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Full text of "Atlas de poche des oiseaux de France, Suisse, et Belgique, utiles ou nuisibles : suivi d'un étude d'ensemble sur les oiseaux"

, c-'HAMOMYILLE 




0E POCHE 

DES 




DUÏSSE 

IT 

ELGIQUE 

12 FLANCHES COiOMElS 



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BIBLIOTHÈQUE DE POCHE 



DU 



NATURALISTE 



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BIBLIOTHÈQUE DE TOCHE DU NATURALISTE — VII. 



^7^ ATLAS DE POCHE 

49^2- DES 

"IblSEAUX DE FRANCE 

"^^^'^^ BELGIQUE ET SUISSE 

Utiles ou Nuisibles / 
Suivi d'une étude (VensemhJe sur les Oiseaux 

. PAR 

le Baron L D'HAMONVILLE 

72 PLANCHES COLORIÉES ET 4 PLANCHES NOIRES 

REPRÉSENTANT 

70 OISEAUX, 28 CEDFS ET 4 NIDS 




PARIS 

LIBRAIRIE DES SCIENCES NATURELLES 
PAUL KLINCKSIECK 

52, RUE DES ÉCOLES, 5:2 

1898 
Tous droits réservés. 



PREFACE 



J'aime et j'étudie les oiseaux depuis mon enfance, 
c'est-à-dire depuis un demi-siècle; et plus j'avance en 
âge, plus j'ai pris de goût à cette étude qui m'a de plus 
en plus convaincu de l'importance de ces petits êtres, 
et du grand rôle qu'ils jouent dans la Nature, 

A la suite d'une longue maladie d'enfance, le méde- 
cin m'ayant prescrit la campagne pour quelques mois, 
je me mis à parcourir les plaines et les bois, où m'atti- 
raient invinciblement ces gracieux volatiles, que je 
sus bientôt reconnaître soit à leur vol, soit à leur chant. 
Aussi je ne tardai pas à collectionner leurs œufs et 
leurs nids, puis plus tard les oiseaux eux-mêmes, 
quand j'eus appris à les conserver. Tous les loisirs que 
me laissaient mes études furent consacrés à ces re- 
cherches, qui ne tardèrent pas à augmenter mon petit 
trésor. Mes études terminées et mes diplômes en 
poche, j'étendis le cercle de mes opérations et de mes 
voyages, et c'est ainsi que j'arrivai graduellement, à 
créer de toutes pièces une collection considérable 
d'oeufs et d'oiseaux d'Europe, et même de quelques 
familles d'oiseaux exotiques, à brillant plumage; elle 
compte aujourd'hui parmi les plus complètes et les 
mieux entretenues. 

Chaque spécimen est étiqueté, catalogué, a son his- 
toire propre, en sorte que leur réunion constitue, en 
plus de leur valeur scientifique, une série de souvenirs 



— vi- 
se rapportant à leur recherche, à leur capture, aux 
incidents, aux joies et aux peines, dont ils ont été 
l'objet. 

Que d'événements piquants sur terre et sur mer, que 
d'aventures intéressantes et parfois périlleuses j'aurais 
à raconter ici, si le peu de place dont je dispose ne me 
faisait un devoir de me restreindre! Mais au moins je 
voudrais, ami lecteur, vous faire profiter en partie de 
mes jouissances, vous initier à mes études favorites, 
vous amener à observer vous-même et surtout à vous 
faire aimer et protéger ces frêles créatures, dont beau- 
coup nous rendent les services les plus importants. ■ 

Mon but étant de vulgariser la science, j'ai évité 
autant que possible les termes scientifiques, en expli- 
quant à leur place ceux que j'ai dû employer; car, pour 
vulgariser, il faut avant tout se faire bien comprendre. 

Nous manquons, en France, de livres de science à la 
portée du plus grand nombre des lecteurs, qui sont 
peu ou mal préparés aux études d'histoire naturelle. 
La Bibliothèque de poche que M. Klincksieck a inau- 
guré il y a trois ans, me paraît répondre aux désirs 
des nombreuses personnes qui n'ont ni le loisir 
ni la volonté de faire des études approfondies ; c'est 
pourquoi j'ai été heureux de m'associer à son œuvre, 
en me chargeant de ce petit volume. Aussi je dis bien 
haut que je serai heureux, trois fois heureux et bien 
dédommagé de mes peines, si je puis apprendre que 
que j'ai non seulement satisfait de nombreux lecteurs 
désireux d'apprendre, mais encore formé des élèves, 
qui un jour en sauront plus que leur premier maître. 

L'ordre suivi dans ce volume est très simple ; c'est 
le classement scientifique, très facile à comprendre 



— VII — 

chez les oiseaux. Les planches donnent l'indication des 
noms populaires, français et latins, de chaque oiseau ; 
celui de la famille à laquelle il appartient, son histoire 
très courte mais très exacte, son utilité, ses mœurs, sa 
nidification ; s'il est migrateur, passager ou erratique. 
Ce dernier mot s'applique aux espèces qui nous visitent 
, inopinément à diverses époques. La deuxième partie 
de notre Atlas contient les générahtés dont on trouvera 
rénumération à la table, et particulièrement les vœux 
que nous avons pu faire adopter par plusieurs Sociétés 
scientifiques, au sujet de la défense et de la protection 
des petits oiseaux. 

€ette première Série est loin de comprendre tous les 
oiseaux répandus dans notre région ; je me propose 
donc, si Dieu m'accorde la santé, de la compléter par 
une seconde tout aussi importante et non moins inté- 
ressante que la première ; et que j'espère pouvoir 
donner à l'automne 1898. Celle-ci sera peut-être suivie 
à son tour d'un troisième volume sur nos mammifères 
indigènes. 

Un mot encore, ami lecteur, avant de vous laisser 
tourner la page. Comme beaucoup de Naturalistes, j'ai 
une bibliothèque considérable d'ouvrages spéciaux. 
Mais je me suis fait une loi, dans mes nombreux écrits 
sur l'Histoire naturelle, de n'utiliser que mes observa- 
tions personnelles. C'est ainsi que j'agis encore aujour- 
d'hui : et c'est ma manière à moi, de rester toujours 
scientifique. 

L'Auteur. 

Château de Manonville, septembre 1897 , 



— 1 — 

ORDRE DES RAPACES 

Aigle royal. 

Représenté à ijiO de grandeur nalurelle. 

Cet Aigle est devenu fort rare en France, on ne l'y trouve 
qu'accidentellement, sauf dans les Pyrénées et dans les hau- 
tes montagnes suisses et savoisiennes, où il vit sédentaire. 
La femelle est un peu plus grosse que le mâle; c'est d'ail- 
leurs la règle chez tous les Falconidés.. Il n'est bien adulte 
qu'à trois ans, et, plus il est jeune, plus sa livrée est variée 
de plumes blanches ou roussâtres. 

C'est au sommet des plus hauts rochers à pic que cet oiseau 
établit son nid ou airCy ainsi qu'on appelle les nids des Rapa- 
ces; il le construit sur une plate-forme ou dans une crevasse 
inaccessible, en lui donnant pour base un plancher composé 
de branches et brindilles entrelacées, et en le recouvrant 
d'une épaisse couche de bruyères entremêlées de matériaux 
mollets. Il y dépose un ou deux œufs, semblables, pour la 
forme et l'aspect général, à ceux de la Buse, et souvent même 
plus chaudement colorés, mais infiniment plus gros, car ils 
ont un diamètre moyen de 8 centimètres sur 6. 

On a depuis bien longtemps fait à ce beau Rapace une répu- 
tation de force et de courage, qui a été singulièrement exagé- 
rée; et de tous temps les auteurs ont parlé de ce roi des airs, 
que ceux de la terre se sont plu à faire figurer dans leurs ar- 
moiries. J'ai eu pourtant plus d'une fois l'occasion de le voir 
de près, et de capturer son nid : je l'ai étudié dans les Pyré- 
nées, dans les Hautes-Alpes, et tué à Paffùt en Algérie. Eh 
bien, je dois le dire, l'impression que les auteurs m'avaient 
donnée sur ce Falconidé, d'ailleurs redoutable, a été singuliè- 
rement déçue. Je veux bien que, suivant la loi de la lutte 
pour la vie, il soit parfois hardi quand il a faim, mais d'habi- 
tude il ne s'attaque qu'à moins fort que lui, et quand la chair 
vive lui manque, ce qui arrive souvent, il se rabat sans ver- 
gogne, et avec un ^ros appétit, sur les cadavres qu'il dispute 
aux Vautours et aux Corbeaux. 



Nuisible. — Sédentaire. 




Aigle royal. 

Aquila fulva. 
Famille des Falconidés. 



Très utile. — Sédentaire. 




Buse vulgaire. 

Lairc. 

Buteo vulgaris. 

Famille des Falconidés. 



— 2 — 

Buse vulgaire. 

Représenté à ijô de grandeur naturelle. 

La Buse est si variable dans son plumage que les anciens 
auteurs en avaient fait plusieurs espèces. Les brunes sont 
les plus répandues; il y en a de rousses, de grises, et mê- 
me de toutes blanches qui ne sont pas des Albinos, et quel- 
ques-unes même portent ces trois couleurs. Elle est de la 
taille d'une poule, a la queue ronde et courte, tandis que 
celle du Milan, avec lequel on peut la confondre, est longue et 
fourchue. Le Busard de marais, qui lui ressemble aussi, est 
toujours plus foncé, souvent d'un l3run chocolat, et ne se ren- 
contre que sur les élangs et sur les marais ; enfin V Autour vul- 
gaire, qui est d'un gris cendré, a la queue et les tarses beau- 
coup plus allongés. Le tarse est cette partie sèche de la jambe 
qui supporte le pied de l'oiseau. Si j'ai appuyé sur ces diffé- 
rences, c'est que la Buse est très utile, tandis que les Rapaces 
auxquels je la compare sont des plus nuisibles. 

Elle est commune en France, mais un peu moins aujour- 
d'hui qu'autrefois. On la trouve dans les plaines des pays boi- 
sés, où elle fait la chasse consciencieusement aux petits ron- 
geurs si nuisibles, particulièrement aux campagnols, qui 
forment le fonds de son bien modeste ordinaire. Sur une cin- 
quantaine de sujets au moins, dont l'estomac a été visité soit 
par moi, soit par mon préparateur, nous n'y avons jamais ren- 
contré que des rongeurs nuisibles, quelquefois des grenouilles, 
et une seule fois un orvet. La Buse bâlit son aire de brindilles 
sur un arbre en forêt, dans le commencement d'avril, et y 
pond, vers le 15, deux, plus rarement trois œufs, dont nous 
donnons la figure planche 71. Les poussins, vêtus de duvet 
comme tous ceux des Rapaces, sont à leur naissance d'un blanc 
sale, qui en peu de temps passe au gris cendré. 



3 



Faucon pèlerin. 

Représenté à d/4 de groMdeur naturelle. 

Bien que le Pèlerin soit moins gros et moins puissant que 
les Gerfauts ou Faucons blancs du Nord, les plus recherchés 
des Anciens pour la chasse, il n'en est pas moins redoutable 
par sa force, et la puissance de ses serres et de son vol. 

En outre, il est entreprenant, audacieux, et ne craint pas de 
risquer sa vie en s'attaquant à des adversaires plus forts que lui. 
Il fait partie du groupe d'oiseaux de vob que les fauconniers 
avaient nommés nobles par opposition à ceux moins hardis 
ou lâches auxquels ils avaient réservé le nom ^'ignobles. 

Notre Faucon ne vit que de chair vive et palpitante; et c'est 
un grand destructeur de gibier heureusement peu répandu, 
malgré son nom de communis. Il voyage surtout en hiver, et 
parcourt de préférence les grandes plaines favorables à la 
chasse, où il sait trouver d'abondantes provendes.il est cepen- 
dant sédentaire sur quelques points spéciaux, où il se repro- 
duit. C'est sur des rochers élevés et inaccessibles qu'il établit 
son aire ; et ce n'est que très rarement qu'on la trouve sur les 
arbres. Autrefois, il y en avait toujours un ou deux couples 
qui nichaient dans les falaises près de Dieppe ; mais comme 
ces falaises se détachent très facilement, souvent au moindre 
choc, en larges bandes qui s'écroulent à la mer, il y a grand 
danger à s'y faire descendre avec des cordages. J'en ai fait 
l'expérience personnelle, quand j'ai voulu le capturer avec un 
ornithologiste distingué, M. Hardy, de Dieppe. 

Ce Faucon emploie des brindilles dans la confection de son 
nid, comme tous les Rapaces; mais l'intérieur en est très 
moelleux, car il le garnit d'une épaisse couche de plumes de 
ses trop nombreuses victimes. Sa ponte est habituellement de 
trois ou quatre œufs au plus, presque aussi gros que ceux de 
nos poules, mais plus courts et semblables, pour la coloration^ 
à ceux de la Gresserelle. 



— 3 — 
Nuisible. — Sédentaire et erratique. 




Faucon pèlerin. 

Falco commuais. 
Famille des Falconidés. 



_. 4 — 
utile. — Sédentaire et erratique. 




Faucon Cresserelle. 

Petit Chasseroi. 

Falco tinnunculus. 

Famille des Falconidés. 



Faucon Cresserelle. 

Représenté à 113 de grandeur naturelle. 

La Cresserelle apparlient à un petit groupe de Faucons 
utiles; son plumage roux ou de couleur feuille morte, rayé 
transversalement de bandes noires, permet heureusement de 
la distinguer assez facilement de ses congénères qni sont très 
nuisibles. Ce petit Rapace est assez commun; il vit dans les 
bois, et surtout dans les clochers et les tours élevés, où il 
se reproduit. Tandis que les grands Faucons font audacieu- 
sement à notre gibier une guerre sans merci et que les petits, 
comme le Hobereau et VEmérillon, se réservent pour la Caille, 
et, à son défaut, pour l'Alouette qu'ils viennent lier et enlever 
jusque sous le fusil du chasseur, l'honnête Cresserelle se con- 
tente, comme la Buse, de petits rongeurs, tels que la souris, 
le mulot, et surtout le campagnol, dont elle paraît être Téli- 
minateur attitré. 

J'ai fait connaître, par une note dans \q^ Mémoires de la So- 
ciété zoologique de France^ 1894, un fait curieux sur l'oiseau 
qui nous occupe; je le résume en quelques mots, pour mes 
lecteurs d'aujourd'hui. La Cresserelle a, comme l'Effraye, 
l'heureuse faculté de pouvoir augmenter ou diminuer sa pro- 
pagation, selon le plus ou témoins d'abondance du petit mam- 
mifère dont elle est chargée de limiter la production. En effet, 
la Cresserelle et l'Effraye peuvent pondre deux ou trois œufs 
de plus que d'habitude, et élever deux couvées au lieu d'une 
dans les années où le campagnol, en quantité, ravage nos 
champs; tandis que, dans les années ordinaires, leur ponte re- 
devient normale, et même, si le campagnol se fait rare, ces 
oiseaux, comprenant qu'ils ne peuvent nourrir tous leurs pe- 
tits, n'hésitent pas à en sacrifier un ou deux, qu'ils jettent en 
bas de leur nid. La ponte de ce petit P'aucon est habituelle- 
ment de six œufs dont nous donnons un spécimen. 



Autour épervier. 

Représenté à i/3 de grandeur naturelle. 

Les Autours sont des oiseaux de proie aussi audacieux et 
aussi destructeurs que les Faucons, mais ils ont une confor- 
mation un peu différente; ils ont l'aile arrondie et la queue 
longue, qui leur permettent d'évoluer très facilement et de 
chasser sous bois, ce que ne font guère les autres Rapaces. 
Ils habitent les forêts dont ils ne s'éloignent guère, sinon 
dans les plaines qui les avoisinent. L'Épervier ressemble 
beaucoup à Y Autour ordinaire dont il semble une miniature, 
car il est beaucoup plus petit. Dans cette espèce la femelle a 
une taille presque double de celle du mâle, ce qui a fait sur- 
nommer celui-ci tiercelet. 

Il est de passage seulement dans beaucoup de nos provin- 
ces, tandis quïl s'arrête pour se reproduire dans d'autres, où 
il devient parfois sédentaire. 

Il se nourrit d'Alouettes, d'oiseaux de toute espèce, de pe- 
tits Geais et de Grives, et ne craint même pas de s'attaquer 
aux Pigeons domestiques, bien qu'ils soient plus gros que lui. 
Je l'ai vu, sous mes yeux, briser le carreau d'une fenêtre, et 
pénétrer dans la pièce, pour s'emparer d'un oiseau posé sur 
l'appui, puis après l'avoir manqué, ressortir sans quej'aie eu le 
temps d'intervenir. Il agit de même au surplus avec les appe- 
lants des oiseleurs en sorte qu'il partage souvent le sort de 
ceux dont il croyait faire ses victimes. Gela lui arrivait souvent 
aussi dans les tendues de raquettes, lorsqu'elles étaient encore 
autorisées, et qu'il savait visiter comme un tendeur de profes- 
sion. Il niche d'habitude dans les taillis élevés, à quelques 
mètres de hauteur seulement; et construit une aire relative- 
ment très grande et très large pour sa taille. Ses œufs au nom- 
bre de quatre à six, sont de la grosseur et de la forme de ceux 
de la Gresserelle, mais d'un blanc sale, plus ou moins couverts 
détaches allant depuis le vert jusqu'au roux. 



— 5 — 
Nuisible. - Migrateur. 




Autour épervier. 

Tiercelet, Petit Chasserot. 

Astur nisus. 
Famille des Falconidés. 



Nuisible. — Sédentaire et erratique. 




Busard Saint-Martin. 

Chasserot blanc. 

Circus cyaneus. 

Famille des Falconidés. 



— 6 — 

Busard Saint-Martin. 

Représenté à ijS de grandeur naturelle. 

Les Busards sont encore des Rapaces fort nuisibles, qui ont 
un domaine spécial : les plaines basses, les marais et les 
étangs qu'ils explorent sans cesse, en rasant la terre et les 
eaux. Le Saint-Martin mâle a, comme on le voit, une livrée 
gris-clair, très caractéristique, mais la femelle est rousse 
avec le croupion blanc. 

Cet oiseau détruit un certain nombre de petits rongeurs, ce 
qui serait fort bien, s'il s'en tenait là; mais il capture aussi les 
reptiles qui ne nous font que du bien, et surtout les petits et 
les œufs d'oiseaux d'eau, dont il fait une grande destruction, 
sans dédaigner les parents quand il peut s'en emparer. Il éta- 
blit son aire à terre sous les haies, dans les jonchaies et les 
taillis humides et même dans les prés. Il le compose extérieu- 
rem^ent de branches et de brindilles et intérieurement d'her- 
bes sèches et de matériaux mollets; il y dépose fin mai de 
quatre à six œufs blancs unicolores. Chose curieuse, les œufs 
de cette même espèce pondus dans l'Europe orientale sont 
toujours plus ou moins ponctués de petites taches d'un rouge- 
brun. En 1870, dans les prés de la Goulotte, près de Noviant- 
aux-Prés, en allant un jour visiter un nid de cette espèce que 
je connaissais, je fus très surpris d'y trouver cinq œufs de 
Corneille noire. Le doute n'était pas possible, puisque la Cor- 
neille s'envola à mon approche et que ses œufs verts, marbrés 
de noir, ne peuvent être confondus avec ceux du Saint-Martin. 
Une seule explication de ce fait s'est présentée à mon esprit ; 
c'est que le nid de la Corneille noire ayant été détruit par une 
cause quelconque, celle-ci, prête à pondre, fut heureuse 
de s'emparer du nid tout préparé auquel elle avait confié 
ses œufs. 



— 7 — ■ 

Effraye. 

Représenté à djS de grandeur naturelle. 

Tandis que les Rapaces diurnes sont à peu près tous nui- 
sibles, les Rapaces nocturnes au contraire sont tous utiles 
à l'exception seulement du Grand-Duc. Leurs rémiges ou 
grandes plumes des ailes ont leurs tiges garnies d'une dou- 
ble rangée de barbes d'égale longueur, munies à leur tour 
de barbules soyeuses; en sorte que ces oiseaux, à l'aile 
ample et arrondie, peuvent prendre leur vol sans produire le 
moindre bruit. Ils ont en outre une ouïe, d'une extrême délica- 
tesse, et un œil qui leur permet de voir pendant la nuit. Il 
fallait qu'il en fût ainsi pour répondre à leur raison d'être, 
c'est-à-dire pour chasser au crépuscule et pendant la nuit, et 
atteindre sans difficulté les petits rongeurs, contre lesquels ils 
doivent nous défendre. Ces oiseaux, ayant l'habitude d'avaler 
leur proie sans la dépecer, rejettent après leur digestion, et 
sous forme de pelotes, les poils et les os de leurs victimes. 
L'observateur le moins habile, en ramassant quelques-unes de 
ces pelotes, peut facilement se convaincre des grands services 
qu'ils nous rendent, en détruisant une quantité énorme de 
petits rongeurs. Que nos lecteurs en soient bien convaincus : 
un couple d'Effrayés dans une maison, capture plus de souris 
à lui seul que vingt chats ne pourraient le faire. Ce Strigidé 
est commun, habite particulièrement les clochers et les édi- 
fices élevés où il reste caché de jour, pour se mettre en chasse 
au crépuscule et pendant la nuit ; il y niche et pond à la mi- 
avril six ou sept œufs blancs de forme ovalaire, tandis que les 
autres Rapaces nocturnes les ontde forme quasi sphérique. Cette 
ponte peut aller à dix œufs, quand il y a abondance de nour- 
riture, ainsi que je l'ai expliqué à la notice de la Cresserelle 
(page â). Ceux qui auront bien voulu me lire avec attention 
comprendront la grande utilité de cet oiseau de nuit, et pren- 
dront sa défense contre les cultivateurs ingrats et inconscients, 
qui ne craignent pas de clouer à la porte de leur grange, comme 
un malfaiteur insigne, l'oiseau qui est peut-être le plus grand 
de leurs bienfaiteurs naturels. 



utile. — Sédentaire. 




Effraye. 

Chouette de tour. 

Strix flammea. 

Famille des Strigidés. 



— 8 — 
Très utile. — Sédentaire et de passage. 




Hibou-moyen-Duc. 

Chouette à oreilles. 

Otus vulgaris. 

Famille des Strigidés. 



Hibou-moyen-Duc. 

Représenté à ijS de grandeur naturelle. 

Le Moyen-Duc qui est assez commun a le même régime 
que l'Effraye que j'ai donné à la page précédente; mais ses 
habitudes sont différentes. Tantôt il vit dans les bois, à l'état 
sédentaire, tantôt il émigré à des époques indéterminées, 
suivant le plus ou le moins d'abondance des petits rongeurs 
auxquels il fait la guerre. Quand il est fixé en certain lieu, 
il adopte un arbre de son choix, de préférence un conifère, 
sur lequel, réuni en petite famille, il passe toutes ses jour- 
nées d'hiver. C'est ainsi que, depuis plusieurs années, j'en 
ai quelques-uns d'installés sur un grand arbre de mon jardin; 
ils sont si bien habitués à me voir me promener quotidienne- 
ment sous cet arbre, à quelques mètres d'eux, qu'ils ne s'en- 
volent plus lors de mon passage; ils se contentent de dresser 
leurs aigrettes, et d'ouvrir démesurément leurs yeux couleur 
de feu. 

Ce Hibou se reproduit dans les bois en utilisant les vieux 
nids de Corbeaux et de Buses. Il y dépose six ou sept œufs, 
dans le courant de mars et quelquefois vers la fin de février; 
ses poussins en naissant sont couverts d'un duvet blanc et 
soyeux, comme presque tous ceux des Strigidés. J'ai dit que 
cet oiseau s"emparait d'un vieux nid de Buse ; ces nids sont 
souvent l'objet de compétitions entre les amateurs qui ont le 
désir de les occuper, et j'ai vu ainsi un combat terrible entre 
deux Hiboux déjà installés et un couple de Pies qui voulaient 
les déloger. Les Pies restèrent maîtresses du terrain, après 
avoir tué un des Hiboux, que je trouvai mort à terre quand 
j'intervins, trop tard, hélas! pour les sauver de leurs insuppor- 
tables ennemies. 



ORDRE DES PASSEREAUX 

Pic-épeiche. 

Représenté à il2 de grandeur naturelle. 

Comme son nom l'indique, cet oiseau aun bec droit, allongé 
et solide en forme de pic, pour soulever les écorces et fouiller 
le vieux bois où se logent les larves, dont il se nourrit exclu- 
sivement. Il s'en sert également pour creuser dans les arbres 
des trous profonds, où il se reproduit. Tantôt, c'est dans les 
chênes où il s'est produit un commencement de pourriture, 
tantôt c'est dans les arbres à bois blanc et tendre qu'il creuse 
sa galerie. Cette habitude l'a fait considérer par les uns com- 
me un oiseau nuisant aux arbres, et par les autres comme un 
insectivore très utile. 

Une polémique fameuse s'éleva dans le temps entre l'abbé 
Vincelot, qui se déclara leur protecteur, et le comte de 
Baracé, leur ennemi acharné. La bataille dura longtemps, fut 
l'objet de bien des notes, et se termina finalement par la vic- 
toire complète de l'abbé, qui sut prouver d'une façon irréfu- 
table que les Pics ne s'attaquent jamais qu'à des bois tendres 
sans valeur, quand ils ne trouvent pas à leur disposition des 
bois durs déjà attaqués par la pourriture. Le trou a le diamètre 
du corps de l'oiseau, descend de quinze à vingt centimètres 
dans l'arbre, et se termine par un renflement en forme de 
coupe. C'est là que la femelle dépose six à huit œufs blancs, 
polis et luisants comme l'ivoire. La femelle n'a pas de rouge à 
la tête, si ce n'est exceptionnellement les très vieilles, qui en 
ont parfois un peu à la nuque. Les jeunes, au contraire, ont 
tout le sommet de la tête rouge, comme une espèce voisine, 
un peu plus petite, qu'on nomme le Pic-mar, mais qui est 
beaucoup plus rare que l'Epeiche. 



Utile. — Sédentaire. 




Pic-épeiche. 

Epeic Bec-bois. 

Picus major. 

Famille des Picidés. 



— 10 — 
Utile. — Sédentaire. 




Pic vert. 

Jaune bochefeuille. 

Picus viridis. 

Famille des Pigidés. 



— 10 — 

Pic vert. 

Représenté à ij3 de grandeur naturelle . 

Je n'ai pu, à la notice du Pic-épeiche, indiquer que peu 
des caractères communs à toutes les espèces de cette inté- 
ressante famille : je les complète ici. Les Pics ont deux 
doigts devant et deux doigts derrière, qui leur permettent de 
parcourir en tout sens le tronc des arbres, où ils passent la 
plus grande partie de leur existence. Quand ils s'arrêtent dans 
leur travail d'exploration des écorces et des bois vermoulus où 
ils trouvent leur nourriture, ils s'appuient sur les pennes ri- 
gides qui composent leur queue, et se reposent ainsi comme le 
Passereau perché sur une branche. L'anatomie de leur tête 
est toute spéciale, et ils ont la faculté de pouvoir allonger déme- 
surément leur langue, qui est enduite d'une matière visqueuse, 
et de la darder sur les insectes, qui s'y attachent et deviennent 
ainsi leur proie. 

Le Pic vert n'est commun nulle part, mais se trouve à peu 
près dans toutes nos forêts, excepté dans les hautes monta- 
gnes, où il est remplacé par le Pic noir. Son cri d'appel se 
compose d'une série de notes en gamme chromatique des- 
cendante, et il a une sorte de chant très sonore qu'il fait en- 
tendre de très loin, au moment des amours. Il niche dans les 
trous naturels des arbres, qu'il agrandit au besoin, et ce n'est 
qu'à défaut de ceux-ci qu'il en creuse de nouveaux. La ponte 
a lieu au mois de mai, et se compose de sept à neuf œufs ova- 
laires d'un blanc lustré. En d880, ces oiseaux avaient beaucoup 
souffert de la faim et quelques-uns s'étaient réfugiés dans les 
jardins, près de nos maisons. L'un d'eux eut l'idée de percer 
d'outre en outre un panier de mouches à miel d'un de mes 
voisins, qui avait négligé de fermer son rucher. 11 en dévora 
toutes les mouches sans loucher au miel. Je dois dire, pour 
rendre justice à ce pauvre affamé, que ce cas est fort rare. 



— 1 1 — 

Coucou gris. 

Représenté à ijS de grandeur naturelle. 

Voici un bien curieux et Lien original oiseau qui n'esl 
pas rare, et dont cependant la vie ne nous est pas encore 
parfaitement connue. Son nom vient évidemment de son 
cri, car les Latins l'appelaient Cuculus, qu'ils prononçaient 
coucoulous. Le mâle est gris, mais la femelle est rousse ba- 
riolée de noir, et si différente qu'on a fait longtemps deux 
espèces du mâle et de la femelle. Le Coucou nous arrive en 
avril, se reproduit dans notre pays, et repart en septembre 
pour passer l'hiver dans une région plus chaude; il se nourrit 
d'insectes et parliculièrement de chenilles velues, que les 
autres oiseaux dédaignent en général. Il ne fait pas de nid, 
mais dépose ses œufs, un par un, dans les nids d'une foule de 
petits Passereaux. Cet œuf, extrêmement petit pour la taille de 
la pondeuse, égale à peine en volume celui du Bruant jaune. 
Il varie infiniment dans sa coloration, depuis le bleu unicolore 
jusqu'au blanc couvert de traits ou de taches de toutes les 
nuances. 

Il ne faut pas croire que le Coucou abandonne sa progéniture 
aux bons soins de ses parents d'adoption; il la surveille au 
contraire, porte aussi de la nourriture, et j'ai lieu de croire 
que les mâles, qui sont beaucoup plus abondants que les fe- 
melles, sont spécialement chargés de l'entretien du petit dont 
les parents d'adoption ne pourraient pas satisfaire le robuste 
appétit. Un fait certain, c'est que la femelle du Coucou pond à 
terre, prend l'œuf dans sa gorge, et le transporte ainsi dans le 
nid adopté, et sans le déformer, bien qu'il soit souvent en forme 
de boule avec une étroite entrée. On trouve souvent, soit les 
œufs, soit les petits du Passereau jetés en bas du nid d'adop- 
tion, mais on n'a pas encore pu savoir par quel procédé d'in- 
timidation le Coucou peut ainsi forcer un autre oiseau à don- 
ner tous ses soins à un petit étranger, en abandonnant sa 
propre famille. 



— 11 — 

Utile. — Migrateur. 




.J^ 



Coucou gris. 

Guculus canorus. 
Famille des Cucuudes. 



12 

Nuisible. — Sédentaire. 




Martin-pêcheur. 

Garde-robe. 

Alcedo ispida. 

Famille des Alcédinidés. 



12 



Martin-pêcheur. 

Représenté presque de grandeur naturelle. 

Le Martin-pêcheur, Tua de nos plus jolis Passereaux assu- 
rément, vit sur nos étangs et nos cours d'eau, de préfé- 
rence sur ceux qui ne se congèlent pas en hiver, mais où 
il n'est jamais bien commun. C'est une espèce qui fut très 
éprouvée par les rudes hivers de 1870 et 1880, et qui com- 
mence seulement à redevenir abondante. Elle a un cri bref 
et perçant, le vol droit et fort rapide, se nourrit d'insectes et 
de petits poissons, qu'elle sait capturer avec une patience et 
une adresse admirables. On comprend dès lors que les pisci- 
culteurs portent à cet élégant pêcheur une rancune assez jus- 
tifiée. Il faut le voir immobile, sur une roche qui émerge, ou 
sur une branche qui s'abaisse au-dessus de l'eau, puis fondre 
tout à coup sur sa proie, qu'il manque très rarement. Si c'est 
un petit poisson, après s'être reposé sur son perchoir, il com- 
mence par le retourner, car il l'avait pris en travers, puis 
l'avale après l'avoir dépecé, si du moins on ne le dérange pas 
dans son agréable besogne. 

Le Martin-pêcheur creuse, dans les berges ou les tertres à 
pic des cours d'eau, des boyaux souterrains qui ont souvent 
plus d'un mètre de profondeur, où il établit son nid, et y dé- 
pose sept, huit et jusqu'à dix œufs sphériques, blancs et polis 
comme l'ivoire. Cette ponte est souvent détruite par les rats 
d'eau; aussi quand il y a des carrières de sable, faciles à creu- 
ser, dans son voisinage, notre oiseau ne manque pas de leur 
donner la préférence pour y établir son nid. 



l 



Grimpereau. 

Représenté grandeur naturelle. 

Le Grimpereau est assez commun, et vit sédentaire dans 
nos bois et dans nos jardins; il appartient à cette intéres- 
sante famille des Grimpeurs, qui vivent exclusivement de 
larves et d'insectes, et qui comptent parmi les plus utiles. 
Il y a deux formes très voisines de Grimpereaux; une, le 
Grimpereau de Costa, se distingue de son congénère par un 
ventre plus blanc, plus argenté, et parPongle du pouce, beau- 
coup plus allongé : il habile les hautes montagnes de la France 
et de la Suisse, où il vit confiné, et qu'il ne quitte que lors- 
qu'il y est contraint par les rigueurs de la température. L'au- 
tre forme, celle dont j'ai à parler, vit dans nos régions tem- 
pérées, où on le voit grimper sans cesse au tronc des arbres, 
qu'il débarrasse des plus petits insectes, de leurs larves et de 
leurs œufs. Confiant comme le Rouge-gorge, il se laisse appro- 
cher sans la moindre méfiance et sans cesser son travail. 
Pourtant, dès la fin de février et aux premiers beaux jours, il 
se repose par moments pour nous dire sa petite et modeste 
chanson. Il construit son nid de mousse et de fines brindilles, 
lui donne la forme d'une boule, l'adapte à un trou d'arbre, 
plus souvent sous une écorce soulevée, et le garnit à l'inté- 
rieur d'une bonne couche de plumes enroulées. 

C'est au commencement de mai que la ponte a lieu, plus 
nombreuse que celle de son congénère ; elle se compose de 
dix, douze, et quelquefois quinze œufs assez courts, d'un 
blanc rosé, plus on moins couverts de petites taches de couleur 
brique. 



— 13 — 
Utile. — Sédentaire. 




Grimpereau. 

Grimpant. 

Gerthia brachydactyla. 

Famille des Certhiidés. 



utile 




Huppe vulgaire. 

Coq-bois, BoulboiU-Pupue. 

Upupa epops. 

Famille des Upupidés. 



— 14 — 

Huppe vulgaire. 

Représenté à ij2 de grandeur naturelle. 

La Huppe est un de nos plus jolis oiseaux, et la seule 
espèce du genre plutôt africain qu'européen qui vienne nous 
visiter dans le moment le plus chaud de l'année, et à l'épo- 
que de sa reproduction. C'est une espèce qu'on voit un peu 
partout, mais qui n'est commune nulle part. C'est elle qui 
clôt l'immigration du printemps, car elle ne nous arrive qu'au 
commencement de mai et nous quitte de très bonne heure, 
dès le mois d'août. A son arrivée, elle fréquente beaucoup 
les routes où elle trouve en abondance son aliment favori : 
le Bousier, qui vit sur les excréments des chevaux. Peu 
après, elle se cantonne dans les bois voisins des prairies et 
des terrains en friche, où elle se prépare à la reproduction, 
en faisant entendre son cri d'appel bout-bout, qui lui a fait 
donner l'un de ses noms vulgaires. Elle niche dans les creux 
naturels des arbres, et y pond fin mai six œufs, rarement plus 
ou moins, qui sont fort allongés et dont nous donnons un spé- 
cimen. Elle ne prend pas le soin, comme la plupart des oiseaux 
niphant dans les trous, d'enlever au fur et à mesure de leur 
émission les fientes de ses petits; et en outre, comme les in- 
sectes qu'elle leur apporte exhalent un parfum qui n'a rien 
d'agréable, il s'ensuit que le nid répand une odeur fétide, qui 
a valu à son propriétaire l'un de ses noms, pupue. 

J'ai su que de jeunes dénicheurs, ayant inconsciemment in- 
troduit leur main dans celte demeure trop odorante, avaient 
longtemps gardé le souvenir de cet élrange parfum; mais la 
leçon trop douce ne fut pas comprise, et nos jeunes vauriens 
continuèrent au printemps suivant leurs odieuses destructions 
d'œufs et de petits de nos meilleurs auxiliaires. 



— 15- 

Gorneille noire. 

Représenté à ://5 de grandeur naturelle. 

La Corneille noire ressemble à tous ses congénères, qui 
ont entre eux un .crrand air de famille. Le Grand Corbeau se 
'distingue par sa taille, qui égale celle de la Buse. Le Freux 
par le tour de son bec dégarni de plumes, du moins chez 
l'adulte. La Corneille mantelée par son mantelet gris, et le 
Choucas par sa nuque de même nuance. Tous sont sociables, 
.quoique querelleurs,' observateurs, même intelligents, har- 
dis, voleurs, gourmands, et mangeant de tout. Une Corneille 
noire que j'avais élevée agaçait les chiens, mangeait la soupe 
des chats et des poules, et volait tout ce qu'elle trouvait. 
C'est ainsi qu'une fois elle prit les ciseaux d'une femme et 
les porta sur un toit; une autre fois une boîte d'allumettes 
chimiques, qu'elle emporta en haut d'un conifère, où, à force 
de les becqueter, elle les fît allumer, quoiqu'elles fussent de 
la Régie, et à son grand effroi. Je pourrais citer bien d'autres 
faits, mais cela suffit pour montrer que, malgré son goût pour 
la domesticité, c'est un oiseau insupportable à élever. Cette 
Corneille a peut-être, plus encore que ses congénères, une 
^nimosité native contre les oiseaux de proie, qu'elle harcelle 
en toute circonstance, souvent avec succès, car elle est armée 
■d'un bec robuste et redoutable. 

L'an dernier, deux couples de Corneilles avaient attaqué un 
couple de Milans noirs, près d'une aire contenant des œufs ; 
au milieu du combat qui se livrait en l'air, je vis tout d'un 
coup l'une des Corneilles se détacher du groupe, et se diriger 
à tire d'aile vers le nid des Milans, dont elle fracassa les œufs. 
La Corneille établit son nid au sommet des arbres; il est com- 
posé de petites branches reliées avec de la boue, et garni à 
l'intérieur de laine, de mousse, de crin, et de tous les maté- 
riaux mollets du même genre qu'elle a pu se procurer. La 
ponte est de quatre à six œufs d'un vert de pré, striés et ta- 
chés de marbrures d'un brun plus ou moins foncé. 



- 15 — 
Indifférent. — Sédentaire. 




Corneille noire. 

Corbé. 

Corvus corone. 

Famille des Corvidés. 



16 



Très nuisible. 



Sédentaire. 



Pie ordinaire. 

Agasse. 

Pica caudata. 

Famille des Corvidés. 



— 16 — 

Pie ordinaire. 

Représenté à i;3 de grandeur naturelle. 

La Pie est commune, particulièrement dans les pays de 
plaines fertiles en gibier; elle n'habite point les forêts, mais 
seulement les lisières des petits bois, les parcs et les jardins. 
Elle est omnivore comme les Corvidés, détruit beaucoup d'or- 
thoptères et d'insectes de toute sorte; mais aussi elle déchi- 
queté sans pitié les jeunes oiseaux, les Perdreaux dont elle 
a pu s'emparer, sans négliger les œufs, qu'elle aime par- 
dessus tout. Elle est bavarde, rusée, voleuse, et surtout ba- 
tailleuse; j'ai raconté, page 8, comment deux Pies avaient pu, 
en un instant, tuer un Moyen-Duc. 

A mon avis, ce Corvidé doit être classé parmi les oiseaux 
nuisibles, ce qui ne diminuera pas beaucoup l'espèce, car il 
est très difficile à détruire. Il bâtit son nid en mars-avril, et en 
construit plusieurs à la fois, pour dépister les recherches. Les 
nids trompeurs sont placés bien en vue au sommet des arbres, 
et construits en plein jour; mais le vrai, édifié dès l'aube, en 
cachette, est soigneusement dissimulé au haut d'un arbre 
branchu, d'un conifère, souvent au milieu d'un fourré d'épines 
noires; il est construit avec des brindilles épineuses et sur- 
monté d'une voûte à claire-voie, qui en défend l'approche, avec 
une double entrée, ce qui permet à la couveuse de le quitter 
du côté qu elle préfère, et sans froisser sa longue queue. Elle 
pond dans le courant d'avril cinq, six et même sept œufs, qui 
ont beaucoup d'analogie avec celui du Choucas, que nous avons 
figuré. Quand on les prend, elle recommence sa ponte comme 
la plupart des oiseaux, mais je ne pense pas qu'elle en fasse 
normalement plus d'une. J'ajoute encore que les auteurs, no- 
tamment M. Martin, au Blanc, l'un de nos observateurs les plus 
émérites, sont d'accord avec moi pour reconnaître que la Pie, 
malgré quelques qualités, est extrêmement nuisible, et que 
tout chasseur digne de ce nom ne doit jamais manquer l'occa- 
sion, quand il la trouve, de lui envoyer un coup de fusil, tout 
comme aux chats rencontrés à l'affût dans une luzerne. 



— 17 ~ 

Corneille choucas. 

Représenté à ijS de grandeur naturelle. 

Le Choucas a les goûts et les aptitudes de ses congénères 
que j'ai résumés dans la notice à la page 5. Toutefois il se 
montre plus frugivore ; car, ainsi que le Freux dont il se 
rapproche sous ce rapport, il recherche tous les fruits avec 
passion; notamment les cerises, les fraises, et les pois qu'il 
arrache au moment de leur sortie de terre, au grand mécon- 
tentement des jardiniers. J'ajouterai, pour compléter l'his- 
toire de son régime, qu'il détruit beaucoup d'insectes : 
orthoptères, vers blancs, hannetons, et, hélas aussi, des petits 
d'oiseaux, notamment d'Alouettes que j'ai trouvés dans son 
nid. L'emplacement de celui-ci est pour cet oiseau comme 
pour beaucoup d'autres, la raison déterminante de leur instal- 
lation dans une région. En voici un exemple : il y a une 
dizaine d'années, en faisant faire des réparations autour du 
château que j'habite, j'y fis ménager par les ouvriers toutes 
les ouvertures susceptibles de donner asile aux oiseaux, qui 
ne tardèrent pas à en profiter. Dès l'automne de la même 
année, des Choucas en maraude s'y installaient pour y casser 
et manger des noix; depuis ce moment ils ne quittèrent plus 
la place, où quatre couples s'installaient pour nicher au prin- 
temps suivant, et devinrent la souche d'une colonie, qui n'a 
cessé de s'accroître jusqu^'aujourd'hui. Ces oiseaux se sont 
habitués à moi, et me montrent une telle confiance quand je 
passe près d'eux, qu'il me faut un véritable courage pour 
autoriser mon jardinier à leur tirer quelques coups de fusil, 
quand ils lui causent par trop de dommages dans son jardin. 
Le Choucas niche en avril comme ses congénères; la ponte 
est de cinq à sept œufs, dont nous donnons un spécimen 
planche 71. L'hiver venu, ces oiseaux se joignent aux autres 
Corvidés avec lesquels ils vivent en bandes, sur les routes, les 
fumiers répandus dans les champs, le bord des ruisseaux 
d'eau vive, où ils trouvent toujours quelques épaves, suffi- 
santes à leur robuste appétit. 



