
Ainsi, voilà un des monuments les plus vantés de Paris, un des plus 
caractéristiques de l'époque à laquelle il a été construit, affublé, par 
le plus grossier des anachronismes, des initiales de la République 
de 1870. A quand l'enlèvement des initiales de Louis XIV si profon- 
dément gravées dans les frises du Louvre ? 

Pour conclure et tirer la moralité des faits qui précèdent, nous 
dirons : Respectez, conservez les derniers vestiges de l'époque romaine, 
nous applaudirons à vos efforts ; mais sachez en même temps honorer 
comme ils le méritent, et défendre contre tous les vandalismes, sur- 
tout contre le vandaHsme des architectes, les monuments glorieux 
de l'histoire. 

Jules GuiFFREY. 



— 164 — 

LE PEINTRE VERRIER, PARISIEN, MICHEL LE BRUN. 

M. Bruyerre, architecte du Gouvernement, nous communique la note sui- 
vante qui nous paraît de nature à intéresser nos lecteurs, en révélant l'exis- 
tence d'un peintre verrier parisien inconnu. 

En passant à Clermont-Ferrand, un peintre verrier, M. Gaudin, 
m'a fait voir une inscription tracée au diamant sur une pièce de verre 
bleu qui a fait partie d'un vitrail aujourd'hui détruit, mais qui a 
existé autrefois dans l'église de Bourbon-l'Archambault (Allier). 

Ce sgraffito n'aurait rien de bien curieux ni de bien intéressant s'il 
ne constatait que le peintre portait le nom de Le Brun, et qu'il était 
Parisien. 
L'inscription est tracée en quatre lignes comme ci-dessous : 
Remy an Plomb Neuf 
Par Mqy Michel Le Brun 
Parisien Maistre Vitrier a 
( Moulin ce i Juin 1 6g3. 



LE PEINTRE JUSTINAR 

ET LE VŒU DE LOUIS XV A l'ÉGLISE SAINT-LEU SAINT-GILLES. 

Tous les historiens, tous les guides de Paris d'une date postérieure à 1718, 
parlent d'un curieux tableau qui se voyait dans le choeur de l'église Saint- 
Leu-Saint-Gilles avant la Révolution et qui représentait le jeune Louis XV au 
milieu de sa cour, entre le Régent et M'"^ de Ventadour. Ce tableau était de 
Justinar, « peintre de portraits très peu estimé, mort au commencement de 
ce siècle, » dit Dargenville à la table de son Voyage pittoresque. Le tableau a 
disparu. Peut-être, en appelant l'attention sur cette curieuse scène historique, 
aiderons-nous à le retrouver. Voici le mémoire du peintre; M. Henry de 
Chennevières l'a découvert dans les papiers de la Maison du Roi aux Archives 
nationales (O' 2847, Menus-Plaisirs de 1718). Cette pièce nous donne le prix 
de la toile, payée 3, 000 livres, prix élevé pour l'époque; elle nous apprend 
de plus que les rois de France, quand ils montaient sur le trône avant 
d'avoir atteint leur majorité, avaient coutume d'acquitter un vœu consistant 
sans doute en un ex-voto de la nature de celui-ci. A quelle époque remonte 
cette coutume? En connaît-on d'autres exemples? Nous serions bien recon- 
naissant à celui de nos lecteurs qui répondrait à ces questions. 

Etat de la Dépense faite pour un tableau donné à Saint-Leu Saint- 
Gilles pour le vœu ordinaire des Roy s de France, à leur avènement 
à la couronne en Minorité. 

Premièrement. 
Au S' Justinar, peintre pour avoir fait un grand tableau de huit 



— i65 — 

pieds et demi de haut sur six pieds et demi de large représentant le 
Roy, Monseigneur le duc d'Orléans, Monsieur le Duc et les grands 
officiers et seigneurs de la Cour, lequel a esté donné à la parroisse 
S* Leu S' Gilles et mis dans le Chœur de ladite Eglise à costé de l'au- 
tel, suivant l'estimation qui en a esté fait par le S»" Cqypel^ peintre 
ordinaire du Roy, la somme de trois mil livres, cy. . . 3,ooo liv. 

Au S' Laisné, sculpteur, pour la bordure dudit tableau, 
très grande et très ornée de grands cartouches aux coins 
et au milieu portant les armes du Roy, la somme de deux 
cens soixante livres, cy 260 

Au S"" Goulet, peintre et doreur, pour avoir doré ladite 
bordure d'or jaune, l'avoir fait démonter et remonter, 
soit au Palais-Royal <, soit à Saint-Leu, Saint-Gilles, pour 
ce la somme de trois cent livres, cy 3oo 

Somme totale du présent état 3,56o liv. 

(Communiqué 43ar M. Henry de Chennevières.) 



JOSEPH VERNET, 

MEMBRE DE l'aCADÉMIE DE MARSEILLE. 

A Messieurs de l'Académie de Marseille. 
Messieurs, 
J'ay reçu la lettre dont vous m'avez honoré du 6 de ce mois, 
par laquelle j'apprends avec toute la satisfaction possible et ma 
reconnoissance Thonneur que vous venez de me faire en m'ad- 
mettant au nombre des membres de votre Académie pour laquelle 
j'ay toujours eu un véritable attachement, m'étant trouvé à sa 
naissance, ayant toujours pris l'intérêt le plus vif à ce qui la con- 
cerne, et ayant reçu bien des marques de bienveillance et de bonté 
de votre part. Toutes ces raisons m'ont toujours fait me regarder 
comme associé à cette Académie, et c'est de quoi je me suis tou- 
jours flatté; il n'y manquoit donc que les formalités d'usage pour 
constater la chose. C'est ce qui m'a fait prier M. Verdiguier^ dès 
son arrivée à Rayonne, de vous faire part de mes désirs à cet 
égard. Vous avez eu la bonté d'y satisfaire avec des distinctions 

I. Avant d'être déposé dans l'église, le tableau entouré de sa bordure 
avait dû être soumis à l'approbation du Régent, comme cet article le 
prouve. 



— i66 — 

que je ne pense pas certainement mériter, non plus que les choses 
obligeantes et flatteuses que vous avez la bonté de me dire, je ne 
puis avoir d''autres titres auprès de vous, Messieurs, que le bien 
sincère attachement, la reconnoissance et le profond respect avec 
lequel je suis. Messieurs, 

Votre très humble et très obéissant serviteur, 

Vernet. 
A la Rochelle, 25 juillet 1761. 
(Communiqué par M. Etienne Parrocel.) 



ŒBEN, RIESNER ET MAUGIÉ AUX GOBELINS. 

1784. 

Compagnons et apprenti/s qui ont fini leur temp dans la manu- 
facture et qui en sont sortis. 

Savoir : 

D'abord : ils attendent les moyens de s'établir pour supplier 
alors M. le Directeur et ordonnateur général de leur accorder son 
certificat pour leur maîtrise : 

George Riesner^ compagnon ébéniste. — Il a fini son temps 
sous le sieur Œben. 

Maugié, apprentif pour l'ébenisterie. — A travaillé plus de 
10 ans sous le sieur Œben. 

(Archives de la Couronne, ancien régime, O' 2o5i.) 

(Communiqué par M. Alfred Darcel.) 



LE PEINTRE DE VAISSEAUX GASPARD DOUMET. 

I. 

BREVET DE MAÎTRE PEINTRE AU PORT DE TOULON POUR LE S'' GASPARD 

DOUMET. 

Aujourd'hui vingtroisième jour du mois d'août mil sept cent 
soixante sept, Le Roy étant à Compiègne, voulant commettre une 
personne capable et expérimentée en ce qui regarde la peinture de 



— 167 — 

ses vaisseaux, et sçachant que le s' Gaspard Doutnet s'est acquis 
l'expérience nécessaire pour s'en bien acquitter, sa Majesté l'a 
retenu et ordonné, retient et ordonne Maître peintre au Port et 
arsenal de Toulon à la place du feu S"' Arnaud, pour en ladite 
qualité en faire les fonctions sous les ordres de L'Intendant de la 
marine au d. Port et en jouir aux appointements qui lui seront 
ordonnés par les États et ordonnances qui seront expédiés pour 
cet effet; Mande sa Majesté au d. Intendant de faire reconnoître 
le d. S"" Gaspard Doutnet ez choses concernant le d. Emploi. Et 
pour témoignage de sa volonté sa Majesté m'a commandé de lui 
expédier le présent Brevet qu'Elle a voulu signer de sa main et 
être contresigné par moi Conseiller, secrétaire d'Etat et de ses 
commandements et finances. 

Louis. 
Choiseul, duc de Praslin. 

IL 

r:ÉC0MPENSE nationale en faveur de GASPARD DOUMET. 

Louis, par la grâce de dieu, et par la loi constitutionnelle de 
l'État, Roy des François, à tous présents et avenir. Salut. 

Vu par nous le décret de l'assemblée nationale, en date du 
17 septembre 1791, sanctionné par nous le 2 octobre suivant, par 
lequel il est accordé à Gaspard Doumet y né k Toulon le 2 juin 1720, 
et baptisé le même jour à l'église paroissiale de Saint-Louis de la 
ditte ville, district de Toulon, département du Var ; 

Une pension annuelle et viagère de douze cent livres, payable 
sur le trésor public, pour récompense de cinquante quatre années 
de services dans les ateliers de la marine, Maître peintre, aux 
appointements de 1,200 livres, du 23 août 1767 au i*'' avril 1789, 
époque de la retraite. 

Afin de faire jouir le dit Gaspard Doutnet du bénéfice de la loi 
susdite du deux octobre, sa vie durant, nous lui avons fait déli- 
vrer le présent brevet, et mandons en conséquence aux Commis- 
saires de la trésorerie nationale de payer annuellement au dit Gas- 
pard Doutnet la somme de douze cent livres, en deux termes égaux, 
de six mois en six mois, dont le premier terme à compter du pre- 
mier janvier 1790 est échu le premier juillet suivant, le second 
est échu le premier janvier 1791, le troisième est échu le premier 
juillet suivant, et les autres. 



— i68 — 

Continueront à échoir ainsi de six mois en six mois, sur quit- 
tance par devant notaires, et à la présentation de présent brevet, 
dont un double sera déposé au trésor public. 

Fait à Paris, le quatre février, Tan mil sept cent quatre vingt 
douze, de nôtre régne le dix huitième. Signé Louis, à l'original, 
et plus bas de Bertrand. 

Collationné à l'original resté es mains du O" Doumet. 

Le Contrôleur de la Marine^ 
Mainard. 

(Communiqué par M. Charles Ginoux.) 



PARTIE MODERNE. 



JACQUES-LOUIS DAVID. 

SES DIVERS LOGEMENTS A PARIS. 

Rapport de M. A. de Montaiglon. 
(24 Mai 1882.) 

La Sous-Commission des Inscriptions Parisiennes m'a confié 
le soin d'étudier la question relative à l'inscription du peintre 
David. Pour voir où elle pourrait être le plus convenablement 
placée, j'ai relevé, d'après les pièces publiées à diverses reprises 
dans les Archives de l'Art français et surtout d'après le beau livre 
que M. J.-L. -Jules David a consacré en 1880 à la biographie de 
son grand-père, la suite des différents logements successivement 
occupés par le peintre. La plupart ne peuvent pas être proposés 
pour recevoir une inscription ; mais leur variété même montrera 
peut-être d'autant mieux où il serait le plus juste et le plus con- 
venable de la mettre. 

En 1766, il demeure chez son oncle François Buron, Maître 
maçon et Architecte des Eaux et Forêts, rue Sainte-Croix de la Bre- 
tonnerie, vis-à-vis celle du Puits. On le sait par le livre alphabé- 
tique pour la demeure de MM. les élèves de l'Académie de pein- 
ture et de sculpture [David^ 1880, p. 2, 3, 4, 23). 

En 1767, il habite rue de Jouy-Saint- Antoine (p. 4), chez son 



— 169 — 

autre oncle, M. Jacques Desmaisons, qui a été l'un des architectes 
du Palais de Justice. 

En 1769, il habite chez Sedaine, ami de sa famille, qui était 
logé Cour du Louvre (p. 4). 

A la suite du grand prix qu^il obtint au concours de 1774, il 
est envoyé à Rome et reste six ans en Italie. 

En 1781, à son retour de Rome (p. 19), il expose ses ouvrages 
chez Sedaine (p. 19); a un atelier à F Hôtel de ville (p. 19) et 
demeure quai de la Ferraille, en face du Pont-Neuf, chez M. Hec- 
quet, marchand de fer (p. 20). La même année, il obtient au 
Louvre un logement qui était du côté de la colonnade à l'extré- 
mité nord, c'est-à-dire du côté de la Seine (p. 22, 55, 326). 

En 1784, il retourne, avec son élève Hubert Drouais le fils, à 
Rome, où son atelier était auprès de la place du Peuple (p. 26, 27) . 

Il revient à Paris en 1785 et rentre dans son logement du Louvre. 

Après la chute de Robespierre, il est emprisonné à THôtel des 
Fermes, rue de Grenelle-Saint-Honoré (p. 221), et ensuite au 
Luxembourg (p. 226); mis une première fois en liberté, il quitte 
Paris et va à Saint-Ouen près de Tournan (Seine-et-Marne) dans 
la propriété de son beau-frère M. Seriziat (p. 23 1, 264); il y est 
arrêté une seconde fois pour être ramené à Paris, où il est admis 
à la maison d'arrêt des Quatre-Nations (p. 264). 

Remis définitivement en liberté, il rentre au Louvre, où il avait 
depuis 1792 le logement auparavant occupé aux Galeries par l'or- 
fèvre Menière, logement qui regardait la Seine et auquel était 
attaché la jouissance d'un jardin, dans celui dit de l'Infante (p. 3o2, 
5o6). 

Son logement et l'atelier de ses élèves, célèbres dans les mémoires 
du temps, sont au Louvre jusqu'en i8o5, moment où les loge- 
ments d'artistes sont supprimés pour les travaux d'achèvement du 
palais du Louvre. 

On lui donne alors comme atelier, pour peindre le tableau du 
Sacre, l'église de Cluny, place de la Sorbonne (p. 41 1, 420, 425, 
493); son logement particulier, depuis prairial an XII (i8o5), était 
rue de Seine, n° 10 (p. 434, 5o5-6) et, depuis qu'il avait quitté le 
Louvre, l'atelier de ses élèves fut d'abord au collège du Plessis, 
rue Saint-Jacques, près de la place de la Sorbonne et de l'église de 
Cluny, et ensuite dans le collège des Quatre-Nations au-dessous 
de la bibliothèque Mazarine (p. 494). 

Après la rue de Seine, son dernier logement parisien depuis la 



— 170 — 

fin de 181 1 (p. 5o6) a été rue d'Enfer, i3, danç une maison qui 
appartenait à M. Deperrey, 

Forcé de s'exiler comme ayant voté la mort de Louis XVI, il va 
à Bruxelles où il arrive en janvier 18 16; il s^ fixe et y demeure 
à Tangle des rues Willems, n° 679, et Fossé-aux-Loups, n" 688, 
en face de l'hôtel de la Croix-Blanche. Son atelier était à côté, 
rue de l'Evêque (p. 526). 

C'est à Bruxelles qu'il meurt le 29 décembre 1825. Le service 
ne fut célébré à Sainte-Gudule que le 16 février 1826 (p. 611) et 
ce ne fut que dans le courant de l'année, à la suite de difficultés 
entre le conseil de fabrique de Sainte-Gudule et le conseil des 
hospices de Bruxelles (p. 61 3), que le corps de l'exilé fut enterré 
dans le vieux cimetière de Saint-Josse-ten-Noode , d'où l'on 
annonce précisément dans le moment [Figaro^ 24 mars 1882) 
qu'il va être retiré, avec le monument élevé sur sa tombe, pour être 
transféré dans le nouveau champ de repos d'Évère. 

Puisque David est mort à Bruxelles, une inscription se rappor- 
tant à sa mort est hors de cause, comme aussi les logements de 
sa jeunesse. L'endroit où il a vécu et travaillé le plus longtemps, 
où il a créé son École par un atelier d'élèves, c'est évidemment le 
Louvre; mais là une autre difficulté s'élève, c'est que le Louvre 
a été habité par tant d'artistes illustres qu'il faudrait ou trop 
d'inscriptions ou une sorte de table générale. Restent la rue de 
Seine et la rue d'Enfer ; chacune de ces deux maisons ayant autant 
de droits que l'autre, le choix en serait absolument arbitraire. 

Mais ilyaunendroit naturellement indiqué. David n'a pas seule- 
ment vécu à Paris, ilyest né, et, du momentoù il n'y est pas mort, la 
naissance prend d'autant plus d'importance. Celui qui devait être 
pendant plus d'un demi-siècle le chef incontesté de l'École fran- 
çaise est venu au monde le 3o août 1748, quai de la Mégisserie, 
chez son père Maurice David, qui était, comme toute sa famille, 
inscrit dans la corporation des merciers et se livrait au commerce 
des fers. Son petit-fils ne pût-il pas, d'après les papiers de la 
famille, nous dire exactement la maison, il serait toujours possible 
de mettre, au commencement ou à la fin du quai, l'inscription 
suivante que j'ai l'honneur de vous soumettre au nom de votre 
Sous-Commission : 

Le Peintre 

Jacques- Louis DAVID 

MORT A Bruxelles 



— lyi — 

LE 29 DÉCEMBRE l825 

EST NÉ 

LE 30 AOUT 1748 

DANS UNE MAISON 

DU QUAI DE LA MÉGISSERIE. 

A. DE MONTAIGLON. 



ÉPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

VAN SPAENDONCK, GÉRIGAULT, GIRODET, VIVANT-DENON, DAVID. 

V. Van Spaendonck. — 1822. 

GÉRARD VAN SPAENDONCK. 

NÉ A TILBOURG EN 1 746. 

DÉCÉDÉ A PARIS LE I I MAI 1822 

MEMBRE DE l'iNSTITUT ROYAL DE FRANCE, 

CHEVALIER DE l'oRDRE ROYAL 

DE LA LÉGION d'hONNEUR, 

PROFESSEUR d'iCONOGRAPHIE 

ET ADMINISTRATEUR DU JARDIN DU ROI. 

(Père-Lachaise, 1 1' division.) 

VI. Géricault. — 1824. ' 

A GÉRICAULT, 

NÉ A ROUEN, 

MORT A PARIS 

A l'âge DE 34 ANS. 

UN CHASSEUR DE LA GARDE 

UN CUIRASSIER BLEU 

LE NAUFRAGE DE LA MÉDUSE. 

Cette épitaphe a été enlevée en octobre 1884, lors de la pose du monument 
sculpté par M. Antoine Etex. Elle est remplacée par l'inscription suivante : 

I 791 -1824. 

GÉRICAULT. 

(Père-Lachaise, 12' division.) 



— 172 — 

VII. Girodet. — 18241 . 
Face antérieure : 

HIC. SITVS. EST 

ANNA. LVDOVICVS. GIRODET. TRIOSON 

INSTITUTI. REGII 

ACADEMIiE. ARTIVM SOCIVS 

IN LEG. HONOR. CENTVRIO 

REGII. S. MICH. ORD. EQVES 

NATVS. MONTE. ARGISI XXIX lANVAR. M. DCC. LXVII. 

OBIIT. PARISIIS. IX. DECEMB. M. DCCC. XXIV. 

Côté gauche : 

PATRVO. BENEFICENTISSIMO 

ROSA. GIRODET. FRATRIS. FILIA 

EIVSQ. CONIVX 

DIONYSIVS. STEPH. BECQVEREL. DESPREAVX 

CVM. LACRV>IIS. POSVERVNT. 

Côté droit : 

POETIS. PICTOR 
PICTORIBVS. POETA. 

Face postérieure : 

PICTORIBVS 
ATQVE 
POETIS. 

IMMATVRA MORTE PRAÉrEPTVM 

LVGENT MVSAE LUGENT AMICI 

CED. SPIRANTIBVS. PROPE. TABVLIS 

ENDYMION. ANACRÉON. HIPPOCRATES. ATALA 

AENEAS. OSSIAN. GALATEA, E. MARMORE. NATA 

GENS. DENIQ. PRIORIS. AEVI 

DILVVIALIBVS. AQVIS. DELETA 

MEMORIAM. EIVS. IMMORTALEM. REDDVNT 

NEC. NON. ET. DVLCEDINE. POEMATVM 

AGMINA. PICTORVM. AD. VERAS. TRAHENTIVM, IMAGINES 

NOVAM. VITAM. IPSE. VIVIT 

AETERNVM. QVE 

PER. ORA. FERETVR. 



I. Cette épitaphe n'ayant été que partiellement publiée dans le Bulletin 
de notre Société (n" d'avril 1878), nous la donnons intégralement ici. 



— 173 — 
A droite de la tombe du peintre : 

ICI REPOSENT 

DENIS-ÉTXENNE BECQUEREL-DESPREAUX 

DÉCÉDÉ LE 21 DÉCEMBRE l834 

A l'aGE de 42 ANS 

ROSINE GtRODET, SON ÉPOUSE, 

DÉCÉDÉE LE l3 AVRIL 1860 

A l'âge de 61 ANS. 

PRIEZ POUR EUX ! 

(Père-Lachaise, 28" division.) 

VIII. Vivant-Denon. — 1825. 

vivant-denon 

N. EN 1747 — M. EN 1825. 

(Père-Lachaise, io« division.) 

IX. David. — 1825. 

A LA MÉMOIRE 

DE JACQUES-LOUIS DAVID, PEINTRE FRANÇAIS ; 

DÉCÉDÉ EN EXIL LE 29 DÉCEMBRE l825. 

SON CŒUR EST DÉPOSÉ DANS CE CAVEAU, 

PRÈS DU CORPS DE SON ÉPOUSE, 

COMPAGNE DE SES MALHEURS. 

FRANÇOIS-EUGÈNE 

DAVID, 

NÉ LE 27 AVRIL I784 

DÉCÉDÉ LE 19 AOUT l83o. 

J.-P.-E. MEUNIER 

PETIT-FILS 

DE DAVID, 

NÉ A PARIS 
LE 3l AOUT 18 16, 

DÉCÉDÉ 
LE 3o AOUT l833, 

ANNE 

THÉRÈSE VIRGINIE 

CHASSAGNOLLE, 



— 174 — 

VEUVE DE 

FRANÇOIS-EUGÈNE 

DAVID, 

16 MARS 1800-14 JUIN 1845. 

CLAUDE-MARIE MEUNIER 

LIEUTENANT GÉNÉRAL, 

GENDRE DE DAVID, 

NÉ LE 4 AOUT 1770, 

MORT LE 14 AVRIL 1846. 

CHARLES-LOUIS-JULES 

DAVID, 

NÉ A PARIS LE I9 FÉVRIER 1788, 

MORT A PARIS LE 25 JANVIER 1854. 

LAURE-ÉMILIE-FÉLICITÉ 

DAVID, 

V^e DU L* g' B0° MEUNIER, 

26 Bbre 1786-13 AVRIL l863. 

PAULINE- JEANNE 

DAVID, 

vve DU L* g' B"" JEANIN, 

26 Bbre 1786-10 8t"^ 1870. 

(Père-Lachaise, 56' division.) 

Henry Jouin. 



NECROLOGIE. 



DucoMMUN DU LocLE (Henri-Joseph), dit Daniel, sculpteur, né à 
Nantes le i5 avril 1804, est décédé subitement à Rethel, le 11 sep- 
tembre 1884. Il était élève de Bosio. Son œuvre la plus connue 
est une Fontaine monumentale érigée à Nantes. 

Moulin (Hippolyte), sculpteur, né à Paris le 12 juin i832, y est 
mort en juin 1884. Peu de journaux ont parlé de la fin de l'artiste 
qui vient de s'éteindre dans une maison de santé. Hipp. Moulin^ 
comme tant d'autres de ses émules, étaitsans fortune. Aussi ne put- 
il pas rester à l'École des beaux-arts où il était entré en i855. Il 
lui fallait gagner le pain de chaque jour. Mais une volonté tenace 
le soutenait. Il fit deux parts de son temps. Le matin était consacré 



- 175 - 

à l'aft ; il s'enfermait dans son atelier. Le soir, de 5 à 9 heures, il 
donnait des leçons de langues vivantes dans les pensions du Marais. 
C'est ainsi qu'il vécut longtemps et parvint à payer les frais de 
modèle, d'atelier, de fonte jusqu'au jour oti ses œuvres furent 
remarquées. Il avait reçu des leçons d'Ottin et de Barye ; mais il 
travailla surtout seul et se forma lui-même. La première exposition, 
Le Chasseur et la Fourmi, date de 1861 ; peu d'années après, une 
Trouvaille à Pompéi, exposée en même temps que le Vainqueur au 
combat de Coqs de M. Falguière*, commençait sa réputation (1864). 
Depuis cette date, il ne cessa d'exposer à tous les Salons. Sa der- 
nière œuvre importante, Un secret d'en haut, Mercure accoudé 
auprès d'un Terme qui éclate de rire en écoutant les confidences 
narquoises du messager de Jupiter (1875), est placée dans le parc du 
château de Chantilly. Moulin laisse des bustes remarquables ; nous 
citerons surtout ceux de Barye, de Leconte de Lisle et d'Henry 
Monnier. — J. G. 

M™e Halevy. — Le 16 juillet est morte à Saint-Germain-en-Laye 
la veuve de l'auteur de la Juive. M™" Halevy s'était occupée de sculp- 
ture et avait pris part aux Salons de ces dernières années. 

H. J. 



EXPOSITIONS. 



Collection de madame de Cassin. — Le i" octobre a eu lieu dans la galerie 
Georges Petit l'ouverture de l'exposition des peintures que possède madame 
de Cassin. Cette exposition, faite au profit de la Société philanthropique et 
qui sera close le 10 décembre, mérite d'être vue. Il suffit de rappeler le titre 
des principales toiles pour assurer le succès de cette louable entreprise. La 
Salomé de Regnault, aussi riche de tons que le jour où elle sortit de l'atelier, 
laVicaria de Fortuny, le Massacre de l'évêque de Liège de Delacroix, V Allée 
de châtaigniers de Rousseau, sont des œuvres qu'on se plaît à revoir. Elles 
ne constituent pas, à elles seules, l'intérêt de TExposition, dans laquelle 
nous signalerons de fort belles compositions de Daubigny, Corot, Ricard, 
Bonnat, Meissonier, Baudry. Parmi les vieux maîtres, il faut citer Rubens 
et Rembrandt. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Stein (Henri). — Le Congrès des Sociétés savantes en 1884 (Lyon, Pitrat, 
1884, in-8°). — Etude sérieuse sur le fonctionnement des réunions annuelles 

I . Les deux statues ont été éditées par la maison Thiébault, 



— 176 — 

de la Sorbonne dont voici la conclusion : « Le congrès des Sociétés savantes 
est en décadence; il se fera oublier, et, déshérité, il laissera sa place à un 
successeur plus heureux. » S'il en doit être ainsi, nous souhaitons vivement 
que le successeur prédit soit le Congrès des Sociétés des Beaux-Arts, qui est 
visiblement en progrès. — H. J. 

Claretie (Jules). — Peintres et sculpteurs contemporains. Détaille et Paul 
Dubois (in-8% Paris, Jouaust, 1884). — M. Claretie poursuit la série des 
intéressantes notices qu'il consacre aux maîtres de notre école contemporaine. 
Les biographies de MM. Détaille et Paul Dubois viennent de paraître. Elles 
abondent en pages inédites, en souvenirs personnels sur ces deux artistes. 
— H. J. 

Darcel (Alfred).— Exposition rétrospective de Rouen (Rouen, Métérie, 1884, 
in-8% planches, 118 pages). — Dans ce volume, le savant administrateur de 
la manufacture des Gobelins passe en revue et met en relief les objets d'art 
les plus remarquables envoyés à l'exposition rétrospective de Rouen, ouverte 
du mois de juillet au mois d'octobre. Ses observations sont classées sous les 
rubriques suivantes : sculpture; peinture, dessins et pastels; meubles; bronzes; 
horloges et cartels ; ferronnerie; orfèvrerie; orfèvrerie d'étain; joaillerie et 
bijouterie; montres; boîtes; émaux; céramique; verrerie; tapisserie; brode- 
rie; livres et reliure; cuir bouilli; Chine et Japon. — J. G. 



NOUVELLES DIVERSES. 

Le monument de Géricault. — On vient de poser sur la tombe de Géri- 
cault, au Père-Lachaise, la statue demi -couchée du peintre, trois bas-reliefs 
représentant le Naufrage de la Méduse, le Chasseur de la garde, le Cui- 
rassier bleu, le tout en bronze, modelé par M. Antoine Etex. 

La statue d'Etienne Dolet. — Le 28 octobre, le jury chargé de juger la 
première épreuve du concours ouvert pour la statue d'Etienne Dolet a fait 
choix à l'unanimité de l'esquisse de M. Paul Berthet, classée première. Les 
esquisses de MM. Germain et Guilbert ont été classées à la suite. Ces trois 
artistes devront présenter, dans les six mois, à dater du jugement rendu, une 
esquisse nouvelle de i^ôo environ. M. Berthet mérite la distinction dont il 
vient d'être l'objet. Son esquisse d'Etienne Dolet est supérieure à toutes celles 
proposées par ses concurrents, au nombre d'une centaine. Dolet, debout, en 
costume du temps fidèlement reproduit, a la tête nue et les mains liées sur 
la poitrine. Le supplice qui l'attend est suffisamment indiqué, mais ce n'est 
pas le supplicié que nous montre l'artiste. Plus d'un concurrent a oublié de 
se maintenir dans cet ordre d'idées, le seul qui convînt à la représentation 
sculpturale de Dolet, M, Berthet se rappelle par cette œuvre nouvelle et de 
bon style à l'attention de la critique, déjà mise en éveil sur son compte, à 
la vue du Faune jouant de la fliite qn'ïX avait exposé au Salon de 1870. 

H. J. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



12. — Décembre 1884. 



PARTIE ANCIENNE. 



LES TABLEAUX DE Q.UINTIN VARIN AUX ANDELYS. 

M. le marquis de Chennevières a consacré à Quinîin Varin une 
intéressante notice dans le tome I" de ses Recherches sur la vie 
et les ouvrages de quelques peintres provinciaux de l'ancienne 
France, p. 217 à 236. C'était la première fois que Ton cherchait 
à dégager des obscurités de la légende la personnalité de ce 
peintre picard dont l'immortel honneur a été de donner les 
premières leçons de peinture à Nicolas Poussin. Jal, dans son 
Dictionnaire critique de biographie et d''histoire, p. 1292, a 
donné un certain nombre de détails inédits sur cet artiste de 
talent qui mourut en 1634. 

Les tableaux de Quintin Varin sont extrêmement rares, aussi 
croyons-nous que les renseignements suivants, qui concernent 
trois toiles authentiques du vieux maître, offriront quelque inté- 
rêt historique. Ils permettent, en outre, de fixer d'une manière 
positive l'époque à laquelle le jeune Poussin reçut les leçons de 
Quintin Varin aux Andelys, c'est-à-dire en 16 12. 

Ces trois tableaux se trouvent actuellement dans l'église de 
Notre-Dame des Andelys, jadis opulente collégiale, et ce fut sans 
aucun doute le chapitre qui en commanda l'exécution à Quintin 
Varin. En voici la description succincte. 

1° Le Regina cœli. Au centre du tableau, la Sainte Vierge 
élevée au ciel; dans la partie supérieure, les trois personnes de la 
Sainte Trinité; au-dessous, deux anges dans l'attitude de la 
prière; aux côtés de la Sainte Vierge et dans la partie inférieure, 
dix anges chantant ou jouant des instruments; au bas du tableau, 

REV. ART FR. 12 



sur un feuillet, on lit ces mots avec la notation qui y correspond : 

Regina cœli letare 

Alléluia. 

Signature : Quintinus Varinus inven. & Pingeb. 
Mens. Jul. 1612. 

Sur toile; haut. i'"6o; larg. i™io. 

2° Le Martyre de saint Vincent. Sujet principal, saint Vincent 
chargé de chaînes, étendu sur un gril embrasé ; quatre bourreaux 
sont occupés à le torturer; à gauche, au premier plan, deux sol- 
dats assis à terre ; plus loin, le proconsul Dacien suivi de deux 
licteurs. Un ange descend du ciel apportant une palme et une 
couronne. Dans le lointain, on aperçoit un corbeau attaquant deux 
loups qui veulent dévorer le corps du martyr. Dans les angles du 
tableau, quatre scènes de la vie du saint. En haut à gauche, saint 
Vincent et TévéqueValère comparaissent devant Dacien; à droite, 
saint Vincent attaché à un poteau est battu de verges. En bas à 
gauche, on lui disloque les membres ; à droite, saint Vincent dans 
sa prison est consolé par deux anges. 

Signature : Quintin Warin — invenieb. & pingeb. 16 12. 

Sur toile; haut. 2™5o; larg. i^go. 

3° Le Martyre de saint Clair. Sujet principal, saint Clair, les 
mains jointes, les yeux levés vers le ciel, attend à genoux le coup 
qui va lui trancher la tête. Au second plan, on aperçoit saint 
Clair portant sa tête dans ses mains vers la chapelle où il veut être 
enterré sur les bords de TEpte. Quatre anges en grisaille sup- 
portent l'encadrement ovale du sujet principal. Aux quatre coins 
du tableau, divers épisodes de la vie du saint. En haut à gauche, 
saint Clair venant d'Angleterre se présente pour entrer au monas- 
tère de Maudun; il y guérit un aveugle; à droite, il délivre un 
possédé. A gauche en bas, il ressuscite un petit enfant ; on remar- 
quera le costume tout normand de la mère ; à droite, il repousse 
avec indignation les propositions d'une courtisane. 

Dans le bas du tableau on lit : 

Sancte Clare 
Ora pro nobis. 

Et dans le haut : 

Sicut iste S^9 (sanctus) 
Dilexit Deus [pour Deum). 

Signature : QVINTIN. VARIN. — INVEN : ET PINX. 

Sur toile; haut. 2'"3o; larg. i'"8o. 



^ 179 ~ 

Un quatrième tableau est attribué à Quintin Varin^ mais il ne 
porte pas sa signature. Il représente le Décalogue. Moïse, vu à 
mi-corps, à peu près comme dans le tableau de Philippe de 
Champaigne gravé par Nanteuil et Edelinck, js'appuie sur deux 
tables, oîi sont inscrits en lettres dbr sur fond noir les dix com- 
mandements. Dans le haut du tableau, on voit à Parrière-plan, 
à droite, les Israélites dansant autour du veau d'or; à gauche, 
Moïse descend de la montagne avec les tables de la loi. 

Sur bois; haut. i°^4o; larg. i^'io. 

Les trois tableaux de Quintin Varin donnent une idée très 
avantageuse de son talent. L'expression des figures est particuliè- 
rement soignée ; le visage de saint Clair rayonne véritablement 
de douceur et d'extase, et les petits anges musiciens du Regina 
cœli sont traités avec une grâce merveilleuse ; par exception, le 
type de la Vierge est absolument dénué de noblesse. Sombre et 
chaud dans le Martyre de saint Vincent, le coloris de Quintin 
Varin devient doux et lumineux dans le Regina cœli et le Mar- 
tyre de saint Clair; les vêtements de ce saint montrent que 
Varin avait déjà trouvé le secret de ce beau rouge vénitien qu'ad- 
mirait M. de Chennevières dans le Siméon de la Présentation 
au temple de Saint-Germain-des-Prés. 

PORÉE, 

Curé de Bournainville. 



ESPERCIEUX CHEZ BRIDAN. 
A M. Moulinneuf, secrétaire perpétuel de l'Académie de Marseille. 

Paris, ce 9 septembre 1776. 
Monsieur Moulinneuf, permettez que j'interrompe quelqu'un 
de vos instants pour vous remercier de la bonté que vous avez eu 
de me recommander à M. Dandré Bardon, qui a eu la bonté de 
me faire avoir une place dans le meilleur atelier de Paris ; c'est 
chez M. Bridan que je suis, où il y a les meilleurs élèves, témoin 
M. Paquet \ qui a remporté le premier prix de sculpture, et le 
meilleur maître pour avoir soin des élèves 5 aussi. Monsieur, 



I . Il s'agit ici de Pasquier (Antoine-Joseph), grand prix de sculpture en 
1776. - H. J. 



— i8o — 

vous voyez que tant de bontés que vous avez eu pour moi me 
rendent incapable d'en sentir la valeur. 
Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, 

ESPERCIEUX. 
(Communiqué par M. Etienne Parrocel.) 



ELECTION DE DEJOUX 

A l'académie de peinture et de sculpture. 

A Messieurs de l'Académie de Marseille. 

Paris, ce 6 juillet 1778. 
Messieurs, 

C'est pour vous rappeler mon souvenir que j'ai Thonneur de 
vous écrire, en vous fesant part de ma réception à l'Académie 
royale de peinture et de sculpture. Ma satisfaction a été d'autant 
plus entière que l'Académie m'a témoigné la plus grande con- 
fiance, m'ayant accordé de faire ma même figure en marbre pour 
réception, car il arrive souvent qu'il faut faire une seconde figure 
pour être exécutée en marbre. Le sujet de ma figure est saint 
Sébastien. Je l'ai fait dans le moment qu'il est prêt d'expirer. 

Recevez donc. Messieurs, les remerciements de votre élève, qui 
est pénétré de reconnaissance des bons conseils, comme des 
premiers principes que j'ai eu l'honneur de recevoir de votre 
Académie. Si, dans cette superbe capitale, je pouvais vous être 
de quelque utilité, je vous prie de m'ordonner. 

C'est un sculpteur de mes amis et parens du grand Vernet qui 
a bien voulu se charger de ma lettre pour avoir l'honneur de 
vous la remettre. 

J'ai l'honneur d'être, avec tout l'attachement et la plus vive 
reconnaissance, Messieurs, 

Votre très humble et très obéissant serviteur, 

De Joux, 

Sculpteur au Palais Bourbon. 
(Communiqué par M. Etienne Parrocel.) 



— i8i — 

LE GRAVEUR BERTRAND 

ET l'État civil de soisy-sous-étiolles. 

Un ancien maire de la commune de Soisy-sous-Etiolles, près Corbeil 
(Seine-et-Oise), a écrit une histoire de cette commune, restée manuscrite, et 
pour laquelle il avait entrepris le dépouillement des Archives de l'état civil. 
Un de nos confrères, M. G. Mauban, qui a eu ce manuscrit entre les mains, 
en a détaché pour nous quelques renseignements relatifs aux artistes. Nous 
ne saurions assez le remercier de la peine qu'il a bien voulu prendre. 

C'est à Soisy qu'est né le graveur Noël-François Bertrand, élève de 
David. Le célèbre graveur Beauvarlet y a demeuré et y a perdu sa troisième 
femme, ainsi qu'on le voit par l'acte suivant et la note qui l'accompagne. 

J. J. GUIFFREY. 

Acte de naissance de Noël-François Bertrand \ graveur, né à Soisy- 
sous-Etiolles, le 7 octobre 1784. 
Le 8 octobre 1784, naissance de Bertrand Noël-François : 
A été baptisé en l'église de Soisy-sous-Etiolles, un garçon né d'hier, 
du légitime mariage de Claude-Nicolas Bertrand, bourgeois de 
Paris, y demeurant, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, et de Rose- 
Aimable Massin, son épouse, de présent en ce lieu, et nommé Noël- 
François, par Jean-François Prieur, bourgeois de Paris, et Marie- 
Aimée Madeleine de la Vacquerie, son épouse, par procuration de la 
part de Noël Quetel, marchand à Versailles, et Louise-Françoise 
Bertrand, son épouse et tante. 

Les sus-dénommés ont signé : 
Prieur, — Bertrand, — de la Vacquerie, — et Mellet, curé. 



Beauvarlet Jacques-Firmin, graveur du roi, a habité Soisy-sous- 
Etiolles; il eut pour troisième femme dame Catherine Viollet, décé- 
dée et inhumée dans cette commune, le i5 novembre 1788. 

I. Noël-François Bertrand, graveur, fut élève pour le dessin de Moreau 
le jeune et de Louis David. 

Il a exposé six fois, de 1812 à i833. 

En 1812, il demeure à Paris, rue Saint-Antoine, n° 363; il expose alors 
sous le n" 1206 une tête d'étude d'après le tableau des Sabines de David. 

En 1822, il demeure rue de Savoie, n" 9, et expose sous les n°' i5i8 et 
i5i9 des études d'après Raphaël et d'après David. 

En 1824, même domicile; voir au livret les n"' 1940 à 1943. 

En 1827, il a, au Salon, sous les n"' i2o3 et 1204, une Vierge et un autre 
sujet. 

En i83i, il est établi place du Louvre, n» 4. Il expose, sous le n» 22g3, le 
portrait de Napoléon, d'après Louis David. 

En i833, même domicile; au Salon, il a, sous le n° 2720, une étude de 
femme, d'après les Sabines de David. 



— l82 — 

PARTIE MODERNE. 



PICOT ET DELAROCHE. 

On se souvient du Salon de 1810, de M. Guizot et de ses 
notices pour le Musée Laurent. Voici, dans ses Lettres à sa famille 
et à ses amis, publiées récemment, quelques passages relatifs à des 
artistes : 

« J'aurai après-demain son buste, » celui de Pétrarque, que 
M. Guizot aimait pour Tavoir vu avec sa femme qu'il venait de 
perdre; « M. Fqyatier y a travaillé deux heures sous mes yeux la 
semaine dernière. C'est beaucoup mieux que je n'espérais. Vous 
en aurez un plâtre, ma chère sœur, que je ferai mouler avec soin. 
J'essaye de me donner des goûts, des fantaisies; je fais des collec- 
tions des belles gravures; M. Thiers m'a fait présent d'un des 
plus jolis tableaux du Salon, « la dernière entrevue de Charles I*'' 
avec ses enfants, » par M™^ Rude. Il m'en viendra d'autres; j'en 
remplirai notre petite maison de la rue de la Ville-PÉvêque, notre 
salon, mon cabinet. Le soin de tout cela n'aboutit qu'à un redou- 
blement de douleur en pensant au plaisir qu'elle aurait pris à voir 
ainsi orner notre demeure, que je m'efforce de rendre agréable . 
comme si elle en devait jouir. » — Lettre à M™^ Decour, sa belle- 
sœur, 4 juin i833. 

Dans la lettre qu'il écrit de Broglie à M'"*de Gaspar"!}!, 2 1 juil- 
let i835 : 

« Je suis descendu un moment chez mes filles, et, en regardant 
des livres dans un corps de bibliothèque, je suis tombé sur un 
recueil de chansons manuscrites « pour servir, » dit-on, a à l'his- 
toire anecdotique des xvii*^ et xvin" siècles. » Il y en a huit ou dix 
volumes in-4°, chansons politiques, épigrammatiques et surtout 
erotiques. Avez-vous jamais vu un tableau de Caravage intitulé 
a l'Amour charnel? « Un grand et fort enfant, debout, très beau, 
d'une beauté tournée à l'utile, comme dirait Bentham, les yeux 
ardents, le teint ardent, les cheveux noirs, épais, frisés, l'air mutin 
et infatigable, sortant d'un plaisir et en attendant un autre, très 
décidé à n'en perdre aucun, allant toujours au fait, appelant toutes 
choses par leur nom ; c'est un tableau frappant et éloquent. C'est 
l'amour de toutes les chansons de ce recueil.. Presque au même 



— i83 — 

moment oîi l'Amour du Caravage était exposé dans la Galerie 
Justiniani, figurait au Salon un « Amour et Psyché, » de 
M. Picot, mince, blanc, transparent, sans corps, sans âme, plus 
froid que le marbre, plus mat que la cire, sortant du lit de 
Psyché comme on sort en grelottant d'un bain de rivière, et 
n'ayant évidemment pas plus d'envie de la réveiller qu'elle-même 
n'eut pris de plaisir à être réveillée par lui. Celui-là non plus 
n'était pas l'Amour, quoique les partisans de l'école classique 
l'appelassent avec admiration l'Amour idéal... » 

On ne peut mieux dire ; il aurait fallu à Picot le pinceau de 
Prudhon, tandis que sa couleur plate et pâle est creuse et délavée 
com.me les derniers tableaux de David. M. Guizot, qui l'avait vu 
au Salon de 1819, a dû avoir plus d'une occasion de le revoir au 
Palais-Royal chez le duc d'Orléans qui l'avait acquis de l'artiste, 
mais il est pourtant bien sévère; car, si le dessin est pauvre et 
l'exécution insuffisante, l'idée et le parti de la composition sont 
bien heureusement trouvés, comme on peut le voir dans la belle 
gravure de Burdet, qui fait voir toutes les qualités de son modèle 
sans en avoir les défauts. 

Plus tard, en décembre i856, M. Guizot écrit à sa fille, M""* de 
Witt: 

« J'ai fait hier quelques visites; une amusante. M. Thiers était 
venu deux fois sans me trouver. Je l'ai trouvé Je ne sais com- 
ment j'ai été amené à parler de son portrait, le dernier ouvrage de 
Paul Delaroche : « L'avez-vous ici? — Oui. — Je vous demande 
à le voir. — Très volontiers. Par malheur, il n'est pas à moi. Ce 
sont les administrateurs d'Anzin qui l'ont fait faire. Anzin existe 
depuis plus de deux cents ans, sous Louis XIV. C'est leur vieil 
usage d'avoir les portraits des hommes considérables, des person- 
nages qui ont pris part à leurs affaires. Ils en ont sept ou huit. 
Celui de Casimir Périer était le dernier. Ils ont voulu avoir le 
mien. Je tâcherai de les engager à me le céder. Je leur en ferai 
faire une bonne copie. C'est délicat, mais j'en ai bieh envie, je 
tâcherai. Votre portrait, par Paul Delaroche ^ est-il à vous? — 
Oui, il est chez moi. — Il est très beau. Paul Delaroche a pensé 
au vôtre en faisant le mien. Vous êtes à la tribune. J'y monte. Je 
crois que nous nous regardons. Deux pendants. Savez-vous ce 
que nous devrions faire? Nous devrions, vous et moi, par notre 
testament, prescrire à nos héritiers de donner ces deux portraits 
au Musée. Ils feraient bien là, l'un près de l'autre. » J'ai ri sans 



— i84 — 

répondre. Il m'a mené voir le portrait, vraiment beau et évidem- 
ment destiné à faire pendant au mien. Aussi idéalisé que possible 
en restant ressemblant. Je lui ai dit : a II a un peu atténué la 
mobilité de votre physionomie. — Oui, il a bien fait. » 

L'idée de M. Thiers avait du bon. La gravure de Calamatta, 
qui est un chef-d'œuvre, a popularisé l'admirable portrait de 
M. Guizot; un graveur se ferait honneur, en lui donnant comme 
pendant, ainsi que le peintre avait fait des deux peintures, le 
portrait de M . Thiers. 

A. DE Montai GLON. 



INVENTAIRE SOMMAIRE 

DES ŒUVRES D'ARTISTES FRANÇAIS 

CONSERVÉES A LA VILLA MÉDîCIS. 

La nomenclature que nous donnons ici est le complément de la liste des 
Portraits publiée dans les précédents numéros de la Revue. Nous avons eu 
soin de ne relever que les oeuvres qui ne se trouvent pas mentionnées par 
Baltard dans sa monographie de la Villa Médicis; ainsi n'avons-nous pas 
signalé dans les pages qui vont suivre les rares tapisseries échappées au pil- 
lage de l'Académie et placées dans le grand Salon par les soins dUngres, pen- 
dant son directorat. 

Un grand nombre des oeuvres cataloguées par nous ne sont pas accompa- 
gnées du nom de leurs auteurs. Les archives de l'Académie de France ne 
remontent pas au delà de ce siècle, et le caractère des pièces qu'elles renferment 
est essentiellement administratif. Nous nous sommes donc assuré qu'elles ne 
pouvaient nous fournir aucun renseignement de nature à éclairer notre 
marche. Fallait-il pour cela renoncer à un relevé qui, n'étant pas complet 
aujourd'hui, risquerait d'être plus tard absolument défectueux? La tradition, 
du moins, existe encore à l'heure actuelle pour des oeuvres peintes ou sculptées 
depuis un demi-siècle. Nous essayons de fixer la tradition. A défaut d'une 
certitude et de la pleine lumière, nous posons un jalon. Les notes, mises au 
jour par nos soins, appelleront un complément d'informations et peu à peu 
se trouvera reconstitué un État des œuvres d'art de l'Académie de France. 

Sur les 3 10 portraits de pensionnaires dont nous avons obtenu la liste à 
l'Académie, environ 200 se trouvaient suivis de la mention auteur inconnu. 
Nous avons écrit aux intéressés, à leurs amis, à leurs contemporains, et c'est 
après plusieurs mois d'une correspondance incessante, comportant plus de 
cent lettres que nous sommes parvenu à découvrir les auteurs décent vingt- 
cinq portraits. La lecture de la Revue provoque de temps à autre un nou- 
veau renseignement dont nous ferons profiter à notre tour ceux qui s'intéressent 
à l'iconographie de notre école. Nous ne désespérons pas de faire disparaître 
ainsi de notre modeste travail les lacunes qui le déparent encore, mais les 
artistes, on le sait, ne prennent pas volontiers la plume. Nous faisons donc 



— i85 — 

appel à nos confrères érudits, — à ceux surtout dont le savoir obligeant 
n'est jamais en défaut, — pour suppléer, à l'occasion, les peintres ou les 
sculpteurs qu'ils comptent parmi leurs amis. 

Henry Jouin. 



Appartement du Directeur. 

CoLBERT. — Buste, bronze, par Michel Anguier. 

Drouais (Jean-Germain), peintre. — Copie d'un portrait de cet 
artiste, faite par M. Raymond Bal^e. 

Cabat (Louis-Nicolas), peintre. — Buste, bronze, par M. Emile- 
Edmond Pe>^nof. 1881. 

Bibliothèque. 

Louis XIV. — Statue, marbre. Auteur inconnu. 

Louis XVI IL — Statue, marbre, par Jean- Pierre Cortot. 

Portraits des Directeurs. 

Errard (Charles), peintre. — Buste, plâtre. Inconnu. 1666. 

Pœrson (Charles- François), peintre. — Buste, plâtre. Inconnu. 
1704. 

Vleughels (Nicolas), peintre. — Buste, plâtre, par Michel-Ange 
Sloât^. 

Detroy (Jean-François), peintre. — Buste, terre cuite. Inconnu. 

Natoire (Charles-Joseph), peintre. — Buste, terre cuite. Inconnu. 

ViEN (Joseph-Marie), peintre. — Buste, terre cuite. Inconnu. 

Lagrenée (Louis), peintre. — Buste, plâtre. Inconnu. 

Ménageot (François-Guillaume), peintre, — Buste, terre cuite. 
Inconnu. 

SuvÉE (Joseph-Benoît), peintre. — Buste, marbre. Inconnu. 

Paris (Pierre-Adrien), architecte. — Buste, plâtre. Inconnu. 

Guillon-Lethière (Guillaume Lethière, dit), peintre. — Buste, 
marbre, par Jean-Pierre Cortot, 181 3. 

Thévenin (Charles), peintre. — Buste, marbre, par Charles- 
François Lebœuf, dit Nanteuil. 1822. 

Guérin (Pierre-Narcisse), peintre. — Buste, marbre, par Augus- 
tin-Alexandre i)Mmonf. 1827. 

Vernet (Horace), peintre. — Buste, marbre, par Jean-Baptiste 
De Bay. i833. 

Ingres (Jean-Augustin), peintre. — Buste, marbre, par Auguste- 
Louis-Marie Ottin. i83g. 



— i86 — 

ScHNETz (Jean-Victor), peintre. — Buste, marbre, par Georges 
Diébolt. 1845. 

Alaux (Jean), peintre. — Buste, marbre, par Jean-Joseph Per- 
raud. i852. 

Fleury (Robert), peintre. — Buste, marbre, par M. Ernest-Eugène 
Hiolle. 1866. 

HÉBERT (Antoine-Auguste- Ernest), peintre. — Buste, bronze, par 
M. Edme-Antony-Paul Noël. 1872. 

Lenepveu (Jules- Eugène), peintre. — Buste, marbre, par M. Jean- 
Antoine /nj^i/^er^. 1878. 

Salon des pensionnaires. 
Peinture. 

Thévenin (Charles), peintre. — Portrait par Jean Alaux. 

Saint Pierre et saint Paul. — Copie d'après Raphaël, par Jean- 
Victor Schnet{. 

Fleury (Robert), peintre. — Portrait, par M. Jules-Joseph 
Le/ebvre. 

Sculpture. 

Pêcheur à la coquille. ■— Figure, plâtre, par Jean-Baptiste Car- 
peaux. 1859. 

Ugolin. — Esquisse, plâtre, par Jean-Baptiste Carpeaux. 

Le serment de Spartacus. — Groupe, plâtre, par M. Louis- 
Ernest JSarrm. 1869. 

Vestibule du salon des pensionnaires. 

Eurydice piquée par un serpent. — Statue, plâtre, par Charles- 
François Lebœuf., dit Nanteuil. 1822. 

Bacchus et Leucothoé. — Groupe, plâtre, par Augustin-Ale- 
xandre Dwwonf. 1828. 

Narcisse. — Statue, plâtre. Inconnu. 

Salle a manger des pensionnaires. 

Palombella. — Buste, plâtre, par Jean-Baptiste Carpeaux. i858. 

David (Jacques-Louis), peintre. — Copie d'un de ses portraits, 
par M. Henri-Lucien Doucet. 

Cour d'honneur. 
Sur le perron. 
Mercure. — Statue, bronze, d'après Jean de Douai. 



— i87 — 
Au pied du perron. 

L'Amour coupant ses ailes. — Statue, plâtre, par M. Jean Bori' 

nassieux. 1840. 
Bacchus. — Statue, plâtre, par M. Louis-Léopold Chambard. 

1840. 

Façade de la Galerie des antiques. 

Oreste poursuivi par les Furies. — Statue, plâtre, par M . Louis- 
Léopold Chambard. 1842. 

Mucius Scévola. — Statue, plâtre, par M. Théodore-Charles 
Gruyère. 1844. 

Sapho. — Statue, plâtre, par Georges Diébolt. 1846. 

Escalier conduisant au Bosco. 
Agrippine. — Groupe, plâtre, par M. Jacques- Léonard Maillet. 

i85o. 
Saint Martin. — Bas-relief, par Pierre -Antoine-Hyppoly te 

Bonnardel. 1854. 

Terrasse du Bosco. 

Glaneuse. — Statue. Inconnu. 

Cérès. — Groupe, plâtre, par M. Louis-Léon Cugnot. i863. 

Grotte sous la terrasse appelée Tempietto. 

Le Jeune Berger. — Statue, plâtre, par Pierre-Jean David 
d'Angers. 

La Méditation (?) — Statue , plâtre , par Georges Diéboldt (?) 
1844. 

Orphée. — Statue, plâtre, par M. Gabriel-Jules Thomas. i85o. 

Mercure inventant le caducée. — Statue, plâtre, par M. Henri- 
Michel-Antoine Chapu. 1860. 

Pythonisse. — Statue, plâtre, par M. Charles- Arthur 5owr^eow. 

Eve. — Statue, plâtre, par M. Eugène Delaplanche. 1868. 

La Pileuse. — Statue, plâtre, par M. Louis-Ernest Barrias. 
1868. 

Roméo et Juliette. — Groupe, plâtre, par M. Edme-Antony- 
Paul Noël. 1872. 

Dans une niche sur la terrasse. 

U Enfant prodigue. — Grouj>e, plâtre, par M. Charles-Adolphe 
Gumery. i855. 



— i88 — 
Cour de l'atelier n° 2. 

Omphale. — Statue, plâtre, par M. Jean- Alexandre-Joseph 

Falguière. 1864. 
Narcisse. — Statue, plâtre, par M. Ernest-Eugène //fo//e. 1867. 

Dans les deux niches, près de l'atelier n° 2 

(Mur du Pincio). 

Psyché. — Statue, plâtre, par M. Théodore-Charles Gruyère. 

1841. 
Bacchus. — Statue, plâtre. Inconnu. 

Escalier conduisant au n" 28. 

Le Laboureur de Virgile. — Statue, plâtre, par Philippe-Jean- 
Henri Lemaire. 1825. 



ÉPITAPHES DE PEINTRES 

relevées dans les cimetières de paris et publiees suivant 
l'ordre chronologique. 

THIBAULT, BOSIO, ROBERT- LEFÈVRE, GUILLEMOT, AUGUSTIN, 
BOURGEOIS, MEYNIER. 

X. Thibault. — 1826. 

J. T. THIBAULT, 

PEINTRE j 

ET ARCHITECTE, 

MEMBRE 

DE l'iNSTITVT, 

PROFESSEVR 

A l'École royale 

DES BEAVX-ARTS, 

MORT LE XXVII JUIN 

MDCCCXXVI. 

(Père-Lachaise, 43" division.) 
XL Bosio. — 1827. 

A LA MÉMOIRE 

DE 

JEAN FRANÇOIS BOSIO, 

PEINTRE d'histoire. 



— rSg — 

ANCIEN PROFESSEUR 

A l'École polytechnique, 

NÉ A MONACO ET DÉCÉDÉ A PARIS 
LE 6 JUILLET 1827 A l'aGE DE 63 ANS. 

(Montparnasse, q" division,) 

XII. Robert-Lefèvre. — i83o. 

ROBERT-LEFÈVRE 

PREMIER PEINTRE DE LA CHAMBRE 

ET DU CABINET DU ROI, 

DÉCÉDÉ EN l83o. 

A LA MÉMOIRE 

DE JULES ROBERT-LEFÈVRE, 

SOUS-LIEUTENANT AU l33° DE LIGNE, 

TUÉ A LA BATAILLE DE DRESDE A l'aGE DE 18 ANS. 

I8l3. 

(Père-Lachaise, 27= division.) 

XIII. Guillemot. — i83i. 

C. A. 

GUILLEMOT, 

PEINTRE d'histoire, 

ÉLÈVE DE DAVID, 

PENSIONNAIRE 

A l'École de france 

A ROME, 

NÉ A PARIS 

LE 7 OCTOBRE I786. 

MORT A PARIS 

LE 19 NOVEMBRE 

l83l. 



LAURENCE ROSALIE 

PINGARD, 

V^e GUILLEMOT, 

DÉCÉDÉE A S* GERMAIN EN LAYE 

LE l5 JUILLET l833, 

A l'aGE DE 69 ANS. 

RÉUNIE A SON FILS. 

(Montparnasse, 4° division.) 



— igo — 

XIV. Augustin. — i832. 
Face antérieure : 

J. B. J. AUGUSTIN 

l5 AOUT 1769 

l3 AVRIL l832 

AU PLUS ADMIRABLE TALENT IL JOIGNIT 

UN CARACTÈRE AUSSI DIGNE d' ESTIME 

QUE d'attachement. 



Côté droit : 



Côté gauche 



peintre du roi 

en miniature 
et en émail. 



chevalier 
de la légion 
d'honneur. 
(Père-Lachaise, 27" division.) 

XV. Bourgeois. — i832. 

ici repose 

charles-guillaume-alexandre bourgeois 

peintre chimiste et physicien, 

né a amiens le l6 janvier i759, 

décédé a PARIS LE 7 MAI l832. 

HOMME DE BIEN, ARTISTE HABILE, 

SAVANT d'une RARE SAGACITÉ : 

IL AIMA EN TOUT LA VÉRITÉ POUR ELLE-MEME, 

SA VIE ENTIÈRE LUI FUT CONSACRÉE. 

(Montmartre, 20« division.) 

XVI. Meynier. — i832. 

ICI REPOSENT 

CHARLES MEYNIER, 

DE l'institut, 

PROFESSEUR A l'ÉCOLE ROYALE DES BEAUX-ARTS, 

CH*"" DE LA LÉGION d'hONNEUR, 

DÉCÉDÉ LE 6 SEpbre i832. 

MEYNIER, PEINTRE SAVANT, ÉPOUX TENDRE ET FIDÈLE 

FUT DES HOMMES DE BIEN LE PLUS DIGNE MODÈLE 

ARTISTES SES RIVAUX, ET VOUS QU'IL SUT FORMER 

DANS l'art BRULANT DE LA PEINTURE 

PARLEZ : FUT-IL JAMAIS UNE VERTU PLUS PURE. 

QUI POUVAIT LE CONNAITRE ET NE LE PAS AIMER. 



— ipl — 

ET GENEVIÈVE FÉLICITÉ 

DESLANDES, 

V^e DE M"" MEYNIER, 

DÉCÉDÉE LE 29 JUIN l835, 

A l'âge DE 64 ANS. 

DE PROFUNDIS. 

(Montparnasse, 2' division.) 



H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 

RoNDOT (Natalis). Les sculpteurs de Lyon du XIV' au XVIII* siècle. 
Paris, Gharavay frères, 1884, gr. in-8'', 80 pages (tiré à 200 exemplaires). — 
L'auteur du présent travail a consacré de longues années au dépouillement 
des Archives de Lyon; il fait paraître peu à peu, par séries méthodiques, le 
résultat de ses recherches. Depuis le xiv° siècle jusqu'en 1792, M. Rondot a 
rencontré à Lyon deux cent soixante-quatre sculpteurs, à chacun desquels il 
a consacré une courte notice, ou au moins quelques lignes, en suivant scru- 
puleusement l'ordre des dates. Une table alphabétique, indispensable aux 
chercheurs, complète cette publication intéressante parue d'abord dans la 
Revue lyonnaise (mars, avril et mai 1884). — J. G. 

Lallemand et Boinette. — Jean Errard de Bar-le-Duc, « premier ingénieur 
du très chrestien Roy de France et de Navarre, Henry IV, sa vie, ses œuvres, 
sa fortification. » Bar-le-Duc, in-8°. Prix : 5 fr. (Le dernier chapitre de l'ou- 
vrage est consacré à Charles Errard, le premier directeur de l'Académie de 
Rome, et à d'autres membres de la famille.) — J. G. 



NOUVELLES DIVERSES. 

L'hôtel de l'ambassade française à Berlin. — Par ordre du gouvernement 
français, les musées de Paris ont fourni pour la décoration des appartements 
de l'ambassadeur de France en Allemagne les œuvres d'art suivantes : une 
Cléopâtre, statue en marbre de M. Durand; une Cér'es rappelant Triptolème 
à la vie, groupe en marbre de M. Cugnot; un Jeune homme se baignant, 
statue en marbre de M. Rochet ; Chiens de chasse de saint Hubert, groupe 
en bronze de M. Lecourtier ; Y Etoile, statue en marbre de M. Denecheau; 
VHiver, buste en marbre de M. Oliva. Tableaux : le Bois de Boulogne, 
de Deshayes; le Printemps, de Forcade ; le Grand escalier de l'Opéra, de 
Navlet ; la Colère d'Achille, de Danger; la Mort de Démosthènes, de Picot; 
Super Flumina Babylonis, de M. Debat-Ponsan ; Y Annonciation, de M. Bel- 
langer ; copies : Louis XV enfant, d'après Van Loo; Rebecca et Éléaj^ar, 
d'après Coypel ; Embarquement pour Cythère, d'après Watteau; un Por- 
trait, d'après Rembrandt : Chiens de chasse et volaille, d'après Oudry (ori- 
ginal au Louvre) ; Portrait de Cherubini, d'après Ingres. On remarque, 
en outre, plusieurs tapisseries des Gobelins et vases de Sèvres. Ces œuvres 
d'art restent la propriété de la nation française. 



— 192 — 

Les verrières de l'École de pharmacie. — M. Hirsh a été chargé d'exécuter 
les compositions des vitraux qui doivent décorer la nouvelle Ecole de phar- 
macie. Les sujets sont les suivants : Laurent de Jussieu fait replanter le 
jardin botanique; Linnée est reçu au Jardin des Plantes par Bernard de 
Jussieu; la Corporation des apothicaires et des droguistes; Lavoisier dans 
son laboratoire. 

La Liseuse de M. Chatrousse. — Une terre cuite de la Liseuse de 
M. Chatrousse, dont le marbre appartient à l'Etat, a été acquise par la ville 
de Paris pour la Bibliothèque de l'hôtel Carnavalet. 

Statue du général Chan^y. — Le 28 septembre a eu lieu à Buzancy 
(Ardennes), et non à Beaugency, comme l'ont annoncé un si grand nombre 
de journaux, l'inauguration d'une statue du général Chanzy, œuvre de 
M. Croisy. 

Monument d'Edmond Morin. — Sculpté par M. Doublemard, le monument 
du dessinateur Edmond Morin a été érigé en août dernier dans le cimetière 
de Sceaux. 

Statue d'Eustache de Saint-Pierre. — La ville de Calais reprend le projet 
d'élever une statue à son glorieux citoyen, Eustache de Saint-Pierre. Une 
commission récemment nommée recueille les souscriptions. La commission 
de 1845 doit avoir laissé des archives qui seront utiles aux nouveaux pro- 
moteurs du monument. Ils y trouveront le récit de la visite de David 
d'Angers à Calais dans le but de déterminer l'emplacement et l'orientation 
de la statue. A défaut de ces documents curieux, nous renvoyons les com- 
missaires calaisiens au livre de notre collaborateur, M. Henry Jouin [David 
d'Angers, sa vie, son œuvre, etc.), tome 1, p. 403-407. 

Une nouvelle statue à Alexandre Dumas. — On doit ériger au printemps, 
à Villers-Cotterets, lieu de naissance d'Alexandre Dumas, une nouvelle statue 
de l'illustre romancier. L'auteur de cette œuvre, M. Carrier-Belleuse , l'a 
offerte gratuitement au comité. Dumas est debout, tête nue, la main gauche 
appuyée sur une colonne. De sa main droite, il tient une plume. Il est vêtu 
d'une longue et large houppelande qui le couvre presque en entier, et dont 
les plis, habilement faits, dessinent le corps. Ses jambes sont serrées dans le 
pantalon à pieds qu'il avait l'habitude de porter. Le col de chemise, débou- 
tonné comme il l'était toujours quand le maître travaillait, laisse voir son 
cou puissant. 

Statue du général Joubert. — La ville de Bourg a inauguré le 12 octobre 
dernier une statue au général Joubert par M. Aube. Rappelons à ce propos 
que Pont-de-Vaux, dans l'arrondissement de Bourg, possède déjà la statue 
du général par Legendre-Héral. 

Statue de Jean-Baptiste Dumas. — Le comité chargé de procéder à l'érec- 
tion de la statue de J.-B. Dumas est constitué. M. Pasteur en est le président. 
L'empereur du Brésil a souscrit pour 10,000 fr. 

Monument de Victor Massé. — C'est M. Charles Garnier, membre de l'Ins- 
titut, qui doit donner les plans du monument destiné à surmonter la tombe 
de Victor Massé au cimetière Montmartre. L'Etat doit concourir à l'exécution 
du monument. 



I 



TABLE 

ANALYTIQUE ET RAISONNÉE 

DE LA PREMIÈRE ANNEE 

(i! 



SIGNES ET ABREVIATIONS : 

A., signifie Architecte. — Aq., Aquarelliste. — Carie, Caricaturiste. — 
Cér., Céramiste. — Cis., Ciseleur. — Comp., Compositeur. — Dess., Dessi- 
nateur. — Ed., Editeur. — Em., Emailleur. — Fond., Fondeur. — G., Gra- 
veur. — Gr. en méd., Graveur en médailles. — Imp., Imprimeur. — Jo., 
Joaillier. — Lith., Lithographe. — Méd., Médailleur. — Men. éb., Menuisier 
ébéniste. — Mod., Modeleur. — Mon., Monnayeur. — Mos., Mosaïste. — 
Orf., Orfèvre. — P., Peintre. — P. sur porcel., Peintre sur porcelaine. — 
Phot., Photographe. — Se, Sculpteur. — Stuc, Stucateur. — Tap,, Tapis- 
sier. — Verr., Verrier. 

Le mot Bibliogr. indique un article bibliographique spécial ou une men- 
tion d'ouvrage. 

Un astérisque (*) précède les noms de lieux. 



ABADIE. 

Abadie (Paul), a., i6o. 
Abbaye de Chaalis, 63. 

— de Marmoutiers, loo. 

— d'Ivry, I2Q. 

— de Saint-Germain-des-Prés, .4. 
*Abbeville, 77. 

Abel (Alexandre-Denis-Joseph), p., 
i5g. 

Abel. Voy. Adam. 

Abraham (Tancrède), p., 3i, 44, 64. 

Abreuvoir (1'), 96. 

Académie de France à Rome. Voy. 
Villa Médicis. 

Académie des beaux-arts, i5, 48, 64, 
82. 

Académie des inscriptions et belles- 
lettres, i5, 32. 

Académie de Saint- Luc, i5i, i52. 

Académie de Marseille, 44. 

REV. ART FR. 



- ALBANIE 

Académie de peinture et de sculp- 
ture (Procès-verbaux de 1'), 82. 

Académie gravée d'après nature, 124, 
126. 

Achille (la colère d'), igi. 

Actes d'état civil d'artistes français, 
55, 56, 68, 100-102, i52, i53. 

Adam et Eve trouvant le corps d'Abel, 
46. 

Adan (Emile), p., 27. 

Adélaïde de Savoie (la princesse), 143. 

Advielle (Victor). — Monteil et David 
d'Angers, i3g, 140. — Le minia- 
turiste Augustin, 140. — Son nom 
cité, _3i, 44, 78. 

Agrippine, 187. 

Air (Paul d'), 78. 

Alaux (Jean), p., 60, 186. 

Albanie (duc d'). Voy. Stuart (Jean). 

l3 



194 



ALCANTOR. — BALZE. 



Alcantor, 62. 

Alexandre (Jean-Baptiste-Edme), 

mon., 24, 25. 
Alexandre, 146. 

Alexandre ^le Triomphe d'), 78. 
Alexandre a Babylone (entrée d'), 48. 
■^Alger, 3o. 

Allar (André- Joseph), se, 94, 120. 
Allée de châtaigniers, 175. 
Amateur, mon., 21. 
*Amiens, 45. — Voy. Musée. 
Amour assis (1'), 38. 

— charnel (l'j, 182, i83. 

— coupant ses ailes, 187. 

— taillant son arc, 38. 
Amphitrite, 98. 

Ancelet (Gabriel-Auguste), a., io5. 

'Andelys, 177. 

*Andelys (une forge aux), 46. 

*Andilly, i36. 

André (Louis-Jules, dit à tort Louis- 
Jacques), a., 48, gi, 124, 125. 

Angélique et Roger sur l'hippogriphe, 
95. 

*Angers, 36, 37, 129. Voy. Musée. 

Angivillier (comte d"*), 137. 

Anglart (Louis), a., ég, 70. 

*Angoulême, 6g, i25. 

Anguier (Michel), se, 35, i85. 

Anjou (duc d'), 64. 

Anne d'Autriche et Mazarin, 26. 

Annedouche, p., 124. 

Annonciation (1'), igi. 

Antin (duc d'), 14.5, 146. 

*Anzin, i83. 

Apollon (char d'), 62. 

Apothéose d'Homère^ 11. 

Apparition du Sauveur à la Made- 
leine, 100. 

Appian, p., 27. 

Apvril, p., 27. 

Aquarelles, 12, i3, 26, 27. 

Aquarellistes, 27, 3o, 3i, m. 

Arago (Etienne), 83. 

Arbelles (Bataille d'), 11. 

Arbre de Noël (1'), 108. 

Archéologie pratique (questions d'), 
161-165. 

Archéologiques (nouvelles), 16, 32, 
47, 48, 78, 79. 

Architectes, 14, i5, 34, 53, 60, 64, 
68, 6g, 71-74, 89-92, io5-io7, 
III, II 9-1 27, i2g-i5i, 143, 157- 
160, i85. 

Architecture, 124-127. 

Archives de VArt français [Ancien- 
nes], 65, 99, ii5, i 3o. — {Nou- 
velles), 3, "17, 25, 33-35, 41, 42, 
52, 53, 70, 123, 147. 

Archives aes Affaires -étrangères, 5, 
6,7. 

— de Vaucluse, 43, 
Arenberg (duc d'), 47. 



Arène (Paul), 96. 

Argenteau (Charles d'), archevêque, 

"Argenteuil, 29. 

Armengaud, éd., 108. 

Arnaud, p., 167. 

Arnould (Sophie), 3g. 

Arrivée du Printemps (1'), 63. 

Art (le journal 1'), 14. 

Art au xviii* siècle (exposition de 1'), 
12. 

Artistes indépendants (salon des), 
94. 

— ( quittances d' ), 33-36, 52-54, 
6g-72. 

Artistes. Voy. Portraits. 

Artois (le comte d'), 40. 

As Feives (Guillaume), 47. 

Asselineau, 10. 

Assemblée générale des membres de 
la Société, 81-87. 

Association des Amis des Arts pari- 
siens, 32. 

Attiret (Claude-François), se, 38. 

Aube, se, g4, ig2. 

Aubert (Jean-Ernest), g., gi. 

Aubry-Vitet (M""), .'14. 

*Aubusson, 78, 112. 

Audran, tap., 2g. 

Audran (B.), g., 70. 

Audran (Claude), p., 29, 53. 

Audran (les), P. g., m. 

Auge, impr., 31. 

Augier (Emile), 28, gS. 

Auguste (Jules-Robert), se, i5g. 

Auguste III, roi de Pologne, 25. 

Augustin (J.-B.-J.), p., 26, 140, igo. 

Autographes (ventes d'), 5, g, 10. 

Autriche (Elisabeth d'), 114. — Voy. 
Elisabeth. 

Avis au lecteur, i, 17, 4g. 

■^'Avignon, 8, 9, 16, 42, 43. 

Aze (Adolphe), p.^ 63^ 64. 

Bacchus, 187, 188. 

Bacchus et Leucothoé, 186. 

Baccot (Philippe), p., 70. 

Bachaumont, 40. 

Baco (Charles), p., 70. 

Badin ^Jules). — Rapports sur l'état 
des finances de la Société de l'his- 
toire de l'Art français, i8-ig, 86- 
87. — Son nom cité, 17, 8i, 85. 

Baglione, 8. 

Baigneuse (une), 47. 

Bail, p., 27. 

Baillet le jeune (Jean), mon., 21. 

Balcon (le), 2g. 

Baléchou, g., 25. 

Ballu (Roger), 28. 

Ballu (Théodore), a., 90. 

Baltard (Victor), a., 74, 184. 

Bake (Paul), p., 63. 



BA.LZE. — BOETZEL. 



195 



Baize (Raymond), p., i85. 

Bapst, io8. 

Baptême (le), 3o. 

Bar (de). Voy. Payne (Nicolas). 

Bar aux Folies-Bergères (un), 2g. 

*Bar-le-Duc, 16, igi. 

Barbereau (Mathurin -Auguste - Bal- 

thasar), comp., yS. 
Barbier l'aîné, p., 10. 
*Barbizon, 7g, 80. 
Barbotin (Josepii), g., 124, 126. 
Baré, 78. 
*Barletta, 160. 
Baroilhet (M"'^), 72. 
Baron, p., 27. 

Barre (Albert), gr. en méd., 22. 
Bardas (Félix-Joseph), p., go, gi. 
Barrias (Louis-Ernest), se, 64, 120, 

186, 187. 
Barry (M"" du), 12, i3. 
Barthe (Grat.-Norbert), comp., 106. 
Barthélémy (Raymond), se, 107. 
Bartholdi, se, 28. 
Bartolini (Laurent), se, i58. 
Barye, se, g5, lyb. 
Baschet (Marcel-André), p., 124. 
Basse-cour (une), lo. 
Bastien-Lepage, p., 77. 
Bataille (une), 87. 

Batton (Désiré-Alexandre), comp., 60. 
Bauche (J.-B.-C), i5o. 
Baudelaire, lo. 
Baudesson (François), p,, 83. 
Baudry (Paul-Jacques-Aimé), p., 28, 

77, io5, 175. 
Baur, libraire, 86. 
Bazemont (François-Nicolas), p., 56. 
Bazin, i3. 
Bazin (François-Emmanuel-Joseph), 

comp., go. 
Bazire (Edmond), Manet. Bibliogr., 

III. 
Beauchet-Filleau, 84. 
Beaugeard, 56. 
Beaujolais (comte de), 42. 
Beaurepaire, 80. 
Beaurepaire (Charles de), i38. 
Beaurepaire (Henri), 48. 
*Beauvais, 11. 

Beauvarlet (Jacques-Firmin), g., 181. 
Begoulet, 11. 
Bélisaire (le), 42. 
Eellanger, p., igi. 
Bellay (Paul-Alphonse), g., io5. 
*Bellême, i5i. 
Bellin (Jean) dessinant dans les rues 

de Venise, 64. 
Bénard (Henri-Jean-Emile), a., 120. 
Benoist (François), comp., 60. 
Benouville (François-Léon), p., gi. 
Benouville (Jean-Achille), p., gi. 
Bentham, 182. 
Bentyac (Pierre), g7. 



Beraldi, 77. 

Béraud, p., 28, 76. 

Berger (le jeune), 187. 

Berger (jeune) mordu par un serpent, 

63. 
■•'Berlin, igi. 

Berlioz (Hector), comp., 74, 112, 1 58. 
Bernadau et non Bernardau, 56. 
Bernard (Jean-François-Armand-Fé- 
lix), p., io5. 
Berne-Bellecour, 28. 
Bernier, p., 28. 

Bernier (Stanislas-Louis), a., 121. 
Berot (Jean-François), p., 36, 37. 
Berthelier, 62. 
Berthet (Paul), se, 176. 
Bertinet, gr. en méd., 65, 66. 
Bertinot (Gustave-Nicolas), g., io5. 
Bertolon (Marguerite), g. 
Bertrand fClaude-Nicolas), 181. 
Bertrand (Noël-François), g., 181. 
Berty, 12g. 

*Besançon, 45, 46, 80. Voy. Musée. 
Beselle, 37. 

Besnard (Paul -Albert), p., 120, i2i. 
Besozzi (Louis-Désiré), comp., 8g. 
Bessière (Jean-Baptiste), 7g. 
Béthune-Charost (L. de), o, 7. 
Bettencourt (de) faisant baptiser les 

sauvages des îles Canaries, 3o. 
Beuille fCharles), p., 70, 
Bezard (Jean-Louis), p., i5g. 
Bezons (la foire de), 88. 
Bibliographie, i5, 16, 3i, 32, 47, 

64- 77, 78, g6, log-iii, 175, 176, 

igi. 
Biennoury (Victor-François- Eloy), 

p., go. 
Bijouterie, ciselure, orfèvrerie, 6, 

5o-52, lo^, 108. 
Bijoutiers, ciseleurs, orfèvres, 7, 44, 

4g-52, 102, 107, i6g. 
Bin, p., 124. 

Bizet (Alexandre), comp,, io6. 
Blackburne (Henry), 78. 
Blanc (Paul-Joseph), p., 120. 
Blanchard (Charles-Octave), p., 74, 

8g, i58. 
Blanchard (Edouard-Théophile), p., 

120. 
Blanchard (Jean), se, g8, gg. 
*Blaringheim, 42. 
Blavette (Victor- Auguste), a., 122. 
*Blaye, 56. 
*Blois, 4g-52. 
Blondeau (Pierre- Auguste- Louis), 

comp., i5g. 
Blonde WMéry-Joseph), p., i58. 
Blondel (Paul), a., 122. 
^Blotzheim, 46. 
Blouet (Abel), a., 72. 
Bodet (Françoise), 68. 
Boetzel, g., 108. 



I 96 BOFFRAND. 

Boffrand (Germain), a., 68. 

Bofltrand (Jean), se, 68. 

BogolubofF, p. 28. 

Boileau, a., 94. 

Boilly (Edouard), comp., 73. 

Boilly (J.), 70. 

Boinette. Voy. Lallemand. 

Boisselier (Félix), p., i5g. 

Boisselot (Xavier), comp., 8g. 

Boisson (Léon-Louis), g., 122. 

Boissy (de), 146. 

Boitte (Louis-François-Philippe), a., 

107, 143. 
Bollioud de Saint-Julien (François- 
David), 70. 
Bonaparte (le général), 26. 
Bonheur (Rosa), p., 46. 
Bonheur (François-Auguste), p., 46. 
Bonnardel (Piérre-Antoine-Hippo- 

lyte), se, io5, 187. 
Bonnassieux (Jean), se, 3o, 96, 14T, 

ibg, 187. 
Bonnat, p., itS. 
Bonnet (Paul-Emile), a., 106. 
Bonington, p., 26. 
*Bordeaux, 3i, 46, 47, 56, 63, 64, 

84, 100, loi, 125, 126. 
Bordoni (Francesco), se, 98, 99. 
Borromée (comte), 53, 70, 71. 
Bosc (Ernest), a., 18. 
Bosio, se, 174. 

Bosio (Jean-François), p., 188-189. 
Bottée (Louis -Alexandre), gr. en 

méd., 122. 
Bouchardon (Edme), se, 38, 70. 
Boucher, p., 12, 143. 
Boucherie près du Tibre, 46. 
Boucheron, 29. 

Bouchot (François), p., 60, 73. 
Bouffi et (l'abbé), 47. 
Bouffon tenant un hibou, 14. 
Bouguereau (Adolphe-Williams), p., 

91, 92, io5, 108, 124-126. 
Bouillon (M"" la duchesse de), 36. 
Boulanger (Ernest-Henri-Alexandre), 

comp., 74, i58. 
Boulanger ( François - Louis - Flori- 

mond), a., iSg. 
Boulanger (Gustave-Glarence-Rodol- 

phe), p., 28, 74, 91, 92, io5, 124. 
Boulanger (Henryet), orf., 23. 
Boule, éb., 29. 
Boulogne (le bois de), 191. 
^Bourbon-l'Archambault, 164. 
Bour botte. 37. 

Bourdon (Sébastien), p., ni. 
*Bourg, 192. 
Bourgault-Ducoudray (Louis-Albert), 

comp., I ig. 
Bourgeois (Benjamin -Eugène), g., 

59. 
Bourgeois (Charles-Arthur), se, 1 19, 

187. 



— CALLET. 

Bourgeois (Charles-Guillaume-Ale- 
xandre, p., 190. 

Bourgeois fJean), mon., 24. 

Bourgeois (Maximilien), se, 80. 

Bourgeois gentilhomme (le), 62. 

Bourliez (François), p., 35. 

*Bournainville, 179. 

Bousquet (Georges)^, comp., 90. 

Boutelié (Louis-Abdon), g., iSg. 

Boutet (G.), g., III. 

Bouvenne (A.), 78. 

Boze (de), 70. 

Bramtot (Alfred-Henri), p., 122, 160. 

Brandt (Henri- François), gr. en méd., 
ibg. 

Brascassat (Jacques), p., 77, i5g. 

Brely (Auguste de la), p., 27. 

*Brenier-Cordou, 120. 

Brian jeune (Louis), se, 74. 

Bridan, se, 17g. 

Bridoux (François-Augustin), g., 157. 

Brièle, i3o. 

Brisset (Pierre-Nicolas), p., 89, 90. 

Broca (D"^ Paul), 112. 

Broderies, no. 

Brodeur, 35. 

■"Broglie, 182. 

Broutin (Clément), comp., 122. 

Brugière (de), 81. 

Bruisbal (Scipion), p., 11 5, 118. 

Brun (Joseph - Sylvestre), gr. sur 
pierres fines, 60. 

Brune (Emmanuel), a., iig. 

Buttura (Eugène-Ferdinand), p., 8g. 

Brutus (le serment de), 12 5. 

*Bruxelles, 12, 2g, 46, 127, 170. 

Bruyerre, a. — Le peintre verrier, pa- 
risien, Michel Le Brun, 164. 

*Bucharest, log. 

Bugeaud (le maréchal), 3o. 

Bulletin des Beaux-Arts, 78. 

Burdet, g., i83. 

Buron (François), a., 168. 

Burty (Philippe), 96. 

Busson, p., 108. 

*Bussy-Saint-Georges, 41. 

Butay (Jean), p., 34. 

Butin (Ulysse), p., 14. 

*Buzancy, 192. 

Cabane (Edouard), p., i25. 
Cabanel (Alexandre), p., 28, 91, i23- 

126, 143. 
Cabat (Louis-Nicolas), p., i85. 
*Cadillac, 97. 
*Gaen, lêo. 

Caffiéri, se, i3, 38, 52. 
*Cahors, 79. 
Gain, 47. 
Gain, se, 144. 
*Calais, 5-7, 192. 
Galamatta, g., 184. 
Callet père, a., 129. 



CALLET. — CHOUZY. 



197 



Callet (Félix), a., 60. 

Caloigne (Jean), se, lôg. 

Campardon^ 81. 

Campenon (le général)^ 80. 

Ganse (de), 104. 

Capperonnier, i5o. 

Caravage (Michel-Ange de), p., 104, 

182, i83. 
*Carcassonne, 62. 
Cariatides, 63. 
Caristie (Auguste), a., iSg, 
Carlovingiens (monument des), 46. 
Carpeaux (Jean-Baptiste), se, 106, 

186. 
Carrache, p., 104. 
Carrier-Belleuse, se, 192. 
Cartellier, se, 3o. 
Casimir-Périer, i83. 
Caspin ou Gaspin (Jean), p., 148-150. 
Cassano (bataille de), 70. 
Cassin (M-»" de), 175. 
Castan (Auguste). — Contribution à la 
biographie du portraitiste A. de 
Vries, etc. Bibhogr., m. — Son 
nom cité : 3i, 44. 
Castelle (Robert), mon., 21. 
Castelnau (marquis de), 97. 
Catenacci (Hercule), p., 108. 
Cavalcaselle, 128. 
Cavelier (Pierre-Jules), se, 90, i23, 

125, 126. 
Cayla (Hercule, comte de Baschi du), 

40. 
Cayla (comtesse du^, 39, 40. 
Cazenove (R. de). Voy. Vingtrinier, 
Cazin, p., 27, 70. 
Cène (la), 3i, i6o. 
Cérès, 187, 191. 

Cerf dix-cors terrassé par deux lé- 
vriers, 95. 
Céramique (la), 3i, 44. 
César, duc de Vendôme, ii5. 
Chabaud (Louis-Félix), gr. en méd., 

92. 
Chabot (l'amiral), 57. 
Chabrol (François-Wilbrod), a., iig. 
Chabry, se, 44. 
Chalmel, 55. 
*Chalon-sur-Saône, 144. 
Cham, dess., m. 
Chambard (Louis- Léopold), se, 89, 

187. 
Champaigne (Philippe de), p., 137, 

179. 
*Champtoceaux, 63. 
*Chantilly. Voy. Château. 
Chanzy, 80, 191. 
Chapelle Sixtine, 26. 
Chaplain (Jules- Clément), gr. en 

méd., 1 19, 160. 
Chappoton, 9. 

Chapu (Henri-Michel-Antoine), se, 
79, 106, 125. 126, 187. 



Charavay (Etienne), 5, 9, 17, 33, 35, 

71, 93. 
Charavay frères, 18, 19, 49, 76, 86, 

191. 
Chardin, p., 12. 
Charles IX, 5o, 5i. 
Charles V, 47. 

Charles de Lorraine (le prince), 46. 
Charles II d'Angleterre, 66. 
Charlet, p., 26. 
Chariot (Joseph- Auguste), comp., 

159. 
Charodeau (François-Auguste), p. se, 

II I. 
Charpentier, éd., 3i. 
Chartran (Théobald), p., 28, 121, 

122. 
Chartres (duc de), 42. 
*Chartres, 52. 
Chasse (la), 63. 

Chasseur de la garde (le), 176. 
Chasseur et la Fourmi (le), 175. 
Château de Chantilly, 175. 

— de la Londe, 61, 109. 

