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BIBLIOTHEQUE 

SCIENCES 

E T D E s 

BEAUX ARTS. 

POUR LES MOIS 

DE 

JâNviER, Février, Mars. 

M D C C L X. 

TOME TREIZIEME. 
PREMIERE PARTIE. 




, A I.A H A r.E, 

Chez PIERRE GOSSE Imiion, 

Libraire di 5. A. 3. U Prince Staâbouàer 

des Vrvmtii-Untt Qpc. ifc. ifc. 

M. D C C. L & 



T A B V £ 

DES 

ARTICLES 

» 

Art. 1. ^Atalogue éUsMommensat^ 
Ka tiques j^ qu^on a déterrés 
desrefies /^Hercula- 
NUM, ^crfar MùHfi. 
Batardi. 2>i Peintu- 
res d'Herculanum 
gravées^ avec Pfixpiica- 
tion. Pag. I. 

IL JoBi Basteri OpifiidajiA^ 
cefivay Êj'f . Liber JBri- 

■ * 

III. VIblax^'ES de Littérature ^ 
d'BiJïoire if de Philofo- 
j>i6/^&'r. Second Bxtrait. 40. 

ly. Essai sur le Goût. Sc^ 

cond Extrait. .... 5f, 

V. Institutions Politi- 
ques par Mr. k Baron 

DE BlELFELD. . • , AS. 

VL Abrège' Cbronologtque de 
t'BiJloire d'Ejpagne^ far 

Mr. Dësormeaux* • • 9I« 
♦ a VÏI. His.' 



? Très ^des reJïes d'îlÊWnifAmjM* par 
^' 6rdre '«è Si^Mt CàAitLâs' Roî des 

*" deux Sicîles , flif jde Jérufalem , in- 
fant d'Efpagne, Dac de Parme Se 
• de Pw&iKflr^iè|and*fTi|icç héisé- 
•^ iflîtrfre de» Tofcine ; oompofif & 
dreflëparl^^ jpTTAVio Ahto- 
Kio Baya ROI Protonotaîre A- 
poflols^e ScQ. -^Tme L A ^apks 
de' Yliàptiméié Royale MDCctiv» 
Forme â'Mlas ^ r pags. 447. fans la 
Priface aàréfleë au Koi qui en coii^ 

tÎMt XKXI^ 
Xt PiTTÛRE AnTÏCHE D'EkiSOtANO e 

contàrnif indjè ifonlquâkhe J^iegaziO' 
fie. TotmL Lgs Peintures d'Her* 
€0tANUM gravëes avec Texplicatian. 
Tme L, A Napkiy de Tliaprime- 
yîe Royale MDccLvii. Forme ^At* 
las , 'pçfgg. 205?. 'Tah^ YEpïtre Dédîca- 
' toire au Rou la Pr^acey & un /c- 
dice des matières principales. 



r 






^^^A découverte de Pancièbne'ller-i 

xuianiim*- abj^txiée jlcpuis V^ 

i6 de* JtErè Capétienne, fous 

Pottïdi '& Rëfinà , .dsux ViUa-» 

Se« diftans de fis rbyiês dcNa^e^>ëàtre le 

'.'.'': mont 



BIBLIOTHEQUE 

DES 

SCIENCES 

E T DE S 

BEAUX ARTS. 

POUR LES MOIS 

Df 

^AMviSK, Février, Mars. 

M D C C L X. 



ARTICLE PREMIER, . 

Catalogo degîi anticbi Monumenti âî[- 

fotenaii àeïla difcoperta citta di Esco- 

_ LANo &c. Tome I. Catalogue des 

Monumeos antiques, qu'on a d^cer- 

Tme Xlll Part,!, A tés 



4^ BXBLIOTH^QOE DKS ScifiNCSS» . 

pâtre, en avoient aaimé les premiers ef- 
forts. Quelque t'ems après on en avoit 
trouvé fept autres , qui repréfentoient , dit- 
on» de$ Veftales; puis Ids débris d'un 
temple , dés colonnes d'albâtre, encore vingt 
£ç quatre itatues» avec quantité de mat- 
bres d* Afrique. Enfin le Gfouvernement y 
âvoit fait attention & Ton avoit par fes or- 
dres difcontinué les fouilles, quand au 
mois de Décembre 1738. le Roi ^réfolude 
fe conftruire un Palais à Portici» ordonna 
de les reprendre » & de pouiTer tout de fuite 
Texcavation jufqu'à 80 pieds de pro£Dn« 
deur. 

Ce fut alors qu'on découvrît le fol d'Her- 
culanutn,& depuis ce moment jufqu^à l'aa^ 
née; i754> c'eft à dire en moins de quin- 
ze à leize ans , on dégagea de ce terrein 
un.aûez grand nombre de momimens an- 
tiques pour en compofer une Galerie si la^ 
quelle on croiroit que plulieurs Monarques 
ont confacré leurs tréiors pendant le cours 
des fiècles , fi Ton ignoroit Thiftoire de la 
découverte qui , en immortalifant le règne 
de Charles VIlL & les foins de fa mu- 
nificence Royale, à mis fous les yeux dé ce 
Prince une ville entière où l'on a trouvé 
des Temples, des Théâtres & d'autres 
Edifices publics, des Maifons de particu* 
lîers , dés Statues , des Peintures, des Uten-^ 
ciles, des Médailles / des Bronzes de la 
plus gtànde^ rareté , des Marbres ks plus 
précieux Sec en uq mot des Antiquités de- 
i . i. tout 



jAKnsR , Fev&ieii ,^MAas. 17^. $ 

tout genre , Se dont jufqu^à ce jour la (bur* 
ce ne tarit point " 

Mais i} ne Tufiffoit pas de pofTéder ces 
Ahefles. Il étpit de la gloire du Roi , & 
ocfjn zèle pour les Sciences ^ de les faire 
œonoître dans toute retendue de TEmpirq 
«s Lettres. Loin de. sy refufer. D. Cahlos 
7 a contribué au contraire de la nunièrè 
^ mieux ailbrtié à la majedé de foiî rgn^. 

Dès l'année 1754.611 publié par Tes or-: 
^esie Catalogue des Monumçns alors de- 
tores du fein tf Herculanum. C'eft Je pre^ 
mier des deux oflvniges qui comporent le 
titre de cet article, ouvrage raagçiifiqûë 
pcmr la forme, & très - bien arrangé dans 
les diverfes partie? de fa oompoûtion. Otf 
ytioir^e unlnreotaire en Italien de toutes 
les cnriofités, qui, tirées des reftes de cettç 
ville, âvoient été dépofées dan? la galerie 
des. M. diesdenx Sîciles ou dans quelque au^. 
trç de fes appartcmens. . Lé tout ett arj?apgé 
fous VI. titres; le premier des Peintures 
aa Donihre de 738 nuniero5; le fécond des 
Statuej de Buûes tant dé métal quç dé, 
marbre avec les tètes, les bas reliefs &C; 
aaaonibre de 350 numéros; lie troifi^mè 
tot^afes de bronze comprenant 532 nu- 
méros, d'irgént 54t de verre 137» & de 
terre ^92, en tout 9151 le quatrième des 
Tr^ds compofé de 24 numéros ; le cinf- 
quièmëde Lampes en 163 numéros, &. des 
CianSriiets en 40; le îixièmç enfin de^ 
fiécct «r^A^/» utencilcjB, meubles, inftrui 

A3 mens, 



B BiBLIOTHEQp'B DBS SCIBNCES^ / 

„i£iett5, figi^es i^mmzux^ Ornemens, ou^ 
[ Vrages ^ médailles , pierres.gravées » infcrip^ 
tions, âcc. le^idut môàtant à 732 nume- 
fOSi Note2^, :^édans ichaquc titre lesNu-i 
meros compreniïent fauveat^plu£euis pifi<> 
ces fembIsèleS) mais iisujouxs bien; deûg^ 
jiéés non feiilein^t|tariietirjEnatière mais 
M\i(& par leur f(»mev fait: étendue^ £bit 
j^anteùr ^ (dt figure), ^;foit couleur i^ fait 
qualité fpec^uQ. '.Quelle immenfe bol* 
leâion ! & cei d- efti qu'un coinmeâcement^ 
Auflî r Auteur fdc Hiiîeciùaire M: Baiulr.^ 
3DI «e donnc^- t-fil acB pnemicijTanieiique 




cbîque clalTe à mefUre/ qu'on jdécouvcira^ 
qu^dâ recùeiUtf» & ^'onaipangoradenoùt 
vdlês'-tichelfe*. . .^ > /• 1 , .\ .0 .'.:': . * * 
Il faut ($ae n^ ajpûtions y que dans' Je 
dénômbreinenî des curiàGtés de: Da .dernlb*^ 
. re dàïîei, lorfqu^il s'en trouve d!uné fîngu* 
^itë remarquable > l'Auteur a euToiadér 
l'indiquer. Par exemple il annonce N<^. 500 
dés il^x à jouer d'yvoiie &, contre PopinioU 
communs, tout-'femblables 201% nâtresu No« 
498> 499 desGâi&iiidVinaniE^ liâes,i& 
admirablêmient ttav^Iiés. No. 4,94 quatre» 
morceaux de Pain ,^i , . iienque xôioits 
en charbon, fond voir fenûblemeait à:^ 
grandeur des^ yeux; de> la midte , qnç tc> 
pain d'alors étoit/fort.fpongieux & levé 
tomme le pain François d'au3ourd'faa}.iH.?^ 
4()8 oAze frunfs ^xm^n cji^rlboftt d'uod 



idpëce qui tie'Theifrit'ifa«s le^findgedb 
Vfiatpks que vers la fin de Juillet « d^au^ba 
peut' conjeâhreif 6»: aucrl' te^is to .iâl|e 
(THiïculaauixi fut engtcRitie "p» le trén»- 
)ilcm«at dé ferre \âtiU^iiiéétbu9taéRt^ 

liMis tout prébfecix quï^uit oe:Gitai^ 
gue^ il exV!itôk plutôt la cUrMté qufil::ie 
la ratîs^ifoir. U aiiiiJinçciit* diftiiiâsitisiit 
fexiftencé dèis thdisrmals il ne«lea 6^ 
foît oaâ^mVdhte, & )99^Uiecur»ix«. 
tendbi» <i6 la géttërofit^ ^du^Kordes^idoDk 
Sîcil# ' q^il achiev^ de ^tgoaien-fon: ' a»le 
poui^-lé* prtigrès de^'i^rts; en cdsnmmr 
dant'auBttrrin^de dottuer <ute * notavtilQfVle 
aux Monuniens antiques qu^tt poflldovtfe 
en c^^dÈgefM'ltÈSzv^ 
accompâgÉfèrlft rep^éftntats»' des tétna»- 

ques sécâraite&v poQr sicRn^ 

Auftque lé& eftampe^ ^^ariescdeQtauaoyeiix. 
C'eflr^le flîjèr <rd» fecôbd^ â»r<ef(i.vraig4; 

qu'oa V^yir^ortitre de cet Artfde vr^&iquî 
a été puiilië par'iesr i^eadéntitiedis def rN«r 

Îles, "fi eflf (técbr^^d^ Veautponra^'dtt 
loi 4!es aèrt'Sîi^iles: rApr^ cdaififdeW 
une @arte.égaièiifent^iftîJt6e i& détaiiléle . 
du <6Mphe'dé^>fsfpIe5, & tout iéfukiiSc 
prâèntèfaf cetit trente^ fix imoibaïax fana- 
tique» /iSN^lrd*abDfd cinquanteTableaai 
qui êxpf il^eflt li» peiumires ïts "plus L cùif 
rkAofts d^ PHérbulàhmr^' dans f tn«ice - ikir 
Tant Y tes Mom^fc^t^ne» , i^hiftoiie & la fa^ 



«0[ , BiBtiônl4.0H .Mi ScBRcsi^ 

.fd6,les jeux(Pca£viS5 qoelqucs pièces ^^ 
dâieâiire &c*:JiLvee quelques ntorceaax'Ë^ 
|m>tieii9* Mais ccnnnie il s^dltcouvé qôanr 
^té d'objets tiop petits pour donner des 
Planches égafes ou accordantes^ aux pre* 
mîères, on lésa r^réfentésen façoiidevigt. 
nettes au haut & au bas tantôtide ces 
Flanches» & tantôt des Explications. Ce 
font des payfages, des marines ^ des fleuris 
des fruits , des animaux &c. & il y çn a biea 
«ne centaine. Outre cela les Lettres grif- 
fes de chaque explication ol^Sfent :tufli de 
petites vues, de petites pièces d'arohitec* 
ture, des marines &c. le tout derinvea^ 
f ion & du deflein du célèbie vanViUlU^^ 
Architeâe du Palais de Caferte. . 

Quant au travail dés Académiciens, • il 
<!onMe en quatre chofes. i. Us marquent 
ie N^.du Catalogue dont nous avons par* 
lé, auquel chaque Planche fe rapporte. ^ 
Ils expliquent le fujet de la Planche ou Avt^ 
Tableau, s* Dans de favantes ^ ^xar 
fcreufes Notes ils prouvent, ils difeutent^ 
développent, & appellant la mythologie^ 
l'hiftoùre» lacrkique^ la pfay fiçne , & des 
!A.uteurs de tout genre en témoignage de Iz 
foliditéde leur explication , ilsl ne négligent 
rien pour la mettre dans tout fon jour, 4. . 
Sous le titre de quelques obfervatiohs , ils 
finiiTent par donner de même une courte 
explication accompagnée dénotes fucdnç- 
tes des principales vjgaett«l dont nous a^- 
.voii$ fut 2^eatiQp^ 

Du 



Ita côcé{dela Typograi^hie» PouTr^ge 
is& d'uae.anagnificeDcerRoyaIe. Et fi» par 
rappoit à la grayme, tous les morceaux oc 
linit pas; d'une égale pçcfeâion , chofe im<-^ 
polfible piûsqu^'ils font de difTéreos. luai^ 
très, fûrepient au moins iconviendra^U»! 
^e de ioDg, tems il n'en efl forci d'Italie i' 
gui Teipportçnt fur les Tableaux.de ce 
précieux lecùeiL 

L Quatre Afo«orr(7wfj^ ou Tableaux d'ur 
K feule couleur comruencenc la fuite des 
cinquante planches dont ce volume efl: 
compofé. Le premier, découvert en 174(5» 
repréfente cin^ femnies , trois debout , deux, 
fur leurs' genoux detant les autres &. 
jouant aux oiTelets. Leurs noms font ér 
crits en Gcec fur lepr tête. Ce font La* 
tojDey Niobé, Fhœbé^ Aglaé, Àlleaira 
ou Hilaiia ,. nommée par abus Dejanîra 
dans le Catalogue . N<»* 73 f- Au bout du 
tableau vers le coin à la gauche eft aufli 
le nom clu Peintre Se de fa|>atrieen ca** 
i'aâères Grecs. On y lit Alexandre Afbe^ 
men$, mais.il .auroit bien dû écrire de mê- 
'me qsei etoit fon deffein dans cette pièce. 
Lataoe a rair morne & dédaigneux. Nio« 
bé lui doone^ la main avec, empreifement. 
Phœbé lui teod de longs . bras ; \çs deux 
autres font feparéespar une des jambes de 
LatoQC qui ei^barrafle leurjeu. Point de 
pcripcflîve , & le defleîn n'eft rien moins 
9ue beau & exaâ- Le fécond Mbnocro* 
me repréfente Tb^fée attaquait k Cen- 

A. f taure 



tiure Eurytc qui veut infuker H^fp^ioda^ 
mie; il le tient d^une maia par'les ch* 
veux 5 de l'autre il va le percer pu le frap- 
per de fou épéii. Le fujet du tr^iifètnç. eft 
unç 'Enigme^ les. Académicien^ fichent 
inutilement de la deviner. " Le qùairi ëmè 
T^réfente Une îjfxnt tragique êompofée * 
trois Ââéurs. Leulr attitude éft afiez' mâii^ 
yaife^* de longues robes leur càûvrefit^juir 
nu*aù talon; les cheveux du preniier «>nt 
cpars; tous ont le vîfage lugubre,- ils pa^ 
Toifleflt jetter des cris; pleurer &Te lamenter. 
Ce qui faft le prix jde ces quiatre pièces-^ 
ç*éft que ce (ont des deffeifls fuir rnârbrej? 
or jiùfqu'ici tin avoir doute que les Aacîere 
fçuITent trayâirier fur un pareil fond. Pliafe 
fembloit ^affirmer (i), mais tm -dMpxh' 
toiti/enjfin» ydcf des faits , la quéftipa^'éft 
décidée ,^ on ne dfiTprterà plus* • * 

te parfaik^ & ^i ojït doitné de ;g^and^ 
.planches.' H:^ e» a 48. tes deux plus 
grands n'ont pas cinq pieds de' haut i^* les 
autres n*en ont pas trois. Ou ne ^alfeoS 

Sas ftiis doute que nous en donnerons iéî là 
efcription. Il faut la voir dans lelivrc; Le 
jugement que* les favans Académiciens ea 

1)ortèiftr nous a paru irès-judideùx. A par-» 
er enjgénéral, on rectxinpit dao;? prefque 
tous ces Tableaux une main de Àfaitre» 

♦■» > » ..... Jll 

' (i) Hift. NéI. m. XV. c. t. xxxin, e. 3- 



du génie , m deffèia pur âc correâ , là 
plus vivccxprtS&m , une Jbaière grai^ 
& nobfô quand il le falloit 

Le pfemîer f^iéfcmeThëféeraiiiq^^ 
du Minx!>taiure. - Il y a beaucoup à appreit;- 
dre & à admirer, foit dato'retpu'efiion, foit 
dans la diftributi(Nr du: fidjefi; Le iiKHiftre^ 
fartout y eft ddfiné & peiat-avec uneial^ 
telligencje încompara&ia -:.:;. * 

Dans . le tabiete ' qot fait? Sb oui fe v^ 
Telephe fiis d'Hercule àllané -par une bi* 
die, ^i()y a' qoéli^ae diofe à coir^ dans 
quelques têf es & à redire à la compoiitioav 
ie deilein*eà eft d'srHeurs trës-1>on: La hU 
che, Pîiglè & le fîori^ qu'on remarque (hrle 
devant du. Tableau, font d\ine graodb 
-beaiité; .-j /. i. • .^> ' ' . n . . s 

Deiix lrQ^es^^(£es auffi tièls • beUes, 
lepréfetiteat Time le Centaure Chiron ap- 
prenant à Achille à jouer de la lyre, l'autre 
Marfyas -qui Ifbràie le jeune Olynbpe à 
jouer de la *âutt& Nos. Académiciens 
ibiipçmnait qtie cM une copie de deux 
grouppésdemarbre dont Pline à fait mei|- 
tion (a).! 'Il y a des grâces», de la dou- 
ceur 9: &;de'la!':m^efté. On y lit dans les 
yeux des Maîtres le vif intérêt qu'ito pren- 
nentV&rl'iàftrudtibn deieurs^lèves. Achille 
eft la.'pkis <^die ^< k ^s délicate figufae 
que l'on pbiâfe! imaginer. Çt& m tùiiàk^ 



' 'i* ' v*'"' ** 



Je 
. (8) i5#, 'XXXVt <?. S. - 






» BBSLIOrfiEQ.^E fffES SCIEIICES, 



jbe 4/e:la anuiifere grande & fablime cjui ca« 
f adtérife le goât antique & qai le diftingue 
du moderne. 

' Les connoiiTeurs font grand cas d^ine fi- 
gure qu'en croit reprërenter Dîdon. Nous 
airôos été ot^igé de faire plus d'ufage de 
imioi que.des^yeilx pour y reconnoître cet* 
.lie Reine infoitunée^ mais nous avouons 
que l'attitude de lar figure a quelque chofe 
:d&.grànd^ de touchant ^& que la tête fur- 
lout n'en peut qu'être Touvràge d'une main 
.également favante' & délicate. Qu'il y a 
,de. douceuf encore & d'êxpreflion dans les 
deuxpeintuiresoà l'on voit des Faunes em* 
brafler des Nympbesf & dans quel détail 
jto Jious jetterions - nous pas il nous vou- 
lions rendre ici la defcription des douze 
^gures dont ^atre repréfentent chacune 
un Centaue ou maie ou fémdle, & les 
.huit autres des Nymphes^ des Danfeufes^ 
:des Bacchantes &c? Toutes ces figures 
.font pleines de grâces & d'él^ance. B 
ne fe peut rien de plus anime ^ de plus 
piquant.) &: ce qui en- augmente le prix« 
c'cft l'éclat que les couleurs y reçoivent 
du fonds noir fur lequel ces douze figures 
font deflînées. 

AvertiiTons pourtant ici que la plupart 
des Tableaux d'Herculanùm n'ont pu 
confover au grand air la firaidieur & l^ 
^livacité des couleurs qu'ils avoient fous 
terre. Dans quelques-uns elles fe font ter- 
nies^ en d'autres elles oat dîfpara On 



Janvier, FeVrisr , Ma&s. jj6q. 13 

tiche, dit-on^ de prë venir pueii aecklefit 
au moyea d'un vernis. 

m. . Mais retournons à la faite de 
cette (Mrécieufe colleâion. Âpres les Mo-' 
nooomes & les Pièces d*Hiftoire & de Fa- 
ble, viennent les Jeux imfans. Ce Tont 
des dfpèces de Bamboches 9 desCaricaturts 
ou l'on prête à l'enfance les occupations 
& les plailirs d'un âgé mûr. Ce ibnc de 
petits Génies ailés. Les uns métamor* 
phoiës en menuifiers manient le rabot a- 
Vec aifance, yy^ transformés en cordon- 
niers , font des fouliers avec grâce , &c. 
I«es autres fe divertiffent à des jeux qui 
amuCent encore aujourd'hui les enfans, 
oii mènent des chars traînes par desGrif* 
fons, & par des Dnuphins» mais dont la 
chiite les réjouit. Ceux-ci courent à 1% 
chaflèy ceux-là touchent quelque in(lru« 
ment; tous Qnt dans leur aâion autant 
de naturel , de gaîeté , de fett (]u'il y a de 
correâion dans le defiein qui les repré- 
&nte. 

IV. On ne fauroit dire la rsAvcut chofe 
des lîx planches d'Ârchiteâure qui fuccè- 
dent à ces rians objets. Ce font des Portiques 
fans fymmétrie, fans proportion, famt 




peinture de capri' 
ce^r dont le defTein & les couleurs^ nous 
dirions prefque & les colifichets, jettaflent 
quelque éclat II y a pourtant à obferver 

& 



14* BlBLIOTBIKiLUIl: .DB8; SëlUfC^ ^ 

^ à.-a^mire: dafi$.<^- édites. d'Im^g^a^ 
tion ^ fur- tout quand M i^ étudie avec 
ks farames re|pai;qi]€s d<$s habiles Aceadé^ 
l^ien^ d{*.Nâp!^ :. Pline-î&'Vltwive y. 
ùmt eKpjiq^s, qildqii^ modernes itâifi^' 
hâ^, foiifce^ .i^e rÇruditiopidtnscc gçnife 
judicîeufeiQent puvertjçs. : .. > * 
. Keuspa|ropsfous iilenc&.dwk maurai-^ 
iiss J^anciiés çlè/iiiârine pu l'oaa vbuliu .T0^^ 
Pimoter ^uj^lque^ camb.at, narai^. Ce font 
qcs Vaifleaujc ^ù ;pn jpe remvque qu'un 
fpiù rang de famés & point d'étages. Ici 
encore rérudition des Acadënuciens fupn 

?îèe a^ pfu de génie & à.Ptiabileté de 
artiite. »• • • 

Une pièce lymbolique ieur.fiKCcde îà 
ia Planche Xl^YIL On y witiiin P^rro^ 

rf g^açieufement dQfnné.i& tirant un jâ<* 
petit cbariof j> que conduit en, guife 
de cocher • une jàtt/<re'û(P. Les .rônqs jpaf* 
lait par le. bec. du. perroquet^ la *faa« 
terelle les tii^tdgos la bouche.. Ces:ro« 
pté&ntations ia^IIégoriques font aflez cova* 
xnunesTur ks'pien^s imtiqaest (3} & fur 
lès médaiiks (4)- . MM: les Académiciens 
de Naples oonjeâurent ^ ^ue celk^ci eft une 
fatyre parlante & relatiyç i quelque fait 
particulier^ où Toa ja voulu exprimer foùs 

':',•• r .• 1 rem-, 

' I ' 

. (3) Vid' Aoguftm Part. Jl. p/mcb. 143, 

(^4) Wolfgang Lazius Gf'^c. Ant^ Lib4 H* c. 2é 
iat. V* No, 9» 



jA|inW^:FfiV#H»y I^M^ fJÔO. XI 



Bead}Iéfne ftûncatiooaéije- caraôèr^ de 

comme fai âeterdle gQuv^eme ici le p^o« 

<|àct Peut4être;mém«. >} 9TPit-il dluis.l^ 

iioin8><ie ccsijuimsiixrqiielqueichof^ 4t 

vditif aux. ooms^^des d«ix perfcoq^ges en 

gueftioB. On (kitjKur exeiMl^ qii^ fousl^Ëm- 

pzredeMerpttjiy. a?oil: àRojniie une célèbre 

eiq[ioifoimeiife appeUée SaitfercQe (LiOcu* 

ib).:doixt ce^moimre ib fenrit pour fe dé» 

finie îde CteiJr &.<k Britamcus^ & que 

piuIienisBames -auploycrent pour fe dé- 

tanafi^deJeuBsntarisjT;^ Ijeuxoutro^ 

aiitas.piècfiC) quiitft iignifieot p9s gr;md' 

itbôiê luccèden^ à c4tte ifigoie éûigmati»- 

fl(oe. Ce nîcft pas J? pciàrde sVatrctcrw 

• TS. La dernière planche contient xxQtsmor^ 

veaux ÊgypiaUi Le premier «rffre mi édi- 

«(se iitftiq[tte}fur:4e bord durJJil, un bippo- 

potame,un crocodile, un canal^desaxtira 

•A^qoélques ^danÉes^^MerXôut' tfùn^ goût fort 

griraSerj Les deux aiitres^ piècsôs rej^éfen- 

iciat iiis j& Ofiris; elles ne montrent i:ien 

d& flattemr À^ia , vUe j idea xle nouvcttu à 

- Il Hwsifefljfe à diràtin mot des Payf âges, 
des Manneâ 9 des Animaux^ de^Fii^uni^ 
& (tes Fruits, qui remplirent les vignettes 
de ce Volume, vignettes deux, fois répé- 

técsV 
(s) Tadt. j^nsii. 007, W, Xilï^JS^ Juvep. 



î^ BtBLIOTHBQjtm EfBS SciEHé&S^^ \ 

tées, ce qu'on aurbît pu ce fêmble ëVîtef- 
Les Fruits.) lès Fiètrs, & les Animaux 
font au mi^x ; ce font déà morceaux 
d'un goût & d*un fini âdmiralbie: Les Ma- 
tines ne font qikf/deit portic^es ^ des mal* 
fons de campagne .^ des ruines d'édifices 
placés au bord 4t la mer; la Htuation eu 
efi: bien prile* , Tordonnance bonne ^ Iz 
petfpeâive fiMiflFràbie. Pour lesr pïQrfagcà on 
y remarqq^ biett' de Teljpnt & dt Ja iégè* 
reté, mais rien de fini qui approche ,éa. 
moderne, foit par raport aux lointains, foit 
en égard aux points de vue V' aux jours, 
aux décorations. Ge ne ibnt guère que 
des maifons au bord de quelque ruifieau 
ou de quelque étang ; ou encoi-e des ruines 
de tetpple ; il y règne une féchereifé & li* 
ne monotonie infupportable, ian^ . attend 
tion fouvent pour les loix de la perrpec* 
tive. 

En général , tes Aicaaémiciens àt Na* 
pies décident,quecesiègIesiiéire)Qtidles|E 
la Peinture, quoique mal obferyées & plu^ 
tôt indiquées que développées, dans les jfaU 
bleaux d'HercuJanum , n'y ont pourtant pas 
été tout à-fait négligées. Ils y trouvent dit 
«moins quelqqe dégradation <S; dans les cou- 
leurs & dans les objets, iliiniî on ne poufv- 
ra plus Hlre, abfidument parlant, que I^ 
i Andens ont ignoré lafcience delaPerfpec- 
tive. Nos favans Auteurs renvoyent là- 
dcffuî à queicjtics. paflkges de PhiJoftra- 

' :\- ^ te 



jjufviEA 5 FfivAiEK » Mars. ij6o. 17 

te & <Ie Vitruve, (6) en faifant attendre 
de kur parc de plus amples éclairciifemeûs 
fur cette matière. 

Noos venons de parler des coaleurs: Il 
cft i remarquer que les Tableaux d'HeiçU" 
laDoni raflemblent toutes les couleurs coq- 
iioesdes Anciens» quelques- unes dont li 
compoiîtion nous feroit peut - Are aujoor«i 
d'hui impoffible, &quelqûe-foisdan^lei]r 
emploi des demi • teintes aufli habile- 
ment exécutées que nos meilleurs maîtres 
lauroient le faire. 

Mais ce qu'il y a de plus iotéreflaot en- 
core à recueillir.de Tétude de ces Peintu- 
res, c'eft qu'elle décide une queflion. jvrf-- 
3a*ici toujours débatue au desavanta^ 
es Anciens , & injuftement En même 
tems qu'on s'accorde à leur fefufer toute 
connoiiTance de la Peinture à hui(e^ â:à 
borner leur art à la Frefque & i la Dé- 
trempe 9 on a (buœna que jamais ils ne f ai- 
foient mage que de la Frefque pour F or- 
nementdes murailles & des voûtes ; defl- 
àndire, qu'ils n'y employoient que dfis 
couknfs délayées avec l'eau fur un oidui^ 
de morcier encore un peu humide, au lieu 
que dams la Détrempe ou peinture à gou- 
ache* on démêle îss couleurs avec de 
la colle ou de la gomme. II paroit aujour- 
d'hui 

(fi) Pfailoft. Lib. /. Jmag. 4. é'.ia* L$b. IL 
Jm. ao. Vitniv. Lib, L e. a, Lib. VIL frdf. ^ 



.d!imi .que citait un jt^gment pjitdpîtéL 
Xoufi i0U^i;cjqne.tQtuk$ T^^^xix^ jdofit 
nous venons de donner lu ^ocice, fe font 
Iiosiyés fûints en Aéuxtwj^. . . 
.£kux c]iares.ie.px6aT«ntfansxe{;iique. 
i* Fluifiéunt de £S&. Tableaux foéés. au 
^andjairfe.fiiot écaâUé^»^ .&.ia |9remiàre 
cooieur aioi} enleicée, en. a laiffî voir 
use ibeonde^u^jelle £QUvrok,fans que fcn^ 
dùit ibit. aucuflfiment cndonunagé ,; or 
il A^eft-pas ^ffibleique cela arrive, dans la 
Frefque. VitruveenadoonélaraifixiC.?}. 
|Les couleûcs délayées dans Teau puce y ibnt 
knbibées par i'enduit de cbaux.&de (ablc 
fw lequel on lesitend^ ellesJe pénëtrenttfi'y 
încorporent & ne peuvent ^eâ détachér^à 
moins quML. ne: . fe . détruiTe. 2. . il n'dEt 
pa&mpios certain 9 cotmme Pline l'aremar- 
:mé y i}ue la. Fresque n'admet pa& toutes 
-jortesdecoûlçurs (8)).& que. fuif tout 
elle rejette toutes çeUe& qui font tiséies des 
minarai}x, parce ^ôe iéfi:lfleJia.diaxixies 
ferait .changer. Gepœdant on a Avù:ci* 
dèfTas qu'il entre 4saa 1^ Xableyuxc d^ec- 
fulanum àes couleuis^ de ^ut ordre.. •. II 1 

«l'y a donc plus de doute que ces Tableaux 
enlevés de defius les mursde cette aàcieA« ! 
ne ville n'aient ëté peints en déciempe; . 

( 7 ) VKrnv. Lit, VIL c. ^. \ 

(8) PJio« H, àf.Lii. XXXF. c. 7. XXSVîh 

il ulc. 



On 7 plbcàiiMC, à ce qae àoyent nm 
Auteurs , comme dans les peiâtmes^ bois; 
Quand l'eBdakétoirtâe&fôché'^onlecou* 
Vfoitd'Qoe feule oopleur tonte d'une ftitM 
teinte^ ordlnauremeat rouge , jaun^ , «g 
terte. iEsfiiitb fur ce dnisp en peigdéil 
modes couleurs diffifteatescomiDedenoi 
joQis;& iiy a tel tabiesu où on eâ d^n«' 
goe jafqu'à trois couches; xreiie de Ken** 
doit; enr jaune parexeo^ie, puis une 
bande xouge^ & là^deffus un teuiMe ou 

Juekjue autre figure de différcDte conteur; 
efoite. «pifon ^mt ijuclque^ fois dttfts^ un 
de ces inorceauxr deux cxwleuis deâiliëeS) 
eolerées, 6c la troiflème confervëe (Jtir« 
faitenïent. 'Poor ce tjui cftjde la Ft*fqtte4 
les Académiciens foupçonnent «{ne les Am 
cicos ne s'y prenoient pas cotntne muÈ* 
Us pentfënt qu^pi^s avok colorié • Feaduît 
d^ feule xouleasr V ils peignoient ftit oe 
haàs dès qu'il écoic fec , Se que ttès^raro^ 
méat ils ypeîgnoient des/per(onœ^« • Kkt 
ifdt ras ^'opinion commune j mais ^ ib y 
ûppoUait Pautorité de Vitruve (9). 

Nous nous arrêtons en cet endroit 4 mais 
ayant de finir nous ne croyonspas devoir dlf» 
fimuler qu'enltaliemêmeil apamdes rela^ 
lions peu avanta^fes des Peintures d'Her- 
colanuixi. Les Académiciens deNaples s^ 
plaignent liautement>& açcufent ceux qui 

'les 

(9) Vtanv. z/*. r/r. c. a. 



s. 



t9 .-iBlPLmliEax^^nBs Sruncsr^ 1 

ks OQt écrites de précipitstioaj&de témé' 
i^té^ (lo) Ecot- être méine pozteat • ils en c£ci 
tcufs vues au- deçà des* Alpes* Nouis fous 
i;2ppellMS m moins .que m. Cochm ^^DeCà' 
W^nt & ^Gcaveur-du Rm.de f rance ^ efl; 
. W. de ceux <itti a paflé des Tabkaiix.dont 
|l s's^ayecle moiiis d'éloge y &cd& ce- 
pendant après avoir .été fur ks lieux avfec 
M. Bellicard^ Ardiiteâe des Académie de 
Flcfenoe&.defioulogaev àJafûite^dç M. 
]e>Marqujs4(r Mmgnyi, Ccnuneces Peia« 
(ures ont été enlevées de é^^ss les nmrail- 
ksd'uB théâtre &.d'autifis.lieux^ publies où 
^lles tfétoient que de iimples embeUifier 
imens , il juge qu^on n'avoit pas voulu Ëiirc 
|)(^UQ<Kip dcjdépenfe pour.y employer: des 
mains habiles. Selon lui les plus grands 
morceaux ibnt ^ foibles àt couleur &.de 
9^ dejQeiQ* Il y a peu de génie dans ieus 
^ compoiition» ,& touiles ks i)ai£ies de 
M l'art. y font dans iinemédiocrité^ peu- 
^^ près égale. Îa coloris n'y a {Mnef^ 
5^ gue point .de variété de tons; on n*y 

- ^1 voit 

■ . . . . - • • • 

- {l6) Méat avoos en Françoli Laires fur té* ^ 

iÉ^ tt&ua de la Ville d^Hercilani , &c. Z750. in 8. ^' 

de 106, p«g. i2<cwV G^«r^«/ Oifiifrh^f&Cri^ ' 

l|/{ff^ i/ir Miy/ ce qi^ ai été puhVi . ii pfus-, rare fur ri 

la vilh â'Hereulanc^ pire éks.jiutiurp^.Jfs.plus^ ^ 

iéièbres d'ItaHe uls^q'uéVenùt}\Mdffei^Quirinr'^ ;Sfj 

Utigrade t €ori &c« Paris» > 754» in & de 135 ^ 

pages par Mr.Rfi'QViEa» - " - . y 



^ naît zxÈOJOt^ Vktt\\\fjSùQt ûâ clair ob^ 
„ icur. .... La compofiiion des figures 
M eft fioide &paroît{)Iutât traitée dans te 
^ gûûc de la fcuipture ^'avec cette cha«^ 
M Teor d'îmaginatioQ dont la peinture eft 
,) forceptible. On y remarqae cependaotr 
y, une maniae de defleni afiez grande. . .• 
n Mais ii n^ a nijufteffe ntâneflè danf 
» Je détail. ' i 

„ Les cfaofes faites d'après natnre telles 
9) que It^ vafcSii ks fruits, le gibier &e; 
^ fosnt peintes a.vec aflez de vérité ... ; 
^ cepcodant on ne ttmttqat point dans 
„ ces tableaux l'illufion qui trompe dans 
n les aôtre& On y remarqne n)éroe des 
,^ défaut de perfpeâiye zSkz c<»ifidéra« 

,, Lesnaorcauix compofésde très^peti* 
M tes^^res font aflurément Jes meilleurs...» 
„ As tont non feulement touchés avec 
„ beaucoup d'efprit, mais la manière eo 
^ eft excellentet & Jieur couleut très*boQ- 
n, ne ^ cependant ces morceaux font peu 
1, finis. 

,, Enfin félon M. Cocbin les Tableaux 
n d'ArchitoSuré font informes .à tous é- 
n gards. ... Ils font d'une compo/jtion 
n tout'à-fait hors des proportions de Vhi'^ 
H chitedure Grecque; les colonnes d'une 
,, longueur double & triple de leur mefure 
» naturelle ; les moulures des corniches , 
M des bafes^ ^ des chapitaux très-mal 

:B 3 « P^o- 



9^ BfBtionttém^B» SèEi#i5; 

* • , • • • 

ARTICLE 3ECQND. 

}oBi B A STB Ri Mei. Dcfl: Aeadem. 
Caf. ^çietat'. Reg. Lmd.t^ Holland. 
Sociij Opufcula fubçefim ^ Obferoatio- 

]■ nés mifceUaneas de Jmmakuhs & 
PîarUis quibusdam mariniSf emmqug 
Mâfîû &finmibu5 continètfiia. Liber 
Vrimus. Harlemi. Api Joannetn: 
Bofch 175p. 

C'eft.à<lire, 

• • • , 

• . > • • • . 

RfiCR&^ATIOMS PHILOSOFHiQVES &C. 0« 

Mélanges d'Obférvationf fur quelques 
Animalcules & quelques Plûsites ma* 
fines y ainfî que fur leurs Ovaires 
& leurs femences ^ par Mr. Job 
Bas TE a Doâeur en Médecine 
&c. Livre L - A Harlem chez % 
Bofcb 17S9* Brochure in 49. de 46 
fages accompagnées de VI. Plan^ 
tf6i?f contenant diverfes figures. 



Vu M 



£s obrenratiofis'^dédiées au célèbre 
.DE MtrssCHSNBROBK^font beau- 
coup 



\ 



K 



ccwp d'hoBoeisr à M. BAsrâf^, dooe msts 

arons' déjà cil plus d'une oçcàiîon de célé- 
brer la péilétration & los-conooiflances' 
dans cette BiWîothèque- * Eii les donnant 
d'abord en HoUandois , il avoit promis de 
les publier en Latin , & la thoC^ doit être 
d'autant plus agréable à tous les Gens de 
Lettres qui cultivent PHifteire naturelle, 
qu'en produifant ce premier Éflai, le fa- 
▼ant Auteur donne le titre des'matîcrcs qui 
feront l'objet du fécond. ' 

D:ms celui-ci il s^occupe des Plantes 
marines en général, des Coraux^ éçsKé* 
rafofbytes , des CoralUnes , às!& Alcyons. En- 
fcitc des Polypes^ de quelques autres ft- 
feSes de mer , de la fropagation & des 
ùvaires de ces Infeéles & de ceux de quel- 
ques CoqiHllages. Après quoi viennent les 
Banches trës-diftinaes & bien gravées » 
çie précède une courte explication d'envi- 
ron 90 objets, qu'elles repréfentent, 

M. Bastbh ne cache pas dès rentrée, 
qu'encore que depuis la découverteque M. 
Trembky fit des Polypes en 1743 & 1744^ 
lefyftônic de M. Peyfannel ftir la forma- 
lion de la plupart des Plantes marines 
par ces petits animaux ait été mis à la 
mode fe-tout par MM. EUis ^ ScDonati ^ 
il ne lé trouve pas encore porté à ce de- 
gré d'évidence qUe l'illufte Reaumur y au- 
roit fouhailé pour l'admettre. Non feule- 
ment il ne trouve pas qu'on ait fait af- 

B j fct 



9^ BflAipoa^iQPS AIBB-SÇiqWty 

fct, d'W^fimff» fur lit matièiev m^i^, 
cdi& qu'il |r. a faites lui-même ^'onf pas 

qgiftieg^çoros^^^Q^cs mariae^ydfss mol^ 
les^>u^0exlbles^ des li^euie^ /des plenrai*' 
fès, & celles iqui font mtréie^ri^aieot'fpofio 
gieufts- Des premières ^ks unes^oat des 
^oîiks comme quelques ^^^^i^uelquçs^ 
y|<c7rxV-Jies autres n'en ont poiiit.G(>inia&ies« 
i^f(fffges & les alcyons. On raag&parmi- les- 
liepçufcsyles Utbopbjm^ i^Sif^t^^^e$ 
d^diveiieS'Cfpèçesi pàirmi lespiemuiesylea*^ 
Qpràux^rks Madrépores , les C/bampigùons^- 
^cl parmi les fpcNQgieurês- 1 les Jkyons^^ 
911, durs^ extérieurement, fo^intérieiB^^ 
ment fpo^gieux Se un peu ;nK>ux. . 
; Toutes<^ plaates^ marines dif^mt^dCV^. 
lentiellement desj>l9ates terrefires^^^^Ge^ 
Qu'^s a'oot point de racine pai^ ou^eUes 
6 nourrirent. Elles font bien adhérentes, 
auxiocheis, aux pierres » aux coquilles ^ 
&1 d^auives corps foiides^ui ie trouvent 
dans le fonds de la mer » maijs ootCdSi ^^e 
limple adhéijiony elles n'en ticeat ai fuc 
ai vie. Ou bien, on pourroit dire qvie de 
tous côtés dans l'eau qui les pénètre pas 
tout, ces plantes ne font autre juiofeqiie 
des racines que cet élément npufvit, Aum 
pjeneâ^ une plante marine iéo^ & met*», 
tçz-laàdemi dans Peau rde imet-i la par* 
tie qui^ fera plongée reprendrst fa forme,, 
celle qui reliera hors de Tcau demeurer? 

fcche^j 



f^die, &^fl ne fe fera p«i«r><te cketrit*' 
tim. M^ de méflgœ ^ l'aâr donti^Kme^ 
infiniment à PaccroijSèmest 4S:^ fa beaiM' 
do plantes t(!rr^ie&^ iliTe peut fort bien 

Îe Pea^ de hi mer ^ cfùt de cf^pitjaoïais^ 
qui diark (tant ife particutcs Aétéirâé**^ 
i]er,conteibuéanffi à l'càcpaiajfon des plm^^ 
tes zntt'iBes^* quokjiie' par 'i2â> tout auti^ 
niédtanâbie Mi Pontt^idan'^ce' Pjélgtt' %^ 
oéièlare'Gflr JPanrieniarc &à cp)} toutes ies^ 
faâces^ pftrtkûitèietoest PHifloIre natu»* 
leHc ont tant d'obligation ^ parte d^ia S:^* 
tb&pbyte^ dont Je$. branches étaient dn dîa*-^ 
mèt^edefi^pei»^, & d'une au t«5 plan-* 
te marine qui avéîtties feuilles d^une au^'' 
ne de lattge & de 4 & demie de long. 
'Toutes les*' plàiites) marines font eryp0^ 
fai*fx'fc'ieft-à?dîrei de Poréredes plantes qui 
ctdieatlottr. fleur dans leurs, feaîlles ou' 
dons leurs: fraits. Pienea^ des fenili^ de i?al-^^ 

geoa da'chêne mariniau^moisr de J^iltet' 
d^oût^ vôn» les vei^eatr remplies de yé- • 
ficuies - rondes^ qni en ibnt comme les^ 
fimts« Un rai attentif y cbiooûvre de pe*- 
titcs femcnces qui i un bon microfcope ne 

montrent quhme très petite goQtted'une li- 
queur gelatîneufe ou glûantei Telle eft* 
pcnt-êtie la: fembncede touteffîes plantes 
marines conmier liéiâM»»»^ ¥x conjeâu^ 
ré ( r > Màfe iiaiut ^ii que cette fem^ice 
prennc^toujoutar^^une çonfiftenceîfolîde vou ' 

0/ Meà-vde: Mcsd. 17:11, 



ne çourroît-^^B^ptis'cotilbrvér (iléconiitt 
quoique fluide? Odl une qaeftiOQ que pro* 

pofe M. BASTfitl. * 

' Des Plai^esen^énéial il pafle aux Cmifatx. * 
Le Comte 4t Marfig&y t^fcàtvu &fait 
v^k des flcors: ces neors fe font trouva 
^P$fypes, yL.F€yfonnel Pa décourert, no* 
tre Naturalise ea convient; mais il fou* 
tient qu'on ne peut iion plus enoonciune 
qpe ces fdyfes ont formé les Coraux qaVm 
i^ dit que certains Cbampgtmns ont été 
ftfodttits par dçs vers fous ombre que 
toujours ils en fourmillent. Oi^ objeâe les 
co^tllages, les moules }>ar exemple^ qui 
dans leur naiflance font u mous & qui en 
c;roiirant deviennent fi durs; mais outre- 

S'il n'efl pas pmdcnt de fe foren des cho« 
II peu connues à ces raifonnemens dV 
nalogie ou de comparaifon ; outre que ces 
qqquillages fortent de l'œuf avec leur mai^ 
ibn en petit & qui ne &it plâs qiie croître 
& durcir à mefure qu'ils g^ofliâent; outre 
cela encore il faut renparquer, i. oueles 
coquilles ont toutes été unies en dedans 
rar la nature pour ménager le corps dé* 
jicat des coquillages , ce qu'on n'obferve 
nullement dans les coraux. 2. Les po« 
lypes ne s'y logent pas dans le cœur de 
la plante, mais feukmeot dans les extrë- 
mités des branches ou entre l'écorce & la 
fubftance du corail. 3. Jamais les par- 
ties du corail ne font molles ni pliantes 
comme les coquilles dans leur origine. 4. 

Les- 



jAmnnTr FfifXIER, Ma«9. zjiso. 

Les polypes nV ^^ P^ phis ou moiiiâf 
gros à propoitioa que la braflche où il» 
font oichés eft 'pins ou moiAS épaiflc; 
Et toat cela néanmoîni deviiûk ^trc , ce 
foid)ley ûAesCwaiacé^knt ybuvrage^^S" 
Mffes comme -on- le fuppofe.M.BAST%:!flF 
jbqpçonne qu'ils n^en font que l'habita^ 
tkm; que ce font àsgFotffet qxA de Ï€ùH 
cettoUescbuvient l'écorcediiG^râii/jaiflA'qtie 
cdks de tant d'autres 0017» >• & des PotjpeÉ^ 
cQOMre qui ren^ilfe&t tes cavités de fes 
braoches, mais que ces. deniers font d^-' 
ae autre elpèceque les i^ei2iiers,plus eros»- 
plus approcitans des otties de mer. U les^ 
compare à ces petites Cir^j , ou aa&r^ 
ngrd £Bgrmit€ jopi vont fe nicher dansdet 
coqoilles vizides dcslimafons^ondtsèucnns^ 
& qui icntnoit toujours dans la même. 
Cependant il ne décide rien: il ditf<Aile* 
ment que. la fermatioa du eorait ne lui 
paroit pas auiB éciaiicîe qu'on le penfe ^' 
&que , il on la.doitàdss Pofypes^ c^ft frfu-! 
tât à ceux qu^n a pris pour des fleurs & 
qui occupent' la pointe des branches qu^- 
ceor quiooavEeotle ccMTps delà plante &- 
des branches, parce' qo'oia en troure de 
femblables fur les MaàreporeSy les l4$b&^ 
^fes& aitleuis iiir des pienes mémê(2). 
Il famkoit quis dans la méditefranée où fe 



(a) Marfigli fiijfi Phyfijue tt9 M m^r , p^v' 



où H 7 » .p^Qi^ iaidiLidire 4es (fiiêi^ de>^* 
réût ki^iic ^ iîm cH^moÊMt ifii eV> point 
de Cffvii^ fiw i9â>reei ira J& Je^lS^^r/ idoât 

çcorçfs Qfi ' .^oAviàit ^ qftlleUe o^il ^^le l'oiH 

de pcpi^^ofypef morts âr>^MRkobte daiitt 
Jb^s icdl^kLes. Ob isb}a^(ydÉos^^(eM-a^ 
vccto clQigtsy;>&.'\auK4fe£53^ fe rieourerlé 
lK>ts tf èn-uni i muisioirae te aeinaàiaejfâis 
la mo.ùidra itraoeode. cofXliMBKdtioaiamc 
cette i^eoicet iCe pjaçnotnèaeiliès -i«réi^ 
a fait onitm ptesi d'une 'utbtioaà iMM 

4amte£i^'rihip^^iic0toc toot^eft^tfouimu 

>n'a^eii{p]mî iuci|iie trft^e. de catmmtini«H 

TùcH wtivc'tjil ;qae>noltrfimlem8iit<;l'âcor»- 
ce dfvjotteide/jjtnr^ c&. joor.pids quÉiife^ 
mais que de facur.s^éiDÀf0&^ auffip %. Cna^ 
meatle.iut-ii;^a'ii y ait^lea UtêMfiffèSi 
fans ëoonee^ 4s il'autKs qul^esidiœ ea 
place n'en ont point & n'en ont jamais 
eu? 4. Enfin, ce qui n'eft pas moins étran* 
Py comment, oooçoit-ûa X]u'il fe*tvoo¥e 
& c'çft m fiiit) de petite ooqufltag^ 



t 






hois4e:qiaalqn9s UtiopèyteSf ft le bois A 
l'écorce de ces plantes foatéffîcta&B^ foo^ 

ooqoillflges â|ut venus fe eoiler 4îir te 
Vokd'isi LMbfifiyteexin B'yaveitfoittci^ 
COR de Pek^s^ owx«ci s'y étaat^eoiuiÉO; 
a|f>llqués CT quantité & y armant OMltas^ 
plié- sboodiunmenc les y cet coufttt 
fixis leq^ ceilitttes» ton la ironie om ft^ 
cofce a été' fi»rniée{ mais fi le cout^rdl 
h produâiofirdes P4)fyfes^ U eft Moi difr 
fieile d'expliquer comn^ent les cofiflla^ 
^ fe 4ÔQt iAciodiuts encre l'àcûroe & te 

Selon M. EIS^ les QfraUkies^ ImJt^ 
cyens^ les l^i^m, les ^/xwgtff se IbnC 
que é6& Ppfyfi^. Mr. Baste» admiiete 
bdoy^vyagp^dufa^ftiit Anglais, maisiiiio 
laifle f>as 4^&pf&[tf des doutes biea qob&. 
dérabies à {on fyiléine. Quoi! fe yoittw 
r»it*jl ^le ces petits animaux coÉlpo;^ 
faffent eaot de maifons d'qne AroOsic 
a^iffi diffémice ^ue le font k^ Aùyêw ft 
les £/?^ir«^Mr exempter L'abeille «elîMH 
roit £ure des tiHies d'araignées^ ni ^«ai** 
gnéa-conlteufrc uneruche^ fepounok-Jiy 
qœiantét nn^ mime CdralUm {ûtl'oima^ 
ge unifotœe de différentes espèces def^^ 
;vi^& tantôt qw^^l^mêmee^cétPefy* 
fe QonStmiùt àffa CùrâlSnes d'toe ftnné 
teut- Afférente? ear on trouve en effet/ lea 

svtaae lôrtca^te^i^je^ filr 4es efp^ 

Corairh 



3a BiBLiomsQtJE ms Sc1£N(»s » 

C&ralBnes qui fe icflemblent très-peu, & 
nous ea avons compté jufqu'à $3 fortes 
isns VEffzi de VLEUis. 

Notre Auteur.^ qui eft' aoflî modefte 

JuMngénieux & éciairé^ propofa toutes ces 
ifBcultés& d'autres encore, par un Mé* 
moire à la Société Royale vde Londres. Oa 
le lut 1& 12 Mai: 1757* M. Ëliis y fit fes 
obfervatiomti là matière fut débatiue y les 
d|>rits fe trouirèrent partagés.* jqtiais. oa 
GQOclut que .le jpémpire de notre habile 
Naturali/le mi^r^toit d'entrer dans lesTVaiu- 
éiSioHs Pbijlofopi^uésj& il y a en effet é- 
té imprimé pour l'année. 1757, ainii que 
nous l'indiquâmes dans le trimeilre pré-» 
cèdent de notre Jouro&l. 

M. Baster voudroir.que, pour s'aifu* 
ret de la part que . les Polypes ont à la 
formation d^s Corallmes , . on tachât de 
prendre de ces plantes a vecienr matrice, 
qu'on les mit ainii dans des bocaux pleins 
d'eau de mer , que cette eau on la renou^ 
▼ellat de tcms.cn tems,& qu'on fût très- 
attentif à exain^iner . li elles y végètent 
ou non. Il, promet de fe prêter à qes 
recherches & de ne rien caobecau pu* 
blic des découvertes qu'il fera. Comme 
il n'a en vue que la vérité , peu lui impor* 
te que fes expériences foyent favorables au' 
nouveau Syftême ou qu'elles le détmifeat. 
Il range toutes les Corallines fous dçux 
çlaffesi les conférées & les firtulaires. Les 
Pieixûères véièteAt^ on e» çoAYiçatiXiUMs 



J^HVlBRi FsyRIEA, Ma&9« 1700. ^ 

il crpit avoir apperçu de même des indi-. 
CCS certains de végétation dans les fécoft^ 
des. Leur tronc groHit à mefure ou^elles 
s'élèvent comme dans les arbres & dans 
les plantes terreftres, ce qtu ne mène pas à 
CEûire qu'elles ne foyent que des polypier^ 
Les Akyons ont beaucoup moins offert 
de découvertes à la curioilté de notre Au- 
teur que les Corallines. Il en a obiervé et 
cinq efpèces dont, deux fourmilloient de 
^oljfes 3 favoJr la màn de ladre , & YAlcyim 
^^,& rameux. Tous ces corfKS ficigidierSY 
,& qufdn n'a pu juTqu^ci placer dans ^ucur 
ne clàâe, contiennent intérieurement beau* 
coup Idè cavités » qui fe trouv^t^pleiocs 
d'une eau falée quand on dilTèqûe les AI^ 
cyins au fortir de la mer. M. jB^asxe|. 
Vêtant avifè d^examiner desgouttes de cel* 
te eau fnr une lame, de verre • r^parqua 
arec iurprifè , qu'au lieu d^ Isiifler eâCe 
fâ:&ant de petits criftaux cidbiqueStOupn^ 
â^ques^ elles s'y iechoient en forine 
^^ubuftes & de planites, dont jamais il n^s^ 
^^^ya des femblables dans aucunç criûalr 

^ ift^Toils faits doute plus qu^il n'en faut 

pSir' j^nvaincre que M. É aster eft 

ni^'^ .\ces Obfervateurs à qui rien n'(é- 

'Mè,& p6ur[donnerIapIUs haute atten* 

t^çcès de les recherches , fi fes oc- 

'K)ns lui permettent de les pouifen 

pfoios le aire néanmoins. La féconde 

^ ^â^M^i^vragè dont nous rendons 




/?-: 



V 



cbmt>te nous a puvï «qûcxc plus inbaref^ 
rintç que îà première. 

il sy agit d'àbërd dei Pûlypes Le -ft* 
vaut N atursjliRé aoit <|ue , malgré tout i<î 
bmit <]u'jïs ont feit dans le monde de* 
puis qudques atinées^ ils tie font pas eft« 
tore bien connus. Selon lui tous' les Fo- 
fr^i Ibnt du geme cfes Mfdufis ou des 
Orrïi^ ^ ^r ; Inais on en doit dilliii* 
jguet ttôis efpfcces; i. Celle des Prfyp^ï 
iqui fe tietinetit toujôun dans des ctlliues^ 
<jdi f rmuttijpiient , <pxi j?j étendent « ^ 
qui couvrent dts ceç céHùlcs comme, avi- 
lie croûte les plantes -& les corps auxquels 
^ «^attachent* fe. €ellê des Pd^pes ^ 
fe nidhetit dans lefi C&réfSnesfertûlatés dans 



«rtidqufes j4&yt?«j & dans tes ÈJtarres . ma» 
jans^ s'jr- fixer enâëement 3- Celle des 




titei'ni^luleni aucun autre domicile fi- 
xê ) potitens des^attackér fouvent aux coii^s 
diirs qu^ls renc o n tr en t » par la paTtîe pofté- 
Tîèurc de leur propre coîps. w e pôûrroît- 
pnpas Jies appeller des I^olypes 'ua^àbonit , 
par «ppofition aux premiers qui font 
-comme tnckitrés dans leurs xelluij^, & 
aux féconds qui ne font que ^mkiliés d^^s 
leurs maifons d'où ils fortent & où % reû« • 
trent à leur jgre qu2(nd cela fe peut? Lès 
f^lypes à cdBles font les plus cômihtttx^ ^ 

J>etics» blanchâtres y trani^aiens^ ils fbref- 
emblest tous^ & ciiaçié4*ii^Hx-'dans fi 

cclhilc^ 



JâHivmK, ^£VRtEi, Mam. tjèo. %f 

tcMci s'étend , fe retire, fc plie com- 
ine il lui plaie, iodépendamment de ce qai 
fe fait dans les cellules voifines. Chacun 
d'euxy plus indépendant ^e bien des gens 
qui ne font pas en clôtute, paroit être bien 
maître che2 foi. 

y en a d^aflëz gros dans les Cora/Sms 
frtuàiires , & de difFétente taflle. Un 
jour notre Obfervateur fe diverHt àJes ex- 
pulfer de leurs niches eu faifant toniber 
for une de ces Plantes qu'il avoit miOt 
dans un bocal, de Teau de mer clarifiée 4 
ft qu'il verfbit goutte à goutte par le gou« 
loir d'ùo pot à thé. La furprife les faifoit 
fortir. Ils eflayoieflt le moment diaprés 
d'entrer dans d'autres niches; mais quelque 
fois ils trouvoient la place prife , on les re- 
pouifoit vigoureufementi de nouveaux effiiis 
occafionnoient de nouveaux combats; à 
la fin ces pauvres polypes épuifés tombè- 
rent au fond du verre en fe débattant avec 
leur quatorze ffUks^ & leur défaite ik 
trouva cemplrtte^ car au bout de trois ou 
latre heures ils étoient morts. Il né 
ut donc plus dire que les Polypes ne font 
qu'un corps avec les Corallines & les Co* 
tanx^ chacun d'eux y eftun individu qui 
ne tient nullement à fon ëoniicile. 

Le plus beau de ces animstux iinguliers . 
c'eftlc Pofype incarnat. l\ eft le plus grand 
de tous. On le trouve fréquemment fur 
la Cûralline tubulaire & ridée comme le la- 
tinxi Ncfttc Ailteur le décric plus endé« 

Cn »4tt 



qu 

ni 



^ BlBLlOTHE<(^E DBA 5CXENÇ^8 ^ ' 

.lail|]tt'on ne ravoitfait, & en donne des 
idées beaucoup plus diftinâes que M* £/- 
£j. Ce détail eft curieux \ mais il faut 
des figures pour Tentendre. Nous ajoùte- 

Sns feulement , qu'en obfervant et tofype^ 
L BastÊr s'eft bien convaincu del'exif- 
tence des petites, véficules qu'on y avbiè 
remarquées avant lui, Ces véficules tàk(^ 
rentes à leurs griffes quelquefois au nom- 
bre de 7 ou 8. en un même endroit , fous 
la forme de petits grains rouges » font ih- 
conteftablement les œufs de cet infeâè^M. 
Donati i'avoit déjà conjeâuré dans fon.^i/-^ 
toîre naturelle ae la- mer jldr'iati^ i>z^: ^. 
Am refte par- tout oùnotrePhilofppnè a^^« 
perçu des œufs de Polypes , il \çs a vu Ré- 
parés les uns des autres ; Il aoit que cha^i 
que œuf produit ion Po^/^., mais pas plus, 
& que M. lEJiiSy qui penfe avoir vu le 
contraire, a pris des œufs de quelques osx" 
très infeâes pour des œufs dcroljfes. £â^ 
fin il nous apprend, que probablmeiàClës 
plusf gros F(7i^p^x s'accouplent, cçix^ime 
les tites de meaufo , qu'Un rhilofophe a vu 
fur le fait (s). 

Trois ou quatre autres infeâés iharins 
que M. Baster aobferves» aumiaoico* 

?:, occupent ici les remarques 'apr% les 
olypes. Celui qui- d^ns l'eau de met. jette 
une lumière femblabie à celle des etin* 

ccl- 

(3) Stokke Zt/fs-kenuis^ pig. 243. 



/ 



jAimEE, Février, Ma» i7Àx S7 

ceDes tient entr'cux^ le prenaienr rang. t[ 
eft d'une petitefle extrême. On ne peut 
rieû dire d'intéreflant fur les uns ni fur Icf 
autres fans le fecouts dès figurés. 

Notre Auteur a auflî obfervé les ovaires 
de quelques coquilla^s & de quelques in* 
&é|:es. Il dit fort biçn qu'on a été juf- 
qa*îci aflçz mal.Inftruit de la manière dont 
les habitans innombrables des eaux foifon-. 
ncnt &multiplfebt, L'Hiftoire naturelle eft 
encore peu avancée à cet égard , & il n'eft 
pas facilç qu'elle fafle de gr^indç^prqgrès; 

Tous \c^ poîffons à nageoirçs font d'un 
fcxç décidé. On le «découvre facilement 
entre les cétacés. U en eft dans la claife 
de ceux qui ont des nageoires cartila^ineu* 
feSy qui ont intérieurement les parties de 
la génération fbit du mâle foit de la femel- 
le, n^ais trçs-bien formées. On en connoit 
une eft)èce.qui les a doubles. Ils s'accou- 
plent & après avoir fait leurs petits, ils ieuc 
donnent la maramèlle. D'autres poiflbnsr 
ont des laites & des œufs qu'ils jettent en 
fe frottant les uns contre les autres. Quel- 
ques- uqs quand ils s'en font décharges a*" 
valent des pierres, comme pour fe lefter 
en rempliCTarit ce vuide: ; 

Dans les teftacées, le Cancre^ PEcr^i 
vîjfe^ Bernard PHerntite^ &c. le (exe eft auflî 
très - diftinâ, mais il ïi'en eft pas de mê- 
me des coquillages; Orl tfenfaît pas grand*, 
dîofc âu-dclà-dc ce que UcmvenbœL &mpt^ 

C3 I?^ 



4d BÎBUOTRBQÛB DES SctÉIKtàÉSp 

H Sangfue des frijpms^ du Déris ou B^na^ 
con de mer^ d'une Ercare lingulière» &xle 
Touïe des poijpms. Nous nous ferons ia 
plaifir d'entretenir nos leâeurs dâs déoKi^ 
yeites de M. Bastbr fur ces divers ob* 
jets. 

ARTICLE troisième; 

Mélanges de Littérature, d'Hif* 
toire &, de Philofophie &c; ' 

Second ExtraU (•}. 

m • 

NOus en fomnies demeurés au IIL 
Volume de ces Mélanges» II con* 
tient un EJfai de TraduSion deauelgues 
sncrceaux de Tacite^ précédé d'un Ecrit in-> 
titulé Obfervations fur tAtt de traduire en 
-général^ & fur cet EJJai de traduRian en 
fartkulier. L'un avoit déjà vu le jour , 
mais M* d'Alembert l'a augmenté & 
-corrigé. L'autre pàroît pour la première 
ibis & eft bien digae de l'attention des 
perfonnesiquiont dugoût &delaLittérature« 

Que 

(0 Voy. le premier dans lu Partie pr<c6<kQ;c 
lie Cette BiUiêthèque^ Art lU. 



jAHTiBtt » FJeyRiBRi Hàu. 17^ 4X 

Que PAi^^détradairéibit.trè^-diffidlet 
c'eft ce qùe-l' Auteur fait admirablement 
feotir. Entre les mains d^na. homme de 
génie 9 toutes les langues font également 
propres à chaque g^nre d'ouvrage , mais 
^es ne le font pas également à exprimer 
ooe même idée. Celle- là l'emporte fur les 
autres qui a le plus de variété dans les 
tours , de brièveté dans la conftruôion ^ 
de licences & de ricbefles qui coniiftent 
non à pouvoir exprimer une même idée 
par une abondance ilérile de fynonymes^ 
mais chaque nuance d'idée par des termes 
dMérens. Notre lai^^ue eft la plus févère 
de toutes dans fes loix, la plus uniforme 
dans fa conibrudtion j la plus gênée dans£i 
marche. Faut-ii s'étonner qu'elle foit re- 
cueil des Traduâeuis comme ellereft des 
Poètes? 

Si les Langues ont leur génie, lesEcri* 
vains ont le leur. Le caraâëre de Porigi* 
nal doit donc paifer auili dans la copie. 
C'eft - là règle la plus recommandée & la 
moins pratiouée parce qu'elle eft la plus 
di£5cile àobferver. Le caraâëre d'un Ecrî" 
vain ^ ou dans la penfée» ou dans 
le ftyle 9 ou dans l'un Se dans l'autre^ 
Dans lepiemier cas PËaivain eft de 
ccQX qui perdent le moins en paûànr 
dans une langue étrangère. Tacite par ex; 
fousentend beaucoup & fait penfer fou 
Xeâeur , c^dft un mérite qu'une tradob- 

C 5 tioB 



4» BwuaMRtPK 91* 9en(9iWtft 

tion te pc^tffire Mr«li;e. I>aq9kf(X30iid fi 
j'oft ae leod pas k idiâion^ Pod 99 tend 
fkiK Dans le Iroifième oofin 4c9 là.qqi'oii 
fiiitpaflêr dans U cc^ic ie cara.âèrç de U 
pouëe^ 00^ y fait^ja moins pafiojr la laoir 
fié de l'c^t dç VAuteur. X^a p^nç du 
Traduâeurn'eft jaiDws fi grande qiie «i^aiuli 
ayant à rendre d^ beautés de ùgik 9 U 4oil 
^iire parlor da Âicrtears qqi oi^t up ilyie 
propre & une manièfe 4'toife toute à ei«^ 
Quelques étranfeis n'ayant m yeov à 
))out de traduire les Lettres de Mad. de 
Sétjgné, fx frivoles pour le fonds & fi i<^ 
daîfantes pour: la négligence mêi^e du $7- 
k , les ont nnépiifées. Kien n'^ège izst 
les diHtcuItés que le xnépris. 

Chi a deoi^pidé ik dans. nQtfn. Lapgne H 
convenoit de traduire k9 Fosses eit Tei$-, 

6 Ton a décidé que les i^endre &k pi pfe 
éditait les ctéfifluier; M« o^ÀtfWKaT 

ige fagensent qu'il tS bien d^fiiHle quela 
oéfie Françoiie avec fa mcHiotonje puiûfe 
ycpréfenter la cadence variée deUPoéfie 
Grecque & Latine. La diffiddfiédertor- 
flQonie fui montée il ea* refte unc> aiitie. Il 

7 ai des tours & des liaidiefles) liuafi la hwr 

fie Latine quV)n ne fauroii^. rçAche eft 
rançois. Dans ces cas. ik iteitipqumir 
créer de fon propre fonds^ ibpjpiéçi: wx 
vers d'image par des ve^ de fi^tux^qty 4 
•rénergie des expieiTioias parla Vivacité de^ 

Mfmy à la fompt dtVhvmsni^ pur. 4^. 

ver^ 



Is 



▼œ penfé$. «f On «onnoît ces beaux 
^ vers, dé Virgile fur les ioialheiueax qui 
p ft font doimés U mort. 

• 

p Itt/bHtes peperere mam, luc^mqu^ p^(lfi 
„ Frojecere animas. 

„ Dttejlant laàimiàrejls ont^ dit Je Po«te, 
„ jV^^e' la vie loin (Teu^ Le génie timide dô 
,y notre langue ne permettroit pas d'em- 
,, ployer cette image toute animée & 
„ toute noble qu'elle eft. Vn de nos grands 
«y Poètes y a fub&itué ces deux beauiç 
o vers: 

,, Jls n'ont pu fuMorfer fmkles ^ furieux 
,^ Le fardeau de la vie knfofé par les Dieu9Ç. 

^, Peut-être « ajoute M. o - A !« e 14 b s h t^ 
f,e&- H, difficile de décidée auquel desdeu:^ 
,, Ponces on doit donner la préférence » 
,, mais il eft aifé de voir que les vers 
,1 François ne font nullement la tradup- 
„ tion des vers Latips ". 

Indépendamment des réflexions qu'od 
vient de faire fur les^ di£Bcultés qui ren* 
dent ooe bonne Tr^duâion û piécieu- 
fe» riJDoftre Académicien fait remarquer 
^uelesTraduâeursfe font aiTajettis à trois 
ymà trës-onéréux. Le iK c^efî d'être plu- 
tôt les copiftes dos Autçqrs qu'ils traduifçnt 

qup 



44 IdssLi&ràffijjE DES SasKctt ; 

^è leurê rivaux , & de n'ofçr les eihbeÙîr 
quand ils le peuvent. On objcdera qu'A 
eft à craindre que cette liberté ne dégénè- 
re en licence: mais.xépond notre Auteur ^ 
1^ quand roriginal fera bien choiii , les oc- 
,, càfions de le corriger ou de l'embeUh 
„ feront très-rares; fi elles font fréquentes 
,, Âl ne vaut cas la peine 9u'on le tradui- 
V, fe '*. Le 2. joug c*cft la timidité qui em- 
pêche de rifquer des expreflîons nouvelles 
& de çénie , pour rendre certaines e^pref- 
fiohs vives & énergiques de Poriginal. „ Une 
\f expreŒon de génie, ce n'eft pas un mot 
,, nouveau diâé par la fingularité ou par 
,1 la pareffe, c'eft la réunion néceflaire & 
9, adroite de quelques termes connus pour 
,1 rendre avec énergie une idée nouvelle , 
3, c'eft prefque la fcule manière d'innov«t 
„ qui foit Dermife en écrivant y. Un étran- 

Sr qui a de Tefprit & qui patrie facilement 
hardiment nod« langue >peiife en fa lanr- 
'gtie, traduit dans la nôtre , & emplo]^ 
quelquefois des termes qu'on vôudroit qui 
tuffent d'ufage. La convcrfâtion de cet 
étranger en la fuppofant concfte eft fuî- 
Vant Mr. D^ÂusiitBÈRT Pimage d^ine bon- 
ne traduction. Enfin la SvTqî arbitraire 
•que les Traducteurs ont iu6ie,;(;%ft U ^onr 
trainte ridicule de traduire un auteur d'un 
tout à l'autre. Traduire les Anciens par 
morceaux , ce n'eft pas- les mutiler , c'çft 
les peindre de profil, & k leur avants^. 

tour» 



Pourquoi fe mettre à la tcurtine pour rea- 
dfre avçc élégance une penféefaufle, avec 
finefle une idée commune; de froides piai« 
ianteries, de3 chofes inutiles, ou pour trani^ 
planter dans une langue ce qui n*a de grat- 
tes que^ dans une autre comme ^ les dé- 
.,, uils de ^agriculture & de la vie pafto- 
„ raie fi agréables dans Virgile & ii julipiT 
3, des dans toutes les traductions qu'on ea 
^ a faites? Quel plaiiir ne feroient pas &• 
^ neque & Lucain ainli reflerrés & jré- 
,, duits par un traduâeur habile? SeneqiKç 
^ fi excellent à citer & ii fatiguant ,i lirç 
^ de fuite, qui tourne fans ceife avec une 
^.rapidité brillante autouir du mémejob^ 
,, jet;.. Lucain, le Seneque des Poètes, ft 
^, plein de beautés inâ,les & vraies , mais 
9, trop déclamateur^ trop monotone» tro^ 
,1 plem de maximes , & trop dénué d'i- 
^ ma^? Les feuls écrivains quidemaii- 
^ derolentàétre traduits en entier font ^ 
3, (au jugement de notre Auteur) ceux 
„ dont l'agrément èft dans leur négligence 
3, même,, tel 'que PJutarque..dans fcs vies 
3» des hommes illuQres &c. . 

Nous abandonnons aux maîtres de l'art 
toutes les réflexions qtfil y auroit affaire 
fax ces principes concernant les traduâions. 
Appliques i de^ Ouvrages de goût & d'ef- 
piit il n'y , auroit peut-être ^ difficultés 
qu'à les réduire habilement en pratique ;: 
mais îont-iJi^ applicables aux traduaions 

• de$ 



4# fitfitiotRttijtni btts SctraCËs» 

dès ouvrages tfcgiîïsrtiaues , hiftoriqûcs , & 
êhibrophiques tant des Ariciefis que des 
Modernes? CôhViendroît-il de n*en don^ 
ner que des hmbeaux au choix dé chaque 
Traducteur PVaùdroit* il mieUx. û'eti avoir 
pohit de traduâfous que de n'en a^> que 
demëdiocres? M. d^ALÊMSrR'T paroft le 
croiift , cepettdànt & tie s*eft pas tellement 
Hqué là-deite qu'on n'eût plus d'éclair* 
cilfetnent i hti detnander. 

lihAs il fait tnkux, il nous ^^réfente vttL 
inodèle. Pour -enfèigfaer à traduire cotnme 
9 juge qu*pn le doit , il a choiii Tacite 4e 
plus ^rand Hiilorien de l'antiquité, ,^ qui z^ 
^ dît- il, peint les hofnmes avec tant d^éner- 
ji S^t j de fineflè & de vérité ,' les ëvéne-- 
,^ mens touchatis d'une manière fi pathétr- 
I, que, la vertu avec tant de fentimàKt 6t 
i^ de goût; qui poflede dans u|i 11 haut de- 
3, cré la véritable éloquence ^ le talent de 
f I dire firoçlement de grande^ çhofes » & 
,, qu^on doit regarc|(er conune un desmeil^ 
^y leurs maîtres de morale ^ par latriftci 
3^ mais utile connoiiTance dés hommesr 
,3 qu'on peut acquérir dans la leâure de 
„ les ouvrais. 

Après avoir fi admirablement- cariÔért 
fé cet incomparabie auteur, M. xfhLEm}»^ 
SERT, l'un des hommes ^c notre fiècle le 
plus propre 1 le faire parler en Fratïçôis; 
rend compte des peines q.u*il is*eft donnéèà 
pour y réu&ir 3 ainli que it l'attention qu'il 



JâsiviEHj FBVRin, Mars. ïj€o. 4? 

atae cfy obfervcr les rèjles néccflaires, & 
de ^y ifitandiir des oblBicIes gu^il a ren<^' 
contrés. Ce n'eft ni l*buvrage d'un jour , 
ni la pirodttâion d^un travail médio- 
ctc. Le Tacite François a d*abord écrit 
xm, beaiiCDtap dt rapidité parce qu'il a 
traduit vivetnàxt&d^thouliafme; maisi| 
a revu enfuite fa traduâion à loiiîr & Pa 
cDitigée avec toute Texaâitude Se la rl- 
gaeur dont il a été capable. 

Quant M fuccès, M. d'Alebiberi" ne 
reconnoît pour Juges que „ ceux qui par 
5^ une c()nnôiâance i^^rofbndie du ki* 
3, Die des deux lances, de celui de Ta- 
„ cite, & des vrais principes de l'art de 
,9 traduire font. capables d'apprécier foa 
^, travail ". En même tems il avertît les 
Ccitâques qu'il ne fufiuxlît pas^ de montrer 
^u'il eft tOTOibé en faute , mais uu'il fiiuc 
te convaincre ^Hl ,poun:àt faire mieux ou 
anfli bien fans y tomber» Nous ne £>nat« 
mes pas afiec téméraires jpour ofer nous^ 
mettre dans cette clafe Ceptndant noua 
voudrions bien faire coonoîlre par quelque 
endroit le mérite d'un travail qui n'eft pas 
moins au«deflus de nos louanges que 4e 
nos cenfiiies. II nous vient dans l'eipi^it 
de faire une chofequi peut-être ne depl^i- 
ra pas. Nous allons comparer Mr. D'iu 
x.EMBEaT d'abord avec Im-même , «nfliite 
avec M. l'Abbé de la Bktt&it. Far un pre- 

raier échantiUan qui piéfente le cai^aâère 

de 



48 BlBLIOTHflfJUB DVê SciMCES, 

de Fetrtme^ fou verra comment notre Ai> 
teur'parloit dans la première éditioH dç 
fcmoavrage, & comment il s'eft corrigé 
eu perfeâionné dans celle-ci. L'autre 
exemple, qui contient la conclufion de la 
vie é!Agricola; le mettra en parallelle avec 
l^légant traduâeiir de cette vie ; & l'on 
trouvera au bas de la page le texte de. Ta- 
a te pour y recourir fi Ton en eâ curieux. 

. CARACTERE m PETRONE. 

Selon ta v: Edit Tome Selon la a*. Edit. Ta- 
IL fag* 669. 220. mellL pag. jiy. - 



^ Pétrone qui mou- 
^ rut après eux^mé- 
rite que nous di^ 
fions d'abord un 
mot de fa perlbn- 
^, ne. Il donnoitle 
\\ jour au fomipeil 
^9 & la nuit aux de* 
,, voirs & aux plai- 
^, ilrs. La réputa- 
.^9 tion qui eft pour 
les autres le fruit 
de l'adrefTe ou du 
mérité , a voit été 
)i pour lui le firuit 
,, de la parefiè; ce 
,, n'étoit point com; 

99 me 



9» 



9> 
9» 



„ Pétrone mérite 
,, Qu'on dife un mot 
9, de fa perfonne. U 
,, donnoit le jour an 
,, fommeiK la nuit 
,, aux devoirs & 
,, auxplaifiT&Sapa- 
,9 reflè lui avoit ni!t 
I, un nom, comme 
y, l'adrelfeou lemé- 
,1 rite en bit vm 
^, aux. antres. Ce 
,, n'étoit point un 
,9 de ces diffipateuîs 
5, qui fe rainent en 
^, viles debaucbes ; 
9, ouis un volap- 
91 tueux 



Ji^KVXU» FSVXtBRi MA&s. tj6o. 4# 

^, ttieax rafiné. V* 
95 ne aifance oatu* 
94 telle & une forte 
4, de négligence qu*il 
,9 mettoit dans fes 
V^ difcours & dans 
n fes aâions , lui 
,, donnoitl'air&lofi 
,9 grâces de la ûm* 
n plicité. Devenu 
9, cependant Procon- 
99 fui de Bythinie, 
9, il fe montra hom- 
^ me de tête & ca- 
„ pable d'affaires; 
99 revenu enfuite par 
99 fon propre pen- 
99 chant aux vices9 
99 ou plutôt à ce 
9, qui leur reifem-^ 
99 bloit» il fut ad- 
99 mis dans la peti- 
,, te Cour de Né- 
,9 ron & devint J'ar- 
99 bitre de fes fêtes. 
9, Kien n^étoit ga- 
,5 tant, délicieux & 
99 magnifique 9 fans 
9, l'approbation de 
,; Pétrone, &c. 



91 uu uiLU|'«Mwu« «|u« 

9, fe ruinât en viles 

9, débauches, mais 

9, un homme d'un 

9, luxe élégant & de 

9, bon goût. Une 

„ aifance naturelle 

9, &une forte dené- 

9, gligence qu'il mec- 

,, toit dans fes dif- 

9, cours & dans fes 

9, aâions 9 lui don- 

99 noient l'air & les 

9, grâces delà fimpli- 

„ cite. Devenu Pro- 

99 conful de By- 

9, thinie & enfuite 

3, Conful, il femon- 

9, tra homme de 

99 tête & capable 

99 dfafifaires; revenu 

n enfuite par fon 

^> ptopre penchant à 

,9 fes vices 9 ou Plu- 

„ tôt à ce ^ui leur 

,9 reifemblDit, il fut 

,9 admis par Néron^ 

99 dans le petit nom-* 

„ bre de fes courti- 

,, fans & devint l'ar- 

,, bitre de fes fifi- 

,9 tes. Ce Prince 

99 ne 
TmcXUlPartM 



D 



Con- 



„ ne trouvoit rim . -. : ., 

„ dç galant, dç^ç: : , 
„ Ëcieox & de naa- , ■■ 

„ ivoit eu l'appro- , 
,, bation de YcOq- 
„ ne &c. 

jNtm iW (''«f per fomnum , nox a0ciit (^ oi* 
içQamentii vUœ tranfigebatur^ .Utque plias in- 
duflria, ita buitc igiurna ad famam tratulé' 
rat, babibaturque ntn gaheo, ff preftigaior', 
W ; hWfur fia baurientium , jed trudito Iùxil 
jÊB diSa f»&aifite tjui quanta Jtlutiora , ff 
^uandam ntgiigentiam prgftrmtia, tOnta gr^ 
Uv in fpetitmjimpikitatii MetipiebcmtuT. Pra- 
ffo^l ton» Syibiuia.- ff «wx Cm/ul, vi- 
gtfitewt Ji as parfn tieguiis ofiendit : diln re- 
Wt^fi tiJ vitia . fia vitiùrum imitatioMem, 
inttt paueoi familiarium Nertni (^amptmeft , 
iïtgantice arhittr, dumnibil mimnvm , & iBoUè 
aMutntia putat, ttiji qutd ef Fitrmiui «ffro* 
tavilTit, ifc. 

Concluflon de la vie d'^gricola: 
traduice 
par ■ for : 

. NI, DE LA Blet- Mi D'ALSBfBBRT. 

TERIB» 

j, S'il eft un lieu de- „ S'il y a pour- Us 
„ Itiné pour les ma- „ manç&desgensde 
. .1 M nw „ bien 



jAvriBR» FlmtxER; Mars. tjOo. it 



• « 



iji nés des gens dç 
5, bien; fi, comme 
I, le cioit ia laine 
^y pbilofophie » les 
), grandes âmes ne 
„ pàiiTeot pas avec 
), le corps, pmflez 
)y de votre félicité; 
D daignez jetter un 
,1 regard fur votre 
)) Ëunillc • ^& pour 
9, modérer nos re-^ 
M grecs, pour tarir 
,,' ces pleurs dont 
^ notre foibkfle eft 
„ la ibttrce, rappel- 
,> lex-nousàlacon< 
I, templation de vos 
,^ vertus. D n*eft 
I, permis ni de les 
,» pleurer ni de les 
^ plaindre. Les ad- 
,t mirer , les im- 
yy mortaUfer par nos 
^ éloges , & fi nous 
^ eo avons la force 
,, nous les appro^ 
,5 prier en les imi- 
,^ tant, voilà le tri- 
,) bat que nous letur 
,, devons. Ce foat 
,9 li les vr ais & les 
^y feuls liommages, 

1» par 



^9 bien uniieu de re- 
,, traite; fi leur ame; 
„ comme le penfent 
;„ lesftgcs, ne tfé- 
9, teint ^as avec le 
^ corps , jouiflez dé- 
^» formais du repost 
,) que votre famille 
,, oubliant d'inutiles 
^, regrets fe confolc 
„ par le fouvenir & 
yy l'exemple de vos 
„ vertus i ce n*eft 
,, point en les pieu- 
I, rant que nous les 
,^ louerons comme 
,, elles le méritent 
,, & que nous rem- 
,, pliions les devoirs 
,, de la nature, c'eft 
,, en les admirant & 
5, en tâchant de les 
yy imiter. J'exhor* 
fy te votre éj^aife & 
,» votre fîllelrhono-' 
9, rer la mémoire de 
,9 leur époux & de 
,, leur père , en fe 
,, rappellant toutes 
,, v6sadiofls&tou« 
,, tes vos paroles, & 
9, à jouir de votre 
,1 gloire & de votr^ 
D SL ame 



j9 &Bi2iotHiSQjm Dtt "^cibuck;^ 



,, par les quels la 
^, piété de? vivans 
^ s'acqaîte cnyeis 
„ les morts les plus 
5, chers. Que, pour 
,, honorer la mé* 
i, moire d*un Père, 
„ d'ua Epoux, vo^ 
,1 tre fille , Totre 
.3, &nune s'occupent 
33 fans ceffe de vo- 
33 tre renommëei de 
33 vos aâions, de 
,3 vos paroles, & 
^, s'attachent à Pi- 
,3 mage de votre a- 
33 me plutôt qu'à 
33 celle de votre 
„ corps. Je ne dési 
3, approuve pas que 
33 Ton employé la 
33 bronze & le mar- 
3, bre à conferver 
M i^ ii.fig"re des 
33 graftas hommes. 
3, Mais ces fortes 
de monumens 
font des copies 
3, fragiles & périifa- 
33 blés, ainfi quel'o- 
33 riginal. L'ame eft 
3, éternelle & ne 
.3, peut être repré- 

j^icn* 



51 

1» 



3) am» pltè dlKS(w 
,3 que de votre ima^ 
33 ge. Ce n'eO: pas 
3, que je désappcou*? 
33 ve ces monumens 
33 d^irainoudemar* 
,3 bre; mais les fta* 
33 tocs des héros s'a!* 
3, tèrent & périf* 
33 fent comme leuKs 
3, traits; ceux de 
33 leur ame feuls 
3^ font éternels & 
3, peuvent ètre-^ex^ 
3, primés & confer- 
3, vés; non par ua 
33 art &' un modèle 
33 étrangers , mais 
3, en retraçant leur; 
3, mœurs par les fiea<» 
3, nés. Tout ce que 
33 nous avons admi* 
33 ré d'Agricola« tout 
33 ce que nous en a* 
„ voasaimé, fid)Iir 

3, fte 3 & fubiifteni 

4, dans le coeur des 
,3 hommes, dans Té* 
33 ternité des tems , 
33 dans les annales 

de l'univers. Plu- 
_ lieurs anciens Hé- 
33 ro^3 inconnus 3c 

31 fans 



11 
11 



jA!rrm« F^vtrsa, Ham. X7(jo. ;:} 



^, fentée par une 
,9 maia & par une 
y, fabftance ébran- 
,^ gère. Fourea fai* 
^ fir les traks il 
^^ fiaat foi " toètiko 
^ par les . moHirs en 
^> derenîr le tableau» 
Tout ce que nous 
^ avons admiré d'A« 
i, gricola , tout ce 
que nous avons ai* 
médeluifubfifte,; 
& fubfiftera dans* 
la mémoire des 
hommes, i^t^ les 
«) annales du mon- 
^y de , dans les terni 
,^ les plus reculés. 
,, Beauœup d'at|«r 
,, ciens^ dignes d'é- 
^ tre connus^demeu* 
„ feront, faute d'Hi- 
,1 ftorien,oubliésdans 
la fouie des paorts,» 
Agrîcola, que je 
,, ccmiîgoe à la jpof- 
'^ téritç 5 vivia éter- 
nellement* 






^1 



9* 



„ ransgloire,fontea-» ' 
,, feveiis dans l'ou- 
3, bli. Âgricolapaf 
^ fon hifioire vivr;| 
,^ dan$ U pol^érité. 



w 



SI quis pkfum manibus locus ^'fi.ut japieru 
titus^ plaçât w non cum cor pore extinguuntur 
mûgiifi ûnifMf flacidi quiefcas ^no/iuo dommn 

D 3 tuam 



pum iA iHJkm difidtriêf &^miUehrilms Ia- 

mentis ad contempldiioncm virtuiutH tuaru^ 

vociSt 9fMX ntgw lugeri.neque plangi fas efl^ 

oàmiratiène U potius tmporalihus hudibus^ff 

fi natura fuppeditet » imîcaodo decoremus, Is 

^erus boneSf ea amjunSiffitni eujujjjue pietash 

U fili^ ^oque uxoriqué praeeperim , fie par 

tris /fie toêriti memoriam veiifTarl, «i ûfania 

faSa 4%Saque ejus Jeewiii mûtvmt^ famamquc 

0C figuftm animi magis ^ffon eorporis campleç-B 

4Mtwr : non quia imefcitmitm jftfem imgir 

nibus qwf fêamne ma 0r9 JmgUfOwr ; fed ut 

vultus bminum 9 ita fimlaéfa vvltûs inâeeilla 

«c mêrtalin /unt, forma, nmtis œ^erna; ^um 

tenere & exprimas non per alienammateficm 

(g artem, fed tuis ipje mùrtbus poffls. Quid^ 

Îuid ex Jgricola amovimus » auidquid mtraSi 
umus « manet , manfurum^ efi in animir b<^ 
minum, in ittemitate temporum . famâ rehm^ 
tfam multês veterum v^fut if^toriùs & igno^ 
biles ûblivio obriàet^ Agficoia pafhiifati rU(r^ 
tms éf tfoditus , fuperftis eriK 




ARTt 



J«IWlp-,^ftBVftHàVMâ48* tf6o. $j 




ARTICLE dt'ATRÏÊMa 

Essai svrlz Goût^ âtCp. 
• Smnd^ BsPrâît (i). 

i^TOœ-vaiciix^feiftis i Ja Ilf. ftttk 
4^ de eerH)ir^age; où TAut^tit ttlite 
•'dii:f>épart€meitt ' & ■ de l'Impoitârtce da 
Ijte, tC«t feît'Ie fajêt de VI Seôiôità. 
mos' la preniîère il examine, jufqu'à qud 
point le goût dépend . de Plmagination. tx 
ft^Onae traite de la connexion du goût a- 
vce le génie ; la troifième de Tinfluedce 
Ai.g(^t fur la critique^ la quatrième d* 
^^ûi du goût; la cinquième de feâptii^ 
firs, - & la ÛKieme de fes effets fur le ca- 
^âère & fur les paffions. 
' -Séâlôn I. Tous les phénomènes du god<; 
da Mf. GERARD i procèdent des loix géné^ 
lal» des fenfatîons , â'de certaines opéra- 
lions' 4e Tîmaginâtion. Comme fens il 
flOBS- fournit des perceptions finàples cpt 
imÈ ne pduvôns acquérir que par lui, & 
qui font très-différentes de celles que nôu$ 
traàdmettent les fens extérieurs & \i 

Ré- 



••' é 



' (i) Voyç2 le ptcmîcr dans le Tritncttlt pt^cé* 

D4 



yÇ BiBLtoxasQinE dbs Seismssy \ 

Réflexîoit II reçoit ces pefceptîofis immé^ 

diatement dhs que Tobjet eft préfent» Ams 
rjntenrcntioii. de la volonté ou de la at&o^ 
Mais quoique les fenfations du goût foyent 
fimples • il n'eft pas lui-même une fadolté 
finale & primitive» On peut le décom-* 
poier en des qualités plus fimples, & ces 

Îjualités, cpmqie on Ta déjà dit, font des 
acuités de l'Imagination. Nous avons 
dans le gôâjt pbyiique un exemple d'ûa 
feos compbfé dans les ptindpcs & limple 
4^s Tes perceptions, s'il eft vrai, cornm^ 
le Chancelier Bacon l'établit d'après Quel- 
ques expériences, qu'il (bit coo4)ofe du 
taâ & de l'odorat. 

L'Auteur reprend ici & étend l'obferva* 
tion générale à la quelle il renvoyé ii Qm^-. 
vent dans fa première partie, & que noss 
avoiis rapportée au commencement de cet 
JBxtrait Nous n'y ajouterons qu'une feu^- 
le remarque que.Mr. G£aâkR0 fait ici^ & 
qui eft trop importante pour l'omettre; 
ç'ell que notre ame ne paiTe pas fans quel^ 
que difort d'un état à l'autre. Cet eifort 
eft plus ou moins grand i plFOportion du 
rapport qu'a le nouvel état au* précédent. 
Souvent même lorfqu'il furviçnt une nou^ 
velle émotion à l'ame, elle ne détruit pas 
çntièrement celle qui y étditauparavant^ 

Nous né fuivrons pas l'Auteur dans les 
déts^ils, où il entre iur l'Imagination, il 
ipfnra de dirç, ;iprçs lui,, que llmagina* 
tiçn diToçlaot m$ perceptigw fuivaot 1^ 



jAWlBRs TâfÂIIt , MaR& I7(Jo. ff 

t^Eunblance, la proximité^ la co«ki(lefi« 
CC4 les caafes, roppofîtioa même & It 



des objets qui les cxcicent; c*eft 
de cette force de l'Imaginstion , force 
léelie â: confiante « qae dériveût la plÀ* 
YBt de nos facultés compofées. Elle pio* 
doit ks paflîons en opérant conjointement 
avec les qualités qui nous rendent p/opres 
2;^, & le goût en fe combinant avec 
ks lois générales des fenfations. 

Seâion II. C'eft l'invention principale- 
amt qui confHtue le génie , & le goût 
peut être regardé comme une partie ef- 
feiitielle ou comme une fuite néceflaire du 
génie. Dhs qu'une idée fe préfente à Tef- 
pdt, une imagination vive, forte & é- 
tesdue rappelle en un moment toutes les i- 
dées qu'elle a aflbciées ou qui ont du rap* 
pott à cetlHà. Elle s'occupe plus particu- 
lièrement enfaitè de celles qui ont le plus 
grand rapport entr'elles; elle les rappro* 
che & les arrange fûivant ces rapports; éc 
c'eften quoi confifte la.difpolition, autre 

Î partie du génie. Il n'y a donc qu'une bel- 
e imagination qui puiife le produire; 
mais il peut fe perfeâionner & fe varier 
par la différence des circonftances d'aifo- 
ci:ttions d'idées , par l'éducation « par 
l'eresnple , par l'étude &c L'Etude tur- 
tOQc augmente le fonds des matériaux de 
l'imagination âc la capacité de l'cxprelli'jn« 
troifiëme partie du génie. C'eft par l'étu^ 
dç ^oe le Peintre apprend l'effet & Tem^^ 



^Itrf *s conleors , te Muficten cdui éss 
tbns, tePoëte&POraUcurcetai des mots. 
I Le I^C' détermkie l*eSet de chaque 
«sfftie dtt tout que le géoie 2 formé « & de 
Hcrfemble de ces parties. Comme ils ont 
fcuf principe commun dans l'Imagination , 
ils font liés à un point confidérabie ; mais 
xrorome Wïnagination agit différemment 
eii chactift d'eux , leur connescion H*eft 
pas toujours exaâe & uniforme. 
• Il ne fçauroit y avoir de génie où il n'y 
:a point de goût; mslis Jegeoie peut l'em- 
porter fur le goût & mancpier de ccnéc- 
tion par fon abondance. Le goût à;foa 
tour peut fe trouver où manquele génie* 
i;lmagination peut être fufceptible deptai- 
fir & n'Être pas affe^ forte pou? raifeniMer 
avec rapidité un grand nombre d'idéesw 'Le 
\ Jugement d'ailleurs peut être JufteA fiftri 

fans être accompagna de beaucoup dflma« 
sination. 

rfOnand legénieeftjbintau-goût^içetai 
« qui fc trouve cet heureuse accord^ Usât 
^on feulement les bbailtés dfuti ouvmge ^ 
mais il prend encore, pdur ainfi dire , te 
feu de rÂuteur, ion ame le met a • f lasiP» 
Ton de ia iienne , & épfOuveJes feUfations 
)es;plus vives & les plus délicicùfes. 
. Seflion III. Il eft évident que le goûtcft 
néceffaire au Critique. Il doit le pofféder 
éminemment,' mais cela ne fiïffit pas. Il 
ne doit pas feulement fentir , il doit aulB 

Moit ce éif^madment «a£t qi&xaet a^lm 

qui 



}Mvi;ift» VwKfm$ Uéw^ 1700. ^ 

qal eo eH doué en état de téfl^ir fitf et 
qu^il fébt d'une manière diftinâe* & d'ea 
Kodre r?iroa aux autres» Il doit pouvoir 




U çc plailir vient du lentimeQt ou de Tex- 
pidfion , du deâèin ou de l'exécution • du 
joblime ou du beau. du. fpiritueii ou du 
iingulJer , &c. Il doit , pu Une analy fe 
lexa^&bien poufiëe, être parvenu à con« 
DOitre ks grands principes & leurs confé* 
qoences, les penres^ les efpèces &c« que là 
nature offire a nos yeux. 

Sedion IV. La Nature, & l'Art, & la 

Science dont elle eft le fujet commun, 

iRMit les objets du goût. La Kaifon & 

le coût s'occupent également de la pre- 

-tmiete. ^ Dans les Arts la Raifon n'eft que 

k miBifti!êd9 gojlt Dans les Sciencesi,jiu 

contraire, ion empire eft fouverain , n^ais 

;^y;ptde fouTeot du goût avec avants^ge. 

^(/eft elle qui recherche les loix de la m^ 

't|p^4 q'eft le goût qui en découvre les 

.^até^* . La. j[égularité, l'ordre « la propor- 

^n 9 la variété fi)nt de Ton reilbrt. 

.. ^(içfeftpr^ue^point d'art, il méchanique 

ic linoOier qu'il (bit, qui ne reçoive des 

fOÀs^W^ SP^ .'Mais ce font fur-tout les 

sQevuQ^Ajrts, imitateurs de ki l>eUe natu- 

^». qui' font fournis à ks décilionsé La 

^ufoii iieiàit}Wie.r;^procher &iui préfen- 

ta lôus une cataine. forme k& iq^cts fur 



t 

1ef<)uels il doit prononcer , & le gdnie o* 
bëic à tes siriéts. 

Lorfque la ratibn a fiiit fon o£Bce en 
formant: un Syftéme vrai, fimple & £é* 
cond , le goût en eft flatté & le plaifir qui 
en revient' à l'ame, donne une nouvelle v> 
vacité i Texercice de fairaifoQ. Le goût 
juge en cela & du fonds de la fcience & de 
Ja manière dont elle eft préfentée. Mais la 
Kaifon doit marcher la première ; fans cew 
la rimagination prend fa place & le goût 
nuit à la fcience, loin de la favorifèr. 

Seâion V. Le goût eft donc d'une im- 
portance réelle dans la contemplation dje la 
nature , dans les Arts & dans les Sciences: 
mais ce ne font pas fes feuls avantages. Il 
eft pour nous une fource de plaiiirs purs & 
nobles, & l'on ne peut qu'admirer la bon* 
të* du Créateur qui y a pourvu avec tant 
de bënéficence en nous accordant les facuU 
tes de rimagination. Ces plaifir9, quoi- 
qu'ils contribuât moins à notre perfedioii 
que les plaiiirs intelleâuels ^ font fouvent 
aufii grands, généralement plus attrayants 
6t toujours plus fiaciles. La nature eft é- 
talée à nos yeux. Les ouvrages de i^rt fe 
préfentent fréquemment i nous. Il n'çft 
perfonne qui n'ait une mefinre de goût , & 
s'il eft peu d'hommes qui parviennent à 
ce difcesaement exquis qui fait les bons 
Critiques , il n'y en a point qui n'ait aflez' 
de fenfibilité pour pouvoir ^uter quei- 
f|u'un de CCS ptoifirs» 



Laiafigaeur, la fatiété^ leiepentir le^' 

epmpa^oent ordinairement le& plaiiirs dca 

fsns. li n^en eft pas de même de €eux du 

gQfût. Celui qui s'y livre, fans négliger 

fes devoirs, jouît toujours de ùl propre ap* 

ffobatioa & de fefiime éos autres* L# 

goûr procure autant de réputation à ua 

auteur que les recherches tes piits ab&rai- 

tes. Il rehaufle tous les piaiiirs & tous 

ks avantages extérieurs tels que oeux des 

richefles oe la table && 

SeâîoQ VI. Uliuportance du goût ne la 
boinepas encore là ; elle s'étend au car aâàre 
& aux paflioas. L'imagination ne contri» 
bue pas moins à la formation ,des paflioai^ 

3 n'a celle du goût li doit donc y avoir 
e grands rapports entre eux; La ménie. 
foros d'imagination qui i^oduit un goût 
vif, produit des pallions vives. Une per* 
fonne qui a te goût délicat » ntiéprife des 
piaiiirs groiDers. ' Il y a toujours un grand 
rapport entre le goût d'une nation & fbn 
caaâëre. Les paSions influent fur le {;oût 
fans doure, mais le goût ne doit pas 
moins influer fcàr elles , puifque les idées 

3ui excitent les paflions dérivent en gran* 
ejpartie des fenciments du goût, x 
Lebongoûttoid auflià fcNrtifier les affec- 
tions & les principes vertueux. Si l'oa 
voit quelque fois le goût uni avec des af-. 
feâions vicieUfes ; c'eft qu'il manque de 
jaftefTe & de proportion. La Prodigalité <&. 
l'Ambition en fournilTeat des preuves. Un 

homn:ie 



«a:; QtBLioiisvins dis Sciemces i " 

homme cpia le géût bon, çréSrera lespUî'» 
fifs qu'il lui procure à ceux des fens. Lesh 
plaiurs des fens ne le toucheront qu'à pro- 
portion de leur élégance^, & plus don goût 
fera parfait moins if y en appercevta*: 
Plus fon goût fera délicat & plus il fera; 
fenfible aux plariîrs calmes qu'il lui pio- 
cure^ âc fera difpofë à fuir les agitations 
des paifions violentes. D'ailleurs le goût » 
lorsqu'il s'exerce & qu*îl eft fetis&it# lé- 

I)and une féréaité dans Tasie qui y ouvre, 
^entrée à la bienveuiliaoce* & aux autres 
vertus fociales. Il n'y a pertbnne qui ne 
raitéprouvé enentendant une mufiquehar- 
moniôife » en li&int quelque beau morceau^ 
de podie, en cbnteniplant des che&>d'aai-> 
vre de îculpture ou de peinture^ 

Lés principes de l'efprit humain font ii 
étroitement liés qu'il ne |>eut guère arri* 
v^ de changement confiderable dans Pun ^ 
fans que les autres en éprouvent un fon- 
blabie. A proportion de la déiicatefle: de: 
leur goût les Nations policées ont auŒuiie 
délicateâe de fens moral inconnue aux 
fauvages. Cette délicatefle du fens moral 
n'eft pas Teâet d'une plus grande difpofi-t 
tion à la vertu. Elle ne peut être par con* 
féquent que Tefifct d'une délicatefle de 
goût opérée par le commerce de la £>-« 

ciété. 

L'on doit remarquer de plus » C nous 
yy eiîîpmntons ici les paroles de l'Auteur) 

M que,. 



^.rne; qqoiqtie te goât & te feus moralr 
5, loyent des Facultés diftinâcs , il y a- 
,, pluiieurs aâioos & plufiews «ffeâioil» 
„ qai foot propres à les affeder l'une & 
^ Faotre. Ce qui eft vertueux & obligai* 
^ toiie eft fouvcnt aufli beau & fublima 
n Le vice peut au contraire être à la fois 
,, bas, difforme^ & ridicute. Dans cm 
,1 cas-là Phomme, dont le goût eft inculte^ 
„ n'a pour choifir que les mot^ que Ixà 
5, fournit le prindpe moral. Celui dont te 
,^.goût eft cultivé a non feutement cesmo-c 
,1 tifs dans toute leur force « mais il oeut 
3, encore en tirer de ion goût. Il eft dona 
,i, poufte, pour ainii dire^ par une doubte 
f^ fiirce , & rimpulfion qu'il reçoit doit 
,, être plus grande que celle de l'autre. A 
,, la Vérité il y^a des vices qui ont uneap* 
,^ parence de fublime & d'élég»ice, & 
,, (yû peuvent qn cpnféquence être «ecom* 
,, mandés par le goût. Mais dans ces vi« 
M ces ces qualités Ibnt bien inférieures à 
^^ oelles des vernis (H>pofées. Une ame 
9, fupérieure aux. chofes extériei^es eft 
,y plus noble qu'une ame ambitieufe. L'ad« 
„ miration de ces vices emporte donc ua 
M défaut de jufteiTe de goût Cette facul- 
,, té lorfqu'eile eft parfaite préfère toujours 
^ la vertu.au vice. 

^ 4?our donner plus de poids aux obfer. 
^9 vations précédentes, il faut fe rappeller 
59 V^ pluuems jcaufes différentes concou- 



yy 



■ 

f|, BlBtlOTBSQtrf DIS SâEMCES^ 

^ rent à former les Caraâèies des Hom« 
,^ mes. Le goût n'eft qa'UQç de ces Cau* 
^, fes » & ce n'eft pas m^me une des 
plus puiflantes. On ae doit donc pas 
y^ s'attendre que dans tous les cas le ca- 
^ raâère foie parfaitement analogue au 
^ goût, il y a d'autres caufes qui peu<* 
3^ vent s'oppofer à l'influence de ce pria- 
,, cipe , & donner aux pallions une curec* 
^^ tion toute différente de celle qu'il a. Ce* 
^ la ppré , il ne fuifit pas , pour prouver 
,^ que le goût n'a point de connexion avec 
^^ la morale , de produire des exemples 
^, d'un goût jufte réuni à des pallions ^f- 
^, liëres ou à un caraâère vicieux. On 
yy peut expliquer autrement cette com- 
y^ pofition hétérogène. L'expérience doit 
,5 être la bafe de tous nos raifonnemens 
;,, fur la nature humaine , mais il n'eft 
\^ pas nécelfaire que chaque conféauence 
^y foit immédiatement déduite de rexpé- 
,, rience. Pour établir une conféauence il 
^, fuffit fouvent de &ire voir qu'elle réful- 
, , te néceflairement des qualités générales 
y^ de l'ame dont l'exiftence eft oonftatée 
^^ par Texpérience &. par l'indudion. Tei- 
^^ le eft la méthode naturelle d'établir des 
.„ confcjluenccs fynthéticjues , & c'eft cel- 
„ le qui convient au fujet de nos recher- 
,3 ches préfeates. . Différentes caufes mo- 
,, difient le Caraâère & les Paillons^ & le 
., goût en eft une. Le goût à l'égard des 
^' „Beaux- 



i 

/ ■■'. 



Janvisk» FETRiEib) Mars. iTdo* ^ 

^, Besinx- Arts peut manquer chez quelque 
„ perfohnes ; parccqu'elles n*ont point cù. 
3, occaiion de Teicercer fur des fujets de ce 
,1 genre ^ tandis que fes principes^ naturds 
)) étant vigoureux & les objets de nos aC- 
^, feaionsTc préfentant à tous les hommes', 
„ il peut donner de la délicatefle au Ça. 
„ iaÔère. L*AfFedlation peut dégiiîfer leb 
,, paŒons. L'Imitation peut leur donner 
j) une direâion différente de celledu «pût ; 
3/ riuibîtude peut les mettre en oppoCtioâ 
^ avec lui ; Mais malgré tout cela il tend 
Si œttttrcliemeDt à influer fnr elles ". 
L'Auteur termine ici fon Ouvrage. Quelque 
imparfaits que fbient les extraits que nous 
^ 'avons donnés % nous efpérons qu'ils fyffi- 
rdàt pour faire naitre à quelqulu^n Pehvie 
Â- le traduire. ' Nous ofons dire que c'eft 
un véritable préfent à faire à la Littérature 
Traiiçoife* l»e Traduâeur Anglois qui n 
^t à Peffal de M. Oerard ceux que Mn. 
îtVÊit^e^ d^Alembert & de Monttfyaieu^ 
tml çotnpofé fur la môme matière , avau- 
es avec raifon , que ces quatre pièces réil- 
tâfk rîenferment peut- étrç tout ce qu^n 
fOût dite fur les principes, la nature , les 
eânââères « l'étendue , les progrès & k dé- 
dia cbi goût II ne nous appartient point 
àtjagpc du mérite de fa traduâioiï. Tout 
cc^ie nous en pouvons dire , c!e(t qu'elfe 
z Ipnt l'air d'un original , & que « malgré 
JÔnAfficuItés qui naiQènt de la diffennioe 
Tme XUL Fart. l. £ des 



ISes deux langues par1ra{>port au tom de U 
penfée &derexpre(iion9 & dans une ma* 
'tieré il délicate, il a fçu faire paâèr habi- 
lement dans fa langue les idées de fes ori- 
ginaux. 

ARTICLE CINaUIEMiX 

lNS.TITUTI0MSiP0LITI<iUB3. p^X 

'Mr. te 6auo>i de Biblfeljo^ 

^ à la Haye , chez Pierre Gùffi^^ 

nior y 1760 2 W. i» 4. le premier 

àe 358, Ê? /^ 7^i;onrf d^ 344 /wigex. . 

TOut eft art,. tout eft fyftème aujour- 
d'hui; Tart de régner, le. plus im- 
portai: de tous ,^ cfl: prefque le. iètil^ qui 
n'a point ité ramené à des principes^ & à 
des règles. fîxè& Les Ouvra^çes tant. aa« 
cienp que modernes- .qui ont paru fur cette 
itiatièie , font plurôt*^ desRecueils de .Pré- 
ceptes détachés pous la> conduite des affai- 
ïes publiques, qu'une Tliéorie fonaière^ 
Mjfû senfeigne l'eifentrc de la Politique mè- 
^méy, Mr. le Barofifde Bi¥19ei>d, Auteur 
dç cet Ouvrage, s'en propofè de remplir ce 

•Ttinh^ 'de réduire Ja Politique en i^ftérae^, 
•j ' ' ^ 



& d*en faire une fcience , qui puiiTe être 
enfeignée de bonne heure aux rrinces pat 
leurs Précepteurs, & à J a jeuneffe en gé- 
néral dans les chaires des Profefleurs. C'eft 
ainfi que les Grotius^ les Puffenàor}\ les 
IToff'en ont agi à l'égard du Droit des Gens 
& aa Droit de ia Nature , & nous fom* 
mes très-portés à croire , que le travail de 
Mr. de Bielfeld fera fuivi d'un fuccès 
égal à celui de ces grands hommes. Ce 
qui forme d'abord en fa faveur un préjugé 
bien favorable , c^eft le choix qu'a fait ci^ 
devant de lui S. M. Pruflienne pour veil»- 
1er à l'éducation de fon Frère le Prince 
Ferdinand , & pour lui enfeigner la Politi* 
que» En vue de s'acquitter dignement de 
cette charge il compofa ces Cahiers pour 
Mage de fon auçiifte Elève, & le préfent 
qu'il en fait aujourd'hui au Public lui 
acquiert dejuftes droits fur la reconnoifTànce 
de ce même Public, qui fe voyoit à regret 
dépourvu d'un Livre Siftématique en cette 
fcience. 

On ne doit pas s'attendre C& c'eft l'Au^ 
teur lui-même qui a foin d'en avertit) à 
trouver dans tout le cours de cet Ouvrage 
des idées nouvelles où des découvertes' fin: 
guliëres. Le fujet n'en eff pas ftifceptibJe* 
Mr. de Bielfeld imite fouvent rabeille 
en tirant du miel de toutes fortes de fleurs^ 
Une feut pas s'imaginer cependant que tout 
foit pris d^aiileurs. II n'a trouvé que tropf 

£ a de 



€9 BfBlJ0THElt2Ufi DES SélEMCESy 

de ftërilité dans les champs qu'il a parcou- 
rus. Les Maximes des anciens Légittar 
teurs de la Grèce ont ^té tres-mal-à pro« 
pos envifagées comme des Axidmes. Les 
Codes du célèbre Draconien grand Lycur- 
pie , du divin Solon fourmillent d'^furdi- 
tés. Peu content de la Politique des Grecs 
PAutcur ne trouve que peu ou point de 
reflburces dans celle des Romains. Le 
moyen âge tfeft fertile qu'en exemples à 
^ éviter. L'Hiftoire de l'Europe moderne 
eft plus abondante en préceptes (âges & 
en excellens modèles i auffi eft-ce princi- 
palement dans cette fourcè qu'il a puifié. 

L'Ouvrage eft partagé en trois Parties. 
La première Scelle dont nous rendons 
compté afhiellement) traite de tout ce 
qui regarde ^Intérieur iun Etat, La fé- 
conde a pour objet ce qu'on appelle les 
Affaires Etrangères. Dans la troiiîème qui 
ne doit paroître qu'à la Paix , T Auteur fe 
propofe de préfenter un tableau de tEtat 
aRuel de l'Europe , en fuivant l'ordre géo- 
graphique, commençant par le Portugal 
& finiffant par la Porte Ottomane. On 
voit du premier coup d'œil ,| combien ce 
plan eft vafte & noblement conçu » &, nous 
croyons que difficilement l'exécution en 
eût pu être confiée à des mains plus ha- 
biles. 

Nous venons de parcourir le I«'. Chap. qui 
feit en même tems dlntroduâion à tout 

rou- 



_ » 

Janvier, Février, Mars. ij(k). 69 

f Oevraj^e. Dans Je IL PAutcar traite des 
Connoiffances FréUmimires à la Politique. 
Indépeadamm^it du génie & du favoir-vi^ 
vre, cette fcieace exige plufieurs prépara* 
tifs^ dont Mr. de Bielfeld fait Tenumé- 
ntion raifoanée,à laquelle nous renvoyons 
le Lcâeur. 

Le III. Chap. eft intitulé de la Politique 
englneraL On y trouve entre autres objets 
importans une divijQon qui fert de baze à 
la méthode que M. de Bi£lfeli> fuit dans 
cette première Partie, pour ranger chaque 
objet de cette vafte Etude dans le lieu qui 
lui convient, & en faire un Siftéme corn* 
plet. £lle fe partage en 5 branches, fous 
lefquelies on peut comprendre naturelle* 
ment tout ce qui peut tendre à l'utilité de 
l'Etat fans exception- i». ir faut polir la 
nation fAe ton doit gouverner, 20. // faut 
introduire un bon ordre dans tEtat , y entre» 
temrlafociétéj Ç^ y faire obferver lesLoix. 
30. Ufaut établir dans PEtat une bonne ç^ 
exaSe Police. 40. Il faut faire fleurir tE- 
tôt ^ le rendre opulent. 50. Il faut -rendre 
fEtat formidable en lui-même ^ refpe&able 
àfes voifins. C'eft à l'examen détaillé de 
ces f objets que font confacrées les Re- 
cherches de l'Auteur dans toute la premiè* 
re Partie de cet Ouvrage, dotit les bornes 
qui nous font préfcrites ne nous permettent 
pas de faire un Extrait fuivi: tout ce que 
0019 pourrons faire , ce fera d'en indiquer , 

E 3 foni- 



90 BlBi:iOT]l£Q.UB DU ScrEMOSS^ 

fommaiiement le contenu , nous réfervant 
néanmoins de donner une Analyfe fuccinc- 
te de Tun de ces cinq grsmds objets de la 
Politique. 

Dans le Chapitre lY de la Mamêre de 
fohr une Hat ion , l'Auteur commence par 
détruire le préjugé fur le Bonheur de TE- 
tat de Nature « & par prouver que po- 
lir une Nation c'eft Jetter les fondemens de 
fon bonheur & de (a gloire. L'Education 
étant le principe de la Politefle Nationale » 
il en prend occafion de parler des Ecoles, 
des Univerficés &c. & pafle enfuite en re« 
vue les Académies des Sciences ^ celles des 
Arts libéraux , les Imprimeries, les Voya- 
ges, le Luxe^ tout- autant de movens de 
polir une Nation. . Uinfiuence de rexem- 
ple du Prince & des Grands le conduit à 
psurler des Cours & dbs Courtifans. Il finit 

{>ar jetter un coup d'œil fur les Speâacles^ 
es Fêtes publiques &c. qui.fe rangent na- 
turellement fous ce chef. 

Les Chapitres V & VI font confacrés au 
fecond objet de la Politique. Dans le Cha- 
pitre V. l'Auteur après avoir indiqué les 
principes , d'où découlent l'entretien de la 
ibdété & le maintien du bon ordre, ren- 
voyé au Droit de la Nature pour expliquer 
les devoirs généraux de la Sociabilité , & 
parcourt les différentes conditions des hom- 
mes, & les différences de rang qui en ré- 
iultçnt. L'^ntrçtieQ 4e la Société l'engage 



JAN7ISR» FeTRIBR^ Mi&S. VjCO. ^I 

à traiter de la Population v des Divorces^ 
des Màifbns d'£mans trouvés, des Colo- 
nies^ du Suicide 9 des Duels ^ de ^'Indi- 
gence &C. 

Le maintien du bon ordre le conduit k 
parler de la Religion, du Clergé, de la* 
Uaifon des Provinces ^ des Poftes ,* des grands 
Chemins 9 enfin de la nécefTité d'établir des 
Départemens pour chaque branche da 
Gouvernement. Dans le VI Chapitre 
IJAuteur traite des Loix en général , du 
pouvoir Légillatif, des fources de la Ju- 
rifprudence Légillative , des Fiefs , des Loix 
fondamentales de l'Etat , de la Jurifpru- 
dénce Légiflative & de tout ce qui s'y rap- 
porte, des Tribunaux de Juftice, de la 
Queftion > de TofiBcc du Grand - Chancelier 
&c. 

LesChapitres VII, VIII, & IX fe rapportent 
au troifième grand objet de la Politique* 
Sûreté, Netteté , Bon-marché, ces trois arti- 
cles comprennent toute la Police. L^Auteur 
traite d^abord des Magîftrats de Police, de 
lajurisdiâion & des objers de la Police, dit 
fecours que lui prête TËtat Militaire, du 
guet, des brigands, des épidémies, des li- 
belles & livres défendus, des incendies, & 
généralement de tous les autreis objets» 
qu'on peut ranger fous le premier chef. 
Le Chapitre Vil I roule fur tout ce qui a 
rapport ila propreté & au bon -marché, 
& le Chap. neuvième traite de ial^^pUc^d^ 

E 4 • U 



ysT BlBUOTHEOiOB DE» SdENCES, 

là^ Campagne. On devine alfén^ent les dQ-> 
tails. 

Nous ne difons rien ici des Chapitres 
5C-XV, qui , fe rapportent au quatrième 
grand objet de la Politique , vu que nousK 
comptons y rçVenir dans l^ fuitç de cet 
]^xtrait. 

Le Chapitre i<5 & dernier de cette pre- 
p:iîëre Partie eft confaefë à Texamen du 
cinquième ^and objetf, qui eft de reiidrç 
TEtat formidable, Atmée , Marine , ces 
deux articles comprennent tout. L'Auteur 

f>arcourt d'abord les fïx objets de l'Etat mi- 
itaire. i^. La Fofmation d'une armée, 
^o. Le Logement, la nourriture, levète- 
]p3ent & les armés du foldat. y^. La Dif- 
dplîne militaire. 40. L'Exercice des Trou- 
pes. 5^ Les Opérations militaires. 6<>.L'En- 
tretie^ des places fortes, des Arfenaux ^Sç 
de tout l'attirail de la guerre. Venant en-^ 
fuite à la Marine il çonfidère fous cet ar- 
ticle, i®. les Flottes mêmes , 2^ laçbn- 
flruâiondes bâtimens qui les compofent, 
^^. r]|^qiiipage & les troupes qui les mon- 
tent. Ennn les Arfenaux de Marine. 

Nous renvorons ceux qui fouhaiteront 
de plus amples détails , fur le contenu de 
tout cet ouvrage, à l'ouvrage iiiême, qui 
lie plait & n'intéreife pas moins par l'agré- 
ment de la forine , que par la variété & 
la richefle du fonds. Hâtons-nous de ve- 
WX ^ l*4°alyfe fuçcia6te des Chapitres qui 

çoa- 



Janvier /Fâvaicr 9 Mars. Z760. 71* 

concernent le quatrième grand objet de la 
Politique , qui eft de faire fleurir PEtat & 
de le rendre opulent. L'Opulence d'un E- 
tat eft l'abondance de toutes fortes de 
biens , & la maife totale des richeffes , qui 
fe trouvent dans un pays à proportion de 
fa grandeur refoeftive. Eft-4l avantageux 
CD effet ou préjudiciable à une nation de 
Ja rendre ooulente? C'eft par cette quef- 
tion que TAuteur entre en matière. 11 y 
a divers fentimens fur ce Ibjet. Lycurgue 
bannit l'opulence de Sparte. Prefque tous 
les Légiflateurs anciens , ainfi que les Fon- 
dateurs des Empires modernes font tom* 
bésdans la même erreur. Ciceron & Mon- 
tisfquieu penchent auflî de ce côté. Ce- 
pendant, en partant de l'Axiome que le 
Bonheur eft le but des foçiétés , la queftioa 
fe décide bien vîte en faveur de l'opulence. 
En effet, fi l'on décourage Tinduftrie, ^ 
quoi employer les citoyens? Auxguerred 
& aux conquêtes f Elles ne rendent point 
les honimes heureux. Les peuples pau- 
vres, dites-vous, ont toujours été valeu-» 
reux , les peuples riches toujours lâches, 
Ç'cft un préjugé que l'Hiftoire dément à 
chaque page. Tous les peuples pauvres & 
Çicerriers n"ont été que des barbares & des 
brigands , fans en excepter ces fameux 
Grecs & Romains. lis ne font devenus 
Nations refpeAables , que quand ils ont al« 
lié l'opulence avec la valeur. Il s'enfuit 
^u'ua Ëtat ne fauroic être ni folideinent 

E 5 foi. 



74: :BlSUOTHÈQ.UB DES SCIENCES , 

fçfmidaUe ni viiitaUement iieuieax , s*iL 
s^ft opulent 

' L*;Çquilibre entre Topulcncc dé PEtat & . 
cale des particuliers n'eft pas égal dans la 
plupart des pays: ici rfetat ri'eft' rien 
moins que riche , pendant que les particu-. 
liers regorgent deoiens; là l'on voitre- 
guçr chez les Sujets une grande médiocri* 
té , & une opulence extrêntie chez le Siu* 
verain. Ces proportions oppofées ont cha- 
ciine leurs inconveniens, fur -tout la der- 

nierç. 