— 17 — 
Indifférent. — Sédentaire. 




Corneille choucas. 

Corneille-de-tour. 

Corvus monedula. 

Famille des Corvidés 



- 18 - 
Nuisible. — Sédentaire. 




Geai. 

Jacques. 

Garrulus glandarius. 

Famille des Corvidés. 



— 18 - 

Geai. 

Représenté à ij3 de grandeur naturelle. 

Classer les oiseaux qui nous font du mal parmi les nui- 
sibles, et ceux qui nous font du bien, et ce sont les plus nom- 
breux, parmi les plus utiles, c'est chose facile; mais c'est 
différent et souvent difficile, quand il s'agit d'assigner une 
place aux oiseaux qui nous font, à la fois, du bien et du mal. 
C'est là le cas du Geai : il a tous les défauts de la Pie, et, 
comme elle, détruit une foule d'œufs et de jeunes oiseaux; 
mais c'est aussi un semeur, un semeur de glands, qui, à ce 
titre, rend des services dans certaines régions. Dans la Cham- 
pagne dite pouilleuse, on a, depuis soixante ou quatre-vingts 
ans, boisé en conifères une grande quantité de terrains 
jusque-là incultes. Or, j'ai constaté dans maints endroits 
que des chênes croissaient au milieu de ces plantations, et y 
prenaient même une place assez importante, alors qu'on n'en 
avait jamais planté. C'est le Geai, grand amateur de glands, 
qui les avait semés. Lorsque cet oiseau a cueilli un gland, il 
l'emporte au loin pour le manger; et si à ce moment il est 
dérangé, il lâche sa graine et s'enfuit. C'est là la cause pre- 
mière de la multiplication des chênes, dont je viens de parler. 
Pourtant, comme ce bienfait est une exception qui ne produit 
d'effet utile que dans certaines régions, je n'hésite pas à 
classer le Geai dans les nuisibles. Le Geai habite nos bois, où 
il se reproduit communément. Il établit son nid sur un arbre 
au point de jonction d'une grosse branche, ou sur de jeunes 
baliveaux branchus. 11 le fait petit par rapport à sa taille, 
extérieurement en brindilles, et le garnit intérieurement tou- 
jours de la même manière, avec de petites racines ; il y 
dépose, au commencement de mai, cinq ou six œufs, rarement 
sept, d'un blanc grisâtre tachés de brun, et parfois de petits 
traits noirs, fins comme des cheveux. 



— 19 — 

Etourneau. 

Représenté à il2 de grandeur naturelle. 

11 y a vraiment lieu de se demander si l'Etourneau est 
migrateur ou sédentaire. En effet, si d'habitude il nous 
quitte en novembre pour nous revenir dès la fin de février, 
dans les hivers doux, beaucoup d'entre eux ne nous quittent 
pas du tout, et commencent à gazouiller dès les premiers 
beaux jours. Cet oiseau est très sociable, et vit en grandes 
troupes, excepté au moment de la pariade. Il est commun 
dans toutes nos régions d'altitude moyenne, et passe son exis-' 
tence très souvent en compagnie de quelques Corneilles, 
dans les prairies, dans les champs en culture, et autour 
des troupeaux. Il fait une grande destruction d'insectes, 
particulièrement des parasites des animaux ; mais il a aussi 
un goût trop prononcé pour les cerises et les raisins dont 
il fait une grande consommation, quand on n'a pas soin 
de l'éloigner au moyen de quelques coups de fusil. Il fait 
deux couvées dans les trous des arbres, quelquefois même 
dans les nids artificiels; la première en avril, et la seconde 
environ deux mois après. Sa ponte est généralement de six 
œufs aussi lustrés que ceux des Pies, mais d'une jolie couleur 
bleu-vert unicolore. Après la première couvée, dès que les 
petits peuvent se suffire, ils se réunissent pour vivre en fa- 
mille; après la seconde couvée, tous, jeunes et vieux se ras- 
semblent pour vivre en communauté, et adoptent un endroit 
où ils se croient en sûreté pour y passer la nuit. Rien d'inté- 
ressant comme de voir cette réunion à la chute du jour, 
quand l'endroit choisi est par exemple un étang. Des cen- 
taines de bandes, composées chacune de centaines d'individus, 
arrivent de minute en minute de tous les points de l'horizon, 
et, en moins d'un quart d'heure, tous sont perchés les uns 
près des autres sur les roseaux qui leur servent d'abri pour la 
nuit. L'Etourneau supporte très bien la captivité, et vit faci- 
lement en cage ; il a l'aptitude de retenir et de répéter assez 
fidèlement les airs qu'on lui a appris. 



Indifférent. 



- '19 - 

Migrateur et sédentaire. 




Etourneau. 

Sansonnet. 

Sturnus vulgaris. 

Famille des Sturmdés. 



- 20 - 
Indifférent. — Migrateur. 




"'^'^>K«;sr^S8*'' 



Pie-grièche écorcheur. 

Agasse-crouer, Mégronère. 

Lanius collurio. 

Famille des Laniidés. 



— 20 — 

Pie-grièche écorcheur. 

Représenté à d/2 de grandeur naturelle. 

Cette charmante petite Pie-grièche nous arrive assez tar- 
divement, à la fin d'avril, pour se reproduire et nous quitter 
de fort bonne heure. Elle se plaît dans les bois, taillis, dans 
les jardins et dans les parcs, où elle se nourrit d'insectes de 
différentes espèces. On l'accuse aussi de faire la guerre aux 
petits oiseaux, mais je n'ai jamais constaté le fait par moi- 
même; je suis disposé à considérer les Pie-grièches en géné- 
ral comme des oiseaux assez utiles, mais en faisant une 
exception pour la plus grande espèce du genre : la Pie-grièche 
grise, qui est carnassière, ce qui est bien connu, car Buffon 
l'avait classée parmi les oiseaux de proie. Voici, au sujet de 
celte espèce, un fait dont j'ai été témoin : à Gentod-Bellevue, 
sur le lac de Genève où j'étais en villégiature, j'ai vu une 
Pie-grièche grise s'emparer d'un Pinson, et l'enfiler sur une 
épine d'acacias qui lui traversait le corps, le plumer et le 
manger sur place. Je reviens à la Pie-grièche écorcheur, qui 
place son nid, artistement bâti comme celui de toutes ses 
congénères, au milieu d'un buisson touffu, ou sur un coni- 
fère; elle lui donne la forme d'une coupe et le tresse avec 
des graminées fraîches, mélangées de mousse et de radî- 
'celles. Les plantes qu'elle emploie sont souvent odorantes, en 
sorte que le nid exhale un doux parfum. La ponte est de qua- 
tre à six œufs très jolis. Cet oiseau est très hardi et très 
courageux; il n'hésite pas à défendre sa progéniture contre 
des oiseaux plus gros et plus forts qui cherchent à s'en em- 
parer. Il ne fait qu'une ponte, ne quitte pas ses petits même 
quand ils sont grands, et voyage en famille jusqu'au moment 
du départ, qui dépasse rarement la fin d'août. 



— 21 — 

Moineau domestique. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

Nous avons deux espèces de Moineaux très communs : le 
domestique, qui est installé autour des habitations, et le Fri- 
quet, qui préfère la vie des champs. Tout le monde connaît 
le premier, qui vit autour de nous en parasite, pillant partout 
où il en trouve [l'occasion ; hardi et entreprenant, il s'intro- 
duit dans les greniers à grains, dans les poulaillers, dans les 
mangeoires des bestiaux ; mais commell est fin et rusé, il se 
laisse difficilement surprendre, et c'est seulement au moment 
de la neige, et quand la faim lui enlève sa pénétration habi- 
tuelle, qu'il se laisse parfois surprendre par les enfants, ses 
ennemis-nés. Malgré tout, le Moineau nous rend des services, 
car il détruit beaucoup d'insectes, particulièrement au mo- 
ment des nichées ; il en nourrit exclusivement ses petits, et 
le hanneton entre pour une large part dans cette alimenta- 
tion. 

Les Américains ont cru bien faire en introduisant et en 
acclimatant chez eux cet oiseau qui les avait séduits par son 
effronterie même, et pour lequel ils ont édicté des lois spé- 
ciales. Mais notre Pierrot s'est si bien trouvé de ce régime 
exceptionnel, qu'il a prospéré, et qu'il s'est multiplié d'une 
façon telle, dans son pays d'adoption, que ses protecteurs, 
après constatation des résultats, ont dû prendre de nouvelles 
mesures législatives pour enrayer la trop grande multiplica- 
tion de leur ancien ami. 

Le Moineau fait deux pontes par an, quelquefois trois; il 
place son nid, fait sans art, dans une crevasse de mur, sous 
une tuile, dans un vieux nid d'Hirondelle, et parfois même il 
lui donne la forme d'une boule pour l'établir soit dans une 
persienne, soit en haut d'un peuplier. La ponte est habituelle- 
ment de cinq ou six œufs. 



Indifférent - Sédentaire. 




l:^ 



Moineau domestique. 

Pierrot. 

Passer domesticus. 

Famille des Fringillidés. 



— 22 — 
Utile. — Migrateur et sédentaire. 




Pinson ordinaire. 

Pinson. 

Fringilla cœlebs. 

Famille des Fringiludés. 



— 22 — 

Pinson ordinaire. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

Le gentil Pinson est un des oiseaux les plus répandus de 
notre pays, et dans les régions où il est de passage; il arrive 
de jour, depuis le courant de février, jusqu'à la mi-mars, 
les femelles précédant d'habitude les mâles de huit ou dix 
jours. Il repart depuis le milieu d'octobre jusqu'à la fin de 
novembre, mais il n'y a guère de régions tempérées, où 
il n'en reste quelques-uns pendant l'hiver. Il se plaît par- 
tout, dans les bois comme dans les jardins, et dès la fin de 
février, si le temps est doux, il nous annonce le retour des 
beaux jours, en lançant vers le ciel sa joyeuse et éclatante 
chanson. Il a aussi un cri rauque qu'il réserve pour les 
mauvais temps, et qui a donné lieu à ce dicton : Le Pinson 
chante la pluie. Malgré son bec de granivore, cet oiseau est 
grand amateur d'insectes, et surtout de mouches qu'il sait fort 
bien gober au vol, à la façon du Gobe-mouche. Il accepte 
très bien la captivité, devient très familier, et très sensible 
aux gourmandises qu'on peut lui offrir; telles que les pépins 
de pommes ou de poires. Il est très estimé par les éle- 
veurs du Nord et de la Belgique, et donne lieu à des con- 
cours de chant; mais on m'a assuré que certains amateurs 
pour obtenir un chant plus fréquent n'hésitaient pas à lui 
crever les yeux. Si la chose est vraie, c'est, à mon avis, une 
cruauté impardonnable. Le Pinson fait deux nichées, la pre- 
mière en avril-mai et la seconde en juin-juillet; son nid est 
un modèle, il le compose de mousse et de lichens, habilement 
entrelacés avec des fils d'araignées; modelé à l'intérieur avec 
de la laine, du crin et des plumes ; il le place sur une grosse 
branche à son enfourchure, oa contre le tronc. Il y dépose 
quatre ou cinq œufs dont nous représentons un spécimen 
caractéristique. 



— 23 — 

Verdier ordinaire. 

Représenté grandeur naturelle. 

Certains de nos oiseaux sont à la fois migrateurs et séden- 
taires, c'est-à-dire que, dans une même espèce, certains su- . 
■jets ne nous visitent qu'aux passages, ou au moment de leur 
reproduction, tandis que d'autres passent toute leur existence 
près de nous. En outre, quelques-uns, qui sont des migra- 
teurs dans les régions froides de la Suisse, de la Belgique et 
du nord-est de la France, sont au contraire sédentaires dans 
l'ouest et dans le midi de notre pays. On voit, par ce simple 
exposé, combien les expressions migrateurs ou sédentaires 
sont élastiques, et combien il importe de ne pas leur recon- 
naître une exactitude rigoureuse et scientifique. 

Le Verdier, dont je dresse la notice, et que j'indique à la 
fois comme migrateur, ce qu'il est en Lorraine, par exemple, 
est au contraire sédentaire dans le sud-ouest de la France. 
C'est un oiseau bien modeste dont le cri d'appel est dur, mais 
dont le chant, au moment des amours, est assez doux, car 
certaines notes rappellent celles du Canari. Il habite peu les 
bois, mais préfère les parcs, les vergers et les jardins, où il 
vit d'insectes et de petites graines insignifiantes. Il fait tantôt 
une, tantôt deux couvées, construit son nid sans art, et y pond 
quatre ou cinq œufs semblables à ceux de tous les Fringilli- 
dés. D'habitude, c'est sur les arbres qu'il établit le berceau de 
sa future famille ; mais j'en ai connu un couple qui est revenu 
plusieurs années de suite le refaire à cinquante ou soixante 
centimètres de hauteur dans un groseillier à maquereaux. Les 
Verdiers qui émigrent passent en mars et en octobre, et 
comme c'est un oiseau qui se prête à merveille à servir de 
meute et d'appelant, il était très apprécié des oiseleurs qui 
tendaient à la tirasse, quand ce mode de chasse si pernicieux 
était encore autorisé. 



- 23 — 
utile. — Sédentaire et migrateur. 




Verdier ordinaire. 

Rutant, Térin-Bruant. 

Fringilla chloris. 

Famille des Fringillidés. 



— 24 — 
Indifférent. — Sédentaire. 




Bouvreuil vulgaire. 

Pionne. 

Pyrrhula vulgaris. 

Famille des Fringillidés. 



~ 24 - 

Bouvreuil vulgaire. 

Représenté -presque grandeur naturelle. 

Ce charmant oiseau qui, sans être rare, n'est commun nulle 
part, appartient à un genre composé de six ou sept espèces, 
qui riTalisent toutes entre elles par leur joli plumage, dont le 
rouge et le rose sont les couleurs dominantes, et qui, malgré 
cette brillante livrée, sont les hôtes habituels des régions les 
plus froides de l'Europe orientale, et même de la Sibérie ; en 
sorte qu'elles ne visitent notre pays que rarement et acciden- 
tellement. Ces couleurs ne sont d'ailleurs que l'attribut du 
mâle; ainsi chez la fem^elle de notre Bouvreuil, le joli rouge 
qui décore ses parties inférieures est remplacé par du gris. 
Cet oiseau préfère les bordures des bois, et les bosquets des 
parcs à tous autres lieux ; il y vit solitaire, faisant entendre de 
loin en loin son doux et plaintif sifflet. Il se nourrit de baies de 
toutes sortes, de mûres sauvages et en particulier du fruit du 
troëne, et en hiver de graines dures telles que celles du lilas, 
du staphilier, et autres du même genre, sachant, quand elles 
lui font défaut, se rabattre sur les bourgeons des arbres et ar- 
bustes. Il est très apprécié des oiseleurs, qui s'en emparent faci- 
lement, car il arrive au premier coup de l'appeau ; il supporte 
bien la captivité, apprend très facilement à siffler certains 
airs, mais, en cage, perd un peu de l'intensité de sa belle 
couleur. Il niche au commencement de mai, et place sur les 
buissons, à peu de hauteur, son nid de mousse, dans lequel il 
fait toujours entrer quelques fines brindilles, qui en sont 
comme l'élément caractéristique. Les œufs, habituellement au 
nombre de cinq, sont d'un vert clair, semés de quelques 
petits points d'un beau brun noir. Il y a, dans les montagnes 
élevées, une seconde race ou forme de notre Bouvreuil com- 
mun que l'on a nommé le Ponceau, mais qui ne se distingue 
de l'autre que par une taille un peu plus forte. 



— 25 — ■ 

Chardonneret élégant. 

Rex)résenlé grandeur naturelle. 

Cet oiseau, assez commun, compte parmi les plus intéres- 
sants, tant par son chant, que par son élégante beauté. La 
femelle ressemble au mâle, mais avec une coloration moins 
vive et plus modeste. Le Chardonneret vit un peu partout 
de petites graines, de baies, d'insectes et, principalement, de 
la semence de la plante qui lui a donné son nom. Bien que 
d'un caractère emporté et quinteux, il est sociable et vit en 
famille, parfois en grande troupe, jusqtfau moment de la 
pariade qui a lieu en mai. Son nid ressemble en petit à celui 
du Pinson ; mais, au lieu de le placer contre le tronc d'un 
arbre, il l'édifie à l'extrémité des branches où il est par- 
faitement caché par les feuilles naissantes et mollement 
balancé par le vent. Pourtant il lui arrive parfois d'être ren- 
versé par l'orage; j'ai été témoin du fait et de ses consé- 
quences. Il y a quelques années, un nid fut ainsi détruit dans 
mon jardin; pendant quelques jours le couple se consulta, 
puis se remit résolument à l'ouvrage et, cette fois, construisit 
son berceau contre le tronc d'un tilleul, à l'abri d'une branche 
naissante, afin d'être protégé contre l'ouragan. Sa réflexion 
fut récompensée, et les petits quittèrent le nid sans encombre. 

Le Chardonneret pond quatre ou cinq œufs, ayant l'aspect 
général de tous les œufs de Fringillidés. En résumé, c'est un 
oiseau très apprécié des oiseleurs, par sa rusticité, sa gentil- 
lesse et sa beauté. 11 en est de même de deux Fringilles de 
son groupe, le Tarin et le Cini, qui sont fort intéressants, et 
dont je me reprocherais de ne pas parler. 

Le Tarin est d'une jolie nuance verte et jaune; il est petit, 
trapu, toujours en mouvement, et adore de se promener la 
tète en bas, sur les cônes des arbres verts; il chante assez 
agréablement et se plaît en captivité, où il devient très fami- 
lier. Le Cini porte une livrée presque semblable, mais il est 
plus allongé, plus svelte et plus distingué ; il est un peu moins 
robuste, mais rachète ce petit défaut par une voix dont il se 
sert à merveille, car c'est un artiste consommé. Je reviendrai 
d'ailleurs sur ces espèces intéressantes. 



9.^ 



Utile. — Sédentaire et de passage. 




Chardonneret élégant. 

(^arduelis elegan.s. 
Famille des Fringillidés. 



— 26 — 
utile. — Sédentaire et de passage. 




Linotte ordinaire. 

Linot de vigne, 

Gannabina linotta. 

Famille des Fringillidés. 



— 26 — 

Linotte ordinaire. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

La Linotte est commune dans les pays de plaines où l'on 
cultive le lin ou la navette, mais sans être rare dans les au- 
tres régions. Elle nous arrive en troupes en mars pour se 
reproduire, et repart en octobre-novembre; quelques-unes ne 
nous quittent pas, et, réunies en grandes bandes, passent 
l'hiver près de nous. 

Il y a quelques années, par une belle neige du mois de fé- 
vrier, étant à la chasse, l'oreille tendue en attendant l'arrivée 
du sanglier, j'entendis tout à coup un magnifique concert d'oi- 
seaux qui chantaient à l'envi, comme au milieu de l'été. Je 
courus vers eux et, dans une coupe où de nombreux chardons 
émergeaient de la neige, je vis ces plantes couvertes de Li- 
nottes et de Chardonnerets; c'étaient mes petits chanteurs qui 
me prouvaient ainsi, par le plus beau des raisonnements du 
m.onde, qu'ils ne craignent pas le froid, mais seulement le 
manque de nourriture. 

D'ordinaire, ce n'est guère qu'au moment de la pariade, 
c'est-à-dire en avril, que la Linotte commence à nous faire 
entendre sa douce et suave chanson. Elle construit son nid 
dans les haies, dans les arbustes à feuilles persistantes, et le 
compose de tiges de graminées à demi desséchées, comme 
la plupart des Fauvettes, le garnit de laine et de crin à l'inté- 
rieur, et y dépose en mai cinq ou six œufs. Comme j'ai 
trouvé son nid en juin-juillet, il y a lieu de croire qu'elle fait 
deux pontes. La Linotte vit de toutes espèces de bestioles, et 
de petites graines auxquelles elle préfère les semences des 
plantes potagères; telles que laitues, salsifis, etc., quand le 
jardinier n'y met pas ordre. 



27 



Bruant jaune. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

Le Bruant jaune fait partie d'un genre qui compte un grand 
nombre d'espèces, et qui relie les Fringiilidés aux Alaudidés. 
Les oiseaux de ce groupe, en effet, Lien que pouvant se per- 
cher, préfèrent, comme les Alouettes, passer à terre la plus 
grande partie de leur existence. Quelques-uns d'entre eux, 
que les ornithologistes ont nommé Plectrophanes, ont l'ongle 
du pouce très long et presque droit, comme les véritables 
Alouettes. 

Le Bruant jaune est assez variable dans sa livrée, et il y a 
de vieux mâles qui, lors de leur plumage de noce, ont la tête 
et le cou d'un beau jaune sans tache. La femelle est toujours 
moins colorée et porte une robe beaucoup plus terne. 

Cet oiseau est fort répandu; on le trouve un peu partout, 
mais de préférence sur la lisière des bois, près des haies ou sur 
les coteaux arides, couverts de buissons rabougris. Ce sont là 
ses lieux de prédilection, où il vit le plus souvent à terre, 
cherchant les insectes, les baies et les grosses graines néces- 
saires à sa nourriture. Son cri d'appel est aigu et son chant 
n'a rien de bien agréable. Il niche dès le commencement de 
mai, place son nid à terre ou au bas des buissons épineux, le 
cache fort habilement et le garnit soigneusement de crin à 
l'intérieur; sa ponte est de quatre ou cinq œufs, rarement 
six. En hiver, il se rapproche des habitations et se mêle aux 
Moineaux pour chercher sur les fumiers et dans les granges 
les quelques graines nécessaires à sa subsistance. Malheureu- 
sement aussi, c'est le moment dont profitent les braconniers 
pour attirer les oiseaux sédentaires derrière les maisons, en y 
jetant de la menue paille pour les affûter et en tuer le plus 
possible d'un seul coup de fusil. 



57 — 



Utile. 



Sédentaire. 



4^^ 




Bruant jaune. 

Verdière. 

Emberiza citrinella. 

Famille des Fringillidés. 



Utile. — Migrateur. 




Bruant Ortolan. 

Ortolan. 

Emberiza hortulana. 

Famille des Fringillidés. 



— 28 — 

Bruant Ortolan. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

L'Ortolan est un aimable et très utile oiseau, qui devient 
fort rare en raison de la chasse insensée dont il est l'objet. 
J'ai eu dernièrement l'occasion de parler de lui à la Société 
d'Acclimatation de France, et je crois bien faire de résu- 
mer ici la partie de mon discours qui se rapportait à lui. 
C'est une des rares espèces qui se confinent presque exclu- 
sivement dans nos vignes en côte, où elle vit de petites 
graines, de plantes insignifiantes, comme la renouée, d'in- 
sectes, particulièrement d'Eumolpes et de Pyrales, qui com- 
mettent, comme on le sait, tant de dégâts dans nos vignes. 
L'Ortolan passe la saison froide en Afrique, et arrive dans 
notre pays par plusieurs voies d'émigration que je vais indi- 
quer. Les uns, suivant la côte ouest d'Espagne, arrivent par 
Biarritz, en avril-mai, et se répandent dans les vignes de 
l'Ouest jusqu'en Bretagne. D'autres, préférant la côte est, pé- 
nètrent en France au pied des Pyrénées par Port-Bou et Port- 
Vendres. Un troisième courant traverse l'Italie, remonte dans 
l'Est de la France et s'étend, comme dans FOuest, jusqu'aux 
dernières régions où se cultive la vigne. 

Voilà certes un oiseau qui ne nous cause aucun dommage, 
qui rend les plus grands services et qui, pourtant, devient 
extrêmement rare en raison de la chasse autorisée qu'on lui 
fait au printemps, au moment même de sa reproduction. J'ai 
vu tout récemment dans les Pyrénées-Orientales les empla- 
cements où se posent les filets destinés à les bourser; c'est 
ainsi que dans un pays de grande culture viticole, on sou- 
haite la bienvenue au fidèle allié du vigneron ! L'Ortolan niche 
en mai, place son nid à terre au pied d'un buisson ou d'un 
cep de vigne, le cache fort habilement, le garnit de crin et 
de plumes à l'intérieur, et fait une seule ponte de quatre ou 
cinq œufs d'une très jolie nuance lilacée. 



29 



Alouette des champs. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

L'Alouelte peut être considérée comme un migrateur dans 
nos régions de l'Est, car c'est à peine s'il en reste quelques 
individus pendant l'hiver, tandis que le reste se porte en tro- 
upes immenses vers le midi ou l'Ouest de la France pour 
y passer la mauvaise saison. Dans l'Ouest, au contraire, elle 
peut être considérée comme sédentaire. C'est un merveilleux 
chanteur, qui, dès les premiers beaux jours, s'élance dans le 
ciel pour annoncer le réveil de la nature si longtemps endor- 
mie. C'est certainement le plus commun des oiseaux qui 
habitent nos plaines en culture, où, dès l'aube, il appelle le 
laboureur au travail. Aussi les anciens Gaulois en avaient fait 
un emblème, d'un choix plus heureux que celui de l'Aigle, 
préféré aujourd'hui. 

L'Alouette nous arrive, dès la fin de février, en bandes 
nombreuses qui se succèdent souvent jusqu'à la fin de mars. 
Elle ne perche pas, pose son nid à terre, dans les céréales, 
dès que la végétation lui permet de le cacher : c'est d'habi- 
tude vers le 15 avril. La ponte est de cinq ou six œufs, et les 
petits viennent très vite, grâce à l'abondante nourriture d'in- 
sectes, particulièrement de charançons, dont leurs parenls ne 
les laissent pas manquer. Aussi, dès qu'ils peuvent se suffire, 
les parents recommencent une nouvelle ponte et continuent 
ainsi jusqu'à la fin de juillet; en sorte que je ne puis dire s'ils 
font deux ou trois couvées dans l'année. Grâce à cette fécon- 
dité, facilitée par les milieux dans lesquels vit l'Alouette, grâce 
aussi à la difficulté pour les Carnassiers et les Rapaces de la 
trouver dans les moissons où elle est si bien cachée, l'espèce 
ne paraît pas diminuer, du moins dans l'Est; car je sais qu'on 
se plaint dans le centre de la France de la trouver moins 
abondante qu'autrefois. Elle nous quitte de la mi-octobre à la 
fin de novembre et voyage de jour, ainsi qu'elle le fait à son 
arrivée. 



utile. 



— 29 - 
Sédentaire et migrateur. 




Alouette des champs. 

Alauda arveiisis. 
Famille des Alaudidés. 



— 30 — 
utile. — Migrateur. 




Pipi des arbres. 

Grosse Sincelte, Grosse Sincignotte. 

Anthus arboreus. 

Famille des Motacillidés. 



— 30 — 

Pipi des arbres. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

Cet oiseau, en plumage d'automne, ressemble à s'y mé- 
prendre à une espèce voisine : la Pipi farlouse^ bien qu'il 
soit légèrement plus gros. Mais il est facile de le distinguer, 
par l'ongle du pouce qu'il a beaucoup plus court que son 
congénère. Celte différence explique d'ailleurs pourquoi il 
perche beaucoup plus que la seconde espèce. Son cri aussi 
est différent; c'est une phrase unique, tandis que le second 
répète pit-pit, d'où le nom appliqué à tout le genre. Le 
Pipi des arbres, commun dans notre pays, passe de jour, 
isolément ou en très petites bandes, nous arrive en mars pour 
se reproduire et nous quitte au commencement de septembre. 
Presque toujours, son passage précède de huit ou dix jours 
celui de la Farlouse. 

Dès son arrivée au printemps, il s'apparie et commence dès 
l'aube à nous régaler de ses longues et merveilleuses chan- 
sons. Perché au sommet d'un arbre, il surveille sa femelle 
occupée du soin de l'incubation, en l'encourageant de ses 
chants amoureux, qu'il n'interrompt pas un instant, même 
lorsqu'il s'élance vers le ciel, plane un instant et retombe sur 
son perchoir. 

Ces oiseaux font leur nid à terre dans les bois, dans les 
broussailles, un peu partout, y déposent à la fin d'avril quatre, 
cinq, quelquefois six œufs, et font une seconde ponte dès que 
les petits peuvent se suffire. Les œufs des Pipis ont beaucoup 
d'analogie avec ceux des Alouettes; ils sont un peu plus foncés 
de coloration et plus couverts de taches. Ceux du Pipi des 
arbres varient à l'infini; il y en a de verts, marbrés d'olive, de 
bruns de toutes nuances, enfin, de rouges et même de roses, 
mouchetés de roux ou de brun. 



31 



Bergeronnette grise. 

Représenté ]jresque grandeur naturelle. 

La Bergeronnette grise, appelée aussi Lavandière, est un 
des plus gracieux oiseaux de ce groupe intéressant. Elle est 
commune, émigré de jour, nous arrive en mars pour nicher, 
et nous quitte en septembre et même en octobre. C'est un 
oiseau sans méfiance, vivant un peu partout, dans les prés, 
dans les jardins, autour des villages, mais fidèle à ses habi- 
tudes, et aimant à revenir chaque année au lieu qui Fa vu 
naître. C'est ainsi que j'en ai un couple qui m'arrive parfois 
dès le commencement de mars et qui, dès son retour, reprend 
ses habitudes de chaque année. Il faut voir ces oiseaux vole- 
ter çà et là dans ma cour, chercher l'emplacement du nid 
futur, courir en balançant avec grâce leur longue queue, 
faisant un petit vol de côté pour éviter la personne qui passe, 
mais sans manquer jamais l'occasion de saisir prestement un 
insecte, une mouche qui vole, ou surtout une plume précieuse 
pour la confection du berceau de leur future famille. 

En 4893, les Martinets s'étant emparés du trou où ils ni- 
chaient d'habitude, nos oiseaux, se rappelant leur mésaven- 
ture, ont choisi, cette année, pour y cacher leur nid, l'embra- 
sure d'une petite fenêtre où ils s'élablirent entre le châssis 
vitré et la persienne extérieure. C'est là que, vers le 15 avril, 
après avoir établi sur la semelle de la fenêtre un pont de 
mousse, ils élevèrent leur nid dans un angle en lui donnant 
la forme carrée de ses contours, tout en laissant à l'intérieur 
sa forme ronde habituelle. La ponte commença le 22 avril, fut 
de six œufs, que la mère se mit à couver le 28. Le 9 mai, les 
petits étaient éclos. Le 3 ou le 4 juin, ils avaient quitté le nid 
et voletaient çà et là sous la surveillance inquiète et jalouse 
de leurs parents. Le 18 juin, la Bergeronnettte recommençait 
une seconde ponte de six œufs, qu'elle réussit aussi bien que 
la première. Ajoutons que cet oiseau a un petit gazouillement 
très agréable. 



utile. — Migrateur. 




Bergeronnette grise. 

Hoche-cul gris. 

Motacilla alba. 

Famille des Motacillidks. 



— 32 — 
Utile. — Migrateur. 







Loriot jaune. 

Monté-haut- Pierrot. 



Famille des Oriolidés. 



- 32 — 

Loriot jaune. 

Représenté à i/2 de grandeur naturelle. 

Le Loriot, avec sa robe splendide d'or orangé et ses ailes 
noires, semble un oiseau exotique transporté tout d'un coup 
dans un pays qui n'était pas le sien. Le pigment jaune qui 
le colore est si énergique, que toute sa chair et même ses 
os sont imprégnés d'une nuance jaune; on fait la même 
observation sur la femelle, bien que sa livrée soit plus mo- 
deste et beaucoup moins colorée. 

Ces oiseaux arrivent à la fin d'avril ou au commencement 
de mai dans nos régions tempérées et sont toujours assez rares, 
même dans leurs lieux de prédilection, les parcs ou les forêts 
où dominent le hêtre et le charme. Ils se nourrissent d'in- 
sectes, de larves et de chenilles; ce qui ne les empêche pas 
d'être de grands amateurs de cerises douces, dont ils font 
une grande consommation, quand on n'y met pas obstacle. Le 
mâle a un chant sifflé assez monotone, et la femelle, ainsi que 
ses jeunes, un cri qui rappelle celui d'une chatte en colère. 

Cet oiseau est un constructeur de premier ordre, qui sus- 
pend son nid à l'enfourchure des branches basses des arbres, 
principalement des hêtres et des charmes. Il le tresse en le 
liant sur les côtés avec une sorte de stype résistante, qui lui 
permet de le faire à la fois très mince et très solide. Il y dé- 
pose quatre, rarement cinq œufs d'un blanc lustré à taches 
noires assez rares, et dont je donne un spécimen. Ces taches 
sont si peu solides qu'il suffit, en les mouillant, de les frotter 
un peu pour les faire disparaître complètement. Les petits 
vivent en famille avec leurs parents, et ne les quittent plus 
jusqu'au moment de leur départ qui a lieu en août. 



33 



Rouge-gorge. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

Le Rouge-gorge est aux autres oiseaux ce que la Violette 
est aux autres fleurs ; en effet il est modeste, non sans grâce, 
confiant et honnête, et ne nous rend que des services, en 
ne vivant que d'insectes, de larves et, à leur défaut, de peti- 
tes baies sans valeur. Il nous arrive en mars, se repro- 
duit, et nous quitte en octobre, à l'exception du petit nom- 
bre de ceux qui nous restent pendant Ja mauvaise saison. 
Malheureusement, comme il est confiant et quil adore les 
vers, il suffit de gratter un peu la terre pour qu'il vienne sans 
méfiance se faire prendre à tous les pièges ; aussi les tendeurs 
lui ont fait depuis longtemps une guerre si cruelle que, de 
commun, très commun même qu'il était au moment de mon 
enfance, il est devenu presque rare aujourd'hui. 

C'est encore un de nos bons chanteurs, et si son chant n'a 
pas l'ampleur de celui de la Grive, il n'en plaît pas moins, car 
il est empreint d'une douceur mélancolique qui est pleine de 
charme. Ceux qui nous restent en hiver trouvent leur nourri- 
ture sous les feuilles, ou mangent quelques baies comme celles 
du fusain de nos bois ; mais lorsque la neige couvre la terre 
pendant longtemps, le pauvre petit se rapproche des maisons, 
pénètre sous les halhers, dans les granges, partout où il espère 
trouver des larves ou des chrysahdes cachées dans de petits 
coins, et au besoin des araignées. Cet hiver, on vint m'en 
apporter un qui s'était laissé prendre à la main, et dont les 
pattes étaient empêtrées dans des toiles d'araignées. Je l'en 
débarrassai, je lui fis prendre quelques miettes de pain trem- 
pées dans du vin, et j'eus la satisfaction de le voir s'envoler 
content, et peut-être plus reconnaissant que certains humains 
à qui Ton a rendu service. Cet oiseau cache son nid à terre, le 
plus souvent sous un tertre, quelquefois dans un mur de 
pierres sèches, et y pond en avril cinq, six et même sept œufs 
assez courts, blancs et maculés de rouge pâle : je crois qu'il 
fait une seconde ponte en juin. 



— 33 — 
Utile, — Migrateur. 




Rouge-gorge. 

Rubecula familiaris. 
Famille des Turdidés. 



- 34 - 
Utile. — Migrateur. 




Grive musicienne. 

Grive de vignes. 

Turdus musicus. 

Famille des Turdidés. 



— 34 — 

Grive musicienne. 

Représenté à 1/2 de grandeur naturelle. 

La Grive, commune partout, arrive en février-mars pour se 
reproduire dans notre pays. C'est avecraison qu'elle a été nom- 
mée m-usicienne, car c'est l'un de nos plus merveilleux chan- 
teurs. Dès son arrivée, cet oiseau fait retentir nos bois et nos 
bocages de ses chants harmonieux qui, par leur variété, la 
finesse et la mélodie de leurs accents, rivalisent avec ceux du 
Rossignol. Il a même en plus un talent d'assimilation qui lui 
permet d'imiter, à s'y méprendre, le chant de ses rivaux. 

Gomme ses congénères, il se nourrit de baies, d'insectes et 
de petits mollusques, mais il a une préférence marquée pour 
les cerises et les raisins quand ils arrivent à maturité. Le Gros- 
bec déchire les cerises sur l'arbre pour avoir le noyau, objet 
de sa préférence ; et c'est plaisir de voir les Grives courir à 
terre sous le cerisier pour y ramasser soigneusement les pul- 
pes dédaignées par compère Gros-bec. Je ne sais si, comme on 
le prétend, la Grive s'enivre en mangeant des raisins ; mais le 
fait est que j'en ai vu plus d'une s'envoler des vignes à mes 
pieds, comme si elles avaient perdu leur vigilance habituelle. 
Elle est encore très amateur de vers de terre, dont elle fait 
une grande destruction. 

C'est le soir et le matin, au moment du crépuscule, qu'on la 
voit dans les prés, sur le bord des bois qu'elle habite, attendre 
la sortie de terre du ver, qu'elle avale avec délices ; on com- 
prend qu'étant aussi gourmande, la Grive prenne très facile- 
ment la graisse ; aussi est-elle très appréciée des gourmets et 
des chasseurs, qui la recherchent au moment des vendanges. 
Cet oiseau pose son nid à l'enfourchure des arbres ou contre 
leur tronc ; il le construit extérieurement en mousse comme 
le Merle, mais l'intérieur, qui est très grand relativement, est 
régulièrement arrondi et toujours garni de sciure de bois par- 
faitement amalgamée. La ponte est de quatre ou cinq œufs 
très jolis, et, dès que les petits peuvent se suffire, les parents 
recommencent une seconde couvée. 



— 35- 

Merle noir. 

Représenté à il2 de grandeur naturelle. 

Le Merle noir est commun en France et en Belgique. Il 
est sédentaire dans certaines régions, migrateur dans d'au- 
tres ; arrive en mars pour se reproduire, et repart en octo- 
bre. C'est un oiseau remuant, actif, curieux, aimant beau- 
coup à courir sur terre et, comme tous ses congénères, à 
remuer les feuilles mortes, les bois pourris, pour s'y régaler 
de vers, d'insectes et de petits mollusques qui forment la base 
de son alimentation. Dans les terrains où les grosses pierres 
sont rares, on trouve souvent à leur base de petits amas d'hé- 
lices vides, percées d'un trou sur leur dernier tour : ce sont 
les Merles qui les ont ainsi trouées en les frappant contre les 
pierres pour en extraire plus facilement le mollusque. En hi- 
ver, ils se nourrissent de baies de toutes sortes, notamment de 
celles d'épines et de buissons ardents. Ceci me rappelle un 
incident qui dépeint bien le caractère de cet oiseau méfiant, 
mais taquin. L'un d'eux a passé tout cet hiver sur une épine 
dite ergot de coq, qui était chargée de graines et se trouve 
dans mon jardin; un jeune chien d'arrêt, qui s'y promenait 
chaque jour avec moi et connaissait la remise du Merle, s'em- 
pressait à chaque promenade d'aller le relancer dans son buis- 
son. Au début, l'oiseau effaré s'envolait à tire-d'aile ; mais il 
eut bien vite compris que le danger était nul pour lui ; aussi 
éprouvait-il une vive satisfaction à se poser deux mètres plus 
loin ou deux mètres plus haut, ou s'envolait et revenait immé- 
diatement au point de départ, en s'égayant visiblement du 
désespoir nerveux du pauvre chien qui ne pouvait l'atteindre. 

Le Merle s'apparie de très bonne heure, et il n'est pas rare 
de trouver des œufs dès le commencement de mars. Il place 
son nid, de mousse extérieurement, intérieurement de feuil- 
les, soit dans une fente de rochers, soit dans un buisson ou sur 
un petit arbre. Sa ponte est de quatre, cinq et même six œufs. 



— oo — 
Utile. — Sédentaire et de passage. 




Merle noir. 

Merle à bec jaune. 

Turdus merula. 

Famille des Turdidés. 



— 36 - 
utile. — Migrateur. 




Rossignol. 

Philomela luscinia. 
Famille des Turdidés. 



J6 



Rossignol. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

C'est vers la mi-avril que nous arrive de nuit, comme la 
plupart des insectivores, cet oiseau auquel les poètes, com- 
me les naturalistes, ont fait une si grande réputation d'ar- 
tiste et de musicien de premier ordre. Il est certain que" 
sa voix est remarquablement puissante, qu'il est infatigable^ 
chantant de jour, chantant de nuit, par le beau comme par 
le mauvais tem.ps, et qu'il personnifie bien l'idée, plus poéti- 
que que réelle, d'un éternel amour. Mais je ne suis pas de 
l'avis de ceux qui prétendent que sa mélodie varie constam- 
ment ; et si je le compare à quelques-uns de nos grands 
chanteurs, à la Grive, à la Fauvette à tête noire, pour ne citer 
que ceux-là, je ne trouve pas, pour mon compte, qu'il leur soit 
si supérieur qu'on veut bien le dire généralement. 

Le Rossignol recherche de préférence, pour s'y établir, les 
taillis épais des forêts et des parcs à proximité d'eau vive, et 
où il lui soit facile de cacher son nid. 11 vit beaucoup à terre, 
gratte les feuilles sous lesquelles il trouve les larves, dont il 
est particulièrement gourmand. C'est dans le milieu de mai 
qu'il construit son nid, exclusivement composé de feuilles sè- 
ches, sauf quelques crins qui en garnissent l'intérieur. 11 le 
place à terre dans un petit enfoncement, ou au milieu d'une 
trochée près du sol, le cache toujours avec le plus grand soin 
et y dépose sa ponte, presque toujours de cinq œufs. C'est 
pendant l'incubation que le Rossignol chante avec le plus- 
d'ardeur et qu'il mérite le plus justement son titre de chantre 
des belles nuits d"été. De toutes les larves dont il fait sa nour- 
riture, c'est à celles connues sous le nom de vers de farine 
qu'il donne la préférence ; aussi, les oiseleurs ne manquent 
pas de s'en servir pour amorcer leurs pièges, comme l'amateur 
pour sevrer le pauvre captif. 