— de Marly, 88. 

— de Montceau en Brie, 44. 

— de Randan, 42. 

— de Schleissheim, 99. 

— de Thornton-le-Street, 43. 

— de Vaudreuil, 61, 109. 

— de Versailles, 87. 
Chatillon (André-Marie), a., 159. 
Chatrousse, se, 192. 
*Chaumont, a8. 

Chavigny (de), 5-7. 

Chelard (Hippolyte- André-Jean-Bap- 
tiste), comp., i5q. 

Chenavard (Antoine-Marie), a., i5, 
64. 

Chennevières (le marquis de), 177, 
179. 

Chennevières(Henride), — Pierre-Paul 
Sôvin, dessinateur. JBibliogr. , i5. 

— Le peintre Justinar, 164-165. 
Cheret (Jean), p., i53, 154. 
Cherubini, comp., 191. 
Cheval gris à l'écurie, 26. 
Cheval surpris par un lion, 95. 
Chevaux de course à l'entraîner 

26. 

Chevaux et postillons, 26. 
Chevry (Claude de), orf., 24. 
Chevry (Jean de), orf., 23, 24. 
Chiens de chasse, 191. 
Chifflard (François-Nicolas), p., io5, 

159. 
Chimay, 32, 
Chimères, 71. 
Chinard, se, 54. 
Chivré (Catherine de), 64. 
*Choisy, 38. 

Choiseul, duc de Praslin, 167. 
'Chouzy, 10 1, 102. 



l'entraînement. 



I gp8 CHRIST. 

Christ en croix (le), 26, 63. 

Ciartres. Voy. Langlois (François). 

Cigale (une), 46. 

Ciseleurs. Voy. Bijoutiers. 

Ciselure. Voy. Bijouterie. 

*Clairefontaine, 14. 

Clairembault, 49, 5o, 52. 

Claretie (Jules).— Peintres et Sculp- 
teurs contemporains. Bibliogr, , 
78, 176. — Son nom cité : 12. 

Claude (Jean-Maxime), p., 27, 148. 

Clément (Félix- Auguste), p., 106, 
i5g. 

Clément de Ris, 47. 

Cléopâtre, 191. 

Clère (Jacques-François-Camille), p., 
106. 

Cléret (Jehan), p., 4. 

Clerget (Jacques-Jean), a., 89. 

*Clermont-Ferrand, 47, 164. 

Cleron (Claude du), horloger, 9. 

*Cléry, 127. 

Clodion, se, i3. 

Clouet (François), p., 3, 83, n3- 
1 18, i3i-i36. 

Clouet fJean), tap., 116. 

Clouet (Jehan), p., 1 14. 

Clouet (famille des), 11 3- 118, i3i- 
i36. 

Cochin (Charles - Nicolas) , g., i5i, 

l52. 

*Cognac, 63. 

Cogniet (Léon), p., 60. 

Cohen (Jules), comp., io5, 

Coiny (Joseph), g., 60. 

Colbert, i85. 

Colin (Charles), comp., 106. 

Colin (Héloïse), 3o. 

Colin de Cotter, p., 20. 

Collin (Louis-Joseph-Raphaël), p.l, 

143. 
Colomb (Michel), se, 16, 3i. 
Combarieu (Frédéric- Charles-Félix), 

se, 140-142. 
Combat d'artillerie (le), 28. 
Côme de Médicis assassinant son 

fils, 64. 
Comédienne sur un âne (jeune), 63. 
Comerre (Léon-François), p., 121, 

122, 144. 
Coninck (Pierre- Louis-Joseph de) , 

p., 106. 
Commission d'enquête sur la situa- 
tion des ouvriers et des industries 

d'art, 64. 
Compositeurs, Sg, 60, 72-74, 89-92, 

103-107, 112, iig-122, 157-160. 
Confidence (la), 63. 
Constant (Benjamin), p., 143. 
Constant-Dufeux (Simon-Claude), a., 
^73,157 

Constant-Laguerre, impr., 16. 
Conte (Jean), comp., 106. 



DANNREUTHER. 

Continence de Scipion, 104. 
Cooper (Samuel), miniaturiste, 66. 
Coppée (François), 96. 
Coquart (Ernest-Georges), a., 106, 

127. 
Coquebert, éd., 140. 
Cordonnier (Alphonse-Amédée), se, 

122. 

Coriolan chez TuUus, 46. 

Corot (Amand), g., ibg. 

Corot (Camille), p., i5, 96, 107, m, 

175. 
Corporation des apothicaires et des 

droguistes, 192. 
Corregio (comte et comtesse), 36. 
Corroyer (E.), a., 19. 
Cortot (Jean-Pierre), se, 5g, i85. 
Coste, 70. 
*Coulommiers, 80. 
Course de chevaux, 26. 
Court (Joseph-Désiré), p., 60, 72, 73. 
Courtois-Suffit (Louis-Albert-Octave), 

a., 124. 
Courval (M""^ la vicomtesse de), 29. 
Cousin (Jean), p. verr., 07. 
Cousin (Jules), 143. 
Coutan (Jules-Félix), se, 94, 121. 
Coutan (Paul-Amable), p., 60, 72. 
Couture (Thomas), p., 72. 
Couvreau (Marie), loi. 
Coxcie, p., III. 
Coypel (les), p., 3o, i65, 191. 
Coyzevox (Antoine), se, r5. 
Cozette, tap., 29. 

Crauk (Adolphe-Désiré), se, 80, io5. 
Cressé (Henri de), 69. 
Croissant (Nicolas), mon., 21. 
Croisy, se, 80, 192. 
Crosnier (Françoys), 5. 
Crowe, 128. 
Cugnot (Louis-Léon), se, 107, 187, 

191. 
Cuirassier bleu (le), 176. 
Curzon (Marie-Alfred de), p., 92. 
Cybèle, 110. 

Cyparisse (le berger), 109. 
Cypris allaitant l'Amour, 109. 
Cythère (une fête à), 143. 

Dacien, 178. 

Daffry (la comtesse), 112. 

Dalou, se, 94, 96. 

Damery (Eugène- Jean), p., 89, 90,91. 

Dampricart (Nicolas), orf., 23. 

Dandré Bardon, 17g. 

Danger, p., 191. 

Danguin, g., 126. 

Daniel dans la fosse aux lions, 3o. 

Daniel. Voy. Ducommun du Locle. 

Dannole (les), se, 44. 

Dannreuther. — Ligier Richier et la 

Réforme à Saint-Mihiel. Bibliogr., 

16. 



DANTAN. — DOMINO. 



199 



Dantan aîné (Antoine-Laurent), se, 

73. 

Danton, a5. 

Darcel (Alfred). — Artisan français à 
Pise, 7. — Orfèvres parisiens et 
blésois, 49-52. — Oeben, Riesner 
et Maugie aux Gobelins, 166. — 
Article bibliographique sur « l'ex- 
position rétrospective de Rouen », 
176. 

Dargentjr (Georges), 48. 

Dargenville, 164. 

Dauoigny, p., 175. 

Daussoigne-Mehul (Joseph), comp., 
iSg. 

Daumet (Pierre-Jérôme-Honoré)-, a., 
48, 106, 124, 127. 

David (Jacques-Louis), p., 28, 41, 
42, 88, 168-170, 173, 181, io3, 
186. 

David (la famille de Jacques-Louis), 
173-174. 

David (J.-L.-Jules), i8, 81, i68. 

David (Maurice), 170. 

David d'Angers (Pierre-Jean), se, 58, 
59, 63, i3g, 140, i58, 187, 192. 

David (Samuel), comp., 106. 

Davillier (le baron), 18. 

Debat-Ponsan, p., igi. 

De Bay (Auguste-Hyacinthe), p., 73. 

De Bay (Jean-Baptiste-Joseph), se, 
73, i57, i85. 

Debertrand, 109. 

Deblois (Charles), g., 122. 

Debrie (Eugène-Georges), a., 127. 

Debus (Jehan), 4. 

Dccamps, p., 26. 

De Coninck. Voy. Coninck. 

Decour (M"^), 182. 

Dedéban (Jean-Baptiste), a., i5g. 

Dedreux (Pierre-Anne), a., 60. 

Deffès (Pierre-Louis), comp., 91. 

Defrasse (Alphonse- Alexandre), a., 

125. 

Degeorge (Charles-Jean-Marie), gr. en 

méd., 120. 
Dejoux, se, 180. 
De la Balle (l'abbé), 109. 
Delaborde (vicomte H.), 63,. 112, 

143. 
Delacroix (Eugène), p., 28, 48, 74- 

76, 92, g3, 112, 175. 
Delannoy fils (Marie), a., 73, 157. 
Delaplanche (Eugène), se, 119, 141, 

187. 
Delaporte (Etienne), se, 98, gg. 
Delaroche (Paul), p., 26, 182-184. 
De Launay, g., i5i. 
Delaunay (Jules-Elie), p., 106. 
Delcros (P.), 97. 
Delehelle (Jean-Charles- Alfred), 

comp., lOD. 
Delemer (Louis-Désiré- Joseph), g., 90. 



Delhumeau, 3r. 

Delorme (Philibert), a., 129-131. 

Delorme (Pierre), p., 71. 

Delort (Charles), p., 27. 

Delpit (Jules). 56. 

Demaison (L.), iio. 

Demarne, p., g, 10. 

Demidoff (le prince Paul), 108. 

Démosthènes, igi. 

Denécheau, se, igi. 

Déposition des ouvriers lyonnais à 
l'enquête sur la situation des in- 
dustries d'art, 64. 

Desbœufs (Antoine), gr. sur pierres 
fines, 60. 

Desbuisson (Prosper), a., 90. 

Deschamps (Jean-BajJtiste), se, 119, 
141. 

Desfosses (François), p., i53, 154. 

Deshayes, p., igi. 

Desjardins (Tony), a., m. 

Deslandes (Geneviève-Félicité), igi. 

Desmaisons (Jacques), a., 169. 

Desmarest, 5. 

Desmoulins (Camille), 45. 

Desmoulins (Jean), i38. 

D'Espouy (Marie -Désiré -Jean -Bap- 
tiste), a., 127. 

Desportes (François), p., 6g, 104. 

Desprey (Louis-Antoine), dit à tort 
Desprez, se, 73. 

Desprez (le général), 47. 

Dessinateurs, i5, 35, m. 

Dessins, 12, i3, 14, 26, 28, 3o, 42, 
45, 62, 63, 70, III. 

Destouches (Louis-Nicolas-Marie), a., 
60. 

Détaille, p., 28, 46, 176. 

Détanger, p., 27. 

Detcheverry (Arnaud), 100. 

Detroy (Jean-François), p., i85. 

Devaux (Jacques-Martial), g., g2. 

Devienne (Albert), a., 127. 

Devismes (veuve), 41. 

De Vries (A.), p., m. 

Diagoras (la mort de), i25. 

Diamants de la couronne (les), g4. 

Diane, 3g. 

Diane surprise par Endymion, 64. 

Didier, éd., i5. 

Didier (Jules), p., 106. 

Didot (Firmin), éd., 108. 

Diéboldt (Georges), se, go, 186, 187. 

Dien (Claude -Marie- François) , g., 
i5g. 

Diet, a., 48. 

*Dieuze, 124. 

Dignité (la), 14. 

*Dijon, 84, 126. 

Dimier (Abel), se, 60. 

*Dôle, 38. 

Dolet (Etienne), 112, 176. 

Domino (Claude), orf., 24. 



200 



DOMINO. — EVENTAILS. 



Domino fNicolas), orf., 24. 
Domino (Pierre), mon., 21. 
Don Quichotte (Histoire de), 29. 
Doré (Gustave), p., 27, m. 
Dorin (Colin), mon., 21. 
Doublemard (Amédée-Donatien), se, 

106, 192. 
Doucet (Henri-Lucien), p., 122, 186. 
Doué (Jean), p., 11 5. 
Doumet (Gaspard), p., 166-168. 
Dourlen (Victor), comp., 169. 
Douze mois de l'année (les), 29. 
Drame dans une carafe (un), 62. 
Drolling (Michel-Martin), p., 46, 108, 

i5g. 
Drouais (Jean-Germain), p., 12, i85. 
Drouais fils (Hubert), p., léq. 
Duban (Jacques-Féhx), a., yS. 
Dubois (Alphée), gr. en méd., 106. 
Dubois (Clément -François- Théo- 
dore), comp., 119. 
Dubois (Elisabeth), 35. 
Dubois (François), p., 60. 
Dubois (Louis), p., i54. 
Dubois (Paul), se, 126, 148, 176. 
Dubouchet (Henri-Joseph), g., 118. 
Dubrunfaut, g, 10, 23, 34, 36, 53, 

54, 69, io3, 137. 
Dubufe (Guillaume), p., 27, 46. 
Duc (Louis), a., 73. 
Ducommun du Locle (Henri-Joseph), 

dit Daniel, se, 174. 
Duelliste (un), 62. 
Duez, p., 76. 
Dugoulon (Jules), se, 69. 
Duhamel (L.), — Mathieu Greuter à 

Avignon, 42, 43. — Les architectes 

du palais des papes. Bibliogr. — 

Les origines du palais des papes. 

Bibliogr. — Un neveu de Jean XXH. 

Bibliogr., 64. 
Dujardin, g., 3i, 32. 
Dumas (Alexandre), 192. 
Dumas fils (Alexandre), m. 
Dumas (F. G.). — Catalogue illustré 

du Salon de 1884. Bibliogr., 78. 
Dumas (Jean-Baptiste), 192. 
Dumas (Michel), p., 143. 
Dumont (Auguste-Alexandre), se, 

14, 3o, 64, 73, 141, i85, 186. 
Dumont (Jacques-Edme), se, 3o. 
Dumoulin, 18. 
Dumousticr (Pierre), p., 11 5. 
Dupéret (Adolphe), 99. 
Duphot, a., 64. 

Duplessis (Georges), 8, 17, i52. 
Duprato (Jules-Laurent), comp., 92. 
Dupré (Daniel), p., 34, 35. 
Dupré (François-Xavier), p.^ 73. 
Dupuis (Jean-Baptiste-Daniel), gr. 

en méd., i2i. 
Duran (Carolus), p., 28, 76. 
Durand, se, 191. 



Durand (Amédée), gr. en méd., lôg. 

Durand (Simon), p., 27. 

Durande (A.), 10. 

Duret (François-Joseph), se, 63, 159. 

Duret (Théodore), 29. 

Durieux (A.), 3i, 44. 

Du Sommerard, 76. 

Dussieux, 146. 

Dutert, a., 94. 

Dutert (Artnur- Victor -Fleury), a., 

119. 
Dutert (Charles- Louis-Ferdinand) , 

a., 120. 
Dyck (Van). Voy. Van Dyck. 

Eau (P), II. 

Earl of Cathcart (R. H. the), 43. 

Ebénistes, 102, io3, 137-139, 146, 

147, 166. 
Ebrald, mon., 21. 
Edelinck, g., 179. 
Ehrhard (Léon), comp., 160. 
Ehrmann, 11. 
Eisen fils, p., i5i. 
Elisabeth d'Autriche, 3. 
Elle (Catherine), 147-150. 
Elle (Ferdinand), p., 147-1 5o. 
Elle (Louis), p., 147. 
Elle (Pierre), p., 147. 
Elwart (Antoine), comp., 74, 157. 
Embarquement pour Cythère, 191. 
*Embrun, 47, i23. 
Enfant prodigue (1'), 187. 
Enterrementdu marin âVillerville, 14. 
Entrevue de Philippe II d'Espagne 
, avec don Carlos, 04. 
Épernon (duc d'), 97. 
Epitaphes de peintres, i55-i57, 171- 

174, 188-191. 
*Epte (1'), 178. 

Ermel (Louis-Constant), comp., 73. 
Errard TCharles), p., 44, i85, 191. 
Errard (Jean), ingénieur, 191. 
Esgenswiller (Pancrace), se, i58. 
Espercieux, se, 179-180. 
Espiègle (1'), 14. 

Espine (Pierre-Nicolas de 1'), a., 53. 
Espinel ou Hospinel (Guillaume), 

mon., 21. 
Esquié (Pierre-Joseph), a., 124. 
Etablissement d'eaux thermales, 127. 
Etats généraux (les), 96. 
Etex (Antoine), se, 171, 176. 
Etienne, mon., 21. 
Etoile (1'), 191. 
Eudel (Paul). — L'hôtel Drouot et 

la Curiosité. Bibliogr., 3i. — 

Vente, 107, 108. 
Eugène (le prince), 3o. 
Eurydice piquée par un serpent, 186. 
Eve, 187. Voy. Adam. 
Evelyn (John), 66, 67. 
Eventails, 143. 



EVESHAN. 



GERMAIN. 



201 



Eveshan (Epiphanius), p. se, 4, 5. 
Expositions, 12, i3, 2.6, 27, 28, 45, 

46, 61, 62, 76, 77, 93, 94, 175. 
Ex-voto, 14. 

Fabré, libraire, 78. 

Fagel (Léon), se, 122. 

Fagnier (Guillaume), mon., 24. 

Falconet, se, i3, 38, 43. 

Falguière (Jean-Alexandre-Joseph) , 
se, 79, 94, 107, 125, 126, 175, 
188. 

Famin, a., i5. 

Famin (A.), a., i58. 

Famin (Charles), a., 74. 

Farnèse (le cardinal), 107. 

Farochon (Eugène), gr. en méd., 74. 

Fauconneau-Dufresne, 3i. 

Faucou (Lucien), 54. 

Faulcon, mon., 20. 

Faune, 41. 

Faune jouant de la flûte, 176. 

Faunesse, 41. 

Faure, 93. 

Faure-Dujarrie, a., 94. 

Febvre, i3. 

*Felletin, 78. 

Fénelon, 14, 79. 

Féron (Eloi-Firmin), p., 73. 

*Ferrare, 108. 

Ferrary (Désiré-Maurice), se, i23. 

Ferrier (Joseph-Marie-Augustin-Ga- 
briel), p., 120, 121. 

Fête du grand-père (la). 3i, 63. 

Fétis, p., 104. 

Feuillet de Conches, 100. 

Fiançailles (les), 3i. 

Fiancés (les), 62. 

Fidière aes Prinveaux, (Octave), 18, 

55, 83. 
Fileuse (la), 187. 
Fille (jeune), 38, 41. 
Fillon (Benjamin), 5. 
Flamand (Girard le), mon., 21. 
Flamen (Anselme), se, 69. 
Flamen (Marie), 69. 
Flandrin (Jean-Hippolyte), p., 74, 

157. 
Fleury (E. de), 6q. 
Fleury (Robert). Voy. Robert-Fleury. 
Flogny (Dom Pierre), 100. 
Foi (la), l'Espérance et la Charité, 

14. 
Foire aux baisers (la), 143. 
Fontainebleau (manufacture de), 29. 
Fontement (Renaut), mon., 21. 
Fontenay (Louis de), 98. 
Forcade (de), p., 191. 
Forestier (Henri-Joseph), p., 59, 60. 
Forestier (portrait de la famille), 26. 
Forget (Jacqueline), 56. 
Forme (Pierre del, mon^^ 21. 
Forster (François), g., 159. 



Fortuny, p., 175. 

Fou (le), 72. 

Foucou, se, 137. 

P'oulon TAbel), 114, i3i. 

Foulon (Benjamin), p., 114, ii5. 

Fouquet, surintendant, 65. 

Fourni ret, 45. 

Foyatier, se, 182. 

Fragonard, p., 12, 29. 

Français, p., 28, 108. 

Franceschi, se, 28. 

Francheville, se, 98. 

Francin, se, 3i. 

Fraternité (la), 63. 

Fremin, se, 53. 

Fréville (E. de), 11 5. 

Friant (Emile), p., 124. 

Fromanger, se, 14. 

Fronton du théâtre de Tours, 142. 

Gabriel, a., 63. 

*Gagny, 124. 

Gaillard (Charles), p., 12. 

Gaillard (Claude- Ferdinand), gr., 

106, 160. 
Galathée. Voy. Pygmalion. 
Galibert (Pierre-Christophe-Charles), 

comp., io5. 
Galland, 45. 

Gambetta (Léon), 79, 94, 128. 
*Gap, 47, log. 

Gardet (Joseph-Antoine), se, 126. 
Garmoise (Pierre de la), mon., 21, 

22. 
Garnaud (Antoine-Martin), a., 60. 
Garnier (Jean-Louis-Charles), a., 92, 

192. 
Garrez (Pierre-Joseph), a., 74, iSy, 

i58. 
Gasparin (M"» de), 182. 
Gaspin. Voy. Caspin. 
Gasq (Paul- Jean-Baptiste), se, 126. 
Gasse (Ferdinand), comp., iSg. 
Gastinel ( Léon - Gustave - Cyprien ) , 

comp., 91. 
Gatteaux (Jacques-Edouard), gr. en 

méd., ibg. 
Gaudin, p. verr., 164. 
Gaufridus, mon., 20. 
Gaulle (Edme), se, i58. 
Gaultier de BruUon, 64. 
Gauthier (Charles), se, 80. 
Gauthier (Martin-Pierre), a., lôg. 
*Gavernac, 12 5, 126. 
Gelée (François), g., 159. 
Genlis (M"' de), 42. 
Gensonné, 10 1. 
Gerhardt (Gustave- Adolphe), a., 120, 

127. 
Géricault (Jean-Louis- André-Théo- 
dore), p., 26, 28, 171, 176. 
Germain, se, 176. 
Germain (Thomas), orf., 107. 



202 



GÉRÔME. — GUIFFREY. 



Gérôme, p., 28, 126. 

Gervex, p., 46. 

Giacomotty (Félix- Henri), p., io5, 
106. 

Gibert (Jean-Baptiste), p., 74. 

Gilbert (Emile), a., 73. 

Gilly (Elisabeth-Sophie), 40. 

Gillot (Claude), g., i5. 

Ginain (Paul-René-Léon), a., io5. 

Ginoux (Charles), p. — Le peintre de 
vaisseaux Gaspard Doumet, 166- 
168. — Son nom cité : 44. 

Girard (Paul-Albert), p., 119. 

Girardet, 108. 

Girardin (marquis de), 61. 

Girardon (François), se, 34, io3. 

Giraud (Pierre-François-Eugène), g., 
159. 

Giraud (Pierre-François-Grégoire) , 
se, lôg. 

Giraud-Ferrier, p., i23. 

Girault-Servat (Marie-Adélaïde), 29. 

Girodet-Trioson, p., 172, 173, 

Giroust (Jean-Antoine-Théodore), p., 
41, 42. 

Giroux (André), dit à tort Alphonse, 
p., 73. 

Gisors (Jean ou Janin de), mon., 2t. 

*Gisors, 3i. 

Givelet (Charles). — Les toiles brodées, 
anciennes mantes, etc., à l'Hôtel- 
Dieu de Reims. Bibliogr., iio. 

Glaize (Léon), p., 144. 

Glaneuse, 187. 

Gloria Victis, 144. 

Gluck, comp., 39. 

Godde, a., i5. 

Godde (Charles-Joseph), se, 90. 

Concourt (de), 77. 

Concourt (Edmond de), 12, 

Goujon (Jean) recevant l'Ordre du 
Saint-Esprit, 64. 

Goulet, p. doreur, i65. 

Gounod (Charles-François), comp., 
90. 

Gourdon (vicomte de), bi. 

Gournay (Jean de), orf., 23. 

Goutzwiller (Ch.), g., 3i, 32. 

Goya, p., 95. 

Graham (sir Reginald), 67, 68. 

Grandmaison (Ch. de).— Acte de bap- 
tême de Claude Vignon, peintre, 
55-56. 

*Gran ville, 47. 

Grasset (Edmond), se, 122. 

Graveurs, 8, 9, i5, 20-25, 3o, 3i, 
35, 36, 42, 43, 54, 5g, 60, 65-68, 
73, 74, 85, 89-92, 96, io5-io7, 

109, III, I18-122, IDO, l5l, l52, 

157-160, 181, i83. 
Gravier (Léopold), 112. 
Gravure, 5, 8, 9, i3, 3i, 43, 96, 

1 12, 124-120, 160, i83. 



Gréau (Julien), 45. 

Grenier (Jules), p., i3. 

Greuter (Jean-Frédéric), g., 8. 

Greuter (Mathieu), g., 8, 9, 42, 43. 

Greuze (Anne-Geneviève), i55. 

Greuze (Jean-Baptiste), p., 12, i55. 

Greuze (Louise-Gabrielle), i55. 

Grignon (Jacques), g., 54. 

Griveau (Edmond), mon., 22. 

Griveau (Guillaume), mon., 22. 

Gros, p., 26. 

Gruyère (Théodore-Charles), se, 90, 
187, 188. 

Guauet (Julien), a., 119, 127. 

Guaspre, p., io3. 

Guénepin (Jean-François-Jean-Bap- 
tiste), a,, 89. 

Guénepin, oncle (Jean-Marie-Auguste), 
a., iSg. 

Guérard, g., m. 

Guéret (frères), iai. 

Guérin (Pierre-Narcisse), p., 108, 
i85. 

Guichard, se, i56. 

Guifrrey (J.-J.). Date du décès de 
François Clouet, 3. — Jehan Cle- 
ret, p., 4. — Epiphanius Eveshan, 
4-5. ■ — van Dyck en France, 5- 
7. — Manufacture des Gobelins, 

II. — Un tableau du xv" siècle, 
20. — Les graveurs Wille et Ba- 
léchou, 25. — Quittances d'artistes, 
33-36, 52-54, 69-72. — Le peintre 
Antoine Giroust, 41-42. — Buste 
de M'"^ Récamier, par Chinard, 
54. — Jean Cousin, 57. — La sta- 
tue d'Eugène Delacroix, 74-76. — 
Comité pour l'érection d'un mo- 
nument à Eugène Delacroix, 92- 
93. — Maîtres sculpteurs parisiens 
en 1641, 98-99. — François Gi- 
rardon, io3. — Pigalle, peintre 
copiste, 103-104. — Le testa- 
ment et les enfants de François 
Clouet, ii3-ii8, i3i-i36. — Le 
sculpteur Foucou, 137. — Le pein- 
tre Ferdinand Elle, 147-150. — 
Questions d'archéologie pratique, 
161-163. — Le graveur Bertrand, 

III. — Articles nécrologiques : 
Ulysse Butin, Félix Sanzel, Cicé- 
ron-Jean- Baptiste Lesueur, An- 
toine-Marie Chenavard, 14-15. — 
Auguste-Alexandre Dumont, Ale- 
xandre-Louis Leloir, 3o-3i. — 
Alexandre Pinchart, 127-128. — 
Hippolyte Moulin, 174-175. — 
Expositions : 12-14, 26-2», 45- 
46, 61-62, 76-77, 93-95, 175. — 
Ventes : q-12, 2g, 3o, 46, 95, 107, 
io8, 143. — Musées : 26, 45, 61, 
76. — Nouvelles archéologiques : 
16, 32, 47, 48, 78, 79. — Biblio- 



GUILBERT. 

graphies : 1 5, 1 6, 3 1 , 32, 47, 77, 78, 
96, log-iii, 176, 191. — Nouvelles 
diverses : 32, 48, 112. — Articles 
bibliographiques sur ses ouvrages : 
Fragment du monument de Giles 
Malet, 47. — Nicolas Bataille, ta- 
pissier parisien du xiv' siècle, 1 10, 
III. — Son nom cité : 17, 81, 
82, 85, i5x. 

Guilbert, se, 176. 

Guilhermy (de], i38. 

Guillaume (Eamoçd-Jean-Baptiste), 
a., 106. 

Guillaume (Jean-Baptiste-Claude-Eu- 
gène), se, 91, 144. ^ 

Guillaume (l'abbé P.), 3i. 

Guillemet, p., 108. 

Guillemot (Alexandre-Charles), p., 
i59, 189. 

Guillon (Albert), cornp., 73. 

Guillon Lethière (Guillaume Le- 
thière, dit), p., i85. 

Guiraud (Ernest), comp., 107. 

Guiraud (Jean-Baptiste), comp., 73. 

Guinchard (veuve), 45. 

Guise (duc de), 5i. 

Guise (les), 44. 

Guizot, 182, i83, 18^. 

Gumery (Charles-Adolphe), se, io5, 
187. 

Gunzbourg (baron Ury de), vente, 
29. 

Guy (Vanne), mon., 21. 

Guyon, docteur, 93. 

Halévy (Jacques-François-Fromen- 

tal-Élie), comp., 60, io5. 
Halévy (M""), se, 175. 
Hametel (Guillaume de), mon., 21. 
Hamiet, 29. 
Hanriot (J.), g., m. 
Harduin, 82. 
Haro, 93. 

Hasart le jeune (Jean), mon., 21. 
Hatton, mon., 21. 
Havard (Henry), 81. 
Hébert (Antoine-Auguste-Ernest), p., 

59, 74, 90, 92, i58, 186. 
Heilbutn, p., 27. 
Heim (François-Joseph), p., iSg. 
Heim (Joseph- Eugène), a., iSg. 
Heiss, 18. 
Hénard, a., 48. 

Henner (Jean-Jacques), p., 106. 
Henri de Savoie, duc de Genevoys et 

de Nemours, 8. 
Henri IV, 9, 191. 
Henri VI, 22. 

Henriquel-Dupont, g., 124, 126. 
Henry (Jean-Baptiste), 53. 
Herbert (An tome-Auguste-Ernest) , 

p., 59. 
Hercule, 38. 



JACQUOT. 



ao3 



Hercule terrassant l'hydre de Lerne, 

61, log, iio. 
Hercule (le mariage d'), 26. 
Herluison, 82. 
Hérold ( Louis - Joseph - Ferdinand ) , 

comp., 5, i58. 
Hesse (Alexandre), p., i5. 
Hesse (Nicolas- Auguste), p., 60. 
Heudon (Barthélémy), p., i53, i5<i. 
Hillemacher (Paul-Joseph-Wilhelm), 

comp., 122. 
Hiolle (Ernest-Eugène), se, 119, 

186, 188. 
Hirsh, p. verr., 192. 
Hiver (1'), 191. 
Hoare (James), 67. 
Hodun (François), p., i53, 164. 
Homère. Voy. Apothéose. 
Homme (jeune), 191. 
Horwood et non Horwod, 67, 8g, 
Houasse (René-Antoine), p., 35, 53. 
Houdon, se, i3, 29, 38, 3g, 40, 54, 

g5, i52. 
Houdon (la famille de), i52, i53. 
Hubert, a., 71, 72. 
Hue (Georges), comp., 122. 
Hue (Jean), mon., 22. 
Hugo (Victor), g3. 
Hugues (Dominique-Jean-Baptiste), 

se, 121. 
Humbert, p., 144. 
Huot (Adolphe-Joseph), g., 119. 
Husson (Honoré-Jean-Aristide), se, 

74, i57, i58. 
Hustin (A.), 14. 
Huygens, o. 

Huyot (Jean-Nicolas), a., 159. 
Hymans (Henri). — Marin le Zélan- 

dais. Bibliogr., n i . 

Idrac (Jean- Antoine-Marie), se, 121. 

Imprimerie (1'), 1 1. 

Ingres (Jean-Augustin), p., 11, 26, 

28, 5g, 63, i58, 184, i85, xgi. 
Injalbert (Jean-Antoine), se, g4, 121, 

186. 
Inscriptions. Voy. Signatures. 
Inscriptions parisiennes (Comité des), 

x6. 
Intérieur d'alchimiste, 40. 
Intérieur de harem, 63. 
Invasion (!'), 32. 
Iphigénie, 3g. 

Jacque (Charles), p., 80. 
Jacquemard, se, 144. 
Jacquemart (Jules), 27. 
Jacquet, p., 27, 28. 
Jacquet (Achille), g., 121. 
Jacquot (Albert), Ji. 
Jacquet (Jules), g., 120. 
Jacquier (Alphonse), p., 160. 
Jacquier (Francis), se, 3i, 160. 
Jacquot (Georges), se, 72. 



204 JA^' — LAITIE. 

Jal (Auguste), 55, 66, 68, 70, 82, 98 



2,9», 
, i53, 



46. 



m, 1 14, 1 15, 116, 12g, 
177. 

Jalabert, p., 28. 

Jaley (Jean-Louis-Nicolas), se, 78, 
157. 

Jamin (Gabnelle), loi. 

Jaucourt (marquis de), Sg, 40. 

Jaucourt (Louis-Pierre, comte de), 40. 

Jaucourt (comtesse de), 3g, 40. 

Jean de Douai, se, 186. 

Jeannin, p., 27. 

Jéhotte f Léonard), gr. en méd. 

Jéhotte (Louis), se, 46, 47. 

Joconde (la), 160. 

Jouandot (Amédée), se, 63. 

Jouaust, éd., 3i, 78, 176. 

Joubert, le général, 192. 

Joubert (André). — Recherches épigra- 
phiques : le mausolée de Cathe- 
rine de Chivré ; l'enfeu des Gaul- 
tier de BruUon. Bibliog., 64. 

Joueur de musette, 5. 

Jouenne (Dom Paul), 100. 

Jouffroy (François), se, 63, 74, i25, 
126, iSy. 

Jouffroy (marquis de), 80. 

Jouin (Henry). — Le musée d'Angers, 
26. — Réunion des Sociétés des 
Beaux-Arts des départements à 
la Sorbonne en 1884, 43-45. — 
Les portraits d'artistes français à 
la villa Médicis, 58-6o, 72-74, 89- 
g2, io5-io7, 1 18-122, 157-160. — 
— Les prix de Rome, i2§-i27. — 
Que sont devenus les Mémoires 
du duc d'Antin, 145-146. — Co- 
chin et l'Académie de Saint-Luc, 
i5i. — Actes d'état civil concer- 
nant Houdon, 1 52-1 53. — Quel- 
ques peintres oubliés de l'ancienne 
France, i53-i54. — Epitaphes de 
peintres relevées dans les cime- 
tières de Paris : Greuze, Vincent, 
Pithou, Michallon, i55-i57. — 
Van Spaendonck, Géricault, Giro- 
det, Vivant-Denon, David, 171-174. 
— Thibault, Bosio, Robert-Lefèvre, 
Guillemot, Augustin, Bourgeois, 
Meynier, 188-191. — Inventaire 
sommaire des oeuvres d'artistes 
français conservées à la Villa Mé- 
dicis, 184-188. — Articles nécro- 
logiques : Amédée Jouandot, Hip- 
polyte Maindron , Paul Balze , 
Adolphe Aze, 63, 64. — Louis- 
Henri Paquot de Parvillier, Gil- 
bert Randon, Jean - Eugène Vi- 
gnères, Louis Riquier, 77. — Henri 
Scott, Amédée Servin. 95, 96. — 
Hercule Catenacci, Gustave Jundt, 
Alfred-Pierre Richard, Paul Mer- 
curi, Jean-Esprit Marcellin, 108, 



109. — Frédéric - Charles - Félix 
Combarieu, 140-142. — Paul Aba- 
die, Joseph de Nittis, 160. — 
Ducommun du Locle, M"» Ha- 
lévy, 174, 175. — Bibliographies : 
47, 64, 78, III, 175, 176.— Nou- 
velles diverses : 16, 48, 64, 79, 
80, 96, 112, 128, 1^^, 1A4, 160, 
176, 1 91-192 — Articles bibliogra- 
phiques sur ses ouvrages : Antoine 
Coyzevox, sa vie, son œuvre et 
ses contemporains, i5. — La sculp- 
ture aux Salons de 1881, 1882, 
i883, et à l'Exposition nationale 
de i883, 96. — Son nom cité : 
I, 3, 17, 19, 37, 49, 65, 76, 192. 

Jour (le), 144. 

Jourdy fPaul), p., 89, 157. 

Joyau (Joseph-Louis-Achille) , a., 
107. 

Joyeulx (Dom Augustin), loo. 

Julsinal (M"' Achille), 45. 

Jundt (Gustave), p., 108, 109. 

Jussieu fBernard de), 192. 

Jussieu (Laurent de), 192. 

Justinar, p., 164, i65. 

Justiniani, r83. 

Juvénal, 140-142. 

Kaulek, 5. 
Kernevenoy (de), 52. 

Laborde (de), 3, 4, 11 3- 11 5. 

Laborde (le marquis Léon de), 20. 

Laboubée, 56. 

Laboureur de Virgile (le), 188. 

Labrouste (François), a., 73. 

Labrouste (Henri), a., 73. 

La Chesnaye des Bois, 40. 

La Coste (Pierre), mon., 21. 

Lacour fils, 56. 

La Cour de la Pijardière (de), 47. 

Lacretelle, 96. 

La Croix (le père de), archéologue, 
16. 

Lacroix (Paul), i38. 

Labyrinthe royal de l'Hercule gau- 
lois triomphant sur le sujet des 
Fortunes, etc., 9. 

Lafenestre (Georges), 19. 

LafFrey, p., 88. 

Lafitte (Marie-Anne), 10 1. 

Lafrance (Jules-Isidore), se, 120. 

Lagarde (Pierre), p., 144. 

Lagrange (Jean), gr. en méd., 118. 

Lagrange (Léon), 100. 

Lagrenée (Louis), p., 71, i85. 

Laguillermie (Auguste-Frédéric), g., 
120. 

'La Haye, 149. Voy. Musée. 

Lahogue (Claude), p., i53, 154. 

Laisné, se, i65. 

Laitié (Charles-Rémy), se, iSg. 



LALLEMAND. — LE RAT, 



205 



Lallemand. — Jean Errard de Bar- 

le-Duc, Bibliogr., igi. 
Laloux (Victor-Alexandre-Frédéric) , 

a., 94, 122. 
Lambert (Albert-Antoine), p., 124. 
Lambert (Henri), vente, 95. 
Lambert (Marcel-Noël), a., 94, 121. 
Lameire, dess., 1 1. 
Lancelot (Paulin -Camille), gr. en 

méd., 126. 
Landon (Charles-Henri), a., i5g. 
Landon (C.-P.), p., 42. 
Langlois (François) dit Ciartres, 5, 6. 
Langlois (Jehan), se, ^7. 
Langlois (Jérôme-Martm), p., 159. 
*Langres, 44, 48. 
Lanno (François-Gaspard-Aimé), se, 

73. 
Lanson (Alfred-Désiré), se, 122. 
Lanoue (Félix-Hippolyte), p., 90. 
Lansyer, p., 46. 
La Nux (Paul Véronge de), comp., 

160. 
Laperlier, vente, i3. 



p., 12, 70, 



Laprade (Victor de), 96. 
Largillière (Nicolas de), 



Lariviére (Charles-Philippe), p., 73. 

Lathuille (chez le père), 29. 

Latour (de), p., 14, 104. 

Laurens (J.-P.), p., 27. 

Laurent (Félix), 44. 

La Vallière (duc de), i5o. 

Lavastre jeune, 11. 

Lavau (André), et non Antoine, gr. 
en méd., loi. 

Lavau (René), 10 1. 

Lavigne (Hubert), se, 18, 82. 

Lavoisier, 192. 

Layrault (Fortuné-Joseph-Séraphin), 
p., 119. 

Leolanc, 56. 

Le Blant, p., 28. 

Le Blond de Latour (Antoine), p., 56. 

Le Blond de Latour (Marc), p., 56. 

Leborne (Aimé-Ambroise-Simon), 
comp., 72. 

Le Bourgeois (Marin), p., 11 5. 

Lebourgeois (Pierre-Auguste), comp., 
73. 

Lebouteux (Denis), a., io5. 

Lebouy (Auguste), p., 90. 

Le Breton ^Gaston). — Le musée céra- 
mique de Rouen. Bibliogr., 3i, 
32. — Son nom cité : 18, 44, 61, 
1 10. 

Le Brun (Charles), p., n, 81, 110, 
143. 

Le Brun (Michel), p. verr., 164. 

Lécelin, mon., 21. 

Leclerc (Charles-Alfred), a., 120. 

Leclère (Achille), a., i5q, 160. 

Lecœur (Jacques), p., i53, 154. 



Le Cointe fCharles-Joseph), p., 92. 

Le Comte (Florent), 99. 

Leçon de musique (la), 29. 

Leconte de Lisle, 175. 

Lecourtier, se, 191. 

Léda, 46. 

Leefdael, tap., 12. 

Lefebvre (Charles-Edouard), comp., 

121. 

Lefebvre (Jules-Joseph), p., 119, 124, 

186. 
Lefebvre (Léon), 84. 
Lefebvre de Palme (l'abbé), 42. 
Le Franc de Pompignan, 38. 
Lefuel (Hector-Martin), a., 90. 
Legendre (Nicolas), 5o-52. 
Legendre-Héral, se, 192. 
Léger. Vov. Ligier (Geoffroy). 
Legoupil (André), se, 53. 
Le Gouz de la Boullaye, 64. 
Legrand (André), 56. 
Legros (Pierre), se, 53, 54. 
Le Hongre (Etienne), se, 34. 
Lehongre (Louis), 34. 
Leloir (Alexandre-Louis), p., 3o. 
Leloir (J.-B.-Auguste), p., 3o. 
Leloir (Louis), p., 27, 02, 63, 78. 
Leloir (Maurice), p., 3i. 
Lemaire (Philippe-Jean-Henri), se, 

73, i88. 
Lemaire (M""), p., 27. 
Le Maistre (Pierre), entrepreneur, 

34. 
Le Mareschal (Pierre), mon., 21. 
Lematte ( Jacques - François - Ferdi - 

nand), p., 120, 121. 
Le May (Claude), mon., 23. 
Lemerre, éd., 96. 
Lemoine, p., io3. 
Lemontey, 145, 146. 
Lemoyne (André), poète, 80. 
Lemoyne (J.-B.), se, 40, 71. 
Lemoyne jeune (Jean-Baptiste), se, 

40. 
Lemoyne (les), se, i3, 40. 
Lenain (les), p., 83. 
Lenepveu (Charles-Ferdinand), comp., 

120. 
Lenepveu (Jules-Eugène), p., 91, 186. 
Lenormant (M™"), 54. 
Le Nostre (André), a., 34. 
Lens (Michelet dé), mon., 23. 
Léopold, roi des Belges, 47. 
Lepage (Bastien), p., 27. 
Le Paultre (M"'= Marie), 53, 54. 
Le Père (Alfred-Adolphe-Edouard), 

se, io5, i58. 
Lépicié, p., 12, 25, 41. 
Le Proust (Roland), a., 69. 
Lequesne (Eugène-Louis), se, gi, 
Lequeux (Paul-Eugène), a., 159. 
Lequien, se, 141. 
Le Rat, g., n i . 



206 



LEREUIL. — MARSEILLE. 



Lereuil, 48. 

Le Rouge (Jeanne), 5. 

Leroy (Paul), p., i23, iib. 

Lesclat (Jean de), mon., 21. 

Lespeuvrier (Alain), orf., 24. 

Lestang-Parade (comte de), 65-66. 

Lesueur (Gicéron-Jean-Baptiste), a., 

14, 60, ibg. 
Lesueur (Eustache), p., 99, 100. 
Le Sueur (Jehan), 118. 
Le Tartiei- (Jacques), mon., 22. 
Letellier (Emile), 31,44. 
Leuze (Combat de), 87. 
Le Vacher fils (Jean), jo., io3. 
Leveil (Jean-Arnould), a., 74. 
Levillain, se, 141. 
Lév)^ (Emile^, p., 28, io5, 106. 
Lhuillier (Tn.), 44. 
Liberté (la), 3o. 
Lieberman, p., 77. 
*Liège, 46. 
Liesville (de), 45. 
Ligier (Geoffroy), orf., 23. 
*Lille, 84. Voy. Musée. 
Linnée, 192. 
Lion au serpent, gb. 
Lise (la petite), i3, 40. 
Liseuse (la), 192. 
*Lisieux, i63. 
Lithographies, i3, 3o. 
Livret du Salon de 1884, 77, 78. 
Lombard (Henri-Edouard), se, 12 3, 

125. 

Lombelli (Anne-Rose), 100, loi. 
Londe (marquis de la), 61. 
*Londres, 6, 46, 66. 
Lopinot (Amédée), 81. 
Lorichon (Gonstantin- Louis -An- 
toine), g., i5g. 
Lorrain (Claude), p., m. 
Loss (le comte de), 25. 
Loth et ses filles, 104. 
Louis XIII, 6. 

Louis XIV, 65, 66, 88, 145, i85. 
Louis XV, i3, 145, 146, 164, i65, 

Loms' XVIII, i85. 
Louis-Philippe, 42. 
Louis (Victor), a., 63. 
Louis-Noël (Hubert), se, 142. 
Loup ! (au), 1 1 . 
*Louvain, m, 
Louvet, 145. 

Louvet (Louis- Victor), a., io5. 
Louvrier de Lajolais (A.), 144. 
*Louzouer, m. 

Loviot (Benoît-Edouard), a., 121. 
Lucas (Charles), 81. 
Luchieu ^Mathieu de), mon., 23. 
Luynes (auc de), 146. 
*Lyon, 8, 9, i5, 26, 54, 77, 84, 126, 
191. 



Machabées (martyre des), 42. 

Machard (Jules-Louis), p., 28, 120. 

Mackay, 48. 

Madeleine (la), 9g. 

Maestricht (une sortie de), 88. 

Magne, a., 48. 

Maignan (Albert), p., 27. 

Maillard (Diogène-Ulysse-Napoléon), 

p., 119, 120. 
Maillard (Louis), comp., 90. 
Maillet (Jacques-Léonard), se, 91, 

187. 
Maillot (Théodore -Pierre- Nicolas), 

p., io5, 106. 
Maindron (Hippolyte), se, 63. 
Malaga (le combat de), 70. 
Malet (Gilles), 47. 
*Malines, 147. 
Mame, éd., 108. 
Manet (Edouard), p., 10, i3, 29; 

vente : 1 1 1 . 
Mangot (Pierre), orf., 52. 
Maniglier (Henri-Charles), se, 106. 
Mannheim, 108. 

Manœuvre du 12' chasseurs (la), 28. 
*Mans (le), 80. 
Mantz (Paul). — Guillaume Veniat, 

1A6-147. — Son nom cité : i3, 19, 

Marat, a5. 

Marcas fZ.), 78. 

Marcel (Etienne), 144. 

Marcel (Pierre), orf., 5o. 

Marcellin (Jean-Esprit), se, 109. 

Marcello, se, 112. 

Marcille (Eudoxe), 18, 44, 54, 86. 

Maréchal (Charles-Henri), comp., 
121. 

Maréchal fRené-Ambroise), se, 91. 

Marengo (bataille de), 10, 

Mariette, 5, 6, 147. 

Marin, i5o. 

Marin (Joseph-Charles), se, i58. 

Marin le Zélandais, p., m. 

Marionneau (Charles). — Actes d'état 
civil d'artistes français : Jean-Jo- 
seph Taillasson, 56. — Germain 
Boffrand, 68. — Carie Ver net, An- 
toine Lavau, Jean-Baptiste-Claude 
Robinj 100-102. — Article biblio- 
graphique sur son ouvrage les 
« Salons bordelais, » 47. — Son 
nom cité : 3i, 44, 63, 84. 

*Marly. Voy. Château. 

*Marmoutiers. Voy. Abbaye. 

MaroUes, i53. 

Marqueste (Laurent -Honoré), se, 
121. 

Mars, 38. 

Marsal (E.), g., m. 

*Marseille, 44, 84, i23, 12 5, i5i, 
i52, i65, 166, 179, i8o. 



MARTIN. 

Martin (Auguste), a., 3i. 
Martin (messe de saint), loo. 
Martinet (Achille-Louis), g., 74, i5i. 
Masquelier (Claude-Louis), g., ibg. 
Massacre des Innocents (le), 3o. 
Massacre de l'évêque de Liège, i75. 
Massard ( Jean- Baptiste), g., i5o, 

i5i. 
Massart (L.), g., 78. 
Massé (Félix-Marie- Victor), comp., 

91. 
Massenet (Jules - Emile - Frédéric) , 

comp., iig. 
Massin (Rose-Aimable), 181. 
Massin-Turina (Pierre), comp., 60. 
Matathias refusant de sacrifier aux 

idoles, 123. 
Mathias (J.), se, 53. 
Maugié, men. éb., 166. 
Mau'ban (G.), 181. 
*Maudun, 178. 
Mauroy (Honoré de), 97. 
Mazerolle, p., 28. 
Méan (le prince de), 47. 
Meaume (Edouard), 81. 
Meaux (vicomte de), 96. 
Médicis (Catherine de), 11 5. 
Médicis (Marie de), 9. 
Medina-Cœli (duc de), 143. 
Méditation (la), 187. 
Meissonnier (Jean-Louis-Ernest), p., 

i3, 14, 28, 48, 93, 94, 175. 
Mellet (l'abbé), 18 1. 
Menageot (François-Guillaume), p., 

i85. 
Menard (Pierre), 98, 99. 
*Mende, 3o. 
Menière, orf., 169. 
Menjaud (Alexandre), p., i58. 
Mercié (Marins- Jean-Antoine), se, 

64, 120, 144. 
Mercier (Charles), 18. 
Mercure, 175, 186, 187. 
Mercuri (Paul), g., log. 
Merley (Louis), gr. en méd., 91. 
Merson (Nicolas-Luc-Olivier), p., iSg. 
Merson (Olivier), 81. 
Mesmey (Pierre des), mon., 23. 
Meynier (Charles), p., 190. 
Mézence blessé, 1 26. 
Michallon (Achille-Etna), p., 60, 71, 

72, i56, 157. 
Michel (Edmond). — Les Audran, pein- 
tres et graveurs. Bibliogr., m. 
Michel (Ernest-Barthélemy) p., 107, 

119. 
Michel (Marie), 11 5. 
Miciol (Pierre), g., 118. 
Mignard, (Pierre), p., 104. 
Mignet, 9b, 112. 
Mignon (Justin-Abel-François) , g. , 

126. 
*Milan, 53, 160. 



- MOULIN. 207 

Milhomme (François- Dominique - 
Aimé), se, i58. 

Millet (Aimé), se, 126. 

Millet (J.-F.), p., 28, 79, 80. 

Milliet, 26. 

Mimerel, se, 44. 

Miniatures, 12. 

Miniaturistes, 66, 140. 

Mique (Richard), a., 71. 

Mirabeau, 45. 

Mobile blessé, 144. 

Molière, 3i. 

Molière (la Muse de), 62. 

Mollet (Charles), dess., 35. 

*Monaco, i37, 189. 

Monceaux (Henri), 57. 

Monchablon (Xavier-Alphonse), p., 
119. 

Monde (les quatre Parties du), 88. 

Monnier (Henry), 175. 

Monnoyer (Jean-Baptiste), p., 35. 

Montaiglon (Anatole de).— Van Dyck 
en France, 5, 6. — Signatures et 
inscriptions des sculptures de l'ex- 
position de l'art au xviii° siècle, 
38-41. — Note sur le buste de 
M""» Récamier, 54. — Bertinet, 
65-66. — Rapport à l'assemblée 
générale de la Société. Séance du 
i3 mai 1884, 81-86. — Eustache 
Lesueur, 100. — Veniat ou Ven- 
jat, 102, 137-139. — Philibert 
Delorme, i2g-i3i. — Philippe de 
Champaigne, 137. — Le graveur 
Jean -Baptiste Massard, i5o-i5i. 

— Jacques-Louis David, 168-170. 

— Picot et Delaroche, 182-184. 

— Son nom cité : 17, 19, 54, 76, 

l52. 

Montallier (Pierre), p., 53. 

*Montbrison, 96. 

*Montceau-en-Brie. Voy. Château, 

Monteil, i3g, 140. 

Montespan (M""= de), 145. 

Montessuy, p., m. 

Montfort (Alexandre), comp., 74, 157. 

*Montmorency, i36. 

■^Montpellier, m. 

Montpensier (duc de), 42. 

Monvarlet (Jenan), 118. 

Moreau le jeune, g., 181. 

Morel, p., 42. 

Morelire (Pernete), 9. 

Morey (Pro'sper), a., 68, 74. 

Morice, se, 142. 

Morin (Edmond), dess., 192. 

Morot (Aimé-Nicolas), p., 121, 122. 

Mosaïque, 32. 

Mothe-Gondrin (de la). Voy. Par- 

daillan. 
Mouchy (duchesse de), 41. 
Moulin (Hippolyte). se, 174-175. 
Moulin de Nazareta (le), 90. 



208 



MOULINNEUF. — PARIS. 



Moulinneuf, 17g. 
*lVIoi^lins, 164. 
Moyaux (Constant), a., 119. 
Mucius Scevola, 187. 
*Munich. Voy. Musée. 
Mur (Pierre du), 5. 
Murât (Jean), p., 89. 
Murât (Joachim), 7g. 
Musée. Amiens, 40. 

— Angers, 26, 63. 

— Besançon, i3. 

— La Haye, 6. 

— Lille, 14, 42, 140. 

— Munich, 99. 

— Orléans, 14. 

— Paris. Arts décoratifs, 4b. 

— — Cluny, 76. 

— — Louvre, 26, 3i, 38, 61, 140, 

160. 

— — Luxembourg, 14. 

— — Révolutionnaire, 4!). 

— Rouen, 61, iio. 

— Saint-Germain, 61. 

— Semur, 3o. 

— Tours, 100. 

— Versailles, lo, 42, 80, 87, 88. 
Muteau (Jean), orf., 23. 

Nagler, 42. 

*Nancy, 12. 

*Nantes, 44, 174. 

Nanteuil (Charles-François Lebœuf, 

dit), se, 60, i85. 
Nanteuil, g., 179. 
Napoléon I", 10, 3o, 181. 
Narcisse, 186, 188. 
Natoire (Charles-Joseph), p., 186. 
Nattier, p., 12. 
Nau (Claude). 56. 
Naudé (Henri), gr. en méd., 126. 
Naufrage de la Méduse (le), 176. 
Navlet, p., 191. 
Nécrologie, 14^ i5, 3o, 46, 47, 63, 

64, 77, 95, gb, io8, 127, 140, 160, 
Nécropole (une), i25. 
Nénot (Paul), a., 122. 
Neuville (A. de), p., 27, 28, 46. 
Nicard (Pol). — Alexandre Hesse. Bi- 

bliogr., i5. — Son nom cité : 81. 
*Nice, 124. 

Nicole (Françoise), 11 5. 
Niepce (Nicéphore), 144. 
•*Nîmes, 32, 63. 
Nittis (Joseph de), p., 160. 
Noël (Edme-Antony-Paul) , se, 120, 

186, 187. 
Noguet (Louis), a., 120. 
Norblin (Sébastien-Louis-Wilhem) , 

p., 73. 
Normand (Alfred-Nicolas), a., 48, 91. 
Normand (Charles-Victor), g., 90. 
Northumberland (duc de), 29. 
Nouvelles diverses, 16, 32, 48, 64, 



79, 80, 96, 112, 128, 143, 144, 

160, 191-192. 
Noyers (Pierre de), mon., 21. 
*NuremDerg (les murs de ville à), 62. 

Odevare (Joseph-Denis), p., ibg. 

Œben, men. éb., 166. 

Œdipe maudit son fils Polynice, 124. 

Œdipe à Colone, 42. 

Oliva, se, 191. 

OUivier (Pierre), 34. 

Olympia, 29. 

Omphale, 188. 

Oreste poursuivi par les Euménides, 

126, 187. 
Orfèvrerie. Voy. Bijouterie. 
Orfèvres. Voy. Bijoutiers. 
Orléans (duc d'), 71, i65, i83. 
*Orléans. Voy. Musée. 
Orphée, 187. 

Osmond (marquis d'), vente, 29. 
Ottin (Auguste-Louis-Marie), se, 

89, 175, i85, 186. 
Oudiné (Eugène-André), gr. en méd., 

Oudry, p., 191. 

Paccard (Alexis), a., 90. 

Pagot (François-Narcisse), a., i58. 

Pa)ou, se, 41. 

Paladilhe (Emile), comp., 119. 

Palais pour le Conseil d'Etat (un), 

12^. 
, Palliere (Louis-Vincent-Léon) , p. , 

59. 
Palombella, 186. 
Panseron (Auguste-Mathieu), comp., 

60. ^ 
Papety (Dominique-Louis-Féréol), 

p., 89, ibg. 
Papillon (Elisabeth), 56. 
Paquot de Parvillier (Louis-Henri), 

P-, 77- 
Pardaillan (Biaise de), 5o, 5i. 
Paris fCamille), p., 80. 
Paris (Claude), comp., 73. 
Paris (Pierre-Adrien), a., i85. 
Paris. Arènes de Lutèce, 32. 

— Avenue, 61. 

— Barrières, 3o, 71. 

— Bibliothèques, 4, 8, 11, 17, 21, 
22, 33, 43, 83, 99, II 5, 118, i33, 
i36, i37, i5o, 104, 192. 

— Boulevards, 32, 112, 141. 

— Casernes, i38. 

— Cimetières, 16,75, 108, i55-i57, 
171-174, 176, 188-191. 

— Colonne, 00. 

— Couvents, 100, 102, 116, i35. 

— Ecole des Arts décoratifs, 32. 

— Ecole des Beaux- Arts, 14, i5, 28, 
3o, 32, 46, 63, 92, 94, 109, 112, 
141. 



PARIS. — POREE. 



Paris. Ecole normale, 14. 

— Ecole philotechnique, 14. 

— Eglises, 11,63, 69, ny, 182, 164, 
160, 164, i65, i6g. 

— Gobelins, ii, 2g, 35, iio, 166, 
iqi. 

— Hôpitaux, 116, i33. 

— Hôtels, II, i5, 3o, 32, 45, 63, gb, 
i37, 147, i63. 

— Jardin, 63. 

— Mairie, 144. 

— Palais, 3o, 34, i63, i6g. — Voy. 
Musée. 

— Places, 28, 45, 75, 76, 112, 144, 
i6g.. 

— Portes, 5, 162. 

— Quais, 32, 78, io3, 169, 170. 

— Rues, 3, 4, II, 12, i5, 16, 17, 
27, 32, 35, 38, 39, 45, 49, 52, 53, 
70, 71, 81, 88, 98, 112, i38, 139, 
141, 149, i54, 161, 162, 168-170. 

— Sorbonne, 43-45. 

— Squares, 112, 144. 

— Théâtres, 14, 191. 

— Tours, 16, 32. 

Paris (la défense de), 160. 

Parker (Virginie), 100. 

Parrocel (Etienne). — Joseph Parro- 
cel, 87-88. — Joseph Vernet, 166. 
— Lettre de Charles-Nicolas Co- 
chin, i5i-i52. — Espercieux chez 
Bridan, 179-180. — Election de 
Dejoux à 1 Académie de peinture 
et de sculpture, 180. — Son nom 
cité : 3i, 44. 

Parrocel (Joseph), p., 87, 88. 

Pascal (Jean- Louis), a., 120, 124, 

125. 

Pasini, p., 76. 

Pasquïer (Antoine-Joseph), se, 17g. 

Pastels, i3, 3o. 

Pasteur, ig2. 

Pâté (Lucien), 47. 

Patricot (Auguste-François-Jean), g,, 
126. 

Pattison (M"' Mark). — Claude Lor- 
rain, sa vie et ses œuvres. Bibliog., 
m. 

Paulin (Edmond-Jean-Baptiste) , a. , 
122. 

Payne (Nicolas) dit de Bar ou L'An- 
glois, orf., 23. 

Pêche (la), 3i,63. 

Pêcheur à la coquille, 186. 

Peintres, g, 10, i2-i5, 20, 26-3 1, 84, 
35, 41, 42, 44, 46, 53, 55, 56, 57, 
59-64, 69-74, 76-78 83, 87-96, 
99-iu, ii3-i25, i3i-i3y, 143, 
144, i47-i5o, i53-i6o, i64-i7g, 
i82-ig2. 

Peinture, 3, 6, g, 10, 12, i3, 14, 16, 
20, 26, 27-51, 34, 36, 41, 42, 44- 
46, 53, 61-64, 7"' 77> 87, 88, 95, 

REV. ART FR. 



209 

96, 99, 100, io3, 104, 108, 123- 
125, i37, 143, 144, 160, 164, i65, 
175, 176-179, 182, i83, i85-i88, 
191, 192. 

Penne (O. de), p., 27. 

Pépin (Edouard-Félicien-Alexis), se, 

123. 

Percier (Charles), a., i5. 

Perraud(Jean-Joseph),sc.,3o, gi, i86. 

Perrault (Jean), a., 53. 

Perret de la Menue (C.-E.). — Biogra- 
phie de Tony Desjardins, archi- 
tecte. Bibliogr., m. 

Perronneau, p., 44, 

Pessard ( Emile - Louis - Fortuné) , 
comp., 120. 

Petit (Elie), 42. 

Petit (Elise), 80. 

Petit (Georges), 12, 14, 76, 77, 175. 

Petitot (Louis), se, 60. 

Pétrarque, 182, 

Pétroz (Pierre). — Un critique d'art 
au XIX» siècle. Bibliogr., m. 

Peynot (Emile-Edmond), se, i85. 

Philippe-Auguste, 3o, 3;î. 

Phryné devant ses juges, 143. 

Pichon (baron Jérôme), 107, 108. 

Picot (François-Edouard), p., 14, 46, 
60, 182-184, igi. 

Pierre le Grand, 43. 

Pigalle (Jean-Baptiste), se, 38, 41, 
71, io3, 104. 

Pillet (Charles^, g3, 94. 

Pils (Isidore-Aiexandre-Auguste), p., 
14, 8g, go, 157. 

Pmchart (Alexandre), 127, 128. 

Pingard (Laurence-KosaheV 189. 

Pinta (Henri-Louis-Marius), p., i23, 

125. 

*Pise, 7. 

Pithou père (Nicolas-Pierre), p., i55, 
i56. 

Pithou fils fNicolas-François), p., 1 56. 

Plaisance (Pierre), mon.', 21. 

Pion, éd., 3i, 47. 

Poerson (Charles- François), p., i85. 

Poilly (Nicolas de), g., 35, 36. 

*Poitiers, 84. 

Pollet (Victor), g., 90. 

Pompadour (M"" dé), 12, 40. 

Ponce, 56. 

Ponscarme, gr. en méd., 126. 

Ponsonailhe (Charles). — Sébastien 
Bourdon, sa vie et son œuvre. Bi- 
bliogr., III. 

*Pont-de-Vaux, 192. 

*Pontoise, 47, .^8, 78, 79. 

Popelin (Gustave-Leon-Antoine-Ma- 
rie), p., 123. 

Porcelaines, 2g. 

Porée (l'abbé). — L'Hercule terrassant 
l'hydre de Lerne, de Puget. Bi- 
bliogr., log-iio. — Les tableaux 

H 



2IO 



PORT. — ROMAN. 



de Quintin Vârin aux Andelys, 

Port (Célestin). — Requête du peintre 
Jean-François Berot, 36. — Son 
nom cité, 3i. 

Portail, io3. 

Portalis, 77. 

Poupée de Jeanne (la), loq. 

Pourtalès-Gorgier, vente, ot. 

Poussin (Nicolas), 177. 

Pradier (James), se, 00. 

Prévost (Eugène-Prosper), comp.^ 74. 

Prieur ^Jean-François), 181. 

Prieur (Romain-Etienne-Gabriel), p., 

74- 
Printemps (le), igi. 
Prix de Rome, 123-127. 
Protais, p., 28. 
Proust (Antonin), i3. 
Provost (Jean-Louis), a., i5q. 
Prud'hon (Pierre), p., 26, 28, i83. 
Psyché, 77, i83, 188. 
Puech et non Pirech (Pierre-Denis), 

se, 125, 126. 
Puget, se, 61, 109, iio. 
Puget (Paul-Gharles-Marie Curet), 

comp., 121. 
Pujol, a., 94. 

Pygmalion et Galathée, 38. 
Pythonisse, 187. 

Quanlin, éd., 5, i3, 107, m. 

Q.uatesous (Léon-Eugène), a., i25. 

Quetel (Noël), 181. 

Quinault (Barbe), 68. 

Quinault (Philippe), poète, 68. 

Quinvrotte, 37. 

Quittances d'artistes. Voy. Artistes. 

Rabuteau ( Victor - Alfred Pelletier), 

comp., 120. 
Raffet, g., 96. 

Raffaelh (Jean-François), p., 61, 62. 
Ralliement (le), 3o. 
Rambouillet (route près de), 63. 
Ramey fils (Jules-Etienne), se, 60. 
Randon (Gilbert), carie, 77. 
*Randan. Voy. Château. 
Rangeard. Voy. Baugeard. 
Raphaël, p., 63, 181, 186. 
Rapin (Alexandre), p., 143. 
Raucourt (M""), 38. 
*Ré (Ile de), 124, 126. 
Rébecca et Eléazar, 191. 
Récamier (M""), 40, 54. 
Rédaction (note de la), i-3, 49. 
Redon (Fernand), a., I25. 
Regina Cœli, 177, 179. 
Regnault (Alexandre-Georges-Henri), 

p., 28, 58, 120, 175. 
*Reims, 24, i ro. 
Rembrandt, p., 176, igi. 
Rémi (Benoît), mon., 23. 



Rémond (Jeân-Charles-Joseph), p., 
73. 

Renard (Charlotte), 56. 

Renault (Françoise), 52. 

Rendez-vous de chasse, lî. 

Renouard, i5. 

Remy (Jacques), brodeur, 35. 

*Retnel, 174. 

Retour du printemps, 109. 

Révolution (la), 144. 

Reynaud, p., 27. 

Reynès (Antoine), 83. 

Rhin (le passage du), 88. 

Rhin (les bords du), 46. 

Ribeyre (Félix). — Gham, sa vie et 
son œuvre. ISibliogr., m. 

Ricard, p., 175. 

Richard (Alfred-Pierre), se, log. 

Richard-Desaix (Ulric). — François- 
Auguste Charodeau , peintre et 
sculpteur. Bibliogr., m. 

Richardot (le président), 3i. 

Richelieu, 5, 6. 

Richier (Ligier), se, 16. 

Richomme (Joseph-Théodore) , g. , 
ibg. 

Riesner (Georges), men. éb., 166. 

Rigaud (Hyacinthe), p., io3. 

Rifaut (Louis- Victor-Etienne), comp., 
73. 

Riquier (Louis), p., 77. 

Ris-Paquot (M. et M""), 77. 

Rixe (la), 14. 

Robaut (Alfred), i5. — Voy. Rous- 
seau (J.). 

Robert (Léopold), p., 77. 

Robert (Ulysse), 3^. 

Robert-Fleury (Joseph-Nicolas), p., 
64, 186. 

Robert-Fleury (Tony), p., 12 5, 126, 
143. 

Robert-Lefèvre, p., 189. 

Robert- Lefèvre (Jules), 189. 

Robespierre, 45. 

Robin (Jean-Baptiste-Claude), p., 
loi, 102. 

Rochet, se, igi. 

Roettiers (Joseph), gr. en méd., 66- 
68, 89. 

Roettiers (les), gr. en méd., 66-68. 

Roger (Alexis- André), comp., 90. 

Roger (Eugène), p., 74. 

Roguet (Louis), se, 92. 

Ronart (Léon), a., 142. 

Rohaut de Fleury (Hubert), a., i58. 

Roland (Philippe-Laurent), se, 41, 
72. 

Rolant (Jean), orf., 52. 

Roll, p., 77. 

Roll (Pierre-Gaspard), comp., 60. 

Roman (Jean-Baptiste-Louis), se, 
60. 

Roman (Jules). — Une lettre de Jac- 



ROME. 



SEPTEN. 



21 I 



ques-Louis David, 88. — Son nom 
cité : 3i, 44, 47. 

*Rome, 8, 9, 53, loq, i23, 169. 

Romeo et Juliette, 187. 

Rondot l'aîné (Edme), orf., 24. 

Rondot (Jacques), dit le Romain, 
orf., 25. 

Rondot (Natalis). — Mathieu Greu- 
ter, tailleur d'histoire en taille 
douce, 8-9. — Les graveurs de 
la monnaie de Troyes du xiv* au 
XVIII' siècle, 20-25. — Les sculp- 
teurs de Lyon du xiV au xvni° 
siècle, Bibliogr., 191. — Son nom 
cité : 42, 43, 83. 

Rondot (Nicolas), orf., 24. 

Rondot (Nicolas-Jean-Baptiste), orf., 
24, 25. 

Rondot (Paul), orf., 24. 

Ross-Des préaux (Guillaume), comp. , 
73. 

Rothschild (de), 93. 

Roty (Louis-Oscar), gr. en méd., 
122. 

Rouam, éd., m. 

*Rouen, 3i, 32, 84, 99, 176. Voy. 
Musée. 

Roulliet (Antony), 16. 

Rousseau, p., 175. 

Rousseau (J.), et A. Robaut. — Ca- 
mille Corot. Bibliogr., i5, m. 

Rousseau fPh.), p., 28. 

Rousseau (Samuel), comp., 122'. 

Rousseau (Théodore), p.. 7g, 80. 

Rouvoy (Robert de), 21. 

Rubens, p., 3i, 44, 175. 

Rude (François), se, 109, 159. 

Rude (madame), p., 182. 

Ruthxiel (Henri-Joseph), se, 72, 
159. 

Ruysdaël (les), p., 95. 

Sabines (les), 181. 

Sacre (le), 169. 

Saige (Gustave), 137. 

*Saïgon, 128. 

Saint-Albin (Philippe de), 45. 

Saint Clair (le martyre de), 178, 

179. 
Saint-Denis, 78. 
Saint-Eve (Jean), gr., 90. 
Saint-Georges (Guillet de), 55, 100. 
*Saint- Germain -en -Laye, 35, 52. 

— Voy. Musée. 
Saint Ildefonse, 44. 
Saint-Léger (Mercier de), i5o. 
*Saint-Lô, 23. 

Saint Louis pansant les malades, 100. 
Saint Luc peignant la Vierge, 20. 
Saint Mammès, 48. 
Saint-Marceaux, se, 28. 
Saint Martin, 187. 
*Saint-Maurice, 63. 



*Saint-Mihiel, 16. 

Saint Michel, 5o-52. 

*Sgint-Ouen, 169. 

Saint Paul, 186. 

*Saint-Pétersbourg, 43, 

Saint Pierre, 186. 

Saint-Pierre (Eustache de), 192. 

*Saint-Quentm, 14. 

Saint Sébastien, 100, 180. 

Saint Sébastien percé de flèches, i23. 

Saint-Simon, 145, 146. 

Saint Vincent (martyre de), 178. 

Sainte-Beuve, 146. 

Sainte Félicité et sa famille (martyre 
de), 42. 

Sainte Genevièvedésarmant Attila, 63. 

Saintin, p., 27. 

Salles (E.), 41. 

*Salles-Adour, 127. 

Salmon (Louis-Adolphe), g., 74, 157. 

Salons (livrets des), 84. 

Salomé, 175. 

Salvayre (Gervais-Bernard), comp., 
121. 

Sanson (Justin-Chrysostôme), se, 
119. 

*Sanxay, 16, i6i, 162. 

Sanzel (Félix), se, 14, 32. 

Sapho, 187. 

'Sarçay (église de), 14. 

Saulcy (de), 22. 

*Saumur, 36, 37. 

Savoye (Jean de), mon., 21. 

♦Sceaux, 3i, 96. 

Scène de printemps et d'amour, 144. 

*Schleissheim. Voy. Château. 

Schnetz (Jean-Victor), p., 186. 

Schœlcher, n 2. 

Schommer (François), p., 122. 

Schopin (Henri-Frédéric), p.. iSg. 

Sculpteurs, i3-i5, 28-32, 34. 38- 
41, 43, 44, 46, 47, 52, 53, 54, 59- 
61, 63, 69-74, 79, 80, 89-99, io3» 
io5-io7, 109-112, 119-122, 128, 
i37, i3q, 140-144, i52, i53, 157- 
160, i65, 171, 174-176^ 17g, 180, 
i85-i88, 192. 

Sculpture, 12, i3, 14, 28, 29, 3o, 3i, 
32, 34, 38-41, 43, 4.5, 46, 47, 54. 
61, 63, 71, 72, 79, 80, 92-99, log, 
iio, 112, 123-126, 128, 144, 160, 
171, 175, 176, 180, i85-i88, igi, 
192. 

Scott (Henri'), p., 95, 96. 

Secret d'en naut (un), 175. 
Sedaine, 169. 

Segé, p., 28. 

Sellier (Charles-François), p., 12,46, 

106, iSg. 
Semillard (Parothe), mon., 24. 
*Semur. Voy. Musée. 
*Sens, 57. 

Septen (Jean de), orf., 5o. 



212 



SERMANSAN. — ULMANN. 



Sermansan (Jeanne), 56. 

Seriziat, 169. 

Serpette ( Henri - Charles - Antoine), 

comp., 121. 
Servi n (Araédée), p., 96. 
Seurre aîné (Bernard-Gabriel), se, 

iSg. 
Seurre jeune (Charles-Marie-Emile), 

se, 73. 
Sevin (Pierre-Paul), dess., i5. 
Sèvres, 191. 

Sieg (Charles-Victor), comp., 120. 
Signatures et Inscriptions, 38. 
Signol (Emile), p., 73, 74, 167, i58. 
Simart (Pierre- Charles), se, 74. 
Simonneau (Charles), gr. en méd., 

69. 
Sireuil, 40. 
Situation financière de la Société de 

l'histoire de l'art, 19. 
Slingsby (Henry), 67. 
Slodtz (Michel-Ange), se, i85. 
Sociétés des Beaux-Arts à la Sor- 

bonne (réunion des), 43-45. 
*Soisy-sous-Etiolles, 47, 181. 
Soldi (Emile-Arthur), gr. en méd., 

120. 
*Soucy, 57. 
Souhaut (l'abbé). — Les Richier et 

leurs œuvres. Bibliogr., 16. 
Soulié (Eud.), 87, 88, 146. 
Soumy (Joseph-Paul-Marius), g., 106. 
Sources apportant leuritriout à un 

fleuve (les), 29. 
Soyer (Robert), 44. 
Spartacus (le serment de), 186. 
Stassart (baron de), 47. 
Stein (Henri). — Inventaire du mobi- 
lier de M" Guillaume As Feives. 
Bibliogr., 47. 
— Le congrès des Sociétés savantes 

en 1884. Bibliogr., 175-176. 
Stevens (Alfred), p., 46, 76. 
*Strasbourg, 8. 
Struys (M""), 29. 
Stuart (Jean), duc d'Albanie, 52. 
Sulpis (Emile-Jean), g., 124, 126. 
Super flumina Babylonis, 191. 
Suramond (Gilles de), orf., 5o, 5i. 
Suvée (Joseph-Benoît), p., i85. 
Suys (T. -F.), a., 159. 

Taillasson (Jean-Joseph), p., 56. 
Tailbout (de), i3. 

Taitbout (Jean-Baptiste-Julien), 38. 
Tambonneau (Jean et Michel), i3o. 
Tapisserie, ii, 12, 29, 47, 48, 78, 

79, 1 10, 112, 127, 128. 
Tapissiers, 12, 29, iio, 116, i36. 
Tarbé, 41. 
Taudou (Antoine - Antonin-Barthéle- 

my), comp., i 50. 
Taunay (Nicolas-Antoine), p., 71. 



Taurel (André-Benoît), g., 60. 
Terre couronnant Vénus (la), 61. 
Tétaz (Jacques-Martin), a., 91. 
Thabard (Adolphe), se, 128, 143. 
Thevenin (Charles), p., i85, 186. 
Thevenot ( Pierre ) , entrepreneur , 

Thibault (J.-T.), p., 188. 

Thibaut, mon., 20. 

Thierry (Charles-Alphonse), a., 107. 

Thiers, 96, 182, i83. 

Thirion, p., 28. 

Thomas (Albert-Félix-Théophile), a., 

91, 120. 
Thomas (Antoine-Jean-Baptiste), p., 

60. 
Thomas (Charles-Louis-Ambroise), 

comp., 74, 143. 
Thomas (Gabriel-Jules), se, 3o, 92, 

126, 160, 187. 
Thomassin (Simon), g., 35. 
Thoré, III. 
Thorvaldsen, se, 46. 
Thouroulde, se, 99. 
Thrudaine (de), 71. 
Thuillier (Th.j, 3i. 
Tibantevs (Alexander), cis., 7. 
Tibère à Caprée (dernières années de), 

46. 
Tigre dévorant un glavial, 95. 
*Tilbourg, 171. 
Tiolier (Nicolas-Pierre), gr. en méd., 

159. 
Titeux (Philippe-Auguste), a., 90. 
Tombeau (mon), 96. 
Toquet, p., io3. 
Toudouze (Edouard), p., 121. 
*Toulon, 44, 166-108. 
Toulouse (comte de), 88. 
*Toulouse, 84, 124. 
Tournaire (Joseph-Albert), a., 124. 
Tournehem (de), io3, 104. 
Tourneux, 137. 
Tournois (Joseph^, se, 106. 
Tourny (Josepn-Gabriel), g., gi. 
"Tours, 27, 44, 55, 5b, 142. Voy. 

Musée. 
Tressard (Gervais), orf., 44. 
Tripier le Franc, 18. 
Triomphe, 144. 
Trouillebert, vente, 107. 
Trouvaille à Pompéï (une), 175. 
*Troyes, 2o-25. 
Tuby, se, 3i. 

Tuetey (Alexandre), 81, 85, 87. 
Tulius. Voy. Coriolan. 
Turreau, 37. 

Uchard (Toussaint-François-Joseph), 

a., 90. 
Ugolin, 186. 
Ulmann (Benjamin), p., 46, 62, 107, 

118. 



ULMANN. 



YVART. 



2l3 



Ulmann (Samuel- Emile-James), a., 

121. 

Urbain V, pape, 3o. 
Ulysse bandant l'arc, 141. 

Vacquerie (Auguste), gS. 
Vacquerie (Marie-Aimée-Madeleine 

de la), 181. 
Vaillant (V.-J.). — Un autographe de 

Falconet en Angleterre, 43. — Jo- 
seph Roettiers, 66-68. — Deux 
Ç cintres Boulonnais : Baudren 
vart et Joseph Yvart, 110. — 

Son nom cité : 8q. 
Vainqueur au combat de coqs (le), 

175. 
Valabrègue (Alexandre), 81. 
Valabrègue (Anton);). — Claude Gil- 

lot. Btbliogr., 1 5. — Son nom cité : 

18. 
Valentin, 78. 
Valère, évêque, 178. 
Vallès (Jules), 142. 
Vallet, vente, 2g. 
Van Beers, p., ^4. 
Van Brée (Mathieu), p., 77. 
Van Cléemputte jeune (Lucien-Tir- 

tée), a., 60. 
Vander Meulen, p., 87. 
Van Dyck, p., 5-j, 83, 85. 
Van Loo, p., igi. 
Van Loon (Théodore), p., m. 
Van Spaendonck (Gérard), p., 171. 
Varin (Quintin), p., 177- 17g. 
Vatinelle (Ursin-Jules), gr. en méd., 

i5q. 
Vaucnelet (Théophile), p., i5g. 
Vaudoyer, a., i3. 
Vaudoyer fils (Léon), a., i5g. 
Vaudremer (Joseph-Auguste-Emile), 

a., 106. 
Vauthier (André), gr. en méd., qo. 
Velléda, 63. 

Veniat (Charles), men. éb., i37-i3g. 
Veniat (Guillaume), men. éb., cpffre- 

tier, 102, i37-i3g, 146, 147. 
Veniat fia famille), i37-i3g. 
Venise (prise de), 70. 
Venise (vue de), 26. 
Ventadour (iM°" de), 164. 
Ventes, 5, g-i3, 2g, 3i, 46, 62, 63, 

^5, 107, 143. 
Venus écoutant l'Amour, 46. 
Verberckt, se, 3i. 
Verdiguier, se, i65. 
Verlet (Raoul-Charles), se, i25. 
Vermandois octroyant une charte à 

la ville de Saint-Quentin (le comte 

de), 14. 
Vernet (Carie), p., lo, 100, loi. 
Vernet (Horace), p., i85. 
Vernet (Joseph), p., 100, i65, i66. 



Vernet (Louis-François), 100, 10 1. 
♦Versailles, 10, 34,' 38, 47, 53, 143, 

i53, i8i. 
Viardot, vente, g5. 
Vibert, 62. 

Vibert (Joseph-Victor), g., 73. 
Vicaria, 175. 
Vidal (Léon), 3i. 
Vien (Joseph-Marie), p., 41, i85. 
Vierge (la), 181. 
*Vieure, 20. 
Vignères (Jean-Eugène), marchand 

d'estampes, 77. 
Vignon (Claude), p., 5, 6, 55, 56. 
Vilain (Nicolas-Victor), se, 8g. 
Villain (François), a., 72. 
Villa Médicis', 40, 58-6o, 72-74, 7g, 

80-92, io5-i07, 1 18-122, 157-100, 

184-188. 
Vilback (Alphonse-Zoé-Charles Re- 
naud de), comp., i5q. 
*Villers-Cotterets, 192. 
*Villerviile. Voy. Enterrement. 
Villeroy. Voy. Legendre (Nicolas). 
*Ville-d'Avray, g6. 
*Villiers-sur-Morin, 96, 
Vilneau, 37. 

Villot (Frédéric), 56, 88, lOo. 
Vincennes (église de), i5. 
Vincent (François-André), p., i55, 

i56. 
Vinchon (Henri-Joseph), p., 5g, 60. 
Vinci (Léonard de), p., 3i, 160. 
Vingtrinier (A.) et R. de Cazenove. 

— Montessuy, peintre lyonnais. Bz- 

bliogr. ,111. 
Viollet (Catherine), 181. 
Vivant-Denon, p., 173. 
Vleughels (Nicolas), i85. 
Vollon (A.), p., 78. 
Voltaire, 38, 4.5, 95. 
Vuillefroy (de), p., 46. 

Waltner (Charles-Albert), g., iSg. 
Watteau (Antoine), p., 12, i5, 63, 

143, igi. 
Wencker (Joseph), p., 121, 122 
Weerts (Jean 
Wille, g., 25 



Weerts (Jean-Joseph), p., 143 



k 



Wintzvvfeiller (Eugène), comp., 120. 
Witt (M-«de), i83. 
Worms, p., 28. 

Wormser (André- Adolphe -Tous- 
saint), comp., 122. 
Wouwermans (Etienne), p., 35. 

Xavery, se, 41. 

Ysambert (Germain), 68. 
Ysbarre (Nicolas), mon., 21. 
Yvart ^Baudren), p., iio. 
Yvart (Joseph), p., iio. 



214 

Yvon (Adolphe), p., m. 



Zénobie retirée de l'Araxe, 109. 
Zier (Victor), p., 160. 



YVON. — ZUBEB. 



Ziem, p., 80. 
Zola (Emile), i3. 
Zuber (Henri), p., 27. 



Henry Jouin. 






IMPRIME 

PAR 

DAUPELEY- GOUVERNEUR 

A NOGENT-LE-ROTROU 

POUR 

LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS 

3l DÉCEMBHE 1884. 



4- 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS. 3^ 



REVUE 



DE 



L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



PARAISSANT TOUS LES MOIS 



Documents anciens et modernes. — Nécrologie. — Expositions. 
Bibliographie. 



DEUXIÈME ANNÉE 
1885 




PARIS 
CHARAVAY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

4, RUE DE FURSTENBERG 

i885 




OCT 9 IB08 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



1. — Janvier 1885. 



AU LECTEUR. 

La Revue de V Art français ancien et moderne entre dans la 
deuxième année de son existence. Le Comité de rédaction consi- 
dère comme son premier devoir de remercier les amis et collabo- 
rateurs dont Factif concours lui a facilité l'accomplissement de sa 
lâche. 

La sympathie générale que la Revue a rencontrée en province et 
dont elle a reçu de précieux témoignages encourage le Comité à 
poursuivre ses efforts. Si les ressources restreintes dont dispose la 
Société de Vhistoire de V Art français ne permettent pas pour le 
moment de donner plus de développement aux livraisons men- 
suelles, l'expérience a conseillé certaines améliorations qu'il con- 
vient de porter à la connaissance des lecteurs. 

Il a été reconnu tout d'abord que les articles d'actualité pure ne 
convenaient guère à un périodique paraissant une fois par mois 
seulement. Les intéressés sont mis au courant, jour par jour ou 
tout au moins chaque semaine, de tous les événements qui se 
produisent dans le monde de la curiosité, des ventes, des musées. 
Aussi, cette partie de la Revue, ayant le double inconvénient de 
paraître trop tard et d'être fréquemment incomplète, sera sup- 
primée à l'avenir. 

La Bibliographie et la Nécrologie, présentant un intérêt per- 
manent et historique, seront conservées. Nous ne saurions trop 
engager nos lecteurs à nous communiquer ou à nous signaler les 
travaux publiés en province ; nous nous empresserons de les 
annoncer, comme nous l'avons toujours fait. 

REV. ART FR. Il I 



— 2 — 

On ne se doute guère de la difficulté de réunir des renseigne- 
ments précis sur les dates de naissance ou même de décès des 
artistes, trop nombreux, hélas! dont nous avons eu à annoncer la 
perte. C'est pour cela qu'une nécrologie exacte, à laquelle on pour- 
rait recourir avec confiance, nous paraît indispensable. 

Les nouvelles concernant les acquisitions des musées, les dons, 
les trouvailles intéressant l'histoire de l'Art, continueront à trou- 
ver place dans la Revue sous la forme la plus concise. 

Comme par le passé, les communications de nos correspon- 
dants seront insérées dans le plus bref délai ; mais ils voudront 
bien ne pas oublier que, notre Revue s'imprimant en province, le 
manuscrit doit en être arrêté quinze ou vingt jours au moins 
avant la distribution ; cette nécessité nous réduit parfois à retar- 
der d'un mois l'impression de communications arrivées au dernier 
moment. 

La Revue paraîtra comme par le passé, tous les mois, entre le 
25 et le 3o, par livraisons d'une feuille. Il a paru difficile au 
Comité d'augmenter son étendue, au moins jusqu'à nouvel ordre; 
d'ailleurs, la table consciencieuse que M. Jouin a bien voulu 
prendre la peine de dresser pour la première année et qui a paru 
avec le numéro de décembre fait suffisamment ressortir l'intérêt, 
la variété et l'abondance des matières comprises dans ce premier 
volume. Nous espérons , en profitant de l'expérience acquise , 
rendre notre publication de plus en plus digne des sympathies 
qu'elle a rencontrées dès son apparition. 

Le Comité de rédaction. 

Les communications ou avis, de quelque nature que ce soit, 
devront être adressés, comme par le passé, à M. H. Jouin, 6, 
rue Garancière, à Paris. 

N. B. Les abonnés qui n'auraient pas reçu une ou plusieurs 
livraisons de l'année 1 884 sont priés de réclamer les fascicules qui 
leur manquent, dans le plus bref délai, chez M. Charavay, 4, rue 
de Furstenberg. Il est indispensable d'indiquer avec précision le 
mois et le numéro des livraisons non reçues. 



PARTIE ANCIENNE. 



BUSTE DE HENRI IV 

ATTRIBUÉ A GERMAIN PILON. 

Communication de M. L. Delisle. 

L'éminent administrateur général de la Bibliothèque nationale nous com- 
munique la note suivante : 

Une liasse de papiers qui m'a été communiquée il y a quelques 
semaines, en vue d'une acquisition qui ne s^est pas faite, contenait 
le testament de Charles de Valois, sieur de La Mare, conseiller du 
roi, antiquaire ordinaire de Sa Majesté, pensionnaire de FAcadé- 
mie royale des inscriptions et belles-lettres, en date du 6 no- 
vembre 1745. 

