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ArciîjVes des sciences 
physiques et naturelles 



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ARCHIVES 

DBS 

SQENCES PHYSIQUES ET NATURELLES 



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Genève. — Imprimerie Aubert-Schuchardt. 



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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE 



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DBS 



SCIENCES PHïSiam ET NATURELLES 



TBOISiàn PÎBIODI 
TOME VINGT -TROISIÈME 



GENÈVE 

BUREIAU DES ARCmVES, RUE DE LA PÉLISSERIE, 18 
LAUSANNE PARIS 

GEORGES BRIDBL G. UASSON 

Place de la Unin. i Bouletard St-Ueniuin, lîO 

Dépôt pour l'ALLEMAGNE, H. GEORG , A Uale 



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RECHEBOHES 
L'ABSORPTION DES RAYONS DLTRA-VIOLETS 

PAR DIVERSES SUBSTANCES 



MM. J.-I.. SORET ei Albert RIIXIBT ^ 

(sixième mémoibe) 

ÉTUDE DE DIVERS CORPS APPARTENANT A LA 
SÉRIE GRASSE 



Dans rétude de Tabsorption des rayons ultra-yiolets 
par les corps faisant partie de la Série grasse, on rencon- 
tre de grandes difficnltés provenant principalement de la 
presque impossibilité d'obtenir ces substances à l'état de 
pureté. En outre, une partie d'entre elles présentent des 
propriétés extrêmes, les unes étant très transparentes, 
tandis que les autres sont excessivement absorbantes, de 
^orte qu'il n'est pas aisé de les rapporter à une échelle 
^K>nimune. Nous ne nous dissimulons pas que le manque 

* Pour les précédents numéros, royez Archives 1878, t. LXJ, 
p. 322; t. LXIU, p. 89 ; 1880, t. lY, p. 261 ; 1888, t. E^ p. 513, et 
t. X. p. 429. — M. le prof. Albert Hilliet a bien youIu s'associer 
À moi poor l'étnde des substancejB qui font Pobjet de ce sixième 
mémoire. L. S. 



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b RECHERCHES SUR L ABSORPTION 

de précision découlant de ces conditions a quelque chose 
de décourageant au point de vue de la recherche des lois 
régissant ces phénomènes ; toutefois, nous croyons que, 
malgré leur imperfection, les résultats que nous avons 
obtenus méritent d'être publiés et pourront offrir de l'in- 
térêt. 

Nous ne reTenons pas sur la méthode d'observation 
qui a été suivie ; elle a été suffisamment décrite dans les 
précédents mémoires \ 

Nous rappelons que MM. Hartley et Huntington, dans 
leur beau mémoire sur l'absorption \ ont étudié, par la 
méthode photographique, un certain nombre de corps de 
la série grasse; une grande partie de leurs résultats sont 
d'accord avec les nôtres ; nous aurons cependant à signaler 
quelques divergences. 



Alcools. 



Les alcools quand ils sont purs, présentent en général 
une grande transparence; mais leur purification com* 
plète est très difficile, si ce n'est impossible à atteindre ; 
la rectification, faite sur de petites quantités de liquide, 
amène souvent des altérations très sensibles, en sorte que 
c'est dans les préparations faites en grand que Ton a le 
plus de chance de trouver de bons produits. La présence 
d'une petite quantité d'eau, qui elle-même est plus trans- 
parente que les alcools, ne gêne pas sensiblement l'ob- 

* Voyez particnlièrement le quatrième mémoire {Archives^ 1883^ 
t. IX, p. 513). 

' Researches on the action of organic substances on the ultra- 
violet rays of the spectrum. PhUosophical Transactions of the 
Boy. Soc. Part. L 1879, 



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DES RATONS ULTRA-VIOLETS. 7 

serration. Du reste, ou peut toujours opérer la rectifica- 
tion et la dessiccation, et reprendre ensuite Tétude optique 
à nouveau. 

HM. Hartley et Huntington ont indiqué comme con- 
clusion de leurs recherches sur cette classe de corps, que 
la transparence des alcools va en diminuant à mesure 
que leurs formules chimiques se compliquent, le maxi- 
mum de transparence correspondant à l'alcool méthylique, 
tandis que les alcools éthylique, propylique et octyUque 
interceptent de plus en plus les rayons extrêmes du spec- 
tre. Sans combattre cette conclusion, qui peut paraître 
rationnelle, nous ne pourrions dire qu'elle résulte nette- 
ment des expériences dont on l'a déduite. 

Nous avons examiné divers alcools, dont quelques- 
uns provenaient du laboratoire d'Isidore Pierre et de 
M. Puchot, qui nous les ont livrés avec la plus grande 
obligeance, il y a plusieurs années; leurs préparations 
fiaites en vue de leurs recherches sur les propriétés phy- 
siques des corps organiques avaient été l'objet des soins 
les plus minutieux. Ces échantillons sont désignés dans 
les tableaux par l'abréviation P. & P. D'autres produits 
ont été tirés de diverses fabriques, particuUèrement de 
la maison Rahibaum, de Berlin. Ces derniers échan- 
tillons sont désignés par l'abréviation Kahlb. 

Nous allons exposer les résultats que nous avons obte- 
nus. 

Alcool méthylique (CH'-OH). — L'alcool méthylique 
ordinaire ou esprit de bois du commerce contient, comme 
on le sait, de nombreuses substances étrangères dont il 
parait impossible de le débarrasser par rectification. On 
obtient cet alcool à un état de pureté beaucoup plus 



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8 RECHERCHES SUR l' ABSORPTION 

grand, quand on l'extrait de l'oxalate de métbyie ou du 
formiate. 

MM. Harlley et Huntington ont reconnu que les pro- 
duits impurs sont très peu transparents, tandis qu'ils ont 
constaté la transmission de tout le spectre u)tra-violet 
jusqu'à la raie 28 inclusivement, sous une épaisseur de 
19"",05 (74 de pouce anglais), avec un alcool ex- 
trait assez en grand et avec beaucoup de soin de l'oxa- 
late de méthyle. Ils ont observé toutefois un affaiblisse- 
ment des raies extrêmes de 22 à 28, ce qui établit une 
infériorité par rapport à l'eau distillée examinée dans les 
mômes conditions (spectre indium et zinc). Cette grande 
transparence de l'alcool méthylique est donc un fait bien 
constaté. 

Dans nos déterminations, nous n'avons pas eu l'occa- 
sion d'opérer sur un produit aussi pur, mais nos obser- 
vations, s'accordent d'une manière générale avec celles 
que nous venons de rappeler. 

On jugera de la diversité des résultats que nous avons 
obtenus suivant les échantillons, d'après le tableau A» 
ci-après, et les courbes de la Planche I qui se rappor- 
tent aux produits suivants : 

N^ 1. Alcool méthylique ordinaire de la fabrique Eahlbaum 
examiné en septembre 1879. Cet échantillon est très peu trans- 
parent; l'absorption, sensible depuis la raie 10, devient très forte 
à partir de 22. n se manifeste une bande d'absorption peu intense 
mais large entre 12 et 18 ^ H est à remarquer que la raie 29 est 
sensiblement plus visible que celles qui la précèdent (de 26 à 28) . 



I Comme nous le Terrons plus bas, l'aldéhyde et les kétones 
donnent une bande d'absorption dans cette région. C'est proba- 
blement à quelque impureté de cette nature qu'il faut attribuer 
le peu de transparence de cet alcool méthylique. 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. - 9 

No 2. Le même produit rectifié et desséché (P. d'Eb. 64** i 
726***), examiné le 8 septembre 1879. On remarquera que la rec- 
tification a un peu amélioré la transparence aux deux extrémités 
du spectre ultra-yiolet, mais qu'elle l'a plutôt diminuée pour les 
raies 17 à 20. 

N<> 3. Même produit examiné le 9 juillet 1888. Conserré depuis 
neuf ans dans un flacon bouché à l'émeri, cet échantillon arait 
déjà été obserTé à nouveau dix mois après la première détermi- 
nation, et a?ait présenté des traces de modifications ; ces modifi- 
cations se sont accentuées avec le temps; le produit est devenu 
un peu plus transparent de 22 à 29, et notablement moins trans- 
parent de 13 à 20. 

No 4. Esprit de bois ordinaire, de Paris. Ce produit, très impur, 
est beaucoup plus opaque que les précédents. 

N<* 6. Le même esprit après une rectification à —12**, par les 
procédés de M. Raoul Pictet, ne s*est pas beaucoup amélioré. Les 
impuretés ont donc une volatilité à peu près semblable à celle de 
l'alcool. 

N<> 6. Alcool méthylique extrait de l'oxalate de méthyle. La 
préparation étant faite sur une trop petite quantité de matière, 
n'a pas donné un produit satisfaisant. 

N** 7. Alcool méthylique extrait de l'oxalate de méthyle, pres- 
que sans odeur, provenant de la fabrique Eahlbaum (examiné le 
19 juillet 1880). La transparence est beaucoup plus grande; tou- 
tefois ce produit est encore inférieur à celui de MM. Hartley et 
Hnntington. On remarque une bande d'absorption entre 18 et 22 ; 
elle accuse très probablement une impureté. Nous avons retrouvé 
une bande analogue plus ou moins marquée dans l'oxalate de 
méthyle et dans l'acide oxalique. Il ne nous est pas possible de 
nous prononcer sur son origine. 

N<» 8. Même produit, conservé dans un flacon bouché à Témeri 
(examiné ie 23 juillet 1888). Pendant ce long espace de temps, la 
transparence s'est peu modifiée; elle a un peu diminué de 18 à 24 
et un peu augmenté de 25 à 29. La bande d'absorption sur 20 n'a 
pas disparu. 

N« 9. Alcool méthylique extrait du formiate de méthyle (pro- 
cédé de MM. Bardy et Bordet), provenant de la maison Billault et 
Billaudot, de Paris ; odeur assez marquée. La transparence est un 
peu plus grande qu'avec le n^ 7 pour les quatre dernières raies, 
mais elle est beaucoup plus faible pour le reste du spectre K 

^ Dans les Tableaux qui suivront, comme dans ceux des précé- 



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RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. H 

Alcool éthylique ' (C'H*— OH). — D'après MM. Harl- 
ley et HuntinglOD l'alcool éibyliqae pur et absolu» sous 
une épaisseur de 19°^, intercepterait les rayons plus 
réfrangibles que la raie 22 qui serait elle-même très 
affaiblie. L'alcool étbylique serait donc notablement 
moins transparent que l'alcool méthylique, dont le spec- 
tre, sous la même épaisseur, atteint la raie 28. 

Nos recherches ne nous ont pas conduit k ce résultat : 
nous reconnaissons que l'alcool absolu présente approxi- 
matlTement le degré d'absorption que lui assignent 
MH. Harlley et Huntington ; mais c'est aux impuretés 
qui se produisent lors de la dessiccation complète que Ton 
doit attribuer cette transparence limitée. D'après les in- 
dications de M. Rabibaum, l'alcool éthylique complète- 
ment desséché contient toujours des traces d'aldéhyde 
et d'acétal'; or, comme nous le verrons, l'aldéhyde, 

dents mémoires, la première colonne indique les numéros des 
raies ultra-yiolettes du spectre auxquelles se rapportent les obser- 
vations. La position de ces raies est indiquée dans les Planches; 
nous rappelons d'ailleurs ici quelle est approximativement la 
longueur d'ondulation des principales d'entre elles: 



N* 9 Cadmium : X=860,9 


N«» 25 Cadmium : X=219,5 


10 


346,6 


26 » 214,3 


11 


340,2 


27 Zinc : 209,9 


12 


324,7 


28 » 206,3 


17 


274,7 


29 » 202,4 


18 


257,1 


30 Aluminium : 298,8 


22 


232^ 


31 » 193,4 


24 1 


226,5 


32 » 186,0 



Les chiffres des autres colonnes des Tableaux donnent l'épais- 
seur du liquide qui produit l'extinction de la raie ultra-violette 
correspondante. 

^ Nous rappelons que le sucre de canne, dont l'alcool éthylique 
dérive le plus souvent, présente une grande transparence. (Voyez 
Cinquième Mémoire, tableau H.) 

' Nous ne serions pas surpris qu'il contint aussi de l'acétone. 



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42 RECHERCHES SUR l' ABSORPTION 

particulièrement, absorbe énergiquemeat les rayons ultra- 
violets. 

Les produits purs, mais moins desséchés, par exemple 
des échantillons d'alcool à 96 7o ^^ 1^ fabrique Kahl- 
baum, présentent une transparence bien plus grande et 
au moins égale à celle que MM. Hartley et Huntington 
ont obtenue pour Talcool méthylique. 

Les alcools ordinaires que Ton trouve dans le com- 
merce sous la dénomination d'alcools rectifiés à 40^ 
(Cartier), sont habituellement plus transparents que l'al- 
cool absolu pur. Nous avons eu à mainte reprise à exa- 
miner de ces produits qui nous ont souvent servi comme 
dissolvant dans le cours de nos recherches. Nous n'avons 
pas observé que leur transparence subit des modifications 
avec le temps et nous ^vons toujours obtenu les mêmes 
chififres dans la limite des erreurs d'observation, tant que 
nous opérions avec le même échantillon. 

L'ensemble des résultats numériques que nous avoQ^ 
obtenus sur l'alcool éthylique sont consignés dans le 
tableau B, ci-dessous, et dans les courbes de la Planche H. 

N<» 1. Alcool du commerce, dit rectifié à 40 degrés. La transpa- 
rence de ce liquide est déjà très grande. Sous une épaisseur de 
20mm même en opérant avec une lumière faible, on voit encore 
facilement la raie 26. Le spectre est donc bien plus étendu que 
ne l'indiquent MM. Hartley et Huntington. 

On remarque quelques inflexions dans la courbe mais pas de 
bandes d'absorption. 

N<> 2. Autre échantillon d'alcool du commerce à 40 degrés. Ce 
produit se comporte à peu près de même que le précédent pour 
les quatre raies extrêmes mais il est plus transparent de 20 à 25 
inclusivement. La courbe est plus régulière. 

N<* 8. Autre échantillon du commerce (alcool fédéral suisse) est 
inférieur au n<» 1, sans en différer beaucoup. 

N<» 4. Alcool éthylique pur de Eahlbaum plus transparent que 
les précédents; la courbe présente deux inflexions. 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. 13 

N» 5. Le même produit rectifié. P. d'Eb. à 77' souâ 730—. La 
ti^nsparence est généralement plus grande; cependant elle a 
diminué pour la raie 25, et la courbe présente en ce point une 
forte inflexion. Ce fait qui a été constaté d'une manière positire, 
provient évidemment d'une altération accompagnant la rectification. 

N^" 6. Autre échantillon d'alcool pur de Kahlbaum à 96 %. Ce 
produit est notablement supérieur aux deux précédents pour la 
partie extrême du spectre : la raie 29 ne disparaît que sous une 
épaisseur de 18>^,6; la raie 80 (de l'aluminium) s'éteint à 4"^, 
L'inflexion près de la raie 25 est sensible, ce qui semble indiquer 
que la pureté n'est pas encore parfaite. 

N*** 7 et 8. I>eux échantillons d'alcool absolu de Kahlbaum à 
99,8%. La transparence est notablement plus ftible que pour 
l'alcool non concentré. £n particulier on remarque un minimum 
sur la raie 25. Ces produits sont cependant plus transparents que 
l'alcool absolu étudié par MM. Hartley et Huntington. 

(Voirie Tableau B ci -derrière.) 

Noos avons fait aussi quelques observations sur lac- 
tion d'une addition d'eau à l'alcool. Nous avons opéré 
sur les deui échantillons d'alcool de Kahlbaum à 99,8 
p. 7t (u** 7 à 8 ci-dessus) en y ajoutant la moitié de 
leur volume d'eau distillée très pure; si Ton considère 
cette dernière comme absolument transparente compara- 
tivement à l'alcool, et s'il ne se produit aucune réaction 
chimique pendant la dissolution, le mélange de deux 
volumes d'alcool avec un volume d'eau devrait avoir une 
transparence égale à celle de l'alcool multipliée par 7,- 
L'expérience ne confirme guère cette hypothèse; comme 
on peut le voir dans le tableau B' qui suit, la transpa- 
rence de l'alcool dilué est effectivement plus grande que 
celle de l'alcool pur; mais elle est inférieure à la trans- 
parence calculée pour les raies de 22 à 26 ou 27, et 
supérieure pour les raies encore plus réfrangibles. L'ac- 
tion complète de la dissolution ne parait pas d'ailleurs 



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14 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 






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12,8 
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Dépasse 100 
73,75 

52,55 
46,25 

24,25 
18,85 

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mm 
Dépasse 100 
78,25 
46,3 
48,8 
33,2 
23,1 
11,45 




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mm 
Dépasse 103 mm 
36,0 37,45 
22,32 24,8 
19,35 20,05 
19,8 2i,55 
17,7 20,2 
16,7 18,05 
12,2 11,75 
2,85 1,6 


c 
00 



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69 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 15 

se produire immédiatement; il se manifeste des change- 
ments avec le temps, en particulier le minimum corres- 
pondant à la raie 25, qui s'accentue au moment du 
mélange, s'atténue peu à peu, sans disparaître entière- 
ment. 

Ces mélanges d'alcool absolu et d'eau sont beaucoup 
moins transparents que Talcool pur k 96 7» (n® 6) sauf 
pour les raies extrêmes 29 et 30. 



Tableau B'. 



Alcool éthyliqno étondn de la moitié de son Tolnme 
d'eau. 



Raies 


i No 


7. 

Olwprvé 
immédU- 




>'» 


8. 








ObMrrè 




Immédiv 


"* *" 






Calculé. 


tement 


Calonlè. 


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après 
le mèUnge. 




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te méluKe. 


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le mélange. 


après 
le mélange. 




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mm 


mm 


mm 


mm 


mm 


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56,17 


41,15 


43,33 


49,0 I 


^ 


33,«8 


27,4 


37,2 


32,2 


35,9 


38,2 { 


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29,02 


22,2 


30,07 


24,82 


30,43 


34,2 i 


1 % 


29,7 


25,1 


32,32 


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25,0 


30,3 


31,3 


32,8 


31,3 


, 18 
29 
30 

1 


25,06 


29,8 


27,07 


35,0 


^J'« 


28,7 


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20,95 


17.62 


25,2 


24,9 


23,9 


4,27 


4,7 


2,4 




12,65 





Alcool propylique. CH'-CH'-CH*-OH. — L'alcool pro- 
pylique nous a donné des résultats très divergents sui- 
vant les échantillons. MM. Hartiey et Huntington ont 
indiqué que ce produit, sous une épaisseur de 19 mm., 
intercepte les raies plus réfrangibles que 20. Un des 
échantillons que nous avons examinés, et qui provenait 
de la fabrique Kahibaum, présentait, sous la même épais- 
seur, une transparence notablement plus grande : car il 



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16 RECHERCHES SUR l'ABSORPTION 

laissait facilement apercevoir la raie 26. Mais ce liquide, 
abandonné à lui-même^ s'est un peu modifié et a perdu 
de sa transparence. Sa rectification, loin de le ramener à 
Tétat primitif a diminué considérablement sa faculté de 
transmission, et fait apparaître une bande d'absorption 
sur les raies 24 et 25. 

Un échantillon préparé par Isidore Pierre et Pucbot, 
et qui avait sans doute subi plusieurs rectifications, s'est 
comporté d'une manière analogue à l'alcool de Kabl- 
baum rectifié ; la bande d'absorption est manifeste. 

L'alcool propylique doit donc être considéré comme 
un corps très instable; c'est ce que montreront encore 
mieux les résultats numériques consignés dans le tableau 
C et, en partie, dans les courbes de la Planche III. 

N"* 1. Alcool propylique de Eahlbaum, examiné le 19 août 1879, 
(P. d'Eb. à 97*,1 sous 760 mm.). La transparence est grande; 1& 
courbe présente une inflexion peu prononcée. 

N» 2. Même produit, examiné le 8 septembre; moins transpa- 
rent sauf pour les trois dernières raies ; Pinflexion de la courbe 
s'accentue entre 25 et 26. 

N<» 3. Même produit rectifié (7 novembre). La transparence a 
beaucoup diminué de 22 à 26; une bande d'absorption s'accuse sur 
24 et 25. (Nous ne mentionnons pas d'autres séries d'observations 
sur ce produit rectifié : la transparence s'est de plus en plus 
affaiblie). 

N<» 4. Une nouvelle portion du liquide n° 2 a été soumise à une 
rectification dans laquelle on a séparé en deux parts le liquide 
distillé. Les premières portions qui ont passé sont désignées par 
le n<» 4. La transparence est encore plus faible que dans le n<> 3, 
et la bande d'absorption plus accusée sur 25. 

N^ 5. Dernières portions ayant passé à la distillation. La 
transparence est un peu meilleure. 

N® 6. Alcool propylique préparé par Isidore Pierre et Puchot, 
très peu odorant, examiné le 6 septembre 1879. La transparence 
est très faible de 22 à 26, comparativement au n« 1 ; mais elle est 
un peu supérieure pour les trois raies extrêmes. La bande d'ab- 
sorption a son centre près de 24. 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. 17 

N"" 7. Même produit examiné à nouveau le 17 décembre. La 
transparence paraît avoir diminué de 20 à 25, et un peu augmenté 
de 27 à 29. 

N*" 8. Même produit, conseryé dans un flacon bouché à l'émeri, 
examiné à nouveau le 3 août 1888. Le liquide est très clair, sa 
transparence est devenue notablement plus grande pour la jraie 
20. Le changement est peu considérable dans le reste du spectre : 
la bande d'absorption et le maximum qui la suit, sont un peu 
peu moins accusés que précédemment ; la raie 29 est visible sous 
une plus grande épaisseur. 

N<» 9. Alcool propylique de Kahlbaum, nouvel échantillon, reçu 
et examiné le 24 mai 1880. Notablement moins bon que le n<> 1, 
sauf pour les trois dernières raies. La bande d'absorption est sen- 
sible. 

(Voir le tableau C ci-derrière.) 

De même que pour Talcool éthylique, nous avons re- 
cherché si la diminution de transparence que l'alcool 
propylique subit à la suite de rectifications, provient de la 
simple dessiccation et si, en rajoutant de Teau, on pour- 
rait ramener le produit à sa transparence primitive. Nous 
n'avons pas trouvé qu'il en fût ainsi. 

En effet, nous avons pris de l'alcool rectifié, de Kahl- 
baum ; nous en avons mesuré l'absorption, puis nous y 
avons ajouté successivement des quantités croissantes 
d'eau, et nous avons chaque fois répété les mesures. Les 
chiffi*es, qui sont consignés dans le tableau C, se rappor- 
tent à des mélanges contenant, en volumes : 2 7o ; 4,8 7, ; 
9,8 7o et 25 7o d'eau. Ils montrent que Taction de la 
rectification n'a pas disparu, et même, dans plusieurs 
cas, que la transparence absolue a encore diminué. Or, 
si l'eau, qui est extrêmement transparente, ne jouait 
qu'un rôle de dilution, sans action chimique, elle devrait 
diminuer l'absorption à épaisseur égale : on ne voit 
pas que ce soit là l'effet produit généralement. 

Archives, t. XXIII. — Janvier 1890. 2 



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18 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



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DES RAYONS ULTRA-VIOLETS. 



i9 



Noos devoDs ajouter que ces chiffres ne nous inspirent 
pas une entière eonfianee ; il semble que l'action de l'eau 
ne sdt pas imnédiate. De plus Toxygène dissons dans 
i'eau ou fourni par Tair pendant la manipulation, peut 
avoir exercé une influence notable. 



Tableau C. — Aleool propyliqne étandi, oontemuit, m toIum^ 
les proportions d'oan sniTantos. 



1 BAIES 


AlMoln. 


2% 


ifiV» 


9,8% 


3»% 1 


1 ^ 


15,0 


14.0 


14,8 


13,8 


16,0 ! 


! 24 


12,8 


11.5 (?) 


15,7 P) 


13,7 


16,2 1 


» 


12,0 


11,0 


13,6 


".0 


12,2 


26 


1 «.S 


13.6 


14,0 


'2'i 


l^i 1 


27 


' 8,8 


8,5 


10,6 


9,3 


10.7 


1 28 


§•* 


6,1 


7,3 


10,0 (») 


5-2 ' 


29 


2.25 


2.1 


3.1 


«,3 


2,3 



Alcool isopropylique /^^]>CH— OH]. — Nous 

n'avons étudié qu'un seul échantillon d'alcool isopro- 
pylique : il provenait de la fabrique Kahlbaum. Nous 
l'avons trouvé très absorbant pour tout le spectre ultra- 
violet à partir de la raie 12. Il nous parait probable que 
cette grande opacité provient d'impuretés ; en effet, ce ne 
sont pas seulement les alcools « normaux » qui sont 
doués d'une grande transparence; nous verrons tout à 
l'heure que l'alcool isobutylique se comporte d'une ma- 
nière analogue à l'alcool éthylique et à l'alcool propylique 
normal. Le spectre que nous avons obtenu présente du 
reste assez de rapport avec ceux d'autres alcools impurs. 
Nous avons aussi examiné un mélange de 95 7o ^^ 
volume d'alcool éthylique et de 5 7o d'alcool isopropy- 



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20 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



lique^ afio de mieux juger des détails de la courbe qui 
sont difficilement appréciables avec ce dernier alcool non 
dilué. On trouve ainsi des inflexions coïncidant par leur 
position avec celles de Talcool propylique ou d'autres 
produits. 

Les résultats sont consignés dans le tableau D et dans 
les courbes de la Planche III. 

N^ 1. Alcool isopropylique absolu de Eahlbaum, examiné le 
2 décembre 1879. 

N<^ 2. Même produit conservé dans un flacon bouché au liège, 
examiné le 28 juillet 1888. La transparence s'est légèrement amé- 
liorée. 

N« 8. Blélange de 95 % d'alcool étbylique avec 5 % de Palcool 
propylique n» 1. 



Tableau D. — Alcool isopropylique. 





No 1. 


No 2. 


No 3. 


RArF,S 










Kak». 


N* 1 COBMTT*. 


i;* I trte aaoé. 


10 


mm 
Oipan. 78 






- {x = 334 
2° x = 330 


! - 


mm 
DépMse 70 


mm 


12 


24,0 


39,65 


Dipuu 71 


Mg(X = 309) 




7,3 


— ! 


14 


2,15 


3,4 


70,0 1 


Mg(x = 293) 




4,1 





16 





1,3 


35,75 


17 


1.2 


2,03 


23,15 


18 


1,0 


1.0 


16,07 


30 


0,24 


0,35 


Ç'Z 


tt 


0,16 


0,22 


4,5 


% 


0,13 


0,26 


5,02 


S5 


0,17 


0,35 


5,0 


S6 


0,27 


0,63 


^'^ 


J7 


0,15 


0,5 


4.2 


S8 


0,15 


0,35 


*'§ 


» 


0,05 


0,3 


2.2 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 21 



Alcool isobtUyUque /^H;>cH— CH'— OhJ. — Nous 

aTODs examiné plusieurs échantillons d'alcool isobuty- 
lique qui ont donné des résultats fort différente les uns 
des autres. La transparence des meilleurs d'entre eux se 
rapproche de celle que nous avons obtenue pour Talcool 
propylique; les variations d'un même échantillon, ob- 
servé à différentes époques, sont moins considérables. 

Les résultats numériques sont consignés dans le ta- 
bleau E ci-derrière et dans les courbes de la Planche IV. 

N* 1. Alcool isobatylique ordinaire de Eahlbaum, d'ancienne 
proyenance (reçu en 1878, examiné le 9 décembre 1879). La 
transparence diminue rapidement à partir de la raie 20, elle pré- 
sente on minimum sur la raie 25, puis un maximum sur 26. Le 
même produit, examiné de nouveau en mai 1880, a donné des 
chiffes identiques et que, par suite, il nous a paru inutile d'ins- 
crire dans le tableau. 

N* 2. Alcool isobutylique pur de Kablbaum, reçu en 1879. 
Beancoap plus transparent que le n^ 1 pour les raies 20 à 26; 
moins transparent pour l'extrémité du spectre; pas de bande 
d'absorption. 

N<* 3. Même produit desséché et rectifié (le point d'ébullition 
n'est pas constant et yarie de 102"* à 106*", le baromètre étant à 
730^). La transparence a diminué de 22 à 26 inclusivement, sans 
cependant aller jusqu'à produire une bande d'absorption. 

N<» 4. Nouvel échantUlon de Eahlbaum, examiné le 9 décembre 
1879. Ne s'éloigne pas beaucoup du n<> 2, est cependant notable- 
ment plus transparent de 27 à 29. 

N<> 5. Même produit rectifié. La transparence est améliorée 
pour 20 et 22, légèrement diminuée pour 24 et peu modifiée pour 
le reste du spectre. 

N* 6. Le produit n* 4 ci-dessus, conservé dans un flacon bouché 
i l'émeri, examiné de nouveau le 30 juillet 1888, a sensiblement 
augmenté de transparence pendant ce laps de temps. 

N® 7. Alcool isobutylique d'Isidore Pierre et Puchot. (P. d'éb. 
à 107*',9, à 760-»«), examiné le 9 décembre 1879. Sans doute à la 
suite de plusieurs rectifications, la transparence de ce produit 



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22 



RECHERCHES SUR l'aBSORPT(ON 



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DES RàTONS ULTIU-VIOLRTS. 23 

eit beaucoup plus ùuhle que celle de tous les produits précédents, 
sauf pour Fe^trémité du spectre. On remarque une bande d'ab- 
sorption analogue à celle du n? 1, le minimum de transparence 
coindde avec 26, et le maximum suivant avec 26. Il y a une 
grande similitude entre la courbe de ce produit et celle de Palcool 
propylique N<» 6 (P. à P.) comme on le voit dans la Planche IV 
(courbe pointillée). 

S" 8. Même produit, conservé dans un flacon bouché à l'émeri, 
examiné à nouveau le 8 août 1888. La principale modification qui 
s'est produite consiste en ce que le maximum de transparence, 
qui coïncidait avec la raie 26, s'est transporté sur la raie 28, 
laquelle est devenue la plus visible à partir de 22. 



Alcool amyUque (C*H*^— OH). — Les échantillons 
d'aleool amylique que nous avons étudiés sont beaucoup 
moins transparents que les précédents alcools. La forme 
compliquée des courbes semble indiquer la présence 
d'impuretés dont l'effet masque complètement les pro- 
priétés de l'alcool lui-même. On sait d'ailleurs que cet 
alcool n'est jamais pur et bien défini. 

Les résultats sont consignés dans le tableau F et en 
partie dans les courbes de la Planche IV. 

N^" 1. Alcool amylique de Eahlbaum (odeur assex &cre). La 
transparence diminue brusquement à partir de la raie 12; eUe at- 
teint un minimum sur 17, puis il se manifeste une reprise sen- 
nble, particulièrement sur la raie 22, à partir de laquelle l'opa- 
cité redevient très grande ^ 

No 2. Même produit desséché et rectifié. P. d'é. 127'',6 à 128*,3 
sous 782™". L'absorption est en général un peu moins forte, 
nais la différence n'est pas grande. 

N« 3. Alcool amylique d'Isidore Pierre et Puchot, examiné 
le 21 août 1879. L'odeur est beaucoup plus faible et plus agréa- 

' La courbe de cet alcool présente un très grand rapport avec 
celle que donnerait l'acétone non rectifiée diluée dans l'alcool 
éthylique dans la proportion de 1,25 >. 



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24 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



ble que celle des produits précédents et l'absorption est notable- 
ment moins forte; toutefois, le maximum de transparence sur 22 
est moins prononcé. On remarque encore deux faibles bandes 
d'absorption sur 20 et sur 17. De nouvelles mesures prises deux 
mois plus tard ont confirmé ces résultats. 

N<^ 4. Même produit conservé dans un flacon bouché à Pémeri, 
examiné le 4 août 1888. Les résultats sont presque identi- 
ques de 20 à 29, mais la transparence a un peu diminué dans la 
partie la moins réfrangible du spectre; le minimum sur 17 est 
plus accusé. Avec le spectre du fer, on constate une bande d'ab- 
sorption bien positive s'étendant de 20 jusqu'à mi-distance entre 
20 et 22. (Le produit n« 8 n'avait pas été examiné à la lumière 
du fer.) 

Tablbau F. — Alcool amyliqae. 





No 1. 


No 2. 


No 3. 


No 4. 


RAIES 












Kahlb. 


K* 1 reotiflé. 

• 


P. et p. 


N' S ooDienré. 


10 


mm 
Dépasse 107 


mm 


mm 


_ 


11 


— 


Dépasse 97 


100,0 




Zn 1^ = 334 

^"^ fx=330 


— 


— 


— 


mm 
DépMse 100 


12 


5,5 


9,55 


47,85 


35,4 


Mg(x = 309) 


— 








12,5 


14 


*:! 


3,02 


9.4 


5.7 


Mg(x=293) 









10,35 


16 


J.i 








3.0 


17 


»•* 


5'2^ 


11^ 


2.15 


18 


0,7 


0,7 


3,87 


3,2 


90 


9'?^ 


0,65 


l'O 


2.05 


n 


3,82 


4,4 


2,62 


2.45 


24 


2,47 


3,86 


1.0 


1,01 


25 


i'*! 


i,87 


0,8 


0,77 


26 


0,62 


1,07 


0.65 


0,65 


27 


0,17 


0,35 


0,45 


0,4 


28 


9'*Z 


0,03 


0,27 


0,35 


29 


0,05 


0,01 


0,15 


0,15 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. 25 

Noos pouvons résumer de la manière suivante les ré- 
sultats de Tétode des alcools que nous venons de relater : 

Les divers alcools présentent en général une grande 
transparence. Il est probable que les échanHUons qui font 
exception contiennent des impuretés. La rectification et it<r- 
tout la dessiccation complète amènerU une décomposition ou 
une oxydation des alcools qui diminue souvent leur transpa^ 
renée, B est à peu prés certain que les alcools étudiés 
n'étaient pas d'une pureté absolue et par conséquent que la 
limite de leur transparence pourrait être encore reculée. Il 
serait prématuré dCaffirmer quHl y a une différence déter- 
minée de transparence entre les divers alcools supposés com- 
plètement purs. 

La mesure de l'absorption des rayons ultra-violets est 
évidemment un moyen très délicat pour apprécier la 
pureté des alcools. 



Produits d'oxydation des alcools* 

Nous passons maintenant à Texamen de quelques pro- 
duits d'oxydation des alcools dont la présence altère fré- 
quemment la pureté d'autres préparations et qui jouent un 
rôle important par l'énergie de leur pouvoir absorbant'. 

Aldéhyde. 

Il suffit de soumettre l'alcool à une action oxydante, 
par exemple à celle du bichromate de potasse, pour lui 

* Noos ne parlerons pas ici des acides gras qui seront étudiés 
dans an autre chapitre. 



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f 



26 RECHERCHES SUR l'ABSORPTION 

faire beaucoup perdre de sa transparence. En effet l'al- 
déhyde qui se forme dans ces circonstances est très opa- 
que. 

L'aldéhyde absolue ' intercepte presque complètement 
les rayons ultra- violets à partir de la raie 10 jusqu'à 
l'extrémité du spectre. L'absorption est particulièrement 
énergique delâàl7;ilya ensuite une petite reprise 
de la transparence avec un maximum sur la raie 24. 

L'étude de ce corps est d'ailleurs difficile à cause de sa 
grande volatilité. Lorsqu'on l'examine sans le diluer, il 
est si opaque que l'on ne peut guère juger des variations 
d'une raie à l'autre; si on le dissout, l'évaporation rapide 
de l'aldéhyde modifie la concentration à chaque instant. 

Le tableau G placé plus bas donne les résultats que 
nous avons obtenus sur les deux produits suivants : 

1. Aldéhyde (Acétaldéhyde : CH»-CO-H), provenant de la fabri- 
que Eahlbaom, présentant une réaction acide prononcée. 

2. Même produit rectifié sur du carbonate de potasse; l'opacité 
du produit n'a pas beaucoup diminué; cependant le maximum de 
transparence sur 24 est plus prononcé. La courbe de ce produit 
est donnée PL V. 

Nous consignons en outre dans le tableau G' et dans 
la Planche V les résultats obtenus sur le produit suivant : 

Alcool éthylique additionné de 1 p. > d'aldéhyde (produit 
n» 2). L'augmentation de transparence n'est pas proportionnelle 
au degré de dilution; il doit se produire une action chiimique 
pendant la dissolution. La bande d'absorption sur la raie 16 est 
très prononcée ; le maximum de transparence s'est porté sur 22, 

' Nous employerons le terme < absolu » d'une manière géné- 
rale pour désigner des produits non dilués, bien que l'usage en 
soit habituellement restreint à l'alcool et aux éthers. Le terme 
« pur, > avec son double sens, donnerait facilement lieu à des 
confusions. 



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DES EAYONS ULTRA-VIOLETS. 27 

mais il est très possible qae ce déplacement proyienne de l*éva- 
poration rapide de l'aldéhyde, la raie 22 ayant été observée après 
la raie 24. Le liquide ne présentait aucune stabilité, et une 
seconde série de mesures prises immédiatement après celle qui 
est inscrite dans le tableau a donné des chiffres assez différents 
et généralement plus forts. 

KéUmes. 

Noas avons étudié plusieurs kétones à Tétai absolu, 
proyeuani de la fabrique Kahibaum. Elles sont toutes 
très absorbantes et présentent entre elles une grande 
similitude. Les résultats sont consignés dans le tableau G 
ci-derrière (contenant déjà les chiffres relatifs à l'aldé- 
hyde) et sur les courbes de la Planche VI qui est à 
une échelle 10 fois plus grande que les précédentes. Les 
produits examinés sont : 

1. AeéUme (Diméthylkétone) rectifiée, CH'-CO-CH^), très absor- 
bante à partir de la raie 12 jusqu'à l'extrémité du spectre, avec 
une petite reprise de la transparence sur 22 et 24; il y a un mini- 
mum très prononcé de 17 à 20. — P. d'éb. 66 à 56®, sous 723~». 

2. Même su;étone rectifiée au bisulfite de soude. Ce produit est 
tocgours très opaque entre 14 et 20, quoique un peu moins que 
l'acétone n<> 1 ; le minimum de transparence tombe sur 17; l'ab- 
sorption est notablement moins énergique à partir de 22 ; il y a 
un maximum de transparence très prononcé sur 26, et un second 
maximum beaucoup moins net sur 28 '. 

3. Miihyléthylkétone (CH«-CO-C*H»). L'absorption est très con- 
sidérable à partir de la raie 12. Le minimum de transparence 
tombe toujours sur la raie 17, et il y a sur la raie 26 un maximum 
bien marqué, quoique moins prononcé qu'avec le n® 2. 

4. Mélhylpropylkètone (CH»-CO-C»H'). L'absorption est du même 
ordre que celle de la m éthyléthylkétone jusqu'à la raie 22, le maxi- 
mum de transparence tombant tocgours sur 17; mais à partir de 

* Un coup d'œil jeté sur les courbes des alcools montre qu'on 
y retrouve souvent des maximums ou des inflexions dans les 
mêmes positions. 



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28 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. 29 

22, l'absorption augmente de nouveau d'une manière continue ; 
on n'observe donc pas de maximum sur 26, ce qui peut provenir 
d'impuretés. 

5. MèthyJhéxyJkétme {CH*-CO-C*H*»). Ce produit se comporte 
d'ane manière très analogue à la méthyléthylkétone; il est toute- 
fois un peu moins transparent; le minimum tombe sur 17 et 
le maximum sur 26. 

6. Propione, JDiéihyTkétone (CH^-CO-Cra*). Parait plus absor- 
bant que les précédents produits ; il y a toujours minimum de 
transparence sur 17, mais le maximum suivant est peu prononcé 
et l'absorption très forte à partir de la raie 25. Il est probable 
que cette grande opacité est due à des impuretés. 

Nous avons ensuite étudié les mêmes kélones à l'état 
de solution; les résultats, dont Timportance n'est que 
secondaire, sont consignés dans le tableau G' et se rap- 
portent aux produits suivants : 

L L'acétone rectifiée (n** 1) en dissolution aqueuse dans la pro- 
portion de 40 gr. dans un litre. Il doit s'être produit une réaction 
chimique pendant la dissolution car, au moins de 12 à 20, l'aug- 
mentation de transparence est plus grande que celle du degré de 
dilution. Le minimum de transparence entre 17 et 20, et le maxi- 
mum entre 22 et 24 sont toujours très prononcés. 

2. La méthyléthylkétone en solution aqueuse dans la propor- 
tion de 72 grammes (soit un poids moléculaire) dans un litre. La 
transparence est loin d'être restée proportionnelle au degré de 
dilution. Le minimum et le maximum de transparence ne sont pas 
déplacés. 

4. La méthylpropylkétone dissoute dans de l'alcool aqueux dan» 
la proportion de 34,4 gr. dans 1 litre ; c'est-à-dire au même titre 
et dans les mêmes conditions qu'une dissolution de propione déjà 
effectuée (voir n"" 5 ci-dessous). Le minimum et le maximum de 
transparence n'ont pas changé par la dissolution; mais il n'y & 
pas proportionnalité entre l'absorption et la concentration. 

4. La méthylhéxylkétone en solution alcoolique dans la pro- 
portion de 128 gr. (1 poids moléculaire) dans 1 litre, donne des 
résultats analogues. 

5. La proprione dans la proportion de 34,4 gr. dans 1 litre. Lors- 
qu'on a préparé cette solution, on avait d'abord voulu l'effectuer 
dans l'eau dans la proportion d'un poids moléculaire, soit 86 gr. 



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30 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



dans un litre; mais la dissolution ne se faisant pas, on a rajouté 
de Talcool ; le dissolvant est donc de Palcool très aqueux (1 vol. 
d'eau et 1 7* vol. d'alcool). 












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En résumé, les cinq kélones étudiées sonl toutes très 
absorbantes; elles présentent toutes un minimum de 
transparence sur la raie 47. Pour trois d'entre elles, on 



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DES RAYONS ULTRA-VIOLETS. 31 

observe an maximum sur 26 ; pour les deux kétones qui 
ne présentent pas ce maximum, Tabsorption est très 
forte à l'extrémité du spectre et l'on peut soupçonner 
que cela tient à une impureté ; nous avons vu en effet 
qu'avec l'acétone une rectification au bisulfite de soude 
augmente très notablement la transparence pour les raies 
extrêmes. 

L'analogie des propriétés d'absorption de ces sub- 
stances appartenant à une même série homologue sem- 
ble donc bien constatée; elle est remarquable en par- 
ticulier entre la méthyléthyl — et la méthylhéxylkétone 
qui sont très éloignées l'une de l'autre dans la série. 

L'analogie s'étend aussi à l'aldéhyde dont la courbe est 
peu différente de celle des kétones. Il n'y a rien là qui 
puisse beaucoup surprendre, car la constitution des ké- 
tones rappelle le type des aldéhydes. Si l'on part de la 



formaldéhyde H— C— -H 

on passe, en remplaçant un H par un 



CH% à l'acétaldéhyde CH*— C— H 

Si l'on remplace le second H par CH' 



on arrive à l'acétone CH' — C— CH' 

etc. 

On remarquera que ces corps très absorbants pour 
l'ultra-violet, contiennent tous le groupe carbonyle CO 
qui sert de trait d'union entre les groupes hydrocarbonés 
extrêmes. Si Ton remplace ce groupe CO par 0, on ob- 
tient des corps d'une grande transparence ; tels que 
H— 0— H Eau. 

C*H*— 0— H Alcool élhylique. 

C'H'— 0— C'H* Éther élhylique. (Voy. plus bas.) 



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32 RECHERCHES SUR l'aBSORPTION 

Il est donc très probable que c'est au groupe CO qu'est 
due V absorption énergique de H aldéhyde et des kétones. 

On sait que poar la partie visible du spectre, il se 
produit des faits du même genre. Dans plusieurs séries 
de corps comprenant des matières colorantes on recon- 
naît que ce sont les composés contenant de ces groupes 
chromophores qui présentent des propriétés d'absorption 
ou, ce qui revient au même, de coloration '. 



Acétal ( CH»— CH< 1 



L'acétal, provenant dé la fabrique Kahibanm, présente 
relativement une assez grande transparence; elle ne 
s'étend pas cependant aux raies extrêmes du spectre qui 
sont énergiquement absorbées à partir de 27. On n'ob- 
serve pas de bande d'absorption. Les résultats numéri- 
ques sont consignés dans le tableau H, et la courbe est 
donnée dans la Planche V. 

On a ici l'exemple d'un composé assez complexe, 
puisque sa molécule est formée de 20 atomes, et qui est 
doué d'une transparence considérable, tandis que l'aldé- 
hyde, dont la composition est très simple, C*H*0, est très 
absorbante. On reconnaît ainsi nettement que le mode de 
groupement des atomes a plus d'importance que leur 
nombre. On remarquera que le groupe carbonyle, CO, 
n'entre pas dans l'acétal. Plusieurs chimistes d'ailleurs 
rapprochent ce corps de l'éther éthylique, qui est très 
transparent, comme nous allons le voir. 

' Voyez sur ce sujet le beau trayail que M. le prof. Graebe a 
récemment publié sur le Jaune indien. — Archives^ déc. 1889, 
t. XXII, p. 497. 



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des ratons ultra -violets. 33 

Éthers simples. 

Éiker éihyUque (C'H'— O— CH^. — L'éther ordi- 
Daire est d'ane étude difficile à cause de sa grande Tolati- 
Uté qui oblige à opérer avec quelque précaution. Lors- 
qu'il a été purifié par distillation sur du sodium, il 
présente une très grande transparence; après l'eau distil- 
lée, c'est parmi les corps examinés celui qui intercepte le 
moins les rayons ultra-violets extrêmes. Il peut être con- 
sidéré comme appartenant à la série homologue dont le 
premier terme est Tean, et dont les alcools font aussi par- 
tie, l'éther éthylique dérivant de Teau par substitution 
de deux C'H' à deux H, tandis que, dans Talcool éthy- 
lique, un seul H de l'eau est remplacé par un G*H'. Nous 
avons vu plus haut que les alcools présentent aussi une 
grande transparence qui serait donc un caractère général 
de cette série homologue. 

Cette propriété de l'éther purifié par distillation sur du 
sodium permettra d'utiliser ce liquide comme dissolvant 
pour l'étude de la transparence d'autres substances. 

L'éther, tel qu'on le rencontre ordinairement dans le 
commerce, est très inférieur au produit rectifié sur le 
sodium. 

Les résultats que nous avons obtenus, et qui sont con* 
signés dans le tableau H et dans la planche V, portent 
sur les produits suivants : 

1. Éther éthylique pur, distiUé sur le sodium, provenant de la 
fabrique Eahlbaum. On remarquera un maximum peu prononcé 
sur la raie 26 ; nous sommes disposés à l'attribuer à quelque trace 
d'impuretés (acétone?). Cette inflexion contribue à rendre les me- 
sures difficiles. 

Un second examen de ce produit effectué trois mois plus tard 

ARCfflVEs, l. XXIII. — Janvier 1890 3 



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34 



RECHERCHES SUR l'aBSORPTION 



a donné des résultats identiques dans la limite des erreurs d'ob- 
servation. On n'a donc pas à craindre une altération rapide de 
cet éther. 

2. Éther du commerce (pharmacie); la transparence est très 
inférieure à celle du produit précédent. Il y a également une in- 
flexion entre 25 et 26. 

8. Autre échantillon d'éther du commerce, en solution alcoo- 
lique dans la proportion de 1 volume d'éther pour 24 volumes 
d'alcool (alcool rectifié du commerce, n<» 2 du tableau B). L'in- 
flexion sur 25 et 26 est moins sensible. 



TABLBAn H. 



RAIES 


Ae«tal. 


Éther éthyliqne. 


' 


N*l 


N'I 


N-3 1 










aolatioii ! 






dirtOMinrNa. 


ordioain. 


aloooliqae. ' 


Zn (doable) 






i 61 très brillante. 


_ 


Mg(X = 3(W 


— 


— 


Id. M* fiX: 


— 


Mgp. = 298) 


mm 


— 


Dépassa 61 


— 


17 


Dépasse 90 


— 


42,8 


— 


18 


45,35 


mm 


2!'<^ 


— 


90 


29,75 


Affaibli* i 100 


21,9 


mm 


» 


16,45 


100,0 


6,45 


80,0 


2i 


12,73 


88,6 


3,45 


S'O 


25 


7,8 


65,6 


1,85 


S>! 


26 


4.3 


ê5'0 


1,87 


?2'i 


27 


1,1 


59,9 


0,9 


12,3 


28 


O'I 


43,1 


0,2» 


M i 


29 


0,25 


2!.J7 


0,02 


3,3 


30 





2.35 


— 


— 


31 


■^~ 


1.3 


" 


~ 



lodures. — Noas avons étudié une série de iodures 
des radicaux alcooliques, provenant de la fabrique Kahl- 
baum. Ces produits s'altèrent et jaunissent sous l'action 
du temps et de la lumière, altération qui entraîne une 
modification de transparence : l'absorption devient très 
appréciable pour les rayons violets et pour le commence- 
ment du spectre ultra-violet; elle est moins sensible sur les 



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DES RAYONS ULTRA-VIOLETS. 35 

raies plus réfrangibles que 10. Il confient donc, avant de 
prendre les mesures, de redistiller les liquides avec un peu 
de mercure» ce qui les rend tout à fait incolores. 

Les résultats numériques consignés dans le tableau K 
se rapportent aux produits suivants (la planche VII donne 
la courbe de Tiodure d'éthyle; pour les autres iodures, 
on n'a pas tracé de courbe, mais seulement marqué les 
points correspondant aux observations) : 

1. lodnre d'étbyle ; liquide an peu jaune. 

2. Même produit immédiatement après distillation sur du mer- 
•core, tout à fait incolore. Point d'éb. 68** à 71^ sous 785»". 

3. lodure de propyle, incolore; P. d'éb., 100** à 101® sous 725™». 

4. lodnre d'isobutyle, incolore; P. d'éb., 118** sous 784"^. 

5. lodure d'amyle, un peu jaune; P. d'éb., 144® sous 735'». 

6. Même produit distillé sur du mercure ; P. d'éb., 145" sous 
734—. 

7. M«me inroduH distHlé à noureau; P. d'éb., 148®,5 à 144® 
S0U8 725"*. 

Tous ces éthers sont très opaques pour les rayons 
ultra-violets à partir de la raie 10. Ils présentent entre 
eux une grande similitude dont on peut juger par le 
rapprochement des points d'observation avec la courbe 
de Tiodure d'étbyle; il ne nous est pas possible de dire 
s'il y a des différences réelles ou si les petites variations 
observées proviennent de traces d'impuretés'. 

(Voir tableau K, ci-derrière.) 

^ On remarquera les différences d'épaisseur d'extinction cor- 
respondant aux 2 raies du zinc x = 384 et X = 380 qui sont 
cependant très rapprochées. 



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RECHERCHES SDR L ABSORPTION 



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Nous avons ensuite repris ces produits et nous les 
)ns étudiés en dissolution assez étendue dans l'alcool, 
prenant toujours une quantité d'éther proportionnelle 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 



37 



à son poids moléculaire ; ainsi 250^ de liquide conte- 
nant 1«',56 d'iodure d'éthyle (soit 6,24 dans 1 litre), ou 
l*',?© d'iodure de propyle, etc. Les chifires obtenus 
sont portés dans le tableau K'; la Planche VIO donne 
aussi une partie des courbes. 

Pour toutes ces solutions, on observe encore une 
grande similitude dans les résultats; l'absorption devient 



Tableau K'. — ithors simplM. loduroi on Bolntion aloooliqnt. 





lodare 


lodnre 


lodure 


lodnre 


RATES 


dȎthvle 


ï-!œ 


dnaobotyle 
7>',86daiis 


d'amyle 




lU^. 


1 Utre. 


1 Utre. 


lUtre. 




mm 


mm 


mm 


mm 


Mg(X=309) 


Dépasse 98 


98,4 


86,0 


43,6 


Mg(X=|93) 


^'2 


25,5 


27,0 


11,6 


Mg(x=279) 


9,3 


6,5 


6,5 


3,12 


17 


3'IZ 


3,7 


4,25 


1.5 


18 


1,35 


Î>i5 


0,92 


0,22 


20 


1,05 


1,05 


0,8 


0,1 


22 


ê'?^ 


4,95 


4,02 


2.1 


24 


^'15 


8,95 


6,7 


3,8 


25 . 


11,25 


10,05 


9,92 


5,8 


26 


12,95 


13,05 


12,85 


70 


27 


9,5 


9.0 


7.4 


4,1 


28 


4,1 


4,8 


5,0 


2.1 


29 


i,4 


1.1 


1.0 


0,35 



énergique à partir de la raie 17, on trouve un minimum 
de transparence sur la raie 18 ^ puis la transparence 
reprend sensiblement et atteint un maximum sur 26. 
L'iodure d'amyle est un peu plus absorbant que les au- 
tres, ce qui provient probablement d'une impureté*. 

^ L'épaisseur d'extinction est plus faible pour 20 que pour 18 ; 
mais il ne faut pas oublier que la raie âO est moins intense. En 
employant le spectre du fer, on reconnaît que le centre de la 
bande d'absorption tombe bien sur 18. 

' Les courbes présentent au premier abord une certaine analo- 



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38 RBCHERGHES SUR L'aBSORPTION 

Une pareille uniformité de transparence dans cette 
série de substances homologues est certainement très 
remarquable. 

Plusieurs chimistes considèrent la constitution des 
éthers simples comme semblable k celle des sels haloldes 
métalliques^ la diJBTérence ne résidant suivant eux que 
dans la substitution d'un radical alcoolique à un atome 
de métal. Il était donc intéressant de rechercher si, entre 
ces deux classes de corps, il y a analogie en ce qui con- 
cerne les propriétés d'absorption'. 

On sait que les sels de potassium sont transparents 
pour les rayons ultra-violets quand l'élément électro-né- 
gatif ne les intercepte pas lui-même ; tel est le cas pour 
le chlorure ou le sulfate de potassium. D'autre part, 
d'après ce que nous avons vu plus haut, les radicaux 
méthyle, éthyle, etc., sont également transparents pour 
les rayons ultra-violets. Il semble donc que s'il y a simili- 
tude de constitution entre les iodures métalliques et les 
éthers simples, l'iodure de potassium devrait se compor- 
ter de la même manière que les iodures d'éthyle, de pro- 
pyle, etc., puisque l'absorption ne dépend que de l'élé- 
ment électro-négatif, l'iode. Ce n'est pas là le résultat 
que donne l'expérience. 

gie avec ceUes des kétones qui accusent également un maximum 
sur 26 ; on pourrait donc être tenté de supposer que c'est k la 
présence d'une certaine quantité de kétones que les iodures doi- 
vent leur opacité. Cette hypothèse tombe devant le fait que les 
iodures sont beaucoup plus absorbants que les kétones, comme le 
montre la comparaison des tableaux de ces produits. 

^ M. Miller avait signalé chez les iodures alcalins une bande 
d'absorption comprise entre les raies 9 et 12 (PhUoscphieàl IVon- 
sactiona, 1862). Nos observations n'ont pas confirmé ce résultat au 
moins pour les solutions qui ne se sont pas colorées en jaune. 



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DES RATONS ULTRA-VIOLETS. 39 

Le spectre de l'iodure de potassîom eo dissolution 
aquease ne présente qne des anal(^es très éloignées avec 
tes spectres^ presque identiques entre eux, des éthers 
iodbydriques. La forme générale de la courbe a peut- 
être quelque rapport, mais la transparence de Tiodure 
de potassium est plus grande pour les rayons les moins 
réfrangibles et plus faible pour les rayons les plus ré- 
trangibies ; le minimum et le maximum ne sont pas dans 
lesuifiiuBs positions. 

On pouvait se demander si ces différences ne provien- 
nent pas de ce que l'iodure d'éthyle était en dissolution 
alcoolique et l'iodure de potassium en dissolution aqueuse. 
Noos avons donc examiné aussi l'iodure de potassium en 
solution dans l'alcool ; l'on verra que la courbe obtenue 
dans ce cas ne se rapproche pas davantage de celle de 
l'iodure d'éthyle. 

Nos observations ont porté sur les produits suivants ; 
les résultats numériques sont consignés dans le tableau L 
et partieUement dans la planche YIII. 

1. Solution eoncentrée de iodare de potassiam (collection du 
laboratoire Rilliet) ; dans la proportion de 800^' environ dans an 
litre dn liquide qui est légèrement jaunâtre. L'absorption est con- 
sidérable à partir de 17. On observe un affaiblissement de la par- 
tie la moins ré&angible de l'ultra-violet, mais pas de bande d'ab- 
sorption. 

2. Solution de iodure de potassium (Kahlbanm), dans la pro- 
portion de 332*' dans un litre de dissolution. La transparence de 
ce produit, très grande jusqu'aux raies 15 et 16, diminue rapide- 
ment au delà et devient insensible à partir de la raie 18. 

8. Môme iodure en solution 50 fois plus étendue, soit dans la 
proportion de 68',64 dans un litre (proportion équivalente à 
6*^,24 de iodure d'étbyle, etc.). La transparence, très grande pour 
la raie 17, s'abaisse rapidement et devient insensible de 22 à 25 ; 
elle reprend ensuite légèrement et présente un maximum peu pro- 
noncé sur 28. Les différences avec l'iodure d'étbyle sont très mar- 



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40 RECHERCHES SUR l'aBSORPTION 

quées : la transparence s'étend plus loin avec Piodure de potas- 
sium qui affaiblit à peine la raie 17 pour laquelle l'épaisseur 
d'extinction de l'iodure d'éthyle n'atteint pas 4™°" ; le centre de 
la bande d'absorption est entre 24 et 25 avec l'iodure de potas- 
sium, tandis qu'il tombe sur 18 avec l'iodure d'éthyle ; la reprise 
de transparence est plus faible avec l'iodure de potassium, le 
maximum est sur 28 au lieu de 26. 

4. Solution dans la même proportion d'un autre échantillon de 
iodure de potassium (provenant d'une pharmacie). Les résultats 
sont presque les mômes qu'avec le n* 2. 

5. Même iodure en solution alcoolique dans les mêmes propor- 
tions. Le liquide a passablement jauni lors du mélange et les pro- 
priétés d'absorption se sont modifiées. Les rayons violets sont 
affaiblis et les ultra-violets les moins réfrangibles, jusqu'à 17, sont 
en grande partie interceptés ; on remarque une bande d'absorp- 
tion sur 15 et 16 ; c'est là évidemment l'effet de la décomposition 
partielle du produit, accusée par la coloration. Pour les raies 18 
et 20 la transparence est au contraire plus grande que dans la 
solution aqueuse. Les raies 22 et suivantes sont complètement 
interceptées, ce qui, très probablement, doit être attribué en 
grande partie à l'absorption propre de l'alcool qui sert de dis- 
solvant. 

6. Avec le temps, le même produit a complètement perdu sa 
coloration jaune. Il a été conservé pendant plus de six mois dans 
un flacon bouché à l'émeri, et soumis à un nouvel examen. L'ab- 
sorption de la partie la moins réfrangible de l'ultra-violet a com- 
plètement disparu en même temps que la coloration et, pour la 
même cause sans doute, la transparence a augmenté sur 18. L'opa- 
cité est toujours à peu près complète à partir de 22. Si l'on consi- 
dère ces résultats comme ceux qui se rapportent à la dissolution 
alcoolique de l'iodure de potassium, en d'autres termes, si l'on 
admet que la décomposition partielle de l'iodure qui s'est manifes- 
tée au début n'a, en définitive, pas introduit d'impuretés en pro- 
portion sensible, on arrive à conclure que l'absorption de l'iodure 
d'éthyle diffère plus de celle de l'iodure de potassium quand celui- 
ci est en dissolution alcoolique que lorsqu'il est en dissolution 
aqueuse. 

7. Même iodure de potassium en solution aqueuse plus étendue 
(Os',664 dans un litre). Ce produit a donné des résultats concor- 
dants avec ceux des solutions n^* 2 et 3. La bande d'absorption 
fiur 24 ou 25 subsiste ; le maximum de transparence suivant, tou- 
jours peu prononcé, tombe sur 27. 

8. lodate de potassium (Eahlbaum) en solution aqueuse dans la 



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DES RATONS ULTRA-VIOLETS. 



41 



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42 RECHERCHES SUR l'aBSORPTION 

proportion de 8s',56 dans un litre. Ce sel interrenant sourent 
comme impureté dans Piodure de potassium, il y avait intérêt à 
l'examiner. On reconnaît qu'il n'intercepte pas les rayons jusqu'à 
17 ; la transparence diminue ensuite rapidement jusqu'à 20, puis 
continue à s'abaisser lentement jusqu'à l'extrémité du spectre. 
D'après cela, il est peu probable que de petites quantités de 
iodate mélangé au iodure puissent influer sensiblement sur le 
spectre d'absorption de ce dernier. 

Bromures. — Nous avons examiné le bromure d'éthyle 
(provenant de la fabrique Kablbaum). Jusqu'à la raie 12> 
la transparence est très grande; il se manifeste ensuite 
une bande d'absorption peu prononcée sur la raie du 
magnésium (X=309) voisine de la raie solaire S. Sans 
oser l'affirmer, il nous parait probable que cette bande 
est due à quelque impureté du produit. — Au delà, la 
forme de la courbe accuse un accroissement d'absorption 
très rapide entre 17 et 18. Ce caractère d'une interrup- 
tion très brusque de la transparence appartient aussi aux 
iodures, comme nous l'avons vu ; mais la limite n'est pas 
la même, car avec l'iodure d'éthyle absolu, le passage de 
la transparence à l'opacité s'effectue vers la raie 10; avec 
le bromure, c'est vers la raie 17. Même en supposant que 
la bande d'absorption mentionnée plus haut ne soit pas 
due à une substance étrangère, il resterait une différence 
marquée entre l'iodure et le bromure d'éthyle, ce dernier 
étant, en tout cas, le plus transparent. 

La différence persiste entre les deux éthers en solution 
alcoolique; le bromure d'élbyle, dans la proportion de 
4^,36 dans un litre, est notablement moins absorbant 
que l'iodure en proportion équivalente (soit 6*^,64); 
pour le bromure, la grande transparence va jusqu'à la 
raie 20; avec l'iodure, elle ne dépasse guère la raie du ma- 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 43 

gnésium (X=309). — Le spectre est moiDS brusquement 
coupé avec le bromure qu'avec Tiodure, la courbe pré- 
sente un autre caractère, ce qui pourrait bien provenir 
de quelque impureté. 

Dans la partie la plus réfrangible du spectre, nous 
n'avons pas trouvé, avec le bromure d'éthyle, de maxi- 
mum et de minimum d'opacité comme ceux que présen- 
tent les éthers iodhydriques. Il est possible que ce mini- 
mum existe virtuellement, mais qu'il s'approche trop de 
l'extrémité du spectre pour être apparent. — L'épaisseur 
d'extinction est encore sensible pour la raie 30 de l'alu- 
minium (l'alcool pris comme dissolvant étant le n^ 6 du 
tableau B, c'est-à-dire le plus transparent de tous). 

Le bromure de potassium (provenant d'une pharmacie) 
a été étudié en solution aqueuse à deux degrés de con- 
centration différents. Dans la proportion de 238*^ dans 
un litre, on trouve que la transparence tombe brusque- 
ment vers la raie 22, tandis que, comme nous l'avons vu, 
pour riodure de potassium en proportion équivalente 
(332<^, voir tableau L) cette inflexion si marquée se 
produit déjà vers la raie 17. 

La dissolution à 4^,76 de bromure de potassium dans 
un litre est aussi notablement plus transparente que la 
solution équivalente de bromure d'éthyle (4^,36) jusqu'à 
la raie 24 ; au delà elle est plus absorbante. 

En gros, on peut dire que le bromure de potassium, 
comparé au bromure d'éthyle, se comporte comme l'io- 
dure de potassium vis-à-vis de l'iodure d'éthyle. 

Ces résultats sont consignés dans le tableau M et, en 
partie, dans la planche VIH. 



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^4 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



Tablbau m. — Éthers simples. Bromures. 







Bromnre 


Bromnre 


Bromure 




Bromnre 


d'éthyle. 
Solatioa 


de potaaainm. 
Solntion 


de potaeaiom. 
Solntion 


RAIES 


d'éthyle 






alcoolique 


aqnense 


aqnense 




abMla. 


& 4>'.S6 dans 


deStSgr.daos 


à 4r,76 dans 






1 litre. 


lUtre. 


1 litre. 




mm 








Zn (double) 


DéptSMlOO 


— 


— 


— 


12 


»,3 


— 


— 


— ! 


Mg(x = 309) 


37,67 


— 


— 


— 1 


Mg(>. = 293) 


41,72 


— 


— 


— 


Mg(x = 279) 


37,05 


— 


— 


— 


17 


21,63 


— 


— 


— 


18 


1,37 


mm 


mm 


— 


20 


0,34 


100,3 


Dépasse 100 


— ' 


20 et 22 


— 


•»• 


— 


mm 


22 


0,17 


17,23 


12,05 


Dépasse 100 


24 





9,93 


0,47 


*?'L 


25 





4,92 


0,15 


3,55 ! 


26 





4,3 


0,06 


0.92 , 


27 





3,0 


Insensible. 


0,2 


28 





2.7 


— 


0,1 


29 





2,23 


— 


Insensible. 


30 





1,32 


.- 


— 


31 


"~ 


Insensible. 




— 1 



Chlorures. — Nous avons examiné le chlorure d'élhyle 
Kahlbaum); son étude est difficile à cause de sa grande 
olatilité. Le point d'ébullition étant à 12^ il faut opérer 
apidement et dans une salle à basse température. On 
oit prendre quelques précautions pour que les vapeurs, 
ui sortent du vase et tombent en vertu de leur grande 
ensité, ne prennent pas feu au contact des étincelles 
'induction ou du bec à gaz employé pour la lecture de 
échelle. 

Nous avons du doute sur la pureté de l'échantillon de 
hlorure d'éthyle que nous avons employé : son point 
'ébullition n'était point constant, et après l'évaporation, 
)s vases où il avait été placé conservaient une odeur par- 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 45 

ticolière. D'autre part, la courbe d'absorption à laquelle 
ce produit donne lieu est fort irrégulière (voir plan- 
che Vni), ce qui est habituellement un indice d'impu- 
reté. Les chiffres donnés dans le tableau N montrent tou- 
tefois que la transparence du chlorure d'éthyle est plus 
grande que celle du bromure pour les raies extrêmes du 
spectre à partir de 18. Entre 17 et 18, on remarque une 
forte inflexion de la courbe provenant probablement 
d'impuretés. 

Outre le cf^lorure d'éthyle, nous avons examiné des 
échantillons de chlorures de propyle et d'isobutyle, faisant 
partie des produits que nous avons reçus de MM. I. Pierre 
et Puchot; malheureusement la quantité en était très 
petite. 

Avec le chlorure de propyle (point d'ébullition à 
46^,5), la plus grande épaisseur sur laquelle nous avons 
pa opérer était de 21^^. La raie 24 est éteinte à 18°*°^,5, 
tandis que l'épaisseur d'extinction pour cette raie est 
insensible avec Tiodnre de propyle et l'iodure et le bro- 
mure d'éthyle. Pour les raies 22 à 26, la transparence 
est plus grande que celle du chlorure d'éthyle. 

Avec le chlorure de butyle (point d'ébullition 70^5 à 
73°), dont nous avions très peu, le maximum d'épaisseur 
que nous pouvions atteindre était de 9^^,i ; la raie 24 
était alors très affaiblie. Pour les raies suivantes, le chlo- 
rure de butyle a paru moins transparent que le chlo- 
rure de propyle; mais on ne peut formuler de conclu- 
sion certaine d'après des mesures ne portant que sur les 
rayons les plus réfrangibles. 

Les résultats obtenus sur ces divers chlorures sont 
contenus dans le tableau N et la plupart des courbes sont 
tracées sur la Planche YIII. 



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RECHERCHES SUR L ARSORPTIOxN 



Tablrau N. — Éthers simples. Chlorures absolus. 





Cblornra 


Chlorure 


Chlorare 


BAIES 


d'ètbyle 


de pTopyle 


d*itobatyl« 




ab«aln. 


abBoln. 


absoln. 




mm 






12 


Dtpisse 77 

29.0 


— 


— 


17 








18 


290 


— 


— 


90 


26,6 


mm 


mm 


22 


13,63 


Dépasse 21 
18,5 


affaibUe8A9.1 


.2i 


8,1 


trÔ8affatt).à9,l 


25 


3,05 


7,27 


4,02 


26 


2.4 


3,6 


i,7 


27 


1.2 


1,15 


0,75 ; 


28 


0,85 


0.3 (?) 


0,3 


29 


0,3 




0.1 


30 


— 


— 


— 


31 


~ 


~ 


~ 



Dans les solutions alcooliques de ces trois chlorures, la 
nsparence est loin d'être proportionnelle au degré de 
ition. La courbe diffère par son apparence générale 
courbes des autres substances de cette catégorie^ la 
ite de transparence est moins brusque. Les chlorures 
propyle et d'isobutyle, dans la proportion équivalente 
3^,14 et 3^,7 par litre, donnent à peu près les mêmes 
ultats l'un que l'autre. Le chlorure d'éthyle à 2^,5S 
' litre est notablement plus transparent pour les rayons 
^ réfrangibles. 
Les résultats sont donnés dans le tableau N'. 



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DES RAYONS ULTBA-VIOLETS. 



47 



e 





U 
O 



a 



>««H« 



B C3 






I I I I I M I a«VV- 



S,t^cot^^*i^ 



MM I^V^Vol I 

â 



I 1 1 i®.*'-.®."*.*.*'. I 



I I I I I aScSowffiîs 1 



I Mg 









o 



I I 



§s 



«S!S3«^S 






i*.l I 



2!âS«SS«âlSS$;3SSS^^ 






Enfin, comme terme de comparaison^ nous y avons 
joint le chlorure de potassium en solution dans Teau à 
divers degrés de concentration. 

La solution à 2^,976, équivalente à celle de iodure 



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48 RECHERCHES SUR l' ABSORPTION 

de potassium à 6^,64 par litre, est beaucoup plus trans- 
parente que celle des chlorures d'étbyle, de propyle et 
de butyle en proportions équivalentes, savoir à i^,5S, 
3«',14 et 3«f^7 par litre. 

Nous croyons pouvoir résumer cette étude des étbers 
simples de la manière suivante : 

1 . Les divers étbers simples contenant le même élé- 
ment électro-négatif (iode, brome, chlore) ne paraissent 
pas différer sensiblement dans leurs propriétés d'absorp- 
tion; en d'autres termes, la substitution d'un radical 
alcoolique à un autre radical alcoolique agit peu sur la 
transparence. 

2. Les sels haloîdes de potassium (iodure, bromure, 
chlorure) sont notablement moins absorbants que les 
éthers correspondants ; la substitution d'un métal alcalin 
à un radical alcoolique augmente donc la transparence. 

3. Les divers éthers contenant un élément électro-né- 
gatif différent ne présentent point la même transparence; 
les iodures sont très absorbants, les bromures le sont 
moins, les chlorures sont assez transparents. 

4. Les spectres d'absorption ultra-violets de ces divers 
produits présentent en général le caractère commun 
d'être brusquement interrompus ou très affaiblis. C'est 
ce dont on peut juger par un coup d'oeil sur les courbes 
des planches VII et VIII : la plupart commencent par une 
ligne presque verticale qui s'infléchit rapidement en se 
rapprochant beaucoup de l'abscisse. Celles qui font ex- 
ception correspondent probablement à des produits im- 
purs. D'ailleurs ce caractère appartient à un grand 
nombre d'autres corps. 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 49 



Acides gras. 

L'étude que nous avons faite sur les acides de la 
série grasse ne nous satisfait guère ; il nous a paru que 
les produits sur lesquels nous avons opéré étaient loin de 
présenter une pureté parfaite, malgré les soins appor- 
tés à leur préparation. 

Gomme exemple des divergences qui peuvent se mani- 
fester avec un même corps suivant sa provenance, et de 
la difficulté de la purification, nous donnons dans le ta- 
bleau ci-derrière les chiffres que nous avons obtenus 
avec Tacide acétique. 

Un premier échantillon, pris dans la collection de 
l'École de chimie de Genève et étiqueté comme pur, est 
d'abord examiné tel quel. On trouve qu'il est très absor- 
bant au delà de la raie 12 et on remarque im minimum 
de transparence sur 17, qui peut faire soupçonner une 
impureté du produit. On cherche à le purifier par deux 
cristallisations successives et on l'examine de nouveau. 
Sa transparence s'est un peu améliorée, mais l'absorptiou 
est toujours très considérable pour les raies 14 et sui- 
vantes. Les mesures sont d'ailleurs peu régulières, comme 
si au contact de l'air humide il se produisait une action 
particulière; on voit dans le tableau que les chiffres de 
deux séries successives (première et deuxième mesures) 
ne s'accordent pas très bien ; la transparence a augmenté 
pour la raie 18 plus que pour la raie 17, en sorte que le 
minimum de transmission de cette dernière raie est plus 
accusé. Une troisième mesure faite deux mois plus tard 
sur cet échantillon montre que ce minimum a persisté. 
archives, t. XXIII. — Janvier 1890. 4 



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RECHIsRCHES SUR L ABSORPTION 



«•^•P-feC^* 






I I 






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2 1. 



g 2. 



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CD 

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H 

► 

a 



I 
I 



Ds toutes ces observations, l'épaisseur d'extinction de 

•aie 1 7 n'atteint pas 3°»". 

On a ensuite opéré sur un second échantillon d'acide 



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DES RATONS ULTRA- VIOLETS. 5i 

acétique, proTenant de la fabrique Kahibaum et préparé 
sans doute en grand; l'épaisseur d'extinction pour 17 
dépasse 100°»" (voir la courbe planche V). Il y a, 
comme on le voit, une entière divergence entre les deux 
produits. 

Nous consignons aussi dans le tableau G les mesures 
faites avec l'acide acétique (deuxième échantillon) étendu 
d'eau dans les proportions de 20 et de 50 7» d'eau (en 
poids). 

La transparence augmente plus rapidement que le 
degré de dilution, fait qui se rattache peut-être aux va- 
riations moléculaires qui accompagnent le mélange d'eau 
avec Tacide concentré, et au maximum de densité que 
l'on observe lorsque la dissolution contient 22 •/• d'eau. 



On voit par ce qui précède que, comme pour les 
alcools, la purification des acides gras présente de 
grandes difficultés. C'est donc sous toute réserve qtiant à 
leur exactitude que nous donnons, dans le tableau P qui 
suivra, les chiffres obtenus sur cette série de corps. Les 
échantillons sortaient pour la plupart de la fabrique Kahi- 
baum. L'acide propionique faisait partie des produits 
reçus de MM. L Pierre et Puchot; la quantité en était 
petite ; le liquide a un peu jauni pendant les mesures. 

En comparant nos résultats à ceux de MM. Hartley 
et HuDtington d'après leurs diagrammes indiquant la 
limite des spectres pour une épaisseur de 19°^. on trouve 
que les acides formique et acétique sur lesquels nous 
avons opéré (Kahibaum), ont une transparence plus 
grande que les échantillons de MM. Hartley et Hun- 
tington, qui donnent comme limite du spectre les raies 



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52 RECHERCHES SUR L' ABSORPTION 

14 pour Tacide formique et 17 pour Tacide acétique; 
pour les acides propionique et butyrique il n'y a pas 
de différence sensible; mais pour l'acide isobutyrique 
la différence est en faveur de l'échantillon de MM. Hart- 
ley et Huntington, lequel transmet jusqu'à la raie 17. 
— Nous rappelons ici que lorsqu'on examine plu- 
sieurs échantillons d'un même corps -dans lesquels on 
peut soupçonner des traces d'une substance étrangère 
plus absorbante que le produit principal, les chiffres les 
plus élevés obtenus pour l'épaisseur d'extinction d'une 
raie donnée, sont les seuls qui aient quelque valeur : on 
n'est pas sûr qu'ils ne soient pas encore trop faibles, 
mais on peut être certain qu'ils sont plus près d'être 
exacts que les chiffres moins élevés. Par suite nos résultats 
pour les acides formique et acétique (Kahibaum) doivent 
être meilleurs que ceux de MM. Hartley et Huntington ; 
mais c'est l'inverse pour l'acide isobutyrique. 

Dans l'ensemble, il est difiBcile de donner des conclu- 
sions certaines d'après les résultats consignés dans le ta- 
bleau; leur manque de régularité indique, nous n'en 
doutons pas, la présence d'impuretés. Le seul caractère 
commun, c'est que tous ces acides interceptent complète* 
ment la partie la plus réfrangible du spectre à partir de 
25 ; tous présentent une chute rapide de transparence 
entre 17 et 20, à l'exception de l'acide isobutyrique qui 
présente un minimum sur 17 et chez lequel la décrois- 
sance commence plus tôt et n'est pas si brusque. Mainte- 
nant ces acides à l'état de pureté présenteraient-ils des 
différences entre eux, et trouverait-on une relation entre 
leur formule chimique et leur transparence? c'est ce que 
nous ne saurions décider. 

On remarquera que ces corps, qui sont très absorbants 



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DïLS RATONS ULTRA -VIOLETS. 53 

pour les rayons plus réfrangibles que 18» contiennent 
aussi le groupe CO comme trait d'union entre deux 
autres groupes, dont Tun est un radical alcoolique, l'autre 
l'bydroxyle ; ceci dit sous toute réserve relativement au 
rôle que ce carbonyle joue dans la constitution des acides. 

SeU de sodium. — Une série des combinaisons des 
acides gras avec le sodium nous a également donné des 
résultats incertains. Ces sels provenaient de la fabrique 
Kahibaum, à l'exception de l'acétate qui a été pris dans 
la collection de l'École de chimie. On les a dissous dans 
l'eau en proportion telle que, pour chacun d'eux, la solu- 
tion contînt 23 grammes de sodium dans un litre. Les 
chiffres obtenus sont également consignés dans le ta- 
bleau P, à la suite des acides. 

Ces produits (sauf le butyrate de sodium) présentent ce 
caractère commun que, pour tous, l'absorption est à peu 
près la même à l'extrémité la plus réfrangible do spectre, 
soit pour les raies 28 et 29. 

Ici encore, il est difficile de dire s'il y a une relation 
entre la transparence et la formule chimique. MM. Hartiey 
et Hnntington ont admis pour ces sels, que l'absorption 
augmente à mesure que leur composition devient plus 
complexe par l'addition d'un plus grand nombre de CH*. 
Nous ne pouvons ni contester ni confirmer cette conclu- 
sion qui, si elle est exacte, est masquée par la présence 
d'impuretés dans les produits; en effet l'ordre de trans- 
parence que nous avons obtenu est le suivant : acétate, 
isobutyrate, formiate, propionate, valérate, butyrate. La 
chute brusque de transparence s'effectue entre 20 et 24 
pour le formiate, l'acétate, le propionate, l'isobutyrate ; 
elle se produit entre 12 et 18 pour le valérate et le buty- 
rate, qui sont probablement plus impurs. Les échantillons 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. 55 

ËTHEaS GOMPOSÉS. 

ÉA&rs des acides gras. — Dans les produits reçus de 
MM. I. Pierre et Pi^ot se trouvaient un grand nombre 
des é\hers formés par les acides ^ras ; ces échantillons, 
contenus dans des tubes scellés, étaient en quantité trop 
petite pour qu'on ait pu les examiner sous une grande 
^Mûsseur. Quelques étbers de la même série ont été reçus 
de la fabrique Kahlbaum. 

Les résultats obtenus sur ces corps nous paraissent 
présenter une incertitude pareille à celle que nous avons 
constatée dans la série précédente : il est très probable 
que ces spécimeus d'éthers contiennent pour la plupart 
des traces sensibles d'impuretés produites par les opéra- 
tions mêmes de rectiflcation. Les chiffres sout donnés 
dans le tableau Q. 

MM. Hartley et Huntington ont déterminé aussi pour 
celte série d*éthers la limite du spectre d'absorption au 
tr^Y^s d'une épaisseur de 19°^ de liquide. Les pro- 
duits sur lesquels ils ont opéré provenaient de la fabrique 
Kahlbaum. Leurs résultats sont en général d'accord avec 
les nôtres; cependant pour les acétates de méthyle, bu- 
tyle et d'amyle, pour le butyrate d'éthyle et surtout le 
botyrate d'amyle, nous avons obtenu une transparence 
plus grande que MM. Hartley et Huntington. En re- 
vancbe» la transparence que ces derniers ont observée 
pooT le formiate de méthyle et surtout pour le butyrate 
deméthyle dépasse notablement le chiffre que nous 
avons trouvé. 

Tons nos échantillons présentent ce caractère commun 
que l'absorptiou est presque complète à partir de la raie 



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RECHERCHES SUR L ABSORPTION 
Tableau Q. — Éthers composés. 



™ 


Formiâtet de 
propyle 1 batjle 




Acétetee de 


-a^s9 




métbyle 


propyle 


bntyle 


amyle 




P. et P. 


p. «t p. 


Kohlb, 


P. et P. 


P. et P. 


RaMb. 












— 


mm 

60,33 




mm 


mm 


mm 


— 




19,75 




Dépassa 22 


Dép. a 


86,4 


mm 


mm 


0,97 




10,10 


14,45 


64,S 


trd8TisibleAl5 


très visible A il 


1.7 




0,8 


1,72 


8,85 


4,6 


4,55 


1.55 




— 


0,15 


0,1 




0,15 


0,15 














0,03 








Botyrates de 








de bntyle 

P Afc P 


mitbyle èthyle 


propyle 


botyie 


■myle 




ir, W C 


P. et P. P. et P. 


P. et P. 


P. et P. 


P. et P. 






mm 















Dép. îl 





— 


— 


— 







10,5 





— 


mm 


— 







i,6 





mm 


25,1 


— 




mm 


1,87 


mm 


Dépasse 30 


32,5 


mm 




Dépasse 14,3 


ï,76 


Dép. 22 


^'§^ 


10,06 


7,43 




6,13 


i,26 


2,75 


2,95 


0,85 


1,75 




0,25 




— 


— 


— 






0,13 





— 


— 


— 







0,1 


""■ 


'^~ 


""" 


~~ 


"~~ 






Va] 


Lèrates de 








méthyle 


éthyle 


propyle 


botyie 


bntyle 


amyle 




P. et P. 


P. et P. 


P. et P. 


P. et P. n- 1. 


P. etP.n»f. 


P. et P. 














mm 




— 


— 


— 


— 


— 


33.0 




— 


— 


— 


— 


— 


a.3 


B 


— 


— 


— 


— 


— 


10,75 




— 


— 


— 


— 


— 


4,0 


1) 


— 


— 


— 


— 


— 


«,67 




— 


— 


— 


— 


— 


a, 3 


» 


mm 


— 


— 


— 


— 


«,67 




M,0 


mm 


mm 


mm 


mm 


4.2 




13,17 


Dép. 19,0 


15,0 


Dépasse 13,7 


18,77 


3,8 




2,2 


3,28 


3,0 


2,3 


3,54 


1,01 




Insensible. 


0,05 


Insensible 


0,2 


0,3 


0,12 




— 


Insensible 


— 


0,1 


Insensible. 


o;o3 




— 


— 


— 


0,04 


— 


IiU. 




— 


— 


— 


0,02 


>~ 







" 


^~" 


~ 


Insensible. 


■■^ 


■^^ 



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byGoogk 



DES RATONS ULTRA -VIOLETS. 57 

22, doDt Tépaisseur d'extinctioD ne dépasse 0^,25 pour 
aacuB d'eux. 

Celui de nos produits qui présente la plus grande 
transparence est l'acétate de méthyle de Kahlbaum ; nous 
pensons que c'est là l'échantillon qui représente le mieux 
le type de cette classe de corps au point de vue de l'ab- 
sorption ; comme on le voit dans le tableau, sa transpa- 
rence, encore très grande pour 18, décroit rapidement et 
est presque insensible pour 22. On voit aussi que les 
antres étbers homologues présentent le même caractère 
atténué; l'épaisseur d'extinction de la raie 18 est moin- 
dre que pour l'acétate de méthyle, mais elle est encore 
très sensible \ 

Nous ne pouvons préciser davantage les conclusions. 
D'ailleurs, pour établir une comparaison sérieuse entre 
ces éthers, il faudrait faire, pour chacun d'eux, le calcul 
du nombre relatif de molécules que contiennent les cou- 
ches liquides traversées par la radiation, c'est-à-dire faire 
intervenir le poids moléculaire et la pesanteur spécifique 
des corps étudiés ; il faudrait aussi mettre en regard les 
chiffres exprimant l'absorption produite par une épais- 
seur équivalente de Tacide entrant dans la composition 
de l'éther. L'impureté des produits rend cette recherche 
inabordable pour le moment. 

^ Trois produits cependant présentent un caractère notablement 
différent; ce sont l'acétate d'amyle, le butyrate de méthyle et le 
Talérate d'amyle. Ils donnent lieu à un minimum de transpa- 
rence entre 16 et 17. Mais ces produits sont manifestement impurs. 
Le minimum sur 14, auquel pourraient faire croire les chiffres du 
tableau pour le yalérate d'amyle et le butyrate de butyle, n'est 
probablement pas réel ; il faut en effet se rappeler que la raie 14 
est très faible, surtout en comparaison de celles du magnésium 
(▼oir quatrième mémoire). 



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58 RECHERCHES SUR l'aBSORPTION 

Nous avons cepeDdant essayé une comparaison de ce 
genre : l'acide acétique dilué contenant 20 */• d'eau, en 
poids (tableau 0), contient approximativement, à épais- 
seur égale, le même nombre de molécules d'acide acétique 
que l'éther métbylacétique (tableau Q). On voit que la 
transparence de l'acide est plus grande que celle de 
l'éther; mais la différence n'est pas si grande qu'elle ne 
puisse être attribuée à une impureté. Il nous semble, ici 
encore, qu'il serait prématuré de conclure soit que la 
transparence de l'éther ne dépend que de celle de l'acide 
entrant dans sa composition, soit qu'elle diminue avec le 
nombre de CH* combinés avec l'acide pour former l'éther. 

Éther allylacéUque (C'H'0\ C'H*). — L'acétate d'aï- 
lyle ne rentre pas dans la même série que les éthers pré- 
cédents. 

Nous l'avons étudié sur un échantillon provenant 
de la fabrique Kahibaum. Les résultais consignés dans 
le tableau R qui suivra montrent que ce produit est très 
absorbant et que son action s'étend à tout Fultra-violet, 
en augmentant avec la réfrangibiUté ; on n'observe pas 
de bandes d'absorption. Ces propriétés peuvent provenir 
d'une impureté; mais il est possible également qu'elles 
soient une conséquence de la constitution de ce corps ; il 
appartient en effet à la série éthylénique dans laquelle les 
atomes de carbone sont unis par une double liaison (ou 
non saturés). Il serait prématuré d'insister sur ce point. 

Êther méthylaxalique. — Avant de passer à d'autres 
éthers formés par des acides inorganiques, nous avons 
quelques mots à dire sur l'oxalate de méthyle qui est 
solide et cristallin. 

L'échantillon le plus pur d'alcool méthyUque que nous 



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DES BAYONS ULTfiA-VlOLETS. 59 

ayons eu à notre disposition, et qui était extrait de Toxa- 
late, (M^ésentait, entre 48 et 22, une bande d'absorption 
qui est d'une observation un peu difficile, à cause de la fai- 
blesse relative de la raie 20 (voir tableau A et Planche I). 
Nous nous sommes demandé si cette bande appartien- 
drait à Toxalate de méthyle dont l'alcool avait été extrait 
et dont une partie aurait pu être entraînée. Nous avons 
donc examiné des dissolutions de cet éther dans l'alcool 
éthylique (en proportions non déterminées). Les résultats 
de ces observations sont donnés dans le tableau R ci- 
derrière ; ils montrent que cette substance est peu trans- 
parente pour les rayons extrêmes ; elle présente bien une 
bande d'absorption entre 18 et 22, mais moins pronon- 
cée que celle obtenue avec l'alcool méthylique ; on ne 
peut donc l'attribuer à Toxalate, et il est très probable 
qu'elle est due à une impureté commune à l'alcool qui en 
est extrait. 

Èthers azotiques. — ArriTons maintenant aux éthers 
azotiques, qui présentent un assez grand intérêt \ En 
effet, leurs propriétés d'absorption peuvent jeter quelque 
jour sur la constitution chimique des éthers et sur la 
question de savoir s'ils se comportent comme des azotates 
métalliques. 

A l'état absolu, les azotates d'étbyle, d'isobutyle et 
d'amyle (provenant de la fabrique Kablbaum) absorbent 
énergiqnement les rayons ultra- violets; l'action est déjà 
forte pour la raie 42, et l'épaisseur d'extinction est très 
faible ou insensible pour les raies suivantes. Les résultats 

* Un résumé de notre étude des éthers azotiques et azoteux a 
été l'objet d'une publication faite il y a déjà plusieurs années. 
Voyez Comptes rendus de V Académie des Se, de FairiSy 1879, 
t. ïiXXXTX, p. 747. 



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€0 RECHERCHES SUR L'âBSORPTION 

Tableau R. — Éthers eomposés (saite). 



TIATKR 


Éther allylaoéttque. 


élkor méthylozaliqae. 


AAlElO 


Première dissolution Seconde dissolationJ 




mm 






Mg{x = 383) 
9 


Dépasse 73 
z5,4 


— 


z 


10 


12,95 


— 


— 


Zn (doDblt) 


11,1 


— 


mm 


12 


5,85 


— 


Dépasse 75 


Mg(). = 309) 


9,07 


— 


— 


14 


— 


— 


50,8 


Mg{A = 293) 


8,6 


mm 





17 


2,87 


30,5 


27.0 


18 


1,55 


33,2 


16,4 


20 


0.97 


20.45 


9,5 


22 


0,05 


21,95 


11,8 


24 





15,95 


9,9 


25 





8,2 


5,5 


26 





6,7 


3,9 


27 





2,7 


1,0 


28 





2,0 


0,4 


29 


■^ 


1,05 


0,1 


RAIES 


Azotates (absolos) 


1 


d'éthyle. 


dlMbutyle. d'amyle. 








mm 


9 


— 


— 


27,85 


10 


mm 


mm 


21,35 


11 


Dépasse 25 


64,0 




Zn (double) 


— 


— 




12 


15,6 


14,45 


ï't 


13 


2,0 


1,9 


^? 


Mg(A = 309) 


2,2 


2,85 


3.L 


14 


0,7 


0,85 


0,92 


Mg(x = 293) 


0,65 


9>2S 


^'V 


16 


0,25 


0.35 


0,3 


Mg(>. = 279) 


0,32 


0,65 


0.32 


17 


0,22 


0,37 


0,28 


18 


0,07 


0.2 


0.07 



consignés dans le tableau R ci-dessus montrent que ces 
trois produits se comportent d'une manière très analogue 
les uns aux autres; cependant Tazotate d'amyle est moins 
transparent pour les rayons peu réfrangibles, ce qui est 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 61 

dû sans doute aui impuretés habituelles des composés 
d'amyle. 

L'absorption de ces éthers est trop grande lorsqu'ils 
ne sont pas dilués pour qu'il soit possible d'établir une 
comparaison avec les azotates. 

Nous avons donc fait une nouvelle série de mesures 
sur des solutions alcooliques de ces éthers à des degrés 
de concentration équivalents, soit au titre de 5 grammes 
d'azote dans un litre de liquide'. Comme terme de com- 
paraison, nous avons examiné simultanément une solu- 
tion alcoolique d'azotate de calcium au même titre de 
5 gramme<( d'azote dans un litre; l'examen de ce dernier 
liquide était nécessaire pour décider si les solutions alcoo- 
liques des azotates se comportent comme les solutions 
aqueuses. — A ces résultats, consignés dans le tableau R', 
nous joignons les chiffres obtenus sur les azotates de po- 
tassium et d'ammoniaque, au même titre et en solution 
dans l'eau*. 

On voit que les caractères déjà connus * du spectre 
d'absorption des azotates métalliques ne se retrouvent pas 
chez les éthers azotiques; en particulier, ces derniers 
corps ne présentent pas, entre les raies H et 18, la 
bande d'absorption si nettement reconnaissable avec les 
solutions aqueuses des azotates ordinaires, y compris celui 
d'ammoniaque, tandis que ces caractères persistent dans 
la solution alcoolique d'azotate de calcium (quoique avec 
quelques modifications, l'absorption étant moins forte 
pour 42 et 13 et plus forte au delà). 

^ L'alcool employé pour la dissolution était le n^ 1 du ta- 
bleau B. 

' Les chiffres de l'azotate de potassium paraissent un peu forts 
et doiyent être considérés comme une limite ne pouvant être dépassée. 

' Voyez deuxième et quatrième mémoires. 



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62 



RECHERCHES SUR L ABSORPTION 



1 


i 


Si 


> 


1 
8* 

? 

r 

3, 


mm 

Dépasse 100 

89,7 

17,85 

7,82 

3,97 

26 

0,45 

0,15 


S* 


o 
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s¥ggs¥**":.„ 
si 


S- 
g. 

s 


1 ►*'OoWi« 1 ex s 




*• Si 



c 
SO 

I 



I 3 

o 
o 

$• 

e 



Comme l'indique la Planche IX, la courbe des éthers 
est régulièrement décroissante et coupe celle des azotates 
métalliques de telle sorte que la transparence est plus 
grande pour les raies moins réfrangibles que 44, plus 
faible de 1 7 à 20, et de nouveau plus grande pour les 
raies extrêmes. 

Ces faits semblent indiquer que les éthers ne peuvent 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 63 

être complètement assimilés à des sels et qu'il y a entre 
ees deux classes de corps une différence de constitution 
cbimique, conclusion d'ailleurs que plusieurs propriétés 
d'un antre ordre tendent à faire admettre. 

Noos avons reconnu plus haut qu'entre les étbers 
simples et les sels haloldes correspondants, il se mani- 
feste également une différence, moins frappante peut-être 
que celle que nous venons de signaler pour les azotates, 
mais cependant bien positive. 

Éthers azoteux. — La comparaison entre l'absorption 
des étbers azoteux et des azotites métalliques est peut- 
être moins probante, d'abord parce qu'il est très difficile 
d'obtenir les azotites ordinaires à l'état de pureté et, en 
second lien, parce qu'il est fort possible que les bandes 
caractéristiques des éthers azoteux soient dues à une 
action chimique produite par la lumière. 

Les azotites d'éthyle et d'amyle absorbent très énergi- 
quement tous les rayons ultra-violets et même une partie 
des rayons visibles. Le spectre de ces éthers en solution 
alcoolique est particulièrement intéressant à étudier à la 
lumière solaire. 

Une dissolution d'éther amylazoteux, à 0^465 d'azote 
dans un litre, sous une épaisseur de O",01, donne lieu à 
un spectre à bandes d'absorption ; on en compte six, à 
peu près équidistantes, entre les raies solaires H et R. La 
première et la sixième sont très peu marquées et difficiles 
à distinguer, la deuxième et la cinquième sont plus fortes, 
la troisième et la quatrième plus fortes encore. La pre- 
mière commence un peu après H et va jusqu'à L; la 
deuxième recouvre M; la troisième coaunence un peu 
avant N et se prolonge jusqu'à mi-distance entre N et 0; 
la quatrième va de à mi-distance entre et P ; la cin- 



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64 RECHERCHES SUR L'aBSORPTION 

quième est entre P et Q, un peu plus rapprochée de cette 
dernière ; la sixième est entre Q et R. 

Les vapeurs de Télber amylazoteux, à la température 
ordinaire, donnent lieu au même spectre. Pour robserver, 
on mouille avec quelques gouttes du liquide les parois 
d'un tube de verre, de 0",16 de longueur, fermé par des 
lames de quartz à ses extrémités, et placé sur le passage 
des rayons solaires. On voit alors les mêmes bandes d'ab- 
sorption qu'avec la solution alcoolique, mais plus nettes 
et plus tranchées. La planche X donne une reproduction 
phototypique de ce remarquable spectre; Fépreuve est mé- 
diocre, mais suffisamment claire cependant. — La partie 
supérieure donne le spectre solaire direct, la partie infé- 
rieure le spectre solaire après interposition de vapeurs 
d'éther amylazoteux. 

On sait, d'après les recherches de M. Tyndall, que les 
vapeurs de cet éther possèdent à un haut degré la pro- 
priété de se décomposer sous l'action de la lumière solaire 
ou électrique. Cette propriété est sans doute en relation 
avec les phénomènes d'absorption que nous venons de 
signaler. 

Véiher éthylazoteux donne lieu à un spectre très ana- 
logue ; mais, pour l'observer, il faut employer une solu- 
tion plus concentrée (environ un tiers d'éther pour deux 
tiers d'alcool). 

Les azotites alcalins, qui sont aussi très absorbants pour 
cette partie du spectre, ne donnent pas les mêmes bandes 
d'absorption ; mais, comme nous l'avons fait remarquer, 
il est très difficile d'obtenir ces sels à l'état de pureté. 

Étudiée avec l'appareil ordinaire, une dissolution al- 
coolique d'élher amylazoteux dans la proportion de 0*^,200 
d'azote dans un litre donne les résultats consignés dans 



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DES RAYONS ULTRA- VIOLETS. 65 

ie tableau S. Pour la partie la moins réfrangible de 
l'oltra- violet, celle où se trouvent les bandes reproduites 
dans la planche X, les chiffres obtenus ne donnent nulle- 
Boent un aperçu suffisant du spectre, les raies observées 
étant trop éloignées les unes des autres. Au delà, sur la 
raie du magnésium voisine de S du spectre solaire 
(X=309), la transparence reprend énergiquement, puis 
elle diminue progressivement pour devenir insensible au 
delà de 23. 

Vaiatiu de potassium, au même titre de 0*^,200 dans 
un litre, est bien plus transparent, comme on le voit dans 
le tableau ; ainsi, pour la raie 22, l'épaisseur d'extinc- 
tion est de 48°^,!. Malgré l'impureté possible du pro- 
duit, il serait difficile de nier la différence qui existe entre 
l'absorption de l'azoUte d'amyle et celle de l'azotite 46 
potassium. 

Tableau S. — Étkers «opposés (suite). 





Azotite d'atayle 


Asotito de potMnnm il 


RAIES 


•n MlntioD «leooUqae 
MO-» d'uoto dut 


en Mlatioii aqaeiue || 


800-« d^azotriuis 


]lO-< d*asote dus 1 




llitie. 


ilitrt. 1 lUtre. || 




mm 






1 M* (^=383) 


88,4 


— 


— 


9 


33,6S 


— 


— 


10 


34.65 


— 


— 


1 11 


33.60 


— 


— 


12 


30.43 


— 


— 


Mg(x=309) 


96,0(appïOT.) 


— 


— 


, Mg (x=293) 


52,63 


— 


— 


Mg (X=279) 


(29,7) 


— 


— 


1 18 


3,5 


nom 


— ' 


tt 


i.i 


18, i 


mm 


a 


InMnaibU. 


9,75 


90,5 


S5 





5,6 


49,0 


' 26 


— 


4,85 


40,55 1 


27 


— 




28,95 


28 


— 


— 


^A^ 


29 


*~" 




21,2 



Abchives. U XXUI. — Janvier 1890. 



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66 RECHERCHES SUR L'aBSORPTION 

ABSORPTION PAR LES VAPEURS DE QUELQUES SUBSTANCES. 

Nous venons de voir que les vapeurs d'éther amylazo- 
teux, à la température ordinaire et sous une épaisseur de 
0"*,16, donnent lieu à un spectre d'absorption remar- 
quable dans la partie la moins réfrangible de l'ultra- 
violet. 

En opérant d'une manière analogue à la lumière de 
l'étincelle d'induction, nous avons observé que les va- 
peurs de diverses substances organiques exercent une 
action appréciable sur la partie extrême du spectre. Cette 
recherche a été faite d'une manière très superficielle, sans 
qu'aucune précaution ait été prise pour rendre les me- 
sures comparables entre elles. On s'est borné à prendre 
un tube de verre de O'^.IO de longueur, fermé par des 
lames de quartz, et à en mouiller les parois avec divers 
liquides, sans tenir compte de leur volatilité ni de la tem- 
pérature ambiante. Les résultats ne doivent donc être 
considérés que comme un premier aperçu pouvant gui- 
der dans un travail plus sérieux. C'est à ce titre que nous 
donnons ci-dessous une liste de quelques vapeurs absor- 
bantes, en. indiquant entre quelles limites elles produi- 
sent un affaiblissement ou une extinction. 

Les vapeurs de quelques fUcools ont donné une absorption des 
rayons extrêmes, mais seulement lorsqu'ils étaient eux-mêmes très 
absorbants, c'est-à-dire très impurs. 

Kétones, — La méthyléthylkétone affaiblit beaucoup la raie 17 
et les raies voisines ; elle n'intercepte pas sensiblement les raies 
extrêmes. La diéthylkétone se comporte de même, mais l'absorp- 
tion est plus faible. La méthylpropylkétone en vapeur est très 
peu absorbante. 

lodure d^éChyle. — Éteint de 17 à 20 ; affaiblit de 22 à 25 ; 26 
est bien visible ; 27 et 28 sont de nouveau affaiblies, et 29 éteinte. 



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DES RAYONS ULTRA -VIOLETS. 67 

lodure de propyU — Se comporte d'une manière an&logue, 
mais est on peu moins absorbant. 

lodure d^amyle, — Est encore moins absorbant, affaiblit 18 et 
20 sans les éteindre ; laisse facilement passer 22 à 28; 29 est à la 
limite. 

Bromure d'Uhyle. — Affaiblit beaucoup 22, éteint 24 et sui- 
vantes. 

Aeide formique (échantillon du tableau P). — Affaiblit 26 à 29. 

Les acides acétique et propionigue ne paraissent pas absorbants. 

Acétate méthyUque. — Intercepte 25 et suivantes. 

Butyrate méîhylique, — Affaiblit 25 à 26 ; intercepte 27 et sui- 
Tantes. 

ButyraU éthylique, — Affaiblit les raies extrêmes. 

ButyrcUe butyrique. — Affaiblit 24 ; intercepte 25 et suivantes. 

AcétaU d^aUyU. — Affaiblit 22 à 27; intercepte 28 et 29. 

Éther éthylasotique, ■— Affaiblit 24 ; intercepte 25 et suivantes. 

É€%er amylaeotique. — Affaiblit 24; intercepte 25 et suivantes. 

Gag d'éclairage (dans un tube de 0»,16). — Affaiblit 25; inter- 
cepte 26 et suivantes. 

En somme, bien que les exemples ne soient pas nom- 
breux, on peut conclure que les liquides très absorbants 
et suffisamment volatils donnent aussi des vapeurs 
exerçant une absorption sensible. 



CONCLUSION 

Nous avons déjà donné au cours de ce mémoire, les 
conclusions principales que nous avons pu déduire de nos 
observations ; elles ont été consignées à la fin de chacun 
des chapitres précédents \ Nous ne les reproduisons pas 
ici et nous nous bornons à rappeler les plus importantes 
et les plus générales. 

^ Voyez en particulier les articles relatifs aux alcools, aux 
kétones, aux étliers simples, etc. 



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68 RECHERCHES SUR L' ABSORPTION 

Quoiqu'il soit très difficile d'obtenir des substances 
d'une pureté suffisante pour permettre dé bonnes obser- 
vations, il paraît incontestable qu'il y a une grande ana- 
logie dans la manière dont les corps faisant partie d'une 
même série homologue se comportent en ce qui concerne 
l'absorption. Les alcools, les kétones, les éthers iodhydri- 
ques etc., fournissent des exemples de pareilles séries. 

MM. Hartiey et Huntington ont admis qu'entre deux 
termes consécutifs d'une même série homologue, l'ab- 
sorption augmente avec la complication du radical alcoo- 
lique, qui serait d'autant moins transparent qu'il con- 
tiendrait un plus grand nombre de molécules CH'. Tout 
em reconnaissant comme probable l'existence de ces diffé- 
rences, MM. H. et H. nous semblent se les être un peu 
exagérées, et elles nous ont paru en grande partie mas- 
quées par les impuretés inévitables des substances étu- 
diées. 

La substitution d'un atome d'iode, de brome ou de 
chlore, à un atome d'hydrogène introduit des différences 
de transparence beaucoup plus importantes. Les éthers 
iodhydriques sont très opaques, les éthers bromhydriques 
le sont moins, les éthers chlorhydriques sont assez trans* 
parents. 

Il n'y a pas d'analogie bien précise entre les éthers 
simples et les sels haloïdes correspondants, ce qui tendrait 
à faire admettre qu'entre ces deux classes de composés,, 
il y a une différence importante de groupement molécu- 
laire. 

L'étude comparative des éthers composés et des sels 
métalliques correspondants montre que ces deux classes 
de corps se comportent également d'une manière très 
différente au point de vue de l'absorption : les azotites et 



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DES RAYONS OLTRA- VIOLETS. 69 

les azolates en donnent les exemples les plus frappants. 

Nous avons souvent insisté sur l'influence fâcheuse que 
la rectification et la dessiccation exercent sur la pureté des 
produits, particulièrement des alcools. 

Dans an. grand nombre de cas d'autre part, lorsqu'on 
dissout un corps absorbant dans un liquide transparent, 
on ne trouve pas que l'absorption soit proportionnelle à 
la concentration, ce qui semble indiquer que la dissolution 
est accompagnée d'une action chimique ou physique. Les 
perturbations sont particulièrement sensibles lors du mé- 
lange de denx liquides solubles l'un dans l'autre, tels 
que l'eau avec l'alcool absolu ou avec l'acide acétique cris- 
iallisable. 

Enfin nous avons fait connaître quelques faits relatifs 
à ^absorption des rayons ultra-violets par les vapeurs : 
généralement l'absorption est facile à constater sur les 
vapeurs des composés de la série grasse, lorsqu'à l'état 
liquide ils sont à la fois très absorbants et suffisamment 
volatils. 



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SUR L'ÉTAT D'ÉQUILIBRE QUE PREND 

AU POINT DE VUE DE SA CONCENTRATION 



UNE 



DISSOLUnON GAZEUSE PRIMITIVEMENT HOMOGÈNE 

mt vm mms sont portéis a m TEiPisAniKœ iirrtREsns 



M. P. Tan BERCHKH 



Communiqué à la Société de physique et d'histoire naturelle 
de Genève dans sa séance du 19 décembre 1889. 



I 

L'étude d'une dissolution saline placée dans les mêmes 
conditions a été faite par M. Ludwig ^ qui a trouvé pour 
une dissolution de sulfate de soude qu'il y avait concen- 
tration du sel dans la partie froide et par M. Cb. Soret'. 
Ce dernier trouve pour l'azotate de potassium, les chlo- 
rures de lithium, potassium et sodium : 1* qu'il se produit 
un phénomène de diffusion par suite duquel la concen- 
tration tend à augmenter dans la partie froide aux dépens 

* Arch, des se. ph. et nat 1879, II, p. 48. 1880, H, p. 209. 

* Wiener Ber. XX, p. 639. 



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ÉQUILIBRE D'Uf(E DISSOLUTION GAZEUSE, ETC. 71 

de la partie chaude» 2^ que la différence qui s'étabKt croit 
avec la concentration du liquide, d"" que dans la série des 
chlorures alcalins la différence est d'autant plus grande 
pour une même concentration absolue que le poids mole- 
CQlaire du sel est plus élevé. 

Les recherches sur le cas d'une dissolution gazeuse ont 
été entreprises à l'instigation de M. Soret et sous sa direc- 
tion. Elles ont porté sur l'acide chlorhydrique et l'am- 
moniaque, deux gaz dont les coefficients de solubilité très 
forts permettent d'apprécier de faibles différences de con- 
centration. 



II 



J'ai employé l'appareil que M. Cb. Soret a déjà décrit 
ici et que je rappellerai en quelques mots. Il se compose 
d'une chaudière cubique chauffée au moyen d'un bouilleur 
latéral dont le fond est traversé par six moufles de cuivre 
verticales ouvertes par le bas et fermées par le haut. Un 
siphon en relation avec un réservoir latéral maintient le 
niveau de l'eau constant dans la chaudière. La tempé- 
rature est maintenue constante par un régulateur à gaz 
d'Andreae. Au-dessous de la chaudière une cuve que tra- 
verse un courant d'eau froide. Les dissolutions étaient 
introduites dans des tubes droits de 30 cm. de longueur 
et 2 cm. de diamètre intérieur environ, effilés et fermés à 
leurs deux bouts. La partie supérieure était introduite dans 
les moufles de la chaudière et maintenue par une pince à 
ressort, tandis que la partie inférieure plongeait dans le ré- 
servoir d'eau froide. Cette partie inférieure était effilée et 
recourbée vers le haut. Elle doit être fermée, sans cette 
précaution le tube serait vidé par la pression du gaz ten- 
dant à se dégager dans la partie supérieure dès qu'on 



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•Ti 



2 ÉQUILIBRE d'une DISSOLUTION GAZEUSE 

i chauffait. C'est là que je laissais un peu d'air destiné à 
mpècher le tube de sauter par la dilatation du liquide. 

Pour ouvrir ces tubes on cassait l'extrémité supérieure, 
lois l'inférieure et on recueillait les deux portions dans 
leux flacons différents. Le dosage se faisait par la méthode 
ddimétrique en employant des liqueurs très étendues, 
^our l'acide chlorhydrique; en dosait à quatre reprises 
! ce. de la liqueur à analyser et l'on prenait la moyenne, 
^our l'ammoniaque, les résultats n'étaient pas constants, 
ai solution perdant du gaz d'un dosage à un autre. Pour 

remédier les deux fractions étaient reçues dans des fla- 
ons pesés contenant une quantité connue d'acide titré. 
)n les pesait de nouveau pour avoir le poids total de 
haque fraction, et le dosage de celles-ci était achevé. En 
livisant le titrage de la fraction totale par son poids on 
ibtenait le titrage de i gr. de la solution à analyser. 



III 



Voici les résultats obtenus avec des températures de 
>0° et 15° environ. Les chiffres pour l'acide chlorhydrique 
odiquent le poids du gaz dans 1 ce. de la solution, pour 
'ammoniaque le poids du gaz dans i gr. de la solution. 

Acide chlorhydrique. Tubes droits. 



'orée de l'upârienc*. 


Partie froide. 


Partie obande. 


Difftrenoe. 


14 jours 


0,1393 


0,1365 


0,0028 


• 


0,1402 


0.1 3tô 


0,0054 


> 


0,1429 


0,1368 


0,0061 


» 


0,2041 


0,2023 


0,0018 


• 


0,2072 


0,2009 


0,0061 


kî jours 


0,1082 


0,1634 


0.0048 


43 jours 


0,1713 


0,1705 


0,0008 


> 


0,1731 


0,1685 


0.0046 



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PRIMITIVEMENT HOMOGÈNE. 73 

AnuMmiaque. Tubes droits. 



Dorée de rexpérienoe. 


Puiie froide. 


Partie chaade. 


Différence. 


43 jours 


0,0361 


0,0358 


0,0003 


• 


0.034« 


0,0347 


—0.0001 


» 


0,0387 


0,0370 


0,0017 


38 jours 


0,!08t) 


0,1084 


0,0002 


> 


0,1082 


0,1082 


— 


> 


0,1063 


0.1085 


—0.0022 


36 jours 


0,1926 


0,1977 


—0,0051 


» 


0,204:J 


0,2108 


-0,0065 


23 jours 


0,2678 


0,2653 


0,0025 


40 jours 


0,2112 


0.2119 


-0,0007 


38 jours 


0.2591 


0,S553 


0,0038 


46 jours 


0,2988 


0,2990 


-0,0002 


■ 


0,3094 


0,3072 


0,0022 



Pour l'acide chlorbydrique bien que les résultats ne 
soient pas exactement les mêmes pour les différents tubes, 
ils indiquent une concentration dans la partie froide. Les 
résultats pour l'ammoniaque ne sont plus réguliers du tout 
puisque la concentration a lieu tantôt dans Tune tantôt 
dans l'autre des deux parties. On aurait pu le prévoir, car 
la densité des dissolutions d'ammoniaque allant en dimi- 
nuant aTec leur concentration, si la concentration devait 
se produire dans la partie froide, c'est-à-dire en bas, cette 
partie devenant plus légère se serait mise à monter et le 
courant engendré aurait empécbé tout état d'équilibre de 
s'établir. On employa alors des tubes en U renversés. Ils 
étaient effilés à leurs deux extrémités inférieures sans 
recourbement. On soufflait deux petites ampoules b sur 
le côté supérieur de chaque branche. Sur le sommet de la 
courbure était soudé un petit tube n qu'on effilait à la lampe 
s^ès le remplissage en y laissant une petite bulle d'air. 
Ces tubes étaient posés à cheval, une branche dans la 
chaudière, l'autre dans le réservoir froid latéral. Pour 



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74 ÉQUILIBRE d'une DISSOLUTION GAZEUSE 

vider le tube, la pointe du petit tube et les deux ampoules 
étaient brisées, le liquide de la partie intermédiaire s'écou- 



làl^':^ 




lait, puis on recueillait séparément les deux fractions 
chaudes et froides en brisant les deux pointes inférieures. 
Le remplissage et le vidage de ces tubes en U ne présen- 
tait pas de difficultés, tandis que ces deux opérations 
étaient délicates pour les tubes droits : 



Ammoniaque. Tubes en U. 



Partie de rezpérience. 

13 jours 
2! jours 

» 
34 jours 



Partie froide. 

0,1383 
0,1410 
0,1392 
0,1403 
0,1413 
0,1442 



artie chaade. 


Différence. 


0,1380 


0,0033 


0,14Io 


—0.0005 


0,1364 


0.0028 


0,1400 


0,0003 


0,1405 


0,0008 


0,1408 


0,0037 



Dans ces conditions la concentration a bien lieu dans 
la partie froide, bien qu'il y ait encore un tube pour lequel 
le résultat est légèrement négatif. Les chiffres varient d'un 



t. 



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PRIMITIVEliKNT HOMOGÈNE. 75 

tabe à Tautre comme ils variaient pour l'acide chlorhy- 
drique. Ces variations proviennent des imperfections de 
la méthode. On voit que les chiffres obtenus ne permettent 
pas de voir l'influence produite par la plus ou moins 
grande durée de l'expérience on par la concentration des 
dissolutions. 

Tout ce qu'on en peut conclure c'est que la concen- 
tration pour ces deux gaz se fait dans la partie froide et 
qu'elle est du même ordre que celle trouvée par M. Ch. 
Soret pour les sels^u'il a étudiés. 

n restait à s'assurer que Ik concentration dans les tubes 
en U ne provenait pas d'une distillation de la branrhe 
chaude dans la branche froide par l'intermédiaire de la 
buDe d'air contenue dans le petit tube a. Trois tubes in- 
complètement remplis d'une solution d'ammoniaque dont 
les fractions chaudes et froides étaient entièrement sé- 
parées par de Tair ont donné les résultats suivants. 



Dnrte de l'expériMioe. 


Partie froide. 


Partie ehaod.. 


Différence. 


1 joor 
3 heures 
3 heures 


03222 
0,2369 
0,1418 


0.1720 
0,2028 
0.1169 


0, 15502 
0,0341 
0,0249 



Cette concentration d'un ordre plus élevé et obtenue 
dans un temps beaucoup plus court provient évidemment 
de distillation. Puisque cette concentration n'a pas été 
obtenue dans les tubes entièrement remplis, même après 
plusieurs semaines, c'est que nous n'avions pas alors de 
distillation, mais bien un état d'équilibre spécial pour 
une dissolution gazeuse dont deux parties sont portées à 
des températures différentese 

Laboratoire de physique de l'Université de Genève. 



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OBSERVATIONS 

SUR 

LATAVISME DES PLANTES 

FAR 

M. le baron «'KTTING^AIJSKlf 

BT 

M. le prof. KRASAir, 4te Oraa. 



Communiqué à la Société de physique et d'histoire naturelle 
de Genève dans sa séance du 19 décembre 1889. 



Au priotemps 1886, à roccasiou d'une gelée rigou- 
reuse qui avait désolé les forêts et les vignes de la Stjrie, 
nous avons remarqué en plusieurs endroits, sur les 
chênes, de même que sur les hêtres, des formes de feuilles 
tout à fait étrangères, apparues sur les rameaux que le 
givre avait saisis. Ces rameaux et branches minces, bien 
que paraissant épuisés par les effets destructifs du froid, 
avaient émis des jets secondaires dont la plupart se sont 
développés aussitôt que la chaleur du milieu du mois de 
mai, était devenue plus forte. Mais ce qui devait au coup 
d'œil, frapper davantage, c'est qu'en voyant ces pousses 
s'accroître jusqu'à la grandeur ordinaire, l'observateur 
hésitait pour savoir si l'on avait sous les yeux des chênes 
et des hêtres de la flore européenne si bien connus, ou 



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ATAVISMK DES PLANTES. 77 

des espèces américaines et des Indes, vu la différence 
d'avec les types ordinaires. De plus, on remarquait aussi 
un rapport entre ces types et certaines formes éteintes 
des deux genres. Il y a une affinité dont personne ne sau- 
rait contester l'importance, lorsqu'on les compare avec 
les espèces fossiles qui ont été trouvées dans les diverses 
couches du tertiaire. 

Le même effet vient d'être observé quand les arbres 
avaient été endommagés par des hannetons et des che- 
nilles qui avaient dévoré leurs feuilles. Nous nous en 
sommes aperçus à plusieurs reprises. D'abord nous avons 
tenu ces phénomènes pour un effet insignifiant et éphé- 
mère, ensuite nous leur avons attribué un sens que 
personne ne pourrait deviner. Enfin, nous ne doutâmes 
plus que ce ne soit une partie de l'histoire de la plante 
même, et qu'il ne fallût prendre ces formes comme des 
restes d'une constitution spécifique de Tarbre, c'est-à- 
dire comme des éléments de forme qui, autrefms, au- 
raient composé l'espèce dans son entier. 

Selon notre opinion, l'espèce tertiaire se serait éteinte 
peu à peu, pas du tout par l'effacement des individus, — 
au moins nous le pouvons dire quant aux deux genres en 
Styrie, — mais en repoussant successivement ses éléments 
et les remplaçant par d'autres, qui ont fini par donner à 
l'arbre un aspect tout différent de celui qui marquait les 
premières étapes de sa formation. Ainsi, l'arbre en se 
multipliant par des générations innombrables, se serait 
transformé durant l'époque tertiaire: car la suite des 
éléments sur la souche-mère, n'est-elle pas ce que nous 
devons nommer transformation? 

Mais dans le cours des périodes, les éléments, tels 
que la science phytopaléontologique nous les a fait con- 



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78 ATAVISME DES PLANTES. 

naître, ne se sont pas effacés totalement; quelques rudi- 
ments en sont restés, par exemple à la base des rameaux. 
Ce sont des feuilles la plupart minces, rudimentaires, 
mais d'autre contour, d'autre nervation que les feuilles 
normales. 

Ici nous venons de sipaler un fait curieux et impor- 
tant. C'est que sur ces mêmes individus dont les feuilles, 
à l'état normal, n'offrent aucune forme singulière, sauf 
quelques petites différences lorsque leur marche d'évolu- 
tion périodique a été interrompue, troublée ou déran- 
gée, on voit une foule de formes étrangères, parfois extrê- 
mement bizarres, se détacher. Quelque monstrueuses et 
énigmatiques que soient celles-ci, il y a sans doute une 
raison d'être parmi ces phénomènes, c'est-à-dire des liens 
qui rattachent une forme à l'autre et en même temps à 
la souche phylogénique d'où sortent toutes les formes 
que le genre peut produire. Quelle que soit cette souche, 
quelle que soit l'idée qu'on s'en doive faire, la question si 
elle avait une existence réelle, ou s'il s'agit d'une souche 
imaginaire ou idéale, comme dans les minéraux, est le 
sujet de notre mémoire intitulé : Beitràge zur Erforschung 
der atavùtùchen Formen an lebenden Pflanzen, présenté à 
l'Académie des Sciences de Vienne, le 10 nov. 1887. 

U est vrai pourtant, qu'on ne peut dire que l'une de 
ces formes est dérivée de l'autre ; cela semble impossible, 
ainsi que parmi les cristaux, êtres d'une affinité très 
idéale. Voilà l'énigme que nous nous efforçons de résou- 
dre (voir le chapitre : OriginaUlâl der FormelemerOe, 
FormverwandUchafl und Généalogie). 

Quant aux effets des lésions et des dégâts causés au- 
tant par le froid que par les insectes, une efficacité ac- 
crue a pu être constatée de manière que les arbres qui 



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ATAVISME DES PLANTES. 79 

ont souffert de la gelée de mai et qui en sont affaiblis, 
paraisseat de beaucoup plus susceptibles. Dans les déran- 
gements exercés par les insectes, une simple piqûre ou 
morsure légère est suffisante pour produire de nombreu- 
ses déformations. Â Tinverse, on trouvera toujours que 
les individus qui ont subi de fréquentes lésions par des 
hannetons ou des chenilles ne résistent que très faible- 
ment au froid» principalement aux gelées blanches, si 
pernicieuses à la végétation hâtive du printemps. 

Les givres de mai dans la période de la feuillaison de 
la plupart des arbres, sont très fréquents en StjTie. Â 
peine peut-on compter deux années sur cinq où les plan- 
tes puissent végéter sans être troublées brusquement par 
la gelée qui vient interrompre le développement des feuil- 
les et des fleurs, et comme pour achever le désastre, ce 
sont justement les individus appauvris de force et parti- 
culièrement les branches qui ont souffert le plus, qui se 
voient attaqués et dépouillés par la voracité des insectes. 

Il y a surtout quelques endroits de situation peu avan- 
tageuse, exposés aux vents et en général aux vicissitudes 
climatériques où, non seulement en Styrie, mais encore 
dans les autres provinces sous-alpines, se passent ces 
phénomènes, dont la vraie nature, vu l'apparition des 
formes étrangères, n*a pu être encore reconnue. Nous 
voyons et jugeons seulement les circonstances, ignorant 
tout à fait la cause principale qu'il faudrait chercher 
dans la disposition intérieure de la plante même, attendu 
qu'elle ne se trahit jamais par l'extérieur. Mais cette dis- 
position ou tendance à faire naître tant de formes diver- 
ses, C(9lles-ci monstrueuses, celles-là régulières, mais rap- 
pelant certains types fossiles, d'autres approchant de 
quelques formes vivantes de pays éloignés, ou peut-être 



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F. 



80 ATAVISME DES PLANTES. 

représenlant des types progressifs, d'où vient-elle? Com- 
ment la définir? Voilà encore des questions et des points 
problématiques en ai)ondance. 

Pour l'instant, nous croyons devoir nous contenter de 
poursuivre attentivement ces anomalies lors même que nos 
vues n'auraient qu'une valeur passagère. Avant de pro- 
duire les formes anormales, étrangères, c'est-à-dire non 
propres à la plante vulgaire, il faut sans doute que l'or- 
ganisme soit ébranlé ou poussé hors du cours de ses 
procédés de vie ordinaire. Les premières feuilles qui se 
font voir, sous l'influence immédiate des forces dégéné- 
ratrices, n'ont d'abord point de contour régulier, elles 
présentent des formes presque fortuites, accidentelles, à 
nervures extrêmement brouillées et confuses, à contour 
en partie effacé ou découpé, comme s'il était corrodé par 
quelque chenille. Mais lorsque l'arbre sorti de cette crise, 
commence à se recueillir, peu à peu les irrégularités et 
les monstruosités vont disparaître, pour être remplacées 
par des formes symétriques et régulières, quoique étran- 
gères à l'égard du type qu'elles représentent. 

Quand une branche est saisie violemment et que les 
attaques se succèdent plusieurs années de suite, elle ne 
se rétablit plus, mais avant de s'éteindre tout entière, 
elle produit diverses formes de feuilles sur des jets retar- 
dés, la plupart d'un caractère éphémère; ainsi elle mani- 
feste, pour mieux dire, des souvenirs du passé semblables 
à des fantômes; mais pour fantastiques que soient ces 
images, on ne saurait leur contester quelque signification 
dans l'histoire des espèces de nos Cupulifères dominantes. 

Telle est, en termes concis, la substance de nos recher- 
ches qui sont basées, d'une part, sur l'étude des formes 
correspondantes fossiles, d'autre part sur tes anomalies 



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ATAVISME DES PLANTES. 8i 

causées par divers déraDgements dans les Cupulifëres 
Tiîantes. II a fallu en effet, de très nombreuses compa- 
raisons, pour prouver la tendance, propre aux espèces des 
deux genres^ de reproduire parfois certaines formes et 
ressemblances» qui réfléchissent les types de l'époque ter- 
tiaire ou postérieure on la plus reculée et qu'on peut 
résumer sous le titre de phénomène d'ATA yisme'. 

* Les dirersiiés singulières des feoUles da chêne araient été 
Tobjet de deux trayaux, l'on de M. A. de Candolle, en 1862 (Ar- 
dwes des sciences physiques et naturelles et Annales des sciences 
naturdles), l'antre de M. de Morogues (Orléans, 1876), mais c'était 
ta point de vue de la distinction des espèces. MM. d'Ëttinghansen 
et Erasan ont eu le mérite de constater la cause de certaines mo- 
difications de forme des feuilles et celui de les rattacher aux for- 
nés de chênes fossiles. Ils ont en l'obligeance de nous donner en 
firtnçais le résumé ci-dessus des mémoires importants qu'ils ont 
publié dans les Denkschriften der Akademie, de Vienne. Nos 
lecteurs en sauront gré aux satants paléontologistes de Oraz. 

(Noie de la BédactûmJ 



Archives, t XXIII. — Janvier 1890. 



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BULLETIN SCIENTIFIQUE 



CHIMIE 



C, CULMANN ET K. GaSIOROWSKY. ACTION DES SELS D*ÉTAL\ SUR 
LES SELS DES COMBINAISONS DlAZOÏQUES DES CARBURES D'hY- 

DROGÈNE. (Journ. pr. Chem.^ XL, p. 97, Zurich.) 

Effront a déjà étudié cette réaction, mais les produits qui 
se forment diffèrent suivant les proportions de sels d*étain 
employées, ainsi en traitant une molécule de chlorure de 
diazobenzo! par une Vs molécule de sel d'étain les auteurs 
obtienneni non pas du diphényle comme produit principal 
mais 25 Vo ^^ diazobenzolimide à côté d'un peu de chlorben- 
zol, pliénol, benzol et diphényle et de Taniline ; en doublant 
la proportion de sel d'étain il se forme 14 7o de benzol et 
beaucoup moins de chlorbenzol et phénol; un grand excès 
de sel d^étain donne 35 ^o ^^ benzol et 4 7o à^ diphényl 
mais point de chlorbenzol. Une demi-molécule de sel d'étain 
agissant sur le sulfate de diazobenzol en présence d*un excès 
d'acide sulfurique, donne peu de chlorbenzol, point de diphé- 
nyle, beaucoup de phénol et de diazobenzolimide ainsi que 
de benzol. La diazotoluolimide (o et p) peut s'obtenir de la 
même façon. Le formiate de diazobenzol avec une demi- 
molécule de sel d'étain et de l'acide formique fournit 14% 
de benzol (en poids de l'aniline), 9% de diphényle et environ 
9Vo de diazobenzolimide. Le sulfate de p diazonaphtaline 
traité de même donne de la naphtaline et de la diazonaphta- 
lineimide. Le brome agit facilement sur la diazobenzolimide, 
il se forme de la tribromaniline 

C.H5N, + 2Br, == CeHjBrsNH, + HBr + N,. 



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CHIMIE. 83 

L'o. el p. dlazololoolimide réagissent d'une manière analo- 
gue; enfin si on nitre avec précaution la diazobenzolimide il 
se forme la p. nitrodiazobenzolimide NO^CgH^N, qui réduite 
donne de la p. nttraniline ou de la p. phénylénediamine. 



G. LuNGE. Améliorations dams la fabrication de l'acide 
suLFURiQUE. {Zâit. Qnç. Chem,, 1889, p. 385, Zurich.) 

Les recherches de Lunge, Schertel et Sorel ont montré 
(ju*îl est fort important dans la fabrication de Tacide sulfuri- 
que, que les gaz mélangés de goutelettes liquides se trouvent 
en contact avec de grandes surfaces solides, Fauteur propose 
avec L. Rohrmann, pour obtenir ce résultat, la construction 
d'une tour, renfermant des plaques d*argile cuite et recou- 
vertes d'un manteau de plomb, ces plaques sont percées de 
trous ayant de 5-10^ el pourvues à la face supérieure de 
petites rigoles se croisant entre elles, qui retiennent un peu 
le liquide avant qu'il ne passe par les ouvertures oà il se 
trouve en contact avec les gaz ascendants. Cette tour permet 
de diminuer considérablement les chambres de plomb et les 
vapeurs nitreuses n'y sont pas réduites comme par le coke 
de la tour de Gay-Lussac; chaque tour est formée d'un cy- 
lindre de plomb d'environ l"* de diamètre renfermant 25-40 
plaques placées les unes au-dessus des autres. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 

DE LA 

SOCIÉTÉ VAUDOISE DES SCIENCES NATURELLES 

A LAUSANNE 



Séance du 20 novembre 1889. 

M. de Blonay, ingénienr. Méthode forestidre dite da contrôle. — M. Henri 
Dnfoor. Analyse spectrale des liquides de H. F.-A. Forel. 

M. H. DE Blonay, ingénieur, communique une note sur la 
méthode forestière dite du contrôle trouvée par M. Gurnaud. 
Celte méthode consiste : I® à traiter les forêts en futaie jar- 
dinée avec des dénombrements périodiques fréquents qui 
servent à fixer exactement Taccroissement et la possibilité; 
2<> à établir la proportion des gros, moyens et petits bois 
dans la composition du peuplement; S*" à déterminer exacte- 
ment le moment où un arbre doit être abattu quels que 
soient son âge, son essence ou le milieu où il a crû, et cela 
en se basant sur son accroissement. 

H. Henri Dufour, prof, donne le résultat de mesures faites 
sur la demande de M. le prof. Forel pour déterminer les 
qualités spectrales des liquides colorés que M. Forel emploie. 
Ces liquides, on le sait, sont formés du mélange d'une cou- 
leur jaune (chromate neutre de potassium) et d'une couleur 
bleue (solution ammoniacale de cuivre). On obtient ainsi 
tous les tons verts du bleu au jaune auxquels correspondent 
les couleurs des eaux des lacs. 

D'après les mesures de M. Dufour les tons des deux cou- 
leurs extrêmes jaune et bleue, c'est-à-dire leur rang spectral 
correspondrait pour le jaune à une largeur d'onde de 579 



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SÉANCES D£ LA SOaÉTÉ VAUDOISE. 85 

mfllJoDoièmes de millimètre, le blea correspond à 457|jl ; un 
liquide vert formé de 80 7o de bleu et 20 Vo de jaune corres- 
pond à 487,5(L. H. Dnfour décrit les procédés employés pour 
(aire ces mesures. (Voir aux mémoires). 



Séance du 4 décembre. 

U. F.- A. Forel, prof. Thermométrie des lacs. — M. Goillemin, ing. Infloenoe 
des poQssidres oosmiqnes sur U sarfaoe do sol (sniri de deux notes de 
MIC Cb. Dafonr et Eag. Eenevier, professeurs). — M. Henri Dafonr, prof. 
Béeomé météorologique dn mois de novembre. — M. le D' Sobârdt. For- 
mation éolienne observée en Valais. — M. Bmnner, prof. Synthèse dee 
diefaroines. 

M. F.-A. FoREL expose une application de sa méthode de 
balance thermique des lacs {Archives, III, 513, 1880) qui 
lui permet, par une seule série de sondages thermométri* 
qaes, à la fin de Tété, de connaître la quantité de chaleur em- 
magasinée dans Teau depuis Thiver précédent. (Test dans les 
lacs de grande profondeur, dont la température abyssale ne 
descend pas au-dessous de 4"" (lacs de type tropical) ; dans 
de tels lacs, la température, à la fin de Thiver, s*est unifor- 
misée, ou, à peu prés, dans toute la masse de Feau. 

Diaprés des sondages effectués en septembre 1889, dans 
des lacs cisalpins et transalpins, on trouve les chiffres sui- 
vants pour la quantité de chaleur accumulée pendant Tété. 

Chaleur accumulée 

Température par unité de sur- sur la masse 
abyssale Îèm de 1 dm*. totale du lac 

dégrés calories mille milliards de 

calories ' 

Léman 4.7'' 3930 227 

IV Cantons 4.6 2880 32 

Verbano 5.7 6S20 nO 

I^rio 6.1 3280 51 

Ceresio 5.3 2980 15 

La limite de la couche stratifiée thermiquement à la fin de 
* 10" calories. 



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86 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 

Tété, soit la profondear limite de la varialioD annaeUe, était 
entre 100 et 120 m. poar le lac des IV Cantons, entre 120 et 
150 m. pour les qaatre antres lacs. 

La comparaison des faits thermiques que présentent les 
trois lacs de Tlnsabrie, qui sont dans des conditions climaté- 
riqnes à peu prés semblables, semble indiquer : 

lo Que la température abyssale est d'autant plus élevée 
que le lac est plus profond (ou plus probablement que sa 
profondeur moyenne est plus grande). 

2» Que la chaleur emmagasinée dans le lac pendant la sai- 
son chaude est d'autant plus forte, pour l'unité de surface, 
que le lac est plus étendu et plus agité par les vents, les va- 
gues et les courants. 

Ln lac est un puissant modérateur du climat La quantité 
de chaleur accumulée dans le Léman pendant Tété de 1889 
est égale à celle que donnerait la combustion de 31 millions 
de tonnes de charbon, soit le chargement d'un train de 
bouille de 18 mille kilomètres de longueur, presque aussi 
long que le méridien de la terre allant d'un pôle à l'autre.— 
La plus grande partie de cette chaleur est livrée à Tair de la 
vallée pendant la saison froide, ce qui adoucit nos automnes 
et nos hivers. 

M. GuiLLEMiN, ingénieur. Les anneaux de poussières cosmi- 
ques qui entouraient l'orbite terrestre dans les anciens 
temps, ont exercé une grande influence, non seulement sur 
le climat, mais aussi sur le relief du sol. Ces matériaux cos- 
miques ont dû, à différentes époques, donner lieu à d'abon- 
dantes pluies d'étoiles filantes ou de météorites. La masse de 
la terre a augmenté, son mouvement de rotation s'est ra- 
lenti, la force centrifuge a diminué et avec elle, le renflement 
équalorial. En d'autres termes, l'ellipsoide terrestre * est suc- 
cessivement rapproché de la forme sphérique, qui est le 
corps présentant le minimum de surface pour un volume 
donné. En conséquence, la surface a dû nécessairement di- 
minuer. Il est résulté de ce fait des pressions latérales con- 
sidérables, qui ont ondulé, plissé ou disloqué le sol en don- 
nant lieu à la formation de chaînes de montagnes. 

Ces anneaux de poussières cosmiques n'ont probablement 



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DES SOENCfiS NATURELLES. 87 

pas atteint Forbite de Jupiter, ce qui permet de donner la 
raison de la division des planètes en deux classes : Tune à 
bible densité et à rotation rapide, Tautre de densité plus 
forte et à rotation lente. (Voir au bulletin.) 