Le Rossignol nous quitte vers la fin d'août ou dans les pre- 
miers jours de septembre. 



— 37 — 

Rossignol de muraille. 

Représenté grandeur naturelle. 

Le Rossignol de muraille nous arrive dans les premiers 
jours d'avril, il est très commun au moment des passages, 
mais recherche les régions tempérées et peu élevées pour s'y 
reproduire. Ce n'est qu'en petit nombre qu'il niche dans les 
lieux élevés et dans les montagnes, où il laisse la place à son 
congénère le Tithys. Ces oiseaux ont les habitudes générales 
des Turdidés; mais ils s'en distinguent par un petit mouve- 
ment saccadé, accompagné d'un balancement de la queue qui 
a quelque chose de nerveux, mais en tout cas de caractéris- 
tique. Ils se posent de préférence sur les points élevés, sur 
un tuteur, une palissade, en haut d'un mur, ou au faîte d'un 
toit. C'est de là qu'ils aiment à redire leur modeste chanson. 
Ils recherchent tous les insectes, dont ils font exclusivement 
leur nourriture, les larves, les vers, et surtout les mouche- 
rons dont ils font d'amples destructions. 

Cet oiseau place son nid de mousse, fait sans art, sous les 
tuiles, dans les murs de pierres sèches, et dans les trous 
naturels des arbres. La ponte est de cinq à sept œufs d'un 
très joli bleu clair qui ressemblent à s'y méprendre à ceux de 
l'Accenteur-mouchet. Cette espèce doit faire deux couvées, et 
nous quitte dans le courant de septembre. 

J'ai lieu de croire que le Rossignol de muraille adopte 
volontiers les nids artificiels comme son congénère le Tithys. 
J'ai vu, il y a quelques années, dans un chalet appartenant au 
docteur Minich de Baden (Suisse), des nids artificiels habités 
à la fois par près de quarante couples d'oiseaux de cette 
espèce. 



— 37 — 
utile. — Migrateur. 




"^^-^C 



Rossignol de muraille. 

Rouge-cul. 
Ruticilla phœnicura. 
Famille des Turdidés. 



- 38 — 
utile. — Migrateur. 




Traquet motteux. 

Tique-molle, Cul blanc. 

Saxicola œnanthe. 

Famille des Turdidés. 



— 38 — 

Traquet motteux. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

C'est dans le courait d'avril que le Traquet motteux arrive 
dans noire pays, pour y passer la belle saison et nous quitter 
à la fin d'août ou au commencement de septembre. C'est un 
oiseau peu commun, qu'on ne trouve que dans les terrains 
sablonneux, arides, surtout près des routes et des carrières. 
Comme les Rubiettes il a xm. petit balancement de la queue 
qui caractérise le genre, et qui est bien d'accord avec son 
caractère, inquiet et sauvage. 11 niche en mai dans les tas de 
pierres ou dans les crevasses des rochers, où il sait cacher 
parfaitement son nid, construit simplement avec quelques 
herbes sèches ; il ne fait qu'une seule ponte de quatre à six 
œufs, d'un bleu céleste très clair et ornés seulement de quel- 
ques petites taches brunes. Il montre une extrême vigilance 
dans la garde de ses petits, poussant des cris aigus quand on 
s'en approche, et c'est à cette habitude que je dus la chance 
de retrouver un animal qu'on m'avait volé. 

J'avais à la maison un jeune sanglier qu'on avait nommé 
Coco; nom distingué, car c'était aussi le surnom du maire de 
mon village. Or, un jour, mon sanglier trouvant la porte ou- 
verte, en profite pour faire l'école buissonnière dans les 
champs; un brave homme, qui le prend pour un animal sau- 
vage, du moins il me l'affirma, l'assomme à coups de bâton, 
et le cache sous un las de trèfle. Mais on m'avait prévenu, et 
j'envoyai le garde qui allait revenir bredouille, quand son 
attention fut éveillée par les cris insolites de deux Traquets 
dont les petits étaient à quelques pas du blessé. Saisir la pau- 
vre bête à demi-morte, la mettre sur ses épaules et la rap- 
porter à la maison fut l'affaire d'un instant. Peu après, alors 
qu'on soignait le pauvre blessé, arrive M. le maire et le chas- 
seur au bâton venant réclamer le fruit de sa chasse. On dis- 
cutait vivement sur le fait, quand une fille de basse-cour bien 
inspirée cria : « Coco », et la pauvre bête, à cet appel cherchait à 
se traîner vers elle. La cause était entendue et M. le maire dut 
se retirer, sans les honneurs de la guerre. 



— 39 — 

Fauvette à tête noire. 

Représenté grandeur naturelle. 

Le groupe des Fauvettes terrestres est nombreux, et se com- 
pose d'artistes de premier ordre, tel que la Fauvette des jar- 
dins; mais la Fauvette à tête noire les surpasse toutes, par 
l'éclat et le velouté de sa vois, et la cadence harmonieuse de 
ses mélodies. Elle nous en fait juge dès son arrivée, qui est 
très précoce, et qui a lieu souvent dès la fin de mars. Elle n'a 
qu'un défaut, si c'en est un, celui d'être commune, et de se 
montrer un peu partout, tout en préférant les jardins ombreux 
où elle trouve le mieux réunies toutes les conditions de son 
existence. Elle se nourrit comme ses congénères, et détruit 
par conséquent beaucoup de larves. Elle est aussi baccivore, 
et a un faible marqué pour les petites groseilles bien mûres. 
Après tout n'est-il pas juste que nous payions un léger salaire 
à cet bote aimable qui nous débarrasse de la vermine, en rem- 
plissant nos jardins de ses suaves chansons. 

Cet oiseau s'attache au lieu qui Fa vu naître, et y revient 
fidèlement chaque année. Un couple s'était installé en 1889 à 
quelques mètres de mon salon et avait construit son nid dans 
une cépée de laurier de cuisine en caisse, et malgré le mau- 
vais vouloir d'un chat dont nous avions réussi à les préserver, 
avait amené à bien sa petite couvée. L'année suivante notre 
couple revint, mais, se rappelant les dangers courus, installa 
son berceau à quelques mètres plus loin, mais cette fois contre 
un mur dans un lierre, où il était à l'abri du félin. C'était 
bien les mêmes qui revinrent plusieurs fois de suite, car ils 
avaient les mêmes habitudes, la même confiance, et les 
mêmes perchoirs. Le nid est composé de tiges plus ou moins 
sèches de graminées entrelacées, et garni de quelques crins 
à l'intérieur. Les œufs, au nombre de quatre ou cinq, varient 
à l'infini, comme ceux du Pipi des buissons. Cette Fauvette ne 
fait qu'une ponte, et nous quitte fin d'août ou commencement 
de septembre. 

Corriger sur la planche utricapilla en atricapilla. 



— oy — 

utile. — Migrateur. 




Fauvette à tête noire. 

Sylvia utricapilla. 
Famille des Turdidés. 



— 40 — 
Utile. — Migrateur. 




Rousserole effarvatte. 

Tlri bava, Fauvette d'eau. 

Calamoherpe arundinacea. 

Famille des Tubdidés. 



— 40 — 

Rousserole eîîarvatte. 

Rep7^ésenté grandeur naturelle. 

Cette petite Fauvette aquatique est très commune dans les 
grands massifs de roseaux qui bordent les cours d'eau et les 
étangs, où elle arrive fin avril ou commencement mai, et 
s'y nourrit exclusivement de larves et d'insectes aquatiques. 
Son chant assez fort ne manque pas d'un certain agrément, et 
son cri perçant peut se traduire : tirî ti?H, bar a bar a, d'où son 
nom vulgaire. Son nid est une petite merveille; elle le tisse 
avec des fibres végétales plates et élastiques, le lie à trois ou 
quatre roseaux qu'elle rapproche, et qui le supportent souvent 
à une hauteur assez grande au-dessus de l'eau. L'intérieur 
est garni de fleurs de roseaux, parfois du coton fourni par la 
massette à larges feuilles, et qui en font une couche moelleuse 
et charmante. Quelquefois aussi, mais plus exceptionnellement, 
l'Effarvatte place son berceau sur un saule ou un arbuste au 
bord des eaux; j'en ai vu un construit immédiatement au-des- 
sous d'un nid de Héron cendré, et malgré les déjections et les 
débris de toute sorte qui tombaient tout autour d'eux, nos 
jeunes Effarvattes, protégées par le nid du Héron, purent 
s'élever sans encombre. 

Cet oiseau pond quatre œufs, rarement plus, ne fait qu'une 
couvée, et nous quitte dès la fin d'août. Lorsque j'allai au Con- 
grès Ornithologique de Budapest, en mai 1891, je fis diverses 
excursions, notamment au lac de Valencze où j'étudiai la nidi- 
fication de plusieurs Fauvettes aquatiques rares, en particu- 
lier de la Mélanopogon, ce qui me permit de constater que, 
lorsque ces petits êtres disposent des mêmes matériaux, leur 
instinct leur enseigne à les employer de même et que, lors- 
qu'ils opèrent différemment, c'est qu'ils y sont forcés par le 
manque des mêmes matières premières. 



— 41 — 

Pouillot fitis. 

Représenté grandeur naturelle. 

Les Pouillots constituent une petite famille très naturelle 
et bien homogène, que certains naturalistes confondent sou- 
vent avec de petits oiseaux portant la même robe comme les 
Hypolaïs, qui en différent cependant par des caractères essen- 
tiels. Ils ont oublié le vieux précepte : nimiuni ne crede colori. 
En effet, s'ils avaient examiné le bec mignon des Pouillots, qui 
a beaucoup d'affinité avec celui des oiseaux muscivores, tels 
que les Roitelets, ils auraient bien vite compris que les Hypo- 
laïs, au bec large et aplati, sont des becs fins aquatiques, qui 
ne ])euvent être rangés dans le même groupe. 

Le Pouillot fitis est le plus commun de cette petite famille; 
il nous arrive dès la fin de mars, se cantonne aussitôt dans les 
bois en côte, surtout dans les forêts de hêtre. C'est au sommet 
des grands arbres qu'il nous fait entendre, dès son arrivée, 
son chant mélodieusement aérien, et c'est au pied de ces 
mêmes arbres qu'il établit son nid, dès les premiers jours de 
mai; il le pose à terre, dans un petit creux du sol, le dissimule 
à merveille, lui donne la forme d'une boule, avec de la mousse, 
des feuilles et des herbes sèches. 11 en garnit l'intérieur avec 
une abondante couche de plumes qui en ferment presque 
l'entrée. Il y dépose six ou sept œufs blancs, à taches parfois 
assez grandes d'un rouge de brique, et ne fait qu'une seule 
couvée. Après les nichées, cet oiseau vit en petites familles, 
et émigré à la fin de septembre. Tous les Pouillots construi- 
sent leur nid de même, et ne diffèrent que sous le rapport du 
cantonnement; le siffleur, par exemple, se cantonne de pré- 
férence dans les forêts en plaine et même humides. 



— 41 — 
utile. — Migrateur. 




Pouillot fitis. 

Chantre. 

Phyllopneuste trochilus. 

Famille des Phyllopxeustides. 



— 42 — 
Utile. — Sédentaire. 



Troglodyte mignon. 

Pelit bœuf. 

Troglodytes parvulus. 

Famille des Trogloditidés. 



— 42 — 

Troglodyte mignon. 

Représenté grandeur naturelle. 

Cet intéressant petit oiseau est assez répandu clans les 
régions moyennes de la P'rance, de la Belgique et de la Suisse. 
Il habite un peu partout où il y a des arbres; dans les jardins, 
dans les bois, et surtout au voisinage des petits ruisseaux 
qu'il semble aimer d'une façon toute particulière. C'est, sans 
contredit, le plus aimable et le plus utile de nos oiseaux séden- 
taires. Il faut le voir, gai, actif, la queue relevée presque verti- 
calement, recherchant partout les petits mollusques, les 
crustacés, les insectes, sans oublier leurs larves et leurs œufs, 
et ne s'arrêtant, par moments, que pour répéter sa retentis- 
sante et mélodieuse chanson. 

Si la neige couvre la terre, si le froid est rigoureux, notre 
ami ne paraît pas du tout en souffrir, mais il se rapproche de 
nos habitations, les visite familièrement, de la cave au gre- 
nier, et sait y trouver toutes les bestioles nécessaires à son 
existence. Il est frileux pourtant, et quand l'hiver devient trop 
rude, comme en 189o-96, notre petit malin, ainsi que je l'ai 
constaté, se réunit à trois ou quatre camarades pour passer 
chaudement la nuit dans un vieux nid d'Hirondelle. 

Il fait son nid en mousse sous les ponts, dans les baraques 
de charbonniers, sous les tertres, contre le pied des arbres 
moussus, parfois encore sous une grosse branche de sapin, 
dont il réunit les rameaux flottants, pour le mieux cacher. Il 
le fait en boule avec ouverture sur le côté, et le feutre de 
plumes à l'intérieur. C'est au commencement de mai, quel- 
quefois même en avril, qu'il y dépose de sept à douze œufs 
blancs, semés de petites taches d'un rouge pâle. 



— 43 - 

Mésange charbonnière. 

Représenté grandeur naturelle. 

Le genre Mésange contient un grand nombre d'espèces qui 
diffèrent sensiblement par le plumage, mais qui, au contraire, 
se ressemblent beaucoup, par les mœurs et le régime. La Char- 
bonnière est la plus commune de toutes ; et on la trouve par- 
tout où il y a des arbres, parcs, jardins et forêts. C'est un 
oiseau très actif, toujours en éveil, parfois un peu acariâtre, ce 
qui ne l'empêche pas d'aimer et de rechercher la société de 
ses semblables, surtout en hiver. Il chante si l'on veut, mais 
son chant est, comme son caractère, loin d'être doux. Il res- 
semble dans une certaine mesure au grincement de la scie 
qu'on lime, pour lui donner de la voie; aussi, j'aime autant 
son cri d'appel, psit^ psit, qui ressemble à celui du Pinson. 

La Charbonnière mange à peu près tous les insectes^ et une 
foule de petites baies sans valeur. C'est ainsi qu'elle vit, en 
hiver, en mangeant des mûres desséchées, des fruits du rosier, 
de la viorne, du fusain et autres, qui abondent dans les bois; 
mais elle aime surtout la graine du chanvre et la noix à coque 
tendre, connue pour ce motif sous le nom de noix de Mésange. 
Il est facile de l'apprivoiser en hiver, ainsi que j'en ai fait 
l'expérience en posant des noix cassées sur l'appui d'une 
fenêtre, et c'est ainsi que j'ai pu, en agissant avec patience, 
graduellement et sans mouvement brusque, la faire venir, 
aussitôt la fenêtre ouverte, me prendre dans la main la cuisse 
de noix convoitée. Elle fait son nid de mousse au commence- 
ment d'avril, soit dans un trou d'arbre ou de mur, soit dans 
une cavité plus grande, telle qu'une embrasure de fenêtre, 
sachant très bien l'approprier au lieu qu'elle a choisi. Sa ponte 
est de dix à dix-huit œufs blancs, à petites taches de couleur 
de rouille, et, grâce à son activité, cette Mésange vient à bout 
d'élever sa nombreuse famille. 



- 43 - 
Utile. — Sédentaire. 




Mésange charbonnière. 

Grosse Mésange. 

Parus major. 

Famille des Paridés. 



— 44 — 
Utile. — Migrateur. 





Engoulevent d'Europe. 

Crapaud- volant. 

Caprimulgus Europeus. 

Famille des Caprimulgidés. 



— 44 — 

Engoulevent d'Europe. 

Représenté à d/3 de grandeur naturelle. 

Cette famille est naturelle et bien caractérisée, quoique les 
oiseaux qui la composent aient de grandes affinités avec deux 
familles très éloignées. Ils ont en effet le bec petit, très lar- 
gement fendu, la patte courte, et l'os de la poitrine (ou ster- 
num) allongé qui les rapprochent des Martinets, tandis que 
leur robe à plumes amples, larges et soyeuses, les rapproche 
au contraire des Strigidés dont ils ont les mœurs nocturnes. 
Les Engoulevents sont surtout exotiques ; deux espèces seu- 
lement visitent l'Europe et la France. L'Engoulevent à collier 
ne se rencontre que très rarement dans les régions méditer- 
ranéennes ; l'Engoulevent d'Europe au contraire est répandu 
partout, mais toujours en nombre fort restreint. Il nous arrive 
à la fin d'avril ou au commencement de mai, et se cantonne, 
dès son arrivée, dans les taillis ou sur les sols chauds couverts 
de bruyères ou de broussailles. Cet oiseau passe ses journées 
accroupie terre ou, s'il se perche, ce qui est rare, il se place 
comme la Gelinotte dans le sens longitudinal de la branche. Il 
se nourrit de phalènes, de bombyx et insectes de même 
genre qu'il chasse, soir et matin, au moment du crépuscule ou 
pendant la nuit, quand il est éclairé par la lune. 

Il vole sans bruit, le bec ouvert, en sorte qu'il produit un 
bruissement sourd, par suite de l'introduction de l'air dans sa 
bouche. Il niche à terre, sur les feuilles sèches, sans aucune 
préparation, et pond deux œufs très intéressants; puis nous 
quitte fin août. 



— 45 - 

Martinet noir. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

Le Martinet arrive toujours du 25 avril au 5 mai; il est fort 
commun, et se cantonne, en arrivant, autour des édifices éle- 
vés, dans lesquels il adopte un trou ou une crevasse qui lui 
sert à la fois de reposoir et de lieu de nidification. La longueur 
de ses ailes et la brièveté de ses pattes ne lui permettent pas 
de se poser à terre; et tout ce qu'il peut faire, c'est de rester 
suspendu contre un mur ou un rocher, grâce à ses ongles 
courts et acérés. 

Ces oiseaux comptent parmi nos plus fins voiliers ; et quand 
ils se pourchassent au moment des amours en poussant des 
cris aigus, leur vol est si rapide, que c'est à peine si l'œil 
peut les suivre. Ils aiment de boire, mais comme ils ne peu- 
vent se poser, ils ont l'habitude, ainsi que les Hirondelles, de 
satisfaire ce besoin en volant et en rasant l'onde, le bec ou- 
vert et sans s'arrêter. Quand les insecl:es, moucherons et 
autres du même genre dont ils font exclusivement leur nour- 
riture sont près de terre, ce qui arrive par les temps de 
pluie, ils les chassent en se rapprochant du sol qu'ils effleu- 
rent. Aussi il leur arrive souvent dans leur vol rapide de tou- 
cher de l'aile un petit bâton ou un objet résistant quelconque, 
qui arrête le mouvement de l'aile, et alors ils tombent et res- 
tent à terre sans pouvoir se relever. J'en ai trouvé souvent 
ainsi, que je prenais à la main, et je n'avais qu'à le laisser 
tomber pour qu'il reprenne immédiatement son vol, heureux 
d'avoir eu affaire à un homme compatissant et non à un chat 
aux aguets, qui en eût fait un délicieux repas. 

Le Martinet s'accouple et niche dès son arrivée; il fait rare- 
ment un nid, pond trois ou quatre œufs blancs unicolores et 
allongés, soit dans le nid d'un Moineau qu'il a chassé de sa 
demeure, soit sur la pierre nue. J'ai cependant trouvé une 
fois un nid plat fait de paille agglutinée avec sa salive. Vers 
le 15 août, les Martinets disparaissent sans qu'on ait pu cons- 
tater le moment précis du départ. 



— 4o — 
utile. — Migrateur. 




Martinet noir. 

Griffon. 

Cypselus apus. 

Famille des Cypsélidés. 



Utile. — Migrateur. 




Hirondelle de cheminée. 

Hirundo rustica. 
Famille des Hirundinidés. 



-■- 46 — 

Hirondelle de cheminée. 

Représenté grandeur naturelle. 

La gentille messagère du printemps nous arrive de jour, 
du 25 mars au 10 avril, mais les gros passages sont toujours 
précédés, trois ou quatre jours à l'avance, de quelques éclai- 
reurs isolés. Dès son arrivée, notre Hirondelle s'empresse de 
visiter son nid de l'année précédente, avec autant d'assurance 
qu'un citadin quittant la ville vient s'installer dans sa maison 
de campagne ; mais après s'être assuré que tout est en place, 
elle se pose sur l'un de ses perchoirs favoris, en nous gazouil- 
lant son affectueuse chanson. Après quelques jours de repos, 
elle répare son nid ou bien elle en fait un nouveau, dans les 
larges cheminées de campagne, sous les poutres d'un corri- 
dor ou d'une écurie, mais toujours dans nos habitations, où 
elle sait qu'elle est aimée et protégée. Le nid, construit en 
terre gâchée, est à ciel ouvert, garni intérieurement de plu- 
mes et de crins. La ponte, qui a lieu à la fin d'avril, est de 
quatre à six œufs blancs, finement ponctués de rouge brun. 

Ces fidèles oiseaux ont une sollicitude extrême pour leurs 
petits, surtout au moment de leur premier vol ; ils ne les 
quittent pas un instant, leur apprennent d'abord à se lancer 
dans l'espace, puis à capturer eux-mêmes les moucherons 
dont ils doivent se nourrir; mais dès qu'ils peuvent se suffire, 
ils les chassent sans pitié et recommencent une seconde cou- 
vée. Les jeunes, livrés à eux-mêmes, se rassemblent en 
grande troupe sur les lieux de chasse, les rivières, les étangs 
en particulier, et prennent l'habitude d'y vivre et d'y coucher 
en commun. L'Hirondelle de cheminée nous quitte dans la 
seconde moitié de septembre, mais il n'est pas rare de voir 
encore quelques retardataires dans le milieu d'octobre. 



Gobe-mouche à collier. 

Représenté presque grandeur naturelle. 

Le Gobe-mouche à collier, ou de Lorraine, est un de nos 
oiseaux les plas intéressants. Il arrive de nuit, comme son 
congénère, du 14 au 30. avril, pour se reproduire, et repart à la 
fin d'août ou au commencement de septembre. Dès son arri- 
vée, il se cantonne dans les grandes forêts en plaine, au voi- 
sinage des eaux, surtout des étangs, où il sait faire une ample 
moisson de moucherons, dont il se nourrit exclusivement. 

C'est un oiseau jaloux, qui ne souffre pas de concurrent 
dans son voisinage immédiat, ce qui ne Fempêche pas d'être 
commun, dans les conditions que nous avons indiquées. Il 
est avare de son chant, qui n'est d'ailleurs qu'un gazouille- 
ment insignifiant, mais, en revanche, il répète à satiété son 
cri d'appel qui est très aigu et très caractéristique. Il f^it par- 
fois son nid dans les trous d'arbres, mais c'est généralement 
dans les cavités laissées par les branches cassées qu'il aime à 
l'établir, de préférence sur les chênes et à grande hauteur. 

Les pontes commencent du 10 au 15 mai, et sont terminées 
dans les premiers jours de juin; elles se composent de quatre 
ou cinq œufs, très rarement de six; ils sont régulièrement 
ovalaires, brillants et d'un superbe bleu tendre, sans tache. 
J'en ai cependant trouvé une couvée dont les œufs portaient 
quelques très petites taches rouges, comme pour rappeler 
leur congénérité avec le Gobe-mouche gris. Une autre fois, le 
6 juin 1887, j'ai découvert deux nids superposés; celui de 
dessus contenait quatre œufs frais; celui de dessous cinq 
œufs, frais aussi, mais à moitié desséchés, que j'ai pu ramol- 
lir et vider. A la sortie du nid, les jeunes ont la livrée zébrée 
des jeunes Rubiettes, mais le collier blanc est déjà formé et 
bien apparent. Au commencement d'août, jeunes et vieux 
entrent en mue, revêtent la livrée grise d'hiver et nous quit- 
tent jusqu'au printemps suivant. 



— 47 — 
Utile. — Migrateur. 




Gobe-mouche à collier. 

Pinson blanc. 

Muscicapa collaris. 

Famille des Musgicapidés. 



— 48 — 
Nuisible. — Migrateur. 




Tourterelle. 

Turtur auritus. 
Famille des Colombidés. 



— 48 — 

PIGEONS. 

Tourterelle. 

Représenté à ij3 de grandeur naturelle. 

Les Pigeons ont des mœurs toutes particulières, que l'on 
peut résumer en quelques mots : ils sont essentiellement mo- 
nogames, pondent invariablement deux œufs blancs unico- 
lores, que le mâle et la femelle couvent alternativement, 
pétrissent dans leur gosier la nourriture que les petits vien 
nent y prendre eux-mêmes, boivent à heure fixe et enfin pro- 
duisent par l'air accumulé dans leur gorge un bruit particulier 
connu sous le nom de roucoulement. Les Tourterelles nous 
arrivent de jour, en grosses bandes, pour se reproduire dans 
notre pays, et nous quittent en septembre. Elles sont commu- 
nes, se cantonnent dans les grands bois, et y construisent à 
petite hauteur, soit sur les arbres, soit sur les brins ample- 
ment ramifiés, leur nid fait uniquement de brindilles entre- 
lacées. Il est si mince et si peu garni que, très souvent, on 
aperçoit les œufs au travers, en l'examinant en dessous. 

Les Tourterelles sont essentiellement granivores et préfè- 
rent de beaucoup les vesces et petites graines, comme la na- 
vette. Cette préférence est souvent cause de leur perte à l'ou- 
verture de la chasse : en effet, lorsqu'elles sont posées à terre 
dans un champ de navette, elles ne peuvent voir venir le 
chasseur qui les surprend, les fait partir à ses pieds, et peut 
les tirer à son aise. Ces oiseaux adoptent des fontaines ou 
flaques d'eau où ils viennent chaque jour boire à la même 
heure; et, là encore, malgré leur méfiance habituelle, ils se 
laissent surprendre par le tireur embusqué à portée conve- 
nable. 



- 49 — 

GALLINACÉS. 

Gelinotte. 

Représenté à 1 /3 de grandeur naturelle. 

Les Tétras sont les plus beaux oiseaux de chasse de nos 
montagnes boisées, comme les Outardes sont les plus intéres- 
sants des plaines arides. Les uns et les autres excitent au 
plus haut degré la convoitise des vrais chasseurs. La Geli- 
notte, bien que le plus modeste des Tétras, a sur eux l'avan- 
tage d'être relativement commune et de se tenir à une altitude 
moins élevée. On la trouve encore dans les grands bois mon- 
tagneux de bien des bois de la France, de la Suisse et de la 
Belgique. 

Le coq de cette belle espèce se distingue de la femelle, à 
première vue, par la belle tache noire qu'il porte au-dessous 
du bec. Ces oiseaux vivent de baies de toute sorte, du fruit 
de myrtile dont ils sont très friands, de graines forestières, et, 
en hiver, de bourgeons de coudrier, de bouleau et de coni- 
fères. La femelle pond depuis dix jusqu'à quinze œufs de 
couleur feuille morte, piquetés de très petites taches noires. 
Le nid fait sans art, mais bien rembourré de feuilles, de 
mousse et d'herbes sèches, est placé à terre et adroitement 
caché sous les buissons ou sous des bruyères. La femelle est 
une couveuse si obstinée qu'elle ne se décide à abandonner 
ses œufs qu'à la dernière extrémité ; aussi devient-elle souvent la 
proie d'un braconnier à deux ou à quatre pieds. La Gelinotte 
a aussi le tort de donner facilement dans les pièges, comme 
les trèbuchets, tendus à son intention. Ce que je viens de dire 
explique pourquoi ce bel oiseau devient rare sur certains 
points mal gardés, tandis que sur d'autres, comme dans les 
Vosges, il a pu dans ces dernières années étendre son aire 
de dispersion. J'ajouterai qu'en raison de son mode de nour- 
riture, en automne la Gelinotte constitue un gibier de premier 
ordre, tandis qu'au printemps sa chair contracte souvent un 
goût résineux qui n'a rien d'agréable. 



— 49 — 
Indifférent. — Sédentaire. 




Gelinotte. 

Tetrax Conasia. 
Famille des Tétraonidés. 



— 50 — 
Indifférent. — Sédentaire. 




Perdrix grise. 

Perdix cinerea. 
Famille des Tétraonidés. 



— 30 — 

Perdrix grise. 

Représenté à i/3 de grandeur naturelle. 

La Perdrix, connue de tout le monde, n'intéresse pas moins 
le chasseur que le naturaliste. C'est un oiseau de plaine, qui 
est commun là où il est un peu protégé, mais qui diminue 
dans les régions où il est abandonné à ses propres forces. 
Quand on sait la chasse incessante qui lui est faite pendant 
les cinq mois de chasse légale, qu'on connaît la destruction 
opérée ensuite par le collet ou le traîneau des braconniers, et 
en tenant compte des couvées perdues par la faux de l'ou- 
vrier, on se demande comment l'espèce n'est pas encore dé- 
truite. 11 est vrai que la Perdrix, tendre mère, ainsi que nous 
l'a rappelé le grand fabuliste, fait une ponte de quinze à vingt 
œufs, élève ses petits avec une merveilleuse sollicitude, en sorte 
qu'elle récupère ces pertes par son heureuse fécondité. 

La Perdrix grise ne perche pas ; c'est donc à terre qu'elle 
établit et cache son nid. Les petits vivent d'insectes comme 
leurs parents et particulièrement d'œufs de fourmis, qui pa- 
raissent indispensables dans les premiers temps de leur exis- 
tence; et ce n'est que lorsqu'ils sont un peu plus grands 
qu'ils commencent à y ajouter des graines ainsi que le font 
les adultes. Cette espèce a deux races, l'une qui ne diffère 
que par une taille plus petite et qui voyage en troupes, est 
connue sous le nom de Perdrix de passage; la seconde, qui 
n'est à vrai dire qu'une simple variété et dont la robe est 
d'un brun chocolat, est nommée Perdrix de montagne. 

J'ai dit que la Perdrix est excellente mère; et lorsqu'elle 
sent que ses petits vont éclore, elle couve avec une persévé- 
rance telle qu'on pourrait la prendre à la main. Cette année, 
à la fenaison chez moi, on avait laissé une touffe d'herbe dans 
laquelle se trouvait un nid; l'ouvrier qui menait la râteleuse 
et qui ne connaissait pas la présence de ce nid, passe dessus 
avec sa machine et jette au loin la pauvre couveuse. Peu de 
temps après, mon fermier, venant surveiller l'ouvrage, fut 
désolé de l'accident et alla revoir le nid. On juge de son éton- 
nement quand il retrouva la fidèle couveuse installée sur ses 
œufs. Sa constance fut récompensée; le lendemain les petits 
étaient éclos et elle éleva, sans encombre, ses dix-huit enfants. 



~ 51 — 

Caille commune. 

Représenté à d/2 de grandeur naturelle . 

La Caille a le régime et la plupart des habitudes de la Per- 
drix, dont elle diffère par son goût pour les longs voyages. Elle 
était autrefois très commune, dans les plaines, surtout calcaires, 
des régions moyennes, mais elle diminue beaucoup, depuis 
quelques années ; elle passe dans notre pays, fin avril, y laisse 
bon nombre de reproducteurs, et repasse de la fin d'août à la 
mi-septembre. C'est habituellement vers le^milieu de mai que 
le mâle fait entendre son chant, dont il est assez avare. Le nid, 
bien caché à terre et mieux construit que celui de îa Perdrix, 
contient ordinairement huit à douze œufs, très épais de cal- 
caire. 

Cet oiseau est un des migrateurs qui semblent obéir avec le 
plus d'acharnement à l'instinct de déplacement qui le pousse, 
malgré la faiblesse relative de ses ailes, à entreprendre pério- 
diquement de si longs voyages. On sait en quelle énorme quan- 
tité les Cailles arrivent à la pointe de l'Italie et dans les îles 
du Levant; en sorte que les habitants de ces régions en font 
d'énormes captures. Autrefois, le mal était moins grand, parce 
que l'on n'avait pas trouvé encore les procédés actuels d'expor- 
tation. Aujourd'hui, il n'en est plus ainsi, et c'est dans de pe- 
tites cages qu'on les envoie vivantes, en France, en Angleterre, 
et ailleurs. J'ai vu un wagon qui en portait dix mille, et ce 
n'est là qu'un chiffre moyen. La cause, on la connaît, c'est la 
gourmandise humaine, car la Caille prend très facilement la 
graisse, et constitue, dans ces conditions, un gibier exquis. 
Mais on comprend pourquoi cet oiseau devient si rare, et com- 
bien il est temps d'enrayer cette destruction organisée, qui 
peut dans un temps relativement court amener l'extinction de 
l'espèce, au grand désespoir des chasseurs auxquels il a donné 
tant d'agréables distractions. 



— 51 — 
Indifférent. — Migrateur. 




Caille commune. 

Coturnix communis. 
Famille des Tétraonidés. 



— 52 - - 
Utile. — Migrateur. 




Pluvier à collier. 

Alouette de mer, Gravelot. 

Cliaradrius hiaticula. 

Famille des Gharadriidés. 



ECHASSIERS. 

Pluvier à collier. 

Représenté à ^/2 de grandeur naturelle. 

Le Pluvier à collier fait partie d'un petit groupe d'oiseaux 
qui ont été séparés des vrais Pluviers par certains auteurs, qui 
en ont fait le genre Gravelot. 

Cet oiseau voyage en bandes, souvent mélangées à de petits 
Échassiers d'espèces différentes. Il suit les côtes de l'Océan, 
s'arrêtant de plage en plage, depuis l'île aux Oiseaux, d'Arca- 
chon, jusqu'à la baie de Somme et au delà, selon que son 
voyage est plus ou moins favorisé par le temps. C'est habi- 
tuellement en avril qu'il touche à la côte de France ; qu'il 
fasse peu de vent ou qu'il soit faible, venant de l'Est et surtout 
de l'Ouest, alors nos oiseaux ne s'arrêtent pas, et se rendent 
immédiatement dans le Nord pour s"y livrer à l'acte de la re- 
production. Mais au contraire, si le temps devient mauvais, si 
le vent souffle avec force du plein Nord ou du plein Midi, ces 
oiseaux s'abattent sur une des plages que j'ai citées et s'y can- 
tonnent jusqu'au retour d'un temps favorable à leur voyage. 

Ils vivent d'insectes marins, de petits coquillages, et parti- 
culièrement d'un petit crustacé très commun sur nos côtes et 
vulgairement connu sous le nom de puce de mer. Ils sont habi- 
tuellement peu méfiants, et, s'occupant de la recherche de 
leurs aliments, se laissent facilement approcher à portée du 
fusil dans les pays où on les chasse peu. Mais dans les régions 
où ils sont pourchassés de tous côtés, comme à la baie de la 
Somme, ils deviennent extrêmement fuyards et fort difficiles 
à joindre. (Voir planche 72 la figure de l'œuf.) 

Le petit Pluvier à collier ne diffère du grand que par sa 
taille, mais il est fluviatile et se reproduit assez communément 
sur les grèves qui bordent les grands cours d'eau de notre 
pays. Il y est connu sous le nom vulgaire de Roule-caillou. 



— 53 — 

Vanneau huppé. 

Représenté à d/3 de grandeur naturelle. 

C'est d'habitude à la fin de mars que ie Vanneau nous arrive, 
en bandes plus ou moins nombreuses qui se posent dans les 
prés humides et sur le bord des étangs ou des cours d'eau. 
Beaucoup, après avoir traversé notre pays, se rendent plus au 
Nord pour y nicher, et particulièrement en Hollande, où ils se 
reproduisent en très grand nombre. Leurs œufs constituent 
un mets très délicat fort recherché des gourmets ; ils sont en 
Hollande l'objet d'un commerce assez étendu. Mais les Hollan- 
dais sont gens pratiques ; ils veulent bien user, mais non pas 
abuser : on n'enlève donc que la première couvée, qui est 
bientôt reconstituée, on ne touche pas à la seconde, en sorte 
que les Vanneaux ne paraissent pas diminuer. 

Cet oiseau est assez méfiant, ne se laisse guère approcher et 
a un petit cri chevrotant ayant quelque analogie avec celui du 
jeune chevreau. 

En France, le Vanneau se reproduit sur bien des points et 
sans cesser de vivre en colonie, quand il n'est pas dérangé, 
comme aux dunes de Saint-Quentin (Somme), où il niche en 
grand nombre. Les nids, très rapprochés les uns des autres, 
parfois à se toucher, sont faits grossièrement, plus ou moins 
cachés au milieu des ajoncs et des plantes sauvages qui crois- 
sent dans ces dunes. Les œufs, dont nous figurons un type à 
la planche 72, sont presque invariablement au nombre de 
trois. La nourriture de ces oiseaux consiste exclusivement en 
insectes et vers aquatiques, qu'ils recherchent aussi bien dans 
les terrains saumâtres que sur le bord des eaux douces. Enfin 
ils séjournent assez longtemps dans notre pays, qu'ils ne quit- 
tent qu'à la fin d'octobre et même après la Toussaint. 



53 



utile. 



Migrateur. 




Vanneau huppé. 

Vanellus cristatus. 
Famille des Charadriidés. 



54 



Indifférent. 



Sédentaire. 




Huitrier pie. 

Pie de mer. 

llaematopus ostralegus. 

Famille des Scolopacidrs. 



Huîtrier pie. 

Représenté à i/4 de grandeur naturelle. 

Ces oiseaux vivent en colonie et sont assez répandus sur 
toutes les côtes maritimes de France, particulièrement sur 
celles de Bretagne et de Normandie. Ils suivent le flux et le 
reflux, qui règlent pour ainsi dire les heures de leurs repas 
quotidiens. Celui-ci consiste en étoiles de mer, en crustacés, 
en vers et en mollusques, surtout bivalves, que la mer couvre 
et découvre à chaque marée. Quand elle est haute, on voit nos 
oiseaux réunis en troupe, posés au haut des dunes ou des ro- 
chers, attendre patiemment que la mer se retire, pour se 
livrer de nouveau à la recherche de leur nourriture. 

Sans être très farouche, la Pie de mer ne se laisse pas ap- 
procher facilement à portée; lorsqu'elle est inquiète ou qu'elle 
appelle ses compagnes, elle pousse un cri sifflant, qui résonne 
au loin. Elle niche de préférence au sommet des îlots inhabi- 
tés, dans une petite cavité, près des chardons et plantes ma- 
rines sauvages, qui y croissent çà et là. La ponte est de trois 
œufs, d'un ocre un peu chaud de ton, et piquetés de noir. J'ai 
souvent trouvé de ces nids sur des îlots, à l'embouchure de la 
Vilaine, et j'ai remarqué que les propriétaires étaient toujours 
adultes, c'est-à-dire âgés de deux ans. Les sujets d'un an, faci- 
lement reconnaissables à leur collier blanc, ne peuvent être 
confondus avec les adultes, qui n'ont plus cette marque dis- 
tinctive, ne doivent pas se reproduire à cet âge, car je n'ai 
jamais trouvé leur nid. Si mon observation est fondée, la Pie 
de mer ne se reproduirait donc pas avant l'âge de deux ans 
accomplis. 



55 



Outarde canepetière. 

Représenté à ijS de grandeur naturelle, 

ISous n'avons en France que deux espèces d'Outardes, la 
barbue et la canepetière, si on ne tient pas compte de la hou 
bara, qui n'y a été rencontrée que très accidentellement. La 
grande Outarde, ou barbue, qui vivait autrefois sédentaire dans 
les plaines arides de la Champagne, y est devenue très rare. 
L'Outarde canepetière, au contraire, fort rare il y a cinquante 
ou soixante ans dans les mêmes plaines, n'a cessé de s'y mul- 
tiplier depuis cette époque ; en sorte qu'aujourd'hui elle y est 
devenue relativement commune. C'est ainsi qu'actuellement, 
et au jour de l'ouverture, on peut trouver facilement trente ou 
quarante sujets de cette espèce, sur le marché de Châlons-sur- 
Marne. 

La Canepetière, qui est sédentaire dans les plaines de l'Al- 
gérie, arrive en Champagne en petites troupes, à la fin de 
mars, pour s'y reproduire, et repart fin septemlDre. C'est un 
oiseau vif, alerte, méfiant à l'excès, très facile à reconnaître 
quand on le fait lever, car au vol il paraît avoir les ailes entiè- 
rement blanches. Il vit d'insectes, notamment d'orthoptères, 
de graines et de feuilles de végétaux, comme la navette et le 
colza. La Canepetière est polygame, la femelle fait son nid à 
terre, souvent dans les prairies artificielles, et pond trois ou 
quatre œufs, rarement cinq, passant du vert bleuâtre au vert 
brcnzé, très brillants et marbrés de brun. La Canepetière est 
un excellent gibier, très apprécié des chasseurs, mais fort 
difficile à atteindre, car elle est extrêmement farouche. C'est 
en 1845 que j'ai tué ma première près d'Ecury (Marne), époque 
où elle était encore inconnue. Le garde m'avait signalé des 
oiseaux extraordinaires dans un terrain fossoyé de cinquante 
hectares, et destiné à être boisé. Ce fut en rampant dans un 
des fossés que je parvins à les approcher, et à faire ce rare et 
joli coup de fusil. 



— Gb — 
Indifférent. — Migrateur. 




Outarde canepetière. 

Poule de Carthage. 

Otis tetrax. 

Famille des Otidés. 



— 56 — 
Indifférent. — Migrateur. 




Courlis cendré. 

Corbigeau. 

Numenius arquata. 

Famille des Scolopacidés. 



— oG — 

Courlis cendré. 

Représenté à i/4 de grandeur naturelle. 

Le Courlis cendré, ou Grand Courlis^ stationne assez long- 
temps en France, lors de son double passage, qui a lieu en 
mars-avril et en septembre-octobre; ce n'est qu'exceptionnel- 
lement qu'il y niche, et préfère pour se reproduire se porter 
plus au Nord. Cet oiseau suit les mouvements de la marée 
comme l'Huitrier pie, et lorsque la mer est basse, on le voit 
sur les bancs de vase, occupé à chercher les petits crustacés 
et mollusques, surtout les vers, dont il est très friand. Pour la 
satisfaction de ce goût, la nature lui a donné, comme aux autres 
Scolopacidés, un bec mou à son extrémité, et pourvu d'un 
tact qui lui permet de reconnaître au toucher les petits ver- 
misseaux dont il fait sa nourriture. 