Il renferme la clause suivante : 

« Il donne et lègue à monsieur le comte de Meurée, mareschal 
« des camps et armées du roy, demeurant rue de Seine, en la 
te maison de M. Lavocat, maître des Comptes, deux bustes de 
« bronze d'Henry quatre et de Marie de Médicis , faits par le 
« célèbre Germain Pillon ; et le prie très humblement d'accepter 
« pour son cabinet cette petite marque de l'amitié respectueuse 
« qu'il luy a toujours portée, et qu'il luy conservera jusqu'au der- 
« nier soupir ; et croit que madame de Vallois voudra bien déli- 
te vrer ce petit legs aussytôt après le décès dudit sieur testateur. » 

Il est à peine besoin de faire remarquer au lecteur que Germain Pilon le 
père, mort le 3 février iSgo, ne saurait être l'auteur de ce buste de Henri IV 
et encore moins de celui de Marie de Médicis. 

Profitons de l'occasion pour rappeler qu'on voyait il y a quelque temps 
chez M. Recappé, le marchand bien connu, un fort beau buste en bronze de 
Henri IV venant du château d'un Blaisois et qui a été restitué par jugement 
à la famille qui le possédait depuis de longues années. 

Une inscription qui donnait le nom de l'auteur de ce bronze ajoutait sin- 
gulièrement à son intérêt, car elle rectifiait du même coup l'attribution du 
buste en marbre de Henri IV conservé au Louvre et qui est la copie ou la 
répétition exacte du bronze en question. 

Voici cette inscription, déjà publiée par M. de Kermaingant dans le Bulletin 
de la Société des Antiquaires de France : 

Voicy l'invincible monarque 
Souz qui l'Univers a tremblé 



Et qui revit malgré la Parque 
En cet ouvrage de Tremblay. 

Cette inscription ne permet pas de supposer que le bronze conservé dans 
le Blésois soit celui qui est mentionné dans le testament de Charles de 
Valois, sieur de La Mare. 

J. G. 



VALAPERTA. 

UN PORTRAIT DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU. 

Dans le supplément aux Mémoires de Jean-Jacques Rousseau, 
ajouté par Musset-Pathay dans son édition des Œuvres, il a cité 
ce passage qui se trouve dans un des ouvrages du Suisse François- 
Louis d'Escherny, né à Neufchâtel en lySS et mort à Paris en 
i8i5. Après avoir dit que Rousseau, toujours malade et ombra- 
geux, lui ferma sa porte, il ajoute : 

« Cette rigueur m'étonna beaucoup, lui qui avoit toujours été 
pour moi rempli de complaisance ; il m'en avoit donné bien des 
preuves. Je me souviens dans ce moment de celle dont j'ai été le 
plus touché; elle remonte à Tannée 1764. 

a Un peintre en miniature, nommé Valaperta, Milanais, m'est 
adressé un jour, je ne sais par qui. Il me supplie de le recom- 
mander à M. Rousseau pour se laisser peindre, que je lui rendrois 
un service qui pouvoit lui faire une petite fortune. Je lui répon- 
dis que je doutois fort que M. Rousseau voulût ainsi prêter sa 
tête à ma recommandation. Cependant, je lui donnai un mot de 
lettre. Il étoit à Motiers-Travers. Je savais que rien ne lui étoit 
plus insupportable que de se faire peindre. Quel fut mon étonne- 
ment quand mon Valaperta vint, quinze jours après, me présenter 
le portrait original, dont il avoit déjà fait plusieurs copies. Son 
intention étoit de les multiplier par centaines et d'aller les vendre 
en Italie, où je suis sûr que beaucoup de gens en ont, ou leurs 
héritiers. M. du Peyrou acheta une de ces copies, mais un jour il 
substitua adroitement sa copie à mon original, qu'il m'escamota 
en plaisantant, et je ne Fai jamais revu. » 

Voilà un portrait qu'on devrait bien connaître et qu'on ne 
connaît guère. A-t-il été gravé ? Sait-on en Suisse où se trouve 
aujourd'hui celui de Monsieur du Peyrou ? 

A. DE MONTAIGLON. 



i 



ANNE RUBENS. 

Bien que les érudîts les plus compétents de la Belgique, ceux 
qui ont spécialement étudié l'école d'Anvers et son illustre chef, 
nous aient dit ne pouvoir rattacher en aucune manière la femme 
nommée dans la pièce suivante à la famille du peintre de la Des- 
cente de Croix, nous publions cependant ce document. Peut- 
être mettra-t-il sur la trace de quelque branche encore inconnue 
de la descendance collatérale de Rubens, Nous le livrons donc 
aux savants de la Belgique, dans Tespoir qu'ils pourront élucider 
la question. Évidemment cette Anne Rubens, native d'Anvers, 
veuve en premières noces d'un sieur de Montigny, remariée au 
s. de la Fuye, n'est pas la première venue. 

Nous retranchons de Tacte les passages de pure formule qui 
l'allongent, sans rien apprendre sur le personnage en question, 

J.-J. GUIFFREY. 

Natur alité à Anne Rubens, natif ve d'Anvers, et à ses trois enfans Jean- 
Augustin de Montigny, Anne-Françoise-Brigide et Dorothée-Clau- 
dine ' . 

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre... salut. 
Nostre bien atnée damoiselle Anne Rubens, natifve de la ville d'An- 
vers, nous a fait remonstrer qu'en laditte ville ayant épousé en 
seconde nopce François de La Fuye, originaire de nostre Royaume 
et y demeurant, elle luy auroit suivy avecq trois siens enfans de son 
premier mary dudict pays de Flandres, à sçavoir : Jean-Augustin de 
Montigny, Anne-Françoise-Brigide de Montigny et Dorothée-Clau- 
dine de Montigny, tous ensemble à présent résident en nostre ville 
de Paris depuis un an, en intention d'y finir leurs jours, faisant pro- 
fession de la religion catholique, apostolique et romaine, mais que, 
comme estrangers, arrivant qu'ils vinssent à décéder, que nos offi- 
ciers voulussent prétendre leur bien nous appartenir, et par consé- 
quent en priver leurs héritiers, nous auroit fait supplier très humble- 
ment luy octroyer pour elle et sesdicts trois enfans nos lettres à ce 
nécessaires. 

A ces causes, désirant favorablement traiter laditte Rubens et ses 
enfans, leur avons permis et permettons par ces présentes signées de 
notre main de résider et faire leur demeure en tel lieu et ville de 
nostre dict Royaume que bon lui semblera, y tenir et posséder à juste 
tiltre les biens qu'ils y ont et pourront cy après acquérir, soit par 

I. Archives nationales, XIa 8674, fol, SgS, 



douaire, succession ou autrement, et d'iceux ordonner et disposer 
tout ainsy que s'ils en estoient originaires et jouissent des honneurs, 
privilèges et libertés dont jouissent et usent nos vrais [sujets], et qu'au 
moyen de nos ordonnances, nosdits officiers [ne] puissent prétendre 
leursdits biens nous appartenir par droit d'aubeine ou autrement, 
les ayant quant à ce et leursdits héritiers et successeurs habilités et 
habilitons par cesdites présentes, et sans que pour ce ils soient tenus 
nous payer, et à nos successeurs Roys, aucune finance et indemnité, 
de laquelle, à quelque somme qu'elle pourroit monter, leur en avons 
fait et faisons don par cesdites présentes, à la charge de finir leurs 
jours en nostredit Royaume, professant ladite religion, et qu'ils ne 
seront facteurs ny commissionnaires d'aucuns étrangers. Sy donnons 
en mandement à nos amés et féaux, Conseillers les gens de nos 

Comptes 

Donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois de septembre, l'an de 
grâce mil six cent soixante-huit, et de nostre règne le vingt-sixième. 
Signé : Louis ; et à costé est écrit : Registre au greffe des expéditions 
de la Chancellerie de France par moy. Conseiller et Secrétaire du 
Roy, greffier desdites expéditions, à Saint-Germain-en-Laye, le 
12» jour d'Aoust 1678. Signé : Louis; et au dos est écrit : Registrées 
au bureau des finances de la Généralité de Paris, ouy le Procureur du 
Roy, information préalablement faite sur la naissance, extraction, 
vie, mœurs, religion catholique, apostolique et romaine, biens et 
facultés des impétrans, par celuy par nous à ce commis pour jouir par 
lesdits impétrans de l'effet et contenu d'icelles selon leur forme et 
teneur, moyennant la somme de trente livres qui a esté employée et 
convertie en aumosnes, le dernier jour de Mars 1678, etc.. (Suit un 
congé audit Augustin-Jean de Montigny de tenir bénéfices avecq 
validation de naturalité, nonobstant la transposition du nom de Jean- 
Augustin aux lettres de naturalité, — février 1680.) 



NORBERT ROETTIERS 

GRAVEUR DE MONNAIES ET DE MÉDAILLES. 

Anvers : 1666 (?); f Paris, 18 mai 1727. 

Norbert Roettiers était cousin germain de Joseph Roettiers ', 
graveur général des monnaies de France et particulier de la mon- 
naie de Paris, à qui l'on doit les coins des plus belles médailles 
de l'histoire de Louis XIV : l'acte mortuaire, du 12' septembre 

I. Voir Joseph Roettiers : Revue de l'Art français, première année, 
livraison de mai 1884. 



— 7 — 

lyoS, donné par A. Jal et par Herluison, établit cette parenté : 
Norbert Roettiers y porte en effet cette qualification. 

Après un long séjour en Angleterre où il travailla dans les ate- 
liers de la Tour de Londres, sous la direction de Joseph, et reçut 
sa nomination de graveur officiel en 1672, il était, avec le reste 
de la famille, rentré en France : le vieux médailleur des rois 
Stuart, Charles II et Jacques II avait, à l'avènement de Guil- 
laume d'Orange, imaginé et exécuté une protestation originale 
qui l'avait fait casser aux gages. Chargé de graver les poinçons de 
la monnaie de billon de l'usurpateur hollandais, l'artiste jacobite 
grave pour la pièce d'un demi-penny une effigie où le derrière de 
la tête figurait le profil d'un satyre cornu ! 

Par suite de cette mauvaise plaisanterie collective, tous les 
Roettiers repassèrent la Manche et prirent le chemin de Paris et 
de Saint-Germain. Au château où se morfondait dans sa morgue 
ascétique le monarque découronné, ce loyalisme fut jugé digne de 
récompense : Jacques II conféra à Norbert Roettiers , sans doute 
à cause de la collaboration qu'il avait prêtée à son cousin dans le 
coin du fameux half-penny piece^ le titre de graveur général du 
roi d'Angleterre. Quatre mois après la mort de Joseph, il reçut de 
Louis XIV, en date du 17 janvier 1704, sa survivance pour l'of- 
fice de graveur général des monnaies du roi de France. 

Les archives d'origine anglaise font mention d'une œuvre assez 
étrange pour être enregistrée ici à titre de curiosité de l'histoire 
de la gravure. 

Jacques II, ce fils morose de la brillante Henriette de France, 
ce besoigneux pensionnaire de Louis XIV, qui s'obstina jusqu'à 
sa dernière heure à se targuer du titre de roi de France et à faire 
figurer les lys dans ses armes, mourut, on le sait, au château de 
Saint-Germain-en-Laye, le 16 septembre 1701. Son testament, 
conservé jusqu'à la Révolution française au collège des Écossais 
de Paris, a été recueilli par la famille anglaise des Tichborne : 
elle conserve également l'inventaire y annexé de tous les objets 
délaissés par sa feue Majesté, et attesté par la reine Marie de 
Modène, sous la date du « 22 juillet de l'an du Seigneur 1703, le 
<f deuxième du règne de notre bien-aimé fils Jacques III, par la 
« grâce de Dieu roi d'Angleterre, d'Ecosse, de France (!) et d'Ir- 
« lande, etc. » 

Pendant les vingt mois écoulés depuis le décès de Jacques II, 
sa veuve et exécutrice testamentaire avait disposé d'un certain 



— 8 — 

nombre d'objets de valeur, entre autres de diverses pièces d'argen- 
terie : pour la plupart ils étaient de provenance anglaise et avaient 
été apportés — la reine l'atteste — à l'époque où la famille fugi- 
tive des derniers Stuart était venue , en bien triste appareil ! 
débarquer à Ambleteuse et recevoir à Boulogne l'hospitalité du 
duc d'Aumont. 

Elle avait cru devoir, avant toute chose, préparer les instru- 
menta regni, les grands et les petits sceaux des royaumes du nou- 
veau souverain Jacques III, Ordre fut donc donné à Norbert 
Roettiers, de par sa charge de graveur de la couronne, de briser 
les sceaux du feu roi et de faire ceux de son successeur ; le grand 
et le petit sceau d'Angleterre furent aussitôt fondus et gravés, la 
matière première en étant prise dans le métal des vieux sceaux 
d'Angleterre et d'Irlande : ceux d'Ecosse, retrouvés également 
dans leur cassette d'argent, étaient en cuivre. 

Pour les sceaux des autres royaumes de ce nouveau Jean Sans- 
Terre, il fallut faire un choix parmi les pièces d'argenterie de la 
famille exilée. La liste étrange des choix ainsi faits se lit en marge 
de l'inventaire devant les articles destinés à ce noble emploi : 

« Argenterie des petits appartements, en charge des pages de sa 
feue Majesté : 

« Deux pots de chambre d'argent, pesant 
« ensemble 4 ™*'"'=^ i <'"'=« 4 b^°^ 

« Une chocolatière d'argent, pesant 262 

« L'un des pots de chambre du poids de 
« 1 3 onces 3 gros a été livré à Roettiers avec 
« la chocolatière, aux fins de servir à faire les 
« sceaux d'Ecosse et d'Irlande. 

« En charge de Middleton, apothicaire : 

« Un mortier et son pilon, pesant ensemble 8 5 o 
prisé à 258 livres i5 sols. 

« Livrés à Roettier^ aux fins de servir à 
« faire les sceaux sus-mentionnés d'Ecosse et 
« d'Irlande. 

« En charge de Menzies , officier de la 
« bouche : 

« Un petit chandelier, du poids de 154 

a Deux grands chandeliers pesant ensemble 620 

« Livrés à Roettier pour les sceaux sus-désignés. 

« En tout livré à Roettier 22 marcs. » 



— 9 — 
Quelle antithèse macabre entre les dispositions testamentaires 
du roi Jacques II et les dispositions industrielles de Marie de 
Modène ! Les sceaux du prétendant roi d'Angleterre, cette /bn- 
taine de tous les honneurs^ cette source pure de la justice et des 
grâces, confectionnés avec un mortier d^apothicaire et un pot de 
chambre, quelle ironie du sort ! ' 

V.-J. Vaillant. 



LES GRAVEURS PARISIENS THEVENON ET GUYON. 

(xVIir^ SIÈCLE.) 

Je trouve dans deux contrats notariés les noms des artistes qui 
suivent, et qu'aucune biographie n'a encore enregistrés. 

F. POUY. 

LouiS'Gaspard Thévenon, graveur, demeurant à Paris, rue de 
Lappe, paroisse Sainte-Marguerite, et Marie-Louise Lombart, sa 
femme. Contrat du 12 juillet 1785. 

Nicolas Guyon, graveur et fondeur en caractères, et D"» Elisabeth 
Pedo, sa femme, demeurant à Paris, rue Saint-Victor, paroisse Saint- 
Nicolas-du-Chardonnet. Contrat du 11 avril 1789. 



PARTIE MODERNE. 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIEES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

M-o ROUILLARD, ROUILLARD, GROS, GÉRARD, COUTAN. 

XVII. M°>e Rouillard. — i833. 
Face antérieure : 

ALDROVANDINE JULIE LENOIR 

PEINTRE 

fille de J. h. LENOIR 

INGÉNIEUR EN CHEF DES MINES, 

ÉPOUSE DE S. J. ROUILLARD, 



— 10 — 

NÉE A PARIS LE IX OCTOBRE MDCCLXXXXVI, 

DÉCÉDÉE A PARIS LE XIV JUILLET 

MDCCCXXXIII. 

Face postérieure : 

ICI REPOSE LE CORPS 

DE JEAN SÉBASTIEN ROUILLARD, 

PEINTRE, MEMBRE DE LA LÉGION d'hONNEUR, 

DÉCÉDÉ A PARIS 

DANS LA 66'' ANNÉE DE SON AGE 

LE lO 8bre i852. 
SPERAVIT ANIMA MEA IN DOMINO. 

CI-GIT 

ETIENNE JULES ROUILLARD 

DÉCÉDÉ DANS SA 20« ANNÉE. 

PRIEZ POUR LUI. 

(Montparnasse, i" division.) 



XVIII. Gros. — i835. 

Face antérieure du monument : 

GROS 

ANTOINE JEAN, 

NÉ A PARIS 

LE l6 MARS I77I, 

MORT A PARIS 
LE 26 JUIN l835. 

ICI REPOSE 

MADELEINE CÉCILE DURAND, 

NÉE A PARIS LE 16 JUILLET 1746 

DÉCÉDÉE A PARIS LE 7 OCTOBRE l83l. 

VEUVE DE JEAN-ANTOINE GROS, 

PEINTRE, NÉ A TOULOUSE. 

REQUIESCAT IN PAGE. 

ICI REPOSE 

AUGUSTINE DUFRESNE, 

VEUVE d' ANTOINE JEAN GROS, 

LE PEINTRE DE JAFFA, 

NÉE A PARIS LE 10 OCTOBRE 1 789 ; 



— II — 

DÉCÉDÉE A PARIS LE l5 JANVIER 1842. 

REQUIESCAT IN PAGE. 

TOUTES NOS JOIES SONT PARTIES AVEC TOI 

ET NE SE RETROUVERONT QU'aVEC TOI. 

ICI REPOSE 

JEANNE MARIE CÉCILE GROS 

yve DE JACQUES AMALRIC 

NÉE LE I I MARS 1/74 

DÉCÉDÉE LE lO MAI 1848. 

Sur le côté droit du buste qui domine le monument : 

SAPHO. 

SABRES d'honneur. 

BONAPARTE A ARCOLE. 

NAZARETH. JAFFA. EYLAU. 

ABOUKIR. PYRAMIDES. SAUL. 

MADRID. WAGRAM. FRANÇOIS I^"". 

LA COUPOLE. DÉPART DE BORDEAUX. 

DÉPART DU ROI. PEINTURES DU LOUVRE. 

BACCHUS ET ARIANE. S' GERMAIN. 

ENTREVUE EN MORAVIE. 

l'amour piqué par UNE ABEILLE. 

AGIS ET GALATHÉE. HERCULE. 

Sur le côté' gauche du buste : 

MASSENA. M^l DUROC. M^"^ DESSOLES. 

G' LASSALLE. LARIBOISSIÈRE. 

g' LEGRAND. VILLEMANZY. 

GALLE. M«"'= KORSAKOFF. MURAT. 

G* VICTOR. M™e LASSALLE. NIEMCEWICZ. 

EUGÈNE. LARIVALLIÈRE. J. BONAPARTE. 

R°e DE WESTPHALIE. M™^ GROS. MACIPS. 

C** DARU. ZIMMERMANN. JOSÉPHINE. 

LOUIS 18. g' RUYÈRE. G^ FOURNIER. ROY. 

LA DAUPHINE. M^^ YERMOLOFF. 

M. YOUSOUPOFF. CHARLES lO. CHAPTAL. 

^me TURPIN DE CRISSÉ. CLOT-BEY. 

(Père-Lachaise, 2 5" division.) 

XIX. Gérard. — 1837. 

Partie supérieure du monument, au-dessous du médaillon 

A LA MÉMOIRE 

DE 

FRANÇOIS GÉRARD, 

PEINTRE d'histoire. 



— 12 — 

Au-dessous, entre les bas-reliefs : Bélisaire et le Christ d'après 
Gérard. 

PSYCHÉ 

LES TROIS GRACES. 

AUSTERLITZ 

HENRI IV 

CORINNE 

St« THÉRÈSE 

LES PENDENTIFS 

DU PANTHÉON ETC. ETC. 

86 PORTRAITS HISTORIQUES 

EN PIED 

ET PLUS DE 200 AUTRES. 

Partie inférieure du monument : 

ICI REPOSENT 

FRANÇOIS PASCAL SIMON 

BARON GÉRARD 

NÉ A ROME 

LE 12 MARS 1770 

MORT A PARIS 

LE II JANVIER 1837. 

JACQUES ALEXANDRE 

GÉRARD 

NÉ A PARIS 

LE l3 AVRIL 1780 

MORT A PARIS 

LE 28 OCTOBRE l832. 

MARGUERITE FRANÇOISE 

MATTËI ÉP. DE F. GÉRARD 

NÉE A ROME 

LE 7 AVRIL 1775, 

MORTE A AUTEUIL, 

LE I^"" DÉCEMBRE 1848. 

SOPHIE CATHERINE 

SYLVOZ ÉP. D'Adre GÉRARD 

NÉE A CHAMBÉRY, 

LE 8 8bre 1792, 

MORTE A PARIS 

LE 16 MARS 1867. 

LA FAMILLE A LEUR MÉMOIRE CHÈRE. 

(Montparnasse, i" division.) 



— t3 — 
XX. Goatan. — 1837. 

A PAUL AMABLE COUTAN, 

PEINTRE d'histoire 

SES AMIS. 

NÉ LE l3 DÉCEMBRE lyQI 

MORT LE 3o MARS l837. 

(Montmartre, 3' division.) 

H. J. 



NECROLOGIE. 



Idrac (Jean-Marie-Antoine), sculpteur. — Le lundi 29 décembre 1 884, 
nous avons conduit le deuil d'un jeune artiste à peine âgé de trente- 
cinq ans. Idrac était né à Toulouse, le 14 avril 1849. Il vint à Paris à 
dix-sept ans et entra à l'Ecole des Beaux-Arts (26 mars 1866), dans 
l'atelier de M. Cavelier. Dès 1869, il obtenait le premier accessit au 
concours du prix de Rome, dont le sujet était un bas-relief représen- 
tant Alexandre buvant, tandis que Philippe, son médecin, lit la lettre 
de Parmenion. Ce travail fut acquis par l'État en vertu d'un arrêté 
ministériel en date du 2 septembre 1869. Au concours de 1871, Idrac 
obtient un rappel de premier accessit. C'est encore un bas-relief qu'il 
vient d'exécuter. Le sujet proposé est la Flagellation de Jésus. Cette 
seconde œuvre est également acquise par l'Etat (arrêté du 28 dé- 
cembre 1871). Enfin, deux ans plus tard, notre artiste remporte le 
premier grand prix. Il avait dû traiter en has-vé\\QÎ Philoctète ramené 
au camp par Ulysse et Neoptolème est soigné par Machaon. Les trois 
ouvrages dans l'exécution desquels s'est distingué l'artiste pendant son 
séjour à l'École sont des bas-reliefs. Les trois œuvres qu'il lui sera 
donné de parachever d'une main savante et déliée, V Amour piqué, 
Mercure inventant le caducée, Salammbô, sont des rondes-bosses. 
Idrac était encore pensionnaire à la Villa Médicis lorsqu'il exposa le 
plâtre de sa statue V Amour piqué (Salon de 1877). L'œuvre fut remar- 
quée. Le marbre, exposé seulement en 1882, acheva de conquérir les 
suffrages des connaisseurs. Cette composition n'est pas moins spiri- 
tuelle que gracieuse. « L'épine qui a blessé le dieu malin, écrivions- 
nous alors, l'oblige à porter sur une seule jambe, mais la douleur 
sera courte; observez les lèvres mutines, et les joues, et le front, et 
les sourcils de l'enfant terrible; il fait ce qu'il peut pour pleurer, 
sans y parvenir; un sourire moqueur lui échappe. Ne le plaignons 
pas. » U Amour piqué, acquis par l'État, est au Musée de Quimper 
(arrêté du 11 mars 1884). Mercure inventant le caducée est l'œuvre 



— 14 — 

la plus forte qu'ait laissée l'artiste. Le public préfe'rera Salammbô; 
la critique se reprend plus volontiers à Mercure. Ce n'est pas que 
ce marbre, exposé en 1879 et acquis par l'Etat pendant la durée 
du Salon (5 juin), soit irréprochable. Salammbô, dont le plâtre 
parut au Salon de 1881 et le marbre à celui de 1882, est plus 
populaire. La composition de cette statue est aussi plus simple, 
plus naturelle que la composition de Mercure inventant le cadu- 
cée, mais le plâtre de Salammbô n'était pas exempt d'une certaine 
recherche, et le marbre, trop affiné, accentue cette faute. Tel 
n'est pas Mercure, dans lequel, à défaut d'un ensemble absolu- 
ment heureux, on signalera toujours d'excellentes parties, une 
science très sûre, une adresse égale au savoir, et je ne sais quoi d'aris- 
tocratique qui ajoute à l'attrait de l'œuvre d'art. L'artiste, dont nous 
parlons, a été trop tôt enlevé pour qu'il lui fût permis de donner sa 
mesure et de laisser une oeuvre de grand caractère. Il y a dans les 
rares ouvrages du jeune maître une sorte d'abdication volontaire qui 
l'empêche d'en imposer à tous, mais la distinction de son ciseau est 
telle qu'elle lui tient lieu de personnalitéyet, en le voyant disparaître, 
tous le regrettent. Il était de ceux sur lesquels on comptait pour gar- 
der fidèlement les hautes traditions de l'École. Après les heureux 
tâtonnements de son début, nul ne doute qu'Idrac eût parlé fièrement 
la langue du sculpteur. Les espérances qu'il laissait concevoir lui ont 
valu de compter deux de ses marbres au JVlusée du Luxembourg, 
le Mercure (arrêté du 21 novembre 1879) ^^ Salammbô (acquise par 
arrêté du 22 mai 1882 et entrée au Musée le 22 juillet de la même 
année). Un buste de Volney, sculpté par Idrac, décore la salle du 
Jeu de Paume au Palais de Versailles (28 août i883). Il avait rem- 
porté une 3» médaille en 1877, une mention honorable à l'Exposition 
universelle de 1878, la médaille de première classe en 1879, et la 
croix d'honneur lui avait été offerte en 1882. L'année suivante, il 
contractait une union inespérée avec la fille de M. Théodore Ballu, 
membre de l'Institut, architecte de l'Hôtel de Ville. Le concours 
ouvert pour le monument à' Etienne Marcel lui avait été propice ; il 
laisse ébauchée la statue équestre du célèbre prévôt des marchands. 
Élève de MM. Cavelier, Guillaume et F aiguière, il a reçu sur sa 
tombe, au cimetière du Père-Lachaise, les adieux émus de son pre- 
mier maître et l'éloge éloquent de M. Guillaume, dont le texte publié 
demeurera l'une des pages les plus remarquables du statuaire écrivain. 
Somme toute, ce n'est pas une faible récompense qu'un éloge dans 
lequel nous relevons cette belle parole sur l'homme intime : « Idrac 
était l'honneur même, » et, sur l'artiste, ce témoignage élevé : « Per- 
sonne ne comprit mieux que lui la dignité de la statuaire^. » — H. J. 

I. Journal le Temps du mercredi 3i décembre. 



— i5 — 

Bastien Lepage (Jules), peintre. — L'année 1884 aura été cruelle 
pour les jeunes artistes déjà célèbres. Après Louis Leloir, après de 
Nittis, voici Bastien Lepage qui vient de succomber à une affection qui, 
depuis longtemps, ne laissait plus d'espoir de guérison. Né à Dam- 
villers (Meuse) le ler novembre i85o, après avoir fait ses études au 
collège de Verdun, il vint à Paris à seize ans et suivit d'abord les 
cours de l'Ecole municipale de dessin pour entrer bientôt dans l'atelier 
Cabanel. Il débute au salon de 1874 et s'annonce comme un portrai- 
tiste singulièrement original dans le portrait de son grand-père et 
dans celui d'une jeune parente en costume de première communiante. 
Aux salons suivants, les portraits de MM. Hayem, Wallon, WolfF, 
Theuriet, Andrieux, de M»e Sarah Bernhardt et de S. A. le prince 
de Galles confirmèrent les espérances inspirées par les débuts du jeune 
artiste. Il expose successivement, en même temps que des portraits, 
la Récolte des pommes de terre, Jeanne d'Arc, V Amour au village, le 
Mendiant, les Foins, la Forge. En 1874, il obtenait une troisième 
médaille, une deuxième l'année suivante, et était décoré en 1879. Il 
est mort le 10 décembre 1884 d'une maladie cancéreuse qui l'empê- 
chait de travailler depuis plusieurs mois. — J. G. 

Zœgger (François-Antoine), sculpteur. — Né à Wissembourg (Bas- 
Rhin), le 17 septembre 1829, le sculpteur Zœgger est mort à Paris, 4, 
rue de Berne, le 2 janvier i885. Il était entré à l'École des Beaux-Arts 
le 8 avril i852. Le concours de gravure en médailles et en pierres fines 
pour le Prix de Rome qui devait avoir lieu en 1859 ayant été reporté 
en 1861, les élèves qui, au printemps de 1869, n'avaient pas trente ans 
révolus furent admis à entrer en loges en 1861. C'est ainsi que 
Zœgger fut au nombre des concurrents, mais il ne remporta pas le 
prix. Pendant longtemps, il s'occupa de sculpture industrielle, ne 
faisant aux Salons annuels que de rares apparitions, notamment en 
1873 où il exposa le modèle d'une statue de la Vierge en cuivre 
repoussé, destinée au couronnement de l'abside de la cathédrale de 
Clermont, et, en 1880, où son buste de Viollet-le-Duc ne resta pas 
inaperçu. Elève de Duret et de Léon Cogniet, Zœgger a été inhumé 
au Père-Lachaise, le dimanche 4 janvier. — H. J. 



EXPOSITIONS. 

Exposition des œuvres de Delacroix. - Le Comité formé pour l'érection 
d un monument à la mémoire d'Eugène Delacroix annonce que l'exposition 
des œuvres du maître aura lieu à l'École des Beaux-Arts pendant les mois 
de mars et d'avril. A cet effet, un pressant appel est adressé aux propriétaires 
d œuvres importantes. L'exposition a déjà rencontré de vives sympathies- 
elle promet de présenter sous ses multiples aspects le génie du grand colo- 
riste - La souscription au monument de Delacroix a produit jusqu'ici un 
total de 1 5,000 francs environ. 



— i6 — 

BIBLIOGRAPHIE. 

Catalogue des objets exposés par les manufactures nationales (Sèvres, les 
Gobelins, Beauvais, Mosaïques) à la 8" exposition de l'union centrale des 
Arts décoratifs (1884). — Paris, Motteroz, in-i2, 210 p. — Il forme quatre 
divisions distinctes précédées chacune d'une notice historique et d'un état 
du personnel de chaque administration. L'exposition de Sèvres compte 
758 numéros; celle des Gobelins ib numéros {759-773); celle de Beauvais 
va du n" 774 à 790; enfin, la manufacture de mosaïques expose 5 numéros 
•seulement, parce que la plupart de ses travaux, rappelés ici, sont à demeure 
dans des monuments publics. — J. G. 

Rapport adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique par M. O. du 
Sartel au nom de la Commission de perfectionnement de la manufacture 
nationale de Sèvres, sur les objets présentés par l'administrateur de la 
manufacture pour figurer à l'exposition de 1884. — Paris, grand in-4% 42 p. 

— Cette brochure résume les appréciations de la Commission de Sèvres sur 
les produits soumis à son examen et sur les importantes améliorations 
apportées à la fabrication par le directeur actuel, M. Lauth. Mais pourquoi 
publier des documents utiles à consulter dans un format aussi incommode? 

— J. G. 

Morand (Louis). — Le baron de Joursanvault et les artistes bourguignons 
(Beaune, Devès, i883, in-8°, 3o p.). L'auteur publie dans cette brochure 
quatre lettres inédites adressées au célèbre amateur de Beaune; ces lettres 
sont écrites par Prudhon (23 juin 1780), Gagneraux (Rome, 2 juillet 1782), 
Gois (8 septembre 1783) et Naigeon (8 février 1790); les trois premières 
appartiennent à la bibliothèque publique de Beaune ; la dernière fait partie 
d'une collection particulière. Ces documents sont d'ailleurs d'un médiocre 
intérêt. — J. G. 

GuESNON (A.). — Réplique à l'auteur des tapisseries d'Arras au sujet de sa 
dernière brochure (Lille, 1884, in-S", 36 p.). Virulente réponse de l'auteur 
de la brochure parue récemment sur la Décadence de la tapisserie à Arras 
pendant la seconde moitié du XVI" siècle, à la notice publiée par M. le 
chanoine Van Drivai, sous ce titre : Des tapisseries de haute lisse à Arras 
après Louis XL — J. G. 

Chevreux (Paul). — La galerie de peinture des princes de Salm. Epinal, 
1884, 36 p. (Extrait des Annales de la Société d'émulation des Vosges.) La 
galerie des princes de Salm qui avaient à Senones leur résidence habituelle 
a formé le noyau du musée d'Epinal. En 1793, un connaisseur du pays fut 
chargé de désigner les tableaux « méritant d'être conservés comme monu- 
ments d'art. » 11 mit à part 120 peintures dont 66 sont aujourd'hui au 
musée d'Épinal et 54 ont disparu depuis 1793. Dans cette dernière catégorie 
se trouvent comprises quarante œuvres d'art détruites dans l'incendie de la 
préfecture en 1808. Ici, comme dans bien d'autres endroits, ainsi que le fait 
remarquer l'auteur de cette notice, les destructions révolutionnaires ont 
causé moins de pertes que l'incurie, la négligence ou le vol. — J. G. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



Février 1885, 



PARTIE ANCIENNE. 



TAPISSERIES 

EXIÎCUTÉES EN l586 POUR LES ÉTATS DE BRETAGNE 

Par pierre DU MOULIN, tapissier parisien, sur les dessins du peintre 
ROBERT PAIGNÉi. 

Documents communiqués par M. Henry Havard. 

En i585, la salle où s'assemblaient les États de Bretagne, dans la 
ville de Nantes, était de'core'e de vieilles tentures dont l'état laissait 
fort à désirer. C'est ce qui ressort nettement d'une supplique adressée 
à Messieurs des États par leur héraut d'armes, René Millon. Dans 
cette pièce, le sieur Millon déclare « que les tapisseries et dais des- 
« dits sieurs des Estatz, lesquelz se tendent dans la salle où ils s'as- 
« semblent chacun an, sont du tout usez et tellement rompuz et 
« deschirez qu'il n'est possible qu'ilz puissent plus tenir tenduz ny 
« servir, comme il se voyoit présentement 2. » A la suite de cette com- 

1. Nous devons la communication de cet important document, signalé 
dans l'Inventaire des Archives du département d'Ille-et-Vilaine, à notre con- 
frère, M. Henry Havard, qui l'a fait copier pour l'utiliser dans le grand ouvrage 
qu'il prépare en ce moment, mais qui a bien voulu en réserver la primeur à 
notre recueil. Nous ne saurions trop le remercier, car le dossier où il nous 
a été permis de puiser à pleines mains présente un ensemble de documents 
qui se rencontrent très rarement au complet; il offre ainsi un intérêt excep- 
tionnel que nos lecteurs apprécieront. 

2. Toutes les pièces analysées ou reproduites en entier font partie d'un 
dossier portant la cote G 2897 (fonds des États de Bretagne), dans les Archives 
du département d'IUe-et-Vilaine. 

REV. ART FR. II 2 



I 



— I» — 

munication, les députés des États s'empressèrent d'aviser. A la date 
du 4 octobre i585, ils prenaient la délibération suivante : « A la dili- 
« gence de M« Gabriel Hus, sieur de la Bouchetière, trésorier des 
« dicts sieurs des Estatz, il sera faict faire six pièces de tapisserye, 
« chacune d'icelles de 3 aulnes de hault et 3 aulnes 1/2 de large, semée 
« d'un costé des fleurs de lys et armes de France, et l'autre d'ermines 
« et armes de Bretagne, et par le hault bordée d'une couronne à 
« hault florons, de la mesme sorte et façon qu'estoit la dicte vieille 
« tapisserye... » D'après ce passage, la nouvelle tenture devait repro- 
duire aussi exactement que possible les dessins et décorations de 
celle que son âge et son état mettaient hors de service. Je passe la 
description d'un dais commandé à la même occasion et dont le détail 
sera fourni par la note du trésorier qu'on trouvera plus loin. 

Plusieurs mois s'écoulèrent avant que la décision prise par les États 
fût suivie d'effet. Elle porte, comme on vient de le voir, la date du 
4 octobre 1 585, et c'est seulement le 19 avril de l'année suivante qu'un 
tapissier signait avec le trésorier chargé de la négociation , ou son 
représentant, le marché dont nous allons donner le texte. Il est 
remarquable qu'à cette époque où les ateliers de Bruxelles jouissaient 
d'une réputation universelle, on ait été s'adresser à un tapissier de 
Paris, le sieur Pierre du Mellin ou du Moulin. C'est également un 
artiste parisien, le peintre Robert Paigné, qui est chargé de fournir 
le dessin ou portrait de la tapisserie, dessin dont il est payé dès le 
24 avril, comme le constate le compte général du trésorier des États, 
et comme l'artiste le reconnaît lui-même dans une quittance qui se 
lit au dos du dessin de la tapisserie et qui est conçue en ces termes : 

« Je soubzsigné Robert Paigne\ m^ peintre à Paris, confesse avoyr 
Il receu de Mons'' de la Giraudière la somme de huict livres esc. || 
pour avoyr faict deux pourtraitz de tappicerye d'ont l'un est || de l'autre 
part, de laquelle somme de huict livres esc, je quicte || led. s'' de la 
Giraudière et touz autres par la présante || que j'ay signée. A Parys, 
le xxnii® jour d'avril mil cinq cens || quatre vingt six. 

« (Signé :) Robert Pennier. » 

Voici le texte du marché passé avec le tapissier Pierre du Moulin : 

Pierre de Mellin, maistre tapissier de haulte lisse à Paris, demourant au 
cymetîère Saincl Jehan, enseigne du Mouton blanc, confesse avoir promis et 
promect par ces présentes à noble homme , Florimont Hus , seigneur de la 
Giraudière, demourant en la ville de Nantes en Bretaigne, ou nom et comme 
soy disant avoir charge et portant fort de noble homme Gabriel Hus, tréso- 
rier des Estais de Bretaigne, demourant audict Nantes, icelluy Florimont 
Hus, à ce présent et acceptant, de faire et parfaire bien et deuraent, au dict 
d'ouvriers et gens à ce congnoissans, six pièces de tapisserie de la plus fine 
layne qui se pourra trouver après la sayette, chacune pièce de trois aulnes 
et demye de haulteur, sur trois aulnes de largeur, y compris les lizières. 



— 19 — 

chacune desdictes pièces my partie des armoiries de France et de Bretaîgne, 
sçavoir : la moitié de ladicte pièce d'azur semée de fleurs de liz jaulne, et 
l'aultre moitié à champ blanc semé d'hermines noires, et par le meillieu de 
chacune desdites moitié y aura deux escussons, assavoir celuy de France sur 
ledict champ blanc, et l'aultre des armes de Bretaigne sur ladicte couleur 
d'azur, avecq les ordres et tleurons y nécessaires, et le tour et bordure des- 
dictes pièces et champ blanc tout semé de branches de lorier et palme, fors 
et excepté au hault desdictes pièces où sera mis une couronne, laquelle cou- 
vrira lesdictz deux escussons, et sy y aura encores à ladicte bordure d'allen- 
tour en trois endroictz la devise du Roy avecq les trois couronnes et 
estoilles, et aux quatre coings de chacune desdictes pièces deux AA et deux 
HH aussi couronnées. 

Plus, faire ung tapis de table de mesme estophe à fleurs de lys et hermines 
par moitié, lequel tapis sera de trois aulnes de long sur une aulne et demye 
de large, sans escussons ne bordures, le tout selon et suivant le portrait et 
painture qui en a esté faict en pappier et qui sera sine et paraphé èsdictes 
parties qui en auront ung semblable, et pour ce faire fournir par ledit du 
Mellin toutes estoffes pour ce nécessaires, et le tout rendre faict et parfaict 
bien et deument comme dict est dedans le quinziesme jour d'aoust prochai- 
nement venant pour tout délay. 

Geste promesse faicte moiennant et à raison de quatre escuz d'or soleil 
pour chacune aulne desdits ouvraiges, aulnaige de Paris, en carré, et mon- 
tant le tout ensemble à la somme de deux cens soixante et dix escuz. Sur 
quoy ledict du Mellin confesse avoir eu et receu dudict sieur de La Girau- 
dière la somme de cent quatre escuz deux tiers à luy faire paiez, comptez et 
nombrez en testons et monnoye, le tout bon, en la présence des notaires 
soubsignantz, dont quictant, et le reste montant huict vingt cinq escuz et 
ung tiers, ledict sieur de La Giraudière le promect et gaige poiier ou faire 
poiier audict du Mellin ou au porteur de la livraison desdictz ouvraiges, qui 
sera audict quinziesme d'aoust prochain. 

Promectants, obligeants chascun en droict soy, corps et biens, renonçans. 
Faict et passé double en Thostel desdictz notaires soubsignantz, après midi, 
l'an i586, le samedi dix neufiesme d'avril, et ont les parties signé la minute : 
Denet et Lecamus, notaires. 

{La fin au prochain numéro.) 



JEHAN II ET FRANÇOIS CLOUET. 

Notre confrère M. Jules Guiffrey a publié ici même le testament 
de François ClouetK C'est une pièce capitale et nous n'avons 
pas l'espoir d'offrir à la Revue de l'Art français un document de 
même valeur sur les peintres des rois François I", Henri II et 
Charles IX. Mais l'histoire de ces maîtres reste encore obscure. 

I. Revue de V Art français, première année, pp. ii3-ii8 et i3i-i36. 



— 20 — 

Leurs ouvrages demeurent, leur vie nous échappe. Il n'y a donc 
pas lieu de rien négliger lorsqu'il s'agit de l'un des Clouet. 

Jal, dont le Dictionnaire critique sera toujours consulté par 
les chercheurs, s'était proposé de donner à son livre un supplément 
étendu. Des motifs indépendants de sa volonté mirent obstacle à 
ce projet. Plusieurs actes d'état civil que Jal n'a pas insérés dans 
son Dictionnaire devaient trouver place au supplément. Nous les 
avons sous les yeux et nous les publions en reportant à Jal l'hon- 
neur de les avoir découverts. 

C'est d'abord un acte de baptême dans lequel Jehan Clouet 
apparaît à titre de parrain de la fille du peintre Guillaume Geof- 
froy. Voici l'acte : 

« Mardj xij° nouembre (i532), Claude, fille de Guillaume Geoffroy, painctre, 
et de Jehanne de Haultemont, dem' rue S' Martin ; parrain, Jehan Clouet, 
painctre; marraine, Claude Ogier, Jacqueline de Haultmont. » (Reg. n» 2 de 
Saint- Jacques-de-la-Boucherie.) 

Qui était ce Guillaume Geoffroy dont le peintre du roi 
Jehan II Clouet devint le compère ? Était-ce un élève de 
Jehan /" Clouet., un élève de Jehan II, ou seulement un ami de 
ce dernier ? 

Une autre fois, le 8 juillet 1540, Jehan II Clouet est parrain, 
en l'église de Saint-Jean-en-Grève, de Geneviève, fille de Mathu- 
rin Régnier. Peut-être sommes-nous en présence d'uH ascendant 
du poète satirique qui naîtra trente-trois ans plus tard, à Chartres, 
de Jacques Régnier, « honorable homme, » l'un des échevins de 
la ville. 

Les registres de Saint - Germain -l'Auxerrois mentionnaient, 
avant l'incendie de mai 1871, le mariage en i55o d'un Jehan 
Clouet avec Jehanne de Junilhac. De ce mariage naquit, le 
9 juin i55i, un fils nommé Jehan qui fut tenu sur les fonts 
par Jehan Clouet, Pierre de Junilhac et Claude Gillot. Ce Jehan 
Clouet appartient-il à la famille des peintres ou n'est-il simple- 
ment qu'un homonyme du maître qui était mort en 1541 ? De 
mieux informés le pourront dire. 

Une dernière note a trait à François Clouet : 

Le 4 juin i55o, « M" Fransois {sic) Clouet fut parrain de Catherine, fille 
de M" Pierre Danstredon et de Marguerite Sainte-Barbe. » 

Cet acte est tiré, comme le précédent, du registre de Saint-Ger- 
main-1'Auxerrois. Nous livrons ces menus faits aux historiens 
futurs des Clouet. 

Henry Jouin. 



à 



— 21 — 

LES ORFÈVRES DE PARIS OFFICIERS MUNICIPAUX. 

(1557-1735.) 

Art. i5« du titre i""" des statuts et privilèges du Corps des marchands 
orfèvres -joyailliers de la ville de Paris, imprime's à Paris l'an 
MDCCXXXIV. 

« Catalogue des marchands orfèvres-joydilliers de la ville de Paris 
qui ont rempli les charges municipales et consulaires de cette ville 
depuis le règne de Henry II jusqu'à présent (173 5). » Extrait des 
archives de la maison comune, des registres de l'hôtel de ville et 
ceux du consulat ^ 

Claude Marcel 2, garde de Forfèvrerie pour la première fois en 
1553, est élu échêvin de la ville de Paris en '557- 

Nicolas Langlois^^ grand garde en 1558, est reçu quartenier 
de ville en 1560. 

Claude Marcel^ grand garde en 1 559, est élu une seconde fois 
échevin en 1 562. 

Claude Marcel^ en charge de grand garde pour la seconde fois, 
et ancien échevin, est reçu conseiller en 1 564. 

Claude Marcel^ doyen de Forfèvrerie, conseiller de ville et 
ancien échevin, est élu juge du consulat de Paris en 1 566. 

Pierre Hautement''^ grand garde en i $60, est élu juge du con- 
sulat en 1 568. 

Il se fit décharger par arrêt du Parlement et lettres patentes. 



1. Registres de la Corporation des marchands en 1671, et de l'hôtel de 
ville de Paris depuis i557. 

2. Marcel Claude, orfèvre de la ville de Paris au xvi° siècle, fils de 
Mathieu, né en i520, parvint aux honneurs et fut tour à tour échevin, con- 
seiller de ville, consul et enfin prévôt des marchands en 1570. Il sut, malgré 
son humeur peu sociable, plaire à la reine Catherine de Médicis, et l'on 
pense qu'il ne s'était pas épargné dans l'infâme complot de la Saint-Barthé- 
lémy- {l^es Argentiers ; — Dictionnaire de l'Orfèvrerie, par l'abbé Texier.) 

3. Langlois Nicolas, orfèvre et ciseleur du xvi" siècle, qui exerçait son 
art dans la ville de Paris, excellait dans ses compositions, regardées comme 
des chefs-d'œuvre d'élégance et de bon goût. De 1542 à i56g, il fut élu sept 
fois garde de sa corporation. (Texier, ouvrage cité.) 

4. Hauteman Lambert (?), orfèvre de la ville de Paris au xvr'' siècle, floris- 
sait en iSSy et fut nommé à cette date orfèvre de la reine Catherine de 
Médicis. [Les architectes de la Renaissance, par Berty.) 



— 22 — 

Claude Marcel, ancien doyen de Porfévrerie, conseiller de 
ville, ancien échevin et ancien juge-consul, est élu prévôt des 
marchands de la ville de Paris en 1 570. 

Jean Beaucousin ^ , en charge de grand garde, est élu consul 
en M77. 

Richard Toutin 2, grand garde en 1 574, est élu consul en l'an- 
née 1578. 

Pierre Nicolas, garde pour la première fois en 1 581, est reçu 
quartenier de ville en l'année • 59i • 

Jean De La Haye ^, garde pour la première fois en 1 587, est 
élu consul en 1 599. 

Pierre Nicolas, grand garde de l'orfèvrerie en 1 597, et quarte- 
nier de ville, est élu consul en 1600. 

Simon Marcés^, garde pour la première fois en 1 598, est reçu 
quartenier de ville en 1 60 1 . 

Jean De La Haye, grand garde en 1601 , et ancien consul, est 
reçu échevin en 1604. 

Jean Beaucousin , second garde en 1605, est élu consul 
en 1607. 

Simon Marcès, garde pour la seconde fois en 1 60 j , et quarte- 
nier de ville, est élu consul en 1608. 



1. Beaucousin Jean, orfèvre et ciseleur du xvi° siècle, exerçait son art dans 
la ville de Paris, où ses talents et les travaux remarquables qu'il exécuta le 
firent nommer huit fois garde de sa corporation, de i556 à 16... (Texier, 
ouvrage cité.) 

2. Toutin Richard, ortèvre et sculpteur de la ville de Paris au xvi' siècle, 
artiste distingué, dont les talents lui valurent d'être nommé, de i52o à 
1575, dix fois garde de sa corporation, est chargé en i573, par la duchesse 
de Lorraine, de lui exécuter un miroir à main, dont le cristal de roche, 
encadré d'ornements en or, était un chef-d'œuvre d'orfèvrerie. (Texier, 
ouvrage cité.) 

3. Delahaye Jean, orfèvre et habile sculpteur du xv]° siècle, fils et élève 
de Claude, exerçait son art dans la ville de Paris, où il s'acquit une grande 
renommée. Eut l'honneur d'être nommé trois fois garde de sa corporation, 
de i588 à 1608, devint l'orfèvre en titre du roi Henri IV, qui le chargea 
d'exécuter la vaisselle de Gabrielle d'Estrée, travail dont cet artiste s'acquitta 
avec un talent remarquable. (Texier, ouvrage cité.) 

4. Marcée Symon, orfèvre et ciseleur parisien du xvi' siècle, résidait sur 
le Pont-au-Change. 11 exécuta en iSgô, pour la cathédrale de Sens, un 
pupitre en argent doré, supporté par deux aigles et décoré au pourtour des 
douze statuettes des apôtres; travail dont on admirait la composition et la 
beauté de la ciselure. (Texier, ouvrage cité.) 



— 2:5 — 

Jacques Benoise \ garde pour la première fois en 1 596, est élu 

consul en 1609. 

Pierre Pelletier^ second garde en 1608, est élu consul en 161 5. 

Charles Aveline, second garde en 161 3, est élu consul en 161 5. 

Charles Ginoux. 
(La fin au prochain numéro.) 



LE PORTRAIT DE LOUIS XV PAR JUSTIN AR 

ET SES COPIES. 

Qui de nous n'a fait du Voyage de Dargenville l'un de ses livres 
de chevet? Aussi, un typographe ayant un jour dans l'ouvrage d'un 
de nos amis dénaturé le nom de Dargenville dont il fit Dargenson, 
c'est en vain qu'un littérateur désoeuvré releva cette coquille et 
tenta de s'en faire une arme. Dargenville, comme Piganiol, Thiéry, 
Sauvai, Corrozet, a sa place parmi les « classiques » de l'écrivain 
d'art français. Mais si les renseignements que donne Dargenville ont 
tous leur valeur, ses jugements sont loin d'être sans appel. Il a par- 
fois la plume un peu rapide. M. Henry de Chennevières, en com- 
muniquant à la i^evwe de l'Art français'^ un intéressant document sur 
Justinar, a rappelé le mot de Dargenville au sujet de cet artiste qu'il 
qualifie de « peintre de portraits très peu estimé ^. » Nous n'avons 
pas à faire l'éloge de Justinar que Piganiol de la Force cite comme 
appartenant à l'Académie de Saint- Luc ''. Aucune peinture du maître 
ne nous est connue. Mais voici ce qu'on lit dans un manuscrit de la 
Bibliothèque de l'Arsenal (Histoire de France , n» 366) intitulé : 
Recueil des présens faits par le Roy en pierreries^ meubles, argente- 
rie et autres, depuis l'année 1662 jusques et y compris l'année 172 t. 

Année 1716. Le... aoust... 

L'original du portrait mis dans le grand cabinet du Roy, peint par Jus- 
tina [sic), revenant à la somme de 700 1. 

Copie dud. portrait pour l'Académie Françoise, revenant à 35o 

Autre copie pour M. le maréchal de Villeroy, gouverneur du Roy, 
revenant à 35o 

Autre copie pour le czar de Moscovie, revenant à 35o 

r 

1. Benoise Jacques (petit-fils, sans doute, de Benoisse Guillaume, orfèvre 
et sculpteur du xv= siècle). 

2. Première année, livraison de novembre 1884, p. 164-165. 

3. Voyage pittoresque, édition de 1765, p. 448. 
^.Description de Paris, édition de 1765, t. Il, p. 129. 



— 24 — 

Autre copie dud. portrait pour M. de la Feuillade, nommé à l'am- 
bassade de Rome, revenant avec sa bordure sculptée d'ornemcns 
dorés, à 480 

Autre copie pour M. de Bellefontaine , commandant la marine à 
Toulon, la bordure sculptée d'ornemens dorés, emballage, droits de 
douanne et autres menus frais, revenant le tout à 58o 

Autre copie pour M. de Somery, envoyé extraordinaire en Bavière, 
revenant à 160 

Cinq autres copies données à différents particuliers, revenant à 21 3 

Il résulte de cette pièce que Justinar a peint le portrait de Louis XV 
avant 1716 et que ce portrait ne dut pas être trop défectueux puisque 
le roi ou le régent en firent distribuer onze copies , tant en France 
que chez les princes étrangers, l'original ayant été placé dans le 
« grand cabinet de Sa Majesté, » et payé sept cents livres. Dargenville 
ne connaissait donc pas ces détails quand il écrivait que notre peintre 
était « très peu estimé? » Les faits contredisent son assertion. 

Henry Jouin. 



PARTIE MODERNE. 



LES SCULPTEURS DE LA RESTAURATION. 

1815-1823. 

Les papiers de la Maison du Roi sous la Restauration sont déposés aux 
Archives nationales. Ils renferment des pièces fort curieuses sur les travaux 
d'art et la décoration des édifices publics à cette époque. Nous donnerons ici, 
comme échantillon, la liste d'un certain nombre de dossiers constatant la 
remise à divers sculpteurs de blocs de marbre pour l'exécution de statues ou 
de bustes commandés par l'Etat. Ces pièces sont classées chronologique- 
ment. Les cartons dans lesquels ces pièces sont conservées portent la cote 
02 1280, n°^ 2, 3 et 4. 

J.-J. GuiFFHEY. 

i8i5. 
Remise à Lorta d'un bloc pour la restauration d'une statue de 
Louis XIV, placée dans l'Orangerie de Versailles. 

1816. 
Remise à Bosio d'un bloc pour l'exécution d'un buste du Roi 

pour la ville de Chalon-sur-Saône. 
Remise à Peyre^ architecte, d'un bloc pour le monument de la 

reine Marie-Antoinette à la Conciergerie. 



— 25 — 

Remise à Bridan d^n bloc pour la statue d'Epaminondas mou- 
rant. 

Remise à Cartellier d'un bloc pour la statue du général Pichegru. 

Remise à Espercieux d'un bloc pour une statue de Philoctète. 

Remise à Bosio d'un bloc pour la statue du duc d'Enghien. 

Remise à Valois d'un bloc pour un buste du Roi. 

Remise à Romagnesi d'un bloc pour un buste du Roi. 

Remise à Valois d'un bloc pour le buste de la duchesse d'Angou- 
lême. 

Remise à M"® Julie Charpentier d'un bloc pour le buste de 
Gérard Audran. 

Remise à Foucou d'un bloc pour le buste de P. Puget. 

Remise à Fortin d'un bloc pour le buste de La Bruyère. 

1816-1817. 

Remise à Cartellier d'un bloc pour la construction de deux 

monuments élevés à Reims à Louis XV et à Louis XVL 

1817. 

Remise à M"® Julie Charpentier d'un bloc pour le buste du 

Dominiquin. 
Remise à Dupaty d'un bloc pour une Vierge, pour Saint-Ger- 

main-des-Prés. 
Remise à Dupaty d'un bloc pour un buste du Roi. 
Remise à Gaulle d'un bloc pour la statue de Louis XVI à genoux. 
Remise à Petitot d'un bloc pour la statue de Marie-Antoinette à 

genoux. 

1818. 

Remise à Delaitre d'un bloc pour le buste de Carie Dujardin. 
Échange de trois bustes (duc d'Angoulême, duc et duchesse de 

Berry) faits par Rutxhiel. 
Remise à Rutxhiel d'un bloc pour le buste du duc de Richelieu. 
Remise à Matte d'un bloc pour un buste de Van Dyck. 
Échange du buste de Falconet, par Flatters, contre un bloc de 

marbre. 
Remise à Raggi d'un bloc pour le buste de Ducis. 
Remise à Mansion d'un bloc pour la statue de Cydippe. 
Remise à Deseine d'un bloc pour un buste de Montaigne. 
Remise à Guillois d'un bloc pour un buste de Corneille. 
Remise à Fortin d'un bloc pour un buste de Visconti. 



— 26 — 

Remise à Delaistre d'un bloc pour un buste de Buflfon. 
Remise à Romagnesi d'un bloc pour un buste de Fontenelle. 
Remise à Stubinit^ki d'un bloc pour un buste de J . Racine. 
Remise à £)e^<a[;^ d'un bloc pour un buste de Montesquieu. 
Échange de deux blocs contre un buste de Philippe de Cham- 
pagne de Fortin. 
Remise à Guichard d'un bloc pour le buste de Turgot. 

1819. 

Demande d'un bloc par Gayrard pour une statue de l'Amour. 

Demande d'un bloc par Mansion pour un buste de Philippe de 
Champagne commandé par le Ministère. 

Remise à Stubinitsky d'un bloc pour une statue de l'Amour. 

Remise de deux blocs pour le monument du Maréchal Perignon 
au Père-Lachaise. 

Remise à Valois d'un bloc pour le buste de Bernardin de Saint- 
Pierre. 

Remise à Flatters d'un bloc pour le buste de Dehlle. 

Remise à M"^ Julie Charpentier d'un bloc pour le buste de Vien. 

Remise à Pujol d'un bloc pour le buste de Lagrange. 

Remise à Raggi d'un bloc pour une statue de Montesquieu. 

Remise à Le gendre- H ér al d'un bloc pour un buste de Jeanne 
d'Arc. 

Remise à Delaistre à^nn bloc pour une statue de Phocion. 

1820. 

Remise à Cartellier d'un bloc pour une statue de Minerve. 
Remise à Jacquot d'un bloc pour un buste de Berghem. 
Remise à Valois d'un bloc pour un buste de Chaudet. 
Remise à Petitot d'un bloc pour le buste de l'amiral Forbin. 
Remise de blocs pour le monument du duc de Berry, à Lille, 
Remise à Raggi d'un bloc pour un groupe de l'Amour surpre- 
nant Psyché. 

{La fin au prochain numéro.) 



ÉPITAPHES DES SCULPTEURS CALLION ET PAJOU. 

A la suite de la fermeture et de la désaffectation du cimetière de Clamart, 
le Musée Carnavalet a recueilli un certain nombre d'inscriptions funéraires 
intéressantes, gravées sur la pierre ou le marbre ; deux sont relatives à des 



_ 27 — 

artistes. Elles sont gravées en capitales ; nous les transcrivons en respectant 
la disposition des lignes : 

CY GIT 

JEAN GASPARD CALLION 

ANCIEN SCULPTEUR DU 

ROI DE SUÈDE ET MENBRE [stc] 

DE l'académie impériale 

DES BEAUX ARTS DE S' 

PÉTERSBOURG, NÉ A PARIS 

LE 22 JANVIER IJl3 ET 

DÉCÉDÉ A PARIS LE 1 6 SEPTEMBRE 

i8io. 

Il est donc mort à quatre-vingt-dix-sept ans, ce qui est un bel âge, mais il 
faut avouer qu'il n'en est pas pour cela beaucoup plus connu. Il ne figure pas 
dans les livrets de l'Académie de Saint-Luc, et il manque aux Artistes fran- 
çais à l'étranger de M. Dussieux comme au Dictionnaire des Artistes fran- 
çais d'Emile Bellier. Ce serait à nos lecteurs suédois et russes, si nous en 
avons, à nous renseigner sur son compte. 

La seconde épitaphe se rapporte par contre à un artiste si cqnnu qu'il n'y 
a rien à en dire; elle s'ajoutera aux actes relatifs à sa fille, la femme de 
Clodion, et à son fils, Jacques- Augustin-Catherine Pajou, qui fut peintre 
(Herluison, p. 80-81 et 33i-332; Gabet, p. 525-627). 

a la mémoire 

d'augustin PAJOU 

statuaire 

MEMBRE DE l'iNSTITUT, ET DE LA LEGION d'hONNEUR, 

NÉ A PARIS LE XIX SEPTEMBRE MDCCXXX, 

DÉCÉDÉ A PARIS LE Vllt MAI MDCCCIX. 

LE PREMIER, DEPUIS LA FONDATION DE l' ACADÉMIE, 

IL REMPORTA A DIX HUIT ANS LE GRAND PRIX DE SCULPTURE. 

SES OUVRAGES MULTIPLIÉS 

ET, ENTRE AUTRES, LES STATUES DE BOSSUET , TURENNE ET PASCAL, 

l'ont placé au PREMIER RANG PARMI LES ARTISTES, 

LA DROITURE, LA NOBLESSE, LA DOUCEUR DE SON CARACTÈRE, 

LES GRACES PIQUANTES DE SON ESPRIT, 

ONT ÉTÉ DIGNES DE SES TALENTS. 

SES ENFANTS 

LUI ONT ÉLEVÉ CE MONUMENT DE LEUR TENDRESSE, 

DE LEUR RESPECT, 

ET DE LEURS ÉTERNELS REGRETS. 

De profundis. 



— 28 ~ 

Comme ornement, la plaque de marbre a, des deux côtés de l'inscription, 
une amphore lacrymatoire, dans le haut des outils professionnels, à gauche 
un touret ou pour mieux dire un trépan; à droite un compas de calibre, un 
marteau de sculpteur et un ébauchoir. Au centre un médaillon avec son 
profil tourné à droite et entouré d'une guirlande à laquelle pend une croix 
de la Légion d'honneur; le médaillon est signé sous la coupure du cou : 
BRiDAN FECiT iSoQ. On 3 VU récemment à l'exposition du xviii" siècle, rue de 
Sèze, son buste, sculpté par Roland en i8oo (Cf. ce Bulletin, p. 41). 

A. DE MoNTAIGLON. 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIEES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

DUPRÉ, JOHANNOT, CHENAVARD, M"» HUCHEROT DE MALHERBE, 
COSSARD, LANGLOIS. 

XXI. Dupré. — 1837. 
Face antérieure : 

LOUIS DUPRÉ. 

A \ 

NOTRE AMI j 
NÉ A VERSAILLES LE IX JANVIER 

MDCCLXXXIX 

MORT A PARIS LE XIII OCTOBRE 

MDCCCXXXVII. 



Côté droit 



Côté gauche 



PEINTRE D HISTOIRE. 
ÉTUDES EN ITALIE. 

PORTRAITS. 
VOYAGE A ATHÈNES 

ET 

A CONSTANTINOPLE 

EN 1819. 

PAYSAGES. 

VUES HISTORIQUES. 

DESSINS. 

LITHOGRAPHIES. 

LE ROI JEROME 

SAUVANT UN DE SES GARDES. 

HOMÈRE 



— 29 — , 

AU TOMBEAU d' ACHILLE. 

CAMILLE 

s'OPPOSANT 

AU TRAITÉ 

DES GAULOIS. 

s' MÉDARD 
COURONNANT 
LA ROSIÈRE. 

Sur la pierre tumulaire : 

MARIE HYACINTHE 

DUPRÉ 

NÉ A CUMIÈRES (MARNe) 

LE 23 OCTOBRE Ijb'] 

MORT A PARIS 

LE I" JUIN 1828 

DE PROFUNDIS. 

(Montparnasse, i3' division.) 
XXII. Johannot. — 1837. 

ALFRED JOHANNOT 
1837. 

TONY JOHANNOT 
l852. 

M™" JOHANNOT 
LEUR MÈRE. 

HENRY POTTIN 
1864. 

(Montmartre, 3* division.) 



XXIII. Chenavard. — i838. 

PAUL CLAUDE AIMÉ CHENAVARD 

HENRY CHENAVARD 

NATIFS DE LYON. 

FRANÇOIS MARIE CHENAVARD 
NÉ A LYON. 

JOSÉPHINE DE FAYOLLE 
V^e DE FRANÇOIS MARIE CHENAVARD. 

(Père-Lachaise, 49' division.) 



— 3o — 

XXIV. M"e Hucherot de Malherbe. — i838. 

EULALIE CLAIRE 

HUCHEROT DE MALHERBE 

DE DIJON, PEINTRE d'hISTOIRE, 

MORTE A DIX HUIT ANS 

14 JUILLET l838. 

SUR NOTRE TERRE HÉLAS ! TU n'aS FAIT QUE PARAITRE, 

d'un GÉNIE EN SA FLEUR, LA MORT A TRIOMPHÉ, 

QUAND POUR ORNER TON FRONT, LE LAURIER VOULAIT NAITRE, 

LES NOIRS CYPRÈS l'oNT ÉTOUFFÉ. 

oh! combien je t' AIMAIS, TON AME ÉTAIT MON AME 

CE n'est PAS POUR TOUJOURS QUE JE TE DIS ADIEU 

MON ENFANT BIEN'AIMÉ, MON AMOUR TE RÉCLAME, 

AU REVOIR... CAR j'iRAI TE DEMANDER A DIEU. 

A DEMAIN MA CLAIRE. 
PASSANS PRIEZ POUR ELLE. 

(Père-Lachaise, 4= division.) 

XXV. Cossard. — i838. 

ICI REPOSENT 

JEAN 

COSSARD 

PEINTRE CHIMISTE, 

DÉCÉDÉ LE 28 OCT. l838, 

ÂGÉ DE 74 ANS, 

ET 

FRANÇOISE GENEVIÈVE 

PAUZE 

VEUVE COSSARD 

DÉCÉDÉE LE 28 AVRIL 1 842 

ÂGÉE DE 74 ANS. 

AMÉLIE COSSARD 
DÉCÉDÉE LE 14 OCTOBRE l852. 

(Montparnasse, i6« division.) 

XXVI. Langlois. — i838. 

J. M. LANGLOIS, 

PEINTRE d'histoire, 

MEMBRE DE l'iNSTITUT, 

CHEVALIER 

DE LA LÉGION d'hÔNNEUR. 

28 DÉCEMBRE l838. 



— 3i — 

MARIE NATHALIE LANGLOIS 

DÉCÉDÉE 

LE 8 MARS 1845 

A l'âge de 18 ANS. 

CÉCILE ROSE LANGLOIS 

DÉCÉDÉE 

LE 6 AOUT 1846 

A l'aGE de 12 ANS. 

SUZANNE ROSINE LANGLOIS 

NÉE POULLAIN 

DÉCÉDÉE 

LE 2 5 Qbre 1849 

A l'âge DE 57 ANS. 

HONORÉE ROSE POULAIN 

NÉE JACQUES 

DÉCÉDÉE 

LE 8 gbre i85l 

A l'âge de 82 ANS. 

(Montparnasse, ^'' division.) 



NÉCROLOGIE. 



H. J. 



Bresdin (Rodolphe), graveur. — C'est le 14 janvier i885 qu'est 
mort à Sèvres un artiste auquel M. Champfleury a fait jadis une réelle 
notoriété par sa nouvelle Chien-Caillou. Cet artiste était graveur et 
s'appelait Rodolphe Bresdin. On assure qu'il travaillait de son métier 
de tanneur deux ou trois jours de la semaine, et le reste du temps il 
faisait de la gravure. Il avait débuté par l'eau-forte et s'était mis 
ensuite à la lithographie. Ses planches sont bizarres, mais non sans 
intérêt. Il logeait pêle-mêle avec des animaux de toutes sortes, chats, 
poules, lapins. Il s'était retiré en dernier lieu à Sèvres, oij il jardinait. 
Il est mort à soixante-trois ans. M. Champfleury s'est occupé de 
Bresdin à un point de vue humouristique, mais Thoré , dans ses 
Salons, a étudié en critique l'œuvre du graveur. On peut lire dans la 
Chronique littéraire et scientifique de la Gironde du 18 janvier i885, 
à la suite d'une réimpression de Chien-Caillou, une intéressante cau- 
serie sur Bresdin signée Argus. — H. J. 



— 32 — 

BIBLIOGRAPHIE. 

GoMOT (H.). — Marilhat et son œuvre. Clermont-Ferrand, 1884, in-12 de 
loi p. Ce court volume est écrit avec amour. L'auteur suit son modèle dans 
toutes les phases de sa vie, empruntant volontiers à la correspondance de 
Marilhat les traits saillants qui révèlent l'homme intime, et aux critiques en 
renom leurs pages les plus heureuses sur l'œuvre du peintre. Nous regrettons 
que la lettre si fière adressée par Marilhat à Ricourt, directeur de V Artiste, 
et que posséda Fillon, ne soit pas tombée sous les yeux de M. Gomot, car la 
physionomie sympathique et très personnelle du maître ne saurait être 
observée de trop près. M. Gomot raconte dans les dernières pages de son livre 
l'histoire d'une toile apocryphe de Marilhat entrée furtivement au Louvre. 
L'anecdote est curieuse et M. Bellel, l'auteur de la toile en question, ayant 
reconnu lui-même l'espièglerie, on ne peut mettre en doute le fait raconté. 
M. Gomot cite les Musées de Lyon, du Mans et de Montpellier comme étant 
les seuls Musées de France qui possèdent des œuvres du maître ; il convient 
d'ajouter celui de Dijon dans lequel nous trouvons inscrit sous le n" 1197 
Vue du Pont du Gard, dessin à la mine de plomb exposé au Salon de i838. 
Rappelons aussi qu'un buste de Marilhat par Hyacinthe Chevalier a été 
exposé en i853. — H. J. 

Beraldi (Henri), — Les Graveurs du XIX' siècle, première livraison : 
Abbema-Belhatte (Paris, Conquet, rue Drouot, 5). L'ouvrage dont nous 
annonçons la première livraison est appelé à rendre les plus grands ser- 
vices aux amateurs d'estampes en répandant le goût de la gravure. Plus 
d'un travailleur acharné eût reculé devant la tâche écrasante de dresser l'état 
de la gravure au xix" siècle. M. Beraldi mérite donc tous les encouragements 
pour l'avoir entreprise; nul n'était plus capable que lui de s'en tirer avec 
honneur. Il s'est bien gardé de tout cataloguer, c'eût été aller au-devant 
d'un échec certain. Mais il sait établir les distinctions légitimes entre 
l'image d'actualité et la véritable œuvre d'artiste. Son livre est un catalogue, 
mais un catalogue raisonné des graveurs au burin, des aquafortistes et aussi 
des lithographes. — J. G. 

H^usELMANN. — Manucl de poche de l'instituteur pour renseignement du 
dessin. — Petit traité d^ornements polychromes, manuel de poche (Zurich, 
Orell Fûssli, éditeur). Depuis que le dessin fait partie des matières de l'en- 
seignement primaire et secondaire, les ouvrages sur cet enseignement ont 
pullulé. Parmi les publications auxquelles le nouveau programme a donné 
naissance, nous en connaissons peu d'aussi intelligentes et d'aussi utiles que 
celles de M. Hœuselmann. Dans ces carnets, l'auteur a condensé un très grand 
nombre de figures allant des tracés géométriques les plus simples aux orne- 
ments les plus délicats, mais jamais compliqués; car ces figures sont desti- 
nées à être tracées à la craie sur le tableau noir pour être reproduites au 
crayon par des enfants de dix à treize ans. Dans son traité élémentaire d'or- 
nements polychromes, destiné évidemment à une classe d'un degré supérieur, 
l'auteur, en s'étudiant à donner des combinaisons très simples, prend toujours 
soin de désigner les couleurs qui doivent être employées, bonne précaution 
quand on s'adresse à des commençants. — J. G. 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 
3. — Mars 1885. 

PARTIE ANCIENNE. 



TENTURES DE LA CHAMBRE DU ROY 

EN 1624. 

Note communiquée, par M. J. Roman. 

Inventaire de ce qui a esté envoyé à Versalle par la Royne 
mère du Roj^, le sei\iesme décembre 1624. 

Premier, une tenture de tapisserye contenant huict pièces de 
ristoire de Marq-Anthoine sur trois aulne de hault et vingt cinq 
à vingt six aulne de tour, pour servir à la chambre du roy, estant 
estoffe de Flandre. 

(Affaires étrangères, France, 778, p. 216.) 



MARCHE PASSE 

PAR LES MOINES DE SAINT-JULIEN DE TOURS 
POUR QUATRE TABLEAUX, PAR JACQUES HOUX, MAITRE ES ARTS DE PEINTURE. 

7 avril i663. 

Le nom de Jacques Houx est inconnu, je crois ; du moins ne l'ai-je 
rencontré dans aucune des biographies plus ou moins universelles 
que j'ai pu consulter. Dans l'acte qui suit , il est qualifié maître es 
arts de peinture. Cela signifie sans doute qu'il appartenait à une cor- 
poration de peintres. Mais existait-il à Tours, vers cette époque , une 
corporation de ce genre ? Le fait me paraît au moins douteux, n'en 
ayant jusqu'ici vu aucune mention. 

REV. ART FR. II 3 



- 34 - 

Il ne faudrait pas trop se hâter de juger du talent de Jacques Houx 
par la modicité du prix qu'on payait ses tableaux et dont ne se con- 
tenterait certes pas le plus détestable barbouilleur de notre temps 
{120 liv.). Moins de dix ans auparavant, en 1654, un peintre, juste- 
ment surnommé le Raphaël français, Le Sueur, à la fin de sa trop 
courte carrière et dans toute sa gloire, ne recevait que six cents francs 
pour les quatre tableaux exécutés à Marmoutier, et dont trois font 
encore l'ornement du Musée de Tours ^ Si Jacques Houx avait le 
quart du talent de Le Sueur, on doit grandement déplorer la perte 
de ses œuvres, disparues probablement à l'époque de la Révolution. 

Notons, en passant, la mention du Jubé qui décorait la belle église 
de Saint-Julien, comme presque toutes celles du moyen âge, de cer- 
taine dimension, et dont il ne reste plus aucune trace. 

Ch. DE Grandmaison, 
Archiviste d'Indre-et-Loire, 
Membre non résidant du Comité des Travaux historiques. 

« Du septiesme jour d'apvril mil six cents soixante et trois, tous les 
religieux de l'abbaye de Saint-Julien de Tours, estants capitulairement 
assemblez, au son de la cloche à la manière accoustumée, ont conclud 
et arrcsté qu'on passeroit acte aveque Jacques Houx, maistre es arts 
de peinture pour la façon de quatre tableaux pour meetre es ovalles 
et cadres de pierre du jubé, scavoir est : un de la Trinité en terre, 
l'autre de la Trinité au ciel, toutes les deux représentant le Père, le 
Fils et le Saint-Esprit, lesquels seront mis es deux ovalles des deux 
autels ; les deux aultres pour remplir le dedans des cadres qui sont 
soubs le crucifix de costé et d'aultre du jubé ; l'un représentant saint 
Pierre, l'aultre la Magdelaine à my corps seulement, l'un et l'aultre 
dans leur pénitence. Lesquels tableaux ledit Houx fera bien et deue- 
ment de bonne et fine peinture à l'huile, et sera obligé de les rendre 
faicts et accomplys à la Saint-Jean prochaine, scavoir est : celuy de la 
Trinité en terre dans huictaine , celuy de la Trinité au ciel, deux 
jours devant le dimanche et solennité de la Trinité, et les deux aultres 
audict jour de Saint-Jean, moyennant le prix et somme de six vingts 
livres qui luy sera payée quand il fournira lesdicts tableaux et en 
cas que les quatre tableaux ne soient faicts dans le temps arresté, ledict 
Houx sera obligé es despends', dommages et intérêts et la commu- 
nauté libre de les accepter ou refuser. 

« Le registre est signé : F. Arsène Mancel, F. René Flandron, 
F. Magloire Vaillant, F. Julien Saulnier, scribe du chapitre. » 

(Archives d'Indre-et-Loire. — Registre des délibérations et actes capitulaires 
de l'abbaye de Saint-Julien de Tours, allant de iGSy à 1705, p. ii3.) 

1 . Vcar nos Documents inédits pour servir à l'histoire des arts en Touraine, 
p. 98 et suiv. 



— 35 — 
JEAN-BAPTISTE BLANCHARD 

MAITRE PEINTRE. 

Un artiste du nom de Jean-Baptiste Blanchard vécut à Paris au 
commencement du xvni« siècle. Il n'a, selon toute apparence, de 
commun que le nom avec Jean-Baptiste Blanchard, peintre ordi- 
naire du roi (1642) et membre de l'Académie de peinture (i663). 
Notre peintre ne doit pas être, croyons-nous, le fils de son homo- 
nyme, mort en i665, âgé de soixante-dix ans environ, car nous 
voyons qu'il se maria seulement vers lyoS ou 1704, avec Marie- 
Charlotte Le Sueur, fille de François Le Sueur, sculpteur, qui 
demeurait rue Saint- Vincent ou du Dauphin, sur la paroisse Saint- 
Roch. Nous n'avons pas retrouvé l'acte de mariage de Jean-Baptiste 
Blanchard, mais en revanche nous savons qu'il eut sept enfants de sa 
femme, baptisés à l'église Saint-Roch. Sur l'acte de baptême de l'un 
d'eux, Blanchard prend la qualification de « maître peintre, demeurant 
rue Saint-Honoré. » Les enfants de l'artiste furent Marie-Charlotte 
(baptême du 14 décembre lyoS), Marie-Françoise Charlotte (18 août 
1708), Jean-Baptiste-François (9 août 1709), Jean-Baptiste-Charles 
(17 septembre 1710), Martine-NicoUe (28 mars 17 12), Anne-Charlotte 
(8 mars 1714), Marie-Catherine (11 février 1717). Aucun écrivain, 
que nous sachions, n'a signalé cet artiste. Nous ignorons à quel 
genre de peinture il s'est adonné, car nous ne connaissons pas 
d'œuvre portant son nom. — Les éléments de cette notice ont été 
puisés par nous dans les papiers inédits d'Auguste Jal. 

Henry Jouin. 



LETTRE DE CHARLES-NICOLAS COCHIN 

SUR UN DESSIN DU CABINET DU ROI. 

Mémoire présenté à Monsieur de Vandieres, conseiller du Roy 
en ses conseils, Directeur et Ordonnateur General de ses Bâti- 
ments, Jardins, Arts, Académies et Manufactures Royales. 

Monsieur, 
Cochin le fils, garde des desseins du cabinet du Roy, a Thon- 
neur de vous représenter que dans la collection des desseins du 
Roy, dont vous lui avez fait la grâce de lui confier la garde, il y 
a un très grand dessin roulé du Martire de Sainte-Cécile, peint 
à Rome dans Téglise de Saint- Louis-des-François, par le Domi- 



— 36 -- 

niquain, qui paroist bien original de ce maistre et est d'une très 
grande beauté. Ce morceau précieux est dans un état de vétusté qui 
menace d'une ruinetropprocliaine. Il est d'une telle grandeur (ayant 
dix à douze pieds de large sur neuf ou dix de haut) qu'outre la dif- 
ficulté de trouver un lieu commode pour Texposer à la vue des 
élèves ou des amateurs, il seroit dangereux de le dérouler fré- 
quemment et il seroit détruit en peu de temps, ainsi ce morceau_, 
qui pourroit être d'une grande utilité pour Tétude, demeure 
absolument inutile. D'ailleurs , il n'est point entier , tout le 
grouppe du milieu manque. Ainsi il paroist qu'il n'y auroit aucun 
inconvénient à le couper par grouppes en trois ou quatre morceaux 
ensuitte retendre ces morceaux de l'ancienne toile sur de nouvelles 
toiles. Alors, devenu plus portatif, il peut devenir un objet d'étude 
très important à ceux qui demanderont à le copier, étant monté 
sur un châssis, il ne sera plus exposé au frottement qu'il éprouve 
à chaque fois que l'on le veut dérouler et une grandeur trop éten- 
due n'empêchera plus qu'on ne puisse serrer ces parties dans 
quelque armoire et qu'on ne puisse prendre tous les soins néces- 
saires à sa conservation. J'insiste avec quelque empressement 
sur la restauration de ce grand dessein, parce qu'il me paroist un 
des plus rares et des plus curieux que le Roy ait dans son 
Cabinet. 

COCHIN. 

Les peintures de Zampieri n'ont pas cessé de décorer la seconde 
chapelle, à droite en entrant, de notre église nationale de Saint-Louis- 
des-Français. Elles ont trait, comme on le sait, aux épisodes princi- 
paux de la vie de sainte Cécile. Le carton si soigneusement couvé 
par Cochin est inscrit au Louvre sous les numéros 897, SgS, 399 de 
nos Inventaires et exposé dans les salles. 

Henry de Chennevières. 



LETTRE DE BASAN PERE 

relative a un œuvre de c.-n. cochin. 
Communication de M. Maurice Tourneux. 

J'ai copié la lettre suivante, en 1882, à la bibliothèque de l'Univer- 
sité d'Upsal, dans l'un des volumes de correspondance légués par 
Gustave III à cet établissement. Bien que rien n'indique le nom et la 
qualité du destinataire, il est permis de supposer qu'elle est adressée 



- 37- 

à quelque mandataire du roi à Paris. Cochin était mort le 29 avril 1790, 
la lettre de Basan est du 2 5 octobre : le rapprochement de ces deux 
dates indique que la curiosité royale avait été évidemment provoquée 
par une perte aussi récente. Toutefois, l'affaire ne se conclut pas et 
Basan ne put même parvenir de son vivant à se défaire de cet œuvre 
si soigneusement rassemblé, car le catalogue de sa vente après décès 
(ler décembre 1798), rédigé par L.-F. Regnault-Delalande, en ren- 
ferme, sous le n" 748, une description qui n'a pas moins d'une page 
et demie. Les trois volumes, reliés en veau à filets , furent vendus 
201 livres. Ce qu'ils devinrent, je l'ignore, et je ne sais pas davantage 
si le recueil vendu au Cabinet des estampes de Vienne existe encore; 
peut-être l'un de nos correspondants pourra-t-il nous l'apprendre ? 

Maurice Tourneux. 

Monsieur, 

Personne, j'ose le dire, ne peut mieux que moy remplir votre 
demande au sujet de l'œuvre de feu M. Cochin, l'ayant formé 
depuis plus de trente ans et rassemblé avec soin à mesure qu'il 
travailloit ou que l'on gravoit d'après ses dessins. 

Vous savez que presque tout ce qu'il faisoit étoit pour entrer 
dans différents ouvrages de littérature, science et art, et que pour 
avoir de bonnes épreuves, il falloit les tenir des graveurs, car 
toutes celles qui se trouvent dans le livre sont souvent mal impri- 
mées. 

Mon œuvre est composé de plus de 2,000 morceaux tant grands 
que petits, y compris cependant ceux qui s'y trouvent doubles et 
quelquefois triples , mais avec des différences , soit à l'eau-forte , 
soit avant la lettre, différences qui augmententla curiositédel'ama- 
teur dans un œuvre aussi varié et aussi étendu que celui du sieur 
Cochin. Le tout est mis très en ordre dans trois grands volumes- 
atlas avec des apostilles et explications qui indiquent les ouvrages 
où ces pièces sont insérées. Le moindre prix que je puisse le passer 
est de cent louis. On m'en donnerait 200 pour en procurer un 
pareil qu'il me seroit impossible de rassembler une même quan- 
tité en bonnes épreuves. Il y a dix ans qu'un particulier qui l'avoit 
pareillement rassemblé au nombre de i5 à 1,600 morceaux le 
vendit 3,ooo francs pour le cabinet de l'Empereur à Vienne. 
Toutes les pièces n'étoient point mises en ordre, ni fixées sur du 
grand papier, mais enveloppées seulement dans des feuilles dé 
papier, ce qui doit être compté pour beaucoup pour un pareil 
ouvrage, où il y a tant de petits morceaux. 



— 38 — 

Si vous voulez passer chez moi pour le voir, faites- moi, s'il 
vous plaît, savoir le jour, afin de ne pas faire une course inutile. 
J'ai l'honneur d'être très parfaitement, monsieur. 

Votre très humble et très obéissant serviteur, 

Basan père. 
Paris, le 25 octobre 1790. 



LES ORFÈVRES DE PARIS OFFICIERS MUNICIPAUX. 

(1557-1735.) 
{Suite et fin.) 

Guilleaume Le Camus ^ grand garde en 1 6 1 1 , est élu consul 
en 1618. 

Jean Beaucousin, grand garde en 1612, et ancien consul, est 
élu juge en 1620. 

Pierre Tou:{et, grand garde en 16 18, est élu consul en 1623. 

Simon Marcés, garde pour la troisième fois en 1607, quarte- 
nier de ville et ancien consul, est élu échevin en 1624. 

Jacques Benoise, grand garde en 1614, et ancien consul, est élu 
juge en 1625. 

Pierre Pincebourde, grand garde en 1623, est élu consul 
en 1626. 

Simon Marcès, grand garde en 16 19, quarteniir, ancien éche- 
vin et ancien consul, est élu juge en 1627. 

Pierre Filassier, grand garde en 1625, est élu consul en 1628. 

Claude De Lanoue , second garde en 1624, est élu consul 
en 1629. 

René De La Haye, troisième garde en 1629, est élu consul 
en 1634. 

Nicolas Charpentier, grand garde en 1627, est élu consul 
en 1639. 

Raimond Lescot, garde en 163 1, est reçu conseiller de ville 
en 1639. 

Raimond Lescot, ancien garde et conseiller de ville, est élu 
consul en 1641. 

René De La Haye, grand garde en 1638 et ancien consul, est 
élu échevin en 164s. 

Charles Marcade, grand garde en 1643, est élu consul en 1646. 



-39- 

Pierre Dehement, en charge de grand garde, est élu consul 
en 1648. 

Raymond Lescot, ancien garde, conseiller de ville et ancien 
consul, est élu échevin en 1648. 

René De La Haye^ doyen de l'orfèvrerie en 16^9, ancien éche- 
vin et ancien consul, est élu juge en 1649. 

Claude Marcade, grand garde en 1649, est élu consul en 165 1 . 

Paul Lefèvre, garde pour la première fois en 1639, ^st élu 
consul en 1655. 

Raimond Lescot^ ancien garde, conseiller de ville, ancien éche- 
vin et ancien consul, est élu juge en 1656. 

Jacques Cottard^ garde pour la première fois en 1641, est élu 
consul en 1660. 

Philippe Lefèvre, grand garde en 1661, est élu consul en 1664. 

Jean de Rosnel, second garde en 1666, est élu consul en 1667. 

Paul Lefèvre, grand garde en 1659 et ancien consul, est élu 
juge en 1672. 

Claude Ballin^ grand garde en 1667, est élu consul en 
Tannée 1672. 

Jacques Cottart, doyen de Forfèvrerie et ancien consul, est élu 
juge en 1675. 

Philippe Pijart, grand garde en 1669, est élu consul en 1675. 

Charles Pijart^ grand garde en 1668, est élu consul en 1678. 

Jean Crochet, grand garde en 1670, est élu consul en l'an- 
née 1681. 

Estienne Bouquin, grand garde en 1677, est élu consul en 1684. 

Jean Moreau, grand garde en 1683, est élu consul en l'an- 
née 1688. 

Jean Couvert, grand garde en 1686, est élu consul en Tan- 
née 1691. 

Jean Halle, garde pour la première fois en 1683, est élu consul 
en 1696. 

Alexis Loir, grand garde en 1698, est élu consul en l'an- 
née •699- 

Jean Halle, grand garde en 1695 ^^ ancien consul, est élu éche- 
vin en 1699. 

Jean Halle ,' ancien consul et échevin en charge, est reçu 
conseiller de ville en 1699, 

Guilleaume Lucas, grand garde en 1701 , est élu consul en 1702. 
Claude De Louan, grand garde en 1697, est élu consul en 1705. 