M. Ch. DuFouB, de Morges : J*ai été vivement intéressé 
par les idées que vient d*émetlre M..6uillemin. 

Cependant, je dois déclarer que ce n'est pas moi qui ai at- 
tribué le ralentissement de la vitesse de rotation de la terre 
à la chute des aérolithes et des étoiles filantes; mais, précé- 
dennnmt, je lenr avais attribué Taccélération de la marche 
de la lune, parce que la chute de ces météorites, en augmen- 
tant la masse de la terre, devait augmenter la vitesse de son 
satellite. Les calculs faits à ce sujet ont été reproduits plu- 
sieurs fois, et dernièrement encore dans le Journal du Ciel 
du 16 juillet 1889. Ce calcul montre que si la densité des 
météorites est égale à la densité moyenne de la terre, il suf- 
firait qcC'ûs augmentent le rayon de la terre de 2,45 millimè- 
tres par siècle, pour produire, pendant le même temps, une 
accéîéralion de 1" sur la marche de la lune. 

Et une augmentation de ce rayon de 17 millimètres expli- 
querait Taccélération séculaire de T\ ce qui est à peu près la 
quantité constatée, mais inexpliquée par d'autres causes. 

Or les météorites qui tombent sur la terre sont plus nom- 
breux qu*on ne le croyait autrefois; puis la quantité des étoi- 
le filantes est considérable, surtout pendant les pluies 
d'étoiles qui ont lieu de temps en temps en août et en no- 
vembre. Rappelons seulement que le 13 novembre 1833, on 
a estimé à New-York le nombre des étoiles Riantes au double 
de celui des flocons de neige que l'on voit pendant une forte 
averse. 

Ensuite des beaux travaux de H. Schiaparelli, on sait que 
ces étoiles sont des débris de queues de comètes; ou si l'on 
veut des épaves de queues de comètes, c'est-à-dire de la ma- 
tière pondérable. Je n'ai nulle envie de faire ici des supposi- 
tions, comme cependant on en a fait quelquefois sur le poids 
de chacune de ces étoiles filantes, et de chercher à apprécier 
le nombre de grammes qu'elles apportent dans notre atmos- 
phère; mais quel que soit le poids de chacune d'elles, il est 



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88 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 

certain que le poids de leur ensemble avec le poids des aéro- 
iiihes n'est pas un infiniment petit. Et soit que cette subs- 
tance tombe sur la terre en poussière, soit qu'elle reste sus- 
pendue dans notre atmosphère, ou bien qu'elle soit entraînée 
par les eaux au fond des mers, il n'importe, c'est toujours 
une augmentation de masse pour notre planète; et il est fort 
possible que ces débris qui tombent en un siècle, correspon- 
dent à une augmentation de 17»* du rayon de la terre, ce 
qui expliquerait T d'accélération sur la marche de la Lune. 

J'irai même plus loin. Si cette augmentation de vitesse de 
notre satellite peut être constatée avec une grande précision 
et qu'il soit possible de faire avec certitude la part qui peut 
être attribuée à d'autres causes, comme Laplace Ta recher- 
ché ; le surplus nous donnerait le moyen le plus exact de 
déterminer quelle est la masse de la matière cosmique qui 
pendant ce temps nous est apportée du reste de l'univers, 
soit par la chute des aérolithes, soit par l'introduction des 
étoiles filantes dans notre atmosphère. 

Quant à la pensée de M. Guillemin, d'attribuer à la chute 
des météorites le fait que les planètes situées près du Soleil 
ont une rotation plus lente que les planètes, telles que Ju- 
piter et Saturne, plus éloignées de cet astre; il y a là une 
idée qui parait juste. On peut discuter la question de quan- 
tité, mais en considérant la longueur des périodes géologi- 
ques, il peut se faire que la somme de ces quantités très 
faibles, si on les prend isolément, finissent par produire des 
valeurs appréciables comme le pense M. Guillemin. 

Plus tard, après la question que m'a adressée M. Henri 
Dufour sur l'augmentation de la valeur de g et les consé- 
quences qui doivent en résulter pour la marche du pendule 
j'ai dit : 

Il est incontestable que la chute des météorites, en aug- 
mentant la masse de la terre, doit augmenter aussi la valeur 
de g et accélérer la marche du pendule; mais cette accélé- 
ration est si faible qu'il ne me semble pas qu'elle puisse être 
constatée par les moyens dont on dispose actuellement, elle 
est certainement bien plus faible que les autres erreurs, dont 
malgré tous les soins imaginables, il est impossible de s'af- 
franchir entièrement par l'observation du pendule. Dans 



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DES saENGES NATURELLES. 89 

rétat actael de nos connaissances, je crois que la meilieare 
manière de constater Taugmentation de la masse de la terre 
est encore Tobservation de la marche de la Lune. Celle mar- 
che est observée depuis phis de deux siècles à rObsenratoire 
de Greenwicb avec des soins tels qae pour la question qui 
nous occupe, il ne parait guère possible d*obleoir une pré- 
cision supérieure par des observations différentes. 

M. Henri Dufour vient de nous dire que plusieurs savants 
ont émis Tidée que la valeur de g éprouvait peut-être cer- 
ta'mes variations périodiques. Je ne le crois pas, car une telle 
variation se traduirait immédiatement par une variation cor- 
respondante dans la marche de la Lune, et Ton ne tarderait 
pas à s'en apercevoir dans les observatoires où Ton s*occupe 
spécialement de la marche de cet astre, et cela même quand 
cette variation serait très faible. 

A propos de la communication de M. Guillemin, M. Rene- 
visR, prof, fait remarquer à C'O dernier que les mouvements 
du sol ne sont pas aussi spécialisés à certains moments qu'il 
parait le croire. Il y en a eu à toutes les époques, et si nous 
connaissions bien Torographie de toute la surface du globe, 
on verrait que ces dislocations ont été à peu près continues, 
sur un point ou sur un autre. L*idée de M. Guillemin est in- 
génieuse, mais elle devrait être contrôlée d'une manière 
plus approfondie, avant qu*on puisse la substituer à Thypo- 
thèse généralement admise de la contraction du globe par 
refroidissement. 

Répondant à une question posée par H. le prof. Odin, M. 
Renevier dit que l'hypothèse en cours, qui attribua le plisse- 
ment des coucha<i au refroidissement du globe, repose sur 
ridée que les liquides diminuent de volume plus rapidement 
que les solides, sous l'influence du refroidissement. L'écorce 
ou lithosphère, ayant atteint un certain degré de rigidité, est 
obligée de se rider pour suivre au mouvement de contraction 
de VendosfAère plus ou moins liquide ou fluide, comme la 
peau de la pomme se ride, lorsque celle-ci diminue de volume 
en se desséchant. CTest là l'explication habituelle, dont M. Re- 
nevier ne prétend pas d'ailleurs garantir l'exactitude. 

M. Henri Dufour donne le résumé météorologique du mois 



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90 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 

de novembre 1889. Ce mois a présenté les caractères soi- 
vants : 

Température 4'',2 au lieu de 4'' ,5, minimum — 4 le 29» 
maximum 14, les 1, 4 et 10 ; baromètre élevé 719""" au lieu 
de 712,5, les hautes pressions ont dominé pendant ce mois 
avec régime prédominant des vents du N. et du S.-E. Pluie 
faible 33**,5 en 9 jours, la moyenne est97"*,9 en 13 jours. 
Temps généralement couvert 75 Vs de soleil seulement en 
19 jours. 

M. Dufour donne quelques détails sur les inversions de la 
température qui se sont produites pendant ce mois du 19 au 
25 novembre en particulier. On constate dans cette période 
que la température au Santis est égale ou supérieure à celle 
de la plaine et cela à 7 A. dti matin, ainsi le 21 novembre. 
Pendant ce régime de hautes pressions le brouillard s*est 
abaissé lentement ; M. Dufour montre un graphique de cet 
abaissement lent de la zone des brouillards. 

M. le D' Sghardt présente un échantillon de grès moUassi- 
que renferoiant des morceaux d'ambre assez volumineux. Ce 
grès est exploité dans une carrière près de la source de la 
Versoix, près Thonon, il est identique au grès des Allinges 
qui a également fourni de Tambre. 

M. Schardt parle en second lieu d*une formation éolienne 
observée dans le Bas- Valais, entre Outre-Rhône et Mordes 
sur le flanc de la vallée au pied des Dents de Mordes. C'est 
un sable fin micacé qui se trouve dans toute cette région à 
200 et 300 mètres au-dessus du fond de la vallée. Dans sa 
composition, ce sable ressemble à un sablon fin de rivière, 
tel que le dépose le Rhône sur son bord. Mais Tabsence de 
stratification ne permet en aucune façon de Tassimiler a an 
dépôt de ce genre. Sa situation sur une pente dès longtemps 
abandonnée par les eaux du fleuve et sur laquelle ce sable 
remplit de légers enfoncements, sa nature homogène qui 
ne varie guère qu'avec la hauteur, ou très insensiblement, le 
caractérisent absolument comme dépôt formé par le vent. 
La région de ce gisement est du reste toute propice pour 
cela. La vallée du Rhône fait un coude brusque un peu en 
amont de Dorénaz; le vent souvent très violent dans celte 



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DES SGlfiRGES MATUBELLES. 9i 

région, sabit par ce fait, lorsqu*il descend la yailée, un ralen- 
tissement considérable et est rejeté sar le versant nord; de 
cette manière, le sable qu'il soulève en balayant le flanc des- 
séché de la montagne en dessous de FuUy, est déposé sur le 
gazon qui le retient et ne cesse pas pour cela de végéter; les 
coquilles des mollusques vivant sur place sont ainsi enseve- 
lies. H. Schardt a constaté : C(Bcilian$Ua (Acicula) acicula 
HqU., Bulimus guadridens HulL, Pupamuscarum L., Hélix 
puldieUa Drap., J9. ericetarum Mull., etc. 

M. H. Brunner» prof, informe la Société qu*il a réussi à 
faire la synthèse des matières colorantes auxquelles il a 
donné le nom de • dichroines » (et dont il a déjà entretenu 
la Société) en faisant agir le nitroprussiate de sodium et 
racide sulforique concentré sur les phénols monalomiques 
et les phénols biatomiques de la série • meta. > Cette syn- 
thèse confirme de nouveau ses travaux précédents sur la 
même matière. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE CHIMIE DE aENÈVE 



Séance du 20 décembre 1889. 

A. Pictet et H.-J. Ankersmit. Phénanlbridine. — S. Lery et E. Bader. Action 
de rftmmoniaqae sur le tétrachlorodiaoétjle. — C. Grsehe et L.-W. Welt' 
ner. Préparation et réactions du bromanile. — C. Grsebe et 0. Schaltbess' 
Thiozantbone. 

H. A. Pictet décrit une nouvelle base de la série pyridi- 
que qu*il a obtenue et étudiée avec H. H.-J. Ankersmit. Ce 
corps, qui possède la formule CisH^N et qui est isomérique 
avec Tacridine et les naphtoquinolines, doit être considéré, 
d'après son mode de formation, comme du phénanthrène 
dans lequel un des groupes CH du noyau central serait rem- 
placé par un atome d'azote. Les auteurs lui donnent le nom 
de phéfuinthridine. 

Cette base se forme, à côté d'une série d'autres corps qui 
seront étudiés plus tard, lorsqu'on fait passer les vapeurs de 
la benzylidène-aniline à travers un tube chauffé au rouge 
vif. 11 y a élimination de deux atomes d'hydrogène et sou- 
dure des noyaux benzéniques, amsi que le montre l'équation 
suivante : 



+ 2H 





Bensylidéne-aniline. Pbénintbridine. 



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l 



> 



SOCIÉTÉ DE CHIMIE DE GENÈVE. 93 

Séparée da produit de Topéralion au moyen de son sel de 
mercure, la pbénanthridine se présente sous la forme de 
fines aiguilles blanches, qui sont très peu solubles dans Teau, 
mais se dissolvent facilement dans les acides, l'alcool, Télher, 
le benzol, le chloroforme, etc. Les solutions dans l'eau ou 
les acides possèdent une belle fluorescence bleue. 

La phénanthridine fond à lOi"* et distille sans décomposi- 
tion au-dessus de 360*. Son odeur est piquante et provoque 
l'éternoement. quoique à un degré beaucoup moindre que 
racridine. Cest une base tertiaire; elle forme avec les aci- 
des des sels jaunes, en général très bien cristallisés; plu- 
sieurs d'entre eux ont été préparés et analysés. 

On voit que par toutes ses propriétés la nouvelle base se 
rapproche beaucoup de l'acrldine. La différence la plus 
remarquable entre les deux isomères résidé dans la manière 
dont ils se comportent vis-à-vis des agents réducteurs. On 
sait que l'acridine fournit par réduction un dérivé dihydro- 
géné, Thydroacridine, qui ne possède plus de propriétés 
basiques. La phénanthridine au contraire est transformée 
par rétain et l'acide chlorhydrique en une base secondaire. 
Celle différence doit être attribuée à la position de l'atome 
d'azote dans la molécule des deux isomères et vient confir- 
mer la formule indiquée plus haut pour la phénanthri- 
dine. 

M. S. Levy revient sur un corps de la formule C4H4Cl,N0j, 

mentionné dans la précédente séance par H. Witte\ C^ 

corps, qui avait été préparé en faisant réagir l'ammoniaque 

sur le tétrachlorodiacétyle, avait été d'abord regardé, malgré 

son manque de coloration, comme un trichloramidodiacé- 

tyle, CBCl^-CO-CO-CHCl-NHj. De nouvelles expériences de 

MM. Levy et E. Bader ont montré son identité avec Vamide 

tridUoraprapylène'Oxycarbonique que MM. Levy et Curchod 

ont obtenue en traitant Tamide tétrachloroxyisobutyrique par 

le carbonate de soude, et qui, d'après ce mode de formation, 

ne peut avoir que la formule suivante : 

^ Ardrives, XXn, 77. 



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94 COMPTE RENDU DES SÉANCES 



/CONH, 

CHCi— (y 



Il y aurait donc dans la réaction de Tammoniaque sur le 
tétrachlorodiacôtyle une transposition d*atomes analogue à 
celle qui s'observe dans la transformation du benzile en 
acide benzilique : 

CHCl,— CO CHCI,. 

I + NH, = ^COH-CONH, 

CHCIj— CO CHCl,-^ 

L'amide tétracbloroxyisobutyrique qui prendrait ainsi nais- 
sance se converlirait, par perle d'une molécule|d'acide chlor- 
hydrique, en amide trichloropropylène-oxycarbonique. Les 
auteurs ont du reste constaté que la réaction inverse a lieu 
lorsqu'on traite ce dernier dérivé par l'acide chlorhydrique. 

A côté du corps C4H4Ci,N02, il se forme dans la réaction de 
l'ammoniaque sur le tétrachlorodiacétyle une huile lourde, 
volatile avec les vapeurs d'eau, et dont l'étude a été com- 
mencée. 

Il résulte des considérations précédentes que le produit 
de l'action de l'éthyléne-diamine sur le tétrachlorodiacétyle 
ne possède très probablement pas la constitution que lui a 
attribuée M. Witte, mais qu'il faut lui assigner la formule sui- 
vante : 

(yCO— NH— CH,— \ 
CHCl-C/ \ 

M. le prof. Gr^ebe rappelle que dans la dernière séance il 
a décrit une méthode de préparation du chloranile au moyen 
delà para-phényléne-diamine; il ajoute qu'à son instigation 
M. L.-W. Weltner s'est occupé de la préparation analogue 
du bromanile, et qu'il s'est arrêté, après de nombreuses 
expériences, au procédé suivant : 



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DE LA SOGIËTl!: DE CHIMll:: DE GENËYË. 95 

3 gr. de pbénylène-diamine sont dissous dans 10 cm. cubes 
diacide acétique concentré; à celte solution on ajoute 150 cm. 
cubes d^eaa et iO cm. cubes de brome^ et on abandonne 
le tout à la température ordinaire pendant deux jours. Il se 
dépose peu à peu une résine noire et des cristaux jaunes ; 
ceux-ci séparés par fiitration, constituent le bromanile pres- 
que pur. Quant à la résine, elle peut ôlre également conver- 
tie en bromanile par un traitement à Tacide nitrique étendu 
sur le baio-marie. De celle manière les 3 gr. de phénylène- 
diamine employés fournissent 5 gr. de bromanile. Celui-ci 
peut être facilement purifié par cristallisation dans le chloro- 
forme et fond alors un peu au-dessus de 300^. 

Les sulfites transforment le bromanile, comme le chlora- 
nile, en sulfonales; une solution concentrée de sulflte de 
potasse fournit le thiochromale de potassium ; au moyen du 
bisulOte on obtient le disulfanate de la dibramohydroqftinone, 
C.Br,(OH),(SO,K),. 

Le bromanile est converti par le pentabromure de phos- 
phore en hexabroroobenzol, et par le pentachlorure de phos- 
phore en hexachlorobenzol. 

Le sulfhydrale de potasse dissout facilemenl le bromanile 
en transformant en un corps qui est probablement ana- 
logue à celui que fournit le chloranile dans les mêmes con- 
ditions. Chez ce dernier, ainsi que Ta constaté M. Graebe, un 
seul atome de chlore est remplacé par le groupe SH, tandis 
que dans toutes les autres réactions du chloranile il y a 
généralement élimination de 2 ou de 4 atomes de chlore. 

M. Grjebe parle ensuite de la thioxarUhone, découverte il 
y a quelques années par M. le D' Ziegler. D'accord avec ce 
dernier, il a engagé M. 0. Sghulthess à continuer Tétude de 
ce corps. Les réactions au moyen desquelles on obtient la 
ihioxanlhone sont les suivantes : 

Le Ihiophénol se combine en solution alcaline avec l'acide 
orthodiazobenzoïque, en fournissant un composé auquel 
t'analyse assigne la formule 

C H /N=N-S-CH. 

* *N:ooH. 



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96 COMPTE RENDU DES SÉANCES, ETC. 

Celui-ci est converti par un excès de soude en acide phé- 
nylthiosalicylique 



S-CeH, 



' *N:OOH 
que Tacide suifurique transforme en thioxanthone 

Par oxydation de la thioxanthone on obtient la benzophé- 
Done-sulfone 



CO' 






découverte par M. Beckmann, et qui possède un intérêt par- 
ticulier en raison de son analogie avec Tanthraquinone. 

A. P. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE ET D'HISTOIRE NATURELLE DE 6ENÉVE 



Séance du 19 décembre 1889. 

J.-L. Sont et Â. RîUiet. Absorption dae njouM altra-vioUti p«r différente s 
sabetanoee. — P. ymn Berchem. Inégmie oonoentnttion d'une diisolntion 
KUeoM dont deox parties sont maintenoei pendant on tempe prolongé A 
det températures différentes. — Von Ettingbaasen et Kraaan. Obserrations 
sur Tataviame dee plantes. — E. GUiotier. Mort de Beepighi. — R. Chodat 
Classification des Poljgalacéee. — Grabe. Lampe A microscope. — L. 
Dnparc et Baeff. Éohelle pour l'étade do trouble des eaaz bourbeusee, 

M. J.-L. SoRET communique en son nom et au nom de 
M. Âlb. RiLLiET une étude sur VabsorpHon dee rayons ultra- 
violets par différentes substances K 

M. Paul VAN Bbrcheh complète une con^municalion anté- 
rieure qu*a?ait faite en son nom M. C. Soret sur une élude 
relative à Vinégale concentration d'une dissolution gazeuse 
dont deux parties sont soumises pefidant un temps un peu 
prolongé à des températures différentes et expose les lésulluts 
définitifs qu^ii a obtenus dans ces recherches '. 

IL DE Candolle montre des échantillons de feuilles très 
diverses de chêne, prises sur un même arbre. Elles lui ont 
été envoyées par MH. le baron d'Bltinghausen et Krasan, à 
Pappoi de leurs mémoires publiés dans las Abhandlungen 

^ Voir ci-dessus p. 5. 
• Voir ci-dessus p. 70. 

VncHivrs. t XXIIL — Janvier I8D0. 7 



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98 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

de rAcadémie de Vienne et du résumé en français, rédigé 
par eux pour les Archives des sciences physiques et natu- 
relles^. On remarque la différence des feuilles quand un 
chêne a souffert, Tannée précédente, de la gelée ou des 
hannetons. Elles sont alors simples ou peu lobées, et se 
rapprochent des formes de plusieurs chênes fossiles de Tépo- 
que tertiaire. 

M. E. Gautier a le regret d*annoncer à ses collègues le 
décès du prof. Lorenzo Respighi, membre honoraire de la 
Société depuis 1881. 

Respighi, né en 1824, est mort à Rome le 10 décembre 
courant. Il y occupait la place de directeur de l'Observatoire 
du Capitole depuis 1865, tout en étant professeur d'astro- 
nomie et d'optique à l'Université. Avant d'occuper celle 
position, il avait enseigné à TUniversilé de Bologne. Dans 
ces deux résidences, il avait déployé une activité remarqua- 
ble, s'étendant à toutes les branches de l'astronomie et de la 
géodésie, et il laisse de nombreux travaux imprimés surtout 
dans les publications de r< Accademia dei Lincei. • 

M. R. Chodat, présente une note i*elalive à la Délimitation 
des genres dans la famille des Polygalacées. Bentham et Hoo • 
ker dans leur Gênera Plantarum ont décrit 16 genres de 
Polygalacées, Polygala. Salomonia, Badiera, Monnina, 
Muraltia, Mundtia, Comesperma, Bredemeyera, Securidaca, 
Carpolobia, Phlebotœnia, Trigoniastrum, Xanthophyllum, 
Moutabea, Krameria. M. A.-W. Bennet leur ajoute encore 
deux autres genres : Ancanthocladus Klotsb et Hualania Pbi- 
lippi. Or deux de ces genres doivent être maintenant définiti- 
vement exclus de la famille des Polygalacées : ce sont Krame- 
ria et Trigoniastrum. Ni l'un ni l'autre ne possèdent le pol- 
len caractéristique de cette famille si naturelle, leur orien- 
tation florale est différente. Comme Grisebach l'a déjà 
démontré il faut faire des Krameria une petite famille se 
rattachant aux Légumineuses (Césalpiniées), à cause de leur 
orientation florale, et de leui*s feuilles typiquement compo- 

* Voyez ci-dessus, p. 76. 



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ET d'histoire NATURKLLE DK GENÈVE. 99 

sées. Ooant à Trigoniastrum ses aflBnitôs sonl très obscares, 
il conyiendrait cependant de le raltacher aux Vochyslacées 
par les Trigoniées dont il a la struclare florale. En outre 
Badiera, Pblebotaenia et Acanthocladus ne sont pas généri- 
qoement distincts de Polvgala, ils possèdent en effet la 
capsule et la structure florale de ce genre si variable. 
Sabmumia, aa contraire, qui a été réuni à Polygala par 
M. Bâillon, s* en distingue par la suppression d'un verti- 
cille d*étamines, par ses fleurs en épis, et ses capsules à la 
fois loculicides et septifrages. Bredemeyera et Comesperma, 
ainsi que Hualania, forment un genre unique dont ils ne 
sont que des sections. En effet, Comesperma ne diffère de 
Bredemeyera que par son port, ses feuilles beaucoup plus 
petites, ses inOorescences en grappes et non en panicule, et 
par le tube staminal subdiadelphe tandis qu*il est submona- 
delphe chez Tautre. 

Le caractère de Findument des semences indiqué par 
M. A. W. Bennet n*est pas réel; on peut constater en effet 
tous les passages entre les graines chevelues sur toute leur 
surface ou seulement au sommet C'est pour la môme rai- 
son quMl faut réunir à ce genre Hualania de Philippi. 

Bentham et Hooker ainsi que H. Bennet considèrent 
Xanthophyllum et Moutabea comme anormaux. Ils con- 
stituent an contraire un type tendant à la régularité florale : 
leurs 5 pétales sont parfaitement formés. Quoiqu'il en soit ils 
représentent les deux extrémités de la chaîne des genres 
polygalacéens, car si Xanthophyllum est le type le plus 
antholysé, c'est-à-dire celui ou les organes floraux mon- 
trent le moins d'adhérence, Moutabea nous montre celui où 
tous les verticilles à l'exception du gynécée, sont soudés en 
an tube complet. 

Les autres genres se groupent en deux séries, la pre- 
mière représentée par les genres Polygala, Securidaca, Mon- 
nina, Bredemeyera, où Fétamine médiane de chaque verti- 
cille a été supprimée, c'est-à-dire qui compte 8 étamines 
normales, la seconde représentée par Muraltia, Mundia (et 
non Mundtia comme l'écrivent Bentham et Bennet) et Car- 
polobia, où le verticille extérieur staminal est comme dans la 
première série, mais où il y a développement de l'étamine 



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100 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

médiane dans la seconde série, avec suppression des deux 
étamines opposées aux pétales supérieurs. 

Diagnoses generum Polygalacearum, 

A. Stamina 8; coroUa ope tubi staminalis plus minusve 
gamopetala» postice flssa; petala 5, quorum duo lateralia 
aut desunt aut sqnamiformia apparent; sepala libéra. 
Polygaia L. HerbsB vel frutices, foliis altemis, oppositis, 

vel yerticillatis. Carina cristata vel nuda. Fructus capsularis, 
bilocularis, loculicide debiscens, septo persistante. Semina 
varia, strophiolala vel non. (Totius orbis terrarum). 

Bredemeyera Wildn. Herba, vel frutices scandentes, foliis 
altemis. Carina nuda. Fructus capsularis, bilocularis, loculi- 
cide debiscens, septo persistente, spathulatus, longe basi 
atlenuatus. Semina coma longissima donata (american» et 
australenses). 

Securidaca Linn. Suffrutices vel frutices, foliis altemis. 
Carina nuda vel cristata. Fractus monospermus, indehiscens, 
siccus, ala saepe magna e facie ventrali proveniente, sama- 
roïdeus; semen eslrophiolatum (americ, afric, asialicae). 

Monnina Ruiz et Pav. HerbaB vel suffrutices, foliis alter- 
nis. Carina ecristata. Fructus siccus, indehiscens, bilocularis, 
dispermus vel saepius monospermus, nunc ala membranacea 
cinctus, nunc exalatus (americanaa). 

B. Stamina 4 vel 5, corolla ope tubi staminalis plus minusve 
gamopetala, postice fissa ; sepala libéra. 

Salomonia Lour. HerbaB, foliis altemis. Petala 3, superiora 
et inferius. Carina ecristata. Fructus capsularis, bilocularis, 
margine dentatus, loculicide debiscens, septo transverse fracto 
ita ut valvdB duae formentur (asiaticae). 

C. Stamina septem; corolla ope tubi staminalis plus minusTe 
gamopetala, postice flssa, petala 5 quorum duo lateralia 
saep« desunt; carina cristata vel ecristata; sepala libéra. 
MurdUa Neck; Herbae vel suffratices, foliis fascicnlatis, 

sepala subaequalia. Carina cristata. Petala lateralia desunt. 
Fmctus capsularis, bilocularis, apice saepissime 4 cornis, 
loculicide debiscens (africanda). 

Mufidia H. B. K. suffrutices, foliis altemis, coriaceis mini- 
mis. Sepala inasqualia, 2 aliformia. Petala lateralia desunt 
vel sqnamiformia. Fructus drupaceus, bilocularis, dispermus 
vel monospermus. Semina nuda (afi icanae). 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 104 

Carpolobia Don. Saffrutices foliis berbaceis, beneevolutis, 
altérais. Sepala inaeqaalia, dao aliformia. Petala 5, aequilonga, 
Fnictus drupaceus bilocularis. Semina pilis densissimis, cris- 
palis lanata. 
D StamioaS; petala 5 suhaequalia baad in tubom coalita, 

staminam filamenta baod in lobum concrescentia. Ova- 

riam nnilocalare, placentis parietalibas; ovulis ïn qoaqiie 

placenta biseriatis. Fnictus nucamentaceos, monosper- 

mus. 

XanthapkgUum Roxb. Arbores val frutices, foliis alternit 
coriaceisis, magnis. Discus inter androceum et gynaeceum. 
E. Stamina 8; sepala, petala (5) ope tubi staminalis in tubom 

hand fissum coalita. Ovarium oo loculare. 

Moutabea Aubl. Frutices; anlherœ sessiles; stigma capi- 
tatum. 

Les caractères anatomiqoes ainsi qa*il ressort de Texamen 
d'un très grand nombre d*espèces appartenant aux différents 
genres ne peut servir pour distinguer les genres les uns des 
autres. Une exception remarquable font Xanthophyllum et 
Moutabea où le faisceau unique du pétiole devient annulaire 
tandis quMl est ouvert chez les autres. Chez Xanthophyllum 
il se forme à Tintérieur de ce faisceau annulaire des faisceaux 
secoodatres dont l'orientation n*est pas semblable. Les carac- 
tères anatomiques différentiels indiqués par M. Yesque dans 
les Nouveaux Hémoires du Muséum ne sont pas constants et 
sont même loin d'avoir une portée générale. 

M. le prof. 6Ri£BE décrit une nouvelle lampe à microscope, 
depuis quelque temps dans le commerce, dans laquelle la 
lumière de la source, flamme ou autre, entièrement masquée 
par un tube opaque est conduite sous le porte-objet par une 
baguette de verre recourbée suivant le principe de l'expé- 
rience de M. CoUadon sur la transmission de la lumière dans 
la veine liquide. 

M. DuPARG en collaboration avec M. Babff ont eu Focca- 
sion pendant le cours d'un travail sur la nature dos eaux de 
TArve de rechercher un procédé rapide pour déterminer 
Topacité des eaux de celte rivière. Dans ce but ces Messieurs 
ont construit une échelle d'opacité composée de 12 termes, 



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102 



SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 



de la manière suivante : 1 gr. de limon lacustre (grand lac) 
exempt de sable est délayé dans 1 litre d^ean. Une partie de 
cette solution (100 cent, cubes) est enfermée dans un tube 
de verre mince de 40 cent, de haut, 1 Va cent, de diamètre 
et forme le n"" 12 de Téchelle, tandis que le n"" 1 est simple- 
ment représenté par de Peau pure contenue dans un tube 
identique. 

Les termes compris entre 12 et 1 sont obtenus par dilu- 
tion successive de différentes portions de la solution mère 
(no 12) convenablement agitée pour la rendre bien homo- 
gène. Voici dans leur ordre les termes de cette échelle avec 
leur teneur correspondante en matériaux en suspension. 

N» 12 = 1 gr. p. litre. 
11 = 0,8 
10 = 0,6 

9 = 0,5 

8 = 0,4 

7 = 0,3 

6 = 0,2 

5 = 0,1 

4 = 0,05 

3 = 0,025 

2 = 0,01 

Cette graduation bien qu^arbitraire est celle qui nous a 
paru le mieux convenir pour les eaux de TArve. Le n* 12 
toutefois est peut être un peu faible pour les fortes crues qui 
roulent des eaux excessivement bourbeuses. 

Les différents tubes renfermant ces solutions ont été fer- 
més à la lampe et peuvent fonctionner longtemps, si Ton a 
soin de les remuer chaque jour pour éviter un tassement de 
matières au fond du tube. 

Pour déterminer Topacité d^une eau on introduit dans un 
tube semblable à ceux de Téchelle, puis en regardant par 
transparence à travers celui-ci on cherche de quel terme de 
l'échelle l'eau en question se rafpproche le plus; on lui donne 
alors comme opacité le chiffre correspondant; si elle est 
comprise entre deux termes 8 et 9 par exemple; on prendra 
la moyenne soit 8 Va- 



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ET d'histoire naturelle de (ÎENÈVE. 103 

Ce procédé rapide donne, comme on le voit facilement, 
DOQ pas ropacité absolue, c*est-à-dire la profondeur à la- 
quelle la lumière pénètre dans Teao, mais plutôt son degré 
de limpidité. 

Il est évident qu'avant chaque opération il faut avoir soin 
d'agiter les différents tubes, pour rendre leur contenu homo- 
gène. 



Séance du Sjarwier 1890. 

R. Gaatier. InatalUtion d'an anémomètre enregistreor A l'observatoire de 
Genève. — RUUet, de la Rive, Saranin. Analyse de divers travaux. 

M. Raoul Gautier signale Tinstallation toute récente à 
rObservatoire d'un nouvel instrument venant compléter 
l'ensemble des appareils enregistreurs établis depuis quel- 
ques années sous la direction de M. le colonel Emile Gan- 
tier. Le nouvel instrument est un anémomètre-enregistreur 
sotW des ateliers de la maison Richard frères à Paris et des- 
tiné à fournir deux éléments importants en météorologie, la 
direction et la vitesse du vent. 

A cet effet Tappareil se compose d'une girouette et d'un 
moulinet montés sur un tube de fort diamètre s'élevant à 
une hauteur de 6 mètres au-dessus du toit de l'Observatoire. 
La girouette qui suit la direction des courants aériens fait 
tourner une tige de cuivre placée dans l'intérieur du tube et 
par son intermédiaire commande les mouvements d'un cy- 
lindre portant une feuille de papier, dont rorienlalion cor- 
respond à chaque instant à celle de la girouette. Par un 
mécanisme ingénieux un mouvement d'horlogerie descend 
en 24 heures du haut en bas du cylindre, et une plume qui 
y est fixée trace sur le papier dont ce cylindre est entouré la 
courbe exacte des variations que subit la direction du vent. 

Le moulinet placé à l'opposite de la girouette est très 
léger, à ailettes d'aluminium inclinées de façon à ce qu'il 
fasse un tour pour un espace de i mètre parcouru par le 
vent. Le nombre de tours est mesuré par un compteur placé 
sur Taxe même autour duquel le moulinet et la girouette 



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104 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE, KTC. 

pivotent. Des fils électriques partant de ce compteur sont 
logés dans le tube portant tout l'appareil, à côté de la tige de 
laiton. Quand le moulinet a fait SOOO tours, un contact élec- 
trique se produit, le courant passe et une deuxième plume 
portée par le mouvement d'horlogerie dont il a dt^jà été 
question vient tracer un trait sur une bande de papier placée 
parallèlement au cylindre qui donne la direction du vent. 
Plus le vent est forl, plus le moulinet tourne vite, plus aussi 
les traits se trouvent rapprochés sur la bande de papier, et 
leur écartement donne la vitesse du vent II suffit de renou- 
veler chaque jour le papier du cylindre et la bande de pa- 
pier, et Tappareil fournit ainsi des documents obtenus auto- 
matiquement des deux quantités cherchées, la direction et la 
vitesse du vent. 

M. À. RiLUET expose en quelques mots les principes que 
M. Lodge cherche à déduire pour la construction des para- 
tonnerres de ses propres vues et de celles de M. Hertz sur 
le mouvement de propagation ondulatoire de Télectricité. 

M. L. DE LA Rive rappelle Timportance donnée par La- 
grange, dans la Mécanique analytique, au principe désigné 
par principe de la poulie, que Pauteur pense pouvoir servir 
de base au principe des vitesses virtuelles. Celte manière de 
concevoir Torigine de la notion d'équilibre a de Tintérôt, 
venant de Lagrange dont les vues sont restées ce que la 
science de la mécanique a de mieux fondé, et sont en parti- 
culier le point de départ de la théorie de Maxwell sur Télec- 
tricité dynamique. 

H. Sarasin rend compte d'un travail de M. Sohncke sur 
l'électricité atmosphérique et les orages publié récemment 
dans le journal Himmel und Erde paraissant à Berlin sous la 
direction de notre ancien collègue H. Wilh. Meyer. 



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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A L'OBSERVATOIRE DE GENÈYB 



mCOANT LE «on 01 



OÉOBMBRE 1889 



Le l*', ibite bise jusqu'à 4 h. du soir et à h. du soir. 

îf brouillard pendant tout le jour, forte bise depuis 7 h. du soir. 

3, 4, 5, 6, 7 et 8, brouillard continu. 

7, légère neige à 10 h. du matin. 

9, brouiUard jasqu*à 1 h. du soir et depuis 9 h. du soir. 

10, légère neige dans la nuit; brouillard jusqu'à 7 h. du matin. 

11, bruine à 7 h. du matin ; la pluie lui succède. 

12, forte gelée blanche le matin; forte bise à 1 h. du soir et depuis 9 h. du soir. 
14, brouillard dans la journée. 

16, gelée blan<^e le matin ; brouillard jusqu'à 7 h. du matin. 
17 et 18, brooillard continu. 
19 et 20, brouillard enveloppant avec givre. 

31, légère ckute de grésil à 7 h. du matin ; brouillard à 10 h. du matin. 
33, très forte gelée blanche le matin ; brouillard jusqu'à 7 h. du soir, auquel suc- 
cède la pluie. 

33, brouillard bas à 7 h. du soir. 

34, très forte gelée blanche le matin; brouiUard enveloppant jusqu'à 7 h. du 

matin; pluie depuis 5 h. du soir. 

35, quelques flocons de neige à 7 h. 30 du matin; forte bise depuis 7 h. du soir. 

37, brouillard jusqu'à 7 h. du matin et depuis 4 h. du soir ; neige à 10 h. du matin ; 

forte bise à 7 h. du soir. 

38, brouillard pendant tout le jour. 

39, brouillard jusqu'à 1 h. du soir et depuis 9 h. du soir. 
30 et 31, brouillard continu. 

Architrs, i. XXIIL — JaDYier 1890. 8 



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106 



-8 extrêmes de la presHon aimoephérique ohtervées au barographe. 

mNIMUM. 



MAXIMUM. 

1. matin 735.17 

1. soir 733,12 

i. matin 730,46 

I. soir 741,18 

i. soir 731J6 

1. soir 732,9i 

I. matin 734,88 

I. maUn 735,60 



Le 8 à i h. matin 729,00 

lia 5 h. matin 714,65 

14 à 5 h. matin 726,37 

21 à 5 h. matin 728,50 

23 à 4 h. matin 728^ 

24 à 6 h. soir 729,6i 

28 à 5 h- maUn 728,62 



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i^wçoso'^'^ :»««ocooooi :«4o«cc-^«î :<0'^ 'ÏÎSÎI? *52 

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III 



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I I I I I I i I I-H-+++I + 1 I I I + ++++ ++ 1 +-H- 



s 



,ooa<N«^oo-s<Oi-^co-s;^eçopp(roeocoî«?2C50.^2SSî22SZS2 
%ô^aôaô^c5côaô<ôaô-^-^ocoffOoao^iO««oaoocooO"^»^coco«»< 

M M M M I l + M M M M M l + l + l M M I 









1 1 I 1 1 I 1 1 I ; 



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I IJJJ_U I I L-H-H-l INI 
I I I I I I I I l-H-H 



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I I 1 i I I I 1 I I l-H- j I I I I I I I I I I I I I ^ 



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1 -c . J .^ jS -^ -à ^^ /-< _I i-,^ .J: .W.5 n#^ o#^ /-^ t>Z «î «5 w5 <f5 (^ <S <S ^< CO CO O O? "H «J 51 «^ 



fc«to«o».| **'w-"Q«"-"'»g>s3ggasîssa2Saga^issRas^^s 



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+ 



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108 



MOYENNES DU MOIS DE DÉCEMBRE 1889. 



Ikn. 



41I.B. TlLO. 



lOlLB. 



II1.1. 



4k. s. 



7b.t. Ilki. 



l'- décade 731.88 731,M 731,78 73105 731,36 731.26 731,31 731.19 

2- » 730,88 730,ffi 731,32 732.02 731.24 731.39 73110 73135 

3- • 731,47 731,36 731,61 732.23 731.47 731,51 731,83 73108 

Mois 731,41 731.29 731,57 732.10 731,36 731,39 731,75 731.88 



Températwrc. 



Indécade — 


3^ 


-3.90 


-3.68 -3.32 


-110 -140 


-198 


• 
-197 


«• » - 


1^ 


-10» 


- 8,Î4 - 1,18 


+ ai6 -ao4 


— OM 


-1.3Î 


3* » - 


0,k» 


-a7* 


-044 +0.66 


+ 2.89 +114 


+ 0,95 


-ftl3 


Mois - 


1.60 


-117 


-2.06 -1,22 


+ 0.30 -0.03 


-0.79 


— 1« 






VwmmtUm de MMmUi** 


es MllUèMea. 






1» décade 


806 


809 


814 729 


708 735 


784 


773 


t* > 


806 


839 


836 791 


738 731 


782 


802 


3* t 


86S 


86S 


858 797 


695 717 


784 


828 



Mois 



827 



838 



837 



773 



713 



727 



783 



802 



Mois 



Tbarm.miB. 



Tb6mi.i|isx. 



Température Clarté moy. Bande ploie UouUBètrc 
du Rhône. do Ciel. ou de neige. 



1» décade 


- 5,02 


- 1,60 


+ 5.46 


0,97 


on 
0.1 


138.63 


2* » 


- 3,32 


+ 0,97 


+ 5,39 


0,88 


7A 


132J!0 


3« . 


- 2,36 


•t- 3,40 


+ 5,37 


0,85 


207 


130.72 



- 3.53 -h 1.00 -h 5A1 a90 



28,2 



133,90 



Dans ce mois Tair a été calme 3|2 fois sur 100. 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 1»60 à 1»00. 
La direction de la résultante de tous les vents observés est N. 61°, 2* E. et sod 
intensité est égale à 334( sur 100. 



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109 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU GBAND SAINT-BERNABD 



peidnt 



LK MOIS DE DÉCEMBRE 1889. 



Le f v, brouillard jusqu'à 7 h. du matai. 

10, légère neige à 7 h. du matin ; brouillard depuis 10 h. du soir. 

il, brouillard jusqu'à I h. du soir et à 7 h. du soir ; neige à 4 h. du soir et depuis 
10 h. du soir. 

13, brouillard pendant tout le jour. 

SO, fint vent depuis 7 h. du soir. 

91, lég^e neige à 1 h. du soir, brouillard à 4 b. du soir. 

i3, légàre neige à 7 b. du matin; brouillard de 10 b. du matin à 4 b. du soir. 

34, neige depuis 10 b. du soir. 

35, neige jusqu'à 1 b. du soir; brouillard à 4 b. du soir; très forte bise jusqu'à 

7 b. du soir. 

37, brouillard jusqu'à 1 b. du soir; très fort veut depuis 10 b. du matin. 

38, fort vent jusqu'à 4 b. du soir; ueige jusqu'à 10 b. du matin et depuis 10 b. 

du soir. 

39, brouillard jusqu'à 7 b. du matin ; neige de 1 b. à 7 b. du soir; fort vent à 4 b. 

do soir, 

30, neige pendant tout le jour. 

31, fort vent à 10 b. du matin et depuis 10 b. du soir, 



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HO 



VoXewrs extrêmes de la pression atmospTérique observées au baroffraphe. 



MAXIMUM 

mm 
Le 4 à il h. matin 565,40 

9 à 10 h. matin 561,88 

13 à 11 h. matin 562,20 

18 à 1 h. matin 573,55 

24 à 10 h. matin 566,48 

26 à 9 h. matin 566,50 

31 à 11 h. matin 567,55 



MINUfUM. 

Le 7 à 6 h. soir 558,05 

11 à 2 h. soir 554,00 

14 à 8 h. matin 559,40 

21 à 6 h. matin 562,07 

25 à 1 h. soir 563,27 

28 à 5 h. matin 5^,07 



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111 



NAutaité 



5388a88SS:gSS?5SS88g2SS?S?BS5Sog53gffiSîS 



> s 

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91 



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1 : 



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112 



MOYENNES OU 6RAN0 SAINT-BERNARO. — OÉCEMBRE 1889. 



Ih.n. 4ta. n. 7 b. m. 



Ih. «. 



4 h. 



7 b. 



iOk.A. 



niD nni mno mm iDin miD nm vjn 

lr« décade... 561,70 561,49 561,43 561,83 561,53 561,58 561,72 561,76 

2* » ... 564,20 563,94 563,93 56i,38 563,96 564,20 564,67 564,85 

3« » ... 564,20 564,09 564,18 .^^,52 564,19 564,42 564,57 564,69 

Mois 563,39 563,21 563,22 563,60 563,26 563,43 563,68 563,8Ôr 



7h. n. 10 h. n. Ih.8. 



4 h. t. 



Ir^décade... — H,97 -10,65 -8,90 -10,74 
^ » ...-7,97 -7,10 -5,64 -7,41 
3- . ...-9,61 -8,76 -8,<9 -9,48 



7h.f 



Mois . 



- 9,84 - 8,84 - 7,6 



-9,22 



10 à. t. 



-nlw 


-ll!39 


-7,86 


-7,84 


-9,80 


-9.88 



9,71 - 9,71 



Min. ohierré. Max. obeenré. Nébaloëté. 

Ir. décade... -14,''30 —8^15 0,13 

2* » ... -10,27 -4,73 0,24 

3* » ... -11,89 -6,98 0,60 



Mois -12,15 



6,63 



0,33 



Btn de pluie tUBlevr de la 
on de neige. lelce tombéo. 



7,0 
26,5 



33,5 



90 



710 



Dans ce mois, l'air a été calme OiO fois sur 100. 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 1,12 à 1,00. 
La direction de la résultante de tous les vents observés est N. 45^ £•« et <ion 
intensité est égale à 6*8 sur 100. 



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SUR LA RÉSONANCE MULTIPLE 

DSS 

ONDULATIONS ÉLECTWQUES DE M. HERTZ 

SE PROPAGEANT LE LONG DE FILS CONDUCTEURS 

PAR 

MM. £d. SABASnr et I.. DE I.A BITE 



I. Indications générales '. 

Od sait que les oscillations électriques rapides, décou- 
yertes et étudiées par M. Hertz, constituent un état oscil- 
latoire du champ électromagnétique qui donne lieu à 
des actions inductrices d'une intensité remarquable. Les 
effets de la force électromotrice développée dans le 
milieu ambiant sont tels qu'ils impliquent la propagation 

^ Nous avons communiqué nos premiers résultats sur la réso- 
nance multiple des ondulations électriques le 5 septembre à la 
Société de physique et d'histoire naturelle de Génère (Archives 
des sciences phys. et natj 1889, t. XXII, p. 283) et à la Section 
de physique de la Société heWétique des sciences naturelles à 
Lugano le 10 septembre 1889 (ibid., t. XXII, p. 363). 

Archives, t. XXiH- — Février 1890. 9 



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114 RÉSONANCE MULTIPLE 

d'une onde ayant Toscillateur pour origine axiale, et 
peuvent être constatés à plusieurs mètres de distance 
par l'étincelle obtenue dans un circuit conducteur discon- 
tinu. La forme circulaire donnée au circuit secondaire, 
ou résonateur, forme à laquelle M. Hertz a été immé- 
diatement conduit par ses premières recherches, est d'une 
grande importance. En effet, un secondaire non refermé 
sur hii-méme, semblable à l'oscillateur, c'est-à-dire con- 
sistant en un conducteur reliant deux capacités, donne 
des effets où nous n'avons pas réussi à observer les alter- 
natives d'intensité qui sont l'élément essentiel servant de 
base aux considérations théoriques. 

Indépendamment de l'action directe, M. Hertz a 
trouvé que l'état oscillatoire se propage, en conservant 
une intensité à peu près constante, le long d'un conduc- 
teur filiforme, lorsque celui-ci est mis en communication 
par une extrémité avec une plaque métallique, placée 
elle-même à quelques centimètres d'une des capacités de 
l'oscillateur, tandis que l'autre extrémité reste isolée. Si 
deux fils parallèles sont ainsi tendus dans le plan hori- 
zontal du primaire et à partir de deux plaques symétri- 
quement placées en regard des deux capacités, boules ou 
plaques, et dans une direction perpendiculaire à l'axe de 
l'oscillateur, il s'y produit une ondulation électrique con- 
tinue se propageant à partir des plaques. L'onde se 
réfléchit à l'extrémité libre des fils, par un phénomène 
analogue à la réflexion de l'onde sonore dans un tuyau 
ouvert, et donne lieu à des effets d'interférence. Il s'éta- 
blit un système nodal fixe dont M. Hertz a constaté 
l'existence par la variation d'action inductrice sur le ré- 
sonateur, porté le long des fils dans l'intervalle qui les 
sépare, et de manière à ce que le plan du cercle reste 



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DES ONDULATIOiNS ÉLECTRIQUES. 415 

toujours Qorma) aux fils. Cette expérience se trouve 
décrite et commeutée dans l'exposé publié par les 
Arckwes ' où M. Hertz a résumé lui-même ses recherches. 
La figure 1 que nous reproduisons montre la disposition 

Fig. 1. 



p p i^ 

^ y^. 



respective de l'inducteur J, de l'oscillateur A, des fils 
a, a', et du résonateur B dans ses positions successives. 
Le phénomène d'interférence, avec sa caractéristique de 
minima successifs, indépendants du sens dans lequel se 
propage l'action, laisse peu de doute sur la nature ondula- 
toire de la force électromotrice, et la distance des nœuds 
permet d'évaluer la longueur d'onde. 

Le présent travail se rapporte à cet effet spécial des 
oscillations rapides. Les résultats obtenus confirment, de 
la manière pour nous la plus catégorique, l'existence 
des minima successifs de force électromotrice le long 
<ies fils où l'action se propage. D'autre part, un point 
d'une assez grande importance parait bien étabU par 
nos observations, à savoir qu'un système nodal défini 
par une certaine distance fixe entre deux nœuds succes- 
sifs, accompagne invariablement l'usage d'un certain 

' Archives des Sdenees physiques et naturelles^ d<> 4. Avril 1889, 
t. XXI, p. 281. 



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146 RÉSONANCE MULTIPLE 

résonateur. Ainsi, tandis qu'un cercle de 75 cm. de 
diamètre donne un internœud de 3 m., un cercle de 
50 cm. de diamètre donne un internœud de 2 m. et 
un cercle de 35 cm. de diamètre un internœud de 
1 m. 50. Cette relation constante entre le système no- 
dal et le résonateur est indépendante de l'oscillateur 
qu'on emploie. Il importe de remarquer qu'il ne s'agit, 
dans nos recherches, que d'expériences qualitatives et 
non quantitatives. L'intensité relative avec laquelle la 
force électromolrice correspondant à un certain système 
nodal se produit n'est pas évaluée. D'autre part il est 
probable qu'un certain système nodal prédomine pour 
une certaine dimension du primaire et il ne faut pas 
conclure de nos résultats que les dimensions de l'oscilla- 
teur sont sans influence sur la longueur d'onde de l'os- 
cillation principale dans les fils. 



11. Appareils. 

Inducteur. L'inducteur est une grande bobine de 
Ruhmkorff* de 56 cm. de long et de 23 cm. de dia- 
mètre, avec interrupteur à mercure. Elle est mise en 
action par le courant à peu près continu d'une machine 
magnéto-électrique. La tension des pôles permet d'ob- 
tenir entre les pointes de deux fils une étincelle de 25 cm. 
de long. L'interrupteur est réglé de manière à donner 
environ six décharges par seconde. 

^ M. le prof Ch. Soret a bien voulu mettre à notre disposition 
cet appareil appartenant au cabinet de physique de PUnivenité, 
nous lui exprimons ici notre bien sincère reconnaissance. 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 117 

Oscillateur. L'oscillateur ou conducteur primaire est 
l'appareil qui, mis eo communication avec Tinducteur 
détermine la production de l'oscillation électrique pri- 
maire. Nous en employons deux présentant des différences 
de forme et de dimension. 

Le grand primaire qui se trouve représenté en projec- 
tion dans la figure 1 se compose de deux parties iden- 
tiques, consistant chacune en une tige de laiton massive 
de 6°"™ de diamètre et de 60 centimètres de long, por- 
tant à une extrémité une boule de laiton pleine de 
4 centimètres de diamètre et s'introduisant par l'autre 
extrémité à frottement juste dans la sphère qui sert de 
capacité. Celle-ci est une sphère creuse de zinc de 30 
centimètres de diamètre avec tubulure métallique inté- 
rieure assurant le contact avec la tige. La sphère est 
portée sur une tige cylindrique de verre s'emmanchant 
par sa partie inférieure dans un pied en bois. Les deux 
fils conducteurs, venant des pôles de l'inducteur, sont 
fixés quelquefois par simple enroulement sur les tiges 
près des boules de laiton, plus souvent sont introduits 
dans les tubulures externes des sphères capacités. Le 
même appareil peut être modifié en substituant aux 
sphères de zinc deux plaques de laiton carrées de 40 
centimètres de côté et 2 mm. d'épaisseur. 

Lorsque les deux petites boules de laiton poli entre 
lesquelles se produit l'étincelle primaire sont pleines elles 
ont l'inconvénient de ne s'échauffer que lentement, d'où 
résulte, pensons-nous, le fait observé souvent que les effets 
ne deviennent intenses qu'après une période prélimi- 
naire peu satisfaisante. A la fin de nos recherches, nous 
avons, à cause de cela, remplacé les boules pleines par 
les boules creuses de l'appareil décrit en second lieu. 



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il8 



RÉSONANCE MULTIPLE 



Le petit primaire représenté dans la figure 2 est 
lonté sur deux pieds de verre fixés à un seul support 
1 bois et qui portent chacun une tubulure métallique 
rec une vis de pression. Dans la tubulure glisse une 




^e horizontale laquelle est un tube de laiton, de 12 cm. 
) long et de 6 mm. de diamètre, soudé par son extré- 
lité externe à une plaque mince de laiton carrée de 
D cm. de côté. Â l'extrémité interne une tige pleine 
)rtant une boule de laiton creuse de 3 cm. de diamètre 
)tre à frottement juste dans le tube. Cette disposition 
îrraet de rapprocher à volonté les deux boules entre les- 
lelles se produit Tétincelle. Les deux moitiés de Tappa- 
lil sont, comme on le voit, symétriques de tout point. 
Bs conducteurs venant de l'inducteur se fixent par deux 
s de pression dans les tubulures métalliques surmon- 
nt les pieds de verre. 

On peut substituer aux tiges de cet oscillateur d'autres 
us longues, et aux plaques de 20 cm. des plaques éga- 
ment carrées de 30 cm. de côté. 

Résonateur. Le résonateur ou conducteur secondaire 
t l'appareil dans lequel l'action inductrice est constatée 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 419 

par une élincelie. Nous employons des cercles de diffé- 
rents diamètres et un secondaire rectiligne. 

Le cercle de 36 cm. de diamètre ' est représenté dans 
la figure 3. Un conducteur cylindrique en cuivre de \ cm. 
de diamètre, et ployé en cercle, présente une interrup- 
tion que nous désignons par le micromètre; aux deux 
extrémités du conducteur sont soudées deux pièces de 
laiton, dépassant un peu sa section, portant, Tune une 
protubérance hémisphérique ou pointe émoussée, et 
Taulre une vis micromélrique dont la pointe peut venir 
en contact avec la surface opposée. 

Fig. 3. 




Une pièce de bois en forme de croix supporte le con- 
ducteur circulaire qui est fixé sur les traverses, un peu 
évidées, par de la ficelle de chanvre. Vers la partie cor- 

^ Ce résonateur est celai que nous donnons plus haut comme 
ayant un diamètre de 85 cm., les nombres 75, 50 et 35 étant pi us 
propres à laisser une idée nette au lecteur. Les diamètres consi- 
gnés ici pour ce cercle et les suivants sont ceux de la circonfé- 
rence moyenne du conducteur. 



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i20 RÉSONANCE MULTIPLE 

respondant au micromètre le support est, comme on 
le voit, évasé de manière à maintenir les deux extré- 
mités du conducteur dans leurs positions respectives. Ce 
cercle est le seul dont la vis soit une vis micrométrique 
avec des divisions tracées sur la tête de la vis. La circon- 
férence est divisée en 25 parties égales dont chacune 
équivaut à un cinquantième de millimètre parce que le 
pas de la vis est d'un demi-millimètre. Une petite lame 
de métal qui n'est pas représentée, fixée sur Técrou de 
la vis, sert de point de repère pour les mesures micromé- 
triques. 

Le cercle de 50 cm. de diamètre est semblable au pré- 
cédent; le diamètre du conducteur est moindre, environ 
6 mm. La vis a le même pas, mais ne porte pas de divi- 
sions. 

Le cercle de 75 cm. de diamètre est semblable aux 
deux autres. Le diamètre du conducteur est 1 cm. comme 
pour le premier et ce conducteur est massif, ce qui est 
aussi le cas pour les deux premiers. 

Le cercle de 1° de diamètre ne diffère des précédents 
que par le fait que le conducteur dont le diamètre est 
4 cm. est un tube de ciiivre, au lieu d'être massif, ce qui 
le rend d'un maniement plus commode. 

Le cercle de 26 cm. de diamètre est un fil de cuivre 
de 2 mm. de diamètre, enroulé sur une circonférence 
faite d'une planchette mince, et muni d'un micromètre 
semblable aux précédents. 

Les dimensions données sont celtes du diamètre moyen 
du conducteur. 

Le secondaire rectiligne se compose de deux tiges de 
laiton de 40 cm. de longueur chacune, placées dans le 
prolongement l'une de l'autre, et dont les extrémités en 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 121 

regard sont en coDtacl avec les deui plaques d'un micro- 
mètre semblable à celui des cercles. Deux plaques métal- 
liques de 10 cm. de côté enroulées en tubulures par l'un 
de leurs bords, peuvent glisser le long des tiges et servir 
de capacités. 

Ajoutons que dans la construction des secondaires, 
l'isolation par d'autres substances que du bois n'est pas 
nécessaire, et qu'après nous être servi de caoutchouc 
durci pour la monture de certains cercles, nous l'avons 
remplacé par le bois, préférant ne pas introduire d'iso- 
lant spécial dont l'influence pouvait donner lieu à des 
perturbations. 

Disposition des fils et des appareils. Deux fils de cuivre 

Fig. 4. 



ayant un diamètre de 4,8 mm. et une longueur de 
fO,60 m. sont tendus parallèlement, avec un écartement 
qui peut varier, suivant les conditions des expériences. 



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122 



RÉSONANCE MULTIPLE 



entre 45 cm. et 1 m. Ils sont maintenus près de leurs 
extrémités par deux pinces de bois, formées chacune 
de deux lattes serrées par des vis Tune contre l'autre et 
entre lesquelles les fils désignés par P dans la figure 4 
sont insérés. 

Cette figure représente l'extrémité des fils voisine du 
primaire. Ils se prolongent au delà de la double traverse 
de bois qui les maintient et se terminent à deux disques 
de laiton D de 24 cm. de diamètre auxquels ils sont fixés 
par des pinces soudées à leur centre sur leur face exté- 
rieure ; ils sont supportés par deux pieds triangulaires en 
bois. Les disques D sont verticaux et placés en regard 
respectivement des plaques du primaire P. Le primaire 
est placé sur une table et la traverse maintenant les fils 
est arrêtée par des presses à vis sur un support spécial 
fixé contre cette table. 

La figure 5 représente l'autre extrémité des fils F. Ils 

Fig. 5. 




sont également insérés dans une double traverse en bois 
disposée comme la première et celle-ci est maintenue par 
des presses à vis sur une console fixée à la muraille. 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 123 

DaDs la figure l*im des fils se termine par ud disque de 
laiton D, tandis que Textrémité de l'autre est libre. On 
verra que l'adjonction des disques à l'extrémité donne 
liea à une modification des résultats. Quand on expé- 
rimente, les deux fils sont ou tous les deux libres ou 
tous les deux munis d'un disque. 

C'est entre les deux extrémités et dans une position 
qui varie suivant les points des fils à explorer que se 

Fig. 6. 




^. ^. * -' w» vs. ^t S 



.-^ 



'vi 



trouve l'appareil que nous désignons par banc de mesure 
le long duquel on déplace le résonateur. La partie du 
banc qui est représentée dans la figure 6 est l'extrémité 



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124 RÉSONANCE MULTIPLE 

la plus éloignée du primaire. Sur une planche de 40 cm. 
de largeur et de 4,23 m. de longueur est fixée lon- 
gitudinalement, et à égale distance des deux bords, aoe 
pièce de bois de forme rectangulaire, sorte de rail servant 
à guider le chariot à coulisse sur lequel est assujetti le 
résonateur R. Des montants disposés aux deux bouts du 
banc servent à maintenir les fils F; des presses à vis 
serrées sur les montants, comme le montre la figure, el 
dans l'intérieur desquelles passe le fil, sont employées à cet 
effet. Le résonateur, placé verticalement et dans un plan 
transversal par rapport aux fils, est assujetti au chariot 
par une planchette mobile qui le serre contre une plan- 
chette fixe au moyen de deux vis en fer dont on voit les 
têtes. Une graduation en centimètres est tracée le long de 
la ligne que parcourt le bord du chariot. Le banc est 
supporté par des pieds à ses deux bouts, et peut être 
aisément transporté d'une place à l'autre le long des fils 
qui restent fixes. Pour chaque position du banc, on 
mesure la distance entre le zéro delà graduation, qui se 
trouve à l'extrémité représentée dans la figure, et l'extré- 
mité des fils. 



III. Manière d'effectuer les mesures. 

Les résultats numériques qu'on trouvera plus loin 
consistent uniquement dans la mesure des distances, 
comptées à partir de l'extrémité des fils, des points ou 
plutôt des plans transversaux où l'étincelle du résona- 
teur passe par un minimum d'intensité. Les appareils 
étant disposés comme on Ta indiqué, on fait marcher 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 125 

riûdocteur, et les fils, ainsi que les disques qui les lermi- 
oenl, ofireni des signes de tension électrique correspon- 
dant à ceux des capacités du primaire, mais t)eaucoup 
moins intenses. La longueur de l'étincelle primaire est 
de 7 à 9 mm. En touchant avec la main les fils sur un 
point quelconque on sent un léger picotement, et cette 
sensation est accompagnée d'un faible flux lumineux 
dans Tobscurité. 

Le résonateur donne une étincelle qui est, cela va 
sans dire, discontinue, mais avec une succession trop 
rapide pour qu'on perçoive autre chose qu'un scintille- 
ment caractéristique. Pour explorer le champ d'induc- 
tion, on commence par constater, en déplaçant le réso- 
natenr le long du banc, que l'étincelle est moins continue 
en une certaine région. Il faut alors régler la vis micro- 
métrique de manière à obtenir l'extinction complète dans 
le nœud, ce qui demande beaucoup de précaution, parce 
qu'une différence de longueur pour l'étincelle de 2 ou 3 
centièmes de millimètre suflit, dans la plupart des cas, 
pour qu'elle disparaisse aux nœuds et aux ventres ou 
pour qu'au contraire elle ne subisse plus d'extinction. 
Comme on l'a dit, cette différence correspond à peu près 
à UD vingt-cinquième de tour de la vis; celle-ci doit donc 
être maniée avec délicatesse. Nous reviendrons plus 
loio sur les quelques indications approximatives que 
peuvent fournir nos résultats au àujet des intensités rela- 
tives des maxima et des minima. 

Une fois la vis micrométrique réglée, on fait glisser le 
chariot lentement à partir d'une position où l'étincelle 
est régulière et, au moment où elle cesse de se produire, 
on place un jeton sur l'échelle au centimètre en regard du 
plan transversal du résonateur, l'obscurité nécessaire à 



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•126 RÉSONANCE MULTIPLE 

Tobservation ne permettant pas d'autre procédé. Puis on 
déplace le chariot toujours dans le même sens jusqu'à ce 
que Tétincelle soit de nouveau franchement obtenue, et à 
partir de ce point, on le retire en arrière jusqu'à l'extinc- 
tion, position qui est marquée par un second jeton. Les 
deux divisions de l'échelle ainsi obtenues sont considérées 
comme à égale distance de part et d'autre du nœud, et 
leur moyenne arithmétique est notée cx)mme résultat de 
l'observation. 

La principale difficulté que l'on rencontre dans ces- 
mesures provient de la variation de l'intensité de l'ac- 
tion inductrice qui, d'un moment à l'autre, donne lieu 
à des étincelles plus vives mais très intermittentes, se 
produisant même dans les nœuds. Il faut l'attribuer, 
selon toute apparence, à une variation dans le courant 
induit du Ruhmkorff due elle-même à des irrégularités 
de l'interrupteur. D'autres fois il y a une période plus 
longue d'augmentation de l'action inductrice et le réglage 
de la vis doit être incessamment recommencé, puis 
repris en sens contraire lorsque l'action est dans une 
période décroissante. Cette cause perturbatrice et d'au- 
tres causes d'erreur donnent à ces mesures une limite 
d'exactitude qui ne permet pas d'évaluer un nœud à plus 
de dix centimètres près. En général les résultats donnés 
sont, comme on le verra, la moyenne de trois observa- 
tions faites chacune par l'un des deux observateurs à 
tour de rôle. Il arrive ordinairement que les nombres 
trouvés sont plus concordants que la limite d'erreur qui 
vient d'être mentionnée, mais d'autre part quelques 
observations très incompatibles avec la moyenne ont été 
supprimées. Il n'est pas possible de donner encore à ce 
genre d'observations une sécurité complète, mais il 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 127 

importe d'ajouter que dans chaque cas, ou peut constater 
aîBc certitude que Tétincelle subit une extinction et se 
ralbime, soit dans un sens, soit dans l'autre. 

Une précaution nécessaire, surtout lorsque le résona- 
lear se rapproche de l'oscillateur, consiste à intercepter 
par un écran Tétincelle primaire par rapport à l'étincelle 
secondaire. En effet, comme M. Hertz Ta trouvé et 
comme nous l'avons souvent observé, la lumière de la 
première excite la production de la seconde et cette action 
ifld^ndante de la force électrorootrice est à éviter. 



IV. Résultats numériques. 

Dans ce qui suit, l'extrémité des fils voisine du pri- 
maire est désignée par et l'autre extrémité par E. Les 
nombres inscrits sous l'indication nœud sont les distances 
des nœuds successifs au point E. Dans le tableau A se 
trouvent mentionnés le nombre d'observations dont cha- 
qaechi&e consigné dans la colonne nœud est la moyenne, 
et la distance du zéro de la graduation du banc à E pour 
ce groupe de mesures; le même nœud est, dans certains 
cas, mesuré deux fois, dans deux positions successives du 
banc, Térification qui a de l'importance. Dans le tableau 
B, chaque nœud n'est donné qu'une fois par la moyenne 
de ses valeurs; le nœud calculé, mis eu regard du nœud 
observé, est le nombre obtenu en supposant l'internœud 
constant; la valeur de cet élément est la moyenne des 
valeurs observées ou, ce qui revient au même, celle que 
l'on obtient en divisant la distance totale entre le dernier 
et le premier nœud par le nombre des internœuds; le 



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128 RÉSONANCE MULTIPLE 

premier et le dernier nombre sont les mêmes dans les 
deux colonnes. 

Les observations relatives à un même cercle sont réu- 
nies les unes à la suite des autres par séries, pour cha- 
cune desquelles les diverses conditions du dispositif de 
Texpérience sont constantes et mentionnées. Comme on 
le verra, suivant que l'extrémité £ est laissée libre ou in- 
sérée dans un disque ayant une certaine capacité, le sys- 
tème nodal est déplacé, ce qui explique l'indication con- 
cernant cette alternative. On emploie des disques de. 
24 cm., d'autres de 40 cm. de diamètre et des plaques 
carrées de 40 cm. 

Dans nos dernières expériences la longueur totale des 
fils a toujours été de 40.60 m., leur diamètre 1.8 mm. 
mais nous mentionnerons aussi dans ce qui suit quelques 
mesures exécutées avec des fils plus courts. Entre la tra- 
verse qui le maintient en et le disque ou plaque qui 
le termine, le fil est infléchi sur une longueur d'environ 
30 cm. pour mettre son extrémité vis-à-vis du centre 
de la capacité du primaire. En effet, la dimension du pri- 
maire n'est pas nécessairement égale à Técartement des 
fils. Il en résulte que la distance rectiligne des points et 
Ë est inférieure de quelques centimètres à la longueur 
totale des fils. 

La distance entre la capacité du primaire et la plaque 
collectrice terminant le fil est de 3 à 7 cm. 

Cercle de 0,7 S m, de diamètre. 

Grand primaire à sphères; distance des centres : 1.20 m. 
Écarlement des fils: 0.88 m. Le centre du cercle est dans le 
plan horizontal des fils, le micromètre au sommet du dia- 
mètre vertical. 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 429 



SéRIE I. 

Système nodal obtenu avec les plaques carrées de 40 cm. 
en et Feitrémité £ libre. 

A 

Nœud. 



Koy, de 8 obe. l . «^ m 

ZftroàO.OÔm. } ^.-i-, m. 

Koj. de 3 obi. 

Zéro à2. 75 m. / ^"^^ 
Mqy. de 8 obs. l „„ 

Z*roâ5.40m. } ^'^^ 





B 

NODd 




Obserré. 
1.32 m. 

4.87 
7.82 




Cloilé. 
1.22 m. 
4.82 

7.22 



Valear moytniM de ThiteniOBiid : 3 m. 

SÉRIE n. 



Système nodal obtenu arec les plaques carrées de 40 cm. 
en et tes disques de 40 cm. de diamètre en E. 



A 



6 



Nœod. Ijcend 

Zéroâ0.40m./ ^•5^™- Obserré. CalcnU. 

Moy. de 8 obfl. 1 ^ j., 3-37 m. 3.37 m. 

ZteoâS.lSm. J ^^ 6.37 6.33 

M07. de S obB. ^ ^3 9.30 9.29 

Zéro â 6.40 m. } y^^ mayman de rtitenœod : 2.^ m 

Moy. de 8 obe. l ^ jin 

Zéro 4 6.80 m. } *'•'" 



Petit primaire avec plaques de 10 cm.; distance des centres 
des plaques : 0.68 m. Ëcartement des fils : 0.80 m. Centre du 
cercle dans le plan horizontal des fils ; le micromètre est à 
45 degrés entre la partie supérieure du cercle et le diamètre 
borizontal. 

SÉRIE III. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. de dia- 
mètre en et l'extrémité E libre. 

ÂRGHiYBs, t XXIII. — Février 1890. 10 



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130 RÉSONANCE MULTIPLE 

A B 

Nœnd. ^^^n^ 

*'/«°**'1 1-26 »• Observé. Calculé. 

"•*/f;- 1.26 m. 1.26 m. 

;^/S.61°m: I *-2* 4.24 4.21 

)y. de 8 oba. ( ^ -^ 7.16 7.16 

roà 4.99 m. J Valeur moyenne de l'internœud : 2.95 m. 

SÉRIE IV. 

>yslème nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
disques de 40 cm. en £. 

A 
Nœad. 



8.08 1 



>7. de S obs. \ 
ro A 0.61 m. / 

)y. de 8 obe. ( « ^^ 
roâ4.99m.-| ^'^^ 

>y. de 8 obe. J ^ ^ 

ro & 5 . 80 m. / Valeur moyenne de l'internœud : 2 . 96 m . 





B 






Hœod 




ObMTTé. 




CtlCDlé. 


3.06 m. 




3.08 m. 


6.(» 




6.04 


9.00 




9.00 



Petit primaire comme ci-dessus. Écartement des fils : 
5 m. Le centre du cercle est à 34 cm. au-dessus du plan 
( fils; le micromètre est à 45 degrés. 

SÉRIE y. 

système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
ictrémité E libre. 

A B 

Nœud. Nœud 

)y. deSoba. J 1.24 m. Observé. ~ ^ ~ Caloull 

roâ0.66m.J 4.19 

[)y. de3obB. \ 4.20 J'f? J f! 

roâS.ÔSm. ) 7.23 *-l^ *-23 

7.23 7.22 

Valeur moyenne de l'internœud : 2.99 m. 



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v*^ 



DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 131 



SÉRIE YI. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
des disques pareils en E. 

A B 

Nœud. Nœad obserré. 

Moy.deSobB. J , ,^ ^ 3.37 m. 



Z6io*i0.56m. } 8-39 m. g g3 

Z«ro&1.69in. \ 
Zéro i 8.63 m. } ^•®' 



Moy. de 2 obe. J 3 gg Seal internoBud obaerrô : 3.Î6 i 



Les deux fils sont remplacés par un tube de cuivre de 
^Ji cm. de diamètre extérieur et de 10.2 m. de longueur. 
Grand primaire à sphères avec 1.10 m. de distance entre les 
centres. 

SiiUE VU. 

Système nodal obtenu avec Textrémité du tube en con- 
tact avec la plaque de 40 cm., l'extrémité Ë libre. 

A 

Nœud. 
Koy. de 3 obe. \ i 20m. 
Zéro â 0. 12 m. / * Seol internœud ob^rvé : 3.02 m. 



Hoy. de 5 obs. \ « «« 
Zéro* 1.50 m. } ^'^^ 



Cercle de 0.90 m. de diamètre. 

Grand primaire à sphères; distance des centres : 1.20 m. 
Écartement des fils : 0.88 m. Le centre du cercle est dans le 
plan des fils, le micromètre au sommet du diamètre ver- 
tical. 



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i32 RÉSONANCE MULTIPLE 



SÉRIE I. 

Système nodal obtenu avec les plaques de 40 cm. en et 
l*extrémité E libre. 

A 
Nœnd. 
M07. de 8 obs. \ 0.80 m. 



:i 



Zéro A 0.06 m. } 2.75 

Moy.de 3 obs. j 4.72 

Zéro A 2.95 m. ( 6.59 

Moy. de 2 obs. ( 6.66 

Zéro A5. 40m. ( 8.58 

Moy.de S obe. ( 6.57 

Zéro & 5.80 m. f 8.45 Valeur moyenne de rintemœad : i.93 m» 





B 






Nand 




Observé. 




Calcnlé. 


0.80 m. 




0.80 m. 


2.75 




2.73 


4.7Î 




(.66 


6,61 




6.89 


8.81 




8.82 



Petit primaire à plaques de SO cm. ; distance des centres : 
0.68 m. Écartement des fils : 0.60 m. Centre du cercle dans 
le plan des fils. Micromètre au sommet du diamètre vertical. 

Série II. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
rexlrémité E libre. 

A 
Nœad. 
Moy. de 3 obe. ( 0.70 m. 
Zéro A 0.07 m. ( 2.85 
Moy.de S obe. ( 4.71 
Zéro & 8.22 m. / 6.60 



Valeur moyenne de l'intemœad : i.97 m> 

Série III. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
les disques de 40 cm. en E. 





B 






Noad 




Obwrvi. 




Cilcolé. 


0.70 m. 




0.70 m 


2.88 




2.67 


4.71 




4.64 


6.60 




6.61 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 133 





B 






NcMd 




OWrré. 


""■"^^ 


CatoQlé 


3.09 m. 




2.0» o 


4.13 




4.11 


6.10 




613 


8.16 




8.15 



A 

Nœud. 

Moj. dt S obt. i o Au „ 
2éroà0.07m. } 2.09 m. 

Moj. de S obs. ( 4.13 

Z4roà3.22iii. { 5.99 

Moy. de 8 obs. i 6.20 

Z«roi5.40m. ( 8.15 

Mof. de 3 obt. / Valenr mojenne de rinternœud : Î.(MI m. 

Zéfoâ5.40m. [ ^ 

la etpeeités dol 
primAira sont sog-) 6.12 
par \eoT\ 8.17 
AT»e leef 
I de nne def 

SOCBLd. \ 



Petit primaire à plaquée de 20 cm.; distance des centres : 
0J8 m. Écartement des ffls : 0.45 m. Le centre da cercle est 
à (4 cm. ao-dessQs da plan des Hls ; le micromètre est au 
sommet da diamètre vertical. 

SiRic lY. 

Système nodal obtena avec les disques de S4 cm. en et 
reitrémitè E libre. 



A 

Nœud. 
Moj.de 3 obi. t 0.78 n. 
Z6roà0.18m. ( 2.73 
Uoj, de 8 obe. ( 0.75 
Zéro & 0.08 m. } 2.80 
Moj.de 5 obe. \ 4.66 
ZéxoâS.SSm. ( 6.52 
Koj.de 8 obi. { 6.64 
Z«ro4 5.77in. ( 8.35 V&leor mojenne da rinternoad : 1.90 m. 

SÉRIE V. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
<)es disques pareils en E. 





B 






Nœad 




Obaenré. 


~* ^ ^ 


^•lOTié; 


0.76 m. 




0.76 m 


2.76 




2.65 


4.66 




4.55 


6.58 




6.45 


8.35 




8.35 



Digitized by VjOOQIC 



434 



Moy. de 8 obs. 
Zéro âO.. 68 m, 
Moj. de 3 obe. 
Zéro A 0.13 m 
Uoy. de 3 obs. 
Zéro A 3.09 m 
Moy. de 8 obs. 
Zéro & 3.33 m, 
Moy. de 3 obe. 
Zéro A 5.77 m, 



::) 
:| 
:| 



RÉSONANCE MULTIPLE 

A 
Nœad. 

2.26 m. 



2.19 

4.17 
6.10 
4.21 
6.14 

6.25 
8.18 





B 






Nœnd 




Observé. 




Calculé. 


2.22 m. 




2.22 m. 


4.19 




4.21 


6.16 




6.20 


8.18 




8.19 



Valeur moyenne de l'intemœnd : i.99 m. 



Cercle de 0.36 m. 

Petit primaire à plaques de 20 cm.; distance des centres 
des plaqaes : 0.68 m. Ëcartement des fils : 0.45 m. Le centre 
du cercle est dans le plan des fils; le micromètre est an som* 
met du diamètre vertical. 

SÉfUB I. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
Textrémité E libre. 



Hoy. de 4 obs. 
Zéro & 0.08 m. 

Moy. de 8 obs. 
Zéro & 0.32 m. 

Moy. de 8 obe. 
Zéro à 2. 74 m. 

Moy. de 3 obs. 
Zéro & 5.35 m. 

Moy. de 3 obs. 
Zéro à 5. 72 m. 



Nœad. 

0.60 m. 

2.03 

3.56 

2.06 

3.61 

3.62 

5.09 

6.45 

6.34 

7.90 

6.39 
7.96 
9.42 





B 






Nœud 




Observé. 




Caleolé 


0.60 m. 




0.60 m 


2.04 




2.07 


3.60 




3.54 


».09 




5.01 


6.36 




6.48 


7.92 




7.95 


9.U 




9.42 



Valenr moyenne de rintemœnd : i.47 m 



SÉRIE II. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
des disques semblables en E.j 



Digitized 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 



135 



;t 



Uoj, de 3 obs, 
Zéro i 0.08 m. 
H07. de 3 obe. j 
Zéro à 0.32 m. { 

IC07. de 3 obs. 
Z6roA2.74m. 

Uo7- d0 8 obe. 
ZéroA5.35m. 

ïoj. de 3 obe. 
Zéroâ6.72m. 



A 

Nœad. 
1.62 m. 
3.18 
1.65 
8.16 

8.20 
4.64 
6.11 
6.03 
7.61 
9.08 

6.0a 
7.58 
9.04 





B 






Nomh) 




Obcerri. 




CalenU. 


1.63 m. 




1.63 m. 


3.16 




3.ii 


4.64 




k.Sè 


6.05 




6.07 


7.59 




7.55 


9.06 




9.08 



V&leor mcjenne de TinterncBiid : i.4B m* 



SÉRIE m. 



Système nodal obtena sans disque en et sans disque en E. 



H07. de 2 obi. 
Zéro A 0.07 m. 

BCbj. de 3 obe. 
ZôroA2.74iiL 

M07. de 3 obe. ( 
Zéro a 5.35 m. ( 

lobe. 
Zéro 4 6.75 m. 



Nœud. 
0.58 ] 
2.09 
3.59 
3.62 
4.99 
6.47 
6.34 
7.90 
6.41 
7.97 
9.33 





B 






Kaad 




Obfwvi. 




CalgnU. 


0.58 m. 




0.58 m 


2.09 




2.04 


3.60 




3.50 


4.99 




4.% 


6.40 




6.42 


7.93 




7.88 


9.33 




9.34 



Vâlear moyenne de rintemœod : i .46 m- 



SÉRIE IV. 

Système nodal obtenu sans les disques en et avec 
disques de 24 cm. en Ë« 



M07. de 3 obe. 
Zéro â 0.07 m. 

IC07. de 8 obe. 
Zéro A2. 27 m. 

Ï07. de 3 obe. 
Zéro â 5.35 m. 



Moy. de 3 obe. 
Zéro A 5.72 m. 



:! 



A 
Nœud. 
1.62 
3.09 
8.16 
4.50 
5.92 

5.90 
7.84 

8.71 

5.89 
7.38 

8.74 





B 






Nœad 




Obserré. 


*-^— 


Calcolé. 


1.62 m. 




i.62m 


3.12 




3.06 


4.50 




4.50 


5.90 




5.92 


7.36 




7.34 


8.72 




8.76 



Valeor moyenne de l'internŒad : i . 42 i 



Digitized 



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i36 RÉSONANCE MULTIPLE 

Grand primaire à sphères; distance des centres : i.i2 m. 
Écartement des fils : 0.45 m. Longueur totale des fils : 
i0.40 m. 

Série Y. 

Système nodal obtenu aTec les plaques de 40 cm. en et 
Textrèmitè E libre. 

 

Nœad. 
Uoy. de 2 obs. 0.56 m. 

» » 1 . 94 Valeur moyenne de riniernoMid : i .41 m. 

» » 3.87 



Petit primaire à plaques de SO cm.; distance des centre» : 
0.65 m. Écartement des fils : 0.45 m. Longueur totale des 
fils : 4.76 m. 

Série YI. 

Système nodal obtenu avec une plaque carrée en et 
rextrémilé E libre. 





Nœud. 


Moy. de 2 obe. 
» » 


0.55 m. 

2.06 

3.48 



Internœnd moyen : i.46 m. 



Mômes conditions que ci-dessus. Longueur totale des fils 
4.96 m. 

Nœad. 
Moy. à» 2 oba. 0.57 m. 

» 9 2.13 Internœnd moyen : 1.50 m. 

» » 8.58 



Petit primaire à plaques de 20 cm.; distance des centres : 
0.68 m. Écartement des fils : 0.45 m. FHs ayant un diamètre 
de 0.8 mm. et une longueur de 10.60 m. 

Série YII. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
Textrémité E libre. 



Digitized 



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DES ONDULATIONS 


ÉLECTRIQUES. 


Nœud. 


Internœad 


M07. de 8 obe. 0.58 




» 2-. 04 


1.46 


» 8.52 


i.48 



137 



Cercle de 1 m. de diamètre. 

Grand primaire à sphères; distance des centres: 1.10 m. 
Écartement d^ 61s : 0.88 m. Le centre da cercle est au-des- 
sos du plan des fils, le micromètre à 45 degrés. 

Série I. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
rextrémité E libre. 



A 


B 


Nœad. 


Nœad. 


Moy. de 4 obs. ^ i c, „ 


4.61 
5.67 


Moy. de 8 obs. \ . .. 


Seul internœnd observé : 4.06 m. 



Grand primaire à sphères; distance des centres : 1.20 m. 
Écartement des Qls : 1.10 m. Le centre du cercle est dans le 
plan des fils, le micromètre au sommet du diamètre vertical. 

Série H. 

Système nodal obtenu avec les plaques de 40 cm. en et 
rextrémité E libre. 

Nœud. 
Moy. de 5 obs. \ , ec ^ 
Zéro â 0.07 m. ^'^^'^' 



Même primaire que ci-dessus. Écartement des fils : 0.88 m. 
Le centre da cercle est au-dessus du plan des fils, le micro- 
mètre au sommet du diamètre vertical. 



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138 RÉSONANCE MULTIPLE 



SÉRIE III. 

. Système nodal obtenu avec les plaques de 40 cm. en et 
l'extrémité E libre. 

Nœad. Isternœad. 

Moy. de 3 obe. ^ «, , ^ déduit des séries H et IIL 

_•'_.- < 5,19 m. ^ ^. 



3 ObS. J g 

.18 m. i ^' 



Zéro à 3.18 m. ^-^^ •"• 3.54 



Petit primaire à plaques de 20 cm.; distance des centres : 
0.48 m. Écartement des fils : 0.88 m. Le centre du cercle au- 
dessus du plan des fils, le micromètre à 45 degrés. 

SÉRIE IV. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
l'exlrémilé E libre. 



Moy. de S obs. 
Zéro 0.06 m. 



Nœnd. 
j 1.57 1 



Petit primaire à plaques de 30 cm.; distance des centres 
des plaques : i.30 m. Écartement des fils : 0.80 m. Le centre 
du cercle au-dessus du plan des fils, le micromètre à 46 de- 
grés. 

Série V. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
les disques de 40 cm. en E. 



Moy. de 3 obs. J q 92 m 
Zéro â 0.93 m. } ^'^^ "• 



Cercle de 0.26 m. de diamètre. 
Petit primaire; distance des centres des plaques : 0.68 nu 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 139 

Écartement des fils : 0.35 m. Le centre du cercle dans le plan 
des fils, le micromètre an sommet du diamètre vertical. 

Sébie I. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
rextrémilé E libre. 





A 




B 






Nœud. 
0.47 m. 




Kœad 










Moy. de 8 obi. ' 


1.62 


Observé. 




Calculé. 


Zéro à 0.06 m. j 


2.64 


0.47 m. 




0.47 m. 




3.83 


1.62 




i.59 


Moy. de 8 oIm. ( 


S. 86 


2.64 




2.71 


Zéro 4 3.46 m. 
et de 2 obB. 


4.96 
6.05 


3.85 




3.83 


Zéro â 3.35 m. 


7.19 


4.96 
6.05 
7.19 




4.95 
6.07 
7.19 



Valeur moyenne de rintemœnd : 1 . 12 m. 



Grand primait*e; distance des centres des sphères : 1.10 m. 
Écartement des fils : 0.35 m. Même disposition du cercle que 
ci-dessus. 

Série IL 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
l'extrémité E libre*' 





Nœud. 


Intemœud. 


. de 3 obs. 


0.48 m. 


1.14 m. 


» 


1.57 


1.10 


» 


2.67 





Petit primaire à plaques de 20 cm.; distance des centres : 
0.68 m. Écartement des fils : 0.45 m. FiU ayant un diamètre 
de 0.8 mm. et une longueur de 10.60 m. 

Série III. 

Système nodal obtenu avec les disques de 24 cm. en et 
Textrémité E libre. 



Digitized 



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n 



40 RÉSONANCE MULTIPLE 

Nœad. Intercœnd. 

lobs. 0.46 m. 

Zéro à 0.06 m. 1.62 

2.73 
3.88 



1.16 m. 
1.11 

1.15 



V. Interprétation des résultats. 

Degré de précision des mesures. Les nombres inscrits 
ans les tableaux du n^ IV sont le plus souvent la moyenne 
e trois observations, et chaque observation est, comme 
n l'a expliqué, donnée par la moyenne arithmétique des 
eux lectures de la division qui correspondent aux deux 
oints d'extinction de part et d'autre du nœud. Pour 
u'on se rende compte de notre manière de procéder, 
oici les valeurs des trois observations relatives à la se- 
onde et à la dernière des données du tableau A de la 
ivie I du cercle de 36 cm. 



2"* nœud. 3»« nœnd. 

A 0.32 m. ^ 3^ ^ ^ ^^ 33^ 

Moyenne 1.74 3.29 

Ajoutant 0.32 2.06 3.61 



5" nœud. 6"* nœud. 7"» nœud. 
2.26 m. 3.79 m. 



a 0.7^ m. ^ 3« ^ ^ gg 2.22 3.70 

Moyenne 0-67 2.23 3.70 

Ajoutant 5. 72 6.39 7.95 9.42 

La valeur de Tinternceud dans le premier tableau est 
.45 m., les deux valeurs du second sont 1.56 et i.47 m. 
\a voit que Terreur sur TinternoBud s'élève à 9 cm. et 
ue Terreur d'une observation par rapport à la moyenne 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 14f 

des trois se trouve avoir à peu près la même valeur ma- 
xima. £d admeitaut que les nœuds sont mesurés à 10 cm. 
près, on estime approximativement la limite des erreurs 
moyennes. 

Deux valeurs d^érentes de la distance du premier nœud 
i fesirénniédu fil. Il résulte en premier lieu des tableaux 
que les deux dispositions difiërentes qui consistent, 
Tone à laisser libre l'extrémité des fils la plus éloignée 
da primaire, l'autre à munir cette même extrémité 
d'un disque conducteur, donnent lieu à deux systèmes 
différents de points nodaux. Dans le premier cas, il 
se produit un ventre à l'extrémité et, par conséquent, 
QQ premier nœud à un quart de longueur d'onde; 
dans le second cas, il se produit un nœud à l'extrémité 
et le premier nœud que l'on constate par deux extinc- 
tions de l'étincelle s'en trouve à une demi-longueur 
d'onde. Avec le cercle de 0.75 m., les séries I, III, V 
donnent 1.22, 1.26 et 4.24 m. pour le premier nœud et 
les séries II, IV, VI donnent 3.37, 3.08 et 3.39 m., et 
comme on le verra, ce déplacement du premier nœud cor- 
respond à un demi-internœud, en tenant compte des per- 
turbations à l'extrémité. Il en est de mtoepour les autres 
résonateurs, et en particulier avec le cercle de 0.36 m., 
les séries 1, III donnent pour le premi^ nœud 0.60 et 
0.58 et les séries II, IV, 1.62 m. Dans les deux cas le 
système nodal est constaté par le mtoie procédé, c'est-à- 
dire par la mesure de la position des nœuds successifs» 
Nous reviendrons sur la valeur de la distance du premier 
nœud à l'extrémité. 

Èqmdistanee des nceuds. D'une manière générale les 



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i42 RÉSONANCE MULTIPLE 

tableaux namériques établisseoi avec certitude l'existence 
de systèmes nodaux réguliers. C'est de la partie B de 
chaque tableau que ressort la constance de rinternœud 
comme nous allons le montrer en prenant de préféren*^ 
la série I du cercle de 36 cm. pour lequel l'internœud 
entre un nombre de fois suffisamment grand dans la lon- 
gueur totale des fils. Dans cette série l'internœud moyen 
est calculé en divisant 8.82, différence des positions du 
dernier et du premier nœud par 6, nombre des inter- 
nœuds, ce qui donne i.47. Au moyen de cette valeur, on 
calcule les nombres de la seconde colonne inscrits sous 
Tindication calculé : par exemple, on obtient le quatrième 
nombre en ajoutant à 0.60 le produit de 1.47 par 3. La 
concordance des deux colonnes est telle que la constance 
de l'internœud résulte de nos observations avec tout le 
degré d'exactitude qu'elles comportent. La série I du 
cercle de 26 cm. donne également six internœuds qui ne 
portent que sur une longueur de fil moindre» celle qui 
correspond à deux longueurs successives du banc. 

Il importe de remarquer que les nombres trouvés pour 
un même nœud avec deux ou même trois positions diffé- 
rentes du banc concordent entre eux. Ainsi, dans le ta- 
bleau A de la série II, cercle de 75 cm., le second nœud 
est donné par les nombres 6.31 et 6.43 résultant des 
moyennes de trois observations 3.13 et 1.03 auxquelles 
on a ajouté respectivement les distances du zéro 3.18 et 
5.40. De même dans le tableau A de la série II, cercle 
de 36 cm., le quatrième nœud est donné par les nombres 
6.11, 6.03 et 6.02 provenant des moyennes 3.37, 0.68 
et 0.30, auxquelles on a ajouté respectivement 2.74, 
5.35 et 5.72, distances du zéro de la graduation pour les 
trois positions successives du banc. Cette vérification de la 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 143 

position d'an point nodai est une preuve importante de sa 
réalité, parce que les deux ou les trois mesures sont com- 
plètement indépendantes Tune de l'autre. On ne peut 
pas leur attribuer la solidarité qui résulte de la connais- 
^nce anticipée qu'a l'observateur de la position approxi- 
mative d'un nœud par rapport à celui qui le précède. II 
est possible, par contre, que la détermination des nœuds 
qui se suivent, pour une même position du banc, soit 
facilitée par une intention à demi consciente de l'obser- 
vateur. 

Constance de Vinternœud d'un même résonateur. C'est 
pour mieux faire ressortir des tableaux numériques ce 
résultat de nos observations que les séries relatives à un 
même résonateur se trouvent placées à la suite les unes 
des autres. La simple inspection de la suite des valeurs 
que prend Tinternoeud moyen pour les diverses séries 
d'un même cercle suffit pour établir cette constance. Ainsi, 
pour le cercle de 75 cm., on a : 3, 2.96, 2.95, 2.96, 
2.99 m., laissant de côté 3.26 m. qui provient d'une 
sàie où un seul intemœud est observé; pour le cercle de 
50 cm., les intemœuds moyens sont : 1.93, 1.97, 2.02, 
1.90, 1.99 m.; pour le cercle de 36 cm., on a : 1.47, 
1.48, 1.46, 1.42 m. Il faut donc admettre qu'un inter- 
nœud, sinon absolument constant, n'offrant du moins 
qu'une variation au-dessous des erreurs probables de nos 
mfôures, accompagne l'exploration du champ par un ré- 
sonateur donné, quelles que soient les autres conditions 
do mouvement électrique et en particulier les dimensions 
de l'oscillateur primaire. De fait cette constance de l'in- 
temœud s'impose de telle manière dans l'observation 
qu'il n'y a pas lieu de chercher si l'internœud varie lors- 



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144 RÉSONANCE MULTIPLE 

qu'on se sert successivement du grand et du petit pri- 
maire, mais si l'on obtient dans les deux cas des effets 
mesurables. 

Avec la plupai*t des cercles les résultats sont nettement 
affirmatifs. Pour le cercle de 75 cm. les séries I et II sont 
obtenues avec lé grand primaire, longueur de i.20m., et 
les autres avec le petit primaire, longueur de 0.68. Pour 
le cercle de 50 cm. les séries I, II, UI appartiennent au 
grand primaire, les autres au petit primaire. Pour le cer- 
cle de 36 cm. toutes les série», sauf la série V, appartien- 
nent au petit primaire et la série Y donne bien Tinter- 
nœud des précédentes, mais le petit nombre des nœuds 
déterminés provient de la faible intensité des effets, sans 
que nous puissions rattacher par des observations suffi- 
santes la faiblesse de l'intensité à l'emploi du grand pri- 
maire. Pour le cercle de 26 cm. la série II avec le grand 
primaire donne le même internœud que la série 1 avec le 
petit primaire. 

Le déplacement du premier nœud suivant que l'extré- 
mité est libre ou munie d'un disque laisse l'internœad 
constant, ce qui ressort de la comparaison des séries I et 
II, III et IV, y et YI du cercle de 75 cm., de la compa- 
raison des séries I et III, lY et Y du cercle de 50 cm. et 
de la comparaison des séries I et H, III et lY du cercle de 
36 cm. 

L'^écartement des deux fils le long desquels a lieu le 
mouvement électrique est sans influence sur la valeur de 
l'intwnœud du résonateur. Ainsi pour le cercle de 75 cm. 
l'écartement est successivement : 0.88, 0.80 et 0.45 m. ; 
pour le cercle de 50 cm. il est : 0.88, 0.60 et 0.45 m. 
Pour le cercle de 36 cm. l'écartement de 0.45 m. est la 
seule valeur donnée à cet élément, parce que les effets 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES.' 145 

sont très faibles lorsque les fils ne se trou?eiit pas dans 
le Toisinage du cerela. Là encore la question d'intensité 
se substitue à celle de la position des nœuds. On dmt 
remarquer qu'un écartement des fils moindre que le dia* 
mètre du cercle implique pour celui-ci une position du 
centre au-dessus du plan horizontal passant par les doux 
fils; il en résulte que la demi-circonférence du résonateur 
où se trouYe le micromètre et ceUe qui est continue, ne 
sont plus symétriquemwt placées par rapport au plan 
des fils, mais la valeur de l'intemoeud n'en est pas alté- 
rée. Une indinaison de 45 degrés du micromètre, par 
rapp(»rt au diamètre yertical sur lequel il se trouve ordi- 
nairement, ne chan^ pas non plus les résultats. Cette 
indinaison a pour otijet, en rapprodiant l'étincelle de 
robsenrateur, d'en faciliter la vue. 

L'intemœud correspondant à un même résonateur est 
^sdement indépendant de la manière dont les fils se termi- 
nent du côté du primaire. En premier lieu, les dimensions 
de la plaque ou du disque, qu'on peut appeler disque col- 
lecteur et qui est disposé à quelques centimètres de la capa- 
cité du primaire, varient sans changer le système nodal ; on 
le v(Mt par la comparaison des séries I et II, cercle de 
75 cm., où les plaques ont 40 cm. de côté avec les séries ID 
et IV on elles sont remplacées par les disques de 24 cm. de 
diamètre. On peut de même comparer la série I, cercle de 
50 cm., avec les autres séries. En second lieu, on obtient 
encore le même intemcBud quand on supprime la plaque 
ediectrice et que l'extrémité libre du fil se trouve en re- 
gard de la sphère ou de la plaque du primaire. C'est ce 
que montrent les séries III et IV^ cercle de 36 cm., rela- 
tives à cette disposition de l'extrémité des fils. 

Enfin on peut se demander si la longueur des fils et 
Abghives, t. XXIII. — Février 1890. 11 



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146 HÉSONANCE MULTIPLE 

leur diamètre ont une influence sur le système nodal. Sur 
le premi^ point, la série VI, cercle de 36 cm., relatives à 
des fils dont la longueur est de 4 à 5 m. au lieu de 10, 
montre que l'on obtient le même système nodal avec le 
même résonateur. 

Sur le second point, la série VII du cercle de 36 cm. 
et la série II du cercle de 26 cm., où des fils de 0.8 mm. 
sont substitués aux fils de 1.8 mm., prouvent la con- 
stance de rinternœud. Des fils de diamètres différents 
agissent donc de la même manière. La série VII du 
cercle de 75 cm. montre que même le long d'un tube 
cylindrique de 5.5 cm. de diamètre la propagation de 
Tonde produit rinternœud constant du résonateur. Dans 
cette expérience, on emploie uo seul conducteur cylin- 
drique et, par conséquent, une seule plaque en regard 
d'une des sphères du primaire. 

VùUenuBud varie d'une manière continue avec les àtmen- 
sions du résonateur. 

Il résulte des considérations qui précèdent que la va- 
leur de rinternœud avec un certain résonateur est uni- 
que. D'autre part, le diamètre des cercles employés 
variant entre 26 cm. et 1 m., on peut obtenir, avec le 
même primaire, des internœuds variant entre 1.12 m. 
et 4 m. Un certain nombre d'expériences non consignées 
dans les résultats numériques prouvent que la longueur 
d'onde susceptible d'être constatée dans le mouvement 
ondulatoire émanant d'un seul et même primaire varie 
d'une manière continue avec les dimensions du résona- 
teur employé. 

Ce sont, en premier lieu, des observations au moyen 
d'un résonateur rectangulaire extensible. La tige où se 



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■ pl^w^l.fi-.^J i ^ .1 



DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 147 

trouve le micromèlre et la lige opposée ont une longueur 
invariable et se relient par des tiges tubnlaires coudées 
à angle droit aux deux autres côtés du rectangle» dont on 
fait varier la longueur. On a déterminé le premier nœud 
de ce résonateur en donnant successivement au côté 
variable, qui est disposé verticalement, les valeurs indi- 
quées id. Le côté horizontal a une longueur de 0.65 m. 



CMé vertioal. 


Périmttra. 


NoDd. 


0.22 m. 


1.74 m. 


0.70 m 


0.46 


2.22 


J.OO 


0.72 


2.74 


1.25 



Toute variation du périmètre donne donc lieu à une 
variation correspondante de la distance du premier nœud 
et, par conséquent, de la valeur de Tinternœud. 

En second lieu, on dispose aux deux pôles du réso- 
nateur de 36 cm., comme le montre la figure 7, deux 

Fig. 7. 




appendices a consistant en deux fils de cuivre insérés à 
frottement juste dans les plaques du micromètre. Voici 



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146 RÉSONANCE MULTIPLE 

les résultats obtenus en donnant suceessivement aux ap- 
pendices trois longueurs diffdrentes : 

Valeur àa a. Prtmier nœod. Second no&ad. Internœad. 

10 cm. 0.66 m. 2.30 m. 1.64 m. 
20 0.79 2.56 1.77 

30 0.88 3.02 2.14 

Les appendices, bien que prolongeant le conducteur 
au delà du micromètre» ont le même effet qu'une aug- 
mentation équivalente de périmètre et déterminent une 
augmentation graduelle de Tinternoeud. Ces résultats 
s'accordent avec ceux que M. Hertz a fait connaître dans 
son premier mémoire ' : Pour obtenir la résonance du 
secondaire avec un primaire donné, Tautaur règle la ca- 
pacité du secondaire en suspendant à ses extrémités des 
fils de longueur variable. 

Im distance du premier nœud à V extrémité dans le cas oit 
cette extrémité est libre, est égale à la moitié de la ctrconfé- 
rence du résonateur. On a déjà dit» à propos des deux va- 
leurs différentes de la distance du premier nœud, que 
celle dont il est question ici est un quart de longueur 
d'onde, c'est-à-dire un demi-internœud. Mais ce n'est 
qu'une indication approximative et cette distance est 
en fait un peu inférieure au demi-internœud. Disons 
eq passant que cette différence en moins constitue une 
analogie frappante avec les perturbations aux extrémités 
dans le cas des interférences de l'onde sonore dans un 
tuyau ouvert. On verra que cette différence ne semble 

* Ueber sehr schnelle electrische Schwingungen. Wiedematm^» 
Annalen, 1887, t. XXXI, p. 421. 



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DES ONDULATIONS ÉLfiCTRIQURS. 149 

pas constante, mais augmente avec les dimensions du 
résonateur. Mais en premier lieu, une remarquable con- 
cordance entre la valeur même de la distance du premier 
nœud et la demi-circonférence du résonateur mérite d'at- 
tirer l'attention. Dans le tableau suivant se trouvent en 
regard le diamètre du résonateur, sa demi-circonférence 
et la distance du premier noeud; cet élément est déduit, 
pour le cercle do 0.26 de la moyenne des séries I, Il et 
ill; pour le cercle de 0.36 m. de la moyenne des sé- 
ries I, III ; pour le cercle de 0.50 m. de la moyenne des 
séries I, 0, IV; pour le cercle de 0.75 m. de la moy^we 
des séries I, III, V, et pour le cercle de 1 m. de la 
moyenne des séries I, Il et IV. 



Diamètre 


DwDi- 


DUtenoado 


da résonateur. 


ciroonférMiM. 


prmnier nosad 


0.26 m. 


0.41 m. 


0.45 m. 


0.36 


0.ÎS6 


0.59 


0.50 


0.78 


0.76 


0.7S 


1.17 


1.24 


1.00 


1.557 


1.58 



En second lieu, si Ton compare, comme nous le di- 
sions plus haut, la distance du premier nœud au demi- 
intemœud, on trouve les résultats suivants. Les inter- 
nœuds sont pour les cercles de 0.75, de 0.50 et de 0.36 m. 
tes moyennes des valeurs énumérées plus haut à pro- 
pos de la constance de Tinternœud, pour le cercle de 
0.26 m. la valeur résultant de la série I qui porte sur le 
plus grand nombre de n(euds> et pour le cercle de 1 m. 
la moyenne résultait des séries I, II ot III. 



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150 





RÉSONANCE 


MULTIPLE 




Diamètre 


Dcmi- 


DtStMlM do 




du résonateur. 


internœnd. 


premier nond. 


Difflrenoa. 


0.26 m. 


0.56 m. 


O.tôm. 


0.11m. 


0.36 


0.73 


0.59 


0.14 


0.50 


0.98 


0.76 


0.22 


0.7S 


1.48 


1.24 


0.24 


1.00 


1.92 


1.58 


0.34 



La différence augmente, comme on le voit, avec le 
diamètre du cercle, et si Ton compare les résultats les 
moins entachés d'erreur, ceux des trois cercles moyens» 
elle est sensiblement proportionnelle au diamètre. Il ré- 
sulterait de cette proportionnalité que Tinternoeud lui- 
même serait proportionnel à la circonférence du résona- 
teur, puisque les nombres de la troisième colonne, d'après 
ce qui précède, coïncident avec les longueurs des demi- 
circonférences. 

La distance du pretnier nœud à VextrémUé lorsque celle- 
ci est insérée dans une plaque conductrice est plus grande 
que rintemœud. On a dit plus haut que dans ce cas il 
y a un nœud à l'extrémité, mais ce nœud est un peu 
déplacé du côté du primaire et cette perturbation à l'ex- 
trémité est à comparer avec ce qu'on observe pour Tonde 
sonore dans un tuyau fermé. Le tableau suivant donne la 
valeur de la différence. 



Diamètre 




Distance du 




du résonateur. 


Intemœod. 


premier nœud. 


Diff«r«ne«. 


0.36 ro. 


1.46 m. 


1.62 m. 


0.16 m. 


0.50 


i.96 


2.17 


0.19 


0.75 


2.97 


3.28 


0.31 



La différence augmente avec le diamètre et les nombres 
de la quatrième colonne peuvent laisser supposer la pro- 
portionnalité. 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 151 

Eo remplaçant le disqae à l'extrémité du fil par une 
plaque carrée qui» au lieu d'être disposée dans un plan 
perpendiculaire au fil, était dans un plan horizontal pas- 
sant par le fil, nous avons constaté le môme système no- 
dai. Il en résulterait que l'action de la plaque ne dépend 
pas de son orientation par rapport à la direction rectili- 
gne du fil. 

Lorsqu'on joint par un conducteur les deux extrémi- 
tés des fils, il s'y produit le système nodal que nous ob- 
tenons aussi avec les disques, c'est-à-dire un nœud aux 
eitrémités ainsi réunies. Nous avons souvent constaté ce 
résoltat donné par M. Hertz. 

L'expérience consistant à placer le résonateur dans 
un nœud du système d'ondes stationnaires correspon- 
dant au cas où l'extrémité des fils est libre et à faire repa- 
raître l'étincelle en joignant les deux extrémités, ou en y 
adaptant des disques, met bien en évidence la réalité des 
maxima et minima, et démontre d'une manière élégante 
que les nœuds de l'un des systèmes correspondent, à peu 
de choses près, aux ventres de l'autre. 

hiengité relative de la force étectromoirice aux ventre» 
et aux nœuds. On peut évaluer la force électromotrice 
mise en jeu dans le résonateur par la longueur de l'étin- 
celle au micromètre. Nos moyens de mesure ne sont pas 
assez délicats pour que les résultats quantitatifs puissent 
donner autre chose que des indications approximatives. 
Avec le cercle de 36 cm. dont la vis, comme on Ta dit, 
porte un disque divisé, il a été possible de déterminer les 
quelques données suivantes. 

On établit en premier lieu quelle est la division corres- 
pondant au contact de la pointe de la vis avec le bouton 



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152 RÉSONANCE MULTIPLE 

opposé en cherchant la position de la vis pour laquelle 
l'étincelle, de plus en plus raccourcie, cesse enfin par ce 
contact même. Pour cela, il est bon d'appliquer le résona- 
teur contre le fil, ce qui produit une étincelle plus bril- 
lante, dont la disparition au moment du contact est pins 
nette. On trouve ainsi une demi-division au delà du zéro. 

Le résonateur fonctionnant, avec un écartement des 
fils de 0.45 m, et le petit primaire, on trouve pour la 
limite supérieure de la longueur de l'étincelle dans on 
ventre» 3 à 3 7, divisions, ce qui ajouté à la demi*dtvi- 
sion négative donne 7 à 8 centièmes de millimètre. Avec 
cette longueur maxima Tétincelle est trop intermittente 
pour reparaître nettement. On obtient un meilleur résul- 
tat entre 2 7, 6t 1 7, divisions, donnant une longueur 
de 0.04 à 0.06 mm. C'est dans ces conditions que les 
nœuds sont le plus apparents. Pour une longueur corres- 
pondant à une division, 0.03 mm., l'étincelle parait dans 
le nœud. Entre la limite supérieure dans le ventre ei la 
limite inférieure dans le nœud, il y a donc à peu près le 
rapport de â à 1. 

Pour le cercle de 75 cm. fonctionnant avec le grand 
primaire, on a évalué approximativement les fractions de 
circonférence dont on faisait tourner la vis qui a le même 
pas d'un demi-millimètre. On a trouvé pour limite supé- 
rieure dans le ventre 0.75 mm. et pour tîmite inférieure 
dans le nœud 0.25 mm. Le rapport des longueurs de 
l'étincelle est donc environ 3. On voit, d'après ces valeurs, 
que l'étincelle dans ce résonateur est dix fois plus IcHigae 
que dans le résonateur de 36 cm. 

Quant aux intensités respective des forces éledrono- 
Irices dans un même résonateur, lorsqu'on tait taner le 
primaire, les résultats de nos observations qui n'ont pas 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 153 

été dirigées dans ce sens ne nous permettent pas de dis- 
cuter ee point important. La distance des fils an cerde a 
one influence évidente sur Tintensité et il faudrait sé|»i- 
rer cette cause de Tariation, Técartement des fils, de la 
«aose à évaluer, les dimœsions du primaire. Il est toute- 
fins à reconnaître que les résultats les plus nets sont obte- 
DQS pour le cercle de 75 cm. avec le grand primaire et 
pour le cercle de 36 cm. avec le petit primaire. 

Il en est de même pour la variation de l'intensité avec 
la longueur des fils. Nos essais d'évaluation ne nous ont 
pas donné des résultats assez nets pour que nous ayons 
pu les consigner dans ce travail. 

Enfin nous avons à mentionner les résultats négatifs 
que nous a donnés le résonateur rectiligne, lorsque nous 
avons cherché à constater des minima le long des fils. Il 
ne nous a pas été possible de trouver une variation de 
Tétincelle qui devient cependant aussi intense que celle 
d'an résonateur circulaire lorsqu'on approche les extré- 
mités de la tige, tenue horizontalement et transversale- 
ment par rapport aux fils, du plan des fils. L'adjonction 
des capacités aux deux extrémités de la tige augmente 
l'étincelle, mais ne semble pas déterminer la production 
des minima. Peut-être les maxima sont-ils relativement 
moins intenses que dans le résonateur circulaire et exi- 
gent-ils un procédé de mesure plus minutieux. 

ExpUcoHm théorique de la résonance. 

11 est naturel de chercher dans la théorie des mouve- 
ments oscillatoires une explication de la relation trouvée 
entre le périmètre du résonateur et la distance du pre- 



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154 résonance; multiple 

mier nœud. On entrevoit une analogie entre le renforce- 
ment d'une ondulation par le résonateur, due aux ré- 
flexions multiples aux extrémités, et le renforcement des^ 
sons par un tuyau ouvert. L'explication que nous propo- 
sons semble s'accorder avec les principales données de la 
résonance. Considérons le résonateur et un seul fil, car 
le second ne fait que doubler l'action. Appelons diamètre 
de symétrie celui qui passe par le micromètre et par le 
point d de la figure 8, et transversal le diamètre perpen- 

Fig. 8. 



diculaire ce'. Nous supposons le fil très voisin du cercle, 
condition nécessaire à une action intense. L'étincelle dé- 
pend, comme l'a montré M. Hertz, de la position du fil le 
long du cercle. Elle est nulle lorsque le fil est en d et 
maxima lorsqu'il se trouve en c ou d. Supposons le fit 
dans la position d'effet maximal, à l'une des extrémi- 
tés du diamètre transversal, et admettons que le cercle 
satisfait à la condition d'égalité entre son demi-périmètre 
et la distance du premier nœud. 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 155 

La production de rélioceUe entre deux pôles métalli- 
ques, à travers une couche d'air, ne semble pas pouvoir 
être rapportée à la î(ffce électromotrice sur le conduc- 
teur et dans son voisinage, mais plutôt à la différence de 
tension on d'électricité libre entre les deux pôles. D'autre 
part, la relation entre la tension ou densité électrique à 
la surface du conducteur, en un quelconque de ses points» 
et la force électromotrice oscillatoire n'est pas connue et 
doit être l'objet d'une bypolhèse. Nous admettons que la 
tension en un point d'un conducteur où se propage l'on- 
dolation est elle-même oscillatoire, avec la même période 
que la force électromotrice, et que l'amplitude maximale 
de tension est simultanée, pour un point quelconque, 
avec le passage par zéro de la force. Ainsi, le long d'une 
ondulation électrique, la force électromotrice étant nulle 
à l'origine et aux distances X/2 et X, la tension est -^ à 
l'origine, — e à la distance )./2 et de nouveau -j-e à la 
distance X, en désignant par e la tension maxima. 

Nous considérons la force électromotrice qui émane du 
fil en c comme se propageant suivant les rayons du cylindre 
dont le fil est l'axe. Elle est donc dirigée suivant la tan- 
gente au cercle et simultanément dans les deux directions 
contraires, et nous admettons que chaque onde n'est pro- 
pagée le long du cercle que suivant la direction de la 
force. L'onde marchant vers d parvient à l'extrémité a 
avec un retard sur le point c de 3/8 X, en supposant 
d'abord que le demi-périmètre est exactement X/4. Sup- 
posons que la tension développée en a ne sufiKse pas pour 
produire l'étincelle; il y a réflexion et, à cause de la gran- 
deur du cercle, le retard en b de Tonde réfléchie est, par 
rapport à a, X/2 ; on voit qu'une seconde réflexion en b 
et un nombre quelconque de réflexions successives don- 



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156 RÉSONANCE MULTIPLE 

fient lieu, en a et en b, à deux sommes d'états simulta- 
nés, différant entre elles d'une demi-longueur d'onde. 
D'après ce que nous admettons, cette différence de phase 
€st accompagnée de la différence de tension maxima à 
un certain instant de la période oscillatoire, et cette dif- 
férence est supposée susceptible de produire l'étincelle à 
^t instant. L'onde propagée à partir de c yers b parvient 
«n 6 avec un retard sur c de X/8 et, par conséquent, la 
différence de chemin avec a est X/4 ; cette onde donne 
lieu, comme la première, à des réflexions successives qui 
\2i renforcent et la rendent capable de produire l'étincelie; 
id. différence de chemin >./4 a pour conséquence que le 
maximum de différence de tension de la première onde 
<X)ïncide avec une différence nulle pour la seconde, de 
manière que les deux étincelles sont indépendantes. En 
réalité, le demi-cercle est un peu inférieur au quart de 
longueur d'onde ; la réflexion en a et en 6 produit un 
ventre un peu au delà de ces points et un nœud commun 
«n d; il y a donc, d'une part, augmentation à peu près 
maximale de l'intensité en a, par le fait du ventre fixe, 
et état stable en d, à cause de l'identité des états super- 
posés. Les ventres de tension coïncident avec ceux de 
force éleciromolrice, si l'on admet que la réflexion a lieu 
-de la même manière pour les deux éléments, sans chan- 
gement de signe. Soit r le retard dû à la réflexion ou la 
<listance du ventre fictif au delà de a. On voit que, dans 
les réflexions successives, ce retard ne s'ajoute pas à lui- 
même, puisque le nœud se trouve toujours en d, que 
i'onde soit réfléchie en a ou en 6. Les états dus aux 
réflexions successives en a et 6 sont donc concordants et 
très voisins de la condition de différence maximale trou- 
vée avant de considérer le retard r . 



fe'^. 



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DES ONDULATIONS ELECTRIQUES. 15i 



VI. Conclusions 

Les oodolaiioas électriques, en se prop^eant le long 
de fils coDdiMteurs dont les extrémités sont isolées, don- 
DODt lieu, comme Ta montré M. Hertz, par une de ses 
expériences les plus décbives, à des phénomènes d'inter- 
férence. Deux fils^ tendus parallèlement entre eux à 
partir de deax plaques métalliques placées |en regard 
des capacités de l'oscillateur ou primaire et dont l'autre 
extrémité reste isdée, sont entretenus dans uo état oscil- 
latoire ei l'onde réfléchie à l'extrémité isolée interfère 
avec Tonde directe. Il s'établit une onde sfationnaire à 
îentres et à nœuds équidistants. L'état électrique des fils 
et du milieu ambiant est révélé par la force électromo- 
trice qui agit sur un conducteur circulaire discontinu, 
et y produit une étincelle, le plan du cercle étant normal 
au fi). L'étincelle passe par des minima et des maxima 
équidistants, lorsqu'cm déplace le cercle d'un bout à Tautre 
des fils. M. Hertz a également établi qu'à l'extrémité 
libre du fil se trouve un ventre, par une analogie remar- 
quable avec l'onde sonore d'un tuyau ouvert, et que si 
l'oB joint par un conducteur les extrémités des deux fils, 
c'est au contraire un nœud qu'on y constate, comme 
dans le cas d'un tuyau fermé. 

Cette expérience fondamentale est le point de départ 
de nos re^rches. Nous avons fait varier les dimensions 
da résonateur, avons associé un môme résonateur à des 
primaires différents et réciproquement un même pri- 
maire à des résonateurs différents. Nous avons obtenu 
le Doeud à l'extrémité du fil en y fixant une plaque 



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458 RÉSONANCE MULTIPLE 

métallique et avons, en résumé, trouvé une confirmation 
de l'expérience type étendue à des variations nombreuses. 
L'existence de nosuds éqtUdistarUs constatée par un grand 
nombre de mesures indépendantes les unes des autres et fai- 
sant retrouver le même nœud pour une même disposition de 
rexpérience, confirme la propagation ondulatoire de l'état 
électrique du fil. 

La relation entre l'oscillateur et le résonateur est un 
point sur lequel nos observations, sans être en opposition 
avec celles de M. Hertz, leur donnent une interprétation 
différente de la sienne. En effet, un système de nœuds 
successifs, avec un certain internœud, suppose une lon- 
gueur d'onde déterminée qui est celle de l'oscillation élec- 
trique constatée. M. Hertz commence par établir direc- 
tement la résonance du secondaire par rapport au pri- 
maire. Avec un résonateur donné, l'étincelle est maxima 
lorsque l'oscillateur prend certaines dimensions, et, réci- 
proquement, avec un oscillateur donné, il faut choisir un 
résonateur d'un certain diamètre afin d'obtenir l'étin- 
celle maxima. Ceci admis, M. Hertz, dans l'expérience 
des fils, emploie le résonateur à l'unisson avec rosciUa- 
teur et attribue à celui-ci la longueur d'onde trouvée par 
l'observation des nœuds. Or, d'après nos résultats, si au 
lieu du résonateur à l'unisson, on en prend un autre 
de dimensions plus grandes ou moindres, le phénomène 
d'interférence subsiste, mais on trouve un internœud diffé- 
rent du premier, parce que l'internœud est une constante 
du cercle employé. Il faut donc attribuer cette longueur 
d'onde nouvelle également à l'oscillateur et admettre 
qu'elle fait partie, avec une intensité que nous ne cher- 
chons pas à évaluer, du mouvement oscillatoire complexe 
qui en émane. On peut énoncer cette donnée du phéno- 



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DES ONDULATIONS ÉLECTRIQUES. 159 

mène comme suit : La valeur de l'intemaud est constante 
pour un même résonateur, quel que soU foscilkUeur. 

Poisqae un résonateur donné ne peut révéler qu'une 
longueur d'onde, toujours la même, qui lui est propre, 
il y a lieu de chercher comment cette valeur dépend des 
dimensions du cercle et aussi de constater si toute valeur 
possible entre certaines limites est susceptible d'ftre ob- 
tenue. 

Sur le premier point, nous avons trouvé la relation 
d'égalité entre la distance du premier nœud à l'extrémité 
libre du fil. et le demi-périmètre du cercle. La distance 
du premier nœud serait un quart de longueur d'onde si 
le ventre se trouvait exactement à l'extrémité, mais, par 
une nouvelle analogie avec l'onde sonore dans un tuyau 
ouv^ une perturbation à l'extrémité fait que le ventre 
se trouve à quelques centimètres au delà. La distance du 
premier nœud à l'extrémité, lorsqu'elle est libre, est donc 
un peu moindre que le demi-internœud et d'après nos 
résultats : La valeur de la distance du premier nœud à V ex- 
trémité Ubre est égale à la moitié de la circonférence du 
résonateur. 

Cette loi montre assez clairement quel est le jeu du 
résonateur et le rôle des réflexions multiples qui se pro- 
duisent à ses deux extrémités. L'explication théorique 
que nous avons donnée peut se résumer de la manière 
suivante : La résonance est un renforcement de Vondula- 
tion électrique par la réflexion multiple aux extrémités du 
conducteur circulaire, la condition du renforcement étant 
que le quart de longueur d'onde, diminué du retard de ré- 
flexion à l'extrémité, soit égal au demi-périmétre du réso- 
nateur. 

Quant au second point, la continuité de la variation 



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n 



160 RÉS0NAI4CE BfULTlPLE, ETC. 

de rinternoBud avec les dimensions du résonateur est cer- 
taine. Un résonateur rectangulaire à périmètre variable 
donne un intemœud variable aussi. De môme des appen- 
dices de longueur variable, adaptés au résonateur circu- 
laire, font subir à son internœud des accroissements équi- 
valents. En comparant entre eux les résultats donnés par 
les cinq différents cerdes employés, dont l'un en par- 
ticulier, celui de 36 cm., ne présente un rapport simple 
de dimensions avec aucun des quatre autres, nous trou- 
vons que : L'interfUBud d'un résotMteur circulaire est senri- 
blemenl proportionnel à son diamètre. 

De l'ensemble des observations rapportées dans ce 
mémoire il résulte enfin en dernière analyse que : Dans 
le mouvement oscillatoire électrique qui émane d'un excita- 
teur Hertzien, on peut révéki* une onde d'une grandeur 
quelconque entre certaines UmOes. Le système ondulatoire 
produit par t excitateur doit par conséquent contenir toutes 
les longueurs d'onde possibles entre ces limites, chaque réso- 
nateur choisissant dans cet ensemble complexe, pour en mon- 
trer les ondes stationnaires, l'ondidatian dont la période 
correspond à la sienne propre. Cest donc ce qu'on peut ap- 
peler LA RÉSONANCE MULTIPLE des ondulatiùns électri^ptes, 
comme on a déjà appelé résonateurs les appareils destinés 
à mettre en évidence ce mouvement ondulatoire électrique 
lui-même. 



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NOTE 

SUR LA 

RÉGULARISATION DU LAC LÉMAN EN 1889 



PAR 

M. Tb. TIJBIlEmHI 



BASÉE 

SUR LES OBSERVATIONS LIMNIMÉTRIQUES FAITES A SECHERON 



PAR 
M. Pb. PI.ANTAM01JB 



Ayec planehe XI. 



Une note' sur la régularisation du lac Léman, en 
1888, a paru dans le numéro de février 1889 des Àr- 
ckwes des sciences. Cette note consignait les résultats ob- 
tenus dans une première année d'expérience, mais ces 
résultats n'étaient pas encore absolument complets, car 
certains obstacles' s'opposaient encore au libre écoule- 
ment du Rhône. 

L'année 1889 présente donc, outre l'intérêt d'une 

* Note snr la régularisation du lac Léman en 1888, par 
M. Th. Tnrrettini. ArcMves des sciences physiques et naturelles de 
Geàève, féroer 1889, tome XXI. 

Abchives, U XXUl. — Février 1890. 12 



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162 LA RÉGULARISATION DU LAC LÉMAN 

première année d'expérience complète, la circonstance 
de certains phénomènes météorologiques qui ont permis 
de constater Theureux résultat des travaux destinés à la 
régularisation du lac. 

La planche qui est annexée à cette note contient les 
indications suivantes : 

1^ La courbe noire indique le niveau du lac dans 
Tannée 1874. On se souvient que c'est sur le niveau des 
eaux de cette année (dont le régime avait fait l'objet d'une 
étude jour par jour de la part de M. l'ingénieur Legler) 
qu'a été étudié le projet d'abaissement de 60 à 65 centi- 
mètres des hautes eaux du lac. 

2^ La courbe rouge est la courbe qui fut calculée par 
M. Legler pour l'année 1874 en supposant les travaux 
de régularisation exécutés. Cette courbe» calculée par 
M. Legler pour un limnimètre placé dans le port de 
Genève, près du pont du Mont-Blanc, a été rapportée 
sur la planche au limnimètre de Sécheron, pour tenir 
compte de la pente qui existe entre les deux points (envi- 
ron 12 centimètres en hautes eaux). 

3^. La courbe bleue indique le niveau réel atteint par 
le lac en 1889, les travaux de régularisation étant ter- 
minés. 

4"" La courbe rouge pointiUée indique le niveau cal- 
culé qu'aurait atteint le lac en 1889, si les travaux 
n'avaient pas été faits. 

Pour établir cette courbe, l'on s'est servi des chiffres 
fournis par les jaugeages de M. Legler, en 1874, qui 
donnaient le débit du Rhône pour chaque niveau du lac. 

Connaissant, d'autre part, le nouveau débit du Rhône 
constaté par une série de jaugeages faits l'an dernier, 
ainsi que les variations journalières du lac sous l'influence 



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EN 1889. 163 

deâ eicédanls des entrées sur les sorties et vfce versa, l'on 
a pa faire le calcul inverse de celui qu'avait fait M. Legler 
pour 4874, et déterminer d'une façon très précise le 
niveau qu'aurait eu le lac sans les travaux faits à Genève. 
U résulte de cette étude : 

a) Que le lac a atteint la cote de PN — 0",89 (au 
limnimètre du Jardin anglais PN — {"'.OOS) dépassant 
de 0^,295 le niveau des hautes eaux normales ; 

b) Que le lac aurait atteint» sans la régularisation, la 
cote de PN — 0»,18 (au Jardin anglais PN — 0»,33) 
dépassant ainsi deO*",?! le niveau réellement atteint et 
de l^^.OOô le niveau normal des hautes eaux. 

Cette cote de PN — 0»,18 n'a été dépassée dans ce 
siècle qu'en 1816, 1817 et 1846. 

Les eaux de 1889 auraient été de 0",04 plus élevées 
que celles de 1879 et de O°,07 plus élevées que celles de 
1877. 

La crue a eu lieu extraordinairement tôt dans l'an- 
née, sous l'influence des grandes pluies et des chaleurs 
exceptionnelles de juin. 

Elle a atteint son maximum le 30 juin. Sans les tra- 
vaux de régularisation, ce maximum aurait été atteint 
(e 2 juillet. 

Les entrée moyennes du mois de juin 1889 ont 
atteint 661 mètres cubes par seconde. 

Le maximum des apports est survenu le 15 juin avec 
1330 mètres cubes par seconde. 

Cette masse d'eau a causé une crue de 153 millimè- 
tres en vingt-quatre heures, la plus forte crue du siècle 
après celle du 2 octobre 1888 (208 millim.). 

5^ La courbe bleue poiniiUée représente le niveau du 
Rhône en aval du b&timent des turbines. Une échelle 



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164 LA KÉGULARISATION DU LAC LÉMAN 



n 



^OcSGO^%cS!$cSl«i^oSSoSoS!?Soit«i^O^OO^OdOtiP<OOI«»ite 






^ Od 03 O) Q^ Oï O) Q^ S^ ^ Od 
> ^ M» ^ M M ii>* OD QD OD ^^ 






^^i§i§i§^iiaii9gi^iSiii^gigiiSi 



•oooooooopoooooooopoppooop, 

^cococo coco COCO co ^?co 






ô? ip* Ç? fc* i^ «^ ^ o cQ 00 «-3 os & •&• b© ï^ 






fe«fe«fe«fe«i«i«i«fe«fe«i«i- 



• ^SOQOOOpOOSgSOOQ 



: SS;;fëS££SssS^SSSga^lSSS£S!^SSS^3 






oc* 00 ^ cO OP 00 çP 'O ^ <o sp ^ ^ co ^^ o o g 



lOO^OCOdO)l«k«aD 



• oocOkSocc^chi?Sd^ocft«ocosoo&cooc^c*d(Xco^0^oc^i(><G 



^^sssi§ls§8S23sSSg5ii§s§i§iil§ 



0S*^*^(S^^'^œ$QO^^M0d^0C0S00^p^0di^0S00<^<^*>>4Ol5feS 

^^-KiSô5 5ooc©ÎFa35ociS»iFîoîïB23SSMi-coSSï=oc2 



'^•^!&&*&*&'&»£''^'^*"**'*"***'P'«P*ÇSÇ5teÇ5iP"te»iP'OCOCOCOCOCOCOCOC* 

'*^riûoœç05p&osos^*a'vj^^çoœQOQo5bobS 
oooi-^»P^^o<Koc^os«i><^i(><coi«^»«»kS^^o5ooip"Oc^ï^62 



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EN 1889. 165 

(bleue) placée à droite de la planche donne les débits 
moyens du Rhône en mètres par seconde rapportés au 
niveau du fleuve. 

Il résulte de ces données sur le Rhône que son débit 
maximum a atteint» le 20 juin, 706 mètres cubes par 
seconde. 

Avec l'ancien régime, le débit maximum du Rhône 
aurait été de 580 mètres cubes à la date du 3 juiUeL 

Au bas de la planche, on peut suivre les manœuvres 
exécutées pour l'ouverture et la fermeture des divers bar- 
rages dans le but de maintenir le lac aux hauteurs pré- 
vues par la convention intercantonale. 

Au commencement de l'année 1889, le Conseil ad- 
ministratif de la Ville de Genève reçut de l'État de Vaud 
la demande d'abaisser le niveau du lac, dans le mois 
d'avril, en-dessous des cotes des basses eaux prévues, 
afin de permettre l'exécution de certaines fondations sur 
divers points des rives du lac. La Ville de Genève a ac- 
quiescé à cette demande et la cote minima PN — S^^^O? a 
été atteinte le 21 avril 1889. La cote normale des bisses 
eaux est PN — 1",90. 

Le 15 juin, le barrage à rideaux a été fermé pendant 
quelques heures sur une dépêche de la Municipalité de 
Seyssel, qui craignait une catastrophe à la suite de la crue 
extraordinaire de l'Arve. 



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COMPOSITION 

DE 

QUELQUES SCHISTES ARDOISIERS 

DU VALAIS ET DE SAVOIE 

PAK 

HM. I^ DVPARC et J. BADIAir 



Les quelques schistes ardoisiers dont nous donnons les 
analyses dans le travail qui suit appartiennent tous au 
terrain carbonifère et à l'exception d'un seul, celui de 
Sçrvoz en Savoie, proviennent du Valais. La plupart 
d'entre eux sont exploités et fournissent des matériaux 
de construction qui jouissent d'une certaine réputation. 
Bien que plusieurs de ces schistes aient déjà fait I objet 
de recherches; celles-ci effectuées dans un but industriel 
sont nécessairement incomplètes au point de vue scienti- 
fique et n'ont du reste pas été publiées. Â notre connais- 
sance le seul travail traitant sommairement des schistes 
du Valais est celui de M. le prof. Brunner ' qui, dans 

* Brunner. Ueber Wertbestimmung der Dachschiefer ( Wochen- 
schrift). 



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COMPOSITION DE QUELQUES St^HISTES ARDOISIERS. 167 

UD6 série de recherches comparatives effectuées dans le 
but de détermioer la valeur technique des schistes ardoi- 
siers, s'est occupé de quelques-uns d'entre eux, principa- 
lement en Yue de leur imbibition ainsi que de leur teneur 
en pyrite et carbonates. 

Les différents spéciniens du Valais examinés par nous 
proviennent de quatre localités, à savoir : Outre-Rhône, 
Salvan, Sembrancher, Isérable. Bien que semblables aux 
sdiistes d'autres pays; ils se distinguent microscopique- 
ment entre eux par certaines différences soit dans la 
struaure, soit dans le grain, la couleur et le degré de 
chistosité. Cette dernière n'y est du reste jamais très dé- 
veloppée comme c'est le cas pour d'autres ardoises (celles 
de Servoz par exemple) qui se laissent débiter en feuillets 
excessivement minces. C'est même ce qui constitue un des 
seuls reproches qu'on peut faire à certains d'entre eux 
qui chargent trop les toitures dont on les couvre. 

Leurs propriétés physiques varient passablement selon 
les échantillons. La dureté comprise entre 2 ^-3 peut 
cependant atteindre le chiffre de 4 1. Les densités que 
nous avons généralement obtenues, un peu plus faibles 
que celles données pour les mêmes schistes, sont comprises 
entre 2,75 et 2,9. Ces densités ne paraissent pas tou- 
jours bien en rapport avec la composition des échantil- 
tillons, fait qui se retrouve pour d'autres schistes de pro- 
venance fort diverse et étudiés par différents auteurs. 

Quant à leurs réactions, ils sont tous difficilement fusi- 
bles au chalumeau, quelques-uns même sont complète- 
ment infusibles, les acides étendus les attaquent à chaud 
comme à froid, faiblement, il est vrai, c'est principale- 
ment du fer qui entre en solution accompagné de petites 
quantités d'autres éléments. Ils renferment de Tean qui 



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168 COMPOSITION DE QUELQUES SCHISTES ARDOISIERS. 

ne se dégage qu'à une température relativement élevée 
et qui peut quelquefois être accompagnée de matières 
volatiles, cette eau est différente de celle hygroscopique 
qui se trouve toujours en faible quantité. Ils sont tous 
exempts de carbonates, en revanche la pyrite et le gra- 
phite y font rarement défaut, la première en faible pro- 
portion, le second pouvant atteindre jusqu'à 3 7o- 

Leur composition chimique bien que variant beaucoup 
d'un échantillon à l'autre montre cependant certains traits 
communs chez les schistes du Valais. Ainsi la silice y 
excède presque toujours 60 7» 1^ maximum de cet élé- 
ment étant de 69, chiffre relativement très élevé. Une 
grande partie de cette silice existe à Tétat de quartz, 
comme on peut aisément le voir sous le microscope. La 
proportion d'alumine y est en moyenne de 20 7» avec 
un écart de 2 7o en plus ou en moins. Le fer qui y 
oscille beaucoup plus que l'alumine est à l'état ferreux et 
ferrique, le premier excédant généralement le second. 
Enfin les alcalis sont compris entre 4 ^ et 7 7o ; c'est tou- 
jours la potasse qui prédomine sur la soude. Les diffé- 
rentes régions d'un même échantillon présentent une 
composition assez constante pour les ardoises que nous 
décrivons ici, fait qui n'a pas toujours lieu dans d'autres 
cas comme nous l'avons maintes fois constaté. 

Microscopiquement, l'étude du reste fort sommaire 
que nous avons faite de ces ardoises, montre qu'elles res- 
semblent en tous poiuts aux schistes des terrains plus 
anciens, il nous parait cependant que les éléments clas- 
tiques y sont plus abondants principalement sous forme 
de fines lamelles de muscovite et de grains de quartz 
dont la grosseur ainsi que le nombre varie selon les schis- 
tes. Les plus riches en cet élément sont les schistes 



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œuposrnoN de quelques schistes ardoisiers. 169 

de Saivan qae nous désignons plus loin sous le nom de 
type grenu. Ces grains sont généralement de contour irré- 
golier, quelques-uns d'entre eux possèdent des inclusions 
liquides de forme ovoïde munies de leur libelle. Nous en 
aTons compté jusqu'à 6 dans un seul grain de quartz. 

Entre les éléments clastiques on voit des traînées de 
matière chloritoïde de couleur verdâtre, ainsi que des 
plages d'une chlorite verte que nous avons surtout ren- 
contrée dans un échantillon de Salvan. Çàet là on trouve 
des grains opaques disséminés, ou concentrés en certains 
points et qui sont de la pyrite, peut-être aussi de Toxyde 
de Cer. Enfin on distingue les microlithes caractéristiques 
qui ont été déterminés comme du Rutile ces dernières 
années, mais que nous nous proposons néanmoins d'exa- 
miner de plus près. Il faut signaler aussi le graphite qui 
se trouve distribué dans toute la masse et qui peut être 
très abondant dans certains cas. 

Schistes d'OuTRE-RnÔNE. 