Son cri se compose de deux syllabes : cô-i, la première étant 
siffiée plus haut que la seconde. Bien que très méfiant, et ne 
se laissant jamais approcher, comme il vient bien à l'appeau, 
il suffit de se cacher avec soin dans une fente de rocher ou de 
falaise, pour le faire venir, en l'appelant, à portée du chasseur; 
aussi, sur nos côtes, bon nombre de personnes s'amusent à 
pratiquer ce petit sport. Je dois dire cependant que les Courlis 
de nos côtes maritimes ont un goût très prononcé de marée 
qui ne plaît pas à tout le monde, tandis qu'il en est tout diffé- 
remment de ceux, beaucoup plus rares, qui visitent nos rivières 
ou nos lacs d'eau douce et qui constituent alors un manger 
délicat. Le bec de cette espèce s'allonge en vieillissant, et je 
possède un sujet que j'ai tué en Normandie, dont le bec n'a 
pas moins de 17 centimètres de longueur. 



Bécasse ordinaire. 

Représenté à i/S de grandeur naturelle. 

MM. les chasseurs, présentez les armes; voici le roi des oi- 
seaux gibier : la Bécasse. Tout est fin et délicat dans cet oiseau, 
ainsi que je vais le prouver : pose, robe, régime, habitudes et 
moeurs. La Bécasse arrive chaque année en France, vers le 
milieu de la lune de mars, y laisse de nombreux couples, et 
se remet en voyage de la fin d'octobre à la fin de novembre. 
On sait que de jour elle habite les bois, et qu'au crépuscule 
elle se rend dans les parties humides des plaines, où elle sait 
faire une ample moisson de ses vermisseaux favoris. Son bec 
possède un tact si parfait qu'elle sait au moindre contact dé- 
terminer l'espèce qu'elle recherche, tout aussi bien qu'un natu- 
raliste, armé de sa loupe et de son scalpel. 

Très soigneuse de sa personne, elle prend fréquemment des 
bains à l'abreuvoir qu'elle a choisi et qu'elle visite journelle- 
ment. Très habile à se défendre lorsqu'un chien d'arrêt suit 
sa coulée, elle a soin de la recouper en la piétinant, et lorsqu'elle 
se décide à prendre le vol, il est rare qu'elle ne mette une 
cépée entre elle et le chasseur, qui ne peut la tuer, ou la 
manque. 

Lorsqu'ils entrent en amour à la fin de mars, ces oiseaux se 
poursuivent à la chute du jour, en pipant, et en faisant enten- 
dre un bruit spécial, la croule^ bien connue des chasseurs, qui 
vont les attendre à l'affût appelé passe. 11 est regrettable que 
la fermeture de cette chasse soit trop tardive, car, dès la fin de 
mars, cet oiseau fait à terre son nid de feuilles sous les taillis 
épais. La ponte, presque toujours de quatre œufs, en forme de 
poire, d'un jaune terreux, tachés de gris et de brun, a lieu 
dans les derniers jours de mars ou dans le commencement 
d'avril. L'incubation dure vingt-trois à vingt-quatre jours, et 
les jeunes poussins, dont la robe est charmante, courent dans 
la forêt quelques jours après leur naissance. 

Un œuf a été figuré à la planche 72. 



— 57 — 
Utile. — Migrateur. 












^ 



Bécasse ordinaire. 

Scolopax rusticola. 
Famille des Scolopacidés. 



utile. 



58 - 
Migrateur. 




Chevalier gambette. 

Pied-rouge. 

Totanus calidris. 

Famille des Scolopagidés, 



— 58 — 

Chevalier gambette. 

Représenté à d/2 de grandeur naturelle. 

Les Bécasseaux et les Chevaliers, qui appartiennent encore 
à la famille des Bécasses, comprennent un assez grand nombre 
d'espèces migratrices, qui presque toutes vont se reproduire 
dans le nord de l'Europe. Les Bécasseaux, plus bas sur pattes, 
sont essentiellement marins, et ne s'écartent que rarement des 
plages maritimes. Les Chevaliers, beaucoup plus élevés de 
taille, au contraire, fréquentent aussi bien les eaux douces que 
les eaux saumâtres. Le Chevalier gambette, qui est caractérisé 
par ses pieds d'un rouge vif, nous arrive en avril, laisse quek^ 
ques rares couples dans le nord de la France, niche en Hol- 
lande sur les côtes de la Baltique et revient en septembre pour 
aller passer l'hiver dans les pays chauds. 

C'est un oiseau élégant, bien qu'un peu raidesur ses longues 
jambes, mais il rachète ce défaut par un petit soubresaut qui 
ne manque pas de grâce, et est commun à toute sa famille ; il 
se laisse aller à ce mouvement quand il est sous l'influence de 
l'inquiétude ou d'une curiosité qu'il ne peut satisfaire. Un jour 
que je me trouvais sur la plage de la baie de Somme, dans une 
fosse, à mer basse, caché sous une toile, le sifflet et le fusil à 
la main, je ne pus m'empêcher de rire tout seul, sans songer 
à tirer, en voyant les contorsions curieuses de quelques Pieds- 
rouges qui s'étaient posés autour de mon appelant empaillé, 
qu'ils s'étonnaient de ne voir ni remuer ni répondre à leurs 
agaceries. Ces oiseaux sont en effet très sociables, et viennent 
très vite à l'appeau, évitant de rester seuls. Ils vivent, comme 
tous leurs congénères, de vers et d'insectes qu'ils ramassent 
sur le bord des eaux douces ou saumâtres. 



- 59 — 

Foulque noire. 

Représenté à ijS de grandeur naturelle 

La Foulque est commune en été sur nos étangs, où elle 
trouve une abondante nourriture. Celle-ci se compose presque 
exclusivement de graines et de plantes aquatiques qui pous- 
sent entre deux eaux, et qu'elle saisit en plongeant. Cet oiseau 
arrive en mars, s'apparie aussitôt, et si la saison se présente 
bien, la ponte commence dans les premiers jours d'avril. Le 
nid fait grossièrement est composé de joncs, repose sur l'eau, 
en général près d'une touffe de roseaux après laquelle il est 
amarré. Le nombre d'œufs varie beaucoup; car j'ai trouvé 
des pontes complètes allant depuis six jusqu'à quatorze œufs. 
Ceux-ci sont épais de calcaire, de couleur ocre pâle et ponc- 
tués de petites taches noires. Les poussins, mignons, aussi 
actifs que jolis, ont une robe de duvet noir, avec la tête cou- 
verte d'un duvet rouge orangé du plus bel effet. La mère, 
aussi vigilante qu'attentive, a soin de placer quelques joncs 
couchés, qui forment du nid, à la surface de l'eau, un pont qui 
permet à ses poussins d'y descendre sans faire la culbute. 

La Foulque a un cri sonore mais doux; elle le fait entendre 
dès qu'elle est inquiète. La croissance des poussins est lente, 
et c'est à peine s'ils ont atteint leur taille, quand en octobre 
sonne Theure du départ pour une région plus clémente. Dans 
rOuest, les Foulques s'attroupent souvent sur la mer au mo- 
ment des migrations, elles y sont connues sous le nom de 
Judelles. Elles se nourrissent alors de mollusques bivalves à 
coquille tendre, telles que les anomies. C'est d'ailleurs leur 
nourriture pendant l'hiver qu'elles vont passer sur les lacs 
salés de la Provence et du Roussillon. 



— 59 — 
Indifférent. — Migrateur. 




Foulque noire. 

Morelle. 

Fulica atra. 

Famille des Rallidés. 



60 



Utile. 



Migrateur. 




Râle d'eau. 

Ralliis tiquaticus. 
Famille des Rallidés. 



— 60 - 

Râle d'eau. 

Représenté à d/2 de grandeur naturelle. 

Les Râles sont des oiseaux craintifs, qui ne voyagent que 
de nuit, et qui semblent réserver toute leur activité pour le 
moment du crépuscule. Leur vol est court et bas, peu sou- 
tenu; aussi ils préfèrent suivre les cours d'eau au moment de 
leurs voyages, de façon à pouvoir toujours trouver un abri 
sur en se cachant dans les joncs, si un péril les menace. Le 
Râle d'eau nous arrive ordinairement en mars pour se repro- 
duire sur nos étangs et nos grands cours d'eau, et repart en 
octobre. Il n'est pas rare, mais comme il excelle à se cacher, 
il paraît beaucoup moins commun qu'il ne l'est en effet. Ce 
n'est guère qu'au moment de la pariade, en mai ou en juin, 
que le Râle d'eau pousse son cri rauque et bruyant; et c'est 
d'habitude au milieu des jonchaies les plus épaisses sur le 
bord des étangs qu'il établit son nid, si bien caché au milieu 
des roseaux, qu'il est presque impossible à découvrir; d'au- 
tant plus que la couveuse ne s'envole jamais directement, 
mais coule en se faufilant entre les joncs, avant de se mon- 
trer. Les œufs au nombre de sept, huit, parfois neuf ou dix, 
sont de forme ovée, allongée, d'un jaune rosé portant de pe- 
tites taches nombreuses d'un joli rouge. 

Cet oiseau se nourrit de mollusques, d'insectes et de crus- 
tacés, et de graines de plantes aquatiques. On doit compren- 
dre, par ce que je viens de dire, combien sa chasse est diffi- 
cile. Sachant la faiblesse de son vol, il fait tout pour éviter de 
se lever quand le chien est sur ses traces. Se glissant entre 
les joncs et les herbes comme une véritable souris, il multi- 
plie les marches, les contre-marches et les ruses de toutes 
sortes, avant de prendre son vol. S'il s'y décide, il retombe 
immédiatement avant que le chasseur ait le temps de tirer et 
recommence le même manège. Si donc le chien n'est pas 
doué d'une patience à toute épreuve, il a grande chance 
d'échapper au plomb meurtrier. 



— 61 — 

Héron cendré. 

Représenté à i/4 de grandeur naturelle. 

Le Héron cendré était autrefois très commun en France, 
comme le prouvent les nombreux bois en plaine qui portent 
encore le nom de hernière ou héronnière. Cela devait être 
au beau temps de la fauconnerie, époque où cet oiseau était 
sans doute protégé, et alors que le fusil n'était pas encore in- 
venté. Mais aujourd'hui je ne connais plus en France qu'une 
seule colonie méritant le nom de héronnière; elle se trouve 
près d'Écury (Marne). Des auteurs, et notamment M. Lescuyer, 
en ont écrit l'histoire; j'en parlerai donc très brièvement. 

Les nids, grossièrement faits de terre gâchée et de brin- 
dilles, au nombre de cent vingt à cent trente, sont répartis 
sur une trentaine d'aulnaies de haute futaie, au centre d'une 
grande propriété d'un seul tenant. Elle appartient au comte 
de Sainte-Suzanne, qui protège et avec raison cette colonie, 
qui est pour notre pays une vraie curiosité ornithologique. Les 
Hérons y arrivent en mars, remettent leurs nids en état, pon- 
dent au mois d'avril cinq ou six œufs, d'un vert bleu magni- 
fique. Les petits sont nourris avec des insectes, des larves et 
de jeunes grenouilles ; et celte nourriture ne doit pas faire 
défaut, car la héronnière est à proximité d'un immense marais, 
qui peut satisfaire à tous leurs besoins. Quand les petits sont 
à leur taille, ils partent en famille avec leurs parents, pour se 
rendre sur les cours d'eau où il passent la saison des gelées. 
H y a d'autres Hérons en France, mais qui vivent isolément, 
et se reproduisent dans les épaisses jonchaies de nos grands 
étangs. 

Nous n'avons pas figuré l'œuf de cet oiseau à cause de sa 
grande taille, mais celui du Héron bihoreau qui a l'avantage 
d'être plus petit tout en étant semblable de nuance. (Voir 
planche 72.) 



— 61 — 
Indifférent. - Sédentaire et erratique. 




Héron cendré. 

Ardea cinerea. 
Famille des Ardéidés. 



— 62 — 
Indifférent. — Migrateur. 




Grue cendrée. 

Grus cinerea. 
Famille des Gruidés. 



— 62 — 

Grue cendrée. 

Représenté à d/i2 de grandeur naturelle. 

La Grue cendrée passe régulièrement dans nos provinces 
de l'Est, à la fin de mars et à la fin d'octobre; elle se dirige au 
printemps, du sud-ouest au nord-est, et, à l'automne, du nord- 
est au sud-ouest. Elle voyage de jour, par temps calme, en 
bandes formées en V, l'une des branches étant toujonrs plus 
longue que l'autre, et l'oiseau qui occupe l'extrémité venant 
de temps à autre remplacer celui qui est au sommet, chargé 
de fendre l'air. Ces troupes se composent de dix, quinze, 
vingt individus; le 31 octobre 489i, j'en ai vu une qui n'en 
comptait pas moins de cent quatre. Quand ces oiseaux veulent 
se reposer ou pâturer, ils décrivent, pendant un quart d'heure 
et plus, une circonférence, pour s'assurer que le terrain est 
sans danger pour s'y abattre ; en général ce repos se fait dans 
les prés ou dans les champs emblavés de blés. Pendant leur 
voyage, les Grues poussent de temps à autre un cri de rallie- 
ment sonore, qui ressemble un peu à celui des Oies. 

Il y a quelques années, une Grue, blessée d'un coup de feu, 
vint se cantonner sur les bords d'une vanne, conduisant à un 
moulin dont j'ai fait une maison forestière. Chaque fois que le 
garde venait au village, il faisait lever la Grue qui passait sa 
convalescence en péchant aux grenouilles; mais comme le 
garde avait négligé de m'avertir et qu'il n'était point chasseur, 
la convalescence aurait pu s'achever sans encombre. Mais un 
beau jour que l'oiseau voulut s'envoler comme d'habitude, il 
fut arrêté par une clématite sauvage appuyée contre un ar- 
bre, qui en s'enroulant autour de sa patte le retint captif, 
ainsi qu'un lacet, jusqu'à l'arrivée du garde, qui put s'en 
emparer et me l'apporter triomphalement. 



63 



Cigogne blanche. 

Représenté à ijiO de grandeur naturelle. 

Nous n'avons que deux espèces de Cigognes qui nous visi- 
tent plus ou moins régulièrement. L'une, la Gigogne noire, 
qui se montre assez rarement en France, est très farouche 
et recherche les marais ou les étangs situés au milieu des 
bois, et où elle ne fait qu'un court séjour. L'autre, au con- 
traire, la Cigogne blanche, se montre très familière dans les 
lieux où elle va chercher l'hospitalité pour se reproduire. A 
Strasbourg, où elle a été protégée de tout temps, elle revient 
annuellement retrouver son nid qui lui a été religieusement 
conservé. Les Cigognes y arrivent chaque année en février, 
les mâles précédant les femelles d'une dizaine de jours. Les 
couples qui nichent à Strasbourg peuvent être évalués à une 
centaine, et c'est en mars qu'ils remettent les anciens nids en 
état ou qu'ils en font de nouveaux. Ils sont établis au faîte 
des maisons ou des édifices pubhcs, souvent contre une che- 
minée, plus souvent encore sur une vieille roue ou sur 
des planches qui ont été placées, à leur intention, par les 
propriétaires des maisons. La ponte est de deux ou trois œufs 
blancs, mais d'un beau vert de mer à l'intérieur. 

Rien n'est joli comme de voir ces grands oiseaux pleins de 
confiance, apportant la nourriture à leurs petits, qui la saisis- 
sent avec empressement. Elle consiste en reptiles, petits 
mammifères, et surtout en batraciens (grenouilles, etc.). A la 
suite du bombardement de Strasbourg, les Cigognes sont res- 
tées quatre ans sans y revenir. Ces oiseaux ont donc gardé un 
long souvenir de la terrible canonnade de 1870. 

Quelques couples se reproduisent aussi dans le nord de la 
France et en Belgique, mais isolément et non en grandes 
familles, comme dans la capitale de l'Alsace. 



— 63 - 
Indifférent. - Migrateur. 




Cigogne blanche. 

Ciconia alba. 
Famille des Ciconiidés. 



— 64 — 
Indifférent. — Migrateur. 




Mouette rieuse. 

Larus ridibundus. 
Famille des Laridés. 



— 64 — 

PALMIPÈDES. 

Mouette rieuse. 

Représenté à ijS de grandeur naturelle. 

Les Goélands et les Mouettes appartiennent au même genre, 
mais l'habitude s'est établie de réserver le nom de Goélands 
aux espèces dont la tête est blanche, en désignant sous le 
nom de Mouettes, celles qui portent un capuchon noir ou 
cendré. La Mouette rieuse est une des plus communes, qui se 
répand au moment des équinoxes dans presque toutes nos 
régions, soit sur les eaux douces, soit sur les eaux salées. 
Mais au moment de la pariade, elle niche de préférence dans 
le Midi et à l'embouchure des grands fleuves, comme le 
Rhône. 

C'est un oiseau peu farouche quand on ne l'inquiète pas, et 
qui vient se livrer aux plaisirs de la pêche, à quelques mètres 
parfois des pêcheurs qui tirent leurs filets. Voici comment il 
y procède : il plane doucement la tête baissée en suivant d'un 
œil attentif les mouvements de la lame et ceux des petits 
poissons qui viennent à sa surface. Dès qu'il en aperçoit un, 
ses ailes se ferment, et il tombe droit et rapide sur le fretin 
qu'il manque rarement. Son immersion est si prompte qu'on 
ne peut dire s'il a disparu sous l'onde en tout ou en partie. 
Sa proie saisie il se pose sur l'eau pour l'avaler tranquillement, 
ou il s'enfuit à tire -d'aile si l'une de ses compagnes cherche 
à lui ravir son butin. 

Ces Mouettes sont très sociables, bien que se taquinant par- 
fois; elles nichent souvent en grandes troupes. C'est ainsi que 
dans une excursion que je fis au mois de mai 1891 au lac de 
Valencze, en Hongrie, je trouvai une colonie de Mouettes 
rieuses dont les nids étaient placés les uns près des autres, et 
couvraient littéralement une partie du lac; mes amis et moi, 
d'un commun accord, nous estimâmes cette colonie à douze 
ou quinze mille individus. Les nids, faits sans soins, conte- 
naient deux, le plus souvent trois œufs, si variables de colo- 
ration qu'on ne peut les décrire utilement. 



— 6o — 

Sterne Pierre-Garin. 

Représenté à il2 de grandeur naturelle. 

Les Sternes ont beaucoup d'analogie avec les Mouettes dont 
elles diffèrent par un bec plus long et plus droit et par une. 
queue allongée qui leur a valu le nom d'Hirondelles de mer, 
La Pierre-Garin a le régime et certaines habitudes de la 
Mouette dont je viens de parler; elle voyage beaucoup comme 
elle au moment des migrations et se montre dans l'intérieur, 
comme sur les côtes de France, mais ne niche jamais que sur 
les bords de la mer ou des étangs salés. Ce n'est guère qu'au 
commencement de juin qu'elle fait sa ponte, presque toujours 
de trois œufs, rarement de deux. Tantôt elle les place dans 
un petit creux sur la plage, là où la mer n'arrive jamais, tan- 
tôt au sommet d'îlots déserts ou parfois sur un rocher. Dans 
ce dernier cas, elle fait une sorte de nid, composé de quel- 
ques herbes sèches. 

Aux dunes de Saint-Quentin (Somme), elle niche en grande 
quantité, associée à la Sterne naine. Les jeunes poussins, 
très chaudement et très joliment couverts d'un épais duvet 
gris marron et noir, sont très alertes, mais ne quittent pas le 
nid, où les parents leur apportent la nourriture, avant que 
toutes leurs plumes soient poussées et leurs ailes parfaite- 
ment formées. La Pierre-Garin, encore plus sociable que ses 
congénères, est toujours prête à voler à leur secours quand 
il leur arrive un accident. Si un chasseur en barque démonte 
un de ces oiseaux, ses amis arrivent à l'envi, cherchent à la 
soulever et à passer près d'elle en l'appelant, sans s'occuper 
du chasseur, qui peut souvent en abattre cinq ou six, avant 
que le reste de la troupe ait compris le danger. 



- 65 - 
Indifférent. _ Migrateui 




Sterne Pierre-Garin. 

Petite mouette. 

Sterna hirundo. 

Famille des Laridés. 



- 66 - 
Nuisible. — Migrateur et sédentaire. 




Canard sauvage. 

Col-vert. 

Anas bosclias. 

Famille des Anatidés. 



— 66 — 

Canard sauvage. 

Représenté à d/4 de grandeur naturelle. 

Le Canard sauvage est très abondant en France et en Bel- 
gique, au moment de son double passage qui a lieu à la fin de 
février et de novembre. Tandis que les uns ne font que tra- 
verser nos régions pour aller nicher plus au Nord, les autres 
habitent sur nos étangs et nos cours d'eau, qu'ils ne quittent 
jamais, même en hiver. Je ne m'occuperai que de ces derniers, 
qui sont tout à fait nôtres. Dès les premiers jours de mars, 
surtout si le temps est doux, les couples se forment, choisis- 
sent l'emplacement de leurs nids dans les roseaux des mares 
ou des étangs. A la fin d'avril, la femelle a terminé sa ponte, 
de dix à douze œufs, dont l'incubation dure vingt-huit jours, 
et, dans le commencement de juin, toutes les éclosions sont 
terminées. 

La Cane est très bonne mère, et, lorsqu'elle conduit ses 
poussins à la chasse aux insectes, dont ils sont très friands, s'il 
arrive qu'elle soit surprise à terre sur le bord des étangs, elle 
multiplie ses ruses pour tromper le passant, tout comme la 
Perdrix du bon La Fontaine. 11 faut la voir alors, voletant, se 
traînant à peine, comme si elle était gravement blessée, pour 
donner le change, et entraîner au loin le fauve ou l'indiscret 
arrêté auprès de ses Canetons. Ceux-ci d'aiUeurs, qu'elle a 
prévenus par un cri d'alarme, se sont tapis sous l'herbe et n'en 
bougent plus avant que leur mère ne soit venue leur annoncer 
que tout danger a disparu. Dans le commencement de juillet, 
les poussins ont acquis toute leur taille, sont connus sous le 
nom de ffalbrans, et très appréciés des chasseurs dans les pays 
d'étangs. Le Canard sauvage est omnivore, et, quand la glace 
couvre les étangs, il se réfugie dans les petits ruisseaux d'eau 
chaude, où il se nourrit de mollusques, d'herbes, et notamment 
de cresson. 



— 67 — 

Canard Sarcelline. 

Représenté à f/5 de grandeur naturelle. 

La Sarcelline est l'un de nos Canards les plus coramuns. 
Elle arrive dans le commencement de mars, sur nos étangs où 
elle stationne un certain temps, puis gagne le nord de l'Europe 
pour s'y reproduire, et nous revient en septembre pour faire 
une nouvelle station avant de regagner le Midi, où elle passe 
l'hiver. Son cri a de l'analogie avec celui du Canard siffleur, 
mais il est moins fort, bien que très aigu. Quelques rares cou- 
ples se reproduisent sur nos étangs, comme le Canard sau- 
vage. 

Elle est du nombre des Anatidés, dont le mâle, lors de la 
mue, perd simultanément toutes ses rémiges, ce qui le prive 
pendant un certain temps de la faculté du vol; pendant cette 
mue, il évite de se montrer et reste caché dans les roseaux des 
étangs, alors que la femelle accomplit le devoir de la mater- 
nité. 

Pendant ses migrations, la Sarcelline vit en grandes bandes, 
se montre assez farouche et se laisse difficilement approcher. 
Il arrive pourtant que, confiante dans l'extrême rapidité de 
son vol et de ses évolutions, une bande vienne passer à courte 
portée du chasseur, placé dans une barque; celui-ci peut, 
comme je l'ai fait quelquefois, abattre quatre ou cinq individus 
d'un seul coup, mais c'est à la condition de ne pas perdre un 
instant, et de tirer au jugé. 

Cet oiseau est omnivore comme tous ses congénères, et se 
contente aussi bien de nourriture animale que de nourriture 
végétale. Ainsi j'ai constaté qu'à son arrivée, au printemps, il 
arrache sous l'eau les jeunes pousses de joncs et de roseaux 
qu'il décortique en avalant la partie tendre, ainsi que nous le 
faisons nous-mêmes en mangeant des asperges. 



— 67 — 
Indifférent. — Migrateur. 




Canard Sarcelline. 

Petite arcanette. 

Anas Crecca. 

Famille des Anatidés 



- 68 — 
Nuisible, — Migrateur et sédentaire- 




Grand Harle. 

Mergus merganser. 
Famille des Anatidés. 



- G8 - 

Grand Harle. 

Représenté à d/5 de grandeur naturelle. 

Les Harles diffèrent des Canards par un bec plus étroit, un 
corps plus svelte et les pieds encore plus en arrière, en sorte 
qu'ils sont de merveilleux plongeurs. Les mâles ont presque 
tous une huppe très élégante et un fort beau plumage où le 
blanc domine, tandis que les femelles, à livrée brune et plus 
modeste, ne portent jaucun ornement. Le grand Harle habile 
en été les contrées arctiques de l'Europe, et traverse la France, 
en avril et en octobre, soit pour y résider quand l'hiver est 
doux, soit pour descendre plus au Sud, quand il devient trop 
rigoureux. Il niche d'habitude dans le Nord, mais il y en a 
aussi qui se reproduisent en Suisse, où ils vivent à l'état 
sédentaire, en particulier sur les lacs de Morat, de Bienne et 
de Neuchàtel. 

Cet oiseau niche parfois dans les arbres creux qui avoisinent 
les lacs, quelquefois même sur le tronc des peupliers qui ont 
été coupés, et au milieu des branches fraîchement repoussées 
qui cachent son nid, composé de brindilles et d'herbes sèches. 
La ponte est de dix à douze œufs d'un blanc ocracé très carac- 
téristique. La femelle du Harle est très soigneuse de ses petits, 
qu'elle ne quitte pas avant qu'ils ne soient arrivés à leur taille, 
et leur enseigne l'art de la pêche, qui leur est indispensable, 
puisqu'ils vivent exclusivement de poissons. Le capitaine Vouga, 
de qui je tiens des renseignements sur ces oiseaux, m'assure 
que jamais ils n'ont niché au lac de Genève, et, à son avis, ce 
n'est point l'altitude qui était l'obstacle, mais bien les habita- 
tions et les campagnes qui avoisinent le lac, ainsi que les ba- 
teaux qui le sillonnent en tous sens, en sorte que les Harles 
n'auraient pu trouver la tranquillité qui leur était indispensable 
pour a:mener à bien leur nombreuse famille. 



— 69 — 

Grèbe huppé. 

Représenté à d/5 de grandeur nalurello. 

Le Grèbe huppé arrive en avril sur les étangs de l'est de la 
France. Dès qu'il y est installé, grâce à son cou allongé qu'il 
porte droit, et à sa poitrine d'un blanc argenté, on le voit de 
loin se promener majestueusement sur la surface liquide, il 
est avare de son cri, qu'on entend rarement, et qui consiste 
en une sorte de mugissement, rauque et sourd. Chaque étang 
en possède généralement un couple, rarement davantage. 

C'est dans le commencement de mai que cet oiseau fait son 
nid; celui-ci consiste en un amas d'herbes et de joncs assem- 
blés sans soins sur l'eau où il flotte, mais presque toujours 
amarré à un jonc enraciné qui le maintient, comme le câble 
retient le navire. Il est plus ou moins grand, toujours plus 
large que haut, et émerge de quinze centimètres à peine au 
dessus du niveau de l'eau. La ponte est presque toujours de 
quatre œufs, rarement de trois, d'un blanc sale et de forme 
elliptique que la femelle cache sous quelques brins d'herbe 
lorsqu'elle est obligée de quitter son nid pour une cause quel- 
conque. Les poussins, qui sont charmants dans leur robe de 
duvet blanc, striée de noir au cou et à la tête, naissent au 
commencement de juin, et, comme ils ne doivent pas être 
mouillés pendant les premiers jours de leur naissance, si un 
importun quelconque s'approche de leur demeure, le mâle et 
la femelle, qui tous deux prennent soin de leurs petits, en 
prennent chacun deux sur leur dos en soulevant les ailes pour 
les protéger et leur servir de berceau, et s'éloignent au plus 
vite à la nage. Ils les nourrissent de larves de névroptères, de 
dytiques et d'autres insectes aquatiques, ainsi que de poissons. 
La croissance de ces poussins est lente, et ce n'est qu'en août 
qu'ils arrivent à leur taille. C'est à la fin de septembre que le 
grand Grèbe nous quitte avec sa famille pour aller passer l'hi- 
ver sur les lacs de l'Algérie. La chair du Grèbe est détestable, 
mais sa fourrure est très estimée. 



~ 69 — 
Indifférent. — Migrateur. 




Grèbe-huppé. 

Dame d'eau. 

Podiceps cristatus. 

Famille dos Podicipidés. 



— 70 - 
Nuisible. — Erratique. 




Macareux-Moine. 

Fratercula arctica. 
Famille des Alcidés. 



- 70 — 

Macareux moine. 

Représenté à d/4 de grandeur naturelle. 

Les Macareux moines sont exclusivement marins et ont des 
mœurs extrêmement curieuses. Cette espèce a deux formes, 
l'une confinée dans les régions arctiques, et l'autre habitant 
les côtes de France; c'est celle dont j'ai à entretenir mes lec- 
teurs. Cet oiseau vit en colonies plus ou moins nombreuses, 
même au moment de sa reproduction. C'est vers la mi-mars 
qu'il vient s'établir sur les îlots déserts des côtes de France, 
et particulièrement delà Bretagne, où se trouvent les colonies 
les plus considérables. Le Macareux est court, trapu, a des 
pieds et un bec robustes, ce dernier en forme de couteau, qui 
lui permettent de creuser des terriers comme ceux du lapin, 
et au fond desquels la femelle pond un œuf unique d'un blanc 
sale. Ces terriers sont parfois si nombreux, qu'il arrive souvent 
aux marins débarqués sur ces îlots de sentir le sol miné de 
toutes parts s'ébouler sous leurs pieds. 

Le poussin, rond comme une boule, est couvert d'un épais 
duvet noir; les parents le nourrissent d'insectes, de mollus- 
ques et surtout de poissons, qu'il préfère à tout. Dès la fin de 
juillet, celui-ci est parvenu à sa taille, et subit, ainsi que ses 
parents, une très singulière mue, dont la découverte est due 
au docteur Louis Bureau; cette mue consiste dans la chute des 
plaques cornées du bec, qui tombent les unes après les autres. 
C'est à ce moment que les Macareux quittent la terre pour 
vivre au large pendant neuf à dix mois, avant d'y revenir. 
Pourtant ils y sont ramenés parfois sans s'y attendre, lors des 
tempêtes exceptionnelles qui en tuent un grand nombre, et 
les flots se chargent de rejeter sur les côtes leurs cadavres 
meurtris. C'est en avril qu'ils subissent une seconde mue, celle 
des plumes et des rémiges, qui leur ôte momentanément, 
comme aux Canards sauvages, la faculté du vol. 



71 



DU PRODUIT OVARIEN. 

Les auteurs anciens, surtout français, se sont très 
peu occupés de l'œuf, ou produit ovarien des oiseaux. 
Il semblerait qu'ils n'ont vu dans cette coquille qu'une 
simple curiosité tout au plus bonne à amuser les en- 
fants. Il n'en est rien pourtant, car Fœuf, par sa 
forme, la contexture de son enveloppe, sa coloration 
et le reste, joue un grand rôle dans la vie de l'oiseau, 
et facilite singulièrement son étude et son classe- 
ment. Ces vérités ont été mises en complète lumière 
par un ornithologiste de grand talent, M. 0. Des 
Murs, dans son œuvre magistrale, le Traité général 
d'Oologie ornithologique, paru en 1859 (1). Aussi, à 
partir de ce moment, cette science s'est dévelop- 
pée, a conquis sa place légitime, et c'est sans aucune 
exagération que j'ai pu, dans l'un de mes écrits, 
surnommer M. 0. Des Murs le père de l'oologie fran- 
çaise. 

D'après ce qui précède on comprend que j'aie tenu 
à donner à mes lecteurs un aperçu de cette science 
en représentant les principaux types ou en les dé- 
crivant. Mais, m'objectait mon éditeur, vous allez 
encourager indirectement le dénichage, alors que 
dans vos ouvrages vous prenez la défense des petits 
oiseaux dont vous vous êtes fait l'un des protecteurs 
les plus convaincus. L'objection, sérieuse en appa- 
rence, ne me parait pourtant pas fondée, ainsi que 

1. La Librairie Paul Klincksieck dispose d'un petit nombre 
d'exemplaires au prix réduit de 8 francs, ou 9 francs rendu 
franco. 



— 71 — 










1. Œuf du Faucon cresserelle. 

2. Œuf de la Corneille choucas. 

3. Œuf de la Buse vulgaire. 



72 









1. Œuf du Héron bihoreau. - 2. Œuf du Pluvier à collier. 

3. Œuf de la Bécasse ordinaire. 

4. Œuf du Vanneau huppé. 



— 72 — 

je vais l'expliquer. En principe j'admets que le 
dénichage entre pour une bonne part dans la dimi- 
nuation des oiseaux; mais je ne pense pas qu'on 
puisse sans injustice assimiler le dénicheur de pro- 
fession qui prend œufs et petits en aussi grand 
nombre qu'il le peut, et le naturaliste qui se con- 
tente de capturer une seule ponte de chaque espèce. 
A mon avis, cette unique capture n'a pas plus d'effet 
qu'une goutte d'eau enlevée à la mer. 

Le format portatif et commode de notre Atlas ne 
nous ayant pas permis de donner les figures de 
quelques œufs intéressants de nos grands oiseaux 
de France, je vais tâcher d'y suppléer par quelques 
courtes descriptions. 

Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est un 
vulturidé qu'on ne trouve plus que fort rarement dans 
les Pyrénées, et dans les Alpes suisses et françaises. 
Son œuf, de forme quasi-sphérique, est formé de cal- 
caire épais et granuleux, et ne mesure pas moins de 
huit à neuf centimètres sur six à sept. Il est tantôt d'un 
fauve roux, taché de roux plus foncé, tantôt d'un roux 
vineux unicolore. L'œuf de la Grue Cendrée (page ^62) 
est très joli et fort curieux. 11 est de forme ovalaire 
allongée, à calcaire épais, serré et luisant, et n'a pas 
moins de neuf centimètres de long sur six et demi de 
large ; il est d'un brun vert largement maculé de 
taches cendrées et de taches rouges. 

Le Plongeon Cat-Marin (Golymbus septentrionalis), 
qui ne nous visite qu'en hiver, niche dans le nord de 
l'Europe, Son œuf, qui mesure sept centimètres sur 
quatre et demi, est ovalaire, à calcaire épais et rugueux. 
Sa coloration, d'un joli vert olive, rappelle le ton de 



~ 73 - 

l'œuf du Rossignol, mais il est agréablement moucheté 
de petites taches noires. 

Il est bien difficile en parlant d'œufs de ne rien dire 
du plus beau et du plus précieux de tous, de celui du 
Pingouin Brachyptére (Alca impennis), espèce éteinte 
aujourd'hui, mais qu'on tuait encore sur nos côtes de 
France il y a moins d'un siècle. Aussi on comprend la 
valeur actuelle des sujets, oiseaux et œufs, qui existent 
encore dans les collections et qui se chiffre par plusieurs 
mille francs. Voici la description de l'un des exemplaires 
de ma collection. Mesure grand diamètre, lâT^'/m; petit 
diamètre, TS'^/m. Poids, 47 grammes 5 cent. Forme ovoï- 
conique. Coquille épaisse, poreuse, relativement résis- 
tante, d'un blanc verdâtre, intérieurement mate, et 
sans reflet. Couleur d'un blanc teinté de chamois, avec 
quelques taches isolées nuageuses, d'un fauve pâle, se 
fondant dans la teinte générale de la coquille, et d'autres 
taches et des traits rappelant les caractères chinois, 
superficiels, les uns de couleur sépia plus ou moins 
foncée, les autres d'un noir profond, et s'accumulant 
sur le gros pôle qui en est couvert. 



Les œufs des planches 71 et 72, ainsi du reste que tous les 
autres, ont été représentés grandeur naturelle. 



-¥é:' 



GÉNÉRALITÉS 



CHAPITRE PREMIER 



Classification. 

Lorsque l'homme fut créé pour régner comme un 
monarque sur tous les êtres qui peuplent la terre, 
Dieu, en le comblant de présents, lui donna aussi des 
devoirs à remplir, tels que le travail, l'étude et le désir 
de connaître tous les êtres plus ou moins soumis à sa 
domination. Cette seule connaissance, pour l'intelli- 
gence si faible de l'homme, quand on le compare à 
Dieu, exige tant d'études que, malgré tous les travaux 
déjà réalisés, on est en droit de se demander si elle 
sera jamais complète : il semble même que plus nous 
découvrons et plus il nous reste à découvrir. Un des 
moyens employés par les premiers naturalistes pour 
reconnaître les êtres, fut de les nommer, et de les ré- 
partir par groupes ayant plus ou moins de caractères 
communs : ce fut le point de départ des classifications. 
Que mes lecteurs pourtant ne s'effrayent pas de mon 
début, peut-être solennel, car je vais les mettre rapide- 
ment et simplement au courant de ce qu'ils doivent 
savoir, s'ils veulent un peu connaître les oiseaux. 



— 75 — 

Tous les êtres, quels qu'ils soient, même l'homme, 
rentrent dans l'un des trois règnes. Le règne animal, à 
son tour, a été divisé en classes ; la première classe 
comprend les mammifères, la seconde comprend les 
oiseaux : inutile d'indiquer les autres. 

Les oiseaux sont distribués en Ordres qui varient 
selon les auteurs ; la classification la plus suivie est 
celle de MM. Degland et Gerbe. Elle diffère peu de celle 
de Cuvier, qui devait nécessairement êlre un peu mo- 
difiée en raison des nouvelles découvertes et des progrès 
de la science. Elle contient six ordres qui sont les 
suivants: Rapaces, Passereaux, PigeonSj Gallinacés, 
Échassiers et Palmipèdes. 

1° Les Rapaces ont un bec fort et crochu, qui leur 
sert à déchirer la chair de leurs victimes, et qui est 
muni à sa base d'une membrane très caractéristique ap- 
pelée cire dans laquelle les narines sont percées. Ils ont 
quatre doigts, trois devant, et un derrière, armés d'on- 
gles puissants, le plus souvent rétractiles. Leurs pattes 
sont connues sous le nom de serres. 

S'' Les Passereaux ont un bec très variable, mais 
toujours dépourvu de la cire qui caractérise les Ra- 
paces. Ils ont les pattes courtes ou moyennes, avec 
trois doigts devant et un derrière, à l'exception des 
Pies et des Coucous, qui ont seulement deux doigts en 
avant ; enfin leurs ongles sont grêles, et plus ou moins 
courbés. 

3° Les Pigeons ont un bec droit, voûté, muni à la 
base de sa partie supérieure d'une membrane molle et 
caractéristique, dans laquelle les narines sont placées. 
Ils ont aussi les jambes emplumées jusqu'au genou et 
une gorge dilatable qui leur permet de produire un son 



— 76 — 

particulier appelé roucoulement. Enfin leurs pattes 
sont semblables à celles des Passereaux. 

4*^ Les Gallinacés ont des formes lourdes, massives, 
qui les font reconnaître au premier coup d'œil ; leurs 
pattes sont courtes avec trois doigts devant et un 
derrière. Leur bec est convexe, la partie supérieure 
voûtée recouvrant l'inférieure. Les narines, qui s'ou- 
vrent dans une membrane, sont dissimulées par une 
lamelle cartilagineuse. Enfin les oiseaux de cet ordre 
vivent généralement à terre. 

5° Les Échassiers ont un bec très variable de forme 
et de taille, mais alors avec des narines découvertes 
et percées de part en part. Leurs jambes sont très 
élevées, nues en partie, et d'une longueur toujours 
proportionnée à celle du cou. Leurs doigts, trois en 
avant, avec ou sans pouce en arrière, sont tantôt 
libres, tantôt réunis à leur base par une courte mem- 
brane, et quelquefois même bordés d'une sorte de 
palmure festonnée. 

6° Les Palmipèdes ont aussi un bec de forme varia- 
ble, mais leurs jambes courtes et robustes sont placées 
plus ou moins à l'arrière du corps. Les doigts, trois 
ou quatre, sont réunis par une j^almure qui facilite la 
nage. Enfin leur plumage serré, élastique, imper- 
méable, les rend éminemment propres à résister à 
l'action dissolvante de l'eau sur laquelle ils sont 
appelés à passer la plus grande partie de leur 
existence. 

Si j'ai bien su me faire comprendre dans les lignes 
qui précèdent, toute personne, après les avoir lues, 
doit être à même de dire immédiatement : tel oiseau ap- 
partient à tel ordre. Il me reste maintenant à expliquer 



— 77 — . 

ce que les naturalistes entendent par famille, genre et 
espèce. Les limites qui me sont imposées ne me permet- 
tent pas, il est vrai, d'indiquer ici toutes les familles et 
tous les genres, mais j'espère pouvoir donner une idée 
suffisante, par quelques exemples qui devront suffire, 
puisque déjà ces noms sont en tête de chacune des 
notices. 

Les ordres ont été divisés en familles contenant tous 
les oiseaux ayant des caractères communs, un peu 
saillants, qui leur donne entre eux un air de famille. 
Ainsi, les Corvidés ont le bec solide, les narines 
poilues, les pieds robustes, et des formes massives 
qui les font reconnaître facilement. Le genre, à son 
tour, est une subdivision de la famille ; ainsi, la famille 
des Corvidés nous donne entre autres genres: les 
Corbeaux caractérisés par leur robe d'un noir lustré; 
les Pies au plumage blanc et noir et à la queue longue 
et étagée; les Chocards à la robe de Corneille, mais 
avec un bec jaune et des pieds rouges. N'oublions pas, 
d'ailleurs, que les caractères sur lesquels les naturalistes 
ont établi ces coupes sont appropriés à chaque espèce, 
selon le rôle qui lui est dévolu dans la nature. Les 
Faucons ont une dent près de la pointe du bec pour 
saisir et retenir leur proie vivante. Les Pies ont à la 
fois le bec pour creuser le bois, la queue et les doigts or- 
ganisés pour grimper. Les Gros-becs, avec leur bec for- 
midablement gros, cassent sans effort les noyaux les plus 
durs. Les Becs-croisés, dont le bec est en ciseaux, écar- 
tent les écailles des cônes pour en extraire la semence, 
et ainsi de suite. Bref, si l'on veut se rendre bien comp- 
te de ces caractères, il faut examiner scrupuleusement 
les parties de chaque oiseau, non seulement au point de 



— 78 — 

vue de la forme du bec, des pattes, des ongles et des 
ailes, mais encore à celui de la coloration et de la na- 
ture des plumes. 

