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Full text of "Autour de Jean XXII.: Hugues Géraud, évêque de Cahors. L'affaire des poisons ..."

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EDMOND ALBE 



AUTOUR DE JEAN XXII 



HUGUES GÉRAUD 



EVEQUE DE CAHORS 



L'affaire des Poisons et des Envoûtements 
en 1317 




CAHORS 
J. GIRMA 

Editeur 
24, Boulevard Gambeita, ^4. 



TOULOUSE 
E. PRIVAT 

ÈiiiteHr 
14^ Rue des Ans, 14* 



1904 



HUGUES GERAUD 

ÉVÊQUE DE CAHORS 









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Extrait du Buîîetîn de ici Société des Etudes littéraires^ scientifiques 
et artistiques du Lotj Tome XXIX, 



Tirage :200 Exemplaires 



EDMOND ALBE 



AUTOUR DE JEAN XXII 



HUGUES GÉRAUD 



EVEQUE DE CAHORS ♦ 



L'affaire des Poisons et des Envoûtements 
, en 1317 




CAHORS 
J. GIRMA 

Éditeur 
24, Boulevard Gambetta, 24. 



TOULOUSE 
E. PRIVAT 

Éditeur 
14, Rue des Arls, 14. 



1904 



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AUTOUR DE JEAN XXII 



HUGUES GERAUD 

ÉVÊQUE DE CAHORS 



L'affaire des Poisons et des Envoûtements en 1317 



Introduction 



BIBLIOGRAPHIE 



Le i6 février 131 3, Clément V nommait à Tévêché de Cahors un de 
ses favoris, Hugues Géraui ou de Géraud, appelé par quelques-uns 

Geraldi, archidiacre d'Eu dans l'église de Rouen Le 27 août 1317, 

deux greffiers pontificaux, au nom (tes commissaires de Jean 5^X11, se 
présentaient au château de Noves, près d'Avignon, où était détenu 
M* Hugues Géraud, évêque déposé de Cahors, et lecitaientpâr devant 
le révérendissime cardinal Bérengerde Frédol(i),évêquede Tusculum, 
pour entendre sa sentence, le 30* jour du présent mois, à l'heure de 



(i) Bkrenger de Frédol (senior) d'une famille pcri^^ourdine ou agenaise 
fut évêque de Biziers en 1294. Clément V, dont il était le neveu, à ce qu'il 
paraît, Téleva au cardinalat dans la promotion du 15 décembre 1305 : d'abord 
cardinal du titre des saints Nérée et Achillée,il fut fait en 1309 évèquc de Tus- 
culum et vécut jusqu'en juin 1323. Son neveu Bérenser de Frédol (junior) que 
Ton confond quelquefois avec lui, fut comme lui évêque de Bczicrs (mai 1309) 
puis créé cardinal dans la promotion du 23 ou 24 décembre 1312, en même 
temps que Jacques Duesc (d'Euse), il prit le titre cardinalice de son oncl î 
(SS Nérée et AchiUéç) Çt fut aommç en 1317 évêque de Porto. Il serait 



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-6- • 

Prime, sur la place de la demeure principale du pape (i). Le document 
d'o^ nous extrayons cette citation extraordinaire ne donne pas la 
ser^ence : d'après de nombreux auteurs, Hugues Géraud fut solen- 
nellement dégradé, puis, ainsi réduit,, autant que le permettait le 
caractère indélébile du prêtre, au rang de simple laïque, il fut femis 
au bras séculier pour subir la" peine fixée par le droit : et cette peine 
fut au moins le supplice par le feu. 

Quels crimes avait pu commettre Hugues Géraud pour que les 
premières rigueurs du pape de Cahors s'exerçassent contre Tévêque de 
Cahors ? Jusqu'ici les détails manquaient un peu, et des trop courts 
récits des contemporains on n'avait guère retenu que le châtiment et 
non les fautes — ou plutôt l'on n'avait voulu voir qu'une partie de ces 
fautes ; et, bien que les mêrhes auteurs, auxquels on empruntait les 
détails plus ou moins odieux, et quelquefois contradictoires, du 
supplice, eussent parlé de tentative d'assassinat par le poison et par 
les maléfices, beaucoup n'en voulaient rien croire, se seraient crus 
ridicules d'y croire. Etrange critique historique, ce me semble, que de 
choisir ainsi à son gré dans quelques lignes d'un chroniqueur, et, de 
parti pris, éliminer, au profit d'idées préconçues, précisément les 
détails les plus graves. Pourquoi, sans preuves suffisantes, accepter ceci 
et rejeter cela ? Pourquoi ne pas reconnaitte dans l'empoisonnement 
tenté et les maléfices mis en œuvre, chose alors fréquente et punie par 
les lois civiles, la seule explication plausible du supplice d'un évêque, 
sinon commandé, du moins permis par un grand pape ? Le présent 
travail a pour but de montrer que cette explication est vraie. 

Nos auteurs locaux, et quelque* autres qui s'en sont inspirés, plutôt 
faute de documents, je le veux bien, que par esprit de parti, ont voulu 
(réhabiliter le crimmel. Cçux-ci ont très nettement doniîé tort à 
Jean XXII dont ils ont essayé de faire une sorte de Tibère farouche et 
cruel, toujours dominé par la peur de complots imaginaires, ce qui 
n'est pas l'idée qu'on peut s'en faire, quand on entre dans le détail de 



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13 



mort la même année que son oncle en 1323. A la même famille se rattachent 
un autre Bérenger de Frédol, évêque de Maguelonne, mort en 1296, Guillaume, 
évêque de Béziers (1313-134Q), André, évêque d'Uzès (i 3 14-1 3 18), puis de 
Maguelonne (13 18-1328), et Bernard abbé de Quarante (dioc. de Narbonne). 

(i) Archives du Vatican— Çollectorice 493, f^ 30, indiqué dans \qs Schedœ de 
Garampi : Arm. 57, tome 6. — Comme j'aurai à le citer très souvent — je 
n'indiquerai guère que le folio, sans répéter çolU 493. 



-7 — 

sa vie à Avignon. Ceux-là, jaloux dans leur patriotisme local de 
conserver intacte la mémoire du pape de Cahors, ont cherché dans des 
vengeances particulières la cause du supplice d*Hugues Géraud, sans 
remarquer que Jean XXII restait tout de même responsable, s'il avait 
laissé supplicier injustement Tévêque de son pays natal pour satisfaire 
les rancunes de ses parents ou de ses amis. L'erreur est d'autant plus 
étonnante qu'on savait qu'il existait aux Archives du Vatican un 
manuscrit renfermant le procès de l'évêquc Géraud, manuscrit signalé 
par plusieurs auteurs, au moins d'après des catalogues de bibliothè- 
ques. Il aurait fallu avant de donner des conclusions, attendre qu'on 
eût pu tirer parti de ce document. 

C'est à ce manuscrit que je vais emprunter le fonds de mon travail. 
D'autres le publieront en entier, avecles notes historiques et juridiques 
qu'il comporte. Je n'ai l'intention que d'en donner à la Société des 
Etudes du Loi un résumé qui permette de compléter et de corriger les 
historiens locaux ou autres qui se sont occupés de cette triste affaire. 

Le manuscrit en question est signalé dans les Schedœ de Garampi 
i%latives aux évêques de Cahors, sous cette rubrique : Hugo Cadur- 
censis olim episcopus maleficium perpetravit adversus Johqnnem XXII et 
nonnullos Cadurcenses, — Armar. 57, tome 6 f» 199. — Ejusdem confessio, 
pp. 12, 20^ et seq. Cette indication correspond aujourd'hui au tome 493 
des Rationes Collectoriœ, Le volume est un in-folio de 45 feuillets de 
parchemin, dont un blanc ; quelques feuillets sont en très mauvais état 
et illisibles aux trois quarts. Il commence par cette note : 

« Pervenit ad audientiam SS. Patris et dni nri dni Johannis divina 
providentia ppe XXII quod nonnulle persone ecclesiastice et mundane, 
Dei timoré postposito, inaudita temeritate in mortem dni ppe ac nonnul- 
lorum dominorum cardinalium, nephandis tractatibus prehabitis^ conspi- 
raverunt, poiiones et venena mortifera paraverunt et parari fecerunt, et 
imagines cereas magicis artibus, ut per earum punctionem vita eorum 
abbreviaretw , fecerunt seu fieri fecerunt^ posse eorum faciendo quod 
predicta venena et potiones eisdem ministrarentur. et dicte imagines 
effectum juxta affectum inhumanum etiam sortiretur, quare ne sic 
enormia ac detestanda absque débita correctione pertranseant, inquisi- 
tionem eorundem idem dnus papa duxit in modum qui sequitur commit- 
tendam ». 

Le premier acte est la commission du 14 mars 13 17 donnée à Té vêque 
de Riez ; le dernier acte est le procès- verbal de la prorogation à quinze 



^ 8 - 

jours plus tard de la citation faite pour entendre leur sentence aux 
derniers des personnages de la prévention (26 novembre 1322). 

Mais on chercherait vainement dans ce manuscrit toutes les pièces 
de la procédure. Non seulement ce n'est pas le recueil original des 
procés-Tcrbaux, ce n'en est pas même la copie complète ; je veux dire 
qu'il n*y a pas les procès-verbaux de tous les interrogatoires. Ainsi 
Ton n'y trouve pas la déposition de Perrot de Béarn qui fut chargé 
d'apporter à Avignon les poisons et les images dont il est parlé dans le 
prélude ci-dessus, si bien que j'avais cru longtemps que ce personnage 
n'avait pas été arrêté, lorsque je trouvai dans les Livres de comptes la 
mention de son arrestation tardive et de l'argent payé aux sergents 
d'armes qui le conduisirent à la curie romaine. 

Cependant le document est de premier ordre parce que les copies 
insérées dans ce recueil ont un caractère officiel : elles ont été faites 
quelquefois par les greffiers mêmes qui avaient rédigé le protocole, sur 
Tordre des commissaires pontificaux, mais après la conclusion* du 
procès dont le dernier acte n'eut lieu qu'en novembre 1322. Chaque 
fragment de procès-verbal est accompagné du paraphe du greffier 
ou notaire. Cette façon de faire explique les lacunes importantes comme 
celle de Perrot de Béarn, dont sans doute la déposition se trouvait la 
même que celle des porteurs ou hommes de peine, ses compagnons de 
route (voir plus loin), ou les lacunes, d'une ligne au plus, dont j'ai 
trouvé deux cas (i). Elle explique aussi plusieurs interruptions dans 
Tordre chronologique ou logique, que le copiste fait remarquer lui- 
même (2). 

Enfin il faut dire que ce document n'a trait qu'au procès des poisons 
et des imagesj et non au procès canonique d'Hugues Géraud. C'est 
probablement pour cela que n'y figurent pas certains familiers de 
l'évoque de Cahors, compromis au point de vue du droit canon, mais 
non sans doute au point de vue criminel : tel par exemple ce Géraud 
d'Albussac, uo de ses vicaires généraux, assez piètre personnage, dont 



(i> f. S « Depojjens flere non cessabat et quemdam alium sacculum rsic) — » — 
f. ^6, fin de ]a page, question posée — reste sans réponse. 

{2} f. 3 5 V., Tenquête du i" juin 13 17 sur la capture de Bernard Gasc suit un 
proccS'Vcrbal d'avril 13 18, et f. 37, un autre procès-verbal de mai 13 18 est 
suivi de Tenquéte d'août 13 17 sur la tentative d'enlèvement d'Arnaud de 
Villars. 



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— 9 — 

le procès dit un mot incidemment, mais qui ne paraît pas devant la 
Commission extraordinaire laquelle avait pour objet AHnstruire sur 
l'attentat. 

C'est dans nos auteurs locaux que se trouvent les plus nombreux 
détails sur la vie d'Hugues Géraud, mais il y en a fort peu sur son 
procès et sur sa mort, et mêlés d'un si grand nombre d'erreurs qu'on 
ne peut pas plus compter sur Lacroix, Dominici, Salvat ou Foulhiac, 
que sur Lacoste, Dufour ou Bertrandy. Tous se sont servis de Baluze 
l'éditeur des Vitœ romanorum pontifîcum. Ceux qui ont lu ce savant 
ouvrage en connaissent la disposition. La première partie contient un 
certain nombre de vies des papes d'Avignon, extraites de différents 
ouvrages plus ou moins connus et de foh. inégale valeur ; la seconde 
partie comprend des notes très copieuses sur les faits et les person- 
nages dont il est parlé dans les vies ; la troisième partie, des Docu- 
ments. Des sept biographies de Jean XXII publiées par Baluze, quatre 
seulement parlent d'Hugues Géraud, et ces quatre textes se peuvent 
ramener à deux, Amalric Augier (j^ vie) disant à^peu près mot à mot 
ce que raconte Bernard Gui sur l'évêque de Cahors (3* vie), avec les 
mêmes erreurs de dates ; Ptolémée de Lucqiies, plus court, ne différant 
guère de Vanonyme vénitien, tous les deux se trompant non plus de 
mois, mais d'année. Dans les notes de Baluze nous trouvons deux 
autres textes sur la même affaire : celui de Walsingh^m qui semble 
avoir copié Adam Murimiith, (voir plus loin) ; celui de la chronique de 
Grandmont, moins erroné mais également composé d'après des 
rapports d'une certitude douteuse. Sans rejeter complètement tous 
ces témoignages, il est évident que les erreurs, au moins de dates, qui 
s'y trouvent, ne permettent pas de leur attribuer une valeur absolue. 

Xa Gai lia cite à la fin de son article sur Hugues Géraud, un autre 
texte qu'elle attribue à tort à Geoffroi de Vigeois : il se rapproche 
davantage de la date vraie ; il est reproduit, avec une variante que 
j'aurai l'occasion de relever, par M. N. de Wailly, dans une note dont 
il accompagne la chronique de saint Martial au Recueil des historiens 
de la France (t. XXI). Cette chronique indique la dégradation et le 
suppHce de l'évêque de Cahors, sans y mettre les détails odieux qu'on 
trouve ici ou là dans les autres textes, et que certain^ auteurs ont 
même groypés ensemble pour produire plus d'effet. 

Je cite pour mémoire la chronique de Cornélius Zanjliet, donnée par 
Martène dans ses Veterum scriptorum monumenta (t. V), parce qu'il 



i . « 



- 10 - 

semble avoir copié Bernard Gui et qiie c'est un auteur du xv« siècle. 
Ce texte de fîernarflf G«î semble d'ailleurs avoir été le plus générale- 
ment suivi : on le retrouve plus ou moins développé, mais facilement 
reconnaissable, avec les mêmes mots et jles mêmes erreurs de dates, 
dans la plupart des chroniqueurs et annalistes, en particulier dans 
Raynaidi et Ciacconius, qui le donnent presque mot à mot. 

Lacroix (a), très long au sujet de Hugues Géraud,quand il raconte son 
élection, les privilèges reçus, les actes accomplis, n'ajoute guère, pour 
ce quL est du procès et de la mort, que quelques phrases de rhétorique 
au texte de Bernard Gui et à la sentence du Corpus juris. Son traduc- 
teur, Mp Ayma[b), en voulant être plus complet, a commis quelques 
erreurs de plus, tant il est vrai cjlie rien ne remplace les documents 
authentiques. Dominici (c) et Poulhiac [d] précisent un peu plus que 
Lacroix, mais ne savent presque rien eux aussi des vraies raisons de la 
condamnation. L'histoire manuscrite de l'a Wé Salvat (e) donne de nom- 
breux détails plus ou moins authentiques sur la dégradation solennelle 
d*Hu^'ues Gèraud, qui ont tout Tair d'avoir été empruntés à VHistoire 
des cardinaux français de Duchesne. Cathala-Coture (/) est très court et 
ne park que des fautes canoniques. Lacoste (g*) a essayé de retrouver la 
vérité, mais faute de documents, n'a guère pu comme ses prédéces- 
seurs que mélanger les confusions et les erreurs. Quant à Raphaël 
Périé(h)^ n*cst'CC pas lui faire trop d'honneur que de citer son livre si 



{a) Séries et acia epîscoporum cadurcensium.,. — Cadurci, apud loannem Dalvy. 

- MDCXXVr. ^ gg i8o à 194. ^ 

{b) Histoire des Evêgucs de Cahors, par G. de Lacroix, traduite par L. Ayma. 
^- Cahors, Plantade — 1879, t. II, pp 19 à 52. 

(c) Dominici. — Histoire du ^aïs de Quercy — manuscrit conservé au grand 
Séminaire de Cahors. 

(d) Fouihiac.— Chroniques du pays du Quercy — plusieurs mnss. — Je me suis 
servi de la copie annottie par M. Lacabane, qui se trouve aux Archives du 
Lot, F. 136. 

(é) Salvat. — Histoire de la province du Quercy^ du xiii"* au xviii' siècle, 4 vol. 

(/) Cathala-Coture. — Histoire politique^ ecclésiastique et littéraire du Quercy 

— Montauban — Cazaméa — 1785, t. I. pp. 247-8. 

{g) Lacoste. — HiMoire générale de la province de Quercy — publiée par 
JVIM. Combarieli et Canijardel. - Cahors — Girma— 1883-6, t. II. pp. 4$4-sqq.; 
surtout pp. 477-8» 

(ft) R. Pcrié. — Histoire politique, religieuse et littéraire du Quercy.— Cahors, 
Prassaç— 1861-186^ — 3 fa§c, parus, — Fasc. 3= (t. IL — x'' part. p. 136 à 178, 



peu sérieux, si peu digne d'un historien ? Les pages qu'il a consacrées 
à Hugues Géraud et à son supplice pourraient servir de feuilleton à 
un journal pour rire. 

Deux travaux plus récents quoique déjà vieux d'une trentaine 
d'années ont une réelle valeur ; tous deux malheureusement incomplets 
faute d'avoir connu le document qui sert de base à mon article. Emile 
DufouVy avocat distingué de Gahors, dans un article de ses Etudes 
historiques sur le Quercy (i), et M. Bertrandy, l'archiviste bien connu 
(c'était le gendre de M. Lacabane, ancien directeur de l'Ecole des 
Chartes), dans une petite brochure, aujourd'hui introuvable (2), Un 
évêque supplicié (3), parue un an après l'article de M. Dufour, ont traité 
assez longuement l'histeire de Hugues Géraud. 

Tous les deux semblept être partis du même point de vue : justifier 
l'évêque sans mettre en c^use la bonne foi du pape et chercher dans 
des haines particulières la seule cause du supplice de l'évêque de 
Cahors. Il est difficile, quand on écrit une page d'histoire avec une 
idée préconçue, que l'on échappe à la rhétorique, si les documents 
manquent à l'appui de la thèse, et nos deux auteurs, malgré leur 
mérite et leur sincère désir de trouver la vérité, n'y ont pas complè* 
tement échappé. 

Le premier connaît bien tout ce que l'on pouvait savoir de son 
temps sur les débuts d'Hugues Géraud et sur sa famille. Il a insisté 
longuement sur les aliénations de temporel faites par les prédécesseurs 
de cet évêque et donne la plus large place aux rapports officiels des 
commissaires chargés par le roi, comme Mathieu de Courjumelles, de 
vérifier la valeur de ces aliénations, les titres des nouveaux posses- 
seurs, et de faire rentrer le plus possible des biens aliénés dans la mense 
épiscopale. Mais quand il arrive au vrai procès d'Hugues Géraud, il 
ne fait guère que reproduire les fragments trouvés dans Baluze, et 
c'est sur ces fragments ou sur des auteurs de troisième main qu'il 
appuie sa seconde partie. C'est au milieu des erreurs les plus graves 
qu'il termine son travail dont il n'ose même pas donner une conclu- 



(i) Cahors — Plantade — 1864 — pp. 35 a 106. 

(2) J'en dois la communication à l'obligeance extrême de M. Girma, libraire à 
Cahors, membre de la Société des Etudes du Lot. Je suis heureux de l'en remer- 
cier ici. 

(3; Paris — Dentu — 186$ — 69 pages, 



sion, tellement il se sent peu sûr ; mais il laisse deviner pour qui sont 
toutes ses sympathies. Tel quel, l'article est vraiment intéressant, bien 
que la fantaisie y ait une part trop grande. 

M. Bertrandy a pu éviter les graves erreurs de dates de M. Dufour, 
grâce à quelques documents trouvés à la Bibliothèque Nationale. Sauf 
ces rectifications, il ne me paraît pas qu'il ait ajouté beaucoup à l'article 
précédent, qu'il a connu, mais dont il ne nomme jamais l'auteur, je ne 
sais pourquoi. Quand il le critique, il parle toujours « d'un travail 
récent ». Comme M. Dufour, il insiste beaucoup sur les commence- 
ments d'Hugues Gèraud, sur ses relations intimes avec Clément V ou 
Philippe-le-Bel ; comme lui il raconte, mais en les résumant davantage, 
les difficultés provenant de l'aliénation des bietis de la mense, comme 
lui il met en doute l'histoire des poisons et des maléfices, comme lui il 
défend la mémoire de Jean XXII dont il fait le plus grand éloge, et 
cherche à faire retomber sur la famille des de Jean la responsabilité de 
la poursuite ; comme lui il accepte la fable delà peinture sur les vitraux 
de l'église de Salviac des horribles détails du supplice d'Hugues. 
Géraud ; en somme l'archiviste, sauf quand il relève des erreurs de 
dates, d'ailleurs très graves, ne dit cas beaucoup plus ni beaucoup 
mieux que l'avocat. Que n'a-t-il pu fouiller lui-même aux Archives du 
Vatican ? Il y aurait retrouvé le manuscrit dont il parle dans une de 
ses notes et aurait pu, en remplaçant dans sa seconde partie les conjec- 
tures par la pleine vérité, faire un travail définitif ! 

Je ne saurais passer sous silence deux articles très importants de 
M. l'abbé J.-M. Vidal, ancien chapelain de Saint-Louis-des-Français, 
dont on connaît les nombreuses et importantes publications. Pour ces 
deux articles il s'est beaucoup servi du procès d'Hugues Géraud. Je 
suis très loin cependant de partager certaines de ses conclusions ; 
surtout il m'a paru qu'il était bien sévère et bien injuste pour 
Jean XXII, peut-être parceque, le dirai-je, il a lu trop vite le précieux 
document. 

Le premier article est une petite monographie de Bernard Gasc, 
évêque de Ganos, publiée dans les mélanges Léonce Couture (Toulouse 
— Privât 1902 — pp. 137 a 152), Ce personnage, dont on retrouvera 
plus d'une fois le nom, appartient peut-être à notre pays qui n'a 
aucune raison d'en être fier. M. Vidal le juge très sévèrement au 
début, et non sans raison ; il l'appelle «moine apostat, escroc vulgaire», 
faiseurs de dupes, au nombre desquelles il faut mettre l'évêque de 



— 13 — 

Toulouse, Gaillard de Pressac, qui était cependant un « prélat très 
avisé ». Mais à la fin de l'article, il se montre plus indulgent, sinon 
plus juste, et l'escroc n'est guère plus qu'un imbécile, « mannequin, à 
qui l'on a fait baptiser des poupées » et « la victime d'une mystifi- 
cation ». 

11 ne semble pas en effet que Bernard Gasc ait été très fort, mais la 
mystification dont il fut la victime était bel et bien un drame sérieux 
où il eut son petit rôle, comme on verra. De ce qu'il a été « absous » 
ou réhabilité, on ne peut pas conclure qu'il ait été « reconnu innocent ». 
Le second article est un travail sur l'origine de la province de Toulouse 
paru dans les Annales du Midi (tome XV, année 1903). M. Vidal 
reprenant les documents qu'il a publiés dans les Annales de Saint- 
Louis des Français, raconte l'histoire de la division par Jean XXII du 
vaste diocèse de Toulouse en un certain nombre de petits évêchés. 

Les raisons graves et hautes de cet acte si important que le pontife 
donne aux capitouls ou au roi de France, dans sa bulle d'érection, ne lui 
paraissent pas suffisantes, et il en suggère d'autres, moins relevées, sur 
lesquelles, même avec son propre texte, où certaines phrases paraissent 
étranges, il serait facile de le chicaner et qu'il est impossible d'accepter. 
Le pape a voulu se créer une source d'abondants revenus en multipliant 
les diocèses et en partageant la grosse mense épiscopale en plusieurs 
menses de valeur moindre, parce que c'était un avare ; ou bien encore 
il a peut-être voulu se venger de la part douteuse prise parl'évêquede 
Toulouse dans le procès très suspect d'Hugues Géraud, en réduisant 
son évôché et en le forçant de donner sa démission, car c'était un pape 
sombre, défiant et soupçonneux. L'auteur sans doute ne prétend pas 
imposer ses deux hypothèses, mais on voit fort bien sa tendance. Je 
n'ai pas à justifier le pape de son acte, pas plus qu'à dire si en effet il 
n'a pas trop multiplié les évêchés } Mais en admettant qu'il se soit 
trompj, ce qui n'est pas démontré, rien ne prouve qu'il ait obéi, en 
faisant cet acte, à des mobiles d'ordreinférieur. Par le procès d'Hugues 
Géraud, étudié de plus près, on verra peut être que le projet de 
division du diocèse a précédé la tentative contre le pape au lieu d'en être 
la punition. Et quant à la question d'avarice il est étrange que les prin- 
cipaux arguments pour l'étayer soient tout simplement un mot d'un des 
témoins de ce procès qu'on a prétendus être si suspects, ou une phrase de 
rhétorique d'un ouvrage trop célèbre, précisément composé sur l'ordre 
de Jean XXIL La phrase d'Alvarez Pelayo ne prouve pas plus contre 



:c'-."._ 



^ 14 - 

l'Eglise (car Jean XXII n'est pas mis personnellement en cause), que 
certains discours de retraites pastorales contre le clergé d'un diocèse. 
Que de gens d'ailleurs ne connaissent du de Planctu ecclesiœ que les 
tirades sur la cupidité des gens d'église ! 

J'espère que bientôt paraîtra un article appuyé sur les livres de 
comptes du Vatican qui fera bonne justice des calomnies trop souvent 
répétées contre Jean XXII, en racontant à quoi était employé l'argent 
que le pape demandait aux riches bénéficiers (i). 

Plusieurs des pièces intéressant Hugues Géraud et ses complices ont 
été publiées, indépendamment de celles que citent Lacroix, Dufour et 
Bertrandy, dans divers recueils modernes. Il faut nommer l'édition 
bénédictine des Regesta de Clément V, complètement achevée, mais 
dont il manque encore les tables {à Rome) : les Documents pontificaux 
sur la Gascogne (Paris et Auch, 1896), où M. l'abbé L. Guérard a inséré 
plusieurs pièces se rapportant au Quercy, non sans d'assez graves 
erreurs de dates ; la publication (Paris. Fontemoing) des Lettres secrètes 
et curiales de Jean XXII, se rapportant à la France, de M. Coulon qui a 
relevé plusieurs de ces erreurs, mais en a commis encore pour n'avoir 
pas consulté les Lettres communes. Précisément M. l'abbé MoUat prépare 
la publication de celles-ci et le premier fascicule vient de paraître chez 
le même éditeur. Ces divers travaux m'ont été fort utiles, quoique 
j'aie parcouru moi-même tous les registres soit de la série du Vatican, 
soit de la série d'Avignon et recueilli des pièces non connues ou mieux 
datées. J'ai pu aussi prendre quelques bons renseignements et des 
détails inédits dans les livres de comptes de Jean XXII, soit les /n/roz- 
tus et Exitus^ soit les Collectoriœ, soit les Miscellanea Cameralia épars 
en divers registres ou enfermés dans les cassettes vaticanes. Ces recher- 
ches de détails,qui n'avaient pas pour but l'histoire d'Hugues Géraud, 
mais de tout le diocèse de Cahors à cette époque, m'ont permis de 
parler avec un peu plus d'assurance, et de compenser par la valeur 
et le nombre des renseignements apportés ce qui me manque beaucoup 
trop par ailleurs. 



(i) M. Vidal a d'ailleurs lui-même, dans le tirage à part de son article, che2 
Privât, Toulouse, mis des corrigenda (p. 93) et reconnu qu'il avait eu tort de 
eroite Villani î le P. Ehrié et le d"^ Goller ayant prouvé que le trop célèbre italien 
avait multiplié à peu près par 30 le chiffre de la somme laissée par le pape. Ces 
corrections prouvent bien la bonne foi de l'auteur, bonne foi que je n'ai jamais 
mise en doute. 




Chapitre I 

BIOGRAPHIE DE GÉRAUD 



§ I. — AVANT L'ÊPISCOPAT 



Hugues Géraud naquit au château ou repaire de Beaulieu, près de 
La Nouaille{i), au diocèse de Périgueux, et dans la vicomte de Limo- 
ges; ainsi que cela ressort de plusieurs bulles du pape relatives à la 
confiscation de ses biens et d'une déposition du procès (2). Un de 
ses frèreâ, Hélie, habitait ce château en 13 17. Cet Hélie est peut-être 
le père d'Hugues ou Hugonet Géraud qui reçut le prieuré de Ribanhac (3) 
qu'avait possédé son oncle avant d'être évêque. Un autre frère, Arnaud 
fut archidiacre de Nontron ; nous le retrouverons ainsi qu'Hélie. Une 
de leurs sœurs épousa le seigneur de Sarlandelle (4), tout près de 
La Nouaille : nous connaissons deux de ses fils, Guillaume qui reçut 
en 131 3 une expectative de bénéfice dans le diocèse de Cahors, et 
ArfAémar auquel le pape donnait, le 14 février, quoiqu'il n'eût que 16 ans, 
l'église d'Angoisse (5), dans les environs de La Nouaille, que venait de 
résigner le recteur Gaucelme Chabot Une autre sœur fut la mère 



(1) Ghef-lieu du canton de Tarrondissement de Nontron (Dordogtte)* 

(2) Voir pièces justificatives n*« XIX et XXII. Son frère Hélie est appelé 
H, Geraldif dictus de Nobilia^ dans la pièce n° VIL 

(3) Commune du canton de Sigoulès, arrondissement de Bergerac (Dordogne). 
On voit qu'il avait ce prieuré dans une bulle du ^o juillet 1^13 (Rég. Clém. V, 
Bened^ n*> 9804). Bertrandy : p. 2 et 22. 

(4) Hameau de la commune de Sarlande, près La Nouaille. — Dufour a vu 
les documents et les a bien lus. Voir o^. cit. pp. 44 et 45. 

(5) Les autres auteurs, même Bertrandy, ont confondu G"^* avec Adhémai* et 
lu Treigos pour Engoisha. — Angoisse, commune des environs de La Nouaille^ 
en latin Engoisha.— V. Rég. Glem. V. Bened. n'* 9753-9754-9804. 



— 16 - 

de Pierre Barros, ecclésiastique dont le nom reviendra au cours du 
travail. (V. p. 28). Tout s'accorde donc'pour nous permettre de préciser 
désormais le lieu de naissance du trop célèbre èvèque de Cahors. 
Quant a la date de cette naissance, il m'a été impossible jusqu'ici de 
rien conjecturer avec probabilité. 

Le caractère est peu sympathique, parce que l'homme n'est pas esti- 
mable, et je ne comprends pas les portraits fantaisistes qu'ont pu faire 
Dufour et Bertrandy, qui acceptaient pourtant comme vrais les consi- 
dérants de la sentence du corpus juris. Sans doute Hugues Géraud 
devait être fort intelligent : il était également fort instruit pour son 
temps, au moins dans les choses du Droit où il avait reçu le grade de 
maître *, le catalogue de sa bibliothèque en fait foi. C'étaitun ambitieux 
sans scrupules, mais non pas sans craintes superstitieuses ; orgueilleux 
et prompt à s'irriter devant la résistance, mais vite abattu, et sans 
cœur : dans le procès des poisons, c'est lui qui parle le plus facilement 
et qui compromet le plus de gens par son bavardage : aussi le greffier 
l'appelle-t-il quelque part loquax et inconstans. Il avait beaucoup de 
relations : je ne sache pas qu'il ait suscité une vraie amitié : il est aban- 
donné avec la même facilité qu'il abandonne lui-même. Quant à ses 
mœurs, le texte du corpus juris est formel pour les accuser, et, bien 
qu'il n'y ait là-dessus aucune allusion dans les procès-verbaux, 
l'accusation est si vraisemblable qu'elle a été répétée par tous nos 
auteurs. 

Je ne sais rien de ses jeunes années, de ses études, de ses débuts dans 
la cléricature. Quand son nom paraît pour la première fois dans 
l'histoire, Hugues Géraud est chapelain honoraire de Clément V qui 
semble l'avoir eu en très haute estime sans doute à cause de sa science 
profonde du Droit et des services qu'il pouvait lui rendre. Une bulle 
du 6 août 1305 qui lui confère un canonicat dans l'église dePérigueux, 
avec expectative de prébende et de dignité, nous apprend qu'il était déjà 
chanoine de St-Astier, au même diocèse, recteur de l'église de Neuvic 
qui dépendait de ce chapitre, et chanoine de Limoges (i). L'année 
d'après, 9 août 1306 (à moins que ce ne soit la même année 1305), Clé- 
ment V l'envoie, avec Bertrand de Durfort, seigneur de Duras, porter 



(i) Clément V. édit. Bened, n* 137. 



— 17 — 

au roi de France sa décision au sujet du château de Mauléon (i). En 1307, 
devenu chantre de Périgueux, il figure comme témoin dans l'acte 
d'accord .passé pour la vicomte de Lomagne entre les Clarisses de 
Périgueux et Arnaud-Garsie, frère du pape (2). 

Il recevait de temps à autre quelques bénéfices, car il cessait de 
solliciter,et Clément V ne savait rien lui refuser : nous voyons parla bulle 
du 9 novembre 1308 qui lui confère un canonicat dans l'église de Rouen, 
avec expectative de prébende et de dignité, qu'il avait en plus des béné- 
fices cités plus haut, le prieuré deRibanhac(Périgueux), et l'expectative, 
depuis longtemps obtenue, d'une église dans le diocèse de Lincoln (3). 
La dignité qu'il reçut fut l'archidiaconat d'Eu acquis entre le mois 
d'avril 13 10 et le 31 mai (4). Il va sans dire qu'il n'était pas tenu à la 
résidence personnelle, en sa qualité de référendaire du pape. 

Cette ionction n'était pas une sinécure comme on peut s'en rendre 
compte par un registre, malheureusement très abîmé, des Archives du 
Vatican, tenu à jour par un de ses secrétaires, , et où, à chaque instant, 
il est question de lui pour diverses causes qui lui sont confiées ou pour 
ses affaires personnelles (5). De plus le pape l'employait encore en des j 
missions extraordinaires. Le 27 janvier 130911 l'envoyait vers Philippe- 
le-Bel à l'occasion du procès des Templiers : il est bon de dire qu'Hu- 
gues Géraud avait su se faire nommer comme un des administrateurs 
et curateurs, nous dirions liquidateurs, des biens des Templiers, et 
l'on sait que ces fonctions ne sont pas absolument désintéressées (6). 1 

Le 28 février 131 1 il accompagnait en Italie, comme nonce auprès 
du roi des Romains, Henri de Luxembourg, Robert de Mauvoisin, 
nouvellement promu à l'archevêché de Salerne (7). Le voyage étant 



(î) Baluze : Vitcepapar. Aven, II p. 60. — Bertrandy, op. cit. p. 8. — Dufouf, 
p. 40. 

(2) Clém. V. Bened. n° 3556 dans une bulle de confirmation de mars 1308. 

(3) Ibid. n*>« 1475-3580-4527. 

(4) En avril 13 10 il est exécuteur de plusieurs bulles et appelé chantre de 
Périgueux (Clém. V. Bened n° 5517), en mai il obtient, comme archidiacre d'Eu, 
rautorisation de ne pas résider {ibid. n* 5403). 

(5) Collectoriœ^ rég. 492 A. 

(6) Baluze : op. cit. II 141. — Bertrandy, op cit. p. 9. — Clément V, Bened. 
n*» 5018. — Dufour, p. 40. 

(7) Clément V* Bened. n° 7499. Lettre aux évêques 'd'Italie pour les recomman- 
der. J'aurai occasion de revenir sur Robert de Mauvoisin» 



-18- 

long et dangereux, Hugues obtient, avant son départ, Tautorisation de 
faire son testament (6 mars) (i). Il était sans doute de retour lorsque 
le 28 juillet Clément V lui donna, pour le récompenser, un nouveau 
canonicat, avec prébende et prévôté dans Téglise de Poitiers (2). Le 
nouveau prévôt gardait tous ses bénéfices, parmi lesquels nous trou- 
vons les prieurés de Blanzaguet (Cahors), de Saint-André (Limoges) 
de Firminy, Bournazel et Sénhergues (Rodez). La bulle de confirmation 
reproduit les compliments des différents personnages qui lui avaient 
conféré ces prieurés, ils sont unanimes à louer ses bonnes mœurs et sa 
science considérable. 

Ce n'était pas tout. Clément V réellement prodigue envers Hugues 
Géraud lui conférait, le 23 mai 1312, le décanatde St-Yrieix, qui n'est 
pas très éloigné de La Nouaille ; la dispense de la pluralité des béné- 
fices qui est dans la bulle fait encore connaître deux églises dont il 
touchait les fruits (3). Il n'y avait plus qu'un pas à faire vers les suprêmes 
honneurs : le 16 février 1313 Hugues était nommé évêque de Cahors (4). 

La bulle ne renferme comme éloge que les formules ordinaires,mais 
elle insinue que Philippe-le-Bel avait recommandé le candidat, ce que 
je crois volontiers. D'autre part elle nous fait connaître dans quelles 
conditions l'évêché de Cahors était vacant : Raymond de Pauchel avait 
donné sa démission et Pierre de Latilly avait refusé de lui succéder. 

Succession difficile en effet, que la sienne, du moins au point de vue 
financier. Le diocèse de Cahors était riche alors, comme nous l'appren- 
nent des lettres royaux du siècle suivant qui font la comparaison avec 
l'atroce misère produite par la guerre de Cent ans. Mais la mense 
épiscopale était pauvre. Ou mieux, elle avait été successivement 



(t) Ibtd. n° 6620.— Le même jour le pape lui réservait une église au diocèse 
d'Uzès Ibtd. n° 7435. 

(2) Ibid. n* 7407. Le pape avait confirmé ces collations par bulle du 5 mars 
1311. (Ibid, n* 7150. 

(3) Ibid. n° 8033, église de Quarante (diocèse de Narbonne), église de Pcrpe- 
zat (Limoges); vers cette date il assistait au concile de Vienne (Arch. vat. miscell, 
2Ms/r. cassette 13 12-13 15, ^° 3)» 

(4^ Ibid. n<* 9044. — Lacroix se trompe en mettant la date de 13 12. — Nos 
auteurs locaux cherchent à tirer parti de tous les mots de cette bulle, qui res- 
seml^le à toutes les bulles de nominations d'évêques, sauf les faits que je relève 
moi-même. 



[^,, 



-• Id - 

appaurne par les prodigalités et la mauvaise administration deâ 
derniers évêques, Raymond de Cornil et Sicard de Montaigu (i) et en 
particulier par Raymond Pauchel. Celui-ci avait poussé si loin les 
choses, qu'un moment Clément V, malgré la générosité sans doute 
' intéressée de Tevêque à Tégard d'un des petits-neveux du pape, chargea 
le 21 mars 1309 l'abbé de Moissac de le citer devant la curie (2), 
Raymond expliqua-t-il mieux la situation, ou le pape voulut-il lui 
permettre d'essayer encore une fois de se tirer d'affaire: toujours est-il 
que la riiême année il l'autorisait à contracter un nouvel emprunt de 
6000 florins (3). Mais cette grâce ne fit qu'achever la détresse du pauvre 

* évêque qui dut engager à ses créanciers une autre paVtie de la mense. 
Les diverses aliénations du temporel épiscopal furent telles §u'au 
moment de la démission de Raymond la mense était réduite, paraît-il, 
aux seuls bénéfices de Mercués, Luzech, Albas et Puy-l'Evêque, et 
d'après Dominici, à la seule jouissance de Pradines et de Montpezat. 

Incapable de se tirer d'embarras, le vieil évèque donna Sa démission 
qui fut acceptée immédiatement par le pape : peut-être lui fut-elle 
imposée. Il vécut sur ce qui restait de revenus à l'évèché jusqu'au 
moment où Hugues Géraud prit possession. Celui-ci demanda alors 

* au pape de disposer de quelques bénéfices en faveur du vieillard qui 
aurait été sans cela réduit à la mendicité. (4) Raymond Pauchel reçut 
au moins les églises de Bio et de Carayac. Jean XXII l'appela auprès 
de lui et c'est à Avignon qu'il mourut apnd sedem apostolicam dans les 
premiers jours de 13 17 (5). 

Clément V crut bon de nommer au siège laissé vacant par la rési- 
gnation plus ou moins volontaire de Raymond un homme dont l'in- 
fluence auprès du roi pourrait plus facilement permettre la réintégra- 



(i) Ces deux évêques, en partie pour des motifs très louables comme la res- 
tauration de la cathédrale, en partie par (affection déréglée à Tégard de leurs 
familles,. avaient aliéné un certain nombre de bénéfices de la mense ou fait des 
échanges désavantageux. 

(2) Voir aux pièces justificatives, n* IV. 

(3) Lacroix, § 176. — M. Ayma (I p. 476) a singulièrement exagéré la valeur 
du florin qui ne valait pas tout à fait une livre à cette date — Reg. Vat. LVI if. 
82, 82 V. 

(4) Lacroix, p. 183-4. ~ Clément V. édit. Bened, n<* 9753. 

(5) Reg. Vat. 66 ep. 3619 et 39 lO — collation de ces paroisses à d'autres 
titulaires. 



IL 



-20- 

' tion des biens aliénés. Il jeta les yeux sur un conseiller de Philippe le 
Bel, très en faveur à la cour, Pierre de Latilly, archidiacre deChâlons- 
sur-Marne. C'était en effet un personnage fort important, qui devint 

^bientôt chancelier du roi de France. Clément V le nomma à l'évèché 
de Cahors par bulle du 21 avril 1312 (i). Mais Latilly ne tenait pas à un ^ 
siège aussi éloigné de son pays d'origine, de langue différente, et dont 
il devait connaître les embarras financiers. Aussi malgré la députation 
qui lui fut envoyée, dit-on, par le chapitre pour le prier d'accepter, il 
finit après de longues hésitations par refuser. Ce qui prouve bien qu'il ' 
avait peur de la charge plutôt que de l'honneur, c'est qu'il accepta le 
12 mai 131 3 révèché de Châlons où il devait se sentir plus à l'aise. On i 
sait les ennuis qu'il éprouva d'abord. La mort de Philippe le Bel le . 
livra sans défense à ses ennemis : il fut une des victimes de la réaction 
du règne suivant. Plus heureux cependant que son beau-frère Enguer- 
rand de Marigny, il n'eut que la prison à subir, et encore fut-il remis f 
en liberté avant la mort de Louis X . Philippe le Long lui rendit son 
évêché, sans le rétablir dans ses fonctions de chancelier (2); toutefois il 
resta un des conseillers du roi, mais, instruit par l'expérience, il ne 
quitta guère son diocèse où il vécut jusqu'en 1327. 

Hugues Géraud accepta ce que Latilly avait refusé. Dans quelles 
conditions? Il semble bien que tout n'ait pas été irréprochable, et le 
caractère trop faible du pape autorise quelques soupçons. Dans la 
publication solennelle de la sentence par laquelle il le condamne a la 
prison perpétuelle, Jean XXII exprime par deux fois l'accusation de 
simonie : « ejus fuerat vitiosus ingi essus, cum per ambilionem nimiant 
et per abrupta simoniacœ praviiatis ad pontificalem ascendisset hono- 
rem » a ut illis qualem ipse habuerat, ad ecclesias preberet ingres- 

I sum » (3). 
' M. Dufour donne l'analyse d'un document où l'on voit Tévêque de 
Cahors souscrire, le 30 mai 1 313, en présence du trésorier et du camé- 
rier de Clément V, un acte par lequel il s'engage à payer une somme 
de loooo florins en trois termes (4). C'est probablement à cet acte que 
le pape fait allusion. Et cependant je trouve à l'analyse donnée par 



(i) Voir aux pièces (ustificatives n<» V. 

(3) Le Hugcur: Histoire du règne de Phitippe-le-Long, pp. 4 et 107. 

(3) Extrav, comm, lib. V, titul. VIII, de pénis, caput unie. 

(4) Dufour, op. cit. p. 46» 



•i 



!«- 



- 21 ~ 

M. Dufour, car je ne connais pas la pièce elle-même, quelque chose 
d'invraisemblable. Il me paraît étrange qu'il soit dit dans une pièce 
pareille que non seulement Hugues Géraud, mais ses successeurs, sont 
responsables et qu'à défaut de paiemenf, les évèques de Gahors seront 
ipso facto suspens et excommuniés et l'interdit jeté sur le diocèse. Je 
constate que cette pièce fait partie d'un recueil spécial, Codex privi- 
legiorum épiscopalium Cadurcenmim^ qui semble avoir été fait tout 
entier à la louange d'Hugues Géraud, et je me demande s'il n'y aurait 
pas là simplement une reconnaissance de sommes avancées par la cham- 
bre Apostolique pour permettre au favori de Clément V de se tirer 
plus tôt d'embarras, (i) Cela expliquerait que certains auteurs aient pu 
dire que Clément V avait donné à l'évèque loooo florins, (2) alors que 
le plus grand nombre assurent que c'est Clément V qui les a reçus de 
lui. Il y a assez de choses sur le compte d'Hugues Géraud, et j'aimerais 
mieux croire qu'il n'était pas mauvais de tout point. 

Quoiqu'il en soit, il est sûr que, suivant l'usage, il promit de verser 
à la chambre apostolique une somme de 1000 florins, taxe désormais 
fixée pour lé diocèse de Cahors. C'est ce qu'on appelait ie commune 
servitium dont la moitié servait aux besoins du pape, l'autre au collège 
des cardinaux ; cette taxe qui se payait en une ou plusieurs fois et qui 
engageait même le successeur, en cas de non paiement, avait été établie 
pour remplacer les revenus des Etats pontificaux. Elle équivalait à ce 
que paient aujourd'hui les nouveaux évèques pour les divers frais de 
chanceirerie. Il est assez difficile de savoir à quel moment Hugues 
souscrivit la promesse de ce paiement. Dans le registre de Clément V, 
on lit à la date du 31 juillet: « Henriciis (sic) electus Carucen, (sic) pro- 
misit pro communi servitio dni ppe et collegii 26 cardinalium 1000 Jlor, 
auri solvere hinc adfestum Pentecostes proxime venturum » Comme il 
n'y a pas d'évèché dont le nom corresponde à celui-là, on pourrait 



(i) Je n'ai pas eu ce ms. entre les mains : il semble qu'il doit être en mauvais 
état, puisque M. Dufour dit qu'il a travaillé sur des textes mutilés. D'autre part 
Jean XXH accuse Géraud d'avoir falsifié des actes. 

(2) Gallia I col. 139 



— 22 - 

croire qu'il y a erreur sur le nom et qu'il s'agit d'Hugues Géraud. 
Quelques pages plus loin, après un article daté du lo octobre 1313, en 
un autre article dont on ne peut lire la date, on lit: « Electus Caturcen. 
promisit etc. », absolument mdt à mot : mêmes sommes, même terme 
fixé pour le paiement (i). Et nulle part je n'ai trouvé trace de la pro- 
messe des loooo florins. 



(i) Clem. V. Bened, appendice t. I, p. 252 



- 23- 

§ II. — l'épiscopat 



Hugues Géraud arrivé, régulièrement ou non, à l'épiscopat, ne sem- 
ble pas avoir été bien pressé de recevoir le caractère épiscopal : il 
n'était pas encore sacré le 30 juillet et obtenait l'autorisation de retarder 
le sacre jusqu'à la Toussaint (i). Il est probable qu'il se fit sacrer vers 
ce moment, car après cette époque les bulles l'appellent évêque de 
Cahors, et non plus élu. Il reste à la curie toujours employé au service 
de Clément V. Mais il s'occupe des affaires de sa mense et agit vivement 
soit auprès du roi, soit auprès du pape pour se faire donner les auto- 
risations nécessaires à l'accomplissement de son dessein (2). 

Le 29 juillet 1313 Clément V Tautorise à ne pas payer certaines dettes 
contractées par ses prédécesseurs, ce que le roi voulut ratifier le «; mars 
13 14 spécialement à l'égard de Guillaume de Jean et de Raymond de 
Caussade, qui auraient été sans doute les principaux créanciers; le 
31 mai le pape avait de plus révoqué tous les actes par lesquels les évèques 
précédents avaient aliéné leur temporel (3). C'étaient là des privilèges 
dangereux, qui n'étaient donnés d'ailleurs qu'avec des réserves, mais 
ces réserves, Hugues Géraud n'en devait tenir aucun compte. Pourtant 
les créanciers n'avaient pas tous les tortSc Cela est si vrai que Clément 
V lui-même avait dû intervenir auprès de Raymond Pauchel, en faveur 
de Raymond de Caussade, que ses prêts auraient ruiné (4). 



(i) Clément V Bened, n<*» 9517-9670 — pièces où il est nommé comme exécu- 
teur: 9315-10003-10060. 

(2) Je ne cite pas ici les nombreuses bulles qui lui accordent des privilèges 
d'un autre genre, parce que ces bulles se donnaient fréquemment : autorisation 
de tester, nomination de tabellions, dispense de résidence pour les clercs à son 
service, collation de certains bénéfices réservés etc. On les trouve d'ailleurs 
presque toutes, analysées ou in extenso, dans Lacroix ou dans Dufour et 
Bertrandy, qui leur donnent une importance exagérée. 

(3) Lacroix, § i8t — Clém. V. Bened. n" 9807. — Ibid. § 182 — n<> 9380, 

(4) Voir aux pièces justi^catives Q** III, 



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L_ 



- 24 — 

Il ne faut pas oublier que le prêt à intérêt étant alors interdît, les 
prêteurs exigeaient des gages : ces gages étaient quelquefois dispro- 
portionnés avec les créances ; mais la justice semblait demander qu'on 
vérifiât la valeur de celles-ci, et, si le gage était repris, qu'on dédom- 
mageât les prêteurs (i). Evidemment, se sentant appuyé par de puis- 
sants protecteurs, Hugues voulut reprendre les biens aliénés, sans 
bourse délier. Il devait ainsi trouver de vives résistances, s'en exaspérer 
et bientôt dépasser toutes les bornes. 

Je renvoie à l'article de M. Dufour ceux qui voudront se rendre 
compte de la quantité des biens aliénés et des divers personnages ou 
familles qui détenaient ces biens avec des droits plus ou moins sûrs. 
Quelques-uns de ces personnages appartiennent à la famille de Clément 
V, comme par exemple Pierre de Savignac à qui le vieux Raymond 



(i) Ainsi, quand la mauvaise gestion de Raymond de Caussade compromettait 
Tavenir de la ville de Casteltranc qui lui avait été donnée en gage, le pape Jean 
XXII entendait qu'il s'occupât davantage de ce gage ou qu'il le rendît, mais 
pour se voir constituer sur un autre endroit la rente de sa créance (v. p. 28). 
Une autre bulle de Jean XXII, du 1" mai 1318, Vat. 68 ep. 1045, renou- 
velle en faveur de G"'' de Labroue, successeur d'Hugues Géraud. les mande- 
ments de Clément V en faveur de celui-ci pour reprendre les bénéfices, dîmes, 
biens, revenus, etc., mal à propos aliénés par leurs prédécesseurs. Mais cette bulle 
toute seule, étant un peu sèche et raide, pourrait être mal comprise, si l'on 
n'avait pas les faits pour la contrôler et pour l'expliquer. Les créanciers ne 
devaient pas être et ne furent pas dépouillés : on dut révoquer des donations 
comme celle de Raymond Pauchel à Pierre de Savignac, obliger les feudataires 
à reconnaître la suzeraineté épiscopale, les tenanciers à payer leurs redevances, 
et sans doute dans certains cas, forcer à restitution des acquéreurs trop peu 
scrupuleux. Malgré son éloignemenl, G*"* de Labroue restant toujours à la cour 
d'Avignon comme bibliothécaire, on ne voit pas qu'aucune violence ait été 
exercée par ses vicaires généraux contre personne, bien qu'ils aient tâché, ainsi 
que le montrent plusieurs bulles, de reconstituer le temporel aliéné. Ce n'est 
pas d'avoir fait cela que Jean XXII accuse Hugues Géraud: Si celui-ci avait 
réussi par les seules voies de la justice et de la charité à réorganiser la mense 
épiscopale de Cahors, non seulement il n'eût pas été poursuivi par le pape, mais 
il aurait été félicité et récompensé de son zèle dans la défense des intérêts 
ecclésiastiques. Il lui reproche ses violences, ses exactions injuste?, ses ventes 
de bénéfices etc, l'on ne voit pas même qu'il soit question dans aucune bulle de 
ce que Géraud avait fait pour relever la mense, alors que la plupart de nos 
auteurs locaux voyaient là précisément la cause de sa condamnation et de son sup- 
plice. Au reste, les bulles ne manquentpas où Jean XXH recommande à d'autres 
évêques et prélats de travailler à refaire leur mense nécessaire pour leur décent 
entretien et pour leurs oeuvres, où il nomme des commissaires chargés de s'en 
occuper et de révoquer les aliénations induement faites. 



Pauchel avait cru habile de faire don de nombreux revenus (i). Je ferai 
seulement observer qu'il faut se méfier un peu du rapport de Mathieu 
de Courjumelles, juge ordinaire du roi, commissaire désigné en juillet 
1 3 1 3 pour la recherche du temporel épiscopal aliéné,car ce rapport semble 
avoir été fait pour plaire à un roi très entreprenant sur le temporel des 
évêques, au moins sous prétexte du droit de régale. M. Dufour cite un 
autre rapport sur l'état du diocèse fait à la demande de Tévèque par le 
prêtre Gausbert Pelphi, recteur de Cornac et saint Martin-des-Bois (2). 
Je ne le connais pas malheureusement plus que le rapport précédent, 
mais il semble qu'il doive mériter plus de confiance, l'auteur n'ayant eu 
vraiment en vue que l'intérêt général, et non l'intérêt particulier, puis- 
que plus tard, ayant vu les abus exercés par Hugues Géraud, il se 
joignit à ses accusateurs. C'est ce que nous apprend la déposition d'un 
familier de l'évêque: Gausbert Pelphi ayant par sa fermeté dans les 
principes du droit déplu à ce point qu'il était désigné parmi les victimes 

(Pierre de Saleilles. f. 43). . 

Hugues Géraud se servit pour administrer son diocèse de divers 
familiers dont les noms nous sont donnés à la fois par ses pro- 
pres actes et ordonnances et par les bulles de Jean XXH qui ordonnent 
leur poursuite. Le principal est Pierre Fouquier, l'archiprêtre de Saint- 
Médard, (Périgueux), sur lequel je reviendrai ( 3 ). Il est chargé avec 
M. Bernard de Confolens ou de Bossac (?) (/\) de percevoir le subside 
caritatif imposé aux bénéficiers du diocèse pour le compte du nouvel 
évêque, subside dont parle le pape dans sa sentence, reprochant à 



(i) Reg. Clem. V, Bened, n*» 1954 — septembre 1306 confirmée par le pape 
Clément V, grand-oncle de Pierre, le 3 août 1307. 

Ç2) Ce titre nous est appris par un arrêt du Parlement de 131 1 lui donnant 
gain de cause pour la possession de ces deux églises, alors unies, contre deux 
autres prétendants {Olïm, Beugnot, II p. 521). 

(3) Pierre Fouquier, archiprêtre de Saint-Médard au diocèse de Périgueux, 
non loin de Lanouaille, était originaire de Payzac (Limoges) [collect. 378 f* 
1 1 2 b] à quelques kilomètres du même lieu, ce qui explique ses relations intimes 
avec Hugues Géraud dont il fut Tâme damnée. Malgré ses dénégations, je crois 
bien que c'est lui qui poussa l'évêque de Cahors. Cela n'enlève rien d'ailleurs à 
la culpabilité de ce dernier. — Saint-Médard et Payzac sont deux communes de 
la Dordogne, Saint-Médard dans le canton d'Excideuil, arrondissement de Péri_ 
gueux ; Payzac dans le canton de Lanouaille, arrondissement de Nontron. 

(4) On lit Bajasc^ mais je pense qu'il faut l'identifier avec Bernard de Bossac 
qui comparait dans le procès d'Hug^ues Géraud. 



A\.. 



-26- 

Hugues Géraud d'avoir agi plutôt en voleur et en cruel tyran qu'en 
prélat pieux et en pasteur. L'archiprètre de Saint-Médard rendit aussi, 
avec l'archidiacre de Cahors, Raymond de Jean, contre les consuls de 
Cajarc soulevés contre Tévêque leur suzerain, une sentence dite arbi- 
trale qui sera cassée en 13 19 par autorité royale (i). 

Les collecteurs du subside caritatif furent le gardien des FF. 
mineurs de Cahors, G"* de Nobiliac, m« G*»® de Vaisignac çt Jean de la 
Fage, chapelains de Tévêque. 

Les vicaires au spirituel et au temporel furent encore Geraud d'Aï- 
bussac, recteur de l'église d'Albugia (?) et qui devait être aussi recteur de 
Soucirac, près Gourdon — son nom reviendra — et Pierre de Falgueirat, 
chanoine de St-Front de Périgueux, qui sont nommés,' avec Raymond 
de Calés (2) dans les ordonnances qu'au mois de février 13 14, Hugues 
Géraud envoya de Carpentras. 

Plusieurs auteurs assurent que l'évêque de Cahors fat nommé admi- 
nistrateur de l'évêché de Carpentras : la bulle de sa nomination que je 
n'ai pas su retrouver serait dans le Codex privilegiorum que cite si 
souvent M. Dufour (3). On sait que Clément V résida à Carpentras les 
derniers temps de son pontificat. Son neveu eut vite fait de troubler 
l'évêque Bérengerdans la possession de ses droits (4). L'évêque, loin de 
plier, se redressa si bien que, froissé sans doute. Clément V lui enleva 
pour un temps ses pouvoirs et les passa à son courtisan Hugues 
Géraud. 

/ Quoi qu'il en soit, c'est de Carpentras que le 18 février 13 14 Hugues 
Géraud adressa à ses vicaires généraux trois mandements pour la 
réformation da son clergé, mandements excellents en eux-mêmes, très 
naturels sous la plume d'un évêque vraiment soucieux du bien spirituel 
de son diocèse., mais plus que suspects sous celle de Géraud. On a déjà 
plusieurs fois fait remarquer qu'ils paraissent la contre-partie des fautes 
graves qui lui sont reprochées dans la sentence du Corpus juris, Lacroix 



(i) Archives du L'ot, FF. 206— archives de Cajarc F (fonds Lacabane n° 186). 

(2) C'est ainsi qu'il est appelé par Dufour et par Bertrandy. Mais dans les 
bulles il est toujours appelé Raymond de Jean, archidiacre dès 1 3 1 1 , mort 1 3 1 8 . 

(3) Op» cit., p. 48. — Bertrandy, p. 14. — Lacroix, § 171. 

(4^ Histoire des évêques de Carpentras, par M. de Terris, ouvrage d'ailleurs 
assez défectueux. L'auteur appelle notre compatriote Hugues 4'Engolêmç, 
Jiugues de Mzignac et }ç rattache à la famille de Luziçnan. ^ 



-27 — 

en donne deux in-extenso. Dufourles analyse longuement. Le premier 
de ces mandements est dirigé contre les bénéficiers qui poussés par la ^i 
cupidité se sont introduits dans le sanctuaire sans titre régulier, par la 
simonie souvent, et qui y restent contrairement à tous les droits. Le 
second a pour but d'empêcher les prêtres indignes de célébrer les t 
saints mystères. L'autre a trait à la résidence que Ton n'observait pas. / 

Il est difficile de croire à la sincérité de ces documents, après avoir 
lu le texte de Jean XXII, si écrasant pour Hugues Géraud. M. Dufour 
pour le défendre, dit qu'il s'adressa à l'archevêque de Bourges et le pria 
de visiter son diocèse et d'y faire cesser les abus : c'était une habileté de 
s'adresser à ce prélat fort peu en cour, par suite moins suspect de par- 
tialité, à qui d'ailleurs son titre de métropolitain donnait le droit de 
visite. Mais Gilles de Rome ne pouvait pas se charger de cette* besogne; 
Hugues le savait bien. Il fit choisir pour cette prétendue visite de 
réformation son propre frère Arnaud et son ami Pierre de Mortemar (i). 
Aussi Jean XXII reproche-t-il à l'évèque de n'avoir usé de son droit 
de visite que pour accroître ses biens et non pour corriger le% abus et 
de s'être servi de son pouvoir pour exiger des taxes de procuration 
d'une manière irrégulière et abusive. M. Dufour dit que Raymond de 
Jean, archidiacre de Cahors, céda spontanément, par amour de la paix 
et par déférence pour le Saint Siège, l'église de Prayssac, sans doute 
détachée par l'évèque Raymond de Cornil de la mense épiscopale. 

Mais M. Bertrandy adémontréquecetacteestdumoisdejuilleti3i3, 
et par conséquent antérieur à la fameuse visite des commissaires 
épiscopaux. 

Il est probable que l'exemple de l'archidiacre ne fut pas suivi et que 
l'évèque dut employer, pour réduire les récalcitrants, les arguments 
de dol ou de violence que Jean XXII lui reproche si vivement « incussis 
terroribuSjViolentiis et injuriis illalis, dolosis indue tionibus^ et fraiidibus 
exquisitis^ veluti recursor iniquiis, extorsionibus eos intolerabilius prœ- 
gravans » (2). 



O) Peut-être se contenta-t-il de s'appuyer sur l'autorisation que lui avait 
donnée Clément V de faire visiter son diocèse par délégué, et proposa-t-il 
directement à l'archevêque les commissaires que celui-ci nomma en mars 1314. 
— J'aurai à revenir sur Pierre de Mortemar. 

(2) Le hasard, car j'avoue n'avoir pas eu la constance de lire en entier toutes 
Içs buUcs de collation de bénéfice^ dans le diocèse^ m'a fait trouver deu3ç pu tro;s 



/ 



— 28- 

Ce qui pour moi donne du poids à ces paroles du pape, outre le 
caractère de leur auteur, c'est qu'on peut se rendre compte par d'autres 



pièces qui donnent une idée de quelques-uns des procédés d^Hugues Géraud, 
comme administrateur du diocèse. En voici la rapide analyse : Bulle du 20 
décembre 1 3 1 6. G"« de Camblasac (>) appelé ailleurs de Pueglasat, avait obtenu 
de Clément V une expectative, en vertu de laquelle Tabbé deCadouin, exécuteur 
de la bulle, lui avait attribué Téglise alors vacante de St-Scrnin près Montcuq, 
qui était dans les conditions de Texpectative. Loin de lui donner l'investiture 
demandée par Tabbé, Hugues Géraud conféra la paroisse à son neveu Pierre 
Barron ou Barros, puis il lui fit faire l'échange de cette paroisse contre celle de 
Cougournac (près de Puycornet, Tarn-et-Garonne) , avec G»« de Caumont, afin 
que ce dernier défendît contre Hélie de Camblasac la possession, pour lui non 
douteuse, de St-Sernin. Mais le pape charge les abbés de Grandéelve et de 
Cadouin, ainsi que Tarchidiacre de Châteaudun de mettre en possession le dit 
Guillaume (Vat. 64 f. 174) Barros, digne neveu d'Hugues Géraud, entendait 
bien garder Cougournac : il y eut procès devant la curie ; Barros débouté recou- 
rut au bras séculier : le 24 juin 132$ le pape donnait à trois chanoines de 
Cahors le soin de faire rendre justice au nouveau recteur, nommé P"^* Saumier 
(Ka/. 79 e^. i$57). 

Autre aiàire : On a vu que Clément V avait forcé Raimond Pauchel à donner 
satisfaction à son créancier Raimond deCaussade (v. p. 23 et pièces justif. n'* III) 
révoque chargea Jean de Cadenède, archidiacre de Tornés, Galhard de Cance, 
recteur de N. D. du Puy de Figeac, Pierre de Saint-Génies, recteur de Saint- 
Daunès, d'assigner audit Caussade une rente de 60 livres tournois sur un des 
bénéfices de sa mense. La rente fut mise sur la ville de Castelfranc, c'est-à-dire 
que pour paiement de sa créance on lui assigna, sa vie durant, le lieu de Castel- 
franc avec tous ses droits, et le chapitre donna son approbation. Mais Hugues 
Géraud, sans doute en vertu de cet acte du roi qui l'autorisait à ne pas payer les 
dettes de ses prédécesseurs, en particulier à Raimond de Caussade et Guillaume 
de Jean, voulut reprendre Castelfranc et persécuta sur ce point le malheureux 
créancier. Caussade fut naturellement un des premiers à se plaindre à Jean XXII, 
qui fit faire une enquête par le cardinal éVêque de Tusculum Bérenger de Frédol. 
Celui-ci donna tort à l'évêque, et le condamna non seulement à laisser Caussade 
en possession de son gage, mais encore à lui payer une indemnité de 600 livres 
tournois à titre de dommages et intérêts. Le 23 mars 13 17, sur la demande de 
Raymond de Caussade,le pape ratifiait la sentence du cardinal,et chargeait de la 
faire exécuter l'évêque de Limoges, l'archidiacre de Montpezat, et un chanoine de 
Pér\gucux.(Reg.Vat,6s f.6i— Av.;5 f. 37 3). Il faut dire que le créancier ne soignait 
pas beaucoup son gage ce qui occasionna un peu plus tard contre lui une plainte 
de Guillaume de Labroue, successeur de Géraud. Jean XXII chargea l'archidiacre 
de Montpezat, et un autre chanoine de Cahors, avec un chanoine de Saintes de 
régler cette affaire (18 juin 1318. Vai. 68 f. 207, p. i6i«)), Raimond de Caus- 
sade devait ou mieux défendre la juridiction du lieu ou accepter la rente sur un 
autre endroit. Je donne aux pièces justificatives la première de ces bulles, n° VI. 

On peut citer encore une bulle pour la paroisse de Floressas, qui était vacante 
par la mort de Pierre Calhau et que Hugues avait donnée à Pierre Bayle, alias 
Gui Namandi, qui n'avait pas Tâge canonique. Le pape donne cette église à 
Bernard de la Poujade qui devait être de Cahors (VaU 67 cp. 125). 



- 29- 

documents de leur véritable portée et de la mesure qui a présidé au choix 
des mots. En effet, dans les pièces destinées à demander des enquêtes, 
on voit qu'Hugues Géraud était même accusé d'avoir supplicié et mis à 
mort diverses personnes coupables d'avoir résisté à ses tyrannies (i). 
Sans doute les enquêtes prouvèrent que c'était là des exagérations, 
puisque la sentence officielle n'en dit rien. Donc Jean XXII était sûr de 
ce qu'il disait dans ce célèbre arrêt. 

On n'y voit pas non plus que l'évêque soit allé à la guerre, casque en 
tête et cuirasse au dos, a la suite de LouisXléHutin, marchant contre 
la Flandre. Le pape n'eût certes pas manqué de relever un pareil acte. 
Les références citées parles auteurs se réduisent à Fouilhac ou prouvent 
seulement que Géraud essaya de lever un subside de guerre sur les 
terres épiscopales, et qu'il fit hommage au nouveau roi de France 
dans les premiers jours de 13 15 (2). 

La mort de Clément V et de Philippe-le-Bel l'avaient privé de ses 
meilleurs appuis. L'acte de foi et d'hommage qu'il rendit à Louis X ne 
prouve pas du tout que celui-ci ait eu pour Hugues Géraud les mêmes 
sentiments que son père. Quoiqu'il en soit, il est probable que les 
extorsions et les injustices ne diminuèrent pas, au contraire, quand il se 
décida, le pape mort, à venir dans son diocèse. Il était en bons rapports 
avec la plupart des cardinaux d'origine gasconne parents ou favoris de 
Clément V : il pouvait espérer que l'un d'eux serait élu, et que sous 
couleur d'intérêt général il ferait excuser ce que ses actes avaient d'into- 
lérable pour les particuliers. Croyant éviter ou diminuer les plaintes 
et les accusations il prit la précaution de faire jurer à ses subordonnés, 
complices ou victimes, de ne jamais rien dire contre lui (3). Il prit une 
autre précaution en cas de malheur : il fit déposer par son fidèle ami 



(i) 37 février 1317. Vat. 65 n» 3056 f. 336. — Bertrandy p. 49 

(a) Bertrandy, p. 36.-— Dufbur, pp. 73-77. — Lacroix, Lacoste, etc. 