. (>a'eft - ce proprement qui fait l'Opulence 

d'un Etat ? Ce n'eft pas la quantité d'ôr & 
d^'an^ent foit en barres foît moanoyé. Il 
fuffît qu'il y ait dans un Etat beaucoup de 
repréfentations . réelles des métaux pré- 
V çieux^ & outre cela une abondance de 
toutes fortes d'autres biens. Un tel pays 
eftricbe & opulent. Ce qui paroit para- 
4oxe, & ce' qui cependant eft très -vrai, 
G'ea qu'il n'y a que les pays opulens , qui 
àknt dtô dettes nationales, & que les E- 
Uts pauvres n'ont pas cet avantage • là. 
Voici Je précis du raifonnèmenf de Mr, dç 
B. fur cette matière. Depuis l'Agricul-' 
tiire jufqu'à la Compagnie des ' Indes il 
^y a point de métier , point de fabrique » 
point de commerce dans l'Etat, qui puifle 
ailcf fans argent Très - peu d'Etats ont 
des fonds fumfans pour occuper tous les 
citoyens de la mânièr<e Ja plus profitable. 
Les. Placions les plus ind^ieufés. &, les 

* * plus 



jANt|BR5 FbVRIBR, MaRS. 1700. 7$. 

plus politioues ont fenti de boniie heure 
cette néceiîîté & cette . difctte. C'eft ce 
qui I^ a engagé à ouvrir ides Fonds publics» 
tant pour mettre en plus grande circulation 
Targent qui étoit déjà répandu dans le 
pays, que pour en.attirer du dehors & aug* 
meoter aioii la mafTe. Les Dettes publi^* 
^es de ces Etats ont été de deux natures: 
les Capitaux en étoieot dûs ou aux Sujets 
mêmes , ou aux Etrangers. Les premières 
étoient des dettes de la main gauche à la 
main droite. A Tégard des Etrangers, ils 
tiioient 3^4 ou f pour cent d'un capital » 
avec lequel la Nation gagnoit 20, 30, 40 
pour cent » l'ayant mis en commerce & en 
circulation. Comment, dites «vous, cet 
ar^t emprunté par l'Etat a- 1* il pu être 
mis en commierce & reparti entre les par- 
ticuliers induftrieux .'^ Da diverfes maniè- 
res. L'Auteur en fait rénumération ;nous 
ne fercMis qu'en indiquer quelques- unes*. 
i^. En tems de guerre ces Gouveimemens 
fages ont emprunté » & par-là ils n^avoient 
pasbefoinde demander tant de fubûdesaux; 
iiijets, ils laiflbient plus d'argent entre les 
mains des particuliers, z^. En faifant 
beaucoup de dépenfes utiles , auxquelles ks 
manuËiâures & les fabriques du pays con* 
couroient exclufivement. 30. En établif- 
fant des deniers publics diverfes fabriques 
ou manu&âttres , que des particuliers ne 
pouvoient entreprendre , & ainïi du refte. 
Cen'eft pas que toutes les dettes Tqyent^ 

avan* 



7<( BlRLtOTHEQUE DHS SciENCrâ f 

avantageufes : celles qtfan Souveraîo con- 
trafic au nom de l'Etat pour faire des dé- 
penfes inutiles , pour affouvir un luxe» 
dont les matériaux font tirés de l'Etranger» 
ibnt très-pernicieufes à l'Etat. 

II réfulte de tout cela^ que les principes 
de l'œconomie d'un particulier font pref- 
Que diamétralement oppofés aux principes 
ée finance que doit fuivre un Etat. G'eft 
là une obfervation importante, dont l'Au- 
teur fait plus d'une fois ufage dans la 
fuite. 

Il y a dans un Etat nombre de dépenfes 
inévitables. Pour y obvier il faut des re- 
venus. Ces revenus proviennent de deux 
fources, ou des Domaines, ou des Con- 
tributions. Par les Domaines on n'entend 
pas feulement de certaines Terres qui 
appartiennent en propre au Souverain , mais 
on comprend auffi fous ce nom plufieurs 
autres objets qui produifent des revenus, 
comme les mines, certaines poches ex- 
clufives, certaines chaffes , &c. Tous ces 
prodoits font la baze des revenus, mais 
comme ils ne fuffifent pas aux dépenfes» 
fous les citoyens font;obligés de contribuer 
a remplir Texcédent. Le Souverain a feui 
]e droit d'impofer ces charges; mais^ 
comme il eft impollible ^u'il puiffe con- 
BOître par lui-même & régler tous Its dé- 
tiiils, il faut néceifairement qti'il établiiTe 
un Département chargé de ce foin , & 
ii'eft ce qu'on appelle le Département des 

Finaa^ 



jAwntn.^ Fèvwer, Mars. 17(55. 77* 

Finances. Ce Département doit être uni- 
que fous la direâion d'un féal chef. Riea 
n'eft II dangereux dans l'JBtat que diTerlès 
autoiitës égales. Dans l'adminiftration do 
cette partie dans chaque Province on ëta** 
bUtuneChaxnbrefùbdéleguée. Cette Cham< 
bre eil chargée de la régie particulière de» 
finances de la Province, & fait fes rap^ 
ports au Département. Le Siftême gépé- 
lal ainii réglé entretient une harmonie ad^ 
mirable dans l'Etat, & tous les rayons du 
cercle fe rapportent au centre commun^* 
Le Souveram.^ doit accorder à ce Départe-^ 
ment toute fa confiance. Il fait fort im«' 
pmdemment s'il écoute en fecret ces Bii«» 
leurs de projets dont le monde eft rempli. 
Règle générale. Tout homme qui fe van- 
te de poiTéder quelque fecret fur les finan-^ 
ces, fur le commerce, fur les monaoies^ 
&c» ou fe trompe, foi-même, ou tromper 
les autres. Point de fcience occulte pour 
les Affaires. 

. Les objets du Département des Finance» 
peuvent fe réduire à iix points. 
10. De bien conndtre l'Etat ô* fes, Af- 

finns. 

29. De procurer aux Sujets toutes les ref^ 
fources poffibles pour pouvoir contribuer am» 
pkment aux befoins de PEtat. Le Départe^, 
ment des finances eft le Tuteur né des ci- 
toyens , il doit leur apprendre malgré eux 
à devenir riches & capables de payer les 
charges de l'Etat , & leur en faciliter les 

moyen». 



*78* BiBLionmoù^ DUS- ScisiÉCBf V ' 

moyens, i» Plus il- y a de citoyens dans 
vn Etat , pkts il y a de contribuables^ 
plus il y a de mains. pour toutes les entre^ 
prires poifibles , plus il ^ a par coaiëquent 
de xeliburces. poUn augmenter la richefle 
générale. Il s'earuit '■ que Taugnabutation 
du nombre :de&: habitons eft le premier but 
eu leFinandef doit vifen. L'Âùteui.a ia^ 
diqué ailieiuslea moyens. qu'oùf peut.em* 
ployer pour là ^pulation. 2. Sans argent 
rhomme induftriemt ne fauroit tirer parti 
de fon'ihduftrie> ni le propriétaire fe fer'» 
vir avantageufement de tout ce qu'ii pofle^ 
de pour acquérir ce qui lui manque. Par 
conféquent l'augmentation de la maile to- 
talodes richefièsy au moyen delà circula* 
tion de Pai^ent^ devient un autre objet 
naturel des nuances. : Les dépenfes d'une 
Cour brillante^ les bàtimens> le luxe^ &c.» 
Yoiià les moyens que les grands Finan^ 
ciers metteivt en ceuvre pour augmenter la 
maffe totale, en la mettant en circulation^ 
car il eft rare que l^ei^ pafle par une 
main fans y laiflèr quelque profit. 3. L'en- 
couragement donné à la culture de toutes 
les denrées naturelles 'd*un pays forme le 
tfoifiëme objet 'd\i Financier, & cet objet 
eft d'une immeiife étendue. Ici rAutèor 
entre dans des détails où it nous eft impof- 
fible de le fuivre» nous ne nous arrêterons 
tp moment qu'aux principaux articles 
qu'il fait pailer en revue. Parmi les pro«» 
cbâions naturelles, les bleds font la paze 

de 



fle toat. Un pays qui auioit un avantagâ 
confidérablc fur tous les autres dans la 
produâioB du bled , ne ^unoit manque! 
d*acquerir pne fupériorite de forces intrinfc^ 
ques^ de richefles & de puifTance. Lea 
beftiauxTont Tame de rocconomie ruralté 
hmïi te Département doit engager par 
tOQtes fortes de voyes les habitans de là 
camp<igne à en entretenir un grand nom-^ 
bie. 11 tâchera de procurer aux propri&h 
taiies des biens de campagne de bons che^ 
vaux a un prix raifonnable. L^établillè^ 
meitt des haras eft un objet auquel il doit 
s'attacher extrêmement II ^ faut généra'^ 
lemeot .encourager le phis' qu'on peut- Ik 
culture de' tout ce qu'Un pay^ peut piodaî'i 
re,en s'attaçhant principalement à laden^ 
rée qui fe cultive avec le plus de fuccës^ 
La multiplication^ univerfelle des g^ins 
fl'eft qu'une affaire do i^éçulation. Ici 
l'Auteur pafib ca revue le tabac , la garai<^ 
ce, les fruits ) les légumes, lesherbânié^ 
dicinales, le ris. Dans un climat propied 
la cuitute< de la vigne ^k un objet de H 
première importance ,• mais lorfqu'il s^ 
refufe abfolUiïïtntv il ne faut point per-^ 
mettre des (oins ^i pure perte. 

Nous paflbns plufiéurs articles pour ve^ 
nir à celui des Forêts. Ëft- il avantageuii; 
à l'Etat d'avoir de vaftes Forêts , ou non? 
A cela on repond : Il faut une jufte proi 
portion . à tout. Il eft démontré quWé 

cataiae étendue de pays^cbuvene de bois^ 

se 



1^ PittiQi»f9B^B P«J5#iB|r«»^ : 

PC lâwoit .entretenir autant d'faabitans quft 
quand ellë^eft enfemenç^é* Il eft démon- 
tré auifi . 5}^*un pays né fauioit avoir trop 
d'hàbiUïif. De ces deux prcpoiitlops (l 
Is^eaTulyr qk qu'il eft avant^ageux d'abattre 
k plus dé, .forêts qu'on peut , & de Ie3 
convertir ca terres iabourâtles. . Cet avaa- 
tage néanmoins efi contrehalancp pac 
d^utres-iiicoiivéaieos. La plus grande per- 
fçâioi^ d^n Syflême oeçononoique çoafmç 
en ce que les citoyens trpuvent chez çuz 
ies principauis; befoins de la vie. Le p^ 
^ befoin d*habitans, il eftrvrai^ nui^^Iq^ 
habitans ont befoin de bois {srefque zutsuùt 
que de paip*^ On objeâe: mais puijC^^|l 
eft conftate^ qu'une arpent de. tçrre.^ei^ifi- 
mencée rapporte incomparabIen^ent{.pIus 
qu'un arpent couvert de bois , abattez vos 
bois» labourez vos terres, & du produit 
des grains achetez le nécciTaire de^ bojs 
chez vos voiiins , il demeurera toujours 
un réiidu de profit à votre p^ys. Ce rai- 
fonnemenc n'eil jufte ni en finances ni ea 
politique. C'eft ce que l'Auceur prouve 
très-bien t mais ce qu'il' faut voir dans le 
livre même* De ces réflexions il refulte 
naturellement une féconde queftion. On 
demande t Dans un pays couvert de forêts» 
combien^Qoit on en abattre pour les rédui- 
te en cliamps , & combien en doit - on. 
laiffer? Tout bien pefé^ la meilleure 

Eroportion efl déterminée par les plus ha« 
lies Financiers^ à, ce qu'un pay^ne doit 

jamais 



liKViBft, Pfiv&iER» Mars. 1760. 8C 

jamais avo» moins qu'un cinquième, âe^ 
jamais plus qu'un tiers en forêts. 

Ceft un emploi à part que celui de gou* 
Teraer les forêts & ks chaiTes, Se un em- 
ploi difficile. Cependant on remarque pref* 
que partout^ que le département des finan* 
ces cherche à s'^propner la régie des forêts» 
C'eft un abus iniigne. Il feroit avantageux 
de combiner l'intendance des forêts âc des 
chaÎTes, & d'en faire un département fé* 
paré 9 qu'il feroit bon cependant d'incorpo« 
ler en quelque manière au département 
général des fînancesi Le devoir des Offi* 
ciers de Vénerie eft de veiller particulière- 
ment à la confervationdes forêts , & de fai« 
retels arrangemens,que le Public foitpour« 
vu de toutes les fortes de bois, dont il peut 
avoir befoin , & que le réfidu foit mis en 
commerce pour le dehors. U convient 
qu'au dé&ut de rivières , les forêts foyent 
traverfées par des canaux, fur lefquels on 
puifle faire flotter les bois. L'utilité d'un 
pareil canal dédommage l'Etat au centu«i 
pie de tous les fraix qu'il peut coûter. 

LaChaife & la Pêche font des objets qui 
méritent r attention du Financier^ mais les 
pèches en pleine mer font d'une bien plus 
^ande importance que celles des rivières. 
Elles demandent un grand encouragement » 
car outre qu'elles deviennent autant de 
branches de commerce , elles forment aufl! 
la pépinière des matelots. Quoique par le 
Droit Naturel la mer foit libre, les convei>- 

Tome Xm. Part. l. F tion« 



tt m^MvaapM m Sciamp» 



. r 



tâtonsitpe laiNatiomtnfc fait etti^Ites mt' 
donné des kwus à edtc Ubmi gpoénte. . 
Pcffiiué tmMîes le^ càteis ooi <té exceptées* 
C^ le devoir èa chef dcfi â&uces de Tcâi^ 
1er to'mK^emtvft amnaiotien des privilè*^ 

£B^ d^foopaysefteftinffeilîoo. Uys» 
<«s pâchesit)iiî fofllrde la diersibe ifnp<»«< 
Canec^ Ceiles de la Morae en Amérique^ 
éa Hanaisg & de la &ieine dans la Mer 
da Nosd^^ foiXBent les tooâs grandes, pâckes 
Batioaaks. 

Mr. de B. pafTe enccve en levue trois 
icticles ifi]f»rtanst les Salines, lesSoiuees 
ëfeauKJBiiaëraieSt lesMines; mais il nous 
^ impoŒbte cfe tout Jècéger* Les Mann* 
faâurcs^ le Connna«rce y. la Navigation 
marchande ne doivent poiot être confos^ 
daes. avec les aotres opàralioQS des fkoib» 
ces 3 & demandent même uoe Régie pa& 
ticujôère: c'eft pourquoi râmteur les. ren^ 
voye à un autrceauunen ^ & te cootame 
de leiubarquer en cet endsoit^que^fi leaar* 
fongemeDs des finaoces^ pour tûcr toiasles 
avantages poiBbles des produâions natur 
ii^es «font formés fur de bons pcincipes. dé 
détail, <&: il les tcoi» branches du traivaii 
iaduitarieux font encouragées paf des mof 
j^ens convenables, en ce cas le iiecondpoÎQt 
de i^Â^ de» finances fera parfaitement 
rempli* 

: m. La Re'gie générale &^ pardimlièn des 
D$maims forme le sme. objet est D^ar- 
t&BSMA des finuoei; Zi y a doox manière 



Jakhbb.^ Fmrsii» , Mars* «7dlD. || 

de tifer les fevvnus d'uae Tarie, ou ea li| 
Èuïaot régir par unAdmioiftrateur, ou eqi 
U (tonoaût à ferme, à hh Amodiateur. La 
qoelle de ces deux mëthodes doit'- on fui. 
vre pour les Domaines ^ Mr. de B. confeille 
FioiQKiiatioQ ^ & il en donne de trè$-boa^ 
oesraifoouSj auxquelles nous renvoyons^ 
U 4épartefi^eat doit affermer au plus of» 
frant , s'il eft en mAme. tems le plus hdbU 
le XKcenoiBe. Il fau( & garder foigneufe* 
ment d'énerver les Amodiateurs par de$ 
Textcionsi ou ep bauflaot la ferme à cha'^ 
q\)ç expiration de bail. 

Il fe préfente ici un Problème a^ez dif*. 
ficiJe à refoudre. Eft-ll avantageux pouic 
laËtat que le Souverain poifède beaucoup 
de tmesdomaniaIes?Fait*il bi^inde&r^enap'^ 
proprier le plus qu'il peut? lUitindubitabM 
que^plusun Souveraip poffëde dé terrei; 
eir propre r plus il en peuttirer de reven^^ 
XB^is le profit qu'il la^t pa^^^là eft controba^"' 
laôce car Vautres pertes^ & par des cpi^ 
iidérations politiques qui. fpnt d'une grandtf 
cc^équence. L'Auteur xoqcJut à diilin-. 
gioer ei^^c les difterentps clailès de Souve^ 
laioB. Un petit Prince peut augmenter fe^ 
Domines faus rifque» mais un ^ouvç'raia, 
pHlifànfedoit préférer laco^fervation de ieàt 
valaiix: à l'acquifitioa 4^ leurs terr^;. 

IV. Le 4(ne. objet du D^artemeat de» 
Finances eSt de tronver (/f nMfàère la plus, 
commode €^ k^ moins ondreufe de lever ki 
impôts. L'on voit fout estt .que la mécbod^ 

F 2 de 



de peirêvoirjies ii&pofîtions^t. pkis 4t 
mil auxpimples que i'impofttioa mémcL 
Elles dèiMnt af oit trois prûpriérés. i- XJnç 
égalité :^ap0rtionnefle « c'cft^à-tlire i oue 
tous tes Citoyens, & s'il eft même podOSblç 
les Ethifngers^ai fe trouvent dans l'Etat^ 
concomeot, chacun fdoh fes iacuké)^ jk 
les payer» 2. Que le-^payemânt caufeasu 
citoyen lé moins de * diftraétion iju'tf «ft 
poflSble^ & qu'on lui éirîCe toutes fortes^c 
v^ations à ce fujct- 3» Que chatpfe 
contribuable puifle acquitter fa quotefi^ 
de la manière qui lui cQ ia plus coHh 
xnodedan^ le tems qu'il eft le mieusi^ 
état de payer. t , . . .., 

La<NfficuItë de trouver Tégalité pre^-* 
tionnelle z tellement embaraiié tes FinaiW 
tiers , qu\>n a vuéclerre les projets les^j^us 
chimériques fur cette matière. Oh n^ 
Irduvefa fjamais fi Pon inec'des Hitt^ùxc 
les hommes. On a beau ranger lés cito- 
yens en claflcs , faire des divifions fe^'^cs 
lubdivilions , tout cela kie lignifie riem h^ 
richeffes des particuliers varient à^lTîi^î. 
Comment.eft'ilpôflible de favoir ail joAe 
ce que chaque citoyen poifède , & étas 
queMe claiTe il faut le placer? î^ feUtCfoe 
trop eùâ pour s'en procurer hi conno«lanH 
ce eft -même très danjgereux, très>nuifi>^ 
au commerce & à Tinduftrie. Ccé oonù 
dératbns & d-ai^ftréS- encore doivent enga 
gér le Départcnfïent^ à diftingucr les ccmtri 

butions perfoRoelleStfavec les rceUcs. Pa 

- 'i Je 



lés fvemièitfffcia'' ^tend toutes 'fiertés de 
WtC8 que hit néoeflité fait înqspfer fur Iz 
peribnne des eitoyens , & fous to fécondes 
on cofxifHrend ies droits dont oa cfaaige les 
^fleliions. Cette diftmftion eft Je ioodo- 
xactit d'an pvindpe fécond c^-fitlmakos 
cooféqueoces; c^eftqiie dans Jes.tems ce- 
dinàires^ daivrie calcne de la patx» il eft 
avantageux pour Œtat de n'établir que des 
cotttributidns r4éeUes, parceque^ indépea* 
danunentdes autres a vantagesi elles procu- 
rent cette égalité proportionnelle : mais 
dans des teins de calamités on ne peut 
s'empêcher d'inipofer des taxes pcrfoniiel- 
les, parce que l'État a befoio alors de fe« 
cours extraordinaires & prompts^ &que les 
contributions réelles n'entrent que fucceffi- 
vement » & par des opérations lentes , dans 
les coffres du Souverain. 

Les Contributions perfonnelles confident 
en capitations, en tailles, en la levée du 
îO^«n«. du revenu &c. C'eft ici que les claf- 
fifications font d'un grand fecours, A 
l'yard des contributions réelles , elles font 
de différens genres. La première & la 
plus naturelle eft la taxe impose fur les 
biens de la Campagne. Le Départe- 
ment détermine ce que chaque arpent 
peut & doit naturellement payer par 
an , fans que l'agriculture foit découragée 
par cette charge. Si le terroir étoit égaler 
ment bon dans ch«<iue pays, rien ne<feroit 
plus aifc que de régler cette contribution. 



^la diflKrence qui A]bli(l8>à crtigaid, 4k 
^'autres circbfiftftnces oÉccMéoimix eniMr 
'en coftfidéi^ion^ lorl^'il s^a^^k deidëtef* 
* itihier hi taxe de telle ou de telie tave. ici 
-fAuteui' fait très-bien Tetitir les airantaips 
«de cette' taxe 9 la i>lus é^oituUe & htfkis 
douce quV>n paiffe imaginer. Ceux d^itre 
les payfans qui vivent uniquement du trU-* 
vail rUftique, payent une Gontributioa mo- 
dique pour leurs poâSrflSons. ' Ceux qui 
n'ont rien en fourniflent une fort peetepet- 
fonnelle. Les artifans établis i la can- 
pagne , non pofl^onaires , fimt tsxâsi&^ 
Ion les moyens qu'ils ont de gagner. B ^ 
'établi dans la plupart des pays de Itfiurefpe 
eue les terres appartenantes ati Cler|é OBà 
des Nobles font exemies des tasei otdir 
res. CcStk quoi >Ëtat Ecdéflaftiqar nç 
paroit avoir aucun dioitr il lAn eftisas de 
même des Terres Seigneuriales. Lanec^ixté 
a fait inventer encore en diffiincns. taas 
diflfërentes autres contributions « que l'on a 
appelléesou leTailIon,ou la&ibfiftaiiGei^aa 
le Subfide. Kéceffité n'a pamt dr Loi eft 
une maxime vraye, mais dont le Sauue^ 
Vain doit être fert retenu à £iire l'apptiea- 
tion. Il eft encore beaucoup moins Qfié« 
reux pour un pays de hauipar une Taxe ^ ' 
que d'en établir plulieurs nouvelles. i 

Quant aux Contributions des VMles ^^eSk \ 
une méthode ailée St naturelle de mettra 
^Dç t^3te fur cbaqjue maifoQ à pqpoicîonj 



4 - 



4e fa ^eor Qv da prix de Ton loycr^ mm 
<ette t»e ne dok être qm fort modh{it6. 
Cm a encore iatfodiiic PuùkgQ du papier 
timbré « ocmtnbotioQ dcioce & impercqi- 
tibfe i^i ne taUIb pas d'être de rappoft. 
Mais ùe toos lea impôts ceioi mi lapporte 
k plus à )'£tat, & cjui fatigue te moins les 
fB^, c'eft TAccife ^ e^^èce de Uxe tpfaa 
me fax la plupart des àemées de coo* 
fonaftiofi. Cofimie tout ce «joi f efpiTe dMs 
no poips^ coofoflae, chacun à propoition de 
ks facultés» facceflSvemeot & à mefine 
qu'il en a les mogreos, oa voit du premier 
'coap &Ml que l'Accife a toatei Its pro- 
priétés d'une bonae contrâ)ution. Mzib ics 
lemèdes ks ^Qs falutaires peuvent être 
convertis en poifoa. C'eft oûe charge qui 

re fut toutes les claflès des hibitans» 
par conféquent elle produit beaucoup 
loes marne qtfielle n'eft que modique. Oki 
peut donner pour règle certaine «qu'il ne faut 
jamais haofier TAccife tme ibis établie fans 
une eaxrême aéceilîté. 

La Douane eft un droit que le Souverain 
lève fiir toutes les Marchandiiês étràn* 
giBÊiB qui eairent dans l'Etat^» & quel- 
qwrfws auffi fur celles du pays qui font 
envoyées au dehors. Cette contribua 
tioa eft d^un très- grand revenu, fur - tout 
dans les pays où le contmerce fleurie 
Elle ne fauroît être arbitraire. La di& 
tiaftiSii e&tit Maichandifes nécefiairesA: 

F 4 vo- 



1p^ titàJuylfÊÊLkàti^ vm§9àmau^ 

.^iip«MfiréiPdt jâfie ^ mais dline appHcâ;^ 
tsdn détienne dans U pràtiiiue/ Mr. de K 
' cîènfeOleiaâ i^inancier qui dr^ -te ts^iP^de 
' éiftingù#"eàtre Marcbandi(te ^ef pt^mièrev 
àè^féèàAâ&Y^ de troifième nëceflké.\ Q 
«x^li9lgiKée ^ifil ente&d pos-la^ étabèitides 
pdHcipefi 'pour chacune de ces clafles v & 
T^ raffotf 4u )>aràdoxe ^ les iroits mo&ipei 
fgppmmPfks im les droits excef^s. An 
tt&t il iife "coniidère ki la Douane que 
ëomme un^jet de finances; les rapporta 
jatkiesf <]u^ellé a avec te ootnme^ce l'ob&i 
geiit tf y i^fe^seiïir encore dans Jâ futeî. • -^n 
- Si'i%R 'deihande une r^^e u&IrerftUe^ 
pëur ^feimiiiér la jufté proportion' dttâ 
ihar^frquSin Souverain i^ut impofer iur 
jes fdfjet^V P^teur croit ^ue la mat 9iOu 
lltiqueiifls fixeioit à 25 pour eentdes teafW^ 
tiô^ d*ttô' thacun. ' ^^ 

^ Refte eÂcore fur cette matlèreune qaef^ 
tlon importante à refondra Eft-ilpms-a^ 
vantageuxde mettre les revenus de i'EtaiQ 
en ferizie ou en régie? Les partifans de la 
fome cmyént pouvoir faite un fond plti6 
^fluréfuf la Ibmme du produit de cha^fiie 
partk & fur l'exaditude du i^yeman:. 
Cela n'empêche point qu'il n'y ait de grands 
inconvëniens attachés à celte méthode* 
10. Par ime régie fidèle l'Etat peut gagoer 
tout ce que gagnent les fermiers par ks 
pr^simmenfes qu'ils iont^fur les baux. 

ip. Quand métoe Je$ &a^ 4^ ies âlsiûre» 



tmpQHeromt jUQ^ paitie cfo^of^po^. Ut 

se ft>qt fxass eqçièremeiu perdqs ppuir TEtaty 
jli r^QUest 2'^^8G arvaiitagç d:çi^ Ja mafSb. 
yk Le peuple qpi voit to^s Jftsjow^ fous 
fts yeux dç^ fermiers faireAioe^iittOieQfie 
fentme, s'eft que trop fondé à croire, quç 
(SA de fes dépouilles qu'ils ^'ej^richifleati 
Cette, idée le pique & Tirrite. 40, Qa re* 
SKt eotre les inaiii$ des fermiers ime txo^ 
grande portion . du pouvoir fouveraia pour 
krecouvrçmeat des contribtttion& jou Les 
peuples font abandonnés à la du^eié aflas 
naturelle des feriniers. On voit quç, fans dé* 
cnftrabfoluinept» Mx, de BuEi^Fiu^Dvpaoche 
toucxHjp ppurl'adimnillration desrevenus* 
V- Le Cinquiènse objet eft de faire une 
jiife fépajrtitioo & un bon epiploi des de-* 
metB publier.^ . La dépenfe ^nérale eft 
réduâible à douxe chefs principaux; 
BnùretîendaSonverain» Salaires des perfon* 
ses en chafge. Armée & Marine, Né^ 
gOKuations , Fortereflès , Cletgi ^ Bàti-^ 
me99 publics « Police, Hôpitaux, Domai« 
nés, JDédomma^mens» Dépeafts extra», 
ordinaires* Si l^ut a des dettes» le Fi« 
nancier doit av^t toutes cbofes trouver 
le fond pour l'acquit des intérëta. De la 
ponâualitié .àe ces payemens dépend le 
Cicditi public^ -qu'il eft de la dernière im« 
poftance de cooferver, Kien auflî n'eft 
plot oéceifaiie c|ue de faire une balance 
exaâe du Prixluifu.<le tous les revenus & de 
toutes ks dépenies. L'infpeâioh de cettç 

F J ba- 



%élasce doik nider toutes les opéntioMdNi 
f^îMfiden Dans remploi deff retenus p» 
%)ks II y 9 une di&inâioo tîè^- eflefitisUft i 
'fAitt cnttc les dépenfes qui refteUtdam TB^ 
^at, & ceHes qui en fortent La graidc 




qu*on y wfe de fféquentea exceptions. 

VI. Ec Sixième & dcffliér objet dàs fi* 
itances tit de tenîf des comptes <& des re- 
giftrcs exaâs de la recette & dépenfc gén^* 
raie de TEtat Ceft une méthode admr- 
Tible d*étabKr une Chamfcre chargée' da 
foin de teroîr, d'examiner & de rërificr 
fous les comptes particuliers qui oat rap^ 
port aux finances. Elle eft encore chargée 
de la garde des titres & de tomes les ar- 
chix/'cs des finances & domaines du SooTe>- 
ïain y qu'elle entretient dans k plus grand 

ordre. . ^ 

* Nous venons de tenèfc coimpte â^Cks^ 

pitres X, Xî, &XII, qui foi^ intiiutepde 
fOpricnce de PEtar en géivéra), &dc« Fi- 
nances. Nous nous^ étions propo(iÉs de pW- 
courir de même les t^oîs Chapitreis Ali- 
^m9\ qtti traitent des ManiiBrâuM^^^dH 
Commerce; & de la Nav^aticm^ & ^ 
fc rapportent encore au quatrième graM 
objet de la Politique^ ihais les bdrnes^ 4}iâ 
nous font préicr kes nom oblîgcflR &t mG&^ 
arrêter en cet endroit. La fuite df cet au 



£eiltbt Oamgt fera la matière^ d^ivi k^ 
<aii fiztraiL N'onUions pas co BajfffÊOt 
cdai^ci cPavatk ^ ce premier Voluiut 
eft ofné (fan poitraitdeMt* de BiKLraLDy 
Hès^propre à prévenir eit ùl fMnur. 

« 

ARTICLE SIXIEME- 
ABREGE' Chronologique ât Wîftoîre 
i}*£$PAGN£^, par Mr. D£sojim£adx, 
depuis f^ fondation jufqM'au pré- 
fenc Régne. Qaatre Tomet inia. 
Paris , 1 7S9' chez N. B. Duchefae* 
Tbm. I. 4itf pag- 

CE n'eft Dipom: lesSçavans, ni pour 
cei» qui toat une étade profonde de 
Fiuftpkre» que Mjl Dssormeau]^ a ea** 
treprifi ces Annales d'£(pasQe; ce n'eft que 

nies gêna du monfie quif n'ayant i^i 
okmté ni le tenas de parcourir d'îa;- 
menfes volunœs , veulent pomtaac ne pas 
iparaitre tout à &it étrangcrs^ dans i'hiUoi^e 
(Pune Nation çelèln'ek. qui difpuu ba^- 
Usns l'Empire de rEurope. Il ne le Pro- 
pose que de rappetler à fes Leâeuis lacnai- 
ne dtf ËveaefDens les plos iacQ3.orahles 



tricés arec plus d'étefidne dans BAtrkMaSo^ 
itacts Fêtreras. Ces deux Auteurs médi- 
tent fan«. doute les plus grands éloges, & 
font dignes d'aroir fervi de guides à Mr. 
J[)^6QRHWAUX ; mais Mariana termine fon 
Ouvrage au Règne de Ferdinand V; & 
>fWr^^ finit fon hifioire. au temps de Phi- 
lippe n.. II a donc eu recours, pour de- 
:Crire les règnes fuivans, au Marquis de S. 
Philippe i' Kaivain aufli inifaruit que judi- 
i^ieux, profond, poli, élégant; & à" Mr. 
Sonamia^ qui vient «de donner Pliifloire de 
]a dernière guerre d'Italie. Ce font là lés 
«-principales iources oii notre Auteur a pui- 
, ie Tes lumières , qu'il difiribue dans cet 
«Ouvrage avec un choix & un goût qoi lui 
^^aiTurent les fuifrages de tous fes Leâeurs. 
.Soaftyle eft dégant & pur. il écrit avec 
clarté , avec précifion , & il fait donner à 
fes récits une chaleur qui intéreffe, oui a- 
/nime à le fuivre , & qui entraîné à adopter 
fes opinions, lorfqu'il découvre les carac- 
tères des Perfonnes , & les reffoifts fecrets 
des Ëvenemens. Exaâ, imjpartial & fi- 
dèle, il expofe la Vérité fans ciéguirement, 
& ^'il|nV(l pas exempt à tou$ égards de 
préjugés, lî Ton peut lui reprocher quel- 
ques, erreurs, du moins lui doit • on rendre 
cette juftice qu'il ne fe livre point légère- 
ment aux préventions qu*inrpirent pour l'or- 
dinaire l'amour de la Patrie & le zèle de 
}a Religiofif. II eft François & Catholique 



.fjomaîn, on le n^, maiff <)o' voit aufli 
a?ec plaifir qu'il tie perd par de voé tt 
<aQdeuf , réalité ^ la modëratioâ oui C9f* 
jfaflérifeût un Hiftorien Tage.*-» ^ -^ 

IJ fuit d'année en année toute* PHîfloîfV 
ie la Monarchie Erpagnoie', depuis VEti^ 
Wement ées Goths en Catsttbgné Ibus 
]e commandement d'âtaulI^e, jufqoes 
au dernier Règne. U dëcrk r<^ (veneitiett^ 
principaux; il marque Pof igine éeê nfa-^ 
1^ les plu^ io^rtans ou dés ëtabliiTemeii^ 
tes plus mémorables^* il tra<^ ks cara^^ 
;fes des Princes ou des grand$^tommes,* ît 
fyâlt des rd})exfons fur les mèeârs, fur lé 
<joayernemefit,fur les couturxfes; &'dan^ 
Persécution de ce Plan , il rfiontre uû Er- 
::prit net, juftev éclairé, qui fait infftuifeA 
plaire. Nous- ne fautions trop fortement? 
:reaH3imaoder la leflure de cet Ou^^ge < 
d'autant plus que cette hiftoite eft remplie 
-de fajts trè^iàtéreflans en eux-mèitiés, Su 
tpi^eUe eft intimement liée par dîrers eè- 
drofts arec Flriftoire de ces Provinces; '' ^ 

L'Efpaçne^ çûnquife parles CaAhagi^ 
.nois, leur' aT«k été enlevée ^r le^fôyr- 
mains 9 dont îles Colonies avôiei^ abouti 
k courage & les mœurs des Ëfpagâote^ èti 
teurcomnaifiÉyqaaat le langage i) la politef^ 
fe* les arts &. Wnduftrie de Rcfme Tioia 
Efpagnols I Ttafan^ AdrieuSc Tbè^ôdofi , pàr^ 
venus à l'Empiré, refferrèrefir encore fe^ 

lien^H^ tendent PËfpagnè affo|ettie à ja: 
paifl!ice R,omaine. Les chofes étoient- 

eo 



2 cet eut) imffi^e 4e «ombreiix - effîufi§ 
Barbâtes^ lehSuevei^ les Vmdaks^ les 
Jlains^ &Cc fertk ^ fond des forpt^ de la 
Germanie » ayant pajfSé le Rhin & déraf* 
fié ks Gaules 4 vim^at ïVf9fgt TË^^e 
oaal ddesdue par k» maîtres & par les 

tes Goiam^ fkï Kabitoient les entrées 

Ïiifeot attde-làduDBuiube, aprè^avok 
ffalé l^talie & tes Gauks, & obtenu VA^ 
Sitaior par m Traité foieauiel awe 
wpereur Jtig^iorius, toumèieot kura 
armes coniae les Baibares maltits de te 
Cataiogne. Twt plia devant àfSAVUsvBi 
^aix:elDne lui^ e«y^it Tes porter ^ & à et 
d^ut glorieu]^ il fe ilatta d'sf Mjoltir bjeff* 
aét toute r£ipagne à r£mpire de^ Gotiisi. 
Cette Epoque ^ue l'on fixe à Tafi 415 » left 
le coaimencement de la l^aaidue Sipit 

Sole^ quis^acerut par dagiés^ & qui fobt 
la fous le^ Rois Goths juf^iies' «i Tu 
7x9 » ^'elle paifa ffMis la doi^OtinMioil des 
Cailles de Damas. Cependant' wi petit 
nombre de Gotb«.&d'£fp%i)ols échappés 
an fàbre des Arabes, le makitiieett .dem 
le& montagnes dq^ Afturies» & s'élurent 
lù Roi y dont leariKceflèufs vinr^ % bout 
d'étendre leurs £tats ^ de reûontitiéisir r£P 
pàsDi; entière. 

Le détail de^ JjléTOlutjotis ^e (fobiftiK 
j^ceflivemeaitL dios- ces tend anoiene,' 
les divcrfes ProiriBces de ^ beau d^ptilâ 
^ojaume . nou». j(|iençfoit bcMc^ir ^<^ 



Im Ainfi pour ne pis etnbrafler tfojp il^ 
matière , nous oous bornerons à <]wlqa«i 
traits particuliers propres à faire connoilra 
l'efprk des maîtres de rËfpag^e, & Ig uaOf^ 
nière d'ëaiie de notre Uiftorien. 

On fe tron^eroit fort fi l'on ie rcprétm» 
toit les Rois Goths comme des Barbaoes^ 
ou ûmplement comme des Héros Guère 
riers. S'il y eut parmi eux des Princes fé*^ 
loccs, crads^ demauvaifes mœurs,. dc^r 
Situés de talens y de génie & de luoiièces^ 
il y en eut aulfi divos qui joignoienc aux 
Vertus militaires les grands fisadmens» la 
politefie, la douceml, i'équité, i'iuimaarr 
té , les vues piofondes, les safinemsns: dd 
politique qui diftingnent les bons Brinoes^ 
les grands Rois & les fages Legiflaieufs^ 
LfËftoire ne nous indîqne que très •>; pou 
de Monarques fiqiériensi ou ég^ux à Ât 
têKhbe^ iFalSay à Tbiodark^ à Lewoitàb 
à, à TUcaredl, à S^ebut^ à R^cé/uin&i 
i Vamba^ ce font là toot^autant de UéiM 
& de Pères de la Patrie. i 

Yêliaaêl 9 Maître de la Catalogne & do 
toute l'Aquitaine qui lui e(t cédée à ox^ 
ditjoA Qu'il feroit la conquête de l'Eipagst 
fur ks mièves, les Vandales & les Alains^ 
& (ju'il rendroit ce pays à l'Emporeurife» 
norius , remplit les conditions du Traité 
en Cionquérant âc en honnête homme U 
fe fiffaaie par les viâoires les plus éclatas^i 
tes mr les Vandales & fur les Alains^ il 
foumct TAndatoaUe & Ja- JLuiltanie inûl 

reftitue 



$6 BtntKftmtSJZ dss Sctsircss, 

feRitae fidèlement aux Romains; .& con^' 
êent du riche domaine qu'il avoir légiti^ 
iqement acquis par un Traité folemnel , il 
ftit deTouloufe la Capitale de fon Royau- 
me, il y fixe fa Réiidence, & il y meurt 
comblé de gloire^ & pleuré de fes Aijets. 
« T H E'o D o R 1 c étoit fier & ambitieuse , ii 
ne ci^aignit pas de tendre des embûches k 
fon frère Tborifmond pour fe frayer le che-» 
min -du trône» nais il avoit de grandes 
«ualités. Aucun Roi Goth ne prépara: 
ws entrq>rifes avec plus de prudence » & 
se fit la guerre avec plus de h^rdiefTe. A^ 
une politique déliée, au génie des affaires^ 
& à une grande application , ce Prince 
joignoit la connoiflance de pi'efque toutes 
les langues vivantes, & une attention fin*^ 

Bilière i gouverner fes fujets avec équitc; 
evenu,par fa puiilkncea:par le^guerresr 
civiles des Romains, ^arbitre des Na- 
tions , il ufa dignement de fon crédit. U 
enjoignit aux Suèves de ne plus paiëcuter 
les malheureux Bfpagnols, fous peine 
d'encourir fon indignation i il les força 
eux-mêmes à devenir heureux , en termi'* 
liant leurs diviiions inteftines , & en leur 
donnant pour Roi Bjemifmond auquel il 
donna fa fille en maria^. 

Leuvigilds réuniflbit Jes plus grands 
talens pour la paix & pour la guerre. Ua 
génieiémincnt» une fermeté à toute épreu- 
ve, un courage héroïque, une politique 
. Xuperieure > l^s plus grands fuccès dans 

toutes 



toutes Tes çntiçprikSy une clémence ^^ 
inirable Jui aflurent le premier iaog paim^ 
les Rois de fou tqmps. Il enleva jitu Grecs, 
la célèbre Ville de Cordoue , & jpliifieura au- 
bes Places. Ilfurprit &désarma^ksia(lieuXr 
de laCantabrie^ & leur pardoona'après a^ 
voix puni de mort les Chefs de r;^ rè^ellipn* 
tl dompta les montagnards d'^irra^on &;les 
fiabitans dd Cuehça qui s^étoieni révoltés» 
Et il accorda upe tréveà Mir RqidésSuè- 
veç^* l*Auteur lecret de tous ces fouleve- 
mcns. A^es avipir pacifié tousjes trouble^ ^ 
ilpritle aceptre^la Couronne, le Manteau 
&toutesles autres marques. de la Dignité 
Royale, que* les Prédécefleurs ne por* 
toieat pas. U s'appliqua à faire jouit 
Iç, Royaume des avantages de là paix; i( 
rétablit des Villes ruinées &'en tondad^ 
nouvelles, entf^iuitrés Reccopplis , dû nom^ 
de (on fus Recaréd. tl ne négligea rien pout 
compofer les différends de religion entre Ie$ 
Orthodoxes & les Ariens , qui excitoient 
par leur 2èlé indiforet dans tout le Royau*, 
me les diviûons les plus dangereufes. ir. 
dompta les Vafcons , 6c fubjugua les Sue* 
ves, qui avoient pris les armes pour fou'{ 
tenir les Orthodoxes révoltés* Rien nc^ 
manquoit à fa gloire; aux iaurid:s ,' qui Icf 
couionnoient , il ajouta, l'honneur d'avoic 
établi le Fifo parmi les Goths ^ d^avoiil 
retranché les Loix inutiles pouir n'en é*: 
tablir que de falutaires, & d'être revenue 
avant la mort, des préjugés qui l'attà* 
TmeXlllPartJ. G ^ thoienc 



éièiéfttiTAiîamfcie:; Cette glpire feroîÇ- 
elle tjBMiîè pwr àvcttir ordbraé, la moft 

[ ffxm f^fèitQc auquel .31 àvcSt pardonoé» 

' & x]m awafint de fit clémence ^ s^étoit tc* 
tolté tine Féconde ftris^ avoit fetricvé coiï- 

, tre faï ûnegranâe partie de fes StrjeCs,$'é- 
toïtîigùë^^ fcs Ennemis jiouT toi £dre 

^ Ja guerre ^ '& ayoit catifé" te pins gr^^ 

. mzux iizV^tii^^ fimnenegilde ^ ce fife.m- 
gritvfel)elle (Scpcrcuibatcurda repos inAlîcj 
^i nt couler tant de fang humain , a néaç* 

li anoins ëté canonïffe par JÎÉglife de Rome , 

parce qiTii s'étoit déclara ennemi des Aticosl 

Du pitjs remuant « du plus mattrra 

des Citoyens, 'CinNï>ASUiNTHB derint un 

'très -grand RoL Quoique âgé de quatre 
vingt troà ahs« il fe fentit encotè affez (|e 
tSte:& tfahibîtion pour s'^tever ati trâne, 
dont les toux des mcttlemls Citoyens *§* 

. reot y èfcendrc f fmbc^iifleTuliça qui futc^ 
fennë dans un Monafière. X7nemull^« 
de de foélieùx qui craigûoient ^de -fe ^yojr 
fournis i un %m qui ne fe .poqténç^t 
pas de rétre dé ho'm^ "îs^uâîrent ajax ï^^ 

'ques^, &tous erifèttiblè defblèrënt;M*r 

.ghe* îfcappcirèrciîtles Ranc? & lés 13 
itè çput tontourir avec eux'à .dêv;ftcr'' 
pàtriie. Loin de 'fe laiiSêr iéconcertër' 
txût d'ob&ades& tant â^nîtiemis^Cfir 
iuiiltbe fe montra digne oe la' Cour 
>ar fon activité, Ta politique^ fon coinl»- 
« &ifcs via6|fes/''Il tïàttJt plufîeurs fëSs 
(es! Ennemis j '<^ diffipf „<;tîQU^ Ié$^,p9rtz9 

coa- 





««Hraîres ; cnfhr à force de fuccès heu- 
reux îi rétablît la paix & la trala^uîlité* 
Avant fa moft^ il eut le aé^dc faire af* 
fbder à fan trône par une Eleâioh légiti- 
iHe-, ^ibn fils'RBfcE'SuiNTHKquiiignî- 
la le commencement de fon Règne par la 
uleur & ^a fageffe avec les quelle» il fçut 
Vîincre & anéantir Parmée & la faâion 
{Hiiflknte de 'FroTa le plus riche tSfc le plûi 
ambitieux des Seigneurs Goths qui, foute- 
nu des Vafcons, ota lui difputer le fccptre. 
Récéfuimhe ne fut pas le plus guerrier ni 
le plus ' brillant des Princes qui régnèrent 
ftrles Goths, mais ce qui valoir infini* 
ment mieux pour Tes fujets, & ce qui fait 
tfeltii un éfc«c bien plus folide, c'eft qu\l 
fut je -ph« ddux j le plus généreux & Je 
tneftleur Roi qu*ils aient jamais eu; nul 
de'tant de Souverains dont parle l'Hifloi. 
»e,- n*a peut -être mieux mérité le beatj 
nom de Père de la Patrie. L'Efpagne heu- 
reufe 'fous Ton i^mpire & jouïoant d'uQp 
falX' profonde, vit Ton bonheur & tés ri- 
cî»dfl8» augmenter de jour en jour par la 
modération de ce Prince fage , par 1^ 
féiàs qu'il donna à maintenir iè bon ot- 
dre , « par les loix utiles qu'il publia. Tu- 
ftë^ désintéieâé, il dédara qu'il étpit 
prêt de rcftîtuer ce qui avoit été enlevé 
in^ùftement par les Prédécefleutis. Il ' éta** 
Vm^par une loi, que les héritiers d'un Roi 
mort' ne fuccéderoient qu'aux biens qu'il 
^oSéàoit avant ^oue d'être piitrenu aa 

G «r trône^ 



400 fi^BUOTfiSQpft 0B8 -SCIBVCKI^ 

jtrânev & ^uie toutes les acquiiitions qu'à 
âuroit &ites pendant fon règne, demeu- 
reroient inféparablement attachées à te 
couronne. Ce Monarque populaire fepri^ 
va par une loi« lui & fes Succefleurs, du 
pouvoir d'inQpofér & de lever les impôts; 
ne voulahç recevoir , difoit - il , de fei 
ïujets aucun tribut que de leur confente* 
ment, ou qui' ne fut offert volontaire* 
iiient ; c*cft l'origine du dm gratuit. En- 
fin arrivé au bout de fa carrière, cePrin- 
'<ei Protedeur de la liberté de fes fujets, 
eut la force de réfider. à toute fa famil- 
le, qui le preflbit de fe choiiir chez elle 
un Suçcefleur. 

La vieîUeffe vénérable de ce Prince fut 
troublée par les intrigues & les .cabales 
des amibitieux qui afpiroient au trâne; 
cependant après fa nK)rt, chofe furpre? 
nantei les Evêques & les Grands furent u- 
nanindes fur le choix dé fônSucceffeur; & 
ce qu'il y a de plus étonnant encore» 
c'efl que V amba , jugé digne de porter le 
fceptre , s'oppofa feul à hn eleâion: étoit» 
ce philofophie? étoit-ce déguifement 
d'ambition ? Quoi qufil en foit , il reifufa fi 
opiniâtrement de confentir à fon élevai- 
tion, .^u'un des Eleâeurs^ indigné qu'il 
manquât ainfi à la patrie , lui porta bruf- 
quement fon épée a la gorge & jura de 
Pen percer, s'il ne fe rendoit aux delirs de 
la nation. Vamba preffé ii vivement, ac- 
cepta enfîâ la courojonei mais ce ne fut 
' ' qu'à 



Janvisr, Feviubr^ Mars*. I7âb. lox 

S'a condition que l'ÂiTemblé&géairalede» 
iths coafirinaoit foo éleûfoa: J'aime 
mieux nAvre particulier^ difoit-i, ftP endu* 
ter la mort ^ saille faut ^ qi^ de régner maU 
pé mes ttmciii^eus ^ au prix deleurfattg. 
Socrate fe faroitril exprimé autrement? 

Les Etats des Goths aflfembiés à To\h* 
de, confirmèrent i'ëleâion de Vamba, & 
ce nouveau Roi fe fît facrer par Quiria 
Métropolitain de Tolède. II eit bon d'ob* 
fenrer qu'il fut te premier Koi d'^fpagne 
qui ait reçu le facre, cérémonie fainte qui 
rend plus véaérables aux Peuples les Per« 
fonnes des Rois , mais que les Monarques 
£/bagnoIs ont négligée depuis, 
. Toutfacré quefutVamba^ il ne lai/Ta 
pas de trouver des Rivaux. Quelc]ue$ 
Graads jaloux. de Ton élévation excitèrent 
des féditions contre lui & foulevèrent len 
Navarrois , les Âfturiens , les Catalans. 
Blderic Comte de Nifmes» efTaya de pro- 
fiter de ces troubles pour fe rendre Maître 
de la Gaule Gothique ; & enfin le Comte 
Faul^ que Vamba avoit envoyé pour domp- 
ter Bilderic^ fe révolta lui-même, & ta- 
Yorifé de fon armée qu'il avoit trouvé le 
feaet de féduire» il fa fit proclamer Roi 
dans le Languedoc & dans toute la Cata* 
logoe. Loin d'être étonné par la défeâion 
de tant de Provinces , Vamba lève une 
puiifante armée « & avec la rapidité d'un 
toncnt j il réduit la Navarre, il dompte 

G 3 )a 



lOs Avùoi'UElsrE MB SâSMCSS f 

1 

hrCitalpgse, il pénèbfe par qoatre^oiijtoito 
dans la Gaqle, il eimÀfte Narbona^^ u 
foi'ce Betiers y Agde t MaKÛelonne à kti ou-* J 
tWt lea» poit'es , & enfin U prend d'aflfaut ' 
Njfme» & tait Priforiniers le Comte Paul^^ 
Bilderic , , tes François & les Altemands, 
les Grands & les Ëvé^es qui Voilent dn« 
très dans {pn parti. Tout tombe fous Ib 
po\xv,çAx dç Vambu. Mais s'il eut la gloi« 
xe de vaincre , il eut fur - tout celle di 
{>ardoànùr. Satisfait de tiifener en triomf 
(>Ke f<^ prifonniers en Efp^gnle , il leur îA 
pace de la vie, il resvoya les AUemanc» 
ec les François chairs dé préfets^ il réta- 

Slit Nifmes qui avoit étrangement fouflTeit 
u fîeR^, & tendit atHx Eglifes \is tidbrs 
t)ui leur avoient été enlevés. 

Vamba reQa mielqués années tràin^ile 
o&fieur de la Moï^archié* mais il n'eàt 

as une fin digne d'un àuiS grand PriB(:e. 

Îw/Fif qui étoit arrière petit-fils-dïfcbift*- 
itegiSkj & qui étoit devenu fon favori» te 
détrôna par la plus déteftablè perfidie tl 
fil donner au 6.oi une potion qui devi]^ 
ïùi aliéner Tèfptit, mais ^ui lui caufaf ûh^ 
iemèfit des cotivulfions violentes; & (^^A 
il vit ce Prince dans cet état, il fe hâta 
4e lui faire couper la bàtbe & tes ch^* 
Veux , & de lui donner , félon l'ufage pra« 
ti^ué envers les mduraûs , Phabit tte |>éiii^ 
^ce^ Va^bàii^ctiVL à.lui^ fut bien é* 
miB£ dé fc tdfir lioiâe âè féaitm* Mais 

il 



jAHYiut, Fwaiï*, Ma»#' ij^^ lai 



Sr A'y V^o^t rius de wè^ j, il ialioll m», 
fipncér à la. ^y^té & fie coôfiAer, qûi 
uo Monaftère. If pri^^q paiti en gr^ 
homme , & avant ,£00 départ • H j^Iikit; 
arec, ardeur Ie& Grande à èUt^ £ryjgf 
dont il ignoroit la tràhilpq. . 

Dçguis la retraite iosoéo ic ce Prîoce jâ 
ïlonâccbie Efpagnole k ât plus we lan^ 
^ Àr s^éqerver , pâxce (}a-Qik iie Fut pktt 
^ÙTemëe ()ue |)v des Rois ÇoMes oa v> 
deux, jufqa'à ce qu'elle f»t fubjuguée par 
les Arabes en 712 , qui anéaiitirent l'Em^ 
^ire des Gotluf. 

Les Groths établis en Espagne furent 
sommés Vyigetbs pour les diftinguer djp 
4;eux qui parlèrent en Italie j aux quels cnI 
*dànna le nom d'Oflro£oths. Il ne fera pas 
inutHetde recueillir ici quelques-unes des 
ohlervations que notre Auteur fait fur leix 
IKel^ion , leur Gouvernemei^ leurs Moeurs^ 
leurs Coutumes & leurs Loix. 

Le Chrîftianifme pénétra en ETpagne a* 
Jirec les ELomalns; les Vifigoths vinrent le 
corrompre en y introduifiint l'Ari^qifmt. 
Convertis à la Foi Chrétienne par les MiP* 
.&nmaires Ariens de l'Empereur Val.ens ^ ils 
fix^^ très -attachés à cette feâc^i Se kors 
j&bis ignorans ^ iûperftitieux , encore im- 
})i]s de £ien des erreurs du Pag^ifmç» 
mais gouvernés par les Evèqiiiies Aarten^ \ 
ne laifferent pas aà mili^.des gaeârces ^ 
des combats^ de travailler à hifç da? Fr^- 

ielytes i l'^iMmc Cçtt^ Scâc <k>mm 



• 



|04 BlBLIOTHEaUB DB8 SCIENCES»* 

tA E(|[>agpe jufqu'à ce que Récared I cm* 

t]faira l'Orthodoxie , & i&vita tons fes 
fojets à fuivre fon exemple « par un DÛ** 
cours quMl prononça dans rÀfTemblee gê« 
Hérale de la nation , ea déclarant ném* 
snoins qu'il Is^ifToit à chacun la liberté dé 
tonfcience. Cet exemple entraîna la pIû* 
part des Grands & des Evoques Se produi- 
sit une Révolution totale par rapport à la 
Religion i en moins de trente ans l'Âiia- 
iiirme fut anéanti en Efpagne. 
- Les^îoths , foit Orthodoxes foit A- 
licns, avoient Je même extérieur de dévo- 
tion que les El^agnors d'aujourd'hui. AF- 
îidus aux Eglifes , ils obfervoient le Df- 
'manche avec autant de faupule que les 
Juifs le Sabbat. Au iiège de Ceuta eu 
•547, leur armée, qui avoit interrompa 
îés travaux par refpeâ pour ce faiflt 
«jour, fut furprife, attaquée & détruite» 
fans quelle odt fe défendre j & fans qu'il 
s'en fauvàt un feul foldat. 
• Ils avaient un refpeâ^ fans bennes pour 
les Evêques, qui içurent bien s'en pré« 
valoir & devinrent prefque tes maîtres de 
l'Etat Ils étendirent leur autorité fur les 
Eccléfiaftiques inférieurs à un tel excès 
qu'il fallut enfin le réprimer, Wfî ré- 

Î;loient non feulement ce qui concernoit 
a foi & la difcipline. mais ils fe por- 
tèrent jufques à prendre connoiûance des 
af&ires politiques, & i prétendre avoit 
; infpe^ion • fur ie$ Comtes , ^ les Viguieiis 



^ 

SI 



î 



Janvier s Pfiv&iSRy Mars. 1766. X05 

& les autres Magifirats , dont ils évo- 
quoient les jugemens à leurs Tribunaux» 
Non feulement les Evêques vleîlliflbiéntt 
pour la plf^part, dans les troubles, les in*' 
tiigues & les faâions, & deshonproient 
la fainteré de leur Miniftëre par leur or» 
goeil, leur fafte^ leur intempérance ^ 
leurs injuftices & leur débauche; mais 
ce qu'il y avoit de plus fâcheux ^ c'eft 
jue leurs mauvais exemples influoient 
ur les Eccléûailiqaes du fécond ordre , 
ft les enhardilToienc à la licence. Ja- 
mais il n'y eut taqt de Conciles qtfit 
s'en affembla fous la domination des 
Rois Goths en Efpagne^ & il n'y en eut 
peut-être pas un feul qui ne tonnât, 
mais fans (uccës , contre la débauche » 
l'incontinence bu l'avidité des Prêtres ic 
des. Moines Rien ne montre mieux ju& 
ques à quel point fcandaleux étoit mon* 
té le dérèglement, qu'un Canon d'un 
Concile tenu à Sarragoffe fous le règne 
S'Ëgiza ; ce Canon „ défend aux Moi* 
„ nés d'exercer rhofpitaiité , attendu qu'en 
y^ recevant des hôtes , la mauvaife çonr 
,) daite des Religieux pouvoit trahfpi* 
Y^ rer dans le public & lé fcandali- 
„ fer (I) ". 

Les Goths, le plus libre de tous les peu* 
pies, furent toujours en poilUfion d'élire 

leurs 

- à 

(0 Tom. Lp. IS0' 



Md BiHIoTi^BqpB Mfi Sqêbsçbs^^ 



Ugm Rois« Cet ufup se fut intcnox^pa 
oue depuis te i^e d'Evaric jurqu'à la moa 
d'Aioaivic Ion |Petk-fils. Alors ksGrandSy 
cenfés xçftédsxfttt toute la Kâtioa , t^pùr 
f0nt l«iqr aaciea droit & ne le cédèrent 
plus. lu ea étoicBt même fi jaloux 90^2 
efk cou» quelque fois la vie» ou du xnoioa 
k Cpuronne à des^ Rois foupcpnoés de X^ 
tociloir «eiKlre héréditaire. Les fils de^ 
Ri^is nWoi^t pas plus de droit au trâae. 
yae les autres Grande de P£tal. Mais cçt- 
le conftitution de GouycMemeot fut 4e 
yki^^ interne & radical ()ui caufa les guene» 
cîtiles & la chute de fat Monarchie def 
Gotbs. Cétoit ouvrir la porte à l'ambîtlçi^ 
des Gsandsi aux intrigues & aux for£iits 
(es plus énormes. Aulli ne vit-on jarôaift 
tant de confpirations ^e contre les Souvcs 
CûlisGotbSi de trente cinq Rois^ wlo^ 
fléffiient de mort violente; quatre îure^ 
éèp^Ié&i ^ fi les autres moururent dam 
ieur lit y ce n'eft pas qu'ils n'euâent êfo 
CB bute aux conjurations » c'^fft qu'ils. ^^ 
wîenc été zSéz heuareux ou 2iïpi h93>itçs 
Mur ks découvrir & les punk. f. 

'Dans les V & XVI Conciles de Tolêj 
de, on ftatua qu'aucun £tran|^ ne poyj^ 
roit parvenir à la Couronne, . mais 4eul^ 
ment un <Soth , qui aurait une aaiâançè 
& un luérite dîgnç du tr^ne^ N'auroit-il 
fias, été plus fagé, demande notre Âu« 
tcur j de n'appeller à la Couronne que des 









jANvnk i Fevahùl » Mâii^ i^. 107 

Elrai^gers» comme on fait t^omilM efi 
Pologne? (2> On fc fomnet ptos* voioii* 
tiefs , âjoute-t- jl , i un homme dont onse 
connoit que la réputation^ qifi im citojren 
dcN3t la safflance & les défauts fràjmnt 
toKit un Royaume; D^aiHeurs ces Rjois 
choifi^ dans k (èin de TEcat , a^^ient une 
fimille, desaiiiis, des créatures , il failoit 
les placer ; de*ià les iïié(X>qtentexnens & 
ks révoltes. Enfin les fils des Rois ne 
voyoient pas^ ans dépit qu'an iimpie fujet 
leur fot préféré ;^ ils ne renonçoient point i 
fcTcnger d'un fujet rebelle qui lesavoît fup* 
plantés, qui airoit détrôné & même aflaf* 
filé leur Père. Pôufles par le reiTentiment, 
Efvan (& Sifehr livrèrent PEfpagne aux 
Sarrazins. 

Ces réflexions ont quekue chofe d^ 

tlouiffant , & paroiiTent confirmées par des 

expériences, cependant n'y auroit-ii rien 

à y oppofcr? Eft-il naturel gu'un Pétale 

libre s'aJSbjettiiSe toujours au joug d'un £« 

tranger? Un Citoyen habile & vertueux 

qui s'dl diftingué par des fervices impor*- 

tans 9 nç mérite -t- il pas d'être préféré i 

tout autre? Et attendra - t-on d'un Ëtrao- 

ger, dont le cœur eft attaché à un autre 

reuple , autant d^amour & de zèle po»ir 

le bien de la Patrie, que d'un Crtoyeaqui 

ne connoit d'autres nœuds que ceux qui 

(fi) Ton. h p« JP60 



lot BtB£ioT»BQ.uE nss Sciences , • 

Puniflent à fes compatriotes? Le droit ça 
les Citoyens ont d'afphrer à la Couronne , ou- 
vre la forte aux intrigues. ^ aux cabales ; 
cela eft vrai; mais ne vit -on jamais ea 
Pologne de brigues & de guerres - civiles 
pour PElcâion d'un Etranger? D'ailleurs 
un Etranger ne connoic jamais aufli bien 
qu'un Citoyen , la conftitution du Gouver- 
nement , les loîx y les coutumes , les privi* 
lèges de • chaque partie de la Nation , le 
tour d^efprit ^ les inclinations « les mœafs« 
les préjugés > les maximes des Peuples des 
diverfes Villes ou Provinces; cependant 
cette connoîffance eft abfolument néc&lFaire 
pour rendre une Nation heureufe, pour en 
être aimé, &pour prévenir les mécontente* 
mens & les troubles qu'occaiiorieroit le tùé* 

Îris ou la négligence des ufages auxquels les 
^euples fopt aneâionnës par Thabitude. Un 
Citoyen a une famille ÔP des créaturefs d 
"placer y mais un Etranger devra fe fairedea 
créatures & des amis qu'il placera; & 
comme il ne connoîtta point tous ceux 
qui environnent le trône \ il fera peut-être 
trompé vingt fois dans le choix de fes fia* 
voris, avant que d*avoir découvert ceux 
qui méritent le mieux fa confiance. Onfe 
jwmet 'volontiers à un Etranger gui a une 
réputation brillanie , mais cette réputation, 
qui n*eft fouvent fondée que fur quelque 
aâion d'ticlat , ou même fur des bruits fe-* 
mes avec adreffe par fes partifans , ne dé* 
çide point du fond defon caraâèrev &cn 



JANVIER» Fevusr^ Mars; zt^o. 109 

reliant, on donne bien plus aa hazard 

qu'en cfaoiiiâant un Citoyen dont Les ion* 

Ttes ftaûtés^ mjji bien que les défauts^ 

fraffent tout un Royaume. Les fils des Rais 

ne vùyent pas avec moins de rejfentiment 

une Couronne Jur laquelle ils croient toujours 

avdr des prétentions légitimes , pajjer entre 

les mains d'un Etranger ^que dansceiicsd'uii 

compatriote ; ce qui les porte à former dea 

cabales, c'eft uniquement le chagrin de Te 

voir réduits à defcendre du haut ranç , qui 

lesapprochoit du trône, à la condition de 

fujets. Enfin il ^ a toujours une forte d*an« 

tipatbie & de jaloufie entre les Nations ^ 
^.,; ^-i..:^-.- ^^^^^ .^...^ :jz^ "ouvelle qi^ 

![er fôit re- 
ouveraine^ 
quelques grandes que foient fes qualités pçt^ 
ioQndles , quels que foient fes travaux^ 
il fera toujours foupçonné d'être plus occu* 
pé des iotéiêt^ de fon ancienne r atrie , que 
de celle qu'il a adoptée, & janaais on ne 
verra fous fon Empire ce concours géné- 
ral des cœurs, des vœux & des fecours de 
tonte la Nation ^ui peut feul aflurer le 
foccès de fes deifeus; c'eft ce ^u'il feroit 
facile de conifirmer par desexpérieaces mo- 
ines. 

Les Rois Gçths jouirent aifez long-tems 
d'une puiifance abfolue &defpotique; mais 
quelques*uns en, ayant abufé, on la re* 
mif^t peu* à -peu. A chaque nouvelle 

Elec- 



%îtfflSon , ,le^ Etats , tionipo^ dés Ei^ 
ques & écs Grands ée la Natîoa ï, dînai* 
nuoienrPiutoritë royale j|A ils «n^riiMiit 
jafijtPà é^ittrtbucr à coxYeuls le *oit de 
lever les impôts jék' le î)OOToir lëgiflatîf. 
tes Rqîs ire furent plus qiie les premieis 
M;igfftrtts de la ^épuWîgue. 
' Les Goths conauérans & 4es EfpsMKds 
'conquis 'fire'nt |]jend«nt ^rès tonj^e»» , «ms 
]e même 'Btâê^ deux Nations diftinéfe^, 
tjont chacune 2^oit*fa RtMgfen. fesL^fic» 
'fes coutumes, fov langage & Rw •babille- 
xnent. Les^M'emier^WSèrent Gottis-J^KWS 
légards, & lest féconds confervereuttote^be 

3u'ils avoioft reçu des Romains: CSèSte 
ffférencefnfefifta jufipf au- ttgne de Qfla- 
^fuinthe i -qui t>ermic i >ëra^fes ft^efs^Ie 
fe marier les uns avec les «utres» & '^Hes 
^ffiijettit tou!» aux mêmes ILoix «'mix 
mêmes Mi^ifcrats» '}; 

' Cette Nation guerrière ii*avo$t mrefifi 
^^goût'pour les feiences Arpour Ms arte'»^ 
'Êiifoit ^ire de fon igtiOKinee& de ft'fltf- 
'fijn pour les combats , le pîHage , leà'llc* 
^ions & la chafie^- pour* y êtie eftiufiié^'il 
•falloit n^ltie'& inbijrîr Soldat. Siles4deb- 
*ces & les yirts, -Toit ùtites feit ^récbte»^^^ 
toient cultivés en Efoagne, »n'étoi«6Jàt 
'par les <ïoths. Les llômains^êuls-awletit 
'des Théologiens , <les Jurifôdiirultcs^'dfes 
"Médecins. La condafon de ces^ ^tàrAiov 
itoit bien triSte^bieupériUeiirc. ^fiMë- 

de- 



jAMWMiy SiMMyCi lÊàn. «Téb. %«e 



4fcdii< éloit ^ même tes» Cbinngidi S^ 
^peticaiF^. Avant «ue d'enoepiendre de 
péfir une maladie^ U convenpit du çrîx 
aiPëc le* miUaâe. Si le mabde Tenoit à 
iBourir^i le Difciple d'Hippocrate perdoit 
im fal^ire: mais fi leiyfédecin venoit^ef* 
trepi^r un iionuaqie libre en le faignaot. 9 
étoit c«Rdaiiiiié à lui ^ayer cent fols a'er 
tfuneode; k Ibl d'or^aloit quinze franos 
de f raDc& Si im^ homme libre mouroit de 




igï«?rant 

mal-aiiîait 2m>ît tué un Efclave » .il en é- 
tokqttinefoar iburiKb^ un autre efclayede 
'la même Vialeur» 

Les Viligocbs. n'avoient i^u^tutpetit tionl- 
bre de Loix , toutes rentermées dans le 
Code qui porte leur nom : ce qui rendoit 
la procédure très-fimple. Lorfqu'on avoîC 

Îielqu'affaixe ^ Jofti^.^ on fe rendoit aa 
ritmnal des CQiotéÀ^^ ^ns la place pu- 
blique. Là^ chaci^i^ jufqu'aux femmes ^ 
pUidoit fa caufe. Une Audience , ou 
aeux, terminoit d'ordinaire le procès le 
plus compliqué* Il n'y avoit que le Koi 
& les Evequeiss^ qui fe ferviifent d'Avo* 
cats. 

Leurs Loix étoient févères contre Pim« 
^dicjlté. Une femme conyaincue. d'adul- 
tère 



tëre devenoit Tefclave de fon mari , aufli. 
ibien que cdui avec q«i die. avoit comxms 
je crime. Biea plus, ii l'amant n'avoit 
point d'enf^nç, tous fes J>ieQs étoient-oon- 
:fifi]ûës au profit dn mari outrage Mais 
fi cet amant étoit marié , alors la femme 
adultàre/iiiç devenoit point J'efclave de foA 

. jxiari^ mal^.bien de la f emine de foa a- 
binant ^ quf en tiroit à loiilr telle vengean- 
ce qu'il lui plaiPoit, fans tonte-fois ^i^« 

^ "Toir la faire mourir, 
. Un Pètei un Mari» uaFrèiCi un On- 
de • un orochè parent (^)6a. pouvait tuer 
fa fille r i a femme, fa fosur» fa p^^re^e^ 
.sll la furprenoît en flagrant délif. Z'',* 

Le Droit Féodal ^ qui à donné naiin^nce 
A taiit de troublés, de malheurs & degper- 
res dans le refte dé P£urope, étoit incô&na 
chez les Gotbs. 



/ 







. . . i\ 


' .J.: !» 



« • ■ < 






' 'ARTI- 



I • ' 



,v 



JaUvibr, I^£VRlKi Mam. Z7(Sâ: 113: 

ARTICLE SEPTIEME- 

Histoire os l'Iri^ande Anciennb 
ET MoDERHE ^ tirée des Mona« 
mens tes plQS authentiques , par 
M. l'Abbé MA-G£06HeGAN« Tome 
Premier. A Paris chez Antoine Bou^ 
. detj tmprîmeair du Roi, rue St. Jac^ 
- ques. à la Bible d'Or, 1758. in 4« 
Pag. 48.{« fans le Difcours Préli« 
minaire & riacroduélîon^ gui en 
font 43. 

V.Oici riiiftoire d*uq t^aysquî eft beau- 
coup moins connu qu'il ne mérite 
de l'être^ & dont les Annales les plus reçu* 
iées préientent des objets infiniment dignes 
de la curioiité des Savans » comme fes rëi- 
irolutions en général ont de quoi intérefTer 
tOQte forte de Leâeurs. C'eft l'Hiftoire 
d'oneNationquieft.» fans contredit , une 
des plus anciennes de l'Europe ,. & dont 
les habitans vécurent libres pendant un 
grand nombre de fiècles^ heureux dans 
une fituation qui rcndoit leur Ille d'un ac« 
^ difficile aux ÇomuQrans. C'eili'HiC*- 
. . Tmo Xtil Fart, l H toi- 



jj4r BtmaTHEiQfiic du Scibucb?» T 

toire d'un Peuple qui çultivoit, les fcicncc» 
&ies kÉtrcs qu'il avoîf paiféêschet lesPhé-* 
nicieûs & les Egyptiens ^ & qui après I^ 
prçdicatipn de Ixvaûfeile dévint te dépdfi- 
taire de la Religion & des fciencès tandis 
que les ténèbres de Tignorance enveloppoieut 
ïfe refté de PEurope i d'un Pe\iple cnnn dîg* 
ne d'Are connu par mn grand nombre d'en- 
droits > & toi|t a fait méconnoiffable dans 
la plupart des portaits qu'on en a fait juT- 
qu'ici. 

Le favant Abbé qui en a entrepris THli^ 
toire parolt avoir beaucoup de talent pour 
un ouvrage de ce genre. A une connoif- 
fance exaâe des fourccs, il a joint une 
induârie peu conlmune 4 le$ mettre à pro- 
fit, & on voit dans Ton Hifloire des mar« 
ques d'une grande érudition, peut - être ùà 
peu trop prodiguée. Son fiile eft agréable, 
fbttveht &i&$li^tj CoQJbab clair. Fkrilu 
fes défauts on peni eodqptjcrte fité^ientre- 
touf 3c la loÉgneuv dfe tes d^efiloos. Mais 
que dixois-^noi» de tbû impaitialité .> It 
eft lui-mêniede la race de ces Irtaii4ôis 
à qui la lumière de la Kéfivmatioû as. le 
gouvernement An^ois pafoiflbiem: na joi^ 
^rupporubte) de qui y ks tini plarlâ h«Éf» 
d'un ictptte qui 2,vùk tantBt le DerpaâE- 
«le, & les aiores eft «xmfêquefice des e& 
tentats concre un Goavemeâoeht Qu'ils re^ 

Sardoiéatcomnfie une ururpitton aes droits 
u Fapê &é&h ttaiTô» 4e SCfurt , te 



jANFtER, FivttlER; MARS. tJÔb. tl^ 

trouvent depuis long-tems dans ttne terre 
étrangère, dont ils ont adopté les kntU 
mens^ Les maximes, & les principes. 
C'en eft i>lus ^u*it n'en faut pour influer 
imperceptiblement for la defalptibn que 
l!/t, TAbbé Ma^eoghegan fera dé cer- 
taines Réyolatioas, & de celle fur-tout au! 
arriva en iÇSS. Ce foupçon eft fondé rut 
philîeuR traits qui fè trouvent déjà dans 
Ifc Difcours Pr^Smiftaire de notre Auteur. 
^ entr'autres fur les noirs portraits qu*il 
F;iit dé Clarenàcin ScâcBurrtet^ deux grand? 
tommes qui, à ce que nous aoyons, nVxit 
Jamais été compris jufoif ici dansf ia même 
maiédiâion. Mais fufpendons notre ju^e* 
ment en attendant les volumes fuivans de 
cet qavrage , dafas lefqaels i'Hiftoire Mo- 
dèrfae de i'Irlande occupera notre favant 
;Atztaur<, & remarquons en même tems que^ 
pour ce qui regarde l'Hiftoire ancienne , 
littéraire, &Katprelle decepavsprefqu'in- 
£onna, inotre ingénieux Abbe paroit uo 
de tiieilteUFS guides QU*on puilTe luivre. 

fon Difioun FréÙmimtre eft deftiné- à 
réfuter les Calomnies dont les Hifbfiens 
étrai^ers ont noirci fes compatriotes , & de 
morcpau avet: tous fes débuts eft digne de 
de rattentioû des Savans. L'H^oire de 
lîrlkûde par Giraldus Cambrenjis y eft cri- 
tiquée avec beaucoup de févérité^ mais 
avec autant de jufticë. Son ignorance dt 
d)éma^uée , fes erreurs &: fes menfongesi 
• -^* Ha xe- 



/- 



--^ 



nrievés ivcc beaucoup d^<!ruâiddiT^ mstif 
auffi avec utre vivacité qui approche de 
fort près dé ce que la colère a de plus ftM 
rieux. Hufmter^ . Cafnp'ioH^ Spencer \ Camb* 
àen &c. fimt traité$ comme des ajiics qui no 
firent qif emprunter k vemn-de la Vfpére^ 
Ce refpirer la haine de Cambrenfis contre 
la nation Iriandoife* Ce qif il y a de par* 
ticulièrëment digne d*attention , c'eft qu'en 
parlant des Hiitoriens modernes, notre 
jouteur, qui maltraite Clartndên&ltumet^ 
& tf épargne pas même te Père HOrkani 1 
Tend plus de juftice à rimpartialité du cëi 
lèbre Rapht^ que n'ont Ëiit plufieursEoi^ 
vainsProteftansy & parle de cet excellent 
Hiftorien d'une manière, qui montre qu'aii 
mérite diflingué arrache des éloges mêim 
des efprits les plus prévenus. Mais c^^ 
^e2 parler d'Écrivains il connus, arf^*^^ 
tons-nous à notre Auteur. 

Son ouvrage eft divifé en III Parties, hi 
I^e. embrafle les tems qui fè font écoulée 
depuis l'Etabliffement des Scoto-MileGens . 
en Irlande jufqtf au cinquième fiècle, quP&f 
lande Payenne. L;i 11^ commence à la 
naifTance du Chriftianifme en Irlande tlans 
le cinquième fiècle, & continue jufqu'avi 
douzième; c'eft Vlrkmte Chrétienne. JW 
llK enfin comprend les différentes IrmpÈ. 
fions qqe les Anglois ont faites en Irlande^ 
leur^ Etabliffemens dans ce Pays & tout 
ne.qoî.sY çft paffc jufqtfà npire fiècie. 
L. /? U ' Dans 



iism ce Preu^io'V^olume rouva^êeftcoiW 
^ duit jafiju'à ia fin de Isi féconde Partie. "Eny 
6pD$ dans qiielq^ détail fur les objets qui 
s'y prëfcntent^ il y en a de fort iméreflans 
pour les amateurs de l'antiquité 4^f>our lea 
Savaos en général. 

Huit Objetiy qal font la i&àtière d'au^ 
tant de Chapitres, occupent fucceflivement 
notïe Auteur dans la Fremière Partie de 
Ion Hiftoire: i». PHiftoire Naturelle de 
riçlande ; &<>. un Eifai Critique fur les aa- 
^iquités des Milefiens ou Scoto-Mîleliens; 
' (c'eft l^ancien nom des Irlandois , appelles 
ainii de MiJefiis un de leur chefs & de 
&cfta fon époufe) 3». l'Hifloire fàbuleuiç 
de ^ce Peuple; 4^. leur Religion & leurs 
io^œurs; $<>, Imc Gouvernement Civil & 
Politiqae; 6^é leurs guerres tant domefti^ 
flue$ qu'étrangères; 7^« les différens noms 
ious lefqueîs lUrlande a été connue des Ev 
dangers & des naturels du Pay$; 8®. en- 
fin les diviliops générales & particulières ^ 
(çs dynafties, & fon territoire, avec les 
mms & l'origine de ceux qui en étoientles 
^Propriétaires. 

La Htuation de Hrlande^ fes divifions 
toppgraphiques 9 & la douceur de fon 
CÙimat occupent le commencement du I<^. 
Chapitre. Sur ce dernier article les anciens 
Jfiftoriens ont outré les chofes ; Cambrenfis 
dit que de tous les Climats celui de l'Ir- 
lande eft le plijs tempéré , & le plus favo- 

ïï 3 v^9 



ii8 BfBti09iiKtairi>ltStaiics»i ^ 

rHe de I2 natint ; ft cTtnlïeB Ailteuer ctt 
affbaé de relever la fertilité et cette Ifle^ 
éic en même tems (Pabaijfo le inérlte des 
habitaiis & de les rencbre mëprifables. . Il 
7 aurok à rabattre de cette double ^exag-^ 
gération. ,, L'humidité de l'Ut ^ dit notte 
», Auteur , joint au grand nombre de Lacs 
li^ & de Mûri» qui prov^iemient de la iag^ 
^ nation des eaux depuis que les Barbait 
)^ du Nord eurent interrompu la culture 
^ des terres dans le IX & a fiècles p2t 
,, leurs fréquentes incurfions, devcoit^ ce 
9^ iêmble^ rendre le Climat d'Irlande inat 
^ fain, &, caufer des rhramatifmes &c. 
^ les maladies cependant y îotit rares. & 
4^ k» Naturels y vivent iong^ems *\ Cejfr 
dt indubitable^ mais il faut prendre au nu 
loisceiquîfutt,^) l'on n'y mit guèie d'ja<- 
^ terv^e entre la ^mièrc mafauiie Sclst 
y^ mort^, & quoiqu'il foit très*yfai qci'<Mi 
n'y épmure ni brouillards infeâés ^ni vem»; 
contagieux» il Tefi beaucoup moins ,, qtie 
„ le miniftère des Médecins cft peu néoef- 
^ faire dans cette Ifle^ & qu'on n'y ràtt 
,, guère de malades que ceux qui fojû 
^, mourans "• 

Le fol dece pays^ qui par un privilçgç par«^. 
ticuiier ne foimre poinc de bêtes veninieU^ 
ks (i)^ eft fertile en toutes fortes de 

grains, 

(O H Op y voit, ifit tiêire Auîeuf^ comme 
^ .siileurSy^ dei fcrp.^s^ des couleuvies, des ]e« 

„ zaïds 



][AKviKii^ F»Jtiiai MUw- 17(0. xjfi 

am^ k^ achw fiiutio» jr làuflifleot 

lieoi le gihiet (Si les troupçwx y abon- 
dent ; Tes mièr£S 4lc Tes iac^ font rempli 
de Poiilbas de toute e^cc» oa y a trou^ 
védes miops 4^or T^A d'argent «^ de mer* 
eue, d'éuiot de plomb* decuivxe, dV 

i»acd8 & 4e9 «tfiiiiées; mû» f«i Hat 4fl|uiafi- 
« lé iacotiGcvaUc , ils y iîMU {tf ivéa 4*oiie quaJiCé 
I, qui {ttiott isfêpasalile de leur iia(uie pv-cout ail* 
N leurs, excepté dans rifie de Crête *'. M. l'Abbé 
tombe ici dans une ligète méprife; car il eft bien 
conno qull n V a ni fetpens , ni cotHenvres en Ir- 
lande. 

(2) La prerbiéfc mine d*or ^tfon ttonv* «i If» 
Inde ftttdéeoovene^ Mon Kctting 6: les Mideas 
Biiloriens, auprès de la Rivière Li^y du temf du 
MtaaiqiÉ TJ^mimâi cnvitte çùp ans avant i-£re 
CMkîne; «o « tronvi «nfoite une d'argopc»^ 
Qfi éiiUi( fur le Imd de la Riviète 4e Sarrow, 
^ liotefe oii Oft lâbfiquoii des coiraflès , dea 
hnclieri, &c. 00 y bauoit moDnoye« & on y 
£ufoit ces cbaines d*or que les Chevaliers Ci lei . 
NoUes poitoicnt au col par diftinétion, auflî bien 
lue les bagues dont on gratit!oic ceux qui exccl- 
loieQt dans les Arts 6c les Sciences; «ainfi on peut 
dire, que l'or ft l'argent étoientfbrt communs en 
Irlinde, ni£me dans les fiècles les plus reculés dis 
Pigtaifine. Les Tréfors |mmeofes que les Mor* 
OHU18 em enkute des Eglliks dt des Mooaftôrea de 
ttpays, aiifll biea que le tribut annuiel d'une once 
^ot par r6ce, appelle A'trgi»d Sroin^ que cee 
Bsrbares exigèrent des habitans pendant leur do- 
mination, ea fourniflent une preuve fi^ns r^ 
pîiqnc. 



■• 1» 



• » 

'lixni éç^ irkrlol , de fimffrei à'mlfanDifiè 
'& de fer en grande quanta. On ynkam. 
'G(»)tre:pardllefnent des ckrrières de ))iaw 
les fembbfcles à celles de iiais, dés laii&es 
de charbon de terre, de l'albâtre, îda 
marbre ioage^ soir, tzjéy&mèié^ 'conr 
me anflidni marbre gris ipiî devient bleir 
& axuré act poli (3)« E&tin mot^ ceoe 
Ule prodmt }e nécdTaire ^futile, & pour?' 
roit très*bien fe paifer des entres Pays. A^ 
refie fa Uluation efi fort s^vantageufe pour 
le commerce: fes Ports feint ep plus grand' 
nombre &plu$ copimixles que ceux d'Aa-*: 
gteterre, A àh furent fréqdçntés autr^is 
par les Pheoicieiia , ks Qxc$ & les Gaut 

lois. ^^'î:^ 

Les Merveilles de deux famewr Laes^ 
ëlûznAtiLougb Heagb Se Lougb Lme'Mà^ 
rent enfuite Tattention des Natoralifkr 
dans ce Chapitre. La qualité pëtri^mtiif 
des eaux du premier eft bi^ connue det 
Savans; M. de Buffon en parle, mais ea 
ibutenant que les Pétrifications produites 
par les eaux des lacs ne font autre cfaôfe 
gue des iacruftations comme celles que jFaic 
Feau d'Ârcueil. Notre doâ» Abbé s^oppo«y 
fe à ce fentiment .,& pmuve longueineoK 
que dans la Pétrification attribuée au Lac 
Ntagb il fe fait une traiifiiutt^ation dtaio 

mafle 

(3) (.es q]aifon$ ^t Is Vûïc âç Kiikenny j(gn| 
lïâties d^ çç parbie grià,^ feë r|ie» çç fpQt f|r 



tàftfie de hdos cii frierre i>ar le diangemen» 
toCol de la configuration interne.' ^ £^- là il" 
piend oc€afi^^)de poofibr fes irecdierch» 
œarant^ & d?eit:»tiiiner en Pli^^cien le» 
caiiies-de ce phébomëne; nousnriV ftii^' 
▼Kons pasypar^que c'efl: une dig^neilion qui- 
n^ aucune liiifen avec le bqt defim ou- 
m^ Se qui d'ailleurs ne contient rien , qui 
nefoit très«coDBu de ceux mii ont lapma 
le^re teinture de l'Hiftoire Naterelie; Re- 
marquons pourtant y d'après ioi^ que la 
Betr jfication fe fait non-feulement dans le 
Lae Neagh]^ ina^s encore dans les enyi«* 
rons-jufqtfà huit milles dediftance, m& 
me fur des hauteurs & dans des terres fab^ 
loneufes , où il tf y a pas d'apparence que- 
les eaux du lac ayent aucun accès , ce qui 
pamît détruire l'hypothèfe qui attribuera- 
^»rtu pétrifiante à Peau exclufivement» 
Srmarquons enfin qu'on regarde les eattx* 
de^ce llac comme un bain très-falutaire 
pour ceux qai ibnt attaqués des écrouellet 
& aigres maux femblables. 
* Le Lac Lenc n'eft pas moins remarqua* 
blc que le LacjRfea^A* I! eft fitué à rext«ê* 
Biite méridiénalede l'Ule , dansle Comté de 
Kerry , occupe un efpace de trois mille ar^ 
pens quarrés , <% prçfente dans f^ envi- 
rons le fpeâacle le plus beau» le plus va« 
né & le plus pittoresque qu'on puifle inùu 
gioer. Au Nord de ce Lie on voit un& 
Fang^e j^. de Montagnes couvertes^ depuis 



^.te oied jtt%]»'à k cicM, de chéfles» 

I, fea(eAt;4^as les diffêcœs di^és de vé« 
^ getatimi une variété ^^aWe de oqut 
^!feur&, Ife veid, k jauiie, le Jonge» ie 
^ klsuip à & totm^at un asaphithéaire qui 
^ îapi^Ue d^ns W cœux de Thiviec k9 
,9 çh9rm66 du fariatoastS' Des Cafcadear 
,^ CAui'ôos. par la chat» de$ eaux du haut 
^ dft «es aiosts^oes & fur-tout de celle. 
^ de Maogertoo « doat le murmure eft 
^ xepâté par les échos ^ fjoutem e&cose. 
^ aux charoies de ce lieu. Qa trouve 
^ fur le haut de cettQ montagne qa,, 
yy Lac (4; dont on ne connoît point Je., 
^ fend 9 qu'on appelle dans la langue da 
,1 Payç P«^ J^^r(Mi, c'eft-à-dire, Tron. 
«1 i'^uff^r. Il fedéix>rde fouvent & alors, il 
^ précipite du h^vfi en. h» des Jtorroos ef- , 

'ftoyables "• ^ 

** Ifi Chauffée des Géans eft le merveili- 
kux ot:ôet qœ M. de M^-GsoghbgjIM 
nous préfente enfuite dans PHiftoire Ka^ 
ti^Ue de mande; la Description ^u'il-eft^ 
biSk f^a lien qui doive i^ni& arrêter, v^. 
lur-tout que nous croyons en avoir donae - 
ùge plus défcvUée & plus ouiâp^ d'après le 

célèbre 

^ (4} H cft ificc oïdlariie 4o voir «1 IilanJe des 
Lm for^s taitct tioBt^giies, dent les «aux toni' 
iNBDt ptédpitaiiiiiifiot dtns les vtUto où cUei foc« 
WÇQt des Riviàres. 



câisbra Doâeuf P^âck^ le fiKraot Naftv. 
McDaCffJkis dans im des voJumts prè(sé« 
dei» dé cette BiUiochèqQe (5'}. VA^tcat 
teimine ce Cbapkre par quolqws léflt^ 
xjMs ^iff Je caiaâèi>e des Irlandois-, & 
ranorte eatf'ailvcs le portelic fuivaiit de 
cef eofde fait par un Prêtre Aiigk»s ttom- 
raét<Sood^ qui écriTO^ cbds lefeieième 
fiède, hC%^ ^^^9 ttoeNatioa remtrqua- 
,) bkp F^r la force & fitf^txmt par PagiScé 
3; du corps & pat fa grandeur d'aiiie , fpn 
^i^koeUe 9 belUaueUfe ^ prodine de la 
j^^vie, dure i la ntigue^ au froide & à la 
,7'4um, portée :mx plaifirs laftifs ^ hon-* 
i,^^ eoveis Ifsétran^rs» aimant coa-« 
5^ ftamment, halAnt œ mémc^ pankm- 
», «nant rarenoent « croyant . iegèremontt 
0'afride de ijmfe^ & fouffiraat avec pci« 
„ iie les injures <Se les affronts (6) ". 

Vmfai Criti^ fur k$ antiquités deê 
Sem-Mèkjkèis^ c|ui fait le fujet dn ItCba^ 
pitie^^eft à ptufienrs égards digne de la cuv 
riefileé (teSaTans. On fait aro^ien il A 
Qtdiiiaire àvDOUS Iss peuples de dkrÈher à 
aiàolslir leur origine en la cacbant dans 
les ténèbres de l'antiquité la pins recuiée^ 
ks^yptiens , 1^ Chddéens & les Chinois 

ont 

tS) Voyez cm» iefirriffâon woamçm^tée i^ui« 
Fhficbe dtot It Têmt IK de ce Jottintl > jP^if n> |t^ p^ 
4»5 & fiiiv. 

((S; Voycaç Cambdeni BriUémié p. ?8^ ;. 



ont dùctt^ itiigiilîbrffiieat dans cette is^^ 
nie; & les anciens Milefiens ne paroâ^' 
fent |>a» en avoir été exetnts; au:Contrài« -. 
le ikpcftçnt kurs ipiéteofioas à cet émà 
trëç-toin^ & quoique notre favant AU)d 
paroi0e refpeâer ces prétentions jufqu'àtuQ . 
certaift points il examine pourtut le fait, 
wec une exaâitude fcrupuleufe. Les an* : 
ciens Bardes, dont l'autorité âcks^^çHiOr 
tîons en général font aflez connues « éii 
toienC chatgés chez le9 Milefiens de €on^> 
ftrv^if.ks. armoiries & les généalogies <lfi- 
la Nobleffe, & d'éaire les annales, iesi^is 
liances^ & Içs tranfoiigrations de ce F^fi 

Île, qu^ils font défceixlre de^aphet^^as^ 
lagog en les traçant de per« en fils jffk:. 
Ïfk Miiefuu, C'eft ce qui fait d^i^\ 
aipbden que PlUtarque avcMt raifori d*^Bp\ 
peUer ilrlande Q^^^ cteft à-dirç, tr^^T^i^r .' 
§ue^ parcèqiie l'ancienneté des auàêso^ 
tjQQS comparée à la Jeur n^eft qu^ime ne^- 
▼eauté. Ce témoignage de& Etiardes,r ^\ 
étoiênt en général des nouâmes meroés^^f 
res^ & outrés» paroît afiez fuibeâ^ np-^ 
tre Auteur. U diftingue avec Vairon 4çft 
tems incertains & fabuleux des cems hif 
ftoriquesf & appliquant cette diftinâion it] 
rHiilgire d'Irlande , il rapporte au teiâs 
obfcurs & fabuleux tout ce qu'on nou$ rai^, 
conte des premières cd<>nies qui occi^*' 
jcnt cette llle avant les Mileuens, ccoo*^ 
me a^àî ;les relations de . l'origine des Scqt 
lo<*Mil0£bB9i des vograges desGadellens» 



1 



lettis ancêtres eii dffiKteàte régions* i de dh 
verib tircoûftasces qui accompagoèreat 
leur psïage c^Efpagde eu Hibemie jur<pfk 
Mparfàit étaMmement quelque tefiis aprèr 
lear arrivée dans cette file. A PégM du 
tems hiftorique, it commence félon lui a-- 
?M le règoe éOUam Fodia^ environ (êpt 
ou liQit ftècled avant Jerus-Chrift , puif^ 
(fi^àon les Scoto-Milefiens étoient éta* 
Uk dans ITIibemie , & faifoient un coips 
de: Peuple gouverné par des Loix ^ daûs U-' 
fiéaffltkertmnquaie, féparésdu contindit' 
&4]ës d^inftttrii de la part des £crangers« 
TM railbfls déterminent notre Auteur 
i^AAfKT au Milefiens cette haute aatî^ 
(^v & à regarder leurs annales depuis^ 
àtfmjoque comme dignes de croyance 5 
l^ièniieté de leur langue qui n'eft cer- 
tafnëtMit dérivée d'aucune de celles qu'on 
pABia Europe via fingularlté defes ca- 
fiBSa tfii n'o^t aucun prototype ^& fur-^ 
^ les motifs^puiffiins oui engageoient ce 
P^Mrà conferver leur Hiftoire. 
' <Pm: qui é^efïbrcent de tirer Porigine des 
Kleftuis de li Gaule croyent trouver 
fans jMeine buracine de la laogue-Irlandoi-^ 
Ai£âr-lal langue Gauloiiè. Notre Auteur 
otfé'dttks des dBfcuŒons très-* longues âc 
tràsuftvantes pour démontrer la fauiTeté de 
cttteîfypothëfiaS» A fort, à ce ou'li nous^ 
^enlllé^ viSoriette ^ cmhbait n- prouve 
par {es ancieos 'inonumens ^ Milefiens «^ 
?^ilp«<»t si^eir^^udfé «recrtaeprpfoai^ 

deur 



dtur Pmmtmjfk^ que ce» Pcift>ie8 Am^ 

deicdtidiui» d'uw cbiotiie (bf Scyttics > qui, 
apit» pIoAeQfS mqprutîMs dans dt^jeo^ès 

tcur lat^ÉaC) norninéc <7e)rAV de Gaeibatp 
1» de^^ kitf^ aaeiens chef$ dequi leurs an^ 
oêtitsfeKeiilDQmm^Gtf4fe'£lfff/« a ton joui» 
été fai langue pcopit de cette Colonie itc»^ 
feuleinmt^ depuis foU étaMiflbmetit im Ja^ 
laode^ maïs eâi^ore dès fa foitie <f£Kfptt^ 
& <}ii« BoHandlfs fyà trompé groŒèremèy: 
en foutenaift qtie 1^ Mltefiens, ou E@* 
bemtMs Pâyefts fi'avoient ni des caraâ&Aili 
si aucun ii<iige des Letlrei' avant fit- Fia- 
lïicc, c'eft-à-dire, avant te V«. Siècle. É*éc^ 
reuff for^tout de Boilandui eft expofée ai^ 
une évidence qui Oe laiffe rien à deffiâl 
Cet Auteur y tomba par une fauffe ccW' . 
féqoence qu'il tira des récits de IktB&ity 
CmgaH^ WaMu & autrts ^ qui ^fifent ifkt 
ce Saint avoît donné VMecedaritm ocr £ë^ 
phabec i ceux qu'il avoît convertis. G» 
cet alphabet n^àtoit autre chofe que T^ 
caraâères Romains qui étoient en e(m 
inconnus aux Scoto * Milefiens âvan^'lç 
tems de &r. Patrice » & que ccSaàBt enfiS* 
gaoit aux nouvcatixfconvertia afin de lècut 
tacilieerla leâurede i'£ctitHre- Sainte c^ 
de «4 rendfê cette Ëglife iiaiffante confia 
,^ me i r£giire upiverfdle pour les rit)' & 
)^ la manière de célébrer les divins -àiy^ 
5, Hères"* D^ailleursie grand nooibiefFAti^ 
teursydpot les ouvrages furent écrits en lan- 
gue 



• 



goe Milefieime ou Scotiqiae avant k 

itianirmcy eft on preuve fansrrq^iui oni- 
tre Mertion de B<dianà$$. Ottir um àr^ 
iiaitd de traités écrits ùa U Médednev 
les loix) Ac^Ktating & Flaburty céki- 
kes Anti^uaixes font aaeotîoa As tmi» 
grands Poëces qui floriflbieat ea Uitasàt z^ 
vant la naiiTance Au Sauveur , & dont ïm 
ouvrages forent cankés, augmeatos & pu* 
^^^vtKmfoelaiMc^OliU^ faFant Anti- 
quaire du VU fiède* L'£poque ^ fil- 
% des caraâèses des Scoto • Milefîcna 
put être placée, febmaotre Auteur ^dana 
kss tom voiiinff de œixii de leur traufmi- 
gntion d'Ëfpagne en Irlande ; toutes ka 
curcoofiances favoriiènt cette opinion^ La 
&ukdi£Bcuké coofifte à favoii de quitia 
les avokat reçus, ii c^étoient dea Phést* 
cieos ou à^ Greea Le doâe AUfaé croit 
fue détait des ptemicm;; les raiTogs ^il 
ai atloue fiant tout^t^fait d^es (te fil pro^ 
bode éruditioa» & rendeat du looifli éx^ 
triimiement vrai&mblable rhj^>odièfe qu'il 
Hoùtsu 

Uifian unJOiot'dePAIphabet dcsanciead 
Mikfieas appcUé dans leur laqpid Beitb^ 
iMii^Nim^ que Outre indoftrieiixHiftariieii 
(base ici en Irlandois » Latin 9 fti^rançois^ 
& qui ne contient que 1 8 Lettres. Cet al* 
Phabet a ceci de cqhixbuq avec celui des 
Hébreux y que daaa l'un & Tautie leaona 
'eslcttzeaeftXiBiiilicatif^iÇ^eft'^npe^ que 



^t BmJÔTBBdCÎB DU SàtMCBM^ 

ié nom de chaque lettre cft un fubftan* 
tif (7). ïl y * cependant cette difFérencc^ 
que les lettres Hébraïques tirent leurs déno- 
jpinations de toutes fortes d'objets , au 
lieu que les Mildiénnes ne reprtfentent que 
des difiFérens noms d*arbreà , pmrceque les 
anciens Druides, dont TOrdre étoit indu- 
bitableihent établi en Irlande du tems de 
Céfar „ & qui feifoient leur féjour dans 
I, les bois^ n'ont pu rien imaginer de plus 
^, naturel: que dé donner à leurs caraûèrea 
', des noms facite à retenir, afin de faurc 
" paffcr enfuite à leurs élèves les notions 
y, qu'ils vouloient leur irilpirer ". Ces ^ca- 
radlères ont bien dégénéré & ne font plus 
ce qu'ils étoient. du tems du Paganifme 
& dans les premiers fiècles du Chriftiànif- 
nie. Outre les caraéières ordinaires , les 
Milefiens avoicnt une façon d'écrire my- 
fterieufe qui fe nominoit Ogbum-creo , âp 
'Qgbum-coll^ c'eft-à-dire, écriture repréfen* 
tant le branchage d'arbres & fur-tout celui 
du coudrier , & il exiftc encore un livre 
xeiripli de ces caradèrcs dont l'ufage tf é« 
toit permis qu'ans. Druides & à quelques 
Antiquaires qui s'en fervoient pour Iranf* 
mettre à la poftérité certaines chofes qu'on 

▼ou- 



. (7) Pât exemple* eti Hcbrea Aieph figtiifie un 
tfondttâsur, Bttb^ mt mtifûD; ahiQ en langue' Mî« 
leûenne- /?^iVi& eft Je upm ,4u Boule«u , f*uh^ da 
frine îauvage ^c. 



Janvier, Fi^vatiR, MarsI 17^. ti^ 

"touloit dérober à la conndîfiance du Piî^ 
biic. Notre Âutear donne quelques échaa- 
tilloos de cette itiyftéricufe façon d'éaire^ 
qui confjftoit dans la pofition de certaines 
lignes ou figures relativement à une liipe 
principale , & à Jaquelle on ne trouve riei^, 
d^analpgue dans les autres langues de TEu** 
rope. 

Après avoir prouvé Tantiquîté de^ Mi-* 
lefiens par leurs caradàres & leurs ouvra* 
ges, notre Auteur montre Pauthenticité, ta 
pureté de leurs annales par les motifs puif- 
htns qui les engàgeoient à conferver leur 
HiÂoire , & les généalogies de leurs prin« 
cipales màifons. Cesmotife^ fans doute ^ 
leur croient particuliers , puifque par une 
loi fodd amentale de PËtat il falloit être de 
la maifon de Miiejius four occuper le trô- 
né, la principauté des Provinces , ou pour 
poà'éder les grandes places de milice où de 
magidrature. OUam Fodla qui rëgnoit en- 
viton trois fiëcles après rétablîflementde 
cette Colonie en Irlande, c'eft-à dire, lîx 
cent ans avantJ.Chrift, inllitua rAflemblée 
Triennale à leanaor , créa des charges 
d'Antiquaires dans les différentes provm- 
ces, pour veiller à la cpnfervation des hauts 
faits de leurs héros &' des généalogies des 
fam.illes « ordonna que les regiftres de ces 
Antiquaires feroi€nt examinés dans l'Af- 
ftmblée Triennale , & qu'une . punition 
févère feroij décernée contre les Antiquai- 
res qui auroient prévariqué dans Texercice 

Tome Xia. Fart. l. I de 



9$ç . Bi^LioTHBQUB DES Sciaicsay 

de leurs charges;- il ordonna enfin qae des 
extraits de ces re^iftres ^ ainii examinésâ; 
purgés, feroient inrërés dans le grand Li« 
vre I npmmé depuis le FJèàutier de Teamar^ 

Sarce qu'il ëtôit écrit en vers à la manière 
es anciens Arabes. Cette Aflemblée cé«* 
lëbre s^eft tenue exaâement jusqu'au tems 
du Chriilianifnie. Notre infatigable Auteur 
donne enfuite une lifte des annales, & des 
produdions hiftoriques ^ qui ont tranfmis 
fie fiècle eii iiècle les traniaâions , & rhi& 
toire dés Hibernois depuis forigine de ce 
Peuple. Plufieurs de ces monumens ont 
échappé à la fureur des Danpis» le refte en 
eft cité par les Antiquaires les plus favan^ 
& les plus rer|>eâajble8; & malgré tout ce* 
la certains écrivains ont cherché à rendre 
leur autorité fufpeâe par des argumens 
négatifs & des conjeâures tirées, ielon no« 
tre Abbé ,de prhicipes très-obfcurs & dou- 
teux , comme il le montre dans un détail 
pu il nous eft iinpoUible dele fuivre. Rien 
de plus plaufible que les objeâions qu'il 21 
ramaffées contre l^authenticité des Monu- 
mens Milefiens, & rien de plus favant, de 

Iflus ingénieux , & de plus fatisfaifant que 
es réponfes qu'il y oppofe. Ce Chapitre ^ 
il rempli d'éradition '& de difcuflîons pro« 
fondes, eft terminé par un Catalogue rai« 
fonné des meilleurs Auteurs qui ont traité 
l'hiftoire de l'Irlande depuis droisiièdestâ: 
qui ont fourni les matériaux qui compo« 

ienr 



jAUVtift, Pfeftni, Mjuu. tjtto. 13Î 

rat l'ouvrage que nous avons aâuelleinent 
fous les yeux. 

^ Nous avons vu déjà que notre Auteurre* 
leguoit dans la région des fables , ce que 
Ptafieurs Ecrivains ont dit fur l'origine des 
Scoto-Milefiens. Il ne Ta fait pourtant qu'à 
ifgrec , car il ne croit pas qu'on ait des rai* 
ions pofitives & fuffifantes pour combat- 
tre ces relations ; ce n'eft; donc pas feule* 
ment pour conferver le fil de l'Hiftoire, 
Mileiienoe ^ mais aulli afin dé marquer* 
fofl refpeâ pour ^antiquité qu'il nous aon« 
nediQslelII. Chapitre mjMre FahUufi 
^i Scôto-Miiejient. Nous y voyons Içs ir« 
landoîs defcendre de Japbit par Magogk 
Ww-Far/a petit'.fils du cfernier avoit deux 
iils dont le cadet Niul s'ëtablit en flgyptd 
avec une Colonie qui prit le nom de Gat 
delieDs de fon fils ÙaodbaL Chaffês d» m^ 
gypte les Gadeliens abordèrent dans rifle 
de Crète, & partant enfuite delà fous le 
commandement de Heber-Scotih arrivèrent 
dans la Scythie pays de leuis ancêtres, où 
ta colonie fe fixa pour quelque tems. Mais 
?ne perfecution fufcitée contr*eux par la 
jaloufie des Scythes les obligea de fe réfu- 
gier chez les Amazones , d^ù ils partirent 
pour la Getulie en Afrique conforméroent 
ace vers de Properce: 

Hitenti^e Geta, pî8ogu€ Brittanma curru, 

^ant refiés )à pendant huit générations il» 



furent enfin conduits en Efpagne, où fous 
les ordres de Breogan^ïls fe rendirent mai* 
très de ptuûeurs Provinces & bâtirent la 
ville de Bragance appellée ainil du nom de 
leur chef. Son Petic-nls Milefius devint en-^ 
fuite chef de la colonie ;& £imille femul-. 
tiplia prodigieufement ; mais une féche* 
refle deplufieurs années caufa une famine 
qui la défola, l'obligea d'abandonner foa 
ctabliiTement en Ëlpagne & de chercher ui\ 
nouvel azyle en Irlande. C'eft. à ce Mile^ 
fius & à fon Epoufe Scota fille d'un Koir 
d'Egypte, que les Irlandois rapportent & 
leur premier nom & leur origine. Corn*, 
me nous fommes beaucoup moins crédu- 
les que notre Auteur, nous ne nous éten- 
drons plus fur les relations hiftorico-fa- 
buleules qui fe trouvent dans ce Cha- 
pitre. Nous remarquerons feulement que 
la vérité de la tranfmigration des Sco- 
to*Mileiiens d'Efpagne en Irlande eft appu- 
yée fur des fondemens affez folides (8). La 
grande difficulté confifte à fixer le temg 
de cette tranfmigration à caufe des calculs 
difFérens des Annaliftes. Keating & Giral* 
dus Cambrenfis .la fixe à 1300 ans avant 
Jefus Chrift^* le calcul de Newton la re- 
cule davantage, mais O Flaherty célèbre 

An. 

.' (8) C'eft fansMouR de Scota la femme de Mi* 
tefius^ que les Irlandois furent confhmmcnc appel- 
as ScQti depuis le m jufqa'à l'XI fiècle. 



Antiquaire place cet événement au temsde 
Salomon, c'eft-à dire^ environ mille ans 
avant la naiiTance du Sauveur. Ceft ce 

3ui fe rapporte au tenxs de la conquête 
'Efpagne , dont parle Newton , par Sefac 
ou Sef^ris, & qui fut probablement eau- 
fe, félon Buchanan, de la fuite de la Co- 
lonie. Notre Auteur croit placer cette 
tranfmigration avec plus de vraifem|>lan- 
ce , en la fixant au tems d'Hercule le Ty- 
rien qui fut, félon Newton, le fécond Con* 
qaérant de PEfpagne & le fondateur de 
Carteia i c'eft un liècle plus tard que le 
calcul précédent. 

Le I V«. Chapitre qui préfente un Tableau 
de la Religion Çf des Mœurs des Ancien f Mi^ 
lefiens^ les rapproche tant des autres na- 
tions Idolâtres par rapport au premier ar- 
ticle, que tout ce que nous devons remar- 
^ucr fur leur Religion , c'eft que la fuperfti- 
ti(m des Druides , & l'autorité des Oracles 
étoient en grande vénération chez eux , & 
que Pidole &eul ^ & le veau d'or ont été 
Univerfellement adorés parmi les Mileliens* 
Les Mœurs & les coutumes de ce Peuple 
femblent montrer, que, quoiqu'ils euflent 
tiré leur origine des Sc)rthes , ils avoient. 
néanmoins beaucoup de commerce avec 
les Egyptiens 9* & favorifent l'idée de leur 
tranfmigration dans ce pays-là. Les Céré« 
monies de leurs funérailles entr'autres , te- 
4ïoienc de* U httbm^ des anciens tems^. 

I 3 yi Lotf- 



fS4 BiÉtioTiit4up'9Bi;8çqFV€Bf| 

1, I/>rfi)u*îI étoit mott quelqu'un de confi* 
'^t^ dërâtion ^liea eux , ils fiiifoient des fe& 
I, tins ôc tesoient table ourerce pour tous 
^, ceux qui afiiftoient aux funérailles. Des 
^1 Pleureufès de ptofeflioa arrivaient en 
51 foule & «ûtrant toutes éplorées les unes 
^i après les autres dans la falle où ëtoic ex« 
I, pofë le^corps i elles pouflbient des^ gémif- 
9, (ètnens & des cris en récitant la généa* 
,, logie^ & chantant en vers» d'un ton la- 
,, mebtable & plaintif , les vertus & les 
^, exploita du défbut & de Tes ancêtres juf- 
^f qu'à l'antiquité ia^plus reculée ". Cette 
coutume » qui eft eqcore aujourd'hui ob« 
fervée parmi les Catholiques Irlandois « 
li'étoit pas fans exemple. Les ^Qrptiens^ 
les Grecs & lès Romains avoieni quelque 
chofe de pareil dans leurs cérémonies fu- 
nèbres. 

Le Gouvermment Cknl &^ FûHtifUe des 
Milejkns &it le fujet du V«. Chapiûre. Ce 
Peuple fut gouverné près de mille ans , 
tantôt par un fçul Roi , & quelquefois^ 
mais raremetit , t>af deux enfemble , à hi 
manière de Sparte» Un de Jçurs Monar- 
ques vers le commencement de l'Ere Chré- 
tienne établit une Pentarchie en érigeant 
les Provinces dlriande en Royaumes, 
dont il donna l'inveftiture. aux cli^fs des 
Tribus qui en étpîcnt alors les poflèf&urs^ 
inoyennant un tribut annuel » comme une 
piarque dç Içnr futodiflftCmi v & ^ ^^ 



JiKniR , FtvtiBR , MAas. 1760. 13/$ 

dépendance du Monuegae fupréme^ Ce 
partage du pouvoir moaarchkjiie 9 qui , ea 
augmentant ladrfbordeqy t avoit toujours ré- 
gné parmi ies'Mitefiens,diminuabeaucoup 
la puiflànce foinraraine , dura jufqu'audbu- 
îième iiècle. La Royauté n'étofc ni abfo^ 
lumem héréditaim chez les Mileliens. ni 
purement él<^ve« Lorfque les ennins 
ctoient mineurs on appelloit à la fuccef- 
fion le Frère, l'OacIe , ou le Coufin da 
défiint Roiv & on norhmoit de fon vivant 
foQ héritier à la couronne. Le Gouverne- 
ment Civil & Politique , dont notre Au- 
teur donne àa détail aflez curieux ^ futfor« 
mé chez les M ifefiens , dans le tems que 
Carthage& Rotne ne faifoient que de naî- 
tre, (mve^ Fola (9) le Solon de fon fiè- 
de poar vut à tout ce qui rcgar doit le Gou- 
v^nementdeTEtat, & tourna enfuitefes 
foips du côté dès Science» & des Arts en 
fondant des Ecoles publiques de Philo(b«i 
phie, d'Aftronomie , de Poéfie, de Méde- 
cine & d'Hiftoire. 

La Paffion dominante de ce Peuple étoit 
la guerre , & ils entroient en Campagne 
pour le moindre Tu jet. Notre Auteur par^ 
k des (uerrfs des mlejiens.^ de la conftitu* 

tion 

(9) L'Auteur VvçfçtVit.Oîlam-Fodla dans une 
Tahk Cbronoffi^iqtte des Rois Payens dhftmde de 
^»^ÊC€ Mî/ffitnntiff^^ mi*à la t^tede ce Voi^ 

I4 



136 BiBLIOTHEQnE IH» SCIEN€E8> ^ 

tion de leur milice vde leius armes &c« dand 
le Vie. Chapitre ; & c'eft ici que fes digrcf- 
iîons , quoique toujours Tarantes , font & 
trop longues & trop fréquentes; ou du 
moins on y trouve une grande diverfité de 
matières qui n'ont pas une liaifon immé- 
diate avec le titre de ce Chapitre, & dont 
le tout forme un coup d'œil affez confus. 
Les règnes d^un grand nombre de Monar- 
ques peints en miniature, les guerres ci* 
viles des Miieiiens,)es delleins d'Agricola 
fur leur pays > les révolutions & les change- 
mens arrivés dans les différentes Provinces^ 
Tenvoides Colonies Milefiennes en Albanie, 
d'où lesEcoflbis d'aujourd'hui tirent leur ori- 
gine, les commencemens duChriftianifme 
en Irlande, qui enfonce notre Abbé bien 
avant dans l'hiftoire fabuleufe des Saints 
& des Martyrs , voilà les matières qu'on 
"yoit traitées avec un détail immenfe , .& 
avec des difcuflions qui ne finiifent point , 
dans un Chapipre intitulé des guerres des 
Mîleftens. Au refte on trouve dans cç 
Chapitre une Réfutation favante & viâo- 
fleure d'un Livre publié en 171 1 àEdin* 
burgh fous le titre A'Exphits militaireà des 
Ec^ois par un nomaié Àbercrcpfiy^ qui a 
voulu mettre en doute fi les Scots (f Irlan- 
de defcendent de ceux d'Albanie , ou ceux- 
ci des premiers; •& oui , trouvant ce pro- 
|)Iéme infoluble, a tâché de reculer la tranf^ 
migration de$ Mileiiens eu Ëcofie beau- 
coup 



jANviBft, Fsvtin, Maril ijCo. 137. 

coop au delà du Iil«. fiède, où notre Au** 
teur Iz place avec la dernière évidence. 
Nous renvoyons le leâeur au livre même 
pour le détail de Tes preuves. 

Le Chapitre VUP. roule fur les iifférens 
Noms (P Irlande^ & confirme le fyftôme de 
notre Auteur à l'ée^ard de l'antiquité de fes 
habit ans, & leVIlK contient les différen* 
tes divilions de cet ancien Royaume. 

VIrlande Cbrétietine eft le titre que porte 
la Ildc. Partie de cet ouvrage. Elle renfer* 
me l'Hiftoire Eccléfiaftique de ce pays, 
les détails des plus anciennes Miflions, les 
travaux de St Patrice *& de fes premiers 
fucccfTcurs, Pércdion des Eglifes, la fon^ 
dation des Monaftëres , l'Hiftoire des Con« 
ciles, les exploits & les miracles préten. 
dus des Martyrs, la fuite des Evéques^ ' 
les produâipns pieufes & favantes des 
Théologiens , &c. tous ces objets font irai- 
tés par notre Auteur avec un détail dont 
Tanalyfe accableroit & nous & nos iefteurs; 
d'ailleurs ces matières font aÂTez rebattues 
dans une multitude de livres connus de 
tous ceux qui ont tant foitpeu étudié l'hiP ' 
toire & le progrès du Chriftianiftpe dans 
les différentes parties du Monde. 

L'Invalion des Normans dans le VIIK 
&1X«. iiècles avec leur défaite, & Tir. 
Tuption des Danois dont le fucccs pendant 
no certain tems attife tant de malheurs 
fur une grande partie de l'Irlande , font dé- 
dites par notre Auteur d'une manière très 

1 S in. 



i|8 JEtaLiotHEftiFa hËâ SciERess , 

ittt^Tefltnte. L^atfiVéc de Ifrwi II , Roi 
(PAngietene, dans ce Royaume ^ appelle 
]^r UD Roi de Lagenie pour Taider a re- 
couTrer fa couronne ♦ & muni de deux fiul-, 
tes par lefqueUes AdrienlV & Aleycanéhre III 
lui déférèrent la fouverainetë de Tlrlande, 
efi ^événement important , qui termine 
ce Tolume» & dont les détails font ren* 
Toyés au Yolome fuivant qui renfermera 
la IIK Partie de cet ouvrage. Cet évé- 
nement remarquable qui dans le XlJe fiècle 
changea la fece de llrlande , attirera notre 
attention d'une façon particulière quand le 
fevant Abbé nous fournfra la matière d'un 
antre extrait par la publication de fon fe« 
cond volume. 

. En attendant nous fouhaitonç avec ar* 
deur que ce fécond volume nous donne 
lies raifonsauffijuftcs d'applaudir à Pimptr- 
tialîté de TAuteur que celui-ci nous gb, 
fournit d'admirer fon travail ^ fi)o érudii» 
lion. 

ARTICLE HUITIEME. 

Abrcge* Chronologiq!» p£s Grands 
Fiefs de \% Couronne <fe Fraocç# 
avec la Chronologie des f rinces 



i & Setgfieurt qai let ont poflëdéi 
jurqu'à leur réunion à la Cburon* 
ne. Ouvrage qui peut fervir de 
fupplémenc a VJbrégi Cbmotogiqtêi 
di FHiJiwf de Frame f par M. lo 
Préfîdent He^n^uit. Uu voL in g. 
436 pp. fans l'Epitre Dedkatfnre^ 
r dveniffemcnt 9 h Préface ôcc Paris 
1759- 

T 'Ouvrage dont on vient de lire k titre 
JLi contient la Chronologie des Princes À 
Seigneurs qui ont poiTédé ks Graad$ Fic& 
de France , Se l'époque de leur Kéunio| 
à la Couronne. Mr. Brunbt ^ qui en e% 
r Auteur^ attribue rOrigiue des Fiefs aux 
François, non feulevneent dès la piemière 
Kace des Rois de France ^ mais mpme a- 
yant la nalflance de Jb$u$- Cm^t^ lors<% 
qu'ils 'habitojent encore la Souabe & la 
Fraaconieà Sous la féconde race les fiefs 
commencèrent ^ félon lui ^ à devenir hé« 
i:éditaire9. D'abord les Rois envoyèrent 
d^Ducs^ des Conifes & des Mardis pour 
adminiftrer la Juftice dans les provinces^ 
& leur poa)n:iiiIion n'étoit qu*à vie; mais 
eofuiteces Gouverneurs devinrent Officiers 
peipétuels ^ & leurs fiefs , dont auparavant 
ils n'avoient eu que la jouiflance , devinrent 
auflU héréditaires i ils $'ea empâtèrent • dk 

même 



vp^ aBtiorraiQpv'DSSvScniNCEs, . 

tnéthe donnèrent Ati terres à leurs parena 
& à leurs amis. Ces derniers s'appeltè- 
lent Barons & Vicomtes , & ceux-ci aufli 
firent d'autres fubalteriies qu'ils nommèrent 
Capitaines & VafTaux, -& aind de fuite. 
Ceft ainli que les Fiefs &. Arrière -fiefs fc 
font multipliés, & font devenus héréditai- 
Xts & patrimoniaux, & c'eit de cette façon 
gue s'eft fait le dén^embrement de la Mo- 
narchie Françoifè principalement vers le 
commencement de la troilième Race , fans 

?ue les Rois èuflcnt la force de rcfifter aux 
ïrands Vaflaux, ni ceux- ci à leurs infé- 
rieurs. Infenfiblçmenc pourtant on fit des 
Ordonnances au fujet des Seigneuries'& des 
Fie&. ^'Auteur en rapporte quelques 
jfxemples & finit par là fon avertiifement. 
Dans fa Préface il parle encore des dé- 
membremens de la Monarchie. - Chérie- 
xâagne, dit-il, donna naiiTance à des Pria* 
cipautés qui fe formèrent dans fes Etats, 
par les gouvememens de pluJieurs Provin- 
ces qu^il donna à des parens &àdesfujets 
qui Tavoieht bien lervi dans fes conquêtes. 
CesGouvernemens paileient à leursenfans^ 
qui fêles approprièrent. Louis. le Debonai- 
re & fes lucceifears de laRaceCarlovin- 

Sienne firent pis encore. Pour s'attacher 
es créatures, ils démembrèrent tellement 
la Monarchie qu'à la fin du neuvième fiè- 
cle, fétat de la France étoit à peu près 
femblable k l'état aâ«iel de l'Allemagne. 

Elle 



Jauvisr, Fbvubr^ Mars. 1700. 141 

£lle avoit un Cl^ef & des Membres qui eir 
compofoieot le corps. „ Ces membres é« 
^, toieat les Grands Vadàuz , poflefleur» 
,, des Proirinces de la Monarchie , dont 
,) leurs Auteurs avoient changé le ^uver« 
„ nement en Domaines héréditaires; & 
,, il étoit tel de ces Vaflaux qui par Péten- 
,, due de fon Fief, & par le nombre de 
sy fes fujets 9 étoit pjus puiflant que le 

„ Roi ''• 

Dans le coiars de neuf liècles les Rois 
de France ont réuni à leur Couronne 72 
oands Fiefs , fans parler d'une infinité de 
Villes & d*Arrière.ficfs dont ils fefont em-* 
parés , & „ ainfî le Monarque eft devenu 
,, le maître abfolu de fon Royaume, que 
^, tant de Réunions ont rendu le plus puif4 
^y îant des Etats de l'Europe ". 

U fe divife ce Royaume en deux Par^ 
ties générales. La première comprend les 
(louze grands Gouvernemêns , anciens do« 
maines de la Couronne, & la féconde les 
Conquêtes de Louis XIII & de Louis X0% 
& les Acquiiitions de Louis XF. Cette 
divifion partage naturellement ^ouvrage 
de Mr. Brunet en deux parties. Avant 
que d^entrer en matière il a mis deux ta* 
blés à la tête de fon livre» L'une contient 
les noms des grands Vaffaux âq des Gou- 
vernemêns dont ils reifortent : par exem- 
ple pour la Bretagne , i: les Ducs deBré* 
ugne; 20. Les Comtes de Fenthièvre: & 

l'autre 



I4t ^BiBLioTBftQps ott ScimeUy 



Pauttc adiis met' dtrut les yeax le» 
Fiefr mêmes arec les noms des Rois qui 
onr régné lors de leur rëutikm foit à 1^ 
Cooroone foît à ^autres Fiefs ^ & Taunée 
de œs réunions ( par exemple (bus Lmtis 
XJI eu 14M les Duchés d'Orléans & de 
Valois i ia Couronne», 3c en tjoi leCom* 
té de fci au Comté d'^i!^^ 

Maïs et que nous venons de dire ne fuf< 
fit pas pour donner à nos Ledeurs une î- 
, dée du tnnraii de M. Bauket , & de la 
bçon dont cet utile & excelient Abrégé 
et eompofé. Il Ëuit tâclier de leur en don-* 
ner qudqu^chantillon :c*eft par là que nous 
terminons cet extrait 

Tenons • nous * en à la Bretagne^ dont 
nous venons de parler. Le premier titre 
|k)rte Bretagne ^ Se voici ce qui fuit 
Knmédîaéement. La ftovincedc Bretagne 
a enviran aoo lieues de tour^ 70 de loa-* 
t;ueur,& 35 à 40 de laigeur. Les Nanetes^ 
ks Rhedons^ les Diablintes^ les Anibi* 
liâtes, ies Venetes, les Ofifimiens^idb les 
Curioiilites ont été les anciens habitans 
de la Bretagne. Ils formoient entr*eux u- 
se République I dont le gouvernement é? 
toit Arifiocratique , & qui fe fit connoStre 
ibus le nom de cités Armoriques. Céât 
les ajrant fcumis ils forent compris dâàs 
laLyonoife troiiième par Auguite, & z^ 
ptèsque Maxime ^cn fut rendu maître il 
donna cette Province atix Bretons ^ qui 

. ' ra* 



jAimex» BBVftiBEf Mars. 17^ 1^3 

Pavoient fuivi^, & elle prit d'eux le nom 
de Bretagne. Leur Chef Ginan , qui zwoi^ 
épouré une parente de Maxime , prit en 
382 le titre de Roi » que prirent auffi fe$ 
Saccefieurs au nombre de dix, dont le 
dernier fut Aiain H fumommé le Loogi 
Après fa mort arrivée en 690 , la Breta* 
goe fat çouvemée par des Princes qui toiu 
lurent s*etablir en Souverains, mais Cfaar^ 
lemagoeiles obligea de lui en faire hom* 
mage. 