En ornithologie comme dans les autres brandies de 
l'histoire naturelle, les savants sont loin d'être d'accord 
sur la définition de l'espèce. Pour les uns, elle peut se 
modifier assez pour constituer à la longue une nouvelle 
espèce ; pour les autres, elle est immuable et ne 
présente que des variations d'ordre secondaire. Quoi 
qu'il en soit, lorsque deux êtres vivants, oiseaux ou 
autres, bien semblables entre eux, se marient et don- 
nent naissance à d'autres individus également sem- 
blables, qui à leur tour se reproduisent de même, 
ils appartiennent à une seule et même espèce. 

Je n'ai jusqu'à présent parlé que des parties exté- 
rieures de l'oiseau ; mais il ne faut pas oublier que les 
parties intérieures sont aussi importantes, et toujours 
en rapport avec les autres, pour concourir ensemble 
à la perfection de cet être privilégié. Le squelette ne dif- 
fère pas essentiellement de celui de l'homme ; toutefois 
les os, plus ou moins vides, sont remplis d'air et rendus 
ainsi plus légers pour faciliter le vol. Le crâne est pro- 
longé en avant pour attacher le bec qui joue à la 
fois le rôle débouche et de bras. Ceux-ci, plus ou moins 
allongés, solidement attachés au sternum (\), mis en 
œuvre par des muscles puissants, et couverts de rémi- 
ges (2) solides de diverses formes, constituent les ailes 
qui permettent à l'oiseau de s'élever triomphant vers le 
ciel. La colonne vertébrale, prolongée un peu au delà 
des jambes, plus ou moins allongées, avec des doigts 

1. L'os plat qui soutient la poitrine. 

2. On appelle ainsi les plumes des ailes. 



— 79 — 

grêles, ou forts, ou longs, ou reliés par une membrane, 
sont appropriés à l'usage de l'oiseau, qu'il soit per- 
cheur, marcheur, ou plongeur, La peau est elle-même 
préparée pour porter un plumage tantôt fin, délicat, 
ornemental; tantôt rude, solide, élastique, mais tou- 
jours appropriée au milieu dans lequel l'oiseau doit 
vivre. Quelquefois elle est fine, collée au corps, d'autres 
fois, au contraire, elle est épaisse, reliée seulement sur 
quelques points par de fortes aponévroses (1), en sorte 
qu'elle forme de larges cavités que l'oiseau peut rem- 
plir d'air quand il le veut. C'est ainsi que le Fou, qui ne 
quitte presque jamais la mer, peut, grâce à ces cavités 
aériennes, se poser à sa surface et s'endormir en toute 
sécurité, en se laissant bercer parles lames en furie. On 
a écrit dés volumes sur l'organisation et sur la classi- 
fication des oiseaux, ce n'était donc pas chose facile de 
les résumer en quelques pages : j'ai voulu l'essayer 
pour vous, ami lecteur, et je me trouverai amplement 
dédommagé de mes peines si vous trouvez que j'ai 
réussi. Maintenant mon œuvre, débarrassée de sa partie 
la plus ardue, va devenir plus attrayante, et vous faire 
apprécier et étudier ces petits êtres sous tous les points 
de vue, afin de vous les faire aimer, comme je les aime 
moi-même. 

1. Membranes d'attache des muscles. 



CHAPITRE II 



Collections. 



De tout temps les oiseaux ont excité l'admiration des 
hommes, non seulement par la beauté et l'éclat de leur 
plumage, mais encore par la faculté qu'ils ont, presque 
seuls parmi les vertébrés, de s'élever à leur guise dans 
les airs, pour se rendre, avec une merveilleuse vitesse, 
là où leur instinct les porte. Aussi les curieux, il y a 
bien longtemps déjà, en formaient des collections, dont 
Pierre Belon nous parle dans son Traité des oiseaux 
publié il y a trois siècles et demi. Il est certain que les 
oiseaux tiennent une place importante dans les Musées 
d'Histoire naturelle, où, aujourd'hui comme autrefois, 
on se plaît à les admirer. 

Le nombre des oiseaux connus à notre époque est si 
considérable, douze mille espèces environ, que les sim- 
ples particuliers, ne pouvant tout réunir, ont dû se 
spécialiser, en ne collectionnant qu'une branche ou deux 
de ces intéressantes créatures. Les uns se sont localisés 
et n'ont voulu collecter que les oiseaux des régions qu'ils 
habitent; ce sont peut-être les plus intéressantes, puis- 
qu'elles nous donnent la faune ornithologique exacte 
d'un pays. D'autres, se montrant plus ambitieux, ont 
rassemblé tous les oiseaux d'Europe, soit qu'ils habitent 
ce continent ou qu'ils le visitent accidentellement. Quel- 
ques-uns ont collectionné les Perroquets de tout le 



— 81 — 

globe, si intéressants par leurs mœurs et par la diversité 
de leur brillant plumage. D'autres, disposant de peu de 
place, ont donné la préférence aux Oiseaux-mouches, 
ces merveilleux bijoux de la nature, que l'on ne trouve 
qu'en Amérique. 

Je ne veux point pousser l'énumération plus loin, et 
je vais donner quelques conseils, résultat démon expé- 
rience personnelle, à ceux qui seraient tentés de com- 
mencer une collection. Je leur dirai d'abord que ces 
collections sont très faciles à conserver, si elles ont été 
bien préparées, si elles sont dans des meubles bien 
fermés, et qu'il suffit de la visiter une fois l'an pour 
s'assurer de leur bonne conservation. 

Dans les Muséum qui se trouvent dans les grandes 
villes, on dispose généralement de grandes places, qui 
permettent une installation complète. Pour les particu- 
liers, il n'en est pas ainsi, mais une pièce consacrée à 
cet usage, et parfois même un simple meuble, suffisent 
à l'amateur pour emmagasiner ses richesses, qui lui 
donneront de douces et honnêtes jouissances. Voici les 
dispositions que j'ai prises chez moi, et que je crois les 
meilleures : les verrières ont une hauteur en rapport 
avec celle de l'appartement, qui est de trois mètres; la 
largeur est proportionnée à la place dont on dispose, et 
la profondeur, de soixante-dix centimètres, permet de 
loger les plus grands oiseaux. Ces verrières se composent 
de deux corps : à la base une sorte de buffet à tiroirs, 
ayant une hauteur de quatre-vingts à quatre-vingt-dix cen- 
timètres : au-dessus, la verrière proprement dite, vitrée 
de grandes glaces, afin que d'un coup d'oeil on puisse 
en voir l'intérieur. Ces meubles sont en vieux chêne, 
bien joints, peints à la céruse à l'intérieur, ainsi que les 



rayons, leurs supports et leurs crémaillères. Le meuble 
à tiroirs, qui est au-dessous, peut servir pour toute 
espèce de collections, comme pour les doubles et pour 
les accessoires. La pose qu'on adopte en général est 
celle de l'oiseau au repos ou demi action, car sans cela 
il tiendrait trop de place. Il est bon aussi de recomman- 
der au préparateur de tourner la tète des sujets du même 
côté, ce qui contribue singulièrement à l'harmonie gé- 
nérale. L'art de monter les oiseaux, ou taxidermie, est 
un art assez difficile à apprendre et sur lequel je ne puis 
donner des enseignements suffisants; l'amateur devra 
donc s'adresser à un préparateur, ou, s'il veut monter 
lui-même, il devra se faire montrer, en s'aidant de 
traités spéciaux, comme celui édité par la maison Dey- 
rolle, ou se servir de l'ouvrage du comte Alléon, qui est 
accompagné d'excellentes planches, et qui a été édité 
chez Roret, en 1889 (1). Depuis quelques années, l'usage 
anglais de faire des collections d'oiseaux en peaux, s'est 
beaucoup répandu. Ce goût présente les avantages 
suivants : les oiseaux tiennent beaucoup moins de place, 
sont bien plus faciles à surveiller, et sont plus commodes 
à manier quand on veut les étudier. Mais la collection 
montée, bien montée, et il y a des préparateurs qui sont 
de véritables artistes, présente à l'œil de l'observateur 
émerveillé un aspect de réalité saisissante, qui lui fera 
donner la préférence quand on a la place et l'argent. J'ai 
parlé tout à l'heure de l'ordre qui doit régner dans un 
cabinet bien tenu ; l'uniformité des procédés y contribue 

1. Voir aussi : Brocard, Manuel de taxidermie ou VArt d'em- 
pailler les oiseaux. Plaquette de 47 pages avec 2 grandes planches, 
contenant 62 figures très nettes des différentes opérations. En 
vente à la Librairie Paul Klincksieck. Prix, franco, 3 francs. 



- 83 — 

aussi dans une large mesure; les étiquettes ne doivent 
pas être de plus de trois ou quatre formats ; les perchoirs 
peints en blanc doivent porteries mêmes moulures, enfin 
comme chaque collectionneur est presque toujours dou- 
blé d'un naturaliste, il importe d'indiquer exactement 
sur un carnet spécial le nom de l'oiseau, son sexe, le 
lieu et la date de la capture, avec les observations par- 
ticulières s'il y a lieu. En agissant ainsi, le naturaliste 
s'assure des sujets de sa collection, qui deviennent des 
types pour lui, s'ils sont utilisés pour une publication 
quelconque. J'indiquerai à la fin de ce chapitre des pro- 
cédés sommaires à employer pour faire une bonne peau 
et pour vider convenablement les œufs. 

Nids. 

Les nids des oiseaux sont très intéressants, comme 
on a pu le voir par les quelques descriptions que j'ai 
données dans mes notices, ainsi que par les planches 
qui sont intercalées dans ce chapitre. Celui de la Pie- 
grièche d'Italie, planche A, ressemble extrêmement à 
celui de laPie-griècheécorcheur; mais il est plus soigné 
encore, et c'est pourquoi j'ai tenu à le faire figurer. Le 
nid de la Mésange Remiz, biseau dont je n'avais pas à 
parler dans mes notices, parce qu'il habite le Midi, où 
il est assez rare, est vraiment une petite merveille, ainsi 
qu'on peut en juger. Il est généralement suspendu à un 
rameau de saule ou de peuplier, où il est mollement ba- 
lancé par le vent. Sa charpente est en tiges ligneuses, 
mais il est doublé, intérieurement et extérieurement, 
avec le coton fourni par les fleurs de peupliers savam- 
ment agglomérées avec des toiles d'araignées. On coni- 



A - 




NID DE PIE GRIÈGHE ROSE. 

1/3 de grandeur naturelle. 




NID DE LORIOT JAUNE. 

1/3 de grandeur naturelle. 



— G 




NID DE ROUSSEROLLE EFFARVATE. 

1/3 de grandeur naturelle. 



— D 




NID DE MÉSANGE REMIZ. 

1/3 de grandeur naturelle. 



— 84 — 

prend que les amateurs aient aimé à rassembler ces 
charmants berceaux. Les uns, comme feu M. Lescuyer 
de Saint-Dizier, les collectionnait tous, car il en est 
parmi les grands, comme celui de la Pie, par exemple, 
qui présentent beaucoup d'intérêt; mais alors, il faut de 
grandes verrières pour les conserver à l'abri de la pous- 
sière. Pour les petits nids, il y a un procédé simple et 
charmant, inventé par le docteur L. Bureau, et que je 
vais indiquer, parce qu'il est à la portée de tous. On 
prend cinq feuilles de verre de dimensions égales, et 
proportionnées au volume du nid que l'on veut enfermer. 
Ces cinq feuilles sont juxtaposées sur une table, à plat, 
de manière à former une croix; une mince bande de 
baudruche est collée sur les bords de la feuille, qui 
forme le centre de la croix, et sur un seul bord des 
quatre feuilles juxtaposées, de façon à faire charnière. 
Quand la baudruche est sèche, on soulève ces feuilles 
et on les rapproche pour former une cage carrée, puis 
on colle une nouvelle bande de baudruche aux quatre 
angles de la cage, qui a l'aspect d'une cloche carrée. Si 
l'on veut être élégant, on rapporte, par dessus la bau- 
druche, une bande de papier coloré. Ceci fait, on prend 
un socle de bois peint à la céruse, préalablement pré- 
paré, et un peu plus large que la cage en verre, on y 
pose celle-ci en indiquant ses contours avec un crayon, 
on y fait une petite rainure dans laquelle le verre entre, 
et, après avoir passé le nid sous la cage, il n'y a plus 
qu'à poser un peu de mastic pour enfermer le nid et le 
conserver indéfiniment. 

11 arrive parfois que les nids sont habités par quelques 
insectes; si on pense qu'il en est ainsi, au lieu de les 
mettre au four, ce qui les détériore, il est préférable de 



— So- 
les plonger dans un vase d'eau contenant du sublimé 
corrosif, dans la proportion de un pour mille, et on fait 
ressuyer le nid, qui est alors parfaitement débarrassé 
de ses parasites. Je fais la même recommandation pour 
les nids que pour les autres objets de collection, c'est de 
les étiqueter et de les annoter au carnet. 

J'ai suffisamment parlé aux pages 71 à 73 de la 
science oologique, pour qu'il soit inutile d'y revenir 
ici; il ne me reste donc plus qu'à indiquer la manière 
de préparer les œufs, avant de les mettre en collection. 
Gela est d'autant plus utile que les oologistes sont au- 
jourd'hui très nombreux,! particulièrement en Angle 
terre, aux États-Unis et en Allemagne. 

Les amateurs ne veulent plus actuellement d'oeufs 
percés aux deux pôles, comme cela se faisait autre- 
fois, et ils n'acceptent que des spécimens percés sur le 
flanc et de préférence avec un seul trou, bien arrondi ; 
ce trou ce fait avec un poinçon bien fin, et on l'agran- 
dit en suite légèrement, au moyen d'un petit foret en 
acier, et à huit pans, qu'on tourne légèrement pour 
bien arrondir l'ouverture. Ceci fait, on mélange les 
liquides au moyen d'une petite aiguille à tricoter, et on 
les fait sortir de l'œuf en y insufflant de l'air, avec une 
pipette en verre. Voici comme j'ai fait faire cet instru- 
ment : un petit tube en verre, de quatre à cinq centi- 
mètres de longueur, est effilé à l'un de ses bouts sur 
la lampe à émailleur, puis coudé sur un angle de 
40 à 45 degrés; on y adapte un petit bout de caoutchouc 
que l'on met dans la bouche, quand on veut l'utiliser, 
et voilà la pipette la plus commode que je connaisse. 
Quand on a affaire à de très petits œufs, on peut les 
vider facilement en soufflant dans la pipette, dont le 



— 86 — 

bout fin est juxtaposé contre le trou de l'œuf, sans 
l'introduire à l'intérieur et par conséquent sans risquer 
de le casser. Lorsqu'on a des œufs un peu couvés, on 
peut réduire le fœtus en bouillie liquide qui se vide 
facilement, en y introduisant une forte dissolution 
d'alcali fixe de soude, qu'on y laisse séjourner vingt-qua- 
tre heures. 11 est bon après l'opération de passer de 
l'eau dans la coquille pour l'approprier complètement. 
Les œufs des oiseaux préparés comme je viens de le 
dire peuvent se conserver indéfiniment, moyennant 
quelques petits soins ; quelques-uns sont parfois souillés 
par la couveuse ; il est bon de les laver avec un linge 
fin imbibé d'eau, à laquelle on peut ajouter, sans incon- 
vénient, un tiers ou moitié d'eau de javelle. Il faufc 
néanmoins procéder en tâtonnant, car si la plupart des 
œufs supportent le lavage sans altération, il en est 
quelques-uns, comme ceux du Loriot et des Lagopèdes, 
qui se décolorent très facilement, au moindre frotte- 
ment. Un autre point essentiel, c'est de ne pas oublier 
que tous les œufs exposés à la lumière du jour se 
décolorent très rapidement, et qu'en quelques mois 
une collection peut, dans ces conditions, perdre toute sa 
valeur. Quel que soit donc le mode d'arrangement 
qu'on ait adopté, il faut que ces coquilles soient à l'abri 
de l'humidité et surtout de la lumière. Certains ama- 
teurs les arrangent dans un tiroir sur du sable fin, 
d'autres les collent sur de petits cartons; pour moi, 
voici le procédé que j'ai employé, et qui me parait le 
meilleur. Ce sont des tiroirs partagés en cases régu- 
lières, phis ou moins grandes, selon les familles, afin 
que les sujets puissent s'y trouver à l'aise. Le fond en 
est garni de coton fin dédoublé, coupé aux ciseaux, ei 



— 87 — 

légèrement arrondi, pour que les œufs se trouvent au 
milieu comme dans leurs nids. Chaque espèce est re- 
présentée par une ponte typique, et j'y ajoute toutes 
les variétés de forme et de coloration qui me tombent 
sous la main. Une étiquette est collée sur le bord de 
chaque case, ce qui ne m'empêche pas de remettre sur 
chaque sujet, et contre son ouverture, un numéro 
d'ordre et une lettre, qui me permettent de les 
cataloguer. 

Je dois, comme je l'ai promis plus haut, et avant de 
terminer ce chapitre, donner quelques renseignements 
sur la manière de préparer une peau d'oiseau ; ce petit 
talent est souvent indispensable à un amateur pour 
sauver une pièce rare, quand il habite un endroit éloi- 
gné de son préparateur. Le procédé que j'indique est 
celui qu'emploie M. Lomont, mon préparateur, auquel 
je passe la plume : 

La première précaution à prendre dès qu'on a capturé 
un oiseau, c'est de lui introduire dans la bouche et 
dans les blessures, un peu de coton et de plâtre en 
poudre, pour absorber et retenir les liquides, qui pour- 
raient le souiller. On laisse ensuite reposer, et on ne 
le dépouille que lorsque le sang est bien coagulé. 
Quatre outils seulement sont nécessaires pour cette 
opération ; un scalpel, une paire de ciseaux, une pince 
dite bruxelle et un pinceau. Pour commencer, l'opé- 
rateur, après avoir séparé les plumes, fait une incision 
depuis le haut du sternum, jusqu'au milieu de l'abdo- 
men ; on la saupoudre de plâtre, qui doit être employé 
pendant toute l'opération. Puis saisissant avec les 
ongles un des bords de la peau coupée, le préparateur 
ghsse en dessous le manche aplati du scalpel, la dé- 



— 88 — 

tache doucement du corps, sans secousse et continue 
jusqu'au moment où la cuisse se montre bien à décou- 
vert. Il la coupe alors à son articulation, retourne 
l'oiseau pour faire de même de l'autre côté : il continue 
de détacher la peau en s'approchant du cou ; et dès 
qu'il est bien dégagé il le coupe au ras des épaules. 
Ceci fait, le préparateur retourne l'oiseau sur son ven- 
tre, la tète vers lui, la renverse sur le dos, et, en travail- 
lant toujours avec les ongles, dégage le haut des ailes 
qu'il coupe l'une après l'autre à l'articulation qui rattache 
au corps le gros os, ou humérus de l'aile. On comprend 
maintenant qu'il n'y a plus qu'à continuer le même 
travail de décollation, en descendant jusqu'au croupion; 
il ne reste plus qu'à couper le corps qui se détache, mais 
en ayant soin de laisser dans la dépouille la dernière 
ou l'avant-dernière vertèbre, qui supporte les plumes 
delà queue. Le corps étant ôté, on retourne avec les mê- 
mes précautions les cuisses, les ailes, le cou et la tête, 
en enlevant au scalpel et aux ciseaux toutes les chairs, 
mais en laissant en place les os des cuisses, des ailes 
et le crâne, qui doivent rester dans l'oiseau. Avant de 
remettre la peau en place, nous recommandons de la 
bien dégraisser dans toutes ses parties, c'est la chose la 
plus essentielle, car sans cela pas de conservation 
possible, ni de belle préparation. On doit racler la peau 
au scalpel, de façon à mettre à nu la racine des plumes, 
puis alors la bien badigeonner avec un pinceau de 
préservatif de Bécœur, qu'on trouve chez tous les 
pharmaciens ; on enduit également les os des cuisses et 
du crâne, avant de remplacer les chairs enlevées, par du 
coton, ou des étoupes hachées. Le bourrage se fait légè- 
rement, après avoir entouré les os des cuisses de coton, 



— 89 - 

et en avoir garni les orbites et l'intérieur du crâne ; on 
agit de même avec les ailes, afin d'éviter à la peau le 
contact des os. Il faut en un mot rendre au sujet, par un 
bourrage léger, les formes qu'il avait avant l'opération; 
il ne reste plus qu'à recoudre légèrement la peaU; 
l'étiqueter et la mettre à sécher à l'ombre. 

Disons encore, en terminant, qu'il est toujours très 
utile d'ouvrir l'estomac de l'oiseau [avant de le jeter, 
afin de rechercher quel est son genre de nourriture. Il 
est aussi important de vérifier le sexe, dont les organes 
se trouvent contre la colonne vertébrale, et [au-dessous 
des intestins : ils consistent en deux petites fèves pour 
les mâles, et en une petite grappe d'œufs quasi micros- 
copiques pour les femelles. 



CHAPITRE III 



Chasse ancienne. 
Fauconnerie. 

La chasse aux oiseaux dans les temps anciens n'avait 
pas, à beaucoup près, l'importance qu'elle a prise de 
nos jours. En effet, l'invention du petit plomb est rela- 
tivement moderne. En sorte que nos pères, même avec 
de bons fusils à pierre, ne pouvaient guère réussir à 
abattre que de très grosses pièces, comme des Aigles, 
des Outardes ou des Cygnes, car chasser la Perdrix à 
balle franche était chose impossible. Il y avait bien des 
tendeurs de pièges qui prenaient maints et maints 
oiseaux, en employant toutes sortes d'engins tels que 
le filet, dit tirasse, des pantennes dressées dans les 
relais de la mer, et le reste. Mais ces tendeurs ou Oise- 
lie7's, comme on les appelait, n'étaient pas considérés 
comme des chasseurs, c'étaient des industriels vivant du 
produit de leurs chasses, comme le pêcheur vit de sa 
pèche, et qui n'usaient d'ailleurs de ce droit qu'en 
vertu d'une hcence qui leur était octroyée par le grand 
Fauconnier de France. 

Le seul mode de chasse, qui fut en honneur au 
moyen âge, non seulement dans notre pays, mais aussi 
dans les autres, ce fut Fart de la volerie, que nous appe- 



— 91 — 

Ions aujourd'hui la Fauconnerie. Les vieux traités de 
Fauconnerie, dont quelques-uns comptent parmi les 
plus précieux incunables, sont tous d'accord pour faire 
remonter cet art à la plus haute antiquité. Dans notre 
pays, les plus beaux temps de la Fauconnerie se placent 
aux xv^, xyf et xvii^ siècles. 

Ce mode de chasse exigeait d'ailleurs de très grandes 
dépenses, un nombreux personnel, des chevaux, des 
chiens et des oiseaux très chers; en sorte qu'il fallait 
être fort riche et très grand seigneur pour se permettre 
ce luxe. Ce fut la distraction par excellence de nos rois 
de France, et particulièrement celle de Louis XIII, qui 
comptait parmi les plus habiles chasseurs de son épo- 
que. On comprend facilement que cet art devint une 
occasion d'étaler son faste, et ce fut à qui aurait le plus 
bel équipage. Avant de donner des détails sur ce mode 
de chasse, je ferai d'abord connaître les oiseaux qu'on 
y employait. 

Les oiseaux de proie, ou Rapaces, étaient divisés par 
les anciens Fauconniers en oiseaux nobles et ignobles. 
Le premier nom s'appliquait à ceux qui ne poursuivent 
que l'oiseau au vol, ou le mammifère à la course, et ne 
se jettent jamais sur une proie immobile. Les ignobles 
étaient les autres. Les oiseaux nobles étaient tous ceux 
contenus dans les genres Faucons et Autours. 

Le Faucon blanc, dont tout le corps était blanc avec 
les ailes, et le dos seulement barré de gris, était le plus 
grand, le plus fort et le plus estimé de tous les oiseaux 
de volerie. On allait le chercher à grands frais, à 
l'extrême Nord, particulièrement au Groenland. Le Fau- 
con d'Islande, un peu moins grand et un peu plus gris 
que l'espèce précédente dont il paraît n'être qu'une 



— 9â — 

race locale, habitait l'Islande et était aussi estimé que 
le précédent. 

Le Faucon Gerfaut, plus sombre encore de couleur 
et qui était confiné en Norvège et en Suède, parait aussi 
n'être qu'une race du Faucon blanc, et était aussi re- 
cherché. Ces trois espèces ou variétés portaient le nom 
général de Gerfaut, et c'étaient ceux qu'on a employés de 
préférence pour les oiseaux difficiles à prendre. 

Un deuxième groupe de Faucons se composait des 
Faucons Sacre et Lanier qui se ressemblent beaucoup, 
mais qui diffèrent des précédents par un plumage plus 
ou moins teinté de roux. Ils étaient aussi très appréciés 
des anciens Fauconniers qui les faisaient venir d'Orient. 

Le troisième groupe se compose du Faucon pèlerin, 
figuré planche 3, et de ses congénères, le Faucon pélé- 
rinoïde et le Faucon de Barbarie, qui sont un peu plus 
petits que lui, possèdent les mêmes aptitudes, et qu'on 
allait chercher dans le nord de l'Afrique. 

Les espèces que nous venons d'énumérer étaient 
celles que l'on employait de préférence pour voler le 
Héron, le Busard, le Jean-Leblanc, la Canepetière, le 
Courlis, le Corbeau, la Corneille, le Canard, les Sar- 
celles, les Vanneaux et la Perdrix. On voit, par l'énu- 
mération ci-dessus, que les anciens Fauconniers chas- 
saient plus pour le plaisir que pour le profit, puisqu'ils 
prenaient autant d'oiseaux nuisibles et immangeables 
que d'oiseaux gibier. Tous les autres Faucons comme 
les Emérillons et les Hobereaux servaient à la chasse, 
mais, ne voulant donner qu'un aperçu, je ne puis entrer 
dans les détails et je me contenterai d'ajouter que V Au- 
tour co77imun, qui est fort et facile à dresser, servait tout 
spécialement à la chasse des Perdrix. 



- 93 - 

Dans tous les domaines un peu importants, il y avait 
des locaux considérables affectés au service de la Fau- 
connerie, et qui entraient pour une grosse part dans 
l'estimation d'un domaine à vendre. On comprend, dès 
lors, ce que devait être la Fauconnerie royale. A la tête 
de cette grande administration, se trouvait le grand 
Fauconnier de France, qui marchait de pair à égal avec 
les ministres, et dont la charge était extrêmement re- 
cherchée. Sous ses ordres s'agitait tout un peuple de 
fauconniers, de maîtres, de piqueurs, de dresseurs et 
de serviteurs à tous les degrés ; des remises et écuries 
pour les carrosses, des chevaux, sans compter les che- 
nils et les chambres destinées à dresser les oiseaux de 
chasse. Un mot encore, on appelait Faucons niais, ceux 
pris au nid qu'il fallait élever avant le dressage; elFau- 
cons-sors ou Branchiers, ceux que l'on capturait à la 
sortie du nid. 

De nos jours on ne pratique plus ce sport qu'en Angle- 
terre et en Hollande, et les tentatives faites en France 
dans ces dernières années ne paraissent pas avoir eu 
grand succès. Les Persans chassent encore au Faucon, 
ainsi que les Arabes chez lesquels cet art est resté en 
grand honneur. Le général Damnas a raconté dans ses 
souvenirs ces grandes et superbes chasses arabes, 
auxquelles il avait assisté bien des fois. Ce fut lui, alors 
qu'il était directeur des affaires de l'Algérie au Ministère 
de la Guerre, qui me donna une mission pour l'Algérie, 
avec de pressantes lettres de recommandation pour les 
grands chefs, ce qui me permit de parcourir ce pays 
dans toute son étendue et d'en rapporter des souvenirs 
ineffaçables sur les mœurs et les habitudes de ce peu- 
ple si original. Non seulement je fis de superbes chas- 



— 94 — 

ses, organisées en mon honneur, je vis voler le lièvre 
etrOutarde îioubara, mais j'y fus même possesseur de 
Faucons, qui m'avaient été donnés tout formés. Pour- 
tant, je dois l'avouer à ma honte, je ne sus jamais bien 
m'en servir, et je suis resté un bien mauvais Faucon- 
nier. 



CHAPITRE IV 



Chasse moderne. 

Sous ce titre, je n'ai pas l'intention de parier de la 
chasse habituellement pratiquée, mais seulement de 
celles exceptionnellement employées pour tuer ou cap- 
turer les oiseaux dans différentes régions. 

Certains grands oiseaux très méfiants, et que l'on ne 
peut approcher le fusil à la main, se laissent au con- 
traire tirer assez facilement quand on sait s'y prendre 
avec adresse; et l'un des meilleurs procédés consiste à 
les attendre dans un affût savamment dissimulé, et qui 
est connu dans l'Ouest sous le nom de hutteau, 11 y en 
a de diverses sortes, sur terre et sur l'eau, disposés 
d'une façon différente, mais reposant sur le même prin- 
cipe. Supposez une grande plaine avec peu d'accidents 
de terrain, où un homme ne puisse se cacher. Voici 
comment on procède, pour y établir un hutteau. Vous 
creusez à la bêche une fosse carrée, ayant deux mètres 
de longueur sur soixante-dix ou quatre-vingts centi- 
mètres de largeur et cinquante ou soixante de profon- 
deur; vous jetez la terre tout autour et assez loin en 
l'éparpillant, afin de laisser au terrain son aspect natu- 
rel. Vous placez par dessus, et bien tendu avec des 
piquets à chaque angle, et deux au milieu, un morceau 
de toile à voile, de la même couleur que celle du sol 



~ 96 — 

environnant, et au besoin vous jetez par dessus quel- 
ques brins d'herbes, et quelques poignées de terre pour 
mieux dissimuler sa présence. Au fond de la fosse vous 
avez mis préalablement une bonne couche de paille ou 
de litière, sur laquelle le chasseur s'étend tout au long; 
celui-ci, ayant fusil et cartouches, et une petite baguette 
flexible, la courbe et la pique en terre pour soulever la 
toile en face de lui sur une très petite largeur et quel- 
ques centimètres de hauteur, pour pouvoir passer le 
bout de son canon et tirer devant lui. On comprend 
maintenant, qu'il n'a plus qu'à cUsposer un appât pour 
attirer sa future victime. C'est dans ces conditions que 
j'eus en '18o4 la grande joie de tirer mon premier Vau- 
tour. 

C'était dans les environs de Mihanah, où je me repo- 
sais depuis quelques jours de la fatigue éprouvée dans 
une grande partie de chasse au sanglier, qui avait été 
organisée à mon intention par le bach-agha des Atafs, 
et dans laquelle nous avions abattu quarante et quel- 
ques sangliers; mon hôte m'avait fait amener deux ou 
trois de ces animaux, dont je désirais conserver cer- 
taines parties, car d'habitude les Arabes laissent sur 
place cette viande, impure pour eux. 

Je profitai de la circonstance pour faire faire un hut- 
teau, appâté avec mon sanglier, et j'allai un beau matin 
m'y embusquer. Au bout de peu de temps une Catharte 
vint s'abattre sur l'appât, où elle fut bientôt rejointe par 
deux Corbeaux, qui se mirent à batailler avec elle. La 
lutte durait depuis déjà longtemps avec des chances 
diverses, et je commençais à perdre patience, quand 
tout d'un coup la bataille cesse, et mes pillards dispa- 
raissent. J'avais à peine eu le temps de me poser une 



— 97 — 

question à ce sujet, que je vis arriver, à pied et par sauts, 
un magnifique Vautour, qui d'un dernier bond sauta 
sur le sanglier, qu'il se mit à dépecer. L'oiseau était 
bien placé de travers et aux trois quarts, je me hâtai 
donc d'épauler et de tirer. Le Vautour s'enleva et je crus 
un moment l'avoir mal touché ; mais, en soulevant ma 
toile, j'eus le plaisir, qu'un chasseur peut seul com- 
prendre, de le voir tomber lourdement à terre. Il n'était 
que blessé; aussitôt je courus à lui, pour l'achever avec 
précaution, car il se défendait vigoureusement ; et c'est 
alors que je pus contempler à mon aise ce géant de 
l'air, tombé en mon pouvoir. Je dirai à mes lecteurs, 
pour leur édification, que ce Vautour pesait onze livres, 
qu'il avait deux mètres soixante-dix d'envergure, et un 
mètre vingt de longueur. 

Le hutteau, dont je viens de parler, peut s'établir sur 
les plages graveleuses, à mer basse, pour y tirer des 
Échassiers, qu'on attire avec le sifflet et un oiseau 
empaillé. On s'en sert également à mer haute, sur les 
rochers des îlots que la mer ne couvre pas, et où les 
oiseaux marins se réfugient au moment du flux. Le 
même affût, bâti en planches, posé sur pilotis au milieu 
d'un étang, et caché sous les joncs, sert à tirer les ca- 
nards et la sauvagine. On les attire avec une cane vivante 
domestique que l'on maintient à la place voulue par une 
ficelle, nouée par un bout à la patte de l'oiseau, et par 
l'autre à une petite pierre qui coule à fond. En somme, 
d'après ce que je viens de dire, et ce que je compte dire 
encore, on peut déduire un principe général, celui-ci : 
dans toutes les chasses au fusil, il faut aller à l'oiseau 
ou l'obliger à venir à vous; et dans ce second cas, il 
perd une partie de ses avantages naturels. Il n'y a 



— 98 — 

guère qu'une exception à la règle que je viens déposer, 
c'est lorsqu'on veut tuer un oiseau au moment où il 
couve, et où il se laisse souvent approcher sans grande 
peine. Aussi je recommande ce procédé, non pour les 
oiseaux utiles, mais seulement pour les nuisibles, tels 
que les Autours, les Éperviers, les Busards et les Milans, 
qui détruisent beaucoup de gibier, et dont le chasseur 
comme l'amateur doivent se débarrasser par tous les 
moyens. 

Il y a un procédé simple pour détruire les Busards, 
au moment de la pariade : il consiste à placer sur un 
arbre isole, et près d'un étang, une femelle de Busard 
empaillé, qui attirera tous les mâles, et les fera passer 
à quelques pas du chasseur, embusqué un peu plus 
loin. Les Hongrois ont un autre système pour tuer ce 
Rapace qui leur détruit beaucoup d'œufs et de gibier 
d'eau. C'est de tendre un fer à renard appâté avec un 
œuf et caché sur un amas de joncs, au miUeu des lacs, 
où l'amateur d'œufs vient se faire prendre. 

J'ai dit, à l'article des Corneilles, qu'elles font du 
bien, et aussi du mal; en sorte que je puis bien indi- 
quer ici comment on peut les prendre, au moment où 
la neige couvre la terre. On fait de petits cornets d'envi- 
ron dix centimètres de longueur, assez étroits, et avec 
du papier un peu fort; on place au fond un petit mor- 
ceau de viande crue, et on enduit le bord intérieur du 
cornet avec un peu de glu. Cela fait, on n'a plus qu'à 
aller les enfoncer aras du sol, dans les dépôts de fumier, 
sur lesquels la neige a déjà disparu, puis on s'éloigne 
pour surveiller ces engins d'assez près. Les Corneilles 
ne tardent pas à arriver, et, affriandées par la chair fraî- 
che, enfoncent bravement leur bec dans le cornet qui se 



colle autour de leur tête. Éperdues, hors d'elles-mêmes, 
pirouettant sans pouvoir se débarrasser du fatal cornet, 
Biles .finissent par se laisser choir à terre, où le piégeur 
s'en empare sans la moindre difficulté. 

Beaucoup d'oiseaux viennent au sifflet ou à l'appeau 
spécial : le Geai est du nombre. Autrefois, on l'appelait 
en froiiant (comme disaient les oiseleurs) dans une 
feuille de lierre ; mais aujourd'hui on se procure pour 
soixante centimes un excellent appeau, qui attire par- 
faitement cet oiseau qu'il est facile de tuer ainsi, en se 
cachant dans la forêt avec beaucoup de soin. 

Je ne veux pas indiquer une foule de petits pièges 
employés pour capturer les petits oiseaux, parce que 
ce serait sortir de mon sujet d'abord, et ensuite parce 
que les petits oiseaux sont si utiles, et deviennent si 
rares, que c'est un devoir de les protéger, et un grand 
tort de les détruire. Je les quitte donc pour passer aux 
gros oiseaux, que j'appelle o^sea^la; ^iôzer. 

Les Pigeons boivent beaucoup, et arrivent à heure 
fixe près des fontaines et trous d'eau qu'ils ont adoptés. 
Rien n'est donc plus facile pour le chasseur que de 
venir s'embusquer à bonne portée de leur abreuvoir 
habituel. 

Nos pères aimaient beaucoup à tuer au printemps les 
coqs des gallinacés polygames. C'est ainsi qu'aux pre- 
mières lueurs du jour, les Vosgiens allaient au sommet 
de leurs hautes montagnes tirer le Coq de Bruyère qui, 
au moment de son chant amoureux, semble perdre sa 
méfiance habituelle. Ils tuaient également, à cette épo- 
que, le coq de la Perdrix qu'ils attiraient au moyen d'une 
femelle captive, appelée chanterelle, et qu'ils conser- 
vaient dans une petite cage destinée à cet usage. Cette 



— 100 — 

habitude, qui n'existe plus aujourd'hui, avait cependant 
sa raison d'être; car chez les oiseaux polygames, tous 
les oiseaux non appariés, et même ceux qui le sont, 
troublent les ménages voisins, dérangent les femelles, 
et font ainsi manquer beaucoup de couvées. Je crois 
donc que nos pères n'avaient pas tort en agissant 
ainsi, car ils avaient incomparablement plus de per- 
dreaux que nous n'en avons aujourd'hui. 

La grande Outarde est devenue si rare en France que 
l'on ne peut guère parler de sa chasse; pourtant il me 
sem_ble qu'on pourrait employer pour elle le procédé 
qui m'a souvent réussi pour tuer une fort belle espèce 
d'Algérie, connue sous le nom de Outarde houbara. 
C'est fort simple, comme on va le voir. Lorsque j'aper- 
cevais au loin un de ces oiseaux se promenant dans la 
plaine déserte, comme je chassais à cheval, au lieu de 
m'avancer directement vers elle, je ne l'approchais que 
graduellement, en décrivant autour d'elle une série de 
cercles dont le diamètre se réduisait insensiblement. 
Quand j'étais à une centaine de pas, l'oiseau allait et 
venait en donnant quelques signes d'inquiétude; mais 
voyant toujours mon cheval en flanc, il se rassurait peu 
à peu, et ne tardait pas à s'agenouiller, persuadé qu'on 
ne le voyait pas; et c'est ainsi que, neuf fois sur dix, je 
pus l'approcher à trente pas, et le tirer sans difficulté. 

J'ai dit au sujet des petits Échassiers qui passent sur 
nos côtes en avril pour se reproduire en août, qu'on 
pouvait les chasser de différentes sortes, et particu- 
lièrement au hutteau. Ces oiseaux sont tellement habi- 
tués à voir passer près d'eux des bateaux chargés de 
marins inoffensifs, qu'il est ordinairement facile de les 
approcher dans un petit canot qui suit le bord des pla- 



— 101 — 

ges, aussi près que possible. L'embarcation qu'on em- 
ploie pour ce genre de chasse doit être assez petite, 
c'est-à-dire jaugeant une tonne ou une tonne -et demie; 
car, sans cela, elle serait beaucoup moins maniable et la 
quille touchant le fond ne permettrait pas de s'appro- 
cher assez près du bord de la mer. Mais aussi il ne faut 
pas trop s'éloigner du port, car si le temps vient à 
changer, et si la mer devient grosse, ces petites embar- 
cations ne sont pas en état de supporter un coup de 
mer, et deviennent fort dangereuses; j'en fis un jour 
l'expérience à mes dépens. 

C'était en 1879; j'étais parti sur un bateau de ce 
genre du port de Billiers (Morbihan) pour un Ilot désert 
appelé Bel- Air, situé de l'autre côté de l'embouchure de 
la Vilaine, qui, à cet endroit, a 6 kilomètres de large. 
L'équipage se composait du garde maritime nommé 
Lardeux, de moi, de Michel Volter, mon domestique, 
âgé d'environ dix-huit ans, et qui se montra, fort heu- 
reusement pour nous, d'un sang-froid remarquable; 
enfin, d'un petit bonhomme de douze ans, que Lardeux 
avait eu le tort d'accepter. Arrivé à Bel- Air, par un temps 
splendide, je me mis avec mes compagnons à chasser 
et à chercher des nids, sans m'apercevoir que le temps 
se couvrait à l'horizon. Pourtant, le vent ayant fraîchi, 
Lardeux s'en aperçut aussitôt que moi. « Hé, monsieur, 
filons, me dit-il, le temps se gâte. » Aussitôt dit, aussi- 
tôt fait; nous montons en barque, et en route pour le 
port. Le premier quart d'heure se passa bien, mais 
alors la mer commençait à grossir, le tonnerre grondait 
de tous côtés et le flux, par malheur, nous portait vers 
la côte hérissée de roches, qui auraient brisé sans efforts 
notre esquif et nos personnes. 



-- 102 — 

La situation étant devenue périlleuse, Lardeux ne 
quittait plus la barre. Le gamin, trempé par l'eau de 
mer, poussait des cris de l'autre monde ; et les lames 
qui se creusaient de plus en plus remplissaient à demi 
le bateau, que je vidais de mon mieux avec le feutre du 
gamin. 

Au milieu du fleuve, le courant était si fort et le flot 
si haut, qu'il fallait maintenir l'avant du bateau vers la 
pleine mer, en avançant par le flanc. Heureusement, 
Michel, plein de sang-froid, sans se préoccuper ni des 
cris de l'enfant, ni des lames qui déferlaient sur son dos, 
ramait vigoureusement. Ah! que je voudrais voir cer- 
tains esprits forts dans un moment comme celui-là ! 
Enfin, le plus fort du courant étant dépassé, on put 
un peu incliner le bateau et se rapprocher des falaises 
qui nous protégeaient dans une certaine mesure contre 
la violence de l'ouragan. Il devenait évident que nous 
en serions quittes pour la peur, et bientôt nous arri- 
vions près de l'entrée du port. Là, sur la falaise, ma 
femme avec ses enfants, et de nombreux marins qui 
avaient suivi notre lutte contre les vagues en furie, 
nous attendaient avec une poignante anxiété : l'on juge 
de la joie causée par notre retour, et des félicitations 
accompagnées de reproches mérités pour notre impru- 
dence. 