(3) Bulle de Jean XXII du i" novembre 13 16. — Voir pièces justificatives, 
n» VIIL 



- 30 — 

t^ierre Pouquier et son frère Hélie une assez grosse masse d^argenterîe 
et des livres, alors si précieux, chez des bourgeois de Limoges. On a la 
copie des actes de dépôt des i6 et 17 janvier 1314 (i). 

Mais l'élection du pape traînait en longueur.] Les cardinaux italiens 
désiraient un pape de leur nation, les cardinaux gascons voulaient 
nommer l'un des leurs. Le comte de Poitiers, nomijié régent à la mort 
de son frère, prit les mesures que l'on sait pour hâter la décision des 
électeurs et mettre fin à l'attente universelle. Il réussit à réunir tous 
les cardinaux à Lyon avec la promesse de la liberté] la plus grande, et 
une fois assemblés, il les obligea à se renfermer dans le couvent des 
FF. Pr., leur disant qu'ils n'en sortiraient point qu'ils n'eussent élu un 
nouveau pape. 



(i) Voir pièces justificatives n° VIL 




i-';^. 



Chapitre II. 



LE PROCÈS CANONIQUE 



Hugues Géraud était trop intéressé à cette élection pour ne pas en 
suivre les péripéties avec intérêt. Aussi envoya-t-il à Lyon un de ses 
familiers, Pierre de Saleilles, pour l'avertir aussitôt que le nouvel élu 
serait proclamé. Les débats entre les membres du conclave durèrent 
40 jours, les sufifrages se partageant entre Jacques Duèze, qu'appuyait 
l'influence du roi de Sicile, et les cardinaux de Pelagrue et de Frédol 
semor que recommandait le souvenir de Clément V dont ils avaient 
été les favoris. Enfin la majorité se prononça pour le cardinal-évèque de 
Porto, qui prit le nom de Jean XXIL C'était le 7 août 13 16. De délai 
^n délai le couronnement fut fixé au ç septembre. 

Quand la nouvelle de l'élection arriva à Cahors elle dut exciter 
la joie universelle sauf probablement à l'évêché : les compatriotes du 
pape pouvaient tout espérer de lui. Hugues Géraud avait au contraire 
à craindre de rendre des comptes rigoureux. Il résolut d'aller à Lyon 
pour le couronnement du pontife, lafin de tâter un peu le terrain et de 
se préparer des appuis auprès des cardinaux ses amis, en cas de grosses 
difficultés. 

Pierre de Saleilles alla l'attendre à la porte de la ville (f. 39). L'évêque 
lui demanda : « Que dit-on du nouveau pape } — Mais on n'en dit que 
du bien. — Vivra-t-il longtemps ? » Telle fut la seconde question qui 
semble bien montrer que l'évêque comptait sur la vieillesse et l'appa- 
rence frêle du nouvel élu. Sans doute ce pontificat si longtemps attendu 
durerait moins que la vacance du siège, et la tempête qui pouvait se 
voir à l'horizon ne serait qu'une bourrasque bientôt passée. 

C'est dans ces sentiments qu'il dut aller faire sa visite au Pontife; 
Jean XXII devait bien connaître l'évêque de Cahors. Au moins dans 
les dernières années du pontificat de Clément V, il avait pu le voir à 



— 32 — 

l'œuvre. D'autre part il avait eu autour de lui, même comme évêque 
d'Avignon, trop de Quercynois, ses parents ou ses amis, pour n'avoir 
pas été bie^n des fois édifié sur sa conduite dans le diocèse. D'ailleurs 
les plaintes ne tardèrent pas à se faire entendre et de tous les points à 
la fois : Chanoines et Consuls de Cahors,^abbés ou prieurs de couvents, 
curés ou vicaires, séculiers ou réguliers, clercs ou laïques, tous ou 
presque tous avaient souffert dans quelques-uns de leurs intérêts. Aussi 
il est probable qu'il fit à Hugues Géraud un accueil assez froid. Mais il 
ne voulait pas être injuste, et agir dans un sens quelconque sans être 
d'avance bien assuré. Aussi refusa-t-il de s'occuper de la plainte que lui 
soumirent les Consuls de Cahors, bien que le Régent, auxquels ces 
magistrats s'étaient aussi adressés contre l'évêque, se fût aimablement 
^déchargé sur lui du soin de régler cette querelle. Il savait que les 
^ Consuls avaient tenté à plusieurs reprises contre le pouvoir épiscopal 
/ i'^ " des usurpations assez graves ; d'autre part il comprenait bien que le 
' V caractère violent d'Hugues Géraud avait dû pousser les choses jusqu'à 

y l'exaspération. Mais il voulait se rendre compte, attendre que les accu- 

sations un peu incohérentes, et parfois d'une exagération évidente, se 
fussent précisées. Il répondit aux consuls que malgré son grand désir 
de plaire aux premiers magistrats de sa ville natale il lui était pour le 
moment impossible de s'occuper de leur querelle (i), et, pour atténuer 
ce que sa réponse pouvait avoir de pénible, il leur envoya un certain 
nombre de privilèges en des lettres aimables ^où il disait tout ce que 
son cœur avait conservé d'affection pour son cher Cahors (2). 

Hugues Géraud aurait dû profiter de ces dispositions du pape, qui 

n'aurait pas été plus heureux, comme il le lui dira plus tard, que de 

\ pardonner à un repentir spontané et sincère (3) ; mais dans sa sotte 

fierté (c'est un mot de Géraud lui-même) l'évêque se crut capable de 

1 faire face à l'orage et voulut braver jusque dans la curie les ennemis 

I que ses fautes lui avaient attirés. 

Pierre de Saleilles fut chargé de lui trouver un logement,pour lui et 
toute sa suite (f. 39); s'il fallait en croire une mention lue par Suarez (4), 



(t) Coulott, op. cit. n* 1167. — Bertrandy, p. 43. 
(a) Reg. Vat. 65 ép, 3051. — 66 ép. 3458 et 4273. 

(3) Manuscrit* Coll. 493, f. ^6^ — Interrogatoire devant le pape* 

(4) Rapportée par Bertrandy, p. 66 en note< 



— 33 — 

en marge d'un manuscrit « le palais dudit évêque Caturcense » aurait 
été « assis près le monastère des Nonnains de Sainte-Claire dudit Avi- 
gnon. » Mais Tauteur de cette note, laquelle a tout l'air d'être tirée du 
manuscrit de Teyssier sur l'histoire d'Avignon, nous assure sérieuse- 
ment que l'on voyait en 1548 (!) sur la tour dé ce palais le couteau qui 
avait servi à écorcher Hugues Géraud !! Par quel procédé ce couteau 
s'était-il ainsi conservé ? Cette affirmation me fait douter de Tautre. 

Jean XXII arriva le 2 octobre 1316 à Avignon avec toute sa suite. 
Hugues Géraud devait faire partie du cortège, comme évêque du 
diocèse d'origine. 

Aussitôt rinstallation terminée, le pape s'occupa de Cahors. Les 
plaintes s'étaient multipliées et précisées. Il était impossible de n'en 
pas tenir compte.Si quelques-unes sentaient l'exagération et la passion, 
elles étaient si nombreuses, si variées, venues de personnes de condi- 
tions si différentes, qu'il était impossible en un laps de temps si court 
d'admettre entre les ennemis et les victimes de l'évêque l'entente 
qu'imaginent volontiers certains auteurs trop sensibles. Mais Jean XXII 
ne voulait pas d'éclat : il lui était pénible de commencer à sévir contre 
révèque de sa ville natale, et il établit, suivant d'ailleurs l'usage de 
l'Église qui n'aime pas le scandale, une enquête sur tous ces faits, 
sans les formes solennelles des grands jugements. Il en chargea deux 
hommes sûrs, déjà d'un certain âge et d'une science reconnue: Bernard 
Rouiard, archidiacre de Saintes, bientôt évêque d'Arras (i), et Pierre 
Teyssier ou Tissandier, alors simple chanoine du prieuré de Saint- 
Antonin en Rouergue, et dans quelques années cardinal (2). 



(i) Bernard RoiARDi (ou Bo/ariï) avait été fait archidiacre de Saintes par 
Benoit XI (Rég. Vat. LI ép. 593)* et fut comme Géraud, auditeur des causes 
sous Clément V. Il était probablement du Périgord. En 13 10 il échangeait avec 
Gaucelme de Jean un canonicat de Cahors contre le prieuré d*Ayrande (Péri- 
gueux). En 13 12 il assistait avec Hugues Géraud au concile de Vienne (Ar.Vat. 
miscell. 1312 n° 3) son frère Arnaud R. fut archevêque de Salerne, puis évêque 
de Sarlat. Un de leurs neveux, Guillaume de Jean, fut avchipr^ire de Chaniayrac 
(Périgueux) ; Un Guillaume R, fut prieur de Masclat (Cahors) sur les limites du 
Périgord vers cette époque. Bernard R. fut évêque d'Arras le 24 novembre 13 16. 

(a) Pierre Teyssier ou Tissandier (Textoris, qu'on a traduit de toutes les 
façons), était originaire de Saint-Antonin en Rouergue. (Reg. Av. 24 f. 6i9>. 
Lors dç la première commission dont il est chargé et que nous fait connaître 
la bulle du 37 février 13 17, il était chanoine du prieuré de sa ville natale, et en 
devint prieur avant la date de cette dernière bulle (il y est dit : tune canonico^ 

3 



Nous n*avons pas la bulle qui leur confère leurs pouvoirs. Mais le- 
fait de l'enquête est confirmé dans une bulle du i*' novembre,et le nom- 
des commissaires instructeurs est donné dans une bulle du 27 février ' 
1317 où d'autres commissaires leur sont adjoints. 

On se heurta bientôt aune difficulté. J'ai déjà dit que l'èvèque avait 
pris la précaution de fermer bien des bouches par la rigoureuse loi du 
serment ; et l'on gardait le secret avec un tel respect que, même en 
plein procès, on verra un prévenu refuser de répondre parce qu'il a 
juré par la formule : Sit nomen Domini benedictum (f. 7' — dép. de 
Rd Jacques — 28 avril). Il fallait obvier à cela. 

Le pape, voyant l'importance que prenait 1 affaire, décréta, le i" no- 
vembre 1316, ad perpetuam rei memoriam, en vertu de son autorité 
souveraine, de son pouvoir de lier et de délier, et afin que l'enquête 
ordonnée déjà par lui pût aboutir, « dum super multis excessibus et 
culpis — coram nobis causa pendeat,,, et faceremus inquiri », qu'il déliait 
tous ceux qui avaient prêté serment à Hugues Géraud, clercs ou laïques, 
des promesses ou engagementsqui les obligeaient envers cetévêque(i). 

Hugues Géraud resta libre dans Avignon, mais peut-être surveillé 
secrètement par la police du pape, pendant que le procès s'instruisait. 
Les bouches jusque là fermées par la crainte ou par la religion du 
serment s'ouvraient pour accuser Tévêque prévaricateur. Les griefs 
étaient si nombreux et si graves, provenant de tous les points du 
diocèse, que Jean XXII dut nommer deux nouveaux commissaires pour 
les adjoindre aux autres, afin de hâter la conclusion de ce procès et 
terminer le scandale. La bulle par laquelle il nomme le 27 février 1317, 
Galhard de Saumade (2) et A rnaud de Capdenac (3) est comme un brouillon , 



nunc priori) . Il avait aussi le petit prieuré de Couloussac (Agen) qui dépendait 
de Saint-Antonin. Il fut ensuite abbé de Saint-Scrnin de Toulouse (Vat. iio 
ép. 181), où peut-être il ne résida pas, et fut créé le même jour que Pierre des 
Prez (20 décembre 1320) cardinal de titre de St-Etienne in monte Celio avec la 
charge de vice-chancelier dans laquelle il remplaça Gauceime de Jean, 
(i) Voir aux pièces justificatives n<> VIII. -- Bertrandy, op, cit., p. 47. 

(2) Galhard dr Saumade, de la famille des seigneurs de Toulonjac en Rouer- 
gue. Il était notaire du pape et archidiacre de Saint-Antonin en l'église de Rodez 
à celte date. Le 14 mars 1 517 il fut fait évêque de Riez, {Vat, 65, ép. 2173) ; 
transféré à Maguelonnele 12 novembre de la même année. (Vat. 67 ép. 192) ; et 
le 8 février 13 18 nommé à rarchevêché û*Arles, (Vat, ô'j ép. 631). Il mourut 
en 1323. V. Albanès : G allia christ, nov. t. I et III. 

(3) Arnaud de Capdenac appartenait à l'antique famille de ce nom, aujourd'hui 
encore 'fort peu connue. Jean XXII l'avait fait chanoine puis prévôt de Téglise 



-35- 

si je puis ainsi dire, de la bulle célèbre*du i8 mai : on y retrouve une 
partie des accusations qui y sont exprfmées, presque dans les mômes 
termes: certains griefs n'y sont pas, d*autres s'y trouvjent qut dispa- 
raîtront, n'ayant pas pu être prouvés. 

Des complices d'Hugues Géraud y sont nommés, dont quelques-uns 
auront aussi un rôle dans le procès criminel : Pierre Fouquier, archi- 
prêtre de St-Médard (Périgueux), Pierre de Falgayrat (i), chanoine de 
St-Front, Pierre de Morlemar (2), docteur en droit civil, Géraud d'Ai- 



de Mende. (Vat. 63 ép. 720. Av. 8 f. 165). Il était aussi chan. de Saintes, (Vat, 
68 ép. 1403). A la mort de Jacques de Via, il fut, avec Gasbert de î.avaUlvicai re- 
général du diocèse d'Avignon dont le pape prenait le gouvernement. Il était mort 
avant le 12 juin 13 18. Son frère ou son neveu Bertrand de Capdenac, chevalier 
fut chargé des choses militaires de la curie tout le temps du règne de Jean XXII. 
Son nom revient à chaque instant dans les livres de comptes. 

(i) Pierre Fouquier et Pierre de Saleilles (M. Bertrandy met : le prieur de 
Saleillcs) reparaîtront plus loin. Pierre de Falgayrat a été déjà nommé page 26 
comme un des vicaires de l'évêque dans Tadministration du diocèse. Son cano- 
nicat de Saint-Front lui fut enlevé « suis exigentibus demeritis atque cuipis » et 
donné à Roger Bernardj de Périgord, frère du comte Archambaud. Bulle du 
23 février 13 18, Vat. 67 ép. 543. 

(2) C'est le cardinal de ce nom, originaire de Mortemar en Limousin. Compro- 
mis dans le procès canonique de Géraud, dont il avait été l'official, « tempore 
quo caturcensis officialatus gesst't ofjtcùim, magisiri sut olt'm Hugonïs Geraidi\ 
olim epi cat. sequutus reproba imttatione vestigia » il fut accusé de violences et 
d'injustices, et cité à comparaître ; mais il s'était réfugié auprès du comte de la 
Marche, frère du roi de France, dont il était clerc, qui le garda auprès de lui et 
refusa de le livrer, malgré la letti;e du pape du 27 juillet 1317 [Coulon n° 329I 
Charles demanda pardon pour son clerc, et le pape le lui accorda d'assez 
mauvaise grâce par une lettre du i" octobre 13 17, oii il qualifie Pierre de 
Mortemar très durement {komine sic scelesto), [Coulon, n° 399I. Il lui avait déjà 
enlevé ses bénéfices, comme on le voit dans cette même lettre et dans une bulle 
qui confère le 7 mars 13 17 Tarchiprêlré des Vaux, avec ses annexes Nébcges et 
Divillac, à Galhard de Cardaillac « bien que ce bénéfice soit occupé de fait par 
Pierre de Mortemar. » '|R. Av. 6 f. 290). Après cela on est surpris de lire dans 
la bulle qui le nomme le 16 juin 1322 à Tévcché de Viviers un si grand étalage 
de qualités : (« ad te^ cantorem eclesie Bituricensis^ in subdiacon. ordine constitu- 
tum^ cui de vitemunditia, litterarum scientia^ nobilitate oknev^is, gravitate morunir 
circumspectionis experte prudentia et aîiis virtutum meritisjide digna testimonia 
suffragaverunt. » \V'at. 73 ép, 840], et bien qu'il n'y ait pas là beaucoup plus que 
les formules ordinaires, on se demande s'il s'agit du même homme dont le pape 
disait en 13 17 qu'il détestait les défauts trop connus de lui « cujus deffectus 
nobis non ignotos odimus » et pour lequel il disait encore qu'on lui demanderait 
en vain un bénéfice, n'étant pas homme â changer facilement d'opinion |Coulon, 
n' 399J. On aurait d'autant plus raison de se méfier, malgré le témoignage plus 



— 36 — 

bussac y prêtre (î), Pierre de Saletlles, Hugues Flessade (2), Guillaume 
Gontier^ clercs des diocèses deTérigueux, Uzès ou Rodez et autres 
familieïfe pu fauteurs ou complices de quelques façon. Je ne connais 
que M, Bertrandy qui ait publié cette pièce importanet (3). 
La nouvelle commission marcha assez vite pour que la culpabilité 



que douteux du- vieil historien des évoques d'Auxerre (qui appelle Hugues 
Géraud un grand homme I) que, d'après Baluze {Vitœ I. col. 761-4), quelques 
auteurs rappellent Pierre Jouin, et que tous le font de naissance modeste, alors 
que le pape parle de la noblesse de sa naissance. Mais il n'y a pas moyen de 
douter : Charles comte de la Marche ne devait pas avoir deux clercs du nom de 
Pierre de Mqrtemar, docteurs en droit civil. Or le disciple d'Hug^ues Géraud, 
(magistri sut), son official,accusé d'être son complice, était docteur en droit civil 
et clerc du comte de la Marche, et quand celui-ci fut devenu roi sous le nom de 
Charles IV, il envoya comme ambassadeur au pape Pierre de Mortemar, son 
clerc, docteur en droit civil. Il faut croire que Jean XXII mieux informé avait déjà 
rendu justice à l'ofiScial incriminé, puisque celui-ci était devenu chantre de 
l'église de Bourges. Déjà même le 17 décembre 1 3 1 7 on le trouve comme cha- 
noine d'Amiens,exécuteur de bulle pour son compatriote Pierre Roudier qui sera 
évêque de C^rcassonne, Vat, 67, ép. 574, et que le 16 juin 1322, Jean XXII lui 
donnait l'évêché de Viviers (Faf.73 ep. 840). Etant évêque de Viviers, Mortemar 
fonda d'abord un hôpital avec chapelle, puis une collégiale, dans son pays natal 
(Bulles de mai 1323. — R. Vat. 19 ff 167-169.— Bulles de mai 1325.— R. Av. 23 
f. 529). Le 7 octobre 1325 il était transférée Auxerre (R. Vat. 80 ép. 102) et le 
18 décembre 1327. Jean XXII le créait cardinal et lui donnait le titre de Saint- 
Etienne tn Celio qu'avait eu précisément Pierre Tissier l'un des commissaires du 
procès canonique de Géraud. Si le remords, comme le veulent quelques-uns, 
l'avait poussé à donner de telles faveurs à un homme faussement accusé ou 
réhabilité, par ailleurs en grande estime à la cour de France, c'eût été un étrange 
moyen de le faire cesser I Mortemar mourut en 1335. 

(i) Géraud d'Alhussac est un de ceux auxquels Hugues avait envoyé ses 
mandements, comme ses vicaires dans le diocèse. Compromis de façon assez 
grave dans ce premier procès, de vie fort peu édifiante comme le prouve le petit 
détail signalé incidemment dans une déposition de Pierre Fouquier (p. 45 note), 
il ne parait pas dans le second procès ; il n'avait donc pris aucune part à la 
tentative criminelle. Il fut dépouillé de ses bénéfices ecclésiastiques, et en parti- 
culier de l'église de Soucirac, comme le prouve la bulle de collation de cette 
église en faveur d'Arnaud de Peyrille : « i>er f>rivationem Geraldi dalbussaco 
dudu n ipsius ecclesie rectoris, factam apud sedem tpsam, justicia exigente. » 
1 3 janvier 1318 {Vat. 68 ép. 1 26 1). Pierre de Saleilles était recteur de Ginouillac, 
l'église voisine. 

(2) M. Dufour dit que c'était un jurisconsulte, procureur en 13 12 pour le 
chapitre de Cahors, auteur d'un rapport présenté à Géraud sur le diocèse (o/>. cit, 
p. 61), on voit par la bulle qu'il n'était pas de notre diocèse. 

(3) Bertrandy, 0^. cit, p. 50, d'après le man. de Suarez; il y a un certain nombre 
de fautes. Comme sa brochure est très rare et que M. Coulon n'a pas connu cette 
pièce, je la donne aux pièces justificatives, n° XI d'après lès registres d'Avignon* 



— 37 — 

d'Hugues Géraud fût démontrée avant la fin de mars : mais déjà une 
nouvelle affaire s'était greffée sur celle là : dans les premiers jours de 
mars on venait d'arrêter deux hommes venus de Toulouse avec des 
paquets mystérieux, et conduits par un autre qui avait par deux fois 
causé avec le procureur de l'évèque de Toulouse à Avignon et avait 
fait une visite à la maison de l'évèque de Cahors. Les paquets ouverts 
avaient laissé voir des boites et des tubes remplis de poudres suspectes 
et dans des pains assez gros des images de cire préparées contre le 
pape et contre les cardinaux Bertrand du Pouget et Gaucelme de Jean (i). 
"^ Bientôt des paroles imprudentes de l'évèque de Cahors indiquaient d'où 
était partie la tentative ou du moins quel était un des complices (2). 
Il n'y avait plus de ménagement à garder : Hugues Géraud fut 
arrêté avec tous ses familiers. Ordre fut donné de mettre la main sur 
ses biens. Le 21 mars, Gui de la Tour, archidiacre d'Avignon, recevait 
l'argenterie et les livres mis en dépôt par Hugues Géraud chez des bour- 
geois de Limoges (3). Le 23 mars, Hugues Géraud était encore évèque 
de Cahors comme le prouve la bulle en faveur de R. de Caussade (pièces 
justif. n° VI). Le 9 avril il était déjà déposé et condamné à la prison 
perpétuelle. 

C'est entre ces deux dates que se place la sentence de déposition 
publiée par M. Coulon, avec une chronologie moins précise 
(entre 1" novembre 13 16 et 18 mai 13 17). Le pape suffisamment éclairé 
sur Hugues Géraud le suspend de son oflSce afin que le diocèse ne 
fasse pas naufrage entre ses mains (4). Le 9 avril, Hugues Géraud, ex- 
évèque de Cahors, étant condamné à la prison perpétuelle, le pape 
nomme (5), pour recueillir et administrer ses biens, Bernard Rouiard, 
évèque d'Arras, Galhard de Saumade évèque de Riez, déjà commis- 



(i) Voir au chîapitre IV la préparation de ces pains dans chacun desquels 
l'image était accompagnée d'un parchemin portant le nom de la^ victime 
désignée. 

(2) Voir aux pièces justificatives, n*» X. 

(3) Arch. Vat. Mise, /«s^r. Cassette I3i2-ï3i5,n'» 21, —voir aux pièces justi- 
ficatives n" VII. 

(4) Voir aux pièces justificatives n^XIII. — L'administration du diocèse fut 
confiée, comme après la démission de Raimond Pauchel, à Bertrand de Sainte- 
Arthémie, chanoine de Cahors. 

(5) M. Bertrandy seul jusqu'ici, à ma connaissance. a publié cette pièce, p. 58. 
Comme M. Coulon ne Ta pas donnée, n'ayant pas parcouru les registres d'Avignon, 
je la donne, d'après ces registres, aux pièces justif. a" XIV. 



— 38 - 

saires dans le procès canonique et Pierre des Prez, chanoine de 
Saintes (i). 

Le pape voulut attendre pour promulguer cette sentence que le 
second procès eut démontré plus encore la culpabilité de l'évèque. 
Comme on verra, Hugues Géraud ne comparut, cette fois en prévenu 
de droit commun, que le lo mai, mais de nombreux témoignages 
avaient suffisamment éclairé la conscience de Jean XXII pour qu'il pût 
donner une certaine solennité à la première condamnation; c'est le i8 
mai 1317 que fut faite la promulgation officielle; Tout le monde connaît 
cette sentence qui forme un des chapitres du droit canonique : M. Ber- 
trandy a très bien fait ressortir (p. 59) l'erreur de date qui est dans 
toutes les éditions du corpus juris: XV KaL Jun, anno secundo pour 
anno primo. Cette erreur ne se trouve pas dans le registre du Vatican (2), 



(i) Pierre des Prez (de Pratis, appelé quelquefois de Pratô, ce qui amène des 
confusions), était de la famille des Prez de Montpezat en Quercy sur laquelle 
j'ai recueilli un certain nombre de documents inédits. Très jeune, il s'était déjà 
fait un renom considérable de science juridique et avait obtenu plusieurs bénéfi- 
ces même sous Clément V (Reg. Bened.n» 245 r). Il était déjà professeur de droit 
civil à l'Université de Toulouse, au moment ou furent établis les statuts de 1 3 14. 
(Fournier — statuts et privilèges I. p. 49s) Jean XXII l'appela dès les premiers 
jours auprès de lui comme auditeur des causes'du palais Apostolique et le combla 
de faveurs. 11 a déjà le titre de chanoine de Maintes dans une bulle du 7 sep- 
tembre 1316 qu'il est chargé d'exécuter pour Raymond de Jean (Ka^. 65 
ép. 2966) ;le 22 septembre, il est fait chanoine de Tournai (Vat. 63 ép 52), ce 
qui explique, qu'on lui donne tantôt runjtantôt l'autre de ces titres. Il reçut'dans 
le courant de Tannée la prévoté de l'église de Clermont, succéda sous ce titre 
le 3 1 mars 1318a Galhard de Saumade dans Tévêché de Riez ( Vat. 67 ép. 68 1 ), 
fut transféré à l'archevêché d'Aix le 1 1 septembre de la même année, fait cardinal 
du titre de Ste Pudentienne le 20 décembre 1320 et reçut le titre d'évêque de 
Palestrina en 1321 ou 1322, après la mort de Cjuillaume de Mandagot (mort en 
novembre 1321). Il meurt seulement en 1361. — Le P. Eubel ne le croit évêquc 
de Palestrina qu'en 1323. Il l'était déjà en août 1322 quand il présida le procès 
de Pierre de Saleilles (f. 39>. Diverses bulles du xvi' siècle démontrent que la 
famille des Prez prétendait à cette époque être apparentée à celle du pape 
Jean XXII — par exemple une bulle du 12 mars i'>2«;, de Clément VII, qui 
confère en commende le décanat de Montpezat à Jean des Prez, évêque de Mon- 
tauban « de.., prosapia Jelicis record. Johanni s papœ XXII ». {R. vat. 12'jg f. 60) 
— cf. Ar. Later^ 1 164 f. 131'— date 1505). 

(2) Coulon, n" 235 — la fin — Toutes les éditions du Corpus juris canonici. 
Extrav. comm. lib. V. tit. VIII, cap. un. de pœnis. — Dufour, loc. cit., p. 82, 
traduction. — Vraiment, quand ou sait où en était à cette date le procès criminel, 
on est un peu étonné de ne pas trouver le pape pl\is sévère, 



- 39 — 

Aucune des dates certaines données ici ne correspond avec la date, 
donnée par Bernard Gui, du 4 mai pour la première condamnation 
d'Hugues Géraud. 

Mais peut-être est-ce le 4 mai qu'eut lieu la cérémonie solennelle de 
"déposition et de dégradation qui devait s'achever le 30 août, et dont 
Bernard Gui nous a donné quelques détails que tous les autres chro- 
niqueurs ont reproduits : « Item déposuil (degradavit, met Raynatdi)^? 
pontificali ordineet dignitate episcopiim cadurcensem Hugonem Geraldi, 
ablatis ab eo omnibus pontificalibus insigniiSyVidelicet annula aîque miira 
et capa, ciim romana camisia et birreto ; sicgue reticto,.,in simplici habilu 
clericali, fuit adjiidicatus perpetiio carceri quarta die mensîs maji^ apud 
Aveniofiem, anno Domini 1317» » (i). 

Ce n'était plus qu'un simple clerc, M* Hugues Géraud, qui allait 
comparaître devant les juges pour répondre de la plus lâche des ten- 
tatives d'assassinat contre la plus auguste des personnes : on va voir 
comment les choses s'étaient passées. 



(i) Baluze, Vitœ^l, p. 15 ^ c. p. T8$,la vie par Almaric Augier, presque mot à 
mot. — Les Autres vies ne prononcent que le mot de déposition.— Wolshingham 
ni les chroniques de Grandmont ou de St-Martial ne parlent pas de ce premier 
acte du grand drame. Ce qui permet de croire à la déposition au moins des 
le 4 mai, c'est que Hugues Géraud comparait le 10. 




Chapitre III 



LE CRIME 



I^e PARTIE. 



LENVOUTEMENT 



Hugues Géraud avait été trop fortement atteint par la bulle du 
12 novembre ijiô, qu'il ne put ignorer, étant donné son caractère 
général, pour qu'il pût se faire illusion. Si ses victimes parlaient, et 
maintenant elles allaient parler, et peut-être aussi ses complices, 
qu'il appelait ses amis, il était perdu. Cette dignité épiscopale, qu'il 
avait tant désirée, dont il avait à peine joui trois ou quatre ans, 
lui serait enlevée et sans doute il terminerait ses jours dans quelque 
j^prison ou dans quelque monastère. Si le pape venait à mourir, tout 
était sauvé. Une réaction inévitable se ferait qui mettrait un pape 
gascon à la place du pape de Cahors : peut-être serait-ce l'évèque de 
Toulouse, Galhard de Pressac';(i), contre l'administration duquel on 
allait aussi commencer un autre procès. Le pape était vieux, mais il 
pouvait tenir un peu de temps encore. Si l'on avançait cette fin inévitable 
par quelque moyen adroit, il serait facile de faire croire à tous que 
Jean XXII, déjà si décrépit, était mort de la façon la plus naturelle. 
Pourquoi Hugues Géraud ne ferait-il pas cette œuvre ? Il se sauverait 
lui-même et rendrait un tel service à plusieurs de ses amis qu'il pou- 
vait espérer les plus grandes récompenses. Il ferait bien voir ainsi à 
l'évèque de Toulouse qu'il était capable de quelque chose (2). Telles 



(i) Voir chapitre VIII le rôle de l'évèque de Toulouse. 

(2) Allusion à une parole de cetévèque adressée à Hugues Géraud en quittant 
Avignon et rapportée par Pjerre de Saleilles (f. 39). 



— 41 - 

furent .les pensées qui l'excitèrent au crime. Peut-être y fut-il poussé 
par quelques conseils plus directs, comme on pourrait le conclure de 
certaines dépositions. D'ailleurs le parti gascon n'était pas encore 
consolé de son échec : la façon dont s'étaient comportés les parents de 
Clément V permettait de supposer qu'on pourrait trouver chez 
quelques-uns d'entre eux des appuis pour toutes les besognes. La 
complaisance du pape qui laissait à Hugues Géraud toute liberté dans 
Avignon rendait facile l'accomplissement du sinistre projet. Voyant 
donc que le procès canonique marchait trop vite et que vraisembla- 
blement il serait terminé avant la mort naturelle du justicier, Hugues / 
Géraud résolut d'avancer le temps de cette mort. -^ 

Ceci n'est pas de l'imagination : Hugues Géraud lui-même reconnut 
devant le pape qu'il avait cédé à un sot orgueil, en refusant de 
demander pardon, et que c'était la peur de tout perdre qui l'avait 
poussé au crime. On peut croire que c'est le même sentiment qui^ 
dut déterminer l'évêque de Toulouse à se faire complice au moins de^' 
l'envoûtement. 

Quels moyens allait employer Hugues Géraud ? D'abord le moyen 
que tous les criminels lâches ont employé pour se débarrasser de ceux 
qui les gênaient, en courant le moins de risques possible d'être 
surpris : le poison . Mais Hugues Géraud était de son temps, et son 
temps croyait beaucoup à la puissance d'un autre moyen pour faire 
périr quelqu'un sans qu'on pût soupçonner qu'il n'était pas mort de 
mort naturelle : Ferry oûtement^i). 

On sait ce qû'étaitU'envoûtement. En principe il consistait à avoir 
une image dé^cire fabriquée à la ressemblance de la personne détestée, 
et, cette image une fois bénite ou même baptisée, à la piquer en 
certaines parties du corps. La victime désignée devait souffrir en son 
corps aux mêmes parties (2). Ce moyen . magique de tuer à distance 



(i) De voult^ nom de rimage de cire : en latin vultus. 



(2) Manuscrit. — dép. de G~« d'Aubin, f. 7, de Raymond Jacques, f. 5, etc., etc. 

On verra en action plus loin les cérémonies diverses. Une déposition d'un 
certain Barthélémy Canholati, la seule qui reste du procès sur l'envoûtement 
tenté en 1320 contre le pape par les Visconti de Milan, donne quelques détails 
un peu différents. L'image, de métal ici, et non de cire, devait être soumise à 
des fumigations (ou ençeasemeats } sub/umigationes)) remplie de eçrtaineç 



I i.AL ^ 



> 



n'était pas d'invention récente, et tout le monde connaît les vers 
d'Ovide sur Médée : 

Devovet absentes^ simulacraque cerea figit, 
Et miserum tenues injecur urget acus. (i) 

j Au temps d'Hugues Géraud l'envoûtement était souvent pratiqué, 
I avec ou sans accompagnement de poison, si l'on en croit les procès du 
temps {2). 

Détail piquant : le propre nev.eu du pape, Pierre de Via, seigneur 
ie Villemur, qui fut chargé par son oncle des poursuites avec Arnaud 
/de Trian, fut plus tard lui-même accusé d'avoir fait fabriquer des 
"^ images de cire contre le roi Charles IV. L'accusation invraisemblable 
/ fut, il est vrai, démontrée fausse, et le roi écrivit à ce sujet aux magis- 
[ trats de Toulouse qui avaient fait arrêter les détenteurs des images et 
^ les avaient envoyés à Paris (3). 

Nous pouvons rire aujourd'hui de ces superstitions ; on n'en riait pas 

à l'époque d'Hugues Géraud : tout le monde croyait dans certains cas 

à l'efjficacité de ce moyen, et quand il était démontré qu'on l'avait 

employé, la loi civile était excessivement sévère (4), quel qu'eût été le 

^résultat. C'est ce qui explique l'importance donnée dans tout le second 

^ procès d'Hugues Géraud à la question des images de cire, plus peut- 

1 être encore qu'à la tentative d'empoisonnement. Et pourtant on avait 

peur du poison aussi. Sans doute les poisons d'Hugues Géraud sont 

assez grossiers et l'on se demande comment on aurait pu les faire 

avaler au pape ou aux autres victimes. Mais si quelques-unes des poudres 



) 



drogues, exposée à l'air froid de la nuit un certain temps et à certains jours, 
puis à un feu vif qui consumât les drogues de Tintérieur : la victime devait se 
consumer de même, comme par suite d'une maladie d'entrailles. (Archiv. Vatic. 
Instr. miscell. Cassette i320,parchemin et papier n*> 2 et 2 A),V. chapitre VIII. 

(i) Ovidii Epist. VI — 91-2. — On pourra là-dessus consulter des ouvrages 
spéciaux. 

I (2) Voir Lehugeur. Hist. de Philippe-lc-Long, pp. 414-6. — Hist. de France 
^ de M. Lavissc, t. III — 2* p. -- Langlois, pp. 219-20. 

(3) Histoire du Languedoc, X — col. 66. 

(4) Bertrandy, p. 64-5.— Sçiîlemçnt il i^'admctpas que la çhQSçfùt démontrée 
contre pugucs Géraud, 



— 43-. 

préparées nous paraissent plutôt ridicules ou répugnantes que dange- 
reuses, il y avait aussi de Tarsenic, poison qui s'emploie, dit-on, encore 
aujourd'hui. L'on sait bien que la Voisin et la Brinvillers, au 
XVII® siècle, n'employaient pas des poisons très recherchés ; mais la 
fréquence des petites doses produisait le même effet, avec plus de 
sûreté pour les coupables, qu'une forte dose trop difficile à prendre et 
d'un effet trop rapide. Le côté lâche de l'empoisonnement, la difficultéj 
de s'en rendre compte, les mille pratiques superstitieuses dont on 
l'entourait, donnaient aux empoisonneurs une apparence de magi-j 
ciens. Voilà sans doute pourquoi le pape, peu de Jours après la décou 
verte de l'attentat, remerciait si chaleureusement la comtesse Margue- 
rite de Foix qui lui avait envoyé une corne serpentine, taillée en 
manche de couteau, qui avait la vertu de faire découvrir les poisons (i) 
Peut-être n'est-il pas impossible que cette « corne serpentine », dont 
nous ne connaissons pas la nature, changeât de couleur ou se couvrît 
de taches suspectes au contact de l'arsenic ou de l'aconit qui étaient 
les poisons le plus souvent employés. 

Quoi qu'il en soit, la peur irraisonnée des victimes ou la grossièreté 
des moyens employés n'empêchaient pas la malice des criminels. 
Quand Hugues Géraud piquait l'image du cardinal Jacques de Via, en 
prononçant les paroles hébraïques ou grecques, qu e lui d ictait le juif 
son complice, il avait l'intention bien nette de faire périr le cardinal. 
Qui oserait dire qu'il était innocent ? On peut rire peut-être de sa 
crédulité ; on ne peut pas l'absoudre. Hugues Géraud coupable non 
seulement d'exactions et d'mjustices criantes, non seulement d'ingra- 
titude et de parjure à l'égard de l'Eglise, non seulement d'inconduite 
dans une situation où il devait donner l'exemple de bonnes moeurs, 
mais encore coupable de la tentative longuement préméditée dans tous • ^^ 
ses détails d'un lâche assassinat par le poison et par l'envoûtement, j y^je^!*^ 
n'est plus qu'un misérable indigne d'exciter l'intérêt. C'est ce qui V^ua^^ 



explique pourquoi les auteurs anciens qui ont inséré trop brièvement ^^^-^ (4 

dans leurs chroniques le supplice de Géraud et ses causes ont trouvé r ^// 

ce supplice très naturel, malgré ce qu'il ofïre d'horrible, parce que ^^.K*^^ 
Géraud n'avait subi que ce qu'il méritait aux yeux de la loi. Les 



(i) Guérard, op. cit, n°' 3 et 4. — Esquieu : Le couteau magique de Jean XXII, 
— Bulletin de la Société des Etadçs du Lqt^ l. XXV — y t ^ Article très inté- 
ressant sur çetçe question. '^ 



— 4A - 

modernes, en en rejetant Tes causes comme non prouvées ou comme 
ridicules, n'ont plus qu'un thème de rhétorique à exploiter. 

, Avec le texte du procès il n'y a plus moyen de faire de la rhétorique. 
Sans doute ce m'est une grande peine de conclure à la culpabilité 
de révèque et d'autres personnages ecclésiastiques ; mais il faut 
toujours dire ce qu'on croit la vérité, même quand elle blesse les 
sentiments les plus chers. 

Je raconterai donc tout simplement les faits, tels qu'ils ressortent 
des divers témoignages, en suivant autant que possible l'ordre des 
événements. On verra un peu plus loin, dans l'exposé même du procès, 
comment on peut faire fond sur ces témoignages. 

Les premiers détails de l'attentat furent réglés par une sorte de 
conseil à trois au sujet desquels nous avons les dépositions concor- 
dantes des trois complices, non pas données en une seule fois, ni sans 
quelque contradiction tout d'abord, mais enfin suffisamment d'accord 
ensemble pour conclure que l'évêque Hugues Géraud avait chargé un 
de ses hommes de confiance de lui procurer à Toulouse des poisons et 
des images de cire. D'autres témoignages viennent ensuite nous 
apprendre que pour ne pas manquer son coup, il avait fait chercher 
ailleurs les divers objets nécessaires à son horrible dessein. 

Dans le courant du mois de novembre 1316(1), arrivait à Avignon, por- 
tant des fonds à l'évêque, son trésorier Aymeric de Belvéze, originaire 
de Salîgnac (diocèse de Cahors en Périgord). Cet homme de confiance 
était digne d'Hugues Géraud et de son socius Pierre Fouquier. C'est à 
peine s'il poussa une exclamation de surprise « Sancta Maria ! » quand 
l'arcl^jprêtre de Saint-Médard, dans une promenade qu'ils faisaient 
ensemble, et où ils causaient du procès intenté à l'évêque, lui parla 
de poisons contre le pape (2) — (fF 18' dép. d' Aymeric — ff 12, 12', 26 — 
dép. de l'évêque). 



(i) Aymeric écrit en effet de Toulouse, un mois après ^ avant Noël, f. 20. 

(2) Il paraîtrait, mais cela ne ressort pas avec certitude des dépositions, sur 
certains points seulement concordantes, de Tarchiprêtre et de Belvèze, que déjà 
révoque s'était adressé ailleurs. D'après Pierre Fouquier, son cuisinier Tricot, 
qui avait ses confidences (familiaris secretarius), aurait commandé des maléfices 
(fachura^ d'où. le mot provençal de fachurier, sorcier, et notre mot quercynois 
de fachiltère, sorcière. — Lefach était synonyme de sabbat) à une vieille nom- 
mée Guillemette qui élevait un enfant de Géraud d'Aubussac et celle-ci avait dû 
préparer des maléfices qu'on aurait mis sur la porte du palais papal. L'archi- 



— 45 — 

Après Tarchiprêtre, ce fut le tour de l'évêque de prendre Aymeric à 
part. Il lui parla longuement de ses ennuis et de ses craiates : il lui fit 
connaître ses projets. Il avait pensé à son familier pour lui procurer à 
Toulouse des poisons et des images pour l'envoûtement. Aymeric 
pourrait s'aboucher avec un juif connu de Tévêque et une vieille femme 
qui étaient tous deux fort au courant de ces pratiques ; celle-ci pour- 
rait fabriquer les images et Aymeric enverrait le juif à Avignon pour / 
pratiquer les envoûtements. Hugues avait à Toulouse des amis qui 
l'aideraient volontiers dans l'accomplissement d'un acte qui servirait 
leurs rancunes comme ses haines. Aymeric promit à l'évèque de 
l'aider de son mieux (f. 26* dép. de l'évèque ; f. 31' — déposition 
d 'Aymeric). 

Peu de temps après eut lieu le conseil des trois complices où les^ 
détails furent réglés. La déposition de Fouquier, quoique suspecte, J 
offre quelques particularités fort curieuses. D'après lui, l'évèque aurait 
commencé à parler de ses embarras toujours croissants : l'archiprètre, 
c'est lui du moins qui s'en vante (i) sans doute par la juste crainte 
des conséquences graves auxquelles on s'exposait, dit que peut-être il 
serait mieux de faire sa soumission et de s'en remettre à la clémence 
du pape. Hugues ne voulut pas consentir à s'humilier, et Belvèze, soit 
courtisanerie, soit malice personnelle, affirma qu'il fallait tenir bon. Il 
cita l'exemple de son compatriote, Boson de Salignac (2), évoque de 



prêtre avait raconté cela à Aymeric, c'est lui-même qui le dit, f. 19*. D'après 
Aymeric, l'archiprètre lui aurait parlé de poisons qu'il faisait préparer contre le 
pape par une vieille et un apothicaire de ses amis. Or, au cours même de leur 
entretien, la vieille se rencontra sur leur route et Fouquier lui demanda si elle 
avait trouvé le crapaud qui lui était nécessaire (on sait qu'on faisait grand 
usage de cet animal dans les maléfices \), Oui, répondit-elle, et l'archiprètre la 
suivit. Belvèze aurait vu aussi l'évèque parler avec cette vieille et lui aurait 
entendu dire : <c Faites bien votre affaire ». (ff 18, 18% 19, dépositions des 2 et 
3 juillet révoquées plus tard). Devant le pape l'évèque nia, puis dit qu'il ne savait 
rien, mais qu'Aymeric et Tarchiprètre avaient dû dire la vérité, f. 27*. 

(i) Coll. 493 f. 19. — Sa déposition du 3 juillet. — A noter qu'il y a dans le 
texte : die ^redicta secunda ; or la déposition précédente est du 3 juillet — faute 
de copie sans doute 

(2) Boson de Salignac n'est pas nommé ; mais il est probable qu'il s'agit de 
lui, car Aymeric de Belvèze était de la paroisse de Salignac et devait connaître 
l'évèque de Comminges, périgourdin comme les trois conspirateurs. Mais ce qui 
était clair pour eux trois ne l'est pas pour nous. Pour ma part, je ne sais pas à 



L *' 



— 46 - 



Commînges, qui dans soa conflit avec le pape, refusa de se soumettre et 
garda Tépiscftpat jusqu'à sa mort. Fouquier aurait répondu : « La 
femme d'Enguerrand de Marigny avait aussi conseillé à son mari de 
ne pas s'en remettre à la miséricorde du roi de France. Jl refusa. Elle 
usa alors du maléfice des images et c'est pourquoi Enguerrand a été 
/ pendu. » (i). 

Fouquier aurait ajouté en se tournant vers Aymeric : « Puisque vous 
jugez qu'il ne faut pas se soumettre, savez-vous faire au moins les 
iniages ? Eh bien faites-en. » (f. 19). Il fut décidé qu'il les ferait fabri- 
quer par un juif de sa connaissance et qu'il procurerait des poisons et 



quoi fait allusion Aymeric de Belvèze. Cependant je suppose que le conflit dont 
il s'agit peut se rapporter au changement de diocèses opéré par Boson, d'arche- 
vêque de Bordeaux devenant évêque de Comminges et Bertrand de Goth (Clé- 
ment V) passant du siège de Comminges à celui de Bordeaux. La G allia n'ad- 
met cette permutation un peu étrange, étant donné la différence des deux 
diocèses, qu'après une discussion nécessaire pour se convaincre. Mais de quel 
pape s'agit-il > de Boniface VIII qui aurait puni de je ne sais quelle faute l'arche- 
vêque Boson, élu par le chapitre peut-être de façon irrégulière, ou de Clément V 
qui aurait intrigué pour sortir de Comminges et à qui Boson aurait gardé 
rancune ? C'est ce que je ne sais pas. Rien ne m'a permis ici, même en consul- 
tant les schedae de Garampi, de préciser ce point curieux (voir Gallia II. col. 
828-9 — I* col. 1100. ^Registres de Boniface VIII. — Faucon, n°» 3284 et 
3286, bulles pour la translation des deux prélats). Boson était mort en 131$ et 
avait été remplacé le 7 septembre 13 16 (R. Vat. 63 ep. if), 

(II) Il est intéressant de trouver ce détail dans un document qui n'a été fait 
ni pour ni contre la mémoire du célèbre suVintendant. Je lis dans l'Histoire du 
règne de Philippe-le-Long de M. Lehugeur : p. 4. « On connaît ses principales 
victimes (de la réaction sous Louis X) : Enguerrand de Marigny, Pierre de 
Latilly, Raoul de Preslcs, le premier pendu, le second emprisonné, le troisième 
torturé. Sans doute, pour les perdre plus sûrement, les accusateurs officiels 

ilcur attribuaient des crimes abominables, trahisons, maléfices, assassinats » 

[Pierre Fouquier n'est pas ici un accusateur officiel d'Enguerrand. M. Lehugeur 

dit ailleurs (p. 41$) « La croyance aux sorts et aux voults paraît générale. 

Charles de Valois accuse Jeanne de Latilly d'avoir voulu l'envoûter.., aussitôt elle 

est jetée en prison au Châtelet. — Trois commissaires interrogent la veuve 

d'Enguerrand, la font appliquer à la torture, et bien que les tourments soient 
variés,il est impossible de prouver sa culpabilité,même pas des aveux... » Le roi 
réhabilita Jeanne de Latilly, c'est très bien ; mais on voit que ce n'était pas 
seulement Charles de Valois qui accusait la veuve d'Enguerrand ; des amis et 
partisans de Philip pe-le-Bel disaient la même chose dans un entretien intime 
dont la conclusion fut qu'ils imiteraient Jeanne de Latilly, mais en s'y prenant 
mieux. Retenons seulement le dernier mot de Fouquier : « Elle usa du mçiléfice, 
des images, et c'est pourquoi Enguerrand à été pendu ». Hugues Géraud aussi 
a été pendu ou brûlé pour avoir usé du maléfice des images. 



— 47 — 

des drogues. Il demanda qui les administrerait et Hugues Géraud dit 
que Tarchiprôtre avait réglé cela avec des officiers du pape. Il ne les 
lui nomma pas. Raymond Jacques et Guillaume d'Aubin qui en 
entendent parler à Toulouse disent comme Aymeric, sans les nommer, 
que révêque avait soudoyé des officiers de la maison du pape pour 
donner à celui-ci les boissons ou les aliments empoisonnés, (f. 5 
dép. de Raymond-J. — f. 6» dép. de G"e d'Aubin — f. 18' dép. d'Aym. 
de B.). 

L'évêque les nomma devant les commissaires et devant le pape (f. 12 
et 12% dép. du 10 mai — f. 26*, dép. du 4 août — f. 28, dép. du 21 août). 
Ces hommes qui auraient eu la méchaijceté de commettre cette lâche 
action seraient le quercynois Pons de Vassal et le périgourdin (?) Isarn 
(fEscodata, tous les deux portés en effet sur la liste des officiers de 
Jean XXII comme chevaliers maîtres d'hôtel, et que l'on ne trouve 
plus dès le mois de juin 1317 (i). Soupçonnés, sinon convaincus, il 
leur était difficile de rester en service auprès de Jean XXII. 

Il fut décidé qu' Aymeric raconterait la chose au vicomte de Bruni- 
quel, le neveu par aUiance de Clément V. L'évêque comptait sur lui, 
paice qu'il le savait très préoccupé à l'occasion de la terre de Tulmon. 
Il prétendait qu'elle appartenait à sa famille, et Jean XXII était déjà 
en pourparlers avec le comte d'Evreux, qui la possédait, pour la faire 
vendre à son frère Pierre (fF. 20 et 20*, 27-28 dép. de l'év. 5 juillet — 
5 août — 12 août). On sait que cet achat fut fait le 24 mars 1318 et que 
le pape fit donner pour aider au paiement 4,000 florins de la Chambre 
apostolique (2). 



(i) Int. et Ex. 16 f. 32*, liste des officiers — ff. $3 sqq. gages reçus, semaine 
par semaine. — Le 28 mai on trouve : « Isarn Escodata, olim ostiario militi » 
f. 68 — mais déjà dès le 12 mars, Pons de Vassal semble avoir disparu f. 64. — 
Le 4 juin deux nouveaux maîtres d'hôtel chevaliers -.Franc de Born et G"* deCornac 
— f. 69. On trouve un Hélie Escodata recevant en janvier 1 3 1 7 une église au 
diocèse de Périgueux. — Pons de Vassal, de la famille quercynoise de ce nom, 
aux branches déjà nombreuses, était un familier du vicomte de Lomagne. (Clé. 
ment V — Bened. n» 9697). r— Il est à noter que le 30 juin 13 17, Raymond de 
Vassal, neveu de Pons, était fjait chanoine d'Àngoulême, ce qui montre au moins 
que le pape ne rendait pas la parenté responsable. Le secrétaire de la chancel- 
lerie, compatriote et ami du nouveau bénéficier, ne voulut pas de taxe. On lit : 
« gratis i>ro intimo amico »'. R, Vat, 66 ep. 3106. 

(2) Ed. Albc : Dernières volontés de Jean XXII, pp. 6 et 7.— Extrait du Bulletin 
de la Société des Etudes du Lot^ 1903. 



- 48 — 

D'autres personnes devaient être mises au courant : Arnaud de 
Villars (if. 21, 27') chanoine, maître d'œuvre de l'église de Cahors et 
familier de Tévêque de Toulouse auquel il servait de vicaire général ; 
Pons d^Antéjac (i) familier d'Hugues Géraud — de raubis ipsius 
deponentis et homme de confiance du vicomte de Bruniquel (secretarius 
magnus et amicus vicecomitis de B,) (fF. 20* et 27%rabbé[de Loc-Dieu qui 
pouvaitètre de bon conseil (2),ou en son absence le doyende Cayrac(3), 
mais en tâtant ce dernier adroitement, quoiqu'il fut l'ami de l'évèque. 
Ces deux indications sont données par l'archiprètre (f. 21) ; Hugues 
Géraud dit encore qu'il écrivit à Aymeric de Belvèze de parler à d'autres 
personnages, mais à l'occasion d'un procès qu'il avait à Toulouse 
devant la curie du sénéchal avec Hugues de Cornil. Il ne sait pas si 
Aymeric leur a parlé des poisons (f. 12), Cette façon de dire aurait 
pu compromettre ceux qu'il nomme : Bertrand de Saint-Génies, 
Raynal de Born, Etienne Neveu et Maynard de Salignac, mais il ne 
semble pas que cette insinuation ait influencé les juges (4). 

Aymeric partit donc le lendemain (f. 20) pour Toulouse en passant 
par Cahors (f. 19) accompagné,selon son ordinaire, paraît-il, d'un clerc 
du nom de Pierre Rigal (f. 12), autre familier de l'évèque (dispensator 
aule Caiurc), 



(i) D'une ancienne famille du Quercy. — Un Pons d'Antéjac était évêque de 
Cahors en 1335. 

(2) La Gallia (I. col. 264) l'appelle Hélie. — Loc-Dieu était une abbaye cister- 
cienne du diocèse de Rodez. 

(3) Moulenq (Documents sur le Tarn-et-Garonne, L p. 386) l'appelle Arnaud 
de Garnier. Cayrac (dioc. de Cahors, auj. Tarn-et-Garonne) était un doyenné 
conventuel dépendant de l'abbaye d'Aurillac (Saint-Flour). 

(4) Bertrand de Saint-Génies^ professeur remarquable de l'Université de 
Toulouse, dont Jean XXII n'allait pas tarder à faire un auditeur des causes de 
son palais apostolique, fut nommé en 1334 patriarche d'Aquilée. (Voir Annales 
de Saint-Louis — janvier 1904. Evêques d'Italie originaires du Quercy, —p, 144). 

Raynal de Born — probablement du Périgord : il devait être proche parent de 
Francon de Born, chevalier de la cour de Jean XXII (131 8- 133 4). 

Etienne Neveu est peut-être le même qu'un abbé séculier d'Aubeterre (Péri- 
gueux), qui reçoit en 1330 l'expectative de la dignité de chantre de l'église de 
Périgueux (Vat. 99 ep. 1108). Un Richard Neveu fut le prédécesseur de 
Bérenger de Frédol à Béziers (i 306-1 309). 

Maynard de Salignac était de la famille de Boson de Salignac, l'évèque de 
Comminges, peut-être un neveu. 



— 49 — 

L'évèque se dit que deux sûretés valaient mieux qu'une : il était 
possible que Belvéze ne réussît pas : sa mission délicate pouvait être 
entravée, tandis que le procès marchait toujours contre lui. Une image 
de cire de plus ou quelque peu de poison de trop, ce n'était pas une 
grosse affaire, tandis que si le pape vivait, Hugues Géraud était perdu. 
Il semblerait résulter d'une déposition de Pierre de Saleilles (malheu- 
reusement ici le parchemin est en mauvais état), qu'avant le conciliabule \ 
à trois, l'évèque avait demandé à celui-ci de l'accompagner à Montpel- 
lier et sur son refus s'était fait suivre de Belvéze ; qile là Hugues Géraud 
aurait fait préparer des poisons par un apothicaire. Ce qui est sûr c'est 
que, de l'aveu trois fois répété de l'évèque (ff. B, 26* et 28) confirmé par 
son complice (f. 42^ 43), Pierrre de Saleilles avait reçu commission de 
porter des poisons préparés par un apothicaire de Montpellier, en re- 
venant de visiter l'église de Ginouillac, près Rocamadour, que l'évèque 
lui avait donnée. 

Pour rimage de cire, l'évèque s'adressa ailleurs. Il avait laissé dans 
la maison natale de Beaulieu son plus jeune frère Hélie Géraud, dit de 
la Nouaille, qui lui servait de procureur dans la gérance de ses biens. 
Quelques jours après l'Epiphanie, Hélie reçut une lettre de l'évèque. 
Après l'avoir lue, il fit appeler Pierre Moret, recteur de la Bastide et 
Soyris (Cahors), qui demeurait souvent à Beaulieu, étant originaire de 
Saint- Yrieix, et à qui l'évèque avait écrit de son côté (i). Il lui com- 
muniqua la lettre dont le contenu l'étonnait unpeu.J L'évèque disait à 



Hugues de Cornil jetait frère ou neveu de Raymond de Cornil, gendre de 
Gibert de Jean. Prieur de Pradines, il était mort en 1328. Ce prieuré de Pra- 
dines fut Toccasion de nombreuses difficultés entre les prieurs du lieu et les 
évêques de Cahors. Un autre Hugues de Cornil fut chanoine de Cahors un peu 
plus tard. (Autour de Jean XXIL — Annales de Saint-Louis — n° de janv. 1903 
p. 172. — Extrait p. i33)» 

(î) D'après Aymeric de Belvéze (fif. 24*), Tévêque avant son départ lui avait 
donné trois lettres qu'il devait faire parvenir à Hélie Géraud, à Pierre Moret et 
à l'archidiacre de Nontron, Arnaud Géraud. Ce dernier (f. 32'^ déposa sous la 
foi du serment que son frère ne lui parlait dans sa lettre de rien qui eût trait à 
ces affaires. Quant à Pierre Moret, il se garda bien de faire allusion dans 
son témoignage à celle qu'il avait reçue et les juges n'insistèrent pas. Belvéze pré- 
tendit d'abord qu'il avait porté lui-même les lettres à Limoges, mais il revient 
plus tard (f. 3») sur cette affirmation qui n'avait eu pour but que de faire croire 
qu'il ne se trouvait pas à Toulouse au moment de la fabrication des trois images 
de cire. 



KO - 



son frère d'aller au plus vite à Limoges et d'y faire fabriquer une 
statuette de cire ; il la lui enverrait par un messager sûr, de façon à ce 
qu'il Teût avant la Purification. Il voulait, en cette fête de la Sainte 
Vierge, porter cet ex-voto à Notre Dame de Vauvert (i), pour obtenir 
de la Madone la paix avec le pape et ses autres ennemis. — « C'est 
étrange, aurait fait observer Moret, qu'il écrive si loin pour cela. On ne 
doit pas manquer de cire à Avignon, ni d'ouvriers pour la travailler. — 
J'ignore ses raisons », répondit Hélie. Le lendemain ayant pris une livre 
de cire blanche, il s'en alla à Limoges accompagné seulement d'un 
serviteur gascon. Trois ou quatre jours après il revint et montra son 
acquisition à Moret. La statuette représentait un clerc tonsuré, les 
mains étendues dans l'attitude de la prière, revêtu sur 3a tunique d'un 
surtout sans manches. C'était une femme nommé Raimonde ou Ber- 
trande de Cambes qui l'avait faite, (f. 31). 

Et comme Moret paraissait surpris : « Je crains bien, dit Hélie, que 
ce ne soit pour un mauvais dessein que mon frère me l'a demandée, et 
que les diables ne m'emportent. — Brisons-la, — dit Moret. — Je ne peux 
pas faire cette injure à mon frère : il me déshériterait. » Mais il ne se 
pressa pas de l'envoyer et comme il dut s'occuper d'un procès que son 
frère Arnaud avait au sujet d'un prieuré avec quelque moine du nom 
de^Vassignac, la fête de hi Purification arriva sans qu'il eût envoyé 
l'image. Alors il pria Pierre Moret de partir pour Avignon et de faire 
la dangereuse commission, n'osant se confier à personne d'autre. Après 
bien des hésitations (2), le curé de Labastide accepta et prenant la boîte 
scellée qui renfermait la statuette et qui fut mise dans un sac, il partit 
pour la curie (3). Le prétexte de son voyage était l'affaire d'Arnaud 
Géraud (f. 19* 30 et 30'). 

Arrivé à Avignon, Moret craignant d'être àrrêté,caril connut aussitôt 
l'arrestation de quelques familiers de l'évêque (pour le premier procès, 
probablement Géraud d'Aubussac) il descendit à Tauberge et fit savoir 



(i) Vauvert, département du Gard, diocèse de Nîmes. 

(2) Déposition du 10 septembre: f. 31. Il craignait, dit-il, que la statuette ne 
fût faite contre le pape et se rendait compte des terribles conséquences qui 
pouvaient arriver, « Non, dit Hélie, cela ne doit pas être; si Hugues avait voulu 
mal faire, il aurait bien trouvé à Avignon, sans m'envoyer à Limoges ». C'est le 
même raisonnement qu'avait fait Moret, avec une conclusion différente. 

(3) Déposition du 9 septembre, f. 30' et 31. 



— 51— . 

à Tricot le cuisinier, où il était. L*évêque lui envoya deux damoiseaux; 
Bernard du Clusel et Ra3rmGQd la Serre. Moret leur dit': « Je porte 
des lettres- que je ne peux remettre qu'à l'évêque en personne, » La nuit 
venue (f. 19) l'évêque le fit venir dans sa chambre : il lui remit le paquet 
de son frère Hélie. Hugues Géraud se fâcha beaucoup du retard, 
auquel Moret ne pouvait rien. Il cacha le paquet dans sa garde-robe et plit 
ensuite à Raymond Laserre : « Demain nous pourrons aller à Vauvert ». 
Le curé de Labastide ayant pris la réponse que lui donna l'évêque 
repartit de nuit (f. 19) passant par le Quercy : il était à Cahors 
dans le courant du carême (i), (f. 24*). Il y arriva très effrayé - 
en chemin il avait àté atteint par un homme qui venait d'Avi- 
gnon comme lui et lui avait dit : « L'évêque de Cahors est en ce 
moment en bien mauvaise posture : on a mis les scellés sur tous ses 
meubles : dans l'un d'eux on a trouvé de fausses lettres et une image 
de cire. » Môret ne douta pas un moment que ce ne fût de celle qu'il 
avait portée qu'il s'agissait, et sans dire toute la vérité à Belvèzè il lui 
laissa entendre que certaines « diableries » portées à Avignon étaient 
la cause de ses craintes et ne lui permettaient pas de rester longtemps 
à Cahors (dépositions d'Aymeric de Belvèze ff. 24S 30' — dépos. de 
Moret ff. 30', 31). Il revint à Beaulieu et son récit inspira de vives craintes 
au faible Hélie Géraud. — 

L'image saisie était bien celle de Moret, mais ce n'est pas celle-là 
qui devait servir le plus à faire condamner l'évêque. Aymericde Belvèze 
n'avait pas perdu de temps et dans le courant du mois de janvier il 
avait envoyé par un porteur du nom d'Antraygues, une image de cire 
sur laquelle l'évêque avait essayé la puissance de la magie homicide 
avec le concours d'un juif de Toulouse. Sur l'envoi de l'image, et la 
venue du juif, les dépositions de l'évêque, de l'archiprêtre de Saint- 
Médard et d'Aymeric de Belvèze concordent ; pour les pratiques faites 



(î) Circa Carnts'^rivium^ dit Aymeric de Belvèze : Ducatige semble dire c^ue 
Ce mot s'entendait de la septuagésitne au carême. En 13 17 la septuagésime 
tombait le 30 janvier, or Moret ne partit de La Nouaille qu'après la purification 
(2 février). Il ne put donc être à Cahors, son voyage fait, que vers le 13 février 
(quinquagésimej au plus tôt, ou au début du carême, ou plutôt, puisque l'évêque 
éliit déjà suspect, seulement à la fin de février. Dans le courant du procès ce 
mot de carnisprivitim aurait le sens de quinquagésime ou de carême. 



. -52- 

sur rimage de cire, l'évêque et Tarchiprêtrc disent aussi la même 
chose. 

Il est difficile de savoir comment Aymeric s'était procuré l'image: 
une fois il assure qu'il Ta faite lui-même dans la cuisine du palais épis- 
copal de Cahors (f. 22); une autre fois que le juif la lui a procurée 
(f. 24*). Il dit ailleurs qu'il avait fait marché pour cela, (moyennant 18 
sous toulousains), avec un juif, quelque peu médecin, qui habitait à 
Toulouse, dans une rue traversière entre la rue du Carmel et la rue 
de l'hôpital (i). Ce juif connaissait l'évêque de Cahors et en était connu 
(f. 23' dép. de l'év., f 2/|S 22 dép. d' Aymeric). Il consentit à partir pour 
Avignon afin de donner à Hugues Géraud les instructions nécessaires 
(f. 24*). Antraygues était déjà arrivé avec son paquet qu'il prenait pour 
des dépêches cachetées et où il y avait en effet, outre la boité ronde, 
enveloppée de toile cirée, qui contenait la statuette, une lettre d'Ay- 
meric disant qu'il s'occupait de la commission et qu'il enverrait bientôt 
le reste, (ff 20' dép. de Vévêqiic; fï. 19, 19^ 21, 24, dép, de Varchiprêtre\ 
fï. 20, 22, dép, d* Aymeric), 

Le juif, il s'appelait Bonmacip, (dép, de Varchip, et de Pév,) se présenta 
sans beaucoup tarder à la maison de l'évêque. C'était un vendredi 
(f. 27). L'image (2) envoyée par Aymeric de Belvèze fut baptisée comme 
un enfant de chrétien par l'eau et le saint chrême, mais les paroles 
étaient celles d'une autre liturgie: le juif les lisait sur son livre, ces 
paroles latines, grecques ou hébraïques, et l'évêque sacrilège 
les répétait tout haut comme le juif les lui soufflait (dép. de Vév. 
el de rarchip, S 20' 21, 2f 24, 26^), Le lendemain, jour de sabbat et 
le surlendemain, dimanche, le juif ne revint pas. Le lundi, il se repré- 
senta à la maison de Géraud. Celui-ci absent pour l'heure l'envoya 



(f) Aymeiic dit ailleurs « près de l'église du Carmel». Le juif devait donc 
demeurer dans une ruelle entre la place actuelle des Carmes et l'Hôtel S. Jean. 
La rue du Carmel formait le côté de la place actuelle des Carmes qui se prolonge 
dun côté par la rue des Filatiers, de l'autre par la rue Pharaon. C'est de ce côté 
qu'était l'entrée du couvent. Les voisins des Carmes étaient les Templiers que 
remplacèrent les Hospitaliers de S. Jean. D'après Aymeric, c'était dans ce quar- 
tier que demeuraient les juifs (t. 22), 

. (2) Elle avait la ressemblance d'un clerc tonsuré, était longue d'une palHeet 
/pesait 2 livres environ (dép. de Tévcque et de Tarchip. ff. 20* et 31). 



(i) Cet Et. Cognât est cité comme procureur d'Arnaud Géraud dans un acte 
de 13 14. 

(2) Dans la Vulgate, il y a, verset XXVII « qui insurgunt in me confundantur » 
la deuxième citation est du verset XII. L'archiprctre cite de mémoire 

(3) Naturellement on dut la chercher et on crut un moment l'avoir trouvée 
dans les recherches faites chez les familiers d'Hugues Géraud par plusieurs 
chanoines de Cahors délégués à cet effet : l'archidiacre, de Figeac en Téglisc 
cathédrale, Barthélémy de l'Ai'c, trouva dans un meuble de Jean ^isaud 



~ 53 - 

prendreparun de ses familiers, Et. Cognât, desaint-Junien (Lîmoges)(i) 
(fF. 23' et 2)'). Quand le juit revint il enseigna la façon de piquer 
rimage. Les mêmes personnes qui avaient commencé devaient con- 
tinuer, ou rien n'était bon : piquer une fois par semaine suffirait 
d'abord ; si l'effet ne se produisait pas bientôt, il faudrait, après la lune 
nouvelle, piquer les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine. 
Nos sorciers modernes, car il existe encore quelques sorciers dans nos 
pays, donnent de même la préférence à certains jours de la semaine et 
f)our eux aussi la nouvelle lune a de l'influence. 