Ds sont exploités sur la rive droite du Rhône et appar- 
tiennent à la formation carbonifère qui, sur la rive gau- 
che se continue jusqu'à Salvan. Ils sont intercalés dans 
le poudingue de Vallorsine. 

Le fragment exan^né, de couleur grise, est plutôt rude 
au toucher. H est émaillé de fines lamelles de muscovite. 
Par pulvérisation il donne une poussière gris clair qui ne 
salit pas les doigts. Cette poudre chauffée dans le tube 
d^age de l'eau et change de couleur. 

Les acides étendus attaquent faiblement ce schiste 
comme il a été dit précédemment. Au chalumeau il fond 
en minces éclats et donne un émail blanc grisâtre. Il 



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1 70 COMPOSITION DE QUELQUES SCHISTES AKDOISIERS. 

manque complètement de carbonate mais renferme quel- 
que peu de pyrite ainsi que du graphite. 

Dureté = 3. Densité = 2,752. 

Analyse : 

SiO, = 61,62 
Al,0, = 22,21 



Fe,0, 


= 


1,97 


FeO 


= 


2.48 


FeS, 


= 


0,20 


CaO 


= 


0,74 


MgO 


=: 


0.87 


K.O 


= 


5.04 


Na,0 


r= 


1.50 


* H,0 


= 


0,17 


C 


= 


0,69 


Perte au feu 


= 


2,91 



100.40 

Schistes de Salvan. 

Nous en avons examiné deux types différents. Le pre- 
mier, de couleur noirâtre, est d'un grain plutôt fin et 
d'apparence homogène; il provient de la carrière de 
Bioley. Le deuxième comprenant deux spécimens que 
nous désignons sous les noms de type grenu n* ) et II, 
est essentiellement différent. Son grain grossièrement 
grenu ; sa rugosité, sa grande dureté et sa couleur peu 
foncée le font aisément reconnaître, non seulement du 
premier type, mais encoi*e des autres schistes examinés. 
Les éléments élastiques (quartz) y sont très abondants, 

* Eau hygroscopique. 



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COMPOSITION DE QUELQUES S€H)STES ARDOISIERS. iH 

ce qui explique la forte proportion de silice renfermée 
dans ces ardoises. 

Sahan, /•' type (Bioley). 

L'échantillon que nous avons eu entre les mains est 
dû à l'obligeance de M. le D^ Weber. Il est gris noirâtre» 
uniforme et d'une p&te homogène micacée. Sa poussière 
gris clair change de couleur après calcination. Il se com- 
porte ?is-à-Tis des acides comme Tardoise précédente. 
Âo chalumeau il fond sur les bords difficilement en min- 
ces éclats et donne un émail blanchâtre. Il est exempt de 
carbonate mais renferme aussi un peu de pyrite. L'en- 
semble de sa composition chimique est assez analogue à 
celle d'Outre-Rhône comme on le voit dans l'analyse qui 
suit: 



Durelé = 2^-3. 


Densité = 


Analyse : 


SiO, 


= 60.72 


AI.O. 


= 22,14 


Fe.O, 


= — 


FeO 


= 5,62 


FeS, 


= 0,47 


CaO 


= 0,68 


MgO 


= 0,97 


K.0 


= 4,74 


Na.O 


= 2.44 


H.0 


= 0,14 


C 


= 0,98 


Perte au feu 


= 2,26 



101.16 



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n 



i 72 COMPOSITION DE QUELQUES SCHISTES ARDOISIERS. 

Salvan (type grenu), n^ L 

Cette ardoise est de couleur grise; de structure grenue 
et très compacte. La schistosité y est peu développée; la 
surface de Tardoise montre de nombreuses paillettes de 
mica. La poussière en est gris très pile et change légère- 
ment de teinte après la calcinalion. Elle présente du reste 
toutes les réactions des précédentes. Au chalumeau elle 
fond très difficilement et seulement sur les bords en éclats 
très minces. Elle ne renferme ni carbonates, ni pyrite. 



Dureté = 3^-4. Densité = 2.902. 


Analyse : 




SiO' = 


64,20 


Al.O, = 


20,67 


Fe.O. = 


— 


FeO = 


4.13 


FeS, = 


— 


CaO = 


0,63 


Mgo = 


0,52 


K,0 = 


5,53 


Na.O = 


0,84 


H,0 = 


0,20 


C = 


0,45 


Perte au feu = 


2,11 



99,28 

Schiste de Salvan (type guenu), n^ IL 

Il est très semblable au précédent^ sa structure est 
encore plus grossièrement grenue et sa couleur plus claire. 



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î^n^ 



GOMPOSmON DE QUELQUES SCHISTES ARDOISIERS. i73 

La poussière en est presque blanche. Réactions identi- 
ques aux précédentes, il est de plus complètement infu- 
sible au chalumeau. Le charbon, la pyrite et les carbo- 
nates y font absolument défaut. C'est de toutes les ardoises 
que nous avons étudiées la pins riche en silice. 



Dureté = 4-4 ^. 


Densité = 2. 


Analyse : 




SiO, 


= 


69,08 


A1,0, 


= 


16,95 


Fe,0. 


= 


1,12 


FeO 


= 


5.01 


FeS. 


=^ 


— 


CaO 


= 


0,61 


MgO 


=: 


0,49 


K.O 


== 


3,70 


Na.O 


= 


1,56 


C 


= 




H.O 


= 


0,20 


Perte au feu 


= 


2,15 



100,87 



Schistes de Sembrangher. 

Les ardoises de Serabrancher sont de couleur noirâtre, 
légèrement rudes au toucher, de structure très flnement 
grenue; la poussière en est grise. Les acides attaquent ce 
schiste de même que les précédents, c'est surtout le fer 
(2,85 */ J qui entre en solution. L'échantillon examiné 
est complètement exempt de carbonates, fait que nous 



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174 COMPOSITION DE QUELQUES SCHISTES ARDOISIERS. 

avons vérifié àTaide du microscope, comme du reste pour 
tous les autres schistes. Nous ajouterons toutefois que la 
présence des carbonates en petite quantité, il est vrai, a 
été signalée par d'autres auteurs dans les mêmes schistes. 
Nous sommes donc ici en présence d'une différence qui, 
du reste, est sans importance et vraisemblablement acci- 
dentelle. (I est k remarquer que chez les ardoises où les 
carbonates sont véritablement partie constituante, leur 
teneur peut varier considérablement d'un échantillon à 
l'autre. Au chalumeau l'ardoise de Sembrancher fond dif- 
ficilement et donne un émail blanc sale. Sa dureté varie 
légèrement selon les régions. 



Dureté = 2J-3. 


Densité = 


Analyse : 


SiO, 


= 


58,90 


AI.O, 


= 


2i,54 


Fe,0. 


= 


3,62 


FeO 


= 


4.58 


FeS, 


^ 


0.47 


CaO 


= 


0,96 


MgO 


=: 


0,94 


K,0 


= 


3,05 


Na.O 


= 


1,49 


H.0 


= 


0.22 


C 


= 


1,25 


Perte au feu 


=: 


3,33 



100,35 

Schistes d'Iserable. 
Il est de couleur noire, à éclat légèrement soyeux, lui- 



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œMPOSlTION DE QUELQUES SCHISTES ARDOISIERS. i 75 

sanl et doux au toucher. Sa pâte fine et homogène donne, 
pulTérisée une poussière noirâlre. Il se comporte vis-à- 
Tis des réactifs et de la chaleur comme les précédentes. 
Au chalumeau il fond difficilement en minces éclats et 
donne un énîail noirâtre. Exempt de carbonates, il ren- 
ferme seulement un pea de pyrite, c'est des ardoises du 
Valais étudiées celle qui contient le plus de graphite. 



Dureté = 2 J. Densité = 2.807 


Analyse : 




SiO, = 


60.90 


Al,0, = 


18.70 


Fe,0, = 


4,70 


FeO = 


3,55 


FeS, = 


0,63 


CaO = 


0,88 


MgO = 


2,01 


K,0 = 


3,97 


Na,0 = 


1,63 


H.0 = 


0,15 


C = 


3,18 


Perte au feu = 


1,18 



101,48 



ScfflSTKS DE SeRVOZ (SaVOIE). 

Ces ardoises appartiennent au terrain houiller, large- 
ment distribué dans les environs de Servez. On les 
exploite sur les pentes du Brévent et à la montagne de 



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1 76 COMPOSITION DE QUELQUES SCHISTES ARDOISIERS. 

Pormenaz. D'après M. G. de Morlillet, bien que leur 
couleur soit inaltérable, leur résistance aux différents 
agents atmosphériques est fort diverse, car tandis que les 
unes résistent très longtemps, d'autres au contraire soDt 
rapidement délitées. M. A. Favre ' dans le <:hapitre qu'il 
consacre au massif du Brévent et des Aiguilles-Rouges, 
dit quelques mots des schistes de Servoz ainsi que des 
empreintes végétales (fougères) qu'on y rencontre, il men- 
tionne certaines stries plus ou moins irrégulières qui 
s'observent sur leur surface et leur donne souvent un 
aspect fibreux. 

L'échantillon examiné est de couleur noire, très schis- 
teux, il se laisse séparer en plaques fort minces. Sur 
la surface de l'ardoise on remarque les stries dont parle 
M. Favre. La pAte en est très fine, au toucher graphitique 
salissant les doigts, çà et là on voit quelques rares lamel- 
les de mica. Sa poussière noirâtre change de couleur 
après calci nation. Cette ardoise est attaquée par les acides 
étendus comme les précédentes. Dans le tube elle dégage 
une eau légèrement ammoniacale. Au chalumeau elle fond 
mais seulement en minces éclats et donne un émail gris 
blanchâtre. Ce schiste est assez différent de ceux du Valais 
par sa composition chimique, il est plus pauvre en silice 
et plus riche en bases. Il est également exempt de car- 
bonates. C'est de toutes les ardoises examinées la plus 
riche en carbone. 

Dureté = 2-2 ^. Densité = 2.754. 

* Favre, Géologie de la Savoie. 



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COMPOSmON DE QUKLQOES SCHISTKS ARDOISIKRS. 17" 
Analyse : 



SiO. 


= 


50, i 7 


AIA 


=: 


24,34 


Fe,0. 


— 


1.09 


FeO 


= 


0,49 


FeS, 


z^ 


0,78 


CaO 


= 


1,97 


MgO 


= 


1,24 


K,0 


= 


5,32 


Na,0 


= 


0,64 


H.O 


= 


0,90 


C 


-= 


5.45 


Perle an feu 


= 


1,25 



99.94 



Archives, t. XXIII. — Février 1890. 



l:( 



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1 



BDLLETIIN SCIENTIFIQUE 



CHIMIE 

ZKI ET LUDWIG SCHMIDT. SUR LE TETRA AMIDOBENZOL, 

{Berichle, XXII, 1648, Bâle.) 

IraamidobeDzol dans lequel les 4 groupes NHj sont 
5'oblient par la réduction de la dichinoyltélroxime 



NOH 




NOH 
NOH 
NOH 

elle-môtne par l'action de Thydroxylamine sur la 
)résorcine; ce corps a les propriélés des orthodiami- 
ivec le diacétyle donne une dichinoxaline caracléris- 
ï dichinoxaline forme des aiguilles jaunes d*or fusibles 

r. 

N— CCH, 




Ifale de la base fondu avec de Tacétale de soude 
ne base élhényli(|ue Iriacétylée ayant pour formule 
iounelle 



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179 



\ 



COCH3 



NHCOCH 



fusible à 260", et qui dissoute dans Tacide chlorhydrique et 
précipitée parrammoniaque se transforme en base diacély- 
lée ayant probablemenl la constitution 




t:,H3 



— NHC2H3O 

NHCjHgO 

fosible à !76^ 

Ces deux dérivés acélylés dissous dans Facidesnlfurique 
dilué et évaporés à consistance sirupeuse, puis précipités par 
Talcool donnent l'un et Vautre la môme base C,„H,(jN4, ai- 
guilles fusibles à 145'' qui sont un diéthényltétramidobenzol. 



Henri Bhunner. Analyse gbimiquk qoalitativr. Lausanne, 
F. Rouge, éditeur. 

Le Guide pour Fanalyse chimique qualitative que M. H. 
Brunner vient de faire paraître, est un de ceux que Ton peut 
certainement recommander à Tattenlion des chimistes. 

Il existe déjà, il est vrai, une foule de guides semblables, 
mais un petit nombre seulement, à notre avis, remplissent 
réellement leur buL Combien y a-t-il en effet de pareils livres 
se bornant à décrire jusque dans les plus petits détails les 
moyens connus et employés dans l'analyse, mais dans les- 
quels l'auteur semble oublier qu'il faut avant tout intéresser 
le commençant et lui expliquer rationnellement les procédés 



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180 BULLETIN SaENllFlQUE. 

employés. Quel non-sens que de vouloir faire un analyste 
adroit quand auparavant il ne se rend pas un compte exact 
de ce qu'il fait, chimiquement parlant, et des raisons qui le 
guident. 

Le livre de M. Brunner a, il est vrai, un peu aussi ce dé- 
faut-là, cependant à un bien moindre degré que la plupart 
des traités semblables. Comme compensation, du reste, il a 
de grandes qualités, entre autres de contenir sous une forme 
brève et claire un grand nombre de renseignements très 
utiles pour ceux qui ont à s'occuper couramment d'analyses. 
M. Brunner consacre ainsi un chapitre complet à l'analyse 
pyrognostique de Bunsen, sujet à peine traité dans d'au- 
tres ouvrages analogues. Il est même étonnant que ce 
moyen d'analyse qualitative qui offre souvent de grands 
avantages sur les méthodes habituelles, soit si peu utilisé. 
Grâce à ce procédé, par exemple, il est possible souvent 
de faire une analyse en un temps fort court, tout en ne 
disposant que d'une quantité minime de substance. Une 
autre raison encore, nous semble-t-il, militerait en faveur 
de l'enseignement courant de l'analyse pyrognostique : elle 
oblige celui qui veut s'en servir à devenir adroit et même 
fort adroit, ce qui est une qualité essentielle pour un ana- 
lyste. M. Brunner donne aussi dans son livre de précieuses 
indications sur la recherche des éléments • rares. » Il a bien 
raison, car l'emploi de certains d'entre eux tend à augmenter 
et d'un autre côté les chimistes savent maintenant que ces 
éléments dits « rares » sont au contraire souvent très fré- 
quents, quoique, il est vrai, en proportions plutôt minimes. 
Combien de traités d'analyse ne mentionnent même pas le 
molybdène, le vanadium, le titane, l'iridium, le sélénium, 
Turane, le lithium, elc, éléments bien fréquents cependant. 

En somme donc et pour résumer, ce Guide de M. Brunner 
marque un progrès sérieux sur les autres traités élémentaires 
pareils et peut être chaudement recommandé à tous les chi- 
niisle>. C. D. 



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COiMPTE RENDU DES SÉANCES 



SOCIETE DE PHYSIQUE ET D'HISTOIRE NATURELLE DE GENEVE 



Séance du 16 janvim^ 1890. 

M. Micbeli. Rapport anuuel. 

M. Marc Michëli, président sorlant de charge, lil son lap- 
porl sur la marche de la Société pendant Tannée 1889. 



Séance du 6 février. 

ScLweinfiJrth. Rupportf entre la flore «le l'ArHbie Heureuse et celle de l'Egypte. 
— De Candolle. Observaiions sur t-e sujet. — Pliil. Guye. Chimie uiolecn- 
Ijûre. — Forel. Genèse du I&c Léman. — Ad. D'Espine. RecliercLes expé- 
rimentales snr le bacille dipbteritique. — AI. Herzen. De la prédisposition 
1 la putréfaction et tiux infections. — L. Duparc et Ri p. Gusse. Sur le 
sidërolithiqne du >alôve. 

Au nom de M. le D' A. Schwelnfurth, M. E. Adtran 
donne lecture d'un mémoire de ce dernier sur certains rap- 
ports entre r Arabie Heureuse et l'ancienne Egypte, résultant 
de son dernier voyage au Yemen. 

Pendant l'hiver 1888-1889, le D' Schweinfurth, parti de 
Hadeidah, a rayonné dans les montagnes autour de Sana et 
a rapporté un riche butin de plantes. 

Le principal but de ce voyage était de constater avec cer- 
titude ridentité d'un certain nombre de plantes décrites par 
Forskal il y a plus de cent vingt-cinq ans. En effet, depuis le 



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<82 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 



voyage de ce savant élève de Linné, le Yemen n'avail été 
soigneusement exploré que par M. A. Deflers, en 1887. 

Plusieurs des végétaux utiles à l'homme et cultivés par lui 
ont trouvé leur chemin vers les pays septentrionaux par l'in- 
termédiaire de l'Arabie Heureuse (par exemple le cédratier 
et le bigoradier); quelques-uns paraissent ici avoir été culti- 
vés pour la première fois pour l'usage de Thornme (\e ca- 
roubier, le grenadier, le canavalia et peut-être le figuier 
commun). 

Le cadeau des temps actuels que nous a fait l'Arabie, c'est 
le café. Son usage s'est répandu avec une rapidité tout à fait 
extraordinaire. 

Puis, dès les temps anciens, c'étaient les substances aro- 
matiques, l'encens et la myrrhe, qui, récoltés dans le pays 
même ou dans les régions voisines, étaient l'objet d'un 
grand commerce d'exportation. 

Un des résultats du voyage de M. Schweinfurlh a été de 
pouvoir établir que l'énigmalique pays de Puni, d'où les 
Égyptiens liraient leurs aromates, n'était pas situé unique- 
ment sur la côte africaine, mais bien des deux côtés de la 
partie méridionale de la mer Rouge. En effet, l'autre dési- 
gnation du pays de Punt, • montagne à gradins, • se trouve 
déjà littéralement employée comme telte pour un district 
spécial de l'Arabie Heureuse. 

Les anciens Égyptiens s'appliquaient à cultiver certains 
arbres qui étaient dédiés à des divinités spéciales, tel que 
le sycomore l'était à Hathor. Cet arbre était d'origine 
étrangère, de l'Élhiopie; il pouvait aussi bien venir du sud 
de l'Arabie que de l'Abyssinie. Sirabon et Diodore l'atteslenl. 
D'après ForskaK le sycomore devail se rencontrer dans le 
Yemen à l'état sauvage. Le D** Schweinfurth l'y a effective- 
ment Irouvé dans de nombreuses localités, et, preuves en 
mains, il a pu établir que le figuiei' connu dans le Yemen 
sous les noms de Chanés et de Bourra est absolument iden- 
tique au sycomore égyptien et que son lieu d'origine se 
trouve incontestablement dans ce pays. 

M. Alph. DE Candolle fait ensuite observer que M. Deflers, 



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KT d'histoire naturelle DE GENÈVE. 183 

dans sâ Oore récente da Yemen (page 143), n'a vu noUe 
part le caféier spontané en Arabie el soutient Topinion an- 
cieoDe qu'il y a été introduit comme plante cultivée du pays 
dfô Gallas et d'Harrar, en Afrique. 

Le commerce des aromates était jadis très important à 
Socotora, où M. Balfour a trouvé les arbres à encens bien 
spoDtanés aujourd'hui. Ce n'est pas à dire qu'il n'y en eût 
aussi ailleurs. Deflers en parle (page 120). 

H. Ch.-Eag. GuYB communique, au nom de son frère, 
H. Ph. GuTE, les résultats d'un travail de chimie moléculaire. 
Ed s'appuyant sur les théories de MM. van der Waals, Lo- 
rentz et Lorenz, M. Ph. Guye a démontré que le coefficient 
critique d'un corps (rapport de la température critique abso- 
lue à la pression critique) est proportionnel au pouvoir réfrin- 
gent moléculaire. De là résulte que le poids moléculaire M 
d'Qo corps, au point critique, est donné par la relation 

M=l,8^, 

dans laquelle x représente le coefficient critique, R le pou- 
voir réfringent spécifique. 

Celte relation a été vérifiée dans une cinquantaine de cas 
pour lesquels on connaît les constantes numériques néces- 
saires. Ces vérifications peuvent être considérées comme 
générales, car elles concernent des corps simples el compo- 
sés, des dérivés inorganiques et organiques, des bases et des 
acides, des fonctions organiques variées, telles que : hydro- 
carbure, alcool, cétone, aminé, éthers de types différents, 
composés halogènes, sulfurés, etc. 

On peut, en outre, déterminer des coefficients atomiques 
critiques au moyen desquels on peut calculer a priori le coef- 
ficient critique d'un composé quelconque en faisant la somme 
des coefficients critiques des atomes constituant la molécule. 

Indépendamment de l'intérêt physique que peut avoir la 
relation ci-dessus el des rapports tout à fait inattendus qu'elle 
établit entre une constante optique et une constante thermi- 
que, cette relation donne la clef de la constitution molécu- 



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184 SOCIÉTÉ DE phvsiqûe: 

laire des corps au point critique, c'est-à-dire dans les condi- 
tions où un gaz et un liquide peuvent exister comme tels 
simultanément. Les poids moléculaires ainsi trouvés étant 
précisément ceux donnés par la loi d'Avogadro et d'Ampère 
à l'état gazeux, il faut en conclure que les liquides au point 
critique ont en général la môme constitution que les gaz, 
contrairement à l'opinion admise par quelques savants, qui 
estiment que les molécules des liquides sont des multiples 
des molécules gazeuses. 

M. F.- A. FoRBL expose ses idées sur la genèse du lac Léman. 

Il écarte les théories qui cherchent dans des phénomènes 
orographiques ou dans l'action des glaciers, l'excavation de 
la cuvette du lac. Il estime, au contraire, avec Rûtimeyer, 
que c'est à l'érosion par l'eau courante qu'est dû le creuse- 
ment de la vallée du Rhône, et spécialement de la cluse du 
Bas- Valais, qui s'élend de Martigny au lac Léman. Il n'y a 
pas lieu de séparer au point de vue de la genèse, comme le 
voulait Desor, le Haut lac du Grand lac et du Petit lac, c^ 
trois parties appartenant à une même vallée d'érosion qui, 
après avoir drainé le Valais et les Alpes antérieures, ame- 
nait leurs eaux par une pente continue jusqu'à la mer. 

Sur cette vallée, la cuvette du Léman peut avoir été for- 
mée, ou bien par soulèvement de l'extrémité occidentale, 
dans la région de Genève ou du Jura, ou par enfoncement 
de la région même du lac et de son extrémité orientale. 
C'est à cette dernière hypothèse que M. Forel s'attache. 

Le plafond actuel du lac est à l'altitude absolue de 66 mè- 
tres (env. 63 mètres); si l'on déduit de celte cote la valeur 
inconnue des alluvions modernes qui ont comblé le lac de- 
puis Tépoque glaciaire, et qui ne peuvent être inférieures à 
une centaine de mètres, on arrive déjà à une altitude néga- 
tive, inférieure au niveau de la mer; si l'on lient compte de 
la pente nécessaire de 0.002 environ pour l'écoulement du 
fleuve jusqu'à la mer, on voit que dans l'hypothèse de creu- 
sement de la vallée par érosion aqueuse, il faut admettre 
qu'il y ait eu affaissement ultérieur de la région orientale du 
Léman. 

Une telle conclusion s'impose encore plus pour les lacs de 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 185 

rinsabrie, dont le plafond esl acluelleraenl inférieur au ni- 
veau marin; elle n'est pas conlradicloire avec les faits géo- 
graphiques des autres lacs du versant nord des Alpes suisses 
et savoyardes, dont le fond reste supérieur à ce niveau. 

M. Forel admet donc qu'à une époque à déterminer, le 
massif entier des Alpes centrales était de quelque cinq cent 
mètres plus élevé qu'il ne l'est aujourd'hui, que les grandes 
yallées des Alpes se sont alors creusées jusqu*à une profon- 
deur correspondant au plafond des grands lacs subalpins, 
puis que la région dans son ensemble s'est enfoncée en 
amenant ainsi l'arrêt des eaux dans les vallées transformées 
en cuvettes de lacs. Le Léman aurait à ce moment-là rem- 
pli la vallée du Valais jusqu'à Sierre et peut-être jusqu'à 
Brigue, il aurait ensuite été découpé en une série de lacs 
retenus par les barrages alluviaux des torrents de l'Illgraben 
et du Bois-Noir; ces lacs auraient les uns après les autres été 
comblés par l'alluvion du Rhône et de ses affluents, et le 
Léman actuel serait le dernier reste de ce procès de rem- 
plissage. 

La position de l'extrémité terminale du Léman, aurait été 
Oxée par le barrage alluvial de l'Arve, en analogie aux bar- 
rages du môme genre qui s'observent à la sortie de tous les 
lacs subalpins du versant nord des Alpes. 

Quant à la complication du relief du Petit lac composé 
d'une série de cuvettes peu profondes, séparées par des 
barres peu saillantes, M. Forel ["attribue à des moraines gla- 
ciaires déposées pendant la décrue du grand glacier du Khône 
dans cette région de la vallée. 

Enfin, pour ce qui regarde les dates géologiques de ces 
faits, on aurait : 

a) Premier établissement de la vallée du Rhône dès la 
première émergence des Alpes ; 

b) Soulèvement général progressif du pays alpin avec 
approfondissement de la vallée pendant les âges jurassiques, 
crétacés, éocènes, miocènes. L'altitude est encore assez peu 
élevée pour que la mer éocène puisse encore recouvrir une 
partie des Alpes antérieures, et la mer miocène la plaine 
suisse; , 

Archives, t. XXIII. — Février 1890. U 



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180 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

c) Grand exhaussement des Alpes à une altilude supé- 
rieure à Tallitude actuelle; creusement de la vallée du 
Khône par érosion aqueuse (et peut-être glaciaire) jusqu'à un 
niveau relatif légèrement inférieur au plafond actuel du 
Léman. Cette période de surexhaussement doit être placée 
entre Tépoque helvélienne (miocène) et la fin de Tépoque 
glaciaire; 

d) Affaissement de la région alpine au niveau actuel; rem* 
plissage de la vallée d'érosion par les eaux stagnantes ; le 
Léman prolonge son bassin jusque dans le Valais et s'étend 
jusqu'à Sierre ou Brigue. Cette phase d'affaissement a dû 
probablement coïncider avec la fin de Tépoque glaciaire; 

e) Depuis l'époque glaciaire jusqu'à nos jours, partage du 
Léman valaisan en une série de lacs étages, lac de Brigue au- 
dessus de rillgraben, lac de Sion au-dessus du Bois-Noir, lac 
Léman du Bois-Noir à Genève — remplissage successif de 
ces lacs par les alluvions du Rhône el de ses affluents. 

M. L. Rûtimeyer supposait que Pancienne vallée du Rhône 
s'écoulait vers le nord par la vallée de la Venoge et le 
lac de Neuchâlel; le vallon de la Venoge semble trop 
étroit pour justifier de si hautes attributions; du reste, 
les grandes profondeurs du lac Léman entre l'embouchure 
de la Venoge et le détroit de Promenlhoux, seraient inex- 
plicables dans cette hypothèse. M. Forel préfère chercher 
Técoulement dans la vallée actuelle du Rhône de Genève à 
Bellegarde. 

Le D*" A. D'EspiiNË présente un tirage à part d'un mémoire 
intitulé : Recherches expérinieiUales sur le bacUle diphtériti- 
que, par A. D'Espine el E. de Marignac, et en donne un court 
résumé. {Revue méd. de la Suisse rom,, 1890, n<> i et n* 2.) 

Il signale, à propos de Vépidémie d'influenza, un travail do 
D' Ornstein, médecin militaire en Grèce, qui sépare nette- 
ment la dengue de la grippe. Ce travail, intitulé : « Zur Frage 
ûber die Dangue, » a paru dans la Deutsche medicimsche 
Wochmschrift (1890, page 25). 

M. HeazEN rappelle les expériences qu'il a faites, il y a 



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ET D mSÏUlKK ?<ATUKKLLK UL GKNfcVE. 187 

quelque temps déjà, sur rinfluence exercée par l'acide borique 
mr la fennentalion alcoolique et acétique : une très petite 
qaantilé de cet acide ajoalée aa moût favorise Inactivité de la 
levure; ajoalée au vin, elle le rend réfractaireà l'acétillca- 
tion, à tel point que môme inoculé avec du vin en train de 
devenir vinaigre et fourmillant de microbes, il reste intact 
et les microbes y périssent. 

Or, ces mêmes microbes ne périssent pas et se multiplient 
au contraire, dans de Tacide ac^ique au 5 Vo environ conte- 
nant une dose ceiU fois plus forte d'acide borique; ce dernier 
D'est donc pas un poison pour eux, et ils peuvent vivre 
d*acide acétique. Si ce fait est exact, les microbes qu'on 
accuse d'être la cause de la fermentation acétique, n'en sont 
qu'une conséquence, et l'acide borique préserve le vin non 
en tuant les microbes, mais en s'opposant à une modification 
de la constitution chimique du vin, indépendante des microbes 
et grâce à laquelle le vin devient un terrain favorable à leur 
développement. 

n en est à peu prés de même pour la putréfaction; de 
petits morceaux de viande trempés dans une solution d'acide 
borique et placés dans des récipients hermétiquement fer- 
més, se conserveront indéfiniment; mais si Ton prend des 
morceaux trop gros, les parties centrales, insufiQsammenl 
imbues, se modifient dans leur consistence, leur couleur, leur 
odeur, en f absence de microbes ; mais cette modification n'est 
pas de la putréfaction; elle le devient seulement si les micro- 
bes s'en mêlent. Ici de nouveau il semble que la viande 
absolument fraîche est réfractaire, et ne devient accessible à 
l'influence des microbes de la putréfaction qu'après avoir 
subi une modification indépendante d'eux, qui la prédispose à 
leur succomber. Que font, en effet, ces microbes pendant 
l'intervalle souvent très long qui s'écoule entre la mort et le 
début de la putréfaction, dans des cas semblables, par exem- 
ple, à celui que M. Brown-Séquard vient de communiquer à 
la Société de Biologie de Paris, et où aucune précaution anti- 
septique n'a été prise? L'arrêt des échanges auquel M. Brown- 
Séquard attribue dans ces cas le retard de la putréfaction, 
retarde aussi sans doute la modification chimique des tissus 



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188 SOCIÉTÉ OK PHYSIQUE, ETC. 

qui doit les reodre accessibles, les prédisposer à la putré- 
faction. 

Des faiLs analogues se passent dans l'organisme vivant, et 
peuvent dans certains cas nous expliquer en quoi consiste la 
prédisposition à telle ou telle infection. Ainsi^ le tissu muscu- 
laire du lapin est réfraclaire au charbon symptomatique; le 
microbe ne s'y multiplie pas et l'animal reste sain ; mais si 
on injecte d'abord un peu d'acide lactique dans le muscle 
d'un lapin normal, le micrdbe du charbon symptomatique 
s'y développe; l'animal est infecté. 

L'acide lactique étant un des produits de décompositon les 
plus constants de l'activité musculaire, M. Herzen i émis l'idée 
(Semaine médicale, 6 mars 1889) qu'il doit suflSre de fatiguer 
un animal réfractaire au microbe en question pour suppri- 
mer son immunité, poui- le prédisposer à cetle infection, 

MM. Charrin et Roger ont entrepris une série d'expé^ 
riences dans ce sens; ils viennent de communiquer leurs 
résultats à la Société de Biologie (séance du 19 janvier 1890). 
Ils se sont servis de rats blancs, dont une partie était forcée 
d'accomplir un exercice musculaire considérable ; les quinze 
animaux inoculés et laissés au repos, ont presque tous sur- 
vécu; quatre, il est vrai, ont péri ; mais ils avaient reçu une 
dose énorme de virus; les vingt et un animaux inoculés et 
fatigués ont presque tous succombé; deux seulement ont sur- 
vécu; l'un, sans doute, parce qu'il avait reçu une dose de 
virus beaucoup plus faible que les autres; l'autre — sans 
cause plausible. 

A l'occasion d'observations faites récemment par M. Hipp. 
Gosse et lui dans une grotte du mont Salève, M. le prof. L. 
DuPARC présente quelques considérations sur le sidérolithi- 
que de cette montagne. Ces Messieurs reviendront sur ce 
sujet dans une communication ultérieure. 



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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A L'OBSERYATOIBB DE GENÈVE 



riMBAirT Ll MOIS Dl 

JANVIER XSOO 



^ i*, 3 et 4, brouillard contmii, enveloppant pendant les deux derniers jours. 
$, bromUard jusqu'à 7 h. da matin et depuis 7 h. du soir. 
6, 7, 8 et 9, brouillard enveloppant continu ; givre pendant les trois derniers 

jours. 
% brouillard enveloppant jusqu*à 9 b. du matin; grésil à 11 h. 45 m. du matin ; les 

grains sont transparents, sphériques, d*un diamètre de l"" à l"" Vtî 

brouillard de 7 b. à 9 h. du soir. 
II, brouinard enveloppant très intense le matin, ainsi que de 6 b. à 7 b. du soir. 
IS, brouîUard josqo^à 10 b. da matin. 
13, bnMiiUatd pendant tout le joor. 

14, 15, 16, 17 et 18, brouillard continu, généralement enveloppant. 
H brouillard jusqu'à 7 b. du matin ; fort vent depuis 10 b. du soir. 
20, fort vent à 10 h. du matin et depuis 10 b. du soir. 
21i finie giboulée de neige à 9 b. du matin, 
fi, fort vent à 10 h. du matin et depuis 10 b. du soir. 
^ très fort vent jusqu'à 9 h. du soir ; éclairs au NO. à 7 h. 50 m. du soir, violente 

bourrasque. 
^1 brouillard enveloppant jusqu'à 7 h. du matin; léger brouillard de terre à 

9 h. du soir. 
% très iKte gelée blancbe le matin. 

% fiàbte gelée blancbe le matin ; bàlo lunaire à 9 b. dn soir. 
% neige de 6 h. à 8 h. du soir; forte bise depuis 9 h. du soir. 
31) forte bise juaqu^à 7 h. du soir, 
^t trb forte bise depuis 1 b. dn soir. 

AitcuvBS» U XXIIL — FéTrier 1890. 15 



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190 



i extrêmes de la pression atmosphérique observées au barographe. 

MAXIMUM. MINIMUM. 

mm M. ai 

Le 3 à i h; soir 7î4,i2 

matin 744,11 

il à 3 h. soir 731,33 

. matin....,*. ... 736,51 

20 à il h. soir 721,93 

. soir 727,96 

23 à 3 h. soir 713,80 

matin 735,72 

29 à 2 h. soir 719,71 

. matin 733,17 

31 à 4 h. soir 728,09 



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! LôniBèlit 






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MOYENNES DU MOIS DE JANVIER 1890 



ib.i 



4 b. 



7 h. 



iOb. 



lh.8. 



4 h. s. 



1b. t. lOb.s. 



OQio Din iDiD inni ORi nmi idib bb 

734.47 734.38 734.55 735,04 734,12 734.07 734.40 734.78 

732.31 732.16 732.50 732,77 731,76 731.56 731,57 731458 

726.96 726456 726,90 726.86 726,66 726.76 727,82 727.99 



731,11 730,89 731.17 731.41 730,71 730,67 731,15 731,31 





-2.05 



Teaipéranire« 





2,38 - 





1,98 -0.79 -0.56 -0.78 -1,17 



{- 0.02 - 0.11 - 0.47 + 0.16 + 1,44 + 1.75 + 1,34 + 0.75 
f 3.68 +3.55 +3.63 +5.63 +7,05 +6452 + 4.fô +3411 

- 0.65 + 0.45 + 0.30 + 1,41 + 2,71 + 2.70 + 1.76 + 1.!! 



PraetioB de MitnratloB en inlUièaie». 



901 


903 


893 


891 876 874 891 


907 


904 


906 


897 


864 876 837 844 


878 


790 


772 


781 


673 626 605 681 


715 


%8 


857 


855 


805 787 766 801 


819 


Tlierni. lulii. 


Tiierm. max. 


TemMrtlnre CltrU moy. Bau de plnie UmmmMn 
dn Rb«ne. dit Ciel. «n de ndge. 





3.32 


+ 049 


+ 6.01 0.97 2.0 


131,31 


— 


1.8i 


+ 3.03 


+ 5.05 0.97 10.9 


129,62 


+ 


1.16 


+ 9.31 


+ 6,60 0,74 52.1 


142,10 



- 1,25 + 4.44 + 5.25 0,89 



65,0 



134W 



ce mois l'air a été calme 28,5 fois sur 100. 

pport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 0,53 à 1,00* 

rectioD de la résultante de tous les vents observés est S. 3°)5« W. et sor 

ist égale à 23,0 sur 100- 



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193 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU GRAND SAINT-BERNARD 

peidaat 

LK MOIS DE JANVIER 1890. 



Le i\ fort vent pendant toot le jour; neige jusqu'à I h. do sdr, puis broatllard. 

% fort ?ent pendant tout le jour; neige jusqu'à 7 h. du matin, à 1 h. du soir et 
depuis 7 h. du soir; brouillard à iO h. du matin et à 4 h. du soir. 

3^ fort vent pendant tout le jour; neige jusqu'à 1 h. du soir, puis brouillard. 

4, brouillard pendant tout le jour ; fort vent jusqu'à 7 b. du matin et depuis 4 b. 
du soir. 

iO, légère neige à 7 h. du soir. 

ii, légère neige à 7 h. du matin; brouillard de i b. à 4 h. du soir, forte bise de- 
puis 4 b. du soir. 

12, neige par une forte bise pendant tout le jour. 

fS, forte bise depuis 1 b. du soir. 

)0, neige depuis 1 b. du soir. 

i\, neige jusqu'à I b. du soir; forte bise de 10 b. du matin à 4 b. du soir; 
brouillard à 4 b. du soir. 

S, neige pendant tout le jour. 

23, neige pendant tout le jour; fort vent depuis 4 b. du soir. 

24, très forte bise pendant tout le jour; neige jusqu'à 10 b. du matin, puis brouil- 

lard. 

25, brouillard jusqu'à 7 b. du matin. 

26, l^ère neige à 1 b. et à 4 h. du soir; violente bise à 4 h. du soir. 

29, brouillard par une forte bise depuis 10 b. du soir. 

30, brouillard jusqu'à 7 b. du matin ; forte bise jusqu'à 10 b. du matin et depuis 

10 h. du soir. 

31, forte bise jusqu'à I b. du soir ; brouillard à 1 b. du soir. 



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\u 



f de la pression cUmosphérique observées au harographe 



XIMUM MINIMUM. 

Ollll fil ti 

Le 3 à 1 h. soir 561,43 



578,12 
569,87 
560,75 
569,50 
562,30 



11 à 4 h. soir 564,72 

21 à 7 h. matin 556,17 

23 à 7 h. soir 554^ 

29 à 4 h. soir 556:88 

31 à 7 h. soir 558,42 



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m 



^^^-^c5ooo^oc5^oc5c5c5c5c5c5c5c5'^-^-^^©<^G>o<^c5 



§ .S 

> B 

e 



9^9^9^9^^m^^4'm4^4m4 MMM^4^«^^^4^^M^MC0^^fw4«^^4MM 



^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ bj 'g E4 Cii bj M p^ bi » Cz3 Cxi U U ^ ^ U U CiS Cz3 ^ Cid C>j bj 



P 






P 






•CO 

•00 



oaoeooao 



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II 

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11 



. aooooooaçOQOQ«oo*cyao*4'aQcoaç90coMco>^ooo^cooae># 

Il III ++++1 I I l-H-H-ll I I I I 1-H-lTT 



il 



91ie*9«C0a0«00>OQ0O^Q0QQaQ99a^O20OM>^O>#Q0*4iQ0Q0^CO»^ 

t^côaôoSa6<d*<^Mcô>^aôt^QoaocôMcô*tf<d^*^a<i>^oS<ôc?cSa«alcôcd 

I I I I I 1 1 II il I I I I II I iTTTi I iTTiTTÎ 






S \^2 

IHi 



++ 



+++ M 1 I I I I I I I I I 1 1 1 I I I 1 I I 



Si! 



I II 1 1 I I I I I I I I I I 1 1 I I iTi 1 1 I I I I iTT 



î 1*1.8 






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SàSapSSSSSS 






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J^8 



.SSSS:3SSISS^ISS^SSS8SSg!37:Sf:SS<^SS;S!!|SS 

JaÔ9^0côa6>4<^cô«MQ6a020côr^Q6o6t>a6côc5MMc6^<ocoQÔ*^a«00 

i | i I 1 iTTTTi i + ii 1 1 M + i 1 I I I 1 1 I I i + i 









iSâ;^r;|||^.|d.s;3^^.Sâ3iq^s:ssss8^s^sss^.s| 



+ 



^ 94C0 «d* aO CO r^ 00 Od O ^ M CO >4l 30 CO t^ 00 Od 



SA33SiâliieS33S8$l>SêS 



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196 



YENNES OU 6RAND SAINT-BERNARD. — JANVIER 1890. 



Ih.m. 4 b. m. 7h.oi. 10 b. m. 1 b. t. 4 h. t. 7 b. t. 10 h. t. 



moi am mm , mm mm mm nni wêxù 

569,68 569,49 569,62 569,90 569,35 569,57 569,81 570,03 

567,09 567,01 567,03 566,93 566,35 566,38 566,54 566,33 

561,99 561,58 561,39 561,60 561,48 561,38 561,86 662,06 



... 566,12 565,88 565,86 566,00 565,59 565,63 565,93 566,01 


7 h, m. 


iOh.m. lb.«. tb.1. 


Th.». 


Uk.*. 




.. -4,96 


- 4^30 - î.a - 3*80 


- 4,°41 


-*!îÔ 


.. -4,76 


- 3,12 - 1,64 - 3,63 


-3,88 


— 3,80 


.. -7,73 


- 6,70 - 8.91 - 6,62 


-8,19 


-7.93 


.. -5,87 


- 4,77 - 3,48 - 4,75 


-5,58 


— 6,40 


lliB..bMnré. 


Max. ofawrré. Néboluité. 1 


San de pluie 
ovdeaeige. 


tUileur de te 


.. -6,« 


- 1^29 0,46 


mm 

26,5 


inm 

330 


.. —6,01 


- 0,23 0,28 


22,6 


3S0 


.. -10,89 


- 3,95 0,51 


92,3 


1210 



.. -7,78 -1,89 0,42 141,4 1890 

te mois, Tair a été calmé OiO fois sur 100. 

port des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 1,64 à 1,00. 

Bction de la résultante de tous les vents observés est N. 45° E., et son 

it égale à 32,3 sur 100 



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498 SUR l'équation de bi. van dër waals. 

arrêté par la difficulté suivante : Toutes ces formules 
contiennent comme constantes la température critique 
et la pression critique, ou, tout au moins, d'autres para- 
mètres qui expérimentalement en dépendent, et, comme 
la mesure des températures et des pressions critiques 
constitue une opération très délicate, donne rarement 
des résultats bien exacts et n'est praticable, avec nos 
moyens actuels, que dans un nombre limité de cas, il 
en résulte que les formules si intéressantes de M. van 
der Waals semblent perdre un peu de leur portée lors- 
qu'on cherche à en tirer un parti pratique. 

Arrêté par ces difficultés dans le travail que je pour- 
suis actuellement, j'ai pensé que l'on pourrait peut-être 
éviter cet écueil en cherchant de nouvelles relations entre 
les constantes des équations de M. van der Waals et d'au- 
tres constantes physiques et chimiques d'une mesure à la 
fois plus facile et plus exacte. 

Les résultats que je vais exposer sont relatifs à un pre- 
mier essai tenté dans cette voie. J'ai été en effel conduit 
à remplacer, à un facteur constant près, le co-volume b 
de l'équation de M. van der Waals par le pouvoir réfrin- 
gent moléculaire \ Les considérations qui m'ont guidé 
étant empruntées à des chapitres fort différents de la phy- 
sique et de la chimie, on me permettra, pour plus de 
clarté, d'entrer dans quelques développements à leur 
sujet. 

Je reprends en premier lieu l'équation fondamentale 
de M. van der Waals, soit 

(p + ^)(t^-*)=(po + -^)(t^o-6)(l+al) 

^ Comptes rendus de VAcad.^ 20 janvier 1890. — BuU, Soc 
Chim. (3), 3. 61. 



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OD 



SUR l'équation dk m. van der waals. 199 

6t je rappelle que p, v et t représentant la pression et la 
température sous lesquelles un corps occupe un volume 
% p, et 9, les mêmes quantités à la température de 0"", 

a désigné le terme — r- ( ou — - ) sous le nom de 

pmsiûn interne ou pression moléculaire et le terme b sous 
celui de co-volume. 

Ed ce qui concerne plus particulièrement la constante 
b, M. van der Waals a établi qu'elle est égale à 4 fois le 
volume réellement occupé par les molécules — suppo- 
sées sphériques, — du gaz considéré sous l'unité de pres- 
sion et sous l'unité de volume à la température de 0^. 

Il n'est pas nécessaire de rappeler que dans ces condi- 
tions tous les gaz contiennent, d'après la loi d'ÀTOgadro 
et d'Ampère, le même nombre de molécules, de sorte que 
la constante b est proportionnelle au volume moléculaire vrai 
dtune molécuk supposée sphérique \ 

On peut arriver d'autre part à cette même notion du 
volume de la molécule supposée sphérique par des consi- 
dérations d'optique chimique qui sont le résultat de tra- 
vaux tout à fait indépendants de M. H.-Â. Lorentz * en 
Hollande, de M. L. Lorenz * en Danemark et de M. F. 
Exner * en Autriche. 

On sait en effet que la constante diélectrique k d'un 

^ Il Ta de soi que les équations plos compliquées par lesquelles 
on a remplacé quelquefois l'équation de M. Yân der Waals, con- 
duiraient au même résultat en ce qui concerne la notion du volume 
moléculaire. Toutes ces équations, en particulier celles employées 
par Clausius et par M. Sarrau reposent en effet sur la notion du 
co-Tolume. 

* TTted. Atm, 9. 641. 

* Wied. Afin. 11. 70. 

* Monatsh, der Chem. 6. 249. 



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'^'''^il 



200 SUR l'équation de m. van der waals. 

corps dépend essentiellement, d'après Glausias, du rap- 
port V du volume vrai au volume apparent occupé par les 
molécules de ce corps supposées sphériqaes, de telle 

i 4- 2t? 
sorte qu'on a la relation k = — — ^ d'où l'on tire 

1 V 

k—\ 

V = 



A + 2 

En d'autres termes, v représente la fraction de l'unité 
de volume du diélectrique réellement occupée par ses mo- 
lécules supposées sphériques. 

D'un autre côté, d'après les vues de Maxwell sur la 
théorie électro-magnétique de la lumière, la constante 
diélectrique d'un corps doit être égale au carré de son 
indice de réfraction n rapporté à une radiation de lon- 
gueur d'onde infinie; des recherches de M. BoUzmann' 
relatives à des corps gazeux et solides ont montré que 
l'équation /r = n* se vérifie avec l'exactitude qu'on peut 
attendre des conditions des expériences. 

Remplaçant donc A: par n\ on aura la relation 

Si l'on divise cette quantité par la densité du corps 
prise à la même température, on obtient ce qu'on a ap- 
pelé le pouvoir réfringent spécifique désigné par R, soit 

n*+2 d 
Théoriquement, cette expression doit être tout à fait 

* Wien. Akad. Ber., tomes 67 et 69. 



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SUR l'équation de m. van der waals. 201 

iodépeDdanie de la température, de la pression et de l'état 

gazeux ou liquide sous lequel le corps est considéré. Les 

travaux de MM. Lorenz ', K. Prytz ' Bleckrode', J. Chap- 

pois et C. Rivière ' ont montré qu'entre des limites très 

resserrées, il en est bien ainsi. 

La signification précise du pouvoir réfringent spécifique 

révolte d'aulre part de la remarque suivante : Le poids 

de l'unité de volume étant égal à la densité d du corps, le 

d 
rapport — représentera le poids spécifique vrai des molé- 

V 

cales supposées spbériques. Le pouvoir réfringent spéci- 
fique est donc l'inverse de ce poids spécifique vrai. 

Si Ton divise enfin le poids moléculaire M par ce poids 
spécifique vrai des molécules, l'expression ainsi obtenue 

représentera le volume moléculaire vrai d'une molécule 
supposée spbérique. 

A défaut des poids moléculaires absolus dont on ne 
connaît que les valeurs approchées, on peut adopter les 
poids moléculaires relatifs tels qu'ils sont donnés par la 
chimie atec le contrôle de la loi d'Avogadro et d'Ampère. 
La quantité ainsi obtenue n'est alors que le pouvoir ré- 
fringent moléculaire des chimistes, soit le produit du pouvoir 
réfringent spécifique par le poids moléculaire, suivant la no- 
tation introduite par M. Berthelot '. 

» Wied. Ann, 11. 70. 

• Wied. Ann. 11. 104. 

* Jowm. de Fhys, (2), 4. 109. — Froc. Boy. Lond. Soc. 1884. 
' An$u Chim. Fhys. (6), 14.5. 

' Arch. jh. 48. 342. 



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202 SUR l'équation de m. van der waals. 

De ce qui précède, il résulte que le pouvoir réfrin- 
gent moléculaire est proportionnel au volume moléculaire vrai 
d'une molécule supposée sphérique. 

Il ne reste plus maintenant qu'à rapprocher cette défi- 
nition de celle qui a été donnée plus haut de la constante 
b de l'équation de M. van der Waals, pour conclure, 
qu'en désignant par F un facteur constant, le même pour 
tous les corps, on doit avoir la relation 

(1) b = FMR 

qui s'exprimera comme suit : 
Le go-volume b de l'équation de M. van der Waals 

EST proportionnel AU POU VOIR RÉFRINGENT MOLÉCULAIRE ' . 

 première vue, la vérification la plus simple que l'on 
puisse faire de cette loi consisterait à calculer la valeur de 

^ Une relation absolument analogue pourrait probablement ôtre 
établie en partant de la formule de M. Eetteler : 

(n«-i)(„-P)==C 

dans laquelle (v — p) représente le volume intermolécnlaire. La 
constante ^ multipliée par le poids moléculaire serait en effet une 
quantité proportionnelle au volume moléculaire, de sorte qu'au 
lieu de la relation (1) ci-dessus, on aurait, en désignant par L une 
constante : 

6 :;= L M {J. 

D'après les premières recherches publiées par M. Eetteler 
(Wied.Ann. 30. 286—33. 363 et 606—36. 662, Zeitschrift f,physik 
Chem. 2. 906), il faut reconnaître que la relation qu'il propose est 
encore plus indépendante de la température que celle de MM. Lo- 
renz et Lorentz. J'ai quand même adopté cette dernière, parce que 
l'on ne connaît jusqu'à présent la valeur de ^ que pour un petit 
nombre de composés. 

n n'en reste donc pas moins désirable que M. Eetteler continue 
les belles recherches qu'il a commencées sur cette intéressante 
question, recherches qui lui permettront de développer complète- 
ment sa nouvelle théorie des pouvoirs réfringents moléculaires. 



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ia constante b dans tous les cas où Ton possède les élé- 
ments numériques dont elle dépend et de s'assurer que 
cette valeur reste bien proportionnelle au pouvoir réfrin- 
gent moléculaire. 

Mais b est donné par une équation du 3"^ degré, dans 
laquelle entrent comme constantes la température critique 
et la pression critique. Les calculs que comporte ia réso- 
lution de ces équations du 3°>® degré n'étant pas encore 
terminés, je préfère donner dès maintenant une vérifica- 
tion approchée de la formule (1). 

Cette manière de faire me paraît surtout justifiée parce 
qu'elle conduit à des rapports tout à fait inattendus en- 
tre le pouvoir réfringent moléculaire et certaines constan- 
tes thermiques assez mal définies jusqu'à présent. On 
trouvera le résultat de ce travail dans la note suivante, 
qui ne représente donc qu'un des dévelopements à tirer 
delà relation (1). 



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LE COEFFICIENT CRITIQUE 



m 



U CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS 

AU POINT CRITIQUE 



H. PlilUppe-A. OI7TE 



Le rapport de la température critique absolue à la pres- 
sion critique, — rapport pour lequel j'adopte la désigoa- 
tioD abrégée de coefficient critique, — est une des con- 
stantes thermiques les plus mal définies. Quelques savants 
ont pensé que cette quantité devait être la même pour 
tous les corps, mais cette hypothèse, toute gratuite, est en 
complète contradiction avec les faits. Je vais essayer de 
démontrer que le coefficient critique est proportionnel au 
pouvoir réfringent moléculaire et qu'il fournit un moyen 
précieux de fixer la constitution moléculaire des c<Nrps au 
point critique. 

I 

Si Ton désigne par tt, ^ et f la pression, la température 



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CONSTITUTION MOLÉCULAroE DES CORPS. 205 

€t le volame critiques^ ces qoanlités sont reliées entre 
elles par l'équation suivante ' : 

(l) -|-(l+a*) = ^3P 



(l + 3r9»)(l— J~) 



Si l'on observe que 9 est toujours une quantité très 
petite et que le produit des deux binômes du dénomina- 
teur est sensiblement égal à i, on pourra remplacer avec 
une très grande approximation l'expression précédente 
par celle qui suit : 

(2) ~(l + a*) = ît? 

d'où Ton tire, en tenant compte de la valeur « = -^ 

3 273+ Ô- 
"8'-~273~-''^ 

et enfin en désignant le coefficient critique par x : 

273 + d 3 ^_ 
^3) ""^"^ = -g-273ç 

Le volume critique 9 étant d'autre part relié à la con- 
stante b par l'équation * 

ç = 3é 
et la constante b étant elle-même proportionnelle au pou- 



^ AT€h. desscph.et nat. (8), XXU, 555. 
* Areh, des se. phys. et nat. (8), XXII, 558. 



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206 CONSTITUTION MOLÉCULAIRK DES CORPS. 

voir réfringent moléculaire, on conclut que V étant un 
facteur constant, on doit avoir la relation ^ 

Pour éviter toute confusion, il ne me parait pas inutile 
de résumer ici la signification précise das lettres entrant 
dans cette formule : 

Q, = température critique comptée en degrés centigra- 
des depuis le zéro de la glace fondante. 

TT = pression critique exprimée en atmosphères. 

}c = coefficienl critique, ou rapport de la température 
critique absolue à la pression critique. 

V = facteur constant auquel l'expérience assigne la 
valeur moyenne, i : 1,8 pour une radiation de longueur 
d'onde infinie. 

n = indice de réfraction pour un rayon de longueur 
d'onde infinie. 

d = densité du corps rapportée à celle de l'eau à 4^ 
et déterminée k la môme température que l'indice de ré- 
fraction, le choix de cette température restant arbitraire. 

^ La formule plus compliquée mais plus exacte par laquelle 
M. Sarrau (Comptes rendus 101, 941) a remplacé Téquation de 
M. yan der Waals, conduirait au même résultat. En effet, de 
l'équation de M. Sarrau on tire : 

R étant une constante, la même pour tous les corps, [^ étant un 
volume auxiliaire qui intervient dans l'évaluation de la pression 
interne. Si l'on néglige P ou si on le suppose proportionnel à 6, — 
ce qui est parfaitement plausible pour une première approxima- 
tion, — le coefficient critique se trouve être lui-même propor- 
tionnel à & et par suite au pouvoir réfringent moléculaire. 



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M = poids moléculavre du corps calculé dans l'unilé 
H' = 2. 

R = par définition, pouvoir réfringent spécifique = 
»'— 1 \ 

MR = par définition, pouvoir réfringent moléculaire. 

Sous sa forme la plus simple, la formule (4) s'écrira 
donc 

(5) X = VMR 

De là la loi approchée : 

Le coefficient critique est égal, à un facteur constant prés, 
au pouvoir réfringent moléculaire. 



Il 



Il s'agit maintenant de voir comment cette loi théori- 
que est vérifiée par les données d'expérience. 

En raison de la nature absolument arbitraire des uni- 
tés dans lesquelles sont exprimées ces diverses quantités, 
les pouvoirs réfringents moléculaires (MR) sont plus 
grands, numériquement parlant, que les coefficients criti- 
ques. J'ai donc vérifié la relation (5) en calculant le rap- 

MR i 

port fie MR à 3c soit f = . On aura donc V = — r- 

3t / 

Quelques explications sont nécessaires sur le choix 
des données numériques dont j'ai fait usage. 

Les températures critiques et les pressions critiques qui 
servent à fixer les valeurs de x sont tirées d'un assez grand 



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208 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

nombre de mémoires dont les auteurs ont été désignés 
par les abréviations suivantes '. 



M. Andrews Ad. 

» Ansdell As 

» Dewar D 

» Hannay H 

» Janssen J 

» Ladenburg L 

» Nadesjdine N 

• Olzewski 



M. Paulewski P 

» Ramsay R 

» Ramsay et Yung.. RY 

» Sajotschewski . . . Sj 

» Strauss St 

» VincentetChappuisV.C 

» van der Waals. . . v.d.W 

» Wroblewski W 



Dans les cas où les constantes critiques d'un môme 
corps ont été déterminées par plusieurs observateurs, 
j'ai toujours fait entrer toutes les observations dans les 
calculs de vérification. Cette manière de faire a l'avan- 
tage de donner une idée exacte de la précision à laquelle 
on peut prétendre. 

Les chiffres réunis dans le tableau I montrent qu'en ce 
qui concerne le coefficient critique x, cette précision laisse 
encore à désirer. On ne peut répondre de la première 
décimale de la valeur de >t, et des déterminations d'obser- 
vateurs différents ne concordent en moyenne qu'à 10 •/^ 
près, l'incertitude étant même dans quelques cas de 20 7» 
environ. 



* J'ai réuni tous les renseignements bibliographiques sur cette 
question dans l'article « Point critique » qui doit paraître avec 
une des premières liyraisons du nouveau supplément du Diction- 
naire de Wurtz. 



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CONSTITUTION MOLÉCDLAIRE DES CORPS. 



209 



Tableau 1. 
Valeurs de % déduites d'expériences iiidépetidatUes. 

Corps. X ObstfTâtears. 

Proloxvde d'azole 4.2 J. 

k 4.1 D. 

Acide carbooique 4.2 Ad. 

Id. 3.9 Ad. 

Élhvlène 5.5 D. 

Id 4.9 v.d.W. 

Ammoniaque 3.6 V. C. 

Id 3.5 D. 

Alcool mélhylique 7.3 N. 

Id. 6.9 H. 

Alcool élhyUque 8.2 Sj. 

Id 8.0 R. Y. 

Id 7.9 H. 

Alcool propylique 10.6 R. Y. 

Id. 9.9 N. 

Formiate d'élhyle 10.3 Sj. 

Id. 10.2 N. 

Acétate de méth vie 10.6 N. 

Id. 8.7 Sj. 

Acétate d^éthyle 13.1 N. 

Id 12.0 Sj. 

Chlorure d'élhyle 8.7 Sj. 

Id. 8.4 V. C. 

Éther éthyUque 13. 1 R. Y. 

Id 12.5 Sj. 

Id 11.7 R. 

BeuziDe H. 2 Sj. 

Id 9.3 R. 

Diéthylamine 12.7 Sj. 

Id 12.2 V. C. 

Acide chlorhydrique 3.4 V. C. 

Id. 4.0 D. 



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2iO CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

L'incertitude qui règne sur la connaissance des coef- 
ficients critiques doit être attribuée à plusieurs causes. 

Une première cause d'erreur provient de la mesure des 
hautes pressions. Quelques savants ont employé des ma- 
nomètres métalliques dont la comparabilité est loin d'être 
bien établie. D'autres ont eu recours à des manomètres 
à azote, qui sont alors comparables, mais dont les indi- 
cations sont insuffisantes, lorsque ces instruments n'ont 
pas été préalablement gradués par comparaison avec an 
manomètre à mercure. 

En second lieu, il est très difficile d'effectuer les me- 
sures des constantes critiques sur des corps chimique- 
ment purs. Par la nature même des méthodes en usage, 
et surtout avec les corps de température critique élevée, 
on opère sur un mélange du corps étudié et d'une petite 
quantité de vapeurs mercurielles émanant du ménisque 
de mercure qui ferme le tube laboratoire de l'appareil. En 
outre, si le corps, généralement liquide, sur lequel on 
opère n'a pas été complètement et soigneusement purgé 
d'air, on s'éloigne encore des conditions normales de 
l'expérience. Tons las savants qui se sont occupés de la 
mesure des constantes critiques sont d'accord pour re- 
connaître que la présence de la moindre impureté mo- 
difie considérablement la valeur de ces constantes. 

Enfin, dans certains cas, notamment pour quelques 
liquides organiques, les phénomènes qui se passent au 
point critique sont précédés de réactions chimiques plus 
ou moins accentuées, soit que le corps subisse un com- 
mencement de décomposition, soit qu'il réagisse sur les 
vapeurs mercurielles en présence desquelles il se trouve. 

Si toutes ces causes d'erreur ont été prises en sérieuse 
considération dans les recherches récentes publiées sur 



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CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 211 

la mesure des constantes critiques, il n'en a pas toujours 
été ainsi, et c'est à cela qu'il faut attribuer les écarts 
souvent considérables qu'on constate entre des valeurs 
de X déterminées par des observateurs différents. 

Les pouvoirs réfringents moléculaires constituent le 
deuxième élément numérique entrant dans la formule 
(5). S'il s'agissait d'avoir leur valeur pour une radia- 
tion du spectre visible, l'exactitude avec laquelle ils sont 
en général déterminés est plus que suffisante. D'après 
M. Brûlh, les erreurs d'observation ne dépassent pas 
± 0,3 pour un poids moléculaire égal à 100. 

Mais la relation (5) a été établie pour le cas où l'indice 
de réfraction n est rapporté à une radiation de longueur 
d'onde infinie, et, malheureusement alors, aucune for- 
mule de dispersion ne conduit à des résultats bien sa- 
tisfaisants \ 

Faute de mieux, j'ai adopté les valeurs que M. Brûhl 
et M. Landolt avaient calculées au moyen de la formule 
de Cauchy 

qui pour X = »>, donne » = A. Je me suis cru autorisé 
à procéder ainsi parce que tous les corps sur lesquels ont 
porté mes vérifications numériques présentent une faible 
dispersion, et qu'alors l'erreur commise est nécessaire- 
ment réduite à un minimum. Les pouvoirs réfringents 
moléculaires des tableaux III et IV sont donc rapportés, 
autant qu'on peut le faire, à un rayon de longueur d'onde 
iofinie. 
En ce qui concerne le tableau II, je n'avais pas sous 

' M. Brûhl, Chem, Ber. 19. 2821. 



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s CORPS. 



243 



Aeètftte de mâibyle CHaCOaCHs 503.8 

S03.9 

Atétite d'éthyle CHjCOjCjHs. . 512-8 

• »... 522.5 

Chlorore de propyle C^B^Cl, . . 494 

Éflier CA.0.C,H8 463 

467 

468.5 

Aoétetede propyle CHj.COjCaHy 549-3 

Botyntedeméth»» Cj^B^GO^CB^ 551.0 

Botyrate d'éthyle CaH^COjCjHg 565 - 8 

Vtlérianated'éthi'C^H^COjCjHs 566.7 

Tbiophène C^H^S 590.3 





les expériences de 




r M. LandoltS et 




Qde infinie. 






Obserrât" 


■ MR /. 






sj. 


12-47 (1.5) 






R. Y. 


» 1.6 






H. 


y 1.6 






N. 


17.09 1.7 






R.Y. 


. 1.6 






N. 


17.12 1.8 






8j. 


15.71 1.7 






N. 


21.55 1.9 






Sj. 


17.59 1.7 






N. 


1.7 


57.6 


8.7 


8j. 


17.69 2.0 


47-54 


10.6 


N. 


1.7 


42-6 


12.0 


Sj. 


22-14 1.8 


39-65 


13.2 


N. 


1.7 


49 


10.1 


V.C. 


20.35 2.0 


36.9 


12.5 


v.c. 


21.89 1.8 


35.65 


13.1 


R.Y. 


1-7 


40.0 


11.7 


R. 


• 1.9 


34.80 


15.8 


N. 


26.32 1.7 


36.02 


15.2 


N. 


26.29 1.7 


30.24 


18.7 


N. 


30.63 1.6 


31.50 


18.0 


N. 


35.31 2.0 


47.7 


12.3 


P. 


23.73* 1.9 



^ Sitatngsber, der Akad, der Wissensch. Berlin, 1882, p. 64. 

^ Yaleor calculée par réduction proportionnelle, au moyen d'une 
détermination de MM. Nasini et Scala {Ja^eshericht der Chemie, 
1886, p. 294), qui ont trouvé pour valeur du pouvoir réfringent 
moléculaire du thiophène 24,13, relativement à la raie a de Phy- 
drogène. 

Ab€Hives, t XXUl. — Mars 1890. 12 



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Acétate d'iBobQtyleCHsCOjC^H».... 561.3 31.40 17.9 N. 30.67 1.7 

PropioMtedeméthyleCjHftCO.CHa. 528.7 39.88 13.2 N. 21.73 1.6 

Iwbolyrat6d'étbyleC,H7CO,C,fl5.. 553.4 30.13 18.4 N. 30.67 1.7 

Méthylâmine CHj.NHj 428 72 5-9 V. C. 10.40 1.8 

DinéthylMttine (CHJjNH 436 56 7.8 V. C. 14.87 1.9 

Triméthjlamme (CHjX^N 433.5 41 10.6 V. C. 19.34 1.8 

Di6thylaiiime(C,H6)aNH 493.0 38.7 12.7 Sj. 23-81 1.9 

489 40 12.2 V.C. . 2.0 

TriéthyUmine (C,H5)8N 532 30 17.7 V, C. 32.75 1.9 

IHybunine C,Hy.NH, 491 50 9.8 V.C. 19.34 2.0 

Dipropylâmbe(G,H7),KH 550 31 17.7 V.C. 32.75 1.9 

Oiyde de mélhyléthyle CHj.O.CaHft . 441.4 46.27 9.6 N. 17.01 1.8 

iMtmyléne CsHjo. 464.6 33.9 13-7 N. 23.94 1.7 

De l'ensemble des données numériques réunies dans 



^ Landolt, 8itg. Ber. Akad, d, fViêsemch, Berlin, 1882, p. 91 ; 
Brûhl, Liéb, Ann., 236, 85. — Tons ces calculs étaient terminés 
lorsque j'ai en connaissance d'un travail récent de MM. Gladstone 
et Perkin (Giem, Soc. 55. 750) sur les pouvoirs réfringents des 
bases organiques. Les valeurs de MB qu'on peut déduire des dé- 
terminations de ces deux savants concordent d'une manière très 
satisfaisante avec ceUes que j'ai admises dans le tableau IV. J'ai 
donc jugé inutile de refaire ces calculs qui auraient conduit à la 
même valeur moyenne de f. 



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246 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

les tableaux II, III et IV, on peut conclure que f con- 
serve une valeur à peu près constante, variant de i,6 à 
%0 si Ton excepte la valeur i,5 pour une détermination 
relative à l'alcool et la valeur 2,2 pour une détermination 
relative à l'acétylène. Les trois quarts des valeurs de /"sont 
en outre comprises entre 1,7 et 1,9 ce qui augmente la 
probalité de la moyenne générale 1,8- 

Les valeurs extrêmes 1,6 et 2,0 sont en écart de 10 7o 
environ sur la moyenne 1,8. Or, on a vu que Tincertitude 
sur la valeur de x est précisément d'environ 10 7o- L^ 
valeurs extrêmes n'ont donc rien d'anormal et sont ainsi 
comprises entre les limites des erreurs d'observation. 

On remarquera aussi que les vérifications numériques 
réunies dans les tableaux précédents comprennent plus 
de cinquante déterminations de constantes critiques, 
exécutées d'une façon tout à fait indépendante par seize 
observateurs différents; que ces déterminations sontrela- 
tives à quarante composés divers, parmi lesquels on trouve 
des corps à fonctions chimiques très variées. Or dans ces 
conditions, les éléments numériques entrant dans la for- 
mule (5) sont compris entre : 

179^5 et 590^3 pour les températures critiques 
absolues, 

30*'"- et 115**"- pour les pressions critiques, 

4,4 et 35, 3 pour les pouvoirs réfringents moléculaires. 

En d'autres termes, ces derniers variant dans le rapport 
de 1 à 8, la constante f ne varie que dans celui de 1 à 
1,25. Alors même qu'il ne s'agirait pas d'une relation 
fondée sur des considérations théoriques, il ne peut donc 
être question d'une coïncidence fortuite. La loi approchée 
dont j'ai donné plus haut la démonstration, est ainsi con- 
jSrmée par Texpérience. 



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CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 217 



III 



Indépendamment de l'importance que peut avoir la loi 
qui vient d'être établie, en tant que conQrmation des vues 
théoriques de MM. Maxwell, van der Waais, Lorenz, Lo- 
rentz et Exner, on peut en tirer plusieurs conséquences 
importantes au point de vue chimique, et tout d'abord 
sur la constitution moléculaire des corps au point critique. 

L'équation (5) peut en effet s'écrire : 



(6) M=l,8 J- 



et, sous cette forme, elle donne la valeur du poids molé- 
culaire en fonction du coefficient critique et du pouvoir 
réfringent spécifique. Si la connaissance du poids molé- 
culaire au point critique n'a pas une grande importance 
pratique, il n'en est peut-être pas de même au point de 
vue théorique. Car, quelle que soit la définition que l'on 
adopte du point critique, ce dernier n'en est pas moins 
le point où, pratiquement et visiblement, un liquide et 
une vapeur possèdent la même densité, et, de ce que 
dans cet état les poids moléculaires des corps donnés par 
(a relation (6) soient les mêmes que ceux qui sont déduits 
de la loi d'Avogadro et d'Ampère, on peut conclure 
que les molécules des corps k l'état liquide sont en général 
de même grandeur qu'à l'état de gaz ou de vapeurs. C'est 
là une confirmation des faits remarquables découverts par 
M.Raoult en étudiant les propriétés des dissolutions éten- 



L'équation (6) suppose la connaissance du pouvoir 



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218 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

réfringent spécifique et du coefficient critique. Dans un 
très grand nombre de cas ce dernier constitue à lui seul 
un élément suffisant pour déterminer le poids moléculaire 
au point critique. 

En effet, si Ton admet comme démontrée la propor- 
tionnalité entre le pouvoir réfringent moléculaire et le 
coefficient critique, toutes les observations faites au sujet 
de la première de ces constantes devront s'appliquer aussi 
à la seconde. En particulier, si Ton divise par 1,8 les 
coefficients atomiques de réfraction qui servent à calculer a 
priori le pouvoir réfringent moléculaire d'un composé 
quelconque, on doit obtenir de nouveaux coefficients, 
que j'appelle coefficients atomiques critiques, au moyen 
desquels on pourra déterminer d'avance le coefficient 
critique d'un corps de formule donnée. Ces coefficients 
sont réunis dans le tableau V, tels qu'on les obtient en 
divisant par 1,8 les coefficients de réfraction bien con- 
nus de MM. Landolt et Brûhl. 

Tableau V. 

Coefficients atomiques critiques. 

Pour un atome de carbone [C> = 1 .33 

d'hydrogène [H]x = 0.57 

d'oxygène simplement lié. [0 — ]* =0.87 

1 doublement lié. [0=]* =1.27 

de chlore [Gl]x = 3.27 

de brome [Brj* = 4.83 

d'azote simplement lié. . . . [N— ]x = 1 .60 

d'azote triplement lié [N=]x = 1 .86 

un atome de phosphore [PJx = 3.01 

une double liaison enu*e 2 atomes G. [=]« =0.88 

une triple » » [=]x=1.03 



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220 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

Voici encore quelques valeurs obtenues par le calcul 
comparées à celles que donne l'expérience : 

Corps. X calculé. x obserré. 

Chlorure d'éthyle CjHjCl 8.8 8.4—8.7 

Formiate d'éthyle HCOjCjH, 9.6 10.2—10.3 

Éther éthyUque CaH^.O.CaHs 12.4 11.7—12.5 

Méthane GH^ 3.6 3.5 

Méthylamine CHa.NHa 5.8. 5.9 

Acétone GH,.C0.CH8 8.7 9.7 

Éthylène C^H, 5.9 5.6—4.2 

Alcool propylique GHj.GHj.CHaOH . . 9.5 9.9—10.6 

Acide carbonique GO, 3.9 3.9—4.2 

Ammoniaque NHg 3.3 3.5—3.6 

Azote N,(N3t) 3.7 3.6—3.9 

Bioxyde d'azote (N-0) 2.5 2.5 

Protoxyde d'azote (NjO) 4.1 4 . 1—4 . 2 

Valérianate d'éthyle G^Hj.GOjGjHj . . 19.6 18.4 

Ces exemples, auxquels on pourrait en ajouter plusieurs 
autres me paraissent justifier complètement la notion des 
coefficients atomiques critiques, telle qu'elle est établie 
plus haut. On peut donc conclure d'une manière générale 
que: 

Le coefficient critique d'un corps est égal à la somme des 
coefficients critiques des atomes qui constituent sa molécule, 
augmentée dans certains cas de coefficients dépendant de la 
nature des liaisons des atomes entre eux. 

La seule connaissance du coefficient critique est des 
lors suffisante pour fixer la valeur du poids moléculaire 
au point critique, tout au moins pour choisir entre les 
divers multiples d'une formule celui qui représentée vraie 
grandeur moléculaire d'un corps dont on a déterminé 
expérimentalement le coefficient critique. Je prends par 
exemple le cas du formiate de propyle dont le coefficient 



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CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 221 

critique détermioé par l'expérience est 12,5. Il est évident 
que la Traie grandeur moléculaire de ce corps au point 
critique est représentée par la formule C,H,0, qui con- 
duit à une valeur du coefficient critique de 12,1, tandis 
que la formule simple C,H,0 devrait donner 6,1 et la 
formule double 24,2. 

Le calcul du coefficient critique au moyen de coefficients 
atomiques critiques présente une grande analogie avec 
le calcul des pouvoir réfringents moléculaires, des volumes 
moléculaires, des constantes thermochimiques molécu- 
laires etc. au moyen de coefficients atomiques spéciaux. 

n en diffère cependant par un caractère essentiel. 
Toutes ces dernières constantes ne sont pas en effet ce 
qu'on pourrait appeler de véritables constantes physiques, 
en ce sens qu'elles représentent toujours le produit d'une 
constante physique pure par le poids moléculaire du corps 
considéré. On peut donc s'attendre à ce que ye produit 
puisse être retrouvé par une sommation de coefficients 
atomiques, bien que cela ne soit pas évident à priori. 

Il en est tout autrement du coefficient critique dont on 
peut obtenir une valeur approchée par une sommation 
de coefficients atomiques, mais qui est lui-même une 
constante physique pure, absolument indépendante de toute 
hypothèse mr le poids moléculaire. 

Cette propriété du coefficient critique d'être égal à une 
somme de coefficients atomiques me paraît digne d'attirer 
l'attention ; elle montre une fois de plus les rapports tou- 
jours plus étroits qui doivent s'établir entre la chimie et 
la physique. 

n n'est enfin pas indifférent d'employer la notation 
chimique en équivalents ou en atomes. Les premiers con- 
duiraient à une valeur de la constante f qui serait tantôt 



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2â2 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

égale à 0.9 tantôt à 1.8 suivant que les poids molécu- 
laires sont égaux aux équivalents ou au double de ceux-ci. 
Quant aux équivalents rapportés à des volume égaux 
de vapeur de M. Berthelot, ils donnent naturellement les 
mêmes résultats que les poids moléculaires. 



IV 



Les lois qui régissent le pouvoir réfringent d'un mé- 
lange de plusieurs corps peuvent-elles s'appliquer au 
coefficient critique d'un mélange? A pfiori, la chose n'est 
pas évidente; certaines considérations que je vais déve- 
lopper me semblent cependant indiquer qu'il doit en être 
ainsi. 

En effet, si la proportionnalité entre le pouvoir réfrin- 
gent moléculaire et le coefficient critique était encore vraie 
dans le cas d'un mélange, ce qui paraît très probable, 
il en résulterait que le coefficient critique d'un mélange 
formé de plusieurs molécules de corps différents serait très 
approximativement égal au coefficienl critique moyen du mé» 
lange, attendu que le pouvoir réfringent d'un mélange 
est soumis à une loi approchée tout à fait analogue. 

En d'autres termes, un mélange étant formé de : 
n, molécules d'un corps dont le coefficient critique est x'. 
n, id. id. x,^ 

n, id. id, x,. 

Le coefficient critique du mélange devrait être très 
approximativement égal à 

>^t ^ + »> Xa + t tg X, 
♦*i + »j + Ws 



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CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES GOHPd. 223 

Pour le cas particulier où deui corps sont eu présence 
à raison d'une molécule de chacun d'eux, le coefficient 

critique du mélange serait— ^-^ — ^. Mais si les deux corps 

sont susceptibles de se combiner molécule à molécule dans 
les conditions de température et de pression qui caracté- 
risent le point critique. Je coefficient critique serait alors 
très approiimatiyement égal à x^ -^ x,, et cela en vertu 
de la loi de sommation des coefficients atomiques criti- 



On Toit donc qu'en admettant comme vraie l'hypo- 
thèse sur le coefficient critique d'un mélange, la valeur de 
ce coefficient fournirait un moyen de constater si un corps 
reste identique à lui-même au point critique. Car si i 
HQolécule se décompose en 2, 3 ... n molécules, la dé- 
termination expérimentale du coefficient critique con- 
duira à une valeur qui sera % 3 . . . n fois plus petite 
que celle qu'on peut calculer par les coefficients atomiques 
critiques. Au contraire, si 2, 3 . . . n molécules d'un corps 
se condensent au point critique en i molécule d'un pro- 
duit de polymérisation, le coefficient critique déterminé 
par l'expérience sera 2, 3 ... n fois plus grand que celui 
de la molécule primitive calculé au moyen des coeffi- 
cients atomiques critiques. 

Lors donc que la valeur du coefficient critique d'un 
corps, donnée par l'expérience, s'écarte de la valeur cal- 
culée, de telle sorte que la différence entre ces deux va- 
leurs ne puisse plus être comprise dans les limites des er- 
reurs d'observations (en moyenne iO'/o» ^u maximum 
20 7o), C6 doit être l'indice d'une modification survenue 
dans l'état chimique du corps au point critique. Et, suivant 
le sens dans lequel se produit l'écart, on sera en droit 
d'affirmer qu'il y a condensation ou décomposition. 



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224 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DRS CORPS. 

Comme ces règles approchées sont assez bien vérifiées 
-dans les quelques cas où l'on possède des données expéri- 
mentales précises, je ne crois pas inutile de les passer en 
revue. 

I. Mélange de : 9 vol. CO^ + 1 vol. air, ou ce qui 
revient à peu près au même : 45 vol. CO, -)- * ^P'- N, + 
i vol. 0,. 

D'après M. van der Waals, la température critique de 
ce mélange est 25^ (ou 298^ depuis le zéro absolu), la 
pression critique est de 71^^', 5. 

Or, si Ton adopte les valeurs moyennes suivantes des . 
coefficients critiques des trois gaz dont est formé le mé- 
lange : 

Acide carbonique : 4.1 Azote : 3.7 Oxygène : 3.0 

on trouve d'après les règles précédentes que le coefficient 
critique du mélange dans le cas où tous les corps seraient 
combinés doit être égal à 202,3 soit : 

45 fois le coeflBcient critique de CO, = 184.5 
+ 4 . . . . N, = 14.8 

+ 1 • » . » 0, = 3.0 

202.3 

Si au contraire ces 50 molécules (= 45 -f 4 + 1) 

d'acide carbonique, d'azote et d'oxygène ne forment qu'un 

mélange, le coefficient critique de ce dernier doit être 

. ,. 202.3 

égal a — gQ— = 4.0. 

L'expérience démontre que cette dernière hypothèse 

est seule juste, car les constantes critiques conduisent à la 

298 
valeur de = -=w— = 3.8. 
77.5 



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CONSTITOTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 225 

On serait arrivé au même résultat eu employant les 
coefficients atomiques critiques du tableau V. En effet, si 
les corps constituant le mélange se combinent au point 
critique, ils formeraient un composé de la formule 
C,,0,,N,, dont le coefficient critique serait donné par la 
somme des coefficients atomiques, soit : i92,5. 

45[C]x = 60.75 

92 [0=]x= 116.84 

8[NE]x= 14.88 

192.47 

Si au contraire il n'y a pas combinaison des corps, au 
point critique, le coefficient critique du mélange des 50 

192.47 

molécules sera — — — = 3.9, nombre parfaitement 
ou 

conforme à la valeur 3.8 donnée par l'expérience. 

II. Mélange de : 7 vol. CO, + 3 vol. CIH. 
Le coefficient critique de CO, est 4,1 (valeur moyenne), 
id. HCI 3,7 id. 

S'il y a combinaison, le coefficient critique sera : 
7 X 4,1 + 3 X 3,7 = 39,8. 

On arriverait à peu près au même résultat par les 
coefficients atomiques du tableau V, soit 

7[C]x = 9.45 

14[0=]x= 17.78 

3[Cl]x = 9.81 

3 [H]x = 1.71 

38.75 

Si au contraire Tacide carbonique et Tacide chlorhy- 
drique ne se combinent pas, le coefficient critique du mé- 



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2â6 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

39 8 
lange des 10 molécules (7 CO, + 3HCI) sera -— ^ ou 

10 

38.75 

, soit 4.0 à 3.9 suivant le mode de calcul. 



10 

C'est cette dernière hypothèse qui est juste, car d'après 
les expériences de M. van der Waais, on a * = 31°.6, 

TT = 90»'"'-. d'où l'on tire x = ^^^^^^'^ = 4.5. 

III. Chlorure de phosphonium. M. Ogier a constaté qu'à 
la température ordinaire, Tacide chlorhydrique et l'hydro- 
gène phosphore se combinent sous pression pour donner 
du chlorure de phosphonium PH.CI. Il est facile de dé- 
montrer que cette combinaison n'existe plus, comme 
telle, au point critique. 

En effet, si elle était stable son coefficient critique se- 
rait alors : 

[P]x = 3.01 

4[H]x= 2.28 

[Cl]x = 3.27 

8.56 

Si le corps est décomposé en PH, + HCI, c'est-à-dire 
en deux molécules, le coefficient critique sera égal à 

8-56 _ i ^ 
-g- = *-3. 

C'est à ce dernier chiffre que conduisent les expérien- 
ces de M. van t'Hoff qui a trouvé : 

«• = 80^5 îc = 80**- 

d'où l'on tire : 

^ 273 + 80.8 ^ 
80 



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CONSTITUTION MOLÉCOLAIRE DES CORPS. 227 

Le chlorore de phosphonium n'existe donc plus à la 
temp^atare critique. 

Indépendamment de ces exemples qui me paraissent 
probants, il y a des faits d'expérience qui viennent con- 
firmer les règles relatives aux coefficients critiques des 
mélanges. Ainsi, d'après des observations personnelles de 
MM. Vincent et Cbappuis, que ce dernier a eu l'amabilité 
de me communiquer, la température critique d'un gaz 
impur est souvent très voisine de celle du gaz pur, tandis 
qn'alors la pression critique s'élève d'une façon très 
appréciable. Voici, par exemple, quelques observations à 
l'appui de ce fait, relatives au chlorure de métbyle ' : 

« 1^ Remplissage du tube par circulation; fermeture 

< à la lampe, — gaz impur : 

«• = 141 ^5 îc = 77**»- 

« 2^ Remplissage du tube par la méthode du vide, 
« — fermeture à la lampe Mmpureté gazeuse : 7^77) 

d = 14r,5 Tt = 74**'- 

c 3^ L'impureté provenant probablement du chauf- 
« fage du chlorure de méthyle au moment de la ferme- 

< tm*e, remploi de la lampe a été supprimé dans un troi- 

< sième mode de remplissage, et l'on a trouvé : 

* = 14r.S 7: = 73''-- 

« La pression critique a donc baissé de 4**"-, soit 

< d'environ 5 7o« * 

^ Pour le détail du mode opératoire, voir Jotnn, de Phya, 



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228 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

Ces obserTatioDS de MM. Vincent et Ghappuis démon- 
trent que la moindre impureté a pour effet de diminuer 
la valeur du coefiBcient critique; c'est ce qui doit arriver 
d'après les règles auxquelles est soumis le coefficient cri- 
tique d'un mélange. 



Jusqu'à présent, j'ai laissé de côté les corps qui font 
exception à la loi de proportionnalité entre le coefficient 
critique et le pouvoir réfringent moléculaire.11 importe de 
les passer scrupuleusement en revue et de voir jusqu'à 
quel point celte loi est infirmée. 

Un premier groupe d'exceptions est constitué par les 
gaz les plus difficilement liquéfiables, oxygène, azote^ 
oxyde de carbone, pour lesquels on trouve en effet : 



Corps. 273 -f^ ^ X Observât" 



MR 
RaieD 



Oxygène Oj 155 60 3.0 W. 0. 4.03 1.3 

AwteNj 127 35 3.6 0. 4.42 l.î 

« 126.6 32.5 3.9 W. 4.42 1.1 

Oxyde de carbone ce... 133-5 35-5 3.8 0. 4.99 1.3 

... 131.9 35.9 3.7 W. 4.99 1.4 



Les pouvoirs réfringents moléculaires ont été calculés 
par M. Brûhl au moyen des données de Regnault et de 
M. Mascart. 

Je n'ai encore trouvé aucune explication plausible ren- 
dant compte de ces trois exceptions. On remarquera seule- 
ment que les pouvoirs réfringents moléculaires sont déter- 
minés à 120 — 150° en dessus des températures critiques, 
tandis que pour tous les corps figurant dans les tableaux II, 



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œNSTITUnON MOLÉCULAIRE DBS CORPS. 229 

III et IV, cette détermination est faite ou dans le Toisinage 
de la température critique ou à une température notable- 
ment inférieure. On peut donc se demander si la quantité 
n' — l M 
t ,q -f ^^^^ bien indenlique à elle-même dans 

d'aussi grands intervalles de température. 

Un deuxième groupe est formé par des corps pour les- 
quels la valeur de f est telle qu'une correction de 10 */# 
(donc comprise entre les limites des erreurs d'observation) 
la ferait rentrei* dans les valeurs normales trouvées pré- 
eédemment. 

Corps, 273 -f Ô" T x ObBerraf» MB / 

ÉthyUmineCsHsima... 450 66 6-8 V.C. 14-87 2-2 

BnimeCeHe 553.6 49-5 il.3 dj. 24.99 2.2 

. 564.7 60.5 9.3 R. 24.99 (2.7) 

Cblorofbrae CHCl^.... 553.0 59.9 9-7 Sj. 20.85 2.2 

Hydrogéiie aolfaré H^. 373-2 92.0 4.1 D. 8.91Ûoiir) 2.2 

Les pouvoirs réfringents moléculaires sont rapportés à 
one radiation de longueur d'onde infinie, à Texception 
de celui de l'hydrogène sulfuré qui est relatif à la lumière 
du jour, et qui est tiré du mémoire de M. Bleckrode déjà 
cité; la valeur i4,87 pour l'éthylamine a été calculée; 
les autres valeurs de MR ont empruntées au mémoire 
de M. Landolt 

Viennent ensuite dans un troisième grimpe les corps qui 
exercent à la température critique une action chimique 
sur le mercure : 



Corps. 273 + ^ ir x 

TétrtehloniredeetfboneCCI^... 555 57-6 9-6 

CUorored'éthyUneCHfClGH^Cl. 561- 4 53.0 10.6 

Cblornre d'étbjlidène CH,CHC1,. 523 50 10.5 

CklortCl, 414 839 3.4 

doUnrc d« cwbone CSi 544.8 74.7 7.3 

. 550.7 78.1 7.0 

ARCfUYEs, t. XXIII. — Mars 1890. 13 



lervt 


f MR 


f 


D 


25.82 


2.7 


N 


20.49 


2.4 


N 


20.64 


25 


D 


11.56(D) 


3.4 


8j. 


17.91 (D) 


2.4 


H 


17.91 


2.6 



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230 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

Les pouvoirs réfringents moléculaires sont tirés du 
mémoire de H. Landolt» ils sont rapportés à une radia- 
tion de longueur d'onde infinie. Pour le chlore seul, cette 
constante, calculée par M. Brûhl, est relative à la raie D 
du sodium. 

Tous les corps réunis dans ce 3"« groupe exercent une 
action sur les vapeurs de mercure en présence desquelles 
ils se trouvent lorqu'on détermine leur point critique. Le 
fait a été nettement constaté par M. Nadesjdine pour les 
chlorures d'éthylèneet d'éthylidène. Je me suis assuré par 
des expériences directes qu'il en est de même à des tempé- 
ratures inférieures à la température critique (à 240^) 
pour le tétrachlorure de carbone et pour le sulfure de car- 
bone. L'action du chlore sur le mercure est connue depuis 
longtemps. 

Les constantes critiques de tous ces corps ne se rap- 
portent donc pas à des substances pures et^ en vertu des 
règles relatives aux mélanges, ne peuvent par conséquent 
satisfaire à la loi proposée. 

Il semble, à première vue, que les exceptions signalées 
dans les deux derniers groupes sont propres aux com- 
posés chlorés et sulfurés. Mais il n'en est rien : les ta- 
bleaux II, III et IV contiennent plusieurs corps de ces 
catégories qui se conforment à la loi (chlorure de méthyle, 
éthyle, propyle; thiophène). 

Les valeur de /"fournies par les exceptions du 3"* groupe 
sont toutes plus fortes que la moyenne i,8, entre les limites 
1,6 — 2,0. Ce résultat est conforme aux règles posées plus 
haut sur le coefficient critique des mélanges. 

Dans un quatrième et dernier groupe il faut enfin faire 
rentrer deux exceptions assez singulières dues à l'eau et à 
l'alcool méthylique; ces deux corps conduisent aux valeurs 



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CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 23 i 

suiyaotes de /'en prenant pour pouvoirs réfringents molé- 
culaires les nombres consignés dans le mémoire de M. Lan- 
doit, relatifs à an rayon de longueur d'onde infinie : 



Corpe. 27S + * it x ObMrrmt" MB / 

E«iH,0 631.1 - 3.2 N. 362 M 

• 643 1»5.5 3.3 8t. 3.62 M 

AleoolmétbjliqiieCHsOH.... $06 69.7 7.3 N. 8-01 1.1 

. .... «05.8 72.9 6.9 H. 8.01 1-2 



Ces résultats réclament quelques explications. 

Les constantes critiques de Teau ne peuvent être déter- 
minées exactement, les tubes de verre étant attaqués par 
feau ainsi que l'a constaté M. Paulevrski. Les confttantes 
critiques de l'eau ont donc été déterminées indirectement 
par M. Strauss; M. Nadesjdine en opérant dans un tube 
métallique platiné a pu déterminer la température critique 
seulement, et le résultat auquel il est arrivé est assez rap- 
proché de celui de M. Strauss. 

Si l'on regarde donc comme à peu près exactes les 
déterminations des constantes critiques de l'eau et de 
l'alcool méthylique et si Ton se reporte aux règles posées 
précédemment on verra qu'il suffit de doubler les poids 
moléculaires M des deux corps pour doubler les valeurs 
de MR et arriver ainsi à des valeurs de f{%i) rentrant à 
iO 7« près dans les limites normales trouvées précédem- 
ment. On arrive ainsi à admettre que l'eau et l'alcool 
méthylique conservent au point critique le poids molécu- 
laire double qu'on leur trouve lorsqu'on les étudie à basse 
température par la méthode cryoscopique de M. Raoult. 

En résumé les trois gaz oxygène, azote et oxyde de 
carbone conduisent seuls à des valeurs de f un peu trop 
faibles dont U est encore difficile de rendre compte. 



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232 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

Tous les autres cas exceptionnels sont susceptibles de 
recevoir une interprétation plausible, parfaitement con- 
forme aux règles qui ont été développées plus haut. 



VI 



' Bien que la relation MR = 1,8% soit vérifiée avec la 
précision qu'on peut demander aux expériences dont or> 
tire les éléments numériques nécessaires, il importe de oe 
pas oublier qu'elle ne peut être qu'approchée. 

Pour démontrer la proportionnalité du pouvoir réfrin- 
gent moléculaire au coefficient critique, on a supposé que 

(1 + Sttç') il ^ ) ®^^ ^8^* à 1 ou tout au moins ei> 

diffère très peu. Il n'en est peut-être pas toujours 
ainsi, et il faudrait alors revenir à la formule fondamentale 
que j'ai établie au début de ce travail. 

* = FMR 

qui implique la proportionnalité du co-volume 6 et do 
pouvoir réfringent moléculaire. 

Quelles conclusions générales faut-il tirer maintenant 
de l'ensemble des résultats qui viennent d'être exposés. 
Peut-on, par exemple, les envisager comme une preuve 
de l'exactitude des conceptions théoriques de M. van der 
Waals sur la constitution des gaz et des liquides, de 
M. Maxwell sur la théorie électro-magnétique de la lu- 
mière, et de Glausius sur la nature des diélectriques? Je 
ne le pense pas. 

Toutes ces théories, si ingénieuses et souvent si sédui- 



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CONSTITUTION liOLÉCULÂlRE DES CORPS. 233 

santés, ne sont en effet et ne peuvent être que des appro- 
ximations. Si Ton arrive par la combinaison de leurs 
<iivers éléments à des résultats nouveaux» confirmés par 
i'expéri^ce, comme ceux exposés dans les pages précéden- 
tes, c'est simplement parce que les bases dont on est parti, 
sont des approximations du môme ordre. En tant qu'ap- 
proximations, ces théories reçoivent ainsi une nouvelle 
confirmation, mais elles n'en restent pas moins des ap- 
proximations. 

Ces réserves faites, une notion cependant me parait se 
d^ager clairement de ce travail, c'est celle du co-volume 
de l'équation fondamentale des gaz et des liquides, car si 
le coefficient critique et le pouvoir réfringent moléculaire 
sont des constantes proportionnelles, c'est parce qu'on 
peut établir que toutes deux sont proportionnelles au co- 
volume 6. Cette notion dont la nécessité a pu être con- 
testée, me parait dès lors s'imposer, puisqu'elle peut con- 
doire à des résultats nouveaux et inattendus entre des 
constantes thermiques, optiques, chimiques et électriques, 
résultats qu'on me permettra de résumer en terminant 
cette étude : 

Par la nature même des définitions, j'ai été conduit à 
énoncer la loi nouvelle suivante : 

Le cO'tolume de f équation fondamentale des gaz et des 
Uqmdes est proportionnel au pouvoir réfringent moléculaire. 

De là j'ai déduit une seconde loi : Le coefficient critique 
esi iris approocmoMvement proportionnel au pouvoir réfrin- 
gent moléculaù-e; tontes les données expérimentales que 
Ton possède en cette matière permettent de vérifier l'exac- 
iitadede cet énoncé; les corps faisant exception se trou- 
vent au point critique dans des conditions telles, qu'on 
peut donner^ en général, an résultat obtenu une inter- 
prétation parfaitement plausible. 



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234 CONSTITUTION MOLÉCULAIRE DES CORPS. 

La loi précédente m'a ensuite servi à la déterminatioD 
des poids moléculaires au point critique, déterminatioD 
qui se simplifie considérablement par l'introduction de 
coefficients atomiques critiques proportionnels aux coeffi- 
cients atomiques de réfraction. 

J'ai déduit enfin les règles approchées suivant lesquelles 
doivent varier les coefficients critiques des mélanges, ce 
qui permet, entre autres résultats, de reconnaître que te 
chlorure de phosphonium n'existe plus comme combinai- 
son au point critique, qu'il est alors décomposé en 
HCl + PH.. 



La plus grande partie des calculs que comporte cette 
étude ont été confiés à M. Guiblet, auquel j'exprime ici 
toute ma reconnaissance pour le soin qu'il a apporté à 
ce travail. 

Paris, février 1890. 



m 



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REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

POUR L'ANNÉE 1889 

PAA 

BOL Braesi WAYME A WUmm aCHARDT. 



PREMIÈRE PARTIE 

Cette revue est divisée, comme les précédentes, en deux 
parties. La première comprend l'analyse des ouvrages 
généraux, des descriptions géologiques et des recherches 
relatives aux minéraux, roches, etc.; la seconde traite des 
travaux relatifs aux terrains, des formations plus ancien- 
nes jusqu'aux dépôts actuels. 

Nëcrologie. — L'année 1889 a vu disparaître un 
géologue dont le nom a Souvent paru dans cette revue, 
M. Charles Lort, professeur à la Faculté de Grenoble, 
dont M. Hollande^ et M. Bertrand' ont résumé la 



* HoUande, Notice biographique et liste des publications de 
M. liory. BtOl, Soe. hist, na*. de SavaU, 1889, m, 45-48. 

' M. Bertrand, Éloge de Charles Lory. BtM. Soe. géol de 
Frcmee, 1889, XYH, 664-679. 



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236 REVUE GÉOLOGIQUE i 

carrière. Lory prenait souvent par 
Société helvétique des Sciences nat 
bre de la Société géologique suissi 
laquelle il s'est intéressé. Ses ouvi 
et, pendant sa carrière scientifique, 
cinq ans, il a beaucoup contribua 
géologie du Jura et des Alpes. Ces 
et décrit, un des premiers, le terr 
le Jura. Son séjour comme profes 
permit de se vouer à Tétude d( 
tard, fixé à Grenoble, il s'attacha d; 
des Alpes occidentales, dont l'orogra 
certaines différences de faciès, ont 
cherches. C'est à lui qu'on doit la tl 
tionsdes Âlpes d'après laquelle les p 
fiés de la surface correspondraient 
terrains profonds. 

M, Renevier a retracé la vie c 
Ph. DE LA Harpe ^ (1830-1882) 
quaternaire, sur la mollasse, sur le s 
ttm du Vaud et sur quelques localité 
et valaisannes, ont lié son nom à la 
et du canton de Vaud en particulie 
plus tard d'une entreprise plus grai 
nographie du genre Nummulites. Q 
moires ont paru sur ce sujet, maii 
préliminaires à l'œuvre plus gêné 
Harpe a consacré dix années de 
malheureusement inachevée. 



* E. Renerier, Philippe de la Harpe 
scieDtifiqaes. BuU, Soe. vaud. Se, nat, 18£ 
graphie est solTie d'une liste complète de 



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POUR l'année 1889, 237 

Enfin nous signalons avec tristesse la mort récente 
deV. GiLUËRON (1826-1890). Sans avoir fait des études 
spéciales, il a été l'auteur de plusieurs travaux remarqua- 
bles, fruits de ses patientes recherches. Occupé dans ren- 
seignement secondaire, d'abord dans le canton de Vaud, 
puis à Neuveville et en dernier lieu à Bàle, Gilliéron 
s'ocxnpa de la géologie de la Suisse occidentale. Il com- 
mença par des travaux sur quelques points de la géo- 
logie du Jura, et sur le néocomien du Landeron ; mais 
Tœovre à laquelle il a consacré plus de vingt ans de 
travail et d'efforts» c'est la description géologique des 
Alpes fribourgeoises et d'une partie des Alpes bernoises 
dans les livraisons XII et XVIII des Matériaux pour la 
carte géologique de la Suisse, parues en 1873 et 1885, et 
la carte géologique de cette région, renfermée sur la 
feuille XII de l'atlas fédéral au Vi •••••• Gilliéron s'est 

montré avant tout observateur; ennemi de la théorie 
sans bases solides, il n'en usait qu'avec une extrême pru- 
dence. Dans ses cartes et ses profils, il s'est efforcé de ne 
représenter que les faits observés. Ses ouvrages sont 
l'expression de recherches consciencieuses, sans idées pré- 
conçues. C'est à lui que l'on doit les premiers travaux 
complets sur la stratigraphie des Alpes fribourgeoises et 
surtout des Préalpes. 

H. Gilliéron a dépensé ses forces et sa santé au ser- 
vice de la science à laquelle il s'était consacré d'une ma- 
nière absolument désintéressée, et son départ laisse dans 
le cœur de ses collègues un profond regret. 



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238 REYCE GÉOLOGIQCB SUISSE 



Dafcriptions, roches, géologie dynamiqne, etc. 

Deecriptioiis géologiqaes. 

Carte de la Suisse. — M. le D'Y. Giluéron' a 
résumé les travaui qui oot coudait à rachèYement de la 
carte géologique de la Suisse, en vingt-cinq feuilles 
et à Técbelle de Vieottt- L'auteur expose l'origine de 
ce travail et les diverses phases par lesquelles il a passé. 
11 relève les imperfections et les défauts nécessairement 
inhérents à une œuvre à laquelle ont contribué de nom- 
breux géologues qui n'appartenaient pas à la même 
école et travaillaient suivant des méthodes différentes; 
quoique la gamme des couleurs et la subdivision en 
grand des terrains fût la même, il y a entre les feuilles 
de la carte des divergences parfois sensibles. Pour obvier 
à ce vice^ M. Gilliéron fait une série de propositions qui 
conduiraient à un résultat plus uniforme pour une nou- 
velle carte, au 7»»ooo» ^^^ laquelle on pourrait aussi 
donner une plus large place aux terrains récents; les re- 
cherches hydrologiques et d'autres renseignements prati- 
ques devraient y être consignés. La publication de cette 
carte à un prix modique serait une œuvre réellement 
utile. 

Alpes. — Le travail de M. le D' C. ScHiMinT* sur la 



* D' V. Gilliéron, Note sur PachèTement de la première carte 
géologique de la Suisse à grande échelle. BuU. 8oe, Mge de ^éo- 
logie,lSS9ym, 111-118. 

' C. Schmidt, Zur Géologie der Schweizer-Alpen, 1889, 62 p., 
1 pL; Pun de nous a déjà donné un résumé de ce trarail. Archi- 
vée, 1889, XXU, 580. 



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POUR l'année 1889. 239 

géologie des Alpes suisses, résume les connaissances ac- 
tuelles sur rorigine, la pétrographie et la structure de 
Tensemble de cette chaîne. Il y traite des caractères^sen- 
tiels des roches, de Tinfluence et du rôle du métamor- 
phisme, et des confusions qui en résultent et qui com- 
pKquent la distinction des roches originellement sédi- 
mentaires des terrains primitifs ou même éruptifs. Il 
décrit ensuite la structure de la chaîne dans ses diverses 
régions, et la différence entre ses deux versants. Il remar- 
que que le plissement définitif n'a commencé pour les 
deux régions que vers la fin de la période éocène; le 
versant nord a cependant subi des bouleversements an- 
térieurement au dépôt des terrains mésozoïques. En 
définissant les diverses phases qu'a traversée la chaîne 
des Alpes, l'auteur trouve dans certaines régions de l'Eu- 
rope, la Bretagne, la Forêt-Noire, les Vosges et les Py- 
rénées, des termes de comparaison qui permettent de se 
représenter ce qu'elle était dans les diverses phases de.son 
évolution. 

Deux profils transversaux de la chaîne des Alpes ont été 
étudiés par M. T. -A. Bonnet \ L*un d'eux passe de Gre- 
noble à travers le massif de Belle-Donne et les Grandes- 
Rousses. L'autre suit la ligne de Liens à Kilzbûhel dans 
les Alpes orientales (voir plus loin). 

Dans un exposé descriptif, sous forme d'itinéraire, l'au- 
teur suit le premier profil par étapes, allant d'abord de 
Vizille à Bourg-d'Oisans, en coupant le massif de Belle- 
donne avec ses micaschistes et gneiss, ses roches grani- 
tiques et par places porphyroides, auxquelles succèdent 

* T.- A. Bonney, Note on two traTerses of the cristalline rocks 
of the AJps. QuàL Journal af. geol. 8oe. Landorty febr. 1889, 67- 
111. 



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240 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

de nouveau des gneiss. Entre Bourg-d'Oisans et Briançoo, 
il étudie la structure du massif des Grandes-Rousses, 
form4 de roches cristallines avec interruptions de sédi- 
ments carbonifères et jurassiques visibles sur le passage 
du col du Lautaret. Le passage du mont Genèvre et du 
col de Sestrières conduit, à travers une grande épaisseur 
de sédiments jurassiques et triasiques, à un massif de 
roches cristallines formé de micaschite calcaire avec ban- 
des de serpentine. 

A la suite de la description des terrains crétacés et ter- 
tiaires des montagnes calcaires de la Savoie, H. Hol- 
lande^ a donné une série de profils qui font ressortir clai- 
rement la structure de ces chaînes placées au point où le 
Jura se soude aux Alpes. Les terrains crétacés avec les 
trois étages bien distincts du néocomien, suivis du cré- 
tacé moyen et supérieur, de Téocène et du miocène, for- 
ment les chaînes extérieures dans lesquelles apparaissent 
aussi des affleurements de Berrias et de jurassique supé- 
rieur jusqu'à l'oxfordien. Le dogger et le lias n'apparais- 
sent que dans les chaînes plus intérieures. Cette nouvelle 
séries de coupes complète celles qui ont déjà été décrites 
(Revue pour 1888 et 1887); elle se rapportent spéciale- 
ment au massif des Beauges. A côté d'un grand nombre 
de petits profils de détail, montrant la structure de cer- 
tains cols, vallons ou sommités et la disposition des cou- 
ches sur le parcours d'un même pli, l'auteur a construit 
deux profils transversaux passant par les extrémités nord 
et sud du massif des Beauges. On reconnaît ici, comme 
dans toutes les Alpes calcaires du versant nord de la 



* Hollande, Dislocations des montagnes calcaires, etc. BuU. 
Soe. hiêt. nat, de Stwoie, 1889, III, 148-153, 4 pi. 



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POUR l'année 1889. 241 

grande chaîne, le rôle prépondérant des plis qui sont 
pour la plupart déjetés à l'ouest. Au pied du massif cris- 
tallio s'élève, à Touest de la vallée de TArly, une mon- 
tagne jurassique et liasique, coupée par deux failles ei 
qui porte la pointe de la Sellive. Plus à l'ouest les syn- 
clinaux et les anticlinaux se suivent régulièrement, 
presque comme dans le Jura, mais avec un déjettement 
plus prononcé. Les vallées sont creusées sur le parcoure 
des plis synclinaux, quelques-unes cependant sont des 
anticlinales érodées. Une faille marque le contact avec le 
miocène de la vallée des Déserts. Ce terrain repose sur 
le tongrien qui ofire ici un grand développement et paraît 
s'être déposé en partie sur les couches urgoniennes déjà 
érodées. 

L'aquitanien et le tongrien pénètrent dans deux des 
fallées du massif des Beauges, et y reposent dans quel- 
ques cas sur le flyscb. 

M. Hollande termine son travail par un aperçu sur 
l'évolution des montagnes qu'il vient de décrire. L'ab- 
sence des terrains silurien, dévonien et du calcaire car- 
bonifère font conclure à une émersion antérieure au 
terrain bouiller ; ce dernier et le trias recouvrent la for- 
mation cristallopbyllienne en discordance et parfois même, 
le trias, presque horizontal, repose sur les schistes cris- 
tallins en position verticale. L'érosion des terrains pri- 
mitifs pendant la formation du carbonifère est attestée par 
les blocs roulés contenus dans le verrucano et les maté- 
riaux cristallins des grès houillers. Les hautes Alpes de 
Savoie renferment toute la série des terrains juras- 
siques jusqu'au malm, dont l'existence est cependant 
douteuse. Une émersion a probablement arrêté la sédi- 
mentation marine dans la partie centrale jusqu'à l'époque 



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242 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

éocëne; la mer de Téocène moyen et supérieur a 
tré comme un golfe du col de Goléon au Ghe?al-Noir. 
Dans la zone subalpine, le soubassement des terrains se- 
dimentaires est aussi formé par le houiller, ce qui dé- 
montre l'absence des terrains primaires. Le trias est un 
faciès d'eau peu profonde. Le lias et le dogger coïncident 
avec un approfondissement lent des eaux, mais un bant 
fond parait avoir existé au centre même de la zone sub- 
alpine de Savoie; le mouvement descendant se change 
en mouvement ascendant vers la fin de l'époque juras- 
sique et coïncide avec Témersion purbeckienne du Jura. 
Plus tard le crétacé accuse des oscillations successives, 
qui ont été les mêmes dans la zone subalpine et dans le 
Jura, sauf pour le crétacé supérieur. Par contre, à 
l'époque éocène, tandis que la mer a envahi les Alpes en 
pénétrant jusque dans l'intérieur du massif des Beanges, 
le Jura a dû être une terre ferme. Â l'époque miocène 
le contraire a eu lieu. 

La seconde partie des notions de géologie appliquée à 
la Haute-Savoie, par M. 6. Maillard ^ s'étend aussi à 
la partie voisine de la France. L'auteur esquisse rapide- 
ment les allures du Jura savoisien, le chaînon du Vuache, 
l'flot disloqué du Salève, celui de la Balme de Sillingy, 
qui sont tous des voûtes déjetées dans lesquelles un escar- 
pement offre la succession des assises de la montagne, à 
partir de l'urgonien qui forme la calotte supérieure, jus- 
qu'au jurassique qui apparaît à la base. 

La description du plateau des Bornes renferme t'énu- 
mération des terrains récents qu'il contient : l'énorme 

^ G. MaiUard, Notions de géologie élémentaire appliquées à la 
Haute-SaToie. Eevue savoisienne, XXX, 1889. Voir Revue gécl^ 
p. 1888, p. 178. 



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POUR l'année 1889. 243 

moraine ealcaire de la Plaine des rocailles et les affleu- 
rements de mollasse qui prouvent que cette dépression 
entre le Salève et les Alpes est un véritable fond de ba- 
teau. 

La région alpine de la Savoie, si bien décrite déjà par 
M. Alpb. Favre, a une structure très compliquée. 
M. Maillard déoit la voûte du mont Semnoz^ voûte néo- 
comienne, placée sur la jonction du Jura et des Alpes ; 
pois la vallée des Beauges> comblée de mollasse mio- 
cène; la montagne drgonienne d'Entevernes, suivie d'un 
vallon nummulitique. Sur les bords du lac d'Annecy, le 
mont de Veyrier, le roc de Gheyre et les dents de Lanfon 
offrent de l'nrgonien, d'abord replié en c#3, puis en 
voûte aplatie surbaissée et enfin détaché en lambeaux 
au-dessus du néocomien dénudé; ces terrains jouent 
encore le plus grand r6le dans la montagne de la Tour- 
Dette, dans le vaste plateau du Parmélan, sillonné de la- 
piés, et dans toutes les chaînes entre la Borne et l'Arve. 
L'aptien, le gault très fossilifère, et même la craie, 
surmontent Turgonien; puis vient l'éocène, qui comble, 
entre les chaînes de Jalouvre, de Leschaux et de la 
Pointe- Percée, les plis synclinaux du crétacé. Quant 
aux massifs liasiques et triasiques des Annes, de la Croix 
de Châtillon, de Lâchât et de la Pointe d'Alme, qui sur- 
gissent dans le bassin éocène entre la chaîne de Ja- 
louvre et la Pointe-Percée, M. Maillard les considère, 
avec raison, comme des klippes; ces débris de monta- 
gnes existaient déjà au milieu des mers crétacée et éocène 
et n'ont plus guère subi de bouleversements considéra- 
bles depuis cette époque. 

L'auteur parle aussi du prolongement des mêmes 
chaînes à Test de l'Arve et des montagnes plus intérieu- 



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244 REVUE GÉOLOGIQUE SI 

res, du Buet, du Cheval-Blanc et d 
de terrain jurassique replié et appu 
cristallin des Aiguilles-Rouges ; il rési 
ce dernier massif et de celui du Mont- 
du groupe des Alpes de Savoie et du I 

Revenant aux questions générales, 
un aperçu sur le développement coi 
et géologique du globe, dont il appli 
au pays exploré auparavant, et pours 
gique jusqu'à l'apparition de Thomme 
pagné d'une planche, sera utile pour i 
de géologie à la connaissance du sol 
l'étudier. 

Alpes centraks. Versant nord. — W 
a combiné un itinéraire dans les Alp 
vir de guide à ceux qui voudraient f 
géologique dans une ou deux région 
santés de notre pays. II passe à tr 
Rhône, visite les Dents de Mordes, \ 
vallées de Saint-Nicolas et de Saas 
Mont-Rose, et résume les faits saillan 
cette région. 

Le champ d'excursion du Club alp 
pour les années 1888-1889, la rég 
Rhin antérieur et la vallée du lac de 
groupe du Calanda-Ringelspitz-Graue 
en a résumé la structure géologique. 4 
laquelle le refoulement latéral des A 

^ Capt. Marshall-Hall, Swiss geological 
Magasine, juin 1889, 252-255, 1 pi. 

• A. Heim, Einige Worte zur Géologie 
nuaire 8, A. 0., 1888-1889, 247-256, 1 pi. 



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POUR l'année 1889. 245 

agi aTec le plos d'intensité ; les couches se trouvent re- 
pliées et froissées de mille manières; les terrains an- 
ciens, soulevés à une grande hauteur et renversés, y 
reposent sur les couches tertiah'es. Les Ringeispitz et les 
Graue Hdrner présentent de part et d'autre du Calfeuser 
Tbal une structure analogue. Leur sommet est composé 
de conglomérats et de schistes du verrucano (sernifite), 
représentants du terrain carborifère dans les Alpes. Le 
Lochseitenkalk (calcaire jurassique), se voit très aminci 
et laminé, en dessous du verrucano, tandis qu'ailleurs 
il est beaucoup plus épais. Les deux versants du Calfeuser 
Tbal sont formés de flysch et laissent apparaître l'im- 
mense masse de ce terrain emprisonnée au milieu du 
double pli. Ce n'est que près de Vâtis que la vallée, 
après avoir entièrement traversé le tertiaire, entame la 
série normale des terrains du malm jusqu'au verrucano. 

M. Heim confirme la nécessité d'admettre la présence 
d'une seconde série normale des terrains au-dessus du 
verrucano renversé qui occupe le centre des deux voûtes 
couchées. L'ablation des terrains dans cette contrée a dû 
être de plus de 2000 mètres; ce qui en existe encore 
n'est qu'une ruine gigantesque. Une planche avec quatre 
profils explique la remarquable structure de ces mon- 
tagnes. 

L'auteur démontre plus loin la coïncidence entre la 
dépression du Runkelspass et de la vallée de Vàttis- 
Pfaffers, avec la vallée de Schams; il conclut de là à l'an- 
cienne continuité de ces deux vallées. Une branche occi- 
dentale du Rhin coulait par cette dépression dans la 
vallée de Wallenstadt, et rejoignait par le Greifensee et la 
vallée de la Glatt le Rhin actuel. L'érosion latérale ve- 
nant de l'est par une branche orientale du Rhin, a coupé 
AacfflVEs, t. XXIII. — Mars 1890. 14 



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246 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

les eaux de cette branche principale et les a forcées à 
prendre un chemin plus long par la ?alléedu Rhin orien- 
tal. La Tallée de Kunkel-Ptâffers est ainsi un tronçon de 
vallée, isolé par suite de l'érosion. La vallée de Churwal- 
den k Lens est un autre exemple d'une vallée qui a été 
isolée et dont le creusement a été arrêté; elle appartenait 
au réseau du Rhin oriental. 

Les recherches de M. G. Diener\ dans une partie des 
Grisons, Haute-Engadine, Oberhaibstein, Schams, etc., 
l'ont conduit à des conclusions différentes de celles de 
Tbéobald. Il étudie spécialement la nature des roches de 
Casanna et les schistes des Grisons, qui occupent dans 
cette région une place si importante. 

La masse principale de ces montagnes se compose de 
micaschistes gneissiques et de phyllades calcaires, souvent 
accompagnées de calcaires cristallins et de rodies érup- 
tives, gabbro, diorite, serpentine. Ce groupe que M. Diener 
nomme phyllades calcaires (Kalkphyllitgruppe), corres- 
pond aux schistes de Casanna et en partie aussi aux 
schistes des Grisons. Aucun de ces deux terrains ne peut 
être envisagé comme appartenant à un seul horizon ; 
ce sont des /acî^«, qui se retrouvent à des niveaux varié^i; 
Théobald a i^lassé les schistes de Casanna en entier dans 
le lias. Quant aux schistes des Grisons, M. Diener y dis- 
tingue deux types; les roches du flysch éocène et les phyl- 
lades calcaires qui s'en distinguent facilement. Ce der- 
nier groupe surmonte les conglomérats, arkoses, brèches 
et quartzites réunis par l'auteur sous le nom de verru- 
cano et qui représenteraient le carbonifère et le permien. 



* D' Cari Diener, Geologische Studien im sûdwestlichen Grau- 
bûnden. Sitzungber. h. h. Acad. der Wissensch.^ Vienne, 1888, 
XCVII. 



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POUR l'année 1889. 247 

Le trias de celte région commence par des gypses et 
des marnes calcaires, suivis de cargneutes avec conglo- 
mérats et brèches; des calcaires en dalles très puissants 
forment le groupe suivant et supportent le rhétien, carac- 
térisé par ses fossiles. Cette succession rappelle le déve- 
loppement du trias des Alpes autrichiennes et ne se trouve 
pins à l'ouest du Splugen. 

L'anleur décrit encore la disposition transgressi ve 
des sédiments mésozoïques sur leur soubassement de 
ta^rains plus anciens, observation qui a déjà été faite sur 
d'autres points. 

Versani sud. — Les Eclogœ gédogiques ont publié le 
programme des excursions de la Société géologique suisse 
en septembre 1889, dans les Alpes tessinoises. M. le 
IKScHMiDT^ a résumé les particularités du champ d'ex- 
cursion, en donnant quelques indications sur la structure 
de cette partie des Alpes et une planche de profils, ainsi 
que des notions sur les roches éruptives qui s'y rencon- 
trent. Un tableau des terrains complète cette notice pré- 
liminaire. 

Alpez mienUUes. — M. A. Bôhm' a cherché à établir 
sur une base scientifique une division des Alpes orien- 
tales. Il critique l'ancienne méthode qui prend pour base 
de classification les dépressions creusées par les cours 
d'eau; les lignes hydrographiques sont, en effet, rarement 
en accord avec les accidents de la structure orotechto- 
nique d'une chaîne. Il relève la séparation des Alpes en 
deux arcs d'âge différent séparés par une ligne de démar- 
cation passant du lac de Constance par la vallée du Rhin 

* Edogœ geci, hdv., 1889, V. 

* Aag. Bôhm, Ëintheilung der Ostalpen. Oeogr. AbhancU.j yon 
Prof. D» A. Penck, Vienne, 1887. 



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248 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

au Splûgen et au lac de Corne. Les Alpes orientales 
offrent une division naturelle en trois zones; une zone 
centrale de gneiss et deux zones calcaires au nord el ao 
sud, dans lesquelles les dépressions secondaires permel- 
tent d'établir dix-huit groupes qui renferment à leur 
tour des subdivisions plus petites. Cet essai de subdivi- 
sion orogéologique est un véritable pas vers un classe- 
ment rationnel de la grande chafne alpine. 

M. Bonnet' a décrit une coupe transversale de la 
chafne centrale des Alpes du Tyrol, dans la région da 
Brenner. Il s'occupe surtout de la structure des micas- 
chistes argileux (Thonglimmerschiefer) et des micaschistes 
quartzeux qui occupent une large zone dans le Tyrol mé- 
ridional et dans la vallée de la Drave (Pusterthal) ; il exa- 
mine aussi le gneiss et les micaschistes de la vallée disel; 
la partie supérieure de cette vallée offre, près Windisch- 
Matrei, des micaschistes argileux et calcaires, et plus haut^ 
des schistes chloriteux, de la syénite (?) et du gneiss for- 
ment le massif du Gross-Glockner. La coupe passe en- 
suite par la chaîne au nord de la Salza, le Zillerthal, le 
passage du Brenner, traversant presque partout des mi- 
caschistes argileux. L'auteur donne la série suivacte : 

1. Micaschistes alumineax (Thonglimmerschiefer), schistes mi- 
cacés couleur gris-plomb avec plus ou moins de quartz .et de cal- 
caire, passant parfois au schiste chloritique. 

2. Micaschistes et gneiss ressemblant au groupe lépontin (Saint- 
Gotthard). 

3. Gneiss rubanés, gneiss granitoîdes et granits gneissîques asses 
semblables aux roches laurentiennes et hébridiennes. Les schistes^ 
argUeux micacés sont l'analogue des schistes des Grisons et cor- 
respondent aussi, dans une certaine mesure, aux schistes lostréft 
des Alpes occidentales. 

^ T.-A. Bonney, Notes on two traverses, etc., loc eU, 



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pouK l'annék 1889. 24» 

L'auteur complète ses observations par une série de 
diagDoses microscopiques des roches étudiées et par 



M. SmoNT' a publié la première livraison d'un tra- 
vail sur le groupe du Dachstein (Alpes autrichiennes); 
c'est une description très complète de ce massif, illustrée 
de nombreuses planches relatives à la structure géologi- 
que et au relief de la surface. 

Jura. — M. Margou' a fait paraître un mémoire sur 
Tbistoire de la géologie du Jura jusqu'en 1870, dans la- 
quelle ce savant commence par signaler la part qu'il a 
prise lui-même, avec le D' Germain, au développement de 
la géologie de cette chaîne. Ces notes historiques font 
cmnprendre les difficultés contre lesquelles avaient à lut- 
ter les géologues pendant la naissance de cette science 
dans le Jura ; elles font voir aussi la part importante 
qu'ont eu dans l'étude de ces montagnes les géologues 
suisses, Thurmann, Gressly, de Montmollin, Nicolet, 
Mérian, Studer, Âlph. Favre, etc., et l'influence des tra- 
vaux paléontologiques de Thurmann, d'Agassiz, de De- 
sor, etc. On lira avec plaisir les notes biographiques sur 
ces hommes, qui ont contribué chacun pour leur part à 
faire connaître cette région. C'est dans ses relations per- 
sonnelles que M. Marcou a puisé, en partie du moins, ses 
données; on voit ses amis et collaborateurs travailler 
avec lui à débrouiller la stratigraphie du Jura; il connaît 
la spécialité, les capacités de chacun et apprécie leur 

^ Fr. Simony, Das Dachsteingebiet. Ein geographisches Clia- 
rakterbild ans den ôsterreichischen Nordalpen. 1. Lîef. Vienne^ 
1889.E.Hôlzel. 

* Jnles Marcou, Les géologues et la géologie du Jura jusqu'en 
1870. Mém. de la Sœ. d'imul, du Jura, 1889, 80 pages. 



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250 REVUR GÉOLOGIQUE SUISSE 

Taleur et leurs qualités. A voir la vivacité des souvenirs^ 
on oublie qu'ils ont été rédigés au delà de l'Atlantique. 

Une étude sur la zone limitrophe entre la région des 
chaînes du Jura et le plateau jurassique est due à M. Ifr 
prof. Mûhlberg'. Les travaux des tunnels du Bôtzberg et 
du Hauenstein ont fait connaître en partie la structure de 
cette région remarquable. L'auteur a résumé les publi- 
cations plus anciennes et a reproduit, à côté de ses pro- 
pres profils, toutes les anciennes coupes géologiques dues^ 
à MM. Gressly, Mœsch, Mûller, etc. 

M. Mûhiberg a entrepris cette étude en vue de con- 
struire un profil exact du tunnel projeté à travers la 
Schafmatt, montagne intermédiaire entre le Hauensteio 
et le Bôtzberg. Cette région est le prolongement de la. 
chaîne du Mont-Terrible, mais sa structure est très diffé- 
rente. 

Le Bôtzberg avait été étudié par M. Mœsch, mais le 
percement du tunnel a donné un résultat assez différent 
de l'étude préliminaire. Il a fait connaître, au pied nord 
du Linnerberg, un pli synclinal couché du jurassique 
supérieur renfermant un noyau de miocène, disposition 
qui correspond à un chevauchement de la chaîne àvt 
Jura par-dessus le plateau jurassique. Dans un profit 
plus étendu, comprenant non seulement le Linnerb^g 
(Bôtzberg), mais encore deux chaînons situés plus au sud,, 
le Kahnegg et la Gislifluh, M. Mûhiberg montre la dis- 
position remarquable des voûtes déjetées et en partie 
chevauchées, avec plis-failles, anticlinales, etc., dues à la 

^ F. Mûhiberg. Kurze Skizze der geologischen YerhàltnisBe de» 
Bôzbergtunnels, des Hauensteiûtunnels, des projektirten Schaûnatt- 
toimels, etc. MiUheamgen Aarg. naturf. GesèUsdi., 1889, Y, 40 p.^ 
4 pi. 



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POUR l'annék 1889. 251 

résisUnce inégale que le refoalement horizontal a rencon- 
trée sur les bords du plateau jurassique. 

En discutant le profil du Hauenstein, M. Mûhiberg ex- 
pose les difficultés rencontrées par Gressly et M. Lang 
dans leurs recherches sur cette chaîne, dont le versant 
sad a une structure extraordinairement compliquée. Neuf 
profils de cette chaîne ont été exécutés, soit avant, soit 
pendant, soit après la construction du tunnel, et cinq 
sont dus à Gressly, les autres à MM. Lang, Mûller, 
MoBscb, etc.; ils diffèrent tous dans la disposition des 
couches du versant nord, tandis que du côté sud du tun- 
nel, ils sont presque identiques. Le nouveau profil que 
donne M. Mûhiberg a l'avantage de montrer la structure 
des chaînes voisines du Hauenstein et la disposition des 
couches dans la profondeur. Il faut admettre ici, comme 
an Bôtzberg, un pli synclinal couché; mais ce pli a son 
jambage sud tout à fait étranglé par suite d'un chevauche- 
ment, car le trias se trouve superposé au miocène. Cette 
dernière coupe montre la complication extrême de la struc- 
ture de cette montagne, causée par la combinaison de plis, 
de cassures, de failles et de chevauchements. L'énorme 
épaisseur du groupe du muscheikalk (240 m.) admise par 
Gressly se trouve réduite, par les récherches de M. Mûhi- 
berg, à 72 m. tout au plus (doiomie sup., 25 m., muschei- 
kalk, 35 m., doiomie inf., 12 m.). Reconnaissant sa pre- 
mière estimation exagérée, Gressly avait admis d'abord 
l'existence de failles successives en gradins, puis des replis 
doubles et des ondulations, tandis que M. Lang admettait 
un pH en S coucha Plus tard, M. Moesch supposa sur le 
versant nord du Hauenstein trois plis couchés, superposés 
en position presque horizontale. M. le prof. Mûller paraît se 
rapprocher le plus de la vérité en supposant une triple su- 



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POUR l'année 1889. 253 

meots, manque ici en apparence, et le Wiesenberg occupe 
à la fois remplacement do Hauenstein et du Hasenbubel. 
I) faut admettre qu'ici le massif compliqué qui forme, 
plus à louest, le Hauenstein, a été poussé par-dessus la 
chaîoe du Hasenbubel, suivant le plan de glissement du 
graod cbevaucbement qui fait reposer, au nord du Hauen- 
steiD, le trias sur le miocène. Cette disposition est encore 
compliquée de failles et de cbevaucbements profonds qui 
font de cette chaîne un vrai labyrinthe, surtout pour ceux 
qai voudraient tout expliquer par des plissements et re- 
troQTer la même succession de plis dans chaque segment 
de la chaîne. 

Le profil étudié le long du parcours présumé du tun- 
nel de la Schafmatt montre une structure semblable à 
celle do Hauenstein. La moitié nord est formée par un 
grand chevauchement du muscheikalk, avec les terrains 
qoi le surmontent. La région de la Stellifluh offre une 
structure imbriquée absolument analogue à celle du 
Haoenstein, tandis que la voûte qui, dans ce dernier, est 
simplement bombée au sud-est, est ici écrasée et déjetée 
ao sud. 

Quoique la formation sidérolithique indique, par son 
importance dans le Jura argovien et soleurois, une longue 
période d'émersion, on constate que les sédiments ter- 
tiaires plus récents ont été ployés et disloqués, aussi bien 
au nord qu'au sud de la chaîne qui borde le plateau ju- 
rassien. La dislocation définitive de cette région n'a donc 
eu lieo qu'après la période miocène. 

Pour s'expliquer l'intensité de ces bouleversements, il 
faut admettre que, pendant la période qui lésa précédés et 
peut-être simultanément avec eux, la région des chaînes 
du Jura a subi des dénudations considérables, qui ont 



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354 RBVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

enlevé tons les terraÎDS jusqu'au muscheikalk, el que ce 
terrain a été profondément fissuré et disloqué. Le cbe- 
vauchement de la chaîne du Mont-Terrible par-dessus la 
chaîne du Hasenhubel parait avoir eu lieu simultanément 
avec le plissement de celle-ci et même avec la formation 
de la structure imbriquée du oonchylien. 

Cette recherche nouvelle confirme la justesse des vues 
de M. le prof. Mûller, de Bâie, qui, il y a quarante ans 
déjà, avait expliqué la structure de ces chaînes par des 
superpositions plusieurs fois répétées, tandis que d'autres 
géologues ne voulurent y voir plus tard que des plisse- 
ments multiples. 

Forêt-Noire. — Une description détaillée d'une sec- 
tion de la Forét-Noire, le Mûnsterthal, est due à M. Ad. 
ScHMiDT*. L'auteur décrit d'abord l'étendue et le carac- 
tère orographique, topographique et hydrographique de 
cette région, le groupement des massifs, sommités et chaî- 
nons. Les roches principales sont le gneiss, avec du por- 
phyre et des filons métallifères. Dans le voisinage, on 
trouve les couches du culm, du grès bigarré, du muschel- 
kalk, du lias, du dogger en très faible développement, et» 
vers la plaine du Rhin, du tertiaire, avec des dépôts dilu- 
viens. Une bibliographie accompagne ce travail. La pre- 
mière partie traite du terrain primitif, d'abord au point de 
vue pétrographique; on peut distinguer plusieurs variétés 
de gneiss, granit, leptinite, amphibolite, roches amphiboli- 
tiques, pyroxéniques, felsitiques,etc. L'étude delastructure 
du gneiss permet de constater des modifications diverses 



' D' Adolf Schmidt. Géologie des Mûnsterthales im badischen 
Schwarzwalde. VerhancU, d. fKUurhist.-medic. Vereins Heidèlberg, 
1888, m, 467-617; 1887, IV, 66-227; 1889, IV, 803-414. 1 carte. 



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POUR l'annék 1889. 255 

expliquant TorigiDe de cette roche. La description de chaqne 
espèce et chacune desTariétés est accompagnée d'une dia- 
goose macroscopique et microscopique. Puis l'auteur décrit 
la succession de ces roches et spécialement la relation entre 
le gneiss elle granit; ce dernier traverse le gneiss sous 
forme de massifs oo filons qui restent limités à l'intérieur 
des formations anciennes, sans jamais pénétrer dans la 
coQTerture sédimentaire. 

Dans la seconde partie, l'auteur examine la nature des 
porphyres, quil groupe en porphyres basiques et syéniti- 
qoes sans quartz et en porphyres acides granitiques et fel- 
sitiques. Les porphyres du Mûnsterthal, qui sont presque 
exclusivement de ces derniers, se groupent, à leur tour, en 
trois variétés, soigneusement décrites. Ces roches sont 
plus récentes que le granit et le gneiss, dont elles renfer- 
ment des débris. Le porphyre est partiellement même 
plus récent que le kulm, mais plus ancien que le grès 
bigarré. 

Enfin, ta troisième partie de cet important travail est 
consacrée à l'étude des filons métallifères. Les minéraux 
et minerais sont fort nombreux, il en est bien peu cepen- 
dant dont l'exportation offre quelque chance de rende- 
ment, ce sont : galène, blende, chalcopyrite, pyrite, mar- 
casite, magnétite, fahlerz, pyrargyrite, argentite, argent 
natif, stibine, plumosite, arsenic natif, réalgar, cérusite, 
pyromorphite, eosynchite, smithsonite, aurichalcite, ca- 
lamine, limonite, ocre, quartz, calcédoine, silex corné, 
spath fluor, barytine, dolomie, calcite, oligiste spéculaire, 
gypse. L'auteur décrit ces espèces et leurs variétés et 
ajoute, pour celles qui ont donné lieu à des exporta- 
tions, l'histoire et l'importance de celles-ci. 

(A suivre.) 



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''"^, 



NOUVELLES RECHERCHES 



VIEISTTS DIQESTIFS 



Catliertne S€mPII«OFF 



iDt mon précédent travail sur les ferments 
ignalais les observations publiées par M. R. 
lées AzUme délia bUe sulla digestione gastrica 
7), et je me promettais de revenir plus tard 

ations faites par M. Oddi sont en effet en 
formelle, sur quelques points, avec les idées 
hé à démontrer dans mon travail, elles né- 
; de ma part une étude spéciale ; cette étude 
présent travail, 
ord en quoi consistent les expériences de 



sur les ferments digestifs. Archives des adenees 
XXII, 1889, Oenèye. 



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RECHERCHES SUR LES FERMENTS DIGESTIFS. 257 

Pour étudier l'influence de la bile sur le suc gastrique. 
Fauteur fait communiquer directement l'estomac avec la 
Téfiicule biliaire, et la bile est ainsi déversée entièrement 
dans Testomac. C'est sur les chiens qu'il fait ses expé- 
riences; ces animaux supportent bien l'opération, mais 
acquièrent un appétit formidable ; même ceux qui avant 
l'opération mangaient très peu et comme à contre-cœur, 
deviennent insatiables après l'opération. M. Oddi nourrit 
ses chiens avec de la viande exclusivement. 

Pour s'assurer que la digestion, — la peptonisation, 
— s'effectue chez ces animaux, il pratique une fistule 
stomacale et constate alors que le chyme stomacal extrait 
par la fistule et convenablement traité, montre une cou- 
leur violette très intense par la réaction du biuret. M. Oddi 
en conclut que la pepsine n'a pas perdu sou activité, 
malgré la présence de la bile, et que même les fonctions 
stomacales sont activées ainsi que le prouverait l'augmen- 
tation de l'appétit chez les animaux opérés. Ces expé- 
riences me paraissent très intéressantes, mais je ne puis 
accepter les conclusions de leur auteur. 

Un grand nombre d'expérimentateurs ont montré, et 
M. Oddi cite leurs observations, que la bile arrête l'acti- 
vité de la pepsine; ce phénomène, pour avoir été diver- 
sement expliqué, n'qn existe pas moins, et je crois du 
reste avoir démontré par mes expériences qu'en dehors 
même des effets mécaniques de la bile sur le suc gastrique, 
effets de précipitation, etc., etc., la bile exerce encore une 
action propre sur la pepsine dont elle annule le pouvoir 
peptonisant. 

Qui donc a raison ? Et comment expliquer la présence 
de peptones dans l'estomac chez les chiens de M. Oddi ? 

Je crois pouvoir répondre à cette question. 



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258 RECHERCHES 

J'ai proQTé dans mon premier irarail sur les ferments 
digestifs \ que les glandes de Bronner donnaient par in- 
fusion un liquide possédant les propriétés de la pepsine, 
aTec cette différence, toutefois, que l'action de ce ferment 
ponTait s'exercer librement en présence de la bile. 

Pour faire mes infusions de suc des glandes de Brun- 
ner, je me suis serTie de la muqueuse du duodénum à 
partir de l'anneau pylorique; mais le siège de ces glandes 
est-il exclusivement limité à ces régions? 

D'après Grutzner, des glandes analogues aux glandes 
de Brunner tapissent aussi le pylore. Peut-être la mu- 
queuse de l'estomac au voisinage du pylore, en contient- 
elle aussi? Cette question mérite examen. 

Pour la résoudre, c'est au procédé des infusions de fer- 
ments qu'il faut s'adresser. 