La Foulque Macroule, qu'on trouve en grande quan- 
tité sur certains étangs, donne souvent lieu à de fort 
jolies parties de chasse, lorsque les petits sont déjà 
grands, c'est-à-dire au mois de septembre. Comme cet 
oiseau tient, quand il est fixé dans un endroit, à ne pas 
le quitter, on profite de cette habitude pour en faire des 
battues en barque. Celles-ci, montées chacune d'un con- 



- 103 — 

ducteur et d'un chasseur, se rangent en bataille sur la 
chaussée de l'étang, et s'avancent en ligne jusqu'à l'ex- 
trémité connue sous le nom de queue. Lorsque les 
Foulques, qui ont filé devant les barques, se trouvent 
acculées à la queue de l'étang, elles s'élèvent l'une 
après l'autre, et viennent passer sur la tète des chas- 
seurs pour retourner à la chaussée; on en tire, et on en 
tue ainsi un grand nombre, d'autant plus que les bar- 
ques peuvent exécuter trois ou quatre fois de suite la 
même manœuvre, avant que les pauvres oiseaux se 
soient décidés à quitter les eaux qui leur ont été si fa- 
tales après leur avoir été si hospitalières. 

J'ai dit un peu plus haut que les oiseaux qui couvent 
se laissent beaucoup plus facilement approcher à ce mo- 
ment qu'à tout autre, et je vais en donner quelques 
exemples d'autant plus intéressants, qu'il s'agit des 
Hérons qui vivent et nichent généralement en colonies. 

A la suite du second Congrès ornithologique interna- 
tional, qui fut tenu à Budapest en mai 1897, les mem- 
bres du bureau, d'accord avec le Gouvernement hon- 
grois, avaient organisé diverses excursions en l'hon- 
neur des congressistes. J'y pris part, et, le 23 mai, nous 
arrivions au lac Balaton, dès 9 heures du matin. Des 
barques nous attendaient, rangées côte à côte, et cha- 
cune avait son petit coffre de provisions à l'avant, un 
banc au milieu pour le chasseur, et un batelier à l'ar- 
rière pour le diriger. Notre conducteur nous fit visiter 
d'abord des colonies de Spatules blanches, puis de Fal- 
cinelles éclatants; et, enfin, une grande colonie de Hé- 
rons cendréSy pourprés, crahiers et bihoreaux, qui 
nichaient les uns près des autres et paraissaient vivre 
en parfaite intelligence. Les nids des Crabiers et des 



— 104 — 

Bihoreaux étaient sur des saules immergés, placés 
à 1, 2 ou 3 mètres au-dessus du niveau du lac; ils 
étaient construits exclusivement avec des brindilles 
sèches de saules étroitement enlacées. Us contenaient 
tous des œufs ; les Hérons, auxquels ils appartenaient, 
passaient et repassaient sur nos têtes à très courte dis- 
tance, et nous aurions pu, mon compagnon d'excur- 
sion, M. Lorenz,etmoi,en tuer autant que nous aurions 
voulu. Mais nous avions un autre objectif : la grande 
Aigrette, dont il existait une colonie beaucoup plus loin, 
et vers laquelle notre batelier ne tarda pas à nous con- 
duire. On sait que l'Aigrette est un Ardéidé de grande 
taille, entièrement blanc, orné de parures très recher- 
chées des plumassiers et qui, malheureusement, devient 
fort rare. La colonie, peu nombreuse, était installée dans 
une jonchée de roseaux immenses, n'ayant pas moins 
de 5 à 6 mètres de hauteur totale. Les oiseaux avaient 
cassé sans le détacher le sommet de quelques roseaux 
et en avaient formé des plates-formes, sur lesquelles ils 
avaient établi leur nid de joncs et de brindilles. 

Ces nids n'étaient pas à moins de 2 ou 3 mètres de 
hauteur au-dessus du niveau du lac, et contenaient des 
poussins, ainsi qu'il était facile de s'en convaincre en 
voyant au-dessous les coquilles des œufs déjà éclos. 

Ceci promue que l'Aigrette est le plus précoce des Hé- 
rons, puisque tous ses congénères avaient encore des 
œufs. Ils sont aussi plus farouches, car c'est à peine si 
mon compagnon de voyage put en tirer à portée con- 
venable. Mais le bout de la barque étant dirigé vers un 
de ces nids, je constatai à grand regret qu'en raison de 
sa hauteur je ne pourrais l'atteindre, quand me vint 
une inspiration parfaite. Ne parlant pas le hongrois, je 



— 105 — 

fis signe au batelier de venir se placer debout sur le 
coffre, et, grimpant sur ses épaules, en un instant je pus 
m'emparer de deux des poussins, déjà un peu vêtus de 
duvet, que nous voulions conserver : l'un pour le musée 
de Vienne, et l'autre pour ma collection personnelle. 

J'ai dit comment on peut chasser les Goélands et 
autres oiseaux marins au moyen d'un hutteau disposé 
sur les îlots rocheux, où ils vont se réfugier au moment 
de la haute mer. Dans l'intérieur des terres et en hiver, 
c'est sur les sources et les petits cours d'eau qui ne 
gèlent pas, que l'on va affûter au crépuscule les Oies et 
les Canards qui y tombent pour y passer la nuit; on 
donne à ce genre de chasse le nom de chute. Sur les 
étangs de Lorraine, où la chasse s'ouvre à la mi-juillet, 
on poursuit également le Canard d'une façon spéciale, 
très amusante, et au sujet de laquelle je vais entrer 
dans quelques détails. On se rappelle que le Canard 
mâle mue en juin et perd momentanément la faculté 
du vol, par la chute simultanée de ses rémiges. Il est 
alors désigné par nos chasseurs sous le nom de dé- 
sailé. Les jeunes Canards qui sont à leur taille et com- 
mencent à voler portent le nom de Halbrans; à l'ouver- 
ture, lorsqu'on a tiré les Halbrans volants qui partent 
quelquefois sous le bateau du chasseur, aussi bien que 
le Perdreau à l'ouverture, on fait traquer l'étang par 
des hommes à pied qui amènent aux barques où se 
trouvent les chasseurs les non volants, qu'ils peuvent 
tirer à leur aise, bien que les vieux sachent se défendre 
à merveille. En effet, soit qu'ils filent sans bruit dans 
les roseaux, soit qu'ils plongent pour traverser les es- 
paces découverts, ils ont un art admirable pour se dé- 
rober aux poursuites de leur ennemi. S'ils se sont laissé 



— 106 — 

amener vers la queue de l'étang, où les herbes sont plus 
courtes, loin des grandes haies de roseaux, leur retraite 
habituelle, ils comprennent le danger de rebrousser 
devant les tireurs, et emploient une nouvelle ruse pour 
leur échapper; ils plongent, reviennent à fleur d'eau 
sous les feuilles aquatiques qui les cachent, et, immo- 
biles, ne laissant émerger que la tête, suivent de l'œil 
l'ennemi qui les cherche. Le chasseur, que son expé- 
rience met en garde contre ce tour, examine les moin- 
dres touffes d'herbe, aperçoit le Canard ainsi dissimulé, 
s'en approche sans bruit, et le saisit vivement par le 
cou, s'il ne préfère employer le fusil. Mais, bien sou- 
vent, neuf fois sur dix et plus, la ruse a plein succès, et 
l'oiseau est sauvé. C'est du reste la même manœuvre 
qu'emploient les Canards démontés par un coup de 
fusil; elle en sauve un nombre considérable, au grand 
désespoir du chasseur. 

Dans la baie de Somme, comme dans celle d'Arca- 
chon, on chasse beaucoup certains oiseaux de mer, 
comme les Plongeons et les Pmgouins, avec de petits 
bateaux, spécialement affectés à cet usage. 11 y a là de 
vieux marins connaissant à merveille les habitudes de 
ces oiseaux, qui, confiants dans leur habileté à plon- 
ger, ne songent jamais à fuir en se servant de leurs 
ailes. Aussi, ces marins se mettent à la disposition des 
étrangers et leur font faire de fort jolis coups de fusil; 
ils conduisent leurs barques avec tant d'adresse, qu'au 
bout de quelques plongeons dont ils devinent la direc- 
tion par les mouvements de l'oiseau, ils arrivent pres- 
que toujours à se trouver une bonne fois à leur portée, 
quand ils reparaissent sur l'onde. 

Une chasse du même genre se pratique sur le lac de 



— 107 — 

Genève; mais alors, c'est le Grèbe huppé qui est l'ob- 
jectif, et c'est avec de petits bateaux à vapeur que les 
amateurs le poursuivent, non pour le tirer, mais pour le 
forcer. En effet, dès que, du bateau, on a aperçu un Grèbe, 
on se dirige sur lui à toute vitesse. L'oiseau plonge 
et va reparaître à grande distance. Mais le vapeur qui a 
continué sa course ne se trouve pas loin du Grèbe au 
moment où il reparait. On le force à plonger de nou- 
veau et on continue ainsi, sans trêve ni merci, jusqu'au 
moment où le pauvre être, rendu, forcé, n'en pouvant 
plus, se laisse prendre à la main sans chercher à fuir. 
Je me suis demandé plus d'une fois comment cet oiseau 
qui vole assez bien, quoique lourdement, ne cherche pas 
à utiliser ses ailes pour échapper à ses ennemis; et la 
seule raison plausible que j'ai trouvée, c'est que sans 
doute il faut un certain temps au Grèbe pour gonfler 
ses cavités aériennes, indispensables peut-être pour 
suppléer à la faiblesse de ses ailes quand il veut voler. 
Car on comprend qu'il avait dû préalablement les vider 
complètement pour plonger avec une plus grande faci- 
lité. 



CHAPITRE V 



Volière. 



Indépendamment des services qu'ils nous rendent 
directement en nous défendant contre les infiniment 
petits, les oiseaux peuvent être utiKsés d'une foule de 
manières, soit pour nos plaisirs, soit pour notre alimen- 
tation. 

Depuis longtemps, l'homme a cherché à acclimater et 
a domestiquer les espèces qui lui ont paru les plus 
propres a satisfaire ses besoins. Les uns, en tète des- 
quels Il faut surtout citer les Faisa^is, ont été importés 
dans de grands parcs où ils constituent un excellent oi- 
bier; les autres, remarquables à divers titres, sont éfe- 
ves avec le plus grand soin dans les jardins zoologiques 
ou leurs aptitudes sont étudiées, tout en offrant aJ 
pubhc un bien attrayant but de promenade. 

J'aurais pu traiter ici de l'acclimatation et de la do- 
mestication; mais je ne veux pas oubher que j'écris pour 
le plus grand nombre, aussi je me contenterai de parler 
de ceux de nos oiseaux qui peuvent vivre en captivité, 
sans soms extraordinaires, et qui, conséquemment 
sont a la portée de toutes les bourses, tout en donnant 
a leur protecteur d'honnêtes et attrayantes distractions. 
Pour plus de clarté, je diviserai ce chapitre en quatre 
parties : l'installation, les chanteurs granivores, les 



- 109 - 

chanteurs insectivores et les oiseaux de jardin, qui 
peuvent être laissés dans une semi-liberté. 

Tout propriétaire d'un petit jardin, s'il a suffisamment 
d'air et de soleil, peut y installer une volière-. On en 
trouve de toutes faites, et à fort bon compte; mais si on 
veut la faire soi-même, ce qui est encore plus écono- 
mique, on peut procéder de la façon suivante. On choi- 
sit d'abord l'emplacement, autant que possible à l'abri 
des vents violents, soit contre un mur, soit un peu en 
avant, mais de façon à recevoir les premiers rayons du 
soleil levant. Si l'on dispose d'une conduite d'eau, on 
commencera par y souder un tuyau de plomb de la 
grosseur du petit doigt, et on le couchera en terre, pour 
le sortir au milieu de la volière. On y adaptera une 
lance pour en faire un petit jet d'eau, qui sera reçu 
dans un récipient évasé, très peu profond, afin que les 
oiseaux ne puissent se noyer en s'y baignant. On éta- 
blira ensuite un petit mur en maçonnerie dans la terre, 
à une profondeur suffisante, pour que les carnassiers 
ne puissent creuser dessous et s'introduire dans la vo- 
lière. Sur ce petit mur, à fleur de terre, on établira un 
cordon de pierre de taille, ou simplement de briques, 
sur lequel on posera la charpente en chêne delà volière. 
Celle-ci aura la forme que l'on voudra, et selon le goût 
de chacun. Le seul point important, c'est de laisser une 
porte assez grande, pour qu'on puisse y entrer facile- 
ment, lorsque cela est nécessaire. On clouera sur toutes 
les faces intérieures des panneaux de treillage mécani- 
que, en fer galvanisé et à mailles d'un centimètre d'écar- 
tement. Comme propreté, on pourra recouvrir les extré- 
mités du maillage avec des guindés de bois mince, et 
l'on n'aura plus qu'à peindre sa construction pour pou- 



— 110 — 

voir l'utiliser. Lorsque ce moment sera venu, il sera bon 
de planter quelques petits arbustes rustiques, et à 
feuilles persistantes, ainsi que des mottes de gazon, 
et d'y placer du sable fin ; toutes choses qui seront très 
appréciées des futurs captifs. 

Disons encore qu'il faut maintenir une grande pro- 
preté, renouveler l'eau souvent, ne pas oublier les 
perchoirs qui doivent se croiser, afin que les oiseaux ne 
se salissent pas les uns les autres. Quand on ne peut 
disposer d'un petit jet d'eau, il faut se servir d'abreu- 
voirs à siphons et n'employer, autant que possible, que 
des mangeoires fermées, car les oiseaux sont de grands 
gâcheurs, lien faudra autant que d'espèces de graines, 
c'est-à-dire trois ou quatre; car avec du millet, de la 
navette, duchènevis et de l'avoine, on peut contenter à 
peu près tous les oiseaux granivores; mais en n'oubliant 
pas non plus de leur offrir souvent de la verdure, telle 
que feuilles de salade, renouée, bourse à pasteur, plan- 
tain, mouron, etc. 

Voici la liste de nos petits chanteurs granivores que 
je conseille, à des titres divers, me réservant de faire 
une digression sur les plus intéressants. Le Bouvreuil, 
quand il est pris grand, et avant de le mettre au régime 
du chènevis qui est sa graine favorite, doit être sevré 
avec la baie du troène. Le Bec-croisé, bien que ne chan- 
tant pas, est fort intéressant en cage; mais il faut lui 
donner quelques cônes de pin ou de sapin avec leurs 
graines, avant qu'il ne s'habitue à celles du chanvre. Le 
Pinson d'Àrdennes, comme les Bruants, aime beaucoup 
l'avoine; les Fringilles, Pinsons, Verdiers, Tarins, 
Chardonnerets et Linottes sont bien connus et ne de- 
mandent pas de note spéciale. Le Cini, que j'ai indiqué 



— 111 - 

à la notice du Tarin, est un des oiseaux le^ plus gentils 
qu'on puisse mettre en volière ; il est joli, très élégant, 
chante à merveille, mais il demande des bains fré- 
quents pour approprier ses pattes qui sont très déli- 
cates. Il se marie volontiers avec le Catiari Jaune, et 
donne des métis très estimés par leur chant, moins fort 
et plus harmonieux que celui du Canari. Puisque j'ai 
parlé de métis, je dirai aussi qu'on peut en obtenir de 
fort curieux en croisant le Canari avec le Chardonneret, 
et avec la Linotte ; mais, pour réussir,' il faut élever en- 
semble les jeunes oiseaux de ces espèces différentes. Il 
ne faut pas oublier, quand on fait de ces éducations, 
qu'il est bon, en outre de la pâtée à base de jaunes 
d'œufs et de graines écrasées, de donner tous les petits 
insectes que l'on peut se procurer. Il en en est de même 
dans la nature, car presque tous les oiseaux grani- 
vores ou invectivores en donnent beaucoup à leurs 
petits. 

Il y a, avec la Linotte, un groupe de petits oiseaux, 
fort intéressants, que l'on appelle des Sizerins, Ils sont 
gris comme la Linotte, avec le dessus de la tête marqué 
de carmin, le croupion et la poitrine plus ou moins 
lavés de rose. Leur chant, sans être bien beau, est gai 
et plein d'entrain. Ils sont rustiques, se contentent de 
chènevis, pour lequel ils ont une passion, sont tou- 
jours en mouvement et d'une confiance telle, que dans 
les pays de tendeurs, où on l'appelle Serin, on emploie 
souvent cette locution : béte comme un Serin. 

Le fait est que j'ai vu dans une bande d'une dizaine 
de Sizerins, sur lesquels s'étaient abattus les nappes 
d'un filet à tirasse, quelques sujets passer à travers les 
mailles, s'envoler, revenir se faire prendre deux fois de 



- 112 — 

suite; en sorte que toute la troupe fut capturée. Les 
Bruants jaunes, Zizi, Ortolans, Fou et de neige ont le 
même régime, se contentent de blé et d'avoine et sont 
intéressants, non par leur chant, mais par leur plumage 
varié et par leur familiarité. 

U Alouette ordinaii^e, diinsi que la Calandre à croissant 
noir du Midi, sont des chanteurs de premier ordre, qui 
se font bien à la captivité ; mais il est prudent, quand 
on les conserve en cage, d'en couvrir le haut avec une 
toile; car, sans cette précaution, elles pourraient se 
tuer en se frappant la tête contre le plafond. Je ne con- 
seille pas de mettre avec les autres oiseaux les Mé- 
sanges qui sont fort agréables en volière, mais qui 
sont fort quinteuses, et tuent volontiers leurs compa- 
gnons de captivité. 

Voici maintenant les oiseaux insectivores que l'on 
peut conserver sans grande difficulté, mais qu'il est 
préférable de garder séparément en cage. UÉtourneau 
ou Sansonnet, qui accepte très bien la pâtée dont je 
parlais tout à l'heure, apprend à siffler d'une façon 
remarquable; mais il ne faut pas oublier que, si on lui 
donne la leçon en sifflant soi-même ou en employant 
la serinette, si on lui apprend une note fausse, il la 
répétera indéfiniment; car cet oiseau, comme beaucoup 
d'autres chanteurs, a l'oreille et le gosier en parfait 
accord. On élève quelquefois le Loriot dont le plumage 
est magnifique; mais c'est bien à tort, car on ne le con- 
serve jamais au delà de quelques mois. Ce que j'ai dit 
de l'Étourneau peut s'appliquer au Merle noir, mais il 
faudra lui donner de temps à autre de petits escargots, 
ou des vers de terre, dont il est très amateur. Le même 
régime peut s'appliquer au Merle de roche, dont la 



— 113 — 

livrée rousse et bleue est fort élégante, et que l'on élève 
volontiers dans les Alpes, où il habite en été. 

Que dirai-je du Rossignol, des Fauvettes, ù^jl Troglo- 
dyte, que certains amateurs aussi consommés que 
patients, parviennent à sevrer avec des vers de farine, 
et de la pâtée à base de cœur de bœuf? Vraiment, c'est 
se donner trop de mal pour le simple mérite de la diffi- 
culté vaincue. N'avons-nous pas d'autres chanteurs, 
tout aussi intéressants, plus jolis de robe et faciles à 
conserver, auxquels nous devons par conséquent don- 
ner la préférence ; d'autant plus que pour sevrer un 
Rossignol, il faut en perdre dix! La mortalité est encore 
plus grande pour la Fauvette à tète noire et pour le 
Troglodyte. 

Le moment est venu d'entretenir mes lecteurs des 
oiseaux de grande taille que l'on désire conserver, soit 
dans la volière, soit en liberté dans le jardin. Dans ce 
dernier cas, pour que les captifs ne puissent s'envoler, 
il faut les éjointer, c'est-à-dire leur couper l'aileron 
d'une seule aile, que l'on cautérise immédiatement. Les 
Pluviers, les Vanneaux, la Barge, plusieurs Chevaliers 
et surtout le Combattant, vivent très bien en volière, 
mais beaucoup mieux dans le jardin où ils ramassent 
une foule de bestioles plutôt nuisibles, dont ils nous 
débarrassent. On leur donne une pâtée faite de pain 
trempé et d'eau, complétée par des débris de viande 
cuite finement hachée. Ils donnent beaucoup d'anima- 
tion dans un jardin, y deviennent très familiers, et 
savent très bien reconnaître les personnes qui leur 
apportent à manger. Le Héron cendré et la Grue, quand 
on peut s'en procurer, sont aussi fort agréables en 
liberté. Mais l'oiseau par excellence qu'il faut avoir 



— 114 — 

dans un jardin clos, un peu grand, et avec pelouse, 
c'est la Cigogne blanche. Cet Échassier qui purge le 
jardin de souris, de reptiles désagréables, de vers et 
d'autres bestioles, devient très familier, s'attache à son 
maître et devient le garde de la propriété dont il chasse 
tous Les importuns à quatre pattes, chats ou autres. 

Si Ton dispose d'une pièce d'eau, il faudra se procu- 
rer des Goélands, des Mouettes, des Hirondelles de mer 
de différentes sortes, qui, eux aussi, donnent beaucoup 
de vie par leur mouvement perpétuel et qui, peu diffi- 
ciles pour la nourriture, se contentent de tout, même 
des détritus de la cuisine. 

Pour eux, comme pour les petits Échassiers, on se les 
procurait autrefois à très bas prix au marché de la 
Vallée à Paris, où ils étaient expédiés, tout vivants et en 
paniers, par les tendeurs de la baie de Somme, et no- 
tamment du Hable, près Cayeux : je ne sais s'il en est 
encore ainsi. La Foulque est très gracieuse aussi sur 
une pièce d'eau; mais avant de l'y lâcher, il faut s'assu- 
rer qu'elle contient des Potamogeton ou autres plantes 
de même genre qui poussent entre deux eaux, et lui 
sont indispensables quand les mollusques à coques 
tendres font défaut. Je n'engage pas à mettre des 
Grèbes sur ces pièces d'eau, bien que leurs évolutions 
soient très curieuses à voir, parce qu'ils détruiraient 
tous les petits poissons dont ils ne peuvent guère se 
passer. Enfin, je n'ai pas non plus parlé des Oies, bien 
qu'elles conviennent sous bien des rapports, parce 
quelles ont un si mauvais caractère, qu'elles tuent, 
l'un après l'autre, tous leurs compagnons de captivité. 



CHAPITRE VI 



Utilisation. 



Dans le chapitre précédent j'ai parlé de l'utilisation 
des oiseaux vivants; dans celui-ci, je traiterai de leur 
utilisation, au point de vue de leur chair et de leur 
dépouille, 

11 suffit d'avoir visité les Halles de Paris, à l'ouverture 
de la chasse, pour se faire une idée de l'importance de 
l'oiseau dans l'alimentation. 11 y a là, à ce moment, des 
monceaux effrayants de gibier à plumes venant de tous 
les points de la France et de l'étranger. Les Cailles, les 
Perdreaux, les Faisans, les Bécassines, les Canards s'y 
coudoient avec leurs congénères des Pays-Bas, et sur- 
tout d'Allemagne et d'Autriche. Un peu plus tard, quand 
la température est refroidie, on y voit encore en quan- 
tité des Lagopèdes de Suède et de Norvège, des Grouses 
d'Ecosse, des Coqs de Bruyère et des Gelinottes de 
Russie, et même des Poules à fraise, venues en glace 
d'Amérique. Il y a longtemps d'ailleurs que la grande 
bouche de Paris absorbe ainsi les ressources alimen- 
taires les plus délicates, dont elle semble ne se lasser 
jamais. Il en était ainsi autrefois, même avant le déve- 
loppement des chemins de fer, mais dans une propor- 
tion beaucoup moindre; je vais en donner un exemple. 

11 y a une quarantaine d'années, faisant mon tour de 



— 116 — 

France, je me rendais de la Vendée à Nantes, monté 
sur l'impériale d'une diligence. Tout d'un coup, et sans 
motif apparent, la diligence s'arrête vis-à-vis d'une 
petite maison entourée d'arbres, une sorte de cottage 
placé à peu de distance de la route. Un homme en sort 
avec un sac qu'il jette au conducteur, en lui disant : 
« Il y en a vingt ï,à quoi le conducteur répond : « Voilà 
vos 6 francs. » Et la diligence se remit en route. On 
comprend que ce mystère m'intriguait, et que je voulais 
le connaître. Les vingt étaient tout simplement des 
Perdreaux rouges pris au lacet et que le conducteur 
achetait à vil prix sur tout son parcours, pour les 
revendre à Paris avec un gros bénéfice, et en permet- 
tant ainsi aux braconniers d'écouler tout leur gibier, 
sans se trahir, ce qui n'eût pas manqué d'arriver s'ils 
l'eussent vendu dans le pays. 

Je n'ai pas d'ailleurs à m'étendre sur un sujet bien 
connu, et il me suffira de rappeler qu'en dehors de 
l'état frais, les oiseaux-gibier jouent encore à l'état de 
conserves un rôle important dans l'alimentation pu- 
blique : Alouettes de Pithiviers, Canards d'Amiens et 
tant d'autres du même genre. Les marins, dans leur 
voyage vers le pôle nord, ont été maintes fois bien 
heureux, alors qu'ils étaient en proie au scorbut, de 
pouvoir se ravitailler de chair fraîche, en faisant la 
chasse aux nombreux oiseaux de mer, tels que Pé- 
trels, Macareux, Pingouins, qui habitent les îles dé- 
sertes de ces régions inhospitahères. Ils en ont 
d'ailleurs tant usé, et même abusé, que c'est ainsi qu'ils 
ont détruit le Grand Pingouin, dont l'espèce est éteinte 
ainsi que je l'ai raconté à la page 73. 

On sait avec quel soin jaloux nos ménagères mettent 



— 117 - 

de côté le duvet des Canards et des Oies domestiques 
que l'on plume plusieurs fois par an pour convertir ce 
duvet en traversins et autres accessoires de literie. 

Le duvet des oiseaux d'eau, tués à Tétai sauvage, est 
plus estimé que celui de nos oiseaux domestiques; mais 
aucun, pour la souplesse, la légèreté et la chaleur n'é- 
gale celui que la femelle du Canard Eider s'arraclie à 
elle-même pour en garnir son nid. Aussi les Norvégiens 
et les Suédois, en gens avisés, ont-ils soin de protéger 
ce Canard qui niche en grande quantité dans leur pays. 
Ils se contentent de faire la tournée des nids avant la 
ponte pour s'emparer d'une portion du précieux duvet, 
et laissent ensuite ces oiseaux couver en paix. Quand 
les petits ont quitté le nid, ils recommencent leurs 
tournées pour faire une nouvelle récolte d'édredon, 
mais moins estimé que le premier. 

Les fourreurs, à leur tour, utihsent la peau du Cygne, 
garnie de son duvet et débarrassée de ses grandes 
plumes, c'est-à-dire éjarrée, \)OViV en faire des garnitures 
très appréciées de nos élégantes. Pour d'autres espèces 
à plumage élastique, argenté, comme celui de nos 
Grèbes, ils en font encore, mais sans les éjarrer, de 
jolies garnitures et de charmants petits manchons, qui 
rivalisent avec ceux des Martres et des Zibelines. 

Depuis une trentaine d'années, l'industrie plumas- 
sière s'est extrêmement développée, et a établi des 
comptoirs dans toutes les parties du monde. A Paris 
seul, il y a environ vingt-cinq à trente maisons, dont 
quelques-unes très importantes, qui ne font que cela. 
Les oiseaux en peau arrivent de tous pays, par caisses 
de cent et de mille. A leur arrivée, les plumassiers les 
trient, selon leur rareté et leur beauté, sans les con- 



- 118 — 

naître autrement que par leur nom commercial; puis 
les répartissent par sorte, comme ils disent, dans des 
tiroirs qui ne contiennent que des peaux d'une valeur 
uniforme. Je n'ai pas à entrer dans ce détail, mais je 
ferai cependant quelques citations, à titre de curiosité, 
et parce qu'aujourd'hui les plumassiers vendent autant 
de dépouilles européennes qu'exotiques. Les plus rares 
et les plus précieux oiseaux de parure sont assurément 
les Paradisiers qui nous viennent de la Papouasie. Ces 
oiseaux, par la splendeur de leur livrée, ont de tout 
temps excité l'admiration des voyageurs et des savants. 
Tantôt leur robe emprunte au velours sa douceur et ses 
reflets irisés, tantôt c'est à la soie qu'elle ravit ses 
teintes les plus vives et les plus chatoyantes. En outre, 
les ornements les plus variés leur sont prodigués ; les 
parements, les huppes, les collerettes, les camails aux 
nuances les plus riches et les plus éclatantes, viennent 
à l'envi compléter ces merveilleux plumages. On ne 
s'étonnera donc pas que, depuis longtemps, la mode les 
ait recherchés pour compléter les plus riches toilettes. 
Mais leur prix est élevé, et j'ai vu vendre une caisse 
de cent Paradisiers pour la somme de 4.300 francs. 
Les Oiseaux-mouche, qui ne se trouvent qu'en Amé- 
rique, à leur tour sont venus rivaliser avec les Para- 
disiers par leur plumage et leur parure tout aussi 
remarquable; en sorte qu'on a pu, sans exagéra- 
tion, les surnommer les bijoux vivants de la nature. 
L'une des plus brillantes espèces est le Sapho dont la 
longue queue, de couleur violette, jette à la lumière 
des reflets d'or et de pourpre. Cet oiseau, qui habite sur 
les bords de l'Amazone, est fort rare; et un naturaliste 
fit le voyage exprès pour en rapporter une série consi- 



— 119 — 

dérable, dont les moindres sujets, valaient 100 francs 
la pièce. Eh bien, j'ai vu chez un préparateur de Paris, 
M. Maingonnat,des centaines d'oiseaux de cette espèce, 
préparés pour en garnir une toilette de la princesse 
Mathilde. On juge de ce qu'elle a dû coûter. Mais pen- 
dant ce temps, ces pauvres petits êtres diminuaient 
d'une façon si inquiétante, que l'empereur du Brésil 
crut devoir prendre des mesures pour prohiber leur 
sortie de ses États. 

Un autre bel oiseau de la famille des Faisans et habi- 
tant les montagnes de l'Himalaya, le Lophophore, bien 
connu de nos élégantes, fournit une des parures de 
chapeau les plus riches et les plus résistantes. 

La mode, aussi insatiable que variable, se porta alors 
sur des oiseaux brillants de divers pays, notamment de 
l'Afrique équatoriale et de l'Inde. Ces exigences ame- 
nèrent bientôt partout, la raréfaction des oiseaux; le 
plus fâcheux, c'est que le goût se transformant voulut 
des parures plus simples, dont nos pauvres oiseaux 
d'Europe furent les premières victimes. Je conviens 
qu'une tête de Sterne naine, bien montée, et présentée 
avec sa jolie aile de nuance gris perle, produit sur un 
chapeau un très joli effet, et de meilleur goût, certes, 
qu'une tète de Chouette, qm fut pendant quelque temps 
à la mode. Mais n'est-ce point chose triste, de voir ainsi 
gâcher les plus beaux et les plus utiles présents de la 
nature! Est-ce que nos ouvriers parisiens, si habiles, 
d'un goût si sûr, ne pourraient faire des parures pour 
tous les goûts et pour toutes les bourses, en n'em- 
ployant que des plumes des espèces réputées nuisibles 
ou de nos oiseaux domestiques de couleur blanche, 
pouvant recevoir par la teinture toutes les nuances 



— 120 — 

qu'on pourrait désirer. Pour faire comprendre à quelle 
destruction insensée on s'est livré, je citerai un seul 
fait, qui fera apprécier tous les autres. Ce sont 
MM. J. Vian et L. Petit qui l'ont révélé à la Société 
zoologique de France. Aux environs de Marseille, une 
multitude û! Hirondelles s'étaient posées sur des fils de 
fer dressés sur leur passage ; on relia ces fils à une bat- 
terie électrique, et, en un instant, dix mille furent fou- 
droyées. Ces dix mille victimes furent mises en paniers 
et expédiées à Paris, où l'on ne put en mettre en peau 
que deux mille six ou sept cents ; en sorte que le reste 
fut jeté à la voirie. La mode d'ailleurs est bien obligée 
de se modifier; car, après avoir épuisé une espèce, il 
faut s'adresser à une autre. Les industriels s'en rendent 
si bien compte, que l'on cherche maintenant à élever 
dans des fermes certains oiseaux de parure, comme les 
Aigrettes, ainsi que cela se fait depuis longtemps déjà 
pour Y Autruche au Cap et en Egypte, où il y a d'impor- 
tantes fermes pour l'élevage de cet oiseau. C'est encore 
un de ceux que la beauté de ses parures a fait pour- 
suivre avec acharnement, et disparaître du sol de l'Al- 
gérie où il était autrefois très commun. En 1854 je l'ai 
chassé dans ce pays avec le commandant Margueritte, 
tué depuis comme général, à Sedan. A cette époque 
encore, j'ai vu des traces d'Autruches allant dans le 
même sens, et si nombreuses, qu'il était impossible de 
les compter : aujourd'hui, on en chercherait vaine- 
ment. 



CHAPITRE VII 



Rôle de l'oiseau dans la nature. 

Défense et protection. 

Si vous avez voulu, ami lecteur, lire avec un peu 
d'attention les pages qui précèdent et particulièrement 
les notices consacrées à chaque espèce, vous devez 
déjà vous être fait une idée du grand rôle que l'Oiseau 
joue dans la nature, et des services incessants et mul- 
tiples qu'il nous rend journellement. Je veux, dans ce 
chapitre, vous apprendre sur ce sujet tout ce que j'ai 
pu découvrir par moi-même, dans une vie déjà longue, 
dont tous les loisirs ont été consacrés à étudier ces 
chers petits êtres. 

Pour commencer, prenons un oiseau et étudions-le 
ensemble. 

Examinez d'abord ce bec, et ces pieds cornés, insen- 
sibles à toutes les intempéries et même à la douleur; 
touchez ces plumes moelleuses, élastiques, imbri- 
quées (1), qui mettent son propriétaire à l'abri du 
chaud et du froid, et qu'il sait imprégner d'une graisse 
spéciale qui les rend imperméables; voyez ces rectrices 
caudales (2) que l'oiseau peut repher ou étaler en tout ' 



1. L'une couvrant l'autre comme les tuiles sur un toit. 

2. Granlôs pliinîs dj la qieie. 



J 



— 122 — 

sens et qui constituent le plus puissant des gouver- 
nails; cette peau mince, résistante, attachée au corps 
par un réseau d'aponévroses (1) qui ménage les cavités 
aériennes pour diminuer le poids spécifique du voya- 
geur aérien. Voyez ces ailes dont la forme varie dans 
chaque famille, selon les besoins et les aptitudes du 
voilier; donnez encore un coup d'œil à cette charpente 
solide, légère, toujours modifiée selon les besoins; 
appréciez enfin la forme gracieuse, élégante, de ce 
bijou de la nature, et dites-moi si le Créateur eût ap- 
porté tant de soins à former ce petit être, s'il ne l'avait 
pas destiné à jouer un grand rôle. C'est qu'en effet, 
cette machine vivante doit se diriger par tous les 
temps et sans délai sur tous les points où elle est 
nécessaire, non pour apporter la mauvaise, mais la 
bonne nouvelle. C'est pour combattre pour nous que les 
petits oiseaux se transportent au plus vite vers les 
lieux où nous avons besoin de leur concours, et c'est 
en masse que nous les trouvons là où l'insecte pullule, 
tandis qu'ils disparaissent dès que celui-ci devient rare. 
Ce que je viens de vous dire, ami lecteur, ne vous 
paraît-il pas rationnel? et ne pensez-vous pas, comme 
moi, que la Providence a assigné aux oiseaux une tâche 
toute spéciale à remplir ? Ils sont en effet des élimina- 
teurs chargés non de détruire, mais de pondérer la 
multiplication trop souvent renouvelée d'une foule de 
bestioles nuisibles; sans eux, nous serions envahis, 
débordés par ces infiniment petits, contre lesquels 
l'homme avec toute sa science est absolument impuis- 
sant. Ils sont en outre des disséminateurs de la vie végé- 

. 1. Membranes d'attache des muscles. 



— 123 - 

taie, et même animale, car ils emportent avec eux, un 
peu partout, des organismes vivants, et concourent 
ainsi à l'harmonie générale. 

Après cet exposé, je vais maintenant vous donner quel- 
ques détails pour compléter les notices et vous faire 
comprendre comment le naturaliste procède pour dé- 
duire scientifiquement le rôle utile ou nuisible de 
l'espèce qu'il veut étudier. 

Qui de vous ne connaît le Campagnol, cet effronté 
petit rongeur, dont tous les cultivateurs se plaignent, 
en raison du tort considérable qu'il cause parfois à 
leurs récoltes ? Or quand il y a quelque part une 
invasion de ces petits rongeurs, allez vous pro- 
mener sur le théâtre de leurs exploits, cherchez leurs 
galeries souterraines, et bientôt vous verrez s'élever sous 
vos pieds, comme une apparition, un oiseau étrange, 
qui était rasé à terre. C'est le Hibou brachyote, que la na- 
ture a pourvu de rémiges amples, à barbules égales, sans 
crochet, de sorte qu'il peut voler sans faire le moindre 
bruit qui attirerait l'attention des rongeurs dont il est 
le destructeur attitré. Partout où les colonies de Campa- 
gnols prospèrent, vous trouverez le Brachyote en 
nombre pour enrayer la multipHcation de ce petit mam- 
mifère ; et quand ils disparaîtront, l'oiseau disparaîtra 
à son tour. Voilà certes un oiseau dont personne ne 
peut contester la grande utilité. 

Eh bien ! savez-vous comment on le récompense ? Quand 
près de lui passe un chasseur, qui se croit tel parce 
qu'il a un fusil et un permis de chasse, il se fait une 
joie de tuer le pauvre Rapace, soit parce qu'il 
ignore ses services, soit qu'il obéisse à ce fatal besoin 
de tuer, qui pousse tant d'inconscients à tirer, à tort et 



- 124 — 

à travers, sur tout ce qui vole à portée de leur arme. Je 
racontais dernièrement deux faits de ce genre à une 
séance de la Société d'Acclimatation de Paris. Laissez- 
moi vous les redire pour vous édifier sur cette malheu- 
reuse passion. Voici le premier fait, dont j'ai été 
témoin, et qui s'est passé dans les Pyrénées-Orientales, 
au printemps dernier. Disons d'abord que l'oiseau dont 
il va être question, la Chevêche commune, est un des 
Rapaces nocturnes les plus utiles. Ce Strigidé vit exclu- 
sivement de rongeurs, d'insectes, et particulièrement 
de hannetons, dont l'éclosion concorde avec celle des 
jeunes Chevêches, en sorte que leur mère les en nour- 
rit, en grande partie du moins. Le 15 juin dernier 
j'étais à la gare de Port-Vendres, attendant le train. 
Sur le quai, les voyageurs étaient très occupés à exami- 
ner une Chevêche posée sur une hauteur, en face de la 
gare, et appelant fiévreusement près d'elle ses petits, 
qui lui semblaient sérieusement menacés. En effet, 
au même moment, arrivait près de nous un monsieur, 
qu'on me dit habiter Port-Vendres, et qui se mit à vis- 
ser une canne à fusil. En voyant qu'il se préparait à 
tirer sur la pauvre bête, je m'approchai de lui, et je lui 
dis : « Vous n'allez pas, je pense, tuer cet oiseau qui 
est très utile. » Tout en continuant ses préparatifs, ce 
monsieur me répond un peu ironiquement: « Té! il 
m'empêchait de dormir. » Me voyant si mal accueilli, 
je me tournai alors vers le gendarme de service, bon 
gros garçon blond qui suivait la scène d'un œil sou- 
riant ; je lui fis remarquer que la chasse était fermée, 
que la Chevêche est un oiseau utile, et que l'arme em- 
ployée était prohibée. Imagine-t-on sa réponse? la voici 
textuellement. « Oh! Monsieur, c'est pour son plaisir. « 



— 125 — 

Voici le second fait. Une dame jeune encore, ayant 
tout pour elle, comme beaucoup de celles qui meurent 
prématurément, et atteinte d'une maladie qui ne par- 
donne pas, avait été ramenée par son mari, à la campa- 
gne qui l'avait vu naître, et où elle voulait mourir. Ins- 
tallée dans une grande chambre au rez-de-chaussée, 
qui prenait vue sur le jardin, elle avait plaisir à repo- 
ser ses yeux sur les fleurs qu'elle avait plantées, et à 
revoir les ombrages qui avaient abrité ses premiers 
pas. Ce qui l'intéressait surtout, c'étaient les petits oi- 
seaux. Pendant ses nuits, si privées de sommeil, elle 
ne se lassait point d'entendre les ballades amoureuses 
de l'infatigable Rossignol. Le jour venu, elle aimait à 
voir voltiger le petit chanteur dans les branches des 
lilas qui encadraient sa fenêtre. Un jour qu'elle le con- 
templait ainsi, un coup de fusil retentit soudain, et le 
pauvre innocent tombe mort sur le sol : « Ah ! mon 
Dieu, s'écrie la pauvre malade, c'est encore mon frère. » 
Et en effet, c'était bien son frère, qui certes aimait ten- 
drement sa sœur, qui n'eût pas voulu de propos déli- 
béré lui faire le moindre chagrin, mais qui, inconsciem- 
ment poussé par sa folle manie, venait de causer à la 
pauvre malade une véritable douleur. 

Et maintenant, cher lecteur, reprenons l'étude com- 
mencée. C'est non seulement par l'observation dans la 
nature, mais surtout par l'observation directe sur les 
oiseaux, et en examinant les résidus contenus dans leur 
estomac, que l'on peut se prononcer en parfaite con- 
naissance de cause. C'est ce que font beaucoup d'orni- 
thologistes, et, pour ma part, je n'ai jamais manqué de 
faire cette constatation au scalpel sur tous les oiseaux 
qui sont passés par mes mains, c'est-à-dire sur des 



— 126 — 

centaines ou plutôt des milliers. Vous êtes édifié déjà 
sur ces petits êtres par ce que j'ai dit au début, et c'est 
en m'appuyant sur des données rigoureuses, que je 
puis vous assurer qu'il n'y a pas ou presque pas de pe- 
tits oiseaux nuisibles. 

Mais on m'objectera, peut-être, que les petits oiseaux 
constituent, aussi bien que les gros, une ressource ali- 
mentaire que l'on ne doit pas laisser perdre. Une res- 
source ? cher lecteur, eh bien, voici la réponse : Un or- 
nithologiste consciencieux, universellement connu, feu 
M. Lescuyer, a eu la patience de faire des pesées rigou- 
reuses du poids net de chair que peut donner chaque 
oiseau. Voici quelques-uns de ces chiffres. 