Apès cette courte defcription fiiit la 
première partie de cet article. £Ue traitaf 
des Rois & des Ducs de Bretagne. On en 
compte 37. L'Auteur les nomme tous dç 
fmte, & marque Tannée de leur gouver-- 
nemeot Ënfuite il parle de chaam 
d'eux en particulier. Henri le dernier 
Dac régna , dit-il 5 en i J3^- Ce Prince pot • 
ta ie nom de Dauphin & de Duc.de Bre* 
tagnejufqtfen Tannée 1547, qu'il parvint: 
i ia Couronne fousj le nom de EkHri i/^& 
<lepuisil n'y eut plus de Oucs de Bretâ* 
îne que les Roiside France. 

Notre Qironologiiite paiTe enfuite aux 
Comtes de Pcnthièvre. On en compté 
|feize depuis Eudes L en loeS jufqu*aO- 
livieren 1400. Celui-ci par les prcffant» 
Sollicitations de fa mère renouvella les pré- 
tentions de Jeanne la Boiteufe fa grand* 
nière, & confpira contre le Duc Jean yi, 
i}Qi l'ayoit comblé de faveurs. Il Tinvita 

en 



/ 



t44 ^iBLfOTHEQjmB 0!i§ SciENCBV^ 

en {407 i alto pirffer qndtties joc4k:i 
Chantocé& Tarrêta prifonnier en chemin; 
il le transféra en difierentes ForterdTeff. le 
menaçant fouvent de la mort. Mais tou* 
te la Noblefley & tout le peuple deBreta* 

f ne prit les armes pour' recouvrer fou 
rince qaMl aimoit paÂSonnénient , & alla 
afliëger dans Chantocé la^ mère du Com- 
te , qui pour la fauver mit le Duc e^ li- 
berté» après avoir fait un traité qui n^eut 
Ïoint d'exécution. Les Etats lui firent ~ 
rocès & à tous Tes complices, le coodi^ 
nèrent à mort, & confiiquèrent le Coj 
de Penthièvre & toutes les belles 
res qu'il avoit en Bretagne au 
iit du Duc. Il ne relia au Comte 
le Vicomte de Limoges , & les t^i 
qu'il poffédoit en Flamlrcs. Il fe retij 
Avefnes, où il mena une vie langui], 
te & malheureufe , & y mourut en ï^ 
fans laifler d'enfans d'Iiabelle de Bà\ 

ëie & de Marguerite de Chavigtiv'*^]a 
rofle. . Son frère Jean lui fuccéda .,« 
\ Vicomte de Limoges. ' '^ 

1 Voilà un échantillon de la façon jdOQt 
notre Auteur donne la Chronologie d^s 
autres Fiefs. Son ouvrage nous parçlt 
très-bien exécuté. 




<• .' 



ARTI- 



UmUi FmiERi MlâM* X7ftx t*9 

ARTICLE NEUVIEME.. 

Lettre anecdote de Waller tra? 
duite de l'Anglois , & envoyée 
aux Auteurs de cette fiibliotbè-^ 
que. 

• • • 

Tl^Effieurs, On vient de publier à Lon- 
iVi dres , une Lettre du célèbre Wal- 
ler qui n'avoit jamais été imprimée. - EU 
le eft adrefTée à Lady Sidney. Le fameux 
Poée y ftficite cette Dame du mariage 
d*une de fes fœurs béni à la terre de Pens-^ 
' harft le 1 1 Juillet 1639. Ce n'eft qu'un ba- 
dinage, mais le deflein.en eft rérieux,& le 
tour auffi neuf, qu'ingénieux & poli. Si Iz 
Poéfic de l'Auteur étok admirable, fa profe 
n'a pas moins de grâces & de beautés. Je 
ne me flatte pas de les avoir confervées en 
traduifant cette pièce; mais je penfe que 
telle que je vous l'envoyé , elle pourra oc- 
cuper agréablement quelques-uns de vos 
Lcaeurs. J'en trouve les imprécations 
bien afiforties aux vœux de ce jour. Fai* 
tes-en {néanmoins Tufage qu'il vous plaira, 
le fuis avec une parfaite confidération^ &c» 
Le 5 Mars 
1760. 

Tome Xlll PartJ. K Ma- 



'É0 ■ j^m0fmm:tfamm ; - 



Alt tsiiibà, *« PiHpg«flç g^nêiHéJ» 
-h&itam iè Penshmfts je ne coimois qw 
Tûqs à wl il ^P£i%âBe pormis de qm»' 
ffêr' de ht triftefife & de pouflèt dc^ fotf. 
Jits; P^dfe fa eémpaKoe de lit» c!eft 
péel^ iUk^nt qoe pente fâ mailreflês "-Je 
compte rdrnc qae vous tppioaverez;^ o» 
tout w moins que vous me pardoaneieip 
4^ ipHiëçatioMl ^ue le cœur me- nliii: 
çofim celle qui vient 4ë vous abaaMIr 
^j^ï^&jc, ne 4ou^e pas.que le joOe d^ jk 
;lcs exauce. '^ ^-.nji 

: Fuiilè Lad^pQvdthée (& pouitapll^ 
mbx lui .convient encore) avoit wt20 
^ampi«r & de palfion pour ce jeuQQ to^ 
gp^eOe .in . préféré a tout le refie dês.h^- 
luà^s^ qiie Uht d'autres en ont dX pQur 
elle; & fpifk cet amour en la leiiiMt 
, mèire ayant que Tailneè s'écoule^ l«u faî- 
ie iuh^r la première peine que. lé^.i^ 
dàK>nça aiix femmes! .Pujfle le jweœjê^ 
Jruit 4e fa tendreile être d'un autre j^ 
,%ûç k £ien, & lui rei&mbler. wS^^ffj^ 
au'ilJé faudra pout qu'oii -y reQcûiiMNlGs 
/on.Ëpoux autant Qu!elh^ même! fiii^ 
ci-'dlef en punition de ce goût pour !'i^fi^ 
lènce.iSc pour la fetïa^ -qu'elle affeâoft^ 
ehlendré fa maiTbn retentir du tintan^- 
re d'une multitude 4'^i^ans & de petits- 
Sis» jufqu'à ce qu'elle arrivé à c'e ter<> 

^xic fatal 9 que les filles regardent comme 

la 



jÉîmÊBCifémxtk ; tgUÊs. ijôo. 14) 

hpius|rmile dles loalédiâfaitt , i bi 

Weuleflè r Qu'en parvenant à Page le plus 
avancé. dl^. j|e ^êôce toi^xs jeune l Que 
imiê <bfh mkbîf ne Ite déâbtkfe! Que 
^ais la i^hiB légëfe douleut ne Kir taf- 
fe* Sf^efûie^ , fiMipçonner le -çooirairel 
Et quand enBn le tems fera veniF où. Poa 
ne potinr^ t)li» k^rer qu'elle <# mortel- 
)e, pûifle (bu Bpoux ne donner' aùcdne 
larme à^ion tféptey ihzis arWver avec ek 
tedanace Uêaoik^t^mne frend ii m io/i^ 
^ d pfiftiçge ^ igc où les liens qui lea^u- 
i&Seni;4:çecte. hieure ^tant rompus 9 nous 
pourrons tou;' la ^regarder du tn6mt oeil 
'(fxiM. Ma vengeance va plus loin^ el- 
fe^ immortelle^ Elle s'étend jufqu'à la 
pikm de celle'4ui'eft Pobiet de mes im« 
|ȎcatiQn& Fuhfent fe clefoendans juf* 
9^4^)^^^ dif/âionde & au^ de-là éprouvée 
t^ ce que je lui fouhaite à dle-'même! 

PocffvottS) Madame, il n'eft aucun 
genre de bonbei^ . que je ne demande ^ 
ciel de vbus ' Vzcco^ddt. S'il exaucé aies 
Voeux ) la perte que. vojjt avez faite ferai 
VttDik Kparée d'H place » que Votre Ibeut 
vient (ie Uiflef' i V03 côté3, ne tarderai pas 
d'itrè . rehipliê ^ar quelqu'un d'un autre 
fcxe^ qui^ ailra plus de confiance qu'dl& 
>vodsJl^i(^ drçs-tiumblei&cnt les mdinj^ 
ft vousf ^ie tle pardonner la liberté tp6 
H jfnfe^ au tète avec lequel je fuisl 

• i .. .: ' ■ ►• . - 



iSèlEKCEii 



ARTtCLE piXiEME,.,] 



1 * » 



Afolo^.ib de Lp0i»XIVi&4^ 

fon Confeil fur. la révocation dé 

rEdk de Nantes, ^otir fervir de 

'iréponfe à h Lettre 4m Patrit^f 

! : fur ' & t Tolérance civile des PrMfians 

; ^ FfM^c. A<^ec une DiiTertalîpQ 

' far la jonrnée dé la St. Barthdâ- 

- tnî.MDCCLVHI. grand 8. de 

' ^65 pages pour la rëponfe; ifS^ 

pages en petit caràâères , pour:||a 

. Dif&rcation , & une trentaine pçi^ 

: des Notes, un Âverciflèment & la 

Table des Chapitres. ■ • s 

ilLtOiK apprenons' àtVAverfiJJemem qtiî 
4^ .férl comine d'Ind-odùaion à cèwe 
^pf^ôsiê^ qu'elle vient de là même ^ûj 
jnê, qu'un certain Mémoire PoS^ko^Vf^- 
ïîûtte'. dont on a rendu cotiifte dans cette 
ïîiblîotîi^que (1) V & 'le Public attribue 
Wiitvfuhe voix ces deux produ6KonsV ^ 
flignes ruhe de Tautré, à M. l'Abbé ûk 

"'^' ■••'• ' ; Cavm- 

(i> Tomt Vin. P<ir/. I. Art. i. 






jAKQXa » Xevaier , Mars. 1766. 14^ 

Câveirac. Elles mériteront à fon nom .là 

Îloire d'être placé' entre ceifec/ctes yarillis 
i des Maimbaurg. On y retrouve leur ef- 
prit, leur coeur, fcqr droiture, ÇeoJcment 
le ton en eft plus vîf & le ftyle plus vché- 
•mentj fApologifte des perfé.utions & des 
maiTaaes aurait çiauvaife grâce d*étre 
froid. ^ 

' Çf qui a ^onné lieu 2 cet. ouvrage efl 
coopQ. On fait c^e depuis quelques an- 
nées y des perfonnes d'un rang 6c d'un mé« 
rite diftingué , travailloicnt à profiter du 
H^aradère bienfaSfant & humain de Louis 
XV,^ pour att^er quelques regards de 
, œmpâflioo , aux fujets rroteftans de ce 
Monarque. §ans fe flatter d'être aflcz heu- 
reux pour leur obtenir une pleine libertfc 
de ' confcience y on ofoit efpércr que le 
Rôij'nftruit de leur fituatian auroît pitié 
de fcvMrs peines. On fe perfuadoit que, 
quand ce Prince çénéreux vefroit fans 
nuage leur état, fon coeur fi clément & 
fi twdre en feroit touché . qu'il confenti- 
loii volontiers qu'on tempérât en leur' fa- 
veur la févérité des Edits qui les foilt çé« 
mir comme. citoyens, & que du moms 
il feroit facile de lui faire agréer , qu'on 
leur afllgnat des Tribunaux civils, devant 
lefquels ils puflént contraâer des maria- 
ges légitimes , fans être contraints de 
donner aucune atteinte à leur Religion. 
Mais à peine on commençoit d'efpc* 

. K 3 w» 



Ud 'iÈm&imi^m»0»èÊSKÊ^ 



I, 



fcr; qufe «f.lwi iSc ?toi»^ 
trcmi^ lé thoyûa de tr av^tié im ddlêla: t 
louable. Vn Éak m^^^^^ 
iaTphet-âcli douoçur dhitiet^léranGe |a^ 
temènt^ile^ pour ties teîUicârsde fii)# 
iidëlçs &^aBle^relXK «^ a^ fait naître w 
ciTam w brodit^es' ^iini^ifi^at œii£i£^ 
créés à^^ attifër lefeù it la perfëcutioa'^ ^ 
tel Àutetit iD^j^cûi: fe :R]oiil>9r »< çpik itabK 
le à l^liH: It xùompài^\^^] fù^ ^ £in5 



tèâeû» dta$ cette {Occafibox^ti j^ôfoe 
.A^tcî i3à âienTdbges^'poUr mdffs^Âdkmk 
des;ixinbiûens,&ide /ontiéf 4e' ^ci»;i^oo4à 
ztie li les, . humbles fufmllc^îtj^ quinl 
t)orto^t atâc pieds, du àose en Jèut-£|^ 
veur ^ àiettcàçht .r£tat> Sp l^^^^e^ fen 
«(jlangcr* ''■••■ /^^••' ' *^' 

U4i<alogiftç, 4ôii|t nojifô airoQfi I<)k|y 
iûus les jreux,, ne penibk pas ^^aboid'^^ 
déct)cer d'un titre li britlant* FmrJki dm* 
.wrtmàird^ muveauté^^^ p^u^r ià^itm 
rhJkJé dui^anà nàmbtfe , il avait eti^k'^B 
Jui dânner le titre de Pata4oxe,$. Kien 4d# 
jfitts opfbjl^, de Iqà zv^xkiê^^ofmou commu 
«rèy Mué dlàffhrer fue •ia réùocafkn àe P£0 
Je Hantes fût un aBe de Ji^gèJ^ trés-èéfiib' 
cbié'j ^uè cette résolution n^a fait tmt^ 
m commerte nijmxfinaucts\ pf^ia fûfti^ 
lation^ que leyfrmipe^ ^desCainfiniftes ^^i^ 
été en aucun tems f^ifVOitaHes^ ai4x mciuet^ 
çbkSj &c. (2). Oiice font ces pioradoxei 

X^) Averttffmm T^. 2* 3« 



fj'H .mcrepxeod ^ fautçaÎFs .<^ il faut a« 
¥oizer .qae comniie pour ieç faire pajffêr^^ 
il étoit de U prudèace de }té déguîTet 
fon^ un titre qui, en imwfat au' Vulgaire ,( 
Muteur pouroit difficilemçiit en chdifiç 
un qui y fût pjusi 9mr fl^^e cc^ui qu'il 
^jj^rè&ré. Afifé&è fff Uuh Xlvi ^ dçjm 
Cmfeilfur la J^évocation de VEdU^M Non* 
Mi ces ^qts feu)i ont que^ue ckofe* de 
fi«fand qu'on eç .eft ftapp^/ Un j apprend 
& que JUQuiîi^ ^I y, âyeç. fort. Cornai a^ 
yokntfeiânJl'jfmm fommne bcfoin d'apo* 
Iqgie pour JaJp¥<*çAtiojtt.4e l'Edit dcNan^ 
tes» &q\Cm,V^t 4e 7f ans ilsoiit enâi 
touvé .un ^psilogîfte; ç^pnil ^ioit n^jtir* 
id de prérmn^^ que pj^t .Apologifte eft , a% 
m de$ preixUei$.Hîni%es. d'Etat ipu un 

S^iciilierdontJf na^nt^ é^minenit & les 
ihiièrfss tranfc(^d?^ritdr, vont reiâdrè ie 
tàxioign^ge . ,4'un, po jds ' décifir au Juge- 
ment, .de tout J'UfJiyers ;. J$c c*eft appa* 
xttiuq^ par ççttê ,railbh que le uioâefte 
Ahbc. eft. ^ipeimé aOPnyiir^e. ; '' "^ "■. 
On. viût ici m Egfiyai^ qu^'j^gÇ ?Ç|Wt 
d'Un too ûip^ieur. Il parle dè^ finances 
du &oyau4?iç .gomme ^'il; s'en étoît occur 
péjtQttteJài Vie|. il, donqQfcs avis aûGoaîr 
fcil du Roi,fur.fe$;moyfeiis de JèSrea^d&r; 
il 5*étend ftir fe jp[iaqufa6lure$ copiime six 

cn.ayoit àcqiiis par Hét;at;\& bair yoc^^^^ 
une connoiflance fùre & approfondie ; il 
traite des moonoyes en homme qui. en 4 



•^ L 



1S^: BitfWTBEQtrE Dtt Sciences» 

bit une étu4e'particulièif&. Les Mémoites 
des Intepd^s Qompofés pouc l'ufage de M* 
le Duc de Bourgogne, ne fpnt àiesyeuxf 
que des Mémoires décriés^ des compila- 
tions mëpriOibles. ,, J'ai, dit-ii, contri- 
^ hué une fois fans le <2Toir à la groûeur 
,> d'un volume, qui fit la réputation d'im 
„ Intendant : je ne le confloifTois pas, î^eti 
^ éto^'s même éloigné de deux cent lieues, 
^^^iiutis ii avoit demandé . des édairciffe- 
^^\men5 à quelqu'un qui eut recours àmm^ 
^^ & ]e ftïs bivn furpris de trouver mon Mé^ 
„. mùixe nu>t ,à mot dans fon ouvrage: h«Q- 
^ reufement pour la cbofe j'y avais appqrr 
,, té quelque attention, Çc quand je û^ 
^^ éiî aurois mis aucune, le Magiftrat rk*é^ 
^,'auroic pas moins retiré toute la gloire 
.,, qu'il jen attendoit. C'eft aflez que r« 
^ , Meffieurs ( les Intendans des Provinces) 
^ mettent leur nom à un ouvrage » àlois 
„ oh n'eft jamais mieux traitéxjue quand 
„ on eft jupe fur l'étiquette. Auffi monlm 
„ tendant feroit-il parvenu aux prenjièrtfs 
\y places où la Fortune le conduiioit par jUa 
^, main^ û la Providence he l'eut arrêté 
„ par le bras. Cette manière decompofa 
;j un Livre ni* à tellement reJU dans i^ejprit^ 
„ que je me m^fie de Mémoires de la plu- 
^ part des Intendans comme Laocoon fe 
,, méfioit de<zrçcs^de leurs préfcns(3;'', 

• " ' . - » 

* 'X3) M* no, tu: 



}AMVtBR, E^SM> Maks. |76b. 153 

A ce langage, il faut Pl?oticf , perfbone 
ne^ devoit foupçoancr , oue ¥ Apologie de 
tmh XIV.' fut i'ourrage tf un petit Abbé » 
qui 5 traitant comme de raifon le moindre' 
Mendant du Royaome de Monfer^neur ,eft 
obligé par devoir tout autant que par pru-e 
dence à parler de ces refpcdables & puif- 
fans Magiftrats, fur un tout autre toh. 

D*on autre côté néanmoins on fentoit bieii- 
<)ué FAateur devoit tenir au Cknrgé par de» 
hem très * forts. U n'y a guère en France 
que des Eccléfiaftiqucs qui ofcnt'décrier le 
célèbre Préfident* Tbou comme uu Hîftow 
ficii dont la leâiire eft très . dangereufe , k 
xik)ins qu'on ne s'y pcMte zvtcméfiànceC^): 
Mœ d'ailleurs combien d'endroits oùl'Âu«< 
tflur a laiffé entrevoir fa profcffion! Qui 
pourroit s'y méprendre en voyant avec quel 
tète il tâchée dé perfuader, que U Clergé 
ie fronce contribue deux fois plus aux cboTm 
psde PEtat par fis dons que ceux de qui on 

afracbe des Jùhjtdes($) , les détails curieux, 

Jioique, comme il le dit^ fans être revêtus 
aucun caraSére autentique (fi) où il entre 
i cet égard (7), les calculs par Icfqueis il 
établit que dcpuis»i734.. jufqu'en 1758. in* 
dufivemeni le Clergé a donné au Roi cent 
cinquante deux millions deux cent mille U^ 

vres 

(4) ^rff^t fag. 10, II. 
"' es) ^Ax^ertijjhnent png. 3. 

(6) Apolog. pMg, 277. 

(7) Ib. fag. 209- ï8^. - • ^ ' - 

K S 



traits jyrîi fe pecpiet pour <)é^dre ce mÉk^ 
ma Ckigé comare i& Gw^mneiQei^ potiti^ 

ç**»/'- • •' * >, 

. Auiii -f#r ^ ^beixi{^ il jious af^^oû^ 

^ eue ie aëçtÛKm^ ^,.i^ îo(l^f^'^ 

,, aux eajvaiiv aïoiicoureitts^iQP^ 

jp a«trelc<âqBè,-pe.fli4*op^4tf^ _ 
^ ides accumaiis4aiisitttr|a96*oeQpin^ 
^ tioa<& de liofiice^ ^«v fMfi 4imâK nM^ 

« conclnaat |^ 4;alcûis.dhMit Aops wsini 
^ fodardl s^e » Mîoâirps di^.$^Ji^|B^ 
^ raiQ & de Ja li^ics, éèWfica les giaoBbog 
^ def£poiifeduÇ»itî9ii€:*7rj^//f^^ 

ggKde de^là wle^ Q^Hsigtout (kpmiiée ^cevff 

ÇanticvV, 7.>(îô>. , Ente 4e :^eN|if^( 
de Parii&eft dé^qé ea plus d!to^«p<^6ii^ç 
îfiçcn à 4(iç laiiSer aucun 4Qj»tiè fgr la um 
dreile partiale ctp Moteur ,( Xh) j^qpr jU|iit 

ee quiiptércfie4eC}erg^5^fiur-i»utieAe^ 
gé du\p?rti;10TOipant Sf 4'Apôtf«ie9C^:l^ 

4ie Dç^era pa; ta la^(e^ »t 

(8) /^. ^tf/. 279. 28a 
i9) AvertiJJ. pag/^. 

(lo) Afohg. pag^%^.^ 

(II) vpi. -rfMff. 6«v >!*.; ;: : ,: 



(kni qu'il mt fêk "V^ je |4sui«lie^^ 

^ la véritable çaufç de k révocation ik^ 

j^ks^ets. Sf'^Siil^GaJariiiift^fBériteQt 
^ d'état iQlérQ0P«r.lg natuie^dp ^uispria-, 
^ c^es. 4o- i S?i^ Ip mwMûlL « ecwidé? 
^fttim de iew $e6duî(e. i. '(^. Si la po4 
,)palation dMSavdQce feorî^^dp lai>(ait 
ly de h &ilîgtm4t 4^ l'j&»4 /.6?. :Si l'in« 
,1 toléaiH^: eft; Q^itrake ^ria r^ifon^ ^ 
i^t l'Iùmanitié^ à^ S^eliem ^à4a Politir 
j^i'qne. I9i Si Ass différeote^ S^^ Pio^ 

H & ne iei0fitr<>«s eeic^e.; ^ £(ii quQi 
,, 'sonfiite Piotolàraiicie du.<3oa9rfiiti«Qiiei)| 
^ EiaQçoi& . 9?. Si deus Re^igioDs .peu^ 
i, nent iutxfifterdaos un J&t«CjM^march^a«v 
n îoP. Si iarfieligioQ Ca^vmiftejlip miirojJE 
,f ^ à la Catholique ( 12) '*. 
' GlûftlHisiude ia matjbrç, &.pour la diÇ. 

otter camoExe ' il Ëaut, il/eroittoéceflkiit 
dfappcçter à cette difoiifflQG ^autant d'im? 
psilmifté^ deôuîdeur , <S; de -droiture» que 
àejagpoKDty tn^s notre ^^uiçui ne s'd( 
pa^embarra&ijde tant de càp^* N'a3»aat 
pus laplumeàuepoucooitcjrJes^Proteftans» 
afizrde peribader ajoxgens qui n'examinent 
rieQ,que;ceuKdeFrancen?ootqaetfop mé- 
rité tout ce qubn leur afait foMrir . iticie lu i 



t^ Bl0IjOfBE(2J(JB Di» SçmKXSg 

&Uo% fEie àc la bardiefle , m ton fer m^^i^ 
de la chaleur & cette véhémence de ttylt 
mii prête à ia déclamation une forte d'imé- 
têt ,& aux faufletésles plus iniignesdes coii* 
leurs éWooiffantcs,fous un verbiage impcK 
fam« Jamsûs peut*^tre on ne poiTéda mieux 
ces talens que T Apologifte les pofledc. Jth 
mais 00 ne croiroit au'U put fc trouver up 
homme capable de déguifer la vérité tm^ 
autant d'aflurance qu'il le fait. 

Nous n'avons garde de prétendre qu'op 
nous en croye fur notre parole: qu'on ^ 
coûte feulement le début de ce fougueux (fer 
damateur. Avant que d'entrer en matiè^ 
je. il remonte auxfiëdes^pàflës^ & pour 
prévenir les efprits fur les maux que la Rjé- 
forme à fait fdon lui à la France, ,» ^(èMi^ 
V, verains & Miniftres, (s'écrie t- il comme 
dans une efpèce .^'enthoufiafme (fi% 
n*eft pas à craindre, qu'on attribue à V^ 
prit de lumières ) „ Pontifes & Magiftr«St 
f 'Grands & Petits, venea apprendre ce 
î, que peut le funette prétexte de Reiigiofi, 
^' con^mplcz à toifir ce rpeâacle efl5rayaiit 
,, de meurtres & d'incendies, de fang 4c 
V, de carnage , d'affauts & de comhsKs; 
!, voye^ les Guifes poigriaidés , vos ayeuic 
„ égorgé^ nos Rois aiwiTmési après cela 

interrogea les mânes de vos pères, & 
' ils vous diront s'il faut admettre une^Re- 
,, tigioB qui entraîna tant demalheurs a^iec 
1 elle (13). Il parle enluite du Maflacrç 
^ \ .de 

(13) Jtfoloi. fag. 4« 



it fo St. Baithélémi, & en appsUMce z^ 
tcc horreur; mais ce-n'eft que pour dite^ 
qui! ne s'éteadit pas à beaucoup près auffi 
loin qu*an le prétend , que le Paptfme n'y 
ent aucune paxt^ & que les Huguenots eil 
foréfit la caufezuBi bien que UsViBimes^ 
ràe ce furent eux qui fouJevës contre 
uiARi.ES IX. abuferent de fa clémence , 
intimidèrent fa confiance, laflerent fa pa^ 
tience , & le forcèrent (paroles exéaables) 
â frendre cmfeil de la nécejjué ( 14). U 
ne s'en tient pas là. Raflemblant comme 
eft un tableau tout ce que la calomnie is 
plus noire a jiamais inventé ou exagéré i 
bt charge des Proteftans de France^epuig 
rkeureulè époque de la Réformation juf- 
^'au commencement duXVIK iiècle, jl 
préfente aufli hardin^ent ces anciennes 
calonmies comme des faits avérés , que & 
jstoais la fauffeté n'en eut été prouvée; 
oé bien il en noircit les motifs avec au0î 
^u de pudeur que ii Pbiftoiren'en avoit 
l^s mis ^innocence dans leplu^^and jour. 
K l'entendre on ne foupçonneroit ^a&, feu. 
%ment que jamais les Calviniftes âyent ré«- 
cfauHé contre ce qu'il leur impute , ou que 
jamais les Catholiques eux-mêm^ leur 
ayent rendu jufticefur les atrocités qu'jl leur 
prête.- 

Mais à quoi ne doiton pas s'attendre de 
If part d'un Ecrivain) qui s'oublie jufqu^ 

mit« 

(H) f^i* 5i 61 *<?• 



tft BfVL9mÊàixft»i)ii SentvdiBtev 



^ÊmiCefi^^oi&ziPè' pgnddç àt fes Roâf 
mkms^ëii*i}j^(mt3? Bdie qneftioiir On 
toàttàiiÈitiài m ett pas mdiBt 

IdiBrjiisitKëtit^tiQfflftéH^imi H. & Hiffiru 

1^ ift W trdfei l^ftewt de la façdr dt 

4^ stiit)l«^èââië^(^afi0fmdle & îndRiftt 
$pf«9 dè^te (Wf ieides , l'une en fouffiàpt 

S' iîiiniotir^ lêi Fi^tn^iar tet èfprit de tç 
^iM»^i>i^.éàfill>i^eiitk fioiidiahesl'^i 
^^ 'mdcB»; '110^ tribuëaux , de tHaxîmesi^r^- 
y^ piibll«3iimil centre lef^dlM notxd']'^^' 
\i^ .teftb&s i toUê-tÀ jours : Pàùtrepar fe^j 
i(;ntaQittes^ par^fts ei(l3tprifes,par fer 
%9^) <|Uifii^ tfj^tiblêr lé tr<Mte 
1. .«kit lUtii^^ & donnèrent bat 
(yoD fiuiatifh^^ t j() '*. Admirable tèj^ 
mi :Utt jbt^' âp[wemmcnt l'inj^lwc 
àkhéfàm tàtoit tel argument viâorkbs^ 
foiir^ft dîfealpér d'avoir flit fa déCeftUfe 
Apttlagk de li Révocation de PÉcftf de 
iiffUMs* Ceftsxlira-til,l^Aideur(feiaEi«ie 
éu9 Fmti&U -qui e^ caufe qu^ a pifïs k 
ftameriÈ fiaHoil lui lépoâdre;' il tàFi rf 








-..^.c*'?'^' 



jAin'istii Fàriâri»vUilf^ x^ fit 

M, )]E Caveulac ôccompigne ici Tes id* 
jures!' M Si mon ftyle pïn»t atnèr, je pio> 
^ tefte c(ae te âe] de li plume nepâSo mi 
,, jafc[il*àu cçeat. Jenehtispauit iesCa^ 
,^ viniftes, . > . ..«H^une CfaieticfU Us fiHÏe 
„ ma frçrdr, cotome Françoia . ils &at 
m' (lies çoacitofens, comme faomma Sa 
,, font mes ftmblables, mais je- ne puîi 
^' ll^s trahir pour eux la caufe qtw je <li- 
^ Rnds , & je l3 détendrais mal ; fi je 
n^.^'flimulois les maux que le CalTÏoUme 
„ ^ fait au Royaume { iO) "*. Toot cds 
ji'jÂ- ii p3s admitableinent aâbrti ? 

1^ Ennn l'Auteur entre en matiht. Sc- 
loq'lui Henri IV. excède par Ut fi^fir- 
«i** , trompa par fes Co?ijideHSj ebféié fat 
toMaitreJfe (17) eut la toiWdfe die doonac 
i'^it de Nantes , mais les Reformas en 
l^Çiflt^èiçnc d'une manière û énorme qa'ilWy 
cut.|)la4 iho:;^^ dçlesfoui&tr. „ HaaiBl 
„ cEUQut le ihzi trop tard pour le rëpàKi, 
„ î/?ms XlII. 4= fon Miniftre mdutuittt 
„..tHÇ tôt ppur J apporter le dernier re- 
j*'mtde>-- La, ^oire d'abattre ce dangéfeiiic 
^ ÎA^t^ ét^it. tâfervée i. la prâdence de 
M Xjofjls yXy..... la honte de l'avoir tè- 
M ^é Qe fera point imputée i fon fucceT- 

X. 

06) /"«e- 35. - 
y?) P»g- «7- 



W(â Kb&10ï»8QPB 9Si SciEBfC»! » • 

II; Il eft vrai que le^^ honnêtes gens dtf 

Royaume dépiorent les. fuites funefte$ de 

la revoçation de l' Èdit de Nantes. Notre 

* Abbé lui -même convient qu'elle' fe fie 

%ns le terni gue les Réformes montroieta 

• le moins d'indocilité ^ ( 19)- ^ Il . avoue que , 

,, quoique €nErancelesefî)nts,yioyentra* 

!■ reracnt àruniiTon , ils s^accoident affezà 

iaregarcl» comme une rcioluUon mât 

' Z réfléchie , fatajc aux forces de PEtat, 

1 aux Fi^^QSS, auîL Arts^^& con^me 

Z l'époque, de .la dépopulation , &o ^^ 

Mais; ajoute PApologifte, „tout celafe dit 

' fur la foi d'une tradition orale que nous 

!! rejetterions fi nous étions fagus, & que 

n nous adoptons parce que nms Jbmmes 

. Il àês fols , toujours frits a fajfer du m 

./ def mécontens (29). . . /^ , ^ 

Il n'y a pas d'apparence que les Jb.ran- 
cois s'empreffcnt à remercier M.rAbhc de 
2cs- douceurs. Il n'eft pas homme pour- 
\ tant à fe contenter de les dire, d prétend 
^ avoir en main des titres pour les juftifier; 
& ces titres les void. D'une part il fou- 
tient qu'il n'eft paS; forti du Royaume CtH^ 

Santé mille perfonnes à la révocation de 
idit de Nantes (21). Dé l'autre il Wfe- 
tend qu'à fuppofer qu'il en ferôjt fdrti deux 
cent mille ^ elles ifauroient auplusiexpoN 

(19) '*/• *3i« 
(ao} Ibid. pag. 75. 

^21) Pag^ 7*- 



êi en ^géttt que Wi«f m^ons^ & qB^eft-ce, 
^f.//, que cela poar la P>ance ^, Qui ea- 
,, Voye tous les ans en fabfides îles plus 
59 cruels ennemis ^2/a^r millms qu'on 
^, pourroic s'épargner en favorrfant la cul- 
^y ture du tabac dans la Louiiiaee, & 
^, pcrfonne ne s'en met en peine (02)?** 
Ce n'efk pas l'argent exporte par les K^- 
fogiés ea Allemagne qui y en a tant fait 
.circuler.- „ Les guerres de Louis XIV ont 
i^^ plus répandu d'or & d'argent dans ces 
\% ^^gtùHs de fer que vingt Edits révoca- 



'égayant) 

-^^' dévafté le pays d'Hannovre, & nous l'a- 
,, YOfis enrichi pour toujours; nos Louis 
,, y font plus communs que n'y étoient 
\y avant nous leurs pièces de quatre bon- 
^, gros 5 ou de douze fols & demi 

,^ &c. (23) '* ^ 

• Un autre moyen de preuves qu'em^ 
ploye i'ApoIogifte, paroîtra fans douce plus 
nouveau. Il dit que tinduftrie exp&rtée par 
les Réfugiés au fein des nations étrangè- 
res , n'a fait aucun tort au Koyaume. 
Voici fon raifonnement 5, Là ou il n*y 
^, a rien on ne peut rien perdre., & là ou 
,^ il y a peu, fouvent en perdant tout, on 

i> ne 

(22) Péig. 96. * 

TmeXUlPartL h 



1^4 Bïft.io*»%««' iJBW-^iawB»*»^ 

-' ekPlas -belles f^riques ne ta»foIent que 
?; de'fttbïmer enFtattfeé, &!?** ne pou- 
î! vdit tfcto «topértW chete^ fcs «vawx qa ils 
' VéUffent dëiï^uqo'iJs nepuffent atoir fans 
'; oela> • Audi cfo'y fetoiq»e-t.on vd^tas, 
de* chapebUx,ae'gresdra{fe, de petites 
- Sci-d«tGH«s>lô« les Francis ont 

-^' a^wis'à'èBxlafaferfcatldn. Dotfc larévo- 

?.' x& del»£(tit éé'Ntttttes n'a ca^ au- 

i" xônpt^tiaieé ft r* Nation («)". R^pon- 

3èi»'ce!à <ïu'i««'^»r6ï«tn1ent''M. t»S Ca- 

^itlAC a vdulû ibadSfleir,- & que notffèu- 

îettïént; des feWlqaes iflotttbreofes &' .fo»" 

^érables, mais sPvéb' en»! une .multitudç 

tfouvric»Vett<»*fôri4iëd'autf&i & qui 

en forittentr tous les jours' font foftis de 

France à-'ca fortent jowrtjellement j ren- 

-éo^fer-le i>ar' e«eaiple'«-ce^que dit PAu- 

feuf des* MééoiTfi di^ BranMourgfatlé- 

tat floriffant des manufaâures qtft lés Ré- 

f|S5,f établies- iSëm. -^^2'^^^^ 

4 tout. „La plamedt ce«' Autâir^ ^^f'r/, 

Vf w>fiï*À>^ <i /« .^i»gi*/.»'«fcir/.!'« , etobelht 

* tout & ne periûàdtf pcrfonne. Il a 

" beau ttansforiôer dtt Verte en cryftar, 

''dé Pfetife miroirs' en#andstrttBieaux, 

! éesÇalofis que nos la<pfiiisne voudroient 

' plrpoiter en doràw de Lyon & de Pa- 

,; ns.:. ces beUes defcriptions ne fedm- 



(24) Pag. 98. 

(25) Pâ£. $>S>*IC4 



Janvier , FeVxubk , Mars. tjOO. 1^3 

,^ fcntdue ïcsfûtf^ .. ôcïcs perfomes é-- 
), dairees fe forment une tout - autre i* 
.,, dée de ces maoufiaâures que nos Réfu* 
„ giës ont établies comme les Apôtres 
„ fiantoient ta foi (i6)^\ Voilà le lan-, 
gage de notre Abbé^ vailà fa logique^ 
voili l'homme! 

Au lieu dé huit à neuf pages qtfil vient, 
de donner à Partide; de l'iaduftrie , il en 
donne près de quarante i cdui du cm^' 
mérce , & toujo\irs dans le même goût qui' 
réellement totfche au ' coiniquè. Jamais 
le conntmerce tfiroit prorpéré en Fran- 
ce comme depuis le refiçe: Jamais tant 
de richeffes. „ Ni ^argent du Potofi,(ce 
, font Tes termes) m l'or du 'Pérou , ni 
, les diamans du Bréfil tfy fotit pas com* 
, parables. . Nous-faifeiiS, dit -il y pouï 
, ^atre cem quatre tnngt neuf miiÛons cinif 
, cent dix ô? «^«/ ^0^ cinq cent cinquante 
p butt livres fix fols d'affaires tous \ts ans 
5 avec l'étranger. Notre exportation eft 
, de Aeux cent foixanfe Q^ dix miÛions 
, quatre cent cinquante Q^ cinq mille 
, deux cent quarante deux livres dix fols. 
, L'importation eff de déunè cent dix ô* 
, neuf millions fiixOHte £^ ^atre mille 
trots cent quinze livris fêizef(9is\ Doné 
nôtre conimerce produit annuelle- 
ment im bcnéfice' dé cinquante ^ un 



„ mU' 



(«(5) Pag, 105. 

L a 



16^' BIBLIOTHEQUE^ rarSciKNCES,' 

y^tnilStm^ trois cent auafre vingt dix-mille. 
3^ neuf cent vingt gr JixJivres &? aaatre. 
3) fois. Donc le fu[>erfl9 de nos denrée» &. 
3^ de notre^ induftrie eft un capital d'an . 
,j wilSar^ vin^ ^fipt miiiions huit cent. 
„ dix- huit MtUe cim} cent trente quatre 
„ livres. Quel eft le peuple de l'Euroi>e 
^\ qui puifle fe vanter de polleder une mi- 
3, ne 11 abondante (27) ? " Nous ne con* 
tefterons point ces calculs « nous fommes 
hors d'état de le faire. L'Âpoiogifte dit 

2u'il es a drefle la balance fur celle de la 
>rtie & de Tentrée des marchandifes 
dans le Royaume depuis I7fi à 1755 in- 
clulivement , & il iaut croire qu'elle eft 
fidèle. A la vérité il échappe par-ci par-là. 
certains traits à PAuteur qui annonceroient 
que cette abondante mine a fouffert quel-, 
que obftruôion. Dans un endroit par 
exemple, où il donne reffor à un 2èle un 
peu amer contre Marfeille qui a empiété 
fur d'autres villes >qu'il protège & qui font 
déchues de leur ancienne fpTendeur, il fe- 
roit croire que la profpérité des unes eft 
capltalement contrebalancée par le dépé-. 
riifement des autres. Comme il eft Abbé ^ 
fon ftyle nourri de la leâure de l'Ecriture 
Sainte s'échauffe par des images qui font, 
d'une énergie merveilleufe. Un foletl de ju-. 
ftice jS'écxk^t'ilj ne s^élevera-t-n jamais fur, 

tant 

(27) Pag. 143 , 144. 



Janvier, F&vkisr, MaU. 17^ 165 

tant de vilks qui fouffrent ^Jfune préférence 
accordée à éf autres (2%j\ Peu après il par- 
le de la chute procbaine , & d'un malbeUt 
^néral çu't menace foutes les fabriques du 
Kdyaume (29^. Ailleurs il avoue qu'il ne 
s'eft pas étendu cùmfne il raaroit pu fur la 
imfêre des peuples de la campapte ^ fur 
Pimpqff^Hiti pb^ue cPy remédier , Jt une 
impofition arbih^ane ô* une être exadion 
êtent au cultivateur jujqu^à la Volonté de 
cultiver (307. Dans un autre endroit il 
pouffe ringénuîté jufqu'à dire, que dans ces 
fems malheureux la mifére eft peinte fur tou* 
tes les ptj/ionomies(2l)y & divcrfcs chofi?» 
fèmblables. Mais toutes ces ombres dif- 
paroiflent à Péclat des riantes peintures 
que M. DE Cavbirac Te plaità tracer aiU 
leurs de Taggrandiflement prodigieux de 
la France &^e Ta profpérité. $i les cam- 
pagnes Jbnt déferles (écrit- il, &cela en 
1758), les 'Villes fourmillent d'hommes (52). 
L'Angleterre, cette nouvelle Canaan de nos 
Frondeurs^ eft beaucoup moins peuplée que 
la France (33), qui au contraire l'eft da- 
Tantage que la Chine même à proportion 

de 

(2Ï) ?ag. 129. 130. 

(»9^ ^«r- m. Ï33. 

(30) Avertijfement ^ pag. 5. 

(31) j4polog. pag. 144. 
(31) Pag' ^^o. 

(J3) Pag. 255* 

l< 3 



i6<i BiBUoraipfQjErE Jtfs^SjCifiNçn, - 

dc.iajran(teir (34)- »* Jette? les yeux li» 

,", J^'mAce Tc'cft tcHijours lui qui garle a- 

^ vec Ton éloquehce ordinaire) vous ne 

,, direz plus quelle coniinerce fpuffre & 

^, .dèpéritfvpyez ces diamans^cettevaiiTcU 

,/ le ^ ces meubles , ces Jambris ^ ces é« 

79 ^quipages , ^ui brillent de toutes faxts« 

,, l>éja ils odt paiTé de la Capitale dans les 

„ Provinces, des Vilic3,4ans les campa- 

f^ gnes (l^IB., dan^ lés campagnes défertes 

^y & où bnlne voit cpé mifere ), des hô- 

,, .^têls dans les maifons bourgeoifes^ il ne 

3, leur, relie plus qu'à fe gliiler de L'artifte 

„ chez fturtuan'(3jr);". L'Auteur bub|ie 

qu'il a dit plus haut^ Vurtifan de Furis a 

jbn trumeau^ fa pendule Ç^ fa, fictif ode (sj6)m 

fA. l'Abbé elt un tioi^me qui reiijarque 

tout, qui fait tout, .,,^^armi cètjte por- 

^, tion du fexe •\#-i/«j que .le libertinage 

^, entretient clpnfI'ai£aLiice,&;daas l'giAve** 

,, té, beaucoup .^ ypuarqient pas dans 

^y leurs Anti-çhaoib^^ dfis jne^bies dont 

.„ nos grands - m^riss . au£oient paré leurs 

„ Cabinets; & pliiiieiwS'^pèuvent dire ma 

^ vaifpelle plaiie ^ mes gens (31). Que clj- 

„ roit Anne d'Autriche, c6ntinue-t- il, ii 

,, elle voyoit à une demoifelie des chœurs 

„ ou des ballets, des brafleiets , des giran^ 

^$ aples, 

(34) P^g' 2s6, Ôtc. 

(35) Pag. 558. 

(36) Pa£, io8, 

(37; P^£* XQ7. 



g, Jo^t desajig^tas » ^^sraba^os^ une 
^ fuiune» uaJbpiu]uet, .un çoiiier,.ui^ 
,y efclivage, uoe riviène de di^Mnans^. di^ 

^, le à qui JLoi^is.îCIIId^s fa magnifiqea- 
„ -^e jfte- dpDiu Jq^eî40uze, ferreud'aiguil^ 
^ iâte&.çorlchis.4eT{}e(A^s4iamaQfiqu;i{:>ar 
,y duioieiit fort à.ljàiT.ziie ^tutpujc dp jpp, 
,, cdrfçt le joqr jq^esBoukioghani. fempjj^ 
„ des perles d^? AerLouvxe ^aî;?. Ceç' 
,, malheiueuK enfans* du ' luxe naiif^c 
„ ajui£ de rabof}daj:u:e.i ..Le commerce 
„ pu vicies mi«çç / riiviuftrie les exploi,, 
„!te, la volupté I^ taâne,.lavaQitè Ie$ 
„ épuife ,. ,1a cir(;ul;atipxï hQ$ reapuvQlle, 
,, les mœurs feulesl s'en vont & ne rev^en^ 
^iiiciit plus 'V ft/^^is dctOMt ceU :qup 
s'enfiiitiil? Cc) qui. s'enfuit;. c!eft que l%r 
i^t n^ajOMUçiPÇBt ^épcri par le re£uge. Si 
que tant que cçs chb.fes f^biIlt|eront;^«f 
cif degméJtmin^nt^ d^a^çndance ,^ de folie, en 
tout gewte , comme parle M. l'AJbbé, „oq[ 
^, pouri^ toujovr^ ^ffuirer qu'on peu^ f(^ 
,r p^ji^r d^ nouveaux hôtes &;ÇraindrQ 
D isaeaiôctement Ig retr^ûtç des âncien^^ 
I, C|e& parce- qu'Qiir.nç fait pas ces réfle: 
f, xiOQs, qu'on répand dans Te Public des 
j) Ecrits dont la chimère eft la baze^ dont 
51 la furprife eft le but, ^ dont le difcrcT 
t) dit fera ^a fin' <4P). 

Ccft 

(3S) P^jr. io4* 

-.(39) P^g. 558. 

C40) P/»^. 55S>. 



i 168 B1BL10THEQ.US DS8 Sciences , 

' C'cft avec la môme facilité que M. Dii 
Caveirâc continuant fa carrière , achève 
de confoler les gens qui dans leur ignoraa<^ 
ce regrettent la fortie des Calviniftes du 
îiècle dernier) & s'intërefTent à confervef 
à la France ceux cjui y font encore. Pour 
cela il tache de faire voir, que ni comme 
Jolàats^m en qualité de contribuables ils ne 
méritent que très -peu bu point d'atten- 
tion. 

III. Tout de fuite, & avec le même 
air d'aifançe il prétend établir, que cesCat 
viniftes ont des principes qui les excluent 
de tant d'égards, principes y2(^(?J au Sou- 
verain , incomfatibks avec le repos d'une 
Société catholique, /tf»f/Zfj à la Catholicité - 
& au Chriftianifme (41). On le trouvera 
là-deffus aufli jufte dans les raifonnemens 
que véridique dans les faits. 

IV. Un autre peut-être fe feroît trouvé 
crobarraifé de repondre a Pobjeâîon que 
les Calviniftes de France tirent des témoi- 

S nages avantageux que leurs Rois ont en 
ifTérens ttms rendu fi (blemnellement i 
leur conduite, à Içur JSdélité & à leurs 
bons fervices; Tnaiè notre Abbé ne Peft point 
du tout. Premièrement il |)rétend en dépit 
de toutes ces déclarations, que les Calvi<( 
piftçsont toujours été des fujets infidèles ^ 
qui fe font très^mal conduits, & il brode en 
guife de Romans diverfes bifioriettes pour 

le 



(4O Pag^ ij^M^Sf 



V 



Janvibr, Fevrîu, Mars, ijifo/iéf- 

le perfuader. Enfuite , facrifiant la parole 

& la droiture des Monarques au defir qu'il 

a de noircir les Proteftans fes concitoyens, 

il donne très -clairement à entendre, que 

routes ces déclarations honorables à leur 

fidélité , tant qu'on le voudra , n\nic été 

que dos rufes de politique fagement em* 

ployées pour les endormir dans hi fécnri- 

té y afin de les perdre. Qu'on life & qu'on 

juge; voici les propres paroles de M. de 

Caveirac. „ Quand vous avez , iff - // 

en s'adrefTant à l'Auteur de la Lettre 

d'un Patriote , „ rapporté avec tant de^ 

„ confiznct ces témoignages autbentiaues&^ 

,> ref^Sabks^ ces propres paroles ae Louis 

,j ÀiP^, vous croyez peut-être de bonne 

,, foi , Monlleur, qu'il lef oit impoflible de 

,, les affoiblir; en! nie faviez-vous pas 

„ qu'il n'eft rien de ii beau qu'un préam- 

„ bule de déclaration, que ks lettres é- 

,1 crites par les Souverains à leurs fembla^ 

,, blés, font toujours diélées par l'intérêt. 

„ du moment & delàvouées par celui qui' 

„ fuit; que la main qui les trace écrit 

5, (]uelque fois le contraire dans un même 

,« inftant » & c'eft pour cela qu'on a ft 

„ bien défini la Politique, l'Art de trôm<»' 

„ per ks hommes plutôt que de les gou- 

„ verner, Ars non tant regendi quamfalltn* 

„ a bQmines (42) "? Il ne fe pôut rien de^ 

plus clair que cette réponfe* Les bon- 

{j^%) Pag. 224. *' . . • v.à 



aîteSrrWïW rf?WP^bî«a Pappr^cicr fans 

y. Mais Pjù notre Abbé étale encore 
mieux fa fcience c'eft fur ^article dé Ja 
iûpulâtiçrt. pa a prétei;tdu que, ii icsPro<» 
teftans.avpienls ^ iibertc de te marier en 
FriHK:e, & d'y vjyre & mourir uaiiquillcs 
claqs la foi » feion ics lumières de leur cpo- 
ffiicnee,, le Roy^une feroit fjns o mpa- 
rgifon plus p^plé qu'il ne l'ed. A cela il 
(^PQfe le lait , ^|i$Cr trouve que JesPxpteftans 
de plgs ^\x de iinoins fur dix - neuf rnil- 
lîQns "4'habiHns,.u^u il .fuppofe en France, 
ne font pas m^ objet (43 J. Mais ii n'en 
d^m^ure jpa^ : là. ; Ii prQpofe à TËtat dix 
laeo^ffsvdj'asigfp^ef J^ population fans le' 
U^ff.?i^^Q^^y'ifVft^- Ces moj^e^ fpnt^ 
\%..mà^'un de-la tt^lîgm . la brièveté jie la 

tuent des 'mfjèraiiês ^^ la diminution des im* 
fûTs , la t^/Ue réelle , ï^ne meilleure aàmni* 
Jhration dans- les prpvi^es ^ ia fffpprejjum' de 
i0. ^belie & l'ptffçUflfindes, cpryées (44.J ' Cent 
d0j^2e pageç foqt (açrifiéçs à o^e àiSpxit- 
fion. Nous-np u^qttfons pas «qu'i^lr né -^'jr 
trouve de$ vuçs ^ utiles & * des , QaB^ei& 
qj|i:fef oient hpnnçifr à ^ bon çitoyqo^« 
mai* nous: doi^^c^j-enoore s'il ^qi refaite 
cette coaféwêJGice , A»&« it felîolt ié^^çx 
]£dit de Nantes; [ ^^^ 

^ (43^ Ptff- 255- 
(44) i'-'/. a46-SS8. 



Jogie que TA. DE CAVCT^yç lîiit de cct/^ 
révocation 5 fe réuai^igpt d^ui^up çiéibe^ 
QbicL VA^tpiT s*y appeCa^jiïit. Air^U gucf^ 
tioû de /a Tp^i^ince &.tû^ /ceiqui a ^^ 
dit de plus coiomun, & fi&^Ius i^auvâ^s 
fur la matière, il, fei'gpjvopuc éflys faç(?f^ 
S'il faut l'en çjroke , „ il ,eft ^piu^ i^^aot 
,, au fond du cœur que tops ç^ux à fvu 
„ le mot d'jntolcranffe|dpiu?c.d€s.fynco-'' 
V Pes (45);-. Qu'pnne,l<5 prgB^e p^ pb^r; 
,, un précjtteur.de apifade, Ilrp'^^^di^» 
„ n'approuve, ne cpnièijyie rd^Intolérançtt 
„ que celle,, qui, pe fcperm^îwt si vio- 
„ lence ni pejffécmiion , Jim^ fes effi^ 
,^ au i»4ii5iôn M^JSdttfiLde la ;fcii^igioa, 
y, qu'il proMe, i^JoMit l^iodu^ig^. 
„ de toutç AWVpitWié: f», &it ,de. qj!-,' 
„te(46)".. . 

VII. Du Xiçftie il cft.perfuî^dé qije ceti^, 
Intolérance dvile^^ mmr^Uk^ ^'pft q^n*. 
traire.ni àta/raifon, ni i l'huiafi^Ué, ni 
à la poUtiffrte, ni à la Religion (47;. II. 
recneille .pour Je , prouver ^tpiH ce qnci'^îi** 
ftoire fournit )d'wempjç de Fçtfécutçurs ^* 
de Pcrfécutionsw' Nj*&uçhodQnorQr,,Am;ioK 
chus Epiphanè^, .Numa , . Tibère , W 
Egyptien$5 i€3Gaiildiç^lç«Jap0ttois,twt 
eâ mis fous cQ^ibiition. pour xoavaiDcrç. 

(45) Pagi 229. 
Uô) /^«^. 357. 
(47) Pa£. 35a . . 



tl2 Bl ATOTBBQUX ùtS SéiBNCfiS , . 

les i^oraos, que llntolérance eit une qua«. 
Ikë mhérante au genre • humain. 
' VIII Le déclamateuï vient enfuite aux 
Seâes Prateftaotes, Se prétend qu'elles ont 
toujours été intolérantes quand elDes en ont 
eu la fwce, & qu'elles te font encore (49). 
Nous voudriops de tout notre coeur qu'en 
ce point comme en tant d'autres il eût 
conftamment épargné la rérité ; mais il 
faut lui pafTer le piaiiir de la conBifioa- 
qu'il nous caufe en nous rappellant quel* 
ques excès contraires à nos principes^- il 
pèche fi rarement dans ce^oût. 

IX. Le plus curieux eft de l'entendre dif- 
ferter fur le caraélère de l'Intolérance civi» 
le du gouve^ement de France. On n'yper- 
fêcute point pour caufe de Religion ; non , 
Ton n'y perfécute point, cela eftférieux. 
Mais apparemment qu'il eft bien permis- 
de punir ceux qui en voulant porter at« 
teinte au culte de la Religion fe montrent des 
perturbateurs du repos public. Et que leur 
lait - on ? Si on ne j>eut fe faifir èeux^ on 
les met en fuite. Si on les arrête on les fait 
mourir^ c^efl le Droit des gens (^g)^ & cela 
s'appelle de la tolérance dans lé Diâioo* 
naire de notre charitable Abbé. 

Antre réflexion. ^, Depuis la révocation 
„ de r£dit de Nantes tous Jes fujets du 
y^ Roi font Catholiqnes 4e droit..... A 

„ rcxccp- 

(48) A^*?. 4T7. 

(49) P^£' 3^7. 



Jakvier, Fëviubr, Maes. 176a ijy 

,; l'exception de ces derniers tems, les CaI-> 
,^ vinîftesfe font toujours mariés àrEdife, 
„ ils y ont fait baptifer leurs enfans. Donc 
,, il font cenfés Catholiques; donc iUfonf 
.^ de vrais Apoftats de dn>it. " Si après cela 
ils ofent fe déclarer Réformés, il eft tout fim* 




„ mourir dans cette Relif^ion prétendue Rë-^ 



,, biens s'il meurt (50). C'eft ainfi que 
raifonne M. de Cavbirâc. Telle eft la 
nature de la tolérance qu'il fait gloire d'ad-» 
opter. Préferve le Ciel tout homme de 
bien de fe voir l'objet de pareilles douceurs ! 
IX. Il faut pourtant rendre jufticeà notre 
Auteur- Penfant comme il fait fur les prin* 
cipes du Calvinifme, & ayant comme 
Catholique les principes qu'il avoue, il n'é«> 
toit guère poflible qu'il jugeât les deux Re- 
ligions compatibles dans un Etat Monarchie 
que. Quoique ce fujet ne foit de nature 
ni à amufer ni à faire rire, on a peine, à 
s'en empêcher en lifant les defaiptions que 
TApologifte Biit de ce qui pourroit arriver^ 
fi on laiifoit vivre en libôté de confcien- 
ce des Papiftes & des Huguenots. Vous di- . 
riez qu'au bout de quatre jours tout ^roit . 

en 

(SO) pag. 459. 



I 
I 



èd cômbuftton , ft-que rien au- monde ne 
ppoîToit y mettre obftafclci Apparemment 
que M. Dfi Caveirac , qui n'a dans Pef-^ 
prit de^ reflburçes que pour lea matières? de 
Finance & deCopimerce^ n'a jamaiis voyagé 
en Alfacc ni îejojùrnë à Strasbourg , ou peut-: 
êitrç entrevoit* il* daiï» les élèves de Luth» , 
des inclinations^ pfus^pliantes^ Aplus de 
penchaift à hCwîniffion au joug de Kome 
qijçljclarfs4e$.feifcip'.es de Calvin. 
: X On eft*tçnté de le croire quand on lit 
ceqtfil: ajouta ûjr les funeflês eôèts que le 
rctithliffeme'nt du Cal vftiifmc pourroit pro- 
duire en Frantîe. Il pourroit,dit*il\,infpirer 
aux CathoHOues^ l'efynt ff indépendance > le 
relâcbemfnt dans le culte fyf dam les mœurs ^ 
& même le Detfme. Le mcqren de fouffrir 
itne- pareiHe Religion ^ wne Hefighn pfcttét 
fHmïa deftruêiion dàCbrifianifirte\ une Religion 
qmronrùf tout ce qui gine m qui affifitlit tout 



AîT/Ve, une Religion qai s*eniparant des cœurs 
cbavgeroit les mœurs , ^ fer oit inné nation 
folie un peuple féroce (51). Que dira-t-on 
dans le Moaoétougî , ôu[en Mingrelte, à 
Xtngut'ou à Kamtfchatkl. (car il eft im- 
pofflble qu'un Bccléfiafiique^ qui n'ell: pas 
fâché d'être connu^, aît écrit ceci pour TEu- 
rope), quedira-t-on, fi jamais l'Apologie 

de 
(51) pa£' 509. 553. 



JàNViBt) FHVRU& « Mais. Tjfâo. 17$ 

it l'Ëdk de Nantes 7 parvient, qûnd oii 

faura , que dans tous les Btats Proteftans 
k porte cft ouverte à Timpieté, au crime, 
& à la fédition & qu'on ne peut pas s'i 
fier âlaparole m au Jerment iun Cahitàfie 
trop zélé (^2)? Y aura - 1 - il ame Vivante 
qui ne crie avec notre Abbé, Crifcifie^ cru^ 
cifiel Quiconque d'enfre les Barbares aiua 
un peu de douceur, ne dira-*t-il pas comme 
k\lJe difapprouve les exécutions rrgûureujès^ 
mis je rfen apj>rowve pas da'Vanfafie le liln'f 
exercice du Cakjtnifme ,• cette R bgion entrais 
neroit avec ell^ des maux mile fois plusfu* 
nejks à F humanité^ çue refit des ioix let 
flusfévéres (j-j^, c'eft-à-direjque lesgalè» 
res , le gibet, S: la roue. 

Eftil pofTible que dans un fîècle aufli é- 
clairé que le nôtre, un Chrétieûf, un Ecclé- 
fiaftique , un Con vertîfleur qui affeâe quel-» 
qoe&'fois de la modération & delà charité , 
oublie la juftice jufqu'à fe peftncCtre & de 
pareilles calomnies & un lai^aj^ R crud ! 
Qu'on ne s'étonne pas que nôùi'pâf lions de 
la fortel II nfous leroit aifé de^rollîr cet 
Extrait dé- plufieurs preuves accumulée» 
deladurdé'* ambre avec laqpelîerApolo- 
giilè infulte aux Proteftàns &^ aux Réfu« 
giés de France en même tem$ qu*il les 
noircit. Voyez par e^templê ^ctament il 
parle de ceux fur qui la' tcmf^étè fohdk 

ira- 

(sa) />/f^. 497. 

(53)/>«r. 547- 



17<^ JBlBLlOTHBqUB DES SciSNCBS|\ 

inamédiatc^ment lors de la Révocation At 
ïEdit. „ Soit , dit-il y que l'heure marquée 
^, pour le changement de leur cœur iût 
^, venue, foit qu'ils fuflènt raffaflés de cè- 
), nés, de prêches ^& dePfeaumes gatuloisi 
yy il n'y eut que de légères fermentations , 
), des foupirs étouffés, des murmures par- 
,, donnables, & tout au plus quelques im« 
,, précations, lleft vrai qu'ils étoiçntcon- 
5, tenus par dés dragons, qui n'en ufoient 
,^ pas toujours bien avec leurs hôtes, mais 
,, qui n^ont jamais ni volé, ni tué, ni 
„ violé " (54). On ne fauroic conteftct 
le fait, c'eft laMartiniêre^VLwOÀ bon Catho- 
lique -Romain que Mr. DE Caveirac^ 
quil'attefte (55). 

. Dans un autre endroit notre Abbé joint 
la profanation à la dérifion pour fe rendre 
plus piquant. Ceit celui ou il déciit l'af- 
iieufe détreffe où. fe trouvèrent tant de 
perfonnes ,, de l'autre fexe en fuyant la per- 
3, fécutions. Les filles, dit- il, fe déguifoien( 
,, en fervantes, les femmes en nourrices, 
^, toutes rifquoient avec courage leur pu- 
„ deur, & craignoient moins la brutalité 
i, des guides que la rencontre des gardes. 
,, Ces filles de Sion plus occupées du foin 
„ de fe déguifer que du deilr de plaire, 
9, fâchant d'ailleurs fans doute que la belle 
„ époufe du Cantique étoit noire , brunis^ 

/oient 
. (54) M' 231- «3». 

{55) Hift' ^i ^ffi^ XIV. fêr U Hodi. 



* . ■ 

jAnnEtL^ Février, Mars. 17^. 177 

Jimt kur tant éup^c desfucs d^ herbes £5* H'- 
dcient leur peau far des pommades (j6), étran* 
ge extrémité ppur ua fexe naturellement 
attaché à fa fi^re I Cj7> 

CfeU avec iii même indécence quMl in« 
fuite aux Réfugiés & aux Etats où la divine 
Proviience a ouveit un a^yle à la Libaté 
& à la Religion çerfécutées. „ Laiffons 
3,>donc« s'écrie-t-il , laiffons les Religion* 
sy naires transfuges , là où leur indocilité 
)5 les a conduit, pu une fauife honte le» 
y, retient^ où une haine injufte lesdevorç. 
,) Us reviendroient il on leur applaniiîbifr 
5, toutes lies voyes du retour ; oa troqu& 
„ fans r^rct des frimats & des glaces coor- 
«, treun climat tempéré , des fables con-^ 
I, tre une terré fertile, des brouillards conl 
,, tre un ciel ferein , des marais $ourbeux 
jY contre des campagnes riantes. Puiifent^ 
I, ils habiter pour toujours en punition de 
„ leur légèreté ces régions! . ,. 

„ Pigris ubi nuUa campis 
„ Arbor aftivarecreatur aura: 
,, Quod latus mundi nebula mâlufqu^ . 
„ Jupiter urget.^QVJcdJ^X Od.22» 

« 

,^ £h! que nous apporteroient*i!s?. un. 

,, efprit républicain , des erreurs Socinienr« 

(Stf ) Ce font \ peu près let paroles de BenoU 
Hift. de rEdit dé Nantes, Uv. XXIX. p^g. 953. 
(S7) Afoh^. pag. 80. . 

Tome XIU. Part, l U 



il- 

49 



,y nés, âe$.recmes pour nos frondeuxs, des 
,^ ôcoliçrs Poarino5i,déïftQ&»(j8i, 
', Q».eft,KiO$ .dautQ: indigap ài de pareils 
traits , & qui ne kr ,{étQAl Cepopdmt il. 
faut encore. le dire k^ M..D.E Caveiicac efl: 
lOUt.âutUi.peu. xmôaà i^^di il.pariedioin- 
i]ciémeat des Souverain» :&idesNfttÎQÉsilud 
quand il déchire Jâsj>articuiie^4 
r.Vpicilepordrftîbqtt'iJfaitdela Qrandc- 
firetâgtifii ) vJâttext Iqs^yieuKfun cette. na* 
tioni fi. fiére^ quii feglopfiakautrefois a,*. 
vec.raifon.de fa^piobité; depuisiqulelie 
a abandonné: la^KisIigioh> de fe&: Péris ,. 
^ eUe a corrompu tot^^ fa* t^oye^ il n'y ^ 
^. point d'excèV. auquel elle ne Xei foit Ji- 
,, -vrce;. aveuglée pàTv^fes propres Jumières^ 
,^ elbia^e de fa. liberté,. eUà a £aitid'un.&oi 
^ aud & débauché Ua Pontife^ d'ane.bà- 
,y tarde un. Souyieraii|y:'d!une:fenunA un 
^ Patriarche». diunPmemeqt unjCûmiile. 
3, Elle a tranché iau^teà^ui^RoHiàiicik a. 
^, fait périr un Roi fur un échafaut; elle a 
,9 reçu la loi d'an\bomine faittpôu^tui^p- 
béïri elle achajQâ fon Mc^arque, Çpe 
a profcrit une race &o]^let elte 1» dDu- 
ronné un UfurpaDeur. . liTae faiipeRe;)!- 
T, R^o^ plantée dans un terrein arroïc du 
^ fans : des Martyrs,,^, devait pioduitè né- 
,,' ceifairementide p^ejls.fmitsi H eii.ref- 
^dtoit.un feul à mdrir, ces inlulaires le 

'* 3j rc- 



5» 






(58) f»i. 3S.S- 



V 



i' i • * ^ % .-' • i r . 



Janvier, Février, Mars. 1760. 179, 

r, recueillent, c*cft le méprfa des Na- 
„ tiens (59). 

LesSouverains des Provinces- Unies font 
vivement attaqués par l'Apôlogifté; digne 
cppiffc dcquelqufôEcrivains fatyriqqcs,fur 
lèuf prétendue Intolérance envers plus d!u- 
ne fede, dans les tems paflesi Mai» au*. 
]ouftfhni?lui dit-ott. Aujourtfhuî, réplique. 
Ml: xp; ,, Les BoilindDisne ûnk pas tolé^ 
„ rans, imis îndiffiSreiif. 2^ La^Philofo-; 
„ phiene les^ a pas éclairés, la cupidité au 
„ contraire a obfcurci. lèurs^ lumières 3PI 
„ Leur couduite paffée eft une- fuite nébefc 
„ faire de leur intniiîre d'être &da croire^ 
„ Une- Seâc: intérieurjjmèfit' c<*ivttlntuù 
„ qu^elle-rf^ pas droit de pré tendre 4^1a vraie 
„ Religion , fe laffe bien-tôt d'^eosclure les 
„ autrea^ 40; L'indîffôreoce, à laquelle la 
„ croyance deâHollandc^is les a cc^i^its 
,^ par- (fegrës; eft-^cfe"- que nous devons If 

„ plus ciaindre du voifinagcf du Gai vinifi* 
„ me (60), 

Uii Prince que M; ns-C^VEmAc traite 
avtiG'Meq! moins "de ménag^eôt, c*éft le 
Rigide 'Pftiâè^ On en a vu plus haut un 
échtotîJted , k l'otdafiofr d^Mémokes: de 



cort- 

(59) pâg. 361, 362. 

(60) pag, 447. 

(60/>*jf.84,lôs.. 

Hz 






i8a Bibliothèque bbs Sciences, 

contre ce grand Roi, témoin ce trait delà, 
pag. 297. M Je vois Prendre tous les jours 
,, de Tàdivité pour de la valeur; j aime- 
^, roi^ autant ^u'on me dit que le cheval 
,9 Anglois ^ui fervit fi bien le RoidePrufTe 
^ à la bataille deMolwitz étoit brave &c.'* 
témoin les longs détails où il entre fur l'Al- 
liance des Cours de Vienne & de VerfaiU 
]es contre lui, fur la néc^té de Jeredui-^ 
re pour abattre d'un feul coup toutes les 
PuiiTances Proteftantes del'AUemagiip; fur 
rimprudence qu'il a eu ,, d'attirer les 
^j Ruffes dans fon pays que les féuls che-. 
y, vaux de leurs Cofaques devoreroient , ". 
éc toute la tirade qu'il termine en s'écriant: 
,, Lorfqu'il en a coûté des monts d'or Se 
3^ deux cent mille homoâes à la France 
39 pour procurer laSiléfie au Roi dePruÂe^ 
„ nous avons tellement paifé le but qu'il 
,, nous en coûtera peut-être un jour autant 
,9 pour l^bbliger à la rendre &nous nepaye- 
3, rons pas trop cher cet avantage (62)» 

Que fait tout cda à la Révocation de 
TEdit de Nantes? (>iel autre efprit qu'un 
efprit d'intolérance qc de haine a pu enga- 
ger M. DE Caveirac i' éclater avec tant 
d'audace contre les Nations & Its Puiflan- 
ces Proteftantes ! Et aux éclats ménse de 
cette impuiifante haine qui pourra s*ein* 
pêcher de conclurre qu'un Auteur auŒ par- 

çial» 
H%) t^i* 298, 302, 307, &c. . 



•^ A. .A 



JiirviBR» F£VR!St, Mam. ^f6o. otBt 

ttal,& aufli violent ne mérite pas lambior 
dre créance? 

En vain prétend, il s'excufcr par rapport 
à. certains détails en difaotde quelques au- 
tres écrivains „ ceux qui m'ont précédé 
^, ont. ils le privilège ei^clufif de publier de^ 
SI Romans politiques ? Et ne puis -je pas 
5, bazarder mes rêveries quand tant d'autres 
8, voudroient faire adopter les leurs (63)?'* 
On foufaira plutôt à ce qu'il avoue fi ingé- 
nunieftt ailleurs,^ qu'w» mouvement 4e zèle le 
dérobe quelque fois à lui-même (64), c'eft- 
à-dire, pour parler clair, que dansl'enthou- 
iiaftne qui PéchauFe contre la Reformations 
il lui échappe des chofes que de fon aveu 
il auroit bien de la peine à juftifier. 

C'eft*ce que nous noqs difpofions à faire 
toucher au doigt, par la difcûflion calme & 
abrégée de divers faits où M. de Cavei- 
^c a fubftitué ou mêlé le faux au vrai 
2vec un alTurançe inouïe. Mais nous avons 
déjà paffé les bornes d'un extrait. Nous 
renvoyons donc cette difcuŒon au triniief- 
trc prochain. L'hiftorien y paroîtra tout 
aalli fidèle» que le déclamateur vient de 
paroître exaû , le citoyen humain , le Cfaré» 
tien charitable, & PAbbé décent. 



(63) t^g. 263. 
^^) />«/. 357- 



M 3 ARTI. 



/ 



ARTICLE ONZIEME. 

RedenVoering ter fJegtîge inwyinge 
van bet Kunji en Kfwekfcbool^ vol- 
ggns de' îaafie mlk van wylen de 
Hoog ' fFelgeboarne Vrmwe Maria 
DoYST VAN VooRHouT, Vry- 
vrouwe van Renswoupë &c. &c. 
binnen de Stad Dëlft gejljgt : voU 
gens bet b^wt van deszeifs JVelr 
Edek Heeren Be/iUrderenyin bet^open* 
baar gebmâen in de groefere Gehoor* 
zale âezer Sticbting op den ii. van 
Wtnîermaand 1759. door. Johannes 
VAN DER Waix, 4- Z». M. Pbilûf. 
DoStor^ Leàor in de Wis^NaUêur- tu 
Sterrekunde m eerjle InftruShfr op dc^ 
ze Scboele» 

Discours prononcé le Jour de i'inaa* 
guracion folemnelle de i^Ecole établie 
à Delft pour Tavancemenc des 
Arc$,en çonfé^uence de la derniè- 
re 



te Vorontéae'bàftlft Marie 'Enririt 
nu VooR'ttcwrT ^Douàirtèfe de 'RfeNi- 
wovû£ &c. &c. par J. vam oer 
Wjku^:* a. L. m. ÙoEltur 4n 'Bbih- 
fopbk^ Lefletin -en . Matbémafiquûf en 
Hiftme Naturelle ^ Êf en Jijlrotmiie ^ 
& premier Tr'écfpteur de cette Ecoles 
Imprimé au d^ipens de ce nou^/^el 
EtablifTemenc ii Ùelfty chez E.van 
der Stnout if6o. in 4* pp. 68* 

s 

I 

TOus ceax'des hobicans de ces Provini- 
ces qui'P^eniieilt quelque intéi-êt à 
favancement'des SeienCes & des Arts paiv 
mi nous, ont vu «vtc une ^fatisbâion tàns 
^gale les iiou\^eaux établififemens qui fe 
font fiait dans qitelques-unes de nos villes 
pour rinlbruâion de cette partie de la jeu« 
Deife, qui prhrée de parefis, & deftituée 
de biens étoit hbrs d'état de cultiver les 
Sciences 9 ou de s'appliquer aux Arts. Oa 
les doit des nouveaux ëtabUflemens, quant 
aiîxfifnds, à la générofité de Dime Ma«- 
H!iE DulrsT VAN VôoRHmjT Douairière 
de FitEiURic ÂDRiim , BAkOK de Ree> 
DE, Seigneur de ReHSfwoude ô? d^Emmick^ 
ittj/?», & quant à la forme qu'on y a don- 
Bé, on en eft' principalement redeyaibie aux 
trois illuftres ^IagiRràts , que la Teftatricc 
à nommé pour exécuteurs de fes dernières 

M 4 vo- 



^84 BiBUOTHBQJcm DES SCIBSCBS» ' 

vojontés^ Meflieurs Frans^'oan limborcb 
.Avocat Fifcal des Domaines d^HoUande 
& de Weftfrife, Dirk fToertman^ ConfeiU 
1er de la Ville d'Utrecht, & dépuré aux 
Etats Généraux, & Everard van fVacben- 
dorff. Ancien Confeiller & Seaetaire de la 
même ville. 

Madame de R.enswoude mourut ici a 
la Haye le 26 Avril 175*4. à Page de 92 ans 
fans laiiTer d'Enfans. Elle pofledoit de très* 
grands biens dont elle a converti une très* 
petite portion en l^s en faveur de quelques 
uns de fes parens, inflituant pour Tes héri- 
tiers univerfels les maifons des Orphelins 
d'UTRECHT où fon Epoux étoit né; de 
Delft où elle vit le jour; & de la Haye 
où elle s'était fixée depuis quelque tems. 

Qç, grand héritage n'étoit pas deftiné ce- 
pendant à réducation de tous les enfans 
<)ui fe trouvent dans ces maifons de chari- 
té. La Teftatrice a fagement ordonné.qu'on 
choisît dans chacune d'elles unj certain 
nombre de garçons, des plus fpirituels, des 
plus diligens,& des plus propres au travail; 
qu'on les féparat des autres , & qu'on leur 
enfeignat les Mathématiques , la Chirur- 
gie, la Navigation , TArchiteâure , la con- 
ftruâion des Vaiffeaux & des MouIins« 
Tan fi néceffaire en Hollande de coQr 
firuire des digues, la peinture, la fcuiptu* 
Te & la fabrique de toutes fortes d'inâru*' 
mens de Mathématique. 

Tel. 



Janvier» Fjevrisr 9 Mars. 176a iB^ 

Telles ont été te fages & pieufes in«- 
tentions de niluftre défunte. II ne ^agif- 
foit qae de les exécnter avec foin » & af- 
furément le chois qu'elle a fait des Magi- 
ftrats dont on vient de lire les noms fuffi* 
îbit poiir ne rien laiifer à délirer fur cet 
article. 

Le fuccès a repondu à Pattente. Oa ar 
d'abord mis la main à Tœuvre^ & partout 
déjà on voit ks heureux fruits d'une infti-*- 
tutioh" qui procurera aux pauvres des 
moyens de s'établir honnêtement auflî 
bien qu'honorablement , & donnera à- la 
République des fujets utiles, en formant 
des Ingénieurs habiles 9 & des Artiftes dif« 
tingués. 

. C'eft le jour de l'inauguration de la 
maifon qu'on a bâti à Delft pour ces nou« 
veaux élèves, que Mr. van dêr Wall, 
quia mérité par fon goût pour les fciences, 
& fon application à l'étude, d'être mis à la 
tête de ceux qui indruifent ces heureux 
Orphelins, a prononcé l'élégant difcours 
dont on a hi le titre à la tête de cet ex^ 
trait. 

L'Orateur donne dans la première partie 
de fa harangue Thiftoire générale de l'ori- 
gine de cette nolivelle fondation, après 
quoi il s'attache plus particulièrement i 
fa ville & donne une defcription de ce 
qu'on y a fait pour répondre aux vues de 
Madame de Renswoude. 

M f Oa 



-f Oit Va ëftvé irn teaù l^tlnieitt>, dans 
lét]iiel entr^uttê6 font deux gnm(feAuât^ 
tdires où joùrneltemé&t on donfae des le- 
60% à ces jeunes geas, une BibKothëqsre 
bien choifief une SaieoùPoo a^mffeitibié 
les hlftmn^os néceUkir^ porur Mtt ^ 
obfervations, & les principales pièces <te 
ttiéchanique^uh Obfevatoire, en Un mot 
tdttt ce qui eft nédeflaire auJc direrfes 
Sdiences» aux divers Arts qu'on y en* 

feigne. 

Il reftoit à feîre'un choix de fujets pio- 
pres aux chofes qui dévoient être enfeî- 
gnées dans la ^nouvelfe -Ecote de Deift , & 
ce choix tf étoit pas facile, Poury réuffir on 
a commencé dès l'année 1754 par fôparer 
lih certam notsbre d'Oph^Iins, à qui on a 
donné une oèducatu)» ]^lus diftinguée , & 
ainii Pon U pùfé dès lOMs tes. fcâideitiens 
d^un établiiTem^nt qui 'bientôt éft pzrveûn 
à un plus 'haut degré de peffeSiba. 
. D'abord & avant tôùt^)} a i%lé 'ce qui 
âeyoit avt)ir rapport àdeur inftru^^kto. la 
Religion,^ été cdmmede laiibn, âiifeà U 
tête des autres fciences, & après la cîon* 
«ioiffance des irétïtés Ôe nôtre Chrîftîanif- 
Tue , on a conclu que provifidiiéllenient o^ 
devoit leur etlfeigner ces chofes qui foiit 
«bfolument néceffaiifes quelque état que 
Ton embrâffc. De ce nofmbre (bût l'Ecri- 
ture , la langue maternelle dans toute fa 
pureté , la langue Prançoife, & furtout 
î^lùithn^étique. 

Après 



. rdfths ifis premieis rprincipcs on^ aUc 
pIuslakL -^On a conamencé à leur eofeir 
goer laQéotnétiky & bientôt on a décou^ 
vq[t la portée de ces nouwaine difciples^ 
On a annoncé «Hlors à chacun .d'eux qu'il 
s'agiilpit dcffe déterminer & de choilir o» 
ne vocation, on lès a exhorté à y réfléchir 
fërieufemeni:« & Meflieqrs les Direâeurs 
n'ont .refiifé ni leurs xonfeils, ni leurs a*« 
vis à ceux c)ui. font venu leur coaimuni- 
quer le chpi^ qu'ils avoient fait. 

Plufieurs, fe fentant affez de courage 
pour fervir la Patrie dans le Champ de 
Mars « ont donné la préférence au génie. 
D'autres^curieux/dciconnoitre lespays les 
plus éloignés 9 ont montré leur defir d'ap- 
prendre l'art dangereux de laNavieatioa 
iTous cependant n'ont pas choiii des vo- 
cations ii périlleufes. II y en a eu qui 
ont demandé à être Sculpteurs , un feul & 
voulu être Architeâe; & l'art fi utile 
dans ces pay^, de faire des Moulins, des 
Eclufes & des Digues n'a trouvé auffi 
qu'un amateur. Deux Oiphelins étoienc 
encore (ans place , l!un a voulu être in^ 
ftruit dans l'art de faire les inftrumens 
dont on fe fert pour les différentes fabri- 
ques , l'autre a montré du goût pour la 
peinture^, mais ce goût nç s'eft pas fou*- 
tenu. 

Nos Orphelins ainfidiltribuéspardaf*' 
fes, il ne s'agiifoit plus que de leur trou- 
ver dçs niaitres, q^i leur enfeignaifent 

par 



l 



par eux-mêmes & ayec affiduité , les diF* 
féreûs Arts auxquels ils s'ëtoient voués, & 
en cela auili Meilleurs les Direâeurs ont 
parfaitement réuffi- 

Quaot à la diftribution du tems, voicî 
i pcii près l'ordre qu'on y obferve. De bon 
matin & avant midi les jeunes élèves s'ap- 
pliquent au Sciences: depuis midi jut 
ques au foirl ils font occupés à appren* 
dre les Arts méchaniques, Tous tant 
qu'ils font doivent affiftcr aux leçons fur 
les Elémens d'Euclide, fur toutes les 
parties de la Géométrie pratique, fur 
l'Algèbre , fur la Géographie, & fur l'Hi. 
ftoire Naturelle ; après cela chacun d'eux 
doit fe trouver aux inftruâions qu'on lui 
donne dans cette partie des Sciences qu'il 
a préférée^ à<la quelle on ajoute toujours 
ces connoiffances qui y font abfolument 
attachées: ainii montre*t*on à celui qui fe 
defiineà la guerre, les règles de la fortit 
fication , l'art de faire les canons , le def* 
.fein, &c. 

Voilà en gros la façon dont on s'occupe 
dans cette nouvelle Ecole érigée à Deltt, 
& la manière dont on s'y prend pour in- 
flruire. Mr. van der Wall , qui en 
fait un des principaux ornemens , nous dé- 
peint tout cela , avec beaucoup d'élégan- 
ce & de limplicité- Son Difcours, mo-» 
nument confacré à la mémoire de la fon- 
datrice de cette excellente inftitution , fert 
en même tems à faire connoitre , Thabi» 

leté. 



Ji^NsriBR, FEVRIER, Mars. IjCO. i89t 

leté , Pattection & le foin de ceux qut^ 
font à la tête de cette fondation & qui en 
ont la direâlon. Notre Orateur les loue, 
fans les flatter , il demande leur proteâioa 
& celle du Magiftrat, il exhorte fes difci- 
pies à profiter des prérogatives qui leur 
font accordées au-deifus de tant de leurs 
femblables, & fentant comme il le doit 
que tous ces plans & fes projets ne fau- 
roient réuffir fans la bénédidion de Dieu , 
il finit fon excellent difcours par une prière 
digne du cœur de celui qui l'a prononcé. 
Par ce court expofé que nous venons de 
faire de la harangue de AÎr. van derWall 
nous croyons nos ledeurs fuffifamment in- 
ftruits des fuites que la fage difpofition de 
Madame deRENSWouDE a eue. Notre but 
ferait entièrement rempli , li , en répan- 
dant autant ^u'en nous eft la gloire de cet- 
te illuftre défunte , nous inlpirions aux 
perfonnes riches, qui fe trouvent dans foa 
cas, le goût de difpofer de leurs biens! d'u- 
ne manière auffi conforme aux fentimens 
qu'infoire le Ghriftianifme ,. & auffi utiles 
à la Patrie. 






AKTh 



P90 BlBLIOXBBQira OB8 Sct^CES, 

AJITICLE. DGUZIJEME. 

DiflèrtatioTufidica Inatigaralis de a- 

iïi âtqqe auftdritaii^ Jôrii C^^ 

Eomànoruip in, Gi^lria/ Quam-, 

. escanflftrijftt^ M^nifisivBLf^icfris,: 

GuiUdmi: ab^ ùhoftjWfr^ pra grada 

Doâor^u» faifimi^nd» iw utroffiie 

Jure ttowqrîbus^ & privil^i*^; rîte 

* aç'legitime çonfequenclîs;, êtqdho- 

. rùm exajto^ni fixpp^iinit, JjAiCob. Ço-i 

? s s VA«i!, tlAiSiSj^A^T,» Arob^mia 

Gdruifr Ad, diem< 9^/ Jairaarii. H# L. 

; cina Joaràif] Btoeielét ^ Acââèmi» 
' Typo^raphî, 17x50. ' 

Dîffertatim juridique Inaugurale fur 
lu/age ff VautorUé du Droit Cipil 
Romain dans ta pueldrc, &c. 

LA DifTertation dont on vient de voir le 
titre eft fi intëreflante pour les Savans 
de ces Provinces, l'Auteur y montre tant 
•^ - \ de 



JaNYDER» FKVRIBR|MiM« 1700. I91 

de capacité & une fi grande connoiflimco 
de.I^ Itirirprudcnce & des^ Ântiquité5;de i^ 
Patrie .1 il y donne de fi. belles efpérances 
pour 1? avenir 9 que, quoique, cei ne foit pai 
flotraufage d'anal^ror des Pièces Acadé-^ 
uniques., nous, croyons devoir faire. unq 
^oeption en faveur de celle-ci', d'un cô^ 
té pour ^ recommander la leaure.au» 
Gens de Lettres, de fautm pour animer Ib 
jeuQfi Autour, à .pourfuiwe ime carrièee oà 
^ entre .d!une! manière fi. iirîllante* / . 

\ dtrifeifa Di£btaâon en^ trois. Sei^onsk 
La première contient' un favant Comment 
ta4reifut> ki;50^ pàragraphe.de l^Infiruâioii 
onde j'Ordonnance ide' la Chancellevie del» 
Cour de Guddie., - Inftruâion: donnée pac 
1-Bmpèceiir Charles^Quint en 1547^ & 
renpuiseUée Jivcc:/leà oh^ngemeos; nçcefn 
lairâst p&ib^ les: Etais; de Ja: Paostince: k$i^ 
\Ori^, €e Paragrapiie(;porte que v lots que 
lesf Stsstuts & l^.ancieqnes.Coutmiies.dte 
Goeldas^ne/decidenti paS' unei}ueftion>pro<^^ 
pofëe , le Chancelienœ ks:Gonfeiilérs: oe 1^ 
Ooièsi sknifteodiDnl: av Droit Commun,! 

Lfâuteur;, api^ès. araii^esspiiqpé les i&K 
féf enf eâl d^oes deî iDrokiënumec^sadanSt 
cèParagraphCf &jdQût |flu£ieu^ unique 
nftent'propies. à la. Guekbe ibnt prefque JQp 
intdiigîbles ailleurs^ pmûvevqae dànsclei 
anciens.tem; tes Gueldrois n'avbient aur 
cUn Droit, écril;^ &:qâ5iis ne* ie fec3/«»eQ^ 
que des Coutumes noni écrites. Ccne fUC 

que dans Je^ gi iat o a i oBigr Jiççlc^ ^a l'ont 
j : . com* 



m 

192 BlàLlOTUSQPB DBS SCifiNCfiSt 

commoiça à recueiHîr les Edits desDucs^ 
& les Statuts qu'ils donnoient i quelques 
Bailliages & Jurifâidions de la Province. 
Mais ces Edits pnéme & ces Statuts ne 
contenoient encore qu'une partie du Droit 
promulgué d'à préfenr. Dans ta fuite les 
Gueldrois y ajoutèrent, oa plutôt y exrtre- 
mêlèrent les Loix des Francs^» des^Pfifons, 
des Saxons & des Normands. Ceft au 
moiss la conjcfture très-yraifemblablc de 
Mr. VAN Hasselt ^ & il en ooiiclat que, 
lors qiie les ptopres Statuts de^ia> rtavjnce 
& en particulier ceux qui regardem les 
Fiefs fe taifent, illfaut^ avant qitti de paffcr 
outre, conlùlter les Loixfufdites , fçayoir 
celles des Francs, des Frifensv^C^ -■ , 

Il montre cnûiite que par le ^rmt\cm- 
nmn^ dont il çfcçarlé dans le Paragraphe 
qu'il commenté :, û >fa»t entendre, le Droit 
Civil Romain y ;iaij^l on ddit recourir 
dans tous les cas cjui ne font iloiiltidéfeldés 
par les propres. :Loix;de4a Provincei fok 
écrites , foit cdùtumières. T? r . , : . >.r 

Dans la feconde Seâion le^fttBant/Aa* 
teur fait quelques^ remarques .très * fôlides 
fol' les precautibnJi'qWil convieM: d'appaar- 
ter dans l'ufage dp Droit Romaini ^près 
quoi il prouvc^^ue non- feulement ocDroit 
étoit déjà réçtt\ù?diyers égards en GuélAx^ 
fous le Règne de Philippe H >* mais.qtfil 
eft même Tort: fttàbabitt que Charles le 
Hardi, qui fbndacn 1473 «ne Chambre de 
luftkc à Arnteto^^y itfro*»ûtidcsvtor&le 
V . ^ Droit 



ÏANvrnL» FfiVRm^ Mars. tj6o. 19^ 

Droit Romain, ou plu0c acheva de le. 
inettre en vigueur, car. il y avoit déjà 
loflgtems quMl étoit connu dans la Provin- 
ce. L^illuftre Mr. Fa g EL aÛuellement 
Greffier de LL. HH, PP. conjcauroit dans 
fon exellente Diifertation Inaugurale dâ 
t origine fisP de tujàge au Breit Romain en 
Hollande^ que ce Droit avoit paâë de U 
France, où on l'enren;noit publiquement^ 
en Bourgogne,^ d'où Charles le*Hardi Duc 
de Bourgogne le tranrporta enfuite en Hol- 
lande. Mr. VAN ÏIasselt n'oieroit dire 
la même chofe par rapport à la Gueidre » 
car cette Province ayant été depuis, uâ 
tems immémorial Membre & Fief de 
l'Empire Germanique , où le Droit Romain 
avoit pafTé dès avant le treizième iiècle^ 
ainli que Mr. Fagel l*a très- bien prouvé, 
il eft plus que vraifemblable que les Czuel*^ 
drois , vd la relation qu^ils avoient avec 
l'Empire, s^étoient toujours fervis de ce 
Droite & que Charle le Hardi ne fit 
qu'affermir expreflcment ce qui étoit de- 
puis longtems en train. £t \^ritablement 
on ne peut guère douter que le Droit Ro- 
main n'ait été connu en Gueldre avant le 
treizième iiècie , & même dans les tems 
les plus reculés, foit qu^on remonte juf- 

Îju'au tems d'Antonin le Pieux & que l'on 
uppofe que les Bataves , Alliés alors & A- 
mis des Romains , adoptèrent leurs Loix ; 
lait qu'on en rapporte rétabliiTenient auic 
tems des Saxons, ou à ceux de Charte^ 
Tome Xlll Part. I. N ' magne ^ 



11 1 ( 



'miagnt , lors . <mçl dette ' ProTÎnce^ étant 
, -foiis la dominjitioh des Fraiïçs & «nfuitc 
fous celle des Germains, reçut leurs Loix , 
entre les quelles étoiti le Droit Rotoain : 
"dont les Saxons, te Francs & les Ger- 
mains fe fervoient 

'; ' iQuoi qr'Jl en foît Mr. van HAssEr,!* 
'^ïnontre très- bien, par te grand rapport 
' qu'il y a entre ies Loix Romaines & les 
HujpCumçs de Gueldre , qu'il cft fort ap- 

ÏarcDt que celles-ci font empruntées du 
)roit Romain. 

Il établit ènfuite que dans les cas qui ne 
'font décidés, ni dans le Droit écrit ou dsins 
les Coutumes de la Province » ni dans le 
Droit Romain, i| faut recourir au Dtoit 
^Naturel fur lequel cft fondé tout le Droit 
'Romain , fi l'on eu excepte quelques fub- 
;ti!ités^& fdcmnités,- & tfcft ainfi qu'il 
entend la vieille formule cij vertu de la 
quelle les Jujges., lors oue les LqIx ïc tai- 
foiçiit & que fes Coutumes 'étoïent (Jou- 
teUfes^ devoiept donner feritehcc Jèldtt 
leurs cm fins (na bare ^vyfjinnen ,;) c*eft- 
à-dire , félon les lumières de la raifon & 
>du bon fens, ou ce qui revient à la mê- 
me cbqfe, félon le Droit Naturel. 

Pour ce qui regarde l'application du 
Droit' Romain aux cas propofés , notre 
judicieux Auteur confeille de recourir 
toujours à la fourçe & aux corps dç ce 

Droit njême, fans s*embarraflçr bieauçoup ' 

, du ' 



JiffTiftir, FBfftiBR, Mars. ifSo. 199 

du feotîment de tels ou de tdt Jurifcour 
fétdi paTricttIiGr& A cette occafion il 
doene fur les doigts à ces Avocats qui par 
oficaitàtion , ou faute de difceraement, eQ: 
txffent autorités fur autoritési, alièguepC 
des Doâeurs & des Commentateurs fans 
tnmbre^ & font un pompeux étalage de 
dtatioQS très r faciles à trouver dans le^ 
Coaipilateurs. Rien de plus fenfë que ce 
que dit à re fujet Mr. van HabssmjT- 
&i9pQrtQfl6 ffis j^iopres termes pour don- 
fier nne idée de fon ftyle. ,, Quod an- 
^y tem ad veram & geauinam Juris K4V 
)) mani appiicationem attinet^ res ipfa 
^^ loquitur » illud a fententia privatoeunai 
), Jure Confultorum^ nifi in lq;e rel ra- 
»> tione fundata , noA pendere. Qua prop- 
9, ter fane illi , qui in fbro cauTas trao- 
I, tant, multa agendo niiiii agunt, duQi 
9) hic, ut ait Marçk* i. exercH. c. i. 4. 
^) 10. cetÉum pro fe aUegat Doiiorttm ji^ 
n iiiia çf remmfa ^ Ole totidem contra^ 
), domque , iive ex defeâu judicii , five 
), ad ofteotationem ^ immania Doâoruqi 
1) pUuftra ^ quorum apod Cardinalena 
M Tufcum » Befoldum , Speidelium , Bar- 
^> bofam , Bemhaidum Zutphanienfem^ 
9, aliofque compilatores facilis eft copia^ 
^) cQDvehunt , & ad probationem Juris 
S) Romani cumulant , immemores quo^ 
» plurimi inveniantiir Gommcntat(»esr» 
» qui in quaeftîonibus i^iam iimplicifli- 

N 2 ,9 xiiS| 



i 



iç6 BffiLIOTHÉQjDre tÊi 

„ rtiî6,{'vd Icge non ittfëHefta, vel ani* 
5^ ma cdétradiccndi , a commanl âe're- 
'^^ c^ptz'ûpkilonc renti^t & in q&9^riB 
.^ abrarda abeant» its( ut raro di&ile 
,, lit aoitoritatetn aaâoritati oçponere, 
3, cum'tàtifen^ quod ait livius Lih. VUL 
,, c. 40. non facile fit ouf reth rei^ 4iut 
,, àuàt^ek wiSari pétferr^y prxterquaiil, 
,, qùod pjij^imi DoAoru^ C^ommefltarii 
„ tam multîs diftinftionîbus, limitatio- 
,, nibus, fublimitatiotibus, exceptioni- 
,^ i>us fiéfeUcîitiis fcatèaiit ^ nt îpfiun re* 
,, gdam ♦ quam fibi propofuerunt , pë- 
,, nitus abforbeant , & , creata LeAori 
5, naufel , ilhim multo incertiorem , qukm 
,^ dadum, dimittant Cum ergo ipii 
,^ Gotïiitietitatores fua lex^legibns & ra- 
^, tionci fi bene agunfci depromcre de- 
^y bent, muito, me judice, plus fapit, 
^^ qui ipfos fontes adit, legîem ex jure 
„ CivUi, ipfum cafum dîrcâe & appo- 
9, iite determinantem , aHq;ans & immo^ 
,, tus» fine multb verborum, quae a reâo 
,, tramite non raro in dévia trahunt , ap- 
^y paratu, urgens; Quod fi aiitem nuUa 
3^ lex inveniatur pofitiva , tune analogice, 
^, a cafu exprelTo ad cafum omiflum 

3, ratiocinandum , legefquç e fe învicem 
,, explicandae, auxiiiante fana Logica» 
9, quo confequenti^ & confeâanea Je^m 
,, refle ex ipfis legibus & ex Jure Natu* 

4, rali deriventur. Cum it^que lex & 



jANviK, FsvRiBRi Mars. X7(So. tçff 

^ ratio auéloritatibus Doâorum prseVa» 
,} leat , quilJbet }Ctus iibi obfequendz 
^ prsefcribat verba Ampl. By^ickersh. in 
„ çuaji. Jur. priv. lit. 2. c, % quot çf 
„ quanta auSaritates Jint^ ilUs ppn affUr^' 
^'iio^ Ji lege aut ratione deftituantur '*. 

L'Auteur réfute très-folidement , dans la 
troifîème Seâion « le fentiment de ceux qui 
croient qu'en Gueldre dans les cas propo- 
fés le Droit Canonique va de pair avec le 
Droit Romain , & il foutient oue les Ca* 
noos ne font autorifés par aucune Loi dans 
la Province, & qu'en effet ils y feroient de 
fort peu d'utilité, vu furtout que les queC» 
tions matrimoniales, & celles, qui roulent 
fur les Dixmes & fur d'autres cas qui ail- 
leurs font le principal objet du Droit Ca« 
Bonique, fe^r^lent en Gueldre uniquement 
fur les propres Lois & Coutumes de I2 
Province & fur le Droit Romain. 

Mr. VAN Hasselt n'approuve pas da« 
vantage l'opinion de ceux qui veulent que. 
dans Tes cas douteux on ^ait recours aux 
Loix des Bailliage^ voilins de la Province^ 

ÎfâTërablement au Droit Romain. Ces 
urifconfultes fe fondent fur ce qu'il e(t 
vraifemblable que le Légiflateur, ayant dé- 
cidé certains cas pour quelques - uns de fes 
Bailliages , auroitfait la mâmedëciiion pour 
les autres Bailliages de fon Territoire s'il 
avoit été confulté fur les mêmes cas. Mais 
cette laifon en prouvant tiop ne prouve 

ÎI 3 rien. 



tft BfBtioTnqpz us ScQNcii^ 

rien^ cat il s^eoftiivioîe de là ipe le 
Gueldirûis devïoit êtie tmifbrttie dans^ toliti; 
k Ffoviâce^ cû qui pourtant û'^ m& 
Les Loix des différées Quartier^ font ^u-, 
veât direâeâient c^pofëes ics ime» aux âa« 
très , ft la raifoti en eft <|ut ces Loix li^nt 
pas été préfcrites. arbitraireteeut par tes 
Ciomtes & les Diics dé GuekUe aux éiS^ 
f éreos Quartiers & Jurîsdiâioas et h ¥r^ 
TiDce, mais qu'elles ont été donoéesà'^ 
prière de ces Quartiers & en ayant égâtfd 
au Droit non écrit & aux Coutumes q|iiî 
7 étoient en ufage. Les Du^ acc6nkiifeqt 
donc à chaque Jurisdidion té tfUi lufcoii^ 
tenoit le plus tant par rapport aiixmteurav 
^ qu'au goût & au génie de fes Hâbétaiiff^ 
et de là vient cette graiide diVtrfité que A 
remarque entre les Loix deidiifëiensi^ar'' 
tiers. 

Il faut encore dbfervet (|ue dans les siu. 
ciens tems pluiieurs Territoires de la Pro- 
Tince étoient fujets à difiëreasSeignearSi &* 
par conféquent auifiàdiffêretisLégiflateiiiiSL^ 
Ainfi par exemple le Comté de Zut[ritcn 
tToit Ion propre Comte & ne fiiC joint à la 
Gueldre que dans Ib onzième fiècie: la 
Veluve étoit Fief du Dîocèfe d'Utrecht et 
trriëte-fîef du Brabant : les liks de ThieL 
Se de Bcmmei faifoient partie du Comté 
éè Teyfterband : la Ville & le Tetritoirede 
Nimègue appartenoient à TEmpire Ger^ 
fiianique, d^ainiida lefte. Il dt évident 



ttie- de$ TcrritQÛ«& qui ^voient de» Smg- 
feurs fi dîfférens ne poQVoîent pas avwr' 
]es mômes coutuoiQF, & iJ ^r^fuliQ de là 
qtf il n^eft pinnt du tdut ' VraifémBlaBIe que 
dans les, cas .douteuse, les . Ducs . de Queldre 
eiiffent Voulu ât(ti(kt dé la iiiême manière 
fhsmir tous ietiis Bailliages, h eft bien ^(ur 
ficHufel de penfer que dans leurs déci/ioiii 
ils fe réglaient M les Coutumes de €haque 
Bailliage, en particulier^. ^ qu'au défeuC 
dçsLôix&dfes Coutumes, ils ayoient re- 
cours au Droit ïtottiain comme à la foui-' 
ce des Loii partictilières. De tout cela 
Tfix. van' H^sselt conclut av^c. l'iiluHre 
hynkenboek que , loxs que ïts Loîx du Pay* 
manquent» il feut recourir au Droit K6^ 
main^ à moins cpe 1« laifon du bien pu*' 
blk, ott Tautorîté dfune couUuue perpér^ 
tu«Ue ne s'y oppofc manifcftcmen*. 




N 4 ARTl*. 



/ 
/ 



£00 BtBtlOTBBQIOS t>SS SciBNCKS^ ' 

NOUVELLES LITTERAIRES, 

GRANDE-BRETAGNE. . 

LOndjlss. Le Mufeum Britannique viaur. 
d'être enrichi* par M. Salokon ^él- 
Costa d'un tréfor Littéraire que le« Juîft 
avoient eu deflein jadis de préfenter au R0i 
Charles ^L Ce Tréfor renferme près de deitiD 
cent Manofcrits Hébreux parmi lefouels ii 
a*en trouve plufieurs de la Bible qde leur an^^ 
tiquité rend fingi|lièrement précienz. 

Avant le commencement dé ce Journal un 
Savant , qui , par fa profonde érudition acco«B<> 
pagnée d'un jugement folide& d'un coup d*c8il 
fin & pénétrant, fait un des plus grsnds orm« 
mens de la critt«|ue facrée , publia un ouvrai 
ge dont le titre porte, tbe'finte of tbe Prmteé 
JHehrevû Text of tbe Old Teftêment ctmfidtteà 
ffc. c'cft-àdire, Recherches fur T état duTex- 
tt du Vieux Teftament , tel quHl je trouve tf»* 
frimé dans nos Bibles Héhreiques , en ieuat 
Fnrties; la première contient le XL Chap. de 
z Cbron. collationné avec 2 Samuel V. & 
XXIII. Êf la féconde renferme des objervations fur 
70 Wf. Hébreux avec un Extrait des Variant 
tes ^des Erreurs qui s*y trouvent , par Bsir- 
jAMiN KENMicorMaitre es Arts, &c.Ozford. 
1753. in 8. Le deffein de cet ouvrage étoie 
de montrer que dans le Tezte Imprimé du 
J^eux Teftament, auffi bien que dans celui du 
Nouveau, certaines erreurs fe font gliiTées im- 
perceptiblement par la faute des copiftes , & 

d'ouvrir nne roote qui pourroit nons condui- 
re 



Janvibr, FBvam, Mars, nfe^ior^ 

re â la vrai€ leçon des Ecrivains facrés dans; 
le» palTages qui paroiflenc manifeflement al- 
térés. Pour cçc, effet il faut , dit notre jadl- 
cieox Auteur, comparer TEcriture avec elle** 
même, expliquer nés phrafes & lespalTages 
difficiles par les paiïbges clairs qui y ont rap- 
port» pefer la force de mots de l'original» 
Wre leur liaifon dans Tendroit où ils fe 
trouvent, & ne point perdre de Tue le def- 
(tm' de l'ficrtv9io , cooiparer enQn] les édî- 
doBft les plus anciennes de Toriginal les unei 
^ecks autres»^ les unes & les autres arec 
le». Manufcrits 16$ plus anciens & avec les 
meilleurs exemplaires des verfions les plus 
célèbres. M. Kinkicqt a fuivi avec une 
ea&ituéfi fcrupuleufe ces ràgles de critique » 
co^ eonfrontant enfemble les trois Chapitres 
mentionnés dans le titre de Ton ouvrage, & 
a jette parrlà beaucoup de jour fur i'Hilloire 
qu'ils renferment* 

Le même Savant vient de publier in grancT 
ié une Jecmde I^iJfertatiQn /ous le même titrç 
de Rechercha &c, dans laquelle il entreprend 
laOéfeofe du Pmatiuque Samaritain t prouve 
que les exemplaires imprimés de la Parapbra- 
jt Cbal4(d^ Sont corrompus , & marque les 
véritables fentiraens des Juifs par rapport aa 
Texte Hébreu. On trouve de plus dans ce fé- 
cond Volume une lifle raifonnée de tous les Ma- 
nufcrits Hébreux qui font aftuellemçnt con- 
nus, avec un Catalogue particulier de cent 
(t douze de ces Manufcrits qui font confervis â 
Oxford , â Cambridge , & dans le Mufée Britan- 
nique. Tel e(t le contenu de cette féconde 
DilTertation. Elle fournit de nouvelles preu- 
ves des foins infatigables , & de Timmenfe 

N 5 itik» 



^.u4iti^(t4e MonCr*. KENsrrcoT, qoi laiméri- 
tèroQ( une place dlftiDguée parmi ceui qai 
ôàt cUUivé ia LictéKatare Orientale avec le 
j^\is dç ruçcè$. Cet excellent ouvrage fe dé- 
tgtç 'chc2 Rivington, Dùdsley, & GtiffitBs à 
Lçndtes. , 

' Un autre favaotThéoiogieti a trslvailîédSins 
1^ mêmç< f eDi:e. Son ouvrage a pour titre Re- 
fàarks ùpon, féveral paffages àf Scriptt^re SV. 
c^eft- à-dire , Remarques Jur plujieurs . Paffages 
Ji tEcriturfi Sainte^ defiinits à reSîfierqueU 
ques erreurs fui fefont gUffées dans te Texte 
Hehreu ul qu^il elt imprimé dans rios SibUs, 
a indiquer Us fautes qui Je trouvent dans les 
verjîvns^ 6f à. montrer le bejoin qti'on a d'une 
TraduQion de la Bible plus correQe ff plus 
ifitelligible ^ que celle qu'on a aSuellement » par 
Mattucu Î^ilkington Prébendier de Lich- 
field. Chez Wbifion in 8. 
' Dans la Phytique on ne marchoît autre fois 
qu'à la Jueur des Hypothèfes, & aâuelle* 
ibent on ne fuit presque plus que le flam. 
beau de l'Expérience. C^ft ainfi que \ea 
gommes ne tiennent en rien un Jufle milien. 
Si les Hypothèlbs peuvent trottiner, les Ex- 
périences peuvent 'éblouir , ft rohfervateur 
)è plus induArieux a toujours beibin d'un e^ 
ipxït théoretique pour le garantir de Terreur 
& pour diminuer fur- tout la préfomptîon & la 
confiance» qui réfultent naturellement désrap« 
ports des (ens.. Cette vérité, oui fert d^ gui- 
de au vrai Pbyficien, n*a pas été peutë^etou^ 
jours préfente à Tefprit de l'ingénieux auteor 
de ToUvrage Riîvant: Tbe Nature f Piroperties 
and Laws ^ potion of Fin di/coverii and. de» 



' * < 



\ 



viti^fcaed i>'j 9bfefvuims mi txpmmtm$^ 
Çtti'àiilie I ÛiJj€ftâtion PhikfêphiqM Jm fe 
Fm, dms iaqueUe lia naiure fg les frppfUHt 
de ^et Elément f av€c les Lwx 4e maiàvminÊ 
ftt'ij Juit, J$nt 44v9l$ppées £f tkmeniféee f», 
des obftrvations &d9S exfifiefues^ parGmi^ 
uuvE HiLARY Doâettr çn Médecine, ia 8^ 
QVtz Dwis de Reymrsi N^re Pbffiaien 
commence où Bûerbaavt 4 fini fet recherches 
kc leFeo» ftencreprend 4e fiippléer â cet|De 
ce grand bomme a laiflë dlA^rfaic fur cetta 
matière. Le Pbilefophe de Leyde n'avolt pt* 
établi tes Lois <ie mouveaienç que fuit te Feu , 
& M. HiLART fe flatte d'avoir Mt là-deAià 
^s découvertes tes pJus iacéfeflatotes^ Il eieit 
avoir trouvé encr'autres pat des eipérienees 
léirerées que certaines propriétés du feu . 
i^ bien que te manière donc ii fe meut» 
& agit , foat tout i fait coatMires aux h)ix 
de fiUDuvejBKai qui dît igcot tes eftets de t^ua 
les autres corps. Cette noa^autii arae é*ati«^ 
tret qui fe trouvant dans ce petit liTre^ & 
l^f fctentiôque qui feigne, frapperont faas: 
dûQCe ua grand nombre de léfteurs malgré ÙHài 
aMvais dite qui déâgure les Intentions les 
plus iagéaiettfes. Refte à favoir (i le fyM^ 
me de nocke «uttear ne paroitra pas «us vtate 
Savana plus fpédeax que ioUdey & plaufiblie 
ptet6t que détaoacré. 

' il n'en fera pas aiaii de l'excellent ouvtagv. 
qtiia paru iiy a quelque tems chez Nour/è. 
fdD$ ee tkf^. bfiitmtes tf Expèrimfint^ Ciyjr 
«t/iry &c. c'ell*â-dire, Injlitutions de Cbymie 
Expérimentale t où Von tatbe de réduire cette 
krjmtbe 4» ia .Pi^iîie sn fyftimts ta a 2 



ae^ tSttMo^tkPïï. 1>18 Sciences, 

V0lttiatli'»tiii*y « qu'une voix for le méri« 
U (te «feue pîôdoâîoo dont le fonds & ]« 
foi^né' fane- égalemeiic digiics d'éloge. Le 
FéMIc «tf^ tït redevable '"m favanc anonyme 
401 «dÉi^fié les Secrets & les Fraudes de la 
Chymte^ide4a Pharmacie modernes dans un 
ouvrage dont nous rendîmes compte, lorfque 
h'ffitdilftkm^n parut ches notre Libraire, (i) 

iNdur' pouvons mettre rftfemble les deuzoa- 
w-aget fiilvans de Jean Tatlor Doâeur en 
Théologtia.dt aftaellement chef d'une Âcadé« 
riife f nsibyterteone en Angleterre. 
. \An ABcomsfurtwt of tbe Sebme of Moro/ity^ 
êdvane^ éy Dr. Hutebipm &c. c*e(l-à.dire, 
Mxûmen eu Frineîpe tfue U Dr, Huubefon a 
pùfi comme U fondement de la Morale, 8. 

A Sbetcb ef MereA Pbihjopby &c. c'eft-à- 
dfre , Ebaaébe de PbilefepbU Morale , eu l'on 
fi fropofe de démontrer les principes de laRe^ 
tigion & de la vertu fur un plan neuf^ fimplâ 
i§naMre^.\% Tout ce que nous dirons pré« 
fent^ment de ces deux brochures , qui fe de- 
vient fihez Waïugh , c'eft que malgré les idées 
jouet qui t'y trouvent par-ci par-là, elles dé* 
oètent un Auteur très- peu accoutumé à des 
âlfcuffions philolTophiques. Auili ce favant 
Dt)^ur iL-t-il palTé fa vie dans des études 
d'un tout ^utre genre.. Il a compofé^entr*au- 
très une ezcenente Concordance HebriOqué ff 
Angloife en £ x^ol. infotio^ une Paraphrafe 
très-doàe tirr VEpitre aux Ronuans , une Dlf« 
ferution pt^^nde fur le Pecbé origsi^l, & 

nne 

(f) Voye« feTome XJ. de cette Biblioth^ 
efi^f Partie II. p. 359* 



v&e aatre qu'on a èroové ui 1>eif liéréli^ve , 
for ia fatisfaSiênrtià Jefus' Or^^^y^ïA la 
carrière dans la quelle M« TAI&09 rlefl vé^ 
ritablement «Uftifigaé ft par ten, jagttieaft ic 
par fon favoir* ' U y a cooAiifift'Iinr beaux 
jours ft donne a&iellemcm fèa -^tf aa à la 
Fhilofophie morale» .. :> 1 

Les Sciences , poar fntércjSêr ^aitsiftn Mm 
d'agitation &de tKmble»ooc été obiig^ibtt- 
venc de toorner lents regards ▼ers.imlr^ysqfil 
elt en mèmt teint le fojec & le théacie de la 
guerre , & cela noià a valu pltfiettrs bona 
ouvrages fur l'Amérique» panirî^ lefqoeit le 
fuiyant mérite une place , à certains égards. 
Tbe Naiurùl and Civil Hf/br y •/ tèe Ffênck 
Dominions iû fNoftb ani Sotitb jimofioi^^ . gfc. 
c*eft - à . dire , fii^orre Naturelle (f Civile des 
Territoires que la F^ame poffèdedans i^Jimé» 
riqm Jeptentrianale- ^ miridéonalt^ «à i'oia\ 
trouve une drfcripUon très-detaHlée de hur cU^ 
matt fo/^ fniniraus^ végétaux ^ animau»t fk^ 
Iriquesi commerce (f des différentes loquet 
qu*on y parle ^ comme auffi de ia ReHgtmk^du 
Gouvernement t du génie ^ avraSbires ^ mmnirt 
(f coutumes des Indiens (f des autres bàbitms^ 
Le tout accompagné des Cartes & des P/4fni do^ 
principaux endroits^ gravés par T. jEVfïitTS^ 
Céograpbe de & A» Royale , Moiï^ur tePrin- 
ce de Gallea, in/G^Jia, chtz JeffefjSi^ Ceft 
une compilation tiiée de THiffoIreile laNoUf 
▼elle France par le P. Cbarlevoix rde celle 
de la LouiGane:par M. le Fag0du>PratZf ÔL 
de celle des Antilles par Labat. Xa partie 
de cet ouvrage qui embralTe THiftoire NatUf 
relie mérite les éloges 4tt. Pabli^^ p^rçeque 

• . le» 



foC Bli iuo gj Wi ig^^ osa Sc£tif«9 % 



Jet Amants FrMf câ» ont cjonné pin* d'stteof 
tioB à cet â^Hc^ ^ne 1^« éi^ùnto to wtfei 
ostionti. Mm te qui &it le prindpal Méii- 
û lie cette ciMBpitetiQD » c'dk f «nuftUude qui 
yègntf dans to> Qwrtts 4c les Plias dwt «Ile 
•ft àocolnpagiijêe.: On noft^ifs qae M«]Rfw 
TBRTs a faic le Livre pour kâ Garfèi^ & txm 
pu tel CsvMs pour le Ltyc e. , 

JHîiiar «rteèt 4t «leètre su ftior k IV ^ V 
Volmnes de te Pur^î» Aftdmi^ df i'Sifiim 
UrObeMlt ^ ftfHo , & Je« VotMes XIV è 
XV, IEV£, 2VJi» XVUl de l'BiiiUm du 
mAne ouvrage in ,8. Nous apptevopis i|fif 
la traduâtoB Françoife en e(l fort avaiKâe; 
A BOUS en aucndâns la pnbliçattiui pour 
fttitt coimoltrê «fi mâme teiDS reatcsei^Mce 
de l^oavtagê & ie mérite de ta tradvfbion. 

qfb9m débite la croHtitiie Bdition de rmf> 
^êite de Lmàtes., dûpuU f^ f9nê0tii9n jujfu'am 
tims pf éjent en 2 Vdlmiies JfW««, par Mait^ 
LANO» Cette fiditiOD.eâ confidérjsbleBieDC 
aiigaientée, mais on en vend les additions 
dans «n volmae à part pour faire pitaiÔr à 
cens qui poflftdent les Editions pcécédeatefc 
. Le Libraire Naw 6 SRST, le plus infotigabie 
abbréviateur de notf e tems , qoi donna ii y a 
quelques années un petit cours dea Sciencei 
en 7 petits Volumes, efécute sébuellement une 
entreprife intérefiante , en publiant toos les 
mois pour l^ofage 'des finfans quelques cahiers 
â*un ouvrage qui a pour titre Tbe îVhri4 
Difpliff^d or 4 cufious colhStiên $f voyages t 
f^c. c*eû*à«dire , Spe&acle du Mmde ou Recueil 
de Voyages tiré avec cbeix des écrivains di' 
tmês /f I fui^Mt , àans leiuel Us cet^fSbtW 



(^ ^j interpoiatitms des E4it9Ufs '/vffif^f tf ^^< 
TraduSeurs vgrbeux font retranchées^ chaque 
relation abrégée ^ec clarté^ ^ Ins divifions ^ 
les lirnit^ des -différem Royapms , fta$s &c. 
marpiir avec la aemièris pfécifien. L0 tUf« e(l 
uo ^eà faeyrsqar » mtit la compilatioii eft 
bonne. 

' Oa trouve chez fe wèmt Libraire «n tvAf« 
petit ouvrage qui réonit t'tagréable & Totile ; 
en voici le titre: an aceount of tbe Cûtifiititi 
tiûn and. prejent ftate of Great Britain » (fei 
c*e[t-à- dire , Defcription de la cùnfiHution 
^ de Vétat préfent de la Oranie'Brttt^nei 
comme auffi defon Commerce^ de fa Politique % 
dejes Intérêts relativement aux autres nations; 
(f des principales raretés quife trouvent dans 
la Grande-Bretagne fg dans rjrlmde* 

Parmi les Magazins & Joornaax périoéiqu«B; 
'qui fdurmiHent à Londres & dont le nombre 
ajQgmentie de jpyr en jonr d'une fa^ fi é- 
tonnante , il faut diûingnex celui qui a pour 
litre Tbe Britijh Magazine ^ c'eft-i •titre» 
Le Magazin Britannique , par T. SitOLtET, 
Docteur en Médecine. , M» Smollit » déjA 
connu mr fon HKloîre d'Angleterre , i'^ft a^ 
focié plûfieurs hommes de Lettres & de goûc 
pour l'aiâer dans cet ouvrage. I! parott chee 
Payne tous les mois depuis le commencement 
de cette année, & fpn grand mérite confi* 
ûe-dans les pièces briçinales qui s'y trou« 
vent. ' " 

La Répotation diflinguée que le Doâeur 
BiRCH s'eil acquife à fi jufte titre dans la Ré* 
publique des Lettre^ , & lés applaudlfiemens 
partfcplfers qu'il a reçus dans la carrière de 



la Bifigi^hie , a^tirçront fans doute l'atten» 
tioo desi curieux i l*ouvVage fiiiiraât dbïPK 
fiijet dVitleùrs e|l fî peu conna,iriDtéreffàât% 
fi bict\ iriiiié; Tbe Uféoftfenr^ Prince"^ 
Wales; Bc' cVft-à.dirè, La Vit de iMri 
Pririfiç^dif QàtUs ^ Jils aîné de Jaques L )%fk 
frlni^ipjilement des Papiers* de ce Prince /ff 
Jl^autm MSS, jufpiHçi incomus au PùJbm^ 

Sar TH01MÂ5 BiRCH Doâeûr en Théologfê. 
: Secrétaire de la Société ÈLotale. ChRzMîU 
iar. in 8, \; ^ ^^ -'^ 

X^a^Çpnnoiffeurs font auflî grand carde 
Vouvra^e élégant qui paiioU ,ché2 Dodjtej Ûf& 
ce tiUj$: aninquiry into tUjieauties o/PUi^ 
tingit c'eft -é - dire , Recherches^ Jur les JKm^ 
{es beautés de la. Peinture ^ {^ fur lesmfHiP 
4es plus célèbres Peintres ^ joit anciens*^ 
fnodernes.t p^x Daniel WzBti, £cuyer«lL 

.On en fait moins de ceiMi-cI, Criticat^'Ûi 
Jertatiotts m tbe Iliad of Bompr^ Veft-l-cfln 
Differtations Critiquei Jur V Iliade . ^ ^vt^\ 
K&DDiiNÇTQN Doaeur eh Théologîe,^ ^"^ 
Çhtz Havokins. Ce DoÛeur en Théçl 
qui îirgarde Homère comme le premier 
meilleur des Poètes Divini ». & qui con) 
cous ceux qui ne penfept pas de la téttPf 
comme des Impies & dct Pyrrboniens^ ^êTtT 
ici un aiTez mauvais livre. Ce n'eft pourrai 
pas un livré fans éruditiob.rte favoir ao^ 
traire y abonde, mais le Jugement & te g8N 
ne sV trouvent guère. Un Enthbulîaïroe "* 
frené pour le chantre de la drècev des* _^ 
fervations critiques fur uq ^rànd notbbtè^dt 
J9)0t8, & de fyllabes, obfervàtions que WS 
Pédagogues liront aveè emphafei' leurs. éc9> 
llers baillanst & qui aurolent troui/é dSi 

adàsi- 



JANVIER» FBVU&R,.MA]IS. IjSù. $10^ 

«idffiiratears dans ce* cereles où les Sa?80fli 
Xe IpourriiToieoc dc$ mou, à Don det chufes^ 
voilà ce. que Ton .trouve de plus eiTentiel 
daot les DilTtruiioos du Doâeui Kuddijkg- 

TON. 

On propofe de publier incefTament par 
voye de foufcriptiori , Tbe kuins of ihe Empt* 
rtr DiocUiians Palace a$ Spalairo itiDalmatiap 
c'eQ-â-dire, Les Ruines du Palais qui fut bdti 
par f Empereur Diacleiien à Spalatro dans. I4 
Dalmatie. Soixante Planches in Foiio gravées 
par les plusgranils maîtres» comi>oretoiircet 
ouvrage » où i*on trouvera des vues perfpec* 
tives de la ville de Spalatro, du Palais & de| 
Jieuz circonvoifins , comme aufli les plans, 
élévations, feâioor, & bas-reliefs de ce fu; 
perbe édiace. Le tout accompagné d'un^ 
fntroduÀion qui renferme une defciiption dt) 
Plan général de ce Pahiis « & de la faço4 
donc les Anciens arrangoient leurs apparier 
mens , avec plufîeurs obfervations fur la ma- 
nière qui règne dans leur architeâure. L'Au- 
teur de ce bel ouvrage efl R o b £ a if 
Adam, Architedte» Membre de TAcadémie 
de St. Luc à &ome , de TlnflitUt de Boi 
logne 9 À de l'Académie impériale de^ 
Arts i Florence. Ceux qui ont acquis les 
Ruines dePalmyre dt de Balbec^qui répondi- 
rent fi bien à ce que le Public attenJoic de 
leur très-ingénieux Editeur, feront éncoura* 
^ à foufcrire aéluellement une Guinée Gt 
demie pour celles que tious annonçol^s, &à 
payer la même fomme en recevant l'ouvra^ 
^e. On volt des Echantillons de la gravu- 
re chez Millar , Wilfon & Dodjley , qui font 
autbonfés à recevoir des foufcriptlons. 

Tme Xlll Part. ï. O (g^ii- 



ClUGÔw.' Le L!bftirfr BMft tietitûé^ 
bUer iû tt,. r^Sffâ^r irttdto^ Uttfrt^fy-9¥ci9^ 
tf, ffc. xr'èftft dire. Biffsrmiam qtti •nèM 

us les feéiaines à Glafgona. Ces DifTeitatMmli 
fortent de :1Â plume !^^a!lte de M. MO0iti 
Fiol^iKur «n langue Gr^tqtié dams rUnIfei^ 
fltè de Otirgcm, ft )t pttâèipat dt» faMil 
Editeurs fcii Dut poMîé la Magnifique édfHoa 
d*Homère en 4 volumes in Follb » dont ndtl 
tiVons pirlé dins le tems qu'elle parîR; . @tt 
DifTértatMif, qui font au nombre de thoia, prfr 
lenient le mélange le plus heureux' d^érodh 
lion & degoùt, dirigea tous Jes deasi.patnm 
Efîûrle vraimenc Phlioibphique. La prcMii^ 
le a pour fujet rinfiûence de la Phftofopbfafc 
ïur lesBeaux-Arta » ta fecoiÈdo renferme ^uat 
Stnalyte de ia ctMnpofitioa rdu^Tableaa i^ttM 
vole dans le Dialogue de Càsè» , & !« Mih 
JBime roule fur la mantèr e d*écriris ItMfcnMf. 