— 40 — 

Jacques Pijart, garde pour la première fois en 1702, est élu 
échevin en 1702. 

Guilleaume Jacob, grand garde en 1700, est élu consul en 1709. 

François De Lens, grand garde en 1708, est élu consul en 1712. 

Mathurin-Lambert Payen^ grand garde en 17 10, est élu consul 
en 1717. 

Philipes Vandives^ grand garde en 1 7 1 7, est élu consul en 1 72 1 . 

Jean-Baptiste Triparti marchand orfèvre joaillier, est reçu 
conseiller de ville en 1 72 1 . 

Jacques Pij art ^ grand garde en 171 8, ancien échevin, est élu 
consul en 1726. 

Nicolas Besnier^ en charge de garde pour la première fois, est 
reçu conseiller de ville en 1726. 

Thomas-Leonor Lagneau, marchand orfèvre-joaillier, est reçu 
quartenier de ville en 1726. 

Nicolas Besnier^ ancien garde et conseiller de ville, est élu 
échevin en 1729. 

Jacques Prévost^ grand garde en 1723, est élu consul en 1730. 

Leonor Lagneau^ garde pour la première fois en 1720, est élu 
échevin en 1730. 

Jacques Carnier, en charge de grand garde, est élu consul 
en 1732. 

Charles Levêque^ en charge de grand garde, est élu consul 
en 1734. 

Denis V Empereur, garde en 17 16, est reçu quartenier de ville 
en 1735. 

(Tiré d'un extrait (manuscrit) de 1735. Archives communales de Toulon. 
— Série HH, Armoire n° 18, HH. 82 (Carton. — Article n" 82.) 

Ch. Ginoux. 



TAPISSERIES 

EXÉCUTÉES EN l586 POUR LES ÉTATS DE BRETAGNE 

Par pierre DU MOULIN, tapissier parisien, sur les dessins du peintre 

ROBERT PAIGNÉi. 

Documents communiqués par M. Henry Havard. 

(Suite.) 

Le marché fait et signé, Pierre Du Moulin se mit de suite à l'ou- 
vrage. En quatre mois, les six pièces étaient terminées, car, après 



— 41 — 

avoir reçu un deuxième acompte de 3o écus le 27 juin, il touchait le 
solde du prix convenu, soit i35 écus un tiers le 20 août suivant. Pour 
obtenir ce résultat, il fallait que la tapisserie fût achevée et livrée ; 
ainsi quatre mois avaient suffi au tissage des six pièces ne mesurant 
pas moins de soixante-une aunes et demie. Cette rapidité d'exécution 
donne à supposer que le s. Du Moulin était à la tête d'un atelier 
nombreux. Évidemment, il avait mis plusieurs ouvriers sur chaque 
pièce. La simplicité de la décoration explique, elle aussi, le court délai 
donné pour la livraison de la tenture. On connaît suffisamment par 
le marché les éléments essentiels de l'ornementation. Cependant le 
dossier contient sur ce point un document d'autant plus curieux qu'on 
en rencontre fort rarement de semblables. C'est le patron même de 
la tapisserie, dont le dessin, de dimensions réduites, était dû au 
peintre Robert Paigné. Il ne nous est pas possible, on le conçoit, de 
donner ici la reproduction de ce modèle conforme en tous points aux 
termes du marché. Une description détaillée suppléera un peu à cette 
lacune. 

Le champ de la tapisserie est divisé par le milieu en deux par- 
ties égales; celle de gauche, semée de fleurs de lis, l'autre d'her- 
mines. Dans la première, vers le haut, est placé un grand écusson 
des armes de France, entouré des colliers de Saint-Michel et du Saint- 
Esprit, et surmonté de la couronne royale; de l'autre côté, l'écusson 
semé d'hermines plus petites que celles du fond, encadré de la corde- 
lière, avec la couronne ducale. 

La bordure est assez compliquée : aux quatre coins les lettres L-A, 
en haut, et F-C, en bas; chaque lettre est traversée ou surmontée 
d'une couronne. Seule, la lettre A porte une couronne ducale, ce qui 
ne laisse pas de doute sur la signification ; les autres initiales ont la 
couronne royale. Les initiales rappellent évidemment le souvenir de 
Louis XII, de la reine Anne, sa femme, dernière duchesse de Bre- 
tagne, de François P"" et de Claude de France. Les bordures latérales 
sont occupées à mi-hauteur par la lettre H, initiale de Henri III, sur- 
montée de trois espèces de chapeaux de feuillages ou couronnes fer- 
mées accompagnées d'un semis d'étoiles au milieu de nuages avec la 
devise du roi, manet ultima, sur une banderole. Cette légende, 
nécessaire pour expliquer la troisième couronne, — les deux autres 
sont celles de Pologne et de France, — est ici incomplète. Il faudrait : 
Manet ultima cœlo ; la dernière l'attend dans le ciel. Les chiffres du 
roi régnant sont séparés des angles par un trophée formé d'une 
palme allongée, croisée avec une branche de laurier. Le même attri- 
but, deux fois répété, se retrouve dans la bande inférieure dont le 
milieu est garni du triple croissant de Catherine de Médicis ou 
de Henri II, comme on voudra. Enfin, la bordure supérieure est 
occupée par une large couronne ducale , de proportions tout à fait 



— 42 — 

démesurées, dont les fleurons très espacés sont reliés par des branches 
de laurier. 

Telle est la description aussi précise que possible de ce curieux des- 
sin qui mesure o™45 de hauteur sur o^BS. 

Le même jour qu'ils décidaient l'exécution de cette tenture, les 
États avaient ordonné la confection d'un dais mi-parti de velours 
cramoisi violet semé de fleurs de lis jaunes, et de velours blanc semé 
d'hermines noires. Le s. Julien Bergeron, maître brodeur de la 
paroisse de la Trinité à Angers, était chargé de ce travail moyennant 
la somme de 90 écus d'or soleil. Le dossier contient toutes les pièces, 
marchés, quittances, concernant cette partie de la commande; mais, 
le tout se trouvant reporté sur le compte général de dépenses pré- 
senté par le Trésorier des États, il suffira de donner cette pièce pour 
terminer. 

{La fin au prochain numéro.) 



UN DERNIER MOT A PROPOS DE JUSTIN AR. 
Le Recueil des présens faits par le Roy, dont nous avons cité le passage 
relatif à Justinar dans la livraison de février i885 (p. 23-24), ^^t publié in 
extenso dans la Revue universelle des Arts, année i856, t. III, p. 376-377. 
— Le scellé de Justinat {Augustin-Oudart), peintre du Roi (i3 mars 1743), 
vient d'être publié par M, Jules GuifFrey. H. J. 



PARTIE MODERNE. 



LES SCULPTEURS DE LA RESTAURATION. 

1815-1823. 
(Suite et fin.) 

1820. 

Remise de blocs pour le monument du maréchal de Chastellux, à 
Auxerre. 

Remise de blocs pour la restauration de la Colonnade, à Versailles. 

Remise à Dupaty d'un bloc pour une Vénus destinée aux appar- 
tements de Versailles. 

Remise à W^^ Julie Charpentier d'un bloc pour un buste de Clé- 
mence Isaure. 

Remise à Deseine de blocs pour le mausolée du duc d'Enghien. 
Quatre dessins de figures sont joints au dossier. 

Remise à Dumont d'un bloc pour la statue de Pichegru. 



- 43 — 

Remise à Gatteaux d'un bloc pour un buste de Rabelais. 
Remise à Guersant d'un bloc pour un buste de Jeanne Hachette. 
Remise à David d'un bloc pour un buste de Visconti. 
Remise à Bra d'un bloc pour une statue d'Aristodème. 
Remise à Cortot d'un bloc pour une statue de Corneille. 
Remise à Laitié d'un bloc pour une statue de Lafontaine. 
Remise à Pujol d'un bloc pour un buste de Jean Bart. 
Remise à Debay d'un bloc pour une statue du Chancelier de 

l'Hôpital. 
Remise à Stubinit^ky d'un bloc pour un buste du duc de Berry. 
Remise à Pradier d'un bloc pour les bustes des frères Montgol- 

fier. 
Remise à Dumont d'un bloc pour un buste de Malesherbes (1820). 
Remise à Lesueur d'un bloc pour une statue de Montaigne (1 820). 
Remise à Maire d'un bloc pour un buste de Mairet (1820). 

1821. 

Remise à Bra d'un bloc pour le buste de Jean de Bologne. 
Remise à Fessard d'un bloc pour le buste de Valentin. 
Remise à Raggi d'un bloc pour un buste indéterminé. 
Remise à Guillois d'un bloc pour une figure d'Enfant jouant 

avec un serpent. 
Remise à Béguin d'un bloc pour un buste de Jouvenet. 
Remise à Mansion d'un bloc pour un buste de Teniers. 
Remise à Bosio d'un bloc pour une statue de Henri IV enfant. 
Remise à Marin d'un bloc pour une statue de M. de Tourny. 
Remise à Bridan d'un bloc pour une statue de Bossuet. 
Remise à Cortot d'un bloc pour une statue de la Vierge. 
Remise à Bosio d'un bloc pour un buste du Roi. 
Remis à David un bloc pour le buste de François I". 
Remise à la ville de Versailles de divers blocs pour l'exécution du 

monument à la mémoire du duc de Berry. Le croquis du 

monument est joint au dossier. 

1818-1822. 
Marbres fournis pour l'exécution du monument à Bossuet dans 
la cathédrale de Meaux, par Rutxhiel. 

1822. 
Remis à David un bloc pour le buste d'Ambroise Paré. 
Remis à Cortot un bloc pour la statue du maréchal Lannes. 



— 44 — 

Remis à Mansion un bloc pour un buste de Claude Perrault. 

Remis à David un bloc pour le monument du marquis de Bon- 
champs. 

Remis à Rutxhiel un bloc pour les bustes du duc de Bordeaux et 
de Mademoiselle. 

Remis à Bridan un bloc pour le monument de Marguerite de 
Bourgogne, dans l'église de l'hospice de Tonnerre. 

Remis à Gatteaux nn bloc pour un buste de Michel Ange. 

Remis à Bra un bloc pour une figure d'Ulysse. 

Remis à Debay un bloc pour une statue de Mercure. 

Remise d'un bloc pour le monument de Fénelon dans la cathé- 
drale de Cambrai. 

Remis à Raggi un bloc pour un buste de Jean Goujon. 

Remis à Ramejr fils un bloc pour le groupe de Thésée combat- 
tant le Minautore. 

Remis à Ramey père un bloc pour la statue de Pascal. 

1820-1822. 
Remis à David un bloc pour la statue du roi René. 

1821-1823. 
Blocs pour le piédestal de la statue de Turenne à Sedan, par Gois. 
Blocs pour le monument de Malesherbes au Palais de Justice. 

1823. 
Remis à David un bloc pour le buste de Louis XVI, pour Le 

Havre. 
Remise à Guersant d'un bloc pour le buste de G. Pilon. 
Remise à Mansion d'un bloc pour le buste du maréchal Fabert. 



Demande par Beauvallet d'un bloc pour la statue du général 

Moreau (1816-17). 
Demande par Foyatier d'un bloc pour une figure représentant 

un Berger jetant des fleurs sur un tombeau (1820). 

J.G. 



L'EXPOSITION DE L'ŒUVRE D'EUGÈNE DELACROIX. 

L'exposition, ouverte par le Comité qui s'est donné la tâche 
d'élever un monument à la mémoire à' Eugène Delacroix^ a été 
inaugurée le 5 mars, sinon par le président de la République, du 



-45 - 

moins par le président du Conseil, accompagné du ministre de 
l'Instruction publique avec son sous-secrétaire d'État et du ministre 
des Finances. L'intervention active de la direction des Beaux-Arts 
et particulièrement du chef du bureau des Musées, M. Ollen- 
dorff, est parvenue à réunir, pour la circonstance, les chefs-d'œuvre 
disséminés dans les Musées de province, la Médée, de Lille, 
le Marc-Aurèle^ de Lyon, la Bataille de Nancy, V Abd-el-Rhaman, 
de Toulouse, le Christ au jardin des Oliviers, de l'église Saint-Paul, 
le Christ en croix, de Vannes, le tableau du Musée de Tours, enfin 
l'Entrée des Croisés à Constantinople, le plus beau tableau du siècle, 
disait devant nous un de nos critiques les plus éminents. Ces grandes 
toiles ont permis de représenter le talent du maître sous ses divers 
aspects, car les collections d'amateurs avaient, grâce au zèle et aux 
démarches de M. Alfred Robaut, envoyé les peintures de chevalet 
les plus célèbres. Il suffira de citer les deux Foscari du duc d'Aumale, 
le prisonnier de Chillon et l'esquisse de l'Entrée des Croisés à 
M™« Moreau, la Mort de Valeniin, la Barque du Christ, l'Hamlet et 
les Lions àe. M™« Cottier, les Convulsionnaires de Tanger, le Combat 
du Giaour, les Arabes en voyage, "çXvlsiquxs Andromèdes, Milton et ses 
filles, le saint Sébastien et la Montée au Calvaire de iSSg, le Boissy 
d'Anglas, une esquisse de la bataille de Poitiers, des Pirates enlevant 
une jeune fille d'une intensité de tons extraordinaire , enfin des 
paysages et des ciels merveilleux. Quel que soit le résultat pratique 
de cette exposition au point de vue du monument projeté, elle n'aura 
pas été sans profit pour la réputation de l'artiste, c'est l'essentiel. Il 
est bon de revoir, après vingt ans, une fois les haines éteintes et les 
effervescences calmées , l'œuvre des grands novateurs. Ceux qui 
résistent à pareille épreuve sont assurés de l'immortalité. L'exposi- 
tion est complétée par une suite d'aquarelles, de dessins et de pas- 
tels. M. Etienne Charavay a eu l'excellente idée d'y joindre une 
série d'autographes remontant aux premières années de la vie de l'ar- 
tiste ets'étendant jusqu'à sa mort. Les cahiers de croquis, les palettes, 
bagues et autres objets ayant appartenu à Delacroix sont assurés 
d'obtenir un vif succès auprès du grand public. Le catalogue, du 
moins la première édition qu'on devra bientôt corriger, laissait sans 
doute à désirer; mais il a été fait bien précipitamment, à la der- 
nière minute. D'ailleurs il débute par une page magistrale de M. Paul 
Mantz, un des plus magnifiques éloges du génie et de l'œuvre d'jE'w- 
gène Delacroix. Ajoutons en terminant que la souscription au monu- 
ment a produit des résultats fort satisfaisants. Plus de 17,000 francs 
sont en caisse ; l'exposition doublera peut-être cette somme. Le nombre 
des visiteurs s'élevait, dès le début, à deux et trois mille par jour. 
C'est un résultat qu'on osait à peine espérer. Nous pouvons l'assurer 
maintenant, Eugène Delacroix aura un monument digne de lui. 

J. G. 



-46- 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

M"" SERVAIS, VANDAEL, BOUCHOT, WANKOWICZ, PERLET. 

XXVII. Mlle Servais. — iSSg. 

MARIE-THÉRÈSE 

SERVAIS 

PEINTRE DE FLEURS 

NÉE A LIÈGE 

DÉCÉDÉE LE 22 gb^e i839 

A l'âge de 27 ANS. 

(Père-Lachaise, 46* division.) 

XXVIII. Vandaël. — 1840. 

CI-GlT 

JEAN FRANÇOIS VANDAEL, 

PEINTRE DE FLEURS 

NÉ A ANVERS LE 27 MAI 1764, 

MORT A PARIS LE 20 MARS 184O. 

SI TU VIENS, AU PRINTEMPS DANS CE LIEU DE DOULEURS, 

AMI DES ARTS, TU DOIS LE TRIBUT d'unE ROSE 

A CE TOMBEAU MODESTE, OU POUR JAMAIS REPOSE 

LA CENDRE DE VANDAEL, NOTRE PEINTRE DE FLEURS. 

(Père-Lachaise, n'' division.) 

XXIX. Bouchot. — 1842. 

FRANÇOIS BOUCHOT, 

PEINTRE d'histoire, 

DÉCÉDÉ LE 7 FÉVRIER 1842. 

SA FEMME ET SA MEILLEURE AMIE. 

(Montmartre, 32' division.) 

XXX. Wankowicz. — 1842. 

VALENTIN 

WANKOWICZ, 

PEINTRE POLONAIS, 

DÉCÉDÉ A PARIS 

LE 12 MAI 1842. 



— 47 — 

DE PROFUNDIS. 
TOUT MON BONHEUR EST LA. 

(Montmartre, 2 3° division.) • 

XXXI. Perlet. — 1843. 

ICI 

REPOSE 

PETRUS PERLET, 

PEINTRE d'histoire, 

NÉ A LYON, LE XVIII JUIN 

MDCCCIV, 

MORT A PARIS, LE V NOV. 

MDCCCXLIII. 

SOIS O GRAND DIEU 

MA GARDE ET MON APPUI. 

(Psaume XVI, v. 8.) 
(Montparnasse, 6= division.) 

H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements à la Sorbonne du 
i5 au ig avril 1884. Huitième session. — Paris, Pion, 1884, in-S", 444 p. 
— Selon l'excellente habitude prise depuis l'origine, les travaux lus à la réunion 
des Sociétés des Beaux-Arts à la Sorbonne en 1884 viennent de paraître en 
un volume accompagné d'un certain nombre de planches hors texte ou dans 
le texte. Ce volume ne renferme pas moins de vingt-cinq mémoires, plus le 
compte-rendu de chaque séance et le rapport général sur les travaux de la 
session par M. Henry Jouin. Voici l'énumération sommaire des sujets traités 
par les délégués. Quelques lectures rentraient un peu dans l'archéologie, 
ainsi : le mémoire sur les deux mosaïques découvertes à Nîmes en i883, 
par M. Charles Liotard; l'église de Saint-Evroult de Montfort, canton de 
Gacé (Orne), par M. Amiard : la sigillographie pittoresque, le sceau de Loja 
et les sceaux topographiques, par M. Emile Travers; deux statues en bronze 
provenant de l'amphithéâtre d'Angers, un étalon de capacité en pierre, par 
M. Godard-Faultrier ; l'influence de l'art italien dans les Alpes françaises, 
par M. Roman. La biographie était représentée par les travaux de M. Durieux 
sur la famille des Dannolle, sculpteurs cambrésiens, de M. Tancrède Abra- 
ham sur Gervais Tressard, orfèvre, de M. Edmond Forestié sur Mathieu 
Rigal, peintre céramiste du XVIII" siècle, de M. Marcille sur l'ingénieur 
Soyer, de M. Advielle sur Jacques Mimerel et Marc Chabry, sculpteurs 
lyonnais. M. Parrocel poursuivait ses études sur VAcadémie de Marseille; 
M. Letellier présentait deux bas-reliefs provenant du tombeau des ducs de 



-48- 

Guise, vendus depuis, sans que nos musées se soient présentés pour recueillir 
cette épave de l'art du xvi" siècle. M. Castan lisait un curieux travail sur 
les origines et la date du Saint lldefonse de Rubens ; M. Léon Giron étu- 
diait les peintures murales de la Haute-Loire ; M. Marionneau, les peintures 
de la cathédrale de Saint-Pierre de Nantes et le tableau d'autel de Charles 
Errard. Le mémoire présenté par M. Braquehaye était le résultat de ses 
recherches sur les architectes, sculpteurs, peintres et tapissiers du duc 
d'Epernon à Cadillac. Le présent volume contient encore une notice de 
M. Lhuillier sur Vancien château royal de Montceaux en Brie, une autre de 
M. Tancrède Abraham sur un coffret de Colin Nouailher, un travail de 
M. Durieux sur les corporations d'art de Cambrai, un de M. Vidal sur les 
progrès de la gravure typographique, une étude de M. Ginoux sur la déco- 
ration navale au port de Toulon aux XVIP et XVIII" siècles, une note de 
M. G. Le Breton sur un Carrelage en faïence de Rouen du temps de Henri H 
dans la cathédrale de Langres, enfin des communications de MM. Louis 
Duval et Félix Laurent sur les musées et écoles de leurs départements. 

J. G. 

JouiN (Henry). — Table alphabétique et raisonnée de la Ga:^ette des Beaux- 
Arts (Deuxième période, tome I à XXII, 1869- 1880). Paris, i885, gr. in-8°, 
456 pages à deux colonnes. — Tous les travailleurs sauront gré à M. Jouin 
de s'être chargé d'une pareille besogne et de l'avoir menée à bonne fin. Paul 
Chéron avait rédigé en deux volumes les tables de la première période 
s'étendant de 1859 à 1868 ; il s'était chargé de continuer le travail jusqu'en 
1880. La mort l'en a empêché, et M. Jouin a accepté cette lourde succession. 
On remarquera que cette table est bien plus condensée que les précédentes. 
Et cependant elle n'omet rien et contient, à côté des noms propres, des 
noms géographiques, des articles consacrés aux sujets des œuvres d'art et 
certaines indications de matières fort utiles aux chercheurs. Une division 
spéciale, réservée aux gravures, renferme à la fois, comme l'indique le titre, 
les sujets et les noms des artistes, peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs 
et orfèvres. D'ailleurs on ne saurait trop engager ceux qui feraient usage de 
ce volume, et il est indispensable à tous ceux qui ont la collection de la 
Ga:^ette , à lire avec soin les quatre pages d'introduction dans lesquelles 
M. Jouin expose l'économie de son travail. — J. G. 

Berger (Georges). — Exposition universelle de i88g. Considérations 
générales sur son organisation. Nancy, Berger-Levrault, i885, in-8'' de 27 p. 
Cette étude , signée par l'ancien commissaire général , directeur des sections 
étrangères en 1867 et en 1878, est à lire. L'auteur examine avec beaucoup 
d'indépendance la question complexe de l'organisation et du fonctionnement 
d'une Exposition universelle. Des aperçus nombreux, des critiques moti- 
vées seront recueillis par les lecteurs de M. Berger, et ce qu'il écrit, en l'ap- 
puyant de chiffres et de faits, peut aider les moins initiés à se former une 
opinion sur les périls financiers que feraient courir au pays des décisions 
irréfléchies touchant l'organisation de l'Exposition universelle projetée pour 
1889. Nous recommandons au lecteur les pages 18-19 dans lesquelles 
M. Berger traite de l'éclairage de l'Exposition et des entrées du soir. — H. J. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



I 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



4. — Avril 1885. 



PARTIE ANCIENNE. 



GUILLAUME ERONDELLE 

ORFÈVRE DE LA REINE DE NAVARRE. 

A quelle occasion la reine de Navarre donna-t-elle à son orfèvre 
Guillaume Érondelle ou Hirondelle le certificat que nous emprun- 
tons aux Archives de la Cour des Monnaies? Il est impossible de le 
dire; la pièce nous donne simplement la date du 3 octobre i54i. 
Malgré ces obscurités, l'intervention de la. reine Marguerite ajoute 
quelque intérêt à ce document qui fait connaître l'existence et le nom 
d'un orfèvre distingué du milieu du xvi« siècle. 

J.-J. GuiFFREY. 

Parties de besongne faicte pour la Royne de Navarre par Guillaume 
Erondelle, orfèvre de lad. dame. 
Et premièrement, 

Deux chesnes faictes à cullotz anticques revestuees de fueilles frisées, et 
par dessoubz lesd. fueilles à ung fons emaillé de rouge cler avecques ches- 
nons frisez et emaillez de blanc d'espargne et usez. 

Item, deux bordeures à fueillaiges percées à jour avecques ung fons de 
rouge cler avecques assemblences taillées d'espargne, emaillées de noir, 
usées. 

Item, troys douzennes de boutions faictz à triangle, taillez d'espargne 
emaillez de noir, usez. 

Item, quatre enseignes de diverses devises dont les terrasses sont emaillées 
de vert et les habitz en or frisez et le nudz emaillé d'incarnation. 

Item, inixxx merques de patinostres avecques imc de grains sans email. 

Nous, Marguerite de France, seur unicque du Roy, par la grâce de Dieu 
Royne de Navarre, duchesse d'Allençon et de Berry, etc., certiffions à tous 

REV. ART FR. U 4 



— 5o — 

qu'il appartiendra avoir faict faire les besongnes d'orfévrerye contenues es 
cinq articles cy dessus à Guillaume Erondel, nostre orfèvre ordinaire, et 
icelles besongnes estre à nous. Faict à Dijon, le ni' octobre mil Vc XLI. 

(Signé :) Marguerite. 
Contresigné : Trotte (?). 
Au verso est écrit : Certiffication de la Royne de Navarre touchant les 
ouvrages de Erondelle. 
(Arch. nat., Zib GSg.) 



EXTRAITS DE DIVERS INVENTAIRES 

DU CHATEAU DE MONCEAUX. 

Communiqués par M. J. Roman. 
Vers 1623. 
Inventaire des meubles qui ont esté mis, par le commandement 
de la Royne, entre les mains de Catherine Duhamel, vefve de 
feu Beaubrun, et à présent femme de Nicolas de Lives, con- 
cierge et garde des meubles du chasteau de Monceaux. 

Premièrement, une tenture de tappisserie contenant huict pièces 
dont le fonds est de velours tanné enrichy de montans et bouc- 
quets de tapisserie à l'esguille, poursilléz d'or et d'argent, avec les 
bordures et montans en fonds de toille d'argent, aussi enrichiz de 
tappisseries poursilléz avec des chiffres de clinquans d'or aux 
quatre coings de chascune pièces. 

Vingt quatre pièces de tappisseries de cuir doré d'Espagne, dont 
les bordures et montans sont en champ d'azur, sur cinq peaux 
de haulteur et leurs bordures en hault et en bas. 

Douze autres pièces de cuir doré d'Espagne en champ vert sur 
cinq peaux de haulteur et les bordures hault et bas. 

Une autre tenture de tappisseries de cuir doré d'Espagne, con- 
tenant deux pièces en champ tanné sur six peaux de haulteur et 
les bordures en hault et en bas. 

Autres yneubles qui estoient en garde du sieur Dubois, cappi^ 
taine ayant la charge des affaires et bastiments de Monceaux 
et dont il estait chargé, lesquels il a présentement mis par le 
commandement de la Royne entre les mains de ladite Lives, 
et par ce moyen ledit sieur Dubois en demeurera deschargé. 
Une tenture de tappisserie à crotesque, à fonds rouge brun, des 

carrés au milieu oîi il y a des pantallons, les bordures à fond blanc 



— 5i — 

et des singeries, contenant huict pièces sur trois aulnes de hault. 
Il y a une de ces pièces ung peu bruslée. 

Une autre tenture de tappisserie à boccages, contenant huict 
pièces sur trois aulnes ung quart et demy de hault. 

Ung lict garny de son bois, la garniture du lict, assavoir les 
trois pantes de dehors le soubassement de Forre (?) au poinct à 
moresque et des montans de broderie sur fonds de satin jaune ; le 
fonds, dossier et parties de dedans, trois rideaux, deux bonnes 
grâces, deux fourreaux de pilliers, le tout de damas changeant 
jaune doré et bleu; le tout frangé de grande et petite frange de 
soie, les pantes couvertes de crespine, jaune et bleu; la courte 
poincte de taffetas changeant jaune, doré et bleu, eschancrée aux 
coings, doublée de serge jaune, frangée de frange de soie jaune 
et bleue de trois doibs [sic) ; aux eschancreures frangé de petites 
franges. 

Le bois à pavillon, ensemble le pavillon de damas jaune, doré 
et bleu garny de son chapiteau et de grandes et petites franges et 
respines, la pomme et le cordon, le matelas, la couverture de cas- 
telongue rouge. 
(Affaires étrangères, France, 778, p. 212.) 



ANTOINE SILVIN OU SYLVIN 

PEINTRE DU ROI. 
1684-1686. 

Jal, au cours de ses recherches dans les registres des paroisses 
de Paris, ayant rencontré le nom d'Antoine. S ilvin, suivi de la 
mention « peintre du Roi, » fut intrigué par cette découverte, et, 
en fin de compte, ne put insérer à leur rang alphabétique les notes 
qu'il avait recueillies sur cet artiste. 

Antoine Silvin est fils à''Edme Silvin, peintre du roi, et de 
Gillette Thérigny. Edme est connu. Les Comptes des Bâtiments, 
publiés par M. Guiffrey, mentionnent ses travaux au Val-de- 
Grâce en 1667, 1670 et 1675. Antoine ne figure pas dans le même 
volume, et pour cause. En effet, ce volume se ferme sur Tannée 
1680, et Antoine Silvin, qui se marie en i683, ne prend, le jour 
de son mariage, d'autre qualification que celle de « peintre ordi- 



— 52 — 

naire de la maison de Ville. » Il est donc permis de croire qu'il 
n'avait pas encore travaillé pour la Couronne en i683. Son acte 
de mariage a été publié par MM. Herluison et Piot, nous ren- 
voyons le lecteur à leurs ouvrages. Toutefois,* ces deux auteurs 
disent qu'il épousa « Anne Guertins. » Les notes de Jal nous 
apprennent que le nom de Guertins est à plus d'une reprise 
transformé en « Guerpin » sur les registres de Saint-Benoît. 
Antoine Silvin eut deux fils : 

1* Jean, fils à^ Antoine Sylvin, peintre du Roi et ordinaire de la maison 
de Ville, baptisé le 28 juin 1684. 

2° Jean-Antoine, né le 9 juin 1686 et baptisé le 23, ayant pour parrain 
Jean-François Sylvin, peintre. 

En 1684, Antoine Sylvin signe : Anthoine Siluin, et « Siluin » seulement 
en 1686; quant à son frère, il signe : « Jean-François Siluin. » 

Ces actes de naissance ont été tirés par Jal du registre de Saint- 
Benoît. Ils précisent la date à laquelle Antoine Silvin eut le droit 
de se dire « peintre du Roi. » 

Nous passons sous s'ÛQactJean-Francois Silvin, frère d'Antoine, 
qui est aussi peintre et dont l'acte de baptême, daté du 3 no- 
vembre 1664, a été publié par M. Herluison. Mais M. Herluison 
donne également l'acte de décès de Gabriel Silvin, qui est dit fils 
d'Antoine et élève de l'Académie royale de peinture et de sculp- 
ture au moment où il meurt, le 20 juillet 1689. Or, les dates sont 
inflexibles. Antoine, marié seulement en i683, ne peut avoir un 
fils élève à l'Académie en 1689. Il faut donc admettre qu'Antoine 
Silvin s'est marié deux fois, et du même coup nous avons le droit 
de conclure qu'il était l'aîné de Jean-François. Détail singulier : 
Gabriel, élève de l'Académie, ne meurt pas chez son père, qui 
cependant assiste à l'enterrement, mais chez sa grand'mère, la 
veuve d'Edme, « sur les fossés de l'Estrapade, faubourg Saint- 
Jacques, » Q.ui, parmi les chercheurs, aura la bonne fortune de 
compléter ces notes encore obscures en nous signalant une œuvre 
d'Antoine Silvin ? 

\ Henry Jouin. 



— 53 — 
ACTES D'ÉTAT CIVIL 

EXTRAITS DES ARCHIVES COMMUNALES DE TOULON ' . 
DE LA ROSE, TORO, BRUN et HUBAC. 

I. Registres de la paroisse Sainte-Marie (1687). 

« M. Jean- Baptiste de la Rose^ , peintre, est décédé le 
5 février 1687, muni des sacrements, et a été enseveli le 6, à sa 
paroisse. » 

II. Registres de la paroisse Sainte-Marie (1731). 

« Sieur Bernard Toro^, sculpteur, âgé d'environ soixante ans, 
est décédé, muni des sacrements de Textrême-onction, le 28 jan- 
vier 1731, et le lendemain il a été enseveli dans l'église des Pères 
Carmes. » 

III. Registres de la paroisse Sainte-Marie (1745). 

« Sieur Pascal de la Rose^^ maître peintre, entretenu du roy 
au département de Toulon, âgé d'environ quatre-vingts ans, est 
décédé, muni des sacrements, le 28 janvier 1745, et a été ense- 
veli le lendemain dans la paroisse. « 

IV. Registres de la paroisse Sainte-Marie (1763). 
«.L'an 1763, et le 12 février, a été baptisé par nous, curé, 

Jacques-Félix Brun^, né hier sur cette paroisse, fils de Vincent 
Brun, patron à la pêche, et de Marie Reboul. » 

V. Registres de la paroisse Sainte-Marie (1776). 

« L'an 1776, et le 29 novembre, a été baptisé Joseph-Louis 
Hubac'^, né le jour précédent, fils de sieur Louis-Michel, capi- 

1. Cote GG, 79, 124, i38, i56 et 240. 

2. C'est le plus ancien, à Toulon, des peintres de ce nom. Il a été maître 
peintre dans l'arsenal de 1667 à 1687. En 1666, il habitait sa maison, place 
Saint-Pierre, n° 5, contiguë à celle des peintres Julien. 

3. Turreau [Bernard)^ plus connu sous le nom de Toro, né à Toulon en 
1671 ou 1672, où il mourut subitement, a été maître sculpteur entretenu du 
port de 17 18 à 1731. 

4. Pascal était fils de Jean-Baptiste de la Rose, premier du nom, et père 
de Jean-Baptiste, deuxième du nom, maître peintre, et son successeur dans 
cet emploi, père aussi de Joseph- Antoine, dessineur (professeur de dessin) de 
MM. les gardes de la marine, marié à Toulon en 1746. 

5. J.-F. Brun, sculpteur distingué, a été maître à l'atelier de sculpture du 
port de Toulon, de 1794 à i83i. 

6. Joseph-Louis Hubac est mort le i3 mars i83o. Il a été contre-maître 



- 54- 

taine des vaisseaux marchands, et de demoiselle Marie-Margue- 
rite Guis, son épouse. » 
(Communiqué par M. Gh. Ginoux.) 

Sur les sculpteurs de Toulon, on consultera l'ouvrage de M. V. Brun, 
paru à Toulon (typ. E. Aurel, 1861, Jn-8° de 91 pages) sous le titre de 
Notice sur la sculpture navale et chronologique des maîtres sculpteurs et 
peintres du port de Toulon. On y trouvera beaucoup de détails sur l'œuvre 
des artistes dont M. Ginoux publie pour la première fois l'état-civil. 

J. G. 



LA GALERIE DE JACQUES II 

A SAINT-GERMAIN EN LAYE. 

Le roi d'Angleterre, Jacques II, dans son morne exil au château de 
Saint-Germain en Laye, s'était constitué une petite collection de 
peintures, dont quelques-unes avaient été apportées en France dans 
les bagages du monarque fugitif. Un catalogue sommaire en fut 
dressé, le 22 juillet lyoS, par sa veuve, Marie de Modène : il forme 
le premier chapitre de l'inventaire général < des meubles, bijoux et 
objets précieux qui se trouvaient dans les appartements du feu roi 
le jour de sa mort, survenue, on le sait, le 16 septembre 1701. 

En marge, la reine mère constate que « la plupart de ces tableaux 
« se trouvaient naguères dans notre logement ; mais ils ont été trans- 
« portés depuis la mort du feu roi et se trouvent actuellement tous 
« dans le salon du roi actuel, » Jacques III, le fameux prétendant. 

Je traduis, pour la Revue., cette liste de souvenirs de famille qui 
tous, à l'exception de deux sujets religieux, ne comprennent que des 
portraits. 

« Peintures : 

« I. Un portrait du roi Charles II, alors prince de Galles, avec son 
« frère le duc d'York [depuis Jacques II\ et la princesse royale, depuis 
« princesse d'Orange, par Vandike [sic). 

« 2. Un portrait du feu roi, alors duc d'York, en armure. 

« 3. Un portrait du prince de Galles, actuellement roi [Jacques III, 
« le Prétendant} et de la princesse sa sœur, par Largilière. 

« 4. Un grand portrait du feu roi, de nous [Marie de Modène], du 
« Prince [le prétendant] et de sa sœur, par Miniard {sic). 

sculpteur de la marine de 1807 à 1817, année où il fut nommé maître entre- 
tenu au port de Lorient, puis à Toulon, M. Félix Brun étant maître en 
chef dans ce dernier port. 
I. Voir Revue de r Art français, 2" année, pages 6-9. 



— 55 — 

« 5. Un portrait du prince de Galles [le prétendant], çnfant, en robe, 
« par Genary. 

« 6. Un portrait de Notre Majesté, par Troy. 

« 7. Une peinture de Notre Sauveur attaché à la colonne infâme, 
« par Genary. 

« 8. Une peinture représentant Notre Sauveur dans les bras de la 
« Sainte Vierge et saint Joseph agenouillé, par Genary. 

« 9. Un portrait du cardinal Howard. 

« 10. Un portrait du feu pape Innocent XII. » 

Le premier de ces tableaux, dont le sujet a été traité plusieurs fois 
par Van Dyck, est sans doute un de ceux que M. J. GuifFrey a ins- 
crits sous les nos ^y^^ ^^ 5 gt ^^5 ju catalogue de l'œuvre du maître 
[Paris, Quantin, 1882, fol. p. 262]. 

Par suite de l'insuffisance des ressources dont l'amateur peut dis- 
poser en province, je n'ai pas réussi à retrouver de renseignements 
sur les toiles no^ 2, 9 et 10 dont l'inventaire ne nomme pas les auteurs. 

Quant à la grande toile qui représentait la famille des Stuarts dans 
l'exil, Lépicié, dans sa vie de Mignard, constate que Louis XIV lui 
en avait donné la commission et que ce fut la dernière œuvre que le 
Premier Peintre du roi ait pu terminer. Sa date est de 1695, et le 
saint Mathieu qu'il entreprit ensuite resta inachevé sur son chevalet. 

Le portrait de Marie de Modène doit nécessairement, la chrono- 
logie l'exige ainsi, appartenir à l'œuvre de François de Troy : c'est 
lui d'ailleurs que le roi envoya à Munich faire le portrait de Marie- 
Christine, qui épousa le dauphin. 

Le Genary ou plus correctement le Gennari, à qui sont donnés les 
n»* 5, 7 et 8, est le Benedetto qui, né en i633, et élève par trop scru- 
puleux du Guerchin^ a beaucoup travaillé en France et en Angle- 
terre. On sait qu'il peignit le duc d'Orléans et décora les maisons 
royales à Paris, etc., etc.; à Londres, il fut successivement peintre 
attitré de Charles II et de Jacques II. Bryant mentionne son portrait 
de Jacques II et douze autres de ses œuvres comme faisant partie des 
collections royales. 

V.-J. Vaillant. 



DÉPENSES DU VOYAGE DU ROI A COMPIÈGNE 

EN lySo. 

Au sieur Slodt:{, sculpteur, la somme de deux mil livres pour 
une bordure qu'il a fait et fourny pour mettre le tableau du sieur 
Oudry représentant une chasse de Sa Majesté, qui a esté pozé à 
Marly. Laditte bordure de quatorse pieds et demy de long sur dix 



— 56 — 

de haut, et d'un pied de large de moulure, enrichie dans la tra- 
verse d'en haut des armes de France et de Navarre avec les cordons 
de l'ordre, couronne, palmes, festons dechesne et cartouche; dans 
les montans et traverses sont des trophées de chasse composés de 
carquois, arcs, couteaux, corps de chasse et autres attributs, comme 
aussy testes de cerf, de sanglier et chiens avec des branches de 
chesne ; aux quatre angles sont des cartouches avec rocaille, feuilles 
et volutes, et sur les membres de profil sont plusieurs ornemens 
de différentes sortes, en ce y compris la fourniture de bois de 
chesne de menuiserie pour faire laditte bordure, cy. 2,000 liv. 

Au sieur Leroy, doreur, la somme de huit cent livres pour 
avoir doré laditte bordure, cy 800 liv. 

Au sieur Messonnier, dessinateur ordinaire du Cabinet du Roy 
la somme de cinquante livres pour avoir fait le dessein de la bor- 
dure cy-dessus, cy 5o liv. 

(Archives nationales, O* 2859. — Menus de ifio.) 

(Extrait communiqué par M. Henry de Chennevières.) 



JEAN-PHILIPPE BOULLE. 
Tous les biographes à' André Boulle ont raconté les entraves pécu- 
niaires qu'il rencontra sur sa route ; ils ont dit aussi que ses fils, sans 
hériter de son talent, s'étaient heurtés aux mêmes difficultés. Je n'en 
crois pas les preuves très nombreuses; en voici du moins une indiscu- 
table : l'aîné des fils d'André qui s'appelait Jean Philippes, qualifié 
« ébéniste, cizeleur et marquetier, » était, en 1725, prisonnier détenu 
dans les prisons royales de Fontainebleau, pour dettes s'élevant à 
12,000 livres. Il fut élargi à l'occasion du mariage de Louis XV. (Bibl. 

naî., ms. français 7668, fol. 404 v'.) 

Henri Stein. 



LES SCULPTEURS BOISTON PÈRE ET FILS. 
Parmi les artistes qui concoururent à la décoration du Palais 
royal de Madrid, reconstruit après l'incendie de 1734, d'après les 
dessins de Philippe Juvara et sous la direction de Jean-Baptiste 
Sacchetti, le biographe Cean Bermudez * mentionne en ces termes 
le sculpteur français Philippe Boiston : 

I. Diccionario historico de los mas ilustres profesores de las Bellas Artes 
en Espaha, por D. Juan Agustin Cean Bermudez (1800), t. I, p. i56. 



- 57- 

« Boiston [D. Philippe)^ sculpteur français. Il vint en Espagne 
quand je construisais le Palais neuf de Madrid et eut un emploi 
salarié dans cette entreprise. Ayant présenté trois de ses ouvrages 
à la commission qui préparait l'établissement de l'Académie de 
Saint-Ferdinand_, il demanda qu'en raison de ces ouvrages et de 
son mérite, on lui accordât rang et séance parmi les maîtres, con- 
formément à la délibération prise dans l'assemblée du i6 dé- 
cembre 1744 : ce qui en effet lui fut concédé [Archives de la 
Secrétairerie d'Etat). » 

Le lieu de naissance de cet artiste et son retour au pays de ses 
origines sont indiqués dans une délibération de la municipalité 
de Besançon, qui est ainsi conçue : 

« Du mercredy 10 janvier 17 5g. 
« Le sieur Philippe Boiston, sculpteur, natif de Frenoles , 
paroisse de Mortau, avoit été receu citoyen gratis, en paiant seu- 
lement les petits droits, au mois de décembre dernier, sur la nomi- 
nation de M. le Maire; mais l'expédition de ses lettres avoit été 
différée jusqu'à ce qu'il eut apporté un certificat de sa franchise 
plus authentique que ceux qu'il avoit emploies : y ayant satisfait 
d'une façon qui a appaisé la compagnie , elle a délibéré que ses- 
diies lettres lui seroient expédiées, et qu'il y seroit fait mention 
de sa capacité dans l'art de la sculpture, laquelle a déterminé 
M. le Maire à lui donner sa nomination gratuite. » 

Le sculpteur Philippe Boiston était donc né dans le hameau des 
Frenelots, qui fait partie de la commune de Morteau (département 
du Doubs). 

Il ne paraît pas que cet artiste ait réussi à se créer une position 
dans le chef-lieu de sa province natale, car je ne connais à Besan- 
çon aucun ouvrage qui lui soit attribué. 

Boiston ne tarda pas à s'établir à Paris : il y exposait, au salon 
de 1764, une figure en terre représentant Vulcain appuyé sur son 
enclume, morceau qui lui avait valu d'être admis à l'Académie de 
Saint-Luc. 

En 1770, il était aux gages du duc d'Uzès qui, parlant de lui, 
gisait « mon sculpteur. » Il fit alors, pour le jardin de ce grand 
personnage, la copie d'une Bacchante, d'après le marbre de Mas- 
sou le fils, qui appartenait à l'Académie royale. 

A cette occasion , le peintre Pierre jugeait Boiston « fort 
médiocre. » En revanche, ÏAlmanach des artistes pour 1776 lui 



— 58 — 

décernait cette mention flatteuse : « Boiston, rue Mêlée. Il a 
fait les ornemens du Palais Bourbon, qui donnent une grande 
idée de son goût. » 

Boiston figure encore dans l'yl /man<2cA de 1777, avec la qualité 
de « sculpteur en ornemens ^ » 

Il eut un fils, sculpteur comme lui, qui travaillait à Rome dans 
les dernières années du xviri* siècle. De celui-ci on connaît un 
buste du P. Tiburce (Prost), de Jussey (Haute-Saône), procureur 
général des Capucins et auparavant créateur d'un Musée d'histoire 
naturelle que les religieux de cet ordre possédaient dans leur cou- 
vent de Besançon. Ce buste est signé : 

Boiston fils . fait 
à Rome . ij8g. 

Un exemplaire de ce buste est à Fontaine- lez -Luxeuil, chez 
M. Gaston Marquiset, député de la Haute-Saône; un autre est 
dans le couvent que les Capucins avaient reconstitué à Besançon 
en 1860. 

Auguste Castan. 



TAPISSERIES 

EXÉCUTÉES EN l586 POUR LES ETATS DE BRETAGNE 

Par pierre DU MOULIN, tapissier parisien, sur les dessins du peintre 

ROBERT PAIGNÉ. 

Documents communiqués par M. Henry Havard. 
{Suite et fin.) 

7 Octobre ibSy. 
Compte des dépenses faites pour la confection des tapisseries et du dais des 
États de Bretagne. 
Estatz des fraiz et mises que Gabriel Hus, trésorier de Messieurs des 
Estatz de Bretaigne, a faictz pour lesdictz sieurs pour avoir faict faire par 
leur commandement ung detz ou poisle de velours viollet et blanc semé de 
fleurs de Hz et d'armynes, et de la tapicerye neufve pour servir ausdictz sieurs 
des Estatz à la tenue des Estatz généraulx chacun an. Le tout suyvant 
l'ordonnance d'iceulx Estatz du 4° jour d'octobre mil cinq cens quatre vingt 
cinq. 

Premièrement. 
Ledit Hus a payé à Sire François Macé, marchant de draps de soye, la 

I. Tout ce qui concerne les travaux de Boiston à Paris est emprunté à un 
article de M. J.-J. Guiffrey, dans les Nouvelles Archives de l'Art français, 
2° série, t. II (1880-81), pp. 232-234. 



- 59- 

somme de deux cens dix huict escuz cinquante sept sols, pour avoir fourny 
de velours violet cramoisy, de velours blanc, noir et jaulne pour faire ledict 
daiz, soie pour le coudre, et faire les franges d'icelluy draps pour embouter 
lesdictes fleurs de liz et armines, ainsi qu'il est plus amplement porté par 
les partye dudict Macé, au pied desquelles est sa quictance de luy signée, 
datte le dix huictiesme jour d'aoust mil cinq cens quatre vingt six, cy ren- 
dus, pour cecy 218 liv. 67 s. tournois. 
Plus, pour huicts aulnes de toille blanche pour doubler lesdictes fleurs de 
liz et armynes, la somme de deux escuz sol., à raison de i5 sols pour aulne, 
ainsi qu'il aparoist pour la doubleure d'icelle. Pour cecy 2 escuz. 
Pour deux livres de layne tanée qui est couchée sur le drap de chacune 
fleurs de liz et armynes, comme il se voira par icelle, à raison de soixante 
solz pour livre, la somme de 60 solz. 
Pour deux livres de fil bieuf pour couldre le drap qui amboutist lesdictes 
fleurs de liz et armynes, la somme de 5o solz. 
Pour huict pièces de bougrain viollet pour doubler ledict daiz, et pour la 
façon de l'avoir doublé, qui couste ensemble la somme de 3 escuz. 
A Judic Richard deux escuz pour avoir faict les franges dudict daiz et 
dévidé la soye pour ce faire, comme aparoist par quictance de ladicte 
Richard, d'elle signée et P'aigneux, notaire royal, dattée du i8« jour d'aoust 
i586, cy rendus, pour cecy 2 escùz. 
A M" Jullien Bergeron, maistre brodeur, demeurant à Angers, pour avoir 
faict ledict daiz, fleurs de liz et armynes, tant pour luy que ses compaignons, 
la somme de quatre vingt deux escuz, pour paye, despans et façon dudict 
daiz, comme aparoist par sa quictance de luy signée, et Fraigneux et 
Chevallier, nottaires, dattée du 14* jour de juillet i586, cy rendus, pour 
cecy 90 escuz. 
A Mery L'Ofïicial, mercier, la somme de sept escuz pour avoir fourny 
quarante deux onzces de filozelle jaulne, blanc, viollet et noir, à raison de 
unze sols l'oncze, pour faire les cordons dudict daiz, et ung escu pour la façon 
d'iceulx, comme aparoist par quictance dudict Lofficial, de luy signée le 
5" jour de septembre i586, cy rendue, pour ce 7 escuz. 
A M' Pierre du Moulin, tapicier, demeurant à Paris, la somme de deux cens 
soixante dix escuz, pour avoir faict six pièces de tapisseries es armoyries 
des armes de France et de Bretaigne, avec un tapiz, ayant lesdictes tapi- 
ceryes deux escussons desdictes armes, contenant chacune pièce de largeur 
troys aulnes et de haulteur troys aulnes et demye, ainsi qu'il est plus 
amplement porté par le marché en faict par la Prevosté de Paris, par Devès 
et Camus, notaires, dattées du 10" jour d'avril i586, cy rendues, et lesquic- 
tances dudict du Moulin, de luy signées et de [en blancj notaires, dattées du 
27 juin et 20 aoust oudit an i586, pour cecy 270 escuz. 
Pour les notaires qui firent le dict marché et en baillèrent plussieurs 
coppies 45 sols. 
Pour avoir faict faire ung portraict de ladicte tapicerye en pappier, affin 
que ledict tapicier la fist de mesme, au painctre pour ledict portraict la 
somme de deux escuz deux tiers, comme aparoist par icelluy portraict et cy 
rendu, au dos duquel est la quictance dudict Robert Paigné, painctre, de luy 
signée, du 24" jour d'avril ou dict an i586, pour cecy 2 escuz 2 tiers. 
Au maissaiger ordinaire de Nantes à Paris, pour avoir amené ladicte tapi- 



— 6o — 

cerye dudict Paris jusques audict Nantes, luy a esté payé la somme de unze 
escuz comme aparoist par quictance dudict messaigier, de luy signée du 
24* jour de septembre oudict an i586, pour cecy n escuz. 

Pour le canevaz, cordaiges et amballeurs de la dicte tapisserye qui est en 
deux fardraux, la somme de deux escuz, cy 2 escuz. 

Au Maistre Pierre Lebas, pour estre allé exprès et à cheval de la ville de 
Nantes à Paris, lorsque ladicte tapicerye fut faicte, pour icelle payer et avoir 
porté l'argent pour la payer, et icelle faict emballer et baillé au messaiger et 
la conduyre jusques audict Nantes où elle a esté, tant allant, venant que 
séjournant parle temps de vingt deux jours, à raison de trois escuz par jour 
pour paye et despans, la somme de 66 escuz. 

A Jullien Hervé, voicturier de la paroisse de Guer, pour avoir voicturé, 
mené et conduict la dicte tapicerye et daiz de Nantes à Quimpercorantin, où 
estoit la tenue des Estatz, au moys d'octobre audict an, et avoir séjourné 
audit Quimpercorantin, attendant ramener ladicte tapicerye et daiz, par le 
temps de huict jours et six jours pour aller, et autant à revenir, qui font 
vingt jours en tout, qu'est à raison de.... par jour, la somme de trente escuz 
sol., ainsi qu'il est plus amplement porté par ledict marché et quictance 
dudict Hervé, signée Garuyer, Faigneux et Chevallier, notaires, daté les 20, 
25 et 27" jours de septembre et octobre i586; pour cecy 21 escuz. 

Pour les notaires qui ont passé ledict marché et quictance 3o liv. 10 sols. 

A Maistre Jean Bonnier, huissier et hérault desdictz sieurs des Estatz, 
pour avoir faict garnir ladicte tapisserye de toille, tant par le hault que aux 
costez et millieu, et avoyr fourny de toille, le tout suyvant son estât et quic- 
tance dudict Bonnyer de luy signée, pour cecy 5 esc, 32 s., 6 den. t. 

Arresté à Rennes par messieurs les Commissaires députez pour l'audition 
des comptes dudict trésorier, le 7" jour d'octobre 1587. 

(Archiv. d'IUe-et-Vilaine. Fonds des États de Bretagne, C. 2897.) 



PARTIE MODERNE. 



LOUIS DAVID. 

1748-1825. 

Le livre sur Louis David de son petit-fils, M. Jules David, 
membre de la Société de l'Histoire de l'Art français, n'est pas tout 
à fait récent, puisque le volume de texte a paru en 1880, et que 
les vingt fascicules de planches, gravées pour la plupart par 
M. Jules David, — il n'y a que les fac-similés de dessins qui 
soient de la photogravure, — ont paru de 1 880 au commencement 
de 1882. Seulement, comme le texte, qui est excellent, très simple, 
très sincère^ très étudié et très authentique, est un volume grand 
in-4" de 678 pages, et comme les planches arrivent au nombre de 



I 



K - 6i - 

cent onze, ce n'est pas un volume courant. J'ai pensé qu'il y avait, 
pour la Revue de notre Société, intérêt à y relever l'indication de 
ces planches. Comme elles sont rangées dans l'ordre chronolo- 
gique des ouvrages, leur table se trouve donner le développement 
et la suite de l'œuvre du maître. La mention finale de chaque 
article indique la collection, publique ou particulière, à laquelle 
appartiennent les originaux. 

1771. Combat de Minerve et de Mars {Iliade^ chant XXI). Deuxième 

prix du concours de 1771. — Musée du Louvre. 

1772. Portrait ovale de Sedaine. — Le comte de Brissay. 

1773. Tête de la Douleur. Dessin. — École des Beaux- Arts. 

1774. Le médecin Erasistrate découvre la cause de la maladie du Jeune 

Antiochus dans son amour pour Stratonice. Premier prix du 
concours de 1774. — Ecole des Beaux- Arts. 

1777. Patrocle assis à terre. Figure académique nue et vue de dos. — 

Musée de Cherbourg. 

1778. Le cadavre d'Hector. Figure académique. — Musée de Mont- 

pellier. 

1779. Vue du Capitule de Rome. Dessin. — M. Jules David. 

— Palais de Venise à Rome. Dessin. — M. Jules David. 

— Paysage italien. Dessin. — M. Jules David. 

— Trois buffles. Dessin. — M. Jules David. 

1780. Saint-Jérôme. — M. Mailand. 

— Saint Roch intercédant la Vierge pour les pestiférés. — A la 

Santé de Marseille. 

— Bélisaire et l'enfant. Demi-figures en buste. — M. Hauguet. 

— Tête de jeune homme ; étude peinte. — Musée de MontpeUier. 

— Frise dans le genre antique. Combat de deux guerriers ; à 

gauche Minerve et Hercule, à droite les trois Parques. Des- 
sin. — M. Perrier. 

1781. Bélisaire reconnu par un soldat qui avait servi sous lui, au 

moment où une jeune femme lui fait l'aumône. — Musée 
de Lille. 

— Le comte Potocki ; portrait équestre. — La comtesse Potocka. 
1783. La douleur d'Andromaque, assise au pied du lit sur lequel est 

étendu le cadavre de son époux Hector. Morceau de récep- 
tion à l'Académie de peinture. — M. Jules David. 

— Andromaque pleurant sur le corps d'Hector. Dessin. — 

M. Dumont, statuaire. 

— Jacques Desmaisons, architecte, oncle du peintre, à mi-corps. 

— M. Baudry. 

— Alphonse Leroy, médecin. A mi-corps, en largeur. — Musée 

de Montpellier. 



— 62 — 

— Christ en croix. Dessin. — M. Dumont, statuaire. 

— M. Pécoul, beau-père du peintre. A mi-corps. — Musée du 

Louvre. 

— M™<= Pécoul, née Potain, belle-mère du peintre. — A mi-corps. 

— Musée du Louvre. 

— Le père Horace défendant son fils. Dessin. — M. Jules David. 
1784. Le petit Bélisaire. — Musée du Louvre. 

— Serment des Horaces entre les mains de leur père. — Musée 

du Louvre. 

1786. M. de Joubert. Assis, vu jusqu'aux genoux. Ébauche. — Musée 

de Montpellier. 

1787. Socraie, au moment de prendre la ciguë, s'entretient avec ses 

disciples. — M. Blanchi, député. 

— Jules David, enfant, fils du peintre. — Le baron David. 

1788. Les deux filles du peintre; deux profils en médaillon. — 

M™" Blanchi. 

— Lavoisier et sa femme. Portraits en pied. — M. deChazelles. 

— Les amours de Paris et d'Hélène. — Musée du Louvre. 

1789. Consul Junius Brutus, de retour dans sa maison après avoir 

condamné à mort ses deux fils qui avaient conspiré en faveur 
des Tarquins; des licteurs rapportent leurs cadavres pour 
qu'on leur donne la sépulture. — Musée du Louvre. 

1790. La marquise de Sorcy de Thélusson. Assise; à mi-jambes. — 

M^e la baronne p. de Villequier. 

— La marquise d'Orvilliers, Assise; à mi-jambes. — M. P. de 

Turenne. 

— David par lui-même. En buste. — M. Jules David. 

A. DE MONTAIGLON. 



LE PEINTRE LAMPERIERE. 

28 avril 1866. — « Décès de Jean -Sébastien Lampérière, ancien fabricant 
d'huiles, jouissant d'un secours viager, médaillé de Sainte- Hélène, âgé de 
soixante-dix-huit ans, né à Chaumont (Calvados), domicilié à Arras, place 
des Chaudronniers, n° 2, fils des feus Pierre et Anne Biot, époux de Joséphine 
Bassez. » 

Voilà l'acte de décès de cet artiste aimable qui a longtemps habité Arras et 
qui y est mort. Son intérieur, coquet et propret, était orné de beaucoup 
d'objets anciens, de vieux cuivres, faïences locales. On doit un souvenir à cet 
homme estimable qui, dans la mesure de ses moyens, a entretenu le goût 
des arts à Arras, dans un temps où les arts y étaient peu appréciés. Il n'a 
guère fait que des portraits, des natures mortes, des tableaux et des ban- 
nières d'église ; mais toutes ses toiles sont consciencieuses. Il a surtout repro- 
duit à un nombre infini d'exemplaires le portrait de Mgr de La Tour 



— 63 — 

d'Auvergne, évêque d'Arras, de vénérée mémoire ; il aimait aussi à copier 
Boilly, qu'il avait connu , et parlait avec respect du célèbre miniaturiste 
Augustin, dont il avait vu des œuvres dans la région. Son fils, qui habite 
Arras, a acquis une réputation justifiée d'excellent peintre de natures mortes. 

V. Advielle. 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

M- HAUDEBOURT-LESCOT, GUYOT, THIÉNON, COPINET. 

XXXII. M"e Haudebourt-Lescot. — 1845. 

L'épitaphe d'Antoinette-Cécile -Hortense Haudebourt-Lescot se 
trouvant publiée dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art 
français^ année 1877, p. 129, nous ne jugeons pas utile d'en donner 
le texte. 

XXXIII. Guyot. — 1845. 

ANTOINE-PATRICE GUYOT 

PEINTRE DE PAYSAGE, 

PROFESSEUR A l'ÉCOLE ROYALE d'ÉTAT-MAJOR, 

NÉ A PARIS LE 4 AVRIL 1 777, 

MORT A PARIS LE 27 MAI 1845. 

MARIE GALLE, VEUVE DE A. -P. GUYOT, 

NÉE A S^«-FOY-LÈS-LYONS, LE l5 MAI I789, 

DÉCÉDÉE A PARIS LE 7 AOUT 1872. 

(Montparnasse, 6= division.) 



XXXIV. Thiénon. — 1846. 



ANNE-CLAUDE 
THIÉNON 
PEINTRE 

paysagiste 
chevalier 
de la légion 
d'honneur 
né a paris 

LE XXVII 
DÉCEMBRE 
MDCCLXXir 



-64- 

DÉCÉDÉ 

A PARIS 

LE XII MARS 

MDCCCXLVI. 

(Montparnasse, 4" division.) 
XXXV. Copinet. — 1846. 

ICI REPOSENT 

JOSEPH-LÉON COPINET, 

ARTISTE PEINTRE, 

DÉCÉDÉ LE I^"" MAI 1846, 

ÂGÉ DE 45 ANS, 

IL LAISSAIT SA MÈRE INCONSOLABLE. 

MADAME ROSALIE COPINET, 

AME SENSIBLE ET NOBLE ! 

DÉCÉDÉE LE 24 JUIN 1847, 

ÂGÉE DE 71 ANS. 

UNE AMIE AFFECTIONNÉE 

DE M™e COPINET 

A RÉUNI LA MÈRE ET LK FILS 

DANS CE MEME CAVEAU. 

(Montmartre, 14" division.) 



BIBLIOGRAPHIE. 

Dargenty (G.). — Eugène Delacroix par lui-même. Paris, Rouam, i885, 
in-8°, 225 pages. — La souscription ouverte pour l'érection d'un monument 
à la mémoire d'Eugène Delacroix, puis l'exposition des oeuvres du grand 
artiste, ayant remis son nom à l'ordre du jour, il n'est pas étonnant que la 
vie et l'œuvre du maître deviennent l'objet de nouvelles publications. L'auteur 
de celle-ci n'a pas la prétention de dire des choses nouvelles, de faire con- 
naître des documents inédits. Il taille de côté et d'autre dans les livres déjà 
anciens de MM. Silvestre, Moreau, Piron, Gigoux, et, avec ce travail à coups 
de ciseaux, arrive à composer une lecture fort attrayante, où l'artiste se 
peint par sa correspondance, ses notes, ses souvenirs intimes. Le volume 
de M. Dargenty est de nature à bien faire connaître le tempérament éminem- 
ment distingué d^Eugèrte Delacroix et à inspirer une profonde sympathie 
pour sa personne et son caractère. Tout le monde ne possède pas, ne lit pas 
les livres cités plus haut, tout le monde pourra consulter le Delacroix par 
lui-même, comme un résumé impartial, intéressant et fort bien fait de 
tout ce qui a été écrit sur le plus grand peintre de l'école française moderne. 

J. G. 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



5. — Mai 1885. 



PARTIE ANCIENNE. 



LETTRE DE LOUIS XIII AUX CONSULS DE TOULON 

POUR LEUR RECOMMANDER LE PEINTRE FOUQUIÈRES 

(1629). 

Communiquée par M. Charles Ginoux. 

Jacques Fouquières n'est un inconnu pour personne. On sait que le paysa- 
giste flamand, venu à Paris, fut employé par Louis XIII à la décoration des 
maisons royales. Il obtint des lettres de noblesse. Dargenville signale en 
1764 dans la salle à manger du château de Meudon quatre paysages de Mon- 
per et de Fouquières. En 1790, un paysage représentant un Chartreux dans 
le désert j de la main de Fouquières, existait aux Chartreux de Paris ; une 
toile datée de 1620 et signée J. Focquier est au musée de Nantes; elle 
provient de l'ancienne collection du Roi et a été déposée à Nantes par le Gou- 
vernement, en 1804, bien que le Louvre ne possédât aucune œuvre exposée 
du peintre. Les musées de Bordeaux et de Grenoble renferment de ses 
ouvrages. Deux « tableaux péris et brûlés avec leurs bordures, » parmi ceux 
que contenait la collection de Boulle incendiée en 1720, étaient de cet artiste 
plus célèbre peut-être, — et il eût suffi de le rappeler ici, — par ses démêlés 
avec Poussin que par ses ouvrages, si estimables qu'ils soient. Félibien lui a 
consacré une page caractéristique dans ses Entretiens (t. IV, p. 84, édition 
de 1725), au sujet des peintures projetées par lui pour la grande galerie du 
Louvre. 

H. J. 

De par le Roy, comte de Provence. 
Chers et bien amez, nous avons fait expédier une commission 
au sieur Fouquier, gentilhomme ordinaire de nostre chambre 
pour se transporter par toutes les villes de nostre pays de Pro- 

REV. ART FR. Il 5 



— 66 — 

vence pour en faire les plants, tableaux, perspectives mesmes des 
paysages des environs pour les faire mettre dans la grande gallerye 
de nostre château du Louvre, suivant le desseing du feu Roy 
nostre très honoré seigneur et perre. Il vous fera voir sa com- 
mission que nous avons voulu accompagner de cette lettre, afin 
que vous lui permettiez de faire et lever le plan de votre ville et 
lui administriez ce qui lui sera nécessaire durant son séjour Le 
faisant parre honnorablemen de son travail, comme personne de 
qualité et peintre finy faictes faucte, Car tel est notre plaisir. 
Donné à Paris, le vingt huitiesme jour de juillet 1629. 

Louis. 

De Beauclerc ^ . 
(Arch. comm. de Toulon, série AA, reg. 36, armoire n" i.) 



ETIENNE DUMONSTIER. 

L'extrait que nous publions ci-dessous est tiré des minutes d'une étude de 
Paris, dont le titulaire actuel nous a fort obligeamment permis l'examen. 
L'acte par lui-même n'offre pas un bien vif intérêt; nous nous contentons 
d'en extraire les points essentiels, à savoir que Etienne Bumonstier, peintre 
et valet de chambre ordinaire du Roi, demeurait en 1698 rue des Quatre- 
Fils, près du Temple, et avait des fermiers qui ne le payaient pas, ce qui 
peut arriver au plus honnête homme, plus rarement à un artiste. 

J. G. 

22 juin 1598. 

Fut présent en sa personne noble homme Estienne Dumons- 
tier, peintre et vallet de chambre ordinaire du Roy, demeurant 
rue des Quatre-Fils, paroisse Saint-Jehan, lequel de son bon gré 
et bonne volunté a faict et constitué son procureur général et 
particulier M*' Amable Monteroier (?), procureur en la cour des 
Aydes de Montferrand, pour plaider, etc.. 

(Il s'agit d'un fermage de i,25o écus pour trois termes et demi 
dus par Amiot de la Ville et François Roux, fermiers...) 

Suit la signature 

Du MONSTIER. 



I. Fouquières fut longtemps retenu à Toulon par un procès que lui intenta 
la ville. Le 12 août i636, il y eut appel d'une sentence prononcée contre lui. 
La Commission est datée de 1626? — Ch. G. 



-67- 

LES FRÉMINET. 

{i538-i57i.) 

Jal nous apprend, dans son Dictionnaire critique (p. 6i5, 
2^ colonne), que Martin Fréminet fut parrain, le 24 septembre 
iSôy, de Martin Fréminet, le peintre célèbre. Ce premier Mar- 
tin^ qui était orfèvre, avait épousé Marguerite Patrouillart, d'une 
famille de marchands. Il devint veuf et se remaria. 

« Le dimanche xxvij' may iSyi, entre Martin Fréminet et Denise du 
Chasteau. » (Registre de Saint-Germain-l'Auxerrois.) 

Un Pierre Fréminet^ orfèvre, et frère peut-être de Martin /", 
vivait sur la paroisse de Saint -Jacques -de -la -Boucherie. Le 
29 février i538, il fut parrain à cette paroisse. Il était époux de 
Jehanne Le Doyen, qui, le 10 janvier 1 540, le rendit père d'un fils 
qu'on nomma Jehan. L'acte de baptême dit qu'il demeurait alors 
près du Palais. En i553, il était époux de Marie Baudet, qui, le 
samedi 27 octobre de cette année, lui donna Simon Fréminet, 
« tenu par Martin Raysin, chapelain de la Sainte-Chapelle de 
Paris, et Martin (/") Fréminet. » (Registre de Saint-Germain- 
l'Auxerrois.) Pierre Fréminet, veuf pour la deuxième fois, épousa, 
le 3o novembre iSSg, Marie Hudesse. (Registre de Saint-Ger- 
main-l'Auxerrois.) 

Les détails qui précèdent sont extraits des notes inédites 
d'Auguste Jal. 

Henry Jouin. 



BAUDRAIN YVART 

PEINTRE DU ROI. 
(161I.) 

Toutes mes recherches à l'effet de fixer la date de la naissance à 
Boulogne-sur-Mer de Baudrain Yvart, qui fut peintre ordinaire du 
roi et conseiller en son Académie de peinture et sculpture, décédé le 
12 décembre 1690 aux Gobelins, où il était Garde des tableaux, des- 
sins, modèles et cartons, avaient été infructueuses : le registre des 
actes de catholicité de sa paroisse s'était perdu depuis plusieurs 
années. M. E. Deseille, archiviste de Boulogne-sur-Mer, en avait 
heureusement fait le dépouillement et pris des extraits il y a une 
vingtaine d'années ; c'est dans son cahier de notes qu'il vient de 



— 68 — 

retrouver le baptistaire ci-joint, qui établit définitivement le jour de 
naissance du collaborateur de Ch. Le Brun : 

« Registre aux actes, etc., de la paroisse Saint-Nicolas de Bou- 
logne-sur-Mer, pour l'année 1611. 

, « Le iS^ juillet, à 5 heures, Baudrain, fils de Henry Yvart et de 
Jehenne Carré, tenu de èaudrin de Frouart [Frohart\ sieur de 
Fourcault, lequel a donné le nom; Noël Yvart, Jehan Meurin, Char- 
lotte Gardinier, Noëlle Bouche. » 

Il y a donc une double rectification à faire dans le travail dont la 
Revue s'est occupée {i^^ année, p. 1 10) ; au prénom de Baudrin, subs- 
tituer celui de Baudrain; au millésime i6io(?), substituer 161 1. 

V.-J. Vaillant. 



ADAM 

'-'^ PEINTRE DE LA VILLE d'aMIENS (1416). 

Note communiquée par M. Henry Havard. 

Adam le paintre pour sa paine et labeur d'avoir fait et paint les 
personnages de sains et saintes es tourelles des tours de la forte- 
resche, et pour avoir trouvé les couleurs, par marqué fait à tasque 
par ledit maistre des ouvrages, présent Jacque aux Cousteaux, 
receveur des rentes, a esté paie la somme de xlviii 1. p. 

(Archives d'Amiens : Comptes de la ville, année 141 6.) 

Maître Adam le peintre n'est pas un inconnu. Dans ses Recherches histo- 
riques sur les ouvrages exécutés dans la ville d'Amiens (Amiens, i858, in-8° 
de 44 p.), M. H. Dusevel lui consacre une notice où il résume tous les rensei- 
gnements fournis par les Archives locales. Il nous apprend que cet artiste, 
souvent désigné sous le nom d'Adam de France, travaillait pour la ville 
d'Amiens dès l'année iSSg. Il s'étend longuement sur les soixante person- 
nages de saints et saintes peints es tourelles du tour de la forteresse de la 
ville, parmi lesquels on voyait figurer l'archange saint Michel, saint Pierre, 
saint Sébastien, saint Christophe, sainte Barbe et sainte Marguerite. Comme 
M. Dusevel ne donne ni la date de l'ouvrage, ni le prix payé, nous avons 
cru qu'il n'était pas sans intérêt de reproduire ici l'article relatif à l'ouvrage 
le plus remarquable de M' Adam de France. 

J. G. 



- 69- 

CROZAT. 
Pièce communiquée par M. J. Roman. 

A Paris, ce 23 mars 1728. 
Monseigneur, 

Je suis très sensible à la protection que vous voulés bien accorder à 
mon entreprise des estampes, qui me donne une bonne opinion de la 
réusite; l'espérance que M. le cardinal de Fleury vous a donnée est 
aussi bien flateuse; j'espère qu'en voyant l'ouvrage il rendra sa pro- 
tection encore plus efïicasse. M. le comte Giraud, banquier à Rome, 
qui a toujours servi nos ministres et est le correspondant de M. le 
chevalier Bernard, me charge de luy envoyer quelque petite vaisselle 
d'argent, contenant seulement 28 mars, que M. Germain^ orphèvre 
du Roy, a faite; j'espère, Monseigneur, qu'en faveur d'un françois 
establi avec quelque distinction à Rome , vous voudrcs bien luy 
accorder un passe port, affin qu'il puisse recevoir sûrement cet envoy 
d'argent. Vous venés de m'accorder si gracieussement des grâces, que 
je me flatte que vous ne désaprouverés pas que je vous en demande 
des nouvelles en faveur de M. Giraud. Je suis avec la reconnessance 
la plus respectueuse. Monseigneur, votre très humble et obéissant 
serviteur. 

Crozat. 

(Archives des affaires étrangères, France, 1261, p. 54.) 



BOUT DE L'AN DE LOUIS XIIII A SAINT-DENIS. 

(i^"" septembre 171 6.) 
Extraits des Menus, communiqués par M. Henry de Chennevières. 

Au sieur Perrot, peintre, i,55o livres pour tous ses ouvrages de 
peinture ^ 

A S/oi/f, sculpteur 3ioliv. 

Pour avoir racommodé quatre figures, représentant la ReUgion, la 
Charité , la Prudence et l'Espérance , qui estoient bien détruites 

200 liv. 

etc. 



I. Nous relevons dans les Menus de 17 17, O* 2846, l'article suivant con- 
cernant le même artiste : 

( Tente du Roy posée sur l'une des terrasses du Palais des Thuileries. 

« Au s" Perrot, peintre, 1,200 liv. pour les ouvrages de peintures et 
dorures qu'il a fait à la tente du Roy, » — H. de C. 



— 70 — 

Au sieur Gousson, sculpteur, 200 livres pour tous les ouvrages qu'il 
a faits, tant de neuf que de raccommodage, savoir : 

Pour avoir fait trois bras (dont deux ont esté changés), pour tenir 
des palmes, les avoir attachés aux quatre Renommées, avoir fait des 
doigts presque à toutes leurs mains et raccommodé le dessus de leurs 
testes qui estoient toutes écrasées 60 liv. 

Plus, leur avoir fait quatre trompettes de bois blanc tourné, à 
quarente sols pièce 8 liv. 

Plus avoir remis des armatures dans trois aisles pour les soutenir, 
les avoir ratachées et collées avec des toilles .... 7 liv. 10 s. 

Plus avoir fait deux jambes et les avoir attachées auxdites Renom- 
mées, y avoir mis des armatures dedans pour les soutenir, estant tout 
en l'air, et avoir rajusté toutes les autres jambes .... 3o liv. 



A Pillement^ peintre, 22 5 livres pour toutes les armes qu'il a faites 
en papier pour le dit service, pour l'église, pour les portes de Saint- 
Denis. 

Au sieur .Beram, désignateur du cabinet du Roy, la somme de mille 
livres pour les desseins qu'il a fait et pour le séjour qu'il a esté obligé 
de faire à Saint-Denis pour les faire exécuter. 

(Archives nationales, Oi 2845, menus de 1716.) 



LE CHEVALIER ERNOU. 

(1731.) 

Notre excellent collaborateur M. Alfred Steyert possède un bon 
portrait d'homme du milieu du dernier siècle. Cest celui d'un 
bienfaiteur de la Charité de Lyon. Derrière la toile, une inscrip- 
tion à Tencre donne son nom, ses titres et le nom du peintre sous 
cette forme : Par le Chevalier Ernou — / jSi . Son nom manque à 
Siret et à Bellier. Était-il Lyonnais? A quoi se rapporte sa qualité 
de Chevalier ? A FOrdre de Saint- Louis, à celui de Malte ou à 
quelque autre Ordre romain ou italien? Autant de questions que 
nous posons à nos lecteurs, dans Timpossibilité où nous sommes 
d'y répondre. 

Anatole de Montaiglon. 



— 71 — 

UNE LETTRE DE CHARDIN. 
Document communiqué par M. Alfred Darcel. 

Dans mes recherches à travers les cartons des Archives pour reconstituer 
l'histoire de la manufacture des Gobelins, j'ai rencontré la lettre suivante, 
évidemment adressée au Directeur des Bâtiments, le comte d'Angiviller. Il 
est moins aisé de préciser la circonstance qui donna lieu à la plainte de 
Chardin et à l'intervention du protecteur de l'Académie. Peut-être les 
registres de la Compagnie, quand la publication dirigée avec tant de dévoue- 
ment par M. A. de Montaiglon en sera arrivée là, nous l'apprendront- ils. 

A. D. 

i6 avril 1777. 
Monsieur le Comte, 
Je suis rempli des sentiments de la plus vive reconnoissance en 
recevant les marques d'estime et d'affection dont vous m'honorez 
dans votre lettre. 

Je ne me flattois point que vous voulussiez employer des 
moments qui vous sont précieux à me donner cette consolation ; 
mais, moins je l'ai espéré, plus j'y suis sensible. 

Depuis que je suis de l'Académie, j'y ai toujours vécu dans la 
paix et dans l'union, et c'est la première fois que j'ai eu lieu de 
former quelque plainte, si toutefois cette ouverture en est une. 

Au reste, ces légères altercations n'ont d'autre suite que de teftir 
plus attentif de part et d'autre à ne donner aucune prise sur soi. 

Si cette affaire. Monsieur, m'a causé quelque peine et quelques 

mécontentements, dès cet instant je les oublie et je vous en fais le 

sacrifice, heureux si vous voulez bien le regarder comme une 

foible marque de la reconnoissance qu'excitent en moi vos bontés. 

Je suis avec un profond respect, 

Monsieur le Comte, 

Votre très humble et très obéissant serviteur, 

Chardin. 
(Archives nationales, O* 2048, reg. gS.) 



— 72 — 
PARTIE MODERNE. 



LETTRE D'HORACE VERNET A VICTOR SCHNETZ 

SUR LE SALON DE 1827. 

Communiquée par M. Gaston Le Breton. 

M. Gaston Le Breton, qui prépare une Vie de Victor Schnet:{, a lu récem- 
ment à la Sorbonne un mémoire ayant pour titre : Schnet:{ et son époque, 
dont il veut bien distraire au profit de la Revue la lettre suivante à' Horace 
Vernet. Cet autographe n'a pas besoin de commentaires. H. J. 

Paris, le 6 décembre 1827. 

Tu dois dire que je suis un animal, mon cher Victor, mais, 
parole d'honneur, j'ai commencé dix fois, et puis je ne sais com- 
ment cela s'est fait, quand je voulais terminer, mes nouvelles 
étaient si vieilles... là, quand je te le disais, on vient encore de me 
déranger ! mais n'importe ! le diable tomberait maintenant entre 
moi et ma plume que je ne la quitterais pas. 

Je voulais te dire qu'il faut que tu reviennes bien vite, si tu ne 
veux assister à l'enterrement de la peinture ; elle est entre deux 
médecins qui la tuent, Tun se nomme Classique et l'autre Roman- 
tique. Le premier est un ennuyeux et la fait mourir de langueur 
et de froid; l'autre lui donne de tels excitants que la malheureuse 
en a des attaques de folie et, alors, gare aux yeux des curieux ! 
Rien n'est naturel dans cette position compliquée, et je vois la 
pauvre amante de Raphaël^ de Michel-Ange et de Rubens dans le 
plus mauvais état pour le quart d'heure. 

Il faut donc que ses véritables amis se réunissent pour la tirer 
de ce cruel combat. Voilà pourquoi un homme solide au poste 
comme toi est nécessaire. Après cela, s'il te reste quelques bons 
souvenirs de tes amis, tu ne doutes pas du plaisir qu'ils auront 
à te revoir. Je suis en tête de la liste et j'espère que tu n'en doutes 
pas, malgré mon opiniâtre silence. Le Salon est encore pauvre en 
général, il se ressent du mauvais mode d'enseignement de nos 
écoles. On veut faire de la peinture par A plus B_, et celui qui se 
trouve assez doué pour avoir le moyen et le génie d'éviter les 
routines, de vouloir barbouiller selon son sentiment est sur-le- 
champ mis à l'index; on crie au novateur. Allons, des sangsues, 
de l'eau tiède, affaiblissons-le, car il dégoûterait tous ces pauvres 



-73- 

diables qui gémissent, pâtissent et portent leur argent dans nos 
ateliers. A force de leur faire salir des toiles, ils finiront par inon- 
der le monde de leur médiocrité ; il ne faut donc pas, pour un 
seul qui sortirait de la ligne, risquer de perdre l'exploitation de 
la forme que nous a léguée notre maître ! 

Ce pauvre Court est dans ce moment-ci entre les mains de ces 
rétrécisseurs de génie. On veut le maigrir aussi, car lui seul a les 
honneurs de l'exposition^. Le public, qui n'a que des yeux, lui 
rend justice. Par cette raison, les maîtres font tout au monde pour 
Fétourdir, à force de lui crier qu'il n'est qu'un simple élève, qu'on 
ne l'a pas envoyé à Rome pour faire des tableaux, mais pour 
étudier, qu'il perdra son temps à copier des Valentin, tandis 
qu'il avait des Raphaël, que, puisque la nature le portait à faire 
de la peinture noble et vigoureuse, il devait se jeter dans le gra- 
cieux, afin de mêler la moutarde avec les confitures... 

Dans quelque temps, on exposera tes grands tableaux dont 
jusqu'à ce jour peu de personnes peuvent juger, car on les tient 
au secret. Cependant, il circule qu'ils sont très beaux et doivent 
produire un grand eflPet. Encore une fois, viens donc vite jouir 
avec nous de tes nouveaux succès et me donner ton avis sur de 
grandes toiles que je viens de couvrir comme à l'ordinaire, à la 
course. Ainsi que Gusman, je ne connais plus d'obstacles, les 
papes, les chiens, les Raphaël, les Bramante, les Michel-Ange, 
les rois, les chevaux, les guerriers de tous les temps, tout cela me 
passe par les pattes et j'aurais eu à exposer, si je n'avais craint 
d'ameuter contre moi, cinquante-trois tableaux, dont une quan- 
tité de dix à vingt-huit pieds. 

Tu vois que lorsque je m'y mets je bavarde tout comme un 
autre, et encore plus peut-être. Voilà l'inconvénient des paresseux, 
et tout comme les poltrons révoltés, une fois partis, il n'est plus 
possible de les arrêter. Malgré tout, j'ai encore quelque chose à te 
dire, et qu'il m'importe que tu saches bien, c'est que je t'aime de 
bien bon cœur, et que tu serais le plus vilain b... si tu ne me 
rendais pas la réciproque. 

Adieu, j'ai vu les Gay bien tristes de ne pas te voir; en cela 
nous avons retrouvé un point de ressemblance. Si tu ne me 
comprends pas, je te l'expliquerai plus tard. 



I. Court n'exposa pas moins de sept tableaux au salon de 1827, parmi 
lesquels la Mort de César. — H. J. 



— 74 — 

Fais-moi le plaisir de te charger de mille compliments pour 
M. Guérin, dis-lui que les termes me manquent pour lui peindre 
ma gratitude pour tout ce qu'il dit de bienveillant de moi; il 
veut donner à ma reconnaissance une tâche impossible à remplir. 

Je chargerai mon admiration pour ses talents et son noble 
caractère d'acquitter ma dette. 

Si tu étais plus beau et jolie femme, je t'embrasserais, mais tu 

es trop noir. 

Ton vieil ami, 

H'=o Vernet. 



LOUIS DAVID. 

1748-1825. 
{Suite et fin.) 

1791. Le serment du Jeu de paume. Dessin. — M. Jules David. 

1792. Ébauche de la toile du serment du Jeu de paume ; figures nues. 

— Musée du Louvre. 
Études de têtes pour le Serment du Jeu de paume : 

— — Bailly. — Musée du Louvre ; collection Lacaze. 

— — Barrère. — Musée de Versailles, 

— — Le Père Gérard. — M. Gigoux. 

— — L'Abbé Grégoire. — M. Gigoux. 

— — Prieur, de la Marne. — M. Gigoux. 

1793. Le Pelletier de Saint- Fargeau, membre de la Convention, sur 

son lit mortuaire. — D'après l'épreuve inachevée du Cabinet 
des estampes de la Bibliothèque nationale. 

— Le général Auguste-Henri-Marin Picot, Marquis de Dampierre, 

blessé mortellement à l'affaire de Valenciennes. Dessin. — 
Le baron Jeanin. 

— Marat mort ; dans sa baignoire. — M. Jules David. 

— La tête morte de Marat, l'ami du peuple. Dessin. — M. Jules 

David. 

— Danton. Demi-buste. Dessin. — M'"* Jubinal de Saint-Albin. 

1794. Le jeune Barra. Étude du cadavre nu étendu par terre. — 

Musée d'Avignon. 

— La tête du jeune Barra. Dessin. — M"»" Jubinal de Saint- 

Albin. 

Projets de costumes français ; Aquarelles : 

— — Le Représentant du peuple en fonctions. — M. de Saint- 

Albin. 



-75 - 

— Le Représentant du peuple aux armées. 

— L'habit militaire. 

— Législateur en fonctions. — M. Jules David. 

— Un Juge. — M. Jules David. 

— Officier municipal. — M. Jules David. 

— Habit civil des Français. — M. Jules David. 

— Le citoyen français dans l'intérieur. — M. de Saint-Albin. 
Le triomphe du peuple français. Dessin. — M. Albert Lenoir. 
David par lui-même. A mi-corps. — Musée du Louvre. 

M. Seriziat. Assis; à mi-jambes. — M. S. Moreau. 

M«« Seriziat, née Pécoul, avec sa petite-fille. Assise; à mi- 
jambes. — M. S. Moreau. 

La maraîchère de David. En buste. — Musée de Lyon. 

J. Blaw, ministre plénipotentiaire de Hollande. En buste. — 
M. Chevrier, à Chalon-sur-Saône. 

Meyer, ministre plénipotentiaire de Hollande. Assis; à mi- 
corps. — Le baron Jeanin. 

Le général Bonaparte. En buste ; la tête seule est peinte. — Le 
duc de Bassano. 

Les Sabines. — Musée du Louvre. 

Projet de costume pour les Consuls de la République française. 
Aquarelle. — M. Jules David. 

M""^ de Verninac, née Delacroix. Assise ; à mi-jambes. — M. de 
Verninac. 

M"»" Récamier, étendue sur un lit de repos. — Musée du 
Louvre. 

Bonaparte au mont Saint-Bernard. Portrait équestre. — Musée 
de Versailles. 

Le pape Pie VII. En buste. — Musée du Louvre. 

Napoléon en habits impériaux. Debout; petite figure en pied. 

— M. Jules David. 

Entrée de Napoléon à l'Hôtel de Ville de Paris. Dessin. — 
M. Jules David. 

Distribution des aigles au Champ de Mars. Dessin. — M. Jules 
David. 

Sacre de l'Empereur Napoléon et couronnement de l'Impéra- 
trice Joséphine à Notre-Dame de Paris (2 décembre i8o5). 

— Musée de Versailles. 

Dessin perspectif du chœur de Notre-Dame pour le tableau du 

Sacre. — M. Millet. 
Napoléon debout, se mettant la couronne sur la tête, et le Pape 

Pie VII assis. Dessin. — M. Millet. 
Étude de la tête de l'Impératrice Joséphine pour le tableau du 

Sacre. — M. Jules David. 



-76- 

— Le peintre Marie-Joseph Vien. En demi-buste. Médaillon rond. 

Dessin. — M. Jules David. 
1810. Distribution des aigles au Champ de Mars. — Musée de Ver- 
sailles. 

Études de figures pour la Distribution des aigles : 

— — Personnage assis. Dessin. — M. Jules David. 

— — Personnage assis et en uniforme. Dessin. — M. Jules David. 

— — Personnage jurant. Figure nue. Dessin. — M. Jules David. 

— — Dragon. Dessin. — M. Jules David. 

— Napoléon dans son cabinet. Debout à côté de son bureau. — 

Lord Douglas. 

— Le général baron Jeanin, gendre du peintre. En buste. — Le 

baron Jeanin. 
18 12. La baronne Jeanin, fille du peintre. En buste. — Le baron 
Jeanin. 

— M. et M'"^ Mongez. En buste. En largeur. — Musée du Louvre. 

— Vénus blessée se plaignant à Jupiter. Dessin. — M. Jules David. 