L'èvêque et l'archiprêtre, (le juif n'y était pas, f. 20') piquèrent 
l'image, l'èvêque à la jambe (sa dép, f. 20') ou au ventre, (dép,de Var- \ 
chip. f. 2i),rarchiprêtre sur les flancs, avec des stylets à pointe d'argent ; 
(f. 21) trois fois ils enfoncèrent les longues pointes (f. 34) en prononçant 
les paroles que le juif leur avait enseignées: « De même que je pique 
Ibette image, de même le cardinal d'Avignon soit atteint dans son corps 
jusqu'à ce qu'il nous donne la paix avec le pape, sinon qu'il meure. » 
(ff. 20' et 26*). Ils récitaient en même temps: « Confundantur qui me \ 
persequîiniur etc, Fiant dies ejtis pauci etc. «et les autres versets de ce 
psaume CVIII qui contient une longue malédiction (2). Ils prononçaient 1 
'encore des paroles comminatoires ; « Adjuro te, imago h (ff. 21, 23*), 1 
toutes choses qui reproduisent avec des formes chrétiennes les incanta- ' 
tions magiques des païens. 

Que devint cette image ainsi piquée ? l'archiprêtre, après avoir nié 
bien des fois (f. 22*) finit par confirmer ce que l'èvêque avait dit tout 
d'abord, et par reconnaître qu'il l'avait gardée dans un de ses meubles 
(en un tiroir d'une armoire de sa chambre, f. 22*). Quand il fut arrêté, 
il donna la clef de ce tiroir à Tricot pour la remettre à M« Hugues, 
mais il ne sait pas si la clef fut remise. L'image ne fut jamais 
retrouvée malgré l'arrestation de Tricot (3). 



' — 54 - 

Là mauvaise fortune de Géraud voulut que le seul personnage 
contre lequel il eût tenté l'envoûtement fut précisément le seul qui 
mourut : le cardinal Jacques de Via. On comprend pourquoi il avait 
choisi ce personnage le premier : il avait voulu faire un essai et avait 
visé celui qui le poursuivait avec le plus d'ardeur. Si l'on en croyait nos 
auteurs locaux, obligés de remplacer les documents par des conjectures, 
Hugues Géraud avait les (ie^an pour principauxennemisetlesde Jean 
l'auraient poursuivi jusqu'à la mort. Non, ceux qui ont eu à poursuivre 
l'évêque, l'un dans le procès canonique, l'autre dans le pi*ocès criminel, 
sont deux neveux du pape • Jacques de Via, évèqUe non sacré d'Avi- 
gnon, puis cardinal du titre des ss. Jean et Paul, et Arnaud de Trian, 
maréchal de justice, qu'on avait toujours cru de la famille de Jean par 
alliance, et qui était fils d'une sœur de Jean XXII. Jacques de Via, 
surnommé le cardinal d'Avignon, était (j'ai eu occasion de le 
dire ailleurs (i), comme cardinal- vicaire dans la curie romaine, 
et, à ce titre c'est lui qui s'occupe de tous les détails. Il est sou- 
vent nommé dans les livres de comptes pour avoir donné mandat 



certains fragments d'une image de cire, sans pieds ni tête, pesant près d'une 
livre, avec deux parchemins et une poudre blaachc qui lui parurent singulière- 
ment suspects. Il envoya le tout à la curie, mais Jean Bisaud ne fut arrêté que 
plus tard chez son ami Guillaume de Paris, recteur de Saint-Celsc de Puycalvel 
au diocèse d'Albi. Les juges firent une enquête : Le 25 octobre, f. 32% interro- 
gatoire de ce curé qui est mis en liberté le 1 1 novembre ; 21 octobre, f. 33 et 
16 décembre, f. 33*, interrogatoire de Bisaud: Il explique tout: il avait fui les pour- 
suites des chanoines Aymar Robert et Bernard de Montlanard contre lesquels il 
avait déposé en faveur d'Hugues Géraud (f. 32* et 33). Les parchemins ont été 
peints par des gens non suspects de magie, la poudre blanche est du sel, ce que 
les juges vérifièrent et trouvèrent vrai. Il a été à Toulouse avec Bclvèze, mais 
pour le procès de Tévêque avec Hugues Géraud. Quant à la cire, elle provient 
d'ex-voto, et lui a été portée par Simon Barbe, au nom de son frère Guillaume 
Barbeyvccicur de Montamel au diocèse de Cahors qui lui devait un peu d'argent; 
22 janvier 1318 f. 33* et f. 34, interrogatoire de ces deux personnages d'où il 
résulte que la cire a une origine acceptable ; conclusion : le 23 février, Bisaud 
est laissé en liberté, au moins dans Avignon (f. 34*). 

(i) Autour de Jean XXII. — Annales de Saint-Louis des Français, n° d'octobre 
1902, p. 127. — Extrait p, 93. 



- 55 — 

de payer tels ou tels frais se rapportant aux procès (i). D'autre part 
c'était le neveu chéri de Jean XXII qui l'avait toujours eu avec lui, au 
moins à Fréjus et à Avignon. S'essayer sur lui et réussir, c'était déjà 
frapper le pape au cœur. Par la plus étrange des coïncidences, Jacques 
de Via mourut précisément au cours du procès. 



(î) Voir aux pièces jusUficativcs n° XV. 




(•*■■•;.-. 




Chapitre IV 



LE CRIME 



2® PARTIE — LES IMAGES ET LES POISONS DE TOULOUSE 



Aymeric de Belvèze avait écrit qu'il était prêt à envoyer d'autres 
images en même temps que les poisons. Il s'était entendu avec le 
vicomte de Bruniquel (f. 27) comme le lui avait dit Hugues Géraud, le 
vicomte avec l'évêque de Toulouse (i), et de la coopération de ces trois 
'puissances pour le mal sortit la combinaison que je vais raconter. On 
m'excusera de donner sur cette partie de l'affaire quelques détails de 
plus, si puérils qu'ils paraissent, parce qu'ils eurent aux yeux des 
commissaires une grande importance, qu'ils nous tont assister à la 
fabrication de « toutes ces diableries », suivant le mot d'un prévenu, et 
aussi parce qu'il s'y trouve plusieurs particularités intéressantes pour 
l'histoire provinciale, la plus grande partie de ce récit se passant aux 
alentours de Saint-Etienne de Toulouse. 

La cure de Saint-Etienne était possédée à cette date de 1316-1317, 
par un de nos compatriotes, Rigaud d'Assier (2), que Jean XXII avait 



(i) Voir chapitre dernier le rôle de Tévêque de Toulouse. 

(2) Rigaud d'Assier appartenait à une famille depuis longtemps disparue et 
dont le nom a été rendu célèbre par un personnage d'une branche des Gourdon 
entrée par alliance dans cette famille : Galiot de Ginouillac, grand-maître de . 
l'artillerie sous François I". A la fin de 13 16 il était au moins chanoine d'Or- 
léans (bientôt écolâtre), et chanoine de Bourges, recteur de Saint-Etienne de 
Toulouse et prieur de Saint-Médard-la-Garénie. Ce prieuré (aujourd'hui com- 
mune d'Issepts) esta trois ou quatre kilomètres d'Assier. Assier et Issepts sont 
deux commune^ du canton de Livernon. Rigaud était en 13 17 nonce coUec- 



o/ 



en trèa haute estime, et qui précisément au moment du complot se 
trouvait auprès du pape à Avignon. Tl logeait dans sa maison un 
grand nombre de clercs et de chapelains pour le service de l'église, 
clercs et chapelains peu connus de lui sans doute ou admis sur des 
recommandations insuffisantes. Ce sont quelques-uns de ces clercs, ou 
des hôtes de sa maison, qui vont servir d'instrument au vicomte de 
Bruniquel pour réaliser les projets d'Hugues Géraud et de ses amis. 
Il vint d'ailleurs plusieurs fois conférer avec eux dans cette maison, si 
l'on en croit certaines dépositions (i). 

D'après les dépositions .de Prud'homme et de Raymond Jacques, 
c'est dans le cloître du chapitre, vers Noël, un jour de réception d'un 
nouveau chanoine, que le vicomte de Bruniquel aurait fait les premières 
ouvertures à Raymond Jacques, prêtre chapelain de l'église de Saint- 
Étienne et familier de la maison d'Assier ; celui-ci se mit aux ordres du 
vicomte qui lui donna rendez-vous dans l'église pour le lendemain. Là, 
en présence de deux écuyers. Prud'homme de Seysses et Guillaume — -j 
Bernard, après leur avoir fait jurer à tous trois sur l'évangile de garder \ 
le secret le plus profond, il leur dit que pour débarrasser son ami 
l'évêque de Cahors et d'autres personnages des poursuites injustes que 
leur faisait le pape, il avait eu l'idée de faire préparer des images et 
des poisons et qu'il priait Raymond de vouloir bien s'en charger avec 
ses écuyers, lui promettant de le faire récompenser par le cardinal de 
Pélagrue et de lui faire donner par l'évoque de Cahors un bon bénéfice 
de loo livres de revenus. Il lui laissa par écrit la liste des choses jugées 
nécessaires et lui donna, ainsi qu'à Prudhomme, de l'argent pour les 
achats divers (2). 

Les trois compagnons s'adjoignirent un autre clerc de la maison de 
Rigaud d'Assier, Guillaume d'Aubin (3) (d'Albinh — clerc du diocèse 
de Rodez — f. 5^), et tous les quatre se mirent à la besogne. Ils allèrent 
d'abord rue des Carmes acheter de la cire à une veuve qui en faisait le 



tcur en Angleterre et en Ecosse, il fut fait évêque de Winchester en 1320. 11 
mourut en 1323. Si Jean XXII eût été le farouche soupçonneux que certains 
disent, il aurait eu beau jeu contre le recteur de Saint-Eiiennc de Toulouse. 

(i) Dép. de G"' Boyer f, 14, de Raymond Jacques f. 16. 

(2) Plusieurs dépositions de Raymond Jacques et de Prudhomme. 

(3) Sa déposition s'ajoute dès cçtte heure aux précédentes et les confirme 
presque mot ^ moÇ. 



— 58 — 

commerce, et portèrent cette cire chez un juif baptisé, du nom de 

Bernard Jourdain, qui demeurait non loin de là, dans les environs de 

Tl^église Saint-Quentin (i). Il leur promit de leur faire trois images à la 

ressemblance du pape et de deux cardinaux, moyennant la somme de 

cinq sous toulousains (2). Trois jours après ils revenaient prendre les 

x^statuettes que Jourdain coula devant eux dans les moules préparés à 

l'avance. Une des images était « à la ressemblance du pape, habillé en 

forme de prêtre célébrant la messe », les deux autres reconnaissables 

pour des cardinaux à leurs chapeaux : les chapeaux cardinalices furent 

coulés à part. 

"I Pendant ces trois jours ils s'étaient occupés des poisons. D'abord, ils 

/ se procurèrent hors ville des crapauds, des lézards, des queues de rats, 

( des araignées, etc., et portèrent le tout chez un apothicaire dont la 



(i) Ajmd portariam S. Quintini, — Un archéologue de Toulouse, à qui je dois 
toutes les notes topographiques qui intéressent cette ville, m'assure que l'on 
donnait le nom de rue de la Por/erre à la rue aujourd'hui disparue qui unissait la 
rue du Taur à la nac Saint-Rome. — La chapelle Saint-Quentin se trouvait 
presque en face la porte actuelle du Capitole. Le nom de la rue venait d'une 
antique porte dite « forta Arietis a. (Communiqué, par M. Tabbé A. St-Martin, 
de Toulouse). y 

(3) Des trois images, deux étaient donc destinées à deux pûrdinaux. Ces deux 
cardinaux étaient Gaucelme de Jean et Bertrand du Poug^t. Ainsi on atteignait 
le pape et ses plus chers et plus fidèles appuis. Il n'y a aucun doute possible 
sur l'attribution des images. L'évcque de Toulouse d'ailleurs l'aurait dit lui- 
même dans sa chapelle (déposition de son vicaire général, Arnaud Pascal, f. 29). 
Comme on savait que le neveu du pape était visé aussi, ceux qui ignoraient 
qu'il y avait eu une image de plus déjà envoyée, font quelque confusion, par 
exemple G"' d'Aubin. L'évêque de Cahors qui a d'abord intérêt à ne pas parler 
de la première ima;ge, nomme le cardinal-neveu Jacques de Via et Bertrand du 
Pouget comme les deux personnages visés, puis il finit par nommer Gaucelme 
de Jean (f. 20*j. Le nom de celui-ci fut mis sur une des images de Toulouse. 
D'ailleurs ces noms, tout le monde les savait, jusqu'aux pauvres diables de por- 
tefaix qui les avaient appris de leur conducteur Perrot de Béarn. 

Le fait de poursuivre ces deux cardinaux, sûrement les plus importants de la 
promotion nouvelle, et qui n'étaient que les amis, non les neveux du pape (voir 
Autour de Jean XXII — Annales de Saint-Louis ^ janvier 1903 — Extrait pp! 
112 et 167) semble bien indiquer de la part du vicomte de Bruniquel et de 
l'évêque de Toulouse la pensée de faire triompher le parti gascon; de la part de 
l'évêque de Cahors, peut-être n'y eut-il que la jalousie excitée par le triomphe 
de ces deux hommes dont la fortune avait commencé avec la sienne, qu'il aval t 
un moment dominés, et qui allaient monter aux suprêmes honneurs ecclésiasti- 
ques cjuaad il était, lui, sur le pôinÇ çl'ça çtrc précipité. Gaucçlme de Jean avait 



„j^t. 



— 89 — 

boutique se trouvait dans la rue de la chapelle d'Hugolin (i), qui 
s'appelait M" Durand Laurent; ils lui dirent de brûler le tout et de le 
réduire en poudres ; puis ils lui donnèrent la liste des drogues. Quel- 
ques jours après ils revinrent les chercher. Il y avait de Tarsenic [realgar), 
une liqueur blanche et épaisse, où de l'arsenic était mêlé à du fiel de 
porc, du vif argent, etc., les poudres de crapauds, rats, etc. brûlés, et 
diverses drogues qui, prises dans de bonnes conditions, auraient été 
purement médicinales (f. 1 5*). Dans son interrogatoire (f. 1 5*) l'apothicaire 
nomme le séné, la verveine, la sauge, et d'autre plantes dontje n'ai pas 
pu lire ou retrouver les noms et que je me dispense d'écrire de peur de 
commettre une hérésie botanique ou médicale (2). L'apothicaire Durand 
remit ces drogues dans plusieurs boites, auxquelles il ajouta quelques 
'autres boîtes vides à deux ou trois compartiments, et fournit enfin des 
tuyaux déplumes d'oie pour les poudres, et deux petits sacs renfermant 
l'un de la sauge, l'autre du sei. Prudhomme emporta le tout sous son 
manteau (3). 



été en fréquents rapports avec Hugues Géraud dans la curie romaine sous Clé- 
ment V. On les voit quelquefois tous deux exécuteurs désignés pour la même 
bulle (Reg. Clem. V. Bened. n° 5717 en 1310 — n° 10060, en 1^313, Géraud 
déjà évéque), quelque-fois chacun d'eux chargé de faire exécuter une bulle en 
faveur de l'autre (ibid n° 7435, Gaucelme pour Hugues en 131 1, n° 8878. Hu- 
gues pour Gaucelme en 13 12). — Malgré tout ce qu'ont écrit Dufour et Ber- 
trandy, je n'ai pas vu que les de Jean fussent plus compromis que d'autres 
dans l'affaire des biens aliénés, sauf peut-être G™' de Jean, qui est d'une autre 
branche que celle des Junies et de Salviac. 

(i) Écrit « Nugoles et de Hugoleni. — Il est souvent mention de cette cha- 
pelle dans divers documents de Toulouse : carriera de capella Hugoleni 13 13— 
a-pud capellam Ugoles 1327 etc. piatea capelle Hugoleni sive de la Tour de 
Najac: i 5 19. — La rue de la Tour de Najac est aujourd'hui la rue Cujas : la rue 
de la Chap. Hug. est la rue Cujas ou la rue de la Bourse. 

(2) Voici du moins quelques fragments de la déposition de l'apothicaire (f. 1$^ 
fin) : « in una pyxide de i>ulvere seno et turb... et dyagradi^et inr alia fyxide^et in 
alia Pyxide de herbiSy berbena, salidonia^ bretonya, sansussi, et menth,,, |ct dans 
un tuyau de plume]... ment.., lebariim album combustum et gleta, et ista omnia 
confecta fuerunt cum melle ». 

Sene : séné. — turb .* turbiscus (})^ plante. — dyagradi (?) — berbena : 

verveine — salidonia ? — bretonya : britannica : cochléaria ou patience, ou 
bien: bryonia, bryone-coulevrée. — sansussi: sampsuchum, marjolaine. — 

menth .-menthe. — lebarum album ou lobarum ; loba ; morelle, peut-être 

veratrum album, verâ:re hlt^nc—gleta ou gleca ! gleba ou gleva, terre à foulon, 
ou terre ramassée dans un cimetière, ou larmes d'encens. 

(3) Dép. de RaimondJacques,Guillaumed'Aubin,Prudhomme;— les poisons sont 
en partie nommés encore par les porteurs d'après ce que leur avait dit Perrot 
4c Çéarn, 



V. 



^ GO- 

Ce n'était pas assez : le grotesque et le macabre se mêlent en ces 
horriblesaventuresaveclesacrilège.Le lendemain, lemêmePrudhomme 
s'en va avec Guillaume d'Aubin au lieu de la Salade où se trouvaient 
les fourches patibulaires (i). Guillaume appuie une échelle au gibet, et 
Prudhomme monte couper la chair de la jambe d'un pendu auquel il 
enlève aussi des cheveux et des ongles. Ils ajoutent à leur funèbre 
récolte de la corde dépendu ramassée par terre et la queue d'un chien 
mort trouvé dans la rue en revenant. Tout leur était bon à ces féroces 
ignorants. 

Avant de disposer ces diverses choses et d'expédier les images de 
cire il fallait les faire bénir. 

Après entente préalable entre le vicomte de Bruniquel et Tévêque 
de Toulouse, les images furent portées dans la chapelle du palais épis- 
copal. Il y avait nombreuse compagnie lorsque Raymond Jacques 
arriva avec les images dans ses bras. 

Un peu avant qu'il entrât, Arnaud de Villars, avait pris à part 
l'cvêque de Ganos et lui avait dit : on va porter des images de cire 
pour les envoyer à la curie romaine, vous voudrez bien les bénir. Ber- 
nard Gasc soupçonna, dit-il, et peut-être savait-il, si les conférences 
avec le vicomte de Bruniquel sont bien sûres, que ce n'était pas pour 
un but édifiant, mais il n'osa pas refuser, et lorsque l'évêque lui eut 
fait signe, il s'exécuta (2). Les trois statuettes de cire furent couchées 
dans un grand plat d'étain : Bernard Gasc prit une étole, et aspergea 
les images d'eau bénite en lisant des oraisons dans un rituel. On avait 
eu soin de faire sortir les indiscrets et de ne garder que des gens dont 
on était sûr. Des témoins assez nombreux de cette scène aucun n'igno- 
rait le but poursuivi, car, d'après la déposition d'Arnaud Pascaud (ou 
Pascal), l'évêque de Toulouse aurait dit très explicitement que les 
images étaient faites contre le pape et contre deux cardinaux (f. 29). 
Il y avait avec l'évêque de Toulouse (3), deux de ses vicaires gêné- 



(i) Le nom de Salade est resté encore à ce quartier de Toulouse du côté des 
Minimes. 

(2) Les dépositions de Bernard Gasc ont pour but de faire croire à son igno- 
rance de tout ce qni se passait, mais on devine sans peine, et les juges le lui font 
remarquer, qu'il ne pouvait pas ne pas savoir \ et il se décide à des demi- 
aveux (ff. 18, 29'). 

(3) Toutes Içs dépositions soiiÇ4'aççord, 



j 



-61 - 

raux : Arnaud de Villars (i) et Arnaud Pascaud (3} ; plusieurs de 
ses familiers : Tarchidiacre de Silos (3), Jean Rastoul, procureur 
de révoque (4) un certain Rostang (5) qui avait eu le sceau de la 
curie épiscopale, Bernard Gasc (6) et son socius le frère Rufus (7) ; 
Raymond Jacques (8) prêtre du diocèse de Cahors, chapelain de Saint- 
Etienne, Guillaume d'Aubîn (9), familier comme lui de la maison 
d'Assier,, le vicomte de Bruniquel (10) et ses deux familiers Pru- 
d'homme (11) et Guillaume Bernard (12). 

La bénédiction terminée,le vicomte de Bruniquel présenta à révoque 
de Toulouse Prudhomme et Guillaume Bernard en lui disant : « C^est 
eux qui ont tout préparé » et Tévêque leur passant ses bras autour du 
cou les remercia chaleureusement du service rendu (13), 

Raymond Jacques emporta les images couchées dans le plat d'étaîn, 
et revint à la maison de Rigaud d'Assier. Il faut croire qu'on n'avait pas 
une grande confiance dans la bénédiction de Bernard Gasc — peut-être 
parce que plusieurs tenaient pour très suspect son titre d'èvôquede Ganos 
in parlibus-'CarR'dymond Catalan,autre chapelain de Rîgaud d'Assier, 
fut prié de les bénir encore. A cette nouvelle bénédiction assistaient 
les deux écuyers du vicomte du Bruniquel avec Jacques et d'Aubin, les 



(1) Dépositions d'au moins cinq témoins oculaires. 

(2) Dépositions de Prud'homme, Bernard Gasc, lui-même, 

(3) Dépositions de Prud'homme et de Rastoul (f. 23', f. 25). 

(4) Dépositions de Jacques et de JPrud'homme, ses propres dépositions, 

(5) Dépositions de Raimond Jacques (f. 4). 

(6) Ses propres dépositions — dépositions de Rastoul, d'Aubin, Jacques, Paa- 
caud, Boyer, Justin. 

(7J Déposition d'Arnaud Pascaud (f. 29). 

(8) Ses dépositions,— dépositions deB. Gasc, Prud'homme, Rastoul ^ Aubia^ elc, 

(9) Bernard Uasc, Rastoul et Prud'homme, cependant il semblerait (f. i8*)t 
qu'il n'était qu'à la bénédition chez Catalan. 

(10) Dépositions de Bernard Gasc, Prud'homme, Jacques. 

(11) Dépositions de Prud'homme, de Jacques. 

(t2) Dépositions de Rastoul, Bernard Gasc, sa propre' déposition. 
(13) Dépositions f. 23— Jacques vit la chose et n'entendit pas les paroles f, 4, 



— 62 - 

quatre inséparables dans cette curieuse histoire (i). La cérémonie eut 
lieu dans la chambre de Catalan que Prudhomme était allé prendre 
a dans la partie de la maison où l'on a coutume de jouer aux échecs » 
Catalan fit un signe de croix sur elle en disant l'oraison : « Dews, qui 
de béate Marie » mais sans conclusion ; puis Raymond Jacques en fit 
autant, avec l'oraison : « Dei^ qui corda fidelium » qu'il ne conclut pas 
davantage. Catalan voyait bien que c'était pour le mal qu'on lui faisait 
faire ce travail, mais il croyait, raconte-t-il, d'après ce que lui avait dit 
Prud'homme, que celui-ci avait en vue une femme qu'il aimait (2). 
Comme Catalan et Jacques, sans doute un peu effrayés de leur sacri- 
lège, hésitaient dans leurs cérémonies, Guillaume Bernard aurait 
dit : « Ces prêtres-là en savent moins que les bouviers de chez 
nous !» (3) 

Toutes ces cérénumes où tant de témoins s'étaient trouvés r^nis 
ne pouvaient s'être faites sans qu'il en transpirât quelque choseau dehors, 
et, comme il arrive toujours dans ces cas-là, sans que la vérité fût quel- 
que peu déformée. La bénédiction fut transformée en baptême solennel 
fait dans la cathédrale, et l'on alla jusqu'à nommer quelques-unes des 
marraines des images homicides. Arnaud de Grèzes, recteur de Saint- 
Martin de Salvagnac (Albi) dit que c'était un bruit public que les ima- 
ges avaient été portées aux fonts baptismaux de Saint-Étienne : il 
nomme parmi les témoins: Raymond Jacques et Raymond Catalan, 
Boyer et Guillaume d'Aubin (f. 16*); Rigaud Justin, clerc de la maison 
d'Assier, a aussi entendu parler de baptême (f. 17). 

Le prieur d'Auvillars cite comme marraine, d'après l'opinion publi- 
que, la femme de Bernard Viche, changeur, familier et commensal de 
l'évêque de Toulouse (f. 33). Mais les juges ne semblent pas avoir fait 
cas de ces divers racontars, puisqu'ils n'interrogent qu'une fois sur ce 
prétendu baptême dans Saint-Etienne, et sur la réponse négative de 
Bernard Gasc, ils n'insistent pas. 



(i) Dépositions de Prudîhomme — Jacques — d'Aubin. 

(2) Dépositions de Catalan f. 15 — Celui-ci aurait demandé à Prud'homme si 
le charme avait produit son effet : non, lui fut-il répondu, aussi j'ai brisé les ima- 
ges. — Je suppose que les deux prêtres . dai;s ces oraisons ne dirent pas la 

conclusion : Per Domïnum.,. etc. 

* 

(3) 2* déposition de Catalan f. 23*. Guillaume Bernard n'est pas nommé il y 
• a « celui qu'on appelait l'écuyer du vicomte de Bruniquel ». Prud'homme damoi- 
seau de Seysscs, logeait chez le prieur d'Artigat (f. 25, f. 3*.) 



-63- 

Les images bien et dûment bénites^ il s'agissait de les faire porter à 
Avignon de la façon la plus commode et la plus sûre. On se mit donc 
à préparer les paquets peu ordinaires qu'on allait envoyer. 

Voici comment ils furent faits, dans la maison d'Assier, chez Ray- 
mond Jacques. Guillaume d'Aubin ayant pris la mesure des images, 
acheta chez Jean le boulanger d'en face trois pains de dimension 
proportionnnée. Les pains furent fendus, la mie enlevée et à la place 
de la mie on posa dans chaque pain une des images avec des tuyaux 
de plumes d'oie et une boîte à compartiments remplis des diverses 
poudres plus ou moins nocives qu'avait fournies l'apothicaire et aux- 
quelles on avait ajouté quelques saletés nouvelles, comme du soufre, 
etc. (f. 15^ et f. 16). On eut bien soin de mettre dans chaque pain un 
peu des restes du pendu et un fragment de la queue du chien. Chaque 
statuette était accompagnée d'un parchemin vierge, sur lequel, de sa 
plus belle main, Raymond Jacques avait écrit : « Papa Johannes moria- 
iur et non alius, — Bertrandus de Poyeto morialur et non alius, — Gau- 
celmus Johannis moriatur et non alius ». Les pains furentr€&nnés avec 
de la colle de farine, bien liés d'étoupes, eaveloppés chacun dans une 
étoffe de couleur spéciale^ mis dans un sac de laine brune que l'on 
cacheta soigneusement, et qui fut placé dans un second sac de toile. Ce 
qui restait des poudres, la liqueur blanche où l'arsenic était mêlé au 
fiel, l'arsenic, etc., furent mis dans deux ou trois boîtes, et le tout avec 
les petits sacs de sauge et dé sel forma le contenu de l'autre paquet. 

Tous ces menus détails caractéristiques sont donnés par les déposi- 
tions concordantes des acteurs : Raymond Jacques, Guillaume d'Aubin 
et Prud'homme. La vérification en était facile puisque, comme on le 
verra,les paquets furent saisis par la police du pape : Raymond Jacques 
en dit le contenu devant les commissaires qui purentfaire le contrôle ; 
les images tirées des pains furent reconnues par tous ceux qui les 
avaient vues chez l'évêque et les poudres et poisons par l'apothicaire, 
sauf ce qui avait été ajouté chez Raymond Jacques ou en chemin. 

Ce n'est que quelques jours avant la quinquagésime ( i ) que le vicomte 



(X) Il est toujours question de carnisprivium , Je pense qu'il faut traduire tout 
simplement par carême. En effet., d'après Helyot, Tembauchage des porteurs se 
fait le dimanche avant le carnisfrivium^ d'après Paulet le dimanche avant le i" 
dimanche de carnisprivium ; il faut conclure que l'embauchage eut lieu le diman- 
che de quinquagésime. L!entrevue du vicomte deBruniquel avec ses complices ; 






-64- 

de Bruniqifôl vint à la maison de Rigaud d'Assier et dit à Raymond 
Jacques et à Guillaume Boyer, ainsi qu'à Prud'homme, qu'il était 
temps d'envoyer les paquets à la curie romaine, et qu'il chargerait de 
la commission Perrot de Béarn que tous connaissaient (f. 23'). Il est 
probable qu'il avait dû dire la même chose à l'évêque de Ganos^ car 
vers le même temps celui-ci demanda à Guillaume Boyer s'il ne pou- 
rrait pas lui trouver deux hommes pour porter des lettres pressantes à 
Avignon, les courriers de l'évêque de Toulouse n'étant pas libres, et 
Guillaume Boyer s'en chargea (f. 13*). Bernard Gasc assura plus tard 
que c'était par Raymond Jacques qu'il avait appris l'occasion qui s'of- 
fraitpour mander quelque chose à la curie et il en voulut profiter pour 
intéresser à son sort plusieurs grands personnages : Bertrand de 
Montfavés (i), Gaucelme de Jean, Arnaud de Pékigrue, Raymond de 
Farges, Galhard de la Mothe, et celui dont il était l'hôte : Rigaud 
d'Assier. Il leur écrivit pour qu'ils demandassent au pape en sa faveur 
quelque bénéfice qui lui permît de vivre plus décemment (f. 22) (2). 

Guillaume Boyer s'en alla sur la place Saint-Étienne où se tenaient 
d'ordinaire ceux qui voulaient se faire embaucher pour un travail quel- 
conque. N'en trouvant pas, il poussa jusque prés de l'église du Taur, 
dans la rue dite alors de la tour Garrigues (3) où plusieurs pauvres 
diables attendaient. Il en choisit un qui lui parut plus débrouillard 
(a/>^zor),JeanPaulet de Rabastens (Àlbi) ; celui-ci accepta de partir pour 
Avignon et se chargea de trouver un autre porteur. C'était Hélyot du 
Bosc, du diocèse de Saintes qui logeait près de la porte Arnaud-Ber- 



eut lieu, d'après Prud'homme, un jour avant le carnisi>rivium dont la date lui a 
échappé. A partir du i^mars, tous les jours [de 13 17 coïncident avec ceux de 
1904, Pâques étant le 3 avril. 

(i) Bertrand de Montfavés^ de Castelnau Montratier, cardmal-diacre de Sainte- 
Marie in Aquiro : Raymond de Farges^ neveu de Clément V, fait cardinal du 
titre de Sainte-Marie nouvelle (Saint-Françoise Rom). — Galhard de la Mothe, 
autre neveu de Clément V, fait cardinal du titre de Sainte-Lucie par le pape 
Jean XXII, dans sa première promotion, ce qui prouve bien qu'il n'avait pas de 
parti pris contre la famille de son prédécesseur. 

(2) Les dépositions concordent pour tous les détails communs aux divers 
personnages : il n'y a de différence notable que pour ce qui est propre à chacun 
en particulier. 

(3) Tour ainsi nommée du lieu planté de chênes {garric^) où elle fut bâtie. 



— 65 — 

nard (i). Tous deux reviennent trouver Guillaume Boyer qui les atten- 
dait entre la porte des chanoines et le Peyrou (2), à la taverneû^e las don- 
zelas, en compagnie de Guillaume d'Aubin, rencontré dans l'intervalle. 
On conclut le marché en buvant un coup : 10 sols tournois pour chacun 
et une paire de souliers. Les porteurs sont amenés ensuite à Saint- 
Étienne où on leur présente leur chef de roule, Perrot de Béarn. Ray- 
mond Jacques, averti, vient les retrouver, leur fait jurer à tous trois 
sur les évangiles qu'ils seront fidèles et consciencieux et remet à Perrot 
pour les frais de voyage et pour acheter des habits plus décents aux 
porteurs l'argent que lui a remis le vicomte de Bruniquel. Une somme 
assez ronde leur sera donnée à Avignon par un juif de Perpignan (?) 
chargé de cela par l'évêque de Cahors ou le cardinal de Pélagrue. 
Les trois messagers vont passer la nuit prés du Château-Narbon- 
, nais (3) dans une auberge de la rue du Carenga (Boucherie ?) non loin 
de féglise des Trinitaires (4). Le lendemain, après avoir acheté à ses 
conîpagnons des habits plus propres mais vieux, il è'en va du côté de 
Saint-Étienne (5)* Il revient bientôt avec les sacs qu'il distribue aux 
deux porteurs en leur disant qu'ils renferment des lettres et desépices. 
Ils s'en vont en prenant la direction de Lalande. Vers la Salade, ils 
rencontrent Guillaume Boyer, venu pour faire à Perrot une dernière 
recommandation, et lui donner quelque argent de la part de l'évêque 
de Ganos. Il les accompagne un bout de chemin. Perrot de Béarn 
qui parlait beaucoup révèle en partie à ses naïfs compagnons le but • 
du voyage. Ils portent à Avignon de la part des chanoines de 
Toulouse, des poisons et des images de cire contre le pape qui les a 



(t) Le nom est resté à une place, et à un faubourg derrière Saint-Sernin. 

(2) Le Peyrou est encore le nom de la place qui s'étend devant rentrée prin- 
cipale de, Saint-Sernin. — La porte des chanoines, qui existait il y a quelque 
quarante ans, était une entrée de l'abbaye du côté de la rue actuelle Gatien- 
Arnoult. 

(3) Sur l'emplacement actuel du Palais de Justice de Toulouse. 

(4) Les Trinitaires qui étaient alors à rentrée du faubourg Saint-Michel se 
transportèrent en 1363 sur la paroisse de Saint-Étienne, place Rouaix actuelle. 

(5) Vers Agutlheras, dit un autre porteur. Je conclus que celui-ci veut parler 
de Guillemery, car la rue Agulheras (ou des Aiguillers) qui continuait la rue 
actuelle de Rémuzat jusqu'à la rue de la Pomme n'est pas dans la direction quil 
faut. 



/ 



Spoliès,ce qui fait faire à l'un des porteurs une naïve réflexion: «le pape 
aurait mieux fait de ne leur rien prendre ». Il y a dans un des sacs,ceiui 
qui est cacheté, trois images enfermées dans trois pains qu'on mettra 
sur trois des portes du palais apostolique. Le pape ne vivra pas jusqu^à 
la fête de Notre Dame de mars etc., etc. De plus Perrot, soit de luh- 
mème, soit d'aprèsdesinstructionsspéciales, ajoute devant les porteurs 
aux drogues et aux poisons, ce qui permettra à ceux-ci.de dire avec 
autant de précision que Raymond Jacques ce qu'il y a dans un des 
sacs. Ilajouteàjaliqueur blanche (arsenic et fiel) de la poudre de chaux, 
et mélange avec des blancs d'œufs le suc de certaines plantes (i) qu'il leur 
a fait ramasser et broyer. Il leur fait couper des queues de rats en petits 
morceaux, etc., etc. C'est à MontpeUier que Perrot fabrique cette 
étrange cuisine, dans une auberge située aux environs de l'église de 
Notre-Dame-des-Tables ou de Kaboul (?) Il a le temps de se livrer à • 
cette besogne parce qu'il attend quelqu'un qui n'arrive qu'au bout de 
5 ou 6 jours et avec lequel il passe la nuit. Qui est ce personnage .^*Les 
dates ne permettent de nommer ni Pierre de Saleille^, ni Pierre Moret, 
ni Aymeric de Belvèze. Peut-être était-ce Rastoul qu'ils retrouveront 
à Avignon. Quoi qull en soit, après cette 'entrevue, Perrot dit à ses 
compagnons : « Sans l'arrivée de cet homme nous n'aurions rien fait 
de bon » et il leur recommande à plusieurs reprises de ne pas oublier 
les noms de Bertrand du Pouget et de Gaucelme de Jean. Déjà il leur 
avait fait connaître les noms de Raymond Jacques et de Guillaume 
d'Aubin. 

Arrivés aux portes d'Avignon, ils rencontrent un homme qui saute 
au cou de Perrot, l'embrasse et le prenant à part cause avec lui tout le 
temps qui fut nécessaire pour passer le premier bras du fleuve sur un 
bac qui remplaçait le premier pont sans doute rompu, et pour traverser 
lesecond pont, au boutduquell'inconnuse retira. Nous savons par une 
déposition de Géraud que c'était Rastoul, venu à Avignon pour les 
affaires de l'évêque de Toulouse (f. 20*). Il revint un peu plus tard 
causer avec Perrot de Béarn à l'auberge où les trois Toulousains étaient 



(t) Paulet (f. 8') a remarqué deux sortes de plantes, Uûe à feuille ronde 
aqueuse, épaisse, l'autre à feuille longue et rude « que rapit raubam hominis qui 
jungitur » et Hélyot (f. 2^) décrit ainsi : une herbe qui pousse sur les murs à 
feuille ronde comme un tournois blanc, épaisse et grasse, l'autre à feuille longue 
qui a beaucoup de graines, et qu'on trouve aussi sur les murs. 



* #; 



-61— 

descendus- Perrot laissa dans la soirée les deui paquets à la gardé des 
deux hommes, non sans avoir tiréd'un des sacs la boîte de poisons, et 
suivant la recommandation du vicomte de Bruniquel, se rendit chez 
Pévêque de Cahors, où il demanda rarchiprêtre,le « petit » archiprêtre, 
comme disait le vicomte, et il lui remit pour Hugues Géraud la boîte 
qu'il avait apportée. Il revenait à l'auberge pour aviser aux moyens de 
faire porter le reste sans être remarqué, quand il apprit qu'on venait 
d'arrêter deux hommes arrivés de Toulouse avec des paquets suspects. 
La police pontificale veillait en effet : il est probable que Rastoul, pro- 
cureur de l'évèque de Toulouse était épié dans toutes ses démarches ; 
on l'avait ^u causer mystérieusement avec Perrot, revenir plus tard le 
trouver à l'auberge ; peut-être quelque dénonciation anonyme avait- 
elle, donné l'éveil. Quoi qu'il en soit, les deux porteurs après avoir 
attendu Perrot devant la porte assez longtemps, rentraient tranquille- 
ment dans leur logis lorsque parurent les gens du maréchal de Trian 
qui les arrêtèrent et s'emparèrent de leurs sacs. La tentative si minu- 
tieusement combinée était manquée (i)* Nous savons par ce que rap- 
porta Perrot à Raymond Jacques ettiPrudhomnie,que Perrot se hâta 
d'Iller prévenir l'archiprêtre de ce qui s'était passé : nous le savons 
aussi par l'archiprêtre et l'évèque, car je le répète, les dépositions se 
corroborent l'une l'autre. L'archiprêtre fit entrer le messager maladroit 
dans la chambretl'Hugues Géraud où il raconta la mauvaise nouvelle (2). 
On l'envoya en dire autant chez le cardinal de Pélagrue qui le traita 
d'imbécile et le mit assez vertement à la porte (3). Raymond Jacques et 
Prud'homme à son retqur le traitèrent de la même façon (4). Ainsi 
reçu, le pauvre diable, compromis des deux parts, résolpt de se cacher 
aux uns et aux autres et il s'arrangea si bien, qu'en effet on ne put le 
retrouver que vers la fin de Tannée (5). 



(i) Déposition de l'archiprêtre f. 21 et de l'évèque Géraud f. 20. 

(2) Dépositions des deux porteurs ; — partie de la déposition de Raymond 
Jacques. 

(3) Déposition de Raymond Jacques f. 5. 

(4) Déposition de Prud'homme f, 23'. -- C'est vers le milieu du carême que 
Perrot revint à Toulouse. — Tout ce qu'on put savoir de lui, ce fut son signa- 
lement 

' (5) Pièces iustifîcatives, n« XV, à la date du 19 novembre. -*, - : • 



L '^ 




Chapitre V 



LE PROCES CRIMINEL 



LE TRIBUNAL. — SES PROCÈDES. — SON AUTORITÉ 



Les deux porteurs toulousains durent raconter sans beaucoup de 
difficulté ce qu'ils savaient par Perrot de Béarn : les pièces à conviction 
Aaient saisies, sauf la boite de poisons que celui-ci avait eu le temps 
de remettre à Tévêque de Cahors : il était impossible de douter qu'une 
tentative criminelle avait été faite contre le pape par yp certain nombre 
de clercs et de laïques excités par une haine atroce. Quels pouvaient 
être les coupables d'un tel crime? Qui avait intérêt, dans Avignon, à se 
débarrasser du pape et de ses meilleurs soutiefis, Gaucelme de Jean et 
Bertrand du Pouget, dont les porteurs avaient si bien retenu les noms .^ 
^'i^e pape s'en doutait peut-être, car le procès d'Hugues Géraud, presque 
terminé maintenant, lui avait révélé les misères et les hontes de cet 
hom'me et de ses familiers, mais il n'avait pas la certitude. Pour une 
enquête semblable, il fallait d'autres moyens que les paternelles 
enquêtes ecclésiastiques avec leurs lenteurs et leure hésitations, il 
fallait le bras laïque plus rapide et plus sûr. Jean XXII avait mis à la 
tête de la justice, pour les poursuites au criminel et pour les exécutions 
quelquefois nécessaires, dont un prêtre ne pouvait se charger, un 
homme en qui il avait confiance : son neveu, Arnaud de Trian. fils du 
seigneur de Crayssac et de sa sœur Huguette qui était venue auprès de 
lui abriter son veuvage. Arnaud de Trian s'était déjà fait remarquer du 
roi de Sîcile-*Robert, ami de son oncle, qui Pavait fait chevalier, et 



— 69 - 

nomqié son justicier dans la Terre de Labour et le comté de MoHse (i).. 
Sans doute la manière dont il s'était acquitté de cette charge avait 
donné à Jean XXII l'idée d'en faire son maréchal de justice. Arnaud 
de Trian venait de justifier .cette faveur par son adresse ou son bon- 
heur, puisqu'il avait pu arrêter les porteurs toulousains si peu de temps 
après leur arrivée à Avignon. Il était bien l'homme qu'il fallait pour 
continuer les recherches. , 

Le 8 mars 1317,1e pape le chargeait officiellement, en lui donnant I 
pleins pouvoirs, de poursuivre cette ténébreuse affaire et d'arrêter tous 
ceux qui lui paraîtraient coupables ; il devait s'entendre pour cela avec 
Pierre de Via (2), chevalier du pape son autre neveu, qu'il lui ad- 
joignait dans les mêmes conditions, et avec les autres commissaires 
extraordinaires qu'il croirait bon de nommer encore. Une lettre de tout 
point semblable était en effet adressée à ce chevalier le même jour (3). 

On n'eut pas à attendre bien longtemps. La police d'Arnaud de Trian 
rapporta des paroles imprudentes d'Hugues Géraud, qui méritait bien 
l'épithète de bavard (loquax) que lui donne quelque part le procès- 
verbal. Le 14 mars, Jean XXII chargeait Galhard de Saumade, qu'il 
veriait d'élever le jour même au siège voisin de Riez, de savoir à quoi . 
â'en tenir sur un détail aussi grave (4). ^ 

Ni l'une ni l'autre enquête ne devaient être terminées le 23 mars : du 
moins il n'y est fait aucune allusion dans la bulle de ce jour que j'ai 
déjà citée à propos de Raymond de Caussade et où Hugues Géraud 
est encore appelé suivant la formule « vénérable frère », sans aucune 



(i) Voir Autour de Jean XXII, Annales de Saint-Louis des Français. Rome, n* 
d'octobre 1902 p. 108-9.— Extrait p. 74-5-6. Nos auteurs locaux le rattachent 
à tort à la famille de Jean et Baluze lui-même n'a pas connu sa vraie parenté 
avec le pape. Je dois dire qu'elle était déjà indiquée dans un article de M. Faucon, 
Mélanges de l'Ecole française d'Athènes et de RomeT. II. p. 43, Les Arts à la cour 
d'Avignon^ article très intéressant, mais renfermant de nombreuses erreurs sur 
les personnes. 

(2) Sur Pierre de Via, voir Autour de Jean XXI', Ibid. Annales p. 114..— 
Extrait p. 80. 

(3) On trouve à chaque instant son nom dans les comptes relatifs à ce procès. 
Voir pièces justificatives : une partie de cette lettre a été donnée par Raynaldi 
quia confondu toutes ces histoires de procès. Elle est tout entière dans la 
publication de M. Coulon, n° 134. Je donnerai aux pièces justif. la lettre adressée 
au juge ecclésiastique qui reproduit celle-ci presque en entier (v. n"' XI et XII). 

(4) Voir aux pièces justif n** X. 



L^*_.:,^.: 



-70- 

restriction. Mais c'est peu de temps après qu'il dut être a rfê té et déposé 
de son siège épiscopal (voir chapitre IV). Le 9 avril, la condamnation 
à la prison perpétuelle et la confiscation des biens étaient déjà pro- 
noncées, mais non promulguées, comme on a vu plus haut (i). 

Quand eut lieu la promulgation solennelle, le 18 mai, près d'un mois 
s'était écoulé depuis l'ouverture du procès criminel, et déjà le pape 
savait à quoi s'en tenir sur la culpabilité de Géraud, même au point de 

rie du droit conrimun. 
La découverte de la tentative faite contre Jean XXII avait fait du 
bruit. Le 13 avril, le pape recevait des lettres du roi de France qui lui 
faisait offrir de l'aider dans la poursuite des coupables. Il lui répondit 
le lendemain pour le féliciter et le remercier de son empressement et 
de sa générosité. Bien qu'il n'en soit pas question dans cette lettre, il 
dut accepter l'offre du roi, puisque nous voyons mis en mouvement à 
plusieurs reprises les officiers royaux, depuis les sénéchaux jusqu'aux 
simples sergents d'armes. 

Le comte de la Marche, frère du roi, offrit également ses services, 
comme le prouve la lettre du pape pour le remercier le 27 juillet 1317 (2). 

En attendant il adjoignait un commissaire ecclésiastique aux deux 
commissaires laïques chargés d'instruire sur l'attentat, afin qu'il 
commençât l'interrogatoire des premiers témoins ou prévenus ,que 
ceux-ci avaient pu arrêter. C'est encore Galhard de Saumade, évêque 
de Riez, à qui le pape confiait cette mission si importante et si déli- 
cate (3). Desgreffiers ou notaires publics choisis parmi les plussûrs comme 
Raymond Carbonnel d'Arles, Géraud de Lalo, de Montverd, furent mis 
à sa disposition. 

L'interrogatoire commence le jour même, (22 avril) dans le château 
de Noves qui servit de prison pour tous les prévenus dans cette affaire, 
et dont la situation rendait plus facile une poursuite que le pape voulait 
aussi simple que possible, afin d'éviter de faire du scandale, et de 



(i) Voir pièces justif. n° XIV. 

(2) Coulon, op, cit. Lettre au roi, n° 172 in extenso. Lettre au comte de la 
Marche n** 329. 

(3) V. aux pièces justificalives cette pièce d'après le texte publié par M. Couîon 
et tiré des Rcg. des Secrètes ; la même pièce est dans le manuscrit coll. 493 f. 
I, en tête des procès-verbeaux et reproduite, plus lisible, dans la bulle de Picrrç 
des Prez, citée f. i o. 



— 71 ~ 

compromettre aussi peut-être des innocents par trop de bruit autour 
de certains noms. 

La cause s'étendant peu à peu, le pape adjoignit successivement à 
Galhard, deux autres commissaires : Galhard des Prez et Arnaud de 
Gapdenac déjà employés dans le procès canonique. 

Il entendait que TafFaire fut conduite avec tout le soin et la « maturité » 
convenables. 

Plusieurs choses m'ont frappé dans ce procès : c'est d'abord la façon 
tout à la fois rapide, mesurée, perspicace, dont les instructions ont été 
menées. Quand on songe qu'on n'avait pas à cette époque les facilités 
d'aujourd'hui pour l'information : qu'on voulait, avant de condamner 
quelqu'un, surtout un personnage aussi important dans l'Église qu'un 
évêque, avoir le plus grand nombre possible de certitudes ; que les 
témoins, surtout quand ijs étaient en même temps des prévenus, ne se 
pressaient pas de répondre aux citations et qu'il fallait longtemps pour 
les réunir à Avignon — quelques-uns des prévenus avaient fui jusque 
dans l'Arcigon ou dans l'évêché de Lausanne ; — que les autorités 
civiles faisaient parfois des difficultés pour livrer les coupables ; 
que bien des personnages puissants, comme le vicomte de Bruni- ♦ 
quel, l'évêque de Toulouse, le cardinal de Pélagrue, étaient plus 
ou moins compromis dans cette affaire ; que ces personnages se défen- 
daient par le souvenir de Clément V, leur parent ou leur ami, et qu'il 
n'était pas facile, surtout au début d'un nouveau règne, de poursuivre 
de tels complices ; quand on pense à tout cela, qu'on se rend compte de 
toutes les difficultés, encore plus grandes que ne le laisse deviner la 
sécheresse des procès-verbaux, on est surpris que la vérité se soit fait 
jour si rapidement, et d'une façon si claire que la culpabilité d'Hugues 
Géraud n'a fait aucun doute aux yeux des contemporams. --^ 

Il faut observer également la façon dont fut appliquée la torture à 
divers prévenus dans ce procès. La torture y fut en effet employée 
quelquefois, et des esprits trop prompts pourraient conclure qu'on ne 
doit pas tenir compte de dépositions « extorquées » de cette façon trop 
sommaire. On sait que tous les tribunaux de tous les pays se servaient 
alors de ce terrible et trop chanceux moyen d'information. Evidemment 
il y a eu sur ce point de graves abus. J'imagine cependant que même dans 
les tribunaux laïques,où,dit-on,les bourreaux savaient le moyen d'ouvrir 
les bouches les plus rebelles au point qu'un Templier avait pu dire 
dans sa protestation devant le concile de Vienne ; « J'aurais avoué que 



/^ 



— It ~ 

j'avais tué Dieu! », j'imagine, dis-je, que pendant les longs siècles où 
la torture a été en usage il ne manquait pas de juges consciencieux qui 
ne se servaient des tortionnaires qu'à bon escient, et je ne pense pas, 
pour quelques erreurs judiciaires, dont notre époque n'est pas exempte, 
qu'il faille réformer tous les jugements des siècles passés. Mais je n'ai 
pas à m'occuper des autres tribunaux, ni 'même des procès ec(:lésias- 
tiques autres que celui de Géraud : or la façon dont la torture y fut 
employée ne mérite que la critique générale justement donnée à ce 
procédé judiciaire. 

Neuf fois sur dix, — je ne parle pas des témoins qui parlent très libre- 
ment, — les prévenus sont interrogés sans subir aucune torture, même 
sans la menace des tourments : absque tormentis aui terrore iormeniorum. 
Souvent ils peuvent nier ce dont on les accuse, et même dans plusieurs 
séances de suite, sans être menacés. Pour qu'on les menace ou qu'on 
les torture il faut que les juges soient certains par ailleurs de la cul- 
pabilité dont ils veulent avoir l'aveu, ou que les prévenus se contredisent 
dans leurs négations ou leurs affirmations. Et alors d'ordinaire on se 
contente de les attacher sur le chevalet, ou de les menacer de les 
.envoyer à la torture, quand le chevalet n'est pas là, ( l'interrogatoire 
se fait quelquefois ( f. 42) dans un jardin ! ) (i). Quand l'obstination, 
dura maliiia, des prévenus rend nécessaire l'emploi de la torture, les 
juges la réduisent au minimum : le coupable est une fois seulement 
soulevé, et sans secousse ; il est modicum ou leniler iorhis, comme dit 
le procès- verbal, en un çiccouplement de mots qui nous paraissent 
aujourd'hui singulièrement jurer ensemble ; rarement, il est torturé 
simplement, sans épithète, (tortus) : une seule fois on peut croire que la 
torture a pu être forte, le coupable étant le soir du même jour interrogé 
dans sa chambre (f. 20). (2) 



(i) Le plus souvent dans la grande salle (aula) du château ou dans la chapelle. 

(2) Voici d'ailleurs le résumé de tous les cas de torture de ce procès : sur 25 
prévenus environ, dix sont mis à la torture ou attachés sur le chevalet: Tarchi- 
prêtre de Saint-Médard sur onze comparutions, une fois torturé et une fois 
attaché ; Hugues Géraud sur dixrsept comparutions, une fois attaché, une fois 
torturé; Guillaume Boyer sur cinq fois, une fois torturé ; Bernard Gasc, sur 
douze comparutions une fois attaché au chevalet et soulevé quelques instants ; 
Aymeric de Belvèze, dont les dépositions nous sont le plus suspectes à cause de 
ses variations,a été trois fois torturé et une fois menacé sur treize comparutions ; 
Jean Ra?touI, sur six interrogatoires, torturé une fois ; Arnaud Pascal sur cinq 



Je sais bien qu'au moment où on leur annonce lejour de la citation 
pour la. sentence, deux ou trois d'entre les coupables, comme par 
exemple Bernard Gasc, ou Jean Rastouil, protestent que leurs aveux 
sont faux, qu'ils ne leur ont été arrachés que par la violence des 
tourments. Si l'on ne veut prendre de tout le procès que ces quelques 
phrases, on aura belle matière à s'indigner. Mais le juge, Galhard de 
Saumade, alors archevêque d'Arles, fait observer à ces malheureux 
qu'ils ont pu parler, et que souvent ils ont parlé, sans avoir été torturés, 
ni même menacés de la torture, que d'ailleurs on les a torturés avec 
beaucoup de ménagements, et qu'enfin leurs dépositions après la 
torture ont été même sur les détails en parfait accord avec les autres 
témoignages, (i) Les coupables n'avaient rien à répliquer, et leurs 
dépositions restent vraies. 

S'il ne s'agirait, en effet, que de répondre par oui ou par non à un 
mterrogatoire savant et minutieux, je comprends que l'on aurait raison 
de se méfier d'une information où les oui et les non auraient été arrachés 
par des tortures, seraient-elles bénignes. Mais quand un prévenu, 
même après des tourments que je suppose aussi barbares qu'on voudra, 
se décide enfin à parler et de lui-même raconte tout au long, presque 
sansêtrequestionné,quelquefoisavec/o^Macî7é, comme Hugues Géraud, 
une foule de menus détails, qui correspondent exactement avec les 
détails déjà racontés par des témoins ou par d'autres prévenus, détails 
tellement typiques qu'ils ne peuvent être devinés ni suggérés, il est de 
toute évidence que ce prévenu, même torturé, dit la vérité, de mauvaise 
grâce sans doute, mais qu'il la dit, et son témoignage, même ainsi 
« extorqué », peut être accepté, puisqu'il corrobore celui des autres. 
D'ailleurs les interrogatoires sont très multipliés, je ne dis pas les 
interrogations, et la répétion des mêmes témoignages compense un 
peu le manque de spontanéité chez quelques uns des déposants. Cela 
suffît pour que le récit de la tentative criminelle d'Hugues Géraud et 



interrogatoires une fois torturé, une fois menacé ; Arnaud de Villars, le plus 
tenace de tous, est torturé deux fois et attaché une fois sur cinq; Pierre Morct une 
fois sur cinq ; Pierre de Saleilles, deux fois menacé sur huit. Ni Hélyot du Bosc, 
ni Jean Paulet, ni Raymond Jacques, ni Guillaume d Aubin, dont les inter- 
rogatoires sont très nombreux, ni Prud'homme si coupable, etc etc. ne sont 
même menacés une seule fois. 

(i) Collect, 493 ff 43 et 44. 



-74 — 

de ses complices, malgré tout ce qui peut s'y rencontrer d'étrange et 
de contraire à nos habitudes, ne soit pas un récit de fantaisie 
arrangé à plaisir, mais une reproduction aussi exacte que possible de 
la vérité. . 

On peut faire une objection sérieuse contre ces sortes de jugements 
sans solennité, de piano, sine figura et sirepitu judicii. Il est sûr qu'avec 
des juges malhonnêtes, qui auraient quelque intérêt personnel à trou- 
ver les accusés coupables, comme il y çn^ a eu à toutes les époques, 
comme il peut s'en rencontrer encore, un pareil 'système, où l'instruc- 
tion est tout à la fois le jugement, sauf que le commissaire instructeur 
ne rend pas lui-même la sentence, où il n'y a pas d'avocat et d'avoué, 
où l'accusé ne connaît pas les réponses des autres prévenus, 
mais seulement l'objet de la prévention, peut offrir des abus et 
en a présenté souvent. Qu'on n'oublie pas seulemeut qu'il s'agit 
ici de l'Église jugeant des ecclésiastiques et voulant d'une part 
éviter le scandale tant que les faits ne sont pas rigoureusement démon- 
trés, d'autre part donner une compensation au malheureux injustement 
accusé, si les faits ne sont pas démontrés. Ainsi en arriva-t-il pour 
quelques-uns des prétendus complices de l'évêque de Cahors. C'est ce 
qui permit de se contenter,à l'égard de ceux contre qui on n'avait que 
des preuves morales,d'une punition qui s'expliquait par ailleurs, comme 
pour l'évêque de Toulouse transféré à un siège qu'il ne pouvait pas 
accepter ; ou de se montrer généreux à l'égard de ceux qui purent 
démontrer leur innocence, comme Pierre de Mortemar, fait évêque 
puis cardinal. 

Quant aux défenseurs, il n'y en avait que rarement dans ces sortes 
d'enquêtes : mais y a-t-il si longtemps qu'en France on peut se faire 
assister d'un avocat devant le juge d'instruction ? D'ailleurs les préve- 
nus ne semblent pas trop s'en plaindre. Deux personnages seulement, 
l'un au cours des interrogatoires (Arnaud de Villars) l'autre au moment 
•de sa citation pour la sentence (Jean Rastoul) réclament des défenseurs ; 
d'autres auxquels on en propose les refusent (Guillaume Boyer) : ceux 
qui réclament le plus vivement ne sont pas les moins coupables. 

Notons qu'il n'y a pas davantage de ministère public, ce qui est 
peut-être appréciable. 

L'appel ne devait pas être' adndis ; mais les deux seules fois 
où l'accusé fait appel au pape,* quahd les commissaires passent outre 
çn vertu de leurs pouvoirs, ils ont bien soin d'aller çiussitôt après, 



m^mm 



— 75 — 

exposer le cas au pape, juge en dernier ressort, qui les approuve 
(ff. 28* et" 30). 

Donc rien de solennel dans ce procès, mais une information simple, 
sérieuse, lente seulement à la fin par la difficulté de faire venir tous 
les prévenus à Avignon ou par l'extention des débats due é la décou- 
verte de faits nouveaux ; une information où rien ne respire de la part 
des juges la haine ou une passion quelconque, où seuls les vrais cou- 
pables protestent et nient, ce qui est bien naturel, où les témoins ne 
craignent point de parler, où les juges interrogent à propos et n'inter- 
rompent presque jamais, où ils accordent pour répondre les sursis 
qu'on leur a demandés. 

Il m'a paru que dans ces conditions, on pouvait arriver comme les 
juges de Jean XXII, à une conviction raisonnée de la culpabilité de 
tel ou tel des accusés, à une certitude aussi complète que possible des 
faits avancés dans la prévention. 

Le résumé rapide de la procédure le fera voir encore mieux. 




Chapitre VI 



DÉVELOPPEMENT DU PROCÈS 



§ L — TÉMOINS ET PRÉVENUS 



Le 22 avril, l'évoque de Riez, assisté du greffier ou notaire Bernard 
Carbonnel d'Arles, interroge un des porteurs, Hélyot du Bosc (du 
Bois), du diocèse de Saintes. Hélyot raconte les détails de son embau- 
chage par son camarade Paulet et les curieuses péripéties du voyage; 
il persiste toujours dans ses dépositions, devant ceux mêmes qui l'ont 
engagé, qu'il reconnaît quand on les confronte avec lui et qwii le recon- 
naissent (i). 

Le même jour, comparaît Raymond Jacques, prêtre du diocèse de 
Cahors, chapelain de l'église St-Etienne de Toulouse, un des principaux 
acteurs de l'atroce comédie que j'ai racontée. Son récit reprend tout du 
long l'histoire des images depuis la proposition du vicomte de Br uni- 
quel jusqu'au départ des porteurs et jusqu'au retour de Perrot de 
Béarn. Treize fois, sans jamais être torturé, il comparaîtra devant les 
juges, soit pour des confrontations, soit même de son propre mouve- 
ment, peut-être pour faire oublier son crime par son zèle de la 
vérité (2). 



(i) Première déposition if. i à 3. — sMe 29 avrils confronté avec Jacques et 
C^uillaume d'Aubin (f. 9*) — reconnaît les sacs — 3* 7 niai^ nouvelles confronta- 
tions (f. Il) — répétitions de sa déposition devant le nouveau commissaire 
(f. II*) —4* // mai, nouvelles interrogations et mêmes réponses (f. 13) — 
$• confrontation avec Guillaume Boycr (flf. 13» et 14*). 

(2) Première déposition du 22 — ff. 3 à 5 — 2* 28 avril, f. 7* — il reconnaît 
le contenu des sacs et le désigne à l'avance. — 3* 29 avril, f. 9* confronté avec 
Héiiot qui le reconnaît, prétend ne pas le connaître. — 4* 7 mai (ff. loS 11), 



- n - 

Le 25 avril c'est le tour de Guillaume d'Aubin (i), le clerc du diocèse 
de Rodez, logeant chez Rigaud d'Assier, qui avait pris une part active à 
l'arrangement des images et des poi$ons. Il avait été arrêté en même 
temps que Raymond Jacques, sur les indications des deux porteurs à 
qui Perrot de Béarn avait dit leurs noms. Le viguier de Toulouse lui- 
même les avaient amenés de Toulouse à Avignon par Cahors, Rodez 
etMende(2). Guillaume d'Aubin fait, sans torture, ni crainte de la 
torture, une longue déposition qui confirme celle de Raymond Jacques 
sur tous les points, sauf ce qui est personnel à chacun : plusieurs 
détails particuliers seront corroborés par la déposition de Prud'homme. 
Pour cet interrogatoire le greffier est Géraud de Lalo, notaire 
pubUc(3). * ^ ^ 



nouvelle déposition devant pierre des Prez ;— reconnaît et désigne par avance le 
contenu des boîtes et des pains ; nouvelle confrontation avec les deux porteurs 
qu'il reconnaît et qui le reconnaissent.— 5* 10 mai, f. 12, il renouvelle ses aveux 
et demande pitié au nom du miracle qui a fait découvrir un complot si bien 
mené. — 6« Le soir du même jour (f. 12), il répète sa narration devant Tévêque 
de Cahors, mais sans nommer les personnes. — 7* 20 mai^ f. 16, confronté avec 
Tapothicaire, il avoue avoir ajouté quelques drogues et dit aussi que Bernard 
Gasclui a donnç deux lettres closes à faire porter.— 8' ji maî,confronté avec Guil- 
laume Bernard (f. 17). — 9* /" juin, f. 17, confronté avec Bernard Gasc — 
10' 2 y juin (f. 17*) raconte les propos d'Huguet Blanc. — ii« 2 juillet, f. 18» 
revient sur la bénédiction des images. — 12* Le ro septembre (f. 31) vient 
raconter de lui-même, peut-être pour embrouiller les juges, le propos de cette 
femme qui aurait fabriqué 3 images, contre le pape et 2 cardinaux. — 13' 
1 S mars tyiS (f. 35), confirme ses dépositions. Pour la dernière comparution, 
voir plus loin les sentences. 

(i) ff. 5S 6 et 7 — 2*» 2Ç avril, ff. 7 et 8, il montre un grand repentir de sa 
faute et pleure amèrement. — 3* 7 mai (fiP. 1 1 et 1 1') répète sa déposition devant 
Guillaume des Prez; confrontation avec les porteurs. — 4* à 8" 10 mai, f. 16 
2 juillet, f. i8', 14 juillet (f. 24*), 3/ mars, 1318 (f. 35) et ç avril 13 18 (f. 35») 
persiste dans ses dépositions. — 9" 2/; mars f^/7, f. 16, interrogatoire spécial 
sur Bernard Gasc. — lo' yi mai, confrontation avec Guillaume Bernard ou 
celui qu'on lui présente comme tel et qu'il ne reconnaît pas. Au total dix com- 
parutions absque tormentis. 

(2) Int. et Ex. 16 f. 43* — Voir pièces justificatives n° XV. 

(3) Ce Gérard ou Géraud de Lalo, que l'on trouve à Naples en même temps 
que le chancelier Jacques Duèse (1308 — Autour de Jean XXII, p. 50) reste 
notaire du pape tout le temps du règne de Jean XXII, gardant des bénéfices 
dans le sud de l'Italie. De nombreuses pièces rédigés par lui et le mns. 493 
nous apprennent qu'il était de Montverd, en Auvergne, aujourd'hui Cantal. — 
Vat. 75 ep. 1400. — Collect, 493 f. 9, f. 36. 



- - * 



-78- 

Le même jour (f. 7) Parchiprêtre de Saint-Médard, mis en cause 
dans la déposition de Raymond Jacques, comparaît devant le juge 
d'instruction, mais il nie tout trè^ nettement. On attend d'avoir plus 
de certitude contre lui. 

Le lendemain, 29 avril, après un nouvel interrogatoire de Guillaume 
d'Aubin, comparaît le second porteur, Jean Paulet de Rabastens en 
Albigeois, qui raconte tout au long son embauchage par Guillaume 
Boyer, puis tout ce que les juges savent déjà par Hélyot du Bosc au 
sujet des paquets et du voyage. 

Les différences de détail sont insignifiantes : il y en a juste assez 
pour montrer que ce n'est pas une leçon qu'il récite, ce sont les choses 
qu'il a vues ou entendues qu'il raconte à sa façon (i). 

Ces dépositions concordanteg ne promettaient plus de douter : maiâ 
celles de Raymond Jacques et d'Aubin mettaient en cauib de nouveaux 
personnages et le procès semblait prendre une extension plus grande 
qu'on avait Cru d'abqrd. Aussi le pape jugea nécessaire d*adjoindre à- 
Galhard de Saumadu un commissaire de plus pour T^der dai» Pins- 
truction, et par bulle du 5 mai 1317, il noaama Pierre des Prez qu'il 
avait déjà chargé de l'administration des biens de l'évêque de Cahors 
et que sa science du droit dvil bien connue [désignait naturellement 
pour ce procès arimjael (2). ^ 

. Le 7 mai (samedi) (f. 10*) les quatre personnages déjà interrogés répè-^ 
tent devant les deux commissaires leur première déposition et l'on fait 
de nouveau la reconnaissance des pièces à conviction. Les deux'^reffiers 
Raymond Carbonnel et Géraud de Lalo assistent les deux commissaires. 
Le même jour le pape envoie la bulle au sujet du complot dé Lartige. 
Je reviendrai sur cette affaire. ; , . 

Le 10 mai (mardi) (f. i2)/après un nouvel interrogatoire de Raymond 
Jacques ^t de Guillaume, d'Aubin, comparait pour la première fois 
l'évêque de Cahors, ou plutôt M« Hugues Géraud, ex-évèque {pridem 
éps çaturcensis). Mais je crbis utile de mettre ensemble, en un para- 
gçraphe spécial, toutes les <:omparutions de ce personnage. 

'- . ■ r' 



(î) Le 7 niai il reparait devant Pierre des Prez — confrontations -<- nbuve^ 
ititerrogatoire (f. xi),/e // mai de même (f 13) : le 19 mai confronté avec Gpil^ 
laûme Boyer (ff. 13* et 14*). — La première déposition estaux ff. 8 et 9, 9*. '. 

(3 Voir pièces justificatives n« XIL .. 