N'ayant pas eu d'estomacs de chiens à ma disposition, 
c'est sur des estomacs de porcs que j'ai fait mes recherches 
et c'est de la bile de porc que je me suis servie. On pourra 
m'objecter, que ce qui est vrai pour le porc ne Test pas lors- 
qu'il s'agit du chien ; mais on admet en général que les 
propriétés du suc gastrique sont les mêmes chez des ani- 
maux aussi voisins par leur mode d'alimentation qne les 
chiens et les porcs. M. Oddi en conviendra assurément 
puisqu'il tire de ses recherches sur les chiens, des conchi- 
sions sur lesquelles il croit pouvoir établir des conseils 
applicables dans certains cas pathologiques chez l'homme; 
du reste les physiologistes qui ont des chiens à leur dis- 
position n'auront qu'à répéter mes observations sur ces 
animaux, il faudra dans ce cas sacrifier les chiens et faire 
des infusions avec la muqueuse des différentes régions de 

* Loc. cit. 



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SUR LIlS FERMI^NTS DIGESTIFS. 259 

leur estomac, car ici Texamen du suc gastrique s'écoulaot 
par la fistule ne peut rien nous apprendre puisque ce suc 
est le mélange de tontes les sécrétions des glandes de 
l'estomac. 

Je rappellerai ici en quelques mots les propriétés du 
ferment des glandes de Brunner que j'ai établies dans 
mon précédent travail. 

L'action peptonisante des glandes de Brunner est ana-^ 
iogae à celle de la pepsine, et s'exerce exclusivement 
dans un milieu acide, l'HCI très dilué convient parfai- 
tement. 

Mais ce ferment se distingue de la pepsine par les pro- 
priétés suivantes : 

1^ Son action peptonisante s'exerce aussi bien en pré- 
sence (te la bile, à moins que celle-ci ne soit en quantité 
assez considérable pour empocher totalement le gonfle- 
ment de la fibrine par exemple. 

i^ La présence de l'infusion de salsepareille dans le 
liquide digestif ne l'empêche pas non plus. 

3^ Enfin ce ferment n'exerce aucune action destruc- 
tive sur les autres ferments. 

Ces différences nous permettront toujours de distinguer 
l'action du ferment des glandes de Brunner de celle de la 
pepsine. Dans un liquide qui les contiendrait tous deux, 
la persistance de la peptonisation malgré la présence de 
la bile ou de l'infusion de salsepareille, nous indiquera 
l'existence du ferment des glandes de Brunner, tandis que 
l'action destructive du liquide sur les autres ferments so- 
lables nous révélera la présence simultanée de la pepsine 
<laiis le liquide. 

Afin d'éviter les redites, c'est à mon précédent travail 
sur les ferments digestifs que je renvoie pour tous les dé- 



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SUR LES FERMENTS DIGESTIFS. 2Gi 

d'eau; ee procédé me donna des infusions bien pins pures 
mais non entièrement privées de ferment accessoire; elles 
avaient en outre l'inconvénient d'être assez faibles, le 
raclage ayant enlevé une bonne partie de la muqueuse 
glandulaire. 

Il faut croire que la muqueuse stomacale pendant la 
digestion s'imbibe pour ainsi dire du suc gastrique (mé- 
lange des deui ferments), et il est difficile de l'en débar- 
rasser. 

Je pensais alors qu'il valait mieux se servir d'estomac 
provenant d'un animal à jeun; l'estomac étant alors com- 
plètement vide, la muqueuse ne sécrète point de suc gas- 
trique, ses glandes sont pour ainsi dire remplies de fer- 
ment (ou proferment), mais elles ne l'ont pas encore 
déversé au dehors, le mélange des deui ferments n'a par 
conséquent pas pu s'effectuer. 

Mes prévisions se sont trouvées justes, et c'est en 
m'adressant à des animaux à jeun, tués environ 30 heu- 
res après leur dernier repas, que j'ai pu obtenir des esto- 
macs fournissant toujours des infusions parfaitement pures 
de chacun des deux fermButs peptonisants. Je me faisais 
apporter les estomacs aussitôt après la mort de Kanimal, 
intacts et liés aux deux bouts, et je ne me servais que de 
ceai qui étaient entièrement vides. 

J'ai fait mes infusions avec des portions fractionnées 
de la muqueuse stomacale, en mettant dans chaque infu- 
sion une partie bien isolée de la muqueuse que je voulais 
étudier; cette muqueuse était réduite en fragments extrê- 
mement fins et mélangés avec un liquide composé de 
i vol. d'eau avec 1 vol. de glycérine; le tout était acidulé 
d'HCl jusqu'à réaction acide faible, mais nette, et digéré 
au bain-marie à 38"" G. pendant 24 heures. 

ARCfflVBS, t. XXIU. — Mars 1890. IS 



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262 RECHERCHES 

Ces infusions convenablement diluées et acidifiées 
étaient essayées sur la fibrine et sur les divers ferments 
solubles, pancréatique, diastatique» etc., etc.» en présence 
ou en l'absence de la bile ou de l'infusion de salsepareille 
d'après les procédés que j'ai déjà indiqués dans mon pré- 
cédent travaiP. 

Résultais: 

Chez le porc Testomac contient deux genres de ferments 
peptiques. 

La pepsine est sécrétée exclusivement par les glandes 
situées dans la partie gris rougeàtre de la muqueuse qui 
tapisse le milieu et la grosse extrémité de l'estomac 

Outre les glandes qui sécrètent la pepsine, il existe 
dans la muqueuse de l'estomac une autre espèce de glan- 
des, qui sécrètent un ferment peptonisant, dont Faction 
est en tous points semblable à celle du ferment sécrété par 
les glandes de Brunner situées dans le duodénum. Ces 
glandes sont situées dans la muqueuse blanche, pylorique, 
de l'estomac, mais elles ne semblent pas y être uniformé- 
ment distribuées. 

Si on fait des infusions avec des bandes annulaires de 
la muqueuse blanche, prises sur toute la surface de l'esto- 
mac, on voit que la richesse en ferment peptonisant di- 
minue à partir de l'anneau pylorique, et les infusions de 
la muqueuse blanche prise à une distance de 20-25 cent, 
à partir de l'anneau pylorique vers le milieu de l'estomac, 
ne donnent qu'un liquide très filant, mais dont l'action 
peptonisante est excessivement faible. 

On peut donc admettre que la répartition des glandes 

* Loc. cit. 



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SUU LES FERMENTS DIGESTIFS. 2(')ÎJ 

é% Branoer (on peui, je crois, donner ce nom ani glandes 
pyloriques aussi) est la suivante : le duodénum depuis le 
<aiQal cholédoque, l'anneau pylorique, et la partie Manche 
pylorique de la muqueuse stomacale sur une zone annu- 
laire de 20 à 25 cent, de largeur. 

Le ferment sécrété par les glandes pyloriques possède 
QDe action peptonisante analogue à celle de la pepsine et 
s'effectuant» comme elle, eiclusivement dans un milieu 
acide; l'acide cblorbydrique très dilué lui est surtout fa- 
Torable. 

Son action semble être moins rapide que celle de la 
pqysine, si Ton en juge par la comparaison de l'action 
digestire des deux infusions obtenues en observant les 
mêmes proportions dans les quantités de muqueuses et 
de liquides employées. Tandis que 10 ce. de liquide pep- 
tique mettent 20-30 minutes pour digérer un flocon de 
fibrine, un égal volume de l'infusion des glandes de Brun- 
nerou des glandes pyloriques de l'estomac, met une heure 
et même quelquefois davantage. 

Le ferment des glandes pyloriques ne digère pas les 
autres ferments solubles ; son action peptonisante s'exerce 
aussi bien en présence de la bile ou de l'infusion de sal- 
separeille; ces propriétés le distinguent de la pepsine et 
montrent son analogie parfaite avec le ferment des glan- 
des de Brunner. 

Un mélange de pepsine et de liquide des glandes pylo- 
riques donne un suc gastrique à propriétés mixtes. Ce 
soc opère la destruction des ferments solubles» mais cette 
adion cesse dès qu'on y ajoute de la bile, car elle est due 
à la pepsine; en revanche, la digestion de la fibrine n'est 
pas annulée par la présence de la bile, elle est seulement 
retardée. En effet, au lieu de l'action digestive combinée 
de la pepsine et du ferment des glandes de Brunner, ac- 



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BILLETIN SCIENTIFIQUE 



ASTRONOMIE 

Ci.-V. SCHIAPARELU. SULLA ROTAZIONE DI MERCURIO SUR LA 

ROTATION DE MERCURE. {AstTon. Nochricfiten, n« 2944, voL 
i23, p. 241.) 

M. Scbiaparelli a commencé Tétade assidue de la planète 
Mefcare en 1882 et la plupart de ses observations et de ses 
dessins datent de cette année-là et de la suivante. Il n*en a 
publié les résultats qu^en 1889, parce qu*il voiïlait vérifier, 
aa moyen de son nouveau réfracteur de 18 pouces d'ouver- 
tare, ce qu'il avait observé avec son ancienne lunette de 
8 pouces. 

Sur presque tous les points M. Scbiaparelli modifie les 
idées que Ton s*était formées sur Tapparence et le mouve- 
ment de rotation de Mercure, d*aprés les observations de 
Schrœter et de Harding au commencement de ce siècle. 

Schrœter avait trouvé une durée de la rotation sidérale 
de Mercure de 24 h. i m. Une observation assidue des tacbes 
de la planète, pendant plusieurs jours consécutifs et à des 
intervalles quelconques dans une même journée, a permis 
à M. Scbiaparelli d'établir que ces taches conservent des po- 
sitions presque identiques. Elles ne se déplacent que ti*ès 
lentement et le mouvement de rotation de la planète est 
^l au temps d'une révolution sidérale, soit 88 jours. Mer» 
cure se comporte par rapport au soleil comme la lune par 
rapport à la terre et certains satellites de Jupiter et de Sa- 
turne par rapport à la planète autour de laquelle ils circulent. 

La rotation est uniforme; c'est la conclusion à laquelle 
arrive M. Scbiaparelli par une discussion très serrée des po- 
sitions de certaines taches dans un grand nombre de ses 



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206 UULLKTIN SCIKNTIKIQUK. 

dessins. Or Torbite de Mercure est fortement excenlrique, te 
mouvement de translation s'eflfectue avec une vitesse va- 
riable, il en résulte une libration en longitude plus forte que- 
pour la lune. Dans le cours d'une révolution, les Vs ^^ 1» 
planète sont éclairés par le soleil, et Vs seulement sont con- 
stamment privés de ses rayons. 

L*axe de rotation est à peu de chose près perpendiculaire' 
au plan de Torbite. M. Schiaparelli ne donne pas la valeur 
exacte de Tinclinaison de Téquateur de la planète sur Torbite,. 
mais cette inclinaison doit, d'après lui, être inférieure à lO"". 
Schrœter avait attribué à cette inclinaison une valeur beau- 
coup plus forte. 

Les taches de Mercure ont l'apparence de stries légères^ 
de couleur rouge brun se distinguant mal du fond rose clair 
de la planète. Elles sont stables, quant à leur forme et à leur 
position, mais leur intensité est variable. Elles disparaissent 
vers les bords de la planète et quelquefois aussi semblent 
voilées vers le centre du disque. M. Schiaparelli a aussi 
observé des taches blanches, principalement sur les bords; 
il les attribue à des condensations dans l'atmosphère de 
Mercure qu'il suppose être d'une densité notable et d'une 
transparence imparfaite. Il a aussi observé des taches asses 
brillantes dans le voisinage du pôle boréal de la planète. H 
en résulte le phénomène déjà remarqué par Schrœter que^ 
dans le croissant de Mercure, la corne boréale est sensible- 
ment plus brillante que la corne australe. Ce n'est cependant 
pas toujours le cas et % Schiaparelli n'a jamais observé que^ 
la corne australe fût tronquée, comme le croyait Schrœter. 

Gomme la planète Mercure s'éloigne peu du soleil, il est 
préférable de l'observer de jour, quand le soleil est sur l'hori- 
zon. Elle est plus difficile à voir en été ; en hiver, les condi- 
tions sont meilleures et l'observation possible à toutes les 
heures de la journée. On peut suivre la planète durant toute 
sa révolution synodique, sauf pendant un mois vers la con- 
jonction inférieure et pendant quelques jours vers la con- 
jonction supérieure. M. Schiaparelli a pu réunir 150 dessins 
de la planète dans un nombre égal de jours d'observation. 
Ces dessins, exécutés dans des conditions atmosphériques va- 
riables, n'ont pas tous la même valeur et, chose curieuse, le 



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CHIMIE. 267 

savant direclear de Tobservatoire de Milan cite, parmi les 
meifleurs, des dessins faits lorsque la planète, très proche 
de sa conjonction supérieure n*ètait qu'à 3"* du soleil et ne 
présentait qu^un diamètre de 4" à tST. R. 6. 



CHIMIE 



Iba lf00RE.PB0DinTS DE CONDENSATION DES GARBODIAMIDES ARO- 
MATIQUES AVEC LES ORTHODiAMiNES. {Berxchte, XXII, p. 1635, 
Zorich.) 

L*auteur a préparé la diphénylamidomèthylène-o-phénylè- 
nediamine, produit de condensation d*une molécule d'o-phé- 
nylèoediamine avec une molécule de carbodiphénylimide, elle 
a probablement pour formule 

NH NHCeH, 

C,H4 C* 

\/ \ • 
iNH NHCeH, 

aiguilles fusibles vers 159''-160% dont différents sels ont été 
préparés. 

La condensation à molécules égales de To-phénylènedia- 
mine avec la carbodi-p-tolylimide fournit la di-p-tolylamido- 
méthylène-o-pbénylènediamine 

NH NHCeH^CHj 

/ \/^ 
CsH, C 

\ / \ 
NH NHCeH^CH, 



M. Natuansohn et P. Mûller. Dérivés et réactions de la 

TÉTRAMÉTHYLDUMIDOBENZOPHÉNONE. {Bmchte, XXII, 1875, 

Zurich.) 

Ces chimistes ont préparé un grand nombre de dérivés de 
la télraméthyldiamidobeozophénone qu'ils décrivent; ils ont 
reconnu que le bleu Victoria B. s'obtient par l'action de ce 



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268 BULLETIN SGTENTIFIQUK. 

corps sur Fa phéDylnaphtylamiDe et a probablement pour 
constitution 

CioHe — NHCgH| 

(CHA = NCH.. / 
(CH.), = NC.H«> \ 



\. 



\ 

Cl 



ou 



[(CH,),NC.H,],>G 



CjH^ — NHCjoHf 



\ 

a 



dont la base colorante C3,H„NjO est rouge-brique fusible à 
95**; ils en ont préparé plusieurs sels. Le bleu Victoria IV R 
a pour formule Cs4H,4NsCl et s'obtient par l'action de la mé- 
thylphényl-a-naphtylamine sur la létraméthyldiamidobenzo- 
phén/one; sa base colorante Cj^Hj^NjO est aussi rouge-brique, 
et fond à T?"*. Ils ont recherché quelle était la constitution de 
ces matières colorantes sans y être arrivés complètement ; 
l'acide chlorhydrique à 230"-250** donne avec le bleu B. de 
la diméthylaniline, du chlorméthyle, des résines et la cétone 
CjjHjgNjO qui a probablement comme constitution 

(CioH^NHCjHg 
C.H,NH, 

cette cétone est stable. Le bleu IV R distillé avec la chaux 
sodée ou avec le zinc en poudre donne de la diméthylani- 
line et de la phényl-a-naphtylamine. 



E. ScHULZB. Sucre de canne dans les germes de plantes 
ÉTIOLÉES. {Berichte d. d. bot. Ges. 7, p. 280, Zurich.) 

L^auteur a réussi, au moyen de l'hydrate de strontiane, à 
isoler du sucre de canne, des germes étiolés du lupinus 
iuteus; ce sucre se forme pendant la germination, car les 
crames n'en renferment pas, de même pour l'amidon qui se 
trouve aussi dans les germes; au fur et à mesure que le 
sucre, l'amidon, le glucose, etc., se forment, disparaissent 
aussi dans les graines les substances non azotées. 



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CHIMIE. 269 

R.NiBTzu et Friedrich Sghmidt. Dioxyquinone et dérivés ^ 
{BeridUe, XXII, 1(553, Bâle.) 

La dioxyqoinooe est préparée maintenant par Inaction 
réductrice dn chlorure d*étain sur la diazobenzolrésorcine 
jjmétriqae^ pais on ajoute de Talcool et de Tacide sulfuri- 
qoe, OD parifle en préparant le sel de soude ou de po* 
ta^. 

La dianilidoquinone QHa02(NHC,Hj), obtenue en ùvs&oV 
raot la qainone dans Taniline est identique avec le pro- 
duit de la qainone sur Taniline; la diamydohydroquinone 
(;h,(OH),(NH,), parla dioxyme et S„CI, + HCI; celle-ci ni- 
trée donne la nitrodiimidohydroquinone qui, réduite four- 
oitla triaoïidohydroquinone: si aa contraire on la traite par 
la potasse diluée on obtient la nilrodioxyquinone, identique 
arec celle obtenue par la nitrodiimidorésorcine; elle forme 
des aiguilles jaune d'or; réduite par SnCl, + HCI, on obtient 
le chlorhydrate de l'amidotétraoxybenzol dont les auteurs 
ont préparé le dérivé pentacétylé C,H(NHCH,H,0)(0C,H,0)4, 
aiguilles fusibles à 242^ 



A. Hantzsch. Transformation de oéRivés ou pentaméthylène 

EN DÉRIVÉS ou RENZOL, DE LA PTRIDINE ET DU THIOPHÈNE. 

(BmcWtf, XXII, 2827, Zurich.) 

Les transformations que Hantzsch a observées ne sont que 
partielles. Les dérivés du pentaméthylène se forment par 
faction du chlore en solution alcaline sur le phénol. L*acide 
qui se forme C^HjCljO^ ou 




' ilftWfW, XXI, 68. 



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270 BULLETIN SCIENTIFIQUE. 

brômé, fournit le bromtrichlortricétohexamétbyiène qai est 
de nouveaa an dérivé du benzol et celui-ci traité par le car- 
bonate de soude perd 2 mol. d'acide chlorfaydrique et od 
obtient Tacide cblorbromeanisique 

CO—CO CO— CO 

/ \ / \ 

CCI, GHBr -}- OH, = 2 HCl + CHCI CHBr 

\ / \ / 

CO-CHCI CO—CO 

Si on traite par l'acétate d'ammoniaque l'ortbodicétone 
pentaméihyléoe QH^CIO,, ce corps perd 2 mol. d'eau et se 
transforme en un dérivé de la pyridine 




CC1\/ CH 
CH 

Ce même corps traité par l'hydrogène sulfuré perd de 
l'eau et de l'acide chlorbydrique et se transforme en thio- 
phène aldéhyde C«H,SCHO 



CH, CH— CH 

CH, \CHC1 



U4- HCl + H,0 
HO 



CO- 



Y 

CO 



Il se forme probablement intermédiairement l'aldéhyde 
d'un tbioacide 

CH,— CH, 

(!o CH— CHO 

\ / 
S 

qui se transforme intramoléculairement. 



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foDdear limile de yisibilitô et le noméro de la gamme, Qont 
le est le blea par et le 100 le jaune pur. 

Limita de Coaloar, 

visibilité. n« de 1» gftmme. 

Verbano 6m. 20-27 

Lario 6 20-27 

Cereslo 3 38 

Qualre-Canlons 4,5 14-20 

Léman 7 9 

Le vert remarquablement vif du lac de Lugano (€eresio) 
esl dû à la présence de myriades de Qocons d*une algue pé- 
lagique qui allère la transparence et la rend de moitié plus 
faible que celle des lacs voisins, Lario et Verbano. 

On attribue généralement une différence de teinte aux 



ï 



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SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 

Lrémités dn lac Majeur (Yerbano), qui serait bleu au 
erl au nord. Le 4 septembre, la couleur glauque était 
) sur toute retendue du lac. 

)REL indique un procédé pratique d'apprécier, sans 
ents, rintensité des mirages qui accompagnent les 
>ns d*eau chaude (mirages d'hiver des lacs). Il cher- 
apport entre la hauteur h' de la tangente réfractée 
tnt de distance connue à la surface de Teau et la han- 
ie la tangente non réfractée de ce même point, 
la hauteur h', il choisit un point saillant d^une côte 
gnée, et il cherche, en élevant son œil au-dessus du 
lauteur à laquelle ce point arrive à Thorizon appa- 
est la limite entre les hauteurs inférieures, où Toail 
ore le mirage et les hauteurs supérieures où l'objet 
*é est dominé par la ligne de Thorizon. Un calcul 
pie donne la hauteur h, à laquelle la même tangente 
assé, en l'absence de toute réfraction, 
quelques observations qui expriment ainsi l'intensité 



Tempéra- Tempén- 

ite. Point visé. Distano». tara tara 

do l'air. de l'eau. 

déc. Pointe du Boiron .. . 1600 m. +1,5° +5,6* 

— » . . . > +2,0 +6,4 

— Pointe de la Yenoge. 2100 » > 

— » » 0,0 6,2 

— Pointe da Boiron.. . 1600 » » 

ces conditions, les hauteurs h et V de la tangente et 
K 



'"T 


sont les suivants 


: 








kr 




A. 


A'. 


K. 


I 


0,20 m. 


2,5 m. 


12,5 


n 


0,20 


1,9 


9,5 


III 


0,35 


2,3 


6,5 


IV 


0,86 


3,0 


8,6 


V 


0,20 


2,4 


12,0 



)rel signale la rapidité étonnante avec laquelle l'air 



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by Google I 



DES SCIENCES NATURELLES. 27 :t 

prend la stratification thermique qui cause les mirages cl*hi- 
Ter. Le 2 décembre, par une bise d*iDtensité moyenne, mar- 
chant à raison de 6 à 8 mètres par seconde, il a va des 
mirages apparaître sur la pointe de la Venoge, vue du fond 
du golfe de Morges (entre les Roseaux et la Tuilerie de Pré- 
verenges), alors que Tair chassé par le vent du nord, de la 
terre ferme sur le lac, avait parcouru sur Teau un chemin 
mesurant au plus 140 mètres, 100 mètres et même 40 mètres. 
Avec la vitesse de la bise, la durée du séjour de Tair sur le 
lac n*avait été que de 8 à 20 secondes. La terre ferme était 
couverte de neige, et Pair, dont la température était — 1,3°, 
ne pouvait avoir originairement de stratification thermique ; 
c'est seulement au contact avec Teau chaude du lac qu'il a 
pu acquérir la stratification d'ordre inverse qui causait les 
mirages. C'est en quelques secondes que s'est accompli le 
phénomène. 

M. GuiNAND rend compte de l'expérience qu'il a faite de 
Vindsion annulaire de la vigne. 

Ce procédé, fort ancien, puisqu'il a été déjà recommandé 
par Pline, est employé de nouveau. On pouvait voir à l'Ex- 
position de Paris des photographies et des rapports à son 
sujet 

Voici en quoi il consiste : au moment de la floraison de la 
vigne, on pratique au rameau portant les fruits une incision 
qui lai enlève Técorce, tout le tour, sur une longueur de 2 à 
3 millimètres. 

n semblerait, à première vue, que cette opération lui se- 
rait fort nuisible et ferait dépérir la partie de la branche au> 
dessus de l'incision» Il n'en est rien, au contraire, cette partie 
progresse et prospère davantage, les raisins, abondamment 
nourris, ne coulent pas, ils grossissent rapidement, mûris- 
sent plus vite et sont plus sucrés. Ils acquièrent environ 
30 7ft de plus de sucre. • 

Yoici l'explication que M. Guinand donne de ce phéno- 
mène : 

La sève, puisée dans le sol par les racines, monte par capil- 
larité à l'intérieur du bois, jusque dans les feuilles. Celles-ci 



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'"T*M« 



DE LA SOCIÉTH' VAUDOISE 



^ plantes un rôle analogue à celui des 
nimaux, quoique le phénomène produit 
très différent. La sève se perfectionne 
contact de Tair et y prend ses qualités 
redescend par l'écorce, ou entre Técorce 
luit Taccroissement de toute la pbnte, 
Si, dans cette descente, on Tarréte aa 
vision de Técorce, elle s*accumule dans la 
{ celle-ci, qu'elle développe vigoureuse- 
la partie inférieure à Tincision cesse de 
^ que la plaie soit cicatrisée et se soit re- 
lu d'écorce. Ce phénomène est très visible, 
voir un sarment beaucoup plus gros en 

ire est applicable surtout avec le système 
longue, dans lequel on laisse une parlie 
jue du sarment de Tannée précédente, 
plusieurs boutons à fruits. On peut faire 
s de Tannée précédente dès qu'il est bien 
alors le moment le plus favorable corres- 
la plus critique de la vigne, celle de la 
temps nécessaire devant soi. En outre, 
B cuUure, on ménage pour Tannée sai- 
ne portant pas de raisins, qu'on n'incise 
a passer sa sève pour la nutrition de la 
)ns se développeront normalement pour 
Tannée suivante. 

3 à taille courte usitée chez nous, on est 
icision sur les jeunes sarments; or, à la 
leur écorce sont à peine formés, on est 
lavantage, et le moment le plus impor- 
En outre, il ne conviendrait pas d'inciser 
Il faudrait ménager ceux qui serviront à 
e suivante, afin de ne pas faire souffrir 
nanque de sève. Cela ralentit encore Toa- 
tioix. 

. Guinand a fait pratiquer vers le milieu 
arments de Tannée, a néanmoins eu un 
)le sur la grosseur et la précocité des rai- 



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DBS SCIENCES NATURELLES. 275 

ms et aarait son application sartoat poar la prodacUon de 
raisins de table, soit de primeurs. 

M. FoREL recommande aux botanistes Tétade systématiqne 
de la flore du rivage du Léman. 

Le rivage est la bande de terrain émergé, qui est lavé 
par les eaux du lac. H se divise en deux zones : 

La grève émergée, la plus élevée, n'est atteinte que par les 
vagues des tempêtes; elle échappe à Tinondation des hautes 
eaia; le sol est formé de sable et de cailloux; Teau n*y 
arrive que par capillarité, de bas en haut, par les vagues et 
par Pair. Sa flore est une flore des sables dans le voisinage 
des eaux. 

La grève inondable est envahie par les hautes eaux; elle 
esta sec par les basses eaux. Sa flore est capable de résister 
successivement à la sécheresse prolongée et à Tinondation 
prolongée dans le lac. 



Séance du 8 janvier 1890. 

f.'A. Forel. Origine des lacs. — Je&n Dufoar. AnAlyse de l'onvrage 
de M. Victor Fayod 

M,F.-A. Forel commence une étude sur l'origine du lac 
Léman, H admet quatre types généraux de lacs. 

1° Lacs orographiqnes, lacs de vallées synclinales, anticli- 
nales, isoclinales, lacs d'affaissement ou d'effondrement. 

2» Lacs d'érosion^ dus à l'érosion des vents. L'auteur 
n'accepte pas l'érosion fluviale, ni l'érosion glaciaire comme 
capables de creuser un bassin de lac sans l'inlervention^d'un 
barrage. 

3* Lacs de barrage simple. 

4* Lacs mixtes, dus au barrage d'une vallée orographique 
oa d'une vallée d'érosion. 

Parmi les causes de barrage, M. Forel s'attache surtout à 
raclioii de l'alluvion torrentielle versée sur le cours d'une 
vallée principale, ou à l'alluvion d'un fleuve barrant une val- 



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276 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE. 

lée latérale. Il trouve ces cas représentés daos la plupart des 
grands lacs de la région subalpine (Randsee, Râtimeyer), où 
un torrent se jette à courte distance au-dessous de Torigine 
de Témissaire : Lac de Wallenstadt (Linth), lac de Zurich 
(Zihl), lac des Quatre-Cantons (Emme), lac de Brienz 
(Lùtschine), lac de Thoune (Kander), lac Léman (Arve), lac 
d'Annecy (Fier) et dans ceux où Talluvion d'un fleuve 
semble avoir barré directement ou indirectement des val- 
lées latérales : Lac du Bourget (Rhône), lac de Sienne (Aar), 
et peut-être encore, avec des modifications locales, les lacs 
de rinsubne, barrés en partie par les alluvions du Pô. Un tel 
barrage ne suffit pas à lui seul à expliquer la formation des 
bassins profonds de tous les lacs en question; mais il a pro- 
bablement décidé, dans plusieurs cas, Tarrét des lacs au 
point où Témissaire s'en échappe actuellement. 
Cette étude sera continuée dans une autre séance. 

M. Jean Dufour parle d'un travail publié récemment par 
un de nos compatriotes, H. Victor Fayod, de Bex, actuelle- 
ment à Nervi (près de Gênes). C'est le Prodrome d'une Mo- 
nographie de la famille des Agaricinées, ou champignons à 
lamelles. Cette publication, couronnée par l'Académie des 
sciences, a essentiellen^ent un caractère synthétique et philo- 
génétique. L'auteur ne cherche pas à créer un grand nombre 
de nouvelles espèces, mais au contraire à ea réduire le nom- 
bre et à déterminer les affinités naturelles des différents 
groupes et genres qui constituent la famille des Agaricinées. 
La classification nouvelle est basée sur des recherches anato- 
miques et non pas seulement sur l'étude des formes exté- 
rieures des champignons. 



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[QUES 

E 



Le 2, très forte gelëe blanche le matin. 

3, très forte gelée blanche le matin. 

4, gelée blanche le matin ; brouillard de 10 h. du matin à 1 h. du soir et depuis 

9 h. du soir. 
5y brouillard pendant tout le jour. 

6, brouillard jusqu'à iO h. du matin et depuis 7 h. du soir; forte bise depuis 10 h. 

du soir. 

7, forte bise jusqu'à 10 h. du matin : brouillard jusqu'à 7 h. du matin ; légère 

neige de 1 h. 30 à 4 h. du soir. 
9f teaei forte bise à 7 h. du soir. 
9, forte bise à 7 h. du soir; lumière zodiacale. 
lOj très forte gelée blanche le matin ; brouillard enveloppant jusqu'à 7 h. du matin. 

12, neige dans la nuit et dans la journée -, hauteur 13<»6. 

13, neige dans la nuit et dans la journée; hauteur : 10<:"6. 

14, brouillard jusqu'à 10 h. du matin et depuis 9 h. du soir. 

15, brouillard enveloppant jusqu'à 8 h. du matin, puis neige et pluie. 
18, brouillard pendant tout le jour. 

19 et 30, brouillard pendant tout le jour. 

if, brouillard enveloppant jusqu'à 1 h. du soir et depuis 9 h. du soir. 

32, brouillard enveloppant jusqu'à i h. du soir. 

â, brouillard pendant tout le jour. 

ÎA, brouillard jusqu'à iO h. du matin. 

25, brouDlard jusqu'à 7 h. du soir; forte bise de 1 h. à 7 h. du soir. 

27, Sorte gelée blanche le matin ; forte bise depuis 10 h. du matin. 

28, très forte bise depuis 10 h. du matin. 

ARCHm», u XXIll. -- Mars 1890. 16 



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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU GRAND SAINT-BER'NARD 



^ndani 



LE MOIS DE FÉVRIER 1890 



e i'% fort TâDt à iO h. du matin. 

7, fort vent depuis i h. du soir; légère neige Taprès-midi. 

8, brouillard depuis iO h. du soir. 

9, brouillard par an fort vent jusqu*à 7 h. du matin. 

11, brouillard depuis 1 h. du soir. 

12, légère neige à 7 h. du matin; fort vent jusqu'à 7 h. du matin et depuis 1 h. 

du soir; brouillard de 10 h. du matin à 1 h. du soir. 

13, fort Yent jusqu'à 7 h. du matin; légère neige à 10 h. du matin, 
li, fort Tent depuis 10 h. du soir. 

15, légère neige à I b. et à 4 h. du soir; brouillard par un fort vent depuis 7 h. 

du soir. 

16, fort vent à 7 h. du soir; brouillard depuis 7 b. du soir. 
13, fort vent depuis 10 h. du soir. 

IS, fort vent depuis 10 b. du matin ; légère neige à 1 h. et à 4 b. du soir ; 

brouillard depuis 7 b. du soir. 
Î6, fort vent jusqu'à 10 h. du matin. 
S7, brouillard à 4 h. du soir. 
28, forte bile pendant tout le jour. 



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282 



Valeum extrêmes de la pression aimoephèrique observées au borographe. 



MAXIMCll 

Le 3 à 1 h. matin Sôl^tô 

lOàmidi 563,96 

14 à 11 h. matin 561,90 

19 à 2 h. matin 567,80 

24 à 10 h. maUn 565,63 

26 à 10 h. matin 561,20 



MINIMUM. 

sa 

Le 6 à 7 h. matin 557,92 

12 à 8 h. matin 555,54 

15à 4h. soir 559,34 

21 à 2 b. soir 563:00 

25 à 4 h. soir 557,14 

28 à 4 h. soir 551,35 



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283 



■oTo»». I C5c5oooc5oooc5oc5ooooooooc5c5ooooc5o 



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284 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD. — FÉVRIER 1890. 



1 b.n 



4 II. m. 



7 h. m. iOh. m. 
Baromètre. 



4 h. t. 



4 b. s. 



7b. s. 



fOh.t. 



mm iDn> iDm oini amt nin noi flun 

lr« décade... 561,58 561,42 561,25 561,39 561,20 561,22 561,60 561,74 

2* 1 ... 562,01 561,61 561,51 561,69 561,56 561,64 561,80 562,14 

3* » ... 561,62 561,03 560,64 .t60,73 560,29 560,15 560,35 560,33 



MoU . . . . 


. 361,73 36!,38 361,17 361,31 861,07 861,06 861,31 561,48 




Th. m. 


10 h. m. III.I. «k.1. 


7h.(. 


Wk.t. 


("décade.. 
i' » .. 
3' . .. 


'. -ii'n 

. -10,3Î 
. -11,33 


- 9^20 - 7°87 - 8"l3 

- 7,97 — 7,03 — 8,08 

- 9,64 - 7,87 - 9,23 


-lol'so 

-10,31 
-11,75 


-lolss 

—10,91 
-12,32 


Mois ... . 


-11,11 


- 8,88 - 7,87 - 8,42 


-10,79 


—11,29 


1" décade. . 
f » 
3' » .. 


Mm. olwtrré. 

. -13*18 
. -12,93 
. -13,90 


Un. otoené. NéboMU. 

- 8*88 0,14 

- 4,80 0,39 

- 7,49 0,31 


Bit de plnis 
oadantige. 

■m 


MaBle*rd«l> 

MMceUmbée 



Mois 



-13,29 



-5,94 



0,28 



Dana ce mois, l'air a été calme Ot6 fois sur 100. 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 0,41 à 1.00. 
La direction de la résultante de tous les vents observés est S. 45^ W., et son 
intensité est égale à 49)4 sur 100. 



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REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

POUR L'ANNÉE 1889 

PAK 

MM. Eniest FAVBB et Haaa •CHABDT. 

(Suite.) 



Roches et minéraux. 

Les études de M. de Fellenbbrg ' ont démontré que 
le granit de Gasteren est un vrai granit massif qui se dis- 
tingue nettement des granits gneissiques ou protogines 
du centre du massif de l'Aar. Ce granit est diyisé en bancs 
avec fissures transversales qui le partagent en parallélipipè- 
des ; il forme une zoneassez étendue qui commence d*abord 
dans la partie supérieure de la vallée de Gasteren» entre le 
pied du Doldenhorn et le Lôtschenpass, et qui se prolonge 
à l'Est en dessous des terrains sédimentaires (Yerrucano) 
du Lôtschengrat. Les caractères minéralogiques sont par- 
tout les mêmes» mais il y a deux variétés de même struc- 
ture et de couleur différente ; l'une, de teinte verdâtre, 
contient du feldspath orthose blanc et du plagioclase 
gris vorditre ; la seconde» qui est rose» ne s'en distingue 
que par le plagioclase coloré par l'oxyde de fer. 

M. de FeUenberg s'est encore occupé de la détermina- 
tion exacte d'une roche souvent citée sous le nom d'eu- 
rite» de felsite» etc.» qui se trouve en filons dans Tinté- 

^ E. de FeUenberg, Granit et porphyre de Gasteren. C. £. Boc. 
Mfo. se, nat. Lugano, 1889. ArcMoes se. phys. et nat., 1889, XXn, 
p. 472. 

Archives, t XXIII. — Avril 1890. 17 



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286 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

rieur du granit de Gasleren, ou qui le recouvre en forme de 
nappe. Cette roche prend souvent la texture d'une vraie 
granulite ou d'un granit à gros grain ; elle passe aussi à 
un porphyre absolument massif à pite homogène et avec 
cristaux de mica. L'examen microscopique permet de 
qualifier certaines variétés comme de vrais porphyres, 
d'autres sont plutôt des granophyres. L'un et l'autre 
affectent la même disposition par rapport au granit. 

Une étude d'une série de roches provenant pour la plu- 
part de la vallée de Saas, a été publiée par M. Marshall 
Hall\ Il en décrit 24 échantillons étudiés au microscope. 
Ce sont des saussurites et smaragdites (i-3, 11, 16, 
23), schiste glaucophanique (4), gabbro (5, 17, 18), 
smaragdite (6, 10), serpentine (12), roche semblable à 
de l'avanturine (15), euphotide (24). 

D'après l'étude de M. C. Rammelsberg ', le minéral 
du Piz Longhin (vallée de Bregaglia) , décrit par 
M. E. de Fellenberg et déterminé avec doute, par lui, sous 
le nom de jadéite, ne serait autre chose que de la vésuviane, 
soit de l'idocrase (voir Revue géoL, 1888, 218). La pro- 
portion de l'acide silicique (40 7e) prouve à priori 
que ce minéral n'est pas une jadéite ; une analyse plus 
détaillée la rapporte à l'idocrase. Poids spécifique 3,323; 
il donne dans la flamme du chalumeau un verre trans- 
parent; il perd par calcination un peu plus de 2 7o ^t de- 
vient jaunâtre et opaque. 

M. A.-B. Meyer * a aussi publié une analyse de ce 



^ Marshall Hall, On rocks from the Saas-thal and Oenera. 
Proeeedings of Geologists^Assoe.y 1889. XI, 4, 1—9. 

' C. Runmelsberg. Ueber Yesuvian vom Piz Longhin. N,Jahrt>. 
f. Min, und Geol, 1889, I, 3, p. 229—280. 

* A.-B. Meyer, Der sog. Jadeit vom Piz Longhin; N. Jàhrb, 
f. Minerai, und Geoly 1889. 1, 3, p. 270. 



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POUR l'année 1889. 287 

minéral et conclul, comme M. Rammelsberg, qu'il n'est 
pas une jadéite, mais bien une idocrase compacte. Poids 
spécifique 3,33. Nous donnons plus loin les diverses 
analyses de ce minéral. 

Une note plus complète sur la prétendue jadéite du 
Piz Longhin est due à M. Killus' qui expose d'abord 
l'origine de la découverte, les recherches de M. de Fel- 
lenberg et ses doutes sur la vraie nature de ce minéral; 
il rappelle qu'en 4887, A. Damour à Paris avait déjà 
exprimé la pensée que ce minéral était plutôt de la vésu- 
viane. M. Rillias en avait également trouvé deux échan- 
tillons parmi des pierres collectionnées par un aiguiseur 
de Scbuls. Frappé de leur aspect, 11 les communiqua à 
M. Gumbel qui en fixa la densité à 3,33; dureté 6,5. Les 
coupes minces démontrèrent la double réfraction, et la 
présence d'impuretés, quartz et poussières de magnétite. 
Il déclara que le minéral était de Tidocrase (vésuviane), 
ce qui concorde avec une analyse faite par le IV F. Ber- 
WERTH* (voir plus loin). D'après Texamen microscopique, 
la roche, très compacte, a par places une texture fine- 
ment cristalline, due à un mélange intime de l'idocrase 
avec un pyroxène de la série des diopsides. Les nuances 
varient entre le vert très vif et une teinte vert grisâtre 
suivant la prédominance de ces deux minéraux. Tous 
ces caractères montrent qu'on a affaire à une véritable 
idocrase et nullement à de la jadéite ou de la néphrite. 
Les diverses analyses sont du reste si concordantes, qu'il 
n'y a pas de doute possible; nous les donnons ici en 
regard les unes des autres : 

^ KUlias, Der YesuTian TOin Piz Longhin. Jahretberkht der 
Nakurf, GesèOsA. Oraubùndena, 1887-88, p. 64-76. 
' AnnakH der k.k. Naturk. Muséums Vienne^ II, 3, 1887. 



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288 



REVDE GÉOLOGIQUE SUISSE 





fiimM. 


Ramnelsberg. 


A.-B. leyer. 


BerwertlL 


iUlff^ 


Acide siliciqae 

AluminOt ......... 


39,82 

16,93 

1,31 

1,09 

36,34 

2,97 

2,01 


39 

16,40 
3,03 
3,03 

34,83 
4,80 

2,18 


38,36 

21,65 

2,08 

33,76 
2,43 

1^5 


40,98 
14,07 
2,07 
3 ? 
33,88 
4,67 
0,12 
0,72 
2,34 


41,S4 
7,53 

5,28 

43,17 
2,04 


Oxyde de fer 

Protoxyde de fer . . 
Oxyde de calcium. . 
Magnésie 


Potasse 


Soude 




Eau 


0,64 






100,47 


100,24 


99,53 


98,80 


100,00 



M. A. Lruzë * a étudié les diverses variétés du spath 
calcaire des schistes grisons (Bûudner Scbiefer), particu- 
lièrement ceux de Churwalden, au point de vue de leurs 
formes cristallines et du groupement des cristaux. 

Le même auteur ' a décrit les minéraux et les pseudo- 
morphoses découverts au Rosenegg (Hôhgau). La région 
du Hôhgau est connue d'ancienne date pour les gisements 
de minéraux contenus dans des géodes des roches volca- 
niques qui constituent les cônes de volcans éteints. (Voir 
Revue pour 4886 et 1887.) Ce sont les tufs pbonolithi- 
ques qui en ont fourni les plus remarquables. 

Le Rosenegg (altitude 550 m.) est la plus méri- 
dionale des collines volcaniques du Hôhgau. Le tuf est 
de couleur grise ou verdâtre, à pâte assez homogène, et 
recouvre des dépôts miocènes; il est d'âge miocène 
récent. L'auteur pense que la formation de ces tufs doit 

^ Laboratoire de chimie de Coire. 

' Leuze, Ealksp&the aus den Bilndner Schiefer insbesondere 
von Churwalden. Ber. XXI Versamml. d. Oberrhein, geol. Ver,, 
1886, 6 p. 

' Alfred Leuze, Mineralien und Pseudomorphosen des Rosen- 
eggs. Inaugural Dissertation. Jahreab. des Vereins f, vaierh 
Naturkunde in Wurtemberg^ 1889. 



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POUR l'année 1889. 289 

avoir ea liea pendant le dépôt de la mollasse, elqne celle- 
ci aurait été traversée par l'éruption de masses Tenant de 
la profondeur, qui auraient entraîné des débris de sédi- 
ments miocènes. 

Les minéraux décrits proviennent de deux gisements 
situés, l'un au S.-E., l'autre au sud. M. Leuze fait 
UDB étude détaillée des minéraux de ce gisement, des 
pseudomorphoses et périmorphoses qu'il a observés, et 
de l'origine de ces modifications. 

Les minéraux primitifs des pseudomorphoses lui pa- 
raissent provenir de la profondeur, soit des sédiments 
miocènes, soit de niveaux plus anciens, d'où ils auraient 
été arrachés pendant l'éruption pour être ensuite rem- 
placés par des substances nouveUes. 

Les minéraux que Ton rencontre dans les géodes du 
grès bigarré de Waldshut (Bade) font l'objet d'une élude 
de M. GitfiFF'. Ce sont : de la calcédoine cornaline; du 
quartz, dont les cristaux offrent plusieurs particularités; 
il est rarement incolore, mais ordinairement opaque, lai- 
teux, rarement couleur chair ou améthyste; la calcite, très 
fréquente; ses cristaux varient d'une grandeur presque 
microscopique à celle de plusieurs centimètres; elle est or- 
dinairement laiteuse ou jaunâtre, et couverte d'un enduit 
d'ankérite; de la barytine, avec plusieurs variétés de 
cristaux; de la fluorite; de la dolomie cristallisée; de la 
galène et de la pyrite (marcasite et chalcopyrite). 

Contrairement à l'opinion émise récemment par un 
certain nombre de géologues qui contestent l'origine sou- 
terraine du terrain sidérolithique, en l'attribuant à la 

' F.-F. Qrœff. Die Mineralien der Drosenr&ume in dem Bunt- 
sandsteiD toq Waldshat. ZtiUehr, fûr KrystàUograjphie, etc., Leip- 
sig, XV, 4, 1889, 12 p. 



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290 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

lévigation^es roches calcaires par les eaux météoriques, 
M. DE Grossouvre' démontre, par l'étude qu'il a faite des 
dépôts de minerais de fer du centre de la France, que 
les minerais pisiformes, les argiles, les argilites (bolus), 
les sables, etc.» qui constituent le terrain sidérolithiqoe» 
sonl le produit de sources minérales et thermales. Il ré- 
sume ses arguments comme suit : 

1. La structure du minerai en grains à couches concentriques 
ne peut être expliquée que par une précipitation chimique au 
milieu d'eaux agitées. 

2. Le métamorphismt de contact des dépôts sidérolithiques est 
souvent très manifeste et indique l'action d'eaux thermales. 

3. La présence du silicate de protoxyde de fer et celle de la 
silice hydratée et de la silice soluhle est incompatible avec la léyi- 
gation par les eaux atmosphériques. 

4. L'importance des amas de fer sidérolithique devrait être 
proportionnelle au volume de calcaire disparu pendant la léviga- 
tion. n n'en est pas ainsi; les dépôts sidérolithiques existent 
aussi bien aux endroits où les calcaires jurassiques et crétacés 
n'ont pas subi d'ablation que dans les régions où une érosion en 
a diminué l'étendue. 

5. Dans certains gisements, il existe, à la base du dépôt, des 
amas de carbonate de protoxyde de fer, minéral qui ne peut se 
former que dans des sources carbonatées. 

6. Les argiles, imprégnées de silice, du sidérolithique et les 
sables, en partie du moins, sont assez analogues aux dépôts qui 
se forment dans les vasques de beaucoup de sources minérales; 
ce sont des matériaux que les eaux ont enlevés aux roches tra- 
versées. 

L'auteur attribue une origine analogue aux arkoses 
sidérolithiques, dont la présence n'a pas encore été con- 
statée en Suisse; leurs grains de quartz, leur tourmaline 
et les traces de rutile, contenus dans une pâte argileuse, 

* A. de Grossouvre, Observations sur l'origine du terrain sidé- 
rolithique. BuU. Soc, giol. de France, 1888, xvj, 287-298. 



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POUR l'année 1889. â9i 

proTieDdraienl du passage d'une boue argileuse à trayers 
UD terrain probablement granulitique. Les dépôts triasi- 
qoes et permiens sont riches en roches de couleur rouge, 
rappelant le sidérolithique. L'auteur a recherché dans 
qaeile mesure cette analogie de structure autorise à croire 
à ane analogie d'origine et conclut, d'après bon nombre 
d'indices, que des phénomènes analogues aux éjections 
sidérolithiques se sont produits aux époques indiquées. 

Géologue technique. Après avoir rappelé les supersti- 
tions qui, depuis des siècles, ont dirigé les (>opulations 
dans la recherche des métaux précieux, M. C. Walk- 
msister' donne une description historique des travaux 
miniers et métallurgiques entrepris dans les Alpes gla- 
roDoaises et grisonnes. Ces entreprises n'ont laissé que 
peu de traces, les usines et les hauts-fourne<aux ont dis- 
paru, et l'on n'en trouve plus que les ruines; on peut 
attribuer en partie à leur existence la destruction des 
forêts dans ces vallées. L'auteur a visité une à une ces 
anciennes usines et ces exploitations dont il raconte les 
origines et la décadence finale. 

M. DuPARC* a fait, en collaboration avec M. Raoian, 
l'étude d'un certain nombre de schistes ardoisiers prove- 
nant des exploitations d'Outre-Rhône, de Salvan, de 
Sembrancher, d'Iserable et de Servoz. Les trois premiers 
gisements appartiennent au carbonifère : 

Outrt'JShàne. Le schiste est gris&tre, homogène, riche en élé- 

* Chr. Walkmeister, Ans der Geschichte des Bergbaues ans 
den Eantonen Glams and Graubûnden. Bericht der naturto, Oe- 
«eflttft. St, GàOm, 1887-88. 268-317. 

' Dnparc et J. Radian, Composition de quelques schistes ardoi- 
aera. C. JB. Soc. hek). se. ikU. Lugano, 1889. Arch, se, phys. et 
nat., 1889. XXII, 279 et 462, léL, 1890, XXIU, 166-177. 



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292 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

ments clastiquea, peu fusible, exempt de carbonates, arec peu de 
pyrite. 61 % de SiOt ; densité 2,75. 

ScUvan. L Grenu, rude au toucher, dur, couleur claire (peu de 
carbone), infusible; 60-69 */o de SiOi ; densité 2,8-2,9. 

n. Grain fin, doux au toucher, couleur noire, fusible. Analogue 
an schiste d'Outre-Bhône. 60,7 % SiOt. 

Sembrancher. Couleur foncée, tout à fait semblable au schiste 
d'Outre-Rhône. 69 «/o SiOi ; densité 2,77. 

Iserahle. Couleur plus noire que Sembrancher, éclat soyeux, 
grain homogène. 60 ^/o SiOi ; densité 2,8. 

Servoz. Couleur noire très foncée, schistosité parfaite, pâte fine, 
homogène, toucher graphitique. 50% SiOt; densité 2,75. 

Tous ces schistes sont exempts de carbonates comme 
la plupart de ceux de l'époque carbonifère; ce n'est pas 
le cas des schistes d'âge plus récent, comme le montrent 
les deux analyses suiTantes que nous extrayons d'un ta- 
bleau que donne M. Dnparc : 

Schiste liasique de Morgine (Savoie). 85 % SiOt, 39*/o Ca COt. 
Schiste ardoisier à'Elm. Éocène. 44,5o/o SiOs, 28,8% Ca COt. 

Il est frappant que la proportion d'argile (silicates) soit 
la même que celle des schistes sans carbonates. 

Une publication sur le même sujet est due à M. le 
prof. H. Brunner^; elle traite plus spécialement de 
Texamen des ardoises au point de vue de leur qualité et 
valeur technique. Vingt échantillons de proTonance 
suisse et étrangère ont été examinés; quatorze séries 
d'essais sur les propriétés physiques et chimiques des 
ardoises, ont été faites par M. H. Schardt au labora- 
toire de l'Académie de Lausanne. Il résulte de cette 
étude que la qualité des ardoises dépend de la proportion 

^ Prof. H. Brunner, Ueber die Werthbestimmungen der Dach- 
schiefer. SékmeiB, Wockmwik, f. Phartnade, 1889. N*" 10. 



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POUR l'année 1889. 293 

do carbonate de chaux, du carbonate de magnésie et de 
la pyrite qu'elles renferment La résistance aux agents 
atmosphériques dépend soit de la porosité, indiquée par 
la rapidité de la pénétration de Feau, soit de la pro- 
portion du carbonate de cbaux que l'acide carbonique 
et l'eau ne tardent pas à attaquer. En faisant agir de 
Tadde sulfureux gazeux en présence d'eau, on obtient, 
par la décomposition plus ou moins rapide des échan- 
tillons, une indication assez exacte de leur degré de 
résistance aux agents atmosphériques. La rapidité de la 
décomposition opérée par l'acide sulfureux est ordinai- 
rement proportionnelle à la quantité du carbonate de 
cbaux. Les meilleures ardoises sont celles .du cambrien 
de Fumay (Ardennes) et d'Angers, reconnaissables à 
leur teinte violacée ou rose et tachées de vert, à leur 
dureté et à l'absence presque totale de Ca CO,; leur 
résistance à Faction de SO, est presque indéfinie. Il en 
est de même des ardoises gris foncé du carbonifère de 
Salvan, d'Ontre-Rhône, etc., qui sont cependant plus 
tendres et doivent être débitées en plaques plus épaisses. 
Les ardoises carbonifères de Sembrancher et de Sion 
sont médiocres, leur teneur en carbonate de chaux 
Tarie de 2-5 7, ; un échantillon qui en a 16 7o doi^ *^re 
qualifié de mauvais. Sont encore mauvaises la plupart 
des ardoises liasiques et jurassiques qui contiennent jus- 
qu'à 25 7o de Ca CO,. Quant aux ardoises éocènes, leur 
décomposition au contact de l'acide sulfureux est com- 
plète au bout d'un à deux jours; elles contiennent 20- 
25 7, de Ca CO,. La présence de la pyrite est peu favo- 
rable, mais moins nuisible que celle de la chaux. 
H. DuPARC^ a fait une série d'analyses des calcaires 

^ C. B. 8oe, phys. ethitLnat Genève, Archivée, 1889, XXI, 558. 



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294 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

portlaDdiens du Jura beroois, il en a déterminé la pro- 
portion de carbonate de chaux, de magnésie et de ma* 
tière argileuse, ainsi que la densité. Celle-ci varie entre 
2,65-2,78. 

Géologie dynamique, dislocations, érosion, etc. 

DiACLASES. — MM. DuPARC et Le Royer' ont fait des 
expériences sur la formation des diaclases produites par 
torsion. C'est à M. Daubrée que revient le mérite d'avoir 
démontré, par des expériences semblables, l'origine de la 
régularité des cassures terrestres, leur parallélisme et leur 
entre-croiseiïtent suivant deux systèmes conjugués, d'où 
naissent les réseaux de fractures. L'appareil qui a servi à 
ces nouvelles recherches ne diflfère de celui de M. Dau- 
brée que par sa disposition entre les deux poupées d'un 
tour, permettant de maintenir immobile l'axe de torsion. 
Une séri^ d'expérience.^ sur des plaques de verre de for- 
mes et d'épaisseur diverses, à surface lisse, cannelée ou 
sculptée et sur des plaques en terre cuite ont conduit ces 
savants aux conclusions suivantes : 

1. Les systèmes conjugués de cassures, constatés par M. Daa- 
brée, sont un fait constant. Dans le verre, les fissures principales 
s'entrecoupant à 80*90^, sont accompagnées de cassures en éven- 
tail ou disposées en barbe de plume sur les systèmes principaux. 

2. La forme des plaques, ainsi que le mode de torsion, ne sem- 
blent pas modifier le résultat final. 

3. L^ épaisseur des plaques augmente le nombre des fissures, 
mais diminue la régularité. La cassure en éventail et les petites 
fêlures augmentent avec l'épaisseur. 

^ Duparc et Le Royer, Contributions à Fétude expérimentale 
des diaclases produites par torsion. Areh, se, phys, et fuU,, 1889 » 
XXI, 404. 1889, XXII, 297-313, 1 pi. 



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POUR l'annë£ 1889. 295 

4. La nature du milieu n'inâaence pas le caractère du phéno- 
mèDe; le nombre des fissnres semble augmenter avec l'élasticité. 

5. Les surfaces en relief ne modifient en aucune façon ni 
l'orientation ni la direction des fissures. 



SoOLËYEliENT DES ALPES. — L'étude de M. SCHMIDT' 

résume Thisloire de Torigine des Alpes. Il y décrit la 
physionomie de cette grande chaîne aux diverses époques 
et la différence entre les deux versants. 

La première émersion des Alpes est, ou contemporaine 
du carbonifère, ou postérieure à ce terrain et attestée par 
les roches détritiques du verrucano et du permien dépo- 
sées dans les cuvettes entre les massifs cristallins. Une 
dislocation considérable a dénivelé les roches carboni- 
fères et a produit un effet métamorphisant sur celles-ci 
et les roches sous-jacentes. Le trias et les terrains méso- 
zoïques plus récents se sont déposés sur des sédiments 
déjà dénivelés; de là leur discordance très visible. Les 
terres émergées à cette époque et même plus tard, pen- 
dant les périodes jurassique et crétacée, devaient avoir 
l'aspect de plateaux sans accidents saillants. 

La grande dislocation des Alpes a commencé à la fin 
de l'époque éocène et s'est continuée pendant la période 
miocène. A ce moment le bord nord des Alpes était cou- 
vert de plus de iOOO mètres de sédiments éocènes. Le 
maximum de l'intensité de la dislocation a précédé la fin 
de la période miocène et a donné à la chaîne sa configu- 
ration définitive, son individualité, en créant en même 
temps le Jura comme rameau secondaire. La région sud 
fut soulevée, et, en dehors du Jura et des Alpes, la région 
environnante subit au contraire un affaissement général; 

* Zut Géologie der schweizer Alpen... loc. cit 



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296 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

les massifs anciens, le plateau central de France, les Vos- 
ges, la Forèt-Noire, entourés de terrains sédimentaires 
récents, persistent seuls et déterminent par leur présence 
la courbure dans la direction de la chaîne. 

En récapitulant l'histoire si compliquée de la chaîne 
alpine, M. Schmidt a pris dans d'autres régions des 
exemples qui peuvent nous donner l'aspect de l'état 
de cette chaîne dans les diverses phases de sa dislo- 
cation. 

La Bretagne actuelle offre, par la superposition des 
terrains jurassiques à des terrains plissés de l'époque 
carbonifère, une image assez fidèle de ce qu'était le 
bord nord des Alpes de l'époque carbonifère jusqu'à celle 
du lias. 

La Forôt-Noire. avec les Vosges et le Plateau central 
de France sont restés stationnaires dès la fin de l'épo- 
que mésozoïque et n'ont subi dès lors que l'influence 
de la dénudation. Partout où la couverture méso- 
zoïque n'a pas été enlevée» nous nous trouvons en pré- 
sence d'un état analogue à celui qu'offraient les Alpes 
septentrionales de la Suisse avant leur dernier plisse- 
ment. 

Le plissement des Pyrénées, qui font partie du système 
alpin, a eu lieu en même temps que celui des Alpes, mais 
il se termina plus tôt ; les derniers terrains entraînés dans 
le mouvement sont d'âge éocène ; le miocène est resté 
horizontal sur le bord de la chaîne. Les Pyrénées offrent 
donc l'état des Alpes suisses avant la dislocation des dé- 
pôts miocènes. 

Labibeauxde recouvrement. — M. Marcel Bertrand ' 



^ Marcel Bertrand, Plis couchés de la région de Draguignan. 
Bua. Soc, géol, France, 1889, XYII, 234-246, 8 fig. 



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POUR l'année 1889. 297 

a fait, aux environs de Draguignan, sur les bords du 
bassin crétacé de Salernes» de nouvelles recherches sur les 
plis couchés provençaux. Sur une largeur de 3 kilo- 
mètres au moins et sur une longueur de 30 kilomètres, 
une bande de jurassique sous la forme d'un pli couché 
et étiré a été rejetée sur les couches de Rognac (cré- 
tacé supérieur). La superposition des couches, normale 
en apparence» semble presque s'opposer à l'admission 
d'an pareil déplacement. La succession des couches est 
régulière et lors même que les terrains qui bordent le 
bassin ne sont pas partout les mêmes, il n'y a pas eu 
de discordances ou de transgressions entre le crétacé 
et le jurassique; ce sont des mouvements postérieurs 
au dépôt crétacé qui ont dislo()ué le sol et produit les 
contacts extraordinaires. L'hypothèse de failles doit être 
écartée pour expliquer le contact et la superposition du 
jurassique et de l'infralias «au crétacé. Des interruptions 
dans la nappe de recouvrement montrent en dessous de 
celle-ci le crétacé. On peut même, sur un point, suivre 
l'extrémité du pli synclinal couché du crétacé qui se 
termine entre les couches jurassiques sous-jacentes et les 
terrains de recouvrement. Tandis que les couches de la 
base sont repliées plusieurs fois, ces derniers, y com- 
pris l'infralias, se superposent horizontalement avec une 
faible bande de crétacé à leur base. 

Mais cela n'est pas le cas partout. Des dérangements 
sans importance, il est vrai, troublent par places la régu- 
larité de cette nappe de recouvrement; ce sont des con- 
toornements en forme de C qui apparaissent au milieu 
do lambeau horizontal. Sur d'autres point?, on croit voir, 
dans les couches ainsi recourbées, l'extrémité du pli 
couché. On peut constater là la différence d'épaisseur 



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^298 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

des couches dans la branche supérieure et des couches 
amincies du lambeau horizontal; cette différence est l'effet 
de récrasement, de la lamination des couches par le mou- 
Tement de chevauchement. 

M. Bertrand compare ce pli au double pli glaronnais; 
il constate qu'on ne peut affirmer avec certitude, dans 
aucun de ces cas, si le pli est double ou simple, c'est-à- 
dire si les lambeaux bordant le nord du bassin ne sont 
pas aussi venus du sud et appartiennent au même pli 
couché. Il conclut que le glissement s'est fait ordinai- 
rement sur la surface de couches restées à peu près hori- 
zontales, mais il a pu aussi se faire sur la tranche de 
<M)uches déjà plissées. La série de recouvrement est ordi- 
nairement horizontale, sauf là où il y a eu un tassement 
postérieur. Elle peut cependant présenter des froisse- 
ments et des plissements secondaires qui, comme au 
Glàrnisch, produisent <les superpositions multiples des 
couches les unes sur les autres. A la base de la masse 
de recouvrement, les couches s'amincissent et disparais- 
sent progressivement à mesure qu'on s'éloigne du noyau 
vertical du pli couché, mais elles semblent reparaître 
symétriquement à l'autre extrémité. L'examen de ces 
disparitions de couches n'indique pas dans quel sens 
s'est fait le mouvement de glissement. 

Les petites Pyrénées de l'Aude, nommées aussi Cor- 
bières, présentent, sur plusieurs points, d'après les re- 
cherches de M. Garez \ des dispositions analogues aux 
lambeaux de recouvrement décrits avec tant de précision 
par M. Bertrand. Ce phénomène n'est donc pas unique- 

^ L. Carez, Sur Pexistence de phénomènes de recouTrement 
dans les Pyrénées de PAude. C. JS. Aead, d. Se., Paris, 1889) 
3 juin, 4 p. 



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pooR l'année 1889. 299 

meot lié aux zones de dislocation alpine. Il s'agit ici 
de lambeaux d'urgonien ayant glissé par-dessus le séno- 
nien. 

H. E Sghardt' a présenté à la Société vaudoise des 
sciences naturelles une série de photographies de la roche 
salifère de Bex, qu'il considère comme étant une brèche 
dae en partie k la dislocation et à la recristallisation du 
sd et de l'anhydrite dans l'inlérieur des fissures. Il en 
est de même d'une brèche anhydritique à fragments 
de calcaire dolomitique. La photographie rend nette- 
ment les particularités de certains échantillons (Revue 
pour 1888). 

Mouvements du sol. — M. Ph. Plantabiour* a con- 
tinué ses observations sur les mouvements périodiques 
do sol, accusés au moyen du niveau à bulle d'air. 
Do mois d'octobre 1888 à celui de septembre 1889 
Hi^ année), les observations des mouvements du sol, 
faites simultanément avec celles de la température, ont 
démontré Tinfluence très nette de cette dernière, en ce 
sens que les dénivellations marchent de pair avec l'in- 
solation du sol; il y a cependant encore un second 
agent qui contrarie souvent l'action de la température, 
mais dont il n'a pas encore été possible de préciser 
l'origine. 

Tremblements de terre. — Le 30 mai 1 889 (8 heures 
36 min. de Paris), on a ressenti à Bile, un tremblement 
de terre assez faible. Ce même jour, une secousse a 
été observée près Cherbourg et aux Iles Normandes. 

* Compte rendu Soc, vaud. «c. nat Séance du 3, VII, 1889. Ar- 
Aives XXn, 587. 

' Ph. Plantamonr, Des monTements périodiques du sol. An^. 
8c. phys, et nat., 1889, XXn, 431-437, 1 pi. 



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300 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

M. Hagenbach-Bisghoff^ a calculé d'après la différence 
avec Dol près Saint-Malo (8 heures 30 minutes), où 
la secousse se fit également sentir, que la vitesse de 
translation de la trépidation a été de 4900 m. par se- 
conde. 

M. GuBfBEL ' a décrit les caractères d'un tremblement 
de terre observé le 2â février 4889 dans les environs de 
Neuburg sur le Danube (Bavière). Ce travail a quelque 
intérêt pour la Suisse et mérite d'être mentionné. C'est 
peu avant 3 heures de Taprès-midi que ce mouvement 
du sol a eu lieu. 

Neuburg est situé tout près du bord du Jura franco- 
nien, au point où les bancs jurassiques sont brisés par 
suite d'un grand affaissement qui s'est produit le long 
d'une surface de faille. Quelques lambeaux seulement de 
terrain jurassique s'avancent sur la rive sud du Danube. 
C'est sur un d'eux qu'est bitie en partie la ville. 

Le tremblement de terre observé avait le caractère 
d'un coup subit et très violent, comme une détonation, 
suivi d'un roulement plus ou moins prolongé. L'aire 
d'ébranlement ne parait pas avoir eu plus de 50 kilo- 
mètres de rayon ; en considération de ces faits et delà si- 
tuation géologique de Neuburg au centre de l'aire du mou- 
vement séismique, M. Gûmbel conclut à un effondrement 
souterrain du plafond ou de la paroi d'une grande ca- 
verne, creusée dans les couches profondes du terrain ju- 
rassique. 

^ E. Hagenbach-Bischoff, Erdbeben des 30. Mai 1889. Verh. d. 
Naturf. GeséOsch. Basd, 1889, VIII, 853. 

* D' C.-W. Gûmbel, Das Erdbeben von 22. Febr. 1889 in der 
Umgegend Ton Neuburg. SiHung der maHh. phys. Qasse, 2 mars 
1889, 30 p., 8«. 



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pooR l'annëb 1889. 3U1 

L'aoteor fait suivre sa notice d'une liste de tous les 
tremblements de terre observés en Bavière depuis l'an- 
née 786 jusqu'à nos jours et sur lesqueb on possède des 
renseignements plus ou moins précis. 

Érosions. — M. Châtelain ' a exploré la grotte de 
Reclère, récemment découverte. Un puits vertical de près 
de dix mètres conduit dans la grotte proprement dite, 
qui a une grande éteudue; de maguiBques stalactites re- 
lient par places les voûtes au plancher de la grotte, qui 
est parcourue par un cours d'eau donnant lieu à un pe- 
tit lac. 

Les recherches de M. Martel' sur les cavernes dans 
les Causses (Cévennes) ont un intérêt général pour 
l'étude de la circulation des eaux souterraines et de l'ori- 
gioe des sources vauclusiennes, dont notre Jura est si 
riche. L'étude des souterrains des Causses a prouvé à 
M. Martel que toutes les cavernes sont creusées sur le 
parcours de diaclases, qui sont les causes directrices de 
ces érosions. 

Origine du lac Léman st des grands lacs alpins. — 
M. F.- A. FuREL ' a recherché les origines de la cuvette du 
lac Léman et arrive à la conclusion que cette profonde 
entaille doit être attribuée exclusivement à l'érosion» de 
même que la vallée du Rhône en amont de la cluse de 
Saint-Maurice, où se termine le bassin proprement dit 
du lac. Reste la difficulté d'expliquer la grande profon- 
deur de cette cuvette, dont le fond est à 63 m. au-dessus 
de la mer; et, comme l'épaisseur du dépôt d'alluvion es^ 

* Voir Nature^ 1889. 

' Martel, Les eaux souterraines des Gausses, BuU. 8oe, géol, 
France, 1889, XTJj, 610-621, 1 pL 
» C. B. Soe, phys, et hiet. de Genève. An^wee, XVHI, 1890, 184. 
Archives, L XXIII. — Avril 1890. 18 



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302 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

de 100 m. au moins, cette profondeur doit être de 
40 m. environ au-dessous du niveau de la mer. Les lacs 
sur le versant italien des Alpes présentent le même phé- 
nomène. M. Forel attribue avec vraisemblance cette cir- 
constance à un affaissement considérable de la chaîne 
des Alpes après le creusement de la dépression du lac. 
C'est par suite de cet affaissement que les lacs des bords 
de la chaîne ont pénétré sous forme de fiords dans l'inté- 
rieur des vallées d'érosion. Les dépôts morainiques, les 
alluvions torrentielles des cours d'eau affluents du grand 
lac, du Rhône surtout, ont peu à peu modiflé l'aspect du 
lac primitif, qui devait s'étendre, selon M. Forel, jusqu'à 
Sierre, en Valais. Nous relevons les points suivants des 
diverses phases qu'admet l'auteur dans la formation du 
lac Léman : La première phase est caractérisée par un 
exhaussement graduel des Alpes et le creusement de la 
vallée primitive du Rhône; le creusement continue pen- 
dant la fin de l'époque miocène jusqu'à l'époque glaciaire, 
les Alpes se surélèvent bien au-dessus de leur niveau 
actuel. Celte période de surélévation est suivie, dès 
la fin de Tépoque glaciaire, d'un affaissement considé- 
rable qui a abaissé le fond du lac au-dessous du niveau de 
la mer, et dû comblement partiel du bassin supérieur par 
les cônes de déjection des torrents valaisans et du Rhône, 
coïncidant avec le barrage du lac par les dépôts de l'Arve, 
près de Genève. 

A propos du volume du lac Léman, M. Forel ' a cal- 
culé qu'il faudrait quinze ans aux eaux du Rhône pour 
le remplir. Le comblement par les alluvions, qui consis- 



* La capacité du lac Léman, BuU, Soc. mtid. se. futt., XXIV, 
1888, 1. 



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POUR L ANNEE 1889. 303 

lent surtout en limon fin suspendu dans Teau du Rhône, 
durerait 450,000 ans au minimum. Le volume de ce 
limon atteint deux millions de mètres cubes annuelle- 
ment, soit une couche de 1 centimètre par année. 

A Toccasion d'une étude sur la faune et la flore des 
lacs alpins, MM. âsper et Heuscher ' ont exécuté une 
série de travaux hydrométriques sur les petits lacs de 
montagne. Leur publication renferme des cartes, avec 
indication de la profondeur assez exacte pour la construc- 
tion des profils de ces lacs. Sont décrits dans ce travail : 
les lacs du Haut-Toggenburg et le Voralpsee. Une*étude 
antérieure a pour sujet les lacs d'Âppenzell. 



n. Terrains. 

Terrains primftires. 

Terrains cristallins. — Nous devons à M. le prof. 
LoRT* une étude sur la constitution des massifs de 
schistes cristallins. 

Les Alpes occidentales n'ayant subi que peu de boulever- 
sements considérables et offrant des coupes naturelles très 
étendues, M. Lory y a trouvé des données sofiBsantes 
pour établir une classification normale de ce groupe du 
terrain primitif. Il a reconnu quatre zones alpines entre 
le Mont-Blanc et le Mont-Rose. Celle du Mont-Rose est de 



' D' Âsper et J. Heuscher, Zar Natargeschichte der Alpenseen. 
BeriOU d, Natwrw, QeséOsch. S^GaUen, 1887-1888, p. 246-267, 
5pL 

* Ch. Lory, Étnde sur la constitution et la structure des massifs 
de schistes cristallins des Alpes occidentales. Grenoble, 1889, 
23 p., 1 pi., 8«. 



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304 REVUE GÉOLOGIQO 

beaucoup la plus large; les schi 
découvert sur la plus grande pari 
leur stratification est souvent presi 
recouverts en concordance par le 
dans les schistes cristallins de ce 

I. Le groupe supérieur des schistes 
et chloritiques. 

n. Micaschistes arec calcaires dpol 
caires saccharoïdes. 

Les micaschistes en se chargea 
sent à des gneiss. A mesure qu'< 
rie. le feldspath orthose augmeni 
avec une texture de moins en mo 
granitoîde qui ne présente plus < 
grand. La séparation entre ces dei 
dant pas très nette, le gneiss d'Ar 
tient au groupe supérieur. 

Comme la zone du Mont-Ro 
terrain carbonifère, ou doit suppoi 
durée des temps paléozoïques, cet 
couvert dans leur position horizoï 
trias sont ensuite venus se déposeï 
texture remarquablement cristalli 
tribue aux conditions dans lesque 

Les schistes cristalUns ancien 
structure à une époque bien ant 
des Alpes. L'état cristallin est tn 
voir ôtre attribué à des actions 
cristallisation générale et origine 
A la hmite N.-O. de la zone du ] 
parfois le contact entre les schiste 
nifère; sur plusieurs points les coi 



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POUR l'année 1889. 305 

que renferment des galets de schistes cristallins identiques 
dans leur composition aox roches en place qui affleurent 
dans le voisins^e, ce qui prouve que leur structure cris- 
talline est antérieure à la période carbonifère. 

M. Lory est arrivé à la conclusion que la structure feuil- 
letée ou cristalline des roches des divers terrains est pour 
chacun d'eux un fait antérieur au dépôt de celui qui le 
recouvre et absolument indépendant des grandes actions 
mécaniques qui ont façonné les montagnes. Cette con- 
clusion diffère de celle de beaucoup de géologues qui 
voient dans la structure schisteuse et cristalline le produit 
d'un métamorphisme dynamique. L'auteur appuie son 
opinion sur le fait que les minéraux des roches cristal- 
lines, feldspath, mica quartz, tourmaline, etc., se déve- 
loppent tout aussi bien dans les roches sédimentaires de 
tout âge qui n'ont subi aucune dislocation. Les galets 
triasiques, remaniés dans des dépôts plus récents, renfer- 
meDt des cristaux d'albite que la roche en place renfer- 
mait déjà. Les schistes cristallins se sont déposés dans 
des océans à eaux plus salines et plus chaudes que les 
mers actuelles dans lesquels Texistence des êtres orga- 
nisés n'était pas encore possible. 

La première zone de schistes cristallins ou zone du 
MoDt-Blanc, comprend en Suisse les massifs des Alpes 
bernoises et du Saint-Gothard, en Savoie, ceux des Ai- 
guilles-Rouges et du Mont-Blanc, la chaîne de Belle- 
donne, de Mégève, etc., divers massifs de l'Isère et du 
Dauphiné et plus au sud celui du Mont-Pelvoux et celui 
des Alpes Maritimes. 

Dans tous ces massifs les schistes cristallins sont tou- 
jours très redressés, la structure de voûte régulière fait 
défaut. La zone du Mont-Blanc est la partie la plus an- 



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306 REVUE GÉOLOGIQUE SU] 

cienne du système orogénique des Âi| 
tate que les dépôts de grès anthracifëi 
de petits bassins isolés ; on peut recon 
tions antérieures au dépôt du carbo 
parait y avoir parfaite concordance 
cristallins et le carbonifère. La struc 
schistes cristallins contenus dans les p 
lorsin est identique à celle de la roch 
donc antérieure à la formation houillèi 
grande dislocation, qui a eu lieu entr 
le trias. La différence énorme dans 1 
beaux trîasiques horizontaux reposai] 
cristallins verticaux, prouve, selon M 
ne pouvant se plisser davantage, aprè 
au-dessus de leur tranche redressée, o 
subi ainsi ces grandes dénivellations, 
dépôts horizontaux a été conservée au 
restés en place; d'autres parties se se 
plissant, autour des inégalités de leur i 
quée. Des glissements le long des sur 
cales ou fortement inclinées ont provo 
multiples, dont les terrains anciens q 
n'offrent pas de trace. 

M. Lory constate que malgré les noi 
qo'ont subi les terrains sédimentaire 
trouve les fossiles étirés et déformés, 
pas pris une structure cristalline. 

En étudiant le parcours des failles 
ment des Alpes, on constate que ce 
sont produites suivant les axes des p 
étaient des points de faible résistance 
voir est attestée par plusieurs profil 



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pouii l'annék 1889. 307 

montrent les zones d'affaissement parallèles et qui expli- 
quent les dispositions étranges des sédiments relative- 
ment aux schistes cristallins anciens. Aucun des massifs 
cristallins ne représente une voûte régulière ou un pli 
anticlinal simple et complet. 

M. Lory discute en outre le rôle de la protogine, qu'il 
considère comme appartenant au groupe supérieur des 
schistes cristallins, les schistes chloriteux; la ténacité plus 
grande de cette roche explique aussi sa prédominance 
dans les arêtes élevées. La protogine n*est jamais une 
roche franchement massive; elle offre des divisions strati- 
formes très nettes et les intercalations de gneiss chlori- 
teox montrent encore sa Uaison avec les roches du 
groupe supérieur. S'il en est ainsi, conclut M. Lory, la 
structure en éventail du Mont-Blanc ne serait pas le ré- 
sultat d'un pli anticlinal écrasé, mais plutôt un pli syn- 
clinal très aigu isolé entre deux failles, suivant lesquelles 
se seraient affaissées et repliées en forme d'U les bandes 
de lias des vallées de Ghamonix et d'Ëntrëves. La struc- 
ture du massif du Finsteraarhorn, celle du Mont-Pelvoux 
s'expliquent de la même manière. Le bord sud de cette 
zone est marqué par une faille que Ton peut suivre de 
Valoise à Airolo. 

Quant aux deux zones alpines intermédiaires, elles 
n'ont que peu d'importance ; leur faible largeur leur 
donne un rôle orographique tout à fait secondaire. 

Roches cristallines, métamorphisme. — Dans son mé- 
moire sur les Alpes, M. Schmidt ^ divise les roches 
massives on éruptives en deux groupes, les roches gre- 
nues profondes (Tiefengesteine) résultant de la cristal li- 

* Zur Géologie der Schweizeralpen. Loc, cit. 



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308 RKVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

sation lente des masses ignées qui forment les régions 
profondes de la terre; et les roches d'épanchement à 
structure porphyroîde, dans lesquelles la pâle, de texture 
roicrocristalline, renferme des cristaux plus grands for- 
més avant et pendant Tépanchement. Dans les roches 
grenues, par exemple le granit, tout le magma consiste 
encristauxdegrandvolumeencheyetres.il est facile de 
reconnaître ces deux types de roches massives en tra- 
versant les Alpes; quant aux schistes cristallins, qui 
réunissent les caractères des roches massives et sédi- 
mentaires, une partie semble passer insensiblement à 
des roches massives typiques, tandis que d'autres pa- 
raissent plutôt avoir une origine sédimentaire, attestée 
parfois par la présence de fossiles. Mais il y a encore 
bien des terrains, portant les caractères des schistes 
cristallins, pour lesquels cette distinction n'a pas encore 
pu être établie, et sur l'origine desquels on reste dans le 
doute. 

Les formations primitives sont, sur presque toute la 
terre, à l'état de schistes cristallins; si l'on admet que 
leur structure cristalline est originelle, on peut leur at- 
tribuer une origine sédimentaire dans des circonstances 
spéciales, ou les considérer comme le produit du refroi- 
dissement des masses primitivement fondues de la sur- 
face du globe. Si l'on suppose au contraire que cette 
structure n'est pas celle de la roche primitive, on peut 
l'attribuer à un métamorphisme qui a agi soit sur des 
sédiments normaux, soit sur des roches primitivement 
massives. Ce métamorfihisme peut être le résultat du con- 
tact avec une roche éruptive ou bien de la pression qui a 
agi pendant la dislocation. 

Le métamorphisme de contact n'a pas encore été 



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POUR l'annék 1889. 309 

constaté netlemenl dans les Alpes suisses; on peut ce- 
pendant admettre qu'il a eu son rôle dans la formation 
des schistes cristallins. 

Inexistence du métamorphisme dynamique ressort 
clairement du fait que partout où la pression des mon- 
tagnes a été la plus énergique, dans les régions de dislo- 
cation intense et de fort plissement, les roches sédimen- 
taires sont devenues cristallines et les roches éruptives 
schisteuses. 

Les Alpes, surtout les Alpes centrales, en présentent de 
nombreux exemples ; l'auteur cite la formation de miné- 
raux crjstallisés au milieu de roches sédimentaires, qu'ils 
ont rendues, par leur abondance, tout à fait cristallines, 
quoique la présence de fossiles en démontre l'origine. On 
pense généralement que les granits protogines des Alpes 
sont plus anciens que les roches sédimentaires qui les 
entourent. Or, dans les Pyrénées centrales, la situation 
étant tout à fait analogue, les granits sont plus récents 
et ont produit un métamorphisme de contact très évident 
suiri, pendant les diverses périodes de dislocation, d'un 
métamorphisme dynamique. Le premier date de l'époque 
paléozoïque récente, et le second de l'époque tertiaire 
ancienne. La transformation des porphyres des Wind- 
gâllen en schiste stratifié, enveloppé dans un grand pli 
couché, démontre aussi l'action du métamorphisme dyna- 
mique sur les roches éruptives. 

Les vrais granits sont rares dans les Alpes. La dislo- 
cation intense de certaines parties de la chaîne permet de 
supposer que les granits et protogines en bancs et les 
protogines schisteuses, doivent leur structure à la pression 
intense qui les a bouleversés; mais cette cause n'est peut- 
être pas la seule. 



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31U UKVUl!; GÉODJGIQIIE SUISSE 

L'auteur a choisi, comme exemple de ces transforma- 
tions, le porphyre des Windgâllen, et il décrit les mou- 
vements, dislocations et érosions auxquels cette formation 
a été soumise depuis son apparition. Ces faits et les mo- 
difications profondes de structures subies par ce por- 
phyre expliquent la difficulté qu'il y a à savoir si des 
roches cristallines des massifs centraux sont des granits 
éruptifs, des gneiss anciens ou des roches sédimentaires 
métamorphiques. 

Terrains paléozolques. 

Terrain carbonifère. — M. Alex. Portis ' a signalé 
de nouveaux gisements de fossiles carbonifères dans le 
Val di Susa (Alpes occidentales). Il en énumère et décrit 
les fossiles, comprenant 13 espèces de plantes. Le même 
auteur a aussi décrit quelques fossiles du trias delà même 
région. 

Dans une note sur la géologie des Alpes subalpines, 
comprises entre Gap et Digne, M Hang ' décrit le terrain 
houiller dans lequel il a trouvé de nombreuses empreintes 
de Pecopetris cyathea, arguta, d. polymorph4i, etc., Annula- 
ria stellaia, Cordaitcs, etc., dans le voisinage de couches 
d'anthracite exploitées dans la cluse de Barles. On trouve 
aussi là le muscheikalk, puis le trias supérieur, composé 
d'argiles bigarrées avec gypse et cargneules, et analogue à 
celui des Alpes vaudoises. 

^ Dott. Aless. Portis, Nuoya localita fossilifère in val di Susa. 
Bail B. CkmiL geol d'Italia, 1889, X, 141-183. 

* £. Rang, Sur la géologie des chaînes subalpines entre Gap et 
Digne. C. B. Aead, des sciences de PariSy 1889, 18 mars. 



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POUR l'année 1889. 311 



Terrains mésoioiqaes. 



Terrains triasiques. — M. 0. Wohrmann ' a publié 
deux mémoires sur le trias alpin. Dans les Alpes du Ty- 
rol septentrional et de la Bavière, le triasse divise en deux 
niveaux, dont le supérieur correspond au keuper, l'in- 
férieur au muscheikalk. L'auteur démontre par de nom- 
breuses coupes la composition stratigraphique de ces sé- 
ries et leurs équivalences dans les régions voisines. 

Le calcaire de Wetterstein, doit être considéré comme 
appartenant à la zone du muscheikalk. Il établit pour la 
zone alpine du Tyrol septentrional et de la Bavière, la 
série suivante d'assises : 

, Haaptdolomit. 

! Couches de Raibl. 
Zone marneuse avec couche calcaire à la base. 
Marne et grès. 
Schiste avec Eaiobia rugoaa. 
IWettersteinkalk avec GyroporeUa. 
Couches de Partnach. 
Wettersteinkalk inférieur, en partie oolithique, avec 
^ GyroporeUa, 

sapérienr. / Calcaire avec Brachiopodes, Terébratula mUgaris^ 
1 Spiriferina Mentedi, Bhynchonélla decurtata, etc. 
Céphalopodes. 

Une étude sur la faune de l'étage raiblien de la Lom- 
bardie est due à M. Parona *. Ce travail commence par 



' 0. Wohrmann, Ueber die untere Grenze der Eeupers in den 
Alpen. Jahrb. l. le, geol Beiehsanstalt, XXXYUI, 1888, 69. 

Id., Die Fauna der sog. Cardita u. Raibler Schichten in den 
Nordtiroler u. bayrischen Alpen. Jahrb, k. k, geoL Beichsanstaît, 
1889, XXXK, 180 p., 6 pi. 

* Dott C. Parona, Studio monographico délia Fauna raibliana 



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312 REVUh: GÉOLOGIQUE SUISSE 

une étude bibliographique et historique de ce terrain; 
il décrit ensuite le rôle orographique et le faciès du rai- 
blien dans les diverses chaînes et régions des Préalpes 
lombardes. Un tableau stratigraphique indique les rela- 
tions et différences de faciès d'une vallée à l'autre. La 
comparaison du raiblien lombard avec celui des Alpes 
orientales, conduit l'auteur à la conclusion, déjà exprimée 
par Stur, que l'ensemble des couches du raiblien lombard 
est le correspondant de la Lettenkohie. 

Une seconde partie comprend une description de HO 
espèces fossiles, dont 9 Céphalopodes, 32 Gastéropodes, 
64 Pélécypodes, 5 Brachiopodes, 2 Échinodermes et 40 
plantes. 

M. le professeur Gillikron ^ a donné un compte rendu 
des travaux de sondage entrepris près de Bâie pour 
la recherche du sel gemme. Il expose la disposition 
des couches du trias dans le voisinage de cette ville et 
conclut qu'un seul point sur le territoire de BâIe- Ville, 
au S.-E. du village de Bettingen, pourrait être favorable 
à cette recherche, sans qu'il soit possible d'affirmer posi- 
tivement le succès. On devait atteindre ici les couches 
salifères à 100 mètres au maximum. Le profil du trou de 
sondage qui a exigé 4 mois, montre qu'en dessous du 
muschelkalk, le groupe de Tanhydrite formé de marnes, 
d'argile, de dolomie et de gypse en alternance, est privé 
de sel gemme. A 70 mètres on atteint le Wellenkalk, base 
du groupe de l'anhydrite. Le travail de M. Gilliéron est 



di Lombardia. Mem. prem. dal, R. instit. Lomhardo d% Se. e LeU., 
1889, 166 p., 30 pi. 

' y. Gilliéron, Sur un sondage pour la recherche du sel gemme. 
Actes Soc, hdv, se, naL Lugano, 1889. Arch. scphys. et nat,y 1889, 
XXII, 454. 



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POUR l'année 4889. 313 

eocore complété par des considérations sur le plonge- 
ment des couches à la limite du Horste au pied duquel 
s'est formé, par affaissement, la plaine du Rhin. 

Terrains jurassiques — M. Koby ' vient de terminer 
son grand travail sur les polypiers jurassiques de la 
Suisse. Cet ouvrage, commencé il y a 10 ans, renferme la 
description de 447 espèces, dont plus de la moitié sont 
Doovelles, ce qui montre combien cette étude était né- 
cessaire. Voici la répartition du nombre des espèces dans 
les divers étages : 

Terrain rhiHen^ 2 espèces. 

Sinémurienj 1 esp. 

Binjoeien, Manies à Am, opaUnus, 1 esp. 

Couches à Am, Muréhûonœ, 2 esp. 

Calcaires à polypiers, 23 esp. 
Baihcnitn^ Grande oolithe, 13 esp. 

CoDche à Rhynch. varians, 5 esp. 

Couches à Mytilus, 27 esp. (toutes nouvelles). 
CaRovien, 3 esp. 
Oxforêien, Ozf. inf. Marnes pyriteuses, S esp. 

Oxf. sup. Terrain à chailles mamo-calcaires, 11 esp. 
Bamraeien^ Terrain à chailles siliceux, 79 esp. 

Corallien blanc, 184 esp. 
Asiartim du Jura soleurois, bernois et vaudois, 69 esp. 
PUrocérien du Jura bernois et soleurois. 13 esp. 

Couches de Yalfin, 42 esp. 
VwgtUien, Jura de Porrentruy et Montbéliard, 14 esp. 

Nireauz coralligènes divers : 
CcraUim du Myten^ 28 espèces, attestant l'afEnité de ce niveau 
avec le corallien blanc de Caquerelle (20 espèces 
sont conununes à ces deux localités). 
Corallien de Wimmis, 15 espèces, presque toutes particulières 

aux couches de Yalfin. 
CùraUien du ScUève, S espèces, dont 5 sont fréquentes dans le 
gisement de Yalfin. 

* F. Koby, Monographie des Polypiers jurassiques de la Suisse, 
Mm, 8oe,pdl. Suisse, 1880-1889, YTE-XYI, 582 p., 130 planches. 



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314 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

M. Koby remarque, en concluant, que peu d'espèces 
de polypiers passent d'un étage à l'autre et que, pour un 
même étage, elles se groupent autour de certaines locali- 
tés, pour constituer des faunules spéciales. Ce résultat 
est facile à comprendre ; l'existence et le développement 
des coraux sont liés au milieu qui les entoure, qui a une 
grande influence sur leur forme, et les modifications de 
ce milieu entraînent assez rapidement, soit la destruc- 
tion de l'espèce, soit sa transformation. 

L'auteur discute, dans un résumé paléontologique, la 
valeur et les caractères des genres décrits et la raison 
d'être de la classification adoptée; il indique la distribu- 
tion de ces genres dans les familles. 

Lias. — M. Parona ' a publié une étude paléontolo- 
gique sur le lias inférieur des Préalpes lombardes, ren- 
fermant une description de ce terrain, du caractère de la 
faune et une liste très complète des fossiles. 

Lias et dogger. — Le lias et le dogger dans les 
chaînes subalpines entre Digne et Gap, présente, d'après 
M. Hang *, la série suivante : 

BathorUen. Schistes noirs avec petites Ammonitefl ferrugi- 

neuses. Am, eontrarius, Pùsidonomya alpifui^ 
Am. Parkinsùni. 
Zone à Am, neuffensis et Am. procerus. 
Bajocien. Couches à Am. Humphresi et Am. sitbfureaius. 

Calcaire bleuâtre à Am. Sauzei. 
Couches calcaires à Am. Sotcerbffi, très riche en 

fossiles. 
Couches à Am, Murehisona, pauvres en fèssiles. 



* Dott. C.-F. Parona, Beiidieonti del InstU. Lombardo^ 1839, 
série II, t. XXI, fasc. VIII, 13 p. 

* Hang, Lias, bathonien et bajocien dans les chaînes subalpinea 
entre Digne et Gap. C, C. Acad. se. Parts, l^ avril 1889. 



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POUR l'annék 1889. 315 

lÀoê êupérieur. Calcaire à Am. bifrons et schistes noirs renfer- 
mant dans la partie supérieure la faune à Am, 
opaîinus. 
lAas mcym. Calcaire à Amaliheua 9pinat%i8. 

Marnes micacées et schistes noirs avec quelques 
espèces de la zone à Amaliheus margaritatuê. 
Calcaires pauvres en fossiles, contenant beaucoup 
de B&emnUes', vers le haut, Am. fimbriatus. 
lÀas wfèriewr. Couches à Cardinia et calcaires à Arietites, 

M. FiNKELSTEiN ' a établi l'existence de la zone à Am. 
OiHiUnus dans la partie ouest du Tyrol méridional. Il dé- 
crit la série des terrains et fait suivre cette étude strati- 
graphique de la description des Brachiopodes de ce 
niveau. 

Mâlm. — Le plateau de Montagnole au S.-O. de 
Chambéry qui a été exploré avec tant de soin par 
MM. Hollande et Pillet ', a fourni à ce dernier des ma- 
tériaux paléontologiques importants de Tétage portlan- 
dieo. Il est vrai que M. Hollande, à qui nous devons déjà 
une étude géologique sur cette région, n'admet pas 
l'existence du portiandien proprement dit, et qu'il réunit 
sous le nom à'infranéocomien le niveau berriasien et le 
calcaire tithonique. Or, M. Pillet considère la partie infé- 
rieure du tithonique de M. Hollande comme du ptérocé- 
rieu; la partie supérieure, y compris le Berrias seraient 
l'équivalent du portiandien, comme l'exprime la coupe 
suivante, relevée au mamelon dit des peupliers : 

* Finkelstein, Ueber ein Vorkommen der Opaîinus (u. Murchi- 
8ons) Zone im Westlichen Sûd-Tirol. ZeUsch. d. deutseh. Oeol, 
GeseOseh., 1889, XLI, 49-78, 1 pi. 

' L. PîUet, Le Portiandien de Montagnole. BuU, Soc. hist. nat. 
de Saeoiôy 1889, p. 67-90. 



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Kimmeridgien 



316 HE VUE GÉOLOGH 

Hollande. 

Berriasien. 9. Marnes à Am. s< 

8. Calcaire blanc. 

S \ rf^'.^ . [ privasensia, transi 

g \ franc P' ^*^^- <^"^P- ^ 
g /des auteurs J ^^^s de 2" à 2' 
roses. 8". 
6. Banc terreux ruî 
5. Calcaire gris en 
à rognons, avec 
ptychicus {semim 
14. Calcaire bréchifo 
3. Calcaire compact 
dius, 0»,10 à 0",] 
2. Calcaire compact 
1. Calcaire bréchifo 



M. Pillet a constaté dans le pi 
portiandiens, se répartissant si 
entrecoupent la région. Il y dist 
marnes de Pierre Grosse et le ci 

Les fossiles recueillis appartie 
a plusieurs vertébrés, vertèbres 
Pycnodus; 3 espèces d'Annélidi 
Goldf., S. coarcermta, Bl.); 8 ( 
sis, E. Favre, Am, torlisulcatus, 
tnensis, etc.). Les Gastéropodes 
espèces; Pleurotomaria Royeri, d 
rica, Rœm., Nalica vacuolaris, c 
ques lamellibranches l'emporte 
autres groupes avec 31 espèces : 
Cyprina Brongniarti, Rœm., Ast 
Arca nobiUs, Gentis., Mytilus sub 
Morrisii, M. Tombecki, de Lor., 
Ostrea Bruntrutatui, Thurm., Oé 

La Nerinea trinodosa et bon i 



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POUR l'année 1889. 347 

qnas qai caractériseot le pertlandien d'autres localités, 
Banquent daDs les gisemenls de Montagnole; ils raao- 
qoeDiégalemenl, en partie do okâds, dans le portlaiidieii 
ie la Haate^fanne, «Tec lequel celui de Montagnole a 
quelques rapports. 

Les Brachiopodes {Ter. mbeeUa, Lejm.), les Échinides» 
les Crinoîdes et les coraux sont relativement rares et ne 
fcHiriiissent goère d'indication sur l'^e de ces couches. 

En résumé, sur les espèces du portiandiœ de k 
Hante-Mame, décrites par M. de Loriol, les stations de 
Montagnole en ont fourni 8 du niveau supérieur; 15 et 
des plus abondantes du niveau moyen; 9 du niveau 
inférieur. 

Faune juratriqHe. M. ELus' a publié la première partie 
d'un mémoire sur les Brachiopodes jurassiques du Jura 
SQîsse. La première livraison décrit 23 espèces, dont 19 
du genre Rkynchanella; il étudie les Rhynch. mcotMians 
et Bh. eoralUna (Rh. pmgm$) si souvent confondues. Six 
des espèces décrites sont nouvelles. L'auteur ne se sert 
que de fossites recueillis sur place et dont le niveau stra- 
tigraphiqoe est rigoureusement déterminé. 

On connait les nombreuses dents de poissons, Bfcmh 
eu, Sphœrodm, Gyrodus^ etc., que renferment les ter- 
rains jurassiques supérieurs; les mâchoires complètes 
sont rares, et les antres pièces du squelette encore plus 
rares. M. Jâcgard* a publié quelques considérations 
aa sujet des espèces provenant du malm du canton de 

^ Hip. Haas, Eritische Beitrftge zur Eennlniss der jorassischen 
Brachiopodenfaona des schweiz. Juragebirges, etc, Mém. Soc. 
pal. suissôy 1889, XVI, 36 p. 

* Jaccard, Sur quelques espèces nonvelles de Pjcnodontes du 
Jura neuch&telois. BulL Soe, se. ncU, de Neuchâtél^ 1889. 
Archives, t. XXIIÏ. — Avril 1890. 19 



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318 REVUE GÉOLOGIQUE SUI 

Neuchâtel. Il s'étonne que les genres f 
ne soient connus que par leurs dents 
le squelette de ces poissons, ainsi que 
avoir eu moins de solidité que celles 
l'on trouve même à l'état de poissons 
écailles qui se prêtent bien à la fossil 
a étudié plusieurs mâchoires et plaqu 
Pycnodontes du Jura d'après une treni 
de sa collection. 

M. DE Loriol' a entrepris en 
M. KoBT, une étude paléontologique 
du niveau coralligène inférieur du Jui 
mière partie de ce mémoire a paru ; ell 
mencement de l'étude paléontologiqi 
tion des espèces de mollusques gastérc 

Terrains crétacés. Néocamien. — 
monùes Astieriy d'Orb., qui forme I 
hauterivien, a fourni à M. Jaccard un 
quable d'ammonites. M. Satn\ a fait 
du gisement de Viilers-le*Lac, près d 
Holcoêtephanus Astieri, d'Orb., Holc. 
Holc. bidichotamus, Leym.. Holc. cf. ( 
Uhl., Hoplites Àmoldi, P. et C, HopU 
comiensis, Cosmoceras verrucosus. Ces ti 
ces se trouvent aussi dans le néocom 
midi de la France. M. Jaccard dit a 
Bel. latus à Villers. Cette faune de la z 
une certaine analogie avec le néocomi 

^ p. de Lorîol, Études sur les mollusques 
gèues inférieures du Jura bernois. Notices 
F. Koby. Mém. Soc, pal. suisse, 1889, XVI, 1 

* Sayn, Ammonites de la couche à Holco; 



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POUR l'année 1889. 319 

Les tarains crétacés du massif des Beauges (environs 
de Cbambéry) oflhrent, d'après M. Hollande', une série 
d'assises très complète. Dans le Dauphiné où M. Lory a 
divisé le néocomien en deux étages, son épaisseur totale 
atteint plusieurs centaines de mètres ; elle diminue vers 
le nord. Dans la Provence, les Hautes-Alpes, la moitié 
méridionale du département de la Drôme, etc., l'étage 
ioférieur du néocomien a un faciès vaseux à fossiles péla- 
giques; c'est le type provençal; dans le Jura, la Basse- 
Savoie et les chaînes comprises entre Ghambéry et Vo- 
reppe, cet étage a un faciès littoral, le faciès jurassien ; 
dans la Grande-Chartreuse, les deux faciès s'enchevê- 
trent. M. Hollande distingue dans le néocomien de la ré- 
gion de Ghambéry 10 assises, qu'il groupe en 4 étages. 
L'inférieur, comprenant les couches de Bernas et une 
assise de passage entre le crétacé et le jurassique, a été 
nommé par lui infranéocomien, pour ne pas confondre 
ces couches avec le valangien. Il réunit à l'urgonien, le 
calcaire à OrbitoUnes et la couche à Requiena Lansdelii, à 
cause de sa liaison intime avec le calcaire à Req. am- 
monta: 

, 10. Calcaire à Bequienia Lonsdalii. 

^ . \ 9. Marno-calcaire ocreux à Orbitolina eonoidea et 

I Heteraster oblon^us. 

\ 8. Calcaire à Bequiema ammonia, 

17. Calcaires jaunes. 

6. Mamo-calcaires à Toxaster complanatus et 
Ostrea Catdoni. 

5. Mamo-calcaires glaaconieox à Am, radiatus. 

le-Lac. C. JR. Soc, helo, se. nat. Lugano, Areh, se, phys. et nat,^ 
oct.-iioy. 1889. 

^ Hollande, Dislocation des montagnes cale. etc. Bulï. Soc, hist. 
fuxt. de Savoie, 1889, III, 105-127. 



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320 REVUE 6ËOL06JQU 

— . il 4. llBnio-cakMireE ocr 

^ ' i* a. CaJcaipe à Brachiopi 

2. Marno-calcaire renfi 

•«*«« il' Calcaire blanc on gi 
mien. j ^ 



, ^ , i 2. Marno-calcaire 
^J!:i!î!°~-W. Calcaire blanc 

^fon^iioniM et J.m. 



L'assise 1 de rinfra-néocomic 
être rapportée au malm plutôt qw 
affinités jurassiques de sa faune : 
sente par sa faune un terrain de I 
siqiie et le néocomien. Il est foi 
avec couches de calcaire à ciment 
par Am. semùulcafus, neaoemiemis 
etc. Dans le haut l'assise passe 
lugien. 

Le calcaire grossier de Rozera 
sa faune de Brachiopodes : Terebn 
tomam, Rhynch, tmltiformis, etc. 
Terebr. Carteroni, 0. reclangularù 
rastratus. Ara. crypioceras, NauU 
constitue un niveau équivalent { 
quoique l'épaisseur de cette assi 

La couche marno-calcaire glau 
mais facile à connaître, peut sei 
pour séparer le valangien du hs 
Am. cryptoceras, Atn, Leopoldinus, 
tus, ApU Didayi, etc. Mais la gi 
hauterivien est constituée par les 
tangues, contenant Ostrea Couhni 
Pholadomya elongata, Panopaea 
caudata, Dysaster ovulum, etc. 

L'urgonien est représenté par 
compact de 200-30U m. d'épai 



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POUR l'année 188». 321 

sont empi^ dans la roche et diffieiles à extraire. Ce sent 
des polypiers, des hattres de grande taiUe» Requietm 
Ammoma, fihynchonella hoa, etc., ce damier fossileaottfent 
tris abondant 

La zone à OrbUolines est un calcaire de conleor ocre 
qoi forme le sommet de cet horizon et renferme tonjours 
beaucoup de fossiles, Orbitotma conoidea, Hèiera^er oMm- 
^* P^gaubis depre$su9 et cylindmua, Pteroceru pebgi, 
Janira SÊmisi, etc., fossiles qui caractérisent l'étage 
rhodanien, lequel se relie orographiquement à l'urgonien. 

Gault et crétacé supéribor. — D'après M- Hollands * 
le gault repose dans le massif des Beauges directement 
sur le calcaire à Orbitolines ; l'aptien manque et ne se 
montre que plus au N.-E. avec YOstrea aquila dans les 
chaînes des Vergys et des Fiz. 

Le gault de la zone subalpine a un faciès fort différent 
de celui de la Perte du Rhône. Dans la vallée d'Entre* 
mont-le-Vieux, il offre deux assises : 

GcmU supérieur. Sable grossier, réuni par tu ciment argilo- 
calcaire ayec rognons et moules de phosphate de chaux. 1-3*^. 

Gixult inférieur. Lumachelle de calcaire roux, pétrie de débris 
fosdles, épaisseur 15-20>°. 

Sur la lisière orientale des Beauges» le gauk inférieur 
est on calcaire ou grès plus ou moins noir, glauconieux. 
Le gault supérieur, de 1"* à 1"*,50 d'épaisseur, est ua 
calcaire siliceux à rognons phosphatés. M. Hollande n'a 
pas pu séparer paléontologiquement ces deux niveaux; les 
fossiles du niveau inférieur se retrouvent tous dans le 
niveau supérieur qui est bien plus fossilifère. Quant à 

^ Hollande, Dislocation, etc., loe. cit. 



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322 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

l'étage immédiatement supérieur au gault, le céucma- 
uien, son existence parait attestée par certains fossiles, 
mais on n'en possède que des données fort incertaines. 

Le gauit a fourni dans la région subalpine de Savoie 
plus de 40 espèces, dont un certain nombre caractéri- 
sent le gault supérieur ou vraconien. 

Le fait le plus remarquable de cette région est la pré- 
sence constante du sénonien, épais d'environ 400 m. 
C'est une roche assez tendre, qui a été enlevée sur 
bien des points par la dénudation; les couches en sont 
minces, de teinte grisâtre. Elle a fourni les fossiles sui- 
vants : 

Bélemmtella mucronata, d'Orb. Inoeeramus Ooîdfussij d'Orb. 
Ananchites avata^ Lam. » Ouvieriy Oold. 

MicTosUr Brongniarti^ Hel. > Otpn, Mant. 

JainWa quadricostata, d'Orb. Ostrea vesicularia^ 

Ammonites^ sp. 

Ajoutons que le crétacé supérieur se continue dans 
les chaînes au N.-E. des Beauges, aux Vergys, à la Pointe- 
Percée et aux Fiz, où M. Alph. Favre a constaté un grand 
nombre d'afBeurements. 

Dans son ensemble, le néocomien des Beauges a une 
analogie remarquable avec le faciès jurassien de ce ter- 
rain; sa division en trois étages est très nette; la seule 
différence est dans l'épaisseur plus grande des assises. 
Quant au gault et au sénonien des Beauges, ils se relient 
absolument au faciès alpin, tel que l'offrent les Dents-du- 
Midi, les Fiz, etc. 

(A suivre,) 



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isroTE 

SUR LA 

COMPOSITION DES CALCAIRES PORTLANDIENS 

DES ENVIRONS DE SAINT-IMIER 

PAR 

M. L. DVPARC 



Les calcaires dont je donne la composition dans les 
pages qui suivent appartiennent à l'étage portlandien. 
Cette étude a été entreprise dans l'idée qu'il y aurait 
peut-être un certain intérêt à exécuter un travail d'en- 
semble sur les différents étages du Jura envisagés au 
point de vue de leur composition chimique. Ce travail de 
longue haleine ne permet d'arriver à des conclusions 
qu'en se basant sur des observations multiples, effectuées 
sur le plus grand nombre de strates possible, pour chaque 
étage. Eq effet, abstraction faite des variations qui se pro- 
duisent dans les différentes régions d'une seule et même 
couche (souvent au sein d'un même fragment, comme je 
l'ai maintes fois constaté), chacun sait combien la com- 
position chimique peut différer d'une strate à l'autre. En 
examinant donc un certain nombre de couches apparte- 
nant au même étage, et dont les rapports stratigraphiques 



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324 COMPOSITION DES CALCAIRES PORTLANDIENS 

ont été préalablement fixés, et en prenant pour chacune 
de ces couches le représentant le plus typique et le plus 
généralement répandu, on arrivera à établir les limites 
entre lesquelles les variations sont comprises et à se faire 
une idée générale de l'ensemble de l'étage en question. 
La principale difficulté pour un travail de ce genre est de 
se procurer des échantillons récollés avec soin et dont la 
provenance est parfaitement certaine. Dans ce but, je me 
suis adressé à M. le prof. Rollier, de Saint-Imier, qui» 
avec une obligeance pour laquelle je tiens à le remercier, 
m'a envoyé un certain nombre d'échantillons du port- 
landien des environs de Saint-Imier, ainsi que d'autres 
localités. Pour le moment, je me bornerai à publier seu- 
lement les calcaires de Saint-Imier, me réservant de reve- 
nir plus tard sur le sujet et de compléter ce premier 
exposé par le reste de la série portiandienne. Les échan- 
tillons que j'ai examinés appartiennent aux couches 
décrites dans le remarquable ouvrage de M. Rollier\ 
principalement aux pages 15 et 16, du n<> 14 au n^' 4, à 
l'exception des n»» 10, 8, 9, 7 et 5, qui n'ont pas été 
analysés. Dans la description qui en sera faite, je renver- 
rai chaque fois à l'ouvrage en question, en indiquant la 
page et le numéro de la couche dont provient le spécimen. 
Tous ces calcaires sont argileux, mais la proportion de 
celte argile y varie beaucoup. Elle est comprise entre 
0,6 7o (calcaire subcompact) et 14,24 7« (couches à 
N. Marcousana). La nature de cette argile diffère aussi 
selon les calcaires ; en général, elle est composée de deux 
parties distinctes, l'une exchisivement constituée par des 
fragments anguleux de quartz, l'antre, qui est une véri- 

* Rollier, Faciès du malm jurassien. ArMeeê, férrier 1888. 



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DGS ENVIRONS DS SÂlNT-iMlKR. 325 

table argile» se laisse faciieHieDi séparer de la première 
par lévigatioD. La oooleQr en est jaune, sauf dans la ya- 
riété ronge do calcaire delomitique (faciès» p. 15» n* 13), 
où die présente une couleur rouge de brique due à une 
iorle proportion de silicate de fer. Une analyse» sommaire 
do reste» du résidu insoluble total (partie quartxeiise et 
argileuse) des couches à Natica Marcousana m'a donné : 



SiO, 


= 


67,68 


(FeAl),0. 


= 


23.91 


CaO 


= 


0,66 


MgO 


= 


1.97 


H.0 


= 


4,79 



99»0t 

Cette argile correspond donc à un silicate d'alumine et 
de fer hydraté avec excès de silice. 

Quant aux proportions relatives des carbonates de 
chaux et de magnésie» elles sont» pour le premier, de 
98,51 (calcaire subcompact) à 83,87 (couches à N. Mar- 
cousana), et» pour le second» de 0»88 (bancs compacts 
en dalles) à 1,36 (bancs compacts)» soit 1 7» ^^ chififre 
rond (en exceptant» bien entendu» les calcaires dolomiti- 
ques). En général, les analyses accusent une différence 
en plus» ce qui provient de la chaux dosée comme CaO, et 
qui donne toujours des résultats un peu forts si la quan- 
tité de substance dépasse 0»2-0»3. L'excès ne porte donc 
que sur la chaux, partant sur le carbonate. 

Les oxydes de fer et d'alumine existent toujours dans 
ces calcaires» mais en faible quantité» ne dépassant pas 
0,310 7» (calcaire oolithique). Enfin, il faut encore men- 
tionna l'acide phosphorique, qui ne fait jamais défaut et 



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3i6 COMPOSITION DES CÂLCA] 

que j'ai retrouvé dans tous les c 
trop faible pour être dosé. Je n 
diquer une fois pour toutes. ( 
oscillent entre 2,779 (calcaire i 
Caire en plaquettes), la moy< 
de 2,69. 



I. Calcaire oolithique a Corbui 

(Faciès, p. 

Calcaire gris, avec fines ooli 
petites paiileiles cristallines de : 

Densité = ! 

Analyse 

Argile = 1,45 

(FeAl),0, = 0.31 

CaO = 54,42 

MgO = 0,57 

CO, = 43,29 

Eau hygroscopique = 0,17 

100,21 



II. Bancs compacts av 

(Faciès, p. 16 
Calcaire grisâtre, avec taches 
Densité = 



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DES ENVIBONS DE SAINT-IHIER. 327 

Analyse : 

Argile = 6.42 

(AlFe),0. = 0,i8 

MgO = 0.65 MgCO, = 1.36 

CaO = 51,3i CaCO, = 91,62 

CO, = 41,24 

Eau hygroscopiqae = 0,16 

99.96 



m. Bancs coralug&nes. 

(Fades, p. 16, n» 2.) 

Calcaire grisâtre, cristallin, an peu argileai, avec 
Teioes de calcite. 

Densité = 2,68. 

Analyse : 

ArgUe = 1,36 

(FeAIJO, = 0.09 

CaO = 54,62 CaCO, = 97.53 

MgO = 0.56 MgCO. = 1.17 

CO. = 43,36 

Ean hygroscopique = 0,25 

100,24 
rV. Calcaibb bunchatre a Nérinées. 

(Fades, p. 16, n» 8.) 

Calcaire homogène blanc, cristallin, avec fissures ca- 
pDaires remplies de calcite cristallisée. 



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328^ œMPOsmoN dss calcaires portlandibns 



Densité = 2,742. 


Analyse : 




Argile = 1,05 




(FeAI),0, = 0.22 




CaO = 54,98 


CaCO. = 98.17 


MgO = 0.53 


MgCO. = I.M 


CO. = 43,40 




groscopique = 0,12 





100,30 
V. Calcaire pale a Nérimées. 

(Faciès, p. 16, n» 6.) 

Calcaire blanc jaunâtre, avec taches plus claires et 
structure cristalline. 



Deasité = 2,694 


i. 


Analyse : 




Argile = 0,79 




(FeAl),0, = 0,10 




CaO = 55,05 


CaCO, « 98i3t 


MgO = 0,59 


MgCO, = 1.24 


CO, = 43,55 




groscopic[ue = 0,21 





100,29 



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B£8 sivaws JDC SAurr-nouL 329 

VI. Bancs compacts en dalles. 

(Faciès, p. 16, n» 6.) 

Calcaire jaune pâle» homogène, à cassure esqailleuse. 

Densité = 2,690. 

ÀMolyse : 

Argile = 1,53 

(FeAl),0, = 0,08 

CaO = 54,78 CaCO, = 97,82 

MgO = 0,42 MgCO, = 0,88 

CO. = 43,12 

Eao hygroscopique = 0,12 

100,05 
VII. Couches a Natiga Marcousana. 

(Faciès, p. 16, n« 12.) 

L'échantillon provient d'un bloc plus compact, de 
mime nature que les fossiles. Il est friable, jaune, et se 
montre le plus argileux des calcaires portiandiens exa- 
minés jusqu'ici. 

Densité = 2,686. 
Analyse : 



Argile = 14,24 




(F«AI),0, ^ 0.15 




MgO = 0,58 


MgCO, = 1.24 


CaO = 46,97 


CaCO. = 83,87 


CO. = 37.86 




Eau hygroscopique = 0,69 





100,49 



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330 COMPOSITION DES CALCAIRES PORTLANDIENS 

VIIL Calcaires en plaquettes. 

(Fades, p. 15, n« 12.) 

Calcaire argileux, jaunâtre, feuilleté, donnaDt des 
éclats onduleux, parcouru par des joints très minces, 
remplis de calcite. 

Densité = 2,67. 

Analyse : 

Argile = 7,86 

(FeAl).O, = 0,17 

CaO = 51,16 CaCO, = 91,35 

MgO = 0,49 MgCO, = 1,03 

CO, = 40,40 

Eau hygroscopique = 0,24 

100,32 



IX. Calcaire dolomitique (variété jaune). 

(Fades, p. 15, n« 18.) 

Calcaire jaune pâle, grenu, homogène, avec grains 
noirs disséminés. Certaines variétés sont caverneuses et 



Densité = 2,779. 



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DI£S BNVIBONS DE SAINT-OUER. 331 

Analyse : 



Argile = 1,46 






lFeAl),0. = 0,12 






CaO = 43,63 


CaCO, 


= 77.91 


MgO = 10,01 


MgCO. 


= 21.01 


CO. = 44.96 






groscopique = 0,20 







100,38 



X. Calcaire dolobotique (variété rouge). 

(Faciès, p. 15, n» 13.) 

Calcaire grenu, cristalliD.de couleur rouge-brique avec 
grains noirs, comme le précédent. Cette coloration pro- 
Tieot de l'argile très ferrugineuse contenue dans ce cal- 
caire. La composition chimique de l'échantillon examiné 
l'éloigné des calcaires dolomitiques et en fait plus vrai- 
se[Q))lablement un calcaire magnésien. Cette composition, 
comme on le voit dans l'analyse qui suit, est assez diffé- 
rente de celle du calcaire dolomitique, dont ce spécimen 
n'est cependant qu'un faciès particulier. 

Densité = 2,703. 

Analyse : 

Argile = 1.82 

(FeAI),0, = 0,20 

CaO = 53,15 CaCO, = 94,91 

MgO = 1,43 MgCO, = 3,00 

CO. = 43,23 

Eau hygroscopique = 0,24 

100,07 



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332 COMPOSITION DBS GALCA1R6S PORTLAfCDIENS 

XI. Calcaire subgompact. 

(Fades, p. 15, n» 14.) 

Calcaire homogène, gris blanchâtre» très peu argileux^ 
présentant une cassure esquilleuse. 

Densité = 2,711. 

Analyse : 

Argile = 0,60 

(AlFe).03 = 0,12 

CaO = 55,17 CaCO, = 98,ni 

MgO = 0,46 MgCO, = 0.9G 

00, = 43,67 

Eau hygroîjoopique = 0,13 

100,15 



En groupant maintenant les résultats obtenus^ on re- 
marque que, en remontant la série des calcaires figurés 
de la page 15 à 16, et en commençant par le n° 1, soit 
les < bancs compacts argileux, » on se trouve en pré- 
sence d'un calcaire à 6,42 7o d'argile, tandis que cette 
quantité diminue progressivement dans les numéros sui- 
vants jusqu'aux calcaires pâles à Nérinées, pour réaug- 
menter ensuite dans les bancs compacts en dalles. De là» 
en sautant les n®* 7, 8, 9 et 10> non examinés, on trouve 
les couches à N. Marcousana, où la proportion d'argile 
atteint son maximum, pour diminuer ensuite successive- 
ment jusqu'aux calcaires subcompacts, qui sont du car- 
bonate de chaux presque pur. L'augmentation se pour- 



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DES ENVIRONS DE SAINT-UUER. 333 

suit-elle r^lièrement des bancs compacts en dalles aux 
couches à N. Marcousana? je ne saurais le dire. M. le 
prof. Rollier, auquel j'ai demandé des renseignements 
sur les couches 7- 10, me dit que ces assises sont irrégu- 
ikes a?ec Teines et lits argileux peu propres par consé- 
quent à l'analyse. Il m'a cependant récemment euToyé les 
échantillons correspondants» que j'examinerai dans la 
suite. En résuntié, envisagées dans leur ensemble, les cou- 
ches portlandiennes n'offrent pas de variations considéra- 
bles dans leur composition, les plus fortes différences qui 
portent sur l'argile (partant sur le carbonate de chaux) 
étant dans la proportion de 1 à 14 7,- Ceci semblerait in- 
diquer des conditions de sédimentation et un mode de 
dépôt ayant très peu changé pendant la majeure partie de 
l'époque portiandienne et présentant seulement une suc- 
cession de maxima et de minima dans la quantité des 
matériaux argileux déposés avec les calcaires, ces maxima 
etmioimane semblent pas se produire brusquement, mais 
au contraire par gradation successive (du moins jusqu'aux 
bancs compacts en dalles). Cette uniformité dans le mode 
de dépôt semblerait d'autant plus probable que, comme 
le dit fort bien M. le prof. Rollier, les allures des couches 
portlandiennes sont plus régulières qu'on ne le pense gé- 
néralement, et certains niveaux, principalement celui à 
Natica Marcousana (qui précisément est une couche des 
mieux caractérisées par sa composition), se retrouvent 
avec un faciès uniforme dans le Jura bernois et neuchâ- 
telois, ainsi que dans d'autres localités. 

Seules les couches dolomitiques (n° 13), arrivant sans 

transition, présentent un faciès particulier dans cette 

époque; or, d'après les conditions dans lesquelles s'effectue 

la dolomitisation des calcaires, ce passage brusque à 1 7, 

Archives, t. XXffl. — Avril 1890. ÎO 



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334 COMPOSITION DES CALCAIRES, ETC. 

de MgCO, à ai 7» ne me semble poavoir s'expliquer qae 
par un changement momentané peut-être plus on moins 
régional dans les dépôts de haute mer du jurassique su- 
périeur. Du reste, ces couches dolomitiques seront sou- 
mises à un nouvel examen. Quant à la variété rouge, elle 
contraste singulièrement avec ces couches dolomitiques. 
M. le prof. Rollier m'écrit que c'est du reste un accident 
tout à fait local à Champmeusel, près de St-Imier. Cette 
roche n'existe pas en couches régulières, elle se trouve en 
nids et lentilles de peu d'étendue de 1 à 2 mètres de lon- 
gueur et d'un demi-mètre d'épaisseur. Il est possible, 
d'après lui, que cette roche ait subi des transformations 
ultérieures à son dépôt marin, car l'assise est cariée 
par places, ce qui peut expliquer une variation aussi con- 
sidérable. 

Ces quelques lignes sur les calcaires portlandiens de- 
mandent un complément qui, je pense, fera l'objet d'une 
communication future. 



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MANUEL D ASTRONOMIE', 



PAR 

•senr m. WOUP. 



Un ouvrage considérable d'érudition et de science 
Tient de commencer à paraître sous la forme d'un volume 
iD-8® publié à Zurich et qui doit être suivi de trois au- 
tres. Son auteur^ M. le prof. R. Wolf, indique lui-môme 
le but qu'il s'est proposé en le composant, dans une pré- 
face que nous ne pouvons mieux faire que de traduire, 
pour en annoncer l'apparition aux lecteurs des Archives. 

< Le nouveau Manuel u'astronomie, dont j'offre ici 
au public la première partie et dont les trois autres sui- 
vront prochainement* est destiné aux étudiants, comme 
aussi à mes confrères astronomes. Aux premiers il doit 
montrer la voie suivie pendant une longue expérience 
pour se rendre familière la science astronomique; il doit 
les avertir de ne point se hasarder dans son étude sans 
une certaine somme de connaissances préalablement ac- 
quises; il doit leur faire comprendre qu'après avoir pris 
nue vue d'ensemble du sujet, il faut s'initier à la connais- 



* Handbuch der Astronomie^ threr Geschichte und lAtteratur 
Toa D» Rud. Wolf. Zurich, F. Schulthess, 1890. 



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336 MANUEL d'astronomie. 

saDce des instruments, aux méthodes d'observation et de 
calcul, pour arriver enfin aux détails de la mécanique et 
de la physique célestes. Aux seconds il pourra, en voyage> 
remplacer en quelque sorte leur bibliothèque, par son 
contenu et ses tables ; chez eux, il est apte à servir de Hvre 
commode à consulter. Ils y trouveront, en effet, dans un 
espace restreint, une foule de documents de toute sorte, 
pratiques, historiques et littéraires, épars dans des cen- 
taines de volumes : mon livre, accompagné de son résumé 
sommaire qui le précède et de la table des matières qui le 
suit, facilitera leurs recherches. Je reconnais, comme je le 
confesse à la fin de mon premier chapitre, m'être imposé 
une tâche très ardue en entreprenant cet ouvrage; mais 
j'espère, après y avoir travaillé pendant de longues an- 
nées avec application et entrain, avoir en quelque mesure 
atteint mon but; j'espère que ce Manuel, dont je ne puis, 
vu mon âge, retarder la publication et que je considère 
comme l'œuvre littéraire la plus considérable de ma vie, 
obtiendra un accueil favorable et une appréciation bien- 
veillante. » 

Si jamais homme fut capable de remplir le programme 
gigantesque qu'il s'était imposé en connaissance de cause, 
et avec les qualités requises pour le faire avec succès, cet 
homme était notre vénéré compatriote de Zurich. Astro- 
nome dans l'acception la plus étendue du terme, en pra- 
tique et en théorie, et à côté de cela érudit consommé, se 
tenant avec une conscience infatigable au courant de tout 
ce qui concerne l'histoire de sa science, publiant sans 
relâche des notices sur toutes les découvertes qu'une 
active investigation lui suggérait, ainsi que des livres 
propres à l'enseignement dans les diverses branches des 
mathématiques, nul n'était plus apte à poursuivre le but 



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MANUEL d'astronomie. 337 

qa'il nous dit s'être proposé et que ses lecteurs ne man- 
queront pas de trouver pleinement atteint dans cette belle 
CBuvre. 

Le premier demi-volume que nous avons sous les yeux, 
contenant 384 pages de texte serré, avec de nombreuses 
figures explicatives, donne déjà une idée de la grandeur 
de l'entreprise. On va en juger. 

Après la définition du but de l'astronomie et un ré- 
sumé succinct, en cinquante pages, de son histoire, de 
l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, qui ne pou- 
vait être fait plus judicieusement que par Tauteur du 
Tolume Geschichie der Astronomie ^ paru à Munich en 
1877, nous trouvons les préliminaires obligatoires à son 
étude. 

Et d'abord les mathématiques, la science des nombres 
et de l'étendue, l'arithmétique et la géométrie, leurs bases 
philosophiques, l'historique sommaire de leur développe- 
ment et de leurs opérations. Les traités élémentaires de 
ces branches essentielles de toute recherche abstraite de 
l'esprit humain peuvent donner des explications plus dé- 
taillées, plus étendues des théorèmes et des formules dont 
l'usage est incessant dans la pratique; aucun ne ren- 
ferme, dans un compendium aussi condensé, les phases 
par lesquelles a passé la science et les résultats qu'elle a 
atteints, depuis les premières règles du calcul jusqu'aux 
ressources supérieures des découvertes de Newton, de 
Leibnitz, de leurs émules et de leurs successeurs. Les 
ouvrages traitant de ces matières sont tous mentionnés, à 
quelque pays, à quelque siècle qu'ils appartiennent, de- 
pois les anciens Grecs et Égyptiens jusqu'aux livres de 
l'époque actuelle. 

Une connaissance intime de son sujet permet parfois à 



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338 MANUEL d'astronomie. 

l'auteur des revendications sévères en faveur de savants, 
mal jugés par tel de nos contemporains, et à qui Tbonneur 
de certaines découvertes revient aux dépens de celui dont 
le nom y est resté attaché. Ainsi, à propos des loga- 
rithmes, auxquels le nom de Neper est toujours lié, trou- 
vons-nous le nom de Burgi, vertement réhabilité en vue 
de Biot, qui, dans son analyse des ouvrages de Napier, 
parle d'un < mathématicien obscur du continent, appelé 
Byrge, qui, comme sans doute beaucoup d'autres, » a fait 
des essais pour accourcir les calculs numériques. 

Le troisième chapitre du volume renferme ainsi, en 
88 pages, la partie arithmétique et algébrique de l'ou- 
vrage ; le quatrième est consacré à la géométrie. Il part 
de Thaïes, d'Euclide et d'Archimède, pour nous faire 
passer en revue tous les grands noms de la science sans 
laquelle l'accès à l'Académie de Platon était interdit, et à 
propos de laquelle Copernic a choisi, pour épigraphe de 
son livre immortel De revolulùmibus, etc., la devise : *Ays(ù^ 
lihpmoç oiiielç eiaero. Impossible d'analyser ici l'abrégé 
donnant, dans 122 pages, l'historique et la substance des 
diverses branches de ce vaste sujet : gonioméirie, trigono- 
métrie plane et sphérique, géométrie analytique à deux et 
à trois dimensions, chorégraphie, etc. 

Le chapitre sur la mécanique est plus court, 24 pages. 
Quelques anciens en ont indiqué les premiers principes, 
ainsi Archimède, Stevin, Galilée, Huygens, mais elle ne 
devient science exacte que dans les temps modernes, et le 
premier traité qui en est rédigé porte le nom de Vari- 
gnon, Paris, 1687. L'illustre livre de Lagrange, la Méca- 
nique analytique, est plus tard à la base de toutes les grandes 
découvertes astronomiques de notre siècle. Le détail de 
la marche d'une étude qui s'est produite et se continue 



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MàxcEL B'àsnamwÊÊ 339 

de 006 jours sort do cadre do prôenl ■mii, qm ■§ 
meirtîoiiiie que quelqooi pmd|W dt «s dMx 
sobdifiàoos, la staliqiie ot h dyaiMM|M Lorsque 
drooi les chapitres traitant des ao aTes M P ts d» astres 
lears foraoles scroot à chaque instant înfoqnées at déve- 
loppées. 

Le sixième chapitre renfianne les notions de physique 
indispensables plus que jamais aojoiHtillui à tout préien- 
duit aux études astronomiques. L'optique est, depuis 
trois siècles, liée intimanent à son extension; le pendule 
est do resswi de la physique terrestre, le baromètre, les 
phéDomènes de la réfraction, toute la météorologie éga- 
lonent, et, à Tépoque actuelle, aucune opération pratique 
De peut presqiK se passer du secours des dernières dé- 
coQYertes en photc^rapbie, en spectroscopie et en éleclh- 
dté. L'union des deux sciences, qui était autrefois moins 
étroite, tend à le devenir toujours davantage. Ne voyons- 
nous pas des observatoires astro-physiques se fonder par 
les États et par les particuliers? Nous en savons les rai- 
sons; inutile d'y insister ici. Aussi les cent pages d'exposé 
savant et correct de notre manuel pourront-elles paraître 
à aucuns insufiBsantes lorsqu'ils auront à se repérer dans 
certaines situations pratiques. Mais comment résumer la 
science qui, dans notre demi-siècle, a fait les pas de géant 
que Ton sait! Il leur faudra Taide d'un manuel spécial 
de physique, et ils en trouveront, quittes à le renouveler 
fréquemment, à cause de ses incessants progrès. Y en 
a-t-il, en langue française, où ils rencontreront, par 
exemple, l'indication de Kepler comme inventeur du té- 
lescope astronomique? Non pas que cet homme de génie 
soit parvenu à construire l'appareil que son compatriote 
Schmner exécuta quelques années plus tard; mais il avait 



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340 MANUEL d'astronomie. 

publié, dès 1611, des travaax de dioptrique proavant 
qu'il se rendait compte de l'effet des diverses lentilles, 
découvertes en Hollande, et de leurs combinaisons pour 
la production des images. 

Ici se termine la partie publiée de l'œuvre, dont notre 
maigre résumé donne une idée très imparfaite. Grâce au 
sommaire dont il est précédé, nous pouvons indiquer la 
distribution de sa substance essentielle, dont le volume 
que nous avons en mains ne renferme que les prolégo- 
mènes. 

Le second livre aura pour titre : Introduction à rastro- 
nomie, et se compose également de six chapitres, qui 
prennent rang après ceux du premier : 

VU. Les premières mensurations. 
Vm. Les étoiles fixes et les planètes. 

IX. La Terre et la Lune. 

X. Le système solaire. 

XI. Les mondes. 

XII. La mesure du temps. 

Le troisième est consacré à la Théorie des instrutnents et 
des mesures, avec les chapitres suivants : 

Xm. La théorie des instruments. 

XIV. Les mesures absolues. 

XV. Les mesures relatives. 

XVI. La géodésie. 

XVII. L'influence et la détermination de la parallaxe 
et de la réfraction. 

XVIII. La théorie des éclipses et des occultations. 

Le quatrième contient la Mécanique et la physique 
célestes, et se subdivise sous les titres qui suivent : 



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MANUEL d'astronomie. 341 

XIX. La loi de gravitalion et ses conséquences. 

XX. Le Soleil. 

XXI. Les planètes, leurs satellites et anneaux. 

XXII. Les étoiles filantes et les comètes. 

XXIII. L'astronomie stellaîre. 
XXIY. Les systèmes stellaires. 

Cette énomération de titres, ne différant guère de celle 
de tooi traité général d'astronomie, ne rend point compte 
à la nouTelle publication. Il faut, pour en comprendre 
la portée, a^oir scruté la valeur magistrale d'un texte 
subdifisé en 640 paragraphes successifs, accompagnés 
diacDD d'une justification étendue, donnant les dévelop- 
pemeDts mathématiques, historiques et bibliographiques 
de son contenu. Il y a là tout un monde d'enseignements 
et de renseignements absolument sûrs, réunis avec une 
sagacité remarquable, après une carrière prolongée d'ac- 
tiîité et de recherches, par un des savants les plus compé- 
tents de notre siècle. Aussi son livre a-t-il sa place assurée 
dans toute bibhothèque scientifique. E. G. 



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BULLETIN SCIENTIFIQUE 



PHYSIQUE 

G. Stadlër. BestiumuncdesabsoluteiN W^rmeleitungsVer- 

MÔGENS Détermination de la conductibilité galorifiqdb 

ABSOLUE DE QUELQUES ROCHES. Thèse, Bome, 1890. 

Les corps à étudier sont taillés sous la forme de cabes de 
5 à 6 centimètres de côté, chauffés à 30 ou W dans une 
étuve, puis introduits dans un courant d*eau froide. On dé- 
duit le coefficient de conductibilité de la marche du refroi- 
dissement donnée par une soudure thermo-électrique cuivre* 
maillechort placée en un point convenablement choisi de 
rintérieur de ces cubes, et de la chaleur spécifique obtenue 
à la manière ordinaire par le calorimètre à eau. 

Les valeurs trouvées pour le coefficient de conductibilité 
sont comprises entre 0,1822 pour une molasse peu com- 
pacte et 0,5260 pour un calcaire du Jura. Elles varient du 
reste notablement pour une même roche avec la provenance 
et la composition. C S. 



P. Baghmetjew (à Zurich). Entstehungs Ursaghe..... Sur la 

CAUSE des sons PRODUITS PAR l'aIMANTATION INTERMITTENTE 

DES MÉTAUX MAGNÉTIQUES. {Repertorium der Physik, 1880, 
XXVI, 137-145.) 

11 résulte des expériences rapportées dans ce travail que 



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CHDOIE. 



343 



les soDs dont il s*agit semblent devoir être atlribaés aax va- 
riations de longueur que les métaux magnétiques subissent 
sous rinfluence de Taimantation. 

Un barreau de fer s^allonge lorsqu*il est aimanté et rend 
on son par une aimantation intermittente. Ces deux effets 
croissent avec Taimantation. Si le barreau est soumis à une 
tension graduellement croissante, ces deux effets d'uninuent 
progressivement, s*annulent pour une tension snfSsante; 
pals, la tension augmentant toujours, rallongement se change 
60 on raccourcissement et les sons réapparaissent. C. S. 



CHIMIE 



Aog. BisGHLBR. oRTHOMTROPHéNYLHYDRAZiNe. (Berichte, XXII, 
p. Î801, Zurich.) 

L*orlbonilropbénylhydrazine se transforme par réduction 
eD a pbentriazine, probablement suivant le schéma 



CcH, 



NO, 
NH.NH.CHO 



CeH. 



*\ 



NH, 
NH.NH.CHO 



CeH^. 



NH— CH 

II 
NH-N 




quoiqu'on ne puisse isoler les produits intermédiaires. 

L*a pbentriazine forme des aiguilles jaunes fusibles à 
65^-66'', elle est volatile avec les vapeurs d*eau et bout vers 
m''iM\ Va phenmélhyllriazine C,H,N, fond à 88*-80% 
toutes deux ressemblent par leur odeur aux alcaloïdes. 



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344 BULLETIN SCIENTIFIQUE. 



GÉOLOGIE 

D' G. Stelnmann. Elemente der Ëlémiùnts de Paléonto- 
logie, avec le concours du D' L. Dôderlein, 848 p. in-S^ 
avec 1030 grav. (Leipzig, 1888-90, W. Engelraann.) 

Il vient de paraître, sous ce litre, un ouvrage de 850 pages 
in-8^ D*un arrangement exquis, il contient ce qui est le plus 
nécessaire pour Tétudiant en paléontologie et pourra être 
consulté utilement aassi par les savants. 

Les auteurs, qui sont des spécialistes bien connus, ont 
réussi à donner, dans un groupement simple et lucide, les 
parties essentielles de la paléontologie. De haut intérêt sont 
les nombreux résumés de géologie géographique sur la dis- 
tribution des groupes principaux de fossiles. 

Limité en étendue, l'ouvrage ne peut contenir que la 
description des genres d'une certaine importance, soit pa- 
léontologique, soit stratigraphique. Il se borne à indiquer 
quelques espèces typiques pour chaque genre. Mais le choix 
des matières est très heureux, les 1000 dessins sur bois sont 
exécutés avec beaucoup d'élégance et souvent d'une exacti- 
tude admirable. 

Dans les livres de ce genre, les vertébrés sont souvent 
traités très sommairement L'ouvrage de MM. Steinmann et 
Dôderlein, au contraire, leur accorde, à juste titre, une large 
place (presque la moitié du texte et 400 dessins), vu leur 
importance biologique. Les auteurs ont pris surtout en con- 
sidération les recherches américaines (de Cope en particulier) 
sur la phylogenèse des mammifères. (î'est ici que l'ouvrage 
excelle et dépasse avantageusement les traités analogues. 

Ce livre rendra de très bons services et nous espérons en 
voir un jour une traduction française. 