— Les adieux d'Hector et d'Andromaque. Dessin. — M. Jules 

David. 

— Le général baron Meunier, gendre du peintre. — M"»e la 

baronne J. Meunier. 

— La baronne Meunier, fille du peintre. En buste. — M™» la 

baronne J. Meunier. 

— Apelle peignant Campaspe devant Alexandre. — M. Jules David. 
i8i3. M"'« David, femme du peintre. A mi-corps. — M™^ la baronne 

Meunier. 

— Les Thermopyles. Dessin. — M. Jules David. 
1814. Léonidas aux Thermopyles. — Musée du Louvre. 

1816. Le comte de Turenne. Assis, jusqu'aux genoux. — Le comte 

de Turenne. 

18 17. Alexandre Lenoir. En buste. — M. Albert Lenoir. 

— L'Amour et Psyché. — Madame de Furtado. 

— L'abbé Sieyès, conventionnel. — Assis; à mi-jambes. — 

M™e Combes. 

1818. Télémaque et Eucharis. Figures assises; à mi - corps. — 

M"'^ Noël des Vergers. 
1820. Jacques Ramel de Nogaret , conventionnel, ministre des 

finances sous le Directoire. En buste. Peint à Bruxelles où il 

mourut le 3i mars 1819. — M. Lorois. 
1822. Les deux filles de Joseph Bonaparte. Assises, à mi-corps. — 

Musée de Toulon. 
1824. Première idée de Mars et Vénus. Dessin. — M. Jules David. 

— Mars désarmé par Vénus et par les Grâces. — M. Jules David. 



— 11 — 

— Bohémienne disant la bonne aventure à une jeune Romaine. 

En largeur ; figures à mi-corps. — Mi°« la baronne David. 
1825. Viol de Lucrèce. Dessin. « A ma bru Annette. » — M. Jules 
David. 

— M. et M°»e Eugène David, fils et belle-fille du peintre. Assis; à 

mi-corps. Dessin. — M. Jules David. 



Le peintre David debout en longue redingote. En pied. Fac-similé' 
du dessin de Madou fait à Bruxelles dans les dernières années du 
Maître. 

A. DE M. 



DOMINIQUE DONCRE. 



Ce peintre, si français, quoique flamand d'origine (Donker), est à 
peine soupçonné à Paris et ne figure encore que dans un seul dic- 
tionnaire. 

Né à Zeghers-Gappel (Nord), il est mort à Arras, où il a passé 
presque toute son existence, le 11 mars 1820, à l'âge de soixante-dix- 
sept ans. 

Une rue de cette ville porte son nom. 

Nous avons, en i853, révélé le mérite de cet artiste, qu'on semblait 
ne pas apprécier, et, dès cette époque, nous avons fait d'activés 
démarches pour reconstituer sa biographie et fixer l'attention sur ses 
principales œuvres. Depuis lors, les étrangers ont enlevé à Arras à peu 
près toutes ses toiles qui étaient dans le commerce ; de sorte que son 
œuvre, essentiellement locale, est désormais disséminée. Mais on con- 
serve encore de lui au musée de cette ville et dans plusieurs familles 
des toiles d'un réel mérite. Outre celles du musée, nous citerons : 
1° le beau tableau où il s'est représenté avec sa femme ; 2° Milon de 
Crotone ; 3° l'Échelle de Jacob, son portrait en miniature, celui de 
son frère, et ses portraits ' des révolutionnaires d'Arras (en notre 
possession); 4" le portrait de Joseph Lebon (au musée Carnavalet). 

Lepage, son ami et concitoyen, avait fait son buste en marbre 
blanc ; on ignore ce qu'il est devenu. Il ne reste d'autre souvenir de 
cette œuvre qu'une réduction en plâtre, que nous avons donnée au 
musée d'Arras. 

Les autographes de Doncre sont fort rares. 

Victor Ad VIELLE. 

I . Nous les avons décrits dans la revue La Révolution française, publiée 
par M. Et. Gharavay (n" du 10 avril 1884). 



-78- 

ÉPITAPHES DE PEINTRES 

relevées dans les cimetières de paris et publiées suivant 
l'ordre chronologique. 

BARDON, DUCIS, CAILLOT, MARILHAT, VIEN, M"= LEBOIS 
DE GLATIGNY. 

XXXVI. Bardon. — 1846. 

ANTOINE BARDON, 

PEINTRE d'histoire, 

DÉCÉDÉ LE l3 MAI 1846, 

A l'âge DE 71 ANS. 

DE PROFUNDIS. 

M™" BARDON 

NÉE JEANNE 

BORNET LÉGER 

, *,:■' DÉCÉDÉE LE 3o AOUT 1860 

A l'aGE de 78 ANS. 

(Montparnasse, 4' division.) 

XXXVII. Ducis. — 1847. 

J. -LOUIS Ducrs, 
PEINTRE d'histoire, 

CHEVALIER 

DE LA LÉGION d'hONNEUR 

1847. 

anne-euphrosine talma 
veuve l. ducis. 

1868. 
REQUIESCANT in PAGE. 

(Montparnasse, 10* division.) 

XXXVIII. Gaillot. — 1847. 

BERNARD GAILLOT, 
ARTISTE PEINTRE, 

DÉCÉDÉ A PARIS 
LE 17 JUIN 1847. 

(Montmartre, 14"= division.) 

XXXIX. Marilhat. — 1847. 

GEORGES ANTOINE 

PROSPER MARILHAT, 

NÉ LE 26 MARS 181I, 

MORT LE 14 SEPTEMBRE. 1847. 



— 79 — 

ALEXANDRE ANDRIEUX, 

NÉ LE 6 SEPTEMBRE I772, 

MORT LE 7 SEPTEMBRE l854. 

M™^ ÉLISA MARILHAT, 

V^e ANDRIEUX, 

NÉE LE 20 NOVEMBRE l8o3, 

MORTE LE 12 AVRIL 1876. 

(Père-Lachaise, i6' division.) 
XL. Vien. — 1848. 

JOSEPH-MARIE, COMTE VIEN, 

PEINTRE d'histoire, 

CHEVALIER DE l'oRDRE ROYAL 

DE LA LÉGION d'hONNEUR, 

i76i-i848<. 

ICI REPOSÉ 

ROSE-CÉLESTE BACHE 

COMTESSE 

VIEN, 

MEMBRE DE l' ACADÉMIE ROYALE DE BORDEAUX, 

DE l'académie DE VAUCLUSE, 

DE l'athénée des ARTS 

SCIENCES ET BELLES-LETTRES 

DE PARIS, 

DE LA SOCIÉTÉ d'ÉMULATION DE ROUEN, 

SOCIÉTÉS SAVANTES ET LITTÉRAIRES 

DE l'eURE, d'iNDRE-ET-LOIRE, 

DES PYRÉNÉES-ORIENTALES, ETC., 

TRADUCTEUR d'aNACRÉON 

ET 

DE JEAN SECOND, 

DÉCÉDÉE LE 27 MARS 1843. 

A l'Élévation des sentiments, 

A LA BONTÉ DU CŒUR, 

A LA SUPÉRIORITÉ DU TALENT, 

ELLE JOIGNIT LA MODESTIE, LA GRACE, 

LA SIMPLICITÉ DES MANIÈRES. 

ELLE SE FIT CHÉRIR DE TOUS, 

MÊME DE SES RIVAUX EN LITTÉRATURE. 

SON ÉPOUX INCONSOLABLE, SES NOMBREUX AMIS, 

I. Vien fut inhumé le 28 janvier 1848. (Renseignement fourni par le 
conservateur du Père-Lachaise, lettre du 6 mai i885.) 



— 8o — 

VOUENT A SA MEMOIRE 
UN CULTE d'amour ET DE VÉNÉRATION. 

(Père-Lachaise, 22' division.) 

XLI. Mi'e Lebois de Glatîgny. — 1848. 

MARIA LEBOIS DE GLATIGNY, 

DÉCÉDÉE LE 14 MAI 1848 

A l'âge DE 35 ANS. 

SON FRONT OU LE GÉNIE ÉTAIT SI GRACIEUX, 

SA BEAUTÉ, TOUT EST La!... MAIS l'anGE EST DANS LES CIEUX.. 

ÉMILIE-ROSE-VICTOIRE LECLERC-DUPORT, 

VEUVE LEBOIS DE GLATIGNY, 

NÉE LE 29 OCTOBRE I778, 

DÉCÉDÉE LE 18 AVRIL l853. 

MÉLANIE LEBOIS DE GLATIGNY, 

NÉE LE 24 JANVIER l8o5, 

DÉCÉDÉE LE l3 JUILLET l853. 

PRIEZ POUR ELLES. 

ICI REPOSE 

ALEXANDRE MIGNARD, 

ANCIEN ANTIQUAIRE, 

NÉ A VITTEAUX (cOTE-d'or), 

DÉCÉDÉ A PARIS, 

A l'aGE DE 65 ANS 

DE PROFUNDIS. 

(Montparnasse, i3° division.) 

H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 



EuDEL(Paul). — L'Hôtel Drouot et la curiosité en i883-i 884, avec une. 
préface de Champfleury, Paris, Charpentier, i885, in-12, 420 pages. — L'éloge 
de cette publication, dans laquelle se trouvent résumés tous les faits intéressants 
de l'hôtel Drouot, survenus dans le courant de l'année écoulée, n'est plus 
à faire. M. Eudel déploie dans ce travail ingrat, mais bien utile, une verve, 
un entrain, une bonne humeur qui présentent le sujet sous le jour le plus 
attrayant. Ajoutons que peu d'experts s'y connaissent aussi bien que 
notre auteur et que sa science technique est aussi sûre qu'étendue. Signa- 
lons enfin dans le volume 1884, le quatrième de la série, une heureuse 
innovation. De nombreux fac-similés d'écritures, empruntés au catalogue 
d'autographes de la vente Bovet, illustrent le compte-rendu de cette vente et 
donnent un attrait nouveau à la publication de M. Eudel. — J. G. 

Nogent-Ie-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 
6. — Juin 1885. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

DES MEMBRES FONDATEURS DE LA SOCIETE DE l'hISTOIRE DE l'aRT FRANÇAIS 

Du i6 Mai i885. 

L'Assemblée générale des membres fondateurs de la Société de l'histoire de 
l'Art français s'est réunie le samedi i6 mai i885, à quatre heures, au Cercle 
Saint-Simon. Etaient présents : MM. de Montaiglon, président ; Tuetey, tré- 
sorier; Courajod, Duplessis, Guiffrey, Havard, marquis de Laborde, Mantz, 
membres du Comité ; A, Bouvenne, O. Fidière, Marcilie, Mauban, Molinier, 
Nicard, Tourneux, Valabrègue, membres fondateurs. Plusieurs membres s'ex- 
cusent par lettre de ne pouvoir assister à la séance. 

Le président rend compte dans les termes suivants des travaux de la 
Société pendant l'année 1884 : 

Messieurs, 
Dans une Société aussi restreinte que la nôtre, les morts de chaque 
année sont d'autant plus regrettables. Dans celle-ci , nous avons 
perdu quatre de nos membres. M. Paul Naples, architecte, — parmi 
les artistes, nous n'avons guère de sociétaires que des architectes, 
— est mort avant l'âge et pouvait avoir devant lui de longues 
années encore. M. Brown n'était plus jeune; sans parler des regrets 
et de la mémoire que garderont de sa bonté et de sa bonne grâce 
tous ceux qui l'ont connu, c'était un amateur délicat, bienveillant et 
serviable, dont le concours dévoué manquera à la Société des Beaux- 
Arts de Bordeaux, à laquelle il appartenait depuis sa fondation. M. de 
Liesville n'a fait que s'intéresser à notre œuvre sans y collaborer 
activement ; mais le don généreux qu'il avait fait à Carnavalet de ses 
collections de livres et de curiosités révolutionnaires mérite de notre 
part un souvenir tristement reconnaissant; la Bibliothèque de la 
Ville et l'Histoire de Paris ont fait en lui une perte considérable et 
qui n'est pas réparée. Enfin la mort de M. Pinchart, le savant 
archiviste de Bruxelles, nous touche tout directement. Il devait tou- 

REV. ART FR. II 6 



— «2 — 

jours nous donner la révision et le dépouillement vraiment complet, 
au point de vue des artistes, qu'il avait fait avec la conscience, 
l'exactitude et l'érudition critique qu'on lui connaissait, des comptes 
des Ducs de Bourgogne d'après les Archives de Dijon, de Lille et de 
Bruxelles. C'eût été l'un de nos meilleurs volumes et d'une impor- 
tance capitale. La maladie l'a empêché d'y mettre la dernière main ; 
il serait bien précieux pour nous, même sans ses commentaires défi- 
nitifs, d'avoir ses notes, et nous nous ferions un devoir de les impri- 
mer ; soyez sûrs que votre Comité s'en préoccupe et que, pour avoir 
ce qu'il nous avait promis et comptait nous offrir, tout le possible 
sera fait. 

Quant à ce qui regarde nos travaux, notre Bulletin a terminé sa 
première année et a donné les quatre premiers numéros de sa seconde, 
avec une régularité dont nous devons faire honneur aux soins dévoués 
de M. Guiffrey et de M. Jouin. Il a réussi de deux façons et par la 
curiosité des documents qu'il a publics et aussi par l'intérêt incon- 
testable qu'y prennent les membres de la Société, ce que nous savons 
d'eux-mêmes et par la façon dont il est entre eux et la Société un 
lien et une cause de rapports qui n'existeraient pas sans lui. La seule 
chose qu'on lui reproche et dont on se plaigne, ce n'est pas d'être 
mensuel, ce qui est une qualité, mais de n'avoir par mois qu'une 
feuille. Cela exclut presque forcément les documents et les ensembles 
trop longs; cela, pour avoir de la variété, fait morceler des commu- 
nications qui gagneraient à n'être pas coupées et à paraître en une 
fois, mais la prudence de notre trésorier nous y oblige. Alors qu'il 
serait facile de le doubler et de le tripler, il nous faut compter avec 
les ressources de notre très mince budget. Notre Société fait quelque 
chose avec presque rien ; elle ferait beaucoup si elle s'augmentait et 
devenait un peu plus nombreuse. 

En dehors de ce Bulletin, elle a cependant donné dans l'exercice 
1884 deux gros volumes. L'un est le second volume des scellés et 
inventaires d'artistes de 1741 à 1770, que nous continuons de devoir à 
M. GuiftVey. En analyses et en extraits, il n'en comprend pas moins 
de cent cinquante-deux, parmi lesquels, pour ne citer que les plus 
importants, sont ceux d'Hyacinthe Rigaud, de Juste-Aurèle Meisso- 
nier, de Charles Parrocel, du sculpteur Jean-Baptiste Dupont, de la 
Maîtrise de Saint-Luc, du peintre en émail André Rouquet, de 
Bouchardon et de Michel-Ange Slodtz. Il y a bien là du nouveau 
sur des artistes célèbres, et encore plus sur des artistes peu connus ; 
il est inutile d'y insister devant vous. Ce qui est plus important, c'est 
que le troisième et dernier volume est en cours d'impression, et 
sera affecté à l'exercice i885; il sera accompagné d'une table com- 
plète de tous les noms d'artistes cités. 

Les Procès-verbaux de l'Académie de peinture ne sont pas aussi près 



— 83 — 

de leur achèvement, mais ils y marchent et nous sommes bien au 
delà de la moitié. Le sixième volume comprend les onze années qui 
vont de 1745 à 1755, et l'intérêt s'en augmente par le plus de déve- 
loppement donné à la rédaction et par la façon dont les séances sont 
plus fréquemment accompagnées de lettres et de pièces justificatives. 
L'impression du tome septième est commencée et marchera avec la 
régularité des précédents. La date où nous sommes arrivés montre 
qu'avec trois volumes encore, c'est-à-dire en trois ou quatre ans, 
nous aurons achevé cette importante publication ; elle était bien 
lourde et bien hardie pour nos épaules, mais nous en apercevons 
l'achèvement, et, après avoir eu l'honneur d'avoir osé l'entreprendre, 
nous sommes maintenant bien sûrs d'avoir celui de la terminer. 

Notre laborieux confrère M. Natalis Rondot a bien voulu enrichir 
notre collection annexe de deux précieux tirages à part de travaux 
imprimés dans la Revue lyonnaise. L'un est une dissertation sur une 
médaille frappée en l'honneur de Louis XII et d'Anne de Bretagne, 
et elle est enrichie de nombreuses pièces inédites; l'autre est une 
liste chronologique des sculpteurs Lyonnais ou des sculpteurs ayant 
travaillé à Lyon depuis la fin du moyen âge jusqu'au xvn« siècle. 
Si précieuse, si nouvelle et si utile qu'elle soit, comme elle ne 
veut être qu'un résumé et qu'un cadre, elle nous fait d'autant plus 
désirer l'impression complète des documents dépouillés. Par sa situa- 
tion géographique, l'école de Lyon a autrefois réuni bien des éléments 
différents. La France, la Bourgogne, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie s'y 
sont coudoyées et s'y sont mêlées pour lui constituer une physiono- 
mie, très complexe à la fois et très pauticulière. M. Renouvic-r a 
commencé de traiter la question de la gravure en bois ; M. Rolle, 
M. Charvet se sont occupés de certains artistes en particulier; 
M. Georges Guigue, l'archiviste de la ville, commence le dépouille- 
ment méthodique, dans le moment, des Archives municipales; ce 
sont autant de contributions qui permettront ensuite d'étudier la 
question au point de vue de l'art et mettront à même de faire une 
histoire de l'École de Lyon, qui serait aujourd'hui prématurée. 
J'ajouterai que notre collection annexe s'augmentera bientôt d'une 
autre plaquette, le tirage à part des lettres inédites du pastelliste La 
Tour, publiées dans la Ga^fette des Beaux-Arts par M. Guiffrey. 

Enfin, j'ai une autre bonne nouvelle à vous annoncer. Notre 
excellent confrère M. Eudoxe Marcillenous a donné le manuscrit de 
son volume des lettres de Prudhon. Vous vous souvenez que les 
lettres de sa jeunesse, adressées à M. de Joursanvault, à son maître 
Devosge et à son ami Fauconnier, ont été données pour la première 
fois dans les anciennes Archives de l'Art français. Depuis, il en a été 
publié d'autres un peu de tous les côtés. M, Marcille les a réunies et 
en a ajouté de nouvelles. La biographie, le catalogue, l'appréciation 



-84- 

des œuvres de ce maître supérieur, l'un des poètes les plus passionnés 
de notre école de peinture, ont été traités et sont d'ailleurs en dehors 
de notre cadre. Ce ne sera, avec des additions, que la réunion docu- 
mentaire et chronologique de ses lettres qu'on doit aujourd'hui 
chercher de tous les côtés. Leur ensemble et leur faisceau ajoutera 
encore, s'il est possible, à l'admiration et à l'affection qu'on doit 
avoir pour ce charmant génie, qui s'est de lui-mêpe repris à Corrège, 
avec en plus une nature et une âme vraiment grecques, et qui est 
bien par là le contemporain d'André Chénier, dont il n'a peut-être 
pas lu un seul vers. Le manuscrit de M. Marcille sera mis à l'impres- 
sion dans quelques jours, et le volume sera affecté à l'exercice de 
l'année 1886. Le résultat serait le même si le travail ne se fût ter- 
miné que dans quelques mois; mais il ne pouvait pas mieux venir en 
me permettant de vous en parler et de vous en annoncer l'impression 
immédiate. 

Qui sait même si ce bon exemple ne piquera pas au jeu notre ami 
M. de Ghennevières et ne lui fera pas terminer le manuscrit de son 
édition des lettres du Poussin? 

La parole est ensuite donnée au Trésorier pour rendre compte des recettes 
et des dépenses de l'exercice 1884. M. A. Tuetey lit le rapport suivant : 

J'ai l'honneur de présenter l'exposé de la situation financière de la 
Société, à la date du i5 mai i885 : 

Les recettes se sont élevées à la somme de ... . 5,640 fr. 25 
dont voici le détail : 

Encaisse au 9 mai 1884 i65 fr. o5 

Cotisations recouvrées par le Tréso- 
rier (72) 1 ,440 » » 

Cotisations recouvrées par la maison 
Bonnard-Bidault (41) 820 » » 

Cotisations arriérées de plusieurs li- 
braires (i 880- 188 5) 55o »» 

Règlement de compte de MM. Chara- 
vay, libraires de la Société, au 3o juin 1884. 1,068 20 

Souscription ministérielle pour 1 883 . 800 »» 

Souscription pour 1884 800 »» 

Total 5,643 25" 

Les dépenses ont atteint le chiffre de 4,i98fr. 25 

savoir : 

i" Impression du tome V des Nouvelles 
^rc/(iVe5, 2" volume des Scellés (2^ série). 2,33o »» 

2° Impression de la Revue de l'Art fran- 
çais en 1884 1)745 »» 



— 85 — 

3" Frais de recouvrement payés à la 

maison Bonnard- Bidault 42 » » 

4° Débours du Secrétaire 46 80 

5° Registre à souche . ...... 16 »» 

6° Timbres-quittances 1 3 20 

70 Frais de poste du Trésorier ... 5 25 

Total 4,198 25 

La balance s'établit ainsi qu'il suit : 

Recettes 5,643 25 

Dépenses 4,198 25 

Reste en caisse 1,445 »» 

A la date du 1 5 mai, la Société possédait en créances recouvrables : 

Cotisations arriérées (27) 540 » » 

Dû par un libraire, pour cotisations des années anté- 
rieures 1 5o » » 

Total 690 » » 

En y ajoutant l'encaisse disponible i,445 »» 

cela forme un total de 2,1 35 »» 

A la même date, la Société devait à son imprimeur 
le tome VI des Procès-verbaux de l'Académie, qui fait 

partie des publications de i885 2,o58 »» 

Cette dépense acquittée, la Société se trouvera avoir 

un excédent de . . 77 » » 

A cette somme, il conviendra d'ajouter le montant du versement 
qui sera fait, le 3o juin prochain, par le libraire de la Société, lors 
du règlement de compte de l'exercice de 1884-1885. Il me serait diffi- 
cile d'en donner le chiffre, même approximatif, ne connaissant pas 
les dépenses, assez fortes d'ailleurs, soldées par notre libraire. 

A cette occasion, je me fais un plaisir et un devoir de reconnaître 
le concours dévoué que nous a prêté notre libraire pour le recou- 
vrement des sommes importantes dues par des souscripteurs étran- 
gers. C'est grâce à son activité et à son zèle que nous sommes 
parvenus à mener à bonne fin cette opération, qui n'a pas été sans 
difficulté. 

A la suite de la lecture de ce rapport, les comptes sont approuvés et des 
remerciements adressés au Trésorier. 

L'ordre du jour appelant l'élection de cinq membres du Comité, MM. Cha- 
bouillet, Darcel, Duplessis, Guiflrey et Havard, membres sortants, sont 
réélus pour une période de six années. 

L'ordre du jour étant épuisé et personne ne demandant la parole pour une 
communication, la séance est levée à cinq heures. 



— 86 — 
PARTIE ANCIENNE. 



CHRISTOPHE LABBE ET JEHAN LABBE 

MAITRES PEINTRES. 

(i56o-i585.) 

Le comte de Laborde, dans la Renaissance des Arts à la cour 
de France (tome I", p. 495-496), cite un intéressant extrait des 
Comptes des Bâtiments ( 1 5 60- 1 5 6 1 ) concernant Christophe PAbbé, 
« maistre peintre. » Jal avait rencontré cet artiste au cours de ses 
recherches à travers les registres d'état civil, mais ses notes sur 
l'Abbé sont restées inédites. 

La première est l'acte de décès de l'un des enfants du peintre. 

Le mercredy 17' jour de septembre i56j. Décès de Pierre Labbe, fils de 
Christophle Labbe, maistre peintre, et de Geneviève Nauguierj et fut son 
corps inhumé au cimetierre. 

(Registre de Saint-André-des-Arcs.) 

La seconde note recueillie par Jal a trait au décès d'une fille de 
Jehan Labbé. Cette enfant^ morte au bout de quelques Jours, avait 
eu pour marraine la femme de Christophe VAbbé ou Labbé. 

Le I" août i585. Enterrement de Geneviève, fille de Jehan Labbé. 

Elle avait été baptisée le 27 juillet, ayant pour marraine Geneviève Nan- 
tier [sic), femme de Christofle Labbé, aussy m" peintre. 

Les mots « aussi maistre peintre » indiquent que Jehan Labbé 
tient le pinceau, puisqu'on lui compare son homonyme Chris- 
tophe Labbé. Où demeure Jehan Labbé ? Jal a omis de dire où il 
relevait la mention d'enterrement qui précède. Mais voici une 
dernière note ; elle intéresse encore Jehan Labbé. 

Le 5 octobre i586. Baptême de Claude, fille de Jehan Labbé, m« peintre 
à Paris, et Jehanne Poupart. 

(Registre de Saint-André-des-Arcs.) 

Plus de doute, non seulement Jehan et Christophe sont 
peintres tous les deux, mais tous les deux habitent sur la paroisse 
de Saint-André-des-Arcs. Peut-être sont-ils frères? En tous cas, 
tous les deux sont vivants en i585, lorsque Geneviève Nantier 
ou Nauguier est marraine de Geneviève Labbé. Or, la mention 
faite de Christophe, par le comte de Laborde, date de i56o. Grâce 
aux notes laissées par Jal, nous retrouvons donc la trace du maître 
peintre à vingt-cinq ans de là. 

Henry Jguin. 



- 87 - 

ARTISTES PENSIONNÉS PAR LOUIS XIII. 

{1624-1632.) 

Document communiqué par M. J. Roman. 

Dans un état de la Maison du roi, de 1624, conservé à la Biblio- 
thèque nationale (manuscrits de Clairambault, 378, n' i65i), on lit 
les noms suivants d'artistes avec le chiffre des pensions qui leur 
étaient allouées. 

Germain Jacquet de Grenoble, sculpteur, vallet de chambre du 
roy 100 1. 

Jacques Doué , chargé du cabinet des peintures du 
Louvre 1,100 1. 

Marin Lebourgeois^ peintre J 

Daniel Du Moustier, id. l 100 1. 

Nicolas Du Chesne, id". ' 

Guillaume Charles, id. 

Guillaume Cohu, id. 

Jean Doué, id. ( 3q 1 

Anthoine de Recouvrance, id. 

Louis Poisson, id. 

Claude de la Bruyère, id. 

Robert Julien, Qn\\xm\n&\iv Sol. 

Dans un état de la maison de Gaston d'Orléans, frère du roi, de la 
même date, et conservé dans les mêmes manuscrits (379, p. 349), 
on trouve : 

Julio Donabella, peintre ordinaire 100 1. 

Enfin, dans un état de i632, des pensions payées par le roi, 
conservé aux Archives des Affaires étrangères (France, 806, p. 207), 
on trouve : 

Doué, garde des paintures du Louvre et Thuilleries. 3oo 1. 

Moquet, garde du cabinet des singularités . . . . 600 1. 

Dupré, sculpteur ordinaire 800 1. 



JACQUES MIMEREL ET HENRI VERDIER. 

(i665.) 

M. Georges Guigue, archiviste de la ville de Lyon, commence, 
dans Lyon-Revue, mars i885, p. 162-6, la publication des documents 
sur les artistes lyonnais qu'il rencontre dans les Archives municipales. 



Le premier est un acte consulaire signifié au sculpteur Jacques 
Mimerel pour avoir à déloger de deux chambres, d'un atelier, d'un 
grenier et d'une cave qu'il occupait à l'Hôtel de Ville. Il avait été 
nommé maître sculpteur et graveur de la ville après le décès de 
Charles Warin; mais la charge avait été supprimée le 1 1 juillet i656, 
ses gages absolument supprimés et son atelier accordé au sieur 
Pantho, peintre de la ville, pour y travailler aux portraits qu'il devait 
faire pour le Consulat. C'est seulement en décembre i665 que Mimerel 
est mis en demeure de quitter l'Hôtel de Ville. 

Trois autres actes se rapportent à Henri Verdier. L'un est sa nomi- 
nation à la charge de peintre de la ville (12 février lôgS), à la place 
du feu sieur Paul Mignard, l'autre, de la même date, l'octroi d'un 
logement à l'Hôtel de Ville, et le dernier (6 novembre 1712) la 
démission qu'il donne de sa charge de peintre ordinaire de la ville 
et du Consulat. 

A. DE M. 



ANDRE BOULLE ET SES FILS^. 
(1704.) 

De la note que M. H. Stein consacre â Jean-Philippe Boulle res- 
sort un commencement de preuve que cet artiste eut, comme son 
père, à souffrir d'embarras d'argent. La cause principale de ceux qui 
empoisonnèrent la vie à' André Boulle se rencontre dans les crédits 
interminables qu'il était obligé de faire au roi et aux amateurs. Les 
fils n'auraient-ils pas été les victimes d'un semblable sans-gêne? 

Une lettre de Pontchartrain, datée de Paris le 29 août 1704 et 
adressée à Mansart, intendant des bâtiments, établit nettement ce 
fait pour André Boulle : 

« Les créanciers du nommé Boulle, ébéniste, qui ont des con- 
traintes par corps contre luy, demandent la permission de les faire 
exécuter dans le Louvre. Et comme il a esté un temps que le roy et 
Monsieur dévoient des sommes assez considérables aux ouvriers, 
S. M. m'a ordonné de voir ce qui s'est passé depuis et s'il luy est 
encore deu quelque chose 2. » 

V.-J. Vaillant. 



1. Revue de l'Art français, i885, p. 56. 

2. BibL Yiat., mss. Registres du Secrétariat. 



-89- 
JEAN-BERNARD RESTOUT 

ET LA FABRICATION DES DALLES DE VERRE. 

Document communiqué par M. Henry de Chennevières. 

Hennin (Pierre-Michel), diplomate français, a laissé de nombreux papiers 
dont le dépôt se trouve à la Bibliothèque de l'Institut. Très érudit, il entre- 
tint de Pologne, de Genève, une volumineuse correspondance avec les savants 
et plusieurs artistes de son temps. La lettre suivante confine à l'art indus- 
triel, mais le nom d'un Restout, mort à Saint-Lazare, en 1797, lui servira 
de passe- port. 

H. J. 

A Hennin. 

Versailles, le 12 septembre 1785. 

En pensant, Monsieur, à la verrerie dans laquelle vous êtes inté- 
ressée, il m'est venu une idée qui pourroit lui être avantageuse. Ce 
seroit d'y faire des carreaux de verre pour remplacer ceux de terre 
cuite dont on fait usage pour carreler les appartemens. On pourroit 
leur donner une ou plusieurs couleurs, comme le verd, le bleu, etc. 
Dans la suite, au lieu de les faire hexagones, on les feroit triangu- 
laires, et plus petits que ceux de terre cuite ; vous scavez combien on 
peut varier la mosaique avec des pièces triangulaires. Ce genre, qui 
ne seroit jamais fort cher, auroit bientôt pris faveur si quelque 
architecte l'admettoit dans une maison neuve, et on pourroit dans la 
suite varier à l'infini les formes et les couleurs. Ces carreaux, pour 
qu'ils ne fussent pas trop glissants, on les coulerait dans des moules 
d'une certaine épaisseur. Je puis vous donner la forme d'un moule 
où on en feroit deux cents à la fois. Si cette idée vous paroît bonne. 
Monsieur, vous pourriez faire faire quelques essais. Tout homme 
qui se mêle de chimie vous dira la manière la plus sure et la moins 
coûteuse de colorer une masse de verre opaque. 

Recevez, etc. 

Restout fils, le jeune. 



MEMOIRE DE LORTHIOR 

GRAVEUR DES MÉDAILLES DU ROI, SUR LA FABRICATION DES ASSIGNATS. 

3o juillet 1790. 

Bien que le nom de Lorthior n'ait pas la réputation de celui des Duvivier, 
des Roettiers, des Dupré, des Gatteaux, et autres graveurs fameux delà fin 
du xviii' siècle, bien qu'il ait été oublié dans la plupart des compilations 
biographiques les plus récentes, le talent de l'artiste qui le portait prête un 



— 90 — 

certain intérêt aux observations sur la fabrication des assignats consignées 
dans le mémoire suivant. Cette pièce, adressée par son auteur à l'Assemblée 
nationale et renvoyée au Comité des finances, est aujourd'hui conservée dans 
les cartons de ce Comité, aux Archives nationales. 

Les faits rapportés ici sur les opinions des commissaires chargés de pré- 
parer la fabrication des assignats ne manqueront pas d'intéresser les per- 
sonnes qui se sont occupées de l'histoire du papier-monnaie pendant la Révo- 
lution. Bien que l'auteur du mémoire ne partage pas, et pour cause, les 
opinions de Lavoisier, opinions qu'il ne connaît d'ailleurs que par ouï-dire, 
le nom de l'illustre savant suffirait pour donner du prix à la discussion pro- 
voquée entre les hommes les plus compétents pour signaler les moyens de 
défendre la fabrication des assignats contre, toute tentative de contrefaçon. 

Lorthior travailla sous le règne de Louis XVI pour la Monnaie des 
Médailles. Le Catalogue des poinçons, coins et médailles du musée monétaire, 
publié en i833, signale une médaille du module 18 lignes, exécutée pour les 
raffineries de Bordeaux. Le graveur a signé le buste de Louis XVI qui occupe 
le droit de cette pièce. C'est la seule pièce de Lorthior dont on trouve la 
description dans ce Catalogue, d'ailleurs fort arriéré, et qui réclame impé- 
rieusement une nouvelle édition. 

En somme, Lorthior est un artiste d'un ordre inférieur, dans un genre 
tout à fait spécial et fort peu connu du public. Il n'y a donc pas lieu de 
s'étonner si son nom est tout à fait oublié aujourd'hui. 



J. G. 



A Messieurs de l'Assemblée Nationale. 



La France, forcée par la disparution de son numéraire de recourir 
au moyen extrême d'un papier monnoye, du quel doit dépendre le 
sort de l'État, dont les besoins urgens pourroient se multiplier par 
la suite, je croirois me rendre criminel envers ma patrie, si, en écar- 
tant toute considération particulière, je ne développois avec la fran- 
chise d'un loial citoyen toutes les connoissances que je puis avoir 
acquises par une profonde méditation et par l'exercice d'un art que 
j'aime, que j'ai pratiqué, j'ose le dire, avec quelque succès, l'espace de 
quarante ans, et par une expérience de trente-trois dans les fonctions 
d'expert pour les vérifications, que j'ai exercées dans tous les Tribu- 
naux de la Capitale et en Province, par lesquelles j'ai été à portée, 
de connoitre toutes les ressources de la contrefaction et, par consé- 
quent, les moyens à leur opposer. 

M. le Premier Ministre des finances m'a ordonné, le 17 avril, d'exé- 
cuter un portrait du Roi en acier, ainsi que six lettres à ajouter à 
celles du titre que j'avois déjà exécuté pour la Caisse d'Escompte, 
pour être ajoutées à la planche des assignats ; et M. le Premier 
Ministre des finances ne me donna que deux jours pour cette opéra- 
tion, terme insuffisant sans doute pour qu'un artiste, quelque habile 
qu'il fût, pût créer un travail aussi parfait que l'exigeoient les assi- 
gnats. Quoique M. le Premier Ministre des finances m'eût averti que 



— 91 — 

mon travail resteroit à ma charge, s'il n'étoit fait au terme qu'il me 
prescrivoit, je ne me mis pas moins sur le champ en devoir d'exécu- 
ter ses ordres. 

Quelques jours après, MM. de Montesquiou et de la Blache vinrent 
chez moi pour connoitre l'état de mon travail ; le portrait étoit avancé. 
Ces messieurs trouvèrent que le travail étoit moins délicat qu'il auroit 
pu l'être exécuté en taille douce, et ils opinèrent pour ce changement. 
Continuant ensuite l'exécution des autres objets, je reçus l'invitation 
de me rendre à un Comité formé à l'Imprimerie roiale, composé de 
deux membres de l'Académie des sciences (MM. de Lavoisier et l'abbé 
Rochon), de MM. de Montesquiou, de la Blache, Le Coûteux de 
Canteleu et M. son frère, M. d'Anisson et moi, à l'efifet d'aviser à ce 
que chacun pourroit ajouter à la sûreté des assignats. On commença 
par l'examen du papier; M. Annisson prétendit qu'il ne seroit jamais 
possible de l'imiter, ni d'en pénétrer le secret. Mon avis fut qu'un 
secret confié indispensablement à la quantité d'ouvriers nécessaires 
à la fabrication, ne pourroit exister longtems ; qu'un journalier pou- 
vant se laisser corrompre, ce secret me paroissoit insuffisant à la siàreté 
des assignats, mais qu'il pourroit néanmoins faire partie des entraves 
à opposer à la contrefaction. M. Anisson réclama ensuite en faveur 
des caractères de l'Imprimerie Roiale, qu'il dénomma les caractères du 
Roi, prétendit qu'ils étoient inimitables, et qu'ils étoient capables de 
consolider la sûreté des assignats. Mon opinion se trouvant diamétra- 
lement opposée à cette assertion, je répondis que les caractères de 
l'Imprimerie n'étant en général que des figures de convention, tou- 
jours les mêmes, à quelques différences seulement quant à la perfec- 
tion ; que l'habileté d'un graveur en caractères d'imprimerie ne con- 
siste que dans une parfaite imitation ; que les Hollandois, les Espagnols, 
les Anglois et les Napolitains ayant porté la perfection des caractères 
au delà des François, il n'y avoit pas lieu d'y compter, puis qu'il 
pourroit se trouver partout de dangereux imitateurs ^. 



1. Lorsque les Anglois s'efforcèrent de faire rentrer les Amériquains sous 
leur joug, les armes meurtrières avec lesquelles ils les combattirent ne 
furent pas le seul fléau qu'ils emploièrent pour les soumettre, ils introdui- 
sirent dans leurs colonies une telle quantité de faux papier monnoie que les 
vrais perdirent 90 p. 0/0. La cause de notre révolution étant celle de tous 
les souverains de l'Europe, nous avons donc à appréhender de toutes parts 
au dehors cette même perfidie. Nous avons à craindre plus encore les enne- 
mis de notre nouvelle Constitution, tant au dehors qu'au dedans du roiaume, 
tous les indigens occasionnés par les réformes, et particulièrement Tanéan- 
tissemenl des graveurs en métaux de tout le roiaume, par l'anéantissement 
des titres de noblesse, dont le nombre est considérable, la liberté de la 
presse, etc., etc. 



— 92 — 

M. l'abbé Rochon proposa ensuite une manière de composer des 
planches au moyen d'un régulateur qui n'avoit que l'avantage de 
placer régulièremens les difFérens poinçons qui auroient frappé sur 
une planche de métal les différentes figures destinées à caractériser 
les assignats. Je reconnus facilement que ce moyen n'oflfroit autre 
chose que le procédé de la gravure en musique. 

L'avis de M. Lavoisier, quoi qu'il n'ait point été proposé en ma pré- 
sence, mais qui fut celui qu'il fit adopter pour les billets de la Caisse 
d'Escompte, fut de croiser les talens de diff'érens artistes, afin qu'un 
seul ne pût prévariquer. Pour que cet avis fût admissible, M. Lavoi- 
sier auroit encore dû indiquer un talent capable d'opposer au mien 
une concurrence suffisante. Cet avis fut donc tout à la fois inconsé- 
quent et impolitique. Ce fut par ce sistême qu'il priva les billets de la 
Caisse d'Escompte du moyen le plus sûr qu'on ait pu opposer à la 
contrefaction. J'avois proposé d'exécuter des poinçons composés de 
mots entiers, dont les lettres se trouveroient pourvues de leur liaison. 
L'exécution très difficile de ces mots ne pouvoit s'opérer qu'au burin 
et par une main très habile, au lieu que les poinçons en lettres sépa- 
rées, qui s'exécutent par les graveurs de l'Imprimerie, se travaillent 
à la lime, d'une manière très commode et facile. Les avis de M. de 
Lavoisier prévalurent au détriment de la sûreté des billets de la Caisse 
d'Escompte, et les assignats seront également privés d'une sûreté qui 
les auroit en quelque sorte rendus inaltérables. Tout ce qui est en 
lettres, aux billets de la Caisse. d'Escompte ainsi qu'aux assignats, fut 
exécuté par un graveur en caractères d'imprimerie imitables par 
tous les autres ouvriers de son espèce. Il n'y eut que les lettres du 
frontispice qui me furent réservées et qu'on n'imitera jamais. N'ayant 
enfin trouvé dans aucun de ces moyens rien qui pût servir à la sûreté 
d'une chose de cette importance, mon avis fut de choisir le plus habile 
homme qu'on pût trouver, qui seut par son génie sortir de la route 
ordinaire, et exécuter des caractères assès difficiles par leur forme et 
par la supériorité de leur exécution, pour qu'il soit impossible aux 
contrefacteurs (qu'on ne trouve jamais dans les habiles gens) de pou- 
voir y atteindre. 

{La fin au prochain numéro.) 



UNE SIGNATURE A EXPLIQUER. 

(1679.) 

J'ai rencontré à la vitrine d'un marchand de curiosités une petite 
sculpture française en bois, signée d'initiales énigmatiques. C'est un 
petit bas-relief plat, en bois jaunâtre, découpé sur ses bords et posé 



- 93 - 

sur un fond d'étofFe. Il représente une sainte Madeleine pénitente. 
Elle tient un crucifix, et sur la terrasse, qui coupe et porte le buste, 
se trouvent une tête de mort et un vase de parfums. Sous cette même 
terrasse on lit la signature : 

c. D. S. 1679. 
L'œuvre, faite pour être accrochée le long d'une glace ou au-dessus 
d'un prie-Dieu, ne dépasse pas l'ordinaire, mais il n'en serait pas 
moins curieux de savoir le nom de son auteur, qui devait être un 
sculpteur de crucifix et d'images de sainteté. La lettre S, étant plus 
grande que le c et le d, a été évidemment grandie à dessein pour s'en 
distinguer nettement. Ce peut être le nom de famille, et il faudrait 
alors chercher quelqu'un s'appelant C... de S... Je serais plus disposé 
à croire que C et D sont les initiales du prénom et du nom et que S 
est là pour Sculpsit, mais on n'en est pas pour cela plus avancé. 

A. DE M. 



PARTIE MODERNE. 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE ^. 

GARNIER, MULARD, PILS, DROLLING. 
XLII. Garnier. — 1849. 

CI-GIT 

ÉTIENNE-BARTHÉLEMY GARNIER, 

PEINTRE d'histoire, 

MEMBRE DE l' ACADÉMIE 

DES BEAUX-ARTS, 

CHEVALIER DE LA LÉGION d'hONNEUR 

NÉ A PARIS LE 24 AOUT I759, 

DÉCÉDÉ LE l5 NOVEMBRE 1849. 

I. Un correspondant anonyme nous a fait l'honneur de nous communiquer 
plusieurs épitaphes relevées au cimetière du Père-Lachaise. Nous le remer- 
cions de son envoi. L'ordre chronologique que nous avons suivi jusqu'ici ne 
nous permet pas de revenir, en ce moment, sur un certain nombre d'ins- 
criptions que nous n'avions pu découvrir à temps pour les insérer à leur 
rang; elles trouveront place dans un supplément. Celles de Valenciennes 
et à'Ansiaux qui nous sont offertes ne seront pas omises. Quant à l'épitaphe 
absente de Prud'hon, qui a préoccupé notre correspondant, elle serait djffi- 



— 94 — 

SOUVENIR IMMORTEL, 

AU MÉRITE ÉMINENT, 

A l'homme AIMABLE, 

MODESTE, consciencieux, 

et au meilleur des amis. 

la fin de sa vie 
s'Écoula dans la consolation, 

ET croissant en MÉRITES, 

PAR LA CRAINTE DU SEIGNEUR, 

IL s'avança VERS LE TERME 

DE SES JOURS DANS LA PAIX. 

PRIEZ DIEU POUR LUI. 

(Montparnasse, lo" division.) 
XLIII. Mulard. — i85o. 

HENRY-FRANÇOIS MULARD, 
PEINTRE d'histoire, 

10 MAI i85o. 

marie-louise-fédérine 
daniel, femme mulard, 
2.5 décembre 1846. 
(Montparnasse, i" division.) 

XLIV. Pils. — i85o. 

ICI REPOSENT 

EDOUARD PILS, PEINTRE, 

NÉ EN 1823, MORT EN l85o. 

ISIDORE-ALEXANDRE-AUGUSTE 

PILS, 

PEINTRE d'histoire, 

MEMBRE DE l'iNSTITUT, 

OFFICIER DE LA LÉGION d'hONNETJR, 

cile à mentionner, attendu qu'elle n'existe pas. Les notes que nous publions 
dans ces pages ne comportent strictement que des épitaphes ; ce n'est donc 
pas le lieu de décrire ici la tombe de Prud'hon, si intéressant que soit l'ar- 
tiste. On trouvera d'ailleurs dans la Galette des Beaux-Arts (troisième 
période, année 187g, tome XX, p. 537-538) la constatation douloureuse que 
le monument du peintre est sans inscription d'aucune sorte. Nous parlerons 
peut-être ultérieurement des Tombes d'Artistes. En attendant, la publica- 
tion de V Inventaire des Richesses d'art contiendra prochainement la des- 
cription des monuments funèbres érigés par souscription publique dans les 
cimetières de Paris et décorés de sculptures. — H. J. 



-95 - 

PROFESSEUR A l'ÉCOLE DÈS BEAUX-ARTS, 

NÉ A PARIS LE 7 NOV. l8l5, 

MORT A DOUARNENEZ 

LE 3 SEPT. 1875, 

FRANÇOIS PILS, PEINTRE, 

NÉ EN 1785, MORT EN 1867, 

SON PÈRE * . 

ERNEST PILS, SCULPTEUR, 

NÉ EN 1825, MORT EN 187I. 

SES FRÈRES 2. 

AMÉLIE PILS, 

NÉE EN 1828, MORTE EN 1875. 

SA SŒUR. 

A LA MÉMOIRE DE 

SUZANNE PILS, 

NÉE EN 1793, MORTE EN 1829. 

SA MÈRE. 

(Père-Lachaise, 54"= division.) 
XLV. Drolling. — i85i. 

A DROLLING, 

PEINTRE d'histoire, 

MEMBRE DE l'iNSTITUT, 

PROFESSEUR A l'ÉCOLE NATIONALE 

DES BEAUX-ARTS, 

CHEVALIER DE LA LÉGION d'hONNEUR. 

SES ÉLÈVES RECONNAISSANTS. 

LA MORT d'abEL, 

JÉSUS AU MILIEU 

DES DOCTEURS, 

s' PAUL A ATHÈNES, 

LA CONVERSION DE S' PAUL, 

ORPHÉE AUX ENFERS, 

LA LOI DESCENDANT 

SUR LA TERRE, 

UNE SÉANCE DES ÉTATS GÉNÉRAUX 

SOUS LOUIS xn. 

1. C'est-à-dire père d'Isidore-Alexandre, dont l'e'pitaphe domine sur le 
monument. 

2. Les mots « ses frères » s'appliquent à Edouard et à Ernest Pils, frères 
d'Isidore-Alexandre. 



-96- 
Au centre d'une couronne de laurier, sculptée sur le cippe, on lit : 

HOMMAGE 
DE SES ÉLÈVES. 

(Montparnasse, i3' division.) 

- H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Archives du Musée des Monuments français. Paris, Pion, in-8°, i885. — Le 
premier fascicule de la deuxième partie de cet important recueil de docu- 
ments, publié sous le contrôle de la Commission de Y Inventaire des richesses 
d'art de la France, est en distribution. Cette partie de la publication com- 
prendra les pièces déposées par Alexandre Lenoir aux Archives nationales. 
Le nombre de ces pièces est tel que le fascicule, de i6o p. grand in-8% 
embrasse à peine une période de quatre années, 1790 à 1794. M. Guiffrey a 
accepté le soin de veiller à la transcription des manuscrits et de classer les 
pièces qui nous sont parvenues dans un grand désordre. MM. Albert Lenoir, 
Paul Mantz, Anatole de Montaiglon et Henry Jouin secondent M. Guiffrey 
dans cette publication qui présentera pour la première fois, quand elle sera 
complète, le véritable rôle d'Alexandre Lenoir et l'histoire impartiale du 
Musée des Monuments français. — H. J. 

Inventaire général des richesses d'art de la France. Paris, Pion, in-8°, 
i885. — Le premier fascicule du tome II des Monuments religieux de Paris 
a été récemment mis en vente. Il renferme les monographies des églises 
Notre-Dame des Blancs-Manteaux, par MM. de Lajolais et Jules Guiffrey; 
Saint-Eugène, par M. Jules Guiffrey; Saint-Joseph, Notre-Dame-des-Champs, 
Saint-Pierre de Montrouge, Notre-Dame de Clignancourt, Saint-Leu, l'As- 
somption, les temples Israélites des rues de la Victoire et des Tournelles, 
l'église Saint-Roch, par M. L. Michaux ; les églises Saint-Marcel de la Salpê- 
trière, Saint-Médard, Notre-Dame-de-la-Gare, Saint-Marcel de la Maison- 
Blanche, la chapelle et l'hospice de la Salpêtrière, par M. A. Darcel. — H. J. 

Armoriai général de l'Anjou, par M. Joseph Denais, trois volumes de 
texte de 494, 486, 45i p. in-8° et 55 pi. Angers, Germain et Grassin, i885. 
— Ce consciencieux ouvrage a été entrepris par son auteur dans le but d'ai- 
der à la lecture des armoiries dispersées sur les monuments d'architecture, 
les toiles, les statues, les verrières. A ce titre, nous lui devons ici une mention, 
car nous aurons plus d'une fois l'occasion de l'ouvrir et de le consulter. Il 
sera pour les travailleurs un précieux outil. — H. J. 

Bulletin des Beaux-Arts, journal mensuel orné de nombreuses gravures, 
planches hors texte. — Cette utile publication, dont nous avons signalé le 
titre à nos lecteurs en 1884, vient d'achever sa seconde année. Elle est exclu- 
sivement consacrée aux maîtres français et renferme plus d'un catalogue 
étendu. Le second volume, complété par une table, comporte 256 p. in-4<' et 
les gravures hors texte sont très soignées. Paris, Fabré, quai des Grands- 
Augustins, 41. — H. J. 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



7. — Juillet 1885. 



PARTIE ANCIENNE. 



DATE DE LA MORT DE JEHAN I JUSTE, 

AUTEUR DU TOMBEAU DE LOUIS XII. 

(I549-) 

La biographie des Juste a été pendant longtemps si obscure et 
si incomplète qu'on n'en connaissait que deux, Jehan et Juste de 
Juste que Ton disait frères, bien que le second ne fût que le neveu 
du premier. J'ai été assez heureux pour aider à retrouver les diffé- 
rents membres de cette famille d'artistes dont quatre sont aujour- 
d'hui connus. Mais, même après la belle étude de mon excellent 
ami M. de Montaiglon sur ces célèbres sculpteurs, il restait 
encore plus d'une question à résoudre, notamment celle de savoir 
à quelle époque était mort Jean I Juste, le plus grand de tous, 
l'auteur du tombeau de Louis XII et d'Anne de Bretagne. En 
1876^ Je trouvais un texte prouvant qu'en 1 55g Jehan I Juste 
n'existait plus, et je justifiais ainsi la supposition émise par M. de 
Montaiglon touchant la présence à Tours au xvi^ siècle de deux 
sculpteurs du nom de Jehan Juste, mais cette indication ne nous 
donnait point encore la date de la mort de Jehan I. 

Dans le Bulletin monumental de 1877, un heureux chercheur, 
M. le docteur Giraudet, insérait une note dans laquelle il disait 
avoir trouvé, dans un vieux registre des Confréries de la paroisse 

I. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, séance du 29 novembre 
1876, et Galette des beaux-arts, n° du i"'' février 1877. 

REV. ART FR. II 7 



-98 - 
de Saint-Saturnin de Tours, la preuve que Jehan I était mort en 
1549. Il citait les textes qui prouvaient son dire, mais il n'indi- 
quait point le dépôt où se trouvait ce registre, qui pouvait fort bien 
être entre les mains d'un particulier. Je soupçonnais fortement 
qu'il devait faire partie des archives de la ville de Tours, mais 
toutes mes recherches dans ce dépôt, malgré le concours que 
m'avait gracieusement prêté M. Léger, secrétaire-archiviste de la 
mairie, étaient demeurées sans résultat. 

Enfin, je m'avisai dernièrement de feuilleter les registres de 
l'état civil de Saint-Saturnin, qui sont conservés à cette même 
mairie, dans un local autre que celui des archives. Ils ne remontent 
qu'à une époque postérieure à 1549, mais je savais, par un docu- 
ment de 1543 ', que Jehan I Juste habitait alors cette paroisse, 
et je m'aperçus bientôt que j'étais sur la bonne piste, car, dans le 
registre portant au dos le n° 4, je rencontrai l'introuvable docu- 
ment. 

Presque en tête de ce volume ont été reliés quelques cahiers qui 
contiennent les listes de différentes Confréries établies dans l'église 
de Saint-Saturnin, notamment de celles du Saint-Sacrement et 
des cinq plaies de Jésus-Christ. Ces cahiers sont en partie rongés 
par l'humidité et les feuillets tombent en poussière presque à 
chaque fois qu'on y touche. Les listes sont donc fort incomplètes 
et plusieurs noms font défaut. Par un heureux hasard, celui de 
Jehan Juste a été respecté ; et, lorsque je trouvai sur une liste des 
confrères du Saint-Sacrement une mention ainsi conçue : Jehan 
Juste et sa femme ^ je pensai qu'il s'agissait de notre grand sculp- 
teur. 

Cette qualité ne lui est pas donnée, il est vrai, mais la profes- 
sion des membres de la confrérie n'est presque jamais indiquée. 
Je savais, par l'acte de 1 543, que Jehan Juste habitait sur cette 
paroisse, et je n'avais point rencontré à Tours, à cette époque, une 
autre famille portant le nom de Juste. Cette liste, où les confrères 
sont rangés par ordre alphabétique de prénoms, est certainement 
antérieure à 1 55o, car, dans le titre à demi rongé, on lit encore les 
mots mil cinq cens quarante; mais le chiffre indiquant l'unité a 
disparu, et il est question de réceptions de confrères, datées de 
1545 à 1347. 

I. Documents inédits pour servir à l'histoire des arts en Touraine, par 
M. Ch. de Grandmaison, p. 226 et 227. Paris, Dumoulin, 1870. 



— 99 — 

Cette mention, si elle était unique, ne nous apprendrait rien sur 
la mort de Jehan Juste. Heureusement le cahier de la Confrérie du 
Saint-Sacrement est suivi d'un autre consacré à celle des Cinq Plaies 
de Jésus-Christ, dans lequel nous lisons à la lettre J : « Jehan 
Juste et sa femme., » avec Tindication des vingt deniers reçus pour 
leur cotisation. Mais ici cette mention a été rayée et une main 
tout à fait contemporaine a écrit en marge : Mort et payé pour 
son lissue ? ^ XX^, et a esté sa messe dicte. Comme ce cahier est dit 
en tête avoir été commencé le vendredi de la Passion 1548, il 
semble bien que Jehan Juste a dû mourir peu de temps après cette 
époque. 

Un autre texte encore plus explicite permet de serrer de plus 
près la date de la mort de notre grand artiste. 

Les listes des confrères sont suivies des comptes des recettes 
faites par un sieur Pierre Houdry, procureur au siège royal de 
Tours et procureur de la Confrérie des Cinq-Plaies. Or, à la fin 
d'un de ces comptes intitulé : Autre mise faite par le dit Houdry 
pour Vannée i54g, on lit : Plus en la dite année sont décède^ 
les confrères cy après note\ et pour leurs asmes ont été dites 
les messes qui s" ensuivent ; et dans la liste des morts, on trouve la 
mention suivante : Plus., maistre Jehan le Juste., et a esté payé 
pour sa messe IV s. 2 d. 

La qualité de Maître convient parfaitement à notre grand sculp- 
teur; c^'est donc en cette année 1549 qu'il faut placer la mort de 
Jehan I Juste; né près de Florence en 1485, il avait alors 
soixante-quatre ans. 

Par conséquent, le Jehan Juste qui a travaillé à Oiron et signé 
en 1559 la quittance publiée par M. B. Fillon, celui qui, en i56o, 
figure avec Valence dans les comptes pour Feutrée à Tours du roi 
François II, et qui, en i562, prend à bail une portion de maison 
rue de la Scellerie, est bien Jehan II Juste, très probablement 
fils de Jehan I et sculpteur comme ce dernier. 

Charles de Grandmaison, 

Archiviste d'Indre-et-Loire. 



I. Très probablement pour linceul, drap de lit; le papier est altéré en cet 
endroit. 



— 100 — 

COMMISSION DU PEINTRE FOUQUIÈRES 

POUR LES CONSULS DE TOULON. 
(1626.) 

Communiquée par M. Charles Ginoux. 

Le dernier numéro de la Revue (p. 65-66) contient une lettre de Louis XIII 

relative à Fouquières. Dans cette lettre, il est fait mention d'une Commission 

dont le peintre est porteur et qu'il pourra montrer aux consuls de Toulon. 

Voici cette pièce, transcrite avec soin par notre correspondant, M. Charles 

Ginoux, aux Archives communales de Toulon. Série FF 3o8 à 32 1 (i5g3- 

i6q8), Armoire i3. 

H. J. 

Tollon. 
Copie de la Commission du s^ de Fouquières, pour les Consul^ et 
Communautté de la ville de Tollon^ du 2g octobre 1626. — Jullien ^ . 

Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre à tous 
nos Gouverneurs, Maires, Eschevins, Consuls, Juratz et Capitouls 
des villes et places de nostre royaume, salut. Nostre intention 
conforme à celle du feu roy Henry le Grand, nostre très honoré 
seigneur et père que Dieu absolve, étant pour plusieurs bonnes 
considérations à nous ordonées d'avoir en la grande gallerie de 
nostre chastau du Louvre les portraits desd'** villes places et pay- 
sages des environs, aux despans des communautés d'jcelles, nous 
avons estimé ne pouvoir commettre le soing à personne plus digne 
et qui se puisse mieux acquitter que nostre cher et bien amé le s"" Jac- 
ques de Fouquières ^ gentilhomme ordinaire de nostre chambre, 
nous, après causes du buct, informés de son industrie et capacité 
ez l'art de perspective et peinture et de sa fidelle affection à notre 
service, avons ledit Fouquières commis et députté, commettons 
et députions par propres pièces signées de notre main, pour aller 
et se transporter diligemmant par toutes les grandes villes et 
places de nostre royaume, et tirer et faire les plans et dessaing 
mesmes des paysages des environs pour à son retour [d'iceux] 
rédiger les tableaux et portraits sur les mesures qui lui en seront 



I. Ce titre est dans l'angle supérieur de droite du verso de la feuille de 
papier (format grand in-folio) sur laquelle est copiée la Commission. Touies 
les écritures qui suivent sont contenues dans une seule page disposée en 
hauteur. 



— lor — 

données par nostre amé et féal conseiller surintendant et ordon- 
nateur de nos bastimants,*le s'' de Fourcy, gouverneur de la 
dite Gallerie de nostre chasteau du Louvre avec les orne- 
ments qui y seront nécessaires. Sy vous mandons également de 
tous endroits, pour ainsi qu'il appartiendra, très expresseman 
enjoignons souffrir et permettre aud. s' Fouquières faire les plans 
et dessaings desdites villes et paysages, et, ce faisant ouverture dans 
lieux et endroits que besoin sera, et desdits plans et dessaings et 
paysages, mesmes des tableaux et pourtraits que à son retour il en 
fera, de faire payer incontinant de ses sallaires des deniers communs 
et d'octroi de chascunes de nosdites villes et places où ainsi qu'il 
sera par vous advisé, autreman nous lui en ferons faire taxe en 
notre conseil, pour les susdits plans et dessaings et paysages estres 
aportés à nostre ville de Paris à la diligence et conduite dud. 
Fouquières et par lui rédigé les tableaux et pourtrets sur les sus- 
dites mesures estre mis à ladite gallerie du Louvre, ainsi que ses 
ornemans qui y seront nécessaires ^ sans que nul autre se puisse 
ingérer à prétendre lesd. plans, dessaings, et paysages, ne les 
rédiger les tableaux et pourtraits, conduire ornemans, décoration 
de lad" gallerie, circonstances et dépendances ; ce que nous def- 
fendons très expresseman à toutes personnes, de quelque qualité 
et quelque condition qu'ils soient; et à chacun de vous de le 
promettre sur permis dresser dessaings ; commandons à nos 
huissiers ou sergens, produire, requérir signifier ou prêter à 
tous ceux qu'il appartiendra et dont led. Fouquierre les requerra 
sans demander permission ne paration nonobstant quelconques 
édits, ordonnances, mandemans, deffences et letres à ce con- 
treres auxquelles nous dérogeons car tel est nostre plaisir. 

Donné à S^ Germain en Laye, le xxix jour d'octobre, l'an de 
grâce mil six cents vingt six, et de nostre règne le dix-septiesme. 
Signé Louis, et au plus bas : par le Roy : de Lomenie, et scellé 
de sire jaulne. 

Collationné à son original; signé et collationné comme dessus, 
exibé et retiré pour le s"" de Fouquières par moi Honoré Gilles, 
notaire royal, au lieu de Six-Fours^, 28 janvier 1628. 
Six-Fours, ce 28 janvier 1628. 

Signé : Gilles. 

1. Les lignes qui suivent sont soulignées dans la copie de 1628, — Ch. G. 

2. Six-Fours est une très ancienne commune. Elle est éloignée de Toulon de 



— 102 — 

CLAUDE CLOCHE 

PEINTRE ORDINAIRE DE L^ÉCURIE d'aNNE d'aUTRICHE. 
(1624-1630.) 

Nous trouvons dans les papiers d^Auguste Jal un certain 
nombre de fragments d'actes concernant un peintre nommé 
Claude Cloche. Ces documents nous permettent de suivre l'ar- 
tiste pendant six années, de 1624 à i63o. 

Le 10 septembre 1624, « Claude Cloche^ compagnon peintre, 
« époux de Geneviève Vassé, demeurant rue Montmartre, fait 
« baptiser ,ià Saint-Eustache Geneviève qui est tenue sur les fonds 
« par honorable homme Renault de Lavigne, peintre de la Royne 
a mère du Roy. » En 1627, Cloche a fait son chef-d'œuvre et 
obtenu le brevet de maître peintre, car il prend cette qualité sur le 
baptistaire de sa fille Marie, baptisée le 10 octobre 1627, ayant 
pour parrain Jehan Meynier, peintre du Roy, et pour marraine 
« Marie Tisserant, femme d'Augustin Quesnel, peintre du Roy. » 

Les relations de Claude Cloche sont enviables. Cet homme, qui 
trois ans auparavant était « compagnon peintre, » ne se contente 
pas de la maîtrise : il fréquente le peintre de la Reine mère et les 
peintres du Roi. Peut-être Cloche, au 10 octobre 1627, est-il à 
la veille d'obtenir la charge qui va l'attacher à la cour. Le 
10 juin 1629, remplissant à Saint-Eustache l'office de parrain au 



sept à huit kilomètres et assez distante de la grande route d'Italie. Le village 
est situé au sommet d'un mamelon, d'où l'œil embrasse de ravissants hori- 
zons. On aperçoit, à l'est, Toulon et sa rade; les îles d'Hyères et les Mon- 
tagnes des Maures; au sud, la montagne de Sicié ou de Notre-Dame-de 
bonne-Garde; à l'ouest, les golfes de Saint-Nazaire, de Bandol, et plus loin 
les rivages de la Giotat et de Marseille; au nord, le rideau de montagnes des 
environs de Toulon, telles que Goudon (coing), Faron (pharonos), Baou de 
quatre heures, Gaoumé, etc. Mais tout cela n'explique pas pourquoi de Fou- 
quières fit collationner sa Gommission à Six-Fours. 

On remarquera, d'après les lignes soulignées de la Commission, que de 
Fouquières avait quelque raison de croire que la conduite de toute la déco- 
ration de la galerie du Louvre lui appartenait. 

Fouquières se trouvait à Toulon dès le mois de janvier 1628, et la lettre 
que Louis XIII écrivait aux consuls pour le leur recommander est du mois de 
juillet 1629 (date exacte). Avant cette dernière date, de Fouquières avait-il 
déjà été assigné devant le Tribunal, pour restituer le plan que lui avaient 
confié les consuls r Ch. G. 



— io3 — 

baptême d'un fils du peintre Charles Dupuy, Claude Cloche 
se pare du titre de « peintre ordinaire de l'écurie de la Reyne. » 

Le 26 décembre i63o, Cloche fait baptiser un fils dont le pré- 
nom est François. 

Là s'arrêtent nos renseignements sur ce peintre, mais peut-être 
les archives dispersées de la maîtrise seront-elles plus explicites. Si 
notre artiste vécut jusqu'en 1648, il fut de ceux dont le nom dut 
se trouver mêlé à la lutte des « Maîtres » et des « Académistes. » 
Ami du peintre de Marie de Médicis, lorsqu'il n'est lui-même que 
compagnon ; en relations cordiales avec deux peintres de Louis XI 1 1 , 
puis, peintre ordinaire d'Anne d'Autriche, Claude Cloche dut 
avoir quelque talent et faire bonne figure à son époque. 

Henry Jouin. 



MEMOIRE DE LORTHIOR 

GRAVEUR DES MÉDAILLES DU ROI, SUR LA FABRICATION DES ASSIGNATS. 

3o juillet 1790. 
{Suite etJînK) 

Le Comité, au nom de l'Assemblée Nationale, m'ayant honoré de 
son choix, il me fut ordonné d'exécuter six lettres pour completter 
celles que j'avois déjà exécutées pour le frontispice des assignats; 
treize lettres en ornement en forme d'écriture pour les séries ; les 
mots tnille^ trois^ deux, cent, une bordure composée de plusieurs poin- 
çons, une fleur de lis fleuronnée, et deux timbres secs, que j'exécu- 
tai, j'ose le dire, de manière à ne craindre aucune concurrence, et le 
Comité retrancha mon portrait en manière d'imprimerie, pour être 
remplacé par une planche que le S»" 5* Aubin seroit chargé d'exécuter 
en taille douce, quoique M. Anisson ait représenté la lenteur qu'occa- 
sionneroit une seconde impression en taille douce, qui deviendroit 
contraire à la célérité qu'exige la fabrication des assignats. 

Ayant appris que mon travail n'avoit point été regardé comme 
l'objet le plus essentiel à la fabrication des assignats, je fus pour m'en 
convaincre jeter un coup d'œil sur l'imprimerie en taille douce. J'y 
reconnus en effet que ma bordure, sur laquelle j'avois épuisé toutes 
mes facultés, se trouvoit remplacée par une besogne de graveur 
d'imprimerie ; que la place qui devoit être occupée par mon timbre 

I, Voy. la Revue de juin i885, p. 89 et suiv. 



— 104 — 

sec, étoit occupée par trois fleurs de lis en taille douce d'une exé- 
cution inférieure au talent ordinaire d'un graveur en armoiries sur 
la vaisselle; que la première impression qui n'avoit pas eu le tems de 
sécher, s'étoit décalquée d'une partie de son noir par la pression de 
la seconde, tellement que les caractères s'en trouvoient maculés. 

Tous papiers monnoyes, représentatifs d'un numéraire effectif, 
en tous pays, sont assimilés aux mêmes règlemens et régimes que les 
monnoyes, et, par conséquent, les délits subordonnés aux mêmes 
peines, quoi qu'en pensent nos jurisconsultes modernes. Il est donc 
nécessaire d'astreindre les assignats aux mêmes formalités que celles 
qui se pratiquent pour les monnoyes. Lors de l'établissement d'une 
nouvelle monnoye, la loi veut qu'il soit déposé au greffe du siège 
destiné â connoitre des contraventions une première pièce de la 
fabrication, qu'on nomme étalon, pour servir aux experts de pièce de 
comparaison ; et toutes les pièces qui se fabriquent ensuite ne peuvent 
jamais différer de cette première pièce. Un graveur particulier qui se 
permettroit de changer la moindre chose dans les quarrés qu'il fabrique 
avec les poinçons qui lui sont fournis par le graveur général commet- 
troit un délit. La parfaite identité n'existant plus entre l'étalon et les 
pièces en circulation, ou mêmes les pièces entre elles, la loi seroit 
privée de prononcer sur le sort d'un coupable. D'après ce principe, la 
loi exige donc également qu'il soit déposé aux greffes des jurisdic- 
tions destinées à connoître des délits sur les monnoyes, une première 
épreuve pour y recourir au besoin. Il est donc également essentiel que 
les caractères dont seront composés les assignats ne puissent jamais 
varier. Tous caractères variables par leur nature deviennent donc illé- 
gaux aux yeux de la loi. 

Examinons maintenant si on a pu donner au portrait du Roi en 
taille douce la préférence sur celui en manière d'imprimerie en lettres. 
Les traits qui caractérisent une figure quelconque, destinés à être 
exécutés en imprimerie en lettres, doivent être représentés en relief 
pour être inculpés ensuite dans des pièces de cuivre rouge qui servent 
à mouler les étains dont on compose les planches. 

Il étoit impossible d'exprimer en relief et en acier des traits qui 
s'exécutent en creux avec la pointe d'un burin, aussi délicats qu'en 
taille douce, mais je n'avois pas moins trouvé beaucoup plus de diffi- 
cultés à vaincre pour opérer ce qui ne s'étoit point encore exécuté en 
ce genre. Les étains sortis des moules formés des mêmes poinçons ne 
peuvent jamais varier, et la reproduction en est indéfinie. 

Une planche de cuivre rouge en taille douce ne peut tirer qu'un 
petit nombre d'épreuves, soit qu'on la retouche ou qu'on la remplace 
par une nouvelle, la seconde diffère de la première, et toutes entre elles 
diffèrent indispensablement les unes des autres ; M. de S* Aubin qui en 
a déjà exécuté plus de cent de sa main, n'ayant pas eu le tems de former 



— io5 — 

des chefs d'œuvres, on pourra facilement trouver des imitateurs. Il 
résulte donc, d'après cet exposé, la preuve physiquement démontrée 
que non seulement le portrait en taille douce a occasionné une opéra- 
tion aussi longue que dispendieuse qui a suspendu l'emploi pressant 
des assignats, mais qu'il est encore illégal aux yeux de la loi. 

Après avoir fait les plus grands efforts, altéré ma santé, perdu les 
yeux par un travail consécutif de soixante-dix jours, quinze heures 
par jour, la loupe à la main, pour m'acquitter dignement d'une chose 
de cette importance, ayant donné en différentes autres circonstances 
des preuves de mon zèle et de ma capacité, je n'avois sans doute pas 
lieu de m'attendre à voir toutes mes opérations dénaturées d'une 
manière aussi contraire aux intérêts de la chose publique. Il ne me 
reste plus qu'un mot à dire sur la sûreté des assignats dans l'état où 
ils se trouvent. J'ai démontré la nécessité de déposer, à la forme ordi- 
naire, une première empreinte des assignats aux greffes qui seront 
destinés à connoitre les contraventions. Il sera encore nécessaire de 
faire prononcer la peine contre les contrefacteurs des assignats par 
l'Assemblée nationale et de la faire publier partout le Roiaume avant 
leur émission. 

Il sera aussi nécessaire d'établir une vérification pour l'échange des 
billets de caisse en assignats Si les connoissances particulières de leur 
auteur sont agréables à Messieurs chargés d'en faire le choix, il 
s'acquittera de cette fonction avec toute l'attention et l'intégrité 
qu'elle exige. 

Le 3o juillet 1790. 

Remis à Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale par son 
très humble et très obéissant serviteur 

LORTHIOR, 

Graveur des médailles du Roy. 
Rue Dangiviller, n° 9. 



Un de nos correspondants qui ne veut pas être nommé, — nous 
respecterons son désir, — nous envoie, à l'occasion de la note rédi- 
gée par Lorthior, des renseignements sur le graveur que nous avions 
qualifié irrévérencieusement « artiste d'un ordre inférieur. » Notre 
aimable collaborateur nous reproche avec trop de bonne grâce notre 
cpithète pour que nous ne nous empressions pas de faire amende 
honorable et de déclarer que nous avons entendu dire seulement que 
Lorthior est peu connu, et a plutôt travaillé à de petites pièces 
qu'à des médailles. 

Cependant il a gravé, en 1773, une grande médaille représentant 
un cavalier galopant vers la gauche en avant d'un bastion avec cette 



— io6 — 

légende : Char., petit fils de France, comte d'Artois, colonel général 
des Suisses et Grisons. La signature, sans prénom, se lit dans l'exergue 
au-dessus de la date. 

Un jeton à l'effigie de Louis XV, également signé, mais sans date, 
porte au revers un écu armorié (les armes de la ville de Bordeaux) 
surmonté d'une couronne de comte avec la légende : Munijîcentia 
iirbis Burdig. Dans les salons de Lille de 1773 à 1788 se rencontrent 
les noms de Lorthiort, Lorthroit, Lhortiot, Lortiot le cadet. Je n'ai 
pas le volume récemment réimprimé sous la main pour vérifier si ces 
noms s'appliquent à un ou à plusieurs artistes. 

Voici enfin quelques détails peu connus que notre correspon- 
dant veut bien ajouter aux renseignements qui précèdent. Ils prou- 
vent que l'artiste, que nous avons trop méconnu, a eu, comme tant 
d'autres ensevelis maintenant dans un profond oubli, son heure de 
réputation et de succès. Il est question de lui dans les lettres de 
M'"" Geoffrin au roi Stanislas [Correspondance inédite du roi., etc., 
publiée par M. Charles de Mony. Paris, E. Pion, 1875, p. 219) : 
« M. de la Marche a encore fait des siennes auprès du sieur Lorthior. 
« Il a été lui faire des propositions en lui disant que le traitement de 
« cet homme que je vous ai promis de ne plus nommer (l'architecte 
« Louis) serait la règle du sien. Ce Lorthior est jeune., il a de l'esprit, 
« une très mauvaise tête, un peu libertin, habile dans son art, petit 
« maître, courant sans cesse les rues en cabriolet. Il s'est échauffé la 
« tête sur tous les avantages et honneurs dont il serait comblé à Var- 
« sovie... » (Extraits de lettres de 1766.) 

Lorthior est cité dans VAlmanach des Artistes de 1776, p. 186 : 
« Lorthior, salle neuve du Palais, grave supérieurement le cachet, c'est 
un des meilleurs graveurs de son genre. » Et dans celui de 1777, 
p. 187 : « Lorthior, graveur des médailles du roi, graveur de cachets. 
Cour neuve du Palais. » 

D'après l'extrait de la lettre ci-contre, il paraîtrait que le roi Sta- 
nislas avait fait construire un hôtel des monnaies; ce fut même son 
premier acte à son avènement. Il faisait fabriquer les coins à Paris, 
bien que la médaille de son couronnement ait été frappée en Angle- 
terre et qu'il fît faire des offres à Lorthior. 

Jules GuiFFREY. 



LE CHEVALIER ERNOU. 

(1720-1739.) 

Dans bien des cas, il faudrait penser à relire ce qu'on a lu. C'est 
ce qui m'arrive pour la question sur le Chevalier Ernou que j'aurais 



— loy — 

dû savoir ne pas avoir à poser. La réponse se trouvait d'avance dans 
deux livres excellents dont je fais grand cas, que j'ai chez moi sous 
la main et que j'ai lus quand ils ont paru. M. Michel, l'un des conser- 
vateurs du Musée d'Angers, m'y renvoie, et aussi leur auteur, mon 
ami M. Célestin Port, qui s'étonne à juste titre et vis-à-vis de qui j'ai 
à m'excuser de mon lapsus memoriœ. Il a parlé deux fois de notre 
peintre dans ses Artistes angevins^ dont le tirage à part a été donné 
par lui en 1881 à la collection annexe de notre Société de V Art fran- 
çais^ où le Chevalier Ernou a son article p. 107. Il en avait déjà parlé 
en 1876 dans le tome II de son Dictionnaire de Maine-et-Loire, p. 118. 
Après les articles du peintre François Ernou dont on connaît un por- 
trait d'Antoine Arnauld daté de i663, du peintre Jean Ernou qu'on 
suit depuis 1673 jusqu'en 1699, date de sa mort, de son fils Jeaw, qua- 
lifié de chirurgien et de peintre, se trouve l'article du Chevalier Ernou. 
Je transcris celui plus récent des Artistes angevins : 

« Le Chevalier Ernou, originaire, croit-on, de Saumur, et sans 
doute parent des précédents, jouit dans son temps d'une véritable 
réputation qui lui a fait attribuer plus tard toutes les œuvres signées 
de leur commun nom. Il était Chevalier de l'Ordre du Christ et en 
prenait le titre sur ses ouvrages. La ville d'Angers commanda en 1734 
« à monsieur le Chevalier Ernou » le portrait du conseiller Trochon, 
au prix ordinaire et constant de 3o livres; deux autres, ceux de 
MM. Crosnier et Brouard, en 1739. Un Christ de sa façon décorait la 
sacristie de la Trinité; une naissance du Christ, signée, mais dont la 
couleur a souffert, existe dans la petite chapelle de Clos-l'Oreille, en 
Sainte-Gemme, près Angers. Trois portraits dont un de femme, appar- 
tenant à M. Duperré, ont figuré à l'exposition d'Angers de i838. 
M. de Loze possède aussi un beau portrait d'homme, avec cuirasse et 
perruque, signé : Le chevalier Ernou, 1^20. J'ai vu quelque part une 
note de Toussaint Grille indiquant que son tableau de la Compas- 
sion de la Vierge, qui pourrait bien être celui de François Ernou, 
dans la chapelle de Montplacé, a été gravé. Il lui attribue aussi les 
portraits des évêques d'Angers, qui décoraient la salle synodale de 
l'évêché. » 

Gomme l'Ordre du Christ est Portugais, il se pourrait (\vl Ernou eût 
été en Portugal. En tout cas, le portrait de M. Steyert ajoute quelque 
chose à ce que M. Port nous apprend; Ernou était à Lyon en 173X. 

M. Port ajoute dans sa lettre qu'il a appris récemment, par une 
lettre de M. Maurice Tourneux, qvi' Ernou était particulièrement lié 
avec le peintre angevin Frawf 0/5 Gilquin et qu'il le fit son héritier. 
Gilquin étant mort le 4 novembre 1760, il s'ensuit forcément 
q}i Ernou est mort avant lui. 

Anatole de Montaiglon. 



— io8 — 

VOL DE TABLEAUX AU LOUVRE. 

(1732.) 
Document communiqué par M. J. Roman. 

Avant-hier, 19 du mois de novembre 1782, en visitant les tableaux 
du Roy et faisant une reveue générale, on s'aperçut qu'il y en man- 
quoit trois que l'on a pris et tirez des bordures qui étoient dans la 
gallerie d'Apollon. 

Le premier tableau : 

Du Titien, représente le portrait d'un homme vestu de noir proche 
une colonne., figure comme nature, ayant de hauteur trois pieds six 
pouces, sur deux pieds six pouces de large. 
Le second : 

Du Tintoret., représente le portrait d'une dame vénitienne vêtue à la 
manière du pays., ayant de hauteur trois pieds six pouces sur deux 
pieds six pouces de large. 
Le troisiesme : 

D'Annibal Carache, représenté le portrait du docteur Boissy tenant 
une teste de mort d'une main et de l'autre un papier; figure grande 
comme nature, ayant de hauteur trois pieds six pouces sur deux 
pieds six pouces de large. 

Touts ces portraits ne représentent que des demy figures. 

(Archives des Affaires étrangères, France, 1278, p. 43. Note non 
signée. En marge est écrit : 21 novembre ij32.) 

Le second des tableaux décrits dans cette note n'existe plus parmi 
les Tintoret de la collection du Louvre ; le premier correspond à peu 
près exactement, et comme description et comme dimensions, au 
beau portrait de Calcar, attribué jusqu'à ces derniers temps à Titien 
{Catal. des Éc. d'Italie, n" gS). Le troisième est évidemment le 
portrait anonyme décrit dans ce même catalogue parmi les Annibal 
Carrache sous le n» i55. Reste à savoir maintenant quel est ce doc- 
teur dont nous avons le portrait. J. R. 



' LA CHEMINÉE MOUVANTE DE MANSART. 

(17G3.) 
Document communiqué par M. Henry de Chennevières . 

On lit dans une lettre du marquis de Marigny à Sou/flot^ en date 
du 24 décembre 1763, conservée aux Archives nationales (0< 12 52) : 

« Je vous envoie un dessein que j'ay trouvé dans les papiers de 



— 109 — 

feu Portail. Seroit-ce la Cheminée mouvante de feu M. Mati" 
sart? » 

Quel sens donner à ces lignes de Marigny, et pourquoi ce rapprochement 
entre Mansart et Portail? On connaît l'intéressante étude du marquis de 
Ghennevières sur Jacques-André Portail dans ses Portraits inédits d'artistes 
français. Ordonnateur des Expositions de l'Académie, ou comme on disait 
alors « tapissier de l'Académie, » à dater de 1741, Portail dut être mis en 
possession de divers dessins laissés par Mansart. Celui-ci, en effet, avait 
été chargé en son temps de la décoration de la grande galerie du Louvre 
lorsque messieurs de l'Académie furent autorisés à y faire leurs expositions. 
Mais la grande galerie mesurait deux cent vingt-sept toises et les Académi- 
ciens n'en voulaient occuper que cent quinze. Mansart vint à leur aide en 
construisant deux cloisons aux extrémités de cet espace. Le livret de 1699 
nous renseigne sur la décoration de l'une des cloisons : elle reçut un grand 
dais de velours vert sous lequel fut placé le portrait du Roi. Quelle fut la 
décoration de l'autre cloison? Mansart aurait-il adossé à son panneau mobile 
une « cheminée mouvante » et serait-ce le dessin de cette pièce décorative 
que Marigny aurait découvert en 1763 dans les papiers de Portail? 

H. J. 



PARTIE MODERNE. 



JEAN-ANTOINE PINCHON. 

(lygo-iSSo.) 

Peintre français, à peine connu. En consultant les Dictionnaires 
spéciaux français et étrangers, on apprend qu'il est né à Paris, en 
1790, qu'il florissait vers 181 5, et qu'il est mort, à Paris, sans doute, 
en i83o. Il fut élève de Vincent et du célèbre peintre miniaturiste 
Augustin. 

Siret cite de lui : Le petit Décrotteur et Les petits Joueurs de cartes. 

Nous possédons de lui le portrait d'une Soubrette^ et nous avons vu 
passer en vente une de ses œuvres : Jeune homme jouant aux dames 
(habit vert, couleurs éclatantes). 

Pinchon est connu traditionnellement dans le monde des experts, 
par ses nombreux petits portraits, peints sur panneaux, et rarement 
signés. Les personnages sont vus généralement à mi-corps. Les figures 
sont correctement dessinées, de façon à arriver à la ressemblance; 
mais les bras, les mains indiquent un artiste qui ignore absolument 
les proportions ; quant à la peinture, elle est solide, éclatante, et résis- 
tera au temps. 

Qui a vu un ou deux portraits de^ Pinchon reconnaîtra sûrement 
ses œuvres dans la masse de tableaux, non signés, qui inondent 



— I to — 

chaque année les salles de l'hôtel Drouot. C'est un talent secondaire, 
mais très caractéristique. 

La famille de ce peintre doit être originaire de l'un des départe- 
ments du nord de la France (Pas-de-Calais peut-être); car Pinchon 
est un mot du patois picard qui signifie Pinson. 

Victor Advielle. 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

RAMELET, VAILLANT. 
XLVL Ramelet. — t85i. 

ICI REPOSENT 

CHARLES RAMELET, 

ARTISTE PEINTRE, 

NÉ LE l6 AOUT l8o5, 

DÉCÉDÉ LE 8 JUILLET l85l. 

PAUL RAMELET, 

SON FILS, 

NÉ LE 25 MAI (836, 

DÉCÉDÉ LE I*"" AVRIL l854. 

(Montparnasse, iS" division.) 

XLVII. Vaillant. — i852. 
Sur le cippe : 

A LA MÉMOIRE 

DE 

A.-J.-B. VAILLANT, 

PEINTRE d'hISTOIRE NATURELLE, 

EX-MEMBRE 

DE LA COMMISSION SCIENTIFIQUE 

d' ALGÉRIE, 

DÉCÉDÉ A PARIS 

LE 17 JUILLET l852, 

A l'AGE de 35 ANS. 

MARGUERITE-ELISABETH 

VAILLANT, 

DÉCÉDÉE LE 



— III — 

i3 AVRIL i854, 

ÂGÉE DE 14 ANS. 
DE PROFXWDIS. 

Sur la pierre tumulaire : 

ICI REPOSENT 

MARIE-CATHERINE DORIOT, 

V^e DAMÉE, 

DÉCÉDÉE LE 8 NOVEMBRE 1866, 

A l'âge de 90 ANS, 

REGRETTÉE DE SES ENFANTS 

ET DE SES PETITS-ENFANTS. 

PRIEZ POUR ELLE. 

MARGUERITE-ELISABETH DAMÉE, 

V^« VAILLANT, 

DÉCÉDÉE LE 2g gbre 1872, 

A l'âge de 56 ANS, 

REGRETTÉE DE SES ENFANTS 

ET DE SA FAMILLE. 

PRIEZ POUR ELLE. 

(Montparnasse, 12^ division.) 



H. J. 



NECROLOGIE. 



Stock (Charles-Henry) <. Le 11 février i885, mourait à Bordeaux, sa 
ville natale, Charles-Henry Stock, artiste d'un talent sérieux et estimé ; 
aussi modeste et sincère qu'ennemi du bruit et de la réclame ; tout à 
son art, dans l'exercice duquel il trouvait de si douces émotions, tout 
à ses nombreux élèves, dont il était plutôt l'ami que le maître et 
qu'il ne quittait que pour goûter les joies paisibles du foyer domes- 
tique ; telle fut l'existence si belle, dans sa simplicité, de celui dont 
il ne nous reste plus que des souvenirs honorables et les études 
si intéressantes de sa laborieuse carrière. 

Il était né en 1826. De 1843 à i85o, il avait suivi l'atelier de Théo- 
dore Gudin^ dont le Musée de Bordeaux possède une des meilleures 



I. Nous empruntons cette notice au catalogue de la Vente aux enchères 
des Études peintes, dessins et croquis de Henry Stock qui a eu lieu à Bor- 
deaux, le 28 avril i885. Ce catalogue n'a été distribué qu'à petit nombre; 
on ne saurait où le trouver aujourd'hui, nous avons pensé qu'il convenait 
de sauver la biographie du peintre par M. Marionneau. — H. J. 



— 112 — 

œuvres. A l'école de cet éminent peintre de marine, Stock puisa 
d'excellentes leçons, qu'il compléta par les conseils et les exemples 
de deux autres peintres d'un beau talent : MM. Isabey et Morel- 
Fatio. Il existe des lettres de ces célébrités artistiques témoignant de 
la bonne opinion qu'ils avaient de Henry Stock et de l'amitié qu'ils lui 
portaient. Aussi, n'y eut-il pas lieu d'être surpris des progrès rapides 
que fit le jeune Bordelais dans le genre spécial de peinture qu'il 
avait adopté. Pendant une longue période, de 1848 à i865, ses 
tableaux figurèrent aux Salons de Paris et leurs succès furent tels 
qu'ils trouvèrent toujours acheteurs, à tel point que son ajelier con- 
servait tout au plus un spécimen de ses nombreux ouvrages. A vrai 
dire, il fit à ses devoirs de père de famille le sacrifice de sa vie mili- 
tante d'artiste pour embrasser la vie plus positive et moins brillante 
du professeur, qu'il sut pratiquer avec tant de zèle et de dignité. 
Mais cela nous explique aussi la rareté de ses tableaux, le calme qui 
se fit autour de son nom et l'absence des distinctions et des récom- 
penses qu'il aurait eu le droit d'espérer. Néanmoins, ses œuvres les 
plus importantes, dont les dernières datent de 1866, se répandirent 
un peu partout, jusque dans le Hanovre, où elles furent disputées 
par les amateurs du plus haut rang et les administrateurs du Musée 
royal. 