-n- 

Le 19 mai (f. 13) les juges interrogent Guillaume Boyer, clerc du 
diocèse de Cahors, familier de Rigaud d'Assier. Celui-ci veut tout nier 
d'abord, sauf des paroles entendues, comme le propos d'Huguet Blanc, 
ou des détails qui ne Tintéressentpas directement, comme les relations, 
dans la maison d' Assier, de Raymond Jacques et de Tévêque de Ganos. 
Mais, confronté avec Jean Paulet, qui le reconnaît pour son embau- 
cheur, et mis à la torture un temps très court ('a^wan/M/um et leniter), 
il avoue que ces négations proviennent de la conscience même qu'il 
avait de l'énormité de son crime et jure qu'il va dire la vérité. De fait 
sa déposition concorde de tout point avec celle de Raymond Jacques, 
de Guillaume d'Aubin et des deux porteurs, pour tout ce qu'il a fait 
en commun avec eux. Ce qu'il ajoute ce sont les conférences du vicomte 
de Bruniquel avec Raymond Jacques et l'évêque de Ganos, c^est le fait 
que ce dernier, sous prétexte de lettres, l'aurait chargé de trouver deu^ 
porteurs pour Avignon et lui aurait donné pour cela de l'argent. Il ne 
varie plus désormais dans ses dépositions qu'il répète plusieurs fois (i). 

Le 20 mai (f. 1 5) c'est le tour de Raymond de Catalan, le prêtre cha- 
pelain domicilié chez Rigaud d'Asiier, comme lui (dans la chambre don- 
nant sur le verger f. 4). qui raconte; la bénédiction qu'il a faite des 
images de cire. Son récitconcorde avec celui qu'a fait Raymond Jacques 
et celui que fera Prud'hommme (2). Quand on lui montre les images 
trouvées dans les sacs, il hésite d'abord, puis finit par les rècoqfiaître. 
Il soupçonne qu'elles ont été faites par Pons de Çatisidiis (?) qui s^entend 
à toutes ces choses là « baratenas, » 

Le même jour (f. 1 5) comparaît l'apothicaire de Toulouse Durand Louè- 
rent « espiciarius v, à qui la prévention est lue en langue vulgaire. Il 
reconnaît plusieurs des poudres et des plantes fournies par lui : certaines 
drogues ne sont pas de lui : à l'épreuve de la lumière (cum lumine) il 



(^i) Confronté de nouveau avec les porteurs qui le reconnaissent, il avoue les 
reconnaître aussi. -^ 2° 20 mai (f. i4t, 15),; répète sa déposition, cette fois sans 
être torturé. 3*' la confirme le 2 j juin f. lyt et la répète devant Bernard Gasc, 
confronté avec lui.— 4° Le t j mars lyiS {t 3 5) persévère encore dans ces aveux 
et implore la pitié des juges. 

(2) Il reparait devant les juges le i" juin (f. i7),lc g juillet (23') et le i s mars 
/ j /8 (f. 3$) répétant toujours sa déposition et proclamant sa bonne foi. Il n'est 
plus question de lui. 



•.^.. .î^; 



en nomme quelques unes, et Raymond Jacques appelé pour la confron- 
tation avoue en effet qu'il les a ajoutées lui-même (i). 

Le 25 mai, un témoin, Arnaud de Grèses, recteur de Saint-Martin de 
Salvagnac au diocèse d'Albi, fait connaître les bruits qui couraient au 
sujet du baptême des images et des personnages du plus haut rang 
compromis en cette afiFaire (2) (f. 16*). 

Un nouveau greffier a écrit ce qui suit, mais sans dire s'il était 
présent aux audiences ou s'il n'a fait que copier les procés-verbaux. 
Bernard de Vidalho (f. 17), clerc du diocèse de Rodez. Le 31 mai, 
dans la chapelle du château de Noves, on confronte un écuyer 
du vicomte de Bruniquel, qu'on appelle Guillaume Bernard avec Ray™. 
Jacques qui assure le reconnaître (il a beaucoup de zèle ce Raymond 
Jacques), avec Guillaume d'Aubin, Durand l'apothicaire, le i*"" juin 
avec Raymond Catalan, qui ne se souviennent pas l'avoir jamais vu. 
On ne voit pas que ce personnage ait subi d'interrogatoire. Je ne serais 
pas surpris qu'il y ait eu à son occasion quelque tour du vicomte de 
Bruniquel et qu'il n'ait trouvé le moyen de faire envoyer à la curie 
romaine une autre personne que l'écf yer compromis (3). 

Le i*"" juin comparait l'évêque de Ganos, Bernard Gasc (4). Il nie 
d'abord tout ce qu'on lui reproche, même après confrontation avec 
Raymond Jacques. Les livres de comptes et le manuscrit donnent des 
détails* sur sa capture. Trois châtelains royaux et huit sergents 
d'armes l'avaient amené de Toulouse à Avignon, non sans être aidés 
ou accompagnés successivement par le viguier de Béziers avec six 
sergents, le sous-viguier de Montpellier avec douze sergents, le 



(i) î.e j/ mai (f. 17) il est confronté avec Técuyer du vicomte qu*on appelle 
Guillaume Bernard et ne le reconnaît pas : d'ailleurs Guillaume Bernard était 
resté à la porte de sa boutique. 

(3) Ici l'attestation de Raymond de Carbonnel, comme ayant écrit les copies 
précédentes sur mandat de Galhard, archevêque d'Arles — (donc au plus tôt 
après le 8 février 13 18). 

(3) Il fut amené avec l'évêque de Ganos « unum episcopum et quemdam scutt^ 
ferum ». Int. et Ex. 16 f. 4$. (Voir pièces justificatives n*> XV). 

(3) Voir abbé Vidal, article des Mélanges-Couture— il n'a pas utilisé quelques- 
uns des documents cités dans mon travail. Je crois Bernard Gasc de la famille 
des Gasc de Mialet. (Sur cette famille, voir Archives du Lot, F, 41-} k 42'^). 
Mialet est une paroisse, commune de Saint-Bressous, canton de Lacapelle^ 
Marival, très peu éloignée d'Assier ; or, Bernard Gasc, était un familier de la 



— 81 — 

vîguier et le sous-viguier de Nîmes avec huit sergents (i). Les châte- 
lains sont ceiipc de Lavaur (Bertrand de Villeneuve), de Buzet (Robert 
de Labrousse), et de Castelvert (?) (Guillaume de Gonesse), De leurs 
dépositions et de celle du sergent d'armes, Jean de Saint-Quentin, il 
résulte qu'on avait cru à la fuite de Bernard Gasc, au moment de la 
citation qui lui fut faite de comparaître devant le pape. Les châtelains 
chargés par le sénéchal de le conduire à Avignon ne le trouvèrent pas 
à Saint-Martin où, d'après les dires des vicaires généraux Arnaud de 
Villars et Arnaud Pascal, il avait dû se rendre. Jean de Saint-Quentin 
eryi^oyé à sa poursuite l'arrêta dans des circonstances assez suspectes 
pour nécessiter une enquête (2) qui eut lieu le i*^* juin, jour de son 
premier interrogatoire. Les dépositions des trois'châtelains, du notaire 
public Raymond de Bram, qui les accompagnait, du sergent de Saint- 
Quentin qui l'arrêta, ne sont pias très concluantes, et l'on peut croire, 
puisqu'aussi bien il fut arrêté sur la route de Béziers (3), qu'il se diri- 
geait sur Avignon, corpme il* le dit lui-même et comme l'assurèrent 
ses familiers, le clerc Pons de Fagach, André de la Porte, André Gleyze 
(de ecclesia) et Pons de BelcasteL 

On lui laissa le temps de réfléchir et il ne fut rappelé devant les 
juges que le 27 juin (f. 17 et 18). Il subit ainsi, sans compter le premier, 
onze interrogatoires ou confrontations, dans lesquels il essaya, mais 
en vain, de démontrer sa bonne foi et son irresponsabilité, assurant 
qu'il n'avait su que très longtemps après la bénédiction faite par lui 
que les images étaient préparées contre le pape et les cardinaux. Ses 



maison de Rigaud d'Assîer : quand il n'y logeait pas lui-même, il y laissait sotl 
cheval, f. 19 ; de plus Bernard Gasc était en relations avec les cardinaux quer- 
cynois Bertrand de Moi^tfavès et Gaucelme de Jean. Peut-être était-il parent 
de Bertrand Gasc, évêque de Nevers. La Gallia dit que cet évcque avait un 
château patrimonial en Gascogne (Gallia W) ; mais outre que ce n'est pas abso- 
lument certain, et qu'il peut d'ailleurs être d'une autre famille, il est sûr d'autre 
part, que ce Bertrand Gasc était en relations avec le cardinal Gaucelme de Jean, 
et payait son commune servitium par le quercynois Pierre Séguier de Bélaye. 
{Vat, 69 ep. 1664 — Obligat, 8 f . 18). 

(i) Int. et Ex. 16 f. 44* et 45. — Voir pièces justificatives. 

(2) Le procès-verbal de cette enquête, ff. 35', 36, rédigé par M' Gérard de 
Lalo, puis recopié en 1322, sur mandat du cardinal des Prez, est mis, ainsi que 
je l'ai déjà fait remarquer, hors de sa place chronologique. 

(3) Il y a dans le texte : ai Ulmos pps Bultis — cf. Ouïmes ou Olmes, nom 
d'un archiprêtré du diocèse de Mirepois, alors de Toulouse. 



-i^ : 



I 



dépositions dont les juges se méfient, car il y a des erreurs et des 
contradictions quelquefois, chargent surtout A. de Villirs, qu'il croit 
avoir tout combiné, et l'évêque de Touloyse. Sur ces onze ou douze 
comparutions, la troisième fois, i^' juillet (f. i8) les juges le firent lever 
sur le chevalet, mais un seul coup seulement et pas durement (semel 
elevaius, et non aspere, et statim depositus), puis ils lui accordèrent 
jusqu'au lendemain pour parler (i). 

r^Le 10 juin les juges entendent Rigaud Justin (f. 17), clerc et familier 
de Rigaud d'Assier : celui-là ne rapporte que des paroles entendues 
après l'arrestation de ses commensaux, et, d'après ces bruits, on voit 
qu'il y avait eu confusion dans l'esprit des auditeurs, non témoins, 
entre les deux bénédictions, et que de l'une on avait fait le baptême 
des images. Rigaud Justin fait assister Raymond Catalan au baptême 
et rapporte encore les propos d'Huguet^lanc (2). 

Un assez long intervalle s'écoule avan^ d'autres séances. Mais nous 
savons ce qui se passait à Avignon à ce moment là. La cour pontificale 
était en deuil. La mort venait de frapper' au palais du pape non pas 
celui que son âge et sa frêle constitution semblaient désigner à ses 
coups, c'est-à-dire Jean XXII, mais son neveu Jacques de Via, évêque 
d'Avignon, le vicaire du pape alors dans toute la force de l'âge (3). N'y 
avait-il pas lieu de voir là la main de ces ennemis dont le procès en 
cours démontrait l'incroyable acharnement contre le pontife }, Il est 



(î) Le 'A juillet^ il parle sans la torture, f. 18 et 18', —c'est la quatrième com- 
parution; — il raconte avec quelques détails personnels la bénédiction sacrilège 
^s images; — confronté avec Guillaume d'Aubin,il n'est pas sûr que leS images 
qu'on lui montre soient celles qu'il a bénites, puis il les reconnaît. — 5*^ 8 juillet 
f. 22^ nie avoir envoyé les images, n'a envoyé que des lettres. — 6° et 7*. Les 
ç et 1 2 juillet^ f. 22^ et 24, melius reductus ad memoriam^ il donne quelques 
détails sur Arnaud de ViU'ars et l'évêque de Toulouse. — 8° Le i $ juillet^ f. 2çt, 
il nomme Rastoul. — 9® Le /p août^ f. 29', il est confronté avec Arnaud de V. 
qui nie tout. — 10* Le 27 septembre^ il persiste dans ses dépositions, f. 32. — 
ti° Le 1 8 mars 1^18, f. 35, il assure encore qu'il ignorait contre qui étaient 
faites les images quand il les a bénites, et demande miséricorde à genoux. 

(2) Il fut encore interrogé le 3 juillet (f. 18') pour dire où avait logé vers Noël 
l'évêque de Ganos. 

(3) Bernard Gui le fait mourir 8 jours avant la promotion de son frère Arnaud 
de Via et place cette promotion vers la Saint-Jean (24 juin). Le père Eubel 
donne la date du 20 juin, ce qui reporteau 12 ou 13 la mortderévêque-cardinal. 
Amalric Augier (Baluze, 7*» 'Vie)^qui copie Bernard Gui,se trompe et met la mort 
de Jacques vers la Saint-Jean-Baptiste et la promotion d'Arnaud, 8 jours après 



U 



probable que parmi ceux qui étaient au courant, qui savaient que des 
poisons avaient été saisis, mais que d'autres avaient disparu (la boîte 
remise par Perrot de Béarn à l'archiprêtre), qui pouvaient soupçonner 
l'existence d'autres images de cire que celles que la police avait confis- 
quées,plusieurs durent trouver bien étrange la mort du card;nal-neveu. 
Officiellement rien n'en parut. Jean XXII n'y fait pas allusion dans la 
lettre au roi (i) où il lui annonce la promotion au cardinalat d'Arnaud, 
frère du défunt, pas même dans la lettre où il nomme Arnaud de Capde- 
nac commissaire adjoint aux deux autres pour les aider dans leur œuvre 
devenue de plus en plus compliquée (2). Deux nouveaux prévenus 
arrivaient en effet vers cette date à la curie (3) : c'est la déposition de 
l'un d'eux, Aymeric de Belvèze (4) qui allait mettre les juges sur la voie 
et faire connaître la vraie cause (5) de la mort de Jacques de Via. 



(1) La lettre au roi est du 10 juillet. Le pape le remercie de la Sympathie qu'il 
lui a témoignée en apprenant cette mort et lui apprend la promotion d'Arnaud. 
(Vat. 109 ép. 314). 

{2) Arnaud de Capdenac, on Ta vu, avait été déjà commissaire dans le procès 
canonique. La bulle qui le nomme n'est pas datée : M. Coulon (op. cit. n* 443) 
indique entre le 5 mai (bulle de Philippe des Prez) et 12 novembre (Galhard 
nommé à Maguelonne, tandis qu'ici il est encore évêque de Riez). On peut dire 
que cette pièce a été écrite vers la fin de juin, en tout cas après le 10, puisque 
Arnaud n'est pas nommé dans le procès à celte date, avant le 27 juin, puisque 
ce jour-là il assiste à la séance. Il est probable que le pape donnait en même 
temps Tordre de continuer le procès, un moment suspendu par le deuil de 
la cour pontificale. 

(3) Le 25 juin, le trésorier indique le paiement des gens d'armes qui les ame- 
naient, pièces justif. n° XV. L'un des prévenus était Pierre Rigal^ arrêté sur la 
parole de Tévêque de Cahors qui avait fait savoir que Pierre était le compagnon 
ordinaire de Belvèze dans ses courses et qu'il l'avait suivi à Toulouse. On avait 
pu sur cette donnée le reconnaître dans un des deux clercs, qui d'après Raymond 
Jacques, accompagnaient le vicomte de Bruniquel dans le cloître de Saini- 
Étienne quand il dévoila son plan, f. 3'. Interrogé le 27 juin. f. 17', il dit qu'il ne 
savait rien et fut mis en liberté le 5 janvier 13 18, f* 3 3\ sous la caution de 
l'archidiacre de Tornès, /ean de Cadenède^dc Guillaume de Carîï, recteur de Va- 
raire et de Guillaume Durand^ recteur de Briols (Vabre). On trouve un Pierre 
Rigalj de Cahors, trésorier du pape dans le duché de Spolète, un Gasbert Rigal 
familier de la curie. 

(4) A. de Bellovidere (Belvèze ou Belbèze— en français Beauvoir ou Beauregard) 
il était de Salignac en Périgord, diocèse de Cahors (f.~i2), et trésorier ou inten- 
dant de l'évêque Hugues Géraud. C'est un des prévenus les plus difficiles à saisir 
et dont il faut le plus se méfier 

(5) J'emploie ce mot, bien entendu, au sens des commissaires du xiv siècle. 



— 84 — 

Il commence par nier : confronté avec son maître Hugues Géraud, 
il nie encore tout en reconnaissant qu'il est venu à Avignon. Ce 
demi-aveu démontre aux juges qu'il ment pour le reste et ils le font 
mettre sur le chevalet à cause de son opiniâtreté, duriiiam, maisBelvèze 
nie toujours. Cependant le 2 juillet, f. 18, et le 3, f. iSSil parie, mais en 
mêlant à son récit des mensonges qu'il révoquera plus tard. Et jusqu'à 
la fin il en est ainsi, de sorte que pour les choses importantes qu'il 
raconte, on ne peut tenir compte que de ce qui est confirmé par les 
autres dépositions. On comprend qu'un tel personnage ait subi tous les 
inconvénients de la cruelle procédure du temps et que sur quinze com- 
parutions il ait été mis trois fois à la torture (i). 

Le 2 ou le 3 juillet (2), Pierre Fouquier^ qui, dans les trois ou quatre 
premiers interrogatoires ou confrontations, avait toujours nié, retrouve 
un peu ses souvenirs,re(iwc/ws ad memoriam^Qt raconte, avec des détails 
que j'ai déjà signalés, le fameux Conseil, iraciatus, tenu entre l'évêque 
de Cahors, Relvèze et lui ; le départ d'Aymeric, l'envoi de l'image 



(i) 2 juillet, f. 18, il raconte la rencontre de l'archiprêtre avec la vieille Guille- 
mptle ; 3° <) juillet, f. i8S il répète cette histoire— parle du conseil chez Tévêque 
de Cahors, de son voyage k Toulouse, dit avoir vu trois images de cire dans 
uri tiroir d'Hugues Géraud. — 4° 5 juillet, f. 19', il s'embarrasse dans ses 
mensonges, est mis à la torture, modicum tortus. 5° interrogé le même jour dans 
ses chambres, maintient sa déposition du 3 juil. — 6" le 8* f. 22, Hugues Géraud 
et l-archiprêtre, ce dernier à genoiix, le supplient dans leur confrontation avec 
lui de dire la vérité : « La miséricorde de Dieu est plus grande que nos crimes », 
dit Fouquier.Il parle alors de la première image de cire.— 7" le i3,f.24',il parle du 
juif de Toulouse, du conseil tenu chez Hugues Géraud, des lettres envoyées dans 
le Limousin, qu'il prétend faussement avoir portées lui-même à Limoges ; parle 
du voyage de Pierre Moret.— S*» f. 2g\ le 20 août, il rétracte son voyage à Limoges, 
ce qu'il a dit des trois images du bureau de l'évêque et implore son pardon. — 
' 9" Le Q septembre, f. 30', il confirme ses dépositions. — 10** le même jour, il est 
confronte avec Moret.— 1 1** Le 20 septembrc,il retombe dans ses mensonges,flf. 3 1 , 
et 32 ; lié sur le chevalet, non torturé, il promet de ne plus varier et raconte avec 
plus de précision son voyage à Avignon et à Toulouse. — 12" le 22^ f. 33, il 
confirme ce récit et reconnaît qu'il a agi en connaissance de cause.— 13" mais 
le 22 novembre, f. 32*, il varie de nouveau, il est mis à la torture pour la deuxiè- 
me fois.— 14" le 28 février 1318, f. 34*, il recommence ses variations et pour la 
troisième fois il est torturé. — 15" enfin le 25 novembre 1322, f. 44, avant de 
recevoir la citation pour sa sentence, on l'interroge sur la fortune d'Hugues 
Géraud : il indique quelques personnes chez qui Géraud avait pu déposer des 
fonds. 

(2) Le man. met : dicta die secundajulii, et le § précédent est du 3, ff. 19. 
C'est la 4' fois que comparait Fouquier à cette date. 



— 88 — 

par rintermédiaire d'Antraygues, l'arrivée de Pierre Morcl. Le 4, 
f. igS il ajoute les détails relatifs à Tricot et à Guillemette, chargée de 
faire lesfachuras, et le 6, f. 21, mais seulement après avoir nié d'abord 
et avoir été attaché au chevalet, sans être torturé d'ailleurs, il répète le 
récit de Tévèque au sujet de l'envoûtement accompli contre Jacques de 
Via (i). Mais il lui fait peine de reconnaître qu'il a gardé devers lui 
l'image piquée et la boîte de poisons, il joue la comédie en présence 
d'Hugues Géraud : « Seigneur,pour ce détail, n^allez pas damner votre 
âme! » f. 22'; cette comédie ne trompe pas les juges qui le font mettre 
à la torture (pour la première fois) et il entre alors dans les détails les 
plus précis ; c'est bien lui qui a gardé l'image^ maïs au moment d'être 
arrêté il a donné à Tricot la clef du meuble où il Tavait renfermée avec 
les poisons. Sur sa demande, le 12 juillet, f. 24, il est confronté avec 
Belvéze et le conjure de faire comme lui, de dire toute la vérité. Mais 
lui-même ne s'est décidé que tard à la dire et il a fallu le forcer pour 
qu'il la dise toute entière. 

Le 7 juillet est interrogé un des serviteurs de rCvéque de Toulouse, 
le courrier //w^we/ B/awc, du diocèse de Clermont, f, 2îK dont quel- 
ques-uns des prévenus ont rapporté un mot assez violent. Il causait 
avec Raymond Jacques, f. if, devant l'église Saint-Étienne, le jour de 
la vigile de la fête des Rameaux, 26 mars, et Ton parlait des poursuites 
intentées aux évêques mauvais administrateurs par Je nouveau pape, 
Huguet disait ce que sans doute il avait enteqdu dire dans son entou- 
rage, à l'évêché, une parole venue du maître jusqu'aux serviteurs : 
« Le pape est un avare ; et puis il veut trop mettre les gascons sous 
les pieds. » Le quercynois Jacques répliqua : a Les gascons onteu leur 
bon moment, c'est le tour des gens de Cahors. » Et Huguet de répon- 
dre : « D'ici à la Saint-Jean, 24 juin, il arrivera tel malheur à votre sei- 
gneur pape de Périgord et Quercy que jamais on n entendit le pareil ! 
Et rappelez-vous bien ce que je vous dis : J'en fais la croix sur cette 



(i)Le 7 juillet, 7* comparution, f. 21, Il parle de Tabb 6 de L oc- Dieu et du doyen 
de Cayrac mis au courant peut-être, d'Arnaud' de Villars, qui Test sûrement — 
8* comparution, 8 juillet, f. 22 — confronté avec Belvcze, le conjure en pleurant 
de dire la vérité — 9° f. 22', 9 juillet, la confrontation avec Hugues Géraud — 
10° f. 24, le 12 juillet, nouvelle confrontation avec Belvcze. — 11* f. 25', 1c 
19 juillet, persiste dans sa déposition. Il est bon de remarquer que malgré ses 
nombreuses négations il n'est mis qu'une fois à la torture. 



- 86- 

pîerre! » (i) Guillaume Boyer à qui Raymond Jacques rapporta ce 
propos, alla voir à la porte de Saint-Étienne et vit fort bien la croix 
qu'Huguet avait faite avec son épée,f. 1 3* [,voir aussi déposition de Rigaud 
Justin, f. 17]. Pourquoi lé courrier de Tévèque avait-il dit cela ? C'est 
parce qu'il avait entendu plus d'une confidence à ce sujet, et en parti- 
culier parce qu'il avait été mis au courant par la chambrière de l'évèque 
de Toulouse (2). Mais je reviendrai bientôt sur cela à propos de Galhard 
de Pressac. 

Je ferai seulement remarquer ici que les intéressés de Toulouse 
semblent avoir attaché une certaine importance aux paroles d'Huguet, 
s'il est vrai, quand il eut été arrêté, que l'on ait fait en sa faveur des 
tentatives de corruption auprès du viguier de Toulouse et de son 
lieutenant. C'est ce que dépose celui-ci, Alodet de Suivis (?),le 4 juillet : 
Arnaud (Pascal), collègue d'Arnaud de Villars, avec le chambrier de 
l'évèque de Toulouse, Arnaud Tucati, seraient venus les trouver l'un 
après l'autre pour faire relâcher Huguet, moyennant certaine somme (3). 
Sa déposition semble confirmée par celle de M® Vidal de S. Loup, citoyen 
de Toulouse, qui avait conduit le dit Huguet à Avignon sur l'ordre du 
• sénéchal, ce dernier se plaignant qu'on essayait de le circonvenir pour 
qu'il relâchât son prisonnier (4). 

Le 9 juillet, ff. 22', 23, 23', paraît un prévenu plus important : Prud'- 
homme (on disait alors Prosomes — en latin Probus homo) de Seysses (5), 
damoiseau toulousain. 



(i) Peut-être peut-on traduire autrement la phrase latine en la ponctuant 
différemment: il arrivera à votre pape tel malheur du Périgord ou du Quercy : 
« dicto dno j>Pe petragortcen et caturcen, taie infortunium veniret quod nunquam 
aliqua gens taie n sentiret » (on disait la sénéchaussée de Périgord et Quercy). 

(2) Sa déposition amènera l'arrestation de Raymond de Boussacel de quelques 
autres. 

(3) F. 19*. Alodet de Suiris, (Soiris?) sous-viguier de Toulouse est appelé Alodet 
de Sorun, dans une bulle où le pape le recommande à tous les seigneurs laïques 
ou ecclés. chez lesquels il aura à passer à l'occasion de l'arrestation d'Arnaud de 
Villars. (Coulon,op. cit. n° 245) Alodet de Suivit dans les livres de comptes. Il fit 
souvent le voyage de Toulouse à Avignon et vice-versa. V. Pièces justif. n° XV. 

(4) F. 20. Ce Vidal de S. Loup est également nommé assez souvent dans les 
livres de comptes pour cette affaire — Vid. ibid,— Il était mort avant le 3 mars 
13 iB où son fils Arnaud reçoit de l'argent qu'il avait gagné au service de la 
curie. Int. et Ex. 16 f. 128'— vid. ibid. 

(5) Canton eî arrondissement de Murçt (Haute-GaronneJ, 



— 87 — 

Un des témoins l'appelle écuyer du vicomte de Bruniquel, un autre 
écuyer du prieur cPArtigac : (i) un autre dit : écuyer qui logeait chez 
le prieur d'Artigac. En tout cas il était dévoué au comte puisqu'il prit 
à Tachât et à la confection des poisons et des images la grande part 
qu'on a vue, d'ailleurs il raconte tout sans réticence, de la façon la plus 
concordante avec les dépositions de Raymond Jacques, Guillaume 
d'Aubin, Guillaume Boyer. C'est lui qui procura la chair, les ongles, 
les cheveux d'un pendu, etc. Il reconnaît les statuettes de cire dans 
celles qu'on a saisies et qu'on lui montre. Il jure qu'il n'a parlé ni par 
haine ni par crainte, ni par prière ou pour de l'argent, et le 13 juillet 
il renouvelle sa déposition (f. 24*). 

Le 15 juillet, f. 25. C'est l'interrogatoire de Jeaq Rastoul (Rastolh) 
prêtre du diocèse de S. Papoul, prévenu d'avoir assisté à la bénédiction 
des statues de cire, et d'avoir reçu à Avignon Perrot de Béarn et 
conféré avec lui ; d'ailleurs suspect comme un peu sorcier (2). C'est 
peut-être pour cela qu'on avait pris un grand luxe de précautions pour 
le conduire à Avignon. M* Vidal de S. Loup avait eu besoin pour ce 
prisonnier de 8 hommes d'armes à cheval et de 22 sergents à pied. Il 
est vrai que si Ton en croit le livre de comptes, il avait fallu aller le 
chercher jusque dans TAragon (3). Ce n'était pas d'ailleurs un per- 
sonnage sans importance; il avait été le procureur de l'évêque de 
Toulouse, et vers je ne sais quelle époque, sous Clément V, chargé 
avec Arnaud de Villars des spoliœ de l'évêque de Carcassonne. 

Rastoul répète bien certains mots compromettants pour l'évêque de 
Toulouse, mais nie avoir assisté à la bénédiction. Comme on a des 



(i) Artigac est une commune, du canton du Fossat (Ariège), autrefois du 
diocèse de Toulouse. 

On trouve ce prieur en mars 13 17 exécuteur de diverses bulles.— cf. Mollat 
Lettres Communes de Jean XXII ^ n°' 3329 et 3339. 

(2) Il est question d'un certain rouleau, oti étaient écrites des adjurations 
à divers démons, dont Astaroth, appartenant à Jean Rastoul, dans la 
déposition d^ Henri de Culant (10 juillet, un dimanche, à Avignon, non à Noves), 
(f. 24) qui avait eu par hasard ce rouleau et qui le jeta au feu, non sans être 
vivement repris pour cet acte par M* Jean. C'est ce que confirme, le 16 mai 1 3 18 
(f. 36*) Jean Botet, d'Aubigni surVeire, au diocèse de Bourges (Cher), serviteur 
d'Henri de Culant. La scène se passait au château de Casteljaloux, propriété 
d'Amanieu d'Albret (les deux dépositions). Henri de Culant était un cousin 
d'Henri de Sully (bulle du 23 mars 1318 — R. Vat. 67' ep. 961). 

(3) Jnt. çt gx. lO f. 45' — (Voir aux pièces justiaçaUvc a** XV), 



preuves contré lui (i) on le fait attacher au chevalet. Il n'attend pas 
que le bourreau fasse son office, et promet de parler, demandant jus- 
qu'au lendemain (fF. 25 et 25*) ; le lendemain il nie encore : Alors on le 
soulève un peu sur le chevalet (semel elevatus et modiciim in eciileo)^ il 
se décide à dire la vérité et raconte soit la scène de la bénédiction des 
images de cire, qu'il reconnaît, soit ses conversations avec l'évêque 
de Toulouse et l'archidiacre de Silos. Le soir du même jour, f. 25' le 
20 et le 21 Juillet, f. 26, le 19 août,f. 29S il persévère dans ses aveux et 
ses dépositions, mais dit qu'il est innocent. 

Le 21 juillet, la déposition d'un autre familier de l'évêque Goie/*ro/ 
Escatilh, camérier du monastère de Montauban, confirme sur certains 
points les paroles de Rastoul, f. 26. 

Le mois d'août est le plus important de toute cette procédure parce 
qu'il comprend, outre les interrogatoires de l'évêque de Cahors devant 
le pape, ceux des vicaires de l'évêque de Toulouse. 

L'arrestation d'Arnaud de Villars et d'Arnaud Pascal n'avait pas eu 
lieu sans incidents. J'ai cité la lettre de recommandation du 7 juin 1317 
pour le sous-viguier de Toulouse, revenant de la curie avec le mandat 
d'arrêter Arnaud de Villars et quelques autres. Avant le 1 5 juillet suivant 
ils étaient arrêtés, (2) mais le sénéchal Guiard Gui ne se pressait pas de 
les envoyer à la curie romaine et le pape dut se plaindre le 2 juillet (3). 
Le même jour il demandait au viguier de lui faire parvenir tous les 
papiers saisis dans les tiroirs d'Arnaud Pascal (4). Les prisonniers 
furent enfin conduits à Avignon sous une bonne escorte, dont le 



(r) Raymond Jacques l'a nommé comme témoin — et d'après une déposition 
de l'évêque de Cahors, c'est lui qui aurait accueilli Perrot de Béarn à Avignon ! 
(f. 20';. 

(2) Int. et Ex. 16 f. 46*; on donne le 22 juillet 20 florins d'or à un sergent du 
sous-viguier de Toulouse venu annoncer la capture (v. pièces justif. XV). 

(3) Coulon n° 328— Guirard, op. cit. I n° 132. M. Coulon a très bien fait voir 
qu'il n'y avait pas moyen de dater cette pièce de 1318, et que Guiard Gui était 
sénéchal un an plus tôt que ne le dit Dumège. 

(4) M. Coulon a oublié d'indiquer cette lettre qui suit pourtapt la précédente 
dans le registre Vat.i 10 ep. i89,v. pièces justificatives XVII. D'après cette lettre 
il semblerait qu'Arnaud Pascal était déjà à la curie. Le livre des comptes 
pomme avçc Arnaud de Villars Guillaume (sic) Pascal (voir pièces justif. n'XV). 



.jsa<: 



-89 — 

sénéchal fut lui-même le chef jusqu'à Lunel, non sans quelque tentative, 
assez obscure d'ailleurs, pour les faire sauver (i). 

Arnaud de Villars (2) était chanojne de Cahors dès le 21 janvier 1296. 
La bulle de Boniface VIII qui le nomme, avec expectative de prébende 
et de dignité, est la pièce la plus ancienne que j'aie trouvée sur lui : 
elle nous apprend qu'il possédait des églises au diocèse de Toulouse, 
en particulier celle de Belpech (plus tard diocèse de Mirepois) qu'il 
conserva toujours (s). Une bulle du 15 mai 1297 qui l'autorise à ne 



(i) Déposition du sous-viguier, appelé ici Alodet de Solis, le 22 août (f. 37) 
Arrivés à Lunel, le sénéchal les ayant laissés pour aller à Nimes, Alodet et 
frère P. de Mandalhes, chargés de garder Raymond de Eoussac et Guillaume 
G assie,virent la nuit à la porte du logis une troupe de gens armés : comme ces 
gens ne répondaient pas à leur: qui vive? ils sortirent, mais ne purent les 
attrapper : le lendemain ils apprirent que c'étaient les gens du viguier de Lunel. 
Bertrand de Villeneuve et Raymond Bérenger qui gardaient Arnaud de Villars, 
s'étant à /demi endormis, ne purent empêcher un homme très grand, armé de 
pied en cap, ayant une longue barbe, de pénétrer jusqu'à Arnaud et de causer 
longtemps avec lui. 

Le pape semble faire allusion à ces événements dans une lettre du 18 septembre 
1317 au vicomte de Lomagne et à Amanieu d'Albret (Guérard, op. cit, n** 21, 
p.. 28;. 

(2) Ce nom est écrit en latin de VillarïbuSyde Villario,de Villariis, Les nom- 
breux bénéfices d'Arnaud en '^ culousain,ses relations avec la ville de Toulouse, 
avec l'évêque Galhard de Prevceac, me font supposer qu'il devait être du diocèse 
de Toulouse, non pas de Villariès, canton de Fronton, qui se dit en latin Villa- 
reriis, mais plutôt de Villars, paroisse rurale du même diocèse, s. Peiri de Villa- 
ribus, i>ommée, mais non identifiée, dans les documents publiés par M. Tabbë 
Vidal. [Documents pour le pouillé de la province ecclés. de Toulouse, Paris et 
Foix, 190 1 p. 59]. 

Je signale à titre de curiosité une commune de Villars, canton de Champa- 
gnac, dans le même arrondissement de Nontron auquel appartient La Nouaille, 
pays de Géraud. 

On trouve dans les registres des personnages de ce nom qui pourraient per- 
mettre de soutenir que Arnaud était du Quercy (il y a un château de Villars dans 
les environs de Saint-Daunès, canton de Montcuq, et il y eut un château de 
Villari, près Catus). C'est un Arnaud de Villario, chanoine de Cahors, qui fait 
un échange avec Guillaume de Soyris; c'est un Raymond de Villaribus^ clerc du 
diocèse de Cahors, qui est l'échanson du cardinal Gaucelme de Jean. (Reg. av. 
76 f. 113, permutation $ décembre 1343. — Reg. av. 64, f. 262*, expectative). 

(3) Reg. vat. 48 f. 148 n*> 53 1. Quand il eut été condamné à la prison, l'évê- 
que de Mirepois fut chargé d'administrer les revenus de Belpech. Raymond 
Athon, qui était un quercynois, étant mort, les administrateurs furent Pierre 
Durand, doyen de Castelnaudary et André Porquier, chanoine d'Angers (Collect. 
377 f. 70*), dont le nom se trouve déjà dins la bulle du 26 juillet 13 17 au sujet 
d'Arnaud Pascal. 



-90- 

pas résider, ainsi que son neveu Amiei de Viiiars, fait deux jours plus 
tôt chanoine de Bazas, dit qu'il a aussi quelque église au diocèse de 
Pamiers (i). Vers le même temps, pendant que François Itier de 
Campuhac était prieur du couvent des dominicains de Toulouse, M** 
Arnaud de Villars lui donna 800 livres petits tournois pour aider à la 
construction du chapitre nouveau (2). Benoit XI le charge le 30 mai 1304 
d'exécuter une bulle pour son collègue Sicard de Lavaur (3); Clément V 
lui fait régler en 13 10 quelque procès entre un clerc agenais et un prê- 
tre du diocèse de Bazas (4). Il est cité parmi ceux qui assistent le 
3 juin 13 14 aux assises tenues à Toulouse : il a titre de chanoine ,et 
maître de l'œuvre (ouvrier, chef d'œuvre), de l'église de Cahôrs et de 
clerc du roi (5J. Ce qui prouve encore son importance, c'est qu'il fut 
chargé de lever dans la province de Narbonne en 1307-1308 le décime 
accordé au roi de France par Benoit XI (6), mais il ne se pressait pas 
dç verseï^ l'argeist,^ pufeqii©?. seshéritiers duceot "vendre xte& terres pour 
payer les 300 livres qu'il devait encore aux agentsdu fisc royal^T). On 
verra aussi uo peu plus loin qu'il fut chargé de quelque autre affaire 
d'argent pour laquelle il ne fut pas non plus très pressé. 

A l'époque de sa vie où nous sommes arrivés, il est chanoine et maî- 
tre de l'œuvre de Cahors, ce qui lui vaut les revenus des églises de Val- 



Ci) Reg, Vat. 48 f. 23$' n°" 180 et 181. On trouve un Amiel |de Villars, che- 
valier, héritier d'Arnaud. Serait-ce le même à qui les malheurs de son oncle 
auraient fait quitter la carrière ecclésiastique ? H. du Languedoc — col. 718). 

(2) Douais : Acta capital, provincial O. F. P., p. 457, d'après Bernard Gui. 
Ce trait me semble bien indiquer son origine toulousaine. 

(3; Reg. vat. 51 n" 723. 

(4) Regesta Clem. V. Bened. n*» 5224. . 

(5) Histoire du Languedoc, IX, p. 1161. Le vicomte de Bruniquel assistait à 
ces assises. 

(6) Ibidem, p. 274, note. Il eut pour vice-collecteur dans le diocèse de Nîmes 
Pons Alamandini de Montpellier. 

(7) Ibidem, p. 472, note. En 1332, Alfonse de Maubeuge, clerc du roi, pour- 
suivait ses héritiers au sujet de cette somme de 300 livres. Il fallut vendre une 
partie de la baronnie de Gardouch. l/acte de ce règlement de comptes est aux 
preuves du tome X de l'histoire du Languedoc, col. 717, 718, 719. On y trouve 
les noms d'Aymeric Porquier, changeur de Toulouse, sans doute parent d'André 
Porquier cité plus haut, des deux chevaliers Arnaud ^q Villarii$ et Amiel dç 
yillçkrii^^ et de ^ean fils d'Arnau^. 



— 91 - 

roufîé et de Laroque des Arcs, les dîmes de Grandmont (de Grandimonte) 
et de Floirac, la Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Cahors ; il a de plus 
la métairie de Penne près Montcuq ; le prieuré de Saint-Caprais au 
diocèse d'Agen et dans le diocèse de Toulouse, les églises de Belpech, 
(Mirepois), Graissens (Saint-Papoul), Varilles (Alet.) (i). 

C'est le personnage le plus énergique de tous ceux qui défilent devant 
les trois commissaires pontificaux : il a pour principe de n'avouer 
jamais, même après la torture, à laquelle il est mis assez souvent, et 
d'en appeler au pape qui a donné aux juges le pouvoir de rejeter ces 
appels. Or, quand il paraît pour la premièrefois,la conviction des juges 
est déjà feite sur sa complicité par les dénonciations ou les dépositions 
très nettes de l'évèque Géraud, de l'archiprêtre Fouquier, de Bernard 
Gasc, du sous-viguier de Toulouse, d'Huguet Blanc, courrier de l'évè- 
que de Toulouse, de Prud'homme l'écuyer, de Jean Rastoul le prêtre. 

C'est le 13 août, f. 28 et 28*, qu'a lieu sa première comparu- 
tion. Il jure qu'il n'est pour rien dans cette affaire ; comme témoin 
il dit avoir des présomptions : ces présomptions sont coatre l'évèque 
de Toulouse. Plusieurs des détails et des paroles qu'il dit concordent 
avec le témoignage de Jean Rastoul et celui d'Arnaud Pascal. Mais 
comme il continue à nier pour ce qui le concerne, les juges comman- 
dent de le lier sur le chevalet : il en appelle au pape ; les juges, en 
vertu de leur commission, passent outre « à cause des preuves si fortes 
contre lui et de l'énormité du crime » et le font torturer. Mais détaché, 
il nie encore. Le lendemain 14 août, f. 28*, les commissaires vont dire 
ce qu'ils ont fait au pape qui les approuve. 

Le 19 août, f. 29', Arnaud est confronté avec Bernard Gasc, puis avec 
Rastoul, qui répètent leurs dépositions contre lui. On lui propose de 
le confronter avec les autres qui l'ont chargé aussi, mais il veut un 



(1) Ces renseignements sont tirés de divers livres de comptes ou bulles de 
Jean XXU relatifs à la confiscation des biens d'Arnaud de Villars, à l'adminis- 
tration de ces biens pendant son incarcération, à la distribution de ces mêmes 
biens, apr^s sa mort, (collect. 378 f. 10$ et lot;' f. 69 et 70*. — Int. et Ex, 
19 f. 68. — Reg. vat. 89 curiales n° 7, f. 3 ordre du 2 i juillet 1329 et 1 16, f. 32 
n** 1 5 du 7 novembre 1330. 11 était mort avant 1328. V. p. 106 — Valroujié et 
Laro^i/e, Floirac, aujourd'hui la Madeleine, sont trois communes des environs de 
Cahors. Lé dixmaire de Grandmont que l'on peut confondre avec le prieuré de 
ce nom aux portes de Cahors, m'est inconnu, à moins que ce ne sçit la mêmç 
chose-, mais le prieuré relevait de l'ordrç de Grançlmont, 



-92-- 

jugement solennel, avec avocat et avoué, et demande une copie du 
procès. -^ Le 20, ibid., nouvel interrogatoire, en l'absence d'un des 
trois commisaires. Il répète qu'il ne sait rien. Arnaud Pascal ayant 
aussi déposé contre lui, on le fait lier pour la torture : il en appelle de 
nouveau au pape : détaché sans avoir été torturé,il nie toujours; le 21 
août, f. 30, le pape approuve les juges. Ce n'est que le 22 novembre 
qu'il est de nouveau interrogé : la même scène se répète, f. 32^ — 
On le renvoie au 28 février 13 18, où, malgré la torture qu'on lui inflige 
« à cause de sa malice et de sa dureté », il persiste dans ses étranges 
dénégations. Il n'est plus question dans le procès de ce personnage 
dont la résistance dut lasser les commissaires du pape : le manuscrit 
ne parle pas de sa sentence qui dut être la détention perpétuelle : il 
l'aurait sans doute évitée par des aveux; on lui serait peut-être sympa- 
thique à cause de son énergie, si tant de témoignages, dont plusieurs 
au moins donnés très librement, ne forçaient pas la conviction contre 
lui. D'ailleurs il n'y a pas chez lui de générosité : il n'a pas craint de 
charger l'évêque de Toulouse avant la torture. C'est pour se défendre 
lui-même et non les autres, qu'il nie. 

Les bulles du pape sont très dures contre lui, elles parlent de l'énormité 
de ses crimes « propter suorum enormitatem excessuum. Il semble bien 
en effet résulter des diverses dépositions, qu'il avait contre Jean X^II 
les mêmes sentiments que l'évêque de Cahors et que l'évêque de Tou- 
louse, et qu'il ajt prononcé plus d'une fois des paroles imprudentes. 
D'autre part ses relations intimes avec ces prélats si peu édifiants ne 
sont pas pour nous faire croire à son innocence.. 

Arnaud Pascal ou Pascaud, comme lui vicaire de l'évêque de Tou- 
louse, f. 37', était chanoine de Saiates (i). Les dénonciations de Bernard 
Gasc et de Prud'homme, f. 23', la tentative qu'il avait faite pour cor- 
rompre le sous-viguier à l'accusation d'Huguet Blanc, peut-être les 
papiers saisis dans ses tiroirs, avaient préparé la conviction des juges ; 
aussi quand il eut nié (13 août, f. 28 et 28'), sa présence à la bénédiction 



(i) Appelé Pascaudi dans la lettre du 26 juillet, v. pièces juslilîcatives,Pasca/is 
partout ailleurs. — Comme il fut arrêté avec Guillaume Gassie^ Arnaud de 
Villars et Raymond de Boussac, les livres de comptes, par une confusion assez 
naturelle l'appellent Guillaume Pascalis. — II avait rédigé, comme notaire pu- 
blic, l'acte de délimitation du nouveau diocèse de Pamiers en 1308. Abbé Vidal 
Documents sur les origines de la province de Toulouse, — Rome, Cuggiani 1 90 1 , 
p. 73-74. Il y a Arndld Pascaudi* 



— 93 - 

des statues, ils le firent mettre quelques instants à la torture, iortus et 
statim depositus ; il avoue alors sa présence. Le i8 août, f. 29, il nie 
qu'il ait su pourquoi Ton faisait la sacrilège cérémonie : les juges lui 
font observer l'invraisemblance de la chose, puisqu'on avait pris la 
précaution de renvoyer certains assistants : il nie encore, on le fait 
attacher^ il promet qu'il parlera et ajoute quelques détails. Le 19 août, 
f. 29, il parle en effet surtout contre l'évêque de Toulouse et ses 
propos concordent bien pour le fond avec ceux qu'ont rapportés Rastoul, 
Bernard Gasc et Arnauld de Villards. Interrogé encore le 22 septembre, 
f. j2, il a quelques variantes, mais persiste dans ses dépositions (i). 

Vers la fin du mois, la veille de la condamnation et du supplice 
d'Hugues Géraud, on fit comparaître un autre prévenu dénoncé par 
l'archiprètre et par Aymeric de Belvèze : Pierre Moret, recteur de la 
Bastide Fortanière (2), au diocèse de Cahors, originaire de Saint- Yrieix, 
(Limoges), celui qui avait porté de la part d'Hélie Géraud une image de 
n cire. 

11 fut arrêté dans le Limousin a-vec le cuisinier Tricot (3). Interrogé 
le 29 août, f. 30, il commença par nier tout, sauf son voyage à Avignon 
et à Cahors. Mais cet aveu concordant avec les dépositions faites à son 
sujet, on le met à la torture : il nie encore. Ce n'est qu'après avoir été 
confronté avec Belvèze, f. 30* 31, le 9 septembre, qu'il raconte l'histoire 
de l'image de cire, etc. Il persiste dans ses dires le 10, f. 31, et le 22 
septembre, f. 22. 

Nous n'avons pas dans le manuscrit, qui est incomplet comme j'ai 
dit, l'interrogatoire que dut subir Tricot dont le nom futplusieurs fois 
prononcé au cours du procès et qui sans doute avait été le receleur de 
l'image piquée. Nous n'y avons pas davantage l'interrogatoire de 
Bertrand de Matemori, Técuyer limousin, amené à Avignon dans le 



(i) II fut aussi interrogé le 10 septembre, f. 31*, et persista dans ses dires* 

(2) Bastide, ainsi appelée du nom de Fortanier de Gourdon son fondateur, sur 
la paroisse de Soyris, dont elle fit oublier le nom, bien qu'au point de vue cano- 
nique, son église de Sainte-Catherine ne fût que l'annexe de Saint-Étienne. Il 
reste à Soyris une tour, qui est vraisèmblement la tour de l'ancienne église. La 
Bastide-Fortanière s'appelle aujourd'hui Labastide-Murat, chef-lieu de canton 
du Lot. 

(3) M* et Ex. 16 f. 1 27 ; il semble qu'il fut arrêté en Quercy (voir p. just. XV). 



- Ô4- 

courant du mois d'août (i), ni celui de Perrot de Béarn qui dut être 
arrêté dans le courant de novembre (2), ni ceux d'autres « malfaiteurs » 
dont il est parlé dans les livres de comptes et qui semblent bien avoir 
fait partie du groupe soumis aux juges extraordinaires. 

L'on trouve seulement le 20 août, f. 30, l'interrogatoire de M* Ray- 
mond de Boussac, prêtre et recteur de l'église Saint-Papoul arrêté avec 
Arnaud de Villars et nommé dans la déposition d'HuguetBlanc, mais 
cet interrogatoire, le seul que nous ayons à son sujet, n'offre aucun 
intérêt et ne nous apprend rien. 

Le mois de septembre se traînerait en des répétitions de dépositions 
d'Aymeric dé Belvéze et de Moret ou de Pascal, etc, s'il n'y avait pas 
la petite enquête au sujet des paroles étranges du châtelain dePertuis, 
(voir chapitre 12). 

Au mois d'octobre,le 21, f. 33, interrogatoire de Jean Bisaud, le clerc 
dont j'ai déjà parlé, qui s'était enfui parce qu'on avait trouvé dans ses 
tiroirs des choses suspectes. Il avait été arrêté avant le 19 octobre 
par un sergent du roi, du nom de Jean Géraud ; (3) il fut inter- 
mterrogé encore le 16 décembre 6 f. 33*. Le 25, on interroge à son sujet 
un de ses amis chez qui il s'était enfui d'abord, Guillaume de Paris 
f. 32*. 

Le mois de novembre, un personnage plus intéressant parait en 



(1) Bertrand de Malemort, d'une famille des environs de Brives. D'après 
l'évéque, l'archiprêtre lui aurait parlé des poisons avant qu'il partît pour sa 
terre, [en Limousin] et lui-même lui aurait dit de passer par Toulouse et de faire 
une commission t Aymeric : « qu'il se dépêchât de terminer la grande affaire 
qu'il avait à cœur. », f. 13 : c'était un mois avant le carême, en janvier ; l'évêque 
était impatient, n'ayant encore rien d'aucun côté. L'archiprêtre de Saiot^Médard 
nie le fait, sauf ce détail que Bertrand de Malemort s'en alla en effet dans son 
pays, mais parce qu'il était malade, f. 22K Plus tard, devant le pape, Hugues 
Géraud nomme B. de M. parmi ceux dont il a fait connaître le nom aux juges : 
c'est bien lui attribuer une sorte de complicité. Bertrand de Malemort fut en effet 
arrêté {y. pièces justif, n° XV), mais nous n'avons pas son interrogatoire: il çst 
probable qu'il se justifia suffisamment pour être laissé en paix. 

(2) Ibidem f, 128*. Perrot fut amené à Avignon avec deux juifs de Toulouse, 
qu'on dut sans doute interroger au sujet de Bonmacip qu'on n'avait pas pu 
retrouver: ces deux juifs s'appellent Baron (Aaron?) et Abram. 

(3) Ibid f. 128. Arrêté dans la région de Carcassonne apud Lautinum} Un 
Hugues Géraud, chevalier, portait en septembre 1 3 1 7 des lettres du roi au pape 
(Lettre du 13 septembre Coulon n** 942). 



-T^t*.;- 



-95- 

scène (i). C'est Arnaud Géraud, le frère de Tévêque criminel et 
supplicié. Arnaud Géraud dut probablement à l'influence de son frère 
auprès de Clément V les divers bénémfes dont il fut combjé. Il n'est 
connu que sous le nom d'archidiacre de Nontron, mais dès 1310 il 
était chanoine de Limoges et obtenait le prieuré de Muret (Limoges) (2) : 
une bulle, de 131 1 (mars 5) qui lui confère le prieuré de Marcillac 
(Rodez) et le prieuré de Loupiac (Cahors),nous apprend qu'il a encore 
des bénéfices dans le diocèse de Périgueux (3) C'était peut être déjà 
Tarchidiaconat de Nontron au sujet duquel il obtient le 27 juin 13 13 
l'autorisation de déléguer quelqu'un pour la visite (4). Il ne résidait pas 
dans son propre bénéfice, parce qu'il dut visiter au nom de son frère, 
avec Pierre de Mortemar, l'évèché de Cahors (5). 

Nous ne Savons pas s'il fut cité pour le procès canonique, mais, le 
manuscrit du procès criminel nous apprenant que l'évêque lui avait 
écrit une lettre comme à son autre frère Hélie, il n'est pas étonnant 
que Tordre de le poursuivre ait été donné contre lui. C'est le cardinal 
Jacques de Via qui commanda la poursuite, sans doute, ainsi que je 
l'ai déjà dit, comme vicaire du pape. Le quercynois Bernard du Lac, 
qui devait être un jour évèque de Viterbe (sous Clément VI ^ et le 
rouergat Guillaume de Coste (ou Lacoste),furent les deux clercs chargés 
de le poursuivre. Ils durent aller jusqu'en Castille et en Portugal et 
n'eurent pas l'honneur de le prendre.Ce fut le cardinal Arnaud de Via, 
son frère étant mort, qui les récompensa de leurs peines (6). 



(î) Ce même mois est aussi interrogé le châtelain de Pertuis. 

(2) Collector. 492 Af. 6*. 

(r) Clément V. Bened. n°« 7319 et 7339. 

(4) Ibid. 9338. On trouve son nom dans une pièce des miscellanea vattcana: 
c'est une lettre de Bertrand Gérard, sacristc de Cavaillon, faisant savoir qu'à la 
démanche d'Arnaud Géraud, archidiacre de Nontron, représenté par son pro- 
cureur,Etienne Cognât, l'excommunication est prononcée contre le sous-chantre 
de Limoges qui n'a pas comparu au dernier terme fixé pour sa citation dans un 
procès qu'il a avec Arnaud Géraud. La lettre est adressée aux officiaux de Cahors, 
Périgueux et Limoges, aux recteurs des églises de La Crusilhe (Limoges), 
Sainte-Cayrouse, Carlucet et Sarazac (Cahors), La Nouailhe, Sarrazac, Anlhona 
(Périgueux) 23 et 24 mai 13 14, siège vacant, {miscellanea instrum) Cassette 
1312-1315, n* 26). 

(5) Dufour, op. cit. p. 68. 

<6) Supplique des deux clercs adressée au cardinal Arnaud (sans datej— Ar. G. 
y est appelé une fois Guiraldiy trois fois Geraldi, (Archiv. vat. Miscell Instrum, 
Cassette 1317, n"» 30;. ^ 



— 96 — 

Soit qu'effectivement Arnaud Géraud eut fui par.simple crainte, soît 
que la mort de son frère eût attendri les juges à son égard, ils ne le 
firent comparaître devant eiM qu'une fois, le 4 novembre, f. 32*, et 
n'insistèrent pas quand il leur expliqua le fcontenu de la lettre d'Hu- 
gues : elle se rapportait à sa discorde avec Hélie, au mariage et à la 
dot d'une nièce. Quant à lui il n'avait reçu de son frère que deux 
ouvrages de Droit canon, valant bien 20 livres, mais achetés sur la 
fortune de leur père, et comme argent une simple somme de 40 florins 
destinés à payer un copiste qui écrivait pour Hugues VApparatus 
Ostiensis. Il n'est plus question de lui. Seulement une bulle du 27 juin 
, 1322, nous le montre se démettant de l'église de Paysac (Limoges), la 
patrie de Pierre Fouquier,qui est donnée à Etienne Lascoutz^Comme 
on ne dit pas qu'elle lui soit enlevée « suis exigentibus culpis » ainsi que 
cela est dit d'autres personnages (Moret ou Albussac) on peut conclure 
que le frère d'Hugues Géraud ne dut pas être inquiété (i). C'est peyit- 
ètre bien une preuve de plus que le vieux Pape de Cahors n'était pas 
aussi soupçonneux qu'on l'a dit sans le connaître. 

Le procès contre les complices d'Hugues Géraud se poursuit l'année 
suivante par quelques interrogatoires : 22 janvier, de Guillaume Barbe 
et de son frère Simon, témoins à la décharge de Jean Bisâud, f. 33' qui 
est relâché le 23 février, f. 34* : le 28 février, d'Arnaud de Villars et de 
Belvèze (ibid.)^ le 13 mars, de Raymond Catalan, f. 35, Guillaume 
Boyer, Raymond Jacques, Bernard Gasc et Guillaume d'Aubin, qui 
persévèrent dans leurs dépositions ; le 5 avril, f. 35', de Pierre Moret. 

Le silence se fait pendant plus de quatre ans ; les comparses jugés 
moins coupables ont été laissés en liberté, les personnages plus impor- 
tants (2) sont gardés dans la prison du château de Noves. La capture 
de Pierre de Saleilles va clore définitivement ce procès, sur lequel^on 
le voit, nous manquons encore de documents secondaires. 

Pierre de Saleilles^ prêtre du diocèse de Nîmes, f. 39, était le fami- 
lier auquel Hugues Géraud avait demandé de lui porter des poisons 



(i) Reg. Av. 17 f. 151.— Il ne peut pas y avoir de doulc, quoique j'aie trouvé 
MTï. Arnaud Géraud^ chanoine de Bazas en juillet 13 17 (c'était un familier de 
Raymond N. cardinal du titre de Sainte-Pudentienne), parce que la bulle de 
131 1 nomme l'église de Payzac, parmi ses bénéfices. 

(3) Parmi les ecclésiastiques — je ne sais ce que devient le damoiseau Prud'- 
hommC) un des plus compromis en cette affaire et qui avait tout avoué. / 






— 97 — 

de Montpellier. Il lui avait donné l'église de Ginouillac (i), près Roca- 
madour, qui dépendait du chapitre du Vigan,dont l'évèquede Cahors 
était abbé. En revenant de visiter cette église pour laquelle il avait 
quelques difficultés avec les chanoines^ Pierre devait passer par Mont- 
pellier chez un apothicaire à qui l'évèque lui même avait commandé 
les poisons ; il se rendait en etfet dans cette ville quand il apprit l'ar- 
restation de son maître. Il s'enfuit jusqu'en Allemagne et se cacha sous 
le nom de M^ Etienne Pierre ou M® Etienne le Rond dans le diocèse 
de Lausanne, vivant tantôt à Morat, tantôt à Fribourg, tantôt à 
Payerne. C'est là qu'il fut arrêté par Bertrand Bessède de Montpellier, 
sans doute policier du maréchal de Trian. La curie envoya pour 
le ramener un certain massier, du nom de Galicien, qui doit être le 
même qu'un Galicien de Saint-Arnaud, souvent nommé dans les livres 
de comptes pour des affaires semblables. Les commissaires entendi- 
rent un certain nombre de témoins :/rère Nicolas, prieur de Payerne, 
O. Glu., /rère Conon, prieur de Saint-Marius, G. S. A,, frère Guiiktume 
de Payerne, religieux du prieuré clunisien, les damoiseaux Henri de 
Velarsin et son neveu Pierre, Hugues de Payerne, et son neveu GuiU 
laume fils (ÏOdet (2). Il semble ressortir de leurs témoignages que 
M* Etienne se conduisait très bien, mais qu'il s'échappait en paroles 
violentes toutes les fois que la conversation tombait sur le pape ; et 
lorsqu'il fut arrêté, il demandait en grâce qu'on ne le livrât pas aux 
gens du pape, car, s'il était libre et que le pape vint à mourir, il avait 
à la curie de tels amis et si haut placés qu'il serait riche à pouvoir 
leur témoigner largement sa reconnaissance (3). 



(i) Ginouillac aujourd'hui canton de Labastide-Murat. 11 est curieux que trois 
des familiers de Géraud aient eu 3 églises assez voisines : Moret : Labastide ; 
Saleilles : Cjrinouillac et Albussac: Soucirac, église quelquefois unie à Ginouillac. 

(2) Toutes ces dépositions sont du 4 septembre, ff. 39 à 41. 

(3) Trois d'entre eux racontent une histoire saugrenue : Pierre de Saleilles 
aurait assuré avoir vu quelque part une imago de cire dont on aurait coupe la 
lête et cette tête aurait dit : « Vous avez trop tardé ». Malheureusement le mau- 
vais état du manuscrit à cet endroit ne permet pas de se rendre très 
bien compte de la façon dont il explique lui-même cette fable devant les juges 
et l'on peut y voir peut-être une de ces demi-confidences par lesquelles les 
criminels se soulagent quelquefois, sans se compromettre, et qui aurait été une 
allusion au tardif envoi de l'image de Limoges et des images de Toulouse. Il 
aurait parlé aussi en chemin d'un prêtre du nom de Jourdain, familier d'Hu- 
gues Géraud qu'il ne craignait pas de voler, et qui savait fabriquer les images 
de cire. 



— 88 — 

Interrogé (i) d'abord le 3 septembre 1322, f. 39, il dit quelques mots 
du voyage d'Hugues Géraud à Lyon en août 13 16, de son installation 
à Avignon, de ses conversations avec l'évêque de Toulouse, de son 
propre voyage à Ginouillac, de sapeur et de sa fuite, mais rien des 
poisons. Le 6 septembre, f. 41, il nomme quelques personnages com- 
plices des fautes de Tévêque : Géraud de la Serre (du Périgord), Pierre 
Moret (du Limousin), soncamérier Pierre de la Chapelle, — Mais 
comme il persiste à nier tout ce qui le concerne lui même, le jeudi 9 
septembre, f. 41s les juges « considérant l'énormité de sa faute, 
sa fuite, les dépositions faites contre lui » le font attacher sur le cheva- 
let, mais sans qu'on eut à le torturer, il promit de parler. 

Le vendredi, ff. 41', 42, dans le verger du château de Noves, il raconte 
sa rencontre au Vigan avec Aymeric de Belvèze, sur laquelle la certi- 
tude pour les détails nous manque, par le mauvais état du manuscrit. 
Il en est de même pour l'interrogatoire du samedi, 11 septembre, f. 42', 
mais on lit fort bien que voyartt ses mensonges, on menace de l'envoyer 
à la torture. Sur sa demande on le rappelle dans l'après midi, toujours 
au même endroit, dans le verger et il avoue qu'il avait bien l'intention 
de porter les poisons demandés. Il ajoute que ces poisons devaient servir 
aussi contre les personnages secondaires qui avaientagi violemment con- 
tre l'évêque deCahors dans son procès canonique : les deux chanoines 
Adhémar de Robert (2), ou delà Robertie, et Bernard de Montlanard (3), 
et le prêtre Gausbert Pelphi (4). Le 5 novembre,f 43, il persévère dans 
ses dires et demande pardon (5). 



(i) Par le cardinal Pierre des Prez, évêquc de Palestrina, et Galhard, archevê- 
que d* Arles — assistés du Quercynois Guillaume de Lhugac, comme greffier. — 
Le P. Eubel, croyait que Pierre des Prez n'avait eu son titre suburbicaire qu'en 
1333 — le 2$ mai. 

(2) D'une famille limousine, on retrouve son nom dans la recherche des 
biens d'Hugues Géraud ou d'Arnaud de Villars. 

(3) De la famille de Montdenard de Montaigu, originaire du château de Mon- 
taigu, aujourd'hui commune de Flaugnac, Lot, et depuis longtemps domiciliée 
au château de Montdenard ou Montlanard, aujourd'hui commune de Cazes-Mont- 
denard,Tarn-et-Garonne. Il est très souvent exécuteur de bulles sous Jean XXII. 

(4) L'auteur du rapport sur l'état du diocèse de Cahors présenté à l'évêque 
Hugues Géraud, Dufour,o^.Cîï.p. 59.II était curé de Cornac et St-Martin-^cs-Bois. 

(5) Au cours de la procédure,deux autres greffiers avaient été successivement 
adjoints aux autres, Bernard Bertrand, le 19 juillet, f. 25^ et f. 30, le 18 février 
13 18 Guillaume de Lhugat^ probablement à la place de Bertrand décédé. Ber- 
trand est dit décédé par les greffiers qui copient en 1322 le protocole rédigé 
parJui, f. 32, f. 57S Guillaume de Lhugat était du diocèse de Cahors, f. 45, et 
peut-être aussi Bernard Bertrand. 



— 99 



§IL 



LES INTERROGATOIRES D HUGUES GÉRAUD 



J'ai réservé pour un paragraphe particulier l'interrogatoire ou plutôt 
les interrogatoires d'Hugues Géraud, puisqu'il fut le principal coupable, 
et, on le verra au chapitre suivant, le principal condamné. 

Il comparaît en ce second procès comme un simple accusé de droit 
commun: il est maître Hugues Géraud, ex-évêque de Cahors. C'est le 
lo mai, à l'heure de vêpres, f. 12. Tout d'abord il dit qu'il ne sait rien 
de ce dont parle la prévention, et nie encore après que Raymond 
Jacques a répété devant lui (i) la déposition d'après laquelle le vicomte 
de Bruniquel aurait fait faire pour lui les images et les poisons, 
et Perrot de Béarn porté à' l'évêque de Cahors une boite de 
poisons avant qu'on eût arrêté les porteurs. Comme les autres 
parties de cette déposition ont été confirmées par Guillaume d'Aubin 
et les porteurs, qui avaient vu d'ailleurs Perrot emporter la boite de 
poisons, les juges sont convaincus que Géraud leur ment et le font 
mettre sur le chevalet. Le procès-verbal ne dit pas qu'il fût torturé. Il 
est probable que Géraud n'eut que la menace, ainsi qu'on a vu 
pour d'autres prévenus, et qu'il se décida cependant à parlerj en 
racontant seulement une pailîe de la vérité, et en mettant la respon- 
sabilité de l'invention sur l'archiprêtre. Il reconnaît qu'Aymeric de 
Belvèze fut envoyé à Toulouse pour chercher des poisons que devaient 
administrer deux chevaliers du palais pontifical, Isarn d'Escodata et 
Pons de Vassal. Il ne dit pas un mot des images de cire. On lui 
demande s'il a des complices. Il n'en a pas d'autres que ceux qu'il vient 
de nommer, mais peut-être bieii Belvèze a-t-il pu parler de la chose à 
certains personnages auxquels l'évêque avait affaire pour son procès 
avec Hugues Cornil. 



(t) On oblige Raymond à taire les noms, mesure assez sage avec un personnage 
comme Géraud. 




— 100 — 

Le II mai (f. 12 et 13), après une confrontation avec l'archîprêtre qui 
nie tout, comme on l'a vu, sauf le double voyage d'Aymeric, Hugues, 
qui semble aimer à compromettre les gens, raconte deux conversations 
avec l'évêque de Clermont et Bertrand de Durfort sur lesquelles je 
reviendrai. Il nie encore être pour rien dans la fabrication des images 
saisies, mais avoue qu'il a été bien aise d'apprendre que Belvèze en 
faisait faire (i). Il dit avoir envoyé Saleîllcs chercher des poisons à 
Montpellier, et Bertrand de Malemort à Toulouse pour presser Aymeric 
de Belvèze. On le confronte de nouveau avec l'archiprêtre qui nie tout 
avec la plus grande énergie. « Archiprêtre ! lui crie Géraud, c'est la 
vérité ! » Mais lui-même ne la dit pas encore complètement, ni le 21 
mai (f. 16), dans la chapelle du château où il demande pardon pour ses 
crimes, a petens misericordiam de commissis y>, ni le 5 juillet (f. 20) 
quand la déposition de Belvèze (2) a fait connaître Thistoire de la 
première image envoyée de Toulouse. Mais cette fois on ne se contente 
pas de le menacer : il est mis, quoique très peu, à la torture : modicum 
lo7'ttis et soliitus. Alors il avoue le conseil tenu avec Fouquier et 
Belvèze,il avoue qu'il a reçu l'image de cire et que le juif Bonmacip eçt 
venu à Avignon ; il nomme le vicomte de Bruniquel. Il a vu aussi la 
boite de poisons remise par Perrot : c'est l'archiprêtre qui l'a gardée 
ainsi que l'image. 

Le soir du même jour, f. 20', après avoir reconnu la vérité du procès- 
verbal, il parle sans même être interrogé^ nomme Pons d'Antéjac (3), 
comme ayant pu savoir l'affaire, et avoue qu'il y avait une image 
contre le cardinal d'Avignon, l'autre contre le cardinal du Pouget-^ 
n'a pas encore la vérité tout entière, puisque l'image contre le cardinal 
d'Avignon (alors décédé) était à part, mais on s'en rapproche. En effet 
il parle bientôt de cette dernière image, en niant avoir rien fait sur 



(t) Les juges oat dû conclure qu^Aymeric avait fait faire les images, en rap- 
prochant les dépositions de Raymond Jacques et de Tévêque. — C'est dans cet 
interrogatoire que l'évêque nomme Pierre Rigal. 

(2) Le 27 juin, on le confronte avec Aymeric de Belvèze, et il persiste dans sa 
déposition, f. iq^. 