Rossignol Poids net de chair 11 gr. 40 

Pinson — 9 30 

Linotte — 8 70 

Hirondelle rustique. ... — 8 30 

Mésange charbonnière . . — 7 75 

Fauvette à tête noire. . . . — 7 10 

Rouge-gorge — 6 25 

Gobe-mouche à collier. . . — 5 80 

Pouillot Fitis — 4 50 

Troglodyte — 4 » 

Grimpereau — 3 70 

Mésange à longue queue. . — 2 80 

Roitelet à moustache ... — 2 » 

Si on additionne les chiffres ci-dessus on 

obtient 81 gr. 60 

qui, divisés par les treize oiseaux pesés, donnent un 
poids moyen de chair net de 6 gr. 27. 

Six grammes ! voyez ce qu'il faudrait de petits ci- 



— 127 — 

seaux, pour le repas d'un homme adulte; concluez donc 
que l'argument n'est pas sérieux, et qu'il ne s'agit ici 
que d'une gourmandise coupable. C'est avec intention 
que j'ai employé le inoi petits oiseaux, en prenant leur 
défense ; car c'est avec raison qu'on les a séparés des 
gros, qui, eux, contribuent à l'alimentation publique 
dans une certaine mesure, et qui d'ailleurs sont proté- 
gés, comme gibier, par la loi de la chasse ; tandis que 
les petits, par une fatale méprise légale, ne le sont pas. 
Cette loi du 3 mai 1844 portant en effet, article 9 : « que 
les Préfets prendront des arrêtés pour déterminer le 
mode de chasse aux oiseaux de passage. » Or, comment 
voulez-vous que le Préfet de la Seine, par exemple, s'y 
prenne pour faire distinguer, par les tendeurs, le 
Rouge-gorge qui vient de Hollande avec le Rouge-gorge 
qui vit sédentaire dans la banlieue de Paris ? On voit 
par là que les autorisations de tendre vont à rencontre 
de la loi qui veut protéger les oiseaux du pays. Il est 
d'ailleurs bon de rappeler ici que ce qu'il y a de plus 
déplorable, c'est l'autorisation donnée pour les procédés 
de chasse permettant de capturer les petits oiseaux 
par quantité à la fois. C'est surtout contre ce genre de 
chasse que se sont prononcées les Sociétés agricoles et 
scientifiques, particulièrement les Congrès ornithologi- 
ques de Vienne et de Budapest, qui ont été unanimes à 
reconnaître que, dans tous les pays, on devrait s'effor- 
cer d'arriver à proscrire d'une façon absolue la capture 
en masse. . 

Les services que .nous rendent les petits oiseaux sont 
si grands, qu'un auteur a pu dire, sans crainte d'être dé- 
menti, que les pertes infligées chaque année à l'agri- 
culture par les rongeurs, les insectes et autres bestioles 



— 128 — 

nuisibles, étaient égales à la valeur de l'impôt foncier. 
Il y a longtemps que de bons esprits ont été frappés de 
la grande utilité des oiseaux ; et depuis que le prési- 
dent Bonjean etMgr Donnetont, dans d'éloquentes plai- 
doiries sous le second Empire, pris leur défense, un 
nombre considérable d'hommes autorisés ont continué 
jusqu'aujourd'hui une croisade convaincue en faveur 
de ces charmants petits êtres. Beaucoup d'entre eux, 
notamment feu Lescuyer, ont étudié et constaté sur 
place, combien chaque oiseau pouvait, en une heure, en 
un jour, détruire d'insectes ; et tous sont arrivés à des to- 
taux surprenants. Chaque jour encore, les ornithologis- 
tes de divers points de la France prennent la plume 
pour signaler la diminution de nos collaborateurs aé- 
riens, et la nécessité d'arrêter leur destruction. 11 me 
suffira de citer ici le docteur Oustalet, assistant au Mu- 
séum de Paris, M. René Martin, du Blanc (Indre), 
M. Xavier Raspail, de Gouvieux (Oise), pour ne parler 
que des plus éminents, car il y a véritablement unani- 
mité sur cette question entre tous les naturalistes. Cela 
est si vrai, et les réclamations s'élèvent si fortes de tous 
côtés à la fois, que le gouvernement lui-même s'en est 
ému, et qu'il a institué au Ministère de l'Agriculture 
une commission ornithologique, dont le président est 
M. Milne-Edwards, et le secrétaire M. Oustalet. 

Cette commission n'ayant point fait imprimer le ré- 
sultat de ses délibérations, je n'en puis donner l'ana- 
lyse ; mais je ne doute pas que son recensement ne 
concorde avec celui que je donne dans ce petit volume. 

Mais pendant que le projet de loi, réclamé par tant 
d'hommes autorisés, dort dans les cartons du Ministère 
en attendant que son tour vienne, la destruction de nos 



— 129 — 

petits amis continue sur un grand nombre de points à 
la fois ; et ces pauvres êtres diminuent d'année en an- 
née, dans une proportion effrayante. Bientôt la plaine 
et les bois seront déserts ; au lieu des chants joyeux, on 
n'entendra plus que le bruissement sourd de l'insecte 
acharné à son œuvre de destruction. Comment en serait- 
il autrement ? la guerre n'est-elle pas déclarée partout 
à notre plus fidèle allié ? Les pièges les plus divers sont 
apprêtés de tous côtés : ici, la raquette ; là, la ligne au 
collet meurtrier; plus loin, l'arbre sec, et, dans les plai- 
nes, les grandes nappes de filets, si bien appelées le 
drap des morts. 

Tous ces pièges ne suffisent pas encore; quand la 
neige vient et que l'oiseau se réfugie près des mai- 
sons, le laboureur ingrat lui jette quelques grains, pour 
en tuer davantage d'un seul coup. L'hiver passé, il sem- 
blerait que le pauvre innocent va pouvoir se reproduire 
en paix. Non, pour lui, point d'amour! des enfants mal 
dressés recherchent avec acharnement le berceau de la 
jeune famille, pour se donner la triste joie de le jeter à 
terre, et d'entendre les cris de détresse des parents éplo- 
rés qui ne peuvent toucher leur cœur. 

Des hommes même ne craignent point de parcourir les 
campagnes et les forêts, pour faire une ample razzia de 
petits à peine éclos, qui seront jetés le soir dans la poêle 
à frire. Est-ce tout? pas encore, le malheureux oiseau 
doit encore compter avec ses ennemis naturels : l'Écu- 
reuil, le Loir et d'autres sont avides de ses œufs ; la 
Fouine, le Putois capturent la couveuse sur son nid ; 
dans le ciel, l'Épervier cherche à l'étreindre dans ses ser- 
res et le plus terrible de tous, c'est encore le Chat. Le Chat 
domestique, qui sait attendre le moment précis (j'en ai fait 



— 130 - 

l'observation) où l'oisillon aura, ce que les campagnards 
appellent le toc fleuri, c'est-à-dire le moment où les 
rémiges s'épanouissent hors de leur gaine, pour venir 
les croquer avec une joie féroce, qu'aucune souris ne 
pourrait lui procurer. Aussi, n'est-ce point par ironie 
que le chien fidèle qui chasse pour nous paie l'impôt, 
tandis que le braconnier qui chasse pour lui ne paie 
rien ? 

En résumé, il y a dans la Nature une harmonie com- 
plète, dont les oiseaux ne sont pas l'un des facteurs les 
moins utiles ; prenons garde de la rompre, nous en 
serions les premières victimes. Aimons, protégeons ces 
petits êtres ailés; rappelons-nous leurs services, leur 
charme. Qui de nous ne sent l'animation, la vie qu'ils 
apportent partout avec eux, dans les champs, dans les 
bois, dans les jardins où nous savourons leurs gais 
concerts? Que de fois, dans la nuit, le malade sur sa* 
couche a oublié un moment ses douleurs, en écoutant, 
ravi, la longue ballade du Rossignol, le chantre de l'a- 
mour ! Mais, direz-vous, vous oubliez la science pour 
faire du sentiment. Non, cher lecteur, le sentiment 
n'exclut point le raisonnement ; il doit au contraire 
marcher de pair avec la science, parfois un peu sèche, 
qu'il est chargé d'embellir. Est-ce qu'un peintre, un ar- 
chitecte peuvent produire une œuvre complète sans le 
sentiment de l'art? Est-ce qu'il n'y a pas de sentiment 
dans tout ce qui est vraiment grand et vraiment beau ? 

Je me suis étendu assez longuement sur le rôle des 
oiseaux, parce que leur défense, comme leur protection, 
est aujourd'hui une question d'actualité, et tout à fait à 
l'ordre du jour. Je l'ai traitée en maintes occasions, 
notamment au Congrès de Leyde et dans les assemblées 



- 131 — 

générales de la Société zoologique de France et de la 
Société d'Acclimatation de Paris, qui ont bien voulu 
adopter à l'unanimité un projet de vœu à présenter au 
gouvernement français. Aussi, puisque j'ai résumé pour 
vous, ami lecteur, dans les pages qui précèdent, tout ce 
que j'ai dit et écrit dans ce but, je crois devoir encore 
vous transcrire textuellement ce projet dans la forme 
où il a été présenté et adopté. 

L'un des moyens les plus propres à nous faire gagner 
notre cause, c'est certainement d'employer tous nos 
efforts pour obtenir du gouvernement quïl présente 
aux Chambres et qu'il fasse adopter, le plus tôt possible, 
une loi concernant les oiseaux. Cette loi qui devrait être 
simple, précise, peu réglementée, devrait viser la liste 
des oiseaux utiles, indifférents ou nuisibles, qui a été 
dressée cette année, par la Commission ornithologi- 
que française ; elle devrait contenir des dispositions sur 
les points suivants : 

1° Permettre la chasse des oiseaux-gibier," et de ceux 
classés comme indifférents, aux époques où la chasse 
est ouverte. 

2° Permettre la destruction, même avec le fusil, des 
oiseaux nuisibles et de leurs nichées, en tout temps, 
mais seulement aux propriétaires, fermiers ou délégués, 
afin d'éviter les abus. 

3° Défendre de tuer ou de capturer les oiseaux 
utiles et leurs nichées, en tout temps, et par quelque 
moyen que ce soit, et en prohiber l'achat et le colpor- 
tage. 

4° Une exception à l'article précédent pourrait être 
faite par le Ministre, uniquement en faveur des natura- 
listes qui étudient la vie et les mœurs des oiseaux. 



— 132 — 

b° Punir, par voie d'amende, toutes les personnes 
chez lesquelles on trouverait des pièges ou engins des- 
tinés à capturer les oiseaux utiles. 

6° Doubler l'amende pour ceux qui seraient surpris 
chassant ou piégeant par la neige. 

T"" Enfin, instituer des catégories de primes, pour les 
gardes ou assimilés qui constateraient des contraven- 
tions à la loi future. 

Nous pensons, en outre, qu'il serait bien important 
d'obtenir que le paragraphe l*"^ de l'article 9 de la loi 
du 3 mai 1844 soit rapporté, puisque c'est à ce para- 
graphe que nous devons tous les abus qui ont lieu en 
matière de chasse aux oiseaux de passage. 

Mais ce n'est pas tout d'obtenir une bonne loi : il faut 
encore qu'elle soit observée; et on n'atteindra ce but, 
que si on fait comprendre son utihlé à la masse popu- 
laire, comme elle l'est déjà des esprits lettrés. C'est 
l'objectif par excellence que doivent avoir en vue tous 
les hommes intelligents qui s'intéressent à la cause 
agricole. 

Que tous ceux donc qui font partie des Comices ou 
Sociétés, qui s'occupent d'agriculture, de viticulture, 
de sylviculture et d'horticulture, s'associent à nos 
efforts pour créer un grand courant d'opinion pubhque 
en faveur de l'oiseau. 

Que les propriétaires qui nous comprennent fassent 
épiner les arbres sur lesquels les nids sont édifiés, 
pour les mettre à l'abri des carnassiers grimpeurs; 
qu'ils étabhssent des nids artificiels, des refuges, des 
abreuvoirs, plantent des arbustes à feuilles persistantes 
et à baies fort appréciées en hiver; ils concourront 
ainsi à l'œuvre commune d'une façon très efficace, et 



— 133 — 

ils seront amplement récompensés de leur sollicitude. 
Si, comme je l'espère, j'ai su, mon cher lecteur, porter 
la conviction dans votre cœur, je vous demande de 
joindre vos efforts à ceux de tous les amis des oiseaux, 
pour faire passer la question du domaine de la théorie 
dans celui de la pratique, et gagner enfin, d'une façon 
complète, une cause aussi chère aux amis de la Nature 
qu'à ceux du monde agricole. Croyez-bien que si notre 
but est atteint, nous verrons bientôt ces petits êtres se 
multiplier à l'envi, redevenir communs ainsi qu'ils 
l'étaient autrefois, rendre à nos bois, à nos jardins, 
l'animation qu'ils avaient perdu, en les remplissant de 
leurs chants joyeux, et en lançant vers le ciel leurs plus 
suaves et reconnaissantes chansons, pour l'homme 
enfin devenu leur protecteur convaincu. 



<W<MWUMWMM»»iWW»VM^MMW W » 



CHAPITRE VIII 



Migration, prévision de la température. 

Conclusion. 

Je ne puis terminer ce petit livre de vulgarisation 
dans lequel je me suis efforcé de faire connaître nos 
oiseaux tels qu'ils sont, ou du moins tels que je les 
vois, sans parler d'un phénomène encore inexpliqué, 
bien qu'il ait été beaucoup étudié et qu'il ait frappé 
aussi bien les savants que le simple vulgaire : il s'agit 
du phénomène des migrations. Tout d'abord je dois 
dire que je n'ai pas la moindre prétention de résoudre 
ce problème, mais simplement de mettre mes lecteurs 
au courant des observations que j'ai faites moi-même 
dans le pays que j'habite, à Manonville (Meurthe-et- 
Moselle), sauf à en déduire pourtant certaines conclu- 
sions. Les migrations sont loin d'être uniformes, car 
elles sont tantôt complètes, tantôt partielles, parfois à 
dates presque fixes, et parfois à époque indéterminée; 
enfin certains oiseaux vont du nord au midi, et vice 
versa, tandis que d'autres se rendent de l'est à l'ouest, 
et réciproquement : l'énumération que je vais faire 
d'ailleurs le démontrera complètement. 

Le Balbusard, les Milans et les Busards émigrent 
régulièrement, tandis que bon nombre de Faucons émi- 



— 135 — 

grent à la suite de leur gibier de prédilection, comme 
le Hobereau avec les Cailles. Le Hibou Brachyote, de son 
côté, est presque toujours en voyage à :des époques 
indéterminées et suit les colonies de petits rongeurs. 
Le Geai émigré en troupes, mais en laissant derrière 
lui bon nombre de camarades qui adoptent la vie séden- 
taire. Le Bec-croisé, habituellement localisé dans les 
montagnes, nous arrive parfois en été, après sa ponte, 
et en familles plus ou moins nornbreuses. Le Casse- 
noix, sédentaire dans les hautes montagnes, nous vient 
tous les douze ou quinze ans, comme le Jaseur de 
Bohême, tantôt en automne, tantôt en hiver, mais le 
plus souvent en bandes immenses. La plupart de nos 
Fringillidés nous quittent pour l'hiver, qu'ils vont 
passer soit dans l'ouest, soit dans le midi de la France, 
mais beaucoup nous laissent quelques représentants, 
qui hivernent avec nous. Le Loriot, véritable oiseau des 
pays chauds, nous arrive et nous quitte à date fixe, 
comme s'il avait dans sa poche le calendrier du fac- 
teur. 

Quand le Pinson s'en va, celui à'Ardennes arrive, 
tantôt pour passer l'hiver avec nous, tantôt pour se 
porter encore plus au midi. La Grive Litorne agit de 
même, tandis que ses congénères, ainsi que les Pipis, 
les Traquels et de nombreux Becs-fins, gagnent la côte 
d'Afrique, hospitalière pour eux. La Huppe, le Coucou, 
le Torcol, VEngoulevent émigrent en totahté avec une 
régularité parfaite. Il en est de même des Hirondelles 
et des Martinets, qui poussent leur villégiature jusqu'au 
Sénégal. La Caille est, de tous les migrateurs, le plus 
étonnant; malgré la faiblesse de son vol, elle entre- 
prend d'immenses voyages avec une ténacité que l'on 



— 136 — 

ne peut s'expliquer. La Grande Outarde^ que nous 
n'avons plus en été, nous visite au contraire, mais irré- 
gulièrement, au milieu de l'hiver. Les Charadriidés et 
les petits Échassiers suivent nos côtes à leur double 
migration à des dates assez variables, et qui paraissent 
déterminées par la force et la direction des vents. La 
Bécasse, au printemps, arrive toujours vers le milieu 
de la lune de mars. 

Les Rallidés voyagent en suivant les cours d'eau 
ainsi que bon nombre de Grèbes. Les Grues, à leur 
double passage bien régulier, semblent aller d'Orient 
en Occident, et réciproquement. Beaucoup d'oiseaux de 
mer suivent nos côtes comme les petits Échassiers, et 
certains Anatidés les imitent, tandis que les autres se 
répandent sur les eaux de l'est de la France. On voit 
par cette courte énumération combien ces déplacements 
sont irréguliers et combien il est difficile d'en déduire 
les lois qui les régissent. Des auteurs nous disent : 
C'est la lutte pour la vie qui est la cause déterminante; 
d'autres y ajoutent la sociabilité et l'exemple donné par 
les anciens aux plus jeunes. Sans doute ces deux causes 
agissent dans certaines circonstances, mais sont nulles 
dans beaucoup d'autres. En voici la preuve. On sait que 
la Caille, qui vit si facilement en volière en temps ordi- 
naire, paraît prise d'une sorte de fièvre quand arrive 
l'époque des migrations, et se tue contre les parois de 
sa prison, où elle a une abondante nourriture; il lui 
serait d'ailleurs bien facile de vivre largement en 
liberté dans le midi de la France, ou ailleurs, au lieu de 
s'en aller au loin; ce n'est donc pas la lutte pour la vie 
qui l'a fait agir ainsi. Dans beaucoup d'espèces d'oi- 
seaux, la Foulque par exemple, les vieux sujets partent 



— 137 -- 

bien avant les jeunes de l'année et ne peuvent par con- 
séquent montrer à ces derniers la route inconnue qu'ils 
doivent suivre. A mon sens donc, les causes détermi- 
nantes sont fort nombreuses, et il s'en faut de beau- 
coup qu'elles soient toutes connues. Le refroidissement 
de la température, diront quelques personnes, doit 
jouer un grand rôle dans ces déplacements; mais alors 
comment expliquer que, chez un bon nombre d'espèces, 
une partie des sujets émigré, quand l'autre hiverne. Le 
froid d'ailleurs joue dans la vie de l'oiseau un rôle 
beaucoup moins important qu'on ne le croit générale- 
ment. En effet, je n'ai jamais manqué de visiter l'esto- 
mac de ceux que l'on avait ramassés morts en temps de 
neige, et que l'on m'avait apportés. Eh bien, j'ai toujours 
trouvé leur estomac vide; ils étaient donc morts de 
faim, mais non de froid; ou, si l'on préfère, du manque 
de chaleur interne, que les aliments absents n'avaient 
pu produire. Comment expliquer ce fait du Pigeon 
voyageur apporté en panier, sans vue du dehors, et 
qui, lâché, s'élève tout d'un coup dans le ciel, et, sans 
hésiter, part droit pour regagner son colombier. Cet 
instinct n'est-il pas merveilleux et ne résulte-t-il pas de 
l'usage d'un sens inconnu dont nous n'avons encore su 
trouver la clef? 

Il est d'ailleurs certain que l'oiseau peut à l'avance 
prévoir le temps, et je crois que le peuple ne se trompe 
pas en disant : tel oiseau est passé tôt, c'est que l'hiver 
sera précoce. Seulement il est clair que le principe sera 
faussé, s'il est appUqué à une espèce qui passe à époque 
fixe. Il y a longtemps déjà que j'ai fait des observations 
de ce genre, et je rapporterai seulement celles de l'au- 
tomne 1895, 



— 138 — 

Ces observations, qui ont été publiées en 1896 dans 
•t l'Aquila », journal du Comité ornitliologique hongrois, 
m'avaient fait présumer à l'avance que, dans ma 
région, l'hiver qui s'annonçait serait peu rigoureux, et 
mes prévisions se sont réalisées. En effet, certains 
oiseaux qui ne nous quittent que lors des gros hivers, 
comme la Cresserelle, le Choucas et d'autres, étaient 
restés nos commensaux. D'autres, qui nous viennent du 
nord pour hiverner avec nous, comme les Litornes et 
les Pinsons, ne se montraient cette fois qu'en fort petit 
nombre, tandis qu'une foule d'Analidés, qui d'habitude 
traversent simplement le pays au départ et au retour, 
s'étaient installés sur nos étangs pour y passer toute 
la mauvaise saison. On comprend d'ailleurs qu'il est 
nécessaire, pour qu'une observation de ce genre ait 
une réelle valeur, qu'elle ait été faite par une personne 
sachant distinguer les espèces et connaissant bien leurs 
mœurs. 

J'ai résumé aussi fidèlement que possible tout ce 
que doivent savoir ceux qui s'intéressent aux oiseaux. 
Cette première étude sera peut-être un jour complé- 
tée par une seconde; mais, dans ce cas comme dans 
l'autre, je n'ai pas la moindre prétention de faire entiè- 
rement connaître une science encore jeune et sur 
laquelle il reste encore tant à apprendre. En effet, si 
l'on a trouvé et nommé à peu près toutes les espèces 
existantes, on ne sait rien ou presque rien sur les 
mœurs, le régime et la nidification, les migrations du 
plus grand nombre des oiseaux : c'est donc spéciale- 
ment sur ces points obscurs qu'il importe aujourd'hui 
de diriger les plus minutieuses recherches. Si donc, 
mon cher lecteur, vous avez pris goût à l'Ornithologie, 



- 139 — 

permettez à un vieux praticien de vous donner, en 
finissant, un conseil inspiré par son expérience. Lisez 
les auteurs, pour apprendre les éléments qui vous sont 
indispensables, mais ne comptez pas trop sur eux pour 
devenir un vrai naturaliste; car il leur arrive, en 
maintes occasions, de perpétuer les erreurs, en se 
copiant les uns les autres. Formez-vous vous-même, en 
lisant dans le grand livre de la nature, ouvert à tous, 
et qui ne vous trompera jamais, si vous savez le feuille- 
ter. Goûtez les vraies jouissances que donne l'observa- 
tion directe; annotez tous les faits que vous aurez 
découverts, et c'est ainsi, je vous l'assure, que vous 
ferez avancer notre chère science, d'un pas lent mais 
sûr, dans la voie du vrai progrès. 



TABLE ALPHABETIQUE 

des noms français et latins des familles et des espèces 
figurées ou décrites. 



Les noms des Ordres sont en CAPITALES grasses, les 
noms des familles en caractères gras, les noms latins en ca- 
ractères ordinaires, les noms français en italique. L'astérisque 
(*) indique que l'espèce est citée dans le texte sans être figurée. 

Page ou 
Planche. 

Agasse 16 

Agasse-crouer 20 

Aigle royal 1 

* Aigrette 104, 120 

Alauda arvensis 29 

Alaudidés 29 

* Alca impennis 73 

Alcédinidés 12 

Alcedo ispida 12 

Alcidés 70 

Alouette des cham2:)s 29, 112 

— de mer 52 

Anas boschas 66 

— Grecca 67 

Anatidés 66 à 68, 136, 138 

Anthus arborons 30 

Aquila fulva 1 

Ardea cinerea 61 

Ardéidés 61 

Astur nisus 5 



— 141 ~ 

Page ou 
Planche. 

Autour épervier 5 

— ordinaire. 5, 92 

— vulgaire 2 

Autruche 120 

Balbusard 134 

Barge H3 

Bec-croisé 110, 135 

Becsfîns 435 

Bécasse ordinaire 57, 136 

Bécasseaux 58 

Bécassines U5 

Bergeronnette grise 31 

Boutbout-Pupue 14 

Bouvreuil-Ponceau. . 24 

Bouvreuil vulgaire 24, 110 

Bruant de neige , .., 112 

— Fou. 112 

— jaune ..27, 112 

— ortolan 28 

Busard des marais 2 

— Saint-Martin , 6 

Busards. 115, 134 

Buse vulgaire 2 

Buteo vulgaris .= 2 

Caille commune 51, 115, 135, 136 

Calamoherpe arundinacea 40 

Calandre à croissant noir 112 

Ca7iard Eider 117 

— Sarcelline 67 

— ^^ sauvage 66 

Canards 105, 115, 117 

Canari jaune „ . 111 

Cannabina linotta , 26 

Gaprimulgidqs, 44 



— 142 — 

Page ou 
Planche. 

Caprimuîgus Europeus. M 

Carduelis elegans . . . . 25 

Casse-noix. 135 

Certhia brachydactyla 43 

Certhiidés 43 

Chantre , 44 

Gharadriidés . . . , 52, 53, 436 

Gharadrius hialicula 52 

Chardonneret élégant 25, 440 

Chasserot blanc 6 

Chevalier combattant 443 

— gambette.. 58 

Chevaliers ., ., 58, 143 

Chevêche commune 424 

Choucas 45, 47 

Chouette 419 

— à oreilles 8 

— de tour , 7 

Ciconia alba 63 

Ciconiidés 63 

Cigogne blanche 63, 144 

— noire 63 

Cini 25, 140 

Gircus cyaneus 6 

Col-vert 66 

Colombidés 48 

Golymbus septentrionalis 72 

Coq-bois. 44 

'■ Coq de brmjère 99, 445 

Corbé 45 

Corbigeau 56 

Corneille choucas 47, 438 

Corneille-de-tour 17 

" Corneille mantelée 15 



— 143 ~ 

Page ou 
Planche. 

Corneille noire. . , 15 

Corvidés. 15 à 18 

Corvus corone 45 

— monedula 17 

Coturnix communis 51 

Coucou gris M, 135 

Courlis cendré , 56 

Crapaud-volant M 

Cresserelle '...,.... À 

Cuculidés 11 

Cuculus canorus 41 

CuUhlanc 38 

Cygne 147 

Cypsélidés 45 

Gypselus apus . . . . , 45 

Dame d'eau . 69 

ÉCHASSIERS 52,73,76, 436 

Effarvatle 40 

Effraye 7 

Emheriza citrinella 27 

— , hortulana 28 

Engoulevent d'Europe 44, 135 

Epeic Bec-bois. 9 

Épervier 5 

Étourneau 49, 412 

Faisans 108, 115 

Falcinelles éclatants 103 

Falco communis 3 

— tinnunculus 4 

Falconidés là 6 

Faucon blanc 91 

— —du Nord 3 

— Ci^esserelle 4, 138 

— de Barbarie 92 



— 144 — 

Page ou 
Planche. 

Faucon d'Islande 91 

— Èmérillon. 4, 92 

— Gerfaut 92 

— Hobereau 4, 92, 434 

— Lanier 92 

— pèlerin 3, 92 

— ■ pélérinoïde. . 92 

— Sacre 92 

Faucons 134 

— Branchiers 93 

— niais 93 

— sors 93 

Fauvette à tête noire 39 

— d'eau 40 

— des jardins 39 

Fauvettes 113 

Foulque Macroule 102 

— noire 59, 114, 136 

Fratercula arctica 70 

Freux It), 17 

Fringilla chloris 23 

— cœlebs 22 

Fringilles. . HO, 135 

Fringillidés . . 21 à 28 

Friquet , 21 

Fulica atra 59 

GALLINACÉS 49, 75, 76 

Garde-robe 12 

Garrulus glandarius • • • • 18 

Geai 18, 135 

Gelinotte 49, 115 

Gerfauts 3 

Gobe-mouche à collier 47 

— de Lorraine 47 



— 145 — 

Page ou 
Planche. 

Gobe-mouche gris 4,7 

Goélands . . . . , 64, 105, 4i4 

Grand Corbeau 15 

Grand Courlis . . ^ 56 

Grand Duc 7 

Grand Harle ^ ...... . 68 

Grande Outarde 55, 136 

Gravelot. 52 

Grèbe huppé. . 60, 107, 114, 117, 136 

Griffon 45 

Grimpant r ..... . 13 

Grimpereau . , . , 13 

— de Costa 13 

Grive de vigne 34 

— Litorne 135, 138 

— musicienne 34 

Gros-bec 34 

Grosse Mésange . 43 

Grosse Sincette. 30 

Grosse Sincignotle. , , 30 

Grouses , j. 115 

Grue cendrée 62, 72, 113, 136 

Gruidés 62 

Grus cinerea 62 

Gypaète barbu 72 

Gypaetus barbatus 72 

Haematopus ostralegus 54 

Halbrans 66, 105 

Harles 68 

Héron bihoreau 61, 72, 103 

— cendré 61, 103, 113 

— crabier 103 

— pourpré 103 

Hibou brachyote 123, 135 



— 146 — 

Page ou 
Planche. 

Hihou-moyen-Duc ......*.- 8 

Hirondelle de cheminée. 4.6 

Hirondelles 135 

■ — de mer. . .65, lU 

Hirundinidés . , 46 

Hirando rustica 46 

Hoche-cul gris. . . ...... . -. . . 31 

Huitrierpie. 54 

Huppe vulgaire 14, 135 

Hypolaïs. . 41 

Jacques • . . . 18 

Jaseur de Bohème 135 

Jaune hoche feuille 10 

Judelles 59 

Lagojdède - 115 

Laire 2 

Laniidés 20 

Lanius coUurio 20 

Laridés 64, 65 

Larus ridibundus 64 

Lavandière 31 

Linot de vigne. = 26 

Linotte ordinaire^ 26, 110 

Lophophore .' .. .- 119 

Loriot jaune 3-2,112, 135 

Macareux 116 

— moine 70 

Martin-pêcheur 12 

Martinet noir •.<.'.• 45 

' Martinets 135 

Mégronère 20 

Mergus merganser 68 

Me7'le à bec jaune 35 

" — de roche -.'.•. 112 



- 147 — 

Page ou 
Planche 

Merle noir 3;j, 112 

Mésange charbonnière ,....., 43 

Mésanges 112 

Milans 134 

Moineau domestique ^1 

Monté-haut- Pierrot 32 

Morelle 59 

Motacilla alba 3i 

Motacillidés. , 30, 31 

Mouette rieuse 64 

Mouettes . 114 

Moyen-Duc 8 

Musçicapa collaris. 47 

Muscicapidés 47 

Nid de Loriot jaune B 

— Mésange Remiz . D 

— Pie-grièche rose A 

— , Rousserolle effarvate G 

Numenius arquata S6 

OEuf de r Alouette des champs 29 

— la Bécasse ordinaire 72 

— du Bruant jaune 27 

— — Ortolan 28 

— delaBuse vulgaii^e 71 

— Caille commune SI 

— , Corneille choucas . . . . 71 

— du Coucou gris 11 

— de r Engoulevent d'Europe 44 

— Étourneau 19 

—du Faucon Cresserelle 71 

—&q\^ Fauvette à tête noire 39 

— Pie-grièche écorcheur 20 

— du Gobe-mouche à collier 47 

-7- Grimpereau 13 



— 148 — 

Page ou 
Planche. 

OEuf de la G?Hve musicienne 34 

— du Héron hihoreau 72 

— de 1' Hirondelle de cheminée. 4-6 

— de Idi Huppe vulgaire 14 

— du Loriot jaune 32. 

— Moineau domestique 21 

— Pinson ordinaire 22 

— Pipi des arbres 30 

— Pluvier à collier 72 

— Rossignol 36 

— Bouge-gorge 33 

— deloi Piousserolle effarvate 40 

— du Vanneau huppé 72 

Oies 105, 114, 117 

Oiseaux-mouche 118 

Oriolidés 32 

Oriolus galbula 32 

Ortolan 28, 112 

Otidés 55 

Otis tetrax 55 

Otus vulgaris 8 

Outarde barbue 55 

— canepetière . 55 

— houbara 100 

PALMIPÈDES 64, 75, 76 

Paradisiers 118 

Paridés 43 

Parus major 43 

Passer domesticus 21 

PASSEREAUX 9, 75 

Perdix cinerea 50 

Perdreaux 115 

— rouges M(5 

Perdrix grise 50 



- 149 — 

Page ou 
Planche. 

Perdrix de montagne oO 

— de passage ....'... 50 

Petit bœuf 42 

— Chasserot 4, 5 

Petite arcanetle . . . . ... . . 67 

— mouette 65 

Pétrels • 116 

Philomela luscinia - 36 

Phyllopneuste trochilus ■:.,... 41 

Phyllopneustidés. 41 

Pic-épeiche 9, 40 

Pic-mar 9 

Pic noir 10 

— vert ..'.'.'.'. 10 

Pica caudata ' 16 

Picidés . . 9, 10 

Picus major 9 

— viridis ' . . . 10 

Pie de mer . 54 

— ordinaire 16 

Pie-grièche écorcheur " 20 

— grise 20 

Pied-rouge 58 

Pierre-Garin 65 

Pierrot 21 

Pigeon voyageur ..... 137 

PIGEONS •.-. . 48, 75 

Pingouin Brachyptère ° . . . 73, 116 

Pingouins 106, 116 

Pinson blanc 47 

d'Ardennes 110, 135 

— ordinaire 22,410,135, 138 

Pionne 24 

Pipi- des arbres 30 



— loO — 

Page ou 
Planche. 

Pipi farlouse 30 

Pipis , . . . 485 

Plectrophanes 27 

Plongeon Cat-Marin 72 

Plongeons 106 

Pluvier à collier 52 

Pluviers 113 

Podiceps cristalus 69 

Podicipidés 69 

Pouillot fitis 41 

Po2ile de Carlhage 53 

Poules à fraise 115 

Pupue 14 

Pyrrhula vulgaris 24- 

Râle d'eau 60 

Rallidés . 59^ 60, 136 

Rallus aquaticus 60 

RAPACES 1, 75 

Rossignol 36, 113 

— de muraille 37 

Rouge-cul. . 37 

Rouge-gorge 33 

Roule-caillou 52 

Rousserole effai-valte 40 

Rubecula fainiliaris 33 

Rub'ieUes 38 

Rutànt . 23 

Ruticilla phœnicura 37 

Sansonnet 19, 112 

Sapho 118 

Sarcelline 67 

Saxicola œnanthe 38 

Scolopacidés 54 et 56 à 58 

Scolopax rusticola 57 



— 151 — 

Page ou 
Planche. 

Serin . Ml 

Sizerins Hl 

Spatules blanches '....... 103 

Sterna hirundo 65 

Sterne naine 119 

— Pierre-Garin , 65 

Strigidés 7, 8 

Strix flammea 7 

Sturnidés . 19 

Sturnus vulgaris 19 

Sylvia atricapilla 39 

Tarin 25, 110 

Térin-Bruant ... ; : . . . . 23 

Tetrao bonasia AQ 

Tétraonidés 49 à 51 

Tétras 49 

Tiercelet 5 

Tique-motte 38 

Tiri hara 40 

Tithys 37 

Torcol 135 

Totanus calidris 58 

Tourterelle 48 

Traquet motteux 38 

Traquets 135 

Trogloditidés 42 

Troglodyte mignon 42, 113 

Troglodytes parvulus 42 

Turdidés 33 à 40 

Turdus merula 35 

— musicus 34 

Turtur auritus 48 

Upupa epops , , 14 

Upupidés . . ....'.,.. 14 



— 152 — 

Page ou 
Planche. 

Vanellus cristalus 53 

Vanneau huppé 53, 413 

Verdier ordinaire 23, 110 

Verdière 27 

Zizi 112 



Faute à corriger. 

Planche 49. Lire : Tetrao bonasia au lieu de Tetrax conasia. 



TABLE GENERALE 



Préface ..... v 

Notices explicatives des planches 1 à 70. ...... . 1 

Du produit ovarien, avec les planches 71-7:2 ....... 74 

Généralités. Chapitre L Classification 74 

— — II. Collections . 80 

A''îWs. Avec les planches AàD 83 

— — III. Chasse ancienne. Faucon- 

nerie 90 

— — IV. Chasse moderne 95 

_ — ■ V. Volière 108 

_ _ VI. Utilisation 115 

— — VII. Rôle de l'oiseau dans la nd.- 

\\i.ve. Défense et 'protection. 121 

— — VIII. Migration, prévision de la 

température. Conclusion. 134 

Table alphabétique 140 

— générale 153 



Paris. — J. Mersch, imprimeur, 4 bis, avenue de Châtillon. 

— Chromotypograpliie Draeger. 

— Photogravure A. Barret. 



librairie îre^ Bnences laturelles 




Paul KLINGKSIEGK 



ÉDITEUR 

3, rue Corneille, 3 
PARIS-Vr 



Catalogue Génétal 



j"crii_,3iiErr laos 



On peut se procurer les ouvrages portés sur le présent cata- 
logue chez les 'principaux libraires de France et de l'étranger. 

J'expédie franco de port, en France et à l'étranger, sans 
! augmentation de prix, les demaiides accompagnées de leur 
\ m,onta.nt en mandat-poste ou valeur sur Paris. 

Il n'est pas fait d'envois contre remboursement. 

Une planche spécimen peut être envoyée sur demande. 



Ce catalogue annule les précédents. 



XV. 



— 2 



Ma Librairie a été fondée en 1885 rue de 
Sèvres, transférée en 1889 rue des Ecoles et 
définitivement installée 3, rue Corneille, en 
1900. 

Elle est la seule, en France, s occupant exclu- 
sivement d'histoire naturelle : Édition et Ouvrages 
d'occasion. 



(lAtlas 
des 'Plantes de Ftance 

UTILES, NUISIBLES ET ORNEMENTALES 
4.00 PLANCHES COLORIÉES 

R.EPRÉSENTANT 450 PLANTES COMMUNES 
avec de nombreuses figures de détail 

ET UN TEXTE EXPLICATIF DE LEURS PROPRIÉTÉS ET USAGES 

EN MÉDECINE, AGRICULTURE, HORTICULTURE 

DANS l'industrie^ l'ÉCONOMIE DOMESTIQUE, ETC. 

PAR 

Lauréat de V Institut. 

Un volume de texte de 368 pages gr. in-8°, broché, et 400 planches 
renfermées dans deux cartons, dos toile Prix : 60 fr. 

Le même, cartonné toile pleine, les planches montées 
sur onglets — 70 fr. 

Le même avec reliure demi-chagrin, très soignée, les 
planches montées sur onglets en papier parcheminé. — 80 fr. 



Les 400 planches de cet ouvrage représentent avec leurs couleurs et en, 
grandeur naturelle 450 plantes de France communes et très répandues^ 

Ces planches sont imprimées en 20 à 25 teintes inaltérables et mesurent 
16X23 centimètres. 

L'auteur a fait en sorte que les plantes soient en même temps prises parmi 
celles qui sont les plus intéressantes en médecine, agriculture, horticulture, 
dans Vindustrie, les arts, Valimentation et Véconomie domestique, par leurs 
usages et applications utiles, leurs piropriélés nuisibles et vénéneuses, ou 
comme plantes ornementales et décoratives. Quand il s'est agi des propriétés 
médicinales, on a évité de se servir de certains termes qui souvent empêchent 
de mettre les ouvrages analogues entre les mains de tout le monde. 

Il est représenté et décrit avec les noms scientifiques latins et français, et 
les noms vulgaires : SS plantes alimentaires de l'homme, 179 médicinales, 
iS2 fourragères, elc Des tables très détaillées rendent les recherches faciles. 

Aucune planclie n'est vendue séparément. 

Mes ouvrages de même format ne font jamais double emploi entre eux. 

Le prix de V Allas Masclef, prix inconnu jusqu'alors pour des publi- 
cations de ce genre, s'explique par l'étendue et le format de Touvrage, 
mais surtout par l'exécution sans rivale des planches coloriées. 

Librairie Paul Klixcksieck. Flue Corneille, 3, Paris. 



Atlas des Champignons 

COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX 
80 planches coloriées 

Représentant 191 champignons communs en France, avec leur description, 

le moyen de reconnaître les bonnes et les mauvaises espèces 

et de nombreuses recettes culinaires 

Par L. DUFOUR 

Docteur ès-sciences. 
Un volume de texte iii-8'* et les 80 pi. dans un carton. Prix *. 15 fr. 
Le même, relié demi-chagrin, texte et planches montés 
sur onglets '..... — 22 fr. 

Les livres sur les champignons sont nombreux. Mais il manquait un 
ouvrage avec un texte court, simple et clair, et surtout de bonnes et nortt- 
hreuses figures coloriées, destiné à vulgariser l'étude de ces intéressants 
végétaux. C'est là le but de cet Atlas, dont le prix, comme tous ceux du même 
genre édités à la Librairie des Sciences naturelles, a été établi de façon à 
permettre aux petites bourses de se le procurer. 

L'Atlas des champignons figure et donne la description de 95 espèces comes- 
tibles et de 96 espèces suspectes ou vénéneuses. 

Les planches sont tirées avec le ptlus grand soin en 15 à 18 couleurs ou 
teintes et mesurent 16 sur 23 centimètres. 

PRESQUE ÉPUISÉ 

Atlas des Algues Matines 

les plus répandues des côtes de France 

48 PLANCHES TIRÉES EN COULEUR 

Représentant 110 espèces d'Algues faciles à récolter, avec leur description 
et les moyens de les préparer et de les conserver 

Par Paul HARIOT 

Lauréat de l'Institut. 

Planches et texte renfermés dans un joli carton, orné 
d'une vue des côtes de Bretagne Prix: 12 fr. 

Le même, relié en demi-chagrin, texte et planches mon- 
tés sur onglets — 18 fr. 

Ouvrage élémentaire destiné aux personnes qui se rendent aux bains de 
mer et qui, après avoir réuni en jolis albums les belles plantes marines 
trouvées dans la mer ou que les vagues rejettent sur les côtes, désirent aussi 
en connaître le nom. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



Traité 
des Arbres et Arbrisseaux 

FORESTIERS, INDUSTRIELS ET D'ORNEMENT 

Cultivés ou exploités en Europe et plus particulièrement en Franc® 

DONNANT LA CKSCRIPTIOîl ET L'DTILISATION D'eNVIRON 2400 ESPÈCES ET 9000 VARIÉTÉS 

Par P. MOUILLEFERT 

Professeur de sylviculture à VÈcole nationale d'Agriculture de Grignon, 

Urx volume de texte de 1403 pages, grand in-8° broché 
en deux tomes, et 195 planches dont 40 coloriées, ren- 
fermées dans un carton dos toile Prix : 70 fr. 

Le même, reliure demi-chagrin, très soignée, les planches 
montées sur onglets en papier parcheminé — 85 fr. 



Seul ouvrage moderne français sur ce sujet; scientifique et pratique à la 
fois, il est indispensable aux pépiniéristes, aux forestiers, aux p)ropriétair€S 
de grands parcs et à tous les amateurs désireux de connaître nos espèces 
ligneuses, leur culture et leurs emplois. 