Rien ne nous resterait donc de lui si, heureusement pour ses 
élèves, ses confrères et les nombreux amis des arts à Bordeaux, nous 
n'avions encore la part la plus intime, la plus vivante du mérite d'un 
peintre, celle où ses qualités se révèlent avec le plus de personnalité : 
ses études de voyage, ses croquis d'album de poche, son travail, pour 
ainsi dire au jour le jour, esquisses peintes et dessins faits d'après 
nature, d'une justesse d'expression que n'atteint jamais le tableau, 
études terminées en plein air, sous la chaude influence de ce senti- 
ment si vif qui électrise l'artiste vrai, mis en présence d'un site 
pittoresque ou poétique, d'un paysage baigné de lumière et d'un 
puissant effet. 

Tel a été le caractère particulier de la vente de l'atelier de Henry 
Stock. On y a remarqué des vues du golfe de Toulon, de la rivière de 
Gênes et des vallées du Jura, peintures d'une touche simple, précise 
et vibrante, d'une exécution sérieusement renseignée, « n'ayant rien 
de commun avec les* tours d'adresse, avec les intentions cauteleuses 
ou la science à fleur de peau, qui, trop souvent, réussissent ailleurs 
à nous séduire. » On appréciera surtout ces nombreux dessins, d'une 
facture large, d'une habileté de crayon surprenante, où tout ce qui 
tient à la marine est rendu de main de maître et prouve combien le 
peintre était homme de mer. — Charles Marionneau. 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



8. — Août 1885. 



PARTIE ANCIENNE. 



LETTRE DE MAUGIS, ABBÉ DE SAINT-AMBROISE, 

SUR LES DÉCORATIONS INTERIEURES DU PALAIS DU LUXEMBOURG. 
(162I.) 

Document communiqué par M. J. Roman. 

Monseigneur, conformément à la charge qu'il vous a pieu me 
donner avant vostre parlement, j'ay faict travailler au plancher de 
la sale de l'hostel de la Royne suyvant le devis que vous aviez 
faict voir à Sa Majesté. Les fonds sont rouges avec les corniches 
d'azur et or, architraves de mesmes. La frise de la poultre à fond 
rouge avec des cartouches, enfens, rinceauxs de relief d'or accom- 
pagnés de quelques feuillages blancs pour relever l'ouvrage. Le 
dessoulz de la poultre enrichie de cartouches, chiphres de la 
Roi ne, fleurs de lys de Florence et ornemens à ce convenables de 
relief tout dorés. Les sollives et entrevoux à fond rouge, ornés de 
cartouches moresques de diverses couleurs, culs de lampes dorés. 
Je vous envoyés le desseing et ornement des poultres delà galerie 
faict par Duchesne^, affin de faire voir à Sa Majesté et sçavoir 
d'elle si elle l'aura agréable ; vous y verrez un ornement de car- 
touches remplys de camayieux, soustenus par des harpyes et enfens 
dorés, accompagnés de consoles, chiffres de la Royne, caducées et 

I. Salomon de Brosse, architecte de Marie de Médicisj il construisit pour 
elle le Luxembourg. 

REV. ART FR. H 8 



— 114 — 
autres enrichissemens convenables. Vous me renvoyerez, si vous 
plaist, le desseing avec l'intention de Sa Majesté, et sçaurez d'elle 
si les couleurs lui sont agréables, ne se pouvant rien faire de plus 
riche, ny de plus agréable en œuvre. 

La belle saison s'en va tantost passer et croy qu'il seroit à pro- 
pos pendant que les jours sont encore grands de faire haster la 
besoigne et que Sa Majesté feit ordonner deux mille livres par 
moys aux peintres, afin de faire doubler Tattelier et que tous les 
planchiers de la gallerie fussent parachevez à Noël, estant très cer- 
tain qu'il se fera plus de besongne en un jour maintenant qu'en 
huit d'hyver, et si les couleurs s'en portent bien mieux, n'estant 
pas si longtemps à seicher. Pendant l'hivert l'on travaillera aux 
lambris, car aux planchiers l'on n'y pourroit veoir sans chandelle 
la moitié du jour. Je vous supplie aussi de commander que l'on 
fasse mettre les vitres de la gallerye au plus tost que faire se 
pourra, à cause que l'on ne scauroit dorer, pour le grand vent qui 
y régnent. Il a fallu faire faire six chevaletz pour eschaffauder les 
peintres ; je vous supplie de vouloir faire payier le charpentier qui 
m'en presse fort. Il demande trante livres de la pièce; il suffira de 
luy en faire donner vingt-quatre. Il y a aussi des aix pour mettre 
sur les dictz trétaux pour trante livres que vous commanderez si 
vous plaist d'estre payiez. Monsieur Brosse^ a faict les desseings 
des lambrys de la salle et galerye, lesquels je vous envoyés. Il y 
en a de deux sortes • pour la salle j'ay faict peindre celui que j'ay 
trouvé le plus bleau [sic] conformément à la volonté de la Roine 
et suivant le marché. Si Sa Majesté le trouve à son gré, il sera 
nécessaire de faire le marché dudict lambry avec des meilleurs 
menuissiers, et avant que rien résouldre je vous donneray advis à 
quoy pourra monter les lambrys tant de la salle que gallerie, afin 
de suivre ce que m'ordonnerez. 

Les religieuses nommées les Bénédictines battissent en un lieu 
qu'ilz disent avoir receu en don de Sa Majesté qui est droict à 
l'aspect de la veue des chambres, cabinets et gallerie -de Sa 
Majesté et lui oste entièrement la veue de la campagne qui est 
toutte la beauté de la maison, ne luy restant que celle de son jar- 



I. Ce Duchesne, peintre d'une certaine habileté, puisque, comme on le voit 
plus loin, il était capable de copier une Vierge de Michel Ange de Caravage, 
est absolument inconnu des biographes. Il ne figure pas non plus sur les 
listes des peintres de la maison du Roi. 



— ii5 — 

din. Leur bastiment n'est que fort peu advancé, il est temps que 
Sa Majesté se résolve d^empécher la continuation dudict bastiment 
qui luy est très préjudiciable, et leur donner place ailleurs qui ne 
luy soit point incommode. Car, si l'on leur permet d'achever, il 
coustera plus de soixante mille escus pouf le faire abbattre, sans 
la peine que l'on auroit de les faire résouldre à cela. 

L'on a faict la coppie de la Nostre Dame, après Michel Ange 
de Caravage, que vous avez commandée, laquelle le s^ Duchesne 
a si bien imitée qu'elle n'est moins belle que l'original et l'autre 
tableau d'un bastepme [sic] de sainct Jehan. Si vous avez agréable 
que je vous les envoyé, je ne manqueray de satisfaire par la pre- 
mière commodité. Les cinq portraits que m'avez ordonné de faire 
faire sont achevés il y a longtemps ; vous me ferez scavoir s'il vous 
plaist si désirez que je les retire. Je vous envoyés les desseings pour 
les planchers de vostre maison, l'un plus bleau [sic] que l'autre, 
conformément à ce qu'avez ordonné au sieur Duchesne. Je me 
promets que vous les trouverez à vostre gré. Vous recepvrez aussi 
un desseing de lambry de six pieds de haut de l'invention dudit 
sieur Duchesne, si vous le trouvez bien, l'on le peindra de la 
sorte qu'il vous plaira, en me faisant entendre ce que désirez qui 
soit peint dans les panneaux, soit pots de fleurs ou camayieux ou 
paysages, et tiendray tousjours à extrême faveur l'honneur de 
vos commandemens que je m'efforceray d'accomplir avec toutte 
l'affection et bonne volonté que scauriez désirer d'une personne 
sur qui vous avez toutte puissance et qui est ici et sera éternelle- 
ment, Monseigneur, 

Vostre très humble, très affectionné et très obéissant serviteur, 

Maugis, 
Abbé de Saint-Ambroise. 

A Paris, ce xiin" aoust 1621. 

(Arch. des Affaires étrangères, 774, France, p. 112.) — Il est probable que 
le destinataire de cette lettre est le cardinal de Richelieu. 



SIMON VOUE T. 

(i636.) 



Dans le volume de M. René Kerviler sur le Chancelier Séguier 
(Paris, Didier, 1875, in-12, p. 84), se trouve une lettre de son Inten- 
dant sur l'état d'avancement des travaux de son hôtel de la rue du 
Bouloi : 



— ii6 — 

« Tous vos bastiments s'avancent fort. Votre jardin est tantost 

en estât de planter. L'on travaille à vos peintures dans votre garde- 
robe, dans le petit palays, dans votre petit appartement. La gallerie 
est en estât d'y passer (placer ou poser ?) les vittres. Pour votre grand 
appartement, M. Vouet a fait les tableaux que vous lui avez commandé 
et n'aten à les passer (placer?) que le plancher soit nettoyé. M. Vouet 
fait travailler aux petits tableaux à la Chapelle, qui seront achepvés 
cette semaine; mais, pour les grands tableaux, particulièrement celuy 
de l'autel, je vous supplie. Monseigneur, luy en faire escrire pour les 
faire un peu plus advancer. Au surplus tout est en bon ordre... 

« PÉPIN. 

« A Paris, ce 6 novembre i636. » 

Piganiol, III, 248-52, parle longuement de l'hôtel du Chancelier 
Séguier, devenu au xviii'' siècle l'hôtel des Fermes du Roi. Il donnait 
à la fois sur la rue du Bouloi et sur la rue de Grenelle-Saint-Honoré. 

A. DE M. 



JULES HARDOUIN MANS ART. 
(1676-1703.) 

Les historiens d'art seront de notre avis : aucun document n'est 
inutile. De 1828 à i852, il s'est vendu à Paris un certain nombre 
de lettres, devis, quittances ou signatures de Jules Hardouin 
Mansart, « comte de Sagonne et autres lieux, conseiller du roi 
en ses conseils, surintendant et ordonnateur général de ses bâti- 
mens, jardins et manufactures. » 

C'est d'abord le Devis autographe des ouvrages de menuiserie à 
faire au château de Glagny (une page et demie in-fol. avec dessin) . 
Cette pièce, revêtue de l'approbation autographe de Colbert et de 
la signature de ce ministre, porte la date du 14 juin 1676 et fut 
écrite à Sceaux. Elle a passé en vente le 5 février 1857^ 

Une seconde pièce, écrite à Clagny, est datée du 10 septembre 
1677. C'est un autographe signé par Mansart. Il comporte deux 
pages in-fol., et fut, comme le précédent, adressé à Colbert. Pixeré- 
court a possédé cette pièce. On l'a vue passer à sa vente où elle a 
atteint le prix de 33 fr. 5o-. 



1. Cette vente, sans nom de collectionneur, a été faite par le ministère de 
J. Charavay. 

2. Cabinet de M. G. de Pixerécourt, vente du 4 novembre 1840. 



— 117 — 

Le 17 septembre 1699, Mansart écrivit au cardinal de Bouil- 
lon, alors ambassadeur à Rome. Sa lettre, partie de Marly, com- 
portait quatre pages in-4^ Nous ignorons si le cardinal répondit 
à l'architecte avant d'être rappelé d'Italie, car deux lettres du car- 
dinal de Bouillon, adressées à Mansart^ et qui à plusieurs reprises 
ont passé en vente avec la pièce du 17 septembre 1699, sont de 
1707 et datées de Rouen. Le dossier comprenant l'autographe de 
Mansart et les lettres du cardinal a fait partie des cabinets Mon- 
merqué^, Gallois ^ et Trémont^. 

Un « Etat où sont les ouvrages de Versailles, » rédigé le 
26 septembre 1699 et présenté au Roi par Mansart^ donna lieu 
aux réflexions du souverain qui les consigna sur la pièce même 
en dix-sept lignes, écrites de sa main et signées de lui. Ce docu- 
ment a successivement appartenu à M. Durier (de Lille) "^ et à 
M. Fossé-Darcosse^. 

Enfin une requête de l'artiste, datée du 8 novembre 1708 à 

Marly (i p. 1/2, in-4°), évidemment adressée au Ministre, prie 

celui-ci de « régler de bonne heure le fond de cent mille livres 

destiné pour les ouvrages à faire à l'église des Invalides*'. » Ce 

document a été vendu le i3 juillet i852. 

Henry Jouin. 



ACTE DE BAPTÊME DE P.-N. BERGERET. 

(1782.) 

Bergeret (Pierre-Nolasque), le peintre bordelais, élève d^ Pierre 
Lacour, de Vincent et de David, est surtout connu par son tableau 
du Salon de iSoô'^, Honneurs funèbres rendus à Raphaël (grsivé 

1. Catalogue du cabinet Monmerqué, vente du 2 mai i83j. 

2. Catalogue du cabinet Gallois, vente du 11 juin 1844, ministère de 
Charon. 

3. Catalogue du cabinet du baron de Trémont, vente du 9 décembre i852. 

4. Catalogue du cabinet de M. L. M. J. Durier (de Lille), vente du 22 jan- 
vier 1828. 

5. Mélanges curieux et anecdotiques tirés d'une collection de lettres auto- 
graphes ayant appartenu à M. Fossé-Darcosse. 

6. Catalogue du cabinet Foertsch, vente des 12 et i3 juillet i852. Cette 
pièce est inscrite à tort au catalogue de vente comme un autographe de 
François Mansart, mort en 1666. 

7. Ce tableau est indiqué dans le livret sous le titre : Honneurs rendus à 
Raphaël après sa mort. La gravure fut exposée au Salon de 1822. 



— ii8 — 

par Pauquet et Sixdeniers], et pour ses dessins des bas-reliefs en 
spirale de la colonne Vendôme; aussi, son nom se trouve-t-il dans 
plusieurs ouvrages d'art et dictionnaires biographiques, mais qui 
donnent la date de sa naissance d'une manière incomplète ou 
fausse. 

Voici, provenant des Archives municipales de Bordeaux^ S. 
GG. Registres des paroisses, Saint-André, vol. 120^ n° gq, la 
copie de Pacte de baptême de Bergeret, qui fournit la date exacte 
de sa naissance : 

a Le vendredy i^f février 1782, a été baptisé Pierre Nolasque, fils 
« légitime de S»" Guillaume Bergeret, libraire, et de Françoise Méry, 
« paroisse Saint-Projet, parrain S' Pierre Méry, ayeul maternel, 
« marraine demoiselle Jacquette Chauvet Méry, ayeule maternelle 
« du baptisé, né hyer à cinq heures troix quarts après midy. » 

Signé au registre : « Bergeret, père ; Méry; Chauvet Méry ; Boussac, 
curé de Saint-André. » 

Bergeret est donc né le 3o janvier 1782 et non le 2 février, 
comme le dit le Dictionnaire général des artistes français, et, 
d'après lui probablement, la dernière édition du catalogue du 
Musée de Bordeaux. 

Charles Marionneau. * 



SAISIE D'ESTAMPES REPRESENTANT DES NUDITES. 

(1788.) 

Les deux lettres suivantes, adressées, l'une au premier peintre du 
Roi, l'autre au lieutenant de police de Crosne, nous révèlent un 
curieux incident. La police avait fait saisir, peut-être avec quelque 
raison, des estampes représentant des nudités. Il se trouva que plu- 
sieurs de ces gravures étaient l'œuvre de membres de l'Académie de 
peinture et avaient paru au Salon officiel. Aussi, grand émoi parmi 
les Académiciens. On fait appel au protecteur naturel de la Compa- 
gnie, M. d'Angiviller, et celui-ci se voit dans la nécessité de protester 
contre les excès de pudeur de la police. Nous ignorons quelle suite 
reçut cette affaire. Il est fort probable que M. de Crosne rendit les 
estampes saisies et que les choses en restèrent là. Les pièces que 
nous publions sont extraites d'un registre de la Direction des Bâti- 
ments du Roi portant la cote 0< 1146. 

Jules GUIFFREY. 



— iig — 

Lettre de M. (TAngiviller à M. Pierre. 

17 novembre 1788. 

Je viens, Monsieur, d'écrire à M. de Crosne au sujet de la saisie faite, sous 
prétexte de nudité, chès divers marcliands de gravures, d'un grand nombre 
d'estampes dont plusieurs sont l'ouvrage d'Académiciens et ont eu l'appro- 
bation de l'Académie pour être exposées au Sallon. Je lui fais sur cela les 
observations que suggère une délicatesse aussi mal fondée. Je pense qu'il est 
à propos que vous le voyiés et que vous lui remettiés le mémoire dont vous 
m'avez adressé le canevas. Je ne doute point qu'il n'y ait égard. 

J'ai l'honneur d'être, M., Votre, etc. 

Lettre de M. d'Angiviller à M. de Crosne. 

17 novembre 1788. 

Je viens, M., de recevoir de M. Pierre, directeur de l'Académie royale de 
peinture, une lettre par laquelle il m'instruit que les commissaires de police 
et l'inspecteur de la Librairie ayant fait une perquisition chez les marchands 
de gravure, y avoient par occasion enlevé plusieurs estampes gravées par des 
Académiciens ou d'après des tableaux d'Académiciens, sous prétexte de 
nudité. M. Pierre m'ajoute que plusieurs de ces estampes ont été exposées 
au Sallon du Louvre où personne ne s'est scandalisé. La délicatesse de ces 
messieurs me paroît extrême, car vous scavés, M., que rien n'est plus 
commun dans les arts que de peindre le nud ; nos jardins publics, les palais 
de nos Roys sont décorés de figures nues, témoin, la Vénus de Médicis et 
l'AppoUon du Belvédère. Les tableaux mêmes de nos églises représentent sou- 
vent des hommes nuds dont la vue pourroit être aussi dangereuse aux femmes 
que celles des femmes nues le seroient aux hommes. Je conviens que toute 
position ou expression libertine doit être supprimée. Si parmi ces estampes 
il en est qui soyent dans ce cas, j'approuve fort la sévérité de ces officiers de 
police. Mais ce seroit presque anéantir les arts que d'interdire le nud, soit 
en peinture, soit en sculpture ou en gravure. M. Pierre se propose de 
vous remettre un mémoire de l'Académie à ce sujet; j'ai cru devoir 
vous en prévenir en vous priant d'avoir égard à ce qu'il vous exposera à ce 
sujet. 

j'ai l'honneur d'être avec un très parfait attachement, M., votre, etc. 



EXPERTISE D'UN TABLEAU PEINT PAR BARNOUIN 

POUR l'Église de la garde, près toulon. 

(1788.) 

Document communiqué par M. Charles Ginoux. 

Examen du tableau de la Garde. 
Nous Joseph Michel*, dessinateur de monseigneur le duc 

I. Joseph Michel, peintre de la ville, fut nommé, en 1789, maître peintre 



120 



de Chartres, et J. -Louis Partisse ^ , professeur de peinture de l'Aca- 
démie de l'Arcade de Rome, commis par MM. les Maire et Con- 
suls du lieu de la Garde^ pour procéder à la vérification et recette 
du tableau représentant la Nativité de la sainte Vierge, peint 
par Barnouin^, de Toulon, placé dans la nouvelle église, nous 
sommes portés, le 29 juin dernier, au susdit lieu de la Garde, en 
compagnie du sieur Gibert^, sculpteur du roy à Tarsenal, 
choisi par le dit sieur 5arnoMm, et, après avoir attentivement exa- 
miné le susdit tableau dans toutes ses parties, nous déclarons avoir 
reconnu que le tableau est absolument mal fait, manquant de 
principes et de proportion et ne peut être conservé en l'état où il 
se trouve ; déclarons en outre avoir procédé à la recette et estima- 
tion tant du cadre du susdit tableau que de la peinture, de la 
dorure et de la toile d'icelui et que la valeur de tous ces objets 
dont la communauté profitera est de 767 livres 10 sols, savoir le 
bois où est clouée la toile à 200 livres, cy . . . 200 1. s. 

Quatre-vingts pieds de dorure au cadre à la 
grecque de douze pouces largeur, moitié doré et 
moitié peint, à 4 livres i5 sols le pied courant, trois 
cent quatre-vingts livres, cy 38o 

Cent quatre-vingt-dix pans de toile de neuf sols le 
pan, quatre-vingt-cinq livres dix sols, cy .... 85 10 

Pour treize toises d'impression passée deux fois au 



et maître sculpteur à l'arsenal, en remplacement de Doumet et de Gibert. 
Michel a été maître peintre et maître sculpteur dans le port, du mois d'avril 
178g à 1792, année où il émigra. 

1. Jean-Louis Partisse, revenu de Rome, était au mois d'août 1788 « pro- 
fesseur de dessin du Génie, » et, en 1790, « dessinateur du Génie. » (Arch. de 
la Garde.) Pendant la tourmente révolutionnaire. Partisse avait joué un rôle 
actif; il était secrétaire du Comité royaliste. Au retour de l'émigration, il 
écrivit une histoire de la Révolution à Toulon, qui est restée manuscrite. 

2. La Garde est un grand village distant de sept kilomètres de Toulon; 
autrefois, on l'appelait La Garde-lès-Toulon ; aujourd'hui, on le nomme La 
Garde-près-Toulon. 

3. Barnouirt (Vincent), né à Toulon en 1760, fut fusillé à Toulon en 1793, 
à la suite de fausses dénonciations. En 1782, il avait été nommé troisième 
professeur de dessin à l'école des gardes de marine. En cette année, il rece- 
vait des payements pour des travaux de peinture dans le port. 

4. Gibert avait succédé à Lange dans la maîtrise de la sculpture du port. 
Il fut maître pendant trente ans; il professait en même temps le dessin à 
l'école d'hydrographie de la marine. 



— 121 — 

couteau et une à la brosse, à six livres la toise, 
soixante-dix-huit livres, cy 78 

Pour faire transporter le bois du châssis, la toile, 
cadre et couleur, huit livres, cy 8 

Pour faire mettre le cadre en place par les menui- 
siers, deux journées à trois livres 6 

Pour les vis à tête dorée pour contenir le cadre 
sur le châssis 6 

Pour des petits clous servant à clouer la toile sur 
le châssis et pour la coudre 4 

Ce qui fait les dites 767I. los. 

Nous pensons que cette somme doit être allouée au dit sieur 
Barnouin qui Ta déboursée, fait à Toulon ce 29 juillet 1788. 
J. -Louis Panisse. — Joseph Michel, — Gibert. 

A la suite de la délibération du 2 3 novembre 1788, ledit 
tableau fut payé en deux fois, 700 livres, et l'on plaça au-devant 
dudit tableau deux grands rideaux que le tapissier Démolins fit 
payer 200 livres?.... En 1793, pendant le siège de Toulon, des 
troupes ennemies et des troupes françaises ayant été casernées dans 
l'église, qui est très vaste, le tableau de .Barnow/n servit de cible... 
Enfin il fut détruit. 

Ch. G. 



UN FRERE DE CHALGRIN. 

CORRESPONDANCE DE JOSEPH VERNET ET DE HENNIN. 
(1784-I789.) 

Communiquée par M. Henry de Chennevières. 

xM. Henry de Chennevières a publié dans le numéro de juin i885 une pre- 
mière lettre tirée des papiers de Hennin déposés à la bibliothèque de l'Ins- 
titut. Voici de nouvelles pièces provenant de la même source et relatives au 
frère de l'architecte Chalgrin, diplomate. 

H. J. 

I. 

Joseph Vernet à Hennin. 

A Paris, ce i4« aoust 1784. 
Monsieur, je desirerois sçavoir si M. Chalgrin, secrétaire de la 
Légation de France à Munick, a été nommé secrétaire d'ambassade à 
Vienne ; je sçai que M. le marquis de Nouailles desiroit beaucoup 



— 122 — 

l'avoir auprès de luy, connoissant de longue main et ses bonnes qua- 
litez personnelles et son sçavoir et expériences dans les affaires poli- 
tiques, exerçant depuis vingts ans la place de secrétaire d'ambassade 
à Rome, à Munick, etc. 

Après les peines, les soins et la bonne conduitte qu'il a toujours 
eue depuis 20 ans, il semble qu'il meritoit d'en être recompensé par 
un meilleur sort, celuy de l'ambassade à Vienne le seroit. 

M. Chalgrin est frère de mon gendre, premier architecte de Mon- 
sieur et intendant des Bâtiments de Mgr le comte d'Artois. Je m'inté- 
resse très fort à luy, plus par ses bonnes qualitez que par l'aliance 
qu'il y a entres nous, et je desirerois bien le voir dans une position plus 
avantageuse que celle où il est actuellement. Je vous serois très obligé, 
monsieur, si vous voulliez bien m'honorer d'une réponse et l'obliga- 
tion seroit double si c'étoit le plus tôt possible. 

Je suis avec attachement, etc. 

Vernet. 
(Aux Galleries du Louvre.) 

II. 

Hennin à Joseph Vernet. 

Versailles, le 20 aoust 1784. 

L'Allemagne n'étant pas, monsieur, dans la partie dont je suis 
chargé, je n'ai pas pu avoir part aux arrangements qui se sont faits 
ou se feront pour la place de secrétaire d'ambassade. Autant que j'en 
peux juger, il m.e paroit que M. Chalgrin restera à Munich. Je desi- 
rerois beaucoup, monsieur, pouvoir contribuer à son avancement. 
Lorsque j'aurai l'honneur de vous voir, je vous dirai ce qui me paroi- 
tra convenable que les personnes qui s'intéressent à M. Chalgrin 
fassent dans l'occasion. 

Recevez, etc. 

Hennin. 

III. 

Joseph Vernet à Hennin. 

A Paris, ce 9» octobre 1786. 
Monsieur, je reçois à l'instant une lettre de M. Chalgrin, secrétaire 
de la Légation de France à Munich, par laquelle il me marque ses 
allarmes sur ce que on vient de luy dire sous le secret, qui est qu'il 
aura bientôt son rappel, et que, sourdement, quelqu'un qui cherche 
à avoir sa place a reppendu des bruits desfavorables à son honneur 
et à sa réputation qui ont indisposés M. le comte de Vergennes contre 
luy par des fausses accusations auxquelles il n'a nulle part, et qu'il 
est prest à donner touttes les preuves qu'on voudra de leurs faussetez 
et l'injustice qu'on luy fait 



— 123 — 

IV. 

Hennin à Joseph Vernet. 

Versailles, ce 23 fevr. 1787. 
Monsieur, j'ai pu agir et je l'ai fait. Soyez tranquille : le sort de 
M. Chalgrin ne changera pas, j'espère même qu'il s'améliorera. M. le 
C. de Montmorin en a la meilleure opinion. 

Hennin. 

Une dernière lettre du 7 janvier 1789, écrite par Vernet, demande encore 
de l'avancement pour Chalgrin, alors près l'électeur Paladn. Elle ne paraît 
pas avoir obtenu de réponse. 

H. DE Ch. 



PARTIE MODERNE. 



HENRI MONNIER. 

(1827-1832.) 

Le spirituel dessinateur, écrivain et acteur Henri Monnier a tracé 
d'une plume rapide autant de lettres que de croquis dont les ama- 
teurs se montrent friands dans les ventes d'autographes. C'est vers 
1847 1^^ 1^ correspondance à' Henri Monnier obtint crédit à la salle 
des ventes. Le 10 mars de cette même année, on vit passer à une 
vente faite par les soins de J. Charavay une lettre de Monnier^ datée 
du 19 janvier 1827, comprenant trois pages in-4'', adressée à Romieu 
et ornée sur le premier feuillet d'une aquarelle représentant « le grand 
sultan Chahabaham. » 

A la vente du baron de Trémont, le 9 décembre i852, faite par les 
soins de Laverdet, a passé une sépia de Monnier^ renfermant huit 
figures comiques sur une feuille in-4°, puis une aquarelle, et enfin une 
lettre datée du 23 février i832, adressée par Monnier au maire de son 
arrondissement. Dans cette lettre, l'artiste prend l'engagement d'en- 
voyer un dessin de sa composition pour la loterie organisée au pro- 
fit des pauvres et il termine ainsi : « Veuillez penser, monsieur le 
Maire, à de pauvres vieux peintres, s'il s'en trouvait dans votre quar- 
tier ; tous n'ont pas la ressource de se faire comédien. » Lorsque 
Monnier écrivait ces lignes mélancoliques, il jouait la Famille impro- 
visée o\x il remplissait chaque soir cinq rôles différents. 

H. J. 



— 124 — 
ÉPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

COTTRAU, Q.UAGLIA, BLONDEL, PUTTEMANS. 
XLVIII. Cottrau. — i852. 

PIERRE- FÉLIX COTTRAU, 

ARTISTE PEINTRE, 

INSPECTEUR GÉNÉRAL 

DES BEAUX-ARTS ; 

NÉ LE 6 MARS I799, 

DÉCÉDÉ 

LE 19 DÉCEMBRE l852. 

ADELAÏDE COTTRAU, 

DÉCÉDÉE 
LE 8 JANVIER 1846, 
DANS SA 68® ANNÉE. 

LINA COTTRAU, 

pme FREPPA, 

NÉE LE 4 AOUT l8o3, 

DÉCÉDÉE 

LE 12 AVRIL 1870. 

(Montmartre, 16" division.) 
XLIX. Quaglia. — i853. 

ICI REPOSE 

PAUL-FERDINAND-LOUIS QUAGLIA, 

ARTISTE PEINTRE, 

ATTACHÉ A S. M. l'iMPÉRATRICE JOSEPHINE, 

PENSIONNAIRE DU ROI DE SUÈDE EN NORVÈGE, 

NÉ A PLAISANCE (dUCHÉ DE PARME, ITALIE) 

LE l3 8bre 1780, 

MORT A PARIS LE 3 FÉVRIER l853. 

AVE MARIA 

l'espérance DU JUSTE 

est pleine 
d'immortalité. 
(Montmartre, 9* division.) 



— 125 — 

L. Blondel. — i853<. 

1781 

M. J. BLONDEL, 

PEINTRE d'histoire, 

MEMBRE DE l'inSTITUT, 

i l853. 

EMILIE-LOUISE DELAFONTAINE, 

VEUVE BLONDEL, 
DÉCÉDÉE LE lO JANVIER 1882. 

(Montparnasse, 24* division.) 
LI. Puttemans. — i853, 

ICI REPOSE 

LE CORPS 

DE JOSEPH-GUILLAUME 

PUTTEMANS, PEINTRE, 

NÉ A BRUXELLES, AU MOIS d'aOUT I788, 

MORT A PARIS, LE 18 JUIN l853. 

HOMME DE DEVOIR, RIGIDE POUR LUI-MEME, 

TOLÉRANT POUR LES AUTRES ; 

IL ÉTAIT d'une BIENVEILLANCE 

TOUJOURS ÉGALE 

ET BIENFAISANT AUTANT QU'iL LE POUVAIT ; 

IL s'Était ainsi fait une famille 

DE SES amis. 
PASSANT, dieu VOUS EN DONNE 

UN semblable ! 
(Père-Lachaise, 14' division.) 



H. J. 



NECROLOGIE. 



Gaucherel (Emile-Lambert), dessinateur, né à Paris le i3 février 
i8i3, est mort à Saintes le 11 janvier i885. Il a illustré plusieurs 
ouvrages relatifs à l'histoire de la Saintonge et de l'Aunis. La ville de 
Saintes lui est redevable d'une collection de deux cents portraits des 
hommes célèbres de la région. Émile-Lambert Gaucherel était le frère 
de M. Léon Gaucherel. — H. J. 

Leclaire (Victor), peintre de fleurs, né à Paris le 21 décembre i83o, 
élève de L. Leclaire, son frère, est mort en janvier i885. Il avait 

I. Blondel est décédé le 12 juin. 



— r26 — 

obtenu au Salon de 1879 ^^^ troisième médaille pour ses Fleurs 
d'hiver et Fleurs d'automne. Une seconde médaille lui avait été décer- 
née au Salon de 1881 pour ses Dernières fleurs d'automne. Ses Fleurs 
d'automne de 1879, acquises par l'Etat, sont au Musée du Luxem- 
bourg. — H. J. 

ViGNON (Henri-François-Jules de), peintre d'histoire et de portraits, 
professeur de dessin de la ville de Paris, né à Belfort le 1 1 octobre 
181 5, est mort à Paris le 1 3 janvier 1 885. Élève de Léon Cognietetde 
l'École des Beaux-Arts, où il entra le 6 octobre 1 83 1 , il avait remporté 
une médaille de troisième classe en 1847 ^^ obtenu un rappel de 
médaille en 1861. Il a pris part aux Salons de t833 à i885, où on 
a pu voir de lui : Une Cantatrice et le Portrait de M''^ Delage. Ses 
obsèques ont eu lieu le 1 5 janvier en l'église Saint- Ferdinand-des- 
Ternes. — H. J. 

DuMONT (E.), dessinateur et graveur, est mort à Paris le 24 janvier 
i885 ; ses obsèques ont eu lieu le 26. Collaborateur des ouvrages de 
luxe édités par Marne, Hetzel, Hachette,. etc., il avait fondé la Lan- 
terne magique., l'un des premiers, sinon le premier journal populaire 
illustré. M. Paul Dumont, son fils, lui a consacré, dans la Bibliogra- 
phie de la France, une courte notice où il rappelle que Dumont avait 
essaye, non sans succès, d'obtenir des clichés métalliques destinés à 
rendre plus facile la reproduction typographique des dessins et des 
objets, ou mênie à permettre l'impression typographique en couleur. 
Des médailles aux expositions de i855 et de 1878 avaient récompensé 
ses efforts et son talent. — H. J. 

MoNGE (Thomas-Augustin), architecte, né à Puteaux le 27 août 1821, 
est mort à Paris dans les premiers jours de février i885. Élève de Jules 
Bouchot et de l'École des Beaux-Arts, il remporta le deuxième grand 
prix de Rome en 1846. Il remplit de i865 à 1870 les fonctions d'archi- 
tecte des bâtiments civils et fut maire d'Étretat, où il s'était construit 
une élégante habitation. Il avait été décoré le 14 août 1862. — H. J. 

Gruyère (Théodore-Charles), sculpteur, né à Paris le 17 septembre 
1814, est mort dans cette ville au début du mois de mars i885. Elève 
diQRamey et de .4. Dumont, il était entré à l'École des Beaux-Arts 
le 27 septembre i83o. Prix de Rome en 1839, sur un bas-relief 
représentant le Serment des sept chefs devant Thèbes., Gruyère a pris 
part aux Salons depuis i836 jusqu'en 1884. Il obtint une médaille de 
première classe en 1846, un rappel en 1857, et une médaille de 
deuxième classe à l'Exposition Universelle de 1867. Son groupe 
Chactas au tombeau d'Atala, en 1846, et ses Sculptures décoratives 
de la façade des Tuileries, sur le quai, exécutées en 1866, furent 
remarqués. — H. J. 

Gallard-Lepinay (Paul-Charles-Emmanuel), peintre de marines, 
né à Aulnay (Charente-Inférieure) le 23 mai 1842, est mort à Paris 



— IÎ7 — 
dans les premiers jours de mars i885. Élève de 7. Jacquand^ Gallard- 
Lepinay était le peintre en titre du ministère de la Marine. On con- 
naît de lui plusieurs tableaux rappelant les manœuvres navales de 
l'escadre de la Manche à l'occasion du voyage du président de la 
République à Cherbourg, et Y Escadre cuirassée de la Manche en rade 
du Havre (1877). — H. J. 

Lançon (Auguste), dessinateur, aquafortiste et peintre d'animaux, né 
à Saint-Claude (Jura), est mort, dans les premiers jours d'avril, à 
Paris, 68, rue Vandamme. Il a collaboré à de nombreuses publications 
illustrées et s'est fait remarquer principalement par ses lions et ses 
tigres. On a vu de lui, au Salon de i885. Tigres dévorant un chevreuil. 
— H. J. 

Saint-Etienne (Louis-Francisc-Hippolyte Bessodes de Roquefeuil 
de), peintre de paysages, graveur à l'eau-forte et aquarelliste, né à 
Montpellier en 1824, est mort le 20 avril dans la même ville. Élève 
de M. Jules Laurens, il prit part aux Salons de Paris de 1857 à i863. 
Depuis cette date , ayant continuellement vécu à Montpellier, la 
Société artistique de l'Hérault reçut de lui des oeuvres de mérite pour 
chacune des expositions dont elle prit l'initiative. — H. J. 

GiLL (André), caricaturiste, né à Paris le 17 octobre 1840, est mort 
à Charenton le i*"" mai i885. Élève de Leloir et de l'École des Beaux- 
Arts, Gi7/, dont le vrai nom était Louis-Alexandre Gosset de Guines, 
a collaboré à un grand nombre de journaux illustrés. Sa dernière 
œuvre, envoyée au Salon de 1882, avait pour titre Le Fou. C'est le 
2 mai de cette même année, le lendemain du vernissage., qu'il fallut 
conduire Gill à Charenton, où il n'a pas recouvré la raison. — H. J. 

BoRiONE (Guillaume-Marie, dit William), peintre de portraits, né à 
Sablons (Isère) le 8 février 1817, est mort à Paris le i5 mai i885. Il 
entra à l'École des Beaux-Arts le i"'" octobre 1840 et reçut les leçons 
de Victor Orsel et de Ingres. Sa vogue comme portraitiste fut grande 
sous le second empire. Il vit poser dans son atelier un nombre consi- 
dérable de personnages officiels, d'après lesquels il exécuta des pastels 
assez recherchés. Un pastel de Borione., représentant Charlotte Cor- 
day, est au Musée de peinture d'Angers. — H. J. 

Steinheil (Louis-Charles- Auguste), peintre d'histoire et verrier, né 
à Strasbourg le 26 juillet 18 14, est mort à Paris le 17 mai i885. Élève 
de David d'Angers et de Henri Decaisne, il était entré à l'École des 
Beaux-Arts le 5 octobre i833. Ses peintures murales à Limoges, 
Amiens, Bayonne, Pau, Strasbourg et à Notre-Dame de Paris ne sont 
pas moins connues que ses remarquables verrières de la Sainte-Cha- 
pelle, du grand séminaire de Nantes, de Saint-Éloi de Dunkerque, 
etc. L'érudition archéologique de Steinheil l'avait placé au premier 
rang parmi les artistes appelés à veiller sur les monuments de notre 
architecture nationale. — H. J. 



— 128 — 

Neuville (Alphonse- Marie de), peintre de batailles, né à Saint- 
Omer en juin i835, est mort à Paris le 20 mai i885. Il était entré vers 
l'âge de dix-huit ans dans l'atelier de Picot et avait reçu les conseils 
d'Eugène Delacroix. Médaillé en iSôg et en i86i, il avait été créé 
chevalier de la Légion d'honneur en 1873 et promu officier le 14 juil- 
let 1881. Les Dernières Cartouches empêcheront que le nom de Neu- 
ville soit jamais oublié en France. — H. J. 

Ballu (Théodore), architecte, membre de l'Institut, commandeur 
de la Légion d'honneur, né à Paris le 8 juin 18 17, est mort dans cette 
ville le 22 mai i885. Entré à l'École des Beaux-Arts le 7 janvier i835, 
il reçut les leçons d'Hippolyte Lebas. Grand prix de Rome en 1840, 
il fut chargé, après son retour d'Italie, de la construction de l'église 
de Sainte-Clotilde. On doit encore à cet artiste éminent les églises de la 
Trinité et de Saint-Ambroise, la restauration de la tour Saint-Jacques- 
la-Boucherie et du campanile de l'égHse de Saint-Germain-l'Auxerrois. 
Enfin, lorsqu'il fut question de relever les murs de l'Hôtel de ville, 
Ballu prit part au concours et obtint le premier prix en collaboration 
avec M. de Perthes. Depuis 1873, il s'était consacré exclusivement à 
cette entreprise importante qu'il lui a été donné d'achever. Ballu 
était un dessinateur habile. Le cabinet Turpin de Crissé, à Angers, 
possède de cet artiste une aquarelle : Vue du temple d'Erechtée à 
Athènes, et M. le marquis de Chennevières conserve un curieux des- 
sin à la mine de plomb ainsi décrit sur son catalogue : « Paysage 
oriental. Fleuve bordé de montagnes sur l'une de ses rives ; sur l'autre 
bord, une mosquée. » (14 février 1877. — Commission des Gobelins.) 
— H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Collections et collectionneurs, par M. Paul Eudel. Paris, Charpentier, i885, 
in- 12, 3o2 pages. — Ce volume groupe un certain nombre d'articles publiés 
de divers côtés par l'historien officiel de l'hôtel Drouot. Nous y retrouvons 
notamment la meilleure notice écrite sur le regretté baron Charles Daviilier 
et ses collections; puis viennent à la suite des études toujours faites avec 
beaucoup d'agrément et de vivacité sur les jouets de M™" Agar, sur M. Vigeant 
et les objets qu'il a réunis sur l'escrime, tels que livres, gravures, etc.; sur 
une collection de pipes, qui appartiennent, chacun le sait, à l'aimable baron 
de Watteville ; sur les timbres-poste et la timbromanie ; sur les marionnettes 
de M. Maury, enfin sur Aimé Desmottes et les coquilles. Cette énumération 
rapide donnera peut-être une idée de la variété des matières traitées 
dans ce premier volume « d'une collection qui débute » suivant les promesses 
de la préface. Le public ne peut manquer de faire bon accueil à ce volume, 
ne fût-ce que pour décider l'auteur à lui donner bientôt une suite. — J. G. 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 
9. — Septembre 1885. 

PARTIE ANCIENNE. 



LES VAN PULAERE. 

(1464-1528.) 
NOTE SUR TROIS ARTISTES CAMBRÉSIENS. 

Dans les comptes de l'office de la fabrique de l'église de Cam- 
brai, pour l'an 1464, on relève le nom de Piètre de Malines, « ima- 
« ginier, » lequel « pour avoir fait une main et i livre à N.-Dame 
« et ossi ung brach à i des images de la capelle S'«-Elisabeth » 
dans cette église, reçoit 3 5 sous * . 

On le retrouve l'année suivante dans le compte du domaine, 
voici à quelle occasion. 

Les eaux de l'Escaut ayant emporté, pendant une crue, l'une des 
portes de l'enceinte fortifiée de la cité, on la reconstruisait en 1645 
(vieux style) et l'on payait « à Piètre de Malines, entailleur, pour 
a avoir fait et tailliet une imaige de Nostre Dame, de vi pieds de 
« hault, mise et assise à la porte Caniimpret (c'est le nom de cette 
a porte), par dedens la ville, par Markiet faict, xv livres 2. » 

Pierre de Malines s'appelait van Pulaëre. Sans doute, comme 
semble l'indiquer son surnom, il était venu de Malines à Cam- 
brai soit pour y exécuter une œuvre commandée, soit pour y 

1. Archives départementales. Cité par M. Houdoy; Histoire artistique de 
la cathédrale de Cambrai. 

2. Archives communales, Comptes du domaine, 1465- 1466, fol. 116. 

REV. ART FR. II 9 



— i3o — 

chercher des travaux assez abondants en raison des nombreux et 
riches établissements rehgieux et du non moins riche clergé de la 
cité épiscopale. 

L'artiste taillait le bois comme la pierre ou le marbre : c'était, 
paraît-il, un assez habile homme dont la réputation se répandait 
dans les villes voisines où il allait « exercer son style. » 

a Combien qu'il fut demourant à résidence continuelle en la 
« ville de Cambray où il tenoitson ouvroirde son mestierde tail- 
« leur d'imaiges; il avoit marchandé à plusieurs personnes de la 
« ville de Douay et à diverses fois de faire et livrer en ladicte ville 
« plusieurs tables d'autel, épitaphes et aultres ymaiges pour les 
« mectre et asseoir en plusieurs églises, hospitaulx et ailleurs en 
« ladicte ville, lesquelz marchiés avoient porté à grand somme de 
« deniers, et y avoit prins... grand proufïit » sur les ouvrages 
qu'il avait fournis « et s'efforchoit de encoires faire et furnir 
« chaque jour. » 

Comme « il avoit ouvré en ladicte ville non pas seulement à 
« mectre à point ses ouvraiges sur les lieux où il les convenoit 
« asseoir, mais avoit tailliet ymages, piliers, voies et autres choses 
« servant à sondict mestier, et ce par plusieurs journées et avec 
« lui son valet et serviteur, » il excita la jalousie de ses confrères 
douaisiens. « Les mayeur, quatre hommes et tout le corps du 
« mestier des hugiers et tailleurs d'images de la ville ' » portèrent 
plainte au nom de « leurs privilèges contre maistre Pierre. » 

Ils réclamaient « entre aultres droiz à eulx appartenant pour 
« l'entretènement de leur dit mestier et de leur luminaire..., la 
« somme de quatre livres monnoie de Flandres, » que suivant 
leurs lettres d'octroi ils avaient droit d'exiger de « chacun maître 
a dudit mestier de hugier ou tailleur d'imaiges, qui de nouvel 
« ouvroit ou tenoit ouvroir » en leur ville. 

« Le ij^ jour de juillet ïnf soixante treize, » le magistrat de 
Douai, devant qui la plainte avait été formulée, fit droit à la récla- 
mation de ses administrés contre van Pullart ou Pollart, comme 
le nomme indifféremment l'acte auquel sont empruntés ces détails 
et dont nous devons la communication à l'obligeance de M. Bras- 
sart,-archiviste municipal à Douai ^. 

1. A Douai, les huchiers et les sculpteurs formaient une seule et même 
corporation. 

2. ( Acte pour les huchiers contre maistre Pierre Pollart. » — Archives 
municipales de Douai, série HH, métiers « hugiers. » 



— i3i — 

C'est surtout dans les églises qu'il faut chercher alors les traces 
de Part, On peut suivre en 1476, dans l'église collégiale de Sainte- 
Croix , « Piettre, l'entailleur de pierre, » à qui « a esté marchandé, » 
pour le placer sur la tombe de Guillaume Bouchel, chantre, « un 
« tavelet de pierre où il y aura les ymages de Notre Dame, S' Jhé- 
« rôme et S'^ Barbe avec les deux angéles tenant deux roUés, en 
a lung escript : Ave Maria et en laultre : Regina celi, et un 
« pryant, ainsi que Va ordonné le défunct^ » 

En 1482, les Actes Capitulaires ^ mentionnent divers travaux, 
non décrits, confiés à Pierre^ tailleur d'images. Il est permis de 
croire que c'est encore à van Pulaëre que s'applique cette mention. 

En 1498, il trace en ce qui le concerne un « patron du nouvel 
« œuvre de la chapelle de Notre Dame la flamenghe, » — la Fla- 
mande, — qui lui est payé 60 sous. 

Cette chapelle, située dans le bras droit du transept, était alors 
l'objet d'une entière restauration qui coûta mille livres. Tandis 
que deux tailleurs d'images, Jacquemart Lescot et Damien Hédiart, 
sculptaient les ornements d'architecture, Pierre van Pulaëre exé- 
cutait pour cinquante-deux livres, sur les dessins du peintre 
Gabrielle Clauwet, le groupe de « Notre Dame de Pitié qu'on dit 
« la Flamenghe. » Ce groupe, — une piêta, — comprenait quatre 
personnages. Piètre y ajouta, moyennant dix-huit livres, « six 
« histoires assises au dit ouvrage^. » 

Maître van Pulaëre s'était marié ; il avait des enfants. 

En i5o2, on élevait à l'entrée du chœur de la cathédrale un 
mausolée à l'évêque Henri de Berghes, mort depuis deux ans. 
Les archives municipales de Berg-op-Zoom , où habitaient les 
exécuteurs testamentaires de l'évêque^ possèdent les comptes d'exé- 
cution, publiés en partie par M. Pincharf*, et où l'on trouve sur 
le tombeau du prélat des détails que M. Houdoy a cités dans son 
Histoire artistique de Véglise de Cambrai. 

Ce monument de marbre et de bronze comprenait des « images 
« décoratives » et la statue du défunt. Ce fut « Piettre van Pullier 
« [sic] et Félix son fils entre tailleurs, » auxquels on marchanda 

1. Le prix est effacé. Ce « tavelet » fut « peint bien richement » par le 
peintre cambrésien Guillaume Colman, pour « xxiui livres. » — Archives 
départementales : Exécutions testamentaires de Sainte-Croix. 

2. Bibliothèque de Cambrai. Manuscrit 954, p. 222. 

3. Archives départementales, Comptes de l'office. 

4. Messager des sciences historiques, t. XXX, p. 415. 



— l32 — 

oc de faire et tailler en albastre, » qu'on leur fournit, a les ymages 
« et représentations, le tout ainsi que le patron » le portait. Ils 
reçurent pour ce travail cent livres, à condition « de tout mettre 
a et asseoir à leurs dépens. » Ce patron, payé 5o sous, était encore 
l'œuvre du peintre Gabriel Clauwet, lequel habitait Cambrai à 
cette époque '. Les bronzes avaient été fondus à Tournai, par Jean 
Maldeurée, ainsi que la plaque portant Tinscription tumulaire, 
— huit vers latins, — composée par Erasme, alors étudiant à 
Louvain^. 

Le choix fait des deux sculpteurs cambresiens, pour Texécution 
d^ne œuvre si importante, n'est-il pas un témoignage du talent 
que l'on reconnaissait au père et au fils son élève ? 

En 1 507, Félix travaille seul et, comme tous les artistes d'alors, 
ne dédaigne pas de faire labeur d'artisan. Il taille pour une 
a grande verrière » du palais épiscopal du Gâteau, reconstruit en 
1480 par celui dont il avait sculpté le tombeau cinq ans aupara- 
vant, « trois grands escus de blanque pierre » aux armes de 
l'évêque Jacques de Croy et de ses défunts père et mère, avec l'ac- 
compagnement obligé de ces écus : le chapeau et les glands de la 
dignité ecclésiastique, « le chapeau (couronne) du comte, » — le 
futur duc n'était encore que comte, — v le collier de la thoison » 
(d'or) et « les quatre lettres » du prélat (Croy) « eslevées en lettres 
« romaines. » 

Jacques de Croy, élu depuis i5o2, faisait seulement son entrée 
solennelle dans la ville de son siège en cette même année i Soy ; 



1. On le trouve cité dans le compte du domaine de 1495- 1496 comme 
ayant peint un tableau représentant « la Sainctc Trinité et la Saincte Vierge » 
pour les prévôt et échevins, moyennant 100 livres. En plaçant cette mention 
à son ordre chronologique dans nos Artistes cambresiens, nous ajoutions : 
« Maître Clowet ne se trouve cité qu'une fois (dans nos comptes), ce qui 
« donne lieu de croire qu'il n'habitait pas Cambrai. Appartenait-il à cette 
« famille d'artistes célèbres dont le premier, Jean, père de Jean-Jeannet et 
c aïeul de François, travaillait à Bruxelles comme peintre des ducs de Bour- 
a gogne ?» — M. Houdoy, dans son Histoire artistique de Véglise de Cam- 
brai, s'est montré plus aflRrmatif : il croit pouvoir ranger Gabriel au nombre 
des membres de cette famille, le supposant « le frère ou plus probablement 
« le fils aîné de Jean Cloet de Bruxelles » (p. 99). Gabriel habitait Paris en 
i5oo, comme le montre le registre aux Actes capitulaires de cette année à 
la date du 1 5 mai (Bibliothèque communale). 

2. Le fondeur reçut 346 1. 19 s. et le poète 6 1. On paya de même au 
peintre Dominique Ruben xi 1. pour la décoration picturale du monument. 



— i33 — 

Félix, venant en aide aux cuisiniers du prélat, leur fournissait à 
cette occasion « un maulle » aussi de « blanque pierre, effonsé au 
« fond des armes de mondit seigneur escartelées de le comté, ser- 
« vaut à la gelée » de viande et de fruits. Il eut pour le tout 
9 livres 3 sous 6 deniers ^ 

On refaisait en i5 io-i5ii une nouvelle façade à la partie cen- 
trale de rtiôtel de ville. C'est encore Félix que l'on charge de 
sculpter le modèle du chapeau ducal mis au-dessus de la porte 
principale sur Fécu de Monsieur de Cambrai, en faveur de qui 
Tempereur Maximilien venait d'ériger en duché le comté de Cam- 
bresis. Le fils de Pierre avait d'ailleurs déjà fait pour « le timbre » 
de l'horloge communale les modèles des armes dudit empereur, 
du nouveau duc et de la ville-. 

On voit la même année, i5ii, le père et le fils associés pour 
l'exécution d'une œuvre restée chère aux Cambresiens. 

Après avoir lutté longtemps pour leur liberté municipale, 
ceux-ci venaient d'être enfin émancipés. Leur victoire leur don- 
nait droit d'ériger une horloge, symbole de leur affranchissement 
définitif. Ils résolurent de la faire telle qu'elle rappelât à chaque 
instant une situation si laborieusement conquise, en adjoignant 
à cette horloge deux sonneurs automates chargés de mesurer le 
temps à coups de marteau. Pour que ce fût bien l'œuvre com- 
mune, les échevins parcoururent la ville, allant de porte en porte 
recueillir les dons du populaire pour couvrir la dépense. 

On fit appel aux « orlogeurs » en renom de la contrée pour, 
inventer le mécanisme nécessaire et l'on chargea le vieux Piètre 
et son fils Félix de sculpter, outre les figures du campanile de 
ladite horloge, les deux serviteurs inconscients qu'on « accoustra 
a à la mauresque » selon le goût d'alors. Les artistes firent en 
bois, pour 20 livres^, les modèles sur lesquels on fondit les deux 
« postures » que l'on baptisa de suite « les Martins » et qu'on 
trouve désignées vers la fin du xvii° siècle (1690) sous les noms 
de « Martin et Martine. » 

Ces figures, refaites vers 1786, ont conservé leur naïve attitude 

1. Archives départementales, Comptes de Cambrai et du Câteau. 

2. Archives communales, Comptes du domaine^ i5io-i5ii, fol. 60. 

3. « A Piestre et Félix van PuUaire, tailleur d'imaiges, pour avoir fait et 
a tailliet deux personnages nommés Martin de Cambray pour tapper les 
a heures à l'orloge, a esté payé par marchiet à eulx fait... la somme de 
« XX 1. t. » — Compte de i5io-i5ii, fol. 43 v°. 



— i34 — 

primitive ^ Elles portent également sur les deux jambes, et les 
poings à hauteur de la ceinture serrent énergiquement le manche 
coudé du marteau dont elles se servent régulièrement quarante- 
huit fois par jour depuis SyS ans. C'est de la sculpture décorative 
où la masse seule est indiquée. 

Martin mesure 2"*5o de hauteur, sur une largeur de o""6o aux 
épaules. 

Martine n'a que 2 mètres et sa carrure est de o'"4o. 

Ce travail avait été pour Pierre van Pulaëre comme le chant 
du cygne : on ne le rencontre plus après 1 5 r i . 

L'année suivante, Félix fait pour 20 sous un modèle des armes 
de la ville ^. En 1 5 1 3, il taille « une épitaphe » de marbre, devant 
la tombe du chanoine Guillaume de Boyaval, dans l'église Notre- 
Dame pour 27 livres. C'est encore Dominique Ruben qui la peint 
moyennant 18 livres^. 

En i5 19, dans la même église, en exécution des dispositions 
testamentaires du chanoine Yvon Leroy, Félix van Pulaëre 
sculpte et met en place sur la tombe du défunt, près de la cha- 
pelle de Sainte Blaze, un monument selon « la devise » (le plan 
convenu). On paie ce travail à l'artiste « 100 philippus d'or, » 
soit « vri^'^ xri florins » (232 1.). Mais ce dernier ne se trouvait pas 
satisfait ainsi et affirmait, sous « serment, » qu'il avait grand 
« dommage et intérêt tant pour la cherté de la pierre d'alebastre 
« que auctrement. » On lui accorde alors, à la « condition qu'il 
« fera encore viii petits prophètes » de même matière « conve- 
« nables et servant audit épitaphe, xxrirr florins, et pour le vin 
« des compagnons serviteurs dudit Félix, cinq philippus d'or de 
« XXVI patars et demy. » Enfin pour compléter cette décoration 
funèbre, on confie, — toujours à Ruben, — le soin de « la peindre 
« d'or et d'azur selon que l'œuvre le requiert » pour 24 florins. 
On couvre le tout de rideaux évalués à 4 1. 8 s. ; puis Félix trace 
en dernier lieu, pour 20 s., « le patron en papier >■> du « candé- 
« labre de cuyvre, » orné de quatre figurines, que l'on placera 
devant l'épitaphe, et qu'exécute également Jehan Maldourée 



1. Comme le montre un dessin représentant la façade de l'hôtel de ville 
ancien, conservé dans une des salles de la mairie. 

2. Compte du domaine. 

3. Archives départementales. Exécutions testamentaires. 



— i35 — 

pour i6i livres lo sous, sur les « maulles » payés lo 1. lo s. à 
l'escrignier Jehan Prestel * . 

Mais le compte ne donne aucun détail artistique sur ce monu- 
ment qui devait avoir une certaine importance, si Ton s'en réfère 
au prix total atteignant plus de 400 livres (414 1. i5 s.). 

En i52i-i522 et i523-i524, Félix fait « trois maulles pour 
« les plometz (jetons de présence) pour le fait du ghait, » au prix 
de 25 sous 2. Puis il disparaît à son tour. Néanmoins, il est encore 
vivant en i528. 

Bien que le plus ancien des registres des paroisses de Cambrai 
remonte à 1524, on ne lit dans aucun le nom de van Pulaëre. 

Piètre avait eu un autre fils, Louis ^ artiste aussi, mais dans un 
art différent. 

Louis était probablement né à Cambrai, comme le donne à 
penser l'âge auquel il mourut. Les travaux de son père dans 
l'église cathédrale et l'aptitude spéciale dont l'enfant laissait sans 
doute percer l'indice, expliquent son admission dans une école 
déjà célèbre alors, la maîtrise de cette église. 

Cette maîtrise qu'ont dirigée et d'où sont sortis des compositeurs 
de renom (Jean Lupus, Arnould Causin, etc.) tenait au xv« siècle 
la tête du mouvement musical en Flandre, en France et jusqu'en 
Europe. 

Cette église^, écrivait en 1428 Philippe de Luxembourg, comte 
de Saint-Pol, « surmonte et précède les autres églises de tout le 
« monde, tant que notre foi crétienne se peut extendre, c'est assa- 
« voir en beaux chants, en riche luminaire et en très doulce son- 
ce neric*. » 

La chapelle de la cathédrale de Cambrai avait une telle réputa- 
tion que la métropolitaine elle-même, l'église de Reims, afin d'in- 
troduire la musique dans ses chants religieux, envoya en 1446 
« un nommé Petit-Jean à Cambrai pour l'apprendre ^. » On trouve 
en 1458 Petit-Jean, dont les compositions sont restées célèbres, 
inscrit parmi les petits vicaires de la cathédrale^. La maîtrise 



1. Exécutions testamentaires. 

2. Comptes de la ville, fol. 41 et 43. 

3. Histoire des Français des divers états, par Amant-Alexis Monteil, 
t. IV, p. 171. 

4. Lettre citée par M. Houdoy, p. Sg. 

5. Description de la ville de Reims, par Gérusez, ancien Génovefin, ch. xii. 

6. Houdoy, p. 83. 



— i36 — 

comptait alors un assez grand nombre de chanteurs, car deux 
manuscrits de cette époque, qui sont à la bibliothèque communale 
et proviennent du chapitre (les n°^ 6 et 1 1), contiennent les mêmes 
compositions musicales « dont une est certainement du célèbre 
a Dufay, 1» et étaient à l'usage d'un premier et d'un second chœur. 

A l'appui de cette observation déjà faite par M. E. de Cousse- 
maker, on peut ajouter d'après un autre manuscrit^ que cette 
école avait au début cinq élèves. Il y en eut six ensuite, puis huit 
et, en dernier lieu, le nombre fut augmenté jusqu'à dix. « Ils y 
« étaient instruits dans la piété, dans le chant musical et au ser- 
a vice de l'autel... Ces enfants, dit encore le même auteur, sont 
« nourris et entretenus aux dépens du chapitre. Quand ils sortent 
« de la maîtrise après avoir servi l'église pendant huit ans^ s'ils 
« ont de la disposition pour l'étude et qu'ils s'y appliquent, ils 
« jouissent chacun d'une bourse qui leur donne Taisance de par- 
ce venir à la prêtrise. S'ils n'ont point de talent pour les lettres, le 
a chapitre leur donne une récompense. » 

Le séjour de Louis à la maîtrise est rendu incontestable par 
l'un des legs mentionnés dans son testament. « Il laisse, dit 
« M. Houdoy ^, une somme destinée à faire face aux frais qu'en- 
« traînerait la main d'œuvre des couturiers, pour défourrer pen- 
ce dant l'été les robes des enfants de chœur. Il se souvenait sans 
a doute d'avoir étouffé sous les blancs agneaux dont sa robe d'en- 
« fant d'autel était parée. » 

L'élève, après avoir fourni son temps de service réglementaire, 
manifestales dispositions exigées par le chapitre pour en êtresecouru, 
fit ses études, devint prêtre, puis en i5o3 maître de cette école où 
l'on enseignait déjà depuis un demi-siècle la musique figurée^, 

1 . L'abbé Tranchant, A ntiquités de l'église de Cambrai et de son clergé. 
— Manuscrit n" giy, p. 121 et 122 (Bibliothèque communale). 

2. P. i3o. 

3. En 1442, lors de l'entrée solennelle de l'évêque Jean de Bourgogne» 
« les enfans d'autel cantèrent i mottet ou pulpitre, tournez le visage vers 
« l'autel. » 

En 1449, à la venue de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à Cambrai, 
disent encore les Mémoriaux de Saint-Aubert, « n petits des enfans d'autel... 
« cantèrent une canchonette de lequelle un de ses gentils hommes tint le 
« tenure. » 

Sur la garde d'un « graduel, » manuscrit n" 61 de la bibliothèque commu- 
nale, M. Lefebvre, alors conservateur, a lu la mention suivante : 

« Charles, comte de Charolais, fils de Philippe, duc de Bourgogne... fist 



— iBy — 

dit aussi M. de Coussemaker, et où Louis avait puisé sa science 
musicale. On l'y retrouve encore en i5oj '. 

Moins de vingt ans après, le i5 avril i526, il était pourvu 
d'une prébende canoniale libre, la 22^ Louis en fut, dans l'ordre 
chronologique, le sixième titulaire. Il siégeait en cette qualité au 
côté droit du chœur ^. 

Louis Vampulaire, comme le nomme le chanoine de Caron- 
delet dans ses Mémoires historiques et chronologiques sur l'église 
de Cambrai^ restés manuscrits, était compositeur. On trouve dans 
le manuscrit n° 3, de la bibliothèque de cette ville, et qui fut à 
l'usage de l'église cathédrale, une messe, Chrislus resurgens, de 
sa composition. C'est la onzième du volume qui en renferme 
quatorze. Le savant musicographe cité plus haut, qui l'avait exa- 
minée, a constaté qu'elle est écrite avec élégance. Il y reconnaît 
de la facilité et de l'habileté dans la manière d'agencer les parties, 
malgré l'abus que l'auteur fait des syncopes ^. 

Cette messe à quatre parties se compose d'un Kyrie, un Gloria 
in excelsis, un Credo^ un Sanctus et un Agnus Dei. Un frag- 
ment, le Sanctus, mis en partition par le même M. E. de Cous- 
semaker, fut exécuté par la maîtrise moderne de l'église métropo- 
litaine de Cambrai, le 22 juillet i858, lors de la tenue en cette 
ville du congrès archéologique de France. 

Le chanoine van Pulaëre mourut le 21 septembre i526. On 
peut le supposer alors âgé d'au moins soixante ans. 

Les dons et legs divers qu'il fit à l'église cathédrale attestent en 
même temps que le goût des arts une certaine aisance. C'est un 
calice ainsi décrit dans un « inventoire » dressé « l'an mil chincq 
(f cens et quarante ung, le vili)*^ jour du mois de march avant 
« Pasques''. 

« Au pommel xii apostres et au piet ung crucifix entre 

« un mottet et tout le chant, lequel fut chanté en sa présence après la messe 
« dicte, en le vénérable église de Cambrai, par le maistre et les enfans en 
« l'an 1460, le 23" jour d'octobre qui est le jour de S' Sévérin. » 

1. Houdoy, p. 12g. 

2. Mémoires historiques et chronologiques sur l'église de Cambrai, etc., 
par le chanoine de Carondelet. — Manuscrit n° 1 1 33 bis, p. i 5o. (Bibliothèque 
communale.) 

3. Notice sur les collections musicales de la bibliothèque de Cambrai, par 
M. E. de Coussemaker. — [Mémoires de la Société d'émulation, t. XVIII, 
p. 87.) 

4. Archives départementales. 



— i38 — 

« image de la vierge Marie et saint Jehan esmailliés, en la pla- 
ce tinne (patène) lymaige de Dieu esmaillié au jugement, et est 
« aussi ledit calice à escaille de poissons et poise irri marcs vonch, 
« et demi et v estrelins. » 

Plus loin : « Ung drap d'autel denbas (un antipendum) pour le 
c( grant autel... desatyn rouge cramoisy où sont figurés ung cru- 
« cifix au milieu, S* Jehan, Notre Dame en bordure de drap dbr 
« et y a aussi les imaiges des saincts Jehan-Baptiste, Loys, Denis 
a et ung priant, au coing les un évangélistes. » 

Van Pulaëre avait donné ce drap, estimé 2 5o livres, en aug- 
mentation de la fondation par lui faite dans la même église, 
moyennant une somme de « ui" escus de xxinr patars » du « res- 
a pons Gaude Maria, le nuyt de l'Annonciation. » 

Cet ornement, dit l'abbé Tranchant \ fut réformé lorsqu'on 
changea l'ancien autel, de même style que le monument, contre 
un autel « à la romaine » (vers 1720), qui subsistait encore à la 
Révolution. Quant au calice, il avait été fondu depuis longtemps 
pour renouveler l'orfèvrerie ancienne que Fart du xwin" siècle 
considérait comme un produit de la barbarie. 

Par son même testament, Louis van Pulaëre laissait « son jar- 
« din » en héritage à son frère Félix ^. Ce qui montre, comme on 
Ta dit plus haut, que celui-ci vivait encore en i528, date de la 
mort du testateur. 

A. DURIEUX. 



ARTISTES TAXES PENDANT LA FRONDE DE PARIS. 

(1649.) 

La Société de l'histoire de Paris vient de publier le second volume 
du Journal des guerres civiles de 1648 à 16 52, par Dubuisson-Aube- 
nay. Dans les appendices du second volume se trouvent les Rôles des 
taxes levées par ordre du Parlement pour l'armement et l'entretien 
des troupes chargées de la défense de Paris contre le Roi pendant les 
mois de janvier à mars 1649. Comme on ne tombait que sur les riches, 
il n'y a ni un peintre ni un sculpteur, mais il y a quelques architectes 
et quelques orfèvres. En voici le relevé : 

1. Manuscrit 917, p. 60. 

2. Exécutions testamentaires. Archives départementales. 



— i3g — 

Rôle du 3 Febvrier 1649. Quartier Saint-Paul. 

— M. Mansart^ Architecte. Par an xv^ 1.; par mois ii<= 1. 

Rôle du 6 Febvrier 1649. Quartier du Louvre. 

— Capet, Orfèvre du Roy. Par an yc 1.; par mois l 1. 

— Le Mercier, Architecte du Roy. Par an v^ 1.; par mois l I. 

— De Beauvais, Architecte. Par an iiic 1.; par mois xxx 1. 

Rôle du 9 Febvrier 1649. Quartier de Rousseau. En la Cité. 

— François Lescot, Marchand Orfèvre de la Fleur de lys. Pour 
l'armement, v^ 1.; par moys l 1. 

— Charles de la Haye, Marchand Orfèvre. Pour l'armement, c 1.; 
par moys x 1. 

— Le S'" Le Fèvre, Marchand Orfèvre. Pour l'armement, iic 1.; par 
mois XX 1. 

A. DE M. 



JACQUES BERNUS 

SCULPTEUR, NÉ A MAZAN (vAUCLUSe). 

Sa vie, son œuvre. 
(1650-1728.) 

Dans une étude très étudiée et très complète publiée dans le 
premier cahier des Mémoires de ï Académie de Vaucluse pour 
i885 (tome IV), M. Requin nous fait connaître en grand détail 
la vie d'un artiste dont la réputation n'a pas dépassé les limites 
de sa province natale ^ A peine trouverait-on sur lui quelques ren- 
seignements dans le Dictionnaire de Barjavel et dans une notice 
de Jules de la Madeléne datant déjà d'une quarantaine d'années. 
Toutes les sources d'information ont été mises à contribution par 
le nouvel historien de Bernus, les minutes des notaires, en même 
temps que les archives et les bibliothèques publiques. Son travail 
mérite donc pleine confiance. Nous allons essayer de présenter, 
dans une rapide analyse, les principaux traits de cette carrière 
modeste et cependant bien remplie. 

Jacques Bernus naquit le 1 5 décembre 1 65o, dans la petite ville 
de Mazan, située à six kilomètres à l'est de Carpentras. Son père, 

I. Cette étude, tirée à part, forme une élégante plaquette in-S", en vente 
chez l'auteur, rue Oriflamme, à Avignon. Prix : 2 fr, franco. 



— 140 — 

Noël Bernus, exerçait lui-même la profession de sculpteur. Sa 
mère, Marie Rey, de Bédoin, ne lui donna pas moins de neuf 
frères ou sœurs. 

S'il reçut dans la maison paternelle les premières notions de 
l'art, le jeune artiste dut aller demander à des maîtres plus habiles 
les conseils qui pouvaient développer ses dispositions naturelles. 
Sur ces années d'apprentissage on sait fort peu de chose, et, tout 
en admettant que Bernus ait passé plusieurs années à Toulon, 
de 1664 à 1668, le biographe ne croit pas qu'il ait pu s'y ren- 
contrer avec Puget. Les dates s'y opposent. Il eut probablement 
pour maître Nicolas Levrajr, chargé de la décoration des vais- 
seaux royaux à l'arsenal de Toulon. A dix-huit ans, il rentre dans 
sa ville natale et commence à travailler pour les églises et les 
confréries de Carpentras et des localités environnantes. M. Requin 
s'étend sur toutes les œuvres qu'une tradition soigneusement 
contrôlée attribue au Jeune artiste. Nous ne saurions le suivre 
dans tous les développements que le sujet a fournis. 

Les travaux de cette période se trouveraient à Avignon, où 
notre sculpteur paraît avoir résidé quelque temps, et où il se serait 
lié d'amitié avec les Mignard, les Parrocel et autres hommes dis- 
tingués qui entretenaient dans la ville des papes le culte de l'art. 
Vers 1680, il revient à Mazan et ne s'en éloigne plus guère. Son 
vieux père, atteint de paralysie, réclame ses soins et il les lui pro- 
digue avec une tendresse filiale. D'autre part, la perte subite 
d'une fiancée adorée éloigna pour toujours l'artiste du mariage ; 
il mourut célibataire. 

En 1686, il est chargé de l'exécution du monument de 
Mgr Gaspard de Lascaris de Vintimille, évêque de Carpentras, 
réputé pour une de ses œuvres les plus remarquables; mais il n'en 
reste rien aujourd'hui. 

A partir de 1 691, le nouvel évêque de Carpentras, Mgr Laurent 
Buty, lui commande d'importants travaux dans la cathédrale pla- 
cée sous le vocable de saint Siffrein. De cette décoration il sub- 
siste encore de nombreux fragments qui, bien que mutilés, per- 
mettent d'apprécier le style et le mérite de l'auteur. Il copie pour le 
même prélat la Gloire érigée par le Bernin dans le sanctuaire de 
Saint-Pierre à Rome, et est employé aussi à la décoration du tom- 
beau que Mgr Buty se fit élever de son vivant. 

La période qui s'étend de 1708 à 1722 fut des plus fécondes ; la 
plupart des églises du Comtat reçurent des statues du maître sculp- 



— 141 — 

teur qui atteignait alors Tapogée de sa réputation. Ses frères Jean- 
Paul et yo^e;?/? le secondaient dans ses multiples travaux. Parvenu 
à un âge avancé, il donne une dernière preuve de son talent dans 
cette Vierge du Magnificat commandée par Gaspard Fortia, mar- 
quis de Montréal, pour Bédarrides. Enfin, sentant la mort appro- 
cher, le vieil artiste met ordre à ses affaires et rédige son testament. 
Cet acte est daté du i" février 1728. Il se trouve encore parmi 
les minutes du notaire de Mazan chez qui le biographe en a pu 
prendre connaissance. Quelques semaines après , le 25 mars , 
Jacques Bernus rendait le dernier soupir. 

La biographie est accompagnée d'un catalogue qui ne comprend 
pas moins de vingt-sept grandes pages. L'auteur l'a divisé en 
trois parties : œuvres certaines de Bernus; œuvres sur Tauthen- 
ticité desquelles il existe des doutes; œuvres faussement attribuées 
à Tartiste. La première catégorie compte quarante-quatre numé- 
ros, la deuxième trente-deux, et la troisième trente. Puis viennent 
des maquettes et un certain nombre de plans et dessins conservés 
dans les collections particulières. Chaque article de ce catalogue 
est suivi de descriptions et de notes où l'auteur donne ses preuves 
à l'appui de ses attributions. 

Nous connaissons peu de notices sur les anciens artistes provin- 
ciaux faites avec autant de soin et d'esprit critique. 

Jules GUIFFREY. 



MAITRES PEINTRES DU XYIII^ SIECLE. 

(I7I4-J753.) 

COURTIN, DE LA MOTHE, DESTRÉE, HUET, BOUSSAINGAULT, 
DUFOUR, LEMAIRE, GOURDIN. 

En poursuivant nos recherches dans les notes inédites laissées par 
Auguste Jal, nous relevons les mentions suivantes intéressant des 
peintres du dernier siècle. 

H. J. 

Martial Courtin et Louis-Victor de la Mothe. 

Le 25 mai 17 14, Martial Courtin, peintre, beau-frère de Louis-Victor de 
La Mothe, peintre, assiste à l'enterrement de celui-ci en l'église de Saint- 
Germain-l'Auxerrois. 



— 142 — 

Pierre Destrée. 
Le 5 juillet 1714, a lieu à Saint-Germain-l'Auxerrois l'enterrement de 
Marguerite, fille de Pierre Destrée, peintre, demeurant rue Saint-Germain. 
Au registre a signé : Destrée. 

Christophe Huet et Etienne Boussaingault. 

Le 16 janvier 1735, a lieu le baptême, à Saint-Germain-rAuxerrois, de 
Marie Anne, fille d'Etienne Boussaingault, peintre, et de Marie Catherine 
Huet sa femme, au vieux Louvre. Parrain, Christophe Huet, aussi peintre. 

Ont signé au registre : C. Huet, E. Boussaingault. 

Nicolas- Simon Dufour et Michel Landry Lemaire. 
Le 20 octobre 1736, Catherine Brioy Beauregard, femme de Nicolas- 
Simon Dufour, peintre, est marraine, à Sainte-Croix en la Cité, de Cathe- 
rine-Louise, fille de Michel Landry Lemaire, peintre. 

Claude Gourdin. 

Le 4 janvier 1745 a lieu à Saint-Gervais l'enterrement de Geneviève Eli- 
sabeth, fille Claude Gourdin, maître peintre, et de Michelle Grou, sa femme, 
décédée hier, âgée de quatre ans. 

Le père signe au registre : C. Gourdin. 

Le 4 février i753, a lieu à Saint-Gervais l'enterrement de Jean-Baptiste 
Gourdin, garçon tailleur, décédé, âgé de soixante-huit ou soixante-neuf ans, 
père de Charles Gourdin, maître doreur, et de Claude Gourdin, maître 
peintre. 



ENVOI D'ESTAMPES FAIT PAR BEAUVARLET 

A HENNIN, RÉSIDENT POUR LE ROY PRES LA RÉPUBLIQUE DE GENÈVE, 

' (1769-) 

Document communiqué par M. Henry de Chennevières. 

De Paris, le 8 dessambre 1769. 
Monsieur, 
Mon déménagement et un bras foulé ont interompu poiir 
quelque tems le cour de mes affaires. C'est ce qui m'a empêché de 
vous donner avis que j^ai remys au voiturier les quatre dessins 
que vous m'avez fait l'honneur de me confier. Vous devez les 
recevoir en bon état, ayant pris les precosions nécessaires. Agréez, 
Monsieur, mes remercimants. La Conversation espagnole d'ai^rès 
Vanloo et fini. 

Beauvarle. 
Mon adresse est Rue du Petit Bourbon, bâtiment neuf, au coin 
de la foire S^ Germain. 
(Papiers de Hennin à la bibliothèque de l'Institut.) 



— 143 — 
PARTIE MODERNE. 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

MISBACH. 
LU. Misbach. — i853. 

SÉPULTURE DE 

S.-J. MISBACH, 

ARTISTE PEINTRE, 

DÉCÉDÉ LE I I AOUT 

i853. 

PRIEZ POUR LUI. 

S.-M.-C. MONGÉ MISBACH, 

ARTISTE PEINTRE, 

DÉCÉDÉ LE 18 JANVIER 

187I. 

PRIEZ POUR LUI. 

A. -S. -A. CUDOT, 

FEMME MISBACH, 

DÉCÉDÉE LE I7 MARS 

i85o. 

PRIEZ POUR ELLE. 

A. -A. -M. MISBACH, 

VEUVE GÉRARD, 

DÉCÉDÉE LE 16 FÉVRIER 

1867. 

PRIEZ POUR ELLE. 

m"« AGLAÉ BILLARD,- 

DÉCÉDÉE LE 16 MARS 1879, 

A l'aGE de 61 ANS. 

(Montparnasse, 12'' division.) H. J. 



NECROLOGIE. 
Forestier (Adolphe), peintre, né en 1801, est mort à Paris le 27 mai 
i885. Il aurait reçu des leçons du peintre Pierre-Henri Valenciennes , 
mort en 18 19, et de Jean-Thomas Thibaut, architecte et peintre, mort 
en 1826. On cite de Forestier des tableaux d'histoire et de genre, des 
paysages et des portraits. Il était professeur de perspective aux écoles 
de dessin de Paris, et il laisse un Cours de perspective de sa compo- 
sition. Comme graveur, Adolphe Forestier a exécuté les planches 



— 144 — 
d'une Nouvelle méthode pour apprendre à dessiner la figure. Cet 
ouvrage avait été composé par son père, qui était lui-même peintre 
et qui est mort en 1828. — H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Jacob Richicr, sculpteur et médailleur^ par M. Natalis Rondot. Lyon, 
imp. Mougin-Rusand, i885, in-8°, une planche. Jean Richier, 
sculpteur et médailleur, par M. Natalis Rondot {Revue numisma- 
tique, 26 trimestre i885, p. i83-i86, i planche). 
Depuis quelques années, grâce aux travaux et aux découvertes de 
MM. Dannreuther, Jules Bonnet, Souhaut, la biographie des divers 
membres de la famille des Richier commence à être bien éclaircie. 
Récemment, M. Léon Germain a présenté le résumé des recherches 
de ses devanciers. Voici enfin M. Natalis Rondot qui se met de la 
partie et nous fait connaître les œuvres jusqu'ici méconnues de deux 
membres de cette importante dynastie d'artistes français. C'est 
d'abord un médaillon dont on connaît seulement deux exemplaires. 
Il représente Marie de Vignon, marquise de TrefFort, la seconde 
femme du connétable de Lesdiguières. Cette pièce est signée J. R. 
F. 161 3. En raison de cette signature, de la date et des relations bien 
connues de Jacob Richier ayec le connétable dont il a sculpté le tom- 
beau, M. Rondot n'hésite pas à lui attribuer le beau médaillon de la 
belle marquise. Il part de cette occasion pour esquisser une bio- 
graphie de l'artiste et résumer l'histoire de sa vie et de ses œuvres. 

De Jean Richier.. autre membre de la même famille, seraient les 
quatre médaillons en plomb du musée de Berlin, que M. Rondot a 
fait reproduire dans la Revue numismatique avec une courte notice 
sur leur auteur et qui représentent : 
Gérard Richier, 1600, signé J. R. 16 17. 
Marguerite Groulot. Signé J. R. 16 17. 
Claude de la Cloche. Signé J. R. 1616.. 
Barbe Hayotte. Non signé. 1616. 
Tous étaient membres de la famille de l'artiste. 
En effet, Jean Richier était fils de Gérard qu'il a représenté à l'âge 
de soixante-six ans. Marguerite Groulot était sa mère. Il avait épousé 
à Metz, en i6o5, la fille de Claude de la Cloche et de Barbe Hayotte. 
Les découvertes de M. Natalis Rondot ont une réelle importance 
pour l'histoire de l'art français au commencement du xvii' siècle. 
Aussi est-il bon d'appeler sur ces récentes publications l'attention 
de nos lecteurs. 

Jules GuiFFREV. 

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



10. — Octobre 1885. 



PARTIE ANCIENNE. 



LES ARTISTES DU DUC LOUIS D'ORLEANS 

FRÈRE DE CHARLES VI. 

(1394-1409.) 

Dans un discours prononcé à l'assemblée générale de la Société de l'His- 
toire de France, le 26 mai dernier, M. Léopold Delisle, président de la 
Société, passant en revue les richesses récemment entrées dans les collections 
de la Bibliothèque nationale, consacre une partie de son énumération à une 
collection de pièces concernant la maison des ducs d'Orléans au xiv' et au 
xv" siècle, recueillies par le comte Auguste de Bastard vers i83o et libérale- 
ment données à notre grand dépôt national par ses héritières. Nous don- 
nons ci-après le passage qui se rapporte à des documents sur les arts et les 
artistes : 

a Vous savez, Messieurs, avec quelle avidité sont recherchés les 
textes qui concernent les anciens artistes français. On pouvait 
être certain d'en rencontrer dans un recueil formé en grande par- 
tie des pièces justificatives des comptes des ducs d'Orléans. Voici 
quelques détails sur plusieurs artistes dont le talent fut mis à con- 
tribution par le duc Louis et par sa femme, Valentine de Milan. 

« En 1399 et 1400, le célèbre architecte Raimond du Temple^ 
qui se qualifiait sergent d'armes et maçon du roi, dirigeait les 
travaux de maçonnerie qui se faisaient à l'hôtel du duc d'Orléans, 
situé à Pans, rue de la Poterne, près de Saint-Paul. 

« En 1402, un peintre non moins connu, Colart de Laon, déco- 
rait vingt-quatre pavois à la devise du duc, et lui préparait un 

REV. ART FR. II lO 



— 146 — 

harnais de joute pour une fête que le duc de Bourgogne devait 
donner dans la ville d'Arras. 

« Le 26 février 1409 (n. st.), maître Jean de Thoiry, imagier 
et bourgeois de Paris, dressait dans les plus menus détails le devis 
du monument qu'il se proposait d'élever en l'église des Célestins 
sur la sépulture du duc Louis et de la duchesse Valentine. Ce devis 
permettrait assurément de restituer par le dessin un monument 
qui devait répondre à la magnificence de ces deux personnages. 

« Je crois inutile d'énumérer ici les nombreux orfèvres parisiens 
auxquels le duc adressait des commandes ; mais je nommerai deux 
graveurs, Pierre Blondel et Jean du Bois, qui furent chargés en 
1394 et en 1401 de graver le sceau des grands jours du duché 
d'Orléans, celui du comté de Porcien et celui de la prévôté foraine 
de Crépy; — un serrurier, Jean d'Alemaigne (sans doute d'Alle- 
magne), qui fournit en 1401 une petite horloge pour la chambre 
de la duchesse d'Orléans ; — un armurier, maître Richard, demeu- 
rant à la bastille de Saint-Antoine de Paris, qui fabrique en 1410 
des armures destinées au duc d'Orléans et au comte de Vertus ; 
enfin le tapissier Nicolas Bataille. » 

Nous publierons prochainement les plus importantes des pièces analy- 
sées sommairement ci-dessus ; mais il convenait de laisser à M. L. Delislc 
le mérite d'en avoir le premier signalé l'existence, après être parvenu à leur 
assurer un asile définitif à la Bibliothèque nationale. 

J. J. G. 



LE PEINTRE BORDELAIS ANTOINE PETIT. 

(XV" SIÈCLE.} 

Dans les Actes capitulaires de l'église cathédrale de Saint-André de 
Bordeaux^, M. Léo Drouyn, de la Société des Archives historiques de 
la Gironde, a relevé le passage suivant : 

« 1476. — Item fit ordinatum quod pictor qui pinxit et ite bene 
« ornavit ymaginem Domini nostri Régis haberet tria scuta pro labore 
« suc. » 

Quel peut être ce peintre choisi par les chanoines de Bordeaux 
pour pourtraire leur seigneur Roi (Louis XI, qui vint plusieurs fois 

I. Arch. départ, de la Gironde. Actes capitulaires de Saint-André, S. G., 
n" 285, fol. i3i r°, in fine. 



— 147 — 
à Bordeaux et s'y trouvait en 1473, après la mort tragique de son 
frère Charles, dernier duc de Guyenne) ? 

Ce ne pouvait être un peintre obscur, un artiste sans mérite. Jus- 
qu'à meilleure et plus sûre indication nous proposons d'attribuer ce 
portrait à Petit (Antoine) de Bordeaux, peintre du xv<= siècle, cité par 
Jean Lemaire dans la Couronne margaritique et dont il est question 
dans la notice sur Jehan de Paris, peintre ordinaire des rois 
Charles VIII et Louis XII, par M. Jules Renouvier. 

C. M. 



JEAN DE REYN. 

(1610-1678.) 



Jean de Reyn , né à Dunkerque en 1 6 1 o , est comme Jean 
Bologne ou Bellegambe, de Douai, un peintre issu de notre 
ancienne province flamande. Il est devenu français à la suite de 
la prise de possession définitive de Dunkerque rachetée à TAngle- 
terre par Louis XIV en 1662 ; il a fait le portrait du comte d'Es- 
trades, gouverneur de cette ville pour la France, et nous allons le 
voir travailler aux écussons et aux peintures commandées lors de 
l'entrée de Louis XIV à Dunkerque. 

Descamps a tracé la biographie de cet artiste; Descamps était 
son compatriote et connaissait les peintures que conservent encore 
les églises de Dunkerque. Il a parlé, en outre, de Jean de Reyn, 
dans son Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant. Jean 
de Reyn fut l'élève de Van Dyck qu'il suivit en Angleterre, élève 
fort distingué si Ton ajoute foi à la tradition recueillie par Des- 
camps, et si l'on en Juge d'après les toiles qu'on peut voir à Dun- 
kerque, et surtout d'après l'intéressante Adoration des Mages que 
possède l'église Saint-Martin à Bergues. 

M. J. Guiffrey a placé Jean de Reyn parmi les principaux élèves 
de Van Dyck, dans le volume qu'il a consacré au peintre de 
Charles P"", 

Je compte revenir plus longuement à Jean de Reyn, dans un 
livre d'impressions de voyage et d'art, où Je m'occuperai de l'œuvre 
de plusieurs maîtres flamands, et J'extrais en attendant, des archives 
municipales de Dunkerque, les notes concernant l'habile élève de 
Van Dyck, qui venait de mettre, sans en éprouver probablement 
aucun regret, son pinceau au service de la France. Un historien 



— 148 — 

récent de Dunkerque, M. V. Derode, a signalé Texistence de ces 
documents dans les archives de cette ville, sans les publier in- 
extenso. 

a A M. Jean de rein pour avoir dépeinct les armoiries de Sa 
Majesté pour les mettre devant le comptoir sur le cay ^ par ordon- 
nance du XXIII de may i663, quinze livres. 