(3) Pons (VAntéjac est cité par M. Dufour, o/>. cî7., p. 51, comme un de ceux 
qui possédaient quelques-uns des biens plus ou moins légitimement aliénés, de 
la mensc épiscopale, ce qui prouve une fois de plus qu'on ne peut rien conclure 
de cette question sur laquelle lui et Bertrandy ont tant insisté* 



« 



-. :^u^ 



-^ 101 — 

elle contre n'importe qui, et finit en disant que la quatrième était 
pour Gaucelme de Jean. 

Il continue sa confession (sic) le 6 juillet, f. 2oS et cette fois il raconte 
comment il a piqué limage contre le cardinal de Via. Cette image, 
Tarchiprêtre l'a gardée : peut-être i'a-t-il remise avec les poisons à un 
apothicaire de ses amis. Le même jour Hugues nomme Rastoul, qui 
était à Avignon pour les affaires de Tévêque de Toulouse, et qui avait 
dû parler à Perrot de Béarn de cette affaire, étant très lié avec le 
vicomte de Bruniquel. On a vu que cette confession avait été (après 
torture) confirmée par Tarchiprêtre. 

Confronté le 8 juillet avec Belvèze, f. 22, Géraud lui conseille de 
faire comme lui, de tout avouer et d'implorer la miséricorde du pape. 
S'ils la demandent tous deux avec contrition, il espère qu'ils l'obtien- 
dront. « Petat misericordiam dni ppe, quœ est ipsis valde necessaria et 
sperat quod si cum contritione eam pétant, quoi habebunt eam ». 

Le 9 juillet, f. 22S il est confronté avec Fouquier pour savoir qui a 
gardé l'image piquée. « C'est Fouquier » dit l'évêque.— Fouquier joue 
la comédie: — « Seigneur, dit-il, n'allez pas pour ce détail, damner votre 
âme... ». Hugues Géraud répond : « Que Dieu me pardonne tout excepté 
cela, si je mens ». — En effet, c'est Fouquier qui a gardé l'image (i). 

Le II juillet, f. 23', il renouvelle sa déposition sur le baptême et la 
piqûre de l'image en compagnie de l'archiprêtre et du juif Bonmacip. 

Le 19 juillet, f. 25', toujours sans torture, absque tormentis, il reparle 
du juif. Il nie avoir écrit pour faire faire des images à Limoges... tou- 
jours quelqlîe mensonge à côté de la vérité. Les juge» n'insistent pas, 
n'ayant pas entendu encore Pierre Moret. 

Comme Hugues était le principal coupable et que sa haine du pape 
justicier avait tout fait, peut-être aussi à cause de son caractère épis- 
copal, le pape voulut l'entendre lui-même, avant qu'on rendît aucune 
sentence. 

Le 4 août, ff. 26', il le fait appeler devant lui, en présence du cardi- 
nal Arnaud de Via,frère du cardinal défunt, de deux des commissaires, 
Galhard de Saumade et Pierre des Prez, de Pierre de Via, également 
frère de Jacques, et du greffier Géraud de Lalo. 



(i) « Alia peccata mea parcat raihi Dominus, illud autem nunquam mihi remit- 
tat. » 



— 102 — 

Avant de l'interroger (et ceci, il le répétera à chaque séance), il le somme 

de dire la vérité, en vertu du serment qu'il a prêté devant les juges 

dans l'instruction qui vient de se faire, au nom de la sainte obéissance, 

' sous peine d'excommunication très spécialement réservée à lui-même 

ou à ses successeurs. (Comme on voit bien que nous sommes dans des 

^_^ribunaux spéciaux !) . 

\ « Pourquoi, lui dit-il, avez-'vous fait cette tentative ? Qu'est-ce qui vous 

' a poussé à préparer ces poisons et ces images ? Est-ce qu'on n'avait 
pas toujours observé la justice envers vous? Pourquoi n'avez-vous pas 
demandé paçdon dans le procès qui vous a été fait, et pour lequel vous 
avez été condamné à la prison perpétuelle ? Vous n'avez imploré la 
pitié que lorsque la sentence était déjà portée ? Si vous eussiez parlé 
plus tôt, peut-être le pape vous aurait-il accordé le pardon ». 

M' Hugues Géraud répondit en pleurant qu'il sentait bien qu'il avait 
été maladroit, hocfecitpropter stultitiam suam ; mais il avait cru, en 
résistant, conserver l'épiscopat. 

Le pape répéta sa sommation solennelle et M* Hugues raconta le 
fameux colloque avec l'archiprètre et Aymeric (i), l'arrivée d'Antray- 
gues avec l'image de cire, celle du juif Bonmacip, le baptême et la pi- 
qûre de l'image, Tenvoi de Saleilles à Montpellier. 

Comme l'heure était tardive, le pape renvoya Hugues Géraud' au 
lendemain, en suspendant les peines, sentences et serment, jusqu'à la 
prochaine séance. 

Le 5 août, f. 27, Hugues comparait de nouveau, le pape renouvelle 
sa sommation, Hugues, plein de contrition, cum contritione et dolore,^* 
affirme que la»veille il a dit la vérité. Il reprend sa confession, avec 
détail, pour parler de ceux qui ont su ou pu savoir le complot : le > 
vicomte de Bruniquel, Pons d'Antéjac, Tévêque de Clermont. Nou- 
velle séance le 6 août, où il confirme ses dépositions. Le lendemain 
dimanche, il n'est pas interrogé. 

'^ Dans la séance du 8, f. 27', il reprend sa confession précédente 
: « mot à mot », ajoutant que l'on soupçonnait, au moment de son arres- 
tation, deux grands prélats du Midi d'être ses complices ou sesexcita- 
, teurs (Clermont et Toulouse). Il reconnaît qu'il a commandé quelque ^ 
chose à Limoges, mais dit ne rien savoir de la visite dont a parlé 
l'archiprètre. 



(i) Il nomipe les c|eux chevaliers soudoyés pour donuer le poisou. 



— 103 — 

Séance du ii août, f. 2f, (Le 9, vigile, et le 10, fête de Saint-Laurent 
pas de séance). Il parle (i) d'Arnaud de Villars comme mis au courant 
par Aymeric de Belvèze, sur le conseil de Fouquier. 

Avant-dernier interrogatoire, le 12 août, flf. 27s 28. Il a dit toute la 
vérité, assure-t-il, ne s'épargnant pas lui-même, ni les autres, nom- 
mant des personnes dont on ne savait rien sans lui (il le croyait, ne 
connaissant pas les autres témoignages), comme le vicomte de Bruni- 
quel, Aymeric de Belvèze, Bertrand de Malemort ; il a forcé rarchiprêtrc 
à dire la vérité qu'il niait. Il prétend qu'il avait eu lui-même un moment 
la pensée de tout révélerau pape, avant qu'on eût rien découvert ; deux 
fois dans cette intention il était allé au palais, mais it n'a pu entrer. 
C'est un vrai miracle que Dieu a fait. Depuis le moment où il a préparé 
son crime il n'a eu que des malheurs: un desesécuyers, G, Scuderia, 
son parent, qu'il aimait plus que les autres, est mort à Marseille en 
allant porter de sa part des lettres au roi de Sicile qu'il implorait en I 
sa faveur ; il a perdu aussi un de ses palefreniers auxquels il tenait j 
beaucoup ; son frère Arnaud Géraud a été poursuivi par révèque de , 
Toulouse et a perdu ses bénéfices ; un autre de ses écuyers est devenu 
fou; on^lui a assuré que son frère Hélie était mort ; lui-même a été 
malade jusqu'à ce qu'il ait avoué la vérité ; depuis qu'il a parlé, il y a 
eu amélioration dans son état et il a recouvré l'appétit. 

Quand on lit une pareille déposition, on est porté a sourire de ces 
parolôsde M. Dufour: « Je me le représentais comme un hoqime jeune 
encore, généreux, brave, savant, un peu sorcier, s'occupant de tout ce 
qui se rapportait au grand art, y compris les redoutables secrets des 
images de cire et des poisons ; mêlant peut-être à ces qualités et à ces 
talents les violentes passions de son siècle. » Je ne crois pas qu'on 
puisse voir la preuve d'un grand talent (2) dans la grossière lentativc 
de Géraud pour empoisonner et envoûter le pape, mais en tout cas les 
^qualités généreuses de sa nature ne paraissent guère dans la façon dont 
il s'humilie après avoir été si sottement orgueilleux. Gomme après de 



(i) n répète qu'il a dit la vérité, et le procès-verbal fait observer qu'on a'en 
peut pas douter. 

(2) Je ne nie pas sa science du droit, qui devait être réelle^ Sa bibliothèque, 
importante pour l'époque, renferme peu de livres en dehors des Jivrçs dç droit. 
C'était surtout du 4ro|t canon. 



-7 ici - 

.telles dépositions il est facile de croire tout ce que dit le pape dans la 
condamnation officielle du i8 mai ! 

Les fêtes de l'Assomption empêchèrent sans doute le pape de 
le rappeler avant le 21 août, f. 28. Quoique ce fût un dimanche, il le 
fit revenir une dernière fois devant lui. Le cardinal Bérenger de Frédol, 
évêque de Tusculum, remplaçait Arnaud de Via. Il y avait dans l'assis- 
tance Jacques de Concots (i), pénitencier, et Guillaume de Labroue, qui 
devait succéder à Géraud, tous deux de l'ordre des FF. Prêcheurs. 
Galhard de Saumade, Pierre des Prez et Pierre de Via étaient là comme 
dans les précédentes séances. Pour la dernière fois, Hugues Géraud 
répéta ses précédents aveux. 

Le 27 août, il était cité pour entendre sa sentence le mardi suivant, 
pénultième jour du mois, f. 30 (2). 



(i) Il sera évêque de Lodève et archevêque d'Aix. J'aurai à revenir sur ce 
personnage et sa famille dans mon travail sur les évcques originaires du Quercy. 

(2) Hugues Géraud comparut devant les commissaires pontificaux ^dix fois et 
devant le pape sept fois ; sur les dix-sept interrogatoires il fut une fois lié sur 
le chevalet sans être torturé, et une fois torturé assez légèrement (modicum 
tortus) . 






imm 



Chapitre VII 



LES SENTENCES 



§ I. — HUGUES GÉRAUD 



Il est impossiblede savoir à quelles peines furent condamnés les divers 
prévenus qui comparurent devant les commissaires du pape, avec le 
seul procès-verbal que nous avons. La seule chose qui s'y trouve, pour 
quelques-uns, est l'assignation du jour où la sentence doit être pro- 
noncée. Et c'est tout. 

Pour Hugues Géraud, on Ta vu, son premier procès se termina par 
la déposition et la condamnation à la prison perpétuelle. Mais le second 
procès ? ^' 

J'ai cité en commençant le passage du manuscrit où est l'assignation 
du jour. En voici la traduction exaçte^r^aCe 27» d'août (c'était up. 
samedi), nous Géraud de Lalo et Bernarjjid Bertrandi, greffiers de cette 
information et cnquète,sur rhandatdes'commissaires de notre seigneur 
pape, nous nous sommes rendus à la j prison où M* Hugues Géraud 
est détenu et l'avons cité pour entendre sa sentence devant le révéren- 
dissime cardinal Bérenger, évêque de Tusculum, lequel a reçu du 
seigneur pape commission de la porter sur la place du palais princi- 
•pal (i) du Siège Apostolique, à l'iieure de Prime, le prochain jour de 
m^rdi, qui est le pénultième du mois d'août ». 

' C'est tout. Mais les chroniqueurs ne nous ont pas laissé ignorer le 
genre du supplice. Même en prenant le texte le moins dur, il est facile 



(i) C'était le palais épiscopal d'Avignon, auprès de Notre Dame des Dons. Il 
n'en reste rien, les constructions des successeurs de Jean XXIIle firent dispa- 
raîtrç en entier. Voir L, Duhamel. Lçs origtms du palais des fapes — ï8Ç?t 



■p^ 



— 106 — 

de voir qu*on n'épargna rien à Géraiid de ce que le droit public du 
temps demandait ; ce n'est pas la peine de renchérir : les paroles 
des chroniqueurs sont assez significatives (i). Mais il ne faudrait pas 



(2) Bien que les textes qui parlent du supplice de Géraud soient connus, 
(Baluztj Vitce^ I. — Dufour, o^. cî^ p. loo-ioi.— Ayma, traduction de Lacroix, II, 
page 45. — Recueil des Historiens de la France, tome XXI, f. 807-813, il est 
bon de les remettre ici ensemble. Je rappelle qu^ils sont presque tous dans Baluze): 
Bernard Gui (3» vtta, — La 2' du même auteur ne dit rien de Géraud) : « Post- 
modum vero extitit. in forma a jure tradita, actualiter degradatus per card. ep. 
Tusculanum, sicque ultimo degradatus fuit traditus curiae seculari, {^er cujus 
judicium fuit traclus publiée, et in aliqua sui parte corporis excoriatus et demuqi 
combustus in mense julii ». Le texte d'Aymertc Augier (7^ vita) est semblable : 
« Qui quidem... postea per dictum cardinalem, de mandato ipsius lohannis pape, 
solemniter extitit degradatus et deindc secundum formam juris, seculari curiae 
traditus est remissus, per quam postea in parte ipse fuit excoriatus, et deinde 
per villam usque ad palliam pertractatus, et demum combustus.. ... in mense 
Julii ». Uanonyme vénitien (4=» vita) : « qui degradatus et seculari brachio tra- 
ditus, ex parte excoriatus est, deinde combustus. » Ptolémée de Lucques (5a 
vita) : « qui postea degradatus et seculari brachio traditus, in parte excoriatus 
et combustus est. » 

Walsingham, — (Notes de Baluzc, col. 737) : « Postquam fuit degradatus et 
tontus capite^ veste stragulata indutus,traditur curiae seculari,yidelicct marescallo 
pape, qui ipsum trahens de palatio pape ad pedes equorum per totam civitatem 
postremo fecit in campo igné cremari. » 

Il y a quelques variantes insignifiantes, dans le texte, évidemment copié par 
Walsingham, du chroniqueur Adam Murimuth, anglais très hostileà Jean XXII, 
qui ne sut pas reconnaître son mérite et ses ambitions, lorsque, par deux fois au 
moins, Adam vint à la cour d'Avignon, en 13 19, pour obtenir en faveur du roi 
d'Angleterre l'autorisation de lever un subside sur le clergé, et en 1323, pour 
porter des plaintes contre les Ecossais. A cette date le pape donna pour succes- 
seur à Rigaud d'Assier sur le siège de Winchester, Jean de Strelford, envoyé 
pour les mêmes motifs que Murimuth : peut-être si celui-ci eût été nommé,n'aurait- 
il pas trouvé que c'était par haine que Jean XXIJ avait divisé le diocèse de Tou- 
louse, et qu'il avait terni sa gloire en nommant des évêques ignorants pour faire 
plaisir aux princes, en élevant aux honneurs tant de ses* compatriotes, 
etc. (Édition Thomson, dans la collection des Rerum anglicarum medii œvi 
scriptores — pp. 26-28-30-39-61). Murimuth ne semble pas avoir beaucoup 
estimé les Français, comme le montre la phrase où il parle de Louis de Clermont 
fait évéque de Durhhm qui était sans lettres^ et boitait des deux pieds, êomme 
beaucoup de Français {^. 2^), 

Son texte, étant d'un contemporain, d'un homme qui connaissait Avignon, a 
plus dïmportance que sous la plume de Walsingham, qui vivait un siècle plus 
tard. Mais il n'y a pas de différence, sauf l'erreur de date quand Murimuth fait 
enfermer Hugues Géraud, au commencement de 13 16 ! 

« Hoc anno, 1 3 1 7, Hugoi Geraldi, qui fuit referendarius démentis papœ et 
K episcopus Caturcensis, çui imposituin fuit quod ifi mortem ^Iphannis papa^ 



^vpii^ 



-107- 

que la rigueur d'un ««pplice qui paraissait à cette époque chose, toute 
naturelle nous fît oublier qu'il était juste «t mérité. 

L'évêque de Cahors,une fois dégradé, nepoavaitf)as ne pas être livré 
à la justice séculière, puisque c'était le droit « Juxia formam ^dêm .<M 
a entendu le pape dirCrdans ses bulles surjette aBaire,qu'aux yeux de la 

loi le meurtre par le poison étaitplusgravequelemeuftrc par le glaive] 

{pièce jiisiif. n° XfX)... l'envoûtement était puni encore plus sévèremen^ 1 
que l'empoisonnement, parce qu'il avait un côté sacrilège par !e^ | 
bénédictions, le baptême des images et les adjurations faites au 
moment de la piqûre : enfin l'attentat contre le pape, au moins com- 
parable au régicide (i), avait quelque chose de particulièrement grave 
aux yeux des chrétiens puisqu'il s'attaquait au représentant de Dieu / 
sur la terre. Or rien n'était plus démontré que la culpabilité d'Hugues 
Géraud sous ces trois chefs. A toutes les fautes qui avaient nécessité 
une première condamnation , la plus grave que l'église pût imposer elle- 
même, la'prison à perpétuité,' il aviiit ajouté un crime irrémissible, 
longuement préparé avec toutes les précautions possibles pour que ce 



« fuerat machinalus, quasi in principio anni MCCCXVI pcrpetuo carceri man- 
«cipatus, sed postmodum, mense augusti, anno Domini MCCCXVII fuit degra- 
« datus, et, tonsus capite veste stragulata indutus, traditus curiae seculari, 
« videlicet marescallo papae, qui ipsutn trahens de palatio papse ad pedes equo- 
« rum per totam civitatem, postremo fuit in campo ignc crematus. » 

Adœ Murini^th — Continuatio chronicarum — edited by Edward Maunde 
Thompson. — London 1889, p. 26-27. 

La chronique de Grandmont (1317)* « fuit degradatus et traditus curiae secu- 
lâ'ri ac tractus Avenioni per villam vivus excoriatur, et in pall^ levatus vivus 
comburitur. » On voit que c'est le texte le plus violent — Date : « die relevatio- 
nis S.-Stephani », 3 août. 

La chronique anonyme de Saint-Martial (reculil des Historiens) : « circa fes- 
lum Assrfmptionis B. M. seculari brachio traditus ad cumburendum vel sus^xn- 
dendum^ et die sabbati post quindenam Assumptionis B. M. fuit Iccta condemp- 
natio in curia Lemovicensi, anno 13 17 ». Une autre chronique, que la Gallia 
attribue à Geoflfroi de Vigeois : « propter ista fuit degradatus, postea seculari 
brachio traditus, et ad extremum per dictum brachium condempnatus et ad 
excoriandum et ad Ireinandum et ad extçemum ad comburendum ; ista condemp- 
natio fuit facla circa assumplionem B. Mariae (, variante de M. de Wailly : circa 
quindenanr Assumptionis, ce qui est à peu près la date juste) et condempnatio... 
fuit lecta in curia Lemovicensi die sabbati post quindenam Assomptionis B. 
M » 

(i) Pour avoir une idée de la façon dont on punissait le régicide, même au 
xviii'^ siècle, il p'y a qu'à se rapoçlçr le supplice, épouvantable dç Damiei^r 



^y 



\^ 



— 108 - 

erîme réussit ; il était impossible de faire grâce à un tel coupable que 
son intelligence même et les qualités dont il avait fait preuve autrefois 
ne servaient qu'à accuser davantage. 

Peut-être cependant tant son désir de pardonner était grand,comnie il 

récrivait au roi ( i ), et comme il Ta bien fait voir en maintes circonstances, 

le pape auraît-il trouvé un moyen de satisfaire à la justice avec la con 

D I damnation que Géraud avait déjàreçue ; mais c'était l'opinion générale 

y que son neveu Jacques de Via avait été la victime des attentats de 

/ Géraud. L'évêque de Cahors n'avait eu entre les mains qu'une seule 

image de cire, du moins il n'avait eu le temps d'agir que sur une seule, 

celle qu'il avait reçue d'Aymeric de Belvèze. Il avait fait sur elle l'essai 

de l'envoûtement contre le cardinal Jacques de Via. Or le cardinal 

(Jacques de Vîà était mort au cours du procès. Simple coïncidence à 
nos yeux sceptiques : conséquence fatale et diabolique pour tous les 
contemporains, savants ou ignorants (2). 



(i) Au sujet de Tévêquc du Mans. Voir Coulon, n" 371. 

(2) Je ferai ici une observation. D'après tous les auteurs,ou à peu près,ce serait 
cette mort de Jacques de Via qui aurait donné l'idée de Tenvoûtement et amené 
I9. condamnation d'Hugues Géraud. On sait maintenant à quoi s'en tenir, le 
procès criminel ayant commencé le 8 mars par l'envoi des lettres du pape à Pierre 
de Via et Arnaud de Trian, et Jacques de Via étant mort le 13 juin 
seulement. Mais de plus il semble bien qu'on n'a pas oru tout d^abord 
que la mort du cardinal ne fût pas (naturelle, bien que plus d'un, sur- 
tout avec les idées du temps, ait jpu le soupçonner. Comme je l'ai fait 
pbserver, il n'est pas question de cela dans la lettre du pape adjoignant 
Arnaud de Capdenac aux autres commissaires : les premiers interrogatoires 
après c6tte mort ne laissent pas supposer non plus que les juges fassent 
des recherches dans ce sen§. Ce sont les aveux des coupables qui ouvrent 
les yeux des juges. Jusqu'à l'arrivée d'Aymeric de Belvèze, don* le premier 
interrogatoire a lieu le 27 juin, il n'est question que des poisons et des images 
de Toulouse, ou de Limoges, qu'on a saisis : c'est par Aymeric, et seulement 
le 8 juillet, qu'on apprend l'existence d'une image antérieurement reçue : alors le 
rapprochement se fait et les questions amènent l'archiprêtre et l'évéque 
d'abord à reconnaître la vérité de cet envoi, puis à raconter tous les détails, 
comme on l'a vu, si concordants, des Sacrilèges cérémonies du baptême et de la 
piqûre. Bt je sais bien que les deux coupables ont nié d'abord et ne parlent 
qu'après la torture, subie d'ailleurs avec modération, mais je rappelle que la 
torture ne leur aurait pas fait trouver cet accord parfait dans des détails comme 
ceux que j'ai racontés au chapitre V, que d^ailleurs tous deux ont reconnu, con- 
frontés ensemble, la vérité de leur crime, et que Hugues Géraud répéta le tout 
presque dans les mêmes termes en présence du pape. Devant de tels aveux, des 
hommes duxiv* siècle ne po^y^\ç^% pas héciter, en leur âme e( conscience; les 



<, 



TffT 



— 10»— 

La mort de Jacques leur montrait à tous à quel épouvantable danger"^ 
le pape n'avait échappé que par miracle. Si les porteurs toulousains 
n'avaient pas été arrêtés avant que leur sinistre charge eût été livrée, 
ni le pape, ni les deux cardinaux visés n'auraient échappé à la même 
mort, et à défaut de l'arsenic les envoûtements auraient fait leur œuvre. 
Telle fut à coup sûr l'opinion générale. Encore une fois ces temps-là 
sont bien loin de nous, à tous les égards, mais pour être justes nous 
devons les prendre tels qu'ils sont. Nous ne pouvons pas faire un 
crime a des hommes du quatorzième siècle d'avoir eu la peur des malé- 
fices, et au pape de n'avoir pas fait grâce à un homme qui manifeste- 
ment avait commis des crimes que le droit public châtiait cruellement 
et dont au moins un serait, encore au jourd'hui,punis(èvèremeat.Géraud 
ne fut supplicié que pour avoir cru le premier à la puissance de ces 
malifices, et pour y avoir ajouté, ne l'oublions pas, l'arme non moins 
lâche et plus sûre du poison. 

Quand l'évêque fut livré au maréchal Arnaud de Trian, tout le 
monde savait que c'était pour le dernier supplice. C'est pourquoi il 
avait fallu auparavant compléter la dégradation commencée au mois 
de mai (i). Hugues, évêque et comte de Cahors, n'était plus que M' 
Hugues Géraud. Il fallait qu'il fût moins encore, que rien de ce qui 
pouvait rappeler l'évêque ou le prêtre en lui ne pût apparaître aux 
regards, presque à la pensée. Il est probable qu'on dut racler ses doigts 
et raser sa tête, que l'huile sainte avait jadis consacrés, et c'eét peut- 
être simplement cette cérémonie, d'usage en ces cas, paraît-il, qui a 
donné naissance à l'opinion qu'Hugues Géraud fut écorché vif. Quand 
le cardinal, ces funèbres cérémonies terminées, eut déclaré que le cou- 
pable était dépouillé de tout caractère clérical, il le livra, suivant la 
formule, au bras séculier. 



juges purent prononcer qu'Hugues Géraud et Pierre Fouquier non seulement 
étaient coupables de tentative d'assassinat non suivie d'effet, par l'envoûtement 
et le poison, sur la personne du pape et de deux cardinaux (Bertrand du Pougct 
et Gaucetme de Jean), mais encore qu'ils étaient coupables d'avoir causé la mort 
du cardinal Jacques de Via, neveu du pape, par l'odieux et sacrilège moyen âm 
l'envoûtement. 

(I) Dufour, op. cit. donne les détails d'après la dégradation d'un prêtre du 
diocèse de Montauban en février 1 5 1 1 — pp. 94 kgô ; mais la plupart des chro- 
niqueurs font commencer la dégradation au mois de mai, au moment de la dépo- 
sition de Géraud (Voir plus haut). 






- no ~ 

Arnaud de Trian pouvait avoir des raisons personnelles de ne pas 
aimer Géraud : c'est possible, mais on n'en sait rien. Eh tout cas il 
n'était pas libre d'agir à sa fantaisie, et le pape ne l'eut pas permis. Il 
remplit simplement l'office des juges qui prononcent la sentence après 
que le jury à parlé, et appliqua au malheureux coupable qu'on lui avait 
remis les peines fixées par le droit : il fit conduire Hugues, peut-être 
attsiché à la queue d'un cheval, jusqu'au lieu du supplice, et] le fit lier 
au poteau du bûcher (i). C'est ce qui ressort des textes contemporains, 
dont aucun d'ailleurs n'a été écrit par un témoin oculaire ; Bernard 
Gui, dont le texte a été suivi généralement, se trouvait alors en Italie 
avec le franciscain Bertrand de la Tour de Camboulit. C'est ce qui 
explique ses erreurs de dates. 

Le supplicie de Géraud eut-il lieu le jour même de la dégradation } 
Arnaud de Trian garda-t-il quelque temps le malheureux dans la prison 
réservée aux simples laïques ? Le Iwre de comptes semblerait indiquer 
que le 30 aoKit fut le dernier jour d*Hugues Géraud. Il annonce ce 
jour-là l'arrestation de Tricot le cuisinier «< Tricotum coquiint quon- 



(1) Une légende, peut-être pas très ancienne, s'est établie, dont MM. Dufour, 
Bertrandy et le traducteur de Lacroix, Ayma, se sont faits les échos, se basant 
sur la prétendue haine de la famille de Jean contre l'évêque de Cahors : On aurait 
fait représenter sur les vitraux d'une chapelle de Téglise du lieu de Salviac, dont 
les de Jean des Junies étaient seigneurs, le supplice d'Hugues Géraud, 
le poursuivant ainsi jusque dans la mort. Je n'ai vu que des fragments de ces 
vitraux jadis : on n*y distinguait plus grand chose, et aujourd'hui ils onidisf^aru. 
Mais la légende, sans doute lancée par quelque érudit de la ItJCaliié 
ne repose sur rien. M. Lacabane, ancien directeur de féctîïe des Chartes, 
assure que ces vitraux (ou ce vitrail) représentafecrt le martyre du 
patron de Téglise Saint-Jacques. (Fouillé alphabétique, avec notes, dans les 
Archives du Lot, F. 184). Peut-être étàît-ee phitôt le martyre de S. Eutrope, 
évêquft de Saintes, qui avait une chapéUe dans cette église où accourait précisé- 
mcfit -aux XIV* et xv* sièdear un grand concours de peuple. Quoi qu'il en soit, les 
bases historiques sur lesquelles on s'appuyait pour soutenir la chose sont détrui- 
tes : Arnaud de Trian. qui conduisit Géraud au supplice, n'était pas de la 
famille de Jean, mais neveu direct du pape. Le cardinal Gaucelme avait été 
(çn bonnes relations avec Hugues Géraud jusqu'au moment où sa promotion 
rendit celui-ci jaloux, à supposer que l'idée de se défaire du cardinal ne soit pas 
venue du vicomte de Bruniquel ou de Galhard de Pressac. L'archidiacre Ray- 
mond de Jean fit avec Pierre Fouquier l'arbitrage défavorable aux consuls de 
Cajarc ; donc il n'en voulait pas k l'évêque qui l'avait forcé, dit-on, à rendre 
Prayssac. Je ne vois que Guillaume de Jean qui eût pu en vouloir un peu à 
Hugues Géraud, puisqu'il est visé spécialement dans la lettre du roi, mais Guil- 
laume de Jean est de la branche de Saint-Projet. 



dam episcopi Caturcensis (i) » mais ce mot quondam^qui d'ordinaire indi- 
que un défunt quand il est mis devant un nom de personne, n'a pas abso- 
lument le même sens devant un substantif commun. Je pense qu'il faut 
traduire « cuisinier de V ancien évêque de Cahors ». En effet la bulle du 
1*' septembre 1317, nommant Danroque et Lasserre pour la recherche 
de ses biens} dit : « maître Hugues Géraud, ancien évêque de Cahors 
— magistro Hugone Geraldi, quondam episcopo caturcensi » (2), tandis 
que plus tard, par exemple le i®»^ janvier 1318, nous avons « quondam. 
Hugenis Geraldi, olim episcopi caturcensis (3) ». 

La bulle de son successeur dit, au 18 décembre 1317 : « sane quondam 
Hu(fone G, tune epo Cat,,, propter sua varia et diversa horrenda démérita 
per nos deposito et dç episcopali dignitate privato ». 

Je croirais volontiers que le supplice d'Hugues Géraud eut lieu le 
jour même de la promulgation de sa sentence, c'est à dire le 3 sep- 
tembre. Cette promulgation fut faite en effet, du moins à Limoges, le 
samedi après la quinzaine de l'assomption, 3 septembre, par conséquent 
quatre jours après la dégradation de Géraud. Il est probable que la 
même promulgation fut faite également dans le diocèse d'origine 
(Périgueux) et dans le diocèse de Cahors. Il ne nous reste que la chro- 
nique de Saint-Martial pour nous renseigner à cet égard, mais la 
chronique de Grandmont qui met la date du 3 août, doit ne faire erreur 
que sur le mois. 

En tout cas, contrairement à l'assertion de certains historiens et en 
particulier de notre Lacroix (Séries.,, § 195), Géraud était mort quand 
son successeur sur le siège de Cahors fut nomniè,Ie 18 décembre 1317. 
C'était Guillaume de Labroue, tm qoercynois, de l'Ordre des FF. 
Prêcheurs, mais qui ne parut pas à Cahors, retenu a Avignon par 
des fonctions qui n'étaient pas une sinécure : la charge de bibliothé- 
caire du pape (4). 



(î) Not. d'Ex. 16, f. 127 — pièces justif., n° XV. 

(2) Pièces justif., n« XX. 

(3) Mem, n« XXI. 

(4) Le P. Eubel met la date du 18 mai, c'est une erreur : Le reg. 67, f. 87, 
ép. 317, auquel il renvoie, donne la date du XV Kal. Jan. an II — v. pièces jus- 
tificatives, n» XVIII, cf. R. Av. 1 1 J f. 214. 



••) 



— 412 — 

§ n. 

LES COMPLICES d'hUGUES GÉRAUD 



Au sujet des complices de Géraud (i) le manuscrit, ainsi que je l'ai 
déjà fait remarquer, ne faisant connaître que le jour de chaque sen- 
tence, nous sommes réduits à des conjectures, plus ou moins appuyées 
sur d'autres pièces. 

La soumission de l'archiprètre Pierre Fouquier le sauva-t-elle du 
dernier supplice qu'il avait mérité? Je crois que non. Outre que son 
aveu était formel, le personnage était fort peu intéressant, ayant menti 
effrontément plusieurs fois comme il l'avait fait, et même ayant joué la 
comédie du repentir. Il avait pris avec Géraud la part la plus active au 
crime le plus odieux, il méritait d'être puni comme lui. Je croirais 
assez facilement qu'il dut subir la même peine, sinon au même jour, 
bien que les chroniqueurs n'en parlent pas. Je sais seulement que l'église 
de Béduer de Altaripa, au diocèse de Cahors,sme cwra, qu'il possédait, 
devenue vacante par la déposition dQfeu Pierre Fouquier, était conférée 
le 12 juin 1318 à un fils de Pierre de Via (R. vat. 68 ep. 1206), mais on 
ne dit pas qu'il soit mort dans la bulle du 26 juin qui confère à un 
certain Fouquier de Lafaye son archiprêtré de Saint-Médard, dont il 
a été privé « suis exigentibus meritis » (R. vat, 68 ep. 1522). Une note 
de M. Lacabane (Archives du Lot, F 186) analyse l'arrêt de 1319 qui 
casse la sentence arbitrale qu'il avait portée en 131 3 contre les consuls 
dé Cajarc, mais ne parle pas de sa mort. Cependant, à mon avis, le 
silence du procès-verbal à l'égard d'un tel coupable est presque une 
preuve de sa condamnation, à moins qu*il ne soit mort en prison. 

Quant au frère de l'évêque, Arnaud Géraud, son interrogatoire ne 
l'avait pas compromis ; rien ne prouvait qu'il eût été mêlé aux mau- 
vaises actions de son frère ; il dut être relâché tout de suite. (Voir 
page 96). 



_(t) Le procès-verbal dans la partie relative aux sentences ne parle pas de 
Prud'homme. Mais celui-ci, qui était un laïque, avait pu être mis dans une prison 
particulière. Les porteurs avaient dû être relâchés, comme inconscients. 



- 113 - 

Pierre Moret, le curé des églises unies de Labastide et Soyris, 
n'attendit pas aussi longtemps que les autres sa sentence. Le 
5 avril 1318, après un dernier interrogatoire, où il assura qu'il n'avait 
rien à ajouter ou retrancher, on lui demanda s'il voulait choisir quelque 
avocat pour sa défense. Il répondit qu'il implorait seulement pardon 
et pitié. On lui assigna un jour pour entendre sa sentence et il accepta 
« ipso volente et petenie, », f. 35*. Il dut sans doute être condamné à la 
prison, pour un temps que rien ne nous permet de préciser. Peut-être 
aussi le jugea-t-on assez puni par la perte de ses bénéfices. 

Ce qui est sûr, c'est qu'il fut, à cause de ses fautes, « suis exigentibus 
culpis » privé de ses égHses de Soyris et Labastide. Ce bénéfice, vacant 
parce fait, était conféré le i^'" juillet iji8 à un protégé du frère du 
pape, Guillaume de Caraygues (f/e Caraygas) qui appartenait à une 
famille quercynoise de la région de Caylus, dont on retrouve plusieurs 
membres parmi les bénéficîers du XIV® siècle. [Reg. vat, 68 ep. 1764). 

Arnaud de Villars fut le plus obstiné, sinon le plus coupable de tous 
ceux qui coopérèrent à la mauvaise œuvre d'Hugues Géraud. Quelle 
fut sa condamnation? Nous ne savons même pas quand elle lui fut 
signifiée : ce fut probablement la prison perpétuelle ; il est seulement 
certain qu'il mourut en prison. C'est ce que nous apprennent divers 
documents auxquels j'ai déjà fait allusion à propos de ses bénéfices, et 
sur lesquels je reviendrai dans un paragraphe spécial. 

C'est le 4 et le 5 novembre 1322 que fut signifié aux prévenus, gardés 
encore dans les prisons, le jour où leur sentence devait être prononcée : 
à chacun d'eux il fut demandé s'il avait quelque chose à ajouter ou à 
retrancher avant que le jour fût assigné. Cette citation fut accueillie 
très diversement. 

Le 4 novembre 1322, f. 43', l'archevêque d'Arles, Galhard de Saumade 
qui avait conduit les diverses instructions enfin terminées, fit comparaître 
tout d'abord devant lui et son greffier, Guillaume de Lhugac, Bernard 
Gasc, évêque de Ganos. Celui-ci demanda qu'on le conduisît devant le 
pape et devant le collège des cardinaux pour y demander justice et 
démontrer son innocence. Il révoque tout ce qu'il a dit contre lui et 
contre les autres : tout ce qu'il a déposé est faux, il n'a parlé que par 
peur des tourments. Mais, lisons-nous dans le procès-verbal, l'arche- 
vêque ayant la preuve du contraire par l'instruction qu'il avait faite, ne 
voulut pas admettre de telles prétentions. Evidemment rien n'est mieux 
démontré que la bénédiction des a voults k par Bernard Gasc,et d'autre 



— 114 — 

part qui peut croire qu'il ne savait pas, lui, le familier du vicomte de 
Bruniquel et de Téveque de Toulouse, pour qui et pour quoi on lui 
faisait faire une cérc^monie en ces temps-là beaucoup trop connue? 
L'archevêque lui fixe le 26 du présent mois pour entendre la sentence 
qui sera portée contre lui par le cardinal évêque de Palestrina (l'ancien 
commissaire de l'enquête, Pierre des Pre2),ou quelque autre du choix 
du pape, soit dans le dit château de Noves,soit dans la ville d'Avignon. 

Il n'est plus question de lui sous Jean XXII. Sous Benoit XII, vingt 
ans après l'affaire où Bernard Gasc avait été mêlé, il obtint une sentence 
d'absolution» cxtitit sententialiter absoluius ». Une absolution ne prouve 
pas l'innocence, mais Bernard Gasc avait été suffisamment puni de sa 
faiblesse, et il resta dans Avignon, peut-être protégé par l'influence de 
parents et d'amis, si bien qu'en 1343, sous Clément VI, très favorable 
aux compatriotes de Jean XXII, on le trouve signant de son titre 
d'évêque de Ganos avec une douzaine d'autres prélats, la plupart 
simples évêques titulaires comme lui, une concession d'indulgences 
pour les visiteurs de l'église d'Anagni (i). 

Après lui, l'archevêque d'Arles fit appeler Raymond Jacques : « Avez- 
vous quelque chose à dire pour retarder le prononcé delà sentence ? » 
La réponse est celle de Bernard Gasc: «Je demande à être conduit 
devant le pape et devant le collège des cardinaux pour y proclamer 
mon innocence. Je révoque tout ce que j'ai dit contre moi-même ou 
contre les autres. Tout ce que j'ai déposé est faux. » On le voit, c'est 
mot à mot la même réponse : il ne pouvait pas [cependant parler de 
tourments, puisqu'il n'avait même pas été menacé de la torture. 
Le commissaire pontifical n'eut pas de peine à lui donner la 
réplique. Ses aveux, Raymond Jacques les avait faits, non sous la 
crainte de la torture mais bien spontanément, et à maintes reprises 
il les avait renouvelés. L'archevêque aurait pu ajouter : et ces 
aveux ont été confirmés par ceux des autres. En conséquence, 
l'appel au pape et aux cardinaux ne fut pas admis. Le 26 novembre 
lui fut assigné pour sa sentence ; quand ce jour là, f. ^4\ le 



(i) On trouvera dans la 2° partie de l'article de l'abbé Vidal les bulles de 
Jean XXII autorisant divers clercs à se faire réitérer par d'autres évêques 
la tonsure ou les ordres reçus de Bernard évêque de Ganos, la lettre de Benoit 
Xll à son trésorier pour le faire remettre en possession des biens qui lui avaient 
été confisqués au profit de la Chambre Apostolique, et la concession d'indulgen- 
ces. {Mélanges Couture pp. 153-158). 



— 113 — 

greffier lui annonça la prorogation jusqu'au neuf décembre, il 
protesta contre ce renvoi de la citation. La façon dont il a déposé au 
cours de ses treize comparutions ne laissait pas supposer cette résis- 
tance finale. Elle s'explique cependant : Il avait sans doute espéré que 
sa spontanéité, qui était allée jusqu'à lui faire demander une fois de 
comparaître sans être appelé, l'aurait fait plus vite relâcher, et sans 
doute en prison son esprit s'était aigri : il n'était plus disposé à voir un 
miracle dans la découverte du crime. Les juges n'avaient pas plus à 
s'occuper de ses dénégations tardives que de ses flatteries : ils savaient 
bien qu'ils ne frappaient pas un innocent. 

Guillaume Boyer, f. 44, dont on a vu précisément les dépositions 
confirmer celles de Jacques après qu'il eût subi quelques instants de 
torture, ne fait aucune difficulté et accepte la date du 26 novembre 
sans protestation. Aussi l'archevêque le fait détacher de ses entraves 
et lui laisse la liberté dans le château en attendant l'heure de la sen- 
tence. Boyer promet de ne pas chercher à s'échapper, sous peine de 
détention perpétuelle. Il ne protesta pas davantage quand la date fut 
reculée de quinze jours. Il est probable que ce commencement de 
liberté se changea, au jour de la sentence définitive, en une liberté 
complète. 

Il en fut sans doute de même d'Arnrflid Pascaud qui ne protesta pas, 
bien qu'il eût été une fois torturé. (Ibidem), 

Le 5 novembre, c'est le tour d'Aymeric de Belvèze, f. 44. Comme il 
avait été le trésorier d'Hugues Géraud, on lui pose une question finale 
sur les fonds que l'évèque pouvait avoir déposés chez certains particu- 
liers. Sur sa réponse assez vague, on lui donne assignation pour le 
26 novembre. C'est tout, Aymeric ne proteste pas. 

Le même jour, f. 44^', M^ Jean Rastoul fait du bruit. A la demande 
de l'archevêque, il répond à peu près comme Bernard Gasc et Ray- 
rfioud Jacques, mais en termes beaucoup,plus vifs et plus précis* « J'ai 
déjà demandé et je demande encore à^présenter ma défense. Tout ce 
que j'ai dit sur ou contre moi et les autres, je l'ai dit sous la violAce 
des tourments,^ et non parce que c'était la vérité. Sauf le respect que 
je vous dois, je n'ai parlé que sur les fausses (perfides) suggestions de 
mes juges, « salva reverenlia dicti dni archiepiscopi et . collegarum 
suoriim exfahis suggestionibus », et il n'y a eu contre moi que de faux 
témoins. Je veux être conduit devant le pape et devant le collège des 
cardinaux pour demander justice. Du moins je veux qu'on me donne 



— 116 — 

des juges ordinaires (par opposition aux commissaires extraordinaires 
nommés par le pape), tels que le cardinal évêque de Tusculum, messire 
Nicolas (Frauville, cardinal du titre de saint-Eusèbe) (i) messire Poil- 
fort (de Rabastens, du titre de sainte-Anastasie) (2) messire Bertrand de 
Montfavès (de sainte-Marie in Aquiro) messire Galhard de la Mothe (dQ 
^ sainte Lucie) qui seraient à mes yeux des juges non suspects )>. — On 
voit que le personnage élevait assez haut ses prétentions. Elles furent 
accueillies comme le seraient encore aujourd'hui des prétentions 
pareilles. 

L'archevêque très calme lui dit qu'il n'admettait pas son appel qui 
de droit n'était pas admissible. Quoique mis à la torture (une fois su 
six interrogatoires), Jean Rastoul avait été à peine torturé (leniter 
questionattcs), et seulement parce qu'on avait contre lui des preuves 
précédentes et des indices légitimes, comme le procès-verbal en fait 
foi, preuves et indices que le juge croit vrais, puisque après cette 
torture, sans être torturé de nouveau ni menacé (absque tormentis et 
terroretormentorum) il a renouvelé ses aveux en de fréquents interro- 
gatoires. 

Pierre de Saleilles fut assigné pour le même jour, f. 43. Il avait fait 
moins de prison que les autres prévenus, il était moins aigri : aux 
demandes de l'archevêque, il fépondit qu'il n'avait plus rien à dire 
sinon qu'il implorait la pitié et le pardon. Il ne protesta pas non plus 
quand le jour de la sentence fut différé, f. 44S mais c'est tout ce que 
nous savons sur son compte. 

Un dernier personnage reçut aussi son assignation le même jour. 
Raymond de Boussac, dont le manuscrit ne nous donne qu'un inter- 
rogatoire. L'archevêque d'Arles ne le fait pas appeler, mais il envoie 
dans la chambre du château de Noves où il était retenu prisonnier (3), 

le greffier Guillaume de Lhugac qui dresse le procès-verbal de son 

* 



(i) Originaire de Normandie 0. F. Prêcheurs fait cardinal par Clément V. Il 
était le confesseur du roi Philippe le Be!. 

(2) D'une famille albigeoise qui s'allia aux Desprez de Monlpezat, nommé à 
révêché de Pamiers 13 12, il était simplement é/2i quand Jean XXII le transféra 
à Léon le 23 mars 1317, et évêque élu de Léon, quand il fut fait le premier 
évêque de Ricux le 19 octobre J317. Il était cardinal depuis décembre 1330. 

(3) Il était peut-être malade : on voit quelquefois acheter des remèdes pour 
un prisonnier malade du château de Nove?. (Jnt. et Ex. XVI). 



— 117 — 

assignation. Raymond accepte le terme qu'on lui a fixé, tout en disant 
qu'il est innocent et couvert par des immunités spéciales (immunem). 
Il protestera contre la prorogation, f. 44^ 

Cette prorogation du 26 novembre au 9 décembre fut signifiée aux 
prévenus par le môme Guillaume de Lhugac, sur mandat des com- 
fnissaires pontificaux, en présence de messire Géraud de Campmule, 
archidiacre de Cahors, vicaire-général de Tévêché d'Avignon (i). 

C'est par là que finit le manuscrit, avec la déclaration d'authenticité 
donnée à la copie des 21 derniers procès-verbaux faite d'après l'origi- 
nal par Guillaume de Lhugac (2) qui les a tous revêtus de sa signature. 



(i) Géraud de Campmul (r de Campimulo ou Campinulo) est dans beaucoup 
de bulles appelé clerc du diocèse de Cahors, ainsi que d'autres personnages de 
sa famille, mais je ne saurais dire d'où il était originaire. On trouve sous Clé-" 
ment VI un Géraud de Campmul et un Astorg de Campmul, cousins du cheva- 
lier limousin Aymeric de Pestel, parent du pape(supl.i 3 f.38',17 f.235).Géraud,qui 
était docteur en droit civil, fut fait le 5 mars 13 18 chanoine et chantre de Lom- 
bez, (Vat. 68* ép. 1543) étant à cette époque nonce collecteur erl Espagne 
avec Hugues de Mirabel et Géraud d'Anglars (cf. Vat. 67, ép. 619, bulle du 29 
février 13 18). Le 2 juin il était fait chanoine de Capdrot (Sarlat), puis le 26 juin 
archiprêtre de Sarlat {vat. 68 ép. 1543); il reçut le 1" janvier 1323 Tarchidiaco- 
nat de Cahors (vat. 74 ép. 13 3). A la mort d'Arnaud de Capdenac il fut. adjoint à 
Gasbert de Laval comme vicaire général de l'évcché d'Avignon (Reg. Av, XI, 
f. $45). Il mourut en 1331 chantre de l'église de Paris (nommé en 1-^26. Av. 25, 
f. 123' — R. Av. 38 f. 55'). 

(2) Un autre copiste des proccs-verbaux fut Raymond Barrère ou Barrière^ de 
Belfort, au diocèse de Cahors (ff. 33^ 35' et 36*), un autre Bernard de Vîdalhc 
clerc du diocèse de Rodez (ff. 32 et 37'). 



— 118 - 

§ ni. 

LES BIENS d'hUGUES GÉRAUD 



Une conséquence logique de toute grave condamnation à cette 
époque était la confiscation^'des biens. 

On a déjà vu qu'avant même que fût prononcé Tarrèt de déposition, 
le pape avait pris ses précautions pour que les biens meubles d'Hugues 
Géraud fussent mis sous la main du fisc pontifical, non pas comme on 
pourrait le croire, d'après ce qu'on dit trop souvent par senti- 
ment d'avidité et d'avarice, mais parce que dans la foule de ceux 
qui s'étaient plaints d'Hugues Géraud, il y avait des victimes intéres- 
santes, que celui-ci avait spoliées, et qu'il fallait indemniser de leurs 
pertes, « pro satis/aclione conqiierentium » (i). 

Guillaume de la Tour, archidiacre d'Avignon, entre les mains de qui 
furent remis, le 21 mars i3i7,rargehterie et les livres laissés en dépôt chez 
les frères Galtier (ou Gautier) Je Limoges (2), avait été nommé commis- 
saire avec Pierre Danrocha, chanoine de Missey (Langres). Ils s'acquittè- 
rent de leur tâche tantôt ensemble, tantôt séparément et mirent la saisie 
sur tout ce qu'ils purent trouver de sommes pécuniaires, d'argenterie, 
de livres, d'ornements épiscopaux, dans les cités de Limoges (y com- 
pris le castrum) de Périgueux, de Cahors et de Montauban, dans les 
villes de Roc-Amadour (3) et du Vigan, dans l'abbaye de Dalon, voisine 
de la Nouaille, et chez les particuliers qui avaient reçu quelque chose 
en dépôt, faisant de tout cela rédiger des actes publics, comme l'acte 
déjà cité, le seul qui se retrouve encore, à ma connaissance, aux 
archives du Vatican (4). 

Le I" septembre, Guillaume de la Tour était remplacé par Bernard 

I 

(i) \ OIT pièces justificatives^ n° XIX et n° XXII. 

f (2) Pièces justificatives, n° VII. 

* 

(3) Cette mention de Rocamadour. où Tévêque de Cahors gardait toujoufs des 
droits, semble bien confirmer Tauthenticité de la bulle de Çélestin III que 
M. Rupin met en 'doute. — L'évêque de Cahors était abbé du Vigan. 

(4) Bullç du X" septembre 1317. Pièces justificatives n** XX- ^ 



« 



— 119 -^ 

Lasserre, chanoine de Dorât (Limoges), et une bulle adressée à ce 
personnage et à Bernard Danrocha leur continuait les mêmes charges 
avec les mêmes pouvoirs (i). 

J'avoue ne pas me rendre très bien compte, faute de documents, de 
toutes les nominations qui sont faites à cet effet. Le 9 avril, immé- 
diatement après Tarrèt de condamnation et avant sa promulgation, lé 
pape, on Ta vu, nommait collecteurs et administrateurs généraux des 
biens de Févêque de Cahors, les évêques d'Arras et de Riez et Pierre 
des Prez ; il dut porter aussi une sentence contre tous ceux qui sous- 
trairaient ou cacheraient une partie de ces biens (2). Ce qui avait été 
déjà recueilli par Gui de la Tour et Pierre Danrocha ne suffisait pas, 
il s'en fallait de beaucoup, à indemniser les nombreuses victimes des 
violentes extorsions (per vim et per ne/as) d'Hugues Géraud. Le pape 
chargea alors, le 5 août 1317, (3) le chanoine de Cahors, Adhémar 
Robert, de Lignerac en Limousin, de parcourir, avec tous les pouvoirs 



(i) Ibidem. — Quant à ces personnages, il n'est pas facile de les identifier tous 
avec certitude. Guillaume de la Tour était sacriste du prieuré conventuel de 
Brive (Limoges) et avait une chapellenie dépendant de Grandmont ^Limoges), 
d'ailleurs en litige, quand il fut fait le 18 février 13 17, peu de jours avant de 
recevoir son mandat, archidiacre de l'église d'Avignon. (Vat, 66 ep. 4059 — 
abbé Mollat, op. cit. n° 2862). Cela me fait supposer qu'il devait être de quel- 
que famile limousine. 

De même Pierre Danrocha (d'Enroque ? écrit le plus souvent Daurocha, mais 
aussi Dorancha, Daurahe^ etc.), dont presque tous les bénéfices sont au 
diocèse de Limoges. Il fut fait archidiacre de Combraille (Limoges) le 15 février 
1317 (R. Vat. 66 ep. 3572), puis archiprêtre de Capdrot (Sarlat) le i*' juin 
13 18. — R. Vat. 68 ep. 1837. — Il fut nonce-collecteur en Portugal, sous ce 
dernier titre, avec Arnaud de Roset, Lî futur évoque d'Asti (26 février 1322. — 
Int. et Ex. 47 f. iTi). Un de ses neveux, sans doute, Pierre Danrocha^ était 
sergent d'armes à la cour de Grégoire XI en 1372. {Int. et Ex. 336 f. 132*)- 
Bernard Danrocha^ chanoine de Limoges, qui est chargé de terminer en 1329 
les affaires relatives aux biens d'Hugues Géraud, était sans doute un frère de 
l'archidiacre de Combrailles (voir pièces justificatives). 

Bernard Lasserre (écrit Laseria dans le titre de la buîle et Lasserra dans la 
recommandation qui suit) étant chanoine du Dourat, doit être aussi un limousin. 
Un Hugues Lasstfrre chanoine de Saintes, est nommé en 1329 avec Bernard 
Danroche. Un Raymond de Lasserre qui avait une église au diocèse de Rodez, 
était en 13 17 nonce-collecteur en Espagne avec le quercynois Raymond d'Hé- 
brard. {R. Vat. 63, curiales ep. 228 f. 38$), 

(2) Pièces justijîcatives n ' XIV. 

(3) Pièces justificatives n° XIX et XXII. 



— 120-- 

d'un nonce spécialement délégué, les endroits du Limousin, du Péri- 
gord et du Quercy, où Ton disait que Tévêque avait caché une assez 
grande quantité d'argenterie, de livres et de monnaie. Il lui mandait 
de mettre la saisie sur tous les biens meubles et immeubles d'Hugues 
Géraud, en particulier le manoir de Beaulieu, près de La Nouaille,qui 
étaient gérés par le frère de l'évêque, Hélie Géraud, celui-ci ayant 
reconnu par acte public qu'il ne les occupait qu'à titre précaire. Ces 
biens vendus serviraient à satisfaire les plaignants. Quant aux fami- 
liers de l'évêque que le chanoine-nonce reconnaîtrait coupable, le pape 
lui donnait le pouvoir ou de les faire arrêter, si c'était possible, ou de 
les citer au tribunal apostolique (v. p. justifi. n° XXII). 

Mais Adhémar Robert (i) mourut avant d'avoir terminé sa mission, 
probablement dans le couratit de janvier, peut-être plus tôt, puisque 
son canonicat de Cahors était donné le 7 février à Pierre de Castel- 
nau (2) et le pape ne savait rien de ce que son envoyé avait pu faire au sujet 
des diverses choses dont il l'avait chargé. C'est pourquoi, aussitôt qu'il 
eut appris la mort du nonce, vers janvier ou février, il envoya à sa 
place Bernard Brun (3), doyen de Limoges, et Jean Paulet (4), clerc du 



(i) Adhémar ou Aymar Robert de Linayrac (Lignerac),au diocèse de Limoges, 
comme disent plusieurs bulles, était probablement de la famille du cardinal de 
mêmes nom et prénom, neveu de Clément VI. Le voisinage de Lignerac de la 
frontière du Quercy explique la parenté ou les relations de cette famille avec 
des familles quercynoises (Su^l. 10, f. 8*, les de Souillac^ consanguins — 3, f. 
i33\ relations avec les Stephani de Fa/o/z). D'après certaines dépositions, Adhé- 
mar avait été l'un des chanoines de Cahors les plus vifs contre l'évêque. Saleilles 
disait qu'Hugues Géraud avait voulu lempoisonner.Il avait,entre autres bénéfices, 
l'église de Sainte-Julittc, prùs Lauzerte (aujourd'hui Tarn-et-Garonne). Reg, 
Vat. 68 ep. 1247. Il semble avoir été fort lié avec les Durfort (Clém. V. Bened, 
1820, 1823-1828) — Chose assez piquante : Guillaume Robert, moine de Figeac, 
fut condamné pour crime de magie par l'Abbé, mais il se réclama de Tabbé 
d'Uzerche. (Lettre de Jean XXII du i" novembre 1323. Reg. Av. 20 f. 160') 
Nombreux d'ailleurs sont les personnages de cette famille que l'on rencontre 
dans les registres ; mais je n'en ai relevé qu'un petit nombre, ne pouvant pas 
étendre mes recherches sur tout le Limousin. 

{2) Le futur évêque de Rodez. (Vat. 67 ep. 41$). 

(3) C'est probablement le même qui fut évêque du Puy en 1327 .— il était 
originaire de Brive. 

(4) Jean Paulet, citoyen de Cahors (nommé en 1315 dans le Te Igïturn'' 449), 
clerc marié, qui fut créé tabellion en 1317, après examen passé en présence de 
Bertrand de Pouget {Reg, Av. 6 f. 159) était-il le père [de celui-ci, qui est 
dit tantôt clerc du diocèse de Cahors, tantôt clerc du diocèse de Mcudc? 



— 121 — 

diocèse de Cahors, qui doivent le renseigner sur tout ce qu'avait fait 
Adhémar et continuer son travail, soit pour la recherche de l'argent et 
la vente des biens, afin de satisfaire les intéressés « pro satisfactione 
conquereniium predictorum )y, soit pour la poursuite des familiers de 
Géraud qui seraient trouvés coupables (i). 

De temps en temps la chambre apostolique recevait soit en argent, 
soit en nature, une partie de la fortune de l'évêque de Cahors. Le 
le"- janvier 1318 Jean XXII avait donné quittance à Pierre Danrocha 
pour l'argenterie, les livres et les ornements qu'il avait recueillis (2). 
Une seconde quittance lui était donnée le 24 avril 1321 (3). Le 12 avxil 
Philippe Podiossi de Marseille payait une somme de 500 florins qu^il 
tenait d'Hugues Géraud (4). Une somme d'argent due par un certain 
Durand Peyrole de Toulouse (qoo livres),*réclamée en rp5,nefuÈ payée 
définitivement qu'en 1328 (5). Le dernier document que nous ayons à 
cet égard est une lettre du 5 mai 1329 adressée à Hugues La Serre, 
chanoine de Saintes et Bernard Danrocha, chanoine de Limoges^ 
parents sans doute de Bernard La Serre et de Pierre Danrocha, dont 



(cf. n° XXIV). Au moment où fut érigée la nouvelle collcg^ialc de Saint- 
Etienne du Tescou à Montauban, il reçut un des premiers canonicats. 
(Il est dit dans la bulle « fils d'autre Jean Paulet, citoyen de Cahors m, — {R. Av^ 
10 f. 364). Jean Paulet, le collecteur des biens de Géraud, ctait mort en i 330» 
— Int, et Ex. 19 f. 40* ctcollect. 3:50 f. 50*. 

(i) Voir pièces justif. ^^ XXII. Cette lettre est spéciale à Ber, Brun ; une outre 
de tout point semblable était adressée à Paulet (Coulon n° $^4) : le pape écrivait 
de plus pour recommander ce dernier à divers seigneurs comme le duc de Bre- 
tagne, le vicomte de Lomagne, etc. (Coulon n°" 533-53$). Un peu plus tard le 
duc de Bretagne était remercié pour son concours, n** 781). Un livre de comptes 
mentionne le détail d'un' cheval (roncino) acheté par P" de Via pour le compta 
de Jean Paulet. C'est un familier du cardinal deMontfavès,le damoiseau Ratîcr de 
Cuzorn, qui reçoit le i 5 mai 13 19 l'argent pour le propriétaire du chevaK {Int. 
et Ex. 24, f. 52). 

(2) V. pièces justificatives n°XXI, 

(3) Reg. Collect. 373 f. p6*. — La même bulle a trait aussi aux biens de l'an- 
cien évêque de Rodez, patriarche de Jérusalem, Pierre de la Chassaîgnc. 

(4) Arch, Vat, Armor. XXXV, tome 140 f. 24 n° 2. 

(5) I" avril 1325. Lettre à Raymond de Jean, clerc du diocèse de Toulouse, 
pour qu'il s'informe.— On voit que JeanPauletétait mort. {R,vat. 113» f. î ;^*7i ep. 
898). Reg. obligat. et $ocut i? f. 88', cf. lut, et Ex, 19 f. i \^\ paiement final : 
16 jnars 1328^ 



— 122 — 

j'ai déjà parlé. Elle est curieuse en ce sens qu'il y a une allusion discrète 
au supplice de Géraud « privatus ac depositus et pénis aliis juxla 
suorum exigentiam demeritorum » et, qu'elle nous confirme la mort 
d'Hélie, son frère, celle de Fouquier et celle du commissaire Jean 
Paulet (1). 



(t) V. aux pièces justit. n° XXIV; cf. Collect. 378 f. 112'. M. Hugue Lasserre 
paie le 25 janvier 1331, la somme donnée par les héritiers de Pierre Fouquier 



- 123 — 

^ § IV. 

LES BIENS DES COMPLICES d'hUGUES GÉRAUD 



Lorsque Arnaud de Villars et Arnaud Pascal eurent été arrêtés à 
cause de leurs crimes « propter suorum enor?nitatem excessiium » le pape 
chargea divers personnages de mettre la main sur leurs biens; mais la 
date et les exécuteurs de la bulle me sont inconnus (i) (Coulon. n» 463). 
Une lettre du 10 juillet 13 18 adressée à révoque de Riez se rapporte au 
dixmaire de Frusin, dans le diocèse de Toulouse,qu' Arnaud de Villars 
avait occupe par la violence, et que réclamait l'abbé de S^-Sernin, Pierre 
Tissier, au nom de son monastère. Il est assez curieux que le pape dise 
à révoque de forcer Arnaud à la restitution, sans entendre aucun appel, 
comme si Arnaud n'était pas à cette date en prison (2). 11 est vrai que le . 
manuscrit du procès ne parle pas de lui à propos des citations pour la 
sentence; mais il est non moins sûr que d'autres pièces nous apprennent 
qu'il resta et mourut en prison ; on voit plus bas qu'en novembre 1325 
il y était depuis plus de huit ans. 

La liquidation de ses biens fut assez compliquée. Il avait été chargé, 
on l'a vu, de la levée de décimes pour le roi, et les comptes ne furent 
réglés qu'en 1332 (v. p. 91, note). De même il avait reçu mandat de la 
chambre apostolique, avec Jean Rastoul, pour liquider les spoliœ de 
P. de Roquefort, évêque de Carcassonne et il ne semble pas qu'il eût 
rendu des comptes bien exacts, ce qui créait des difficultés aux com- 
missaires et produisait des retards (3). Voici quelques détails qui peuvent 



(r) M. Coulon met : juillet-août 1317, Une lettre du ti octobre 1317 (Gué- 
rard, op. cit. I p. 211 n° 13$) est adressée au sénéchal Guiard Gui à qui le pape 
reproche de mettre la saisie sur ces biens avant la condamnations des prévenus, 
et rappelle, dans le cas d'une .condamnation, que seule la Chambre Apostolique 
a des droits. 

(2) Reg. Vat. 68 ep. 1353. — Av. 9, f. 194. — Pierre Tissier ou Tissandier 
est le futur cardinal. 

(3) C'est ce qui résuite d'une note du registre 378 des Collectorie^ f. 105'. — - 
Pierre de Roquefort était évéque en 1300 (nommé le 17 septembre,d'après Gams. 
Il dut mourir sous Clément V et fut remplacé, soit immédiatement, soit plus 



_ 124 ~ 

intéresser. Le 7 septembre 1325, discrète personne, messire Pierre de 
Goudou,, archidiacre de Montpezat, chargé de la liquidation d'une 
partie des biens d"* Arnaud de Villars, chanoine et maître de V oeuvre de 
Cahors, retenu pour ses méfaits dans les prisons pontificales (il vivait 
donc encore à cette époque), verse à la chambre apostolique les revenus 
des bénéfices qu'Arnaud de Villars possédait dans le diocèse de'Cahors ; 
il verse non seulement ce qu'il a ramassé lui-même, mais encore les 
sommes saisies ou recueillies par son prédécesseur, feu Barthélémy de 
l'Arc, archidiacre de Figeac, par les mains de deux familiers du pape, 
le scriptor Pierre de Meunac et Pierre Rigal, tous les deux originaires 
de Cahors, et parcelles d'un marchand cadurcien, du nom de Raymond 
de la Roque (i). Le 20 décembre 1327, Pons Molinier, chanoine de 
Cahors, qui a été subrogé au précédent décédé, versait à son tour une 
somme d'argent provenant des biens d'Arnaud de Villars dans le 
diocèse (2). 
Pour l'église de Belpech,(Mirepois) les liquidateurs (ou conservateurs, 



tard, par un autre évêque du nom de Pierre qui mourut, celui-là, le 16 juin 1322, 
(bulle de la nomination de Guillaume de Flavaucourt au siège de Carcassonne, 
vacant par la mort de Pierre. — Vat. 73, ep. 581). 

(i) Collect. 378 f. 69. — De même /«f. et Ex, 19 f. 68. — Pierre de Meunac fut 
archiprêlre de Montpezat, puis du Vigan. C'était un parent des Rodes, dont Tun 
devint archevêque de Naples. — Pierre Rigal Qst-i\ celui que nous avons déjà 
vu ? — Sommes versées en. 2 fois : a^ 733 fl. d'or, 6^°' petits t. fe, 1230 agneaux 
d'or, 380 florins d'or, ^6 sous gros tour, à Vo rond ; '53 à Vo long, plus 25 livres, 
10 sous, I obole d'argent au coin du roi de France. — Chaque agneau d'or 
valait 27 sous 8 deniers petits tournois, chaque florin 23 sous 7 deniers, l'obole 
8 deniers, toujours petits tournois. C'est ce que nous apprend le livre de comptes 
où l'on établit soigneusement le rapport des monnaies entre elles aux diverses 
époques. Le florin d'or en 13 17-18 ne valait que de 14 à 17 sous petits tour- 
nois. — (Voir la fin de la pièce justif. n" Vil). Puisque je suis à parler chiff'res, je 
dirai combien il serait désirable qu'un homme du métier entreprît la révision 
des livres de comptes des papes au xiv° siècle dans le but d'étudier la valeur 
de l'argent, sous ses différentes formes, les trésoriers ou les collecteurs ayant 
soin presque toujours de réduire à une monnaie uniforme les différentes mon- 
naies reçues de tous les pays. Il y aurait là un travail très important à faire, très 
intéressant, assez facile et dune utilité incontestable. Je souhaite que mon obser- 
vation soit entendue de quelqu'un et que le livre qui nous manque sur les 
monnaies au xiv* siècle se fasse bientôt. ^ 

(2) Ibid. Collect. 378 f. 69 et Int, et Ex. 19 f. 68 et 68'. — Pons Molinier 
verse 360 agneaux d'or, 72 florins d'or, plus 2 sous, 10 den.. i obole, d'argent 
au coin du roi de France ; en tout 584 Ib. 8 den. petits tournois, d'après le 
calcul ci-dessus. (J'accepte de confiance les réductions du trésorier^. — Pows 
Molinier fut maître de l'œuvre de Cahors, après la mort d'Etienne de Roux, 
frère du cardinal Raymond. (Reg. vat. io6, ép. 6). 



— las- 
car les deux mots peuvent aller dans le cas présent) furent d'abord 
Pierre Durand, doyen de Gastelnaudary (ancien curé de Cahus, au dio- 
cèse de Cahors, et quelques temps un des administrateurs'du diocèse de 
Toulouse, au moment de la nouvelle organisation), et André Porquier, 
chanoine d'Angers, déjà nommé à propos d'Arnaud Pascal (v. Vidal 
Documents, op. cit. p. 195). Cinq ans après c'est l'évèque même de 
Mirepois, Raymond Athon, (de Caylus, au diocèse de Cahors) qui est 
chargé de cette affaire les quatre dernières années. Celui-ci versait une 
assez grosse somme par les mains de Guillaume Calvet, recteur de 
Vigoro (Montauban), le 7 novembre 1325. La même année M* Guil- 
laume-Pierre de Seguierville (Toulouse), rendait ses comptes pour 
l'église de Creyssens (S. Papoul), et l'évèque d'Alet, Barthélémy, pour 
les dîmes de Vareilles (i). 

Arnaud de Villars était mort en 1328, ainsi que nous l'apprend une 
note d'un registre caméral déjà cité: le 5 octobre 1328, Arnaud de 
Verdale, archidiacre de Mirepois (plus tardévèque de Maguelonne) 
était chargé de recevoir aunom de la Chambre Apostolique de l'argent 
mis en dépôt par Raymbaud de Rechignevoisin et AiquelindeBlaye(2) 
et provenant des fruits des bénéfices de feu M. Arnaud de Villars 
{Villario) maître de l'œuvre de Cahors (3). 