La valeur de ce livre est constituée par le texte. Le sujet a été agrémenté 
par l'addition de H4 planches noires donnant le por^t des arbres et iOjylanches 
coloriées représentant, avec des figures de détail, de beaux types d'espèces 
répandues mais rarement figurées. 

La Flore et la Végétation de la France avec une carte de la 
distribution des végétaux en France par Ch. Flahault, Professeur à 
l'Université de MontpeUier. 

Forme Vintroduction de la Flore descriptive et illuslrée de la 
France par l'abbé H. Coste et ne peut être obtenu séparément, 

(Voir pages 16-17). 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



Dictionnaite 

d'Hotticultiite 

ILLUSTRÉ 

de 959 figures dans le texte, dont 4G3 en couleur 
et 6 plans coloriés hors texte 

Par D. BOIS 

Assistant au Muséum d'Histoire naturelle 
en collaboration avec de nomlDreux spécialistes. 

Préface par Maxime CORNU 

Professeur au Musé uni 

Deux volumes grand in-S" de 4228 pages, brochés . . . Prix : 40 fr. 
Le même, relié en deux volumes, toile pleine, avec fers 

spéciaux — 45 fr. 

Le même, relié en un volume, demi-chagrin — 45 fr. 



Le Dictionnaire d'Horticulture, ouvrage i^ratique et entièrement ori- 
ginal, s'adresse aussi bien aux jardiniers qu'aux amateurs et gens du monde 
n'ayant que peu ou 2^(^s de connaissances horticoles. 

Les plantes de plein air et de serres, les arbres fruitiers ou d'ornement, les 
légumes sont traités avec tous les développements qu'ils comportent. 

Plus de 25 spécialistes autorisés traitent, chacun en ce qui le concerne, les 
opérations culturelles, la greffe et la taille des arbres, le chauffage des serres, 
les questions d'engrais, l'outillage horticole, les maladies des plantes, les 
insectes et autres animaux nuisibles ou utiles au jardin. Chaque auteur 
signe ses articles. 

Les figures, dont près de moitié en couleur dans le texte même, ont été 
choisies de préférence parmi celles qui ne se trouvent pas dans mes divers 
Atlas. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



SManiiel 
de Géographie Botanique 

Par le D^ OSCAR DRUDE 

Directeur du Jardin Royal Botanique de Dresde, Membre de la Société Botanique de France 
Traduit par Georges POIRAULT 

et revu et augmenté par l'Auteur 

Un fort volume de 530 pages grand in-8°, accompagné de 4 cartes en 
couleur, cartonné, toile pleine Prix : 18 fr. 

Ce livre est un résumé de l'état présejit de nos connaissances en géographie 
botanique, résumé largement tracé, susceptible, par conséquent, d'intéresser 
bien des lecteurs que rebuteraient des ouvrages plus détaillés. De nombreuses 
indications bibliographiques permettent de remonter aux sources et d'étudier 
les questions particulières. L'auteur a ajouté de nombreux compléments 
donnant ainsi à la traduction une valeur nouvelle. 

dAtlas des Plantes 

MÉDICINALES ET VÉNÉNEUSES D{ FRANCE 

137 PLANCHES COLORIÉES 

Extraites de . l'ATLAS DES PLANTES DE FRANGE . 

Avec un texte nouveau indiquant les propriétés médicinales de plus de 130 plantes, 

leur mode d'emploi, leurs doses, etc. 

Par H. ROUSSEAU, Docteur en médecine,^Xk. MASGLEF, Lauréat de VListit^t 

Un vol. grand in-8° de 128 pages et 137 planches colo- 
riées, le tout monté sur onglets, cart. toile pleine. Prix : 25 fr. » 
Le texte seul, broché — 2 fr. 50 

Nous avons extrait de l'Atlas des Plantes de France toutes les plantes 
médicinales, en y ajoutant un texte nouveau qui explique le mode d'emploi 
et les doses de ces jetantes, indications qui ne pouvaient trouver place dans le 
texte de M. Masclef. 

Texte et planches sont classés par ordre alphabétique, d'après les noms 
français. Le texte est complété par des descriptions de quelques p)lantes 
intéressant la pharmacie et qui, dans l'ouvrage p)'>'incipat, n'ont pu être 
figurées. 

Une table donnant la classification des plantes d'après leurs propriétés 
médicinales termine l'ouvrage. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 8 — 

En souscinption, s 

( Série I, complète 

( Série II, livraisons 1 à 3 

Icônes MYCologicœ 

ou 

Iconographie des Champignons 

DE FRANCE 

PRINCIPALEMENT DISGOMYGÈTES 

Par Emile BOUDIER 

PRÉSIDENT HONORAIRE DE LA SOCIÉTÉ MYCOLOGIQUE DE FRANCE 

Trois volumes in-4° raisin (32,5 X 25 cm.) 

comprenant 600 planches coloriées avec texte explicatif 



Cet ouvrage se composera de 600 planches coloriées, 
accompagnées d'un texte explicatif. Le tirage de luxe sera 
fait en lithographie, entièrement à la presse à bras, sur 
papier pur chiffon, celui du texte sur papier à la cuve. 

Le tirage est limité à 125 exemplaires. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 9 — 

Prix de chaque série annuelle : 

Série I, avec 100 planches coloriées, complète. 200 fr. 

— II, en souscription 180 Ip, 

Chaque série, aussitôt achevée 200 fr. 

La souscription à i'ensemble est obligatoire. 

Aucime série, livraison ou planche ne sera vendue séparément. 



Les originaux qui servent à la reproduction de cet ouvrage sont 
tous dessinés. lis font, depuis une trentaine d'années, l'admira- 
tion de tous ceux qui, s'occupant de l'étude des champignons, ont 
pu en voir des spécimens soit chez l'auteur, soit dans des exposi- 
tions spéciales. 

Aucun pays, aucune époque n'ont rien produit sur ce sujet qui 
puisse rivaliser avec les originaux de M. Boudier, au point de 
vue de l'exactitude, de la fidélité et du naturel. L'arrangement 
des planches est d'une harmonie et d'une élégance que l'on ne 
rencontre que très rarement dans des ouvrages de ce genre. 

La reproduction sera digne des originaux et ne faiblira à aucun 
moment. J'en ai pris l'engagement : l'ouvrage de M. Boudier sera 
le plus beau livre de champignons existant. 

Je convie les amateurs de beaux et bons livres à souscrire aux 
Icônes Mycolog'icae, ouvrage qui fera honneur au pays des 
Bulliard, des Léveillé, des Tulasne, la France ayant toujours 
occupé en mycologie un des premiers rangs. 

Je liens à la disposition des amateurs un prospectus détaillé 
avec planche spécimen, ainsi que la liste des GOO planches dont 
la publication est prévue, conire la somme de 1 franc en timbres- 
poste. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. * 



— 10 — 
TABLEAU DES PRINCIPAUX CHAHIPIGNONS CQUIESTIBLES & VEHENEUS 




Tableau (colorié) 

des 

Principaux Champignons 

Comestibles et Vénéneux 

Par Paul DUMÉE 

Membre des Sociétés mycologique et botanique de France, Pharmacien, 
Ce tableau, imprimé en 8 couleurs, est d'une scrupuleuse exactitude et pré- 
viendra bien des accidents dus autant à l'ignorance qu'à l'imprudence. Il est 
surtout destiné à être fixé au mur. Les personnes désireuses de le mettre en 
poche peuvent se le procurer plié, renfermé dans un cartonnage souple. 

Prix du Tableau, mesurant BOXôT-^" aplat 1 fr. » net. 

— — expédié par la poste autour d'un rouleau. 1 fr. 20 — 

— — plié, dans un cartonnage souple, ... 1 fr. 35 — 

— — le même, expédié par la poste .... 1 fr. 45 — 

Les dimensions réelles du Tableau sont environ 55 fois celles de la réduc- 
tion figurée ci-dessus. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 11 — 

INDEX aENERUM PHANEROGAMORUM 

USQUE AD FINES! 1887 P R M UL G AT R UM IN BENTHAMI ET HOOKERI 

« GENERA PLANTARUM » 

FUNDATUS CUM NUMERO SPECIERUM SYNONYMIS ET AERA GEOGRAPHICA 

Par Th. DURAND 

Directeur du Jardin Botanique de l'État à Bruxelles. 

Un fort volume grand in-8° de 722 pages 25 fr. 

Seul ouvrage d'ensemble, d'un forynat réduit, sur la flore du globe; indis- 
pensable pour le classement d'un herbier. 

PLANT/E EUROPE>!E 

ENUMERATIO SYSTEMATICA ET SYNONYAIICA PLANTARUM PHANEROGAMIGARUM 
IN EUROPA SPONTE CRESCENTIUM VEL MERE INQUILINARUM 

Par le D^ K. RICHTER 

Yol. I. Gymnospermes et Monocotylédones, 1890 in-8°, 

378 pages 12fr. 50 

Vol. IL Fasc. 1 à 3. Dicotylédones, 1897-1903 in-8% 480 p. 18 fr. 75 

Formera 4 volumes; M. Richter étant décédé, les volumes II à IV seront 
ijubliés par M. le D'^ M. Gùrke. Les Plantée Europeœ, remarquables par leur 
impression claire et de bonnes tables, donnent, outre des indications biblio- 
graphiques pour toutes les espèces et tous les synonymes, la distribution 
géograpihique de chacune. 

C'est actuellement le seul ouvrage d'ensemble pour la Flore d'Europe. 

JADIN (F.). — Du siège des principes médicamenteux 
dans les végétaux. Étude histochimique, 1894, gv. in-S-^, 
154 p. (Complément de tous les traités de Pharmacologie). 4 fr. 

HUSNOT (T.). — Le dessin d'histoire naturelle sur papier, 
pierre lithographique, Lois et divers papiers pour photogravures, 
avec figures dans le texte, spécimens de papiers, lithographies 
et gravures, adresses et prix de fournisseurs et de graveurs. Un 
volume in-8'^ de 80 pages et C planches noires .... 2 fr. 50 
Utile à tous les 'naturalistes. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 12 — 

Hépatiques de la Ftance 

TABLEAUX SYNOPTIQUES 
des caractères saillants des tribus, des genres et des espèces, avec 
plus de 200 figures représentant toutes les espèces de la flore 
française. 

Par Ch. LACOUTURE 

Ancien professeur de Sciences naturelles au collège St-Clément de Metz. 
Un volume in-4° de 78 pages Prix : 10 fr. 

INDEX BRYOLOGICUS 

ÉNUMÉRATION DES MOUSSES CONr<UES JUSQU'a CE JOUR AVEC LEUR 
SYNONYMIE ET LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

Par E.-G. PARIS 

Un volume de 1400 pages grand in-8° broché ......... 55 fr. 

Les Desmidiées 

de Ftance 

Par J. GOMÈRE 

Phaimacien de !''« classe 
Membre de la Société Botanique de France 

Un volume grand in-8° de 224 pages, avec 46 planches coloriées. 
Prix 20 fr. 

LEMÉE (E.). — Les Ennemis des Plantes. Catalogue raisonné 
des insectes cécidogènes et non cécidogènes, maladies crypto- 
gamiques, phanérogames parasites sur les plantes viA'^antes, 
fasciations, cas de tératologie. Séries I, Il et III, n° 1. 1903-05. 
In-8% 325 pages Prix : 7 fr. 50 

Les séries I et II traitent de généralités ; la 3^ ne comfjrendra que 
les jjlantes cultivées et formera 6 fascicides, dont le premier traite des 
ennemis des arbres fruitiers. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 13 — 

La Pisciciiltiite. - /. 

Traité pratique de l'élevage industriel du Poisson 

(SALMONIDÉS) 
Par C. RAVERET-WATTEL 

Directeur de la Station aquicole du Nid-de-Verdier, près Fécamp 
Chargé des Conférences de pisciculture à l'École nationale des Ponts et Chaussées. 

Un volume de 380 pages in-8° (format 12,5 X 20,5 cm.), 
avec 3 planches et 125 figures dans le texte. 

Prix broché 8 francs. 

— cartonné, toile pleine 9 — 



Dans cet ouvrage, Tauteur, bien connu par de nombreux écrits 
sur la Pisciculture, expose, avec sa clarté habituelle, tout ce qu'il 
importe de savoir au point de vue pratique pour obtenir un 
résultat lucratif de l'élevage industriel de ceux des Salmonidés 
qui se prêtent le mieux à cette exploitation : la Truite commune., 
la Truite arc-en-ciel et le Salmo fontinalis, espèces à l'élevage 
desquelles il se livre lui-même depuis de longues années. 

M. PiAVEret-Wattel démontre que le succès en Pisciculture 
repose avant tout sur des soins intelligents et sur une propreté 
minutieuse. C'est un principe qui ressort nettement de son livre, 
résumé dexpériences journalières, et marqué à chaque page 
d'une connaissance approfondie du sujet. 

Les illustrations, relativement très nombreuses et pour la plu- 
part originales, figurent les poissons, dans leurs divers états, et 
montrent tous les appareils et ustensiles nécessaires à l'élevage, 
ainsi que les insectes, mollusques, plantes utiles ou nuisibles, etc. 

U7i deuxième volume, qui paraîtra fin 1906, traitera du re- 
peuplonent des cornas d'eau, ainsi que de Vexploitalion des étangs 
avec les espèces autres que les Salmonidés. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 14 — 

PATOUILLARD (N.). — Les Hyménomycètes d'Europe. Ana- 
tomie générale et classification des champignons supérieurs. 
1887. Un volume in-8° de 166 pages avec 128 figures sur 
4 planches . Prix : 6 francs. 

Ouvrage s' adressant aux amateurs possédant un microscope grâce auquel 
on arrive plus sûrement à une détermination exacte des genres et des espèces. 

COSTANTIN (J.). — Les Mucédinées simples. Histoire, classi- 
fication, culture et rôle des champignons inférieurs dans les 
maladies des végétaux et des animaux, 1888. Un volume in-8*^ 
de 210 pages avec 190 figures . Prix : 6 francs. 

Etude d'ensemble sur les moisissures. L'emploi du microscope est indis- 
pensable. 

HARMAND (J.). — Lichens de France. Catalogue systématique 
et descriptif in-8". Formera environ ÎO fascicules du prix 
total de 50 à 60 francs. 

En vente : 

I. Collémacés 1905, xliv-156 p., 7 pi 8 francs. 

II. Coniocarpés 1905, 49 p., 1 pi 2 francs. 

GRAMONT DE LESPARRE (A. de). Étude sur la reproduction 
sexuée de quelques Champignons supérieurs. 1902. 
gr. in-8o, 80 pages, avec 16 figures dans le texte et 3 planches 
coloriées Prix : 5 francs. 

Plus de la moitié de l'ouvrage est consacrée aux Truffes. 

HERIBAUD (J.). — Les Diatomées d'Auvergne. 1883, gr. in-8°, 
255 pages, 6 planches Prix : 12 francs. 

Ouvrage couronné jjar l'Académie des Sciences. 

— Les Diatomées fossiles d'Auvergne, 1902, gr. in-8«, 
79 pages, avec 2 planches représentant environ 40 espèces 
^^^^e"es Prix : 5 francs. 

Librairie Paul Klincksiegk. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 15 — 

HÉRIBAUD (J.). — Les Muscinées d'Auvergne. 1899, 
gr. in-8°, 544 pages Prix : 15 francs. 

OLIVIER (H.). — Flore analytique et dichotomique des 
Lichens de l'Orne et des départements circonvoisins. 
2 parties avec supplément. 1892, in-8°, 344 pages, 2 planches 
n. et col Prix : 12 francs. 

Les renseignements îwur la récolte, préparation et conservation des Lichens 
donnent à ce livre un intérêt plus général. 

— Exposé systématique et description des Lichens de 
l'Ouest et du Nord-Ouest de la France (Normandie, 
Bretagne, Anjou, Maine, Yendée). 2 Yolumes. 



Vol. I, 1897, grand in-8% xxxiv-353 pages . . 

» Supplément 1900, grand in-8°, 32 pages . 

Vol. II, fasc. I, 1900, gTand in-S", 80 pages . . 

IL 1901, grand in-8°, 90 pages . 

III, 1902, grand in-8°, 97 pages . 

IV, 1903, grand in-8'', 156 pages 



Prix : 10 fr. 
- 2 fr. 



2 fr. 50 
2 fr. sa 

2 fr. 50 

3 fr. . 



LU CET (E.). — Les Insectes nuisibles aux Rosiers sau- 
vag-es et cultivés en France. — Descriptions et mœurs. 
Dégâts. Moyens de destruction. 2*^ édition rcATie et augmentée. 
1900, in-8°, 390 p. 13 pi. noires Prix : 7 francs. 

COSSMANN. — Catalogue illustré des Coquilles fossiles 
de l'Eocène des environs de Paris, faisant suite aux 
travaux paléontologiques de Deshayes. 1896, S parties avec 
supplément et 2 appendices. En tout 7 fascicules, grand in-8<>, 
de 1382 liages aA^ec 4G planches Prix : 75 francs. 

Cet ouvrage énumère toutes les espèces décrites par Deshayes et toutes 
celles découvertes depuis. Une table générale facilite les recherches. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 




[L A PARU 



Flote desctif 
de la 

de la Corse et des 



Ranunculus repens 



Par rAM 

Membre honoraire de la 



Cet ouvrage, absotument nouveau comme fonds et comme j 
profession et simples amateurs. Ces derniers y trouveront un vocabt 
simples que clairs. En dehors des noms latins des espèces, l'auteur in 
ou usages. Mais ce qui constitue le principal charme de la Flore C( 
description — des 4000 espèces de nos jilantes indigènes. Ces figur^ 
toutes originales et spécialement dessinées pour la Flore COSTE. 



Cet ouvrage paraît en fascicules de 10( 
forment un volume. L'époque d'appari 
à l'avance, mais des dispositions ont 
achevée en Août-Septembre 1906. 

Le prix des trois volu 

Ce prix est réduit pour les personnes 
fois avec leur souscription : 

à 60 francs jusqu 

Demander un p'i 
A tic un fa s ci cul b it'e 

La souscription 




Ranunculus acris 



Librairie Paul Klincksiî 



iptioîi 

ries I et II, complets. 
III, fasc. 1 à 6. 

p^ et illushée 

^ tance 

mirées limitrophes 

:. GOSTE 

té Botanique de France. 




Raniinculus bulbosus 



^ s'adresse à tous ceux qui sHntéy^essent aux plantes : botanistes de 
illustré de 450 figures et de nombreux tableaux analytiques aussi 
e les noms français, quand il en existe, et succinctement les propriétés 
E, ce sont les figures — toutes placées en marge en regard de leur 
miblables à celles dont nous donnons ici quatre reproductions, sont 



)0 pages gr. in-8'^, dont quatre ou cinq 

de chaque fascicule ne peut être fixée 

prises pour que la publication soit 

5 est de 70 francs. 

ivoyant le montant d'avance et en une 

M Juillet 1906. 

dus détaillé. 
en du s ép nr émeut » 

obligatoire. 




Hanunculus lanuginosus 



lue Corneille, 3, Paris. 



— 18 - 

BATTANDIER ET TRABUT. — Flore de l'Algérie contenant la 
description de toutes les plantes signalées jusqu'à ce Jour comme 
spontanées en Algérie, et Catalogue des plantes du Maroc. 

Première partie : 

Tome I. — Dicotylédones, 1888-90. Un fort vol. gr. in-8° de 

875 pages 20 fr. 

Tome II. — Monocotylédones, 1895. Un vol. gr. in-8° de 256 pages. T fr. 

Deuxième partie : 
Fascicule I. — Catalogue des Lichens de l'Algérie, par C. Flagëy. Ca- 
talogue des Algues du Maroc, de TAlgérie et de la Tunisie, par 
F. Debray. Catalogue des Diatomacées du Maroc, de FAlgérie et de 
la Tunisie, par P. Petit, 1896-97 (publié fin Ï902). Un vol. gr. in-8'' 
de 281 pages , 7 fr. 

— Atlas de la Flore d'Algérie. — Iconographie avec dia- 
gnoses d'espèces nouvelles, inédites ou critiques de la Flore 
Atlantique; Phanérogames et Cryptogames acrogènes. 

Fasc. 1. — 1886. Grand in-S", 16 pages, 11 planches 4 fr. 

Fasc. II. — 1895. Grand in-8% 17 pages, 12 planches 6 fr. 

Je possède six exemplaires presque complets des planches de 
Phanérogames de l'Exploration scientifique de l'Algérie, 
superbe publication in 4° parue de 1846 à 57. Elles peuvent utile- 
ment servir de complément à la Flore Battandier et Trabut, 
où elles sont citées dans les descriptions. En voici le détail : 

1 exemplaire avec 44 planches coloriées Prix : 27 fr. 

2 — 45 — — -- 28 fr. 

1 — 46 — — — 30 fr. 

1 — 47 — — — 32 fr. 

1 — 48 — — — 35 fr. 

L'ouvrage complet (1114 pages de texte avec 90 planches coloriées, 
dont 40 de cryptogames) vaut 250 francs ; on ne le trouve plus que 
difficilement au complet. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 19 — 

BATTANDIER ET TRABUT. — Flore analytique et synop- 
tique de l'Alg-érie et de la Tunisie. Un yolume iii-8° 
de 460 pages, broché Prix : 6 fr. 

LLOYD (J.). — Flore de l'Ouest de la France (Gharente-Infér., 
Deux-Sèvres, Vendée, Loire-Infér., Morbihan, Finistère, Gôtes- 
du-Nord, nie-et- Vilaine) . 4^ édition augmentée des plantes de 
la Gironde, des Landes, et du littoral des Basses-Pyrénées, 
par J. FoucAUD, 1886. Un volume in-18 de 526 pages, broché. 
Occasion {au lieu de 7 fr., franco) 5 fr. 

GAUTIER (G.). — Catalogue raisonné de la flore des 
Pyrénées- Orientales. Introduction par Gh. Flâhault, 1898. 
Un volume in-S" de 851 pages, broché 7 fr. 



Palaeontologia 

Unwetsalis 



Publication adoptée par le Congrès Géologique International tenu à 
Paris en 1900, dont le but est de rééditer les types des espèces fossiles, 
en s'attachant de préférence aux formes anciennes et à celles dont la 
recherche bibliographique est difficile. 

Afin de permettre l'adoption de différents modes de classement, 
chaque espèce est publiée sur deux fiches donnant, l'une, la reproduction 
de la figure originale et la photographie du type lui-même; l'autre, 
la diagnose rééditée intégralement. 

Le nombre des espèces publiées dans chaque série est de 80 environ, 
soit 150 à 160 fiches. 

Série I (1903-1905) , ln-8^ Prix : 40 francs. 

Prix de l'abonnement à chaque série : 40 francs. 
Je ne reçois les abonnements que pour la France et ses colonies. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 20 — 

BOULAY (N.)- — Études sur la distribution g'éographique 
des Mousses en France, au point de vue des iDrincipes 
et des faits. 1877, gr. in-8% 259 p Prix : 3 francs. 

— Muscinées de la France. I. Mousses. 1P84, gr. in-S"^, 

CLXxiv-624 p Prix : 15 francs. 

— — II. Hépatiques. 1904, grand in-8o, CLXvin-224 pages. 

Prix 10 francs. 



Flore pliocène du Mont-Dore (Puy-de-Dôme). 
grand in-4o, 115 pages, 10 planches avec de nombreuses 
figures dans le texte Prix : 15 francs. 



■^o* 



— Muscinées (Mousses, Sphaignes, Hépatiques) de l'Est de la 

France. 1872. gr. in-8°, xii-880 pages. Prix : 10 francs. 

— Flore fossile de Gergovie (Puy-de-Dôme). 1899. gr. in-8<^, 

83 pages, 10 planches Prix : 6 fr. 50 

HUSNOT (T.). — Hepaticologia Gallica. Flore analytique et 
descriptive des Hépatiques de France et de Belgique. 1875-81. 
in-8% 102 p. 13 pi Prix : 10 fr. 50 

— Flore analytique et descriptive des Mousses du 

Nord-Ouest de la France (env. de Paris, Normandie, 
Bretagne, Anjou, Maine), 2^ éd., contenant un traité élé- 
mentaire de Bryologie avec 10 échantillons et 84 figures. 
1882, in-8o, 175 p. 4 pi Prix : 5 francs. 

— Sphag'nolog'ia Europœa. Descriptions et figures des 

Sphaignes de l'Europe. 1882, gr. in-8<^, 16 p. 4 planches. 

Prix : 3 francs, 

— Muscologia Gallica. Descriptions et figures des Mousses 

de France et des contrées Aî-oisines. 2 vol. 1884-94, gr. in-8'^, 
470 p. 125 planches Prix : 50 francs. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 21 — 

HUSNOT (T.). — Descriptions, figures et usages des Grami- 
nées spontanées et cultivées de France, Belgique, 
Iles britanniques, Suisse. 1896-99, in-4°, 100 p, 
33 pi. représ. 3o0 espèces Prix : 25 francs. 

— Descriptions et figures des Cypéracées de France, 

Suisse et Belgique. 2 fascicules, 190o, grand in-8'^ avec 
planches Prix : 10 francs. 

Le fascicule 2 sera fourni gratuitement aussitôt paru. 

BROCARD (E.). — Manuel de Taxidermie ou l'art d'empailler 

les oiseaux. 1889, in-8°, 47 pages et 2 grands tableaux conte- 
nant les figures des opérations préparatoires pour le montage 
des pièces et 22 phototypies représentant les phases de la levée 
de la peau et du montage prises sur nature. . Prix : 3 francs. 

FAUGONNET (L.). — Faune analytique des Coléoptères de 
France, aA^ec 2 suppléments. 1892, gr. in-8°,536p. 15 fr. 50 

— Gênera des Coléoptères de France. 1894, grand in-8o, 

84 pages Prix : 5 francs, 

— Notions élémentaires d'anatomie externe des Co- 

léoptères et vocabulaire de tous les termes employés en 
entomologie pour l'étude spéciale de ces insectes. Conseils 
sur leur chasse, leur préparation et la formation d'une 
collection. 1897-98, in-8^ 40 pages . . Prix : 2 francs. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 22 — 

Guide élémeniaite 

du Lichénologue 

ACCOMPAGNÉ 

DE NOMBREUSES ESPÈCES TYPIQUES EN NATURE 
par l'Abbé J. HARMAND 

avec la collaboration de MM. H. et V. CLAUDEL, 

1 vol. in-8° de 108 pages et 1 planche, cartonné j, et 2 cartons 

avec 120 échantillons de Lichens en nature. 
Prix. 10 francs. 



Dans le Guide de M. l'abbé Harmand, on trouve non seule- 
ment : 

1° Les notions générales indispensables à quiconque entreprend 
l'étude des Lichens ; 

2° Des conseils pratiques très détaillés concernant la recherche, 
la récolte, l'étude et la conservation des Lichens ; 

S'* La définition de tous les groupes de Lichens jusqu'aux 
genres inclusivement ; 

mais encore la description de 120 espèces, les plus communes, 
qui sont représentées en nature dans deux petits fascicules. 

Avec ce Guide et un microscope, dont il n'est pas possible de 
se passer, on peut aborder l'étude des Lichens, une des plus at- 
trayantes de la botanique. 

Les Lichens ont le grand avantage de pouvoir être récoltés pen- 
dant toute l'année, de se conserver facilement et de prendre beau- 
coup moins de place que les collections de Phanérogames. Là où 
ces derniers deviennent clairsemés, les Lichens au contraire sont 
abondants et augmentent ainsi l'agrément des courses sur les 
hautes montagnes. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Goroeille, 3, Paris. 



— 23 — 

MAGNIN (A). — La végétation des lacs du Jura. Mono- 
graphies botaniques de 74 lacs jurassiens, suivies de 
considérations générales sur la flore lacustre. 1904. 
Grand in-8% xx-424 pages, 8 planches dont 2 coloriées 
et plus de 200 figures dans le texte. Prix : 20 francs. 

GAUCHER (L.) — Étude générale de la membrane cel- 
lulaire chez les végétaux. 1904. Grand in-8°, 
229 pages Prix : 6 francs. 

OFFNER (J.) — Les spores des champignons au point 
de vue médico-légal. 1904. Grand in-8% 68 pages et 
2 planches représentant les spores de 40 espèces com- 
munes de champignons supérieurs. Prix : 4 francs. 

BRUYANT et EUSÉBIO. — Faune de l'Auvergne. Mono- 
graphie des Carabides et des Cicindélides, 1902, 
grand in-8% 260 pages et 11 planches, comprenant 
390 figures Prix ; ±2 fr. 

^ La faune d'Auvergne représente les deux tiers de la faune française, à 
l'exclusion des espèces méditerranéennes. 

— Matériaux pour l'étude des rivières et lacs d'Auvergne. 
Introduction à l'Aquiculture générale. Précédé 
d'une Esquisse géologique par Ph. Glangeaud. 1904. 
Grand in-8'', 162 pages et 4 planches . . Prix : 6 fr. 

Contient l'étude physique et biologique des rivières et des lacs avec leurs 
faune et flore. 



Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 24 — 

Atlas colorié des Plantes médicinales indigènes^ 

144 planches en couleur représentant 148 espèces 
avec texte, donnant les propriétés et emplois en mé- 
decine populaire de 364 plantes, par Paul HARIOT, 
pharmacien de l''*" classe, ex-interne des hôpitaux de 
Paris. 1 fort volume in-12 de 221 pages de texte avec 
144 planches coloriées, cartonné, tranche rouge. 
Prix 6fr. 50 

On trouvera, dans cet ouvrage, des renseig^wmenis sur 364 plantes 
surtout indigènes {dont 148 représentées en couleur) pouvant utile- 
ment être employées pour combattre les indispositions légères et les 
maladies peu graves, sans recourir au médecin. 

L'exécution des planches coloriées ne laisse à rien à désirer; le 
texte, très clair, est d'une lecture aussi agréable qu'instructive. 

Divers chapitres sont consacrés à la culture, à la récolte et à la 
conservation des plantes médicinales. 

C'est, en un mot, un livre pratique. 

Petit Atlas de poche des Champignons de France les 
plus répandus, comestibles ou vénéneux. 5® Édi- 
tion. 36 planches coloriées représentant 37 espèces 
presqu'en grandeur naturelle, accompagnées d'un texte 
explicatif comprenant des recettes culinaires, par 
Paul DUiMÉE, Membre des Sociétés mycologique et 
botanique de France, Pharmacien. Cartonné. Prix : 4 fr. 

Chaque jolanche indique l'endroit et l'époque auxquels on peut récolter le 
chamingnon, ses noms habituels français et latin, ses dimensions et s'il est 
comestible ou vénéneux. Dans le texte, l'auteur s'applique à bien faire ressortir 
les caractères saillants à observer pour éviter toute confusion. 

« En fait de champignons, mieux vaut en connaître peu, mais bien, que 
beaucoup et mal. » 

Presque épuisé. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



- 25 - 

Bibliothèque de Poche 
du Natutaliste 

La BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE, inau- 
gurée en mai 1894 par l'Atlas des Plantes des champs, 
des prairies et des bois, s'est rapidement fait une place 
à part parmi tant d'ouvrages destinés à vulgariser les 
connaissances en histoire naturelle. 

Le plan adopté pour ces volumes peut se résumer ainsi : 

1° Emploi de grandes figures coloriées, représentant les 
sujets les plus répandus que tout le monde peut rencontrer ; 

2,° Format très portatif (celui de ce catalogue) ; 

3° Texte intéressant, mis à la portée de tout le monde par 
remploi de termes simples, non savants ; 

4° Disposition de ce texte en regard des planches; 

5° Exécution très soignée; 

6° Prix très réduit : tous les volumes à 6 fr. 50. 

Les volumes de la Bibliothèque de Poche renferment 
en tout : 

1460 planches coloriées et 
130 — noires, représentant : 
1198 espèces de plantes 
1091 — d'animaux. 

Il n'existe nulle part ailleurs une collection analogue offrant pour 
une somme aussi modique une pareille profusion de planches coloriées. 

Voir pages 26 et suivantes les tilres des volumes publiés. 

La collection sera augmentée annuellement d'im ou deux volumes 
conçus dans le même espy^t. 

Librairie Paul Klixcksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



- 26 - 

BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE 

Ces volumes se vendent cartonnés toile pleine, souple, coins arrondis, 
tranche rouge; ils n'existent pas brochés. 

L Atlas de poche des Plantes des champs, des prairies 
et des bois, à l'usage des promeneurs et des excur- 
sionnistes. Série I, 4,^ Édition. 128 planches coloriées 
et 23 planches noires représentant 181 plantes ou 
arbres communs en France avec 162 pages de texte 
par R. SIÉLAIN. Cartonné , Prix : 6 fr. 50 

Chaque x>lcinche indique l'endroit où se trouve 'la plante, son époque de 
floraison, ses noms habituels, français, latin et celui de la famille. Les plantes 
sont classées p)o,r ordre de floraison. 

V. Atlas de poche des Plantes des champs, des prai- 
ries et des bois, à l'usage^ des promeneurs et des 
excursionnistes. Série IL ^^ Édition. 128 planches colo- 
riées et 23 planches noires représentant 154 plantes 
ou arbres communs en France avec 162 pages de 
texte par R. SIÉLAIN. Cartonné. . . Prix : 6 fr. 50 

Quoique indépendant du x^reraier volume, il lui fait suite et le coraplète. 

Les plantes figurées dans les deux volumes ne représentent que des espèces 
de pays peu accidentés. La Série II renferme un certain nombre d'espèces du 
littoral. 

X. Atlas de poche des Plantes des champs, des prairies 
et des bois, à l'usage des promeneurs et des excur- 
sionnistes. Série III. S^ Éd. 128 planches coloriées re- 
présentant 129 plantes communes en France avec 154 
pages de texte par R. SIÉLAIN. Cart. Prix : 6 fr. 50 

La Série III, ioarue fin avril i899, contient une Table générale des 3 séries. 
On y trouve des renseignements pour la formation d'un herbier. 

Ce volume contient encore des espèces répandues partout, jjouvant inté- 
resser le promeneur et l'excursionniste. Il n'y a aucun double emploi dans 
les 3 séries; l'une complète l'autre. Au total, 389 espèces herbacées et 75 espèces 
ligneuses sont représentées dans les 3 volumes. 
Pour les Montagnes, voir Nouvelle Flore coloriée, par FLAHAULT. 

Ces ouvrages n'exigent aucune connaissance en botanique. 

Librairie Paul Kltncksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



— 27- 

BIBLIOTHËQUE DE POCHE DU NATURALISTE 



m. Nouvel Atlas de poche des Champignons comes- 
tibles et vénéneux les plus répandus suivi de 
notions générales sur les champignons, leur classifi- 
cation, composition chimique, valeur ahmentaire, 
préparation culinaire, culture, etc. 64 planches colo- 
riées représentant 66 espèces, avec texte par Paul 
DUMÉE, membre des Sociétés botanique et mycolo- 
gique de France. Peintures par A. Bessin. Cartonné. 
Prix 6 fr. 50 

XIV. Atlas de Poche des Fleurs de Jardins les plus 
faciles à cultiver, par Paul HARIOT. 128 planches 
coloriées, représentant 137 plantes communes avec 
190 pages de texte. Cartonné .... Prix : 6 fr. 50 

Chaque planche indique si la plante est annuelle, bisannuelle ou vivace 
et l'époque de sa floraison. 

XV. Atlas de poche des Arbustes et Arbrisseaux les 
plus faciles à cultiver, par Paul HARIOT. 122 plan- 
ches coloriées et 6 noires représentant 128 espèces 
avec 190 pages de texte. Cartonné . . Prix : 6 fr. 50 

Fait suite au précédent. (Paru en juin 1904f.) 

Chaque planche indique l'époque de la floraison ou de la fructification. 
Librairie Paul Klincksiecic. Paie Corneille, 3, Paris, 



BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE 



IV. Atlas de poche des Insectes de France utiles ou 
nuisibles, précédé d'une étude d'ensemble sur les 
insectes. 2 édition, 72 planches coloriées représentant 
3î^2 insectes, avec 160 pages de texte, par E. DONGÉ. 
Cartonné Prix : 6 fr. 50 

Chaque planche indique les endroits où se trouvent ces insectes, ainsi que 
leurs noms habituels français et latin. 

VIL Atlas de poche des Oiseaux de France, Suisse 
et Belgique, utiles ou nuisibles, par le Baron 
L. D'HAMONVÏLLE. Série I. 72 planches coloriées et 
4 planches noires représentant 70 oiseaux, 28 œufs et 
4 nids, avec 160 pages de texte. Cart. Prix : 6 fr, 50 

Chaque planche contient un oiseau, représenté en entier avec son œuf s'il 
est typique, et indique si l'oiseau est sédentaire ou migrateur, utile, nuisible 
ou indifférent, ses noms habituels français, populaires et latin, ainsi que 
celui de la famille. 

IX. Atlas de poche des Oiseaux de France, Suisse 
et Belgique, suivi d'un catalogue descriptif complet 
de tous les oiseaux de ces pays, par le Baron 
L. D'HAMONVÏLLE. Série II. 72 planches coloriées 
et 16 planches noires représentant 85 oiseaux, 
20 œufs et 4 poussins, avec 164 pages de texte. 
Cartonné Prix : 6 fr. 50 

Les 2 séries réunies contiennent 155 oiseaux, 48 œufs, 4 poussins et 4 nids. 
Il n'y a aucune répétition. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3 Paris. 



— 29 — 

BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE 



VL Atlas de poche des Coquilles des côtes de France 
communes, pittoresques ou comestibles, par 
Ph. DAUTZENBERG, suivi d'un appendice sur les 
Crustacés, Oursins, etc., les plus communs des 
plages. 64 planches coloriées et 8 planches noires 
renfermant 235 espèces, avec 160 pages de texte. 
Cartonné Prix : 6 fr. 50 

Vlil, Atlas de poche des Papillons de France, Suisse 
et Belgique, les plus répandus, avec description de 
leurs chenilles et chrysalides et étude d'ensemble sur 
les papillons, par le D" Paul GIROD. 72 planches colo- 
riées représentant 285 papillons, avec 180 pages de 
texte. Cartonné Prix : 6 fr. 50 

XI. Atlas de poche des Poissons d'eau douce de 
France, Suisse romande et Belgique les plus 
répandus, suivi d'un appendice sur les Tritons, 
Tortues, Crustacés, Mollusques, etc., les plus com- 
muns de nos cours d'eau et étangs. 64 planches colo- 
riées et 8 planches noires représentant 64 poissons 
et 30 autres animaux, avec 160 pages de texte par 
G. RAVERET-WATTEL, Directeur de l'Établissement 
de Pisciculture du Nid-de-Verdier. Cart. Prix : 6 fr. 50 

Librairie Paul Ivllncksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



30 



BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE 



XII. Atlas de poche des Plantes utiles des Pays chauds 
les plus importantes pour le commerce, par P. de 
JANVILLE. 63 planches coloriées et 37 planches 
noires représentant 78 espèces et 21 vues d'ensemble, 
de culture ou de végétation, avec 180 pages de texte. 
Cartonné Prix : 6 fr. 50 

Cacao^ Café^ Thé, Épices, Huiles, Parfums, 
Textiles, Caoutchouc, Gommes, Bois, etc. 

Intéresse le commerçant, les élèves des écoles 
commerciales et... tout consommateur. 



XIII. Flore coloriée de poche du Littoral méditer- 
ranéen de Gênes à Barcelone, y compris la 
Corse, par le D^ 0. PENZIG, Professeur à l'Université 
de Gênes. 139 planches coloriées et 5 planches noires 
représentant 144 plantes communes sur le Littoral, 
avec 170 pages de texte. Cartonné. . Prix : 6 fr. 50 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE 

Volume II. 

Nouvelle Flote colotiée 

de Poche 

des Alpes et des Pyrénées 

144 PLANCHES COLORIÉES ET 153 FIGURES NOIRES DANS LE TEXTE 
Représentant 325 Espèces 

Par Ch. FLAHAULT 

Professeur à l'Université de Montpellier 

Aquarelles par Mlle G. KASTNER 

SÉRIE I. 

Cartonné Prix : 6 fr. 50 

Cet ouvrage, entièrement nouveau comme planches et comme 
texte, remplace la Flore coloriée des plantes de montagnes de la 
même collection, totalement épuisée. 

En dehors de 172 plantes illustrées en couleur, il renferme lo3 
figures noires dans le texte, ce qui porte à 323 le nombre d'espèces 
représentées. 

Il n'existe aucun autre ouvrage sur les plantes des Alpes avec 
d'aussi nombreuses figures à un prix semblable. Mais ce qui fait 
la supériorité de la Nouvelle Flore coloriée de M. Gh. Flahault, 
c'est que toutes les plantes ont été reproduites d'après des aqua- 
relles exécutées sur place dans les Alpes mêmes, seule garantie 
de leur exactitude. Les planches des deux autres séries seront 
exécutées, elles aussi, d'après des modèles vivants, dans les hautes 
montagnes de France et des pays avoisinants. 

Librairie Paul Klincksieck. Rue Corneille, 3, Paris. 



32 — 



Table des Matières par noms d'Auteurs 



Battandier et 
Trabut . . . 18.19 

Bois 6 

Boudier 8.9 

Boulay 20 

Brocard 21 

Bruyant 23 

Comère 12 

Cossmann. ... 15 
Costantin .... 14 

Coste 16.17 

Dautzenberg. . . 29 

Dongé 28 

Drude. ..... 7 

Dufour 4 

Dumée . . 10.24.27 
Durand 11 



Fauconnet 
Flahault 
Gaucher 
Gautier . 
Girod. . 
Gramont de 

Lesparre 
Hamonville 
Hariot. . 
Harmand 
Héribaud 
Husnot . 
Jadin . . 
Janville . 
Lacouture 
Lemée . 
Lloyd. . 



. 21 
5.31 
. 23 
. 19 



. 14 
. 28 

.24.27 
14.22 
14.15 

.20.21 
. 11 
. 30 
. 12 
. 12 
. 19 



Lucet 15 

Magniii . . , . . 23 
Masclef . . . . .3.7 

Mouiliefert. . , . 5 

Offner , . . . , 23 

Olivier ..... 15 
Palaeontoiogia 

universalis , . 19 

Paris 12 

Patouiilard . . , 14 

Penzig ..... 30 

Poirault. .... 7 
Raveret-Wattel 13.29 

Richter H 

Rousseau .... 7 

Siélain 26 




Librairie Paul Klinocsieck. Rue Corneille, 3, Paris.