« Au dit de rein pour avoir fait les peintures pour décorer la 
glorieuse entrée de sa Majesté et deux fois avoir peinct les armoi- 
ries de sa Majesté en grand tableau par ordonnance du 11 de mars 
i663, deux cent douze livres. 

« Au dit de rein pour la mesme cause par ordonnance du vni 
de janvier 166 3, soixante livres. » 

Jean de Reyn avait été aidé, dans ces travaux, par un autre 
peintre, « Pierre Acquerman. » Je conserve l'orthographe de ce 
nom, telle que la donnent les Comptes de la ville de Dunkerque. 
Voici la mention qui revient à cet artiste : 

« A Pierre Acquerman, peintre, pour avoir aidé à peindre les 
emblèmes et autres figures faictes pour décorer la triomphante 
entrée de Sa Majesté par ordonnance du rv janvier i663, vingt- 
quatre livres. » 

Dans un autre volume des archives de Dunkerque, se rappor- 
tant à l'année 1664, Jean de Reyn est l'objet d'une nouvelle men- 
tion : 

ce A M. Jean de Rein, pour avoir peint Timage de saint Louis 
en la grande église par ordonnance du iv septembre 1664, qua- 
rante-quatre livres. » 

Je signale à ceux qui peuvent prendre intérêt à des recherches 
plus détaillées quelques autres noms d'artistes qui se trouvent 
également cités dans les Comptes de la ville de Dunkerque. J'ai 
trouvé mentionnés dans ces relevés Vincent Vinclyte, qui « a fait 
la moulure du portrait de sa Majesté, » et Jean Schilkens, qui « a 
gravé les armes du Roy sur la porte de ville. » 

Dunkerque occupait en outre deux peintres verriers, Rycque- 
waert et Adrien Ghykière; Rycquewaert est cité comme ayant 
réparé les verrières de l'hôtel habité par le comte d'Estrades, en 
qualité de gouverneur, et celles des maisons oîi avaient logé « au 
temps des Anglais » les colonels qui commandaient la garnison. 



I. Le quai. 



I 



— 149 — 
Quant à Adrien Ghykière^ il avait restauré les verrières de la 
maison de ville. 

Ces artistes étaient-ils simplement des décorateurs de profession 
occupés à des travaux de commande, ou bien avaient-ils une 
valeur plus étendue? Voilà ce que je ne saurais dire. Il me suffit 
de constater qu'ils ont travaillé à Dunkerque et de trouver leur 
nom accolé à celui de Jean de Reyn. 

Antony Valabrègue. 



PIERRE SE VIN. 
(1689.) 



M. Georges Guigue a publié, dans le numéro de mai de Lyon- 
Revue, p. 304-7, la délibération du Consulat de Lyon, en date du 
14 octobre 1689, sur la candidature de Paul Sevin à l'office de Peintre 
de la Ville. A la suite de la mort de Blanchet, le sieur Athiaud, l'un 
des Échevins, proposa le sieur Sevin, peintre, venu récemment de 
Paris. Le Prévôt des marchands fait justement observer que la prin- 
cipale fonction de Peintre de la Ville est de faire les portraits des 
Magistrats, que Sevin n'y a pas employé ses études de peinture, et 
qu'il convient, préalablement, d'accepter son offre d'en faire pour 
montrer sa capacité. Athiaud répliquant que ce serait faire une espèce 
d'injure à son choix que de l'exposer à cette épreuve et qu'un pareil 
délai serait contraire à ce qui s'est pratiqué, M. de Moulceau, Procu- 
reur de la ville et ancien Prévôt, conclut là-dessus comme le Prévôt 
en charge. Les talents du sieur Sevin « consistent à dessigner ou 
copier des emblèmes ou des devises , faire des ornemens de car- 
touches et d'inscriptions, de desseins d'almanachs et d'évantails et 
autres semblables minuties de peinture, qu'on appelle vulgairement 
colifichets. » C'était parler d'or, et ceux qui ont vu de ses dessins 
grossiers, enluminés de couleurs criardes, comme par un peintre ambu- 
lant, sont, et au delà, de l'avis de M. de Moulceau. Il ajoute avec 
grand sens que le Peintre de la Ville devrait entendre l'architecture et 
la perspective et être tel « qu'il puisse être le chef de tous les autres 
peintres de la ville et digne de l'être de l'Académie des arts de pein- 
ture et de sculpture, dont l'EscoUe devoit être établie par ledit feu 
sieur Blanchet et en avoit les Lettres de Sa Majesté, et dont l'établis- 
sement, sous les auspices et avec l'approbation de l'illustre M. Le Brun, 
conforme à celui de la Ville de Paris, ne pourroit être que très 
agréable et même très utile en cette ville, laquelle, se trouvant dans 
le passage de Paris à Rome et de Rome à Paris, pourroit attirer ou 



— i5o — 

du moins arrêter chez elle des peintres et des sculpteurs habiles, » 
et le peintre, — que le sieur Athiaud avait présumé digne de sa voix, 
en s'attachant au plus indigne, — « n'est ny de l'Académie de Rome, 
ny de celle de Paris. » La protestation, accompagnée de toutes sortes 
de réserves présentes et futures, était bien motivée et très en forme; 
mais il paraît que le sieur Athiaud avait l'oreille du Conseil ; car le 
Prévôt, « après avoir déclaré qu'il ne pouvoit changer d'avis sur le 
préalable et qu'il ne croyoit pas dans les règles qu'il deut opiner ni 
prononcer sur lesdites remontrances et réquisitoires dudit sieur de 
Moulceau, son beau-père, » se retire, et le Consulat, donnant acte 
desdites protestations, ordonne « néanmoins, sauf et sans préjudice 
d'icelles, qu'il sera procédé à la réception et installation dudit Sevin 
dans la place de Peintre de la Ville, » donnant ainsi un bel exemple 
de ce que valent les bonnes raisons. 

Dans les registres suivants, M. Guigue rencontrera certainement 
trace du départ de Sevin, qu'on retrouve plus tard à Paris. Son 
remplacement, si juste qu'il fût, n'aura pas dû être fait sans peine. Il 
eût été plus simple de commencer par ne pas l'accepter ; on n'aurait 
pas eu à le dénommer. 

A. DE M. 



COPIES PAR CA VIN DU PORTRAIT DE LOUIS XV 
PAR RIGAUD. 

LETTRE AU CARDINAL DE FLEURY. 

(1732.) 

Document communiqué par M. J. Roman. 

Monseigneur, 
Je pran la liberté de faire resouvenir vostre éminance qu'el m'a 
fait Phonneur de me promestre qu'el dontierait ordre que Ton me 
lessa faire un buste du portrais du Roy que Ton coppi au Tulleri, 
de M. Rigaud, et donc l'original doist estre renvoyé à M. Faille 
le mois prochain. Si M. le Fève, tressorier des menu, resoi un 
ordre de vostre éminence, il ne manquera de me lesser faire ma 
copi que je garderay pour en faire quelques un pour quelque ses- 
gneur de la cour qui m'an demande. Je suis persuadé. Monsei- 
gneur, que vous ne cerais pas fâché d'acorder ceste grâce à celuy 
qui ne cessera d'estre toute sa vis avé un très profond respec, 



— i5i — 

Monseigneur, vostre très humble et obéissant et très obligé ser- 
viteur. 

Cavin. 
A Paris, ce 4 octobre 1732. 

(Affaires étrangères, France, 1277, n" 248.) 

Artiste assez médiocre, le peintre Cavin a eu meilleure chance que bon 
nombre de §es confrères plus habiles. S'il n'a pas été jugé digne de figurer 
dans les biographies générales, s'il n'est pas cité dans le grand répertoire 
édité par la maison Didot, on ne manque pourtant pas de renseignements 
positifs sur sa vie et sur ses travaux. Ses rapports avec le duc de Saint- 
Simon l'ont tiré de l'obscurité. Il suffira de rappeler ici les quittances tirées 
de la collection Benjamin Fillon et publiées par M. A, de Montaiglon dans 
le premier volume des Nouvelles Archives (1872, p. 314). Toutes portent 
la date de 1729 et ont trait à des copies de portraits pour l'auteur des 
Mémoires. 

Dans les Nouvelles Archives de 1873 (p. 349), notre regretté confrère 
M. Cottenet est venu compléter le dossier des relations du peintre avec le 
grand seigneur, en publiant une lettre du s. Cavin au sujet du portrait de 
M"" de Brissac par Mignard, et en outre différents mémoires qui prouvent 
que ses travaux pour le duc de Saint-Simon durèrent au moins une vingtaine 
d'années. Les pièces que M. Cottenet a fait connaître embrassent une période 
de plus de trente ans; elles vont de 1705 à 1736. On voit, par le document 
suivant retrouvé aux Archives des Affaires étrangères par M. Roman, que le 
peintre avait su se pousser à la cour. L'orthographe seule de ce billet suffi- 
rait pour dissiper toute incertitude sur l'identité de son auteur et du por- 
traitiste ordinaire de Saint-Simon, car elle offre de frappantes analogies 
avec celle de la lettre jadis possédée et publiée par M. Cottenet. 

J. J. G. 



POMPE FUNEBRE DE LOUIS XV. 

(1774-) 
Document communiqué par M. Henry de Chennevières. 

Au s. Chasles, dessinateur du Cabinet du Roi pour son rembour- 
sement pour journées de dessinateur 2,098 1. 

Au s. Lempereur^ pour différents ouvrages de gravures pour laditte 
Pompe funèbre {,654!. 

Au même, pour impression desdites planches . . .. 861 1. 5 s. 

Au sieur Moreau, pour dessein de la Vignette à la tête de la Des- 
cription du mausolée et desseins de figures et ornements dans les 
desseins géométrales. 

(Extraits des papiers de Papillon de la Ferté.) 



— l52 — 

PARTIE MODERNE. 



LE MUSEE DES PORTRAITS D'ARTISTES. 

On a parlé récemment d'ouvrir au Louvre une galerie de Por- 
traits, Quel sera le caractère de la collection nouvelle? Involon- 
tairement, lorsqu'il est question d'un Musée de Portraits, la pen- 
sée se reporte vers les Uffi'{'{i. On sait quel est le charme des 
galeries où les Florentins ont rassemblé les portraits d'artistes 
qui leur sont venus de tous les points de l'Europe. Quoi de plus 
naturel que d'ambitionner pour notre Louvre, déjà si riche en 
trésors d'art, un Musée de Portraits où seront groupées des images 
de peintres, de sculpteurs, d'orfèvres, d'architectes et de graveurs ? 
Bref, les portraits d'artistes ise pressent sous l'œil de la pensée en 
pléiades éclatantes et sans nombre. On se complaît à nommer les 
maîtres qui auraient droit de cité dans ce panthéon dont ils seraient 
ainsi les héros et les artisans. Et si l'on voulait strictement imi- 
ter Florence, on pourrait, en effet, s'en tenir aux Portraits d'ar- 
tistes. Après tout, les littérateurs, les magistrats, les capitaines, 
les hommes politiques et les chefs d'empire ne sont-ils pas à Ver- 
sailles ? Au Louvre, ce semble, les artistes ont quelque droit de 
former un salon. Le Louvre est leur palais. Les peintres peuvent 
prétendre à des appartements réservés dans l'édifice où sont 
réunis leurs chefs-d'œuvre. Le visiteur de nos collections natio- 
nales aimerait à saluer tel maître dont il vient d'admirer la toile. 
A la vérité, nous souhaiterions que le cénacle s'élargît, et que 
l'art envisagé sous tous ses aspects eût ses représentants les plus 
illustres dans la galerie des Portraits d'artistes. Nous demande- 
rions humblement que Marigny et Vivant Denon, Rameau et 
Auber, Le Kain et Rachel ne fussent point exclus; c'est-à-dire 
les surintendants des bâtiments, les amateurs, les musiciens et 
les artistes dramatiques. Combien de portraits exquis du siècle 
dernier passeraient par cette brèche, si on consentait à l'ouvrir! 
Les récentes expositions rétrospectives, s'il faut l'avouer, nous ont 
mis en veine d'indulgence à l'endroit des artistes dramatiques. 
Souvenons-nous d'ailleurs que l'époque n'est pas si lointaine où 
Mole, du Théâtre- Français, avait son fauteuil à ITnstitut. 

Le plan tracé, et ce n'est pas nous que ce soin regarde, il y 
aura lieu de constituer un premier fonds. Tout d'abord, nous 



— i53 — 

pensons que l'art plastique, les dessins et les miniatures devraient 
concourir au même titre que la peinture à la composition du nou- 
veau Musée. Pourquoi non? Les crayons ont leur attrait et, dans 
plus d'un cas, à défaut d'œuvres peintes, on pourrait se contenter 
d'un croquis de maître. Les portraits dessinés formeraient un salon 
distinct, et Toeil ne s'en trouverait point offensé. Quant aux bustes, 
aux statuettes, aux médaillons, en marbre, en bronze, en albâtre, 
en terre cuite, nous pensons qu'ils alterneraient utilement avec 
les toiles dans une même galerie. La sévérité de la sculpture ico- 
nique ne saurait nuire au chatoiement d'une toile et, par contre, 
le voisinage heureux d'un portrait peint, serti dans sa riche bor- 
dure, ajoute à la gravité simple d'un buste dressé sur sa gaine 
sans ornement. 

Ceci convenu, où chercher des Portraits? Partout. Comment 
les obtenir? A quel prix? Par quelles négociations ? N'accueillera- 
t-on que des originaux? Les copies seront-elles admises? Ques- 
tions délicates et complexes. Nous estimons qu'on ne parviendra 
pas à donner une réelle importance aux nouvelles galeries sans 
sacrifices d'argent. Certains Portraits conservés dans des Musées 
étrangers, voire même dans des collections françaises, ne pourront 
entrer au Louvre que sous forme de copie. Mais quoi ! il y a copie 
et copie. Certaines effigies, — et elles sont nombreuses, — sont 
actuellement renfermées dans des monuments nationaux et, pour 
celles-là du moins, il ne sera question que d'un déplacement peu 
coûteux auquel se prêteront avec empressement les établissements 
dépositaires. Mais nous n'avons pas à prévoir les démarches que 
les organisateurs du nouveau Musée sauront mener à bien. Nous 
renfermant dans notre rôle, nous offrons une première liste de 
Portraits d'artistes, en indiquant le lieu où se trouvent les origi- 
naux. Cette liste est sans prétention. Nous l'extrayons de notes 
puisées de divers côtés, alors qu'il n'était pas question d'ouvrir 
en France un Musée de Portraits. Elle comporte toutefois plu- 
sieurs centaines de portraits d'artistes français, — assez d'autres 
penseront aux étrangers, — et cet ensemble de documents peut 
aider à la découverte de quelque toile ou remettre en lumière tel 
nom que les fondateurs du nouveau Musée risqueraient d'oublier. 
S'il arrive que plus d'un maître, dans les pages qui vont suivre, 
se trouve rapproché de personnalités secondaires ; si nous avons 
relevé tel portrait sur une peinture murale, rappelé tel bronze 
aux proportions gigantesques, véritables immeubles par destina- 



— i54 '-' 

tion, faudra-t-il s'en plaindre? Plus les indications seront abon- 
dantes, plus les choix seront aisés, et telle œuvre qui n^est point 
appelée à entrer au Louvre sous sa forme présente peut servir à 
tout le moins de point de repère iconographique. 

C'est un Médicis, du siècle dernier, qui entreprit de fonder la 
curieuse galerie des Uffi\\i^ et ses biographes nous apprennent 
qu'il s'assura d'abord la possession des Portraits d'artistes de 
l'Académie de Saint-Luc établie à Rome. La collection d'un 
amateur, l'abbé Pazzi, vint grossir le premier fonds et ce fut tout. 
Si des sources aussi restreintes ont suffi à assurer au Musée 
florentin les développements et l'éclat qui font de ses salles ico- 
niques un attrait pour quiconque s'intéresse à l'art, que seront 
les galeries françaises le jour où, à l'invitation de l'Etat, les ama- 
teurs, les curieux, les érudits et les artistes se prêteront résolu- 
ment à leur fondation ? Car, encore que l'État soit appelé, chez 
nous, à pourvoir aux destins du Musée des Portraits d'artistes, si 
l'on veut qu'il soit sans lacunes, le concours de tous ne saurait 
nuire. 

PORTRAITS. 

Abel de Pujol (Alexandre- Denis), peintre. Dessin, par F.-J. Heim, 

au Musée du Louvre. 
Adam jeune (Nicolas-Sébastien), sculpteur. Peinture, par Et. Aubry, 

à rÉcole des Beaux-Arts. 
Adam aîné (Lambert-Sigisbert), sculpteur. Peinture, par J.-B. 

Peronneau, à l'École des Beaux-Arts. 
Adam (Adolphe-Charles), compositeur. Buste marbre, par F. Duret., 

au palais de l'Institut. — Buste bronze, par le même, au cimetière 

Montmartre. — Buste pierre, par S. Denécheau, à l'Opéra. 
Agard (Jacques d'), peintre. Peinture, par J. d'Agard. Florence, 

UffiW- 
Alais (Honoré-Pierre-Désiré), architecte. Dessin, par y. -A. -D. Ingres^ 

collection Albert Goupil. 
Alaux (Jean), peintre. Peinture, par L. Cogniet. — Buste marbre, 

par /.-/. Perraud. Ces^deux portraits à la Villa Médicis. 
Alavoine (Jean-Antoine), architecte. Médaillon bronze, par P.-J. 

David d'Angers, au Musée du Louvre. 
Albert (M™"), artiste dramatique. Peinture, par Ch.-A. Foulongne, 

au théâtre du Vaudeville. 
Allegrain (Christophe-Gabriel), sculpteur. Peinture, par J.-S. Duples' 

sis, à l'École des Beaux-Arts. 



— i55 — 

Allier (Achille), graveur. Buste bronze, par A. Préault, à Bourbon- 

l'Archambault. 
Anaïs (M^'e)^ artiste dramatique. Peinture, par Ed.~A.-F. Geffroy^ 

à la Comédie-Française. 
Aucelot (Marguerite- Virginie Chardon, dame), peintre. Dessin, par 

F.-J. Heim, au Musée du Louvre. 
Androuetdu Cerceau (Jacques), architecte. Peinture, par 7. Beaume^ 

au Musée d'Orléans. 
Angiviller (le comte Charles-Claude La Billarderie d'), directeur 

général des Bâtiments du roi. Email, par J.-B. Weyler, au Musée 

du Louvre. 
Ansiaux (Jean-^Joseph-Éléonore-Antoine), peintre. Dessin, par F.-J. 

Heim., au Musée du Louvre. 
Antin (Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d'), surinten- 
dant des Bâtiments du roi. Peinture, par H. Rigaud., collection 

Eudoxe Marcille. — Peinture, d'après H. Rigaud, au Musée de 

Versailles. 
Arlaud (Antoine), peintre. Émail, d'après N. de Largillière ., au 

Musée du Louvre. 
Arlaud (Jacques), peintre. Peinture, par /. Arlaud. Florence, Uffi^^i. 
Armand (François-Huguet), artiste dramatique. Dessin, par Et. BoU' 

chardy, à la Comédie-Française. 
Arnould (Madeleine-Sophie), artiste dramatique. Buste marbre, par 

J.-A. Houdon, collection Richard Wallace. — Buste biscuit de 

Sèvres, par un Inconnu., au Musée d'Orléans. 
Artot (Alexandre-Joseph Montagny, dit), compositeur, violoniste. 

Buste marbre, par un Inconnu., au cimetière Montmartre. 
Attainville (Jauvin d'), amateur. Dessin, par P. Delaroche, au Musée 

du Louvre. 
Attiret (Claude-François), sculpteur. Peinture, par S.-B. Lenoir, 

au Musée de Dijon. — Dessin, par un Inconnu, à la Bibliothèque 

de Besançon. 
Auber (Daniel-Frariçois-Esprit), compositeur. Dessin, par F.-J. Heim. 

— Médaillon bronze, par P.-/. David d'Angers. Ces deux portraits 

au Musée du Louvre. — Peinture, par P. Baudry. — Buste bronze, 

par L.-F. Chabaud. Ces deux portraits à l'Opéra. — Buste marbre, 

par J .-P. Dantan jeune, au cimetière du Père-Lachaise. — Statue 

marbre, par E. Delaplanche, à Caen. 
Aubry (LOuis-François), peintre. Miniature, par L.-F. Aubry, au 

Musée du Louvre. 
Audran (Girard), graveur. Peinture, par un Inconnu, au palais de 

l'Institut. 
Auguste, orfèvre. Peinture, par F. Gérard, au Musée de Versailles. 
Augustin (Jean-Baptiste-Jacques), peintre. Miniature, par J.-B.-J. 



— i56 — 

Augustin. — Émail, par le même. — Médaillon bronze, par P.-J. 
David d'Angers. Ces trois portraits au Musée du Louvre. — Médail- 
lon marbre, par P.-J. David d'Angers., au cimetière du Père- 
Lachaise. 

Autreau (Jacques), peintre. Peinture, par J. Autreau, au Musée de 
Versailles. 

Azaïs (Pierre-Hyacinthe), musicien et philosophe. Buste marbre, par 
R. Mathieu-Meusnier, au Musée de Versailles. 

Bachelier (Jean-Jacques), peintre. Pastel, par M™^ Guiard, au Musée 
du Louvre. 

Baillot (Pierre-Marie- François-de-Sales), compositeur, violoniste. 
Buste marbre, par J.-L. Brian, au Musée de Versailles. 

Ballu (Théodore), architecte. Peinture, par P.-N. Brisset. Rome, 
Villa Médicis. 

Baltard (Victor), architecte. Peinture, par E. Roger. Rome, Villa 
Médicis. — Peinture, par J.-A.-D. Ingres. — Dessin, parle même. 
Ces deux portraits, collection de M™" Baltard. 

Baptiste aîné (Nicolas-Anselme), artiste dramatique. Peinture, par 
H. Ravergie, d'après M.-M. Drolling. — Dessin, par J.~B. Isabey. 
— Autre dessin, par Et. Bouchardy. Ces trois portraits à la Comé- 
die-Française. 

Baptiste cadet (Paul-Eustache-Anselme), artiste dramatique. Pein- 
ture, par un Inconnu. — Dessin, par Et. Bouchardy. Ces deux por- 
traits à la Comédie-Française. 

Baraguay (Thomas- Pierre), architecte. Médaillon marbre, par P.-/. 
David d'Angers., au cimetière du Père-Lachaise. 

Bardin (Jean), peintre. Miniature, par M"»" A.-M. Molière-Bardin, 
au Musée d'Orléans. 

Baron (Michel Boyron, dit), artiste dramatique. Peinture, par Fran- 
çois De Troy. — Autre peinture, attribuée à N. de Largillière. — 
Buste marbre, par A. -F. Fortin. Ces trois portraits à la Comédie- 
Française. 

Barroilhet (Paul- Bernard), artiste lyrique. Buste pierre, par un 
Inconnu., au cimetière Montmartre. 

Barrois (François), sculpteur. Peinture, par Ch.-Ét. Geusîain, à 
l'École des Beaux-Arts. 

Barye (Antoine-Louis), sculpteur. Buste bronze, par H. Moulin, au 
cimetière du Père-Lachaise. — Dessin, par F.-L. Français, collec- 
tion Henri Dumesnil. 

Batton (Désiré-Alexandre), compositeur. Médaillon bronze, par un 
Inconnu, au cimetière Montmartre. 

Bazin (François-Emmanuel-Joseph), compositeur. Peinture, par 
P.-N. Brisset. Rome, Villa Médicis. — Buste marbre, par A.-D. 
Doublemard, au cimetière du Père-Lachaise. 



- i57 - 

Beaubrun (Charles), peintre. Peinture, par M. Lambert, au Musée 
du Louvre. 

Beaubrun (Henri), peintre. Peinture, par M. Lambert, au Musée du 
Louvre. 

Beaucé (Jean-Adolphe), peintre. Buste bronze, par F. -Th. Devaulx, 
au cimetière du Père-Lachaise. 

Beaufort (Jacques -Antoine), peintre. Pastel, par Af™" Adélaïde 
Labille, dame Guiard, au Musée du Louvre. 

Beaugrand (M'^^ Léontine), danseuse. Buste, par L.-F. Chabaud, à 
l'Opéra. 

Beaumarchais (Pierre-Augustin Caron de), compositeur et harpiste. 
Peinture, par J.-B. Greu:ie, collection Jules Naudin. — Peinture, 
par J.-M. Naîtier, collection Alfred- Henri Delarue de Beaumar- 
chais. — Peinture, par F. Jobbé-Duval, au théâtre de la Gaîté. — 
Pastel, par J.-B. Peronneau, collection de M™^ Félix Faure. — 
Buste terre cuite, par Couriger. — Buste marbre, par R. Mathieu- 
Meusnier. — Buste marbre, par un Inconnu. Ces trois portraits â 
la Comédie-Française. — Buste plâtre, par A.-L. Dupasquier, au 
Musée de Versailles. 

Beaumont (Claude-François), peintre. Dessin, par un Inconnu, à la 
Bibliothèque de Besançon. 

Beauvallet (Pierre-François), artiste dramatique. Peinture, par 
E.-A.-F. Geffroy, à la Comédie-Française. 

Bellanger (François-Joseph), architecte. Médaillon marbre, par 
H.-V. Roguier, au cimetière du Père-Lachaise. 

Belle (Clément-Louis-Marie), peintre. Peinture, par /. Boilly, au 
Musée de Versailles. 

Belle (Nicolas-Simon-Alexis), peintre. Peinture, par François De 
Troy, au Musée de Versailles. 

Belloc (Hilaire), peintre. Buste terre cuite, par Ad. liasse, au cime- 
tière du Père-Lachaise. 

Belmont (M™«), artiste dramatique. Peinture, par C.-A. Foulongne, 
au théâtre du Vaudeville. 

Benouville (François- Léon), peintre. Peinture, par J.-A. Benouville. 
Rome, Villa Médicis. 

Berjon (Antoine), peintre. Dessin, par J.-B. Augustin, collection 
Jean Reignier. 

Berlioz (Hector), compositeur. Peinture, par G. Courbet, collection 
Henri Hecht. — Peinture, par E. Signol. Rome, Villa Médicis. 
— Buste marbre, par J.-J. Perraud, au palais de l'Institut. — 
Buste plâtre, par le même, au Musée de Lons-le-Saulnier. 

Bernard (Paul), compositeur. Médaillon bronze, par Ad. Eude, au 
cimetière Montmartre. 



— i58 — 

Bernard (Samuel), peintre. Peinture, par L.-E. Ferdinand fils, au 
Musée du Louvre. 

Bernard (Pierre), architecte. Dessin, par un Inconnu^ à la Biblio- 
thèque de Besançon, 

Berthélemy (Félix), compositeur. Buste bronze, par^. Louis-Noël^ 
au cimetière du Père-Lachaise. 

Berthevin, céramiste. Médaillon terre rouge, par J.-B. Nini, au 
Musée d'Orléans. 

Bertin (François- Edouard), peintre. Peinture, par J.-B. Greui^e, col- 
lection Léon Say. 

Bertin (Nicolas), peintre. Peinture, par7.-F. de Lyen., à l'École des 
Beaux-Arts. 

Bertinazzi (Carlin). Buste terre cuite, par A. Pajou., à la Comédie- 
Française. 

Berton (Henri-Montan), compositeur. Buste pierre, par L. Bruyer, 
à l'Opéra. — Médaillon bronze, par P.-J. David d'Angers, au 
Musée du Louvre. — Dessin, par le même, collection Robert David. 

— Dessin, par F.-J. Heim, au Musée du Louvre. 

Bervic (Charles-Clément Balvay), graveur. Buste marbre, par J.-E. 
Gatteaux, au palais de l'Institut. 

Beulé (Charles-Ernest), secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux- 
Arts. Peinture, par P. Baudry, appartient à la famille du modèle. 

— Buste marbre, par J.-J. Perraud, au palais de l'Institut. — 
Buste plâtre, par le même, au Musée de Lons-le-Saulnier. — 
Médaillon bronze, par F.-J. -H. Ponscarme, au Musée d'Angers. 

Bidauld (Jean-Joseph-Xavier), peintre. Peinture, par L.-L. Boilly, 

au Musée de Lille. — Dessin, par F.-J. Heim, au Musée du Louvre. 
Bigottini (Emilie-Jeanne-Marie-Antoinette de la Wateline), artiste 

lyrique. Peinture, par G. Boulanger^ à l'Opéra. 
Bizet (Adolphe-Maurice-Marie), architecte. Médaillon bronze, par 

A. Lenoir, au cimetière du Père-Lachaise. 
Bizet (Alexandre), compositeur. Peinture, par Ch.-Fr. Sellier. Rome, 

Villa Médicis. — Buste marbre, par /. Dampt, à l'Opéra-Comique. 
Blanchard (Charles-Octave), peintre. Peinture, par un Inconnu. 

Rome, Villa Médicis. 
Blanchard (Edouard-Théophile), peintre. Peinture, par J.-M.-A.-G. 

Ferrier. Rome, Villa Médicis. — Médaillon granit, par £", Barrias\ 

au cimetière Montmartre. 
Blanchard, neveu (Louis-Gabriel), peintre. Peinture, par J.-B. 

Blanchard oncle, à l'École des Beaux-Arts. 
Blondel (Marie-Joseph), peintre. Dessin, par F.-J. Heim, au Musée 

du Louvre. 
Blet (Maurice), graveur. Peinture, par L.-L. Boilly, au Musée de 

Lille. 



— iSg — 

Blouet (Guillaume-Abel) , architecte. Peinture, par J.-D. Court. 

Rome, Villa Médicis. — Médaillon marbre, par E. Robert, à l'École 

des Beaux-Arts. 
Bocquillon (Guillaume-Louis), dit Wilhem, fondateur de l'Orphe'on. 

Médaillon bronze, par P.-J. David d'Angers^ au Musée du Louvre. 

— Autre médaillon bronze, par le même, au cimetière du Père- 

Lachaise. — Médaillon terre cuite, par le même, collection Aimé 

Millet. — Autre médaillon terre cuite, par le même, collection 

Robert David. 
Bodinier (Guillaume), peintre. Peinture, par H. Schejffer, au Musée 

d'Angers. 
Boëly (Alexandre-Pierre-François), pianiste. Pastel, par un Inconnu, 

à la Bibliothèque de Versailles. 
Boffrand (Germain), architecte. Peinture, par /. Restout, au Musée 

de Nancy. 
Boguet (Nicolas-Didier), peintre. Buste marbre, par P. Lemoyne 

Saint-Paul. Rome, église de Saint-Louis des Français. — Buste 

marbre, par A.-L. Dantan^ au Musée d'Angers. 
Boieldieu (François-Adrien), compositeur. Peinture, par P. Baudry, 

à l'Opéra. — Statue bronze, par J.-P. Dantan jeune., à Rouen. — 

Buste marbre, par J.-P. Dantan jeune, au palais de l'Institut. — 

Buste pierre, par L. Bruyer, à l'Opéra. — Médaillon marbre, par 

un Inconnu, au cimetière du Père-Lachaise. — Dessin, par F.-J. 

Heim, au Musée du Louvre. 

Henry Joum. 
(A suivre.) 



EPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

DAMERY, VANDEN BERGHE. 
LUI. Damery. — i853. 

ICI REPOSENT 

JEAN-EUGÈNE DAMERY, 

DÉCÉDÉ A l'âge DE 3o ANS, 

LE 29 8bre i853. 

GRAND PRIX DE ROME, 

ÉLÈVE 

DE M. PAUL DELAROCHE. 

ET NARCISSE-NICOLAS DAMERY, 
SON PÈRE, 



— i6o — 

DÉCÉDÉ A l'âge DE 70 ANS, 

LE I 5 MARS 1854. 

ILS LAISSENT TOUS DEUX 

DES REGRETS ÉTERNELS 

A LEUR FAMILLE ET AMIS, 

DE PROFUNDIS. 

(Montparnasse, 1 5® division.) 
LIV. Vanden Berghe. — i853. 

AUGUSTE VANDEN BERGHE, 

PEINTRE d'histoire, 

CHEVALIER DE LA LÉGION d'hONNEUR 

17 NOVEMBRE l853. 55 ANS. 

ALICE VANDEN BERGHÈ 
28 NOVEMBRE 1864. 22 ANS, 

THÉRÈSE VANDEN BERGHE 

NÉE MOLLAT 
2 MAI 1842. 5 JUIN 1881, 

(Montmartre, 6' division,) 



H. J. 



NECROLOGIE. 



Vallancienne (Louis-Noël), peintre de nature morte, né à Paris en 
(827, est décédé le 28 mai i885 en son domicile, boulevard de Gli- 
chy, 29. Il était élève de L. Cogniet. On a pu voir, au Salon de i885, 
deux toiles de sa composition portant pour titre les Abricots et Études 
de pêches. Ses obsèques ont eu lieu le dimanche 3i mai. — H. J. 

Petiet (Léopold) , peintre , fondateur et directeur du Musée de 
Limoux, est mort le 3o mai i885 à Limoux, sa ville natale. M"e Marie 
Petiet, fille et élève de Léopold Petiet, expose au Salon, depuis 1877, 
principalement des portraits. — H. J. 

Galbrund (Alphonse-Louis), pastelliste, né à Paris le 3o juin 1810, 
est mort à Neuilly le 3 juin i885. Élève de Regnault et de Gros, il 
était entré à l'École des Beaux- Arts le 2 avril 1828. On peut reconsti- 
tuer la majeure partie de son œuvre en parcourant les livrets de 1839 
à i88o; l'artiste n'a guère laissé s'ouvrir un Salon, durant cette période, 
sans y envoyer un ou plusieurs portraits. — H, J. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 
11. — Novembre 1885. 



PARTIE ANCIENNE. 



CHARLES ERRARD LE PERE. 

(1622.) 

Il ne s'agit point ici du directeur de l'Académie de France à Rome, mais 
de son père, le peintre de Bressuire, dont on a un portrait daté qui fixe la date 
de sa naissance à l'année 1670 environ. 

En 1622, date de la pièce que nous empruntons aux Archives de la Chambre 
des Comptes, Evrard le père avait atteint sa cinquante-deuxième année. Le 
titre de peintre du roi l'avait sans doute fixé à Paris. Toutefois une partie 
de sa carrière s'était écoulée en province, car on sait que c'est à Nantes en 
1606, d'après le témoignage de Mariette, que son fils vint au monde. 

A propos du prix modeste du portrait équestre de Louis XIII peint pour 
la Chambre des Comptes, portrait que la Compagnie crut suffisamment payer 
en accordant à l'artiste la somme de deux cents livres, nous nous contente- 
rons de rappeler que c'était le taux ordinaire auquel étaient évalués les Mays 
de Notre-Dame; or ces ex-voto exigeaient à coup sûr bien plus de travail 
qu'un portrait quelconque, le personnage fût-il même représenté à cheval *. 

Nosseigneurs des Comptes. 
Supplie humblement Charles Evrard, peintre du Roy, disant que, 
suivant l'honneur qu'il a reçeu de vos commandemens, il aurait faict 

I. M. Marionneau a lu un travail sur un tableau de Charles Evrard le 
père au Congrès des Sociétés des Beaux-Arts réuni à la Sorbonne en 1884. 
Ce tableau, qui représente Jésus-Christ remettant les clefs à saint Pierre, 
est conservé dans l'église cathédrale à Nantes. La notice de l'érudit corres- 
pondant de l'Académie des Beaux-Arts a été insérée dans le compte-rendu 
des séances des délégués des Sociétés des Beaux-Arts (Paris, Pion, in-S", 
p. i56 à i63). 

REV. ART FR. II II 



— 102 — 

et pourtraict de sa main et au naturel la personne de Sa Ma), à che- 
val en ung grand tableau, tel qu'il a esté posé et se void à présant au 
bas de votre grand bureau, pour la perfection duquel, et pour les 
châssis, bordures et enrichissemens qu'il a convenu y faire faire, il 
a emploie nombre de journées et porté de grandes dépenses telles 
qu'elles se peuvent remarquer et recognoistre à la veue dud. tableau, 
tant par vous nosseigneurs que par toutes personnes faisant profes- 
sion ou ayant cognoissance de l'art de peinture, de quoy aussi, selon 
votre intention, le suppliant désireroit estre aucunement rescompensé, 
non touteffois à la rigueur et à la juste valleur de l'ouvrage, eu esgard 
aux gratifïications qu'il a cy devant liberallement receues de votre 
part, mais en sorte qu'en outre la souvenance et resentiment qui luy 
en demeureront à perpétuité, il se puisse rembourser en partie des 
couUeurs, estoffes et fraiz qu'il y a très affectueusement emploiez ; ce 
considéré. Nosseigneurs, vous plaise ordonner au suppliant, pour led. 
tableau, telle somme de deniers que jugerez estre raisonnable et qu'il 
en sera payé et satisfaict soit par le receveur général de présent en 
charge, le commis à la recepte de registres de comptes, ou telz autres 
recepveurs comptables de ce pays qui mieulx et plus commodément 
le pourront porter sur les deniers de leurs receptes et maniement, et 
de tant plus il demeurera obligé à prier le créateur pour vos pros- 

peritez. 

(Signature autographe :) Charles Evrard. 

En tête de cette requête, on lit la décision suivante : 
La Chambre a taxé et ordonné aud. Errard, pour les choses conte- 
nues en lad. requeste, la somme de deux cens livres, de laquelle il 
sera payé de tous deniers extraordinaires casuelz et des restes des 
comptes par le Trésorier et Receveur général des Finances ou com- 
mis à la Recepte de ses restes, et celuy d'eulx qui mieulx le pourra 
porter. Faict au bureau, le xxii™e juin MVl^ XXII. — Coustureau. 
(Archives nationales : Chambre des comptes, F 1620.) 

Jules GuiFFREY. 



NICOLAS LEBLOND, CLA UDE PILLON, GRENORLE, ES TIENNE 

NOUER, PIERRE LE BLANC, ROBERT BERTAGE, 

BAILLEUL. 

(i6io, 1643, 1747.) 

Documents communiqués par M. Henry de Chennevières. 

A Germain du Grenorle, m« sculpteur, 800 livres pour avoir fait 
l'effigie du feu Roy garnie d'une couronne à l'Imperialle (on la revê- 
tit d'habillements). 



— i63 — 

A Nicolas Leblond, Peintre ordinaire du Roy, et à Claude Pîllon, 
332 livres pour les armoiries faittes en Te'glise Saint-Denis, tant au 
devant du grand portail, neffe, cœur, que chapelles ardentes à l'enter- 
rement dudit feu Roy Henri quatre. 

(Archives nationales, O* 2984. — F'unérailles du Roy Henri IV, en 1610.) 

A Estienne Noder^ peintre et garde des peintures du Roy, 3, 000 liv. 
pour son payement des armoiries et écussons par luy fournis pour le 
service de la feue Royne. 

A Pierre Le Blanc et Robert Bertage, peintres ordinaires du Roy, 
1,600 livres pour les armoiries et écussons qu'ils ont fournis pour la 
pompe funèbre du Roy. 

(Archives nationales, O* 2984. — Dépenses extraordinaires des comptes 
des Menus-Plaisirs à cause des funérailles du feu Roy et de la Royne.) 

Au s»" Bailleul, graveur, la somme de deux cent vingt quatre livres 
pour avoir gravé les lettres de l'inscription mise au bas des quatre 
estampes distribuées à l'occasion du premier mariage de monseigneur 
le dauphin, à raison de cinquante livres chacune, et pareille gravure 
des deux billets de bals parés donnés audit mariage, et à celui de 
la présente année, à raison de douze livres chaque billets, les quatre 
premières gravures obmises d'être employées en l'année mil sept cent 
quarante cinq, cy 224 1. 

(Archives nationales, O* 2985. — Volume II. — Menus de 1747.) 



, JE A N-MICHEL VERDIG UIER . 

(1743.) 

M. Bouillon-Landais, conservateur du Musée de Marseille, dans un mémoire 
sur le sculpteur Jean-Michel Verdiguier, lu à la Réunion des Sociétés des 
Beaux-Arts des départements à la Sorbonne en 1881 (5' session), mentionne 
le mariage de l'artiste (pages io2-io3 du compte-rendu), mais ne donne pas 
l'acte de mariage. Nous sommes heureux de pouvoir offrir le texte de cet 
acte aux lecteurs de la Revue. 

Ch. GiNoux, 

« L'an mil sept cent quarante trois et le trentième septembre, le mariage 
accordé entre le s' Jean-Michel Verdiguier., sculpteur, fils de feu Jérôme et 
de d"° Catherine Triq, natif de Marseille, résidant depuis environ seize ans 
en cette ville et paroisse, d'une part; et d"' Marie-Magdeleine Maucord, fille 
àcJean Lange et de Gabrielle-Magdeleine Grand, native de Pertuis, diocèse 
d'Aix, et résidant depuis environ douze ans en cette ville, paroisse S'-Louis, 
d'autre part; a été célébré dans cette paroisse par moi, curé soussigné, les 
trois publications faites sans opposition, vu le certificat de la même publi- 
cation à la paroisse S'-Louis, par messire Bernard, curé, assuré de la mort 



— 164 — 

du père du garçon, j'ai exigé leur mutuel consentement et les ai mariés comme 
nous l'ordonne la S" Eglise catholique, en présence de la mère de l'époux, 
du père de l'épouse et des témoins requis soussignés qui, avertis des peines 
posté'ss par les ordonnances et arrêts, nous ont dit connaître les parties être 
telles^ qu'elles se qualifient et qui sont P'r. Antoine-Vidal d'Audiffret, écrivain 
du Roy à la marine, messire Hyacinthe Hermite, prêtre bénéficier de la cathé- 
drale, messire Jean Camesblert, aussi prêtre bénéficier à la même église, et 
s"" Joseph Lhermite, peintre du Roy, tous de cette ville ou y habitant. Fait 
et publié en mêmes présences que dessus, les parties ont signé avec leurs 
principaux parents. 

« Verdiguier, Magdeleine Maucord, Catherine Triq, 
Lange Maucord, H. Hermite, bénéf', Camesblert, Vidal 
d'Audiffret, Lhermite, Broquier, curé. » 

Verdiguier, sculpteur de la marine, à Toulon, pendant plus de vingt ans, 
a fait, en 1738, la figure de Mars et une grande partie des ornements de la 
porte de l'Arsenal. Étant retourné à Marseille, en 1748, il fut nommé direc- 
teur perpétuel de l'Académie de cette ville, en 1755. 

Lange Maucord, architecte et sculpteur du roi, maître sculpteur au port 
de Toulon, de 1731 à 1760. Il est l'auteur de la belle porte de l'Arsenal, 
ainsi que de la figure de Minerve, non moins belle, en amortissement sur 
l'entablement. 

Joseph Lhermite, peintre du roi, maître peintre au port de Toulon, de 
1740 à 1760. Il avait remplacé Alexandre de la Rose dans la maîtrise de 
l'atelier de peinture. 

Ch. G. 



MICHEL LE BRUN, PEINTRE VERRIER. 

(1758.) 
Document communiqué par M. Bruyerre. 

Il a été publié, dans la Revue de l'Art français^, une petite inscrip- 
tion indiquant que le peintre verrier parisien, Michel Le Brun, avait 
remis en plomb certaines verrières à Bourbon-l'Archambault (Allier). 

J'avais remarqué, depuis longtemps déjà, qu'une verrière placée 
dans une chapelle, au sud de l'église de Caudebec (Seine-Inférieure), 
portait aussi le nom de Le Brun. J'ai copié, à votre intention, l'ins- 
cription qui est tracée au bas des panneaux de cette verrière; la voici : 

LES VITRES ET LE FIL D'ARCHAL DE CETTE CHA- 
PELLE Q.UI AVOIENT ETE RETABLIES PAR LES 
SEANTS D'ICELLE EN L'ANNEE i566 ONT ETE P////// 



I. i" novembre 1884. 



— i65 — 

EUX REDIFIER EN L'AN 1758 JEAN THOREL ÉCHE- 

VIN EN Cllimi 

Le Brun Pinx. 

Cette verrière est une simple mise en plomb, avec bordure autour, 
de chaque travée de la fenêtre ; cette bordure est seule peinte, sur 
verre blanc, avec émail en jaune d'argent, sur les ornements, d'ail- 
leurs d'une exécution très médiocre. 

Les parties hachées, dans la copie de l'inscription, ont disparu ; on 
devrait sans doute lire, dans la première lacune, « PAR, » et dans la 
seconde « CHARGE. » 

Bruyerre, 
Architecte du Gouvernement. 



LETTRE DE DESEINE AUX JURATS DE BORDEAUX 1. 
Communiquée par M, Charles Marionneau. 

« Paris, ce 29 février 1790. 
« Messieurs, 

« J'ai suplié l'Académie des Beaux- Arts de votre ville d'être mon inter- 
prète auprès de vous pour vous supplier d'agréer l'hommage du buste de 
M. Bailly, maire de Paris, pour lequel votre estime est telle que votre Chambre 
de Commerce a voté son portrait en peinture 2 ; c'était sans doute le plus bel 
éloge que vous pouviez faire de ses vertus, et c'est ce même sentiment qui, 
m'animant, a dicté ma démarche près de vous, Messieurs. 

« Je suis très heureux si vous daignez l'accueillir favorablement, et il ne 
manquera rien à mon bonheur lorsque j'apprendrai de vous, Messieurs, que 
vous me permettez aussi de déposer à votre hôtel de ville le buste en plâtre 

1. De Seine (Louis-Pierre), né en 1760, mort en 1823. Le nom de ce sculp- 
teur est écrit de Seine sur les livrets du Salon, jusqu'en 1789, puis, à partir 
de 1793, Deseine. 

2. Le portrait de Bailly, peint en pied par J.-L. Mosnier, parut à Paris à 
l'exposition de 1789; il est actuellement dans le grand Salon de la Chambre 
de Commerce de Bordeaux. Il a figuré en 1882 à la XII° exposition de la 
Société philomathique de cette ville. 

Le buste de Bailly dont il est question dans cette lettre se trouvait au même 
Salon; mais on ne le voit point à l'hôtel de ville ni au Musée de Bordeaux. 
Le buste en marbre est à l'hôtel de ville de Paris depuis le don assez récent 
qu'en a fait la nièce de Bailly. — Ch. M. 

— Le plâtre que notre confrère regrette de ne pas trouver à Bordeaux ne 
serait-il pas au Musée d'Angers? M. Batbedat, petit-neveu de Bailly, a offert 
au Musée d'Angers en 1881 un plâtre original du buste qui nous occupe, 
signé : De Seine se. 178g. (Voyez notre Inventaire des Musées d'Angers 
dans la pubHcation de l'Inventaire des richesses d'art, Province, t. III, 
p. 333.) — H. J. 



— i66 — 

du roi dont je viens de terminer le modèle d'après nature, et dont l'exécution 
en marbre doit orner l'intérieur de l'hôtel de ville de Paris. 

« Daignez me croire avec les sentiments du plus profond respect, Mes- 
sieurs, 
( Votre très humble et très obéissant serviteur, 

« Deseine, 
« Sculpteur du roi, Cour du Louvre. » 
(Archives municipales de Bordeaux, correspondance des Jurats.) 



PIEDS ET TOISES DE LYON. 

Dans les documents sur Jacques Mimerel, publiés dans le volume 
consacré à la session à la Sorbonne des Sociétés des Beaux-Arts des 
départements au printemps de 1884, il ^st, à diverses reprises, ques- 
' tion de mesures lyonnaises dans le marché du maître-autel de Saint- 
Antoine de Viennois. J'aurais voulu indiquer en note leur différence 
avec les mesures de Paris ; mais, si les tableaux de concordance des 
anciennes mesures générales avec le mètre sont nombreux et faciles 
à rencontrer, il n'en est pas de même quand il s'agit de mesures 
provinciales, et je n'ai pas mis de note, faute d'avoir quelque chose 
à dire. Depuis, mon jeune ami, M. Georges Guigue, archiviste de la 
ville de Lyon, à qui je me suis adressé, a trouvé, non sans quelque 
peine, la solution qui me manquait ; je n'ai qu'à transcrire ce qu'il 
m'a écrit à ce sujet : 

« Voici les différents ouvrages dont j'ai eu l'indication pour le 
renseignement que vous me demandez. 

« Tariffe et concordance des poids de plusieurs Provinces avec les 
poids de la Ville de Lyon. Lyon, iSyi, in-80. Il y est surtout ques- 
tion des monnaies. 

« Instructions sur les mesures déduites de la grandeur de la Terre. 
A Commune-affranchie ., an III. 

« Tableau comparatif des nouvelles et anciennes mesures en usage 
dans le Département du Rhône. 

« Ces deux derniers n'existent pas dans nos bibliothèques. Enfin : 

« Instruction sur les nouvelles mesures à l'usage du Département 
du Rhône, rédigée par la Commission des poids et mesures établie à 
Lyon., publiée par ordre du Citoyen Najat., Conseiller d'État, Préfet 
du Département du Rhône. A Lyon, de l'imprimerie Ballanche et 
Barret, aux Halles de la Grenette, an X. 

« On y trouve la conversion, en mètres et en millimètres, des 
toises de France et de Lyon, et celle de leurs divisions. Il est inutile 
de transcrire le tableau entier ; il suffit d'en donner le commence- 
ment, que je mets en colonnes au lieu de le reproduire en tableau. 



— 167 — 



Toise. 



Pied. 



Pouce. 



Ligne. 





FRANCE. 






LYON. 


I. 


Mètre, 


i,949o363 


Toise. 


I. 


Mètre. 2,5688458 


2. 


— 


3,8980726 


— 


2. 


— 5,1376916 


I. 


— 


0,324839 


Pied. 


I. 


— 0,342512 


2. 


— 


0,649679 


— 


2. 


— 0,68 5o2 5 


I. 


— 


0,0270 


Pouce. 


I. 


— 0,0285 


2. 


— 


0,0541 


— 


2. 


— 0,0571 


I. 


— 


0,0023 


Ligne. 


I. 


— 0,0024 


2, 


— 


0,0045, etc. 


— 


2. 


— 0,0048 



etc. 



« Je trouve en outre dans le même ouvrage que la toise de France 
est de 6 pieds et que celle de Lyon est de 7 pieds 1/2, mais le pied 
de Lyon dépasse celui de France de 7 lignes 8 dixièmes. 

« La toise et le pied de France ont tout l'air d'être la toise et le 
pied de roi. Pourtant, dans le Tableau de comparaison des mesures 
métriques agraires avec les mesures locales anciennes usitées dans le 
département de la Loire, publié par M. Godefin, Montbrison, Impri- 
merie de Bernard, sans date, le tableau n» 2 dit que la toise de 

6 pieds de roi de Paris donne en mètres 1,94903659 et la toise de 

7 pieds 6 pouces de Lyon 2,56884568. Cette différence doit simple- 
ment provenir du plus ou moins de minutie apportée dans les 
calculs. » 

Il résulte de là que la construction du maître-autel de Saint- 
Antoine de Viennois, établie sur la mesure de Lyon, était un peu 
plus grande que si elle avait été sur la mesure de France. La chose 
est là de peu d'importance, mais la question est autre si on la met 
sur un terrain plus général. 

Les seules mesures que les architectes et les archéologues donnent 
aujourd'hui des monuments antiques, comme de ceux du moyen âge 
et des temps plus modernes, sont toujours prises et détaillées en 
mètres et en millimètres. Depuis l'adoption du système métrique, ils 
ont parfaitement raison, et ils doivent dans tous les cas uniformiser 
ainsi tous les mesurages ; mais il faudrait aussi, pour les monuments 
des siècles passés, compléter l'indication par celle de la mesure vraie 
sur laquelle ils ont été conçus et construits. En effet, il est impos- 
sible de chercher le plan d'un édifice et de l'établir sans partir d'une 
unité formelle. 

Depuis le xixe siècle, et encore pas partout, cette unité est le 
mètre. Par suite, qu'il s'agisse d'un arc, d'une baie, d'un pilastre, 
d'une colonne ou d'un mur, toutes les mesures en sont des multiples 
ou des divisions ; telle partie est le double, le triple, la moitié, le 
tiers ou le quart d'une autre, et la progression, ou la division, est 
toujours régulière et carrément établie, parce que tout naît et procède 



— i68 — 

d'un rapport avec l'unité première et typique qui les engendre, qui 
ne fait que s'augmenter ou se diviser. 

Le fait, qui est primordial, est le même dans toutes les architec- 
tures, mais l'expression en mètres et en millimètres, quand ils sont 
étrangers à la conception première, fausse ou plutôt obscurcit et 
voile les rapports parce que la forme de cette pensée nouvelle ne 
cadre plus avec l'ancienne, en l'émiettant en quelque sorte en frac- 
tions boiteuses qui ne s'harmonisent pas entre elles. 

Pour les monuments des civilisations disparues, on ne peut se 
servir que de la mesure nouvelle, mais, à partir de l'antiquité clas- 
sique, on sait à quoi l'on a affaire ; on connaît le pied grec et le pied 
romain, de sorte que les chiffres donnés dans les livres techniques du 
XVII* et du xvm« siècle sont, à l'esprit comme aux yeux, plus simples 
et plus justes; l'échelle des proportions entre elles y est plus claire 
et plus compréhensible que les fractions incohérentes forcément don- 
nées par la mesure nouvelle. Par là les monuments florentins doivent 
être mesurés en cannes, et les monuments romains doivent l'être 
en palmes, puisque ce sont les mesures dont se sont servis leurs 
auteurs. La vare, qui est un peu inférieure au mètre, est proba- 
blement l'ancienne unité espagnole. 

Les mesures anglaises ne sont pas non plus les mesures françaises; 
il pourrait arriver que, dans les vieilles églises d'Angleterre, on en 
trouvât d'établies selon l'un ou l'autre des deux systèmes, ce qui 
serait une trace de la nationalité des constructions. 

Les architectes modernes, qui construisent aujourd'hui des églises 
dans les styles roman ou gothique, doivent partir du mètre, auquel 
les ouvriers de leurs chantiers sont habitués comme eux; il y a peut- 
être là l'une des raisons de discordance qui font que l'œuvre moderne 
ressemble si peu à celles dont on s'inspire et qu'on pense reproduire 
et continuer. 

11 n'y a pas lieu d'insister ici sur cette question, qui est générale, 
mais, à propos du pied et de la toise de Lyon, il était peut-être bon 
de l'indiquer. S'il est maintenant toujours nécessaire de donner les 
mesures selon le système métrique parce qu'il est usuel et bien 
connu, il faudrait en même temps, pour qu'on pût conserver les rap- 
ports originels, et par là s'en rendre compte, dans les mesures, 
variables selon les pays et les temps, avec lesquelles les monuments 
ont été conçus, auxquelles seules ils répondent et avec lesquelles 
seules on pourrait en saisir et en faire lire l'échelle et l'économie. 

A. DE M. 



— 169 — 
PARTIE MODERNE. 



LE MUSEE DES PORTRAITS D'ARTISTES. 
{Suite^.) 

Boilly (Edouard), compositeur. Peinture, par un Inconnu. Rome, 

Villa Médicis. 
Boilly (Julien-Léopold), peintre. Peinture, par L.-L. Boilly, au 

Musée de Lille. 
Boilly (Louis-Léopold), peintre. Peinture, par L.-L. Boilly. — Autre 

peinture, par le même. — Peinture, par J.-L. Boilly. Ces trois 

portraits au Musée de Lille. 
Boissieu (Jean-Jacques de), peintre. Dessin, par J.-J. de Boissieu, 

collection H. de Boissieu. — Dessin, par le même, collection J. de 

Boissieu. — Son profil dans le tableau Illustrations lyonnaises, par 

F. Chatigny. — Buste marbre, par J. Fabisch. Ces deux portraits 

au Musée de Lyon. 
Bologne (Jean de), sculpteur. Peinture, par P. Delaroche, Hémicycle 

de l'École des Beaux-Arts. — Statue plâtre, par L. Potten^, à Douai. 

— Buste marbre, attribué à P. deFranqueville, au Musée du Louvre. 
Bonnardel (Pierre-Antoine-Hippolyte), sculpteur. Peinture, par un 

Inconnu. Rome, Villa Médicis. — Médaillon marbre, modelé par 

Ch.-Alph. Gumery, sculpté par H. -M. -A. Chapu. Rome, église de 

Saint-Louis des Français. 
Bonnefond (Jean-Claude), peintre. Peinture, par A. Duclaux. — 

Peinture, par C.-M. Sébelon. Ces deux portraits au Musée de Lyon. 
Bonneval (Jean-Jacques Gimatde), artiste dramatique. Peinture, par 

un Inconnu. — Autre peinture, par un Inconnu. Ces deux portraits 

à la Comédie-Française. 
Bontemps (Pierre), sculpteur. Peinture, par P. Delaroche, Hémi- 
cycle de l'École des Beaux-Arts. 
Bonval (M"e), artiste dramatique. Peinture, par E.-A.-F. Geffroy, 

à la Comédie-Française. 
Bonvoisin (Jean), peintre. Peinture, par J. Bonvoisin, au Musée du 

Havre. 
Bornier (Nicolas), sculpteur. Peinture, par P. Prud'hon, au Musée 

de Dijon. 
Bosio (François-Joseph, baron), sculpteur. Buste marbre, par A.-S. 

Bosio, au palais de l'Institut. — Médaillon bronze, par P.-J. David 

d'Angers. — Dessin, par F.-J. Heim. Ces deux portraits au Musée 

du Louvre. 

I. Voir la livraison d'octobre i885, p. i52. 



— lyo — 

Bouchardon (Edme), sculpteur. Peinture, par P. -F. Drouais, au 
Musée de Versailles. — Peinture, par Edme Bouchardon. Florence, 
Uffi!(^i. — Dessin, par un Inconnu, à la Bibliothèque de Besançon. 

— Buste marbre, par J.-S. Lescorné, au Musée de Ghaumont. 
Bou chaud (Léon- Prudent), peintre. Peinture, par L.~P. Bouchaud, 

au Musée de Nantes. 
Boucher (François), peintre. Peinture, par F. Boucher. — Pastel, 

par G. Lundberg. Ces deux portraits au Musée du Louvre. — Pein- 
ture, par Al. Roslin, au Musée de Versailles. — Peinture, par 

F. Boucher, collection Hulot. 
Boucher (Jean), peintre. Peinture, par J. Boucher, au Musée de 

Bourges. 
Bouchot (François), peintre. Peinture, par un Inconnu. Rome, Villa 

Médicis. 
Boulanger (Louis), peintre. Médaillon bronze, par P.-J. David 

d'Angers, au Musée du Louvre. 
Bouliard (M^'" Marie-Geneviève), peintre. Peinture, parM.-G. BoU' 

liard, au Musée d'Angers. 
Boulogne ouBouUongne (Bon), peintre. Peinture, par B. Boulogne, 

collection du marquis de Ghennevières. — Peinture, par G. Allou, 

à l'École des Beaux-Arts. 
Boulogne fils (Louis de), peintre. Peinture, par P. Lebouteux, au 

Musée de Versailles. 
Bourdon (J.), peintre sur verre. Peinture, par S. Bourdon, au Musée 

de Versailles. 
Bourdon (Sébastien), peintre. Peinture, par 5. Bourdon. — Autre 

peinture, par le même. Ces deux portraits au Musée du Louvre. 

— Peinture, par le même, au Musée de Versailles. — Peinture, par 
le même, à l'École des Beaux-Arts. — Peinture, par le même, au 
Musée d'Avignon. — Peinture, par le même, collection du duc 
d'Aumale. — Peinture, par un Inconnu, au Musée d'Orléans. — 
Statue pierre, par R. Barthélémy, à Montpellier. — Buste marbre, 
par A.'D. Chaudet, au Musée du Louvre. — Buste plâtre, par un 
Inconnu, à l'École des Beaux-Arts. — Dessin, par F.-M. Granet, 
collection J. Gigoux. 

Bourgeois (Benjamin-Eugène), graveur. Médaillon marbre, par un 

Inconnu. Rome, église de Saint-Louis des Français. 
Bourgeois (Florent-Fidèle-Gonstant), peintre. Peinture, par L.-L. 

Boilly, au Musée de Lille. 
Bousseau (Jacques), sculpteur. Dessin, par un Inconnu, collection 

de Concourt. 
Boutin de Diencourt (René), musicien. Peinture, par N. de Largil- 

Hère, au Musée de Besançon. 
Bouys (André), peintre. Peinture, par A. Bouys. — Autre peinture, 

par le même. Ces deux portraits au Musée de Versailles. 



— lyi — 

Boze (Joseph), peintre. Pastel, par J. Bo^e, au Musée du Louvre. 

Bra (Th. -F. -Marcel), sculpteur. Dessin, par F.-J. Heitn, au Muse'e 
du Louvre. 

Brascassat (Raymond), peintre. Buste marbre, par L. Desprey^ au 
Musée de Bordeaux. 

Brenet (Nicolas-Guy), peintre. Peinture, par A. Vestier, à l'École 
des Beaux-Arts. 

Breton (Luc-François), sculpteur. Dessin, par A. Lapret, à la Biblio- 
thèque de Besançon. 

Brian, jeune (Jean-Louis), sculpteur. Peinture, par un Inconnu. 
Rome, Villa Médicis. — Peinture, par J.-L. Brian, au Musée 
d'Avignon. 

Bridan (Pierre-Charles), sculpteur. Peinture, par Mosnier, à l'Ecole 
des Beaux-Arts. 

Brion (Hippolyte-Isidore-Nicolas), sculpteur. Buste marbre, par un 
Inconnu, au cimetière du Père-Lachaise. 

Briot (François), ciseleur. Son profil sur un plat d'étain, par F. Briot, 
au Musée de Lons-le-Saulnier. 

Briseux (Charles-Etienne), architecte. Dessin, d'après J.-G. Wille, 
à la Bibliothèque de Besançon. 

Brizard (Jean- Baptiste Britard, dit), artiste dramatique. Peinture, 
par L. Ducis, à la Comédie-Française. 

Brongniart (Alexandre), céramiste. Peinture, par le baron F. Gérard, 
collection Ed. Brongniart. — Médaillon bronze, par P.-J. David 
d'Angers, au Musée du Louvre. 

Brun (Joseph-Sylvestre), graveur sur pierres fines. Peinture, par un 
Inconnu. Rome, Villa Médicis. 

Bruyas (Alfred), amateur. Peinture, par A. Cabanel. — Peinture, 
par G. Courbet. — Peinture, par Th. Couture. — Peinture, par 
F.-V.-E. Delacroix. — Peinture, par .4.-5. Glaire. — Peinture, 
par L.-A. Ricard. — Peinture, par O. Tassaert. — Dessin, par 
F.-V.-E. Delacroix. — Médaillon bronze, par C.-J.-B.-E. Guil- 
laume. Tous ces portraits au Musée de Montpellier. 

Buirette (Jacques), sculpteur. Peinture, par A. Benoist, dit Du Cercle, 
à l'École des Beaux-Arts. 

Butin (Ulysse),peintre. Peinture, par Jî.-A.ÛJief, appartient à l'auteur. 

Buttura (Eugène-Ferdinand), peintre. Peinture, par un Inconnu. 
Rome, Villa Médicis. 

Buyster (Philippe de), sculpteur. Peinture, par Cl.-Fr. Vignonfils, 
à l'École des Beaux-Arts. 

Cacault (Pierre-René), peintre. Peinture, par7.-F. Sablet, au Musée 
de Nantes. 

Caffiéri (Jacques), sculpteur, fondeur et ciseleur. Peinture, par A. 
Bouys, collection Hector Caffiéri. 



— 172 — 

Caffiéri (Jean-Jacques), sculpteur. Peinture, par L.-J.-F. Lagrenée 
Vàîné^ collection Villeneuve. — Miniature, par van Hajlen (?) ou 
van Halen, collection V.-J. Vaillant. — Buste plâtre, par J.-J. 
Caffiéri^ collection Henri Podevin. 

Caffiéri (Philippe), sculpteur et ciseleur. Peinture, par un Inconnu^ 
collection de M™« Mary-Caffiéri. — Miniature, par van Hafien (?) 
ou van Halen, collection Villeneuve. 

Caillot (Joseph), artiste lyrique. Peinture, par H.-P. Danloux^ col- 
lection Strauss. 

Calamatta (Louis), graveur. Médaillon bronze, par P.-J. David 
d'Angers, au Musée du Louvre. 

Callamard ou Callamare (Charles-Antoine), sculpteur. Médaillon 
bronze, par P.-J. David d'Angers, au Musée du Louvre. 

Callot (Jacques), peintre et graveur. Peinture, par J. Callot. Flo- 
rence, collection Rosselli del Turco. 

Camargo (Marie-Anne Guppi, dite la). Peinture, par A^. Lancret. — 
Peinture, par J.-M. Nattier. Ces deux portraits au Musée de 
Nantes. — Peinture, par G. Boulanger, à l'Opéra. — Pastel, par 
M.-d- de La Tour, au Musée de Saint-Quentin. — Autre pastel, 
par le même, collection Alfred Saucède. 

Cambert (Robert), compositeur. Buste pierre, par yl. liasse, à l'Opéra. 

Campra (André), compositeur. Peinture, par B. Boulogne, collection 
du marquis de Chennevières. — Buste pierre, par A. liasse, à 
l'Opéra. 

Caristie (Augustin-Nicolas), architecte. Dessin, par /.-i4.-D. Ingres, 
collection Georges Duplessis. 

Carpeaux (Jean-Baptiste), sculpteur. Peinture, par F.-iï". Giacomolli. 
Rome, Villa Médicis. — Peinture, par J.-B. Carpeaux, collection 
du marquis de Piennes. — Buste, par Hiolle, à Valenciennes. 

Cars (Laurent), graveur. Pastel, par J.-B. Perroneau, au Musée du 
Louvre. 

Cartellier (Pierre), sculpteur. Peinture, sur lave, par R.-P. Bal!{e, 
à l'École des Beaux-Arts. — Dessin, par F.-J. Heim. — Médaillon 
bronze, par P.-J. David d'Angers. Ces deux portraits au Musée du 
Louvre. — Buste marbre, par R. Malhieu-Meusnier, au Musée de 
Versailles. — Buste marbre, par L.-M.-L. Petitot, au palais de 
l'Institut. — Autre buste marbre, par le même, au cimetière du 
Père-Lachaise. 

Cavelier (A.-L.-M.), dessinateur. Médaillon bronze, par J. Cavelier, 
au cimetière du Père-Lachaise. 

Caylus (Anne-Claude-Philippe, comte de), dessinateur et graveur. 
Médaillon marbre, par L.-C. Vassé, à l'École des Beaux-Arts. 

Gazes (Pierre-Jacques), peintre. Peinture, par J.-A.~J. Aved, à 
l'École des Beaux-Arts. 



- 173 - 

Ceineray, architecte. Peinture, par J.-F. Sablet, au Musée de Nantes. 

Cellerier (Jacques), architecte. Buste terre cuite, par un Inconnu^ au 
Musée de Dijon. — Médaillon bronze, par un Inconnu, au cime- 
tière du Père-Lachaise. 

Cerrito (M^^e Francesca, dite Fanny), danseuse. Peinture, par G. 
Boulanger, à l'Opéra. 

Chabot (Caroline Vanhove, veuve Talma, comtesse de), artiste dra- 
matique. Buste marbre, par F. Jouffroy, à la Comédie-Française. 

Ghalle (Charles-Michel-Ange), peintre. Peinture, par C.-M.-.A. Challe, 
collection de M™« Jules Guiffrey. 

Challe (Simon), sculpteur. Peinture, par un Ir{connu, collection de 
M°>« Jules Guiffrey. 

Chambray (de), amateur. Dessin, par Ch. Evrard, au Musée du 
Louvre. 

Ghampaigne (Jean-Baptiste de), peintre. Peinture, par J. Carré, au 
Musée de Versailles. 

Ghampaigne (Philippe de), peintre. Peinture, par Ch. Lefebvre, 
d'après Ph. de Champaigne , au Musée de Versailles. — Buste 
marbre, par Mansion, au Musée du Louvre. 

Ghampmeslé (Marie Desmares, M"*), artiste dramatique. Peinture, 
par J.-F. De Troy, à la Comédie-Française. — Peinture, par un 
Inconnu, collection Edouard Couvet. 

Chardin (Jean-Baptiste-Siméon), peintre. Pastel, par 7. -fi. -S. Char- 
din. — Pastel, par le même. — Pastel, par M.-Q. de La Tour. Ces 
trois portraits au Musée du Louvre. — Pastel, par le même, collec- 
tion Eud. Marcille. — Dessin, par N.-B. Lépicié , collection 
Alexandre Dumas. 

Charlet (Nicolas-Toussaint), peintre. Son profil dans le bas-relief des 
Funérailles du général Foy, par P.-J". David d'Angers, marbre au 
cimetière du Père-Lachaise, plâtre au musée d'Angers, dessin, col- 
lection Robert David. — Médaillon bronze, par le même, au Musée 
du Louvre. 

Charmois (Martin de), amateur. Peinture, par Séb. Bourdon, au 
Musée de Versailles. — Peinture, par l'un des Beaubrun, à l'École 
des Beaux-Arts. 

Chaudet (Antoine-Denis), sculpteur et peintre. Peinture, par L.-L. 
Boilly, au Musée de Lille. — Miniature, par J.-B.-J. Augustin. — 
Médaillon bronze, par P.-J. David d'Angers. Ces deux portraits 
au Musée du Louvre. — Buste marbre, par A.-J.-E. Valois, à 
l'École des Beaux-Arts. — Buste marbre, par le même, au Musée 
d'Angers. — Médaillon marbre, par un Inconnu, au cimetière 
Montparnasse. 

Ghaumoat, peintre. Buste terre cuite, par J.-B.-J. De Bay père, au 
Musée de Nantes. 



— 174 — 

Chenard (Simon), artiste dramatique et violoncelliste. Peinture, par 
L.-L. Boilly^ au Musée de Lille. 

Chenu (Pierre), graveur. Dessin, par \xn Inconnu^ collection du baron 
de Hochschild. 

Cherier (Bruno-Joseph), peintre. Buste bronze, par J.-B. Carpeaux^ 
appartient à la famille du modèle. 

Chéron (Elisabeth-Sophie), peintre et musicienne. Peinture, par 
E.-S. Chéron^ au Musée de Versailles. — Dessin, par la même, 
collection Etienne Arago. 

Gherubini (Marie- Louis -Charles -Zenobe -Salvador), compositeur. 
Peinture, par X-il.-Z). Ingres. — Dessin, par F.-J. Heim. — 
Médaillon bronze, par P.-J. David d'Angers. Ces trois portraits au 
Musée du Louvre. — Peinture, par H. Flandrin, d'après J.-A.-D. 
Ingres, au Musée de Versailles. — Peinture, par M™« Dumont, 
collection de M™" Duret. — Dessin, par /.-A.-D. Ingres, collection 
Ambroise Thomas. — Buste marbre, par J.-P. Dantan jeune, au 
palais de l'Institut. — Buste pierre, par S. Denécheau, à l'Opéra. 

— Buste plâtre, par J.-P. Dantan jeune, au Musée de Varzy. 
Chinard (Pierre), sculpteur. Son profil dans le tableau Illustrations 

lyonnaises, par F. Chatigny. — Statuette terre cuite, par P. Chi- 
nard. — Buste marbre, par A. Guillot. Ces trois portraits au 
Musée de Lyon. 

Chintreuil (Antoine), peintre. Buste pierre, par J.-B. Baujault, à 
Pont-de-Vaux. 

Chopin (Frédéric-François), pianiste et compositeur. Dessin, parF.- 
V.-E. Delacroix, collection Louis-Antoine- Léon Riésener. — 
Médaillon marbre, par J. Clésinger, au cimetière du Père-Lachaise. 

Christophe (Joseph), peintre. Peinture, par H. Drouaispère, à l'Ecole 
des Beaux-Arts. 

Clairon (Claire-Josèphe-Hippolyte Legris de Latude , dite M"«), 
artiste dramatique. Peinture, par un Inconnu. — Dessin, par l'un 
des Van Loo. — Buste marbre, par J.-B. Lemoyne. — Buste terre 
cuite, par le même. Ces cinq portraits à la Comédie-Française. — 
Tapisserie, par un Inconnu, collection Vail. 

Clarac (Charles-Othon-Frédéric-Jean-Baptiste), peintre et écrivain. 
Buste marbre, par A. Arnaud, au Musée du Louvre. — Buste 
marbre, par J.-C Dubois, au palais de l'Institut. 

Cochin (Charles-Nicolas), dessinateur et graveur. Peinture, par Al. 
Roslin, au Musée de Versailles, — Peinture, par M. L.-M. van Loo, 
collection de W^^ Frère, née Tardieu. — Dessin, par un Inconnu, 
collection de Concourt. 

Cogniet (Léon), peintre. Peinture, par L. Bonnat, au Musée du 
Luxembourg. — Peinture, par un Inconnu. Rome, Villa Médicis. 

— Dessin, par /. Pils. — Autre dessin, par le même. Ces deux 
portraits font partie de la collection de M""» Coeffier. — Médaillon 



- 175 - 

bronze, par P.->J. David d'Angers^ au Musée du Louvre. — Médail- 
lon en pierre d'Euville, par H. -M. -A. Chapu, au cimetière du Père- 
Lachaise, 

Coiny (Jacques-Joseph), graveur. Peinture, par F.-X. Fabre^ au 
Musée de Versailles. 

Coiny (Joseph), graveur. Peinture, par N.-A. Hesse. Rome, Villa 
Médicis. — Médaillon marbre, par un Inconnu, au cimetière Mont- 
parnasse. 

Golbert (Edouard, marquis de Villacerf), surintendant des Bâtiments 
du Roi. Buste marbre, par M. Desjardins, au Musée du Louvre. 

Colbert (Jean -Baptiste, marquis de Seignelay) , surintendant des 
Bâtiments du Roi. Peinture, par Ph. de Champaigne, collection 
Edouard André. — Peinture, par R. Nanteuil, collection Julien 
Gréau. — Aquarelle, par un Inconnu. — Buste marbre, par M. 
Anguier. Ces deux portraits au Musée du Louvre. — Buste bronze, 
par le même. Rome, Villa Médicis. — Buste plâtre, par un Inconnu, 
à la Bibliothèque Sainte -Geneviève. — Bas-relief marbre, par 
A. Coy^evox, collection de Sarcus. 

Colignon (Joseph), peintre. Peinture, par J. Colignon. Florence, 

Collard (Marie-Anne-Herminie Bigé, dame), peintre. Statue marbre, 

par J. Franceschi, au cimetière Montparnasse. 
Gollin de Vermont (Hyacinthe), peintre. Peinture, par Al. Roslin, 

à l'Ecole des Beaux- Arts. 
Colombe (Marie - Thérèse - Théodore - Romboncoli - Riggieri , dite) , 

artiste dramatique. Miniature, par F. Soiron, collection Leroux. 
Colon (M™e Jenny), artiste dramatique. Peinture, par C.-A. Fou- 

longne, au théâtre du Vaudeville. 
Colson (Jean-Baptiste-Gilles), peintre. Peinture, par J.-F.-G. Colson, 

au Musée de Dijon. 
Constaut-Dufeux ( Simon-Claude ) , architecte. Peinture , par H. 

Flandrin. Rome, Villa Médicis. — Médaillon bronze, par Oudiné, 

appartient à l'auteur. 
Corbel (Victor), sculpteur. Médaillon pierre, par un Inconnu, au 

cimetière Montparnasse. 
Corbet (Charles-Louis), sculpteur. Peinture, par L.-L. Boilly, au 

Musée de Lille. 
Corneille fils (Michel), peintre. Peinture, par R. de Tournières, à 

l'École des Beaux-Arts. 
Corot (Jean-Baptiste-Gamille), peintre. Peinture, par /. -5-. C. Corot. 

Florence, Uffi^^çi. — Peinture, par B. Masson, collection Moreau- 

Chaslon. — Peinture, par L. Belly, collection de M™" Belly. — 

Médaillon marbre, par A. Geoffroy- Dechaume, à Ville-d'Avray. 

Henry Jouin. 
[A suivre.) 



— 176 — 
ÉPITAPHES DE PEINTRES 

RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT 
l'ordre CHRONOLOGIQUE. 

J.-M.-ALEXANDRE DUPUIS. 
LV. Dupais. — 1854. 

l3 JANV. 1854 

J. -M. -ALEX" DUPUIS 

PEINTRE d'histoire, PROF., 

MEMBRE DE LA LÉGION d'hONNEUR, 

ETC., ETC. 

IL FUT LE PLUS PARFAIT 

DES HOMMES, CHERI DE SA FAMILLE, 

AIMÉ DE SES ÉLÈVES ET 

DE TOUS CEUX QUI l'oNT CONNU. 

IL LAISSE DANS LES CŒURS 

DES REGRETS ÉTERNELS. 

MARIE FARCY, NÉE DUPUIS, 
MORTE A 26 ANS, LE 24 AVRIL 1862. 

(Montmartre, 32" division.) 

H. J. 



NECROLOGIE. 



Leleux (Armand-Hubert-Simon), peintre de genre, né à Paris en 
1818, est mort dans les premiers jours de juin i885. Élève de Ingres, 
il a passé plusieurs années en Italie et a rempli une mission en 
Espagne. Ses tableaux exposés aux Salons de Paris de 1840 à i883 
lui ont valu plusieurs médailles en 1844, 1847, 1848, 1869, et la 
croix de la Légion d'honneur en 1860. Il était le frère de M. Adolphe 
Leleux. — H. J. 

DuPONT-ZiPCY (Emile), peintre, professeur de dessin et critique 
d'art, né à Douai le 14 mars 1822, est mort à Paris dans les premiers 
jours de juin i885. Il était élève de Souchon et avait suivi les cours 
des écoles académiques de Lille. Il prenait part au Salon de Paris 
depuis 1868. Une toile, ayant pour titre Fleuristes, a été exposée par 
lui au Salon de i885. — H. J. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



REVUE DE L'ART FRANÇAIS 

ANCIEN ET MODERNE. 



12. — Décembre 1885. 



PARTIE ANCIENNE. 



PIERRE BIARD. 

La statue de la Renommée du musée du Louvre. 

(I597-) 

Un excellent travailleur, M. A. Communay, prépare un ouvrage 
qui sera du plus grand intérêt, et qui, sous le titre de Chronique de 
Cadillac^ contiendra l'histoire ]our par jour, pour ainsi dire, du 
célèbre château des Foix-Candalle et des d'Épernon (fin du xvi° siècle 
et première moitié du xvn«). Cette histoire sera retracée d'après des 
documents qui, pour la plupart, n'ont pas encore été utilisés. L'ami- 
cale obligeance de M. Communay me permet de publier, comme 
échantillons, deux pièces dont on appréciera la haute valeur; la 
seconde de ces pièces surtout est remarquable, car elle nous apporte 
une révélation des plus curieuses au sujet de cette statue de la 
Renommée que l'on admire au Louvre. Les plus habiles critiques, à 
Paris comme à Bordeaux, ont vainement cherché, jusqu'à ce jour, 
l'époque précise de l'exécution de ce chef-d'œuvre et le nom de son 
auteur. Grâce aux heureuses trouvailles de M. Communay, on saura 
désormais, de la façon la plus certaine, qu'en septembre 1 597, Pierre 
Biard fut chargé par Jean-Louis de Nogaret d'élever dans l'église 
collégiale de Saint-Biaise de Cadillac, en l'honneur de Marguerite de 
Foix de Candalle, duchesse d'Épernon, un monument funéraire que 
surmontait une figure de Renommée. 

Ph. Tamizey de Larroque. 

REV. ART FR. II 12 



— 178 — 
I. 

[A Bordeaux, 26 août iSgy.] — A esté présent Pierre Biard, 
architecte et esculteur [sic] du Roy, habitant de la ville de Paris, 
en la paroisse Saint-Paul et rue de la Sarisaye près l'Archenac de 
pouldres, lequel de son bon gré et volenté a promis et promet par 
ces présentes à haute et puissante dame Marie de Foix et de Can- 
dalle, dame vicomtesse de Ribeyrac, Montagrier, Montcucq, Cas- 
tetneu de Medoc, Puypaulin et autres places... 

C'est à sçavoir de faire, dans le couvent des Augustins de ceste 
ville et dans le cœur d'icelle, ung monument pour feu hault et puis- 
sant seigneur François Monsieur de Foix et de Candalle, quand 
vivoit evesque d'Ayre *... 

Lequel monument sera de marbre noir, de huict pieds de haul- 
teur, de dix pieds de long et ung base garny de six consolles de 
cuyvre et de six festons et de quatre globes mathématiques, dans 
lequel base sera posé le corps dudict seigneur, lesquelles consolles, 
festons et globes seront de cuyvre jaulne reluisant en couleur d'or, 
et soubs ledict base y faire ung soubzbassement de marbre de 
couleur, garny de huict tables de marbre noir pour escrire ce qu'il 
plaira à ladicte dame et que ledict Biard fera escrire et dorer ^ ; 
autour duquel soubz bassement y aura quatre figures quy repré- 
senteront les quatre vertus cardinales, à sçavoir : Prudence, Tem- 
pérance, Forse et Justice ; dans lequel soubzbassement sera posé le 
corps, avecques chasse de plomb, de feue haulte et puissante dame 
Jacqueline de Foix, sœur dudict feu seigneur et de ladicte dame 
de Ribeyrac; lesquelles quatre figures seront de cuyvre jaulne en 
couleur d'or, et sur ledict base sera faict ung ornement de marbre 
de couleur, dans lequel ornement sera mis et posé le pourtraict et 
figure dudict feu seigneur de marbre blanc, et sur le dict orne- 
ment ung aultre pourtraict priant à genoulx, vestu en accoultre- 
ment d'evesque avec sa chappe romaine et pontificalle, laquelle 
figure sera faicte priant en forme contemplative en la fasson de 
sainct François transfiguré, aussi de marbre blanc, avecques Tordre 



1. Voir : Notes et documents inédits pour servir à la biographie de Chris- 
tophe et de François de Foix -Candalle, évéques d'Aire, 1877, in-S». 

2. On trouvera l'inscription dans la brochure qui vient d'être citée, p. 25, 
note 2. 



— 179 — 

du Sainct-Esprit ^ , devant laquelle figure sera auprès de ses 
genoulx posé la figure de la mitre episcopalle avec ses houppes 
pendantes; toutes lesquelles figures seront de mesme grandeur 
qu'estoit ledict feu seigneur de Foix et de Candalle luy vivant, et 
par le hault dudict ornement et par les deulx boutz y aura deux 
armoiries de la maison de Foix et Candalle luy vivant, et par le 
hault dudict ornement et par les deux boutz y aura deux armoi- 
ries de la maison de Foix et de Candalle, de chescun cousté une, 
lesquelles armoiries seront de cuyvre Jaulne. Tout lequel susdit 
monument cy dessus speciffié ledict Pierre Biard sera tenu de faire 
et parfaire bien et deuement de tous poincts suivant le pourtraict 
qu'il en a baillé à la dicte dame et sera tenu fournir toutes choses 
et matières qu'il y sera besoing et requis de faire et icelluy poser 
et le rendre parfaict bien et deuement au dire des gens experts 
dans ung an et demy prochain, à peine de tous despens, dom- 
maiges, intérêts, moyennant la somme de cinq mille escus sol., 
à soixante sols pièce, sur laquelle somme la dicte dame fera remettre 
à Paris, le 1 5 octobre prochain venant, deux mille escus, le restant 
payable à la fin de la besongne; et de tant que ledict Biard a dict 
ne pouvoir faire pourter ne conduire en ceste ville le dict monu- 
ment que par eau, ont arresté que la dicte dame portera le risque 
de mer, mais que touteflfois le dict Biard pourtera tous frais qu'il 
conviendra faire pour le port et conduicte de la dicte œuvre. 

Et ont esté faictes les dites promesses au chasteau de Puypaulin, 
en présence de M® Florimond de Raemond, conseiller au parle- 
ment de Bordeaux 2, et de M^ Claude de Caudale, escuyer, sei- 
gneur de Beauséjour. 

II. 

[A Bordeaux, 3 septembre 1 597.] — Entre Pierre Biard ^ archi- 
tecte et sculteurdu Roy, habitant de la ville de Paris, rue de la 
Sarisaye, parroisse de Sainct-Pol, et près l'Archenac de pouldres, 
lequel de son bon gré et volenté a promis et promet par ces pré- 
sentes à hault et puissant seigneur messire Jean Loys de la Val- 
lette, duc d'Espernon, pair et coUonel de France, etc. 

1. Henri III avait nommé François de Foix commandeur de l'ordre du 
Saint-Esprit, le 3i décembre iSSy. (Voir même brochure, p. 28, note i.) 

2. Voir : Essai sur la vie et les œuvres de Florimond de Raymond (Bor- 
deaux, 1867, in-S"). 



— i8o — 

C'est à sçavoir, de faire dans Téglise collégiale Sainct-Blaise de 
Cadillac, au lieu où il luy sera monstre parle dict sieur ou aultre 
le sépulcre de feu haulte et puissante dame Marguerite Loyse de 
Foix de Candalle, quand vivoit espouze dudict seigneur duc, et 
duchesse d'Espernon, lequel sépulcre sera d'ung ordre dorique 
compositte, sçavoir de six colonnes de huict piedz de hault tant en 
la basse que chapiteau, sçavoir sept pieds pour le fust de la colonne 
et ung pied pour la basse et chapiteau, sur lesquelles colonnes 
et chapiteau sera posé une architabre [sic] et corniche doricque 
composique de vingt poulces de hault ou environ, et sur la dicte 
corniche sera posé une forme de piédestal de quatre pieds et demy 
de hault ou environ, aulx deux coustés duquel piédestal seront 
mises les effigies priantes à genoulx tant dudict seigneur duc que 
de la dicte feue dame son espouze, et par les deux boutz d'icelluy 
piédestal seront mises, sçavoir, par le devant les armoiries de mon- 
dict seigneur, et par le derrière tant celles dudict seigneur que de 
la dicte dame my parties, et devant les dictes armoiries sur deulx 
colonnes seront posées sur l'une un casque et gantelets et sur 
l'aultre et dernier ung trophée d'armes; sera aussi tenu faire sur le 
dit piédestal une forme de basse composite de deux pieds de hault 
ou environ, sur laquelle basse sera posée de cuyvre une figure 
de Renommée sur le plan desdictes colonnes, et sur ung pHnte 
de cinq à six poulses de hault et de six pieds de long et aultantde 
large faisant forme carrée, sur lequel plinte et au milieu desdictes 
colonnes sera tenu poser un vase ou tumbeau de six pieds de long 
ou environ et de quatre de large et de quatre de hault et sur ledict 
vase seront posées effigies gisantes tant de mondict seigneur que 
de madicte dame, au tour duquel vase sera tenu poser deux tables 
pour y escrire par ledict Biard ce quy plaira audict seigneur en 
lettres dorées; tout lequel susdictouvraige, sauf la figure de Renom- 
mée, sera de marbre, sçavoir les figures de marbre blanc sans 
vayne et tout le reste de marbre de couleur, le tout tel et plus beau 
quy se pourra trouver au mont Pyrené, laquelle sépulture et 
ouvraige susdict le dict Biard sera tenu de faire en tous poinctz 
bien et deuement, suivant le pourtraict que le dict Biard en a 
baillé audict seigneur, paraffé de raoy dict notaire, et avoir le tout 
faict et parfaict et posé dans la dicte église de Cadillac au lieu qui 
lui sera monstre et ce dans deux ans prochains à compter du jour 
du premier paiement quy sera cy après declairé et ce à peyne de 
tous despens, dommaiges et intérêts. 