On vient d'immotcanfet à Londres la iîàl&^ 
quête de Québec pat uû médaillon ûoùl 
rétégante Hmplitité mit honneur au ^goâtlb 
à la modeiUe de ceux xmi en ont.t:onçii 4k 
«xécttté le deflein. Il eft d'un ponte & de*- 
ani de diamètre & tu pOids d*utfe once fi 
drachmes & 10 graina^ en argent 

D'un côté s'y volt la àtei^une famtttttff- 
fis en cheveux qu*crne un fimpfe D)iKiéme« 
de fur le virage de lâqueSii font peteteS {t 
férénilé « ta joie avec tjettie Légende *t» 
deflus BfiTANmA. An^deflbns de btl^é 
ëd une coufonM de Laurbru^vQïfée gni^vià 
:/igneMttipaireÔLpzx un Ttidsna, <\fii i^f^" 
fent & ^'éiôvbnt eu fautoirjf lé» premier > dfOf- 
ta & le fécond i gattotie de la cite^méme. 

** Soqg 



JA^K^Bl^temrt Mât^ rjtb. »si 

Sd^t'te4ene:MUftaire.fdnBOtiCé^'w Um 
JBritanmifue tSt le nom do GeB^fii Wm^t» é^ 
Hai ie Tnàeàt ; fjfoAole ordituire d»L)iett 
ée.'la Mer» eft jCtltil de rA«MMtSéiritt>tBfc 
tiJb» Befitn t«oiic aBoonee «neirMbotrefen»* 
flèvcée pir tme & -ptr mer*. Oo |^ «oie m 

Ihmr, eotr'ratf ef d*!» J^ottrMfB.idéjit.i'éiité- 
ttdBf* do i}od: jftipfierçaiviait dt«pi i^lMri A 
Ito Att'pi^' dr ce Tmpbée , w^mft' \eqatl 
dtr. adeffée ia pmu d'«M mtâffimtf fe tnMvt 
mpÊp^ïïSr dm» vue attioide pMirie^ k» 
mUa» liées ^torière le dot» ft attachée» a» 
JtnMs ^ pèm Isa dépooillei 4fr'l'e&aci|j 
ittteaik Devant, Hii eft i»Det iUMra >4il4r 
qui de la main gauche porte vde. paime ^ 
de la droite parolt prête â pof er tmecûuronne dt 
httHers far le'iniqile 4vb Xrofdiée. Tout- 
aleiitoar fe Ut cette Légende Québec takeit 
miGCLlX, c'eft-à^:dire,QvBB'fiK! pa» 17s 9^ 
LTEaergi» im porte que ces Letiraf Scks. ^. 
AjC Cteib^dlre » appareeiawex:» Sûcietos Pu- 
hUeaJntiiUMnênmCuditt 00 ^ ImS^eiHé Pn- 
Wff» des Antiqutâfii l'a fait' ftappeté 

ia*LANO & ^ 



. - - - , ,- 

Duittar. Les Libraires G. & ^. £vm^ 
«fenaeat dr dbnner 00e cti^ jolie Edition de 
texceâeme Mift^ê ^Ecêffe de itf. R9hm' 
^; en a Volâmes &, Cecte fidition «e :cî< 
-de eâ rieir i'xdle de Loadi^s # fil pour la 
lieaacé du tmBsi^^ ni pour celle ^lo pa- 
f4erf U nl^a qioe le formata -kphx q.ttile^ 
dfftbigaMt^' Gailte de i*iriaade,le vend ae- 

. - Q a delTOu» 



ftU ;8BiLiefftiàos?BW<1âE|ffi^»^rA{ 



tféffoâs^^ôMtp moitié rito^oeâqttè couts USA' 
tlon de ^liontff e». . -^ s ^<- • ' - « '^:' 

* Le» prl«ill{Moz Liiniif(!«f: de^ cette VWe 
^fêifnefUr-'ilt -itfoDtrefatTe'iui^'t/'Ies 1, 'II fit: 
m Vokitfltr •<<< As PdrNe nuiitoRriJe riiî)iiirs 
Umver/iMtf fi <lont ils iérmù paroitce la Mte 
Utiffi p^oBipceiBeét quHI lenu poffible. . if wèft 
ttfito' •fifigttlleirtqii'41 n'y Ait Hi J^ifatê. ni ADei» 
tifl^oceiit ^Hdcooqae à la^vète de ce gniid 
^ilwig«/*^oar. ittootrér l&fdas» qoe Us ibfr 
t^uf s om* Cvrvi en le eorapoftnt. Lea^fiA- 
^tan 4e'hmàre$ publièrent: il 7 a qoelqns 
innées un 'Ffogramme ék isela fe tioiivâ^ 
jttais ils'Oâic fiégiigé mala propos, aaftt4e& 
^ue tetfidteents de Oublia ,da mettf è cePso» 
gramme à la tête de Touviage- îjj l 

1 T A L-I^-B* - itq 

Ro«&j On prépare ici uue Editlon^ ^An^ 
trewyiù 8. qui égalera .en >{beamé. celle de 
l'Horace de Londre», daTaSe de VofMsiik 
lip rArilïfte de Paris. ^t. *: ..cîtfïi 

Le XViil; Volome deil^Hiôoice/Bcdéfî^ 
^que duP. Oasieft forti dedéflbué lesprefr 
fes de» frèrea PagUarinl. < Gètlun in 8. d^en- 
Tiron 500 pages. Il ne a*Àend que de fan 
^^503 â ràft $54v' . >? • viV"-' 

M. ANT0N£LLr^ Prélat (rè84)ivant iluif lea 
Hngàes Orient aies» vient ide donner teaDlC- 
cours deS. Jaquer deNifîbe-foiisxe titrei^. 
Fûtrif n^ri Jacobi Efijei^ Mfibem SerÉM* 
nés citm Prafatiom, jidnatoHM^s ffOiffer^ 
tMBfii di'fAJcttif. in ¥oL X^s DlCcours'att 
nombre 4e ^8» (ont tradaitr.dA Ja laegae 

^ Armé** 



•» fc • 



Asénénimme êi^câdlcœf 0|r tapiim^* NlGbe 
colonie det RomaiiM fot cédÀ-^u^'iPerfes» \ 
^hu'.^rEapereiiir |avlftîtD« iSr Jfiiiu<rs- y fi^wiC- ^ 
loiî dans le i V fi&le». du tum^Au ffrcn^er Qoii- 
£iie de Nieée ««qiNrfc il iSftd* * w^ de« geaf 
diMffoient de l'eiiflcneeî de ' f^» i Ecil|s« . 
.:Vbni$£» Le prefliklr Voluipe rfl$ Ja nou- 
velle coliefifon. de» CcTDciles ^jP^eMARsi 
^rolc xhez 2dMeb ^ Cet im^ottm^ ^vrage, 
eenicU.fOBâ la.paoteâion de M. le Çar^^al 
Ftffimei de diverfea pièces M^iiufçflces tç 
prÉieipalefncot ttrérs ^de la BîUiptbôque du 
.nedcan, ;i€ra ée. XX]i Volâmes in .Vo^io« Lf 
tâbralre compte, de. I& publier diii^s. le ter- 
flie-^de dix voi » & <*f il par fouA;j>ipclon qu*U 
J'imprime^ ^ . .; . , , 

Le mêine Zatu donne en 2 VoL in FoIiOp 
par la même v<t;^.i Jln/euii MtazucbeUiixnun^f 
feu numifmatê vimrum doSrina praftantiun^t 
fué ùpud^ C. ' MAZzuchtLtVM BrixitB^ jefvan* 
tOff GommBatario iU%flrêta i (fc> -■ Qu^d lu 
ftcùxid. .Veiume..pari)Jtra Ton aura dusii ce 
magnifique Recueil. one Qiltoire MétiUiîque 
à'enràoD'ifto^ boBMMs illuftre^, iG^eos. de 
LetoreS'&Aniiles de tout ordre »^q qui pré- 
fimtert 2400 piices de gravure. Les Expli* 
caâoBs pour chaque planche font de M< i'Ab« 
bé Antoine des Comtes . de QijiTAfli. : Il les 
a conpolées eo. Latin., On Us trouve dans; 
ooe colonne ftidsrfl-vis la trad<t£lion Itti» 
lieuse , auffi d*mie4nain très-refpe^ble. Cba-' 
qte Volume re^lçndra aux Soufcripteurs 66 
Livres de Venise, .... , 

B'iEsciA. Fen<tent que rduyà^e dont 
i.vçQODf de.iP^fW a'impfimeHà. «Venife^ 

O 3 M. 



•. X 



iu •ftÀiMas<y?K sAT'Sâbeviv^ 



^\ 



m: lé Ccnâie VUtstmmmiiD^lkiÊà» dè>^ 
à>tfèrYci; fo BlbltotMq«e énfierlralâf^l^. 
iatre, dû il néÂle ooe éloAtioii tmmébl^jà 
^ffiire i ta poftérfté «se leo&ndîffiDoe dMto- 
iée : de» Âaitearé Iktiteitt 4foi iè lont -£^1 
coQDOk^e' dan» la RélMiUiqM érs Letliëév 
L6 trdffi^tne'Tomt^ de C6tce «iccelieine^'^Bi» 
blfdthè^iie pirott aâOdJfMPeffr fbas ce iftit 

Crifiebe, intomo aile vtt0; 4'à j^lf^ymM dr I 
teuefàtîltùlianî. tft. 

• Pi5E. Lé» Inftitut^s de^Jufflsien dijafll 
febyenc ft fi doélement coameiir^ , ifoèt 
i&ti iufqu'içi aucoo Commtntsieiir qn'o^'^t 
annoncé plus at^Dtageôfenent «ii pobfic« Il 
qui foie mieux accueillt des Jurifcoofiilièt 
4|tt*un Profefl^ur de eme -Cfllmfité dent^et 
G%vo€tntHt împrfinefie UDuvvige; te |^ 
nier T^yiiie eo a i^u le \mr Wt 4.. fMs ice 
titre; Uâp&ldî Jndfia QHéi^gài J.C FUm* 
îâpif Cf tfi tifnnê Lyc«v Aft/MtaVSM* PréfMh 
ris erdifiaHi ItiftkutUnum^ufig OiMir m. 
I, Accedunt ejuldem aUtèùffs ^adnotati^n^^ in 
fuilms prinêipi» Jwrir ntomé £^ gintîum » Jw 
Ht cMHf ffigines , ràtiôtus, ffogre^t^ Ont' 
[ta Làihàfue V€$erum SeripMmm i$eà 'tffdfite 
Ulujirafitut ùfm/^ue f^refifii^MicaPttr* 
'•■ La (radoCllon da CtùrH0rt de PEdltloii du 
célèbre d'O^vtih, ft q(ki"à pôtr Aureerlliû 

Î\j:Keiske , Vient de itott^r-ttnerhfqae'ÂN 
ant& févète qeî 'Paccêfe de quelqae eiia<». 
ffe de pHis' ^tie dé ti*4rre tiTâ^ aifta cVeéliê, 
Cea le fujet cfun Ecrit intMlté^^^rlir^^^Ab 
c'cft à*dlre, Imr* dejffîr. f. C Arromoù 
Frùfefféur dans iVnîvef^U^'^t" Tftd^Êê ifèrm 



Jiffl^«ililr¥MSI(f ^&AAW,Vf7!fP- -^'f 



Amfierdam in l lio. 

aovJMISe im^eiËMiUI fur l^ pioonoyç^ , dont la 
^cemièr^ ^ry«.vic^. jfHir A Vepife.^ 1714. 
l»c» drois panifa-çoiiD)pi;coo«ot,xoUt( ç^ qu'on 
e9 a de pûw cmrteux fm c^ue maiière pa; 
iHWmi i ritalja jifqi^au ;;!;V|I jii^le. Qo ^a 
«a riedevable v& . (jDqtfe CaaJu^JIpbbi de 
de i'prdra iniiiuira do St. M^Miice & df 

jP^ia»&c. i^eJXfi^ dàt^^ Diff^fkfllim (ur ïa 

a^9piré€s par JMr#ii:Fi8RaB Gqjui|iachii8i FUIq- 

/opbe & Midèfiin,ïe ^iwnê t 4* pag*t}9' VAu- 
UAT définit il foU^tUT» dérungMmejit total ùu 
pmM 4s Hmagi^atiflH qui €fnpic}}e l'ame J,$ 

, S ai S S p. .. .. \ 

. Ba&»£. Un «Moyfli^iri^t d'at^qp^^i dins 
UM brochure dftvdM^ feuHJ«^ , \^. vérûé de 
JliiOoife de Cultotuf}^ 2>i/ fi fameufe daoa 
}^ A9oalea.4ela Suiff«. C^it^ pi^ce J19 
4eme.iir«rsk pai'.|(>pg-isms &n$ i^utiatiQu. 

Il parolt uaé nçu^velte EdiUan de Ja triN 
dation dca poSfî^ d« M» de JS^M;.Ba avec 
oeUca ^ qvMrr<m($$ pièces. di9 ^fl^eurs H^- 
ai^aooan & Wtôt^i», % voU io 12. 

Oa ati'ÇAd; ûKe&miDent le px^nier to:p^ 

O 4 da 



bliotliè^licrite 9erpe, éi^M pu M. SmUtist 
liK BALLAtDtfki qat cn.^èf^ie' digne <}m^ 
iUen. . • • .' i- * ''^ • ■ .\ ^ •* 

M. £oBiiift prépare lt>«npcice d*an M88;:' 
Ethiopiqae.ide cette «éflie BibliotbèqMa 
': i^âficiété ceeonomiqtte^iibvfellêiiieiic'é^- 
hHeé Qervea adjugé MfMrWé dent piîteer 
envoféetîafi coDcoora pimrlîi'qiiedion pr«* 
p<i'fee Tannée 1759. MeCefiN J. F. Sui^ 
Diacre è' Ptesbach , A yèm^Mef^r&nd Patleoc 
è Orbe ont bbteno cea pris/ M. le M«rqtfla 
de Mîroàaaii, ùc M. 5«î^ivtt« deCmrru^n on%. 
été renierciéfl -dea piècea qu'Us aroietA aîifli, 
tadreûéei; On>Ie8 aaggre|;éa a laSbclété; Lepte- 
mfer vormà(e(de Jûurnai QaMMwIfftff deovne 
Société paroltra tti Mar* Jl y aora chaqae amés 
4 Tolumea en- F^apcois de autant efo AUeiaaikL.. 
L&uikna;' M. Boufynet iricm de rélmpsi- 
iner ie Recueil de diverfea pièces fur la Âtt- 
ligion â: in Philofophie paf M* LiUmUa^.. 
tttûrkeÔL Newton^ &c. ai VoK in lav JUce. 
foQS pre^ iaTltfaîfc^e de Leébnitti leaLec% 
très de Frafaohf les Oeufirea de Binkns- 
boek» - ^ 

^.NtmpcHiVTsL^ Oo vient .d^iaipTliiierlci' Jfif. 
ïmges de Littirmurê , ^ MérAl9ffd9 Psiitimiê» 
fir M deVATTRh. Ceft wlUkaeii de |mi^ 
tes pièces fori fntéreiTamet. -^Dialogtie enffb 
JBîffr^ is G'tand kCbarln JU/^air-la giûfa^ 
des'Oofiqtiérâiis. Dialogue fu^qndlqoeffpartlea 
èlTentielles de l'adminiftraAcloa pubflqoe«'X]oiv 
iidérationa liénéraleis fur i-Oecërnomle |»ubii^ 
que« Les Basufs allégorie* V:filog:e de laM^ 
VaHié. RéSexions fut le^Di&o&faxleJM. 



jAK«iBft, F^tBlBR^ MLais:>t7Âi 21:7* 

ïitii4e$ hommesk Difcoan dsCfrurè.fet^^lii^ 
faii^' à rheore de fa mort . traduit 'du' ^Grèot 
de Xenophoo. Lettre du PhiloCophe Chioftà» 
foU^Pifre. tiradoite'ds ippec.- Gei ^pièces far* 
IBMM an pe^ vofaloMe de iia pagesvt'g. ^ 
rSÀsiri. Artraîe d%iitf LHtr^d*im*Smmd9 
ceM yiUe* «.OajaTennarqaé ici, qaeitelNoiH 
,iVeUer Littéfaiiià8 ide notre ViUe'unoqiieiir 
,/«Sitéèreffleot danalo-Bfbliothéqaédcf Seim* 
,,'oeé &, des Beaux -» Ârtt. Btaoc depuis troî« 
•^fièciet le ûége d'ime de»[ri«s célèbres Uoi-> 
«yverSi^s de FSiirepe* elle D'en eft^^at^oùt à 
«^fiûc ilérUe^ Q^y voit aocontMire ^de-team 
„ eBrtefflrfies'fôèces imprimées 4 qui^ a& aobéri^ 
,;«eiit pas d'étrrincoainiés au Pablkb' Tels 
i^Jomt' par. ex^opte les ^9a Pèf/ic9^Meiiea^ 
,^teSddétédeaSavaiis deBall^. eo^re leC* 
irqnris fe eroofrent MeΠyeim /^sda/pie & 
),l>rdertc ZwHtosR, -ftèrev, tooa deaa trè^t 
t^kM\e%'Méêecm^ Mr. J9cnM BaasrouLLis» 
y^'^eux Mathématicien & Pbji^idèn.^ On etf 
i/r défâ; 4 Vbittmes in 4. dont te den^r oe: 
y» aie que pacrttre chez Mt,Jl:em''R^olpbti, 

\«€enx 9ii étudient en Théologie^fe fervent 
n avec beaacà^ d'ittilké ds petit Livre ,fuU, 
M ¥BBC :Jf ar. GbrJ/isftberi Beckii ;4<S.Tà. D. gf ^ 
M Pf s/, ^mâaméma TbBêkgki fiÊtmsHs. & f«Tw> 
,,ict<e. B.-BafUeaf l^pîs EmÊmieêii^iJ^meyfeni 
„i757.pagguiiiS8»'Qn y tcocveapcèaiet frôlée 

lydi^BO Abrégé:.delaThéo{o|^e i»itarelle«1ef 
,, Preuves dei» Révélation» ia Vérité^ la Oîvini* 
^ têt lc,CaDO»dlBl^£crltttreS..Get€lovrage do^ 

..O^... .^ „., * - »^.fç^ 



4 » «M 



>i8 3Smm^n9^^M vm Sçt^^ 



,^ue9 A€tdéniâ»» a iai»fHir.âciii& i«re«Hiiafr«il« 

»,Ob «itiiid xte lui Mi^ âteégt^.de te Tliéisto- 
„gie ié^léei» écrit avec. 1» m^vm 9fAtiSm^^çt, 

,» vrU prochaio Coo tcotf àok^Jublié ^visfl i«liC2^ 
^ réipoiiietordiMbre^. Ifr Jf. A«ft«ur J^«i i^ 
I, ëijfè« T^muuars^a» Vfofs fii> &fOî( <S^ftii4iç 

^ V^ & les iwirice» i)« céiàhf e^ J^^ofi iiiNit^iFMau 

M 2a. FéttiÉr de t'aime» ptffift C% I>iftMi?l 
„feBa ioprioié, &, outre .teifptfftieiitttBMft:» 
;mvA rcgôcdoii U PfXfoQMdii 0éfismi.rjei* 
„ fomera ea oiéQ&Jtemr IftfobUc <ier>l»;£aQ^ 
^ dsilon , iitt'ii tilateepoiur PiimoddBiLQii À? VSr 
4,t9ide 4e li'j;iiâolPele.« & :ftdf^tpttt>def«iu^ 
;^^gii€s Orientales , ayant nommé le raAmetllS[(. 
.4^ Jtfik, pc^ibltf :1e pe«$Ai0f^fit^c]iftettr.^e 
,. cette Foedetiott* Ko «^fibuneatederiOflt^ 
V»DûiBtoa^«Q Mik.Sidk» pHs^9 tiw ^J^fi- 

^F^if e i&ic cette l6oéiAi(»m;6rtyiDti)et.lî9ft^ 
^:v«iitîoai. i|B'il.tvoit MiitéareyDc fo^iAmi 
^vA^<^>*î#ffttvie&lPaBtyMM^Â3mf^ D^ 
\^êL FroU «D TMokieter .^eMbâ momm^^pi 

„cet ofage. Mr. ffiy i .^mmimMm<^ 
i^ ppiu la demeuif du ^cftism , a^„«,^ fa 



«BiUlodièMe^Aeft fan coofldénUe. U 
ttrsbUcdok loicrtvtir conte roMgattoo,^ 
^igs'nm fendaciot» deceiic nawr inMct* 
^^i^On a perdu id un célèbre Matliéaiftc{< 
vpCkD» JNiocMkAs BtttttoiOLLit PfoL «Q Orolt, 
»i qai «KHffat à li £n du Nov«vibi« de Fannée 
N^ptlKe d«e l\^ de 73. «ne. " 

LAOsâJVHC. Le fécond volane de It Fbyfio- 
ioffe de i'illbftre M, 01 Hall» e tu le 
joer. 

Os imptime kl p«r fo«fciiptioo VBifiékâ 
4€$ tfwvkUê dés Cevemms ou d0 iu gucru 4es 
Qméfà^s f$m kri^ne de Lmis Uihmà^ tké§ 
nie tâmwfofUi^fHnu ff mHntiqiMi ^^dàsob-, 
ftmmi9nsfé^$ifur la lieux mêmes ^ avsc une 
ùmâ dès Cevmmes. 3 vôl. iniz. ^ ïiAtusur 
Éu^ Fatri9t4 tfonfàs ff Impêttial. .Voici ic 
profpeûiiS'de cec «oviige ûMéteffaiit.. U im- 
y^te qu'il foit cmntt, & qu'on fodUié à la 
«Mté les ttOfeiis d'iopoTer likoce tu men- 
feeije & à la caionmie, tppuis ordioaires dp 
l^iitqeléraace & de le perCécttClon. 

Il Si' Attteinr do PéftriêH François & împwfUàt 
nemreprend de publier VHiftwt d^U Guerre 
ffàes Camifêrs^f^<Û€ipite que ie Public br^ 41a 
n accueil d'eiltai^ pins favorable i fou travail» 
»^ cette Uïdoire ne fe trouve )»i(qnes ici ^ 
„«iedai» des^efatiooi Imparfaites^ ouvisge 
^ee Itptf^liiiiédtde la fi&io0.<i4ts ^ne^ 00c 
^ti9gété à VttLti$ ce qui pouvoic rendre les 
«Camifars odiedx & ont nia (ut leur: compté 
i»dssévènette»'aaxqoeit ils n'easenc luacaoe 
,;part. El dTaotres pour {ultiâet ces«itiéç^i>- 
„tènB , imaginèreat une forte d'hofimids qui 
».ii*ont Jenals'eiâÛi 



^*,^Ceft >fiir 4e raeilleurrMéiBidlret &jivée 
^^ptatt iTftiioiirpoàr It vérité vqii*i tnv^Mt 
,»r Auteur du Patriote. Nonfeolement iî-Vett 
i\ff9Pnétottxe qui a é^ Imprimé fqr cet 
1$ imatièrei^ A a ramaSé avec beaocoup de i>e}» 
;^tDe^''i'gvmdi frais un itoiÉbi^ t^ès^confldé^ 
y f«Me de lottrftattx ft: de JUétiioffes mamip 
„fcrîts, ÀTtïïéé flir les iTeux, tant par det fh- 
^îMIqd^'iiii&par des Proteftana^rà meTure 
y que les chofes arrivoiisnt: mais de plos^ll a. 
^n fokr <rès ran 1713. dé fê iia^rportef Hant 
^ tf>i» lea ireux oîi lea feits fonc aârlvélT^ <^ 
^»8êo^ler efi différentes occaGaof nombre^^lir 
-perfores éclairées , toutes t^orut^ oiii.inq* 
tenrs éer évônemeos; de^s cona^ifer avec 
toute l'^atiefition & Textâiiade tmaginabicsi 
„ de lef ei^çeirdre eontradiOahemeiit > & ^e;, 
^-comparer «efeite tontea €§$ -reiatloiis.- '«^^ .. 
. ,, Cet Ouvrage quicommeuêe ^^^'aottée 1709 
ue SiHt quVft 171 r. On y tro^u^fca nombfc 
débits tncdnuus jufqUes ici» mais ^ond^^t 
^les pièces les plus authentiquei, fur * toor f^r 
M^rapport aux î^égocfations^dea FuKTaiicea^é* 
étrangères, qui pcnfèrent fur li- dw â tk^ 
,', quelque port i -de • ce fou lèvf me M. ' • * - ««^h , . 
' ^ Les Mémoires d'où tea faita^onl^tirér^ fe-t 
^Tcmt fideiemtnt 40ités^n margèvOA'paftifMt* 
,,Her deoxOuVrnges auflî peu eou^iB «(u^^ 
,, fleux & »>«éf f (Tao^ L'HiûoIre manuficrke 
^deM-i>BX'aBs.Aci^B, GonfeiMeçau^TéfidM 
^écîimeit^ & qui a été depofée dans uim^^r^ 
^oeofu BiWIothéque ; & iesJMUHpMiirec mwi^ 
„ jerits do fiaroad^AYGAUERsirquî parvoi^|> 
i^de la Cour eut tftnt de part- à la leddition 
^ des Csmifars , fous les aufpices du Maréchal 



9* 



. i^Oittre ceiAfAoo&rtf du a -ftit'iifags de dt 
v^ verfes Relatiofli tofflpofèeipavfla&iBsf^ 
ViDîi^t dtftiogvéïr* parmi eut. . 
'4*0*1111 tecoeti d^cnviron-sco: Lettre» or%t; 
^miliM de «ei« Mkiillrts & Ambai&deiifrde 
„la- Gtafide -BTOisgne & de Etafs-tS^nérattx, 
^leU que iUirlteraiifi^, O^MfVn rS$miÊm9 

■' H EBfin d«i lUftilation» des EMi^Oéadiau , 
^foovest en:orlgl1la^ 

ï •^.CectrHiftoird eft- accompagnée d'un grand 
^Bombre deNoéef) la plupart de(liilée»é le^ 
ÇileweJp le» lie>ràei iei fâiis groffièréf d«eâii«» 
?i.feiii« qol^oft^ tffatMtUJé fur ee foaletcomic 
- ii Le fonitaY lîera conformée eelul-oî ; ft oa 
^ne fié^fgera Hen pdar ta beatflé de l'Edi- 
^tion : Oa y joindra aufli uneTMfe des Mar 
„tièref j & ttiie'^rte très-détaiUée'dealfettK 
tt^ïpïi ferurireilt de Théâtre à iaguerré desCa^ 
f^mifers ; & dMt on n^ famoit fe paiOer poar 
^^^iftl^iligefiice» de cette hiftotrê. • . 
'4t BoreeevaUt le premier Volume (}ai paroi. 
y,tra dan» le' eoaraot du mois d*A^f il de cette 
v^année lyôo.ceox^qui auront foafcritpayerotic 
««deux livres dfx fols argent de Frariçei ' . . 
. I» Et en recevant les deux derniers & la CaN 
^«>att môis-de jaillec prochain , on payera 
,Hioellvre^dlX'ibts. v. 

., Le prix tfô l'ouvrage pour tîéttxqof n*âti^ 
trtonc pas fonfcrit' fera de fîx Livres mdipe 
WibomKrie. ^ '" - '■ " * 

„On peut fotffcrfre i Amftèrdarnaf, chez M* 
ff>U. Rey. 



"i r ' ;,-'■• . . *•-'*"• 



ÂLLK' 



à U h Jb M A. fi.N Bi^h, 



Ai 



lôtiFfiçiu lie bniil dei uwmM'eS&t^fim 
to Itelaiw U tf*y s pu Jdng^iMf 49i1aiiBl- 
ile« d'm Cndi^ «Vc» tefyiièMMà'iiii Oficàer 
^ &oi ^f Pniflè, le tj^moAikt Fùêmtréi 
Ciffiées & J*4iMf^& TOtoio^vrâ piéfoiit^^Éis, 
tmuffi Avditeor du H^gtflMtBt ite Jteifii 
XâP^ioie ék même jjomtff , dite da €m^éâ 
SaxendP^ pfis de Bamb9rf,^.mï QQWtag^siç 
JPoliHqiie^ (m t«B moyeos d'tg^tiaiidic&i&ai. 
iiorer It» EtMsj 

Dtiii «ne comte Pf éfice VAmemt déctaxe 
4qpe ce fui* l'a te plus attteé^i comlooefi d^ 
cultiver les Lettres ioMis iei: yreos oiédleiA} 
liAart & dé Settonse, c^ Texempiede ùktêfffr 
fifteMallfe'iqai dans ie cours de' cette GttcU^ 

hArgi ce que noes renik'qttooe id'entii&fMKi 
snpiioixieTB. qu'il paroit de^à ii|ià?o0 m <JM|e 
:polnt en Prnffe 9» ce fsppléiBetic ne «iwûe 
-de la même plmse que les Ménoirea. LJm* 
yia^4e Mr. Pbiuppi cft coœpofl de IBOSL 
.fibapfcies dont voki les Titres? Le /Vfnee^ 
le Minifi^id'Bza^\ hPo^la^m^letAméui 
H.ltimé ée Chr^cUneu ia Likêrté éâiu.iê 
PU QvUei k Canmentiie^ Imp^'fhimÊk^' 
«lien de U Jujlice; les EuiiSi |a ^êUtmyâês 
Jpi^neês:- 'Sam ce» Haiecs.' font- ctakéa.im 
4»ea foffirficieiiieiiicat^ i 1» nrCt ité ^ «a» tMi- 
jours dhioe manière iotéref&nte, petitf;inmà 
jftottfaee dteenfiles ftde tlail»))iftiN!lqttei qôe 
l'Auteur a recueillis. Il invite au rew» èéox 
d'exure fes Lcâéurs qui foht en état de Jogar 
de fon ti^vaî^ à lui communiquer leora te- 



îîîî'5*^^!L* I^ày«#ilr4w frmts (i«| paorroient 
^^ *S*.,i*2P**^- T^J!^ i nffrenért, dit- 

i»ttutMrMJ*kMtwMi»*ifti« Arlé potM/hnie 

p «w» f ««»</• mm jm mgëii^. ^Ce LIm 
«Mtt» un Voteme Iflt Sw «e tttt pèeet, ft fe 
i«d kî A iFMKfon W céîltw: dZ 

AKom fte. Akfi €i#vlj hStori suiimH^pié^ 
^.HL Y*Î^ Ç*^^ * «^ *• ^•^ <i«>*r«* 

atl « « iIim»9Mi^, tvec He ipliis graâd fuc- 
^ ZMir^iSl!^ Ger^M-d»!» CM iis Z^B9ifîtH 
"^if^^^^^^J^fi^^ ée Ch*rl£« Xa 

^ém^ej» trmnOs éti Imm Manu/èrùtr 4e 
JlrvFM&f&ic EmtûBt DE PAtaicfi, tmr lets 

mi&i fmcàMt ^t^mfbân (f U4^éft^m^ 

:mmim iSuédeê^ tjsp. fti 8. pp. 490. Aoils 

, IMI «4'Hlfiofre$ do Béret du Nord , <QifTim 

^»t(iM avec frtaifir c«il« dont notit vemHifiée 

éoaner Je ticre, ou plut^^t on «a^ préfèrem 

^ IjMliÊiMip À mutes Je» Mtres dâii« ce ouà 

-tftnoitiie ksmrantunM de Chftrias Xff. i fita- 

étlN. >Mfv «E FAM3CE Ait«iv«le^sLef4M 

^iw»| <a« V ««« à Bender t^ec ^ec MolMifAii*, 

4Mt4 éM)it ))ittisiiMéf!rnei»<iiaié i canfède 

•fa dfofture» de Ion efprk «& defon enjoii«- 

lUtfifi Auffi tet €e«rw ^u'î! écr l»ît au Ooc 

f. . _ 

ne 



t24 zBinLuyrawsm dbs Stmntmf \ 

« 

se multitude de parcicalarités qui ont été 
incopnues à MeiÉears de.yoitaire, la Sfht- 
»û^if Nordherg.& à tonn les autres Auteurs 
^ui nous QDt parlé du féjour du Roi eo Tnr- 
jquie.. Tott» ces Hiftoriens font mention de 
iir. Bft Fabrics & de la grande confiance 
^ue Charles Xllé avolt en lui» mais ils n'ont 
pas eu le bonheur de voir fes Lettres, 1 
•l'exception de deux feulement qui ft troa« 
vent ,daps, les Voyages ^e la Mottraiye\ 
^ qui avoient été communiquées à ce der- 
nier par Mr.. D£ Fabrice lui-même. Toutes 
les autres qu'on nous donne aujourd*hui n'a- 
"Voient jamais été imprimées, nais alTiiréfflent 
çlles méritoient bien de.rétre, & Ton do^ 
/avoir beaucoup de gré aux Editeurs du bipa 
^réient qu'ils^ font au Public. Ils ne tr^* 
veiît pas à j^ropos de nous apprendre cofii^ 
ment ces Lettres leur (ont parvenues, jfàSà 
jis ailurent que le Manufcrit François m 
.authentique, ils ajoutent même qui! éQ: 
très-proprement écrit & queO quelqu'uik vôu» 
Joit s'en accommoder pour prévenir que d'une 
Traduàion Allemande, on n'en lafle une 
Douvelîe en François, il n'aoroit qu'à s'addrèt- 
kï aux Libraires que nous avons nomma i 
la tête de cet Article. . t 
4 Le Libraire Lank^ vient de publier niiè 
nouvelle £ditiou. du Dl&ionnajre Flamand^AI- 
lemand, & Allemand - Flamand de MATT^uf 
Kramer: Het nieuw Nedtf Ho9gduitJch ^ en 
Uofig'NederduitJcb lV6$rdenboek 1759, Quoique 
cette Edition ne foit qu'in^. elle eft je beau- 
coup préférable à la précédente in, folié. Mr. 
le Fiolefleur Titius 1 fiditear de Ja i^ooyelle 



Ji^ augmentée de plofleurs milliers de mots 
qoi ne fe trouvèiic pis dans rancienne ; ellt 
€& mieux imprimée & de moitié moins chère* 

Mr. le Confeiiler Gebaubs» qui 8>ft hit 
tant de réputation par divers Ounages. (nr^ 
tout biftorîques» coiatinue toujours malg^ 
fon grand ige à travailler ntileoient pour le 
pablic. Sa nouvelle Hifloiré du Portugaif oui 
parolt depuis peu chez Fritfcb, eft trèseftimée» 
&. fait fonhaiter qu*il puiiie mettre fa dernii* 
le jnain ù celle d*Efpagn$ qui Toccupe ac- 
tuellement. L'Hiltoire du Portugal eft écri- 
te en Allemand & forme un Volume in 4. 

Le même Libraire débite avec beaucoup iê 
fticcès un nouvel Ouvrage dont le célèbre Mr» 
GoiTscHEO vient d'enrichir encore la Repu- 
i»lique des Lettres: Handlexicm, ffc» c'eft- 
î-dire , Manuel Lexique ou DiSîonnaire port«- 
tif des Sciences £f des Beaux- Arts 1760 in 8. 
lue Oi^ionnairé eft très -bien fait & çon^ieflic 
use infinité de chofes. Le favant Auteur v « 
iaix entrer non feulement i'Architefture , rE^ 
loguence, laPoêfie» le Peinture, la Sculpta» 
re & la Mufîque, mais encore les /Vntiqui'- 
tés Grecques & Romaines, la Mythologie ec 
Jlconologie. On y trouve même quantité de 
particularités hiftoriques ft d'anecdotes qui 
rendent ce bon ouvragé aiKti amufant qu'utile. 

ToRGAu. Mr. f. £. Schwant vient de fai- 
re imprimer ici chez Rûdeln une Differtation 
intéreftanie & très-bien écrite, fous ce titrer 
de reJurreUîone Jobi exercitatio critica. in 4. 
Le fâvant Auteur croit que les Saints qui r^- 
Infcitèrent lors de4a mon ieJe(usCbrill(i)f 

étoieat 

fi) Métth, tfrsu 

Time mu Parut P 



étofeot des Propbèees de rÂncitn TelUttcut, 
& p^rticulfèrement Job / duquel II eft dû 
dans )a Bible de» LXXé qu'If tUit fejfufi^tf 
ÉÊVic ceux iUe k\Seigneur teffiàfBiterû (2^ Ce$ 
paroles qui ne fe trouvent pas dào6 rHebH^; 
mnt appareinment été inlëréeft par ^uel^u^ 

Juif dès avant la naiffance de Te(\i9-Caiiijt. 
luGeuis Pères de TEgllfe ont aufli cru que Ûb 
fut du nombre det reflbfçités dont S. mth 
thieu parle, ft ce qui rend leur fentiment 
très -rraifemblable» ç'^ft h verfet wzihne iû 
Cbàp.y. de S. j[aque», ftir-tout fi IVm bft la 
Verfion Syriaque qui porte: Foux ooeÈ ap* 
fris quelle a été lu patience de ^oh^ ffvous^ n* 
mez vu ce que le Seigneur lui à fait toftb-fiow 
meUementi carie Seigneur efl mjericordieux ^ 
plein de compajjion. Lfnterprète Syriaque yî> 
Tolt dans le premier ou ^ni fe fécond fièclè, 
ft fa verfion donne tout, tien de penfçr qiie.^| 
fon tems on croyoii géfiéialéffient la réfonec^ 
tion de Jpb. 

] E N s. Il y a beaucoup d'éïuditlon & de 
bonne critique dan» le fecond volume dés 
Dfffertatipns far les A&es des Apôtres , que 
Mr. le Profeflèur Walch vient de publier: 

{0. Ern. IikiMAN. WALCair, Pbil. D. Çf >, 
*. O. in Academia Jenenfi^ Differtatiohes in. 
jitta Apojlolorum , quitus multà antiquiti^s 
jfnerœ ff profanœ capitq expîicantur atfue Ulu-^ 
firantur, Apud ]. P. SchilHttffl 17^9 in 4* 

Berlin. On trouve fer, i Stettin &àLeij^ 

flck , le Recueil des Ouvrages badins g* /Jtfy* 

Piqués d^ célèbre Mr. de Justi. Le Libisi" 

le Rudiger , qui imprime cette excellenre Col- 

^.^^ Uftlo0 



UàHiHùt en a déjà poblté deox Toloiaes th S. 
Le tiolfième & dersier paroltrâ danft qoel-^ 
ques mois. Peu d'Ouvrages AUemamds mé*' 
lîteroient plas d'êtrç traduits en François. 

En voici Un autre qui àe fait pas moins 
d'honneur à l'AIIemagRe^ ft dont une bonue 
Tradb^n ne fauroit manquer de ptaire aax 
gens lie goût; ce font les Fables dé Mn 
GoTTBOLD fiPHXAik Lsiffiirc, Imprimées ic)' 
pir C. F. Vofs. J7S9* un vol. iri t. de 2140 ppw^ 
Qtoiqiae Mr. Lbssing foit un exceilem Poè- 
te, il à écrit ces Fables en profe , parce qv'il 
a camîm que la ccmtraime de la mehre ft de 
la rime , ne nuisit quelquefois i cette préci-^ 
flon & i cette élégante brièveté, qi4 félon 
lui font effentieUes â ia Fable. Il ezpoie feé 
idées li-deffus & fur tous les autres caraâè- 
lâ de i*A^k>gue» dans quelques Difcours 
qui nous ont paru d'une grande beauté. Pour 
ce qui efi de fes Fables mêmes, on péo^ra 
jager des autres par celles que nous atlotif 
traduire. 

Le LkH & U LUvrti 

* 

1^ Lion s'ainifoic quelquefois i t*entreté«. 
air 'avec, on Lièvre. Eft-tt donc vrai, lu! 
demanda un jour le Liivver que tous auti^etf 
Ltong votts preneis la fuite a« chant d^un rai- 
féralbte Coq? Rien de plos^l^rai, répondit le' 
lion • & c'eft une remarque générale que les 
animaux les plus grands & les plus noUes ohé 
toaioors quelque petite faiblellè..Tupeuxpar 
exemple avoir oui dire que rSiephint fe trou'' 
ble& frémit quand il entend grogner un co-» 
chon. Tout de bo]2 ^ interrompit Jkl Uèvrei 

P % Ahî 



tui BlBLlbTHÉQUB DES SciJQffCfiS;. \ 

Ab! je. comprends i piéreot pourquoi noM' 
aii^scs Lièvres nous arons. une fi tcirlbl^ 

crainte/des Chiens» i 



>f 



Hercule» 



• * * - • — 

. Lora qu'Hercule fut reçu dans le Cf«f/1d 
première' Divinité qu*il faipa^ce fat Juxtfm. 
ToDS les Dieus & Junoh même s*eD écônftA- 
rjenc. Héçaoi! loi cria- 1- on, c'eft pour^W 
tre ennemifi que font vos ptemlèrea attentionst 
Pour elle mSme,. répondit Iflercule. Ce font 
fes perCèctttionS qui ont donné lieu aux tra- 
vaux par kfquels j'ai mérî$é^ \é Oel. l;ôlit 
roiympe applaudit à la reponfe du noiivéau 
Pieu, & la naine de Junon fut défarmée. 

Le Corleau & le. Renard 

Un Corbeau cmportoit use pièce d'une 
viande cmpoifonnée que le Jardinier irrité 
deftinolt aux chats de fon voiun. Au luoment 
que le Cotb^u alloit dévorer fa proyé fur un 
vieux chêne, un Renard s'approcha & lai dit: 
Je vous vfalue , Oifeau. de . Jupiter » ioire^' le 
bien*venu. Pour qui me pcentis-tn? lui ^de- 
manda le Corbeau. Pour qui je vous prends ! 
Eb! n'êtes -vous pas x:ette Aigle magnanime 
qui de la Droite de Jupiter, deicend jôiinielle- 
nient fur ce Chêne pour nourrir le pauvre 
Corbeau? Pourquoi. vous dé^uifer f ; Ne vois- 
je pas dans vos ferres viâorleuTès le préfçnt 
que votre Dieu continue à p^nvojrer p&tO' 
<tre. mpyet»? Le Corbeau étonp^è ne fe JÈtttoit 
pas de, joye^d'iêtre priàpour une Aîgle. U 
* .. . ne 



j4Myife; Fmm, Mars. 17^. as^ 



M 6iit p»8 9 dîMI eo . loi-même, qtfe )e détrom- 
pé ce 1lmitrd-Oénéreuf«meoc ftapide il iul 
Mile donc tomber fa pràys • ft s'ehyole gon- 
fié d'Qrgoeil. Le Reoud rit , té }ette fur It 
viande & la dévore avec une joye maligne. 
Mais blentât de violentes douleurs fuccedë» 
renc à cette joye; ]&.pà{foD commença i opé- 
rer & le Renard creva. Maudits Flatteurs» 
puifliet vous ifattrapper paf vos Aitteh*es 
que du poifoni 

Lf Ro/ftgnol ^ VJIotutte. 

. Que dire i ces PoSces qui prennent fi vo- 
lontiers leur efTor fort au • deflus de la portée 
de la plupart les Le^ttrs ? Que leur dire, û 
ce n'elt ce que le RoiOgnol mfoit à l'Alouet- 
te: Ne ç!é|èves^tti fi .haut, Amie, qu'afid 
qa*on ne f entende pas ? 

VOfnhre d$ SaUmm. 

Ufi hounè.tk Vieillard portoit le faix du jour 
& la chaleur pour hibourer fon champ de* 
fa propre main & pour enfcmencer Iul*mi« 
me fes terres. Tout d^n coup une appari- 
tion divine s'offre à fei yeux ious Fombre' 
dToQ TitleuK Le Vieillard eft effrayé. 

]e fais SalomoD» lui, dit te Phantâme d'u^ 
ne voix faqitière & eacoûrageantè. Que -fais- 
ta ici , bon Vieillard ? 

Si ttt ei Salomôn * pourquoi me' demander 
oe que ta i||i< bien? Tu nf envoyas dans m% 
ieuneffe i la Poutotl; je regardai fes voies, 
& fappris d'elle i ôtre diligent & à amaffer. 
Ce que fappria alors, je le ifais^ ettcore. .; 

. P3 Tu 



(39 Ml»l9tBBBP9rWm^Cîm»y^ 

Ta n'^$ «ppH» tt Ufoii qufi iMkK^^re^ 

ÏUqua $aloinoa« Va eii6<m one ioiit nert-l^ 
burml > & «ppren d'elle i préfenc i €e^ iib|Kh 
fyr dUm It^yvejr de cet- an»» & à }oQir-<kce 
gue tu as imaflé. - !t>. 

Ta ettedigoit Favori deaMufcs^ àébttlt 
importmi q«e foDC ca&t d'înft^âet duPacnaié. 
lirais écQtice ce qu'un Roflîgnol dut éconttr 
jadis^. 

Chante donc, aimable Rofligool» dîfoit an 
Bergçr à PkHoiaiie «n beaa foir de Fiio- 
tems. 

. Hélas i répondie ie &<^&ol, cet 6fce« 
nooiilea font tavc de bmit que j*cn pe^s ton» 
le envie 4e dianter. Ne les entendri^to 
pas? *"'n 

Je les entends fans doute» répliqua ie Ber- 
. ger , mais c'eft teio fileBoe iiol fait que je fes 
entends, ^ ^' 

Hal&il Mr. le ProfeiTcttr C F* Pintm- 
eoura^ par le boa acoodl • que le Public; a 
Uii aux Ftftx des grands CÎpkmtus iptizjmi 
«Mfl/ dans lé pijente' Querre , coatiniie mt 
bon Ouvrage fie vient d*en poblier ie qtetiB* 
me volume. C'eft un |. de 376 pp* iaprl* 
né chea FtÉntkw. Il coatteac les ^^es du 
Keid-Maréchal Keith, àt% ^ieatcnaas-^Cléaé* 
rauz Kalnein^ Ruitz & JR$^eàèurg^ii àts Qéoé- 
' mài-idajofs Aie^^» Jitmémmi. SratAem^ 
- QoHz, BptiÊWi des Cotonel CUta^ft Her^ 
«per^ç & du M^SHTttfe Grfea. ' A Ji êw^étu ce 
voluaie on troave qae^ttêscoirre&iQiiafttM' 
Citions pour leiTofiiesIptteédeat, 



. Le célèbre Mr. Jxav Juncxsr ^ Doftear ft 
l^ofeiTeur eo Médecine f mourue Ici le e; 
Oâohre I^SÇ"- ^^ cle près de 80 eai. 11 
étoit Diftipte de Stabi & zélé défenfeor d« 
ioD fyfléme* 

RotTOCK. y. C, IÇ9PP& a imprimé ^inatO' 
mi/cbâ^ CbifUfgifcb^ ùnd Medkinifcbê Biêb» 
ûÇDtungM undunterftêtbuttgent (fc, c*elli» 
dire, Recbercbis tff Obfervaticm wAnatBmiê^ 
4e Cbirurgie f$ de Médecine^ pêr Mr, Zhcmék* 
SUE VoGBL, DoSeur en Médecine gp enCbirur* 
gie. A Lubeek 1759 grand 8. de ^32 pp. avec 
igures» Cet Ouvrage tfl extremei&enc eu- 
lieiuc & mftrttai& Il contient 58 ObCerva^ 
Mons, DilTertations , ou Hifloires de œala- 
Jdfis & de phjres extraordinaires avec leur en- 
xe* Le$ Articles qui traitent des cancers , des 
heraieây des hydffocèles « des fifioles iacbrji- 
males » méritent fur-tout une attention parti* 
odière. lirais tons donnent la ptQs haute idée 
des lomtèces, de la dextérité , de la prudence 
de JSâf.VoQEh, aulS bien que de Ton huma- 
nité» de fa btenfaifance & du tendre intérôc 
f|u*il prend aux main: de fespatiens» Il eQ bien 
i (ouhaîter que cet habite homme continue te 
boa ouvrage, & qu'ofi nous en donne une 
Traduâion, Fraoçoi(e ou Latine» 

AiiXOira. Le Libraire Ivtrfen a mis ea 
vente: Poëtijchi Gem^hlde^ f^i, e*eft-à-dlre. 
TMeaux Poétises &/entmens tirés de rHi^ 
tùre Sainte t far Mr* }. F/Scbuiot. 1759* La 
plupart des Pièces qui arment cet excellent 
volnme» poorrotent élire appelléet des Uylle» 
Orienules , & piabfj^ toutes foot d^une grul* 
it beilMtét L6 toii^ prend Us fujets dans 

g 4 rifcu-» 



TEcritore Sainte, A tantôt ;Ribl!me • tant^ 
gracieux ft tendre» touibara élégant & no^ 
bie» il a fur-toot grand foin de ne s*écarter 
)amaia da goût ft da (lyW des anciena Hé- 
breux. On admirera finguliétrement les^Plé- 
ces intitulées Mam ffEve; jaeob ffRacbei; 
David 9 jifapb & Heman; EHe ff là Veuvtï 
Noi l*Invent€ur du Fin. Cette dernière efl 
en profe poétique , auifi "bien qqe quelques 
lutres; la plupart font en vers. ' 

FRANCE.. 

Paris. I. Le 8r. le Maire Graveur & M, 
l'Abbé AuBERT ont entrépris un ouvrage moi- 
tié pittorefque & noftié littéraire qui fera 
divifé en quatre psrties. La i. comprendrai 
rHiOoire Sacrée. La 2. rHIftoire Poétique^ 
La 3. rHIAoire ancienne. La 1. rfiittolre 
inoderne. Une fuite d'eftampes , dont chacu- 
ne occupera la moitié d'une page in 8. & fera 
copiée des meilleurs maitres, fournira les prin- 
cipaux traits de chaque genre d'hifloire. Dans 
l'autre mohié de la page & au-delTous del'ef- 
tampe fetà 1e titre dq fujet ,. la date de l'é- 
vénement s4l fait époque, le trait hiftoriqu^ 
en Latin & en François tiré des fources, les 
noms du Peintre & du Graveur, & la lettre 
même aufl! gravée. On délivrerai tous les 
mois aoef^ampesqui coûteront 30. iié. Le tf« 
tre de cet Ouvrage eft: Lis traits àeVHiJloi- 
reUniverfelle.faiirêe Çf prs/wir, diaprés les plut 
grands Peintres (f les meilleurs Ecrivains ^ 
chez le Sr. Maire , Defaint gf Saillant &c. 
|1 en parolt déjà un volume qui contient la 

(Je. 



«,' 



jAiffvii» j F^tii&, UàMM. S^A). ni 



^eoèTe en 130 eflampei. Mair dèi maint dé 
Bl l'Abbé AuBSRT Touvrage a bientôt pafié 
dasa eeties d'un autre homme de lettres qui Iç 
travaille avec te même foin. De fon cÂté le 
Graveur a pris le parti de jetter qnelquea cm»* 
brea dans tes Eflampes qui n'étoient d^abord 
qu'an fimple trair. Ce fera oti Une amufant. 
ft Indruftif pour les jeunes gens. 

Deux nouveaux Tomes , le Ili & le IV de 
VHiftoire dû bas "Empire depuis Conjlantin la 
Grand par M. le Beau ont paru chez les md- 
mes Defaint & Saillant. Le» IIU achève la 
vie de Confiance» & contient celles de Julien 
VApofiat & de Jovinien; Le IV. comprend lea 
règnes de Valentinien I, de Valens , de Gra* 
tien , de Valentinien II. 

On trouve chez Dîdot Nouveaux Elimens de 
tBUiûire de France pour l'inflruSion de la jeu* 
nejp, in 12. 

On attribue à Mr. Bbaudbau , Chanoine 
Régulier de la Cbancelade , un escellenc 
Mbnoire fut Vutiliii des biftoires partieuliè* 
rts des Provinces , & Jùr la manière' de les 
écrire. Il Xe trouve chez Lambet, Cet Eedé* 
foftique efl le même qui a pabtfé rAnal7« 
fe du grand Ouvrage de Benoit XIV. fur lei 
Çanoniuitions de les Béatifications. Il y a 
dans fon Mémoire d'excellentes vuê<{. L'Att<* 
teur voudroit donner â l'hifloire de chaque 
province cinq parties principales: !•. une 
Introdudtion Géographique ^ Typographt** 
qae; 20. lesdétails fur rHiftoire naturel* 
lë, 30. les Antiquités de la» Province; 
4^ le corps d*hi(lôire civile & militaire, 50: 
If recueil des preuves. • Et qui ne fent de 

P 5 _ qqeU 



qodie miUc^ Cetoient^iesh^irei partfaïUd* 
f es balitiement éaites ùàr un pareil plas ? 

Le pincettt& le birrin ste fureoc jantii ku 
fifoinreiu appelles aufecoors de l'hiftoire qoe 
depuis quelque têms. L'ouvrage (iiivant en 
t(t une Bouveiie preuve. Hijlaire des fhtifh 
J9pbes modernes avec Uwrs purtraits gravés dm 
h goûi du cr49fon d'après Us deffêins des. plus 
grands peintres ^par M. S£V«ri£K« (fptAliée 
par M. François Graveur des dejjeins du Gh 
^net du Roi f^c. Première partie Contenant 
fHiftoire des Mitapbyfieiens. Chez Defpitfy 
in 4* & in 12. Les Méupbyficiens donc on 
trouve ici les portraits (ont Êsrafme, HMat, 
ÎReôle^ Locke ^ Spinofa. Mallebrancte^^ Ba^, 
jibadiet Clarke^ ^ Co/ifo/. Ces portraits font 
eu crayon rouf e dans rEditiou in 4» ennoir 
4ans l'in 12» MM^ Carie van Leo^ Piarr^^ 
Vien, & ]iacb€lier les ont defllnés. Le Dît- 
Gour^ préliminaire eft deitio^ à jufiifier lefin^ 
guUer aflemiilage des Philofophea qu'on voit 
dans ce volume. Enfuice vient une eUquliK 
de Ieu(V biflpire , & un précis de leurs iTÛi- 
JDies.. 

. Curiofités Hijloriques su Recueil de pièces m 
^s àl'Hifioire de France (f qui n'ent jaikais 
paru, 2 vol. m 12. chez Du Çbe^ Ouelques 
pièces dignes d'être traDfmi£B$alapouertte& 
d^ofées dans ce Recueil» en feront paflèK 
d'autres dont la perte eû( été uès-peu, préju- 
diciable à i'hiaoire. 

Il paroit une 3f . Edrtioa de VEtat mlitairê 
4e France par ISd; be MoirTAKDEB «!• Lon<I« 
CHAMP, in la. cbezGmU'jfii. Ce petit ouvcit- 
fte eA irè&^bUn fmt, c'eXt rAlmapacb desmî^ 

Ji- 



toiioi» ttib ia Aittifttd» {avant éK^*iiii nft. 
£0 ooiverfei » pour khis ctn gui «^intéreficnc 
ao-0Ài«r dci umn m France. 

Ott a traduit de TAngiofa toi Vàyâgas M9^ 
demis» w i<*rrf{é di pkijinurs Vv^tt faits en 
Bmropi, Afict fj Jfriqs». 17^. 4 vot. in la» 

La NottTelle Edition de VHiJIêire Oénérêk 
fAUeiMgTU du P. BAERt fe déifrre aux foor- 
crivans chez J. T. Heriffant & chea Rollku 
M ih Oo a publié chez Defains diiSaUlane 
1er Qmor«i pofikumes de Mr. Louis. ôHaat* 
eouET en 4 vol.. in 4. Ce Jurifconfolce cé^ 
libre par le Trùisi dis Loix Becléfiûftiques fk 
fooEVcnt rétfliprimé, & par quef<|Lies autirea 
ouvrages entre lefqnels eit un txtrait aojoar- 
4Jiui aflès rare des trois volumes de la Di/ci^ 
fline de è'Egiife du t. Thvmffin en un petit 
Vèloine In 4, aiaiffé dfverfes pièces . foit Con« 
fiiliacioaa , foit Ménoires » tant lur des matlè^ 
tea du Droit Ctvfl » one fur des qoeftions ds 
Droit Canon , qui merUéîent bf en de voir le 
îonr. A la tête de cet ex^enem recueil ef| 
une Préface, où Ton donne, une idée fuccinte 
de la. vie du célèbre Auteor. 

: On tronipe cbea les mêmes Libraires le TraU 
^^éÊf^a€ ^ pe^fue du Cbanget ftc. fit i9. 
de sa9 pageaimprioiéâ Lille ,clie)s Fmefnuke^ 
La «attèie 7 e(t eapoiiée clairement & mife 
i la portée de tout le monde; 

Le IV. Tone des Piaidefers ff MémHfH 
de Mf. DB MainroRr M 12. a paru cbex CI. 

Etriffamv it ne contient que des matières ca« 

IKmIquev. 

* On lait gmsd cas d'v» nouvel ouvrage fn« 

ti. 



fS^ BiBUOTÂioiTr-i» tosMcst;^^ 



tftulé Dev»irs teiléfi^iquet- i. F(tni0 fkc: 
par Mr. Sbvot Prêtre i«^ ia Cimgrigatîm 4es^ 
EuiiftnfSc.cUz y^Ib.HériJfamnôo. iv^l. 
Id it; de 604 pages. 

lil. Nous annopçoni VBifioire de V.Aç^- 
mte Rayak in Seitnctipùur l'année 1754. ea 
attendant que nous puiffions en rendre 
compte. 

Mémoire -Jur les Os pour fervir de répmfe 
aux obje&ions prepofées contre Ufentiment de M* 
Du i^AlliSL du MânceaUf rapporté dans Us vth 
humes de V Académie koyale des Sciences, egï^ 
les Mémoires de MM. Haller ff Bourdenoua 
qui ofnt donné lieu à ce travail , par M. Fouos»^ , 
HOUX de l'Académie Royale desSci$nces^ I7<^r, 
chez Guerin (f de là Tour, i voL in 8. de 
240 pages. L'Auteur, qui eft neveu de M.^ 
Du Hamel^ défend habilement le fj^éoiede foq^ 
oncle tant fur la formation des Os» que fur 
celle du cal qui » lieu dans la réunion det 
os fraâurés. Les trois PbyGciens d*accord 
fur les faits n'ont de difpute que fur la meil^ 
kure manière de les expliquer. .* 

Un Auteur^ qui parolt avoir beaucoup d'Ima* 
gination & à*efprit» vient d*e& donner de» 
prenves en publiant un ouvrage de fa façon 
qo^il a intitulé Pbantafiolegiet fu kttwes pbi^ 
iejopbi^ues à Madame de^** fur la facuM 
tmaginative.îjôo* petit* in 12. de «67 pages 
qu'on trouve chez Cui(fart. Cet Auteur eft 
M. le Chevalier 4e Fxuiquui^bs. 21 explique 
en 12 lettres, la nature, les .effets, )ès*opét 
xations., les prérogatives, l'éten^pe, lea box« 
nés, les avantages, & les dangers .de-PIma.* 
(ftsatioo. O9 y trouve des vuee cur kufes ùir 



JÀKViER , KvkiBif» MaKs. i7do. 137 

• 

1b toUt & for le> moyens de la guérir. Il y 
a d'ailleurs des chofes affez fingulières. 
* On vend chez l>efaînt gf Saillant le Traiti 
fur la cormoijjan^e ff la culture des Jaeinttâ:. 
imprimé en 1759. à Avignon en 12. de 154. 
pages. Il eft du P. D'AiBevNE de TOracoi- 
re , le même qui a donné un Traité des Rim 
nencules û bien accueilli des Fleuriftes & fi 
agréablement écrit. Le traité des Jacintcfg 
contient 12 Chapitres , •& il eft aulE parlé îm 
la Tubéreufe 00 Jacinte des Indes. Deq» 
planches en taillenlooce repréfentent les diiFé« 
itntes parties & les différens états de la Ja« ' 
cinte ordinaire. Les amateurs Hollandois qui 
otat tant contribué à l'éclat & â la gloire de 
tHte belle fieor, ne manqueront pas de faire 
traduire le traité du P. Ardehne, s'ils trou*' 
vent dans Tes inftraéHons autant de foliditér 
qu*oil trouve en France d'aménité dans loii 
ilyle. 

Voici une nouvelle Métallurgie; Elle pa- 
rott'cbez Hardi en x.vol, in 12. fous ce ci« 
tVe : Oeuvres Métallurgiques de M. '7. Christ. 
OttscHAix InfpeQeur des mines, de S. A. S. la 
Landgrave de Heffe-Caffel ^ traduit de l'Allé*, 
màHd. 

, IV. Cellot Libraire à la Grande Salle daPa^. 
ià\% vend Lettres de Milady Go4MisBerry ffdu 
Chevalier Hynfon traduites de VAnglois , ou ré* 
flexions différentes de celles des Moralifies du 
téms^ adreffées à ceux qui voudront les lire, t 
vol. in 12. de 224 pages. Il entre dans ces. 
lettres nu nombre de 37. de la Philoibphie^ 
é^la fAoïzle ,& de la Littérature, mais rien . 
qui annonce l'ouvrage d'une plume angloife. ' 

On 



i^3t BiBtionoKBtt psê 8g|0ic£»v 

On tfoavera pli» de komm moralt éAn4vât 
autre livr^ i^ae DifÊin$ & SaUlm» ont î«pa r: 
d'^i»^ntf»»v II t pow Uiie Ptn/ifar ^ in^- 

20op»ges.> Lus léâwoQsicmc mété«s &fa«fr 
fent CtfT diveva fei^»» le» peniéet te \t R^ 
liston » r«r r«no«r^«pre « Ou tes psffion»» 
te les^ toott^t 9 X«r ief «wUg^s , te iea cbt^ 

griDflt 

Mais peu d*BcritB.de ot genre (tet conpt* 
taUesauX EgaU fiit iimfM fujttÈ M Lmêr^ 
turë if d^ A&dê ^m> M. r^M Tiublet dMc 
ia Totoa IV. viem de parelire diet Brù^ 
in t%. de 445 pH^^ ^^^m» ne aMaqueiôÉ^ 
ma d*do rendre compte inceflaiiuneftu 

Le Tome ViU. da jyâiivMtt 5|r8tftiiflr f»^ 
M. BâfTAE par4>ic cbex Duchifnf. Ceft vu 
tb i«. de 443 P«SH. L'Mviace eft toajouc^ : 
foft go6fé.. 

V. Nous avons un nouveau Diâioonafae â> ' 
anaôncef qiHS bieA dergeaa préfèMou à celai 
deDaMrOîSKMmaîrf a>f^^ <r.^lttfH«j^ pfH^'^'^ 

G99CS & Lmku ^ PQ^ M< MoKHâSLoar abeâ * 
Oefainc £^ Saillant 1760. x ooi. în ii. 404/3%^ ' 
poeei. Oit domfe icet Auteur laionans^d'âvoir ' ^ 
rempH (m pkn «vac autant 4e fia^licité 4i 
declaaté 4tte de pléokadr# fapa^eitalfoftde 

El» Votd M autre qui y ôfttrca-blen^nflbrtf. 
DfSMWuttre fci^(?n>e tmatlféUMOé^gf^pM' 
Jqcritâneimnc & moderne ^ &c^' 9^0 dbeajDe* . 
/(dta tLSêUlMt inZé de 7^ pagffà H eUteikl' 



•■ I -. 



non feutene&t i tMC ce qui tncériffebOéa- 
grapble âeB JUvfc» Sacrés » mtis encore à tout 
ce qni appartient I celle de THiftoire EcdA- 
iîaftîque îlana tous ka 6ècief . 

Nous nliéfitonapa» à ranger dans )n clalSe 
des Diftionnairea le II Tone dea iUmêiMS 
fitr h kmguê CèlÈipiê ffc.pêt M. Buutr. Dans 
Je i« donné en I7S4» rAnteor avoit Me l'iilftote 
de cette langue dt des foorcea où on la pent tron.« 
?ef aajeard'hiH : Cekii-d » qot aft nn Ut fùMê 
iinpfliBé à Be&açra en 2759 , renfcrnela pre« 
mi^e partie dn Diftkmoaire Celtfqne ia6|iii 
G induCvement; Le III. completf ra le w»* 
tioteaîre dt cet imtnenfe onvrageb U tt veni 
ici chez LeprimTé 

Les Journamc Littéraires fe multiplient d« 
fflola» autant que les DKbionnaires ft les Abré- 
gea Ô^renotogfqnea. I. Le y$umêl tHmget. 
après avoir paflé fucceffivement en quatre 0» 
cioq asalna drffiérentea & criTé pendant toute 
Tannée dernière a été repria par hL l*AbW| 
ARKftOD Ecdéfiaftiqne du Contât dTAvignoe* 
homme d'efprit. de favoir, de géBit» ft de 
goûL II a débuté par un prpfpeâaa tnèt-blas 
fait ft plein de. réflexions finea ftir les diffiéreni 
caraâères èt9 prhicfpales langaea de rEurope. 
On a Janvier âr Février de ce Journal. SI 
la folte y répond» on ne le verra tomber que 
qaand ion Auteur fe retirera. 2. Lô Cmfii^ 
vateuf a aufC recommencé après une année 
d*interruptfoQ dbéz Du Cbejne. 3. Le Mcni^ 
twf tout Phifofopbique . Moral» eitPolitiqoe,i 
cft l'ouvrage d*one Société de Gens de Lettrée 
dont le grand but efl de combattre leserreurf 
populaires ft de faire fai guerre aux préjugea 

oui 



2[tti font foovenc les plus dansefeux enMBte 
es LoiXt II aura 15 cahiers <ie 4 feyjjlespar 
an». L& premier a beaucoup plu. Il commen- 
ce par UD morceau tiès-incéielTaot fur Vavmt' 
tàge iue l*on peut tirer des écrits. 4. Annaies 
typographiques ou Notice du progrès des connotj- 
Jances bumaineSt par une Sociéfé de Gens de Let* 
trMs, chez Viocenc. Cécoic l'année dernière 
une feuille hebdomadaire in 4. à préfent c'eft 
«n 8. de ç6 pages .pjïr mois. On y tionne les 
titras & la notice raifonoée de contes forces dé 
Livres fous 6 Clafles, la Théologie» laja* 
rifprudence, les Sciences &les Arcs, les Bel* 
ies*Lettre$, ji^Hifloi^e, les Mélanges; iqool 
il fauc ajouter un article de Nçuvelles Lfttérti- 
Ks où Ton indique entr*autres les prix ctes 
Académies. 5. Le Génie de la Littérature ^é• 
lienne in 12. feize cahiers par an. Ce Jôii^ 
nal eft defliné à faire connotcre dans tdàSes 
fes branches la Lictérature Italienne. 6. £d 
Semaine ,Littéraire par une Société de Genf dk 
LettreSrpetit in 12. s'écoit annoncée par unipro^ 
fpedkus comme le Journal des bonnéter getà^ 
variée fimplCt fans pejanteur, fans pédar^etie» 
On ne dévoie s^ accacher en rendanc compté 
des Ouvrages, qu'à la partie du ^oât, ft ne 
prendre que la fleur des produSions de l*efprit; 
fans jamais s* écarter des bornes de la polioèffe» 
, On fe propofoit d'écrire /oui les yeux de h/ê- 
gejje ff de la véritf. On affuroic que le joç^ 
menc^u'on porteroic des Ouvrages ne choqae> 
soie perfonnë , parce qu'il auroit toujours la 
décence pour véhicule. 'Nous ignorons fi le fac- 
iès a répondu à ces promelTes. 

% Aux Journaux en peut bien aflbcier If^Sup* 

• ■■ * ■ - ■ -. • • ^1 » 

4 P*^' 



j4NVifiit> FevribAi Mars. lyeo. a^i 

fîémefa à la France Littéraire pour les années 
i753i 2759* 17^- C'eûle catalogoe des Au- 
teur vivans qui appartiennent à la France, 
avec un indice de leurs Ouvrages» On p a 
ajouté les noms des Auteurs décédés depuis 
peu , ies Ouvrages des Anonymes , & une no* 
tice des Académies $ des Journaux. 

Dès que les Tomes XXV & XXVI. de Vmjloirè 
de l'Académie Royale dts Infcriptions gf Belles 
Lettres f qui paroifTent depuis ^eu» nous feront, 
parvenus , nous ne manquerons pas d'en don- 
ner l'analyfe. Ce ne font pas des richeflea 
i négliger dans notre Bibliothèque. 

A préfenc nous terminons toutes ces annQn« 
ces de Littérature par celles du favanc ouvrai 
ge/de M. Schoepflin qu'il a intitulé J. D4 
Scboepflini ConJiL Reg. ac Franeia Hiftoriogrm 
Vindicia Typograpbicte. Areentorat.. i]6o. in 4» 
pag. .I20. fans les plancEes ft 42 pour les 
pâèces jufbificatives* Ces defenlesTypograpbi>^ 
ques iont principalement deftineesafaire voie 
que l'art de hXylolograpbie , qui conGfie à im- 
primer des Livres avec des planches de bois 
gravées, e(l né à Harlem; celui de la Type- 
grapbie , qui confiée à imprimer avec 4es ca- 
raâères mobiles debbis» à Strasbourg; & la 
perfeétion de llmprimerie par des caraâ;ères 
de fonte , à Moyence; que Laurent Cojler imagina 
le premier, JeanGuttemberg Gentilhomme de 
Mayence le fécond, & Jean Scboeffer le troi^ 
fième. Le célèbre ProfeiTeur de Strasbourg 
prouve ce qu'il avance par rapport à cette 
Ville & à Guttembergf par les termes d*unMS. 
de 14^9. où fe trouve le. détail d'un procès 
40e GuStemhérg eue c^tlô aoinée-là ayec les 

lomtf KllL Part, L (l Ipià 



^4i B^iMmoioS Mft Sciwesrj . 

bértiféri là'wn 4e Tes Atfotfét^ «lai quêtait M« 
pdfhloii ^e* téiflôinft & la (eûc^Doe 4«8 14%* 
fliftrfti». Il y 4 bitffi 4et dôiitls (k 4» iM«(f 
daiy^ «et ^diiii qui tfdlil»a de^lorigioe d«*è9i 
art de l'IaH^rinlerrti dif» idét» ^tttz àm^mnm 
de ceU^^ii'^ficB avciky depol» m4Kie que^ 
Fourni tr a tratcé ce fcftef« 

UTE^cfft. J#« à PââiefAufS a iaipriitëli 
piffettéHùMi Sëtf($ /«aiifiiarte, n»kt dSr'Aldl 
£l»fio/a juper Atcma tkàeHs êypêfitdk Ciâtt M# 
C G< Tbaltfofaiitio UffienH f '^^^ ^ ^^Ai^ 
«Itic /flft« 4n Stms Uënja ^mnc reemm 6f Mm» 

«Et Odfltf Eêêkfi^ieê rf^^vkh-GétimUênêéhm 
fa ConfUiOriêiên^^câUemiû Ihfèmmfi TbiMâ^ 

Tbàimmm palDit on t7J?c U0f trèi*cinMfe< 
le dt trififfVdmeDiOdvucloD^i^ù tls'efforfBli 
de prouver qae, ni daoi toTa&ernadenC dMSi 
le Temple^ rArcbe de l'AUianee tf*étote<«Hif 
yerte d'aoe Nuée conii^ tn ï^ crok C O ÛBnm 
néflieoi. €*€ft comte âe Pmdoaie qiMôlifi!^ 
^AO s^'él^ve daof la pfemi#iedra>DiffeiteriMi 
dont aoea venotu de donner le tiive» GHIê 
'4e Mr. TtMkmmHfM inféeée^oote tkiiiàrè^« * 
f*y croirve.viftorieafèmentréftirée()uoiqe»fiiiii 
éire avec on ptid fiop da .tîfaala6»'Di!iiaia)ré« 
conde DilTertotlj^i qoi a^itdéfèpatoen tjifi^ 
le favant i^rof^fSiur de Hirrbortt pT(nm-«A 
expliquant levs. 2ç(dB Cbap,XX V»-îterf jpolb; 
qoe fur la Table dès Paioade PrdpoflttM, il 
y aVQLt'-dei yafea xtmplia « dç eln pMr 'ftlr# 



Mr. 



Jàtmsfk, Pwm»s Mars. niio. h3 

«to^-lifitdoBS. Cette? ièc« n^riu d*éire Ittty 
& fait foi aufiî tû«i» ^ue fa précétffrnte de ^ 
profonde éiuditips & l'Auteui. Noiu pea- 
ôoDi à rendre uti oe^mpte tto peu déiaillé de' 
r^me & de Tauue; niaU iaecede tens & d-ef- 
pac&, nojM noos bornant â ea cecottusaoder 
U Uctiire. ^ • « 

FKANBKftR; On reorerte beaucoup id 1^1 r.^ 
J&AV ARHTZEtiios, Piofclleuf ei> 'QfoqiK dce 
& en Hifloire* inort le 17 ùtccwbre 1759 t 
11i§e 4e 59 aos/ Il âtoit d^ âWezel en lyûi. 
Son' P&re j^«ân AfntZAnius^ Re6fetfir des Éco- 
les Lâtitu»» 4'»()o»d à We2eU- eaCtttt'e à itm>^ 
Ikéâi", enfin â Uifechc, lui infpira de' b(>niltf 
beve le goôc de ia Liuératere , goûc qM6 fc^ 
)^uùà, Antztnius culciva à Arnhem fous la di« 
refiioQ du céiébie IA14 'Çanatgietet ^ & â Ui* 
rtd^t fottfi celle défeaMr^OtfcJktff. Reçu Doc*; 
teur eq Droit i ta fia de fes années académi? * 
ntqae». il ne perdit point de voe leèBetleéi 
Leccres & il y fit de (1 grands progtès ^é^dèlf 
1726 If fut appelle â Nimègae poor y itr& 
Ittâicat, Kxp s^^2 notre Aca^démik Iqi oSrït 
]m Cfaaii:e& d^ltioquence jç d'Hilbire qu'il aç^ 
cepfa , '& qu*il a coUjoars rempiles avec iiCr 
tififtlooe 6et principaux OovMg^ea Xbnt: i'# 
lH[jfkrtû$iott$s hiw» 9 ffKtrMm firtof tkgit de cokr . 
re & 2itiÔura C9mafum^ poJUrÎQf , de eivîtaté'' 
Jlmu^na Ap$ftM Pûulû Utrecht 1725 in 8. Cèi 
IKi&rtationfr (b«rttrè»-curiçurt^s & très-fayaatfs • 

2. Sexti ^ufiUî ViOr^fts Hifiwria Romanat 
cim notit AnUgris Ûùminîci Maçbanii ^ Bya fTh 
ned^ jindrea Scbotti^.jfani Ornscri we' nfifi^ 
f^cn^is Ftht, Silbwipl^ .fij* jÂnttœ Fakri fç, 
^ût, curauii Joauisie^ £rr^^%nv9 IGcp. àntU- j£ . . 
• Q 2 \Jtt-:cht 



144 BffiLIQT&BQLDI IMIS SciBlfCBS^ * ^' 

Utrecfac 1733 to 4. Qaoiqoç Te titre n'« 
dife lieD» Mr. ÂRifT2£Niu8 a ajOQti 
quantité de Notes de fà façon à celles def 
autres Comnentateurs d'Aurelius y0ou $p 
Caii Plinii QrrtVîl Jècundi Panegyrkus , Ofixi' 
Hûtir tor^i/ Francifii Juretit &c, curaocû 
}. Âintsieoio <mi ff fuas ûdnQtationes tgdjes 
tiu Amfterdam 1738 in 4. 4. Latini Paéa^ 
$i Dnpanii Panegyricus^ cum mtis iaicf 
Ms ClaidH Puteaûi (fc, quitus acisétbiit 
Tbomœ Wopkgnfii animadverjioiies çritica liànii 

glmwn eiitt^. Curante ]. Arntsenio , <^ 
fuas adnoMiwes ûdjecih .Af»&€td. 2751 

in 4* ' . - • 

" AutTERDAM. La. Compagnie des Ltibraiteâ 

a fak une nouvelle Edition des excellens ^é^ 

moires four fervir à l'HiJtoire générale des,fi^ 

nances. Par Mr. Deon ps B^aumomt j?<^ 

in 8. Tbm; I. pp. 108 fans ia Préface qui^en 

é 68. Toi». IL pp.. 207. 

'3[. Hé Scbr^eider a tout nouvellement public 

le Tome V. des Oeuvres de Mr. Hui^ie cocitç- 

nant Ces Ejjai/i de Morale ofi Recbercbes juriez 

Principes delà Morale. 17(^9 qu vol. \n 8»' /Je 

On lira avec plaffir un nouveau Roman qàe 
Marc Michel Rty a fait traduire de TAnglois 
& qu'il a imprimé fouf ce titre: Henriette. 
£n deux valûmes. Traduit de VAnglois 1760. 
grakdfn it. Tom. h pp. 348. To^. Il.p^.4r5« 
'..Les connoifTeurs fpot gran4 cas d'çnenou- 
ftïlèVerflOD des Pfeaumes en vers.Plaroaii&j, 
ijtié Pierre Meyer a mife en vente depuis peur 
ÎSet Boek det rfahaen nevens de Gezangen » ^y 
ta H&%^nii^ Sftk in gekmM : aUên » volgens 



8^ geiBôme zangwyziu • op nlmo fn ikU^ 

fnaat gebragt door ein Kunftgen90tfcbap » and€0 
éè zm/pretik Lan» DeOn foins PoJMilo. 176a 
gl-and 8. de 511 pp. Cette verion eft l'Oa» 
Irnge d'une Société de OeDs de goAt. Affli» 
gés, comme tout ce qu'il y a de perfonoee 
feufées dans ce Pay^a, de ce que l'on éontl^ 
imè à fe fervir dans les EgHfes Piamandes d« 
la miférable verfion ieDatbenus,i\ê ont peu* 
tè'à en faire une nouvelle qui répondit mieus 
ï l^zcellence de Toriglnal, & lis ont exécuté 
Ce beaa delTein avec le plus grand fuccèf» 
Leur Verfion eft fidèle , élégante , noble ék 
très - poétique » quoiqu'ils ayent dà être esç- 
tfêmement gênés en s'adreignant, comme ils 
Font fait , à la mefure des Pfeaumes de Da^ 
thenns & au même nombre de vers & de 
verfets. 

Les Héff tiers Janffôon van .Waesbifgi. déU« 
vrènt le troifième Tome du magnifique Çabi' 
lier de feu Mr. Albert Séba en Latin & en 
François. Le prix en eu 40 florins d'Holîan- 
de. Ils ont encore quelques Exemplaires dû 
premier & du fécond Tome qu'ils oSirenc 
pour la fomme de / 90. 

Leibb. Mrs. les Adminiftrateurs du Lega 
6e feu Mr. Stolp • en fe conformant à l'or* 
dre quf leur eft préfcrit , ont choifi dsmA leur 
Aflemblée du is Février de cette année, une 
Queftion Morale pour le fujct des Diffeita-» 
tions qui tioivenc concourir au prix* donc 
Hs font les diftributeurs. La voici» Cmbim 
la Morale a-t-tUe été rendue plus parfaite, dans 
Jts prineipes ,- dans fes nuftifs , (f dans /es jmsg 
par la Révélati9n dtvine? Ceux qui auront atv 

Q 3 f«i 



MNife (^ «d i^t tmffl Iflif <w«ît, foot priéâ 
décrire )mtn DMcruHotoë cil Udlméaû, oH 
ëfi £atl«, «cxie te» faire pwvt «Jr /kflwi ««rt 
)e I Juillet i?4i à Mr. H. B. CàMus^ JBm% 
htur tf F^ifMl^ m Mééeeine & Sêoreuâr^ 
éMtl VIr rififii^ut de Srm» à UUe. iii . Icmt 
tvéïfH «RGorc éç vouloir biea ifemev noe 
femciKe cm d«<*fe * feor Diflct tadon . & d'j 
fèlfidfe ^ bidet cscMé fin ieiqsd fe lî& 
k même fentence , » ^1 contienne la» 
ubin ^ Iwr adreffe* €mix ^i îi'oMervr. 
y«M p†€«« {MTécaatioDg ne é^veac pM 
tf^oi^^^ «Hitf?«lf • qu>Mi irtrtt point ^é^seà 
I letft pièce, lorsqu'il fera qiwAioQ d'iffiKiiR 
k f»rte. Oe prte, qui coi»fi(k an au Uk* 
daille (Tm de la. ^fateur de ^inc cent ein* 
qaantc florins , argent de Hollande , fm 
adhiçé te 13 CMMfv de la mémd aanée 

» Ite lA Hâte. L«s KMHiiIrea* let Géègt»- 
fSies,^inéltie les Pérronncs ctfieiirea d'^rsfff 
ieur^ CM^ftt dft 1>elUaO0iUâk>os àckFlam, 
ti^vtttottt de qedî fatiitolf ^ kar ço4a ^m» 
celte que le Sr.DuBéii,t\'4nmt Xbgénlew- 
6éoef#ehe de iéïir. UC^meéfUdMtihcSs, 
Matéthri- Général dw logla^%de fktnâa dÉ 
Bas-Rliîn; doiiioè «uPublic; (tes leTitrede 
Camps «of o^ra^^itir de ^ CMJWgne d« ITS? 
inWeftphcOie &e àvac te JoinirAL de fafOfé- 
fatien^, dt quftlqttca aatras àUfccaux ferteù* 

Ce to«t tfabôrd ^6 C(ii»f»s ea wilre cbro- 
nélogkjiWi faîtiS'de quatre Àdroeaiix iii«éref. 
faiis>fa¥€rfrt 



'L Omis 4r B^talffe ie r^«nn/f 4i M- U 

iÊÊréchêi D*RsTift'«t, où l'ra voie ia forco» 

& li eonpoMoA, lf«no«is^ leigradas 4e 

M» \H OSdIcMdM I Eut! Majoxt, 4 to 

nombre d««^ flécM ifArtilteHe. 

' n. Plan 4<«x MAmitef 4$$ Hmmwdiniffiit 

Wmimês , cênfé^tmmeia à la ûifMêilm 4ê 

Ci^/ffy/fOfW- 

iU. Pla» 4uSUg9 d^Harhmrg, par M. le 
BHnCê fêrdinÊni 4f#BtON8Wi€X» tfèl-déctiUéi 

Se 

iV» CAftTfi j'Mrale i(m Cên u m m m i d$^ 
^ièfeieMMn^ après la Retraite é^Hamtwrai 
\DÙ l'on voit mw iet Noom des RégiOMM 
ttii tonnée, ft It ^uanticé da BtcaMont d( 
4V(ca)droBt doot chaque «ndrolc a été^^chai gév 

S'ii «ft trèswUe a«x Miiiulroi 4e poaaoif 

MconnoUfc ies divef fes |>oficiona d'une kXm 

fliéc, & la fai^re poor ainfi dire pas â pot 

danc tooc le cours d*aoe belle Campagne* ii 

o^ Mt pas toe motna agréable aux Aaateara 

de -M Gdogfaphie » d'aiwlr devant les ytm 

aoteot de Caotonsstoasle^ës toponapipqtie* 

mMtt ai des pioa dëcaliiés. On eft encove i 

éKIser une bone Carte de la We(lph«1ie,4 

de tels Plans eo fonc d'esoelleos matériaiic» 

fartoi te nomlbre de^ ceux-ct • ii s'eo trouve 

deux « entr'aiiires fort curieux & exécucés n* 

vec ta plus grande exaftitnde^ Vun eft le 

i*aire#« i<tf Wefcr à Corvef j & l'antse in 

<Wag^ de i'Atler 4 ZelK 

Le premier concienc un Cours du ^^f/êr« 
depuis U99$ef iufqn'â Btvâmf avec le* deuil 
le plus circondancié d*uae. demie liene de 
chaque c6(d d« Fleuve. 

Q4 La 



4^ Bmmmêftx^ m^ ScnwG»^ \ 

ilsô-jHani, 4uti eft dflBs Ib 'iDêtne {^le 
oi&e ^ déplus i laPofilion de Mr. le Prince Ff^^ 
êknni:^ vift-à-vlB de Ztli.eL lés ^Sétmiet 
«Dta%aetv{nréi&édi(ées pour foicer ce Prince i 
«bandoD&ec ïm Camp ^ ou^à' combattre, 
r On tte '{notera poinc toi de la Batailie d'if»/- 
irsàfcÉ, ddiu il» >iiéià fnffiiaftiineQt paru 4e 
¥ian¥{ &iqa2axt au Joumai des^pêm^iênf^eh 
ft coDte^feertt^dereaàariiliier^ <fu'il eft cbmpoié 
4es À'ir/etteJ' mômes t etivoyéi^ à la Coor p^ 
Ueffiears les Maréchaux de France, & qu^B 
wmià côâiptédes; Poâtioné refi^eftires des d^x 
Arnéesv depuis le commencemsnt de cetco 
'Campagne jafqtt.*3 la. Retraite d'Hannov'ré** r » 
'}%Les Gonnolifeur^, qui. ont va d^abord^lês 
Deflciûs de l'Auteur , & qui voyent âuiçot- 
é^hulles iix premiers Ptûns avec le oomineo- 
^<^ÉiettC du- J^ù^rmly qu*il vient de pobH6e 
^mme un j^li^ncillon de cet 04iVrsge,i* 
touent ^àTil ne fe peut rien de pkisnec ni 
ni de mieux exécuté à. tous éearik^ La beau* 
té de Umpreffion répond à celle de la GraaU' 
fe , qui eft confiée au célèbre J. van ier Scbley^ 
ft ce n'eft pas fans raifon que r Editeur ojeje 
fiattiff dit-il, que le Public n' aura pas de peiM 
4 réeonnoUre » qu'mn'a épargné ni foins ni Je- 
fenjest peur rendre ce Recueil digne de l'attend 
tion des Curieux , autant par fa forme que par 
(on fond^ qui efl des plus authentiques. L'accueil 
favorable qu'il femble pouvoir s'en promet-» 
tre, rengagera fans dt)ute,â nous donner de 
fttit6 les Camps de la même Armée des an- 
nées 1758 & 1759. «iOnt oafait qu'il eft suffi 
en poffeffion. 

Cette Colleclion, qui eft offerte, jafqu^att 
^ : . pre* 



pmiier dejuifl, au Prix mQfiiqae.d« 36 £1* 
vfis dû Frame > fera entièremenc achevée à la 
fidde Taonéci, & eh attendant J^Aotetir pro« 
met d'en livrer. le tiers dafia ie couraot du 
mois de ]QÏni mais, o'eiigeaolt aucone coIh 
fiance de ia part du Public « ilnefiffriuhrad'ar* 
geat qu'aa prt rata des Plans iju-il foortiirm, 
&le refte demeurera en dépôt entre les maina 
des Libraires o» CommifEonaires /qui en don* 
neranc des Reçus. Outre ceux de ces COrreC* 
ppndans , qui ont été indiqués tant par te 
firùjet de foufcription que par tes Gazener^ 
on peut encore, pour plus de commodicè, 
foufcrire chee les Didributeutra dq préfenc 
Journal, à qui l'Editeur aura foin de faire 
parvenir les Exemplaires en Ton tems. 

Ceux qui voudront avoir le Terrein lavéaa 
'Mtnrel , payeront 3 Ducats par Exemplaire , 
& feulement les Régimens enluminés» 4,J$h 
4î France de chaque Plan , «udeffi» du prjli: 
de la foufcription. 

FIN. 






f . 



\ 



\ 



/ 



BIBLIOTtlEQUE 

SCIENCES 

ET DBS 

BEAUX ARTS. 

FOUR LES MOIS 

D S 

Avril, Mai, J01N. 

M D c c L X. 

TOME TREIZIEME. 

SBCONPS PARTIE. 




A LA HATE, 

Chei PIERRE GOSSE Iniiio», 

LArdri it S. A. S. le Prince Stetlbeuder 

iti Thrmmei-XMii (fc. V- &"» 

U-BCC LX. 



N 



V 




X A B L E 

D E 5 

ARTICLES. 

Aax. I. Effais JUr divers projets de Ut. Pag 
tJrature(fdeMorale.parM. 

U. InJlitutimsPoliti^SjparMr. * 

le Baron deBiEj^vEho^^c. 
^ Tome IL fécond Extrait/ . afin: 
lu. Abrégé Cbronobgique de riÊf • 
toire i^'EsPAQNE 6*r. par 

Mr. DESÔRMKAUaç. //, 

Extrait. ^^^ 

lY.mnoireJBcoJfe ^c. far^^ 
Mr. RoBEi^TsoN. Second 
Extrait... .,\ : . 3x0. 
V. Sbrmqw Ô' PANEGra^ 

. . S^?»tP?^,.jAftUES Ab- 

VI. Mélanges de littérature 
ifajhire (fde Fbilofopbil 
^c. 3e, & dernier Extrait. 352. 




TABLE nt ARTICLES, 

.*■ '• '." ^ . 

^fkXft* VfiL A90l;oGiB * Lotns XIV« 

^ de fin CimfiHntt bf 

fiewçutm ék fSm i(f . 
Vantes ^c. ^ • . . 377» 
VIII. Histoire de PAcudéffàe 
iayale àes Scknces omet 
1754. avecks Mémoires 

Ô»r. 4XX^ 

DL J. D. MiCHAELis Syntag' 

ma Cûmmentatmum. 4ft<$» 
X. Question* fowêent Wh ^ 
* fojies contre la méthode j ' 

d^inoculer la petite - Vi^ \ 

KEFtTTATïON /fr W«0- 1 

tulatkm. far Mr, de 1 
Hâsh. . • • • • J 
XL Dkwcwstration if /Vxf- 
jffcwff ^us fifre fufrime 
Ij^r. 5^ A. Maas; ôP 
^mf J Drffeft, &r /p iwôwe 
jfe/ff , far Meffl Moknik- 

HOFF, PsilkENOT^ ^ 

ToRDAisr. ..... 457' 

Xn. NlCOLAI HSBÏUIEHS I^^ 

VenetwH. ..... 474r 

XXIL KouvftLpBs IrrrfiRAi' 

mBâ. 48a. 



r 



/• 



PIBLIO- 




BIBLIOTHEQUE 

DES 

SCIENCES 

E T D E S 

BEAUX ARTS. 

POURLESMOIS 

D K 

Avril, Mai, Juih. 

MD C C L 2L 

ARTICLE PREMIER. 

Eflàîs far divers fajets de Lictérattf. 
reâE de Morale, par Mr. l'Abbé 
T&VBI.ET de l'Apadémie Royale 
des Sciences & Belles Lettres do 
TotmXIU. fm.lL A Profle, 



, Ô5* BiBtioxnEiïXJE PEs Sciences, 

PrufTe, Archidiacre & Chanoine 
de St. Malo. Tomeir^.k Paris chez 
Briaflbn 1760. in i2« pp. 445- 

>> MSâSiS^ a dit quelquefois d'unLi- 
:^y ffl^^^B vie qu'il donnoit de Te^rit 
9» il@Kj| ^ ^^^ Leâeurs. Un Livre 
)> Sa ff^a w diçne de cet éloge eft ce- 
^ iNt^vtVh lui qui donne de la lumiè- 
„ rel.tjui éclaire fOr des objets peu con- 
. 3, niK, qui développe des idées jufqu'alors 
3, conmfes dans la plupart des hommes, 
33 un Livre, en un mot, plein d'idées, 
^ vraies ou fauâes, mais précifes & dif- 
.^ tinâes, & qui par là rend capable de 
3^ raifonner fur les fujet» que y font traités 
3, un Leâeur qui auparavant ne l'étoit 
33 Das, parce qu'on ne peut raifonner fans 
3, de pareilles idées *\ Ce font les paro- 
les de Mr. l'Abbé Trublet , qui y carac- 
térife fans le l&voir fes propres ouvrages , 
& fpécîalement ce IVc. Volume decesEf- 
fais , qui fera attendre avec impatience & 
^recevoir avec empreffement le V«. qu'il pro- 
met au public. Le volume que nous venons 
d'annoncer eft en effet plein d'idées jufteSf 
devuesintéreflantes&de tours ingénieux, 
& fi on y trouve quelquefois des idées qui 
ne paroiflent pas précifes &diftinâes, peut- 
être faut-il s'en prendre à foi-même, ou au 
' fujet, plutôt qu^à l'Auteur. Si l'on dit que 
les antithèfes y paroiflent trop recherchées. 



Avaitj Mai, Juin. 1760. sja 

ft que notre Auteur , comme Ovide j ne 
quitte guère une penfée firappante avant 
de Paroir prefentée fous un grand nombre 
de faces ou plutôt de phraies différentes; 
nous ferions embarafles de répondre à cet- 
te critique. Nous ayouerions peut-être le 
dé&ut^ défaut fi ordinaire parmi ces au« 
teurs qui ont Pefpr it vif & l'imagination 
£éconae9& dont oneft amplement dédbm- 
mage parles connoiflances utiles ^ & les 
traits de génie, d'éloquence & de goût qui 
dominent dans cet excellent ouvrage. 
Comme chaïque Eflai de notre ingénieux 
jAbbé eft moins un difcours fuivi qu'un af« 
femblage de penfées détachées fur la ma- 
tière qu'il y traite, c'eft par des échantil- 
lons & non par l'analyfe que nous fom- 
mes appelles à faire connoitie le mérite de 
ce IV«. Volume, & les richcfles qu'il ren- 
ferme- 
Le Ir. EiTai qui roule fur la compojltm^ 
les auteurs &f les ouvrages ^foit d'efprit^foit 
defcience en général^ eft rempli de chofes 
folides de ingénieufes. Le favant Abbé 7 
montre d'abord les avantages de lacompo- 
lltion, & ce qu'elle contribue à augmen- 
ter Tefprit & à perfeâionner le goût, puif- 
Se par-li on pbuiTe ifcs idées « on appro- 
idit les matières, on fait un choix en- 
tre fes différentes penfées, & après le 
bten^ on cherche le mieux. ^^ La plupart 
Yi des gens d'efprit qui n'écrivent point, 
„ dit notre Mteur^ reftent des Efprits foi- 

A X ,) ble§. 



tSi BtBLIOTHBQjl!? T>tS SciENCBI ^ 

*, bles, bornés ♦ & fupcrficicls, quoiq* 
nés fouvent pour être forts » étendus, 
, profonds. " (i) Riçn de plus évident 
:que cette affertion , mais il ne faut pas la 
rendre trop générale ; car s*il cft vrai que bien 
des Auteurs après avoir écrit , reftent des 
ignorans, & desfots, il arrive aullî qu'il 
y a de vrais favans & de bons efprits en 
grand nombre qui n'ont jamais brillé dans 
la lifte inorme des Auteurs, On peut s'at- 
tacher avec ardeur à un fujet fans écrire 
là-deffus, & cet attachement de goût ne 
fu£Et • il pas pour qu'on examine à fond quel- 
que matière que ce foit? ,» ce n'eft qu'en 
„ écrivant, continue notre Auteur ^ qu^om- 
„ cheve de penfcr. Dans la converfation 
„ il n'y a guère (nous dirions plutôt /<?«- 
3 , vent ) que des demi-penfées , (ans comp- 
,, ter une infinité de penfées communes , 
,, ou peu juftes. — L'Auditeur eft bien 
,, moins intelligent que le Leâeur. Auffi 
„ ne lui faut-il qu'un demi bon. Mon feu- 
„ lement il s'en contente; mais ce demi* 
^[ bon lui fait plus de plaiiir qu'un bon du 
premier ordre , qui demanderoit trop 
d'application pour être bien fenti (2> 
^, La compofition plaît beaucoup tandis 
^ qu'en compofant on produit de nouvel* 
,, les penfées, ou qu'on pénètre mieux, 
:/, qu'on approfondit davantage celles qu'on 

(i) p0g. a. 
(a) f£* 4. 



AtriIt» Mai, Jvïjk. x^Co. 2Sf 

5, a dëji produites, & que parJi on croit 
5, en lumière. Mais après ce travail il y 
„ en a un autre pénible, long, ennuyeux;. 
„ c^eft celui de corriger, de fimer ce qu'on 
,y a écrie. L'efprit a moins de parc à ce 
„ fécond travail qu'au premier, & Pouvra- 
„ ge y gagne peu ". (3). C'cft fans dou- 
te ce iècond travail que l'auteur a en vue 
quand il dit, „ Qu'un Penfeur r^ette 
„ d'autant plus le tems qu'il met à éai- 
„ rc, qu'il l'auroit mis àpcnfer, & qu'il 
3, eft délicieux de penfer pour qui faitpen* 
„ fer, mais ennuyeux d'écrire avec un 
^ certain foin, môme pour qui fait écri- 
3, re ". (4) Cela doit certainement regar- 
der la correâion & non la compoiition en 
général , puifque l'ingénieux Âbbé dit dans 
la même page que „ la compoiition com* 
„ me la vertu eft à elle-même fa récom- 
„ penfe par le plaifîr qui l'accompagne. '" 
Les réflexions iuivances font folides & 
vraies. „ Ordinairement il n'y a qu'à 
5, perdre pour un homme qui a une cer- 
3) taine réputation, à donner quelque cbo- 
3, fe au public. Il eft rare que l'ouvrage 
3, réponde à ce qu'on attendoit de l'Au- 
3, teur, .- & tel Ecrivain médiocre paf- 
„ feroît pour un Efprit du premier ordre , 
„ s'il n'avoitjamais écrit.— Si vous faites 
,, un bon ouvrage , tout le monde faura que 

<,, vous 

(3) p»g. 7. 

(4) M^ 8. 

A 3 



11 

31 



^SS Bibliothèque DES SaBNcii, 

9, vous avez de TeTprit; maison faura^ei^ 
^y même tems que. vous n'en avez qu'à 
19 tel degré, & même que de telle & telle 
,, forte. Un homme d'efçrit qui n'eft pas 
,9 auteur o'eft pas apprécié fi jufte. On 

ne fait pas il bien la mefure précife de 

foD efprit « & ordinairement même on 
^^ lui en croit plus qu'il n'en a. Vous tfé- 
Yj titi point connu du public. U va vous 
,» connoître & mâme vous efiimer; mais 
^, vos amis vous eftimoient bien davan- 
3) tage , & c'eft Teftime la çlus defirable 
,9 puifque c'eft celle dont on jouit le plus* 
„ — Qu'il y a loin encore d'avoir beaucoup 
yj d'efprit pour fes amis, à en avoir ua 
5, peu pour le public ! 

,, On (Inexprimé jamais fi heureufement 
„ fa penfée, ou du moins fi vivement, 
,, que dans le premier moment qu'elle 
,1 vient à Terprit. C'eft qu'alors elle plait 
5^ davantage. 

95 La perfeâioh d'un ouvrage eft que les 
„ connoiifcurs par lumière y voyeut d'au- 
^1 tant plus d'art, que les connoiffeurs par 
„ fîmple goût y en fentent nioîns. L'art 
), fe montre aux uns & fe cache aux au- 
„ très, à mefure qu'il eft plus parfait 

„ Aucune matière n'eftépuifée pour un 
„ homme de génie , parce que d'une part 

toutes les matières font inépuifables,& 

que de l'autre, (ce gui ejl plus vrai) 
,, les hommes de génie font trés-djfFérens 
,, entt'eU»..« & voyent des côtés, des 



9> 
5» 

«I 



' AvRiL^ Mai, Juin, l^6o. ' i$^ 

^1 faces différentes dans les mêmes obt 
„ jets. 

„ Vous êtes trop charlatan , dît Je Pu- 
,, blic aux Médecins; vous courez tiop a« 
„ près Pcfprit, dit-il aux Auteurs. Gela 
„ cft vrai, pourroient - iïs lui répondre, 
„ mais deft votre faute; c'eft vous qui nous 
„ gâtez. Nous voulons vous plaire & 
,, réulfir , & fans ce que vous nous rcpro*^ 
,, chez , nous ne vous plairions point , nous 
„ ne réunirions point ". Si nous ofions 
répliquer pour le Public, nous demande* 
rions à M. l'Abbé , fi c*eft lé Public qui gà* 
te les auteurs 5 ou fi ce ne font pas plu* 
tôt les auteurs qui ont d'avance gâté le Pu- 
blic y puifque c'eft à eux qu'il appartient 
d'en former le goût par leurs bons ouvra* 
ges» ou de le corrompre par leurs mauvais 
&s produâions. La meilleure manière de 
décider cette queftion feroît peut-être de 
rejetter la faute fur tous les deux, fur les 
Auteurs pour avoir premièrement gâté le 
Public 5 & puis fur le Public pour avoir 2 
fon tour gâté les Auteurs. 

Dans lelIK Effai l'ingénieux Abbé nous 
donne des penfées dignes de la profondeur 
& de la délicateffe de fon efprit, fur les 
ouvrages d'agrément y ggp ce qui fait leur 
mérite f Le bon de ces ouvrages, c'eft ce 

ui plait, & ils n'ont de vrais défauts que 

es défauts désagréables. „ Tout ouvra- 
_ ge qui ne parle qu'à l'efprit, quelque par- 
t) ait qu'il ioit dans fon genre, fçtz toujours 



î 



3> 



BiBUOTHSQPl DU SciBKCBS» 

I» plus eftimé que lu par ceux même ^rp^ 
,^ l'eftimeroient le plus. 
. ,, Les Perfonnes de l'efprit le plus folide 
^^ font bien plus feoiibles au frivole agféa- 
9, ble qu'elles n'ofent l'avouer. 

s« Le Savant qui n'eâ que Savant cher- 
,, che le rare & le iingulier. LeBel-efprit 
S) cherche l'agréable & l'amufant. Le vé- 
9, ritable Philofophe cherche l'utile. 

5, Le Bel Efprit pourroit dire au faux 
,, Savant A au faux Philofophe: Nous 
I, nous occupons de bagatelles les uns Ç^les 
„ autres s mais mes bagatelles fint aEréa^ 
,, bks Çf les vôtres ne le font pas. 

,, Dans un fens les bagatelles du Belt 
3, Ëfprit font utiles , — la leâure des o\u 
^, vrages agréables remplit des momens 
^1 qu'on employeroit plus mal, & peut 
,, donner le goût de la leâure à desperfon- 
,, nés qui ne l'auroient jamais eu. Attirées 
,, par le plailir que leur a fait un Livre pure- 
,, ment a|[réable, elles en liront enfuite un 
„ autre ou les agrémens font employés à 
^y orner & à embellir des vérités utiles. 

,, Si le ftyle eft dans la Poéiie & dans 
,, r£loquence ce que le coloris eft dans ia 
„ peinture , on peut dire\ue le principal 
,, mérite de nos ouvrages d'efprit eft celui 
l, qui manque à nos tableaux. La plu- 
„ part de nos meilleurs Peintres font de 
y, foibles coloriftes; mais pluiîeufs de no$ 
,, Auteurs même médiocres, & aujour- 
), d'tiui fur ' tout <) fontd'aift^z bons Êcri- 
•«, vaips. ,, Au^ 



AviiL, MAi^ Jniii. 1700. 25^ 

„ Aucun Auteur n'écrit mieux une p8« 
5» ge qu'un bon Auteur François. Nous* 
5, lommes admirables entre deux a liftea^i^ 
^ j'ai peur que nous ne le forons bientôt ^ 
9, qu'entre deux points. Le Talent , - ou fi. 
„ l'on veut 5 l'art de l'enfemble fe perd & 
,, devient plus rare de jour en jour. 

„ C'eft mal raifonner, Telon notre Au- 
„ teur , que de dire on ne Je lajjè jamaîi 
„ àe telle cbofi^ on s'^ ennuyé bientôt de tel* 
„ le autre. Donc la première eft la meiU 
„ leure. C'eft de' ce qu'il y a de plus ex- 
5, celient , qu'on fe laffe le plutôt, L'ex- 
„ périencele prouve, & la raifon en eft, 
5, qu'il y a plus dé proportion entre nos' 
,, facultés & le médiocre , qu'entre ces 
„ mêmes facultés & le meilleur, qui leur 
„ donne trop d'aft ion & d'exercice *\ Nous 
avons de la peine à fentir la force de ce rai* 
fonnement qui eft bâti fur un principe très 
conteftable, pour ne rien dire de plus, fa- 
voir, que le beau^ Se Vexcellent font des 
termes fynonymes avec le profond & lé 
difficile. D'ailleurs l'expérience, loin de 
prouver que c'eft de Pexcellent qu'on fe lajfe 
le plutôt^ prouve^diredement. le contraire. 
L'admirable Atbalie plait toujours, tan- 
dis que la médiocre nypermnejlre foutien- 
droit à peine une féconde lediure. Il n'y 
a en effet que le vrai beau qui a des char- 
mes permanens. 

„ Le molle atque facetum qu'Horace at- 
,, tribue à Fir^tlei^ c'eft proprement (es 

A 5 »j gra- 



léSO- BXBLXOTHEQ.UE DES ShENCES; 

,, grâces. Dans les Auteurs, aufli bieo 
9, que dans les femmes , elles font peut.ê* 
,, tre encore plus rares que la beauté ". 

En décidant la queftion^ €'il faut jugef 
des ouvrages d'efprit par la àifcujjion ou par 
le fentiment^ notre Auteur remarque que, 
,, comme il n'y a point de beau fans le 
^y vrai y on peut difcuter, examiner un 
3, ouvrage & le condamner» fi on n'y 
,, trouve pas ce vrai qui eft le fondement 
^y néceiTaire de toute beauté. Néanmoins , 
„ fourfuitMyit fentiment peut y faire trou- 
,, ver bien des beautés qui, malgré ce 
^y manque de vrai, y font en effet". Mais 
s'il n*y a point de beau fans le vrai y corn* 
ment fe peut-il trouver en effet des beautés 
où ce vrai manque? L'obfervationfuivan* 
te édaircira-t-ellela penfée de notre au- 
teur: ,, Le vrai eft à la beauté des ouvra- 
,, ges d'efprit ce que la régularité des traits 
,, eft à la beauté des femmes. Sans cette 
^/régularité des ttaits, une femme n*eft 
3, point belle; mais elle peut être fort 2- 
^y gréable^ & plus agréable même que fi 
„ elle étoit belle ". On feroit difpofé à 
croire par cet exemple que , s'il y a quelque 
défaut de précifion dans ce paifage , c'eft 

Slutôt dans Texpreflion , que dans les idées 
c M. Tkublet, & qu'au lieu de dire le 
fentiment peut y faire trouver bien des beau* 
tés où le vrai manque3 il auroit dâ. dire 
bien des agrémens. 
Cette fameufe queftion, s'il faut juger 

des 



AvRit» Mai, Juiir, 1760. 191 

des ouvrages d'efprit par la difcuilion ou 
par le fentiment , doit être décidée ^ icc 
qui nous femble, en admettant run&l'aa« 
tre comme les arbitres du beau & du bon « 
& cela d'autant plus que la décifion da 
fentiment fur un ouvrage compliqué eft 
toujours le réfultat d'un difcuffiôn lecrettc 
& imperceptible. L'cfprit apperçoit , com* 

Î)are, combine, les difl'érens objets qui 
broient un deflein, un tout, &ies diver* 
fes qualités de ces objets, avant que le 
fentiment ou le goût fc déployé , & fi les 
deux opérations de l'ame fe fuccèdcnt 
aflez rapidement, pour paroîtrc fouventun. 
fimple aâe, jm fentiment tout-pur, elles n'en 
doivent pas moins être diftinguées comme 
desopérations inconteftabiement fucceffi ves 
dépendantes l'une de l'autre dans l'ordre de 
la nature, 

„ Bien loin que la parfaite jufteffç foit 
„ effentielle au beau & à l'agréable, U 
„ plupart des bons mots, des traits ingé- 
5, nieux & faillans ne font tels que par 
3, quelque défaut de jufteffe dans l'expref- 
„ fion. Le célèbre vers fuivant à^lafon.* 
„ ta'ine en peut fcrvir d'exemple. 

& la Grâce encore plus belle que la Beauté. 

5, On entend dire avec furprife qu'il y a 
), quelque chofe de plus beau que la beau^ 
^j té y Se comme cela eft vrai dans uncer- 
n lÛlfcflS) 1» furprife eft agréable. Cela 

•• eft 



1262 • BlBLIOraSQUlB BBS SciBNCBt; 

^i eft pourtant faux fi on prend les midu 
ji dans leur fens propre & ordinaire « & fi 
^y le mot de belle eft pris abfolument dans 
,, le même fens que celui de beauté. — 
9, lifalloit dire touchante^ mais dès lors 
,y ce vers fi ingénieux cefleroit de l'être, 
,, parce qu'il ne feroit plus que vrai & 
3, d'un vrai trivial *\ On peut lier cette 
réflexion avec la fuivante qui eft égale-* 
ment vraie & importante; „ ne travail- 
93 1er qu'à des ouvrages de Bel-efprit , peut 
33 contribuer à rendre l'efprit faux <| parce 
33 qu'il eft naturel de fonger plus au beau 
,, qu'au vrai, en travaillant aux ouvra-» 
3, ges où le &UX eft de peu de confé- 
„ quence ". 

Les Réflexions de M. TftUfiLET rou- 
lent enfulte fur la Morale .fur Pbomme^ Q^ 
en particulier fur la Queftion: si la pi«u- 

PART DES HOMMES SONT MBCHANS? Il 

y a de très* bonnes chofes dans ce mor- 
ceau 3 où l'Auteur montre bien entPautres 
2ue rhomme eft plus foible que méchant. 
;e morceau avec le fuivant qui a pour ti- 
tre Jur PEfprit de Sociiti , ont déjà paru 
dans le Mercure de France, (5) & par 
conféquent font aiTez connus pour nous dif- 
penïer de nous étendre fur les éloges qu'ils 

mc^ 

« 

<5) Celni fur tEfprit de Sociai dans le M^r^ 
cure de Février 1759* & Tautre dans ceux de 
Juillet & d*Août de la m£me année* 



AVRIL, Mai, Joïm. 1760. aôj 

méritent par la jufiefle qui règne dans les 
réflexions , & l'utilité qui rend fingulière- 
ment intéreiTans les confeils , qu'ils renfer- 
ment. Ceft le caraâëre général de ces 
deux pièces , qui n'ont que ce beau dé- 
faut, que l'efprit y furabonde. 

Ce que notre favant Abbé dit enfuiteTZ^r 
ta Foéjîe (f tes Poètes^ eft en général bien 
dit, & bien penfé. Tirons -en quelques 
morceaux. „ Les ouvr:^es les moins lûrs 
,) de durer long-tems, ce font lesouvra- 
„ ges favans & phiiofophiques — les meil- 
,, leurs ouvrages de ce genre que nous 
^y ayons maintenant, feront tôt ou tard 
,, furpaifés ; au lieu que les exceilens ou* 
,, yrages de génie peuvent, abfolument 
„ parlant, ne l'être jamais, le génie &le 
,^ goût n'étant pas fufceptibles des mêmes 
„ accroiifemens que la raifon & le favoir. 
jy — D'ailleurs lui Poc^me n'en fait pas 
,, tomber un autre , comme un nouveau 
„ Même &it tomber un fîftôme ancien ". 
La penfée fuivante donne à réfléchir: 
,, Les Hiftoriens font plus propres à in* 
,, fpirer de l'eftime pour leur Héros que 
„ les Poëtes. Outre qu'on les croit plus 
,1 vrais, on s'occupe plus, en les lifant^ 
„ du Héros que de l'Hifforien; & aucon-* 
„ traire on s^occupe plus du Poëte que du 
„ Héros ". Cela eft vrai relativement au 
plus grand nombre des Poètes. Il eft néan- 
moins certain que le grand Poëte , commq 
le grwd Peintre fe cache derrière fon Ta- 
bleau, 



|(M. Bibliothèque des Sciences^ 

bleau y enforte que le ledeur prenant Pimi- 
tation pour l'original , & Part pour la na- 
ture, s'occupe plus des objets que de celui 
qui les prëfente, & ne penfe à l'ouvrier 
que quand Tame a épuife fon admiration 
lur l'ouvrage. Ne feroit-ce donc pas prin- 
cipalement parceque l'Hiftoriai eft plus 
vrai , qu'on eftime fon Héros plus que ce- 
lui du Poète ? on le aoiroit ainif, & de« 
là vient que ^, tel Prince dont l'Eloquence 
5, & la F oéfie avoit fait un Dieu « ne fe 
„ trouve qu*un homme très-médiocre dans 
„ l'Hiftoire ". On pourroit dire même, 

aue des Princes^ que l'adulation des dépen- 
ans fans mœurs & fans (entimeos dépeint 
de leur vivant comme les modèles desKois^ 
feront repréfentés par le pinceau fidèle de 
l'Hiftoire comme perturbateurs du repos 
des mortels, & empoifonneurs de la focié- 
té humaine. 

Voici une prédiôion qui paroît tirée de 
la nature des chofes, & dont Taccomplif- 
fement paroît commencer dès à préfent : 
^, Plus la raifon fe perfeâionnera, plus le 
,, jugement fera préféré à l'imagination; 
^y & par conféquent moins les Pc^es fe« 
^ ront goûtés. Les premiers Ecrivains, 
yy dit* on , ont été Poètes. Je le aois bien ; 
3, ils ne pouvoient guère être autre cho- 
,, fe. Les derniers feront Philofophes \ 

Notre Auteur croit que ,, le Tekmafié 
yy eft encore plus lu que la Henriade, non 

5> <P"A 



Avril, Mai, Juin, tjôo. a6| 

„ qtfil vaille mieux ^ mais parce qu'il cft 
„ en profe ". Auffi voudroit-il que M. de 
„ Voltaire eût écrie fon Henriade en profe, 
„ vu que la verfificatibn Françoifc n'cft 

» Ç?i?^fP^^"«» & qu'étant d'unepart très 
„ difficile, & de l'autre ennuyeufe à la 

„ longue, par l'uniformité de la mefureft 
„ le retour des mônjes rimes, elle tfeft 
» pas propre aux longs ouvrages. — Oa 
„ a aopliquc à la Hcnriade le mot de 
„ la Bruyère for POpéra: Jencfçaispafl 
„ comment ropera avec une mufioue fi 
„ parfaite & une dépenfe toute Royale a 
„ pu féuffir à m'ennuycr '\ / 

Les réflexions foivantes annoncent un 
goût fin pour la Poéfîe. „ J»ai été tou- 
„ jours perfoadé qu'il ne faudroit ftire que 
5, des vers libres; ils font à la fois plus fa- 
„ aies, plus agréables à plus raifonna- 
„bles. i^ Etant moins difficiles, ils fe- 
„ roicnt moins défcâucux & môme pour- 
„ roient être parfaits en tant que vers. 20. 
„ on éviteroit parJà l'ennui de l'uniform». 
yy te & on donneroit aux Poëmes l'agré- 
,; ment de la variété. 30, il en naîtroitplus 
» de vivacité dans le iiylepar le retrancho- 
99 ment des mots inutiles dans les grands 
„ vers & qu'on n'y met oue pour la me- 
), fure. Il y a beaucoup de vers chevillas 
S) dans nos meilleurs Poètes. 40. Il y au- 
« roit plus de convenance entre les dijfFé- 
u rentes mefures de vers & le caraéiè- 



i> 



rc 



'^06 filBLIOTHBQnjl DES SCIBNCÉS^ 

re de chaque morceau d'un ouvrage. ^ 

Le VHc Effai de M. Trublet roule 

Jur la Cowœrfation. Ccft une fuite de ce 

que r Auteur .avoît dit fur ce fujct dans 

le II. Chap. au premier Tome de ces 

EJj4tis. 

Le Vni®. renferme une Comparai/on eru 
tre Homère ^ Virgile. La penfée qui faàt 
le fonds de ce morceau qu'on a déjà vu 
dans le Mercure de Septembre 1755.* ^ 
celle-ci. Bomêre eft plus Poète ^ Virgile ejl 
un Poète plus parfait ; Mais on lira le tout 
avec plailïir, aufli bien que IçsEffais fur 
la Bonté y fur la Traj^édie Q^ fur la Cornée 
•rfrV, avec \cs Réflexions fur la ProfeÇs^ks 
'vers François par raport à la Tragédie qui 
avoient paru dans le Mercure il y a quel- 
ques années, & qui reparoiflent ici coni- 
gées & augmentées. Ces Morceaux avec 
une fuite fur la VLorale en général^ fur 
r homme (fc. font la Clôture de celVc Vo- 
lume, qui a de quoi plaire aux Beaux- 
efprits les plus pétillans, & aux bonsef- 
prits les plus penfans & les plus folides. - 




ARTI- 



Avril» Mai,- Jnznr. i-j60. a&j 

ARTICLE SECOND, 

Iflflitutions Policiques , par Mr. le 
fiaron de Bielfelo &c. Tome 
Second. 

SeÉOKD EzTÉAiTi 

MR. le Baron de Bielfeld après a-- 
voir décompofé tous les reflorts in- 
térieurs qui font mouvoir le corps de TE- 
tat , qui ratretiennent fon aâivité , qui 
augmentent fa vigueur & qui le rendent 
formidable, nous préfente ici l'Etat tout 
formé , gouverné par fon Souverain , agif- 
fant fur les principes établis, fe trouvant 
en diverfes liaifons avec les autres nations^ 
& tenant au (iftéme général de l'Europe» 
En rendant compte de cette féconde Par- 
tie , nous fui vrons la même méthode ^ue 
dans le précédent Extrait, c'eft-à-dire, 
qu'après avoir donné une idée générale dû 
plan de l'Auteur^ nous choifirons unema^ 
tière ifolée pour en faire i'analyfe fuccinc* 
te. Il nous femble que c'eft la meilleure 
façon de faire^onnoltre un ouvrage de la 
nature de celui-ci. 
Le I. Chapitre eli intitulé ^ de ia 
Tome XI/I. Part. IL B dn* 



s» 

M 

3% 

Ïl 

51 



StS BnUOYBSQFE DU SCXBNCBS^ 

CohMte f^iqw é^s SêUfverams. Voici le 
début de iMutcur. „ Que! borileur pour 
moi & pour les Citoyens de l'Europe, 
eues coQieni|ioiaioSs de virre dans un 
fîëcle où des rrinces , également fages 
& vertueux , femblent s'être donné ren- 
dez- vous liir la Terre , où les Souversins 
rtn à Kcflvî de Tantie, s'appliqneit à 
la recherche des moyens de œndrekurs 
peuples heureux , où la Politique fom- 
bre & auelie eft profcrite de leurs Cabi- 
nets &c. " Ceci a été écrit en ijjo, 

mais à prefent. Hélas ! 

Mr. de Buslpeu) conaAncnce pat don- 
ner des règles pour b coMhnte pofitjji^ca 
gfnéral, & tsàitedesVevIuslieraies des 
îimes\ de ta ftaterie, de la leusmge,. des 
firotis&c. de laCMdmte pditicpiedu Sou- 
rerain eiwers iès fujet& 14 examine la 
qœftkm, 6 le Pk»ifice dok gomr^aeF tout 
par hri-méfnet o» défibrer acBX avi» de ion 
€bn<etr?' Cefei te comhiil à parlcp des pre- 
miers MiitiitKS, de» P)pinceffes feiv9>crai- 
nes , des* M'aitreifts ées^ SoufevaiiBi II 
traite eafiiiie db la CtecMle p»l<iii<]ue des 

52Dde9 Puiflacces ftifie en^iePff Tautrc, ft 
; PIM ék$ CabilMfis, die cviFe' dies peties 
SbuveraifSS) et de cefle de tevs: lés Son^re- 
rajhs^poiir leurs aâiions' en* qualité dé poti- 
euliers» de V^yta^ion- ât é» manage êes 
'frkïcsa^ dbs^teffamessdbsSbwremji&^.du 
droit de primog^aiture & ms appasages» 

de 



AvAiL» Mai, Joiv. i7âa 2S9 

de la tutelle des Princes mioeniSf descoa- 
trats que font les Souverains » de la coo^ 
duite politique des Che& d'une Républi- 
que Ajriftocratique, de celle des Républi- 
ques tant envers les Monarques que l'une 
envers l'autre &c. 

Le IL Cbap. a pour objet le Canfeil 
£^ les Min^kres. L'Auteur y traite de la 
multiplicité des affaires puUiqiies & de la 
manière de les expédier, daConfeil, & 
des perfoaoes qui doivent y avoir entrée , 
du choix des Miniltres, des qualités qui 
leur fmt efientieUes. 

Le III. Cbap. eft intitulé du D^par- 
fement des Affaires étrangères. L'Auteur 
définit les Affaires étrangères ). traite de 
l'imperfeâion de la Science des Cabinets 
dans les anciens tems, de la Politique de 
P£urope après la defbuâioa de r£mpire 
Romain , de l'établiiTement de la Nego^- 
ciaticsi: permanente, des objets fur lesquels 
roule la Science des Cabinets y des occupa- 
tions ei&ntlelles des Mini (1res du Cabinet» 
enfin des divers Ëmplojfés de ce Départe- 
ment. 

Le IV. Chap. roule fur la PuJOoHr 
ce des Etats & fur le fjfiême des^ t^ats. 
Nous ; reviendrons dans la fuite de cet 
Extrait. 

Les Lngagemens réciproques des Sowve^ 
rains en général occupent Mi. de Bie]> 
PSLD d9J\» le V. Chapw II y établit la né- 

B 2 ceilî- 



iLJO BibLIOTHEC![CÉ DBS ScI£NCE$,' 

1 

ceffité des Alliances, fait fentir la différent 
ce entre rair.itié morale & politique, trai- 
te des amis naturels &des amis forcés, de 
la Raifon d'Etat, fixe le principe des Al- 
liances 9 développe les confequences qui en 
découlent. 

Le Chap. VI. eft deftiné à la matière des 
Alliances £5? des Traités, L'Auteur par- 
court les Alliances tant offenlives que dé- 
fenfives, la forme qui s^obferve aux Trai- 
tés, les Ratifications» les Articles réparés, 
& les Articles fecrets , les Accellbns aux 
Traités , les Puiffances comprifes , les Trai- 
tés de paix, de fubfides, de garantie, de 
barrière, de commerce, J'union &o 

Le Chap. VII. eft intitulé de la Guerre^ 
de la Partie L'Auteur établit le* principe 
du droit de la guerre , examine laqueftion, 
La guerre eft-elle utile ou ruineufe? traite 
des objets à conliderer en entreprenant une 
guerre, des ufurpateurs, des guerres de Re- 
ligion , du plan d'opérations , de la décla* 
ration de guerre, des manifeftes &c. de la: 
levée des contributions, des repréfailles&c. 
de la conduite à l'égard des peuples con- 
quis, de la neutralité. 

Le Chap. VIII. ts^ite de s 'Négociations en 
général y des difl^érentes manières d'être ac- 
crédité, des négociations continuelles ou 
fcornécs à un certain tems & objet , des ob- 
jets qu'embrafle la négociation continuel- 
le, des Congrès & de tout ce qui s'y rap*» 
... por- 



Avril, Mai, Juin. 1760. a>i 

porte ^ des Médiateurs & Arbitres , des Diet- 
tes d'Eleétion &c. 

Le Chap IX. cA intitulé des Mimjlrf s pu^ 
blics L'Auteur y traite des Lettres de 
Créance , des prérogatives du Droit des 
GeDS, des différentes clafies du choix & 
des qualités des Minières publics, & des 
honneurs qui ieur p)nt dûs. 