D' Bertschinger. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 

DE LA 

SOCIÉTÉ VAUDOISE DES SCIENCES NATURELLES 

A LAUSANNE 



Séance du 19 février 1890. 

HcBCfier, prof. : !<> Forêt siliciûée d'Arizona; 2« Phospborites de Bessarabie.' 
S* Disqne gjpseuz de la Vevejse. 

M. le prof. Renevier montre une section de 12 cenlimè- 
Iresde diamètre d'an petit ironcsilicifié du territoire d'Ari- 
zona (Étals-Unis), et deux photographies de la forêt pétrifiée 
dite Chalcedony Park^ dont il y avait de si beaux spécimens à 
l'Exposition de Paris. Ce remarquable phénomène naturel 
se trouve à 40 milles S-E. de Holbrook, dans le Apache 
Counly. Les photographies montrent des troncs silicifiés de 
toutes dimensions, gisant dans toutes les positions, au milieu 
de cendres volcaniques, paraît-il. Ces troncs sont silicifiés 
en agate de vives nuances, et présentent la structure ligneuse, 
admirablement conservée, avec les cercles annuels et Técorce. 
D'après les auteurs américains, ils se rapporteraient aux gen- 
res Araucaria et Séquoia. 

M. le prof. Rbnevier communique les nouveaux rensei- 
gnements qu'il a obtenus sur les nodules fibro-rayonnants 
do sud de la Russie, qu'il avait montrés dans une précédente 
séance. 

M. Sigismond Gorgerat, qui avait bien voulu offrir ces 
échantillons au Musée, lui écrit ce qui suit de NicolaïefT : 



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346 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 

« Les phosphorites en boules proviennent de la propriété 
de M"' Bielilcovilch, district d'Ardiéieff, gouvernement de 
Bessarabie. Ces formations calcaires se trouvent en abon- 
dance sur plusieurs points de la Russie, dans des terrains 
marneux, avoisinant le cours des grandes rivières, et notam- 
ment du Deniestre et de ses affluents. 

« Néanmoins, outre la propriétaire ci-dessus, il n'y a à ma 
connaissance que le général Koulomzine qui exploite réga* 
lièrement les phosphorites, sur la frontière des gouverne- 
ments de Kostroma et de Moscou. 

« Dans ces deux propriétés, les phosphorites sont réduites 
en farine, qui constitue un richissime engrais, s*expédiant à 
de grandes distances. De temps en temps, les phosphorites 
de Bessarabie s'exportent à Tétat brut, depuis Odessa, par 
voie de mer. 

« Là où les couches de marne affleurent dans le thalweg 
des rivières, les phosphorites se trouvent à la surface du sol. 
Du reste, les gisements sont assez riches pour permettre de 
négliger toutes les couches se trouvant à plus de 1^,50 de 
profondeur. 

€ Les phosphorites russes sont d'une grosseur exception- 
nelle en comparaison des américaines, Elles contiennent gé- 
néralement 15% d*acide pyrophosphorique, tandis que les 
américaines n'en contiennent guère que 3 Vo* Malgré cette 
pauvreté relative, l'exploitation est poussée beaucoup plus 
activement en Amérique qu'en Russie. > 

D'autre part, H. le prof. E. CmiARD a bien voulu analyser 
la substance de ces nodules flbro-rayonnants, et a obtenu 
les résultats suivants : 

Matière insoluble dans les acides (silice et silicates). . . 4,26 

Phosphate de calcium (avec un peu de magnésium). . 68,80 

Carbonate de calcium et magnésium 25,96 

Perte (eau et un peu de matière organique) 0,98 

100,00 

(Test donc bien de la phosphorite, et même très riche; 
toutefois, la masse, n'étant pas très homogène, est probable- 
ment moins riche que les fragments choisis. Les nodules 
reçus pour le Musée mesurent 7 cm. et 13 cm. de diamètre. 



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DES SaENCES NATURELLES. 347 

M. le prof. Renbyier communiqoe ce qui sait au sqjel de 
Hsques gfpseux de la Veveyse de ChâM : 

« n y a déjà plusieurs années que j'avais reçu d'un pour- 
voyeur de fossiles de pelits disques grisâtres translucides, 
provenant du néocomien de Châtel-St-Denis, où ils se trou- 
vent assez abondants dans une couche marno-schisteuse 
contenant des Ammonites et des Aptyckus. 

« Ces corps m'avaient intrigué, et je me figurais qu'ils 
devaient être organiques; toutefois M. 6. Maillard, alors 
qaTû était préparateur au Musée, les avait examinés au mi- 
croscope, et n'avait pu y trouver aucune trace de structure 
organique. 

c L'automne passé, à la réunion de Lugano, j'en parlai 
occasionnellement à M. le prof. 6. Steinmann, de lUniversité 
de Friboorg en Brisgau, qui m'engagea à lui en envoyer, et 
qui, après étude microscopique, m'écrivit qu'il n'y voyait 
non plus rien d'organique. 

< En fin de compte, je priai M. le prof. E. Chuard de bien 
vouloir analyser un de ces disques, pour savoir au moins 
quelle est leur composition. Celui-ci a constaté que c'est du 
sulfate de calcium hydraté. Mm, dans la gangue mamo- 
schisteuse, il a reconnu des traces de sulfate, de phosphate 
et de matières organiques azotées^ en petite quantité, assez 
cependant pour qu'on puisse nettement constater l'azote, 
comme ammoniaque. 

« M. Chuard ajoute que ce fait permet de supposer que 
les disques gypseux peuvent avoir été d'origine organigue, 
dors même que leur substance organique a disparu. 

< rajoute que ces disques, très nombreux dans la couche, 
mesurent de 5 à SO mm. de diamètre, avec une épaisseur de 
Vi à Va millimètre. Ils sont translucides, très fragiles, un peu 
plus épais au centre, avec un petit mamelon médian, parfois 
pyriteux. » 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 



SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE ET D'HISTOIRE NATURELLE DE GENÈVE 



Séance du 20 février 1890. 

Qosse et Daparc. Sidérolitiqae du Salôve. — Th. Tarrettini. RégoUrititioD 
do niveau do lao de Genève. — Sarasin ci de la Rive. Résonaooe multiple 
des ondniations électriques. — R. Gantier. Observations de M. Sohiapa- 
relli sur la planète Mercure. — A. Rilliet. Mémoires de la Société. 

MM. le prof. Gosse el L. Duparg complètenlla commanica- 
Lion antérieure sur le sidérolitique du Salève et disent quelques 
mois d*une nouvelle grotte qu'ils ont eu Toccasion de visiter 
ensemble, Elle est située dans les premières parois crétacées 
du Qetit Salève au nord de Monnetier. Cette grotte, ou plulOt 
cette excavation, présente la forme d*une voûte dont la cour- 
bure correspond à peu près à Pinclinaison des couches de la 
montagne. Rétrécie à sa partie supérieure, elle s'élargit vers le 
bas jusqu'au sol, qui est disposé en forte pente. La hauteur 
en est de 8 à 9 mètres, la profondeur de 10 à 12. Le fond 
est occupé par une bande de sable siliceux de deux mètres 
d'épaisseur environ, qui se distingue immédiatement par sa 
couleur du calcaire environnant. Ce sable siliceux, ferrugi- 
neux par places, correspond absolument aux sables sidéroU- 
tiques de Cruseilles, avec lesquels il doit être identifié. Il est 
séparé du calcaire compact, dans toute sa partie supérieure» 



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SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE, ETC. 349 

seulement par une mince bande d'an tuf calcaire argileux 
très friable. ïl est éTident que cette grotte remplie est le reste 
d'on filon sidéroUtique analogue à ceux qu'on voit dans la 
grande gorge et à la close du pont de la Caille. Le remplis- 
sage s'est-il effectué de Textérieur à llntérieur ou vice versa ? 
Les deux hypothèses sont également plausibles, la deuxième 
parait cependant plus probable. 

M. TuBBSTTiNi expose les résultats constatés en 1889 pour 
la régulariioiion du nweau dulacdê Oenèoe en se basant sur 
les observations limnimétriques faites à Sécheron par M. PhiL 
PuifTAMom ^. 



M. S&RASiN au nom de M. de la RrrEet en son nom résume 
les principaux résultats obtenus par ces Messieurs dans leurs 
recherches sur la résonance multiple des andulalions éledri' 

qnes\ 

H. R. Gautibr rend compte des très curieuses observations 
de H. Schiaparelli sur Ai planète Mercure. 

M. RiLUST présente à la Société le tome XXX, seconde 
partie de ses Mémoires qui vient de paraître et qui contient : 

1. Note tnr les moayements des corps électrisés, par M. Ch. C«l* 

lérier. 

2. LodwtideB ncmveaox ou peu coimiis, par M. Alpl^. Pietet. 

3. GoBtribiitioiM à la Flore cla Paraguay. Supplément jê9 U. Léfu- 

ndBcoaes, parM. M. Michali. 

4. CoBtributioiia à la Flore da Paraguay. Sapplément n* m. Poly- 

galaeées, par M. B. Ghodat. 

5. Diatomées fossiles du Japon, par MM. J. Brun et J. Tempère. 

' ÂrMves des se. phys. et nat, 1890, t. XXIII, p. 161. 
» Jrdmes des se. pkys, et nat., 1890, t. XXIU. p. 113. 



Archives, t. XXUI. — Avril 1890. 21 



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350 SOGIËTË 



Séance 

Mâller. Travaux sar les Lichens. — > 
pfadsee. — Th. Flo< 

M. MÙLLER parie des Uchi 
el qai sont très abondants d 
néralement fort petits et o 
temps. Ce n'est qa*en 1824 
en publia une première séri< 
décrivant avec soin. De ces 
pour dimorphisme de fructi 
maie. Dans les années suiva 
tagne de Paris en publia 11, 
de 2 champignons et de r 
réellement que 7 espèces 1 
et Leighton, en 18S8, 1864 < 
4 espèces, ce qui porte le te 
tant parut en 1874, dans 1 
épiphylles de Bornéo, rapp 
publiés par le D' Krempell 
Lichens étaient déjà connu 
d*espèces déjà publiées, ui 
écorce) n*est épiphylle qu*o( 
rapporte en réalité aux ch 
tal de ces 24 espèces se n 
1881, le D' Stirton, à Glasc 
blié des Lichens épiphylles 
Nouvelle Zéelande et de Y 
réduisant aijgourd'hui à 28. 
pas assez solidement établ 
étant douteuse, ce qui fait 
tiens. 

n résulte de cette revue, 
ron 65 espèces épiphylles 
leur nombre semblait plus g 
est question plus haut, n*oi 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 351 

Pélude faile à nouveau que M. Huiler a pu faire sur les ori- 
gioaox des auteurs, à rexception de ceux de Stirtoo. 

Eo 1881 et 1885, M. Muller a lui-même publié^ dans ses 
Lichmologiicke Beitrëge, un total de 71 espèces ôpiphylles 
ûOQvelles, tout en ne comptant que les espèces exclusive- 
ment èpipbyUes, abstraction faite des sous-espèces. Ces Li- 
chens provenaient de tous les pays des régions chaudes. 

M. JHûUer parle ensuite de son dernier travail sur ce 
même sujel, qui roule presque entièrement sur des Lichens 
épiphylles brésiliens, fournis par MM. Puiggari, Glaziou et 
Uie. Ces matériaux ont été immensément riches, car il y 
afait environ 500 numéros, parmi lesquels se sont retrou- 
vées non seulement les espèces publiées antérieurement 
dans les Uehenologische BeUrâge, mais aussi une grande 
partie des espèces plus anciennes des autres auteurs, et en 
oau-e une nouvelle série de 55 espèces nouvelles, ce qui 
porte à 126 le nombre des espèces épiphylles nouvelles pu- 
bliées par M. Muller. 

D'un grand intérêt est en outre le faitj que ce travail a 
donné lieu à rétablissement de 12 genres nouveaux, et plus 
intéressant encore est la découverte d*une fructification non- 
Telle que M. Muller appelle Ortkidium^ par analogie à Cam- 
jqffuKtim. Elle a le réceptacle gymnocarpique (biatorinique) 
et droit, le thalamium est basidiosporique, les acrospores 
sont unicellulaires. C*est, si Ton veut, un CampyHdium or- 
tbotrope ou atrope. Les diverses formes de fructification des 
Lichens sont donc : 1« VApothedum (angiocarpique et gym- 
nocarpique) avec les aaospores, 2^" le Spermogonium avec 
les Sperniaties, S"" les Pycnides avec les siylotpores, 4* VHar- 
mospara (sans réceptacle), 5» le Campyliditm et 6* VOrthi" 
dhm avec les acrospores. Ce&i le premier qui est le fruit par 
excellence et qui joue son grand rôle dans la classification 
des Lichens. 

MM. DoPARG et PiGGiNBLLi présentent à la Société la com- 
manication suivante sur la Serpentine du Geisspfadsee dans 
la vallée de Binn. 

Celte vallée, bien connue des minéralogistes, est, comme 
on le sait, une des dernières vallées latérales du haut Valais. 



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352 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

Les différentes formations géologiques qui s\y rencontrent 
se rattachent d*ane part aux schistes lustrés, qui y acquièrent 
un développement considérable, et d*autre part aux gneb^ 
qui constituent les principaux sommets de la vallée et qui 
présentent différents types sur lesquels ces messieurs auront 
à revenir. Parmi les éboulis et les cailloux roulés de la vallée 
on remarque certains blocs d*une belle serpentine, blocs qui 
proviennent tous d*un gisement situé dans les gneiss à Ten- 
droit appelé Geisspfad, du nom du lac qui s'y trouve. Ce gi- 
sement, peu étendu, est cependant la source certaine d*une 
grande partie des blocs erratiques de serpentine qui se ren- 
contrent dans le haut Valais. 

Les échantillons qu'ils ont étudiés proviennent de diflërents 
points du gisement et ont été récoltés lors d'une excursion 
effectuée l'an dernier. Ces échantillons présentent certaines 
différences, soit quant à leur couleur, leur homogénéité et 
leur dureté. Cependant, à l'exception d'un seul, pris sur la 
route du Geisspfad, ils ont une composition très constante» 
qui se rapproche beaucoup des autres serpentines, mais qui 
est intéressante par la présence du chrome en assez grande 
quantité. La moyenne, prise sur quatre analyses différentes» 
lenr a donné 

SiO, = 39.10 

Al,0, = 3.08 

Fe,0, - 4.Î9 

FeO .-=: 5.54 
CrîOj = 2,06 

CaO =: 2.15 

MgO = 33.90 

H>0 =r ».I9 

101.31 

Ces serpentines sont solubles dans les acides presque en- 
tièrement; elles fondent difiBcilement; en tube fermé elles 
dégagent de Peau et noirciss^t L'une d'entre elles a donné 
un peu d'acide carbonique (0»60), les autres en sont exemptes. 

M. Théod. Flournoy fait une communication sur Faudition^ 
colorée. 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 353 

On sait qu'il y a des personnes chez lesquelles certaines 
perceptions auditives s'accompagnent spontanément de IV 
mage pins ou moins nette d'une couleur. Ce bit, qui se rat- 
tache à toat un ordre de relations encore peu étudiées entre 
les divers domaines de la sensation, n'est pas si rare qu'on 
pourrait le croire, du moins à ses degrés faibles. 

Pour ne parler ici que de la coloration des voyelles, sur 
les 61 individus que j'ai interrogés, un peu plus de la moi- 
tié sont étrangers à ce phénomène ou n'en offrent que des 
traces douteuses. En revanche une vingtaine, qui ne l'avaient 
point remarqué jusque-là, ont fourni après quelque réflexion 
des réponses précises et catégoriques; et il s'en est trouvé 
8 autres qui d'eux-mêmes avaient été depuis longtemps déjà 
frappés de la couleur des sons. Chez ces privilégiés, la sen- 
sation colorée (sans aller jusqu'à l'hallucination et l'objectiva- 
tion externe, comme quelques observateurs en ont publié des 
exemples) atteint un grand degré de vivacité et s'impose 
souvent à eux contre leur gré; quelques-uns, ayant dépassé 
la trentaine, sont maintenant moins sujets à ces impressions, 
mais ils se souviennent d'en avoir été obsédés dans leur 
jeunesse et de s'être attiré par là les moqueries d'un entou- 
rage incrédule. 

Les couleurs attribuées aux divers sons varient beaucoup 
d*an individu à l'autre. Toutefois, en réunissant les statistiques 
deFechner (Leipzig 1876) et de Bleuler et Lehmann (Zurich 
1881), on dispose pour chaque voyelle (sauf TU français) de 
plus de cent cas qui permettent de formuler les règles sui- 
vantes, intéressantes lorsqu'on les rapproche des expériences 
de Kônig sur la hauteur des voyelles : 

00 et (voyelles graves) ne sont jamais blancs, et re- 
Tétent volontiers des teintes foncées. — E et I (voyelles éle- 
vées) ne sont jamais noirs et ont de préférence des couleurs 
claires. — A finterroédiaire) est presque toujours blanc, noir, 
rouge ou bleu. 

Les 15 à 20 cas que j'ai réunis jusqu'ici pour chaque 
voyelle se conforment en gros à ces règles; pourtant ils rem- 
ferment trois I noirs et quatre blancs; — et les quelques 
observations publiées en France diffèrent également en cela 
des statistiques allemandes. 



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354 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

L'auditiOD colorée esl loin d'être expliquée. Elle a sans 
doute des causes multiples, parmi lesquelles figurent peut- 
être au premier rang certaines analogies dans rélément 
afTeclif, émotionnel, inhérent à toutes nos sensations même 
les plus objectives en apparence comme celles de la vue et 
de l'ouïe. 



Séance du 20 mars. 

D' Girard. Da rdie da oêrveau dtnt l'aote respiratoire. 

M. H. Girard expose le résultat d'expériences qu'il a faites 
en vue de déterminer aussi exactement que possible le rôle 
que Von peut légitimement attribuer au cerveau dans fade 
respiratoire. 

Toute excitation électrique, chimique, thermique ou mé- 
canique d*éléments nerveux sensitifs ou sensoriel, centraux 
ou périphériques, peut altérer d'une façon ou d'une autre la 
forme normale de la respiration; et par conséquent une par- 
tie quelconque de l'axe cérébro-spinal, contenant des élé-' 
ments sensitifs, peut modifier temporairement jle rythme ou 
la puissance des mouvements respiratoires, sans être pour 
cette raison un véritable centre respiraioire. 

C'est précisément le cas de la région qu'a explorée M. Chris- 
tiani (tubercules quadrijumeaux antérieurs), où se trouvent 
en particulier des fibres de l'appareil optique, et celle qu'ont 
décrite HH. Martin et Booker^ où l'on rencontre d'autres 
fibres sensilives. Ces expérimentateurs ont excité des voies 
centripètes, et non pas des centres. 

Lorsqu'il s'agit de localiser un centre quelconque, les ex- 
citations électriques constituent un moyen d'investigation 
défectueux, les expériences destructives ont seules une va- 
leur réelle. 

LegaUois avait déjà constaté que des animaux excérébrés 
respirent encore pendant plusieurs heures, si l'hémorragie 
qui accompagne toujours cette opération n'a pas été trop 
abondante. La respiration normale ne dépend donc ni du 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 355 

cenreaa anténear, ni do cerreaa intermédiaire, ni da mô- 
saMépbale, ni du cerrean postériear. On peut même con- 
stater eneore on certain nombre de moaYements respiratoires 
du tronc après Tablation de la protabérance et de la partie 
céphaliqoe de la moelle allongée. 

Mais il semble résulter de travanx faits récemment dans 
le laboratoire de physiologie de l'Université de Berne qae 
les tnbercoles qoadrijameaox postérieurs auraient sur la 
respiration une influence spéciale. M.tùtrckwald s*est assuré, 
comme tons ceux qui ont fait des expériences dans ce do- 
maine, que PoD peut extirper tout le cerveau à un animal 
intact auparavant, sans compromettre gravement sa respira- 
tion; mais au cours de ces recherches laborieuses, il a cru 
voir qu*il Q*eo était pas de même lorsquMl avait préalable- 
ment sectioooé les deux nerfs pneumogastriques, qui con- 
stituent, chacun le sait, les voies centripètes les plus impor- 
tantes de la respiration. Pour éviter l'hémorragie de Texcé- 
rébration, M. Marckwald a injecté de la paraffine chaude 
dans les arlères cérébrales d'un certain nombre d*animaux 
(lapins) auxquels il coupait ensuite les deux vagues et dont il 
obsenrait la respiration jusqu*à leur mort; à Tautopsie, il 
déterminait les territoires encéphaliques dont Tinjection de 
paraffine avait supprimé Tactivité; il est arrivé ainsi à la 
conclusion qu'après la section des nerfs pneumogastriques 
et rélimination de la plus grande partie du cerveau, 
la respiration peut conserver son rythme dans tous les cas 
où les tabercnles quadrtjumeaux postérieurs sont restés 
intacts, mais que lorsque les tubercules quadrijumeaux posté- 
rieurs ont été aussi mis hors de combat, ranimai n'a plus jus- 
qu'à sa mort que des spasmes respiratoires n'offrant aucune 
analogie avec la respiration normale. Ces spasmes seraient 
réguliers quand les noyaux sensitib du tnjumeau sont conser- 
vés, et irrégniiers quand ces noyaux sont détruits. Les tuber- 
cules quadnjumeaux postérieurs auraient donc le pouvoir de 
suppléer les nerfs pneumogastriques dans la régulation de 
la respiration; U y aurait dans les tubercules quadnjumeaux 
postérieurs un appareil prêt à fonctionner lorsque les deux 
nerfe pneumogastriques ont été sectionnés. 

M. Girard a institué sur des lapins une nouvelle série d'ex- 



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356 SOCIÉTÉ 1 

périences en adoptant on pr 
plus régulier, à son avis. Â| 
vagues, il a divisé complétei 
en arriére de la ligne de jon 
rance; cette opération, prati 
de Paqaelin chaaffé an roug 
très faible perte de sang e 
commanication entre les cen 
Comme M. Harckwald, M. 
nombre de cas, après Télimi 
voies encéphaliques, des s| 
jusqu'à la mort de ranimai, i 
noméne d*irritation, car pli 
sente cet état convulsif, et ch 
du début ont cédé la place, 
une respiration tout à fait ré^ 

M. Girard présente qnelqi 
lapins sur lesquels il a expér 
suivante : l'appareil respirati 
la section des vagues, encor 
tenir le rythme normal de U 
communications avec l'encép 

n est à remarquer que, c 
respiration se ralentit d'abc 
bout de quelque temps les n 
lèrent et acquièrent même p 
L*élimination du cerveau ne 
ment la fréquence de la r 
l'influence qu'il peut exerce 
veau ne diffère probableme 
doués de sensibUité. 

M, Girard considère aussi 
tives qui ont été faites de lo 
dans récorce cérébrale. D'aï 
HùTsley, la zone rolandique 
ment motrice; la plupart des 
les centres dits moteurs qu' 
centripètes ou intercentrales 
troubles de la respiration, ti 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 357 

peat déterminer par TexcitatioD électrique de cette zone 
sont évidemmeoi d^ordre réflexe. 

n est certain que les muscles respiratoires (qui sont aussi 
utilisés dans d^autres actes physiologiques) sont plus ou 
moins subordonnés aux centres encéphaliques^ comme tous 
les muscles Yolontaires; mais la respiration normale est abso- 
lument indépendante de notre volonté et aucun des faits 
dtés n'^autorise à localiser des centres respiratoires propre- 
ment dits dans les circonvolutions cérébrales. 

En résnmé, M. Girard admet que la respiration physiolo- 
gique est régie uniquement par le bulbe et que les seuls véri- 
tables centres respiratoires sont ceux de la zone de Legallois. 



Séance du S avril 

C. de CukdoUe. Sor Im oaniee de Torieiitatioii des matidres d'origine proto- 
plasmiqne àaam U earjocinése. — 0. Asp. Étude mathématique des dia- 
fisses par torsion. — Miehali. BoUetin météorologique. — Tb. LnUin. 
Moarenfists qui sa prodoiaent daoa l'étaloBent d'osé gootte d'aan. — 
Dapsn at Baaff. Êtuda do régina de T Ar?a. 

M. C. de Candolle rend compte des expériences par lesquel- 
les H. EaaEEA ^ a démontré que les aimants sont sans action 
sur la caryocinèse^ autrement dit sur la segmentation du 
noyau dans les cellules. Il rappelle d*abord que le prof. Strass- 
borger ' a découvert, il y a quelques années, que les poils 
stam'maux du Tradescantia virginica conservent leur vitalité 
pendant douze heures, et même pendant plus longtemps en- 
core, lorsqu'on les maintient dans une solution aqueuse de 
sucre de canne contenant 1 7o de sucre. Dans ces circonstan- 
ces, les poils continuent à s'allonger par le dédoublement ré- 
gulier de leurs cellules, ce qui permet d*observer sous le mi- 
croscope la segmentation de leurs noyaux directement et 
sans avoir recours à aucun réactif, par conséquent dans des 
circonstances tout à fait normales. 

* BtOL Soc. hat. Belgique, férrier 1890. 

* 8it£. hericht, d. Jenaisc^en GeseUsch. fur Medicin und Natur- 
«iw., 1879. 



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358 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

Cest cette méthode qai a été utilisée par M. Errera. Il 
n*a ea pour cela qu'à placer les cultures de poils de Trades-- 
cawtia dans le champ d'un électro-aimant dont il pouvait 
faire varier la position et la puissance. Or, il est résulté de 
ses nombreux essais que le voisinage de Télectro-aimant n*a 
produit aucun trouble, aucupe modification dans les phases 
de la segmentation des noyaux et rorientalion des nouvelles 
cloisons cellulaires. 

Non seulement ce résultat négatif prouve que rorientatioD 
des granulations du protoplasme n*est pas influencée par le 
magnétisme, mais il montre aussi que cette orientation ^e- 
même ne saurait, à Tétat normal, résulter de phénomènes 
électriques, qui se passeraient dans la masse protoplasmati- 
que, comme plusieurs histologistes éminents Font soutenu. 
En effet, la marche de ces phénomènes ne manquerait pas^ 
dans ce cas, d*étre modifiée sous Tinfluence des aimants. Cela 
étant, on se demande avec M. Errera à quelle cause on de- 
vra dorénavant attribuer les groupements des particules qui 
donnent lieu aux figures qui se dessinent à la surface du 
noyau et dans la masse protoplasmatique pendant la caryoci- 
nèse. Ceci amène M. C de Candolle à rappeler qu'il a, déjà 
en 1883 \ cherché à rattacher ces phénomènes à celui de la 
formation des rides à la surface des matières visqueuses sous 
Taction du frottement des liquides. De nouvelles expériences 
Font confirmé dans Topinion que cette action doit être pour 
beaucoup dans Torientation des substances en suspension 
dans le protoplasme ou* qui s*en séparent pour se déposer 
contre les parois des cellules. Lors de ses premières recher- 
ches, il n'avait encore réussi à produire les rides en question 
que sous Tinfluence d*un frottement qui agissait alternative- 
ment dans deux sens opposés, ou dans un seul sens, mais 
d'une manière intermittente. Il est parvenu maintenant à 
provoquer la formation de rides rayonnantes à la surface 
du goudron par un frottement continu de Teau qui recouvre 
sa surface. La rotation de la couche d'eau à la surface do 
goudron s'obtient au moyen d'un dispositif semblable à celai 

* Arch, Se. phys, et nat,, 3* période, t IX, p. 241. 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 359 

qai employé IL le prof. Colladon ^ pour imiter le phénomène 
des trombes. Le moulinet de Tappareil est remplacé par one 
aigniDe coudée dont la branche verticale plonge dans Teaa 
et lai imprime an moavement rotaloire contina. Enfin M. de 
Candoile attire Fattention de la Société sar les importantes 
recherches de M. le prof. D' Zabn * relatives à la formation 
des rides fibrineoses d*origine pathologique. Ces rides pren* 
oent naissance dans les thromboses, les poches anévriqaes 
et en général dans tons les épanchements formés sons l'ac- 
tion des battements da cœar, par exemple dans les pleuré- 
sies et les péricardites. La structure ridée des dépôts de fi- 
brine qui, dans les cas de ce genre, tapissent les parois des 
cavités d*épancbemenl, avait été de tous temps remarquée 
des physiologistes. Elle est même fort exactement figurée 
dans les anciens ouvrages d'histologie pathologique, mais la 
cause de cette structure était restée jusqu'ici inconnue. Or, 
M. le D' Zahn, après en avoir fait Tobjet d'une étude appro- 
fondie, est arrivé à la conclusion que cette cause réside dans 
le frottement rythmique du liquide contre la surface du dé- 
pôt fibrinenx en voie de formation. Sans doute, il y a loin 
des cavités relativement grandes qui reçoivent les épanche- 
ments en question au calibre microscopique des cellules. Il 
est toutefois intéressant de noter que les faits observés par 
M. le D' Zahn démontrent que le phénomène des rides de 
frottement peut se passer dans les êtres vivants sous l'action 
réciproqae de matières organiques et au milieu de circons- 
tances bien plus analogues à celles de la vie cellulaire que ne 
peuvent Tétre les expériences de laboratoire. Aussi M. de 
Candoile trouve-t-il dans ces faits une indication favorable à 
son hypothèse concernant les causes de Torientation des ma- 
tières d*origine protoplasmatique. 

H. 0. Asp fait une communication sur l'explication géomé- 
trique des phénomènes de brisure des plaques de verre étu- 
diés par MM. Duparc et Le Royer. 

' Areh. ic. phjfs. et nat., Z^ part., t. XYII, p. 311. 
' Tagbl. d. 58 Versammîtmg deutsch, NaturfoTBch. und Aertzte^ 
Strasbourg, 1886; n* 4, p. 427. 



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360 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

Dans ces expériences sur les diaclases par torsion, le phé- 
nomène constant semble être que les brisares se produisent 
à an angle de 90"* et font avec Taxe de torsion un angle 
de48\ 

Pour expliquer ce phénomène, on peut se rapporter à ce 
qai se produit quand on tâche de donner une forme cylin- 
drique à une plaque homogène. La surface cylindrique se 
brise suivant les lignes parallèles à Taxe, cela reat dire 
suivant des lignes perpendiculaires aux lignes de courbure 
mmima. Une surface doit donc en général se briser suivant 
une direction perpendiculaire aux lignes de courbure mi- 
nima. Cest ce qui a lieu, en effet, pour la surface engendrée 
par la plaque tordue dans Texpérience citée. La surface qui 
se forme peut être regardée comme engendrée par une 
ligne se déplaçant suivant Taxe de torsion, tout en tournant 
d*un angle proportionnel à la section parcourue le long de 
Taxe. L*équation de cette surface, que Ton appelle la surface 
hélicoïdale gauche, est : 

z = arctg -^ 

X 

L*expression des rayons de courbure est : 

K = dX'i-pdz 
xp 

dz dz 

^^Tx "^^'"dy 

D*autre part^ Téquation des lignes de courbure est : 

dx-^piz __dy+ qdz 
dp ^ dq 

Si Ton prend des coordonnées cylindriques, Téquation de 
la surface est : 

z = bùif x = rcosto 
y =? rsino) 



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ET d'uISTOIBE NATORëLLB DE GENÈVE. 361 

on trouve les expressions saivantes : 
dz = bdfù 

rfjc = — rsin» -r- + cosa)dr 



iy = rcoso) - . -+ sina)rff 





p = 


_^6sin«, 

r 


? = 


6C0S(i) 

r 


dp= 


bco:>(ûd(ù . bsïiMùdr 

r ' r« 


dq = 




L'éguation des lignes de courbure se réduit à : 







Eo ayant égard à cette équation, Ton trouve : 

ei réquation de rindicatrice sera : 

"R, R, 

L*indicatrice est donc une hyperbole équilatëre et les lignes 
de courbure répondent toutes les deux à des minima. D*autre 
part, les lignes de courbure font un angle de 45"* avec les 
lignes asymptotiques, qui, dans ce cas-ci, sont les génératrices 



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362 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

et les lignes qui leur sont perpendiculaires, c*est-à-dire pa- 
rallèles à Taxe de torsion. Les brisures faisant des angles de 
45"* avec Taxe de torsion, se trouvent donc identiques aax 
lignes de courbure, et comme ces dernières lignes corres- 
pondent à des minima, Phypothèse que la surface se brisera 
suivant des directions perpendiculaires aux lignes de cour- 
bure minima, se trouve justifiée. H serait à désirer que Tex- 
périence puisse se poursuivre dans des cas où Tindicatrice de 
la surface formée par la torsion, soit une hyperbole non 
équilatère ou une ellipse. 

M. Asp a été amené à ces considérations géométriques 
d'après les indications de M. L. de la Rive sur la nature pro- 
bable du phénomène. 

H. MiGUELi annonce qu'à partir du i*' avril des bulletins 
météorologiques sont afiBchés contre le kiosque du tramway 
à la place du Holard. Le cadre renfermera les bulletins de 
Paris et de Zurich, et chaque jour, vers 4 heures de Taprës- 
midi, il y sera joint une dépêche du bureau central de Zu- 
rich indiquant Tétat général du temps et les prévisions pour 
le lendemain. C'est l'Observatoire qui s'est chargé de ce ser- 
vice, organisé par la Société auxiliaire des sciences et des 
arts. 

M. C. de Candolle décrit une expérience due à M. Théo- 
dore LuLLiN et fournissant une indication des mouvements 
compliqués qui ont lieu dans une goutte d'eau au moment 
oà elle s'étale en tombant sur un obstacle solide à surface 
plane et polie, telle qu'une plaque de verre. Le phénomène 
a déjà été étudié en détail, il y a quelques années, par M. A. 
Worthington *, à l'aide d'un dispositif ingénieux permettant 
de projeter une lumière instantanée sur la goutte à l'instant 
du choc. On y voit alors se former des ondes concentriques 
traversées par des sillons rayonnants. Or, M. LuUin a cons- 
taté que si la goutte tient en suspension des matières pulvé- 
rulentes insolubles, comme de la silice, du carbonate de 

* Proced. Boy, Soc.^ t. 25. 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 363 

ebaQx, da miniam, etc, ces poassières se déposent sur le 
Terre en t dessinant un double système de lignes concentri- 
ques et rayonnantes. En desséchant ensuite la plaque et en 
rendnisant d'un yemis transparent on peut fixer la matière 
ainsi déposée et la consenrer indéfiniment dans la disposition 
qu'elle a prise en tombant. De cette manière, la goutte d*eau^ 
enregi'^tre en quelque sorte d*elle-méme ses propres mou- 
Tements. 

MM. DiTPARG et Baeff communiquent un premier aperçu 
sommaire du travail entrepris par eux sur les eaxixdeVArve. 
Chaque jour la vitesse de ce fleuve est mesurée à la surface 
par des flotteurs en prenant trois mesures, Tune au centre 
les autres dans les bords. Ces mesures s'effectuent entre le 
pont de St*6eorges et la passerelle de la Jonction; chaque 
jour également il est pris la température de Teau, la tempé- 
rature ambiante, le niveau du fleuve au limnimètre de ladite 
passerelle, et enfin cinq litres d'eau qui est examinée en- 
suite au laboratoire, où Ton y détermine le degré de trouble 
par réchelle déjà décrite, puis la quantité des matériaux 
contenus soit en dissolution, soit en suspension, calculés par 
mètre cube. Les résultats sont ensuite mis en graphique. 
Les opérations effectuées en janvier donnent en gros les 
rfettltats extrêmes suivants : 

Tilesse 3^5 met. p. seconde à 1,06 

Niveau. 1,68m. à 0,65 

Température -î- 5 à 

Opacité 1 V, à H Vi 

Substances dissoute par m'. 209 à 306 

Sabtances en suspension. ... 0,8 gr. p. m* à 1236,4 

L*énorme disproportion qui existe entre les chiffres des 
matières en suspension de même qu'entre ceux des matières 
en dissolution résulte d*une forte crue d'hiver accusée du 
21 au 27 avec maximum au 24. Pendant cette crue, comme 
du reste dans la suite, on constate l"* que la quantité des 
substances en suspension augmente très rapidement avec 
la hauteur du fleuve; mais celte augmentation ne se main- 



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364 SOCIÉTÉ DK PHY 

tienl pas, car, le niveau restant 1( 
jours, le chiffre des matières en î 
pidement; 2^ La quantité des sut 
inversement à la hauteur du fleu 
tenu avec le niveau le plus élevé. 
Pendant les mois de février et 
a été assez constant et donne les 

FÉVRIER. 

Vitesse 1,20 m. p. sec. 

Hauteur 0.49 à 

Température ... + * à 

Opacité 17, à 

Subst. dissoutes. 290 p. m', i 

Subst. en susp. . . 1,3 gr. p. m' i 

Cette étude se continue ; elle I 
pie communication. 



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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 



PBNDArrr i.g ikhs ue 



MARS 1S90 



Le !•% très forte bise pendant tout le jour. 

3, forte bise de 10 h. du matin à 4 h. du soir et depuis h. du soir. 
3) légère neige à 7 b. du matin. 

5, gelée blanche le matin ; quelques flocons de neige vers 5 h. du soir. 
a, brouillard à 7 h. du matin. 

7, brouillard à iO b. du matin. 

8, très forte gelée blancbe le matin. 
10, forte bise jusqu^à 4 b. du soir. 
43, très forte gelée blanche le matin. 

18, éclairs au NNW. vers 6 h. 30 du soir. 

19, gelée blanche le matin. 

25, brouillard enveloppant et pluie ù 7 h. du matin. 

27, forte gelée blancbe le matin. 

28, très forte rosée le matin. 

29, très forte rosée le matin. 

30, très forte rosée le matin. 

31, très forte rosée le matin. 

Akchivks, I. XXUI. - Avril 4890- 42 



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366 



Valeurs extrêmes de la pression atmosphérique observées au ban 



MAXIMUM. 

Le 1" à 9 h. matin 725,13 

4 à 6 h. matin 730,81 

7 à 11 h. matin 727,59 

11 à 11 h. matin 737,66 

23 à 9 h. matin 727,73 

27 à 10 h. matin 734,21 



MLMHUM. 



Le 2 à 2 h. soir ... . 

5 à 5 h. soir.... 

9 à 6 h. matin . . 

18 à 5 h. soir — 

26 à 8 h. matin . . 

31 à 4 h. soir 



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tiiièlR 

Il h. 



t^owaooooacsoooçcoor^0 00çoacao»0«oa£50a<5oaoao« 



m '1 -111111 iiiim ;^ 



f tttt itf tf T$ -4 



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5go»^^Maf5«5coo«o^M5ço(W?20i^a 









I I I I 1 I I I I I I +++++++++++++++ I Mil 






I I I il l + l -hf il I I I ii + i II I II 



I M I M +++ 1 ! I 1 I M M + l M 1 1 I I II I M 



ri 



■^o:bcôcoo•^^af5*îc*î*aîçd^^o6^CJâaÔçdaôôKo6c5c6çor^^Cc5^^ 

I II II I ! I II I I II I M 11 II I NI il MÎT 



+ 



2CO»QO-g'$i^Q$«aO'*'*d<«a*«#-^coQaQcoaCooao«^Qt>.^9Q 
~riaôa35Ôr^çp(»ît^«500«^cô^Q6oi^r^aô'^^^ç5«^o65p 






^ ^ ce "«^ ce «^ c5 -H ^ -H t^ ^ c5 cô o "J^î -^ ^ •«# •«?• o6 çô c5 «^ ce o5 cô o6 1^ 3Ô ^ o 

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3(38 



MOYENNES DU MOIS DE MARS 1890 



Ih.m. 



4 b. m. 7 h. m. 



10 b. m. i h. 8. 
BaroBBiètr«. 



4b. s. 



7 b. s. 



iek.s. 



l" décade 725.83 725.62 726.16 726,26 725.88 725.41 726.24 726^ 

2* » 722.15 721,59 721.72 721.84 721.00 720.45 720.70 720,68 

3* • 725,39 725.29 725,86 725,98 725,40 724.80 725.39 725.96 

Mois 724,48 724,20 724,63 724.73 724.13 723,59 724.15 72iK 



Tenipératiire. 

Ir^dtVade- 2.78 - 3^53 - 3Î42 - o!32 + 2'!31 + 2!42 + o!20 - Ûl 

2* 1 + 3,65 + 3,14 4 3.21 + 6.66 + 9.32 + 9.65 + 7.06 + 5,48 

3« • + 6.10 + 4.79 + 4.93 + 9.72 +12,00 +12.51 +ia22 + aî7 

Mois + 2,44 + 1.57 + 1,68 + 5.49 + 8,01 + 8,33 + 5.97 + U4 



Fraction de saturation en millièmes. 

Ir* décade 670 706 740 539 471 459 619 

2« 1 745 779 784 646 534 555 647 

3« • 695 745 754 529 415 446 509 



Mois 



618 
699 



Mois 


703 743 


739 


570 


472 485 589 650 




Thenn. miu. 


Tticrm. max. 


Température 
du Rh«DC. 


Clarté inoy. Eau de plnie Linoim^rr 
du Ciel. uu de Mige. 


!'• décade 




- 4.71 


+ 3*67 


+ 3.87 


0.51 0.2 i^n 


2« » 


+ 1.43 


+ 11.24 


+ 5,63 


0.72 10,0 12146 


3- » 


+ 3.05 


+ 14.20 


+ 6.79 


0,41 25,9 113.98 



+ 0.03 + 9,85 + 5.49 0,54 



36,1 



119.86 



Daiis ce mois l*air a été calme 31,7 fois sUr 100- 
Le l'apport des venu du NE. à ceux du SW. a été celui de 2,06 à 1,00- 
1^ direction de la résultante de tous les vents observés est N. 9^,2, E. et son 
iutensité est égale à 23,4 sur 100. 



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369 



OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES 

FAITES AU GRAND SAINT-BERNARD 

pendant 

LK MOIS DE MARS 1890. 



Le 4, forte bise depuis 4 h. du soir. 

5, très forte bise pendant tout le jour ; légère neige de 4 h. à 7 h. du soir : brouil- 

lard depuis 10 b. du soir. 

6, très forte bise pendant tout le jour; brouillard jusqu'à 7 h. du matin, à 4 h. et 

depuis 10 h. du soir; légère neige dans la journée. 

7, brouillard jusqu'à 1 h. du soir. 

8, brouillard par un fort vent depuis 10 h. du soir. 

0, fort vent jusqu'à 10 h. du matin; brouillard jusqu'à 10 h. du matin et depuis 

7 h. du soir; forte biie depuis 10 h. du soir. 
Il, fort vent depuis 4 h. du soir. 

13, fort vent à 10 h. du matin; brouillard depuis 7 h. du soir. 

14, légère neige à 7 h. du matin; brouillard à 10 h. du matin et depuis 4 h. 

du soir. 

15, brouillard pendant tout le jour ; fort vent de 10 h. du matin à 7 h. du soir. 

16, violent vent pendant tout le jour ; brouillard jusqu'à 4 h. du soir, puis neige. 

17, fort vent jasqu*à 10 h. du matin et depuis 10 h. du soir; neige de 1 h. à 4 h. 

du soir, puis brouillard. 

18, fort vent jusqu'à 4 h. du soir. 

19, neige jusqu'à 7 h. du matin et depuis 4 h. du soir; brouillard de 10 h. du 

matin à 1 h. du soir. 

20, forte bise jusqu'à 7 h. du matin et depuis 4 h. du soir; brouillard depuis 10 b. 

du soir. 
31, neige jusqu'à 7 h. du matin. 
23, neige jusqu'à 10 h. du matin et depuis 7 b. du soir; brouillard de 1 b. .^ 4 h. 

du soir. 
i4, neige jusqu'à 7 h, du matin et depuis 4 h du soir; brouillard de 10 h. du matin 

à 1 h. du soir; fort vent depuis 10 du soir. 
i5, très fort vent jusqu'à 4 b. du soir. 

Remarque. — Le mouvement d'borlogerie du barograplie s'est arrêté, et a dû être 
retoomé à Genève pour réparations. Toutes les observations barographiques manquent; 
les valeurs de 1 h. et de 4 h. du matin ont été interpolées suivant la méthode déjà 
exposée, tandis que les minima et les maxima ont été pris parmi les extrêmes des 
8 observations diurnes directes et des deux valeurs interpolées pour 1 h. et 4 h. du 
matin. 



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:î70 



Valeurs extrêmes de la pression atmosphérique observées au barographe. 



MAXIMUM MINIMUM. 

mm uioj 

Le 1" à 2 h. maUn 552,15 

Le 2 à 10 h. maUn 548.34 

4 à 10 h. matin 560,02 

5 à 4 h. soir o53,43 

7 à 1 h. soir 561,06 

9 à 7 h. matin 557,84 

11 à 7 h. soir 571,12 

19 à 4 h. matin 547,15 

23 à 7 h. soir 562,68 

25 à 10 h. matin 553.25 

28 à 10 h. maUn 571,76 



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371 



MtaMU 



S^£SSSS3SS8$SiSS88SP;8lgSS8Sf88388SS 

oooooc5c5ooc5oc5o^^^oc5^oc5o-^-«îoooc5c5oo 



S .s 
> s 

o 



•«4-H^9i9«a4^ 



^H ^4 ^4 9* ^4 ^4 99 CO 99 99^* 99^ 

3 






es 



cl a. 



i|| 












8S 



s iS :S| 



/ B 



.coa«aooo*4i9iiooo9<t^QOaoOQOOOt^QOoadcoo»iooocoa«o 

I M M I I I I I l-H-l I I I I I I I i I I I I M I I I 



II 



. -^ 00 CO O aC «^i •4( » 00 O 0>d) 9« 99 91 <0 >i{ 9« 00 00 91 1^ cq -H CO CO CO 00 O 99 O 

'^^-^^^^9loc5>d<c5o5o^cécôooaS^cS^^or<^t^c^ôc5^9lcQ 

I I I iTiTi I I I I I I I I I I I I I I I I I I i+i I I 



as 

Itl 



'aô3f5^aôr^ccoooeôcôr^«5^^0^09Î9i^^oc5c5c5t-^oa5oôço 

TTTi I I++I I I 1 I I I I 1 I I I I I I 1 I i iT i-H- 



\m 



'^n»i^ci>c6^^t^t^oô'^c6<:599^idroiàt^d>àîoôoô^i^<6iâ^»i»n9ic$ 

I I TTTT I I M I I I I I I I I I I I i I I I I -\-H~]-+ 






££SSS^^8SS8g2!Sg888s;S^SS.i^.8S^SggS5SgS^ 

= ;o ^ ^ co ^ancp 2 ^ CD r^ r^ <2 ^ cfi ^ ifo ^ ao a6 ^ cQ çb 






PI 

m 



aoaoai 



làUi 



ilSi 









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•1" 



Sggg::SR2SS5:|S?SâSS3S8SÏ=S2S2S?SI88SîS§S 

jQÔo>«^oad9lc5o^*^0(^cccc9i*«9iQÔc5^t^aû-»4 99c5aô990^oS«ê>^ 

1 M I I I 1 + 1 1 ++ T I I I I M T I I I + 1 I I TT I 1 I 



II! 

S 3 






«séiMis. 



^94co>4ao<ot^aood0^9ico*di20cot^ 



SSS3;»Siâ3SSSSiSSSS8S 



11 



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372 



MOYENNES DU QRAND SAINT-BERNARD. — MARS 1890. 



Mois .. 



i ti. m. 4 h. m. 



7 h. m. 10 b. m. 
Baromètre. 



1 k.». 



4 h. A 



7 h. 



10 h. I. 



Oiin mm miu mm mm mm mm ma 

l- décade... 556,25 555,98 556,16 556,67 556,91 556,97 557,40 557,77 

2' » ... 359,65 558,99 558,77 559,14 558,78 558,57 558,83 558,59 

3' » ... 563,00 562,69 562,83 .^,20 563,31 563,30 563,84 563,98 



^,74 559,33 559,37 559,78 559,78 559,73 560,15 660,21 



7 b. m. 



10 b. 



1 h. I. 
Température. 



4 b. s. 



7 h. t. 



10 k. s. 



1'* décade. .. 


-15,86 


-13,77 - 


11,87 -12,33 -14,12 


-ii,67 


2* » ... 


-6,52 


-4,64 - 


3,70 - 4,29 - 5,55 


— 6,01 


3* » ... 


-4,42 


- 0,97 + 1,04 - 0,38 - 3,35 


-3,80 


Mois 


-8,79 


-6,25 - 


4,65 - 5,50 — 7,54 


-8,0Î 




Min. otaenré. 


Max. observé. 


NébukMilé. kSaudeplue 
ou de oeige. 


Miip! iMulirr 


l-^' décade. . . 


-17, Vl 


-10^32 


UllD 

0,40 - 


an 


2* » ... 


-7,88 


— 2,98 


0,68 38,7 


34.0 


3- » ... 


-6,07 


+ 1,93 


0,30 26,0 


40,0 



Mois 



-10,41 



-3,61 



0,45 



64,7 



74,0 



Dans ce mois, l'air a été calme 0.0 fois sur 100- 
I^ rapport des vents du NK. à ceux du SW. a été celui de 0,93 à 1,00. 
La direction de la résultante de tous les vents ob^rvés est S. 45** W., *t 
intensité est égale A 4,8 sur 100- 



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LE 

aHAXISr DU OT.AOTrnT?. 



Ayec planche XI. 



Depuis 4880, en partie seul, en partie en collabora- 
tion avec mes amis MM. les professeurs F.-Â. Forel et 
A. Heim, j'ai examiné la glace de différents gtaciers, 
principalement dans l'Oberland bernois et le Valais, et 
j'ai aussi fait quelques expériences sur la glace dans le 
laboratoire. Au cours de ce travail, je me suis formé des 
idées précises sur la constitution et la formation de la 
glace de glacier. Ces vues se sont encore éclaircies, gr^ce 
à une correspondance avec M. le prof. Monsson qui, 
comme on le sait, a tant contribué à élucider cet intéres- 
sant phénomène en apportant à l'étude des glaciers des 
notions physiques bien claires. Dans ce qui suit, je résu- 
merai l'essentiel du sujet ; la plus grande partie a déjà été 
pubhée précédemment par moi,^ par fragments souvent 
pins détaillés'. 

On sait que la glace prise dans les profondeurs du gla- 
cier est parfaitement claire et transparente, et représente 

^ Verhandlungen der Naturforschendm Oesettsehaft in Boèél^ 
t. Vn, p. 192, et VIII, p. 821. 

Archives, t. XXIII. — Mai 1890. 23 



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374 LG GRAIN DU GLACIER. 

à l'œil un corps tout à fait homogène. Si on la frappe» 
elle se comporte aussi comme une masse de verre amor- 
phe vis-à-vis de l'action mécanique du marteau, et pré- 
sente une cassure conchoïde. Cependant, si l'on fait 
fondre un morceau de cette glace au soleil, il ne tarde pas 
à se produire des surfaces de clivage dans l'intérieur et 
la glace se désagrège en fragments isolés, gros et petits, 
auxquels on a donné le nom de grain de glacier. 

Que sont ces grains? C'est la question à laquelle nous 
cherchons à répondre dans ce travail. 

Chaque grain de glacier constitue un cristal distinct. 
Le bloc, qui paraissait parfaitement homogène, n'a donc 
pas, malgré cela, la même structure qu'un morceau de 
verre amorphe; il forme au contraire une masse cristal- 
line grenue, comme le marbre, mais chaque grain a sou- 
vent des dimensions très considérables, et surtout dans 
les parties inférieures du glacier. Ces grains sont parfois 
plus gros que le poing et ils sont si intimement soudés 
que leurs surfaces de contact sont tout à fait invisibles 
avant la fusion aux rayons du soleil. 

Au point de vue de la structure grenue, la glace du 
glacier n'est pas essentiellement différente de la glace 
lacustre qui se forme en hiver sur les surfaces d'eaux 
tranquilles et que l'on conserve en grandes quantités 
dans nos glacières. A basse température, la glace des 
lacs a aussi l'aspect d'une masse vitreuse homogène, 
mais un examen plus attentif révèle sa structure cristal- 
Hne, et les parties qui la constituent s'isolent lorsqu'on 
l'expose à la chaleur du soleil. Mais elle a une structure 
fibreuse et ses parties élémentaires sont non des grains, 
mais des prismes dont les axes sont perpendiculaires à la 
surface de l'eau congelée. Mais ils sont chacun, comme les 



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LE GRAIN DU GLACIER. 375 

grains du glacier, des cristaux distincts, et on peut en 
irouyer quelquefois des individus mesurant iO et jusqu'à 
15 centimètres de largeur'. 

Il y a deux moyens qui permettent de reconnaître 
très nettement que les parties qui constituent la glace sont 
des cristaux : 

i^ L'examen des morceaux dans la lumière polarisée. 
Tous les phénomènes de polarisation des cristaux à un 
axe positif, tant en lumière parallèle qu'en lumière con- 
vergente, se manifestent de la façon la plus parfaite dans 
ces cristaux de glace. Gomme il est exceptionnellement 
facile de tailler dans ces matières, au moyen d'une lame 
de scie ou de couteau chauffée, des lames à faces planes 
et parallèles dans telle direction que l'on désire, et de les 
polir ensuite sur une plaque de métal ou de verre, ou 
même à la chaleur de la main, les expériences peuvent 
être exécutées d'une manière très simple et complète, 
non seulement dans les laboratoires, mais aussi sur 
place, sur le glacier même. On peut, par ces expériences, 
déterminer la direction des axes optiques dans chaque 
cristal. 

29 Par les figures de fusion de TyndalL Si l'on fait 
tomber sur un cristal de glace, directement ou à travers 
une lentille de concentration, les rayons solaires ou ceux 
d'une lampe électrique, il y a fusion dans l'intérieur du 
cristal. Les espaces fondus, déjà bien visibles à l'œil nu, 
sont (^pendant plus faciles à reconnaître si on les observe 
à la loupe ou si on les projette, agrandis, contre un écran. 
Ils offrent des figures fines et aplaties qui sont renfermées 



^ Voyez Thomas H. HoUand, The crystallization of lake ice, 
The Nature, voL 39, p. 296. 



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376 LE GRAm DU GLACIER. 

entre deux plans parallèles, entre eux et perpendiculaires^ 
à l'axe optique. Yne^ par en haut (c'est-à--dire dans^ la 
direction de l'axe) ces figures ont tantôt la forme d'u& 
cerde, tantôt celle d'une étoile à six branches tout à fait 
analogue aux cristallisations de la n^ge. Ordinairement» 
au début de la fusion se produit la forme circulaire, et 
celle-ci, peu à peu, par des renflements, tend à prendre 
la forme étojlée. J'ai constaté que dans la glace des gla- 
ciers la forme ronde est plus fréquente et persiste même 
pour des figures d'assez grandes dimensions, tandis que 
dans la glace des lacs les figures prennent plus vite la 
forme étoilée. Comme l'eau liquide n'occupe que les '/i» 
de l'espace qu'occupait la glace avant la fusion, il se pro- 
duit de petites vacuoles qui ont l'aspect de bulles d'air et 
qui présentent un grand éclat sous des incidraces obli- 
ques, à cause de la réflexion totale. Il est facile de consta- 
ter que ce sont des espaces vides et de les distinguer des 
bulles d'air qui se présentent fréquemment dans la glace 
des glaciers. On n'a qu'à placer un fragment de glace qui 
renferme une de ces vacuoles dans de l'eau ou du pétrole 
et à le laisser fondre. Si la cavité contient de l'air, on 
voit monter une petite bulle à travers le liquide, si la 
cavité est vide d'air, elle disparait au contraire tout à 
coup. 

Les figures de fusion peuvent donc aussi bien servir 
à la détermination des axes optiques que les expériences 
de polarisation. On peut reconnaître très exactement le 
plan des figures de fusion en faisant réfléchir contre elles 
la lumière solaire, et ainsi on constate que les plans de 
toutes les figures dans un même cristal sont tout à fait 
parallèles. C'est là une preuve évidente de la structure 
régulière du cristal. 



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LE GRAIN DU GLACIER. 377 

L^ figures de fusion ont encore sur le procédé q)tiqQe 
cet avantage de donner la posîlion de l'axe secondaire. 
Noos avons étudié la chose surtout sur diterses lames de 
glace lacustre que nous avons placées, suivant le procédé 
de TyndaH, dans le champ de ta lampe électrique, de telle 
façon que ses rayons fournissaient la chaleur nécessure 
pour produire les figures par fusion, et la lomière des 
mêmes rayons projetait sur un écran Timage agrandie 
des figures. On pouvait alors les photographier au mo- 
ment oà elles se produisaient. Sur la planche XI, on 
voit la reproduction d'une photographie ainsi obtenue. 
La figure est environ dans le rapport de 8 : 5 avec la 
grandeur réelle de la plaqne de glace. 

On voit dans cette figure d'une façon très nette le plan 
de macie des deux cristaux, qui était invisible auparavant 
et que la fusion a révélé. Des deux côtés de ce plan sont 
distribuées les étoiles, tout à fait régulières, avec leurs 
rayons égaux en longueur et faisant les mêmes angles. 
Les cristaux sont maclés de façon que leurs axes princi- 
paux sont parallèles entre eux et perpendiculan*es à la 
surface polie. En se servant d'une règle on peut constater 
le fait suivant : Dans chaque cristal pris individuellement, 
les rayons des étoiles parallèles à l'axe secondant sont 
dans des directions parallèles entre dies. Tandis que si 
Ton compare un cristal au voisin, il se produit un chan- 
gement de direction d'environ 35"^. Nous pouvons en 
conclure que les grains ou les prismes produits par la 
désagrégation de la glace sont des cristaux régulièrement 
constitués aussi sons le rapport des axes secondaires, et 
deux cristaux dont les axes principaux sont parallèles, 
mais dont les axes secondaires font un angle, peuvent être 
discernés nettement comme denx individus différents, 
quand le dégel vient à les séparer. 



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378 LE GRAIN DU GLACIER. 

J'ai examiné la glace de beaucoup de glaciers, prise à 
des hauteurs très différentes, et Tai soumise à la méthode 
de polarisation et à celle des figures de fusion. J'ai eu 
ainsi la preuve que les axes des cristaux sont orientés 
d'une façon tout à fait arbitraire et dans toutes les direc- 
tions imaginables. On ne peut trouver aucun rapport 
quelconque entre la position relative des axes d'un grain 
à un autre, ni entre la position des axes relativement à la 
direction de la pesanteur, du mouvement ou de la pres- 
sion du glacier. 

La glace des lacs se comporte tout autrement. Au 
début du gel, il se forme, à partir du rivage, des cristaux 
isolés qui s'étendent en forme de côtes. Leurs axes sont 
parallèles à la surface de niveau de l'eau* Mais quand la 
croûte de glace vient à se fermer, grâce à la production 
de cristaux plus larges, et qu'elle gagne en épaisseur, 
cette congélation plus générale est formée par des cristaux 
dont l'axe principal est vertical. Les gros blocs de glace 
extraits de la croûte consistent presque entièrement en 
cristaux maclés ayant leur axe principal vertical, et ce 
n'est qu'exceptionnellement que se montrent quelques 
cristaux dont Taxe est horizontal ou obUque. 

Il faut remarquer pourtant qu'il se produit fréquem- 
ment sur les cristaux pris individuellement de petites 
déviations de la position verticale absolue. Aussi les axes 
ne sont pas toujours tout à fait parallèles dans les macles 
de cristaux prismatiques de glace lacustre. Cela se voit 
quand on introduit dans l'appareil de polarisation à lu- 
mière convergente une lame à faces taillées parallèle- 
ment à la surface de l'eau gelée. L'image des anneaux à 
croix noire est rejetée souvent brusquement de côté au 
moment où une surface de macle passe dans le champ de 
l'appareil. 



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LE GRAIN DU GLACIER. 379 

Oq peut se demander quel est le mode de formation 
de cristaux atteignant souvent des proportions si considé- 
rables. Sur les lacs où souvent en une seule nuit il se 
forme une épaisse couche de glace, nous avons toutes rai- 
sons de penser que ces gros cristaux se forment sans in- 
termédiaire de Tétat liquide à l'état solide. Il en est tout 
autrement dans la glace des glaciers où évidemment le 
grain s'accroît peu à peu pendant un temps très long. 

On trouve les plus gros grains dans la partie inférieure 
des glaciers, et surtout des grands glaciers et de ceux qui 
s'écoulent avec une grande lenteur. Plus on s'élève sur 
le glacier plus le grain devient petit. Il passe par tous les 
degrés de grosseur jusqu'à celle qu'il a sur le névé, et on 
peut encore suivre toutes les formes de passage entre le 
grain du névé et la neige fraîchement tombée. Aussi 
quelqu'un qui s'est familiarisé avec la nature de la glace 
des glaciers et ses états différents suivant les hauteurs, 
en vient à se demander si les cristaux de neige ne se- 
raient point les matériaux dont se forme la glace, homo- 
gène au premier aspect, mais, en réalité, grenue des 
glaciers, et cela grlce à un mode d'accroissement de cer- 
tains cristaux aux dépens des voisins sous l'influence de 
la pression. 

Nous allons montrer d'un peu plus près comment 
nous pouvons nous représenter ce développement^ et 
comment il peut être expliqué par l'effet des forces phy- 
siques connues. 

La neige fraîchement tombée consiste en petits cris- 
taux, qui sont maclés en forme des figures si connues de 
la neige. Sur ces fleurs de neige on peut voir facilement 
avec UQ microscope polarisant les couleurs de polarisa- 
tion de chaque élément cristallin. Si l'on observe sans 



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380 LE GRAIN DU GLACIER. 

grossissemeot, les couleurs se résolvent en un bhoc neu- 
tre uniforme. Quand la neige reste quelque temps sur 
le sol, elle devient grenue. Cela provient d'un accroisse- 
ment des cristaux et ceux*ci deviennent bientôt si gros 
que, sans remploi d'un grossissement, on peut distin- 
guer en lumière polarisée parallèle, les couleurs, qui dé- 
pendent de la direction des axes principaux orientés en 
tous sens. 

Après quelques semaines quelques-uns de ces petits 
cristaux ont pris un accroissement tel que en les plaçant 
dans une direction convenable et dans la lumière pola- 
risée convergente, on verra les anneaux colorés à croix 
noire. 

L'accroissement des cristaux, tant que la neige est 
tendre, peut s'expliquer par l'eau de fusion dont elle est 
imprégnée. Mais bientôt il se forme une masse grenue 
compacte dans laquelle l'accroissement du grain ne peat 
plus se produire que par l'absorption des molécules des 
petits cristaux dans les gros. Cet échange est favorisé par 
la pression. On peut s'en convaincre en comprimant de 
la neige fraîche. Dans la masse gelée ainsi obtenue on 
trouve déjà après quelques heures des grains présentant 
les anneaux et la croix de l'appareil polarisant. Un pa- 
reil accroissement, constamment progressif du grain, 
peut être observé dans la nature sur une échelle plas 
grande. Si l'on compare les couches de neige de difléren- 
tes saisons, surtout celles qui sont sur les sommets, où 
elles restent pendant des années, on trouve communé- 
ment que c'est dans les plus profondes que le grain est 
le plus gros. Et dans les glaciers il est plus facile encore 
de constater cet accroissement graduel du grain qui 
passe par tous les échelons de grandeurs. 



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LE GRAIN DD GLACIER. 384 

En baot dans le néyé, les grains n'ont que qoelqoes 
miHimètres de diamètre; dans la partie supérieure dn 
glacier ils ont déjà la grosseur d'une noisette; plus bas 
celle d'une noix, et dans les grands glaciers nous trouTons 
dans les régions inférieures des grains de la grosseur 
d'un œuf on même de la tôte d'un enfant. Mais il ne faut 
pas en conclure que pour chaque région particulière toos 
les grains ont la même grosseur. On troure à côté des 
plus gros toujours de plus petits grains des différents degrés 
inférieurs, destinés sans doute à disparaître. On irouYe 
souvent la glac« à gros grains séparée par des tranches 
de glace à grain fin. La première est plus bleue, la se- 
conde plus blanche surtout quand elle renferme des vési- 
cules d'air. C'est là ce qui constitue la structure stratifiée 
da glacier. Dans ces cas-là la glace à grain fin est évi- 
demment d'origine plus récente et provient probablement 
de neige qui est tombée dans des crevasses et qui a été 
entrainée dans le mouvement du glacier qui l'empri- 
sonne. Le phénomène de la formation de grain n'est 
pourtant pas spécial aux glaciers, car on le voit se pro- 
duire dans les glacières, les cavernes à glace et dans la 
glace formée artificiellement dans les calorimètres \ 

Il s'agit maintenant d'expliquer physiquement le mode 
d'accroissement du grain. 

Il nous serait des plus faciles de venir parler ici de 
l'action des masses et d'en conclure qu'il en résulte que 
les plus gros cristaux attirent à eux les molécules des 
plus petits. Mais les forces moléculaires qui produisent 



* Voyez jy R. Emden, Sur la formation du grain da glacier. 
Compte renda de la Soc. he\y^ k Lngano 1889. Archives des Se, 
jhys, et fw*., oct.-nov. 1889. 



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382 LE GRAIN DU GLAaER. 

la crisUltisation, n'agissent en tout cas pas à grande dis- 
tance» de telle sorte que les molécules un peu distantes 
sont sans action, et il n'y a pas de raison d'attribuer au 
gros cristal* dans son ensemble, une force prédominante. 
Pour nous rendre compte du phénomène, il ne nous faut 
tenir compte que de l'action des molécules immédiate- 
ment voisines les unes des autres, et nous serons amenés 
aux considérations suivantes : 

La cristallisation provient évidemment de ce que les 
molécules agissent les unes sur les autres par couple de 
forces et s'orientent dans certaines positions. Alors une 
molécule prise au milieu d'une série d'autres sera main- 
tenue des deux côtés, tandis qu'une molécule située à 
l'extrémité d'une série n'est retenue que d'un côté. La 
première se trouve donc être dans un équilibre plus so- 
lide et plus stable que la seconde. Ainsi, par exemple, 
une molécule dans la région A de la figure ci-jointe est 



B 



dans un équilibre plus stable que les molécules situées 
dans les coins B et G. A la température de fusion le mou- 
vement des molécules est grand et celles de la région B 
ou G tendront à passer à la position plus stable de A. 
Ou, en d'autres termes, le cristal s'accroitra en A dans 
l'espace situé entre B et G, car il entraînera dans sa pro- 
pre structure les molécules de B et G. Les molécules en 



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LE GRAIN DU GLAOER. 383 

B et C tendront vers A tant que l'angle et sera plus grand 
que j3 ou y. 




Cette considération ne s'applique pas seulement à des 
aDgIes plans» on peut l'étendre aux angles solides par 
lesquels se touchent les grains de glace à surface exté- 
rieure si irrégulière. Aux endroits où plusieurs grains se 
touchent, il se produira une recristallisation d'un cristal 
à un autre et toujours dans ce sens que les molécules 
des angles plus aigus, se détacheront et s'appliqueront 
contre les angles obtus. 11 en résulte, comme le raison- 
nement suivant assez simple peut le montrer, que les 
gros grains s'accroissent aux dépens des plus petits. 

Si nous divisons une surface plane en une sorte de 
mosaïque dans laquelle de petits polygones sont entourés 
de plus grands, les grands polygones auront les plus 
grands angles. Gela se voit clairement si Ton divise la 
surface en grands octogones réguliers avec des petits car- 
rés dans les intervalles, ou bien en grands dodécagones 
avec des petits triangles entre deux. La même chose a 
lieu, quant à la proportion des angles avec la dimension 
des figures, aussi pour une subdivision irrégulière. On 
voit cela très bien sur ces mosaïques irrégulières qui se 
forment sur un vernis ou un émail qui se fendille, ou 
quand on fait une construction cyclopéenne avec des 
pierres irrégolières petite et grandes, et c'est précisément 
aussi l'aspect que présente la surface du glacier quand 



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384 LE GRAIN DU GLACIER. 

riDSolation yieet à manifester les limites de chaqoe 
grain. Dans tous ces cas les petits angles domioaat dans 
les petits fragments qui remplissent les vides entre les 
grands. 

Cela provient de ce que les plus petits polygones ont 
en général un moins grand nombre de côtés et par con- 
séquent de plus petits angles. Cette considération, admise 
pour une surface divisée en polygones, peut s'étendre 
à l'espace divisé en polyèdres. Donc, si les molécules ten- 
dent à passer des angles aigus aux angles obtus, il en ré- 
sulte que peu à peu les plus gros grains s'accroîtront aux 
dépens des plus petits qui se trouvent compris entre eux. 
Exceptionnellement, il se peut que dans de petits grains 
il y ait de plus grands angles. Dans ces cas isolés, il peut 
arriver que des molécules passent d'un gros cristal dans 
un plus petit. Si seulement les molécules passent plus 
fréquemment d'un petit cristal dans un grand que d'un 
grand dans un petit, cela suffit parfaitement pour expli- 
quer avec le temps la croissance des gros grains aux dé- 
pens des petits. Cette manière de concevoir le phéno- 
mène trouve une confirmation importante dans l'examen 
attentif des dessins réticulés que forment les lignes de 
séparation des grains à la surface des glaciers exposée au 
soleil. Là, on peut voir fréquemment comment le grand 
cristal à angle prédominant empiète entre deux petits 
cristaux voisins, ou encore comment de petits grains iso- 
lés remplissent les coins entre les grands, mais ce sont 
évidemment les restes qui vont eux-mêmes au-devant 
d'une disparition complète. 

Il nous faut encore considérer de pins près la force 
qui produit l'adhérence des grains par leurs surfaces de 
contact. Nous avons déjà remarqué que la glace de gla- 



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LE GRAIN DU (HJkaKR. 385 

cier qui n'a pas encore commeocé à fondre a l'aspect 
d'uM masse parfaitement homogène, qu'ainsi les faces 
terminales des divers grains ne sont pas visibles sans l'aide 
de la lumière polarisée, et qoe cette glace, lorsqu'on la 
frappe, dcmne une cassure écailleuse et ne tombe pas en frag* 
meots correspondant aux grains qui la constituent. Les 
surfaces de cassure tratersent la masse tout à fait indépen- 
demment des surfaces de made des cristaux. Nous pou- 
vons en conclure que les molécules appartenant aux 
faces de contact de deux cristaux adhèrent avec autant 
de force entre elles que celles dans l'intérieur d'un cris- 
tal. Il importait de rechercher si artificiellement il est 
possible de souder ensemble des cristaux de glace assez 
intimement pour que la masse paraisse homogène d'as- 
pect. Les journées froides de décembre 1887 ont fourni 
snr les eaux dormantes de la glace extraordinairement 
belle; j'employai cette dernière à faire avec M. le prof. 
A. Heim une série d'expérience sur la fusion et le regel 
de la glace. C'était pour déterminer quelle influence la 
position respective des axes des cristaux soumis à l'ex- 
périence pouvait avoir sur le résultat du regeL On fit 
ces expériences sur des cubes et des plaques de glace que 
Ton taillait dans des blocs avec une scie chauffée. Comme 
dans la glace formée sur les eaux tranquilles les axes 
cristallographiques sont en général perpendiculaires à la 
surface du niveau, on pouvait présumer à simple inspec- 
tion la direction des axes. Pour plus de sûreté, on con- 
trôla cette direction chaque fois avec l'appareil de pola- 
risation. Le regel des cubes ou des plaques s'effectua dans 
on espace dont la température était de peu de degrés su- 
périeure à 0^. On polit d'abord les surfaces sur des pla- 
ques métalliques planes, d'abord sur une chaude puis 
sur une seconde à la température du local; puis on plaça 



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386 



L£ GÊLASS DO fii^Afyai 



les piaqoes Tane sur Taiitre de façon qu'aucune trace 
d'air ne se troavit eo^irBonnée entre deux : on atteint 
ce bot en frottant et glissant l'nne contre l'autre les pla- 
ques. Les cubes ainsi posés l'un sur l'autre furent placés 
sous une presse à tîs que Ton serrait et desserrait alter- 
nativement. Après plusieurs heures, le r^el était com- 
plet et souvent à tel point que Toeil nu ne pouTait plus 
distinguer les soudures. Pour eipérimenter ensuite la so- 
lidité ou l'adhérence des soudures par regel, on plaça, 
d'après le procédé ima^né autrefois par Hmm, les cubes 
regelés entre les plateaux d'une presse hydraulique de fa- 
çon que les soudures fussent perpendiculaires aux pla- 
teaux, soit dans le sens de la pression, puis on exerçait 
une pression croissante. 

Si Ton faisait l'expérience dans un local au-dessus de 
zéro, les premières fentes se produisaieot en général sous 
reflfot de la pression soi?ant les surfaces de r^. On pou- 
vait en conclure que dans ces surfaces de soudure la co- 
hésion était moindre que dans l'intérieur du cristaL Eo 
outre, il se produisait une petite dififêrence sous le rap- 
port de la solidité des soudures suiyant que les axes prin- 
cipaux étaient parallèles ou qu'ils faisaient un angle en- 
tre eux, en ce sens que dans le premio* cas (soudures à 
axes parallèles) la solidité était un peu plus grande. Cette 
différence se manifeste le mieux quand les trois cubes à 
soumettre au regel sont placés sous la presse dans la po- 
sition qu'indique le schéma ci-contre : 



B 



-< > 


\ 

1 

1 


1 
1 

Y 



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LE GRAIN DU GLACIER. 387 

Même lorsqu'on laissait le bloc sans le mettre sous 
presse, mais en ne le supportant que par le cube du mi- 
lieu et en le laissant exposé à Tair chaud, c'était le cube 
de gauche qui se détachait le premier, suivant la surface 
A de séparation, et quelques temps après une seconde 
fissure se produisait en B. 

Le résultat est tout autre quand les morceaux unis par 
le regel ont été exposés à une température inférieure à 
0°, et quand les essais de résistance ont lieu dans un 
local au-dessous du point de congélation. Dans ce cas, 
les fentes se produisaient, sous l'action de la presse, dans 
le sens de la pression, partout à travers la masse et sans 
liaison aucune avec les surfaces de regel. Nous concluons 
de ces expériences ce qui suit. Le regel de deux blocs de 
glace, lorsqu'il est bien exécuté, est parfait et tout à fait 
indépendant des positions respectives des axes princi- 
paux ; c'est-à-dire se produit de telle sorte que la cohésion 
dans les plans de soudure est tout aussi forte que dans 
Tintérieur du cristal. Par l'effet de la chaleur, cependant, 
c'est sur ces plans de soudure que commence à s'affaiblir 
la cohésion, et même un peu plus tôt dans le cas où les 
axes principaux sont perpendiculaires ou inclinés les 
QDS sur les autres que lorsqu'ils sont parallèles. Nous 
pouvons donc dire que les plans de soudure par congéla- 
tion de deux cristaux que l'on comprime artificiellement 
se comportent exactement comme les soudures de deux 
cristaux formés sur un lac ou un glacier. Le fait que la 
glace des lacs ne se résout pas aussi facilement que celle 
des glaciers, sous Teffet du soleil, en cristaux séparés, 
s'explique par l'expérience et par le raisonnement : tous 
deux montrent en effet que des cristaux soudés parallèle- 
ment à leurs axes se sépareront moins vite par la fusion 



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388 LE GRAIN DU GLAGER. 

que des cristaux dont les axes sont inclinés les uns sur les 
autres. 

Les vues qui yiennent d'être développées montrent que 
la formation et l'accroissement du grain du glacier ne 
sont pas une conséquence de son mouvement : car, dans 
de la glace tout à fait immobile, il peut se produire des 
grains et ces grains peuvent s 'accroître. Mais, néanmoins, 
le grain a une relation avec le mouvement du glacier, et 
nous devons encore éclaircir comment les grains intime- 
ment soudés ensemble se comportent vis-à-vis du mouve- 
ment de translation du glacier. En d'autres termes, com- 
ment trouverons-nous dans la structure grenue du glacier, 
telle que nous l'admettons, la plasticité nécessaire pour 
l'écoulement de la masse glaciaire? 

Des expériences faites par plusieurs naturalistes et 
aussi par moi, il semble résulter qu'un individu d'un 
cristal de glace, surtout dans le voisinage du point de 
fusion, possède une certaine plasticité, comme le sel 
gemme. Mais elle ne peut presque pas jouer de rôle dans 
les déformations dues à son mouvement, car l'étude op- 
tique des grains isolés ne dévoile aucune déiormation 
essentielle sous le rapport des axes optiques. Il est bien 
possible, mais nullement démontré, que des déplacements 
moléculaires se produisent lors du glissement dans le 
sens du plan des axes secondaires; c'est à cela peut-être 
que tient Je fait que les axes secondaires se manifestent 
moins nettement par \q» figures de fusion sur la glace 
des glaciers que sur celle des lacs. La cause principale qui 
explique la plasticité nécessaire pour le mouvement, nous 
devons la chercher dans les faces de soudure des cristaux 
ou du moins dans les phénomènes qui s'y produisent Et 
c'est encore le regel qui nous permettra de trouver la 
solution de la question. 



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LE GRAIN DO GLACIER. 389 

Imaginons une plaque de glace consistant en cristaux 
différents réunis et formant une couche, et admettons, 
pour simplifier, que tous les cristaux soient des cubes 
ayant la même orientation et l'épaisseur de la plaque de 
glace. Comment pouTons-nous nous représenter qu'une 
telle plaque se déforme sans que l'adhésion des cristaux 
soit supprimée? Si on cherche à courba la plaque en lui 
appUquant une force extérieur^ il se produira une com- 
pression du côté concave et une tension du côté convexe 
entre les cristaux. En outre, si la plaque se trouve à la 
température de fusion, la pression abaisse le point de 
fusion du côté concave et produit une liquéfaction aux 
endroits des soudures. Du côté convexe, l'extension ou- 
vrira en fentes les soudures, et ainsi l'eau liquéfiée du 
côté concave s'introduira dans les fentes du côté convexe. 
Cette eau ne manquera pas de se congeler aussitôt 
qu'aura cessé la pression. Il en sera de même que dans 
l'expérience connue dans laquelle on fait passer un fil 
chargé d'un poids à travers un bloc de glace, la glace 
fondant sans cesse sous la pression du fil et regelant au- 
dessus. Dans notre plaque, sous l'effet de la force qui la 
fait gauchir, il y a transport de glace par les surfaces de 
soudures du côté concave au côté convexe, et la plaque 
prend ainsi une courbure permanente. En outre, les 
grains cubiques changent de forme : ils s'élargissent du 
côté convexe et se rétrécissent du côté concave. Dans la 
nature, les grains soudés n'ont pas la forme régulière de 
cubes, mais une forme très irrégulière. Sous l'action de 
forces de flexion, la pression et l'expansion se répartiront 
très irrégulièrement sur les soudures. Mais, encore dans 
ces conditions, des particules de glace passant à l'état 
liquide se transporteront du côté de la pression vers celui 
Archives, t. XXIIL — Mai 1890. 24 



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390 LE GRAIN DU GLACIER. 

de Texpansion et il en résultera que, grâce à une com- 
pensation constante entre les différences de pression et 
d'expansion à Tintérieur, un changement se produira 
dans la configuration générale de la masse. 

Dans ce phénomène, il se produit une sorte de roule- 
ment des grains les uns sur les autres, et cela explique en 
partie la forme des grains, qui sont très souvent articulés 
ou emboîtés. 

Dans ce qui précède, nous croyons avoir exposé l'ori- 
gine, la manière d'être, la croissance et la forme du grain 
du glacier, en nous basant sur des observations variées 
sur le glacier même et sur diverses expériences sur la 
glace. Nous croyons avoir aussi expliqué les points essen- 
tiels du phénomène par l'effet de forces physiques con- 
nues. Mais, maintenant, il reste à confirmer et à com- 
pléter ces notions dans leurs détails par un aussi grand 
nombre d'observations possibles faites sur place. J'aban- 
donne avec plaisir cette tâche à de plus jeunes chercheurs, 
qui peuvent allègrement visiter les glaciers, les gravir 
jusqu'à leur sommet ou descendre jusque dans leurs pro- 
fondes crevasses. 

Bâie, avril 1890. 



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SUR LA THÉORIE 

DKS 

INTERFÉRENCES DE UONDE ÉLECTRIQUE 

PROPAGEE DANS UN FIL CONDUCTEUR 
ET DU RÉSONATEUR* 

PAft 
M. I^ BE I.A BITS 



I. Réflexion aux extrémités. 

La décharge électrique oscillatoire du vibratear de 
Hertz, lorsqu'elle se propage dans un fil conducteur isolé 
à ses deux extrémités, donne lieu à des interférences de 
force électro motrice. Le fil tendu horizontalement est en 
eontact par un bout avec une plaque métallique placée 
en regard d'une des capacités du vibrateur, et l'autre bout 
reste Ubre. L'étincelle du résonateur circulaire, dont le 
plan est maintenu normal à la direction du fil, ofifre des 
alternances d'intensité le long du fil assimilables aux 
nœuds et aux ventres de l'onde sonore dans un tuyau 



^ Sur la résonance multiple des ondulations électriques de 
Hertz le long de fils conducteurs par Ed. Sarasin et L. de la Rive. 
ArMves, férrier 1890, t. XXIU, p. 113. 



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392 INTERFÉRENCES DE l'ONDE ÉLECTRIQUE. 

ouvert. Cette analogie implique la réQexion aux extrémi- 
tés sans laquelle du reste les interférences ne peavent 
pas s'expliquer. Je me propose d'appliquer au mouTe- 
ment oscillatoire électrique la théorie de la réflexion 
multiple aux extrémités d'un tuyau sonore. C'est admet- 
tre l'hypothèse d'une onde électrique cylindrique propa- 
gée sans diminution d'intensité suivant l'axe du fil et 
sinusoïdale. Dans ce qui suit, la quantité qui est assimi- 
lée à la vitesse d'oscillation de la tranche de l'onde so- 
nore est Tinteusité de la force électro motrice exercée par 
l'élément du fil dans le plan normal au fil passant par 
cet élément. 

Soit A le bout du fil à partir duquel l'onde initiale se 
propage, B l'autre bout ; / la longueur totale, x la distance 
entre le point considéré M et l'extrémité B, m et n les 
coefficients de réflexion aux deux bouts, r et s les retards 
produits par la réflexion, X la longueur d'onde, 7 la durée 
d'oscillation. La force électromotrice en A est E sin inijr, 
où E est une constante. Au point M considérons la résul- 
tante de l'onde initiale et de l'onde réfléchie une pre- 
mière fois en B dans l'hypothèse d'une réflexion sans 
changement de signe; elle est donnée par 

Easin2ic f $ j 



(1) a = j/l+2mcos2ir(y'— (p) + m* 



(2) 

et l'on a 



û_^ sm iic^ -f m sm 2;ccp 
tang 2îr^ = — ^-^ —S 

ces ÎTcy + m ces 2^9 



i+x+r l — x 



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INTERrtR£NCES DE l'ONDE ÉLBCTIUQaE. 393 

Considérons en second lieu la résultante de Tonde 
réfléchie une seconde fois en A et de l'onde réflé- 
chie une troisième fois en B. Faisant / = r + Tr et 

Y = [2/ + r 4- s]jl, l'amplitude reste la même que dans 
le cas précédent au coefficient près, mn ou |ui, et 4> ne 
change pas. Redonnant à Torigine du temps sa première 
Taleur, on Toit que la seconde résultante diffère de la 
première par le facteur fi de l'amplitude et la constante 

Y ajoutée à la phase. En procédant de la même manière, 
CD obtient une suite de résultantes partielles dont les 
phases sont ^, 4> + T, 4> + 2y, etc., et les intensités ' 
dy 0(1, 0(1*, etc. On les compose en appliquant la règle 
ordinaire. La force totale est exprimée par 

EAsin2ir(l — $,) 

Afin de simplifier faisons disparaître la phase 4> par un 
changement d'origine du temps; *^ devient T,; A et Y, 
sont déterminés par 

Acos2««', = a[l + (tcosîicSr + (t"cos2ic2Sr+ ] 

Asin2ir«-^ =a[|isin2«q^ + (t*sin2ir2q^+ ] 

Les séries des seconds membres ont des valeurs con- 
nues qui sont respectivement 



1 — ;t cos 2ff y |tsin2icr _ 

1 — 2(tcosîicV + |i2 1 — 2|icos2;ct+|i' 



* Dans le cas des ondes sonores ou lamineuses l'intensité est 
étalaée par le carré de la Titesse de yibration, mais Pintensité 
électromotrice eUe-mème est exprimée par la yariable dans l'onde 
électrique. C'est l'énergie qui est analogue à l'intensité lumineuse. 



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394 INTERFÉRfiNGES DE l'ONDE ÉLEGiaïQUE. 

d'où résulte 

(3) A = 



V^l — 2|i.cos2;r*'+[i.2 

Revenant à l'origine initiale du temps, on a *, = Y^ -f- ^ 
et les équations (3) et (4) donnent la solution complète. 

Les conséquences de ces formules sont les suivantes : 

i^ La valeur de A indépendamment du point consi- 
déré est maxima ou minima suivant que 2w est un nom- 
bre entier pair ou impair et par conséquent suivant que 
i + (r -|- «)/2 est un nombre entier pair ou impair de 
fois X/4. 

S<> Quelle que soit la valeur de T, l'intensité 
pour les points M présente des maxima et des miuima 
successifs^ comme le montre l'équation (i) lorsque 
^(<f — <f) est un nombre entier pair ou impair. Rempla- 
çant 2(<p' — <p) par sa valeur, on voit que pour les ventres 
aî=2a/4—r/2, et pour les nœuds x=(2/fH-l)X/4—r/2. 
Les ventres et les nœuds se succèdent à un quart de lon- 
gueur d'onde à partir du premier nœud dont la distance 
à l'extrémité B est seulement X/4 — r/2. Les intensités 
au ventre et au nœud sont proportionnelles ai -j- m et 
1 — m et sont par conséquent peu différentes si m est une 
petite fraction. 

De ces deux conséquences, la première n'a pas été jus- 
qu'ici vérifiée ^ pour des fils dont la longueur est de plu- 
sieurs longueurs d'onde. Il faut remarquer que le rapport de 

' Archives, loc. cit., p. 158. 



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INTERFËBENGES DE L'oNDE ÉLECTRIQUE. 395 

Tintensité do maximum et du minimum de A de Téqua- 
lion (3) est dooné en faisant m = n par 1 -|- m^ji — m* 
quantité notablement plus petite que 1 -|- m/1 — m, si 
m est une petite fraction. De plus, la comparaison des 
intensités par l'étincelle du résonateur, lorsque les inten- 
sités à comparer ne se succèdent pas immédiatement, 
offre encore d'assez grandes difficultés. 

Les résultats expérimentaux sont conformes à la se- 
conde conséquence'. La distance constante des nœuds et 
des ventres successifs permet de déterminer la valeur de 
1. Le rapport 1 + m/1 — m, en admettant que l'inten- 
sité soit proportionnelle à la longueur de l'étincelle, ce 
qui est admissible pour une longueur très petite, quelques 
centièmes de mm., se trouve étrei environ 3/2, valeur qui 
rend m égale à 1/5 et explique ainsi que le rapport 
1 — m'/l -f- ^\ égal à 24/26, ne puisse pas être éva- 
lué. La distance du premier nœud à l'extrémitS donne 
pour la quantité r/2 une valeur qui parait être propor- 
tionnelle à X et à peu près X/10. 

Dans la démonstration de la formule, j'ai supposé que 
la réflexion à l'extrémité A se fait aussi sans changement 
de signe. Or le fil en A est en contact avec une plaque 
métallique d'une grande capacité et l'expérience a mon- 
tré qu'une plaque semblable disposée à l'extrémité B donne 
lieu à une réflexion avec changement de signe, mais le 
retard s laissé implicite peut être supposé égal àX/2 + ^y 
ce qui laisse subsister les résultats énoncés. On peut en 
dire autant du retard r, et, en supposant en A une réfle- 
xion avec changement de signe, on obtiendra la transfor- 
mation des nœuds du cas précédent en ventres et récipro- 

' Aréhvoes^ loc. cit., p. 141 et suiyantes. 



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396 INTERFÉRENCES DE l'ONDE ÉLECTRIQUE. 

quemenl. Je n'insiste pas sur cette seconde confirmation 
de la théorie, parce qu'elle ne fournit pas jusqu'ici d'élé- 
ments nouveaux suffisamment précis sur l'ondulation 
électrique. 

U. Résonateur. 

Le résonateur est un fil conducteur dont les deux ex- 
trémités sont rapprochées l'une de l'autre de manière à 
donner lieu à une étincelle de la décharge oscillatoire qui 
s'y propage. On peut montrer que les conditions aux- 
quelles le résonateur circulaire doit satisfaire d'après la 
théorie des réflexions multiples sont celles qui ont été 
trouvées par l'observation. 

Soient a et b, dans la figure i, les extrémités du réso- 
nateur. Une décharge oscillatoire ayant son origine en 
se propage simultanément vers d et vers b, et il s'agit 
de déterminer la différence de potentiel aux points a et 6 
d'où dépend la production de l'étincelle. Sans assimiler 




la densité électrique sur la surface du conducteur à la force 
électromotrice, j'admets qu'elle est, comme cette der- 



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INTERFÉRENCES DE L*ONDE ÉLECTRIQUE. 397 

Di^e, oscillatoire avec la même période» qu'elle se réflé- 
chit sans changement de signe, et qne les formules de la 
réflexion multiple lui sont par conséquent applicables. La 
différence de potentiel est proportionnelle à la différence 
de densité et la densité, propagée le long du résonateur 
comme s'il était rectiligne, donne lieu à des interférences 
à partir des extrémités avant que Tétincelle se produise. 
D'après ce qui précède, on voit que a et 6 sont des ven- 
tres, avec une diminution d'intensité à cause de la per- 
turbation à l'extrémité, ei que leurs densités sont liées 
Tane à l'autre par la distribution des nœuds intermé- 
diaires le long du conducteur. Dans le cas actuel, la réfle- 
xion aux deux bouts est identique et par conséquent 
m =: A, |x = m\ « = r. La plus petite valeur de / qui 
doDne le maximum général de A est X/2 — r, d'où résulte 
en faisant de plus x = o dans les éq. (I), (S), (3), 



(4) A = J/ l + 2mcos^ + m* 



1 — m» 



,g tang 2irf> = — sm — 

cos-r — f-m 

Le numérateur de A est inférieur à 1 -|- m et 4> infé- 
rieur à 1/2, valeurs correspondant à un point fictif à une 
distance r/2 au delà de l'extrémité. Dans ces conditions 
la densité de l'onde électrique possède en a l'intensité 
maima dont elle est susceptible, et en b une intensité égale 
et de signe contraire. Il en est de même pour l'onde réflé- 



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398 INTERFÉRENCES DE L'ONDE ELECTRIQUE. 

chie une première fois en b et par conséquent, soit pour 
Tune soit pour l'autre, la différence cherchée est maiima. 
De plus les deux nœuds relatifs aux extrémités a et 6 
coïncident en d où la densité est minima et cette super- 
position est la condition nécessaire d'un état électrique 
possible de maximum d'effet. On voit ainsi que la rela- 
tion d'égalité trouvée entre le demi -périmètre du résona- 
teur et la distance du premier nœud \ c'est-à-dire 
X/4 — r/2, s'explique par l'hypothèse des réflexions mul- 



Chacune des ondes donne donc en a et 6 des densités 
de différence maxima, mais il faut chercher à quelle dif- 
férence donne lieu la résultante totale et quelle est l'in- 
fluence de la position du point d'origine o \ Afin d'éclair- 
cir la question, je commence par la simplifier en suppo- 
sant deux ondes de même intensité partant du point 

^ Ed. Sarasin et L. de la Rive, loc. cit. p. 148. 

* Je dois à M. A. Potier, dans une lettre relative à ce si]get, de 
m'avoir rappelé que l'on doit composer les deux ondes et indiqaé 
sommairement la valeur de la résultante : « Je vois bien qu'une 
onde, partant de o vers d^ donne naissance après réflexions multi- 
ples à un système permanent avec nœud en d, ventres en a et 6; 
que l'onde, partant de o vers h donne le même résultat, et si je 
compare le résonateur à un tuyau, en appelant A l'amplitude au 
ventre du premier mouvement, B celle du second, x la distance 
d'un point au nœud d^ je suis amené à la représenter par des 
expressions A sin 2nxlX sin 2jr t/r et — B sin 2n xX sin 2jr (//r — ç?), 
la différence des phases (p dépendant de la position du point 
excitateur, si je traduis bien votre pensée ; elle est nulle si ce point 
est le point d et va en croissant à mesure qu'il s'éloigne; la 
différence est q-> - 1/4 dans la position ordinaire. Ces deux mouve- 
ments se superposent, je ne vois pas pourquoi vous les q^pelez 
indépendants ; si A = B, ce qui paraît vraisemblable, on sait qne 
l'amplitude résultante sera 2A sin n <p. Elle serait nulle si le point 
excitateur est en d, égale à AV^2 s'il est en c mais croîtrait encore 
si le point excitateur se rapprochait de h. » 



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INTBRFtoBNGES DE l'oNDE ÉLECTRIQUE. 399 

d'origioe. Soient ^ ei 1/2 — $ les valears données par (4) 
el (5) et y la distance comptée snr le cercle de 6 à o. 
L'onde allant de d vers o donnerait en a a?ec un point 
initial eab, — « sin 27r(//T -}-i); le point excitateur se 
brooTant à une distance y de b, la phase est diminuée 
de y/>. rt on a — e &m iTitjr + 5 -f- y/X). Au point 6, 
une première réQexion en a multiplie l'amplitude par 
I» et ajoute à la phase (/ — y)/X + 5 c'est-à-dire 
1/2 — yjl ce qui donne me sin 27r(//T + 5 + Î/A)- 
On trouTe par un calcul semblable que l'effet de Tonde 
allant de o vers b donne en 6, e sin 27r(//T + 5 — rjX — j//X) 
el en fl, — me sin 2 n (//r + 5 — r/X — yjX). Faisant la 
somme des valeurs respectivement en a et en b, la diffé- 
rence des densités simultanées désignées par u et u^ est 

(6) a'-ii = 2(!+m)éJsin2x(;^ + 8-^)cos27rQ + ^) 

On voit que pour y = X/4 — r/2, lorsque le point 
excitateur est en d, la différence est nulle et qu'elle crott à 
partir de cette valeur jusqu'à y =r o où le maximum 
d'amplitade est 2(1 -\-m)ecos ttî. 

On constate expérimentalement qu'en effet l'action est 
nulle dans le premier cas, mais qu'elle atteint son maxi- 
mum lorsque le point excitateur, c'est-à-dire le point le 
plus rapproché du fil agissant, se trouve à une distance de 
b un peu moindre que le quart du cercle, au lieu de con- 
tiauer à crdtre jusqu'à 6. En outre on observe que l'in- 
tensité décroit beaucoup moins rapidement lorsque o à 
partir de cette position va vers b qu'en sens inverse et 
qu'elle reste notable jusque dans un voisinage presque 
immédiat de 6. Cette contradiction dans la position du 



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400 INTERFËRENGES DE L'ONDE ÉLECTRIQUE. 

maximum entre la théorie et l'expérienoe semble pouToir 
s'expliquer en tenant compte de la manière dont le fil 
excitateur agit sur le résonateur, c'est-à-dire du fait que 
les deux ondes supposées égales d'intensité» cessent de 
l'être et qu'il se produit une onde en sens contraire à 
partir du point a, lorsque o s'approche de b, comme le 
montre la figure 2. 




Il faut admettre, en efiet, que l'action électromotrice, 
se produisant dans tout le champ cylindrique dont le fil 
excitateur est l'axe, donne lieu en chaque point du cerde 
à une onde élémentaire. Il en résulte que pour une posi- 
tion du point telle que celle de la figure % tandis que 
l'onde ode est complète, parce qu'elle se développe dans 
un demi-cercle entier, l'onde ob est notablement moins 
intense et laisse, à cause de la solution de continuité en 6, 
la portion de demi-cercle as donner lieu à une troisième 
onde se propageant de a en e. Celle-ci fait naître en a une 
densité dont la phase avance sur celle de l'onde od d'à peu 
près i/2, puisqu'elle se propage directement à partir de o, 
et finit par la neutraliser lorsque le point o vient en 6. 



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INTERFÉRENCES DE l'oNDE ËLECTRIQUE. 401 

Il est donc éTîdent que le maximum doit se produire pour 
uoe certaioe valeur de cb qui n'est pas nulle. Je ne Cûs 
id qu'indiquer cette complexité vraisemblable de l'action 
du fil sur le cercle, qui laisse place à un développement 
plus complet de la théorie. 



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SUR L'ACCÉLÉRATION 



DBS 



ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES SECONDAIR 



PAR 



Nous reproduisons à peu près textuellement la | 
tie du travail de M. Trouton dans laquelle il établit 
remarquable analogie entre la théorie de Tonde élec 
magnétique et certaines conséquences du principe d'B 
ghens dans le cas d'une onde non limitée. On sait qi 
étendant indéfiniment les limites des intégrales de 
fraction on obtient Téclairement normal, c'est-à-dire I 
tensité inversement proportionnelle à la distance, n 
que la phase du rayon résultant est plus grande de 
que celle du rayon obtenu directement. Autrement 
cette phase est telle que le supposerait une route de 
plus longue que la distance parcourue par la lumièr 
partir de la source. Par une analyse approfondie 
mode de propagation de l'onde électrique dans le vo 
nage du vibrateur, l'auteur est conduit à voir dans c 

^ PhUosophiccU Magazine^ mars 1890, p. 268. 



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ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES SECONDAIRES. 403 

difficQlté de l'optique théorique une conséquence de la 
distribution de Tétat vibratoire près du point vibrant^ ou 
tout au moins à signaler un rapprochement plausible. 

Rappelons que dans une étude mathématique ^ M. Hertz 
a déduit de la théorie de Maxwell le mouvement électro- 
magnétique déterminé dans le diélectrique ambiant par 
le vibrateur et obtenu une solution qui s'accorde avec les 
résultats expérimentaux et les coordonne. Le champ élec- 
tromagnétique est rapporté à Taxe du vibrateur, qui est 
l'axe de révolution de la surface de l'onde, comme axe 
de^ 2 et à deux axes rectangulaires dans le plan normal 
au premier passant par le centre. Pour les points de ce 
plan, à la coosidération desquels se limite l'auteur du 
présent travail, la force électromotrice Z est parallèle à 
l'axe des z et la force magnétique est dans le plan et de 
•pins perpendiculaire au rayon vecteur joignant le point 
considéré à l'origine. 

Considérons en premier lieu la force magnétique; elle 
est donnée par ' 

'-f[-'<x-f)+èHi-i)] 

où f est le rayon vecteur, X la longueur d'onde et t la du- 
rée de l'oscillation. Pour les petites valeurs de r, P dé- 
peud du cosinus et pour les grandes du sinus ou, ce qui 
revient au même, du cosinus en remplaçant la variable t 
par ^-?/4. Ceci indique une accélération de t/4 dans la 
vitesse de propagation en passant du voisinage immédiat 
du vibrateur à une grande distance. 

' Wiedetnann's Anndlen^ 1889, n» 1 ; ArchiveSy 1889, t. XXI. 
* Dans la valenr de P du mémoire cité, une faute d'impression 
a supprimé le premier facteur 1/r. Archives, précéd. cit., p. 566. 



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404 ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES SECONDAIRES. 

Ne nous contentons pas de cette indication et ( 
chons comment varie ia vitesse de propagation qui 
respond à une valeur constante de P. Choisissons 
P la valeur zéro» d'où résulte, en remplaçant ^nft 
m et Stt/t par n, 

tang (mr — nt) = — \/mr 

équation qui, différentiée, donne 



V = — = V 

dt m-r* 



Vêtant la vitesse normale Ou >./r. On voit que pour r 
à zéro la vitesse est infinie et qu'à mesure que r grs 
elle se rapproche de sa limite V. M. Hertz a indiquée 
ment il faut interpréter cette valeur infinie dans le v 
nage du vibrateur ; elle implique le fait que l'énergie 
diante a son origine dans le milieu ambiant, qui se tn 
être la véritable source de l'ébranlement initial, puis 
Y apparaît simultanément avec l'ébranlement au cei 
Afin d'obtenir l'accélération due à la variation de li 
lesse le long d'un chemin très grand, on considère l'i 
^ale 

dont la limite, lorsque N devient un grand nombre, 
Nt-t/4. Le calcul de cette intégrale, en remplaça 
par la valeur ci-dessus, n'offre pas de difficulté. Sij 
lieu de donner à P la valeur zéro, on choisit celle [ 
laquelle P est maximum ou minimum déterminée 



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Om)RS ËLECTROMAGNiTlQUES SEOORDAIRBS. 405 

dPjdi = 0, la valeur de r est la même. D'autre part, 
eeUe vitesse se trouve être aussi celle avec laquelle se pro- 
page, dans la représeotation grapUque de Tonde \ la 
drconférenoe qui est la ligne de f(»roe pour la valeur zéro 
deQ. En effet, la valeur de Q ' égalée à zéro donne, de 
même que d Pjdt, la condition tang (mr — ru) = mr. 

Considérons en second lieu la force électro-motrice 
dont l'expression est 



-f[- 



. , ,. cos(mr— ni) , slnfiwr— lU) 



mr mr» 



qui ne permet pas de conclure à une accélération zji 
comme dans le cas de P. Cherchons de nouveau la vitesse 
de propagation correspondant à la valeur zéro de Z ; on 
trouve 

tang(mr— nO = 



i— wV 
et, en différentiant. 

On voit que v a une valeur infinie pour les deux va- 
leurs de r, et X/ttI/S, celte dernière valeur pouvant 
être remplacée approximativement par X/4.4. Pour les 
points intermédiaires la vitesse est négative, c'^t-à-dire di- 

* ArdUves^ précéd. cit. Le lecteur qui a sons les yeux les figures 
repr^entant la propagation des lignes de force doit y remplacer 
À par ^ et substituer dans le texte t/2 à t, parce que l'oscillation 
simple du mémoire original est la moitié de l'oscillation totale. 

' ArdtiœSy précéd. cit., p. 526. 
AacHivEs, t. XXIII. — Mai 1890. 28 



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406 ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES SECONDAIRES. 

rigée vers le centre. On doit remarquer que dans Téqa 
tion de condition» tu =:mr- arc tang. mr/l-mV, 
second membre pour des Taleurs finies de r croissant 
passe par un minimum qui n'est pas zéro; ce minimu 

a lieu pour la même valeur de r, l^2/m, qui annule 
facteur mV — 2 et rend la vitasse infinie. C'est do 
seulement à partir de la valeur correspondante de 
laquelle est égale à T/2-0.12r, que la valeur zéro de 
peut se produire dans le champ. La représentation gr 
phique de l'onde interprète correctement cette circo 
stance de la propagation. Il faut se rappeler que les cou 
bes sont celles de l'équation Q = Constante et que 
dépend de Q par la relation Z = l/r x dQjdn où dn i 
l'élément de normale entre deux courbes voisines; la c 
rection de Z est la tangente à la courbe. La valeur zé 
de Z correspond donc au point où la courbe se réduit 
un cercle infiniment petit, puisque Q ayant la mëi 
valeur sur tous ses points, dQ est nul en passant d'u 
extrémité à l'autre du diamètre. On doit se représenter 
petit cercle de la figure 4 comme la section par un pi; 
méridien d'un anneau à section circulaire émis p 
rayonnement à partir du vibrateur. 

Évaluons le temps de propagation de Tonde par l'i 
tégrale 

rdr l r l ^ mr 1 
I — = -^ '' arc tang ^ -^ 

à prendre entre les deux valeurs de r choisies pour limite 
En prenant NX pour limite supérieure et pour limite inf 
rieure X/4.4, c'est-à-dire le point où paraît la valeur zéi 

de Z, on trouve t(N- 1/4.4) -r/âTr arc tang. 1^2 où 



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ONDES ëlbctromagnéuques secondaires. 407 

première partie est le temps normal. Si Ton compte la 
durée de propagation à partir de l'origine du temps, il 
faut ajouter au résultat obtenu par l'intégrale le temps de 
l'apparition au point X/4.4, ce qui donne Nr, et si l'on 
compte à partir du moment où la valeur zéro de Z, reve- 
nue vers le centre, l'atteint, ce qui a lieu à t/2, on trouve 
Nt-t/2. Dans aucun des deux cas, cette durée de pro- 
pagation ne correspond à un chemin réellement parcouru 
et l'on se rend bien compte des conditions du phéno- 
mène en comparant la marche simultanée de l'onde ma- 
gnétique et de l'onde électromotrice. La première, dont 
la propagation peut être, comme on l'a dit, assimilée à 
celle de la circonférence Q = 0, atteint un point situé 
à une grande distance avec une accélération de r/4 sur la 
dorée déterminée par la vitesse normale et définitive. 
Quant à la seconde, la valeur zéro de Z ne peut pas être 
considérée comme se propageant à partir du centre où elle 
se produit théoriquement pour l'origine du temps, mais 
sans se communiquer au milieu ambiant. Elle y est si- 
multanée avec la valeur maxima de P, et comme, d'autre 
part, pour une grande distance, P et Z ont simultané- 
ment leur maximum et leur minimum, il faut qu'entre 
les deux époques le minimum de Z ait subi un retard de 
t/4. Cette condition est satisfaite par la disparition au 
centre de la valeur zéro de Z et sa réapparition en X/4.4, 
point à partir duquel elle se propage de manière à se 
retrouver en accord avec P. 

Si, au lieu de choisir la valeur zéro de Z, on con- 
sidère celle pour laquelle Z est maximum ou minimum, 
on trouve la même expression pour la vitesse de propaga- 
tion, de manière que le point X/4.4 peut être considéré 
comme la véritable origine de l'ébranlement. Par suite de 



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408 ONDKS ÉLEGTR0MA6NÉTIQUBS SKœNDAIRES. 

la transformation de Ténergie dans le voisinage do vibra 
teur, passant de la forme magnétique à la forme électro 
motrice, c'est en ce point qu'elle atteint en premier liei 
son maximum à un instant qui précède de t/8 enviroi 
celui du maximum au centre, t/4. Cette valeur maximal 
se propage, soit dans le sens de l'onde, soit vers le centre 
à partir de ce point. De même que pour la valeur zéro, I 
double fait du point de départ autre que le centre et d 
la variation de vitesse met, pour une grande valeur de i 
Tonde électrique en accord avec l'onde magnétique. 

On est ainsi amené à se demander si l'ébranlemeii 
élémentaire qu'il faut considérer lorsqu'on applique I 
principe d'Huyghens n'est pas analogue à celui qui es 
produit par le vibrateur de Hertz. Chaque ébranlemen 
isolé présenterait en effet des extrémités ou pôles éqniva 
lents aux densités électriques opposées du vibrateur. L 
seul mode connu pour provoquer un ébranlement lumi 
neux étant la présence de la matière pondérable, i 
semble plausible d'y assimiler l'ébranlement de Tond 
d'Huyghens. On peut objecter que le vibrateur étant ui 
conducteur, il y existe des courants de conduction, mais 
d'autre part, d'après l'auteur, il résulte d'expérience 
qu'il décrit plus loin qu*un diélectrique tel que du verr 
agit par réflexion et donne lieu par conséquent à ui 
ébranlement élémentaire. 

L'étude de M. Trouton, qui a trait encore à des phé 
nomènes de réflexion justifiant son titre, mérite, noui 
semble-t-il, d'attirer l'attention et de se joindre aux re 
cherches mathématiques ayant pour objet la liaison de: 
phénomènes électriques avec ceux de l'élasticité, liaisor 
implicitement contenue dans la théorie de Maxwell. Ër 
résumé, le retard de X/4 du principe d'Huyghens se trouv( 



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ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES SECONDAIRES. 409 

identique à celui de l'onde magnétique du vibrateur» 
laquelle, d'autre part, caractérise aussi bien l'onde élec- 
tromotrice, puisque cdle-ci finit par être en accord avec 
elle pour une valeur suffisamment grande de r. En assi- 
milant l'état vibratoire de l'élément d'onde lumineuse à 
celui de l'élément de l'onde électromagnétique, supposé 
lui-même conserver les propriétés de l'onde de grandeur 
finie, on a une solution de la difficulté dont il s'agit, 
puisque dans la composition de l'onde pour un point éloi- 
gné il faut diminotr de X/4 la distance. En d'autres 
termes, le mécanisme de l'état vibratoire est tel que si 
Ton considère chaque élément de la surface de l'onde 
comme vibrant isolément, on doit, comme conséquence 
de cette décomposition, diminuer la phase d'un quart. La 
phase de l'état vibratoire de l'élément est définie dans 
cette hypothèse par celle de la force magnétique à l'ori- 
gine et se trouve identique à celle de la surface de l'onde 
d'Huyghens. Quant à l'étal vibratoire de la force électro- 
mouice de l'élément isolé des éléments voisins, on peut 
l'assimiler à ce qu'il est dans le voisinage du vibrateur, 
et cette hypothèse ne change rien à la règle de composi- 
tion consistant à diminuer la phase d'un quart. 

L. DE LA Rive. 



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SUR LA 

THÉORIE DES DISSOLUTIONS 



FAK 

M. €h.«Kd. OVUiLAirHE 



Des découvertes très importantes faites coup sur a 
tournent, en ce moment, l'attention des physiciens et 
physico-chimistes du côté des dissolutions, et des coi 
quences que Ton peut en tirer concernant la constitut 
de la matière. 

Les recherches théoriques ou expérimentales dan: 
domaine sont si nombreuses qu'en refaire ici la bib 
graphie nous entraînerait beaucoup trop loin; elles s 
presque toutes consignées dans la Zeitsckrift fur physi 
lische Chemie dirigée par MM. van T'Hoff et Ostwalc 
c'est dans cette revue que Ton peut en suivre le dé?el 
pement. M. Étard vient d'en faire un excellent rési 
dans la Revue des Sciences \ 

On admet aujourd'hui que, dans bien des cas, un 
dissous est en partie dissocié (Ârrhénius); c'est, jusqi 
la seule hypothèse qui puisse rendre compte de certi 
phénomènes considérés au début comme des anomal 

* Paris, Doin, n® du 15 avril. 



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THÉORIE DES DISSOLUTIONS. 414 

Mais on est allé plus loin; par des considérations tber- 
modynamiqaes do plus haut intérêt, M. von Helmholtz 
conclut à la nécessité de la dissociation partielle de l'eau. 
Ce résultat est si important, qu'il n'est pas inutile d'en 
contrôler directement les conséquences. 



I 



Reprenons d'abord la marche suivie par Tillustre phy- 
sicien. Tandis que la théorie élémentaire de Télectrolyse 
nous enseigne que l'eau ne peut être décomposée en ses 
éléments par une force électromotrice inférieure à une 
limite donnée, l'expérience montre que toute force élec- 
tromotrice entretient un courant durable à travers le 
liquide. Dans bien des cas, les impuretés suffisent à 
l'expliquer ; mais, lorsque tout a été purifié et nettoyé 
avec beaucoup de soin , le phénomène se produit 
encore, et il faut avoir recours à une autre exphcation. 
D'après M. von Helmholtz, le courant résiduel est dû à 
une électrolyse de l'eau, dans laquelle les gaz dissous 
dans le liquide ou préalablement occlus dans les électro- 
des fournissent à la réaction Ténergie qui manque au 
courant, puis, se dégageant dans le voisinage des électro- 
des opposées, traversent le liquide par diffusion, et re- 
commencent perpétuellement le même cycle. La sensibi- 
hté des méthodes électriques permet de déceler un cou- 
rant entretenu par une quantité de gaz prodigieusement 
faible, et, quoi que l'on fasse pour éloigner les gaz, il en 
reste toujours un peu. 

En outre, l'expérience montre que, au moment où 
commence l'électrolyse visible, rien dans le régime du 



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12 THÉORIE DES DISSOLUTIONS. 

durant ne permet de supposer que les forces cliimiqoi 
ni été vaincues subitement par les forces électriques. 
La thermodynamique rend fort bien compte de ci 
lénomènes. Si Ton calcule la valeur de la fonclion 
le M. von Helmholtz nomme énergie libre du systèn 
alériel (fonction caractéristique de M. Massieu changi 
) signe), en partant de l'expression de l'énergie tota 
je possèdent les gaz H et dissous dans l'eau, et cel 
) l'eau elle-même, on trouve, pour la différence de c 
jantités, l'expression 

F^— Fa« = A + B (i — Logt?fc) + C (i — Log»o) 

Â, B et C contiennent la température comme seu 
iriable; v^, et v^ sont les volumes spécifiques que devr< 
3sséder le gaz au-dessus du liquide pour produire 
)ncentration considérée de la solution gazeuse. Ou, ( 
langeant la valeur numérique de la constante Â, ( 
3ut dire aussi que r^ et r^ représentent le volume spé( 
:|ue des gaz dissous. 

Cette équation nous enseigne que, plus l'eau est pu 
3e de gaz, plus la différence F^ — F^^ diminue; il en ( 
3 même de la force électromotrice de décompositio 
ni lui est proportionnelle. Cette conséquence a été véi 
ée pai* l'expérience pour des pressions du gaz varia 
itre la pression atmosphérique et 10 mm. d'eau en^ 
)n. 

Mais l'auteur va plus loin. Au point de vue pureme 
Lathématique, il est permis de donner à v^ et v^ des v 
iurs telles que F^ — F^ < 0. Dans ce cas, l'équilib 
'est plus possible, et l'eau doit tendre à se décompos 
a une solution gazeuse jusqu'à ce que F^ — F^, = < 



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THÉœUE DES DlSSOLUnOMS. 4i3 

Un certain nombre de molécules sont sacrifiées» et assu- 
rent ainsi Texistmce des autres. 
La quantité de gaz tonnant suffisante pour assurer 

l'équilibre serait de 0,2655,1036 -^, 

Nous pouvons chercher à nous représenter quelle 
serait la répartition d'une quantité de matière aussi 
faible. 

Supposons, d'après les théories généralement admises, 
que la molécule d'eau soit «x)mposée de 1 atome de et 
de 2 atomes de H. La masse moyenne de ces atomes est 
^ale à I de la masse d'une molécule d'eau. Ce nombre 
est assez approché de 0,26 pour qu'on puisse admettre 
pour simplifier que 1036 molécules d'eau contiendront 
on atome de gaz; deux atomes gazeux voisins seront 

donc, en moyenne, séparés par 10"«" = 10*' molé- 
coles d'eau. 

D'autre part, il existe de nombreuses déterminations 
de la grandeur absolue des molécules, ou de la distance 
des centres de deux molécules dans un solide ou un 
liquide. Bien que la plupart des raisonnements dans ce 
domaine soient peu rigoureux, les résultats sont telle- 
ment concordants, qu'on peut leur accorder quelque 
vraisemblance. La limite supérieure est généralement 
fixée à 1 mfx', la limite inférieure, un peu au-dessous de 
0,1 mpi. 

Or 10'' ro/x = 1 km.; suivant la valeur adoptée pour 
la grandeur de la molécule, nous serions donc conduits à 
conclure que deux atomes isolés seraient distants de 
lUO m. à 1000 m. Il est bien évident que ces atomes 

^ MiUième de micron. 



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414 THÉORIE DES DISSOLUTIONS. 

ne peuvent exercer aucun effet sur l'équilibre générai 
du liquide. 

Il faut donc renoncer à la conclusion, au moins nu- 
mérique à laquelle entraîne la supposition F, — ^aq = 0, 
et chercher la cause de la contradiction. Pour y par- 
venir, il convient d'établir d'abord quelques propriétés 
générales des dissolutions, évidentes du reste, et qu'il 
sufiBt d'énoncer. 



II 



Les célèbres expériences de Bessel ont démontré que, 
jusqu'aux extrêmes limites des mesures les plus précises, 
on ne constate aucune action spécifique des corps à 
grande distance. Les quantités qui entrent au numéra- 
teur dans la formule d'attraction de Newton sont unique- 
ment les masses des corps, c'est-à-dire que l'accélération 
de la pesanteur est la même pour tous les corps. Si, par 
exemple, nous plaçons à 1 m. de distance deux sphères 
de \ cm. de diamètre, respectivement remplies d'hydro- 
gène et d'oxygène, elles s'attireront comme si elles 
étaient remplies des mêmes masses d'un seul de ces gaz. 
Mais, à une distance très petite, il n'en est plus de 
même; les corps exercent une action spécifique les uns 
sur les autres. Il serait très aventureux d'admettre que 
cette action cesse jamais; tout ce que nous pouvons dire, 
c'est qu'à partir d'une certaine distance, aucune méthode 
de mesure ne permet de la constater. Pour simplifier les 
raisonnements qui suivent, nous supposerons que Tac- 
tion spécifique des corps est appréciable jusqu'à une cer- 
taine dislance, rigoureusement nulle à partir de là. C'est 



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THÉORIE DES DISSOLUTIONS. 445 

ainsi que doqs parlerons du rayon de la sphère d'action 
des molécules, comme s'il était parfaitement déCni. Les 
résultats seraient du resie exactement les mtaies, si nous 
ajoutions toujours le qualificatif sensible à l'expression 
ipAâne étaeiion\ 

Les expériencees bien connues de MM. Quincke, Pla- 
teau, Henry» etc.» conduisent à admettre que le rayon de 
la spb^e d'action moléculaire est de 0,05 a environ. En 
debors de cette spbère qui lui est concentrique, une mo- 
lécule en dissolution n'exerce plus aucune action sur le 
liquide dans lequel elle se trouve. D'après ce qui a été 
dit, et en admettant la limite inférieure pour la grandeur 
des molécules, nous pouvons admettre que iOOO molé- 
cules en ligne droite trouveront place sur le diamètre de 
la spbère d'action de la molécule centrale, et qu'une mo- 
lécule contient, dans sa spbère d'action, un nombre de 
molécules de l'ordre de 10*. 

Lorsqu'un corps quelconque est en solution dans un 
liquide, il tend à se répandre uniformément dans le dis- 
solvant; l'uniformité est définitivement assurée par la 
diffusion, mais on sait dans quelle mesure elle peut être 
favorisée par des procédés mécaniques. En apparence, 
les molécules du corps dissous se repoussent; plus exac- 
tement, elles cbercbent à atteindre de:^ portions du li- 
quide dans lesquelles le nombre spécifique des molécules 
du dissolvant soit aussi grand que possible. Mais cette 
tendance à l'uniformité n'est pas indéfinie; chaque molé- 
cule du corps dissous tend à n'avoir dans sa sphère d'ac- 
tion qae des molécules du dissolvant, et, comme les affi- 



^ Nous ayons renoncé à Pexpression rayon d'activitéj le mot 
aetivUé étant plutôt synonyme à^énergie que de force. 



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416 THÉORIE DES DISSOLUTIONS. 

nités sont d'autant mieux satisfaites que les molécules du 
dissolvant situées dans la sphère d'action des molécules 
du corps dissous sont plus nombreuses, les molécules dis- 
soutes tendront à s'éloigner jusqu'à ce que leurs sphères 
d'action soient tangentes; à partir de ce moment, elles 
seront complètement indépendantes. 

Supposons qu'une solution soit juste assez concentrée 
pour que les sphères d'action des molécules dissoutes 
puissent être tangentes; ces molécules se placeront en 
réalité de manière à remplir cette condition; nous dirons 
alors que la solution est à la concentration critique. Mais, 
si l'on ajoute une certaine quantité du dissolvant, les 
molécules dissoutes deviennent libres dans une certaine 
mesure; la concentration maxima d'une portion du li- 
quide ne pourra pas être supérieure à la concentration 
critique; mais il n'y a aucune raison physique qui s'op- 
pose à ce que cette concentration s'abaisse jusqu'à zéro 
pour des espaces très petits. La répartition des molécules 
n'est plus régie que par la loi des grands nombres \ On 
peut envisager la solution comme un mélange quelcon- 
que d'une solution uniforme minima avec le dissolvant. 
La valeur de la concentration critique est comprise entre 
un millionième et un milliardième. 

Lorsqu'un corps est soluble dans un liquide, le mini- 
mum de solubilité doit être suffisant pour que l'on puisse 
atteindre la concentration critique. On peut, en effBt, se 
figurer toutes les molécules dissoutes rassemblées dans 
une portion du liquide de manière à réaliser la concen- 
tration critique; elles sont sans action réciproque; il ne 

* Nous faisons évidemment abstraction de toutes les forces 
extérieures. 



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THÉORIE DES DISSOLUTIONS. 417 

se fonnera donc aucun précipité, et de nouvelles quanti- 
tés de matières pourront se dissoudre dans le reste du li- 
qoidepur. 

ÂB-dessous de la concentration critique, toutes les 
propriétés de la solution doivent varier proportionnelle- 
ment à la concentration; au-dessus, la loi de variation 
est fréquemment la même, mais ne Test plus nécessaire- 
ment. Si, donc, on pouvait déterminer exactement le 
pCHot où diTerses propriétés des solutions cessent d'être 
rigoarensement proportionnelles à la concentration, on 
aurait one relation numérique entre la grandeur des mo- 
lécules et le rayon de leur sphère d'action. Il n'est pas 
certain que Ton y arrive jamais, mais une autre propriété 
pourra sans doute être soumise plus facilement au con- 
trôle de l'expérience; c'est la suivante : 

On admet généralement que la dialeur de dissolution 
diminue asymptotiquement avec la dilution. Si nos consi- 
dérations sont exactes, la chaleur de dissolution doit être 
rigoureusement nulle au-dessous de la concentration 
critique. 



m 



Revenons au point de départ de ces considérations : la 
contradiction signalée entre les conséquences d'une équa- 
tion, et les données d'un raisonnement immédiat. 

On pourrait admettre d'abord que la molécule est 
composée d'un nombre très grand d'atomes, qui peuvent 
se répandre uniformément dans le liquide; si leur sphère 
d'action était la même que celle de la molécule, leur 
nombre devrait être de iO'* au minimum. 

L'hypothèse inverse conduirait à supposer que les va- 



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418 THÉORIE DES DISSOLl 

leurs numériques des paramètres d 
pas constantes; déterminées pour 
moyennes, elles se modifieraient se 
solutions très diluées, et assignerai' 
de 10'^ à la concentration de la s( 
rant l'équilibre. 

Mais il faut reconnaître que ces 
peu probables les écarts étant beaui 
cause de la contradiction doit être cl 
en donnant à Vf, et t;^ des valeurs ( 
que Ton annule la différence F^ — 
de se poser la question : Peut-on 
spécifique d'un gaz ou d'un autre 
valeur positive quelconque? Pour 
question est résolue négativement 
de la matière. La notion de la < 
conduit à admettre qu'il en est de 
supérieure. Lorsque les molécules s 
unes des autres, c'est-à-dire lorsqu 
soustraits à leur action, ces espaces 
ajoutés à ceux qui environnent les 
poser un espace total, donnant le n 
spécifique, dont le dénominateur c 
de matière comprise dans cet esp 
volume spécifique d'un corps dis 
concentration critique; pour une 
tous les espaces qui ne sont pas co 
d'action d'une molécule doivent é 
comme s'ils n'existaient pas. 

Il est donc légitime de douter qu 
renferme, comme conséquence, la 
ciaiion spontanée de l'eau. 



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NOUVEL APPAREIL 



POVB HOHTRER LES 



VARIATIONS DE LA TENSION SUPERFICIELLE 

DES LIQUIDES 



M. F. I.BCOHTB 

Profetsenr à Oand. 



Je rappelle d'abord une modification apportée par 
mon bien?eillant professeur, M. Van der Mensbruggbe, 
à des appareils qu'il a décrits antérieurement dans 
U Nature, n^ du 28 juillet 1888 (voir fig. 4, p. 137). 

M. Van der Mensbrugghe tend à travers un cadre carré 
en fil de fer de 10 centimètres de côté, des fils plus fins, 
de manière à partager approximativement la surface en 
centimètres carrés. On pourrait appeler cet appareil la 
ganfre capillaire (voyez fig. 1, plan et élévation). Cette 
gaufre est reliée par quatre fils partant des sommets à un 
bouchon de 65 mm. de diamètre et 25 mm. d'épaisseur. 
Le bouchon est traversé au milieu par une tige rigide qui 
supporte une petite corbeille destinée à recevoir du lest. 



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420 VARIATIONS DE LA TENSIOP 

Od met le petit appareil dans^ 
Teau et on le leste de manière que 
quelques millimètres. On l'enfon 
pour amener la gaufre au nivea 



Fig. 1. 

l'excès de la poussée, l'appareil es 
par la tension superficielle : il se 
concaves sur toute la longueur des 
ques tâtonnements, on parvient 
manière que la résultante verticale 
tension superficielle, augmentée i 
surpasse très peu la poussée du 1 
minue la tension superficielle en 
gaufre de la poudre de savon ou d 
l'appareil abandonne la surface liq 
quement. Si l'appareil est bien r 
force dont nous avons parlé tantôt 
de déboucher au-dessus de la gaufi 
de l'éther pour provoquer le mou^ 
expérience est d'un effet magique. 
Dans l'appareil analogue que j's 
ment de translation verticale est r 
vement de rotation. C'est une gauf 



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DES UQUIDES. 421 

de mêmes dimensions que la précédente ; Tan des côtés 
da carré porte des prolongements sur lesquels on enfile 
des demi-boucbons. Deux de ces bouchons, qui restent 
fixes, portent des tiges verticales ramenées ensuite bori- 
zontalement. Une tige transversale, placée à cbeval sur 
ces deux premières, supporte une petite corbeille. 




■3: 




Fig. 2. 
Plan, éléyation et coupe. 

Od commence par déposer la gaufre sur l'eau avec 
précaution. Il s'agit ensuite de régler Tappareil. En effet, 
les poids mis dans la corbeille enfoncent de plus en plus 
le côté prolongé du carré gaufré, et à un moment donné 
il peut y avoir submersion. On évitera cet accident en 
tournant les demi-bouchons de manière à augmenter le 
volume plongeant dans Teau. Ainsi compris, les bouchons 
sont de véritables régulateurs. Pour le poids maximum 
que Ton met dans la corbeille, il faut que Tarète longue 
ne s'enfonce pas sensiblement au-dessous du niveau de 
l'eau. Le fonctionnement de l'appareil se comprend très 
facilement : on met de la grenaille de plomb et du sable 
dans le panier, et le côté opposé du carré se soulève, tend 
Archives, t. XXIII. — Mai 1890. 26 



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4âi VARIATIONS DE LA TENS 

à abandonner le liquide. U arrive u 
sion superficielle seule du liquide 
alors on diminue cette tension par 
qués plus haut» on voit immédiate 
buter. On peut attacher dans Tui 
longue tige de graminée portant un 
Tindei décrit un grand arc de cercle 
la culbute se produit; cet artifice re 
sible de loin. Enfin, on peut rendre 
précipité en fixant des palettes sur I 
rieur de l'eau. 

L'appareil que je viens de décrin 
esthétiques des flotteurs de M. Va 
mais il est plus facile à construire, 
à employer, car il n'exige pas un 
règle plus commodément. Enfin, il c 
il fonctionne également sous l'in 
d'éther. 



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DEUX 

NOUVEAUX ÉTHERS NITRIQUES BUTYUQUES 

PAB 

M. le pr«f. Jaeqnes BBBTOMI 

de 1* R. Académie navale de LÎToome. 



L'on connaît depuis un quart de siècle quatre alcools 
batyliques^ dont l'isobutylique seul a été, jusqu'à présent, 
transformé en étber nitrique. Une des causes qui a re- 
tardé la formation des trois autres éthers mérite d'être 
rappelée, savoir la certitude de détruire un matériel pré- 
deox, dont la préparation s'est toujours montrée pas 
inal difficile, même jusqu'à ces derniers temps. 

Je laisserai de côté le trimétbylcarbinol, car on saisit 
à priori qu'il n'est pas possible de le transformer dans le 
nitrate correspondant, ni avec l'acide nitrique en pré- 
sence de l'urée, ni par la métbode de Gbapman. Il est 
probable qu'on n'arrivera point à le préparer même par 
Toie indirecte. Cela m'oblige à me borner, pour le moment, 
aux deux autres alcools butyliques, normal et secondaire, 
n est bien vrai que le passage de ces alcools à l'état d^éthers 
nitriques n'est guère sans obstacles, surtout lorsqu'il s'agit 
de l'alcool secondaire. Ce fait a sans doute retardé la con- 
naissance de leurs nitrates. L'idée que les chimistes les ont 
laissés de côté par leur importance scientifique et prati- 



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424 DEUX NOUVEAUX 

que minime, me semble de bien pe 
éthers nitriques n'ont profité à I 
nitro-glycérine, le fulmicoton et U 
ces corps ont bien suffi à justifi 
continuellement de ces éthers, mèi 
laient, pour le moment, qu'un int( 

Si rétude des principaux term< 
de composés organiques est par 
tante, la recherche de tous les me 
ne l'est pas moins, car elle entrain 
vertes minutieuses qui effacent i'i 
en montrant des analogies nouvel 
utiles. 

Au point de vue de l'intérêt th 
concernant la préparation des dei 
porter d'abord sur l'éther nitrique 
ensuite sur l'alcool butylique sec 
sur le nitrate butylique primaire 
difficultés techniques m'ont oblig 
indiqué; elles m'ont en effet empê 
ration de l'éther nitrique par l'aie 
que je pense pouvoir effectuer dai 
voies indirectes. Il est bien connu, 
des alcools à s'éthérifier diminue ( 
primaires normaux, jusqu'aux pri 
mifiée; s'affaiblit rapidement da 
spécialement chez les tertiaires, 
minime. 

Je décrirai donc en premier lii 
l'alcool butylique normal et ensui 
tylique secondaire. 



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NITRIQUES BUTYUQUES. 425 



Nitrate butyuqce morhal. 

J'emploie, dans la préparation de cet éther, Talcool 
butyliqae normal tiré de la fermentation de la glycérine 
et tel qu'il sort de l'usine F.-A.-C. Kahibaum de Berlin. 

Cet alcool par lui-même de fort bonne qualité, parfai- 
tement déshydraté à l'aide du Cîirbonate de potasse et 
ayant un point d'ébullition constant entre 115 et 116^ 
C, a été fait égoutter par portions de 10 ce. chaque, 
dans 30 ce. d'un mélange de 2 vol. d'acide sulfurique 
concentré et 1 toI. d'acide nitrique 1.4, plongé dans un 
mélange frigorifère. On agite sans cesse l'alcool qui dé- 
goutte, afin d'empêcher que la température ne s'élève au 
delà de 0^, dans un point quelconque de la masse, évi- 
tant de la sorte des réactions secondaires, qui entraîne- 
raient la destruction totale du produit désiré. L'opération 
achevée, on abandonne le mélange à soi, durant l'espace 
d'oD quart d'henre, pour que la réaction se complète; on 
le verse ensuite sur de la glace. On voit bientôt paraître 
à la surface du liquide une couche huileuse, qui tombe 
au fond, lorsqu'on ajoute de l'eau en excès, cela à cause 
de la densité affaiblie de la solution acide. 

On répète cette préparation à loisir, on recueille le 
produit de chaque traitement et l'on sépare au moyen 
d'un entonnoir à robinet. On agite l'éther avec une solu- 
tion diluée de carbonate de soude, on lave plusieurs fois 
avec de l'eau. On récolte le produit et on le fait sécher, 
pendant quelques jours, au contact du nitrate de calcium 



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426 DEUX NOUVEAUX ÉTHERS 

anhydre, que Ton renouvelle jusqu'au moment où il se 
montre inaltéré, même après une semaine. 

L'éther ainsi obtenu, distillé sur du nitrate caldque 
donna, au premier abord, quelques ce. d'un liquide 
bouillant à 134°. Dès que le thermomètre s'éleva à 
135°, le liquide se prit à distiller et continua ainsi avec 
régularité jusqu'au passage presque complet du produit, 
cela entre 135 et 137°. Si Ton reprend la distillation, od 
voit que la plupart du produit est un liquide bouillant à 
136° environ, savoir : le nitrate butylique nomuU. 

Propriétés. L'éther ainsi préparé est un liquide lim* 
pide, incolore, ayant une odeur et une saveur agréables 
d'étber, douceâtre, rappelant d'abord le nitrate d'éthyle> 
puis pénétrant et brûlant sans d'ailleurs provoquer ce 
mal de tète, qui est éveillé par son isomère préparé par 
MM. Wurtz et Chapman. 

Insoluble dans l'eau, il est soluble dans l'alcool, l'éther,. 
l'acide acétique, etc. En présence des acides sulfurique, 
chlorhydrique, sulfhydrique il se comporte tout à fait 
comme le nitrate isopropylcarbinolique. Il brûle avec une 
flamme olivâtre. Son point d'ébullition est à 136°, son 
poids spécifique à 0°, de 1,048. Il n'engendre point 
d'insomnie à l'instar de son isomère isobutylique. Lors* 
qu'on le surchaufié, il fait entendre une détonation. 

L'analyse a fourni les résultats suivants : 

D'après Pexpérience : D'après le calcul: 

C... 40.58 40.33 

N... 11.36 11.76 

Ces chiffres autorisent la formule G*H*NO'. L'éther 
nouveau a donc, par sa genèse et ses propriétés, la con- 
stitution que voici : 



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NITRIQUES BUTYUQUES. 427 

I 

I 
I 



II 

Nitrate buttuque secondaire. 

La préparation de cet éther a été précédée par des 
essais infructueux. Les résultats ont été négatifs avec la 
méthode classique de Millon. Je ne veux pas cependant 
en conclure qu'il soit Traiment impossible de préparer le 
nitrate, directement avec de l'acide nitrique et de l'urée. 
J'ai dit plus haut que les alcools secondaires sont diffi- 
cilement transformables dans les nitrates correspon- 
dants. 

La méthode qui a fourni les meilleurs résultats est 
toujours la même ci-dessus exposée. On a eu cependant 
toujours la précaution d'opérer chaque fois avec des 
petites proportions et lentement, à des températures tou- 
jours inférieures à 0"^ et d'agiter sans cesse, dans le but 
d'éloigné toute réaction secondaire. Malgré ces soins, 
les opérations n'eurent, au premier abord, aucun succès. 

Les différentes portions recueillies, lavées et séchées, 
ont fourni un produit bien caractérisé, savoir : le nitraie 
huiylique secondaire. 

Propriétés. Ce nitrate est un liquide incolore, mobile. 



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428 DEUX NOUVEAUX ÉTHERS 

ayant une odeur agréable, étbérée, insoluble dans l'eau, 
soluble dans Talcool, le sulfure de carbone, etc. Il se 
décompose plus facilement que ses isomères (normal, pri- 
maire et iso), par Thydrogène sulfuré, en isolant du sou- 
fre, par le sulfate ferreux, en déposant de l'ocre, par 
l'acide sulfurique en développant des vapeurs rutilantes. 
Le point d'ébullition est de ISi"^, le poids spécifique à 
0^ de 1.0382. Le nitrate, chauffé à quelques degrés 
au-dessus de son point d'ébullition, est explosif. 
L'analyse a donné les résultats suivants : 



'après l'expérience : 


D'après le calcul: 


C... 40.24 


40.33 


N... 11.90 


11.76 



L'étber décrit peut donc être représenté par la formule 
C*H*NO'. Sa composition est la suivante : 

CH* 

I 

I 
CH* 

I 
CH* 

Je ne saurais admettre que la coïncidence des points 
d'ébullition et des poids spécifiques dans l'étber en ques- 
tion et dans son isomère isobutyliqae soit fortuite. Il 
est impossible de rien décider là-dessus, sans ad- 
mettre, en base à une hypothèse qui a cependant peu 
de valeur, que, durant la réaction, le groupe NO' soit 



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NITRIQUES BUTYUQUES. 429 

remplacé par des méthyles terminaux en produisant le 
nilrate isobutylique, ou que, inversement, l'alcool isobu- 
tjliqae se transforme sous l'action des acides nitriques et 
sulfuriqaes en nitrate butylique secondaire. C'est aux 
recherches expérimentales de montrer si une telle trans- 
position est possible. 