Quant à Arnaud Pascal, outre la lettre commune à Villars et à lui, 
déjà citée, de juillet ou d'août 1317, il y a encore une lettre du 
26 février n20, adressée à Jean Paulet, dit ici clerc du diocèse de Mende, 
renouvelant au sujet des biens d'Arnaud Pascal, chanoine de Saintes, 
un mandat (que je n'ai pas retrouvé) faitjcollectivement à Paulet et à un 
laïque de Saintes, feu Pierre Vigier, (Reg. Vat. 70 f. 22*) Paulet mourut 
peu après avoir reçu cette lettre et fut remplacé par Af« Guillaume 
Roux, hebdomadier de l'église de Mende (Collector. 350, ff. 50* et 51, 
où l'on voit que la lettre fut remise à Paulet le 1 5 mars et qu'il fut 
remplacé le 8 juin) (4). 



(i) Collect. 378, f. 70 et 70* — 27 juillet, 7 et 12 novembre. 
(2) Tous les deux étaient administrateurs provisoires du diocèse de Toulouse 
en juillet 13 17 (cf. Vidal: documents sur les origines de la province de Toulouse 

— Rome 1901, p. 93, p. 198. 

0) Ibid. f. 105. -- Je n'ai relevé les chiffres' que pour le diocèse de Cahors. 

— Ils suffisent pour donner une idée des gros revenus de cette époque. Encore 
quelques années et le Quercy deviendra la plus pauvre pays de France. 

(4) En mars 1 32 1 M. Guillaume Roux versait pour les biens de Pascal une fois 
501 deniers, à la masse d'or, 565 florins d*or de Florence, 823 agneaux d'ofi 



Chapitre VIII 



L'EVEQUE DE TOULOUSE 



LES AUTRES PROCES DU TEMPS. — CONCLUSION. 



Il est impossible de finir ce travail sans revenir spécialement sur 
révêque de Toulouse dont le nom a été si souvent prononcé par les 
témoins ou les prévenus. 

Il me semble qu'il ressort de toutes ces dépositions qu'il est d'abord 
très probable que Galhard de Pressac a dû avoir une influence sur la 
décision de Févèque de Cahors, mais de plu§ qu'il y a eu accord entre 
eux. Le rôle joué par l'évêque de Toulouse dans la bénédiction des 
images, ses relations suivies avec Hugues Géraud, soit à Avignon (i) 
(f, 39 et 39') soit par lettres (f. 25*) (2) montrent que l'évêqueMe Cfehors 
# i 



1 1 deniers, dits à la reine, d'or, 3 doubles d'or maroquins ; une autre fois pour 
295 Ibr. 1$ soL 10 den. pet. tour. 32 deniers, à la masse d'or,;2 20 agneaux d'or, 
^ florins d'or de Florence, enfin 41 agneaux d'or, 13 sol, 1 1 den. i obol. petits 
tournois, avec une douzaine de volumes de droit. {Int. et Ex. iq f. 40'). 

(i) Il aurait eu des entretiens fréqivents avec l'évêque de Cahors à Avignon 
dans la maison du cardinal de la Teste (déposition du fr. Conon de Payerne, 
rapportant des propos de Pierre de Saleilles, f. 39'). — Au moment où l'évêque 
de Toulouse quittait la curie, Géraud l'accompagna jusqu'au pont du Rhône 
et lui demanda l'église de la Crousille (plus tard diocèse dé Lavaur),pour un de 
ses familiers, je suppose. Mais l'évêque Galhard la lui refusait en disant : aquod 
ipse nihil valcbat, nec erat dignus aliqua grutia quia nihil sciebat facere^ eu - 
dem Hugonem valde vituperando » — déposition de Saleilles en 1322, f. 39. 

(2) Déposition de Jean Rastoul, f. 2<,\ parlant de l'archidiacre de Silos, très 
au courant des secrets de l'évêque, qui recevait les lettres arrivant d'Avignon et 
les portait ensuite au vicomte de Lomagne et à Amanieu d'Albret, mais il assure 
ne pas savoir de qui venaient ces lettres; cf. encore (f. 26) déposition de Tévêquc 



— 127 - 

n'avait pas toute la responsabilité de cette seconde afifaire. D'après un 
témoin, on disait que le vicomte de Bruniquel avait envoyé en Espagne 
un de ses écuyers consulter un astrologue maure sur la question des 
images de cire, et qu'il avait été jusqu'à Valenga (Valence?) avec 
l'évêque de Toulouse (i). Lorsque les porteurs de ces images eurent été 
pris et que la nouvelle en fut arrivée à ce dernier par son chapelain 
Perrot de Béarn, il quitta sa ville épiscopale sous prétexte d'aller voir 
sa mère, et se retira, en plein carême, dans son pays natal. De nom- 
breuses dépositions, faites non seulement par de petits gens comme 
Huguet Blanc, mais par de vrais personnages, comme ses vicaires 
généraux, Arnaud de Villars et Arnaud Pascal, ou son procureur Jean 
Rastoul, ou l'évêque de Ganos, disent clairement ou insinuent qu'il se 
retira chez lui pour éviter d'être arrêté (2). 



de Cahors avouant des lettres envoyées à Aimeric de Belvèze (f. 12), ou une 
commission donnée à son écuyer Bertrand de Malemort (f. 13). 
Dépositions de l'évêque, de l'archiprêtre et de Belvèze v. p. 43 . 

(i) Déposition du prieur d'Auvillars, Raymond de la Captlle (sans doute de la 
famille de ce nom, dans le Bas-Quercy, non loin de Moissac). La vicomtesse 
d'Auvillars ayant appris de lui ce voyage lui aurait dit : « Il ne peut rien arriver 
de bon de la fréquentation du vicomte de Bruniquel », f. 33). 

(2) Dépositions d'Hugues Blanc (f. 21'). — Il tient de Grazita, chambrière de 
révêque de Toulouse, très au courant de tout ce que faisait l'évêque « secreta- 
riam ». — (Bernard Gasc, l'évêque de Ganos, dit de même : « magis secretaria 
quam ipse deponens )%(f. 22^) — que l'évêque n'était allé dans son pays en carême 
que par crainte d'être déposé, parce qu'il avait fait préparer contre le pape des 
poisons par Arpaud de Villars ^ Guillaume Gayssac, Galhard de Cayezio et 
Raymond de Boussac, et qu'il ne voulait pas que l'ennemi le trouvât dans son 
évêché. La même chose lui fut dite par Petricus Jouglar, recteur de Paulhac 
(Toulouse), camérier de l'évêque et son confident (secretarius)^ qui fut très 
surpris de le v6ir au courant et lui fit jurer sur l'autel de n'en rien dire à âme 
qui vive, sinon il le ferait pendre par la gorge. 

Déposition de l'évêque de Ganos du 12 juillet (f. 24). — Arnaud de Villars 
lui avait dit, après la bénédiction, qu'on devait envoyer ces images à Avignon et 
que tout le mojide ne rirait pas. Or, peu de temps après, l'évêqtiB de Toulouse 
lui dit : « Que pensez-vous de ces images ? -- Rien de bon. Ces choses-là sont 
plutôt faites pour le mal que pour le bien. -• En effet, dit Ualhard, il ne faut pas 
douter que ce ne soit pour un très grand mal » f. 24*. 

Déposition de Jean Rastoul, procureur de GalJ^prd : 16 juillet (f. 25*). — 
Quelques jours après la bénédiction il demanda à l'évêque ce qu'étaient ces 
images pour lesquelles il avait fait une telle solennité dans sa chapelle : « Chut 1 
cela ne le regarde pas, elles nuiront aux plus grands personnages du monde », 
ou encore (f. 26), mais plus tard, avant le dimanche des Rameaux : « Je suis 
accusé devant les plus grands hommes du monde, mais je vais les ensorceler 



BÉàLii^'J:^ ', 



— 128 — 

Il ne reparut plus dans son diocèse (i). 

La parole du vicomte de Bruniquel, rapportée par Raymond Jacques 
(f. j) « qu'il agissait ainsi pour défendre Pévêque deCahors et quelques 
autres personnages que le pape poursuivait» ne peut s'entendre guère 
que de Tévêque de Toulouse dont Jean XXII aurait déjà commencé le 
procès canonique. Cela s'accorderait avec le fait de son temporel saisi par 
ordre du roi,sans doute sous l'influence du pape (2). Galhard de Prayssac 
aurait pris part au complot comme l'évèque de Cahors, pour se venger 
du pape, çt ainsi s'explique son rôle dans cette affaire, à peu près 
incompréhensible sans cela (3). 

Il me semble qu'il est clair pour nous que l'évèque de Toulouse, 
probablement pour empêcher le démembrement,dont son diocèse était 
menacé, et qui l'atteignait si directement, prit une part active, quoique 
peu extérieure, à l'attentat du vicomte de Bruniquel, son parent, et de 
l'évèque de Cahors. Etait-ce également clair pour le pape? Oui, sans 
doute, vers le mois d'août, après les dépositions si nombreuses, quoique 
un peu vagues, de tant de personnages familiers de Galhard de 
Prayssac. Mais il me paraît qu'à la date du 25 juin, où parut la première 
lettre sur le démembrement du diocèse de Toulouse et même à la date 
du II juillet, où Galhard est dit ancien évêque « quondam Tolosanum 
épiscopum » la conviction du pape sur la complicité de l'évèque ne 
pouvait pas être faite. Il devait avoir des soupçons, d'après les dépo- 



fn faychillare y> avec des images. — Celles que vous avez fait bénir ? — Celles-là 
et d'autres ». Rastoul n'avait pas voulu le pousser, dit-il, mais il avait compris, 
puisque l'archidiacre de Silos lui ayant demandé : « Avez-vous bien vu les ima- 
ges ? » il lui répondit : « Oui, et la voix publique dit que c'est Tévêquc de Tou- 
louse qui les a fait faire contre le pape. » La fuite de Tévêque dans son pays 
confirma cette opinion. Beaucoup plus tard le même archidiacre lui parlant de 
ces images à son retour de Paris lui aurait dit : « C'est un grand malheur pour 
l'évèque de Toulouse » (f. 25*). 

Arnaud de Villars (f. 28) et Arnaud Pascal (f. 39) accusent, par présomption, 
f disent-ils, nonpar certitude, l'évèque de Toulouse d'avoir fait faire ces images. 

L'évèque de Cahors lui-même le nomme devant le pape, (f. 27»). 

(î) Déposition d'Arnaud de Villars, f. 28'. 

(2) Déposition de RastoulISu 6 juillet « cette année, après la noèl, quand la 
paix se faisait entre l'évèque de Toulouse et le sénéchal au sujet du temporel de 
l'évèque mis sous la main du roi... » eut lieu la bénédiction, (f. 25). 

(3) Ainsi que le dit très bien M. l'abbé Vidal (mélanges Couture, Bernard Gasc 
p. 148. 



— 129 — 

sitions faites au sujet de la bénédiction des images, mais dès le lo juin, 
où s'arrêtent les interrogatoires, pour ne reprendre qu'au 27, aucun 
personnage important n'avait parlé (i). \\ est vraiment peu admissible 
de prétendre que sur le seul fait, à peu près démontré, de la bénédiction 
des images dans la chapelle, le pape ait accompli l'acte si grave de la 
division du diocèse de Toulouse. 11 est donc probable au contraire que 
cet acte fut la conséquence naturelle et presque nécessaire du procès 
canonique commencé contre Galhard de Pressac (2). 

Le pape aurait-il pu le faire arrêter? L'évêque semble l'avoir cru, 
puisqu'il s'est enfui ; et, en effet, le pape avait à sa disposition pour cette 
affaire tous les officiers royaux (v. le livre de comptes,/>zéc6:s justif, n° XV, 
où les viguierSjles sénéchaux, les sergents du roi, qui ont pu servir pour 
la capture ou la conduite des prévenus sont nommés). Mais Galhard 
de Pressac était le propre neveu de Clément V. Jean XXII avait assez 
d'ennuis de la part des héritiers et parents de son prédécesseur pour 
ne pas vouloir compliquer les choses. Le procès canonique l'avait décidé 
à partager une mense dont la richesse exposait ses possesseurs à trop 
de tentations. Cet acte nécessaire était déjà un commencement de 
punition. Quand il fut bien sûr que Galhard de Pressac était complice, 
il se décida à le punir de la façon la plus pénible pour son orgueil, en- 
lui offrant le siège de Riez, aux portes d'Avignon : il était bien 
sûr de la réponse. En effet Galhard refusa (3). Pourquoi le pape 
ne fut-il pas plus sévère, tandis qu'il tut si dur pour Hugues 
Géraud ? C'est que celui-ci avait été d'abord bien plus coupable 



(i) On ne peut guère admettre que le pape ait préparé tous les détails d'un 
tel acte pendant les journées du deuil produit par la mort de son neveu. Il faut 
donc remonter au moins jusqu'au 10 juin. Or à cette date on n'avait entendu ni 
Bernard Gasc (car dans son premier interrogatoire il n'avait pas voulu parler), 
ni Prudhomme de Seysses, ni Jean Rastoul, ni Arnaud de Villars, ni Arnaud 
Pascal, ni Raymond de la Chapelle, ni Escatilh, ni même ce pauvre homme 
d'Huguet Blanc, c'est-à-dire précisément aucun de ceux qui ont directement 
déposé contre l'évêque de Toulouse. 11 était bien difficile que sur les seules 
dépositions de Raymond Jacques et de Guillaume d'Aubin, le pape eût fait l'acte 
si grave de la division du diocèse de Toulouse. 

(2) Ceci bien, entendu, sans vouloir infirmer le moins du monde les excel- 
lentes raisons de ce démembrement données par le pape dans ses lettres. 

(-5) D'après la Gallïa, (XIII col 37) il serait mort à Avignon en 1327. Jean XXII 
ne gardait pas rancune à ses ennemis. 



— 130 — 



au point de vue canonique ; Galhard de Pressac n'avait pas les 
mêmes fautes graves à se reprocher. C'est de plus que le premier 
avait fait lui-même sur une image les cérémonies odieusement sacrilèges 
du baptême et de l'envoûtement et que le personnage envoûté par lui 
était mort, tandis que le second avait fait bénir (et non baptiser), en sa 
présence des images qui avaient pu être saisies avant que l'envoûtement 
eût lieu. Géraud de Pressac avait su faire exécuter par les autres le 
projet que peut-être il avait conçu le premier, mais il était plus facile 
de convaincre Géraud sur les faits que Galhard sur les intentions. 
Pour convaincre celui-ci de toute façon, il eût fallu le faire arrêter, 
1 engager contre lui une procédure criminelle qui peut-être n'aurait pas 
'abouti. Jean XXII aimait mieux tout finir à Tamiable. 

D'ailleurs s'il avait voulu urger contre l'évêque de Toulouse, n'aurait- 
il pas dû urger aussi contre le cardinal de Pellagrue dont le nom souvent 
prononcé dans le débat pouvait bien faire croire aune complicité réelle, 
(i) contre le vicomte de Bruniquel, un des plus coupables en cette 
affaire.^ Grâce au prudent système de l'instruction sans apparat il put 
paraître ignorer bien des choses. Seulement à l'occasion il montra qu'il 
n'était pas dupe, par exemple dans une lettre au cousin de 
Galhard de Pressac, le vicomte de Lomagne, et à Amanieu d'Albret 
dans laquelle il s'excuse de ne pouvoir admettre leurs demandes, 
et refuse d'accorder lepallium demandé pour Galhard, et de nommer 
à Cahors leur protégé Raymond de Casettes (bu Caseles) (2). Il leur 



(i) Le cardinal de Pélagrue est nommé d'abord'dans la déposition'de Raymond 
Jacques. Perrot de Béarn après Tarrestation des porteurs, aurait été envoyé 
chez lui par l'archiprêtre de Saint-Médard, f. 3*. Il est nommé encore par le 
même comme devant fournir de l'argent pour payer Perrot de Béarn, f. 10*. 
Bernard Gasc lui écrivait (dép. de Raymond Jacques, f. 16 et de Bernard Gasc, 
f. 22, Prudhomme, le damoiseau de Seysses, raconte qu'un moment le vicomte 
de Bruniquel avait chargé Perrot de Béarn de remettre le paquet au cardinal, 
puis il avait dit de le remettre à l'évêque de Cahors, f. 24^ Quand Bernard Gasc 
partit pour Avignon, l'évêque de Toulouse lui dit de ne rien craindre, car il avait 
beaucoup d'amis à la curie, et en attendant de s'adresser au cardinal de Pellagrue 
qui était pour les clercs ce que le vicomte de Bruniquel était pour les laïques, 
f. 25. On voit enfin qu'il est souvent question de lui dans l'enquête sur les 
paroles du bailli de Pertuis. 

(2) Raymond de Caseles (écrit tantôt de Casetis, tantôt de Caselis ; peut-être 
faudrait-il lire Raymond de Thézels) était probablement de Cahors. Il fut cha- 
noine de Cahors, archiprêtre de Salviac etc., on trouve plus^tard son neveu, du 
même nom, aussi chanoine de Cahors» 



— 131 — 

demande si ce ne sont pas des personnes de leur famille qui ont pris 
part à la préparation des poisons et des images, qui ont essayé de 
faire échapper des prévenus : « an auiem inter illos aliqui de vesiro 
génère fuerint ? » C'était clairement désigner Ic/vicomte de Bruniquel 
et l'évêque de Toulouse (i). 

A la date où le pape écrivait cette lettre, s'instruisait une enquête 
relative à plusieurs cardinaux. Un officier du vicomte de Lomagne, le 
châtelain de Pertuis, avait prononcé certaines paroles étranges sur le 
compte desquelles il voulait être informé ; sans doute elles se rappor-» 
talent au complot tenté par Bernard de TArtige, quelques mois plus 
tôt. 

On sait qu'il y avait eu grand dépit chez les cardinaux gascons de 
n'avoir pas pu réussir à faire élire un d'entre eux. Ce mécontentement 
avait dû être excité par des parents de l'ancien pape dont on sait la 
conduite à la mort de Clément V. Que Bernard de l'Artige, chantre de 
l'église de Poitiers, ancien familier de la cour pontificale, ait voulu 
profiter de ce mécontentement pour entraîner dans un complot 
quelques-uns des cardinaux, c'est ce qui semble bien ressortir de la 
lettre du 7 mai 1317, par laquelle Jean XXII charge d'une enquête 
contre ce personnage, dont il fait un portrait fort peu flatté, les deux 
commissaires du procès de Géraud, Galhard deSaumade et Pierre des 
Prez (2). En donnant l'instruction de ces deux affaires aux mêmes 
hommes, il montre qu'il croit à la connexion des deux tentatives. 

En tout cas les historiens en ont vu une, car la plupart confondent 
Tafiaire de Bernard de L'Artige avec celle d'Hugues Géraud. Il n'en 
est pas question dans le procès, à moins d'y rapporter Tinstruction parti- 
culière relative aux paroles du châtelain de Pertuis. Peut-être faut-il 
voir une allusion à cette affaire dans les paroles que Bertrand de Dur- 
fort, parent de l'ancien pape, adressait un jour à l'évêque, de Cahors, 
qui le priait de le recommander pour son affaire au vicomte de 
Lomagne : « Le pape sera mort avant que votre procès soit terminé »; 
mais peut-être n'était-ce qu'une allusion à la vieillesse du pape et à sa 
frêle santé. En tout cas jamais Hugues Géraud, si prompt à nommer 



(1) Guérard, Documents sur ta Gascogne, I, n° :2i. 

(2) Coulon, n*' 524 — s. Raynaldi 1 317— § LI. 



— 138 — 

les gens pour les compromettre, ne prononce le nom de Bernard de 
l'Artige (i). 

Voici un court résumé de la petite enquête en question : Le mardi 
i6 août, Gautier de la Tour, damoiseau du vicomte de Lomagne, 
châtelain ou bayle de Pertuis (Àpt), de passage à Aix, avait été invité à 
boire un coup avec ses gens dans la maison de Bertrand de Bonne- 
saignes où logeait son vieil ami Bertrand Bos, recteur de la Rabinie, 
au diocèse de Cahors. Celui-ci avait fait signe à quelques autres et 
la réunion était nombreuse, comprenant outre Gautier et Bertrand, 
Pierre del Teil (de Tilia) du diocèse de Limoges, Bernard de Rudelle, 
du diocèse de Cahors, Bodet,ou Raymond (peut-être Raymond Bodet) 
damoiseau de Pertuis, Bernard Guillem de Toulouse, un espagnol 
Martin Sancho, Arnaud du Mas d'Azil et B. Daianes. On se mit à 
causer des procès faits à divers évêques et de la division du diocèse de 
Toulouse. Chacun disait son mot et, le vin aidant, nos diplomates 
échauffés trouvaient que le pape avait été sévère. C'est alors que 
Gautiçr de la Tour, élevant la voix aurait dit que (usans un cardinal, 
quatre membres du Sacré Collège auraient tué le pape dans le consis- 
toire, puis qu'ils seraient sortis en criant : « Gascogne ! Gascogne ! » Et 
l'on aurait bien vu qui devait l'emporter des gascons ou des gens de 
Cahors. Pas un de ceux-ci n'aurait repassé le Rhône ». On le voit, 
ces paroles rappellent le serment d'Huguet Blanc, le courrier de 
l'évêque de Toulouse, devant l'église Saint-Etienne, (f. 22). 

Interrogé sur ce qui avait pu donner lieu à de telles paroles, le 
châtelain s'appuya sur certains mots qu'il avait entendu dire pendant 
le carême^ à Pertuis, par un familier du vicomte de Lomagne, disant 



(i) Ce B. de l'A. doit être du Quercy ou de l'Agenais. Ce nom se retrouve 
assez souvent vers cette époque : Un Bernier de VA, clerc du diocèse de Cahors 
(Vat. 83 ep. 1245) remplaçait en 1331 comme chantre de Léon, Foule de la 
Pérarède (Vat. 97 ep. 239J ; un Guilhem de Vartige est dit dans les livres de 
comptes des Frères Bonis (t. II, p. 234) donzal de Mirabel « en Tavesquat de 
Caors », et Ton sait qu'en 1259 Rciymond de Variige était bayïe de Castelnau- 
Montratier pour le comte Alfçnse. {Correspondance d'A. de Poitiers^ ji° 1504- 
5) etc. 

(2) La Rahinia « alias s. Biaise de Cazes-Montdenard (près Lauzefte^, » dit un 
pouillé des Collectone S4 f. 2t)i\Lt pouillé Dumas,chez M. Greil de Cahors,met: 
église d'Almont, devenue Réalville. Le document de l'époque est évidemment 
plus sûr que ce pouillé, d'ailleurs si remarquable, du XVII* siècle. 



— 133 — 

que sans son maître (que par plaisanterie on appelait le cardinal), quatre 
cardinaux auraient donné un tel coup au pape qu'il n'aurait pas pu 
exécuter son projet de faire arrêter le cardinal de Pélagrue. Celui-ci 
était des quatre, les autres étaient Bérenger de Frédol qu'on appelait 
le cardinal de Béziers, le cardinal de la Teste et le cardinal de Garve 
ou le cardinal de Farges. Le châtelain avait encore entendu certains 
propos suspectsdans la maison même du cardinal de Pélagrue (i). 

Les commissaires, pas plus que le pape, 'ne voulurent admettre sur 
de simples racontars que les cardinaux, même les plus opposas à la 
candidature de Jean XXII, eussent tenté un crime aussi énqrme et 
l'aflFaire n'eut pas de suite. Aucun document, à ma connaissancp, ne 
permet de dire que Bernard de L'Artige paya pour eux : nous ne 
savons rien de son sort. 

Un autre procès a servi, comme celui-ci, à engendrer la confusion : 
il suffit de souligner les dates pour voir comme les historiens se sont 
trompés. Diverses personnes, parmi lesquelles Jean de Limoges^ le 
médecin Jean de Dînant, Innocent, barbier de l'archevêque de Lyon, 
et quelques autres clercs ou laïques, [s'étaient occupées de nigroman- 
cie, géomancie et autres arts magiques, évoquant les esprits, employant 
des incantations et des philtres, consultant les démons, etc. se 
vantant par ces procédés de donner de l'amour aux femmes les plus 
chastes et d'abréger ou prolonger à leur gré la vie d'un homme etc. Le 
pape chargea d'une enquête son ami l'évêque de Fréjus, Barthélémy 
Gras, de Montalzat (Gahors, aujourd'hui : T.-et-G.), et Pierre Tis.^ier, 
docteur es décrets, prieur de Saint-Antonin, puis il leur adjoignit le 
lendemain Galhard de Saumade, archevêque d'Arles, et Pierre des Prez. 
Comme sur ces noms trois appartiennent au procès d'Hugues Géraud, 
plusieurs auteurs, à la suite de Raynaldi, ont confondu les deux affai- 
res (2). Il suffit de dire que les bulles sont des 27 et 28 février 1318, 



(i) Le procès-verbal de toute cette enquête a été copié par M* Géraud de 
Lalo, sur la demande du cardinal Pierre des Prez. La déposition de Guillaume 
Delteil est du 30 août 13 17, f. 37, celle de Bertrand Bos du 2 septembre, i\ 37» 
celle de Bernard de Rudelle du 10 septembre, f. 37^ celle de Raymond Bodct 
de Pertuis,du 18 octobre, celle de Gautier du 19 novembre, f. 38. 

(2) Pour montrer jusqu'où on peut aller dans l'erreur, il faut citer la petite 
brochure de M. Gustave Bayle, avocat : « Les médecins d'Avignon au moyen 
âge y> (Avignon 1882 — in-12, pp. 3-4). D'après lui, Jean d'Arnaut (pour de 
utnant) médecin barbier, avec Jean de Limoges et Jacques de Brabant (dans la 



— 134 — 

comme le prouve la mention de Barthélémy, qui ne fut évêque de 
Fréjus que le 20 janvier 1318, et de Galhard, qui ne fut archevêque 
d'Arles que le 8 février (i). 



Vers 1320 un autre procès, plus important par la qualité des person- 
nages en cause,eut encon^ lieu, qui a peut-être contribué à donner l'idée 
d'un pape voyant des complots partout. Malheureusement il ne reste, 
dans les archives, de l'enquête au sujet de l'envoûtement de Jean XXII, 
tenté par Matteo et Galeazzo Visconti,que les deux dépositions faites à 
Avignop par un Milanais, du nom de Barthélémy Canholati, la 
premièrQ,du 9 février, en présence de Bertrand du Pouget,cardinal du 
titre (Je Saint-Marcel, déjà nommé légat du pape en Lombardie, du 
cardinal Arnaud de Via, du titre de Saint-Eustache,de Pierre Tissier, 
abbé de Saint-Sernin, non encore cardinal, quoique vice-chancelier, et 
du greffier maintenant bien connu de nous, Géraud de Lalo ; la 
seconde, du 11 septembre de la même année, devant les mêmes 
personnes, moins le Légat. Ces dépositions, dont il reste deux 
exemplaires, l'un sur parchemin, l'autre sur papier, son ttrès curieuses (2). 



lettre il y a dictus Barbantinus^ physiciens) , étaient les médecins du pape! (Dans 
la bulle il y a Jean de Dinant, médecin, et Innocent, barbier de Tarchevêque de 
Lyon). — Les médecins ou physiciens de Jean XXII, en 1317-1318, étaienf 
M' Raymond d'AgnaJps^ A/' Guillaume de Bruxia et Af* Geoffroi Isjtard ; ils étaient : 
le premier, précenteur de Narbonne ; le second, archidiacre du Bauptois au 
diocèse de Coutances et archidiacre de Bologne ; le troisième, prévôt d'Aix, il 
fut évêque de Cavaillon et de Riez. — Les prétendus médecins firent partie, 
d'après M. Bayle, du complot de Géraud et de Bernard de Lartige (on voit la 
confusion des trois procès ensemble), et le pape les Jît tous écorcher vifs II!, 
(sans doute pour ne pas faire de préférence) ! Voilà comment on écrit l'histoire 
quand on veut s'aventurer sur certains terrains sans documents. Le même auteur 
attribue à Jean XXII des traités de médecine qui ne sont pas de lui, mais de 
Jean XXI. Ici la confusion est plus excusable, notre compatriote étant quel- 
quefois indiqué comme le 21' des papes du nom de Jean. M. Bayle le compare, 
pour sa petite taille, au prophète Zachée (sic). 

(i) Reg, Vat. iio ep. 1022 et 1023 — cf. Coulon, n° 484, qui fait lui aussi 
remarquer Terreur de dates— Raynaldi ; 13 17 § III. — Le 7 janvier 131 8 
M« Pierre Tissier et Pierre des Prez avaient été chargés d'une enquête contre 
l'archevêque d'Aix, Robert de Mauvoisin, l'ancien compagnon de voyage de notre 
Hugues Géraud comme nonce en Italie auprès d'Henri de Luxembourg. Robert 
donna sa démission. — Pierre des Prez lui succéda. (Voir Coulon n" 468 et 
Alabnès, Gallia christ, nov, tome I). 

(2) Archives du Vatican. /;is/r. M iscellanea. C&sseite 13*0, n° 2 et 2^. Pour ceux 
qui n'ont pas pu lire les articles publiés sur cette affaire,je citerai un mot au sujet 
de Dante Alighieri, dont le nom est prononcé dans le procès. Galeazzo dit % 



— 135 — 

Canholatî, mis au courant des projets de Matteo,les fit connaître à la 
curie, et fut cité pour prouver ses asssertions 5 à son retour, arrêté par | 
un officier de Matteo, il fut mis à la torture plusieurs fois, puis traité 
d'une façon plus douce par le fils de Matteo Visconti, Galéas. Divers 
articles ont été écrits sur ce procès par G. Meder et Passerinî, que 
l'avoue n'avoir pas encore eu l'occasion de lire. Je me garderai bien 
de rien conclure, ne connaissant sur cette affaire que le document ci- 
dessus ; mais on ne peut s'empêcher de faire un rapprochement et de 
croire possible la tentative superstitieuse des Visconti, quand oq a la 
certitude de l'attentat d'Hugues Géraud, de Galhard de Pressac et du 
vicomte de Bruniquel. Les Visconti eux aussi étaient de leur temps, et 
le pape était bien excusable, quand il avait encore dans ses prisons des 
personnages coupables de ce crime, qui reste odieux même en nous 
paraissant ridicule,de croire à la possibilité, de la part de princes italiens, 
de tentatives semblables. C'est d'ailleurs fini. Et le vieux pape vécut 
encore jusqu'en 1334. _.. 

En terminant ce travail, beaucoup plus long que je n'aurais cru en 
commençant, mais où seuls les détails pouvaient produire une convic- 
tion, en démontrant quelque chose, je suis heureux de constater que 
s'il prouve la culpabilité de l'évêque de Cahors, il amène par contre 
tout naturellement la preuve que le pape Jean XXII n'a fait dans cette 
triste affaire que ce que demandait la stricte justice et qu'il a épargné 
le plus possible et le plus de gens possible (i). Qu'on me permette 
d'ajouter un mot. 

La publication de ses lettres finira par triompher des idées que les 
Villani ont contribué à répandre sur son compte. Peu à peu une 
opinion nouvelle se formera qui fera bonne justice de cette légende 



Canholati qui refuse de prendre part à cette tentative, même pour la défense du 
parti gibelin: «J'ai fait venir chez moi, pour cette affaire, M" Dante Aleguiro (sic) 
de Florence. » Canholati : « J'aime mieux que ce soit lui qui exécute votre des- 
sein. ». Et Galazzo de répondre : « Sache que pour rien au monde je ne permettrais 
que Dante Aiguero (sic) mît sa main à ces choses, et que pour 1000 florins je 
ne lui en parlerais pas ». Cette parole, toute à l'éloge du poète, ennemi ardent 
des « Caorsini e Guaschi » donne un cachet de vérité de plus à la déposition de 
Canholati, pourtant dénonciateur des Visconti. 

Ci) En tout cas ceu*_5[ui sont punis méritaient de l'être; ce n'étaient pas tous 
de simples clercs <f(^jji||| chapelains ; il y avait des personnages considérables, 
comme on l'a vu. t 



— 136 — 

d'un pape toujours tremblant, toujours soupçonneux, voyant des 
complots partout. Il en voyait où il y en avait, pas davantage. Et vrai- 
ment on s'étonne de l'incroyable sérénité de son âme quand on voit 
que son règne a commencé d'une façon si troublée et si menaçante. 
On ne songe trop souvent qu'aux victimes fort peu intéressantes de sa 
justice, on les plaint, on les excuse, on les grandit, et l'on oublie leurs 
crimes : le justicier, lui, a tous les torts ; c'est un homme cruel et 
cupide. Il me semble qu'au lieu de le condamner sur quelques mots, il 
vaudrait mieux le juger par l'ensemble de ses actes. Jean XXII était 
non seulement d'une haute et merveilleuse intelligence, ce que nul 
d'ailleurs ne conteste, mais encore d'une grande délicatesse de cœur. 
Cette sensibilité, que sans doute il a poussée trop loin à l'égard de sa 
famille, qu'il a comblée, mais dont il a reçu les services les plus signa- 
lés, il Ta montrée aussi à l'égard de toutes les vraies infortunes. Qu'on 
relise par exemple ses lettres si délicates au sujet de la malheureuse 
femme de Charles de la Marche, frère de Philippe V. « On sent en lui, 
dit un auteur qui n'est pas suspect comme peut l'être un compatriote, 
on sent en lui uue pitié profonde pour tous (pour le roi, pour son frère, 
pour la reine), sans en excepter la malheureuse Blanche »... « Il a tenu 
admirablement le rôle difficile de père spirituel, de conseil prudent et 
de consolateur en ces tristes incidents... » (i). On trouverait maint 
autre exemple analogue dans sa correspondance. 

Il ne demandait pas mieux que de pardonner, comme il le dit à 
Hugues Géraud en lui reprochant de n'avoir pas su demander pardon 
quand il était temps encore. Il le disait aussi à Robert de Mauvoisin, 
l'archevêque d'Aix, qui, probablement se sentant trop compromis, 
préféra se démettre de son titre. 

Il le montra par son amabilité à l'égard des cardinaux gas- 
cons. Bérenger de Frédol, senior^ fut chargé de toutce qui regardait 
les sentences contre Hugues Géraud (sentence en faveur de Ray- 
mond de Caussade — procès canonique — procès criminel). Il 
le chargea de sacrer le nouvel évêque de Cahors, Guillaume de 
Labroue. Bérenger junior^ cardinal des SS. Nérée et Achillée fut élevé, 
après la mort de Bertrand de Castanet,au siège suburbicaire d'Oporto 



(i) Boudet: Nouveaux documents sur Thomas de la Marche, dans la revue Le 
moyen âge — juillet août ip0 3 p. 293. 



— 137 - 

que Jean. XXII avait lui-même occupé. Le pape donna à Bernard de 
Garve, simple cardinal-diacre (de Sainte-Agathe), le titre presbytéral 
de Saint-Clément, et lui conféra, entre autres bénéfices, le doyenné de 
de Souillac. Qu'on prenne le premier volume des Lettres communes de 
Jean XXII (abbé G. MoUat), qui vient de paraître, et Ton sera peut- 
être surpris de toutes les faveurs dont il comble les cardinaux gascons 
et leurs familles, même les plus compromis comme le cardinal de Pel- 
lagrue. On a vu qu'il avait nommé dans sa première promotion de cardi- 
naux un gascon, neveu cîe Clément V, Gaihard de la Mothe. On le verra 
combler de faveurs ceux qui ont été, à tort peut-être, compromis dans 
l'affaire, comme Pierre de Mortemar, qu'il fera évêque et cardinal. On 
sait comme il se conduisit à l'égard de Pierre de Corbière, auquel il 
servait une pension de 3.000 florins (i). Politique tout cela, dira-t-on; 
admettons-le. En tout cas cette politique de pardon et de paix nous 
éloigne singulièrement de l'idée d'un autre Tibère. 

Il serait aussi facile de démontrer que Jean XXII n'a été ni 
avare, ni cupide. Il avait de grandes choses à faire, pour lesquelles 
l'argent était nécessaire, et il a pris des mesures afin d'avoir de 
l'argent, pour la croisade projetée (2), pour la guerre d'Italie, 
pour les constructions d'Avignon, etc. Je ne crois pas que la divi- 
sion des diocèses de Toulouse, de Limoges, de Clermont, ait été 
faite pour cette qûpstipn d'argent : en tout cas ce n'était pas pour lui, 
cet argent qu'il dèman,dait aux bénéficiers et qu'il avait le droit de leur 
demander. Il suffit de parcourir les livres de comptes pour voir que 
Jean XXII savait dépenser l'argent qui venait dans ses coffres, et que 
s'il prenait d'une main, il donnait de l'autre (3). Mais c'est là le sujet 



(i) Le P. Eubel a publié, sur mes indications, l'analyse du testament de l'anti- 
pape dans Rœmische Quarialschirirft i903-n° 1-2, p. 181. L'acte fut fait par un 
notaire quercynois, Jean du Puy d'Aymarc. 

(2) On trouve mention souvent de galères achetées ou fabriquées dans ce but. 
— Quant à la guerre d'Italie, contre les sujets rebelles, contre les Visconti de 
Milan, contre les hérétiques, on peut se rendre compte, presque semaine par 
semaine de ce qu'elle lui coûta. 

(3) On lui fait un grief de la somme considérable qui fut trouvée dans le l'résor 
pontifical après sa mort. Mais le chiffre donné par Villani, presque toujours 
menteur quand il s'agit des papes d'Avignon, est près de 10 fois le chiffre réel, 
sinon davantage, comme orvpeut s'en convaincre en lisant la bulle de Benoit XII 
sur la transmission de ces fonds par le trésorier de Jean XXII, Gui Raoul^ au 



— 138 — 

d'un travail spécial en cours de publication (i). Il suffit que l'on puisse 
conclure que ce sont bien les pensées sérieuses et hautes qu'il indique 
dans ses lettres qui ont été la cause de ses actes. Pour soutenir le 
contraire sans inconvenance, il faudrait d'autres preuves que celles qui 
ont été apportées jusqu'ici. Jean XXII, comme particulier, n'était pas 
infaillible, mais c'était une grande et belle âme, et sa figure doit rester 
comme une des plus belles de la papauté. 



nouveau trésorier Jean de Cojordan. (R, Vat. 1 19— de curia, n* 14) et une autre 
bulle de Clément VI sur le même sujet, dont je ne retrouve pas en ce moment 
la référence. De plus on oublie ce qui est cependant un fait assez connu, que 
les fonds de la chambre Apostolique étaient en réalité des fonds d'Etat et non 
une caisse personnelle. Si le pape pouvait, comme tous les souverains d'autre- 
fois, disposer d'une partie de ces fonds, à sa mort sa famille n'y avait aucun 
droit. D'ailleurs Jean XXII avait bien soin,ce qui pirouve qu'il usait régulièrement 
de ses pouvoirs,de faire inscrire sur ses livres de comptes les petites ou grosses 
sommes qu'il donnait aux siens, et à son lit de mort, il tient à dégager là dessus 
son camérier. (Voir Dernières volontés de Jean XXII. — Bulletin de la Société 
des Etudes du Lot, 1903). Enfin l'on oublie encore que la principale préoccupa- 
tion de sa vie fut la Croisade. Il ne tint pas à lui que Robert de Sicile ou les rois 
de France ne fissent la guerre contre les Turcs, et l'on sait qu'au début du 
règne de Benoit XII, il y eut un essai de départ. Jean XXII avait acheté des 
galères ou en avait fait construire pour ce but. Cette pensée revient jusque dans 
les bulles les plus insignifiantes, se retrouve dans tous les registres de comptes. 
Qu'on lui reproche, si l'on veut, d'avoir cru nécessaire de combattre leç infidèles, 
qu'on ne lui reproche pas d'avoir préparé pour cette importante destination le 
trésor de guerre indispensable. 

(i) G. Mollat, Jean XXII fut-il un avare ? — • Première partie. — Revue d'his- 
toire ecclésiastique (Louvain), juillet 1904. 




mm 



• 



ê 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 



LE REGIST^ d'hUGUES GÉRAUD (i) 



Ce registre, que j'ai déjà signalé, mérite plus qu'une simple mentîon. 
Malheureusement il est dans un état déplorable, qui ne permet pas de 
tout lire : toutes les feuilles sont rongées au coin du haut, sur presque 
le tiers de leur surface. -Le format étant très grand, il reste encore 
beaucoup de choses lisibles, mais souvent la fin ou le début manquent, 
et le plus intéressant du document fait complètement défaut. Ce 
registre semble avoir été particulier à Hugues Géraud, comme 
auditeur des causes ; il y est question de lui ou de ses familiers, pres- 
que à toutes les pages, soit que les pièces Tintéressent directement, 
soit que son nom y paraisse seulement en raison de sa charge. Les 
nombrdïises corrections et surcharges, les écritures différentes^ mon- 
trent que c'est une sorte de brouillon. Voici quelques-unes des choses 
qui s'y trouvent : 

F. I. — Il demande un autre bénéfice pour son frère Arnaud Gératid, 
déjà rejcteur de Payzac (Limoges). Payzac est le lieu d'origine de 
Pierre Fouquier. 

F. i'. — Difficultés qu'Arnaud Géraud, de Beaulieu isic) a, comme 
recteur de Payzac, avec la prieure de Savinhac. 

F. 2. — Aflaire dans laquelle interviennent, comme auditeurs des 
casses : M*'^ Guillaume Accursi^ sacriste de CahorSj B. Roiard 



(i) Collectorie, 493 A. 



- 140 — 

(Rouiard, ou, comme on trouve aussi, Boiard), archidiacre de Saintes, 
Hugues Géraud, archidiacre d'Eu, Grégoire de Plaisance, N. de 
Molerio, châtelain de Truxio (?) 

F. 5'. — Affaire intéressant Toulouse, réglée par M® Hugues Géraud. 

F. 6*. — Il demande pour son frère Arnaud, chanoine de Limoges, 
bachelier ès-lois, la dignité de prévôt de Muret (Limoges). 

F. II. — Hugues chargé d'une affaire intéressant Périgueux (i;?i7). 

Ibid.^ « Notum sit omnibus quodanno 131 1, IIII* mensis februarii, 
magister Aymericus Sorbei;ii (i) clericus Caturcen. dioc. recepit quas- 
dam litteras de manu propria dîïi Hugonis Geraldi, dni pape capel- 
lani, ac sui sacri Palatii causarum auditoris, videlicet gratiam (expec- 
tativam) Peiri Moreti (2), cum filo canapi bullatam, et processum, 
sigillo dicti dni Hugonis sîgillatum, quand*im commissionem et unam 
procurationem, et de hoc débet facereBerriardus Bonayvenc publicum 
instrumentum subsign. (?) signo suo. Acta fuerunt hec Avenione, in 
domo habitationis dicti domini Hugonis, eadem die quo supra, et est 
sciendum quod in buUa continetur datam istam (sic), que sic est : 
Datum in Burdegala, 5 id. Aug. pontificatus nostri anno primo. — 
Data processus talis est : Actiàn et datum Lemovicen, in domo dicti 
dni Hugonis, anno a Nat. Dni m** cgc° sexto, die mensis maji, indictione 
4* , pontificatus SS. patris et dni démentis divina providentia pape 
Vi anno primo. Actum est ut supra, presentibus testibus dno Helya de 
Lespinatz, Altissiodoren., mag. Johanne Berbandi, Ahenten. (Lemo- 
vicen. dioc), canonicis, Geraldo de Lacu (3) clerico caturcensis et Ste- 
phano Boucaudi,' notàvio lemovicensis diocesis, Geraldo de Oratorio, 
Bertrando do Clusetlo (4), domicellis, ad hoc expresse vocatis et qpgatis. 



(i) Sans doute de la même famille que le quercynois Bernard de Sorbier qui 
fut, en 1368 et années suivantes, gouverneur, pour le pape, de la citadelle 
d'Orvieto, et que M* Pierre de Sorbier^ clerc du diocèse de Cahors, familier de 
révêque de Sarlat, Jean de Réveillon. — Il y avait une famille de ce nom à 
Lauzerte. 

{2) On trouve plus loin, dans le même registre, fif. 1 5 et suiv. les pièces dont 
il est ici parlé. La grâce expectative étant pour un bénéfice au diocèse de Cahors, 
il est possible que ce soit en vertu de cette grâce que Pierre Moret obtint l'église 
de Labastide-Fortanière. 

(3) De la famille de Bernard du lac qui fut évêque de Viterbe. — Bernard ^u 
Lac est lui-même nommé un peu plus loin. ^ 

(4) De la famille du Clusel, près des Junies. J'ai montré dans Autour de Jean 
XXII, les Quercynois en Italie, les relations entre la famille du Clusel et la 
famille de Jean. 



- 141 — 

FF. Il' — 13. — Longue pièce intéressant le diocèse de Périgueux 
— plainte d'Hugues Géraud relativement aux bénéfices qu'il y possé- 
dait. 

F. 14. — Autre pièce sur le même sujet rédigée par Pierre Fouquier, 
(qui n'était pas encore archiprètre de Saint-Médard), notaire public. 

F. 14* et suiv. — Série de pièces se rapportant à Pierre Moret : la 
bulle de Clément V parle en ces termes du favori du pape Hugues 
Géraud : « quem nos, placide sue familiariiis gratis obsequiis, preroga- 
iiva prosequimur benevolentie specialis ». 

F. 16 — Fin de la page, acte se rapportant aux mêmes affaires et 
dont les témoins sont Bernard de Lacu, Bertrand du Clusel et Hélie de 
Pestorio ? 

FF. 16' et 17. — Autres actes où les témoins sont, entre autres 
Piene Roudier, officiai de Limoges, le même sans doute qui sera 
évêque de Carcassonne, Robert de la Robertie, prieur de Paunac (?) au 
diocèse de Cahors. 

F. 19'. — Un Raymond Bernardi, au nom de Marie, vicomtesse de 
Limoges (i), demande l'exemption (de l'Ordinaire) pour un couvent de 
Clarisses qu'elle veut fonder, et un bénéfice pour Bernard Pélicier, 
clerc du diocèse de Cahors. 

F. 20'. — Affaire réglée par Bernard Boiard (ici Boiardi et non 
Roiardi) archidiacre de Saintes et Hugues Géraud, chantre de Péri- 
gueux. 

F. 26. •— Acte passé à Malaucène, rédigé par Pierre Moret, clerc du 
diocèse de Limoges, notaire public par autorité impériale, et dont l'un 
des témoins est Pierre de Falgayrac (2) ou Faugayrac, chanoine de 
Saint-Front de Périgueux (un autre familier d'Hugues Géraud). 

F. 27. — Deux lignes résumant un mandement fait à Hugues 
Géraud, avec le titre de référendaire, concernant l'abbaye de Grotta 
Ferrata. 

F 29. — Bulle de Clément V décernant à M« Hugues Géraud cano- 
nicat, prébende et prévoté de Poitiers. 

F. 30*. — Autre acte de novembre 131 1 rédigé à Vienne par Pierre 
Moret. 



(t) Il y a dans le texte : « nomine Marie Feraude, genitricis 7 regine de Ysixi- 
nia et vicecomitisse Lemovicensis ». 

(3) Ilest encore question de lui, f* ^aé 



- 142 — 

FF. 32* et 33. — Processus au sujet du canonîcat et de la prébende 
de Saint- Yrieix donnés à Hugues de Beaulieu neveu de Hugues 
Géraud. Je donne cette pièce à part à cause de son importance, parce 
qu'elle donne une preuve de plus que Hugues Géraud est bien réelle- 
ment de Beaulieu et qu'elle fait connaître un de ses neveux. On y voit 
aussi la façon dont on exécutait une bulle. L'acte a été rédigé par un 
autre des familiers du futur évèque de Cahors : Géraud d'^Albussac, 
du diocèse de Limoges, notaire public. 

La deuxième partie du volume n'offre rien intéressant spécialement 
Hugues Géraud ou ses amis. 



JI 

PROCESSUS HUGONIS DE BELLO LOCO SUPER CAINONICATU ET PREBENDA 
ECCLESIE SANCTI AREDII. — (Avchiv. Vut, — ColUci, 492A ff. 32* à 33'). 



Viris venerabilibus et discretis dominis, vicario seu vicariis domini 
decani (i) absentis ab illis partibus, capitulo et singulis canonicis secu- 
laris ecclesie Sancti Aredii Lemovicensis dyocesis, at omnibus et sin- 
gulis quos presens tangit aut tangere poterit negotium, magister 
Richardus de Laceystria, canonicus Lichefeldensis, excequtor (sic) 
ad infrascripta, secundum formam infra contentam, auctoritate apos- 
tolica deputatus, salutem et mandatis apostolicis eôicaciter obedirifs/cj. 
Vacantibus dudum apud apostolicam sedem, postquam sanctissimus 
pater et dominus noster dominus Clemens digna Dei provi- 
dentia papa quintus sue coronationis recepit insignia, canonicatu 
et prebenda ecclesie Sancti Aredii supradicte per obitum condam 
Helie de Bodis, ipsius ecclesie canonici prebendati, qui apud 
apostolicam sedem post coronationem predictam diem clausit 
extremum, sic quod nuUus prêter ipsum dominum papam de ipsis 



(1) St- Yrieix avait à sa tête un doyen. 



— 443- 

possit disponere, pro eo quod dominus idem, diu ante vacatîonem 
hujusmodi, canonicatus et prebendas et alia quelibet ecclesiastica béné- 
ficia, cum cura vel sine cura, tune apud sedem ipsam vacantia et in 
antea vacatura, donationi sue et sedis apostolice reservarat, ac decre- 
Yerat irritum et inane si secus super hits scientervelignoranter quavis 
auctoritate contingeret attemptari. Memoratus dominus noster papa 
viro provido et discrète domino Hugoni Geraldi, archidiacono in 
ecclesia Rothomagensi, capellano suo, et quibusdam coUegis suis dédit 
per suas certi tenoris litteras in mandatis, ut ipse aut duo aut alter 
ipsorum sub certa forma Andrée de Lamauria, clerico predicte dyo- 
cesis, de canonicatu et prebenda predictis providere auctoritate apos- 
tolica procurarent. Quibus litteris prefato domino Hugoni exhibitis, 
per eundem Andreamipsum cum instantia requirentem ut ad exsequ- 
tîonem dictarum litterarum et contentorum in eis procederet, Prefa- 
tus dominus Hugo receptis prohîbitionibus Andrée predicti, ac plene 
• comperto quod contenta in dictis litteris veritate plenaria nitebantur, 
forma litterarum ipsarum per eundem dominum Hugonem exacta 
diligentia observata, eidem Andrée de prefalis canonicatu et prebenda, 
cum plénitude juris canonici cum suis juribus et pertinentiis universis, 
duxit auctoritate apostolica providendum, ipsumque investivit perso- 
naliter de eisdem. Cum autem prefatus Andréas per procuratorem 
suum ad hoc per ipsum légitime constitutum canonicatui et prébende 
predictis et omni juri sibi competenti in eis in manibus reverendissimi 
patris et domini, domini Landulphi Sancti Angeli dyaconi Cardinalis 
habentis ad hoc sponte ac canonicatu et pre- 
benda pro dicto Hugone im Cardinalis eidem 

Hugoni de Cardinalis discreto viro Hugoni de Bello loco, 

canonico Datum Aurasice, Vkal. Novembris 

per ipsum Cardinalem nobis excecutorem sequitur in hes 

verba : Landulfus misera tione divina augen. in ecclesia. . 

agen. et Gaufrido la Porta Xanctonen de la 

ceystria Lichefeldensis ecclesiarum canonicis salutem in Do- 
mino (i). lUis libenter favoribus prosequamur graciosis quibus propria 



(1) Il est impossible d'en lire davantage, vu le mauvais état du manuscrit : 
mais on comprend bien, et la lettre suivante confirme, qu'André a résigné entre 
les mains du cardinal Landolfo (Brancaccio) et que le pape a chargé le même 
cardinal de faire donner le canonicat vacant à Hugues de Beaulicu. LandOlio 






1 



— 144 - 

mérita noscuntur laudabiliter suffragari. Sane sanctissimus pater et 
dominus noster dominus Clemens divina providentia papa quintus 

olim, dum nos ad partes Regni Francie pro quibusdam d 

destinaret,nobis recipiendi resignationes beneficiorum ecclesiasticorum 

a personis ecclesiasticis, earum volentibus per se vel per 

procuratores suos ad hoc specialiter constitutos libère in nostris mani- 
bus resignare et bénéficia ipsa sic resignata personis ydoneisconferendi 
commisit per suas certi fenoris litteras facultatem. Cum itaque dictus 
discretus vir Andréas Lamauria dudum canonicus (de Sancto). Aredio 
Lemovicensis dyocesis canonicatum et prebendam quos in eadem 
ecclesia obtinebat per procuratorem suum, ad hoc ab eo sufficiens et 
spéciale mandatum habentem, pure et libère in nostris manibus resi- 
gnavit. 

Nos ab ipso procuratore nomine ipsius Andrée libéra eorundem 
canonicatus et prébende resignatione recepta, Nos volentes discreto 
viro Huguoni de Bello loco, canonico dicte ecclesie de Sancto Aredio, 
suis exigentibus meritis probitatis super quibus apud nos laudabiliter 
commendatur, et consideralione venerabilis viri domini Hugonis Ge- 
raldi, cantoris ecclesie Petragoricensis, domini pape capellani, et causa- 
rum palatii apostolici auditoris, nos pro ipso Hugone nepote suo afFec- 
tuose rogantis, gratiam facere specialem ac predictos canonicatum et 
prebendam sic vacantes, cum omnibus juribus et pertinentiis suis, 
predictarum litterarumapostolicarum virtute,predicto ipsorumHugoni 
auctoritate contulimus et providimus de illis, ac te discretum virum 
Bernardum Bonayvent, rectorem ecclesie de Vitraco, Lemovicensis 
dyocesis, pro dicto Hugone et ejus nomine per nostrum anulum inves- 
tivimus personaliter de eisdem. Quocirca discretioni vestre, aucto- 
ritate predicta mandamus quatenus vos vel duo aut unus vestrum 
prefatum Hugonem de Bello loco, vel procuratorem suum ejus nomine 
in corporalem possessionnem canonicatus et prébende, jurium et per- 
tinentiarum predictorum inducatis, auctoritate prefata, et defFendatis 
inductum, amoto ab eis quolibet alio. detentore, facientes dictum Hu- 
gonem, vel dictum procuratorem pro eo, ad eandem prebendam in 



prend comme exécuteurs Hugues Géraud, archidiacre d'Eu, dans l'église de 
Rouen, Godefroi de la Porte et Richard de Leycester. Ce dernier écrit, comme 
on l'a vu, au chapitre de S. Yrieix pour faire admettre le neveu de l'archidiacre. 



— 145 - 

eadem ecclesia Sancti Aredii in canonicum rccipî et in fratrem, stallo 
sibi in choro, et loco in capitulo ipsius ecclesie, cum plenitudine Juris 
canonici*, assignatis, sibique de ipsorum canonicatus et prébende fruc- 
tibus, redditibus, proventibus, juribus et. obventionibus universis 
intègre responderi. Contradictores per censuram ecclesiasticam coni- 
pescendo. Non obstantibus omnibus contentis in litteris apqstolicis 
supradictis. Datum Aurasice, V kal. Novembns, pontificatus dicti 
domini démentis pape quinti anno quinto. 

Gratiam supradictam vobis dictis dominis vicariis, capitulo 
et canonicis ecclevSie Sancti Aredii supradicte, et omnibus quorum 
interest, notificamus, denunciamus et etiam intimamus, vos et 
vestrum singulos et omnes illos ad quos conjunctim vel divi- 
sim, directe vel indirecte , pertinere dinoscitur reccptio cano- 
nicorum et assigq^tio prebendarum in ecclesia supradicta, tenore 
nostri processus, semel, secundo et tercio aC perhemptorie requi- 
rimus et monemus ut infra sex dies,a presentatione presentium vobis 
facta continue computandos, quorum duos pro primo, duos pro 
secundo, reliquos vero duos pro tercio et perhemptôrio termino ac 
, monitione canonica vobis et vestrum singulis assjgnamus, prcfatum 
Hugonem de Bello loco, vel procuratorem suum pro ips^, ad cofpo- 
ralem possessionem canonicatus et prébende predictorum, jurium et 
pertinentiarum suartim, admittatis libère et per eos ad quos pcrtinet 
permittatis ac faciatis admitti. Amoventcs exinde quemlibet detento- 
rem quem nos ex nunc plenitudine obven- 
tionibus et faciatis per illos ad quos pertinet 

et monitos generaliter in omnes et singulariter in etïicaci- 

ter in omnibus et per omnia non parentes et quoslibet et 

rebelles receptioni dicti Hugonis se quomodolibet . .' tes 

publiée vel occulte prestantes opem, auxilium favorem 

vel canonica monitione premissa scriptis 

excommunicationis, in vos vero dictum capitulum seu major pars 
vestri contradixerit suspensionis et in ecclesiam predictam interdicti 
sententias promulgamus Viris providis et discretis dominis priori de 

Castalio de la Porta, Xanctoneji. Guillelmo de Ahenco, 

Lemovicen. ac Petro de Saugeryaco, Sancti Fronionis Pelragoricen. 
ecclesiarum canonicis, et eorum cuilibet in solidumtenore presentium 
committentes sic quod unus preoccupator non adimat alii vel aliis 
•potestatem, set incohatum ab uno vel pluribus ipsorum alius 



-A^J^ V 



- 116 — 

vel mediare valeat et finîre, etiam incohante vel incohantibus, 
volentibus et potentibus interesse, eis nichîlominus in virtute sancte 
obedientie et sub pena excommunicationis, quam in ipsôs et ipso- 
rum quemlibet nostris mandatis in hac parte renuentes obe- 
dire, canonica monitione premissa, proferimus in hiis scriptis, districte 
precipiendo mandantes quatenus vos ad dictum capitulum et dictam 
ecclesiam personaliter accedatis. Ad quod faciendum alter ipsorum 
alterum non expectet, nec unus pro alio se excuset, sed ille qui primo 
superfuerit requisitus mandatum nostrumprimitus excequatur, dictas 
litteras et hune nostrum processum vobis denuncient, legant et publi- 
cent et de denunciationehujusmodi confici faciant publicuminstrumen- 
tum. Monemus etiam semel, secondo et tercio, ac perhemptorie, vos 
dictum capitulum universaliter et singulariter singuloscanonicos dicte 
ecclesie ut pro audiendo et [videndo litteris et processu predictis, et 
recipiendo prefatumHugonem vel dictum procuratorem pro ipso in 
canonicum vestrum, conveniatis in loco solito, dum super hoc per 
dictos commissarios nostros vel eorum alterum fueritisrequisiti. Quod 
si maliciose facere recusaveritis, vel distuleritis in vos dictum capitu- 
lum suspensionis^ et singulos canonicos dicte ecclesie qui super hiis 
retusaveriqjt vel distulerint ad dictum capitulum convenire in hiis 
scriptis excommunicationis sententias promulgamus. Ad quorum pro- 
bationem hune nostrum processum scribi et publicari mandavimus 
per Geraldum notarium infrascriptum et sigilli nostri appensione 
muniri, quorum processus et litterarum copiam,si volueritis, pro vobis 
fieri decernimus, yestris tamen expensis,nec per alium quam notarium 
quem commissarii nostri predicti vel eorum alter ad intimationem 
presentium duxerint evocandum.Actum et datum Vienne, in hospicio 
nostro, anno a nalivitate Domini M^ CGC"*' undecimo, mensis decem- 
bris die prima, indictione nona, pontificatus dicti domini pape anno 
septimo presentibus discretis viris Helia Ricos (sic) 

testibus ad premissa vocatis specialiter et rogatis. 

Ego Geraldus de Albussaco, Lemovicensis dyocesis, apostolica 
publicus auctoritate notarius, publicacioni presentis processus, moni- 
tioni, senlentie promulgationi,factis per dictum magistruniRichardum 
exsequtorem pfedictum, ut supra legitur, interfui, et de mandato suo 
hune processum scripsi et hanc in publicam formam redegi signoque 
meo solito signavi. 



— 147 — 



III 



LE PAPE ORDONNE A L EVEQUE DE CAHORS DE PAYER A RAYMOND DE CAÛS- 
SApE LES DETTES CONTRACTEES PAR SES PREDECESSEURS. — PREMIER 
OCTOBRE 1308. — (REG. VAT. LV, f. I23, Cp. 623). 



Venerabili fratri Raymundo episcopo Caturcensi. — Exposuit nobis 
dilectus filius Ramuridus de Calciata, civis Caturcensis, quod ipse olim 
bone memorie Raymundo (i) primo undccicscentum librarum turonen- 
siumetpostmodumSicardo(2)successoriipsius,episcopisCaturcensibus 
predecessoribus tuis, novies centum et quadraginta librarum ejusdem 
monete amicabiliter mutuavit, prout instrumentis publiais indeconfec- 
tis plenius dicitur contineri. Et licet iidem episcopi in istrumentis ipsis 
cognoverint hujusmodi summas pecunie in utiJitatem sue ecciesie 
fuisse conversas, tu tamen illas dicto civi solvere indebite çontradicis, 
Quare idem civis nobis humiliter supplicavit ut cuiji ipse, ocasione 
dicti mutui, depauperatus existât, providere sibi super hoc, ne occasione 
huiusmodi necessario mendicare cogatur, paterna diligentia dignare- 
mur. Nos itaque, dicto civi super lioc pio compatientes afFectu, frater- 
nitatem tuam rogamus et hortamur ac pcr apostolica tibi scripta 
mandantes quatinus, si te et dictam ecclesiam ad predicta videris obli- 
gatos, pro nostra et apostolice sedis reverentia, predicto civi de ipsis 
satisfacias indilate. Alioquin dilectis fîliis archidiacono maiori Catur- 
censis, et Bertrando Delgal (3), Agennensis, ac Ramundo de Monte 
Acuto (4), Lingonensis canonicis ecclesiarum, nostris damus litterisin 
mandatis, ut ipsi, vel duo, aut unus eorum, te ad hoc primitus evoca- 
tum, procedendo super hiis summarie, de piano, sine strepitu et figura 
iudicii, ac non obstantibus feriis, ad solutionem dicti debiti, prout cano- 
nicum fuerit, appeliatione remota, auctoritate nostra compeliant. 



(î) Raymond de Cornil (1280-1293). 

(2) Sicard de Montaigu (i 294-1 300). 

(3) Bertrand de Goth, chanoine d'Agen. 

(4) De la famille des Montaigu de Montlanard. 



— 148 - 

Datum apud Silvam maiorem Burdegalensisdiocesis,Kalendis octobris 
anno tertio. In eodem modo archidiacono maiorî etc. ut supra, Expo- 
suit nobis, etc. (i). 

IV 

RAYMOND PAUCHEL, ÉVEQUE DE CAHORS, CITÉ DEVANT LE PAPE — 

21 MARS 1^09 — [R^g- y^t' Lvi f. 266, ep. 25, Curiales), 



Dilecto lilio abbati monasterii Moysiacensis, Caturcensis diocesis. 
Grave gerimus et molestum... Dudum siquidem in nostra et fratrum 
nostrorum presentia propositum fuisse meminimus et alias etiam ad 
nostriapostolatus auditum fréquenter pervenit, quod venerabilis frater 
nosicr Raymundus Caturcensis episcopiis, si dici venerabilis mereatur, 
iamquam sucfime prodigiis et saliitiSj multa gravia et enormia dicitur 
coînmisissCf que in nostram et apostolice sedis contumeliam redundare 
noscuntLir, el ex illis grave scandalum generatur. Nos igitur, non 
volcntcs prout*etiam nec debemus talia sub dissimulatione'transire, 
sed potius Umina apostolice correctionis apponere circa illa, ne tran- 
seant in cxempll perniciem aliorum, discretioni tue per apostolica 
scripta mandamus, quatinus per te vel per alium seu alios dictum 
episcopum ex parte nostra peremptorie citare procurées ut infra quad- 
ra^inta dieruni spatium, post citationem hujusmodi, compareat 
pcrsonalitcr coram nobis, super premissis facturus et recepturus quod 
juytitia suadcbit, et alias mandatis nostris et beneplacitis plenarie 
pariturus. Dicm verohuiusmodi citationisetformam, et quicquid super 
premissis duxcris faciendum nobis per tuas patentes litteras, harum 
seriem continentes, studeas fideliter intimare. — Datum Avinione,XII 
Kalcndas aprilis, anno quarto. 



(t ) Ecrit aux trois personnages cités dans la bulle. L'archidiacre majeur est 
Raymond de Jean. 

V 



149 — 



BULLE DE NOMINATION DE PIERRE DE LATILLY A L EVEGHE DE GAIIORS. 

— 21 AVRIL 1312. — {Reg, VaL lix, ep, 492, f, 102). 



Dilecto filio Petro electo Caturcensi Nupersiquidem dilectus filius 

Raymundus olim episcopus Caturcensis, nobis per suas litteras cum 
instantia supplicavit ut cum ipse, depressus nimia senectute et proprii 
corporis delibitate gravatus, eiusdem ecclesie regimen nequeat, sicut 
expedit, exercerc, ipsius cessionem recipere dignarcmur. Nos vcro, 
ipsius supplicationibus inclinati, dilecto filio nostro Arnaldo (i) Sancte 
Marie in portîcu diacono cardinali mandavimus oraculo viVe vocis, ut 
ab eodem Raymundo seu procura tore suo, ad hoc sufficiensmandatum 
habente, cessionem huiusmodi auctoritate nostra recipere procuraret. 
Et demum dilectus filius magister Guiilelmus de Dolis, canonicus 
Dolensis,procurator e)usdem Raymundi, ad hoc ab ipso habens spé- 
ciale niandatum,in ipsius cardinaiis manibus nomine ipsius Raymundi, 
eiusdem ecclesie Caturcensis regimini apud sedem apostolicam sponte 
cessit. Quam quidem cessionem idem cardinaiis auctoritate predicta 
recepit. Cum igitur eadem ecclesia Caturcensis per cessionem huius- 
modi, pastoris regimine vacare noscatur ad presens, nullusque prêter 
nos de provisione ipsius ecclesie facienda hac vice disponere possit, 
pro eô quod nos dudum, circa promotionis nostre principium^ gène- 
raliter omnes provisiones faciendas de prelatis cathedralibus ecclesiis, 
tune apud sedem îpsam vacantibus, et in posterum vacaturis, disposi- 
tioni et ordinationi nostre reservantes..., in te archidiacono Cathalau- 
nensi, viro [utique litterarum scientia predito, morum honestate 
decoro, vite laudabilis ornamenta conspicuo et consilii maturitate 
preciaro, noster animus requierit. Intendentes igitur tam gregi domi- 
nico, quam eidem ecclesie salubriter providere, de te prefate ecclesie 
Caturcensi, de fratrum nostrorum consilio, et apostolice potestatis 
plenitudine, providemus, teque illi preficimus in episcopum et pastorem. 
Datum Vienne, XI kalendas maii, anno septimo. 



(i) Arnaud de Pélagrue, 



— 150 — 



VI 



PROCÈS ENTRE RAYMOND DE CAUSSADE ET HUGUES GERAUD (23 MARS I317) 

Arch. ^ Vaticano. — Vat. 65. fol 61. — Av, 5 f. 373a (Mollat, 
Lettres communes de Jean XXII — 3277). 