Le Chap. fuivant embrafle le détail des 
JnftruBions & autres pièces d'écriture né- 
ceffaires à la négociation. 

Le Chap. XI. roule fur les Ferfonnes qui 
compofent la fuite iun Minijtre public» Mr. 
de BiELFELD n'omet rien , & Tenchaîne- 
ment des matières ennoblit ks moindres 
détails. 

Le Chap. XII. traite de la Conduite polir 
tique des Minijlres publics. Le Négociateur 
trouve à s'inftruire ici des précautions qu'il 
doit prendre avant fon départ, desbien- 
féances qu'il a à obferver étant arrivé au 
lieu de fa deilination , de la conduite qu'il 
lui convient de tenir pendant tout le tems 
qu'il y réiide, enfin des mefures qu'il doit 
garder lorfqu*il eft rappelle de fon Ambaf- 
lade. 

Le Chap.Xin. traite du Cérémonial des 
Souverains j qui fe partage en cinq iran- 
ches principales , i. les honneurs qu'ils ren- 
dent mutuellement à leurs perfonnes; 2. 
ceux qu'ils fe rendent en s'écrivant; 3. ceux 
qu'ils rendent à leurs Repréfentans ou Mi- 
niftres publics, & que ceux-ci fe rendent 

B 3 mu- 



272 BjlétlOTHlQPB DIS SaEMCES , 

m^tuclterocnt citfr*cox ; 4- ceux tju'ii 
réciproquement à leurs Employés. Enfin 
ceux qa% fe font rendre à leur cour & les 
diftinâîons qu'ils acxordeot en échange à 
chacun de leurs fujcts. 

LeChap.XlV.cft intitulé des Caiculf po- 
lîtifies. L'Aifteur indique Torigine & rfaif- 
toire de cette Tcicnce, les objets fur les- 
quels elle peut porter, le degré de certitude 
dont elle eft fufceptiUe, à quel point die 
eft applicable dans la pratique du Gouver- 
nement, les principes lur Icfqocls elle fe 
fonde , enfin les opérations qtfcUe employé 
t)our découvrir ce qu'elle chachc. 

LeXV&demierChap. cfideftinéàTexa^ 
men des caufes tant étrangères qu'intrinfe- 
ques de' la Décadence des Etats. 

Apres avoir jette un coup d'oeil général 
fur toute cette féconde Partie, il eft tems 
de revenir fur nos pas. Nous choifiifons 
pour en faire TAnalyfe le IV. Chap. intitû- 
lé de la Pui£<nice des Etats ^ gf éi Siftéme 
des Etats, V Auteur eft obligé d'y combi- 
ner deux o}>jets à la vérité très-difFérens, 
mais que leur liaifon intimç rend infépara- 
ï)les. Par Puijfance il entend ici dans un 
fens coUedif toutes les qualités & prcçrie- 
tés d'un Etat , dont ia réunion fait naître 
les forces & les rcffources qui lui font né- 
çeflaires pour fe faire refpoâer des autres 
peuples de la Terre, fe défendre contre 
leurs attaques , & faire vatoir , dans le be- 
foin , les oroits & les prétentions qu'il peut 

avoir 



Avril, Mmi^ Jaifsu ij6o^ ±y% 

avoir à Jeor diaige. C'<ft à i^c^fitioa 
de oe Pouvoir qits 4:eiKfeiit aAtuieUcmeot 
ks efforts de tous te Goairemeaiett» 
Ceux-là & trooipcnt fort, qui s'imêgiaeiH 
qoe la puiflaoce d'un £ca^ dérîre de l'ina^ 
mooiè étendue de torreia m'iJ ocxupe. Jl 
n'y a qu'à jotter les yeuK iur U Carte pour 
Je coavaÎDape qu'il eft ûir k Qobe Tenctre 
des peu(^s ^i fareoc pofleder im rafte 
pays ailcz iaucilement. JD'aiUeuts plus m 
pays eft ^teadu^ plus il peu6âtre attaqué 
en divers eodroits fBx <les voiiias envieux^ 
& plus l'ébignemeat des Pcoriûces uouri^ 
rit i'e^ric de lévoke. Bn&a lorfqu'ttn f^*. 
reil Erbapire s'cteod hOKS de TÈuiKipe, il 
comprend des mecs, desdéfcfts^ des pays 
incultes , inhabites ou mal peuples. Tout 
cela bien loin d'ajoutier à fa puiiTaace^ l'af<- 
foibiit On ne doit pascioiie non plusque 
La multitude d'babitaas ronde foule un £^ 
Ut focmidable. C'efl Ja qualité & non la 
quantité des fujets qui lui donne des fi^ 
ces. Il ne faut pas fe laiilèr éblouir pat 
les coaquâtes rapides que des peuples ia« 
nombrabiesj mais farouches^ fortis dt| 
Nord, firent autrefois fat les Natbos d'à*; 
Jors les plus policées de l'Europe. Les 
Goths & les Vaadalei p^ruient dans un 
tems , où aucun Etat n'étoit bien règle. 
Ils auroient été repouffés par le premier 
voifin qu'ils auroient attaqué , fi le fiftémc 
général de TEurope ayoit été dans ce 

B 4 Items- 



£74 BiÉLIOTHBQUB DBS SCIENCES i 

tems • là fur le pied qu'il eft aujourd'hui. 
Les Richefles ne font pas non plus la puif- 
fance d'un Etat II n'y a que l'habileté à 
favoir bien tirer parti de l'étendue du pays, 
du nombre de feshabitans, & de la maiTe 
totale des richeffes répandues dans TEtat, 
qui produife fa puiiTance réelle. 

Cette puiffance réelle il faut la diftinguer 
foîgneufement d'avec la puiffance relative. 
Les caradères de fa puiffance réelle & in- 
trinfèque font: i©. Qu'un Etat embraffc 
une grandeur raifonnabie de terrein. 9°. Que 
le pays foit bien peuplé, s*** Que fa fitua- 
tion locale foit avantageufe. 4®. Qu'un 
Etat ait de l'induftrie , du commerce , & 
par conféquent beaucoup de richeffes. 50. 
Que l'Etat tienne immédiatement au fîftê- 
me de l'Europe, c'eft-à-dire, qu'il foit en 
connexion avec toutes les autres Puiffan- 
ces. 60. Que la nation foit vaillante , ani- 
mée par le point d'honneur, pleine de 
courage & d'amour pour I9 patrie. 70. Que 
l'Etat foit gouverné fur des principes fages. 
La grande puiffance réelle ne fauroit guère 
ie trouver que dans lesGouvernemensMo' 
narchiques ou Ariftocratiqnes. Ceft ce 
qu'il eu facile de prouver par des exem- 
ples. La puiffance relative prend fa 
îburce dans la foibleffe des Etats circon- 
voillns. Lorfque tout ce qui nous envi- 
ronne eft petit , nous pouvons jouer avec 
des forces médiocres un grand rdie dans le 

mon- 



Atril, Mai, Juin, l^6o. yjy 

nonde. Une troîfième efpèce de puîflan- 
ce cft celle que donne la Jituation locale de 
TEtat. Il n'y en a pas d'exempie plus fra- 
pant que celui du Roi de Sardaigne, entant 
que maître de la Savoye. Il eft encore une 
quatrième efpèce de puiflance quel on peut 
appeller d^ opinion ^ parce qu'elle n'eft point 
fondée fur des. forces réelles , mais fefou» 
tient par le refpeâ: ou la confidération que 
lui portent les nations de l'Europe. Le 
Pape & l'Ordre de Malthe en fburniffent 
des preuves. Enfin il y a quelques Ktats 
jde PEurope qui jouiflent d'une puiflance 
qu'on peut nommer accejjbire^ iorfqu'ils 
poflMent des Provinces & contrées qui, 
bien loin d'être contigues à la Métropole 
de l'Etat, en font fituées à un grand éloig- 
nement. Ces poiTeflîons lointaines ajou- 
tent rarement à la force réelle d'un E- 
tat , quoiqu'elles lui donnent une plus 
grande confidération parmi les Puiflan- 
cts. Au refte il ne s'agit ici que des pof- 
fdlîons éloignées qui n'ont point de îiai- 
fons de négoce avec la Métropole, & que 
l'Etat ne femble tenir que pour envoyer 
des Gouverneurs & autres Officiers à def- 
fcin de les y enrichir. Il faut ranger dans 
ia même catégorie ces grands fiçfs ou fiefs 
royaux, qui relèvent d'autres Etats fou- 
vent plus foibles qu'eux. 
' Lorfqu'on applique \t^ principes & les 
•diûinaions de ia puîffance des Etats au 
' B 5 Ta, 



. sn6 BaUOTHBQtJB 0E8 SofilICB, 

Trt>Ieau a^uel de l'Europe , oa peut «q 
ingérer qu'il y a de nos jours^ tiois ^ ou ii 
Ton veut quatre ciaiTes de Puiflances dans 
cette partie du nuxide. Qn place au pre- 
mier rang celles qui entretiennent des ar- 
mées Aombreufes, des flottes cooiLdéra- 
liies, qui ont de Taigeot prêt, des reifour- 
ces uitariiTabks , & qui par conTëquent 
»euveat foutenir la guerre par elles- mè- 
mes , fans fecoucs & fans alliances ^ unt 
mreUes agirent feules à feules^ â: qu'un 
yaiti ne fe fortifie point par une ligue é- 
trstt^re» On ne trouve guère d'Etat en 
ËiuK)pe qui réuniife tous ces avantages^ JQ 
' c€ n'eft ks Monarchies Françoife & Ân- 
Klbife. Dans la féconde clailê on range ks, 
Pulflancesqui^ bienque Icrmldabies parel- 
ks-mêmes , ne poiTedent pas cependant les 
quatre prc^riétes indiquées, qui par con- 
féquent ne fauroient agir en cha, mais 
qui ont befoin d'alliances ou de fecour^ pé- 
cuniaires , furtout fi les guerres qu'elles en- 
treprennent font longues, & que le fort des 
armes ne leur eft pas conûamment favora- 
|)ie. Telle félon notre Auteur efl la jQtua- 
tion politique de la maifon d'Autriche, de 
la Ruffie , de la Pruffe & de l'Ëfpagne. 
Lorfque pour entrer en guerre un Etat eft 
obligé de fe joindre à une ligue déjà puif- 
fante , de prendre des fubfides , qu'il ne 
peut fournir que des efpèce^ d'armées au* 
xiliaires , qu'il ne fauroit entretenir ca 
(ems de paix le AOiûbre fuffifsnt de trou- 

pes, 



Amie» Mai, Ira. itA»- 2771 

pes, quand ftn terrkoîfe dt tiop icfiené, 
qu'il manque ou iPhaibkaas ou de irvami^ 
ou de quelques autves qiuiîCiés cflèocieUes^ 
la railbn vcot nfii^aii le cangs dam la cioû 
fième claflè des graodes Poifiâaces. Ota 
peut compter dans oe ooaûxc les Rois de 
Portugal, de Sardajgne, de Suède Soc. la 
République de Hollande &c Dans la 
quatrième clt^ fe raoReot tons les an- 
tres Souverains. 

Le grand principe de toutes les aâmis 
humaioes , que tout Etre eft doné d'où 
penchant inné oon reulement de proloojger 
fon exiflence « mais encore de rendre ùl 
condition auflS bonne qu'il eft poÎBBUe* ce 
priocipeeft la bazedelaPolitiqiie^qQiiioan 
enreigoe ks moyens de oanreair à ce bol:. 

Or on demande « fi fPoiirj parvenir, le 
Cabinet doit fe cooduire fiàon les tems 
& les occalions^ ou fe fiiire un fiSé- 
me politique & le fuivre zurcc oonftaoœ 
fans s'en écarter ? En Politique on entend 
par le mot de Jîêjîme rirrangement des 
loenires fouvent yahées qu'un Etat piead 
tant pour fies affaires internes qu'externes 
dans le deflein toujours uniforme de le 
confenrer & de s'agrandir. 

Les fiftémes foic,phiiofop&îqnes fbitau. 
très , entraînexst cet inconvénient d'oUiger 
leurs auteurs à gêner la nature , & à fkiie 
entrer par force tons Jes objets de détail 
dans le plan général qu'ils ont conçu; mais 
aufli fe conduire fimplement au haaard , 

âas. 



tl9- BlBLlOTHfiQ0E BIS SciSNCKS, 

fyns règle & fans defTein « fait tomber dans 
des inconvéniens mille fois plus grands en- 
core. En fuppofant donc que le Souverain 
eft habile & prudent 'lui-même , vu qu'il 
employé des Miniftres fages, on peut con» 
dure que chaque Etat doit former un iî- 
ftème de Politique & le fuivre conftam*' 
ment. Ce liftême nepeut être que fondé fur 
Ja puiflanceréelle&relativede l'Etat même 
&fur (es intérêts naturels. Il ne fufiit pas 
qu'il foit renfermé dans la tête du souve- 
rain ou des Minières, mais il faut le ré- 
diger par écrit, & en faire une efpèce de 
Sanâion Pragmatique qu'on dépofe dans 
les Archives parmi les Secrets les plus im- 
portans de l'Etat , afin qu'il puifle fervir 
de guide aux fucceffeurs à la Régence. 

L'Auteur paiTe enfuite à examiner les 
principaux fiflémes politiques , ceux qui 
ont mérité le plus d'attention de la part des 
peuples policés. Le premier qui fe pré- 
fente eft celui de la Monarchie XjtthverJeUe, 
Ce iiftême gigantefque, l'objet des vceuk 
ambitieux de tant de Conquérans, n'a ja- 
mais eu de réalité & n'en aura vraifem^ 
blablement jamais. Quant aux Puiflan- 
ces modernes il y auroit affurément de 
l'imprudence à former un projet auffi chi- 
mérique. I. Une telle monarchie colof-^ 
fale ne pourroit s'élever que par l'injuftice 
la plus manifefte & la violence la plus cri- 
minelle. 2. Elle ne pourroit fe former au^ 
jpurd*hui en Europe fi^ns le plus ^randdam 
gfix, S. Les plus vafles Monarchies font 



Avril, Mai, Juin, nôo» i7> 

expofées aux plus grands maux. 4. Ce 
font des vaiflcaux d'une grandeur excelB- 
ve qu'il eft impofllble de bien gouverner, 
&C. Tout agrandiflement doit donc avoir 
fes bornes. Il faut abandonner à la pru- 
dence de chaque Souverain & de fes Mi- 
niftres le foin de déterminer ces limites^ 
& de fixer un point de vue à leur ambi- 
tion, qui foit proportionné à leurs Etats 
& à leur iituation. On ne fauroit donner 
ici de règle fixe. 

Un Etat peut s'agrandir de deux manié* 
tes, ou par les armes, ou par des acqui- 
iitions douces,- par conféquent il y a un 
Jiftéme guerrier Se un fijlême pacifique. L'Au* ^ 
teur examine dans le chapitre de la Guerre 
^ de la Faix , à quel point On peut ren* 
dre le premier de ces fiftêmes jufte & uti* 
le. Le Souverain qui Tembrafle doit né- 
ceifairement arranger fonEtat militaire fur 
le plus parfait modèle q^u'il eft poflible d'i- 
maginer , & lors même que fes armées & 
fes flottes font les plus formidables, ne ja* 
mais négliger la voye de la négociation. Le 
Souverain qui fuit le Jiftéme pacifique peut 
auifi atteindre par- là le double but de con- • 
ferver& d'agrandir fes Etacs. En adop* 
tant ce fiftême ; le premier objet qui* eft 
la confervation de l'Etat & la f&reté des 
peuples, exige que le Souverain entretien^ 
ne non feulement une bonne harmonie 
avec toutes les autres Puiflànces de l'Euro.^ 
pe^ nuis qu'il ie fortifie siuifi p%c des al« 

liaik 



tto BittioTHKQjtJÊ DE$ Sciences j 

liances dcfiotfives « contraâée» avec qvd- 
qacs rations ptiiflanles. L'agraBdiâèincflt 
dtvm autrecôté s'opëie pat des acquifitioas 
douces, comme achats^ héïkagcs&cOe 
pfa» fiipipofe beauootiP d'habileté^ Tadlreffe 
doit îMjftarsy (uppléer au défaut de la 
feicc. {jL ncji^ratioa y devient dofkc ua 
objet piincJpaL Un 4èsDr Même pditi^ 
que '» efr celai qu'oo nomme k fiftéme des 
ffûgrés du iCÊ/mntc. Il a gagaé à mefure 
que l'Europe a ceiTé d'être bailsafe. Desna- 
tions refpemUes ont pris k titre de com- 
nacrçantes , & kfouliieniiest par les efiorts 
ooatinuels, qu'elles font en £ivear de leur 
séppce. 

U j adans les Caèinetsde l'Enrapeeticore 
im 5èmeilftéme politique, qma pourobjet 
PabMjfement desparffime^ trop fermidûbùs^ 
furtom lorsqu'elles font nos voifiaes. Les 
intérêts divcrsqui partagent toutes lesPtiif. 
fances de l'Européen vertu de ce iîftême, 
0nt donné lieu à unième ^ qui eft le Mam- 
tim àe Im Balamt d» foitvoir en Europe. 
SatB recousis à des amtorités prifes de 
ViôAoàc^ anciear & moderne , l'Auteur 
pfouve la juAice & Fei^uité de ce fiilême 
par œie démoaftcatifiii kwndce for ta aam- 
re de la chofe même & puifëe dans le 
iknplc bon-fens. Ëo cfFet A fescnt irupat" 
dûBBable qa'on Etat vauldt attendie cru?- 
qniienDeat far perte ^ &. ne ft croire Ihzé « 
qne loifqtie le mal efl: irrépaaraiak; L'Âu- 
teur mce ea deax. mots fIliADirc de cette 

ba- 



Avril, Mai, Juin, Z7<Sb« 281 

balance. Les principales forces qui la tien- 
nent aujourd'hui ai équilibre font la Fran- 
ce & If Angictene » & Ton pent enrifa^i 
Ix maifba cf Autriche & le Koi de Pruilè 
conune ks poids ksplusconfidéiables qui 
fixent ce même émulihre oa qui le rom- 
pent, feioa qu'ils fe déterminent vers Tua 
ou Faillie cécé; toutes ks antres Pui£an- 
ces concoorent à le faire paocker plus ou 
moins, à proportion de leurs forces ref- 
peâives; Au refte quelque jufte & utile 
que foit en elle*m£me cette Balance, qu|oa 
a tort d'envifager comme une chimère 
fans réalité, elle n'autocife pas néanmoins 
à courir d'abord aux armes. U n'eft per- 
mis d'avoir recours à cette extrémité 
qu'après qu'on a époifé tout l'art d'une 
douce & adroite Politique. Le bûllant: 
projet du Sénat desL Souverains, insiginét 
dit-on, par Ifenri IV, a ledéâut iniigne 
d'être impraticable;. On ne bàgè pas d'en 
voir une image à la Diète de l'J&n^ire 
Germanique : cette Diète eft une nuacbir 
ne fingulièiement ccm^Kifce , & q&i auooit 
été dérangée depuialongtems, u k £uig^ 
fioid Allemand ne la confervoit dans un 
mouvemeirt confiant. D^axUeiira il eft no- 
toire qu'avec les. mêmes dxsûts & pxàrogar 
tives , les £bibles. le jouent pas dans l'Em- 
pire le même ràk que les forts. Enfio il 
eft un Tènoe liftême Politique que la né^ 
ceffité dDit £aire embrafleo aax Puii&uces. 
de l'Europe , loclquf eilea foqt toma vcsai- 

cées 



îSâ Biblîothequb ues Sciences/ 

cées par un danger commun , par une iâ-' 
vafion de quelque peuple étranger. Une 
Ligue générale efl: le feul rempart qu'on 
puifTe oppofer à de pareilles inondations^ 
S^expofer par le motif de quelque petit inté- 
rêt à pafTer le dernier fous le joug, ce fe- 
xoit apurement une pitoyable Politique. 

Nous venons d'achever ranalyfe dulVe^ 
Chap. de cette féconde Partie. Mr. de B, 
afin de tempérer la fechereffe dogmatique 
de fon fujet , à eu foin de parfëmer ion 
Ouvrage d'exemples » .d'anecdotes & de 
traits , qu*il a le talent de mettre habile- 
ment en œuvre , & qui fervent tant à ré- 
pandre du jour fur les matières qu'il trai- 
te , qu'à réveiller agréablemeqt l'attention 
du Leâeur. K aflemblons • en , quelques 
uns, & finiffons cet Extrait* 

„ La Juftice & la Politique fe réunif- 
,, fent pour confeiller aux - Souverains 
^i d'être fidèles à leurs en^agemens, &de 
,9 ne point adopter à cet égard la façon de 
3, pcnfer de Charles Gujtave^ Roi de Suè- 
,) de 4 qui ne rougiifoit point de dire^ 
,^ au'U ne fçavoit quel animal c^étoit qu^un 
,^ Traité. 

5, Un Envoyé de P.... à la Cour de 
3j D.... avertiifoit fa Cour de ii bonne 
,4 heure & li à propos de toutes les réfo- 
„ lutions, projets & defleins que fisrmoit 
,^ celle où il réildoit, que l'Envoyé de 
rt O ne pût manquer de s'en apper- 

5> cevoir^ & manda à lo|i Maître qu'il fe^ 

^, roic 



Avait» Mil, JviH.'^tyâa Skt^ 

^^ roit néceflaire d'éclairer la conduite 4s 
j, les allures du Minlftre en qoeftioa » pout 
), découvrir la Iburce dV)ù il pourroit tirer 
), de fi bons avis fur les affaires les plus 
), feaettes. On y fit attention^ mais gq 
,, fut en vain ; il étoit impoflible de dé- 
,9 couvrir la moindre trace. Enfin le Ml* 
9, niftre des affaires étrangèrejs à C. « • • 
,, donna un grand repasoans lequel onex- 
j, cita l'Envoyé de r. . . à beaucoup boi« 
,, re. Au milieu du délire Bachique, quel* 
^9 ({ues-uns des convives apoftés le prirent 
,1 à l'écart pour lui arracher fon lêcret par 
I» des qoeSions captieufes , des compli- 
^y mens & des éloges fur fon habileté. Il 
I, s'apperçut à travers les vapeurs du via 
„ de leur deifem, dleur tint ce langage: 
„ vous voulez y Meffieuri^ leur àïtAl ^favoi» 
,» cofhment je fffy prends pour informer ma 
„ Cour défi bonne heure de tous vos projets^ 
„ il faut vous Satisfaire. Voici mon keret^ 
Cba^fois que votreConjèUs*afTemole , oH 
fait la veille à peu prés queues font les 
matières qui vont être mifis Jkr k tapis. 
Je me retire alors dans mon cabinet; j^ 
couche fur le pafner Potjet de vos déûbé^ 
rations , jV mets A c6ti tous les partis 
ii qu^on peut prendre fur cette matière , je 
,1 nfarrùe au plus mauvais de tous^ je le 
3, mande à ma Cour comme pris y en effet ^ 
,, ^ vos réfidutions ne nfobigenJt jamass 
,, à révoquer ce que favois marqué comme 
9, une nouvelle pofitive. Voilà comment U 
Tom^ ZllL Part. IL C „ Roi 



3> 

n 

99 



«I 



2{4 BmOoTQEQLnE d;9S Sciences, 

,^ tbiman maitrâ eft foujmrs fi bien ^Jt- 
•^^Jéf iftformf. 

^, Louis XIV en dontiant audience au 
5, célèbre Baron de Pentenrieder ^ qui a- 
i^y voit la réputation de ne fe décontenan- 
.,, cer jamais , fe trouva piqué du peu 
,» d'impreffion que fa préfence feaibloit 
3« faire fur cet Ambairaaeur, &pourria- 
,,i timider il l'interrompit à la première 
^f période de fa harai^e , laquelle com- 
,, mençoit par ces mots , Sire ^ PEmpe^ 
j, reur mon Maître m'en^oye vers V, Af, , 
,1 en lui difant d'un ton fort, Plus baut^ 
3, Mr. fAmbaJJkdeur; mais celui -ci fans 
y^ s'émouvoir répondit^ Plus haut? . • . . 
^, PJ^pereur won Maître \ Sire , nfewvoye 
'^y vers V. M. en nommant l'Empereur le 
yy premier, haùiTant la voix & continuant 
,) fou difcours. Au fortir de l'audience 
^\ ies courtifans lui firent compliment fur 
^, fon fangrfioid ; il leur répliqua; je fuis 
'^, accoutumé à iiobr tous tes jours, fÉm- 
,^ fereur* Ces bons mots f aifoieat honneur 
,» a Mr. de P. 9 mais ils faifoient vraiièm- 
j, blablement mal ks affaires de fon 
39 Maître. \ 

. ,1, On. eft fcandaliie delà boufiffiire des 
,1 titres orientaux , & le préjugé de l'ha- 
se Ixitude nous ferme les yeux mr le ridi- 
^, cule des nôtres. Le titre que tout Al- 
3, lemand donne à l'Empereur revieadroit 
jy en François à peu près à ce galimathias, 
Y3 Rtjfleudijfantiffime , Tranfpafautiffime ^ 



ArtiïLf Mai , Jom. 1760. 98/ 

91 Paiff^iHtiJJime Çf trêsimimikle Empereur^ 
„ le plus gracieux dis Empereur s ^Seigneurs. 
,^ Mr. de Bieifeld manie également 
bien la plume & le crayon. Les portraits 
répandus dai» la féconde Partie de cet 
ouvrage» n'en font pas un des moindres 
omemeps. Il convient d'en donner un é« 
chantillon. 

,, Thrasyllk, à Page de vingt -cinq 
,, ans, croit que £1 patrie le réclame; il 
„ revient de fes voyages. Il a fait fon 
^, cours de Philofophie & de Droit civil ; 
,, il a vu» chez d'autres peuples » la di- 
,, verllté intéreflante des modes , des 
y^ fpeâacles» des alimens & des plaifîrs^- 
„ mais les objets qui concernent l'utilité 
3, publique des principales nations de l'Eu- 
», rope, leursmaximes prudentes» & leurs 
,» fautes même, lui fonc entièrement é- 
,» chappés. . Cependant Thrafylle eft de 
,» famille Patricienne; une jeune & riche 
„ héritière attendoit fon retour» & la Ré- 
publique lui deftine une pi ace au Sénat. 
Il fe marie. Un vieux Sénateur meurt. 
9, La famille s'intrigue» cabale; les fuf. 
»» &ages fe réunilTent en fa favenr, il ob- 
»» tient la place vacante. L'orgueil alors 
,» s'empare de fon ame. G>mme il fait 
„ la cinquantième partie du corps qui eft 
,» dépolitaire de la fouveraine puiffance » 
»» il fe croit Souverain lui-même. Il mar- 
»» che au Sénat : la robe qui le couvre » la 
v% tocque qui orne fa tête , la valle perru- 

C 2 », que 



11 



< 



3» 



li6 BlBLIOTHEQ.Û£ OBt SciENCES » 

3, que qui ombrage fon virage , ks liâeun 
,, qui le précèdent» la foule qui le fuit^ 
„ toutes ces marques empruntées de gran- 
„ deur achèvent de Teblouir. Il cft im« 
,, poli envers fes concitoyens , fa démar- 
„ che eft magiftralemenc compaflee; on 
5, s'arrête pour le fahicr , tous Içs cha»» 
^, peaux le lèvent, les têtes fe baiflent 
5, a la file vers la terre ; Thrafylle 
,) s'en apperçoit à peines & $*il daigne 
„ rendre le falut, c'dl avec un air de pro- 
teôion. Il arrive au Capitole. Il trou^ 
ve au portique un de fes collègues^ ua 
,, ancien Sénateur. Ces grands hommes 
V fe joignent, mais leur fierté neJesquit- 
,, te point ; on diroit voir un Paon Se un 
Coq- dinde qui fe rencontrent. Le Sé- 
nat eft afTemblé. Des matières im- 
portantes font mifes fur le tapis. L'ig- 
norant & préfomptueùx Thrafylle opi- 
l\ ne du bonnet, parle, raifonne, haran- 
,, gue & ne dit rien; mais donne un avis, 
^, ou plat ou funefte, & s'en retourne à fa 
,, demeure en penfant prefque tout haut, 
3, Ab! que ThrahUe a de tefpritl Rentre 
,^ chez lui, fonEpoufe attentive vient à 
„ fa rencontre, le plaint des fatigues qu'il 
^, eifuie pour un ingrat public; il n'eftque 
„ trop porté à la croire, il fe jette fur un 
,> fopha. s^amufe de chofes frivoles, né- 
3> glige l'expédition des affaires qui lui 

3, font con^nifcs, & fa parère met à tout 

„ mQ- 



1» 

3» 






AvAILj Mllj jDFir. V)^. 287 

^ moment & le Sénat & les peuples au 
,, défeipoir. Cependant Thrafylle veut 
,, profiter du pofte où il croit que Ton mé- 
,, rite Pa placé; il veut s'enrichir; il y 
,, parvient par mille conculllons, & en 
,9 foulant les citoyens. Son avarice Ten- 
^y gage à vivre en pauvre pour mourir 
„ miilionaire. L'entrée de ia maifbn eft 
,3 fermée i tout le monde » fur-tout aux 
,9 étrangers^ il vit fans décence & fans 
,, dignité. £nfinThraiVllei»àforce delé- 
,1 fine^ amaife des tréfors immenfes, & 
^, plutôt qu'il ne l'avoit au lui-même. 
„ une ambition démefurée, fuite de fa 
,, richefle, le poufle à former l'hon^ibk 
S) projet d'opprimer la République, & de 
,, s'emparer du Gouvenement. Il répand 
„ une partie de fon or, s'attache une fou- 
,1 le d'avanturiers & de brouillons qu'il 
y, fait entrer dans fes vues. Les faâieux, 
,, par leurs finiftre^ manœuvres » font fur 
„ le point de bouleverfer le fage fifléme 
,9 de l'Etat & de la Régence, lorfque la 
„ mort vient à propos enlever rindignç 
„ Thrafylle, & anéantir fcs complots. If 
„ eft inhumé avec pompe; un Augure 
„ gagé lui fait une magnifique Oraifon 
„ tunebre , mais tous les gens de bien dé- 
„ teftent fa mémoire ". 

Nous ne faurions trop recommander tant 
aux jeunes gens qui fç deftinent à ia Pali- 
ti^ue , qu'aux perfonnes mêmes cnga- 

C 3 gces 






S 



gées dao» cettfr pcoTeffion, la 4eéluie $ 
Fétude réfléchie de cet excellent Ouvra- 
ge y qui fait paiement honneur à Pefr 
)rit & au ceeur de Mr, de Bielfsld ; & 
i les Maitres de TÂxt ne trouvent pas 

5>artout à s'y inftruire » au moins tepaf- 
eront-ils avec plaifir fur des vérités utiles » 
miles dans le plus beau jour ^ & revêtues 
de tous ks agrémens du ftile & de la 
diélion. Le Public f qui fait à ces InJU- 
Mians Politises raccuoil le plus diftingué , 
attend avec impatience la troifième Partie 
qui contiendra le Tableaude r£tat aâud de 
rËurope^ &qoi, comme nous l'avons dé- 
jà dit, ne doit paroître qu'à la Paix. Nous 
fouhaitons avec ardeur d*étre bientôt à 
menu: d'en rendre compte à oosLeâeurs, 



4 r.w ►;* 



V^W 



ARTICLE TROISIEME. 

Abregb' Chronologique de THiftoire 
b'Espagne^ depuis fa fondation juf- 
qu'au préfent Règne, par Mr. De- 
soRMEAUZ. Cinq Tomes in it. 
Paris 1758, chez N. B. Du* 
chelne. Tom. I. 426 pag. Tom. 
II. 551. Tom, III. 405 pag- 

Tom. 



>" 



vRiL, Mai, Juin. 1760. 229 

Tom. IV. s^(S paç. Tom. V. 53^ 
pag. Second Extraie. 

NOus nous fommes arrêtés dans notre 
premier Extrait à l'hifioired'Erpag-r 
ne fous l'Empire des Goths» parce, que ces. 
tems anciens , étant moins connus, pou«. 
voient intérefler davantage la curiofite de 
nos Leâeurs. Comme nous paflbns main* 
tenant à des objets plus familiers, nous 
nous étendrons beaucoup moins ^ & nous 
nous bornerons aux particularités 9uinpu9> 
paroitront donner les idées les plus juAesdu 
goût & du travail de notre Auteur. 

L'Efpagne ne faifbit plus que languir & 
fe cQofumer fous les règnes du méchant 
Vitiza 3t du voluptueux Rodrigue. Les 
Arabes ne laiffèrent pas échaper roccalioa. 
de fubjuguer un fi beau Royaume , qui 
leur fut offerte par le vindicatif Julien ,Czou- 
verneur de Ceuta. - Les armées qu'ils yfi« 
rent paifer,- eurent des fuccès 11 rapides 
gu^en moins de trois Campagnes, l'Ëfpag- 
ne entière fut conQuife & fouitiife au joug 
de Valid Calife ae Damas. Il n'y eue 
qu'une poignée de Goths qui, échapésau 
fabre des Maures, fe réfugièrent dans les 
Montagnes des Mûries , s^r maintinrent , 
élurent pour Roi Pelage Parent de Rodri- 
gue & iffu de Recared , & fauvèrent du 
aaufrage général la Religion, la Liberté & 

• C 4 . l€» 



a^O' BlBLXOTHBQtfB DII SOBKCIf j 

lç$ miférables reftes de l'EtnpkedesGoths, 
Ayant à leur tête Pelage. Prince coura- 

Seax> éclaire « habile «rortile en reflource^ 
ï doué d'une confiance inébranlable, ce 
petit nombre de Chrétiens jeCta les fonde* 
mens d^une nouvelle Monarchie qui triom-i 
pha de la Puiflance des Arabes» qui ^ac- 
crut par dq;rés, & vint à bout» après huit 
liècles de guerres . de renverfer le Throne 
des Vainqueurs ae TEibaçie, de chaflèr 
les Mufulmans» & de reunir fous un feul 
fceptre toutes les Provinces de ce vafte 
Koyaume. 

Les Maures y portèrent & y tirent fleu- 
rir la politeffe, l'humanité , le commer- 
ce» lapolitiaue» les fciences &les arts; 
ils ornèrent les Villes & principalement 
Cordoue » de Palais & de Jardins magni- 
fiques^ & firent briller partoutPopulence & 
le luxe; tandis que les Chrétiens en géné- 
ral» &fur *tout ceux desAfiuries« étoient 
plongés dans la barbarie, l'ignorance, la 
luperftition & la pauvreté. Un couraj^ 
Ifêroce & indompté étoit leur unique méri- 
te, & iisn'avoient d'autres rellburce^ que 
le pillage. 

Quatre Nations remplifibient alors l'Ef- 
pagne, favoir» les Naturels du Pays; les 
Goths prefque tous réunis dans les Afturies 
& dans la Navarre; Its Maures que nous 
appelions indifféremment Arabes, Afri- 
quains, Maures » Sarrasins ou Mqfuhnans; 
#p enfin les Françqis qui peuploient de leurs 



AvaxL, Mai, Joih. nôo. 291 

colonies la Catalogne t les Pyrénées & Ja 
Navarre. Chacune de ces Nations porta 
en Efpagne fon génie, fes mœurs ^ & Tes 
loix ^ amli les habitans de ce Royaume 
ont-lis confervé plulieurs chofes de tous ces 
Peuples diffërens, Ceft des Arabes qu'ils 
tiennent les Jeux 3 lesdivertiffemens, cer- 
tains Speâades particuliers à la Nationale 
penchant à la galanterie» le goût pour les 
titres faftueux, pour les métaphores» & 

g>ur It:^ expreŒons emphatiques. ht% 
oths leur onttranûnis la valeur & la pro^ 
bité. Les Francsieur ont communiqué l'atta- 
chement pour leur Souverain. £t Xç:^ Afri* 
quains les ont enfin accoutumés à la paref- 
fe» à. une vie retirée, à la jaloufie & à ia 
gêne où ils tiennent leurs femmes. 

Jamais on ne fonda tant de Monafiéres 
en Europe , fur-tout dans la partie deP£f. 
pagne qui obéiifoit aux Chrétiens, & ja- 
mais les mœurs ne furent il barbares & fi 
corromçuus.*Nul refpefl: pour la Religion^ 
elle étoit ignorée; nulle foumiflion aux 
Ix>ix , au Swverain ou auxMagifbrats; les 
ibrfiaits \^ plus énormes fe commettoient 
avec audace ^ impunément. Chaque pe^ 
tit Seigneur étoit le Tyran de fes Vaffaux. 
On n'entendoit parler que d'aiTaflînats, de 
vols & de brigandages. Une aveugle véné- 
ration pour les Moines étoit Tunique trait 
de piété qui fut connu. .Et les Eccléliafti- 
ques redoutés fe livroient fans réferve à iR 
molIelTe & au libertinage. 

c^ la. 



ici Bibliothèque des SciEUcfis, 

Infenfiblemént lés Chrétiens agrandirent 
knr domination , & firent la conauête des 
Royaumes de Léon^ de Caftille oc d'Arra« 
gon. Leur puiiTance auroit été dès lors re* 
doutable aux Sarrazins^ û elle n'eut pas 
été partagée entre plufieurs Princes, & af- 
foiblie par les défauts du Gouvernement 
Féodal , & par les attentats du Clergé. 
D'un côté , dès qu'on touchoit aux préro- 
gatives que le Clergé s'attribuoit ^ il n'at- 
tendoit pas les foudres de Rome, il leslan- 

'obéiffa 
, dèsqrfi 

neur étoit mécontent, il aÛoit remettre (es 
FidFs au Prince, &fecroyoit alors endroit 
de lui faire la guerre. Les Rois eux - mê- 
mes étoient aflcx fimples pour aoire qu'un 
fujét fe fouftraifoit légitimement à leur 
authorité par cette cérémonie. On fent 
aflez les abus Se les défordres qui devoienc 
Téfulter de femblables erreurs. Un Seig- 
neur mécontent entraînoit dans fa révolte 
tous fes vaffaux & excitoit une guerre ci- 
vile ^ fans que la multitude ignorante ibup- 
çonnat le moindre crime i combattre fon 
Roi, quand elle défendoit fon Seigneur : les 
Loix des Fiefs l'y obligeoient. Mais cet étran- 

fe abus fut ennn déraciné par les Rois de 
:aftille. La Nobleffe,le Clergé & le Peu- 
ple f tous confpiroient à énerver la puif- 
fance des Rois; & l'on porta la jalou/ie 

contre l'autorité du Thrône dans le Royau- 
me 



Ar^i^s MAïf Jtrxii. I76Ô. 19^ 



sne d'Arragoa » jufques à établir par uoç 
Loi , qui fut rçeardée comme une des 
Loix fondamentales de l'Etat» un Collège 
compofé de Ricos Hombres aulli redouta* 
bies que les Tribuns de Kome & lesEpho- 
res de Sparte. A la tête de ce Tribunal 
étoit un Magiftrat appelle Jujlitia Mayar^ 
le Grand Jufticier. Celui-ci fupplanta bieo^P 
tôt fes Collègues & bientôt fon pouroir 
n'eut plus de bornes. C'eft lui qui , aflis 
fiir un Thrône élevé , recevoir le ferment 
du Rei , qui étoit à genoux Se la tête nue^ 
c'eft lui qui 9 tenant la pointe de fon épée 
nue fur le cœur du Souverain^ lui adref- 
ibit ces paroles fiètes. Nous fui ^valons au» 
tant que vous^ nous vous faifons notre Roi 
^ Seigneur^ à condition que vous maintien- 
driez, nos Privilèges gjP nos Libertés ^ S^non, 
non. Ce Magiifaràt, feul Interprète & De- 
poiitaire des Loix , devoit être confulté & 
luivi en tout II avoic droit de faire le pro« 
ces au Roi, s'il manquoit à fon ferment, 
& d'en élire un autre. Il ne rendoit comp. 
te de fes aétions qu'aux Etats aâemble& 
Ce Grand Jufticier conferva toute fa puif- 
fancc jufQu'à Philippe II. » qui l'abolit par 
un aâe de vigueur & fans confulter per^ 
fonne. 

Il y eut un teœs où les Princes quirèg^ 
noient en Ëfpagne , étoient tous d'origine 
Françoife. Après la mort de Sanche VI. 
ea i233> U Mvfoa des Comtes de Cham- 
pagne 



k7 

1194 BiBLÏOTHBQJCn Dll ScinCBl l 

ptgpt pamnft lu Thrôiie de Navainre, tan- 
dis que la Maifon de Bourgogne comman- 
doit à la Galice, à Léon, à la Caftille A 
au Portugal , & celle des Comtes de Bar- 
celonne à rAnragon. Ceft un fort .dit no- 
ire Auteur^ qui a été commun à rÉfpagne 
avec tous les autres Royaumes de r£uro- 
pe. d'avoir de$ Princes François. 

Le Règne de Ferdinand HL iut ex- 



trêmement aTantageux à la Caftille. 
Augmentée des deux tiers par le courage 
6c le bonheur de ce Prince , elle lui dut 
fon éclat , fes Tribunaux • fes Loix & 
ia félicité. On attribue à l'équité & à la 
modération de ce grand Roi le calme pro- 
fond dont jouirent entr'elles , pendant fa 
T ie f les Dynafties Chrétiennes d'Efpagne* 
Proteâeur lélé des foibles & des oppri- 
més» il s'appliqua à faire rendre la juftice 
la plus exaoe » à humilier les Grands qui 
étoient en poâeflion de tyrannifer leurs 
Vaifaux, à purger fes Etats des brigands 
éc dfs voleurs, & à faire rendre à la Re- 
ligion, i la Majefté Royale & aux Loix^ 
le refpeâ inviolable quetouthomme^cout 
fujet & tout citoyen leur doivent. Il or- 
donna qu'on ralTemblat en un Code toutes 
les Loix de fes Prédéceflews , mais cet 
Ouvrage utile âc immenfe ne fut achevé 
4]ue fous fon Succefleur. Ce fu^ lui qui 
jnftitua ia Dignité A*Amitante ou de Grand 
Admirai, qui, autrefois trës.cDnfôlérahIe 
<Hpar le pouvoir qui y étoit attaché , n'eft 

plus 



AYRit, Mai, Juiir. ij6o. 19$ 

plas à préfènt qu'un fimple Titre honori* 
fique. II inflitua auflS la Chaire HAàtlan'^ 
taàê ou Capitaine Général ; Ceux qui en- 
étoient revêtus , commandoient Tarinée 
de la Province confiée à leurs foins ; & en 
tems de paix , ils adminiilroient la Jufti<' 
ce. ÂujouFdhui on ne connoit plus en Ef- 
pagne que le nom de cette Dignité. Sous 
fon R^e, le grand Maitre de la maifon 
du Roi jouiflbit d'une prérogative bien iin^ 
gulière; les privilèges, donations , grâces 
& bienfaits du Roi , ne pouvoient avoir 
d'effet qu'il ne les eut confirmés. Les Grands 
Maîtres confcrvèrenc une prérogative fi ho^ 
norable jufques à Ferdinand le Catholique. 
Le fouverain Confeil de Caftille lui doit 
aafli enfin fon établîflement. Dans fou 
origine , ce Confeil étoit comme aflbcié à 
l'Autorité Royale pour l'exercice du Gou- 
vernement & de la Juftice. Mais aujour- 
dhui les affaires d'Etat ne font plus de fon 
reflbrt. C'eft un Tribunal Dépofitairedes 
Loix fondamentales du Royaume :1a haute 
Police de l'Ëtat & l'adminiilcation de lajufti- 
ce contentieufe lui font confiées: on appelle 
à fon jugement de toutes les Audiences Ro« 
yales , moyennant quinze cent piftoles qu'il 
faut configner d'avance, & qui font per. 
dues pour l'appellant^s'il perd fon procès. 
C'eft ce Confeil fouverain qui pourvoit 
aux Chaires des Univerfités ne Salamao- 
que^ de ViiUadolid & d'AIcala» qui nom- 
me 



apfi^ BlBtlOTHEQITB BBS SciSKCEtg 

me à toutes les Chattes de la MagiAratUf^ 
re f comme à celle de Corrégidor , q'Alcal- 
de» de Bavle & de Vicuier., & à celles 
même d^AlguaiU, car auçuae Charge n'eft 
vénale en Ërpagne. Quand on préfe&te 
requête à ce Confeil , on le traite d'Altef- 
fe, & dans les Mémoriaux de Majefté* 
C'eft le Confeil le plus ancien & le pre- 
mier de la Monarchie. Il n'eft compo^ 
fé que d'un Préûdent ^ de feive Confeil- 
1ers, d'un Procureur Général ôc de quel* 
ques Officiers fubalteraes ; & il eft divi^ 
fé en quatre Chambres qui partagent les 
affaires cntr'elles. 

Quoique les Chrétiens étendiffâit d'an- 
fiée en année leur domination , l^ Mau- 
res ne laiflbient pas de fe foutenir en £f- 
pagne. Secourus des Afriquains » ils re- 
pouffèrent tres-fouvcnt avec fuccès les ef- 
forts des Arragonnois & des Caftillans. 
Une ef^ce de Croifade prêchée dans tou- 
te l'Afrique par une multitude de Faquirs 
& de Derviches eh 1340 , attira en Anday 
loufie Alboacen Roi de Maroc fuivi d'une 
Armée de iix cent mille combattans. 
L'Ëfpagne entière étoit menacée d'unnou- 
vel efciavage. Déjà la âotte de Caftiile 
avoit été prife ou coulée à fonds ^ déjà 
une flotte nouvelle, dernière reffourced'Al- 
fdnfe I avoit été :d»imée par une horrible 
tempête, & fes triftes débris étoient tom- 
bés au pouvoir des Afiriquainsi tout étoit 

perdu 



AtTRiL, Max» Jiriir. ijto. sjry 

perdu, fi AlfonfeXIyfuniomméle Vengeur, 
x'eut pas conferTé foo courage & fa pru* 
deoce. Le përil anime fon aâivité & re- 
double fa valeur; il va droit à Tennemi 
arec une armée d^eaviron foixante mille 
hommes ; il falloic être Héros pour ofec 
efpérer de vaincre. La multitude effro^a- 
Ue des Maures étonne tout k coup les Caf- 
tillans, la frayeur rallentit leur marche^ 
& peutétre leur fuite eût foumis l'Eipa- 
^e au joug d'Alboacen , fi le danger où 
ils virent un Roi , qui leur étoitcEcr, fe 
précipiter en fe jcttant au milieu des ba^ 
taillons ennemis, n'eut rallumé leur cou- 
rage. En un inftant les chofes changè- 
rent de face; les Maures ofërent à Peme 
combattre & fe laiffèreot égorger. Deux 
cent cinquante mille Mahometans tués 
fur le champ de bataille , & prefque au- 
tant de prifonniers, affurèrent à Alfonlê 
une gibire immortelle & délivrèrent F£f« 
pagoe de fes aaintes. 

Les Roii de Caftille n'étoient point en- 
core parvenus i la fin du 14e. Siècle j aux 
deux principaux objets qui avoient fixé 
leur Politique, l'esmulfion des Maures & 
l'humiliation des Grands. Les Maures é- 
toient à la vérité afToiblis & reiferrés dans 
un coin de l'Efpagne, mais ils pouvoient 
introduire jufques dans le fein de la Caftil- 
le, toutes les forces de l'Afrique. Les 
Grands réprimés par les exécutions fan- 
glantcs d'Alfoufe le Vengeur & de Pierre 

le 



le Crael , avoient repris leur crédit & re- 
nouvelle leurs faâions depuis l'Elévation 
de Henri de Ttanftamarê , qui ne pou- 
voit fans eux fc foutcair fur le thrôn& 
Henri IIL règoa trop peu de tems pour la 
contenir; & PétcmeBe enfeace de Jean H. 
& d'Henri IV; la durée des guerres civiles 
qui déchirèrent te Royaume; les ufurpa* 
jions des Papefe, qui s^étoient niis œ prf- 
feffion de diftribuer les bénéfices a des 6- 
trangers qui ne réfidoient point eu Efpag- 
ne y ramenèrent les aimes, Pignorancc, 
la corruption , & le mépris de la Kel^iofi> 
des Loix , & de la vertu. Toute émula- 
tion pour Pétude étoit éteinte,* les moîuis 
qu'elle autoit adoucies, retournaient i4a 
barbarie où elles étoient dans le le. & xi. 

' L^diofes changèrent cntièKm»^^^ 
ce fous le règne de Ferdinand & d'iTabeuc, 
tmi jettèrent les ibndemens de cette im- 
menfe grandeur où panrint .apr«! eux la 
Monarchie Efyagnole. Réunifiant fousleur 
Empire toutes les Couronnes des Efp:«- 
ncs, à rexception du Portugal , ils aflfer- 
mirent leur (miflancepax fabaiflement des 
Grands, & par leurs foins à faire régner 
par tout le bon Ordre, les Loix, & les 
Sciences. Us établitent une forme de Gou- 
vernement admirable, dontCharlesV.fui- 
vit le Plan ,&qui a fubfiôé long-tems ( i). 
Ils eurent la gloire de conquérir le Royau- 

(i) Tom. m pag. 40 



AvKxt, Mai, Juin. xj6a. 19^ 

ine de Grenade, de chalTer ou de fubju- 
guer tous les Maures, & de fermer amii 
pour toujours aixx Afriquains les Portes de 
rEfpagae« Ceft aullî àleurproteâionqu'eft 
dû rhonneur de là découverte de T Améri- 
ique. Mais malgré ces titres qui ont 11- 
luffaré leur mémoire i on ne peut difconve^ 
nir que leur Règne a été bien moins glo- 
rieux que funefte à TËTpagne. Qu'on life 
ce que dit notre Auteur fur TËdit que dic- 
ta à IfabeUe la fantailie de ne conmian«^ 
der qu'à des Chrétiens. (2) Cet Edit oui 
obliçeoit les Jui& à fe convertir dans fix 
mois ou à fortlr d'Efpagne 9 fit environ 
cent mille familles de mauvais Profely* 
tes, mais il priva le Royaume de plus de 
huit cent mille Juifs qui portèrent en Por« 
tugal y en Afrique & dans l'Orient la hai- 
ne du nom Eipagnol , & fit fortir avec 
eux des richeffes immenfes. Qu'on life 
les fages réflexions qu'il fait fur la décou- 
verte du nouveau monde qui a changé le 
fyftême politique de l'Europe^, qui a dé* 
chaîné l'envie de toutes les Nations coa« 
tre i'Ëfpagne, & qui eft une des principal- 
lés caufes de la dépopulation & de la feî- 
blelfe où ce Royaume fe trouve encore ac- 
tudUemeot (s) Qu'on life enfin la digref* 
ûoa que fait Ab. Dssormbaux fut VlrtguU 

juion 

(2) ibid. p. 87. 

(3) ihid. p. 90, & fuiv, 

Tm^ Xlll Part. If, J> 



^ BniI'IOTHlÇ^& BES ScilÛICES»'^ 

fitim (4) , ce Tribunal de faog étabJî coa- 
Cre les véritables principes da Chriftiaoir. 
ane, de Thumanité & ae la politique, par 
lefaux 2èle , l'ignorance & le defpotifme^ 
^ qui a immolé une multitude innom^ 
arable de viâimès , on verra bientôt que le 
règne de Ferdinand & dlfabdle a été 
pour PEfpagne une fource de maux infi- 
nis. Us jettèrent i la vérité les fondemens 
"^ ide cet accroilTement prodigieux qui fit mc»- 
ter la Monarchie Efpagnole au plus baut 
faîte de la grandeur fous le règnes de 
Charles. Quint & de Philippe IL Mais les 
inêmes moyens qui contribuèrent i aug- 
menter la Puiffance du Royaume , con- 
tribuèrent aulli à l'épuifer. 

Les Sciences & les Arts cultivés avec 
foin ; une forme admirable de Gouverue- 
ixient; une Politique fupérieure; une fou- 
le de grands Capitaines , d'habiles Mini- 
Ares , de fins Négociateurs > de Magifirats 
"éclairés^ facilitèrent aux Monarques £(• 
pagnols bien des découvertes qui les enri- 
chirent^ bien des Viâoires & des Con- 
quêtes. On vit, dans le XVIe. Siècle ^ 
réunis fous leur Sceptre tous les Thro- 
Hèsde la Péninfule^ la Sicile, la Sardai- 
•gne, Naples, le Mijanez, les 17 Provin- 
-ces des Pàys-Bas^^ la Franche— Conaté, 
Vl?Autriche & les dépendances , l'Empire 
d'Allemagne, les Côtes d'Afrique, des 

(4) ibWi p. 204% ^ Mv. ^ 



4^^iz>> Mai» Joxir. 1766. sot 

Pays immenfes dans les Indes Orientales, 
& un nouveau Monde en Amérique. Au- 
cun Empire Européen n'a été suffi vafte 
que la .Monarchie Efpaniole. 

Mais d'un côté rexpulnon totale de tous 
les Maures qui étbient reftés dans le Ro- 
yaume de Valence & ailleurs ; de l'au- 
tre , l'immenfe multitude d'hommes que 
l'avidité des richeflcs transplantoit en A- 
mérique chaque année ; les troubles in- 
térieurs qui agitèrent rÈfpagne ; lesguer^ 
res continuelles que l'ambition fit naître & 
entretint; la jaloulie qui porta la plupart 
des Princes de P£urope à fe réunir contre 
cette Monarchie devenue trop redoutable ; 
Pabus du Defpotifme; l'efwjt perfécuteur 
Qui fit couler des torrens de (âng ; les deC- 
leins trop vaftes de cette Puiilance qui 
menaçoit de tout envahir & qui fouieva 
tous les Efprits contr'elle ; toutes ces eau* 
fes aflfoiblircnt & minèrent le Royaume , 

3ui ne fit plus que languir depuis la mort 
e Philippe II, arrivée en 1598. 
Notre Auteur nous trace de ce Prince 
un Portrait qui ne nous parott ni exaâ 
dans le deflein , ni d'un coloris naturel , ni 
aflbrti aux faits qu'il a rapporté lui- 
même* 

// «> a point de Prince y dit- il (5),^»^ 
on ait écrit plus de bien ^ plus de mal aue 
de Pbmppe IL Les Catholiques le regardent 

comr 
(s) Tom. IV. p- ipx. 



^Oi BlBLIOtHEQW t)tS SaSNCEs/ 

€omme un autre Tibère. Enfuite U cherche 
à prendre un milieu entre ces deux carac- 
tères. Mais Pa-t-il trouvé ce jufte milieu? 
Que Philippe fût ni avec un génie nAf^ ék- 
n)é ^ pénétrant^ avec une mémoire prodigieux 
fe^ unefagacité exguife; qu^il fojjéddt dans 
un degyé éminent Part de gouverner les hom- 
mes i gue far la feule force de fon génie , du 
fond de fon €abinet^ il ait ébranlé f Univers , 
en y répandant la terreur gj* la défolation^ 
nous n'en difconviendrons pas. Mais que 
perfonne riait mieux fçu connoitre ^ emplo- 
yer les talens Q^ l^ mérite y cela ne paroît 
pas par le choix qu'il fît de Granvelle pour 
être le premier Miniftre de la Gouvernan- 
te des rays-Bas , l'homme le moins pro- 
pre à appaifer les troubles dès leur naiflan- 
ce; ni par le choix du Duc d'Albe qu'il 
établie Gouverneur de ces Pays , con- 
tre ravis du Duc de Ferria le plus honnê- 
te homme comme le plus éclairé de fon 
Confeil. Ce fut aux procédés inhumains 
de ces deux hommes cruels, aufll bien qu'à 
'fa propre barbarie que Philippe dut impu- 
ter la perte des Provinces-Unies. ( 6 ) Qt^il 
f fut faire reJpeSer la Majejié Royale ^ cela 
ne paroît pas par les lâches complai- 
fances qu'il avoit pour le Pape , aux or- 
'gueilIeuYes prétentions duquel il facrifîa 
plus d'une fois fes Miniftres, & fes Droits 
les plus juftcs (y). Qu'il fit rendre aux 

Loix 
(6) ibid. p. 62 St fuly. (?) ibid. p. S5 & Toiv. 






Ihix & àla Religion k rejpeii qui leur ejl 
dâ^cdzac paroît pas par lesEditsoui cQOr 
damnèrent à l'efclavage tous les Maurif- 
ques faits prifonniers de guerre , & (}ui 
permirent aux troupes de garder tous les 
effets qu^ils pourroient prendre aux Enne- 
mis, quand même ceux-ci les auroient 
enlevés aux Chrétiens. (8) Quelle Loi » 
quelle Religion rerpefloit-il ce Prince , dent 
le premier foin après fon avènement à Iz 
Couronne, fut de demander au Grand Iq- 
quifiteur la fatisfaâion barbare de yoir ui|i 
Auto dà Fe^ & qui vit fans émotiob cout 
ilimer par les âames un Prélat re^eâa- 
ble & 40 autres perfonnes? (p) Quelle 
Loi refpeéloit^l ce Prince qui facruîa s^ 
de iimples foupçons fon Fils , fon Epou* 
fe , & un Frère chéri des Peuples? (10) 
Les Proteftans qui le comparoient à Ti- 
bère, ne doivent pas être taxés par no* 
tre Auteur , d'avoir noirci le portrait de 
ce Prince, puifqu'il cft obligé lui-mômç 
de convenir qu'ils fe reifemblcjent à di- 
vers égzxds;YEmPfreur Romain^ dit-il (11), 
£3* le Monarque Efpagnolfe rejfemblenù p^r 
flus iun endroit. 

Rien ne caraâérife fnieux le Règnq 
de Philippe III, Prince foibie , fqpcrftiT 

t;ieu3(. 

(8) p. 72- 

(9) p. 32. 

(10) ibid. p. 113. 

Oy ibid. p,6l. , 



tîetixà imprudent, que T Arrêt par lé- 
quel 11 ordonna fous peine de mort aux 
Maurifques de ibrtir de fes Etats dans 
trente jours. C'étoit porter au Royau- 
me un coup mortel, que de dépouiller ainfi 
rÊfpagne de tant dé Citoyens & de threfors. 
Les Maurifqucs , Chrétiens à l'extérieur^ 
ctoient accufés d'être encore Mufulmans 
au fond de l'ame. L'Inquifîtion donna 
le funefte confeil de les chaflfer ^ & de- 
manda que leurs bîèns fuffent confifqués 
aii profit du St. Office. Le Roi n'ofa pas 
contredire les Inquifiteurs; feulement per« 
mit-il aux malheureux profcrits de ren* 
dre leurs biens & d'en emporter la Tab- 
leur en marchandifes. On ne fauroit é- 
Taluer les fommes immenfes qu'ils furent 
dérober aux yeux de leurs Perfécuteurs 
& tranfporter dans leur nouvelle Patrie. 
Avec les Maurifques, Peuple commer- 
çant, appliqué, laborieux , PEfpagne per-- 
dit un million de Sujets. Avec eux dif- 

Earurent les Laboureurs, les Né^ians, 
fs Sciences & les Arts. Depuis cette 
Epoque , on a rarement vu fous les Rois 
Autrichiens, plus de dix mille Efpagools 
naturels dans Içs armées. N'étoit-cc pas 
mettre le comble aux maux que Tam* 
bition des derniers Rois & la . découverte 
de l'Amérique avoîent fait à la popula- 
tion? Le fcul Duc d'Oifone ofa élever fa 
voix en faveur des Maurifques; il man- 
qua d'être U viâime du terrible Tribu- 

C . »al 



Avuiz.» Maij Juih.' ijé^i' ^%f 

nal qui les opprimoit (12) Qiielqaes tth 
nées après , le Roi fut contraint de pu* 
biier un Edit qui accordoit les honneufi 
4e la NoblelTe & l'exemption d'aller à Iz 
guerre» à tous les Efpagnols qui s'adonne- 
loient à la culture des terres. Foible ref* 
fource, qui ne repeupla point les terres 
demeurées incultes & in;^abitées depuis 
l'expuliion des Maurifques ! Cet Edit fagQ 
lie produifit pas un grand effet fur une 
Nation , qui ne faifoit gloire que de Foi* 
ûveté & du funefte métier de la guenc< 
Philippe IIL mourut vidime du Céré- 



baifadeur de France : dans la Salle même 
où il travailloit» il y avoit un hTzzier très 
ardent^' le Roi fe trouva incommodé de 
la chaleur & demanda qu'on ôtàt le feu : 
mais perfonne n'ofa s'en charger dans I3 
crainte d'empiéter fur l'office de celui quj 
avoit cet emploi. Pendant qu'on cher^ 
choit l'Officier» le Roi tomba dans une 
telle foiblefle, qu'il fallut le porter mou-i 
lant dans fon lit; ainli les formalités de 
l'étiquette » & le caradtère grave , lent & 
circonfpeifl de la Nation coûtèrent la vie k 
ce Prince. 

01ivarèS| profond Politique & Favori de 
Philippe IV., fignala fon Miniftcre par les 

pto- 
(12) ibîd, p. 225. 

D 4 



fjl^Cl BlBtlOl^BQlTB DBB SCXBMCBS, 

{nrojets les plus vaRes, &par desLoix qui 
montrent leniiblement combien PEfpagnq 
étoit déchue de fa grandeur & de fa puifr 
jance. Il engagea le Roi à donner la célè? 
bre Ordonnance du lo Février 1613, qui 
fupprimoit les deux tiers des OflScieisde 
Juftice & de Finances : qui bomoit le luxe 
dans les domeftiques, les équipages» les 
ameublemens & les habits: qui farorifoit 
les mariages en accordant de grands privi- 
lèj^es à ceux qui fe marieroient ou gui aur 
roient pluiîëurs enfans^ & en confacrant 
un fond coniidérable pour doter de pauvres 
filles: qui défendoit a aucun £fp:^nol de 
fortir de la Péninfule avec fes biens & fa 
famille ^ fans le con^ exprès du Roi : & 
l^i enfin invitoit les^trangers par de bel- 
les promefles , à venir s'établir en Efpag- 
ne. (13) Ce n'en étbit pas encore afles 
pour remédier aux maux du Royaume 
dont les Provinces ëtoient défertes; defti- 
fuées de Laboureurs & d*Artifans, & ré- 
duites à une grande pauvreté. Il faut voir 
le Tableau trille & fombre qu'en trace no-, 
tre Auteur (1^). 

' La Révolution de Portugal étoit un ceup 
accablant pour TEfpagne. Perfonhe n'o- 
fi)it en porter la nouvelle au Roi. Enfin 
Olivarès fçut dorer cette pilule araère, 
Sêifftcttr^ dit-il i Philippe d'un air ferein& 

riani^ 

(13) Ibid. p. a83. & fuiv. 

(14) Ibid. p. 289 & fuiv. 



Avril» Mai, Joiir. ijôo. 307 

îrîant, la titt a tourné an Luc deBragarim 
ce , // 'Vient de fe faire proclamer Roi, ,• Ja 
folie 'VOUS vaut une çonfifcation de douze 
millions. Le Roi étonné ne répondit que 
CCS mots: Jl y faut mettre ordre ^ & cou- 
rut fe confoler dans le fein des plaifirs. 

L'Efpagne n'éprouva plus jufqu*à Ja fin 
^u XVII«/ fiècle qu'une longue fuite dé 
difgraces & de malheurs, caufés par I^ 
fciblefle des Rois & de leurs Miniftres, ou 

Ïar la force des armes de Louis XIV. Les 
rovinces s^épuilbient de plus -en plus 
d'hommes & d'argenf. Toute la profpé- 
rite du Royaume fe trouvoit renfermée 
dans les maifons des Grands, quienglou- 
tîflToient Si: fe partagçoient les revenus de 
la Monarchie & les thréfors de l'Améri- 
que. Telétoit leur Luxe en Vaiflelle d'ar? 
gent quMls s'eftimoient pauvres en argen- 
terie, lorfqu'ils n'avoient que huit cent dou- 
zaines d'afliettes & deux cent plats ^- & 
qu'ils-- avoient des échelles d'argent pour 
mootcr à pes buffets fuperbes (if). roui 
rétablir les Finances , le Gouvernement a- 
voit, vers le milieu du règne deJ-Philippe 
IV, donné à la Monnoye de Billon une 
valeur prefque auffi forte qu'à celle de l'ar- 
gent, & avoit porté celle de l'or & de l'ar- 
gent une fois plus haut que fa valeur in- 
trinfèque. Au contraire fous Charles II, 
lé Duc de Médina Celi fit publier un Ëdit 

qui 
(15) Tom. V. p. 79 8a ? / 

D j 



|0t BlBUOTHEQjn WS S0IENCE89 

qui diminuoit des deux tiers les cfcccci 
3^ & d'argent & qui fupprimoit la Mon- 
iioye de Billon , avec ordre aux Particu- 
liers delà porter dans certains Bureaux, ou 
l'on donneroit en échange des Billets dç 
môme valeur, payables en fix mois. Des 
lors le commerce cefia ^ & tes denrées de- 
vinrent d'une cherté qui mit le PeupJe a^ 
défefpoir & caufa des foulevemens. Le$ 
Etrangers s'enrichirent en achetant i vil 
prix la Monnoyc db Billon , & en faifant 
lortir du Royaume les efpèces d'or & d'ar- 
gent. Cette belle Opération appauvrit en* 
core l'Efpagne de plus de cinquante mil- 
licMis , & ruina le tiers de fes habitants. ^ 
Cette opérationfatale peut être comparée 
à celle que fit Louis XTV; peu de tems a- 
près. «I Nous ne pouvons , dit notre Au- 
teur (16) ,) nous empêcher d'obferver en 
paffant que les fuites imprévues de la 
** Révocation de l'Edit de Nantes , afFoi- 
blirent plus la Fiance qu'une guerre de 
vingt ans , & la perte dé dix batailles. 
L'Angleterre, la Hollande , l'Allemagne 
enrichies, peuplées, éclairées par fept 
ou huit cent mille François expatriés , 
fe trouvèrent en état de combattre & 
'* de vainae le grand Roi ". Mr. Desor- 
meaux eft, comme on le voit, plus naïf 
& plus fincère que l'Abbé de Caveirac. 
Nous nous ferions un plailir de rappor- 
ter 

(î6) ibid. p. ICI. 






V 

ter ici les réflexions âges que fait natté 
Auteur (17) iur lescauîesde hiéczden* 
ce où tomba la Monarchie Erpagople^ éb 
fur l'état des Sciences , des Lettres & des 
Arts fous les Rois Autrichiens , elles mé- 
ritent d'être lues en entier, mais cet Ex- 
trait eft déjà trop étendu. Nous le finif- 
fons par le Tableau que Mr. Desormbaux 
nous trace de l'état préfent de TEfpagae. 

„ On a gagné, dit-il, avec les Bout* 
„ bons des mœurs plus douces, l'amour 
,, desfciences, lapolitefle, la connoiflan- 
„ ce du commerce, des finances, & des 
3, arts; une faine politique, uneadminit 
„ tratîon admirable, une émulation au. 
„ paravant inconnue; les Peuples réunis 
„ fous une autorité chère & refpedable, 
„ n'oppofent plus à la Cour des privilèges 
„ funeftes, & le difputent aux Caftillans 
„ en 2èle & en fidélité; enfin la Monar- 
„ chie moins étendue, mais plus riche ^ 
„ plus peuplée, affujettie aux mêmes 
„ Loix, eft redevenue une des premières 
„ Puiflances de l'Europe (i8> ''. 

Ce Livre au refte eft bien imprimé, ce- 
pendant il s'y eft gliffé diverfes fautes dans 
rortpgraphe des noms propres, ou des 
noms de Villes; on y lit, par exemple, 
Briel pour la Brille^ Lewe pour Lmtvain 
U Prince d^ArmJlaà pour & P. ^ Darml 

fiai 

( 17 > Ibid. p, 174. * Mv. 
(18) Ibid. p. lyi» 192, 



iSfia' BiËi:ioT]iEQ.nB des Scibkcesj 

Jlai&c. Ces fautes & quelques autres 
Semblables mériteront Tattention de ii'Au^ 
teur dans une nouvelle Editiœi. 

ARTICLE QUATRIEME 

r 

BJitnre ^EcoJJè (^c. par IVfr. Ro- 
' BBRTsoM. II. Extraie. 



M 



>AR|E déterminée enfin i fc rendre 
. aux vœux de Tes fujets & à pafler eq 
Écoflè, demanda un fauF-conduit à £liza- 
beth^ ^ui » non c(Hitente de le lui reEufer^ 
fit croifèr des vaifleaux pour intercepter 
celui qui devoit la porter. Elle s'embar- 
qua néanmoins , ^ ayant échappé heu- 
reufement aux VaifTeaux d'Elizabeth, el- 
le arriva en Ecofiet où elle fut reçqe par 
fes fujets avec les plus grandes démonlfra- 
tions de joye, mais fans pompe. 

Marie étoit al(»rsdansfa i{^. année. 
Élevée à la Cour de Francei^ la plus po- 
lie^ la plus magnifique & la plus corrom- 
pue de ce tems-ià 9* accoutumée aux hom- 
mages qu'on y reodoit à fon rang & à fs^ 
beauté , hommages II fenlibles à uqe jeu- 
ne perfonhe^ elle fut vivement frappée du 
péutl'éclat de fa rçceptipn ^ de la grof* 



V 

AvRit; Mais Jtriir. i7(Sô^ ât$ 

lièreté de tout ce qui Fenvironnoit Coiu* 
me, pour jugor des caufes ^ui ont influé 
fur les malheurs de cette PrinceiTe, il faut 
fe reprëfenter les circonftances dans les- 
quelles elle prit les rênes du Gouverne* 
ment , nous allons en tracer le tableau, 
en empruntant les paroles de Mr. Ro* 

BERTSON. 

,, Jamais Prince ^ dit ^ il, ne mon* 
3, ta fur le thrône dans une conjonâure 
3, qui demandât plus de fagefle dans les 
^3 confeiis» & plus de courage & de fer-» 
93 meté dans Texécution. Ces démêlés 
33 de religion continuoient avec la môme 
33 yiotence. Les Réformés étoient aigris 
,3 par le fouvenir des perfécutions qu'ils a- 
33 voient efTujrées, & les Catholiques é« 
33 toient ulcérés & réduits au défefpoirpar 
31 les injures récentes qu'ils avoient reçues.. 
3, Egalement ataimés par le zèle & par Iz 
3) fureur ks deux partis étoient irrécond- 
33 liables. La puiiTance des Nobles, ac- 
,3 coutumes par rabfence de leur Souve- 
33 raine à Pindépeadance, s'étoit tellement 
„ accrue pendant les derniers troubles» 
33 que rAriftocratie déjà trop grande em^ 
„ portoit la balance. Le Royaume avoi|: 
33 été long.tems gouverné par des Régente 
)3 qui n'exerçoient qu'une autorité eiu- 
,3 prufltée & dont la foibleiTe n'infpirôît 
33 aucun refpeâ. Il n'y avoit eu pendant 
n les deux dernières années ni Régent, m 

33 Coa- 



^tà .BIBIIOTRCOPE DfiS SctBNCES^ 

;„ Confcilfuprême, & le Gouvernement, 
9, qui avoit été fans force & même fans 
y^ jforme régulière, avoit dégénéré en Anar- 
',, chie. Un efprit de licence qui ne con>- 
„ noiffoit aucune fubordinalion & qui dé- 
f^, daigùoit la contrainte des Loix & de la 
ji 3uftice,s'etoit répandhi dans tous IcsO- 
5, dres. L'influence de la France , Pan- 
,, cienilfe Alliée du Royaume, tfexiftoit 
„ plus, ouétoit méprifée. LesAnglois, 
„ au contraire, d'ennemis qu'ils étoient, 
,^ devenus Confédérés, ayoient gagné la 
'^, confiance de la Nation & fpris de l'af- 
^, Cendant dans tous fes Confeils. Les Mo- 
jj narques Ecoflbis avoient autant à crain- 
j, dre de leur interpofition , pour leur cré- 
•,, dit & pour leur dignité , que l'amitié de 
\y la France leur avoit donné de luftre. 
-,, Elisabeth étoit obligée par Pintérêt de 
'3, fa confervation , & par toutes fortes de 
3, confidérationsyà affoiblir enEcoffe Pau- 
„ torité Royale, & à fufciter à fes Prin- 
,, ces des difficultés perpétuelles en fomen- 
:„ tant parmi les peuples la dlfcorde & le 
^, mécontentement 

' „ Tel étoit l'état des affaires dans ce 
"^, Royaume, lorfque le Gouvernement 
î„ tomba entre les mains d'une jeune Rei- 
5, ne, à peine âgée de dix-ncuf ans, fans 
„ connoiffance des mœurs & des Loix de 
E, fon pays, étrangère à fes fujets, fans 
expérience, fans i^Uiés , & ia:efque fani 



„ amis. 



D'un 



V 
AvRiL^ Mai» Joiir. i7«x 315» 

.,, D*un autre côté nous trouvons dans. 
^ la lituation de Marie des circonftan^ 
,^ ces qui , bienqu'elies ne contrebalan- 
,^ çalTentpas ces désavantages, pouToient 9 
3^ étant habilement ménagées, en prévenir. 
,^ les fàcheufes fuites & produire de très 
,^ grands effets. Sa préfeace, par fa nou« 
,) veauté & par Téclat de la Royauté, 
1^ firappoit des fujets qui pendant long-tems 
3, n'avoient point vu leur Prince au mi« 
,1 lieu d'eux » & leur infpiroit du refpeâ 
,3 & de la aainte. Les dignités & les em« 
93 plois luaatifis que la faveur du Prince ^ 
3, confère, & plus encore fa proteâion , fa 
s, familiarité, fon fouris même, honorent 
3, les fujeti & gagnent leurs coeurs. Loi 
,^ Nobles accouroient en foule de tous les 
,, coins du Royaume pour marquera leur 
„ Souveraine leur dévouement & leur af- 
„ feélion 5 & ne négiigeoient rien pour ef- 
3, facer le fouvenûr de leur cmduite paf* 
,^ fée & pour fe faire auprès d'elle un fonds 
3, de mérite. Sa Cour, remplie de ce qu*U 
„ y avoit de plus diftingué dans la Noblef- 
,, fe Françoife, commençoit à adoucir les 
3, mœurs de la Nation par les plaifirs èc 
33 les agrémens qu'elle lui omoit La 
3, Reineelle^mémepoflëdoitpluiieursqua^ 
^ lités qui produirent l'eftime & l'aftec* 
93 tion. Les grâces & la beauté de fa per« 
ij fonne lui attiroient Padmiration généra* 
ip ké S«s manières polies & engageantes 



T 

114 6fBlI0TH£<lUÊ DES ScIeI^CSSi * 

,4 lui conciiioient le refpeâ. Aux chaf* 
,^ mes de fon fexe elle joignok plofieurs. 
,) qualités qui font l'appanage de l'autre. 
^, £ile avoic acquis dans les axts &dansles 
,4 Sciences utiles, ou de pur agrément, 
,f de3 connoiiTances fort fupérieures à cd- 
^f les qu'ont ordinairement le» Princes: 
^^ Toutes cesqualités étoient relevées chez 
,, elle par cette aimable affabilité qui, 
^, fans avilir la Majeflé du Prince, char* 
^1 me & enlève les coeurs des fujets "« 
. Marib , quoique très^attachee au Ca« 
tholicifme , comme elle ne le montra que 
trop dans la fuite, commença fon r^e 
par une déclaration en faveur des Protet 
tans & témoigna beaucoup d'yards & de 
confiance aux principaux df'entr'eut. ÈQe 
fit aufli quelques démarches auprès d'Eli- 
sabeth pour fe la rendre favorsible , mais 
làns fruit. La Reine d'Angleterre vouloit 
que le Traité d'Ëdimbouig fût ratifié dans 
toute fon étendue. Celle d'Ecoife , de fon 
côcé vouloit y mettre des reftriâions , qui , 
quoique ^aifonnables en apparence, n'^é- 
toieat point du goût d'Elizabeth^ par des 
taifons que l'Auteur développe. 

Après ce début Mari£ fit fon entrée pu- 
blique à Edimbourg. Nous n'en parlons 
que pour citer un trait bien propre à carac- 
térifer le génie de ce tems-Ii. La plupart 
des Farces que Ton donna à cette occaûon ^ 
lepréfentoient les jugemeos de Dieu contre 
to Idolâtres. 

Nou9 



Avril, Mai, Juin, 1700. |ij| 

Nous ne nous airéterons point aux régie- 
mens que fit la Reine & aux troubles qu^ex- 
citèrent dans le Royaume la jaloulie des 
Partis Réformé & Catholique, & les fac- 
tions des Nobles. Noiis nous hâtons de 
pajQTer aux événemens qui ont caufé les 
malheurs de cette PrincefTe. 

Plufîeurs Princes a^irèrenc au bonheur 
de répoufer. L'Archiduc Charles, troi. 
iiëme fils de l'Empereur Ferdinand, Don 
Carlos fils de Philippe II, Roi d'Ëfpag. 
ne, 6c le Duc d'Anjou, qui rèçna depuis 
en France fous le nom de Henri III, femi« 
rent fur les rangs. Mais ces Princes étran* 
^ers n'étoient pas plus du goût de fes fu« 
}CtSj que de celui d'EIizabeth, qui ne né* 
gligea rien pour empêcher Marie d'en 
choilir un , & qui lui propofa pour Epoux 
le Lord Dudley» qui devint d^ns la fuite 
Comte de Leicefter. Ce Seigneur étoit fon 
Favori , quoiqu'il ne fût recommandable 
ni par fes vertus ni par fes talens. „ .Cet* 
„ te Reine ", remarque Mr. Robert* 
SON, „ n'avoit égard dans le choix de 
,, fes favoris qu'aux avantages extérieure 
„ de la Perfonne & aux qualités qui font 
„ le Courtifan j tandis qu'elle n'employoit 
,, comme Miniftres que des hommes d'Une 
„ capacité , d'un fçavoir & d'une prudence 
3, confommée "- 

Une pareille propôfîtion choqua l2t Rei* 
fie d'EcoÏÏe^ mais elle diifimula fon reflèn'- 

T0meXIH.PMrt.JL £ ti« 



/ 

3 té BxBUOTRQditB; nia Scjxjsçes, 

timenc & réluda, avec de gr^mds màia* 

Îetnens ))our Elisabeth. Enfin M^tord 
i)arnley fixa fon choix. U étoit fils aitié 
4é HMri Stewart Comte de Lennox^ & 
« fzx fa mère , fiUed'uné fœur de Heifri VII4 
il aroît plus de droit que MaHib à la fuc* 
cdDQon d'Angleterre. ' Cette dbnOdératicm 
englzgea la Reine à traiter fa famille tvec 
beSucoup d'égards , mais l'amonr qu'dle 
conçut pour lui contriboa bien plus que ce 
monf ' a le lui faire prendre ^our Epou. 
Darnley étoit l'homme Hé miëuii &it de 
Ion ienis & le ^us adroit dans tout les 
exercices du corps ;mds la nature, aUil'a- 
voit û bien partagé de ce câté-là^ravoit 
Sort mal-traité du côté de Tefprit & du 
ccràr. 

La France approuva ce mariage, & il 
tie déplut point à Elizabeth , quelwes dé" 
marches qu'elle fît pour le traverier. Mr. 
KoBERTSON devdlle ké vues & Icè iottxU 
gueis de cette Prihceâe d'une manière qui 
ne fait guère honneur à fon caraâère. 
Quoiqu'irrende juftice à fes grandes. qfoa- 
lités , il ne laifie échapper aucune occafion 
de mettre au jour fa dJfSmulation profon^ 
de, fajaioufie^ fon peii de délicateiSe fur 
les moyens qu'elle ei&ploVoit pour parve- 
nir à fes fins, fon faitmeur impériei^ & 
fon efpritfoupçonneux&vuidicatiF. On 
ferbit tenté, en voyant Tefpèce de corn* 
l^laifance avec laquelle il s'airéto iiir ces 
< '' usûtss 



Al^iL» IIai, Juin , ï7<$ô. jt*^ 

laits 5 de Paccufia: de partialité, û le rap« 
prochement St Pexamea des faits ne le 
juflifioieot pleinement 

Le Mariage de laReine fe fit eflfin , quoi* 
tp^iï eût été traverfë par le& intrigues d*£- 
Iizabeth & par les ennemis Que Damlev 
s^étoit faits. M a r i b Pépouia le 29 Juin 
tf6f^ ôç lui donna de fa propre autorité le 
titre de Roi. Elle chercha enfuite à tirer 
vengeance des ennemis de Damley, à la 
tête desquels étoit le Comte de Murray, 
qui devînt deux ans âpres Régent du R!o- 
yaume pendant la minorité de Jaques VL 
Elle marcha contre eux avec une condui- 
te & un courage furprenans^ & les força 
à évacuer rScoiTe & à fe retirer en An- 

Sletenre^ Ils fe flattoient d'être bien re^us 
'Elizadbetfi , qui les avoit foutenus fouâ 
main & qui Itur avoit promis (a protec- 
tion. Dans cette coiâiahce ils députèrent 
deux des leurs pour imi>Iorer fon appui 4 
mais elle ne voulut point leur accorder 
(Paadience qu'ils ne confentliTent préalable^ 
ment à déclarer devant les Âmbaifadeura 
de France & d'Efpagae qu^eile ne les avoiC 
point incités à- prendre les armes. Ils eu* 
rent la lâcheté^ de fe foumettre à ce qu'et» 
le exigeoit d'eux. Qu'on juge de leur flir- 
prife, lorfqu'après avoir fait cette déclara» 
tion , ils entendirent EHiabeth proférer ces 
paroles, ^i Ce que vous venez de dire eft 
^9 vrai* Je fuis bien éloignée de donner à 

£ a „ mes 



3 18 • BlRL{OTHE(2.UE DES . Scf ENÇE8 ^ 

yi mes fujets Texemple de la rébellion, en . 
„ fayorifant ceux qui fe révoltent èontrc 
,, leur légitime Souverain. Vous vous ê* 
9, tes rendus coupables- d'une trahifon dé- 
,, teftable, & comme traitres je vousban* 
,, ois de liia préfence *\ Elle ne laiflapas 
de leur accorder un afyle dans fon Royau- 
me , & de leur fournir fecretemçnt de l'ar- 
gent. Elle renouvella môme fes follicita- 
tîpns en leur faveur auprès de la Reine 
dTEcoffe- 

Ces follicitations & celles de plulîeurs 
perfonnes qui avoient part à la confiance 
de Marie auf oient obtenu la grâce des 
Fugitifs^ qui tenoient un rang diftingué 
dans le Parti Réformé y fi rattachenientde 
cette Princeffe au Catholicirme , le reffen- 
timent de Darnley contre eux ^ & les in- 
trigues de la Cour de France, qui travail- 
loit alors à la deflruâion des Réformés, ne 
l'euflent aveuglée fur fes véritables inté- 
rêts & ne lui euITent fait prendre le parti 
de la rigueur. C'eft d'ici que Mr. Ro- 
BERTSON date le commencement des mal- 
heurs de cette Reine. Son refroidiiTement 
pour foD Epoux en développa , pour ainfi 
dire, le gêrnfie. Darnley y avoit donné 
lieu par fon infolence, & le meurtre de 
Rizio acheva de le rendre odieux à la 
Reine. Ce Rizio Mufîcien Piémontois a« 
voit fçu gagner les bonnes grâces de Ma- 
ris & étoit devenu foo Secrétaire. La baf- 



Avril» MaI| Juik, Hdo. lld 

usé de fcs fentimens égaloit celle 4c fsi 
saiflance. D'abord uni avec Darnley^qu'il 
a voit bieq fervi auprès de la Keine, if luv 
etoit devenu fufpeâ , & ce î'rince le fît 
tuer dans la chambre Scfous les yeux m£* 
mes de Marie, alors eqceinte de 6 mois^ 
qui ne put empêcher par Tes larmes & k^ 
prières qu'il ne fut pçrçë de cinquante Ilx 
coups. On a accufe fans beaucoup de fon- 
dement cettç Heine d'avoir eu un commer* 
ce criminel avec Rizio: Mr. Rqbertso^ 
t'en jufti|ie d^ns une note 5 & à j'oçcafiç^' 
du meurtre de ce Mifér^ible , il f^it une 
digreiTion intérefTante furies ç^ufes deja 
fréquence des aiTailin'ats dans cetemp&-là.: 
Il remarque que Tidée de courage &d'honr 
neur attachée à la vengeance & jointe à la 
foiblcffe dés Gouvernenoens , avoit faifi 
triompher la violence (i), &qwrons'c'9 
toit telleçpent f^miliarifé avec ces-fortes. 
d'aétions, que les !^çrivains cpntempp* 
r^ins en parlent prefque toujours faos'hijr-^ 
reut & ioi;vent avec çlpgç. ; .a 

Le 19. dç Juin 1566. Marie mitaJ^ 
monde un Fils qui régna depuis en Ecbff© 
fous le nom de Jaques VI, & en Angle-i 
(eire fous celui dejAQijE^L Ç^évéoe'*. 

mccfi 

■ . ... f 

(1} Il ne noQf paroit pas cependant que IVVatsegas 
eipUque d'une faucon fatisfaifaate comme^i TaiSig^ 
nat i^voit pu fe concilier avec des feDtimêQS dlhba* 
acttr & de courage, 

• E 3 



é 

â20 BlBUOTHEOUS DES SaSNCBS, 

méat donna lieu à quelques mQuvpmeni 
en Jtogleterre dont le but ëteît d'afltirer à 
JUtàà la fucceffion à cette Couronne, & 
éui allarmcrent exirêmement Eli^betfa, 
iîfle-cî fçut pouitant les cdxper^ Atà- 
cta » pour en prévenir d'auties , de faire 
«0 arrangement avec MARifi; mais 11 
n^utpasiîeH. 

Lanaiffance d'un fils ne fétaJ^t point 
Furion entT€ le Roi & la Reine. Jaques 
Hepburn Cbmte tic Bothwell avoît rem- 
j4aci Dtrayiey dans^on cœur. On a des 
fieuveâ fioH ^uivoques de l'excès de fa 
iendr^e pour lui* Ce nouvel attachement 
lutfiiiiefte à Dàrnley. la Reînp Pavoit at- 
tire à BdiB^Kmrg par fes card!ès ^ i&oar; 
gt^rlir ^ faifant fauter^ avec 4e la pou- 
d^/ là maifon qu'il occupoit. Qudque 
hat qu'il fût , à caufe de fes mauvaifes 
qualités , le g«ire de fa mort fit ^u'on pUi- 
^it feu fort. La ReiDie & Bothvell firent 
fiM^çonnés d'en être les Auteurs. Quant 
àfiothwell, la chofe n'eft cas douteufe* 
Mr. RoBERTSON la laiife Indécife par rap* 
fbrt ik Reine, dans uçe differtation ^'il 
apla^e à la fin du éi. volume. Mais, 
fai)9 parler des preuves qu'en a dcmnéçs Mr. 
iSBMTT dans fèn Httoire d'Angleterre^ il 
Bousfemble que les Circonftances que rap- 
porte Mr. RoBËRTSON fuffifent pour la 
niire aoire coupable. Les fauifei' tâar- 
*Ç5 detcndrqflç qtt'çUe donna ^ f^ty 



AvAlt^ MAT3 JtTfN. X7<Sa 321 

avant que de le faire trànfporter à Edim-' 
bouig , le foin qa'elle eut dé s'abfenter la 
Duit que le crime fe commit, l'art avec 
lequel elle empêcha qu'oH ne prbcé^con-/ 
trc 0orhw<en avec Taétivité & la rigueur 
qu'exigeait la iiaturé des fôupçons qu^n a«^ 
voitlUribû compte; plufieurs traits tirés 
des lettres qu'elle édrivôit à Bothwcll (2) , 
& di)dt Mr. RcriBEïtTspK établit Pautbea. 
'f îcité : foutes ces circonftancea , difons 
nous', ne permettent guère de douter qu'el-^ 
le ne fut fà complice. Quoi cm^'û en foit^ 
BolbweU M. ^foiis: Il fe fit féparer de fa 
Feimne, éiïkva la Retiie & répouûi aii 
grand icandalè.cié totît^ la nation^ Les^ 
Nobles ne tardèrent pas à fe déclarer con^ 
tre lifARiE & lui ; la Reine fut obligée de. 
fe renciettre entre leur^ rhains, &Bothwelt, 
râluit à çrçndre la foitç , finit mifërable- 
ment fés Jbùrs eh Norvège dans uns prU 
fon. où H languit pendant dix aiis.. t^esf 
Nobles renf^mèrent la Kèine & là foccè-s 
rent i réfigner la Couronne à Jaquss font 
fUs qu'on proclama Kioi. On établit poui; 

Ri* 

(2) „ HéfasI dit* elle dans une de câ$ Le^ 
ttes, M je B*4iC jatiiàis flit ^érir petibnne^ mis.jci 
„ me cemdcs emilreroeiic k vont, volooti^, M^r 
„ de^^noi PS qt|e je dois .frire .& je; yoy» obéirai 
„ en tout. Voyet cppet^apt s'il n^ fepii pa$,p]u9 
,,tte ^'employer une mé4eciQe; cat il (ioit.prca- 
„ die des ren^des Ôc les bains de CraîgmiUar '\ - 

£ 4 



3^ft. BltXJOTHBQ.nE DES ScaENCES 5 

Régent^ pendant fa minorité, le Comte 
de Murrajr, qui était alors en France, 
d'où il revipt peu après en EcofTe. 'Tout 
cela fe pafla en 1567. 

Marie ayant trouvé le moyen de fortif 
de fa prifon, leva une armée qui fut dilfi- 
pée.par le Régent. Privée par- là de toute 
r^ifource, elle prit le parti d'aller fe jetter 
entre les bras d'JBlit^^beth 3 inalgré les avis 
de ceux qui lui reftoient attaches. Elle fe 
rendit à Carlille « d'où elle écrivit a ËUza- 
betb pour lui faire la peinture de iès mal- 
heurs & pour implorer fa proteâion. La 
Reine d'Angleterre fut auui furprife d'un 
événement fi inattendu f u'embarrâlfëe fur 
le parti qu'elle prendroit II s'en préfebtoit 
trois; rétablir MAr<iE fur le thrônedonton 
l'avoit fait defcendre ; lui permettre de fe 
retirer en France^ la retenir prifonnière en 
Angleterre. L^intérêt particulier d'£Iiza- 
beth & l'avantage de rÀngletarre l'empor- 
tèrent fur toutes les conCdérations de juf« 
tice & de générofité , & elle fe détermina 
pour le dernier parti. Elle ne s'occupa 
plus que des moyens de colorer cette ia- 
jnftice aux yeux du refte de l'Europe &de 
Marie elle -même. Mais Marie ne.fut 
pas long-temps fans ouvrir le$ yeux: fur fe$ 
mauvaifes intentions. Ayant demandé 
iine entrevue avec Elizabeth y elle lui fiit 
fefufée, fous prétexte qu'il ne convenoit 

point que la Reine I9 rît avant qu'elle fe 



Avril, Maij Juin. iy6o. 323 

Eût jidtifiéè de la part qù^oa la foupçon^ 
BOJt d*avoif eue au meurtre de fbn Epoux. 
Marie offirlt de prouver fou innocence. 
On la prit au mot^ mais Elizabetfa au 
lieu de l'admettre en fa préfence , comme 
elle s'y attendoic, nomma des Commiflai* 
res pour examiner fa conduite » & Ibmma 
le Kégent d'Ëcofle d'envoyer des Députés 
pour défendre la fienne devant eux. Per« 
ibnne n'ayant voulu paroître pour loi , il 
ifut obligé de le préfonter lui-même, ac« 
compagne de quelques autres Seigneurs. 
Marie de fon côté ayant nommé des Dé« 
pûtes , 1-00 ouvrit les Conférences à York le 
4. Oâohrei;68. 

Malgré l'intérêt que Je Régent 4>aroiflbit 
avoir de pouffer fans ménagement fesac« 

Turpris de 
xleratioq 
intrigues 

du Duc de Norfolk, le Seigneur le plus 
puiffant d'Angleterre, qui af^iroit à.épou« 
fer Marie, &qui travailla fortement fous 
main à gagner le Régent &à la tirer d'af^ 
faire. Elizabeth , qui s'étoit attendue que 
la Conférence pfendroit un autre tour , re« 
folut de la transférer fous ks yeux. Elle 
en établit le liège à Weflminftér, & ayant 
nommé d'autres Commiffaires , parceque 
les premiers lui étoient. fufpeâs , cîie 6ç 
leflerrer Marie plu9 étroitement^ L'ao 
cucil & les promeffes qu'elle fit au Ré- 
gent , lorfqu'ilfut à Wcftn^rnûe^, le dé- 

Es ter* 



]H BntiDTBBQiii uw Scuaiom, 

terminèrcflt à fëoottder les vue» IVall- 
kurs fes intrigaes arec Norfolk aToieitf 
traQfpiiéy & ilne tad teStoit 91e ce par* 
ti à picwre. il aiccufodonc haQteiiient 
la Reine d'Ëcofie d%tre coinplice Ai 
sneurtre de Sm Mari ^ & mmit A Eli^a- 
bct^k toutes les pièces qui fervoknc de 
pveuyet à fon accofation. MAAit motefia 
ccffitre tous ces piocédé^ , infifta ixu une 
audience particulière d'Etiaabetli , & dé- 
fcadit àfesDéputi^ dèitéDoiidiè, aU^atit 
pour ràifoD de cette dérafe la j>9trtiaU^ 
maroùée d'£li«abech pour fes fujets lebd- 
k& Élizabctfa fincuit de regarder cette de* 
marche comme un aveii tactte de foa 
criine^ &) (àdi i^bxpligtier fur la condui- 
te du Régent ^ elle le cotigéciia ^ lui contif 
nua fecrctement ùl ptôtèâion Se se garda 
plus de mefures avec là Reine . d'Éoolfe. 
Marie de fou câtë entra dans les ^aes dû 
Norfolk & effaya dé faire rompre fixi ma- 
riage avec Bothwçil. Ses paséifiiaB firent 
quelques mouteoiens eu. fà Ëvreor en fi^ 
coflè , mais te Ragent les tendis inutiles^ 
Ceux qu'on fit en ÂnglfCesie h'eufént pas 
plusdeAiccè& Notfolk^dopt on aToiC dé- 
couvert les menées-, Ait mis à Ur Tour^ 
é*o^ il ne fortit qu'au tout de neuf mois 
& ^rès avoir donné les afluranôes tespius 
fortes qu'il n'eàtietiendroitàraTeflir aueu*- 
ne corrd^ndante avec MiVMÉ (yy Les 

Corn- 

(3} U manqua Uçntdt ^lè»! to^àn^tAe^ 



Avril, Mai, Juijf. j-j^fX 525. 

Comtes de Nx)rthumt)erland Se de Weft- 
morèland , Seigneurs Catholiques , prirent 
inutilement les armes en faveur de cette 
Princeffe , dans Pdfpérance d^étre Toutenus 
par PEfpagne dont ils avoîent recherche 
l'appui. Mahie fut tranfportée à Coven* 
try place forte , où elle fut reflerrée plujl 
étroitement nue janjiai^. £nRn Elizabeth. 
laâee des allarmes continuelles aue lui 
caufoit fa détention! fe détermina a la re<* 
mettre entre les mains du ïlégent» & d- 
loit effeduer fa réfolution lorfque celui-ci 
fut alTaâiné. Marie & fes partifans fon* 
dèrent fur fa mort de nouvelles efoéran* 
ces, mais le nouveau Régent, le Comte 
Lennox, père de rinfortuné Darnley, les 
fit avorter. Marie reila donc à la merd 
d*£Iizabeth, qui lui fit quelques propoli* 
tioûs d'accommodement , qu'elle fçtit en 
même temps rendre infiruâueufes. Ce 
fut eSi vain que MahIe fit reniuer toutes 
fortes de reiforts ppur fe tirer des main$ 
d'Elizabeth. Le Paçe » l'Efoagne Se \i 
France , dont elle follicita le fecours, n'a^ 
girent ppipt, ou tfagire^it oue foiblement 
en fa faveur. Le Roi fdn ms Tabandonnap 
Enfin une Confpiratipu. contre Eliz^^th, 
dans laquelle elle fut accu fée d'avoir tfçm- 
pé , acheva fa ruine. Ses Domeftiqués fiu 

rent 

& eo ayant fy.i convaincu , il fut jujé p«r Içs Piiif » 
coa(kuiiQé & puni de mptt. 



$26 BiBtIOTHBQpS DES SgISNCES» 

sent arrêtés { fes papiers faifis , & on la 
transféra au château dé Fotherîngay dans 
le Comté de Northampton, où Èlizabeth 
envoya des Con^miflaires pour ' Texami- 
ter. Elle refufs^ d'abord fièrenient de corn- 
parbître devant çqx , cependant 6n fçu^ 
ry engager, & elle fe défendit avec beau- 
coup de dignité & de force. Mais onvou- 
loit Jia trouver coupable, & après une pro- 
cédure d'upe irrégularité révoltante , on 
}a déclara çoinpiice dé la confpiration , & 
elle fut condamnée à la mort. Le Par- 
lement confirma la fentence ^ Sç en de- 
in^ind^ rexécution à I9 Reine , qui fit 
femblant d'y répugner, h^ France fit de 
foibles efforts pour détourner le coup. 
Le Roi d'Bcoffe en fit de plus grands & 
plus foutçnus; mais inutilement. L'Ar- 
rêt porté contre MilRiE fut confirmé Sç 
lignifié à cette infortunée PrinçeiTe « qui 
le reçut non feulement avec fermeté , 
plais avec joye. Dès lors elle fut traitée 
avec toute la rigueur & Tindignité polD- 
bîes. ElizabetU , c^ui n'étoit i>^s fans in- 
quiétude fur les fuites qu'aui^it fon fuç- 
plice^ auroit bien fouhaité dé le prévenir 
eji la faifant affafliner fecretement, mais 
perfontie ne voulut liïi prêter fon mini- 

-pere (4)- 

Ton- 

t 

" (4) Le Chevalier Amits Pa^let,entt*autre9| I14 
déclara quVtlç pouvtic difjofei dé fiivk, mail qu'A 



A7Rit, Mai, J01N. i7(Jo. 327 

Toate la conduite de Maeib jurou'i 
fa mort fait un honneur infini à (es len* 
timens & à fon courage» £IIe procéda 
toujours de fon innocence par rapport à 
la part qu'on l'accufoit d^afvojr priie à la 
Confpiration. La veille de fon exécu- 
tion, elle demanda un Aumônier Catho* 
lique^ cm'on eut l'inhumanité de lui re- 
fluer. Elle fit plufieurs difpofitions & 
converfa avec ceux .qui Tenvironnoient 
avec beaucoup de préfence d'efprit & mè^ 
me de gaieté. Le jour de l'exécution , 
qui étoit le 8 de Février 1587- elle fêle, 
va de bon matin, après avoir repofé'tran* 
quillement quelques heures, & nt fes dé- 
votions. A huit heures le grand Shérif 
avec ia fuite vint la prendre pour la con- 
duire à l'échaffaut. Elle le luivit à l'in- 
fiant d'un air de majefté , de fermeté & 
de contentement qui ne la quitta poir 
jufqu'à fon dernier moment. Lorfque t 
le iut fur l'échaffaut , le Doyen de Peter^ , 
borough fit un difcours convenable à la 
circonllance & prononça une prière , à la- 
quelle elle ne voulut pas fe joindre. Elle 
recita les lîennes en latin , après quoi éle<» 
vaut la voix elle recommanda à Dieu fon 

Egli- 



nç confeQtiroit jamais & fooîller fon honneur & k 
Utiffct une tâche éternelle dans fa famille , en dcvs^ 
fiaac rinftiument d'une aâion fi infâme. 



- j 



32 g ElBUOTHEQnE 1>1SS SciEKé^^ 

Eglife affligée » & le pria db rendre (bâ 
fils heureux ^ & d'accorder à Efisabedi une 
longue vie & un rè^e tranquille. Lorf^ 
qu'elle eut fini^ le B<!^urreau s'avança pouif 
lui découvrir le cou ; mais elle Parréta, &lui 
dit eq foûriant^ qu'elle n'étoit -pas accoucu- 
mée à fe déshabiller devant.un fi grand nom- 
l^re deSpeâateurs niàéûreftrviebar dé tds 
valets. Elle plaça elle-même ut tête fur 
le billot. L'Éxëctiteur rayant féparée du 
corps au fécond coqp.,^ l'éleva pour la 
montrer aux*Spedaceu^ ., & le Dojta 
cria > ,, ainîi' pdriflent tous les Enneihs 
;. de la Reine Elizabeth' ". Le Ccnnte de 
Kent 9 un de ceux qu'Elisabetli avoîC 
chargés de faire exécuter la fentence, fiit 
le fcul qui répondit jlmen. Le. rdte des 
fpeâateuirs fondant en larmes ^ida un 
mome fflence. Leur ccfeur rempli decom» 
paflîon & d'admiration étoit maccdSible 
à tout autre fentiment Le Cor|^ de Ma- 
EiE fut enfeveir avec beaucoup dé pom- 
pe dans la Cathédrale de Peterbomugh ; 
itiais dans la fuite jaques fbn fifs le fit 
tranfporter dans Mbbaye dé Wcftmin- 
fter. 

Âinfi mourut Marie Reine d'Ecoffe 
âgée d'un peu plus de «]4 ans , dont el- 
le en avoit palfé près de 19. dans la 
captivité? „ Cette Princeffc", dit Mr. 
RoRERTSCN , ^, joignoit aux charmes de 
1^ la beauté la plus régulière ^ tous les 

„ agré- 



I 



Afftii^s Mai, }oim. 1750. 32^ 

«,, impémeûs qui en rendent Pimpreflioa 
„ tfféfilUble. Elle étoit polie, iffàkk^ 
^9 infinnaote » enjouée & capable âc par* 
^, lex & d'écrire avec autant de facilité 
,, que de noUefle. Dans fes attaclK> 
„ mens , eUe étoit inipétueufe parce que 
,, fon cœur étoit fenubie & fermé aux 
,9 foapçons. Accoutumée dès fon en- 
^y bnoe à être traitée en Reine, die ne 
^, pouYoit fouf&ir la contradiâion. £t- 
,, le a employé quelquefiiMs la diflimuls- 
,, tion^ qui dans la Cour perfide où elle 
^, tf(Ht été élevée faifoit partie de i'aïC 
^ de règner.i Elle n^étoit point infenfi- 
^ ble à Ta flatterie, ni au plailir que goft- 
,, tent ordinairement les psrfonnes de fba 
„ fexc en voyant Pcffet de leurs char- 
3, mesiw Faite pour infpirer de Tamouc 
,, plutôt que de Padmiration , c*étoit une 
,, femme aimable plutôt aucune Reine 
,, illuflre. La vivacité dé ion efprit qui 
9, n'étoit pas tempérée pa^ un jugement 
,, folide , & la force de fesjpaflîons qui n'é- 
), toient pas toujours dirigées par la pradei»- 
^ ce, l'engagèrent dans desfautes&dansdes 
5, crimes, rour rendre raifon de la fui- 
^ Ce prefque continuelle de malheurs 
,, qu^elle a éprouvés , il ne fuffit pas de 
,, dire qu^elle a été infortunée , il faut 
^ ajouter qu'elle a été fouvent impruden* 
31 te. Elle aima Darnley avec tout l'em^ 
9j portement de la jeunefle ^ & quoique 



^qo BlBLIOTHEQpS' DBS SCUINCfité 

^ la haine , qui fuccèda à fôa amoo; 
!: pour lui, fûtTeffet derin|;ratitade, dfll 

r infolencc & de la brutalité avec la- 
V. quelle il avoit répondu à fa tendrcffe , 
^ on ne fçauroit excufer par*là fa paffion 
' pour Ôothwell, malgré les foins emr 
5, prefles & lés fervices importans qui 

favoicnt fait naître. La licence des 
/, mœurs de ce fiècle ne juftifie point cet- 
^: te paffion malheureufe & ne diaiinue 
,, point rhorreur que nous caufent ie$ 
„ fcènes hontcufes & tragiques qui la 
y, fuivirent. L'humanité tirera le voile fur 
4, cette partie de fon caradère ^ que je 
„ ne fçaurois approuver , & fera peut. 
' être imputer fes adions à fa fituation 
y, dont on déplorera les malheurs , plutôt 
' , qu'à fes difpofitions qu'on ne jugera pas 
., vicieufes. Ses fouffrances , par leuf 
^ grandeur & leur durée , ont furpafle 
, tout ce que Part dramatique a jamais 
^, imaginé de plus propre à faire coûta 
, nos pleurs. En les conlidérant , nous 
\\ nous fentons portés à oublier fes foi- 
„ bleffes : fes fautes excitent chez nous, 
:, moins d^indignation , & nous regardons 
^, les larmes, que fes nulheurs nous font 

vêrfer , conune auflî légitimes que û 
^^ nous les répandions pour une vertu 
,, plus pure. 

,, Quant à Ja peribnne de cette Reioe^ 
:^ circonûance qui ne doit pas être ômifc 

9, (fans 



A^tsitLj Mai , Joik. 17^6. 331 

,, dans rhiftoire du règne d'une femme , 
,, tous les Auteurs contemporains con- 
3^ viennent que Ton vifage, fa taille, èc 
5, fon port réuniifoient toutes les beautés 
,, dont la figure humaine eft fufceptible. 
3, Ses cheveux étoient noirs, mais elle en 
3, portoit fouvent d'empruntés & de diflfé- 
3, rentes couleurs , fuivant l'ufage de ce 
3, temps -là. Ses yeux étoient d'un gris 
33 brun 3 & fon teint d'une fraîcheur & 
3, d'une délicateife admirable. Ses bras 
^3 & fes mains étoient d'une forme & d'u- 
^3 ne blancheur parfaites. Sa taille étoit 
j3 haute & majeftueufe. Elle danibit ^ 
33 marchoit ^ & manioit un cheval avec 
33 grâce. £lle chantoit & jouoit du luth 
33 avec beaucoup de goût & de jufteffe. A 
3, la fin de fa vie elle prit trop d'embon* 
3, point , & fon long emprifonnement 
3, dans des maifons froides lui caufa un 
33 rhumatifme qui lui fit perdre l'ufage 
,3 de fes membres. Perfonne, dit Bran- 
tome 3 „ ne la vit fans l'aimer &fansrad- 
33 mirer, &perfonne ne lira fon hiftoire 
,3 fans lui donner des larmes ". 

Nous ne fuivrons point notre Auteur 
dans ce qu'il dit de Jaques VI , jufqu'à 
fon avènement au thrône d'Angleterre. 
Cet Extrait n'eft déjà que trop long. Nous 
nous contenterons de rapporter d'après lui , 
q^ae quelque reffentimcnt qu'excitât chez le 
£ils la mort de fa mère,Elizabeth trouva 
xnqyen de Tappaifer par les avantages 

Tonti Xlll Part. IL F . qu'eU 



332 BiBLIOTHEQjaB DES SciENCBS^ 

qu'elle lui fit voir à ne point rompre avec 
elle. Le Caraélère de ce Prince eft trop 
connu y Se les événenients auxquels il a eu 
part pendant fon fejour en Ecoife font trop 
peu coniidérables, pour intérefier dans un 
extrait. Elizabeth étant morte le 31 Jan- 
vier 1603 , Jaques , qu'elle avoit dcdaré 
fon SuccejQfeur , fut {)roclamé Roi d'An- 
gleterre & fie fon entrée à Londres, le 7* 
Mai fuivant. 

Ceft à cette Epoque que Mr. Robert* 
fiON termine fon hiftoire. Il y ajoute 
quelques réflexions fort judicieufes fur les 
révolutions arrivées dans la Conftitutioa 
d'Ecoife depuis ce temps -là: Nous ne 
fçaurions les abréger fans en rompre la 
liaifon & fans leur faire perdre de leur prix. 
A la fin du 2^. volume on trouve plufieuis 
pièces juftificatives toutes relatives au Rëg* 
ne de Marie y & une diifertatibn fur le 
meurtre de Daimley. 

Nous ne répéterons point l'éloge que nous 
avons fait de la manière d'écrire de Mr. 
RoBKRTSON. Dans fon Hiftoire ,^ là -Phi- 
,9 lofophie inftruit par des exemples" (5), 
&cet ouvrage digne , félon nous» de fervir 
de modèle peut être mis à côté de tout ce 
que les Anciens & les Modernes nous ont 
laifle de meilleur en ce genre. 

ARTI- 

(5) Bolingbroke Lettres fur Hiifteiie, vol* I- 
So. pag- 16. 



iHvJias Mai 9 Juin. 1700. 33^ 

ARTICLE CINQUIEME. 

S£RMOM & Panégyriques par Jaques 
Abbadie, Doâeur en Théologie» 
& Doyen de Killalo^\ Auxquels on 
a joint quatre Lettres du même 
Auteur, & un Essai Historique 
fur fa Vie & fes Ouvrages. Jm- 
Jierdam , chez François Changuîm 
1760. petits* 3vol. dont le L eft 
de 417 pp. le II. de 478 & le III. 
de 492. L'Eflaî Hîftorique en a 56. 

NOus n'avons pas deffein d'analyfer les 
diverfes Pièces qui forment ce pré- 
cieux Recueil. Toutes ont paru féparé- 
ment il y a bien du tem;s, quelques*une& 
même ont été imprimées plufieurs fois, 
& tout ce qu'on peut attendre de nousc'eft 
que nous donnions une limple notice de 
ce que contiennent pes trois volumes , & 
que nous faflions connoître plus particulier 
rement VEJJai Eijlori/jue fur la 'vie ^ les 
Ouvrages de Mr. Abbadie. Ce morceau 
cft très- curieux & très- bien fait On y a 
raffcmblé tout ce qu*on a pu découvrir fur 

F 2 r«- 



334 BiBLIOTHEara DES SCIBNCSS^ 

rilluftre Doyen , on y donne une jufte idée 
de (es principaux Ouvrages, & on y réfu- 
te les calomnies qui ont été avancées con* 
tre lui par quelgues Ecrivains modernes 
furtout par TAuteur d'une Béfenfe de Mi- 
lord Boltngbroke ^ inférée dans la Bibliotbi- 
gue Kaifonnée ( i ). Cet Auteur , oui pour 
fon honneur a très-bien fait de refter ano- 
nyme ♦ a ofé dire: Milord BoUngbroke mé^ 
prïfoit beaucoup Abbadîe^ &f f avoue que ce* 
lui- ci tPétoit fas un génie à mettre en parai' 
Ule avec le Ficcmte BoUngbroke, Il défend 
quelquefois la vérité avec les armes du men- 
fonge; il a desfentimens que n9us avons ju- 
gés erronés fur la Trinité^ ô* enfin il ejl 
mort de démence d Dublin. Ces impudentes 
aiTertions font relevées ici comme elles le 
méritent, i. On remarque d'abord que, fi 
M. Abbadie étoit méprifé par le Lord 
Bolingbroke, cela ne prouve aflurément 
autre chofe que la ftiuffeté de l'efprit , ou 
la corruption du cœur de ce Lord. 2. On 
défie enfuite le Défenfeur de Bolingbroke, 
de montrer dans les Ecrits d'ABBADiE les 
erreurs dont il Paccufe. 3- On lui foutient 
enfin qu'il eft fouverainement faux que ce 
grand Homme foit mort de démence à 
Dublin. Une infinité de gens fayent qu'il 
mourut dans fon bon fens, & dans des dif- 
pofitions dignes de fa grande piété, non 
pas à Dublin^ mais près de Londres àSte 

Ma* 
(0 Tom. I. Part. H. pag. 392-402. 



9y 

99 



AVKIL3 Mai, Juin. 17(53. 335 

Marie*l(ubonne , où il avoit pafle les dcr- 
nières années de fa vie , & où il étoît oc- 
cupé à corriger & à revoir fes Ouvrages , 
lors que la piort Je furprit le 6 Odobrc 
1727. Du refte on convient qu'il n'y a au- 
cun parallèle à faire entre M. Abbadie & 
Milord Bolingbroke. „ La lumiè»» & les 
ténèbres ne font pas plus oppofées. Ab- 
badie étoit un homme de bien , rem- 
pli de piété &de mœurs irréprochables; 
Bolingbroke étoit un libertin & un im- 
,, pie- Abbadie avoit employé fa plume i 
,, défendre la Nation Britannique.; Bo&ni^ 
„ broke Tavoit trahie par fes aftions. M^ 
badie fortit de fa ratrie pQur fa Reli- 
gion ; Bolingbroke fut obligé d^abandon- 
ner la fienne pour fes perfidies. Abbadie 
_ fut fouhaité en France, & foUicité d'y 
,, revenir ; Bolingbroke eut befoin de ps^r- 
,3 don pour pouvoir retourner en Angle- 
5, terre. Enfin Abbadie a reçu les éloges les 
,, moins fufpeâs (2); Bolingbroke n'en a 
„ reçu que de fes femblables ". 

Nous avions d'abord penfé à extraire de 
VEJJai hijlarique d'où nous avons tiré ce 
morceau, les principales circonâances de 

la 

(1) De Bufj'Rabutîn , de Me.i/(f Sévsgné , de 
VAbbé Houteviik, de l'Abbé DesfontatMs 6l de 
divers autres Catholiques - Romains dont on rap- 
porte ici des pafliiges tr^-curieux Ôc extrêmetneut 
tvaBtageozàMi. Abbadie. 

F3 



9« 



'33!^ BiBLiOTHBQpB DB8 Sciences ^ 

la vie du grand Homme qui en (ait le fa« 
jet Mais quelques-unes de ces circonftan' 
ces & fur-tout les dates, les différeates £« 
glifes que Mr. Abbadie a deflervies , les 
titres de fes Ouvrages &c. fe trouvant dé- 
jà dans le Diâionnaire du favant Mr. de 
Cbauffepîé^ il fera mieux de ne prélênterà 
nos ledleurs que les particularités qui ne fe 
trouvent pas dans ce Diâionnaire, & que 
l'Auteur aer£^/ a recueillies dans d'autres 
Ouvrages i ou qu'il a apprifes de la propre 
bouche de Mr. Abbadie, car il paroit par 
quelques endroits de cet Êffai que TAuteur 
a perfonneliement connu rMonune illuffare 
dont il &it rél<%e» & iî nous ne nous trom- 
pons pas dans nos conjeâures, il a eu Ta- 
vantage de faire dans fa jeunefle d'excel- 
lentes études fous la direâiondeMr. Abba- 
PIE qui le trouva digne de fes confeils&de 
fon amitié. 

L'Ouvrage qui a le plus contribué à la 
haute réputation de Mr. âbbadie ell foa 
excellent Traité de la Vérité de la Religion 
Chrétienté. Ouvrage incomparable^ qui 
dès qu'il parut enleva tous les fufTragesy 
qui a été traduit dans prefque toutes les 
Langues de l'Europe , qui fera toujours le 
défenpoir des Incrédules, & qui par la fo- 
lidité, la force de raifonnemert • & le 
profond favoir qui y régnent d'un bout à 
l'autre 5 femble être le fruit des études & des 
méditations d'une longue vie. Cependant 

i'Att- 



Avril ^ Mai, Juik. n6o. 337 

TAuteur Pavixt commencé â Paris à Page 
de vingt-deux ans , ce qui paruîtroit incroya* 
ble fi un ne le tenoit de lui - mime , Se quand 
ii le publia à Rotterdam en 1684. il n'é- 
toit encore que dans fa trentième année. 

A peu près dans le même tems parut 
fon Panégyrique de ÛEJeSleur de Brandehmrg. 
Il fut extrêmement applaudi, & comme 
rOuvrage étoit anonyme, on l'attribua aux 
meilleures plumes qu'il y eue alors parmi 
les Proteftans. Quand on demandoit à Mr. 
ABÔA916 s'il n'en connoifToit pas l'Au- 
teur , il fe contencoit de repondre, qu'appa- 
remment c'étoit quelqu'un qui hono'roit 
fou Altefle Eleâoraie fans intérêt. 

£ publia en 1689. fon Traité de la Divi - 
nité de Jefus-CbriJL Mr. PeSJfon le trouva 
ii excellent que , dans fon Ouvrage pofthu- 
me fur TEudiariftie Jl fit cette prière pour 
l'Auteur de ce Traite : Seigneur^ ce n^ejl pas 
fans Vous avCon combat pour Fous avec tant 
de force : daignez l'éclairer de plus en plus.- 

La première Églife de Mr. Abbadie fut 
celle de Berlin , &ce ne fut qu'après la liiort 
du Giand Ëleâeur, qu'il paffa en Angle- 
terre fur les inftances du Maréchal de 
Schomberg qui l'eftimoit beaucoup & qui 
l'engagea à le fuivre en Irlande. Mais ce 
Seigneur ayant été tué au combat de la 
Boyne» Mr. Abbadie revint i Londres 
où il accepta la vocation qui lui fut ad- 
dreffée par l'Eglife Françoife de laSavoye. 

F 4 Quel- 



33S BIBIIOTBEQ.UE DES SCIENCSS^ 

Quelques années après , le Roi Goiilaunae 

i)cnfa à lui donner un Bénéfice , mais 
'air d'Angleterre n'étant pas favorable à 
Mr. Abbadie qui étoit pour lors menace 
de confomption , le Roi lui promit le pre- 
mier Doyenné qui viendroit à vaquer en 
Irlande. Milord Galloway en étoit Vice- 
Roi & n'ignoroit pas la promefTe faite à 
Mr. Abbadie. Cependant il difpofa en 
faveur d'un autre du premier Doyenné 

Î|ui vaqua. Mr. Abbadie en témoigna fa 
urprife à ce Lord , qui lui dit pour fe ti- 
rer d'embarras d'une manière obligeante, 
qu'il méritoit quelque diofe de meilleur. 
Il n'attendit pas long-tems & le Doyenné 
de TEglife Cathédrale de KiUalow étant 
devenu vacant , il le demanda au Roi & 
l'obtint. Mais il eut encore le malheur de 
trouver en fon chemin Milord Galloway. 
oui lui retint de fa feule autorité la moitié 
du revenu de ce Bénéfice pour en gratâier 
un de fes Chapelains; & fur les plaintes 
que lui en fit Mr. ABBADrE , ce Seigneur 
lui répliqua qu'il lui fembloit que c»étoit 
bien aifez pour lui. Celui- là piqué avec 
yaifon d'un procédé fi peu équitable & fi 
désobligeant , répondit avec vivacité qu'il 
ne s'agiiToit point de cela, mais de fon 
bien dont fa Grandeur n'étoit pas en droit 
de difpofer puisqu'il le tenoit de la feule 
libéralité du jRoi, & qu'il s^en plaindroità 
Vxl MUord Gailoway s*adouci^anc lui 



Avril, Mai , Juin. ijôo. 33> 

pToraît pour l'appaifer, par un billet ligné 
de fa main, qu*à la première occafion il 
Je dédommageroit par d'autres petits Bé- 
néfices. Mais il vint à mourir fans s'être 
acquité de fa promeffe , & le Doyen fe 
trouvant dans la nécefSté d'affermer foa 
revenu parce qu'il ne réiidoit pas, a fou- 
vent alfuré que quoique la moitié de foa 
Bénéfice dût lui valoir plus de trois cent 
livres fterling de rente, il fe trouvoit moins 
à fon aife que lors qu'il étoit fîmple Mi« 
niflre de la Savoye où il n'avoit que cent 
pièces. 

Il méritoit affurément une meilleure for* 
tune, car, comme le dit le judicieux Au- 
teunde fa Vie, ç'étoit „ un de ces hom- 
„ mes diflingués & rares qui font égale» 
j, ment honneur à leur Patrie & à leur 
3, liècle — fes mœurs polies par le com- 
3, nierce du grand monde , étoient aifees 
33 & douces; & on n'a guère vu d'homme 
3, d'une humeur plus égale & plus obli- 
,3 géante que lui. Comme il avoit de la 
,3 gaieté dans l'efprit , & que fur toute ipr- 
,3 te de fujets il s'exprimoit fur lie champ 
33 avec autant de juftcffe, d'élégance & de 
33 feu que dans les Ouvrages qu'il avoit eu 
33 letemsde méditer, fa çonverfation étoit 
,3 aufli' agréable qu'utile, &on nelaquit- 
„ toit jainais fans regret. Son cœur ten- 
^ dre & conapatiffant le rendoit extrême* 
^9 ment fenfible aux malheurs de fesfem- 

F 5 33 bla- 



99 

99 
11 
9f 
119 
99 

n 

^9 



yp BiBUOTHEQVB DES SciSHCBS» 

„ Wablcs, & prompt à foulager leurs pci- 
Z ncs, il les affiftoit foit de fon crédit , foit 
3, par lui-même quand il le pouvoir, Pcr- 
fonne ne connut mieux que lui les droits 
de l'amitié , & n*en remplit plus fidèle- 
ment les devoirs. La réputation du pro- 
** chain lui fut toujours facrée, & il ne 
" permettoit pas qu'on en dît rien en fa 
préfence qui pût le moins du monde la 
tlcffer. A Tabri dé ?envie, paŒon fe 
tout funefte à celui qu'elle pollede^ fon 
ame noble & généreufe goûtoit toujours 
un Vrai plaifir à rçndre juftice au méri- 
3 te, à le louer & l'encourager autant 
J qtfil lui étoit poffible. Il ne connut ja- 
Ji mais d'autre haine que celle qu'il eut 
pour le vice. Sachant plaire aux Grands 
fans baffeffe , ils ne purent lui refufcr 
leur eftime s'ils ne lui accordèrent pas 
toujours leur bienveillance,- & un,grand 
nombre l'honorèrent de l'une & de l'au- 
tre. Enfin toutes ces (jualités & ces 
'* vertus étoient couronnées^ en lui par la 
Il modeftie , & par une piété auffi lincère 
„ qu^écldirée. 

Un peu plus haut l'Auteur de l'Eflai a- 
voît rapporté une anecdote qui fait trop 
d'honneur à Mr. Abbadie pour que nous 
ne l'inférions pas ici: „ Paffant par ZeU, 
„ en quittant le Brandebourg pour aller 
„ joindre en Angleterre M. Te Maréchal 
.. de Schomberg , Mr. AbbAdie fut dire 
** ,, la 



•99 
^9 
%9 
3> 
99 



Avaii-i Mai, Juin. 1760. 341 

,, la révérence i Madame la Duchefle. 
„ Cette Princefle qui avoit beaucoup d'efc 
„ prie & de levure , & qui aimoit affeî: à 
„ parler de Religion, fit tomber la con* 
„ verfation fur la Divinité de Jéfus-Chrifi^ 
9» apparemment à i'occalioa du Traité de 
,y m! Abbadib fur cette matière, & fou« 
„ tint la négative. La converfation ^é* 
3, tant animée dégénéra infenfiblement en 
„ difpute » & peut-être en difpute un peu 
„ vive, d'autant plus que la Ducheffeé^ 
„ tok foupçonnée d'avoir des fentimeas re- 
lâchés fur ce dogme. Plu fleurs années 
après Mr. Abbadie, étante Londres^ 
alla faire fa cour au Roi , Se trouva 
chez ce Prince Madame la Princefle de 
Galles, depuis Reine d'Angleterre. Son 
,, Altefle Royale , qui fe fouvint en le vo- 
\\ yant d'avoir entendu . parler de cette 
„ converfation, lui dit en préfenceduRoi 
3^ & de toute la Cour: On m'a dit^ Mr, le 
Doyen , qu'autrefois en pajfant par Zell 
KHHis vous étiez querellé avec feu ma 
Grand* mère. M. Abbadie fans fe dé- 
„ concerter , lui répondit : Madame j je 
,> fais trop ce que je dois à tous ceux de vo^» 
,, tre Augujle Matfon pour jamais avoir pu 
3, kur manquer de refpeéï: mais quand il 
s'agit defoutenir les droits de mon Maître 
je ne connois pas les Grands de la terre. 
Cette réponfe fut fore applaudie du Roi, 
de fon Altefle Royale elle-même, & àc 
,, toute la Cour. 