Lhroarne, Laboratoire de chimie générale et technologique. 



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REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

POUR L'ANNÉE 1889 

PAR 
MM. Em«st FAVBE A Haiis BCHARirr. 

(Suite et fin.) 



Terrains cénozolques. 
ÉOCÈNE ET OLIGOCÈNE. — M. HOLLANDE ' a décrfl lôS 

terrains tertiaires de la Savoie, spécialement de la régioD 
subalpine aux environs deCbambéry. Après avoir rappelé 
que dans cette région, comme presque partout ailleurs, 
ces terrains reposent en transgression sur la craie et le 
néocomien, l'auteur en donne Ténumération suivante : 

Aquitaniek. 
16. Fausse mollasse à Sabcd LamanoHi8?BrgïL Grès très déve- 
loppé dans la vallée de Leschaux, à Bellecombe, etc. 
15. Marnes rouges à Hélix ^; formant la base de la mollasse et 
reposant sur l'oligocène. 

TONORIEN. 

Série d'assises alternativement marines et d'eau douce, dont la 
partie supérieure a le faciès du flysch et l'inférieur est un 
terrain de charriage renfermant des Nummulites; ce sont : 

^ Hollande, Dislocation des montagnes calcaires, etc. BulL Soe, 
\%8t nat de Savoie, 1889, III, 128-142. 

^ M. Hollande a eu l'obligeance de nous communiquer des échan- 
tillons de Hélix de ce niveau ; nous avons reconnu H, rugulosoy 
V. Mart. et H, suhîenHcula, Sandb., qui se trouvent tous deux 
dans les marnes de la mollasse rouge du pied du Jura vaudois 
(Montcherand, etc.); un exemplaire, mal conservé, parait être H. 
Echingeneis, Sandb. 



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REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE, ETC. 431 

14. Flysch oligocène à facoldes et à écailles de poissons. Ce ter- 
rain est très déyeloppé an village des Déserts. On y a trouvé 
aussi quelques feuilles de Cinnamomum, 
13. Couches à Operadints et Cardita Laurœ^ terrain à fades va- 
seux. 
12. Grès et sables à Byihmia Dvibuiasom. Grès et amas de sable 
souvent très blanc; fossiles difficiles à extraire dans les grès. 
11. Couches à polypiers. 

10. Poudingue à cailloux néocomiens et à Naiica crassaima. 
Ces deux fades ne forment qu'une assise, car les polypiers 
se trouvent en amas dans les divers niveaux du poudingue; 
la couche à polypiers, dont la roche se délite* facilement, 
renferme beaucoup de fossiles (polypiers et Nat. crassa- 
tina). Le poudingue repose souvent sur l'urgonien, dont il 
contient les débris, mêlés de galets de calcaire noir, le 
tout cimenté par une pâte calcaire, un peu ferrugineuse. 
9. Grès grossier s'interposant parfois entre l'urgonien et la 
couche 10; il contient des débris de roches étrangères à la 
région et de petites Nummulites différentes de celles du flysch 
et du calcaire éocène. Ailleurs on trouve un 
8. Poudingue à cailloux de quartz, de roches granitiques et por- 
phyriques, de silex, de calcaires noirs ou gris, passant à un 
sable de plus en plus an et finalement à de la glaise. Les 
fossiles font défaut dans ce terrain. 

Dans leur ensemble, ces couches représentent une for- 
mation oligocène et leurs fossiles marquent le passage 
à Téocëne dans la partie inférieure, tandis que vers le 
haut, Ifô feuilles de plantes terrestres les rapprochent 
du miocène. Les fossiles les plus remarquables trou- 
tés dans ces assises (9-14) sont : 

NwmmMlUes variolaria, Sow. ScissureUa DepontaiUeri, Cossm. 

Natica crossattna, Lam. Pîeuratoma Bouvieriy Cossm. et L. 

> angustaUiy Gras. B^ifnia Dubuiêsoni^ BouiU. 

PeeUnpietus, Goldf. Cardita Laura. 

Troàm$ VincetUi, Cossm., Lamb. Cyiherea ^endida, 
Ottrea gigantea, Brand. > subaratOj Sandb. 

Cerithium Damdi, Cos. et Lamh. Opercidina. 

» CotUaui^ » > PlocophyUia ealcicul<tta. 

» Lamarckû 



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432 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

ËooÈHB sup^RnEVR. M. Hollande réunit dans ce groupe les fades 
du âysch et la partie supérieure du calcaire nummulitique 
(à JV. striata). 

7. Grès de Taveyannaz. Ce terrain n'existe pas dans le massif des 
Beauges, mais bien au N.-E., dans le bassin renfermé entre 
les Vergys et la Pointe-Percée (Aimes et Reposoir); il ne dif- 
fère pas du grès typique de Taveyannaz. 

6. Flysch éocène à fucoldes et écailles de poissons; schistes plus 
ou moins micacés sur une épaisseur de plusieurs centaines de 
mètres, au N.-E. du massif des Beauges. 

5. Mollasse à nummulites alternant avec des calcaires nummoli- 
tiques. Les grès sont exploités sous le nom de mauyaise mol- 
lasse. 

4. Poudingue à gros cailloux jurassiques, néocomiens ou cristal- 
lins ; ce terrain se rencontre, comme le précédent, dans la 
vallée de Serraval et du Reposoir; il contient des cailloux de 
calcaire à Num. striata ; sa formation est donc postérieure à 
celui-ci. 

8. Calcaire à Nummulitea striata; se Yoit le mieux près des mines 
de Montmin et de Pemant ; calcaire compact, gris foncé, en 
transgression sur les couches éocènes plus anciennes et repo- 
sant quelquefois sur Purgonien; il atteint partout un grand 
développement. 

ÉocÈNE MOYEN, surtout caractérisé par des conglomérats surmon- 
tés de couches saumfttres, dans lesquels apparaissent sur plu- 
sieurs points des lits de lignite. 
2. Marnes noires à schistes foncés, avec lignite à Montmin, etc. 
Ces couches ont fourni les fossiles suivants : 

Natiea Vapincana, d'Orb. Mélania easteUata, Lam. 

» Picteti, Heb. et Renev. Cyiherea VUanavœ, Desh. 

Deshayesia àlpina, d'Orb. MytHus subobtusus, d'Arch. 

Cerithium trocMeare^ Lam., var. Carâ^m Bouyanum^ d'Orb. 
Diaboîi. » granulosum^ Lam. 

CerOhium hexagonum^ Chem. TrochrocyathusAUtmsensisjrojiT, 

» Wei^Jcauffi, Toum. Oydolites alpina, d'Orb., etc. 
» plicatum^ Bgn. v. alpinum. 

1. Calcaire grossier avec conglomérats à Nummulites perfaratOy 
base des dépôts éocènes; les conglomérats sont à pâte grise, 
glauconieuse, dont les matériaux sont empruntés au crétacé; 
plus haut viennent des calcaires, pétris de nummulites ; il n'y 



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POUR l'année 1889. 433 

a pas d'autres fossiles, sauf quelques mauvais moules de gas- 
téropodes et des polypiers. 

Cette succession d'assises éocènes est remarquable. 
Elle montre la superposition des niveaux à N. perfarata 
etiV. striaia qui occupent deux provinces bien distinctes; 
la province à iV. perforata s'avance au N.-E. vers la Suisse, 
tandis que celle à N. striata s'éteud vers le sud. Le flysch 
aussi subit des modifications; peu puissant dans les Beau- 
ges, il atteint une grande épaisseur dans la vallée du Re- 
posoir, où le grès de Taveyannaz le recouvre. De son côté 
l'oligocène, décrit plus haut, ne s'est pas déposé partout; 
il existe dans les vallées extérieures seulement, où préci- 
sément le flysch manque ou est très faible. Il y a donc 
transgression entre les divers niveaux éocènes; des mou- 
vements locaux assez importants ont eu lieu à diverses épo- 
ques, mais surtout entre Téocène et l'oligocène (tongrien). 
Le flysch s'est étendu par-dessus toutes les formations 
Dommulitiques et crétacées jusqu'au malm ; dans le mas- 
sif de la Grande-Chartreuse, séparé du massif des Beau- 
ges seulement par la vallée de Chambéry, on ne trouve 
aucune trace de la série tertiaire énumérée, à l'exception 
de l'aquitanien qui s'y rencontre sur la bordure ouest. 
Le parallélisme de l'éocène avec celui d'autres régions 
ressort facilement du tableau suivant : 



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434 



REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 




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erri et calcaires 
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POUR l'année 1889. 435 

M. Sacco * a cherché à fixer exactement l'horizon du 
hgorien, nom créé par M. Mayer-Eymar pour le flysch 
OQ madgno de la Ligurie. Le faciès du flysch a commencé 
à se former bien avant Tépoque du ligurien que Ton 
place habituellement entre le bartonien et le tongrien. 
L'anteur est arrivé à la conclusion que, dans la région 
de l'est, vers les collines de Casai, le bartonien, avec sa 
faane typique et son faciès habituel, se place au-dessus 
da ligurien, entre celui-ci et le tongrien. Ailleurs, il a 
constaté que le bartonien typique renfermait des débris 
arrachés du ligurien qui était alors déjà émergé. Le bar- 
tonien présente dans le haut un passage insensible au 
tongrien, tandis qu'à sa base, il passe d'une manière 
tout aussi graduelle au ligurien par l'apparition des 
zones de € calcare alberese. » 

M. Sacco admet cependant un sous-étage sestien, 
intermédiaire entre le tongrien et le bartonien, comme 
le montre le tableau suivant : 

Tonffrim, Marnes, sables et conglomérats. Nummulites striata, 

CardUa Laurœj Oyrena convexa^ etc. 
SesUen, Sables, grès ayec lentilles de lignite. NummtUites vasea, 

K BùwJieri, N. FiehteU, Orhitoides. 
Bartonien, Marnes et bancs calcaires, avec LUhothamniufn^ Num. 

complanaUlj N. bictrritzeims, JV. distans, N, striata, N, Luca- 

sanoy OrbitcUdes nombreux, Serpula spindeOy Ostr. gigantea^ 

0. Martinsi, etc. 
Ligwrien. Ghrôa (macigno), NummuUUs rares; ABsUina et Orbitoî' 

des (argile scagliose), cale, alberese avec fucoides; argilo- 

schiste avec HdnwUhoMes (flysch). 
Burisien, Calcaires arénacés riches en NufnmiUites (N, Bamondi, 

N. strimta, N. perfonOOj N. Lueaaana), ABsilina, etc. 

Rappelant ensuite le rôle du ligurien des régions 

^ F. Sacco, Le Ligurien. BuU. 8oc,géol. de France, 1889, XVII, 
212-229, 1 tableau. 



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436 REVUE GÉOLOGIQUE SUISSE 

voisines, où il occupe aussi le même niveau, M. Sacco 
constate la difficulté d'assigner au flysch un niveau pa- 
léontologique, à cause de la rareté de ses fossiles, lorsque 
des terrains fossilifères manquent dans son voisinage ; il 
mentionne les arguments tirés de la présence des Num- 
muliies dans un Certain nombre de localités des Alpes 
suisses. Il fait une critique de l'échelle des Nummolites 
de de la Harpe, dont il donne l'interprétation modifiée 
suivante : 

8. N. striées (zone sup.). ) n, . . « .. 

7. N. réticulées. I ^"°«"*" ** S*'*'*"- 

6. N. lisses. > -r» x • 

K HT ^ 'ji / si Bartonien. 

6. N. striées (zone moyenne) ) 

4. N. explanées (Assilines). ] 

3. N. granulées. [ Parisien. 

2. N. subréticulées. ) 

1. N. striées (zone inférieure). Suessonien. 

Le ligurien, tel qu'il a été créé, doit être placé au- 
dessus du bartonien et non au-dessous, comme on l'ad- 
met ordinairement. Le faciès du flysch a commencé 
déjà à se développer dans certaines régions pendant le 
crétacé, et peut-être même à l'époque jurassique. Il ne 
doit donc pas être attribué à un étage géologique déter- 
miné. Le nom de ligurien, apphqué au flysch de la 
Ligurie, doit être aboli comme nom d'étage bien qu'il 
puisse être conservé comme nom d'un faciès spécial. 

M. Mayer-Eymar ^ a décrit trois nouveaux Spondyles 
du parisien des Alpes ; ce sont Sp. alpinus, May.-Eym. ; 
Sp. Gottfrieii'Kelleri, M.-Ë. et Sp. multicarinatus, M.-E. 



1 Mayer-Eymer, Drei neue Spondylus ans dem unteren Pari- 
sian der Schweiz. Vierteljàfirschr. zûrch, fuUurf. Gesdlsch,^ 1888, 
1,66. 



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POUR l'année 1889. 437 

Miocène. — La formation d'eau doace du miocène su- 
périeur du Talion du Locle, appartenant à l'étage œnin- 
gien, a fourni à M. Jaccard ' beaucoup de fossiles, quoi- 
que le nombre des espèces soit peu abondant; certaines 
couches sont pétries de Planorbesy Umnées, Hydrobies, 
etc. A cette faunule malacologique s'ajoute un nombre 
relativement considérable de vertébrés. M. Jaccard décrit 
les découvertes faites successivement dans ce bassin, 
isolé du grand bassin suisse. On possède jusqu'à ce jour 
des restes plus ou moins bien conservés des espèces 
suivantes : 

Machairodus, deux très petites dents; Amphicyon, deux 
molaires ; Mastodcn, fragments de lames d'émail ; Dino- 
tkerium, une dent du D. bavaricum ; Listriodon splendens, 
dents et fragments de mâchoire; Rhinocéros cf. incisivus, 
molaire et canine; Hypotherium, portion du tibia; Palœo- 
meryx Scheuehzeri et autres espèces, dents et ossements. 
Cervuê ou Dinoceros, astragale ; Antilope cf. crùkUa, cornes ; 
Crocodilus, dents et plaques dermales ; Testudo Escheri, 
pièces de la carapace et du plastron; Trionyx, pièces de 
la carapace. Quoique appartenant avec certitude au 
miocène supérieur, les vertébrés du bassin du Locle et 
de la Ghaux-de-Fonds offrent certaines analogies avec 
la faune de Pikermi (Grèce) et celle du Mont-Léberon 
(Vaucluse) ; il reste à déterminer si elle ne se lie pas 
plutôt à la faune de Sansan et de Simorre. 

H. GoLUEZ et LuGEON ' ont décrit trois espèces nou- 

* A. Jaccard, Sur les animaux vertébrés fossiles de l'étage 
cndDgien du Locle. BuU. Soc. se, nat, de Neuchâtel, 1889. 

* GoUiez et Lageon, Note sur quelques Chéloniens nouveaux 
de la mollasse langhienne de Lausanne. Mém, Soc. pal. suisse, XYI, 
1889, 24 p^ le pi. — C. B. 8oe, vaud. se. nat Areh., 1889, XXII, 73. 

ABonvEs, l. XXin. — Mai 4890. 27 



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438 REVUE GÉOLOGiQnE SUISSE 

Telles de tortues fossiles de la mollasse de Lausanne. On 
connaît maintenant douze chéloniens de l'étage lan- 
ghien» quatre espèces terrestres, six paludines et deux 
fluYiatiles, ce sont : 

Testudo Escheriy Pict et Hamb. Cistudo Heeri^ Portis. 

» spec, ind., Portis. » Partisi, Goll. et Log. 

Ptychogaster Gaudini, Pict. et H. > Kunei, Goll. et Log. 

> rotundt/ormis,6oll.etLag. Ihnys spec. md.^ Pict. et Hmnb. 
Cistudo Bazumatoski, Pict. et H. Tricmyx LorioU, Portis. 

» Morloti^ Pict et Hamb. l'rachyaspis Lardyi^ H. v. Meyer. 

M. Lugeon' a signalé un nouveau gisement de fos- 
siles miocènes de l'époque langhienne dans la forêt de 
Sauvabelin sur Lausanne. 

Les bancs de mollasse granitique, exploités dans les 
cantons de Saint-Gall et d'Appenzell, appartiennent, 
d'après M. Meyer-Eymar, au miocène inférieur (lan- 
ghien d'eau douce). C'est dans une interstratification 
marneuse que furent trouvés, en 1887, deux fragments 
de mâchoire appartenant aux Rkinocetos mmutus, Cuv. 
Le gisement, signalé par M. Frûa*, est une carrière 
entre Rehlobel et Vogelherd (Appenzell, Rhodes exté- 
rieures), le voisinage a fourni de nombreux restes de 
plantes dicotylédones subtropicales. Un autre fragment, 
provenant de la mollasse du Speicher, est une partie d'un 
maxillaire inférieur de Rh. incisivus, Mey., avec trois mo- 
laires. 

M. RoTHPLETZ* constate que les observations de 

* C. B, Soc. vaud. se, nat Archives, 1889, XXI, 257. 

' D' J. Frûh, Reste Yon Rhinoceronten aus des granitiscliea 
Molasse von Appenzell a/Rh. Jahresber, St-GaU. naturf, Gesellsdi, 
1886-87. 

• A. Rothpletz, Ueber Gerôlie mit Eindrûcken. Nemes Jahrh. 
f. Min., 1889, 1, p. 93-94. 



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POUR l'année 1889. 439 

H. Friih, contenues dans son mémoire snr la nageiflah 
de la Suisse, confirment, malgré certaines différences, 
ses propres observations sur l'origine des galets impres- 
sionnés. M. Frûh admet que la dissolution des matériaux 
par les eaux d'infiltration pourrait ètre> dans une cer- 
taioe mesure, la cause des impressions observées dans 
les galets des poudingues miocènes, mais que la pression 
seule pouvait aussi produire des impressions. Suivant 
M. Rothpletz la pression ne peut être envisagée comme 
étant la seule cause des impressions, car on devrait eu 
trouver les traces dans toutes les formations; mais il 
soutient au contraire qu'elle en est la cause déterminante, 
en produisant, au point de contact des galets, une plus 
forte dissolution du minéral. Cela explique la pénétra- 
tion réciproque des galets les unes par les autres. Cette 
manière de voir repose sur des observations certaines et 
bien constatées par des expériences. 

A la fin de son étude sur les Alpes suisses, M. Schmiot ' 
rappelle l'origine probable des matériaux qui composent 
les poudingues miocènes du plateau suisse qui forment 
le sujet de la belle étude de M. Frûh (Revuê pour 4887); 
il insiste sur le fait que certaines roches cristallines con^ 
tenues dans cette formation détritique ne sont pas méta« 
morphosées, tandis qu'elles le sont dans leur gisement 
primitif des Alpes, ce qui parait indiquer que leur émi- 
gration est antérieure à la grande dislocation de la 
chaîne. M. Schmidt pense que les blocs exotiques du 
flysch et certaines klippes sont les restes de montagnes 
disparues ayant existé ^tre la Forét^Noire et les Alpes, 
• idée analogue à celle émise, il y a longtemps déjà, par 
Studer et plus tard par Bacbmann. 

* Loe, cit.<f p. 46, etc. 



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440 REVUE GÉOLCX 

PUOGÈNE. M. ROLUBR ' a 

St-Imier, un gisement de plie 
des Vivipara, et qui se trouve 
ciaire. 

M. Sacgo * a publié une él 
pin de Valsesia (Piémont). Il 
sancien, asUen, fassanien, Qi, p 
le saharien, le diluvien et la 
des terrasses. Il conclut que, f 
mer pénétrait dans la vallée ( 
fiord et y a déposé les assisi 
indiqués. Le plaisancien, qui 
s'élève à 400 mètres ; ce soi 
bleus, interrrompus de cou( 
caillouteuses. L'astien se con 
quefois de graviers; il s'él 
500 mètres. Le fossanien ofi 
ches graveleuses et caillouteus( 
allant jusqu'à 500 mètres et 
littorale ou de delta. 

Terrains QUATERNAmEs. - 
SAN * a publié un volume si 
déterminé, accompagné et su 
glaciers quaternaires; cet ouvi 
actuel de nos' connaissances s 

L'auteur établit dans Tintr 



^ C. B. Soc. vaud.sc, tuU. Archi 

* D' Fréd. Sacco, Il pliocène E 
Comit. geol Itcd., 1888, n- 9 et 1( 

* A. Faisan, La période glaci 
France et en Suisse. Bibl, scient, 
105 fig., 2 pi. 



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POUR l'année 1889. 441 

chaleur à la surface du globe, et son influence sur les phé- 
nomènes naturels du monde inorganique et du monde 
organisé; il décrit les modifications qui ont conduit peu 
à peu à l'origine de la période glaciaire. Les théories les 
plus Tariées ont été imaginées pour expliquer les dépôts 
erratiques ; des savants illustres n'ont pas su discerner 
ce que Perraudin, un simple montagnard, a démontré à 
de Charpentier. Ce nom restera toujours lié, avec celui 
de Veneiz, à la théorie actuellement admise. Après les 
Alpes suisses, les Alpes françaises, les Pyrénées, le ver- 
sant italien des Alpes, les Alpes orientales, bavaroises et 
autrichiennes furent explorées avec soin, et partout se 
montrèrent des traces d'anciens glaciers. Et maintenant 
il n'est aucune partie du globe où l'on n'ait pas trouvé 
des traces du phénomène glaciaire. 

M. Faisan décrit ensuite le mode de formation des ter- 
rains d'alluvion en général et des dépôts glaciaires en 
particulier. La période dans laquelle se sont formés ces 
dépôts pourrait être nommée période pluvio-glaciaire. 
Tandis que les neiges s'accumulaient dans les hautes ré- 
gions, d'abondantes précipitations atmosphériques en- 
gendrèrent dans les régions basses des ruissellements 
énormes et des cours d'eau immenses. L'auteur cite di- 
vers gisements et décrit le caractère particulier de ces 
dépôts, formés sous la double action des glaces en mou- 
vement et des eaux qui en découlent. Il relève les parti- 
cularités qui distinguent le terrain glaciaire, les traces 
laissées par le passage des glaciers, la forme et la com- 
position des moraines et le paysage morainique, enfin 
les blocs erratiques, dont il donne de nombreux des- 
sins. Puis il traite de l'action des anciens glaciers, de 
leurs érosions, de leurs dépôts de moraines profondes, etc. 



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442 REVUE GÉOl 

L'auteur est d'accord poi 
part qui avait été attribuée 
creusement des vallées; il < 
ment produit par les glac 
fond et le rôle qu'ont joué 
des moraines profondes, le 
moraines superficielles, Téi 
des polis glaciaires, les roc 
les éraillures et stries sacca 
Il décrit ensuite le rôle des 
certains types de marmites 
la formation des fiords, do 
offrent des exemples ; queli 
core maintenant occupés p 
venus des vallées. On ne | 
creusement des bassins lac 
rainiques ont amené la for 
les pays qui ont été recouvi 
res ; des cuvettes creusées 
par Térosion fluviale ont é 
quaternaire par un rempli 
lacs de fjords du nord di 
Quatre-Cantons, etc. Il en 
catégorie au sud des Âlpe^ 
beaucoup de petits lacs al| 
à Térosion glaciaire, coma 
L'auteur décrit ensuite 
ciers, leur développement, 
on a proposé des tbéoriei 
l'avancement énorme des 
mouvements ne pouvaien 
de ceux des glaciers actue 



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POUR l'année 1889. 443 

doaUe moa?eiii6Dt de gUssement lent des glaces par Tefifet 
de la pesanleur, et de la déformation de leur masse. 
Gomme toute la masse ne glisse pas uniformément, il y a 
aussi des mouvements intérieurs, des phénomènes de 
fusion et de regel qui permettent à la glace de changer de 
forme sans changer d'état. Quant à la rapidité du mou- 
Tement, on sait que les glaciers groënlandais ont une 
marche beaucoup plus rapide que celle des glaciers alpins. 

Il n'y a pas eu plusieurs époques glaciaires» mais bien 
des oscillations dans le mouvement des glaciers, comme 
l'indique l'existence d'une seule nappe de moraine pro- 
fonde entre les Alpes et Lyon. La présence des moraines 
frontales prouve que le mouvement de recul a été sac- 
cadé. 

Après avoir rappelé les diverses causes auxquelles on 
a attribué la période glaciaire, M. Faisan se rallie à l'opi- 
nion émise par MM. de la Rive et Alph. Favre. Il faut 
l'atuibuer à des causes climatologiques, combinées avec 
one modification dans le rayonnement solaire. Une di- 
minution de ce rayonnement, due à la concentration 
do soleil et un exhaussement simultané des chaînes de 
montagnes a été probablement l'origine de l'époque gla- 
ciaire; cette opinion est partagée par MM. de Saporta, de 
Lapparent, etc. 

Les derniers chapitres de cet ouvrage sont consacrés 
au climat qui a exercé une si grande influence sur la 
faune et la flore de cette époque. II a été très chaud pen- 
dant la période qui a précédé immédiatement l'époque 
gladaire; les plantes des tufs de Meximieux (Lyon) attes- 
tent une température de i7^ k 18"^ C, les végétaux de 
l'époque glaciaire même (Utznach, Dûrnten) indiquent 
une température moyenne de 6° et 9*^ C. 



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444 REVUE GÉOLOGIQUE 

L'homme préhistorique a été té 
tension des glaciers; il les a suivis 
de retrait et a dû modifier son exi 
lations et les changements que i 
faune pendant ce môme temps. 

En dernier lieu l'auteur décrit 
phiques des terrains glaciaires. 

M. Delafond' a publié une 
terrains d'alluvion des en?irons 
surtout l'origine de certains de ca 
l'altitude exceptionnelle des cailloi 
dans ces formations : 

1. AUuvions post-glaciaires plus récei 

Rhône et ses affluents alors que lei; 
environ plus élevé. 

2. AUnvions post-glaciaires, épaisses de 

des vallées parfois privées de cour 

3. Terrains glaciaires, moraine frontal 

de 50 kilomètres de longueur. 

4. AUuvions pré-glaciaires avec allures 

formations 1 et 2 ; mais formées ai 
attribuées à des remaniements opér< 
de dépôts antérieurs. M. Delafon 
considérer comme des dépôts loca 
s'échappant des glaciers quatemai: 
derniers s'arrêtaient dans le voisins 
ont été empruntés aux moraines < 
ont en effet l'aspect de cônes de d 

Sur un point, M. Delafond a ce 
diate entre un dépôt d'alluvion e 
extrême du glacier du Rhône. 

* M. Delafond, Note sur les terrai 
de Lyon. Bull, des services de la car\ 
1889. 



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POUR l'année 1889. 445 

DaDS la ?allée de la Dombes, l'alloTion postglaciaire 
fait défaut Quant à l'âge de ces diTers dépôts, on peut 
le dét^miner d'après la découverte d'un certain nombre 
de débris d'ossements à'Elephas primigenm, dans le pré- 
glaciaire, tandis que le postglaciaire renferme aussi les 
restes du Bos priscus. 

L'auteur ajoute encore quelques remarques au sujet 
des graviers pliocènes à Elephas meridionaUs, reconnus 
aux environs de Lyon ; il y a peut-être lieu de les attribuer 
à une première extension des glaciers à l'époque du plio- 
cène supérieur. 

Allumons. — Lœss. Une intéressante étude sur l'ori- 
gioe du loess, de sa faune et de la disposition des gise- 
ments suisses, est due à M. F. Jenny '. Après avoir rap- 
pelé les travaux antérieurs sur ce sujet, l'auteur établit 
que le loess suisse n'est, pas partout de même nature, 
mais qu'il faut distinguer le loess typique, limon ar- 
gilo-mameux poudreux, très fin, de couleur jaune con- 
tenant des poupées de loess, qui se voit aux environs 
de Bàle, dans la vallée de l'Âar, près d'Ârau, et dans la 
vallée du Rhin (Saint-Gall), des dépôts de nature bien 
différente qui ont été signalés dans le canton de Berne par 
M. Baitzer sous le nom de loess; M. Jenny les nomme 
formations analogues au loess (LoessàhfUiehe BUdungen). 

Aux environs de Bâie le loess typique qui se relie 
au loess de la vallée du Rhin, occupe les deux rives 
du fleuve, forme partout la couverture des formations 
plus anciennes et se montre sur toutes les collines 
entre le Rhin et les hauteurs du Jura. L'auteur en décrit 

* F. Jenny, Ueber Lcess und Lœss&hnliche Bildungen in der 
Schweiz. Inaugural Dissertation. Mitth, d. natwrf. GeseUsch. JBem., 
1889,p. 115-154. 1 pi. 



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446 REVUE GÉOLOGiQU 

les nombreux gisemenls, ceux 
du Bruderholz, de Rutihard pn 
de Beltingeo, etc., et eu énumè 
et Saint-Jacques, le loess paraît 
charriés, qui attestent son origir 
du loess sont dues à l'agglutii 
par des infiltrations d'eaux calc^ 
teur du loess au-dessus du niv 
l'altitude maximum des giseme 
340-358 m. ; au Bruderholz elU 
c'est donc une hauteur de 400 
Rhin. Malgré cette altitude cons 
stratification dans le loess, M. h 
garder le loess comme une forma 
la suite de débordements, par un 

La faune qui compte 20 espèc 
très, ainsi que la nature essentii 
mon (70-78 7o de silice pour 46 
et 2,5—3 7, de CaCOJ semble 
Le loess saint-gallois est analogi 
ses gisements de celui de Bâie. 1 
bouate de chaux (23 7»)- I^^ pr 
que 55 7o> celle de l'alumine li 
portion de silice libre qui a di 
outre très riche en paillettes di 
quelques modifications. Ce loess e 
une formation fluviale; les gisem 
lement dans deux golfes où le 
ment se produire ; le loess reposi 
terrasses ou sur des terrains plus 
au-dessus du Rhm. 

Le loess des environs d'Âara 



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POUR l'année 1889. 447 

M. Mûhlberg (Revue pour 1885) et recouTre les hauieui*s 
autour de cette Tiile, jusqu'à 468 m. d'aliitude; la Tallée 
de l'Âar est à 370 m. L'analogie de la composition 
(SiO, 62 7.; AI.O, +Fe.O. IS*/,; CaCo. 12 V,) et 
de la faune avec le loess bilois est presque complète. 
Contrairement à l'opinion de M. Mublberg, qui voit 
dans le loess argOYÎen une formation atmosphérique due 
au Tent, M. Jenny lui attribue aussi une origine fluviale. 
Les coquilles les plus fréquentes dans le loess b&lois et 
argovien sont toutes terrestres; ce sont : 

Hdix arbustarum, L. Zua lubrica, Mull. 

» riUasay Drap. Pupa mttseorum. L. 

> sericea^ Mull., v. gldbdla^ Succinea oblonga, Drap. 

» puïchella^ Mail. » » var. tlongata. 

Les espèces des dépôts du canton de St-Gall sont : 

Hàix arbustorum, L. Hyàlina fulva, Mull. 

> vUiosa^ Drap. Fatula ruderaiaj Stud. 

> sericea, Mull., ▼. gîabella, Zua lubrica. Mull. 

> pulchdkk, MulL Pupa muscarum^ Lin. 
Hj/aima nitidula, Drap. 

La position géographique de ces deux régions explique 
facilement la différence de leurs faunes qui ne réside du 
reste que dans l'absence de Succinea oblonga dans le loess 
saint-gallois et la présence très abondante dans celui-ci 
de Paiula ruderata, espèce exclusivement subalpine. 

Les dépôts du canton de Berne décrits sous le nom 
de loess, sont très différents des précédents. C'est un ter- 
rain sableux, stratifié et plus résistant que le loess bâlois, 
quoique friable entre les doigts. Les poupées de loess qui 
y sont contenues, ne sont pas identiques à celles du loess 
typique, il semble qu'elles sont le produit d'un charriage. 



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448 REVUE GÉODiGIQUE SUISSE 

On tronve constamment des dépôts tuffacés au milieu et 
à la partie supérieure de ce loess. L'épaisseur variable de 
ces dépôts, leur altitude très variable (720-770 m), l'iso- 
lement et l'extension très restreinte de chaque gisement, 
ne permettent pas de leur attribuer la même origine 
qu'aux précédents; ce sont au contraire des formations 
locales, dues, comme l'a déjà indiqué M. Buitzer, à la 
lévigation et au charriage dés limons morainiques voisins ; 
de là l'absence du triage des grains de sable, et la pré- 
sence de tuf qui atteste un ruissellement lent. Les co- 
quilles les plus fréquentes sont : 

Heîix arbuatorum^ Lin. Hyalina nvHdula, Drap. 

» vUlosa^ Drap. » cristalUna, MuU. 

» sericea var. glabeHa, Mull. Zua lubriea, Mail. 
» ptUcheUa^ Mull. Pupa museorum, Lin. 

En résumé, le loess typique (Bâle, Âarau et Rheinthal 
St-Gallois) a partout les mêmes allures ; sa faune et sa 
composition concordent avec le loess de la vallée du Rhin 
allemand. C'est un dépôt de colmatage naturel. Sa forma- 
tion date de l'époque glaciaire et les matériaux qui le 
composent proviennent des moraines et des dépôts des 
glaciers. 

Le loess bernois diffère par ses allures, sa composition 
et son mode de formation du loess typique ; il s'est formé 
à la même époque que celui-ci, mais dans d'autres con- 
ditions. 

M. F. V. Sandberger ' a étudié la faune du loess du 
Bruderholz, près Bâie, d'après des récoltes de coquilles 
faites par MM. P. et C.-F. Sarasin. Il cite les espèces sui- 
vantes : 

^ F. ▼. Sandberger, Die Conchylien des Lœsses am Bruderhok 
bei Basel. Verîandl naturf. GeséUséh., Basel, Vm, 1890, 796^L 



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POUR l'année 1889. 449 

Byalma eristaJHnay Mail. Pupa doUum, Drap. 

Sueeinea6bl(mgayDT9L^,Y,major. » seeaU, Drap. 

Okmdia (Zua) In&rtea, Mull. > mtMeorum, L. 

Hdix afbuttamm^ L. y. alpestriê. > eotmneUa, Benz. 

£eKx vOZasa, Drap. » pygtMta^ Drap. 

> serieeoj Drap. ClausUia graeUis^ Rossm. 

» dl Libéria ou t. glabra de > partTuZo, Stud. 

H. sericea. > cruciaio, Stud. 
£dtx im2cfte22a, Mull. 

M. Sandberger constate que ces coquilles appartiennent 
à trois groupes d'espèces ; les unes sont répandues sur 
toute l'Europe; parmi elles, le Sucdnea oblonga qui habite 
surtout les contrées septentrionales; d'autres habitent au- 
jourd'hui de préférence le Jura et les Alpes calcaires ; 
d'autres enfin sont des espèces des hautes Alpes et des 
régions arctiques. 

Les principales espèces du second groupe sont Pupa 
doHohim, P. secale, Clausilia gracilis; la plus caractéristi- 
que est HeUx arbuslonm, var. alpestrù. 

Les plantes déterminées par 0. Ueer sont des espè- 
ces des hautes Alpes et des régions arctiques. L'auteur 
affirme en terminant que l'origine éolienne du loess est 
inadmissible. 

M. ScHAROT ' a reconnu dans la falaise des Tattes, près 
de Nyon, au-dessus de la craie lacustre (voir plus loin), sé- 
parée de celle-ci par 1 m. de graviers, une couche de limon 
argilo-sableux (0 m., 40) contenant de nombreuses co- 
quilles de mollusques terrestres semblables à celles du 
loess. Des graviers appartenant aux anciens charriages 
du Boiron recouvrent ce limon. Le limon argilo-sableui ou 

^ H. Schardt, Étude géologique sur quelques dépôts quaternai- 
res du canton de Yaud. Buil Soe. vaud. se. nat,, 1B89, XXY, 79- 
98, 2 pi. 



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450 REVUK GÉOLOGIQ 

loess réapparaît le long du cour 
ihouse, entre Goinsins et Duillier, 
(464 m.). Malgré la ressemblai 
du terrain, on ne peut identifier 
pique; il n'est pas non plus po 
les formations analogues au loes: 
de Berne et qui renferment sou\ 
limon du Gordex représente pli 
des débordements de ce torrent, 
naturel, origine qu'on attribue s 
plus forte pente expliquerait la 
ses matériaux. Quant au dépôt 
débordements du Boiron qu'i 
faune, entièrement terrestre, se 
vivantes, dont les plus commun 
(T = lattes, C = Gordex) soi 
cinea puiris, G. ; Suce, oblonga, < 
Hélix arbustorum. T., G.; H. pi 
H, fruHcum, T., G.; H. sertcea, 
H. obvoluta, T. ; Hyalina nitens, ' 
Craie lacustre ancienne. — 
en amont de Pailly, près de L 
tourbe noirâtre superposée, à 
mètres, à un lit de craie lacustr 
argileuse et de terre végétale. V( 
lité, qui se trouve à 680 m. d'i 

Terre TégéUle . 

Marne argileuse blanchâtre . . 

Argile blanche pure 

Tourbe terreuse noire 

Craie lacustre arec coquilles. 

^ Compte rendu Soc. vaud, se, nat 
et 258. 



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POOR l'année 1889. 451 

La craie lacustre n'a pas été encore constatée parmi les 
sédiments du lac Léman, et il est peu probable qu'eHe 
existe dans les dépôts qui se forment actuellement dans ce 
bassin. M. Scharot * a décrit le seul gisement qu'on en 
troQTe sur ses bords; il n'appartient pas aux dépôts ac- 
tuels, mais il date d'une époque où le niveau du lac était 
de 9-10 m. plus élevé que maintenant. La craie lacustre 
tôt interslratifiée aux sables et graviers qui forment la 
rive du lac, et dont la falaise au S.-O. de Nyon montre 
la coupe. On a trouvé quelques affleurements détachés 
sur un kilomètre de longueur. La composition de ce ter- 
rain est identique à celle des échantillons retirés d'autres 
lacs suisses; l'analyse microscopique indique aussi les 
caractères reconnus par M. Kaufmann dans la craie 
lacustre. 

Les profils de la berge, relevés sur trois points, mon- 
trent ce terrain recouvrant des sables et graviers stratifiés 
par le lac, qui reposent à leur tour sur l'argile glaciaire. 
La présence de cette dernière a produit sur plusieurs 
points des glissements qui pourraient faire croire à des 
répétitions du dépôt de cette craie. Les plus beaux affleu- 
rements se trouvent près des Tatles et au S.-O. de la cam- 
pagne de Colavroy; entre ces deux points existe, sur une 
grande longueur^ une falaise formée de couches de sables 
et graviers dans laquelle la craie parait faire défaut; cette 
falaise, qui borde le petit plateau de la Potence, est inté- 
ressante par la succession régulière des anciens sédiments 
lacustres qu'on y observe. 

La faune de la craie lacustre n'est pas la même dans 
les deux stations indiquées. Aux Tatles, elle se distingue 

^ H. Schardt, Étade géologique sur quelques dépôts quaternai- 
res, etc., ïoc. cit. 



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452 rëvuë géologique suisse 

par une grande abondance de Bythma tetUaeulata et Pla- 
norbis complanatus, qui sont relativement rares à Colovray. 
Dans le dernier gisement, on trouve en plus grand nom- 
bre Limnaea auricularia, Vahata piscinalis, Planarbis spi- 
rarbis; Pisidium Cazertanum (P. cinereum) et plus rare- 
ment Limnaea palmtris, L. truncatula, Planorbis natUileus 
et Piridium obtusak. L'absence de Lmnaea siagnalù et 
des Unio et AnodorUes mérite d'être constatée. 

Formations récentes. M. Schardt ^ a étudié un terrain 
d'un genre particulier qui se rencontre près de Yallorbes 
et qu'il nomme limon calcaire crayeux. Par sa composi- 
tion chimique et par ses propriétés microscopiques, ce 
terrain rappelle absolument la craie lacustre, dont il a 
l'aspect et la texture ; mais la faune est exclusivement 
terrestre et se compose d'espèces de l'époque actuelle. 
Les meilleurs gisements de limon crayeux, étudiés 
jusqu'à présent, se trouvent sur les deux rives de TOrbe, 
en aval de Yallorbes, bien au-dessus du niveau de cette 
rivière et à des hauteurs différentes, en sorte qu'il n'est 
pas possible de leur attribuer une origine lacustre. L'exis- 
tence de sources fortement calcaires, se perdant en par- 
tie dans le gazon, sous lequel ce limon se montre sur 
1-2 m. d'épaisseur, explique sa formation. C'est une pré- 
cipitation de carbonate de chaux à l'état de molécules 
cristallines (il en contient 89 7o)> formé pendant le ruis- 
sellement lent des eaux à travers la nappe végétale; les 
coquilles vivant sur place ont été fossilisées en même 
temps, ce qui explique leur excellente conservation. Les 
principales, parmi les 40 espèces de cette faune, sont : 
Acme fusca, Pomatias maculatum, Carychium minimum, 

' H. Schardt, Étude géol. sur quelques dépôts quaternaires^ 
loe* cit. 



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POUR l'année 1889. 453 

Piqia doUolum, Zm lubrica, BuUmus numtanus, B. tridens^ 
HeHx obvobUa, H. persanata, H. depUata, H. arbuslorum, 
H. hortensis, H. sylvoHea, H. viUosa, Patula rotundata, 
Hyalma nitensy Hyal. eristalUna et même Vùrina mtyor. 
Un endroit a fourni quelques espèces d'eau douce : Um- 
naea truncalula, L. peregra, Pisidium Cazerlanum. Un ter- 
rain analogue à celui de Yallorbes, avec les mêmes co- 
quilles terrestres, a été trouvé à Territet, près Montreux. 

M. ScHARDT ^ a remarqué dans le Bas- Valais, au-des- 
sus d'Ootre-Rhône et de Dorénaz, un sable léger, iin, 
micacé, qui remplir, à 100-300 m. au-dessus de la 
ullée, de légers enfoncements; il est lui-même recouvert 
de végétation. C'est très probablement une formation 
éolienne, due aux forts vents balayant les pentes dessé- 
chées et dénudées en amont de cette région. Le change- 
ment de direction de la vallée occasionne un ralentisse- 
ment considérable du courant, en sorte que le limon qu'il 
maintient suspendu est déposé sur le gazon, qui con- 
tinue à végéter; les coquilles des mollusques vivant sur 
place sont ainsi enfouies. 

Èbouletnents. M. S. Cha vannes ' a résumé à nou- 
veau les documents que l'on possède au sujet de l'ébou- 
lement du Tauredunum, sur lequel les chroniqueurs 
n'ont donné que des renseignements très obscurs. Les 
études de Morlot^ de Troyon, Cbavannes, etc., paraissent 
démontrer que cet éboulement est descendu du sommet 
do Grammont^ du côté de la vallée du Rhône, par le val- 
lon de la Dérochiaz, au-dessus des Évouetles. 

■ C. JB. 8oe. vaud. ic. nat,^ 1889, 4 déc Ardmes se. phys, et 
no^îXm, 90. 

* SylTins ChaTannes, L'éboalement du Tauredonam. Bull. Soe 
foud. se. nat., XXIY, 1889, 1-6. 

Abchives. t. XXIll. — Mai 1800. 28 



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454 REVUE GËOl 

Ce travail a été reprodi 
stantin\ qui appuie cette 

Monument préhistorique. ] 
article au dolmeu de la i 
(Haute-Savoie), qui se cod 
par trois blocs plus petits, 
protogine, ainsi que quelqi 
forment un contraste frappî 
blocs exclusivement caicair 
monument préhistorique, l 
ont subi le travail de Tbom 
pendant fort visible. Leur 
où les protogines du Mon! 
ment défaut, fait penser M 
d'avoir taillé ces pierres pa 
peuple préhistorique les a 
sinage, d'Ésens peut-être, 
abondants. 

Glaciers actuek, M. Y. i 
vations sur les variations è 
Chamonix ; voici ses observ 

Olader des Bossons, Retrai 
12 octobre 1888 et abaissement 
inférieur. Le pavillon de la gro 
1888. s'est trouvé le 12 octobre 
Pendant ce temps, le volume de 
750,000 m». Du 12 octobre 18€ 
de nouveau atteint 14 m. 50. 

^ A. Constantin, L'éboulemi 
sienne, XXX, 1889, 1889, 221-2 

* G. Maillard, Quelques mot 
savaisienne, 1889, 147-151. 

• V. Payot, Note sur les var 
de Chamonix. Revue scwoisienni 



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POUR l'année 1889. 455 

Glader des Bais ou Mer de gîace.U étendue superficielle n'a pas 
varié, mais Tablation a été aussi forte qu'au glacier des Bossons. 

Glacier d^ Argentier es. Ce glacier a avancé de 12 m. du 18 oc- 
tobre 1887 au 26 octobre 1088. L'épaisseur aussi a augmenté. 

Le glacier du Towr est aussi en progression. Du 18 octobre 1887 
ta 7 juillet 1888 il a reconquis 36 m. 50 de terrain. 

M. le prof. A Forel ' a publié la snite de ses recher- 
ches sar les variations périodiques des glaciers ; il con- 
state que 41 glaciers suisses YieDoent de commencer une 
période d'accroissement Tous les autres glaciers des Al- 
pes occidentales et centrales et ceux des Alpes orienta- 
les, sont encore stationnaires ou en décroissance. 

n a paru un mémoire important de M. Righter * sur 
les glaciers des Alpes orientales dans lequel l'auteur 
examine et décrit 1012 glaciers. Ce travail mérite l'at- 
teetioD des géologues suisses. Une étude de ce genre 
manque encore pour les glaciers de notre pays. 



* F.-A. Forel, Les Tariations périodiques des glaciers des Alpes. 
Jakàmélh. 8. A. C, t. XXIV, 1888-89, 9— ri^pport, 846-874. 

* Ed. Richter, Die Gletscher der Ostalpen. Handbùchir sur 
ieiasdien Landes u. Volkskmde, m, 1888. 



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BULLETIN SCIENTIFIQUE 



CHIMIE 



AuG. BisGiiLBR et s. Brodsky. Sur la m. nitro et p. brohc 
0. NiTROPHÉNYuiYDRAZiNB. (Bmchte, XXII, p. 2809, Zurich.) 

Ces combinaisons ont été obtenues respectivement de la 
m. nitraniline et de la p. brome o. nitraniline en les diazo- 
tant, pais rédaisant par le chlorure d*étain; la p. brome 
0. nitropbénylbydrazine peut seule être réduite par ramal- 
game de sodium en une triazine; la m. nitrohydrazioe ne se 
réduit pas plus loin que la m. phénylènediamine. Les aatears^ 
n*onl pas réussi à préparer la p. nitropbénylbydrazine. 

La m. nitropbénylbydrazine CfH,N,02 cristallise sous 
forme d'aiguilles jaunes fusibles à OS"". Elle se combine faci- 
lement avec les aldébydes et les cétones. La p. brome o. ni- 
tropbénylbydrazine C,H,Br(NOj)NH.NH, forme de longues 
aiguilles d*un rouge foncé fusibles à 130"* ; sa triazine 
CeH,BrN,CH forme des aiguilles jaunes très solubles dans 
Peau chaude. De nombreux dérivés de ces corps ont été pré* 
parés et analysés par les auteurs. 



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C. Hoffmann. Acides hydroxamiqurs db la série grasse. 
{Bmchte, XXII, p. 2864, Zurich.) 

Les acides hydroxamiques de la série grasse, presque 
inconnus jusquMci, se forment facilement par Faction de 
rbydroxylamine sur les amides i 



CHIMIE. 457 

.NOH 
C^Ha^iCONH, + NH,OH = NH^OHj^^iC ^ 

>.NOH 
L'acide acétbydroxamiqiie CH,C<^ + VaH^O fond à 

88''-S9'', il présente une réaction neutre, contrairement aux 
acides analogues. L'aoteor poorsait la préparation et Tétude 
des bomologaes snpériears. 



M. Nkncu et N. &cbke. AGn>E paralactiqub OBmfu pab la 

rEBMENTATION DV SUGBK DB RAISIN, (ifofktf. f. Chem., 10, 

p. 532, Berne.) 

Ces chimistes physiologistes ont découvert an microcoqoe 
anaérobie qui transforme par fermentation le sacre de raisin 
en acide paralactiqoe. 



A. Haiitzsch. Produits de décomposition de L^Acnns chlora- 
NisiQUE. (Bericktej XXII, p. 2841, Zurich.) 

L*aQteur a montré ^ qae Tacide chloranisique traité par le 
chlore donne Tacide trichlordicétopentaméthyléneoxycarbo- 
nique (I), celui-ci par Tacide sulfurique fournit Tadde tri- 
chlordiacétylgiyoxylique (H), et par un eicés d*acide bypo- 
chloreux, Phydrate de Tacide tétradicétopentaméthyléne 
oiycarbonique (III), ce dernier par le brome et Teau à ISO"" 
se transforme en tétrachloracétone dibromée symétrique (IV) 
et par réduction au moyen du zinc en poudre, en acide 
dichlordicétopentaméthyléne oxycarbonique (Y). L*acide I 
réduit de même fournit Facide monocblordicétopentaméthy- 
lèneoiycarbonique (YI) et par Foxydation au moyen de Teau 
et du brome à ISO"", la tribromacétone trichlorée (YIII) pro- 
bablement avec formation passagère du trichlortricétopenta- 

' Arthives, XXI, p. 69, où il y a une faute d'impression, il faut 
lire partout anidqne an lien de amliqne, BeridUêy XXI, 2421. 



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458 



BULLETIN SCIENTIFIQUE. 



métbytèBe (VII) qui peat être obtenu directement par Vit- 
tion du chlore. Eoân si l'on fait agir l'acide hypochloreai 
sur l'acide trichlordiacétylglyoxyliqae (U) on obtient l'hy- 
drate de l'acide tétrachlordiacétylglyoxyliqae (IX) etdeceloi- 
ci par un excès d'acide hypochloreux, l'acide dichlorpyrari- 
que (X) qu'on peut facilement bromer. 



COOH 

COH 

(V) (M, CCI, 
N. / 
CO— CO 



COOH 

COH 

/ \ 
CH, CHCl 
\ / 
CO— CO 



(VI) 



(I) 



COOH 



C(OH) 
/ N, 

(ui) ca, CCI, 
\ / 

C(OH),— CO 

I 

CO (IV) 

/ \ 

CCIjBr CCI.Br 



/"i 



COOH 

COH 
/ \ 
CCI, CHCl »^ 
\ / 
CO— CO 



(VII) 

/ \ 
CCI, CHCl 

\ / 
CO— CO 

I 

CO (VIII) 

/ \ 

CCl,Br CBr.Cl 



COOH 

/ \ 

-^ ca,H CCIH 

\ / 

CO— CO 

l 

COOH 

i(OH). 

/ \ 

CCI.H CCI, 
CO-CO 

î 

COOH 

(X) CO »-^ 

CHCl, 



(») 



(IX) 



COOH 



M. NeNCKI et A. RoTSGHY. HéMATOPORPUTlUNIS ET BIURUBINC. 

{MofuUsckrift f. Chem., 10, p. 508, Berne.) 
Ces chimisles ont, par la méthode de Raoolt, fixé leur for- 



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OHIMIE. 459 

mole empirique, qui est pour les deux substances CieH„N,0„ 
et non le double. L^hématoporphyrine, réduite par Tétain et 
Facide chlorhydrique, donne un produit qui ressemble à 
TarobUine, obtenue par réduction de la bilirubine, mais la 
matière colorante obtenue n*est pas identique; dans l'orga- 
nisme, rhématoporphyrine est réduite par Thydrogène nais- 
sant d'une manière analogue. Pour déceler la présence de 
Torobiline, on acidifie par HCl, extrait par Talcool amylique, 
solution qa'on examine au spectroscope ou à laquelle on 
ajoute une dissolution alcoolique ammoniacale de chlorure 
de zinc; il se produit une belle fluorescence verte. 



M. Nbncri. DicoMPOsmoN de l'albuhinc par des scmzoMY- 
cÈTGs ANAÉRomEs. {Mouot. f. Chem., 10, p. 506, Berne.) 

L'auteur a étudié, avec Y. Bovet, Faction sur l'albumine 
du sérum de trois bacilles anaérobies, le bacille liquefaciens 
magnos, le b. spinosus et le bacille du charbon symptomati-* 
que; les fermentations ont eu lieu dans des atmosphères 
d'azote, d'hydrogène et d'acide carbonique^ l'action termi- 
née, on distille, après avoir ajouté de l'acide oxalique; on 
obtient des gaz et des acides gras volatils jusqu'à l'acide ca- 
proniqae; les gaz qui ont été étudiés par Nencki et Sieber 
renferment de l'acide carbonique 97,1 V^, 2,63 7o d'hydro- 
gène, de l'hydrogène sulfuré et d'autres gaz absorbables par 
la potasse; l'odeur est due à du méthylmercaptan qui a été 
isdé; le liquide extrait ensuite par l'éther ne renferme que 
trois acides, dont la proportion varie suivant la durée de la 
fermentation et le ferment employé, ce sont l'acide phényl- 
propionique, l'acide p-oxylphénylpropionique et l'acide ska- 
tolacétique 

^C(CH,) 

C.H. C.CH,COOH. Prismes fusibles vers 134». 

Ces résultats confirment l'opinion de Salkowsky, qui ad- 
met dans l'albumine trois groupes aromatiques, celui de la 



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460 BULLETIN SaENTIFIQUE. 

tyrosine, celui de Tacide phénylamidopropioDique et celui 
de l*acide skatolacétique. 



Richard Hafner. Action du brome sur la paratoluidine en 

PRÉSENCE d'acide SULFURIQUE CONCENTRÉ. {BerichU, XXII, 

p. 2902, Zurich.) 

Si Ton brome la paratoluidine en présence d'acide solfa- 
rique concentré, cet acide provoque la formation d'an dé- 
rivé qui renferme Br dans la position o. m., relativement an 
groupe amide et dans la position ortho relativement au 
groupe méthyle; Faction du groupe amide sur le groupe- 
ment normal des atomes est donc presque entièrement annu- 
lée par la présence de Tacide sulfuriqne concentré. 



K. Heumann et Hermann Rby. Matières colorantes du 
GROUPE des bbnzéines. {Bmchte, XXII, p. 3001, Zurich.) 

Par l'action du trichlorure de benzyle sur les m. amido- 
phénols mono- ou dialkylés, on obtient une nouvelle classe de 
matières colorantes, les rosamines, qui ressemblent beaucoup 
aux rhodamines correspondantes. On a, par exemple, avecle 
diméthyl m. amidophénol, 

y C.H, ^N(CH,), XCeH,— N(CH,), 

CC +2C.H,^ ^ ' '=ct^ >0 +Ha+H,0. 



^Cl, ^OH 



C,H,— N(CH,),C1 



Les sels de la tétraméthylrosamine sont très solubles dans 
Teau, avec une belle couleur bleue et une fluorescence jaune 
rouge très vive. 

Les rosamines sont réduites par la poussière de zinc, et 
les produits ne s*oxydent pas à Tair. 



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CHIMIE. 



461 



R. NiETZKI, AUGUSTB DlBTZB et H. HiBGKLBR. HaTIÈRBS COLO- 
RANTES DE LA RtooBCiNB DE Wbselsky. (BericHU, XXII, 
p. 3020, BâleO 

Les antenrs proposent d'appeler résazarine, la diazorésor- 
cine de Weselsky, et résorufioe, sa diazorésorafine, en consi- 
dération de ce qu'elles ne renferment pas le groupe dia- 
2oiqoe. L'étude de la résazurtne conduit à la formule 
C11H7NO4; le bleu non fluorescent, de Weselsky, serait la 
létrabromrésazurine; la rôsazurine se transforme facilement 
enrésorufine, qui a pour formule C^H^NO,; tous deux ré- 
duits donnent Thydrorésorufine, qui renferme trois groupes 
bydmyles C|,H,N(OH),; le dérivé triacétylé fond à 216^ 
Cette hydrorésoruBne, distillée avec la poussière de zinc, 
donne beaucoup de diphénylamine ; elle peut se combiner 
aTeclarésoruflne. 

SoiTant les auteurs, la résorufine aurait pour constitution : 




rhydrorésoruflne serait 

OHC.H, 



\nh/ 



C,H,OH 



«t te groupe chromopbore serait le reste cbioonimidé 
0=C,H,=N, et non pas la pbénoxazine de Bernthsen. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 

DB LA 

SOCIÉTÉ YAUDOISË DES SCIENCES NATURELLES 

A LAUSANNE 



Séance du S mars 1890, 

F. -A Forel, prof. : 1* Pierres de la moraine d'Y^oire; 2* TempMe do 27 jao- 
▼ier 1890 A Partenkirchen , en Bavière; 3» Genèse do lao Léman. — 
Sobardt, prof. Tritaration des banos de oaloaire dolomitiqne. — Renerier, 
prof. Discordance inverse de Vnargny. 

• M. F.- A. FoBEL a reçu de H. Â. Uelbbbgqub, ingénieur à 
Thonon, deux pierres récoltées par un pécheur dans la mo- 
raine submergée dTvoire. 

La première est un bloc de gneiss alpin couvert de liges 
du Thamnium alapecurum, var. Lemani, Schnetzler; les in- 
sertions y sont bien conservées et peuvent se prêter à Tétade. 
Autour de ces liges apparaissent des filaments verts, qui 
semblent être des algues^ et qui peut-être sont simplement 
du prothaUium ou prototiema de la mousse. Dans ces deux 
alternatives, cette production est intéressante» et elle est re- 
commandée à Tétude de nos botanistes. 

La seconde pierre est un morceau de calcaire alpin, pro- 
fondément érosé, creusé des cavités globulaires déjà décrites, 
qui sont caractéristiques de Térosion des rochers calcaires 
de cette moraine. LUnsertion des tiges de mousse sur cette 
pierre et la couleur brunâtre spéciale indiquent avec sûreté 
quelle est la partie de la pierre qui émergeait hors de la vase 
et était baignée dans Teau. Or c'est la face inférieure de la 
pierre, celle qui était enfouie dans Targile lacustre, qui seule 
présente les cavités d'érosion. L'érosion est due non à l'eau» 



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SÉANCES DE LA SOaÉTË VAUDQISE. 463 

mais à un agent conlena dans la vase. M. Fore! raltribue à 
de Facide carbonique gazeux qui doit se dégager de la vase : 
les balles de gaz seraient arrêtées par les aspérités de la 
pierre, et y creuseraient des cavités qui s^approfondiraient de 
bas en haut par la répétition de Tarrét aux mômes points du 
gaz dissolvant le calcaire. Quelle est Torigine de cet acide 
carbonique libre dans une marne argileuse d*un jaune clair, 
parfaitement propre, 1res pauvre en matières organiques? 
(Test ce qu'il faudra rechercher. 

Au nom de M. M.-F« Ward, M. Forel communique des 
observations très curieuses faites par ce physicien à Parten- 
kirchen, en Bavière^ a une altitude de 722 mètres, le 27 jan- 
vier 1890, pendant une tempête du nord-ouest Les lectures 
du psychromèlre, sur deux séries d*instruments indépendants 
les uns des antres, confirmées par la lecture de deux hygro- 
mèu*es à cheveu, montrent une sécheresse extrême de Tair. 
La température de Tair étant de 12*" environ, Thumidité ab- 
solue était de 0,9*"^ et Thumidité relative de 4 à 8 pour cent. 
Yoici une des séries de chiffres originaux de H. Ward. (Dans 
une cage de modèle allemand sur une fenêtre au nord, les 
thermomètres à 20 pieds au-dessus du sol.) 







PSTCHROMÈTRE. 








HYGROMÈTRE 


Hnre. 


Thermomètre 






Hnmiditi 


à cheTen de 




•ee. 


humide. 


Différenee. 


abeolae. 


reUtire. 


Lambreeht. 


HStttnfen. 


Smat 


650 


1.8*» 


4.2» 


2.6 


mm. 


407« 


40 Vo 


40% 


2Mir 


18.0 


3.8 


9.2 


0.9 




8 


5 




S 


12.6 


3.8 


8.8 








5 




4 


12.2 


8.4 


8.8 








7 




5 


12.2 


8.2 


9.0 








7 




6 


12.2 


8.0 


9.2 








7 




8 


11.4 


3.0 


8.4 


1.0 




10 


10 




9 


10.0 


3.4 


6.6 


2.0 




26 


20 


20 



La sécheresse de Fair était extraordinaire, à en juger 
diaprés les sensations désagréables de la peau; les plumes 
d'oie se fendaient, l'encre séchait dans les encriers. Une cou- 
che de 5 cm. de neige à 9 h. avait disparu à 2 h. après-midi, 

M. Forel continue l'exposé de sa théorie sur Torigine du 
he Léman. (Voyez séance du 6 février de la Société de phy- 
sique de Genève, Archives, t. XXIil, p. 184.) 



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464 



SÉANCES DE LA SOaËTÉ VAUDOISE 



H. le D' ScHARDT est d'avis que rorigine du bassin da Lé- 
man ne se lie pas directement à celle de la vallée du Rhône. 
La vallée du Rhône a existé avant la dépression du Léman, 
soit pendant Tépoque miocène, tandis que le creusement de 
la vallée du lac est postérieur à cette époque, de même que 
Tapprofondissement final de la vaUée du Rhône. L*érosi(m 
du bassin du Léman doit avoir été déterminée et facilitée par 
des causes orographiques, dans sa partie supérieure entre 
Bex et St-Gingolph par la convergence (Schaamng) des 
chaînes des Préalpes qui doit avoir coïncidé avec un abaisse- 
ment de celles-ci, puis par une faille très manifeste qui sait 
le pied du Grammont entre la Porte du Sex et St-Gingolpb, 
mettant en contact le lertiaire avec le jurassique inférieur et 
le lias. M. Schardt se déclare d'accord avec la théorie de 
M. Forel, d'attribuer la grande profondeur du lac à un affais- 
sement des chaînes alpines; mais au lieu d'élendre cet affais- 
sement à la chaîne enlière, il serait tenté d'y voir plutôt h 
conséquence d'un affaissement du bord des Alpes par suite 
du renversement des plis, ce qui n'exclut pas la possibilité 
d'un enfoncement de la chaîne enlière. L'enfoncement da 
pied des voûtes est démontré par l'expérience et explique 
non seulement l'existence des lacs sur les deux versants des 
Alpes, mais aussi la formation des lacs du pied du Jura. 

M. le D' Schardt, en rappelant la communication qu'A a 
faite (séance du 3 juillet 1889) sur Vorigine de la bradée sa- 
Ufère dé Bex et de la brèche anhydritique qui accompagne ces 
gisements, montre deux échantillons très démonstratifs à 
l'appui de l'action mécanique qui doit avoir trituré les bancs 
de calcaire dolomitique interposés aux assises d'anhydrite« 
Hais il a trouvé que la dislocation des bancs en contact avec 
une matière saline n'est pas exclusivement due aux mouve- 
ments ayant disloqué le sol, mais aussi aux phénomènes de 
recristallisation du sel, de l'anhydrite, etc., dans l'inléneor 
des fissures capillaires des roches. A l'appui de cette théo- 
rie, H. Schardt cite la désagrégation de grès moUassique par 
la pénétration d'eau chargée de chlorure de sodium et mon- 
tre un cas bien plus concluant, une cuvette en faïence très 
compacte que de Falun cristallisant lentement dans ses pores 



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DES SCIENCES NATURELLES. 465 

avait fail éclater dans toutes ses parties, en détachant des 
lames et des plaqaes; la pénétration ne pouvait pourtant se 
faire que par quelques défauts imperceptibles dans Fémail; 
eetle action se continue encore lentement suivant Télat hy- 
grométrique de Tair, et a commencé à se montrer il y a trois 
ans. 

H. le prof. Bbnevier montre une photographie des Rochers 
de Tuargny, sur la route d*Aigle au Sepey, laquelle repro- 
duit une anomalie de stratification, qn*il désigne comme une 
diêcordance renversée. Les couches rhétiennes fossilifères, 
plongeant de 45"* au S-E., reposent par leur tranche sur le 
Bathonien renversé, qui plonge de 60" à 65'' au S. (Voir 
aux Mtmùires,) 



Séance du 19 mars. 

Henri Dafoar, prof. NoaveUes maohuM électriques par infinenoe. — Gnil- 
lemhi, ing. Considérations générales sor le relief des continents. — Panl 
Bnnei. Formation d'one Tsine liquide dans un liquide. 

H. Henry Dcfour parle des nouvelles machines électriques 
par influence. 

M. ringénieur Guillemin présente quelques considérations 
générales sur le relief des continents. 

M. Paul BussET. Lorsqu'une veine liquide tombe dans 
l'air, la formation des gouttes i l'extrémité de la < partie 
continue > est très rapide. Aussi est-il difficile d'observer les 
différentes phases du phénomène, même en se servant du 
disque à fentes radiales de Savart ou de l'étincelle électrique. 

En introduisant une résistance qui s'oppose à la transfor- 
mation en gouttes, il est possible de ralentir assez celte 
transformation pour qu'on puisse l'observer très facilement. 

Cette résistance est obtenue sous forme de frottements, 
en formant la veine non plus dans l'air, mais dans un liquide, 
c'est-à-dire en faisant arriver une veine d'huile dans un mé- 
lange d'eau et d'alcool. 



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466 S»tANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE. 

Voici l'appareil liés simple qui a été employé pour faire 
rexpérience : Un lube de verre, placé verticalement (6*» 
de diam. sur 40^*" de long.)* contient le mélange alcoolique. 
A Textrémité inférieure du tube est adapté un bouchon 
traversé par un petit tube. A côlé de ce tube et un peu en 
dessus est placé le réservoir a huile qui communique avec 
le petit tube par un tuyau en caoutchouc. 

Lorsqu'on ouvre la communication avec le réservoir, on 
voit une colonne d^huile qui sort du petit tube et s'élève 
verticalement dans le mélange alcoolique (ce mélange était 
un peu plus dense que Thuile). 

Tout en s'élevant la colonne s'épaissit et l'on voit se des- 
siner à son extrémité des renflements et des étranglement«i 
qui s'accentuent peu à peu. A un moment donné le renfle- 
ment terminal n'est plus tenu à la partie continue de la veine 
que par un mince filet, celui-ci se rompt et la goutte déta- 
chée s'élève. 

Au moment de la rupture du filet la colonne se raccourcit 
brusquement d'une certaine quantité, puis elle s'allonge de 
nouveau, en se renflant jusqu'à formation d'une nouvelle 
goutte; après il y a un nouveau raccourcissement, et ainsi 
de suite. 

Tout se passe si lentement qu'on peut observer chaque 
détail du phénomène, par exemple la formation d'une très 
petite goutte (sphérule de Plateau) provenant de la rupture 
du filet. 

Cette expérience est une modification de celles de Plateau 
et confirme sa théorie de la transformation des cylindres 
liquides en sphères isolées. 

Il resterait à étudier quelle est l'influence, sur la veine 
liquide, de différents facteurs tels que la densité du mélange 
alcoolique et sa hauteur dans le vase qui le contient. 



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J.-L. SORET 

Au moment même de mettre la dernière main à ce 
numéro nous avons la douleur d'apprendre la mort de 
notre excellent ami et collaborateur M. J.-L. Soret, et le 
triste devoir de l'annoncer à nos lecteurs en les priant de 
s'associer au deuil profond dans lequel elle nous plonge. 

Noas reviendrons en détail dans un de nos prochains 
numéros sur la carrière scientifique de notre éminent 
collaborateur; pour aujourd'hui nous devons nous borner 
à lexpression de nos regrets qui seront partagés, nous le 
savon.<(, il nous est doux de le penser, par les innombra- 
bles amis que M. Soret comptait au loin comme au près. 

Né à Genève le 30 juin 1827, Jacques-Louis SORET 
se voua de bonne heure à l'étude de la physique à la- 
quelle il a consacré sa vie tout entière. Élève de Regnault, 
il joignait comme lui à un jugement très sûr une grande 
habileté d'expérimentation et une extrême finesse d'ob- 
servation. Ses nombreux travaux en font foi, tous pré- 
sentent le même degré de fini et la même précision 
dans les méthodes. Citons tout particulièrement ses belles 
recherches sur Télectrolyse, celles sur l'ozone et son in- 
vention du spectroscope à oculaire fluorescent pour Tétude 
des radiations ultraviolettes. 

Nommé professeor en 1876, il a enseigné la physique 
avec beaucoup de distinction à l'Université de Genève. 



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Membre depuis trente-cinq ans du Comité de Rédac- 
tion des Archives des sciences physiqttes et naturelles, il a 
présidé pendant plusieurs années à la publication de 
notre revue et n'a cessé de consacrer ses connaissances 
et son activité à travailler à son développement Nous 
perdons en lui un collaborateur profondément aimé. 

Saisi l'automne dernier en pleine carrière par les pre- 
mières atteintes d'une maladie organique, qui ne laissait 
dès le début que peu d'espoir deguérison, il a supporté cq% 
longues et cruelles souffrances avec une énergie et une 
sérénité qui ne se sont pas démenties un seul instant jus- 
qu'à la fin, faisant l'admiration de tous ceux qui ont eu 
le privilège de l'approcher et de l'entourer de leur affec- 
tion durant cette douloureuse période. 

Ne permettant pas aux souffrances physiques d'enta- 
mer son activité intellectuelle, il a lutté et travaillé jus- 
qu'au bout, faisant presque illusion à ceux qui le voyaient 
remporter cette victoire continuelle sur la maladie. En 
janvier dernier, très affaibli déjà, il allait encore à son 
laboratoire et achevait la rédaction d'un grand mémoire 
publié en collaboration avec M. Rilliet sur l'absorption 
des rayons ultraviolets par certaines substances. 

Cette lutte courageuse ne pouvait cependant arrêter 
les progrès du mal et mardi dernier i3 mai J.-L. Soret 
s'éteignait après de nouvelles et violentes soufiRrances. 

Cette vie si utilement remplie, cette précieuse colla- 
boration laissent dans nos cœurs un souvenir de pro- 
fonde et ineffaçable reconnaissance. 

La Rédaction des Archives. 



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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 



FIlfDANT Ll KO» Dl 



AVRIL 1890 



Le l*', forte bise de 4 h. à 7 h. du soir. 

5, forte rosée le matiii; tonnerres au sud à 2 h. 25 m. du soir. 
6^ très forte rosëe le matin* 

7, fnrte rosée le matin. 

8, neige sur les montagnes environnantes. 

9, forte bise jusqn*à 1 h. du soir. 

12, très forte rosée le matin; giboulées de neige le matin. 

14, forte rosée le matin. 

1S et 16, très forte rosée le matin. 

17, fimrt vent vers 5 h. du soir. 

24, fort vent depuis iO h. du soir. 

25, très fort vent pendant la nuit, de 10 h. du matin à 1 h. du soir, et depuis 10 h. 

du soir. 

26, neige sur le Salève. 

29, brouillard enveloppant à 7 h. du matin. 

30, très forte rosée le matin. 

Architbs, l. XXUi. ^ Mai 1890. 29 



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470 



VaJeuTs extrêmes de la pf esnm 



MAXIMUM. 

Le !•' à 10 h. matin 

5 à 7 h. matin 

10 à 9 h. matin 

11 à 8 h. soir 

jj à 1 h. matin 

28 à 11 h. soir 



atmosphérique ob9en)ées au barographe, 

MINIMUM. 



7»,95 
727,47 
720,76 
720,47 
. 732,60 
. 726,84 



Le 3à 4h.90ir 718,69 

9 à 2 h. matin 715,28 

10 à 10 h. soir 71832 

47 à 4h.soir '07,86 

25 à 1 h. soir 71533 



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coi^060« :««eooeo^ :co«oo««* '.^a^c^-^^o*'^ ' ^^.-^^ 



itaiflrt 



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OiOeoaQoo •O^«O0000 .«^coçqr^çpaq •*§«^^©^^ '.^'QÇ 
*QÔo5»o&oà I^oÔQÔoÔrCr: : 060600000000 Ir^r-^^oot^ .r^r*» 



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472 



MOYENNES DU MOIS D'AVRIL 1890 



lh.B. 4h.B. 7h.B. 



10 h. m. Ih.s. 



4h.s. 



7 h. t. 



Ith.t. 



!'• décade 722^ 722.25 722.77 722.84 721.86 721.17 721.53 721.90 

2- » 716,90 716.63 717.16 717,36 716.88 716.51 717.50 718XB 

3* > 726.10 725.74 725.94 725.90 724.97 724,50 724.82 725.21 

Mo» 721.84 721,54 721.95 722.03 721.23 720,73 721.29 72L71 



lr«décade+6!02 +5.21 + 5!50 + sk +11X)8 +11^ + 8Î33 + c!» 

2^ » +5.08+4,20+5.06+8.59 +10.79 +10.74 + a21 +6,66 

3« » + 7.47 + 6.52 + 7.97 +10.45 +12.89 +12.69 +ia70 + 9.11 

Mois +6.19 +5.31 +6.17 +9,28 +11,59 +11,67 + 9X)8 +743 



Mois 



Practioa de sataratioa ea 



1» décade 


679 


681 


615 


460 


355 


366 


600 


612 


!• • 


674 


728 


6S2 


468 


366 


369 


483 


385 


3' » 


6S8 


702 


699 


530 


416 


391 


496 


m 



670 



704 



642 



483 



379 



375 



494 



597 



Mois 



Tlienii. nlii. 



Thera. nix. 



Tempéraliire GUiiéBOf. Bm de plue lianiBèirr 
di RhAne. du Cid. on de Mige. 



1» décade 


+ 3.24 


+ 12,88 


+ 


a90 


0.62 


9,8 


llUl 


2* t 


+ 2.66 


+ 12.90 


+ 


a30 


0.79 


23.4 


11068 


3« » 


+ 5,02 


+ 14,77 


+ 


8.11 


0.73 


17X) 


114,60 



+ 3.64 +13.52 + 8A4 



0.72 



50.2 



112.50 



Dans ce mois Pair a été calme 25)0 fois sur 100. 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 1,64 à 1,00* 
La direction de la résultante de tous les vents observés est N. 17^,6, W. et soo 
intensité est égale k 15,9 sur 100. 



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473 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU GRAND SAINT-BERNARD 
LK MO» D*ATRIL 1890. 



Le 1«r, brooUlard depuis 10 h. do soir 

3, brouillard josqn^à iO h. da matin et depuis 10 h. du soir. 

3, brooillard pendant tout le jour. 

4, neige de 10 h. du matin à 4 h. du soir; fbrt vent de 4 h. à 7 h. du soir. 

8, neige pendant tout le jour; elle est emportée par une violente bise et sa hau- 

teur ne peut être mesurée. 

9, Tîolente bise pendant tout le jour ; neige jusqu*à 7 h. du matin ; brouillard à 1 h. 

dusoû*. 

10, neige dans la nuit; brouillard par une forte bise jusqu*à 7 h. du matin. 

H, iHxmillard jusqu*à 7 h. du matin ; brouillard depuis 4 h. du soir; forte bise de- 
puis 7 h. du soir; neige dans la nuit. 

12, brouillard jusqu'à 10 h. du matin et depuis 7 h. du soir. 

14, fort vent depuis i h. du soir ; neige à 1 h. du soir et depuis 7 h. du soir; brouil- 

lard à 4 h. du soir. 

15, violent vent pendant tout le jour ; brouillard jusqu'à 4 h. du soir; neige depuis 

7 h. du soir. 

16, fort vent pendant tout le jour ; brouillard jusqu'à 7 h. du matin et depuis 10 b. 

du soir; neige de 10 h. du matin à 7 h. du soir. 

17, neige jusqu'à 1 h. du soir et depuis 7 h. du toir ; brouillard à 4 h. du soir ; fort 

vent jusqu'à 1 h. du soir et depuis 7 h. du soir. 

18, brouillard par un fort vent jusqu'à 7 h. du matin ; neige depuis 10 h. du soir. 

19, neige jusqu'à 7 h. du matin et depuis 10 h. du soir; fort vent depuis 10 h. 

du soir. 
90, brouillard de 4 h. du soir à 7 h. du soir. 
i3, brouillard pendant tout le jour ; forte bise à 10 h. du matin. 
24, forte bise jusqu'à 7 h. du matin ; neige jusqu'à 7 h. du matin et de 4 h. à 7 h. 

du soir : brouillard à 1 h. du soir. 
35, neige dans la journée; fort vent de 1 h. à 7 h. du soir. 

26, brouillard à 10 h. du matin. 

27, neige à 1 h. du soir et depuis 10 h. du soir. 

iK, brouilUrd depuis 10 h. du matin; forte bise depuis 7 h. du soir. 
30, brouillard jusqu'à 7 h. du matin; fort vent depuis 10 h. du matin. 
Remarque. — Le barogn^be a été remis en place le 5 avril 1890, 



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474 



Valeurs extrêmes de la pression aJtmmpkbriqme cbservies au harograpke. 

MAXIMUM MlffUniM. 

"" Le 4 à ih.DiBtiji 558,17 

Le 5 à 10 h. soir 562,98 

9 à 5 h. matin 548,07 

11 à 7 h. soir 554,67 

iik 7 h. matin 5BI^ 

14 à 10 h. matin 556.12 

17 à 11 h. matin SOOJB 

21 à 9 h. soir 568,35 

26à 4 h. matin 553,90 

31 à 10 h. matin 563,13 



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475 






1 



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^Q0QOQQMaoce*«Or^QQ^Ma00»0>lQ*«r^Q0^»lQQM^Q0><0ce 

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, .^-.lSSi8^âSSa;SSSr3âi;8|SS32|9!|SI3SS$$ 

+-H-I I++I I I I I I I I I I I I I I I i I I I I I I I 



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47fi 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD. — AVRIL 1890. 



ili.ni. 4 h. m. Ih. a. 10 h. m. Ih. ». 
Bttr*afièir«. 



in.*. 



lu. s. 



Itk.1. 



(r* décade. 
3* • . 



nm ma ■!■«■■■ wi mi ■■ 

5»9,il 558,32 558,44 558,63 558,50 558,33 558,47 858,36 

554,86 555,56 554,9i 555,34 555,55 555,60 556,02 556,13 

562,23 561,60 56i,67 56i,9i 561,02 561,74 561,98 562,12 



Mois 558,73 558,16 558,34 558,63 558,65 558,56 558,82 558.90 



7h.m. 10h.a. th.t. 4h.i. 

l'«décade... -7,W -4^87 - 3,*26 - 3,*88 

2* • ... -6,43 -4,30 -3,59 -4,20 

3* . ... -2,98 -0,26 +0,48 -0,58 



7 h. t. 



-6,17 
-6,03 
-4,29 



Mois. 



-5,48 -3,14 -2,12 - 2,« 



19 k. t. 



— 6.83 

— 6,71 
-4,60 



- 5.50 - 6,05 



1'* décade. 
2* • . 
.V » . 



Mois 



8,75 
8,17 
6,61 



-7,84 



Max. 



-1,80 

-2,14 

+ 1,17 



-0,92 



0,62 
0,79 
0,57 



0,66 



oïdeMige. 

13,8 
61,6 
36,8 



112,2 



Hailtiiriieia 



330 
790 
390 



1510 



Dans ce mois, l'air a été calme 0>0 fois sur 100. 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 0,97 à 1,00. 
La direction de la résultante de tous les vents observés est S. 45* W., et son 
intensité est égale à 2,2 sur 100 



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SUR 

L'ANALYSE DES ARDOISES 

PAE 

Frédéric RKTKRMJf et €h. BB IiA HABFK 



A Toccasion d'une expertise nous avons dû chercher 
par rexamen d'un grand nombre d'ardoises neuves et 
vieilles à nous rendre compte des causes qui déterminent» 
avec le temps, leur détérioration et à établir une méthode 
d'analyse permettant d'apprécier leur véritable valeur 
technique. Nous avons publié à ce sujet dans la Chemiker- 
ZtOung, janvier 4890, p. 64-95 et 426, et dans le 
MmUeur scientifique du D"" Quesneville, 4890, p. 393, un 
mémoire détaillé que nous allons résumer en y ajoutant 
quelques faits nouveaux observés depuis ces publications, 
et qui confirment en tous points nos conclusions. 

L'opinion généralement répandue chez les personnes 
qui s'occupent d'ardoises ^ et qui est pour ainsi dire parole 
d'Évangile pour la plupart des spécialistes, c'est que la 

* Voir à ce siget : Prof. D' H. Brunner, Ueber die Werthbe- 
Btimmnng der Dachschiefer. Schweie. Wochens^mft f. Pharmaciey 
1889, n® 10. — Revue géologique suisse pour 1889. Archives, 1890, 
p. 292. 

Archives, t. XXIII. — Juin 1890. 30 



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478 ANALYSE DES ARDOISES. 

qualité des ardoises dépend principalement de la propor- 
tion de carbonate de chaux et de pyrite qu'elles renferment ; 
Vanalyse chimique pourrait donc donner des indications 
précieuses sur la Taleur technique d'une ardoise et la 
constatation d'une certaine quantité de carbonate de chaux 
et de pyrite deTrait, d'après cela, la faire considérer 
comme mauvaise. 

Il résulte de nos recherches que cette opinion n'est 
pas justifiée par les faits. Nous avons pris en considéra- 
tion non seulement des ardoises sortant directement de la 
carrière mais encore des ardoises posées sur toit depuis 
longtemps (de iO à 45 ans) ainsi que des échantillons 
prélevés dans les parties des gisements affleurant le sol et 
ayant subi de temps immémorial l'action des agents 
atmosphériques. 

Voyons d'abord quelle est en réalité l'influence de 
la teneur en carbonate de chaux sur la qualité des ardoises 
(abstraction faite du changement de couleur dont nous 
né nous sommes pas occupés et sur lequel nous ne 
sommesi du reste, pais fixés; nous ne saurions dire aujour- 
d'hui s'il dépend ou non de la plus ou moins grande 
quantité de carbonate de chaux). 

Les ardoises de Servoz, qui ne renferment pas de car- 
bonate de chaux', résistent très différemment, d'après 
de Mortillet' aux différents agents atmosphériques; 
tandis que les unes durent très longtemps, d'autres, au 
contraire, se délitent au bout de peu de temps ; celles de 
Marzine, qui renferment jusqu'à 49 pour iOO de carbo- 



* D'. B^dian, Scbifjtea ^ar^knsierf de^^u^ et,jie ^avoiifi \Pisf^' 
«oeion). Gei^èyè, laaa^ 

* De MortiUet, Minéralogie et géologie de la Savoie, 



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ANALYSE DES ARDOISES. 479 

nale de cbaux, résistent bien aux agents atmosphériques; 
^ies de Mexy d'après les analyses de MM. Prof. Brauns 
et Delafoniaine, que M. le préfet de Werra a eu Tobli^ 
geance de nous comoMiniquer, en renferment 19,5 pour 
100; or, d'après un rapport de M. Brun, corroboré 
par les chimistes cités» elles résistent très convenablement 
Tîa-à-Tis des pluies d'orage, neiges, etc. ; des ardoises 
posées depuis plus de trente ans ne présentaient pas 
d'érosion appréciable. L'eiamen, fait par nous-mêmes, 
<les ardoises de Mex, dont on trouvera les résultats 
consignés dans les tableaux I et II confirme entièremeol 
l'opinion de ces chimistes. On roit par ces quelques faits 
<]u'il n'y a pas de corrékktira entre la teneur d'une ardoise 
en carbonate de chaux et sa valeur technique. 

Dq reste le carbonate de chaux est englobé dans la 
masse. compacte des ardoises de telle manière qu'il n'est 
attaqué par un liquide acide, même sous l'influence du 
vide comme nous l'avons constaté, qu'avec une extrême 
lenteur ; il n'est même pas attaqué d'une manière rapide et 
complète dans les ardoises compactes par un liquide forte* 
moit acide à la pression ordinaire. D'après uno expertise 
de l'ardoise de Mex, faite par le laboratoire fédéral pour 
l'essai des matériaux do construction de Zurich, c elle 
donne après un séjour de 9 jonrs dans de l'acide chlorhy-^ 
driqoe au '/i»"^ une perte en poids de 7.61 */• sevieimit ; 
comparée à d'autres ardoises analogues, elle doH être con^ 
sidérée comme très résistante à l'attaque par les acides 
qui peuvent s'emparer de sa chaux. » 

FVéséMus a proposé pour apprécier la qualité des ar» 
doises de les soumettre à l'action de l'acide sulfureux ; 
la détérioration plus ou moins rapide des échantillons 
soumis a ce traitement donnerait une indication approxi- 



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480 ANALYSE DES ARDOISES. 

mative sur leur degré de résistance aux agents atmosphé- 
riques. L'idée de remplacer l'action lente des agents at- 
mosphériques par l'action rapide, énergique et présentant 
des effets faciles à constater, de l'acide sulfureux, a cer- 
tainement sa raison d'être; mais il ne faut pas oublier 
qu'au point de vue de l'action de l'acide sulfureux sur le 
carbonate de chaux, la méthode de Frésénius ne rend 
pas compte de ce qui se passe en réalité. Une ardoise 
renfermant du carbonate de chaux sera plus vite attaquée 
qu'une ardoise n'en renfermant pas, mais d'autre pari, 
une ardoise poreuse sans carbonate de chaux pourrait 
être moins rapidement attaquée qu'une ardoise compacte 
renfermant du carbonate de chaux; la première serait 
cependant de quaHté inférieure. 

Nous n'admettons pas, en outre, ainsi que M^ le Prof. 
Brunner, le déduit de l'étude d'un certain nombre d'ar- 
doises, que la résistance à l'acide sulfureux soit toujours 
en relation avec la teneur en carbonate de chaux ; si nous 
supposons, en effet, deux ardoises renfermant la même 
quantité de carbonate de chaux, dont l'une serait com- 
pacte et l'autre poreuse, il est bien évident que la se- 
conde sera plus rapidement attaquée. 

Quoique, dans la pratique, les ardoises ne se trouvent 
pas soumises à une atmosphère semblable et que la cause 
principale et déterminante deMa détérioration des ardoises 
ne puisse être attribuée, comme nous le montrerons plus 
loin, à l'action chimique des agents atmosphériques, nous 
ne voulons pas contester que la méthode de Frésénius 
ne puisse donner, dans certains cas, un renseignement 
utile, lorsqu'elle est corroborée par d'autres détermina- 
tions. 

La teneur en pyrite n'a pas non plus selon nous Tin- 



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ANALYSE DES ARDOISES. 481 

fluence qu'on lui attribue sur la qualité des ardoises; de 
même que pour la question du carbonate de chaux les 
faits sont en contradiction aTec l'opinion généralement 
admise. 

Si la pyrite se décomposait comme on l'a supposé en 
présence des agents atmosphériques et réagissait en s'oxy- 
dant sur le carbonate de chaux, l'analyse chimique devrait 
déceler une différence sensible dans la quantité de pyrite 
renfermée dans les ardoises neuves et dans les vieilles. Or 
tel n'est pas le cas. M. le Prof. Brunner lui-même cite par 
exemple le fait qu'une ardoise fortement effritée au bout 
de deux ans renfermait après ce laps de temps à peu près 
la même quantité de pyrite qu'au début. Nous avons 
nous-mêmes trouvé dans une ardoise neuve de Sembran- 
cher 0, T*/, de pyrite et dans une ardoise de même pro- 
venance, mais ayant été posée sur un toit pendant dix ans 
0. 67o. Enfin un échantillon d'ardoise de Mex prélevé 
par nous dans une partie du gisement affleurant le sol 
de temps immémorial, renfermait 0.34 7o de pyrite tan- 
dis que Tardoise neuve de la même localité en contenait 
0. 367.. 

Ajoutons que les ardoises de Sion qui sont, sans con- 
teste, reconnues mauvaises renferment une quantité de 
pyrite (0.84 moyenne de 4 analyses de M. le Prof. Brun- 
ner) inférieure à celles de Morzine (1.07 analyse du 
D^ Radian) qui résistent convenablement aux agents at- 
mosphériques et un peu supérieure seulement à celles de 
Sembrancher (0. 7) dont la quaUté est bonne. 

Du reste, les ardoises sont des roches éminemment 
compactes; elles ne présentent qu'une porosité insigni- 
fiante (voir tableau I) et la pyrite ne pourrait y être atta- 
quée que si la roche devenait poreuse et se désagrégeait. 



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482 ANALYSE DES ARDCHSES. 

Par contre, à pea près toutes les ardoises renfenneol 
du iér à l'état ferreux extractible par Tacide chlorhydrique 
étendu (acide à 1 pour 100), tandis que la pyrite ne Test 
pas. 

Nous avons aussi constaté qu'un assez grand nonibre 
d'ardoises, et particulièremont celles de Sembrancher, 
renferment de l'oxyde ferreux extractible par l'acide acé- 
tique étendu; mais cet oxyde est englobé dans la masse 
compacte de telle manière qu'il ne peut être attaqué au 
début par les agents atmosphériques. 

Dans deux vieilles ardoises effritées de mauvaise qua- 
lité, nous avons trouvé une forte quantité de sel ferrique, 
et l'on est en droit de conclure (en tenant compte aussi 
du fait rapporté par M. Brunner que la teneur en pyrite 
d'une ardoise fortement effritée est restée à peu près la 
même au bout de deux ans) que ce sont les sels ferreux 
qui s'oxydent plus rapidement que la pyrite et que c'est 
de ceux-là surtout qu'il faudrait tenir compte en suppo- 
sant que l'action principale et déterminante de la détério- 
ration des ardoises soit de nature chimique. 

Admettons, pour un instant, que la pyrite, les sels 
ferreux et le carbonate de chaux subissent des altérations 
au contact de l'air qui leur permettent de réagir, les uns 
sur les autres, dans un laps de temps relativement court: 
il est bien évident que la pierre s'attaquerait à la surface 
exposée à l'air seulement. Or, tel n'est pas le cas; lorsquil 
y a changement décomposition dans l'ardoise, ce change- 
ment s'effectue non seulement à la surface, mais dans 
presque toute la masse, Tardoise se déUte. 

L'ardoise s'effrite spécialement dans la partie non cou- 
verte, tandis que dans la partie couverte, l'action désa- 
grégeante est superficielle et ne pénètre pas profondément; 



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ANALYSE DES ARDOISES. 4S3 

ao lieu de se réduire en feuillets, l'ardoise se réduit en 
poadre; ee ((hénomène-là fôt dû k une action cbimique. 

Nous avons donc été amenés à conclure que fa désa- 
grégation première des ardoises est dde à une action phy- 
sique et non pas à une action chimique, du moins pour 
l'Ardoise non couverte (partie dont la détérioration plus ou 
teoins rapide présente spécialement un intérêt prati(^e 
car c'est celle qui s'altère le plus rapidéinent dans les 
ardoises de qualité itiffirieure); l'action chimique ne 
commence à devenir plus rapide qu'après celte première 
désagrégation, lorsque la pierre a perdu sa compacité, 
qu'elle est devenue poreuse et pénétrable à l'influence des 
agents atmosphériques. On peut très facilement consta- 
ter ce changement d'état par le son que produit le choc 
sur une ardoise neuve et sur une vieille; tandis que Ta 
première donne un son clair, la seconde, lorsqu'elle est 
devenue moins compacte, fournit un son mat. 

Des expériences de Jannettaz ont montré que, dans les 
ardoises, comme dans les corps cristallisés, la chaleur 
n'est pas conduite d'une manière uniforme dans tous les 
s^ens, ihais qu'elle l'est moins dans la direction perpendi- 
culaire que dans les directions parallèles à leurs plans de 
clivage. 

Si Ton recouvre de graisse une section faite dans une 
ardoise perpendiculairement à son plan de clivage et 
qu'on échauffe un point de cette section, la courbe que 
dessine le bourrelet formé par la graisse fondue après son 
refroidissement est une ellipse dont le grand axe est 
toujours parallèle et le petit perpendiculaire, par œnsé- 
quent, à la direction de la schistosité. En mesurant la 
longueur de ces axes, on voit, par exetnple, que le grand 
axe est au petit dans les rapports de i.8, ou quelquefois 



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484 ANALYSE DES ARDOISES. 

â à 1 dans les ardoises de Fumay et de Rimogne ( Ardennes); 
de i.6 à 1 dans celles de Saint-Julien-en-Maurienne et de 
1 .4 à 1 dans celles de Bourg-d'Oisans. L'auteur n'a. du 
reste, pas fait ces expériences avec l'idée d'en tirer des 
conclusions sur la qualité des ardoises dont la plus ou 
moins grande résistance peut être tout à fait indépen- 
dante de la valeur de ce rapport. En rapprochant ce fait 
expérimental des conclusions auxquelles nous avions été 
amenés nous-mêmes et qui éliminent la prépondérance 
de l'action chimique au début de la détérioration des ar- 
doises, nous avons supposé que leur désagrégation pro- 
vient principalement et en premier lieu, des dilatations 
et rétractions inégales et successives auxquelles elles sont 
soumises sous l'influence des variations de la température. 
Si notre supposition était exacte, il ne s'agissait plus que 
de prouver expérimentalement qu'une ardoise compacte, 
au début, devient poreuse lorsqu'on la soumet à des va- 
riations de température. L'expérience a confirmé cette 
manière de voir, comme le prouvent les résultats indiqués 
au tableau IL 

L'altération des ardoises est due à trois causes, dont 
deux sont de nature chimique et une (de beaucoup la plus 
importante) de nature physique. 

i^" Action chimique des agents atmosphériques ; c'est 
celle qui a le moins d'importance ; 

i^ Action chimique des gaz dégagés par le bois, s'exer- 
^nt sur la partie des ardoises en contact avec la char- 
pente. Cette action est plus rapide que la précédente. 

3<^ Action physique provenant de conductibilités calo- 
rifiques inégales. 

Les actions chimiques ne peuvent s'exercer que sur les 
surfaces, et ont pour résultat, entre autres, de rendre la 
substance pulvérulente. 



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ANALYSE DES ARDOISES. 485 

Vaction physique s'exerce dans toute la masse et a pour 
résultat de Tefifriter et, par conséquent, de multiplier beau- 
coup les surfaces susceptibles d'être attaquées par les agents 
chimiques. 

Nous ayons déterminé par la méthode que nous décri- 
vons ci-dessous la porosité (que nous désignons sous le 
nom de € porosité pratique, » car nos chi&es tout en étant 
comparables entre eux, n'ont pas la prétention de repré- 
senter la porosité réelle, telle qu'on peut la déterminer en 
se basant sur les poids Yolumétriques et spécifiques des 
ardoises) d'uo certain nombre d'ardoises neuves et vieilles 
(Expérience et tableau I), ainsi que la porosité des ardoises 
neuves après les avoir soumises à des changements de 
température brusques et souvent répétés (Expérience et 
tableau II). Quelques-unes de ces ardoises sont considé- 
rées ajuste titre par tous les spécialistes comme excellentes, 
tandis que d'autres ont été reconnues mauvaises à l'usage 
d'une manière tout aussi unanime et Ton peut voir que 
les chiffres obtenus dans nos expériences correspondent 
bien à ces différences de qualité. 

Expérience et tableau L 

Des morceaux taillés d'ardoise avec les bords limés, 
mesurant environ 6 centimètres sur 2 centimètres ont été 
pesés puis introduits dans un tube de verre à parois 
épaisses de 12 centimètres (hauteur) sur 3,5 centimètres 
(diamètre), renfermant de la diphénylamine (substance 
fusible à 54s distillant à SIO""). Ce tube, fermé par un 
bouchon de caoutchouc, a été mis en communication 
avec un appareil à faire le vide, puis introduit dans un 
bain d'huile où il a été chauffé pendant deux heures à 
170® en faisant le vide; on a ensuite laissé rentrer lente- 



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486 



ANALYSE DES ARDOISES. 



ment l'air en maintenant la température pendant qua- 
tre à cinq heures à 150^, puis on a retiré les morceaux 
d'ardoise pour les nettoyer avec du papier à filtre, on les a 
laissés refroidir, lavés à Téther (ce lavage qui peut se faire 
très rapidement, grâce à l'extrême solubilité de la diphé- 
nylamine dans Téther, a pour but d'enlever la substance 
qui pouvait rester sur les surfaces), séchés sur l'acide sul- 
furique et pesés de nouveau. 

Les augmentations de poids constatées, représentant 
la diphénylamine entrée dans les pores de Tardoise, ont 
été les suivantes : 



NEUVE 



PROVENANCE i -^^"«««n- 
I tation 

* de 

. poids. 



Salvan gris 

Cotre- Rhône 

Ardennes. 

Sembranober 

Angers 

Morzine 

Mex 

Id 

Salvan noir 

Omy 

Sion 

Sevin. 

La Chambre 

Inconnue 

Id 

Id. trôs effritée . 



pour 100 

0.03 
0.02 
0.03 
OM 
0.06 
0.02 
0.04 
0.03 
0.06 
0.09 
1.15 

0.60 



VIEILLE 






4S 
10 
30 
10 
30 
30 
30 



in 






pour 100 

0.19 
0.06 
0.15 
0.28 
1.11 
1.18 
0.31 



20 à 25 1.16 

14 2.32 

- I 0.82 

- ■ 2.58 



pour 100 

0.16 
0.04 
0.12 
0.24 
1.05 
1.16 
0.27 



g & 

O *- • -O 

< £ 



poor 100 

0.035 

0.04 

0.04 

0.24 

0.35 

0.38 

0.09 



^ 



Ce tableau montre que la porosité, insignifiante chez 
les ardoises neuves de bonne qualité, devient plus forte 
chez les ardoises vieilles. Les chiffres de la dernière co- 
lonne facilitent la comparaison, mais il ne faut pas ou- 



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ANALYSE JÏES ARIKHSES. 



487 



Mier' qae nous ignorons si la progression de la porosité 
est bien proportionnelle an temps. 

Expérience et tableau IL 

Les ardoises neuves découpées en rectangles à bords 
bien limés de 2 centimètres de largeur sur 5 centimètres 
de longueur ont été soumises à Tintérieur d'un tube en 
fer forgé à une température de 30U<^ pendant une demi- 
heure^ puis le tube a été refroidi brusquement par un 
courant d'eau froide pendant une demi-heure. Afin que 
l'action de la température soit égale sur les morceaux 
d'ardoise, ou en fixe un certain nombre autour d'un tube 
en verre dans lequel plonge le thermomètre et qu'on in- 
troduit dans le tube de fer. L'opération ci-dessus ayant 
été répétée vingt-quatre fois, les morceaux d'ardoise ont 
été imbibés de diphénylamine comme dans les expériences, 
précédentes (tableau I). 



PROVENANCE 


Augmentation 

après 

les changements 

bnisqoee 
de températare. 


Augmentation 1 ' 

de poids i 

de l'ardoise neuve , DIFFÉRENCE 

non chauffée. { 

(Col. 1. tabl. I.) 1 


j Outre-Rhône 

QêXvwn noir 

Ssmbnncber 

Mez 


poar 100 

0.08 
0.13 
0.12 
0.15 
0.12 
0.27 
0.24 
0.74 
2.36 


ponr 100 1 pour 100 

0.02 1 006 
0.06 0.07 
0.04 ' 0.08 • 
0.04 0.11 j 


Id. 


Cray 


0.09 
0.02 
0.60 
1.15 


0.18 
O.M 
014 
1.90 


Morsine 


La Chambre 

Sion 









Il résulte de cette étude que, pour arriver à des conclu- 
sions se rapprochant de la réalité sur la qualité des ar- 
doises, il faut non seulement tenir compte de l'examen 



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488 ANALYSE DES ARDOISES. 

chimique, mais avant tout déterminer exactement par les 
méthodes que nous venons de décrire. 

1^ La porosité de l'ardoise neuve; 

2*» La porosité de l'ardoise neuve après l'avoir sou- 
mise à des changements brusques de température. 

Dans les ardoises de bonne qualité, non seulement la 
porosité de l'ardoise neuve doit être faible, mais encore 
elle ne doit pas augmenter dans une forte proportion 
après que l'ardoise a été soumise à des changements 
brusques de température. 

Les ardoises seront, en tout cas, de qualité inférieure 
si leur porosité au début est forte, lors même qu'elle 
n'augmenterait que dans une proportion relativement 
faible par les changements brusques de température. 

Sans vouloir attribuer une valeur trop absolue aui 
chiffres indiqués dans nos tableaux, moyennes de plusieurs 
-déterminations et pour ce qui concerne les échantillons 
que nous avons examinés, la porosité des ardoises de 
bonne quahté est inférieure à 0.1 pour iOO pour l'ardoise 
neuve et à 0.3 pour l'ardoise chauffée et refroidie brus- 
quement. 

Ces déterminations remplacent avantageusement, 
croyons-nous, les expériences imparfaites, basées sur la 
gélivité et l'influence des changements brusques de tem- 
pérature, telles qu'on les pratique généralement. Les 
résultats de ces expériences, constatés par un examen 
oculaire, ne sauraient être que très approximatifs et ne 
peuvent avoir d'intérêt que dans les cas spéciaux où l'on 
a, par exemple, à examiner des échantillons de qualités 
extrêmes. 

Genève, 9, rue du Stand. 



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L'EXPÉRIENCE FONDAMENTALE 



SUR LA 



CAPACITÉ INDUCTIVE SPÉCIFIQUE 



PAR 

M. le D' B. WEBCB 

Prof. A Neaohfttel. 



Dans renseignement des phénomènes d'induction en 
électrostatique, il est désirable qu'on puisse prouver aux 
auditeurs» par une expérience à la fois simple et con- 
cluante, que les différents milieux intercalés entre un 
corps électrisé et un corps conducteur quelconque déter- 
minent sur ce dernier une induction très différente sui- 
vant le milieu. 

Les expériences proposées avec Télectroscope ou avec 
des bouteilles de Leyde ordinaires ne réussissent guère 
pour des expériences de cours. La cause principale git 
dans le fait que le rapport du volume d'air déplacé par le 
diélectrique solide intercalé au volume d'air non déplacé 
et restant entre les deux corps conducteurs est trop petit. 

En admettant une démonstration un peu moins di- 
recte, on arrive facilement aune démonstration simple et 
tout à fait concluante. 

Partant du fait que certains liquides ont une capacité 



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490 



LA CAPACITÉ INDUCTIVE SPÉCIFIQUE. 



inductive spécifique beaucoup plus grande que les solides, 
il est tout indiqué de séparer les deux conducteurs àélec- 
triser non par un solide mais par un liquide. L'eau ayant 
une capacité inductive spécifique de 80 environ \ c'est 
le liquide la plus approprié pour Teipérienoe. 

La forme la plus avantageuse des conducteurs me pa- 
raît être celle des bouteilles de Leyde ordinaires, qu'on 
construit en principe de la manière suivante: Un premier 
verre cylindrique est couvert d'étain à la surface exté- 
rieure. Un second verre de môme forme que le précédent, 
mais ayant un diamètre extérieur de 6 mm. environ plus 
petit que le diamètre intérieur du premier verre, est cou- 
vert d'étain à sa surface intérieure. On introduit ce se- 
cond verre dans le premier en ayant soin de le maintenir 
au fond et sur les côtés à la même distance du second verre. 
En remplissant d'air, d'alcool ou d'eau l'espace ainsi 



formé et en chargeant les armatures au même potentiel^ 
la différence de la capacité inductive spédjifique des \roh 
corps devient frappante au mom^nt de la déch^ge. 

* M. Tereschin trouve 84, voir Afm. de Wiedemann, t. 36, p. 792; 
Oohn et Arons ont trouvé 76, voir Ann. de Wiedemann, t. 33, 
p. 18. 



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LA CAPACITÉ INDUCTIVE SPÉCIFIQUE. 49* 

Il est facile d'exprimer en chi&es le rapport des 
charges si Ton suppose qu'on charge au même potentiel 
y. En effet, si chaque verre a l'épaisseur de 1 mm., si les 
deux verres sont distants de 3 mm., si l'armature a 
1 cm* et si la capacité inductive spécifique du verre est 
égale à 7, la charge devient, en remplaçant par de Yair 
Tespace compris entre les verres : 



^' ' 4icd i + 3+ï ' ii:(i+3+i) 25-47C 



En remplissant le même espace d'eau, la charge de- 
vient 

^» ^3^ Y+3 + i *4îc(i+3+l)'" 25"47: 

Si, entre les deux armatures, il n'y avait que du verre, 
la charge deviendrait 

0+ = r+ V = 7.i+7>3 + 7.l ^V _ 35 ^' 

^8 ^8- 1+3+1 ' 4i:(l+3+4J " 25* 4ic 

Ee rempli^s^t lespace d'une telle bouteiUe de Leyde 
avec de l'air^ du verre ou de l'eau^ le rapport des chargea 
ëloctriqqes devient : 

17 : 3?f : 254 

Ces rapports sont tout autres, si Ton fait varier la dis- 
tance de^ deu]^ verres des bouteilles. Âipsi, en sqpposap; 
les mêmes armatqres et le même verre, mais la di^tanp^ 



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492 LA CAPACITÉ ÏNDUCTIVE SPÉCIFIQUE. 

des deux verres égale à n millimètres, ces rapports de- 



viennent : 








n 


air 


verre 


e*D 


1 


15 


il 


94 


i 


16 


28 


174 


3 


17 


35 


254 


4 


18 


42 


334 


5 


19 


49 


414 


fi 


20 


56 


494 



Il serait donc avantageux de faire l'espace entre les 
deux verres aussi grand que possible pour obtenir aussi 
petit que possible le rapport des deux charges induites 
par Tair et par Teau, et pour rendre très sensible l'in- 
fluence du milieu intercalé ; mais en augmentant la dis- 
tance des verres on arrive assez rapidement au point à 
partir duquel on ne peut plus obtenir une charge sensible 
dans la bouteille à air. Pour cette raison, il ne faut pas 
dépasser 3 à 4 millimètres pour l'épaisseur de la couche 
d'eau. 

J'ai construit deux de ces bouteilles avec quatre verres 
à précipiter. Les deux verres, emboités l'un dans l'autre, 
sont maintenus à une distance égale par trois petites 
pièces de feutre collées sur le bord inférieur du verre inté- 
rieur. En mesurant la surface des armatures et le volume 
de l'eau, la distance entre les deux verres a été trouvée 
égale à 3 millimètres environ. — Dans la bouteille desti- 
née à contenir l'eau, j'ai fait équilibre à la poussée en 
mettant de la grenaille de plomb dans le verre intérieur. 

Pour charger les deux bouteilles au même potentiel, je 
fais communiquer les armatures extéi^eures des deux 
bouteilles entre elles et avec l'un des conducteurs d'une 



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LA cAPAcrni indugtivb spécifique. 493 

machine, tandis que les armatures intérieures commu- 
niquent entre elles et avec l'autre conducteur. De cette fa- 
çon les auditeurs sont convaincus que les deux bouteilles 
ont été soumises aux mêmes conditions d'expérience. 

Quand la bouteille à air ne donne qu'une décharge à 
peine sensible, la bouteille à eau donne lieu à une assez 
forte commotion. 

Le calcul, ainsi qu'une mesure directe, a montré que 
la bouteille à eau contient une charge environ 14 fois 
plus grande que la charge de la bouteille à air. 

L'expression algébrique pour la capacité de la bouteille 
peut prendre la forme. 

(1) C = A(B + x) 

si Ton désigne par x la capacité inductive spécifique du 
milieu intercalé entre les deux verres. Les quantités A et 
B sont constantes, en tant qu'on emploie une bouteille de 
même forme, mêmes dimensions et formée des mêmes 
substances. En particulier, pour l'air comme milieu entre 
les verres, soit pour x = 1, on aura : 

(; = A(B + 1) 

L'expérience permet de déterminer le rappprt R des 
capacités C : C,. Si l'on connaît encore x pour un liquide 
quelconque, il devient aisé d'éliminer les constantes A et 
B. En effet, 

r' = C:c, = a(b+xO:a(b+i) 

= (B-hx'):(B + i) 
et de là 

Archives, t. XXIH. -- Juin 1890. 31 



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494 U tAPACITÉ ISDUCTlVE SPIÎCIFIQUE. 

x'-R' 



B 



de sorle que 

ei 

donc 

et 
(II) 



R'-l 



x- t 



C, = A. 






^ = R = X -R +x(R — 1) 
C r! — 1 



_xXR -i) + (R-R) 



Pour la même bouteille et eu prenant pour Teau 
x' = 80, j'ai trouvé R' = C, : C, = 14,4, 

Ed yersant diflEirents liquides entre les deux yerres, et 
après avoir déterminé les rapports R, la formule (H) m'a 
donné les valeurs suivantes pour la capacité inductive 
spécifique. 



Air 

Eau 

Alcool 

Glycérine 

Acide sulfurique. 
Suif, de cuivre . . 
Suif, de zinc .... 
Sel de cuisine... 
Acide azotique . . 



x= i 
80 
82 
83 
80 
75 
76 
74 
1\ 



Pétrole 

Huile d'olive. 

Benzine 

Xylole 

Mercure 

Glace 



x=48.S 

67 

65 

102 

Hl 

82 



On remarquera tout de suite la différence énorme qui 



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LA CAPAOTÉ INDUCTIVE SPÉCIFIQUE. 495 

existe entre ces valeurs et celles que donnent les mesures 
faites avec beaucoup de précautions. Je dois m'abstenir 
de toute discussion ; mais j'ai estimé utile quand même 
de communiquer les chiffres ci-dessus, ne fut-ce que pour 
pouvoir comparer entre eux les chiffres se rapportant au 
mercure et aux liquides non métalliques, se rapportant 
aux liquides bons conducteurs et non conducteurs se 
rapportant à Teau et à la glace. 

Neacbfttel, iO mai 1890. 



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NOTICES CRISTALLOGRAPHIQUES 

PA» 
MM. I^ BUPAm€ et A. UE MOTBK 



Communiqué à la Société de physique et d'histoire naturelle 
de Genève dans sa séance du 6 juin 1890. 



FORMES CRISTALLINES DE QUELQUES COMPOSÉS ORGANIQUES 

Les formes cristallines déterminées dans ce travail ont 
été mesurées an moyen du goniomètre de Wollaston à 
limbe vertical sans lunette. La notation employée est cdie 
de Miller. Les angles donnés sont ceux des normales. 

DériTé hydrozylé de la méthylen-diphénilène oxyde. 

/OH 

Xh/ 

Préparé par M. Werlheimer. 

Obtenu par fusion potassique de l'acide méthylène di- 
phénilène oxyde sulfonique. Point de fusion 142° cristal- 
lisé dans Talcool. 

Petits cristaux incolores transparents présentant deux 
types ; dans le premier ils sont tabulaires aplatis selon 
l'axe des z et présentent la face (001) très développée et 
(111) plus petite. 



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NOTICES CRISTALLOGRAPHIQUES. 497 

Dans le deuxième type les faces (111) sont très defe- 
ioppées et la base (001) réduite. 

Prisme rhomboïdal droit. 
a:6;£r = 0,8577: 1 : 1.9633 

Obserré. Calculé. 

(111) (ljl) = 76°20'* 
(111) (H 1) = (87^49'^ 
(111) (001) = 71^30' 71^39' 

Sel de cuivre de l'acide a a naphtol •ulfonique. 
[C,,H,0HS0,],Cu + 9.5 H,0 *. 

Préparé par M. Murât. 

Obtenu en traitant l'acide C,.H,OHSO,H par un excès 
de CuGO,. Ces cristaux perdent leur eau à 175^ en jau- 
nissant. Ils reprennent leur teinte première lorsqu'on les 
humecte. 

Petits cristaux tabulaires transparents bleus, aplatis, 
même lamellaires, très fragiles présentant les faces (100) 
très défeloppées, les faces (111) (lîl) (îll)(ïfl) al- 
longées, très minces, la face (010) très petite. 

Les mesures n'ont pu être effectuées que sur un seul 
cristal. 

Prisme rhomboïdal droit. 
a:b:c= 1.1588: 1 : 1.6658 

Obsenré. 

(100) (111) = 64^26' 
(010) (111) = 60^ 



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498 NOTICES CRlSTALLOGRAPiUQUES. 



Sel de calcium de l'acide a' a! naphtol liuUonique. 

Préparé par M. Murât. 

Obtenu en traitant l'acide C,,H,OHSO,H par un excès 
de GaCO, ne perd H,0 de cristallisation qu'à 150°- 
160°. 

Face (001) très développée (i 11) et (010) assez dé- 
veloppée (100) et (301) peu développée. Cristaux tabu- 
laires, fragiles, translucides. 




iCa + 2H,0 



Prisme bi-oblique. 

a = 64°18' p = 105°58' y = 96°52' 

«:6;c = 0.9695: 1 : 1.0234 

Observé. Calcalé. 

(001) (010) = H4°50'* 
(001) (100) = 75°34'* 
(100) (010) = 89°58'* 
(010) (111) = 63° 4'* 
(001) (111) = 74° 8'* 
(100)(111) = 124°49' 124°12' 

(301) (100) = 17°45' 17°14' 

(301) (010) = 98°22' 97°2r 



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NOTICES ÇRISTALLOGRAPHIQUES. 499 

Tetra hydronaphtalata de métbyl. 
C,oH.(COOCH,)« + 4H. 

Préparé par M. Anselme. 

Mesures faites sur un seul cristal opaque blanc en mau- 
Tais état donnant des images peu nettes, face 100, déve- 
loppée (110) et (010) petite. 

Prisme rbomboîdal oblique. 

|3 = 126^51' 
a:b:c = 2.3421 : 1 : ? 

Obserré. Calculé. 

(100) (001) = 53° 9' 

(100) (110) = ersS' 

(001) (110) = 73^35' 73^36' 

Ortho-ozybensylidène-aniline. 
C.H, — Az = CH — C.H,OH. 

Préparé par M. Amé Pictet. 

Obtenu par l'action de l'aniline à 100"" sur l'aldéhyde 
salycilique. Point de fusion 50^5 cristallisé dans l'alcool. 

Cristaux jaunes transparents tabulaires aplatis selon 
(001) se ternissant à l'air. Face (001) bien formée, les 
autres petites et étroites, sur les angles aigus se trouvent 
placées deux petites facettes incurvées sans éclat, elles 
n'ont pas pu être mesurées. 

Nous avons trouvé une macle par pénétration présen- 
tant la forme d'une croix. 



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500 NOTICES GRISTALLOGRAPHIQUES. 

Cette substance est décrite dans Tonvrage de BuktâD 
comme ne cristallisant pas. 

Prisme rbomboîdal droit 
a 6.^ = 0.4586: 1 : 2J922 
Obsenré. Calculé. 

(001) (111) = 79M4'* 
(111) (111) = 48^21'* 
(lll)(lfl) = 53^32' 53^30^ 

Dans une précédente série de mesures, nous avons eo 
l'occasion de mesurer Téther éthylique de l'adde tétrahy- 
dronaphtaliqne, ce dernier ne semble pas avoir de rapport 
cristallographique avec le sel de méthyle que nous dé- 
orivons dans ce mémoire. 

Laboratoire de minéralogie de 
llJiiiTersité de Génère. 

* Arômes des sciences physiques^ tome XXL Ayril 1889. 



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L'ORIOINE 



DB 



L'ASPHALTE, OU BITUME & DU PÉTROLE 



ProfMseor. 



< Il serait digne des antécédents de la science neu- 
châteloise, qu'après avoir reconnu le problème du gise- 
ment de Tasphalte^ elle parvint aussi à résoudre le pro- 
blème plus difficile de son origine. » 

Ainsi s'exprimait, il y a une vingtaine d'années, le 
professeur Desor, alors que l'attention publique venait 
d'être vivement excitée par la découverte d'un nouveau 
gisement de cette substance minérale au Val-de-Travers, 
ainsi que par les publications du professeur Oscar Fraas et 
Léo de Lesquereux. Cet appel semble toutefois ne pas avoir 
été entendu, car c'est en vain que l'on chercherait dans la 
littérature scientifique de notre pays un document de 
quelque importance sur ce sujet. Il en a été à peu près 
de même au dehors; à l'exception d'une conférence de 
M. Dieulafait, professeur à Marseille, sur Vortgine et le 
mode de formation des stéstances minérales salines, il n'a 



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502 l'origine de l'asphalte, 

rien été publié qui soit de nature à jeter quelque lumière 
sur cette importante question. On s'est borné à publier 
ou à rééditer les diverses théories émises depuis plus ou 
moins longtemps, sans apporter de matériaux qui soient 
de nature à en procurer la solution. 

Favorisé par la proximité d'un champ d'étude aussi 
important que le sont les mines d'asphalte du Val-de-Tra- 
vers et encouragé par diverses découvertes, je viens de 
publier sous le titre d'Études géologiques swr Casphalieet le 
bitume au Valràe-Travers, dans le Jura et la Haute* Savoie, 
un travail dont je me propose de résumer ou reproduire 
les principales données, espérant diim attirer l'attention 
sur un sujet que je n'ai nullement la prétention d'avoir 
épuisé, mais qui, au contraire, mérite d'être repris par 
de plus habiles que moi. 



I 
L'asphalte au Val-de-Travers. 

i. Historique, 

Passant rapidement sur tout ce qui a trait à l'histoire 
de la découverte, de l'exploitation et des applications de 
l'asphalte, je signalerai d'abord les observations remar- 
quables de Léopold de Buch, envoyé au commencement 
de ce siècle à Neuchàtel par le roi de Prusse pour y pro- 
céder à certaines recherches sur la houille qui, disait-on^ 
devait exister dans la vallée du Locle. Cette mission 
scientifique qui marque le vrai début de la géologie dans 
notre pays donna occasion au jeune savant allemand de 



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DU BETDME ET DU PÉTROU':. 503 

rédiger diverses notes sur les roches et les terrains du 
Jura. Dans son Catalogue des roches qui camposcta les monta- 
gnes de Nmehâtely il s'exprime ainsi au sujet de l'asphalte : 

< Asphalte d'un noir foncé. Cassure raboteuse à petits 
grains. Mat à l'ombre, a?ec une infinité de lames brillantes 
au soleil. Mélange de bitume et de pierre calcaire grenue. 
La pierre est tenàre là où il y a beaucoup de bitume; elle 
l'est moins là où la couleur est moins foncée. » 

Suit une dissertation dans laquelle l'auteur établit que 
c'est improprement que l'on a donné le nom d'asphalte 
à k roche du Val-de-Tra?er8, dont les caractères diffèrent 
absolument du Téritable asphalte ou bitume de Judée, 
c L'asphalte du Val-de-Trayers, dit-il, n'est pas une sub- 
stance simple : c'est un mélange de pierre calcaire coquil- 
Hère et de bitume. Qu'on expose des pièces à une forte 
chaleur, il brûlera avec une légère flamme bleue, peu five, 
qui bientôt diminuera et s'éteindra sans que la pièce ait 
paru diminuer sensiblement de volume, » etc. 

.... «C'est donc une couche qui ne diffère point des 
couches grenues dont les collines au bas des côtes du 
Val-de- Travers sont formées. Et le bitume ne sera nulle- 
ment un indice de charbon de terre, comme on aime si 
souvent à le croire. Cette partie de la formation du Jura 
est trop connue et on sait trop bien qu'aucune formation 
de charbon de terre n'y trouverait sa place. D'ailleurs il 
n'y a dans le voisinage de ce bitume point d'empreinte 
ou de pétrification de végétaux, point de feuilles, point 
de roseaux, et il est plus que probable que ces masses 
tirent leur origine plutôt du règne animal que d'arbres 
et de plantes. La quantité de coquillages des environs 
le ferait présumer, quand même on ne ferait pas atten- 
tion à la nature du bitume et à l'alcali volatil qu'ils 
peuvent contenir. » 



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504 l'origine de l'asphalte, 

Comme on le voit, l'illustre géologue, au début de sa 
carrière scientifique, avait parfaitement reconnu les con- 
ditions d'existence de l'asphalte du Val-de-Travers et 
même entrevu son origine organique, animale et non vé- 



En 1846, le professeur Ladame chargé par le gouver- 
nement de procéder à quelques recherches sur l'asphalte, 
termine son rapport en ces termes : 

«M. Ladame croit que l'asphalte est formé par la vo- 
latilisation de substances végétales placées au-dessous des 
bancs où existe ce minéral. L'ammoniaque et les sulfates 
contenus dans l'asphalte ne suffisent point pour faire ad- 
mettre que les matières animales ont pris part à la for- 
mation de cette substance; il faudrait, pour en être sûr, 
y avoir découvert des principes phosphores. » 

En 1855, MM. Hessel et Kopp communiquaient à la 
Société helvétique des sciences naturelles un mémoire plus 
étendu, dans lequel ils abordaient successivement les 
questions de gisement, d'origine et de fabrication du mas- 
tic d'asphalte. On exploitait déjà alors un nouveau gise- 
ment sur la rive droite de la Reuse, celui du Bois-de-Croix 
étant épuisé. Une coupe théorique, très défectueuse, 
montre l'asphalte constituant le terrain urgonien, sous 
celui-ci le néocomien, etc. « Partout, disent les auteurs 
de la notice, dans quelque contrée que ce soit, dans le 
canton de Vaud, à Travers, à St-Aubin, là où Torgonien 
paraît, il est imprégné d'asphalte » (ce qui est tout à fait 
inexact). Ils oublient d'ailleurs de signaler la présence 
du bitume dans la molasse de Seyssel, de Dardagny, de 
Chavornay, d'Orbe, etc. 

Abordant ensuite la question d'origine, MM. Hessel et 
Kopp citent l'opinion de M^ Abich qui, après avoir étu- 



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DU BITUME ET DU PÉTROLE. 505 

dJé Ids dépôts de naphte et de pétrole du re?ers méridional 
da Caucase, estime c que le bitume serait sorti liquide 
do sein de la terre par une cheminée pour s'épancher 
dans les terrains où on les reocootre > soit, pour ce qui 
concerne le Val-de-Travers, dans le terrain urgonien et 
apùen. Cette hypothèse a contre elle le fait qu'on n'a pas 
encore trouvé de cheminée, de point vers lequel conver- 
gent les infiltrations. On ne constate pas non plus que la 
richesse de la roche augmente de bas en haut, ni de haut 
en bas. 

Jusqu'en 1867, les mines d'asphalte ne furent exploi- 
tées que dans des proportions assez restreintes, quelques 
mille tonnes par année, dans la dernière période. On ne 
connaissait alors que le gisement de la Presta, sur la rive 
droite de la Reuse entre Travers et Couvet. A l'approche 
de l'échéance de la concession et sur l'avis de M. Desor, 
le gouvernement fit exécuter divers sondages sous la di- 
rection de M. l'ingénieur cantonal C. Knab. Ceux-ci révé- 
lèrent l'existence ou l'extension du banc d'asphalte urgo- 
nien à quelques centaines de mètres plus à l'est dans la 
direction de Mosset et des Grands-Champs. Dans son ex- 
posé des raisons qui devaient engager à exécuter des son- 
dages, M. Desor s'exprimait ainsi : 

€ Au Val-de-Travers, comme à Saint-Aubin et à Seys- 
sel, les mines d'asphalte sont dans le calcaire à caprotines, 
qui forme, chez oous, la partie supérieure de l'urgonien. 
La couche exploitée, appelée bon banc, est l'équivalent du 
banc désigné sous le nom de pierre franche, qui se taille et 
se scie avec la plus grande facilité. Enfin, au-dessus de ce 
banc, et séparé de lui par diverses couches de marnes 
aptiennes, il existe aussi de l'asphalte dans les grès aptiens 
qui couronoent le talus du crét urgonien de la Presta. 



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506 l'origine de l'asphalte, 

« Eq dehors de ces deux niveaux géologiques, l'asphalte 
n'existe dans aucun autre terrain de notre pays, i 

c Cette limitation de Tasphalte à l'étage urgonien fait 
supposer que Timprégnation ne s'est pas faite de bas en 
haut, car dans ce cas on en trouverait au moins des traces 
dans les dépôts inférieurs. En prenant pour terme de 
comparaison les pétroles d'Amérique, on serait tenté de 
voir dans nos asphaltes le résidu de quelques dépôts de 
charbon qui auraient disparu en laissant l'asphalte comme 
témoin de leur présence. > 

c D'un autre côté, la composition identique des gise- 
ments de l'asphalte à Travers et à Saint- Aubin, sur les 
deux flancs de la montagne, autorise la supposition 
qu'ils sont connexes et qu'ils ont dû être jadis continus. 
S'il en est ainsi, ces deux lambeaux n'ont pu être séparés 
que par le soulèvement même de la montagne qui, en 
faisant surgir des roches inférieures, a disloqué et refoulé 
les dépôts plus récents qui sont restés au fond du Val-de- 
Travers. » 

De son côté l'ingénieur Knab exposait dans une série 
de lettres au National Suisse les faits relatifs aux sondages, 
ainsi que ses vues sur l'origine de l'asphalte; selon lui, 
« l'asphalte provient sans doute de l'imprégnation du cal- 
caire urgonien par le pétrole ou bitume des gisements de 
houille réduite en anthracite, gisements qui ont disparu 
pendant les révolutions du globe. > Il ignore encore de 
quelle manière l'imprégnation s'est faite, mais à voir la 
facilité avec laquelle cette roche, à l'état naturel, absorbe 
une dissolution de bitume, il pense qu'il n'a pas fallu, 
pour produire l'asphalte, une pression incommensurohle, 
comme l'admet M. Léon Malo, ingénieur de la Compagnie 
générale des asphaltes. Il partagerait plutôt l'opinioB 



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DU bitumiî: et du pétrole. 507 

d'autres géologues, qui supposent que les bitumes de 
Judée ou d'autres pays éloignés, sont venus, Téhiculés à 
ta surface des eaux d'un déluge, imprégner à froid les cal- 
caires du terrain jurassique (crétacé) avant qu'ils fussent 
recouverts par les molasses vertes. 

Dès l'année suivante les vues de notre ingénieur ont 
enti^ement changé. Ensuite des découvertes du profes- 
seur Fraas de Stuttgard sur la formation du bitume dans 
la mer Rouge, il considère le bitume qui imprègne le 
calcaire urgonien comme provenant de la décomposition 
de mollusques tels que les caprotines, dont les coquilles 
fossiles abondent dans certains gisements de cet étage. 

Cherchant à déterminer comment la transformation 
des mollusques en asphalte aurait pu s'effectuer, il expose 
la prodigieuse fécondité de l'huître commune, mollusque 
bivalve comme les caprotines et n'hésite pas à attribuer au 
développement de ces dernières la formation de véritables 
bancs ou couches de quelques mètres d'épaisseur. Étant 
donné le volume relatif de la partie charnue et de la par- 
tie solide de la coquille et certains facteurs de la décom- 
position organique, tels qu'une température élevée et une 
eau sursaturée, conséquence de l'évaporation, il ne peut 
plus douter que ce ne soit bien là le processus de forma- 
tion do bitume et de l'asphalte. 

En revanche M. Knab n'est pas d'accord avec M. Les- 
qnereui, qui attribue la formation du pétrole à la décom- 
position des végétaux marins. Pour lui il n'y a aucun 
doute que l'asphalte, le bitume, le pétrole, proviennent de 
substances animales. 

Dans ma Description géologique du Jura vaudois et neu- 
chdtelois, j'ai exposé en quelques pages les faits et les 
théories relatives à l'asphalte du Val-de-Travers el consa- 



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508 l'origine de l'asphalte^ 

cré deux profils destinés à en établir les conditions géolo- 
giques. L'un de ces profils, dressé sur les résultats obte- 
nus par les soudages, fait ressortir Taffleurement à la sur- 
face du banc d'asphalte, qui plonge rapidement au sud, 
sous les couches de l'aptien, du grès vert et de la molasse. 
Ce plongement devient ensuite moins accusé et se conti- 
nue régulièrement sur 200 mètres, jusqu'au puits 5 des 
sondages, où il se trouve à 51 mètres sous le sol. 

 cette époque deux opinions différentes se manifes- 
taient, celle de M. Desor, qui prévoyait le redressement 
vers la surface et la disposition en cuvette synclinale 
habituelle aux vallons du Jura, et la mienne, qui con- 
testait le redressement, en s'appuyant de l'existence d'une 
faille au versant sud du Yal-de-Travers. C'est cette ma- 
nière de voir que j'essayais de faire ressortir dans un 
second profil, destiné en outre à établir les relations 
théoriques entre les gisements de Tasphalte au Bois de 
Croix, à la Presta et à St-Aubin. 

Le grand sondage entrepris à 300 mètres plus au sud, 
en 1872, dut être abandonné avant d'avoir atteint le banc 
d'asphalte. Il s'ensuivit une période de complet abandon 
des recherches, aussi bien sur l'extension de la couche 
d'asphalte que sur les problèmes relatifs à sa composition 
et à son origine. 

Pendant longtemps des circonstances diverses m'em- 
pêchèrent de poursuivre ou plutôt de reprendre une étude 
que l'exploitation, très active depuis plus de vingt ans, 
devait tout particulièrement favoriser. 

J'avais d'ailleurs reconnu la nécessité de comprendre 
dans un travail de ce genre les études relatives aux autres 
gisements asphaltiques et bitumineux du Jura, seules ca- 
pables d'apporter un contingent de preuves suffisantes à 



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DU BITUME ET DU PÉTROLE. 509 

la justification de la théorie de Torigine organique de 
l'asphalte, du bitume et du pétrole. 



2. Géologie. 

Au point du vue géologique et orographique, le Val- 
de-Travers est constitué par la dépression comprise entre 
la chaîne du Chasseron-Creux-du-Vent et le plateau acci- 
denté de la Côte-aux-Fées, Monlezi et les Montagnes de 
Travers. Il constitue l'un des nombreux valUms de pUsse- 
meni du Jura et renferme divers étages de la molasse, des 
grès verts et du néocomien. 

Mais ces assises ne présentent plus aujourd'hui que des 
lambeaux isolés parmi lesquels il en est qui ont été portés 
à une hauteur de iOOO à i 100 mètres ainsi qu'on le voit 
au Mont de Couvet et au RhuiUières. 

Le substratum ou fcmd sur lequel reposent les assises 
crétacées est constitué par les calcaires compacts du ter- 
rain jurassique supérieur qui constituent les chaioes an- 
ticUuales limitrophes. Toutefois, la structure de ces chaînes 
n'est point aussi régulière qu'on se plaisait à le croire 
autrefois. Deux séries d'accidents modifient leurs allures 
théoriques, sans toutefois en altérer bien fortement le 
relief. 

Je dois citer, en premier lieu, l'existence d'un pU secon- 
daire au versant nord du chaînon de Ghasseron-Creux- 
du-Vent. Avant de s'enfoncer sous le Val-de-Travers, les 
couches jurassiques se redressent assez brusquement et dé- 
terminent l'apparition d'une synclinale régulière, dans 
laquelle les couches néocomiennes du valangien et du 
bauterivien se sont trouvées préservées de l'érosion et 
forment un paHer caractéristique que nous appellerons val- 
Archives, l. XXIU. — Juin 1890. 32 



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5i0 l'origine de l'asphalte. 

Ion des Rhuillières. Le chaînon lui-même, très surbaissé, 
ne présente que l'un des pans de la voûte, grâce à ud pli- 
faille longitudinal qui, très accusé au sud de Buttes, vient 
mourir au-dessus des Lacherelles, point où le chaînon 
principal se raccorde souterrainement avec le versant 
nord de la vallée. 

Un second pli, selon toute probabiUté prolongement 
du chaînon de la Gôte-aux-Fées, se montre entre Buttes et 
Fleurier, où l'on voit apparaître le calcaire jurassique an 
milieu même du vallon, déterminant ainsi deux syndi- 
nales rapprochées, mais à peu près invisibles. De Fleurier 
à Couvet, l'érosion a fait disparaître toute trace du terrain 
jurassique, mais celui-ci reparaît à la gare de Couvet, là 
où on se fût attendu à retrouver les puissants dépôts néo- 
comiens, si largement développés de Boveresse à Plance- 
mont. La disposition anticlinale se manifeste surtout, 
comme nous le verrons, aux anciennes mines de la Presta, 
où on voit l'urgonien plonger au sud, au lieu d'affecter 
la disposition en cuvette indiquée par la théorie. 

On conçoit que ces divers phénomènes de pUsse- 
ments et de dislocations aient contribué puissamment à 
favoriser les érosions subséquentes et Ténorme ablation 
qui en est résultée. Il ne faudrait pourtant pas en con- 
clure que nous ayons affaire ici à des cataclysmes et à des 
bouleversements instantanés. Ce n'est plus aujourd'hui 
qu'il est possible de concevoir le soulèvement des chaînes 
jurassiques comme ayant eu lieu à un moment donné; 
en réalité, depuis le dépôt des couches d'eau douce du 
purbeck jusqu'au moment où la mer de Thelvétien s'est 
retirée de la vallée du Rhône, il n'a cessé de se produire 
des alternatives d'exhaussement et d'affaissement, bien 
accusées par les variations dans la nature des dépôts, les 



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DU BITUME ET DU PÉTROLE. 511 

«lodificatioDs de la faune, ou encore les discordances de 
superposition. 

Il ne sera pas inutile, afin de bien déterminer le mveau 
MraUgraphique des couches asphaltiques de jeter un ra- 
pide coup d'œil sur les terrains auxquels ils sont subor- 
<lonnés. Pour ce qui conserve leurs caractères spéciaux, 
je renvoie le lecteur à ma Description géologique du Jura 
mudois et neuchdtelois\ 

lo Les terraim récents ou quakrnaires, constituent un 
ensemble de faciès variés, passent les uns aux autres, de 
telle sorte qu'il n'est souvent pas possible de distinguer 
les dépôts diluviens des alluvions modernes, ces derniers 
-étant constitués des matériaux remaniés des premiers. 
Ainsi les alluvions modernes du fond de la vallée formés 
de grariers et cailloux roulés, de limon et môme de tourbe 
sont superposés aux couches plus anciennes, qui ont 
ccmiblé la vallée d'érosion, de même que les éboulis formés 
de débris anguleux détachés des parois des rochers 
calcaires recouvrent par places les sables, graviers et cailloux 
roulés quaternaires. 

2*> Les Couches tertiaires du Val-de-Travers appar- 
tiennent à deux faciès, l'un marin, l'autre lacustre, fluvio- 
fliarin ou saumàtre. 

a) La molasse marine existe à Buttes, mais elle est peu 
dévetoppée; elle renferme des huttres, des dents de re- 
quins, etc.; 

b) La molasse aquitanienne, d'eau douce, forme une 
zone étroite au versant sud du vallon. Elle est marno- 
sablease au sud de Fleurier, passe au grès homogène en- 



^ Sixième livraiBon des Matériaux pour la carte géologique de 
4a Suisse. Berne 1869. 



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512 l'origine de l'asphalte, 

tre Môtiers et Couvet et redevient maroeuse et surtout 
argileuse jusqu'aux Lacherelles. 

Plusieurs couches sont exploitées comme terre à briques 
dans l'usine Quadri frères. Je n'y ai jamais découvert de 
fossiles et le gypse parait aussi manquer. 

La puissance du dépôt peut atteindre 80 à i 00 mètres» 
à en juger par le grand sondage de Mosset, sur lequel 
nous aurons l'occasion de revenir. 