Venerabili filio... Episcopi Lemovicensi et dilectis filiis... Archidia- 
cono de Montepensato, Caturcen. ac magistro Petro de Salvitate 
canonico Petragoricen. ecclesiarum, salutem etc. Peticio dilecti filii 
Raymundi de Calciata,civis caturcensis,nobis exhibîta, continebatquod 
dudum bo mem.Raymundus Paucelli,episcopuscaturcensis,attendens 
quod bo. me. Raymundus (de Cornil) et Sicardus (de Montaigu, catur- 
censés episcopi, predecessores sui, recognoverant se teneri eidem civi 
in diversis pecuniarum summis, ex diversis contractibus licitis et 
honestis, quas pecuniarum summas dicti predecessores recognoverant 
eciam in utilitatem ecclesie Caturcensis fore conversas, ac considerans 
quod dictus civis, occasione premissorum, depauperatus fuerit, et 
quodmuitas, pro recuperandispredictis pecuniarum summis, expensas 
sustinuerit atque dampna,volensque se et eamdemecclesiam exonerare 
mole hujusmodi debitorum,inspectis quoque litteris dictorum predeces- 
sorum et actis processibus et sentencia exinde subsecutis, ac sua et 
ipsius ecclesie utilitate pensata, pro se et successoribus suis episcopis 
Caturcensibus, dédit et assignavit civi prefato sexaginta libras turo- 
nensium parvorum ad vitam suam, annuatim in festo assumptionis 
béate Marie virginis, de bonis ipsius ac episcopatus Caturcensis sibi 
anno quolibet persolvendas,nichilominus concedens plenariam potes- 
tatem Johanni de Cadeneda, archidiacono de Tornesio in ecclesia 
Caturcensi, etGalhardodeCance,beateMariede podioFigiaci,et Petro 
de sancto Genesio, de Sancto Dionisio, ecclesiarum rectoribus, Catur- 
censis diocesis, et eorum cuilibet in solidum, ut eidem civi ad 
vitam suam in aliquo certo loco episcopatus predicti easdem sexa- 
ginta libras turonensium assignarent. — Idem vero archidiaco- 
nus, auctoritate litterarum ipsius episcopi, juxta potestatem per eas- 
dem litteras ab eodem episçopo sibi concessam, prefato civi, ad vitam 
suam tantum,pro predictis sexaginta libris turonensium annuatim ped- 



— 151 - 

dendis et persolvendis, totam villam seu locum de Castro franco (i), 
predicte diocesis, ad eandem. caturcensem ecclesiam pertinentem, cum 
omni jurisdictione alta et bassa ac mero et mixto imperio, ceterisque 
locis, jurisdictionibus, juribus, fructibus, redditibus et proventibus 
sais, assignape curavit ; quamquidem assignacionem capitulum dicte 
Caturcensis ecclesie, et eaque circa illa per episcopum et arcliidiaco- 
num predictos facta fuerant, rata et grata habentes, illa laudarunt et 
eciam approbarunt, prout in patentibus litteris, ipsorum episcopi,capi- 
tuli et arcliidiaconi sigillis munitis, ac instrumento publico inde confec- 
tis plenius continetur — Cumque postmodum venerabilis Jrater noster 
Hugo episcopus caturcensis memoratum civem super premissis 
diyersimode vexaret, inquietaret et perturbaret ac indebite molestaret, 
orta quoque super hiis inter civem et episcopum supradictos materia 
questionis, nos causam hujusmodi venerabili patri nostro Berengario, 
episcopo Tusculano, oraculo vivevocis,commisimus ut ea audiret sim- 
plîciter et de piano, sine strepitu et figura judicij, et ipsam expedire, 
vel nobis referre quantocius procuraret ; sane comparentibusin judicio 
coram eodem Tusculano episcopo partibus antedictis, idem civis que- 
dam instrumenta publica et litteras ad informandum prefatum episco- 
pum Tusculanum de jure suo exhibait, datisque pro parte ipsius 
Hugonis episcopi quibusdam exceptionibus (2) contra illas, aliquibus 
alijs processibus habitis, in hac causa, coram eodem episcopo 
Tusculano, nos, iterato oraculo vive vocis, eidem Tusculano 
episcopo duximus committendum ut ipse in eadem causa faceret jus- 
ticie complementum, proferendo in ea sentenciam et alia faciendo ad 
decisionem cause hujusmodi prout sibi expediens videretur, sed cum 
postmodum prefatus civis quedam instrumenta, articulos, litteras, 
jura et munimenta coram eodem Tusculano episcopo produxisset, ac 
super hujusmodi articulis ad plenariam informacionem habendam de 
expensis predictis, receptis quibusdam testibus et eorum attestacioni- 
bus publicatis, idem civis quamdam peticionem exhibuit in qua inter ^ 
cetera petebat per eumdem Tusculanum episcopum perpetuum ^:Cj. 
cium imponi Hugoni episcopo supradicto super ii^P^titicvfjg^Q^- . 
cione et molestacione predictis, sibique inhiberi^r^é'^^J^çlçJ^ civem 



(i) Aujourd'hui canton de Puy-l'Évêque (Lot). 
(3> Les lettres de Clément V et de Philippe le Bel. 



— 152 — 

deinceps super premissis inquietaret vel mam môlestciret, et nichilo- 
minuseumdem Hugonem episcopumsibi condempnari in quingentis 
libris turonensium parvorum, pro expensisper ipsumcivem occasiotie 
premissorum, nec non et in centum libras ejusdem monete pro alijs 
expensis in prosecucione hujusmodi cause in romana curia factis, 
ipsius episcopi Tusculani super promissis officium implorando. Idem 
vero episcopus Tuscuianus, actis ejusdem cause ac instrumentis habi- 
tis, attestacionibus, juribus et munimentis, coram eo in causa ipsa 
exhibitis et productis, visis et diligenter inspectis, et super diligenti 
deliberacione perhabita, ac cisdem partibus certa die ad diffinitivam 
in eodem causa sentenciam audiendam peremptorie assignata, dicto 
quoque Raymondo cive predicto die comparente coram eodem Tuscu- 
lano episcopo, et preesnte, et sentenciam in eadem causa per eumferri 
cum instancia postulante, dictoque Hiigonc episcopo eodem die per 
contumaciam absente [\)^ in scriptis, eidcm Hugoni episcopa pro se et 
successoribus suis caturccnsibusepiscopis, super impeticione inquieta- 
cione, et molestacione prcdictis, perpôtuum silentium duxit sentencia- 
liter imponendum, inliibens Hugoni episcopo memorato ne prefatum 
civem deinceps super assignacioneac bonis rébus et juribus supradictis 
inquietaret, vel eciam molcstaret,acnichilominus prefatum Hugonem 
episcopum in quingentis libris tvronensium parvorum, dandis et solven- 
dis eidem civi,pro expensis predictis factis per eum tamin curia predicta 
q-iam extra, ipsiusTusculani episcopi taxacionepremissa, et dicti civissu- 
perhocjuramcntosecuto,sentencialitercondempnavit,justiciaexigente, 
prout in instrumento publico, inde confecto, ipsius episcopi Tusculani 
sigillo munito, plenius continetur. — Nos itaque, ipsius civis supplica- 
cionibus inclinati, hujusmodi dicti episcopi Tusculani sentenciam, 
sicut lata est, ratam et gratam habentes, ac causam auctoritate apos- 
tolica ex certa scientia confirmantes, discrecioni vestre per apostolica 
sripta mandamusquatenus vos, vel duo aut unus vcstrum, per vos, 
•'el alium seu alios, eamdem sentenciam execucioni débite, auctoritate 
nosti^a demandare curetis, facientes ipsum premissorum pacifica pos- 
sessione gaudere, sibique de predictis quingentis libris turonensium 
parvorum juxtaprec^kti instrumenti tenorem satisfactionem plenariam 



(t) On peut se demander pourquoi Hugues Géraud ne répondit pas à la cita- 
tion ; sans doute il se sentait perdu et n'avait plus le courage de faire front. 



— 153 — 

exhiberi. Contradictores auctoritate nostra, appellatiohe postposita 
compescendo. Datum Avinione, X, kal. aprilis, anno primo. 

VII 

DEPOT FAIT AU NOM d'hUGUES GpRAUD d'uNE ASSEZ GROSSE QUANTITÉ 
d'argenterie et de livres chez DES BOURGEOIS DE LIMOGES EN 
1314(1). 

Ce dépôt fut remis par les mêmes bourgeois en mars 1317 au com- 
missaire du pape dans la sacristie de l'église cathédrale de Limoges. 
(Arch. Vat. Miscellanea Instr, cassette 1312-1315 — n° 21). 



In nomine Dni, Amen. Nôtum sit omnibus presens publicum instru- 
mentum visuris quoddiscretus vir magister Petrus Fulcherii archipres- 
biter St-Medardi, Petrag. diocesis, et Helias Geraldi, de Nobilia (sic) 
dictus, ad deponendum et tradendum in deposito pênes quoscumque 
seu quicumque volaerint séu vellentquosdam librorum, pecunie, et 
jocalium, et rerum aliarum quantitates,pro reverendo pâtre in christo 
dno Hugone Geraldi epo Caturcensi, et ejus procuratorio nomine, in 
civitate Lemovicensi vel alibi ubi sibi videbitur et super deposito 
haberi obligationes et alias recipiendum.et confici faciendum exinde 
literasseu publicum instrumentum cum clausulis oportunis procura - 

tores ab ipso specialiter constituti constat et per litteras ipsius 

dni epi sigillo munitas in forma publica existentes ipsius ? quarum 
virtute pro dicto dno Hugone ut pro privata persona, non sub nomine 
vel ad opus epi caturcensis. 

Deposuerunt pênes Heliam Galteri et Gaufridum Galteri,e)us fratrem, 
'habitatores castri Lemovicensis, in ipsorum fratrum domo et ipsius 
Gaufridi nomine, et ex causa depositi pro se et dicto Helia fratre suo 
recipienti tradiderunt. 



(i) On pourra comparer la liste des objets (argenterie et livres) mis en dépôt 
en I 314 et remis au commissaire du pape en 13 17, avec la liste publiée par M. 
Guérard, cp. cit. v. p. 218 n° 139 et par M. Coulon, n° 1197 que je donne 
plus loin, d'après nn autre manuscrit, pièces justif. n" XXI. Tout ce qui est ici 
semble être, (avec d'autres mots quelquefois, ou en bloc, au lieu d'être détaillé), 
dans ce sçconçl inventaire, qui comprend des biens trouvés ailleurs. 



— 184 — 

1 Unamcupamargentideauratietdeforisdeauratamcumcohopertorio. 

2 Itçm et unam aliâm cupam argenti dehauratam eum cohopertorio 

diversis operîbus operatam, 

3 Et unam aliam dehauratam intus et extra cum pede et cohoper- 

torio. 

4 Et unam aUam cum pede et cohopertorio]deauratam intus et extra 

operatam cum smaldis. 

5 Et unam aliam operatam deintus deauratam deforis cum pede en 

campas. 

6 Item et unam aliam deauratam intus et extra operatam cuni 

smaldis en trifoletz. 

7 Et unam aliam albam cum roseriis deauratis. 

8 Item et unam aliam deauratam intus et extra cum stiliis ? deauratis. 
g Et unam aliam planam cum smaldis. 

10 Et unam aliam deauratam deforis albam deintus deauratam cum... 
T I Itenn et unam aliam deforis et deintus deauratam operatam cum 
aquis armatis et cum imaginibus. 

12 Et unam aliam deforis deauratam deintus operatam cum nûchexa- 

dura. 

13 Et aliam operatam et de super cohopertoriun> lapidiBus. 

14 Item et aliam granatam deauratam cum radiis. 

15 Et unam aliam deauratam foris et intus operatam cum arboribus 

foliacis. 

16 Item unam aliam albam foris et intus cum tribus glandibus in, 

operatam. 

17 Et unam aliam deauratam intus et extra per deauratam 

Summa dictarum cuparum cum coopertoriis et pedibus (XVII, cf. 

n» XVIII). 

Item et duas cupas deauratas ejusdem signi ? et ejusdem forme 
cumsmaldis. 

Item et unam cupam stellatam cum smaldo. 

Et unam aliam deauratam pertotum fractam in pede. 

Item unam pintam albam cum roseriis deauratis. 

Item unam aliam pintam parvam operatam cum serpentibus. 

Item unumpotum quayratum album. 
Que omnia pondérant 51 libraset i quartum. 

Item et deposuerunt procuratores predicti, nomine quo supra, 
çt tradideruut no^ijnç depositi in dicto hospitio diçti Gaufredi, 



-.133 — 

Unum bacîle de argento ad opus barbitonseris deauratum ad 
oras (cf. n° XVIII), et unum aliud bacîle argenti cum smaldo in medio 
ad dandum species (cf. n<» XVIII), 

Itçm très potos argent! cum signo de Caturco (cf. o* XVïIIJ. 

Et quatuor chaupinas seu (?) potz ad ponendam aqcKina (d. tP 
XVIII). 

Item et quatuor tassas albas granatas sine smaldîs et XIII grana- 
tas cum smaldis. 

Et hec pondérant XXXIII Ibr. et dimidium quartonem. 

Item etîam deposuerunt ibidem quasdam'cultellas cummanubriis 
de ambis et cum turribus de argento cum uno lambre (?) et uno cum 
aurelha. 

Item et unum retalh de perso albo sive ciaro 

et aliud de marbrino 

et aliud de bargia sive de cameloto burelh 

item et duos forcinos? burelhs in quibus sont due caysse involute 
panno cercico cum litteris 

item et unum forcerium ? bureth in quo erat una cayssa cerato 
panno cooperta 

Acta fuerunt hec in supradicta domo dictorum fratru m Helie et 
Gaufredi in dicto Castro Lemovicum anno Dni mill* ccc"*'^ XIIII'° 
ind. XIII, ap. sede vacante, die XVI januarii, presentibus dno Helia de 
Castro, milite, Araldo de Lioro et Stephano Cusi clericis ac P. Bonamie 
de Castro Lemovic. ad hoc vocatis testibus specialiter et rogatis 



Item XVII die dicti mensis januarii deposuerunt procuratores 
predicti quo supra nomine, anno et ind. predictis pênes dictos fratres et 
dicto Gaufrido tradiderunt nomine depositi 

in quadam bala, de panno cerato, sigillis ipsorum procuratorum 
sigillato, 21 volumina librorum utriusque juris — 

item et in alia bala : Digestum novum — spéculum Jufis — quandam 
aliamsummam — etsummam P. de Boreriis — Cassiodorum magnum, 
— tertium et quartumOstiensis. — Decretales — ,primumOstien.—, alias 
Decretales,— V"* Ostiensem,— apparatum Viviani, — apparatum super 
decretis,— seçundum Ostiçnsem — summa librorum hujus baie XHI 
libri 



1 



îtem in aliabala XIII libros scilicet sujumam Assonis — secundum 
Ostiensem — librum S^ Aredii — Spéculum — Epistole démentis — 
Brocardum, — parvumvolumen, — codicem,— digestum vêtus, infor- 
tiatum, — spéculum Ostiense, — concordantiam Infortiati, — librum 
Exodi, 

item in alia bala XIIlI libros, 
Scilicet catholicon, — Inventarium juris, — gaufrid, — Dig.novum,— 
Dig. vêtus, — secundum Ostiensis, — concordant, no vas, — dig. vêtus 

— volumen Guarsie, — decretum magnum, — primum ostien, — vio- 
cidum (??) 

Item et in alia bala XII libros scilicet secundum librum speculi 
historialis -— tertium vol. spec. hist, — dig. nov — 4-" vol Sp. hist, — 
Compostell, — Decretum, — Cassiodorum. — Lecturam fratrisThome, 

— Rolland, — Breviarium— magnamsummam super decretales. — (i) 

Item et in alia parva bala XVI vol. diversorum librorum 
Summa omnium librorum quatuor viginti novem.(Le total est cepen- 
dant de 90, mais il semble qu'il y ait une erreur à un endroit: XIIII 
pour XIII). 
De quibusdicti déponentes aliquos esse dixeruntmag.StephaniMalbot 
Et sciendum quod ultra predicta sunt in dictis balis repertoriuni 
Gmi Durandi, legenda sanctorum, secunda fratris Thome et régula 
cujusdam ordinis in romancia 

Que omnia supradictus Gaufridus in deposito recipiens a dictis 
procuratonbus promisit premissa omnia prefato dicto epo ad volun- 
tatem et requisitionem ipsius eovivente,seuejus mandato,cum scriptura 
patenti ipsius magno sigillo sigillata et signo alicujus noti tabellionis 
signata reddere, et ipso non vivente ubi et ut ipse testamentarie vel alias 
ordinasset, et, si non ordinasset, dicto Helie frati suo germano et 
heredibus &uis,sub obligatione omnium bonorum suorum quepropter 
hoc ipsi dno Hugoni epo, me notario et dictis procuratoribus stipulan- 
tibus pro eodem obligavit, expresse, etc. dicto die XVII jan. presen- 
tibus testibus supradictis 



(i) Cela ne fait que XI volumes, peut-être le copiste a-t-il oublié le premier 
volume du Spéculum historiale de Vincent de Beauvais. 



- 157 — 



m 



Omnimodo quidem vasa argentea superius declarata predicti Helias 
et Gaufridus Galteri fratres religioso et venerabili viro dno Gmo 
de Turre, archîdiacono Avenion., S§. Patris et dniviridni Johannis, 
divina providentia ppe XXII, commissarioinhacparte ipsiusdni pape 
et ejus ac S. R. E. nomine etvicepetentis,deliberaveruntettradiderunt 
in sacristania eccl. Lemov. ubi dictus dnus archid., vener. viris dnis 
Guidone de Turribus, cantore, Guiberto Polverelli Marche, G"*" de Cola 
de Maymaco, archîdiaconis, Johanne Laiaces (?) succentore, Helia de 
Campanis, Petro de Saya, Petro Maleti et Johanne SauneriiacNicolao 
de Podio fulconis canonicis dicte eclesie presentibus, dicta vasa in duo- 
bus cofinis sigillo suo sigillatis, nomine quo, supra deposuit et dimisit 
et in persona etiam dictorum fratrum asserentium dictum epm iibros 
predictos diu est habuisse. 

Et hec acta fuerunt in dict;a sacristania anno Dei millo ccc'"^ sexlo 
decimo, indictione XV, pontifie, dni nrii dni pape, anno primo, die XXI 
martii, presentibus viris magistris Bernardo la Fauria, canonico Dau- 
ratensû Rbtberto Chamarlienc, capellano de Sadrano, et G™** Bernadi 
capellano de Donzenaco, magistris Petro de Anrocha et Guidone 
Arnaudi jurisperitis,ac Guidone Bosonis burgensis castri Lemovicensis 
ad hec in dicta sacristania etc. . . vocatis testibus specialiter et rogatis. 

Et ego Johannes de Curte clericus, apostolica publicus auctoritate 

notariusqui depositioni facteper supradictos procuratores prefati 

epi Caturcensis in dicto Castro Lemovicum in domo dictorum burgen- 

sium, ac deliberationi et traditioni dictorum vasorum facte 

de eis per ipsos prefato dno epo ac eorum vasorum argenteorum (i). 



(i) Le 5 janvier 1318, Godefroi Galtier, et un autre personnage de Limoges, 
Gui Boson, versaient à la chambre apostolique par l'intermédiaire de Géraud de 
Ginouillac, l'argent mis chez eux en dépôt par l'ancien évêque de Cahors ; la 
somme en valait la peine : 

4,000 tournois d'argent; plus 368 livres, 15 sous petits tournois en 500 
florins d'or, le florin compté pour 14 sous, 9 deniers. ; olus 300 livres p. t. 
en 405 florins, 6 sous p. t., le florin compté 18 sous, 6 deniers. 

Enfin 463 livres, 1 5 sous petits tournois en 560 deniers à l'agneau d'or et 20 s. 
p. t., Tagneau compté pour 17 sous moins i denier petit t. 

(Int»et Ex. 19 f. 35'). 



— 158 - 



VIII 



BULLE DU I NOVEMBRE I316 PAR LAQUELLE LE PAPE RELEVE DE LEURS 
SERMENTS CEUX QUI ONT JURÉ LE SECRET A HUGUES GERAUD. — (R^g- 

Fa/. 63 f. 427*— Curiales T^ /\8^ — coulon, op, cit, n^ 41 — bertrandy, 
op, cit. pp. 47-48). 



Johannes, ad perpetuam reimemoriam.Nuper adnostramfidedigna 
relationeperducta notitiam quod venerabilis f rater noster Hugo, episco- 
pus Caturcensis, dum, super multis excessibus atq'ue culpis, super qui- 
bus,apud nos delatusfuerat et accusabatur a multis, coramnobis causa 
penderet, et super praedictis excessibus atque culpis faceremus inquiri, 
inter alia enormia per Ipsum commissa, non absque multa temeritatis 
audacia et diabolicae caliditatis astucia, subditos suos, a quibus, per 
fas et nefas, magnas pecuniarum summas, per diversas vias, nisus 
fuerat illicite extorquere, ne ipsius revelarentur excessus, vel de ipso 
querimonia quaecumque deponeretur,aut extorsiones hujusmodi repe- 
terentur ab eodem, sub juramentorum vinculiset magnis pecuniarum 
pénis ac aliis penalibus obligationibus, duxerit constringendos ; Nos, 
tantae (i)nequitiae, ne, tali pretextu, ipsius Hugonis crimina tegerentur 
et sic impUniti ejus excesssus et culpa, in suae ac 'multorum animarum 
perniciem,populi scandalum et ecclesiae Caturcensis opprobrium, per- 
transirent, occurrere cupientes, juramenta quelibet et promissiones et 
obligationes quascumque, occasione hujusmodi. a quibuscumque per- 
sonis, tam clericis quam laicis, cujuscunque status aut conditionis 
fuerint, prestita, et quacumque firmitate alia roborata, de fratrum 
nostrorum consilio et apostolicae potestatis plenitudine relaxanraSy et 
nuUius decernimus existere firmitatis^ née quemcunque a praedictîs 
juramentis^pnMaaaBkmrbos atque pénis, si vepecunie hujusmodi aposto- 
lîca? cmnerae, sive passagio Terrae Sanctae, sive régi vel alteri domino 
témporali, quomodocumque existerint applicandae, remanere volu- 
mus, obligatum quomodolibet vel adstrictum. Nulli ergo etc. Datum 
Avinion, kalend. novembris anno I. 



(t) M. Bertrandy met : Cautœ — un peu plus bas ternicio pour pernicieni^ 
plus haut visus pour nisus etc. 



— Î59-. 



IX 



LE PAPE ADJOINT POUR LE PROCES CANONIQUE d'hUGUES GÉRAUD, DEUX 
NOUVEAUX COMMISSAIRES AUX DEUX PREMIERS — 27 FEVRIER I317 — .(/?. 

Av. 7 f. tith—R. Vat, 65 f. 336, ep. 3056.— bertrandy, op. cit. ep. 49). 



Johanneç^ etc. Dilectis filiis magistro Galhardo Saumate, notario 
nostro, archidiacono sancti Antonini in ecclesia Ruthenensi et Arnaldo 
de Capdeiïaco, preposito Mimatensis ecclfsie, salutem. Dudum dilec- 
torum filiorum capituli majoris, abbatum et priorum f i) et rectorum 
ecclesiarum, necnon consulum Caturcensium, et multarum aliarum 
personarum ecclesiasticarum tam secularium quam regularium, et 
etiam laicorum Caturcensium et aliorum civitatum et diocesum diver- 
sorum, ad nostri apostolatus audîtum insinuatio clamosa perduxit 
quod venerabilis frater noster Hugo, episcopus Caturcensis, si dici 
venerabilis mereatur, post ingressum quem ad îpsius regimen ecclesie 
habuit vitiosum, extra limites rationis exorbitans ac per devia gradiens 
et abrupta culparum, inter alia detestabilia que commisit, diversas 
sententias, a se judicio et justicia prorsus exclusis, non absquescelesto 
crimine falsitatis, contra sacrorum canonum instituta (2) ferens, illi- • 
cite (3) vendidit et vendi fecit, pecunie viiitate (4), et nichilominus in 
ecclesia Caturcensi, venerabili sponsa sua, quam illustràre deberet 
Claris meritis et exemplis, nummulariorum (5) cathedras erigens impu- 
denter, nec attenderis quod munda débet esse manus que maculas 
diluit aliénas, se pravitate simoniace sordibus inquinavit ; ipse quidem 
episcopus a paterna pietate recedens, et que sua fuerant (6) querens 
non que Jésus Christi,subditis suis, qupsin necessitatibus, predicationi 



(i) M. Bcrtrandy met : i>rioris ! 

(2) B. : seconda. 

(3) B : illectus 1 

(4) B. : netilitate, 

(5) B. : Huinmvlario, euml 

(6) B. : sant. 



— 160 - 

exhortationi, correctioni et reformationi vacando, deberet, pastoris 
more, favere et ornamento morum laudabilium honorificare, sue 
ministerium dignitatis episcopale opus implere studiis virtuosis, et 
curam pastoralis officii, talentum sibî creditum, nummulariis par- 
tiendo (i), salubriter exercere, in exigendis ab ds immoderatis procu- 
rationibus in pecunia nimirum et evectionum (2) numéro ac pecuniario 
subsidio omnino superfluis et etiam exceséivis, cum ipsis visitationis 

* officium impendere contingit eumdem, et aiiis importàbiiibus exactio- 
nibus subtîliter exquisitis adeo se molestum reddidit et gravem, de 
religione lucra turpia et injusta sectando. quod multorutç ex eis gran- 
dis est substantia diminuta, et quidam quasi ad exinanitionem mise- 
rabiiem devenerunt : non%uilos quoque prefatus episcopùs beneficiis 
ecclesiasticis spoiiavit injuste ; laliquos vero una cum Petro Folcherii, 
archipresbitero sancti Medardi, Petro de Faugairaco, canonicoecclesie 
sancti ' Frontonis Petragoricensis, Petro de Mortuo Mari, doctore 
legum, Ge'raldo de Albusaco, presbitero, Petro de Salellis (3) Hugone 
Flessada et G"*' Gonterii clericis Petragoricensis, Uticensis et Ruthenen- 
sisdiocesum,acnonnullisaliisfamiliaribus,fautoribusetsequacibussuis, 
quos in hujusmodi pàrticipationem scelerum sibi consortes assumpsit, 
carcerum maceravit squalloribus, et quamplures ecciesiarum rectores, 
aiiasque personas ecclesiasticas, secUlares et religiosas, quod horriJbile 
est auditu, dirae mortis suppliciis interemit, alias praefatus episcopùs 

' clerum et populum sub gubernatione commissos inficiendo perversis 
actibus et exemplis : et adhuc idem episcopùs, qui se deberet sub 
discipline moderamine cohibere. tantorum enormitate scelerum non 
contentus, sed per concupiscentias voluptatum cum prefatis clericis 
vitam odibilem deducendo, ac diversos habendo processus impios et 
iniquos, diversarum proditionum gênera et etiam falsitatum, aliaque 
nefanda quamplurima, tamperse, cum eisdem et aliisadherentibuset 
fautoribus suis committere, ac si cum iniquitate fœdus pepigerit (4), 
non expavit. Nosigitur conniventibus oculis, sine scandalo, transire pre- 



♦ 



(î) B. : jiarcendo» 

(2) B. : errectionutn . 

(3) Bcrtrandy : priore de Salellis ? 

(4) B.fepegisset. 



- 161 — 

mîssa noa volentes (i), qnîn potius cogeremur descendere ac vid'ere 
utrum clamor qui ad nos venerat opère compleretur, venerabili fratri 
nostro Bertiardo, episcopo Attrebatensi, tune archidiacono Xancto- 
nensi, ac dilecto filio Petro Textoris, priori, tune canonico sancti 
Antonini, Ruthenensis diocesis, dedimus per nostras sub certa forma 
litteras in mandatis ut ipsi et eorum quilibet, tam super preniissft 
omnibus et §ingulis quam super aliis proponendis contra, episcopum 
vel alios supradictos, et eorum quemlibet, ex mero nostro offlcio, 
summarie de piano, sine strepitu et figura judicii, omni appellatione 
postposita, et etiatn pretermissa, tam civiliter quam criminaliter, :n 
curia romana vel extra, diligentius inquirerent (2) veritatem, eis super 
premissis omnibus et singulis contra episcopiim, clericos, adhérentes, 
fautores et familiares predictos, et eorum quemlibet, et quosvis alios, 
inquirendi, cosque ubicumque reperiri poterunt, ad apostolicam sedem 
citandi, et de premissis omnibus [cognoscendi et eos personaliter (1) et 
ipsorum bona capiendi, detinendi ipsosque incarcerandi, secundum 
dictorum et adherentium, fautorum et familiarium démérita, ipsos et 
eorum quemlibet puniendi, condempnandi (4) et omnia singula que, 
circa negocium inquisitionis hujusmodi, expedire viderint, faciendi, et 
exequendi, plena eis, et ipsorum cuilibet, per easdem concessa litteras 
potestate. (5) Verum ut, in eodem negocio, efficacius procedatis, vos 
et quemlibet vestrum, episcopo et priori supradictis, in premissis 
omnibus [et singulis duximus adjungendos, vobis et unicuique vestrum 
prefatum epm, clericos, familiares, fautores] (6), adhérentes et alios 
supradictos [de premissis omnibus et singulis] (7) si fuerint reperti 
culpabiles, puniendi, et ad restitutionem ablatorum et extortoruni per 
eos a quibusvis indebite, ac satisfactionem expensarum quas gravati 
ab eis quomodolibet incurrissent, omni appellatione postposita, et (8) 



(i) B. : valentes* 

(2) p. : inquireret. 

(3) manque dans B. 

(4) B. : privandi. 

(ç) B. met frocisdem. 

(6) tout ce qui est entre crochets manque dans B. 

(7) manque dans B. 

(8) h.: et contra. 

n 



prètermis$a, compellendi et cognoscendi, în curîa vel extra, .de quîbus- 
cumque causis beneficialibus que contra vel inter familiares eosdem, 
adhérentes, fautores et quosvis alios verterent (i), et ipsafe definiendi, 
decidendi et etiam terminandi, ipsosque ubicumque repertî fuerint, 
necnonet quoscumque alios predictisçausis necessarios ad apostolicam 
^edem citandi personaliter, si videbitis expedire, vel ad partes com- 
mittere, plenam vobis et unicuique vestrum concedimus, ^pnore presen- 
tium, potestatem. Datum Avinione 3* kalendas martis anno i*. 



ENQUÊTE SUR LES PAROLES IMPRUDENTES d'hUGUES GÉRAUD 

14 MARS 1317.— Reg, Av. 7, f. 617* 



Galhardo electo Regen. 

Ad inconveniens inconsulte dilapsus Hugo.ep. Caturcen et labia sua 
împrovidis provolvens obloquiis contra nos în quadam insana verba 
prorupit que dolosam proditionem sapere dinoscuntur. Nos igitur, 
super hoc scire volentes certitudinem veritatis, discretioni tue, per 
apostolica scripta, committimus et mandamus quatenus, contra dîc- 
tum episcopum super hoc diligentius inquirens, ea que in hac parte 
repereris, fideliter in scriptis redacta, illa quamcitius ad nos remittere 
vel déferre procures * nos enim tibi super hôç inquirendi, et quid quid 
super hoc inquisitionîs hujus negotio expedire videris faciendi 
plenam conferimus facultatem. 

Datum Avenîone, 2 id. mart. an i*». 



(i) B. : intervenerint. 



fl 



— 1«8 — 



XI 



COMMISSION DONNÉE POUR l'iNSTRUGTION DU PROCES APRES LES PRE- 
. MIÈRES ENQUÊTES ET ARRESTATIONS 22 AVRIL 1317 

* . (Coulon n^ 182 d'après Vat. iiô f. 81). 



Johannes episcopus, servus servorum Dei, venerabili frairi Galltardo, 
episcopo Regensi, saL et ap, bened. 

Horrendum scelus,execrabile fascinus, detestabile sacrilegium in nos 
et quosdam ex fratribus nostris S. R. E. cardinalibus, diebus islis, ut 
dicitur, inaudita temeritate presumptum,horrorem audientibusingerit, 
jus dicentis puisât officium, et severitatem correctionis exposcit ; fertur 
enim et ad nostrum assertio fide digna perduxit auditum quod non- 
nulle persone ecclesiastice, filii utiqueBeUal,fautores et collège iilorum 
quos ex pâtre diabolo ponit evangelica veritas, fîdelitatis debitum quo 
nobis et E. R. tenentur, Dei timoré postposito,transgredi non verentes, 
ac inofficiose pretereuntes reverentiefîlialisafFectum, tanquam dégénè- 
res filii patrios annos ante dîem inquirere et finem iilorum moliti sunt 
iniquis machinationibus maturare, quodque quadam « ferali sevitia, e]t 
ft omni quasi (i)humane nature queinteromnes homines cognationem 
« quamdam constituens alterurti alteri insidiari censuit nephas esse, 
fédère violato », ineorumnecem quos « amabiliter et reverenter prose- 
qui tenebantur », nephandis tractatibus inde prehabitis conspirarunt ; 
siquidem « non attento quod leges humane atrocius judicant hominem 
« veneno extinguere quant gladio trucidare, potiones et venena morti- 
fcra » preparari fecerunt, « ut ex iilorum propinatione nos et aliquos 
ex eisdem fratribus nostris extinguerent : » « et ne deficerent in sui 
« mali executione propositi », « imagines cereas fecerunt » sub 
« nostro et ipsorum nostrorum fratrum nominibus confici, ut magicis 
« arlibus, incantantionibus vetitis, ac demonum invocationibus repro- 
« bandis adhibitis, vitam labefactarent insontium per punctionem 



(t) Tout ce qui est entre guillemets est dans la bulle" du 8 mars à P^ de Via. 
Coulon n° 134 et 135. 



-«64- 

« îmagînum » predictarum. Porro lîcet huiusmodi perfid\ homînes 
conceperint dolum hujusmodi et, ut iniquîtatem parerant, oportuni- 
tatem querere suosque fréquenter curaverînt pro viribusexercere cona- 
tus, nie tamen in çujus potestate hominis mors 'et vîta consistunt, 
misericorditer résistent!^ manum opposuit et a nocere nitentibus 
innoxiis nocere non sinens, poHones et 1res ex imaginibus antedicti^in 
manus nostras ab insperato devenue concessit. Quis igîtur non horreat 
filîos sic immaniter, sine causa, commotos in patrem et in fratres sucs 
nobiscum mundi onera supportantes, sic indebite voluisse sevire? Quis 
' amare non ferat subditorum audaciam, rupto fidelitatis fédère, sic 
infideiiter erectam in dominum et suum et fratrum suorum interitum 
grassantem ? Quis locus regiminis poterit esse tutus, quis rector securî- 
tate gaudebit si romanus pontifex et ejus curia talibus subjiciantur 
casibus, si ejus fratres et fiiii spirituales hiis periculis exponantur? Cujus 
ita tepescat affectus ut non accendatur velut (in) ignis ad cohibenda 
talia zelus ejus ? Quis in castigando tantorum scelerum patratores et 
crudelitatis inaudite ministros libenter justitiam non ministret ? Quia 
îtaque « premissa in animarum vergunt periculum, in ordinis cleri- 
f calis opprobrium et perniciosum exemplum » aperte redundant, 
nos ea sic enormia sicque detestanda absque castigatione débita 
pertransire nolentes cum ad ea compescenda, « ne periculose in alios 
« exemplari aiveo deriventur », exercenda sît potius severitatis eccle- 
siasticae disciplina, ad inquisitionem super hiis « zeïo justitie quam ex 
officii debito exequi » tenemur ad omnes, auct. ap. censuimus proce- 
dendum. 

Praternitati tue de quà pienam in Domino fiduciam obtinemus, 
districte precipiendo mandantes quatenus in iocisdequibusvideris ex- 
pedire, contra quascumque personas ecclesiasticas et mundanas cujus- 
cumque preeminentie, status, conditionis, aut dignitatis existant, 
etiamsi pontificali protulgeant dignitate, per omnes vias et modos quos 
ad id videris expedientes et utiles, soium Deum habendo preoculis, 
super predictis omnibus et singulis et ea tangentibus, summarie de 
piano, judiciorum anfractibus et solemnitatibus omnino submotis, 
omni appellatione cessante, inquiras diligenter veri tatem, et quecumque 
inveneris super illis in publicam formam redacta fideliter assignare 
nobis sub tuo sigillo procures. 
Datum X Kal. maji pontif. an, i. 



-1«8- 



XII 



ADJONCTION DE PIERRE DES PREZ. — 5 MAI I317 

(Coulon, n** 223 — d'après Vat. iio f. 81»). 

Vener.Jri. nro Galh, epo Reg. et dil fil. mag, Petro de Pratis juris 
civilis professoriy canon. Xanton. 



Nuper tibi frater episcope.... per apost. scriptas scripsimus hune 
modum. 

Verum quoniam eo salubrius eoque cautius tantum speramus ducî 
negotium quo plurium sapientiam fuerit examinatione discussum, te, 
fili Petre, cujus prudentiam,fidelitatem et experientiam novimus. eidem 
episc. ia inquisitionis predicte negotio, auctoritate presentium,duximus 
laducialiter adjungendum, vestrum utrique districte precipîendo man- 
dantes quatenusin inquisitione predicta, utpremittitur, facîenda, juxta 
prescriptarum continentiam litterarum curetis ex nunc provide pro- 
cedere ac si vobis ambos littere ipse directe fuissent. Per hocautem 
quod te, fili Petre, eidem episcopo, ul prefertur adjungimus, processui 
per eumdem episcopiim tam super predictis habito légitime sive facto 
nullum generari prejudicium volumus, immo illum decerninus in suo 
robore permanere. 

Datum Avenione, III nonas maii. 

XIII 

HUGUES GÉRAUD SUSPENDU DE SES FONCTIONS 

(entre 23 mars et 9 avril 1317) 
(Arch. Vaticano Cod. Vat. 109. fol. 29' ep. cix). 



t 



Suspensio Hugonis condam epîscopi caturcensis. 
Ad perpetuam rei memoriam. A rectitudinis via plures ducit 
in devium a patrum terminis in exterminium trahit eflfectos 



--166 — 

maliciâ prelatorum qui de sua potentia presumentes dum peccandî 
sibi libertatem pro libito vendicant a subditorum animîs Dei 
timorem penitus abigunt qui quod a suis videret pastoribus 
non timeri timendum non esse supponunt. Vçrus ergo Vicarius 
Jesu Christi cui cura débet esse de omnibus cum sit datus a Do- 
mino super omnes ecclesias speculator, licet in tanta nequeat 
multitudine populi christiani singulorum vultus agnoscere,debet saltem 
presidentiuni vitam et famam accendere diligenter etfîdeliter indagare 
ne cum tandem ad manum venerit numerantis requiratur ab eqgrex 
perditus, tamquam gregeni ipse perdîderit qui furem vel mercenarium 
non amovit. Sane pridem ad nostram et fratrum nostrorum audien- 
ciam fama publica, que quodam divulgante notorio detulit,et in consi- 
storijs publicis et privatis fîde dignorum plurium insinuatio clamosa 
perduxit quod Hugo, episcopus Caturcensis, sue salutis immemor, et 
modestie pontificalis oblitus, nonnulla crimina enormia et plectenda 
commiserat que non erant dissimulationis transeunde neglectu, sed 
apostolice correctionis remedium exposcebant. Quod equidem tanto 
displicibilius nostris accessit affectibus quanto magis in subditorum 
nostrorum, eorumque precipue qui pontificali sunt prediti dignitate, 
innocentia delectamur. Verum ne nos in hijs jam que communis fama 
preconio, nostris et fratrum nostrorum tociens auribus inculcatis,con- 
sciencia negligencie vel reprobande taciturnitatisargueret contra ipsum 
episcopum tam super propositis seu insinuatis quam alijs eciam de 
quibus apud bonos et graves laborabat infamia publica contra eum, 
que utique ante credere noluimus quod probare per dileçtum filium 
tibi et tali eo vocato et presentem inquisitionem sibi fecimus diligentera. 
Cumque per inquisitionem eandem sic ex ipsorum inquisitorum rela- 
tione fideli super hoc et et fratribus nostris facta precepimus légitime 
sit compertum, inter cetera instrumenta commissi perjurij dampna- 
biliter irretitus quodque pluries ad immoderatas extorsiones,in salutis 
sue dispendium manus extendit illicitas,et appellationibus ad sedera 
emissis, apostolicam in ipsius sedis irreverentiam et contemptum 
prorsus de fonte recusans appellantes fecit interdum carcerari man- 
cipari custodie ac eos tamdiu detinuit mancipatos denec renunciarent 
appellationibus interjectis aut se pecuniaria solutione redimerent vel 
hijs que obtinebant beneficijs resignarent in quibus alios pro libito 
intrudebat quod eciam alia graviora et plectibiliora commisit que ut sue 
parcamus verecundie $ubtacemus ad presçns nos tçint;^^ et taliaimpunit^^ 



— 167 — 

relinquere salva consciencia nequeuntes cum impunitas ausum pariât' 
et ausus excessum,deliberacione splenni super hoc cum eisdem fra- 
tribus nostris habita, Episcopum ipsum ne Caturcènsis ecclesia in ejus 
manibus naufragetur,de fratrum ipsorum consiiîo,ab offlcio et beneficio 
suspendimusjsibique omnem curamet administrationem ipsiusCatur* 
censis ecclesie in spiritualîbus et temporalibus interdicimus penitus 
sîquid contra suspensionem et interdictum hujusmodi per quos- 
cumque quavis auctoritate scienter vel ignoranter contigerit attemp- 
tari, decernentes ex nunc irritum et inane. 

Sans date (Coulon met': entre i" novembre et i8 mai 13 17. Il ne donne que 
7 ou 8 lignes de cette pièce. Je la donne tout entière pour qu^on puisse faire 
la comparaison entre la bulle du 27 février et la sentence du 18 mai). 

XIV 

LES BIENS D'HUGUES GERAUD 

BX-ÉVÊQUE DE GAHORS. — 9 AVRIL I317. — (R^g- Av. 7 f. 617 

— Vat. 65 ep. 3057) (i). 



Vener. fratribus Bernardo (Roiardi) Atreb. et Galhardo (Saumate) 
Reg. épis, ac dilecto filio Petro de Pratis can. Xantonen. 

Cum nuper Hugo, quondam eps Caturcen,specialis dignitatis honore 
privatus et ad perpétuant carcerem^ démentis suis exigentibus, per nos 
deputatus extiterit, nos noientes quod ipsius Hugonis bona quomo- 
dolibet distrahantur, vos et quemlibet vestrum dictorum bonorum, in 
quibuscumque existant, administratores constituimus et etiam collec- 
tores, vobis et cuilibet vestrum petendi, exigendi, recuperandi et 
recipiendi bona predicta a quibuscumque personis eccles. velsecu- 
laribus, exemptis et non exemptis, ad quos dicta bona quomodolibet 
pervenissent, ipsosque summarie et de piano, sine strepitu et figura 
judicii, compellendi, necnon et predicti Hugonis familiares, juxta ipso- 
rum démérita, cum appellatione postposita et etiam pretermissa, puni- 
endi vel etiam, si absqueculpa reperti fuerint, absolvendi plenam vobis 
et unicuique vestrum concedimus, tenore presentium, potestatem, non 



(0 13crtrandy, p. 58 d'après gu^rç^ \ t, VII f. i:?. 



- 168 — 

obstante si bonoriim detentoribus eorumdem, vèl ipsorum aliquibus, a 
dicta sancta sede indultum quatenus interdici, suspendi vel excom- 
lïiunicari non possint per litteras ap. non facientes plenam et expressam 
ac de verbo ad verbum hujusmodi mentionem. 
. Datum Avenione, V id. àprilis anno i**. 

XV 

EXTRAIT DES LIVRES DE COMPTES DE JEAN XXII (i) 

(INTROITUS ET EXITUS — TOME l6 — ANNÉES I« ET 2*) 



F. 43S Expense pro gagiis extraordinariis. 

Item die IX mensis decembris (1316) tradidi,de mandato dni mei dnî 
electi {le futur cardinal Jacques de Via, évêque élu d'Avignon), Guidoni 
de Mociaco, vaileto dni régis Francie, qui cepit V tam falsarios monete 

quam bulle et eos reddiderat curie dni nri ppe XXflor' 

auri ratione captionis predicte. 

Item,dieXXII mensis aprilis (1317) Solvi Petro Luzerti,servienti régis 
Francie, pro expensis suis et salario et Petro de manso (2),pro expensis 
trium equiturarum, qui adduxerunt captos malefactores duos seu fal- 
sarios de Tholosa usque Avenionem cum fratre Petro de Mandalhis (3) 
XI flor, et VII soi. IIII den, tur. parvorum. 



(i) Je donne ici un assez long extrait des livres de comptes qui a, sauf deux ou 
trois petits détails, exclusivement rapport à l'affaire du procès d'Hugues Géraud 
Ce sont les dépenses payées aux diverses personnes qui ont contribué à la 
recherche et à l'arrestation des prévenus ou qui les ont conduits à Avignon 
Outre l'intérêt particulier de voir là les principaux noms de toute cette affaire, on 
en trouvera peut-être quelque autre soit dans les diverses façons de payer, qui 
donneront l'idée de la valeur de certaines monnaies à cette époque, soit dans la 
durée des voyages etc etc. A beaucoup de points de vue, l'étude des livres de 
comptes de la cour d'Avignon, dont plusieurs vont être publiés par des sociétés 
savantes d'Allemagne, est des plus intéressantes et des plus fructueuses. 

(2) Sans doute Pierre del mas, senior, (de Manso) de Cahors, qu'on trouve 
souvent dans les livres de comptes ; parent, peut-être le père, de Bertrand 
Dclmas évêque de Lodève, et par suite le beau-père d'Arnaud de Via, fils de 
Pierre de Via. 

(3) Nommé souvent dans ce compte : c'est un religieux de l'O. S. J. H. Il 
est également cité dans le procès-verbal, à propoa de la capture d'Arnaud de 
Villars (f. 317) ; j'écris en italique les noms qui se trouvent dans le procès-verbal. 



Item, die XXVII mensis aprilîs, pro expensis et salarie vicariî regii 
Tholosani, cum magna mullitudine armatorum, factispro capîendo et 
adducendo quemdam capellanum nomine Raymundum Jacobi et quem- 
damçlericum nomine Guillelmum Albini de Tholosa usque Caturcum, 
de Caturco usque Ruthenam et de Ruthena per Gaballitanum ad curiam 
romanam in carcere dni ni,solvi mag.G"° de Pairaco. . .XXIX Ib XII* ÏKd 
iuron. parvorum in XXXVI d. cum agno Dei de auro minus XV tur. 
parv,, quolibet den. de auro XVI* cum dimidio tur. parv. computato. 

Item eadem die tradidi de mandato dni mei dni cardin. 

magro Vitali de Sto Lupo^ Tholos. dioc, pro salario suo pro adducendo 
et capiendo dîctos capellanum et clericum et pro aliquibus expensis 
factis per eum L flor auri. 

Item eadem die, tradidi mag. G""<» de Payraeo pro expensis per 
ispsum et Rdûm de Borgis faciendis, cum servientibus sibi necessariis, 
in perquirendo, capiendo et ad curiam adducendo quosdam falsarios 

et malefactores LXJlor. auri., minus tiHbus soi, tur. parv. de 

mandato dni mei dni card. 

F. 44. — Item eadem die de mandato dni mei cardinal, tradidi dno Petro 
Thome pro expensis factis per eum et très scutiferos et,saumerium 
cum octo servientibus, quatuor diebus eundoetredeundode Avenione 
usque ad Suundrium(?) pro requirendo et adducendo quemdam male- 
factorem nomine Bernardum de Gaza in carcerem dni ni ppe et pro 
salario vicario Nemauzicum servientibus suis qui libéra vit seu assignavit 
dictum Bernardum sibi XVIUyZp;*. auri. 

Die XXX mensis aprilis, tradidi fratri Petro de Mandalhis pro ex- 
pensis suis faciendis pro perquirendo'quosdam malefactores de man- 
dato dni cardin XIII d. cum massa de auro. 

Die XI mensis madii, tradidi mag. Petro de Altoforti pro expensis 
per ipsum et Galecianum de Scto-Amantio faciendis in perquirendo 
quosdam falsarios. XX Jl. auri. 

Item pro quodam roncino empto pro dicto Galeciano solvi dno Petro 
de Via XXUlfl.auri. 

DieXIIII mensis madii, tradidi duobus garcionibuspro expensis suis 
faciendis quorum unus fuit missus Tholosam et alius versus Ciaturcum 

cum litteris diversis illis qui iverant pro falsariis capiendis 

XXX tur. grossos argenti, cum o rotundo. 

Die XXIIII mensis madii solvi mag. G"° de Payraeo progagiis XIIII 
dierum subvicarii Tholosani et socii sui dando cuilibet in die X sol. 



— 170 - 

tur. parv. et pro gagiis sex scutiferorum cum equis et armîs dando 
cuilihet in die VII s. VI d. et pro gagiis 7 servientium cum equis et armis 
dando cuiiibet in die V sol. dicte monete, qui subvicarius scutiflferi et 
servientes adduxerant V falsarios seu 'malefactores de Thoiosa ad 
Castrum Novarum, in summa CVI Ibr. X' dicte moneie tur. parv. 

F. 44'. — Item pro expensis predictorum et nunciorumet dictorum 

captivorum in veniendo de Toiosa tradidi eideiu mag. G™*». 

CLXXXI Ib, XVI s. II den, tur. parv. 

Item pro expensis eorum in redeundo usque -Tholosam videlicet 
subvicarii et socii sui et sex scutiferorum acseptem servientium predic- 
torum , XXXVII Ib, X 5. dicte monete Summa dicta- 

rum expensanum et gagiorum subvicarii scutîferorum et servientium 
ccc XXV Ib.XVL s. II d. tur, parv. ,yalet ad flor. CCCC LU flor.auri ; 
de quibus sunt scripti superius in die XXVIII aprilis LX flor. et hic 
residuum, computato florino quolibet XIIII s. V d. tur. parv. 

Item tradidi de màndato dni card. qui in mandatis habuerat a dno 
pro Allodeto de Suirit, subvicario predicto propter hoc quod super 
habuerat CJlor. auri. 

Et magistro Vitali de Sto-Lupo de Thoiosa L Jlor. auri. 

Die XXV mensis madii, tradidi Bertrando Arnaldi scutifero dni nri 
pro expensis per ipsum et fratrem Petrum de Mandalhis faciendis in 
perquirendo falsarios per diversas partes capiendo et ad curiam 
adducendo CLX flor. auri prêter XX Ib. tur. quas ipse Bertrandus 
receperat a Petro Manescoti de Tarascono ratione contributionis ex- 
pensarum nonciorum dni nri a prioribus diocesis Avenion. 

Die III mensis Junii, pro gagiis et expensis, que expènse ascendunt 
XXVII /&. VI 5. VIII d. tur. ^arr. et XIII flor. auri prêter gagia trium 
castellanorum cum octo servientibus de Thoiosa in undecim diebus 
solvendo cuiiibet de dictis castellanis in veniendo pro die X sol et 
redeundo XX sol. et servientibus cuiiibet pro die in veniendo V 50/. et 
redeundo X sol. Item et vicarii Biterren. cum sex servientibus pro 
septem diebus solvendo eadem modo. ;• 

Item et subvicarii Montispessulani cum XII servientibus pro quatuor 
diebus solvendo eodem modo. 

F.45. — Itemet vicario et subvicario Nemausi cum octo servientibus pro 
duobus diebus solvendo modo simili, et ultra XXso/. ex gratiaet ultra 
duobus servientibus de Toiosa L 50/, qui cum equis suis et armis omnes 
pro adduxçrimt ad curiam unum episcopupi et quemdam scutiferum 



-m — 

captos,solvi Bertrando Arnaldipretcr CLXJlorenos quos vicesimaquinta 
die madii supra tradideram et prêter XX Ib. iur, parv. quos recepit a 
Petro Menescoti . XXVIII Ibr. III sol. tur parv. 

Item tradidi Johann i de Sto-Quintino servienti qui ceperat <Hctiim 
episcopum X flor, auri pro gratia sibi facta per dnum nrum, et castel^ 
lano de Buseio et de Vauro pro quibusdam expensis quas fecerant pro 
dictis captis tradidi IIII Ibr, tur. parv. 

Item die IIL junii, tradidi Bertrando Arnaldi (i) pro expensis suis et 
fratri Pétri de Mandalhis faciendis.in perquirendo, capiendo et ad curiam 
adducendo de partibus Tholosanis falsarios seu malefactores . .. Cflor, 
auri. 

Item IIII mensis junii solvi Raimundo de Columbario (2) pro quodam 
roncino empto ab eo pro fratre Petro de Mandalhis qui ivit pro perqui* 
rendo et capiendo falsarios. . . XXYJIor. auri. 

Item die X junii tradidi Bernardo Legguerii qui fuit missus apud 
caturcum pronegotiis hospitiidni nri ppepro expensis XXII turgrossos. 

Die XIIII mensis junii tradidi Stephano de Sauro et capellano 
garcifero qui fuerunt missi de mandatodni nri ad partes Tholosanas et 

alias partes pro. expensis suis LX tur. grossos cum o. 

. Die XXV mensis junii,pro gagiis sex scutifferorum cum equis et armis 
in 16 diebus tam veniendo de Caturco usque ad Avenionem cum quodam 
capellano et quodam clerico captis, videlicet Aymerico de Bellovidere et 
Petro Rigaldi, quam redeundo datis cuilibet scutifferorum in die VII 
sol. VI den. solvi mag/Petro de Altoforti. . . XXXVI Ibr. tur parv. 

Item pro expensis eorum septem dierum in redeundo de Avenione 
usque Caturcum datis cuiJibet pro expensis in die V sol. tur. parv. solvi 
eidem X Ib.X sol. dicte monete. 

Et pro gagiis seplem servientium cum equis et armis in 16 diebus tam' 
veniendo quam redeundo de Caturco ex causa predicta, datis cuilibet in 
die V sol. tur. parv. solvi eidem XXVIII Ibr. dicte monete. 

F. 4$'. — Item pro expensis dictorum septem servientium in 7 diebus 
pro redeundo usque Caturcum, datis cuilibet in die V sol. tur. parv. 
solvi eidem XII Ibr. V sol. dicte monete. 



(i) Nommé comme ccuyer du pape venu à Toulouse pour demander Huguet 
Blanc, dans une déposition de Vidal de Saint-Loup (coUect. 493 f. 20). 

(2) Quercynois, chanoine d'Auxerre,de Saint-Etienne du Tescou dç Montauban, 
rçcteyr de Castelfranc, puis de Thédirac (Cahors) çtç. 



- m - 

Et pro gagiis decem servientium peditum tam veniendo quam re- 
deundo de Caturco ex causa predictain i6 diebus, datis cuilibet in die 
III soi, iur. parv, solvi eidem. . . . XXIIII Ibr, dicte monete. 

Item pro expensis dictorum decem servientium in septem diebus 
redeundo usque Caturcum datis cuilibet in die XVIII den. iur, parv, solvi. 
eidem CV soi, dicti monete. 

Item pro loguerio cujus dam roncini ad portandum unum de dictis 
captis in sexdecim diebps XXXVII sol, IIII den, tuf, parv, d^Q^tuTCO 
usque Avenionem. 

Item pro expensis nuncii et dicti roncini in 7 diebus redeuqdo usque 
Caturcum XXVIII soU iur. i)arv, : 

Item pro expensis supradictorum scutiferorum servientium equitum 
et peditum in duobus diebus quibus fuerunt tam in castro Novarum 
quam in Avinione solvi eidem XII Ibr, III sol, VIII den, iur. parv. 

Supradicte summe soluté fuerunt dicto mag. Petro in CLXXX ^or. 
et dimidio et XI sol VIII. den, iur parv,, computato flor. quolibet XIIII 
sol, VI den, iur parv. prêter XX flor, quos super habuerat dictus mag. 
Petrus pro se et Galeciano de Sto-Amantio die XV maji. 

Item die XXVI mensis junii tradidi de mandato dni Pétri de Via 
Raymundo de Boigas(i)pro expensis sui eundo et redeundo usque Tho- 
losam ubi missus fuerat nomine dni nri II flor, aiiri. . . nam rediit ex 
causa de itinere contrario ; non plus posuit in expensis. 

Die XXIX mensis Junii misi de mandato dni nri dno Petro de Via 
apud Novas pro satisfaciendo servientibus et armatis pluribus qui ad- 
duxerant IIIIo*^ captos de Tholosa pro gagiis et expensis... CCL fl, auri 
quos portavit Hugo de Fonte. 

Die IX julii solvi subvicario Tholosano, se et socio suo pro gagiis 
X sol tur. parv. et pro gagiis eorum octo dierum in morando tam, 
Novis quam Avenione quibus eos retinuit, ut dixerunt, dnus P. de Via. 

Item pi o expensis eorum octo dierum in morando computatis in die 
pro quolibet , VIII sol. VI d. iur, pro expensis. 

Item pro gagiis et expensis eorum in septem diebus redeundo Tholo- 
sam, computatis pro quolibet in die XX so/. dicte monete, 

F.46.— Item et pro gagiis quatuor servientium octo diebus in morando 
datis cuilibet in die V sol.dicie moneteet pro expensis eorum octo diebus, 



(i) De Lasbouygues. 



-178- 

conlputatis in die pro quolibet VIII sol. VI den. dicte monete ; solvi in 
summa LXXX^or. auri et 1111°' 5o/. tur. parv., computato flor. quoli- « 
bet XIIII sol. VI déti. dicte monete. 

Die XI mensisiulii tradîdi (ti Petro de Mandalhis et magistro Jo- 
hanni Pauleti pro expensis suis faciendis qui iverunt ad partes Thq|p- 
sanas pro capiendis et ad curiam adducendîs falsariis sive malefactori- 

bus G.floi\auri. 

Item tradidi de maodtto dni Pétri de Via et mandato dni menescalli 
Nato deGenolhaco pro expensis suis etduorumsociorum cumequiset 
armis et septem servientium qui iverant apud Lunellum etpartts illas 
pro capiendis malefactoribus et fuerunt V diebus et pro salario 4 ser- 

^ientum de Lunello in quatuor diebus XV flor. auri. 

Item tradidi de mandato dni Pétri de Viamag.VitalirfeS/o Lupo qui 
venerat de Tholosa cum subvicario tholosano ducenti IIII captos, pro 

expensis suis X flor, auri. 

Die XII mensis julii, tradidi de mandato dm P. de Via Nato de Ge- 
nolhacopro expensis suis faciendis qui ivit ad partes Lemovicenses pro 
perquirendis, capiendis et ad curiam adducendis quibusdam malefac- 
toribus Lflor. auri. 

Die XIX mensis julii tradidi dno Petro Thome mandato dni Pétri 
de Via pro expensis suis eunti extra villam pro quibusdam malefacto- 
ribus capiendis Xflor. auri. 

Die XX mensis julii tradidi mandato dni Pétri de Via mag. 
Vitali de 8*° Lupo pro expensis et gagiis octo armatorum cum equis et 
XXII servientium peditum in tribus diebus qui adduxerant captum 
magistrum Johannem Restolh (sic) apud No vas... XXV lbr,tur.parvor. 
Item tradidi eidem mag. Vitali pro expensis suis eundo in Aragoniara 
ad perquirendum malefactorem et capiendum et curiam adducendum 
XXjlor. auri. 

Item tradidi de mandato dni Pétri de Via mag. Gmo. de Payraco qui 
mutuaverat pro expensis faciendis hominum qui adduxerant dictum 

Jo. Restolh Xflor. auri, 

F. 46*. —Die XXII mensis julii, tradidi mandato dni Pétri de Viacuî- 
dam servienti subvicarii Tholosani qui venerat ad significandum 
captionem magistri Arnaldi de Vilari et quorumdam aliorum pro 

expensis suis et salario XX flor, auri. 

Die XXVI mensis julii tradidi mandato dni Pétri de Via Bauleto 



i.Hi j^"4*/'r- \ 



Môtarellî servîëntî regîo qui portaverat litteras senescalli de Tholosà 
) dao nro Xflor, auri, pro expensis suis et labore. ; 

Die ultima julii,tradidi,mandato dpi P. de Via,(5ditio servîëntî senes- 
calli Tholosani qui detulerat unam litteram senescalli dno] nro pro 
e^ensis ipsius servientis. .... Y Jlor. aurù 

Dîe VI augusti pro gagiis V,5tam baronum quam castg llanorum,datis 
cuilibet X^or., et unius datis sibi VIII ^or.* item 72 tam scutifferis 
quamservientibuscumequis et armîs pro gagiis datis cuîlibètVII^or., 
item XVIII servientibus cum equîset armis datis sibi LXXXVIIII /Zor. 
IIII sêl. X den, tur, parv. in universo quia aiiqua fuerant.eis detracta 
pro eo quod in itinere perextortionem habueranta prelatis et personis 
ecclesiasticis. 

Item XXXVI servientibus sine equis datis cuilibet.... II flor. et IIII 
soL VI d. tur. parv. 

Item pro expensis factis per fratrem Petrum de Mandalhis et mag. 
Jbhannem Pauleti eundo ad partes Tholosanascumfamiliaeis necessa- 
ria ad capiendum et curiam adducendum magistros Arnaldutn de Vi- 
tari et Guillelmum (sic) Paschalis (i ) et duos alios de partibus Thoiosanis 
que ascenderunt XXXII^or. 

Item pro expensis in Castro Novarum pro predictis gentibus que 
adduxerant predictos captosque ascendunt ex uno parte XLIX Ib. VI 
sol VI den. obol.. parve tnoneie solvi Joiianni Aymerici. 
.• Item ex altéra parte ascendunt X /^. XVIII sol tur. parv. solutorum, 
Raboni servienti regii (sic) de Tholpsà. ' 

' Solvi în summa DCCLXyZor. a«n. Item XI Ib. V sol IV den. t. parv. 
Item XLIX/tr. VI sol VI den. ob. parve mon. inclusis in dicta summa 
C flor, auri traditis superius fri Petro et Johi Pauleti predictis die XI 
julii. 

Item ex alla parte solvi subvicario Tholosano et socio suo pro gagiis 
suis qui venerat cum dictis captis XX flor. auri. 

F. 47. -f- Item ex alla parte de mandato dni Pétri de Via ex gratia sibi 
facta tradidi eidem subvicario hXJlor. auri et XX Jlor. pro expensis 
facti%.per eum Tholose in captione Arnaldi de Vilario. 

Item die XIII mensis Augusti solvi Jacobino de Alamania et cuidam 



(i) Probablement erreur pour Guillaume Guiesse et Arnaud Pascal. 



'\\ 



socio suo pro .solario et expensis eorum qui mîssî fuerant cum lîtterîs 

dni nri ad partes Francie XJlr. auri. 

qui remanserant solvendi superius, die quartadecima julii 
summa pagine^LXXX flor auri ; summa summarum om- 

nium expensarum predicti tituli est. 

Ilm vc (ou t)) LXXVI flor. auri cum dimidio 

XXXVI agn. de auro 

XIII den. cum massa de auro 

IX sol. IIII den. tur. gross. cum O rotundo 

LXIX Ibr. VII sol. V den. tur. parv. 

XLIX Ibr. VI sol. VI den. obol. viennen. 

F. 127. — Aiuio£fnativitateDnimill*» ccc^cJpcimoseptimo(i3i7.-i3i8). 

Die XVIII mensis augusti solvi Johanni Sobrerii de Tholosa pro 

ducentis lanceis et XXIIII telis emptiset portatis de Tholosa LXV 

fl, X soi, tur. parv, inclusis 6 flor, quos ... 

Item... 

Die XXI Augusti solvi Bertrando, castellano de Vauro, pro gagiis 
suis et decemservientium cum equis et armis in duobus diebus quibus 
fuit in Castro d'Ambres pro capiendo Bertrandum de Mala morte qui fuit 
adductus in curia romana. . . VII Ibr, tur, parv, 
computato pro serviente quolibet V sol. tur. et pro castellano seu vicario 
XX sol, in die tam pro gagiis quam pro expensis. 

Die XXIII mensis augusti tradidi,mandato dni Pétri de Via, Pe/ro de 
Tilia pro expensis suis qui fuit ad partes Provincie pro. malefactoribus 
quibusdam perquirendis et capiendis et ad curiam adducendis..... 
\flor, auri. 

Die penultima augusti pro gatgio duorum hominum cum equis et 
armis in XXXIIII diebus eundo et perquirendo et ad curiam adducendo 
duos malefactores videlicet magistrun^ Petrurn Morèti presbiterum et 
Tricotum coquum quondamepi caturcensis (i) et pro gagiis unius cum 
equis et armis eundo perquirendo ut supra in XXI diebus et pro 
gatgiis alterîus simili modo in XII diebus, datis cuilibet pro die 
VII ^0/. /)afv. et pro gagiis et expensis duorum predictoruih in sep- 
tem dielus redeundo usque Caturcum computando Xso/ tur. p. pro die 
Et alteri redeundo usque Lemovicas in decem diebus tam pro gagiis 



(î) Peut-être comme en plusieurs endroits, quondam n'at-il que le sens d'oirmi 



1 



-176- 

quam pro expeasis, cbmputato ut supra (?) et alteri r.edeundo apud 
Villam fran camRuthenen.dioc.in 6 diebus computato ut proxime et pro 
loquerio duorum roncinorum XVIII dierum et expensis eorum 
redeundo Caturcum que expense cum loquerio ascendtint VII Ibr. XYI 
sol. dicte monete; solvi in uni verso Nato de Genolhaco LVIII Ibr Ml sol. 
tur, parv. in LXXX/Zor. III sol, tur. parv., inclusis in dicta summa XXII 
flor.de quinquaginta que alias XII mensis juliitradideram sibi et resi- 
duos XXVIII dixit sein expensis in itinereposuisse. 

F. 127*. — Die III mensis septembris tradidi mag. Johanni Pauletî 
pro expensis suis et nepotîs (i) senescalli Tholos. qui missi fuerunt ad 
partes Xantonen. pro bonis mag, Pascalis. qui tenetur carceri dni nri 
mancipatus, ponendis ad manum curie dicti cfni n^fi. . . XX flor. auri. 

Die XVIII mensis septAnbris tradidi mandato dni Pétri de Via mag. 
Gmo de Payraco pro expensis suis et equitature sue qui ivit Tholosam 
de mandato dni nri, ut dixit, cumlitteris directis nunciis Sed. Ap. pro 
quibusdam inquisitionibus faciendis X/lor, auri. 

Die XX mensis septembris solvi nobilibus viris vicariis Carcassone 

et Bellicadri pro expensis suis et qui fuerant Carcassone pro 

capiendo et ad curiam adducendo magup maurum baptisatum et 
Gmum Michaelis et quamdam Judeam. 

Die XXIX mensis septemb. pro loquerio trium equitaturarum et 
expensis subvicarii Nemausen. cum tribus servientibus armatis qui 
adduxerant quemdam captum de loco Nemausi 

Item pro gatgiîs. 

Die III mensis octobris tradidi per manum dni Ademarii Amelii (2), 
Petro de de Tilio (sic), de mandato dni Pétri de Via, pro expensis suis 
qui missus fuit apud Maciliam et loca circumvicina in duobus viagiîs 
ad perquirendum capiendum et ad curiam adducendo quosdam male- 
factores... Xflor. auri. 

Die VII mensis oct. tradidi, mandato dni P. de Via, 4 hominibusde 
Lonatcis pro expensis suis qui citati fuerant causa ferendi testimonium 
in quadam causa inquisitionis pendentis XX sol t. p. 

F. 1 28. —Die XIIII meticis octob. tradidi, mandato dni Pétri de Via, 



(t) Sans doute Pierre Vigicr de Saintes (v. p. 125). 

(2) Trésorier du pape. — Sera évêque de Marseille. — Etait originaire de 
l'Albigeois. 



— 177 — 

Gmo de Payraco pro expensis suis facîendis eundo et redeundo Tholo-.. 
sampro quibusdam malefactoribus ad curiam adducendis.... XVflor4- 
auri. 

Die XVI mensis oct. tradidi Peiro de Tilio pro expensis sex servien- 
tium qui adduxerant de Aquis castellanum de Pertusio captum ad cu- 
riam et pro expensis dicti capti cum equitaturis necessariis llllflor.auri. 

Die XIX m. octobris pro expensis Johannis Geraldi servientis regii 
de Tholosa qui interfuerat in captione cujusdam nomine Johannis Bi- ' 
zaudi apud Lautinum (?) et una cum tribus equitibus et multis peditibus 
dictum captum adduxerat apud Carcassonam et venerat bis ex causa 
îpsa,iit dixit,ad curiam,preter aliquas expensas quas levaverat et rece- 
perat de preiatis et viris ecciesiasticis, solvi eidem Johanni servienti 
LXXIIII sol. VI denJur, parv. Item pro gagiis suis seu salario qui dixit 
se iaborasse eundo et redeundo persequendo dictum negotium V septi- 
manis de mandato ejusdem dni Pétri de Via centum solidos iur. 
parv. in Xlflor. aurilX sol VI d, tur.parv. 