— iSl — 



Et a esté faicte la susdicte promesse moiennant la somme de 
4,000 escus sol., laquelle somme le dict seigneur a promis de paier 
audict Biard ou à son certain mandement, sçavoir 4,000 livres 
lorsqu'il commencera à faire la dicte sépulture, aultres 4,000 livres 
lorsque le dict Biard aura faict la moitié de cette besoigne et le reste 
et fin de paiement lorsque la dicte sépulture sera faicte et parfaicte. 
Et de tant que le dict Biard est contraint de faire les cinq figures 
en la ville de Paris, a esté arresté qu'il sera tenu les faire porter 
et conduire en la ville de Cadillac à ses coutz et despens et le dict 
seigneur portera le risque de la mer. 

Faict et passé à Bourdeaux, au chasteau de Puypaulin, le dict 
jour 3 septembre iSgy, en présence de Pierre Mellan (?), sieur de 
Sainctonys, conseiller du Roy en ses conseils d'Estat et intendant 
de finances en France, de Ramond de Forgues, secrétaire du dict 
seigneur duc, et de Loys de la Grange, aussy secrétaire du dict 
seigneur duc. 



INVENTAIRE DES BIENS DE CHARLOTTE FACHON, 

DAME DE BIÈVRE, ÉPOUSE DE CHARLES DE l'hOSPITAL, 
MARQUIS DE CHOISY. 

(1625.) 

L'inventaire suivant, inséré dans le contrat de mariage de la dame de Bièvre 
avec le marquis de Choisy, nous a paru curieux, tant en raison de la nature 
des objets énumérés qu'à cause de leur valeur. Cette énumération se passe 
facilement de commentaire et de notes. Nous signalons particulièrement au 
lecteur les articles relatifs aux tapisseries d'Auvergne et de Rouen ; nous conti- 
nuerons à douter que les dernières soient autre chose que des étoffes de ten- 
tures faites au métier et comportant des dessins variés comme les Bergames. 
Mais c'est encore ces vingt-six tableaux sur marbre, grands et petits, qui 
constituent la principale originalité de cet inventaire. On voit que Jacques 
Stella n'a fait, en peignant sur marbre, qu'employer un procédé fort usité 
avant lui. 

J. J. G. 

10 novembre 1625. 

Brief estât des meubles appartenans à dame Charlotte Fachon, 
dame de Bièvre (annexé à son contrat de mariage avec Charles 
de l'Hospital, marquis de Choisy, en date du ig novembre 
1625). 
Premièrement, dix huict plats d'argent, vingt quatre assiettes, 



— l82 — 

ung bassin, deux esgueres, une salliere, ung sucrier, ung vinai- 
grier, trois flambeaux, deux petitz chandelliers, ung petit bassin, 
une escuelle à oreille, une bassinoire, ung pot de chambre, douze 
cueilliers, douze fourchettes, une grande plaque vermeille doré 
poisant vingt marcqs, le tout prisé à cinq mil livres, cy. v*" 1. 

I tem, une chesne de diament, vallant cinq mil livres, cy. v" 1. 

Item, quarente une perles rondes, vallant quatre mil livres, 
cy un™ 1. 

Item, ung poinson de cinq gros diamens, vallant deux mil 
livres, cy n*" 1. 

Item, bague d'un diament, vallant mil livres, cy . . m 1. 

Item, ung lict de broderie d'or et d'argent, et complect, doublé 
de thoille d'argent, avecq la garniture de la chambre pareille, val- 
lant la somme de quatre mil livres, cy rni" 1. 

Item, ung autre lict de damas rouge cramoisy et doubles pantes, 
tout complect avecq tapis et sièges, pareille garniture entière de la 
chambre, vallant dix huict cens livres, cy xvin<> 1. 

Plus, ung lict de damas bleu, tout garny et complect, avecq les 
siège de chambre de velours bleu chamarré de clinquant d'or et 
d'argent, vallant quinze cens livres, cy xv^ 1. 

Plus, ung grand lict de taffetas de la Chine tout complect, val- 
lant trois cens livres, cy iiio 1, 

Plus, un grand lict de serge verte bonne, en broderie de velours 
vert, tout complect, vallant deux cens livres, cy. . . . ii<^ 1. 

Plus, six autres lictz à housses, de plusieurs couleurs, au prix de 
cent cinquante livres pièce, qui est six cens livres, cy. . vi^ 1. 

Plus, une tanture de chambre et brocatelle d'or d'incarnat et 
bleu, avecq les sièges pareils et forme et tapis de table, vallant 
douze cens livres, cy xn« 1. 

Plus, une tanture de brocatelle de soie incarnat, blanc et vert, 
vallant mil livres, cy m 1. 

Plus, une tanture de tapisserie de Flandres, vallant cinq cens 
livres, cy v« 1. 

Plus, une tanture d'Auvergne à personnages, vallant trois cens 
livres, cy iii"^ 1. 

Plus, cinq autres tentures de tapisserie de Rouen, vallant cent 
livres tournois pièce, qui sont tous ensemble cinq cens livres t , 
cy v^ 1. 

Plus, ung cabinet d'ebeyne montant à la somme de six cens 
livres t., cy vi'= 1. 



— i83 — 

Plus, unze grands tableaux sur marbre vallant la pièce la somme 
décent cinquante livres t., qui seroit pour tous lesd. tableaux 
ensemble seize cens cinquante livres, cy xvi^ l 1. 

Plus, trois autres grands tableaux sur bois, vallant la somme 
de six cens livres, cy vi*= 1. 

Plus, quinze autres petits tableaux sur marbre, vallant la somme 
de deux cens livres, cy 11*= 1. 

Plus, en batterye de cuisine et autres ustancilles de bois, tables 
et autres choses utiles et nécessaires à la cuisine, vallant la somme 
de cent cinquante livres, cy cl 1. 

Le tout revenant et montant ensemble à la somme de trente 
cinq mil cent livres, cy xxxv™ c 1. 

(Arch. nat., Y 172, fol. 23 r°.) 



CLAUDE PÉLISSIER 

PEINTRE ET COMÉDIEN. 
(1659-1666.) 

Document communiqué par M. Albin Rousselet. 

7 may 1666. 

« Monsieur Perreau < a dit que Marie Belleville se présente pour 
estre apprentisse sage femme à THostel Dieu, qu'ayant fait informa- 
tion de ses vie et mœurs, on luy a raporté qu'elle estoit veuve d'un 
homme qui avoit esté comédien^ qu'elle-même avoit monté sur le 
théâtre ; qu'elle est demeurée d'accord du premier et non du second, 
qu'elle a dit que son mary estoit peintre de sa vocation. Sur quoy a 
esté leiie une lettre de recommandation du S"" Arnault, ministre de 
l'Hôpital du S' Esprit, en faveur. Sur quoy la Compagnie a aresté 
qu'avant que de délibérer, elle sçaura dudit sieur Arnault dont la 
probité est très-connue, quelle certitude il a de l'honnesteté de ladite 
Belleville, pour après en délibérer à nouveau 3. » 



1. L'un des administrateurs. 

2. La Compagnie, ou Conseil d'administration de l'Hôtel-Dieu de Paris, se 
composait, à cette époque, de M. de Lamoignon, premier président de la 
cour du Parlement, de l'archevêque de Paris, du premier président à la Cour 
des aides, M. Amelot, et de différents personnages notables, conseillers du 
roi, trésoriers de France, etc. 



— i84 — 
12 may. 

« Veu au Bureau le certifficat de MM. les curez, vicaire et princi- 
paux habitans de la paroisse de S^ Sauveur, touchant la probité de 
Marie Belleville, veuve de Claude Pélissier^ peintre ordinaire de la 
Chambre du Roy, et la missive du sieur Arnault, prestre, ministre de 
l'hospital du S» Esprit, qui asseure de la même chose. La Compagnie 
a arresté que ladite Belleville sera receiie aprentisse sage femme à 
l'Hostel Dieu en son rang et avant Marie Chamelart, qui ne s'est 
présentée que cejourd'huy. » 

Les délibérations qui suivent n'ont plus d'importance. Le lo sep- 
tembre, on fait verser les 76 livres de rigueur, sans le paiement des- 
quelles on ne pouvait étudier les accouchemens dans la maison, et le 
1 7 décembre de la même année, Marie Belleville sort avec son cer- 
tificat des services rendus dans l'Hostel Dieu en qualité d'apprentisse 
sage femme. 

(Extrait des Registres des délibérations de l'Hostel Dieu de Paris. Année 1666. 
Reg. 34.) 



Claude Pélissier, comédien de province, s'intitulant « comédien du 
Roy, » était, en lôSg, dans la troupe de Mitallat, à Lyon. Ce fut dans 
cette ville que sa femme, Marie Boldville, le rendit père d'une fille 
baptisée le i^r avril lôSg, en l'église paroissiale de Sainte-Croix. 

MONVAL, 

Archiviste de la Comédie-Française. 



JACQUET, DIT GRENOBLE. 

Le Germain du Grenorle, du dernier numéro de la Revue., p. 162, 
est un nom de forme bien singulière, qu'on ne trouverait pas dans 
le Dictionnaire des Postes. En réalité, la mention se rapporte à un 
artiste appartenant à une famille de sculpteurs, connue depuis 
Henri II au moins, sinon depuis François !<"', jusqu'à Louis XIII. 
Sans entrer dans le détail, qui serait trop long, il suffira de rappeler 
le passage de la lettre de Malherbe à Peiresc, du 26 juin 1610 (Caen, 
1822, in-80, p. 154). Il y dit que, pour la pompe funèbre, « il se fit 
deux effigies par commandement ; Dupre:( (c'est le grand médailliste 
Dupré) en fit l'une et Grenoble l'autre Celle de Grenoble l'em- 
porta parce qu'il avoit des amis; elle ressembloit fort, à la vérité, 
mais elle étoit trop rouge et faite en poupée du Palais. » C'est préci- 
sément l'effigie du feu roi, payée 800 livres, et, comme tous les 
Grenoble sont des Jacquet^ il faut lire ici, malgré la faute, soit de la 



— i85 — 

lecture moderne, soit de l'ancien copiste : « A Jacquet dit Grenoble^ 
maître sculpteur, etc. » La mention nous apprend que le Grenoble de 
Malherbe s'appelait Germain. On trouve dans le catalogue Joursan- 
vault, n» 828, un Mathieu Jacquet de Grenoble, sculpteur ordinaire 
du roi et Garde de ses Antiquités, qui fait, en 1602, quatre petites 
tables de marbre, enchâssées dans du bois, pour la chapelle de la 
Reine. Le beau bas-relief équestre de Henri IV, qu'on admire encore 
au château de Fontainebleau, est incontestablement, comme le répète 
l'abbé Guilbert (Description de Fontainebleau, 1731, II, p. 49-52), de 
Jacquet dit Grenoble. Il n'y a donc pas moyen de voir autre chose 
qu'un Grenoble dans notre Grenorle pour ne pas ajouter un nom de 
plus à la liste, déjà trop nombreuse, des artistes qui n'ont jamais existé. 

A. DE M. 



CHARLES-NICOLAS COCHIN. 

(1747-) 

Nous relevons la mention suivante sur le registre des Menus- 
Plaisirs du roi pour l'année 1747. Il s'agit ici du second mariage du 
dauphin avec Marie-Josephe de Saxe, 

Henry de Ghennevières. 

« Au sieur Cochin, graveur ordinaire du Roy, la somme de dix 
mille huit cens livres pour les desseins .qu'il a faits et les planches 
qu'il a gravées des festes données à Versailles pendant la présente 
année 1747, à l'occasion du mariage de Monseigneur le Dauphin, 
ainsy qu'il est cy après détaillé. 
« Sçavoir : 

« La somme de trois cent livres pour le dessein en cartouche et la 
planche qu'il a gravé du Billet d'entrée au bal Paré, ensemble la 
fourniture du papier d'hollande et le tirage de deux mille estampes 
de ladite planche, cy 3oo liv. 

« La somme de quatre mille livres pour une planche gravée, repré- 
sentant le Jeu du Roy et de la Reine, avec l'assemblée de toute la 
Cour jouant dans la grande Gallerie de Versailles, Leurs Majestés y 
teTians grands appartemens à l'occasion dudit mariage, cy. 4,000 liv. 

« Pareille somme de quatre mille livres pour une autre planche 
gravée, représentant la place d'armes et la décoration élevée dans 
l'avenue de Paris, entre la grande et petite Écurie de Versailles, pour 
les illuminations faittes à l'occasion dudit mariage, cy . 4,000 liv. 

« La somme de deux mille cinq cent livres pour les deux desseins 
finis des deux planches, cy 2,5oo liv. » 

(Archives nationales, vol. O' 2985.) 



— i86 — 

LES CARIATIDES DE PUGET. 

On vient de mettre la main à la restauration, impatiemment attendue, 
du portique, des Cariatides et du balcon que Puget termina en 1657 
pour l'hôtel de ville de Toulon. Cette restauration est confiée à MM. Allar 
frères, artistes, le sculpteur surtout, bien connus. Les Toulonnais pourront 
bientôt voir, dans son éclat primitif, le chef-d'œuvre qu'ils sont si fiers de 
posséder. 

En 1692, Frayiçois Floiir, maître peintre, reçut 75 livres « pour avoir 
donné et rais un vernis sur les figures et au reste de ce qui compose le bal- 
con de l'hôtel de ville du cousté du port. » Jean-Baptiste Dubreuil, sculp- 
teur, reçoit, en 1735, 220 livres « pour avoir réparé le balcon et le nétoyer 
des termes de Puget. » En 1761, le Conseil délibère de faire réparer « le 
Portique du fameux Puget. » Dans la réunion du Conseil général de la com- 
mune, du 18 juillet 1791, tous les conseillers adoptent la proposition faite 
par un de leurs collègues sur les mesures à prendre pour la conservation 
« du monument de Puget. » Le Directoire du département donna son appro- 
bation sur la proposition adoptée par le Conseil, le 2 juin 1792. En 1827, 
le portique et les cariatides furent à nouveau restaurés, et, en 1828, Cariani, 
habile mouleur italien^ moula les figures. Une Commission municipale des 
Beaux- Arts se borna, en 1867, à faire nettoyer l'œuvre entière de Puget. 

(Archives communales.) "" 

Ch. GiNoux, 
Rapporteur de la Commission 
des Cariatides en i885i. 



PARTIE MODERNE. 



LE MUSÉE DES PORTRAITS D'ARTISTES. 

(Suite^.) 

Cortot (Jean- Pierre), sculpteur. Peinture, par un Inconnu. Rome, 
Villa Me'dicis. — Peinture, par J.-A.-D. Ingres.^ collection du 
docteur Savornin. — Peinture, par J.-A.-D. Ingres. — Dessin, par 
le même. Ces deux portraits font partie de la collection de M™* la 
comtesse de Comps. — Buste marbre, par R. Mathieu-Meusnier^ 
au Musée du Louvre. — Buste marbre, par un Inconnu, au palais 
de l'Institut. 

Cotte (Robert de), architecte. Peinture, par P. Guérin. — Buste 
plâtre, par A. Coyi^evox. Ces deux portraits au Musée de Ver- 
sailles. — Buste marbre, par le même, à la Bibliothèque Sainte- 
Geneviève. — Pastel, par /. Vivien, au Musée du Louvre. 

1. Le Gouvernement demande au Maire de Toulon l'autorisation de faire 
mouler le portique de Puget après sa restauration. Le moulage serait des- 
tiné, paraît-il, à augmenter les collections du Musée du Trocadéro. — Ch. G. 

2. Voir les livraisons d'octobre i885, p. 162, et de novembre, p. 169. 



- i87- 

Gottier (Maurice), peintre. Peinture, par M. Cottier^ collection de 
M">e Cottier. 

Couchery (Victor), sculpteur. Médaillon bronze, par E.-N. Faillot^ 
au cimetière du Père-Lachaise. 

Couder (Louis-Charles-Auguste), peintre. Peinture, par L.-C.-A. 
Couder. Florence, Uffî^!(i. 

Couderc-Gentillon, architecte. Peinture, par J.-A.-D. Ingres., col- 
lection Hippolyte Gouderc. 

Couperin (François), organiste et claveciniste. Peinture, par Cl. Le- 
febvre., au Musée de Versailles. — Peinture, par A. Bouys, collec- 
tion de Sarcus. 

Court (Joseph-Désiré), peintre. Peinture, par un Inconnu. Rome, 
Villa Médicis. — Buste pierre, par A. Marquet de Vasselot, au 
Musée de Rouen. 

Courtois (Jacques), dit le Bourguignon, peintre. Peinture, par J. 
Courtois. Florence, Uffi^^i. 

Cousin (Jean), peintre. Son profil dans le tableau du Jugement der- 
nier., par J. Cousin, au Musée du Louvre. — Statue marbre, par 
H.-M.-A. Chapu., à Sens. 

Goustou jeune (Guillaume), sculpteur. Peinture, par De Lyen, à 
l'École des Beaux-Arts. — Son profil dans le tableau Illustrations 
lyonnaises, par F. Chatigny. — Buste marbre, par Bonnaire. Ges 
deux portraits au Musée de Lyon. 

Coustou fils (Guillaume), sculpteur. Peinture, par F.-H. Drouais, 
à l'École des Beaux-Arts. 

Coustou aîné (Nicolas), sculpteur. Peinture, par /. Legros, à 
l'École des Beaux-Arts. — Peinture, par N. de Largillière. — 
Buste terre cuite, par G. Coustou. Ges deux portraits au Musée de 
Versailles. — Son profil dans le tableau Illustrations lyonnaises, 
par F. Chatigny, au Musée de Lyon. — Buste marbre, par J. 
Legendre-Héral, au Musée du Louvre. — Autre buste marbre, par 
le même, au Musée de Lyon. — Dessin, par un Inconnu, collection 
de Concourt. 

Cou tan, amateur. Dessin, par P. Delaroche, au Musée du Louvre. 

Coutan (Paul-Amable), peintre. Peinture, par un Inconnu. Rome, 
Villa Médicis. 

Couture (Thomas), peintre. Buste bronze, par L.-E. Barrias, au 
cimetière du Père-Lachaise. 

Coypel (Antoine), peintre. Peinture, par Ant. Coypel, au Musée de 
Versailles. — Peinture, par le même. Florence, Uffi^p. 

Coypel (Gharles-Antoine), peintre. Peinture, par C.-A. Coypel, à 
l'École des Beaux-Arts. — Pastel, par le même, au musée d'Orléans. 

Coypel père (Noël), peintre. Peinture, par A''. Co^j^e/ /ère, à l'École 
des Beaux-Arts. 



— i88 — 

Go3rpel (Noël-Nicolas), peintre. Peinture, par N.-N. Coypely à l'Ecole 
des Beaux-Arts. 

Coyzevox (Antoine), sculpteur. Buste marbre, par A. Cqyi^evox. — 
Peinture, par E. Lecomte^ reproduite en tapisserie des Gobelins, 
pour la galerie d'Apollon. Ces deux portraits au Musée du Louvre. 
— Peinture, par G. Allou. — Peinture, par J.-B. Maw^aisse, d'après 
Allou. — Buste marbre, par A. Bosio neveu^ d'après A. Coyzevox. 
Ces trois portraits au Musée de Versailles. — Son profil dans le 
tableau Illustrations lyonnaises^ par F. Chatigny. — Peinture, par 
J.-C. Bonnefond. Ces deux portraits au Musée de l.yon. — Pein- 
ture, par H. Rigaud, collection Eudoxe Marcille. — Statue plâtre, 
par J.-A. Dro:^^ au Musée de Varzy. — Buste terre cuite, par 
J.-L. Lemoyne, à l'École des Beaux-Arts. — Son profil dans le bas- 
relief Audience donnée aux ambassadeurs du roi de Siam^ bronze, 
par A. Coyzevox ^ au Musée de Rennes. 

Crignier (Louis), peintre. Médaillon plâtre, par P.-J. David d'An- 
gers^ au Musée d'Angers. 

Grozatier (Charles), fondeur. Buste pierre, par un /nconnw, au cime- 
tière du Père-Lachaise. 

Crucy (Mathurin), architecte. Buste marbre, par J.-B. De Bay fils, 
au Musée de Nantes. 

Daguerre (Louis-Jacques-Mandé), peintre. Peinture, par P.-C. Car- 
pentier^ à la Direction des Beaux-Arts. — Dessin, par F.-J. Heim, 
au Musée du Louvre. — Buste, par R. Mathieu-Meusnier, à l'Aca- 
démie nationale de musique. — Buste bronze, par C.-R. Capellaro, 
à Cormeilles-en-Parisis. 

Damas (Alexandre-Martial-Auguste), artiste dramatique. Peinture, 
par J.-A. Pinchon. — Autre peinture, par le même. Ces deux por- 
traits à la Comédie-Française. 

Damery (Eugène-Jean), peintre. Peinture, par un Inconnu. Rome, 
Villa Médicis. 

Dancourt (Florent Carton), poète et artiste dramatique. Buste 
marbre, par /.-/. Foucou, à la Comédie-Française. — Autre buste 
plâtre, par le môme, au Musée de Versailles. 

Dandré-Bardon (Michel-François), historien, peintre, graveur et 
musicien. Peinture, par Roslin, à l'École des Beaux-Arts. 

Dantan (Antoine-Joseph-Laurent), sculpteur. Médaillon marbre, par 
J.-P. Dantan jeune, au cimetière du Père-Lachaise. 

Dantan aîné (Antoine-Laurent), sculpteur. Peinture, par un Inconnu. 
Rome, Villa Médicis. — Médaillon marbre, par J.-P. Dantanjeune, 
au cimetière du Père-Lachaise. 

Dantan jeune (Jean-Pierre), sculpteur. Médaillon marbre, par .4.-1.. 
Dantan aîné, au cimetière du Père-Lachaise. 

Daubigny (Charles- François), peintre. Buste bronze, par A.-V. 
Geoffroy-Dechaume, au cimetière du Père-Lachaise. 



— i89 — 

Daumas (Louis-Joseph), sculpteur. Peinture, par A. Laugier^ col- 
lection du docteur Lambert. 

David (Charles), musicien, peintre et sculpteur. Peinture, par C 
David, au Musée d'Avignon. 

David (Félicien), compositeur. Buste marbre, par F. Triiphême^ au 
Musée d'Aix. 

David-Leroy (Jean), architecte. Buste marbre, par A. Chaudet, à 
l'École des Beaux-Arts. 

David (Jacques-Louis), peintre. Peinture par J.-L. David. — Pein- 
ture, par Af. Cochereau. — Buste marbre, par F. Rude. — Médail- 
lon bronze, par P.-J. David d'Angers. Ces quatre portraits au 
Musée du Louvre. — Peinture, par M"e Goie/roj'. — Buste plâtre, 
par F. Rude. Ces deux portraits au Musée de Versailles. — Peinture 
sur lave, par R.-P. Ba^e., à l'École des Beaux- Arts. — Peinture, par 
un Inconnu., au Palais de l'Institut. — Peinture, par J.-M. Vien, au 
Musée d'Angers. — Peinture, parH.-L. Doucet. Rome, Villa Médi- 
cis. — Peinture, par J.-L. David. — Peinture, par le même. Ces 
deux portraits font partie de la collection du baron Jeanin. — Autre 
peinture, par le même, collection Burat. — Peinture, par J.-M. 
Langlois., collection Amédée-Jérôme Langlois. — Dessin, par J.-L. 
David., collection de Concourt. — Son profil dans : Homère déifié, 
dessin, par /.-^l.-Z). Ingres.^ collection de M">e Ingres. — Médaillon 
bronze, par un Inconnu., au cimetière du Père-Lachaise. 

David père (Pierre- Louis), sculpteur. Son profil dans : Intérieur de 
la famille de David d'Angers., dessin, par J.-J.-T. Delusse., au 
Musée d'Angers. 

David d'Angers (Pierre-Jean), sculpteur. Dessin, par F.-J. Heim, au 
Musée du Louvre. — Peinture sur lave, par R.-P. Bal^^e., à l'École 
des Beaux-Arts. — Peinture, par A.-A.-E. Hébert., d'après J.-^.-Z). 
Ingres. Rome, Villa Médicis. — Peinture, par le même. — Dessin, 
par J.-A.-D. Ingres. Ces deux portraits font partie de la collection 
Robert David. — Dessin, par L. Crignier. — Son profil dans Inté- 
rieur de la famille de David d'Angers, dessin, par J.-J.-T. Delusse. 
— Buste marbre, par F.-C.-A. Toussaint. — Buste plâtre, par 
Robert David. — Autre buste plâtre, par le même. — Médaillon 
plâtre, par le même. — Statue plâtre, par H. Louis-Noël. — Sta- 
tue plâtre, par J.-A.-J. Falguière. — Statue plâtre, par A. Schoe- 
newerk. — Statue plâtre, par F. Taluet. Ces dix portraits au Musée 
d'Angers. — Statue bronze, par H. Louis-Noël, place de Lorraine, 
à Angers. — Son profil dans le bas-relief des Funérailles du géné- 
ral Foy, par P.-J. David d'Angers; marbre au Père-Lachaise; 
plâtre au Musée d'Angers; dessin, collection Robert David. 

Dazincourt (Joseph-Jean-Baptiste Albouis, dit), artiste dramatique. 
Peinture, par un Inconnu, à la Comédie-Française. 

[A suivre.) Henry Jouin. 



— igo — 

ÉPITAPHES DE PEINTRES 

relevées dans les cimetières de paris et publiees suivant 
l'ordre chronologique. 

CHARLES- NICOLAS LEMERCIER, M"« SOPHIE-CLÉMENCE 
LACAZETTE. 

LVI. Lemercier. — 1854. 

ICI REPOSE 

CHARLES-NICOLAS LEMERCIER 

ARTISTE PEINTRE 

DÉCÉDÉ LE 7 AVRIL l854 

A l'âge 

DE 

57 ANS 

REGRETTÉ DE SA VEUVE 

ET DE SES AMIS. 

ELISABETH CLÉMENT 

V^e LEMERCIER PERRON 

ÉPOUSE RENARD 

DÉCÉDÉE LE l6 JUIN 1881 

A l'aGE de 70 ANS 

PRIEZ POUR ELLE. 

NICOLAS PERRON 

MÉDECIN 

CHEVALIER DE LA LÉGION d'hONNEUR 

NÉ A LANGRES (hAUTE-MARNe) 

DÉCÉDÉ A PARIS LE II JANVIER 1876 

A l'âge de 79 ANS. 

REGRETTÉ DE SA VEUVE 

ET DE SES AMIS. 

(Montparnasse, 6= division.) 
LVII. Mii« Lacazette. — 1854. 

s. -CLÉMENCE LACAZETTE, 

DISTINGUÉE DANS L'ART 

DE LA MINIATURE, 

DÉCÉDÉE LE 27 OCTOBRE l854, 

DANS SA QUATRE-VINGT-UNIÈME ANNÉE. 

DE PROFUNDIS. 

(Père-Lachaise, 22' division.) 

H. J. 



— 191 — 

NÉCROLOGIE. 
Desavary (Charles- Paul), peintre de paysages, né à Arras, est mort 
dans cette ville le 8 juin i885. Élève de C. Dutilleux et de Corot ^ cet 
artiste avait exposé à Paris, en 1882, Le bassin du rivage à Arras^ et 
Le matin en automne; en i883, L'Automne et L Hiver, et, au Salon de 
cette année, Le chemin de la chapelle de Saint-Quillien à Lucheux 
(Somme). « Desavary, nous écrit M. Advielle, son compatriote, élève 
et gendre de Dutilleux, beau-frère du lithographe Robaut, est resté 
l'ami de Delacroix et de Corot, qui ont fait de fréquents séjours à 
Arras, chez cet artiste. » — H. J. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Inventaire général des Richesses d'art de la France, Province, Monu- 
ments civils, tome III, Musées d'Angers, par M. H. Jouin. — L'importante 
collection publiée par la Direction des Beaux-Arts, et poursuivie sans inter- 
ruption depuis douze ans, vient de s'enrichir d'un nouveau volume. C'est le 
cinquième de l'Inventaire. D'autres s'impriment en ce moment; plusieurs 
livraisons de ceux-ci ont déjà paru. Avant peu de temps, la collection sera 
doublée. L'histoire et le catalogue des Musées d'Angers ne pouvaient être 
confiés à une plume plus compétente que celle de M. H. Jouin, le dévoué 
secrétaire de la Commission de V Inventaire. Les études spéciales de M. Jouin 
sur David d'Angers lui ont permis de présenter une nomenclature raisonnée, 
des plus intéressantes et des plus complètes, de l'œuvre immense du grand 
sculpteur angevin. Ainsi se poursuit cette oeuvre éminemment utile et 
patriotique attaquée par certains avec la plus extrême violence et la plus 
insigne mauvaise foi. Il sera bien facile de démontrer, quand on en aura le 
loisir, qu'au fond des calomnies dont l'entreprise a été l'objet, il n'y a qu'une 
simple question de boutique. Nous parlerons un jour de tout cela avec 
détail. Personne n'y perdra rien pour attendre. — J. J. G. 

Réunion des Sociétés des Beaux- Arts des départements à la Sorbonne 
du 8 au II avril i885, neuvième session. Compte-rendu officiel. — Paris, 
Pion, i885, in-S" de 388 pages, avec 2 pi. dans le texte. — 11 y a déjà plu- 
sieurs mois que ce volume a paru; ainsi, l'administration des Beaux-Arts et 
en particulier le Bureau des Musées et de l'Inventaire des Richesses d'Art de 
la France n'ont pas perdu de temps pour présenter à leurs correspondants 
et à leur public habituel le compte-rendu des travaux de l'année. Nous 
relevons dans cette publication, éminemment utile, le titre des principaux 
articles qui , tous ou presque tous, ont pour objet l'Art français : Pierre 
Besnard, peintre angevin, par M. Tancrède Abraham. — Jacques de Par- 
roys, peintre verrier, né à Saint-Pourçain en Bourbonnais, par M. Ernest 
Bouchard. — Dépouillement (au point de vue des artistes) des requêtes pré- 
sentées au roi de France, en i586 et 1587, par M. J. Roman. — La Danse 
des morts ; peintures murales de la Haute-Loire ; la Danse macabre du cou- 
vent de la Chaise-Dieu, par M. Léon Giron. — Restauration des peintures 
de la chapelle de la Vierge en l'église Notre-Dame de Reims, par M. le cha- 



— 192 — 

noine Cerf. — Anoblissement d'artistes lorrains, par M. Albert Jacquot. — 
Discours préliminaire sur l'Académie de peinture et de sculpture de Mar- 
seille, par M. Etienne Parrocel. — Notes inédites sur Antoine Watteau, par 
M. Victor Advielle. — Orfèvrerie, serrurerie et fonderie d'art à Toulon aux 
xvii" et xviii" siècles, par M. Charles Ginoux. — Autobiographie de l'archi- 
tecte Pierre- Adrien Paris, par M. A. Castan. — Lettres de David d'Angers 
au sujet du monument de Fénelon, par M. A. Durieux. — Le sculpteur Cor- 
lay, par M. L. Ollivier. — De la reproduction des tableaux, aquarelles, et 
en général de tous les objets d'art ou naturels, de couleurs diverses, par 
M. Léon Vidal. — Notes et documents relatifs à Caire-Morand, fondateur de 
la manufacture royale de cristal de roche de Briançon (Hautes-Alpes) en 1778, 
par M. l'abbé P. Guillaume. — Jean-Marie-Joseph Ingres père, peintre et 
sculpteur, par M. Edouard Forestié. — La tapisserie dans la Brie et le Gâti- 
nais, par M. Th. Lhuillier. — Schnet^ et son époque. Lettres inédites sur 
l'art, par M. G. Le Breton. — Essai sur les principes de la peinture. Confé- 
rence inédite de Jean Restout (i755), communiquée par M. Anatole de Mon- 
taiglon. — J. J. G. 

La Collection de statues du marquis de Marigny (1725-1781), par 
M. Eugène Plantet, ouvrage illustré de 28 héliogravures. — Un procès reten- 
tissant et une revendication infructueuse, d'ailleurs assez mal présentée 
par la conservation du Musée du Louvre, ont récemment attiré l'attention 
des curieux sur la collection de statues qui décorait les jardins du château 
de Ménars depuis la mort du frère de M""" de Pompadour. Il est plus 
que probable que les discussions soulevées au sujet de la propriété de ces 
marbres ont singulièrement contribué à augmenter leur valeur aux yeux des 
amateurs, et n'ont pas été étrangères aux prix élevés qu'ils ont atteints dans 
la vente publique faite en vertu d'un jugement. Maintenant que ces œuvres, 
tout empreintes du charme de l'art du xviii* siècle, sont dispersées, il était bon 
qu'un amateur consacrât à leur histoire un livre durable. M. Plantet s'est 
acquitté de ce soin avec une véritable passion de bibliophile. Dans un somp- 
tueux volume sorti des presses du maître imprimeur de la rue Saint-Benoît, il 
esquisse à grands traits la biographie du marquis de Marigny, le défend, avec 
preuves à l'appui, du reproche de s'être approprié un bien qui ne lui appar- 
tenait pas, et enfin donne, d'après les gravures au trait du rarissime cata- 
logue de 1785, une idée de ces fameuses statues, objet de débats acharnés. 
A ces dessins, souvent peu fidèles, l'auteur a joint, quand il l'a pu, des 
reproductions de photographies prises d'après nature. Il a conservé ainsi 
aux travailleurs et aux curieux la véritable physionomie de morceaux pré- 
cieux devenus à peu près inaccessibles aujourd'hui. Parle rapprochement de 
ces photogravures, prises directement sur les originaux, et des fac-similés 
des gravures au trait du Catalogue de 1785, on peut juger combien ces 
dernières donnaient peu l'idée des originaux. Une réduction du beau portrait 
de M. de Marigny, gravé par Wille d'après Tocqué, et une vue du château 
de Ménars dans son état actuel complètent ce bel ouvrage; il ne saurait 
manquer de recevoir le meilleur accueil du public spécial auquel il s'adresse. 

J. G. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



TABLE 
ANALYTIQUE ET RAISONNÉE 

DE LA DEUXIÈME ANNEE 
(l885). 



SIGNES ET ABRÉVIATIONS : 

A. signifie Architecte. — Aq., Aquarelliste. — Art. dr., Artiste drama- 
tique. — Art. lyr., Artiste lyrique. — Br., Brodeur. — Carie, Caricaturiste. 

— Cér., Céramiste. — Cis., Ciseleur. — Comp., Compositeur. — Dess., 
Dessinateur. — Ed., Éditeur. — Ém., Émailleur. — Fond., Fondeur. — 
G., Graveur. — Gr. en méd.. Graveur en médailles. — Imp., Imprimeur. 

— Jo., Joaillier. — Lith., Lithographe. — Méd., Médailleur. — Men. éb., 
Menuisier ébéniste. — Mod., Modeleur. — Mon., Monnayeur. — Mos., 
Mosaïste. — Orf., Orfèvre. — P., Peintre. — P. sur porcel., Peintre sur 
porcelaine. — P. verr., Peintre verrier. — Phot., Photographe. — Se, Sculp- 
teur. — Stuc, Stucateur. — Tap., Tapissier. — Verr., Verrier. 

Le mot Bibliogr. indique un article bibliographique spécial ou une men- 
tion d'ouvrage. 
Un astérisque (*) précède les noms de lieux. 



ABBEMA. — ADVIELLE. 

Abbema-Belhatte, g., 32. Académie de Saint-Ferdinand, 67. 

Abd-el-Rhaman, 45. Acis et Galathée, 11. 

Abel de Pujol (Alexandre-Denis), p., Acquerman (Pierre), p., 148. 

154. Actes d'état civil d'artistes français, 

Abel (mort d'), g5. 20, 53, 67, 68, 86, 99, 102, io3, 

*Aboukir, 11. 117, 118, 141, 142, io3, 164. 

Abraham (Tancrède), p., 47, 48, 191. Adam (Adolphe-Charles), comp., 154. 

Abricots (les), 160. Adam aîné (Lambert-Sigisbert), se, 

Académie française, 23. 154. 

Académie de France à Rome. Voy. Adam jeune (Nicolas-Sébastien), se, 

Villa Médicis. 154. 

Académie de Marseille, 164, 192. Adam de France (maître), p., 68. 

Académie nationale de musique, 188. Adieux d'Hector et d'Andromaque, 

Académie de Saint-Luc, 23, 27, b-j, 76. 

82, 154. Adoration des Mages, 147. 

Académie de l'Arcade de Rome, 120. Advielle (Victor). — Le pemtre Lam- 

Académie de Saint-Pétersbourg, 27. périère, 62-63. — Dominique Don- 

REV. ART FR. l3 



194 AGAR. — 

cre, 77. — Jean-Antoine Pinchon, 
109- 1 10. — Son nom cité, 47, 
igi, 192. 

Agar (M""'), 128. 

Agard (Jacques d'), p., 154. 

*Aire, 178. 

*Aix. Voy. Musée. 

Alais (Honoré- Pierre-Désiré), a., 154. 

Alaux (Jean), p., ib^. 

Alavoine (Jean- Antoine), a., 154. 

Albert (M™"), art. dr., 134. 

Alemaigne (Jean d'), serrurier, 146. 

Alexandre, 76. 

Alexandre buvant, tandis que Phi- 
lippe, son médecin, lit la lettre de 
Parmenion, i3. 

Ailar frères, se, 186. 

Allejgrain (Christophe-Gabriel), se, 

Allier'(Achille), g., i55. 

Allou (G.), p., 170, 188. 

Amalric (Jacques), 1 1 . 

Amalric (Jeanne-Marie-Cécile, femme 

de Jacques), 11. 
♦Ambleteuse, 8. 
Amelot, i83. 
Amiard, 47. 
Amiot de la Ville, 66. 
*Amiens, 68, 127. 
Amour ^1'), 26. 

— pique (1'), i3. 

— piqué par une abeille, 1 1. 

— et Psyché, 76. 

— surprenant Psyché (1'), 26. 

— au village (1'), i5. 
Anacréon, 79. 

Anaïs (M'"), art. dr., i55. 
Ancelot (Marguerite-Virginie Char- 
don, dame), p., i55. 
André (Edouard), 175. 
Andrieux, i5. 
Andrieux (Alexandre), 78. 
Andrieux (Elisa Marilnat, femme), 

Anciromaque, 76. 

— (la douleur d'), 6i. 

— pleurant sur le corps d'Hector, 61. 
Andromède, 45. 

Androuet du Cerceau (Jacques), a., 

i55. 
*Angers, 42, 47, 96, 107. Voy. Musée. 
Angiviller (comte d'), 71, 118, 119, 

i55. 
Angoulême (duc d'), 25. 
Angoulême (duchesse d'), 25. 
Anguier (M.), se, i75. 
Anisson (d'), 91, io3. 
Anne d'Autriche, io2-io3. 
Anne de Bretagne, 83, 97. 
Anne, femme àe Louis Xllj^ 42. 
Ansiaux ( Jean-Joseph-Eléonore-An- 

toine), p., 93, i55. 
Antin (duc d'), i55. 



AUBRY. 

Anvers, 5, 46. 

Apelle peignant Campaspe devant 

Alexandre, 76. 
Arabes en voyage (les), 45. 
Arago (Etienne), 174. 
Architectes de la Renaissance (les), 

21 . 
Architectes, 14, 24, 126, 128, 139, 

143, 145, 154-159, 164, 169-175, 

186-189, 192. 
Architecture, 128. 
Archives du Musée des monuments 

français. Bibliogr., 96. 
Archives nationales, 5, 56, 70, 71, 

90, 96, ii8, 162, i63, i83, i85. 
Archives des Affaires étrangères, 69, 

108, 1 15, i5i. 
Archives de la Chambre des Comptes, 

161. 
Archives de l'Art français, 83. 

— [nouvelles), 58, 84. 
Archives d'Amiens, 68. 

Archives municipales de Bordeaux, 

118, 166. 
Archives communales de Toulon, 

66, 100, 186. 
*Arcole, 1 1 . 
Argentiers (les), 21. 
Argus, 3i. 
Aristodème, 43. 
Arlaud (Antoine), p., i55. 
Arlaud (Jacques), p., i55. 
Armand (François- Huguet), art. dr., 

i55. 
Armoriai général de l'Anjou, 96. 
Arnaud (A.), se, 174; 
Arnaud (Antoine), 107. 
Arnault, i83, 184. 
Arnould (Madeleine-Sophie), art. dr., 

i55. 
*Arras, 16, 62, 63, 77, 146, 191. 

Voy. Musée. 
Arras (le bassin du rivage à), 191. 
Artistes lyriques et dramatiques, 1 54- 

159, £69-175, 187-189. Voy. Por- 
traits d'artistes. 
Artistes angevins, 107. 

— cambrésiens, i32. 

— français à l'étranger, 27. 
Artois (comte d'), 106, 122. 

Artot (Alexandre-Joseph Montagny, 

dit), comp., i55. 
Assemblée générale des membres de 

la Société, 81 -85. 
Atala, 126. 
*Athènes, 28, 95. 

— (vue du temple d'Erechtée à), 128. 
Athiaud, 149, i5o. 

Attainville (Jauvin d'), i55. 
Attiret (Claude- François), se, i55. 
Auber ( Daniel - François - Esprit ), 

comp., i52, i55. 
Aubry (Et.), p., 154. 



AUBRY. — BERAIN. 



Aubry (Louis-François), p., i55. 

Audience. Voy. Siam. 

Audiffret (Antoine- Vidal d'), 164. 

Audran (Girard), g., 25, i55. 

Auguste, orf., i55. 

Augustin (Jean-Baptiste-Jacques), p., 

i35, i56, ibj, 173. 
*AuInay (Charente-Inférieure), 126. 
Aumale (duc d'), 4.5, 170. 
Aumont (duc d'), 8. 
*Austerlitz, 12. 
*Auteuil, 12. 
Automne (!'), 191. 
Autreau (Jacques), p., i56. 
*Auxerre, 42. 
Aved (J.-A.-J.), p., 172. 
Aveline (Charles), orf., 23. 
♦Avignon, iSg. Voy. Musée. 
Avis au lecteur, 1-2. 
Azaïs ( Pierre - Hyacinthe ) , comp., 

i56. 

Bacchante, bj. 

Bacchus et Ariane, 11. 

Bâche. Voy. Vien (comtesse). 

Bachelier (Jean-Jacques), p., i56. 

Bailleul, g., i63. 

Baillot (Pierre - Marie - François de 
Sales), comp., i56. 

Bailly, maire de Paris, 74, i65. 

Ballin (Claude), orf., 39. 

Ballu (Théodore), a., 14, 128, i56. 

Baltard (Victor), a., i36. 

Baltard (M»»), i56. 

Balze (R. P.), p., 172, 189. 

Baptiste aîné (Nicolas-Anselme), art. 
ar., i56. 

Baptiste cadet (Paul-Eustache-Ansel- 
me), art. dr., i56. 

Baraguay (Thomas-Pierre), a., i56. 

Bardm (Jean), p., i56. 

Bardon (Antoine), p., 78. 

Bardon fJeanne Bornet Léger, fem- 
me), 78. 

Barjavel, iSg. 

Barnouin (Vincent), p., 119-121. 

Baron (Michel Boyron, dit), art. dr., 
i56. 

Barra, tambour d'Arcole, 74. 

Barrère, 74. 

Barrias (Louis-Ernest), se, i58, 187. 

Barroilhet (Paul-Bernard), art, lyr., 
i56. 

Barrois (François), se, i56. 

Bart (Jean), 43. 

Barthélémy (R.), se, 170. 

Barye (Antoine-Louis), se, i56. 

Basan père, g., 36-38. 

Bassano (duc de), 75. 

Bastard (Auguste de), 145. 

Bastien-Lepage (Jules), p., i5. 

Bataille (Nicolas), tap., 146. 

Batbedat, i65. 



195 

Batton (Désiré- Alexandre), comp., 

i56. 
Baudet (Marie), 67. 
Baudry (Paul), p., i55, i58, lôg. 
Baudry (collection), 61. 
Baujault (J.-B.), se, 174. 
*Bayonne, 127. 
Bazin (Francois-Emmanuel-Joseph), 

comp., ib6. 
Beaubrun fCharles), p., 157. 
Beaubrun (Henri), p., 157. 
Beaubrun (l'un des), p., 173. 
Beaubrun. Voy. Duhamel (Cathe- 
rine). 
Beaucé (Jean-Adolphe), p., 157. 
Beauclerc (de), 66. 
Beaucousin (Jean), orf., 22, 38. 
Beaufort (Jacques-Antoine), p., 157. 
Beaugrand (M"'' Léontine), danseuse, 

157. 
Beaumarchais (Alfred-Henri Delarue 

de), 157. 
Beaumarchais (Pierre-Augustin Ca- 

ron de), 157. 
Beaume (J.), p., i55. 
Beaumont (Claude-François), p., 157. 
*Beaune. Bibliothèque, i6. 
Beauregard. Voy. Brioy. 
Beauvais (de), orf., 139. 
*Beauvais. Manufacture, i6. 
Beauvallet, se, 44. 
Beauvallet (Pierre-François), art. dr., 

157. 
Beauvarlet, g., 142. 
*Bédarrides, 141. 
Béguin, se, 4.3. 
*Belfort, 120. 
Bélisaire, 12. 

— (le petit), 62. 

— et l'enfant, 61. 

— reconnu par un soldat, 61. 
Bellanger (François-Joseph), a., 157. 
Belle (Clément- Louis-Marie), p., 157. 
Belle (Nicolas-Simon-Alexis), p., 

157. 
Bellefontaine (de), 24. 
Bellel, p., 32. 

Bellevilie (Marie de). Voy. Pélissier. 
Bellier de la Chavignerie (Emile), 

27, 70. 
Belloc (Hilaire), p., 157. 
• Belly (L), p., 175. 
Belly (collection de M™"), 175. 
Beimont (M""»), art. dr., 157. 
Benedetto, p., 55. 
Bénédictines (les Religieuses), 114. 
Benoise ou Benoisse (Guillaume), 

orf., 23. 
Benoise (Jacques), orf., 23, 38. 
Benoist, dit Du Cercle (A.^, p., 171. 
Benouville (François- Léon), p., 07. 
Benouville (J.-A), p., 157. 
Berain, dess., 70. 



196 

Beraldi ( Henri _). Les graveurs du 
XIX' siècle. Bibliogr., 32. 

*Berg-op-Zoom, i3i. 

Berger (Georges). Exposition univer- 
selle de 1889. Bibliogr., 48. 

Berger-Levrault, éd., 48. 

Berger jetant des fleurs sur un tom- 
beau, 44. 

Bergeret (Guillaume), ii8. 

Bergeret (Pierre-Nolasque), p., 117- 
118. • 

Bergeron (Julien), br., 42, ôg. 

Berghe. Voy. Vande,n Berghe. 

Berghem, p., 26. 

Berghes (Mgr Henri de), i3i. 

*Bergues, 147. 

Berjon (Antoine), p., 157. 

*Berlin. Voy. Musée. 

Berlioz (Hector), comp., 157. 

Bernard (Paul), comp., 157. 

Bernard (Pierre), a., i58. 

Bernard (Samuel), p., i58. 

Bernard fie chevalier), 69. 

Bernard (l'abbé), i63. 

Bernhardt (M"'" Sarah), i5. 

Bernin (le cavalier), se, 140. 

Bernus (Jacques), se, 1 39-141. 

Bernus (Jean-Paul), se, 141. 

Bernus f Joseph), se, 141. 

Bernus (Noël), se, 140. 

Bernus (Marie Rey, femme de Noël), 
140. 

Berry (duc de), 25, 26, 43. 

Berry (duchesse de), i5. 

Bertage (Robert), p., i63. 

Berthélemy ^Féiix), comp., i58. 

Berthevin, cer., ib8. 

Bertin (François-Edouard), p., i58. 

Bertinazzi (Carlin), art. dr., i58. 

Berton (Henri-Montan), comp., i38. 

Berty, 21. 

Bervic (Charles-Clément Balvay), g., 
i58. 

*Besançon, 57. Voy. Musée. 

— Bibliothèque, i55, 157, i58, 170, 

— Couvent des Capucins, 58. 
Besnard (Pierre), p., 191. 
Besnier (Nicolas), orf., 40. 
Bessodes de Roquefeuil. Voy. Saint- 
Etienne. 

Beulé (Charles-Ernest), i58. 

Blanchi, 62. 

Bianchi (M"""), 62. 

Biard (Pierre), se, 177- 181. 

Bibliographie, 16, 32, 47-48,64,80, 
96, 128, 144, 191-192. 

Bidauld (Jean-Joseph- Xavier), p., 1 58. 

Bièvre (dame de). Voy. L'Hôpital. 

Bigé. Voy. Collard (M""). 

Bigottini ( Emilie-Jeanne-Marie-An- 
toinette de la Wateline), art. lyr., 
i58. 



BEBALDI. — BONNIER. 



Billard (M"' Aglaé), 143. 

Bizet ( Adolphe-Maunce-Marie ) , a., 

i58. 
Bizet (Alexandre), comp., i58. 
Blache (de la), 91. 

Blanchard (Charles-Octave), p., i58. 
Blanchard (Edouard-Théophile), p., 

i58. 
Blanchard (Jean-Baptiste), p., 35. 
Blanchard (enfants de Jean-Baptiste), 

35. 
Blanchard oncle (Jean-Baptiste), p., 

i58. 
Blanchard neveu (Louis-Gabriel), p., 

i58. 
Blanchet, p., 149. 
Blaw (J.), 75. 
Blondel (Emilie-Louise Delafontaine, 

veuve), 125. 
Blondel (Marie-Joseph), p., i25, i58. 
Blondel (Pierre), gr. en méd., 146. 
Blot (Maurice), g., i58. 
Blouet (Guillaume-Abel), a., i5q. 
Bocquillon (Guillaume -Louis), dit 

Wilhem, comp., 159. 
Bodinier (Guillaume), p., 159. 
Boely ( Alexandre-Pierre-François ), 

pianiste, iSg. 
BofFrand (Germain), a., 159. 
Boguet (Nicolas-Didier), p., 159. 
Bohémienne disant la bonne aven- 
ture à une jeune Romaine, 77. 
Boieldieu (François-Adrien), comp., 

159. 
Boilly (Edouard), comp., 169. 
Boilly (Julien-Léopold), p., 157, 169. 
Boilly (Louis-Léopold), p., i58, 169, 

170, 173-175. 
Bois (Jean du), gr. en méd., 146. 
Boissieu (collection H. de), 169. 
Boissieu (collection J. de), 169. 
Boissieu (Jean- Jacques de), p., 169. 
Boissy d'Anglas, 45. 
Boissy (le docteur), 108. 
Boiston (Philippe), se, 56-58. 
Boiston fils, se, 58. 
Boidville (Marie), 184. 
Bologne (Jean de), se, 43, i6g. 
Bonaparte à Arcole, 11. 
Bonaparte (J.), 1 1. 
— (les deux filles de Joseph), 76. 
Bonchamps (marquis de), 44. 
Bonnaire, se, 187. 
Bonnard-Bidault, 84. 
Bonnardel (Pierre- Antoine- Hippo- 

lyte), se, 169. 
Bonnat (L.), p., 174. 
Bonnefond (Jean -Claude), p., 169, 

188. 
Bonnet (Jules), 144. 
Bonneval (Jean -Jacques Gimat de), 

art. dr.. 169. 
Bonnier (Jean), 60. 



BONTEMPS. 

Bontemps (Pierre), se, 169. 
Bonval (M"«), art. dr., i6g. 
Bonvoisin (Jean), p., 16g. 
Bordeaux (duc de), 44. 
■^Bordeaux, 7g, 81, 90, 106, m, 112, 

118, 1A.6, 147, i65, 166, 178, 181. 

Voy. Musée. 
Borione (Guillaume-Marie, dit Wil- 
liam), p., 127. 
Bornet Léger. Voyez Bardon (M""»). 
Bornier (Nicolas), se, i6g. 
Bosio neveu (A.), se, 188. 
Bosio (François-Joseph, baron), se, 

24, 25, 43, 169. 
Bossuet, 27, 43. 
Bouchard (Ernest), 191. 
Bouchardon (Edme), se, 82, 170. 
Bouchardy (Et.), dess., i55, i56. 
Bouchaud (Léon-Prudent), p., 170. 
Bouche (Noëlle), 68. 
Bouchel (Guillaume), i3i. 
Boucher (François), p., 170. 
Boucher (Jean), p., 170. 
Bouchetière (de la). Voy. Hus (Ga- 
briel). 
Bouchot (François), p., 46, 170. 
Bouchot (Jules), p., 126. 
Bouillon (le cardinal de), 117. 
Bouillon-Landais, i63. 
Boulanger (G.), p., i58, 172. 
Boulanger (Louis), p., 170. 
Bouliard (M"' Marie-Geneviève), p., 

170. 
BouUe (André), men. éb., 56, 65, 88. 
Boulle (Jean-Baptiste), men. éb. et 

cis., 56. 
Boulle (Jean- Philippe), men. éb., 

88. 
Boulogne ou BouUongne (Bon), p., 

170. 
Boulogne (G.), p., 172. 
Boulogne fils (Louis de), p., 170. 
'Boulogne, 8, 67, 68. 
Bouquin (Etienne), orf., 39. 
*Bourbon - l'Archambault (Allier), 

i55, 164. 
Bourdon (Sébastien), p., 170, 173. 
Bourdon (J.), p. verr., 170. 
Bourgeois (Benjamin -Eugène), g., 

170. 
Bourgeois (Florent-Fidèle-Constant), 

p., 170. 
"Bourges. Voyez Musée. 
Bourgogne (ducs de), 82, i32, 146. 
Bourgogne (Mgr Jean de), i36. 
Bourgogne (Marguerite de), 44. 
Bourgogne (Philippe le Bon, duc de), 

i36. 
Bourguignon. Voy. Courtois. 
Boussac (l'abbé), 118. 
Boussaingault (Etienne), p., 141, 142. 
Boussaingault (Marie-Anne), 142. 
Bousseau (Jacques), se, 170. 



- BUTTURA. 197 

Boutin de Diencourt (René), musi- 
cien, 170. 

Bouvenne (A.), 81. 

Bouys (André), p., 170, 171, 187. 

Bovet (vente), 80. 

Boyaval (Guillaume de), 134. 

Boze, p., 171. 

Bra (TK.-F. -Marcel), se, 43, 44, 171. 

Braquehaye, 48. 

Brascassat (Raymond), p., 171. 

Brassart, archiviste, 1 3o. 

Brenet (Nicolas-Guy), p., 171. 

Bresdin (Rodolphe), gr., 3i. 

*Bressuire, 161. 

Bretagne (Anne, femme deLouisXII, 
duchesse de), 41. 

Breton (Luc- François), se, 171. 

Brian jeune (Jean-Louis), se, i56, 
171. 

*Briançon (Hautes- Alpes), 192. 

Bridan (Pierre-Charles), se,. 25, 28, 
43, 44, 171. 

Brion ( Hippolyte - Isidore - Nicolas ), 
se, 171. 

Briot (François), cis., 171. 

Brioy Beauregard (Catherine), 142. 

Briseux (Charles-Etienne), a., 171. 

Brissac (M"' de), i5i. 

Brissay (comte de), 61. 

Brisset (P.-N.), p., i56. 

Brizard (Jean-Baptiste Britard, dit), 
art. dr., 171. 

Brongniart (Alexandre), cér., 171. 

Brongniart (Ed.|, 171. 

Broquier (l'abbé), 164. 

Brosse (Salomon de), a., ii3. 

Brouard, 107. 

Brown, 81. 

Brun (Jacques- Félix), se, 53. 

Brun (Joseph-Sylvestre), gr. sur pier- 
res fines, 171. 

Brun fMarie Reboul, femme de Vin- 
cent), 53. 

Brun (Vincent), 53, 54. 

Brutus (Junius), 62. 

*Bruxelles, 18, 76, 77, 82, I25, i32. 

Bruyas (Alfred), 171. 

Bruyer (L.), se, i58, iSg. 

Bruyère (Claude de la), p., 87. 

Bruyerre, a. — Michel le Brun, p. 
verr., 164-165. 

Bryant, 55. 

Buirette (Jacques), se, 171. 

Buffles (trois), 61. 

Buffon, 26. 

Bulletin des Beaux-Arts. Bibliogr., 
96. 

Bulletin de la Société des Antiquai- 
res de France, 3. , 

Bulletin monumental, 97, 

Bural (collection), 189. 

Butin (Ulysse), p., 171. 

Buttura (Eugène-Ferdinand), p., 171 . 



198 

Buty (Mgr Laurent), 140. 
Buyster (Philippe de), se, 171. 



BUTY. — CHARPENTIER. 



(A.), P 
(Pierre 



., i5, 171. 
-René), p., 170. 



Cabanel 

Cacault 

*Cadillac, 48, 177-181. 

Cadillac {Chronique de), 177. 

*Caen, i55, 184, 

Caffiéri (Hector), 171. 

Caffiéri (Jacques), se. fond, et cis., 

Caffiéri (Jean-Jacques), se, 172. 

Caffiéri (Philippe), se, 172. 

Caillot (Joseph), art. lyr., 172. 

Caire-Morand, chimiste, 192. 

Calamatta (Louis), g., 172. 

Calcar, p., 108. 

Callamard ou Callamare (Charles- 
Antoine), sc^ 172. 

Callion (Jean-Gaspard), se, 26-27. 

Callot (Jacques), p. et g., 172. 

Calvaire (la montée au), 46. 

Camargo (Marie-Anne Cuppi, dite la), 
art. lyr.^ 172. 

Cambert (Rooert), comp., 172. 

'Cambrai, 44, 48, 129-138. 

— (Antiquités de l'église de) et de 
son clergé, i36. 

— {Histoire artistique de l'église de), 
i3i. 

— {Mémoires historiques et chrono- 
logiques sur Véglise de), i3y. 

Camesblert (Jean), 164. 

Camille s'opposant au traité des Gau- 
lois, 2g. 

Campra (André), comp., 172. 

Camus, notaire, 59. 

Candalle. Voy. Foix. 

Cantatrice (une), 126. 

Capellaro (C.-R.), se, 188. 

Capet, orf., 139. 

Capitule de Rome (vue du), 61. 

Caravage (Michel-Ange de), p., 11 5. 

Cariani, mouleur, 186. 

Cariatides, 186. 

Caricaturiste, 127. 

Caristie (Augustm-Nicolas), a., 172. 

Carnier (Jacques), orf,, 40. 

Carondelet (chanoine de), 137. 

Carpeaux (Jean-Baptiste), se, 172, 
174. 

Carpentier (P.-C), p., 188. 

*Carpentras, 140. 

Carrache (Annibal), p., 108. 

Carré (J.), p., 173. 

Carré (Jehanne), 68. 

Cars (Laurent), g., 172. 

Cartellier (Pierre), se, 25, 26, 172. 

Cartouches (les dernières), 128. 

Castan (Auguste). — Les sculpteurs 
Boiston père et fils, 56-58. — Son 
nom cité, 48, 192. 

■*Caudebec (Seine-Inférieure), 164. 



Causin (Arnould), comp., i35. 
Cavelier (A.-L.-M.), dess., 172. 
Cavelier (Pierre-Jules), se, i3, 14, 

172. 
Cavin, p., i5o-i5i. 
Caylus (Anne-Claude-Philippe, comte 

de), dess. et g., 172. 
Cazes (Pierre-Jacques), p., 172. 
Cean Bermudez (Juan-Agustin), 56. 
C. D. S., se, 92-93. 
Ceineray, a., 173. 
Cellerier (Jacques), a., 173. 
Céramiste, i58. 
Cerf (l'abbé), chanoine, 192. 
Cerrito (M""" Francesca, dite Fanny), 

danseuse, 172. 
César (mort de), 73. 
Chabaud (L.-F.), se, i55, 157. 
Chabot (Caroline Vanhove, veuve 

Talma, comtesse de), art. dr., 173. 
Chabouillet, conservateur à la Biblio- 
thèque nationale, département des 

médailles, 85. 
Chabry (Marc), se, 47. 
Chactas au tombeau d'Atala, 126. 
Chahabaham (le sultan), i23. 
*Chaise-Dieu (couvent de la), 191. 
Chalgrin, a., 121, 122. 
Chalgrin, diplomate, 1 21-1 23. 
Challe (Charles-Michel-Ange), p., 173. 
Challe (Simon), se, 173. 
♦Chalon-sur-Saône, 24, 75. 
*Chambéry, 12. 
Chambray (de), 173. 
/■Chamelart (Marie), 184. 
Champaigne (Jean-Baptiste de), p., 

173. 
Champaigne (Philippe de), p., 26, 

173, 175. 
Champfleury, 3i, 80. 
Champmeslé (Marie Desmares, M"''), 

art. dr., 173. 
Chaptal, II. 
Chapu (Henri-Michel-Antoine), se, 

109, 175, 187. 
Charavay (Etienne), 45, 77. 
Charavay (J.), 116, i23. 
Charavay frères, éd., 2, 84. 
Chardin (Jean-Baptiste-Siméon), p., 

71, 173. 
'Charenton, 127. 
Charité (la), 69. 
Charles VI, 145. 
Charles VIII, 147. 
Charles IX, ig. 
Charles X, 11 . 
Charles I", 147. 
Charles II, d'Angleterre (prince de 

Galles, depuis), 7, 54. 
Charlet (Nicolas-Toussaint), p., 173. 
Charmois (Martin de), 173. 
Charolais (Charles, comte de), i36. 
Charpentier, éd., 80, 128. 



CHARPENTfER. — COLON. 



199 



Charpentier (M"" Julie), se, 25, 26, 

42. 
Charpentier (Nicolas), orf., 38. 
Chartres (duc de), 120. 
'Chartres, 20. 

Chartreux dans le désert, 63. 
Charvet fE.-L.-G.), a., 83. 
Chasle, aess., i5i. 
Chasteau (Denise du), 67. 
Chastellux (le marécnai de), 42. 
Château de Clagny, 116. 

— de Fontainebleau, i85. 

— de Marly, 55, 1 17. 

— de Ménars, 192. 

— de Meudon, 65. 

— de Monceaux, 48, 5o, 5i. 

— de Puypaulin, 17g, 181. 
Chatigny fp.), p., 169, 174, 187, 188. 
Chaudet (Antoine-Denis), se, 26, 

170, 173, 189. 

Chaumont, p., 173. 

*Chaumont (Calvados), 63. Voyez 
Musée. 

Chazclles (de), 62. 

Chenard (Simon), art. dr., 174. 

Chenavard (François-Marie), 29. 

Chenavard (Henry), 29. 

Chenavard (Paul-Glaude-Aimé), p., 
29. 

Chénier (André), 84. 

Chennevières (Charles-Philippe, mar- 
quis de), 84, 109, 128, 170. 172. 

Chennevières (Henry de). — Lettre 
de Charles-Nicolas Cochin sur un 
dessin du cabinet du roi, 33-36. — 
Bout de l'an de Louis XIV à Saint- 
Denis, 69-70. — Jean-Bernard Res- 
tout, Ûq. — Dépenses du voyage du 
roi à Compiègne en 1730, 55-56. 
— La cheminée mouvante de Man- 
sart, 108-109. — Un frère de Chal- 
grin. I2I-Ï23. — Envoi d'estam- 
pes fait par Beauvarlet à Hennin, 
142. — Pompe funèbre de Louis XV, 
i5i. — Nicolas Leblond, Claude 
Pillon, Grenoble, Estienne Noder, 
Pierre Le Blanc, Robert Bertage, 
Bailleul, i62-i63. — Charles-Nico- 
las Cochin, i85. — Son nom cité, 

23. 

Chenu (Pierre), g., 174. 

*Cherbourg, oi, 127. 

Cherier (Bruno-Joseph), p., 174. 

Chéron (Elisabeth-Sophie), p., 174. 

Chéron (Paul), 48. 

Cherubini ( M.-L.-C,-Z.-S. ), comp., 

174. 
Chevalier (Hyacinthe), se, 32. 
Chevallier, notaire, 5g, 60. 
Chevreux (Paul). La galerie de pein- 

turedes princes de Salm. Bibliogr., 

16. 
Chcvrîer, 75. 



Chinard (Pierre), se, 174. 
Chillon (le prisonnier de), 45. 
Chintreuil (Antoine), p., 174. 
Choisy. Voy. L'Hôpital. 
Chopin (Frédéric-François), comp., 

Christ. 12, 107. 

— (la barque au), 45. 

— au jardin des Oliviers (le), 45. 

— en croix, 4.5, 62. Voy. Jésus-Christ. 
Christophe (Joseph), p., 174. 
Cimetières. Voy. Clamart. Voy. Paris. 
Citoyen français dans l'intérieur (le), 

*Clagny. Voy. Château. 

Clairembault, 87. 

Clairon (Claire-Josèphe-Hippolyte 

Legris de Latude, dite M"'), art. 

dr., 174. 
Clamart (cimetière de), 26. 
Clarac(CharIes-Othon-Frédéric-Jean- 

Baptiste), p., 174. 
Claude de France, 41. 
Clauwet (François), p., i32. 
Clauwet (Gabriel), p., i3i, i32. 
Clauwet (Jean), p., i32. 
Clauwet fJean-Jeannet). p., i3'2. 
Clément (Elisabeth). Voy. Renard. 
*Clermont, i5, 32. 
Clésinger (J.), se, 174. 
Cloche (Claude), p., i02-io3. 
Cloche (Claude de la), 144. 
Cloche (François), io3. 
Clodion, se, 27. 
CIot-Bey, 1 1 . 
Clouet (François), p., 20. 
Clouet (François), p., 19-20. 
Clouet (Jehan I"), 20. 
Clouet (Jehan), 20. 
Clouet (Jehan 11), p., ig-20. 
Cochereau (M.), p., 189. 
Cochin (Charles-Nicolas), g., 35-38, 

174, i85. 
Coefner ^collection de M°"), 174. 
Cogniet (Léon), p., i5, 154, 175. 
Conu (Guillaume), p., 87. 
Coiny (Jacques-Joseph), g., 175. 
Coiny (Joseph), g., 175. 
Colart de Laon, p., 145. 
Colbert (Edouard, marquis de Villa- 
cerf), 175. 
Colbert (Jean-Baptiste, marquis de 

Seignelay), 116, 175. 
Colignon (Joseph), p., 175. 
Collàrd (Marie- Anne-Herminie Bigé, 

dame), p., 175. 
Collin de Vermont (Hyacinthe), p., 

175. 
Colman (Guillaume), p., i3i. 
Colombe (Marie- Thérèse-Théodore 

Romboncoli - Riggieri , dite), art. 

dr., 175. 
Colon (M"" Jenny), art. dr., 175. 



200 



COLSON. 



Golson (Jean-Baptiste-Gilles), p., 175. 
Combat de Minerve et de Mars, 61. 

— du Giaour (le), 45. 
Gombes (M""), 76. 
Gommunay (A.), 177- 
*Gompiègne, 55-56. 
Compositeurs, i36-i38, 154-159, 

169-175, 187-189. 
Comps (M""* la comtesse de), i86. 
Conquet, éd., 32. 
Gonstant-Dufeux (Simon-Claude), a., 

175. 
*Constantinople, 28. 

— (entrée des Croisés à), 45. 
Conversation espagnole (la), 142. 
Copinet (Joseph-Léon), p., 64. 
Copinet (M"" Rosalie), 64. 
Corbel f Victor)^ se, 175. 
Corbet (Charles-Louis), se, 175. 
Corday (Charlotte), 127. 
Corinne, 12. 

Corlay, se, 192. 
*Gormeilles-en-Parisis, 188. 
Corneille, 2 5, 43. 
Corneille fils (Michel), p., 175. 
Corot (Jean-Baptiste-Camille), p., 

175. 
Cortot (Jean-Pierre), se, 43, 186. 
Corrozet, 23. 
Cossard (Amélie), 3o. 
Gossard (Jean), p., 3o. 
Cottard (Jacques), orf., 3q. 
Cotte (Robert de), a., 186. 
Gottenet, i5i. 
Cottier (Maurice), p., 187. 
Gottier (collection de M""»), 45, 187. 
Gottrau f Adélaïde), 124. 
Cottrau (Pierre-Félix), p., 124. 
Couchery (Victor), se, 187. 
Couder (Louis-Charles-Auguste), p., 

187. 
Couderc (Hippolyte), 187. 
Couderc-Gentillon, a., 187. 
Couperin (François), organiste, 187. 
Courbet (Gustave), p., 157, 171. 
Couriger, se, 157. 
Court (Joseph-Désiré), p., 73, 159, 

187. 
Gourtin (Martial), p., 141. 
Courtois (Jacques), dit le Bourgui- 



gnon, p., 187. 
in (Jean), p., 
Coussemaker (E. de), i36, 137. 



Cousin (Jean), p., 187. 



Cousteaux (Jacques aux), 68. 
Coustou jeune (Guillaume), se, 187. 
Coustou fils (Guillaume), se, 187. 
Coustou aîné (Nicolas), se, 187. 
Coustureau, 162. 
Coutan, amateur, 187. 
Coutan (Paul-Amable), p., i3, 187. 
Couture (Thomas), p., 171, 187. 
Couvert (Jean), orf., 3g. 
Couvet (Edouard), 173. 



— DAVID. 

Goypel (Antoine), p., 187. 

Goypel (Charles-Antoine), p., 187. 

Goypel père (Noël), p., 187. 

Goypel (Noël-Nicolas), p., i88. 

Coyzevox (Antoine), se, 175,186, i88. 

Gngnier (Louis), p., i88, 189. 

Crochet (Jean), orf., 39. 

Crosne (de), 118-119. 

Grosnier, 107. 

Croy (Mgr Jacques de), iSz. 

Crozat, 09. 

Grozatier (Charles), fond., i88. 

Crucy (Mathurin), a., 188. 

Cudot. Voy. Misbach. 

*Gumières (Marne), 29. 

Cuppi (Marie-Anne). Voy. Camargo. 

Cydippe, 25. 

Daguerre (Louis-Jacques-Mandé), p., 

188. 
Damas (Alexandre-Martial-Auguste), 

art. dr., 188. 
Damée ( Marie - Catherine Doriot, 

veuve), m. 
Damery (Jean-Eugène), p., 159-160, 

188. 
Damery (Narcisse-Nicolas). 159-160. 
Dampierre (marquis de). Voy. Picot. 
Dampt (J.), se, i58. 
"Damvillers (Meuse), i5. 
Dancourt (Florent Carton), poète et 

art. dr., 188. 
Dandré-Bardon, p., g. et musicien, 

188. 
Daniel (Marie-Louise-Fédérine), 94. 
Danloux (H. -P.), p., 172. 
DannoUe (les), se, 47. 
Dannreutner, 144. 
Danse macabre (la), 191. 
— des morts (la), 191. 
Danstredon (Catherine), 20. 
Damstredon (Pierre), 20. 
Dantan fAntoine-Joseph-Laurent), se, 

188. 
Dantan aîné (Antoine-Laurent), se, 

159, 188. 
Dantan jeune (Jean-Pierre), se, i55, 

159, 174, 188. 
Danton, 74. 
Darcel ( Alfred ). — Une lettre de 

Chardin, 71. — Ses travaux cités, 

96. — Son nom cité, 85. 
Dargenson, 23. 
Dargenty (G.). — Eugène Delacroix 

par lui-même. Bibliogr., 64. 
Dargenville, 23, 24, 65. 
Daru (comte), 1 1. 
Daubigny (Charles -François), p., 

188. 
Daumas (Louis-Joseph), se, 189. 
Dauphine (la), 11. 
David (Charles), p., se. et musicien, 

i8q. 



DAVID. 



Ducrs. 



201 



David (M. et M"" Eugène), 77. 
David jFélicien), comp., i8g. 
David-Leroy (Jean), a., i8q. 
David (Jacques-Louis), p., 60-62, 189. 
David (M"""), femme du peintre, 76. 
David enfant, fils du peintre (Jules), 

62. 
David (Jules), petit-fils du peintre, 

g.^ 60, 61, 62, 74-77. 
David père (Pierre-Louis), se, 189. 
David d'Angers ( Pierre -Jean ), se, 

43, 44, 127, 1 54-1 56, i58, i59, 

i6g-i75, 188, 189, 191, 192. 
David (Robert), se, i58, iSg, 173, 

189. 
David (baron), 62. 
David (M""° la baronne), 77. 
Davillier (baron Charles), 128. 
Dazincourt (Joseph-Jean-Baptiste Al- 

bouis, dit), art. dr., 189. 
De Bay (J.-B.-J.), se, 26, 43, 44, 173. 
De Bay fils (J.-B.), p., 188. 
De Beauvais. Voy. Beauvais. 
Décadence de la tapisserie à Arras 

pendant la seconde moitié du 

XVI" siècle, i6. 
Decaisne (Henri), 127. 
Décrotteur (le petit), 109. 
Dehement (Pierre), orf., 3q. 
Delacroix (Eugène), p., li, 44, 45, 

64, 128, 171, 174, 191. 
Delacroix. Voy. Verninac (M"'). 
Delafontaine. Voy. Blondel (M°"). 
Delage (M"«], 126. 
Delanaye fCharles), orf., 139, 
Delahaye (Claude), orf., 22. 
Delahaye (Jean), orf. et se, 22. 
Delahaye (René), orf., 38, 39. 
Delaitre, se, 25, 26. 
De La Mothe. Voy. La Mothe. 
Delaplanche (E.), se, i55. 
Delanoue (Claude), orf., 38. 
Delaroche (Paul), p., i55, 159, 169, 

187. 
Delarue. Voy. Beaumarchais. 
De Lens (François), orf,, 40. 
Delille, 26. 

Delisle (Léopold). — Buste de Hen- 
ri IV, 3-4. — Son nom cité, 145, 

146. 
De Louan (Claude), orf., 3g, 
Delusse (J.-J.-T.), dess., 189. 
De Lyen (J.-F.), p., i58, 187. 
Démolins, tap., 121. 
Denais (Joseph). Armoriai général de 

l'Anjou. Bibliogr., 96. 
Denécrieau (Séraphin), se, i 54, 174. 
Denet, notaire, ig. 
Denon (Vivant), i52. 
Départ de Bordeaux, 11. 
— du roi, II. 

Dernières fleurs d'automne, 126. 
Derode (V.), 148. 



Desavary (Charles-Paul), p., igi. 
Descamps, historien, 147. 
Description de Paris, 20. 
Deseille (E.), 67. 
Deseine (Louis-Pierre), se, 25, 42, 

i65-i66. 
Desjardins (Martin), se, 175. 
Desmaisons (Jacques), a., 61. 
Desmottes (Aimé), 128. 
Desprey (L.), se, 171. 
Dessinateurs, 53, 56, 70, 125-127, 

i5i, i8g. 
Dessins, 74, i5i, 154-159, 169-175, 

186-189. 
Dessoles (M"'), 11. 
Destrée (Marguerite), 142. 
Destrée (Pierre), p., 141, 142. 
De Troy (François), p., 55, i56, 

De Troy (J.-F.), p., 173. 

Devaulx (F.-Th.), se, 157. 

Devès, éd., 16. 

Devès, notaire, Sg. 

Devosge (François), p., 83. 

Dictionnaire général des Artistes 
français, 27, 1 18. 

Dictionnaire critique, 20. 

Dictionnaire de forfèvrerie, 21. 

Dictionnaire de Maine-et-Loire, 107. 

Didier, éd., 11 5. 

*Dijon, 3o, 5o, 81. Voy. Musée. 

Distribution des aigles au champ de 
Mars, 75, 76. 

Documents inédits pour servir à l'his- 
toire des arts en Touraine, 34. 

Dominiquin (le). Voy. Zampieri. 

Donabella (Julio), p., 87. 

Doncre (Dominique), p., 77. 

Donker. Voy. Doncre. 

Doriot. Voy. Damée. 

'Douai, i3o, i6g, 176. 

*Douarnenez, 95. 

Doublemard (A.-D.), se, i56. 

Doucet (H.-L.), p., 189. 

Doué fJacques), p., 87. 

Doué (Jean), p., 87. 

Douglas (lord), 76. 

Douleur (la), 61. 

Doumet, se, 120. 

Drolling (Michel-Martin), p., gS-gô, 
i56. 

Drouais père (H.), p., 174. 

Drouais (F.-H.), 187. 

Drouais (P. -F.), p., 170. 

Drouyn (Léo), 146. 

Droz (J.-A.), se, 188. 

Dubois (J.-C.), se, 174. 

Dubois, garde de Monceaux, 5o. 

Dubreuil (Jean-Baptiste), se, 186. 

Dubuisson-Aubenay, ib8. 

Duchesne, p., ii3-ii5. 

Du Chesne (Nicolas), p., 87. 

Ducis (J.-L.), p., 25, 7S, 171. 



202 



DUCIS. — FLEURS. 



87. 



Ducis (Anne-Euphrosie Talma, fem- 
me), 78. 

Duclaux (A.), p., 169. 

Duez (E.-A.), p., 171. 

Dufay, comp., i36. 

Dufour (Nicolas-Simon), p., 141, 142. 

Dufresne. Voy. Gros (Augustine). 

Duhamel (Catherine). Voy. Lives. 

Dujardin (Carie), 2 5. 

Dumas (Alexandre), 173. 

Dumesnil (Henri), i5o. 

Dumonstier (Etienne), p., 66. 

Dumont, se, 42, 48. 

Dumont (Auguste), se, 61, 62, 126. 

Dumont (M""), p., 174. 

Dumont (E.), dess. et gr., 126. 

Dumont (Paul), 126. 

Dumoulin, éd., 98. 

Du Moulin (Pierre), tap., 17-19, 40- 
42, 58-6o. 

Du Moustier (Daniel), p. 

'Dunkergue, 127, 147-14C 

Dupasquier (A.-L.), se, ibj. 

Dupaty, se, 25, 42. 

Duperré, 107. 

Duplessis (Georges), 81, 85, 172. 

Duplessis (J.-S.), p., 154. 

Dupont (Jean-Baptiste), se, 82. 

Dupont-Ëipcy (Emile), p., 176. 

Dupré, se, 87. 

Dupré, gr. en méd., 184. 

Dupré (Louis), p., 28-3o. 

Dupré (Marie-Hyacinthe), 29. 

Dupuis (J.-M.-A.), p., 176. 

Dupuy (Charles), p., io3. 

Durand. Voy. Gros (Madeleine-Cé- 
cile). 

Duret (F.), se, i5, 154. 

Duret (M""=), 17A. 

Durier (L.-M.-J.), 117. 

Durieux (A.). — Les Van Pulaëre, 
129-138. — Son nom cité, 47, 48, 
192. 

Duroc (le maréchal), 1 1 . 

Dusevel (H.), 68. 

Dussieux, 27. 

Dutilleux (C), p., 191. 

Duval (Louis), 48. 

Dyck (Van). Voy. Van Dyck. 

Ebénistes, 56, 88. 

Emailleur, 48. 

Enfant jouant avec un serpent, 43. 

Enghien (duc d'), 25, 42. 

Epaminondas mourant, 25. 

Epernon (duc d'), 48. 

Epernon (famille des d'), 177-181. 
Voy. Foix. 

*Epinal. Voy. Musée. 

Epitaphes de peintres, 9-1 3, 28-3 1, 
46-47, 63-64, 78-80, 93-96, I lo- 
in, 124-125, 143, 159-160, 176, 
190. 



Epitaphes de sculpteurs, 26-27. 

Erasistrate découvre la cause de la 
maladie du jeune Antiochus, 61. 

Erasme poète, i32. 

Ernou (François), p., 107. 

Ernou (Jean), p., 107. 

Ernou fils (Jean), p., 107. 

Ernou (le chevalier), p., 70, 106-107. 

Erondelle (Guillaume), orf., 49-50. 

Errard (Charles), p., 48, 161-162, 
173. , 

Escadre cuirassée de la Manche en 
rade du Havre, 127. 

Escherny (François-Louis d'), 4. 

Espérance (1'), 69. 

Espercieux, se, 25. 

Estrades (comte d'), 147, 148. 

Estrée (Gabrielle d'), 22. 

Etats généraux (une séance des) sous 
Louis XII, 95. 

*Etretat, 126. 

Etudes de pêches, 160. 

Eucharis, 76. 

Eude (Ad.), se, iby. 

Eudel (Paul). — L*Hôtel Drouot et 
la curiosité. Bibliogr., 80. — Col- 
lections et collectionneurs. Bi- 
bliogr., 128. 

Eugène, 1 1. 

*Euville, 175. 

Expositions, i5, 44-45. 

*EyIau, 1 1 . 

Fabert (le maréchal), 44. 

Fabisch (J.), se, 169. 

Fabre (F.-X.), p., 175. 

Fabré, éd., 96. 

Faïence, 48. 

Faigneux, notaire, 59, 60. 

Faille, i5o. 

Faillot (E.-N.), se, 187. 

Falconet, se, 25. 

Falguière (J.-A.-J.), se, 14, 189. 

Farcy (Marie Dupuis, dame), 176. 

Fauconnier, 83. 

Faure (M°" Félix), 157. 

FayoUe (Joséphine de), 2g. 

Félibien, 65. 

Fénelon, 44^ 192. 

Ferdinand ftls (L.-E.), p., i58. 

Ferrier (J.-M.-A.-G.), p., i58. 

Fessard, se, 43. 

Feuillade (de la), 24. 

Fidière (O.), 81. 

Filassier (Pierre), orf., 38. 

Fillcn (Benjamin), 32, 99, i5i. 

Flagellation de Jésus-Christ, i3. 

Flandrm (Hippolyte), p., 174, 175. 

Flandron (René), 34. 

Flatters, se, 2 5, 26. 

Fleury (le cardinal de), 69, 159. 

Fleuristes, 176. 

Fleurs d'automne, 126. 



FLEURS. 



GINOUX. 



203 



Fleurs d'hiver, 126. 

♦Florence, i52, i55, 170, 172, 175, 
187. 

Florimond de Raymond, 179. 

Flour (François), p., 186. 

Foertsch fcabinet), 117. 

Foins (les), i5. 

Foix de Candalle (Mgr François de), 
évêque d'Aire, 178. 

Foix de Candalle (Jacqueline de), 
178. 

Foix de Candalle, duchesse d'Eper- 
non (Marguerite de), 177, 180. 

Foix de Candalle, vicomtesse de Ri- 
beyrac (Marie de), 178. 

P'oix-Candalle (famille des), 177-181. 

*Fontaine-Iez-Luxeuil, 58. 

Fontainebleau, Voy. Château. 

Fonteneile, 26. 

Forbin (amiral), 26. 

Force (la), 178. 

Forestié (Edmond), 47. 

Forestié (Edouard), 192. 

Forestier (Adolphe), p. et gr., 143- 
144. 

Forge (la), i5. 

Forgues (Ramond de), 181. 

Fortia (Gaspard), marquis de Mont- 
réal, 141. 

Fortin (A. -F.), se, 25, 26, i56. 

Foscari (les deux), 45. 

Fossé- Darcosse, 117. 

Fou (le), 127. 

Foucou (J.-J.), se, 25, 188. 

Foulongne (Gh.-A.), p., i54, 157, 
175. 

Fouquiéres (Jacques de), p., 65-66, 
100-102. 

Fourcault. Voy. Frohart. 

Fourcy (de), loi. 

Fournier (le général), 11. 

Foy (funérailles du général), 173, 
189. 

Foyatier, se, 44. 

Français (F.-L.), p., i56. 

Franceschi (J.), se, 175. 

François P'', 11, 19, 41, 43. 

François II, gq. 

Franqueville (P. de), se, 169. 

Frémmet (Jehan), 07. 

Fréminet (Martin), orf., 67. 

Fréminet (Martin), p., 67. 

Fréminet (Pierre), orf., 67. 

Fréminet (Simon), 67. 

Freppa (Lina Cottrau, femme), 124. 

Frère (M"""), 174. 

Frohart (Baudrin de), sieur de Four- 
cault, 68. 

Furtado (M™' de), 76. 

Gabet, 27. 
*Gacé (Orne), 47. 
Gagnereaux, p., 16. 



Gaillot (Bernard), p., 78. 

Galbrund (Alphonse-Louis), pastel- 
liste, 160. 

Gallard-Lépinay (Paul-Charles-Em- 
manuel), p., 126-127, 

Galle, 1 1 . 

Galle. Voy. Guyot (Marie). 

Galles (le prince de), i5o. 

Galles (prince de). Voy. Charles II. 

Gallois (cabinet), 117. 

Gard (vue du pont du), 32. 

Gardinier (Charlotte), 68. 

Garnier (Etienne-Barthélémy), p., 

^ 93-94- . ^ 

Garuyer, notaire, 60. 

Gatteaux (J.-E.), se, 43, 44, i58. 

Gaucherel (Emile-Lambert), dess., 

125. 

Gaucherel (Léon), i25. 

Gaulle, se, 25. 

Gayrard, se, 26. 

Geffroy (E.-A.-F.), p., 157, 169. 

'Genève, 89, 142. 

Gennerari. Voy. Benedetto. 

Geoffrin, 106. 

Geoffroy (Claude), 20. 

Geoffroy (Ed.-A.-F.), p., i55. 

Geoffroy (Guillaume), p., 20. 

Geoffroy-Dechaume (A.-V.), se, 175, 
188. 

Gérard (François-Pascal-Simon, ba- 
ron), 11-12, i55, 171. 

Gérard (Marguerite-Françoise Mattei, 
femme de François), 12. 

Gérard (Jacques-Alexandre), 12. 

Gérard ( Sophie - Catherine Sylvoz, 
femme de Jacques-Alexandre), 12. 

Gérard (A. -A. -M. Misbach, veuve), 
143. 

Gérard (le Père), 74. 

Germain, orf., 69. 

Germain (Léon), 144. 

Germain et Grassin, éd., 96. 

Gérusez, i35. 

Geuslain (Ch.-Et.), p., i56. 

Ghykière (Adrien), p. verr., 148, 
149. 

Giacomotti (F.-H.), p., 172. 

Gibert, se, 120, 121. 

Gill (André), carie, 127. 

Gilles (Honoré), notaire, 10 1. 

Gillot (Claude), 20. 

Gilquin (François), p., 107. 

Ginoux ( Charles ). — Les orfèvres 
de Paris officiers municipaux, 21- 
2 3, 38-40. — Actes d'état civil de de 
La Rose, Toro, Brun et Hubac, 
53-54. — Lettre de Louis XIII aux 
consuls de Toulon pour leur re- 
commander le peintre Fouquiéres, 
65-66. — Commission du peintre 
Fouquiéres pour les consuls de 
Toulon, 100-102. — Expertise d'un 



204 GIRAUD. 

tableau peint par Barnouin, iig- 
12 1. — Jean -Michel Verdiguier, 
163-164. — L^s Cariatides de Pu- 
get, 180. — Son nom cité, 48, 192. 

Giraud (le comte), 69. 

Giraudet (le docteur), 97. 

Giraudière (de la). Voy. Hus (Flori- 
montj. 

Giron (Léon), 48, 191. 

Glaize (A.-B.), p., 171. 

Glatigny, Voy. Lebois (M"" Maria). 

Gloire (la), 140. 

Godard-Faultrier, 47. 

Godefin, 167. 

Godefroy (M"«), p., 189. 

Gois (Edme), se, 16, 44. 

Gomot (H.). — Marilhat et son œu- 
vre, Bibliogr., 'ii. 

Goncourt (collection de), 170, 174, 
187, 189. 

Gosset de Guines (Louis- Ale