A 



51 

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33 

33 

3» 

33 



34^ Bibliothèque des Scisnces» 

A la fuite de YEJJai WJlor'ique d'où nous 
avons tiré ces particularités, viennent dans 
le premier Tome fix Sermons fur les Tex- 
tes que voici: Kow. VI, 23. Frov. XI. 18. 
Genèfe XXII. 10. Jean XIV. 6. Jean IV, 
24.. Luc. XII. 49. Ce volume cft terminé 
par une belle Epître Dédicatoire au Roi 
George I, Epître que Mr. Abbadie avoit 
mife à la tête de fa nouvelle Edition de 
ht Verlion Françoife de la Liturgie de tE- 
gBfe Anglicane, 

Le fécond Tome contient cinq Sermons 
fur 2 Cor. XV. 17. i R^is X. 9. i Car. 
XIII. 8. iCor. I. 2. Nombr. XXIII. 10. 

On trouve dans le troilième Tome un 
Sermon fur Pf. LXXII. i— I9i le Panégy- 
rique du Grand Electeur ; celui de la 
Reine Marie Epoufe de Guillaume III ; en* 
fin quatre Lettres qui avoient paru en 1685 
fous ce titre ; Réflexions fur la Prêfence 
réelle du Corps de déJus-Cbrljl dansPEucba^. 
riftie^ comprifes en diverjès Lettres. Cet 
Ouvrage, l'un des plus forts qui ayent ja« 
mais été faits contre laTransfubfiantiation 
& en faveur de la certitude des fens, eft 
trop connu pour que nous devions en parler. 
Quant aux Sermons, nous ne diilimulerons 
pas qu'ils nous paroiffeot fort inférieurs aux 
autres produâions de Mr. Abbadie. La 
plupart ont été faits dans le dernier (iècle 
& fe reffentent du goût qui règnoit alors 
parmi les Prédicateurs François Réfimnés. 
Mais uonobitant la prolixité ^ les ornemens 

fu- 



AvftiL, Max, Juin. 176Ô. 343 

faperflusjes digreflions & les écarts (Pima* 
ginatioD qui n*y font pas rares , on y re-i 
connoit toujours un efprit original, un beau 
génie , un pranà maître qui fi fraye die noru 
velles routes ^ qui peint avec force Çf avec 
noblejje^ intérejjant également P efprit ô» k 
cœur. Ces talens brillent particulièrement 
dans les Panégyriques qui n'ont prerqueao- 
cun des défauts qu'on trouve dans les Ser- 
mons. Le Panég3nrique furtout de la Reine 
Marie eft un chef-d'œuvre que nous ne 
craignons pas de comparer aux Ouvrages 
immortels des Bofluet & desFléchiers. Il 
eft cependant aflez peu connu parce qu'il 
étoit devenu extrêmement rare, & la plu- 
part des gens de lettres , qui regardent Mr. 
ÂBBADiE comme un de plus excellens A* 
pologiftes de notre Ste. Religion , ne favent 
pas qu'il étoit auifi un des plus grands Qr a* 
teurs qu'il y ait jamais eu. C'eft ce qui 
cous détermine a tranfcrire ici quelques- 
uns des morceaux qui nous ont le plus frap- 
pé dans cet admirable Pané^ique. Nous 
lerions bien trompés s*ils n'inîpiroientàtous 
nos Ledeurs le delir de lire l'Ouvrage tooc 
entier. 

L'Orateur débute avec beaucoup de no- 
blefTe en ces termes: ,9 Ceft en vain que 
,, la reconnoiflance publique travaille àper- 
3, pétuer la mémoire des Héros ; en vain. 
„ on confie au marbre & à l'airain leurs. 
j^ noms Se leurs titres , que le tems aura 

„^ bien- 



S44 Bibliothèque des SoENCstj 

^j bientôt effacés ; ea vain l'art des peintres 
,9 & celui des fculpteurs, tâchent de leur 
^j donner malgré la mort une ombre de 
„ vie, par une reprélèntation durable de 
S» ce qui n^eft plus: tout cela eft inutile^ii 
„ Pon ne tâche de fiiire revivre PeQ>rit ^ 
,9 les anima , & de perpétjuer leur gloire 
,, par l'imitation de leurs aâioos. C'eft^là 
,, le feul éloge digne de Marie , Princeflè 
jf en qui toutes les vertus femblërent dif- 
^ puter à qui la rendroit plus accomplie; 
t. Reine, l'exemple de Tes fujets,* Héioi- 
,» ne, le modèle des Reines; élevée au- 
^ dcfTus de ion rang par fes vertus » & en 
j, quelque forte au-deffus de Tes vertus par 
9» fa modeftie; qui ne put foufirir d'être 
3, louée, & qu'on n'ofa louer qu'en feoret, 
5, pendant fa vie; mais dont la douleur 
^, publique fait un éloge 11 public après fa 
jf mort. L'Angleterre en deuil , les regrets 
,, de l'Etat, les larmes de l'Eglife; cet 
9, Augufte Sénat, qui 3 en réglant l'intérêt 
,, d'une Nation , fait la deftinée de toutes 
5» les autres , devenu fon premier Panégy- 
y, rifte; le Roi défuilant de douleur, ce 
,, Héros, que fa fermeté éleva toujours 
3^ au-deffus des dangers de des difgraces, 
,, foible dans cette occafion ; le iîlence de 
,) Penvie; le regret de tant de Nations 
,, qui s'intéreflent dans cette perte, com- 
yi me dans une affliâion générale du Gen- 
,3 re Humain , l^ Iquenc affez hautement* 



AvKiL, Mai, Juin, 17(53. Hf' 

^» & nous laiiTent d'autant moms i diref 
,, qu'on ne peut trouver le vraifemblable , 
^ foit dans le portrait de fes immarteUes 
,, 'vertus y foit dans celui des merveilles de 
.9 fa vie ^ qu'en retranchant quelque chofe 
,; de la venté ". 

Açïhs avoir ainfilaliTé entrevoir dans ces 
dernières paroles l'ordre qu'il va fuivre , 
l'éloquent Panégyrifte prend le pinceau, 
& voici quelques traits du magnifique 
portrait qu'il fait des grandes qualités de 
ton Héroïne. 

39 UHiftoire qui efi pleine de noms fa- 

,, meux, n'a fait paiTer jufau'à nous que 

,, celui d'un petit nombre oe Femmes il* 

,, luftres, qu'elle a particulièrement cé- 

„ lébrées. Chaque Peuple a eu les iien« 

,, ces dont il s'eft fait honneur : mais ne 

„ femble-t-il pas que l'efprit de toutes 

,, ces Femmes fortes ait animé celle-ci, 

,, & qu'une Nation ait eu à cet égard 

,» l'honneur de toutes les autres? De tous 

,, les grands caraâères , qui peuvent 

,, former les çafonnes extraordinaires , 

3, aucun ne lui manqua. [Sa beauté, qui 

,, auroit fait le plus grand ornemdbt d'u« 

,, ne autre, fut toujours comptée pour la 

31 moindre de fes perfeâions. Les iumiè« 

^3 res même de fon efprit natujrellement 

^y droit , folide, pénétrant, & d'ailleurs 

„ û cultivé , ajoutées aux agrémens de 

3, fa perfonne , ne firent que la moindre 

,, partie du mérite , que le monde ad- 

saii« 



346 BlBLIOTHEQUff DES SCIENCES, 

5, mira en elle. Jamais tant de douceur 



99 

9> 



& de modeftie n'accompagnèrent tant 
de majefté, tant de grandeur; & jamais 
„ des manières fi fimples & fi naturelles 
.. ne confervèrenc tant de dignité .... 

„ Son courage l'élevoit au deffus des 
,. mauvais évençmens , & fa modeftie au 
;, deffus des bons. Plus grande que Pad- 
verfité , elle fit voir que rien ne pou- 
' voit Tabbattre. Plus grande que la prof- 
\j périté, elle montra que Tien nel pouvoir 
,, renorgueillir, & Ton doutera éternellc- 
3, ment, laquelle on lui vit le mieux fup- 
„ porter de la bonne , ou de la mauvai- 
„ fc fortune. . . * 

„ Capable des plus grandes chofcs , & 
„ exaûe dans les plus petites , elle fc ren- 
,, dit maîtreffe des affaires par fon appli- 
„ cation , des efprits par fon habileté , & 
„ & des cœurs par la clémence ; com- 
mandant d'une misinière qui faifoit trou- 
ver douce PcAéiffance , elle obéiffoit à 
fon tour comme fi elle n'avoit jamais 
^y commandé... 

„ Avouons -le pourtant 5 ce n'eft ni la 
,, dignité de fon rang, ni l'éclat de fes 
j, qualités héroïques qui rendoient fa con- 
,, dition digne d'envie. Ce qui la fit ad- 
„ mirer du monde, ne l'auroit pas em- 
,, pêchée d'être un objet de compaflîon 
„ à fes yeux. Les Héros meurent com- 
., me les autres hommes. , fans que 

leur 



9% 

11 



Avtiit, Mai, Juin. 1760. 347 

^, leur gloire , ni nos larmes puifTent les 
3, défendre de cette fatale néceilicé..., 
^, Et qui connut cette vérité mieux que 
,9 la Reine? Elle fit de la méditation de 
s, la mort , une aide continuelle de fa 
3» vèrto. Elle aima à en parler avec les 
,9 autres & à s'en entretenir elle - même. 
^, Ainfi abandonnant la vanité long-tems 
,, avant que d'en être abandonnée, & 
,3 voyant difparoître le monde ^ au mi« 
I, lieu même du monde où elle fe trou- 
,^ voie, elle prévenoit^par un abaiffement 
5, volontaire , cet abaiÔemenc forcé , au« 
), quel tous les hommes font condam- 
9, nés ; & l'on peut dire qu'à cet égard » 
,, l'humilité ne laiffa prefque rien à faire 
,^ à la mort.. .. 

,, Jamais perfonne ne cacha fes défauts 
,, avec plus de foin qu'elle en apporta à 
jy cacher fes vertus. . . . Elle aima à é- 
,9 diBer, mais non pas à être admirée».. 
«, Recherchant toujours les occaiions d'e- 
31 xercerfa vertu, »fe retranchant toutes 
5, celles de la vaine gloire, elle cacha tou- 
,, jours le bien qu'elle faifoit & on la vit 
yy pleurer pour celui qu'elle ne pouvoit 
,, taire. Mais qu'inutilement recomman- 
„ da t-elleun filence, qui tôt ou tard 
,, devoit être rompu 1 L'Univers témoin 
* „ de fes vertus , le Monde rempli de fa 
,ii bénéficence, qu'elle exerça dans toute 
^ forte de pays &.de climats, tant de per- 
9, fonnes confolées par fes i)ienfaits» é- 

Tome XllL Part. U. G „ le- 



348 BfSLlOTHIX^ Dit SaiMCISy 

^ lèrcût d^aiitant plus ht voix aptres ù 
^, mort ^ qo'ib ont été c4>ligés de fe taire 
,1 pendant fa vie. La reconnoiflance cap<- 
,f t^e fe débonde & cherche à fe mettre 
51 en liberté, on lal£t aller fes phtiofes, 
15 expftffions de notre doaleiir & db ia 
5, gloire, parce qu'on ne peut plus les rç* 
^j temr; quand cette belle ame, du Ciel 
^, où elle a été élerée poantnt renonrel- 
,, kr tes ordre? que donna fa modeftie fur 
^y la terre, ladoolew & la recaonoiflâo- 
5, ce ne laiflent pins à perfonne' la liberté 
,, de lui obéir. . . • 

,, Ordinairenient oé méprife les per- 
yy ionnef & on eltime leurs lonanges: c'eft 
y^ l'effet de l'orgueil. Marib xnéprifa 
,, les louanges 9 & eut de la diarité pour 
,, toute forte die perfonnes ; c'eft le ca- 
,, raâère de fa vertu • . . 

,, Ses Journées cooaneof oient , conv- 
^ me doivent commencer les jours de la 
„ gloire, par l'admiration da Créateur; 
3, & finifloient comme finit la vie des 
5, hommes , par la méditatioii de la va- 
y^ nité du monde; jettantles yeux tantôt 
5, fur ce cfui périt , pour en détactar fa 
,3 confiance <, & taittdt fur ce qui ne périt 
3) point , pour en faire l'objet de fan atta- 
„ chement, elle vivoitcomnae fi eUeeut 
5, fu qu'elle mourroic bientôt La pru- 
dence chrétienne faifoit fur cUe le mè« 
me effet qu'une révëlatioa diflinâe de 
fafia • • • 
c . ^ Tel 



9^ 
3î 



Av^lty Maî, Juin. 17^ 349 

^ Tdl fut le fond de fa vertu « qui fut 
3, d'aflleuTs diveififiée eu tant de manié- 
,9 res, & qui sfattka toujours une nouvel- 
3) le dSime par ces heureux mélanges d'é- 
,3 lëvaliM & d'humilité , de fermeté & 
„ fie miféficorde, de courage & de cha- 
,, rite , de prudence & d'un faint aban- 
,, don à la rrovidence de Dieu , de dou* 
,, casir & de force oui firent fur Tefprit de 
,, ceux qui la coofidèrerent avec attention , 
,1 k même effet que les fleurs d'un beau 
,3 parterre, ou les étoiles du Cid font par 
„ leur variélé & par leur mèlai^^ fur 
I, des yeux attentas à les regarder. 

,f Le mérite de Marie fut grande itiais 
„ âon pas plus {rand que fa deftinée. Il 
5^ ne falloit pas moins de vertu » moins 
„ de perfeâion , pour remplir le plan 
3, de Dieu 3 & l'attente des hommes , 
9) appellée comme elle étoit nar la Pro- 
,3 vidence « à édifier le Mcmae 3 à con- 
3, foler l'Ëglife ^ & à délivrer fa Pa* 
j, tpîe. 

Ici commence la feconde Partie , mais 
eile eS fi belle qu'il faut que nous flous 
arrêtîofts brufquement pour ne pasfuccom- 
bor à la tentation de la tranicrire toute 
entière. Terminbms eet Extrait par la 
magflifî^pia éôftdûfjon de tout le Panégy- 
rique. Si dàAd q^iefoues-uns des morceaux 
que BOttâ avone prérentés ^ le genre d'élo- 
quence qui y domine a plus de conformi- 
té avec celui de Ilétb^ , nous croyons 

G 2 qu'on 



3p BIBLIOTHEQ.UB DKS SciEMCIf ^ 

Ju'on trouvera toute la pande manière, de 
\qffiiet dans ce qu'on va lire. 
,^ Ne craignons point pour elle la defti- 
„ née des chofes périfTables , Marie vi- 
^, vra^i Marie ne mourra jamais, les 
)^ exemples qu*elle nous donna palTeront 
,, d'âge en àge,& fes vertus reperpiétHa^c 
,, par une heureufe imitation, larf^opt 
,) vivre utile au Monde, bienfiiiCsuitCb au 
3, Genre-Humain , jufqu'à la dernière gé- 
3, nératipn. Le regret de fa mort ne fera 
„ pas même étemel; plcuréede cet âge, 
,) elle fera la joie des iiècles fuivans, qui 
„ oublieront qu'elle eft morte , pour fe 
„ fouvcnir feulement qu'elle eft née,. & 
,, qui changeront le Cyprès de fes funé- 
,, railles, en bouquets & en guirlandes 
3, jettéj fur fon tombeau. 

,, Mais où nous emporte un 2èle qui 
3, s'égare dans fa joie , ainii que dans fa 
3, douleur? Ne nous fouvenons-nousplus, 
,3 que Marie rejetta ces vains applaudif- 
„ femcns pendant fa vie , & qu'elle les 
3, condamne encore davantage après fa 
33 mort ; que fur le Trône , elle nous fit 
3, des leçons d'humilité, & que dans le 
3, Cercueil elle nous prêche la vanité du 
„ Monde ; qu'enfermée dans le SëpuU 
„ chre, elleimpofe iilenceà l'orgueil, & 
3, que régnant dans le Ciel avec Dieu , el- 
,3 le ordonne à la douleur de fe taire 3 & 
33 que nous montrant tantôt fon Tombeau, 
,3 & tantôt Je Trône où elle eft aflîfc » ei- 

•• le 



Avril 9 Mai, Juin. 1750. 2si 

3, le nous confole & nous exhorte à Yhu^ 
„ milité tour à-tour? 

^, Au iBilieu de cette foule des Rois^ 
„ trilles , muets, immobiles, de ces Dieux 
„ de la Terre qui furent rongés de vers, 
3, de ces Cadavres rerpedés, de ces Ma- 
jj jedésenpoufrièré, dont les ténèbres nous 
,f inllruifent, dont la fol itu de parle, dont 
,f le illence même eft éloquent , Marie 
,, nous annonce le néant des grandeurs hu- 
yy m aines, d'une voix plus puiifante que 
,, toutes celles que nous entendons ; elle 
,1 nous exhorte à venir voir, & ceux qui 
„ gouvernèrent ce Royaume , & celle qui 
„ le conferva , pour connoître ce qui leur 
„ refte de leur première fplendeur , & des 
,, vains applaudiffemens du monde. Mais 
,, plus humble dans le Ciel par la vue de 
,, JDieu, que ïdans le cercueil au milieu 
„ de ce trifte appareil de la mort , ellç 
„ rend & la gloire de fa vie , •& les hon- 
„ neurs qu'on fait à fa mémoire, à celui 
3, à qui ils appartiennent véritablement. 

3, Dieu, dit-elle, eft votre feul birafai- 
,, teur , feul libérateur des Etats , feul 
„ Protefteur des Empires, feul Confola- 
„ teur des affligés , feul bon , feul clé- 
3, ment, feul miféricordieux, feul admi- 
,, rable, feul grand. 11 eft tout par luu 
„ même, je ne fus rien que par lui. Al- 
„ le2 voir dans mon fépuîchre ce que je 
„ fuis; venez voir dans le Ciel ce qu'il 
„ eft. Admirateurs du néant & de la* 

G 3 n) pouflTiè- 



3$ds Bbuothp(2.^b p¥9 Sciences f 

pouflîèrc , ne feyo* pto injuftçs % la 
„ gloire du Toutpùilftnt, ceflc^i de mé 

louer , commencez de le fervir ; portez 
L l'encens fur fes Autels , atandomicz 
,, mon corps au^ vers de U Sépulture; 
^y («ivrez fes Temples , & fermez mon 
3, Tombeau '*. 

ARTICLE SIXIEME. 

MEiiANGEsde Littérature » d'Hiftoî- 
re & de pbilofophie &e. 

Troijième (i) f? ^^wi'^ ^^r^raiï. 

LA pli(s grande partie du IV. & der- 
nier Tome de ces Mélanges , con- 
tient divers» morceaux réunis fou? le titre 
commun d'Effaifur les Elemens de Tbilafo^ 
fj^îe ou fur kstrittcipes des comoîffaHces bu- 
moines. M. d'Alebabert y a wiit entrer 
cç que les Préfaces de fes Ouvrages de 
Mathématique renfçrmept de plus philo- 
sophique. Le tcjut çiçttnpi^end x5CI Ar- 

ticks. 

D'abord 

(i) Vof. l0 MjiJi<H*t it^ So, Tom,, Xlh A/r/. 
IL 4r^. 3. Ip T0p. Xlilà Péiri. I. OMt. 3, 



' D'zhotifc^ïiOBQtokTaMeMdeeEJpriê 
btinain au mibeu du Xt^lH Jikk. ^U uaxi, 

,9 blCjdkPAutcur^qaedepaiseavîrQn trois 
,^ cent ans la nature ait <leftfné le milieu 
), de chaque fiéde à être l'époque d^ine 
,, révolution dans Pefpric humain (a). La 
y^ mrife de ConftantinopJe au miliea du 
,, XV fiècle a fiaift renaître les Lettres en 
,, Occident. Le milieu du XVI fi^de a 
3, va changer rapidement la Religion & 
3, le Syftéme d'une ^andepartie oePEu- 
,, lope ^. . & leConcile de Trente comnoen** 
^, ce en i54f a tiacé » pour ainfi dire ^ la 
3, ligne de réparation entre les Catholiques 
3, & les Proteftans. , . . Enfin Deicartes 
3, au milieu du XVf I fiècle a fondé uqc 
3, nouvelle Pbîlofophie *". Quel eft l'état 
du nôtre?,, Pour peu, continiie l'Auteur, 
,, que Ton confîdère avec des yeux atteop» 
3.^ tifs le milieu du fiède où nous vivons.*.. 
33 il eft difficile de ne pas appercevoir^ 
3^ qu'il s'en faitàplufieurs égards un chaa- 
3, gement bien remarquable dans nos idées 3 
33 changement qui par fa rapidité femble 
33 nous v^a promettre un plus gnmd enco* 
,, re ". Il montre enfuice qu'on ne peut 
difconvenir des progrès que la Philofbphit 
a fait en France; il fait fentir par des ré- 
flexions fines & délicates , qu'avec elles 
prelque toutes les autres Sciences ont pris 
une forme nouvelle 3 & qu'en eiiet elles k 

dévoient 3 

C») P« 3- 

? • G4 



|$4 BiBLIOTHEQUB DU SCIENCES f 

dévoient, & fa concluflonla voici t „ Une 
,, nouvelle lumière fur quelques objets^ 
,, une nouvelle obfcurité fur pluiîeurs a 
,, été l'effet ou la fuite de reffer^efceoce 
99 générale des eibrits comme l'edec du 
,, flux ou réflux ce l'Océan eft d'appor- 
,9 ter fur le rivage quelques matières & 
19 & d'en éloigner les autres ". On a tout 
difcucé I analyfé 9 agité du moins ^ mais fé- 
lon M. d'âlemb£RT9 tandis que la lu- 
mière n'a éclairé que ^el^ues objets^ 
Pobfcuritéen avoiIépÂ</Zf«rj. i avons*noiis 
donc gagné ou perdu 2 La réponfe dépendl 
de l'importance des objets , & l'illuftre A- 
cadémicien ne dit pas fi ce font ceux 
oui nous intéreflent le plus qui ont paiTé 
à^ ténèbres à la clarté du jour. 

Il s'explique par-contre très -clairement 
fur le DiJJein de cet Ouvrage. Perfuadé, 
que rien ne ccMitribueroit davantage aux 
progrès des Sciences 9 qu'un Tableau fidè- 
le de leur état dans chaque époque « & re- 
gardant PEncyclopedie comme l'exécu- 
tion de ce Tableau pour notre iiècle, Mr. 
d'âlembert, qui en a déjà compofé le 
Hifcours Préliminaire , a voulu donner ici 
une fcvte ^IntroduBion à ce grand ouvra- 

fe, en rapprochant dans des élemens de 
bilofophie les vérités les plus eifentielles 
& les plus intéreifantes entre toutes celles 
dont il eft compofé. 

On voit donc quel eft fon Objet 9 & fon 
flan général. Son Objet ^ ce; fynx les princi- 
pe» 



Artix^ Mai, Jui«. i?do; 35T. 

pes fondameataux de toutes les connoiff 
faoces huAiaines; conooiiTances de faits, 
ou de fentiment » ou de difcuffion ; car 
quoique cette dernière efpèce feule appar- 
tienne uniquement & par tous, fes côtes i 
la Fhilofophie^ les deux autres s'en rap« 
prochent par quelqu'une des fizces fous les- 
quelles on peut les envifager. £n un mot^ 
on ne doit exclure . des Elemens de 
Philofopbie qu'un lêul genre de con- 
noiiTances, celles qui tiennent à la Reli* 
gioD révélée. Plus laites 9 comme l'a re* 
marqué Fafcal , pour le cœur que pour 
l'efprit ellçs ne répandent la lumière vi. 
ve qui leur eft propre , que dans une 
ame déjà préparée par l'opération di- 
vine. La Foi , pourfuivit Mr. d'A l s m- 
B£RT, eft une efpèce de lixième fens 
que le Créateur accorde ou refufe à fon 
gré 5 & autant que les vérités fublimes 
,y de la Religion font élevées au deifusdes 
j, vérités arides & fpéçulatives des fcien- 
,, ces humaines , autant le fens intérieur 
3, furnaturel, par lequel les hommes choi- 
,, lis fainàent ces premières vérités , eft 
,, au deifus du fens grofller du vulgaire v 
,, p^r lequel tout homme apperçoit les 
j, caufes fécondes. • • Cependant comme 
^y leis Principes de la Foi font les mêmes 
„ que ceux qui fervent de fondement à la 
,, certitude hiftorique • . . c'eft à la rai- 
9, fon de difcuter les motifs de notre cro- 
1^ yaoce,... en écabli^'^nfedçç règles de cri- 

G S „ tiquf 



«9 
jt 

99 
J9 

>9 

n9 



*5tf Bim^IOTHB^tTS DES SOJIKCES^ 

k, tiqne qui fenreat i ëcartet ks preuves 
,, fou)les,à diftinguer celles tpn pourroîe&t 
„ être communes à toutes lea religions, 
,, d'avec celles qui ne font propres qu'à 
i, la feule vraie, à donner cniSn aux vé- 
ritables preuves toute la lumière donc 
elles font fufceptibles. Abfi la Foi ren- 



1» 

!! tre par ce mc^^n dans le domaine de 
la Philofbphie, mais c'eft pour jouir 



9f 



d'im triomphe plus afToré (s). 
Nous nous faifons un devoir & un plaiiir 
de rapporter ces paroles du célèbre Acadé- 
micien. Quoique un peu figurées , il nous 
paroit qu'après les avoir lues, on ne peut 
fans la plus grande injuftice doirter qu'il 
n'admette la révélation. Un boiméte hom- 
me qui s'exprime comme il le fait ici » en- 
gage en quelque forte fa probité à titre de 
garantie de la lincérité de fes difi:ours. 

D'ailleurs M. d'Alembbrt ne s'ea 
tient pas à ce qu'un vient de lire. Il fi'ex-> 
plique. 11 reconnoit ^^ au CMJSanifiHe trois 
^, grands appuis qui en font la bafe, fça- 
-, voiries Prophéties ^ les Mtràcks^ 8c les 
„ Martyrs **, & indique la manière dont 
la Fhilofophie détermine ce qui les rend 
folides; les Prophéties ea exigeant i. qu'el- 
les àyent précédé les faits prédits» & x. 
qu^elles les ayent annoncé av^ une clarté 

Îui ne permette pas de fe méprendre dans 
accompliffcment ; les Miracks çn prou- 
vant ^ 
(3) p. fto, tr. 



Arait, Haï» Juin. 1760. 357, 

yant , qu'il Dçpcut y en avoir de vrais ^ue 
àan^U feule Religion véritable » & en ap- 
prenant à Ie$ diftinguer des prétendus 
prodiges, dont les fauffes Religions ^ap-! 

iïuyent ,• les Martyrs ^ en faifant voir que 
eui' ^lus grand nombre eft du côté de U 
vérité. 

Sur ce dernier article tous les Phllofo- 
phe3 ne feroient pas fl généreux que M« 
d'AI'£Mbert. Us diioient quei comme 
Je Martyre ne prouve autre cbofe que la 
çonviâion intime de celui qui lefouffiret 
il ne prouve pas plus en faveur de la vé«- 
ritéi que de Terreur , à moins qu'il ne 
s'agiiTe d'âiffirmer ou de nier des faits, 
fur-tout quand on n'a rien à gagner âc 
qu'au contraire on a tout à pérore en dé* 
pofant volontairement ce qu'on en atteX- 
te. J'aime les témoins qui fc font égo^ 
ger, difoit fort bien M. rASCAi*. 

Pour revenir à notre Auteur , nous ne 
devons pas omettre la réflexion judicicgfe 
par la quelle il finit cet article. .^ Un ob- 
„ jet, dit-il» qui intérefle particulièrçment' 
„ le Philofophe, c'eft de diftinguer avec 
„ foin les veritéj^ de la Foi d'avec celles 
,, de la Raifon, & de fixer les liaiites 
,, qui les f^tsarent. Faute d'avoir fait 
9, cette diftin^ion li néceifaire » d'un cô« 
,, té quelques grands génies font tombés 
yy dans l'erreur, de l'autre les défenfeurs 
j, de la Religion ont quelquefois fuppofé 



3^8 BlftLIOTHËQ.UB OSS SciBNCBS^ 

,, trop légèrement au'on lui portoît at- 
^, teinte "(4). Rien de plus fenfé, ni qu'il 
coûtât moins de juftifier par des exem- 
ples. 

Mais quelle eft la Méthode générale qu^on 
doit fuivre dans des é lé mens de Pbilofopbie ? 
Les objets de ces Elëmens peuvent te ré- 
flâireà quatre, Cefface^ le tems^ Vejprit^ 
Ja matière. A f efface fe rapporte la Géo- 
jnétrie,au tems PAftronomie & PHiftoire, 
à ?ejprit la Métaphyfique , à la matière 
la Phyfique: la Mécnanique à Fefpace , d 
fa matière Çf au tems$ la Morale d Pef- 
frit ^ 4 la matière réunis, ç*eft-à.dire, 
i rjiomme; les belles Lettres &les Arts 
à^ rês goûts & à fes befoins. Or dans les 
Elëmens de ces divers objets , il y a tou- 
jours félon M. d'Alembert deux fortes 
de vérités à faillr. i. Celles qui ne dé- 
pendent d'aucune autre 8c qui n'ont de 
preuves qu'en clles-même. Par-là ii c'cn- 
tend pas ce qu'on appelle communément 
Jes Axiomes. A fes yeux rien de plus fri- 
- vole & de plus vain ; il entend „ des faits 
,, fimples & reconnus qui n'en fup- 
,, pofent point d'autres & qu'on ne puiflc 
,, par confcquent ni expliquq ni contefter^ 
„ en Phyfigue les phénomènes journaliers 
„ que l'obiervation découvre à tous les 
,, yeux , en Géométriç les propriétés fen- 
;, libles de l'étendue , en Méchaniquel'im- 

(4)Pag. îj. 



^vfiiL, Mai, J&w. l^6o. iS9 

^^ pénëtrabilité des corps fource de leur ac« 
^, tion mutuelle, en Métaphy/ique leré« 
I, fultat de nos fenfations, en Morale les 
„ affeâions premières communes à tous 
„ les hommes. La Philofophie n'eft point 
,, deftinée à fe perdre daos les propriétés 
,, générales de r£tre & d^ laSubftance, 
„ dans des cjueftions inutiles fur des no- 
,, tions abibraites, dans des divlQons arbi* 
,, traires & des nomenclatures étemelles. 
1), Elle eft la fcience des faits ou celle des 
,, chimères. . Elle s'abilient même de 
3, taiter des quellions, dont la folution 
yy n'eft pas plus utile au progrès de nos 
,, conaoiifances. Par ex. quoique le mou** 
„ vement foit Tobjct de laMéchanique, le 
„ Philofophe apperçoit fans peine que la 
„ Métapbyilque obfcure de la nature du 
,, mouvement, eil entièrement étrangère 
,9 à cette fcience: il fuppofe doncl'exiften* 
„ ce du mouvementtel que tous les hom- 
„ mes le conçoivent, tire de cette fuppo- 
,^ lltion une foule de vérités utiles , & iaif* 
3, fe bien loin derrière lui les Scholaftiques 
„ s'ëpuifer en vaines fubtilicés (ur leinou- 
3, vement. Zenon chercherôit encore fi 
33 les corps fe meuvent tandis qu'Archime- 
33 de auroit trouvé ks loix de l'équilibre, 
33 Huyghens celles de la percuilion , & 
3, Nevtrton celles du fyftânie du mon- 
•, de " (5;. 

C 5 ) Pag- 2S 29. 



yS(3 BiiûDf Hfl<^ofc pfii ScitNceés 

Les élémens dtmc ou hs pridc^ des 
fcienceS) font ces yérités par où nos con- 
noifliuices commencent, quoique peut- 
être elks ne foyent que des coméqucsces 
d'autres vérités pluff générales 91e leur fu- 
UUnité défobe à dos rqgards. Ubis il ne 
fuCBtpas de ^s filiiir ces vérités; il faut 
ravoir après cela les dé'oekppef & les ex-- 
frimer. Leur dévelcfppement fe faft parla 
défimion^ dcmccout l'ar.tifi(ïe confifte à bien 
momret les idées iîiiq>)es que les v^ités 
générales reftferm^it , & fuppofe de l'ha- 
EileCé à diftifiguer ces idées Iitôpl6& d'avec 
celles qui font f:Gmpofées. Leur expeffioa 
fe fait par le choix des termes qne leur 
finipiicité & leur clarcé y rend les pi»s pto- 
près. On ne fanioic rendre la langue de la 
taifon titip fimple & trop populaire; ainû 
fans profcrlte les termes fcientifioues , dont 
on ne peut prefi]ue fe f^Vkt en de certains 
cas, on ne devroit jartia^is s'en fervir, 
lors qu'on peut dke atiffî bien la lïiétne 
chofe ps»r de termes que tout le monde 
entend. 

2. Mais venons à la féconde dstflb des 
vérités qui doivent entrer dans lesËléâseos 
de la Philorophie. Ce font celles qui , Êias 
être des pren^ters principes , font pourtimt les 
principes d*nn grand nombre d'autres véri- 
tés importantes, & quidécoulent d'elles. £1- 
les ne font pas à la tête de la chaîne des 
vérités qui appartiennent à une des fcien- 

ces 



, Avril, Mai, Juin , 1700. 36t 

CCS bmnaines , elles fe trotrrent au point 
de Déunion des différentes branches de cette 
diaine; & rciitre*deox de ces principes; da 
Cxood ordre aux principes da premier or* 
dse^eft rempli par des vérités deftifléesàesi 
fermer la liaîfon qui « faâs fe toucher im-i* 
nuêdiatement, font difpofies de manière 
que refprit palfe facitemefit de^ unes aux 
autres. 

Telle eft la méthode générale de notre 
Antecor; Il es fait fucceflivement l'applic:^ 
tiou aux fciences philofophiques , la Lou 
gique, la Métaphyilque , la Morate de 
rhomme, des L^illateurs, des Etats, du 
Ctorfen, du Pfaifolbphe; la Grammaire, 
les Mathématiques^ r Algèbre^ laGéomé^ 
trie^ la Mécbanique^ PÀilmnomieyrOp** 
tique ^ rHydrofiattque & l'Hydraulique i^db 
la Phyfique générale. Noiis ne fâurioss 
k fume dans ces détails. M. d'Alcm- 
BEAT y eft très- concis, il y montre les 
£li^ plutôt qu'il ne les développe y Ôc 
dans une première vue on le croiioic fui^ 
perficiel, mais on n'eft pas long-tems à 
BTappercevoir qu^il eft plein dechdes^aulQI 
profond que clair ^ & qu'en peu de paroles 
aifalfoûàées avec les grâces & reprit qu^>a 
lai connoît, il donne beaucoup i pcnfer. 
Enoemi de la charlatanerie des Savans, il 
K^écris que pour rendre les fcientes plus aiu 
^es & d'une utilité plus générale. Par 
tout U travaille à infpirer tme fage modef- 

tie 



3tÎ2 BlDtIOTpE<ÎÛS . M^s SaENcta, 

tiê & à réprimer l'iûfenfée detnangeaiiroa 
<îU€ tant de gens Qntde parlçr de ce qu'ils 
ne favent pas* & de décider fur ce qu'ils 
ne fauroient cotpptendre. L'exiftence d'ua 
fitre tout parfait, celle des corps» lafpiri- 
tualité , & ]'iaim<»t^lité de Tamc humai- 
ne, la mortalité de celle des. bêtes, la dif- 
féreace du biçu & du mal, la, liberté, la 
réalité d'une autre vie , tous ces points & 
iivcrs autf çs Te trouvent , à ce qui nous Tem- 
ple, très-pofitivemient établis dans les arti- 
xies où il traite de la Métaphyfiquc &dc 

la Morale. 

< Il ne s'agit pas ici de fâvoir fi dans le 
développement de ces véritcsP Académicica 
xrontentera tout le monde; nous fonuncs 
d'autant plus éloignés de le croire que nous 
ne faurions nous-même goûter fes princi- 
pes fur quelques matières importantes , par 
exemple , fur les fondemens du jufte & de 
rinjufte qu'il cherche dans le bien de la 
ibciété & dans le fentiment de nos bcfoins 
jéciproques (6 ) , encore moins fur ce qu'il 
dit que le c;ulte que nous devons à rintel* 
Jigence fouverainè ne dpit point entrer dans 
des élémens de Philofophie (i) & d'autres 
chofes femblablesi mais il n'encft pas moins 
vrai qu'il reconnoît la néceffité d'un culte , & 
•qu'il infifte fortement fur la différence du 
i)ien & du mal. D'ailleurs il ramène en 

cent 

(é) Pag. il.,. 
(7) Pag- 77. 



AvRiLy Mai^ JurN. n60. 303 

cent endroits riofuffirance de I2 Keligion 
naturelle, la nëcellité & Texcelleiice de U 
Révélation , quelquefois même avee tant de 
force , qu'il faudroit qu'il eût abjuré tout 
ce qui s^appelle droiture pour étreDéifte & 
parier comme il le £iit. 

N'oublions pas de dire que peu de gens 
parlent plus fenfément que Mn d'Alb;m- 
BERT fur la tolérance en matière de Reli- 
gion. ,9 U faut bien diftinguer, dit*il, l'ef« 
^1 prit de tolérance , qui conGfte à ne perfé- 
^, cuter perfonne, d'avec Tefprit d'indiffë- 
^, rence , qui regarde toutes les Religions 
^, comme égales. Plût i Dieu que cttte 
^, didiflâion ii elTentlelle&ii julle fut bien 
,» connue de toutes les nations! La Reli- 
,, gion Chrétienûe , qu'il elt il important 
3, aux hommes de pratiquer » feroit plusai* 
^ fée à leur faire coonoltre. .Sa nature eli: 
',, fans doute de faire des profeljteSi mais 
^, fans y employer l'autorité coa&ivc ". 

A près avoir pofé ces fages principes, l'Au- 
teur fe fait une queilion qui peut-être efl: 
plus de faifon aujourd'hui qu'elle ne l'a ja- 
mais été. ,» EnlaiJJant^^vïl^àcbaque 
j» citoyen la liberté de penfer en matière de 
,, Reùgion^lui laijferat'on celle de farler^ 
^, d^icrhre? EtqueUeeft faréponle? Celle 
d'un Philofophe bon citoyen, (^ue les par- 
tifans des écrits fcandaleux» où i'obfcénité 
eft comme le quadre & la parure de Tim- 
piété ^ récoutent & la retiennent. La toliran^ 
. Tme KUI. fésrt: IL H ce; 



/ 



%6i BiBLTOTHEQim VtS SCIENCES^ 

ce , répond M. b'âlembert j ne Mt pas 
ce mefemble aller jufijues Ai, ^ tout fi les 
âifcmirs ô* les écrits dont il s^agit atta- 
quent la Religion dans fa morale (8). Fe- 
loit-on mai d'écrire & Ja qùeftion & la ré* 
ponfe à la tête du livre de Yt^frit^ & de 
quelques autres? 

Ceft à regret que nous perdoas ici de 
vue l'Eflai fur les Elémens ae Philofophie. 
L'article de cet EiTai où l'Auteur traite de 
la Morale de Vbomme & où Tontrouvetant 
de réflexions fines & folides , fur le délia- 
téreflement , fur la charité , fur le luxe; ce* 
lui où il traite de la morale du citoyen &o\i 
il montre fi bien que tout citoyen eft re- 
devable à fa patrie , de fa vie , de fes t2«- 
lens & de la manière de les employer; 
difons mieux , prefque tous les articles où il 
s^explique fur la conduite de la vie, mé* 
Titeroient une attention particulière. Nous 
y trouverions des queftions importantes & 
délicates à difcuter. Nous y aurions des 
morceaux admirables à recueillir, & ce 
feroit pour nous une occupation d'autant 
plus agréable d'en extraire les endroits 

{>ropres à appuyer l'idée avantageofe que 
e Public s'eft faite des Ouvrages du cé- 
lèbre Auteur ^ que nous avons ofé libre- 
ment en désapprouver divers traits. 

A la fuite des Elémens de Philofophie 
de M. d'Alembert viennent fes B/- 
flexions fur tufage Çf fur Pcths 4e la fin* 

-lojipbie 

{S)fag. IJJ. 



ArVRiL, Mai, Juin. ijft}. 365^ 

lofopbie dans les matières de goût VAm- 
teur, juge expert s'il en eft en ces roatiè- 
Tes, avoit lu ces Réflexions à PÂcadémie 
Françoife le 14. Mai 1757. Elles ont de- 
puis été imprimées dans le Tom. VII. de 
PEncyclopédie pag. 567 &c. & Tannée 
dernière la Grande-Bretagne les reçut avec 
applaudiflement de la main d'un Anony- 
me dont la plume élégante avoit fçu les 
traduire en Angiois, fans leur rien faire 
perdre de leurs grâces & de leur prix. 

Des réflexions d'un autre genre termi- 
nent ce Recueil. Elles font intitulées deiéi 
liberté de la mujîque. Tout y pétille de feu 
& d'efprit. L'Antagonifte de M. Roujfeau 
fur lesSpeâacles^y eft Ton ardent apoIogif« 
te fur la mufique , & l'épigraphe prifc du 
VI. de TEncidc en annonce énergique* 
ment le deiTein Italiam, Italiam ! ce mot 
dit tout. 

Mais un morceau d'une utilité pkis gé* 
nérale , & que par cette raifon nous avons 
gardé pour la fin , c'eft undifcours fur VAbus 
de ta Critique en matière de Religion. L'Au«- 
teur, aifuré quelesRéflexions qu'il y fait, 
î, très-utiles à la Religion elle- même, ne 
„ fauroient manquer par cette raifon d'ob- 
,» tenir le fuf&age des véritables gens de 
„ bien '% s'y montre par*tout d'une vive 
iènlîbilité, à ^imputation d'irréligion qui 
lui a été faite. Déjà dans la préface de 
ces Mélanges il s'étoit fortement exprimé 
for ce fujet^ Il y a^^it dit gue 9» la Reli- 

H 2 11 giojT 



266 BlBlIOtnEQXJE DES SCIEKCCS^' 

9, gion qu'il s'eft toujours fait un devoir de 
,, refpeâer eft la feule chofe fur laquelle 
,, il ne demande point de grâce , & fur la 
,, quelle il efpère n'en avoir pas befoin; 
^, ^ û le fanatiûne de la fuperftition lui 
,, paroit odieux celui de l'impiété lui a 
^ toujours paru ridicule, parce qu'il eft fans 
„ motif comme fans objet, •' Il y avoit 
traité ceux qui Ton t noirci à cet égard de 
calomniateurs y U y avoit déclaré que défor- 
mais // ne répondra fur amputation i'mé^ 
lipon qt^aux Écrivains ^i l*attaaiteront ju- 
ridiquement Çf devant les Tribunaux; en 
un mot , il y avoit donné toutes les mar- 
ques pofllbles de cette fage indignation dont 
tout honnête homme ne peut qu'être faili, 
quand on a Tinjuilice & la cruauté de lui 
prêter des intentions qu'il n'a pas, ou d'at- 
tacher à fes difcours des interprétations 
forcées, ou d'en tirer des conféquences 
odieufes pour rendre fa Religion fufpeâe; 
& c'eft dans ce même efprit qu'il a corn- 
pofé ces réflexions fur l'abus de la critique 
en matière de Religion. C'eft le plan d'u- 
ne Apologie des Philolbphes qu'on a ca^ 
^ lomnieufement chargés du reproche d'im* 
piété, c'eft la fienne. • 

Mr. d'âlembert commence par aver* 
tir que cet Ecrit ne reifemble en rien « à 
celui „ d'un Auteur aflèz i^oré & plus 
%i diçne encore de l'être , qui donna autre- 
fois au public un ouvrage que depuis 

long-tems on ne lit pto '^ & gui jH^rte 

ic 



s^ 
•» 



99 
a» 
9^ 



Avtit» Mai^JûIv. lyôd s^l 

le même titre. Ceft du Père Lauirujfd 
féAiîte, qu'il parle. II ne conçoit pas 
j, qu'on ait laiue paroitre dans letems/ous 
„ le fceau de l'autorité publique « un Ou- 
vrage oùl'Auteur femble avoir pris à tâ- 
che , à ht vérité innocemment & de bonne- 
,^ foi , de réunir dans un même volume ce 
,^ quia jamais été dit contre la Religion de 
^, plus fcandaleux & de plus impie , fans 
,, y répondre autrement que par des excla- 
„ mations. Ce livre, ajoute- t-il^n'eftpref- 
,, que abfolument qu'un recueil portatif 
,3 des plaifanteries les plus indécentes Se 
,, des defcriptions les plus burlefquesde nos 
„ myftères, imprimé avec approbation & 
y, privilège (9) ". 

Il efi vrai que l'approbation rapprochée du 
jugement de M.D'ALSMBSRT^fait un con- 
trafte des plus frappans. La pièce n'eft pas 
commune, car le livre du P. LaubruJJél 
devient rare; nous allons en régaler nos 
leéleurs; la voici : 5FW lu far ordre de M. 
le CbanceRer^ un Livre intitulé Traité des 
abus de la Critique en matière de Religion* 
Il fera (fautant plus utile qiiileft écrit avec 
beaucoup éf honnêteté four les Savans^ qtfil re* 
frend. Ceft unefage critique de la Critique , 
dont tEglije tirera un grand avantage. Il 
fer oit àfoubaiter que le f avant Auteur vou- 
lût bien continuer (es remarques; elles font 
tréS'âignes titre amnies au Public. A Pa^ 
ris ce 13 Mai 1710. QumoT. Fiex-vous 

après 

- • (9) p»g. 324 ,^ 



S58 BfisuoTSEQtB DIS Scaa(Cf$i 

iprès cda siux Approbations dont on Aép^ 
re les Ouvrages des Savans. Trois Jéfuites 
avoient joint leurs éloges à ceux de M. 
•j^ma^eiv faveur de leur confrère; ils avoient 
apparemment autant de raifonspourttaire la 
vérité que M. d'Ai^embert pour la dire. 
Après cette i^etite fortie contre IcP.Lau» 
hrufffly ^Académicien tombe d'accord que 
les Principes du Chriftianifme font aujour- 
d'hui indécemment attaqués dans un grand 
nomlire d'éaits: Il peint fidèlement cette 
manie, il loue le zèle qui a Sût prendre la 
plume pour la defenfe de la Religion, mais 
il obferve que bien de ces défeiueurs zélés, 
ibnt allés trop loin & ont fouvent forgé des 
impiétés imaginaires pour avoir l'avantage 
de les combattre. 

- Ce n'eft pas un désordre nouveaa 
Sans parler des accufation$d'inéligionliia« 
îuftemeiit intentées à un Socrate par exem- 
ple ; fans rappeller les reproches d'Athéif- 
me faits par Je P. Hardouin à tant d'Au- 
teurs non moins pieux que favans , com- 
ment n'aliie-t^on pas journellement au Chrif- 
tianifme les queftions mdtaphyiîques les 
i>ius contentieufes , & les fyftémes de Fhi- 
ofophiè les i>lus arbitraires , pour foutenir 
?|ue la Religion eft attaquée quand on ne 
ait qu'attaquer ces fyftémes &difcuterces 
queftions ? Voici des exemple?. 

Defcartesz dit , donnez-moi de la matière 
^ au mouvement j je ferai un monde ^ c'é- 

toit relever la gloire du Créateur de la fa- 

çoâ 



AvaxL^ MaIic |«ik. ij6».- i/6§ 

çûQ'l^J>lus noble 9 en célébrant Iz finopli*^ 
cité , & la fécondité des loix du moave» 
ment qu'il a imprimé à la matière^ & ea 
vertu des quelles ce grand Dieu n'a eu be» 
ibin pour produire tous les évènemens que 
d'une parole félon l'espreflion fi fubiimede 
rEoriture. Cependant cette propoiition 
a été attaquée comme injurieule au Créa<\ 
teur , & Ton a cm voir en Defcartes un 
orgueilleux fabricateur de fyftêmes, qui 
fembloit vouloir fe mettre à là place de la 
Divinité. 

Nulle Philorophie plus favorable à la 
croyance d'un Dieu que le Newtonianit 
me; car comment les parties de la matiè^ 
re, qui par elles-mêmes n'ont point d'ac- 
tion , pourroiçnt-elles tendre les unes vers 
les autres ii cette tendance n'avoit- pas 
pour caufe la volonté toute-puiffante d'un 
fouverain moteur? Cependant on a dit,. la 
Pfayiique des ^Jewtonicns fur levuideiSc 
Fattraûion eft à peu près la Phyfique d'E- 
picure; or ce Philofopheétoit athée» le$ 
Newtonicns le font donc auffi. Telle eft. la 
Logique de quelques-uns de leurs adver- 
faircs. 

Boerbaavefut de même accufédeSpino- 
fifme, pour avoir demandé à un inconnu, 
plus orthodoxe qu'éclairé & qui attaquoic 
tort mal ce f^ftême» s'il avoit lu Sfinofai 

Un Philofophe de nos jours, notre Au- 
teur ne le nomme pas, mais c'eft fans doute 
M. de Maupertuis ^ ii pcrfuadé de Tcxifteri- 
^ H 4. ce 



|76 BfBUOTflEQtfB ois SélEMCtt^ ' 

tt de Dieu qu^il en a même trouvé Adon*"^ 
né de nouvelles preuves, a au devoir ttta- 
ijuer ijuelûues ^rgumens (klon lui) puérils çf 
mime inaécens^ par lesquels en penfant éta«> 
blir cette grande vérité on ne faîfpit que 
Favilir, Cétoit enlever aux Athées des ar-' 
mes que l'ineptie leur prêtoit; on l'a accufc 
de leur en fournir. 

Quelques Ecrivains ont avancé que la 
notion développée ^ diJlinBe de la création 
ne fetrouvoit pas dans TËcriture Sainte. 
Suppofons qu'ils fe foient trompés, où é^^ 
toit le péril pour là foi? La vérité de la 
Création eft une fuite nécefliire de Tcxi* 
ftence du premier Etre; la raifon l'enfeig" 
ne, la révélation la fuppofe* N'importe, 
on a attaqué cette auertion comme im- 
pie » au-lieu de la difcuter par l'examen 
des paflages de l'Ecriture, ce qui étoit fa^ 
<:i\c à faire. - 

On a écrit que deux ou trois Pcresde l'Eçli" 
fe n'avoient pas eu fur la fpiritualité du prin- 
cipe penfant des idées bien diftinfles, &qu'ils 
paroiflbient l'avoir fait matériel. Que la 
trhofe foit faufle ou vraie, les preuves phi- 
lofophiques de la fpiritualité de Tame n'en 
•ont pas moins de force; c'eft un fait 
néanmoins que les Critiques Qui ont taxé 
CCS Pères fe font attirés par-là l'imputation 
de matérîalifme. 

Ces réflexions conduifent M. d'Alem- 
BSUT à en faire une autre, c'eft que fouvcnt 
mn fe méprend fur le genre d'impiété 

qu'os 



'Avril, Mai, Jcm. i7tfô. -'3*7^ 

fpi'on attaque. Telles gens font accufés de 
Matérialifme qui douteroient plutôt de 
J'exiftence de la matière, que cfe celle du 
principe pertfant. 

Tant que JaPhilofophîe à'Ariftofezrhgcii 
on a cru que Jes idées venoicnt des fens, 
& on Va fi bien cru qu'il fut même défen- 
du pendant un tems fous peine de mort 
d'enfeigoer une doftrine contraire. Dejcar^ 
'tes eft venu ^ il a enfcigné que puifque Ta- 
me eit fpiricuelle elle a de$ idées dès le 
moment qu'elle exifte,& que par confé- 
qucntil y a des idées innées, (^u'en eft- 
}\ arrivé? Et admettant Je principe dèDqt 
cartes , on a conclu que qui nie les idées 
innées, nie la fpiritualité del'amç^ & eft 
matérialifte. 

Souvent auflî on abufe des expreflîons 
ou équivoques , où fûfceptiblcs d'un fens 
erronné, pour crier à l'impiété contre ceux 
'ui les employent. D'autrefois on cherche 

es preuves à cette grave accufation foit 
dans quelques opinions métaphyfiques des 
PhiJoiophes foit dans des fyftêmes qu'ils ne 
donnent que pour des hypothèfes. Quel 
bruit , par exemple , n'a-t on pas fait des 
fyftêmes de nos modernes fur la formatioa 
de l'Univers?»,, La matière n'eft pas é- 
„ temelle: donc elle a commencé à exi- 
3, fter, voilà le point fixe d'où il faut par- 
«, tir. Mais Dieu a-Ml arrangé les diffê- 
\^ rentes parties de la matière dès le mo- 

9, ment qu'il l'a créée , ou lé Cahos a-t- il 

H 5 «xi- 



1 



fiJZ BlBUOTHBQpl DIS SciBHCtt, 

.,, exifié plus ou moins de tems ayant la 
.,, réparation de fes parties? voilà fur quoi 
,,, il eft permis aux Fhilofophes de fe par* 
,, tagcr ( lo) '\ Quand les hypothèfcs 
.qu'ils prirent pour expliquer le déyelop. 
pement des chofes feroient faufles , ce ne 
.fooit qu'une erreur philorophique ; elles 
n'intéiefleroient point la Religion , dès là 
qu'elles n'iroient point à affirmer réternité 




tail 9 ces hypothèfes ne doivent rien con- 
tenir qui répugne à la narration de Moyfe. 

Notre Phiiofophe relève enfuite, & 
très bien , Tabus que quelques éaivains ont 
fait du langage populaire de l'Ecriture, pour 
jetter des foupçons fur cdui des Philofo- 
phes. Peut-être ne le trouvera- t-on pas 
fi heureux dans la peine qu'il daigne pren- 
.dre pour juftifier un célèbre Ecrivain fur la 
manière dont il a parlé de la ftérilité de la 
Palefline. li i'eft bien davantage au moins 
^ns fes réflexions pour défendre un en- 
droit de l'Encyclopédie au mot Forme fub- 
JlantieUe & enfuite l'Illuftre Auteur de /'£/- 
frit des Lohc injujUement attaqué. 

Mais infenliblement fon zèle s échauffe. 

En accufant les Théologiens de France 

depufs ii long tems divifés en deux partis 

. qui s'abhorrent & fe déchirent ^ de ne faire 

la 
(lo) pag. 34t. 



Av&iLs Mai, Juih. 1700^ 37^ 



la gtierre aux Philofophes que pour qu'on 
les croie eux mêmes deilacëres défeiueurf 
delà foi, il tombe fur les Jouraaliftes de 
Treroux , il les relève fur la fortie qu'ils ont 
fzitc dans kur Jlyk domatiqfie Çf bourgms^ 
contre le livre de VlEAçùiJufqu'à chercher à 
Tabai[fer les takus itmjuteur dont aurefte 
M. d'Ax^embert condamne Pouvrage 
dans ce qu^on y a trouvé de refrébetipble ^ 
il iniifte fur la mortifiante réfutation qu'ils 
fe font par -là attirée; enfin il 1^ accufe 
de crier à firréHgm fur ce ^ui le mériu ftP 
qui ne te mérite pas (11 J , & peut-être trou* 
vera-t-on , que l'homme piqué paroit unpeu 
fous le manteau du Philoiopbe dans cette 
querelle incidentelle. 

Tout de fuite il attaque le fan atifme en gé- 
néral. Il montre ,, combien le Gouverne- 
nement a intérêt de défendre & d'ap* 
puyer contre ks attentats les gens de 
lettres qui , foumis aux dogmes réels de 
la foi, ont le courage & l'équité d'en 
]^ féparer tout ce qui ne leur appartient 
,, pas". (12;. Il foutient que c'efl pour avoir 
contondu ces deux chofes que les peuples 
ont fi longtems gémi fous le joug de la 
puiifance temporelle des Ecdéiiaftiques. 11 
attribue à ce principe les excommunica* 
tions injuftes, les pénitences ignominieu« 
fes de Louis le débonnaire^ U baflèfle avec 

la- 

(11) pag. 3<55. 3^^. 

(12) pag.' 369. 



9» 

9) 
J7 



$74 BlBtfOTHEQUB DBI SoilNCBS; 

laquelle le premier G)ncile général deLyoQ 
vit, en I 245, Innocent Iv, dépofcr publi- 
quement PEmpereur Frédéric IL fansofer 
Tédamer contre l'cntreprife de ce Pontife 
•audacieux; le vceu que fit Louis le jeune 
d'aller ^rger cent mille perfonnes en Sy- 
tie pour faire pénitence d'en avoir brûlé 
treize cent dans uneEgHre»la folie de tant 
d'infenfés qui dépouilloient leur famille 
pour enrichir des Moines ijgnorans & inu- 
tiles ; des épreuves incertaines & cruelles 
regardées comme desjugemens de Dieu; 
les contrdverfès ridicules des Grecs fur des 
abfurdités, controverfes qui ont avancé la 
perte de leur Empire , témoin celle qui 
s*a|itoit encore avec violence tandis que 
Bajazet afliégeoit Conftantinople , au fu- 
jet dé quelques Moines imbecilles du 
mont Athos , qui s^imaginant voir à leur 
nombril une lumière , avoient prétendu 

2uec'ctoitla lumière du Thabor^ qu'elle 
toit incréée , qu'elle n'étoit autre chofc 
que Dieu même , & qui en conféquencc 
paffoient leur tems à la contempler (i3> 
C'eft ce même principe qu'il r^arde en- 
core comme la çaufe „ qu'une des plus 
3 y riches parties du monde a été dévaluée 
3, par des monftres qui en faifoient mou- 
^, rir les habitans dans les fupplices pour 
«^ les convertir; que la moitié de la na- 
ly lion Françoife s'cft baignée dans le 

(13) pa£. 370-37»- 



Avril, Mât, J01K, i^Oo. 375 

,, fang de l'autre ; enfin que retendait de 
9, la révolte a été mis à la main des fu- 
9, jets contre leurs Souverains, & le glai- 
,, ve à la main des Souverains contre leurs 
,, fujets. Ceft, continue M. D'A l km- 
„ BBRT, par les lumières de la Philofo- 
^ phie que nous foimnes délivrés de tant 
,, de maux (14)- Bt cela même le conduit 
à mettre en oppofition l'état aâuel des 
Sciences dans la partie Proteftante de l'Al- 
lemagne à leur état dans la partie Catho** 
lique de cette vafte région. „ Les étran« 
9» gers qui voyagent dans ce pays, dit- il^ 
9^ & qui paiTent d'une Univeriité Catholi* 
,, que à une Univeriité Proteftante voifi* 
„ ne, croyent en une heure avoir faicqua- 
,, tre cent lieues ou vécu quatre cent ans^ 
,^ avoir paiTé de Salaman<iue i Cambrid- 
,, ge ou du fiècle de Scot à celui de Nevr- 
„ ton Oj}' Mais d'où vient-elle cette fu- 
périorité ii frappante des écoles Proieftan- 
tes fur les autres? „ Ce n'eft pas, ajoute 
^, fTudemment l'Académicien» à la aiSe« 
,, rence de Religion qu'il faut l'attribuer. 
„ En France*, ou la doârine Catholique 
,, eft fuivie , les Sciences n'en font pas 
„ cultivées avec moins de fuccès:enlta- 
„ lie même, elles ne font pas négligées, 
fans doute parceque lesSouverams Pon- 
tifes, pour la plupart éclairés &rages& 

fi coa- 

(14) M* 374. 
O5) ^«- 37<5- 



•1 



"rfps Bifit:(dTHEarâ lits Scœncbs » 

\^ connoifTant les atos qni rëfultenc dé Vl 
y^ goorance, font plus à portée en Italie de 
,, réprimer, quand. il eft nécefTaire, laty.- 
,, rannie des Inquifiteurs fubalternes. Car 
„ tout fert de prétexte i cette ' efpëcc 
,, d'hommes méprifablc & lâche pour é» 
;., touffer la lumière &|pour ^êter lespio- 
,, grè*derefprit"CiO. 

De tout cela notre Auteur conclut que 
k grand moyen d^affoibiir leur empire dans 
les contrées malheureufes où ils oominent 
encore, c'eft d'y favorifer rétudcdesScien- 
ces , furtout de la Géométrie. Ccft fai* 
re injure à la Religion que de vouloir 
î*appuycrfur l'ignorance. L'étude de la Géo- 
métrie conduira à celle de la faîne Pbyli*- 
que, celle-ci à la vraie Philofophie 5 qui 
par la lumière qu'elle répandra fera bientôt 
plus puiffante que tous les efforts de la Su- 
perdition. 

' Voilà le précis des réflexions de M. D'A* 
^EMBERT fur Tabus qu'on fait dans notre 
llècle de la critique en matière de Reli- 
gion. Je crois ^ dit-il en les finifrant,& l'on 
i'appercevra bien que c*eft l'cxade vérité , 
HrfêtrefuffifanmeHt prémuni contre les atta^ 
>pies au fanât ifme imecile Qf hypocrite ^ II 
feroit en effet bien difficile de mieux mé- 
nager fes termes qu^il û'a fçu le faire. 



(itf) m* J77- 



fjUTU: 



AvRit, Mai, Juin. 1760. 3>f, 

ARTICLE SEPTIEME. 

Apologie de Louis XIV. & de 
fon Confeil fur la Révocation de 
TËdic de Nantes &c. 

Suite de TArt. X. du trimejire précédent. 

APaes aroir donné une idée du ton. 
fur lequel M. TAbbë de Caveirac 
s'eftf monté dzns cette Apohgie de Louis XIK 
£5» de fon Confeil fur la révocation de PEdit de 
Nantes j il convient d'anêter nos r^ards 
fur les faits qu'il avance dans cet ouvrage 
à deffein de rendre odieux les Proteftans 
de France , & de les faire paffer pour di- 
gnes des plus févères tra^emens. Qui dit 
Apologie , dit juilification , & pour jufti- 
fier des procédés quelconques que Ton fon- 
de fur des faits , il faut tout-au-moins 
deux chofes , û Ton veut mériter quelque 
créance. Il faut expofer les uns & les ai|« 
très non feulement avec la plus fcrupu*^ 
leufe fidélité dans la narration des ëvène* 
mens & de leurs circonftataces , mais en- 
core avec la plus exaâe impartialité dans 
la difcuŒon de ce qui s'eft dit pour & con- 
tre > tant (iu les motiÊ que fur les ç^ufes/ 



5^8^ BipLIOTHÎk<2U8 DSS SciBNCfiSi ' 

& fur les effets des é^ënemens dont il eft 
queftion. 

On aoiroit d'îibord que TApologiftc n'a 
pris U plume que dans cet efprit II pa- 
lolt avoir de la ledure. Les marges de 
fon livre font chargées de citations^ le 
bas des pages de remarques , la fin de Pou- 
vrage de notes. Il eh apoelle à nos Au- 
teurs: il les tait parler. Calvin , Beze^d'Au* 
bi^né^ Du Plelfis^ Rhet^ Claude ^Jurieu^ 
Benoit , ces noms refpeâables s'accumulent 
fous fa plume. 11 veut ^ dit-il , que fon Lec- 
teur foit en état de s'édifier en recourant 
aux fources où il a puifé lui - même ( i ). 
Tout annonce dans ce langage & dans ces 
fraix d'érudition un Ecrivain qui aime la 
vérité , qui s'cft donné la peine de la cher- 
cher, & qui va la dire avec toute l'impar- 
tialité defirable. 

• Tâchons donc % malgré les fortes raifons 
que nous avons de nous défier dss inten- 
tions de M. D£ C A VEiR AC , tàchois de 
nous prêter à un examen tranquille des 
faits qu'il rappelle ; oublions en quelque 
forte les iui):es préventions que nous avons 
prifes à fa charge , & fans le fuivre pas à 
pas dans tout r- ''"'•» "-■ ••'- '^^ -*— - *^ — * 

ce qu'il qualifia 

exemples qui _ 

portée de juger du fond qu'il v a à faire 
unt fur la parole que fur k$ décifions de 

cctEgrivain, . ^, 

"X. Une 

(i) Avertiflèmcfit fêg. i. 



iltTRiL, Mal, JiJiK. 17&. 3J9 




ligioimaiîés de France , ennemis de leurs 
MIS ^zuxoi&xt youlvL Je défaire même du 
JRai de rfavarre , £f mettre fur k trône le Prince 
de Condé. A Tentendre ce font les Gontbaus 
gui y ont placé Henri IV , les Protejlans 
ont 'voulu l'en écarter ( 2 ) £t quelle preuve 
en donne-t-jl? Aucune dans l'endroit mé* 
me où il avance la chofe avçc autant d'af- 
furance que fi elle étoit averéeN^ mais il 
renvoyé i une note qui eft la XV* à la fin 
du Livre, & dans cette note voici l'unique 
argument dont il fe fert. C'eft que les fto^ 
teftans firent ,<dit>il , battre une monnoye ou 
l'on voyoit d'un côté l'eifigie de Louis de 
Condé & de l'autre l'Ecu de France avec 
ces mots Luoovicus Décidas ter- 
Tius, Dki Gratia Francordm Rex 
PRiMUs Christiakus c'eft -à - dire^ 
Lows treize par la grâce de Dieu premier R^i 
de France Chrétien. Il avoue à la vérité 
que feu Mr. Secoujfe de l'Académie des 
Infcriptions a voulu combattre l'êxiftence 
de ce monument (3) „ mais , ajoute-t il , des 
9, raifonnemensfoiTento ils plus concluans 

SI que 

(a) ApoK />ii^. 34. &, Nùt. XK pag. LVIL 
♦• (3) ^^^- de l'Ac.dti Infcriptions Tom.XVIL 
Pag. 607. 

Tome Xin. Part. Il l 



1> 



J1 



( 3SO BiaUOTUEQUK DftS SciXNCBS'f 

„ que les fiais, ne detrairont jamais un 

,^) tait attefté parles témoins octtlairici 

^ Brantôme dit qfie le ConnéiaUe Mont- 

j, ixiorencimoi^a cette monnpyesitt haa* 

; 9, vre en plein voofeit; elle étoit d'argent 

M. le Bàtnc y fxmrèiit notre Auieur, 

_ affûrc qu'il en a ru tme d'or entre les 

j^ mains d'un orfèvre à Londres. Que 

,; peut-on oppofer i ces deux Auteurs? Si 

,^ ce n'eft qu'ils font des menteurs infl*- 

gnes ? & ce n'eft pas de cette manière 

qu'on procède contre les faits hift(»riques. 

j\ On peut donc induire de cette mon- 

4, noyé , qpe les Huguenots afiçâionnoienC 
plus Louis de Corné que fon neveu Ben* 
ri Roi de Na'oarre ^ & le lui auroient 
préféré s'il eut dépendu d'eux. Donc 

_ la branche ainée de Bourbon ne leur 
5^ eft que médiocrement redevable de la 
,9 couronne, c'eft ce que jevoulois pro(i« 

5, ver (4). 

Voilà tout à la fois un échantillon de la 
Logique & de la candeur de M. de Ca- 
VEiRAc. Le Connétable de Mont- 
morenci à ce que die Brantôme^ &jM. ^ 
Bianc à ce qu'il aifure lui-même , ont va 
la monnoye en queftion. Donc cette mon<« 
noyé éxifie. Sr la conféquence n'eft pas 
néceilaire, elle eft au moins probable. Mais 
Mr. l'Âbbé va plus loin, il ajoute; or i! 
cèttef monnoye e:&ifte ^ lefeft quç kf Fto- 

teftan« 

(4) Ibid. 



9» 

39 
3» 



AvKiL» Mai» Jûik. tf6ô. %it 

teftans l'oot hit frapper; & i celt noia 
demandons, commeiiti'Âpologifte lefait? 

Qu'on prenne garde d'abord qu'à pro* 
prement parler on ne produit qu^un té« 
tnoin oculaire de i'exiftence .de cette fa-> 
meufe médaille. , Btantôme dit bien ce 
qu'on lui fait dire^ mais M. db Cavbi* 
RAC n'étoit pas l'homme à avertir^ que 
Brantôme ;tout ligueur & tout vendu aux 
Guifes qu'il étoit , ajoute à la fin de foa 
rapport je nefai s'il ejl vrai ^mais H s'en d}^ 
foit frou en la chambre du Koi ç^ de la Rei^ 
ne^ voire en la baffe-cour. (5) Il s*en difoH 
prou^ on parloit beaucoup de cette mon- 
noyé, mais Brantôme^ l'homme le plu^ 
curieux de fon tems & Ile plus lié avec les 
premiers Seigneurs de la Cour^ n'ofoit 
pas affirmer la chofe. Je nefaij dit- il, s'il 
ejl vrais & pourtant on nous produit foa 
témoignage comme éouivalent à celui d'un 
témoin oculaire qui affirme» Quelle can- 
deur! 

Nous ne pouvons pas porter des paro* 

les de Mr. le Blanc le m£me jugement 

que de celles de Brantôme. Il dit ^'il a 

vu (6}; il faut Fen croire. A la rigueur 

- ' • il 

*(5)r Ofwriséti Brtftt^e , Vie de^ Grûnds Cg- 
pittûn^s François^ Ehge du Prince dg Condé^ Tom* 
lll;ptg. SI$. -• - 

(6) Le BUnc Trahi Hiftofîfut dit Mmnujts 
d$ Franiif pa£* ayoj ' ^ 

ï a 3 



381 BnUOTHEOPÉ PE8 SeiENCES, 

il fcpourroit qucrintérét eut fcçrétcmcnt 
animé le burin de quelque habile giaveur^ 
& que Tappas du gain eut produit dans 
le XVIK uèclc une médaille qui n*avoit 
îamais exifté que dans les livres. Le 
Padouan tfeft pas le fcul Artiftc moderijc 
<iui a fait des Antiques. Mais ne donnons 
rien à la conjeélure , prenons à la lettre le 
rapport de M. le Blanc, i. La motonoyc 
que M.le Blanc a vue étoitif or, au lieu que 
€cile dont Brantôme avoit entendu parler 
étoit émargent. 2. Elle portpit dans fa lé- 
gende Louis XllL ftfr la grâce de Dieu m. 
mier Roi de France Chrétien , & celle dont 
parle Brantôme portoit Amplement Loun 
treizième Roi de France. 3. Cette l^dc 
étoifc latine, au lieu que celle de la ihon- 
noyc de Brantôme itoit en François. 4. Juf- 
•qund M. leMlanc eft te feul qui l'ait vue. 
jfufqu'ici on n'a de fon exiftence en or que 
-ce leul témoin oculaire, & fur fon exi- 
ftence eh argent qu'un ouï dire de Bratt- 
tome. C'eft fans doute pour . cela que le 
P. Uaniel {•?) moins hardi que M. le 
Préfident /ii/«af<^(8)»'cnapafléqu*çndou- 
tant , & qiKî VariUfihHtXk^S^'^M ppg des 
chimères (9). Il femWe en effet qtf une 



mos- 



ds^' 



(7) p. Diûid Hijioirrde Frmuê^ Tom. V^ psg. 



(8) Nouvel Abrège Cbrmohg. d$ rÙifiotre dt 

France année 15(57» 
' (9) Varlllts Hijloire de tHerefie^Tom^Vlpii^ 



\ 



akviiL, IMai» JuiM, I7«X S83 



tnoonoie fi intérffTaiite, frappée en or 
en argent il y a moins de deux fîècles ne 
devrait nas être rare au point de ne fe 
trouver dans le cabinet d'aucun Prince , ni 
dans le medailler d'aucun curieux. 

Mais en fuppofant Pautenticité de la 
Médaille démontrée, que penfer {d'un E- 
crivain qui ofe la donner fans la moindre 
modification pour l'ouvrage des Religion- 
naires de Frsince , comme fi jamais la 
chofe n'avoit été conteftée. Notre Abbé ne 
parie que de Mr. Secoufje. Hé ! quoi , n'a- 
t-il donc jamais lu dans Jwrieu qu'il cite 
tant dé fois, que communément nous re- 
gardons cette pièce comme fuppofée^ ainfî 
que d'autres « par les ligueurs & par les en- 
nemis de la Reformation , i>our noircir les 
Proteftans (lo) ? Ignore-t-il qu'entre les 
Catholiques Romains i4«/evw Arnaud (ii) 
Spande (w), Mezerai (15)-^ le P. Anfil^ 
me (14), tlk.de Voltaire (i5),rontattribuée 

aux 

(to) Jutiea, Apohgh f9ur la Réfo'rmâtion&c^ 
II. Part. pag. s8o. 

(il) A. Arnaud Plaidoyé de l*Unherfité 49ntr9 
les Jejuttes pag. 46. Ediu de Paris en 1594. 

(12) Spondan. Gontin. Baron, ad an, is67« 

(13) Mtierai Hift. de France Tom. lU. . pagk 

409. 

(14) A^felme ^z. HiftoireGenealeg.de la mai' 

fin de France &c. Tojn. L pag. 333. £dif^ de 
Paris 1720. 

(15) Voltaire dansfis remarques fur la jEdit. 
deja fUnriadey pag. 179. 

I 3 



|84 BiBLiOTfih^^9irSciWGifji 

tuxçooemis. du Prince^ Coudé ^foit}ë« 
fiiitès; foit Ligueurs ? Seroit^l poflSble qu'ii 
fût à Tavoir avec quelle Sonce le Labwreur^ 
cet Ëccléfiaftique ii verfé dansPhiftoiie dcf 
France^s'eil attaché àËiire voir faos détour 
que cette Médaille étoit Pouvrage de Ca« 
térine de Medicis accoutumée à de pareil- 
les fauiTctésjDour perdre (es ennemis (16} ? 
Si Mr. DE Caveibac avoit fçu ces £ûts , 
où feroit fa droiture de les avoir diilimu^ 
]és? S'il les a i^oré, eft-il excufable de 
diffamer fes compatriotes avant que de s'â« 
tre- inftruit ? Qu'Û jette .feulement lesyeux 
fur le Diâioonaire de M. Prq/per Mar* 
fband Tom. I. Ait. Bourbon pag. 124* 
327. En moins d'un demi quart d'beure il 
y apprendra fan$ équivoque qu'il n'étoit 

Sas au fait de ce dont il a parle avec tant 
e confiance « & que ce qu'il a débité pour 
difTamer les Proteftans du tems de Hbk* 
E I IV. n'eft' dans le vrai aucune caloimiie 
qui va à couvrir de honte les Auteurs. 

Mais peut-être qu'iqdépciîdaoïmeat de 
la prétendue monnove , rApolc^ifte a de 
bonnes preuves aue les Religionnaires d'a^ 
lors voulurent écarter Henri IV. du 
trône^ (17) & que ce ne fut qu'en abufanc 
im çirÇQi^«nçes où fe trouvèrdat le Roi 

& 

(tC) Le Ltbourear , AiàHhm mm Um» df 
C^ftt/nau^ T. IL pag, 665. 
(17) Apolog. fa£, 3^, 



Aniit» Haï, fem r vjeoC slf^ 

& PËtat qa'as obtàirefit PEdit dé Naa«^ 
tes (iB). Nous ks verrons ces preuves 

auaod TAuteur les produira. En 9lttau' 
ant, nous en avons une du contraire qui: 
paroitra bien fi>rte ant yeut de toute pdr- 
foQiie qui a plus de tefyedi pour la par^^' 
des Rois que n'en a Mr. db C aveirac. 
Cette pjfeuve nous la tirons de ce qu'HEN- 
Ri IV; difbit lui-même dans les inftruG*> 
tions dont il chargea fes Procureurs k la 
Gourde Rome en ijpj. „ Ceuîc de la 
„ Kdigion reformée, ydifoit-il^ étant en 
,, grand nombre & puifTans dans le Ro- 
yaume comme ils font, fervent & foTm 
„ tifient encore grandement fa dite Majefi^ 
]] ti à défendre fin Etat contre les enne*. 
„ mis d'icclui , comme ils ont fait ci^z^ 
vant,* deforte que fa dite Majcfté fc-. 
,, roit accufée d'impradencc & dtinpatitu^ 
, de^ fi après en avoir tiré ^a«^ de Servi»: 
ces qtCelleafait^ &aubefoin qtfeljc a 
encore d'eux , elle leur couroit fus (19) ^'i: 
Henri IV. étoit déjà depuis iphis de fix 
ans fur le trône quand il parloit ainli ; & 
ce fut quattç ans aprçs qu'ij donna l'Edifc 

de Nantes. 

IL On ne s'attend fdrcmeot pas à nous 
voir fuivre TApologifte avec autant dé dé*- 
tail fur tous les faits gu'il à deguifés , ni 
fur toutes Ic$ calomnies qu'U a çffayé de 

co- 

(19) De Thou Liv. XXXI. Tom. JJl p^g- 

l4 



99 

91 

91 
5> 



colorer dans cet owrage. La tâche feroîfc 
& trop longue & trop défagreable. Nous 
ferions uâ livre il nous youlions tout, are- 

Un Mémoire comp<>fe par un cxceUent 
Auteur vient de fioûs être communiqué.Cct 
Auteur a éclairé la marche de JJ* PB Ca- 
VEiRAC^il nous aidera à abréger la nôtre ^ 
& le public y gagnera de toute façon. 

Dès la pag. 6. de l'Apologie, çommcn- 
ce le portrait dufameiîx Baron D<f-jMr^/; 
& il eft continué dans les deux premières 
Notes à la fin de Pouvrage. Jamais les 
craautés de ce barbare ne fauroient être 
trop déteftées. Uauroit cependant été de 
la droiture de rçconnçître, qu'il ne les e- 
xerça que contre des Soldats pendant que 
les Catholiques p'épargnoiént nî femmes 
Bi enfiins , témoin l'affaire de FlaJJans^ 
témoin les excès du Comte de SomwerU 
w qui dès les mois dç Mal & de Juin 
15^2 avoit maflacré en Provence jofqu'à 
770 hommes , 460 femmes & une tren- 
taine d^nfans (*o). Il auroit faU» re- 
ûonnoître que» fi Da-AdrcU fit ptner au 
fil de répée les garnirons de Pierrclatte 
& de Boulene , ce fut en répxcfailles du 
Sac d'Orange; qu'il partit exprès de Greno- 
ble le iendçmain 7 Juin, ea qualité de Co- 

(io) De Thou Tcm. IIL Xh. XI^L pt^. 
418. *•<?. Bcze Hrft. Mcc^^f- T^ i. « ^^M' 



lonel L^ionnalre duLaiigaedpc, du Dai^phîi 
né & de la Provence, & qu'il tenoit ce titre 
€|e la Cour (ai). 11 auioit ftilu convçnijc 
que y quzod Des- Adrets commit à Moathrid 
fon les auaucés qui lui ojat û juftçmenc 
été reprochées , noo-fei^ement les Qificier^ 
Froteftans qu'il commaudoit en firémirent; 
d'horreur , mais que le l^rlnce de Coudé l'ea 
reprit féyéremenc (%zj^ & que générale- 
ment détefté par les I^eligionnaires ii pri( 
Je parti de les quitter^ Mais ces aveux 
n'auroient pas mené notre Abbé à foa 
but Lt même dépit ^ Ait Maimbourg, ^«^ 
avoitfait pajjer cet homme fans reTiff on^ 
du parti Catholique dans celui des Huguenots^ 
le fit repajfer au Huguenotifme dans PEçlife 
^c. Qu'on pçfe bien ces paroles, Des^ 
Mrets étoit un homme fans religion. Nous 
n'avons donc aucun intérêt à le juftifier de$ 
violences que la haine qu'il portoit aux 
Guifes lui ût commettre pendant le peu de 
tems qu'il fe mafqua aux yeux du public 
en feignant d'avoir embraiTé la Religion Re* 
formée. 

UL II n'y a qu'un moment que nous par- 
lions du Sac d'Orange ; Le débonnaire E/i- 
cléfiaftique je qualifie ,d'une façon bien lin- 
gulière; il l'appelle une tuerie exagérée ^3^. 

Quel 

{7,1) Beze & de Thou, ibid. 
\pL%) Beze, Tonhiîl Liv ,XUl>og.%%^.lllAm^ 
bonrg, Hift, du Cnh, Tom, 11, Liv. IV. pag,SU 
(23) ApQîog. jp»i. 7, é ^<ft. m p.LVL 



Qné langage/ Beze & Caftelnau aete&eni 
que la ville Tôt faccagée (24). He Tbou va 
Dit» loin. U dit que les Catholiqaes oe 
furent pas même épaignés qaoiqu^ils eoH 
fent trahi les Ptoteftans , qu'ils foitat 
itous hiaflacrés ^ ft que la Gartiifon du 
Château ayant capitulé on ne laifla pas 
de la feire i>érir, une partie de ceux qui 
ia compofoient ayant été priécipitée 1 
& Pautrc paffée tu fil de Tépée (25), 
Qu'eftccdooc qui perAïade M. bb Ci- 
ve m a c que tout cela eft exageréf Trois 
réflexions, i. C'cft Beze qui l'a dit le 
preoiier, &nî Bez^ ni ^Aubipté\ qui Ta 
dit après lui » De font des auteurs dignes de 
créance. 2. M. Minarà dans le IV. Tome 
de fon Hifioire de la ville de Nîmes pro* 
tiuit £ept journaux de ce tems là , dont lix 
compotes par des Huguenots &dont aucun 
ne dit mot de ces cruautés. Ne voilà-t-il 
pas d'admirables preuves? Quand des Hif- 
toriens Froteftans déporent, il ne faut pas 
les croire parce qU*ilsiontProteftansj quand 
ils fe tailent • il faut regarder leur lilence 
comme un oéfaveu parce qu'ils font Hu* 
'jpienots. Ainfi ils ont toufour» tcnrc aux 
yeux des gensqui, comme rAp;olQgifte<|De 
veulent jamais qu'ils ayent raifon. Mais 

ce 

- (14) Beze . T>«. UL Uv, XlL pug. a6l. Cif- 
telnaQ» i/v. IK ^.*a. 
(95) De TbOB, Tm. ilh Uv. JLXXh W^ 



Avaxts Max, ]vim l'jCo; sS9 

«e qcfû y a ici de plas plaifant, cfeft que 
M. ^ Caveiràc prétend réfuter Beze & 
à!Aubignéy par eux-mêmes. Ils difent, a<* 
joute- t-il, que ceux âÇrange mirent fur dei 
radeaux les codages des Catholiques tués d 
Marnas^ avec cet écriteau; fiagers d'Avig-^ 
non , laiffêx PaJJer ces bourreaux , /7j ont payé 
4 Marnas. Or le Sao d'Orange eft du 5 ou 6 

Juin 1 562 9 la prifede Moiqas eft du x6 Juil« 
et, & „ quelqu'un ^ dit notre Abbé, quel* 
3, qu'un comprend -il comment un moi$ 
,, après la deftruâioa totale d'une ville ite 
,, s'y dl trouvé des gens d'aflez bonne hu-» 
3, meur pour plaifanter de la forte? Con- 
5, duonsdonc, ou que Beae & d'Aubigné 
3, mentent en ceci, ou qu'ils ont menti 
3, dans le récit des auautés arrivées à 0« 
3, range: je laiiTe le choix à leurs parti. 
„ fans (26) ". Avec la permiflion de M, 
DE Caveirac nous nç cboifirons ni I'uq 
ni l'autre , mais nous avertircms nos Lec- 
teurs que fa citation eft £aufle, que ce ne 
furent pas des babitans d'Orange qui en, 
uferent à Mornas^de la façon qu'il le dit, 
mais des foldats de T armée de Montbrunv 
qui, furieux du Saç d'Qraiu;e dont ils é« 
Soient natifs, s'en vengèrent lur ces Catho^ 
liques, ayant toujours , dit lie^Çf (e Sac 
d^Qrange en la bmçb^ {21). 

IV. 

(26} Apolog. N9t. ni. pag. XLVr. 
i%1) Dcze, /«w. ///. Liv. XU. pa^. %tl. 



^ BiBtfomQtrB DES ScirôcÉs; 

IV* fintrè les faits que notre Abbé pnv 
duit pour faire croire que ce furent lesRe- 
ligionnaires qui donnèrent l'exeisple des 
cruautés & de PeflfulEon du fang dans les 
guerres civiles^ il ne faut pas que nous 
oublions ce qu'il dit du barbare Montluc, 
Monfluc , dit-il y ne devint inhumain que pour 
rantenir Montgomeri (2S). L'Anachronif- 
iiie eft un peu fort, Mùntgomeri né fzmt en 
Guienne qu'en 1569, ^ ce ne fut qu'alors 
qu'il fit ce que VApologîfte lui reproche. 
Mais dès Tan 1562 Montluc s'ètoit déjà ligo 
naic dans cette Province par fes fureurs. 
Déjà , par exemple, il avoit fait paffer au-de- 
là de 700 Proteftans au fil de l'épéeÏMoat- 
ifegur. Déjà cette même année il en avoit 
fait égorger plus de 230 à Taraube quoiqu'il 
leur eût promis la vie par capitulation (29). 
Cet homme fcroce nous apprend lui-mê- 
me qu'il marchoit toujours efçorté de deux 
bourreaux (30), & diificilement auroit-il 
pu choifir des domeftiques mieux afibrtis 
a fon caraâère.' 

. V. Quelques pages aprèç avoir fauffe- 
ment donne les barbaries de Montluc pour 
une imitation des violeiices de Montgomeri, 
M. DE Caveirac décrit avec ion élo- 
quence & fa Ancerité ordinaires un tuinul- 

■ •* * * rç 

' I28) Apolog. p^, 7. & fiot. JJ, png. XIV. 
(29) De Thou , lum. IV. Liv. XLV. p^w. 

aoo &c. 



Avril, Mai, Juin. 1760. 391, 

te excité d&os l'Eglife de Sr. Médard à 

"Patis^ &qtti voudra Ten croire n'héûtera 

pas à regarder ce tumulte comme i'ou- 

▼rage des Huguenots furieux. Il faut voir 

comme il déclame là-dçiTus (31). Mais 

lifex les Commentaires de Caftelnau&vaa% 

admiîOfez la hardiejQTe du dëclamateun 

Caftelnau contemporain. Catholique, du 

parti des Guifes, & comme on fait très 

e&imé à la Cour, attefte folemnellement, 

que les Catholiques feuls , & en particulier 

les Prêtres de St. Médard furent les Auteurs 

du tumulte (32}. Jurieu en a déjà fait la 

remarque (33). Mais on diroic que l'Âpo* 

logifte n'a de mémoire , que ^ur rappel- 

ler les calomnies dont on a noirci les Pro- 

teftans; il oublie conftamment ce qui a été 

dit pour les juftifieL 

VI. Nous aurions bien juréd'avance que 
la Micbélade auroit fourni un autre texte 
aux déclamations de notre Abbé. On ap« 
pelle ainfi une prife d'armes qui arriva à 
Nîmes le 30 Septembre i^6% jour de Sr, 
Michel , que les Protefl^ns échaufés par 
les faâions & ranimoiîté de deux famil« 
lespuiflaotes, enflammés fur-tout par les 
violences que les Catholiques leur avoient 
faites «en maflacrèrent 40 à jo. .M.deCa« 

(31) Apolog. fag. II, 

(32) Gaftdnaa, Mem,- Lh. JJL c. $• 

(33) ]urjeu, Apolog. pour U Refnrmatim i^Cm 
IL Partie, fag.SÔ3* 



SP2 BlBLI^feHttQtJB DES SciBNCSS, 

VEiRAC n^a pas honte de dire que cette 
émeute avec une autre afTaire purement mi- 
litafrequiarrivadanslaméme villeenif(9, 
furent if modèle enpetit de tborrièie aShn de 
la ^, Bartbekmi (^^y Etrange prévention! 
Quarante & cinq perfonnes tuées dans un 
tumulte^ moins encore égc^ées une au- 
trefois par des troupes battues qui dâins leur 
défaite voulant rentrer dans Nîmes trou- 
vèrent les portes de cette viUe fermées & 
leurs maifons occupées paries Catholiques 
Romains ^ étoient*ce là des modèles & des 
préludes de Taffireux maifacre de la^. 
Barthelemi? Ces objets ont para fi peu 
conildérables i^ Caftelnau &au F. Damel 
qu'ils nVn ont pas feulement £iitmention. 
Il eft vrai que tout récemment M. Menard 
a ofé ramener la Michélade fur la fcène 
dansfon Hiiloire de la Ville de Nîmes; 
mais ou nous nous trompons fort , ou il a 
été réfuté d'une manière il viâorieufe dans 
cette BMotbé^e des Sciences^ qu^il n*j au- 
ra déformait que des |[ens fans drokure & 
fans pudeur , qui ^ après y avoir 1û cet arti- 
cle auquel nous revoyons, puiflênt te 
tefoudre à être les échos des MmmbmtgàL 
des Caveirac (35*). Ce que nous en difons 
au-reftC) n^eft nullement deftiné à juftite 

let 

(34) Apol. pag. î8. 6» nou XÏÏ^. pag. LYI. 
' (35) Bîbllotfai des Sciences ^c,Tàm% Vé f^r^ u 
m. 7. 



ArRihf MaI| JniR* i7tfob jjj 

les cmportemens féditieux dont les Reli* 
^ioonaires, foit de Nîmes, foit d'ailleurs* 
peuvent s*étre rendu coupables. Jamais, 
on ne nous entendra applaudir à la vioJeiH 
ce & à la féditioQ ; mais qu'on foie équita* 
ble; après aroir tant de fois teint leurs 
mains du fang de nos Pères, iied-il à nos 
pcrfeaiteinrs de venir nous reprocher quel- 
ques excès commis par, une populace 
Îouifée à bout & réduite au défefpoir? 
)ans ^quelles alarmes ne vivoient pas alors 
les infortunés R.eligionnaires? En quels lieux 
leur tie étoit-elle en fureté? Ignore -t-oa 
j'honrible Maffacre de Cabrieres & de Me* 
rindol en 1545 ? Ceux de Vence & de Ca- 
hors eni56i , ceux de Taraube, d'Orao. 
ge, &d'Albien 1562? Peut- on nier que 
dans ces deux années 1^61 & ij(^. |'oa 
n'eut maflacré des Proreftans dans la plû- 

Îart des Villes de la Normandie, de I4 
^rovence & de tout le Royaume, à Paris^ 
à Abbeville, à Troyes, à Poitiers, à Ne- 
mours, à la Charité , à Touloufe, à An- 
gers , à Blois , à Caftelnaudari , à Tours où 
il en périt plus de 300, à Agen où Ton en 
pendit jufqif à 500 &c. (36). Et après cdt 
on jettera les hauts cris pour quinze bonr^ 
geois & environ trente foldats tués à It 
Micbélade de Nîmes ? On peindra cette 

affaire 



394 BlBLIOTBBQ.t7B D£8. SCIENC£$ ». 

affaire comme le modèle de Piofernaie 
JQOrnce de la St* Barthelemi ? Quis tuU^ 
rit Gracchos &c. 

. VIL Tous les objets fe défigurent fous le 
le Pinceau d'un Peintre infidèle. Dans 
l'endroit où M, db Cavbirac accufe les 
Proteftiios des afTajOSnats que les Moines ont 
fait des Kois de France , & taxe la monde 
tant éfurée du Od^vinifme de permettre 
qu'on fe defajfe du Confeil des Rois quand H 
incommode^ il peint rentrcprife d'Amboife 
comme une affaire de Religion où l*on avdt 
confpïré contre la perfonne du Monarque. Il 
fait plus^il feréaiç,&contte.7«w« &corf- 
tfe l'Auteur de la Lettre d'un Patriote , par- 
ce qu*avec tant d'autres de aos Ecrivains 
ils foutiennent qu'il n^étoit aueftion que defe 
délivrer ài jouginfupportabU delà mai/on de 
Guife qui s^ et oit emparée des rênes du gouver^ 
nement'(,yiy Mais quoi donc! font -ce 
les Protçftans feuls qui parlent ainfi? Me- 
lierai ne le dit-il pas de môme (38) ? £t 
pourquoi M. de Caveirac, qui en cet 
endroit cite les Mémoires de Cajlelnau, difl5- 
inule-t-il,que ce mèmeCaftelnau^cavoyé f)ar 
la Cour pour s'informer des vues deraffaiie 
d'Aqiboife, en donna précifement l'idée que 
flous en donnons ? „ La plus commune & 
^, certaine opiniop » dit: il dgns fes Mémoi- 
♦jes, p'eft qu'ils tfavoient d'autre but & 

M in- 

(37) Apolog. p«. ?$; IT. 

C38) Mczmi, Tm. VIlLfag^X2% in. 



Avril, Mai, Join. 1700. spf 

,^ ifltention que éf exterminer la maifon des 
„ Guijès... & tenir la main forte à reinet«^ 
„ tre & donner f'autoritéf aux Princes du 
,^ fa^S qui étoient hors de crédit (39) ". 
Voilà gui eft bien déciflf ; mais dans le 
deflein <le nous faire paiTer pour gens donc 
les Principes font funeftesà la viedesRoi», 
il convenoit de le xliflimuler. Que veut-on 
oue faifeun Auteur qui manque depreuves 
& qui en a befpin pour colorer par quel* 
ques faits d'injurieuies accufations que la 
profelljon publique des accufés contredit & 
que mille & mille faits démentent? Dolus 
an virtusquisin bqfte reçuirat? L'Abbéns Ca- 
VEiRAC eft qotre ennemi, il écrit pour 
nous rendre odieux , fon grand & principal 
deifein eft de fermer aux Proteftans de 
France tout accès au trône comme à des 
fujets réditieux,chez qui il croit que les Châ« 
tel t & les Ravaillac ont pris des leçons. Pour 
cet effet il nous prête des vues afforties à 
fon projet; il débite hardiment que dans la 
conjuration d'Amboife les Huguenots en 
vouloient au Roi , .& afin que perfonne ne 
doute que cet attentat ne fut une fuite dé 
leurs prmcipes « il le démontre non en appel- 
lant à leurs, confeflions de foi & leUrs ou- 
vrages fymboliques, cela eût été trop im- 
prudent, car Tobéiflance aux Rois & aux 
Magiftrats y eft hautement recommandée 
& toute rébellion flétrie, mais il le dé- 

moa« 

tome XllL Partx II K 



3$tf BIBLIOTHEQ.US J0ES SciBNCES, 

niontre par uii ouvrage fameuse qui fous le 
titre de yindicia contra Tyrannos fut écrite 
à ce quUl prétend , pour encourager les Ré • 
formés à i'entrcprife d'Amboife^ & où il 
eft dit qu'il n'appartient à une rcmme ni 
de gouverner ni de commander & qu\>nnc 
doit pas lui obéir (40). A la vérité les Pro- 
ceilans défavouërent ce Livre , leurs Mi- 
aniftres furent les premiers à le décrier^ un 
Prince de leur communion le fit brûler par 
U main du bourreau (41 ) , & fur le tout û 
Sie fut imprimé qu'ed 1581. plus de vingt 
ans après l'affaire d' Amboife (42) ; mais les 
gens que PApologifte veut éblouir ne favent 
pas tout , & en attendant qu'on réclame en 
faveur de la vérité , le coup efi fait. Di- 
fons*le pourtant hardiment, toutes ces ac- 
cufacions ont été tant de fois & fi bien 
fepoufTéeS) qu'il n'y a plus que des gens ou 
très- peu verfés dansThifloire^ou prévenus 
à l'excès y qui puilTent donner dans les pie- 

Î[es que l'ÂpoIogifie tend à fes Ledteurs. U 
aut qu'il n'ait jamais lu dans les letcresdu 
Cardinal à'OJjat ce que ce Prélat difoit un 
jour au Cardinal Aldôbrandin à l'occa&on 
de l'attentat de Châtel fur la perfonne de 
Henri IV i A un Prince com/erri qu*ii faut 

COft' 

(40) Apolog. pag, &5. 

(41) Vûj Bcze, Liv. XL pag. a44.JDeThou, 
Uv. XXXIV. Bayle, Diéi. à l'art, de Jun. Brutus. 

(42) Apolog. NfiU X. f4g. LII. 



ArRïLy Mai, Juin, x'jôo» 397; 

eonfûTter & édifier en toutes façons , r*</I 
bû donner grand fcandale ^ degouft des Ca^ 
tboli^ues quand ceux qui Je difent être le fou^, 
tien de la BeSpan Catboli^e ( c*eft dçs Jcr 
fuites qu'il parie) cherchent ainji d le faire 
ajfajjiner; Id oùj s'il y avoit aucun lieu d de 
tels ajjajjinats^ ce ferait aux hérétiques 4 
lespaurcbaffer ou exécuter , eux qu'il a quitté^ 
Qr abandonnés ç^qui aur oient dfe aaindr^ 
de lui^ ^ toutes fois ils tCont rien attenté die 
tel^ ni contre lui ni contre aucun des cinq Km 
fes frédecejjeurs quelques boucheries que leurf 
Majejlés ayent faites des Huguenots. (43). % 
jamais M. de Caveirac prenoit la plume 
pour invalider un témoignage û honorable 
à la fidélité des Proteftans , on le çrieroit 
d*7 ajouter ce que BrantSm^ écrivoit tou-» 
chant la conjuration de Meaux, <\\xtceux, 
qui ^attribuent d la Religion ne favent pas 
ce qu^il avait *vu ( 44), Nous en difona 
autant de \a conjuration d'^Amboife ; ce.o'é^ 
toit nullement la Religion, mais la Poli^* 
tique qui Tavoit tramée. Si les Hugucf 
nots y étoient entrés ce n'étoit pas en qtiia? 
lité de Calviniftes, mais de a)éconten$ & 

Îar une fuite de leur attachement aux 
rinces du fang ^4^;. Henri Etienne a dé- 

voi- 

(43) lettres ded^OiUt^Liv.L an. 1595. le/. S 

(44) Brantôme VU du Prince de Condé. 

(45) ^"Cf' Jur. Ap^hg. {9ur U Referm* Ih 
Part, c. 15» 

K a 



5$g: BffitiôTHEQpE DES Science* i ' ' 

voilé tout cb myftcré daiiis (on Dijcours mer> 
'Deilleuxjur la vie ô* ks aiiwns aeCatbérîne 
de Medicis (4<5). Il y fait voir que ce 
fut elle-même qui donna lieu à Tentreprife 
d'Amboife, qu'elle fe fervit de Mlle, de 
Montpenfier, & celle-ci de Marîllac, Ar- 
chevêque de Vienne, pour attifer le feu con- 
tre les Guifes , & que Tunique but de c6tte 
conjuration étoit de délivrer le Roi & la 
Cour de la fcrvitude où ces Tyrans les tc- 
tîoient (47)- Qi'on n'attribue donc plus 
cette fameufe cffltTcprife aux Proteftans & 
à leurs principal Qu'on ne dife plus que 

Jour y animfiî>^s firent écrire foit par Eu- 
erî Languet^^At par quelque autre^ le Livre 
intitulé f^inm^ contra Tyrannos. Fables 

aue tout cela V Si à^AuMgnéVz cru (48^ 
*^ï^/^«^'s*eft trompé, mais au moins s'eft-» 
il trompé de bonne-foi. 

VIII. Il feroit heureur pour Mr. db 
Caveirac qu'on pût porter le même juge- 
ment de la plupart des fautes 6ù il tormbe> 
mais on ne loutia jamais le froid & le 
chaud comme il le fait. Qui croiroit qu'a- 
près avoir fait tant de bruit dé ce mot 

de 

* 

(46; Voy. h Din. dû M. Marchand , Tom, L 
^. 212, ^p/. £. 

(47) J^ijcours Merveilleux^ e, X, XI. dsns le 
IL Tome du ]ournat de Henri III. 
. (48) D'Aubigûé HiJÎ^ Univ. Tm. L Jhf. JL 
c. 17. 



, Av&it> Mai, JaiN« xt&x ^99^ 

ic PAuteur iesVniàcia contra tyrannot \ 
c'eft à-dire » félon lai des. Proteftans, qu'il 
-^ff appartient pas à une femme de gowoerner 
fy^ de commander^ 6f ^u*on ne doit pas lui 
obéir ^ il feroit tout de fuite un. aime i 
ces mêmes Proteftans de leur.obéiflaRce 
aux ordres de Cathérioe de Mëd;k:îs? La cho^ 
fe eft vraie néanmoins ; il ne tipr que tour- 
ner le feuillet dans cet endrdifide Iba A^^ 
polôgîc pour s'en convaincre (49J. On 
fait que i, Il les Protcftazts prirent les. ariœs 
contre les Guifes^ cciut iijirrequifitJD^lq 
Cathârine & fur les* lettrés coni[^qtivo8 
qu'elle écrivit à ce fujet au Prince éfeCon* 
dé; Cajkbtau & Mézerai entr'autres y font 
exprès ; mais à entendre notre Abbé v ce^ 
Lettres de la Reine- Meréitorentpluf et desi»?- 
auiétudes de Catherine que des ordres de U 
jR/gente. Mr. de Bojfuet l'avoit déjà dît^ 
PApolc^ifte le répète,. il':&it pins, il va 
'jufqu'à.ÎQtttcoir que, ni les folùatatiçus ni Ifs 
friéneSj fiiwles tommandemens mime de cette 
tutrice ne dévoient ébranler les Religicui* 
naîtes parce ^ qu'elle a*ûpit . befoin en tout de 
l'attache du Koi de Navarre , ' Antoine d^ 
Bourbon Cfo^* Qml amas de Paradoxes! 
Quoi i Des lettres écrites dans un tems qu^ 
le Roi de Navarre «entraîné par le Duc dç 
Guife , prêtoit fon Lom à la violence & aux* 
attentats; dans uti tems que ce Duc. s'é- 

. toit 

f 49> Apoîog. pa£.'26\ " 

(50; ft/V. ; ^ 

K3 



4ecr BiJltlOTHBQCrE BtS SCIZNàtt, 

toit rendu pv force maître de la perfonnc 
de Charles IX. & avoit fait dire ca¥alië« 
Temeat à la Reine Régente & tutrice , que 
îi elle Touloit demeurer elle le pouvoir, 
fi non , s'en aller là où il lui plairoit C51); 
de telles Lettres, coup fur coup écrites par 
cette Princefle elle •même au Prince de 
Condé pour folliciter les Protefians à con^ 
ferver^ c*étoient fes termes, à conferver la 
Mère de leur Roi , le Roi lui- mime ô* fin 
tlayaume en dépit de ceux ^i vouànent tout 
ferdre (52), ces lettres étoient plutôt des 
inquiétudes que des ordres! elles ne de- 
vraient ébranler la fidélité de perfbnne des 
là iqa*on fa?oit l'autorité dont le Roi de 
Navarre avoit été revêtu î y obéir c'étoit 
rébellion ! Eh , à qui fera^t-oo goûter de pa- 
reils principes? Aquiperfuadera t^oacfti'aa 
rifque.de tout ce qui pou voit arrivera Cbar- 
les IX' enlevé à fa Mère, i Ta tutrice, à la 
Régeme dû Royaume ^dcs fidèles fujets ne 
'Revoient pas accourir aux ordmis de cette 
PrioceiTe , pour délivrer leur Roi des mains 
ennemies ^i Tavoient arraché d'entre fes 
tyra*?' ■ 

! IX. Dans raveq|Iei3nient de fon sèle, 
% décrier ï^ Prbrelfans de FVance comme 
d^â féditieux <$^d|es icbeii^^ iin'yàpoint 

' y " " y i .♦ . . . QQ 

- (sr) yoy^ lAûtsAï.Mift. duCêhin. fëg^iôi.àr 

-Mezer. an, 1562. 

(52) Ailîih. auxMém» de CadclnaU) Trm. /• 
ftt^^ 463. 464- 



AVAIX.J Mai, Juiv. i7«d. 401 

de fouFce il impufe* poiot d'Auteur fi dé- 
crié que M. DE Caveirac ne foit allé 
y puiier quelque calooiaie propre à aflbrtir 
fon deiTexD. Le Prêtre Soulier, originai- 
rement cordonnier, puis MilBonnaire & 
Ecrivain très -infidèle 9 lui en a fourni 
une, (5 3) dont nous ne concevons pourtant 
prefque pas qu'il ait ofé faire ufage par ce 
qu'elle a été réfutée de la manière la plus 
triomphante, entr'autres par M. JurieuCf^)? 
Il a cru peut-être c]ue, cogime il ne parlç 
ici ni du Prêtre ni du Miniilre, on fe per- 
îuaderoit fur fa parole, , que le fait (}u*il a- 
vance du ton le plus fernae , ne fut jamais 
jii conteflable m conteilé. Il eft bien gra- 
ve néanmoins ce fait, & il faudroit une 
tout - autre autorité que la lienne, pour 
l'accréditer. Voici de quoi il s'agit. No- 
tre Abbé raconte qu'au Synode de Mont- 
pazier dans le Férigord tenu le i. Juillet 
It5j9. „ les.Calvinilies s^unirent aux An- 
„ glois pa&un Aâe qui doitexifter encore, 
j, & dans lequel ils promirent àl'Angleter- 
„ re pour gage d'alliance toutes les Villes 
dont ils pouvoient difpofer, L' Ade ( a- 
joute notre Abbé dans une Note) eft 
\\ £g0é D5 RiçoTiËR MlniftredeClérac, 

,) Mo- 

(53) boulier //{/?• desEdUs dj pacifie, a». l6SU 

P'£' 274- 

(54) Jor. E/prit de M, Arnaud ^ Tom,ll.pag. 

228 .- 249. Lett. Paftor, Tarn. 1. Ut, l8. «î». 1^87. 



9S 



403 BÎBLlOtHSauB DES SciCNcÈ^; 

« 

^ Modérateur; E. Ùurel, Ateînt>- J. Afu 

„ mont clu pour recueillir les aôes; 3F, 

, , Meifinet Secrétaire. L'Original fut prc* 

3, fente au Roi en 1677 par M. Joli Évê- 

„ que d'Agen , & par Pcntremife de M. 

„ le Cardinal de Bouillon. Louis XIV le 

,3 montra à fonConfeil^enfuite il le remit 

„ à M. de Chateauneuf Secretairei d'Etat 

,, ayeul de M. le Comte de S. Florentin. 

,, On le trouvera ds^is les bureaux de ce 

^, Minifbre parmi les Aâes des Synodes 

„ cacheté dans une enveloppe (55-) '•. 

Sur mille pérfonnes qui liroient ces pa- 
roles^ il ne s'en trouvcroit peut-être pas une 
à ^ui il vînt à l'efprit de foupçonner ^ue 1$ 
fait qu'on y attefte, a été démenti plu- 
^liquement & qu'on y a fait voir i l'œil 
plufieurs traits frappans de fauflbté. Rien 
n'eft plus vrai néanmoins , & pour ne rap- 
peller ici que l'eifentiel, on a prouvé i^.que 
le prétendu Aâe du Synode de Montpazier 
fut fuppoféen 1677 ,& que Louis XIV & Mr. 
de Chateauneuf n'en tinrent aucun comp- 
ote, puifque non feulement ils n'en firent 
aucune recherche, mais qu'en 1683 le Roi 
permit qu'on expédiât à Aiimont pour lui 
&pour fes deux fiiss Miniftres comme lui , 
les pafleports néceifaires afin qu'ils puflent 
librement fortir du Royaume; ajoutez ^quc 
•cette même année îôSsLouisXIVacçordant 
une amiMftie aux Pjroteftans du JPauphiDc 

' y 

' (55) Apolog. f>ajf, 218. 



AvuiL, MATjjDrK. l7(Sôi 403 

y difoît 5 Âz fidélité inefiimaHe de tous les ûu* 
très nos Jujets de Ha dite Religion nous a for» 
tés à prendre plutôt des fentimens de clé* 
menée que de rigueur^ éloge, que ce Monar- 
que n'aiiroit fûrcment pas tait des Réfor- 
jnés, s'il n*cut pas regardé TAéle prétenda 
de Montpazicr comme une pièce forgéepar 
leurs ennemis. On a f)rouvé de même2C'. 
que Ricotier^ qu'on fait ligner à cet Afle 
.comme Miniftrede Ciérac» éroit afluelle- 
menc Miniftre non à Ciérac mais à Bour- 
deaux. 3«>. On 9 prouvé encore y qu'entré 
îesPafteurs xles Eglifes de France, il n'y 
en avoir point qui eut nom K DurelSc que 
fAdjoint du Modérateur au Synode de 
Montpaxier étoit Dordé M iniftre dulieu. Oa 
a fait remarquer 4«>.que ceux qui ont for- 
gé TAûe en queftion, n'y ont fourré le 
jiom de Durel, né Anglois, attaché auDuc 
de la Force comme fon Chapelain & bien 
connu fous le nom de Jean Durel , qu'à cau- 
fe qu'en cette qualité d'Anglois, il leur 
paroiflbit plus propre qu'un autre à être 
produit comme prétendu négociateur d'un 
Traité entre Içs Huguenots & la Grande- 
Bretagne ; bévue grouîère néanmoins, puif- 
que l'Ade fait entrer le Synode en traité 
avec les Parlementaires , comme le fait 
auflî M. DE Caveirac , pendant qu'il 
confie que Durel détcftoit les Parlementai- 
res, en étoit détefté, & qu'à fon retour en 
Angleterre ce,fut Charles Il.contre lequel T A- 

K s ?•- 



4(H BiBLIOTHBQUS DBS SCISHCBI» 

pologifte veut qu'il fut venu foUick^ des 
lecours, qui le récompenfa par des béné- 
fices confidcrables de c** qu'il avoit fouScrt 
pour Tamour de lui. 5«. Preuve de faulTeté; 
il eft ditàla marse du fusditAâe, que dans 
le tems qu'il fut fait, favoir en 1(559, 
.Cromnvel vivait encore ^ & il eft notoire 
que Cromwel étoit décédé le 13. Sep- 
\tembre 1658. 60. Ce n'eft pas tout. Dès 
que le prétendu Aâe du Synode de 
Montpa-zier 5 rendu public par le P. Soulier 
en i682r^ fut connu des Egliics de la bafle 
Guienne» elles en témoignèrent la plusv»- 
ve indignation. L'Eglife de Bourdeaux en 
porta fes plaimes au Synode de Thonneios 
âffemblé en Décembre 1683, & le dernier 
'qui ait été tenu en France. Là ce faux do- 
cument fut flétri par un article folemnel, 
conune l'Ouvrage abominable d'unenoirc 
& impudente calomnie; on réfolut d'en 
demander juftice au Roi » & le malheur 
des tenfis n'ayant pas permis qu'on pûtêtre 
écouté, François Senilb, qui avoit été Se- 
crétaire du Synode de Thonneins , & qui 
.en avoit apporté avec lui dans ces Provin- 
ces les Articles en original, fit imprimer 
celui dont nous parlons & le publia à Am- 
fterdam le 15 Avril 1687. 7®- La même 
année & le if. du même mois Jofepb 
AJimont , aufli réfugié à Amfterdam , y dé- 
clara fous ferment par -devant Notaire, 
que jamais il n'^volt drelfé le préten- 
du 



JVyail^ Mai ^ Jum, i7<$o. 405, 

da Aâe du Synode de Montpaziec aa» 
quel il avoit en effet préûdé , qu'il n'y 
avoit entendu parler de rien de tel , qu'oa 
pouvoit s'en convaincre par TinCpeâion du 
Cahier des A&cs de ce Synode renais en- 
tre les mains de Mr. Villefranche de Vi- 
vans qui avoic afljfté à ce même Synode 
en qualité de CoûmiiiTaire de la part du 
Roi , & qui l'envoya au Confeil du Roi fe« 
Ion la coutume. Dans cet Aâe Notarial 
MM. Brun, GoyoHj & Pbilippot^Jf^Sttvas 
Réfugiés , qui tous trois avoient allîfté au 
Synode de Montpazier depuis le commen- 
cement julqu'àia fin , inférèrent leur décia'* 
ration aufli par ferment en conformité de 
celle de M. Aiimont. 8^. L'année d^près 
1684- ^TXMtPEfprit de Af. Arnaud oxxjurieu 
expofa au grand jour toute cette indigne 
manœuvre « en dévoila les reiforts & JnÎQi- 
nua jufqu'au nom du perfide dont on s'étoit 
fervi pour forger l'Aâîe en queftion. 90. En- 
fin le P. i&wZfe'r, réco/Bpenfé de fes calom- 
nies par le don d'une Abbaye en XaintOA'» 
ge^^rant ofô dans VSbJloire du Calvinifme^ 
qu'il publia eai686>renouveller fes impos- 
tures fur l'attentat prétendu de Montpa- 
zier & même les défendre . Juriez lui ré* 
pondit en détail dans la XVIII. de fes^ 
lettres Paftorales^ mais avec tant d'évi- 
dence & d'une façon li viâorieufe qu'il faut 
avoir perdu toute honce pour ofer y revenir. 
Cependant voila M. ds Cavëirac qui te- 

fuf» 



4CXJ BlBti0TH£(2QrS DES ScoNcâs^^ 

fbfcite le Roman de 'Soulier^ avec aâtant 
de confiance que fi perfonne n'eût jamais 
pris la peine cl*eo démontrer la fourberie, 
vous airiez qu'il a vu l'original de PASe 
fameux qu'il nous reproche : On le trouvera , 
dit- il de ce ton avantageux qui lui eft fi 
familier* dans les ^^^«mx du Miniftrc par-^ 
mi les ABes des Synodes cachetas dans une 
enveloppe. On l'y trouvera ; foît: Et puis? 
Que faudra -t -il en conclure F Que les 
Froteftâns font coupables de ce dont on les 
accufe, parce qu'il exifte un faux ade, à 
leur chaige , qu'on a forgé comme dreffé 
par eux dans un de leurs «Sjmodes ? Hé ! que 
d'autres fuppoiitions femblables faites mê- 
me de nos jours pour perdre les Religion- 
tiaires (56)! Oùferoitlajuftice? Que de* 
viendroit l'innocence s'il ne falloit quefup- 
pofer des médailles , des livres, des aâes» des 
faits , pour diffamer des geos dont on a 
juré la perte ? En rht^uante ans d^iciy difoit 
M . Jurieu , le faux aQe de Montpazier bien 
eacbeté dans le bureau de M. de^ Château* 
neuf fera auffl bon que s^il étmt v^itable. 
La prédiâion s'eft accomplie , l'Abbé &»f- 
Ber a tiouvéïfoa pendant, c'eft ML l'Abbé de 
Cavsiraç. Mais feroit- il poffible qu'à ce 
trait feul l'Apolo^ifte ne perdît pas toute 
créance dans Tefprit des gens qui ont de la 

droi- 

(S^) ^^y* /r Patriote rcaoçoûiiDpatt.iAiiMyi)» 
Àiàffj. Hijhr'tque pag, 2 - xi. 



AvRir.) MAI9 JuxK* i7<$o: 4«|f 

droiture & qui foôt inftruits de nos mal* 
^eureufes controverfes? 
' Pour nous , nous l'avouons ingénument , 
la plume nous tombe des mains. Nous ne 
faurions prefque nous réfoudreàfuivreplus 
long' temsunAuteur,qui<tne.gardaDt nibien. 
féances ni mefures dans fes violentes dé* 
clamations^n'a pas feulement la bonne-foi 
d'avertir , qu'on s'eft hautement infcrit en 
faux contre ce qu'il donne fans reftriâioa 
pour vrai , pour certain. Quiconque dans 
un ouvrage polémique , éait dans ce goût 
là fur des faits dont la difcuflion doit fer* 
vir e&ntiellement à décider la queftioa 
controverfée 9 décèle un parti pris» une 
intention non équivoque de noircir coûte 
qui coûte ceux qu'il attaque; dès là il perd 
tout droit d'être cru; dès là il devient in- 
digne d'être écouté; à moins qu'on n'ait 
lieu de croire qu'il n'a pas connu les Au-- 
teurs , qui ont écrit contre les faits qu'il 
foutient. Mais ce n'eft pas ici le cas^ 
VEfprit de M. Amand & les Lettres pajl0* 
raies de Jurieu y font très-connus de M. dk 
Caveirac. 

X. La partialité de cet Ecrivain faute aux 
yeux à chaque page de fon Livre. Il ea 
employé une trentaine à prouver que les 
Ftoteftans de France méritèrent la Révoca- 
tion de fBdit de Nantes par l'abus qu'ils 
firent de cet Ëdit* (57); mais au moins 

(57) Apolog. f^g, 457». 



falloitil coDveûir que depuis Pan 1629^ daN 
te de l'Ëdit de Pacificatioo , jufqu'à la Ré- 
vocation de i'Ëdit de Nantes, pendant $5 
aos les Proteftans s'étoient montrés d'une 
patience à toute épreuve. 

Il eft vrai qu'à cette année 1679 PApo* 
logifte commence une longue chaîne de 
contraventions à i'Ëdit de Nantes ( f 8>, dont 
le but eft de faire regarder les Rel^ionnai* 
les comme des fttjets des plus remuans, des 
plus fédicieux & qu'il n'y avoit plus moyen 
de tolérer. Mais fans entrer dans l'exa- 
raen de chaqu'un des faits qu'il avance, 
fan^ repréfenter ici que, pour allonger fa 
chaîne, l'Abbé trop inattentif ou trop 
peu fidèle en multiplie les chaînons par & 
prétendues contraventions '^qù'il va cher- 
cher dans des faits arrivés^ avant ^Ëdit de 
i(^i9 (59) ; fsuis faire voir qu'un sès-grand 
nombre 4cs déclarations duConfeil du Roi 
où desParlemens&c. qu'il alloue en preu* 
ve de la réalité de ces contraventions (60), 
étant pofterieures à l'an i<56o, ne prouvent 
autre chofe que ce que tout le monde fait» 
qu'on avoit réfolu dès l'an 1660 d'écra* 
fer les Proteftans du. Royauxne , & que 
dans ce deifein on ne cdfa dès . lors de 
leur tendre** des pièges, de leur faire des 

chi* 

(58) iMi #«e. 19Ç, 

($9) Ibid. pëg. Î04, 205. 

(é9) Ibid. fag> ^ih &da8s /es Nûf.faflXL 



AvaiL/MAt, Juin; X7<So«' 409^ 

diicanes, de chercher à les trouver coupa- 
bles, & de faifîr tous les prétextes iinagi« 
nables pour les condamner comme tels; 
fans dire encore qu'une grande partie de 
ces 200 Arrêts n'ont rapport qu'aux plusfri* 
▼oies objets , témoin ces dix déclarations 
que l'auteur rappelle & qui avoient été ptu 
biiées pour fupprimer le titre de Pafiewr 
que l'on donnoit aux Miniftres; fans infi* 
fter fur tant d'autres confidérations fem« 
biables s n'eût-il pas été de la droiture d'a« 
▼ertir du moins que cette chaîne de con- 
traventions , vraies ou faufles , imaginaires 
ou exagérées , avoir été rompue par les plus 
beau^c exemples de fidélité {Ci) , temoÎQ 
le zèje des Proteftans pour le Roi dans la 
guerre ei vile de 1631, où tant d'Evêques 
au contraire fe déclarèrent pour le Duc 
d'Orléans; témoin les termes dans lefquels 
le Cardinal de Mazarin les célébroit en 
1649, dans fa lettre au Synode de Loa« 
dun » comme des gens iune -fidéûti imno» 
Idble , & qui méritoient toute fon eftime 
étant fi bons fervitewrs 6» fujets du Roi ^ 
témoin la déclaration de Louis XIV. ea 
datte du 21 Mai i6$2^ donnée pour leur 
marquer fa reconnoiflance de ce qu'ils lui 
avoient confervé les provinces méridiona- 
les par leur coyrage» & ce mot du Comte 

de 

(60 Vûy, k Patriote Unpsrtial $. VIII, ^«^.22; 
4t fitiVé - 



410 BlALIOTHE^UB DES SciENCftSy 

de Harcourt ak>rs Général des acmées d& 
S. M. qui dit fans détour à quelques Députés 
des Proteftans, la couronne cbanceloit jur k 
tête du Roi , mais vous fayez affermie. 
Taire de pareils traits ^ eft-ce candeur? Al- 
léguer pour raifon de la caflation de TE- 
dic de Nantes des faits contraires, mais 
que la Cour elle- mêmen'allègue pas com- 
me les motifs de cette caflation ^ eft-ce juf- 
tice ? Quoi ? fi les contraventions, que TA- 
pologifte accumule, euflent été réelles, d(-jl 
apparent au'on ne les eût pas reprochées 
aux Proteftans dans l'Editqui révoqua celui 
de Nantes? Y auroit-on fait dire Ample- 
ment au Roi qu'il révoque cet Edit par ce 
au* il eft devenu inutile depuis que la meilleure 
^ la plus grande partie des Huguenots ont 
embrajfé la Religion Catholique ? Quel jeu ! 
Comme la Religion de Louis XlV. fut 
furprite! Comme les partifans de llntolé- 
lancc voudroient encore aujourd'hui en im- 
pofer au Public! 

Le rejle dans le tr'tmejke prochain. 




ARTI. 



k 



JIvRiL, Mai, Jvir. 1766^ 41» 




ARTICLE HUITIEME. 

Histoire de rAcadémie tloyale det 
Sciences. Année mdccliv. avec les 
Mémoires de Mathématique & de 
t^hyfique pour la même année &c. 
A Paris de* l'Imprimerie Royale 
MBCCLix. i vol. in 4. de 184 pa- 
ges pour YHiJioire & de 705 pour 
Jes Mémoires. 

Phtsiqùs ÙÉiiUiLAhÈ. 

t. T È premier des Mémoires appartenant 
La à cette clafle , & dont riliftoire de 
r Académie fait mention en commençanc 
ce volume , roule ^r la direBion ^*affeÙerU 
Us fits^à'flmb. Feu M. Bouguer en eft 
l'Auteur; en voici le fujet Le déplacement 
des eaux de l'Océan qu'on obferve de fîx 
heuresen fix heures^ devant, à parler géomé- 
triquement, en occafionner Un danslapoil* 
tion du centre de gravité commun de tout 
le globe^ il s'enfuit que les fils- à- plomb aui 
tendent à ce centre doivent éprouver des 
efpëces d'ofci Hâtions refatives à ce mouve- 
ment. Mais la queflion eft de favoir, Il 
Tme Xlll Part. Il L çéé 



419^ BlffilDTBBQirl USI ScittffCEfy' 

ces orcfliâtiôns doivent .teefèofibles, ou> 
par leur petîteiTe échapper à nos recher- 
ches? Le raifonsement-^ le calcul mè« 
sent au fécond ; qudques^ expériences coa- 
duifent au preniier ,& l'intérêt des progrès 
de la Phyfique en général , celui rie PAT 
tronomieen particulier ^inviteatksPàyfi- 
ciens à approfondir la choie. - 

Mudt Mairan tenta de les y exciter J^S: 
tin Mémoire (]U^il lut ^ TAcadémie en 
1741. âc qu'elle publia dans lerolumede 
cette même année. Philieurs s*empiefle- 
i^t dé Vérifier le fait fuppofé. M. le Cat 
fut un des premiers &res expériences déci- 
dèrent pour la négative* Celles de quel- 
ques autres Obfervateurs plaidaient pour 
l'affirniatîve; les réfuUats de la plupart 
'-'- " "•^' îns que/--- "- ' - ' " 

: fur la 
y jetter 

fcurité. Enfin M. Bougusr a examiné 
la chofe à fond par des expériences léite^ 
rées avec, toute Pinduftrie oc toute I9 (^* 
cité qui lui étoient particulièces» C^SKCf a 
fes foins la queftion eft apparemment dé- 
<!idée.Il confteque Pofcillation du pcsdnle» 
rorfqu*ii y en a , vient tantôt de l'hmnidi^ 
de l'air « tantàt de la chaleur du Ibldl, 
toujours de quelque caufe prochaine &ir« 
régulière. &qu*àinfî elle ne peut étremife 
au rang de ces phénomènes qu'en nomme 
cof>nh]ues\ parce que leur caufe tient au- 
^ême général du mpnda - . . . 