Item Johanni de Sto Fioro servienti regio de Carcassona pro expen- 
sis suis etduorumsociorumcum equis etarmis et duorum servientium. 
peditum et dicti Joh. Bizaudi quem captum adduxerant de Carcassona 
usque Avenionem, computatis pro dictis expensis VIII Ibr. VI sol. XI 
den, iur. parv. Item pro gagiîs predictorunxinocto diebusdatisequki V 
et peditillsolid. in die quolibet, computatisinsumma pro dictis gatgiis 
veniendo cum dicto captb ad curiam VII Ibr. XII sol t. p. Item pro 
expensis et gatgiis predictorum in redeundo Carcassonam computatis 
proipsisVI libr. XII sol. VI der. Solwi XXIII Ibr. dicte monetetur.parv. 
in XXXJlor. X sol. tur. parv. computato ûovtnoX^f sol. dicti mon. tur. 

Die XXIII mensis octobris solvi, de mandato dni Pétri de Via, Meni- 
cono de Sermeto scutifero dni menescalii pro expensis per eum cum 

magna multitudine armatorum factis in Bellicadro Car- 

cassone ubi fuerat pro quibusdam malefactoribus ad curiam adducen- 
dis XXXII//or. auri. * 

Die XXIIII mensis octobris tradidi Dno Petro Thome pro expensis 
suis faciendis eundo ad partes Nicien. diocesispro perquirendis quibus- 
dam malefact. capiendis et ad curiam adducendis, de mandato dni 
Pétri de Via, XYflor. auri. 

Die XXVI oct. solvi Rdo armeriero de Tholosa pro duodecim 

lanceis emptis ab eo per dnum P, de Via,VII//or. auri III sol. t. parv. 
Die II nov. traaidi cûidam garcioni mi^o Tholosam per dnos nie- 

12 



1 



~ 178 — 

nescallum et P. de Via cum litteris diréctis seocscallo ^ mag. Gmode 
de Payraco pro expensis ipsius gareionis. , VI lur. grossos. 

Die XIX mensis nov. pro expensk quas mag. Gmus de Payraco qui 
missus fueratdie XXV m. pet. demandato dni nri, ad partes Tholose 
pro malefactoribus capîendîs et ad curiam adducendis,a dicta die. .... 
usque ad presentem diem computalis LXVI sol, iur., datis locum 
tenenti vicarii Thoios. et servientibus regiis, que expense ascendunt in 
universa XXXIII Ibr, XIII sol. III den. tur. parv. et pro gatgiis VIII 
servieutium cum equis et armis in VIII diebus veniendo de Tholosa 
Avenion, adducendo quemdam captum nomine Peirum de Bearno et 
duos judeos nominibus Baronem (sic) et Abraam, datis in die cuilibet 
V soi dicte mon, pro gatgiis, et pro VI diebus redeundo Tholosam datis 
in die cuilibet pro gatgiis et expensis computatis XXX sol. pro uno, 
serviente predicto et pro loguerio duorum ronsinorum et eorum sump- 
tibus III Ibr. Xllsol. dicte mon., solvi in summa LXXIX Ibr, XVI sol. 
III der. tur.parv. in CYlflor. VI sol. III den. tur.parv. inclusis in dicta 
summa X V //or. quos dicto Gmo supra tradideram et computato flbr. 
hic pro XV sol. t. parv. 

Die XII Januarii (i ^i8) pro expensis factis per testes in causa contra 
JBfirtrandum de Agleriis de partibus Forojulian. 

Die III martii. 

Item traditi sunt per cameram mag. Johanni Pauleti» de mandato 
dni P. de Via, qui missus fuit bis apud Montempessulanum pro expen- 
sis suis faciendis Ylflor. auri. 

Item traditi sunt per cameram cuidam scutifero,cu jus nomen scit dnus 
P. de Via, de mandato ejusdem dni Pétri, XXXflor. auri in tribus 
vicibus. 

Item traditisunt per cam. Arnaldo vitalis de Sto Lupo, filio quondam 
magistri Vitalis de S. Lupo, pro expensis quas dictus mag. Vitalis ipse 
quum vivebat et socii sui fecerant in perquirendo falsarios et malefac- 
tores ex mandato Sed. Ap, sibi*facto XXIII flo. auri. 

Item traditi sunt per cam.dno Petro den Rochis qui cum' tribus sociis 
comitibus fuit missus Parisius, pro eorum expensis de mandato dnî 
cardinalis (A rnawi de V2a,qui avait pris la place de son frère) XI//or.awrz. 

Item Hugoni Ademarii (i) scutifero dni nri qui fuit cum garcione suo 



(i) Sera chevalier de la eurie pontificale.— Je pense qu'il faut traduire Hugues 
d'Aymare : toutes ses relations trouvent qu'il est quej^ynois. — On trouve en 
1348 un H. Adh. seigneur de la Garde au diocèse de S. Paul Trois Châteaux. 



, - 179 — 

mîssus apud Lugdunum pro expensis, de mandato dni cardinâlis, 
valletus seu garcio erat Arnaldus de Rigaldia ; VIII //or. aMri, 

Item tradidi Adhemaro clerico dni P. Textoris, prioris sancti Anto- 
nini, pro uno supertunicali empto pro quodam capto infirmo et carceri 
mancîpato et robis medicinalibus eidem necessariis XXVII sol. Il den, 
tur. parv*, quod factum fuit de mandato dni cardin. 

Item cuidam carreterio qui cum duobus animalibus portavit unum 
captum hominem apud castrum Novarum solvi pro salario suo XII sol. 
parv. monete.i 

Die VI martii tradidi Hugoni Ademarii, mandato dni P. de Via, pro 
expensis XIIII servientium de Lugduno et duorum captivorum adduc- 
torum per eos de Lugduno apud Castrum Novarum XIII//or. auri et 
XI sol. II den. tur. parv. 

Item Simoni de Peirotis (i) pro gatgiis 6 servientium de predictîs 
tradidi CL tur. argenti. 

Item Arnaldo de la Rigaldia pro salario nautarum qui predictas per- 
sonas adduxerant de Lugduno solvi. IIII Ib. XII sol. t. parv. 

Die XI martii tradidi Symoni de Peirolis pro gatgiiis VII servientium 
in IX diebus et supplemento gatgiorum aliorum trium servientium 
qui de Lugduno apud Castrum Novarum una cum Hugoni Ademarii 
et Arnaldo Rigaldi adduxerant quemdammalef. captum XXI Ibr. XIII 
sol. VI den. tur. parv. in XX sol. tur. parv. et YUlflor. et XXIIII sol. 
X den. ob. parve monete. 

. Item tradidi Arnaldio Rigaldi pro salario VIII nautarum qui dictum 
malefactorem per aquam adduxerant de Lugduno et dictos servientes 
IX sol. tur. gross. minus' XIII tur. parvis. 

Item dicto Hugoni Ademarii post redditum suum de partibus Lug- 
dunen. pro supplemento expensarum et pro quodam navigio empto ad 
adducendos dictum captum de Lugduno, quoddixit se plus expendisse 
quam sibi supra traditum fuisse, tradidi XY flor. auri et X sol. tur. 
parv. 

Die X martii tradidi dni Arnaldo Garini presbitero de mandato dn 
P. de Via, pro expensis suis qui missusfuerat ad partes Aragonie pro 
falsariis capiendis et ad curiam adducendis Xflor. auri. 



(t) Cité â ptopoâ des dépenses de cuisines. — Int. et Ex. 24 f. 29. 



— 180— i 

Die III mensis maji traditi fuerunt per cameram cuidam scutifero 
cuius nomen sicut dnus Petrus de Via. .... YJlor. auri. 

Die XXIX maji tradidi Arnaido Rigaidi qui fuit missus apud Lug- 
dunum pro adducendo seu aportando unum puerum captum, pro 
expensis suis et hominum quatuor qui portaverunt eundem puerum 
in lectica, pro salario eorum VIII flor. auri et X sol parv, mon. 

Die II junii, de mandato dnorum cardinalis et Pétri de Via, tradidi 
Pontio de Rossilione (i) qui cum quodam alio scutifero missus fuit pro 
negotio dni nri ad partes regni Francie pro expensis eorum XXJlor. 
auri. 

Die XXIII mensis junii tradidi mag. Gmo de Pairaco pro expensis 
suis et cujusdam scutiferi qui equos (sic) accesserunt pro quadam inqui- 
sitione facienda ad partes Narbonnen. de mandato dni Pétri de Via XII 
flor. auri. 

Summa sumnarum omnium 
expensarum totius predicti tituli 

Anno 1318-1319 

Int. et Ex. tom. 24. 

Die XXIII mensis optobris, de mandato dni Pétri de Via, solvi Gmo 
Berardi, domicelo de Portis, dioc. Qticen., qui causa perhibendi testi- 
monium citatus fueratper dominum archiepiscopum Aquen. [Pierre des 
Prez) ex commissione dni nri pro expensis suis quas veniendo et mo- 
rando Avenionen. fecerat VI Ibr. tur. parv m VI agnisde auro et IX s. 
iur. p., computato agno quolibet XVIII sol. VI d. t. p. . 

De XIII mensis decembris facta reiatione per Galicianum de Sto 
Amando qui in eundo apud Bisontinum pro adducendo quemdam 
malefactorem adcuriam morando et redeundo cum capto predictouna 
cumservientibus necessariisexpenderatXy/or.awn,fuerunt soluti dicto 
Galiciano per cameram de mandato dni Pétri de Via X/lor. auri. 

Die XV mensis maji, ijig, pro quodam ronsino XVIII flor. 

auri, qui fuerat magistri Rdi et de mandato dni P. de Via traditus 
mag. Joh. Pauleti comissario datoadno nro papa ad recuperandum 
quedam bona tam mobilia quam immobilia quondam Hugonis Geraldi 



fi) De Roussillon près Cahors — il est dit expressément de Cahors dans plu- 
sieurs quittances qu'il sigpe comme grand maître de la cavalerie pontificale. 



- 181 - 

dudum epi Caturcensis, solvi Raterio de Cusorno (i),domicello dnicar- 

dinalis de Montefavencio recipienti pro dicto mag Rdo et ipso ratum 

habente XVIII //or. auri. 

< 

Int. et Ex. 54 f. ni. 

Anno. Dno. 1323. 

Die XIII men&îs martii fuit missus Galeacius (?) serviens dni nri pape 
de mandate dni P. de Via ad partes Cathalonie ad capiendum quem- 

dam malefactorem (XX diebus cum equitatura, ) 

X Ibr, lur. parv licet hune malefactorem non repèrent et non 

ceperit. 

XVI 

Vers le a< juin 1317. 
PROCÈS D'HUGUES GÉRAUD 

ADJONCTION d'aRNAUD DE CAPDENAC. — (Coulon U** 443) 



Ven. fri Galhardo, ep. Regensi, et dii. fil. mag. Arnaldo de Capde- 
naco, preposito Mimatensi et Petro de Pratis, jur. civ. prof, canon. 
Santonen. 

Nuper vobis, episcopo et Petro predictis per. op. litt. scripsimus 

m hune modum : nuper tibi 3 non maj. an v. 

Verum quia in tanto negotio nichil agi presumptuorie volumus,sed 
cum omni diligentia et maturitate procedi, eo presentim attento quod • 
ubi multa consilia, ibi salus, te. fili preposite, cujus discretio atque 
fidelitas sunt per experientiam nobis note, epo et Petro predictis in 
inquisitione predicta, auct. presentium fid^iter adjungimus, vestrum 
cuilibet districte precipiendo mandantes quatenus, in inquis. jam 
dicta, ut premissum est, facienda, vos vel duo ex vobis juxta prescrip- 
tarum priorum et secundarum etiam continentiam litterarum curetis 



(i) La famille du Cuzorn était parente par alliance des Montfavès de Castel- 
nau-Montratier. On trouve des Montfavès" à Cuzorn (d'Agen), — Cuzorn cet 
d^ailleurs sur les limites du Quercy. 






ex nunc provide procedere ac si vobis tribus simul directe fuissent. Par 
hoc autem quod te, fili preposite, eisdem epo et Petro, ul; prefertur 
adjungitrius, processibus per eundem epus solum, aut per eum et 
dictum Petrum simul, japi super predictis habitis légitime sive factis, 

nuUum generari prejudicium, immo illos (v. l'autre bulle). 

Sans date 
Coulon n» 443 date entre le 5 mai, n<» 222 (lettre pour P. des Prez), et le 
12 novembre où Galhard est fait év. deMaguelonne ; mais le 37 juin, dans le 
procès-verbal, Arnauld est dit acfjunctus, f. 17'. 

XVII 

LETTRE AU SUJET DES PAPIERS d'aRNAUD PASCAL (26 JUILLET I317). — 

(Reg. VaL no f. 5/ ep. 189) 



Dilecto filio nobili viro \icario regio civitatis Tholose, 
Cum quasdam cârtas albas sigillis sigillatas aliquibus et alias partim 
scriptas partim ad scripturam recipiendam spatiorum dimissione dis- 
positas, notariorum subscriptione aut sigillorum appencione munitas, 
quas in Arnaldi Pascaudi, quem captum ob sua démérita detine- 
mus (i), archis seu scrineis, pênes te consistentibus, audivimus conti- 
neri, certis ex causis habere velimus, devotionem tuam requirimus et 
hortamur attente quatenus eas omnes et singulas et alia scripta sus- 
pecta, que in archis et scrineis reperientur eisdem, dilecto filio Andrée 
Porcherii, canonico Andegaven. exhibitoripresentium nomine nostro 
sub tuo sigillo inclusa assignes instanter per eum nobis e vestigio 
destinanda.' 
Datum ut supra (VII Kal. Aug.) (2). 



(i) Cela ne veut pas dire qu'il fût déjà dans les prisons du pape; mais qu'il 
est en prison par mandat du pape. 

(2) M. Coulon a oublié cette lettre dans son recueil, quoiqu'il ait mis la lettre 
précédente. M. Guérard (op. cit. p. 203) fait allusion à celle pièce. 



— 183- 



XVIII 



JEAN XXn NOMME GUILLAUME DE LABROUE COMME SUCCESSEUR d'HUGUÉS 
QÉRAUD A l'ÉVÊCHÉ DE CAHORS 

i8 décembre 1317. (Vat. 67 f. 87 ep. 317). 



Venerabili fratri GuillelmoEpiiscopoCaturcen. Officii nostrî debitum 
etc. Sane quondam Hugone Geraldi, tune Episcopo Caiurcen, a régi- 
mine Calurcen. ecclesie propter sua varia et diversa horrenda démérita 
per nos deposito et Episcopali dignitate privato, nos affectantes eidem 
ecclesie, quant velut filiam predilectam paterne caritatis brachîis ample- 
xamur, personam juxta cor nostrum ydoneam presidere,de qua firmî- 
ter confidamus quod ipsius ecclesie honorem zeletur et comodum ac 
illius etiam incrementum sinceris afïectibus prosequatur, provisionem 
ecclesie prefate ea vice duximus disposition! nostre specialiter reser- 
vandam, decernendo ex tune irritum et inane si secus super hoc a 
quoquam,quavis auctoritate,scienter vel ignoranter contigeret attemp- 
tari : ac subsequenter de provisione hujusmodi cepimus solicite cogi- 
tare et post deliberationem quam de preficiendo illi personam utilem 
ac etiam fructuosam cum fratribus nostris habuimus diligentem, tan- 
dem in te ordin. Fratrum Predicatorum professum, in sacerdotio 
constitutum, cui sacre religionis zelum, fervorem devotîonis et fidei, 
morum gravitatem,litterarum scientiam,circumspectionem in consiliis 
aliaque insignia dona virtutum tibi de super concessarum inesse per 
familiarem experientiam novimus, aciem direcimus nostre mentis, ac 
de persona tua nobis et eisdem fratribus nostris ob tuorum grandium 
exigentiam meritorum accepta prelibate Caturcen. Ecclesie,de fratrum 
ipsorum consilio et apostolice po testa tis plenitudine, previdimus teque 
prefecimus ipsi ecclesie in Episcopum et Pastorem^ curant et administra- 
tionem lUius tibi tam in spiritualibus quam in temporalibus plenarie 
committendo,ac postmodum per venei abilem fratrem nostrum Berenga- 
rtum Episcopum Portuen, tibi Jecimus munus consecrationis impendi, 
fijrma concepta fiducia ex tuorum fructibus studiorum quod, omnipo- 
tentia divina tibi assislente propitia, dictam ecclesiam tamquam spon- 
sam honprabilçm tibi divinitus copulata honorabis et diliges prospi* 



— 184 — 

cîendoin ea verbo pariter et exemplo ; jugum itaque domini levecoUis 
humilibus ac suave prompta devotione suscipientibus et ferentiubus 
etiam reverenter,curam et administrationem predictas siccircumspecte 
■géras et solicite prosequarisquod, coopérante Domino, Ecclesia' predicta 
sub tui cura regiminis tuoque ministerio votivis honoribus et profectibus 
augeatur tuque proinde a nobis et Sede prefata merearis bene- 
dictionem uberem et gratiam ampliorem et post vite presentis exi- 
lium digna-in districto examine ut fidelis servus prudensque viilicus 
de tua villicatione reddita ratione, regnum eterni patris ab eterno para- 
tum electis giorianter introeas beatis electorum ipsorum agminibus 
sociandus. 

Pat. Avinion. XV Kalend. lanuarii anno secundo. 

In. c. m. Capitulo — Ciero — populo — vassàllis etc. 
' Ven. fratri Archiepiscopo Bituricen. etc. 

Carissimo in Christo filio Philippo régi Francie lUustri, 

XIX 
MANDAT DONNÉ A Adhémui' Roberti, chanoine de cahors, au sujet des 

BIENS d'hUGUES GÉRAUD ET EN PARTICULIER DU. MANOIR DE BEAULIEU 
PRES LA NOU AILLE. 



(5 août 1317). — R. Vat. 63 f. 399 ep. 1403. — Reg, Aven, 2 f. 181. — 
Coulon n*» 348. * 

On trouve cette bulle, avec la forme indirecte, dans une pièce qui 
sera donnée plus loin, adressée aux successeurs de feu Adhémar 
Roberti, n* XXII. Je mets ici cette simple indication comme date. 

XX 

LES BIENS d'hUGUES GÉRAUD. — (l*"" SEPTEMBRE I317) 

(Vat. 63. — Curiales f. 384' et 385. — Coulon 374-5 — courte analyse). 



Dilecto fil. Petro Dorancha (sic)^ de Misseyo et Bernardo Laforia 
(sic)^ Dauraten. ecclesiarum canon, — Lingon. et Lemov, dioc. 



Pridem magistro Hugone Geraldi, quondam epo Caturcen (i), pro 
gravibus per eum commissis excessibus carcerali custodie mancipatp, 
nos ne per occupationisinjuriam dilapidarentur et consumerentur bona 

ejus mobilia, dil. filio Guîllelmo de Turre, archîdiac. Avinion. et 

tibi, iBli Petre, per ap. certi tenoris litteras, dedimus in mandatis ut 
idem archid. et tu, vel alter vestrum/ bona ipsa quecumque, et ubis- 
cumque et apud quoscumque existentia, nostro et Ap. sedis nomine, 
saisire et ad nostram et ejusdem Sedis manum ponere curaretis. 

Cumque prefatus archid. et tu,asserentes coram nobis quod vos aut 
vestrum quilibet separatim, juxta pred. ap. mandati tenorem, bona 
hujusmodi sollicite perquirentes, vasa argentea, diversas pecuniarum 
summas, libros, ornamenta episcopalia et nonnuUa a lia que in Lemo- 
vicen., et in ejus Castro, Petragoricen. Caturc. et Montisalban. civita- 
tibus, et m villa Rupis atnaioris ac in Vicano, Caturcen, et in abbatia 
de Dalo, Petfagoricen. dioc, et in aliis quibusdam locis, pênes nonnul- 
las personnas inventa fuerint, de quibus inventaria per manum fecistis 
publicam confîcere, nostro et S. Ap. nomine saisi vistis et ad nostram 
et ejusdem Sedis manum ponere curavistis. 

Nos bona eadem habere et de ipsis, nunc eodem mag. Hugone, 
demeritissuisexigentibusaè omni status eccles, honore deposito et solem- 
niter degradato, prout expedire viderimus ordinare volentes, vobis, fili 
Petre, et Bernarde, et vestrum cuilibet, de quorum in hac parte soler- 
tiaet fidelitate confidimus, per vos,seu alium vel alios,bona ipsa, sic sai- 
sita et ad nostram et Sedis Ap. manum, ut premittitur, posita, et alia 
etiam bona quelibet mobilia pertinèntia ad dictum mag. Hugonem, 
ubicumque reperta, petendi,exigendi, recipiendi, finem et quitationem 
tradentibus de hiisque ab eis receperitis nostro nomine faciendi, — 
contradictores et rebelles per cens.f eccles. compescendi, invocato ad 
hoc,si opus fuerit, auxilio brachii secularis, plenam, auctoritate presen- 
tium, potestam concedimus. . < \ 

Quecumque autem receperitis caiTiere nostre fîdeliter et integraliter 
assignare curetis, sicut in manibus dilecti filii nostri Bertrandi tit. 
S. Marcelli presb.card. super hoc prestitistis corporale ad S. D. Evan- 
gelia J uramentum . 



(i) Cette formule est employée aussi dans la bulle du g avril et n*i|idiquc 
donc pas nécessairement la mort de Géraud. Il n'y est fait aucune allusion dans 
cette lettre. 



— 186 - 

Datum Aven., Kal. sept, an. primo.' 

Ine, m. univ. et singulis prdatis, eccles. et mundanis, per Lemov. 
Petrag. Caturcçn. et Montisalban. çivitatçs et dioces et alibi etiam 
çonstitutis..,.., 

ut Petro Danrocha, can. çcc, de Missçyo, Lingonen. et dileçto filio 
Bemardo Lasser ra can, Dauraten,, Lemov. . , 

faciant assigoare bona predicta absque quavis difficuitate, ' 

XXI 

QUITTANCE DONNÉE A PIERRE DANROCHA POUR LES BIENS d'hUGUES GÉRAUP 
qu'il a recueillis et LIVRÉS A LA CHAMBRE APOSTOLIQUE (l) 

l'r janvier 1318 (Collect, 373 f. 87 — Bulle et quittance 1316-1332), 



Johanneseps., S. S. Dei,dil. filiomag.PetroDanrochaarchid.de 
Combraylle in ecca Lemov. salut, et ap. ben. 

Dudum de discretione et fidelitate tua plenam in Dno fiduciam 
obtinentes, tibi mandavimus ut universa bona que fuerant quondam 
Hug. Ger., olim epi Cat. diligentes inquireres et inquisita a quibus 
dam detentoribus eorumdem ad manus tuas reciperes, illaque nobis 
et S. ap. postmodum assignares. Cumautem tu postmodummandalum 
nostrum hujusmodi fideliter exsequens infrascripta bona singularîter 
distincta et expressa presentibus diligenter exquirens et ad manus 
tuas recipiens ipsa nobis et S. Ap. duxeris assignanda videlit : , 

Librum Senece — Miracula Sanctorum — Claudianum — Summam 
de virtutibus et |vitiis — Opus super tribus libris codicis — Quartum 
librum Hostien — Codicem — Digestum vêtus— Primam Vincentii — 
Sermones dominicales — Librum de virtutibus et vitiis — Epistolas 
démentis — Questiones Bononienses— Brocardica Azonis — Librum 
feudorum — Questiones naturales — Librum temporis Caroli magni 
Primam partem Hostien — Vincentium — Opus fratris Pétri de Bru- 



(i) Dans le registre Collect. ^73 cette bulle est rayée avec la mention : « can- 
cellata quia non erat ita et nonfuerat bullata ». Elle a été publiée par M. Guérard 
d'apr^ le texte des registres des Secrètes, Vat, 1 10 ep. 975— Documents sur la 
Gascogne I n® 139 p. 218. Je n'ai relevé que quelques variantes. Le reg. des 
Sçcrçtes pe donne pas la date. 



— 187 - 

niquelto(i)'^ Sécundam partem Vincentii— CodicQm-^ Çonsiiiuiiones 
synodales caturcénses — Indulgentias ecelesie Burdegalensis -^ Librum 
Amoris (2) — De origine regnorum — Librum de oracuio(3) — Librum 
de regimine sanitatis — Summam Johannis de Blanosco — Librum 
magistri Albani — Summam Jacobi de Arenis super feudis — • Vêtus 
Hostiensis '- Cassiodorum — Rosarium — Guidonem de Sudaria — 
Apparatum super decretum — Summam que incipit. : in Dei nominç 
etc — Papirum antiquam in parte scriptam — Decretum — Librum 
qui incipit : soluto matrimonio — Bibliam — Sécundam partem Hos- 
tiensis primum volumen — Digestum novum — Librum pontificaiem 
Summam Ramfredi (cf.n<»vii,gaufridi)—Infortiatum— Flores sanctorum 

— Spéculum juris — Concordantias juris canonici et civilis (n° vii con- 
cord. infortiati) — Librum S. Aredii (cf. n° vu) — Parvum volumen — 
Sécundam secunde fratris Thome de Aquino (cf. n° vu) — Quatuor 
quaternos super Decreto — Duo Digesta nova — Boecium de consola- 
tione [ — Decretales cum apparatu — Librum catholicon — Quinque 
quaternos fr. super notabilibus legum — Infortiatum cum apparatu — 
Cassus viviani— (cf.n**viij — Summam Adyszonis — (cf. n° vu)— Pidorum 
(cf. n" vu) — Librum de regimine christianorum — Compostellanum — 
Summam Pétri de Boateriis (cf. a° vri de Boreriis)— Summam autenti- 
corum — Summam Rollandinam super instrumentis conficiendis(4) — 
Summam que incipit de Francia — Decretum antiquum martinianum 

— Mandagotum — Aliam summam super instrumentis confîciendis-— 
Summam poetrie — Romancium régule templariorum — Quoddam 
breviarium — Textum sexti libri — Librum thesauri pauperum — 
Librum magistri Gerardi anglici— Summam dogmatis philosophie- 
Quatuor papyros — Quamdam aliam summam que vocatur Ugustio — 
Duodecim volumina librorum modici valoris. 

In vasis argenti videlicet : 

Unum vas pro dandis speciebus (cf. n° vu) — Unam pelvim barbi- 
tonsoris (cf. n° vu) — Decem et septem cuppas granatas($) — Très pital- 



(i) C'est un religieux O. E. A. originaire du Quercy, et qui fut évêque de 
Civitas nova (Asolo en Vénétie). 

(2) Le scribe avait mis d'abord Amorum. 

(3) M. Guérard met : oculo. Un livre sur les oracles est assçz naturel cbcz un 
envoûteur. 

(4) On lit : super ministris. 

(5) L'inventaire en est fait dans la pièce n*» VIL 



- 188 — 

phos pro vino et quatuor pro aqua (cf. n* vu) — Duos pitalphos operatos 
et deauratos — Alium pitalphum deauratum — Quînque ciphos cum 
cohopertoriis deauratos et operatos — Duos ciphos cum cohopertoriis 
deauratos cum costis — Quinque — (id) — Unum ciphum cum cohop. 
planum et album — Octo ciphos cum cohop, deauratos — Unum cifum 
(sic) cum cohop. deaur. pede rupto — Quatuor ciphos sine cohopertorio 
de quibus un us pes est ruptus — Duos ciphos sine cohop deauratos — 
Unum ciphum cum cohopertorio deauratum— Unum caiicem cum patena 
F. 87'. — Unam gribam (cassette) parvam cum duobus frustris parvis 
argenti — Sex discos magnos de coquina — Duo bassiliaad abluendum 
manus — Unam ollam — Sex scutellas— Unam navem cum quatuor rôtis 
—Quatuor pitalphos pro vino — Quinque cupas granatas quarum una 
est plana — Quamdam imaginem pro sale ponendo in mensa — Octo 
brocas pro moris comedendis — Viginti sex cloquearia — que omnia 
vasa pondérant in universa 350 marc, 3 uncias et unumquartum cum 
dimidio argenti. 

In ornamentis episcopalibus videlicet : 

duas tunicellas — duas dalmaticàs — unam planetam de samico (?) 
indico (soie noire) — unum pluviale ejusdem coloris— duas tunicellas, 
2 dalmaticàs, i planetam de san^to (?) albo — unam albam cum 
amicto et paramento — quinque stolas — unum frontale altaris , — 
unum par sandalium — unum pannum de cotone radiatum '— duo 
manutergia — duas zonas de filo — unum par cirothecarum pontifi- 
calium — unum capitegium — très pitalphos parvos de latone pro 
aqua — unum pannum de filtro argentatum. 

In armaturisWidelicet : 

très perpunctas — quasdam platinas — sex balistas — novem capel- 
linas — très gorgerias — quatuor loricas — duas balistas. 

In pecunia : 15 1. iur. parv, videlicet in 20 Jlor, auri de florencia, 
computatis pro expensis. 

141 Ibr. 16 sol. dicle mon. iur. parv., quas, ut asseris, expendisti in 
prosequendo bona superius assignata, per diversa loca petendo, reci- 
piendo et ad curiam aportando. 

Ne super repetitione vel requisitione ipsorum in posterum valeas 
molestari, ad tue futuram cautelam et securitatem présentes litteras in 
premissorum testimonium tibi duximus concedendas. 

Datum Aven. Kal., jan. pontif. nri. anno 2°. 

Cancellata fuit quia non eratita et nonfuerat bullaia. 



— 189 — 



XXII 



LES BIENS d'hUGUES GÉRAUD. — JANVIER (1318) 

Dilectis filiis Bernardo Bruni, decano ecclesie Lemovicensis et Johannis 
Pauleti cltrico Caturcensis diœcesis (Coulon $J2) 



Ad apostolatus nostri notitiam prîdem multorum conquestione per- 
ducto quod quondam Hugo Geraldt, olim episcopus Caturcensis, quem 
omnibus bonis suis ac officio et bénéficie et pontificali dignitate senten- 
tialiter duxeramus, justitia exigente, privandum. di versas et innu- 
meras pecuniarum summas per vim ab illis extorserat et per nefas. 

Nos eorumdum conquerentium supplicationibus inclinati, ipsorum 
indempnitati providere volentes, cum bona mobilia Hugonis ejusdem 
per nos usque tum habita nonpossent prohujusmodi satisfactione sufficere, 
ordinavimus et decrevimus ut de bonis ipsius mobilibus et immobilibus, 
in quibuscunque consistèrent, que privationis sue tempore possidebat, 
ad manus nostras primo redactis et postmodum venditis et distractis 
débita satisfactio fieret conquerentibus antefatis. 

Post hec autem fide dignorum assertione nobis exposito memoratum 
Hugonem pênes religiosos et alios Caturcensis, Lemovicensis et Pe- 
tragoricensis civitatum atque dieôesum, etpartium vicinarum, thesau* 
rum ma^ni pretii in vasis aureis fet argenteis, libris, jocalibus aliisque 
bonis tempore sue privationis habere, ac etiam nonnullos subtractores 
et occuitosdeten tores predicti thesauri,eligentes potius illunni occultare 
seu subtrahere quam ^xcommunicationis vitarQ sententiam per fios 
alias in subtractores et occultos detentores hujusmodi promulgatatn, 
QUONDAM ADEMARUM ROBERTi, canouicum Caturccuscm ad iilas partes, 
occasione hujusmodi duximus destinandum, dato sibi per ap. litteras 
in mandato ut omnia bona mobilia et immob., tam hereditaria quam 
acquisita, in quibuscumque consistèrent, que dictus Hugo ante cap- 
tionem suam tenebat et possedebat, seu tenebant alii pro eodem, et 
specialiter manerium deBelloloco situm juxta villam deNoalha^ Petrag. 
dioc. nec non domos, vineas, possessiones, prata, nemora,moiiendina, 
stagna, silvas et pascua, libros quoque, pannos, vaso aurea et argentea 
oves et boves, animalia, ustensilia dicti quondam Hugonis, et que in 



— 190 -^ 

dîcta villa deNoalha dictocjtre manerio et pertinentiis eorum, aut alibi 
Helias Geraldi, fraterflugonis predicti, tempore captionis ipsius, no- 
mine ejusdem Hugonis, possidebat atque tenebat, cum per instrum. 
publicum diceretur evidenter constare dictum Heliam recoprovisse ac 
confessum fuisse omnia et singula bona predicla dicti Hugonis existera 
seque ipsa ab eodem Hugone precarip possidere, ad manus suas redi- 
geret et redacta,per se vel per alium seu aliosprout melius posset ven- 
deret atque distraheret, ipsorumque pretia pro satisfactione conque- 
rentium prediclorum assignare vel assignari facere procuraret, quod 
etiam de thesauro et bonis Hugonis prefati occcultatis,ut premittititur, 
vel subtractis, et pênes quos et ubi fuissent deposita, et qui forent 
hujusmodi subtractores plenam curaret informationem habere, et ab 
omnibus et singulis pênes quos bona ipsa reperiret fuisse deposita vel 
locata nec non ab omnibus et singulis subtractoribus aut occultis deten- 
toribus bonorum ipsorum,illa,nostro et E. R. nomine, repeteret, exige- 
ret atque reciperet, quitationem de receptis nostro et ejusdem Ex. 
nomine et pactum de ulterius non petendo facturus, contradictores et 
rebelles, si qui forent, per censuram ecclesiast., et alias per oportuna 
remédia, et appellatione postposita, compescendo, invocato ad hoc, si 
opus esset, auxilio brachii secularis. 

Sed et illud eidem Ademaria commissse meminimus, ut confrar 
familiares Hugonis predicti îhquisitionem faceret diligentem, et si per 
confessiones ipsonim aut dîcta testium, quos ad deponendum contra 
eos ecciesiastica censura compelleret, de falsitatibus ac forefactis 
et gravibus eorum excessibus constaret eidem, illa in scripturas autenti- 
cas fideliter redigi facerent. et redactajsub sigillo nobis mittere nontar- 
daret, illcfe etiam quorum excessuum gravitas captionem exigeret 
pepBonalem, capi personaliter faceret, eos ac^ nos sub fida custodia, 
invocato si expediret brachii secularis auxilio,transmissurus. Et si prè- 
dictorum familiarium aliquos capere propter suam vel aliorum con- 
tradictionem forsitan non valeret, ipsos et contradictores quoslibet et 
rebelles ex parte nostra, peremptorie citare curaret, ut, infra mensem 
a citatione sua hujusmodi computandam, comparèrent personaliter 
coram nobis, recepturi pro meritis, ac nostris in hac parte mandatis et 
placitis parituri, de die vero citationis et forma et de aliis etiam que 
super premissis egisset nos informare fideliter non differret. 

Verum quoniam Ademarus ipse, hujusmodi nostris mandato el 
commissione susceptis, ad partes se conferens memoratas. jam sîcut 



Dbmino'placuît, in fato decessit, nulla nobis de habîto per ipsum cîrca 
premissa processu informaiione transmissa, nihil que de bonis et rébus 
predictis nobis hactenus assignato, imo nec aiiqua super hiis red- 
dita ratione, propterquod, contra votum nostrum, dictorum saiisfactio 
conquerentium et aliorum etiam prescriptio 7'e/arafa/«r, nos circa id 
prospicere cupientes, de vestra circunispectione et fidelitate confisi,per, 
ap. vobis scripta committimus et mandamus quatenus vos, vel alter 
vestrum, ad partes dictas vos personaliter transferentes cum omnibus 
et singulis de quibus expediens vobis fore videbitur diligenter inquirere 
studeatis deprocessibusper Ademarium antefactum velalium ejus nomine 
habitis in predictis et quolibet predictorum, que videlicetqualiaetquot 
ex bonis predictis ad manus suas et que redacta per s# vel alium ^eu 
alios vendiderit sive detraxerit, et quid fecerit de pretio eorumdem, 
quid etiam de thesauro et bonis prefatis occultatis vel subtractis, et 
subtractoribusillorum'seu occultatoribus gesserit quidve repetierit aut 
receperit de thesauro et bonis hujusmodi, et a quibus — et super hiis 
tam ab heredibus quam a commissaris Roberti predicti, et aliis qui 
exinde tangetitur exigatis, audiatis et recipiatis debitam rationem. 

Sed et vos solerter informare curetis an ad inquirendum contra famî- 
liares Hugonis ejusdem et câptionem seu personalem citationem 
eorum vel alicujus ex illis, Ademarus ipse per se vel alium seu alios 
forte processerit, et quid et qualiter egerit in premissis,suum in illis, si 
et prout vobis videbitur continuaturi in forma prescripta pro- 
cessum, aut in illis et aliis omnibus et singulis ad exequen- 
dum restantia juxta seriem premissorum procedatis de novo ac the- 
saurum, res et bona predicta, et tam eorunï pretium que per ip- 
sum Ad. fuerunt vendita, quam aliorum qui per vos, vendi contigerit 
de eisdem, a quibuslibet detentoribus vel emptoribus et debitoribus 
exacturi, ac pretium exinde reducendum camere qpstre ex causa pre- 
dicta asbignari fideliter facturi, et de bonis ac rébus aliis débite respon- 
suri facta per vos quitantia, ut prenrfssum est, tradentibus et recîpien- 
tibus et solventibus de receptis. < 

Nos enim vobis et vestrum cuilibet premissa omnia et singula 
faciendi et exequendi, et tibi, fili decane, singulaiiter in contradictores 
et rebelles, si qui fuerint, censuram eccles.,appelL postpos. exercendi, 
non obstante sieis,vel eorum aliquibus,a S.Ap.sit indultumquod inter- 
dici, suspendî vel excommunicari non possintper litt. ap. non facietites 
plenam et expressam ac de verbo ad verbum de indulto hujusmodi 



— 19a — 

mentionem, plenam coQcedimus, auctoritate presentium potestatem. 

Dalum 

XXIII 

QUATRE COMPLICES d'hUGUES GÉRAUD RELACHES LE l8 OCTOBRE I325 

Reg. Aven. i)5 f. 392 (bulle de Jean XXII dans un registre de Benoît 
XII). 



Ven. fr. Gasberto arch. Arelat. camer. pro. et dil fil.Ger. deCampo 
mulo archid, C^turcen. 

CTum Raymundus de Bossaco, presbyter, et Gmus Boerii clericus 
et Gmùs Bernard! domicellus, Mirapiscen et Caturc. d., et Hugo 
ÀlbinijCivis Tholos. pro certis criminibus super quibus apud nos delati 
fuerant in Castro Novarum,Avenion. dioc.,diutius extiterunt in nostris 
carceribus mancipati, nos de criminibus hujusmodi et eorum circums- 
taritiis relatiône audita, volentes eu m eisdem captis, qui patienter 
macerationem carceris diu sustinuisse dicentur, agere rnisericorditer 
in hac parte, discretione vestre per apostolica scripta committimus et 
mandamus quatenus prenominatos captos et eorum singulos a dictis 
carceribus penitus relaxeti3, dantes eis licentiam libère quo voluerint 
accedendi, adjecto tamen quod comparere personaliter et juri parère 
sub certis penis,de quibus nobis videbitur, debeant,terminis sibi super 
hoc prefigendis. 

Datum Avinion., XV Kal. novemb. anno decimo. 

XXiV 

LES BIENS •^HUGUES ET d'hÉLIE GÉRAUD — 5 MAI I329 

Hugoni La Serra Xanton, et Bernardo T>anrocha Lemovicen. canonicis. 
-^{Vat. ii5*f. io8»ep. 61Ç) 



Relatiône percepîmus fide digna quod quondam Hugo Geraldi, eps. 
Caturcensis, qui suis demeritis exigentibus episcopali ac sacerdotali ac 
clericali gradibus privatus, et depositus, et pénis aliis juxta suorUm 
exigentiam delictorum subjectus extitit, bonis suis omnibus mobilibus, 



- ^93 - ^ • 

nobis et E. R. nichilominus confiscatis, quondani HeHe Geraldi, fratri 
suo, laico Petragoricensis dioc, mille Ibr. tur. parv. ante condempna- 
tionem mutuavit predictam, dictas que Relias dictas mille libras 
habuisse a prefato Hugdne ex causa m&tui recognoscens, eas sibi 
reddere promisit et solvepe. bona sua omnia eidem «propter hoc effica- 
citer obligando, quodque Relias de Agia (}) 4aresbyter 150 et heredes 
quondam Peiri Ftitcherii, dicte Petrag. dioc, 100 librasTnonete pfedicte, 
ratione quondam bonorum dicti Rugonis Geraldî, que ad manus ipso- 
rum pervenerunt, per modum finantie facte cum quondam Johanne 
Pauleti, clerico Mimaien,ad exigendum bqna predicta per nostras certi 
tenons litteras deputato reddere ac solvere nostre camere sunt astricti. 

Volentes itaque predicte camere ind^mpnitatibus super hiis preca- 
veri, discretioni vestre, per ap. scripta, committimus et mandamus 
quatenus ab heredibus et bonorum detentoribus Relie Geraldi predicti 
dictas mille, ac a dicto presbilero 150 et heredibus dicti Pétri Fulcherii 
100 .libras dicte monete tur. parv. petere, exigere ac recipere, pref. 
camere, cum integritate curetis 

Dat. Av. in non maj. an. i ^^ 




13 



t^ 









^M Lo 




INDEX ONOMASTIQUE 



Aaron ou Baron, juif, 178. 

Abraam, juif, ibid, 

Acoursi ( Guillaume ) , sacriste de 

Cahors, 139. 
Adhémar (Hugues d'), 178-9. 
Agnafos (Raymond), médecin du pape, 

134. 
Ahenco (Guillaume de), 145. 
Alamandini (Pons), 90. 
Alighieri (Dante), 134-5. 
Albin (ou Aubin) — Guillaume, 41-44- 

47 ■" 57 à 59 — 60 à 63 — 65-66 — 

73—76 380—82-87-96-99-129-169. 
Albrct (Amanieu d'), 89-125-130. 
Albosftsc ou Aubossae (Géraud d')^ 8- 

^6-35-5 0-14^146- i6o» 
Amand (Galicien de Saint) ^ 97-169- 

172-180. 
Antéjac (Pons d'), 48-100-102. 
Anglars (Gcraud d'j, 117. 
Antraygues, 51-85-102. 
Apothicaire de Toulouse (v. Laurent)» 

77- 
Arc (de V) v. Dellarc. 
Arnaud (Gui), 157 (Bertrand), 171. 
Artige (Bernard de T), 131- 132. 
Artigat (prieur d'), 62-87. 
Arthémie (Bertrand de Sainte), 37. 
Assier (Rigaud d'), 56-61-64-77-79. 
Athon (Raymond), 89-125. 
Auvillars (vicomtesse d'), 127. 

Baluze, 9-1 1. 

Barras (Pierre), neveu de Géraud, 16- 

â8. 
Barbe (Guillaume et Simon), 54-96. 
Barrère (Raymond), greffier, 117. 
Barthélémy, évêquc d'Alet, 125. 
Bayle (Picrit), 28. 



Beaulieu (Hugues de), a,eveu de Géraud 
142 — p. just. n° II — 145. 

Béarn (Perrot dej, 8-58-59 ^ 65 à 68 
76 - 77 —83-87-^^8-94-99-101-1 27- 
130-178. 

Belcastel (Pons de), 81. 

Belvèze (Aymeric de), 44-49-5 1-54-66- 

72-83-84-85-93-96-98^99 — TOI à 

103 — 108-1 1 5-1 29-17!. 
Benoit XII, 90. 

Bércnger, évêque de Carpcnlras, 26. 
Bércnger (Raymond), 89. 
Bérenger (v. Frédol. 
Bernard (Guillaume), 57-61-62-77-80- 

192. 
Bernard (Raymobd)^ 141. 
Bertrand (Bernard), greffier, 98 — 

(Jean), 140. 
Bertrandy, 9-1 i-i 2-1 5-16-23-26-27- 

36-37-158. 
Bessède (Bertrand), 97 
Bisaud (Je^n), 54-94-96-177. 
Blanc (Huguet), 77-79-82-3-92-125-7- 

9-132-192 (?) 
Bodet (Raymond), 132-3. 
Bodis (Hélie de), chanoine, 142. 
Bonayvenc (Bernard de), notaire 140- 

144. 
Boniface VIII, 46-89. 
Bonmacip, juif, 52-ioi-i. 
Bonnesaigues (Bertrand), 132. 
Born (Françoislet Rayaal de), 48. 
Bos (Bertrand) ,132-133- ^ 

Bosc (Hélie de), 64-68-73-73. 
Botet (Jean), témoin, 87. 
Boucaud (Etienne), notaire, 140. 
Boussac (Bernard de), 25. 
Boussac (Raymond de), 86-94-116- 

117-127-192. 



— i96 



Boycr (Guillaume), 61-64-6 $-7 2-74-78- 

79-86-87-96-115-19*2. 
Bram (Raymond 'de), notaire, 81. 
Bretagne (duc de), 121. 
Broue (la) voir Labroue. 
Brousse (Robert de La), 81. 
Brun (Bernard), 120-12 1-189. 
Bruniquel Cvicomte de^, 47-56-57-58^' 

60-61-63-6^-67-71-76-80-83-87-99 

1 00- 1 27-1 28- 1 30-13 1 . 
Bruniquel (Pierre de), 186-7. 
Brunia (Guillaume de), médecin du 

pape, 134. 



Cadei>ède (Jean), archidiacre, 28-83- 

150. 
Calés (Raymond de)^ 26. 
Calhau (Pierre), 28. 
Calvet (Guillaume), 125. 
Cambes (Raymonde de). 50. 
Camblasac (Guillaume de), curé, 28. 
Campmul (Géraud de), 117. 
Cance (Galhard de), curé, 28-150. 
Oanholati, milanais, 134. 
Capdenac (Amaud de, 34-71-83-117- 

159-181. 
Capdenac (Bertrand de), 35. 
Capelle (Raymond de la), 127-129. 
Caraygues (Guillaume de), 1 13. 
Carbonnel (Raymond), greffier, 70-76- 

78-80. 
Cardaillâc (Galhard de), 35. 
Carit (Guillaume), curé, 83. 
Casetes ou Caseles (Raymond de), 130. 
Cassaigne (Pierre de la), évêque de 

Rodez, i2i. 
Castanet (Bernard de), 1 36. 
Castelnau (Pierre de), 120. 
Catalan (l'aymond), 61-62-79-80-82- 

96. • . 

Ca«mont (Ckiillaume de), 28. 
- Caussade (Raymond (de), 23-24 2B- 
37-69-i36-i47-i'>o-i5 1-152. 
Causidiis (Pons de), 79. 
Cayczio (Guillaume de), 127. 
Cclestin Ilf, 118. 
Chabot (Gaucelmè), curé, 15. 
Chapelle (Pierre de la), 98. 
Charles IV (vicomte de la Marche), 36- 
42. 



Clément V, 5-16-18—19 à 29—31-38- 
41-46-47-71— 87-90— 139— f 31 — 
I3f7-i42. 

Clermont (évêque de), 100-102. 

Clusel (Bernard du), 51 -140- 141. 

Cognât (Etienne), 53-95. 

Cojerdan (Jean de), 138. 

Colombier (Raymond de), 171. 

Conçois (Jacques de), 104. 

Conon (frère), prieur, 97. 

Corbière (Pierre de,, 137. 

Cornil (Hugues de), 48-49-99. 

Cornil (Raymond de), évêque, 19-27- 
147-150. 

Coste ou Lacoste (Guillaume), 95. 

Courjumelles (Mathieu de), 11-25. 

Culant (Henri de), 87- 

Cuzorn (Raticr de), 121- 181. 

Daianes (B), 132. 

Dante Alighieri, 134-5. 

Delgat, (Bertrand), 147. 

Dellarc (Barthélémy), archid., 53-124. 

Delmas (Pierre et Bertrand), 168. 

Delteil (Guillaume), 139. 

Denrocha (famille), 119-157-178-184- 

186-192. 
Dinant (Jean de), 133. 
Dois (Guillaume de), 149. 
Duèze (Jacques), 5-31. 
Dufour, 9-1 1-12-15-16-20-23 à 27. 
Dulac (famille) v. Lac). 
Durand (Guillaume), 83. 
Durand (Pierre), 89-125. 
Durfort, 16. 



Escatilh (Godefroy), 88-129. 
Escodata (famillej, 47-99. 
Evreux (comte d'), 47. 



Page (Jean de La), 26. 
Fagach (Pons de), 81. 
Farges (Raymond de), cardinal, 64 

133. 
Falgayrac ou Faugayrac (Pierre de). 

26-35-141-160. 
Faurie (la) Bernard, 157-184. 
i^lessade (Hugue§\ 36-#6o. 
Foix (Marguerite de), 43. * 



— 197 



Fouquicr (Pierre) archiprêtre de Saint- 
Médard), 2 5-3J6-30-3 5-36-44-45-46, 
67-72-78-83-84-85-94-96-100-101- 
103-1 1 2-1 22-1 30-1 39-141-153-160 
193. - 

Fouquicr de lîafaye, 112. 

-Frauville (Nicolas), cardinal, 116. 

Frédol (famille de), 5-6. 

Frédol (Bérenger), senior, 5-28-31-48- 
104^105-133-136, 

Frédol (Bérenger), junior, 136. 



Grèzes (Arnaud de), 62-80. 
Gui (Bernard), 9^10-12-13-39-1 ro. 
Gui (Guiard), sénéchal, 88-123. 
Guilhem (Benoit), 132. 
GuiÙemette, vieille, 44-85. 



Hébrard (Raymond d'), collecteur. 119 
Huguette, sœur du pape, 68. 



Galicien de Saint- Amand, 97. 
Galthier, bourgeois, 118-153-157. 
Garvc (cardinal de), 133-137. 
Gasc (Bernard), 8-60-61-64-65-72- 

73-77-79-80-81 82-91-92-93-96- 

1 13-1 14-127-129-130 
Oasc (Bertrand), évêque de Nevers, 81 
Gasc (famille), 80-81. 
Gassie ou Gayssie (Guillaume^, 89-92 • 

127. 
Génies (Bertrand de Saint). 48 
Génies (Pierre de Saint), 28-150. 
Gérard (Bertrand), 95. 
Géraud (Arnaud), frère, 15-27-49-50- 

Géraud (Arnaud), autre que le frère de 
révêque, 96. 

Géraud (Hélie), 15-30 -49- 50-51-93 
96-103-120- 122- 15 3-193. 

Géraud (Hugues), chevalier, 94. 

Géraud (Hugues), évêque de Cahors, 
5 à 14 — 15 à 20 son cursus» 25-26 
-31 à 35 — 37-38-40-41-44-46- 
49-52-53-67-69-72-78-84-85-141- 
150-Î 5 1-15 2- 162- 165-167 -183- 
184-186-189-192. 

Géraud (Hugonet), neveu, 15. (V. Hu- 
gues de Beaulieu. 

Géraud (Jean), sergent, 94-177. 

Ginouilliic (Géraud de), 157. 

Gonesse (Guillaume de), 81. 

Gontier (Guillaume), 36-160. 

Goth (Arnaud,— Garsie), 17— Bertrand 

ï47- 
Goudou (Pierre de), archidiacre, 1 24. 
Gras (Barthélémy), 133. 
Grazita, chambrière, 127. 



Innocent, barbier, 133. 

Isnard (Geoifroi), médecin du pape, 134 

Itier (François), de Campuac, 90. 



Jacques (Raymond), 34-41-47-57-59- 
61 à 67 — 73 — 76 à 80-83 — 85 à 
88 — 99-96-114-11 5-1 29-130-169, 

Jean (Gaucelme de), cardinal, 33-37- 
58-5 9-63-64-66-68-81- 1 01. 

Jean (Raymond de) 26-27-121. 

Jean (Guillaume de), 23-28-33. 

Jean (famille de), 54-110. 

Jouglar (Petricus), curé, 127. 

Jourdain (Bernard), juif, 58. 

Jourdain (familier de Géraud), 97. 

Juif (v. aussi Bonmacip, Abram) etc. 
65-84. 

Justin (Rigal), 61-62 82-86. 



Labroue (Guillaume de), évêque, 24- 

28-104-1 1 1-136-1 83 . 
Lac (Bernard du), 95- [40-141. 
Lac (Géraud du), 140. 
Lalo (Géraud de), 70-77-8-81-101-105 - 

133-134. 
Landolfo, cardinal, 143. 
Lascoutz (Etienne), 96. 
Laurent (Durand), apothicaire, 59-79- 

80. 
Latilly (Pierre de), 18-20-46. 
Latilly (Jeanne de), 46. 
Laval (Gasbert de), 35-117. 
Lasserrc (v. Serre). 
Lavaur (Sicard de), 90, 



— 198 — 



Lespinatz (Hélie de), 140. 

Lcyccstcr (Richard de), 142. 

Lhugat (Guillaume de), greffier, 98- 

Limoges (Jean de), 133. », 

JLimoges (vicomtesse Marie de), 141. 
Lomagne (vicomte de), 89-i2i-i3i»i32. 
Louis X, 20-29-46. 
Loup (Vital de Saint) v. Saint- Loup. 
Luxembourg (Henri de), 17. 



Malemort (Bertrand de), 93-94-103- 

127-175. 
Mandagot (Guillaume de), 38. 
Mandalhes (François-Pierre .de), 89- 

168- 170-1 7 3 -4. 
Manso (Pierre de), 168. 
Marche (comte de la), 35-361-36-70. 
Marigny (Enguerrand de), 20-46. 
Mas d'Azil (Arnaud de), 132. 
Maurie (André de la), 143. 
Mauvoisin (Robert de), 17-134-13O. 
Mcunac (Pierre de), 124. 
Mirabel (Hugues de), 117. 
Molinier (Pons de), 1 24. 
Moniaigu (Raymond), 147 (Sicard), 

147-150. 
Montfavès (Bertrand de), 64-81-116- 

121-181. 
Montlanard (Bernard de). 54-Q8. 
Montpellier (le viguier de), 80. 
Montpezat (famille), 19-116. 
Moret (Pierre), 49 à 5 i — 73-84-85- 

93-96-98-1 01- II 3- 140-14 1- 175. 
Mortemar (Pierre de), 27-35-74-95- 

137-160. 
Mothc (Galhard de la), 64-11 6-1 37. 
Murimuth (Adam), 9-106. 



Neveu (Etienne) et Richard), 48. 
Nicolas (P.) de Payerne, 97. 
Nobiliac (Guillaume de), 26. 



88 — 91 à 93 — 115-125-174-176- 

182. 
Pauchcl (Raymond), évoque, 18, 19 — 

23325—28-37-147-8-9. _ 

Paulet (Jean), de Rabasfees, 64-68^73. 
Paulct (Jean), de Cahoi^ et ^ehdc, 

76-79 ^120 à 122 —125-173-178- 1 

189-193. 
Payerne (famille), 97. 
Payerne (Pierre Guillaume de) 97. 
Payrac (Guillaume de) 169 et suiv. 
Pelagrue (cardinal de), 31-57-64-65- 

67-71-130-131-133-149. 
Pelago (Alvarez), 13-14. 
Pélicier (Bernard), 141. 
Pelphi (Gasbert), 25-98. 
Perigord (Roger, Bernard et Archam- 

baud de), 35. 
Pestel (Aymeric de), 47. 
Pcstoris (Hélie de), 141. 
Pcyrille (Arnaud de), 36. 
Peyrole (Purand), de Toulouse, 121. 
Philippe IV le Bel 17-8-20-29-46. 
Philippe V le f.ong, 20-30-46-70-136. 
Poitiers (comte de), 30. 
Polverie (Guibcrt), 157. 
Porquier (André), 81-89-125-182. 
Porquicr (Aymcnx;), 90. 
Porte (André de la), 8:-i45. 
Pouget (Bertrand du), 37-66-68-58-63 

ioo-i20-i2:-i3 3. 
Poujade (Bernard de la) 28. 
Piesle (Raoul de), 46. 
Preyssac ((iailhard de), v. évêquc de 

Toulouse. 
Prcz (Pierre des) .cardinal, juge, 34-38 

7 -78-81-98-10 :-!04-i:9- 3 -13 3-1 34" 

165-. 67-180-181. 
Prudhomme de Seysse, 57 — 59 à 64 

67-73-77-79-86-96-112-129-130. 
Puy d'Aymarc (Jean du) 137, 
Puy (le),*évèque, 120. 

Quentin (Jean de St), 85-171. * 



Oradour (Géraud de T), 140. 



Paris (Guillaume de), 54-94. 

Pascal (Arnaud), 58 60-61-72-86- 



Rabastens (Poilfort de), cardinal, 116. 

Raoul (Gui), trésorier, 138. 

Rastoul (Jean), 61-66-72-73-74-82- 

87-88-91-93-101-115-116-123 126-127- 

ï 28-139-173. 



— 199 — 



Raymondc de Cambcs, vieille, 50. 
Raynaldi, 69-133. 
Rechignevoîsin (Rambaud de), 135. 
- Rigal (Pierre de), 48-83-100-124-171. 
Rig^ai (famille). 83. 
Rig^aldia (Arnaud de), 179. 
xRobcrt d'Anjou, roi de Sicile, 31-68- 

103. 
Robert (Adhémar de), $4-98-119-120- 

184 et suiv., 189 et suiv. 
Robert (famille), 120.; 
Robertie (Robert de la>, 141, 
Rocha (v. Denrocha). 
Rodes (famille), 124. 
Roiard(Bernard),33-37-i39-'4i-i6i-i67 
Roiard ou Rouiard (famille), 33. 
Rond (Etienne le), 97. 

Roquefort (Pierre de) évêque de Car- 
cassonne, 123. 

Roset (Arnaud de), 119. 

Rostang, 61. * 

Roudicr (Pierre de) cv. de Carcassonne 
36-141. 

Roussillon (Pons de), 180. 

Roux (Etienne de), 124. 

Roux (Raymond de), cardinal, 124. 

Roux (M* Guillaume de), 125. 

Rudelle (Bernard de), 132-133. 

Saint Loup (Vidal de), 86-87-i69-i78« 

Salignac (Bosonde), 44-45-46. 

Salignac (Maynard de), 48. 

Saleilles (Pierre de), 25-31-32-36-38- 
40-49-73 - 96-97MOO-102-116-120- 
126-160. 

Salvetat (supérieure de), 150. . 

Sancho (Martin), 132. 

Sarlande^e (famille), 15. 

Saugtrayac (Pierre de), 145. 

Saumade (Galhard de), évêque et juge 
34-37-38-69-70-73-78-98-101-104- 
113 à j]^ — 131-133-158-161^-3-5-7-181. 

Saumier (Pierre), 28. 

Savignac (Pierre* de) 24. 

Scuderia (G.), écuyer^i03. 

Seguier (Pierre de), 81. 

Serre (la>, divers, 5 1-98-111-119-1 2 1-2-192. 

Sicile (roi de), 31-103. 

Sorbier (Aymeric), 140. 

Souillac (famille), 120. 

Soyris (Guillaume de), 89. 

Suris ou §oyr}§ (AJodct de), 86-89. 



Stephani de Valon (famille), 120. 

Sully (Henri de) 87. 

Teil (Pierre del), 132-175-6-7. 

Templiers» 17. 

Teste (cardinal de la), 126*133. 

Tissier ou Tissendier (Tcxtoris), Pier- 
re, 33-36-123-133-4-161-179. i- 

Toulouse (évêque de), 3 7 -40-41- Jo- 
60-64 67-71-74-82-86 87 89-91 -^i- 
102-103 — 126 à 131. 

Toulouse (sénéchal — viguier — Sbûi- 
viguier), 77 — 86 à 89-182 (v. ]^ j. 
XV). 

Toulouse (juifs). 45-51-94. 

Toulouse (vieille sorcière), 4^. 

Tour (la), (Gauthier), 112-3 . 

Tour (la) (Gui), 31-37-118-9-157. 

Trian (Arnaud de),42-54-68-9-io9-iio. 

Tricot (cuisinier),"44-5 1-5 3-85-93-1 10- 

175- 
Turcot (Arnaud), chambrier, 86. 

Valle (V. Laval), 35. 

Valois (Charles de), 46. 

Vassal (Pons de), 47-99. 

Vassignac (Guillaume de), 26. 

Velarsin (Henri et Pierre de), 97. 

Verdale (Arnaud de), 125. 

Via (Arnaud de), 82-3-95-10 1-104- 

134-178. 
Via (Jacques de), 35-53-55-58-82-83- 

85 -95-100-101-108-168 et suiv. 
Via (Pierrc-de), 4269-101-4-112-172 

et suiv- 
Viche (Bernard), 62. 
Vidal (abbé), 12-13. 
Vidalho (Bernard de) greffier 117. 
Vigier (Pierre), 125. 
Villani, 137. 
Villars (Arnaud de), 8-48-60-61-73-4- 

81-82 - 85 à 90-93-96-102-113- 

123 à 129-174. 
Villars (Amiel de), 90. 
Villariis (famille de), 90. 
Villaribus (Raymond de), 89. 
Villario (Arnaud de), 90. 
Villeneuve (Bernard de), 81-89. 
Visconti (Matheo etGalea^, 41x34-5. 



»• 



>.^> 




^■■;tr±^tîîît^itf*^i-;^în- 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Introduction. — Bibliographie 5 

Chapitre I. — biographie de géraud : 

— § I. — Avant i'épiscopat i 15 

— § II. — L'épiscopat 23 

Chapitre II. — le procès canonique 31 

Chapitre III. — le crime : 

— r* partie. — L'envoûtement .... 40 

Chapitre IV. — le crime : 

— 2* partie. — Les images et les poisons de Toulouse 56 
Chapitre V. — le procès criminel : 

— Le tribunal ; ses procédés ; son autorité 68 

Chapitre VI. — développement du procès : 

— § I- — Tfémoins et prévenus 76 

— § II. — Les interrogatoires d'Hugues Géraud . . 9g 

Chapitre VII. — les sentences : 

— . § I. — Hugues Géraud 105 

— § IL — Les complices d'Hugues Géraud 112 

— § III. *— Les biens d'Hugues Géraud 118 

— § IV. — Les biens des complices d'Hugues 

Géîraud 123 

Chapitre VIII. — l'évêque de Toulouse. — les autres procès 

DU TEMPS. — conclusion 120 

Pièces justificatives 139 

— I. — Le registre d'Hugues Géraud 1 39 



— «02 — 



'^?is' 



canoûicatu et prebenda ecclesie sancti 
Aredii 142 

— III, — Lé pape ordonne à Tévèquc de Cahors de 

payer à Ray mond de Caussadelesdettes 

% contractées par ses prédéœç^urs. -« 

<; !«' octobre 1308 147 

— IV. — Raymond Pauchel, évêqiie de Cahors, 

cité devant le pape. — 21 mars 1309. . . 148 
\ — V. — Bulle de nomination de Pierre de Latilly 

à l'évèché de Cahors. — 21 avril 1312. . 149 

— VI. — Procès entre Raymond de Caussade et 

Hugues Géraud, — 23 mars 1 317 1 50 

— VII. — Dépôt fait au nom d'Hugues Géraud 

d'une assez grosse quantité d'argenterie 
i^ et de livres chez des bourgeois de 
( Limoges en 1314 1 53 

— VIII. — Bulle du I" novembre 1316 par laquelle 
-y le pape relève de leurs serments ceux 

v^ qui ont juré le secret à Hugues Géraud 1 58 

J^^ — IX. — Le pape adjoint pour le procès canonique 

d'Hugues Géraud, deux nouveaux 
: commissaires aux deux premiers. — 

^* 27 février 1317 ♦. 159 

Ç^ — X. — Enquête sur les paroles imprudentes 

I d*Hugues Géraud. — 14 mars 1317. ... 162 

'il — XI. — Commission donnée pour l'instruction du 

(^.; procès après les premières enquêtes et 

:, arrestations. — 22 avril 1317 *. . . 163 

\ — XII. — Adjonction de Pierre de%Prez. — 5 mai 

% 1317 165 

H — XIII. — Hugues Géraud suspendu de ses tonc- 

; tions. — Entre 23 mars et 9 avril 1317 165 

^. — XIV. — Les biens d'Hugues Géraud, ex-évèque 

de Cahors. — 9 avril 1317 167 

— XV. — Extrait des livres de comptes de Jean 

XXII |6Ç 



. - «08- 

Ptgei 

— XVI. — Procès d'Hugues Gêi avid. —Adjonction 

d'Arnaud • de Capdenac, vers Te 

25 juin 1317 181 

— XVIL — Lettre au sujet des papiers d'Arnaud 

Pascal. — 26 juillet 13 f 7 182 

— XVIII. — Jean XXII nomme Guillaume de La- 

broue comme successeur d'Hugues 
Géraud à Tévêché de Cahors. — 18 déc. 

1317 183 

— XIX. — Mandat donné à Adhémar Roberti, 

chanoine de Cahors, au sujet des biens 
d'Hugues Géraud et en particulier du 
manoir de Beaulieu près La Nouaille. 
5 août 1317 184 

— XX. — Les biens d'Hugues Géraud. — i" sep- 

tembre 1317 184 

— XXI. — Quittance donnée à Pierre Danrocha pour 

les biens d'Hugues Géraud qu'il a 
recueillis et livrés à la Chambre aposto- 
lique. — I" janvier 1318 — i8b 

— XXII. — Les biens d'Hugues Géraud.— janv. 1318 189 

— XXIII. — Quatre complices d'Hugues Géraud relâ- 

chés le 18 octobre 1325 192 

— XXIV. — Les biens d'Hugues et d'Hélie Géraud. 

— 5 mai 1 319 192 

Index onomastique 195 

Errata et corrigenda . . . ^ 2o«> 



^CmJ 




ERRATA & CORRIGENDA 



36, ligne 4 — pièce importanet — lire * importante. 

Note, ligne 14 — « et que le 16 juin », supprimer « que ». 

Note (i), ligne 4 page 45 — lire : page 44. 
48, ligne 6 — magnus et amicus — lire et magnus amicus, 
52, alinéa 3, ligne 5 — sur son livre — dans son livre, 
65, alinéa 2^ ligne 2 — rue du Carenga — Carnenga. 

70, note î, secrètes — secrètes — procès-verbeaux — verbaux. 

71, ligne 4 — Galhard des Prez — lire : Pierre des Prez. 
73, ligne I — annonce — mettre : signifie. 

2 — pour la sentence — pour entendre la sentence. 

comme par exemple — supprimer : comme. 
14 — s'agissait — se fût agi. 

77, ligne 6 — avaient amenés — avait. 
7 — sans tortures — torture. 
Note f i), ligne 3 — Guillaume des Prez — lire : Pierre des Prez. 

83, note (2), ligne 3 — Philippe des Prez — lire : Pierre des Prez. 

100, ligne 4 — évêque de Clermont — 

Je renvoie à plus loin le récit de ce qui le concerne et j'ai 
omis ce récit. Voici les qu^ques lignes curieuses qpi se rap- 
portent % ce personnage : « L'évêque de Clermont (Aubert 
Aycelin de Montaigu) et l'évêque de Cahors se trouvaient à 
côté l'un de l'autre à la messe pontificale, célébrée le jour de 
Noël par le pape : et le respect dû à la cérémonie ne les 
empêcha pas de parler du justicier. L'évêque de Cahors 
rapporta que l'évêque de Qlermont lui avait parlé de projets 
contre la vie du pape. « Dicitur quod papa non débet vivcre 
diu, et bcne paratur quod non deberet diu vivere : qui 
deponens re$pondit « utinam ita esset ! » 
(Collée t. 493 f. 13) ». 



• - • •■ • •■ . ■ ■ •_ 200 — 

, Pages , 

io8', ligne i — réussît — lire : réussit. 
iio, ligne 3 — ne l'eut pas permis — lire : l'eût. 
119, note (i), 3« alinéa, ligne a — Dourat -^ lire : Doxai-, 
124, note (^), ligne 2 — puis du ^Vfgan : lire : de Tégra. 
127, note (2), ligne 6 — Guillaume de Gayssac — lire : Gaysste. 
132, note I, ligne 5 — donzal -i- pour donzel. 
136, dernière ligne — Oporto -^ lire : Porto. 
I 137, note I, ligne 2 — Quartal^chirirft — lire : Quartalschrift. 

184, ligne 2 — fcrentitibus — lire : ferentibus. 






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