3** Le groupe des grés verts est représenté par : 

a) Le Cénomanten. Calcaire crayeux et marneux, ob- 
servé autrefois par Gressly à la Caroline près de Fleu- 
rier, où il est superposé au gauti ou albien. On le re- 
trouve dans la vallée des Ponts, àu Joralel, près de 
Noirvaux, au lac de Saint-Point. Il est remarquable de 
le voir manquer dans la zone sud du vallon, où la mo- 
lasse repose immédiatement sur les argiles du gault. 

b) Le GauU ou Albien, Vractmien. C'est le Grés vert des 
anciens auteurs, divisé par le D»" Campiche et G. de Tri- 
holet en trois étages, dont le plus supérieur parait man- 
quer au Val-de-Travers. L'étage moyen des argiles à fos- 
siles pyriteux semble surtout développé au versant sud, 
par-dessous la molasse, car les sondages des Grands- 
Champs et de Mosset n'ont pas rencontré les couches de 
sable de l'étage inférieur, qui existent cependant a la 
Caroline, à Boveresse, etc. 

c) L'Aptien. Cet étage, signalé dès 1855 au Val-de- 
Travers, fut subdivisé par Renevier en deux sous-étages,^ 
Taptien et le rhodanien, le premier constitué par des 
grès durs, verdâtres, le second par des marnes et des 
argiles diversement colorées. Induit en erreur par l'aspect 
des roches, j'avais, dans mon Mémoire sur le Jura vaudois 
et neuchâtelois, signalé les couches supérieures sous le nom 



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DO BITUME ET DU PÉTROLE. 543 

de grés aptien. En réalité, comme je m'en suis convaincu 
récemment, ce ne sont nullement des grès qui constituent 
cet étage, mais des couches de calcaire, fortement colorées 
en Tert par les grains de glauconie; ces calcaires sont 
superposés aux marnes et argiles du rhodanien, auxquels 
succède Turgonien asphaltique. Comme ces calcaires 
glauconieux sont eux-mêmes bitumineux et asphalliques, 
je leur consacrerai un chapitre spécial dans la suite de ce 
travail. 

i^ Le groupe néocomien est maintenant subdivisé en 
trois étages : Urgonien, Hauterivien et Valangîen. Ceux-ci 
présentent eux-mêmes divers facieê ou êous-étages. 

à) Urgonien. Au Val-de-Travers, comme du reste dans 
tout le Jura central, on distingue dans cet étage deux 
faciès distincts et superposés, savoir le calcaire à Capratines 
et le calcaire jaune inférieur à Èchinodermes. Le premier 
se présente lui-ooême sous deux aspects : tantôt c'est un 
calcaire dur, compact, à cassure conchoïdale, tantôt, au 
contraire, c'est une roche blanche, crayeuse, saccharoïde, 
à tissu lâche, plus ou moins grenue, ou spathique. Tous 
deux renferment d'ailleurs les même fossiles. 

Comme nous le verrons, l'urgonien supérieur constitue 
la roche asphaltique et bitumineuse par excellence. D^m 
la roche crayeuse, c'est l'asphalte à divers degrés d'im- 
prégnation, dans le calcaire compact, c'est le bitume vis- 
queux, que je n'ai toutefois pas encore observé au Val- 
de-Travers. 

l/urgonien inférieur est constitué par des calcaires 
marneux grenus, spathiques ou ootithiques, qui le rap- 
prochent des calcaires jaunes du hauterivien. 

b) Hauterivien. Nous comprenons sous ce nom le cal- 
caire jaune et la marne bleue de Neudiâtel, d'flauterive. 



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514 l'origine de l'asphalte, 

etc.; le premier ne renferme que des débris de coquUles^ 
broyées, mais se distingue néanmoins assez bien de l'ur- 
gonien inférieur. La marne, qui est très fossilifère, accom* 
pagne partout le calcaire, auquel elle doit d'avoir été pré- 
servée de la destruction par érosion. 

c) Valangien. La partie inférieure du terrain crétacé,, 
connue dans le Jura sous le nom de Valangien, apparaît 
constamment sur le pourtour des lambeaux de hauteri- 
vien. Deux assises distinctes constituent cet étage. La plus 
élevée est désignée sous le nom de lAmonite ou de Cal- 
Caire roux ferrugineux. 

L'assise inférieure, composée de couches plus épaisses^ 
et plus compactes, passe, vers la base, à des marnes plus 
ou moins développées, avec fossiles marins, auxquelles 
succèdent les marnes et le calcaire d'eau douce du Pur- 
beckien, qui, lui-même, fait partie du système jurassique. 

5^ Système jurassique. Ce n'est ni le lieu, ni le moment 
de donner ici une description des étages et des terrains 
qui constituent les chaînons limitrophes du Val-de-Tra- 
vers. Toutefois, je dois signaler combien sont grandes les 
différences pétrographiques, stratigraphiques et même 
orographiques qui distinguent les dépôts de cet âge de 
ceux que nous venons de passer en revue. 

Ce qui caractérise tout particulièrement ]e groupe juras- 
sique supérieur, tel qu'il se présente dans les grands escar* 
pements des Blanches-Roches sur Noiraigue, do Creux* 
du-Vent, de Trémalmont^ de la Corbière sur Saint-Sul- 
pice, etc., c'est l'énorme épaisseur des assises (3 à 400 
mètres), l'uniformité de texture des roches, l'absence de 
marnes et, conséquemment, de niveaux fossilifères. Pom* 
distinguer des étages, pour établir des limites paléontolo* 
giques, il faudra donc chercher ailleurs, là où les couches 



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DU BITUME 6T DU PÉTROLE. 515 

sont moins puissantes, plus variées, plus riches en fossiles» 
comme c'est le cas aux environs de Montbéliard, de Por- 
rentruy, etc. 

Le groupe jurassique moyen, visible dans les profondes 
coupures de Saint-Sulpice, du Creui-du-Vent, de la Clu- 
sette, présente un caractère tout autre, grâce à la prédo- 
minance des calcaires marneux hydrauliques. Il en est de 
même du groupe jurtsssique inférieur. Tous deux présentent 
ce fait intéressant de renfermer des indices de bitume et, 
en outre, comme nous le verrons, on a Irouvé l'asphalte 
dans le jurassique inférieur des Époisats près de Val- 
lorbes. 

3. Étude de PasphaUe urgonien. 

Ce qui caraclérise particuUèrement l'asphalte urgonien 
au Val-de-Travers, c'est le fait de son existence à la par- 
lie tout à fait supérieure de l'étage, au contact des marnes 
aptiennes, alors que, dans les gisements d'autres régions, 
la roche bitumineuse existe à divers niveaux au milieu du 
massif de calcaire blanc crayeux, formant plutôt des len- 
tilles que des couches. Toutefois cette régularité et cette 
constance dans la superposition de l'asphalte n'est nulle- 
ment constante, ainsi qu'on va le voir. 

Au point de vue de la nature, soit de la proportion du 
tntume, les ouvriers désignent sous le nom de crappe une 
partie ordinairement supérieure qui dose moins de 7 */» 
de bitume. 

Le bon banc en contient de 8 à 12 7o ^^ même plus, 
mais il n'y a entre la crappe et le bon banc aucune ligne 
de démarcation quelconque, le passage est graduel et 
quelquefois Tune des qualités se substitue à l'autre dans 
toute répaisseur de la couche. 



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546 l'origine de l'asphalte, 

La crappe apparaît aussi parfois à la partie inférieure, 
elle est moins homogène, plus grossière, inégalement im- 
prégnée de bitume et passe également à la roche blanche 
urgonienne. 

Enfin, on a découvert récemment au-dessus de la 
crappe supérieure la roche blanche crayeuse très poreuse, 
criblée de poches, correspondant à la partie interne dfê 
coquilles de caprotines qui sont très nombreuses. En 
même temps apparaît une minime proportion de bitume, 
formant des taches brunes sur la roche blanche. C'est ce 
que j'ai proposé d'appeler la fausse crappe. Je reviendrai 
plus tard sur cette variété qui est du plus grand intérêt 
pour l'étude qui nous occupe. 

Ce qui vient d'être dit montre que le dosage du bitume 
dans la roche est variable. M. le professeur Ladame avait 
observé jusqu'à i5 7« de matière organique dans les par- 
ties riches de la couche, et 9 7o ^^^^ I^ roche com- 
mune. MM. Hessel et Kopp indiquent à peu près les 
mêmes proportions. 

En 1887, M. l'ingénieur Knab s'exprime ainsi au 
sujet des essais chimiques exécutés par lui : 

c Comme on le sait, la quaKté de Tasphalte roc dépend 
de sa richesse en bitume : les gisements connus et utili- 
sés contiennent de 7 à iO ou H 7« de bitume ; si l'as- 
phalte n'en renferme que 6 7o' ^^^ exploitation est oné- 
reuse. L'asphalte de Seyssel a une richesse de 8 */, ; 
celui de la Presta iO 7o> ^tc. > 

En résumé, l'asphalte exploité dans la mine de la 
Presta contient de 9 à i i 7« ^^ bitume. L'asphalte pur 
des carottes ramenées par la son4e en renfermait invaria- 
blement 10 7,. 

L'épaisseur ou la puissance du banc d'asphalte, dont 



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DU BiTOME ET DO PÉTROLE. 5i7 

j'ai déjà eu Toceasion de dire quelques mots, est aussi 
très Tamble. Dans les indications qui Tont suivre, je 
considérerai toujours, à moins d'indication contraire, le 
bon banc et la crappe réunis. 

Les chiffres indiqués par MM. Hessel et Kopp, pour les 
sondages de 1854, varient de 2 à 8 mètres, pour la ré- 
gion de l'ancienne mine de la Presta. 

Sur la zone d'affleurement de la nouTelle mine, l'é- 
paisseur varie de 6^,50 à 7'>,50; elle va en augmentant 
vers le sud et atteint 8 et même 9^,^0 au fond du pli 
synclinal, pour diminuer ensuite vers le fond des galeries 
d'abatage au sud. 

Cette épaisseur moyenne de 7 mètres sur le profil 3 
des sondages a été reconnue par l'exploitation subséquente. 
Mais, si l'on se reporte à Touest, on constate une réduc- 
tion très accusée et, finalement, la disparition de l'as- 
phalte dans la partie relevée vers le nord, entre la mine 
des Grands-Champs et celle de la Presta. Elle reparait de 
nouveau àTouest, ainsi qu'on vient de le reconnaître dans 
la nouvelle exploitation de la Prise-Meuron. 

Caractères péirographiquês. L'expression de « pierre 
calcaire grenue, > employée par L. de Buch est, plus que 
tout autre, applicable au calcaire urgonien, qu'il soit ou 
non imprégné de bitume. Ce sont bien, en effet, des 
grains de calcaire qui constituent la roche, des grains ag- 
glutinés plutôt que cimentés, au milieu desquels appa- 
raissent une multitude de lames ou lamelles, très bril- 
lantes lorsque la lumière est vive. Ces lames de calcite ne 
disparaissent nullement par le broyage et semblent même 
plus abondantes dans la roche en poudre. J'ai longtemps 
considéré ces lames comme provenant de la décomposi- 
tion du test des échinides, réduit en fragments. Un exa- 



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5i8 l'origine de l'asphalte, 

men plus attentif m'a convaincu que ce sont bien en réa- 
lité de petits cristaux de carbonate de chaux ou cakâte, 
qui ne sont jamais pénétrés par le bitume. 

Outre les lames et les grains calcaires très fins, la 
roche renferme des débris plus grossiers de formes variées, 
dans lesquels il est aisé de reconnaître des fragments de 
fossiles. Mais c'est seulement sur la roche exposée à l'air 
pendant un certain temps qu'on voit apparaître ceux-ci, 
sous forme de rugosités plus ou moins saillantes. La 
roche elle-même est alors gris blanchâtre, et nullement 
blanche comme celle qui n'a pas été imprégnée de 
bitume. 

Parmi les substances minérales qui se trouvent mélan- 
gées à la roche, il faut signaler le gypse, qui tapisse cer- 
taines fissures traversant l'asphalte et les marnes ap- 
tiennes. 

Nous avons vu que M. l'ingénieur Knab avait signalé 
une grande abondance de coquilles de caprotines dans 
l'urgonien ; il attribuait la formation du bitume à la dé- 
composition de ces mollusques. Je n'ai rien à objecter à 
cette supposition, qui est très admissible. Toutefois, il est 
assez remarquable que nous ne trouvions jamais de ces 
coquilles dans le banc d'asphalte, et surtout dans le bon 
banc. Je n'ai, pour ma part, observé les coquilles bitumi- 
uisées que dans la crappe à la partie est de l'ancienne 
exploitation à ciel ouvert de la Presta, et, comme je viens 
de le dire, dans la fausse crappe, il existe aussi dans le 
calcaire blanc urgonien du Cr6t-à-Blanc un véritable banc 
de caprotines, sans aucune trace de bitume. 

La coulewr de l'asphalte est d'autant plus foncée que le 
bitume est plus abondant. Il n*est cependant pas exact de 
dire qu'il est d'un noir foncé» surtout si on le compare à 



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DU BITUBIE ET DU PÉTROLE. 519 

la houille. La crappe présente tous les degrés, du bruu 
foncé au brun clair. Comme teinte générale l'expression 
brun chocolai est parfaitement appropriée. 

Résumé. Nous avons vu que l'asphalte du Val-de-Tra- 
vers se présente, dans une seule assise, zone ou banc de 
roche calcaire friable, d'épaisseur variable, tantôt pure, 
saccharoide, tantôt imprégnée de bitume en proportions 
variant de 2 à 12 et même 15 7o- Dans un rayon local 
restreint, on passe de l'une à l'autre de ces variétés par 
transitions graduelles, en sorte qu'il serait assez difficile 
de tracer des lignes de démarcation quelque peu exactes. 
Les sédiments eux-mêmes sont de nature variée ; de^^ 
grains calcaires, des lames spathiques, des débris de fos- 
siles triturés et broyés, et, par place, des coquilles de 
mollusques (caprotines)» accusent la formation simulta- 
née de la roche bitumineuse aussi bien que de celle qui 
ne l'est pas, du bon banc, de la crappe et du calcaire 
blanc. 

Tous ces faits s'expliquent facilement si l'on admet 
l'hypothèse de la formation des couches urgoniennes 
dans un bassin marin, habité par une faune d'animaux 
mollusques et rayonnes, doués d'une prodigieuse fécon- 
^té, capables de donner lieu, par décomposition des 
substances organiques, à la formation d*une grande quan- 
tité de matières bitumineuses, lesquelles ont pu s'incor- 
porer dans les sédiments marins de ce terrain. Je revien- 
drai du reste sur les divers phénomènes et le processus 
de cette bituminisation du banc d'asphalte. Il me reste 
d'ailleurs à parler des couches aptiennes qui sont aussi 
localement bitumineuses et même aspbaltiques. Cette 
étude apportera un nouveau contingent de preuves en 
faveur de cette origine organique animale dont j'ai entre- 
pris la justification. 



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520 l'origine de l'asphalte, 



4. Étude de tapUen bitumineux. 

Aptien de la Presta. Le faciès le plus ancienDeaienl 
connu de l'aptien supérieur est celui qui se présente 
dans la tranchée à ciel ouvert de l'ancienne mine de la 
Presta. C'est un calcaire grossier, plus ou moins luroa- 
chellique, formé de débris de coquilles de tests d'oursins, 
de grains de calcaire et de glauconie cimentés peu forte- 
ment. Lorsque les couches ont été exposées à Tair pendant 
un certain temps, on voit apparaître d'une façon plus 
nette les fossiles, tels que : bryozoaires, radioles d'our- 
sins, fragments d'huîtres, de brachiopodes, etc. Quelque- 
fois ces débris manquent complètement. 

En général, tous ces matériaux sont réunis par un ci- 
ment calcaire, mais il arrive aussi qu'il y ait en outre 
pénétration du bitume, tout comme dans le calcaire sac- 
cbaroïde urgonien. La roche prend alors l'aspect de la 
crappe, c'est-à-dire qu'elle devient, à un faible degré, as- 
phaltique. Nous verrons plus loin qu'elle rappelle singu- 
lièrement la roche exploitée autrefois à Saint-Aubin sous 
le nom d'asphalte, mais qui n'était que de la crappe. 

L'aptien chlorité, comme j'appellerai désormais ce faciès 
particulier, paraît n'être pas disposé en couches continues 
et de même épaisseur, mais former plutôt des lentilles 
isolées et d'une étendue limitée, superposées aux marnes 
de Taptien inférieur. Le fait est que dans les norobreax 
sondages opérés de 1868 à 1872, il n'a été rencontré 
aucune couche calcaire, mais seulement des marnes, 
diversement colorées, de la molasse d'abord, puis de l'ap- 
tien. 



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DU BrrUME ET DU PÉTROLE. 521 

L'aptien chlorité a été reconnu au Burcle près de 
Couvet par le creusage d'un canal. J'en ai trouvé des 
fragments dans les champs au-dessous des Crosats et des 
Lacherelles. Le bitume parait du reste très irrégulière- 
ment réparti dans les couches, de telle sorte qu'il peut 
manquer tout à fait, comme c'est le cas à la gare de 
Planessert, sur la rive gauche. 

Aptien des Grands-Champs. A la nouvelle mine le banc 
d'asphalte affleurant immédiatement au sol fut d'abord 
exploité en tranchée à ciel ouvert et les travaux mirent à 
nu une belle coupe de l'aptien. On s'attendait à retrou- 
ver dans la partie supérieure de cette tranchée le calcaire 
chlorité, semblable à celui de la Presta. Il n'en fut rien ; 
nous trouvons ici un faciès totalement différent et tel 
qu'on ne se douterait jamais de la proximité des deux 
gisements. La roche principale consiste en un calcaire dur, 
blanc grisâtre ou jaunâtre, ou encore passant au vert 
clair, ensuite de l'abondance prodigieuse des grains de 
glauconie. En outre, cette roche passe, à certains niveaux, 
à une véritable lumachelle de grosses coquilles bivalves, 
Asknies, Cyprines, Cùrbis, Ger ciliés, etc., solidement em- 
palées dans la roche. Il en est de même des espèces 
plus petites, et en particulier des Térébratules et des 
Miynchonelles, qui abondent dans certains blocs et con- 
stituent des espèces de colonies. 

A côté des grosses coquilles dont le test est plus ou 
moins cristalisé, il s'en présente d'autres dont le test a 
été résorbé, de telle sorte que la place qu'il occupait 
reste vide, ou bien se trouve remplie partiellement par 
un bitume visqueux, quelquefois assez abondant pour 
pouvoir être enlevé avec la pointe d'un couteau. La 
quantité est du reste proportionnée à la grosseur de la 



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522 l'origine dk l'asphalte, 

coquille : ainsi, dans les Bracbiopodes, elle suffit seule- 
ment à colorer en brun chocolat la roche de remplissage 
du test, qui n'est jamais résorbé. 

Ce n'est, au reste, pas toujours le bitume qui remplit 
les vides, mais aussi une matière verte très clair, rappe- 
lant certains minerais de cuivre. C'est une glauconie 
marneuse et non plus constituée par des grains verts. 

Il est assez difficile d'apprécier l'épaisseur de cette 
assise, maintenant que les éboulis ont recouvert la tranche 
des couches; on peut toutefois l'évaluer à deux ou trois 
mèlres. 

Résumé. Ainsi qu'on vient de le voir, la décou- 
verte du calcaire coquillier de la Presta corrobore et 
confirme de la façon la plus éclatante la théorie de l'ori- 
gine organique du bitume combiné avec le calcaire que 
nous appelons asphalte. 

L'étage aptien est donc asphaltique et bitumineux au 
Val-de-Travers (il ne l'est nulle part ailleurs, à ma con- 
naissance du moins). Il est vrai que son extension géo- 
graphique est considérablement moins grande que celle 
de l'urgonien, qui lui-même est en retrait sur le néoco- 
mien moyen ou hauterivien. Nous verrons dans la troi- 
sième partie que les circonstances physiques, la configu- 
ration géographique, n'avaient toutefois pas tellement 
changé, entre le dépôt des couches urgoniennes et celui 
des couches aptiennes, que la formation du bitume et de 
l'asphalte fût devenue impossible. Nous verrons aussi 
que, sur d'autres points, le bitume s'est de nouveau for- 
mé, dans un ige beaucoup plus récent, c'est-à-dire pen- 
dant la formation des couches tertiaires moyennes, que 
nous désignons sous le nom de molasse. 



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DU BITUME ET DU PÉTROLE. 523 



5. Conclusion. 



Le rapide examen que je viens de faire des terrains du 
Val-de-Travers, dans leurs rapports avec l'asphalte, m'a- 
mène aux conclusions suivantes : 

4*» Il n'existe dans le Val-de-Travers aucun indice 
d'épanchements de substances minérales qui puisse faire 
supposer une origine interne du bitume imprégnant le 
calcaire, que nous nommons asphalte; 

2^ 11 n'existe également dans les terrains de cette ré- 
gion aucune trace de dépôts végétaux, houille, lignite, 
etc., susceptible d'être considérée comme ayant contri- 
bué à la formation du bitume. Quant au terrain carboni- 
fère, s'il existe c'est à une profondeur et dans des con- 
ditions telles qu'aucun géologue n'admettra qu'il exerce 
un rôle quelconque dans ce domaine. 

3^ L'asphalte, en tant que matière minérale ou roche 
exploitable industriellement^ ne peut et ne doit être re- 
cherché que dans les couches tout à fait supérieures du 
néocomien, soit dans l'urgonien supérieur ; 

4^ L'asphalte doit être considéré comme un fades, une 
manière d'être exceptionnelle de l'étage urgonien. 11 eu 
est de cette substance comme de la houille, qui ne consti- 
tue que des couches d'épaisseur et d'étendue limitée, du 
terrain houiller ou carbonifère; 

5® La présence, dans le calcaire aptien, d'un bitume 
de même nature que celui qui imprègne le calcaire urgo- 
nien, établit une présomption bien accusée d'une com- 
munauté d'origine des deux dépôts, ou en d'autres termes, 
implique l'action, à deux reprises, de phénomènes physi- 



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524 l'origine de l'asphalte, 

co-cbimiques semblables pendant la période de formation 
des coucbes crétacées au Val-de-Travers ; 

6^ L'affleurement de l'asphalte sur les deux versants 
de la vallée accuse une extension primitive bien plus 
grande de cette matière que ne le comporte l'état géo* 
graphique actuel; 

7® L'érosion et la destruction se sont exercées d'une 
façon beaucoup plus intense au versant nord, où le gr^ 
vert a presque totalement disparu et où les lambeaux 
d'asphalte et de crappe du Bois-de*Croix et des Jott^ 
constituent les seuls vestiges de l'existence de l'asphalte 
sur la rive gauche de la Reuse. 

8^ Il n'en a pas été de même sur la rive droite de la 
Reuse, où l'urgonien s'est trouvé recouvert et prot^é 
par les assises puissantes du grès vert et de la molasse, 
sur une largeur moyenne de 5 à 600 mètres et sur une 
longueur de plusieurs kilomètres. 

9^ L'existence bien constatée de la faille longitu- 
dinale, au versant sud du Val-de-Travers, fixe positi- 
vement la limite d'extension de l'urgonien asphaltiqne, 
et réduit à néant toute présomption de réapparition des 
terrains dans Tordre normal que comporte un soulève- 
ment régulier. 

iO^ Enfin, il peut n'être pas sans intérêt de consta- 
ter que jusqu'ici, au Val-de-Travers, l'asphalte n'a été 
reconnu qu'en une seule couche, et toujours à la partie 
supérieure de l'urgonien. Il n'en est pas de même en 
ce qui concerne les divers gisements bitumineux et 
aspbaltiques dont l'étude fera l'objet de la troisième 
section. 



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DU BITUME ET DU PÉTROLE. 585 

II 

L'asphalte et le bitume dans le Jura et eu SaToie. 

1. Gûêmenis yrgmUens. 

Nous avons vu dans notre aperçu historique que, 
pendant un certain temps, on a semblé croire que l'as- 
phalte ne se trouvait que dans l'étage urgonien, ce qui 
n'est pas exact Cependant, il est incontestable que c'est 
dans ce terrain que se présentent la plupart des gisements 
connus et exploités dans le Jura cmtral; il est dès lors 
naturel que, faisant abstraction de l'âge géologique, je 
fixe d'abord l'attention sur les dépôts de cet âge qui me 
sont actuellement connus. Nous ferons ainsi connaissance 
avec des faciès particuliers, qui manquent au Val-de- 
Travers, mais dont les caractères ne laissent pas de mé- 
riter un intérêt tout particulier. Je procéderai par ordre 
géo^aphique, du nord au sud d'abord, pour revenir en- 
suite vers le nord, en pénétrant dans les vallées du Rhône 
et de la Valserine, où ont été reconnus des gisements bi- 
tumineux ou asphahiques. 

Amemier, Beooix. Du Landeron à Concise, l'urgo- 
nien forme une zone presque ininterrompue au pied du 
Jura. Tantôt c'est le calcaire jaunâtre à échinodermes de 
l'étage inférieur qui s'observe dans les tranchées et les 
calcaires, tantôt c'est l'étage supérieur, compact ou sac- 
charoide. La présence du bitume a été signalée par 
M. Desor dans les couches de calcaire blanc compact à 
ABCHivEs, t. XXm. — Juin 1890. 33 



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526 l'origine de l'asphalte, 

la gare d'AuverDier, et dans le village même. C'est le point 
le plus avancé vers le nord de l'urgonien asphaltique. 

A Bevaix, j'ai découvert, l'année dernière, des indices 
beaucoup plus importants de l'existence du bitume et 
même de la roche asphaltique, dans les calcaires blancs de 
l'urgonien supérieur. La roche, exploitée dans une car- 
rière au nord du village, présente un aspect caverneux 
et bréchiforme tout particulier; elle est criblée de trous et 
de perforations irrégulières qui lui donnent un aspect 
tufacé. Tandis que, dans son ensemble, le calcaire est dur 
et compact, il devient, par places, terreux et plus ou 
moins coloré en brun par la présence du bitume; il suflBt 
d'examiner d'un peu près ces vacuoles pour constater 
qu'elle représentent la partie intérieure de certains fos- 
siles, tels que des caprotines et autres mollusques, ainsi 
que des polypiers. Chez ces derniers, la partie solide et 
calcaire a été dissoute, tout en laissant une empreinte très 
nette et déterminable des calices rayonnes, constituant 
les colonies d'individus agglomérés. Le faciès est donc 
assez semblable à celui que nous avons observé dans 
l'aptien et dans la partie supérieure des bancs d'asphalte 
de Travers ; seulement la roche est ici absolument blanche, 
dépourvue de grains glauconieux, en sorte que le bitume 
ressort nettement par sa couleur plus ou moins brune. 

Ce n'est pas tout. A la partie inférieure de la carrière, 
la roche présente une disposition plus régulièrement 
stratifiée, en couches plongeant vers le lac; l'une des 
couches, moins caverneuse, plus homogène quoique ten- 
dre, n'est autre chose qu'un banc d'asphalte maigre, 
tout à fait semblable à la crappe du Val-de-Travers. D'a- 
bord peu puissante, elle augmente d'épaisseur en s'en- 
fonçant sous le calcaire blanc, recouvert lui-même par 



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DU BITUME ET hU PÉTROLE. 527 

lesdépôtâ erratiques, en sorte qu'il ne peut être question , 
pour le moment, de reconnaître si, en profondeur, la 
crappe passe à Tasphaite de bonne qualité. Nous ver- 
rons plus loin que l'asphalte de la vallée du Rhône se 
présente dans des conditions assez semblables. 

Saûu-Aubm. L'asphalte de Saint-Aubin est connu dès 
longtemps. Le gisement a fait l'objet d'une concession et 
d'une exploitation temporaire de peu de durée. Je l'ai 
Tisité à diverses reprises, mais toujours j'ai constaté que 
la roche de bonne qualité fait défaut; ici encore on ne 
trouve que la crappe en plusieurs couches, séparées par 
des bancs stériles. 

Mais ce qui est particulièrement intéressant, c'est qu'ici 
le bitume impr^ne l'urgonien inférieur, le calcaire jaune 
à échinodermes, et non comme partout ailleurs le cal- 
caire à caprotines. 

L'exploitation de Saint-Aubin portait sur trois cou- 
ches de calcaire bitumineux, d'une richesse moyenne de 
37o- L.61 r épaisseur réunie était de deux à trois mètres. 
Au-dessous, venaient quelques couches sans asphalte, 
puis de nouveau une seconde et une troisième zone as- 
phaltique, d'environ un mètre, avec une teneur en bitume 
de 0,757 seulement. 

Les couches supérieures, incUnées à peu près comme 
le sol, se retrouvaient sous le bâtiment de l'hôtel Pattus, 
ainsi que sur la grève du lac. Sur ce point, elles ont dis- 
paru par suite du dépôt de matériaux de remplissage. 

Le MarmotU, MarU-Hhuret près Divonne, Villeneuve près 
Tboiry. De Saint-Aubin, il faut se transporter jusqu'au 
Mauremont, près de La Sarraz, pour retrouver des indices 
de l'existence du bitume dans l'urgonien. A mesure qu'on 
avance vers le sud, la structure de ce terrain devient de 



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528 l'origine db l'asphalte, 

plus en plus compacte; le faciès saccharoîde disparait 
déjà aux carrières de la Raisse, près de Concise, aussi 
n'est-ce point Tasphalte que nous pouvons nous attendre 
à rencontrer, mais bien le bitume pur, un maUke, en 
quantité peu considérable d'ailleurs. C'est sous cette forme 
qu'on l'a rencontré au milieu des bancs de calcsûre mas- 
sif qui constituent la colline du Mauremont, près de La 
Sarraz, sorte de promontoire avancé de bordure crétaci- 
que du Jura dans les puissants dépôts de la molasse. 

Ce n'est pas positivement dans des fissures ou des cre* 
vasses, comme celles que remplit te terrain sidérolitique, 
qu'on découvre ce bitume, mais plutôt dans des cavités 
ou poches tapissées de carbonate de cbaux, en plein buic 
calcaire, (ci encore, le bitume a été emmagasiné, ren- 
fermé dans la roche au moment de sa formation, et n'a 
pu y pénétrer postérieurement. Il arrive même qu'au mo- 
ment où on brise la roche, une partie du bitume plus li- 
quide, semblable au pétrole, s'épanche à l'extérieur, en 
sorte qu'on ne peut recueillir que le résidu solide'. 

Au sud de La Sarraz, l'urgonien disparait rapidement 
sous un épais manteau de glaciaire; ce n'est qu'au sud 
de Divonne qu'<»i voit reparaître les trois étages du iiéo- 
comien, formant un promontoire qu'on appelle le M(Kit- 
Mouret ou Mont-Mussy. M. H. Schardt m'annonce avoir 
découvert, dans une carrière, un banc de quelques mètres 
d'épaisseur de calcaire urgonira blanc saccharoîde, im* 

* L'asphalte vrai a été exploité non loin da Mauremont, d'après 
ce que je lis duis les AcUs de la Société helvétique des seiemcef 
naturdles^ 1829. « M. le professeur Gilliéron a communiqué les 
observations qu'il a faites sur les couches de pierre à chaux, for- 
tement inclinées du sud-est au nord-ouest, dans les environs de 
Goumoéns, et sur l'asphalte qu'on y a exploité jadis. » 



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DU BlTOIfE ET DU PÉTROLE. 529 

prégfié par places d'asphalte, eo proportions assez faibles. 
Il y aurait là qu^ue dwse d'analogue au gisement de 
Be?aix. 

Plus au sud encore, la bande crétacée disparaît de 
nouveau, pour reparaître bientôt à Grozet, Villeneuve, 
Tboiry et Alleniogne^ où de grandes carrières sont ouver- 
tes dans l'urgonien compact. Ici encore, M. Schardt me 
dit avoir découvert des crevasses remplies d'une argile 
verdâtre ainsi que d'un bitume visqueux très abondant, 
qui s'écoule en longues traînées lorsqu'on exploite la 
rocbe. 

Mu$nége, Frangy. La chaîne du Grédo, au sud du Fort 
l'Écluse s'infléchit à l'est, et semble vouloir relier le Jura 
aux Alpes de la Haute-Savoie par le chaînon du Vuache, 
lequel cependant disparaît sous la molasse aux environs 
de Frangy et de Mussiëge, sur la rivière des Usses. Là 
encore, l'urgonien est puissamment développé et, toujours 
d'après M. Schardt, on retrouve de l'asphalle. c C'est, me 
dit-il, d'abord un calcaire bréchiforme, puis poreux et 
injecté d'asphalte, qui se présente sur le sentier qui con- 
duit de Maipas au village de Mussiège. Le prolongement 
de cette assise se remarque paiement sur le plateau de 
Mussiège, et on l'exploite sur plusieurs points au Pont 
des Douattes, au sud de ce village. 

Lmmgny, Baurbonge, Chaearoche. Les gorges du Fier, 
remarquables par leur caractère sauvage et pittoresque 
sont creusées au milieu d'un puissant massif de calcaire 
urgonien compact, surmonté lui-même par les couches 
saccharoïdes blanches et friables. C'est dans celle assise 
que sont ouvertes, sur trois points, des exploitations 
d'asphalte. Il existe dans deux bancs de 4 à 5 mètres 
d'épaisseur, séparés par la roche blandie. L'étendue de 



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530 l'origine de l'asphalte, 

ces bancs est très limitée, à peine une cinquantaine de 
mètres. L'asphalte, de qualité moyenne dans le milieu des 
bancs, passe peu à peu, en hauteur et en largeur, à la 
crappe très maigre, puis à la roche blanche. Lorsque j'ai 
visité les carrières l'année dernière, l'exploitation sur la 
rive droite du Fier, sous le village de Lovagny, était sus- 
pendue, problablement pour cause d'épuisement. Ce gise- 
ment est rendu très intéressant par le suintement du bitume 
sur les parois et au plafond des galeries. Celui-ci est con- 
stitué pas un dépôt de graviers quaternaires qui se sont 
écroulés dans les galeries, en sorte qu'on voit maintenant 
les matériaux cimentés et agglomérés par un dépôt de 
bitume pur très abondant. 

Pyrimont, Vivant, Challanges. Sous le nom de mines 
d'asphalte de Seyssel, on a désigné jusqu'ici divers gise- 
ments aux environs de Pyrimont, dans la vallée du 
Rhône, à 6 kilomètres au nord de SeysseK où se trou- 
vent les usines pour la préparation du mastic d'asphalte. 
Je dirai rapidement quelques mots des gisements que j'ai 
eu l'occasion de visiter en 1872. 

La mine de Pyrimont parait être depuis longtemps 
épuisée. Elle était située au sommet d'une colline, sur la 
rive droite du Rhône. H existait deux couches, dont Tune, 
superficielle, était exploitée en carrière et séparée de 
l'autre par une assise stérile, sans bitume. Ici encore, 
grande irrégularité dans le dosage, qui ne dépassait pas 
8 7«» ainsi que dans la nature de la roche, tantôt à grain 
fin, tantôt à gros grain cristaHin. 

Le gisement de Challonges, indiqué par M. Malo sous 
le nom de Volant-Perrette, est situé sur la rive gauche 
du Rhône, en face de Pyrimont, au flanc d'une paroi 
escarpée de l'urgonien, d'une grande hauteur. Il m'a été 



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DU BrrCME ET DO PÉTROLE. 531 

dit que Ton comptait sept cooches d'asphalte, superposées 
et s^>arées par le calcaire bianc sans tntume; mais à mon 
point de Yne ce sont plutM des lentilles de 50 à 100 mètres 
d'étendue, finissant en coin et s'emboitant les unes dans 
les autres. 

Du reste, c'est toujours à peu près la même chose qu'à 
Pyrimont, Lovagny, Mussi^e. Tout au plus peut-on ad- 
mettre que, dans certaines galeries, le dosage du bitume 
atteint 10*/,. 

La couche supérieure présente aussi un certain intérêt, 
à cause de la pénétration du banc d'asphalte par des 
cre?asses remplies de marne verte, que je considérais 
précédemment comme un détritus des molasses bitumi- 
neuses qui constituent le sommet de la colUne. Il se pour- 
rait après tout que ces marnes se rattachassent au terrain 
sidéroUtique, car on les trouve associées aux bolus des^ 
crevasses sur divers points au mont de Chamblon, au 
Manremont, etc. 

Il n'est pas rare d'observer des traces de remaniements 
des roches pendant leur formation, c'est-à-dire des mor- 
ceaux de calcaire blanc pur, intercalés dans l'asphalte, ou 
bien des fragments d'asphalte dans le calcaire blanc. Ce 
sont tout autant d'indices de changements répétés pen- 
dant la phase de formation de ces terrains. 

BeUegarde. La vallée du Rhône à Bellegarde est remar- 
quable par le développement et la puissance de l'urgo- 
nieo, qui se présente sous trois faciès distincts, savoir : 
à la partie supérieure le calcaire à Ptérocères, roux jau- 
nâlre, puis au-dessous, le calcaire gris dur, en deux 
assises, séparées par le calcaire blanc friable. 

Ed 1872, sur le chemin qui conduit à la Perte du Rhône, 
j'ai constaté Texistence de nombreuses fissures dans le 



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532 l'origine de l'asphalte, 

calcaire dur, remplies de bitume visqueux à une chaleur 
modérée, solide et cassant au froid. J'ai de même recueilli 
dans les calcaires blancs friables divers fossiles (looce- 
rames), dont le test, en partie résorbé et spatbisé, était 
remplacé par du bitume, colorant la roche en brun-cbooo- 
lat, comme à Bevaix. 

Forrens prés Chézery. L'existence de l'asphalte a été 
signalée dans la vallée de la Valserine, au nord de Belle- 
garde, entre autres à Lelex, mais je n'ai pas d'indication 
sur ce gisement. En revanche, j'ai obtenu de M. H. Schardi 
divers renseignements sur celui de Chézery, qui se troaTe 
un peu plus au sud, vers Bellegarde. On exploite là nn 
calcaire crayeux friable assez puissant, mais in^lement 
imprégné de bitume. Certaines parties, d'une blancheur 
éclatante, en sont entièrement privées. On trouve aussi 
dans la roche bitumineuse des fragments plus compacts 
non imprégnés. Des fissures traversant la roche renfer- 
ment parfois une argile verdâtre, qui accompagne souvent 
le sidérolitique, comme au Chamblon et au Mauremont. 

Urganim non asphaUique. Je n'ai jusqu'ici recueilU 
aucun indice de la présence du bitume ou de l'asphalte 
dans Turgonien des vallées intérieures du Jura autres 
que le Val-de-Travers et la vallée du Rhône. Ce terrain 
est pourtant largement développé dans le Val d'Aubers<m, 
dans ceux de Nozeroy, de Mouthe et de Saint-Point. Il 
semble dès lors que les gisements bitumineux soient cir- 
conscrits au pourtour du chaînon oriental, où ils foromut 
deux groupes, celui du nord avec les gisements du Val-de- 
Travers et de Saint-Aubin comme centres de formation, 
et celui du sud avec Pyrimont, Mussiège et Ghavarocbe. 
Je me borne pour le moment à signaler le fait, me propo- 
sant d'y revenir dans la troisième partie de ce travail. 



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DU BmmK ET DU PÉTROLE. 533 

On sait que rurgonien atteint une très grande puis- 
sance dans le grand massif des Alpes du Faucigny. 
M. Maillard, qai a étudié très soigneusement cette région, 
jnedit n'avoir découvert nulle trace quelconque de bitume. 
Même au Salève, où Turgonien forme le couronnement 
de la montagne, on n'a signalé jusqu'ici aucune trace de 
bitume ou d'aspbalte. 

Résvmé. Si la manière d'être, le faciès général de l'as* 
[^te ui^onien au Val-de-Travers pouvait laisser quel- 
ques doutes sur les conditions d'origine et de formation 
de cette substance, il n'en est plus de même lorsqu'on 
tient compte des circonstances variées que présentent les 
gisements que je viens de signaler. Nous avons vu en effet 
que» de l'asphalte proprement dit, on passe aux calcaires 
subcompacts, inégalement pénétrés par le bitume, puis 
absolument compacts, renfermant des cavités géodiques 
daps lesquelles le bitume se maintient absolument isolé 
de la roche encaissante. Il me parait aussi impossible de 
concevoir la pénétration subséquente du bitume dans le 
calcaire caverneux de Bevaix que dans la roche compacte 
du Mauremont, de Villeneuve, de Bellegarde» etc. Cette 
substance est contemporaine de la formation des couches ; 
^ a été englobée, enfermée dans la roche en voie de 
iormation, de façon à y rester indéfiniment, c'est-à-dire 
jusqu'au moment où, par une cause quelconque, il s'est 
produit une communication avec l'extérieur. C'est ce que 
nous montre avec la plus grande évidence le gisement de 
Lovagny, où, par suite de l'inégalité d'imprégnation de la 
roche, le bitume, dégagé des parois, tend à se déplacer, 
à constituer de nouveau des amas, purs de tout mélange 
avec des roches étrangles. 



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534 l'origine de l'asphalte. 

2. Gisements jurassiques, 

Vallorbes. La présence de Tasphalle aux Époisats, sur 
la route de Vallorbes à la Vallée de Joux, est connue de- 
puis la fin du siècle dernier. Un nommé Glardon exploi- 
tait cette substance pour la fabrication d'un ciment on 
mastic qui jouissait d'une certaine réputation. 

En i87â, une société entreprit le creusage de galeries 
et de puits, en vue de l'exploitation. Appelé à étudier ie 
gisement, je reconnus bientôt les faits suivants : 

L'asphalte proprement dit est une espèce de brèche de 
graviers calcaires, cimentés par le bitume, remplissant 
une fissure du calcaire oolithique inférieur. Cette fissure 
verticale, orientée sud-nord, correspond exactement à un 
axe de dislocation qui affecte tous les chaînons du Jura, 
au sud et au nord de Pontarlier. On pourrait, au premier 
abord, voir dans cette disposition une preuve de l'origine 
interne et profonde du bitume qui cimente la roche cal- 
caire. J'ai pu me convaincre qu'il n'en est rien, en ren- 
contrant, dans les galeries creusées à travers les couches 
verticales de calcaires marneux du balhonien, des fissures 
remplies de bitume noir et luisant, visqueux, se ramol- 
lissant avec une faible élévation de la température. Les 
parois des fissures sont tapissées de cristaux de carbonate 
de chaux, mais ceux-ci, non plus que la rocbe, ne sont 
jamais pénétrés par le bitume. II est pour moi incontes- 
table que c'est latéralement que le bitume, sortant de la 
roche calcaire à ciment, a envahi la fissure remplie de 
matériaux calcaires et en a cimenté les éléments. J'ajou- 
terai que le filon ne présente qu'une étendue très res- 
treinte, soit une longueur d'une centaine de mètres. Large 



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DU BITUME ET DU PÉTROLE. 535 

de deux on trois mètres à la surface, il disparaît en pro- 
fondeur et ne présente aucune chance favorable d'exploi- 
tation. 

Nairaigue. Dans les carrières ouvertes au FurciL près 
de Noiraigue, au milieu de couches d'^e géologique sem- 
blable, c'est-à-dire bathoniennes, on retrouve également 
des filons croiseurs des couches, tapissés de carbonate de 
chaux et remplies de bitume, que la chaleur solaire fait 
suinter à l'extérieur en été. D'autres cavités, moins éten- 
dues, sans cristaux, laissent également écouler, au moment 
de l'exploitation, un bitume plus abondant et tout à fait 
semblable à celui de Vallorbes. Enfin, on trouve encore 
cette substance dans les fissures de grandes Ammonites. 

Auires gisements. Dans une tranchée de la nouvelle route 
de la Brévine à Convet j'ai observé des fissures du cal- 
caire spongitien renfermant un bitume peu abondant, 
mais très liquide, presque pétrolifère. Ici encore, la roche 
est absolument impénétrable au bitume. 

Il en est de même à deux ou trois kilomètres à l'est, au 
Ghable, où la tradition indiquait une mine d'asphalte ; 
j'y ai trouvé le bitume dans les mêmes conditions de gise- 
ment et les mêmes couches géologiques. 

J'ai aussi trouvé de ce bitume dans le calcaire ptéro- 
cérien des Pargots, près des Brenets. 

On a encore signalé la présence du bitume dans le cal- 
caire compact du ptérocérien des carrières de Soleure. 

3. Gisements molassiqttes. 

Mathod, Chawmay, Orbe. Le terrain tertiaire du pied 
du Jura, à Saint-Biaise, à Boudry, ainsi que dans la zone 
qui s'étend de Concise vers le sud, jusqu'au Fort l'Écluse, 



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536 l'origine de l'asphalte, 

est un complexe de couches de marnes sableuses rouges 
ou violacées, de grès molassiques et enfin de calcaire la- 
custre, appartenant à l'étage aquitanien. Ce calcaire la- 
custre, aussi appelé calcaire fétide, à cause de Todeur 
qu'il répand au choc du marteau, est généralement désigné 
à tort sous le nom de calcaire bitumineux. Je dis à tort, 
car en réahté je n'y ai jamais observé de bitume, tandis 
que cette substance imprègne plus ou moins fortement 
certaines couches de molasse, eu sorte que les gisements 
ont pu être confondus par divers auteurs avec les giae- 
ments asphaltiques. 

Un examen tant soit peu sérieux permet de reconnaî- 
tre que ce n'est point un bitume solide qui peut èlre 
extrait de cette molasse, mais bien une substance plus ou 
moins fluide, c'est-à-dire du pétrole. Les gisements con- 
nus à ce jour sont ceux de Mathod, Orbe, Chavornay, 
Dardagny, etc. Voici à ce sujet quelques notes. 

Le gisement de Mathod, que je n'ai jamais eu l'occasion 
de visiter, est signalé en ces termes par M. S. Chavannes. 
dans le Bulletin de la Société vaudoise des Sciences na- 
turelles : 

cOn retrouve la molasse rouge près de Mathod où 
Pon a exploité dans le temps une couche de grès bitumi- 
neux. » 

En juillet 1872, je visitai le ravin du Talent, au sud 
de Chavornay, afin d'observer le gisement bitumineux 
signalé dès longtemps. Voici ce que j'observai : 

La molasse imprégnée de bitume constitue un banc 
de 1 mètre d*épaisseur, horizontal, dans le lit de la ri- 
vière. Ce banc est intercalé dans le milieu d'une série de 
couches de molasse marneuse, rouge violacée. Le bitume 
est peu abondant, mais on conçoit facilement comment 



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Dq BITUME ET DU PÉTROLE. 537 

ilsefoit que, dans les jours chauds de Tété, il soit en- 
trafné en goutteleites par l'eau courante. 

Je visitai également le gisement du Chalet, à l'ouest 
du ravin escarpé de TOrbe. Là, le bitume imprègne une 
molasse moins homogène, traversée par des filons de 
marne bigarrée et par des couches de molasse plus dure ; 
l'odeur de pétrole est très caractéristique. 

Dardagviy, SaHgng. Les gisements bitumineux du can- 
ton de Genève ont été pendant quelques années, de 1872 
à t880, l'objet de recherches assez importantes, en vue 
d'une exploitation industrielle. Je les ai visités moi* 
même en i872; à cette époque déjà, le gisement le plus 
ancien, indiqué dans la carte fédérale sous le nom de 
Mine de gaudrùn, était abandonné et les travaux de re- 
cherches portés un peu plus au nord vers Roulevaz, petit 
ruisseau au nord de Dardagny. Dans un puits, récem- 
ment creusé, je constatai les grandes irrégularités d'im- 
pr^ation el l'extrême variété de nature de la molasse. 
Plus tard, en 1880, les travaux ayant été poursuivis, 
mon ami M. Schardteut l'occasion de les visiter et m'écri- 
vait ce qui suit : 

c Le banc de bitume lui-même est une molasse friable, 
micacée, eoiqposée de matériaux plus ou moins fins : elle 
est brune ou noire, suivant la quantité de bitume qu'elle 
renferme; elle est grise et dure lorsqu'elle n'en renferme 
pas. 

< La puissance du banc est de i 8 mètres en moyenne; 
il parait imprégné de bitume dans toute son épaisseur, 
mais d'une manière très inégale, de telle sorte qu'on 
trouve, sur un espace de quelques mètres carrés, des 
places tellement riches que le bitume suinte de la roche 
à l'état semi-liquide, surtout lorsqu'elle est exposée au 



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538 L'oRlGliNE DE l' ASPHALTE, 

soleil, tandis que quelques centimètres plus loin, la roche 
en est dépourvue. Cette molasse est suivie d'une série 
innombrable de couches marneuses, rouges^ violacées, sans 
fossiles et sans bitume, lequel ne se trouve que dans le 
banc de 18 mètres. Ce n'est pas précisément de l'asphalte, 
mais plutôt une espèce de goudron, dont l'odeur est sem- 
blable à celle du pétrole brut, etc.» 

Volant' Pm-ette. Le gisement asphaltique de Pyrimont 
(montagne bnilante), fut d'abord reconnu et concédé en 
vue de l'exploitation du bitume ou graisse, contenu dans 
la molasse verte, superposée au calcaire urgonien asphal- 
tique. Pendant un certain temps, on exploita simultané- 
ment les deux assises, le bitume de distillation de la mo- 
lasse servant à enrichir l'asphalte destiné à la fabrication 
du mastic. Depuis une trentaine d'années on a renoncé à 
l'exploitation du bitume molassique. 

J'ai visité en 4872 le gisement de Volant-Perrette sur 
la rive gauche du Rhône. La molasse bitumineuse est im- 
médiatement superposée à Turgonien. Les couches, de 
nature et d'épaisseur variées, passent du grès fin et homo- 
gène au grès grossier et au conglomérat bréchiforme. La 
stratification est très irrégulière, les couches finissent en 
coin, comme dans les dépôts diluviens et quaternaires. 
Le bitume se présente dans les couches tendres, marno- 
sableuses, aussi bien que dans les poudingues. Ceux-ci 
sont formés d'éléments calcaires qui, quoique enveloppés 
de bitume noir, très abondant, ne sont absolument pas 
pénétrés et restent parfaitement blancs. La roche présente, 
du reste, la plus singulière ressemblance avec l'asphalte 
du terrain jurassique inférieur des Époisats, près Val- 
lorbes. 

J'ai recueilh dans la molasse sableuse des moules io- 



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DU BITUME ET DU PÉTROLE. 539 

teneurs de mollusques bivalves, probablement des Unios, 
imprégnés de bitume. 

ValUe de la Vaherine. Le grès bitumineux a été re- 
trouvé par M. Schardt au nord de Pyrimont, dans le 
vallon ou combe de la Mantière au pied occidental du 
Grand-Crédo. Là encore, c'est une molasse imprégnée de 
bitume, semblable à celle de Dardagny, et qui parait 
avoir aussi donné lieu à des tentatives d'exploitation. 

Le bUume et le péirole à Lobsann et Pechelbronn, La 
molasse bitumineuse n'étant plus exploitée dans les lo- 
calités donc je viens de parler, il s'ensuit que nos don- 
nées sur la manière d'être du bitume dans les couches sont 
très incomplètes. Il n'en est pas de même à Lobsann et 
Pechelbronu, dans le Bas-Rhin, où l'exploitation a permis 
à M. Daubrée de reconnaître nombre de faits intéressants 
que je vais résumer ici'. 

A Pechelbronn, le pétrole se présente dans des sables 
et grès bitumineux de même nature et de même âge que 
ceux que je viens de signaler. Les amas bitumineux appe- 
lés veines, ont de 0*",80 à 2™; vers les bords, leur épais- 
seur diminue de façon à ce que la section de l'un de ces 
amas est lenticulaire. L'eau d'une source amène à la sur- 
face un bitume vierge, plus fluide que celui que l'on 
extrait du sable par distillation. Certaines veines de sable 
exhalent de l'hydrogène protocarboné avec une abon- 
dance capable de produire des inflammations dans les 
travaux. 



^ Mémoire 9ur le gisement du bitume, du lignite et du sel dans 
It ierram tertiaire aux environs de Pechelbronn et de Lobsann, 
Paris, 1860. Depuis quelques années, des sondages ont fait jaillir 
le pétrole à la manière des puits de la Pensylvanie. Certains 
puits fournissent par jour jusqu'à 1000 litres et plus. 



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540 l'origine de l'asphalte, etc. 

A Lobsann, on a aassi exploité le sable bitumineux, 
mais il renfermait rarement au delà de i*/. de bituHie. 
Celui-ci s'éloigne beaucoup plus de l'état fluide que celui 
de Pechelbronn et appartient à la variété qu'on appelle 
maUhe. 

Le bitume existe aussi et est exploité dans des bancs 
de calcaire d'eau douce saccharoîde^ subordonnés à de 
minces couches de lignite. La proportion du bitume mété 
au calcaire s'élève à 10, 12 et même jusqu'à IS*/,. 
C'est, en un mot, de l'asphalte. 

Le mode d'imprégnation du calcaire et du sable diflEère 
considérablement. Il n'est pas possible, même à l'eau 
bouillante, d'extraire le bitume du calcaire. Ces couches 
renferment assez abondamment des fossiles, coquilles 
terrestres, planorbes, paludines, empreintes de feuilles, 
lignite, succin. 

Des couches de sable bitumineux se retrouvent aussi 
dans le Haut-Rhin, près de Hirtzbach, dans le terrain 
tertiaire. 

A Soultz-sous-Forèts, de l'eau salée sort des couches 
mêmes qui contiennent le sable bitumineux. Tout porte 
à croire que ces eaux empruntent leur salure aux couches 
tertiaires. 

' Ainsi qu'on le voit, ici encore il y a une grande diffé- 
rence dans le mode d'imprégnation et la nature du bituoie, 
suivant qu'on l'observe dans le grès sableux ou dans le 
calcaire. 

(A suivre.) 



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BULLETIN SCIENTIFIQUE 



ASTRONOMIE 



N.-C. DuNÉR. SoR LA ROTATION DU SOLEIL. {Astrou. Nachrich- 
ten, vol. 124, p. 267.) 

H. Danér a fait durant les trois derniers étés des recher- 
ches sar la rotation da soleil an moyen d*nn spectroscope à 
réseaux de diffraction de Rowland adapté an réfracteur de 
Tobservatoire de Lund. Ce spectroscope a une puissance de 
dispersion considérable et permet de déterminer avec une 
grande exactitude la différence de longueur d*onde de raies 
1res voisines du spectre solaire. 

M. Dunér s*en est servi pour mesurer les déplacements 
des raies spectrales en comparant les spectres des deux 
bords opposés du soleil à une même latitude héliocentrique. 
Par cette mesure on obtient la vitesse avec laquelle les 
points du bord s'approchent ou s'éloignent de la terre par 
le fait de la rotation même du soleil. 

Les mesures de la vitesse obtenues par M. Dunér donnent 
pour la durée de la rotation du soleil, calculée pour diffé- 
rentes latitudes héliocentriques, les valeurs suivantes : 

Latitude O"* (équateur solaire) 25.46 jours moyens. 

. 60° 33.90 

. 75** 38.54 

On savait déjà par Tobservation des taches du soleil que 

Archives, t. XXIII. — Juin 1890. 34 



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542 BULLKTIN SGlENTlKlQlîi:. 

les portions de la surface voisines de Téqualeur avaieni un 
mouvemenl de rotation plus rapide que les régions situées 
sous une latitude plus élevée. Mais on n'observe des tache.> 
que très exceptionnellement au delà de 35** de latitude el 
les résultats obtenus par M. Dunér, d'après une méthode 
tout à fait indépendante, confirment brillamment ce fait ex- 
traordinaire, en rétendant aux parallèla"^ rapprochés des 
pôles pour lesquels on ne possédait aucune donnée. 

R. G. 

(i.-V. SCHIAPAREIXI. CONSIDERAZIONI 8UL MOTO ROTATORIO DEl. 
PIANETA VeNERK. RoTATION DE LA PLANÈTE VÉNUS. {Compte$ 

rendus de r Institut roi/nl lombard, 2"" Nf^rie, vol. XXIII.) 

La rotation de la planète Vénus esl une des questions les 
4)lus incertaines el les plus contestées en astronomie. La sur- 
face de la planète présente rarement des taches, et cd\es 
que Ton voit sont généralement très indécises. M. Schiapa- 
relli, en reprenant ce sujet et en en faisant l'objet de ses 
recherches et de ses observations, a tenu à réunir tous les 
documents historiques et à les soumettra à une critique scien- 
tifique. 

C'est Dominique Cassini qui a le premier observé, à Bolo- 
gne, en 1667, des taches sur Vénus, mais il n'en a pas tiré 
de conclusions précises sur la durée de la rotation de la 
planète. F. Bianchini qui a étudié attentivement la planète à 
Rome en 1726 et 1727 a déduit de ses observations de tâ- 
ches une rotation de plus de 24 jours. Ce résultat a été l'ob- 
jet des critiques de Jacques Cassini qui, en se fondant sur les 
observations faites par son père, a trouvé une durée de rota- 
tion de moins de 24 h. (23 h. 20 m.). 

A la fin du XV!!!-* siècle, W. Herschel (1777) observa 
quelques faibles taches sur le disque de Vénus, mais telle- 
ment indécises et inconstantes qu'il n'en put rien tirer. 
Schrœter, à Lilienthal, déduisit de ses observations (1779- 
1792) de la planète, appliquées spécialement à la forme tron- 
quée des extrémités des cornes, une confirmation de la rota- 
tion trouvée par Cassini. Enfin dans notre siècle, en 1839, 



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ASTRONOMIE. 543 

le P. De Vico reprit la question, et de ses observations faites 
à Rome au Collèi^e Romain et d'une soi-disant revision de 
celles de Bianchini il crut pouvoir conclure à une durée de 
rotation de 23 h. 20 m. environ, résultât conforme à celui de 
Cassinî. 

M. Schiaparelli a consacré un grand nombre de pages au 
résumé de tous ces travaux, et monU'é que beaucoup des 
résultats ainsi obtenus reposent sur des raisonnnements spé- 
cieux. Puis il passe à Tétude des observations plus modernes. 

Dans le courant de l'hiver 1877-1878, M. Schiaparelli a 
observé avec le réfracteur de 8 pouces de l'observatoire de 
Milan, durant plus d'un mois, prés de la corne australe de 
Yéous, des taches de forme assez bien déterminée et qui se 
soDt montrées remarquablement constantes dans leur forme 
et dans leur position. Ces observations sont confirmées par 
quelques constatations analogues faites à la même époque 
par M. Holden à Washington, M. Niesten à Bruxelles et 
M.Trouvelot à Cambridge (Massachusetts). 

Des observations de taches semblables avaient été faites 
par Gruilhuisen à Monaco en 1813 et 1814, par MM. Vogel et 
Lohse à Bothkamp en 1871 et enfin par M. Denning en 
1881. En utilisant toutes ces observations, M. Schiaparelli a 
cherché quelles conclusions probables elles pouvaient fournir 
pour la durée de rotation de la planète. 11 faut naturellement 
admettre pour cela, comme on l'admet pour le Soleil et pour 
Jupiter, que ces taches, assez peu nettes et résultant pro- 
bablement de phénomènes atmosphériques, peuvent être 
ulBtsées pour la recherche de la rotation du corps même de 
la planète. 

M. Schiaparelli a d'abord tenté de représenter ces ob- 
servations au moyen des éléments trouvés pour la rotation 
par De Vico et par Bianchini, Aucune des deux rotations de 
23 h. 20 m. et 24 j. Vs ne pouvait y satisfaire, pas plus que 
les valeurs assez faibles trouvées par ces deux observateurs 
pour llnclinaison de l'axe de rotation sur le plan de l'orbite. 

La grande constance de position des taches observées par 
M. Schiaparelli en 1877-1878, constance manifestée non seu- 
lement durant plusieurs jours et semaines, mais encore à 
diverses heures du jour, amène le savant directeur de l'ob- 



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544 BULLETIN SCIENTIFIQUE. 

servatoire de Milan à quelques conclusions dont voici les 
plus importantes : 

l"" La rotation de Vénus est très lente et se fait de telle façon 
que la position des taches par rapport au cercle de sépara- 
tion de Tombre et de la lumière ne subit pas de variation 
appréciable pendant Tespace d'un mois. 

^<» Du petit nombre d'observations de taches bien définies 
que Ton a pu recueillir, on obtient, comme résultat le plus 
probable, que la rotation a une durée égale à la révolution 
sidérale de la planète, soit 224.70 jours et a lieu autour d'un 
axe à peu près perpendiculaire au plan de Torbite. 

3* Les vrais éléments du mouvement de rotation peuvent 
différer un peu de ces indications. Les observations seraient 
encore représentées avec une approximation suffisante par 
des périodes de 6 mois ou de 9 mois, mais la probabilité est 
pour la période de 224.70 jours. La déviation possible de 
Taxe de rotation d'avec la perpendiculaire à Torbite peat 
aller à 10^ ou të\ R. G. 



CHIMIE 

R. Nie TZKi. Formation d'azines ad moyen des diamines et des 
POLYAMINES. {berichu, XXII, p. 3039, Bâie.) 

Le tétramidobenzol et le triamidobenzol asymétrique se 
condensent sous Tactioo de Toxygène de Fair respectivement 
en tétramido- et triamidophénazine; deux ou un groupe 
amido sont done éliminés, et la condensation se fait de telle 
sorte, que deux groupes o. amido se placent dans la position 
para relativement aux autres groupes amido de la seconde 
molécule; si la position est déjà occupée, deux ou un groupe 
amido sont éliminés. 

N 




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CHIMIE. 545 

Heinrich Goldschiudt. Sur les oxihes. (Berichtey XXII, 
p. 3101, Zarich.) 

Les combioaisoDs oxyimidées se combinent facilement en 
dissolution dans le benzol avec Tisocyanate de phényle, en 
donnant des éthers de Tacide phénylcarbaminiqne. Ainsi, 
par exemple : 

C,H,OH=NOH + C,H,NCO = C,H,CHNOCONHCeH,. 

Goldschmidl a étudié, avec W. Schullhess, Taclion de Tiso- 
cyanate de phényle sur Taldoxime, Tacétoxime et homolo- 
gues supérieurs, et, avec Julius Strauss, son action sur la chi- 
noneoxime et les isonitrosocétones ; de nombreux dérivés 
ont été étudiés. LMsocyanate de phényle est un bon agent 
pour découvrir des différences de constitution, parce que la 
présence de l'eau peut être évitée, aussi Goldschraidt a-t-il 
encore étudié son action sur les isomères de la benzaldoxime 
et sur les oximes du benzil. 



Ira Moore. Produits de condensation des carbodumides 

AROMATIQUES AVEC LES ORTHODIAMINES . {Bevichte , XXII, 

p. 3186^ Zurich.) 

L*auteur a préparé divers dérivés de la diphénylaroidomé- 
tbylène-o-phénylènediamine et de la di-p-tolylaroidométhy- 
lëne-o-phénylènediamine * ; les plus intéressants sont les 
tétradérivés (tétramines) qui, chauffés de nouveau avec de 
la carbodiphénylimide à SÛO*", donnent de nouvelles bases 
(hexamines), dont divers dérivés ont aussi été préparés; la 
constitution de ces hexamines n'est pas encore établie, ce- 
pendant I. Moore propose pour le dérivé tétraphénylé la 
formule suivante : 



i\ 
C,HjHNv /l\ NHCeH, 
)C C,H, C 

c,h,hn/ J^ ^^ nh(;h, 



* AfMves, XXIII, p. 267. 



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546 BULLETIN SCIENTIFIQUE. 

G. Lun(;h:. Nouvel appaheii, p(»ur mesurer les «az. {Bericlde, 
XXIII, p. 440, Zurich.) 

Cet appareil permet de se passer des tables de réduction 
barométrique et thermométrique, non seulement dans l'ana- 
lyse des gaz, mais aussi dans les analyses volumélriques de 
corps solides ou liquides; il consiste en trois lubes ou réser- 
voirs communiquant les uns avec les autres par des lubes en 
caoutchouc et remplis partiellement de mercure formant 
obturation et permettant par leur élévation relative d'oble- 
nir des variations de pression; Tun de ces lubes, gradué, 
sert à recueillir le gaz à mesurer, le second renferme un 
volume d'air humide connu correspondant exactement à 
100 ce. ou 50 ce. d'air à 0° et 760 mm. de pression, ce qui 
a été établi une fois pour toutes par les méthodes ordinaires, 
le troisième tube sert à ramener par la pression du mercure 
le volume du gaz du second tube à une marque établie une 
fois pour toutes. On voit que le mercure étant à la môme 
hauteur dans les deux premiers tubes, les gaz y seront ra- 
menés à la même pression comparable, et la réduction du 
volume de gaz en expérience se fait sans l'aide de tables; il 
n'y a à effectuer par le calcul que la réduction du volume en 
poids, et encore pourrait-on se servir pour le dosage de 
l'azote d'un tube gradué, non pas en centimètres, mais en 
divisions égales à 0,798 cm., dont chacune représente en 
poids 1 mg. d'azote. 

Les dosages du chlorure de chaux par le peroxyde d'hy- 
drogène se font très rapidement au moyeu de cet appareil, il 
faut seulement avoir soiu d'employer H^O, au litre maximum 
de 2 Vo ^^ qti'il soit légèrement alcalinisé, de même pour 
l'analyse industrielle des peroxydes de manganèse et le ti- 
trage de solutions de permanganate de potasse, dans ce 
dernier cas, HjOj doit être en excès et acidifié par l'acide 
sulfurique. (Zeit^sch. aiig. Chemie, 1890, p. 6.) 



Erratum au N* de mai. 

PuKe 413, ligne A, au lieu de : 0,2t)55,1036, lisez : 0,2(355.10""^ 
Ta^/e 413, li^'ne 13, '«« Heu de : 1036 molécules, lisez : içf^. 



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COMPTK RENDIT DES SÉANCKS 

I)B LA 

SOCIÉTÉ VAUbOISK DES SCIENCES NATURELLES 

\ LAUSANNE 



Séance du 2 avril 1890. 

iviûaard Sarasin et Lucien de la Rive. iSnr la rot^onance ruultiple (ie^ ondu- 
lations électriques de Bertz. — Eug. Reuevier. Origine el &ge des gypses 
et ooTBienles de no6 Alpes. — £. Cbuard, prof. Sur la précipitaiion du 
carbonate basique de enivre par les carbonates alcalins. 

M. Ed. Sarasin présente à la Sociélé les principaux résul- 
tais des recherches que M. Lucien de la Rive et lui ont entre- 
prises sur les ondukUiom électriques. Il fait d*abord un rapide 
exposé des travaux et des découvertes de M. Hertz, profes- 
seur à Bonn, puis insiste plus particulièrement sur les faits 
nouveaux que M. de !a Rive el lui ont mis en lumière, spé- 
cialement en ce qui a trait à la résonance multiple des ondu- 
lations hertziennes •. 

Ensuite des démonstrations de M. Sarasin, M. L. de la 
Rive communique quelques considérations théoriques sur le 
même sujet. 

^ Voir pour ce iraTail Archives des scienc. phys. et nat., 181H), 
tome XXIII, p. 11 y. 



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548 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 

Ainsi que M. Hertz Fa montré, le système d'interférences 
de force électro-motrice le long da fll oà se propage Tonda- 
lation électrique est analogue à celui d'une onde sonore dans 
un tuyau ouvert. On peut donc lui appliquer la théorie des 
réflexions multiples aux extrémités et en effet les consé- 
quences de ces formules connues se trouvent bien d'accord 
avec les résultats expérimentaux. 

La résultante des états oscillatoires simultanés en un point 
M du fil, qui se trouve à une distance x de l'extrémité la 
plus éloignée du vibrateur, est donnée par l'expression ordi- 
naire d'une quantité oscillatoire, c'est-à-dire un sinus du 
temps et de la phase, avec un coefiBcient d'amplitude ou d'm- 
tensité. Celui-ci dépend d'une part de la longueur totale du 
fll et de l'autre de la valeur de a?, n y a maximum général 
lorsque la longueur / satisfait à la condition que l + r soit 

un nombre entier pair de fois —, en désignant par r le re- 
tard dû à la réflexion aux extrémités et par X la longueur 
d'onde. Des maxima et des minima successifs le long du fil 

correspondent à des valeurs de x différant de -r-; le premier 

X r 

nœud est à une distance -7- -^ de l'extrémité. Le rap- 
4 2 *^ 

port des intensités respectives aux ventres et aux nœuds est 

I I fM 

exprimé par - , en appelant m le coefficient de réflexion. 

1 — m 

Les expériences avec le résonateur sont supposées don- 
ner la valeur de la force électro-motrice dans le plan trans- 
versal au fll au point M. C'est donc cette quantité qui est 
assimilée à la vitesse d'oscillation de la tranche de l'onde 
sonore et exprimée par les formules qu'on vient de rappe- 
ler. On trouve, comme la théorie l'indique, une succession 
de nœuds et de ventres équidistants; le premier nœud est à 

une distance de l'extrémité moindre que -7- «t cette diffé- 

rence, valeur de -^ , est à peu près O.i X. Quelques mesures 

3 
de la longueur de l'étincelle permettent d'évaluer à -^ envi- 



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DES SOENGES NATURELLES. 549 

roD le rapport des intensités aux ventres et aax nœuds, ce 

qai donne pour m la valeor -^ . La petitesse de ce nombre 

o 

explique pourquoi la variation de la longueur du fil est sans 

influence, contrairement à la théoiie sur Tintensité générale. 

La variation totale de celle-ci a pour expression j-—- —^ , rap- 

26 
port égal à -, et trop voisin de l'unité pour être observé. 

Puisque le résonateur est un ftl où se propage une onde 
électrique, on peut lui appliquer les résultats qui précédent 
et chercher à quelles conditions ses dimensions doivent sa- 
tisfoire pour que Tétincelle y prenne la plus grande intensité. 
L'étincedle dépend de la différence des tensions ou densités 
électriques aux deux extrémités a et t qui forment les 
deux pôles opposés du micromètre. L'auteur admet que 
la tension dans la décharge oscillatoire le long d*un fil 
est oscillatoire avec la même période que la force électro- 
motrice et se réfléchit sans changement de signe. Il en 
résulte qu'on peut lui appliquer les formules de la réflexion 
multiple. 

La plus petite valeur pour { satisfaisant h la condition de 

donner un maximum général est -^ r. Lorsque le fil a 

cette longueur, les deux nœuds relatifs aux extrémités a et ( 
coïncident, et par conséquent un minimum permanent de 
tension est possible; il a lieu à l'extrémité du diamètre pas- 
sant par Tétîncelle. En a et t les tensions sont moindres que 
le maximum des ventres à cause de la non-coïncidence du 
premier ventre avec le bout du fil, mais elles dépendent 
Fnne de l'autre par la condition d'être égales et de signes 
contraires. Leur différence est donc aussi grande qu'elle peut 
l'être, et, puisque l'étincelle dépend de cette quantité, elle 
est elle-même dans les meilleures conditions possibles pour 
son intensité. La relation d'égalité ainsi établie théorique- 
ment entre le demi-périmètre du cercle et la distance du 
premier nœud à l'extrémité est précisément celle à laquelle 
on a été conduit par les recherches expérimentales. 



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550 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 

M. le prof. RsNEViER donne leclare d*an chapitre de sa 
Monographie géologiqtie des Hautes-Alpes vatÂdoises, en coors 
d'impression, relatif à Torigine et à Tàge de nos formations 
salifëres et gypseuses. Il confirme Vorigine halogène^ soit 
par précipitation chimique par voie aqueuse dans des lacs 
salés ou lagunes, et Vdge triasique de ces terrains de nos 
Alpes. 

M. E. Chuard, prof., a repris l'étude de la formation des 
carbonates de cuivre basiques, et a constaté las faits sui- 
vants : 

!** Si Ton précipite une solution de sulfate de cuivre 
par la quantité exactement nécessaire (molécule pour mo^ 
lécule) ou bien par un excès de carbonate de sodium 
ou de potassium, le précipité bleu, auquel on donne la 
formule Cu C03. Cu 0, 2 Hj 0, se transforme plus ou moins 
rapidement, à la température ordinaire, au sein même du 
liquide, à réaction alcaline, en un précipité vert, pulvérulent 
(CuG03.GuO.HjO), 

2* Si au contraire on ne précipite que partiellement la so- 
lution de sulfate de cuivre, par le carbonate alcalin, le liquide 
conserve une réaction acide, soit à cause de la présence du 
sulfate de cuivre non précipité, soit par suite du dégagement 
d'acide carbonique qui accompagne la précipitation. Dansée 
Hquide à réaction rapide, le précipité bleu, floconneux per- 
siste presque indéfiniment, et ne subit plus la transformation 
en précipité vert, pulvérulent. En outre, dans le premier 
cas, la transformation du carbonate bleu en carbonate verl 
parait se faire avec dégagement d'une nouvelle quantité 
d'acide carbonique. — Il semble résulter de ce^ faits que les 
deux carbonates ne diffèrent pas seulement, comme on l'ad- 
met généralement, par une molécule d'eau. Des recherches 
sur la constitution de l'hydrocarbonate bleu, précipité dans 
le deuxième cas, sont en cours. 

Une première applic£»lion de ces faits réside dans la prépa- 
ration du remède contre le mildew connu sous le nom de 
bouillie bourguignonne, mélange de sulfate de cuivre et de 
carbonate de sodium en proportion variable. Il est évident 



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DES SCIENCES iNATURELLES. 551 

qa'à rétat floconneax, gélatineux, le carbonate basique de 
cuivre adhérera mieux aux feuilles de vigne, que par consé- 
quent les formules pour la bouillie bourguignonne devront 
prescrire une proportion de soude ou de potasse insuffisante 
à la précipitation totale du sulfate de cuivre employé. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 



SOCIETE DE CHIMIE DE OENEVE 



Séance du 9 mai 1890. 

A. Pictet et S. Erlioh. Les chrysidines. — A Pictet et W. Bégnin. Amidodiné- 
thjlqainoline. — C. Grœbe et A. Carohod. Acides benzilortbocarboiûqQet. 

M, A. Pictet s'est proposé d'étendre à d'autres corps le 
procédé de synthèse pyrogénée qui lui a fourni la phé- 
nanthridine décrite dans la dernière séance^; il a, dans 
ce but, étudié d'abord, en collaboration avec M. S. Erugb, 
l'action de la chaleur sur les deux benzylidène-naphtylami- 
nes isomériques que l'on obtient en chauffant à 100'' l'aldé- 
hyde benzoïque avec les naphtylamines. Lorsqu'on fait passer 
les vapeurs de ces corps à travers un tube chauffé au rouge, 
il se forme deux nouvelles bases de la formule C|,H||N, dont 
la constitution est très probablement la suivante : 

CeH, — CH 

I II 

C.oH-N 

Ces bases, qui représentent les phénanthridines de la série 
du chrysène, et qui pour ce motif ont reçu les noms de a et 

> Archives, XXIII, 92. 



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COMPTE RENDU DES SEANCES, ETC. 553 

de p^rysidine, montrent dans leurs propriétés les plus 
grandes analogies avec la pbénanthridine elle-même. Elles 
possèdent comme elle one fluorescence bleae en solution 
alcoolique et forment avec les acides des sels jaunes dont les 
solutions aqueuses ont une fluorescence verte. La réduction 
au moyen de Tétain et de Tacide chlorbydrique les convertit 
en bases secondaires. 

Le point de fusion de Ta-cbrysidine est situé à 108'', celui 
de la ^-cbrysidine à 126''. 

L'étude de ces bases est poursuivie. 



M. Â. PiCTET parle ensuite d*un essai qu'il a fait avec 
M. W. BÉGUIN, dans le but d^arriver à la syntbèse d'une base 
pyridique qui serait à Tanthracène ce que les phénantbrolines 
sont au phénanthrène, et qui renfermerait par conséquent le 
groupement d'atomes suivant : 




N N 



Les auteurs ont espéré atteindre ce but en traitant suivant 
la méthode de Skraup le p-diamido-p-xylol : 




NH,— L >— NH, 



Le résultat n'a pas répondu à leur attente, en ce sens que 
sur les deux groupes NH, du corps en question, un seul s'est 
montré susceptible de réagir avec la glycérine, bien que 
celle-ci fût en excès. Il ne s'est formé qu'un seul noyau pyri- 



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554 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

dique, et le produit de Topera tioD s*est trouvé être uue ami- 
dodiméthylquinoline de la formule suivante : 



GH, 




CH, 

Ce lésullal est tout à fait conforme à celui qu'a obtenu 
récemment M. Markwald en prenant comme point de départ 
un diamido-p-xylol isomérique, et confirme les conséquences 
théoriques qu*il en a tirées au sujet de la constitution do 
benzol. 

M. le prof. Gr^ebe donne à la Société de nouveaux détails 
sur Vacide benzilorthocarbonique, 

C«H,— CO— CO— QH^— COOH, 

dont il a repris Tétude avec M. A. Cdrchod. Une première 
série d'expériences, faites avec M. P. Juillard *, avait montré 
que cet acide existe sous deux modiOcations distinctes, doot 
l'une est blanche et l'autre jaune. Suivant les nouvelles ob- 
servations de MM. Graebe et Curchod, ces deux modifications 
se distinguent par leurs autres propriétés physiques (points 
de fusion, solubilités, etc.). La méthode cryoscopique de 
Raoult montre qu'elles ont le même poids moléculaire. Au 
point de vue de leurs propriétés chimiques, elles ne présen- 
tent aucune différence; elles fournissent les mêmes éthers, 
acétoximes et hydrazones. est donc probable que leur iso- 
mérie ne doit pas s'expliquer par une différence dans leur for- 
mule chimique, mais qu'elle résulte de la position des atomes 
dans l'espace. Il faut voir ici un nouveau cas de siéréfhistmé' 

' Archivts, XX, 2(H). 



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DE LA SOaÉTÉ DE CHIMIE DE GENÈVE. 555 

riej analogue à ceux qu'a observés M. V. Meyer chez les 
oximes du beozile. M. Grœbe saisit cette occasion pour expli- 
quer, au moyen de modèles, les principes de ce nouveau 
genre d'isomérie, et pour montrer qu'il est une conséquence 
de la théorie de HM. Le Bel et van t'HofT sur le carbone 
asymétrique. A. P. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 



SOCIETE DE PHYSIQUE ET D'HISTOIRE NATURELLE DE GENÈVE 



Séatice du 17 avril 1890. 



R. Cbodat. Recherches nouTellei sur la fixation de l'asote gatenz par les légo- 
mineoses. — L. de la Rive. Travail de M. Trcuton. Sur racoélération des 
ondée électro-magnétiqaes secondaires. — Alpb. de CandoUe. Déserts de 
l'Aostralie. 



M. Chodat parle des recherches nouvelles sur la fixa- 
tioD de Tazote gazeux par les légumineuses (HeUriegel et 
Willfarlh; J.-B. Lancs el J.-H. GUbert, Proceedings of tke 
royal soc.). Il est d*avis que la question est définitivement 
tranchée dans ce sens que les légumineuses peuvent absorber 
et employer Tazotd atmosphérique par le moyen des orga- 
nismes inférieurs qui produisent leurs bulbiiles radiceilaires. 

Il cite aussi les procédés employés pour déterminer la 
présence des cils chez les Bactériacées. 

M. DB LA Rive rend compte d*un travail de M. Trouton sar 
l'accélération des ondes électro-magnétiques secondaires \ 

M. A. DE Candolle parle des déserts situés à Tintérieur de 
TAustralie et des tentatives faites pour les irriguer. 

' Voir d-dessus page 402. 



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SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE, ETC. 557 



Séance du 1'' mai. 

Ed. SAnsin et L. da la Bive. NoQ?»Ue8 reoberofaei sor les ondulationa ileotri- 
qofls hertzieiuMS. — B. Cbodit. Timuibnnatioii des graini da chlorophylle 
ea leoâtas atLylogdnes dans Calanthe Sieboldkii. — £. Oaotior. Diagramats 
dt raaéfflomdtre enregistreor de l'Obeervatoire de Genève. — M. Scbiff. 
Analyse de diren travanz. 

H. Ed. Sarasin rend compte de la saite des recherches 
que M. Lac. db la Riyb et lui poursuivent 9ur les onduboions 
électriques hertziennes. En ce qui concerne d*abord les on- 
dulations se propageant le long de fils conducteurs, cas sur 
lequel ont plas particulièrement porté leurs études précé- 
dentes, ils ont reconnu que ces ondulations sont perceptibles 
dans le circuit qui relie la bobine d'induction au conducteur 
primaire et qu'on en peut constater les interférences le long 
d'un 01 communiquant avec ce circuit à Tune de ses extré- 
mités et isolé à Tautre, chaque cercle ou résonateur donnant 
dans ce cas le môme internœud que le long des fils tendus 
en avant du primaire dans leurs expériences antérieures. 

En dernier lien les auteurs ont plus particulièrement 
étudié Texpérience par laquelle M. Hertz démontre la réfle- 
xion normale de Tonde électrique contre une grande paroi 
métallique et les interférences qui se produisent en avant de 
ce miroir, dans Tair, en Tabsence de tout fil conducteur. 

Comme paroi métallique réfléchissante ils ont employé un 
grand rideau plan, formé d*une feuille très mince de plomb 
de 2",95 de largeur, 2",80 de hauteur. Les conducteurs 
primaires et les résonateurs étaient les mêmes que ceux 
précédemment décrits. Le conducteur primaire était placé 
horizontalement à environ 6",7" et 9* suivant les cas en 
avant du miroir, parallèlement è celui-ci, son étincelle sur la 
normale passant par le centre de ce miroir. 

L*espace situé en avant du miroir était exploré à Taide 

d*un conducteur secondaire circulaire placé lui-même sur un 

chariot à coulisse glissant le long de la normale au miroir 

sur un banc muni d'une graduation en centimètres, qui a 

Archives. U XXIO. — Juin 1800. 36 



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558 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

déjà été décrit à propos des recherches antérieures des au- 
teurs. Ce cercle était en général placé horizontalement et à 
la même hauteur que le primaire. Comme Tindique M. Hertz', 
l'étincelle que Ton observe dans l'interruption du cercle 
ainsi disposé est plus forte lorsque la partie continue de 
ce cercle sur laquelle Taclion inductrice est prépondérante, 
est située dans un ventre et son interruption dans un nœud 
que dans le cas inverse. La figure ci-jointe indique les posi- 
tions de maxima de l'étincelle : 



4- 



En b, dans le voisinage immédiat du miroir P, où se 
trouve un nœud, l'étincelle est plus forte lorsque Finter- 
ruption est tournée vers le miroir, que lorsqu'elle se trouve 
du côté opposé. S'éloignant du miroir on trouve une 
position où l'étincelle est la même dans les deux cas, le 
centre du cercle est alors sur un ventre, au delà de ce point 
le maximum de l'étincelle a changé de côté; un changement 
analogue se produit en sens inverse, quand on a passé un 
premier nœud et ainsi de suite. Cette expérience de M. Hertz 
se reproduit avec une grande netteté et les auteurs Tont 
absolument confirmée. 

En la répétant avec des primaires de grandeurs différentes 
et des cercles de 1", 0'-,75, 0-,50, 0",36, 0-,25 et O-S», 
les auteurs ont reconnu que chaque cercle donne à très peu 
prés le même internœud que le long des fils, ce qui montre- 
rait que la vitesse de propagation à travers l'air est sensible- 
ment la même que le long des fils. 

Ici encore résonance multiple, c'est-à-dire constatation de 
longueurs d'onde assez différentes et simultanées dans le 
mouvement ondulatoire émanant d'un seul et même pri- 
maire. Mais ce phénomène semble se produire dans ce caî^ 

* Archives des se. phys. et nat., 1881), t. XXJ, p. 298. 



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ET d'histoire naturelle DE GENÈVE. 559 

entre des limiles beaucoup plus reslreintes que dans le cas de 
la propagation le long des fils. Pour le bon fonctionnement du 
résonateur, la production d^étincellesforteset la constatation 
nette des ventres et des nœuds, il est ici plus nécessaire que 
dans le cas des fils que le primaire et le secondaire soient 
entre eux dans un rapport donné de dimensions et peu éloi- 
gnés d'ôlre à l'unisson. 

Les indications numériques suivantes viennent à Tappui 
de ce qui précède : Pour le cercle de 0",26 dont rinternœud 
le long des fils est de 1",I2, on a trouvé dans Tair un inter- 
nœud variant efitre !",i2 et 1",25; pour le cercle de 0"',36 
dont rinternœud le long des fils est l",47, on a trouvé dans 
l'air un inlernœud variant entre i",40 et i*,80; pour le cer- 
cle de 0",75 dont rinternœud le long des fils est î'^Oe, on a 
trouvé un demi-internœud variant entre !",50 et i*,65. 

Comme on le voit, il n*y a pas d'allongement marqué en 
passant de la longueur d'onde le long des fils à la longueur 
d'onde dans l'air ou du moins cet allongement, s'il existe, 
serait de l'ordre des erreurs d'observation. 

Dans une première communication M. Cuodat avait signalé 
la transformation des gravis de chlorophylle en leucites amy- 
logénes dans le pseudobnlbe de Calanthe SieboUUii (orchidée). 
Il a continué ces recherches et ne peut aujourd'hui que 
confirmer ses premières observations. 

En faisant des coupes tangentielles, minces, à travers le 
pseadobulbe de cette plante, en partant de la périphérie et 
en s'approchant toujours plus du centre, on peut suivre pas 
à pas cette ti*ansformation et même dans certaines coupes 
faites 3-5 mm. au-dessous de l'épiderme trouver tous les 
stades de la transformation. 

Il y a plusieurs modes dans ce phénomène : 

1* Le grain de chlorophylle primitivement arrondi et ho- 
mogène devient granuleux. On remarque que la chlorophylle 
s'est amassée en certains points qui apparaissent sans ordre 
régulier. On peut voir alors sur une portion du pourtour du 
grain, le plasma devenir hyalin, incolore. Le grain de chlo- 
rophylle est encore arrondi mais porte sur une partie de son 



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560 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

pourtour un croissant parfaitement transparent. Pendant ce 
phénomène, le grain de chlorophylle s*est gonflé (v. fig. 1, 
pi. XII). Dans d*antres grains, cette portion hyaline augmente 
beaucoup; elle envahit le grain en provoquant dans la partie 
chlorophyllée une Assure. Cette séparation dans la granula- 
tion en deux couches peut s'effectuer d'une façon différente 
encore : La portion hyaline proémine assez fortement tandis 
qu*il se fait de Fautre côté une invagination correspondante. 
Plus tard, la masse chlorophyllée peut se séparer en deox 
disques entourés par le plasma hyalin (v.fig. 3, pi. XIO« ou 
même devenir exclusivement pariétale avec quelques granu- 
lations au milieu du plasma fondamental. 

Enfin, la granulation peut s'étrangler en forme de biscuit 
avec localisation de la coloration aux deux pôles. L^étrangle- 
ment est toujours précédé d'une différenciation dans la gra- 
nulation arrondie. En effet, comme dans les cas précédents, 
il se forme une zone hyaline médiane qui traverse le grain 
tout entier (v. fig. 5. pi. Xiï). 

Quelquefois aussi le grain de chlorophylle, en se gonflant 
fortement, sevacuolise ou même devient lui-même une grande 
vacuole qui ne rappellerait plus son origine n'étaient-ce les 
quelques traces de chlorophylle qui sont encore répandues 
dans son pourtour (v. fig. 20-21, pi. XII). On peut facilement 
d'ailleurs provoquer, sous le microscope la formation de 
semblables vacuoles, soit en laissant agir de l'eau sur les 
coupes examinées, soit en employant la solution de chloral. 
Les granulations chlorophylliennes différenciées en plasma 
incolore et en granulations deviennent, sous l'influence de 
Tun et de Tautre de ces réactifs, des vacuoles entourées d'une 
membrane protoplasmique. L'action du second de ces réactifs 
est très intéressante. 

En effet, sous son influence, on voit la matière chloro- 
phyllée sortir du grain avec l'huile qui y était contenue et 
former ainsi des gouttelettes d'un beau vert que l'alcanna 
démontre être formé par une substance huileuse. H semble 
que, dans tous ces grains, la chlorophylle soit liée à une hnfle. 

On voit en effet dans ces grains, en employant Pimmer- 
sion, la coloration verte répartie sous forme de gouttelettes. 



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ET d'uISTCHRE naturelle DE GENÈVE. 561 

OrdiDaîrement ces grains ne formenl pas d^amidoo. L*au- 
tear eo a cependant obser?é, mais rarement, sar des grains 
diflérenciés de la forme indiquée par la figure 1^ pi. XII. 

Par contre, ils sont gorgés de sucre réducteur ainsi qu'on 
peut s'en rendre compte par le réactif de Fehling. Leur pro- 
priété si accentuée de se gonfler par i*eau, semble militer en 
ftiTeur de cette manière de voir. En effet, ils agissent, vis-à-vis 
de Teau, comme une cellule gorgée de substances avides 
d*eau. Ils ont un pouvoir endosmotique puissant. Ceci est 
démontré par la solution de chloral qui ne les contracte 
nullement mais les fait gonfler. 

Lorsque cette différenciation entre la portion hyaline et la 
partie clilorophyllée a eu lieu, les granulations se développent 
dans trois sens différents : 

1<> Ils augmentent de volume, se vacuolisent et finissent par 
se dissoudre dans le protoplasma cellulaire ambiant; 

2« Ils se divisent en deux; 

3° La portion médiane hyaline s^allonge plus ou moins. 
Les corpuscules issus de cet étirement ont alors l'apparence 
variable indiquée par les fig. 5, 6, 7, 8, 9. La portion moyenne 
peut devenir filiforme, très allongée, tandis que les deux 
extrémités restent vertes. La chlorophylle y est répartie sous 
forme de gouttelettes en séries. 

C'est à ce moment qu*on voit apparaître Tamidon. Il se 
forme de préférence sur la partie médiane incolore. On en 
trouve cependant aussi, mais plus rarement, sur la zone verte. 
A un stade plus avancé le leucite allongé aplatit ses boules 
terminales. Celles-ci deviennent finalement aiguës et fusifor- 
mes. Le leucite prend alors les apparences indiquées par les 
fig. 11-19. Ce leucite linéaire acuminé aux deux bouts, peut 
procéder du grain chlorophylle sans passer par le stade à 
deux boules. Alors le grain chlorophylle s^allonge comme 
on le voit indiqué dans le dessin, fig. 15. C*est sur ce leu- 
cite allongé qui n'est plus que faiblement chlorophylle que 
l'amidon se forme. Celte formation n'a lieu que sur un seul 
côté du leucite. Chose remarquable, le pigment chlorophyllien 
est alors localisé dans deux zones situées immédiatement au- 
dessous des deux prolongements aigus terminaux qui sont 



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562 SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

eux-mêmes incolores (v. flg. 12), Dans les leacites à bouts 
obtus la coloration occupe les deux extrémités (v. fig. 8-10). 

L'amidon s'y forme presque exclusivement sur la portion 
dépourvue de chlorophylle. H n'est pas impossible, cependant, 
qu'il ne se forme aussi sur la zone chlorophyllée. On trouve, 
en effet, des grains se développant dans cette région, mais 
beaucoup plus rarement que dans la portion hyaline. Hs s'y 
développent comme l'a indiqué M. Schimper pour Phajos 
(v. Bot. Zeit., 1880-81). Ces leucites, primitivement droits, de- 
viennent bientôt arqués, leurs extrémités hyalines se redres- 
sent, ce qui leur donne l'apparence d'une pyrogue allongée. 
Il n'y a ordinairement qu'un grain sur chaque leucite, mais 
aussi quelquefois 2 ou même 3. Lorsque le grain d'amidon 
est unique il est inséré sur la zone médiane hyaline; lorsqu'il 
y en a plusieurs, ils sont dispersés sans ordre et même quel- 
quefois accolés, n arrive souvent que plusieurs de ces leucites 
allongés sont accumulés sur un même point dans la cellule. 
Dans ces conditions, les extrémités hyalines et aiguës arrivent 
à rencontrer les grains d'amidon des leucites voisins, qu'ils 
corrodent fortement. Ils nourrissent donc leur grain propre 
aux dépens d'un grain voisin (v. flg. 18). 

Enfin, ces leucites particuliers se replient quelquefois 
lorsque le grain d'amidon est devenu plus gros, sur lui, en 
l'embrassant complètement. On voit alors encore le pigment 
chlorophyllien limité dans certaines régions du leucite et très 
affaibli. Enfln, beaucoup de ces leucites, à un âge plus avancé, 
se dépouillent complètement du pigment et continuent à 
former de l'amidon. 

M. Emile Gautii!:k montre des tracés de Vanémomètre enre- 
gistreur installé à l'Observatoire de Genève au commence- 
ment de cette année et dont M. Raoul Gautier avait fait aloi-s 
une description détaillée à la Société ^ 

M. le prof. Sghiff rend compte des recherches de M. Bau- 
ditsh, professeur à Harward Collège, États-Unis, sur la que^ 

' Voir ci-dessus p. 103. 



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ET d'hJSTOIRE naturelle DE GENÈVE. 563 

tjoo (le savoir s'il existe un tf/pe de physionomie commun aux 
personnes exerçant une même vocation. 



Séance du ojuin. 

PréaideDi. Mort de J.-L. Soret — V. Fatio. Présentation dn 5"^ volume de 
sa hune suisse. — Dnparo et Le Rojer. Notices cristallographiqats. — 
R. Gantier. Analyse de divers travanz. 

H. le PrésidetU expiime au nom de la Société les dou- 
lonreox regrets causés par la mort de M. Louis Soret. il 
rappelle la place importante que M. L. Soret tenait à Genève 
dans les sciences physiques et dans renseignement et cite 
les principaux travaux de sa carrière scientifique qu'on peut 
dire inachevée, puisque les facultés du savant étaient dans 
leur pleine vigueur. La perte pour la Société d'un de ses 
membres les plus actifs et les plus assidus est vivement res- 
sentie et elle s'associe au deuil de sa famille. 

M. Y. Fatio présente à la Société le volume V de sa Faune 
suisse et donne un exposé sommaire du contenu de cette 
deuxième et dernière partie de l'élude trè>s complète qu'il 
a feite des Poissons du pays. 

Dans une introduction générale aux deux volumes ichthyo- 
logiques de cet important ouvrage, l'auteur relève bon nom- 
bre d'observations nouvelles relatives à la distribution géo- 
graphique des espèces dans les différents bassins et à divers 
niveaux, à la variabilité dans différentes conditions d^exis- 
lence, aux caractères d'âge et de sexe, à la stérilité et à l'hy- 
bridité naturelle. 11 traite également de la bibliographie et de 
la caractéristique en général des poissons de la Suisse, et four- 
nit, sur les époques de frai de ceux-ci en divers milieux, quan- 
tité de données précieuses eu égard à la protection ration- 
nelle des différentes espèces. 

En outre, des 51 espèces qu'il reconnaît dans le pays» 
M. Fatio décrit aussi soit plusieurs poissons étrangers géo- 



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564 SOCIÉTÉ DK PHYSIQUE, ETC. 

graphiquement voisins et diverses espèces récemment im- 
portées, soit bon nombre de sous-espèces, de variétés et de 
bâtards. Signalons, entre autres données intéressantes : la 
création actuelle d*une espèce d* Alose d*eau douce, en voie 
de formation par isolement dans le lac de Lugano; une étude 
très circonstanciée des diverses formes de Corégones qui 
habitent seize lacs en Suisse, leur classiflcation en espèces 
typiques, espèces géographiques actuelles et sous-espèces 
locales, et le rapprochement, à titre de variétés, de toutes 
les prétendues espèces de Truites indigènes dans un même 
cadre spécifique. 

Des diagnoses en tête de chaque monographie d*espèce, 
des tableaux synoptiques et de nombreuses figures de détails 
originales facilitent les recherches et les déterminations. 
Enfin des tableaux schématiques des distributions géographi- 
ques horizontale et verticale de chaque espèce permettent 
d'établir très approximativement, par comparaison, la faune 
particulière à telle ou telle localité, étant donné le bassin ou 
sous-bassin de celle-ci et son élévation. 

M. Le Royer communique des recherches faites en colla- 
boration avec M. le prof. Duparg sur les formes crisUMnes 
de quelques composés organiques •. 

M. Raoul Gautier résume une note de M. le prof. N.-C. 
Dunér d*Upsal «tir la rotation du soleil, note qui a para dans 
les Astron. Nachrichten, vol. 124, p. 267*. 

M. R. Gautier rend aussi compte brièvement d*une intéres- 
sante étude de M. le prof. G.-V. Schiaparelli sur le mouve- 
ment de rotation de la planète Vénus, étude publiée dans les 
Comptes rendus de l'Institut royal lombard, vol. XXUI, 2** sér.*. 



* Voir ci-dessus p. 496. 

* Voir ci-dessus p. 541. 
" Voir ci-dessus p. 542. 



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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 



PINDANT Ll MOIS 01 



MA I 1 8 9 O 



Le % très forte rosée le matin ; halo lunaire à 10 h. do soir. 

4, éclairs et tonnerres à TO. à 6 h. 23 m. du soir; Torage suit la chaîne du Jura. 
Un nouvel orage éclate peu après au SW. se dirigeant vers le SE.; très 
forte averse; quelques grains de grésil à 7 h. du soir. Un troisième orage 
se déclare au SW. et se scinde ; une partie se dirige vers le SSE., l'autre 
passe au zénith à 7 h. 30 m. du soir et continue sa course vers le N. 
6, très forte rosée le matin. 

12, depuis 7 h. 30 m. du soir, éclairs de TO. au N.; quelques tonnerres à 1*0. entre 

9 h. et 10 h. du soir. 

13, tonnerres à 4 h. du matin. 

16, très forte rosée le matin. 

17, tonnerres au SE. à 6 h. &i m. du soir; éclairs dans la même direction jusqu'à 

6 h. 45 m.; orage au N. à 7 h. du soir. Éclairs et tonnerres au S. et à TO. 
jusqu'à 9 h. 30 m. du soir; fortes averses. 

18, tonnerres au S. à 3 h. 12 m. du soir; Torage se dirige vers le SE ; grésil à 4 h. 

8 m. du soir ; le Salève est blanc comme après une chute de neige. Pluie 
torrentielle ; malgré la nouvelle canalisation, plusieurs magasins des rues 
Basses sonLinondés. 

19, éclairs au N. depuis 8 h. du soir. 

20, tonnerres au SW. à 3 h. 55 m. et au N. à 4 h, 1 m. du soir; orage au S. à 

4 h. 51 m. accompagné de quelques grains de grésil. Tonnerres lointains 
au SW. à 5 h. du soir. 

23, éclairs an NNE. à, 10 h. du soir. 

24, éclairs au SE. puis à TESE. depuis 9 h. et demie du soir. 

25, tonnerres au S. de 12 h. 37 m. à 1 h. du soir. 

29, forte bise jusqu'à 7 h. du matin. 

30, très forte rosée le matin. 

Archives, t XXIU. - Juin 1890. * 36 



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566 



Valeurs extrêmes de la pression atmosphérique observées au barographe. 



MAXIMUM. 

Le 3 à 8 h. matin 725,17 

6 à 8 h. matin 721,48 

9 à 11 h. soir 719,34 

15 à 9 h. matin 731,19 

21 à 8 h. soir 729,55 

30 à 8 h. maUn 731,23 



MINIMUM. 

Le l*r à 5 h. soir . . . 

4 à 5 h. soir. . . , 

8 à 4 h. matin . 

12 à 3 h. soir... 

18 à 4 h. soir ... 

28 à 5 h. maUn . . 



719,» 

71637 
712,98 
706,77 
719,^ 
717,79 



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à 11k. 






^ 1 a 9-2 



ÎT 



c^pp- :^t$$tt i?TT :îT Wim iWtlîî 



*c5a>o :oSo5^^o^ -3:32 '^^ •z:ïïZ3^52 ^222222 



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1 » » 



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TTTTTTTTT ++ TT 1 1 1 11.1,1 ij L' ' i-^++^ 










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^liiiMiTiiiTi +++ 1 I I I +++ 1 I i 1 J ^-^ 



|5. 






||»»^,■M^■^ -'»«w^«-.«5r-oooosgs:g$g£;gSga;;a^jfi^S;iS^SS 



© 

+ 



+ 



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868 



MOYENNES DU MOIS DE MAI 1890 



ih.in. 4 h. m. 7h. v. iOh. n. Ih.s. 4 k. s. 



7 b. s. 



Mh.s. 



l" décade 719.84 719,62 71982 7194» 718,80 718.16 71^36 719,23 
2* » 721.47 721,34 722,11 722,09 721.74 721.19 721.79 722.56 
:i' » 725.41 725.37 726,07 726,02 725,33 724.93 725,20 725.63 



Mois 



722.34 722.22 722.77 722,67 722.07 721,54 721.89 722^ 



('•décade +9A9 +7.71 + 9^89 +13!l5 +15!91 +155» +13J7 +1097 

2* • +11.85 +10.30 +12.98 +15.71 +17,56 +17,96 +15.39 +13.09 

3» » +12.55 +11.27 +13.99 +16.46 +18.66 +17.85 +15,99 +14.07 

Mois 



1 r« décade 



+11,34 +9.81 


+12.34 +15,15 +17.41 +17,25 


+15.08 


+12.75 


fractlo 


B de Mitui 








ie 793 849 


790 


652 484 504 


605 


766 


867 


795 


626 540 543 


679 


819 


898 


779 


646 585 619 


705 


808 


872 


788 


642 538 557 


665 


798 


lerm. miu. 


TUerm. m». 


do Rhône. du Ciel. oo de neige. 


- 6^81 


+ it'.ss 


+ W.22 070 


mm 
36.9 


117,16 


- 906 


+ 19.53 


+ 9.71 0.72 


69.2 


122.66 


- 10.49 


+ 20.08 


+ 13.24 0.74 


36.4 


135.78 



884 



+ 19.09 + 11,70 0.72 142.5 



125.51 



s l*air a été calme 27)4 fois sur iOO- 
es vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 1,36 à 1,00. 
de la résultante de tous les vents observés est N. 43°,9> W. et son 

ie à 12,8 sur 100 



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S69 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU GRAND SAINT-BERNARD 



LK MOIS DE MAI 1890. 



Le l«r, neige par an fort vent jusqu'à 1 h. du soir; brouillard à 4 h. du soir. 
3, légère neige à 7 h. du matin. 
5, neige JQsqu*à 7 h. du matin. 

7, neige jusqu'à 7 du matin, puis brouillard jusqu'à 7 h. du soir. 

8, légère neige à 7 h. et à 1.0 h. du matin. 

9, fort vent à 1 h. du soir et depuis 7 h. du soir. 

10, fort vent pendant tout le jour; brouillard jusqu'à 7 h. du matin et depuis I h. 

du soir; l^ère neige à 10 h. du matin. 

11, fort vent jusqu'à Th. du matin et depuis 7 h. du soir: brouillard à 7 h. du matin 

et à 4 h. du soir ; neioe depuis 7 h. du soir. 
13, neige pendant tout le jour; fort vent jusqu'à 7 h. du matin et depuis 10 h. du 
soir; forte bise à 10 h. du matin. 

13, brouillard jusqu'à 7 h. du matin et depuis 7 h. du soir; neige de 10 h. du ma- 

tin à 4 h. du soir; forte bise à 4 h. du soir. 

14, brouillard jusqu'à 10 h. du matin et depuis 4 h. du soir. 
16, fort vent depuis 10 h. du soir. 

10, fort vent de 10 h. du matin à 4 h. du soir; brouillard jusqu'à 10 h. du matin et 

depuis 7 h. du soir; pluie et neige de I h. à 4 h. du soir. 
iO, brouillard pendant tout le jour ; fort vent ai h. du soir, 
ai, neige jusqu'à 1 h. du soir, puis brouillard. 
iZ, brouillard jusqu'à 7 h. du matin. 

35, brouillard à 4 h. du soir. 

36, légère neige à 7 h. du soir. 

i7, brouillard jusqu'à 10 h. du matin et depuis 10 h. du soir; forte bise depuis 
10 h. du soir. 

28, fort vent jusqu'à 7 h. du matin ; neige jusqu'à 4 h. du soir ; elle fondait à me- 
sure. 

39, brouillard jusqu'à 7 h. du matin et de 4 h. à 7 h. du soir ; légère neige à 1 h. 
du soir. 

30, brouillard depuis 10 h. du soir. 

31, brouillard depuis 4 b. du soir. 



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570 



Vcà/cwrê extrêmes de la pression atmosphérique observées au batvgraphe. 



Le 3 à 7 b. soir 56286 

6 à 8 h. soir 360,97 

H à il h. roaUn 360,95 

15à 7 h. soir 568.95 

Ma 9h. soir 568,80 



MAXIMUM MINIMUM. 

Le 1" à 1 h. soir 559,07 

5 à 4 h. maUn BS69d 

8 à 6 h. matin 532^37 

12 à 4 h. soir ^52« 

18 à 7 h. matin 562.86 

28 à 6 h. matin 558.70 



30à 2 h. soir 568,60 



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871 






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672 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD. — MAI 1890. 



Ib.Bi. 4 h. a. 



7II.I 



10 h. a. 



Ih.t. 



4 b. t. 



TII.S. 



Iêk.%. 



ir* décade... 559,16 558,i0 558,50 558,92 559,10 559,12 559,40 559,34 

2* > ... 562,56 562,21 562,47 562,61 562,82 562,76 563,07 563,33 

3* • ... 565,23 564,73 564,87 .'i65,17 565,49 565,05 565,20 565,34 

Mois 562,41 561,88 562,04 562,33 562,46 562,39 562,64 562,75 



7 h. ■. 10 h. I 






4k. t. 



l'« décade... -3,89 +0,18 +1,76 +0,96 
2* » ...-0,90 +1,45 4-3,11 +2,24 
3- . ... +0,45 +4,80 +6,04 +5,03 



7 b. s. 



- 1,59 

+ 0,78 
+ 2,16 



Moi» -1,39 +2,23 +3,71 +2,8 



iek.1. 



-2^38 

0,01) 

+ 1,19 



+ 0,51 — 0,35 



Min. 

H 

!'• décade... —4,91 
2* » ... -1,85 
3* . ... -0,71 



Mu. 



Mois — 2,43 



+ 2,91 
+ 3.72 
+ 7,07 

+ 4,65 



0,57 
0,73 
0,64 

0,62 



Bai de ploie 
oïdeaeige. 

71,0 
70,5 
53,5 

195,0 



Haitowdeb 

m 

140 
150 

980 



Dans ce mois, Tair a été calme 0>0 fois sur 100. 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 0,70 à 1,00. 
La direction de la résultante de tous les vents observés est S. 45** W., et son 
intensité est égale à 20,4 sur 100 



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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE 

ARCHIVES DBS SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS LE TOME VINGT -TROISIÈME 

(3- PÉRIODE) 

1800. — N- I à 6. 



PafM 

Recherches sur TabsorptioD des rayons ultra-vio- 
1^ par diverses substances, par MM. /.-L. So- 
TH et Albert ROUet. (6>°« mémoire) 5 

Sur Tétat d'équiUbre que prend» au point de vue 
de sa concentration, une dissolution gazeuse 
primitivement homogène dont deux parties sont 
portées à des températures différentes, par M. P. 
van Berchem 70 

Observation sur l'atavisme des plantes, par M. le ba- 
ron d'Eainghausen et M. le prof. Krasan, de Graz. 76 

Sur la résonance multiple des ondulations électri- 
ques de M. Hertz se propageant le long de fils 
Archives, L XXIII. — Juin 1890. 37 



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574 TABLE DES MATIÈRES. 

Pare* 

conducteurs, par MM. Ed. Sarasm et L.dela 
Rive H3 

Note sur la régularisation du lac Lémau en i889, 
par M. Th. Turrettini, basée sur les observations 
limnimétriques faites à Sécheron, par M. Ph. 
Plantamour (Planche XI) 164 

Composition de quelques schistes ardoisiers du 
Valais et de Savoie, par MM. L. Duparc et 
Radian 166 

A propos de la constante b de l'équation de M. van 
der Waais, par M. PhiUppe-A. Guye 197 

Le coefficient critique et h constitQtion molécu- 
laire des corps au point critique, par M. PAi- 
lippe- A. Guye 204 

Revue géologique suisse pour Tannée 1889, par 
MM. Ernest Favre et Hans Sckardt 235 

Idem (suite) 285 

Idem (suite et fin) 430 

Recherches sur les ferments digestifs, par M"^ Ca- 
therine SchipOùff 256 

Note sur la composition des calcaires portlandiens 
des environs de Saint-Imier, par M. L. Duparc. 323 

Manuel d'astronomie, par M. le prof. R. Wolf. . . 335 

Le grain du glacier, par M. Ed. Hagenbach (avec 
planche XI) 373 

Sur la théorie des interférences de l'onde électrique 
propagée dans un fil conducteur et du résonateur, 
par M. L.dela Rive 391 

Sur l'accélération des ondes électromagnétiques se- 
condaires, par M. Fred.-T. TrmOon 402 

Sur la théorie des dissolutions, par M. Ch.-Ed. 
Guillaume 410 



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TABLE DES MATIERES. 575 

Pages 

NonTel appareil pour montrer les variatioDs de la 
tension superficielle des liquides, par M. F. Le- 
cank 419 

Deui nouveaux éthers nitriques butyliques» par 
M. le prof. Jacques Bertoni 423 

J.-L. SoRET. Artide nécrologique 467 

Sur l'analyse des ardoises» par MM. Frédéric Re- 
teràm et Ch. de La Harpe 477 

L'expérience fondamentale sur la capacité indue- 
tire spécifique, par M. le D*^ R. Weber 489 

Notices cristallographiques, par MM. L. Duparc et 
A. Le Royer 496 

L'origine de Tasphalte, du bitume et du pétrole, 
par M. le IK A. Jaccard 501 



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576 TABLE DES MATIÈRES. 



BULLETIN SCIENTIFIQUE 



ASTRONOMIE. 

PigM 

G.-V. Sehiaparelli. Sur la rotation de Mercure 266 

2V.-6'. Dunér. Sur la rotation du soleil 541 

G.- F. Sehiaparelli, Considérations sur le mouvement 

rotaloire de la planète Vénus 542 



PHYSIQUE. 

G, Stadler. Détermination de la conductibilité calori- 
que absolue de quelques roches 342 

P. Bachme^etc, Sur la cause des sons produits par 
Faimantation intermittente des métaux magné- 
tiques 348 



CHIMIE. 

C. Cuimann et K. Gariarawsky. Action des sels d'étain 
sur les sels des combinaisons diazoiques des car- 
bures d*hydrogène 82 

G. Lunge. Améliorations dans la fabrication de 
l'acide sulfiirique 83 

A NiHzki et Luiwig Stàmidi. Sur le tétraamidoben- 

zol t78 



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TABLE DES MATIÈRES. 577 

P*ge§. 

Henri Brunner, Analyse chimique qualitative 179 

Ira Moore. Produits de condensation des carbodia- 

mides aromatiques avec les orthodiamines.. . 267 
IL Nathansohn et P. MuUer. Dérivés et réactions de 

la lélramélhyldiamidobenzophénone 267 

£. ScktUze. Sucre de canne dans les germes de 

plantes étiolées 268 

R. NiHzki et Friedrich Schmiit. Dioxyquinone et 

dérivés 269 

A. Bantzsch, Transformation de dérivés du pentamé- 
tbylène et dérivés du benzol, de la pyridine et 

du tiophène 269 

Aug. Bischler. Orthonitrophénylhydrazine 343 

Chuiie. — Aug, Bischter et S. Brodsky. Sur la m. nitro 

et p. brome o. nitrosopbénylhydrazine 456 

C. Hoffmann. Acides hydroxamiques de la série 

grasse 456 

M, Nencki et N. Sieber, Acide paralactique obtenu 

par la fermentation du sucre de raisin 457 

A. HatUzsch. Produits de décomposition de Tacide 

cbloranisique 457 

M. Nencki et A, Rotschy. Hématoporphyrine et bili- 
rubine 458 

if. Nendci. Décomposition de Talbumine par des 

scbizomycètes anaérobies 459 

Richard Hafner. Action du brome sur la paratolui- 

dine en présence diacide sulfurique concentré . . 460 
K. Heuniann et Hertnann Rey, Matières colorantes 

du groupe des benzéines 460 

R. Ni^zki, Auguste Dietze et H. Mœvkler. Matières 

colorantes de la résorcine de Weselsky 461 

R, Nieîzki. Formation d*azines au moyen des diamines 

et des polyam'mes 544 

Heinrich Goldschmidi. Sur les oximes 545 

Ira lioore. Produits de condensation des carbodii- 

mides aromatiques avec les orthodiamines 545 

G. Lunge. Nouvel appareil pour mesurer les gaz 546 



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578 TABLE DES MATIÈRES. 

GÉOLOGIE 

Pages 

D' G, Steinmann. Éléments de paléontologie 3U 



Compte rendu des séances de la Société vandoise 
des sciences naturelles, à Lausanne. 

Séance du 20 novembre 1869. ~ M. de Blonay, ingénienr. Hétbode 
forestière dite contrôle. — H. Dnfoar. Antljse spectrftle des 
liquides de M. P.-A. Forel S4 

Séance du 4 décembre 1889. — F.- A. Forel, prof. Tbermooiétrie 
des laoe. — Gnillemin, ing. Inflaence des pooMÎéres cotmi- 
qiies sur U surface do soi (soivi de deox notes de MIL Ch. Dn. 
four et Eog. Benevier, professeurs). — Henri Dnfoar, prof. 
Bésumé météorologique dn mois de novembre. — D' Sohârdt. 
Formation éolienne observée en Valais. — Brunner, prof. 
Syntbése des diobroïnes. 85 

Séance du 18 décembre 1889. — F.-A. Forel. Couleur des lacs. 
Études sur les mirages. — Guinand, architecte. Sur l'incision 
annulaire des ceps de vigne — Forel. Recommandations en 
vue de l'étude systématique de la flore du rivage dn Léman. . . 271 

Séanu du 8 janvier 1890. — F -A. Forel. Origine des lacs. — 

Jean Dufour. Analyse de l'ouvrage de H. Victor Fayod 275 

Séance du 19 février 1890. — Benevier, prof. 1* Forêt silicinée 
d'Arixona ; 2° Phospborites de Bessarabie ; 3* Disque gypseuz de 
la Veveyse 845 

Séanice du 6 mare 1890. — F.-A. Forel : 1* Pierres de la moraine 
d'Tvoire; 2* Tempête du 27 janvier 1890 A Partenkiroben, en 
Bavière : S* Genèse du lac Léman. — Schardt, prof. Trituration 
des bancs de calcaire dolomitiqae. — Renevier, prof. Diaoor» 
dance inverse de Vuargny 462 

Séance du 19 mare. — Henri Dufour, prof. Nouvelles machines éb^ 
triques par influence. — Guillemin, ing. Considérations générales 
sur le relief des continents. — Paul Bnsset. Formation d'une 
veine liquide dans nn liquide 466 

Séance du 2 aortZ 1890. — Éd. Sarasin et Luc. de la Rive. Sur . 
la résonance multiple des ondulations électriques de Hsrts. 
— Eug. Renevier. Origine et &ge des gypses et oomieules de nos 
Alpes. — £. Chuard, prof. Sur la précipitation du carbonaèe 
basique de cuivre par les carbonates alcalins 547 



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TABLE DES MATIÈRES. 579 



Compte rendu des séances de la Société de chimie 
de Genève. 

Pages 

Séante du 20 décembre 1S89. — A. Piotei et H.-J. Ankenmit. Pbe- 
naathridine. — S. Ittnrj et £. Bader. Action de l'ammoniaque 
snr le tétrachlorodiacétyle. — C. Gr»be et L.-W. Weltner. Pré- 
pantion et réactions du bromanjle. — C. Grœbe et 0. Schnl- 
theea. Thiozanthone 92 

Siaanee du P mat ÎS90. — A. Piotet et S. Erlich. Les ohrjsidines. — 
A. Pictet et W. Béguin. Amidociiméthylqninoline. — C. Qrnbe 
et A. Carcbod. Acides benzilorthocarboniques 552 



Compte rendu des séances de la Société de physique 
et d'histoire naturelle de Genève. 



Sémce du i$ déeembre 1889. — J. L. Soret et A. Rilliet. Absorp- 
tion des rayons nitra-Tiolets par différentes substances. — P. 
T&n Bercbem. Inégale concentration d'one dissolution gazeuse 
dont deux parties sont maintenues, pendant un temps prolongé, 
à des températures différentes. — Von Ettinghausen et Erasan. 
Obserrations sur l'ataTisme des plantes. — E. Gautier. Mort de 
Respigbi. — R. Cbodat. Classification des Polygalacées. — 
Grabe. Lampe A microscope. ~ L. Duparo et Baeff. Echelle 
pour Tétude du trouble des eaux bourbeuses 97 

Séemee éki 2 janvier 1890. — B. Gantier. Installation d'un anémo- 
mètre enregistreur à TObservatoire de Genève. — Rilliet, de la 
Rive. Sarasin. Analyse de divers travaux 103 

Bèmee du i 6 janvier 1890. — M. Micheli. Rapport annuel 181 

Sémite du 6 février. — Schweinfurtb. Rapports entre la flore de 
l'Arabie Heureuse et celle de l'Egypte. ~ A. de GandoIIe. Obser- 
vations sur « sujet. — Phil. Guye. Chimie moléeulaire. — Forel. 
Genèse du lac Léman. — Ad. D'Espine. Recherches expérimen- 
tales snr le bacille diphtéritique. — Al. Herzen. De la prédispo? 
sition A la pn^footion et aux infeetions. — L. Duparc et ^p. 
Gosse. Sur le sidérolithique du Salève 181 

SéaoMe dv 20 Jévrter 1890. — Gosse et Duparo. Sidérolithique du Sa- 
lève. — Th. Turrettini. Régularisation du niveau du lac de Ge- 
nève. — Sarasin et de la Rive. Résonance multiple des ondula- 
tions électriques. — R. Gautier. Observations de M. Schiaparelli 
sur la planète Mercure. — A. Rilliet. Mémoires de la Société. 348 

8ému du $ mcart. — Mûller. Travaux sur les Lichens. — Duparc et 
Pificinelli. Serpentine du Geisspfadsee. — Th. Floumoy. L'audi- 
tion colorée 350 



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580 TABLE DES MATIÈRES. 

Pigrs 

Séance du l'O mars. -— D*^ Girard. Da r6le da cerveta dans l'acte 

respiratoire S54 

Sianee du 3 avril. — C. de CandoUe. Sar lee canies de l'orientatioa 
des matières d'origine protoplasmiqoe dans la earjocinése. — 
0. Asp. Étode mathématiqQe des diadases par torsion. — Micbeli. 
Bolletin météorologique. — Th. Lullin. Honvements qui se pro- 
duisent dans l'étalement d'nne gontte d'eao. — Dnparc et Baeff. 
Étude du régime de TArve 357 

Séance du IF aoril 1890. ^ R. Chodat. Reoherohes nouvelles sur la 
fixation de l'azote gasenz par les légumineuses. — L. de la Rive. 
Travail de M. Trouton. Sur l'accélération des ondes électro- 
magnétiques secondaires. — Alph. de CandoUe. Déserts de 
l'Australie 556 

Séance du /" mai. — Ed. Sarasin et L. de la Rive. Nouvelles recher- 
ches sur les ondulations électriques bertxiennes. — R. Chodat. 
Transformation des grains de chlorophylle en leuoites amylo- 
gènes dans Calanthe Sieholdtii (Planche XU). — E. Gautier. 
Diagrammes de ranémomètre enregistreur de l'Observatoire de 
Genève. — M. Schifif. Analyse de divers travaux 557 

Séance dv "^ juin tSVO. — Président. Mort de J.-L.Soret. — V. Fatio. 
Présentation du 5** volume de sa faune suisse. — Dnparc et 
Le Royer. Notices cristallographiques. — R. Gautier. Analyse 
de divers travaux .• 568 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

faites à Genève et au Grand Saint-Bernard. 

Observations météorologiques pendant le moKs de 

décembre 1889 105 , 

Observations météorologiques pendant le mois de 

janvier 1890 189 

Observations météorologiques pendant le mois de 

février 277 

Observations météorologiques pendant le mois de 

mars. 365 

Observations météorologiques pendant le mois d'avril 469 
Observations météorologiques pendant le mois de 

mai ! 565 



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ALCOOL MÉTHYLIQUE 



Courbe portant les 

A7^ /. Alcool ndîhylique ordinaire dt KM- 

haum. 

2. Même produit rectifié. 

/. Esprit de bois rectifié à — J2''. 

7. Aie. méth. extrait de Voxalate de ml' 

thyk (préparation faite en petit). 

p. Aie, niéth. extrait de Voxalattde mér 

thyle, de Kahlbaum. 



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^jrhires JeÂSnerues phus d riuf Janmer IS90. /XXIJ[. PI 1 



H M RU 



vo 



10" 



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■9- 



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ALCOOL ÉTHYLIQUE 



Courbe portant les 

N" I 

2 
} 

4 
S 
6 

7 



I Échantillons d'alcool rectifié du cm- 



meru. 



Alcool pur de Kahlbaum. 
Mime produit rectifié. 
Alcool tris pur, à 96 %, Kahlbaum. 
» absolu (99,8 'io ) » 



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' irchiirs desScie/ices phiis. el nu/ Jamnrr 1S9Û /X?Î1IJ . PI. II . 

« 45 4* «5« 4« 47 4« 49 5(?c 5/ J*2 Î3 54 



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V'>i} 



80 



20 



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^ 



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^ 



ALCOOLS PROPYLIQUE ET ISOPROPYLiQUE 



Courbe portant les 

N** /. Alcool propylique de Kahlbaum. 

j. Mime produit rectifié. 

6. Alcool propylique de P. & P. 

9 . ï> de Kahlb. (2*^ édm- 

iillon). 

La courbe intitulée « alcool isopropylique i^ se tùf- 
porte à un échantillon de cet alcool probaHement impur 
(Kahlbaum). 

La courbure intitula «alcool isopropylique dilué» 
se rapporte à un mélange de 5 ^lo, en volume, d'alcool 
isopropylique (échantillon ci-dessus mentionné) et de 
96 ""la d'alcool éthylique. 



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u- 



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ALCOOLS ISOBUTYUQUE ET AiYLIQUE 



Courbe partant le. 


r 


N^4. 


Alcool isobutylique de Kahlbaum. 


6, 


Même produit conservé longtemps. 


7- 


Alcool isobut. d'Is. Pierre & P. 


2. 


» amylique de Kahlbaum rectifié* 


h 


» » d'Is. Pierre & P. 


Courbe pointilUe. 


y) propylique » 



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éxf lires des SriencsK phifs. d nul Janiùr 1890. t IÏ[J[ . PI . IV. 

î « ♦^ «ô" 4^ 47 Ua U9 50*" 5' 57 S5 54 



nii ù n V 



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80 



20 



10'' 



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r 



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.J 



ALDEHYDE ABSOLUE. 

DILUÉE. 
ACÉTAL. 

ÉTHER ÉTHYLIQUE. 
ACIDE ACÉTIQUE. 



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^-fjvhiivs des Sciences phif s, et ruU Janvier 1890. iJKlU. Pl.V. 



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80 



50 



20 



10" 



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KÉTONES 

Échelle de 10 divisions pour l"» d'épaisseur 



Courbe pariant 


les 


N" r. 


Acétone. 


2. 


Mithyléihylhétone, 


3- 


Méihylproxylkitotte 


4' 


MéthylhéxyllUtom . 


S- 


Propione. 



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Irvhhrs des Sciences phus. druU Janvier 1890. /][![[[. PI. VI . 






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ÉTHERS SIMPLES 



Observations marquées des chiffres suivants : 

1. lodure d'Ùhyle absolu. 

2. » depropyle » 
}. D d'isobutyle » 
^. » d*amyle » 

(La courbe de ces trois derniers produits n'est pas 
tracée.) 

Ijts courbes des autres produits en portent l'intitulé. 

Viodure de potassium est au litre de 6^' ,64 dans 
un litre (solution alcoolique), et Viodate au titre de 8^',s6 
(solution aqueuse). 



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•- -Lnchii-es Jes Sciences phij s. et nat Janvier 'i890. t Xï/If . PI . Vil. 

♦« *3 4; 4S« 4^ 47 (*H «P 5P» s; 51' 53 54 



90 



80 



70 



W 



50 



20 



10" 



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ÉTHERS SIMPLES 

lodures, bromures et chlorure5 dilués 



Observations marquées des chiffres suivants : 

1, lodure d'êthyle, soL alcool, à 6^, 24 dans un litre, 

2. » ilepropyle, » 6 ^',8 » 
}. » d'isobuiyle, » 7^^'>}6 » 
4, » d'amyle, » 7^,92 » 

(La courbe de ces trois derniers produits nest pas track.) 

Les autres solutions sont aux titres suivants : 

lodure de potassium y soi. aqueuse, 6^''',64 dans un litre. 

» » alcool. 6^', 64 » 

Bromure d'àhyle, » » 4^',}6 » 

» de potass., » aqueuse, 4^^,76 » 

Chlorure d'ithyle, » alcool. 2^, s 8 » 

» de propyle, » » 3^'» 14 » 

» d'isobutyle, » » i^',7 » 

» de potassium, » aqueuse, 2^, 97 6 » 



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*Jrcfnivs xies Sciences phu s. et mit Janmr '1890. t UJll . PI .VIII . 



H¥ RU 



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100'' 



80 



60 



50 



UO 



20 



lQn>m 



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9 



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ÉTHERS AZOTIQUES ET AZOTATES 



En solution dans la proportion dt i gr. d'a:pt£ dans 
un litre. La solution est alcoolique pour les ithcrs et 
Va:;ptaie de calcium; elle est aqueuse pour les a:^ctaUs 
de potassium et d'ammoniaque. 

Les croix marquées du chiffre: 

1, se rapportent à VaT^ote d'ithyU. 

2, » » disobulyk. 
}, » n d*amyU. 

(La courbe n'est pas tracée pour ces deux derniers 
produits). 

Les croix marquées de la lettre A se rapportent à l'azo- 
tate d'ammoniaque. 



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J/r/iii-es des Sciences phys. et nal Janiùr t890. /.XXJH. PI. IX 



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80 



10 



uo 



20 



fQmn 



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ARCHIVES 

on 

SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES 



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Genèye. — Imprimerie Aubert-Schachardt. 



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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE 



ARCHIVES 



DBS 



SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES 



TOME VINGT -QUATRIÈME 



-"ar*^-^ 



GENÈVE 

BUREAU DES ARCHIVES, RUE DE LA PÉLISSERIE, 18 
LAUSANiNE PARIS 

GEORGES BRIDEL G. MASSON 

Place de la Louve, i BoutoTard Si-Gernaln, i» 

Dépôt pour r ALLEMAGNE, H. GEORG, a Bale 

>1890 



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SUR LES 

ÊQOATIOHS FOHDAIENTALES DE L'ÉLECTBODYMAIIQUE 

POUR LES CORPS EN REPOS 



PAft 



M. H. HEmTS> 

Professeur i l'Uni Tersité de Bonn. 



Le système de notions et de formules par lequel Max- 
well a réussi à obtenir la théorie des phénomènes élec- 
tromagnétiques est plus riche et plus étendu, en tenant 
compte des ressources de développement dont il est sus- 
ceptible, que tout autre des systèmes imaginés pour at- 
teindre ce but. Il est certainement désirable que la forme 
d'une théorie si satisfaisante en elle-même se perfectionne 
le plus possible. La reconstruction du système devra lais- 
ser distinguer partout clairement les bases logiques sur 
lesquelles il repose, supprimer les notions accessoires et 
réduire à leur forme la plus simple les notions essentielles. 



' Nadmdiim wm der hâmgîichen GeaéUschaft der Wissen- 
9dwften und der Oeorg-Augitst-UniversUât eu Oôttingen. 19 mars, 
n» 4, 1890. 

Cette tradaction de l'étude théorique récemment publiée par 
M. Hertz a été rerue par l'auteur qui a bien voulu ainsi lui donner, 
BU point de vue de l'exactitude', une yfdeur que le lecteur apprê- 
tera, (jud.) 



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6 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ÉLEGTRODYNAMIQUE 

L'exposition de Maxwell loi-même est imparfaite à cet 
égard; elle vacille souvent entre les conceptions que Max- 
well a trouvées formées avant lui et celles auxquelles il 
est parvenu. Maxwell accepte l'action à distance comme 
point de départ, il cherche les lois de la modification que 
cette action fait subir aux polarisations hypothétiques de 
l'éther diélectrique, et adopte comme conclusion que ces 
polarisations se modifient effectivement de cette façon 
mais que des forces à distance n'en sont pas la cause. 
Ce procédé laisse l'impression fâcheuse que, de la con- 
clusion finale ou de la méthode pour y parvenir, l'une des 
deux est incorrecte. En outre il conserve des notions 
premières dont la signification disparaît avec l'ancienne 
théorie de l'action à distance. Telle est la distinction en- 
tre le déplacement électrique dans l'éther libre et la force 
électrique qui s'y développe, donnant lieu au rapport de 
ces deux quantités, à la constante diélectrique de l'éther. 
Maintenir de semblables distinctions impliquerait qu'en 
supprimant l'éther dans une portion d'espace on y laisse 
subsister l'action à distance. Elles pouvaient être confor- 
mes aux idées d'où Maxwell est parti mais ne le sont pas 
à celles auxquelles ses travaux nous ont conduits. Comme 
un autre exemple d'un principe élémentaire accessoire, je 
citerai le rôle dominant attribué au potentiel vecteur dans 
les équations fondamentales. Les potentiels se prêtaient à 
une théorie nouvelle en permettant de remplacer la force 
variable d'un point à l'autre par une quantité dont la va- 
leur ne dépend que des points voisins, mais du moment 
que les forces elles-mêmes rentrent pour nous dans cette 
catégorie de grandeurs, il ne convient de leur substituer 
un potentiel que si cette transformation présente un avan- 
tage. C'est ce qui ne 'semble pas être le cas lorsqu'on 



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POUR LBS CORPS EN RfiPOS. 7 

introduit le potentiel vecteur dans les équations fonda- 
mentales d'où l'on doit déduire des relations entre des 
grandeurs physiques et non entre des expressicms analy- 
tiques. 

Ces imperfections de forme rendent difficile l'usage de 
la théorie de Maxwell C'est en cherchant à l'appUquer 
à des cas particuUers que depuis longtemps je me suis 
efforcé de réduire le nombre des formules de Maxwell, 
et d'en rendre la véritable signification indépendante de 
la forme accidentelle sous laquelle elles se sont d'abord 
présentées. M. Oliver Heaviside a commencé déjà en 
1885 a s'occuper d'un travail analogue. Les notions qu'il 
élimine des équations de Maxwell sont les mêmes que 
j'élimine aussi^ et la forme simplifiée qu'il leur donne 
concorde, à quelques détails d'expression près, avec celle 
que j'obtiens ' . Quant à ces équations la priorité appartient 
donc à M. Heaviside, mais j'espère que cette étude ne 
semblera pas superflue. C'est un exposé qui ne prétend 
pas être définitif, mais o&ir des ressources nouvelles pour 
des améUorations plus étendues. 

Je partage le sujet en deux parties. Dans la première 
partie A je donne les notions fondamentales et les formu- 
les qui les font dépendre les unes des autres. Les formu- 
les sont commentées, mais ces éclaircissements ne sont 
pas des démonstrations des formules. Les énoncés sont 
plutôt envisagés comme des faits d'observation et leur 
preuve est d'ordre expérimental. Ce n'est pas toutefois 
chacune des formulesmais leur ensemble considéré comme 
un tout qu'il peut être question de vérifier par leur ac- 

' On trouye ces équations dans le PhUosophicàl Magazine, 
février 1888. Un travail antérieur a paru dans l'Électrician en 
188&, mais je n'ai pas pu en prendre connaissance. 



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8 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ÉLBGTRODTNAMIQUE 

cord avec les faits. Il n'en est guère autrement pour le 
système des équations de la mécanique ordinaire. Dans 
la seconde partie B j'établis comment on peut déduire des 
formules d'une manière systématique les résultats sus- 
ceptibles d'être constatés par l'observation et par consé- 
quent les vérifier. Cette partie comporterait une grande 
extension si on la traitait en entrant dans les questions 
de détail, mais il ne peut s'agir ici que d'indications som- 
maires. 



A. Les notions fondamentales et leur liaison. 

1 . La force électrique et la farce magnétique. 

L'intérieur de tous les corps, y compris l'éther libre, 
peut sortir d'un état de repos indifférent en subissant 
deux sortes de perturbations que nous désignons par 
électriques et magnétiques. Nous ignorons la nature 
même de ces perturbations et connaissons seulement les 
phénomènes qui en résultent. Admettant que ceux-ci 
sont connus, nous en déduisons les rapports géométri- 
ques des variations d'état. Les perturbations de l'espèce 
électrique et de l'espèce magnétique sont liées entre elles 
par cette condition que les unes peuvent exister d'une 
manière permanente, indépendamment des autres, et 
qu'au contraire des perturbations, soit d'une espèce soit 
de l'autre ne peuvent pas subir des variations en fonction 
du temps sans que des perturbations de l'autre espèce se 
produisent. La production du changement d'état suppose 
un emploi d'énergie; cette énergie est restituée par la 
disparition de la perturbation ; l'existence de la perturba- 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 9 

lion impliqQe donc Texistence d'une énergie disponible. En 
un point qoelconqoe la variation d'état relative à Tune 
OU à l'autre espèce de perturbation peut différer par la 
direction, le sens et la grandeur. Il est donc nécessaire 
pour la détermination de l'état électrique ou magnétique 
de considérer une grandeur dirigée ou ses trois compo- 
santes. Haie une première et importante hypothèse de 
notre théorie consiste à admettre qu'une seule grandeur 
dirigée sufBt pour déterminer complètement la variation 
d'un seul état, soit électrique soit magnétique. Certains 
phénomènes, par exemple le magnétisme permanent, la 
dispersion de la lumière, etc., ne peuvent pas être ratta- 
chés à ce point de départ, mais exigent que les états respec- 
tivement électrique et magnétique du point considéré 
soient exprimés par plus d'une variable. Il faut donc 
exclure ces phénomènes du domaine auquel nos déductions 
sont applicables. 

Nous appelons force électrique une grandeur dirigée 
dont dépend l'état électrique. Pour fixer les idées nous la 
définissons par la force mécanique dont un corps électrisé 
donné détermine la production, lorsqu'il se trouve dans un 
espace vide où a lieu une perturbation électrique. Dans le 
vide nous posons en principe que la composante de la force 
électrique suivant une direction quelconque est propor- 
tionnelle à la composante de la force mécanique. Nous 
appelons force électrique dans l'intérieur d'un corps la 
force électrique qui se produirait au point considéré dans 
l'intérieur d'une cavité cylindrique infiniment étroite ayant 
la direction de la force, supposition que l'on peut réaliser 
toujours. Quelle que soit la relation entre la force ainsi 
mesurée et la variation d'état, celle-ci, d'après notre hy- 
pothèse, se trouve complètement déterminée par la pre- 



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10 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'tiLBGTRODYNAMQUB 

mière. En remplaçant le mot électrique par le moi ma- 
gnétique, et le corps auxiliaire électrisé par un pôle 
magnétique, nous obtenons la définition de la force ma- 
gnétique. Afin de fixer le sens des forces nous convenons 
que le corps électrisé est chargé d'électricité vitrée et que 
le pôle magnétique employé est celui qui se dirige vers le 
nord. Les composantes de la force électrique suivant les 
X, y, z sont désignées par X, Y, Z, celles de la force ma- 
gnétique par L, M, N. 

2. Énergie du champ. 

L'énergie électrique disponible d'un volume d'un corps 
dans l'intérieur duquel la force électrique a une valeur 
constante est une fonction homogène et du second degré 
des trois composantes de la force électrique. Le même 
énoncé s'applique à. l'énergie magnétique disponible. 
L'énergie disponible totale que nous appelons énergie 
disponible électromagnétique est la somme des deux pré- 
cédentes. 