II. 



\ 



- tl. ht (bd&êà ÈÊémoffepr ki StaùtSites 
c$ de M* Gi/iSTARD. On dofme ce mm et 
ctloi de Stdht^miPes à un àipot fiévreux tt$* 
tmlah-e qui fe forme gôuffe ^ goutte^ feloa 
r^nenî^du terme dàn^ ia langue grecque. 
Ett effet quand feau thatgée de quelque 
matière qu^dle t dilToute^ ôu entraînée îk 
{kit jour dans l'intérieur de quel^ carême 
où elle drille lentement, il arrive fouveot 
qttt ces matières s'en réparent & forment 
en fe dûrciflant des cor^s de différentes 
figures dont les Anciens diftinguèrent trois 
t:%ces. Ils appelloient StalaÛkej celles 
ijai étbietK ornées eâ colonne!» ou en py^ 
ramides, ^aiagffikes cdl^ q^iétoitntgl.O'' 
buleufes; Stiriacé&cs qui étôient tubulaires 
ou en fbfme de tuyau. M. Gukttard 
rejette cette muftiplicitëdedénominatiotis» 
& appelle Stataêlius toutes les. concrétions 
formées par les matières que Teau charie^ 
t& il ne les diftingue que par la différence 
de ces matières. 

Il y a fekHi lui des Stalaâites de fable, 
il y en a de calcaires , fpatheu(ès, cui- 
vreufes , pyriteufes, &c. ' A préfent il ne 
parie due des deux premières foitès, & 
fofi Mémoire, des t>ks étoffés^ contient 
trois parties , ou plutôt trois Mémoires 
paiement curieux , tant pat les obferva- 
tions que TAtiteur y â faites, que par les 
explications ingénieufes qu'il y a données 
de la fbnnltjon dès corps quj Ty 4$A po 
cupé. 

La Les 



|I4 BlBK.IOTHiapK Dit ^CIENGBS ^ 

Les Sttia&ites de Satie ont peu jescdté 
la cuiiofité des Naturaliftes; M. Gusr* 
TARD déait celles qu'il a vues près d*E. 
tampes & en deux autees endroits. Elles 
font pour la plapart pendantes & attachées 
à la uçe intérieure d'un banc de grès qui 
fe trouve aiTez profondément fous terre « 
-où il eft précédé de plulleurs bancs de tenet 
de fable» de cailloux & prefque coujpurs 
d'un banc de coquilles fofljles dont une . 
partie eft quelquefois enchaflee dans le 

grès. , , * , . 

Ces Staladites communément, globulai- 
res ou ovales, ont auili quelqueUois d'autres 
formes. Tantôt ce font des globes ifolés, 
tantôt des groupes» & affez (buvent il 
s'en trouve qui refTemblentà la tétôd'up 
.cboux^fleur &c. Elles font d'ordinaire du- 
res & unies, fans fêlures. D*autrefoi^ 
comme gerfées, & friables, elles fe durcif* 
fent à U longue. Toutes doivent leujr 
origine à des cavités que quelques pre;- 
miers filets d'eau ont produites dans le 
Sable » & qui enfuite remplies peu à peu 
d'autre fable charié ^par Jes eaux & a- 
breuvée$ d'un fiic pierreux » ont fervi de 
moule. pour former. des pièces de grès de 
/ligures différentes. 

On en rencontre beaucoup qui reprç- 

fentent ou qui paroiifent reprëienter des 

membres du corps hugiain : l'habile A- 

^ ^adémiciçn en a vu une qui. avoit afTex 

l'air 



At^it, Mil, juiH. tyeb. ^if 

Pair d'qnc pagode chinoîft ou d'an bufte. 
L'imagination fappléc à la rcflcmblancct' 
Se de là tant dç dénominations bizarreii 
données aux Scalaâites. comtee on peut 
le voir particulièrement dans VAldovrandc 
& dans la Lithologie de M. Dargenville.. 
M. GuETTARD prend cette pccaflon de 
réfuter Tidée folle de quelques Naturaliftey 
<iui fe font mis dans Ixfprit gué la Nature 
jl2r-'^ ^--^ — 

fait, ,_ ^ 

cher au doigt que c^ft Timagination qui 
ijiit trouver tant de rapports eqtre les ob* 
jets , qui n'ont fbuvent que les plus Icgcrey 
refTemblances { il expliqué le méchanifme 
de la forntation des Stala^ites de différen- 
tés figures, & il finit par une conjeéture 
qui en vaut bien d'autres en ce genre, c'eft 
qu'ii^ fe pourrait que la vue de quelque 
cnamp lêmé de ces StalaAites en fbrnie 
de pagûîes >it donné naiffance à la' fable 
de Deucalion & de Pyrrha , de même que 
le culte de Vefta n'^dû, felpn Mr. Fal^ 
cennet , qu^ la pierre hyf^éroHthe C i ) & 
ridée de Jupiter aflcmblé avec les autres; 
Dieux fur POlympe, félon M. deMairan^ 
qu'aux diffêre^s ^'pc^ de TÂurore Bq- 
réale (2). - 

.'-'-■ Les 

(0 Mim.del^A€aJt.desBe}les, fèitm Um. XX!!!? 
(a) Traké fhfique & tift4>riqu€ dt tAur99\ 
tméuU^Edit. dt 1754. fag. 460. 

L5 



4Xâ Bmmtasxam z>f « {«eniiKKi, 

l^StakfiiUs cakaires 6mt encore plus- 
variées que ceUes de fahle« EUes doivent 
tbujtes leur exifteoce aux Mrties^ de Pierre, 
ctbot Teau sieft chargée & qu'ellp depoie. 
4aQs les endroits où cçs corôs fe. forment 
ACrégy )P«r exemple» dans le voifioagede, 
Meaux » les eaux d'uœ fource ont ckarîé 
tant de particules pieneufesqu'ellesontfor- 
xaé paf leur dépde une maife 4e rocbera. 
canfidéjcablen incrufié les plantes fur leur, 
pai&ge^ & produit en diverfes grottes di« 
vçrfes Stalaâites ramifiées, te faya^t Na* 
turaMeentre da^s de grands dâaîts fur tout 
cela » ainCl 91e fûx la ferma^oa des. Su* 
bâites, de Montmartre près deParis.. Ces 
dÈtzSs le conduifent iofenfiblenoent à des 
rechetdiescvvieitresfur U nature de&Spatlu 
U réfute M. Pott II reconnoît avec MM. 
Uniktus & ïVakms des $talaâut)es de 
Spath , & d'autres matières, dranfp veiptes 
couame raO>àtre ; tout le ramène à con- 
clure avec ceidernieis^ qu'il y a des Stalac- 
tites d'autant de fortes que de différentes 
matières pierreufes entraînées par les eaux 
& enfuite dépotées dans les lieux qui y 
é>nt propres , ou elles changent de mme 
fans changer de nature*^ 

La refte du Mémoire de M. Guettard 
eft employé à décrire & à expliquer quel- 
ques Stalaâites iingulières. Telle eft, par 
exemple 9 la A^fr d^^irq^e pluikurs Phyii- 

çicp$ ont regardée cpiome une ejSorefcen- 

ce 



'y 



AtitL^ Mil» Joi9. I7«x 4xf 

ce de la mioe de fer . parce qu'on la tnm- 
ve abondamment cnns les mines de fin 
de Stnrie« U montre qne ce n*e(i qn^ûio 
crâcartionfpathetire blanche, filamentearct 
& (bavent ramifiée. U renvoyé pour la 
dcfcrîption de cette StalsâiCe, à uneDiflert 
ration de 06mt ( 3 ). }I obferve d'après 
MM. lirmauî & Ormovius^qoe les mines 
de fer de Stirie ne font pas les Teules où el- 
le fe trouve; il péfùme même qu^oa en 
trouveroit dans les mines d'un autre mé- 
tal , fi feolement eltes abondent en Spatb. 
tJn morceau de flos ferri envoyé à M^ le 
Doc dOrleans par M. le Comte de Trrf* 
fan cozt&me cette conjeâure. Il paidif 
avoir été tiré d'une mme d^argent. Tovt 
cet article eft plein d'obferratioas ou neu^ 
vcs ou tirès-intérefTantes. 

Une autre Stalaâite lingulière fe voit 
dans le cabinet de M. le Duc de Chaulnetf. 
On la prendroit pour des morceaux de raya 
dont on auroit oilevé ta çeau & les chairs, 
& deTquels il ne reftcroit que les arrêtes. 
Cette Stalaftîte prife aux environs de Yé* 
foui entre Befançon &Strasbourg a peut-écre 
été formée par une eau ottî a coulé d'à- 
bcotl uniformément ^ eniuite par filets & 
de tetm en tems. De-là les arrêtes & te» 
pœuds qui ne font q;ae la teroiinaifon do 

I 

- (3) Afificf. Natvr. Ciirhf. DnénT 11, m^Vt^ 

L 4 



41 ft BlUUOTIIBQIIK DB$ SeiBircBit ; 

chaque crae fucceffi^e. ,9 Cet exemple 
^y feul (deftla réilexio& du judicieux Hif- 
9^ torien de l'Acac(émie) fuffiroit pour foi^ 
99 re Toir combien on doit être attentit 
91 dans rétudç de 1 -Hiftôire Naturelle , pout 
,9 n'être pa^ la duppe des re^pinblances 
9, qui fe trouvent fouvent entre des corps 
9^ orgapirés & des pierres qu| les repréfeo- 
9, tent iinguliere^ient^ quoiqu'elles aient 
99 une tout- autre origine \ 

Nous voudrions fort pouvoir nous étea* 
dre fur les ^utTÇS objets fingnîiers qui en- 
trent dans ce Mpmeirp, luiyre TAuteot 
dans ce qu'il nous apprend, d'une conaé- 
tioQ d'yibâtre fprm^e d^ns un ancien z^ 
queduc confi'ruit par les Romains à Aix 
en Provence 9 &qui,feIoh des calculs dé 
très-bonne main , doit avoir coûté envi-i 
ron douze cent ans à la nature pour fa fbi^- 
mation ; fendre compte de la manièit: 
dont il expliqué )e$ St^a£l;ites en dragée^ 
pu pifaiitbe^ dfe divç^fes efpëces^ & mettre 
Ibus les yeux dç nos leâeuçs ce qu'il dit 
du moips de plu^ remarquable fur l'incru- 
ftatipn de VinydrâCfnutopÀxUçfL ou girandole 
d'eau 9 daD$ ks baŒns de M^ame la 
Princefle de Çonti .à Ifly ; vçiw tout ce 
quenoqs pouvons; fairp, c'e^ d'inviter les; 
tmateurs de rfiiftoire Naturçdie a fe p^ 
cEver le même nlaifir que nous avons 
|oûté , en lifant Je Mémoire amufant & 
jbftruôif de M. Gusttard. 

m. Nous en ^Quçoasun troiiiêipe qui 



AvML» M4I9 joiN* ri6qf. 41^ 

^ encore de fa façon. Il traite de POfUth 
celle des environs d'Etampes^ & à cette oct 
cafion de l'OftépcoUe en général C'eft Iç 
nom qvi'on a donne à une eipëce de foflî* 
le que Tqn prétëndoit être très • propre à 
réunir les os fira^urés, qu'on çrbyoit ne fè 
trouver qu^ed Allemagne ^ dont M. DoT' 
getwllle a le premier annoncé l'exiftence 
en plus d'un lieu de la France , & quç 
Ton trouve en quantité foit à Etampes • 
foit près de la Yille d'Albert e^ Picardie. 

Ce foŒle eft ordinairement compofé 
d'une terre extrêmement fine , moulée 
çn forme de t^yau^^ plus ou qioins longs>- 
leur furface interne eft l^fle, polie, ..of- 
(^inàiremeiit ftriée fpivant leur longueur^ 
l'extérieure eft ondée &co^ii;aeraboteufe« 
ft d^un affez beau blanc de marne ou 
de qraye » pendant que l'intérieure eft or* 
flinairement d'un jaune rougeâtre ou aiî 
moins d'un blanc un peu fale. 

A force de réfléchir fur le f^eâ^cle 
étonnant de ces tuyaux ^{b.it à Etampes foiç 
iurtout à Albert, iflr. Quei^ard con« 
jeflura que le terreia oi^ ils étoient avoî^ 
été prGl)ablement un migrais rempl( dp 
plantes aquatiques qui avaient fenri de 
noyau pour les foroier p^ l'ç2,ix que là 
TÎvière y avoit aipene dans les grandes 
crues. La diverfité de ces tuyaux pril- 
matiques, cylindriques, âpplatis,, canne- 
lés &c. lui parut l'effet de la tige des 
piaaces <^i^i leur avoient fervi de mouleç^ 



%20 ftKtoUtSQÎrBt Dis SiOMtfeis^ 



i\ Jugea ^ les difiSrentes ccmches 
Mes dsds leor épaifTetir écoieat des yem-* 
tes des différentes reprifes des iepdts cfd 
hs «voient fermés; que le pdi de leur 
intérieur étoit dû à celui de Fbctérieur 
des t«S| ft que les firies qpfcn jremar. 
que n^étoient que le produit ide leurs fi« 
bres longitudinales. Le local du tentio 
confirma M. Cuettari) dans fes coa- 
jeAores. Il en conclut enfin que TO/rût- 
colk n'efb ordinairement qu'une StalaStt 
mameufi. Cçft un déçôt fait lur des ti- 
ges de plantes , fur oes branches d'ar- 
Sres, fur cks racines &c. à phifieurs re- 
priliss. Flufieurs couches de marne diz* 
fiée par les eaux ont enduit ces plantes; 
enfuite les plantes fe ibnt détruites» Pen- 
duit eft rcfté; de- Ht les tuyaux tels que 
nous les avons décrits 5 âc dont la fijrme 
eft auflî variée que celle des cprps qui 
leur ont fervî de noyau. 

Ce n*eft que dépuis Pan if 72 qu'on a 
commencé a fe former quelque idée de 
rorigîne de WJléocoUe. Eraftus eft le 
premier qui en ait éaitfënfément,qum* 
qu'U la rq^ardat comme une matière ar- 
giJleufe qui végétoit par elle-même. De* 
fuis EraJIus les fentlmens des Pbyficiens 
ont été continuclicment partagé$ fia^^cct 
objet. Notre favant Naturalise, qui les 
à recueillis avec loin , les compare avec 
exaâitude, <ft les diicuteavec beaucoup 
de jngement. 11 y a, quelques années que 



ÀvAitt Mm, Jixui, XTtfa 421.^ 

lecél^biell Gkditjtb ionfu (es Oiferva^ 
ti<m fur la véritcik OJliocoUe de la Marthe' 
é^ Brandebourg dans le volume des Méuh> 
de fAcad. de UerStk pour l'année iv^cx M. 
QusTTARD Q*e& pas tottjours d'accorî 
avec lui 9 quoique dans le fonds ils pea- 
£ent à peu Dr^s de nêxne pour TeflentieL 
Ce qm r^ulte de leurs communes rechcc* 
ckes , c'cft qu'il fe pourroit bien ^ que 
rOfléocoUe marneufe ne fû,t pas la feule. 
Sansdoute^quefebala nature des matières 
que les eaux auront entraînées , il y en 
aura de pierreufes, de pyriteufes & d^au« 
très efpèces encore. 

IV. M« GuBTTARD continue fes re« 
cherches fur la Minéralogie de la France* 
Bn 1 746 il donna un Mémoire curieux fuc 
ce fujet pris dans toute fa généralité. 
Depuis ce tems- là il n'a ceifé , foit pas 
lui* même, foit par des perfonnes éclai- 
rées, de s'inftruire fur tout ce qui intéreife 
cette partie de l'hiftoire naturelle , & l'on 
commence à en recueillir les fruits dans le 
volume que nous analyfons* Nous avons • 
ibus les yeux un Mémoire d'environ 50 
pages où le doâe Académicien examine 
en général le terrein^ lei f terres^ ^ les 
différent f(Me$ de la Champagne^ ^ de 

Îuelquei enaroiîs des Provinces qui favoijinent. 
}n ; voit un homme qui remarque touc, 
qui afrange tout , qui décrit bien & qui 
explique de même* Si chaque Kégioa a- 
roit iou GvfiTTARDjl'Hiftoife Naturelle 

feroit 



4tft BitfCtorasQtJS SBt SciERCKrji 

■ • » • 

ferolt bientôt amenée , ipalgré la riche mxA: 
tiplicité de Tes objets^ à un point de peiiËeC' 
non qui en rendroit l'étude auQ} faoTe 
qu*açréab)e. La terre deCourtamon dani; 
te voiflnage deRheims a particulièrement 
occupé notre Auteur. Il n'v a peut - être 
point d'endroit où il fe trouve autant de 
coquillages fofliles , & fans doutç iln'j en a 
âucup qui comme celui-là ait l'avantagede 
pofféder uiie Danie dont le cabinet eft en 

Selqu'ç forte fëcble des plus grands Philo- 
j)hes , par l'intelligence avec laquelle fe» 
inains y ont placé ces fofliles chacun fous 
la clafle dont il relève. C'eft-li que notre 
Académien a été pùifer des lumières qu'il 
promet de répandre au feia dû Pcmliq 
dans un autre Ménioire. Quelle délica* 
teffe N empêché de çonfigner ici dans les 
feftes de l'Académîç, ' le nom d'une Dame 
qui « en faifant l'ornement des lieux que fa 
préfence honore, donne à fon fex© uq 
exemple fi digne d'être imité? 

V, Un cinqaième Mémoire , qui dans ce^ 
volume appartient à la Phyfique ^néralè 
èc qui ne pourra que plaide aux amateurs 
de la campagne & de les produftions^ vient 
de la plume du célèbre M. du Hàbiiel. 
Ce font diverfis Obfirvations œconmiques 
fur les Abeilies. L'excellent Académicien , 
digne imitateur de feu M. de Réaumur^ y 
a réuni plu fièurs pratiques nouvelles que 
dç$ curieux dû yâtinois , ent;r'aiitres un 

M- 



ATitxti MAit Jnxm i7«9. 423 

M. Desbois , héritier dti goAt d'un de fes 
VoiGns M. Piouceau déjà connu de i'Aca- 
démie ôcdu Public, lui ont commuoi* 
<]uée& Il a fes terres dans le voiiinagç de 
<:es Meffieurs , il a vu. de près leurinduftriet 
& U en a reco&nu le fruit» Mé Prouteau^ 
inftruit par M. de R^amtûr à conferver les 
Jtbeilies en les faifant chatiger de ruche 

Î>our avoir leur cire & leur miel, avoit en^» 
éigné à fubvenir à leurs befoins en les traofr 
f>ortant dans des pâturages où les fleurs ne 
leur manquent pas; mais depuis fa moft 
on a renchéri fur fes attentions^ & par de 
nouveaux foins on a réuffi , . lo. non feu^ 
lement à conferver la vie aux abeilles « 
mais encore à en augmenter la population} 
20. à les rendre aâives & laborieufes; 
3^. à proportionner les fubli&ances à leurs 
efforts & à leurs befoins, de manière que 
J'efpérance d'en retirer plus de profit, n'oc- 
calionne pas des difettes fatales au jours de 
ces utiles ouvrières. Mais ce n*eft pas 
dans un extrait qu'on peut indiquer ce qu'il 
y a à faire pour les Abeilles à ces trois é* 
gards. il faut néceifairement lire tout TE* 
crit de M. du Hamel. On le trouvera 
plutôt trop concis que trop long» 

Nous renvoyons ainû que i'Hiftorien de 
J'Acadëmie aux Mémoires de cet Uluffa'e 
Corps pour trois autres Pièces qui ne foQt 
pas fufceptibles d'Analyfc; Ces Pièces font 
l:$ Obfervations Botanico^M^téorologigue$ 



41^ AkLiofttKilbB Ttéf Scttires#9 

spùtetm ciât^M if IknàùKfilBm dV. fà 
M. Du HttMififc ; fbiftmre des màkaks & 
fidémiques de 1754. obfirvées à Fans n 
mime t^ms mie les afférentes tentpératwresà 
F^ir^ fÊf M. MAiirOum; & les Mfirm- 
thns Météon^gHii^s faites en 1754. dtùb^ 
firvatotre Reyàl far M. Ds PdOcar. 

Nous lie devons (KKS oublier qae l'habile 
Hîftoriea donne avant ^e de terminer les 
articles qui appartienent à la Phyfique 
expérimentale , une onàlyTe digne dfi â 
plume d'un Livre qui parut en i7j'4. fins 
ce titre, Expériences pbyfic^mécbamfuesfiff 
t^ensfuUfs Q^jfrincifakment Jkr taLu" 
mrére ôr fÈkdrkité , ffpimtes far le firùt* 
tement des corpi , tramtes de PAn^s à 
M. Haukskee par feu M. de Brenmtd^ ff 
mtfes au jour avee un Ùijcûurs Préliminaire j 
des remarques , ^ des nates\ far M. Des- 
MARBTS, Dans cet Ouvra^ on reconnoit 
la fagacité & le génie d*un vrai PhyUcien^ 
mais les additions de TEditeur en ont fait 
Un livre intérefTant & utile. Un Auteur 
eft heureux, comme le dit fort bien M. de 
FoucHT, quand il Peut avoir un Editeur 
de cette efpèce.- Nous ajoutons qu'il eft 
bien glorieux pour TEditeur & PAuteac 
d'avoir Ai mériter les éloges dlin Académi- 
cien aufii capable d'apprécier le mérite de 
leurs travaux. 

Il ne nous refte pour finir cet Extrait, 
qu^à indiquer ks Oifirxfotims générales de 

Pljy. 



AêTtii^ Mat» Juiv. ïjdb. 41; 



Pjiyfiqiie tbot PHiftoke ^l'Académie i 
conligné le fouvenir dans ce volume. Oa 
y en trouve huit. La i«. roule fur des feux 
udi&ureux qu'on a vu s'élever à la furface 
de divers corps au printems de 1754. ^ns 
la Marche Trévifane. La 2e. fur un nid 
d'oifeau trouvé en Saxe & parfaitement 
pétrifié fans avoir rien perdu de fa figure 
ni des parties qui le compolbient. La 3e. 
fur tto ruban anez long, développé en en- 
tier de la coque d'un ver à foye, ouvrage 
d'une adreïTe & d'une patience incroyables. 
La 4«. fur deux petits poiiTons bien conlbr- 
mes , joints par le ventre & affez grands 
pour qu'on foit affuré qu'ils ont vécu. L'ob- 
jet eft des plus rares. M. dt Juffieu le ca- 
jdet^ qui l'avoit tiré du cabinet de M. dé. 
Villeflix, l'a préfcnté à l'Académie. La 5^ 
fur un baromètre qui avoit dans fa partie 
vuide pluiieurs globules de Mercure. . L^ 
(5*. fur un Balo vu en Italie autour du fom 
icîl Se coloré comme l'Arc-en-ciel. La. 7*, 
lur un bezoard Oriental de la grofleur d*ud 
teuf d'autruche & tiré , à ce qu'on aflurd 
d'une chèvre fauvage. La 8«. fur itne four:. 
ce qui l'été donné plus 4ipao de nuit qœ 
dejonn ' 






ARTI- 



4atf BiiLioTHSQtn m» Scinreu, 
ARTICLE NEUVIEML 

joA^^Nis Davidis MicHAELis Frof. 

Ordin. Philof & Sociecacis Régis 
. Scient. Gœtcing. CoUegae, Syn* 

tagma Commencacîonam. Goettin* 

ga. Apud Viduam Jbrami van icA 

Hoeckii I7j8* 

C'eft-à-dil^ô, 

DisstRtATloAs de Mr. MtcâAELl& 
Volume in 4. de 236 pp. 

« 

MMiCHAELis fî connu dans là Répa* 
^ blique des Lettres, pat une, multi^ 
lude d'excellens Ouvragés^ avoitdéjàpa- 
blié féparémenc quelquesrunes des Oifler- 
tations qui cpmpofent le Vpinme que àoos 
annonçons, & fut la prière qu'on lui a 
faite d'en former un Recueil , iiy a ajouté 
quatre Pièces qui n'avoient pas encore été 
imprimées, & que Ton ne croulera pas 
moins dignes que les autres du profond fa- 
Voir & de la haute réputation de leur il- 
Ittftre Auteur. Nous aimerions i rendre 

comp- 



AVàtt, Mai, JiJiit. 17A). 4ât 

compte de toutes ces nouvelles Diflerta- 
tjons , mais alors nous ne pourrions eti 
donoor qu'une légère idée, & nous croyons 
que nos Ledeurs nous fauront plus de gré 
de leur préfentcr une analyfe un peu détail* 
lée d'une de ces Pièces, en indiquant lim* 
plemenc le fujet des autres. 

I. Defcripnon de quelques Verjtbns Aile- 
mandes4e la Bible ^antérieures à celle de Im^ 
tber. Cette Pièce eft en AHemand & avoit 
déjà été imprimée en 1744. 

IL Commentatio prior ad leges divinas de 
pœna bomidicii. 1 747. Edit. III. 

II L Commentât ia pojierior ad Uges divinas 
de pœna bomicidii, 17^0. Edit II. 

iV- Argumenta immortalitatis animorum 
bumanorum^ ^ futuri feculi ^ ex Mofe coU 
leBa. 1751. Edit. II. 

V Lettres fur les difficultés de la Réunion 
des Religions. Ces Lettres font écrites ed 
Allemand & paroifTent pour la première 
fois. 

VI. Oratio de ea Germania diale8o , qua 
inrfàcris faciundis^ atque in fer i tendis libris 
uttmur^ i750.*Edit. IL - - 

VIL Commentatio de troglodytis Seiritis 
Ô? Tbemudaeisy in con^entu Soc. Régies 
Scient, recitata die VI. Mart. 1756. Opu* 
fculum ncmdttm antea pubiicatum. 

VIIL Commentatio de Nomadibus Palif* 
flina^ recitata die XIII Hov. ii^ô.infolem" 
ni Societatis conventu. Opufculum non an- 
tea typis defcriptum. 

Tome Xlll Part. IL M IX. 



428 B|KJ0T9BQ!t^ Dl» ScpaKS9, 

IX. CommentatiQ dfi combuftione Çfèuma^ 
tione mortuorum afud Bebraeoi , eidfim Socie* 
iati recitata die XllI Augujli nj7. Opu- 
fculum non antca typis defcriptum. 

La Diflertation qui va nou$ occuper à 
Méfcnteft celle qui roule fur les Nomades de 
la ï^aieftine, & nous Ig choiiiiToas d'autant 
pluç vplontiers que A4r. Miçhaelis y ré- 
pand lin nouveau jour fur la célèbre quef* 
tion de 1? juftice de la guerre gt}ô leslfraé- 
lites firent aux Capanéens, ou dumoios 
propofe là-deiTus quelques idées piquantes 
par leur nouveauté & pjwr l'air de vraifem* 
Llance dont il a fu les r^êtir. 

On fait que les Npiqade$ pu les Scénite^ 
*oicnt des Peuples erraqs, qui n'avoicnt 
point d'habitations fixes, & qu| s'adoneafit 
uniquement au foin de leurs troupeaux les 
conduifoient par-tout ou ils trouvoieut des 
pâturages. C*eft d'eux dont Vhrple parle 
dans ce bel endroit 4ê fes Géoigiques (i)- 

Ûfiî^ tibi pafims Ubya , çuî4 p^Jcua wrfu 
frofeguar ^ (f rarh habit aH mafofiaU&h'i 
Saepe diemy nodemqiie^ & toium ex ^dine 

men/em 
Pafiittfr, ttgùf p^cus iot^a ifld^Hjwum 
tmpitiis ytantum cawfijacet, Ommajècm 
Arment arius 4*r a$it jfeBimqHe^ l^rem^j 
4x:maquei^ Anyckeumqufi Cm^n.^ Ctiffim' 

çue pbaretramy 

(i) Ci$r£. JJL 339"34$* 



Vëritablementle Po8tc parle des Noma- 
des de la Libye, mais prefque coût ce qu'il 
en dit convient à ceux de laPaIeftine,tanc 
anciens que modernes , car aujourd'hui en- 
core les Arabes parcourent de cette ma- 
nière la Paleftiùe, cherchant les meilleurs 
pâturages, dreflant leurs tentes tantôt dans 
un endroit, tantôt dans un autre, & n'a- 
yant aucune part de demeure aflurée. 
Tel étoit le genre de vie des Patriar- 
cbes, ainii qu'on le voit dans les Livres 
de Moyre, & lors que dans la Tuite leurs 
defcendans fe furent rendus maîtres du 
Pays de Canaan, les Nomades ne laifle^ 
rent pas d'y errer toujours, des Tribus en- 
tières difraélites furent long«tems fans a- 
voir ni champs ni villes (2), les Kéniens 
habitoient fous des tentes (3^ » & il paroît 
(4) <]ue du tems de Nabuchodonofor il y 
avoir encore du côté de Hatfor de Galilée, 
des Arabes Scénites ou Nomades. 

Les pâturages de ces Peuples ambulans 
n'appartenoiwnt à perfonne en particulier, 
ils n'étoient point divifës , mais communs 
à tous les Nomades, foit que ces pâtura- 
ges fe trouvaflènt dans des lieux entière- 
ment incultes comme certains Cantons de 
l'Arabie 9 où Ton ne femoit , ne plantoit , 
ni ne bâtiflbit; foit qu'ils fûffent comme 

en- 

(2) jug. xnih i. 

(3) hi* '^' "• 7^*w. xxxF. 7. 

(4) y^^w. XLIX. 28, 29 31. 

M 2 



4SO ' BiBUOTM(£im as "ScickchsV 

enclavés Qitre-lcs Villes & les Colonies des 
Phéniciens , c'eft-à-dirc , ' des Cananéens, 
car perfonne n'ignore que les Peuples que 
les Grecs appelloient Phéniciens Faifoient 
partie de ceux qui dans les Saints Livres 
font déllgnés par le nom de Cananéens. 
. Dès le tems d^Âbraham plufieurs Na* 
tions Phéniciennes habitoient la Palefti- 
ne ( 5" ) , ce qui n'empêchoit pas que ce 
Patriarche & Lot fon Neveu ne parcouruf- 
fent librement ce Pays , & ne dreflaiTeat 
leurs tentes dans les endroits qui leur pa* 
roJifoient les plus propres à nourrir leurs 
nombreux Troupeaux , parce qu'en effet 
on croyoit alors que les pâturages que l'on 
ne laboure ni ne cultive 9 étoient des biens 
communs à tous, comme Tair & la mer t 
&«que perfonne ne peut avoir en propriété. 
De-là vient que les Nomades ne parti- 
geoient point entr'eux les pâturages, & 
o'avoient aucun fonds propre li ce n'ell les 
fépulcres qu'ils achetoient pour leurs morts 
(6) , & les puits qu'ils creufoient dans ces 
contrées où Peau n'étoit rien moins qu'a- 
bondante. 

• Ces Peuples Pafteurs étoient entière- 
ment indépendans. Les Phéniciens au mi- 
lieu desquels ils enrôlent n'avoient aucune 
autorité fur eux. Abraham n'obéilToit à 
perfonne s il avoit à fes ordres une petite 

ar- 
cs) Gen. XIL 6. Xlll 7. 
(6) Gen. XXIIL 4. 



AvKiL, fAAïf Jom. 1766» 431- 

armée avec laquelle il battît pluIieursPrin'* 
ces étrangers (7)9 & ilfaiioitdes traités 
d'égal à égal avec ks Rois de la Palefti- 
ne ( 8 ). Il en fut de même de fon Fila 
Ifaac (9). Les petits-fîls de celui • ci ven. 

Î;èreiit impunément Poutrage fait à leur 
œur, fans être tenus de rendre compte à 
qui que ce fût du fang qu'ils répandirent 
dans cette occafion , car fi Jacob s^éloigna 
pour lors de ces cantons, ce ne fut pas par 
la crainte des tribunaux des Phéniciens, il 
n'étoit jufticiable de perfonne , mais parce 
qu'il ne fe fentoit pas aflez fort pour réfifter 
aux ennemis que la violence exercée par 
Tes fils nepouvoit manquer de lui attirerCio). 
Remarquons auili que dans la Famille de 
ce Patriarche les Chefs avoient le droit de 
vie & de mort , comme, il paroit par la 
fentence que Juda prononça contre Tha- 
mar (11), & concluons de tous ces exem- 
ples que les Nomades ne dépendoient en 
aucune forte des Phéniciens , qu'ils n'a* 
voient pas befoin de la permiffion deceux* 
ci pour errer dans la Paleftine^ qu'ils n'é*r 
toient pas même toujours leurs Alliés, 
qu'ils ne traitoient avec eux qu'autant que 
cela leurcoaveooit, que les Phéniciens re« 

chert 

(7) Gen, XIV. 14, 1$. 

(8) Gen, XXL 27. 

(9) Gen. XXVI. 26-31. 
Cïo) Gen. XXXIV. 30. 
(il) Gtn. XXXVUI. 24. 

M 3 



cherchoient quelqaefois leiH AlUance ,. en 
un mot que le m^mc Pa;^ ccmteaoit deux 
Peuples entièrement indépendans , l'un de 
cultivateurs , l'autre de Bergers. 

Kefte à favoir pourquoi les Phéniciens 
ou les Cananéens ibuffroient aifitiQ les No- 
mades au milieu d'eux, & pourquoi ils 
leur abandonnoient les pâturages de la 
Faleftine? Mr. Michaelis croit, & c'eft 
ici le fondement de tout fonfyllème, que 
les Nomades étoient les anciei^ i>oirer- 
feurs de la Paleftine, que les Phéniciens 
n'y vinrent que Icmg tems après eux, & 
que ce fut par la permiffion des premiers 
que ces nouveaux venus s'établirent & bà« 
tirent des villes dans les lieux oùiln'yayoit 
point de pâturages. En effet Hérodote (la) 
témoigne que les Phéniciens habitèrent,^'a- 
bord aux environs de la Mer Rouge, & 
qu*enfuite des vues de commerce les en- 
gagèrent à venir s'établir fur les bords de 
la Méditerranée. Moyfe infînue auili aifez 
clairement que les Phéniciens n'étoient 

1>as les premiers habitans de la Paleftine, 
ors qu'il dit qu'au premier voyage qu'A- 
braham y fit les Cananéens étoient alors 
dans ce Pays- là (13^, ce qui fuppofe 
qu'ils n'y a voient pas été de tout tems. 
Les Nomades en leur permettant de s^ 
établir, ne renoncèrent pas aux droitsqu'ils 

avpicnt 

(12) lib. IV. c, 104. 

(13) Gen. Xil. 6. XiH. 7. 



AtiiLi Mai, Juik. ij66. 433 

nvoient fa^ ce Beau Pay& Ik etf retin. 
renc toujours Jes pâturages qui deitieu* 
roient même ouverts à tous les Scënites 
qui trouvoient à propos &y conduire leurs 
Troupeaux , de quelque part qu'ils vidflbnt, 
La^Pateftine ëtoit donc comme la Patrie 
commune des Nomades , auifi voyons nous 
qu'avant queJDîeu eut ordonné à Abra* 
ham d'aller au Pays de Canaan , Taré 
Père de ce Patriarche avoit déjà formé le 
deflein ( 14) de s'y tranrpofter comme 
dans une Terre ouverte à tous les Scéni- 
tes & où ils pouvoient librement aller 
avec leurs troupeaux. 

On entrevoit déjà comment notre favant 
Auteur juftifie la Guerre que les Ifraélites 
firent quelques liècles après aux Cananéens, 
& il faut avouer qu'il ne fe peut rien de 
plus ingénieux , que ce qu'il dit à ce fu-» 
jet. £n voici le précis. Les Nomades 
étoient depuis un tems immémorial enf 
pofFeflion de la Paleftine entre le Jourdain 
& la Méditerranée I lorsqu'ils permirent gé* 
néreufement à Quelques Colonies des Phé- 
niciens de s'y établir , d'en labourer les 
cantons qui auroient été ftériles fans cuU 
tuie, d'y planter des Oliviers , des Vi- 
gues, d'y bâtir des maifons , des Villes 
&c. fe réfervaot toujours au refte les pâ- 
turages & les droits qu'ils avoient fur le 
Pays. Mais comme le dit la Fontaine. 

Ce 

{14} Gin. XI« 31. 

M4 



^34t Bpi£ioTi3EaVK iM£s SoENcas; 

Cç fu^on donne au^ Mécbàns ^ toujouti ta 
le regrette^ 

LaiJJez leur prendre un pied chez vous^ 
Ils en auront bientôt pris quatre. 

Fablç de la Lice & de fa Compagne. 

Les Phéniciens s'étendirçnt infeniible^ 
ment dans la Paleftine ^ arrondirent de 
plus en plus les terres qui leur avoient 
ité abandonnées, & commencèrent à la<f 
bourer les pâturages que les Nomades s*é- 
tpient réfervés. Sur ces entrefaites les If- 
raélites qui fai^oient partie des Noma-i 
des allèrent en Egypte , mais fans renon- 
cer à leyr Patn> 9 & ne cachant pas Pe& 
pérance qu'ils avoient d'y retourner quel- 
que jour. De*là vient que Jacob voulut 
y être enfeveli (15)» & que Jofeph or- 
donna que fes.os. fuÔent dépofés dans h 
maifon de fe^ Fils , en attendant qu'ils 
:^ufrent être tranfportés au Pays de Canaan 
Jors que les Enfansd'Ifraël y retourneroient 
(16). Mais pendant les deux fiècles & plus qui 
s'écoulèrent jivant ce retour , les Phéni- 
ciens s'étoient extrêmement multiplié dans 
la Paleftine. Ils s*âçcoutumoient [>eu à 
peu à s'en regarder cooime les propriétai- 
res, ils iabouroient fans fcrupule les lieux 
011 les Nomades conduifoient précédem- 
ment leurs troupeaux, iis s'emparoient de 

lcu« 

(rs) Gen. XIVIL 30. ' 
(îW Gin. L. 25. a<SΫ 



-E 



•Avril, Mai, Joih. i7(Sb. 435 

Murs pâturages, ce qui occaiioonoitqud'- 
quetbis des querelles où il 7 avoit du fang 
répandu. Mr. Michaelis produit là-deflus 
-un fait qui a été aflez négligé jufqu'iciV 
parce qu'il eft comme perdu dans le pre- 
mier Livre des Chroniques entre unemul- 
titude de détails généalogiques. L'Âu« 
teurdcce Livre dit (17; que du vivant 
d^Ephraïm les Enfans de ce Patriarche 
firent une irruption dans la Paleftine pour 
prendre le bétail de quelques Phéniciens 
ufurpateurs , mais quMIs fuccombèrent 
dans leur entreprife & qu'ils furent tuéjs 
aux environs de Gath. En un mot, les 
Phéniciens traitèrent alors les anciens 
pofleffeurs de la Paleftine , précifément 
comme ils en ufèrent dans la fuite avec 
les Peuples de Libye , lorfque fous la 
conduite de Didon , ils vinrent prier ces 
Peuples de leur céder quelques terres. La 
Libye étoit habitée ipar des Nomades qui 
y menoient une vie ambulante comme 
ceux de la Paleftine. Ayant eu l'impru- 
dence de fouffrir qu'une Coîonie de Phé- 
niciens s'établit dans leur Pays, ilsne tarde» 
reot pas à s'en repentir. Car à peineces nou- 
veaux venus eurent- ils bâti & fortifié Car* 
thage,que félon leur coutume ils penfèrent 
à s'étendre au long & au large aux dépens 
des Habitans naturels, qui fe virent bien-» 
tôt dépoifédés par les Phéniciens & obli- 
ge 

(17) iÇbron. Vil. 21. 
■ M S 



43|6 BlBUOTBBQOB DBS SCBDIGtt, 

.gés de plier ibus le joug j ou d'abafldo» 
aer entièrement leur Patrie. 

Mais pour en revenir aux Ifraélites, 
lorfqu'ils fortirent d'Egypte fous la conduis 
te de Moy fe , il étoit naturel qu'ils retour- 
aaflent au Pays de Canaan la feule Patrie 
qu'ils euiTent & à laquelle ils n'avoient ja- 
mais renoncé. Ils étoient parfaitement 
^en droit de la réclamer, & de s'en remet- 
tre en pofleffion à force ouverte » au cas 
i)ue les Cananéens refufaifent de la leur 
rendre de bon gré. Suppofons^par exem- 

{le , dit notre ingénieux Auteur , que les 
labitans de l'Amérique Septentrionale qui 
n'ont pas empêché les Colonies Françoi- 
fes & Angloifes de s'établir fur leurs Cô« 
tes, en fuflent opprimés, que ces nouveaux 
venus les inquiétaffeqt de toutes maniè- 
res, s'emparaiTent de tout le Pays, culti- 
vaflènt toutes les terres , abattiflènt leurs 
forêts .& les en chafiaifenc, n'auroient-ils 
pas inconteftablemént le droit de redeman- 
der l'épée à la main , leur Patrie à ces 
ufurpateurs , s'ils en avoienc les forces? 
C'étoit là précifément le droit' des Ifraéli- 
les, & Ton ne fauroit difcon venir que les 
chofes étant telles que Mr. Michaelis 
les repréfente , la guerre que les Ënfans 
d'irraëi firent^ aux Cananéens ne fut |rè> 
jufte & très- légitime. 

Mais comment judifier Textréme ri- 
gueur de cette Guerre, où Ton n'épargnoit 
perfonne, où Ton détruifoit tout, où Ton 

^ p'if- 



e-. 



Avril, Mai, J^im^ 1760. 437 

paiToit tout au fil de i*épee? Notit fàvam 
Pro&iTeur répond que cette Guerre étant 
luoe foisfuppofée jufie, les abominations des 
Cananéens rendpient la fé vérité avec laqud* 
le on les traita abfoiument néceflaire* Moy fe 
:i ne vouloit pas que les Jfraélites euflent 
i aucune alliance ^ aucun comnnerce avec 
i des Peuples fi déteftables. L'horrible zou 
* ruption des Cananéens auroit bientôt infec« 
l té les Enfans dlfraël , & pour prévenir xx. 
;: malheur le fage Légiflateur voulut qu'on 
1^ détruisît tous ceux de ces naalheureux qui 
s^obftineroient à refter dans un Pays qu'ils 
\ avoient ii injuftcment uAirpé , laiflant aa 
au refte « ce qu'il eft capital d'obferver » 
r lail&nt à ceux qui n'attendroient pas les 
dernières extréniités , laliberté de s'enfuie 
\ fans qu'on les pourfuivît au de-li deslimi* 
; tes de la Palelline. 
. Ce que Mr. Michaelis a dit du droit 

\ que les Nomades avoient de conduire 4eura 
^ Troupeaux ou bon leur fembloit, lui fert 
à expliquer f(Mrt heureufement un pai&ge 
. difficile qui fe trouve dans le premier Li- 

\ vre des Kois Chap. XX. )î^ 3^ Bedha- 
dad y dit à Achab : Tu te feras des places 
':^ en iSamai comme mon père avait f au en Sa^ 
l marie. Que faut il entendre paç ces places f 
M Quelques Interprètes jugeant de ces tem«* 
là par ceux d'aujourd'hui fe font imaiçi- 
nés que c'étaient des rues dans la Ville de 
,; Damas ou les, Iftaélitespourroienc avoir 

k libre exercice de leur Keiigion. Mais 

en 



438 BlBLlOTÉiaUB PES SciÈKCES, 

en vîérité c^étoit ce dont l'idolâtre Achab Te 
mettoit peu en peine , & l'offre qu'on fuppo- 
fe que Benhadad lui faifoit ne devoit pas 
être biçn flalteufe pour uii Prince qui avoit 
abandonné la Religion de Tes Pères, ftqui 

Îerfécutoit lœ Prophètes du vrai Dieu, 
)'autres Commentateurs entendent par 
ces places des marchés qui fe ciendroient 
à Damas au profit d'Âchab, d'autres des 
impôts qu'il auroit droit de' lever, d'au- 
tres desforcereiles qu'on lui céderoit fur les 
frontières de la Syrie ; toutes conjcâures 
ians fondement &qu*on fe feroit épirgnées 
fi l'on s'étoit fouvenu que le terme derO- 
riginal PIVIPI fignifie très- Ibuvent les dé- 
jferts ou les lieux incuites que les Noma- 
des parcouroient avec leurs troupeaux. Il 
a , par exemple , cette fignification P/ 
CXLIV. 13. Job. V. ic. Ofée VII. i. & 
en l'expliqpant de même Azxss le paifage 
du Livre aès Rois, il en rëfulte ce fens très- 
net & très-clâir: Ctmme mesfujets ont joui 
du drok des NoAtades , bn'fqu'aprés les w« 
toires que le Roi mon Père eut remportées fur 
lesEnjans d'Ifraël^ il fut permis aux Syrien $ 
de conduire librement leurs troupeaux dans tes 
pâturages de la Palejline^fans être en aucune 
forte fournis à t autorité des Israélites , de mi- 
me auffije conjens que vossfujets jouijfent 
déformais des pâturages du Pays de Damas ^ 
^ les parcourent à leur gré dans une entiè- 
re indépendance des Rois de Syrie. 
N'abandonnons pas cette curieufeDifler* 

tation fans remarquer que fon habile Au- 
teur 



Avftiz.» Mai» Juiv. 17&X 439 

tuer la termiiie par montrer ruf^e quefon 
Syftême peut avoir pour expliquer la célè. 
bre promefle que Dieu avoit faite à Abra- 
ham que fa poftérité s'étendroic jufquesau 
Fleuve d*£uphrate. Pour trouver Taccom- 
pliifement de cette promeife , on a d'or« 
dinaire recours aux conquêtes de David ; 
mais il faut toujours avouer que ces con- 
quêtes furent paifagères , & n'aboutirent 
qu^à foumettre pour fort peu de tems' cer« 
tains Peuples des environs de TEuphrate, 
fans y procurer aux Ifraélites aucun éta« 
blifiement folide. L'Oracle efi: bien plus 
parfaitement accompli dans le droit que les 
Enfans dlfraêl eurent de 'parcourir libre- 
ment avec leurs Troupeaux toute l'Ara- 
bie jufques aux bords de l'Euphrate. Or 
que les Bergers Ifraélites fefoient effeâive- 
vement étendus jufques-là,c'eft ce qui pa» 
roît par ce paflage du premier Livre des 
Chroniques Chap* V: f. 9 & 10. Les Su^ 
bénites habitèrent du cSté de POrient juj^u^d 



oênnes oaanerem m core ae vuneni jujûwa 
Ventrée du difert^ depuis k fleuve d^Euptra^ 
te ; tar kwr bétail s^étoit multiplié au Pays 
de Galaad. Et du tems de Saill ils firent la 
guerre contre les Hagarémens ( habitans du 
Mont de Sina! ) f m/ moururent par leurs 
mains , ô^ ils habitèrent dans leurs tentes ^ 
en tout le Pays qui regarde vers POrient 
de Galaad. 

Telle étant la vafte étendue de Pays que 
lertlefcendans d'Abraham occupoient^ le 
nombre prodigieux des Ifraélites qui furent 

dé- 



«f9 BiMJOTnQttE Mi ^ciiRcn; 

dénombrés fous ie Règoe de David n'a 
plus rien dMncroyaUe. Pour joftifier ce 
nombre on s^ft avifé de faire le calcvl de 
tous les arpens de terre de la Paleftiue, 
d'en eftimer le produit annuel, de 1ère* 
partir entre les habitans &c Travail im- 
menfe & bien fuperflu! Car pour ne pas 
dire qu'un Peuple ne fe nourrit pas unique* 
ment des produâions de fon propre Pays» 
mais auili des denrées qui lui viennent da 
dehors^ & qu'il feroit» par exemple, très 
abfurde de vouloir juger du nombre des 
Habitans de la Hollande par celui des 
arpens que cetteProvince contient: il n*y a 
aucune induâion à Eaire des Pays que nous 
habitons à ceux qui font fous un Ciel plus 
htureux. Mille caufes concourent à ren- 
dre ceux* ci fans comparaifon plus propres 
que les nôtres à nourrir & à vêtir des 
multitudes innombrables d'habitaos. Les 
hivers n'y étant pas rigoureux on n'a pas 
befoin d'y mettre une grande partie du 
terrein en bois & en fcMréts pour fournir au 
chauffage, prefque toutes les terres peu- 
vent être abandonnées aux laboureurs. La 
douceur du climat difpenfe les habitans de 
confumer autant de laine & de lin que 
nous en habits pour fe garantir du firoidv 
& ils peuvent ou bien enfemencer de lin 
moins de terres , ou bien échanger le fu- 
perflu de leur laine âc de leur lin contre 
des marchandifes étrangères. Leurs vignes 

ibur- 



AVAilr, MAI9 JviV. 1^60. 44f 

{purniflent do vin pour plus de peribnnes ^ 
que le même nombre d'arpens de terre ne 
fournîiTent parmi nous de la bière ou des 
liqueurs plus fortes. Les années extraor« 
dinairement abondantes y reviennent plus 
fouvenc que parmi nous. Les hivers n'y 
font pas entièrement ftériles, de-là vient 
que Moyfe parle des produâions de cha- 
que mois (18). Enfin clans ces Pays chauds 
les hommes ne mangent pas autant & fe 
ccpntentent à moins que dans les nôtres. 
Mais fans iiififier fur toutes ces confidéra* 
tfons , il fuffit de dire avec Mr. Michae- 
jA8f que cette multitude dlfraëlites qui 
vivoient du tems de David , avoient pour 
fournir à leur nourriture & à leurs vête« 
mens, non feulement les productions de 
la Paleftine, ce Pays ii fertile & û riche 
d'ailleurs par fon commerce ^ mais encore 
celles de toute TÂrabie qui ëtoit entre le 
Jourdain & TEuphrate. 



(18) Deutcr. XXXJJI. 14. 



^? 



ARTL 



44%! : BiHCTotHX(ini des ScimciSf 

ARTICLE DIXIEME. 

Zv^aarigheeden dihsoils voorgeboudin ^ 
ovér de Inentifige der Kinderpokjef ^ 

Ceft àdîre, 

QaEsriONs fou vent propofées con- 
tre la Méthode d'Inoculer la petite- 
Vérole , mais auxquelles on n a 
fait jufqir'ici que des réponfes in* 
direâes , peu racisfaifantes , & auca* 
ne réponfe direfte, de nouveau 
adrefTées à tous les Médecins pat 
Antoine de Haen^ Confeiller 
Aulique de LU MM. {. & R. & 
premier Profefleur de Médecine 
pratique dans l'ancienne & célèbre 
Univerfîté de Vienne ; Ouvrage 
traduit du Latin , & augmenté tant 
d'une Préface nécejjairey que d'un 
Appendice^ fur les fuites de Tlno- 
culation, & fur la nature de la 
Petite • Vérole, A la Haye^ chez 
PfVrrf van Balen 1760. brochure in 

. 8. * 93 pages. 

Weder- 



W£DBRLEG6iN6 Van de Incntioge&c« 

Ceji'à dire. 

Réfutation de rinocuijadon fervanc 
de réponfe à deux Pièces qui ont 
paru cette année 1759. donc la 
première efl: une Differtation lue 
à TAcadémie Royale des Science^ 
de Paris par M. de la t(mdamine 
Membre des Académies Royales; 
de Paris , Londres , Berlin &c ; & 
la fécondé une Lettre de M. 7>^r^ 
Dofleur de la Faculté de Monc-^ 
pellier ^ Médecin très -célèbre à 
Lauzanne^ à l'Auteur de la pré- 
fente réfutation; par A. de Haem^ 
&c. Traduite du Français. A la 
Haye chez Pierre van Balen. mdcclx^ 
brochure in 8* de 130 pages. 

Comme ces deux firochurcs ont paru 
réunies dans le môme volume & 
données enremble au Public par le même 
libraire , nous les réciniilbns aufli dans cet 
Article. Notre defTein- n'eft pas néanmoins 
d'en préfenter à nos LeâQUrs une analyfe 
fuivie. Il faudroit pour s'y porter avec 
équité avoir fous les y eux .toutes les piè- 
Tome Xlll Part. II. N ces 



/ 



f44 BnstmTHfequil pu 

ce$ du procè$, les Qu^om de M. m 
Haen, la Lettre de M- TyJJot^ la ï)//- 
fertation de M. 4[f ii? Çondamine & la Ke/tf- 
/«^/o« du Profefleur de Vietïne. D'ailleurs 
nous apprenonç que cette dernière pièce 
fie demeurera pas fans réplique ^ ainfi le 
plus ûige eft dfattendre que là difpQte étant 
fimeoée, il. non à une c|éciiioi|- finale, du 
moins à un point de maturité, qui ait 
un peu plus de confiïïencç, on fèit en état 
d'en parlqr avec plus de certitude & (f en 
{)Orter un jugement mieux fondé. 
• Lés quatre ftefliéns de M. DS Haek 
fkaxi connues {h)i dlés font l'objet duliti- 
ge; il nV a pogic dp bo^i cito;i^ qui ne 
qoive ^intérârqr, pai[ f^ v^œux « à les voir 
impartialement aî^utees» & p^Iidement 
éclâlrcies. 

M. .DE Haên a demandé i». S flnth 
fuhtiàn 4e la petite J^'érvle eftfertnilè devant 
Dieù2 20. & la fetkeVénsb mcuÙe éforg- 
liera la, vie à plus, àfi n^.qw l^^ naturei^^ 
3<>. S'ilejl bien *vrai queprefqt^et^ ifil^m- 
mes doivent avoir ta petite^véroîe ? 40! S'il 
ijl indubitable ^ue ^inoculation , foit qu'elle 
ait donné: la^p^M^-JOtr^k^Joit qiCeilei Mi tak 
pas domée , mett^\ pleinement 4 f^i ^ la 
reprendreîJA^is eil.piopofa|iit gcS ^le^kHiSt 
lefavant MédcciUiyr: a; répondu; pçgâ^ye* 
meut, & s'il faul(:l?cin croire ki| p^çtjJTâfis 
de riaoculatioa^ dadt pas m n'y av^ &it 

."**♦• : une 



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.» «^ 



I 



; A\^iL, Mai, Jcmr. ntSo. 445 

traeréponfedircâe, n*ontrien avancé même 
dans leurs folutions indireâes , qui pu jfle 
fatisFaire l^efprit. 

. Quoique on ne voye pas trop ce que M, 
DE Haen entend ici par des reponfes 
direftes, deux célèbres defenfcurs de l'Ino- 
culation, Af. de la Condamine & M, TyJJot^ 
ont pris la plumç pour juftifier leur Tenci- 
ment & leurs Ecrits en faveur de cette pra- 
tique. Ils ont cru avoir d'avance prévenu 
les doutes de ce favant Antagonifte quant 
il PeiTentiel ; cependant ils s?y font prè^ 
tés de nouveau ) avec toute la candeur , 
toute la politefTô, toute rattention qvfoa 
pouvoit fe promettre & de leur 2èle pour 
le bien public & de leur manière dt'ptnfei. 
Seuletnent devons nous faire obferveix 

Ju^ils refont bornés à la difcuflion des trois 
crnières queflionsi, foit parce qu'ils ont 
eftimé que la première tomboit dès là que 
les autres fe trouvoicnt écjaircics', fôic paN 
ce que M. de Haen a donné lieu à M. 
Tyjfbt de croire que M. Côais , avec -lequel 
il lui a écrit quMl ëtoit en difputé àiAiable 
fur cette matière, fe difpofoità y répondre. 
Le temps nous apprendra ce qui en eft. En 
attendant ileft aifé de prévoir que M. Chah 
aura bien dé la peine à contenter M- d b 
Haen , fi ce dernier ne fe relâche point de ce 
qu^ilparoît exiger j favoir qu'on démontre, 
gu'il n'eft paspcrmis/ans contrevenir à cette 
ijoi tu ne tueras point , iion feulement de 
s'ôter la vie , non feulement de l'abréger, 

N 2 non 



4^a BlBtlOTHfiQJPE DES SciEKCEft^. 

^1 fcandale , un l|vte dont l'Auteur repentant 
^» avoue qu'il rougit lui-même? Engé-' 
céral l'Ecrit de notre Auteur efi plein de 
traits afie? vifs, fans être toujours (il 
s'en faut 6eaucou[) > auiB juftement appli- 
qués. Mais ne préjugeons pôiot: attendons 
les dupliques: ilferatems alors de parler. 
Il faut feulement que nous diiions ici 
un mot de la Préface & de V Appendice de 
l'Editeur Hollandois. I^ appelle la pre- 
mière néce(raire,(W(?i/^ vQor'berigt)TCLZ\s 
. il refufe ce titre au fécond , du moins il 
l'en prive fans que nous fâchions pourquoi; 
1 une n'étoit pas plus néceffaire Que l'autre. 
La Préface raifemble en peu de mots & 
exprime nettement les objeâions triviales 
contre Tlnoculation en renvoyant à M. db 
flÀKN & à fon Ecrit pour le* preuves. El- 
le paroît faite pour échaufer le Vulgaire, 
en lui difant & en lui répétant ,, aue llno- 
nj cuIàtioQ eft incertaine, douteufe^ illicite 
,, & que, fi jufques à préfent elle a réufli 
,» dans ces Provinces ou ailleurs, tout ce 
„ 0(0*0X1 peut en conclure c'cft qu'elle a 
,, réuffi ". Eh bien c'eft pourtant quelque 
chofe que cet aveu. Oui l'inoculation a 
réuffi, très- bien réuffi dans ces Provinces& 
ailleurs. BéniiTons en le Ciel. . Ce fuccès 
dû à la Providence vaut bien fans doute 
dits QiieflîGHS ^ des Doutes y des Refidtations 
Se autres femblables Ecrits. Si l'expérien- 
ce continue à être aulli favorable aux Ino- 
culateurs^ ii faut efpérer q^oe les adyerfaires 

de 



âé cette méthode s^adoùckont. Si ces der- 
niers cherchent la vérité fans partialités- 
fans entêtement comme nous devons lé 
croire paîfqu*iis raflurcnt , ils doivent 
croire « leur côté que ceux , qui en fé 
déclarant pour Tinoculation font inoclilec 
leurs enfans & leurs- ^mis, ont tout aa 
moins des intentions aufli droites & aufli 
pures que celles dont il fe glorifient. Pôur*- 
quoi donc s'aigrir contre eux? Pourquoi 
ieur faire un reproche de leur emprefferpent 
à recueillir, à conferver, à publier les Faits 
propres à appuyer une méthode qui porte 
dans fes fuccès l'empreinte la plus favora- 
ble à un Art prefque purement expéri- 
mental ? 

Ici (lachofe eft d^une évidence palpa* 
ble) ce font des faits qui doivent décider f« 
queftion » & de n'eft que par des fkitt 
qu'elle peut être décidée. L'Anonyme Hol- 
landois qui a tradbit les deux Ecrits de M. 
DE Haen Pa bien fenti. C'dl pour celt 
fans doute ^ue dans fon appenme il s'eft 
propofé trois chofes; lo. de montrer par 
des événemens récens, qu'après avoir été 
inoculé on peut reprendre naturellement 1^ 
petite- Vérole ; 2^. de faire mieux connoî- 
tre la nature de la petite- Vérole volante; 
Je. de feire voir que l'inoculation eft quel* 

Îiuefois mortelle. Rien de plus léfjîtime. 
1 faut dire la vérité , & élever fa voix pour 
la faire entendre , dans tdti^ les cas fur-tout 

N 4 où 



Hfa Buiti(yxi|SQp» dbh ScisNCBSt * 

où le bien public le requiert ; mais il faut 
tâcher de la préfenter toute entière ,& d'é* 
viter ( principalement quand on eft Ano- 
nyme) des infinuations qui pourroieDt pa- 
loitre injurieufes à gens qui ont dépofé pu- 
bliquement & à vifage découvert 

Notre^Auteur s^ed fait un plaifir de tra- 
duire du François de grands lambeaux 
d'un Ecrit de M. G^^A^r/i, Médecin ordi- 
naire du Roi de France, au fujet du Fils 
d'uÀ M. Delatour , tendant à faire voir que 
ce jeune homme après s'être fait inoculer 
a*pris naturellement, non la petite - Vérole 
volante^ mais la vraie petite - Vérole. A 
cette occafion il compare adroitement la 
defcription que M. Gaularà fait des pullu- 
les furvenues au jeune Delatour avec cel- 
les dont furent atteints à la Haye , après 
)eur inoculation , le jeune Comte d'Athlo- 
ne, fon Frère, &M. le Baron Torck leur 
Çoufin. Mais n'eût-il pas été de Téquité 
d'un Auteur impartial , d'ajouter qu'on ne 
iauroit douter que ces derniers n'ayent été 
iimplement atteints des pudules de la pe^ 
tite^Vérole volante^ après ce qu'ont déclaré 
il exprelTement là-defTus M. le Baron 
Tbrr^ par fa Lettre , M. le Profeûeur Th. 
iScbwenke par ce qu'il en a écrit , & M. le 
Dodleur Felfen par fon lilence non moins 
que par fes difcours & par fa conduite? 
Toutes ces particularités étoient raflem- 
blées dans le Tome VI. de cette Bblio* 

thc- 



Avril, MaI| Juin. i7tfa,' 451 

thëque & conféquerament fous les yeux 
de r Anonyme puifqu'il a pris la peioe de 
citer cet endroit de notre Journal. Auroit-il 
appréhendé qu'on n'en tirât cette conclu- 
lion :que , puifque lès puftulesde'MM Torck 
& A^Âtblone ont été jugées des boutons de 
petite 'Vérole volante par deux Médecins 
auflS habiles que MM. Scbwenke & Veife^ 
celles du fils de M. Delatour qui y reiTem- 
bloient n'étoient que des boutons delà mê- 
me efpèce? 

Si l'Anonyme eut été un peu au fait de 
ce ^ui s'eft palTé à la Haye , des faux 
bruits qu'on y a femés , des calomnies 
qu'on y a débitées, des chimères qu'on y 
à' audacièufement foutenues pour décriet 
rinoculation malgré fes fuccès avérés , il 
y a tout lieu de croire qu'il auroit eu U 
délicateife de ne pas jetter fes Ledeurs 
dans l'incertitude. N'eût -ce été que de 
peur d'accréditer des fables , il auroit hau. 
tement r^ndu juftice aux deux Praticiens 
rerpéâables que nous venons de nom», 
iner. Il auroit dit fans détour , que les dé- 
diions de l'un & les procédés de l'autre 
ne permetteilt pas de foupçonner que no^ 
jaunes inoculés ayent repris la petite *Vé- 
rôle, & cela même Tauroit conduit du 
moins à fe défier un peu des détails con* 
tenus dans la Lettre de Mr. G^i/^frrf, détails 
dont il paroît II afieâé , & qu'il répand 
ayec tant de zèle & de complaifance. 

N 5 Cette 



4$ifc BiBLrOTRBdtTE DU SciElfè^S» 

Cette Lettre publiée en 1758. dans lé 
Mercure de France du mois de Février, 
avoit été précédée de quelques pièces re- 
latives au Fait même , & inférées dans 
le Mercure de Janvier ; mais ce que no- 
tre Auteur ignoroit apparemment , c'eft 
Ï'elle fut amplement réfutée par M ir 
Cottdam'me dans le Mercure de Juin de 
cette même année; que dans celui d'Août 
M. Gaulard ayant répliqué , le célèbre A- 
cadémicien dupliqua par une féconde 
Lettre plus détaillée encore que la pre- 
mière; qu*on la trouve dans les deux par* 
ties du Mercure d'Oâobre, & que juf- 
qu*ici f Si nous ne nous trompons pas^ el- 
le eft demeurée fans ré^onfe. 

Il fera donc de la droiture de l'AnoQ7« 
me mieux inifaruit, de donner un Second 
appendice fur la matière & d'y avertir 
nos concitoyens, que M. de la Condamine 
s'eft hautement & publiquement infait 
en faux contre le Fait avancé tzr M. 
Gatùdrd; qu'il accufe ce dernier de n'a- 
voir vu le malade qu'une fois en paiiânt; 
d'en avoir jugé très*Jégèrement «même 
très-diverfement ; qu'il produit contre lui 
non feulement -la defcription de lamala* 
ëie du jeune Delatour dont les fymp« 
tôines forent tout- autres que ceux de la 
petite- Vérole, mais encore divcrfes auto- 
ritis, dont la réunion ne peut queparoî- 
tre -décifive: i<>* TAtteftation du Chirur- 
gien 



Avril, Mal, Jam. i7tfo.- ^s^ 

gieo Labat qui voyoit journellement le 
malade & qui a déclaré le 21. Nov. 1758, 
huit jours après la maladie , qu'il avoit eu 
ist Vérole volante , des boutons qui avoient 
acquis en 24 heures toute leur groifeuï 
& toute leur élévation , qu'ils étoient tranf- 
porens & ayftallins, & qu'ils n'avoient 
point fuppuré ; 2^. le témoignage de M^ 
/My qui fur des inforipations exaâes a 
aifuré que ces boutons avoient paru dès 
le premier jour & que tout étoit fini le 
quatrième >- a^. la décifion de quatre 
Doâeurs en Médecine 9 qui, charges pa^ 
S. A. S. le Duc d'Orléans de vérifier l^ 
chofé , ont unanimement jugé que la ma» 
ladie du jeune Débit aur tCétoit point la pe* 
ûte-Véme , mats une éruption cryJlaUine^ 
dont ils ont vu beaucoup d'enfans ^ d'adulé 
tes attaqués avant ^ après avoir eiïuyéla 
petite-Vérole mime la plus maligne ^ la plus 
confluente; 40. ]a dépolitioa de deux au* 
très Doâeurs de la Faculré de Paris favoir 
MM. Bourdelin & Bouvard tous deux peu 
favorables aux Inoculateurs , & qui, a la 
prière de Me. la Mar(pife de Villeroi ino- 
culée par Mr. Trotubm^ de voir le petit 
Delatour & de s'informer de fa mala«- 
die,ontdit hautement qu'il n'y avoitriea 
à conclure de ce Fait contre i'Inoculati/m. 
Noustirons tous ces détails delà 1'^. Let- 
tre de M. de la Condamine contenue dans 
le Mercure de France de Juin 1759. Si no- 
tre Anonyme HoUandois veut extraire iep 

oh. 



4!^ BlBLIOT^QUE DBS SafiKCCf^ 

bbfervations que M. Gaulard y a faites dani 
hp Mercure d'Août , ceux d'Oftobre lui 
fourniront les réponfes de rillufhre Acadé- 
micien , & alors le Public inftruit , non à 
demi^ mais du pour & du contre égale* 
ment, pourra prendre parti fans crainte 
tfétre la viâîme des préventions des uns 
ou de la malice des autres. Encore une 
fois , qtf on dife la vérité , mais qu'on la di- 
fe toute , fans rien diilimuler ni de ce qu'on 
fait en faveur de llnocuiation, ni dequ\)n 
a découvert au Préjudice de cette métho^ 
de. La juftice le veut , & le bien de la 
Société le demande. 

Loin de trouver mauvais que rAuteor 
deFAppendice aux <^2^/0»jdeMr.DEHAEN 
«finifTe fon j^crit , en apprenant au Public la 
mort de deux enfans inoculés, Tun à Londres 
l'année dernière^ l'autre à Hambourg en 
175*6; nous ne pourrions qu'applaudir à ces 
avertiffemens s'ils étoient accompagnés 
des circonftances effentielles à des Faits de 
cette nature. 

Il feroit toujours capital de s'informer 
a l'Inoculation a été faite fur des fujets 
convenables & après les préparations requi- 
fes. Mais l'Anonyme n'a t- il donc point 
entendu dire qu'elles ont étécapitalemeot 
négligées à Londres dans l'Inoculation da 
fils de Mr. d'A . . s? Et quant au jeune 
Hambourgeois qui a été emporté par la 
petite- Vérole inoculée, l'Auteur voudroit- il 
tien affirmer que cet Enfant n'étoit ni ca- 

co- 



AvRit» Mai, Jdik. i-jôq. 45J^ 

cochyme nî trop délicat, pour être ioocu- 
jé comme il le tat dans les plus ardenteitf 
chaleurs ? Ce que nous croyons favoîr af- 
fez fûrcmcnt, c'cft qu'immédiatement a- 
près la mort de cet enfant chéri , fa pt o- 

{)re fœur écrivoit à un proche Parent, que 
eur Père, quoique très- affligé , ne fe re- 
pentoit nullement decegu'il avoit fait, par- 
ce qu'il l'avoit fait félon fa coofcience & 
pour le mieux. 

Au reftc il importe pour plus ^d*une rai- 
fon qu'on , tienne de fidèles regiftres . de 
ceux qui meurent , ou qui panent pour 
être morts de Tinoculation: i^. afin que 
toute la terre foit de plus en plus convain- 
cue que le nombre en eft extrêmement 
petit ; 20^ afin qu'on puiife toiqours s'in- 
tbrmer , fi c'eft véritablement i Pinocula- 
tion que Ton peut attribuer leur trépas; 
30. afin que perfonne ne foit furprisfiTopéâ' 
ration tourne mal; 4''. afin d'dter tout pré- 
texte aux Anti-lnoculiftes de débiter qu'oa 
cache cesfuneftes éfèncmens. Si perfon- 
ne n'étoit mort nulle part de la petite- 
Vérole inoculée « il finudtoit r^arder ceux 
qui s'oppofent à rinoculation comme des 
ennemis publics de la patrie & de Thu* 
manité. 



ÀRTL 



I 
* 



4>r$ BiotroTaeQufe des SaftRCis» 

^^ ^Sfr^n* 4M*^Bft aSa.M* âÊ^ -dà <aB» éHfr Ab^H^ 4lfr «B^ lâè iM 

ARTICLE ONZIEME. 

Hec Noodzaakelyk Beftaan van eea 
Opperwezen \ bêtoogd uyt hec wer- 
kelyk beftaan van iet , door Godofs. 
AftN. Maas, SS. Min. Cand. aan 
wîen op den XIII. Oftober 1759. 

. de pry$ van bec Legaac van den Heer 
J. Scolp a cpegebead, 

Wàarby gevoegd îs 

Een Verhandeling over dezeUFde Stoffe 
door JoH. MoNNiKHOFF , Hcel* 
ineêfter cé Arafterdam. 

■ AccedîMf 

♦ 

• . ... . . , 

Abraha»i*P£Rïie*iot ICcî, Conftttis, 
& serariî Quasftoris in Comicat. Cq- 
lemburg. nec non Samuelis Jor- 
dan Dillercacic^s duse quibus effe- 
cteur , Ex iOf ffoialiqkÙ eji^ fequi 

Deumejre. 

* ' Cefl. 



Av&ic» Mai, JuiVi lyôù. 457 
Ceft.à-dîre, 

Démonstration d$ rexiftence (Tùn Etn 
fuprême tirée de ce que Quelque choje 
chofe exijie, par G. A. M a as à qui le 
Prix fondé par feu M- Stoip a été ad* 
jugé k 13 iOSobre 1759. On y a joint 
trm Dijfertations , dont tune ejl en 
Hollandoîs , ^ les deux autres en La- 
tin , fur le même fujet. La première 
ejlde Mr. Jean Monnikhofpj Chi- 
rurgien à Âmfterdam , la fecmde de 
Mr. Perrenot , Bourguemaîtr^ & 
Tréfmer de Cukmbourg^ & la thifti- 
me de Mr. Samuel Jordan. voL in 
4. de 182 pag. à Leyde chez Samuei 
& Jean ÎMchtmans* 




E toutes les queftions Métaphylîcd. 

Theologiques il n'y en a point 4e 

plus intéreffante , de plus fublime & de 
plus rebattue que celle dont il s'agit dans 
ces quatre Diifertations, & que les fa vans 
Dircâeurs de rinftitut StolpieS ont énon- 
cée ainfî dans leur Programme. De ce 
^t^ ^uelûue cbofe exijle y s'enfuit-il^ au^l f 
ait m Etre néceffaire , éternel, immuable^ 
différent de cet Univers? Mais, ppur avoir 
été rebattue, cette queftion n'a pas été 
toujours traitée avec le plus haut cfe^ré de 

pré- 



^5« BiBUOTHiQ.tîE i>ss Science» 9', 

V 

précifion & d'çvidence; & peut-être n'au* 
roit'On pas tort de dire que Clark môme 
4 laifTé quelque chofe à fouhaiter fur cette 

matière. , , ^ . 

Si tout a été dit là-deffus, ce que nous 

ne nions pas , il eft certain que tout n'a 
pas été die de la manière la plus parfai- 
te. Ciark pcrfuade , prouve , démontre 
-même; mais on pourroit rendre l'enchaî- 
nement des propofitions qui entrent dans 
fa démonftration plus lumineux , & leur 
îiaifon plus fenfible, & voilà ce qu'a fait 
fA: MaaS dans l'excellent morceau qui 
vient d'être, xouronné à fi jufte titre , & 
q^i, confidéré du coté de rarrângemtot 
.& de la méthode^ mérite en effet Icsflus 
grands, élevés. 

; ' Les trois Savans qui ont concoum pour 
ie prix avec cet hîîbile Théologien , ont 
fait des efforts dignes de l'approbation & 
de la reconnoiffance du Public. M. Mon- 
jifiRHOFFparoîtvêrfc dans les difcttffibjslè 
.plus . ténébreufes de la Métaphylique. M. 
Pfrrenox, très-avantageufement connu 
iiws la KépuÙique des Lettres, (i) a ré* 

pandu 

' (i) C*çft à loi que nous devons ie ïtecoeil âei 
Poéfies du célèbre Re/ané. U le publia en 1748* 
jtbus ce titre Adriani ReUh^i Foèmau pt^iiaût- 
^pus rçpcriri potuerunt. Trajet f adRb0num, éifn4 
jÊJr. Spruit in 8. Mr. P^rhenot dédia ceprédeoy 
Recuen au Avant Mr. WeJJeling^ p^ une Epttie 



i^vRiL/MAis Juin. X7(K). 459 

Î^andu , d'une main prodigue , cTans fa Pièce 
es richefles d'une Jcaure très - étendue ; 
tantôt il raifbnne avec feu, tantôt il dé- 
montre avec aménité; il perfuade fouvcftt 
& plait toujours. La Differtation de M. 
Jordan annonce un Auteur qui fait penfer 
& écrire; mais enfin M. Maas eft le feul 
qui ne perd jamais de vue Tétat de la 
queftion , & qui traite la matière avec une 
précifion qui ne laiffe rien à defirer. Ce 
qu'il y a de plus intéreffant dans les autres 
difcours fe trouve dans le lien fans les é- 
carts & le fuperflu qu'un cenfeur rigide 
cioiroit reconnoitre dans tous les trois « du 
moins dans celui de M. Jordan ^ qui s'é* 
carte aifez de fon fujet , & paroît plus oc- 
cupé à détruire qu'à édifier. Cela fuffit 
pour nous engager à nous borner^ dans cet 

Ex* 

en vers Latins très* dignes dVcompagner ceux de 
Reland. Quoique tems tprès il fit imprimet chez 
Broede/et une cKcellence Didertatlon De prohibenda 
in urBe & templis fepultura» Peu de Pièces Aca- 
démiques ont été mieux reçues que celle-là ; 6c ja* 
mais on n'a mieux démontré que ne le fait l* Auteur, 
combien eft abfurde & pernicieux Tufage barbare 
'& gothique qu'il y combat. Depuis que Mr. P£ïi« 
REKOT eft dans les charges à Culmbùurg^ fes nom* 
brcufes occupations ne Tont pas empêché de cult^ 
ver les Belles Lettres dans (es momens de loiûr , & 
diverfes Pièces de Poéfie qu*il a lâchées de tems en 
tems fetont fans doute raflemblôes quelque jour» 
comme U-r recueilli celles de Reland. 

Tme XllL fart. IL O 



400 BlBU0THBQj[7V DIS SCIEKCM» 

Extrait, à donner un précis du Difcours cou- 
ronné , & à faire entrevoir à ceux qui n'en- 
tendent pas le Hollandois , jufqu'où M. 
Maas a rempli le but que fc font propofe 
les Juges de ion travail. Ce n*eft pas la 
nouveauté des matériaux, qui entrent dans 
la démonftration de M. Maas, qui nous 
engage à en faire 1* Analyfe , deft la forme 
qu'il leur a donnée. Les Matériaux font 
lolides, &excellens^maisconamuns- On 
pQurroit dire de fon édifice, comme Ovide 
difoit du Palais du Soleil, Materiam Jufe- 
rabat opus. ^ ^ „ 

La Démonftration de notre favant & 
pieux Athlète, eu renfermée dans XXXVI 

ScâiofiS 

j. L— V. Après avoir propofé fonfujet, 
défini le terme de Dieu & indiqué la mé- 
thode qu'il s'eft propofé de fuivre» il entre 
en matière dans la VLSeâion, & voici la 
forme & le précis de fa démonftration. 

5. VI. Premier Principe. Quelque cboje 
èxifte aàueUement. Les Idéaliftes mênse 
en doivent convenir, puifqu'ils ont des fa- 
cultes & des perceptions. Les Pjfrrhoniens 
né fauroient le nier , parceque doutant de 
.tout ils ont par confequent ^uelçue céoji 
qui doute. M. Maas, qui n'affirme lien 
fans le prouver de la manière la plus am- 
ple & la plus fatisfaifante,réfutepleinement 
ces deux fcdes , prouve c[ue ^l^e cbofe 
. ipcyu aHucUement^ & qu'il y a un fyftéroe 

d'£- 



"Anot» Mai» Juin, Z76i>. 4^1 

d'Etres foit fucceilifs foit fimaltamés qu'on 
appelle le Monde. 

$. Vn. Second Principe. Chaque cbofe , 
fans exception^ doit avoir une raifonfuffifan* 
te de/on exijlence^ une raijon pourquoi eUe 
exijk plutôt que de ne pas exijler. Soutenir 
le contraire ce feroit foutenir qu'une chofe 
peut fe former de rien, ou que le néant 
pourroit produire quelque chofe; qu'il cft ' 
poflible d'être & ne pas être dans le même 
inftant, & d'être, de plus, caufe & effet de 
foi- même également» groiliëres abfurd^ 
tés! 

$. VUL II fuit de ces principes que le 
Monde , foit qu'il exifte réellement ou 
idéalement, doit avoir une raifon pourquoi 
il exifte plutôt que de ne pas exifier. Cet- 
te raifon, de plus, doit être ou dam le 
monde , ou extérieure au monde; en forte 

3ue il kmondciCzpzsen foi-mimelu, raifon 
e fon exiftence , cette raifon doit fe trouver 
hors de lui , dans quelque autre Etre. 

5. IX. Le Monde ne Jauroit avoir en foi 
la raifon de fon exijlence. Autrement, de 
deux chofes Tune, il faudroit ou qu'il fe 
fût produit lui-même, ou qu'il fut par fa 
nature néceffaire & éternel. Il n'y a que 
ces deux manières d'exifter poŒbles à un 
Etre qui n'a point de çaufe hors de foi mê- 
me. Or, 

La première cft impoffible. Il riejl pas 
pojfttle que le Monde fejoit produit Joi^mênte. 

O2 Car, 



^^ÔT BlimiOtHBQÙB 0£$ SCttVCfÈÉf 

Car, félon cette fuppofitîon , la même chef* 
fe ne feroit pas feulement tout à la fois 
caufe & effets mais de plus, il auroit fal- 
lu que le Monde exijtat Se tCexiJlat pasàiv^ 
le même tems î qu'il extjlat pour fc com- 
muniquer à foi - même l'exiftence , car ce 
qui produit doit exifter ,- qu'il ffexijlat pas, 
pour qu'il put recevoir l'exiftencc , car ce 
qui eft produit ne fauroit exifter avant fa 
produâion. Mais , puifque d^exijler & de 
fte pas exijler dans le même inftant eft une 
contradiâidn palpable « c'en <& de même 
une d'affirmer que le Monde peut fe produi- 
re j ©• être la caufe efficiente de fa propre 
ixijience. Refte donc i fa voir s^l eft par & 
nature néceifaire & éternel? 

$. X. Four examiner à fond cette quef- 
tion^ M. Maas commence par db très 
bonnes définitions du terme NiceJJaire qui 
s'appljque à une chofe dont le contraire eft 
impoŒble, & de celui ^Eternel qui an- 
nonce un Etre fans commencement m 
fin. Il montre qu'un Etre qui exifte par 
foi -même doit exifter néceflairement, 
& éternellement ; il remarque que le mon- 
de, n'ayant pas pu fe produire de foi-mé- 
me comme il l'a prouvé (5. IX. )^ doit 
être ou abfolument néceifaire & étemel » 
ou tirer en dernier reffort la raifon de (ba 
exiftence de quelque autre caufe douée de 
ces qu alités % fi l'on ne veut pas adopter 
Tabfurde fyftême d'une fucceilion fans lin 



Aviit, Mat» Juin. ij6o. 403 

-àc caufes & d*efrets. Ayznt aiofi préparé 
le chemin , il s'avance dans fa dëmonftra* 
tion , & prouve dans 

Le J. XI. que le Monde tfejl pas abfolu* 
ment nécejjaire^^ far çonféquent (J. X.) 
ttejt ni éternel^ ni exrjlaht par Jolméme. Il 
n'eft pas nicejfaire^ car nous voyons des 
changemens continuels dans toutes les par- 
ties de la nature, & fur- tout parmi les E* 
très libres. Or, ce qui change peut être 
autrement qu'il n'eft, ce qui peut être au- 
trement qu'il n'eft , eft contingent , ce qui 
eft contingent, ne fàuroit être néceifaire. 
Et par çonféquent le Monde dont les chan? 
gemens font perpétuels n'eft pas un Etre né- 
ceflairement exiftant. * 

§. XII. Pour ne rien laiffer délirer fur cet 
article, notre habile Philofophe préfente 
l'argument dans un autre point de vue ^ 
que voici : Quand on dit qu'une chofe eft 
néceffaire on dit qu'il implique , que cette 
chofe ne fût pas^ ou qvC étante elle cejjat 
ifitre. fj. X.) Mais cette qualité eft en 
contradiâion direâe & à la matière & à la 
forme 4e l'Univers. Si la matière en étoit 
néceffaire, elle feroit demeurée toujours 
dans fon premier état. Mais le contraire 
arrive tous les jours. La matière a fes 
bornes: elle n'a pas tout à la fois les qua* 
ittés & les accidens dont elle eft fufcepti- 
ble, & peut de tems en tems fubir des é- 
(ats différens. Elle eft par çonféquent mua- 

O3 b:« 



éyS^ BBLfOTHBQIJB . DBS SciMICES j ' 

ble dans la nature» &par cela mémecoOf 
tiogente , au lieu d'être nëceflaire. D'ail- 
leurs la matière n'exifte que par l'union 
des parties dont elle eft compofée; or ces 
Parties, quand même on les fuppoferoit 
limples, ne peuvent pas être néceûaires, 
parcequ'alors elles n'auroient pas pu fubir 
le moindre changement ($. X.3,ni fervir 
par conféquent à la formation d'aucun £tre 
compofé y & ces Etres comment peuvent- 
ils être néceiTaires puifque leur exiftence 
dépend de l'union de leurs parties? 

La Forme de l'Univers eft également con* 
tingente. Il n'implique point de la fuppo- 
fer non-exiftante ^ ou exijlante autrement 
qu'elle rCeft aBueuemmt y ou ayant ^xiJUff 
cejfant iétre^ par conféquent cette forme 
itejl'ni immuable ni nécejjatre. 

Mais 11 ni la matière ni la forme dellJ-» 
Hivers ne font nécefiaires, il s'enfuit qu'el- 
les ne font pas éternelles. Ce qvii eft con- 
tinrent, ne pouvant pas feproduire($.IX)> 
doit avoir été produit s'il cxifte aâuelle- 
ment^ mais ce qui a .été produit a com- 
mencé d'être , & ce qui a commencé d'ê- 
tre ne fauroit être éternel (2)» 

Dans 

(i) Nous ayoDf pris la liberté de h\tt id un 
changement léger dans la manière donc k (avant An- 
teuc a arrangé fes preuves. Après avoir annoncé 
daos la XI. Seétioo unedémooftratioo que le M^»- 



s 



Atail» Mat» Join. n6o. 4tfjr 

Dans la XIIL Seâion M. Maas fortifie 
la démoûffaration précédente par une ob« 
fervation aui mérite d'être rapportée. Siroa 
fuppofe, ait-il j (& c^eft lafuppofitiondes 
Athées les plus fubtils^ que toutes cbofes 
font nécejfàires ^ & qu' aucune partie <le 
rétonnante chaîne des caufeis & des effets 
ne four oit être autrement ou cejfer d^être^ & 
cela en confëquence d*une néceffité , inter* 
fte^ fbyfique g^ abfolue^ ils'enfuivraque 
chaque £/r^ inévidu doit refter entier & in* 
dépendant , quand même aucun autre n'exi- 
fteroit, car ce qui eft néceifaire exifte par 
foi-même fans l'opération ou Tinfluence 
d'aucun autre Etre (§. X). Mais en eft- il 
ainfi du Monde où nqus fommes placés.^ 
Ses parties ne font- elles pas toutes liées 
enfemble^ & dépendantes les unes des au* 
très • foit pour leur exiftence , foit pour leur 
coniervation ? Pour caufer de la pluie , il 
faut qiie le foleil darde fes rayons fur l'o- 
céan ^ que les vapeurs s'élèvent^ que le 
vent fouffle pour les répandre, que l'iair 
devienne léger pour les laiifer tomber ; Pour 
que le vent fouffle il faut que l'équilibre de 
l'air .fe perde ; Pour que cet équilibre fc 
perde , il faut que l'air fe raréfie ici , fe 

con- 

t^e ffefl p4S néeeffaîre , ni par confiquent éternel 
& exifiant par fiirmime ^ il prouve (P. 25.) par 
\% non éternité du monde qu*il n^cfl pas néceffajre 
C'efl U coQverfe de It Fropofirion qu'il devoit prouver. 

O 4 



4dâ BnUtfrfiiQpn dbs &xsNeu ; 

ê 

condenfe là , &c. H en. eft de même de 
tous les Etres fpirituels ou matériels qui 
compofent ITJnivers. Tout y eft lié , tout 
y eft dépendant. Si donc il n'^ a rien dans 
rUnivers (]ui foit entièrement indépendant 
&qui exifte par foimême, il fuit évi- 
demment que cet Univers n'eft pas nécef- 
faire dans fes parties, ni dans le tout qui 
en réfuite. Or ce qui tfeft pas nécejfake 
eft contingent^ ce qui eft contingent ne 
peut pas avoir en foi la caufe de Ion exi« 
ftence, ni être éternel (J. X.)» par con- 
féquent, ce Monde n'a pas en foi la caufe 
de fon exiftence. Q. £. U* 

Après avoir répondu dans la XlVe. fèc- 
tion i quelques objeâions des Athées, ob* 
jeâions pitoyables à la vérité , mais dont 
il ne pouvoit cependant pas fe difpenfer de 
prendre connoiflance , H. Maas pourfoit 
ainli fa Démonftration. 

$• XV. Puifqueje Monde ne s'eft point 
'produit ($. IX;, ni n'exifte néceflaire- 
ment ou par foi- même CJ. X. XIII.), & 
que par conféquentil ne fauroit avoir en foi 
la raifon de (on exiftence, & qu'il doit 
pourtant avoir une raifon de fon exiftence 
comme on Ta clairement montré $. VII^ 
il fuit évidemment qu'on doit cherchet 
cette raifon hors du monde. $. VIII. La 
trouvera-ton cette raifon dans le Hazard? 
L'Hypothèfe du Hazard & d'une Fatalité 
aveugle eft iî déaéditée dans ce fiècle phi- 

loto* 



Av&xL, Mai» JoiN. 1700. 467 

Idbphîque, que fi TAuteur la réfute ce 
n'eft que pour rendre fa démonflration en- 
tièrement complette. Cette réfutation 00 
cupe la XVK feâion. Elle eft faite avec 
beaucoup d'efprit , d'ondion & d'éloquence. 
Nous en épargnerons pourtant le détail à 
nos leâeurs trop inflruits fur (cette matiè- 
re rebattue; il fuffit de Tannonccr pour 
confcrver dans notre Analyfe Penchaîno» 
ment qui règne dans l'ouvrage dont nous 
rendons compte. 

$. XVIII. Si donc PHypothèfe d'un a- 
veugle Hazard qui eft un vrai rien , aulDS 
bien que celle d'^ne Fatalité fans intelligent 
ce font contradiâoires & abfurdes , bien 
loin de pouvoir être envifagées comme 
fuffifantes à rendre raifon de Texifteoce du 
monde f J. XVII.); fi le monde doit pour- 
tant avoir hors de foi une raifon de fon 
cxiftence ( §. XV. ) , il fuit avec la derniè- 
re évidence , que le Monde en tant qu'il eft 
un Etre contingent (§. X. XIII. ^ & qui 
porte les caraâères de puiffance, de def- 
fein, & de fageffe (§. XVII J, doit avoir 
la raifon de fon exiftence dans un frincipe 
aBif hors de lui , dans un principe qui 
fuffifeà un tel ouvrage (g. X). Carpuif- 
que tout ce qui exifte doit avoir une rai- 
fon fuffifante de fon exiftence (§. VII. J, 
chaque ouvrage fuppofe néceffairement un 
ouvrier , une caufe fuffifante à fa produc- 
tion 3 & par.conféquent le Monde n'exif- 

O s t^t 



468 BibLIOTHBQVE 01!S SciENCBSf 

tant nî par foi-même ( §. XV.) ni par ha- 
iard §. XVIL XVHI , doit être rapporté 
à un principe qui lui ait donné l'cxiftcnce. 
S. vni. Et puifquc de plus il ne peut fe 
ttouvct dans l'ouvrage des perfeaions qui 
Be foicnt pas dans l'ouvrier §• VU, il fuit 
Béceffairement qu'il y a quelque chofe 
hors du monde qu'on doit regarder comme 
«n principe fufBfant d'où il tire non feule- 
ment fon être , mais auffi fa fi^me & tou- 
tes les perfedlions, qu'il renferme. Ce 
laifonnement eft'à la portée des cfprits les 

plus bornés. ,, , , ,. • 

S XIX. Ce Monde donc dépend pour 
fon exifttnce. d'un principe hors de foi 
( XVlII.)i ce Principe eft ou oMitmgent ou 
iéceffaire&éternel (§. X.); point demi- 
lieu S'il eft contingent il doit, tout com- 
me le Monde , dériver fon exiftencc d'un 
autre principe §. XV; & celui-là d'un au- 
tre iulqu'à ce qu'on remonte à un Principe 
abfolument néceffaire & éternel; puifque 
tant que ces principes font contingens , & 
aue par conféquent ils n'ont pas en eux- 
mêmes la raifon de leur exiftence, & que 
cette raifon pourtant doit fe trouver quel- 
que part $. VII , il faut ou, !<>. qu'on ait 
recours pour trouver cette raifon aune luc- 
ccffion infinie d'effets & de caufes , ou 20. 
que nous adoptions l'idée d'un Etre abfolu- 
ment néceffaire , éternel , & tout parfait^ 
qui eft fans caule, & qui eft lui-mén?e la 



j^vRiL5 Mai, Juin, 1760. 4<$j| 

caufe de toutes chofes. Or fi le î.eft faux 
& contradiâoire » le 2. doit être vrai & 
démontré. 

Que le i<. foit faux & contradiâoire, M. 
Maas le démontrç dans ies §. XX.i&XXL 
avec une force & une préciiion ^ auxquel* 
les rien ne manque. Oa voit que quelque 
rebattue que foie la matière, il l'a médi^ 
tée comme s'il n'avoit été précédé de per« 
fonne dans cette fublime carrière , & qu'il 
a employé beaucoup de fubtilité , d'inven-i 
tion & d'art eo combattant !a chimèred'u* 
ne fucceffton infinie de caufe & d'dfets ; mais 
après tout ^l'objet n'étoit pas digne de tant' 
d attention; nous nous. difpenfercHis pac 
conféquent de nous étendre là-deflu& 

§ XXII. XXIII. Si donc la raifon de 
l'cxiftcnce de cet Univers ne peut fç trou- 
ver dans aucun autre Etre contingent 
(§. XIX;, fi la fucceflîon à l'infini n'eft 
pas recevable (§. XX. XXI.), & fi l'Uni- 
vers doit avoir hors de foi la raifon de foa 
exiftence §. XVIII, il fuit évidemment 
que cette raifon doit fe trouver dans un £« 
tre parfaitement néceffaire qui renfeime 
en lui - même la raifon de ion exiftence 
§. XIX , & qui doit être conOdéré comme 
la caufe fufiifante de tout ce qui exifte. 

§. XXIILC'efi ainfi que de ceprincipej^/L 
que cbofe exijle aHueikment notre ingénieux 
Auteur nous a conduits par une chaîne de 
conféquences claires & inçonteftabies a la 

con*> 



470 BiBLioxmauB oss Scxbkcbsj 

eoonoiflance d'un Etre gui a en M -mime 
la Raifon de fon exijlence C§.XX. ) & qui^ 
au lieu de dépendre de quelque autre eau- 
fe , eft la fource de tous les Etres qui coin- 
pofent rUniver«. 

Or de ce que cet Etre a en foi la raifim de 
fon exijlence , on peut tirer avec la dernière 
évidence les confëquences fuivances: 

10. Qu*il exijle nécejjairement. Car tirant 
de foii-meme ou de fon eflence la raifon de 
ion exifience , il eft impoiEbie & contra- 
ëidioire qu'il n'eiciftat pas^* or ce, dont la 
flon-exiftence eft impoflible Se contradic- 
toire, eftparla définition (§. XO abfolo- 
juent néceifaire. VÂfiiti ou l'exifience 
néceffaire eft , félon M. Maas , la première 
notion & par conféouent l'eflence de la 
Divinité. C'eftià auili que fa démonftra- 
tion le conduit d'abord, & c'eft de là qtfil 
déduit les autres perfeâions de l'Etre des 
Etres. 

5. XXIV. 2». Un Etre qui eft néceffaî- 
re eft par cela même Etemel. Puifque la 
ndn-exiftence d'un tel Etre eft impofiîble 
(§. X.)« il ne fauroit avoir ni commence* 
ment ni fin ; or ce qui n'a ni commence- 
ment ni fin eft éternel. 

J. XXV. 30. Un Etre néceffaire 8c é. 
ternel doit être Indépendant, Otft un axiome. 

40. Il doit être Simple^ puifqu'un Etre 
cowfofé dont l'exiftence dépend de l'union 
des Parties » qui ont été jointes , & par con- 

iequent * 



AfRiL, Mai ^ Jui». i7tfd. 47T 

féquent peuvent fe diflbudre , ne fauroï 
être nécejjaire. 

§. XXVI. 5.!L'Etre Héceffaire eft Imrnua^ 
ble. Le contraire de ce qui eft nëceffaire 
cft impoffible §. X; donc ■ ce qui eft né- 
ceiTaire ne fauroit paifer d'un état à ua 
autre^- or ce qui ne fauroit changer d'é- 
tat eft immuable. 

d L'Etre nécejjaire Se immuable doit être 
fans bornes. Car s'il avoit des bornes , il 
n'auroit pas tout ce qu'il pourroit avoir; il 
pourroitpar conféquent pafTerd'unétatàua 
autre , & par là il ceiTeroit d'être immuable* 
& n'étant pas immuable y il ne feroit plus 
néceflaire. Donc l'Etre néceifaire & im- 
muable eft fans bornes & par conféquent In» 
fini. De ceci fe déduifent naturellement tou- 
tes les autres perfeâions de l'Etre Suprême. 

Notre Auteur ne s'en tient pas-là. li 
montre 

§. XXVII. que de toutes les propofitîoiïs 
précédentes il fuit néceffairement que TE- 
tre , oui eft le principe de toutes ibojès , eft 
auffl uiftinB de cet Univers^ 10. parceque Tua 
cft caufe & l'autre effet , 2. parceque l'un 
étant nécejjaire , éternel , immuable , Se 
l'autre contingenta créi dans le tems^ kfiu 
jet à changer^ il feroit abforde de fuppo- 
fer des qualités fi contradiâoires dans le 
même Etre. L'Univers donc & fon Au- 
teur font des Etres très - diftinâs l'un de 
l'autre. Q.. E. D. 

M. Maas prouve dans fa XXVIH Seo 

tiOB 



47^ BiBlIOTHEtUB DES SciSSCES, 

tàoa que l'Etre qui ejl aifi/i diJUnSl de PUm- 
vers^ en ejl la caufe libre é^fuffifànte. C'cft- 
à-dire» qu'il l*a créé fans y être détermi- 
né par aucun Etre extérieur. Car pour ce 
qui regarde la Liberté interne , ce n'écoit 
pas ici le lieu de démontrer , qu'elle ap- 
partient à l'Etre Suprême ^ puisqu'il faut 
prouver préalablement la fpirualitité de ce 
ipand Etre. 

$. XXIX. Ainfi donc par le moyen de 
te feul Principe Quelque cbofe Exijk §. VI 
notre Auteur a démontré l'exiftence d'un 
Etreûui a en fii la raifon de fin exiftence 
(i. XXIL), qui eft abfibment Héce flaire 
fg. XXIIL). Etemel $. XXIV.), Indéfen- 
4lant&Smple(§. XXV.) ^ Immuable « £^ In- 
fini (§. XXVI), Diftinade tUnivers(XXVm.) 
C'eft l'Etre qoi s'appelle D i bu ( $.IV. ) 
Donc il a prouvé qu'il y a un Diea £t 
jamais Auteur n'eut plus de droit à met- 
tre au déflbus de ks preuves: Q. £. D. 

Après avoir ainfi achevé fa Démon- 
ftration , notre digne Ecrivain parle au 
cœur dans la XXX Seâion avec autant 
d'onâion, qu'il avoit parlé à Tefprit avec 
précifion & avec clarté dans les Seâions 
précédentes. Ayant répandu de la lumiè- 
re fur le plus noble de tous les fujets » il 
en exprime la grandeur dans un langage 
qui y eft aflbrti , & fait fentir de la ma- 
nière la plus touchante les confolatioos qui 
en réfultent & les fentimens qui doivent 
en naître* 

Ixi 



AvxiL^ Mai^ Juin. Z76ÔL 47S^ 

Les cinq Seâions fuivantes font defti- 
oées à répondre aux objeâions des A- 
diées. La XXXVI & dernière renferme 
une prière à l'Etre Suprême , & un mor- 
ceau de Poéile confacré à fa louange. L'ua 
& l'autre font honneur à la Piété ^ & au 
génie de notre Auteur. Les Objeâions 
des Athées ne méritent pas d'être rappor- 
tées. La Foéiie de M. Maas ne pourroit 
que perdre fous notre plume. Ainfî nous 
èmSons cet Extrait par une feule réfle- 
xion^ c'eft que la caufe de la Religion, de 
la Morale^ & des Lettres a des obligations 
très-grandes au Fondateur & aux Direâeurs 
de rinftitution Stolpienne» qui contribuent 
ainfi à animer les efforts ^ à exercer les 
talens , & à taire connoitre le mérite des 
Ecrivains tels .que Peftimable Auteur du 
Difcours dont nous venons de préfentet 
rAnalyfe à nos Leâeurs. 



^^y 



AKTU 



4^4 filBUOTREQUÎE D£S SaENCESf 

ARTICLE DOUZIEML 

NiçoLAi Heerkens Gronîngenjis Iter 
VfiNETUM ad lUuJlriJJimufn Vtrum C(h 
mitem Ottonem Fred. D£ Ltmden 
Dominum^ in Foorji. 8. Venetiis 
Typis Jo. Bapt. Pafquali mocclx. 
Proftat Traje6li ad Rhenam apud 
Henricum Spruîc. in 8. pag. 32* 

C'eft-àdire, 

Voyage de Venîfe par Mr. NîcoiAt 
HEERKEN3 de Gronioguc , & dédié 
à M. le Comte Otton Frédéric 
DE Ltnden Seigneur du Voorft 
&c. &c. * 

A Près avoir allarmé Tes amis par les 
chants lugubres de fa Lyre » & pré- 
paré en quelque forte le public à appren- 
dre bientôt que de Teau empoifonnée par 
le cuivre avoit accéléré fon trépas, M. 
Heerkens reparoît heureufement fax la 
fcène^ accompagné de la Santé & des 
Mufes. Ces fiue$ aimables du Dieu des 

Vers 



Atxil» Mai, Juin. fjeo. 47^ 

Vers ont fak avec lui le vôya^» de Ve« 
nife; elles lui en ont infpiré la defcrip- 
tion,& elles l'ont animé a dédier ce petit 
poëme à un de leurs Proteâeurs des plus 
diftingués. C'efl: de M. leComtedeLynden 
fils unique du feu Burgrave de Nimègue 
que nous parlons. £n parcourant l'Italie , 
où il a fi glorieurement perfeâionné fon 
goût pour Tes beaux - Arts & étendu iès 
connoiflancés dans l'étude des Antiquité9< 
& de la Littérature , ce Seigneur s^ eft ac- 

3uis Teftime & le refpefl de divers Savans 
u premier ordre. La correfpondance qu'il 
entretient encore avec eux dans la langue 
des Atticus & des Ciceron dont il pouéde 
toutes les fineiTes , a Araiuà notre Auteur , 
des recommandations qui lui ont ouvert un 
accès facile jufqu'au Vatican & i fon illu- 
ftre Bibliothécaire M. le Cardinal Paflîo- 
neî. Il étoit donc naturel qu'il fe fit un 
devoir de témoigner publiquement ^i, foa 
généreux bienfaiteur la reconnoiflance 
qu'il luji doit ; & c'cft le defir de s'en ac* 
auiter , qui lui a difté l'Elégie qu'on trou- 
ve ici à la tête de VUer Venetum. En voi- 
ci le début. 

Fidi turrigerls , gua JUrgit , fluBibus urbem , 

Sparfit ô* ASriaco jam Tbeth ora fcUo. 
Partaguies^ Marciguefacris votaofculafulais^ 

Votaque cujlodi folvimus ara Deo. 
OPatria^ ôSoror, éP Fratres , cariguejodaks ^ 

Et carum cauf, gmàguU m urhe met eft; 

Tmc XUU Part. Il P Vof 



é^j6 BlBLIOTHSQPI DU SciBtlCEi, 

Âcapjte bine y Veneti nunc quoque vath^ aije! 
Et tu Gelriade , fugkns quem nofcere coefi^ 

Ut major Patria mefigueretur amer; 
Et génère , &• Mujis , ô* moribusincUte cuit'n 

Lyndeni , Tatria glorra magna mea ! 
Accipe ^uùd fcrifji ^ rbeiis dumvexor iniquis ^ 

Et reput viÛa commoda blanda tua : 
ViUa^qua filtrat monumentum Régis Amici^{ i) 

Ut fier et Cbaritum Pieridumque domus. 
Crede mibi^ *ve£lo per caftra cruenta , per Alpes ^ 

Perque tôt infidœ dira fericla vue , 
Ut itius filtrat Gettcis extjje cavemis^ 

Meve Borijlenia prorrpuijp cala ; 
Certe non toties molles mim barbara menfa 

CaufaJJet gémi tus barbariorque tborus. 
Catzjus edixit ncjfter , bene qui cupit ejje 

Urbejuvat Batava non procutbofpes eat. 

L'Auteur finit cette Elégie par un trait 
de mode&ie & de politefTe. Il prie M. le 
Comte de Lynden de regarder la deraip- 
tion de fon voyage comme écrite pour lui 
feuL On diroit m!\\ z peur que les Mu- 
fes parmi lesquelles il place élégamment 
TEpoufe ainoable de fon Mécène ^ ne la 
Yoyent. 

Mtto^ 

(i) Be F#pr/?pfopeZutphaniom,doinas Regu« 
quam Galieltnm IIK Magnse Britatmis Rev, Jufio 
Arnoido de Keppcl, Comiti ab Albemarle, magot* 
fice eztruâam dono dederat* 



AvuiL, Max, Juin, 17^0, 477 

MHtoquodabfenti memores confer'vet amores , 

Mitto^ quoi ab\ p'atijit tibi vatis otuu 

Non precor hoc do£hs recites , éjuoque oavia 

Aut lut en conjux ^ altéra Mufa^ fedet. 
Sedfohs Sylva , qua Berkela parvulus amnis 

Te ternis vena carmen amare fincit. 
Berkela crefcit aquis^ crefiet fua gratia Vati^ 

lUius adcaras cum moduktur aquas. 

A dire vrai, M. Heerkens auroit pu 
rendre la relation de fon voyage plus amu« 
fante ou plus inftruâive qu'il ne l'a fait. 
Dans les 354 vers dont elle eft corapofée 
on ne rencontre rien de bien intéreiTant. Il 
y a quelques defcriptions de lieux ; il y a 
aufli des éloges de quelques Savans; des 
traits de reconnoifTance pour ceus qui ont 
le plus cordialement acceuilli TAuteur , fur- 
tout pour les PP. Jéfuites de divers en- 
droits. Du refte, la plupart du tems le 
Poëte n'occupe fes Ledeurs que de routes, 
de voitures , de gîtes , & rarement dans 
les tableaux qu'il en fait fon pinceau a-t il 
mis l'aménité d'Horace , ou de M. le Franc, 
ou l'enjouement de Bachaumont & de la 
Chapelle. On ne peut guère être de bon- 
ce humeur quand on foufffe. L'ennui , la 
fatigue , la mauvaife chère ,. le froid , de« 
brutalités, & les périls fui virent l'Au- 
teur jufqu'à Munich. Il y arriva avec la 
flèvrç fur le corps, mais enfin fon front s'y 

P 2 dcri* 



478 BlBtIOTHEQ]aft DIS SCJEHCCS» 

déride. II y rencontre un ami de Rotter- 
dam. Il y a l'honneur de baifer la main 
de S. A. R. Me l'Elcariccf de Bavière, 
& dès ce moment guéri de fcs maux il 
oublie tes peines. 

Fit via : cedenti pratendit regia cdnjux , 
Qiiam labro pronus ^upplice tango manu. 

Si quiderat marbi^ diffiigerit inde meduUis. 
Omne iter Italie profperafigna tuUt 

Gaudia vix potui retinere^ 

Ce ne fbt pas néanmoins le feul plaifu 
que notre convalefcent trouva i Munich. 
Il contempla de ma^nifiefues tableaux, il y 
vifita une. Bibliothèque également riche 
en ouvrages & en portraits des Savans ; il 
[ eut la fatisfaAion d'y admiref desEglifcs 
fomptueufes & de précieufes reliques. 

Mais au ibrtir de- là, nouvelles épreuves. 
Il falut monter jufqu'aux nues par de rudes 
montagnes , braver la pluye , la grêie 
& les vents , & pafler par des lieux ii 
horribles qu'on diroît félon Texpreffion é- 
fferçique de notre Poëte que la nature y 
expire. 

Natura hic bomini tanguam expirare 'wdetur. 

Jufqu'à Vérone rien ne dédommagea M. 
Heerkbns de tant de fatigues, pas mê- 
me la fameufç ville de Trente , où il n'y a , 
dit* il, avoir que dçs temples fous un ciel 
mal-fain. Mai; 



■ 

Mais Vérone & fofl Amphithéâtre, puis 
Vicence & fcs belles Eglifcs l'occupèrent 
tout - autrement. Par malheur pour le , 
Poc'tc & pour le Ledleur, de Vicence à 
Fadoue la compagnie fut deteilabJe; on fe 
battit, une dés roues de la voiture fauta; 
TAuteur en arrivant né trouva pas un feut 
des principaux Savaos qui ornent TUniver- 
fité; Morphée fut fon unique rcffource & 
dès le lendemain réduit à partir pour Ve- 
nife; tout ce qu'il ajoute, c'eft qu'il y ar- 
riva. 

Ici cependant ne finiifent pas les produc- 
tions de M. Heerkens qu'on a raffem- 
bléès dans ce petit volume. On y trouve 
encore une Elégie à IIL de Sifen, & une 
Ode à M. Mauritius. 

L'Edition du tput, faite avec une éié« 
gance & une correâion peu commune, 
eft due aux foins de M. PraRENOT, le 
même que nous avons eu occafion de ce- 
lArer dans l'Article précédent de cette Bi- 
bliothèque. Nous y avons dit un mot de 
ce que le public peut fe promettre de fa 
Mufe. On en jugera fans peine par les 
jolis Vers qu'il a adreffés à M. le Com- 
te de Lynden à la tète de ce recueil & 
que voici. 

Wuftris Lyndene Cornes^ quem PubOcacura 

Tangit ^ &• Aonii cura benigna cbori^ 
Rezia dum rident Domino Pallatia , dum te 

P 3 -Hi- 



480 BiBLIOTHSQUB DBS SciSKCBS,. 

Biberms reaeat gratter aurafocis; 
Sefpiee qua Venetd tranfmijja Pomata ah 
urbe 

Redduntur fatriis publka rite tyfts. 
Quas tibi debcias abjens Herkenius offert^ 

Sifennoque fuo , Mauritioque fuo : 
Etguod narrât hcx^ioca menti gratareduàt 

Quaque tua oculos^ qfia tenuere pedes, 
Magnusbonos ^ma^no carmen Fautoreprobari 

Major ab exmo Judice pojfe kgi. 

NOUVELLES LITTERAIRES. 

/ , Angleterre. 

LONDRES. Parmi les ouvrages excellens qui ont 
paru ici depuis ceux dont nous avons fait men- 
tion dans la Partie précédente de ce Journal « celui qui 
a pour titre, Dia/ogues ùf tbe Dead^ c*en*à-dire, 
Dia/oguet des Morts , imprimés in 8* chez Sandbj , 
mérite incontcÛEblement la première plsce. Si l'Au- 
teur de ces Dialogues ne patoic pas poOeder le fel 
de Lucien , ni le tout d'efprit de Fontenelle^ il les 
furpalTe cependant tous les deux à plufieurs égards 
Ses Dialogues pour la variété & l'importance des 
matières, & la folidité & la précilion avec iefquel- 
les elles font traitées , nous paroilTect fupérieurs à 
prefque tous les ouvrages que nous avons dans ce 
genre. Le Philofophe, le Littérateur, Tbomme de 
bien fit rhomme de goût , y trouveront aropie- 
ment de quoi fe fatisfaite, & le Politique fur*tout 

dans 



AvRiLi Mai, Juik. 1704 481 

dans les réflexions qull y verra (br les caraâèret 4t 
ks devoirs des Légiflatturs , del Princes 6e des Mi- 
nières, croira reconnoltre TeTprit & le génie de 
rimmorcel Montefquieu. Il ne fe tipmpera pas 
beaucoup puifque PAuteur de ces Dialogues e(l 

MTLORD LlTTLETON. 

Un autre Eaivain qui joint ï l'élévation du rang 
un mérite trii - diflingué » a enrichi hi République 
des Lettres d'un ouvr^rge profond & ingénieux que le 
JurisconfultePbilofophelira avec un finguUcr plaifir, 
£n voici le titre. Tbe Princip/es of Bfuityy c'e(l-à- 
dire, Principet d'Equité^ in Folio. Cet ouvrage 
qui a été imprimé à Edimburgh & fe débit<ç chez 
Millar à Londres, eft une Théorie coiliplette des 
Principes de l'Equité réduits en fyftâme, dans It 
quelle l'Auteur marque auffi avec préciGon les bor- 
nes, qui réparent les règles de TEquité d'avec les 
Lois communes du Royaume, & difcute plufieurs 
queftions également délicates 6e intéreflantes , relati- 
ves aux procédures dans les Cours de Juftice. 

L'année paflée nous donnâmes un extrait d'un 
excellent ouvrage intitulé Aflronçmie expliquée 
félon les principes de Newton , ( l ) qui pré- 
viendra fana doute en faveur ds la produâioa 
fuivante du môme Auteur , Lefiufes on felefl Jub'* 
je^s in Méchantes^ Hydroftaticks ^ Pneumaticks 
and Opticks &c. c'eft-à-dire , Leéiures fur des fu» 
jets cboijts dans la Mécanique , YHydroJîatique , la 
Pneumatique & tOptique ^ comme aujji fur i'ufage 
des Globes , la Gnomonique & la manière de cal- 
culer le: Eclipfes^ par Jaques Ferguson. -8. Pu- 
reté de Hile , clarté d'idées , profondeur de connoif- 
fances, figures dans un goût oeuf, fimple 6c ingé- 
nieux , voilà les caraâéres diftinâifs de cet ouvra* 

(i) Voyez Tem«lX.de cette Bibliotbèq.uei^,&x 

P 4 



48l BiBtIOTHBQim DBS SciBNCEt; 

ge, dans lequel le fflvaot ^oteut comme dans fci 
autres ptoduâiODS a eu égard aus pecfoDiies qui 
]i*ont pts foie de grands progrès dans la Géométrie. 
Griffiibs débite une traduâioa Aogloife de It 
VifertMtian fur la %9UU^ par M.Cba&lesLouis 
LiGER Profljfeur €• Médecine dan$ tUniverfitiik 
Farts. Cette Biflertatioa eft très-ellimte, dt re* 
gardée comme ce qu'on s de meilleur fur la nature 
ft la guerifon de la cruelle maltdie qui en £iit le 

fujcr. 

On s au(0 traduit en Anglois PBjjai de M. Tis- 
terfur its Fièvres Bi/ieujes; il fe vend in S. 
chez îPiifin dt Durkam. 

11 pàfoU chtzMiilar^ aNevJ Eflimate ofMaih 
ners and Principles &c. c'cft-à-dîre , Notiveik Jf^ 
préciatien des Mœurs & des Principes^ fui reth 
ferme une eemparaifin des tenu anciens avec ieficle 
' ait fsous vivons , anjt dires par raffort à Ufciencê^ 
à la vertu & au botUteur , c^ relativement à toutes Us 
IJatiêns en général ^aujji bien qu'à la Grande-Bre^ 
taine en particulier^ Le Plan efi vaile, Texécu- 
tiOQ nV repond pas; on trouve cependant dans ce 
petit ouvrage • quoique défeâueuz , plus d*uiie preu- 
ve que fou Auteur ntft defiitué ni d'efprit» ni i^ 

tudftioné 

On trouve chc£ Newberry , tèe Sbrubs of Par* 
naffus &c. c'eft^dirc, les Arbrijpeaux du Par-^ 
najfen eu Recueil des Peéfies férieufes & badines^ 
la. Par Jean Copy well , Ecuyer, C'cft le titre 
modefté d'un trésvjoU recueil • donc TAuteur auioic 
pu dire fans rougir Ton vrai nom» au lieu de fea* 
cher fous celui de Copy well. 

A propos d*ArbriJfea»x du Parna^^ on a tra* 
doit en Auglois , apparemment parcequ*on y tradoic 
tout, Secratet Tragédie attribuée à M. de Vol- 



AvAiL» Mai» Junf. n6o. 4Bi 

TAi&x. Le Libnire Dodfley le vend; dû moios il 
avertit qu'on poit Ttchetcr chez IuL 

Millar débite une Brochure qui a pour titre, ^v» 
Mét^f toviards m Metbod of prej$rving tb$ SeeJs 
•fPiéntts in aftête of végétation^ â:c. c'eil-^-dire» 
Efféù de Méthode pour confefver la Jemence des 
Plantes dans un itat propre . à la végétation fen* 
dont de longs Voyages» Par ' M. PutLEiNt En» 
duire ces femences de cire vierge» ou de fuif^pour 
en exclure Tajr , voilà Tidée de cet Auteur déjà 
connu par une DiJ/ertation fur Ut vers à foyo. 
Si Tair eô ce qui nuit le plus à la confervatîon du 
Principe de végétation dana lea femences , il y a dea 
moyens plus faciles que celui que M' Pull^in in« 
dique , pour parvenir au but qu'il (e piopofc. 

Les Amateurs du Tbiêtre liront avee plaifir^an 
EJfay upon tbe prefentflate of tbeTbeatre in Ftan^ 
ce y England and haly^ etc. c'eft-à-dire , Dijfer" 
tation jur titat prifent du Théâtre en France « 
en Angleterre & en Italie, On y a joint des Rém 
flexions fur la Foéfle 'Dramatique en général^ & 
fur les caraêlires & le mérite des Principaux Au^ 
teurs Dramatiques & Aéieurs dans ces trois na-^ 
fions. In 8. chez Pottingçr» 

Les CoDooinfeuis en Muûque ne feront pas rooins 
fatisfaits de Touvrage qui a pour titre, Mefnoirg 
oftbe life of tbe late Georof. Frédéric IIabt- 
pEL, &c. Mémoires fur la vie de feu Georg£ 
Fkederic Han^Pel^av^c un Catalogue de jet ou^ 
vrages^ é^. aies remarques là'defjus. g. chez 
Dodfley. 

ITALIE, 

VjitfiaE, U paroît ici une nouvelle édition de la 

PS Som. 



x^a^ 



484 BiBLlOTBBQtJB DBS SciBKCBSj 

SmmtéU St. Thomas, chez Occhï^XL 7 vol in 4. 
ptr les foins de M. D£ Rubei9. Ce qoî la 
tend cftimable, c'eft la cortcâion da texte, 
nndication dea Variantes à la narge , ft de 
favantes Dif&itations de l'Editeur à la t£te de du- 
qiue volume. 

On h\\ très-gnnd cas d*un Ouvrage en faveur 
de la Révélation, qui a commencé fous ce Titre, 
Il trionfo deila Verità drc. c*eft-à-dire , Le trim- 
fbt de la Vérité dans tbarmonie de la Foi & de 
ia droite Raifon, in 12. Il eft écrit en forme de 
lettres. On compte qu'il fera de plus de XX vd- 
Ittmes. Le I. contient trente lettres fur laReligkn 
Naturelle ft la Révélation en général. Le I L ca 
contient vingt & deux fur la Révélation de Moyfe; 
le IlL quarante fur la Révélation Cbrétienneî le 
IV. trente fur les dogmea & les myfières du Cbii^ 
tianiûne. L'Auteur y prouve fort bien que li les 
hommes raifonnoienC toujours fenfément ils ne fe 
plaindroient jamais que la Raifon foit en contradic- 
tion avec la Foi. 

Le I. Volume d'une nouvelle Edition de Cujas 
cft forti des preiTes'de Storti, Ceft un /«fol. de 7C0 
pages. Toute la coUcéHon fera de XI Tomes. 

M. P. Trava?a vient de donner un fécond vo- 
lume de fes Vies des Héréflarques , Storia Criticê 
délie vite degli Erefiarcbi. Il contient les vies de 
Tatied» de Montanus, de Bardefane & d'Hermo* 
gène. 

Padou£. Notifie Storiebe 9 &c. I vol. in 4. chez 
Manfré. Ceft un abrégé de la Notice des Eglifes 
& des Monafières de Venife & de Torcellî, par M. 
CoRNARO Sénateur Vénitien; Ils'eft lui-même don- 
né la peine d'extraire cet Abrégé, des XVlII volâ- 
mes in 4. qu'il a précédemment donnés en Latio 



AvRiL^ Mai, Juin. 1760. 48^ 

^ où il a recueilli avec une érudition & des peines 
immenfes, tout ce qui intérelTe la connoilTance des 
Eg^ifes & des Monailëres de fa Patrie. 

RoM^ M Paciâudi vient de publier une fécon- 
de édition de fon traité des bains facrés des anciens 
Chrétiens. Pauli M. PaciaudI &c. dt facrh 
CbriJlianoYum Ba/neis Jiber fingularh , ficundit 
curis emendatior & auélior , gfud Pakarwos, 4. 
fag. 217. La première édition de ce favant Trai- 
té faite à Veoife en 1750 n'étoii que d*uae qua- 
rantaine de pages. 

LuQUEâu On trouvera beaucoup de chofes cu^ 
tieufes dans un Ouvrage que M. le Comte de PoN- 
TiCELLi a publié fur trois fortes d'affcâions tlyùc» 
tiques; Di ire ffecie di affeziope ijïnictt, Ccft 
un 8. de 391 pages imprimé chez Giunthi. 

L'inoculauon continue à trouver de puifians dé- 
fenfeurs contre ceux qui la dicrient. M. Plzzoum 
Profeileur de Médecine en cette ville y s*e(lcru obli- 
gé de rendre publique une Oraifon de fa façon , def- 
tin-ie à encourager cette méthode, & un petit trav 
té confacré à rilbuJre les objeélions que quelques- 
uns de fcs confrères y avoient oppofécs, hn voici 
le i\ini ^Orazione eccifaforia &c, chez Gandini iu 
8. pag. 127. 

PI5E. On fe propofe de donner par foufcriptîon 
en 4 vq), in 4. rHirtoiie de ce?te ville écrite ea 
Latin par M. le Chevalier DalBorgo. Qa 
l'imprimera chez Giovaneiii ; & Ton affure qu'il 
y aura beaucoup à apprendre foit du côté de ITIif. 
torique , foit par raport aux Infcriptions & aux ufa- 
ges du moyen âge. 

Florence. Le fils du célèbre Coccbi vient de 
publier une diflertation intéreflante de feu fon Père 
fui Afclepiade» Dijcorjo frimo di Antonio Coccbi 

&c« 



4t<^ Bibliothèque des Sçiencbt, 

&c. chez Alkizztm io 4. On croir^ue ceprcmin 
Difcoura fera faivi de quatre autres. 

Le P. ALPEi.NxcoLAl Jéfuite continue Tes Di(^ 
cours fut TKaiture, fous le titre de Dijfertazim 
e Leziont ai f aéra Scritiurtk &c. Le Tome 111. in 
4. a vu le jour chez Vivianî, Ce fera un ouvrait 
de longue baleine. L^Auteur n'en eft qu*au V. 
Chap, de la Genèfe. 

Le Tome i. de la magnifique coUedion d'efttin- 
pes otr font repréfentés les tableaux de M. le Mtr- 
qois Gerini, fe débite depuis quelque tero s. Chi- 
que hilampe cft accompagnée d*une «xplicarion en 
Italien & en François. L'ouvrage efl un grand /«rfol, 
On en aura encore un volume* 

Les amateurs des Antiquités Eccléfiaftiques ap* 
prendront avec plaiGr qu'on t imprimé Prefe Vot" 
£ari &c. c'c(l'^-dire,Ortf{/^iyi en Langue Itafitih 
ne far h P. J, LAURENT Bertt Auguftinien, 4. 
pag. 318. Ces Oraifons au nombre de dix font 
aulB favantes que bien éc^tei. L'Auteur y fondcoi 
parfaitement fa réputation, 

SUISSE. 

Lauzann£. Marc Michel Boufquet imprime en 
deux volumes in fol. les Oeuvres de l'illutlre Préfi- 
dcnt de Byni^ersHoek. Ç'eft M. Vjcat Proftf- 
feur en Droit qui préûde ï cette Edition , & lui ap- 
paremment qui annonce « qu'elle fera enrichie de 
pièces julqu'lci rcfufées à la preiTe. £n de pareilles 
mniûs , ce Recueil des Ouvrages du Prince des Ja- 
riijponfuUes de uotre flècle , ne peut que prendre une 
forme de une correâion qui en afloctiflènt le mérite 
Intrînfcque. 

B£aN£. La Société desSavansde cette Villes pro 

cure 



Avitii.) Mai, Juiir. t'jco. 487 

cure une nouvelle Bdition de la tnduéliOQ Fnn- 
çoife des admirables Poéûes de Mr. de Halleb* 
Klie eft gtoifie de VII Articles intérellaos; au lieu 
d'un volume elle en a deux init. 

Nous nous contentons d'indiquer un ouvrage dont 
nous parlerons dans la fuite piua en détail. Ënvoid 
le titre, Cauhgus Cedicum MSS.Bibiiotbtut B^r^ 
ntnjit^ Annotûtionthui criiicis iilujîratus. AdJîts 
Junt Specim'tna Jcripturd ex codictburvarU étUtU 
iabyJit Jculptis exhibita; & fr£fatio hijîçrical 
€urênte J. R. Sinner Bihiiothecari^. Bernée, fi. 

Un évèoement qui a fait bien du bruit daos tout 
le Canton , & qui eft bien conûaté , c'eft la grodèf^ 
fed*Anne Atumentbaler d\i'RMi\\i9%t de Trachewald. 
Celte jeune fille n'a eu que neuf ans accomplis le 
7. Février 1760. Elle a été délivrée d*an enfânc 
mort , mais très-bien formé. Le Sr. Bréun Chirur* 
£ien qui la délivra le 15 Janvier en a paUi une dé* 
claration publique & autenthique* 

La Société Oeconomique de Bernez reçu vingt & 
quatre dilTercations pour concourir au prix fur le fit- 
jet qu'elle avoit propofé. Quatre de ces diflertations 
feront imprimées , la i. de M. A.Stapfir Frère da 
célèbre Théologien de ce nom ; la féconde de M. jtan 
Bertrand connu par divers ouvrages & frère de ceiui 
de Berne qui e(l Membre de tant d'Académies. La 
3 . de M. Seigneux de Correvon Magiftrat à Lau* 
jsanoe 9c de l'Académie de Marfeillé. La 4. en- 
fin de l'illuftre auteur de tami det hommes M, le 
Marquis de Mirabeau, Ces deux derniers Auteurs 
ont été agrégés à la Société. 

Elle a propofé de nouvelles queftions pour cettt 
année & pour la fuivante. Pour l'année l7(5o- i. 
,, Quelle til la meilleurs manière d'arrofer les prai. 
,1 ries feloo la qualité du terroir & celle des eauxf 

M 2. Quel- 



4SS BfBLIOTHE<20£ DSS ScIENCBÏ, 

^ 2. Quelle eft la meilleure méthode de deflëchet 
,t les diflTéreos marais & de les convenir en terres 
,, fertiles & du plus grand revenu poffible. Pour tau* 
„ née 176 1. Quelle eft la meilleure méthode qut 
„ les laboureurs peuvent employer pour préparer un 
,» champ aux femailles dliyver félon 1« diverfité des 
„ terroirs & la différente ficuation du terrein? Quel 
9, eft le meilleur moyen de multiplier les pftcorages 
„ en fàifant des prairies artificielles , fi c*eft d*y femct 
,, différentes graines du pays félon la qualité des 
,, terres, ou de les enfemencerde graines étrangères? 
. On attend de M. Schmidt les Antiquités ^à- 
vrancbe & une differtation fur le Zoâîaque, 

Le premier Tome du Recaeil des Differtations ]a- 
ridiques de divers Auteurs vient de paroltre fous 
ce Titre , Jurtfprudentia antiqua , continent opw 
Jcti/a & dijjertationes quibus ieies antique , fréfer» 
tim Mojaicœ , Grecs & Ronutne illujlrantur. 
Curante Daniele Fellenbero. Bernas fumpti" 
bus Societatis Litterarie. in - 4. pag. 6oo. Nous 
donnerons une notice plus développée de cet Ou- 
vrage dans la fuite. 

Zurich. On trouve chez Gefner , TEleôrc , l'Oe- 
dipe, éz le Philo^te de Sopbocie wtc les premiè- 
res Odes de Pindare , traduites par M. S T e I N- 
B&ucKLER. Ce Savant qui a une connoiffance pro. 
fonde de la langue grecque fie un talent tout parti- 
culier pour en rendre les beautés, ell undifciple du 
célèbre Breitinger» 

Basle. Voici une nouvelle Edition de demc oa- 
vrages très-importans pour cetuc qui aiment è étudier 
le Droit à fes fources les pius pures. £r, Ottonis 
JCti & Anteeejforis ad Jufliniani Injlitutie^ 
num Libros IV» a Cujacio emendatos Note Critica 
& Commcntariui &c. Accedit Tbeo^biii Ptrafhra- 



At&xl, Mai^ Juin. 1766. . 4.89 

pi&c.ex editioneV. CK G. O. Reitzti cxr» 
qutbuldam varîh Lefiionibus, Cura Jo, Rudolph. 
IsKLil JCTI , & AnteceJJofts Bafileenjis. in- 4.pagp 
566. tf^f^^ Thurnifium, Les Variantes du 71^^ 
fbiU font dues à M. Iselin qui étant à Paris ea 
1726 obtint de M. Bi^nçn la p^rmiflion de les co- 
pier fur un MS. du X iîècle qui fe trouve dans la 
Bibliothèque du Roi. Le Doâe PrôfeiTeur, Tun des 
premiers ornemens de TUniverCtédeBafle, y aajou» 
té des Variantes fur le Tit. XIII. L. IX , Cod. de 
Raptu vir^inum^ quV avoit trouvées à la fin do 
MS. fufmentiODné , il a collationné tout ce titre fur 
un MS. en parchemin dont il eft polTeilbur & qu'il 
ïe propofe de faire imprimer à quelque heure* 

FRANCE. 

Paris. I. M. l'Abbé Valart de TAcadémic d'A- 
miens vient de donner une nouvelle Tradudion du 
Nouveau Xejlament chez Brficas in 16. Elle eft 
fiite fur la Vulgate & accompagnée d'une explication 
•des noms de Monuoies, Poids, Mefures, Scâes & 
Tribunaux qui fe trouvent dans ce divin Livre. 
Cette Traduâion dont on loue l'exadtitude eft fie- 
gulièrement tccoœmandable par fa clarté. 

Le P. Hyacinthe de Montargon Auguftin « 
Prédicateur du Roi , Aumônier & Prédicateur ordi- 
naire du Roi de Pologne Duc de Lorraine &c. n'a 
fini fon Bifttonnaire ApofloUque en 13 vol. in* 8* 
que pour fignaler fon aèle par un nouvel ouvrage 
d'éloquence & de piété. H eft intitulé Recueil à'E^ 
loquence Sainte contenant les panégyriques det Pn- 
triarches & Fondateurs d'Ordres^ avec des Confiren» 
a&s Ecclefiafliques , à Pufage de MM, les Curés det 
Villes & de la Campagne , de ceux qui fe deflinent 
à la chaire & mime des Jtmples fdèles. Cet Ou- 

vc«g« 



' 49û BiBtIOTHEQUB BIS ScnCNTCKf j 

vrage aura cinq volooiet. Le l« parole chez Lêiim 
Taioé, c*e(l un in- 8- de plus de 700 pages. 

ir. On débite chez divers Libraires , Coutumes 
des Dufihi , BaiUiêgt it PrtvSté dOriéûns & rtj- 
fart d'iceux avec une Itrtroduâiion générée &€. 
Par Mr. PoTHi£R,i Oriéant. %voi. #0-1%. 

IIL M. LE Camus bien connu par fa Médecine 
de tEfprit ell l'Auteur d*nn recueil qai ne lui &it 
pas moins d'honneur* U eft rempli d'obfervations 
utiles , de vues neuves « ingénieufes »& fouvei» fîa- 
gulièics. Ceft un in 8. de plus de 370 pages im- 
primé chez Ganeau fous ce titre. Mémoires fir 
divers Jujet s de Médecine^ I. &%,Jiir UCervtm 
frincipe de U Génération» 3. Centre tiàullitm 
des F /a» tes, 4. Sur Pabus det huileux» 5. Sur k 
Pierre. 6. Sur ia Rage. 7. Sur les fouis, %. 
Sur la conjervation des hommes bienfaits. 

On a attaqué en cent manièrefrle fard dont lesDi* 
mes Ce mafquent , pour les engager s'il eut été poT- 
fible par Tintérét. de leur fanté & même de Ican 
chaimes » à (è montrer telles qu'elles font. Jufquesici 
ces efforts ont été parfaitement inutiles* Un nouvel 
Auteur tâche d'allarmec le feze en lui fiiifant crain« 
dre que Tes yeux ne foufifrent du plâtre dont il croit 
s'embellir. Cet Auteur eft M* Desbais Gendron 
Dr. en Médecine da l'Univerfité de MoDtpeliier. H 
a en le courage de publier Lettre à Mf\ . m, fus' 
flufieurs maladies de'iyeux eau fées par tufmge du 
rouge & du blanc vc» chez Vincent* Brochure 
de 21 pag. in 11. Elle eft très- bien écrite. Si 
elle ne contribue pas à désabufer les Dames qa'ua 
long ufage a prévenues en faveur du déguifemeot 
qu'elles fe permettent Jl faut efperer qu'elle fetvin 
à infpirer quelque retenue aux jeunes perfonoes 
qui la liront^ s'il en eft qui lifent, 6c qui lifcnt de 
bonpes chofcs, 

Cefi 



AHïiî Mai, Juik^ X70o» 49r 

Ceft pour ces dernière* que M. Blanchet vient 
it faire imprimer ches Ctllleau , La Logique dg 
tEffrit & du emwr à Nfêge des Damés ^ brochure 
10-12. 4e 103 pages. Il y a de Vefpritdins.eet Écrit 
origiaal & liaguiieh L*Auteur défiait la Logique 
VArt de hUn f enfer & de bien feHtir^ Selon lui 
il y a une par&ite analogie entre les fentimens & 
les idées «,C*c(l, dit-il, de la colieâioD de quelques 
,, fentimens de la mêfne efpèce qu'il faut dériver les 
,^ goûts; la colle<ftion de plufieurs fentimens dif- 
,^ femblaUes dt)nnent les i^taifles de les caprices. 
,, Four les PaiBons , elles font une fuite coudante 
^ des fentimens du même genre. Lorfqu*ils n'one 
^, rien de bien vif 6 de bien empreffî ils produi- 
^« fent les Inclinations '*• La Logique des Dames 
eff comprife eu cinq chapitres : fut les Idées fie les 
SeotimenÀ ,fUr le RBifonâement,fur l'application de 
cette théorie aux Paffions, fur la méthode defutfoa 
application auji Paffions. 

On tirera probablememenft une utilité plus géné- 
tale do Livre fuivanr. Ttsittê de tRdâcutlên coT'^ 
ftrelle des enfans^ du Réflexions pratiques fitr ht 
inoyens de procurer une fheilieure çonflitution aux 
êisoye^s. Par M» des Essarts Dr, en Médecine , 
chez }• T. Hériffant in-I2. de 419 pages. Cet Ou^ 
vrage qu'on aflbcie , mais que bien des gens préfèrent , 
à VOrtbopêdie de Mr. Andry , traite d'abord dant 
on piemier ehapîrre des (bins que doit prendre une 
femme groflè pour la confervation de fon fruit. Dans 
les trois autres il s*agit de tout ce qui IntérefTe le 
iiooveau«né, emmaiUotage, berceau, coucher, fbm- 
tneil, nourriture; des qualités du lait, do fevrage, 
de la propreté, delà pooCTe des dents, du filet « 
des habiltemens, de Texercice qui convient auxen^ 
fiiiis. Que d'attentions efibntielles! Que de foini 

Tome XUL fisru IL Q né* 



négligés ) Bqcoi:jb efton quelquefois mal reçu qiiMicl,oa 
pfe s*élever comté les préjpgés inoombrables qu'oA 
fç ftit fur CCS matières. 

On débite une nouvelle Jntrodyéihn à ta connoif- 
féncc dit PlanU$ ufuetlcA dé la Frana. &c. Ce 
a'eft qu'un in-IZ. 4e 268 pages , cbçz Lottin* U 
vient d'Avignon & eft de M. Gautier Médecin du 
Roi. L'Auteur a fuivi U nomcnclawre de Jçurm- 
fort , & difliibué les Plantes en dt claflès à raifoa 
de leurs qualités fenfiblea dominantes , douceur . 
odeur, faveur amèrc, acreté, açidiié» gomme & 

iéline» 

Quoique ce petit ouvrage ait fon m^îte « il B*eft 
rien en comparaifon d'une nouvelle produâios de 
M. DOHAMSL pu Monceau qu'il faudra ajouiet I 
fon Jraité des Arbres & des Arbuftes (c à fa Pkj. 
fique des Arbres. Elle eft intitule Des Semis & 
flantations d^^ Arbres & de ieur cultstre , w 
Méthodes four multiplier & élever les Arbreu 
ks flântif en maffifs & en avenues , former les 
forêts & les bois , les *jentretenir & rétMsr ceux 
qui font dégradés. Ouvrage enrichi de figures 
gn taille douce^ & faifimt partie du Traité complet 
des èois & forêts» 10 4. de 383 fag» ekez, Gueiin 
1^ Pelatonn 

11 parut en 1729 un Eflài d'Optique psir fea Mr. 
.ïûVGUER. Lt9 voyages (Si les trtvaux d* ce céiibre 
Académicien l'empêchèrent 4e. pouOer cet Ouvrage. 
11 9 fini fi vie en l'achevant. Mr« l'Abbé dk la 
Caille qui s'étoit chargé dn ibin de le pobliei i'e» 
eft acquité , d'une Ynanière digne de l'Auteur & de 
lui. On le trouve auffî cbe? Guerin & Dilateur 
fous ce titre . Traité d'Optique fur la gradation 
de la lumière^ Ouvrage Pofibm^ dt M* Bou- 
wm. &c in 4. avec figures. 

les 



I • • 



le» nêmes Libraiiet ont imprimé Lettres fit 
tj^itêiricité ^ dam lefqueiifs on foutient k frincu 
p€ dit tffiuences é^ des e^uences fimultanies ^ con^ 
trd^a dofiriue de M.FniQklia* avec des figuret 
en tailk douce , par M. l'Abbé Nollbt. Il, Part, 
in 8- de 280 pages» 

Nous ne pouvons nous dirpenfer d*«nnoocer ii 
cette occaûon It découvette d'un Religieux nommé 
le P. Ammerfin. Il t tiouvé que le Bois de toute 
efpèce devient éleékrique par frottement lorfqu'il eft 
pu^ de tente humidité» On le met dans un fout 
après la cuifibn du pain , ou bien on le laUIb quel» 
que tems dans le tuyau d'une cheminée dans la 
quelle on fait continuellement du feu , ou bien en» 
cote on rejtpofe aU'delTus d*un biaGer aidant jufqu'à 
ce qu'il commence i fe .noircir. Enfuite pour le ' 
ConTerver dans cet état de deflechement, on le fait 
honillir foit dans de la cire , foi: dans quelque hui- 
le deificcative , ou , on Penduit de quelque veniis. Cn 
cylindre de bois ainfl préparé & bien refroidi obtient 
quelquefois une éleé^iicité plus fone que ne l'eft 
communément celle du globe de Verre. L'Auteur 
ajoute, que, fi Ton fe (êrt de quelque étoffe ou de 
papier pour frotter le cylindre de bois, il iîiut que 
cette garoiture déborde de cinq ou fix travers de 
doigts la main qui le prelTe. 

Un MédedQ de Paris trés-diftsngué dans fa pro- 
feflkm vient de procurer une féconde édition corri- 
gée* ezaâe, de en un petit nombre d'articles aug- 
mentée, de l'excellent Diéisonnatte pûftatif de fs 
Santé en 2 vol. in 8. 

^ Vlnocniation de U petîti'Vitole ne fauroit man- 
quer de tenir déformais une place diftinguée dani 
les Livret de cette Claffe. Les progrès de jcette 
métliode deviennent de jour en jour plus frappans; 
8c il eft à ciotre que des exemples illufirca de fon 

Q 2 fuç. 



0^ BîAlùtHÉ^ ÂlS ScAKCfil> 

fiiccès, achèveront de lever les obÛKles qH*^ op« 
t>ofcDt li fupcrflitioo ou les préventions du petit 
rcuple , Dourties foit pst des objedtioos qui rtllsr- 
ment, foie par une indolence quivl'arrfte , foit par 
quelque autre chofe qui le retient. Pendant qii*eff 
Danncmarc le Prince Royal , i Pife le fils de M. le 
Marquis de Duifbrt AmbalTadeur de France à Na- 
ples , & ici à Paris Madame de Malbeferbes fèmine 
du premier Préfident de la Cour des Aides, vicnnert 
dVtxe inoculés de la manière la plus beureufe, an ar- 
prend de divci fis Provinces du Royaume particuliitc* 
ment du Languedoc , que le nombre de ceux qui jefti- 
lient par une douce expérience les avinttiges de cène 
iàge pratique, 8*y eft fort multiplié cette année, A 
Macfeille auffi de en d*autres villes de It Provence 
on a inoculé plufieurs perfonnes. Tout le monde 
fait le bel établiflement que M. le Duc de Villais 
à ùit à Aix. Non content d'y avoir fondé qp hôpi- 
tal pour rinoculation , où Qx perfonnes alloient ttie 
inoculées dès le 4 Mai , ce généreux («oiivemcnr de 
la Province s*cft engagé à 6ire donner un Louis pour 
chaque enfant que des Parens pauvres y préfenteronr. 
Bel, exemple I & dont limitation ne fauroit trop être 
reconunandée aux Grands, qui défirent de s'immor- 
talifer eft fe montrant les amis des hommes , les bien- 
faiteurs du genre humainr 
' IV. Parmi plufieurs Livres biftoriques qui ont 
paru depuis quelques mois nous indiquons tHîfloi* 
re i/e la Vtiie de Cbertourg por Mi, Rrtaud oa 
FBBSNB.cbez Bét/Zardin-Xi de 177 pages. UMifiûi* 
re des Daupbirn de Viennoîts d'Awvergfit et dt 
France , Ouvrage pçflbume de Mr. l.s Quien de 
LA Neufville , chez Dt/prez,lvo], in-T2. Un Re» 
eueiide Lettres four feirvir d'écUsrciffemevt tPbif- 

fQÎri 



4vRiL, Mai, J^ik. iTfo. 491 

toW^miiitaire éh Louis X/F. cb^ez B9udit 2 vol« 
in 12. » ouvrage corkux où fe trouvent les Lettres 
des Coudés y des Turennes, des Luxemboargs, de 
LouvQis ft de Louis XlV « toutes écrites depuis 
1671 jof^'èla fia de 1674. 7Meau dt la vUh 
jie Parù^ eonpderii relativement au nectaire , à 
tutiU^ à l'agriable^ & à l^admlnifiration , far 
ilf. Jbzb, Avçcat ^ chez Ducteffte in* 8. de pins 
de 600 psges. Tableau de Lion chez Ducbefne^ in 
8. de 82 pages. Etat préfetn des poffe^iwis de 
S. M. Brit, en Allemagne &c. par 14. l'Abbé de 
la V. traduit de TAuglois, chez, Pm;^^/»^, brochure 
in-J2. de Sft pag. 

On a traduit auiB de TAuglois un Ouvrage bien 
plus important de par plus d*un endroit trè^-con- 
fiderable. C'eA YHiflohre de la Maifon de Stuart 
fur le trône d'Angleterre^ par M. Hume. 3 vol. 
in .4. chez Lambert» Cette traduâion eft de M. 
rAbbé Prbvot. 

La continuation de VHiJidre de France defitit 
Titaklsffement de la Menarcbie jufqu*au rè£ne de 
Louis XIV. Tarn. VU & FUI, a vu le jour chez 
Defaint & Saillant» Le Tom. Vil. tout entier 
de feu M. TAbbé Vellt eft rempli par le feul rèu 
gne de Philippe IV. dit le Bel. Le VIII comprend 
les règnes de Louis X. de Jean h de Philippe V* 
de Charles IV. & de Philippe VI. die de Valois; 
Ce dernier eft de M. de Villaket • qui a rem- 
placé M. Velly. On trouve dans fou ftyle It 
c'artétlefon prédeceiTeur relevée par un ton plus ani- 
mé. Nous en parlerons plus amplement. 

M. TAvocat Lacombb vient de fournir une non « 
vcUe carrière , en publiant VHifloire des Révo^^ 
luttons, de l'Empire de Rujfte en l vol. in 12. de 
499 paies chez T.. Hctifiant. Quoique foct abréy 

9 3 l^ 



49$ B{BLioTi»<lilB Di9f Sciences ; 



g^ cette hifioixe qni lâto^noit iu public en lèfli 
4*autflot mieax leçue qull oomioit déjà tout It 206- 
xite de la min qui la lui donne» 

Par 00e rftifon toute ftn^lal^e, on fidt faccoHl 
le plui empteflë, à la Bikiiottèqut miliimre^ Inftê' 
rique^ é* politique 4k M, U Btrûn de ZoRLâu- 
BEN; en 3 vol. in- 12. chez Vinant. Le Plto en 
t été formé d*apr^ la CDâeâlon AUemande de 61a- 
Isupubliéeen 1755. en i vol. in- 4. & dédiée it 
Roi de Proflè. Ccft une coUeâioD de pièces dVili 
cboix excellent dans leoc gmte. 

y. Brimel lmptimenr.de rAcadémie Frtoçoilê i 
imprimé le beau'Difcours que M. L£ Franc dk 
POMFIONAN prononça le Jour de fa réception i la 
piace de M» dt Maupertuis, avec la léponlè de 
Mr. Duprb' Da St. MauR. 

L'Auteur du Nouveau Speàfatmr piddie d'ntics 
Iboilles hebdomadaire! rou$ ce titre , Le^mmidotm^ 
me il eft. On en a déjà un vol. inia. cliezBaocbe. 

(^tôlier I imptiAié Ateedotet murales fur U 
Fatuité « fuhfici de recbercbei & de réftexhut 
çrbiques Jur les petits-matira anciens & moder* 
vos* C^ik un in•l^. de 3'4 V^%^ *oùM. db 
Campsgnbulles a recueilli quelciues pièces déjà 
connues. Au titre du Livre nous avions cm que 
C*étoit Tinnonce d*une Bibliothèque de quelques cen« 
taines de volumes* 

On attribue à TAbbé Pbbi^ot le monde mural (»x 
Mémoires pour fervir àJ'Bifloire ducésur humain. 
% vol. in- ift. fous le titre de Genève. Ce n*ell que 
le commencement d*ane longue encbatnuie dliiftoi- 
fes fomsneiques compofées par on Auteur q«i\>Dftit 
«cefler en ce genre. Ces deux volumes contiennenc 
aa de cet hiftoires. On/y ptéfente les cboiès do 
cM moral» c*eft*4-dire ,iibu$ desiàOGl qoi r^pfJ^ 



AtftiL, Mai»- Joitt. t7tfb. 497 

„ Séiic tus relTotts Intérieurs des Aâions &qulpeù- 
^ yèut tOoàuitfi par cette porte à la conèoUnince 
y, des ûiotiâ fie des fehtlmens *'• Ces faces foot 
ttè*i-variées. $*IS y ed a de lugubres & de terribles p 
Il ^4sn a Mtiffi dé fo^t a^téables, témoin le tableaa 
^; à'â^é ^pàyfanne bétlefans y penlèr «tendre Ans 
iy Al V6ir comment ;fage ikns redemander pourquoi*'. 

Le X, fit dernier ^olutne de la nhU du Journal 
its SaviBt i)ui eft fur le point de pâroltre fera en- 
ilc&i d*uA morceau hiftorlque fur les événemens , les 
diSkens,' 6c Tés variations à quoi ce Journal a don- 
oé lieu. 

* Il paroft ira S Tome de l'Ami des hommes qui 
n'tft pas moins intérclTaot que les précédens. Trois 
morceaux le compofent. Le l. eft un Mémoire pré- 
itùtè à la -Société d'Agriculture établie i Berne. Le 
2. cfft tm Extrait des fis premiers livres du corps 
complet de TOeconomie tuftique de feu M. Thomas 
Halte Les. eft une réponfe àrElTai fur les ponts 
fit chaufifées fitc. Le tout eft digne dii cœur & dû 
génie de Texcellent & illuftre Auteur. 

La colleâion des Recueils Alphabétiques % ^com? 
pofôs de pièces choiPies qui intéreflent Thiftoire des 
fiècles XVI & XVII fe Continue avec fuccès. On 
promet poiir le cours de cette année lés Recueils 
£• F« G* H J* K. 

DANNEMARK. 

CoPENiïftGUE. Il ne fe paffe point d'anriee, peut- 
être point de mois , que notre fage Monarque ne 
faffe ou n*enco«rage quelque nouvel établiflâmenc 
pour le bien de fes Peuples , pour la vraie gloire 
de la Nation , pour les progrès des Arts & des Scien- 
ces* Tout léccmment «ncore fa munificence vient 

Q 4 de 



49S BiïïLiotBEQOi 9KS Scnneii»- 

de nettre ooe Société de gens de mérite» ^étitdi^ 
former uae entreprife dont oo oe manquera pas de 
reçadllit les p)us exccUens fruits. L'objet de cette 
fodétjé eft ététtndrt Us BelUs Utfrfs & 1$ l^ouftêi* 
^our cet effet, elle diftcibucra innuelleaient dcns 
Frii, Tun de la valeur de 50 écus pour le oieiUcor 
Ouvrage de Poéfie Danoife* Tautre de 40 peut le 
nsèilleur Difcours Danois en profe» fur lea fujets 
qu*elle aura indiqués* De plus, pour que lea Gens 
de Lettres puilTept dès quMls te voudront employer 
leurs talens i Futilité fie à ragrémetit du PubUc, 
voir fans foins 6i fans dépenfe leurs ouvrages entre 
> lp$ mains de leurs compitriotes. Ci receypir les âo- 
ges qu*ils aiiront mérité » ia Société à réfolo de pu? 
blief chaque année pn.ceiiain nombre fde PitosDt- 
noifes relatiyes aux Belles Lettres fie aux matières de 
goût. Poéfie, Profe, Lettres, Dialogues » Contes, 
Remarques de Littérature /Critiques modérées fit dé- 
centes , Tssduétions de morceaux (bit aiiciens foie 
modernes I Ouvrages Dramatiques, tput fera ad? 
mis, bien entendu que les Auteurs ayent refpeâé la 
Religion , la vertu fie les mceurs , ic que dans le 
foignenx examen que la Modéré fera de leurs Ecrits 
elle les trouve dignes d*étre publiés. Aa refie elle 
proniet à ceux qui lu^ confieront leurs Ouvrages, 
de leur fiiire parvenir tout le profit qui reviendra de 
la vente des exemplaires. Chaque Auteur recevra 
donc à proportion de ia place que te morcesu qu'il 
aura envoyé occupers dans la collcétion qui fe pu- 
bliera par parties. Les frab de rimpre(&oo feront 
pris fur une fomipe, que la libéralité du Roi four- 
nit pour cet ufage. Les |*ièces ne doivent cootenif 
que deux feuilles d*imprctGon , 00 trois tout au plus, 
à moins qu*el]ês ne foient fufceptibles d'être parra- 
àéeSf éi les Auteurs |bnt priés de ne fe.pommer 

- • quV 



^iirftXL) Mai» Idiv. i-TtSo. 499 

^li*«pffis Vifûpnffkm d« leurs ouvrsgts , afin qoe lu 
^Société potfib d'aatam plus impartialenieot porter le» 
jugenens ^ Indiquer les cortrâionf qn'eIK' croira 
oéccfTaires. Les noms des Auteurs qui fe fefoiic 
fittc coDOoltre feront puMiés dsas le Tome iWivarK 
4e la OoIkéHoB. Quant sut Pièces qni n*aiiront 
pasité imprimées, on pourra les recirer au bout de 
Tan chez le Libraire j^ckermamt, 

L'itabUflèmeiit dont noua venons de donner une 
idée fera flngnlièreooent utile au Daiioemarck, mais 
.voici .une etitreprife à laquelle les Savans de tous Jet 
Pays doivent preodrv imfréc^ dt qui certainement 
eft une de pins belles qu'aucun Prince ait jamais for. 
nées» Le Roi envoyé trois Hommes de Lettre» dans 
VArâhie Heureufe pourfiUre d*e3l|âe3 obfervations fut 
tout ce qu'il peut y avoir de ooneux & d*utile dans 
on Pays qui nous eft fi peu connu, & que nousde* 
wons cependant regarder comme le^ berceau denorre 
Retigion, deplofieuts de nos Lois, de nos Ufage$, 
& de toutes les Sciences cultivées aujourd'hui psrmi 
ies Peuplek policés. Ces trois Voyageurs indiqués 
tu Roi par le célèbre Mr. MictaeJis , ProfefFetir i 
fîottingue, font Mr. Frédéric Chrétien de Haven^ 
Danoia; Mr. le ProfeiTcur ?ierr$ ForskoeJ^ Sué* 
dois ; & Mr. de Nietur du Pays de Brème. I!i 
étudierpnt les mœurs des Arabes , leurs Lois Jcura 
Seébts^ leur Sciences, leur Liciérature, leur PhiIo« 
logieg leurs' Ufages, leur Agriculture , les Maladies 
auxquelles il» fout fujets &c. Ils marqueront la po. , 
fitioo des lieux & en drellcront des Cartes fbr lea 
pins exaâes obfervations Aftronomiques de Matb^^ 
natiqoes. lia feront emplette de tous les bonr- Li- 
vres 6l Manufcrits inconnus en Burope. Ils deffi* 
seront exsâement ce qu'ils ne pourroient faire con- 
poltre qu'imparfaitemept par. des defcriptions» Ha 

Q 5 ap- 



500 BmuonB^^E «sa Scincuj 

•ppoftefOBt ks diofes nliMi, sll eu poSUe. ni 
NCueiUifoiic tootei ks obTetvatioos pro^Ki à éclair> 
«cir l'Ecrittne Sainte &c« Les Sivms qui penvem 
teffik quelques lumiètes fur les ffris» de piépefs- 
itft vécefisices pour ce Voyege, fout priés d'uddref- 
Hr InoeŒumneQt leurs tvis à Mr. le Pfoftffimr M i- 
cn^CLis, tfln qu'il puiflb eu. proâter eu rédi^ 
§esdt ks ioftruâions oooMie il eft chirgé dek fsi- 
set Eu 4diaflge « s'ils fouhdtem qodqnee éctaiidf. 
. fcnens fur V Arabie^ Heur iëfi de fur lo Canota 
udîtcentcs, ils peuvent envoyer sduelkment ieun 
qocflious à Mr. te Pioftfièur* U les iaftten dsiv 
tes îttftfuâionsdes tt(rts Voyigcnrs, dt ceux-ci, avec 
^ ï\ continuen d'eutteteoir correfpoïkkDcc» M 
«naïquerom dans tetr Journal tout ce qui Icot pih 
vAUk propre à éclaircirksqueftionspfopolSes* Loir 
dépatt eft fixé au Mois d'Oâobie pcodiain. 

14e balançons pas à taager parmi tes obiigatioQS 
gœ k Dannemarck de tout le Genre Humain o» à 
notre Augufte Monarque, Texeuiple quUl vient de 
donner en fiiifam iûooutef k Prince Héréditaiie, 
exemple qui va être d'entant plus généralement fnivi 
qaSxk eft encore tout cjnfterné des afiieux ravages 
que la petite Vende naturelk a faits ici l'année dcr* 
nière. Des, 4355 peribopes qui font ffiories dans 
cette Capi^ile depuis le i Janvier )ufqB*au 31 Oé' 
cembre I7$9f miik àtjeptënu neuf oat été enk* 
vées par la petite Vérole, c'eft*à.dire, que dans une 
fente année cette maladie, qui parolt fl bénigne à 
quelques Auteurs, a eoucbé dans te tombera te 
centièdie partie des habitans de cette Ville. Corn* 
bien ceux qui ont été afiez fagcs pour teoculer lents 
Entens, n'jnt-ils pas à fe iëlidter de a'étte par ce 
moyen épaifné te cmelle douleur que doivent re6> 
â»ûr ces infortunés patens qui n'ont pas ru te ftx^ 

ce 



AyaiL» M AI 4 Jotir« ijdQf. 501 



ce dt vaiocie tes andetit pi^|é«t Sot lOO inocMl 
pas on féal o*eft mon. 

Mr. j; C. Kâll vidm dé hin linpriinet /W. 
idamenta Lingud ArMcét lyOo, ùkûz Rotke ïn^i 
pp. $6. 

Le célèbre Mf . Poittoppidan trivtille à un grand 
Ouvrage Latin fur lea amlqtiitéi de cette Capitale. 

Le Ubraire A4ë/hr débite une bonne TraduâioÉi 
DanOife que Mr. Macnus THëists • fiiite de 
YEJfai pùiitifui/ttr ie Commerce par Mr^ Melon ^ 
ft qui eft enricbie d'une ekceRente Prélace de Mr.* 
Je ConfdUef Kopod Ancuêr ibr l'utiliré du Codi" 
merce. 

Oo fait beauœop de cas des Recherches concer» 
fient POeconomie politique tfà» Mr. OttoDidbricr 
LUTKEN a tout nouvetiement pubUées (en Da- 
nois) i Sofoe 1760. in 4 pp. 444. 

Le Dannetnark n'avolt point encore de Traité 
Dogmatique d'Arcbiteâurié* Il vient d*en parofrrd 
un en Danois & en Allemand foos le titre de Dé» 
monftrMtion claire des principes de PArcbiteâlure 
Civile diaprés les merileurs Auteur s\ avec dem 
plancbes proprement gravées. On doit ce bonOu^ 
vrage à Mr. G. D. Antscn , Démonfttateur dans 
If Académie de Peinture, Sculpture dt Ardriteâare. 

Les Frères Philibert piéparent une nouvelle Edf» 
tion des Oeuvres de Mr. de Montefyuieu en ftpt 
petits Volumes dont quelques- Utis- parolflent déjl. 
Cette Edition eft tria-jolie, plus Complette & beau- 
coup moins chère que toutes les autres qui ont pa« 
xu jufqu^ici. Les foufcripteurs pourront l'acquérir 
pour d/)e Livres il fils de France. 

Le Mercufe Danois ^f\Mt les mêmes Libraires im* 
priment «fe footient toujours « mais déformais il* ne 
lendra compte que des Livres pùbliéa hors du Danne«^ 

maik. 



fo^ BbLA>iSiQ!ra uu SçiucES» 

iDirk« àc dam im oonvetajounal indnilé Mém$i* 
ns fur la JUttérature du Nûrd, on patten det 
Oovrigei qui pisoiflènt dtns le Dumçmafk ,dtiis la 
$liMe A dans la Ruflie. Ces Mémoires ont cook 
raencé avec le Mois de JaiUet de TAnoée deioîèie, 
ft OB an diftriboera léguliècement fiz par An. Cba- 
9QC Voloroe fera de 7 feuilles « ce qui fera 42 feoiU 
la pour rAaoée. On les délivrera ans foufcrip- 
teurs pour ùk Livre» 8 fols de France, on / 3. dt 
i^oliunde « & le furptus à la fin de Tannée s'il y 
a vm plus grand, nombre de feuilles. On poum 
foufcrire dans plufieuri VtUes & nommément k if 
Haye chez le Sieur Goffè» 
. Mr. le ProfelTcnr Mallet qui s*eft tcqois tint 
4t réputation par fs belle Hiftoire du Dannemaik» 
en a &it un ulbrigé ib 8. fur lequel les Frères 
Philibert font tâuellement rouler leurs prefiès. Nous 
en avons vu la première feuille qui eft très-bien im- 
primée dt fur de ^rt beiu papier. 

ALLEMAGNE, 
BEiLtv. Smnuel Pisra a imprimé ^ débite: 
Serviom Juf la frùfbétU de jfouas^ par Mr^ 
foitMBT 176J. in S* PP- 128. Ces quatre Stt'i 
mons 001 été fort goûtés dans cette Capitale & noua 
ne doutons pas qu'on np leur fafle psrrtout le mâme 
apcueiU Nous avions deflèin d!jen tranfcrire quel* 
^ues morceaux; ipais Tcfpace noua manque, de 
dans le fonds il luàt d'annoncer cette nouvelle pro- 
dqâion du célèbre Auteur pour infpirer le defir de 
l'fcquérir. 

' Leipsick. Mr. Pohl vient d*èbtenir la Chaire de 
Ifbyfiologie , devetiue vacante parce que Mr. Hun- 
i>E|tTMAitX qui roc^ujxjit a fuccédé à feu Mr. 
Ùutmalz d^nsla piofeffion de TAnatomie ^àt\^ 

* Chi* 



c — 



ArftiEt IAaii Juin, Vj^kh- ^i) 

Cbiiarglei Mr. Huitdirtmark û'aenreigné kPliy^ 
fiologfc qœ fort peu de temt « de Voti ne cohtiolt 
guère encore dans les Ptys Etrangers le Progtam^ 
me qall publit lors qo*il prit pofleifion de cette 
Chaire. En voici le titre: CAR- Frid. Hundbet- 

MARK PROÔR. IKAUO. iii Oz£nâ VtfttrtMi 

L'Ozène eft un Ulcère d*ordinaire Vénérien, qui eif 
caché dans les Narines de qui dégénère fouvent eti 
Cancer. Pour guérir ce mal le favant Auteur ne 
coottott tien de plus eQcace qu*uQe poudre compo* 
iSe d'un demi fcrupule de Magnefie» fis grains de 
Panac, mercar, trois grains de Camphre ^ et 
deux grains de Suifb. dur, antirhon, tert, pntc! 
On fait Tufage que le célèbre Baron ifân Svôhte» 
fait du fublimé pour la guérifon des maladies véné-r 
fienues. Mr. Hundertmttrk étoit afTee prévenu con-i 
tre cette pratique, de pour le Etire revenir de cette prd» 
mention lliabile Médecin de Vienne lui écrivit nne 
Lettre dont voici un morceau: „ p4it taris ^ ut m»^* 
„ neam^ Mercurti fubitmati earrofiifi prutkntem. 
^ ufmH Qintemum) non effè adto ptriculofum ^ 
„ ac credîs. Dfffiàîiés morh^s fie curavi^ &nunm 
„ quam inde damnum vîdi* Ut convtneerem in* 
„ cnduloi , hoc verno tempore CXXVIIL lue ve» 
„ nerea pejjima Uborantes eonjpre^avi in hofoco* 
», mium , & omnes fanavi abfyue falivatione , /»• 
,t ter quos plures erant bis falivationem ptijp fru' 
„ flrm» SU âuiem étdbibeo : Soho in duabus ftbris 
„ fpiritus vîni re^ijîcêti ex frumento parât i » gran^ 
„ duodeeim Mercuriijublimaticorrofivi , & do nutne 
u é^ ve/peri cocblear Superbidendê libramjemis de* 
„ eoHi bordât cum gtycjrfbiza eali£ ^vel altertui 
„ fimiiis decofii mollis. Pluribus autem dederam^ 
•t ?<''* quotidie exeuntes rébus fuis vacabant ; nom 
H tnim fenfibi/es evaçuationes facit ^nifi quanaùqua 

ter" 



^ $^ iafs 9ct^n€. Spondio iffiÛMm , futm mU 
M raùtris. Nui/us 4nim moi^Jtuni jymftom^ bu» 
9 huit \ N'oublions pas de cemtrquet que feloo 
^r. Humicrtmark deux Pcrfonoes fcotbutiques dont 
ni l'une ni Ttutre o*cft mfeâée de la maladie Vâié« 
tienne, peuvent la prendre enfemble û ellesonccom- 
merce duns le cems des purgations périodiques ou 
des fleurs blsncbes* L'Auteur aflare en avoir vu 
^ exemples. 

EftFOaT. Diffirf. PbiUf. de Mlnn-alêgim terri- 
torli Erfur$enfis^Pr£f. D. J. W. Baumer , iliSr^C 
& PbiL Prof. Refp. J. H. Littermana 1759. Cet. 
lie cutieufe Diflertation cft proprement une lliftoiie 
INacurelle du Territoire d'ErCbrt. Le favant Auteur 
çti décrit les dîffîrentes termes, les eaux , les maa- 
tagnes, les pierres, les minéraux, les pétrifications 
ÙLç» Parmi ces dernières il fe trouve des ferpcnsoé- 
trifiés, ce qui tft aflèz rare. 

Faancfoat. Le bon Ouvrage de Mr. F. C De 
MossR que nous annonçâmes il y a flz Mois (ij 
vient d*écre traduit en François par Mr. Roques^^S- 
teur de TEglife Françoife de Hombourg. Les Li- 
braires- iiTff^^ & Efiinger ont imprimé cette Tn«. 
duélionâc la débitent fous ce titre :L'A^r du Prin- 
ce & de fin Minifire ttéuée svec U liberté d'un 
Patriote. Nunc Reges intelligite; erudimini qui 
judicatis tenam. Pfalm^ IL 1760* petit 8. de 4C0 
tf* Mr- DB MoSER a fourni au Traduâeur plu- 
Qeurs additions qi|i donnent up nouveau prix à cet 
Ouvrage , & lAx* Roques lui*méme Ta enrichi de quel- 
qiies notes de fa 4çon, quoiqu*ii ait la modefiie 

de 

( 2 ) Bibliûtb. des Sciences , Tom. XIL PM^^ IL 



de ^'en rien dire dans un AvotiflêiiieBC de qpd-' 
qves lignes qu*U a mis à k tête du Livre* Noé9 
na doutons pas qoe cette Traduâion ne ibit biea 
iççue , de pour aider à la faire connottre hors de 
rAltemagne nous allons en tranfcrire un morcea« 
que nous prenons au bazard. ,« Je ne conieill^ai 
^ jamais à un Prince de a*écartef trop légèvemeof 
M de l'ancien fyftâme au commencement de Ton r^ 
n ne — le Prince Héréditaire d'une certaine Cottr, 
,» obfervant de fon appartement comment on car 
„ portoit de nuit le vin de la cave , s*en plaignit t 
,, mais en vain* Son Favori lui perfuada que cela 
„ n'arrivetoit point, s'il y avoit un Grand Eclian- 
,, fon à la Cour. A peine parvint-il à la Régence, 
,^ qu'où vit paroitre fon Orand Echanfon de nou« 
« velle création; de Ton confit fort prudemment 
,9 cet emploi, à un homme qui naturellement ae 
„ pouvoir pas fupporter le vin. On lui donna feize 
,^ cent florins d'appointemcns, bouche en Cour&da 
fburage pour deux chevaux. Rarement arrive- 
t.il qu'un Gentilhomme refufe quelque chofeàua 
.. autre Gentilhomme, dès que c'eft auX dépeha du 
,', Maitre qu'on peut le lui accorder. Ce ne fut don G 
„ plus déformais de nuit qu'on vint prendre le via» 
Mopfiçur le Grand Echaofon donnoitdes biUetf 
pour l'emporter de jour. Cette amélioration coa* 
_ toit annuellement plua de Sooo florins au Prince, 
l[ qui n'en perdoit qu'environ 500. au petit manige 
,, qui fe faifoit auparavant "• 

Tout l'Ouvrage dont nous venons de tiret cet é- 
chantillon eft diviië en fix petits Traités dont voici 
Içs titres; Mammn & Remarques génirales. De 
ia Cour ^ d€ tOeconomîe domeftique ttun frmcfm 
Du ckoix & des qualités des Minijîres du Princem 
Des Mimfipts d^Eut. Des Affkhes it^dêUmt^ 
niin du Ut traiten Des Pe^fiws. 

le 



»• 



*) 



9* 



9% 



' Les niêmes Libraires ont mis en vente le cin«' 
qûièrae Tome des Dlplmatiftbe und Hiftorîjdk 
Belùftig^ngen Ac. c'cft-à-dirc , des Amufemens Bi- 
plomattques & Hifloriques^ par Mr. F. C. DB 
MosER. 1760. in 8. pp. 43*« ^^ Volume contient: 

r, ^trl fummi^ Huion'n Grotit ^ Epifiêi^ntm^ 
quMS ultîmo Lttgaiianh Sueckét in GMa ànwù Md 
^obannem Oxenfliemàm ^Regin£ Regnique Suécki 
Sènatorem & extra ordinem Legatum , fiammm 
patria fua fuîqut feçuli omamentum , fcrîffitf 
fùiciUgium. Ex meris Auiograpbts^ quihus ma»» 
ipJtUi Oxenftierna^TX^&itt^xumt ut vacant^ adfcri'* 
pium. Dans ces Lettres, au nombre de i7»GiodQS 
mande au CbanceUer Oxeniliem les Nouvelles de 
ce tems*là , mais il ne s*y trouve guère de paftica- 
larités , qui ne foierit bien connues d'ailleurs. 

2. Relation Hiftorique de rÂmbaflade Françoife 
etfvoyée à la Diète pour TéleAion d*un Empeseuc 
après la mort de Maximilien L Mr. DE MoSBK 
donne cette Relation en François telle qn*il ft 
trouvée dans un MS. intitulé Hiftohre des chofet 
Mémorables advenues au Règne tbs Roh Louis XIL 
& François /. en Frwee^ Italie^ Allemagne & 
Pays-Bas, depuis tan 1497 jafqaes en tan 1521. 
p.tr Robert de la Mark , Seigneur de Hearange 
(%)& de Sedan ^ Maréchal de France. Ce mor- 
ceau eft très-curieux. On y voit diverfts particn-' 
larités intételTantes ftit les peines infruâuenfes que 
François I. fe donna ponrfe faire élire Empereur, 
â (or la caufe du mauvais fuccès qu'eurent les Am- 
bafladenrs qu'il avoit envoyés en Allemagne poorcet 
cRêt. Ils étoiem trois , l'Amiral de Bonnivet^ Bflr« 
à'OrvalA V Adventureux ^ ^'eftàdire Mr.de Fteo- 

ranfe 
• (}) Ce doit être fkurange. Il y a qaaactté ée 
fautes d'ioipreflÎQJi dans çcuc Kelauos» . 



AVmt, Mai, Juik. ij6o. sot 

j^ange lui-mteie qui dans tout le coors de cette Rca 
lation 8*appelle toujours VAdvtntureux. l\ donna 
un excellent cûnfeil, qui, s'il avoit été fuivi,aatoie 
infailliblement élevé fon Maître fur le Trône de 
rfmpire. C*étoit de prendre à fa folde une Armée 
que les Villes de Suabe avoient levée contte le Duc 
de Wirtemberg ftqui , après avoir dépouillé ce Prin- 
ce de fes Etats, étoit aflèz difpofêe à fe déclàrtr en 
faveur de François L Elle étoit compolée de vingt 
mille hommes d*Infimterie & d6 quatre mille de Ca* 
t^aleric „ L*Adventureux,quî connoiQbit les Alle- 
,, magnes mieux que nul Ambafladeur qui fut avec 
„ lui , confeilloit au Roi de retirer la diâe Armée^ 
,, laquelle fe préfentoit de jour en jour au dit Ad- 
^i véntureuz , & venoient les Capitaines joumeUe^ 
y, ment vers lui à Cobelence offrir leurs gens, et 
i^ voyoit bien le diA Adventureux qu^od ne fbroit rien» 
„ de quoy lui déplaifoit plus pour llionnetir du 
„ Maiftre, que pour le proQt qtTil eut pu avoit 
n dudiâ Négoce, fit pour ce qu*il avoit mené le 
„ commencement de ces menées. Mon5eur de 
„ Sedan (4) qui eftoit au fervice de l'Empereur & 
„ eatendoit une partie des diâes menées , car il 
„ eftoit encore au fervice du Roi du tems que le 
,i commencement de ces menées fe faifoit , de con- 
„ feilla ft l'Empereur tout ce que 1* Adventureux fod 
i, iil2 confeilloit au Roi, mais Dieb voulut que le 
,, Fére fut cm de fon codé , & que le filz ne le fut 

19 pas 

(4) Cétoit Roibert dé M Maik Duc de Bouillon 
Zl de Sedan F^re de rAdventureux qui , p«i|i qiid<* 
ques dégo&ts qu'il a?oit eus ^ la Coût de France ^ 
s'étoit £claré pour ie Roi d'Bf)}agne, pendant qutf 
fon Fils le Maréchal de Fleurange, Auteur de cet- 
te Relation demeuroit fidèle à François 1. & tra^ 
tailloir pour lui auprès des f rinces d'AllefflàgMtf 

T9m€ XIII. Part. IL R 



,, pas dtt âen , car PEmpereor epft It di^ l^nie I 
„ foa feivice, qui fut caufe de ûice ftice TËleâiOQ 
,, eo faveur 4u diâ Empereur avec quelques autres 
,, bous iServiteura qu*il avoit du feu Ëmpereor Ma- 
», ximilia» **• Aprèa Téltâioii de Charles V. k$ 
Ambafladeurs de Francis I. paiTèreot par la Lomi- 
ne en retournant eu Fraoce ,y Monikor d*Orvtl ft 
M l'Advencureux fe retirèieot devers le Roi , dt FAd* 
„ mirai (^Bûnnivet) demeura en Lorraine k)Qur 
9, un mal de telle qu'il avoit, qui s'appelle la ffùBt 
„ Vérolle, 6c alla au bain de Plombières, & y fiit 
n neuf fcmaiues & trois mois fans venu vers le 
», Roi ''• 

Lca deux derniers morceinz qui k trouvent dsns 
ce volume font en Allemand : 1*ub roule fur les 
împortans fervices que jfean Wtnor de GuUenbrên 
rendit à la Ville & au Comté de Hanau pendant la 
funefte Guerre de 30 ans; Tautre eft une Hilloirede 
Hannovre dont Mr. stE Moser avoit précédemment 
publié le premier Livre , 61 dont il donne ici le fé- 
cond & le troiCime. 

PROVlNCBS-UNIEâ. 

Franbkèr. Notre Académie vient de faire une 
perte conOdérable, par la mort de Mr. £mo Lu- 
cius VBifiMOET, Profèflèur des Langues Orientales 
Ac des Amiquités Hébraïques , décédé le 15 Juin 
après une maladie de trois jours. Nous avons eu 
occaflon de communiquer à nos Leéleurs quelques 
eircQnftances de la vie de oec habile Hdmme,en rendant 
compte d*un Livre qu'il publia il y a deux ans (5). 

Le 

(5 ) Vojrez BiHhth» tUs Seituees , Tom. X. Fart. 
IL pag. 131. 



Avril, Mai , Juiir. i7<So« 509 

Le ftvant Mr. Bernsatt pouOe fins ioterroption 
tes deoz grands Ouvrages qu'il a entrepris de qo^il 
publie par Cahiers. Le III Tome de fa Théologie 
Dogmatique eft prefque achevé, de il a tout nou» 
veilemenc donné la Lettre E. de fon On$mafttçum 
Definitivum. 

LiTRECHTé Herman BeJJiling diftribae : HtJen* 
daagfche Hîjîorie , ofbet vervolg van de Aigemeem 
ne Hiftorie; befcbreeven Àocr een Oezeifcbëf vgn 
Gdeerdt Mannen in Engeiand , V nnelk bet gan- 
fcbe. Werk zal voUooyen , en bet maaken tôt een 
volkomen Licbaam der Hiftorie , van de mller^ 
^^oegjie tydrekenînge af tôt çp de tegenwoordige^ 
Vit bet Engelfcb vertaalt &c, XXfte DeeJ^ Jfte en 
Ilde Stuk beielzende bet Leetten van Mohammed; 
en bet begin van de Hiftorie der Arabierem onder 
de drie eerfte Kbalift , Abubekr ^ Omar , tn 
OthmaH ; zynde de onmiddelyke cpvo/gers van 
Mohammed» Met Kaarten en Plaaten, 1760. ia- 
4- PP- 839. C'eft la Ttadoâicn du premier Tome 
dcj'excellente HtftoireUniverf elle Moderne. Ayant 
déj^ paire les boroes ordinaires de notre Bibliothè" 
que nous réfervons pour le Trimeftre prochain l'kx» 
trait de cette TraduAion. £n attendant nous la 
xecomqaandons à tous ceux qui entendent le Hol- 
landois* Le Traduâcur & le Librah-e n'ont rien 
négligé de ce qu'on pouvoit attendre d'eux dans cet 
important Oovrage. 

Mb Pierre LuchtmâITS, Auteur de la DiOTer* 
ration fur les Saveurs & fur la Goût , dont nous 
donnâmes une idée il y a quelque tenu (6) n'a pas 
tardé à voir couronner les progrès extraordinaires « 
qu'il a faits dans les Sciences. Tout jewic encore 

il. 

(€) Siklhtb, des Sttencis^Tom.Xl. pag. 142. 

R 2 



f fo Bibliothèque ubs ScntircBs , 

il a été appelle ici pour y remplir la Chaire de Mé- 
decine, d*Anatomie & de Chicargie. La Haranga^ 
qu*il prononça en prenant pofleffioQ de cette Cbaf« 
re le 17 Mtr5« confirme de plus en piQslesefpéran* 
ces qu*on a conçues de lui. Elle fe trouve chez 
Broideht^ fous ce titre : Pétri Luchtmars 
Oratio Inaugur^lis dû Anofomicct feeuli Xf^IJL 
increntûntht publia dUiadit Xf^IL Marin 1760. 
quunk ordinariam Mediciu£ , Anatomes & Cbi^ 
rurgU ProfeJJfontm in Academia TrajeHina Muffi*^ 
carttur. 

Amsterdam. On a traduit en François le pre- 
mter Tome de VHiftoire Moderne^ mais comme il 
n'eft pas encore parvenu jufqu^à nous, tout ce que 
nous pouvons faire, c*eft d'en donner le titie tel 
que nous l'avons trouvé dans les papiers publia: 
UHiJloire Univerjellè d'une ficiété de Gens de 
Lettres ^traduit de t* Anglais ^Tome 1$ in-é^ Ceux 
qui n*ont pas les Tomes préoédens & qui ne iè fini* 
cieront pas de les acquérir, pourront avoir des E* 
xemplaires de ce 15 Volume fous le titre que voi- 
ci : Hijloire Vnrverfelle , contenant PHiftoire Mo^ 
derne^ Tome /• 

Il n'y a que peu de jours que le grand Ouvrage dont 
nous allons tranfcrite le titre , en attendant que 
nous en rendions un copopte détaillé , parole chez 
Sekouten: Claudii Claudiaux Oferm^ quét ex* 
jtant omnia , éid membrmnarum veterumfidem ca* 
JUgata, Cunt Notis integrit Martini Antonii Dc^ 
ni, Stephani Claverii, & Tbomse Dempflerl, #frc. 
iioribut Nicolai Heinfii , é^ ineditis Pétri Burmao- 
ni. Accedit Sjlloge Variantium Le.^ionum ex îir» 
genti numéro Codd. MSS. m N. HeinGo collato- 
tum digeftu. $ubjungitur Laâantii Elegia dePbœ- 
oice, vulgo XHaudiano êdfarifta ; cum Curh fe^ 

eimdis 



A VA IX, Mai, Juiir. 1700. yjt 

éund'is Nicalai Heinfii & Adnoiathnîbus PsTRt 
BusMANBZ SscuNDi. 27($Q. graod iii*4 dç 
fp. II 19. 

Pierre Humbert de Fils ont imprimé de débf* 
tent : La Pratique lies Vertus Chrétiennes , ou tous 
ies Devoirs de tHonme , avec les Dévotions par» 
ticuiiéres pour iiverjes occafions ordinaires & ex* 
traordinaires. Ouvrage utile pour toutes les Fa* 
milles. Nouvellement traduit de tAnglois^ au* 
gmenté & rédigé dans une noÊvelle firme. Par 
Jaques Geokoe pe Chaufefie*, Fafleur de 
i*Egltfe Wallonne dAmfterdami. 176a petit 8. 
2 vol. doDj^le premier a 288 pp* fans rAvertifiè* 
ment da Traduâeur qui en a 14. & lintroduâion 
de l'Auteur , qui jointe avec là Table des Articles 
cft de 48 pp. Le S Tome en a 378. Après le 
Livre de Vlmitation de Jéfus Cbrift, il n'y a ja- 
mais eu d*Oavrage de Dévotion qui ait été aulB bien 
accujeilli que celui dont on nous préfeme ici une 
nouvelle TrajuâioQ. Les Auteurs de ces deux ez- 
cellens Traités ont eu l'un de l'autre la modeftie d^ 
lefter anonymes. Aâoellement en(x>re ondifpute fur 
le premier, & ce n'ed que depuis une vingtaine 
d'années qu'on a découvert que c'eft è un Ecdéfiaf- 
tique du Comté de Worcefter nommé Basket que 
Ton doit la Pratique des Vertus Chrétiennes , c'eft 
an moins ce que Mr. François Peck qui publia en 
1738. quelques Lettres du Dodeur Hummond aifii* 
re avoir appris de Mr. Robert C/avering Bvéque 
de Peterborough (7). Quoi qu'il en foit l'Ouvrage, 
qui parut en 165.7» ^^ '^Çu avec les plus grands 
f pplaudiOemens , on en fit en peu de tenu une muU 

titu- 

(7) Voyez SsHiub, Britann. Tom, ZIl. Paît. I« 

R 3 



511 BlBE^IOraKqLUB PZ9 SciENCfiS^ 

lilttde d'Editions, & dès l674> peot-£tre même plu- 
i^^UcDurell le tradui&tea Frtiçois âc le dédia t 
la ÙucheCTe d'York , Mère des Reines Macic Ûc An- 
ne. Cette Traduâion ayant vielli , Mr. Dubourdîe» 
la recouc&a en lyipt mais fi légèrement que l'Ano- 
nyme qui dirigea la nouvelle Edition qu'un Libraire 
de Delft publia en 1723 , eut encore bien des chao« 
gemens à faire , & malgré toutes fcs peines la Tra- 
duâion refta encore dure en bien des endroits, & 
peu exaâe en quelques autres* A la prière de ceux 
qui font chargés du foin des Pauvres de TEglife 
Wallonne d'Amfterdam & qui fouhaitoient dépose- 
voir k leurs befoins fpirituels comme aax tempocels, 
Mr. OK CuAUFEPiB* fe chargea donc de retoudier 
encore cet Ouvrage ; mais après avoir adêz avancé 
dans fon travail , il s'apperçut qu*il en réfnlteroit 
une (brte de bigarrure , qui ne rémédieroi( qu'xin« 
paifoitcmént sus défauts qu'on vouloir corriger. 11 
le détermina donc à traduire de nouveau TOuvrage 
fur rOriginal Anglois , de on doit lui en être d'ai-* 
tant plus obligé qu*il y a fait divetfes améliorations 
(.>nGdérables, dont voici les principales, j. Comme 
l'Auteur écrivoit dans un tems où Ton oégligeoîtab- 
Iblament la Morale en Angleterre , les Prédicateurs 
n'infiftaot que Cur la Foi ; il s'eft attaché principale- 
ment à la Morale, di n'a que peu ou point incné 
fur les Dogmes-, qui en font cependant les fonJe- 
nens. Four fuppléer i ce défaut, le nouveau Trt» 
duâeur a inféré dans rOuvrage un Abrégé des Dog- 
mes de la Religion Chrétienne, par voye d^xpîica- 
tion du fymbole^ Cet Abrégé suffi bien que quel* 
Ques autreSxnorceaux , il les a tirés d*un Livre qui 
parut il y a dix-huit ou vingt ans en Angleterre fous 
le titre de Tbe Ntnjovoboie Duty of Man: cêusaining 
tlfcFaiih at wel/m P.rMÛice ofa ÇbriJUim, 2. Pour 
rn^agef les perfoimes les plus occupa à donta cligne 

'jour 



/ 

Aytfit^ Mai, J#in. x/ea jtj 

jottt une peftfe podSon de leur tetns à uaé levure fl 
urite, Mr. DB CHAUf£Fi£' a (^ivilB TOuvrsge en 
48 jfournitt dont chacune ne conciem pas plus d*un 
quart d'heure ou d'une petite de^le heure dé Icâii- 
re. Une courte , xtiUs excelleate Prière relative I 
ce qu'on a la, termine chaque Journée. 3. Aux 
Dévotions tafticttliiires que Ton trouvOit I la fin de 
roûvragb ot qui étoknt dn'n? utie fbfme à laquells 
on n*eft guèfé accoutum]^ lliora de TAn^eterre, le 
Tradùâêur ea a fubftitué d*autrea qa*il a puiiies 
dafrs divdrs bons Odfvra'gfe^, pBOrticulîèresaènt dans 
ceux de Ut, Jean Roâofphi Ojlervald. Il cil ft. 
cheux que h modèftfe de Mi*. de Chaufepie' l'aie 
eimp^hé de compofer lui-mfimé de nouvelles Priè- 
res , c^ quelques bonnes que foient celles qu'il a 
adoptées , les fiennes ne leur autoient aflurément pas 
été inférieures , de ces fortes d^aides à la dévotioa 
de9 Cbrédeos ne faoroient être trop multipliées lûrs 
qu'elles viennent de bonne main. FiniflTons cette 
longue annonce par recommander I toutes Tes Fa« 
milles l'atqUîHtftra de cet excellent Ouvrage qui, étant 
déjà un des meilleurs que nous eûillons , vient de 
fecevoir un ntnHveau prf^ par les foins que lui a 
donnés le favant & pieux Pafteur auquel l'égllfe dt 
la République des Lettres ont d'ailleurs tant d'oblî* 
givrions. 

La; Hatb. Le Lif>raire de ce Journal a reçu bon 
nombre d'Exetnplaîres des Anecdotes du fé'jour du 
koi de Site de à Bender^ ou Lettres de Mr Je Ba- 
ron dff Fabrice ^ pour fefvir ^éclair ci ffement M 
rHiftoire de Cbar/es Xlï. Hambourg , chez Cbré^ 
Sien Hero/d Ï760. grand S» de 343 pp. Ces Anec- 
dotes fbct extrêmement curîeufes , comme nous l'a- 
vons dit en annonçant il y i ti;oi8 Mois (9) \i Tra- 

ddftiott* 

(t) ]tfkli9tbéqu€ des Ssieni/eM^ T. XIIL pag. 223. 

R4 



jri4 BiBLJOTHEaUS DE9 SciBNCE9^ 

duâion Allemande qu'on en ivoit fiûce for le MS, 
François qui patoît à piéfent. 

On trouve che^ le mfime Libraire : Lettres & 
Mémehes pour fervir à fHifinire f^Mtureiie^ Ch 
vile & Politique du Çap Breton , iiepuis fon étM" 
bliffement jufqu*à la rcpriff de cettç Ifle ptar U^ 
^ng/oJs en 175g. |L.a Haye chez Pierre Goffe dr 
fe trouve I Londrts^ chez Jean Nourfi 176p. 
grand in l^. de 32^ pp. L'Editeur afliire que ces 
Lettres ont été écrites par un FrançQis, mais c'efiim 
étrange François qui cherche k nnirp à fa Natios» 
qpi eft grand ami dea Angloîs, & qui kait conliaT 
fement les Hollandois. . Quoi qu'il en -Ibit il n'/* 
crit pas n)al« & il paroît connoître aflêz bien le 
Cap Breton « fes produàiocs, fon commerce, lei 
çioBors des Naturels. du Pays dtç* 

*■ . . • ■ 

f rejet ^ Siçufçripti(,n pour ht Amateurs des 
Curistes f^aturel/tu 

Le Sr. pagnebin Po<^ur en Médecine à la Fer- 
Tjière en SuifTe, Curieux, Naturalise connu tant 
4an8 fon Pays que che^ FEtranger pat fes Cponoif- 
fances fur la Botanique, fe difpofe à parcourir la 
Suifle & les Alpes , Pays connu pour les Pétrifica. 
tions de autres Curiofités Naturelles , en faveur des 
Amateurs en ce gente & pour raugmentation de 
leurs Cabinets. U fe propofe de fiiire ce Voyage 
par voye de Çoufcription , & la faveur de Itiquelle il 
apportera tous fes foins il amaifer pendant le cou- 
rant de l'Eté 17(^0, tout ce qui pourra contribuer 
à fatisfaire les foufcrivans, dans Ips diffétens genres 
^e CurioGtés, qu'ils pourront déiSrer, Pour cet effet 
(1 croit devoir les ranger en S.Clalfes: X. des Pétrie 
if cations I FofiUes, Marbres, &c. a. En Minéraux, 



Avril, Mai, Juin, 1746. ^ly 

Cfiftaux &c. 3. en Plantes féchées & en femeacci 
dea Plantes Rares à femer dans les Jardins des Cu-r 
jicui. Chaque fouCcriv^nt eil prié de^ déclarer à 
tems le genre de Curioûtés qui fera de fon goût , 
fc qu'il deûre 4e fe procurer. 

Toutes ces Cufiofités feront mifes en Dépôt dans 
une Ville de la Suifle ùc fous la fureté d*une pec* 
fonne de Marque, qu'on fera connojtre à Mrs. les 
iSoufcrivans , & fous les yeux de laquelle le tout fe- 
îa partagé en portions avec toute rfiqnité poffible. 
Le prix de foufcriptiqn d*une portion de chaque 
Clallèfera d'un Louis Neuf à recevoir les dittesfous-^ 
çriptions jufqu'au 15. d'Août prochain ; favoic 
il Zuric chez Mr. le ProfeATeur & Chanoine Ces- 
ner, à Bâle chez Mr. le Prof. Zvinger l'Aine , à 
peneve chez Mr. Sandoz Graveur derrière le Rhône , à 
Strasbourg chez Mr. le Profr. ^pielmann, è la Haye 
xhcz P. Gpfâ Junior n à Maeftricht chez Mi, Hojf. 
méiffn Chir. Maj. fit chez le dit Sr. Gagnebin , ou 
pendant fon abfesce chez Mr. fon Frère Major , 
à la Perrière, poi|r les Curieux qui font à portée dç 
fon Domicile» 

S'il fe préfentoit des jeunes Médecins Botanides 
ou autres Curieux qui auroient deflêin de le fuivre 
da«8 une panie de fes Courfes , il le^ recevra agréai 
blement , moyennant une Rétribution raifonnable ^ 
qu'à Texception des plantes , tout ce qu'ils trou- 
veront foit porté à«la MafTe des Découvertes, & 
fans que le Sr. Gagnebin foit g^né à remplir fes 
Bngagemens envers les Soufcrivans, Il partira au corn» 
nencement du Mois de Juin; les foufcriptions fierone 
envoyées franco à leurs Indications , & l'on s'enga^ 
ge à faire parvenir fous le même Bénéfice aux Vil- 
les Frontières de la Suifle p les portions de chaque 
goufcrivaot. 

R S Voici 



Jlf EmonOOpI DÛ SçiERCEfl, &C. 

Voici If finme Ses BHIets de Soarcriptîon. £e 
Sauffigni ctmme auiboriji par M. Gtgtittin peur 
tteMillir dei foujerif lions pour Jen Voyage de la 
Saifft & det Alpes , Ctrtï^t avoir reçu dt Mr. N. . 
Demeurant i N. . lafinmie de. . Louis d'er ueujptur 
wmant dt portioni dei Déctuvertes de la C/affe. . . 
de fin Projet pui/if datts la SibUethiqut dtt Ârli 
& Stieocei , que je ferai parvenir au dit Mr. Ce- 
gteeti» , efip qu'au retour de fin Voyage il en tien- 
m$ eamptt i Mr. le fiafiripteur , quieurm la fo*> 
tidimliqatrune Perfinne dans me det Villeifrem- 
tièrei dt la Su'iffi pour rteevoir les Produitt d» Pi- 
j0gt rthtifi à l» Clafft ptur laqutlle il m figfanl. 




TABLE 

DES 

M A T I E RE S 

Contenues dans le Trehièmt Tmt 
D E C E T T E 

BIBLIOTHEQUE. 

A. 

ABhadie (Mr.) Ses &erm(ms fg Pané^yri'^ 
que s, avec VEffai biftori^ jurfa me^^ 

fes ouvrages. Extrait. Page 333. 
Abeilles (Obfervaciûûsœconomiqaes fur les) 

422. 
Académie Royale des Sciences {Bifioite fff Mi^ 

wofr« fi(ff r). Extrait 411. 
Aïlta FbyficO'Mediea (Notice des) qai s'ioi* 

priment à Bade» 217. 
Adam (Robert) va publier les Ruines du Pt^, 

lais qui fut bâti par l'Emp, Diecletien jgf/. 

209. 
Adultère C Punition de V) chea les GolMis» 

m fuîv. 
Alcyons ^ Recherches fur les ) 33^ 
^lembert ( Mr« d!) Second Exuait dejTet Jif(- 

tan- 



TABLE 

l0iges de LUtiraturlf &c. 40. Troifiçme ft 

dernier Extrait, 3S2. 
AnaMffin (le F.) Sa decouveute, par laquelle 

toac bois devient éleâriqae. 433. 
Jmoiiation (T) préférable à TadminidratioB 

pour les Domaines. 83. 
Anacféon. On prépare à Rome* une belle Edi* 

tioD de cet Auteur. ai2. 
Animalcules maritus (Sur quelques ) Vof. 

B^er. 
Anibm (Mr.) Sa Demonjlration claire desprin' 

cipes de l* jircbiteSture Ctn/e , annoncée. 501. 
Antùnelli ( Mr.) vient de donner les Dlfcoaift 

de S« Jaques de Nifibe. 212. 
Antonioli (Mr.) Sa Lettre à Mr. Perelli && 

annoncée, 214. 
Apprécicaim i nouvelle) des Mœurs £f des 

Principes &c. d'un Anonyme, annoncée» 

482. 
Ardenne (le P. d') Idée de fon Traité fur la 
• conneijfancè ff li culture des Jacintes. 257-. 
Amtzenius (Mr.^ Sa mort annoncée , avec Ces 

ouvrages. 243. 

B« 

Balance (fur la) des PuilTances en Europe, 

280. 
Barre ( le P. ) La nouvelle édition de Ton Hi' 

fioire générale d'Allemagne annoncée. 23s. 
Bûfie. L'Univerfité de cette Ville va celebf er 
. fon trolfîème Jubilé. 218. 
Bajier (Mr.; Extrait de fes Mélanges d'ohfer^ 
, vcxiwis fur quelfues animalcules ff quelques 

fiantes marines ^ &c. 24. 
Baftide (Mr.) Le Tome VIII. de fon ffèu- 
* veau SpeSat^ur annoncé. a3S» 

Bai^ 



DES MATIÈRES. 

Sawnet (Mr.) Sa Diiïêrt. fur la Minéralogie 

4u Territoire d'ErJort , aononcée. 504. 
Bayardi (Mgr.) Son Catalogue des monument 

antiques d'Herculanum &c. Extrait. 2. 
BeauiMtAt) Le III. & le IV. Tomes de Ton 

Hijloire du bas-Empire &c. annoncés ^ «33, 
Beaudeau ( Mr. ) Idée Ton Mémoire fur i'tttiil- 

té des bijioires particulières des Provinces, 

&c. 231. 
Beaumont ( Mr. de ) Ses Mémoires pour fervit 

à Vbiftoire générale tfes Finances annoncés, 

244. 

Beck (Mr.) Idée de fes Fundamenta Ibeologim 
nat. (^ revel. 217, 

BemoulliX Daniel j à Bafle. Sa mort annoncée , 
219. 

Bemjau (M.) La continuation de fa Tbéolo* 

gie dogmatique t & de fon Onorhafticum de^ 

jinitivum^ annoncée, 509. 
Serti (le P. ) Ses Oraifons en langue Italien^ 

ne annoncées , 486. 
Bielfeld (Mr. le Baron de) Extrait de fes 

Injlitutions Politiques. (56. & 267. 
Bircb (Mr.) Son livre qui eft la Fie de Hen- 
ri Prince de Galles &€. annoncé. 208. 
Blancbet (Mr.) Sa Logique &c. à rufage dei 

Dames ^ annoncée 491. 
Bois ( Tout ) peut devenir éleftrique. Voy. 

hmmerfin. 
Borgo ( Mr. le Chevalier M ) fe propofe de 

donner par foufcrîpiion l'Hiftoire d^ la Vik 

le de Pife, 485. 
Bouguer (Mr.) Son Traité dVptiaue &c. an* 

nonce, 492. 

Bretagne. (Defeription de la conftitution Se. 
de la) annoncée, 2«7« 

Éru' 



jniAet (Mf.) Entrait de ùm Ahregé' ChfênôK 

/ogtftt^ d^i gfonds Fiefs df la €<nironne dt 

tfQBixt. 138. 
huMti (Mr.) Le Tome II. de fes Mèmwti 

fur ifl langue Celtique annoncé. 239. 
Jiinkersb^ek (Mx. de } Nouvelle Edition de (es 

Veuvres annoncée 486. 

C. 

Camifari iLbtJioire de la guerre des^ Voy. 
Ciivennes. 

Camus tMr, le) &es\Mémotresfur divers fujeti 
de Médecine annoncés , 490. 

CarU-Ruhbi (Mr.) Son OQVnage fur les mon- 
noies annoncé, 215. 

'Caveirac (Mr. de) Exirait de fon Apohgiede 
Louis Xiy* iS de fon Cmfeil fur la revoca* 

, IfOf» de l'Edit de Nantes. 148. 377* 

Cevennes , ( THiftoire des troubles des) ou de la- 
guerre des Camifars fous le règne de Louis 
XIV. &c. s'imprime à Lauzanne par fourcrip- 

( tioD. ai9 fu»v. ^« j , 

Cbanges , ( Traité théorique (f prattfue des ) an- 

, poncé. 235* , ^ , . 

Charles X\l. Roi de Suéde. Voy. Fabrtce. 
Çhaufepié ( Mr. de). Notice de fa Traduâîon 

de la Prati(^e des vertus cbretiannes , fi^c. 5 1 1. 
Gbyiiiï* wcperiwen«o/e {Inftitutions de) d'un Ano- 

nyraè , annoncées. 203. 
Çiaudiani ( Cl. ) Opéra nouvelle édition aonoo- 

cée, 510. 
Cotcbi {Ant. ) Sa DiJJert. fur VAfclepiaie an- 

noncée, 485* 
Contributions perfonnelles & réelles ( Re- 

fltxions fur les ) 8S fuiv. 
Cêp'^wU, Les arbrijfequx du Pamafje de. ce 
^ ^^ Pfeu- 



DES MATIERES. 

Ffeudonyffle annoncés^ 48t. 
CoraW. Sur la formation (da) 28* 
C0fal/înf/. Sur la formation (dcfk) 3r. 
Carnachini ( Mr. ) Sa dijjîsrtatfim fur la F9IU 

&c. annoncée, 215. 
Comaro ( Mr. ) Son Abrégé de la Noticfi des 

Mùnqfterefde Fenifct annoncé, 4t2. 
Cujas, Nouvelle édition de cet Auteur annon^ 

cée, 484 

D. 

Dannemari. Idée de l'établifTement d*une Socié- 
té Littéraire (en). 498- Le Roi (de ) fait par* 
tir quelques Savans pour l'ArabieJIsurea-» 
fe &c. 499. 

Bejegaru ( Mr ). Idée de fôn Traité de V Edu- 
cation corporelle des enfans, 491* 

Dejormeaux ( Mr. ) Extrait de fon Abrégé 
chronologique de VHiUoire d'Ef pagne. 91. ie« 
cond Extrait, 28! 

Dettes nationales» (Reflerion fur les) 74ruitr. 

DiQioniiaire portatif de la fanté ( Seconde édi- 
tion du ) annoncée , 493 

Dtette ( Sur la ) de FEmpire Germanique. %8r. 

Dieu ( Demonilraiion de FeriAence de) 457. 

Domaines, S'il efl avantageux pour un Etat que 

. le Souterain en poiTede beaucoup. 83. 

Droit civil Romain (De Tufage & l'autorité du } 
dans la Gueldre. Voy. Haffelt. 

DuboPs (MrO Notice de fes Camps topographie 
ques &c. 246 fuiv. 

Duhamel du Monceau ( Mr. ) Son ouvrage des 
fémis (f plantations des arbres &c. annon- 

* ce 492. 



TABLE 
E. 

École (Nouvelle) pour Tavancement desArts^ 
& Delft. Voy. Wall. 

Edit de Nantes ( De la révocation de lOVoy. 
Càveirac. 

EUQiùn des Rois. S'il vàot mieux qu'elle tom- 
be fur des Etrangers , que fur des Gito» 
yens. ic6 fuiv. 

Eijuiti ^Principes d"). Annonce de ce llfrc. 

481. ^ ^ 

Efpagne (L'hiftoire d'). Voy. Defortneaux. 
Etats. En quoi conflfte la puiflance (des) 27* 

fuiv. Comment ils s'aggrandîflent , 279, 

F. 

Fables. Voyez Leffing. 

Fabrice ( Mr rfe ) Ses Anecdotes du fejour au Rot 
de Sueàe à Bender ffc. en allemand & en 
françoîs, annoncés, 223 & si3 

Fellenberg (Mr.) Le premier Tome de foa 
Recueil des dijfertations Juridiques &c. an- 
noncé, 488. 

Ferdinand Roi d*Efpagne. Portrait de fon règne. 

298- 
Fergufon ( Jàcq,) Ses LeSuresfur desjujetseboi* 

fis dans la Mécanique , &c. annoncées & 

louées» 48 !• 
Feuiquieres ( Mr. de ) Idée de fa rbamafiole- 

gie &c. 236. 
liefs ( des grands ) de la Couronne de France^ 

Voyez Brunet. 
FilS'de plomb ( Sur la direâioM qu'affeOent 

les) 411. 
Forêts. S'il eft avantageux à l'Etat d'en avoir 

de 



DES MAT I ER ES. 

de vaQes ; & combien on en doit abattre pouf 
' le& réduire en champs. 79 fui 7. 
formey ( Mf«) Ses fermons Jur là Prophétie 4$ 

Jonas , annoncés. 502. 
Fêugeroux (Mr.) Idôede fon Mémoire fur les 

os &c. 236. 
France: Curiofités bijloriquet ou Recueil 4 f pih 

ces utiles à VHiJloire(jit) &c. annoncé. &34. 

£tat militaire ( ^e ). Vo^ez Montandre Long» 

champ. 
Frey (Mr. ) àBaik a fait une Fondation pour 
■ l'avancement de l'étude de la Théologie» 

&c. 218^ 

G. ' 

Gautier ( Mr. ) Idée de Ton IntroduSiùh à la 
connoijjancé des plantes ufuelles de la Fran* 
ce , 492. . . • i- 

Gebauer ( Mr. ) Son Hiftoire du Fortugai an- 
noncée. 225 . - -^ - 

Gendron ( Mr. Desbais ) Sa Lerrrf /tir plufieurs 
maladies des yeux &di a()noncée, 490. • 

Géographie (^Dibionn%ire bijlnri^ue portatif de 
la) fàcrée &c. annoncé. 238. .i 

Gérard (jMr.) Second Extrait de fon E[fai 
fur le Goût» 5$. 

Gerini (Mr. le Marquis). Le Tome I. de fa 
Colle&ion^' Efiampes annoncé, 48$; 

Goths ^les) en Efpagne- furent nmamis^Vifi-^ 
gotbt\'-én It^We Vfirogôtbs. Quelques db- 
fervations fur leur Rtstigion; leur Ooover* 
nêment, lears Mœun, leurs Coutumes & 
leurs Loix. 103 fuiv, 

Gottfcbed (Mr.) idée de fon Manuel ÙiSioU' 
naire^ &c. 225. 

: Tiw Xlll eart^ lU S GAt 



T A ,B L E 

9tàt (Sur le) Voyez Orràtd. 

Guadagni TMr ) Son -ÇomtteDiaire/tirler In* 

éinoeultr U^ttiH f^éfple, d ia R^ktiêêim 

iialler (Mr. <^e ). Nouvelle édition de la tn- 
-! '«toâ^on de (9$ poifieà «nHoocée', ^1.5. ^gff. 

, Le feûond voluoie^de fa Pi^r/So/a^Meft <* 

chevé, ai 9. 
Sandel (Mt.) MémckO Jur la Pie &c. de ce 

grand Mufîciefi» annoncés. 483 
iHmit (Mr ) Exrraf t de fa Diffeiiù^'^n fi^ 
. •J'^fage \fi^ rautùritiidu Drùit civil RaÊ$din 

dans la Gueldre. 190 
-Beêskens (èficQlai) Jtet P^Bf^tum^ extrak.47i(. 
Jiericourt (Mr. d*) Ses Oeuvres fofilnêmes an- 
. DdJleéef . 23^5. 

Hilary (Mr. f Idée de ^i dijpnrtaiiên .t^^i^fi- 

. {»2»jii« /ur if FiN». ad]. 

£ldotre Univerjelle 0^ P^^i^ moderne de r). 
Dr en vient de iQ^cire tu jour le 4& 5 vo- 
lumes. 206. Cet ouvrage eft concrefait â 
-Dublin. 212. Voyes auSfi 509 &. St<h 

Hifiôifi. UniverfeUe < iW <f«i«(i 41^ ./:)i«f;.; Idée 

' ^^He'^et owtage. aja. 

Jfoaie.tMrj Le^Toine V. <ie les Omvret an- 
«oiftté« 244 Sqnmftmeiie. h àiaijêfi de 
aSmaei^ fimlttioe . db dBângloift » *9U|Q00(?ée » 
495. 



»• V « ■• . 






4 ' ' ^_ 



D ES MATIERE^. 

I. 

Jeâerys (Mr.) Idée de fou Hiftoire natunlle 
cf civilt des Territoires que la France pojje- 
de dans V Amérique &c. 205. 

'Inaculaiion de la petite- Fér oie. iSnTV)Vo^ . 
Haen. Sur Itheurcux progrès de cette mé- 
thode, 493 500. 

Jordan (Mr.) 'Sa Differtation fur VexifteVéCede 
Dieu extraite, 457. 

journaux Littéraires (Notice de pluîîeursj. 
239 fuiv. 

Irlande (Hiftoire de T).- Voy. Ma^Geoghegan, 

IJraélites (La guerre des), contre les Cana- 
néens juftifiée, 433. fur leur nombre prodi- 
gieux du tems de David. 439 fuiv. 

'^ntker (Mr.) Sa mort annoncée. 131. 

^ufti (Mr.} Annonce de Tes Ouvrages badins 
(f fatyriiues. ,t2iS. 

K. 

Keddington (^r.) Idée de ks DiJ[er$ations cri- 
tiques fur rltiade, 20B . 

Kennicot fMr.) Notice de fes Recherches fur 
l'état du Texte du vieux Tejlament &c. 200. 

Kramer (Matthias) Notice de la Nouvelle é- 
ditlon de fon DiQimnaire Tlamnd • JHe- 
mand &c, ^h* 

.' ' ' h. 

Lacomhe (iHr,) Son Hiftoire des Révolutions 
de r Empire 4e Rujfte, annoncée, 495. 

LeJJing (Mr ) Eloge & échantillons de fes Fa- 
Hes. 127 Tuiv. 

S 2 Lh- 



T. A BLE 

Lettres de Milady Goods Berry , &c. aonon* 

cées. 237. 
Liger (MrJ Traduftion Angîoife de fa Dif 

fert. fur la Goûte annoncée , 482. 
LittiHon (Mylordy Ses Dialogues des Mwts 

annoncés & loués. 480. 
Londres (Hifloire de) Voy. Maitîand. 
Lucbtmans (Mr.;. Sa Harangue qu'il pronoo- 

ça à Ucrecht en prenant polFtlIion de la 

Chaire de Médecine ùlc, annoncée^ 509. 

M. 

Maas (Mr.) Sa démonjlrathn de VExifienct 

'' dun Etre Suprême &c. extraite 457. 

Ma ' Geogbegùft ( Mr.. l'Abbé ) Extrait da 
Ir. Tome de Ton Hijloire dt l Irlande antiert- 

'" ne 0* moderne. 113 

Maitîand (Mr.) La troinème édition de foa 
Hiftoire de Londres annoncée. 206. 

Mallet (Mr..) Annonce d*un Abrégé de fon 
Hiftoire de Dannemark 502. 

Jlf antiory (Mr. de) Le 4me Tome de fes Playio- 
y ers éf Mén^oires annoncé. 235. 

Manfi ( le P.) Le Ir. Volume de ft .Collée- 

' tion des Conciles annoncé, 213*. .^ 

Marie Reine d'Ecoffe. Réflexions Ifur fou 
avènement à la Couronne^ 3:1 fuiv. Son 
mariage, 314 fuiv. Ses m^alheari, 318 fuiv. 
Sa prifon en Ecoffe, 321, & en Angleter- 
re, 322. Son fupplice, 326. Son caraâère, 
328 fuiv. Sa perfonne, 33ofuîv, 
Mazzuebelli (W C-^mte de) continue de p^' 
hiier ^ (a Biblietbeque des Ecrivains A^hê' 
lie, 214, 

Médi' 



D B s M A T r B A E s. 

M. : •' 

MidHint ( trlfte condition dei ) chez les Gûtb». 

ixo fuiv. 
Mercure Danois, Du noQveaa plan pour ce 

Joornai. 501 fuiv. 
Micbaëlis (Mr.) Son fyntagma Commentûtio^ 

nuttt extrait 426. 
Monarchie univerfelle. Son impoflîbllité. 278- 
Monâèàblon {Mu) Son DiQionnaire abrégé d'an» 

tiqmtés annoncé , 238. 
Monnikbùff (Mr. ) Sa differtatimfur Vexiftence 

de Dieu extraite, 457. 
Moniandre ^LongchmnpÇ^lAî de)Lz 3e. édition 

de (on Etat militaire de France annoncée. 2^4, 
Mont argon i Le P. Hyac. ). Son Recueil d È' 

loquence Jainte annoncé , 4B9. 
Montefquieu ( Mr. de ) Annonce d'une nou^ 

velh édition de Tes Oeuvres ^ 501. 
Moor ( Mr. ) Ses DiJJettations qui ont M lues 

à une Société Littéraire 4 Glafgou , annon- 

cées siio 
MoJeriMx, de) Notice détaillée de (bn Idée 

du trince 6? de {on Miniftre , traduite ei| 

frànfùiSf 504. & du cinquième Tome de fes 

Amujemens diplomatiques (f biftoriques , 500. 
Mu^um Britannique (Le) vient d'être en- 
richi par Mr. Salomon da Coda. 200 
Mujeum Mazzucbïllimnum annoncé, 213 

N. 

Neix)herr'${ Le Libraire ) vient de commencer 4 
publier par c»hiers ie Spe&acle du Monde o\x 
Recueil de Voyages «&c. 206 ^ 

S 3- • NicO' 



T::H nu Er 

Nieolaî (le P. AlphJcpatiDue (eiDiJewrsfw 

l'Ecriture, 486 
If^UH ( (Vfr.) i'AbM(}' fes Uum Jur FElm 

tricité annoncées 493. 
Nnmêdes (Sut les > de la Paleftioe^ 49^ 
Nouveau ieftamer^t (la nouoeÙetradyiSianiM) 

due fi9ir Mr. Fidut^\ annoncée 489* 

O. 

OrfciaU(Mr,X&ç$ Oeuvres méUfUnrgiquêiti^' 

duites de T Allemand, anooncéefr. 237. 
Orfi (te PJ, Le XVUl volume de too iTj^. 

(ofVe Ecclefialiique vient de pat oUre^ tu. 
Oti9(Mr>. Nouvelle édition de Ton Çem- 

mentûire fur les Injlituu df^ Ji^Unien ffc 
. annoncée, 488^ • 

P. 
P0$iaudi ( Mr. > La^ féconde édhîoo de fdit 

Traité des^ battu Joce^ detêncim$ Chreekm^ 
. annoncer 4S5 
Pm^' (Mr. ) Notice d» 4IB* V^iiMae d9 fes 

Vies des grands Capitaines &c 330^ 
JPd^tçrr des Atciens^. (Rechercher & ré* 

âtfsi.ons fur la ) iti'& fuiv. 
Penfées ff refiexions moraies jur êivets Jit^ets f 

annoncées 2^r 
P<?rretMr (MrJ Sa Di£ef^ fikr Uveifletm de 

Dieu, extraite, 4574 
Fhilippjeli. Roid'Ëfpagne. FortfaUdece.J^fîD- 

ce\ 301 fuiv. 
P&titppel I[R.d*Efp.Pattimlarité fur fa moft.305 
Philippe IV. R. d*£fp. Particularités de fon 

règne. 30^ 
Philippe ( Mr, >Idée de Ton outraffr de Poli* 

tique fur les too^ens d*a|pr«lfdi».&A\Mélf- 

oicr les Etats, aaah <Ptf* 



DE S MlA^ RE-^ES. 

pajjages de VEcrifm^ Si^i^î^ &iÇ. ^^mq^^. 

ao2. 
Fizzorni (Mr,) vient de publier une Oraifoa 

pour encourager rinppulation. 48$. 
fiantes Marines (Sur quelques). Voy. Bajier» 

Bp^fps. ( Rwchtîrch^r fur le«, X 34, 
Ponticelli ( Mr. de) Son ouvrage de tf^is.fir- 

tes \dia§sSHns ♦x^t#«»f » anaoncé 4^5.^ 
Pothier (Mr.) Ses Coutumes dètStDucbi. BqU" 

490. 
PrépU (l*Abbé)J(téf: d« iofï Monde mprMt- 

496. 
P:/ettumi9 Wïe -nottiielle VfKfipivC de« ; wweR. 

Flamands, anneiK^v 248* 
Psaieirk (Mr. y Son, £fl(4i; ie^fnétkod^ fpw ^mi' 

ferver la jemenee des plantes £(c.. 911IKIP- 









bfMrJ Mé« de fe» 2)^ff^l#<WHM /4«r^ 
afirtfuarf^p &c. ^à^ 
Revenus de r Etat (Si lj9«> dpîiVieift (^e m^m 

fymt QiA ea r4gt«. séf 
l^KiN[^^. (Si lea TMt pf.«iu4icia^ltt i une 

Nation. 73. 
Rûbertfin ( Mr. ) Nouvelle édition de fon Hif- 
têirê d'EcoJJet annoncée. 211. 

S 4 Roman 



• \ 



•t'A é L E 



Jbmm - f .Le nouyean ) BmrUUe , tndoit éo- 

•'J'AogIbif, annoncée S44. 



S. •■. 

Savmetu de. mer {la ) ce que c*cft. 38. 
Schmidt ( Mr. J I Jée de Tes Tableaux Foitfquet 

&c. 23r. 
Scboepfiin (Mr.) Notice ^e fes iefenjestype- 

frapbiques. 24.1. 
WAfts fMr») Notice de fa Difiertation de 
refurre&ione Jobi, 225. 
&&a f Mf . ) Le tome II I. de (onTheJimrus 

annoncé. 245. 
Severien {Mr.) Notfce de fon Biftôire des 

Pbilofopbes modefms^ &c. 234. 
Sevoy ( Mr. ) Ses Divdîrs Eccléfiaftiques , an- 

Sinner f Mr.) Son Catalogue des Mlfts delà 
Biblioth. de Berne , aqnoncé 487. 

Smollet (Mr.) Mérite de fon Aiaga^in Britan- 
nique, 207. 

Soeieté^OeccmmUfue ie Berne. Ses Qaeftfoni. 

pour les années 1760 & l^6t. pag. 487. 
Swrate, Tragédie. Traduélion Ang^oife de cet- 

te pièce annoncée 483. 
SMcripUm ( Projet de ) pour les Amateurs 

des Curiojîtés Naturelles. -514. 
SifàhSites (fur les) 413. 
Steinbruêkler (Mr.) vient de traduire rfi/efff#, 

rOedipe g» le PWWm de Sopbiole. &c. 

488. ^ 



T, 



D BiS:MA TI^ER ES. 

T. . 

Xitykr ( Jeftn }. Notice d«i Ecrits de ce Doc« 
- leur. 20#* . 
Théâtre ( Differtation fur Ntdi prifent du) en 

France, en d^gkt. ff en Italie &c. annoD- 

cée, 483. 
Thomas ( St..) Nouvelle édition de (a Somme 9 

annoncée , 484. 
Tillenberg ( Mf. ) Le h Tome de fon Recueil 

des Dijfertalions Juridiques annoncé» 488. 
2î/7bl.(Mr,)Traduftion Apgloife de ion EgaV 

fur les -fièvres bi/ieufes annoncée , 482. 
TraduBions (Réflexion^. fur les) 41 fuiv. 
Travaja (le P. ) Le fécond Volume de fes Vies 

des Héréfiàrquef annoncé , 482. 
Triomphe (le) dfla vérité dans rbarmonied^fà' 

Foi (^ de la droite Raijon , annoncé , 484. 
Tkublet'iMr.y.S^ Effais jur divers Jujets &c^ 

annoncés. 238. extraits, 251. ' 

V. - 

Valart ( Mr.) Voy. .Nmveau Teftament. 

Ffl««rCMr. de ) Idée de fes Mélanges de Lit- 
térature^ de Morale i^de Folitique, 216, . 

yèlh (Mr. TAbbé^) LaContînuation de fon - 
Hifioire de 'France ^ annoncée 495. 

Vogel { Mr. ) Eloge de fes Recherches £f Ob* 
firvationf d*Ânatomîef lïc' 2^1. 

Voyages (Recueil de). Voy. Nenoberry, . J ^ 

Voyages modernes (les) ^. viennent d'être 
traduits de PAnglois. 235. 

Vtiemêot ( Mr. ) 8a mort annoncée , 508. ^ 

s s w. 



DB9*%rAafiBKBaL 
w. 

fFàlcb (Mf.) Le fecofid v-ofémè delfttDH^ 
fertaxions fur let Mes dis 4pêims^ uum]> 
cé\ 226. 

JVall (Mr. van der). Etrak d^ ion Ldfemirs 
pronottcl iejûur 4e rinaugurtuion JêlewmeUe 
de l'Ecole établie t Déljt ^our i*)W4ncMMiâ 
des arts, &c. 182. 

Waller^ Lettre anecdote (deA 149. 

Web% (Mr.) Ses Recherches fur les dIvcrfM 
lieftucés de \z Peinture ftG.aMouioifes.Kil; 

I , ^ , 

z. 

Zwlauben (Mr. le Baron dfr). Si JjWfUfe- 
' f^e militaire &c. annoDcél^ ^K^f- 



LIVRES NOUVEAUX 

Qui 8è' t^oo-viWT 

AUHayechezP£&RR£ GQ^E|Owcxii 

lUbraire de S. A. S. 

ABrégé Chronologlqpe dei Grands Fîeii de 
la Ceunoiuiê 4e France , aveic b Quo- 
Doiogiedes Piiocas â Seigoeoiv., qui lei 
ont poifedés » jiifqu'é leura- téunioiia â fa 
Couroirnew Ouvrage ^i peu^ feivîr de fiifr> 
plemeot â l'Abrégé CbroDoIégiquè dé l'Elf- 

tolre 



/ 



Abré}^ dQ la 6éognpbic% a^'UAg&âc#Jètiuiès 
, Pef rÔDQt^;, Bircf ait 4^ la .Géoigriq]|)i«t Ml^ 
dexn&, ^r Mr. VAbh^ Nicole: de is'CmlK* 
Augmentée d*upe Géographir de& Pay^-B^a^ ' 
eii forme de Tables, par Mr. Jean Fr^Dçois 
Eàhrer, 12. Haye 1760. 

^llïonii ( C. ) Rkriçrum Pidemontii Stiffimn 
Spécimen primum, 4. ûf^ Aug. Taur. i7Si5, 

• • ' TraSatio de Miliarium' origine f pro- 
' /•"?//** » ^^^ra , fiT' Cttraf ioofi,, 8* Aog. 
Taurin. 1758. 

ba; In S!i»ne sran&Q^lti; ban 2|uir 

Stage ^anbbaas ; (n b)te Zangsn opupe- 
jongen/ 8l Middelburg r-jôo. 

Anecdotes du Séjour dur Roi de Suéde àBén- 
der; ou,, Lettres de Mr» le Baron de Fti- 
briee pour fervir d'édaircifkment à i'hiC- 
toire de Charles XII. 8. Haminurg ïfôcù 

Aritfttea de Ninette à la Cbur, parodie àm 
Bertholdeavec la Muiique, 8. 3 partit. Lié-^ 

ge 17S9. 
L*Art d'Aimer , nouveau Poème, en fîx:GhanQ?» 

par Moftfieur ♦"* '•'. 8; Londres I759i 
Sarbeifac (C.) MedicamentcrmàGonJinutio , fiu 

fefmuiœ!^ 12. 2«oK Lugduni i76o< 
Bajleri (/•). OpufctUa fukjecimi, ObfetvMo' 

nés Mijceikmeas de- Animalculi's ^ plantiis^ 

fitibusdam Marinit , eorttmque Ovariis^ (f 
^ Setninibus coutinentU^, libit^ primmf 4, Har- 



^ 



Cdtfofagffie ie Livres. 

9BafI(( (90 jtamatfntnUde «ftftMtiiitoS 
gmf bzfizlim^e eentgc maarnecmliigcii/ 

; OMT sommioe Zecptantm diSfeM^nfcc- 
teng/ bîuîbm berjeito» 2aab0itpf<0 m 
«periieden/ 4 lAuk Ha^riem 175-9. 

Bohémienne (la), Comédie en deux aâes en 
^ext , mêlée d'Àriectea , traduite de la Zfn- 
gara. Intermède Italien, par Mt- Favart, 
'9. à Liège 1759. avec la Mufique. 

Sjtebeii/ iBemorfen/ enjdegoctatiai ban 
&enl}ecre 0}abe 6'CPcabe0/8. lX<i« deeij 

Dtrecht 1759. 

CaUipédie, (la; traduite du PoSme Latin de 
Claude Quillet» Ç. Pans X7S9- 

Camps Topographiques de la Campagne de 
1757. en Wtftphâlie ; Commencée par 
liAr. le Maréchal d*E(lrées , continuée 
par Mr. le Duc de Richelieu, & finie par 
li4gr. le Comte de Clermont: aveclejour* 
nal de Tes Opérations , & quelques autres 
Morceaux fort curieux , par le Si. du fiois , 
4./^. Haje 1760. 

Caffé ( le ) ou lEcoiToire Cometîie , par Mr. 

-Hunfe» 12. Londres 1760. 

Capitale des Caules, ou la Nouvelle Babilo« 
ne,. la. Haye 1759. 

Caraflère des . Médecins , ou Tidée de ce qu'ils 
font commuscffiem & celles de ce qu*îls de*, 
vi-oient être, d'après Pénélope, par feu Mr. 
de la Mettrie, 12. Paris 1760. 

Confeils d'un Ami é un Jeune Homme , qui 
, entre dans le Monde . François & Allemand , 
8. Berlin 1762. . # . . 

. Cbaïx 



Catalogué dg Livres^ ^ 

Cbote Littéraire, 8.'<m. x8, i9,^&u,Ge^ 

neve 17S9. , , 

Converfacion (la) avec foi-ÉQéme, par le 

Marquis Caraccioli, la. biigt 1759. 
Cuifiniere (la) fiourgeoife, fuivie de l'Offi- 

ce , i l'Ofage de tous ceux qui fe mêlent 

delà dépenfe des Maifons, xa. ÏÏruxêlles 

1759. 
Du Culte fétiches, ou parallèle de rancietiDe 

Religion de TEgypte avec la Religion ac- 
tuelle deNigritie, I2c 1760. 
Dancourt ( L. H. ) Arlequin de Berlin; è Mr« 
}]. Roufleau Citoyen de Genève, 8. Btu 

lin 1759- 
Defcription Abrégée des Maladies qui régnent 

le plus Communément dans les Armées 

avec la Méthode de les traiter , 8. Vienne 

1759. 
Diâionaire Poétique portatif, qui contient 

l'HiQoire fabuleufe des Dieu^ & des Héros 
• de l'Antiquité Païenne , par Mr. B * i". 8. 

Parfxi7S9- 
Difcours hidoriques & politiques fur Saluée 

' par feu Mr. Gordon, traduit dtVAngUis 
par un de fes amis , 12. 2 vol. 1759. 

Difcours fur l'irréligion, où l'on examine fea 
Principes & Tes fuites funedes, oppofés aux 
principes & ^ux heureux Effets du ChHftia- 
hifmei Par Mr. le Baron de 'Haller; tra« 
duit de l'Allemand par Mr. Seigneux de Cor- 
revon , avec des Notes du Traduâenr. 8. 
Laufanne l^6o» 

Environs ( les ) de Gieflfen , & de Wetziàr , la 
fîtuation des Armées Françoife , & Anglo* 

■i Hanovrienoes, depuis le 17 .Sept. 1759* & 

le 



Catàb^ut de tivr^s* 

JetPUf) de la PnrterèflTe de Gfeffeo, dreflë 

par G, K. L. 1759. 

Spif^iad (tbe) à p^em^ §n nine hc^ks, bf 

milimn Wiikh, tè^notiéb is addedHi Drtam 

'^in têe MofMiP vf Spenser , 12. London 

^/7»y H«n)^ti Téfie by AUxander Gérard^ M. 
A. Profeiïor of Moral Pbilofopby ànd L»- 
gic^ in the Marejcbàl Collège of Abtrdeen^ 
iwitJb'tbrit Dijtmaions on tbe /rniie Juhjet 
by Mr. de J^oltairè^ d* Alembirt ^ MMeJ- 

. ifuieu, 8. London 17S9. 

Cffiti ûir divers Sujets ^e Littérature &deMo- 
rale« par Mr. i*Âbbé Trublet. 12 tom 4. 
Artifi. 1760. 

Effai de Politique & de Morale Cakoiée, S. 

* %V9U P^ris 1759. 

EfTai» Hifloriques fur Paris, par Mr. de&{nt« 
foix, 12 3ti«[. Pârlx 1759. NotàviRd, 

• - • Ide;m, /e 5. pAftt> opor^ 

Efla! far la Généfatioo de ta Chaleur dans 
les Animaux traduit de TAngioisdeltobert 
iDooglas, 12. Pnris i/éo. 

fiiTai' Géographique fur les Idei Britafinfqoes, 
conteniinc une Defcription de l'Angleterre, 
de l'ËcoOe & de rirlande 4S:c. par M.Bellin, 
J2 '2t?o/. Paris 1759. 

•IT^dOo délia Litter^oum 'Europea , ^: Germajo , 

- Fébbrajo f^ Mêrzo f fj6ô 

&amen des Critkiues du Livre iiititQlé de 

. l'^&fppît. II. Loidres 1760. 

Excerptum totius Italicœ nec nm Hèlvetieiit LiP- 

' Ufùturm , 8. y an. Feb, (^ Martius , ou tom. 
I. de 17Ô0 Bernae. L'on trouvera la fuite 
de. Ci Journal de Liueraittie ffeguHèfeaieDt 

coas 



Catal^lpu di Liwnr. 

tous les trois Mois à la Haye ches Pierre 

Gofle Junior, 
fables de Mr. G^Vi fuivies duPoémedeLo- 

ventail, traduit de l*Ang1ols, par Mad. de 

:Rtrralio, ja. ÏAndHS {Fûris) 1759, 
Gaies, (G. J.) differtatio Juridica InauÊUra- 

Ms d^ Jute Jurando in Conjulto ad Leges 
V Otdicis Juflinianti II. de Reb. Ch4. (f IL 

ad L. JuL Majefi, 4. Lugd. Bat. 1760. 
Gemiine Lbtters trom a Volunter in che Bfi- 

tifcb Service of Québec, 8 tendon, 

:4E(2e(iitoOib« bertoolo bftn 4&etilc6tfn m 
g&ecien 9i&ii(tto2ciigc. ç. Dordr. 176a 

C^JonDbeoinjeteo ban bcnAc&eep^&ottlo/ 
df SNccii&aâMge Serj^Odingc iMc 
^^cO^eptf ttoimerfiond / fn 't franf^ t(# 
fcfutetoen tmo) tien l^if r 9ta Hanirt Iw 
IRoncean. 4. 'sHage 17^. 

Harttf^s ( W ) Hiftory r>f the Life of GiJtlavus 

Adoiphus King of SN^eden, SirQamed the 

great, 4. 2 vol London I7S9« 
JSalleri Difputatienes ad Merborum Hiflorîam 

£f Curatienem facientes. 4. comus reptimos 

7. partes. Laufanns i;f6o. 

HeelKntaaorcSi «tftocte ; of ^tt bcrboHi 
ban be fUsemcene S(0or(e / bpfcb^ccbm 
bûo) ecn tfkeselfcDap ban geief rbc |Baii« 
Qcn in Cngelanb/ 4. i. deel mec pla- 
tcn, Ucrecbt 1760. 

Henrierre. traduit de TAnglois, il. s «s/. 
i^ifi/(. 1760. 

* Beuré5 & Inûruftions Cbrérienoes â l'Ufage 
des^eoi Û9^<iu9UCf-^2,'Liége i74k>. 

Hittoke 



Catalogue de ÏAvree. 

Hiftèîre des Iiiquifîtions \ où Ton rapporte TO- 
rigine & les. progrès de ces Tribunaux, 

- leur JûrisdiÀion, ti. i vol. fig, Coltgm 
C Paris) 1759. 

Hilloire Uriiverfelle traduite de PÂnglois d'une 

' Société de Gens de Lettres . contenant 

' rHiftoire Moderne de tous les Empires , Ro- 
yaumes» £iats, Republiques» 4. tome i. 
jimji. 1760. 

Hiftoire (Nouvelle) des ordres Menaftiqnes , 
extraite de tous lesÂutheurs qui ont coo- 
fervé à la poflerlté ce qu'il y a de p/os 

. curieux dans chaque ordre» il. svoL Lm- 

dm 17S9. 

Hilloire Univerfelie, depuis le Commence- 
ment du Monde, jufqu^â prefent traduit de 

. ï'Anglois d'une Société de Gens de Lettres. 
4. tome 15 Amfi. 1160. 

Hobbes ( Tb. ) Elèmenta Pbilofiphica ie Gve. 
Amft. 1760. 

Home ( F. ) Médical faâs and £xperimeDU , 
8 Londpn 17^9. -' - . 

*Hurae*8 ( D.) Hiftory of Engeland under 
tlie Haufe of.Tudor, 4: 2 voL Landon 

, 1759. 
Jefuice Errant, ou Lettres du P« Atphonfe, 

Jefuite Portugais, au Général de fon Or- 
' dre à Rome, avec les réponfes.^e céder- 
' pier: fur la xon^iration de Lasbcnst & Tes 

Effets, traduit derhatien. 8«> Roïne., 
'Inquiry ( an ) intû the Caufe of the peftileo- 

ce intree Parts, with an Appendir,, contai- 
' ning fome fàâs taken from Hiftory, the 

Woiks qi fbyûciansj $c.,iela^|^ to the 

fub- 



Ibbj^ft. 8. Edimbourg 1759. 
tnfiicutes of Expérimental Chemiftry ; belof 

an EŒiy toward redacing that brancb 01 

KatiiFâl Philpfopby co a régalât Syftem ; by 

the Aothor of che Laboratory laid open Aie* 

8« 2VoL Lmkn 1759. 
toftltotions Politiqaes , pat Mr. le fivon dt 

Bielfeld , 4. ^UoL Hay^ 1759. 
Jefaitet (les) Criminels de Lèse Majefté datte 

la Théorie , ft dans la Pratique* 8. 2 ptif* 

ties ïj6o.. 

Ialie i Ovide : Herolde. 8. ^iifi/l. ij6o. 
.ettet (a) addrelTed to two great Man OU 
the profpeâ of peace; and on the Terma 
Heceuary to be inGfted Bpon in the n^ocia* 
tion. 8. London 17^0» 

Lettres de Mt. le Maréchal Dac de BelllÛe â 
MonCeur le Maréchal de Contades, «vee 
4es extraits de quelques - unes de celles do 
Maréchal de Contades au Maréchal Duc de 
Bellllle en 1758. trouvées parmiles papiers 
deMonfieur de Contades après la Bataille de^ 
Minden. 8. 1759* 

Lettres & Mémoires pour fervir à l'Hiftoire 
naturelle , Civile & Politique du Cap Bre* 
ton y depuis fon EtablliTement jufqu'â la re« 
prife de cette Ule par les Aoglois en 2758* 
XI. Haye 1760. 

Lettre d'un SuilTe i un Suédois. 8. 176Ô. 

Lettres de TArlequin de Berlin à Mr. Freroil , 
fur la retraite de Mr. Greffec. 8. Berlin OT 
jimfl» 1760. 

Lettre à Mr. deHaen , en reponfe â fesquef* 
•tions fur rinocuiationi par Mr. Tyflbt. 8« 
Viinne 1759. 
TmQ lUh Pwrt. II. T Ltti 



Lettre» Intereffaotet pour Ici Médecins 4e* 
Profeffion, utiles aox Bcdéfiaftiqiies qui 
veulent «'appliquer à la Medidoe, & eu- 
rieufes pour tout Lefteur» la. 2 voK à A* 
Hlpidn Î759. 
I^ires Fbilorophiques bries PhyUotiomi^a^ 
'ttotfièmè Edition» augmieQtâe de qii<alquci 
Lettres. 8. Ba^t rtiSio. 
Liettres de Madame la Marquife de VinufS» 

1%^ Amfi. X760. 
Lettres Spirituelles ..de Mei&e Pierre Ft9n- 
çois 'Lsfiteau » Evoque de Sifteron. xa« Pê^ 
'>fx H7(JQ. 
Ltfe (The } and Opinions of TrfftruD Shaii* 

'dy, Gentleman. 8. 2vo/. Ltmd»H i7M. 
LU (W, van) Diffcrtatio fdedica inêuph' 
fûlis de jingina Sçirrbofa. 4. Logd. Bat. 
176a 
Livre (le) de quatre couleurs » 8- aux footn 
Ëlémmts de Plmprimerie des quatre - Saifiiu 
4444. 

jRlaat / C^. «0 OetttooUjaobipii tefton 
ban een ^ppeciiiee3(ii beioooti/ iilt Qd 
toerfielpli Msmù ban 9et 4- Leydea 
i7<^- 

Mercure de Vittorio Siri, contrant l'âifloi- 
're Générale de l'Europe depuis i4|p. juf* 
qu*^u 1655. traduit de l'Italien , par Mr. Ré- 
guler, la. !$«•/. Péris n$6 - i7Sf 
I ■■ 1.1 a m idem, le f$tm$ livra ^ 4. 3tMf« 
Mémoires pour fervir à Thiftoire de Pruderie 
le Oraud; avec les pièces Juftificatives àm 
'{ziH qu^y font rapport4ft,S, Ifip, tmvecfig* 
^n{lt.(Laufanna)î76o. 
.- * ^ *' .Mo> 



Ëatai^ue di LMei. 
tàercûte Danois» 8. Juillet 17$^ à AvtÛ 

n6o. 

Mead (R.) Mediea Sacra de morbis infignie- 
. ribus, qui in Bibliis mem§rantur ComfUent^ 

rius, 8' Lugd. Bat 1759. 
Mémoires poar fervir à l'Hidoire Oénérale 

des Finances , par Mr. Deon de Beaaincinu 

8. 2 vol Amft. 1760, 
Modem (the) part of an Ùniverrai Hiftorf 

from the Êarlieft account of Time, compU 

led from Original Wrîters , hj the Authorg 

of theantient part. 8. valume IX. X. XL 
.' Xil. XIII. Lùndon 1759. 
Kobiefle ramenée à fes Vrais Principes, du 
. Examen du Développement de la Noblefle 

Commerçante, 12» Bâtis 1759. 
Ooanifme^ l') ou DiiTertation Phyfiqae far les 

maladies produites par la Matlarbation. 

Traduit du Latin de Mr. TiiTot , & confi- 

derablement augmenté par l'Auteur* i^k 

Laujanné 1760. 
Oeuvres de Mr. Hume , tome 5. dontenanc 

fes Eflais de Morale ou Recherches fur le| 

Principes de la Morale ; traduit de l'Anglois, 

8. jimfi. 1760. 
Ordinaire de la Sainte Mette. 32. Paris 1760^ 

tierganiieUtig obec bt SËmiu ban Se« 
gcaben/ en obcc t» %pfi bufllc^en/ ÏIN^ 
pmcn f Belb- m «crtdEimf ber ^nbi 
^Mcmanen / fc. booi 9. ban Xtec/ 8. 

*« Hage 1760. 
Palais (le) des Heures» ou les quatre points 

de Jour , Poëme en 4 ChaQtt» par Mr. le 
» jQ. de B. Jmfi. 1760. 

Ta Par 



Catalogue des lAvrn» 

fartifan; ou, l'arc de faire la petite Guerre 
avec fuccès félon le Génie de nos jours t par 
Mr. de Jenejr» 8. Haye 1759. 

Phitofophes (les) Comédie, en trois Afies, 
en vers. Repiéfentée pour la première fois 

' par les Comédiens François ordinaires dtf 

. Roi, le ^ Mai 1760. par M. Paliflbc de 
Montenoy. 8* Haye i-ifOo. 

Potcerfîeid*s Tréacife on the Eye. 8. 2 veL 
Edimb. 1759. 

Pratique (lu) des Vertus Chrétiennes, 00 
tous les devoirs de 1 homme, avec les De* 
votions particulières pour diverfes occaiions 
ordinaires & extraordinaires , traduit dé 
TAnglois, par }. G« de Chauffepié, 8.2«si« 
Jimji. 1760. 

Penlées & Réflexions Morales fur divers fujets* 

. 12. à Avignen 2760. 

Principles of Equity. foL Edihbwrg ty^g. 

Principes Mathématiques de ia Fhilorophie 
Naturelle, par feue Madame la Marquife 
de Chatelet. 4. 2VoL Paris 1759. 

Prix ( le ) de la Beauté ; ou , les Couronnes 

• Pailoraies en trois AÀes & un Prologue, 
avec desDivertiiremenStfurdes Airs Choi« 
ftes 6l nouveaux , avec fig, en taiJJe douce, 
4. Péris 1760. 

Recueil des Foéfies de Mr.Sedaine» Z2.Lsii- 
dres ^Paris) 1760. 

SeMpliftetù (C) be ^leiiDo HerfUrfite Jto^ 
tm fndplancQuni/ of iwrtiaiiDeUiig ombe 
fautif 000} iniobel tBni$î gàtijeWmïh/ 
en berscibec SSAtnenftcl / uocn ti 9pavi^ 
WU fUilUcrp m Mmt^ teflenbigcf en 



Hàtûhgue des tivris. 

oetttucsatiiet te bom m ^^ ^t teo<tw 
toooitrige. 4* Am(t. fig. 

Réflexions fur la Milice & lur les Moyens de 
rendre radminiltradon de cette partie uni* 
forme & moins onéreufe « 8. tyèo* 

Eefutation de Tlnoculation , fervant de re- 
ponfe à deux pièces qui ont paru cette an- 
née 1759» donc la première eft une Differ- 
tation , lue dans la Société de l'Académie 
Royale des Sciences de Paris, par Mr. de 
la Condamine » & la féconde une Lettre 
de Mr. Tyffot i T Auteur de la préfen- 
te Réfutation par A. de Haen , 8. Vien* 

ne I759« 
Relation de Phihihu, EmilTaîrederEmpereur 

de ta Chine en Europe, traduit du Chi- 
nois, la. Cologne 1760. 

Remerciment de Candide à Mr. Voltaire, 8. 
UalU & Amjl. 1760. 

Rjetour de rOperaComique , en un Afte par 
Mr!"**, Z. Paris 1759. 

ftottireaa* ( }}• ) Difcours Xur Toriglne & les 
Fondemens de rinégaiité parmi les Hommes, 

1%. Amft. 1759. 

1 •■, „ ■ Citoyen de Genève, à Mr. d' A- 

lembert fur fon Article Qenevb dans le Vil. 
Vol. de l^Encyclopedie, & partrculieremenc 
fur le projet d'établir un Théâtre de Co- 
médie en cette Ville, 12. jimft. 1759. 

Saifie (de la) des Bâtimens Neutres , ou du 
Droit qu'ont les Nations Belligérantes d'ar- 
rêter les Kavires des peuples Amis ,par Mr. 
Hubner, 12. 2voL Haye 1759. 

iauv§ief(F. B. de) Fatbologia Metbodîca , 

T 3 Jeu 



fêU fbCûgnoJêendisMcfhis^ 12. Logd. 1759» 
Itcltnce (la) des Poftes Militaire»; ou , Trai- 
té des FortificatioDï de Campagne t à l'Ufa- 
Î;e des O^ciers partica)iersd*InfaDterieqiii 
ont détachés â la Guerre : dans lequel on 
a compris la Manière de les défendre & de 
les attaquer. Par Mr. le Cointe. 8. FarU 

1759- 
Set Sonata da Caméra a Tre Ftolino^PHmo , S&r 

condo/é Fioloncello^ Daè Conte Gui/eppt 

iTUrfenbeck fg MaJJimi , 4« Lieee. 

Sermons & Panégyriques , par Jacques AN 
badie, 8. 3vpf. ^fnjl.ijôo. 

Sermons fur divers Textes de rEcrftore Sais* 
te par Mr. H. Châtelain » 8. tmn. s & 6. Am/l. 
1760. 

Stmpfon's (Th.) Eléments et Geometriei 
with tbeir application to tbe Meoforation 
of Superficies and Minima of Geometrical 
quantities, to tbe CondruAion of a great 
Variety of Geometrical Problems » 8* Lm- 
ion 176a 

'Çlx Sonates for tvo Violons , with a Tboron^ 
ËafT for tbe Harpficord or Vldoncello com- 
posa by Sigr. Gio Batffta St. MantM of 

' Milan, Opéra Quinta. foL Sfartier. 

SUnÊerland (C.) Differtatio Mediça do Nêxv 
gr ^tp^/ff (ibi gf potus frigidi. 4. Lugd. Bat. 
176a 

Smitb*s (A.) Theory of moral SepCimenc , S. 
Lmdon 1759. 

'^ocrate, ouvrage Dramatique , traduit de 
l'Anglois de feu Mr. Tompfoii » 12. j^mjl. 

Î75fif. 
Çoips faciles pour la propreté de la Bùac9ie,ft 

po«r 



poor h (confervatioB ^ OoMs 9 par liffr. 

Boordet. lo. Parti il6o. 
^peâateur (le Nouveau ; par Mr.dcBafiiilea 

Nouvelle E^ion. n. avo/. w^ni/}. 17^. 
Tableau ( le J de la MofC, frar j'Auieur ide 

la Jo^flaucç d^ fei-Biêm€| a« Bfmufort 

Tant mieux pour Elte. coûte plaidaut* sa. i 
ytlleueuve , «me mnk* 

Jfâàahis duo Féttbolagici , nunc primium in lu- 
cem editif AuUort ÂMico MonJpeHenfi in 
ffoxi felkiffmo : TfmSatus f^rimus de iUtr* 
his Pfifforuffi, 12. Jimfi. I7<kx 

Traité d*Op tique fur la gradation de la Lu- 
srière, par Mr« fiougoer, & puWé par 
Mr. rÀ1)bé de la Caille, 4.^g.^ Paris i-jôa^ 

Traité de la Petite Guerre pour les Compag- 
nies Eratdies &c» ptr Mr. de la Crodi, ia« . 
Paris 1759- 

Trefor de Jeux; ou, Explication de la Ma« 
nîère de fiaire toutes Tortes de Tours de 
Gibecière, de Gobelets, Jeux des Cartes, 
A: autres, récréatifs & anufans*, par Mt, 
Carlo ADtonio, ii. Haye 1759. 

Hftoekese Heelfnm&tge M^ttltngm tu 

jameling ban ben ^mz Saro» JIOBo:/, 
8« Rott, 1759- N. ft. 

Vie ( de la j privée des RomiiBS , par Mr. d'Ar« 

Bay. ift. isoujanne 1760. 
Voeux ( les ) de l'Europe pour ia Paix > par 

Mr. S. D. C. '^*'^. 8. Laufanne i-jûo. 

#0(1 < 9* «. ) ;ecfc^cirii€ eebtc&înt a 

Dordregr }7#o* 

■i T 4 r^. 



Onteli^ du' Livris. 

Pènêfàift (H.) OmmentanuT ai Librum itfen* 
Ctico - Pr$pbeticum Malaehi», qùû Variis fi- 
" mul ûliis Scripturœ foctœ Loeis nova lux in- 
fimditur. 4.. Leovardis 1759. 

Wynperfe (D. van de) Oratio ie Recnuio* 
rum Meritis^ fpecia$im Beigarum^ in Fbi' 
lôfopbiam Naturaitm: habita a. d, non Sept» 
X759. quum Fafces Academices poneret. Ac* 
eedit brevior ferme de Juventutis Proton- 

> tia^ ad bonum pubiicum prudenter regenda, 
4. Gronlng» 1759. 

Zulica . Tragédie ^ en cinq Aâes en Ver», I. 
Amfi. 1760. 



•^ >\- 



AVERTISSEMENT. 

PiJ^RRE Gosse Junior, Libraire de S. A. S. 
à la Haye publiera daas peu de Jours le 
" Magazin des Adolefcentes , par Madame le 
Prince deBeaumont, 12, ^vùLHayeil^o. 
Il vient de mettre fous preflTe : 
Pifbioonaire Uoiverfel des FoUiles propres ft 
' des Fomies accidentels, contenant une 
^ ^ Defcription des terres , des fables , des fels , 
des fouffres, des bitumes^ de» pierres (im- 
pies & couipofées, communes & pretîeufes, 
tranfparentes & opaqtiçs » amorphes & fi- 
gurées , des minéraux , des métaux , des 
pétrifications, du règne anrmal,& du reg- 
."^ 1^ végétal &c. avec des recherches fur Si 
formation des foffiles, fu» ie^r origine, 

leuri 



AvertiJJementé 

leurs Qfages &c. par Mr. M. E. Bertrand pre* 
mier Fadeur de TEglife Françoife de Berne, 
Membre de TAcademie de Berlin; de Goi» 
tf ngue , de Scokhoim • de Florence , de Leip- 
zig» de M^yence, de Bavière» deLyou» 
de Nancy, deBâIe, de la Société Oecooo^ 
mique de Berne, en un Volume 4. 

Xicdit Libraire continuera de publier de trois 
en trois Mois la fuite de cette Biblio« 
theque des Sciences & des Beaux Artip 
par une Société des Gens de Lettres. 8. 

Il continue auffi de publier avec beaucoup 4e 
fttccès de trois en trois Mois le Nouvel'^ 
lille Oeconomique & Littéraire, ouvra- 
ge aulfi curieux, intéreflant qu'amufant, 
i. dont il publie aâuellement le Tome 33. 
pour les Mois d*ÂvriU Mai A Juin 1760. 
prix / 4 • o - o d'Hollande par Année. 

L'on trouve chez le même Libraire régulière- 
ment tous les trois Mois les deux Journaux 
fuivans : 

EUratto délia Litteratura Europea , 8. Berne, 

Excerpcum Totius ItalicsB nec non Helvetic» 
Littérature, 8. Bern(B. 

Un alfortiment très-confidérable de toutef 
fortes de Livres , en toutes Facultés & Lan- 
gues dont il dillribue le Catalogue gratis, 

F» S. Les Curieux & Libraires tant du Paya 
étranger, que de ce Pays qui voudront Ho- 
norer le àxiPierre GoffeJuniorAt leurs Corn* 
miflîons , peuvent être aflurés qu'ils feroni 
bien fervi & à prix Modique. 

FIN. 






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4'Z 



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