Pour un corps isotrope la quantité d'énergie de chaque 
espèce est d'après cela égale au produit du carré de la 
force correspondante et d'une constante. Celle-ci peut- 
être différente pour l'énergie électrique et l'énergie ma- 
gnétique et dépend de la substance du corps ainsi que 
du choix des unités d'énergie et de force. Nous convenons 
de mesurer l'énergie d'après la mesure en valeur absolue 
de Gauss et de choisir l'unité de force de telle manière 
que la valeur de la constante dans l'éther libre soit I/Stt, 
en sorte que l'énergie de l'unité de volume de l'éther su- 
bissant une perturbation est égale à 



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POUR LES CORPS EN RI£P06. 11 



-^X« + Y« + Z«) + -^(L> + M* + N'). 



En mesurant ainsi la force^ nous disons que nous la 
mesurons en mesure absolue de Gauss'. La dimension 
de la force électrique ou magnétique est telle que son 
carré a la dimension d'une énergie rapportée à l'unité de 
volume; cette dimension est donc, d'après la notation 

usitée, représentée par M» L^^T" . 

Pour tout corps pondérable isotrope nous pouvons 
maintenant^ d'après ce qui précède, exprimer l'énergie 
de l'unité de volume par 

~ (X* + P + ZO 4- "l^-CL^ + M» + N»). 

Les constantes qu'on vient d'introduire, e et jll, sont 
nécessairement des nombres positifs. Nous appelons e la 
constante diélectrique et fi la constante magnétique de la 
substance. Il est évident que e et ^ sont des rapports nu- 
mériques par lesquels l'énergie d'une substance est com- 
parée à celle d'une autre. La nature d'une substance con- 
sidérée en elle-même ne suffit pas pour en déterminer la 
valeur» ce que nous exprimons lorsque nous disons que 
les constantes diélectrique et magnétique ne sont pas une 
constante intérieure de la substance. Il n'est pas incor- 
rect de dire que ces constantes sont égales à l'unité pour 
l'éther» mais cette assertion n'implique aucun fait expé- 
rimental, seulement une convention arbitraire. 

Pour les corps cristallisés, l'énergie de l'unité de vo- 
lume devient éeale à 



* Voir H. Helmholtz. Wiedemanns Annalen, Bd. 17, p. 42, 1882. 



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42 ÉQUATIONS FONDAMENTALBS DE l'ÉLEGTRODTNAMIQOE 

^ (6,.X« + S,, Y» + e„Z« + 26,,XY + 2s,,YZ + 26„XZ) 
+ ^ (^.L«+{t„M^+^3N>+2{i„LM+2m8MN+2ji..3LN). 

Par UD choix possibled'axes on peut transformer Tune ou 
l'autre des deux parties de cette expression en une somme 
de trois carrés. Il est très vraisemblable que les mêmes 
axes donnent lieu à cette simplification pour les deux 
parties. Les e et les ji sont assujettis à la condition d'ôlre 
tels que dans la transformation en une somme de carrés 
les coefficients des carrés soient tous positifs. 



3. Relation des farces dans Véther. 

Le système d'axes choisi est tel que Taxe des x positifs 
étant dirigé en avant par rapport à l'origine, et celui des 
z positifs en haut, Taxe des y positifs va de gauche à 
droite. En admettant cette disposition, les forces élec- 
trique et magnétique dans l'éther dépendent Tune de 
l'autre par les équations suivantes : 



dt dy dz dt dz dy 

, rfM rfX rfZ ^^ , rfY dN dL 

dt dz dx dt dx dz 

rfNrfY_dX A — = -— *- 

dt '^ dx dy dt " dy dx 

auxquelles se joignent dans Téther libre sans incompati- 
bilité les deux équations 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 13 

dx dy ' dx dx dy dz 

qui n'oDt pas d'analogue dans la matière pondérable. 

Ces équations une fois trouvées, il ne semble pas qu'il 
soit resté opportun de les déduire de considérations sur 
la constitution électrique et magnétique de l'éther et sur 
la nature des forces agissantes, comme de données mieux 
connues, ainsi que l'indiquerait la méthode historique. Il 
convient bien mieux au contraire de rattacher à ces équa- 
tions de nouvelles vues sur la constitution de l'éther. 

Comme les dimensions des L, M, N et des X, Y, Z 
sont les mêmes, la constante  est la réciproque d'une 
vitesse. Elle est une constante intérieure de l'éther, et par 
cette expression nous entendons que sa valeur ne dépend 
ni de la présence d'un autre corps ni d'aucune conven- 
tion arbitraire de notre part. 

Nous multiplions toutes nos équations par £lr/47rA, 
puis chacune dans leur ordre respectif par L, M, N, X, 
Y, Z et nous les additionnons. Nous intégrons les deux 
membres de l'équation obtenue relativement à un certain 
espace limité pour lequel la normale à l'élément de sur- 
face d^ fait avec les axes de coordonnées les angles n, x, 
*»>y> ^»^' Pour le second membre, l'intégration s'effectue 
partialement et nous obtenons : 

y\i (X' + ^' + Z') + i (L' + M' + N.)jdt 

= ^ f\{m — MZ) cos M, X + (LZ — NX) cos n, y 

+ (MX — LY)costt,3)do). 



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14 ÉQUATIONS FONDABIENTALBS DE L'ÉLEGTRODTNABflQUE 

L'intégrale du premier m'embre est l'énergie électro- 
magnétique du volume; l'équation donne donc la varia* 
tion de cette énergie exprimée par des grandeurs qui se 
rapportent à la surface seulement de l'espace considéré. 

4. Isolants isatrùpes. 

Dans les isolants homogènes isotropes les phénomènes 
ont lieu, sous le rapport qualitatif, de la même manière 
que dans l'étber libre. Sous le rapport quantitatif, la dif- 
férence consiste en premier lieu en ce que la constante 
intérieure a une valeur différente de celle de Tétber, et en 
second lieu en ce que l'énergie disponible contient les 
constantes e et |x de la manière déjà fixée. Nous nous 
conformons à cet énoncé et nous satisfaisons aux hits 
expérimentaux en faisant : 



4a. 



^^dt 


dZ 

dy 


dY 

dz 


^' -dt 


dit 
~ dz 


dN 


. dU 

^^dt 


dX 

dz 


dZ 

dx 


5*. A^^^ 


■ dN 
dx 


dL 

dz 


. dN 
^^dt 


dY 
dx 


dX 


A ^^ 

^dt 


dL 

~ dy 


dm 

dx 



Supposons en effet pour un instant que les forces dans 
un isolant soient mesurées d'après le principe établi pour 
leur mesure dans l'étber libre, et remplaçons par consé- 
quent dans ces équations X,Y,Z par X/j/e, Y/j/e,Z/i/£ , 

et de même L, M, N par L/y/s, M/i/ e , N/v/e , elles 
prennent bien une forme identique à celles de l'étber 

sauf que la grandeur A est remplacée par A^eft. Si 



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POUR LES CORPS £N REPOS. 15 

d'autre part doqs conserTons le mode adopté de oiesiires 
des forces, nous trouvons que les équations donnent pour 
l'énergie l'expression voulue. En effet, les mêmes opéra- 
tions qu'an paragraphe précédent donnent ici : 

l/!4 ^""^ + "'^ + ''^ + i: ^'' + ''' + ^"^("^ 
= 7^ TkNY — MZ) CCS n, a; + (LZ — NX) ces n, y 
+ (MX — LY)cos«,2(dft). 

Les principes généraux qui nous ont permis d'établir 
nos équations nous font défaut si nous ne pouvons plus 
consid^er l'isolant comme homogène. On peut donc 
douter si dans ce cas les équations soient encore valables. 
L'expérience, générale résout la question dans un sens 
affirmatif, et il en résulte que dans les équations 4 a et 4 6 
les quantités e et fx peuvent devenir des variables dépen- 
dant du point considéré. 

5. Ifolants cristallisés. 

Nous obtenons une interprétation des mêmes princi- 
ees, pour les cas des corps dont la constitution est varia- 
ble avec la direction et où d'autre part les propriétés 
électrcHnagnétiques deviennent celles des isolants isotro- 
pes lorsque l'anisotropisme tend à disparaître, en consi- 
dérant, dans le premier membre des équations, la varia- 
tion par rapport au temps des forces comme étant des 
fonctions linéaires, aussi générales que possible, de la 
variation de l'autre espèce des forces dans le second 



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i6 ÉQUATIONS FONDAMENTAUX DE l'ÉLECTRODYNAMIQUE 

membre. La généralité de la forme de ces fonctions li- 
néaires et le choix des constantes seront toutefois soumi- 
ses à des restrictions; il faudra que Ton puisse continuer 
à procéder par la même opération pour exprimer la ra- 
riation de l'énergie et qu'en le faisant on obtienne la 
forme voulue. Moyennant ces considérations nous som- 
mes conduits aux équations suivantes dans lesqueUes 
rentrent les phénomènes les plus importants : 

J rfL , dM , dN\ dX dZ 
Sa. A({i, ^- + 11.3 -^ + m. ^ j = ^^ - -^ 

j dL . dM . dN\ dY dX 

J d\ , dY . dZ\ dM dN 

T*«"*+^''dr + ^"drj = dz— di^ 

J ^ ^ *Y . dZ\ dN dL 

»*• H'"dr + ^»dr + ^'dJ==dx-dT 

/ dX dY dZ\_dL dM 

^r" dl + "^^ dT + "•« dT/ - ^ "" di" 

L'équation pour la variation de l'énergie d'un espace 
donne le même résultat que dans les paragraphes 3 et 4 
en tenant compte de l'expression de l'énei^e, dans les 
corps cristallisés. Il n'est pas non plus nécessaire, dans 
les équations de ce paragraphe-ci, de considérer e et fc 
comme des constantes, mais ces quantités peuvent être 
variables avec le point 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 17 

6. Distribution des farces dans les conducteurs. 

Dans les corps considérés jusqu'ici, toute variation de 
la force électrique parait dépendre de l'état préalable de 
la force magnétique. Si les forces magnétiques sont nulles 
dans tout l'intérieur d'un espace fini toute cause de va- 
riation fait défaut et une distribution donnée des forces 
électriques persiste invariablement aussi longtemps qu'une 
perturbation franchissant les limites de l'espace consi- 
déré n'y pénètre pas. Dans un grand nombre de corps 
au contraire la force électrique laissée à elle-même dispa- 
raît plus ou moins rapidement et dans les corps de cette 
espèce les forces magnétiques ou d'autres causes sont né* 
oessaires pour s'opposer à cette tendance. 

Pour des raisons qui seront exposées plus loin nous 
appelons ces corps conducteurs. L'hypothèse la plus sim- 
ple à faire à leur sujet est en premier lieu que la perte 
subie par la force électrique dans l'unité de temps 
est proportionnelle à la force elle-même, et en second 
lieu qu'indépendamment de cette perte les forces ma- 
gnétiques tendent à déterminer les mêmes variations 
que dans les autres corps. Introduisant une nouvelle 
constante X, le premier principe énoncé revient à admet- 
tre que la composante X laissée à elle-même se modifie 
d'après l'éqnation AedX/d/ = — iîrXAX. Le second com- 
plète le premier en exprimant que si les forces magné- 
tiques existent la modification a heu d'après l'équation 
AedX/A = dUlldz — dfijdy — 47rXAX. La constante X 
s'appelle la conductibilité spécifique du corps mesurée 
dans le système électrostatique. Sa dimension est la réci- 
proque d'une durée. La grandeur^ e/47rX est par consé- 
ÂRCHivES, t. XXiV. — Juillet 1890. 2 



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18 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ËLECTRODYNAMIQUE 

quent une durée; c'est le temps qu'il faut pour qu'une 
force laissée à elle-même devienne la e ième partie de sa 
valeur initiale, et qu'on a appelé temps de relaxation. 
Cette grandeur est, ainsi que Ta fait ressortir le premier 
M. E. Cohn\ distincte de X et constitue une seconde 
constante intérieure du corps qui est complètement dé- 
terminée sans la considération auxiliaire d'un second 
milieu. 

Nos énoncés nous conduisent ainsi par induction aux 
équations suivantes qui satisfont aux faits d'observation : 



, dL dL dX , rfX dM dN , , ,^ 

^ dt dy dz di dz dy 

^ , dM , dX dZ ^ . rfY rfN dL . ^^^ 

^ dt dz dx dt dx dz 

, dti dï d\ , dZ dL dM ^ ,,, 

^ dt dx dy dt dy dx 



Ces équations ne s'appliquent évidemment qu'aux 
corps isotropes, mais n'exigent pas nécessairement, comme 
nous l'avons laissé implicitement admis, que les corps 
soient homogènes. Avant toutefois de pouvoir les appli- 
quer au cas d'un corps non homogène, nos équations 
ont besoin d'une certaine extension. En effet lorsque la 
constitution d'un corps varie d'un point à l'autre, la force 
électrique laissée à elle-même ne diminue pas jusqu'à 
devenir nulle mais tend vers une certaine limite diffé- 
rente de zéro. Nous appelons cette valeur dont les com- 



^ Consalter à ce si;get et relativement à la manière dont la 
grandeur A est introduite ici : E. Cohn, Sitssung^>er, d, Beri, Akad. 
Band,XXVI,p.405. 



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POUR LES œRPS EN REPOS. 19 

posantes sonl X', Y', Z' force éleclromotrice effective au 
point donné. Nous la supposons indépendante du temps; 
elle est en général d'autant plus grande que la Tariation 
de constitution chimique pour Tunité de longueur est 
grande elle-même. Nous tenons compte de l'action de la 
force électromotrice en évaluant la diminution de la force 
électrique laissée à elle-même comme étant proportion- 
nelle non à sa valeur absolue mais à la différence entre 
c^te Taleur absolue et la valeur limite. Nos équations 
pour des conducteurs dont la structure donne lieu à la 
production de la force électromotrice deviennent ainsi : 

. dL rfZ dY . dX dM dN . , . .„ „,, 

*»^dr=w"di ^^dr=d7-dir-*^'^*<^-*> 

. ^ dM dX dZ ^ . dY dN dL . ^ . .^ ^,. 

w. Aa-r-=-j -j— 6d. As-57-=-, -^ 47cXA(Y — Y) 

^dt dz dx dt dx dz ^ ^ 

. dN! dY dX , dZ dL dM . ^..„ „. 



7. Conducteurs ani$otrope$. 

Si le conducteur est d une constitution variable avec 
la direction, nous n'avons plus lieu d'admettre que la 
perte de chaque composante de la force laissée à elle-même 
dépend de cette seule composante, mais il est plausible 
de la supposer une fonction linéaire des trois composan- 
tes. Si de plus nous posons en principe que pour un pou- 
voir conducteur tendant vers zéro les équations tendent 
vers celles des isolants anisotropes, nous obtenons le sys- 
tème suivant : 



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20 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ÉLECTRODYNAMQUE 

./ dL , dîi , dîi\ dl dY 



la. 



I dL , dM . rfN\ dX dZ 

H''»d/-+f^'dr+'^»*j=d7-"dx 

,/ dL , dM . dN\ dY dX 



/ dX dY dZ\_dM dN 

- 4,cA {X..(X-X')+X„(Y-Y')+X.,(Z-Z')} 

./ dX , dY , dZ\ dN dL 
7*. A^s„ - + e., -^ + s., -^-j = ^ - rf7 

-4îrA{X„(X-X')4-X„(Y-Y')+X„(Z-Z')} 



J dX , dY , dZ\ dL , 



dM 

dy dx 
-4icA{X..(X-X')+X„(Y-Y')+X„(Z-Z')}. 



Il est très vraisemblable qae pour toas les corps exis- 
tants A,, = A,,, A,, ^ A,,, A,, = A,,. 

Les constantes £ et ^ peuvent, aussi dans les équations 
de ce paragraphe, être supposées variables avec le point. 

8. Conditions aux Utilités. 

On voit aisément que les équations 7 a et 76, com- 
prennent tous les cas précédents, y compris celui de 
l'étber libre en disposant convenablement des constantes. 
Or comme ces constantes peuvent devenir des fonctions 
de la position du point, la surface de séparation de deux 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 21 

corps hétérogènes peut elle-même être assimilée à une 
couche de transition dans laquelle les constantes varient, 
il est Trai, avec une rapidité extrême, mais où cette va- 
riatioD toutefois ne cesse pas d'être assujettie aux mêmes 
équations qui continuent à exprimer des relations entre 
les valeurs restées finies de ces constantes et les valeurs 
restées finies des forc^. Afin de déduire les conditions aux 
limites de cette explication théorique des résultats expé- 
rimentaux, il convient, pour plus de simplicité, de faire 
coïncider l'élément de surface de séparation avec le plan 
xy. 

Ne tenant pas compte d'abord de la force électromo- 
trice qui se produit entre les deux corps en contact, re- 
marquons que dans les deux premières des équations 7 a 
et 76, d'après ce que nous venoQs d'établir, les quantités 
dX/dj, dYjdz, dUjdz, dHjdz doivent rester finies même 
dans l'intérieur de la couche de passage. Si donc l'indice 
i désigne l'un des côtés et l'indice 2 l'autre côté de la 
couche, il faut que 

X,-X, = L,-L, =0. 

Ainsi les composantes tangentiales de la force se trans- 
mettent sans changement au travers de la couche. En 
tenant compte de ce résultat dans les troisièmes des équa- 
tions 7a et 76, il en résulte que les expressions 



et 



dL dM dS 

^''~df^^'W^^*' dt 



, ^ + 6a. ^ + s„ ^ + 4;c(X3|X+X„ Y + X„Z) 



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22 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ËLECTRODTNAIIIQUE 

doivent avoir la même valeur sur Tune et l'autre face de 
la couche limite. Cet énoncé qui donne la relation entre 
les composantes normales de la force des deux côtés de la 
surface de séparation prend dans le cas d'un corps iso- 
trope la forme simple suivante : 

8r- Hi — r- — fil —r = 

^^ dt ^^ dl 



^' ^«^-^^^-i^C^^Zi-^Z»)- 



Cessant maintenant de supprimer la production d'une 
force électromotrice dans la surface limite, nous devons 
admettre, pour rendre compte des faits, que la compo- 
sante normale de cette force, c*est-à-dire Z', devient infi- 
nie dans la couche de passage mais avec la conditioa que 
l'intégrale étendue à l'épaisseur de la couche, y* Z'd-j, 
conserve une valeur finie qui est déterminée expérimen- 
talement, sans qu'il soit possible d'en rien déduire sur la 
variation de Z', De plus nous satisfaisons aux principes 
développés dans ce paragraphe en admettant que dans la 
couche de passage, outre L, M, N» X, Z, la quantité 
Z — Z' reste finie. Ainsi Z devient infini, mais nous n'en 
pouvons pas moins conserver à dZjdt une valeur finie. 
Nous faisons de plus 

Se. fZdz = fZ'dz = ç^,. 

Si maintenant, après les avoir multipliées par dz, 
nous intégrons relativement à l'épaisseur de la couche de 
passage les deux premières des équations 7a et 76, comme 
à cause de la petitesse de la ligne d'intégration l'intégrale 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 23 

de toute grandeur finie s'annule> nous obtenons les con- 
ditions : 



De ces résultats reportés dans les troisièmes des équa- 
tions la et 76, il résulte pour la détermination de la force 
normale que des deux côtés de la surface de séparation 
la valeur des expressions 

dL , dM , dN 

''' ^1 + ^* 5 + ^" ^ + *^ ^,i(X-X')+X3, (Y- Y') 
+ X,3(Z-Z')} 

doit être la même. Si les corps sont homogènes de part 
et d'autre de la surface, l'existence de la force électro- 
motrice n'entre pour rien dans les relations entre les forces 
qui sont en action des deux côtés. 

Comme nos conditions aux limites ne sont autre chose 
que les équations générales la et Ib transformées pour 
satisfaire à certaines particularités, nous pouvons suppo- 
ser tout énoncé et toute opération relatives à ces équa- 
tions générales étendues à des corps hétérogènes pourvu 
que cette extension n'implique pas d'impossibilité mathé- 
matique, c'est-à-dire pourvu que ces énoncés et ces opé- 
rations donnent lieu, soit immédiatement soit après une 
transformation indiquée, à des expressions finies et déter- 



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24 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ÉLEGTRODTNAMIQUE 

minées. Nous aurons souvent recours à ce principe. Si 
en général nous nous abstenons de démontrer que toutes 
les expressions obtenues sont finies et dét^minées, ce 
n'est pas que cette démonstration nous paraisse superflue, 
mais c'est parce que, dans tous les cas à considérer, elle 
a été depuis longtemps donnée ou qu'on peut Tobtenir 
d'après des procédés connus. 

Chacun des paragraphes précédents a augmenté le nom- 
bre des faits d'observation que comprend la théorie. Ne 
donnant que de nouvelles désignations, les paragraphes 
qui suivent ont une autre tendance. Ils ne forment qu'une 
partie auxiliaire de la théorie, leur valeur consiste soit 
dans un procédé de simplification, soit dans un moyen 
de relier notre théorie aux anciennes notions de la science 
de l'électricité. 



9. Polarisation électrique et magnétique. 

En tant que nos équations se rapportent à des milieux 
isotropes, chacune donne la valeur, pour l'instant immé- 
diatement ultérieure, d'une des grandeurs physiques con- 
sidérées exprimée comme fonction sans ambiguïté de 
l'état actuel. Cette forme des équations est avantageuse 
au point de vue mathématique parce qu'elle implique que 
les équations détermineront complètement le développe- 
ment de toute modification arbitrairement introduite quelle 
qu'elle soit Elle est satisfaisante aussi au point de vue spé- 
culatif, parce qu'elle fait connaître par le premier membre 
de Téquation l'état futur et par le second membre, comme 
cause du premier, l'état présent. Celles de nos équations 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 25 

qui se rapportent aux milieux anisotropes n'ont pas une 
forme également simple, puisque le premier membre ne 
représente pas la Tariation d'une seule quantité mais une 
fonction de ces variations. Toutefois, comme ces fonc- 
tions sont linéaires, il est possible, en résolvant les équa- 
tions par rapport aux variations séparées, de leur donner 
la forme voulue. Un autre moyen d'obtenir ce résultat 
consiste à introduire les quantités que nous désignons par 
polarisations. Nous faisons : 

8 = {t„L-|-|i,jM4-[j.i3N ï = ei,X+e,jY+Si8Z 

3î = H'i8L+(i.,3M+|i,3N 3 = ei8X+Sj3Y-|-s33Z 

et appelons la résultante des f, W, 9? la polarisation ma- 
gnétique et la résultante des 2e, ^, 3 la polarisation élec- 
trique. Pour les milieux isotropes, les polarisations et les 
forces ont la même direction et le rapport des premières 
aux secondes se trouve être respectivement la constante 
diélectrique et la constante magnétique. Pour l'éther les 
polarisations et les forces sont identiques. En introdui- 
sant les polarisations dans le premier membre de nos 
équations, chaque équation donne la variation d'une seule 
composante de polarisation, en fonction des forces à l'in- 
stant correspondant. Comme les forces sont des fonctions 
linéaires des polarisations, il est aisé d'introduire les po- 
larisations également dans le second membre. Nous au- 
rions ainsi substitué à la grandeur dirigée par laquelle 
nous avons en premier lieu représenté l'état électroma- 
gnétique, à la force, la polarisation qui lui est équivalente 
mais ne saurait pas présenter beaucoup d'avantages. Le fait 
que la considération simultanée des polarisations et des 
forces simplifie notablement les équations, indique qu'il 



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26 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTBODTNAMIQUE 

faut au moins deux grandeurs dirigées pour l'expression 
complète soit de l'étal électrique soit de l'état magnétique. 
Afin de simplifier davantage nos équations, nous fai- 
sons 

u = X,.(X - X') + X.,(Y - Y') + Xu(Z - Z) 
9e e^ = X,,(X - X') + X„(Y - Y') + X,3(Z - Z') 
w = X3,(X - X') + X3,(Y - Y') + X33(Z - Z). 

Pour des raisons que l'on trouvera dans le paragraphe 
suivant nous appelons u, v, o les composantes (mesurées 
électrostatiquement) du courant électrique. 

Nos équations les plus générales prennent maintenant 
la forme : 



, dî dl dX , d£ dM dN , , 

dt dy dz dt dz dy 

^ ,rf'J» dX dZ ^^ ,d^ dN dL , , 

9a. A -T- = -, .- 9*. A -rf = -T -: 4;rAe7 

dt dz dx dt dx dz 

,dil dï dX d^ dL dm ^ , 

dt dx dy dt dy dx 



et l'expression de l'énergie électromagnétique de l'unité 
de volume devient par l'introduction des polarisations : 

-^ (XX + SY + 3Z) + ~~ (8L + WM + «N). 

Aucune qualité spécifique se rapportant aux corps con- 
sidérés n'entre dans l'expression de ces énoncés. Le prin- 
cipe établissant que les équations 9a et 96 doivent être 
satisfaites pour tout point de l'espace infiniment étendu^ 
comprend tous les problèmes relatifs à ce domaine, et 



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PmJR LES CORPS EN REPOS. 27 

la dîYersité infinie de ces problèmes consiste seulement en 
ceci que les constantes des relations linéaires 9c, 9d, 9e, 
c'est-à-dire les e, fx, X, X', Y', Z' peuvent être des fonctions 
de l'espace comportant une grande diversité de variation, 
soit continue, soit discontinue. 



10. Électricité et magnétisme. 

Soit un système de corps pondérables dans lequel des 
actions électromagnétiques sont en jeu et qui se trouve 
séparé par le vide de tout autre système. En différentiant 
les trois équations 9b respectivement par rapport à a;, y, z 
et en les ajoutant, nous obtenons pour tout point du 
système : 

dt \dx'^ dy'^ dz) ^\dx "^ rfy "*" dz)' 

Nous multiplions cette équation par Félément de vo- 
lume dz et nous intégrons relativement à un volume 
limité par une surface comprenant le système pondéra- 
ble. Soit d(ù l'élément de surface et soient n,x, n,y, n,z 
les angles de la direction normale à l'élément avec les 
axes. Comme les ci, v, w sont nuls à la surface, nous ob- 
tenons 

d ridU , d^ d^\ d r, 

f/du dv dw\, 
+acosw,y + £cos»,2)<la> = — 4Tcy [âx + -^y '^ Iz)^ 

= — 4ff /(eicosw,a?-|-t;cos»,y+M;cosn,2)rfa> = 0. 



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28 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ÉLEnRODTNAMIQUE 

Par conséquent, si e est une quantité indépendante du 



-f 3cosn,s)da) = 4ît«. 

La quantité e qui Tient d'être introduite est, comme 
on le voit, une fonction de Fétat électrique du système et 
une fonction telle qu'elle ne peut être augmentée ou di- 
minuée par aucune action exclusivement âectrodynami- 
que. L'inTariabilité de la quantité e, qui se maintient 
également en tenant compte d'autres perturbations que 
celles de l'électrodynamique, en tant qu'elles sont relati- 
ves à l'intérieur du système, donne lieu à la supposition 
que e est la masse d'une substance renfermée dans le 
système. 

Conformément à cette notion, nous appelons e la 
masse de l'électricité renfermée dans le système pondé- 
rable. D'autre part e peut être positif ou négatif, tandis 
qu'une masse est forcément positive. On complète donc 
l'hypothèse par la notion de deux électricités de proprié- 
tés opposées et on donne à e pour signification la diffé- 
rence entre les deux masses ou on résoud la difficulté en 
admettant que e représente la quantité dont l'état élec- 
trique réel diffère de l'état normal. Mais que sous une 
forme ou sous l'autre on assimile « à la masse d'une sub- 
stance, il faut que chaque élément dr entre pour sa par- 
tie aliquote dans la valeur générale. Il faut avoir recours 
à une hypothèse pour répartir dans chaque élément 
l'intégrale d'espace qui définit la quantité e. Un premier 
mode de répartition possible relatif à l'instant considéré 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 29 

donne à l'élément de Tolume dz la quantité d'éleetricité 



4îr\(te ^ dy ^ dz) 



Nous convenons d'appeler la masse d'électricité de 
l'élément de volume ainsi évaluée l'électricité vraie de 
l'élément; il en résulte que l'expression 



A_(dX d^ d^\ 
inXdx'^ dy'^ dz) 



relative à l'intérieur d'un corps est la densité électrique 
de volume vraie et qu'à la surface de séparation de corps 
de substances différentes^, l'expression 

^{(3Fj— ïOcosn,a?+(?',— g,)cosn,y— (92— 3,)cosn,z} 

est la densité électrique de surface vraie. 

Nous obtenons une autre distribution possible et plau- 
sible de e en remarquant que dans le vide la polarisation 
et la force sont identiques et que par conséquent nous 
pouvons écrire à la place de 10a. 



iO». 



4îc^ = /(X CCS n,a? + Y ces »,y + Z ces n,z)d(ù 
f(d^ ,d^ , dl\. 



et de plus considérer l'expression 

1 /dX . dY . dZ 



1 /dX , dY , dZ^^ 
— I — + — •4* — Idr 
k7c\dx dy dz/ 



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30 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ÉLEGTRODYNAMIQUE 

comme la proporlion dans laquelle l'élément dr coniribae 
à e. La masse électrique d'un élément de volume ainsi 
évaluée est appelée l'électricité libre de l'élément, d'où 
résulte l'expression 



ikTcKdx "^ dy "*" dz) 



dy 
pour la densité de volume de l'électricité libre et l'expres- 



sion 



-^{(X,-X0co5n,x+(Y,-Y,)cosw,y+(Z,-Z0cosn,z)} 



pour la densité de surface de l'électricité libre sur la cou- 
che de séparation de milieux différents. Nous appelons 
électricité dissimulée la différence entre l'électricité vraie 
et l'électricité libre. Ces notions se relient aux notions 
usitées qui sont fondées sur Faction à distance. D'après 
celles-ci une partie des masses d'électricité vraie ou d'ori- 
gine externe introduites dans un isolant est dissimulée 
dans les molécules du milieu ambiant par des déplace- 
ments électriques \ tandis que le reste demeure libre de 
manière à exercer son action à distance. Sur les notions 
de plusieurs auteurs il y a aussi des différences à noter. 
Mais comme les notions ordinaires ne sont pas toujours 
d'une logique sans défaut, il ne m'a pas été possible de 
trouver une définition qui ne soit dans aucun cas en 
contradiction avec le langage usité. Celui-ci est lui-même 
insuffisant sur un point important, en attribuant sans 



^ Qui sont proportionnels mais non pas identiques avec nos po- 
larisations. 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 31 

distioctioD la désignation d'électricité, soit à Télectricité 
Traie, soit à l'électricité libre. 
D'a4)rès ce qui précède l'intégrale 

/(ï ces n, a? + ^ cos n, y + 3 cos n, z)d(ù 

divisée par 4?: et étendue à une surface donnée repré- 
sente l'électricité vraie contenue dans l'intérieur de la 
surEace. Nous appelons nombre des lignes de force élec- 
trique qui coupent la surface dans le sens de la normale 
positive la valeur de celte même intégrale relative à une 
surface non fermée. Cette définition nous rattache à la 
conception de Faraday d'après laquelle les lignes de force 
sont des lignes qui ont en tout point, dans les corps iso- 
tropes, la direction de la résultante et dont le nombre est 
proportionnel à la grandeur de celle-ci. Nous avons d'au- 
tre part complété et précisé cette notion en établissant 
que les lignes de force, dans un corps quelconque, ont 
pour direction non la force mais la polarisation et c'est 
aussi à la grandeur de la polarisation que leur densité est 
proportionnelle. Nos définitions impliquent que la quan- 
tité d'électricité vraie contenue dans un espace donné 
multipliée par ii: est égale à l'excès du nombre des lignes 
de force qui entrent sur le nombre de lignes de force qui 
sortent. Toute ligne de force qui se termine aboutit à de 
l'électricité vraie et celle-ci pourrait être définie l'extré- 
mité libre des lignes de force. Si dans le voisinage de la 
surface à laquelle se rapporte notre intégrale, il se trouve 
un espace dépourvu d'électricité vraie, la valeur de l'in- 
tégrale est indépendante de la surface limite dans l'inté- 
rieur de cet espace et elle ne dépend que de la ligne qui 
limite la surface. La valeur de l'intégrale garde encore 
dans ce cas la désignation de nombre de lignes de force 



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32 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ÉLECTRODYNAMIQUE 

traversant le contour, en admettant que des données spé- 
ciales ne laissent pas subsister d'indétermination. 

Considérons la variation de l'électricité Traie e^, dans 
une portion limitée quelconque du système, et soit dw 
l'élément de surface de cette position. Nous obtenons 

+ V cos n, y + ^^ cos n, ;j)rf(û. 

Si la surface limite ne traverse que des corps pour les- 
quels les X sont nuls, les w, i?, w s'annulent à la surface et 
la quantité d'électricité vraie contenue est constante. Ainsi 
hors d'un espace dont la surface limite satisfait à ces con- 
ditions il ne peut s'échapper aucune quantité d'électricité 
vraie par une opération exclusivement électrodynamique. 

C'est pour cette raison que de tels corps sont et ont 
été appelés isolants. Mais si la surface limite traverse des 
corps pour lesquels les X sont différents de zéro, la varia- 
tion du contenu d'électricité vraie déterminée par des 
mouvements purement électriques devient possible et les 
corps de cette espèce sont appelés conducteurs. La dis- 
tinction entre les isolants et les conducteurs est donc re- 
lative à l'électricité vraie; à l'égard de l'électricité libre 
tous les corps peuvent être considérés comme conducteurs 
(courant de déplacement). Le total d'une substance ne 
peut varier dans l'intérieur d'un espace limité que par 
l'introduction ou la sortie d'une certaine quantité de la 
substance à travers chaque élément de la surface limite. 
 la donnée que toute surface fermée est traversée dans 
l'unité de temps par la quantité définie par notre inté- 
grale, correspond l'hypothèse qu'au travers de l'élément 
passe la quantité 



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POUR LES CORPS £N RBPOS. 33 

a cos I», X + 1? cos n.y-^'W cos n,z 

Conformément à cette hypothèse, on appelle et appe- 
lait ti, V, w les composantes du courant électrique et Tin- 
tégrale 

y (a cos », a? + r cos n, y -}- tt? cos », z) dtù 

étendue à une surface non fermée le courant électrique 
qui traverse cette surface. Il faut remarquer cependant 
que cette hypothèse est arbitraire à un certain point et 
indépendante de Thypothèse de la substantialité de Télec- 
tricité. On peut superposer à un instant quelconque au 
système de mouvement trouvé un système arbitraire de 
courants fermés sans changer en aucun point l'augmen- 
tation ou la diminution d'électricité. 

Si une partie du système a passé d'un état non élec- 
trique à l'état actuel par une opération électromagnéti- 
que ou peut y revenir, l'électricité vraie est nulle dans 
tous les isolants de cette partie. Pour de telles parties du 
système on joint donc aux équations générales les équa- 
tions suivantes compatibles avec les premières et qui sont 
des restrictions apportées à l'expression de l'état initial : 

dx dy '^ dz 

pour l'intérieur de l'isolant; 

(ïi-ïi) cos »,dp ^-(gj,— 35,) cos »,y + (3j— 3i) cos », z = 

pour la surface de séparation de deux corps hétérogènes. 
Archives, L XXTV. — Juillet 1890. 3 



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34 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ÉLECTBODYNAIOQUE 

Les phéDomènes magnétiques donnent lien à des con- 
sidérations tout à fait analogues. En partant des équa- 
tions 9a, nous appelons ponr l'intérieur d'un corps 



kz\dx '^ dy '^ dz) 



la densité magnétique de volume vraie, et à la surface 
de séparation de deux corps 

y- 1(82— 8,)cosn,a?+(3W«— î»,)cosn,y+(9?j— 3lî,)cosn^( 

la densité de surface vraie du magnétisme, et l'intégrale 
de ces expressions relative à un certain espace le magné- 
tisme vrai contenu dans cet espace. L'intégrale de l'ex- 
pression 

/(i ces », X + ÎR cos n, y + 9fï ces n, rjAû 

étendue à une surface non fermée est appelée le nombre 
de lignes de force magnétique à travers cette surface od 
embrassées par le contour de cette surface. Enfin nous 
appelons pour Tintérieur d'un corps 



J_/dL dM dN 
farl&p "^ (iy + dz. 



dN\ 



la densité de volume et à la surface de séparation 
-7— j(L,— L,)cos»M?4- (M,— M|) C08»,îf-t- (N,-— N|)cosim| 
la densité de surface du magnétisme libre. La différence 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 35 

entre les conducleurs et les isolants fait ici défaut, car 
les équations 9a n'ont pas de terme correspondant aux 
u, V, w des équations 96. Relativement au magnétisme 
libre tous les corps sont compris dans la catégorie des 
conducteurs. 

Si un système ou une partie d'un système ont passé 
d'un état non magnétique à Tétat actuel ou peuvent subir 
le changement inverse par une opération électromagné- 
tique, l'intérieur d'un corps satisfait à l'équation 

dx'^ dy '^ dz '^ 

et la surface de séparation à l'équation 

(«,— <t) cos n,x + (Wj— 3K,) cos n,y + (»,— Wj) cos tt,z = 

équations qui jointes aux équations générales concourent 
à déterminer l'état initial. 



11. Omsermtia» de l'énergie. 

Désignons par S l'énergie électromagnétique d'un 
espace r limité par la surface ct>. Nous calculons la 
variation de S, en multipliant tontes les équations 
9a et 9b par drliitX, puis chacune respectivement par 
L, M, N, X, Y, Z, en additionnant et en intégrant relati- 
vement à l'espace r. Nous obtenons : 

Ha. ^ = -i- r|(NY— MZ)cosfi,a? + (LZ— NX)cosn,y 

+ (MX— LY) cos n,z \ dvo — Ùu\ + pY + wZ)(tt. 



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36 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTRODTNAIOQUE 

Ed étendant l'espace r à celui d'un système électro- 
magn^ique complet, c'est-à-dire jusqu'à une surface sur 
laquelle les forces s'annulent, notre équation devient 



f=-/o 



(uX + vY + wZ)dz, 



Ainsi la conservation de Ténergie exige que dans tout 
système, qui n'est soumis à aucune influence extérieure, 
une quantité d'énergie exprimée par l'intégrale du second 
membre se produise dans l'unité de temps sous une 
forme autre que celle d'énergie électromagnétique. Les 
faits expérimentaux s'accordent avec cet énoncé; ib prou- 
vent en outre que chaque élément de volume dr contri- 
bue au total de l'énergie transformée pour la proportion 
(tiX + rZ -f- wZ) dr, et montrent quelle nouvelle forme 
l'énergie affecte. La preuve expérimentale n'a pas toute- 
fois, à proprement parler, un caractère général, mais est 
restreinte aux cas particuliers suivants. Dans l'intérieur 
d'un conducteur homogène isotrope, la quantité d'éner- 
gie développée pendant l'unité de temps dans Kunité de 
volume prend d'après la théorie comme aussi d'après les 
résultats de l'observation la forme : 



X(X« + Y» + Z0 = |- (u'+v'+w,). 



Elle est toujours positive et correspond à un dévelop- 
pement de chaleur — l'effet Joule. — A la Kmite de deux 
corps isotropes homogènes, l'énergie qui se produit dans 
l'unité de volume prend la forme tiX' -f vZ' + wZ' et 
une intégration relative à la couche de passage donne 
pour l'énergie dans l'unité de surface de la couche limite 



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POUR LES œRPS BN REPOS. 37 

{u ces M,a? + ^ ces n,y + w ces n,2). y,„ 

expression qui est confirmée par Texpérience. Cette ex- 
pression peut être positive ou négative correspondant à 
une disparition ou à une production d'énergie sous une 
forme spéciale. Ou bien cette énergie étrangère est de la 
chaleur — l'effet Peltier — dans lequel cas nous désignons 
la force électromotrice agissante par l'expression de ther- 
moélectriqae ou bien la transformation comprend aussi 
de l'énergie chimique dans lequel cas la force est dite 
électrochimique. Considérons maintenant pour une cer- 
taine portion limitée de notre système la variation totale 
d^éuei^ie^ c'est-à-dire la quantité 



f- 1/(«^+ 



vY + wZ)dz. 



Nous trouvons d'après ce qui précède que celte varia- 
tion est égale à une intégrale étendue à la surface limitant 
la portion d'espacç. La variation d'énergie disponible 
d'une portion quelconque d'espace est donc évaluée cor- 
rectement lorsqu'on suppose qu'elle passe au travers de 
la surface^ comme le ferait une substance, et dans une 
proportion telle que la quantité 

^ )(NY— MZ)cosn,a?+(LZ— NX)cosn,y 
+ (MX — LY)cosn,z| 

traverse l'unité de surface. La discussion géométrique de 
cette expression fait voir qu'elle a pour conséquence 
renoncé suivant : l'énergie se meut suivant une direction 



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38 ÉQUATIONS FONDAMBNTALBS DE L'ÉLEGTRODYNAMIQUE 

qui est perpendiculaire aux directions de la force éleclri- 
que et de la force magnétique et le flux dans l'unité de 
temps à travers Tunité de surface est égal au produit 
des deux forces par le sinus de Tangle compris entre elles 
et le facteur l/47rA. C'est là le principe de la très remar- 
quable théorie de M. Poynting sur le mouvement de 
l'énergie dans le champ électromagnétique'. En cherchant 
à apprécier sa signification physique, nous devons en pre- 
mier lieu remarquer que la décomposition de notre inté- 
grale de surface dans ses éléments était hypothétique et 
que certaines conséquences auxquelles on est conduit par 
cette théorie ne sont pas vraisemblables. Si un aimant 
permanent en repos se trouve à côté d'un corps électrisé, 
il faut que l'énergie dans son voisinage prenne un mou- 
vement continu et le long de circuits fermés. Une diffi- 
culté d'un ordre plus important me semble consister 
dans la question de savoir si la localisation de l'énergie 
et son passage de point en point ont une signification 
suffisante dans Tétat actuel de nos connaissances. Les 
transfbrmaticms d'énergie les plus simples de la mécani- 
que ordinaire ne donnent pas lieu encore à des considé- 
rations de cette nature; reste donc à savoir si la Ddion 
d'énergie est susceptible d'être traitée par ce procédé ana- 
lytique et dans quelles limites. 



1 2. Forces pondéromotrices. 

Nous considérons les forces mécaniques qui se mani- 
festent entre des corps pondérables dans le champ élac- 

1 J.-H. Poynting, PM, Transaeticm^ 1884, II, p. 343. 



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POUR \£S CORPS EN REPOS. 39 

tromagnétique, comme les résoUantes des pressioQs qui 
se développent par suite des perturbations électromagné- 
tiques dans Téther et dans les autres corps. Il en résulte 
que les forces mécaniques agissant sur un corps sont com- 
plètement déterminées par Tétat électromagnétique dans 
son Toisinage immédiat, sans qu'il y ait lieu de recher- 
cher quelles en sont les causes. Nous posons en principe 
qoe les pressions auxquelles les corps sont soumis sont 
telles qu'il n'existe pas de résultante tendant à mettre en 
mouvement l'étfaer intérieur. Sans cette hypothèse notre 
système serait incorrect ou incomplet, puisqu'il ne sau- 
rait être question de forces électromagnétiques dans l'éther 
efù repos. Cette supposition a pour conséquence que les 
forces mécaniques à constata entre les corps pondérables 
satisfont à l'égalité de l'action et de la réaction. 

On doit maintenant se demander si l'on trouve pour la 
pression une forme qui réponde à cet énoncé et qui ex» 
pliqoe les résultats observés. Maxwell et, avec une plus 
grande généralité, von Helmhoitz ont obtenu des expres- 
sions qui satisfont à toutes les conditions exigées pour le 
cas d'un état statique et stationnaire. Mais dans le cas 
général d*un état variable ces mêmes pressions devraient 
mettre l'éther intérieur en mouvement. Nous admettons 
à cause de cela que l'expression complète de la pression 
n'a pas encore été trouvée, nous évitons la détermination 
de la grandeur de cette quantité et nous préférons obte- 
nir les forces pondérables au moyen des énoncés déjà 
établis, au moyen du principe de la conservation de 
rénergie et au moyen de l'énoncé expérimental suivant : 
Si les corps pondérables d'un système dans lequel se pro- 
dmsent de Télectricité ou du magnétisme et qui demeure 
toujours infiniment voisin d'un état statique se meuvent 



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40 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE l'ËLEGTRODYNAMIQUE 

les uns par rapport aux autres, et si Ton considère comme 
invariable et liée à l'élément chaque quantité d'électricité 
vraie ou de magnétisme vrai qui se trouve dans chaque 
élément, le travail mécanique dépensé pour mouvoir les 
corps ne peut trouver sa compensation que dans l'accrois- 
sement de l'énergie électromagnétique disponible et par 
conséquent lui est équivalent. 

Il reste à se demander s'il est possible d'exprimer la 
pression conformément à toutes les notions que nous 
avons admises. Si ce n'était pas le cas, l'ensemble de nos 
suppositions renfermerait quelque contradiction qui exi- 
gerait une correction portant sur certaines de ces hypo- 
thèses. Les changements nécessités sont toutefois de telle 
nature que leur influence ne porte sur aucun des phé- 
nomènes observés jusqu'ici. Il est du reste à noter que 
si notre théorie offre ici une lacune, elle ne se trouve pas 
dans les principes fondamentaux mais dans les dévelop- 
pements. En effet étant donné notre point de départ, la 
production des forces mécaniques est un phénomène 
secondaire des forces électromagnétiques; on pouvait trai- 
ter la théorie de celles-ci sans môme mentionner les pre- 
mières ainsi que nous l'avons fait pour les autres phéno- 
mènes secondaires de moindre importance que nous 
avons omis. 



B. Les phénomènes déduits des équations 

FONDABIENTALES. 

Nous divisons les phénomènes représentés par les 
équations en statiques, stationnaires et dynamiques. Pour 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 4i 

qu'on phénomène soit statique ou stationoaire il ne doit 
impliquer aucune variation des forces électriques ou ma- 
gnétiques en fonction du temps, condition qui annule le 
premier membre des équations 9a et 9b. Allant plus loin, 
il faut, pour qu'un phénomène soit statique, qu'il ne soit 
accompagné d'aucune variation par rapport au temps et 
qu'en particuUer il ne donne pas Ueu à une transforma- 
tion continue d'énergie sous une autre forme, d'où 
résulte, comme condition nécessaire et suffisante, que les 
quantités ti, v, w s'annulent aussi. 

Phénomènes statiqaes. 

Lorsque les premiers membres et les ti, v, w s'annulent 
dans les équations 9a et 96, le système se scinde en deux 
systèmes indépendants contenant l'un les forces électri- 
ques, l'autre les forces magnétiques. Nous obtenons ainsi 
deux groupes de problèmes qu'on désigne habituellement 
par électrostatique et magnétisme en repos. 

43. Électrostatique^ 

Nous ne tenons pas compte, dans ce paragraphe, de 
la force électromotrice, parce que, en cas qu'elle permette 
TétabUssementde l'état statique, elle produit des effets trop 
bibles pour être prise en considération dans les problè- 
mes qui se présentent. Par conséquent dans les conduc» 
tours, où les X ne sont pas nuls, les forces X, Y, Z doi- 
vent s'annuler, et dans les isolants les équations 9a 
deviennent : 



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dZ 


d\' 


dX 


dZ 


dY 


dX 


dy 


dz 


ds 


dx 


-dx 


dy 



42 ÉQUATIONS P0KDAMBNTALB8 DE L'ÉLBGTRODYNAMIQUe 



iia. 



II en résulte que les forces ont un potentiel <f, aux quotients 
différentiels pris négatiTemenl duquel on peut les égaler. 
Puisque les forces ont partout une valeur finie, le poten- 
tiel est continu et on peut le supposer étendu aux corps 
conducteurs avec une valeur constante. Pour une surface 
limite les quotients différentiels de <p tangents à la surface 
se transportent au travers de la surface sans changement. 
En désignant par ei la densité de volume de Télectricité 
libre, d'après le paragraphe iO le potentiel <p satisfait 
en tout point de l'espace à l'équation à^ = infi, qui 
dans Téther libre prend la forme A(p = \ et qui sur la 
surface de séparation des corps hétérogènes se présente 
sous la forme usitée 



Un), \dn),' 



*««'«, 



dans laquelle ^i est la densité de surface de l'électricité 
libre. L'ensemble de ces conditions détermine pour ^ , 
à une constante arbitraire près, l'expression 



? 



-/A., 



l'intégrale devant être étendue à tout l'espace et transfor- 
mée convenablement aux surfaces limites. Ainsi pour la 
même distribution du potentiel et des forces dans les iso- 
lants différents l'électricité libre est la même, mais les 

* Voir l'équation 3c. 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 43 

quantités respectives d'électricité vraie soot différentes 
et se trouvent être dans l'intérieur de deux isolants ho- 
mogènes proportionnelles aux constantes diélectriques. La 
eooditioD pour que la densité de l'électricité vraie dans 
rintériear de Tisolant ait une valeur donnée e„ a pour 
expression, en nous restreignant aux corps isotropes : 



d_ 



et, à la surface de séparation de deux corps isotropes, 



ize'v. 



en désignant par €\ la densité de surface de Télectricité 
vraie. 

Considérons encore l'énergie disponible d'un système 
électrostatique. Noos l'obtenons successivement sous les 
formes : 

= i Ueidi = i / / -7^ ^^ ^^• 

Les intégrations sont supposées étendues à tout l'es- 
pace où les perturbations électriques se produisent, c'est- 
à-dire jusqu'aux limites où ces perturbations s'annulent, 



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44 ÉQUATIONS FONDAMBNTALES DE l'ËLECTRODYNAMIQUE 

et la transformation de l'intégrale aux surfaces de sépara- 
tion est sous-entendue. La Tariation que chacune de ces 
expressions subit, lorsqu'un mouvement des corps pondé- 
rables a lieu et que les quantités d'électricité vraie liées 
aux éléments des corps restent constantes, est ^ale, 
d'après le paragraphe 42, au travail effectué par les for- 
ces mécaniques pour ce mouvement. Si donc notre sys- 
tème se compose de deux masses électriques E, et E, qui 
se trouvent situées dans Téther à une distance Tune de 
l'autre très grande relativement à leurs dimensions, à 
l'accroissement dR de la distance correspond une dimi- 
nution d'énergie disponible de 1/2 [E^E, + E,E,] dR/R* 
et par conséquent l'expression E,E,/R* représente la 
force mécanique avec laquelle les deux électricités tendent 
à se repousser. La loi de Coulomb qui est le point de 
départ de l'ancienne théorie se présente ici comme une 
conséquence peu immédiate. 

Quant à la détermination générale des forces pondéro- 
motrices, il faut nous contenter de remarquer que les 
deux dernières expressions de l'éna^gie sont celles qui 
dans l'électrostatique ordinaire donnent par leur variation 
le travail effectué dans le mouvement des corps et d'en 
conclure que ces mêmes variations détermineront les 
mômes forces, celles qui sont le peint de départ de l'élec- 
trostatique ordinaire et que l'expérience confirme. On 
verra en particuUer que les composantes de la force mé- 
canique s'exerçant sur un élément de volume qui ren- 
ferme la masse e d'électricité vraie sont ^X, ^Y, eZ. Nous 
retrouvons ainsi l'énoncé qui nous a permis d'introduire 
la notion des forces électriques. 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 45 



\ 4. Magnétisme en repos. 

Les équations entre les composantes des forces magné- 
tiques en repos sont les mêmes que pour les forces élec- 
triques et toutes les considérations du paragraphe précé- 
dent se retrouvent ici. Si toutefois les problèmes diffèrent^ 
même par leur expression mathématique, cela tient sur- 
tout aux raisons suivantes : 

1^ La cla-se de corps qu'il faudrait appeler conduc- 
teurs fait ici défaut. 

2* Dans tous les corps, à l'exception de ceux qui pré- 
sentent du magnétisme permanent ou rémanent, il 
n'existe pas de magnétisme vrai. Par conséquent dans 
Tintérieur de ces corps, en tant qu'ils sont isotropes, le 
potentiel magnétique ^ satisfait toujours à l'équation : 



ix 



qui devient à la limite de séparation 

Des équations plus complexes mais qu'on obtient aisé- 
ment s'appliquent à l'intérieur et aux surfaces limites des 
corps cristallisés et doivent être employées s'il s'agit des 
phénomènes que présentent les cristaux appelés magné- 
tiques. 

3^ Tandis que la constante diélectrique de tous les 
corps connus est plus grande que l'unité, pour plusieurs 



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46 ÉQUATIONS FOfiDAMOiTALBS DE LÉLECTRODTNAMIQUE 

corps la consume magnétique est inférieure à un. Ces 
corps sont dits diamagnétiques et les autres paramagné- 
tiques. La densité superficielle du magnétisme libre d'un 
corps isotrope sur une surface limitée par Télher libre 
est égale à la (1 — |ji )*"'* partie de la force normale diri- 
gée vers Tintérieur. Avec un même sens de la force, le 
signe de la couche superficielle est donc contraire pour 
un corps diamagnétique et un corps paramagnétiqoe. 

Ce qui donne aussi à la théorie du magnétisme en 
repos un caractère particulier, c'est que les corps les plus 
importants à cet égard, le fer, l'acier, dans leurs variétés, 
ne satisfont aux principes admis qu'avec une approxima- 
tion très imparfaite. Ces corps présentent du magnétisme 
permanent et rémanent d'où résulte que la polarisation de 
la substance pondérable y est en partie indépendante des 
forces en jeu, et que l'état magnétique n'y peut pas être 
complètement défini par une seule grandeur dirigée. 
Comme en outre les relations entre les forces et les per- 
turbations ne sont pas linéaires, ces corps ne sont pas 
compris, à ce double titre, dans les Umites de la théorie 
développée ici. Afin de ne pas les exclure complètement 
nous les assimilons à celui des deux corps théoriques qui 
s'en rapproche le plus, le fer absolument doux ou l'acier 
absolument dur. Nous définissons le premier un corps 
qui satisfait à nos équations et pour lequel fi a une très 
grande valeur. En choisissant cette vahur d'une mwière 
conforme au problème à traiter, noas obtiendrons use 
plus grande approximation. Noos définissons l'aci^ m 
corps qui satisfait aux équations avec urne valeur pi égaie 
à un, et dans l'intérieur duquel il peut se prodmre do 
magnétisme vrai avec une distribution quelconque telle 
toutefcMs que la quantité totale de magnétisme vrai dans 
une portion quelconque ne diffère pas de zéro. 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 47 



État stationnaire. 

Pour le cas des mouvements stationnaires les équa- 
tions relatives aux isolants sont les mêmes que pour 
Tétat statique , celles relatives aux conducteurs, que nous 
supposons isotropes pour simplifier, sont les équations 
9a, %, 9e prenant la forme : 



dM dN ^ , 
-3 -3- — 4icAtt 

dz dy 

15a. :^_:i^ = o 15*. ^-4'^=4icAt; 



dZ 


d^ A 


dy 


-dz=« 


dX 


d^ n 


dz 


dx=° 


rfY 


<*X n 


dx 


-*=^ 



dx dz 
dL dM 



. — 4icAw 
dx 



15c. u = X(X— X'). V = X(Y— Y'),tc-X(Z-Z'). 

Différentiant les équations 456 respectivement par 
rapport kx,y,z et additionnant, on a 

dx dy dz 

équation qui, sur les surfaces où les courants varient 
d'une manière discontinue, prend la forme : 

15f. (ttg — a|)cos»,x-|-{t?s — t?i)cos»,y+(tt?, — w^) cosn,z=0 

En j<»gnant les équations 15d et 15^ aux équations 
15a et 15c, on obtient un système qui ne contient que 
les forces électriques. Il peut être traité sans tenir compte 
des forces magnétiques et donne la théorie de la distribu- 



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48 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ËLEGTRODYNAMIQnE 

lioD des courants. Une fois les composantes u, v, w du 
courant déterminées, les équations 156 permettent d'ob- 
tenir les forces magnétiques exercées par les courants. 



15. DiUributwn des couranis sUUHmnaires. 

Il ressort des équations 15a que dans l'intérieur d'un 
conducteur traversé par des courants les forées peuvent 
encore être représentées par les dérivées prises négative- 
ment d'une fonction <p, le potentiel, lequel est déterminé 
par la condition qu'en tout point on ait : 

A la surface limite de deux conducteurs hétérogènes cette 
équation prend la forme : 

*^-'- ^'{^)r ^' (S) = ~ a.X'.~X,X'J cos n, X 
— (XaY',— X,Y\) cos », y — (X,Z',— X,Z',) cos n,z, 

et à la limite d'un conducteur et d'un isolant la forme : 



18*. -y- = — X'co8n,a? — T cos n^y — Z' cos n,z. 
an 

A ces conditions aux limites il faut joindre pour les sur- 
faces limites dans lesquelles les forces électromotrioes 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 49 

sont infinies, d'après le paragraphe 8, la condition addi- 
tionnelle : 



fpi — y, = /(X cos n, a? + Y cos n, y -f* Z cos n, z)dn 
I5«. = /(X' cos n, a? + Y' cos n, y + Z' cos n, z)dn 

Par l'ensemble de ces conditions» <p se trouve com- 
plètement déterminé, à une constante près qui dépend 
de Tétat extérieur au conducteur. Pour un conducteur 
homogène les équations 15/ — 156 se mettent sous la 
forme phis simple : 

A^ = pour l'intérieur des conducteurs. 
!St. X,( ^j = ^i'^) P^^^ ^ limite de deux conducteurs, 

^ = pour la limite avec un isolant, 

9i — ?f = <Pitj sur une surface électromotrice. 

Ces équations s'appliquent immédiatement au pro- 
blème de la distribution du courant dans les corps à trois 
dimensions. Leur appUcation à des conducteurs à deux 
dimensions ou linéaires s'obtient sans difficulté et con- 
duit à la définition de la résistance, à la loi de Ohm 
pour des circuits fermés, aux principes de Kirchhoff pour 
un réseau quelconque de dérivations et à tous les autres 
principes généraux sur la répartition des courants sta- 
tionnaires. 



ARcravES, t. XXIV. — Juillet 1890. 



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1 



50 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ÉLBCTRODYNAlOQnE 



16. Forces magnétique* des courants statûmnaires, 

Ain de déterminer au moyen des composantes da 
courant ti, v, w, supposées maintenant connues, les for- 
ces L, M, N qui en résultent, nous introduisons les quan- 
tités auxiliaires désignées par composantes du poteatiei 
vecteur, en faisant : 

u=/i*.ï=/-î-*,w=/f*. 

Les intégrales sont étendues à tout Tespace, et des équa- 
tions 15d et 15« il résulte 



£1+^ + ^ = 0. 
(te ^ <% ^ «b 



Nous taisons maintenant : 



16a. 



— (S-f) 

"^ \dy dx/ 



Ces valeurs de L, M, N sont des solutions des équa- 
tions 156 et satisfont Téquation 



dL dti dN 

— + — - -I- — =0 
dx dy dz 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 51 

S'il est possible que les forces réellement mises en jeu 
diffèrent de ces valeurs, les différences satisfont aux con- 
ditions da magnétisme en repos et peuvent être consi- 
dérées comme en provenant, ce qui permet d'admettre 
que ces magnétismes considérés à part sont la consé- 
quence du courant. Mais si Ton exclut le magnétisme en 
repos, ces expressions représentent complètement les 
forc^ magnétiques. 

Lorsqu'il s'agit de courants linéaires dont l'intensité 
est i, on remplace dans les valeurs des U, V, W les ex- 
pressions tédr, vdr, wdr par les expressions idx, idy, idz 
où dx, dy, dz sont les projections de l'élément ds sur les 
axes, et les intégrales doivent être prises le long du cou- 
rant et étendues à tout son parcours. Si l'on veut décom- 
poser l'action totale en une somme d'actions élémentai- 
res^ une expression admissible pour l'action de l'élément 
de courant iàx sur le point oit/^, en plaçant pour sim- 
plifier l'élément à l'origine et le point odyfi dans le plan 
xy, sera : 

ay r* r 

formules qui conduisent aux énoncés de la loi d'Ampère 
et de celle de Biot et Savart. 

Les valeurs trouvées pour les forces doivent, d'après 
les équations i56, pour tout point où les % v, w s'annu- 
lent, par conséquent pour tout point extérieur aux con- 
ducteurs, posséder un potentiel <{/ aux dérivées prises né- 
gativement duquel on peut les égaler. Si l'on considère 
seulement un circuit linéaire fermé, ce potentiel peut être 
mis sous la forme 



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52 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTRODTNAMIQUE 

16*. 4> = — Al I — Ao + consume. 

OÙ da> est l'élément d'une surface quelconque passant par 
le circuit, n la normale à cette surface et où TintégratioD 
est étendue à toute la portion de surface limitée par le 
contour du circuit Le côté positif de la surface est celui 
d'où le courant compté positivement est vu circulant dans 
le sens des aiguilles d'une montre. En effet les quotients 
différentiels négatifs de l'expression donnée font trouver, 
par une transformation d'intégrales connue, les valeurs 
voulues pour les L, M, N. Ces quotients différentiels sont 
continus et finis pour tout point en dehors du circuit lui- 
même; et si l'intégrale dont dépend ^ devient discontinue 
sur la surface a>, la valeur totale de <{/ peut néanmoins 
présenter la continuité voulue en considérant la constante 
comme infiniment multiple, et en lui attribuant une va- 
riation de valeur 47rAt chaque fois que nous traversons 
la surface a>. Le potentiel lui-même devient par là infi- 
niment multiple et varie de 47rAt lorsque nous revenons 
au point de départ après avoir traversé une fois le cir- 
cuit. 

L'intégrale qui entre dans ^ est susceptible de diverses 
interprétations. On peut en premier lieu la considérer 
comme le potentiel d'une double couche magnétique, et 
cette supposition conduit à la théorie du magnétisme 
d'Ampère. On peut d'autre part, d'après Gauss, expri- 
mer par la valeur de cette intégrale l'angle solide sous 
lequel le circuit est vu du point. On est amené ain.4 
assez directement à l'énoncé que : cette intégrale exprime 
le nombre de Ugnes de force que l'unité de pôle magné- 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 53 

tique coîDcidaDt a?ec le point fait passer au travers de 
la surface. On emploie donc l'expression de potentiel total 
et on lui conserve sa multiplicité par la définition sui- 
Taote : la différence des valeurs du potentiel en deux points 
est égale au produit par Ai du nombre des lignes de force 
qai traversent dans un sens donné le contour du circuit, 
lorsque l'unité de pôle magnétique se transporte par un 
chemin donné d'un point à l'autre. 

Cette dernière notion est celle qui s'accorde le mieux 
avec nos vues théoriques, et nous permet, en nous réfé- 
rant aux paragraphes i 2 et 14, de déduire de ce qui 
précède les résultats suivants. En premier lieu : le tra- 
vail mécanique qu'il faut effectuer pour déplacer un pôle 
magnétique ou un système de magnétisme invariable 
dans le voisinage d'un courant linéaire maintenu cons- 
tant est égal au nombre de lignes de force du pôle ou du 
système qui traversent dans un sens donné le contour 
du circuit, par le fait du déplacement, multiplié par l'in- 
tensité du courant et par la constante A. En second lieu : 
le travail mécanique qu'il faut effectuer pour déplacer un 
courant maintenu constant dans un champ magnétique 
donné est égal au nombre de lignes de force traversées 
par le circuit dans le déplacement multiplié par l'intensité 
du courant et par A. Enfin comme cas particulier : le 
travail mécanique effectué pour déplacer un courant 
maintenu constant i dans le voisinage d'un courant 
maintenu constant 2 est égal au nombre de lignes de force 
magnétique du circuit 2 coupées par le circuit i dans 
son déplacement, multiplié par l'intensité dans i et par A. 
Ce même travail est par la même raison égal au nombre 
des lignes de force du circuit i coupées par le circuit 2 
multiplié par l'intensité dans 2 et par A. Les deux énon- 



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54 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L' ÉLECTRODYNAMIQUE 

ces conduisent au même résultat, ce que nous vérifioDS 
en donnant au produit de l'intensité d'un des circuits par 
le nombre des lignes de force de Tautfe circuit, coupées 
dans le déplacement, une expression symétrique par rap- 
port aux deux circuits. Les désignations t, (k se rappor- 
tent au circuit 1 , les désignations t\ d^, U', V, W\ L\ 
' M, N' au circuit 2 ; le produit des lignes de force de 2 
par At est égal à 

Al /(L' CCS n, x + W ces n, j^ + N' cos », 2)rfo> 

fi/dY dW\ , /dW dU'\ 

= ^V \{Tz - ■^h'^'^ + fe ^ dzr '''' 



, /dU' dY\ ), 

= — A*t / (U' ces «, j? + V cos 5, y + Wcos 5, z)ds 

où e désigne l'angle que les deux éléments font entre eux. 
L'expression obtenue est symétrique par rapport aux deux 
circuits. On sait en effet que la variation de cette expres- 
sion, qui est celle du potentiel de Neumann d'un circuit 
par rapport à l'autre multiplié par A'tf, donne le travail 
à effectuer pour un déplacement relatif des deux circuits, 
et par là détermine les forces pondéromotrices s'exerçant 



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POUR LES COSm IN REPOS. 55 

ealre les circuits en repos. On sait aassi que cet énoncé 
Gomprend tout ce qu'on sait de certain sur ces forces. 

Nous déterminerons encore Ténergie magnétique d'un 
espace dans lequel tes composantes du courant station- 
naire «, o, lo et la densité magnétique invariable m sont 
(btriboées, avec la condition restrictive que des corps 
susceptibles d'être aimantés ne se trouvent pas dans cet 
espace. En désignant par ^ le potentiel des magnétismes m, 
nous obtenons l'énergie sous les formes successives sui- 
vantes : 

8«J ( \dz dy Adx)^ \dx dz Ady) 

+"(f-£-ïâ)i* 

= i A» /(Utt + Ve + Wio)dt 4- if^mdz, 
ou, pour ie cas de courants linéaires, 

où l'intégration dans la première partie de la dernière 



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56 ÉQUATIONS PONDAIIENTALBS DE L'ÉLEGTOODYNAMIQUE 

forme soit par rapport à (is soit par rapport à àl doit 
s'étendre à tous les courants. li ressort de cette dernière 
forme que le déplacement relatif de courants invariables 
par rapport à des aimants invariables ne modifie pas 
Ténergie magnétique de l'espace. Le travail ^ectué dans 
ce déplacement ne trouve donc pas sa compensation dans 
la variation de l'énergie magnétique de respace> comme 
cela a lieu pour le déplacement relatif d'aimants invaria- 
bles, mais la conservation du travail doit être expliquée 
autrement. On voit aussi que le déplacement relatif de 
courants maintenus constants implique une variation d'é- 
nergie qui en valeur absolue est égale au travail employé. 
D'autre part si l'on tient compte du signe on voit que 
la variation n'a pas lieu dans un sens tel qu'elle puisse 
être considérée comme une compensation de l'énei^e 
mécanique perdue, mais en sens contraire. Il faut donc 
dans ce cas aussi trouver une explication de l'apparente 
disparition du double de la quantité du travail effectué 
par les forces mécaniques dans le déplacement relatif des 
circuits. On reviendra sur ce point à la fin du paragraphe 
suivant. 



Phénomènes dsmamiqnes. 

Dans la variété indéfinie des formes possibles de l'état 
variable un petit nombre de groupes de phénomènes se 
sont jusqu'à présent offerts à l'observation. Nous les 
énumérons successivement sans prétendre faire rentrer 
tout ce que comporte ce domaine dans une classification 
systématique. 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 57 

47. Induction dans les circuits fermés. 

Dans UD champ magnétique qui se modifie, il faut 
nécessairement d'après les équations 9a qu'il existe une 
certaine distribution des forces électriques. Ces forces 
sont en général de très faible intensité parce que leur 
valeur renferme le facteur très petit A, et on ne peut les 
constater que par le courant qu'elles produisent dans des 
circuits fermés ou par le fait que leur action s'additionne 
dans des conducteurs linéaires très longs et fermés à une 
petite fraction près de leur longueur. Les actions don- 
nant lieu à des résultats expérimentaui mesurables ne 
nous donnent donc toujours que l'action intégrale de la 
force électrique dans un circuit fermé, c'est-à-dire l'inté- 
grale / (xdx -f- Ydy -|- Zdz) prise le long d'une ligne 
se refermant sur elle-même. D'après une transformation 
connue déjà employée cette intégrale de ligne est égale à 
l'intégrale de surface 

étendue à une surface limitée comme contour par la 
ligne donnée, la surface elle-même étant quelconque. 
Mais en se servant de l'équation 9 a cette expression est 
à 



^/(gcosn,!; 



+ S ces w, y + ')? ces », z)d(A. 



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58 ÉQUATIONS FOtfDAMENTALE» DE l'ÉLSCTBODTNAMIQUB 

Ce résultat qui s'énonce en disant que : la force électro* 
motrice développée dans un circuit fermé est égale à la 
variation rapportée à l'unité de temps du nombre des 
lignes de force traversant le circuit multiplié par A. S'il 
s'agit de l'induction d'un circuit fermé à courant variable 
et si Ton suppose qu'il n'existe pas dans le voisinage de 
corps susceptible d'être aimanté, la force électromotrice 
est, d'après les résultats du paragraphe précèdent, égale 
au produit du potentiel de Neumann des deux circuits 
l'un sur l'autre par la variation rapportée à l'unité de 
temps de l'intensité du courant inducteur, multiplié par 
Â\ Ces énoncés dont le premier a le plus de généralité 
comprennent dans les conséquences qu'on en peut tirer 
tous les phénomènes observables dans les conducteurs en 
repos. 

L'induction dans les conducteurs en mouvement ne se 
trouve pas comprise dans le champ auquel la présente 
étude se rapporte. Mais s'il s'agit de conducteurs linéaires 
nous pouvons rattacher cette forme de l'induction à l'in- 
duction dans les conducteurs en repos en admettant, 
comme principe, qu'il est indifférent, à l'égard de la 
force électromotrice dans un circuit fermé, que le champ 
magnétique immédiatement voisin se modifie par le mou- 
vement de corps pondérables ou par des perturbatioDS 
exclusivement électromagnétiques, pourvu que les modi- 
fications soient les mêmes dans la partie du champ qui 
l'entoure immédiatement. U résulte de là et de ce qui 
précède que la force électrique induite dans un conduc- 
teur en mouvement est égale au nombre des Ugnes de 
force magnétique, coupées par le circuit dans un sens 
déterminé dans l'unité de temps, multipUé par A. Le pro- 
duit de cette force électrique et de l'intensité du courant 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 59 

dans le circoit déplacé donne d'après le paragraphe 11 
le travail thermique on chimique développé dans le cir- 
coit par l'induction. Ce travail équivaut donc, en consé- 
quence des résultats du paragraphe précédent, et en tenant 
compte des signes, au travail effectué par les forces exté- 
rieures dans le déplacement du circuit. Ainsi, lorsqu'un 
courant maintenu constant se meut par rapport à des 
aimants fixes, l'énergie thermique et chimique développée 
compense le travail mécanique dépensé et l'énergie ma- 
gnétique du système n'est pas modifiée. De plus, lorsqu'un 
courant maintenu constant se meut par rapport à un autre 
courant maintenu constant, le surplus d'énergie chimique 
et thermique que le mouvement imphque pour l'un des 
circuits compense le travail mécanique dépensé, et le 
même surplus d'énergie que le mouvement implique pour 
l'autre circuit compense la diminution d'énergie du 
champ. Ou, pour parler plus exactement, la somme des 
deux premières quantités d'énergie compense la somme 
des deux secondes. L'équivalence indiquée à la fin du 
paragraphe 16 est ainsi obtenue. 



18. Courants éUclrodynamiques non fermés. 

Eu égard aux faits expérimentaux possibles, ce do- 
iBaine est le plus riche de tous puisqu'il comprend tous 
les problèmes que nous ne pouvons pas faire rentrer 
c^mime cas particuliers dans les autres groupes. Eu 
égard aux expériences réahsées il est au contraire jusqu'à 
présent très pauvre. Les oscillations des appareils d'in* 
doction non fermés ou des bouteilles de Leyde qui se 
déchargent peuvent être traitées avec une approximation 



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60 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTRODTNAMIQUE 

saffisante d'après les principes du paragraphe précédent. 
Les seuls phénomènes observés, qui se trouvent compris 
sous le titre présent, sont les ondulations et oscillations 
électriques de courte période sur lesquelles Tattention 
s'est récemment portée. En ce qui concerne le développe- 
ment théorique de ce paragraphe nous nous bornons donc 
à remarquer que la décomposition de la force électrique 
en une partie électrostatique et une partie électrodyna- 
mique dans le problème général ne répond pas à une 
signification physique claire et n'ofire aucun avantage 
sous le rapport mathématique, et qu'il y a lieu par con- 
séquent de l'éviter, contrairement à ce qui a été fait dans 
des études antérieures. 



19. Mouvement de la hmiére dans les corps isotropes. 

Nous considérons comme appartenant au domaine de 
l'optique des mouvements électrodynamiques qui sont 
exclusivement périodiques et dont la durée de période ne 
dépasse pas une très petite fraction, disons un billionième 
de seconde. Aucun des moyens par lesquels nous som- 
mes rendus capables de constater ces mouvements ne 
nous fait connaître la force électrique ou magnétique 
comme telle; nous déterminons seulement les rapports 
géométriques d'après lesquels les mouvements produits 
se propagent dans des directions différentes avec des in- 
tensités différentes. Par conséquent dans la représenta- 
tion mathématique des phénomènes, on pourra se res- 
treindre, par réUmination de Tune des deux espèces de 
forces, a considérer la propagation de l'autre espèce seule, 
sans qu'il y ait de l'importance à choisir l'une plutôt que 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 6i 

l'autre. En nous limitant aux isolants homogènes iso- 
tropes, nous obtenons par les équations 4a et 46, en éli- 
minant en premier lieu la force électrique et en second 
lieu la force magnétique, des équations sous les formes 
suivantes : 



i9a. 



AV^=AL 




A. '^'^ A Y 


AV5 = 4M 


196. 


A.s/J=AY 


Avf = AN 




A.s,f = AZ 



(te dy'^dz^ dx '^ dy dz 



dont les solutions, indépendamment de la supposition de 
mouTements exclusivement périodiques, sont des solu- 
tions des équations 4a et 46. Chacun des deux systèmes 
19a et 196 fait reconnaître la possibilité d'ondes trans- 
versales et l'impossibilité d'ondes longitudinales ; chacun 
des deux systèmes donne pour la vitesse de propagation 
d'une onde possible la valeur 1/AV/ e(x et l'on peut déduire 
de chacua des systèmes les phénomènes de la propa* 
gation rectiligne, de la diffraction, de l'interférence de la 
lumière naturelle et de la lumière polarisée ainsi que les 
divers modes de polarisation. En revenant aux équations 
4a et 46/ on constate que les directions des deux forces 
électrique et magnétique qui se produisent simultané- 
ment en un même point d'une onde plane sont perpen- 
diculaires Tune à l'autre. 
Faisons coïncider avec le plan des xy le plan limitant 



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L, = L, 




x. = x. 


M, = M, 


19d. 


Y. = Y, 


P-iN, = tt,Ni 




8,Z, = sA 



62 ÉQUATIOiNS FONDAMENTALES DE LËLECTRODTNAyiQOE 

deux isolants homogènes isotropes; il résulte du para- 
graphe 8, en tenant compte en outre de la circonstance 
qu'il s*agit de mouvements périodiques^ que les variables 
satisfont aux conditions suivantes pour la surface limite : 



19c. 



Chacun de ces systèmes d'équations aux limites, en y 
joignant les équations pour l'intérieur des deux corps, 
comprend les lois de la réflexion, de la réfraction, de la 
réflexion totale, c'est-à-dire les principes de l'optique 
géométrique. Chacun aussi permet de reconnaître que 
l'intensité de l'onde réfléchie ou réfractée dépend de son 
mode de polarisation et donne, pour cette relation ainsi 
que pour le relard de phase de l'onde réfléchie totaleflient, 
les formules de Fresnel. Si nous déduisons ces formules 
des équations de la force électrique 196 et I9d, elles se 
trouvent correspondre au développement que Fresnel lui- 
même en a donné. Si nous employons les équations de la 
force magnétique 19a et 19c, nous nous rapprochons de 
la marche suivie par F. Neumann pour obtenir les for- 
mules de Fresnel. La généralité de notre point de vue 
nous permet non seulement de vérifier que les deux pro- 
cédés doivent conduire au même but mais aussi de re- 
connaître qu'ils sont également justifiés. Si dans les 
phénomènes qui se réalisent, la réflexion de la force 
électrique et celle de la force magnétique ne sont pas 
complètement réversibles et si par conséquent les deux 
procédés d'analyse paraissent différents, il faut l'attribuer 



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POUR LES GOBPS EN REP06. 63 

à la circonstance qne dans presque tons les corps à con- 
sidérer, la constante magnétique est égale à très peu près 
à un, tandis que la constante diélectrique Tarie nota- 
blement. Ce sont donc particulièrement les propriétés 
électriques qui déterminent les propriétés optiques des 
corps. 

Si le plan xy est la surface de séparation de notre iso- 
lant et d'un conducteur parfait, les équations à satisfaire 
dans ce plan sont : 

49.. N = I9f. yIo. 

De ces équations, en y joignant celles pour le milieu 
isolant, il résulte que, pour tout angle d'incidence et tout 
azimut de polarisation, la réflexion est totale. Comme les 
conducteurs réels tiennent le milieu entre les conducteurs 
parfaits et les isolants, la réflexion à leur limite forme 
une transition entre la réflexion totale et la réflexion sur 
les corps transparents. Puisque la réflexion métallique 
présente ce caractère, on Toit que nos équations parais- 
sent propres à fournir aussi le thème général de la ré- 
flexion métallique. Il ne semble pas que Ton ait jusqu'ici 
suffisamment recherché dans quelle mesure un choix 
couTonable des constantes peut rendre compte des parti- 
cularités auxquelles ce genre de réflexion donne lieu. On 
a déjà mentionné dans le premier paragraphe que les 
phénomènes de dispersion nécessitent l'introduction d'au 
moins deux grandeurs électriques ou magnétiques, et sont 
exclos par conséquent du champ de nos considérations 
actuelles. 



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64 ÉQUATIONS FONDAMENTALES DE L'ËLEGTRODTNAMIQUE 

20. Optique du cristal. 

Nous nous bornons à considérer le mouyements de la 
lumière dans l'intérieur d'un cristal homogène complète- 
ment transparent, en admettant de plus que les axes de 
symétrie de l'énergie électrique et l'énergie magnétique 
coïncident. Nous choisissons des axes de coordonnées 
parallèles à ces axes communs de symétrie et nous rem- 
plaçons pour simplifier 

Siii £s2* Sssi {«'in (^f> \ht P^'* ^>> ^s« ^s' 1^* \h^ IH 

Les équations à employer 5a et 56 prennent la forme : 



dL_dZ_dY dK_dM_^ 

f^* dt "" dy dz • dt "" dz dy 

^. . rfM dX dZ ^^. . rfY rfN dL 

^ dt dz do! ^ dt dx dz 

dN_dY_fiK ^_dL_dM 

•^ dt " do? dt/ ^ ^» d« "■ dw da?" 



Ces équations s'intègrent en admettant une onde 
plane de lumière polarisée qui réponde à l'énoncé sui- 
vant : La force magnétique est perpendiculaire à la pola- 
risation électrique et réciproquement. La direction des 
deux forces se trouve en général hors du plan de Tonde, 
celle des deux polarisations est dans ce plan. I^a direction 
perpendiculaire aux deux polarisations est par consé- 
quent la normale à l'onde ; la direction perpendiculaire 
aux deux forces est celle suivant laquelle, d'après le para- 



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POUR LES CORPS EN REPOS. 65 

graphe 11, l'éDergie se propage et s'appelle le rayon en 
optique. A loote position donnée de la normale à Tonde 
répondent en générai deux ondes différentes de polari- 
sations différentes, avec des vitesses différentes et des 
positions différentes du rayon qui leur appartient. Si 
Ton suppose qu^à un instant donné des ondes planes 
avec leur normale dans toutes les directions possibles se 
propagent à partir de Torigine, Tenveloppe des plans au 
bout de l'unité de temps est la surface désignée par sur- 
face de l'onde. Chaque plan d'onde est tangent à la sur- 
face en un point du rayon mené par l'origine, qui lui 
appartient. Pour cette surface enveloppe des ondes planes 
on trouve 

__t(_L+J_)_2L(_L+_L) 



• -0 



5|6,S, mmtta 



La surface du quatrième degré représentée par cette 
équation coupe les plans coordonnés suivant deux 
ellipses. Dans l'un des plans les ellipses se coupent en 
quatre points qui sont quatre ombiUcs de la surface; 
dans les deux autres plans, l'une des elUpses entoure 
l'autre et cet énoncé est indépendant des valeurs de e et 
fi. Pour tous les cristaux réels, on a, avec une grande 
approximation, ^x^ = |x. = |x, = 1 ; dans ce cas la forme 
générale de l'équation se réduit à celle de la surface de 
l'onde de Fresnel, et des deux ellipses suivant lesquelles 
la surface coupe les plans coordonnés Tune se réduit à 
un cercle. 

Archives, t. XXIV. — Juillet 1890. 5 



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66 ÉQUATIONS FONDAMENTALES, ETC. 

On sait qu'à la considération de la surface de l'onde 
et de ses modifications dans des cas particuliers se rat- 
tache l'explication de la double réfraction, de la réflexicm 
sur les faces du cristal et de plusieurs des phénomènes 
d'interférence obserTés dans les cristaux. D'autres faits 
expérimentaux de l'optique du cristal qu'on ne peut 
ramener à la supposition d'une seule grandeur dirigée, 
soit électrique, soit magnétique, n'appartiennent pas à 
notre théorie dans son état actud. 

Nous aTons, dans les numéros 17-20, traité succes- 
sivement les différents cas de l'état variable dont l'impor- 
tance a donné lieu jusqu'ici au développement de théo- 
ries particulières. 

Bonn, Mars 1890. 



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DE LA 

DÉTERMINATION DU POIDS MOLÉCUUIRE 

AU MOYEN r>U PHÉNOL 

PAB 
M. P»«l J1JII.I.AmD 



J'ai isolé, au cours de recherches sur l'huile pour rouge 
turc, UD certain nombre de corps gras dont il fallait trou- 
ver le poids moléculaire par la méthode cryoscopique de 
Raoult; leur faible solubilité dans l'acide acétique ne per- 
mettant pas d'appliquer à cette détermination ce dissol- 
vant généralement en usage, j'ai dû recourir à une sub- 
stance plus appropriée. Mon choix s'est porté sur le 
pbénoP. 

En appelant : 

P le poids du phénol, 

C l'abaissement du point de congélation, 

q le poids de la substance à étudier, 

d rabaissement mdéculaire de congélation du phénol, 

^ J'ai employé on phénol très pur qu'on trouye depuis quelques 
mois dans le commerce sous le nom de phénol synthétique; il fond 
à40»,25C. 



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68 DÉTERMINATION DU POIDS MOLÉCULAIRE 

le poids moléculaire M de la substance est donné par la 
formule : 

^= CxP 

M. Raoult fixe à 67,5 la valeur de l'abaissement mo- 
léculaire du phénol et M. Eykmann k 77 ; j'ai reconnu 
que le premier de ces chiffres est correct en faisant une 
série de déterminations sur des substances organiques à 
poids moléculaire connu. Comme ces substances appar- 
tiennent chacune à une classe de corps à fonction spé- 
ciale, il est permis de tirer des résultats obtenus des dé- 
ductions applicables à ceux dont ils sont les représen- 
tants. 

Ces résultats sont consignés dans le tableau suivant: 



Poidi AbtiMement Poids 

du da de U 

phénol, point de fonoB. mttière. 

EauHK) 5aé0 iJ87C. ols» 

P nmphtol C>«H«0 50.60 1.83 i.95i 

Alcool amyliqne OH>K) . . 50.i0 2.4 i.476 
Êther diétbjUqae de IV 

cide fcétraohloropbtaliqne 

C"01KKH» 51.65 0.95 14464 

AnilineO»H»N 5035 3.2 11562 

Adde rioinoléiqne s 5040 1.05 2^72 

Ci«H»W. / 60.26 3.42 7A48 

Phtâlide C^«0« 604 1.26 U07 

noortoe CMH«« 60 13 3.0766 

Salol on nliejlAte de phé- 

njleC"H»«0« 60 13 3.6942 

Anhydride phtAliqae 60,4 2.66 2,914 

0^*0». 

On remarquera que la différence entre les nombres 
trouvés et ceux prévus par la théorie est en général peu 



TrooTè. CtboU. 


iai4 


18 


142^ 


m 


81.40 


88 


335 


360 


9a27 


93 


302 


298 


292 


298 


iiae 


134 


177 


166 


216 


214 


147.3 


148 



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AU MOYEN DU PHÉNOL. 69 

sensible ; l'écart, qui est d'autant plus marqué que la 
substance étudiée est plus difiBdle à préparer à l'état de 
pureté parfaite, semble dû, par conséquent, moins à l'im- 
perfection de la méthode qu'à l'homogénéité des sub- 
stances soumises à l'examen. Toutes ont le coefficient 
d'abaissement moléculaire unique, 67,5, cité plus haut. 
Le phénol ne semble pas offrir, ce qui est un grand avan- 
tage, les anomalies signalées par M. Raoult pour la ben- 
zine. D'après ce savant, en effet, le poids moléculaire 
des alcools et des acides déterminé dans la benzine est 
moindre de moitié à sa valeur réelle. 

Je n'ai à mentionner jusqu'à présent qu'une excep- 
tion à cette régularité; l'huile de ricin, qui est du triricino- 
léate glycérique presque pur, ne donne pas des résultats 
constants : 

Phénol. Matière. Abaissement. Trou76. Cftlculé. 

Thridnoiéâte de $\jcé' 

rine C*îH»«H>» 50 3,666 0.7 707 932 

Idem 50,35 a3a li 512 932 

Mt«- 50.2 i2A012 3,55 469.7 ^=466 

Les chiffres oscillent entre deux limites, celle du poids 
moléculaire normal et la moitié de ce poids; il y a là un 
cas bien manifeste de dissociation eu un milieu liquide, 
dissociation qui devient complète lorsque le poids de la 
matière est suffisant. 

Le dispositif de l'appareil dont je me suis servi dans 
mes essais est simple et d'un emploi facile; c'est un flacon 
à large col, de 60 centimètres cubes, en verre épais, pour 
éfiter le refroidissement trop rapide du phénol; il est 
fermé par un bouchon de liège percé d'un trou par le- 
quel passe à frottement dur un thermomètre de préci- 



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70 DÉTERMINATION DU POIDS MOLÉCULAIRE 

sion donnant le dixième de degré. On introduit le phé- 
nol fonda, on pèse et on agite vivement à la main; dès 
que la cristallisation commence, on prend le point de 
congélation maximum. On répète cette opération avec le 
phénol contenant la substance à étudier ; il ne reste plus 
qu'à déduire l'abaissement du point de fusion et à procé- 
der au calcul. La détermination du poids moléculaire, 
pesées comprises, ne dure pas plus d'une demi-heure. 

Aussi, étant données l'exactitude des résultats, les 
anomalies peu fréquentes et la rapidité de la manipula- 
tion, ce mode de détermination est appelé à rendre aux 
chimistes de réels services. 

Je relate ici d'autres expériences. 

Suivant MM. Grabe et Aubin, l'anhydride diphénique 
est exprimé par la formule : 

C«H^— CO 
I yO poids moléculaire 216. 

Le poids moléculaire pris dans l'acide acétique fournit 
des chiffres qui se rapprochent de celui prévu par la théo- 
rie; cependant, comme ils sont notablement plus petits, 
MM. Graebe et Aubin expliquent cette anomalie par une 
hydratation partielle de Tanhydride diphénique aux dé- 
pens de Tacide acétique ; cette cause d'erreur disparaît 
avec le phénol. 

Une détermination, faite à l'instigation de M. Grsbe, 
a donné : 218,6 (théorie 216) 

Poids du phénol 50,9 

matière 1.8136 

abaissement f'.lO 

En partant du fluorène C'H'*, M. de Mantz a pré- 



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AU MOYEN DU PHÉNOL. 71 

paré on carijone de couleur rouge brique; il aurait la for- 
mule C**H^* el le poids mdéculaire 328. 

D'autre part, Beyer a obtenu par la fusion de la flno- 
rescéine avec la potasse un corps qui est de la fluorés- 
céine dans laquele une molécule de résorciae serait rem- 
placée par un hydroxyle. M. Rohn a condensé ce corps et 
obtenu un dérivé dont le poids moléculaire serait de 512. 

La méthode cryoscopique confirme leurs préTisions 
ainsi que je m'en suis assuré ; 

Phénol. Abaissement. Matière. Trouvé. Caloolé. 
Dèab jdrodiflnoréne (de ManU) 

C«H«« 51,15 0.8 l.%62 321 328 

Dérivé de la flnoresoéine oon- 

k(Kohn) 50,20 0,9 3.44 512 498 



Laboratoire de M. Grsebe. 
Oenèye, le 11 jmUet 1890. 



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VOYAGE D^EXPLORATION DE LA GAZELLE 

DURiLNT LES AKNÊES 1874 A 1876 

Partie III. — Zoologie et Oéologie. 

Par le D' Th. STCBBB 

(Un Yolume in-i» de 322 pages avec 33 planches. Berlin, 1889.) * 



Le volume publié, en 1889» par le bureau hydrogra- 
phique du ministère de la marine, à Berlin, sous le titre 
de troisième partie du Voyage d'expioration de la Gazelle, 
renferme un aperçu général des découvertes et observa- 
tions faites par le CK Th. Studer dans la zoologie et la géolo- 
gie, durant les années 1874 à 1876 que dura l'expédition 
du navire allemand autour du monde. Engagé d'abord 
dans la conmiission chargée d'étudier le passage de Vénus 
à Rerguelen, Studer fut ensuite attaché à la mission 
scientifique de la GazeUe et appelé à poursuivre ses 
recherches dans les différentes régions de l'océan austral. 

Les riches collections amassées par notre compatriote 



^ Die Forschongsreise S. M. S. « GazeUe > in den Jahren 1874 
bis 1876 nnter Eommando des Eapit&n snr See Freiherm Ton 
Schleinit£, herausgegeben yon dem hydrographischen Amt des 
Reichs-Marine-Amts. m Theil, 2k>ologie und Géologie, mit 83 Ta- 
feln. Berlin, 1889. 



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VOYAGE d'exploration DE LA GAZELLE. 73 

ODt fait le sujet d'études très circonstanciées et fourni 
matière à de nombreux et importants travaux dans 
diverses publications, tant de la part de Studer que de 
celle de difiërents spécialistes. Ce beau volume contient 
donc, avec 33 planches fort bien exécutées, un exposé 
sommaire des résultats acquis, d'autant plus intéressant 
qu'il émane de la plume savante du voyageur lui-même, 
et que celui-ci, avec un ordre parfait, a su toujours y 
concilier l'attrait du récit et l'exactitude scientifique la 
plus complète. On y trouve, à leur place respective, tan-« 
tèt l'énuméré des différents animaux observés, vertébrés 
et invertébrés, en diverses conditions, et la citation des 
espèces nouvelles, tantôt de précieux détails descriptifs 
relevés des études propres de l'auteur, soit sur différents 
représentants de la faune marine en diverses classes, soit 
SOT l'embryogénie de quelques oiseaux rares ou peu con- 
nus. Ajoutez à cela un compte rendu des observations 
journalières du voyageur dans le domaine de la biologie 
et souvent d'importantes considérations générales sur les 
caractères et les relations, tant géologiques que faunis- 
liques de telles et telles régions, ainsi que d'intéressantes 
conclusions quant à la distribution géographique des 
êtres sur la surface du globe et les affinités passées et pré- 
sentes des fies et des continents. 

Le voyage est divisé en six parties, dont les cinq pre- 
mières correspondent à autant de régions d'exploration 
successives : 1^ de Plymouth à la ville du Cap ; 2^ la terre 
deKerguelen; 3^ de Rerguelen à la Nouvelle-Guinée; 
4« Nouvelle-Guinée, lies Anachorètes, Archipel de Bis- 
marck; 5^ de l'Archipel de Bismarck au détroit de Magel- 
lan. La sixième partie est plus spécialement réservée au 
résumé des observations relatives à la faune pélagique. 



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74 VOYAGE d'exploration DE LA GAZELLE* 

Enfin, deux petits suppléments sont consacrés, Tun à une 
étude des Holothuries par le D'^ Kust Lampert, l'autre à 
la citation des divers travaux jusqu'ici publiés sur les 
matériaux zoologiques et géologiques fournis par l'expé- 
dition de la Gazelle. 

Il est difficile d'analyser un ouvrage qui, comme celui- 
ci, n'est déjà que le résumé d'une foule d observations et 
de comparaisons plus ou moins reliées les unes aux 
autres. Deux mots, cependant, sur chacune des parties du 
. voyage, suffiront à donner une idée de la compétence et 
de l'activité du naturaliste auquel les recherches dans deux 
branches importantes de la science furent exchisivement 
confiées par le ministère allemand. 

l^' Dans la première partie, de Plymouth à la viUe du 
Cap, sont consignées les observations relatives à la faune 
marine de l'Afrique occidentale, d'où il ressort que cdle- 
ci se rapproche surtout de la faune tertiaire miocène. On 
y trouve aussi les résultats de nombreux dragi^ opérés 
chemin faisant, ainsi que quelques données sur la faune 
en général des places visitées sur la côte africaine. Une 
intéressante comparaison des espèces terrestres el mari- 
nes rencontrées à l'île de l'Ascension parait établir qoe la 
faune de celle-ci proviendrait aussi bien de l'est que de 
l'ouest. 

ir Un séjour de trois mois et demi sur la terre aride 
de Kerguelen, volontiers connue sous le nom de la Dé$$Uh 
lion, a permis au D' Studer d'étudier à la fois la géologie 
et la zoologie de cette île perdue dans l'océin ; il nous 
donne, avec ses observations propres, le résumé de toutes 
celles, anciennes et contemporaines, faites à Kergnelen 
dans les deux branches en question. Certains points de la 
biologie et de l'embryogénie des oiseaox, plus spéciale- 



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VOYAGE d'exploration DE LA GAZELLE. 75 

meot des Pétrels et du Pingouin ont» comme je l'ai dit, 
attiré son attention. L'étude du développement du sque- 
lette des membres vient en particulier confirmer l'opinion 
de Watson relativement à l'antiquité probable du type de 
VEudyples chrysocame. La terre de la Désolation présente 
aussi une intéressante petite faune de crustacés d*eau 
douce : Cyclopideset Cladocères. Des tabelles fort instruc- 
tives et qui ont dû nécessiter un très grand travail, éta- 
blissent la distribution géographique en toutes mers et 
régions des animaux marins jusqu'ici observés à Ker- 
gueien. 

La faune de cette ile fait partie d'une vaste faune 
antarctique circompolaire que l'on peut diviser en deux 
principales régions : l'une s'étendant des côtes du cap 
Horn, à l'est, sur toutes les fies comprises entre la pointe 
màidionale de l'Amérique et l'fle de Kerguelen, l'autre 
comprenant la partie méridionale de la Nouvelle-Zélande, 
ainsi que de la Tasmanie et les îles du sud. Les diverses 
côtes de la première de ces régions, que l'on peut appeler 
liagellanique, ont dû être longtemps plus intimement 
noies que de nos jours. La faune de Kerguelen a, en 
somme, plus de rapport avec celle de la pointe sud de 
rAmérique qu'avec la faune Sud Néo-Zélandaise. 

n^ La troisième partie, comprenant le voyage de 
Kerguelen à la Nauvelle-Guinée, fournit quelques aperçus 
sm* Sl-Paul et l'Ile Maurice, et surtout d'importantes 
données sur les résultats des dragages opérés en dehors des 
récifs madréporiques. La partie occidentale de l'Australie, 
la baie des Naturalistes et l'archipel de Dampier fournis- 
sent aussi matière à d'intéressantes observaticms ; la 
Canne marine de l'Indo-Pacifique se poursuit jusque sur 
les côtes occidentales de l'Austrahe. La petite fie Dana, 



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76 VOYAGE D'EXPIjORATION DE LA GAZELLE. 

entre TAuslralie et Timor, paraît n'être qu'un attole ou 
récif corallien soulevé. Timor lui-même donne lieu à 
diverses observations nouvelles zoologiques et géologiques, 
ainsi qu'à une comparaison des dernières avec les connais- 
sances jusqu'alors acquises sur la localité. Enfin, qudques 
orthoptères cavernicoles sont découverts dans une grotte 
de Tile Amboina. 

IV^ Les explorations dans la NouveUe-Guinée, les Ues 
Anachorètes et l'archipel de Bismarck font l'objet d'in- 
téressantes observations, dont on ne peut citer ici que 
quelques-unes seulement. Le golfe de Mac Cluer et le 
détroit de Galewo nous sont représentés comme baignant 
un pays couvert de forêts impénétrables et sillonné par 
un réseau d'étroits canaux de mer; la côte ayant dû 
subir un abaissement récent bien accentué. La faune, qui 
fait le sujet de diverses remarques, présente entre autres, 
quant aux coraux, des caractères très particuliers dans le 
détroit de Galewo. 

Les côtes sud de l'archipel de Bismarck ont été, pour 
la première fois, relevées et étudiées par la Gazelle. On 
y reconnaît une chaîne granitique formant le centre des 
îles, tandis que les côtes de celles-ci offrent partout des 
roches volcaniques et des récifs coralliens soulevés. Dans 
la Nouvelle-Bretagne, ou New-Pommern, on a constaté 
la présence d'un bassin entouré de volcans. La faune et 
la flore de cette fie rappellent assez celles de la Nouvelle- 
Guinée : même rareté de mammifères et, par contre, 
même richesse ornithologique. Le Mégapode (Megapodms 
eremita), dont les œufs, très gros et d'ordinaire au nombre 
de deux, sont abandonnés dans des galeries souterraines, 
naît avec toutes ses plumes et capable, dès l'éclosion, non 
seulement de courir rapidement, mais encore de voler ou 



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VOYAGE d'exploration DE LA GAZELLE. 77 

Toleter, avec des ailes déjà pourvues de toutes leurs 
rémiges. Le duvet, chez cet oiseau, ne dépasse pas le 
déveioppemeut de simples gaines. Un chapitre particulier 
est consacré aux animaux domestiques de Tarchipel; le 
chien des indigènes présente dans son cr&ne, ainsi que le 
cochon, passablement de rapports avec celui des habita- 
tions lacustres. 

V^ Dans la suite du voyage, de V archipel de Bismarck 
au déirait de Magellan, on trouve encore foule de pré- 
cieuses données faunistiques et de résultats de dragages 
à différentes profondeurs. L'fle de Bougainville, dans 
l'archipel de Salomon, porte un volcan en activité et 
fournit matière à quelques observations zoologiques. De 
nombreux dragages intéressants ont été faits dans la baie 
de Moreton (Queensland), et c'est par Tun de ceux-ci, 
opéré à 14 mètres 6, qu'a été découverte une seconde et 
nouvelle espèce à'Amphiaxus. Peters, chargé plus spécia- 
lement de l'étude des poissons rapportés, a décrit celui-ci 
sous le nom générique nouveau de Epigonichthys culiellus; 
mais Studer, en donnant une figure et une anatomie plus 
détaillées de l'espèce, a ramené ce petit poisson inférieur 
dans le genre Amphioxus, près de VAmph. lanceolatus, qui 
habite toutes les parties du monde, et dont il se distingue 
surtout par la disposition des plis pharyngiens et par 
Tabsence d'échancrures séparant la nageoire caudale des 
nageoires dorsale et anale. 

Plusieurs fies ont ensuite reçu la visite des hôtes de la 
Gazelle : les iles de Fidji, de Viti-Levu, l'archipel de 
Tonga, etc., etc. 

Les dragages dans le détroit de Magellan et sur la 
côte orientale de la Patagonie ont amené au jour une 
foule d'espèces nouvelles. Signalons en particulier la 



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78 VOYAGE d'exploration DE LA GAZELLE. 

découverte curieuse de Siphonophores des profondeurs, 
et la constatation non moins intéressante du fait que les 
larves des animaux côtiers s'éloignent jusqu'à 400 milles 
marins (150 lieues environ) des rives les plus prochaines. 
En somme, le résumé parfaitement clair et précis au 
moyen duquel le D^ Studer nous permet d'embrasser d'un 
coup d'œil les diverses pérégrinations et observations de 
la Gazelle, constitue un ouvrage à la fois très intéres- 
sant et des plus instructifs. Pour qui n'a pas à rechercher 
les détails de nombreuses descriptions spécifiques éparses 
dans diverses publications, le volume relatif à la zoologie 
«t à la géologie suffit à donner une idée très exacte des 
caractères faunistiques et des richesses relatives des diffé- 
rentes régions successivement explorées; sans compter 
qu'on y trouve, ce que Ton rencontrerait difficilement 
ailleurs, quantité de considérations et de précieuses com- 
paraisons qui relient savamment à l'ensemble des connais- 
sances actuelles les découvertes plus récentes de la Gaxêlle, 
sur divers points de son parcours, V. F. 



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BILLETIN SCIENTIFIQUE 



PHYSIQUE 

Jules Girard. Reghergues sur les tremblements de terre. 
i vol. Paris, E. Leroux, 1890. 

M. Girard, secrélaire-adjoinl de la Sociélé de géographie 
de Paris a réuni dans ce pelil volume les principaux résultats 
acquis par la sismologie. Tous ceux qui s'intéressent à la 
physique du globe lui sauront gré de ce résumé clair, inté- 
ressant et facile à Ure. Un chapitre important est consacré à 
la description des principaux instruments sismographiques, 
et aux conséquences que Ton peut déduire de leurs tracés. 
Les expériences et les observations relatives à la propagation 
des secousses et à lears effets, sont étudiées dans leurs traits 
généraux, et Touvrage se termine par une revue des relations 
pins ou moins certaines que Ton a signalées entre les trem- 
Uraients de terre et les phénomènes astronomiques et mé- 
téorologiques. C. S. 



CHIMIE 



R. Nietzki et B. Pollini. Acmss sulfomques des nitrotolui- 
DINES. (Berichle, XXIII, p. 138, Bâle.) 

Ces acides sont préparés en nitrant les dérivés acéty- 



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80 BULLETIN SaENTIFIQUE. 

lés des sulfotoluidines ; les auteurs ont ainsi obtenu 

C,H,(CH8)(NH,)(N0aXS0sH), dont la nitrotoluidine fond à 
dT", et, en partant des acides p. sulfoniqnes 1, 2, 4 et 1, 3, 4, 

19 4 

la nitrotoluidine CeHj NH^ NO, CHa. Ces acides cristallisent 
en aiguilles et peuvent être réduits en acides diamidés, qui, 
traités par les orthodicétones, donnent des azines. 



H. GoLDSGUMiDT et Aloïs Meissler. Essais pour établir 

LA constitution DES COMBINAISONS TAUTOMÈRES. {BerichU, 

Xm, p. 253, Zurich.) 

Ces chimistes sont partis de Tidée que, pour les corps tau- 
toroères (corps qui, suivant la réaction à laquelle on les sou- 
met, paraissent avoir deux formules de constitution, mais 
qui d'après eux n'existent que sous une seule forme con- 
stitutionnelle), les réactions qu'ils subissent sous une in- 
fluence électrolytique sont dues aux constituants des élec- 
irolytes ; ainsi, par exemple, la réaction de la thiacétanilide 
avec la soude doit s'écrire 

CeH,NHCSCH, + Na + OH. 

On voit alors pourquoi celte réaction ne peut pas expliquer 
la constitution primitive de la thiacétanilide, le Na ne venant 
pas remplacer TH mais se portant sur le S pour former 
CtHgNCSNaCH,. Ils croient avoir trouvé dans le cyanate de 
phényle un corps qui, par ses réactions nettes, permet d'éta- 
blir la constitution de certains tautomères, en tant qu'il agit 
sur les corps renfermant le groupe OH ou SH et pas sur ceux 
qui ont une constitution lactonique ou cétonique. Pour Tisa- 
tine, par exemple, leurs essais tendent à prouver la formule 

/COv 
c,h/ >C0 



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CHIMIE. 81 

Otlo Kym. Chlorures d*urées de la série aromatique. {Be- 
richte, XXIU, p. 424, Zurich.) 

Ce chimiste^ en traitant la phényl-p-naphtylamine et la 
p dinaphtylamine par Toxychlorure de carbone en dis- 
solation dans le toluène, a obtenu des dérivés de ces 
corps qui, traités par Tammoniaque on Taniline, donnent 
des urées. On a, par exemple, (CeH5CioH7)NCOa, puis 
(C,fl,C,,H,)NCONHC;Hj. 



Archives, L XXIV. — Juillet 1890. 



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COMPTE RENDU DES SÉANCES 



DB LA 



SOCIÉTÉ VAUDOISE DES SCIENCES NATURELLES 

A LAUSANNE 



Séance du 7 mai 1890. 

BognioD, prof. Déreloppement posi^mbryonnaire de l'Enojrtiis foseiooUifl. — 
F.-Â- Forel. Notes de wojêgp. 

M. le D' E. BuGNioN expose les résultats prmcipaax de ses 
études sur le développement post-embryonnaire de VEnq/rtus 
fuscicotUs, hyméûoptére minuscule parasite des cheoilles de 
Tinea cognateUa, et rend compte, à ce propos, des recherches 
récentes de Weissmann, Kiinckel, d'Herculais, Ganin, Yial- 
lanes, Kowalevski et van Dees sur la métamorphose des in- 
sectes et plus spécialement sur les formations connues sous 
le nom de < disques imaginaux > ou < hisloblastes. • Ce tra- 
vail, accompagné de six planches (déjà gravées), paraîtra 
dans le Recueil zoologique suisse; un résumé rédigé par Fau- 
teur sera inséré dans notre BulIsUn. 

M. F.-A. Forel décrit les lacs volcaniques d*Albano et de 
Némi, dans les monts Albains, prés de Rome, qu'il a visités le 
28 mars 1890. La couleur de ces lacs était ce jour-là du n* YIII 
de la gamme Forel, soit 35 Vo ^^ solution jaune dans le bleu. 



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SËANCiîlS DE LA SOCIÉTÉ YAUDOISE. 83 

Ces lacs n'ont, en fait d'afflaenls, qae des sources alimentées 
par Peau de plnie ou de neige; il n'y a pas à penser à des 
marais tourbeux pour expliquer leur couleur verte. Mais 
M. Forel croit pouvoir l'attribuer aux substances hermiques 
dissoutes par l'eau de drainage qui traverse un sol riche en 
matières végétales en décomposition. 



Séance du 21 mai. 

D' Bertschiiiger. Tftblaan de la diatribotion des nouTeauz genres d'ammonites. — 
Jean Crnchet. Observations sur les tabanides. 

M. le ly Bbrtschingbr présente un grand tableau graphique 
sur la distribution des nouveaux genres d'ammonites. Ce ta- 
bleau démontre le développement que chacun des nouveaux 
genres jurassiques et crétaciques (environ 50) a pris dès sa 
première apparition jusqu'à sa disparition. Le groupement 
général et la prépondérance des divers genres dans les séries 
jurassiques et crétaciques sont aussi représentés. Le tableau, 
arrangé surtout en vue des besoins de l'enseignement, est 
cédé par l'auteur au Musée géologique. 

M. J. Crughet, agriculteur, rend compte de quelques ob- 
servations d'un haut intérêt qu'il a faites sur la famille des 
tabanides, sur les taons en particulier. M. Cruchet s'est de- 
mandé ce que devient la masse relativement considérable de 
sang absorbée par les femelles de ces insectes. On sait que 
Finsecte à l'état parfait ne grandit plus; il n'a, par conséquent, 
pas besoin de matières azotées dont le rôle est d'entretenir 
ses fonctions vitales. Le sang qu'absorbent les insectes suceurs 
n'est donc pas digéré. M. Cruchet, en enfermant quelques 
taons et en les observant de près, a pu s'assurer que ce sang 
était utilisé par l'animal pour la formation de ses œufs; il a 
remarqué de plus que leur nombre était proportionnel à la 
masse de sang ingérée. 

M. Cruchet termine par quelques remarques sur les condi- 
tions nécessaires au développement soit des taons, soit des 



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84 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAIÎDOISE 

moustiques. Les années à la fois chaudes et humides leur 
sont particulièrement favorables, tandis que le froid et le sec 
leur nuisent beaucoup. L'été de 1870, par exemple, qui fut 
très sec, fut remarquable aussi par la faible quantité des 
taons. La même chose s^observa pendant Tété pluvieux et 
froid de Tannée dernière. 



Séaféce du 4 juin. 

E. Cboard, prof. Coniribution A l'étnde des espèces minénles de fonnAtion 
contemporaine. — Henri Dofonr, prof. Rotation d'nne masse conductrice 
dans un champ magnétique. — Bieler. Pelage des animanz. — F.- A. Forel, 
prof. Glaciers des Alpes en 1889. 

M. E. Chuard, professeur, communique les premiers résul- 
tats d*une étude concernant les formations minérales à la 
surface des bronzes provenant de nos diverses stations lacus- 
tres, étude qui pourra contribuer, dans une certaine mesure, 
à la connaissance des phénomènes ayant présidé à la pro- 
duction naturelle de quelques minéraux de Técorce terrestre. 

Une série d'objets examinés par M. Chuard étaient enve- 
loppés d'une .sorte de gaine très mince, facile à détacher, de 
couleur jaune, à éclat métallique, recouvrant le métal d'une 
manière uniforme. Examinée au microscope, cette substance 
présente un enchevêtrement de facettes triangulaires bril- 
lantes, parfaitement reconnaissables. Son analyse la range 
parmi les chalcopyrites, dont elle ne diffèi'e que par une 
teneur assez forte en étain (8,07 Vo) ^^ tine proportion de 
soufre plus faible (27,095). 

La formation de ce minéral sulfuré dans des eaux de lac 
n'est pas sans intérêt, en ce qu'elle montre qu'il n'est pas 
nécessaire, pour expliquer la formation de ce genre de 
minéraux, de supposer l'action d'eaux sulfureuses; la seule 
réduction des sulfates et la décomposition des matières orga- 
niques suffit à apporter le soufre nécessaire, pourvu que les 
phénomènes durent un temps suffisant. Des bronzes prove- 
nant d'une autre station, celle de. Morges, dite des Roseaux, 



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DES SCIENCES NATURELLES. 85 

ont fourni à H. Chuard des altéralions d*uD genre très diffé- 
rent: sons un feutiage de substances organiques recouvrant 
les objets, se trouvait une couche épaisse de produits miné- 
raux, parmi lesquels on a reconnu: le cuivre carbonate, Vétain 
oxydé et en plusieurs points de véritables amas de cristaux 
microscopiques, parfaitement nets, de cuprite. Il n*a pas été 
possible de constater la présence même d'une trace de soufre 
dans ces divers produits, qui proviennent donc uniquement 
d*oxydatioo. 

M. Chuard se propose de continuer les recherches dans 
cette direction et d'étudier, en particulier, la cause des diffé- 
rences si marquées dans la nature des produits d'altération, 
sur des objets de même composition qui, à première vue, 
paraissent avoir été soumis à des actions assez comparables, 
puisque les objets examinés proviennent tous de la vase de 
nos lacs (Léman et Neuchâtet). 

M. GoLLiez fait remarquer que ce qu'il y a surtout de très 
important et intéressant à relever dans l'analyse de M. Chuard, 
c'est la présence d'une aussi grande quantité de soufre. Cet 
élément n'est attribuable qu'aux matières organiques en 
putréfaction dans les limons où déposaient les objets. Il y 
a pour le géologue un intérêt puissant à bien constater ce 
(ait, car il nous explique la provenance du soufre dans une 
foule de couches où les débris organiques ont subi la fossili- 
sation pyriteuse, alors que rien ne permet de supposer que 
les gaz sulfureux aient dû être abondants dans les mers de 
ces divers âges. 

M. Henri Dufour, prof., expose le résultat de ses obser- 
vations sur les mouvements de rotation d'une masse conduc- 
trice telle que le cuivre dans un champ magnétique. On sait 
qu'il se produit dans ce cas des courants induits (appelés sou- 
vent courants de Foucault), dont Taction électro-àynamique 
s'oppose à la continuation du mouvement; il y a donc un 
phénomène analogue à un frottement. 

On montre ordinairement ce fait en employant un cube 
de cuivre suspendu à un fil vertical tordu; le cube tourne 



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86 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ YAUDOISE 

rapidement aussi longtemps que Télectro-aimant entre les 
pôles duquel il est placé est inaclif; il s'arrête lorsque Télec- 
tro-aimant agit. On considère cet arrêt comme produit par la 
réaction des courants induits dans le bloc. M. Dufour fait 
remarquer que les courants induits n'existant que pendant 
le mouvement de la masse de cuivre et cessant avec ce mou- 
vement, ne peuvent produire qu'un ralentissement du mou- 
vement et aucun arrêt; le bloc devrait continuer à tourner 
dans le champ magnétique avec une vitesse telle que les 
courants induits aient une valeur suffisante pour s'opposer à 
Taccéléralion. Il faut donc chercher, pour l'explication du 
phénomène de l'arrêt d'un bloc rectangulaire, une autre 
force faisant équilibre dans certaines positions du bloc au 
couple de torsion; cette cause existe dans l'action diamagné- 
tique de l'aimant sur le bloc, action qui est maximum pour 
certaines positions du morceau de cuivre. A l'appui de celte 
manière de voir, M. Dufour dit que conformément à la théorie 
il n'y a pas d^arrêt du mouvement d'un cylindre de cuivre 
tournant autour d'un axe parallèle à ses génératrices, mais 
seulement ralentissement du mouvement. La théorie fait 
prévoir aussi que le mouvement d'une lame de cuivre sera 
irrégulier, mais périodique, lorsqu'elle tourne dans un champ 
magnétique, et l'expérience confirme cette prévision. 

M. BiBLER, directeur de l'Institut agricole, donne quelques 
renseignements sur les variations de teiiUe du mafUeau des 
animaux domestiques et spécialement dans t espèce bovine. Il 
fait ressortir l'importance de la diminution et de l'excès de 
pigmentation dans la valeur des animaux. H. Bieler pense 
que la coloration de la peau n'est pas unique, mais qu'on y 
rencontre des éléments de couleurs diverses, telles que le 
bleu et spécialement le roux, qui passent au noir en s'accen- 
tuant. 

En ce qui concerne la répartition des teintes sur le corps, 
M. Bieler croit que le pigment offre une certaine mobilité et 
il cite des exemples de parties qui se décolorent, comme il y 
en a aussi qui se colorent dans le courant de la vie d*iin 
même animal. 



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DES SCIENCES NATURELLES. 87 

La répartition des taclies a été altribuée à une sélection 
qui tendrait à produire une mimique protectrice. Mais s*il y 
a quelque apparence de vérité dans cette assertion lorsqu'il 
peut s'agir des raies du tigre ou des ocellures des autres 
félins, la même cause n'est plus aussi vraisemblable lorsqu'il 
est question des zèbres. Elle n'est plus vraie non plus pour 
les très nombreux bovins (au moins aussi nombreux que les 
tigres) qui portent des rayures que l'on appelle bringeures ou 
rimures. De même pour les très nombreux animaux, cynins 
ou bovins, chez lesquels la coloration est accentuée sous 
forme d'ocelles appelées pommelures ou miroitures. 

H. Bieler pense que l'on doit plutôt chercher la cause de 
ces variations de teinte dans des conditions du sol et de 
l'atmosphère. Comme la couleur des plantes est influencée 
par la nature du terrain et par l'oxygénation, les animaux, 
môme en domesticité, peuvent subir un effet de coloration 
des mêmes agents,etil y auraità observer dans cette direction. 

Enfin M. Bieler montre sur une carte d'Europe la répar- 
tition des races de bovins d'après leur manteau, spécialement 
en ce qui concerne les rapports de la race tachetée de la 
Suisse occidentale avec les races aussi tachetées du nord de 
l^rope qui seraient arrivées en Suisse en remontant le 
Rhin. La race dite tachetée se trouve des deux côtés du Jura, 
dans les limites de l'ancien royaume Burgonde et, au lieu de 
lai chercher une origine locale, il faudrait plutôt la consi- 
dérer comme une race burgonde, ayant subi dans les diverses 
vallées où elle s'est acclimatée, des variations de taille, de 
coloration et d'aptitude, suivant les conditions telluriques et 
climatériques. 

M. F.-A. FoREL présente son rapport annuel sur féîat des 
gbuiers des Alpes. 

Dans l'année 1889 l'on a constaté le commencement de la 
crue de deux glaciers de premier ordre, le glacier du Rhône 
et le glacier des Bois de Chamonix, ainsi que de deux ou trois 
petits glaciers du groupe de l'Ortler. 

Le nombre des glaciers en état de crue constatée s'élève, 
pour l'ensemble des Alpes, à 55 se répartissant comme suit: 



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88 SliANCeS DE LA SOdÉTÉ VADDOISE. 

Tous les glaciers du Mont-Blanc. 

Une forte proportion des glaciers des Alpes valaisannes ei 
bernoises. 

Quelques glaciers isolés dans les massifs du Pelvoux (Dan- 
phiné) el de l'Orller (Tyrol). 

Sauf le groupe de l'Orller, Tensemble des glaciers des 
Alpes autrichiennes et grisonnes sont encore en étal de 
décrue ou stationnaires. 



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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 



PBNDAirr LR MOIS Dl 



JUIN 1 8 9 O 



Le % très forte rosëe le matin. 

5, tonnerres au N. de 1 h. 34 m. à 2 h. du soir. 

12, fort vent de iO h. du matin à 1 h. du soir ; éclairs et tonnerres au SW. de i h. 

54 m. à 2 h. 22 m. du soir; première chute de grésil à 2 h. 05 m., 
seconde à 2 h, 16 m.; nouveaux tonnerres au S. à 3 h. 28 m. 

13, fort vent du S. dans la nuit. 

20^ brouillard enveloppant à 3 h. et demie du matin. 

21, forte rosée le matin ; éclairs au NE. à 10 h. du soir ; ils continuent pendant la 

nuit dans différentes directions. 
i5f forte rosée le matin. 

26, élairs et tonnerres au NW. de 8 h. et demie à 9 h. et quart du soir; ces éclairs 

continuent dans cette direction jusque vers 10 h. du soir. 

27, éclairs et tonnerres au NW. à 7 h. 25 m. du malin, puis à l'W. à 9 h. 10 m.; 

orage au SW. à 4 h. 20 m. du soir ; il se dirige vers le SE. et dure jus- 
qu'à 5 h. Éclairs au NE. à 10 du soir. 

28, de 7 h. 52 m. à 9 h. du soir, éclaire et tonnerres à l'W. et au NNW.; forte pluie 

dans la nuit. 
30, très forte rosée le matin. 

Archivbs, l. XXIV. - Juillet 1890. 7 

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90 



Valeurs extrêmes de la pression atmosphérique observées au barographe. 



MAXIMUM. 



Le 3 à 9 h. matin . 

7 à 11 h. soir. . . 

lia 1 h. matin . 



730,58 
733,15 
726,56 



15 à 5 h. matin 733,88 

18 à 10 h. soir 732.47 

25 ^ 8 h. matin 731,68 

29 à 1 h. soir 726,78 



725r78 



MINIMUM. 

Le 2 à 4 h. soir 

4à 5h. soir 728,65 

10 à 5 h. soir 722i2 

. 12 à 1 h. soir 722,99 

17 à 6 h. soir 728,ffi 

21 à 6 h. soir 727,96 

28 à 8 h. soir 723,67 



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àHlu 



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92 



MOYENNES DU MOIS DE JUIN 1890 



Ih.i 



4 h. m. 7 h. m. 



10 h. m. I b. 8. 



411.8. 



7 h. s. \Oï.u 



!'• décade 729,25 729,11 729,33 729,06 728.47 728.00 72a36 
2* » 72954 729.35 729.69 729,57 729,26 729,10 729,21 



729.28 

729.9Î 

727,70 727.17 726,96 727,64 



3* » 728.19 728,10 728,55 

Mois 72899 728.85 729,19 72a97 728.48 728,09 72ai8 72^95 

Températorc • 

('•décade +12,92 +lo!36 +14'!39 +17J0 -[-19!4a +2o!62 +18!24 +14J9 

2« » +12,26 +11,01 +1353 +1601 +18.08 +17.61 +15.78 +I3,i9 

3* » +15.30 +13.24 +16,86 +20,17 +22.66 +22,84 +21.07 +iW 

Mois +13.49 +11,54 +14,93 +17.96 +20.07 +20.35 +18.36 +15,i7 



1 '• décade 
2« • 
3« . 



Mois 



Fraction de «ataratloii 

728 830 735 545 



789 



775 



840 
868 



846 



725 

765 



584 
642 



I millième». 

443 430 
521 535 
536 538 



742 



590 



500 



501 



487 
633 
579 



671 
763 
755 



566 730 



Therm. min. Tlierm. inax. 



l'* décade 
2* » 
3- » 

Mois 



+ 8.98 
+ 9,64 
+ 12.24 



+ 22.07 
+ 19.64 
+- 24.92 



Température 
du Rhdne. 

H- 15\67 
+ 13.71 
+ 17.43 



Clarté moy. 
An Ciel. 

046 
0.66 
0,60 



Ban de plaie 
ou de neige. 

mm 

13.7 
20.8 
59.9 



+ 1029 + 22.21 + 15.41 0.57 



94,4 



LioinuD^irr 

CM 

13a74 
137.07 

iiaio 



138.74 



Dans ce mois Tair a été calme 27,2 fois sur 100- 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 1.04 à 1,00- 
la, direction de la résultante de tous les vents observés est N. 70''. 1, ^V. et son 
intensité est égale a 11,1 sur 100 



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93 



OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES 

FAITES AU GRAND SAINT-BERNARD 

l<enrlant 
LE MOIS DE JUIN 1890. 



Le i«', brouillard jusqu'à 7 h. du matin et depuis 7 h. du soir; forte bise à 1 h. du 
soir. 
% brouillard à 7 h. du soir. 

4, brouillard jusqu*à 7 h. du matin. 

5, brouillard depuis 10 h. du soir. 

6, brouillard jusqu'à 7 h. du matin et à 7 h. du soir 

7, brouillard pendant tout le jour ; forte bise depuis 4 h. du soir. 
%\ forte bise à 1 h. du soir. 

9, brouillard à 7 h. du soir. 
Il, brouillard à 1 h. du soir. 
13, neige à 4 h. du soir. 

13, brouillard jusqu'à 7 h. du matin, et depuis 10 h. du soir; légère neige à 4 h. 

et à 7 h. du soir. 

14, brouillard jusqu'à 10 h. du matin et depuis 4 h. du soir; forte bise depuis 7 h. 

du soir. 

15, brouillard jusqu'à 7 h. du matin et depuis 7 h. du soir. 

16, brouillard jusqu'à 7 h. du matin et à 7 h. du soir. 

18, brouillard à 10 h. du matin et depuis 7 h. du soir. 

19, brouillard depuis 10 h. du soir. 

22, pluie jusqu'à 10 h. du matin ; brouillard à 7 h. du soir. 

33, légère pluie à 7 h. du matin, puis brouillard; forte bise depuis I h. du soir. 

24, brouillard à 7 h. du soir. 

27, brouillard à 1 h. du scir; légère pluie et fort vent à 4 h. du soir. 

28, pluie jusqu'à 7 h. du matin et depuis 4 h. du soir; brouillard à 1 h. du soir. 

29, pluie jusqu'à 7 h. du matin et à 1 h. du soir; brouillard depuis 4 h. du soir. 

30, fort vent de 1 h. à 7 h. du soir; légère pluie à 7 h. du soir. 



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94 



Valeurs extrêmes de la pression atmosphérique observées au harographe- 



MAXIMUM 

nin 

Le 5 à iO h. soir 570,89 

15 à minuit 569,47 

21 à 10 h. soir 571,43 

26 à 1 h. soir 572,56 



MINIMUM. 

Lel"à 3 h. soir 56Îr78 

13 à 4 h. matin 561,25 

16 à 7 h. matin 567,64 

23 à 1 h. soir 569^ 



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96 



Nébulosilé 


Vent 
dominant. 


1 

s 

S 


^i 


4i 


,i«i 


! 
1 

•1 

i 
1 


f s . 

Il 


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8 «^ 


h^ 



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96 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD. — JUIN 1890. 



lli.i 



41I.M. 7li.a. 101I.H. 



Ili.s. 



41I.C. 



7II.S. 



«kt. 



{'•décade... 567,89 567,46 567,59 567,81 567,88 567,82 568,U 568,35 

2* » ... 567,12 566,66 566,94 567,12 567,30 567,45 567,62 567,© 

3* > ... 569,42 568,95 568,96 .'S68,87 568,90 568,71 568,69 568,81 

Mois 568,14 567,69 567,83 567,93 568,03 568,00 568,U 568,^ 



l*^* décade. . 
2* » .. 
3* » .. 



Mois , 



7h. ■. 



+ 0,32 
-0,27 
+ 4,51 



+ i,S 



lOh.B. 1h.s. 

TeBapéraiwre. 



4h.>. 



+ 3,77 
+ 3,83 
+ 7,84 



+ 5,63 
4-4,73 

+ 8,43 



+ 4,50 
+ 3,11 

+ 7,15 



7 b.»- 



+ 2,42 
+ 1.22 
+ 5,28 



Mk.L 



+ 1,® 

+ 0,(?i 
+ 4.S2 



+ 5,15 +6,26 +4,92 +2,97 +2,» 



MiB. 



l*^* décade.. . 
2* » . . . 
3» . ... 



-0,83 
- 1,42 

+ 2,41 



Mois + 0,05 



Max. otaenré. 

+ 6^43 
+ 5,89 
+ 9,53 



+ 7.2 



NébBlotité. 
0,49 

0,50 
0,55 



0,52 



Bai de ploie 
oadeaeige. 



24,0 
51,9 

75,9 



Hastesrdeu 
Beifetoaèot 



150 



150 



Dans ce mois, Tair a été calme 0>0 fois sur 100. 
Le rapport des vents du NE. à ceux du SW. a été celui de 2,56 à 1,00. 
La direction de la résultante de tous les vents obser\'és ^t N. 45" E.« ^^ ^^ 
intensité est égale à 47)8 sur 100- 



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SUR 

UNE TROMBE D'EAU ASCENDANTE 

PHÉNOIÈNES TRÈS REIARQUABLES QU'ELLE PRÉSENTE 



M. D. COI.I.ADOJÎ 



CoDmtmiqQé à U Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève 
dans sa séance du 3 juillet 1890. 



Mon très honorable collègue M. Faye, membre de 
riBstitut et du Bureau des longitudes, a publié dans 
Y Annuaire de 1815 un mémoire de 109 pages (pages 407 
a 516), intitulé : c Défense de la loi des tempêtes, » 
dans lequel entrent beaucoup de considérations impor- 
tantes. Parmi celles-ci, un certain nombre ne m'ont pas 
paru pouvoir se soutenir devant l'évidence des faits. 

En 1877, dans un article de 131 pages, qui a aussi 
paru dans l'annuaire de cette année, il a discuté le sou- 
venir d'une grêle terrible qui a traversé la France du 
S.-O. au N.-E. en 1788, et il a appuyé sur la probabilité 
que ce devait être un courant d'air descendant qui, venant 
d'Amérique, avait produit cette grêle désastreuse. 

En 1879, j'ai publié dans les Archives un mémoire 
intitulé : « Contributions à l'étude de la grêle et des 
trombes aspirantes, » et j'ai cherché à démontrer que les 
Abchives, t XXIV. — Août 1890. 8 



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98 SUR UNE TROMBE D'EAU ASCENDANTE. 

irombes d'air peuvent, dans certains cas, être ascendantes. 
Je rappelais d'abord un fait dont j'avais été témoin en 
1879, un peu avant midi, à la sortie des fortifications, dn 
côté de la Coulouvrenière. Ce jour-là, il y avait une les- 
sive abondante qui séchait, étendue sur le sol, au soleil ; 
je vis tout à coup tous les menus objets de cette lessive se 
soulever par un tourbillon qui paraissait avoir au plus 
deux mètres de diamètre. Ces menus linges s'élevèrent 
presque verticalement, avec une vitesse vertigineuse, et 
ils passèrent au-dessus de la ville, à une grande hauteur, 
que j'estimai à environ 600 mètres, en se séparant, ils 
allèrent tomber de l'autre côté de la ville, à mi-diemin 
environ de Cologny. Ces Ungès blancs, qu'éclairait le 
soleil, étaient très visibles. 

Je rédigeai le jour même un récit de cette espèce de 
trombe aspirante, et il fait partie d'un mémoire que j'ai 
lu à la Société de Physique, et qui est intitulé : « Contri- 
butions à l'étude de la grêle et des trombes aspirantes, 
1879. » 

Pendant que je rédigeais mon mémoire sur les causes 
de la grêle, M. Raoul Pictet m'apporta un cahier qu'il avait 
écrit au Caire et dans lequel il s'occupait des expériences 
qu'il avait faites en Egypte, sur les trombes aspirantes de 
sable poussiéreux qui se forment à quelques Ueues du 
Caire, à c>ertaines saisons de l'année, et qui sont ordinai- 
rement ascendantes. 

M. Pictet porta sur le Ueu observé du duvet et des 
instruments, surtout des thermomètres, et il a fait des 
expériences très curieuses et que j'ai rédigées d'après lui. 
Ces expériences prouvent que ces trombes expérimentées 
par M. Pictet étaient bien ascendantes et qu'elles pou- 
vaient s'élever jusqu'à quelques centaines de mètres. 



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SUR UNE TROMBE D'EAU ASCENDANTE. 99 

Huil ans après, c'est-à-dire le 7 février 1887, M. Mas- 
cart présenta à T Académie des sciences une notice inti- 
tulée : < Trombes marines en plein air, » où il parlait 
des expériences tentées par M. Weyber sur les tourbillons 
d'air et où il crut pouvoir prouver qu'elles sont toujours 
ascendantes. 

M. Weyber a publié en 1889 un volume sur ses nom- 
breuses expériences, faites toujours dans l'air, et il croit 
même y trouver l'explication de plusieurs pbénomènes 
qui se passent dans les astres. 

A cette même époque, je publiais à Genève mon expé- 
rience pour produire une aspiration sur de la sciure, un 
peu plus dense que l'eau, en faisant tourner à la partie 
supérieure d'un vase plein d'eau contenant de la sciure, 
des palettes placées sur un arbre vertical. 

Ed 1887, M. Faye a publié un livre : Sur les tempêtes, 
les théorias et les discussions nouvelles. Dans ce mémoire, 
page 24, en citant mes propres paroles, M. Faye dit : 
« Le principe général que M. Colladon admet et qui lui 
c parait nouveau et important pour la météorologie et 
« pour la constitution physique des trombes, peut se 
« résumer comme il suit : « Étant donnée, dit M. Col- 
f ladon, une grande étendue d'un fluide liquide ou aéri- 
« forme, dont une portion limitée est animée d'un 
« mouvement de rotation autour d'un axe et forme une 
« espèce de fuseau rotatif, si l'on suppose ce fuseau 
« divisé en tranches parallèles, égales en épaisseurs et 
« perpendiculaires à Taxe, il se développera dans cha- 

< cune de ces tranches une force centrifuge moyenne, 

< tendant à éloigner ses particules de leur axe de rota- 
« lion. Si les forces centrifuges moyennes les plus rappro- 
« chées du centre de longueur du fuseau l'emportent en 



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100 SUR UNE TROMBE D'EAU ASCENDANTE. 

< énergie, il se produira aux extrémités de ce fuseau et 
« le long de son axe un appel yers les parties centrales» 
c et il nattra, le long de cet axe, à partir de ses extrémités, 
c deux courants en sens contraires; en sorte que, si Taxe 

< était Yertical, le mouvement produit serait ascendant 
c dans sa partie inférieure et descendant dans une partie 
c supérieure. » 

J ai fait faire depuis, pour rendre ce principe évident, 
un appareil où une petite roue à palettes, tournant hori- 
zontalement, aspire du fond du vase une petite trombe 
ascendante de sciure, dont le sommet atteint la roue à 
palettes, et l'expérience a été répétée à Paris, devant 
TAcadémie des Sciences, par M. Mascart, avec un de mes 
appareils. 

M. Paye a répondu à cet article que les petites palettes 
élevaient du fond du vase l'eau et les poussières qui y sont 
accumulées, parce que c'est dans un vase fermé que cette 
eau est contenue, mais que dans le courant d'un fleuve 
les tourbillons qui se forment ont kmjonrs la forme d'un 
entonnoir, dont la bouche est en haut. 

il ajoute que, dans les fleuves et les rivières, toutes les 
trombes qui se forment ont UnÊjowrs la bau(àe en haut, et 
que c'est la pointe opposée à cette bouche qui va aSbuiller 
le fond; il dit, de plus, qu'il en est de même pour l'air 
dans ses mouvements rotatifs. 

Dans un article spécial, il dit : < Les tourbillons des 

< cours d'eau sont descendants (p. 530). Maintenant 
« que l'observation nous a révélé les caractères princi- 

< paux des tourbillons descendants à axe vertical (ceux 
c qui naissent dans nos cours d'eau sont toujours des- 
« cendants), etc , p. 534). » 

Or, il vient de se produire à Genève, le long du bar- 



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SUR UNE TROMBE D'EAU ASCENDANTE. 101 

rage à rideaux que l'on a construit eu amont et le long du 
petit pont de la Machine» un fait eicessivement curieux. 

On peut reproduire à volonté ce fait, il suffit pour cela 
d'abaisser un certain nombre de ces rideaux, tandis 
qu'aux extrémités ils sont relevés et que Teau s'y écoule 
librement. 

n se produit alors à chaque extrémité ouverte une 
trombe» ou tourbillon, qui a sa bouche en bas. Un peu 
plus haut, elle prend la forme cylindrique horizontale, et 
ces deux parties horizontales tendent à se réunir, en for- 
mant, comme on Ta baptisé à Genève, une espèce de 
serpent d'eau. 

Cette partie cylindrique et horizontale, qui aboutit aux 
deux rideaux ouverts, ondule dans un espace d'un peu 
phis d'un mètre et a partout le môme diamètre, sa gros- 
seur peut varier dans toute sa longueur, depuis moins 
d'un centimètre jusqu'à plus d'un décimètre de diamètre. 

M. Turrettini, l'auteur et l'organisateur principal, avec 
M. G. Naville et M. Chappuis, de cette admirable organi- 
sation, qui a tant contribué au bien-être de Genève, est 
▼enu me voir et m'annoncer ce fait très curieux, et nous 
avons pris jour pour aller le visiter ensemble; malheureu- 
sement, ce jour-là, nous avons regardé le courant pendant 
plus d'une heure et le phénomène ne s'est pas produit. 

Quelques jours après, passant à la place J.- J.-Rousseau, 
par un temps calme et pluvieux, j'ai vu ce phénomène, 
qui se produisait énergiquement, et j'ai passé près de 
deux heures à l'examiner. 

J'ai envoyé chercher M. Boissonnas, le photographe, 
qui a reproduit plusieurs exempl